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Full text of "Journal d'horticulture pratique de la Belgique"

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scientific knowledge, policies, or practices. 


















































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JOURNAL 


D’HORTICULTURE PRATIQUE 

DE LA BELGIQUE; 

REVUE 

DE l;horticiltijre belge et étrangère; 

publiée avec le concours 

DES AMATEURS , DES HORTICULTEURS ET DES PRÉSIDENTS DE SOCIÉTÉS d’HORTICULTüRE 
LES PLUS CONNUS EN BELGIQUE ET A L’ÉTRANGER ; 

sous la direction 

DE 

i3xxub:c'x-s:T7x«. dtt jtuClx«.x>xzv k ot aivig»tje: r»E iïR.XT:::KH:r-x.x:s. 


Bulletin de la Société Royale d’horticulture de Belgique et du Jardin 
Botanique de Bruxelles. 


ISommaire du 9. 


Juillet 1S59. 


Plahtes figurées. — Gesneria [Nœgelia) cm» Bibliographie. — Guide pratique du Jardinier 

nabarina (Linden) 145 multiplicateur, par M. Carrière. (M. le 

— Variétés horticoles de P^rctArwmroscMîn. 446 comte Léonce de Lambertye)(SMîtecf /în) 159 

Revue des plastes rares et mouvelles. — Miscellakées. — Meubles et ornements rus- 

Serre chaude 149 tiques. .164 

— Serre froide et pleine terre . . . .153 Des perce-oreilles. (S.) 167 

Colt D jiE MAR AïottÈRE. — Plantations et semis Exposition de Valognes (Manche) . , . 168 

d’arrière-saison (P. Joigneaux.) , . 155 

GRAVURES. 

Pl. XIII. Gesneria (JVœgelia) c in nabarina. — PI. XIV. Variétés horticoles 
de Pyrethrum roseum. 


OW 

A BRUXELLES, 

CHEZ F. PARENT. ÉDITEUR, 

Montagne de Sion, 17. 


A PARIS, 

CHEZ AUGUSTE COIN, ÉDITEUR. 

Quai des Grands- Augustins, 41. 


TRAVAUX DU MOIS. 


Jardin fruitier. — Les espaliers réclament des soins vigilants ; il faut palisser, 
ébourgeonner , faire la chasse aux insectes, colimaçons, et découvrir les fruits 
les plus avancés dont on veut hâter la maturation , sans cependant les dégarnir 
trop fortement; si la saison est sèche, on dégarnit avec précaution, peu à peu, 
et moins que si elle est humide. Le maintien dans l’équilihre des arbres exige une 
attention soutenue; il faut pincer ou arquer les branches trop vigoureuses, dépa- 
lisser et dresser les faibles. 

On devra, pendant les grandes chaleurs, arroser le pied des arbres nouvelle- 
ment plantés, surtout les Pêchers; des seringuages sur les feuilles fortifient les 
plantes et contribuent à la grosseur et à la bonté des fruits. On commence vers la 
fin du mois ou plutôt en août, la greffe en écusson, à œil dormant, des Cerisiers, 
Pêchers, Abricotiers; on greffe en flûte les Noyers, les Châtaigniers, les Mûriers. 

Jardin POTAGER. — On sème Scorsonère, Poirée à carde, Navets, Poireaux, 
Pourpier doré. Carottes hâtives, Choux-Fleurs, Chicorée de Meaux, Pois Clamart, 
Scarole, Ciboule, Cerfeuil, Persil, Radis, Oseille, Raiponce, Laitues, Romaines, 
Épinards, etc. On repique Poireaux, Choux-Fleurs, Brocolis, Choux-Navets, 
Choux d’York, de Bruxelles, de Milan, les Chicorées. On met en place le Céleri 
semé en mai. Dans quelques endroits on sème encore des Haricots (Haricot 
nain de Hollande , le Haricot Princesse naine hâtive de Bruxelles, qui mûriront 
en octobre) et des Fèves pour récolter en automne, si les gelées blanches ne sont 
pas trop précoces. Vers la fin du mois on sème de la Chicorée blanche, de l’Oi- 
gnon blanc pour être repiqué en octobre. On arrache l’Ail et les Échalotes ; on 
récolte les graines de Cerfeuil, de Choux, d Épinards, d’Oseille, de Pois, etc. 

Jardin d’agrément. — On greffe les Rosiers en écusson à œil poussant; on* 
aura soin de couper un jour d’avance les rameaux sur lesquels on lèvera les 
écussons. On sème les Roses trémières pour les repiquer en automne. On relève 
les Oignons et les Griffes dont les feuilles et les tiges sont desséchées pour les 
replanter en automne. On multiplie les Œillets par marcottes; les boutures réus- 
sissent fort bien sur couche tiède et sous cloche. Activez la végétation des Dah- 
lias en leur donnant beaucoup d’eau pendant les chaleurs et en mêlant à la terre 
au pied de la plante un peu de fumier consommé; c’est aussi le moment de les 
ébourgeonner. Les Jardins doivent être tenus d’une extrême propreté ; les plantes 
qui ont fleuri seront nettoyées. On sème les Pensées et les Scabieuses. On pince 
les jeunes pieds de Chrysanthèmes afin d’obtenir des plantes peu élevées, touffues, 
qui seront chargées de fleurs. On place les Auricules et les Polyanthes dans un lieu 
ombré mais bien aéré. On rempote les Épacris. 

Les travaux des serres se bornent aux arrosements et seringuages d’autant plus 
abondants et fréquents que la chaleur est forte. Les seringuages exécutés vers 
les dix ou onze heures du matin sont très-favorables aux Palmiers , Orchidées et 
Fougères. 





N. 

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— 145 — 


GESNERIA (NÆGELIA) CINNABARINA (Linden)* 

(Planche XIII.] 

Couronnée de la première palme du concours de la plante nouvelle 
fleurie J la plus remarquable^ proclamée par tous comme le bijou le 
plus brillant de cette brillante exhibition quinquennale, de la Société 
royale d’agriculture et de botanique de Gand (mars 1857), la Gesneria 
cinnaharina que nous nous hasardons à figurer est parée de couleurs 
tellement vives, chatoyantes et veloutées, qu’elle défie le pinceau le 
plus habile à reproduire même imparfaitement ce feuillage de velours 
vert, marbré de reflets ignés et métalliques, cette inflorescence du 
vermillon le plus éclatant. Nos prétentions se bornent, devant cette 
impuissance que nous constatons en toute humilité, à présenter une 
peinture imparfaite comme coloris, mais au moins fidèle comme 
esquisse générale du port et du mode d’inflorescence de la Gesneria 
cinnaharina, 

La première impression à l’aspect de cette plante vous reporte à la 
Gesneria zehrina avec laquelle notre nouvelle espèce présente cer- 
taines relations botaniques, mais dont elle se distingue amplement par 
le mode d’inflorescence, la forme et le coloris des fleurs et enfin par 
le feuillage. 

Racine tubéreuse écailleuse comme dans la Ges7ieria zebrina. Tige 
forte, dressée, érigée, ronde, rameuse, couverte de même que les 
feuilles et les pédicelles de longs poils soyeux rouges. Feuilles amples, 
opposées, ovées-subarrondies, un peu cordées à la base, un peu acu- 
minées, à bords crénelés-dentés, réticulées, veinées; nervure et veines 
proéminentes en dessous, d’un vert foncé velouté en dessus ; veines 
marquées de carmin ou de pourpre velouté; intervalles marbrés de reflets 
métalliques; en dessous d’un vert plus pâle ombré et lavé de pourpre. 
Pétioles longs, robustes, rouge pointillé de jaune. Tige florale dressée 
érigée, feuillée jusque près du racème terminal, ramifiée; branches 
latérales dressées, opposées, axillaires, portant un long épi de fleurs 
et formant avec la tige principale, une énorme et splendide pyramide 
de 2 à 5 pieds de hauteur. Pédicelles assez minces, beaucoup plus 
courts que dans la Gesneria zehrina, ce qui contribue à la beauté de 
l’aspect des épis : denses et serrés et non lâches et divergents comme 
dans la Gesneria zebrina; une petite bractée se trouve à la base des 
pédicelles. Fleurs grandes, nombreuses, digitaliformes, rapprochées, 
pendantes, d’un rouge vermillon vif, tigré à la gorge du tube corol- 
laire de points plus foncés. Calice petit à divisions étroites, lancéolées, 
vertes. Corolle campanulée allongée (forme des Digitales), un peu 
Juillet 1857. 15 


— U6 — 

ventrue en dessous, glanduleuse-pubescente ; limbe subbilabié; les 
lobes supérieurs plus courts, arrondis, presque droits; les trois lobes 
inférieurs plus grands, ovales-arrondis, étalés, très-entiers. 

La Gesneria cinnaharina est d’introduction toute récente; elle date 
du mois de juin 1856, époque à laquelle notre excellent ami et émérite 
voyageur M. A. Ghiesbreght, en rapporta à M. Jules Linden des bul- 
billes de Chiapas, l’État le plus méridional et le moins exploré du 
Mexique. Quelques mois après, M. Linden avait le plaisir de la voir 
en fleurs, et de s’assurer que les éloges qu’en avait faits l’heureux 
introducteur étaient plutôt en dessous de la vérité qu’exagérés! La 
floraison commence en novembre et se prolonge jusqu’en avril, c’est-à- 
dire que ses brillantes corolles égayeront la serre chaude pendant les 
cinq mois les plus tristes de l’année. 

M. Linden annonce dans son nouveau Catalogue que cette plante 
sera livrée à partir du 1®** septembre prochain, au prix de francs. 

H. G. 


VARIÉTÉS HORTICOLES DE PYRETHRÜM ROSEÜM. 

(Planche XtV. ) 

Les Pyrethrum roseum et carneum de Rieberstein ont entre eux de 
si grandes aflînités qu’il est fort difficile de les distinguer l’un de 
l’autre autrement que par la différence du coloris (1). Ces deux plantes 
proviennent de la Transcaucasie et sont cultivées depuis longtemps 
dans nos jardins, comme jolies plantes vivaces, rustiques, vivant dans 
toute espèce de terre. Plusieurs variétés ont été obtenues depuis quel- 
ques années, de l’une et de l’autre espèce, sans qu’il ait été constaté 
s’il y avait eu mariage entre les deux plantes ou si les variétés 
provenaient plutôt d’une espèce que de l’autre; l’affinité que nous 
avons signalée nous force à atlacher peu d’importance à cette consta- 
tation. Néanmoins, comme les magnifiques variétés que nous représen- 
tons dans la planche de cette livraison sont parées de couleurs vives et 
prononcées, nous croyons devoir les reporter plus convenablement à 
un type foncé comme le Pyrethrum roseum qu’au Pyrethrum car- 
neum, dont les fleurs beaucoup plus pâles semblent nous promettre 
une race à coloris tendres, peut-être blancs. 

(1) M. M. Bieberstein fait observer que les feuilles du Pyrethrum roseum sont 
moins découpées que celles du Pyrethrum carneum, à divisions plus étroites, 
moins profondément laciniées, à dentelures rapprochées et non divergentes, et que 
les pédoncules, au lieu d’être solitaires, se développent souvent plusieurs à la base 
du pédoncule principal : particularité que présente la variété à fleurs doubles de 
M. Bedinghaus et qui la rend si ornementale et multiflore. 


— 447 — 


Les trois variétés que nous figurons nous ont été tout récemment 
communiquées, par M. H. J. Bedinghaus, horticulteur à Nimy, près de 
Mons, qui s’occupe depuis quelques années à perfectiomier \q genre 
Pyreihrum, On doit déjà à cet habile semeur quelques belles variétés, 
mais aucune d’elles n’approche de celles qu’il vient d’obtenir; aussi 
nous ne doutons pas qu’elles ne soient à l’exposition de la Société im- 
périale et centrale d’horticulture de Paris où elles figurent en ce mo- 
ment, vivement appréciées par les amateurs et par le jury comme un 
nouvel ordre de plantes décoratives (4). De pareils gains sont trop 
importants pour qu’on ne les signale pas de suite à l’attention géné- 
rale; et on ne saurait, non plus, trop louer les efforts de ces modestes 
semeurs qui se livrent ainsi à la recherche du perfectionnement de 
nos plantes ordinaires du jardin plutôt par passion que par esprit de 
lucre. 

Le Pyrethrum roseum flore pleno (n‘^4) est une magnifique variété 
qui atteint 2 à 5 pieds de hauteur; la tige principale et les rameaux 
sont dressés; les feuilles sont assez grandes, pennatifides, à divisions 
laciniées, pennati-incisées, d’un beau vert foncé. Pédoncules très-longs 
portant une ample capitule à double rangée de rayons larges, longs, 
d’un beau rose, au-dessus desquels se montrent plusieurs rangs de 
petits rayons roses provenant de la transformation des fleurs tubu- 
leuses du disque en fleurs ligulées formant comme une petite couronne 
de languetles irrégulières chiffonnées, tordues, ceignant la base du 
disque bombé et de couleur dorée. 

C’est, comme on voit, un acheminement à des fleurs complètement 
pleines, comme celles des Pyrethrum sinense (Chrysanthèmes) et des 
Callistephîis hortensis (Reines-Marguerites). D’un feuillage élégam- 
ment découpé, d’une floraison facile et abondante, d’une nature rus- 
tique, d’une vie de longue durée, les Pyrethrum roseum perfectionnés 
présentent de grandes ressources pour la décoration des jardins, et 
ils ont en outre le grand avantage de se multiplier facilement de 
boutures. 

La variété Gloire de Nimy (n° 2) présente de grandes capitules à 
longs rayons plats disposés sur deux rangées et d’un carmin tellement 
velouté qu’il est impossible au peintre d’en traduire sur le papier la 
teinte exacte et surtout le brillant éclat. 

La troisième variété (n« 5), nommée Tom Pouce par M. Bedinghaus 
est une délicieuse acquisition pour les petits massifs; il s’élève au plus 


(1) Nous apprenons à l’instant que le jury leur a décerné une médaille d’argent 
de première classe (troisième concours, celui des semis, l’un des plus importants 
du programme). A l’exposition de la Société d’horticulture de Mons (7 juin 1857), 
une médaille d'honneur grand module en vermeil leur a été également décernée. 


— i48 — 


à 12 ou centimètres, et porte, à peine haut de 10 centimètres, une 
douzaine de fleurs d’un riche carmin pourpré. 

Les deux premières variétés seront mises en vente, par M. Bedin- 
ghaus au premier septembre prochain; la variété Tom Pouce est 
livrable depuis le printemps. 

M. Bedinghaus nous écrit qu’il a commencé à cultiver les Pyrethrum 
7'oseum et carneum vers 1844, en 1850 ces plantes s’étant ressemées 
dans son jardin lui oflVirent une variété foncée qu’il nomma Pyre- 
thrum ruhrum, et c’est depuis lors qu’il se mit à semer dans un but de 
perfectionner cette plante; il obtint ainsi en 1853 les Pyrethrum 
Delhayiy belle fleur rose foncé, dédiée à M. Delhaye-Verdure de 
Tournai (cette variété a été figurée dans V Illustration horticole, juin 
1855, pl. 58); Themisterii, dédié à M. Thémister, zélé amateur à 
Liège.; Mulleri et Roseum nanum, charmante variété qui ne s’élève qu’à 
20 ou 25 centimètres. « 11 me semblait, ajoute notre estimable corres- 
» pondant, que l’on pouvait encore avoir mieux que je n’avais obtenu 
» jusqu’alors, et je résolus de supprimer les types Pyrethrum roseum 
D et carneum, pour travailler uniquement à perfectionner les formes 

et le coloris des variétés obtenues; je choisis donc la variété la plus 
» rouge comme porte-graines et je gagnai en 1854 le joli Pyrethrum 
» Duchesse de Brabant, qui obtint à l’exposition de Mons une mention 
» honorable toute spéciale. Je suivis en 1855 le même principe, de 
» nouveaux succès couronnèrent mon travail : j’obtins le Pyrethrum 
» Princesse Charlotte et une médaille de bronze de grand module à 
» l’exposition de Mons. Enfin des graines du Pyrethrum Duchesse de 
» Brabant, semées aussitôt leur récolte, sont sorties les deux jolies va- 
» riétés : Gloire de Nimy et Tom-Pouce, Le Pyrethrum roseum à fleurs 
» doubles est assurément une plante qui s’est semée d’elle-même et 
» qui a beaucoup de rapports avec mon Pyrethrum Themisterii. — 
» Les Pyrethrum fleurissent de mai en juin, et si on désire une seconde 
» floraison, on coupe les plantes rez terre et elles remontent aussi- 
» tôt. — En Chine on emploie cette plante pulvérisée pour détruire les 
» insectes (surtout les puces); effectivement nous n’avons jamais vu 
» ni chenilles, ni fourmis, etc., sur les feuilles de ces Pyrèthres. » 

Nous publions avec plaisir cet intéressant fragment de la lettre de 
M. Bedinghaus ; elle est empreinte, selon nous, d’un cachet de modestie 
relevée par la conscience d’un travail persévérant; elle peut servir 
d’exemple à ceux qui s’occupent de semis et à les fortifier contre le 
découragement. 


H. G. 


149 — 


REVUE DES PLANTES RARES OU NOUVELLES. 


SERRE CHAUDE. 

Gardénia citriodora (W. Hooker), figuré dans le Bot, Mag., pl. 4987. 

— Famille des Rubiacées. — Pentandrie Monogynie. 

Ce joli arbrisseau est originaire de Natal (côte sud-est d’Afrique), 
d’où il a été importé dans les serres de MM. Rollison, de Tooting, près 
de Londres ; ses fleurs, petites en comparaison de celles des espèces que 
nous cultivons, sont blanches, nombreuses et réunies en groupes ou 
corymbes axillaires; elles exhalent une délicieuse odeur de fleurs 
d’Oranger, fleurs dont elles affectent assez bien la forme et l’aspect. 

Le Gardénia citriodora constitue un élégant arbuste peu élevé (60 à 
80 centimètres de hauteur), toujours vert, à branches érigées-étalées, 
arrondies ou parfois obtusément subquadrangulaires. Feuilles oppo- 
sées, subcoriaces, elliptiques-lancéolées, plutôt aiguës qu’acuminées, 
étalées, portées sur des pétioles longs de 10 à 12 millimètres. Stipules 
larges et apparents, s’élevant d’une base large et charnue, étroitement 
subulés, érigés, apprimés, longs de 2 à 5 centimètres. Fleurs délicieuse- 
ment odorantes, agrégées aux aisselles des feuilles en corymbes alternes 
pluriflores. Pédoncules et pédicelles très-courts. Calice à cinq lobes 
ovés-lancéolés, ciliés; on remarque trois petites glandes oblongues et 
sessiles placées intérieurement et un peu au-dessous de chaque sinus 
du limbe. Corolle hypocratériforme, blanche à tube jaunâtre; limbe à 
cinq lobes étalés, oblongs-obovés, blanc pointé de rose-carminé. Cinq 
étamines, petites et insérées près de la bouche de la corolle; anthères 
linéaires, oblongues, jaunes, saillantes. Style aussi long que le tube de 
la corolle; stigmate en forme de massue ; surface stigmatique bilabiée, 
glanduleuse-tomenteuse. 

Si la culture de ce nouveau Gardénia est aussi facile que celle du 
Gardénia florida^ ce que nous ne savons pas encore, il est certain alors 
que ce sera une précieuse acquisition pour les serres et surtout pour 
les jardiniers-bouquetiers. 

Bégonia Wage8ierîana(KL0TZSCH), figuré dans le Bot. Mag.^ pl. 4988. 

— Moschkowitzia Wageneriana (Klotzsch). 

Ce Bégonia, natif de Vénézuéla, atteint un ou deux pieds de hauteur; 
il est glabre dans toutes ses parties et d’un vert-pâle; son port est peu 
gracieux. Les tiges sont arrondies, succulentes, dressées, d’une consi- 
stance faible, â branches éparses. Feuilles cordées-uvées, acuminées, 


— 150 


avec un profond sinus à la base, subpeltées; bord obscurément lobé et 
plus ou moins denté en scie. Pétiole long d’un pouce et demi à deux 
pouces, légèrement teinté de rouge, de même que les veines du dessous 
de la feuille, et la face inférieure des jeunes feuilles; pédoncules axil- 
laires et terminaux, multiflores, formant des cymes distincts, et plu- 
sieurs fois dicholomes, dans chacun desquels dominent soit les fleurs ^ 

mâles, soit les fleurs feinelles. Fleurs mâles à deux sépales, cordés ou 
réniformes-orbiculaires, blancs, étalés. Fleurs femelles, à cinq sépales, 
petits, oblongs-spatulés , verts; bractées au nombre de deux oblon- 
gues, ciliées; capsule turbinée , triangulaire, présentant deux ailes 
étroites et une troisième fort grande, triquètre; divisions du stigmate 
allongées et disposées en spirale. 

Ce Bégonia fleurit au printemps; sans avoir de grandes prétentions 
ornementales, il se recommande néamoins par l’abondance de ses fleurs 
et par ses cymes nettement composés soit de fleurs mâles d’un beau 
blanc relevé par un gros amas d’étamines dorées, soit de fleurs femelles 
très-nombreuses, vertes, et comme armées des longs lobes du style, 
curieusement enroulées en tire-bouchon. 

i&egoiiia rosacea (PüTZEYS), figuré dans la Flore des Serres et Jardins 
de l'Europe, pl. 1194. 

Cette gracieuse espèce de Bégonia appartient, dit M. Putzeys, au 
même groupe que les Bégonia octopetala (Her.) et ruhricaulis (ilook.), 
et sur lesquels M. Klotzsch, dans sa révision des Bégoniacées, a établi 
le genre Huszia, Elle est originaire de la Nouvelle-Grenade, d’où 
elle a été récemment introduite par M. Triana, dans les serres de 
M. J. Linden. 

C’est une espèce acaule, à racine tubéreuse, émettant successivement 
plusieurs pédoncules de 25 à 50 centimètres de hauteur, d’un rouge 
vif, pubescents, se subdivisant une ou deux fois, chaque division por- 
tant trois fleurs larges d’environ 50 millimètres, et présentant dans 
leur aspect quelque analogie avec certaines Potentilles. Ces fleurs, en 
s’épanouissant, sont d’un blanc de crème; au bout de quelques jours, 
elles sont maculées de rouge et de vert, surtout sur les bords et extérieu- 
rement. Les fleurs mâles ont huit sépales; les externes arrondis, denti- 
culés sur les bords; les internes moitié moins larges, oblongs-cordés; 
étamines très-nombreuses à filets libres. Les fleurs femelles n’ont que 
six sépales disposés et de même forme que ceux des fleurs mâles ; 
style persistant multipartit, à divisions tordues en spirale; capsule 
pubescente, à trois ailes, dont la plus grande est ascendante et deux ^ 

fois plus longue que les deux autres. 

Les feuilles, d’un vert foncé, sont brièvement cordées à côtés 
inégaux, profondément bilobées à la base, subacuminées, sinuées-den- 


— m — 


lées; nervures de hi face inférieure velues; pétioles moitié plus longs 
que la feuille, canaliculés en dessus, rouges et garnis de poils laineux 
blancs ou rougeâtres; stipules membraneuses, cordées, extérieurement 
velues. 

Le Bégonia rosacea (1), que nous considérons comme une cbar- 
manle addition d’un genre justement apprécié, fleurit pendant l’été et 
l’automne. 

Cypripediiitii hîrs»tisssmum (Lindley) , figuré dans le Bot. Maq., 
pl. 4990. — Famille des Orchidées. — Gynandrie Diandrie. 

On ne connaît point au juste la patrie de cette nouvelle espèce de 
Cypripediuni, achetée par un amateur anglais, M. Parker, de Hornsey, 
à une vente d’Orchidées de l’Inde; on la croit originaire de Java. C’est 
peut-être la plus belle espèce du groupe si distingué des Cypripedia 
acaides ; elle est alliée aux Cypripedium insigîie y villosuniy Lowii et 
barbatumy tout en étant parfaitement distincte de chacune de ces 
plantes. C’est ainsi que le Cypripedium insigne est seulement tomen- 
teux et que ses pétales n’ont pas la forme spatulée, les longs poils et 
les bords fortement ondulés de notre nouvelle espèce; que le Cypripe- 
diuni villosum porte des fleurs plus allongées dépourvues d’ondula- 
tions et de cils aux pétales et que son étamine stérile est tronquée au 
lieu d’êtj e carrée ; que les longs pétales plats et nus du Cypripedium 
Lowii l’en distinguent au premier coup d’œil ; enfin le Cypripedium 
barbatum présente l’étamine stérile circulaire, des feuilles courtes et 
maculées et est dépourvu de ces longs poils hérissés qui donnent un 
aspect tout particulier à notre nouveau Cypripedium, 

Les feuilles mesurent souvent plus de 30 centimètres de long; elles 
sont linéaires-ohlongues ou ligulées, aiguës ou bifides au sommet, 
distiches, carénées, canaliculées et équitantes à la base, costées, mais 
obscurément striées, d’un vert uniforme et tout à fait glabres. Scape à 
peu près aussi long que les feuilles, arrondi, vert lavé de violet foncé, 
velu ou chargé, de même que les bractées, l’ovaire et le revers de la 
fleur, de longs poils étalés. Bractée largement ovée, engainante, uni- 
flore. Pédicelle court, à peu près inclus dans la bractée. Sépales ciliés ; 
le supérieur large, rhomboïdal-cordé, à bords réfléchis, d’un vert 
pourpré foncé, strié, tout à fait vert au bord; sépales latéraux verts, 
réunis en un seul, de forme ovée, strié et plus court que le labelle. 
Pétales très-larges, étalés horizontalement, largement spatulés , ciliés, 
à lame violette et onglet vert, maculés et pointillés de violet foncé; 
bords singulièrement lobés-ondulés. Labelle ample, vert foncé lavé de 
violet, bord cilié. Gynostème court panaché de blanc et de vert et ma- 
culé de violet foncé. 


(t) M. Linden rannonce dans son Catalogue de 1857 au prix de 15 francs. 


152 


Le Cypripedium hirsutissinium a fleuri au mois d’avril dernier. Il 
nous est revenu que quelques exemplaires de cette magnifique Orchidée 
ont été acquis par M. J. Linden de Bruxelles ; de telle sorte que 
M. Parker ne sera bientôt plus le seul à jouir de cette belle plante. 

Trichopiiia crispa (Lindley), Gavdener^s Chronicle, 16 mai 1857, — 
Famille des Orchidées. — Gynandrie Monandrie. 

Celte fort belle Orchidée a été dernièrement exposée au salon de la 
Société d’horticulture de Londres, par M. Rucker; elle provient des 
collections recueillies dans l’Amérique tropicale par M. Warscewitz. — 
Son port et son feuillage sont ceux du Trichopilia coccinea (voir notre 
planche III); mais son pédoncule paraît être constamment biflore; le 
bord du labelle est irrégulièrement, mais très-fortement crispé, et son 
coloris d’un rouge de sang foncé rend ses fleurs plus attrayantes que 
celles du Trichopilia coccinea. M. Lindley ajoute que , malgré le 
nom qu’il a imposé à cette Orchidée en vue de venir en aide aux ama- 
teurs, il croit cependant qu’elle ne doit être considérée que comme une 
simple variété du Trichopilia coccinea, auquel elle se rapporte entiè- 
rement, sauf par les deux ou trois caractères indiqués ci-dessus. 

Aerides wîghtistiium (Lindley), Gardener’s Chronicle, 25 mai 1857. 

— Syn. : Aerides testaceum (Lindl.), Généra and spec. Orch., 

p. 258. — Vanda parviflora (Lindl.), Bot, Regist., 1844. — 

Famille des Orchidées.' — Gynandrie Monandrie. 

Par son aspect cette plante ressemble aux autres Aérides de nos 
serres, mais ses fleurs sont très-différentes. Elles forment un racème 
érigé, long de 5 à 6 pouces, situé à l’extrémité d’un pédoncule commun ; 
elles sont un peu moins grandes que les fleurs du Vanda Roxburghi, 
émettent une faible odeur de miel; leur coloris est abricot pur, à 
l’exception du labelle qui est violet au bout, cunéiforme et presque 
entier, et présente deux lignes élevées courant parallèlement au centre 
du labelle. Les feuilles sont en lanière, bilobées et plus courtes que 
le racème. 

C’est une fort jolie espèce native del’Hindoustan et de l’îlede Ceylan ; 
introduite en 1845, dans les serres de MM. Loddiges, elle y fleurit 
l’année suivante, mais si mal que son identité avec V Aerides Wigh- 
tiamim ne put être reconnue alors. Un bel exemplaire appartenant à 
M. C. B, Warner a permis à M. Lindley d’en constater le mérite. 


153 


SERRE FROIDE ET PLEINE TERRE. 

KcheTcrria caiialSculata (W. HoORER), figuré dans le Bot. Müg.j 
pl. 4986. — Famille des Crassiilacées.— Décandrie Pentagynie. 

Cette plante est originaire des environs de Real del Monte au Mexique, 
région montagneuse et froide située au nord de Mexico, et élevée de 
8 à 9,000 pieds au-dessus du niveau de la mer; région alpine où croît 
un grand nombre de fort belles espèces de Mamillmia , à'Echino- 
cactus, différents Pinus, des Chênes, des Pentstemon, des Bouvardia 
et plusieurs belles Éricacées. C’est une assez jolie espèce fleurissant 
facilement en longs racèmes portés sur des tiges florales d’un pied ou 
deux de hauteur. Fleurs rouge de brique vif, orange à l’intérieur; 
assez grandes (un pouce de longueur) et nombreuses. Feuilles disposées 
en rosette, nombreuses, étalées, longues de 4 à 6 pouces, oblongues ou 
un peu en lanière, épaisses, charnues, s’amoindrissant vers le sommet 
en une pointe mince presque filiforme, profondément canaliculées en 
dessus, glauques et lavées de pourpre. La tige florale est garnie de 
feuilles distantes passant graduellement en de petites bractées très- 
glauques oblongues-obtuses. 

VEcheverria canaliculata se rapproche beaucoup de VEcheverria 
Scheerii (Lindl.), mais s’en distingue par les feuilles oblongues et pro- 
fondément canaliculées de la rosette, largement spatulées dans celle 
de VEcheverria Scheerii. La floraison a lieu en avril. 

Les Echeverria se cultivent avec la plus grande facililé; exigent une 
certaine quantité d’eau pendant leur végétation active, beaucoup de 
lumière et une terre un peu forte. En été, on les expose en plein air; 
en hiver, on les conservera presque secs et en serre tempérée sèche. 

AfiuiEei^îa (Planchon, Hort. Van Houtte), figuré dans la Flore 

des Serres y pl. 1188. — Famille des Renonculacées. — Polyandrie 

Pentagynie. 

C’est parmi des graines importées de Californie par M. Boursier de 
la Rivière, et toutes acquises par l’établissement Van Houtte, que s’est 
trouvé VAquilegia eximia, charmante nouveauté voisine des Aquilegia 
Skinneri et Canadensis^ mais qu’elle surpasse et pour les dimensions 
et pour la grâce du port. Toute la plante, à l’exception des fleurs, est 
visqueuse-duveteuse ; les feuilles sont biternées à segments tripartits 
ou trilobés, incisés-dentés ; fleurs de couleur orange vif, longuement 
pédonculées, courbées, tout à fait renversées et imitant assez bien, dit 
M. Planchon, une couronne à dix pointes surmontée de cinq fleurons; 
ces fleurons seraient les petits renflements sphériques qui terminent 
chaque cornet et dont la face interne secrète une liqueur miellée ; 


iU — 


sépales lancéolés, réfléchis; limbe des pétales très-courl, entier; éperon 
droit un peu plus long que les sépales; styles dépassant les étamines. 

VAquilegia eximia a fleuri pour la première fois à Gand, en 1856; 
c’est une plante tout à fait rustique et d’une élégance exquise. 

Tasiacetuiii eieg^anss (Decâisne), figuré dans la Flore des Serres^ 

pl. 1191. — Famille des Composées. — Sénecionidées. Syngénésie 

Polygamie superflue. 

Quel est le jardin d’amateur où l’on ne rencontrera pas un pied de 
notre Tanaisie vulgaire, dont le feuillage, d’un beau vert foncé et élé- 
gamment découpé, et les nombreuses fleurs, d’un jaune d’or éclatant, 
sont d’un effet si pittoresque, surtout dans la variété à feuilles frisées? 
Un port touffu, la rusticité, l’aptitude à embellir les rocailles, l’odeur 
particulière même de cette plante, lui ont assuré depuis longtemps un 
coin du jardin; sa nouvelle congénère, la Tanaisie élégante, mérite un 
bon accueil, non parce qu’elle vient de fort loin, de la Californie, 
d’où ses graines ont été rapportées par M. Boursier de la Rivière, mais 
parce que ses tiges, hautes de 50 à 40 centimètres, légèrement angu- 
leuses, velues et grisâtres, portent de grandes feuilles, auxquelles leurs 
profondes et fines découpures donnent une élégance peu commune. 
Ses feuilles, doublement pennées, sont d’un blanc de neige avant leur 
entier développement, à lobes épais, dont les bords sont enroulés en 
dessous et parsemés de petites glandes odoriférantes; les capitules 
naissent à l’extrémité des rameaux, et forment une sorte de corymbe 
d’un beau jaune doré. La valeur décorative de cette plante est ici heu- 
reusement associée au mérite d’être vivace et rustique chez nous ; aussi 
nous ne doutons pas que le Tanacetum elegans ne trouve facilement 
son chemin dans tous les jardins. 

idateira aibido-flava (C. Lematre), figuré dans V Illustration horticole, 
pl. 151. — Famille des Solanacées. — Pentandrie Monogynie. 

Cette belle plante a été découverte en 1847, dans l’île Sainte-Cathe- 
rine au Brésil, par M. F. Devos, collecteur de M. A. Verschaffelt de 
Gand. Sa première floraison eut lieu en mars 1855. M. Lemaire la 
regarde comme une espèce inédite, et qui se distingue par un bel et 
ample feuillage vernissé en dessus, violacé en dessous, de très-grandes 
fleurs campaniformeset passant d’un vertd’émeraudeà un jaune verdâtre 
ou blanchâtre. C’est un arbrisseau vigoureux, bien ramifié, bien feuillé, 
glabre. Ramules très-courts, épais et d’un violet noirâtre, ainsi que les 
pétioles. Feuilles disposées surtout au sommet des rameaux, ovales- 
oblongues brièvement acuminées, très-grandes (longues de 14 à 55 cen- 
timètres, larges de 10 à 12', d’un vert sombre vernissé en dessus, 
plus pâle ou violacé en dessous; nervures épaisses, arquées, distantes. 


155 


Fleurs terminales, solitaires ou géminées, très-grandes (15 à 16 centi- 
mètres de long, 12 de diamètre); pédoncule très-court. Tube calicinal 
très-glabre, quinquangulaire-aigu. Corolle épaisse, très-glabre, tubulée- 
pentagone de la base au milieu, puis largement campanulée, multi- 
costée, à cinq grandes dents cuspidées-obtuses, tricostées, étroitement 
et brusquement révolutées dès l’anthèse. Cinq étamines exsertes ; 
anthères oblongues, dressées; style grêle, très-glabre; stigmate allongé 
bilamellé. 

Le Datura alhido-flava peut, dit M. A. VerschafFelt, fort bien se 
contenter de l’abri d’une bonne serre tempérée; à son défaut, de la 
serre chaude ordinaire. Pendant la belle saison, il peut rester à l’air 
libre, en sera plus robuste et n’en fleurira que mieux. Terre forte et 
riche en humus. Bouturage facile et prompt par section de jeunes 
rameaux, dont on retranchera, avant de les planter, les feuilles infé- 
rieures et la moitié des suivantes ; placer sous cloche, avec chaleur 
modérée. Cette plante, par le curieux coloris de ses fleurs, contraste 
fortement avec les blanches corolles du Datura suaveolens {Datura 
arborea) ; malheureusement le contraste des odeurs entre ces deux 
espèces n’est pas aussi agréable : autant celle du Datura suaveolens est 
agréable, autant les effluves émanées de V alhido-flava sont nauséa- 
bondes. 


CULTURE maraîchère. 


PLANTATIONS ET SEMIS D’ARRIÈRE-SAISON. 

Nous ne déployons pas pour les cultures de l’arrière-saison la meme 
activité que pour celles du printemps, et fort souvent nous laissons 
inoccupés des terrains qui, sans s’épuiser, pourraient nous donner 
des produits avantageux en récoltes dérobées. Jetez un coup d’œil, 
en passant, par-dessus les murs ou les haies de nos potagers et 
vous verrez que la plupart des carrés ne portent rien d’octobre en 
mars. Le jardinage, à notre avis, ne devrait point chômer; aussitôt 
une récolte enlevée, aussitôt la place envahie par une autre, à la con- 
dition, bien entendu, de ne point lui marchander l’engrais. Nous 
savons qu’en exigeant toujours et sans cesse, nous allons contre les 
principes, que nous altérons plus ou moins la qualité des produits, 
mais nous savons aussi, malheureusement, que les vrais connaisseurs 
sont rares et que la quantité nous sauve. 

Ainsi donc, pas de trêve au potager, pas de répit à la terre; aussitôt 
les cultures de printemps et d’été finies, il faut aviser à faire suer 


— 456 


encore au sol sa réserve de sève; mort ce légume, vive cet autre t 
arrière les débris, en avant les nouvelles graines et les nouveaux 
plants ! 

En Belgique et en France, nous vivons sur les vieilles pommes de 
(erre, par exemple, en attendant que la culture forcée jette sur le 
marché les variétés les plus précoces, comme la marjolin , la six- 
semaines de Lyon, le comice d’Amiens et les yeux bleus. En Angle- 
terre, on n’attend pas ainsi. A partir des mois de mars et d’avril, 
les jardiniers offrent aux consommateurs une contrefaçon de pomme 
de terre nouvelle qui a été beaucoup vantée par les voyageurs , qui 
figure sur les meilleures tables, trompe les plus habiles et mérite assu- 
rément une mention particulière. Nous avons opéré ici à la manière des 
Anglais et obtenu d’aussi bons résultats qu’eux. Nous allons, en quelques 
mots, vous donner les détails de cette opération : 

Arrangez-vous de façon à conserver jusqu’en juillet des tubercules 
de l’année précédente, et, pour cela, transpor(ezdes dans une chambre 
fraîche et changez-les de place deux fois par semaine, à partir du mois 
d’avril. Vers le 15 juillet, mettez vos plants en terre à la profondeur 
ordinaire. A l’approche de l’hiver, quand les fanes seront mortes et 
que les gelées seront à craindre, vous butterez chaque touffe, afin de 
la préserver des rigueurs de la saison, et le printemps suivant, vous 
procéderez à l’arrachage, de bonne heure, avant que la terre ait eu le 
temps de se réchauffer et de développer les germes des petits tuber- 
cules. Vous mettrez ces tubercules de primeur dans une chambre 
froide et les remuerez toutes les semaines pour les empêcher de fer- 
menter. Avec ces précautions, vous aurez jusqu’à la venue des pommes 
de terre nouvelles, un produit de transition qui, certes, n’est pas à 
dédaigner, produit dont la culture constitue une industrie très-impor- 
tante chez nos voisins les Anglais. 

Les pommes de terre, ainsi obtenues avant leur entier développe- 
ment, ne sont ni dures ni insipides comme celles entièrement déve- 
loppées qui restent en terre après l’arrachage et que la bêche soulève 
apres l’hiver, au moment des labours. Elles sont fines, délicates et d’une 
saveur pareille à celle des pommes de terre nouvelles. C’est à s’y 
méprendre. 

Par la même méthode, les jardiniers savent se procurer des carottes 
et des panais qu’ils vendent dès le printemps, à titre de nouveautés, 
c’est-à-dire à un prix fort élevé. A cet effet, ils sèment ces deux légumes 
dans la première quinzaine d’août et provoquent une levée rapide à 
l’aide d’arrosements. Quand vient l’hiver , les petites racines sont 
formées; il ne reste plus qu’à les protéger avec des feuilles sèches. 
Souvent même, cette précaution est inutile; la neige les protège mieux 
que les feuilles. 


— 457 — 

Les carottes et les panais, que l’on obtient par cette méthode de 
culture, ne valent pas les primeurs de bon aloi, mais valent mieux que 
les racines de conserve. 

On peut encore obtenir des carottes et des panais huit ou quinze 
jours plus tôt qu’avec les semis de printemps, en ayant soin de les semer 
vers la fin d’octobre ou en novembre. Cette méthode est des plus 
rationnelles et nous la pratiquons avec succès. Il se passe ici ce qui se 
passe avec le semis naturel. Vous avez dû remarquer que nos porte- 
graines de carottes, de panais, de persil, de cerfeuil, etc , perdent 
chaque année une partie de leur semence et que cette semence, épar- 
pillée sur le sol consolidé, lève très-bien au printemps et en quantité 
considérable; vous avez dû remarquer en même temps que les semis 
naturels ont toujours l’avance sur ceux faits à main d’homme. Voilà le 
maître, voilà la leçon ; au lieu de mettre ses graines dans un sac, comme 
le jardinier, la nature les confie de suite à la terre et maintient mieux 
que nous leurs facultés germinatives. Imitons-la plus souvent et plus 
généralement. 

Les cultivateurs de jardins savent parfaitement que l’on peut semer 
les carottes et les panais à la veille de l’hiver, mais ils se comportent 
à peu près comme s’ils ne le savaient pas et n’usent du procédé que par 
exception. Ils ont tort, puisque le succès est certain et que par ce 
moyen les racines fourchent moins que celles de printemps. En voici la 
raison : — Toutes les fois que vous avez affaire à un terrain fraîche- 
ment remué et fumé avec du fumier frais, — ce qui arrive sans cesse 
avec les cultures de printemps, — les racines fourchent; toutes les 
fois, au contraire, que la terre a eu le temps de se rasseoir et le fumier 
de pourrir, les racines offrent de belles formes. Or, il est clair qu’une 
terre préparée en octobre ou novembre présente ces conditions au prin- 
temps, surtout si l’on a eu soin d’y enterrer de l’engrais parfaitement 
décomposé et de la piétiner avant et après le semis. C’est d’ailleurs ce 
qui doit être exécuté. 11 va sans dire que cette opération préparatoire 
ne dispense pas le cultivateur de consolider de nouveau, à la sortie de 
l’hiver, les planches ensemencées, afin de combattre les effets de la 
gelée qui soulève toujours le sol plus ou moins et de combler les con- 
duits des taupes et des campagnols. 

En prenant ces précautions, il y a un avantage incontestable à semer 
dès l’automne, en pleine terre, les racines dont il vient d’être parlé. 

Nous voudrions encore que l’on semât, au mois d’août, des salsifis 
et des scorsonères, sans préjudice des semis de mars et d’avril. On va 
nous répondre que ces racines n’entrent dans la consommation qu’à la 
sortie de l’hiver, qu’elles arrivent à point à l’époque du carême, alors 
que la plupart des provisions sont épuisées et qu’il n’est pas nécessaire 
d’en produire au marché avant ou après cette époque. Nous ne sau- 


158 — 


rions, pour notre part, nous contenter de cette raison ; en fait de cul- 
ture potagère, nous ne sommes ni ne devons être l’esclave des dates fixes. 
Quand un légume nous plaît, nous le désirons et le recherchons sans 
consulter d’abord le calendrier. Vous nous apportez des salsifis et des 
scorsonères pendant le carême; soit, soyez le bienvenu; mais y aurait-il 
de l’inconvénient à nous en apporter en plein été? Nous ne le pen- 
sons pas. Ceux qui affectionnent ces racines à la sortie de l’hiver n’en 
feraient point fi, sans doute, au mois de juillet ou d’août. On va nous 
dire qu’alors le potager est chargé de produits, que les amateurs ont 
le choix dans le nombre. — Et puis après, qu’est-ce que cela prouve? 
De quel droit nous impose-t-on certaines espèces plutôt que d’autres. 
Pouvez-vous, oui ou non, livrer au marché, durant l’été, des racines 
de scorsonère et de salsifis? Vous le pouvez en semant dès le mois 
d’août; donc vous le devez. Ces deux plantes sont robustes; elles sont 
déjà fortes quand vient l’hiver et ne sont point en peine de lui résister, 
même sous le climat de l’Ardenne. Les jardiniers ne l’ignorent pas plus 
que nous, mais ils ont leur routine et il leur en coûte d’en démordre. 
Ils veulent à toute force imposer leurs lois aux consommateurs, quand, 
en bonne tactique, ils devraient se conformer de tous points aux désirs 
de ces derniers. 

Nous rappelons à ceux de nos lecteurs qui ne sont point jardiniers de 
profession, qu’il est de leur intérêt de faire des semis de choux vers le 
milieu du mois d’août, sur couche froide ou sur bon terreau. Ils 
sèmeront le savoyard hâtif, le cabbage, le gros chou-pain, le cabus 
d’Allemagne, le chou rouge de Frise et même le chou-fleur d’Angleterre 
ou de .Bruxelles. Ils les repiqueront, en pépinière, vers la fin de sep- 
tembre ou au commencement d’octobre, les ombrageront d’une manière 
quelconque à la sortie de l’hiver, afin de prévenir les fâcheux effets du 
soleil après les gelées de la nuit, et les transplanteront â demeure dès 
la fin de février ou dans les premiers jours de mars. C’est le seul moyen 
d’obtenir de très-beaux produits et de les obtenir de bonne heure. 
Avec nos plants de couche de printemps, plants frêles et délicats, nous 
avons à souffrir horriblement des ravages des altises et ne pouvons 
compter sur rien. Cette année, nous en savons quelque chose, puisque 
nous avons dû renouveler quatre fois nos plants de choux et que nous 
ne désespérons pas de les renouveler une cinquième fois. Où en serions- 
nous sans nos choux semés au mois d’août de l’année dernière ? 

Les livres nous disent que les choux-fleurs passent difficilement 
l’hiver; ne les croyons pas sur parole; semons-les, comme les autres, 
repiquons-les de même, raettons-les à demeure en pleine terre, en 
février ou mars, si le temps le permet, et ils pommeront en juin. Si 
nous disposons de coffres mobiles à châssis vitrés, abritons-les et ils 
pommeront en mai. 


— 159 


Nous rappelons enfin à nos lecteurs qu’ils doivent se munir de 
graines d’oignons blancs, les semer vers le 15 août, les repiquer à 
demeure en novembre, ou ne les semer qu’à la fin d’août pour les repi- 
quer au printemps de l’année suivante. P. Joigneaux. 


BIBLIOGRAPHIE. 

GUIDE PRATIQUE DU JARDINIER MULTIPLICATEUR, 

par M. Carrière. — 1 vol. in-18 de 270 pages. 

(Suite. — Foir le numéro de juin, p. 133.) 

DES COUCHAGES. 

Il est avantageux de donner aux rameaux à inultiplier, lorsqu’ils sont 
couchés, une position à peu près horizontale. On ne doit pas les laisser 
dans une position verticale, comme plusieurs écrivains l’ont conseillé. 
En effet, dans cette dernière position, la sève n’éprouvant dans sa 
marche aucun obstacle, se porte vers l’extrémité des rameaux, et les 
racines ne se développent que très-difficilement; cette remarque vaut 
la peine qu’on en fasse son profit. — Page 107. 

Le déchaussage externe ou en botte, qui consiste à amonceler la terre 
autour de la mère, employé presque exclusivement pour multiplier les 
coignassiers, pourrait l’être pour un grand nombre de plantes qui 
émettent beaucoup de drageons. 

Le déchaussage interne ou creux, qui consiste au contraire à creuser 
le sol dans lequel se trouvent les plantes mères, et qui n’est guère em- 
ployé que pour obtenir des plants de rosier des quatre saisons, pour- 
rait, comme le premier procédé, être appliqué à d’autres végétaux. — 
Page 110-îll. 

DES BOUTURES. 

Et d’abord, voyons la théorie que l’auteur nous donne des boutures. 
Toutes les parties des végétaux jeunes et viables contiennent tous les 
éléments d’une plante entière, et sont susceptibles, étant placées dans 
des milieux convenables, de faire des plantes pareilles à celles dont 
elles sont détachées. Dans chaque portion du végétal il y a une vie la- 
tente et dont nous pouvons exciter le développement. Quelles sont les 
conditions nécessaires à la reprise des boutures ? Tout végétal absorbe 
et évapore. La vie ne peut donc persister qu’autant que ces fonctions 
sont dans un certain rapport. Dans les boutures, l’absorption se fait, 
mais avec moins d’énergie; et seulement par la capillarité et selon les 
lois de l’endosmose. Si une bouture donc ne recevait pas constamment 


160 — 


une certaine somme d’humidité, si l’absorption était moindre que l’é- 
vaporation, elle périrait. De là l’emploi des cloches pour atténuer les 
effets de l’évaporation est d’autant plus nécessaire que les parties bou- 
turées sont plus herbacées, plus aqueuses. Nous considérons comme 
principe rigoureux, démontré au point de vue pratique, qu’il est indis- 
pensable, pour la radification des boutures, que l’absorption soit plus 
considérable que l’évaporation. C’est ce qui se passe sous les cloches. 
— Page 115-119. — On ne peut mieux raisonner, plus clairement, plus 
à la portée de chacun, et cela en faisant marcher parallèlement la 
théorie et la pratique s’éclairant l’une l’autre. 

M. Carrière considère comme identiques au point de vue de la mul- 
tiplication, toutes les parties souterraines des végétaux auxquelles les 
botanistes ont imposé des noms divers, qu’ils ont jugé être tantôt des 
racines, tantôt des rhizomes; il entre à ce sujet dans une discussion 
qu’il eût peut-être mieux fait de laisser aux savants spéciaux. Quant 
à moi, j’ai une opinion faite, mais ce n’est pas le moment de l’émettre. — 
Il n’y a pas de famille, dit-il, et pour ainsi dire, de genres qui ne ren- 
ferment des espèces qui ne se prêtent à la multiplication, à l’aide des 
parties souterraines. Dans certaines familles toutes les espèces possè- 
dent celte propriété. 

Boutures avec écailles, — Employées pour multiplier les plantes 
dites bulbeuses, exemple : les lis. Elles doivent êire placées dans le 
même sens que celui qu’elles occupaient lorsqu’elles étaient adhérentes 
au bulbe. Elles doivent être enterrées pour que leur moitié inférieure 
au moins soit cachée. 

Boutures de feuilles et fragments de feuilles, — Mode exceptionnel, 
on n’en fait guère usage que pour les plantes de serre chaude ; c’est 
dans la famille des Gesnériacées que les feuilles émettent particulière- 
ment des bourgeons. Souvent une partie du limbe suffît. M. Carrière 
enregistre ici un fait physiologique très-curieux. Dans les boutures de 
feuilles, les racines se montrent d’abord, puis les bourgeons; mais ces 
derniers ne sortent pas immédiatement de la feuille, comme on pour- 
rait le croire; celle-ci peut être considérée comme leur aïeule, comme 
une mère nourrice qui donne naissance aux racines et les alimente; 
puis celles-ci à leur tour produisent des bourgeons. Aussi, en raison de 
ce double phénomène, cette transformation devient impossible dans 
un grand nombre de plantes. Chez le Hoya carnosa, il n’y a jamais 
d’autre production aérienne que la feuille-mère. Les racines peuvent 
garnir des vases très-grands, sans jamais produire un seul bourgeon.— 
Pages 147-150. 

Il arrive parfois que les feuilles s’enracinent, sans pour cela pro- 
duire de bourgeons à leur base, et que ceux-ci apparaissent tout à coup 
sur la partie supérieure de la feuille, exemple : le Bégonia, Le pétiole 


— 161 


s’enracine et les bourgeons font éruption le long des grosses nervures, 
à l’angle qu’elles forment à leur insertion sur la nervure médiane. Ce 
sont ces gemmes, ou plantes composées de toute pièce, qu’on détache et 
qu’on fait enraciner comme s’il s’agissait de rameaux. — Page 152. 

Boutures avec rameaux herbacés. — L’auteur recommande le bou- 
turage des Pélargonium inquinans et zonale en plein air et même au 
soleil. Ceci me rappelle que j’ai vu employer ce moyen chez M. Le- 
michez, à Neuilly, au mois d’août 1850. Une plate-bande en plein 
carré en contenait plusieurs milliers. J’ai encore sa phrase dans la tête : 
Vous voyez, on simplifie toujours cette méthode si excellente. .Je n’en 
perds pour ainsi dire pas. 

Sur le rempotage des boutures. — On trouve comme ailleurs d’excel- 
lents conseils. Il vaut mieux faire deux et même trois rempotages qu’un 
seul dans de trop grands vases, les plantes se porteront toujours mieux. 

Des arrosements. — Opération des plus importantes et cependant 
à laquelle on apporte en général le moins de soins. Ce sont les moins 
exercés auxquels on confie ce travail. Il faut avoir égard à la nature 
des plantes, si elles sont vigoureuses ou non, en repos ou en végéta- 
tion, couvertes de feuilles ou en portant à peine. Plusieurs substances 
mêlées à l’eau sont très-favorables à la végétation, telles que le guano, 
la poudrette, la colombine, le purin, la colle-forte ; mais on ne doit faire 
usage de tous ces ingrédients qu’avec une très-grande réserve et tou- 
jours en commençant avec des proportions minimes. — Pages 464-165. 

M. Carrière donne le nom de bouturage-écusson à un nouveau mode 
qui paraîtrait avoir été découvert par M. Vilmorin et qui lui a réussi 
pour toutes les espèces qu’il y a soumises. C’est en effet un écusson 
qui sert de bouture, mais un écusson bordé, c’est-à-dire détaché avec 
une partie du bois qui adhère à son écorce. La feuille qui accompagne 
l’œil doit être conservée dans son entier si elle est petite, le limbe sera 
tronqué si elle est considérable. La plantation se fait dans de la terre 
de bruyère ou du sable. On enterre l’œil et la base du pétiole. On place 
ces boutures sous cloche. Page 166. 

DE LA GREFFE. 

M. Carrière rappelle ici ce qui a été enseigné par tous les physiolo- 
gistes, que la soudure ne peut avoir lieu qu’entre des végétaux ayant 
une certaine analogie, et il rend hommage aux travaux des botanistes, 
en reconnaissant l’influence qu’ils exercent sur les opérations de la 
pratique. Cet éloge de la science dans la bouche d’un homme instruit, 
sans doute, mais horticulteur praticien avant tout, lui fait un honneur 
infini; aussi, pour l’édification de ses confrères qui pourraient encore 
faire fi de la science, dois-je citer textuellement ce passage si bien 
senti : « La botanique, cette science que la plupart des jardiniers trai- 
JüILLET 1857, 14 


162 — 


)> (entavec mépris, est pourtant celle qui leur sert de guide dans la 
» greffe, parce que c’est elle qui a établi certains groupes plus ou moins 
» naturels, il est vrai, en rapprochant l’une de l’autre les plantes dont 
» les caractères organiques sont à peu près semblables.... Pour nous, 
ï> nous regardons cette science comme l’une des plus belles et des plus 
» précieuses pour l’horticulture.... Honneur aux Tournefort, aux 

Linné, aux Jussieu, qui ont découvert, par une patiente étude de la 
» nature, ces lois dont la connaissance devait plus tard rendre de si 
» importants services! » 

Qu’il me soit permis de me citer à ce propos. A vingt ans j’habitais 
une campagne dans le centre de la France, sans conseils, sans points de 
comparaison, et où la culture est encore aujourd’hui très-arriérée. Ce 
qui détermina ma vocation pour le jardinage, ce ne fut pas k Bon Jar- 
dinier , ni aucun livre pratique, mais des ouvrages de botanique, ce 
furent \ Or g ano graphie et la Physiologie végétale de de Candolle. 
Croire qu’on peut se passer de théorie est l’utopie d’un ignorant. 

La réussite des greffes sera d’autant plus certaine qu’on aura da* 
vantage tenu compte de la place qu’occupent relativement, dans la mé- 
thode naturelle, les deux végétaux qui concourent à l’opération. 

Toutes les greffes qui se font sur des genres différents portent le nom 
de greffes digénères ; exemples : le poirier sur le coignassier, le chio- 
nanthe sur le frêne. 

On pourra greffer avec succès des arbres à feuilles persistantes sur 
des arbres à feuilles caduques; exemple : le Magnolia grandiflora sur 
le Magnolia purpurea. Mais on ne peut faire l’opération inverse, c’est- 
à-dire greffer des arbres à feuilles caduques sur des végétaux à feuilles 
persistantes sans entraîner la mort de ceux-ci. Ces faits s’expliquent 
facilement. Dans le premier cas, le sujet, qui ne cesse de végéter que 
par la chute de ses feuilles, se trouvant continuellement excité par la 
persistance de celles de la greffe, conserve toute sa vitalité. Dans le 
deuxième cas, il en est autrement : le sujet devait, par sa nature, être 
toujours en végétation, et il se trouve forcé de s’arrêter par suite de la 
chute des feuilles de la greffe. Cet arrêt subit et opposé à sa manière 
d’être, détermine une réaction qui amène la mort. — Page 176. 

Le sujet joue relativement à la greffe le rôle attribué au sol relative- 
ment à la graine. C’est en réalité un sol d’une nature toute particulière, 
sur lequel on plante, au lieu d’une graine, un fragment d’un végétal tout 
développé. — Page 177. 

Les conditions nécessaires pour la réussite de la greffe ressortent des 
lois organiques et naturelles. C’est la similitude ou la parenté entre la 
greffe et son sujet à laquelle l’auteur donne le nom de loi similaire ou 
d'identité. En règle générale, les espèces d’un même genre auront plus 
de tendance à s’unir que des espèces appartenant à des genres voisins. 


165 — 


Cependant le pommier appartenant au genre Pyrus reprend , mais ne vit 
pas très-longtemps lorsqu’il est greffé sur ce dernier, tandis qu’il re- 
prend vite et très-bien sur le coignassier genre différent, mais qui 
touche le genre Pyrus, Il y a donc entre ces végétaux des différences 
organiques que la science n’est pas encore parvenue à découvrir. — 
Page 179. 

Il est une règle très-admise : pour que les greffes réussissent, il faut 
que leur écorce et celle des sujets coïncident parfaitement. L’auteur 
la juge fausse en principe et ordinairement vraie dans l’application. 
Elle pèche par le principe, puisque dans les plantes désignées sous le 
nom de plantes grasses les greffes se placent au centre de la tige et la 
reprise s’opère pourtant très-bien. Elle est vraie en ce sens qu’en 
faisant coïncider les écorces à l’extérieur, les parties les plus jeunes, 
celles qui sont en voie de formation se trouvent en contact les unes avec 
les autres. 

L’auteur entre dans des détails très-précis, très-intéressants, sur les 
sortes de greffes les plus généralement pratiquées dans l’horticulture 
moderne : — Greffes en placage très-usitées pour les arbustes de serre 
froide à feuilles persistantes. — Greffe mixte (greffe Luizet), presque ex- 
clusivement employée pour mettre les arbres à fruit. — Greffe anglaise 
(en pied de biche), dont on ne fait usage que sur de petits individus ; 
greffes herbacées, de dahlia; manière d’opérer selon qu’on désire ou non 
qu’elles s’affranchissent ; greffe centrale, uniquement pour les plantes 
grasses. Il termine ce chapitre important par de sages conseils sur 
l’époque de faire les greffes, sur le moment de les couper et sur le 
choix des rameaux. 

Il y a bien des manières de rendre compte d’un ouvrage. Celle que 
j’ai suivie ne sera peut-être pas du goût des éditeurs de ce recueil, car 
elle prend plus de place qu’on en accorde généralement aux articles bi- 
bliographiques; mais faisant mon apprentissage dans les Revues, je n’ai 
pas encore acquis l’habitude de renfermer mes pensées dans un cercle 
tracé d’avance, sous peine de ne pouvoir le franchir. Si je sais réunir 
de nombreuses variétés de plantes sur un petit espace, j’ai craint de ne 
pouvoir grouper assez d’idées dans une page. Voilà pourquoi il m’a 
fallu tant de papier ! M. Carrière ne m’en voudra pas, car cet écrit lui 
est consacré en entier; et si mes lecteurs, en y mettant un peu de bonne 
grâce, le parcourent d’un bout à l’autre, je suis persuadé que tous 
voudront faire plus ample connaissance avec le Guide du Midtiplica- 
teur, pour le succès duquel je fais les vœux les plus sincères, aulant 
dans l’intérêt du consciencieux auteur que dans celui des praticiens. 
Ce livre est destiné à apprendre beaucoup A ceux qui ignorent et même 
à ceux qui savent. 


Comte Léonce de Lambertye. 


i64 — 


MISCELLANÉES. 


MEUBLES ET ORNEMENTS RUSTIQUES. 

Le style rustique embrasse toutes les œuvres destinées à l’ameuble- 
ment des campagnes, et qui ont un caractère simple et naturel ; c’est 
l’art de grouper d’une manière gracieuse des matériaux grossiers, tels 
que les fournit la nature. En un mot, dit un auteur anglais dans 
V Horticultural Magazine, un meuble rustique doit autant que pos- 
sible représenter les premiers efforts de l’homme, pour arriver à fabri- 
quer ce qui lui est nécessaire avec les matériaux les plus simples. Les 
premiers ponts, les premiers cottages, les premiers meubles étaient des 
constructions dénuées d’élégance, faites sans grand travail, d’une façon 
grossière et telles que le goût actuel ne saurait les accepter; et si l’art 
moderne s’est emparé de ce mode primitif de construction, il s’est servi 
de ces matériaux grossiers pour les grouper d’une manière gracieuse, 
et conforme à notre sentiment du beau et les approprier à nos besoins 
et à nos fantaisies. 

La construction des meubles et ornements rustiques n’exige point de 
connaissances de menuiserie , ni un attirail d’instruments ; avec un 
peu de goût, on saisira facilement les diverses combinaisons auxquelles 
les élagages du verger et des arbres de la forêt peuvent donner lieu. 
Une scie, une tarière ou vrille, une bâche, un fort ciseau, des tenailles, 
un marteau et des clous, composent toute la série des instruments 
nécessaires à ce travail. Les branches et le tronc d’un pommier rugueux, 
bossué, sont particulièrement propres à la construction des meubles 
rustiques ; le poirier, le prunier, le chêne, sont également fort utiles à 
cause de la fréquente courbure et des bifurcations variées qu’ils pré- 
sentent. Le bois doit être sec avant d’être employé; revêtu de son 
écorce, il offre un cachet de rusticité complet, mais qu’il ne conserve 
malheureusement pas très-longtemps : l’écorce se détache peu à peu et 
finit par tomber entièrement; une couche ou deux de peinture appli- 
quées tous les ans retardent jusqu’à un certain point la chute de 
l’écorce, mais ne sauraient toutefois l’empêcher; aussi il est préférable 
d’enlever l’écorce immédiatement et d’appliquer sur le meuble une 
couche de bon vernis. Les paysans de Boilsfort, près de Bruxelles, font 
de charmantes corbeilles et de fort jolies jardinières rustiques en bran- 
ches de chêne vernissé; de plus, l’écorce abrite toujours une certaine 
quantité d’insectes xylophages, qui détruisent rapidement les meubles 
les plus solides; tandis que la surface lisse du bois dénudé ne leur 
offre aucune retraite pour se cacher. Aussi la vermoulure y est bien 
moins fréquente. 


— 465 — 


Un peu d’habitude et ensuite le goût vous amèneront bientôt à 
savoir (irer parti des différentes branches d’un arbre. Ainsi une grosse 
souche, une grosse branche trifurquée, donnent de suite l’idée d’une 
table : il suffît de retourner la branche et d’asseoir ses trois bras en les 
sciant à longueur voulue. Une planche ronde ou carrée clouée sur la 
coupe horizontale de la branche ou du tronc forme le dessus de la 
table. De grosses branches arquées et bifurquées formeront naturel- 
lement des bancs; la partie servant de siège sera rendue plane à la 
hache ou recouverte d’une planche. Ces premiers essais de construc- 
tions, d’une extrême simplicité, vous conduiront ensuite à fabriquer 
des meubles d’une forme plus gracieuse; c’est ainsi que trois branches 
plus ou moins rameuses et bifurquées peuvent fournir les éléments 
d’une table par l’entrelacement de leurs bras; l’extrémité des branches 
sera fixée à la pièce de dessus soit par des clous, soit dans des trous 
forés dans cette pièce. Arrivons à des agencements plus compli- 
qués : la table que représente la fig. 1 est établie au moyen d’un 



tronc droit fiché en terre; c’est le support sur lequel repose la pièce 
plane de dessus ; trois ou quatre branches courbes sont fixées par des 
clous au tronc et à la tablette, et servent à la consolider; cela suffirait 
à la rigueur; mais deux ou trois branches noueuses et ramifiées s’ap- 
puyant d’un côté sur le sol, de l’autre au support, ajouteront de l’élé- 
gance et de la force à votre construction, et le support, grâce à cet appui, 
pourra être plus mince. 

La fabrication d’une chaise, d’un canapé, exige une certaine somme 
d’habileté pour établir le dossier; on choisit à cet effet une branche 


1G6 


présentant une courbure convenable, et on la scie perpendiculairement 
en deux parties égales, lesquelles formeront les deux côtés symétriques 
du dossier; la surface plane par derrière, la convexe par devant. Notre 
fig, 2 représente une chaise ainsi fabriquée; les branches accessoires 
sont clouées ou introduites comme chevilles dans le dossier. 


La fig, 5 offre une heureuse application du style rustique à la 
décoration des jardins; c’est une corbeille destinée à recevoir une 
touffe à' Hortensia ^ de Géranium^ de Pétunia y de Rosier buissonnant 
ou de toute autre plante à effet pouvant supporter le plein air pen- 
dant la belle saison ; on peut se servir pour vase intérieur d’un petit 
tonneau coupé par le milieu, ou d’une cuvelle faite exprès, que l’on 
revêt de branches fendues et entrelacées de noisetiers ou de chêne ; 
une branche ou deux de chêne et de gros lierre nouées par les deux bouts 
encerclent et terminent le haut de la corbeille. Le support peut être 
façonné de différentes manières, sur trois pieds, sur un tronc fourchu 
ou simple, sur des branches entrelacées, etc. 

Les accessoires, tels que cônes de sapin, clochettes, plaques de bois 
polis ou peints en couleurs variées , que quelques personnes font 
ajouter aux meubles rustiques détruisent l’harmonie du style, et vous 
font tomber dans le genre rococo et niais. Faisons remarquer que ron 
ne doit pas réunir de grosses bûches ou des souches volumineuses à 
de faibles branches; on emploiera ces fortes pièces comme supports 
de tables ou de corbeilles; avec les petites on fait des dossiers de 
chaise ou de canapé, des tablettes, des corbeilles, des tabourets, et les 



'Oiim&ER 


Fig 2. 


Fig. 3. 



167 — 


embellissements des grands meubles. Il faut en un mot, qu’une cer- 
taine harmonie, qu’une certaine proportion règne entre toutes les 
parties, sinon l’on tombe dans l’affectation et le ridicule. 


DES PERCE-OREILLES. 

M. Oberdieck, célèbre pomologue, recommande pour détruire sinon 
pour diminuer les perce-oreilles, si redoutables aux fruits et aux fleurs, 
de déposer de vieux paniers aux endroits où ils se cachent. On laisse 
ces paniers pendant deux ou trois jours tranquillement à leur place, 
puis on les saisit un beau matin et on les secoue avec force; les perce- 
oreilles, qui s’y rassemblent parfois par milliers, tombent sur la terre 
où on les écrase. Des chiffons de laine, des déchets provenant de la 
tonte des haies, des tiges de pavots, la paille de pois ou la paille ordi- 
naire, liée en bottes minces, rendent à peu près le même service. 
M. Oberdieck, en déposant dans son jardin, près des espaliers, plu- 
sieurs vieux paniers, est parvenu à détruire des milliers de perce- 
oreilles, et a ainsi réussi à restreindre les dégâts qu’ils occasionnaient 
dans ses meilleurs fruits. Dès qu’on est une fois parvenu à maîtriser 
la trop forte multiplication de cet insecte, il devient ensuite facile, 
avec un peu d’attention, de le tenir en bride. 

Les amateurs de Dahlias peuvent facilement attraper les perce- 
oreilles, en déposant au printemps, près des jeunes plantes, les 
vieilles tiges de l’année précédente, qui sont ouvertes à l’un des deux 
bouts et fermées à leur bout opposé, de manière que le bout ouvert 
soit dirigé du côté de la plante. On trouve souvent, peu de jours 
après, dans chaque tige quelques centaines de jeunes perce-oreilles. 
Il paraît que ces insectes affectionnent particulièrement l’odeur des 
tiges de Dahlias, car aussitôt qu’ils en trouvent, ils se disposent à y 
déposer leurs œufs. 

Inutile de dire que les bouts des tiges doivent être conservés pen- 
dant l’hiver dans un lieu sec. 


S. 


— 168 


EXPOSITION DE VALOGNES (Manche). 

Celle exposilioii a eu lieu du 5 au 9 juin, dans la belle salle que la ville a fait 
construire sur la place du Château ; elle était fort remarquable ; aussi de nombreux 
visiteurs sontvenus payer un juste tribut d’éloges aux horticulteurs de l’arrondisse- 
ment de Valognes. Les fleurs variées, les fruits et légumes, les meubles rustiques 
et les instruments de jardinage témoignaient par leur bon choixde l’heureuse ému- 
lation qui s’est établie entre les exposants, des progrès qui se font remarquer à 
chaque exposition. S.E.le ministre de l’agriculture et des travaux publics avait bien 
voulu, sur les instances de l’honorable président de la Société, M. le général Meslin, 
mettre deux médailles spéciales d’argent destinées l’une aux travaux de l’arbori- 
culture, l’autre à la culture maraîchère. Deux concurrents, MM. Paul Le Cappon et 
Louis Lepoittevin, dans le concours d’arboriculture, se présentaient avec un mérite 
égal; la médaille échut par voie du sort au premier de ces horticulteurs intelli- 
gents; un diplôme remis à chacun constate l’égalité de leur mérite. Le grand prix 
pour la culture maraîchère est décerné à M. Duclos, jardinier chez M. du Poerier 
de Franqueville. Les beaux légumes de M. Picot, jardinier de M”»® du Picot, 
reçoivent le premier prix donné par la Société; les récompenses obtenues par 
MM. Touroude, Typhaigne, Georges André, Olivier et Lemire, prouvent combien 
la culture maraîchère a fait de progrès dans l’arrondissement de Valognes et 
l’importance que la Société attache à cette spécialité. Un lot de pommes et poires 
parfaitement conservées atteste les soins de M. du Mesiiildot, propriétaire à 
Anneville en Saire; une médaille d’argent lui est accordée. Les collections de 
Pélargoniums étaient nombreuses, bien choisies et bien cultivées; celle de M. Paul 
Le Cappon obtient le premier prix; les Fuchsia et les Azalées de ce même horticul- 
teur remportent également les premières palmes ; une charmante corbeille de 
roses coupées de M. Sitôt, avoué à Valognes, reçoit le prix; le jury remarque 
dans ce contingent une jolie rose de semis qu’il nomme séance tenante Triomphe 
de Valognes. M*”® veuve Quétel de Caen avait exposé Une remarquable collection 
d’Anémones : une médaille spéciale lui est décernée. Les Pensées de M. Othon, 
avocat à Valognes; les Anémones ou semi-doubles de M. Touroude; les meubles 
rustiques de M. Dagoury fils, de M. Lemire; les outils de jardinage de M. Debout; 
le sécateur à deux lames tranchantes de M. Gouhaux ; les Rhododendrons, Azalées , 
Pélargoniums et Pensées de M. Malherbe, de Bayeux, et les Verveines deM. Ourry, 
horticulteur à Cherbourg, sont vivement appréciés par le jury qui leur décerne 
à tous des premiers prix. 


BULLETIN 


DE 14 SOCIÉTÉ ROYALE D’HORTICÉITERE 

DE BELGIQUE 

ET DU JARDIN BOTANIQUE DE BRUXELLES. 


Aquaria du Jardin liotaiiique de Bruxelles!. 

1® AQUARIUM d’eau DOUCE. 

(Troisième article.) 

Les bassins construits, nettoyés et lavés à différentes reprises, pour enlever la 
plus légère odeur de mastic et de peinture, sont maintenant prêts à recevoir et les 
animaux que Ton se propose d’étudier, et les plantes qui doivent servir d’asile et 
de jardin de plaisance à celle population que viendront bient^ plusieurs milliers 
de fois centupler des générations d’infusoires, de polypes et de crustacés micro- 
scopiques, de tous ces animalcules qui se développent dans les eaux, sous la double 
influence de la chaleur et de la présence des végétaux. 

Une couche de gros sable de rivière ou, à défaut, de sable ordinaire bien lavé et 
de petits cailloux, forme le fond du bassin; tandis que des rocailles groupées au 
centre en îlot escarpé, en grotte crevassée, en simple pont, ou disséminées en 
rochers isolés, présentent une décoration qui rompt agréablement l’uniformité de 
la masse d'eau. La terre végétale, dont on a recommandé l’emploi pour le fond 
des bassins, est plutôt nuisible qu’utile; elle oblige à changer fréquemment l’eau 
pendant les quinze premiers jours qui suivent l’introduction des animaux et des 
plantes dans Xaquarium; sans cette précaution, la portion soluble de la matière 
végétale est dissoute par l’eau et provoque bientôt le développement de conferves 
qui ternissent les parois vitrées et rendent l’aspect du bassin désagréable; leur 
accumulation même peut causer la mort des animaux et le dépérissement des 
plantes aquatiques; aussi conseillons-nous de rejeter complètement l’emploi de la 
terre et de se borner à établir une couche de 6 à 8 centimètres de gros sable, dans 
laquelle on fixera les racines des plantes en les chargeant de quelques cailloux 
pour que la plante reste bien en place; on verse d’abord une petite quantité d’eau 
pure pour affermir le tout, puis on remplit d’eau le bassin jusqu’à 8 ou 10 centi- 
mètres du bord. On pourra, trois ou quatre jours après, et si l’eau est devenue lim- 
pide, introduire, sans danger, les êtres vivants destinés à animer la scène pleine 
d’intérêt qu’offre un aquarium bien tenu ; le détritus des plantes en se mêlant au 
sable du fond suffira plus lard aux besoins des poissons auxquels une eau trop 
pure serait préjudiciable. 

Le groupement des plantes aquatiques est une question de goût, dans laquelle 
la forme et la grandeur des aquaria doivent être prises en considération. 

En thèse générale, les plantes d’un port compacte ou massif produisent un effet 
plus agréable lorsqu’elles sont placées à l’arrière-plan; les espèces à formes 
légères seront mieux appréciées au premier plan. C’est ainsi que les Stratiotes, 
Potamogeton et autres plantes à végétation puissante et caractéristique présentent 
un coup d’œil imposant à travers le feuillage délié, l'élégante dentelle végétale des 
Myriophyllum, Callitriche, Hottonia, Utricularia, Chara, etc. Le Biitomus itmbel- 
Bülletix. 6 


— 22 — 


latus ou jonc fleuri , est très-propre à former la pièce de milieu dans un bassin ; 
vu à travers d’une arche de pont rustique il produit un charmant effet. 

Certaines plantes à feuillage ample et flottant doivent être maintenues en place 
au moyen d’un fil dont un bout est fixé dans le sol autour d’une pierre. Les cou- 
ronnes de Stratiotes dépourvues de racines se traitent ainsi; on a soin, avant de 
les introduire dans Vaquarium, d’enlever, sans endommager la partie centrale, 
toute feuille décolorée, toute partie ou matière décomposée ; on entoure ensuite 
la base de la tige d’un gros fil auquel on attache une petite pierre qui va plonger 
dans le sol du fond et maintient ainsi la plante en place jusqu’à ce qu’elle ait émis 
des racines et se soit bien fixée; la radification sera complète avant que le fil soit 
pourri. De nouvelles couronnes se formeront bientôt et produiront un ensemble 
fort gracieux dans un bassin de moyenne grandeur. Les tiges isolées de Chara, 
d'Anacharis alsinastrum, de Callitriche étant réunies et fixées selon la méthode 
que nous venons d’indiquer, s’enracinent généralement au bout de quinze jours et 
restent solidement fixées là où elles ont été placées. Ce système de plantation est 
peut-être préférable à celui d’introduire des plantes touffues munies de racines ; en 
eft*et, ces dernières meurent souvent en entraînant dans leur décomposition la 
destruction d’une partie du végétal. 

Les fentes et les concavités des rocailles émergées seront mises à profit pour 
planter de petites Fougères, telles que : Asplénium ruta-muraria, Cystopteris fra- 
gilis, Asplénium septentrionale, Adiantum Capillus-Veneris , Pteris serrulata, 
diverses Lycopodiacées rampantes et des Mousses; de manière à former un îlot 
verdoyant; on emploiera pour cette plantation un peu de terre que l’on recouvrira 
de mousse ou de petits cailloux. 

L’eau d’alimentation doit être limpide et aussi pure que possible; l’eau de 
source est très-bonne, et pour la rendre plus douce il suffit d’y plonger quelques 
plantes pendant deux ou trois jours ; elle devient alors excellente pour les pois- 
sons ; les eaux de puits, celles de fontaine artésienne sont également bonnes lors- 
qu’elles ont été suffisamment aérées; feau de rivière serait sans doute la meilleure, 
mais il n’est pas toujours facile de s’en procurer; du reste elle n’est pas indispen- 
sable à la vie des animaux aquatiques, comme on l’a prétendu. 

Une dernière observation. L’emplacement des bassins n’est point indifférent ; 
en hiver, l’exposition au midi ou au levant est la plus favorable; en été (mai- 
octobre), celle du nord convient mieux, parce qu’en cette saison les rayons 
solaires élèveraient la température de beau à un degré qui pourrait devenir fatal 
aux habitants du bassin. Si l’on ne pouvait disposer d’un emplacement exposé au 
nord, il faudrait garantir les réservoirs contre l’ardeur des rayons du soleil de 
midi par divers moyens , tels que : rafraîchir la température du local par de fré- 
quents arrosages, et établir des courants d’air. Il y a danger pour les animaux 
lorsque le thermomètre plongé dans feau d’un bassin indique 22 à 25 degrés cen- 
tigrades ; mais les polypes d’eau douce, les infusoires se développent merveil- 
leusement dans ces eaux tièdes, et les Gonferves, les Lemna et autres plantes des 
eaux stagnantes y croissent avec vigueur. En agitant l’eau des bassins avec une 
spatule de bois, et en la renouvelant en partie tous les jours, on parvient à main- 
tenir une température de 15 à 18 degrés centigrades pendant les fortes chaleurs. 
Au Jardin botanique de Bruxelles, des tuyaux amènent constamment un filet 
d’eau fraîche dans les bassins, et y entretiennent non-seulement une température 
convenable, mais la limpidité et la pureté; fexcédant des eaux se déverse au 
moyen de siphons. Il est du reste facile d’imiter ce procédé en établissant un ré- 
servoir d’une certaine capacité dans l’endroit le moins éclairé du local et en 
rélevant de 50 centimètres à 1 mètre au-dessus du niveau des eaux de {'aquarium; 
un tuyau en plomb ou en gutta-perclia conduirait l’eau du réservoir dans le 


— 23 — 


bassin. L’emploi de la glace enfermée dans un bocal que l’on introduirait dans 
Vaquarium pourrait sans doute atteindre parfaitement le but ; ce moyen est sur- 
tout recommandable pour les aquaria marins, dont la population est plus sen- 
sible à la chaleur que les animaux d’eau douce. On pourrait aussi entourer les 
bassins de linges que l’on entretiendrait humides. Ces détails, un peu minutieux 
peut-être, sont cependant très-importants à connaître lorsqu’on se propose d’éta- 
blir des bassins d’une certaine grandeur , et qui contiennent par conséquent un 
fort volume d’eau; les petits bassins, les globes et bocaux dont l’eau peut être 
facilement renouvelée tous les jours, sont plus aisément préservés de la chaleur 
ambiante. On ne doit pas perdre de vue que l’influence solaire est éminemment 
favorable aux animaux aquatiques, seulement elle doit être graduée selon les 
saisons , entière en hiver, affaiblie en été; la lumière est indispensable à toute 
époque : ainsi on se gardera de placer les bassins dans un local sombre et non aéré. 

Occupons-nous maintenant des plantes propres à garnir nos bassins. Le Stra- 
tiotes Aloides est remarquable par son beau port, la teinte vert vif de son feuil- 
lage; il croît fort bien dans sa prison de verre et y acquiert un fort développe- 
ment. On le trouve communément dans les fossés de notre pays. 

Le ValHsneria spiralis , originaire de l’Italie et du midi de l’Europe, offre un 
intérêt tout particulier au naturaliste. D’entre ses longues feuilles rubanées , 
s’élève le pédoncule contourné en une longue spirale de la fleur femelle qui se 
trouve portée au-dessus de l’eau ; les fleurs mâles , situées à l’extrémité de pé- 
doncules courts et dressés, se détachent de la souche commune au moment de 
l’anthèse, montent à la surface de l’eau, et flottent à l'encontre des fleurs femelles 
pour les imprégner du pollen dont sont chargées leurs étamines. La fécondation 
opérée, le pédoncule spiral se contracte et fait redescendre la fleur femelle au 
fond de l’eau, là où l’ovaire mûrit ses graines. Cette intéressante plante, que l’on 
peut se procurer dans tous les jardins botaniques et chez les horticulteurs, se 
multiplie au moyen des jets latéraux qui naissent de la base de sujets un peu 
vigoureux; ces jets s’enracinent bientôt et on les détache du pied-mère. Le Val- 
lisneria spiralis aime le soleil et la lumière; il ne fleurit que lorsqu’il est bien 
enraciné, Nous avons remarqué qu’il croît mieux seul qu’en compagnie d’autres 
espèces de plantes, et que les Lymnées, Physes et autres Gastéropodes attaquaient 
leur feuillage et arrêtaient ainsi son développement; les Conferves lui sont éga- 
lement nuisibles. On doit donc placer les ValHsneria seuls dans un grand et long 
bocal, dont on renouvellera l’eau de temps à autre pendant les fortes chaleurs, 
ou si on les introduit dans un aquarium, on les associera à un très-petit nombre 
de plantes. 

Le Myriophyllum spicatum ou Volant d’eau se trouve communément dans nos 
mares ; c’est une des plantes les plus utiles pour les bassins; elle dégage beau- 
coup d’oxygène et contribue puissamment à la pureté et à la limpidité de l’eau. 
Son port est gracieux, délicat; ses feuilles, d’un vert d’émeraude, forment des 
verticilles déliés autour de ses tiges minces comme un fil. Cette espèce croît faci- 
lement en louiïes. Les Myriophyllum verticillatum et alterniflorum , également 
indigènes, ont le même port que le Myriophyllum spicatum. A cette même famille 
de plantes appartiennent les jolis Callitriche verna, autumnalis, de nos mares, et 
le Callitriche pedunculata , des environs de Paris ; la légèreté de leurs formes les 
rend très-propres à garnir ['aquarium. Les Ceratophyllum demersum et submer- 
sum ont le port des Myriophyllum, et des feuilles disposées en élégants verti- 
cilles; on trouve ces plantes dans les étangs, les fossés et les ruisseaux de la Bel- 
gique et des environs de Paris; elles forment en peu de temps de grosses touffes 
d’un vert gai. H G. 

(i continuer.) 


BIBLIOGRAPHIE. — Annales d’horticulture et de botanique, ou Flore 

des jardins du royaume des Pays-Bas, rédigées par MM. Ph. Fr. de Sicbold 

et W. H. Vriese. 

La Société royale d'horticulture des Pays-Bas a commencé cette année, sous le 
patronage de S. M. le roi Guillaume III, une intéressante publication périodique 
ayant pour titre : Annales d’horticulture et de botanique, dont la rédaction a été 
confiée à deux savants bien connus : MM. Ph- de Siebold , et W. H. de Yriese. 
Pareil recueil ayant pour but fhistoire des plantes cultivées et ornementales les 
plus intéressantes des possessions néerlandaises aux Indes orientales, en Anié- 
rique et au Japon, ne peut être qu'accueilli avec faveur, sortant surtout de mains 
aussi capables que celles qui le rédigent; le botaniste y trouvera des faits et des 
observations scientifiques qu'il compulsera avec fruit; fhorticulteur et famateur 
les moyens de connaître , d’apprécier et de cultiver une foule de plantes intéres- 
santes et ornementales de ces riches régions lointaines qui reconnaissent la puis- 
sance souveraine de la Hollande. Ajoutons que ces recueils spéciaux excitent 
l'émulation des voyageurs, provoquent les explorations, attirent en quelque sorte 
les productions végétales exotiques dans nos jardins, soit pour les embellir et 
nous procurer de nouvelles jouissances, soit pour y répandre des plantes alimen- 
taires ou utiles à la médecine et aux arts. 

La première livraison contient une belle planche de la Pivoine monfan variété. 
Impératrice de France (Siebold), une description des variétés de Pivoines cul- 
tivées a Leyde; une Notice sur les Araliacées de Java et du Japon, cultivées dans 
quelques jardins des Pays-Bas, par M. de Vriese; un article sur la culture des 
plantes japonaises à Leyde, un autre sur la culture de variétés japonaises de Pa- 
tates douces; enfin un mémoire sur deux nouveaux genres {Doornia et Pykia) de 
Pandanées, précédé de remarques générales sur celte famille, de M. de Vriese. 

Le second cahier contient une planche représentant ïAralia (Fatsua ) Japom'ca, 
Becaisne et Planchon, et la description de celte plante; la suite et fin du mémoire 
sur les Pandanées ; une liste de plantes récemment introduites au Jardin de Leyde ; 
une lettre sur la culture de la Pafflesia Arnoldi, R. Brown, dans le jardin 
botanique de Puitenzorg à l’île de Java, par M. J. E. Teysmann ; le succès obtenu 
par M. Teysmann nous permet d’espérer de voir un jour s épanouir chez nous les 
gigantesques corolles de cette plante extraordinaire. G est par 1 inoculation de 
graines de Pafflesia dans l’écorce des racines vivantes de Cissus scariosa que ce 
résultat pourrait être obtenu ; une analyse article) de la Géographie botanique 
raisonnée de Alph. de Candolle. 

Les troisième et quatrième livraisons réunies en un seul cahier contiennent la 
suite de l’analyse de l'important ouvrage de M, Alph. de Candolle ; un article sur les 
plantes récemment introduites dans l’économie rurale, par de Siebold ; la descrip- 
tion du Pilyrosperma acerinum, Sieb. et Zucc. [Actœa Japonica, Thunberg), 
plante vivace de la famille des Renonculacées, voisine de V Actœa racemosa, L., 
dont elle se distingue par ses étamines toutes fertiles et conformes et par ses 
graines recouvertes de petites écailles; elle a été introduite depuis peu du Japon 
par M. de Siebold ; c'est une bonne acquisition pour la pleine terre ; la belle planche 
qui accompagne la description pourra faire juger son mérite. Trois autres plan- 
ches représentant trois charmantes variétés de couleur florale du Pharbitis poly- 
morpha accompagnent ce cahier. 

Cette courte analyse suffira pour donner une idée de l'importance scientifique 
et horticole des Annales d’horticulture et de botanique de la Société royale d hor- 
ticulture des Pays-Bas. 


Kxpoisilioiis annoncées pour 1S39 par les i^oetééés d’horticulture 
beignes et étraiig;ères. 

Bruxelles. — Société royale de Flore. — 19, 20 et 21 juillet 1 857. (Fleurs et fruits.) 

Moulins (Allier). — 12, 13 et 14 août 1857. (Fleurs, fruits, légumes et iustru- 
ments horticoles; 28 concours.) 

Troyes (Aube). •— 24 au 28 septembre 1857. 

Anvers. — 16, 17 et 18 août 1857. (Fleurs et fruits.) 

Namur. — 12, 13 et 14 Juillet 1857. (64 concours ; fleurs, fruits, légumes.) 

Bruges. — 19 et 20 juillet 1857 

Ledeberg-lez-Gand. — 13 et 14 septembre 1857. 

Londres (à Chiswick). — 24 octobre 1857. (Exhibition de fruits.) 

Nantes. — Société Nantaise d’horticulture : 18 et 19 octobre 1857. (Exposition 
spéciale de fruits et de légumes.) 

Liège. (Société royale d’horticulture et d’agriculture.) — 1, 2, 3 et 4 novembre 
1 857. j[ Fleurs, fruits, légumes, produits de grande culture, instruments horti- 
coles èt aratoires.) 


CATALOGUES D’HORTICULTURE. 

Reçu les catalogues de : 

M. F. Rodigas, à Lierre, province d’Anvers (Belgique). M. Rodigas s’occupe 
depuis plusieurs années de la culture des plantes vivaces de pleine terre, et s'est 
acquis un certain renom dans cette spécialité; on lui doit la plupart de ces char- 
mants Phlox qui ornent si bien nos jardins vers la fin de l’été. Douze nouvelles 
variétés du Phlox Carolina provenant de ses semis, sont actuellement offertes aux 
amateurs pour la première fois? toutes belles et bien distinctes; la Multiflora su- 
perba à grandes fleurs rondes, blanches, œil beau violet, en panicule cylindrique 
énorme, et le Souvenir de Saint-Trond, à fleurs moyennes, rondes, d’un blanc 
élégamment strié et bariolé de rouge et de lilas, sont surtout très-remarquables. 
VAnemone hortensis s’est parée entre les mains de ce semeur émérite de teintes 
nouvelles; nous citerons VAnemone hortensis carnea. coccinea, grandiflora et 
sanguinea; la variété blanche s’est transformée en fleur double [Anemone flore 
albo pleno). Le joli Dodecatheon meadia nous offrira aussi de nouvelles teintes 
[Dodecatheon bicolor, lacleum, lilacinum), ou des fleurs plus volumineuses comme 
les Dodecatheon giga^iteum et grandiflorum elega7is. Les Iris pumila bicolor, 
fusca, fusco-cœrulea, sont des nouveautés fort jolies; mais c’est surtout dans les 
diverses variétés du Lilium lancifolium que nous remarquons des nouveautés 
intéressantes, entre autres les variétés rubrum sanguineum, rubrum splendidum,, 
rubrum violaceum et intense rubi^um. Outre les plantes vivaces, M. Rodigas 
cultive les Aloé, les Yucca, les Camellia, Stapelia, Mesembryanthemum, etc. 

M. Bernieau, horticulteur, rue du Coq-Saint-Marceau, 32, à Orléans (Loiret). 
Collections spéciales d' Azalées, de Camellias, de Calcéolaires frutescents, de Chrysan- 
thèmes, Conifèi^es, Dahlias (Alphonse Daudin, Madame Mézard, Madame Léon Ber- 
nieau, Mademoiselle Hélo'ise Bernieau, Souvenir de juin, belles nouveautés obtenues 
parM. Bernieau), Fuchsias (Fuchsia commandeur nouveau et compacta, Porcher, 
deux bonnes nouveautés). Pélargonium , Héliotropes (M. Bernieau a déjà fourni 
de belles variétés, entre autres, le Roi des noirs). Pivoines, plantes de serre froide et 
de pleine terre. M. Bernieau annonce livrable en ce moment un nouveau Lilas 
(Syringa rub^'o-purpurea, Bernieau ), d’un beau rouge pourpre à reflets ardoisés, 
thyrses très-serrés dans le genre du Lilas Charles X; le Framboisier Belle d’Or- 
léans (Bernieau) et le Chrysanthème Madame Miellez (Bernieau) , variété de pre- 
mier ordre, fleur violet évêque, à reflet lilacé, liseré de rose-clair. 


CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION. 


Le prix d’abonnemenl pour 1857 est fixé à 8 francs pour l’année entière. 

Pour l’étranger, 10 francs, payables sans frais à Bruxelles. 

Il paraît un cahier, orné de deux dessins coloriés, du premier au cinq de chaque 
mois. 

On ne s’abonne que par année : les abonnements partent du i®** janvier. 

Un numéro égaré peut être remplacé au prix dm frajic. 

Tous les numéros sont expédiés franco aux abonnés dans toute la Belgique. 

Le prix d’abonnement est payable à Bruxelles, sans frais pour V éditeur ; les 
souscripteurs qu n’auront pas fait payer leur cotisation avant le 1®** mars, seront 
passibles d’une a> gmentation de 50 centimes pour frais de recouvrement. Ces 50 c. 
seront ajoutés à i ^ quittance qui leur sera présentée par le facteur des postes. 

On souscrit à Bruxelles, chez l’éditeur, M. Parent, montagne de Sion, 17; en 
province et à l’étranger, chez tous les correspondants du journal. 


correispoivdaivce:. 

A Monsieur D. à Anvers. — Nous n’avons pas pu vous envoyer 
plus tôt le Guide du Jardinier multiplicateur y parce que les premiers 
exemplaires reçus de Paris étaient vendus; vous avez dû recevoir le 
volume le 19 juin. 

Nous attendons des exemplaires du Traité complet de la greffe par 
Noisette.