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Full text of "ERIC ED059425: L'Alphabetisation Fonctionnelle, Facteur de Promotion Humaine (Functional Literacy, Agent of Human Progress)."

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DOCUMENT RESUME 



ED 059 425 

AUTHOR 

TITLE 



INSTITUTION 

PUB DATE 
NOTE 



EDRS PRICE 
DESCRIPTORS 



IDENTIFIERS 



AC 012 284 



Arnaud, Alexandre 

L* Alphabetisation Fonctionnelle, Facteur de Promotion 
Humaine (Functional Literacy, Agent of Human 
Progress), 

United Nations Economic Commission for Asia and the 
Far East, Bangkok (Thailand) . 

Jun 70 

15p,; Presented at the Rotary Club Conference, 
Vientiane, May 25, 1970; Extract from the "Daily 
Bulletin" of the Lao Press, Vientiane, No. 1206/70, 

16 Jun 70, No. 1207/70, 17 Jun 70, and No. 1208/70 
and 1209/ 

MF-$0.65 HC-$3.29 

♦Adult Education; Economic Factors; Educational 
Programs; Farmers; *Functional Illiteracy; *Knowledge 
Level; ♦Problem Solving; Reading Ability; ♦Rural 
Areas 

♦United Nations 



ABSTRACT 

This document is concerned with the efforts of the 
United Nations toward putting into concrete form the problem of adult 
education and its multiple aspects in an attempt to launch an attack 
against illiteracy. The point is put forth that one of the scandals 
of the 20th century is the percentage of people in the world who do 
not know hov; to read or write. Each illiterate is a burden to his 
community and retards progress. For this reason, there is a great 
need to make these adults literate. The remainder of this document is 
devoted the plight of the illiterate rural farmer and the need for 
teaching him to read. (CK) 



Ed 059425 



U.S. DEPARTMENT OF HEALTH. 
EOUCATION.& WELFARE 
OFFICE OF EDUCATION 
THIS DOCUMENT HAS BEEN REPRO 
DUCED EXACTLY AS RECEIVED FROM 
THE PERSON OR ORGANIZATION ORIG 
INATING IT POINTS OF VIEW OR OPIN- 
IONS STATED DO NOT NECESSARILY 
REPRESENT OFFICIAL OFFICE OF EDU 
CATION POSITION OR POLICY 



NATIONS UNIES 

COMMISSION ECONOMIQUE POUR L»ASIE ET L ' EXTREME-ORIENT 

Comite pour la coordination des etudes sur le 
bassin infer! eur du Mekong 

(Cambodge^ Laos» Thailande et Republique du ViSt— Nam) 



L* Alphabet i sat ion fonctionnelle , 
facteur de promotion humaine 



par 



Alexandre Arnaud 

Conseiller en developpement social 



Lao5-Esc-2/ MP 



X 

V 

\ 

o 

ERIC 



Juin 



1970 



LaoG-Esc-2 



- 1 - 



L»ALPHABETISATION FONCTIONNELLE , 

FACTEUR DE PROMOTION HUMAINE (l). 

Lorsque I’on affirme que 1 ’education n'exlste plus, il ne s’agit pas d’une 
plaisanterie de journaliste. Loin de lA. L'education, reine des temps passes, 
epave de notre epoque qui se veut tourmentee Jusqu’d en devenir banale, a vecu 
dans lee vagissements du developper.ient et ceux de I’homme A la recherche de son 
moi. Et cependant, elle existe encore, parce qu’elle represente tout un passe 
humain desormais sans liaison avec le present, mais qui permet A un grand 
nombre d entre nous d'evoquer des souvenirs, de constituer des clans et de la 
cherit corrime un foSsile que I'on decouvre dans les fouilles archeologiques, 

Toutefois, il faut malgre tout accepter de reconnaltre que l’education 
ne satisfait plus aux exigences de la societe dont les membres, et en particu- 
lier les elements jeunes qui ont toujours ete le baromdtre de la population, 
contestant aussi bien les objectifs que les methodes, c'est-A-dire l’education 
dans ses principes et dans ses effets, par rapport aux besoins et aux aspira- 
tions de I’homme moderne. Il y a eu, au cours des derniAres annees, un renou- 
vellement ethique et technique vertigineuX du concept d’ education et de la 
contribution de cette derniAre au developpement de I’homme. 

C’est cette contribution qui a amene la fin de l’education. Jusqu'A lors, 
l’education s’occupait de budgets, de bAtiments, d ’ equip em^jnt , de resultats 
quantitatif s , de technologie , de methodoldgie , mais pas des finalites, c’est- 
A-dire, I’on negligSait la sorte d’hommes que doit produire l’education et la 

/raison pour 

— . I . 

(l) - Conference donnee au Rotary Club de Vientiane le 25 mai 1970 

: — Extrait du **Bulletin Quotidien** de i^^Agonce Lao Presse^ de Vientianej 

No. 1206/70, du 16 juin 1970; du No. 12.')7/70 du 17 juin 1970, et du 

No. 1208/70 du l8 juin, et du No. 1209/70 du 19 juin. 




raison pour laquelle on produit telle sorte d'hommes. L'educ.ition se trouve 
done en retard par rapport aux changements du monde, d, commencer par le monde 
des connai ssances et des idees qui evolue d une vitesse sans cesse acceleree. 

Longtemps, I'on a ramane le developpement de I'liomme d une simple crois- 
sance socio-economique , en d'autres termes, d une progression mecanique dans 
une ou plusieura directions sans modification interne de I'homme et de la 
societe. Or, de plus en plus, I'on se rend compte que le developpement, qu'il 
s'agisse de I'homme social ou de I'homme universe^, est essentiellement le 
changement , et qu^il ne saurait y avoir de croissance sans changement, Aussi, 
la contribution que 1 'education peut apporter au monde re side-t-elle dans 
la capacite d'aider I'homme d changer^ 

D'od une interrogation dramatique; 1 'education, peut-elle aider I'homme 
d changer? S'il est vrai que I'homme doit dtre ressuscite, il faut lui donner 
1' instrument de se mettre d I'heure mouvante du monde, et si cet instrument 
n est pas lui— mdnie un facteur de changement, I'homme ne peut pas evoluer, et 
I'education n'existe par* consequent pas, 

Mdme dans les pays od cette theorie a un semblant d' existence, cette 
conception constitue un developpement trds recent, dd d un effort dducatif 
entrepris d une telle echelle que, dans nombre de pays asiens et africains, elle 
a revdtu 1 'aspect d'une veritable revolution. Etant donne les depenses consi- 
derables qu ' entralnent la structure complexe de 1 ' enseignement et les activites 
connexes, les reformes a concevoir et d appliquer, la "nationalisation" du 
systems d ' enseignement lui-mdme, les objectifs d atteindre souvent opposes aux 
besoins reels des regions d'un pays parce qua le progrds technique va plus vite 
que I'education, il import.e, par consequent, si I'on veut parvenir aux resultata 

/ souhaites, 



Laos-Esc-2 



- 3 - 



•souhaitesj de concevdir l' education, non pas en tant qii'un ensemble de techni- 
ques apparentees k une philosophie de base, c*est~d-dire eh tant que systdme, 
mais plutdt • comme une composante d'une politique d'action coherent e conque en 
fonction desf- besoins sociaux, economiques, et des ressources humairies des 
regions constitutives d'un pays. 

■D'une maniere generale, I'on s'attache dans les pays en cours de develop- 
pement , surtout ^ 1 ' enseignement de type formel dispense dans les etablissements 
scolaires, les grandes ecoles et les universites. La raison de cet interSt 
tient simplement du fait qu'il faut. partir d'un certain poiht, et que 1' educa- 
tion scolaire fournit un point de depart evident. II y a certes une reconnais- 
sance de 1 ' importance: de I'educatioh, mais elle n'est pas liee aiix besoins de 
I'economie ni ^ ceux de la promotion humaine. 

Actuellement , une carriSre professionnelle , quelle qu'elle soit, se limite 
^ environ 10 ans, de sorte que le recyclage devient, au cours de la vie active, 
une necessite pour une proportion croissante de la main d'oeuvre et des cadres(2). 
Cette tendance semble devoir influencer le caractere de 1 'education scolaire, 
qui devra faire plus de place d. 1 ' adaptabilite et d. la formation generale, et 
donner moms d' importance ^ un enseignement rigide et stexSotype, od les connais— 
sances risquent de se cristalliser ^ un stade particulier d'une discipline en 
rapide evolution. 

/II s$agit 



(2) - Un medecin a besoin d'etre recycle tous les 5 ans, de repasser son doctorat 

tous les 7 ans; le recyclage d'un professeur doit avoir lieu tous les 3 ans, 
mais peut-on lui demander de retourner devant un jury d ' examinateur s tous 
les 5 ans? 




4 



Laos«-Esc-2 



- 4 - 



II s'agit d'evaluer I'ampleur des ■ differentes activites educatives neces- 
saires pour faire face ^ I'accroissement de population, ou pour perrnettre aux 
jeunes gens issus des systSmes actuels d ' enseignement , de repondre, par leur 
formation et la 'composition de leurs- effectifs, aux objectifs assignee au 
developpement. 

Devant I'ampleur de cette crise dans la formation des ressouroes humaines 
si necessaires au developpement sous quelque forme qu ' il se presente, 1 ' UNESCO 
a ete poussee d etudier les differents aspects du probldme. II serait trop 
long d ' en tracer I'histoire qui est en fait celle de I'education des adultes. 
Les specialistes de 1' UNESCO ont concretise le probldme et ses multiples aspects 
en declenchant une lutte acharnee contre 1 'analphabetisme , qui est en realite 
I'un des factours principaux responsables du declin de I'education. 

X 

XX XX 

XV V 





I 



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-5- 



Le scandale du XXime siScle ne se trouve pas uniquement dans la repetition 
des guerres ou leur eparpillement , mais egalement dans le nombre considerable 
d'hommeset de femmes qui demeurent illetres, sans que ceci soit la cause de ces 
guerres. A I'Sge de la conqu6te de la Lune qui temoigne de la puissamce de 
1 • intelligence de I'homme et non de sa superiorite ethique, notro epoque se 
caracterise par une contradiction dramatique; un milliard d'analphabetes peu- 
plent encore les cinq continents du globe, soit 5 hommes sur dix, voiro m^me 6 
sur dix qui vivent dans 1* ignorance du progres, c * est-^-dire en marge de leur 
monde. Ces‘ hommes totalement analphabetes , ou fonctionnellement analphab^es, 
sont frappes d*nne cecite parfois complete d I'egard de 1' evolution technico- 
scientif ique , et par suite, de la promotion humaine. 

L*6n a cru au debut du lancement de la premiere decennie pour le develop- 
pement, inauguree par les Nations Unies en I960, que 1 'augmentation de la sco- 
larisation primaire allait favoriser la lutte contre 1 'analphabetisme. Or, 

I'on s'aperqoit A I'aube de la deuxi^me decennie, que non seulement le nombre 
des analphabdtes a augments de 2.% dans le monde entier, mais que 1* education 
primaire a echoue dans sa t^che, que le monde est plus pauvre qu'avant, et que, 
par consequent, les Nations Unies doivent reorienter leur politique du develop- 
pement. 

Certes, il y a eu de gros efforts entrepris dans leS domaines Strategiques 
du developpement . Rien que sur le front de 1 'alphabet! sation, I’on a constate 
dans un grand nombre de pays asiens, dont le Laos,' le Vietnam et le Cambodge, 
et africains, dont le Senegal, le Mali, le Niger, la C6te d'Ivoire et I'Egypte, 
une baisse du taux de 1 'alphabet! sation allant de 3 ^ 10 pour cent, entre I 963 
et 1970 . En revanche, I'on compte encore, d I'heure actuelle , 63 millions 

/d ' analphabetes 







Lao s-Esc-2 



- 6 - 



d'analphabetes Sges de plus de 15 ans repartis dans 25 pays africains, asiens 
et ameri Cains o Sur le plan mondial, I'on e value ^ 15^ par rapport aux cinq 
premieres annees de la decennie, le taux d ' augmentation du nombre d'adultes 

entre 1965 et 1970» Ce pourcentage n'apporte pas I'espoir escompte, 
d'autant plus qu'il doit gtre au-dessus de la verite. On aurait dd enregistrer, 
au cours de la deuxi^me rnoitie de la decennie, une augmentation de 525^ par 
xcippux u ^utres annees. L' explosion demographique que les programmes de 
la planification de la famille n'arrivent pas d enrayer, poursuit sa courbe 
ascentionnelle dans la plupart des pays en cours de developpement , y compris 
egalement un*certain nombre de pays nantis. 

Ce bilan sommaire, doit-il inspirer de I'inquietude? L'on est en droit 
de se demander s'il existe un espoir d'obtenir des resultats plus importants en 
qualite et en quantite, et si l'on peut encore croire d. ce nouvel_ humainisme 
qu'est le devaloppement . 

L'UNESCO essaie, depuis le Congrds de Teheran, en septembre 1965 , d'ap— 
porter des reponses d ces questions. 



Tout analphabete constitue un poids lourd, un obstacle pour le develop- 
pement de la communaute. Mais le fait d ' alphabet iser les hommes ne les empeche 
pas d 'avoir faim, d'etre malddes, de demeurer ou de devenir chdqieur, et de 
s'adonner d la violence. Cependant , 1 1 instruction leur permet d'eviter la 
faim et le chdmage , voire d'augmenter leurs revenue, de tomber moins souyent 
©t de penser moins d la violence. Par ailleurs, des parents ne 
possdd-nt aucun degre d 'instruction ne peuvent s'occuper efficacement de la 
scolarisation de leurs enfants. 



XXX 



/ II existe done 



ERIC 



7 



Laos-Esc-2 



- 7 - 

II exicte done une necessite manifeste d ' alphabetiser les adultes pour 
qu’ils puissent s'integrer dans le circuit socio-economique national, et qu'ils 
deviennent des Stres productifs capables de vivre au mSme rythme que le nonde 
moderne dans lequel ils evoluent. C’est done I’interSt des individus autant qie 
celui de la communaute , qui dicte cette necessite des temps presents: alphabe- 
tiser pour developper. 

Pourquoi ne pas se contenter tout simplement de considerer 1 ’ alphabetisation 
comme une fin en soi? Tout simplement parce que I'adulte est un gtre engage dans 
la vie: II a des responsabilites familiales, sociales, il appartient ^ une 

communaute qui exige de lui une certaine participation d ses activites, il possdde 
dejd une experience de 1' existence, et tres souvent des connaissances pratiques 
que I'on ne peut riegliger. Une simple alphabetisation ne pourrait presenter un 
grand inter^t pour les adultes; Ils auraient 1* impression de perdre leur temps 
parce qu'elle ne leur permet pas de s 'adapter d la vie professionnelle et 
socio-economique du mbnde moderne, et qu'elle ne leur explique pas les trans- 
formations rapides qui s'operent dans le metier qu'ils exercent, ou qui se 
prbduisOnt sous leurs yeux dans des domaines qui touchent leurs activites 
quotidiennes. 

Jusqu'd ces dernidres annees, e'est-d-dire aux environs de 1964-65, 

1 'alphabetisation visait d faire acquerir aux adultes une maftrise suffisante 
des mecanismes de la lecture, de I'ecriture et du calcul elementaire, au plus 
grand nombre possible d'illetres, suivant une demarche de caraetdre extensif 
et diffuse. Cette alphabetisation traditionnelle n'avait pour but que de 
fournir, aux analphabdtes , un moyen d'acceder aux communicatio'“.s ecrites ou 
imprimees. Elle reprenait en fait les grandes lignes des programmes scolaires, 







8 



/avec leur repartition 



Laos-Esc~2 



- 8 - 



avec leur repartition par mati^re. D'autre part, 1 ' alphabet isat ion tradition- 
nelle ne faisait pas partie des plans nationaux de developpement parce que sa 
contribution d ce domains a toujours ete trSs minime et indirecte. 

Definie au Congrds de Teheran, en 1965) 1* appro che fonctionnelle de I'al- 
phabetisation donna d celle-ci un caractdre revolutionnaire dont on retient 
!• aspect instrumental; c'est une procedure qui consists k incorporer directe- 
ment aux pro jets de developpement social et economique, la composante d* edu- 
cation des adultes qui s'y rattache fonctionnellement . Cette alphabetisation , 
dite fonctionnelle, se distingue du type traditionnel en ce qu’elle n'est plus 
une action isolee, et qu'elle considers 1 * analphabete , comme un individu en 
situation de groups, appartenant ^ un milieu social et economique dont il est 
l*un des facteurs de developpement et de promotion- L' alphabetisation fonc- 
tionnelle se congoit sur mesure, c*est-d-dire en accord avec les besoins collec- 
tifs et individuels, et en fonction de milieux et d'objectifs economiques et 
sociaux determines- Par ailleurs, 1 * acquisition de I’ecriture, de la lecture 
et du calcul ne peut plus §tre menee separement de la formation profession- 
nelle; 1 'alphabetisation doit fairs partie integrants de la formation, et non 
pas etre planifiee comme une activite parallSle. Cette approche fonctionnelle 
doit permettre, d I'adult.e, d'acquerir des competences prof e ssionnelles et 
des connaissances utilisables en relation avec son milieu. C'est done une 
technique qui, au lieu de rechercher la coherence au niveau macro-economique , 
se contents d’atteindre la coherence de faqon limitee et selective. En d'autres 
termes, I'alphabetisation est une composante du developpement, et d ce titre 
elle est integree dans les plans nationaux. 

/ L’ auto-modernisation 





j. 



9 



Laos-Esc-2 



- 9 - 



L' auto-modernisation d'un secteur rural, regie par les lois d'un proces~ 
sus qui lui est propre, place les questions sociales au premier rang, quoiqu’elle 



soit la plupart du temps, determinqe par la croissance economique. En fait, 
IVon ne peut. plus considerer ce dernier facteur comme etant le plus important 
dans la promotion humaine* Et I'exemple. de la zone de Hat Doc.ICdo prouve que 
des variables significatives.se trouvent ailleurs que dans.le .developpeme,nt 
d'une agriculture irriguee. 

En effet, I'on a constate que les resultats obtenus ainsi que le taux 
d ' expansion, economique , ne .sont pas dus d 1 ' e quip|ement materiel pas plus qu'd 
I'application de pratiques culturales modernes, mais plutdt au fact.eur. humain, 
c’est-dr-dire au comport ement p.sychologiquo et. mental des beneficiaw'.es. de l’ ir- 
rigation, en d' autre s termes, d un complexe d’at.titudes -sociales. favprables, 
par.ce qu' issues de raotivat;lons comprises et integrees, d .1 ’ expansion et d la 
modernisation. , . 

A cet egard, il faudrait eviter de confondre croissance economique et- 
developpement • Ce que la zone de Hat Ddc Kdo a connu, et- qui va se propager 
dans toUte la region, et peUt— ^tre mdme par-deld la Boucle du Mekong, c'est 
1' amorce d'un processus de croissance de la production, selon I'expression 
d* Arthur lewis. Quant au processus du developpement, il n'a pas encore ete 
mis en route. Il ne s'agit pas cependant d'attribuer une primaute, dans le 
succds remporte par les fermiers de la zone experimentale et de demonstration 
de la Ferme de Hat Doc Kdo , ou dans le comportement maintenant receptif des 
paysans, aux preoccupations economiques primitives, d savoir: la lutte contre 
la f aim , I'eradication de la misdre, la diminution de la pauperisation, 

1' aspiration d un bien-Stre urbanise, etc... Les motivations qui ont fait 
agir les paysans n'appartiennent pas au m§me calibrage que celles qui serai ent 



/ressenties par 



ERIC . 




Laos-Esc-2 



- 10 - 

r.essenties par un Laotien de la ville, ou un Occidental, et pas meme voisines 
et encore moins semblables. 

Le progrds materiel (amelioration de 1 * alimentation, de I'habiliement , 
de' 1 ’habitat , des moyens de transport individuel) a represente certes I'essen- 
tiel des preoccupations de quelques paysans, petite fraction assez proche de 
la ville, mais pour la population profondement rurale , il faut rechercher les 
imperatifs affectifs et metaphysiques qui comptent pour elle avant les satis- 
factions materieiles. • 

II s'agit done de connaitre les moteurs principaux de la ddnjoncture 
psychologique qui a joue en faveur de Hat Doc K^o : bien plus, les phenom^nes 
psyche so ciologiques des paysans en considerant ces derniers en fanction du 
macrocosme (la societe) auquel ils appartiennent •• On pourrait m§me adPfirmer 
Q.ue la raison du succ^s actuel de la zone de Hat Doc K^o repose sur le souci 
des paysans de se redecouvrir eux-mgmes, et d’affirmer leur identite dans une 
nouvelle psycho logie collective— 1 ’ ancienne s’etant effilochee, r* trouvee au 
sein de 1 ' Association des fermiers, qui parait Stre pour les paysans la 
seule institutrice, qui traduit - le progrds en termes positifs et. rationnels. 



XX XX 

X 



ERIC 




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- 11 - 



En fait , y a— t— il eu passage du passe au pi’esent? L*injection de 
certaines innovations et leur acceptation le prouvent, C'est plut6t un ' 
demi-passage , un pied dans chaque raonde. Pour qu*un individu appartienne 
entidrement ^ son present et le considere comme pne rampe de lancement vers 
I'avenir, trois facteurs principaux sont necessaires: I'education, le niveau 
technologique et 1 ' e quipement energetique, le premier etant le facteur decisif 
permettant aux deux autres sinon d'exister, du moins d'etre I'outil du develop- 
pement, voire le moteur rles forces productives de la societe. Or, I'on a 
cherche ^ donner aux paysans de la technologie et de 1 ' equipement , mais I'on a 



neglige d'lncorporer directement aux programmes de la Ferme experiment ale et 
de demonstration, la domposante d'education des adultes qui s'y rattache 
fonctionnellement, c'est-d-dire la substitution d des procedures traditionnel- 
les d'education des programmes de formation veritablement fonctionnels. 



Devant 1 'extension du reseau d ' irrigation , des mutations accelerees vont 
affecter les structures socio-economiques, et feront eclater les cadres 
traditionnels du travail et de la vie quotidienne. Les hommes de Hat Doc Kdo, 
et plus tard ceux de Sai Fong, puis ceux de la Plaine de Vientiane, ne seront 
pas'au rendez-vous de ces mutations, parce qu'il ne peut exister nne paysan- 
nerie fonctionnellement "illetree" qui soit favorable au progrds, ni une 
pajrsannerie instruite qui ne soit pas favorable au progrds" (l), Les investis- 
sements financiers sont certes productifs, mais d court terme parce que 



/ I'homme illetre 



I (1) - J.K. Galbraith, Les condition s actuelles du developpement economiaue 

traduction de B. Villars-Denoel , 1962, P. 67 . 

I 

I 

t 

O 

ERIC 



12 



Laos— Esc— 2 



- 12 - 

I'hornme illetre qui en beneficie ne peut depasser un certain seuil technolo— 
gique. Tandis que des investissements et des innovations, completes par une 
formation concomittante des paysans et des cadres locaux, deviennent bautement 
productifs. 

XXX 

La faible productivite des cultivateurs ainsi que celle de nombreux 
travailleurs est directement imputable I'absence d 'instruction. Le develop- 
pement exige- A I'heure actuelle que chacun ait, a des degres divers, des 
connaissances ou des competences que seul 1 ' enseignement , ou 1 'e(tttcation 
fonctionrielle des adultes, peut donner. L' analphabetisme et 1' ignorance, trds 
souvent synoriymes de traditionnalisme, se traoismettent , dans certaines commu- 
nautes ou groupes familiaux, soit comme des croyances, soic comme des valeurs 
sociales dont on perpetue 1' esprit. 

L'on determine la' productivite du travail par trois facteurs principaux: 

1 'education , le niveau technblogique et I'equipement energetique, le premier 
etant le facteur deci'sif permettant aux deux autres, sinon d ' exister , ' du moins 
d'etre I'outil du developpeinent , voire des forces productives de la societo# 

Mais pour en arriver Id, il impoUte, en premier lieu, que I'education deborde son 
cadre formel pour penetrer les programmes de formation professionnelle des 
fermiers (alphabetisation fonctionnelle) , puis les programmes de developperaent 
agricole. 

II existe une relation etroite entre le developpement des . cessources 

huraaines et celui des ressources naturelles. L' alphabetisation des paysans, 

la vulgarisation des sciences agricoles et leur enseignement forment un aspect 

de I'education qui, englobe ces trois' elements d^s le padre de I'expansiCh " 

economique. ’ 

^ / Le faible 




13 



Laos-Esc-2 



-13- 

Le- faible nive&u' d ' instruction , bu son absence, bloque d^s le depart, 
toute possibilite effective de progres technique continu dams le secteur 
agricolei En d'autres termes, il y a incompatibilite totale entre'les bas 
niveaux d ’instruct ion des paysans et le developpemeht agricole. Certes, I'on 
pourrait affirmer que- des paysans analphabetes arrivent ^ developper '^Leur 
production grdce ^ 1' adoption de techniques modernes. Mais lb plafond de ' 
cette adoption demeurera trbs bas ^ cause de I'existence d'un seuil technologi- 
que qui arrbte toute evolution professionnelle et economique. 



En effet, 1. ' agri culteur doit pouvoir lire et comprendre les instructions 
concernant le mode d'emploi des produits a utiliser, il lui est essentiel de 
savoir calculer la quantite de semences necessaires a 1 ' emblavement de ses champs 
ainsi ■ que le vclvtine d' eau dont il' aura besoin pour la croissance de son riz 
et ' de’ses plant ee , la quantite- d' insecticide a melangbr d^tel vbltime d^eaui En 
somme, il doit savoir lire les brochures' et calculer des surfaces et des ’ ' 

volumes, appliquer la r^gle de trois et determiner des pourcentages. 



i 

i 

I 




Or, Ic paysan de la Boucle du Mekong n'en est pas encore la. Il a certes 
pu introduire, grSce d la vulgarisat xon, quelques pratiques culturales modernes, 
mais cela n'a pas apporte une modernisation du secteur agricole de la region. 
C'est pour cette raison quo le Gouvernem.ent Royal a decide que le premier pro jet 
d ' alphabetisation fonctionnelle aurait lieu d Hat Doc Keo , c'est-d-dire dans la 
region de la ferme experimentale, Et afin de preparer le terrain pour ce 
pro jet, il precede, d I’heure actuelle, d des etudes objectives et appro fondies 
sur les besoins presents et futurslies au developpement economique, social 
et culture! de la region. L'enquete agro-alphabetisatioh actuellement en 
cours, en collaboration avec le Comite National Lao du Mekong, va perraettre 
d’etablir des liens etroits entre 1 ' alphabetisation des paysans et le develop- 
pement socio-economique de la region. 

X 

XX XX 
X 

14 



L 



Laos-Esc-2 



-14- 



Dans la plupart des pays, I'on a constate une certaine reluctance, tant 
chez des personnalites nationales que des specialistes, d employer le terme 
d'alphabetisation fonctionnelle « Le paysan qui se souvient encore de son 
alphabet et qui arrive, quoique peniblement a lire, un journal ou une lettre , 
ne se .considdre pas comme etant un analphabete de retour, ce qu ' il egst en realite, 
Certes, et on lui donnera raison tant qu'il ne s' engage pas dans des activites 
economiques, parce que son niceau intellectuel n' etant pas eleve , ce paysan 
ne peut se permettre une evolution professionnelle en rapport direct avec les 
connaissances et techniques appliquees dans 1 ' agriculture , ou 1' Industrie 
s'il s'agit d'un ouvrier d'usine. II est par consequeht fonctionnellement 
analphabete o 

A cause de cette difficulte et de celle de traduction en langues nation^es, 
de I'expression "alphabetisation .fonctionnelle" , et prenant en consideration le 
courant de prejuges qui hy^iothdquent cette expression, et centre lequel il.est 
inutile de remonter parce que I'on perdrait trop de temps et trop d'efforts, 
le Comite International du Mekong (Bangkok), a prefere employer, en accord avec 
les repre sentants locaux de I'UNESCO, I'expression d'education des fermiers, 
pour le secteur agricole, au lieu d'alphabetisation fonctionnelleo 

X 

i, XX . XX . 

X