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Full text of "Lindenia. Iconographie des Orchidées"

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Le dépôt exigé par la loi a été fait 











LINDENIA 


ICONOGRAPHIE 


ORCHIDÉE 


J. LINDEN 


RÉDACTEURS EN CHEF : 

LUCIEN LINDEN & ÉMILE RODIGAS 

AVEC LA COLLABORATION 


DE SPÉCIALISTES ÉMINENTS 


1 er Volume 


Eîbrarv 

NEW YORK 

botanical 

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Imprimerie à vapeur F. MEYER-VAN LOO, Rue de Flandre 


DES 


DIRECTEUR : 



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J. Linden ? 

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REDACTEURS EN CHEF : % 

Lucien Linden & Emile Rodigas 


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A.Heins.daf. & lith 


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AVANT PROPOS 


UBRARY 
NEW YORK 
30 TAMCAL 
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En donnant le jour à cette illustration mensuelle des Orchidées, nous répondons à un désir 
exprimé souvent par les amateurs de ce beau groupe de végétaux et nous venons combler une 
lacune dont se plaignent les orchidophiles du continent, où la culture des Orchidées compte 
actuellement de nombreux adeptes. 

A l’époque où fut publiée la Pescatorea , il y a de cela un quart de siècle, on ne comptait 
pour tout le continent qu’une douzaine de véritables amateurs d’Orchidées; aujourd’hui le nombre 
en est devenu légion et, fait digne de remarque, la fleur d’Orchidée a détrôné la Rose dans la 
confection des bouquets et des corbeilles de fleurs. 

Un champ fort vaste s’ouvre devant cette nouvelle iconographie. Bien qu’elle ait à sa 
disposition les nombreux matériaux dont Y Illustration Horticole a donné naguère une liste s’élevant 
à près de neuf cents espèces d’Orchidées découvertes et introduites par M. J. Linden et ses 
collecteurs, cette publication nouvelle s’adresse moins aux botanistes, qu’aux amateurs et aux 
horticulteurs. 

Indépendamment des matériaux auxquels il est fait allusion, notre iconographie publiera 
successivement les portraits des espèces favorites, des nouveautés introduites dans d’autres centres 
et des espèces qui proviendront des voyages d’exploration en voie d’exécution et entrepris pour 
compte de la Compagnie Continentale d’Horticulture; nous ajouterons que ces voyages dans 
des régions encore inexplorées promettent d’importantes découvertes d’Orchidées. 

Est-il besoin de justifier le titre de notre publication? Nous ne le pensons pas. Lorsqu’il 
a été question de donner suite au projet de fonder cette iconographie, quelques amis botanistes 
et amateurs ont suggéré spontanément l’idée de lui donner le titre de Lindenia en souvenir de 
celui à qui l’horticulture est redevable d’une grande partie des Orchidées introduites pendant près 
d’un demi siècle dans les cultures européennes. En adoptant ce nom, nous remplissons un devoir 
de reconnaissance envers l’homme qui a payé de sa personne durant dix années de voyages et 
qui depuis lors s’est donné la mission d’enrichir les serres par des introductions qui font aujour- 
d’hui les délices des amateurs. 


Gand, 6 mai 1885. 


La Rédaction. 






LINDENIA 


Planche I, 



AERIDES REICHENBACHI j. lind. 


!'• De Panner.iacler, del. 


7 


PL. I 


AERIDES REICHENBACHI j. linden 


AERIDES DE REICHENBACH 


ÉTYMOLOGIE : avjp, air, allusion à l’habitat de la plante qui croît suspendue aux arbres. 

AERIDES Loureiro. Perigonn patentis vel clausi foliola subaequalia, exteriora lateralia basi saepius obliqua, cum pede producto 
gynostematis connata. Labellum cum pede gynostematis articulatum, saccatum vel calcaratum, trilobum, lobis lateralibus nanis, limbo 
culcullato vel subulato, nune abbreviato-tumido vel subfornicato. Gynostema in ovarium recumbens, breve, apterum. Anthera bilocularis. 
Pollmia duo, postice sulcata, caudicula lata vel filiformia, glandula peltata subrotunda. — Herbae indicae, epiphytae, caulescentes, subsimplices, 
radicantes ; foliis distichis, coriaceis vel subcarnosis, floribus racemosis aut spicatis. 

Loureiro, Flor. cochinch. 525. — Endl. Gen. Plant., 1493. 

Aerides Reuhenbachi Lind. Affine Aeridi virenti Lindl. et quinquevulnero Lindl. ab illo diversum lamellis geminis in calcaris pariete postico, 
ab hoc cormcuhs anticis geminis (nec quaternis) in fundo partitionis anticae labelli per discum unicarinati, lamellis posticis multo inferioribus, 
rostello columnae bene evoluto. 

Aendes Reickenbachi Lindv — Reichb. f. in C. Koch, et G. A Fintelmann Wochenschrift fût Gàrtnerei und Pfianzenkunde ; Reichb. f. 
Xenia Orchidacea II. p. ir. Tab. 104. 

Habitus et folia Aendis qmnquevulneri Lindl. Racemus elongatus multiflorus. Rachis bene viridis. Bracteae ovato triangulae bene brèves. 
Ovana pedicellata bracteis multoties longiores bene viridia. Sepala imparia cuneato ovata obtuse acuta, paria obtuse triangula, limbis revoluta. 
Tepala lineali falcata retusiuscula. Ovana alba, maculis amethystinis magnis apicem versus, punctulis amethystinis pluribus basin versus. Labellum 
tnfidum. Laciniae latérales erectae dolabriformes antrorsum serrulatae, lacinia media cuneata ligulata serrulata apice nunc bidentata; carinula per 
ejusdem discum; discus labelli m calcar incurvum conicum acutum extrorsum extensus. Cornua duo in ostio calcaris, lamellae in fundo calcaris 
postico. Color albus, apex cornu viridis; laciniae latérales aureae lineolis purpureis punctulatae. Columna semiteres. Anthera semioblonga, apice 
ligulata retusa. Rostelli dentes gemini seu terni. Fovea quadrato obtusata limbo inferiori insiliente. 

Bornéo. Linden. 


Jj^kette remarquable espèce provient du voyage que M. Marius Porte exécuta, pour le compte de 
M. J. Linden, dans l’archipel des Philippines. Selon toutes les apparences, ce voyageur la 
découvrit dans la partie septentrionale de l’île de Luçon. 

L’unique plante arrivée vivante fit partie, croyons-nous, de l’envoi dans lequel se trouvaient 
les premiers exemplaires de Phalaenopsis Schilleriana reçus en Europe. 


8 


Ainsi que l’on peut en juger par le portrait ci-contre, l’espèce est très distincte de toutes 
ses congénères; M. J. Linden la jugea digne de porter le nom de l’illustre orchidographe qui 
a bien voulu en accepter la dédicace. Il est heureux qu’une variété de ce bel Aerides soit intro- 
duite en assez grand nombre pour pouvoir être répandue dans nos cultures. 

Il eût été difficile de mieux inaugurer cette revue iconographique des Orchidées qu’en publiant 
la ravissante espèce d’Aerides dédiée au savant distingué qui a droit plus que tout autre à la 
gratitude des orchidophiles. C’est une belle espèce, en effet, que cette plante au riche feuillage, 
aux feuilles amples, nombreuses, longues et engainantes, obtuses et mucronées, parsemées de petites 
ponctuations brunâtres. La hampe florale, gracieusement inclinée, a deux fois la longueur des 
feuilles et porte un racème de très nombreuses fleurs à pédoncules roses, tous les segments du 
périanthe étant de ce même coloris rosé, sauf les sommets qui sont rose vif. Les pétales et les 
sépales sont à peu près pareils de grandeur et de forme; ils sont ovales presque aigus, parfois 
obtusément. Le labelle a le double de la longueur des pétales, il est de couleur jaune ponctué de 
rouge brunâtre, sauf la base qui est blanchâtre; il est contourné en éperon presque pointu. 

Un coup d’œil jeté sur la planche fera mieux saisir l’effet curieux de cette disposition et la 
réelle beauté de ce remarquable ensemble. 

La culture des Aerides en général est aisée et fort simple, si l’on tient compte de la station 
naturelle de ces végétaux qui vivent suspendus au tronc et aux branches des arbres. Il ne peut 
donc être question d’emprisonner leurs racines dans des vases étroits, ni de les envelopper d’une 
terre même légère. Ce qui leur est nécessaire, c’est l’humidité qu’elles trouvent en abondance sous 
les ombrages touffus de leur patrie. Le mieux sera de les cultiver en serre chaude, dans les clas- 
siques paniers ou corbeilles, en leur donnant de la mousse vivante, du sphagnum pur, sur un bon 
drainage. Une seule espèce est de serre froide, c’est Y Aerides japonicum Lindl. 

IA Aerides Reichenbachi ne réclame guère de soins spéciaux. Sauf à la saison d’hiver, l’humidité 
sera toujours abondante et la chaleur, qui pourra varier de 20° à 35 0 centigrades durant l’été, ne 
sera maintenue en hiver qu’à 15 à 20° c. On veillera surtout à ce que l’air soit continuellement 
renouvelé. Une recommandation dont l’amateur voudra bien difficilement tenir compte, c’est qu’il 
ne faut pas que la floraison de la plante dure trop longtemps; une floraison prolongée affaiblit 
fatalement la plante; d’ailleurs l’on peut toujours utiliser en bouquet ou même isolément le racème 
floral détaché de la tige. 

Une variété provenant de la Cochinchine f Aerides Reichenbachi var. cochinchinense Rchb.) a paru 
récemment. 


* 


















TRICHOPILIA SUAVIS lindl. VAR. ALBA. 

P. De Pannemacîcer, del. 


9 


PL. II 


TRICHOPILIA SUAVIS lindl. VAR. ALBA 


TRICHOPILIE A PARFUM SUAVE variété à fleurs blanches 


ÉTYMOLOGIE : $pi%, poil, et petit chapeau, l’anthère étant cachée sous une sorte de capuchon poilu. 

TRICHOPILIA Lindl. Perigonii patentis foliala exteriora et interiora aequalia, linearia, crispa. Labellum magnum, convolutum, columnae 
parallelum, trilobum, lobo intermedio subbilobo, planiusculo, intus nudum. Columna teres, clavata, clinandrio cucullata, trilobo villoso-fimbriato. 
Anthera unilocularis, compressa, antice convexa. Pollinia duo, postice sulcata, caudiculae tenui cuneatae adhaerentia, glandula minima. — * 
Herbae Americae centralis tropicae, pseudobulbis carnosis monophyllis, foliis coriaceis, planis vel leviter complicatis, fîoribus axillaribus, solitariis 
(vel subracemosis). 

Lindl., Bot. Reg. t. 1863. — Endl., Gen. Plant. 1451. 

T. suavis. Pseudobulbis tenuibus oblongis obcordatis monophyllis, foliis latis oblongis undulatis coriaceis subsessilibus, pedunculis axilla- 
ribus subbifloris (nunc plurifloris), petalis linearibus rectiusculis, labello maximo bilobo undulato crispo basi arcte convoluto sursum abrupte 
ventricoso cuculli trilobi laciniis omnibus fimbriatis intermedia angustiore. 

Lindl., Fl. Gard. II. — Hook., Bot. Mag. t. 4654. — Rchb. f. Walp. Ann. Bot. III, 553. 

T. suavis var. alba. Florum omnes partes candidissimae ; labelli fundus luteo-maculatus. 


’espèce type est une des plus gracieuses du genre, qui ne compte pas de nombreux 
représentants; c’est cette espèce que Lindley a qualifiée avec raison de « delicious Orchid. » 
Elle est délicieuse en effet, par ses grandes et charmantes fleurs et par le suave parfum 
d’aubépine qui s’en dégage ; elle est belle encore par son brillant feuillage qui rappelle celui 
de l ’ Odontoglossum grande. De ses pseudobulbes relativement petits et comprimés s’élève une 
feuille large, coriace, presque sessile ; la tige florale est souvent biffore, fréquemment elle porte 
une grappe de plusieurs fleurs ; les segments du périanthe sont étroits, lancéolés, ondulés, 
presque droits ; le labelle est très grand, à lobes latéraux crénelés légèrement ondulés, le lobe 
médian élargi à bord crispé et presque frangé. Le coloris du fond de toute la fleur est jaune 
paille, le labelle étant parsemé d’hiéroglyphes violacés avec la gorge marquée d’une macule 
jaune vif. 



10 


Dans la belle variété dont nous reproduisons le portrait d’après nature, le coloris est du 
blanc le plus pur ; seule la tache jaune de la gorge est demeurée la même et sa couleur 
tranche davantage sur l’éclatante blancheur qui l’environne. Les amateurs d’Orchidées savent que 
les variétés à fleurs blanches ont aujourd’hui la vogue en Angleterre. N’a-t-on pas vu acquérir 
récemment dans une vente publique une variété blanche de Coelogyne cristata pour la somme 
de 3275 fr. 

Le Trichopilia suavis est originaire de Chiriqui; il se contente de la culture des Odontoglossum. 

On ne connaît pas l’origine de la variété; il est probable que celle-ci a été introduite en 
même temps que l’espèce type ; sa floraison, qui est de date assez récente, s’est produite pour 
la troisième fois déjà dans les serres de la Compagnie Continentale d’Horticulture ; nous l’avons 
vue fleurir également chez M. le docteur Gustave Boddaert, à Gand. 

La variété à fleurs blanches n’est pas plus difficile que le type sous le rapport de la culture. 
Bien que tous deux appartiennent à l’Amérique centrale, l’expérience a démontré suffisamment 
que le Trichopilia suavis se contente de la serre tempérée et n’exige pas du tout la serre chaude. 
Il en est d’ailleurs ainsi de beaucoup d’Orchidées originaires du Guatémala et des contrées 
limitrophes ; une fois que l’on abandonne les rivages de la mer et les terres basses, on arrive 
dans une région tempérée, et les végétaux qui en proviennent, non seulement végètent le mieux 
en serre tempérée ou froide, mais la plupart peuvent même passer trois mois de nos étés en 
plein air, pourvu qu’on leur fournisse l’humidité régulière et nullement excessive que leur donne 
le ciel de leur patrie. 

Voici en substance la culture que l’on peut considérer comme la meilleure pour ce Trichopilia. 
Durant les mois de mars et d’avril, on le tiendra en serre tempérée, presque sans l’arroser ; il 
entrera en végétation en mai, dès lors l’arrosement s’accentue ; vers le milieu de juin, on pourra 
suspendre la plante en plein air, dans un endroit ombragé, en augmentant successivement les 
arrosements qui doivent etre le plus abondants en juillet et dans les premières semaines du mois 
d’août. En septembre apparaissent les boutons à fleurs ; alors l’humidité devra diminuer et la 
plante rentrera en serre où elle se contentera de io° à is° centigrades ! 




Planche III. 


LINDENIA 


ODONTOGLOSSUM NEVADENSE rchb. p. 


P. De Pannemaeler, del. 


II 


PL. III 


ODONTOGLOSSUM NEVADENSE rchb. l 


ODONTOGLOSSE DE LA SIERRA-NEVADA 


ÉTYMOLOGIE : ’Odovç, dent, et yl&ççot, langue, labelle en forme de langue. 

ODONTOGLOSSUM. Perigonii explanati foliola angusta acuminata libéra exteriora et interiora aequalia. Labellum unguiculatum, cum 
gynostematis basi continuum ecalcaratum indivisum, lamina patente basi cristata. Gynostema erectum membranaceo-marginatum apice utrinque 
alatum. Anthera bilocularis. Pollinia duo solida, caudicula lineari, glandula hamata. — Herbae americanae tropicae, epiphytae, pseudobulbiferae ; 
foliis plicatis, scapo terminali vaginato, floribus speciosis. — 

Kunth, Nov. Gen. et Sp. I, 351. — Endl., Gen. Plant., 1466. 

Odontoglossum nevadense Rchb. f. Pseudobulbi ovati acuminati compressi; folia lineari lanceolata basi angustissima carinata; scapi pluriflori 
cernui in paniculam laxam dispositi ; flores magni (omo8-omio diam.), sepalis petalisque subconformibus lanceolatis longe acuminatis atrobrunneis 
aureo-marginatis, extus fusco-viridibus ; labellum basi canaliculatum striatum, medio bicornutum, limbo amplo deflexo hastato fimbriato albo 
apice subcurvato acuto, appendice interiore bifida; columna erecta elongata apice galeata maculata alis duabus auriculatis latioribus. 

III. Hort. XVII, 243. 


’Odontoglossum nevadense a été découvert en 1868, dans la Sierra Nevada (Nouvelle 
Grenade) par G. Wallis, voyageant pour le compte de M. j. Linden. Deux exemplaires 
arrivèrent vivants à Bruxelles. Nous ne croyons pas qu’une nouvelle importation ait 
été faite depuis lors. Les quelques exemplaires que possèdent les collections d’Europe sont des 
divisions provenant des deux plantes introduites à cette époque. 

Nous nous souvenons d’avoir vu en Angleterre une variété de Y Odontoglossum cristatum 
étiquetée sous le nom d’ Odontoglossum nevadense , mais qui n’avait rien de commun avec cette 
magnifique espèce. 

Les fleurs de Y Odontoglossum nevadense portent un cachet de grande originalité. Sur des pseudo- 
bulbes ovales oblongs acuminés se dressent des feuilles linéaires lancéolées rétrécies et carénées 
à la base. 



12 


Les hampes qui portent de io à 15 fleurs environ, sont grêles, défléchies et dispersées en 
panicule lâche. Les fleurs sont de grande dimension : elles atteignent de 9 à 11 centimètres, et 

se distinguent par la couleur brun foncé des sépales et des petales presque égaux, linéaires lancéolés 
aigus, bordés et terminés par une belle nuance jaune d’or. La face extérieure de ces organes 
est verte au milieu et brun fauve sur les bords. Le labelle canaliculé et strié de brun est pourvu 
à la base et au milieu de deux oreillettes dressées cornues, puis vers sa base il s’élargit en un 
limbe grand, défléchi, hasté, plane, frangé finement sur les bords, acuminé à pointe recourbée 
en dessous ; un appendice oblong, bifide en occupe le centre. La colonne est dressée, allongée, 
appendiculée au centre, en forme de casque au sommet et légèrement maculée de rouge foncé ; 
deux oreillettes cornues et très courtes l’accompagnent sur les côtés du rostellum. 

L 'Odontoglossum nevadense peut être cultivé soit en pot, soit en corbeille suspendue : ce dernier 
mode est préférable pour certaines espèces rares et délicates, parce qu’il les expose moins aux 
ravages des limaces et des cloportes, et que les jeunes pousses sont moins sujettes à souffrir 
d’une humidité stagnante, la circulation de l’air étant plus libre dans les parties supérieures de 

la serre. Comme la plupart des Odontoglossum, cette espèce est franchement de serre froide. 
L’insuccès avec lequel la plupart ' de ces Orchidées sont généralement cultivées, ne peut être 
attribué qu’à la température beaucoup trop élevée des serres dans lesquelles certains cultivateurs 
s’obstinent à vouloir les tenir. Dans les régions élevées où croissent ces Odontoglossum, le thermo- 
mètre descend fréquemment au dessous de zéro. On comprend aisément que les plantes de ces 
régions ne supportent pas plus la haute température d’une serre chaude ordinaire, que celle de 
la zone torride ne supporteraient la rigueur de nos frimas. 

A la Compagnie Continentale d’Horticulture à Gand, les Odontoglossum de la haute Cordillère 
sont cultivés dans une serre basse humide et très aérée, où la température descend parfois la 

nuit jusqu’à 3 0 au-dessus de zéro. Nous engageons les amateurs à suivre cet exemple. 











Planche IV, 


LINDENIA 



DENDROBIUM FALCONERI hook. p. 


P. De Pannemaeler, del. 


13 


PL. IV 


DENDROBIUM FALCONERI hook. f. 


DENDROBION DE FALCONER 


ÉTYMOLOGIE : iïhrjpov, arbre, et pioç, vie, qui vit sur les arbres. 

DENDROBIUM. Perigonii membranacei foliola exteriora erecta vel patentia, lâteralia majora obliqua dum pede gynostematis connata ; 
interiora conformia exteriore postico majora vel minora. Labellum cum pede gynostematis articulatum vel connatum sessile indivisum vel 
trilobum saepius appendiculatum. Gynostema semiteres basi longe productum. Anthera bilocularis. Pollinia quatuor per paria collateralia. — 
Herbae indicae epiphytae caulescentes vel rhizomate repente pseudobulbifero, foliis planis saepius venosis, floribus solitariis fasciculatis v. 
racemosis majusculis speciosis. 

Endl., Gen. Plant. 1569. * 

D. Falconeri. Caulibus hic illic ramosis elongatis pendulis gracilibus striatis articulatis geniculato-nodosis, foliis paucis (1-3) terminalibus 
linearibus, pedecillis solitariis unifloris, floribus amplis speciosis, sepalis oblongo-lanceolatis subtortilibus petalisque ovatis aequilongis patentibus 
apice purpureo-maculatis, labello cucullato, limbo vix trilobo ovato-acuto undulato integerrimo ciliato, disco aurantiaco basi apiceque purpureo, 
calcare brevissimo. 

Hook., Bot. Mag. t. 4944. 


n dépit du soin que l’on désire mettre à éviter les expressions laudatives qui se présentent 
sous la plume lorsqu’on parle de fleurs, ces expressions sont indispensables quand elles 
répondent à l’exacte vérité. Ainsi, il nous sera permis de dire que nous sommes en 
présence d’une espèce splendide, nous dirions même grandiose. Le cadre de la Lindenia serait 
trois fois plus grand qu’il ne saurait donner un tableau complet de la plante dont les fleurs 
compensent largement ce que le feuillage, petit et maigrelet, peut laisser à désirer, comme c’est 
d’ailleurs le cas chez un grand nombre de Dendrobium. 

L’espèce qui nous occupe a une tige florale dépassant parfois une longueur de i m 3o. 
M. J. E. Planchon, dans la Flore des Serres (i), Eug. Fournier, dans Y Illustration Horticole (2), 



(ï) Vol. XII, p. 32. 

(2} Vol. XXIII, p. 96. 


x 4 


parlent de hampes florales garnies de cinquante et même soixante fleurs. Dans le volume I er 
de l’Orchid Album, il est question d’un exemplaire appartenant au Marquis de Lothian et portant 
150 fleurs. Et quelles admirables fleurs, aux sépales longuement lancéolés, rose pale, marbres de 
pourpre au sommet; aux pétales plus larges, unicolores pâlissant vers le sommet, mais marqués 
d’une large macule horizontale pourpre foncé; le labelle est blanc à centre pourpre, surmonté 
d’un disque orangé et se terminant au bas par un mucron pourpre. La belle planche ci-contre 
dispense, du reste, de toute autre description. 

L’espèce fut introduite en 1858 des montagnes du Bootan et fleurit la même annee chez 
M. George Reid de Durham (Somerset). Bindley la classa dans le groupe de Dendrocoryne et 
Sir W. Hooker la considère comme voisine du D. Mac Carthiae Thwaites et du D. tetragonum 

All. Cunn. 

Quant à la culture, V Illustration Horticole l’a fort bien indiquée, dans 1 article précité, en disant 
qu’il lui faut la chaleur et l’humidité durant la période végétative; puis, la croissance terminée, 
la température sera maintenue basse et la plante laissée presque a sec, a partit de novembre 
jusque fin février. Soumise alors à une nouvelle chaleur et à un traitement humide, elle développe 
bientôt ses tiges florifères qui sont toujours en rapport avec le volume des pseudobulbes. 

Les Dendrobium sont, comme leur nom l’indique, des Orchidées epiphytes par excellence. 
Le sol qui leur convient est un compost de quantités égales de racines fibreuses de Fougères 
et plus spécialement de Polyfcodiuvn vulgare, detachees de leur rhizome, et de mousse. On sait 
que la mousse la plus recommandable est le Sphagnum a 1 état vivant qui conserve beaucoup 
d’humidité; cette propriété diminue à mesure que cette mousse se décompose, et il convient de 
renouveler le mélange au moins chaque année. 





3^ ; Dl RECTEUR: } 

IJvV J. Linden % 

RÉDACTEURS EN CHEF : 

Lucien Linden & Emile Rodigas 




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1 er Volume 
2 Tue Livrai son 


UTH.j.EÆOCSSENS & CT^RIIXEUES. 


AHeins.daU lith. 


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LINDENIA 


Planche V, 



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CATTLEYA NOBILIOR rchb. VAR. HUGUENEYI. 


P. Le PannemaeJcer del. 


i5 


PL. V 


CATTLEYA NOBILIOR rchb. var. HUGUENEYI 


Cattleya de Hugueney 

» 


ÉTYMOLOGIE : genre dédié par J. Lindley à W. Cattley, un des promoteurs de l’horticulture en Angleterre. 

CATTLEYA Lindl. Perigonii foliola exteriora membranacea vel carnosa patentia aequalia, interiora saepius majora. Labellum cum gynoste- 
mate articulatum cucullatum integrum vel trilobum gynostema involvens. Gynostema clavatum elongatum semiteres marginatum. Anthera 
quadrilocularis carnosa, septorum marginibus membranaceis. Pollinia quatuor cauliculis totidem replicatis. 

Herbae americanae tropicae epiphytae pseudobulbiferae, foliis solitariis geminisve coriaceis, floribus terminalibus magnis speciosis saepe e 
spatha magna erumpentibus. 

Lindl. Bot. Reg. t. 953; Orchid. Gen. 116. — • Endl. Gen. Plant. 1580. 

C. nobïlior. Rchb. Affinis Cattleyae Walkerianae Gardn. (C. bulbosae Lindl.) bene major, labelli laciniis lateralibus magnis columnam 
omnino involventibus, lacinia mediana reniformi emarginata. 

Pseudobulbi, folia, floris evolutio omnino Cattleyae Walkerianae Gardn., sed omnia bene majora, et pedunculus evidenter biflorus, forsan imo 
triflorus. Flos amplissimus, pulchre stellatus. Sepala ligulata acuminata tepala rhombia acuta lateribus obtusangula paulo superentia. Labellum 
magnum supra descriptum. Columna trigona haud ite crassa uti in C. Walkeriana et dolosa. Flos pulchre purpureo lilacinus. Labelli linea mediana 
flava in disci maculam flavam excurrens purpureo venosam. Lineae purpureae lineam flavam disci cingentes. Columna pallide flavido albidula 
juxta antheram roseola. 

Rchb. f. Illustr. Hort. XXX, 73, t. 485. 

C. nobilior var. Hugueneyi. Plantae partes omnes amplissimae, flores purpurei rubro striati. 


n décrivant naguère dans Y Illustration Horticole (i) l’espèce type du Cattleya dont la Lindenia 
reproduit aujourd’hui une splendide variété/ M. le Professeur Reichenbach l’a signalée 
comme « une des belles introductions faites par l’établissement Linden. » C’est une noble plante, 
en effet, que cette splendide Orchidée aux feuilles bien étoffées, coriaces, larges et d’un beau 
vert rappelant celles du Cattleya Walkeriana , et remarquable surtout par sa superbe inflorescence. 



(r) Illustr. Hort. tome XXX, 1883, p. 73, pl. 485. 


i6 


L’ampleur seule de la fructification avait décidé M. Reichenbach à donner à la plante un 
nom distinctif de variété ; mais lorsqu’il eut reconnu que le pédoncule porte deux et quelquefois 
même trois fleurs, il n’hésita pas à élever ce Cattleya au rang d’espèce, en tenant compte de 
ce caractère particulier de l’inflorescence et de cette autre observation que dans les espèces 
affines, les Cattleya Walkeriana et dolosa, les lacinies latérales du labelle sont bien plus petites 
et ne recouvrent jamais entièrement le gynostème. Le savant orchidographe fait observer, d’autre 
part, que le Cattleya nobilior provient d’une région du Brésil jusque là inexplorée par les 
botanistes. 

La fleur est des plus grandes dans le type en question : elle dépasse o m i2 de diamètre ; 
les sépales sont ligulés acuminés, les tépales sont arrondis ; le labelle est grand et ses divisions 
latérales enveloppent complètement la colonne. Toute la fleur est d’un beau rouge lilacé ; seul 
le disque du labelle porte une ligne médiane jaune qui va s’élargissant en macule, celle-ci étant 
traversée par des veines pourpre foncé d’un bel effet. 

La variété dont nous donnons la planche s’est épanouie dans les serres de la Compagnie 
Continentale d’Horticulture parmi des plantes provenant d’introduction directe. La fleur, déjà fort 
belle dans l’espèce type, montre dans la variété un coloris ravissant qui a fait l’objet de l’ad- 
miration de tous les connaisseurs. Ce coloris est du plus beau lilas ; de plus, les divisions de 
la fleur sont toutes élégamment lignées longitudinalement de stries rougeâtres. 

Cette variété a été dédiée à M. Hugueney, qui en fit la découverte dans la province de 
Matto-grosso au Brésil. 

Le Cattleya nobilior provient du Brésil occidental et croît tantôt sur les arbres dénudés, tantôt 
sur les rochers, où les plantes sont exposées pendant plusieurs mois aux rayons ardents du soleil, 
sans autre humidité que celle des rosées de la nuit. C’est durant la saison des pluies que toute 
la végétation se forme. On fera donc bien de donner à ces Orchidées une culture rappelant le 
mieux les conditions climatériques qu’elles trouvent dans leur habitat naturel, beaucoup d’humidité 
durant la végétation, sécheresse presque complète durant le repos, sauf un léger bassinage le soir 
imitant la rosée. 









L1NDENIA 


Planche VI. 



ï'.. 






CYPR.IPEDIUM DRUR.YI beddome. 

P. De Pannemael.er det ■ 




i7 


PL. VI 


CYPRIPEDIUM DRURYI beddome 


CYPRIPÈDE DU COLONEL DRURY 


ÉTYMOLOGIE : du grec Kwrpiç, un des noms de Vénus, et noèipv, petit soulier : sabot de Vénus. 

CYPRIPEDIUM Linn. Perigonii patentis foliola exteriora lateralia uninervia labello supposita libéra vel inter se connata, supremuirt 
conforme quinquenerve, interiora angustiora. Labellum maximum inflatum calceiforme. Gynostema breve cernuum apice trifidum, lobis lateralibus 
subtus antheriferis intermedio sterili petaloides dilatato. Antherae loculis discretis subbivalves. Pollen pulticeo-granulosum, stigmate deltoideo 
gynostematis faciem infra antheras occupanti. Capsula unilocularis, placentis parietalibus tribus. Semina plurima scobiformia. 

Herbae in hemispherae borealis temperatis et frigidiusculis obviae, in America nonnihil frequentiores, radicibus fibrosis, caulibus foliosis* 
floribus magnis speciosis. 

Linn. Gen. 1015. — Endl. Gen. Plant. 1618. 

C. Druryi Bedd. Folia ligulata acuta (levissime nebuloso-maculata) ; pedunculus atrato-purpureus uniflorus villosus; bractea anceps triangula 
ovario pedicellato atrato-purpureo longo brevior; sepalum superius oblongum extus glandipilum, inferius late-oblongum extus glandipilum labello 
subaequilongum, petala late oblonga ligulata obtuse acuta extus glanduloso-pilosa supra lineam mediam; labellum ungue bene canaliculata, sacco 
obtuso, limbo evecto retuso, utrinque angulato; staminodium antice tridentatum, dentibus lateralibus angulatis maximis, dente medio minuto, 
postice utrinque angulatum. Sepala et petala viridi-flava, omnia linea longitudinali atra, in sepalo inferiori quidem duplici. Labellum ochro- 
leucum, basi guttulis pallide brunneis. Staminodium hyalino-flavum. 

In Indiae orientalis regno Maïssour legit H. Drury anno 1866. 

Beddome le. plant, or. 23, tab. CXII. — Rchb. f. Xenia II, 223 et Gard. Citron. 1876, p. 68. — Illust. Hort., tom. XXIV, 1877, p. g, 
tab. 265. 



u temps de Linné, il y a un siècle, la famille des Orchidées comptait en tout une 
centaine d’espèces comprises dans huit genres. Le nombre des genres aujourd’hui admis 
par la science atteint les quatre cents, s’il ne dépasse ce chiffre, et celui des espèces connues 
s’élève au chiffre colossal d’environ cinq mille dont près d’un cinquième sont dues à M. J. Linden. 
Ces indications donnent, de la façon la plus éloquente, la mesure non pas seulement de l’accrois- 
sement de la famille des Orchidées, en genres et en espèces, mais aussi des immenses progrès 


i8 


réalisés par l’horticulture générale; en outre, il est permis d’en conclure que ni ces explorations 
ardues ni ces heureuses introductions ne se fussent point continuées, si elies n avaient îepondu 
aux désirs des amateurs. Le genre Cypripedium, l’un des huit connus par l’illustre Linné, a eu 
sa large part dans le développement général et il se compose aujourd’hui d’espèces qui ont fait 
oublier, pour ainsi dire, les quelques types, bien beaux pourtant, tels que le C. insigne t le C. calceolus, 
primitivement répandus. 

Le Cypripedium Druryi fut trouvé d’abord, il y a de cela quelque vingt ans, dans le sud du 
royaume de Mysore, par le colonel anglais H. Drury à qui l’espèce fut dédiée par le major 
Beddome qui fut le premier à la décrire scientifiquement. Depuis lors elle fut réintroduite 
plus d’une fois et dans ces derniers temps, elle a abondamment fleuri dans les serres de la 
Compagnie Continentale d’Horticulture en offrant quelques nuances dans le coloris généralement 
jaune vitellin des fleurs. M. Linden l’exposa pour la première fois à la grande exposition de Bruxelles 
en 1876. Elle a fleuri également dans les jardins royaux de Kew, chez sir Trevor Lawrence, 
dans les établissements de M. Williams à Upper-Holloway, de MM. Veitch à Chelsea, et sans 
doute ailleurs encore. 

Quant à l’aspect général, le Cypripedium Druryi rappelle l’habitus du C. insigne, bien que les 
feuilles soient moins obtuses. Les sépales sont d’un jaune verdâtre, ornés au milieu d’une bande 
foncée, large, fortement couverts à l’extérieur de poils foncés, dont un certain nombre glanduleux. 
Les pétales sont larges, ligulés, un peu inclinés en bas, ciliés, élégamment striés d’une ligne foncée 
au centre, et ornés de points bruns vers la base. Leur moitié inférieure est couverte intérieure- 
ment de poils nombreux, petits, glanduleux. Le labelle est très projeté en avant avec deux angles 
courts aux bords et une ligne presque droite. Le staminode presque transparent, est bidenté ; 
son extrémité antérieure a deux dents moyennes et une petite entre les deux autres, et chaque 
côté basilaire forme un angle aigu. La colonne est très velue, glanduleuse. Ajoutons encore que 
la bande brun foncé qui tranche nettement le milieu des sépales, semble être la continuation du 
coloris brunâtre des pédoncules. Ceux-ci sont couverts de villosités de même que la bractée qui 
accompagne l’ovaire. 

La place du Cypripedium Druryi est toute désignée dans les collections, à côté des C. Robellini , 
Stonei, Hookeri, etc. 

La culture des Cypripedium de serre chaude est des plus simples. Rempotage en terre 
fibreuse, bon drainage; durant la végétation, beaucoup d’humidité et fréquents arrosages. Après 
la floraison, un repos de deux mois est absolument nécessaire. 




I 












t 




















LINDENIA 


Planche VII. 


EPIDENDRUM PANICULATUM reinwardt. 



P. De: Tollenaere del. 




19 


PL. VII 


EPIDENDRUM PANICULATUM reinwardt 


ÉPIDENDRE PANICULÉ 


ÉTYMOLOGIE : du grec km, sur, et âkvdpov, arbre, allusion au mode de végétation des espèces de ce genre croissant généralement sur les 
arbres. 

EPIDENDRUM Linn. Perigonii foliola exteriora patentia subaequalia; interiora aequalia vel angustiora ant rarius latiora. Labellum ungue 
cum marginibus gynostematis omnino vel partim concretum, limbo integro vel partito, disco saepius calloso costato vel tuberculato interdum in 
calcar ovario adnatum productum. Gynostema elongatum, clinandrio marginato saepius fimbriato. Anthera carnosa 2-4-locularis. Polliniorum 
•caudiculis totidem replicatis. 

Herbae americanae tropicae epiphytae; caule nunc basi vel apice pseudobulboso, nunc elongato apice folioso, foliis carnosis vel rarissime 
striato-venosis, floribus spicatis racemosis corymbosis vel paniculatis terminalibus lateralibusve. 

Linn. Gen. 1016. — Lindl. Gen. Plant. 1371. 

Epidendrum paniculatum Reinw. Folia oblongo-acuminata ; pedunculus vaginis acuminatissimis membranaceis vestitus; panicula composita 
-divaricata, bracteis pedicello brevioribus, sepalis oblongis, petalis filiformibus ; labelli quadrilobi laciniis posticis brevibus semicordatis obtusis, anticis 
linearibus divaricatis, callis duobus lineisque tribus brevibus elevatis contiguis. 

Reinw. Fl. Peruv. Syst., 243. — Lindl. Bot. Reg. ( Ep . laeve), .1844, 17. — Illustr. Hort. tom. XXII, 1875, P* I0 5 > tab. CCXI. 


de nos compatriotes qui a séjourné quelque temps dans la capitale des États-Unis 
vénézuéliens, lors des fêtes, du centenaire de Bolivar, avait trouvé la cour de sa 
demeure agréablement garnie d’une quantité de plantes indigènes, presque abandonnées à elles- 
mêmes, et dont la plupart étaient des Orchidées d’une grande beauté. L’une d’elles frappa surtout 
ses regards, par son gracieux feuillage allongé, lancéolé et acuminé, d’un vert gai, et par ses 
immenses panicules d’innombrables fleurs aux teintes d’un rose pourpré, faisant songer notre 
voyageur aux thyrses de Lilas qui décorent en mai les jardins de la patrie. La plante dont il nous 
apporta des fleurs desséchées, mais belles encore, était Y Epidendrum paniculatum que M. j. Linden 
fut un des premiers à découvrir à Caracas, il y aura bientôt cinquante ans, et que d’autres 
botanistes voyageurs rencontrèrent sur une aire de dispersion géographique assez grande dans la 



20 


Colombie, diverses parties du Venezuéla, l’Équateur et le Pérou, en un mot dans tout le nord 
ouest du continent sud américain. Il n’est pas étonnant que l’espèce, répandue comme elle l’est 
dans ce jardin tropical, ait produit des variétés nombreuses et remarquables par l’ampleur, le 
coloris et la forme des fleurs, ainsi que par le développement plus ou moins considérable des 
panicules. 

La plante a de longues tiges érigées et cylindriques, dénudées à la base, bien feuillues au 
sommet et formant de larges touffes garnies de panicules des plus gracieuses fleurs à sépales 
allongés, à pétales étroits presque filiformes, au labelle muni de lacinies les unes courtes, les 
autres linéaires. 

La culture en est facile. Le lecteur s’en convaincra par les lignes suivantes que le célèbre 
orchidophile français M. le Comte du Buysson a bien voulu écrire pour la Lindenia. 

Culture de l’EPIDENDRUM PANICULATUM 

M. Linden, ainsi que MM. Funck & Schlim, ayant trouvé cette magnifique espèce croissant dans 
les cavités des rochers, remplis de détritus de bois et de mousse, à une altitude de 2,700 mètres, 
ces seuls renseignements en indiquent la culture avec les plantes montagnardes épiphytes et terrestres, 
qui ne veulent jamais de fortes chaleurs. Sa place sera donc dans la partie la moins chaude et 
la plus aérée de la serre à Cattleya ou mieux, si l’on a une serre à Odontoglossum, on pourra, 
l’associer à celles de ces belles voisines qui se rencontrent dans son habitat. 

La plantation se fera en pot, comme pour tous les Epidendrum à longues tiges, Ep. Frederici ~ 
Guillielmi, myrianthum, syringothyrsus, des mêmes altitudes, dans un compost formé de boulettes de 
terre fibreuse, de racines de fougères, de sphagnum haché, entremêlé de débris de poterie et de 
charbon de bois, formant saillie au dessus des bords du pot, le tout assis sur un bon drainage, 
remplissant le tiers inférieur du vase et sur toute la surface une couche de têtes de sphagnum vivant. 

Les Epidendrum montagnards, tout en réclamant une vive lumière, redoutent dans nos serres- 
les rayons de notre soleil dont on devra les préserver; mais pour satisfaire ce besoin, on se trouve 
bien de les cultiver dans une serre basse où la proximité du verre augmente la vivacité du coloris 
des fleurs et modère l’allongement des tiges, sans nuire à l’ampleur des panicules. 

Les arrosements seront copieux pendant tout l’été, époque de la floraison et de la pousse et 
presque nuis pendant le repos, où l’humidité naturelle du local sera suffisante, si l’hiver n’est pas 
trop lumineux. La température ne devra pas dépasser 25 0 à 28° l’été, et une chaleur de 5 0 à io a 
suffit pendant la morte saison. Propagation par la division du rhizome en mars-avril. 


Comte du Buysson. 





LINDENIA 




Planche VIII, 


PHALAENOPSIS STüÀRTIANA rchb. VAR. PUNCTULATA. 

P. De Pannemaeker del. 

- 



21 


PL. VIII 


PHALAENOPSIS STUARTIANA rchb. VAR. PUNCTULATA 

PHALÉNOPSIDE POINTILLÉE 


ÉTYMOLOGIE : du grec yâlouva., phalène, papillon de nuit, et otyiç, apparence, par allusion aux fleurs qui ressemblent à certains papillons,, 

PHALAENOPSIS Blume. Perigonii explanati patentis foliola exteriora libéra, aequalia, interiora multo majora. Labellum gynostematis 
;pede parum producto continum, liberum, basi callosum, trilobum, lobis lateralibus recurvato-adscendentibus, intermedio angustiore, bicirrhoso. 
Gynostema in ovarium recumbens, semiteres, rostello gladiato. Anthera bilocularis. Pollinia duo subglobosa, caudicula plana, spathulata, glandula 
maxima cordata. 

Blume, Bydr. 294, t. 44. 

Phalaenopsis Stuartiana Rchb. Radicibus depressis; foliis juventute marmoratis dein aequaliter coloratis; panicula multiflora; callo stipitato 
«didymo basi extrorsum acuminato-subulato intus bidentato, sulcato, in laciniis lateralibus obscurissimo. Flores caeterum Phalaenopsidis Schillerianae. 
Elos lacteus. Sepala lateralia antice sulphurea cinnamomeo-maculata. Labellum, exceptis apicibus summis laciniarum lateralium, margine et caudis 
laciniae albis, flavum maculisque plurimis cinnamomeis. 

Rcllb. f. Gard. Chron. n. s. tom. XVI, p. 748; Illustr. Hort. tom. XXXI, 1884, p. 175, tab. DXL. 

Phalaenopsis Stuartiana var. punctulata. Flores numerosi maculis valde distincti; labelli color nimior. 


S I y a tout au plus une quinzaine d’années, le genre Phalaenopsis ne comptait guère que 
trois ou quatre espèces; aujourd’hui nos collections en possèdent une vingtaine aussi gra- 
cieuses, aussi belles les unes que les autres. Parmi les dernières venues cependant, une espèce 
est particulièrement distinguée, c’est le Phalaenopsis Stuartiana dédié par le savant orchidographe 
M. Reichenbach que nous aurons fréquemment à citer dans cette iconographie, à M. Stuart Low 
dont le nom est connu de tous les amateurs d’Orchidées. 

Les feuilles du Phalaenopsis Stuartiana sont dures et épaisses, distiques, allongées, aiguës, 
canaliculées par le milieu, engainantes à la base; longues de o m i5 à o m 2o et larges de o m o8; 
la face supérieure des jeunes feuilles est parsemée transversalement de séries de macules brunâtres 
qui disparaissent quelquefois lors de leur complet développement; la page inférieure est colorée unifor- 
mément d’un beau brun rougeâtre. A première vue le Phalaenopsis Stuartiana ressemble beaucoup, par son 
feuillage, au toujours beau Phalaenopsis Schilleriana que M. J. Linden introduisit des Iles Philippines 
en 1858. La tige porte une grappe déliée et multiflore offrant souvent une succession d’au delà 


22 


de cent vingt fleurs. Celles-ci mesurent en moyenne cinq centimètres de diamètre et allant jusqu’à 
sept dans certaines variétés. Elles sont d’un blanc pur, à l’exception des sépales latéraux et des 
lobes du labelle dont la moitié inférieure est jaunâtre parsemé d’un pointillé rouge brun. Le la- 
belle est trilobé; les lobes latéraux sont arrondis, allongés, le lobe central ovale est terminé 
par deux lacinies étroites disposées en forme d’ancre. 

La variété qui nous occupe, le Phalaenopsis amabilis var . punctulata, est en tous points supérieure 
à l’espèce type. Les fleurs sont plus denses sur le thyrse, les macules sont mieux marquées et 
la coloration jaune carminé du labelle est beaucoup plus vive. Exposée récemment à un meeting 
de la Chambre Syndicale des Horticulteurs belges, cette bien distincte variété a obtenu un cer- 
tificat de mérite. 

Les nombreuses dissertations qui ont paru dans les journaux horticoles sur la culture des 
Phalaenopsis, ont fait que ces plantes sont maintenant bien cultivées presque partout; c’est que la 
culture en est particulièrement simple; elle se réduit à quelques soins qu’il s’agit d’appliquer aux 
époques voulues de l’année. 

Les Phalaenopsis sont originaires de contrées très chaudes, principalement de la Malaisie; il 
leur faut en conséquence, pendant l’hiver, une température de 16 à 20 degrés centigrades et pendant 
l’été de 18 0 à 25 0 . L’atmosphère devra constamment être saturée d’une grande quantité d’humidité, 
attendu que ces gracieuses épiphytes croissent fixées par leurs racines plates sur les branches des 
arbres, ainsi que le représente la figure ci-contre. 

Dans les serres de la Compagnie Continentale d’Horticulture à Gand, les Phalaenopsis sont 
cultivés dans de petits paniers en treillage de bois. La meilleure époque pour le rempotage est 
le printemps, quelque temps après la floraison, quand les racines commencent à végéter. 

On place dans le fond du panier un bon drainage de tessons recouverts de morceaux de bois, 
puis une couche de sphagnum vert; la plante est placée sur ce lit, les racines recouvertes de têtes 
de sphagnum vivant. On aura cependant soin de dégager le collet qui doit donner naissance aux 
jeunes racines : c’est un point important dans la culture des Orchidées que ce dégagement du 
collet. 

Après le rempotage, on placera la plante suspendue très près du vitrage, de façon à lui donner 
le plus de clarté possible, sans cependant la laisser brûler par les rayons du soleil. Durant l’époque 
de végétation, les arrosements seront copieux; ils seront modérés pendant la floraison et presque 
nuis au repos qui suivra cette floraison, pendant six semaines environ. 

Les Phalaenopsis ne supportent par les seringages sur les feuilles qui jauniraient et périraient 
de cette pratique. L’aérage, pour toutes les Orchidées un point essentiel, l’est également pour 
les Phalaenopsis. Ils redoutent énormément le thrips; des lavages fréquents avec de l’eau mélangée 
de nicotine leur conviendront beaucoup. 

On sait que la plupart de Phalaenopsis se reproduisent par les jeunes plantes qu’émettent 
les anciennes tiges florales; les amateurs soucieux de la multiplication feront donc bien de les 
maintenir le plus longtemps possible, mais il est bon de noter que cela affaiblit énormément les 
plantes. 



: DIRECTEUR : ) 

J. Linden % 

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RÉDACTEURS EN CHEF! 

Lucien Linden & Emile Rodigas 


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A.Heins.daf. & lith. 









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LINDENIA 


Planche IX 







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CLEISOSTOMA GUIBERTI lind. & rchb. F. 


p. I)e Fannemadcer del. 


23 


PL. IX 


CLEISOSTOMA GUIBERTI lind. et rchb. f. 


CLEISOSTOME DE GUIBERT 


ÉTYMOLOGIE : du grec xâsiçoç, pouvant être fermé, et çropx, bouche; allusion à la disposition du labelle. 

CLEISOSTOMA Blume. Sepala subpatentia, subaequalia, libéra vel lateralia basi columnae pedi brevi affixa. Petala sepalis similia. 
Labellum basi columnae vel pedi affixa, basi in calcar vel saccum intus longitudinaliter indivisum sed ore squama vel appendicula postica 
integra vel bifida subclausum productum; lobi latérales ad latera calcaris falcati vel angusti, médius brevis saepius latus. Columna brevis, 
semiteres, exalata, basi interdum in pedem brevem producta ; clinandrium breve, truncatum antice bidentatum vel bilobum. Anthera terminalis, 
opercularis, incumbens, bilocularis ; pollinia 4, per paria conferta vel concreta, cerea, inappendiculata, anthera déhiscente stipiti angusto vel 
spathulato interdum filiformi affixa, glandula squamiformis. Capsula angusta, longiuscula vel rarius breviter oblonga, erostris, erecta vel patens, 
costis prominulis. — Herbae epiphyticae, caulibus foliatis non pseudobulbosis ; folia disticha, patentia, carnosa vel coriacea, plana vel rarius 
teretia, vaginis persistentibus caulem obtegentibus. Pedunculi latérales, simplices vel ramosi. Flores pares saepius numerosi, secus rhachin 
sessiles vel breviter pedicellati. Bracteae parvae. 

Blume Bijdr. 362. — Benth. et Hook. Gen. Plant, tom. m, 580. 

Cleisostoma Guiberti Linden et Rchb. f. Affine Cleisostomati ionosmo Lindl. labelli lamina pandurata, pilosula, carina postice bicruri a 
calcaris fundo in laminae fossam excurrente. 

Caulis spithamaeus. Folia lineariligulata apice obtuse biloba. Panicula pluriflora amplissima supra axillaris. Flores illis Vandae (Roxburghi 
R. Br.) tesselloides Rchb. f. subaequales, colore fere Anselliae, extus pallide flaveoloalbi, intus flavoochroleuci annulis castaneis. Columnae 
auriculae ac limbus faveae brunnei. Sepala cuneato oblonga obtusa. Labellum basi cum columnae basi connatum auriculis rectangulis hinc 
unidentatis bidentatisve ; lamina pandurata postice latior, apice emarginata pilosula; callus linearis per lineam mediam baseos, postice bilobus. 
Columna brevis apice utrinque unifalcis auriculata falcibus velutinis, lamella ovata apiculata cochleata sub fovea. 

Cleisostoma Guiberti Linden et Rchb. f. in V. Mohl et Schlechtendal Bot. Zeit. 1862, 375. — Otto Hamb. Gartenz. 1862, 529. — 
Rchb. f. Xenia Orchidacea, 11, 126. tab. 142. 


ette belle espèce figura pour la première fois, à l’état vivant et admirablement fleurie, à 
1 l’exposition de Bruxelles en 1862, sous le nom de Vanda Guiberti, et elle y produisit une 
grande sensation. Le coloris à la fois simple et véritablement noble de ses fleurs est digne de 
tous les suffrages. M. Linden n’en reçut qu’un seul exemplaire qui lui fut envoyé d’Assam ou 



24 


de Sikkim par M. Simons. On eut l’occasion d’admirer le même exemplaire à l’exposition de 1862 
à Namur, où il faisait partie d’un lot de nouveautés. Telle fut l’impression produite sur le jury 
par cette ravissante Vandée que tout en étant comprise dans une collection déjà récompensée, 
il lui décerna à l’unanimité une médaille d’or. On ne saurait assez déplorer que l’exemplaire 
unique de M. Linden ait disparu de ses cultures, à la suite d’un accident; et tous ceux qui 
verront le portrait que nous sommes heureux de pouvoir en publier, formeront avec nous des 
vœux pour que l’un ou l’autre hardi collecteur aille rechercher, dans le continent indien, le coin 
béni où M. Simons découvrit la station naturelle de cette noble espèce. 

M. Linden la dédia à l’excellent M. Guibert, un des orchidophiles les plus estimés, qui 
avait réuni, à sa campagne de Passy, une des plus remarquables collections d’Orchidées de France. 

En présence de la planche que nous mettons sous les yeux des lecteurs de la Lindenia , il 
ne sera pas nécessaire, pensons-nous, de donner une description détaillée de cette brillante 
espèce dont les fleurs disposées en grand nombre sur une hampe ramifiée rappellent par la forme 
celles du Vanda Roxburghi et par le coloris celles du Vanda Anselliae. Par ses caractères botaniques, 
l’espèce a le plus d’affinité avec le Cleisostoma ionosmum Lindl. 

Comme beaucoup d’autres Vanda, tel que les Vanda Lowi , V. Batemani, V. gigantea, V. Cathcarti, 
etc., l’espèce qui nous occupe a été détachée du groupe des Vanda pour rentrer dans un autre 
genre. 

La culture du Cleisostoma Guiberti ne diffère guère de celle des Vanda. 






SELENIPEDIUM RETICULATUM rchb. f. 


l>. ])e Panncmaeke del • 


25 


PL. X 


SELENIPEDIUM RETICULATUM rchb. f. 


CYPRIPÈDE RÉTICULÉ 


ÉTYMOLOGIE : du grec SsLjvvî, Diane, et Ttôdiov, petit soulier : sabot de Diane. 

SELENIPEDIUM Rchb. f. Omnia Cypripedii, sed ovarium triloculare, trisulcatum trilobumve et semina Vanillae (saltem in duabus 
speciebus, forsan in omnibus). Rchb. f. Xenia Orchid ., i. p. 3. 

Vide supra char. gen. Cypripedii, p. 17. 

Selenipedium reticulatum Rchb. f. affine S. Czerwiarowiano Rchb. f., pedunculo plurifloro, bracteis triangulis ancipitibus ovaria pedicellata 
superantibus ; sepalo dorsale ligulato obtuse acuto sepalo inferiori oblongo labellum subaequante, utroque margine undulato bene resinervi, 
tepalis linearibus multum torsis, labelli sacco obtuso, ostio retuso, bucca angulata utrinque superposita, staminodio trapezoideo, utrinque supra 
basin obtuse angulato, medio antice acuto. Pro hortis : Cypripedium reticulatum. — « Folia Uropedii , sed tripedalia, » Wallis. 

Habitat Ecuador. 



écouvert dans l’Ecuador, sur les bords du rio Zamora, à cinq ou six journées de distance 
de Loja, par Gustave Wallis, voyageant pour compte et d’après les instructions de 
M. J. Linden, le Selenipedium reticulatum eut le sort de bien des découvertes : tous les pieds récoltés 
au nombre de plusieurs centaines et expédiés en compagnie du 6'. Wallisi , arrivèrent morts en 
Europe ! Smith le rencontra également dans les mêmes régions; mais il n’est pas à notre con- 
naissance si l’espèce a été depuis lors introduite en Europe. 

La planche que nous en donnons a été faite d’après une aquarelle de Wallis. 

Le S. reticulatum rappelle par sa végétation YUropedium Lindeni. 

Les fleurs sont remarquables ; chaque pédoncule en porte plusieurs. Elles sont à bractées 
triangulaires dépassant les ovaires ; le sépale dorsal est ligulé et légèrement arrondi au sommet, 
le sépale inférieur est allongé égalant presque le labelle, les marges sont ondulées de part et 
d’autre, les sépales sont linéaires et disposés en tire bouchon, tellement ils sont enroulés. Le sac 
du labelle est obtus, l’aperture retournée, le staminode en forme de trapèze. 


2Ô 


Le Selenipedium est une Orchidée généralement terrestre. On cultive la plante dans un pot 
de dimension moyenne, qu’on remplit de tessons jusqu’au quart de sa hauteur. Sur les tessons 
on place d’abord un peu de mousse blanche (sphagnum) ; puis on remplit le vase jusqu’au dessus 
du niveau du bord, avec un mélange d’un tiers de charbon de bois, brisé en fragments de la 
grosseur d’une noisette, lavé et séché, d’un tiers de terre de bruyere tourbeuse, ecrasee entre 
les doigts, en mottes de la grosseur d’une noix, et d’un tiers de sphagnum coupé avec des 
ciseaux; mélange qu’on a passé au crible pour en extraire les fines particules de terre. La plante 

une fois mise en place, très peu enfoncée dans la terre, on la tient les quinze premiers jours 

dans un endroit frais, à l’abri des rayons solaires, puis on la met dans un endroit clair et aéré. 

Pendant la période végétative (janvier-septembre), on entretient une humidité moyenne; pendant 
le repos (septembre-décembre), on arrose tout juste pour conserver la terre fraîche. 

La floraison dure du mois de mars au mois de mai, et c’est après cette période qu’il 

convient de rempoter la plante, si l’on s’aperçoit qu’elle a besoin de terre nouvelle. 


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LINDENIA 




27 


PL. XI 


AERIDES MACULOSUM lindl. var. FORMOSUM 


AERIDES GRACIEUX 


AERIDES. — Vide supra, p. 6. 

A. Foliis coriaceis planis apice obliquis, obtusis, racemis densis nutantibus subpaniculatis, sepalis subrotundo-oblongis, petalis conformibus 
duplo latioribus. Labello ovato-subundulato integerrimo basi utrinque unidentato, tuberculo indiviso interjecto, columna brevissima (Lindl.). 

Aerides maculosum Lindl., Bot. Reg. 1845, tab. 58. 

Folia coriacea apice oblique obtusa. Racemi nutantes pluriflori, nunc ramulosi. Sepala obovata, petala oblonga. Labellum indivisum seu 
obscure lobatum, basi nunc auriculatum, auriculis triangulis, tuberculo velutino (vulgo bilobo) interjecto; lamina oblonga seu obtuse rhomboidea, 
retusa hinc lobulata; gynostemii abbreviati androclinio obtuso. Gynostemium crassum breve. Androclinium immersum intra limbum incrassatum; 
rostelli dens minutissimus linearis retusus, callo postposito gibbo (more Rhynchostylidum). Anthera ovata antice linearis. Pollinia sphaerica postice 
fissa. Caudicula linearis. Glandula elliptica. Perigonium roseum purpureo-guttatum. Labellum roseum disco intense purpureo (Rchb. fil.). 

Aerides maculosum var. formosum : Sepalis petalisque pulcherrime pictis. 



’ Aerides maculosum var. formosum est une plante réellement splendide en raison du grand 
nombre, de l’ampleur et du coloris de ses fleurs. Sa tige est robuste et ramifiée, ses 
feuilles sont distiques, allongées, quoique assez larges, obliquement obtuses-échancrées au sommet, 
subcanaliculées, à bords légèrement arrondis en dessous. Les fleurs sont très grandes, blanc 
lavé de pourpre cocciné et très odorantes. Elles sont très nombreuses et composent des racèmes 
dont l’ensemble forme un long panicule lâche. Le scape est axillaire, noueux-articulé, muni à 
chaque articulation de petites squames engainantes, devenant en dessous de chaque pédicelle, 
un ovaire pédicelliforme, et de très courtes bractées. L’ovaire est déprimé angulaire, arqué-iiutant. 
Les segments du périanthe externe sont elliptiques, un peu aigus, ronds en dessous aux bords, 
les internes sont ovés-oblongs ou ovales, lavés de pourpre. Le labelle beaucoup plus ample que 
les autres segments, a ses deux lobes latéraux courts oblongs, dressés, obtus, striés de pourpre; 


28 


le lobe médian très développé est lui-même trilobé, ové puis brusquement atténué, échancré au 
sommet où les deux bords se rapprochent en une sorte de capuchon; il est largement lavé et 
maculé de pourpre cocciné. 

Les Aerides sont cultivés soit en pots, soit en corbeilles. On garnit le fond d’une bonne 
couche de tessons, pour empêcher les racines de passer par le fond; on en revêt l’extérieur 
d’un peu de mousse blanche (sphagnum), bien nettoyée, qu’on renouvelle de temps à autre, pour 
l’agrément du coup d’œil. On fixe la plante dans ce sphagnum , au moyen d’un fort tuteur. 

Le meilleur moment pour rempoter est celui qui suit immédiatement la floraison. Mais si 
la plante n’est pas de force à fleurir, on peut faire l’opération au commencement du printemps. 

Quant aux époques de végétation et de repos, il est difficile d’en fixer les dates, car ces 
plantes végètent presque incessamment, sauf les quelques mois d’hiver, où elles s’arrêtent par le 
manque de chaleur et d’humidité. 

1j Aerides maculosum var. formosum commence sa végétation en janvier ou février. Ses boutons 
se montrent dès le mois de mars et s’épanouissent en juin-juillet pendant environ cinq semaines. 
Cette Orchidée demande beaucoup de chaleur humide. 


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CATTLEYA MAXIMÀ lindl. var. HRUBYANA 


Planche XII, 


LINDENIA 




De Tollena&e del 


29 


PL. XII 


CATTLEYA MAXIM A lindl. var. HRUBYANA 


CATTLEYA DU BARON HRUBY 


CATTLEYA. Vide supra p. i5. 

Cattleya maxima Lindl. Caules obovato-clavati angulati; folia 1-2 ovato-oblonga ; spatha pedunculo multo brevior; flores saepissime 3, 
pulcherrime violacei, 0mi5 lati ; sepala lineari-oblonga obtusa; petala subrotundo-ovalia undulata membranacea; labelli maximi crispi, oblongi, 
obsoleto-trilobi, lobus médius undulatus alte emarginatus, disco laevi. 

Illust. Hort. t. xvii, t. xxix, p. 157 secundum Lindl. Gen. et Spec. Orch. et Bot Reg. t. xxx, 1844. 

Crescrit in sylvis Peruviae et prope Rio-Grande de Malacotes. L. c. 

C. maxima var. Hrubyana omnibus partibus valde amplioribus distincta atque colore florum pulcherrime roseo pallido exhausta. 


e Cattleya maxima est sans conteste un des plus grandioses du genre et, jusqu’à la dé- 
couverte plus récente du C. gigas, il fut considéré à bon droit comme un type 
des plus grandes fleurs d’Orchidées. Celles-ci peuvent, en outre, pour la beauté entrer en 
lice avec les plus belles. Comme l’a dit avec raison M. F. W. Burbidge, dans l’excellent travail 
qu’il a publié récemment, à l’occasion de la conférence de Londres, sur la dispersion des 334 
genres et sous-genres d’Orchidées aujourd’hui connus, les Cattleya et les Laelia offrent les fleurs 
les plus brillantes. 

L’aire géographique du genre Cattleya n’est guère étendue. D’après la carte générale de la 
géographie des Orchidées donnée dans le supplément du g mai 1885 du Gardeners’ ■ Chronicle, cette 
aire est comprise entre le sud du Mexique et le nord ouest du Brésil avec une indication au 
Venezuéla; elle est donc tout à fait équatoriale. Bien que jusqu’ici on n’ait signalé sous les 
mêmes latitudes du continent d’Afrique la présence que des genres Cheirostylis, Brachycorythis, 
Ansellia, Hetaeria, Cynorchis, Cyrtopodium, Corymbis, Lissochilus, Eulophia, Pachystoma et quel- 
ques autres analogues, il est néanmoins permis de prévoir que, dans ces mêmes contrées du 



30 


Congo, de nouvelles recherches feront découvrir, aux bords des forêts humides et des clairières, 
des espèces voisines de celles qui nous occupent. Hartweg découvrit le C. maxima dans les 
immenses forêts qui bordent le Rio-Grande, près de Malacotes, entre Loja et la frontière péru- 
vienne. Wallis, voyageant pour compte et d’après les instructions de M. J. Linden, retrouva 
l’espèce, un quart de siècle plus tard, en 1866, dans l’Ecuador entre Zaruma sur le rio Tumbes 
et Huancabamba (Pérou) et en récolta de beaux exemplaires qui arrivèrent bien vivants à Bruxelles. 
Elle fut signalée erronément au Guayaquil et dans plusieurs régions de la Colombie. Guayaquil 
n’a pu être désigné que comme port d’embarquement. 

Cette Orchidée est loin d’être répandue dans les serres européennes comme elle le mérite. 
Ses tiges robustes, obovoïdes, anguleuses, renflées en massue, portent une ou deux feuilles ovales 
oblongues, charnues, dressées. La spathe qui enveloppe les fleurs est beaucoup plus courte que le 
pédoncule. Ses fleurs admirables mesurent quinze centimètres de diamètre et davantage. Leur cou- 
leur diffère suivant les variétés et va du plus beau violet lilacé pur au blanchâtre et au rose. 
Une variété à fleurs pourpres fut introduite à l’Établissement Linden en 1867; elle provenait 
également de l’Ecuador. 

La variété C. maxima Hmbyana se distingue du type par une teinte rose plus pâle, ainsi que 
par l’ampleur extraordinaire du bouquet floral. C’est à peine si la planche peut donner une idée 
de la grâce et de la richesse de cet ensemble. Cette variété confirme pleinement l’assertion 
d’HARTWEG qui avait admiré dans leurs sites naturels des plantes dont l’énorme hampe portait 
jusque vingt de ces colossales fleurs épanouies à la fois. 

Comme dans les fleurs du type, les sépales sont linéaires oblongs obtus, et les pétales arrondis, 
ovales, ondulés et de texture membranacée. Le labelle, très grand, mesurant presque dix centi- 
mètres de long, a des bords crispés et presque frangés; les lobes en sont fort peu marqués; celui 
du milieu est très échancré. 

Ce que nous avons dit ci-dessus, page 16, en parlant de la culture du Cattleya nobilior , est 
parfaitement applicable à celle des Cattleya maxima. Nous y renvoyons le lecteur. 

La variété qui nous occupe a été dédiée par M. Linden à M. le baron Hruby, de Peckau, 
bien connu des amateurs d’Orchidées et qui possède une collection très remarquable de ce 
beau genre de plantes. 



WM L 


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^ivS J. Linden % 

JJ ( ^ .. 

RÉDACTEURS EN CHEF'. L 

Lucien Linden & Emile Rodigas 




1 er Volume 
4 rae Livraison 


LITH. J. E.GOOSSÈNS& C ‘EBRUmLES. 


A.Heins.daU lith. 






















Planche XIII 


LINDENIA 


VEXILLARIUM RCHB. VAR. PURPUREUM 


ODONTOGLOSSUM 


p. De Pannanaelicr det 


3i 


PL. XIII 


ODONTOGLOSSUM VEXILLARIUM rchb. var. PURPUREUM 


ODONTOGLOSSE ÉTENDARD POURPRE 


ODONTOGLOSSUM. Vide supra p. n. 

O. vexillarium affine Odontoglosso Warscezviczi Rchb. Fil., labello basi ligulato utrinque obtusangulo auriculato (obtuse sagittato). 

Pseudobulbi lineariligulati brèves diphylli a foliis laminigeris articulatis vulgo quaternis stipati. Radices adventitiae filiformes tenues. 
Foliorum laminae lineariligulatae acutae. Folia et pseudobulbi emortui saepe rufocinnabarini. Pedunculi axillares tenues, usque ad sexflori 
(imo octoflori in Columbia oçcurrere referuntur), racemosi. Bracteae triangulae ovariis pedicellatis multo breviores. Florum tela sat tenuis 
videtur, forsan illi Odontoglossi Phalaenopsidis Lind. Rchb. Fil. aequalis. Sepala et tepala labello maximo multo minora angustiora. Sepala 
ligulata acuta. Tepala paulo latiora, obtusiora. Labellum basi angustum, ligulatum, dein basi anguste retrorsum auriculatum, antice in laminam 
amplam flabellatam apice emarginatam expansum ubique obtusangulam, Carinulae in parte unguiculari ternae abruptae, nunc quinae. Linea 
asperula utrinque. Columna parva. Alae angustissimae seu nullae. Tabula infra stigmatica producta. Color albus. Labelli basis flava. Nunc flores 
paulo, nunc omnino purpureo colore pallidiusculo suffusi. 

Odontoglossum vexillarium Rchb. Fil. in Gard. Chron. 1867, 901; 1872. p. 667. cum xylogr. 



uand M. J. Linden eut sous les yeux pour la première fois ce superbe Odontoglossum , qui 
lui était envoyé à l’état sec par un de ses collecteurs, il y vit avec admiration une des 
merveilles du genre, et il n’eut plus de repos jusqu’à ce qu’il eût obtenu son introduction à l’état 
vivant. C’est qu’aussi il se trouvait en présence d’une des plus merveilleuses manifestations de la 
nature ! 

1,' Odontoglossum vexillarium est originaire des versants tempérés froids de la cordillère occiden- 
tale des Andes de la Colombie. Son introduction première en Europe paraît due à l’infortuné 
Boromau; Wallis & Roezl le trouvèrent ensuite et en expédièrent les premiers exemplaires 
vivants à M. Linden. 

M. B. Roezl (nous sommes heureux de mentionner ici le nom du collecteur à qui l’horticulture 
doit de si nombreuses introductions de belles Orchidées) en expédiant ses plantes à M. Linden, pour 
compte duquel il voyageait en 1872, lui signalait plusieurs variétés et notamment une variété 
supérieure, à fleurs pourpre foncé. Wallis, de son côté, avait également attiré l’attention de 
M. Linden sur cette variété au sujet de laquelle il s’exprimait en termes élogieux. 

Comment cette variété s’est-elle retrouvée plus tard dans plusieurs collections ? il serait diffi- 
cile de le dire; mais il faut croire que les différentes variétés croissent pêle-mêle, jouets des 
hybridations naturelles. 


32 


M. Desmet-Duvivier exposait à un des meetings de cette année une variété a fleurs pourpres 
qui lui valut un premier certificat de mérite. Presque en même temps nous recevions de 
M. Lemoinnier, le grand amateur de Lille, l’admirable plante qui a servi à faire la planche que 
contient cette livraison de la Lindenia et qui a été fidèlement reproduite par M. De Pannemaeker, 
notre excellent artiste. 

Indépendamment de leur beauté transcendante, les Odontoglossum ont pour eux l’avantage d’une 
culture aisée par une faible somme de chaleur. Réd - 

CULTURE DE L’ODONTOGLOSSUM VEXILLARIUM. 

M. B. Roezl, l’heureux introducteur de tant de belles plantes, m’avait donné, lors de la splen- 
dide exposition de 1880 à Bruxelles, de précieux renseignements sur la manière de vivre de 
nombreuses espèces d’Orchidées que j’ai mis à profit et dont je ferai part à nos lecteurs, à mesure 
que l’occasion s’en présentera. 

« Les Od. vexillarium, m’a-t-il dit, exigent un traitement mixte entre celui de l’O. crispum et 
celui de l’O. Roezli. J’ai remarqué dans mes récoltes que les sujets que l’on trouve sur les arbres de 
la forêt, située au dessus des mines de Frontino, vers 2000 m. d’altitude, station à l’est, exposée 
aux violentes perturbations atmosphériques des grandes terres, ne sont jamais aussi fortement 
constitués que ceux qui vivent sur le versant ouest de la montagne, où l’atmosphère, se main- 
tenant tout aussi humide, garde une température plus égale, variant entre io° et 20 0 , tandis que 
vers Frontino, l’écart descend jusqu’à 5 0 : ce qui prouve que cet abaissement leur est préju- 
diciable. La plante vit à nu, fixée sur les branches des arbres. » 

L’application sur bûche ne nous ayant pas satisfait, nous cultivons cet Odontoglosse en pot, 
proportionné à la force du sujet, rempli jusqu’à moitié de tessons et de morceaux de charbon 
de bois. Après y avoir étendu une couche de sphagnum, nous finissons de remplir avec du 
sphagnum coupé et des morceaux de charbon, sans addition de boulettes de terre, plus nuisibles 
qu’utiles pour toutes les Orchidées qui vivent à nu sur les arbres. Sur le dôme formé au dessus 
des bords du pot, nous plaçons la plante, les racines étalées; on la maintient en place avec un 
petit crochet de bois et on recouvre toute la surface de têtes de sphagnum vivant, dont la 
fraîcheur servira de règle pour les arrosements; on bassine et par de douces pressions, on 
égalise la surface pour faire corps et donner de la tenue à l’ensemble. 

La plante doit être placée près du verre, à l’est ou au nord, pour recevoir beaucoup de 
lumière, sans soleil direct, ce qui donne au feuillage ce reflet bronzé pour les unes, ou ce blanc 
farineux pour les autres, signe de bonne santé. L’atmosphère de la serre est maintenue toute 
l’année fraîche et humide, avec une température confinée autant que possible, l’hiver entre 8 
et io° et l’été entre 15 et 20°, sans laisser dépasser 25°. Les arrosements se feront toujours par 
le fond et l’état du sphagnum servira de règle pour les bassinages de la surface : quand il 
blanchit, un seringage le rétablit. Maintenant de l’air pur et frais toute l’année, quand il n’est 
pas au dehors au dessous de io° et au dessus de 25°. 

Le rempotage se fait de suite après la floraison ; mais gardez-vous de déranger une plante 
bien enracinée qui peut prospérer de longues années dans le même support. 


Comte du Buysson. 
























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LINDENIA 


Planche XIV 



AERIDES ODORATUM lour. VAR. DEMIDOFFI 


V. De PannemaeJcer del ■ 





33 


PL. XIV 


AERIDES ODORATUM lour. var. DEMIDOFFI 


AERIDES DE DEMIDOFF 


AERIDES. Vide supra p. 7. 

Aerides odoratum Loureiro. Rachis radicans, foliosus, rotundatus, radicibus crassis, carnosis ; foliis subdistichis, ligulatis, carinatis, infra 
vaginantibus, obtusis, coriaceis ; racemis multifloris, axillaribus, nutantibus, valde fragrantibus. Pedunculus teres, omo7-omio longus, bracteatus. 
Flores speciocissimi, lacticolores, carnosi, purpureo punctati atque maculati, sepalis petalisque expansis, ovato-subrotundis, sepalis lateralibus 
petala magnitudine superantibus. Labellum fere infundibuliforme, singulariter incurvum, infra apice obtuso in calcare incurvo desinens, limbo 
bene concavo, trilobato, segmentis incurvis conniventibus. 

Lour. Fl. cochin. p. 642. — Br. Hort. Kew. ed. 2., v. 212. — Lindl. Gen. et Sp. Orchid. 239. 

Sec. Bot. Mag. t. 71, 4139 atque plantas vivas in caldariis Societatis Horticulturae Continentalis gandavensis descriptio resumpta. 

Aendes odoratum var. Demidoffi. Labello pulcherrime punctulato et colore macularum haec varietas valde distincta, atque cl. principi 
Demidoff, orchidophilo dicata. 


oici une jolie variété d’une des plus gracieuses espèces du genre Aerides. Le type de 
V Aendes odoratum , en effet, est déjà remarquable par son port élégant et ses fleurs carac- 
téristiques, répandant un suave parfum. De ses racines épaisses et charnues s’élève une tige 
branchue et arrondie, garnie de feuilles nombreuses, ligulées, d’un beau vert, engainantes à la 
base, coriaces, d’où sort un racème axillaire gracieusement incliné portant de belles et nombreuses 
fleurs, d’un coloris blanc de crème pointillé et maculé de pourpre. Les pétales et les sépales 
sont étalés, ovales arrondis ; le sépale supérieur et les pétales sont plus petits que les deux 
sépales latéraux. Le labelle est presque évasé et recourbé d’une façon étrange, comme on peut 



34 


le voir sur notre planche ; la partie inférieure se termine en un éperon réfléchi. Le limbe est 
bien concave et ses trois lobes sont infléchis les uns vers les autres. 

Quant à la variété dont nous présentons l’image, elle se distingue du type par les ponctua- 
tions plus nombreuses de la fleur et par le coloris pourpre plus foncé des macules du labelle. 
Elle a été dédiée au prince Demidoff qui avait réuni à San Donato des collections de plantes 
très remarquables. 

Presque toutes les espèces d’Aerides — • elles sont au nombre d’une quinzaine appartenant à 
l’Inde, à l’Archipel malais, aux Iles Philippines, à la Chine et au Japon — jouissent d’un 
parfum délicieux ; c’est le cas surtout pour YAerides odoratum qui doit à cette qualité son appel- 
lation spécifique. Cependant l’intensité des senteurs chez les Orchidées est aussi variable . que 
chez les autres fleurs et il suffit parfois qu’une plante change d’altitude, même sous le ciel de 
sa patrie, pour voir diminuer sensiblement l’odeur qui la caractérise. L ’Aerides odoratum exhale 
un parfum des plus suaves et ses fleurs ont l’avantage, très apprécié, de se conserver longtemps. 

Réd. 


CULTURE 


Culture de YAerides Reichenbachi ; voir ci-dessus, page 8. 






































LINDENIA 


Planche XV 



Sailli 




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MASDEVALLIA ROEZLI rchb. f. 


P. De Pannemaeker del- 


35 


PL. XV 


MASDEVALLIA ROEZLI rchb. fil. 


MASDEVALLIA DE ROEZL 


ÉTYMOLOGIE : genre dédié par Ruiz et Pavon, auteurs de la Flora peruviana , à Don José de Masdevalle, médecin du roi d’Espagne. 

MASDEVALLIA Ruiz et Pavon. Perigonii foliola exteriora in tubum connata, apice libero longe ligulata; interiora libéra, nana. Labellum 
cum columna articulatum, sessile, oblongum, concavum. Columna incurva, semiteres. Anthera bilocularis, terminalis, opercularis. Pollinia duo, 
integra, caudiculis duabus filiformibus, elastice replicatis, glandulae conicae affixa. 

Herbae peruanae, epiphytae; rhizomate parvo repente, foliis oblonge-lanceolatis, basi in petiolum angustatis, scapis radicalibus unifloris, floribus 
majusculis. 

Endl. Gen. Plant. 1849. — Kunth in Humb. et Bonpl. Gen. et Spec. 1, 361, tab. 89. — Lindl. Orchid. 192. 

Masdevallia Roezli recedit a Masdevallia Chimaera Rchb. Fil. limbo sepalorum laevi, superficie interna hinc marginibus asperula, labelli 
calceo limbis externis integerrimis. 

Pedunculus uniflorus. Bractea cucullata acuta pedicellum vix aequans. Perigonium externum late apertum. Sepala basi connata, ceterum libéra, 
oblonga in caudes elongatas integerrimas filiformi-lineares attenuata calva, superficie interna circa margines dense aspero-verrucosa. Tepala brevius 
ligulata obtusa apice bivalvia et callo interjecto papuloso utrinque adnato tetraptera. Labellum brevissime unguiculatum basi angustum, dein dila- 
tatum saccatum, sacco antice inflexo, limbo utrinque integerrimo, nervis ternis longitudinalibus et nervillis transversis erectis. Columna apice 
acuta. • — Perigonium obscure atroviolaceum, disco pallidum, obscure atroviolaceo quasi tesselatum. 

Rchb. Fil. Xenia orchidacea 11, p. 196, tab. xyl. 186. 


mn l’a dit avant nous, le genre Masdevallia, type paradoxal de l’étrange et belle famille qui 
nous occupe, n’est pas confiné seulement au Pérou, mais il compte des représentants 
dans presque toutes les régions tropicales de l’Amérique, et ceux-ci sont pour la plupart remar- 
quables par leurs fleurs à la fois bizarres et gracieuses, que l’on reconnaît de loin à leur forme 
d’un cachet particulier. En effet, les pièces externes du périgone soudées en tube à la base 
recouvrent entièrement les pièces intérieures, très petites, et se projettent en appendices allongés 
qui font songer aux étroites bandelettes (i) du curieux Uropedium Lindeni. 

Le coloris de la fleur du Masdevallia Roezli rappelle celui du M. cucullata que les habitants 
de la Nouvelle Grenade, suivant le rapport de Wallis, appellent fleur des veuves. L’espèce pour- 
rait être regardée comme un agrandissement du même M. cucullata , si les caractères des tépales 
et du labelle du M. Roezli n’en différaient complètement. 


(1) Tandis que les appendices allongés des Masdevallia appartiennent aux pièces externes du périanthe, ceux de V Uropedium sont le prolon- 
gement des divisions internes du périgone. 


36 


Le pédoncule est uniflore. La bractée est cucullée pointue égalant à peine le pédicelle en 
longueur. Le périanthe externe est largement ouvert. Les sépales connés à la base sont libres 
ensuite; ils se prolongent en appendices filiformes linéaires, ayant les bords de la surface interne 
garnis de rugosités. Les tépales sont brièvement ligulés munis de deux valves au sommet et par 
suite de quatre ailes. Le labelle est brièvement ongulé, étroit à la base s’élargissant en pochette 
réfléchie en avant. Le coloris est pourpre violet foncé sur lequel tranchent les taches centrales 
jaunes sur fond brun avec nombreuses macules pourpre violacé. 

La plante a été découverte par M. B. Roezl dans la partie occidentale de la Nouvelle Grenade. 

Réd. 

CULTURE GÉNÉRALE DES MASDEVALLIA. 

Les Masdevallia se rencontrent dans les hautes régions des Andes, entre 2,000 et 3,000 m. d’al- 
titude, croissant dans les terrains humides et tourbeux des vallées boisées, vivant par touffes 
dans la mousse, sur les vieux arbres, dans les fissures des rochers, sur les bords des tourbières, 
poussant à l’ombre, aimant la fraîcheur et l’air vif des montagnes, une atmosphère chargée de 
vapeurs, dont la condensation les maintient jour et nuit ruisselants de rosée. Ce sont donc des 
plantes de serre froide que l’on cultivera avec les Odontoglossum. 

Plantées dans de petits pots proportionnés à leur taille et remplis d’un compost formé de 
boulettes de terre fibreuse, roulées sur un tamis, de sphaigne haché et de charbon concassé, 
formant trois parties égales, et sur le tout, la plante mise en place, une couche de têtes de 
sphagnum vivant, on leur allouera de copieux arrosements pendant la période de végétation qui 
commence en avril pour finir en octobre, une place au nord près du vitrage et un air fréquem- 
ment renouvelé, en conservant autant que possible une atmosphère de buée à demi glacée, comme 
celle des Paramos où elles prospèrent. Pour obtenir ce résultat, je répands de l’eau très froide, 
jusqu a trois fois dans les journées chaudes de l’été, sur la banquette de ciment, où les pots sont 
exhaussés sur un autre pot renversé. L’évaporation qui s’ensuit s’oppose à l’aridité occasionnée, par 
les courants d’air, et tous les soirs un léger seringage général suffit pour produire la rosée nocturne. 
Comme les plantes alpines, elles ne peuvent souffrir, à aucune époque de leur existence, la 
sécheresse du sol, la forte chaleur et l’aridité de l’air. Pendant le repos qui doit compléter 
l’achèvement de la génération nouvelle, on ne fera que réduire les doses d’humidité, comme on 
le fait pour les Odontoglossum et Restrepia, sans jamais permettre aux matériaux de se dessécher. 
C’est pourquoi il est important d’apporter le plus grand soin à la perfection du drainage des pots. 

Quelques espèces, comme les M. Chimaera , Houtteana, nycterina, Roezli, qui croissent sur les arbres, 
et dont les fleurs prennent de suite une direction pendante, doivent être cultivées en paniers 
suspendus. L’air, dans les serres consacrées à ces plantes, doit arriver sous les banquettes, s’y 
saturer d’humidité, perdre sa chaleur, ou en prendre un peu plus, selon la saison, et s’échapper 
vers le faîtage. On évite, comme cela, les courants d’air directs trop rarement convenables dans 
nos régions, dont l’aridité serait impossible à combattre. Dans une serre bien organisée, il faut 
que tout soit prévu et arrive à point nommé, comme dans une machine bien réglée. 

C te d. B. 


000- 




ONCIDIUM LANCEANUM ’lindl. YAR. SUPERBUM 


P. De Panncmaelcer dtl ■ 


37 


PL. XVI 


ONCIDIUM LANCEANUM lindl. var. SUPERBUM 


ONCIDIUM DE M. LANCE 


ÉTYMOLOGIE : du grec 07x0g, tubercule, et eiiïoç, aspect, à cause des rugosités situées à la base du labelle et ayant la forme de 
petits tubercules. 

ONCIDIUM Swartz. Perigonii explanati foliola exteriora undulata, lateralia libéra vel sub labello connata ; interiora conformia. Labellum 
maximum, gynostemati continuum, ecalcaratum, lobatum, basi tuberculatum vel cristatum. Gynostema erectum, semiteres, apice utrinque 
alatum ; anthera incomplète bilocularis, rostello abbreviato vel elongato, rostrata. Pollinia 2, postice sulcata ; caudicula plana ; glandula oblonga. 

Herbae americanae tropicae saepius pseudobulbosae ; foliis coriaceis, planis, complicatis, triquetris vel teretibus ; scapis paniculatis, vaginatis 
rariusve simplicibus ; floribus speciosis, ut plurimum luteis, saepe maculatis, rarius albis. 

R. Brown in Ait. Hort. Kew. II, 5,215. — Kunth Nov. Gen. et Sp . tab. 79-82. — Endl. Gen. Plant. 1460. 

O. Lanceanum ebulbe, foliis oblongis acutis planis substriatis carnosis, scapo racemoso composito erecto rigido racemulis confertiflorxs, 
sepalis tepalisque conformibus oblongis obtusis carnosis concavis margine undulatis, labelli lobo medio dilatato subcuneato integerrimo hastato* 
lobis lateralibus semiovatis, crista triloba carnosa jugoque elevato proclivi, columnae alis carnosis rotundatis, anthera cristata. 

Lindl. Hort. Soc. Trans., nov. ser., II, p. 100, tab. 7.; Bot. Reg. t. 1887; Fol. orchid., Oncidium no 133. — Rchb. in Walp. 
Ann. VI, 784. 

Oncidium Lanceanum Lindl. varietas superbum, florum colore nimis distincta. 



je beau genre qui compte actuellement plus de deux cent cinquante espèces décrites, est 
non seulement très aimé de tous les orchidophiles, mais il a aussi le privilège d’attirer 


toujours l’attention même des profanes, tant les fleurs d’un grand nombre d’espèces sont en dehors 
des formes qu’on était dans l’habitude de voir. Nous disons que cela était, parce que de nos 
jours les expositions florales ont accoutumé le public a la vue de toutes les merveilles. La fleur 
papillon elle-même qui appartient à ce genre, YOncidium Papilio, est maintenant connue de chacun. 


38 


L’espèce qui nous occupe est originaire de la Guyane néerlandaise d’où elle fut introduite, 
il y a précisément un demi siècle, dans l’établissement autrefois célèbre, aujourd’hui disparu, de 
Conrad Loddiges dont le nom est inscrit en caractères ineffaçables dans les fastes de l’horticulture. 
C’est là que cet Oncidium fleurit pour la première fois. John Lindley en fit la description peu 
de temps après sur des exemplaires de même provenance fleurissant dans les serres de la Société 

d’Horticulture de Londres ; il dédia l’espèce à son introducteur, M. le Président Lance, à 

Surinam. Depuis lors, elle a été retrouvée dans le Demerara et plus abondamment encore dans 
la région du Rio Negro au Brésil. Elle est caractérisée par l’absence de pseudo-bulbes, par ses 
longs racèmes aériens, de plus d’un mètre, gracieusement infléchis, par ses feuilles énormes, 
longues de o m 35, larges, ovales et tellement coriaces qu’on les croirait de bronze. Ces feuilles 
presque planes sont marbrées et mouchetées de taches brunes sur un fond vert clair. Les fleurs 
sont disposées au nombre de 20 à 30, en girandole, sur une hampe dressée ; leur parfum est des 

plus suaves et leur durée se prolonge pendant deux mois. 

Tel est le type ; quant à la variété, que le lecteur veuille bien jeter un coup d’œil sur la 
planche XVI de la Lindenia, et il pourra se convaincre de la richesse du coloris qui la 
distingue. Red. 

CULTURE DE L’ONCIDIUM LANCEANUM. 

A ne tenir compte que du climat qui caractérise la patrie de Y Oncidium Lanceanum , on 
pourrait croire que cette espèce serait rebelle à la culture; heureusement il n’en est pas ainsi. 
Son origine indique seulement qu’elle réclame la température de la serre chaude, mais la plante 
est d’une nature tellement robuste que sa culture ne présente aucune difficulté. 

La plante aime la lumière : on lui accordera donc une bonne place près du vitrage. Le 
compost qui lui convient le mieux est une terre fibreuse en mélange avec des têtes de sphagnum. 
On la tiendra de préférence dans un panier. 

Comme nous devrons le redire souvent pour bien des Orchidées, YOncïdium Lanceanum, vivant 

naturellement dans une atmosphère humide, réclame de fréquents bassinages durant l’époque de 

. » 

la végétation. L’humidité sera donnée avec parcimonie pendant le repos qui suivra la floraison. 

Réd. 





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; directeur: } 

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LINDENIA 


Planche XVII 



ODONTOGLOSSUM RAMOSPSSIMUM lindl. 


39 


PL. XVIÎ 


ODONTOGLOSSUM RAMOSISSIMUM lindl. 


ODONTOGLOSSE A BOUQUET TRÈS RAMEUX 


ODONTOGLOSSUM. Vide supra p. n. 

Odontoglossum ramosissimum. O. foliis longissimis ensiformibus acutis gramineis basi angustatis, panicula maxima ramosa divaricata, bracteis 
obtusis membranaceis ovario paulo brevioribus, sepalis unguiculatis petalisque angustis lanceolatis undulatis, labello sessili cordato basi dilatato 
undulato tomentoso in limbura convexum lanceolatum extento, crista tomentosa lamellis bilateralibus antice cirrhatis quinque brevibus a fronte, 
columna aptera. 

O. angustatum Lindl. Orchid. Linden n° 90. Folia orchidacea no 47. 

Habitat in sylvis prope Merida (Venezuela) altitudine 6500 pedum. Linden no 66r. 

Walpers Ann. t. xi, p. 840. 


t uand on passe en revue les nombreuses espèces du genre Odontoglossum, on ne sait réelle- 
ment ce qu’il faut admirer le plus, ou l’extrême variété des formes ou l’indicible grâce 
des fleurs. Que le lecteur veuille bien jeter un coup d’œil sur les planches de Y Odontoglossum 
nevadense et de VOd. vexillanum purpureum déjà publiées par la Lindenia et les mettre en regard 
de la planche de VOd. ramosissimum, et il sera étonné de toute la distance qui sépare ces espèces 
également brillantes. 

VOd. ramosissimum est remarquable par son élégance. S’il rappelle quelque peu VOd. naevium 
par l’aspect général, il en diffère sensiblement par la vigueur du panicule floral dont un seul 
porte, comme le signale avec raison M. Reichenbach (i), au delà de cent grandes fleurs roses à 
labelle pourpre. 


(1) Rchb. f. Bonpl. 11, 12. 


40 


M. J. Linden, qui découvrit cette brillante Orchidée dans les forêts épaisses des environs de 
Merida, au Venezuéla, à une altitude supramarine de plus de 2000 mètres, la décrivit en deux 
lignes en disant : « Magnifique espèce à pseudo-bulbes ovales comprimés, hampe de 2 à 3 pieds, 
couverte de fleurs innombrables du blanc le plus pur; pétales d’un rose pourpre à la base; 
labelle pourpre. » 

Nous n’avons rien à ajouter à cette description. 

Quant à la station de cette belle espèce, voici comment s’exprime M. Roezl, qui est mort 
le 14 octobre 1885 : 

« Entre les rivières Cauca et Magdalena, dit-il, existe une chaîne de hautes montagnes, cou- 
vertes de neiges perpétuelles, où l’on trouve le volcan de Ruiz. Une nouvelle ville, nommée 
Manizales, a été construite à mi flanc d’une montagne voisine, vers 2,ooo m d’altitude. Presque 
vers le sommet, au-dessus de la ville, à une hauteur de près de 4,000“, dans une situation 
où il gèle légèrement la nuit, où un brouillard épais et glacé règne presque constamment, croît 
YOd. ramosissimum. » 

Réd. 

CULTURE DE L’ODONTOGLOSSUM RAMOSISSIMUM. 

Cette gracieuse plante aux longs rameaux chargés de fleurs blanches lavées de rose, se tient 
fixée à nu contre les branches des arbres. 

Cette indication de son habitat dit assez qu’on doit la cultiver dans nos serres avec les 
Masdevallia dont nous avons donné le traitement page 36. 

Cette espèce, de même que les Od. naevium, miniatum , coronarium, Pescatorei , etc., des hautes 
altitudes, qu’on trouve fixées aux arbres, croissent mal étant placées sur bûche, où nous avions 
commencé par les cultiver. Il est impossible, sous nos latitudes, de leur conserver, avec ce genre 
de support, l’humidité constante qu’elles exigent. En les plantant comme nous l’avons indiqué 
pour YOd. vexillarium , leur bonne venue ne demande pas plus de soins que pour les autres espèces 
des zones inférieures. C te du B. 




LINDENIA 


Planche XVIII. 



V. De l’annerMckém 


CYPRIPEDIUM TESSELLATUM rchb. var. PORPHYREUM. 






4i 


PL. XVIII 


CYPRIPEDIUM TESSELLATUM rchb. var. PORPHYREUM 


CYPRIPÈDE MARQUETÉ A FLEURS POURPRES 


CYPRIPEDIUM. Vide supra p. 17. 

Cypripedium tessellatum Rchb. f. C. hybridum spuria fecundatione C. Barbati cum C. concolore in caldareis cl. Veitch production. 
Fcliorum forma illis C. concoloris similis, sed tessellatio C. barbati foliis inscripta. Pedunculum illo C. concoloris paulo longius, petala angustiora 
et longiora. Labellum illo C. barbati accedens. Flores albido-virescentes, petala purpurascentia, labellum brunneum. 

Sec. Rchb. fil. in Gartenfl. xxvi, 1877, P- 88. 

C. tessellatum var. porphyreum petalis sepalisque et labelli margine purpureo-brunneo pulcherrime pictis. 



uel vaste champ s’ouvrirait aux botanistes de l’école de Jordan si, ne tenant aucun compte 
de l’intervention artificielle de M. Seden, le chef habile de l’établissement Veitch, ils 
examinaient, à leur point de vue, les croisements de Cypripedium qui ont vu successivement le 
jour depuis quelques années et qui ont aujourd’hui la vogue. Que de brillantes espèces à créer 
au moins de nom! car les orchidophiles connaissent une trentaine d’hybrides, produits de la 
fécondation artificielle, entre espèces de ce beau genre, et présentant des signes distinctifs assez 
sensibles. Le Cypripedium tessellatum en fournirait déjà la preuve. C’est un hybride issu du C. bar- 
batum fécondé avec le pollen du C. concolor. 

Par la forme des feuilles, il rappelle son ascendant paternel, tandis que le marquetage des 
feuilles est celui de l’ascendent maternel. La hampe florale est un peu plus courte que celle du 
C. concolor et la fleur est de moitié plus grande. Les pétales sont plus longs et plus étroits et 
presque gaufrés; le labelle se rapproche davantage de celui du C, barbatum . Le fond du coloris 
des fleurs est blanchâtre nuancé de vert. Les pétales sont lavés d’une teinte de vin d’Oporto. 
Le labelle est brunâtre sauf la base qui est verdâtre. 


42 


L’hybride dont la Lindenia offre le portrait, est une forme voisine du C. tessellatum mais 
c’est une forme hors ligne se distinguant à la fois par sa croissance vigoureuse, ses feuilles plus 
larges, mieux marquetées et par ses fleurs dont un beau coloris pourpre brunâtre teint les pétales 
et les sépales ainsi que le bord du labelle. 

Le C. tessellatum porpkyreum n’est pas une variété dans le sens strict du mot ; c’est un hybride 

au même titre que le C. tessellatum lui-même, attendu qu’il est issu de la même gousse de 

graines qui a produit ce dernier. Il donne une preuve évidente de l’erreur dans laquelle versent 
ceux qui pensent que les plantes nées d’une même fécondation croisée sont toujours identiques. 
Cette identité de la forme s’est retrouvée dans tous les produits du croisement du C. Schlimi par 
le pollen du C. longifolium, et chose plus remarquable encore, le même fait a été constaté pour 
les provenances du croisement du C. longifolium par le pollen du C. Schlimi : toutes les plantes 
issues de ces deux croisements inverses n’ont donné que le C. Sedeni . On voit qu’il serait très 
imprudent de vouloir tirer une conclusion générale et absolue d’un fait quelque constant qu’il 
paraisse. D’ailleurs un autre hybride, le C. Harryanum existe également à fleurs pâles et à fleurs 
très foncées. 

On sait aussi que bien souvent les Orchidées s’améliorent par la culture. Le Cypripedium 

tessellatum porpkyreum a fourni au savant orchidographe Reichenbach (i) l’occasion de constater la 
vérité de ce fait. Il a eu sous les yeux en 1883 une tige de cette plante portant trois fleurs 
toutes de dimension double de celles de son herbier. Il attribue avec raison ce résultat aux con- 
ditions climatériques très favorables que rencontrent dans les cultures les plantes obtenues directe- 
ment de graines. 

Le charmant Cypripedium concolor, l’un des parents de celui qui nous occupe est une des 
plus gracieuses espèces parmi les Cypripedium d’origine tropicale. Malheureusement, comme le 
fait observer le journal The Garden (2) cette espèce est rare dans les cultures. L’hybride en 

question s’en rapproche le plus, il constitue en conséquence une heureuse addition au groupe 
des Cypripèdes. 

La jolie planche qui accompagne ces lignes et dont le coloris nous semble toutefois un peu 
forcé a été dessinée par M. de Pannemaeker d’après un très bel échantillon dans les serres de 
M. Jules Hye-Leysen, un jeune amateur qui possède certainement la collection de Cypripedium 
la plus complète et la mieux cultivée du continent. 

La culture est celle du Selenipedium reticulatum , indiquée ci-dessus page 26. 

Réd. 


(1) Gardeners’ Chronicle, 1881, p. 41. 

(2) The Garden , 1883, p. 400. 







LINDENIA 


Planche XIX, 



CATTLEYA GUTTATA lindl. var. LEOPARDINA. 


V. De PaniMWUkft 


43 


PL. XIX 


CATTLEYA GUTTATA lindl. var. LEOPARDINA 


CATTLEYA LÉOPARD 


CATTLEYA. Vide supra p. 15. 

Cattleya guttata Lindl. C. caulibus elongatis teretibus, foliis 2 oblongis concavis basi paulo angustatis, spatha brevi, floribus carnosis, 
sepalis lineari oblongis acuminatis, petalis conformibus paulo latioribus undulatis, labelli trilobi lobis lateralibus ovatis : intermedio cuneato bilobo 
dis co tuberculato. 

Lindl. Bot. Reg. t. 1406. — Orch. n° 10. Hort. Trans. il. ser. 2. t. 8. — C. elatior Lindl. Orch. no g. 

Cattleya guttata var. leopardina pseudobulbis elongatis, spatha longa, floribus valde numerosis pulcherrime pictis. 


a tribu des Cattleya guttata est nombreuse, et ses variétés sont presque toutes jolies. Le 
Cattleya guttata var. Leopoldi notamment est une variété hors ligne, qui fit sensation 
lors de son apparition en Europe. La variété qui nous occupe aujourd’hui, est peut-être la plus 
remarquable de toutes; elle a été introduite l’année dernière dans les serres de la Compagnie 
Continentale d’Horticulture à Gand par M. L. de Saint Léger, un collecteur qui possède le feu 
sacré. 

Le Cattleya guttata var. leopardina a les bulbes allongés et chaque nouveau bulbe développe 
un majestueux épi de quinze à vingt cinq fleurs, dont la figure donne une idée plus exacte que la 
description que nous pourrions en faire. Les pseudo-bulbes sont fusiformes et atteignent une 
longueur de o m 40 à o m 6o ; ils se terminent par deux, quelquefois par trois feuilles, oblongues 
obtuses, généralement contournées à leur base. 

Les fleurs du Cattleya guttata var. leopardina sont très distinctes du type et de la superbe 
variété dédiée au premier Roi des Belges. 



44 


Les collecteurs écrivent que les brillantes espèces de Cattleya et de Laelia deviennent rares 
dans nie de S te Catherine; elles y sont recueillies en telle abondance que certaines d’entre elles, 
comme le Laelia elegans par exemple n’est presque plus trouvable. Les habitants propriétaires des 
forêts, voyant que l’on tire un parti plus ou moins avantageux de ces plantes, ne permettent 
plus d’en collecter sans qu’on leur paye un droit. 

Voici ce qu’écrit, en outre, un voyageur de la Compagnie Continentale d’Horticulture qui 
vient de passer par ces pays : 

« Le conseil municipal a aussi frappé d’un droit de 500,000 Reis (2,500 francs) tout individu 
sortant de l’Ile avec des plantes, plus 5% de droits de la province, et tout cela parce qu’un collec- 
teur s’est vanté, l’an dernier, d’avoir enlevé de l’Ile pour plus de 100,000 francs d’Orchidées, di- 
sant que les Brésiliens étaient des ignorants, qu’ils ne connaissaient pas la valeur de leurs herbes 
(comme ils appellent les Orchidées). Je prévois le moment, où tous les pays agissant de même, 
les Orchidées deviendront très rares en Europe et où il ne sera plus facile de les introduire en 
grandes masses. » 

Nous croyons que ce voyageur exagère; mais il est avéré que certains districts naguère 

encore riches en Orchidées, ne le sont plus aujourd’hui. La grande faute ne provient cependant 
pas des Orchidées expédiées en trop grande quantité en Europe, mais des collecteurs qui, après 
avoir collecté le nombre voulu, mettent le feu aux forêts en détruisant sur place les plantes 
pour que les mêmes espèces ne soient pas retrouvées par d’autres. 

Réd. 

CULTURE DU CATTLEYA GUTTATA VAR. LEOPARDINA. 

Les nombreuses variétés du Cattleya guttata préfèrent la culture en pot à tout autre soutien. 
Leurs longs pseudo-bulbes, qui poussent serrés les uns contre les autres, aiment la position 
verticale; leurs racines, plus courtes que chez les C. labiata, s’enfoncent volontiers dans les matériaux 
qui devront n’être ni menus, ni tassés, afin de leur permettre une libre circulation. C’est pour 
ce motif qu’on ne devra mettre que très peu de sphagnum dans l’intérieur du vase, mais une 

bonne couche sur la surface, pour y attirer les racines qui s’enfonceront dans le substratum, où 
elles ne trouveront jamais une trop forte humidité. 

C’est à ces espèces surtout qu’on devra donner le plus de soleil possible, sans cela elles 

fleurissent mal, leurs bulbes sont grêles et leurs fleurs manquent de coloris. Leur place est donc 
sur la banquette du midi, en pleine lumière. Les mouillures seront fréquentes pendant la saison 
de pousse qui suit la floraison et nuis pendant l’hiver. L’eau de pluie, dans laquelle on a fait 

dissoudre 2 grammes de guano par litre, administrée en seringages et arrosements, une fois par 
semaine, leur donne une vigueur remarquable et une floraison splendide. 


C te du B. 




































; * 










LINDENIA 



ONCIDIUM LIMMINGHEI ed. morren. 


45 


PL. XX 


ONCIDIUM LIMMINGHEI ed. morren 


ONCIDIE DE M. LE COMTE ALFRED DE LIMMINGHE 


ONCIDIUM. Vide supra p. 37. 

Oncidium (sect. glanduligera) Limminghei. Caulis epiphytus scandens. Pseudobulbis adpressis, oblongis, obcordatis, basi attenuatis, obsolète 
rugosis, monophyllis, squama utrinque axillari, longiori, scariosa, acuminata, velatu. Foliis solitariis, sessilibus, pseudo-bulbis vix duplo superan- 
tibus, planis, ovato-oblongis obtusis, mucronatis, basi inaequali cordatis, acutis, sub-dimidiatis, scabriusculis, maculis fuscis transverse mul- 
tistriatis. Scapo tenue elongato, simplici, bracteato, bracteis menbranaceis acutis, 1-2-3 floribus vicissim florentibus. Sepalis basi connatis, sepalo 
dorsali petalisque conformibus, concoloribus, ovatis, obtusis, subundulatis, basi attenuatis, flavovirentibus fusco late maculatis; sepalis inferioribus 
paulo minoribus, virescentibus pallide brunneo pictis. Lab.elli basi auriculis rotundatis, isthmo obcuneato elongato in laminam reniforme-obcordatam 
bilobam expanso. Crista biloba, lobo inferiore majore utrinque tuberculata. Disco tabuliformi quadrangulari callis 2 grumosis anticis notato. Columnae 
alis 4 laceratis fimbriatis : 2 lateralibus angustioribus, 2 apicilaribus inflexis, basi purpureo punctatis. Labelli lobis cristaque aureis purpureo guttatis. 

O. Limminghei Ed. Morren. Lindl. Folia orchidacea part, vx et vu, 1855, p. 56. — C. et Ed. Morren, Belg. Hort . VI p. 353, Tab. 83. 
1856. Fl. xviii, pl. 1827- 



joli bijou fut introduit d’abord dans les serres du Comte Alf. de Limminghe et fleurit 
pour la première fois, en 1855, dans les serres du Jardin botanique de Liège. 

Le D r Lindley manifesta un grand étonnement quand il vit cette espèce pour la première 
fois. C’est une plante bien étrange, en effet, avec ses feuilles semblables à celles d’un Sophronitis , 
rehaussées de bandes brunes et provenant de bulbes glauques distiques sur un rhizome grimpant. 
L 'Oncidium Limminghei est une miniature gracieuse de l 'Oncidium papilio et une des plus élégantes 
espèces du genre : de même que la fleur de YOncidium papilio semble être un papillon jaloux 
qui vient cacher les organes floraux, de même YOncidium Limminghei semble être une grosse 
abeille venant butiner le nectar de la fleur. 


46 


L 'Oncidium Limminghei resté rare dans les collections, lors de sa première apparition, fut in- 
troduit de nouveau en Europe par M. Stuart Low qui la devait à son collecteur Blunt. Depuis 
lors, la Compagnie Continentale d’Horticulture en importa de nombreux exemplaires. Il est 
dépourvu de pseudo-bulbes, ses feuilles ont 3 à 4 centimètres de long, elles sont ovales-aigues, 
coriaces, d’un vert intense, enjolivées de marbrures brun rouge; à extrémité amincie, âpres au 
toucher. Les hampes florales dressées, grêles, cylindriques, portent deux fleurs dont le sépale 
dorsal et les deux pétales, étalés en croix, sont barrés transversalement de bandes alternatives 
jaune et brun fauve, avec le sommet jaune d’or; les deux sépales inférieurs sont rayés de même, 
mais d’une teinte plus pâle ; le labelle trilobé forme trois lobes spatulés, dont le médian plus 
dilaté est échancré au sommet; tous sont d’un jaune d’or éclatant, flagellés de macules de sang. 

« Il est difficile, dit le D r Lindley, de trouver une place satisfaisante pour l’O. papilio ; et 
maintenant que l’on connaît une seconde espèce (O. Limminghei J présentant deux des pétales 
et un sépale dorsal beaucoup plus grands que les sépales latéraux, il semble convenable de les 
associer en un petit groupe complètement séparé des autres. » 

U Oncidium Limminghei est, nous l’avons dit plus haut, une espèce très gracieuse, très mignonne 
et qui produit un effet vraiment décoratif, lorsqu’il est fixé sur des petites bûches de bois. Les 
serres de la Compagnie Continentale d’Horticulture ont possédé pendant tout le mois de septembre 
quelques douzaines de spécimens fleuris de cette espèce; ces fleurs charmaient le visiteur par 
l’étrangeté de leurs formes et leur grandeur eu égard à la petitesse des plantes. 

Réd. 

CULTURE DE L’ONCIDIUM LIMMINGHEI. 

Cette gracieuse petite plante, pour produire tout son effet, doit être cultivée sur un bloc de 
bois dur écorcé, qu’on laissera tout rond pour qu’elle puisse envahir tout le tour, en lui faisant 
produire des branches de bifurcation. Pour obtenir ce résultat, quand la plante est bien ancrée 
et a cinq bulbes feuillés, on coupe le rhizome en arrière du second bulbe terminal, au moment 
de l’entrée en végétation : il se formera une pousse à la section qui fera branche. On répétera 
l’opération sur toutes les branches produites dès qu’elles auront quatre bulbes, et en peu d’années, 
le bloc sera complètement envahi et se couvrira de fleurs. 

On devra placer cette plante suspendue verticalement en bonne lumière, dans la serre à 
Cattleya, dont elle suivra le traitement des espèces fixées sur bûche. 


C te du B. 



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VANDA DENISONIANA bens.on- & rchb. 


47 


PL. XXI 


VANDA DENISONIANA benson & rchb. f. 


VANDA DE LADY DENISON LONDESBOROUGH 


ETYMOLOGIE : du nom hindou Vanda, appliqué à la première espèce connue de ce beau genre. 

VANDA. Sepala explanata, omnia basi aequalia et angustata, saepius petaloidea ; petala sepalis conformia saepius basi torta ; labellum basi 
saccatum vel calcaratum, cum basi columnae apodae continuum, carnosum, saepius sepalis multo brevius, subtrilobum aut integrum, ante calcar 
saepius callosum, auriculis nanis vel obsoletis, columna crassa, nana, libéra, apoda, clinandrio verticali ; stigma transversum, rostello obtuso vel 
retuso, pollinia cereacea, plano-convexa geminata, vel 2 alte bipartita, caudicula lorata aut cuneata, polliniis longior, glandula magna rotunda vel 
triangulari ; anthera ovata, bilocularis, valvulis semiliberis. 

Herbae epiphytae Asiae tropicae. Folia coriacea, disticha, apice obliqua ; flores saepius racemosi conspicui ; pedunculi latérales. 

Vanda Denis oniana. Folia lorato-ligulata apice inaequaliter biloba ; racemus validus pluriflorus ; flores albi ; sepalum dorsale oblongo-spathula- 
tum, lateralia late ovata subacuta; petala in laminam spathulatam abrupte dilatata ; labelli auriculae subquadratae, lamina pandurata, segmento 
terminali bilobo, lobis subrotundatis divaricatis carinis a basi in discum approximatis quinis obtusis, callus parvus emarginatus, calcar conicum 
breve intus velutinum. 

In Aracanis montibus (Birmania) a cl. duce Benson inventa. 

Vanda Denisoniana Bens. et Rchb. f. in Gard. Chron. 1869 p. 528 et in Bot . Mag. 5811. 


e Vanda Denisoniana a été trouvé, dans les montagnes de l’Oracal, par le colonel Benson. 
Il a été dédié à Lady Denison Londesborough pour reconnaître le goût et la générosité 
de son époux qui était grand amateur d’Orchidées. Cette espèce fleurit en 1870 dans la collection 
de M. J. Linden à Bruxelles, où M. De Pannemaeker en fît la jolie aquarelle que nous publions. 
C’est une des plus charmantes espèces de ce genre si riche cependant en brillantes espèces. 

Lorsque, en Europe, on voit réunies dans les serres toutes ces belles fleurs d’Orchidées et 
autres plantes tropicales, on se figure généralement qu’on doive les trouver abondamment dans les 
forêts équatoriales et qu’elles donnent même à celles-ci un aspect particulier ; c’est une grave 



4 8 


erreur : on oublie que ces plantes si belles ont été récoltées péniblement dans des localités et 
des contrées souvent fort éloignées l’une de l’autre. La vérité est que ces forets ne présentent 
aux yeux qu’un océan de verdure plus ou moins sombre et que jamais les fleurs ne viennent leur 
donner une certaine physionomie ni des teintes spéciales. C’est ce qui explique l’admiration 
qu’éprouvent les habitants des pays chauds, lorsqu’ils viennent visiter nos serres d’Europe, en 
voyant réunies dans un si petit espace tant de merveilleuses fleurs provenant de leur pays et 
qu’ils n’ont jamais vues chez eux qu’éparpillées, couvertes de poussière ou rongées par les insectes. 
Ils ne peuvent s’extasier assez devant la fraîcheur et la beauté que présentent ces fleurs lorsqu’elles 
sont cultivées intelligemment. ’ 

Le Vanda Denisoniana fleurit déjà en exemplaire de 50 centimètres de hauteur ; les fleurs en 
s’épanouissant ont une teinte jaunâtre puis deviennent peu à peu lactées, légèrement pointillées de 
carmin et très attrayantes. Sans être excessivement rare, cette vraiment belle espèce n’est cepen- 
dant pas répandue dans les collections comme elle mériterait de l’être et n’y a été que peu vue 
en fleurs. Réd. 

CULTURE DU VANDA DENISONIANA. 

La culture en panier suspendu est indispensable à cette plante dont les racines atteignent 
plus d’un mètre de longueur; on lui appliquera le traitement indiqué précédemment pour les 
Aerides (voir ci-dessus pages 8 et 28). En évitant les rayons directs du soleil, qui peuvent 
fortement brûler ses feuilles moins charnues que chez la plupart des Vanda , il faut lui ménager 
beaucoup de lumière ; trop d’ombre fait jaunir le feuillage et nuit à la floraison. 


C te du B. 


























Planche 


ùMr^ 


LINDEN1A 


CYPRIPEDIUM SELLIGERUM MAJUS 


49 


PL. XXII 


CYPRIPEDIUM SELLIGERUM MAJUS 


CYPRIPÈDE PORTE-SELLE A FLEURS PLUS GRANDES 


CYPRIPEDIUM. Vide supra p. 17. 

C. selligerum majus hybridum C. barbati cum C. laevigato fecundatione artefacta in horto Veitchiano ortum. 


e Cypripedium selligerum est un des produits les plus remarquables obtenu par la fécondation 
artificielle de deux espèces voisines. Il est issu, à l’établissement Veitch, du Cypripedium 
barbatum fécondé par le pollen du C. laevigatum et nullement par un croisement inverse de celui 
que nous indiquons. La variété dont la planche de la Lindenia donne le portrait, d’après un 
exemplaire de la belle collection de notre concitoyen M. Jules Hye-Leysen, a exactement la 
même origine. Les deux hybrides se caractérisent par l’élégance du port du C. laevigatum dont ils ont 
également les feuilles vert foncé légèrement maculées. Les fleurs au contraire rappellent celles de 
l’ascendent maternel : le sépale supérieur est rayé de pourpre sur fond plus blanc que celui de 
C. barbatum , les sépales latéraux sont d’une couleur plus vive ; les pétales défléchis sont veinés 
de carmin et verts au sommet ; le labelle est bordé de vert brunâtre comme celui du C. barbatum . 

Le C. selligerum majus a toutes les parties plus grandes. 

Dans un travail publié en 1881 dans la Revue Horticole par M. Ernest Bergman, de Ferrières, 
le nombre des hybrides obtenus artificiellement parmi les Orchidées est évalué à nonante-deux. 
Depuis lors ce nombre n’a fait que grandir, malgré la grande difficulté que présentent la fécondation 
de ces plantes ainsi que la formation des pseudo-bulbes et le développement extrêmement lent de 
certaines plantes. M. Harry Veitch, nous faisant un jour les honneurs de son remarquable 



50 


établissement, nous a montré des plantes de Cypripedium dont le semis remontait à plus de 
quinze ans et qui ne donnaient encore aucun indice de floraison. 

Notre intention n’est pas de faire l’historique des hybridations parmi les Orchidées. Avant la 
publication du bel ouvrage de Ch. Darwin sur la fécondation des Orchidées par les insectes , M. Dominy 
avait déjà produit des hybrides ; plusieurs de ses productions resteront parmi les plus belles 
Orchidées et son œuvre est dignement continuée par M. Seden, le chef habile auquel l’établis- 
sement Veitch doit ses plus remarquables nouveautés. Le premier hybride, probablement produit 
par des insectes, fut observé en 1841, par M. Weddell ; plusieurs autres ont été signalés suc- 
cessivement ; jusqu’aujourd’hui c’est le genre Cypripedium qui en a donné le plus grand nombre. 

Dans un nouveau travail que M. E. Bergman vient de publier dans, la Revue Horticole , 1885 
p. 472, il porte à 51 le nombre des variétés et hybrides de ce genre. 

Les fécondations croisées poursuivies avec ordre datent seulement de 1855. Réd. 

CULTURE DU CYPRIPEDIUM SELLIGERUM MAJUS. 

Ce bel hybride, quoique ayant hérité d’une partie de la rusticité du C. harhatum , a pris 
beaucoup plus des formes et allures du C. laevigatum , qui exige le traitement des Vanda et la 
culture en panier en serre chaude. Pour lui faire prendre cette ampleur de feuillage qui fait 
son mérite, il lui faut aussi de la chaleur. Quant à la plantation et aux soins à lui donner, 
on suivra les instructions données page 26 pour le S. reticulatum. De l’air en été et la serre à 
Cattleya en hiver. C te du B. 









LINDENIA 


Planche XXlli 



PHALAENOPSIS SANDERIANA rchb. f. 


p. j)t Punnonaélm 



5i 


PL. XXIII 


PHALAENOPSIS SANDERIANA rchb. f. 


PHALÉNOPSIDE DE SANDER 


PHALAENOPSIS. Vide supra p. 21, 

Phalaenopsis Sandericina Rchb. Caulis brevissimus. Folia bina plura, oblongo ligulata, apiculata, valde coriacea supra cinerea, pseudobulbo 
nullo. Scapus validus brunneus, decumbens, pedalis et ultra, multiflorus. Flores magni, om 0 8 lati, expansi, pulcherrimi, albido-violacei. Sepala 
oblonge-obtusa omo4 longa, omo2 lata, lilacino-rosea, lateralia oblique ovato-oblonga, pallidiora. Petala suborbiculata basi cuneata sepalis colore 
similia. Labellum trilobum lobis lateralibus rotundatis, obtusis, supra incurvis, purpureo maculatis, infra luteo marginatis, lobo antico hastato apice 
recurvo, duobus processis filiformibus partito, callo speciosissimo fere forma equi soleae, dentato, truncato, instructum. Columna brevis, teres, alba. 

Phalaenopsis Sanderiana Rchb. f. Gard. Chron. 1883, p. 656. 


parlant de cette Orchidée dans le Gardeners’ Chronicle (i), M. le professeur Reichenbach 
émet l’avis que ce Phalaenopsis est le plus beau qu’on puisse rêver. Cette appréciation 
du savant orchidophile, dont la compétence est universellement reconnue, vaut à coup sûr un 
certificat de première classe. En jetant un coup d’œil sur notre planche, à défaut de fleurs 
vivantes, en se rappelant même les Phalaenopsis amabilis et Schilleriana dont le Phalaenopsis Sanderiana 
évoque vaguement le souvenir, il faudra bien convenir que ce dernier surpasse les autres par 
l’exquise délicatesse du coloris de ses grandes et nombreuses fleurs. 

Le botaniste dont nous venons de citer l’autorité, parle des matériaux « glorieux » qu’il a 
sous les yeux au moment d’élaborer son article. Les deux racèmes, dit-il, ont obtenu tous les 
deux des certificats de i re classe à la Société Royale d’Horticulture de Londres au mois de mai 1883 5 
un des racèmes provenait de Sir N. M. de Rothschild, l’autre encore plus richement fleuri 



(r) Année 1883, 26 mai, p. 656. 


52 


venait de chez Sir Trevor Lawrence, l’éminent amateur et president actuel de la Société 
Royale d’Horticulture. Le premier exemplaire splendidement coloré avait une certaine tendance 
à avoir les organes floraux disposés globulairement. 

Les racines rappellent celles du Phalaenopsis amabilis , les feuilles peu nombreuses, ligulees, plus 
longues qu’à l’ordinaire, sont d’un vert foncé, avec une teinte gris cendre a la page supérieure. 
Elles sont apiculées, épaisses et coriaces. La tige est dépourvue de pseudo bulbes. Le scape qui 
sort de dessous Sti d’entre les feuilles est robuste et long de o m 35 à o m 45, brun et réfléchi ; 
il se ramifie en un racème multiflore. Les fleurs sont grandes, larges de o m o 8 , ouvertes, d’un 
blanc violacé ou pourpré d’une douceur indicible. Cette coloration se retrouve, plus ou moins 
nuancée, dans toutes les divisions du périanthe. Les sépales oblongs, obtus, sont longs de o m 04 
et larges de o m 02 ; les sépales latéraux sont un peu plus pâles. Les pétales sont ovales arrondis, 
angulaires à la base. Le labelle trilobé a les lobes latéraux arrondis, obtus, recourbés supérieure- 
ment de manière à se rencontrer au-dessus du gynostème et porte extérieurement deux petites 
macules pourpres. Il est blanc avec des stries cannelle et jaunes, la marge inferieure étant 
bordée de jaune; le lobe central est hasté ; il a le sommet terminé par deux appendices fili- 
formes disposés en ancre, assez allongés ; du disque faisant face aux lobes latéraux s’élève un 
callus bifide, rappelant assez bien un fer à cheval, blanc en dessous, jaunâtre au sommet et 
moucheté de brun rougeâtre. Les lobes latéraux sont blancs avec le bord inférieur jaune. 

L’affinité qui semble exister à première vue entre le Phalaenopsis qui nous occupe et les 

Ph. amabilis et Ph. Schilleriana a fait naître la supposition que le Phalaenopsis Sanderiana serait 
un hybride naturel entre les deux autres espèces. M. Reichenbach laisse ce problème irrésolu, 
se bornant à faire remarquer que l’étude de la question devrait se faire dans la station naturelle 
de ces plantes, à moins qu’on ne puisse les obtenir de graines dans nos serres et en opérer 

le croisement artificiel. Et qui sait quelle révélation l’horticulture réserve à la science sous ce 
rapport ? Mais que ce Phalaenopsis soit un hybride produit par la nature ou une espèce réelle, 
les amateurs d’Orchidées y verront toujours une des plus belles fleurs de ce groupe si riche et 
si gracieux. 

La planche de Phalaenopsis Sanderiana ci-contre a été, comme toujours admirablement peinte 
par notre artiste M. De Pannemaeker, d’après un magnifique spécimen d’une variété très colorée 
fleurissant dans les serres de la Compagnie Continentale d’Horticulture à Gand. 

Quant à la culture, le lecteur peut s’en rapporter à ce qui est dit dans la Lindenia p. 22. 

Red. 

















✓ 










t 












LINDENIA 


Planche XX 



TRICHOCENTRUM TIGRINUM var. SPLENDENS 


53 


PL. XXIV 


TRICHOCENTRUM TIGRINUM var. SPLENDENS 


TRICHOCENTRE A FLEURS TIGRÉES SPLENDIDE 


ÉTYMOLOGIE : du grec Qpï%, poil, et xzvrpov, centre, allusion aux bords ciliés de la colonne. 

TRICHOCENTRUM. Perianthii resupinati sepala patentia, aequalia, libéra. Labellum obovâtum, sessile, cum columnae margine connatum, 
basi in calcar longum attenuatum. Columna brevis, ob nexum cum labello cyathiformis, margine superiore utrinque longe ciliata. Anthera 
postica, ad medium pilosa, bilocularis. Pollinis cereacei massae duae, caudicula communi bifida, operculo glandulae stigmatis rostrato. 

Trichocentrum tigrinum. Sepala petalaque ligulato-lanceolata acuta ; labellum cuneatum flabellatum, antice emarginatum, carinis acutangulis 
geminis in basi, carinis elongatis in discum exeuntibus ternis tomentosis antepositis, calcari extinctoriiformi ; columna crassiuscula arrecta, 
alis parvis laceris erectis. 

Crescit in Ecuador. 

TV. tigrinum var. splendens. Flores maximi colore purpureo intensive notati. 


e genre Trichocentrum n’est pas riche en brillants représentants ; c’est à peine si deux ou 
trois espèces offrent quelque intérêt aux amateurs. Parmi celles-ci nous pouvons citer 
le T. alho purpureum, le T. Porphyrio et l’espèce qui nous occupe; ce sont de charmantes plantes 
ayant leur place marquée dans toutes les collections d’amateurs. 

Le Trichocentrum tigrinum splendens a les fleurs étranges et très jolies a la fois. Les trois 
sépales et les deux pétales latéraux sont jaunes, fortement macules de pourpre marron foncé. 
Le labelle, très grand, cunéiforme et échancré, blanc pur avec la base d un riche violet, a centre 
jaune, est la partie la plus ornementale de la fleur. L’eperon varie beaucoup en longueur, et 
parfois manque même totalement dans le genre Trichocentrum. Les pseudo-bulbes sont nuis; les 
feuilles charnues sont d’un vert sombre parfois pointillees de brun, largement lanceolees, de 12 a 18 
centimètres de longueur. 


54 


Le Trichocentrum tigrinum splendens fleurissait dans les serres de la Compagnie Continentale 
d’Horticulture à Gand, l’été dernier, et était très admiré par les visiteurs qui s’étonnaient devant 
la dimension relative des fleurs ; celles-ci ont en effet la grandeur d’un Cattleya Acklandiae , alors 
que la taille totale de la plante ne dépasse guère 20 centimètres de hauteur. 

Réd. 


CULTURE DES TRICHOCENTRUM. 


La culture des Trichocentrum est excessivement facile. 

Tenus en petits paniers, comme le représente le dessin ci-contre, remplis de sphagnum 
vivant, de terre fibreuse et de charbon de bois, ils forment chaque printemps de nombreuses 
racines, pourvu que les arrosements soient prodigués avec modération d’abord, en abondance 
ensuite pendant la période de la végétation. Ils poussent également très bien, fixés sur de 
petites branches de poirier munies de leur écorce et recouvertes en partie de mousse vivante. 

Nous avons remarqué que de légers bassinages sur les feuilles leur sont favorables pendant 
les chaleurs de l’été qui correspondent presque toujours avec l’époque de la végétation. Une 
fois celle-ci terminée, l’humidité diminue graduellement, de sorte que l’on n’entretient, pendant 
la période de repos, qu’une légère moiteur aux racines. 



i DI RECTEÜ R ; ) 

J. Linden 3 

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RÉDACTEURS EN CHEF : 

Lucien Linden & Emile Rodigas 


Volume 

Livraison 


UTH.J.E.e00SSÊNS ; 8( CMBRlftELLES, 


A.Heins.daf & Üth 


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LINDENIA 



SPATHOGLOTTIS AUGUSTORUM rchb. f. 


PL. XXV 


SP ATHOGLOTTIS AUGUSTORUM rchb. f. 


SPATHOGLOTTIS DES DEUX AUGUSTE 


ETYMOLOGIE : du grec avraG/j, épée ou dague, et yKurra., langue. 

SPATHOGLOTTIS Blume. Sepala libéra, subaequalia vel lateralia paullo latiora, patentia, Petala sepalis similia nisi latiora interdumque 
latiora. Labellum ad basim columnae sessile erectum, basi interdum saccatum; lobi latérales juxta basim erecti, parvuli vel majusculi, médius 
unguiculatus, ligulatus vel ovatus, ungui saepe supra lobos latérales utrinque dente vel auricula aucto; discus ad basim lobi medii tuberculatus 
vel cristatus. Columna elongata, semiteres, arcuata, superne subclavata et decurrenti-2-alata; clinandrium breve, incurvum. Anthera opercularis 
incumbens convexa, perfecte vel imperfecte 2-locularis, ultra loculos saepius producta, loculis vix locellatis; pollinia 8, in quoqueloculo 4, circa, 
acuminata vel in caudiculam producta, apice in fasciculos 2 leviter connexa. Capsula oblonga, erostris, erecta vel demum pedicillo recurvo 
nutans, costis acute prominentibus. 

Herbae terrestres. Folia in caudia solitaria vel gemina, elongata, plicata vel prominenter nervosa, petiolis elongatis basi plus minus vaginatis 
et demum plus minus in pseudobulbum seu tuber incrassatis. Scapi floridi e caudici vel e basi pseudobulborum oriundi, basi oo-vaginati, 
aphylli, simplices, nunc elongati floribundi, nunc tenuiores pauciflori, racemo laxo. Flores flavi vel violacei. Bracteae nunc minores arcuatae, 
nunc majores lanceolatae deflexae. 

Species ad decem Indiae orientalis, Chinae australis, Archipelagi malayani, insularum maris Pacifici et Australiae incolae. 

Benth et Hook. Gen. Plant. III, p. 511. 

Spathoglottis Aügustorum. Pseudobulbis ovoideis; foliis cuneato oblongo ligulatis acutis plicatis; racemis bracteis herbaceis oblongis apiculatis 
excavatis magnis, ovaria pedicellata levissime puberula vix dimidia aequantibus; sepalis oblongis acutis, tepalis sublatioribus, labelli partitionibus 
lateralibus ligulatis retusis, partitione mediana unguiculata apice oblonga emarginata angusta ungue basi utrinque, auricula parva triangula 
callo utrinque triangulo, medio sulcato, postico umbonato in basi unguis, descendente in ligulam elevatam apice abruptam supra unguem ad 
medium, fasciculo pilosum minuto utrinque in callo; columna clavata. Rchb. f. 


)rchidée nouvelle : « Ce Spathoglottis est une très belle nouveauté. La plante a des 
» pseudobulbes très grands, brillants, en forme d’œuf; ils sont d’un coloris variant du brun 
» rougeâtre au brun verdâtre. Les feuilles sont oblongues, cunéiformes aiguës, plissées, très 


» oblonguement carrées, rétuses; la division médiane est longue onguiculée, oblongue, bilobée 
» au sommet. Le callus est stipité, presque tétragone au sommet, jaune, avec des taches 



en quels termes notre savant collaborateur M. H. G. Reichenbach a décrit cette 


» large-s eu égard au genre. Le pédoncule solide est couronné par une inflorescence presque en 
» tête. Les bractées sont vert pâle, très larges, très solides, n’ayant pas la moitié de la 
» longueur des ovaires. Les sépales et les pétales sont lilas pâles, plus foncés à la base. 


Le labelle a trois divisions de couleur lilas et blanc à la base ; les divisions latérales sont 


» pourpres et des poils blancs. C’est une espèce tout à fait charmante. 


56 


)> Ce Spathoglottïs a été découvert dans l’Archipel de la Sonde par deux voyageurs de la 
» Compagnie Continentale d’ Horticulture qui explorent la Papouasie, MM. Auguste Linden et 
» Auguste De Ronne. C’est avec un réel plaisir que nous dédions la plante aux deux collecteurs 
» tout en exprimant l’ardent espoir qu’ils feront de nombreuses découvertes aussi marquantes 
» que celles avec lesquelles nous avons pu déjà faire connaissance. » 

Le portrait ci-contre a été pris sur un exemplaire chétif qui n’a pu donner qu'une floraison 
en rapport avec la faiblesse de la hampe. D’après les indications données par les collecteurs 
précités, les fleurs auraient la dimension d’un dollar et forment des bouquets de 25 à 30 centi- 
mètres de diamètre. La puissance des vieilles hampes chez de fortes plantes prouve que cette 
description n’a rien d’exagéré et elle a autorisé l’artiste à majorer de près d’un tiers la dimension 
des fleurs. 

Nous extrayons d’une lettre de M. Auguste Linden le passage suivant concernant la décou- 
verte de cette admirable plante : 


« Arrivé à une altitude d’environ 400 m. je me trouvai sur le bord d’un fort ruisseau descendant des montagnes et se précipitant d’une 
» grande hauteur dans une profondeur encadrée de rochers. Mon attention fut d’abord attirée par quelques exemplaires d’une magnifique fougère 
» en arbre croissant dans les fissures du roc et dont les couronnes s’étalaient au-dessus du précipice. Pendant que j’étais en admiration devant 
» ce site pittoresque, mes yeux s’arrêtèrent sur de gros bouquets de fleurs blanches, croissant au fond du gouffre. La distance ne me permît pas 
» de reconnaître à quelle famille de plantes elles appartenaient, mais leur beauté était telle que je résolus de les examiner de près. La descente 
» n’était pas sans danger, les parois des rochers étant tapissées d’une mousse fine sur laquelle le pied n’avait pas de prise. Je me fis attacher une 
» corde autour du corps et mon compagnon de voyage aidé de mes porteurs me . laissèrent descendre avec précaution jusqu’au fond où je me 
» trouvai bientôt en présence de plusieurs exemplaires d’une Orchidée terrestre, d’une beauté saisissante et dont le genre m’était totalement 
» inconnu. 

» Je recueillis, à la hâte, le peu de plantes se trouvant à ma portée et j’en fis un paquet que je parvins à ramener heureusement avec moi. 

» Je fis des recherches dans les environs pour en trouver un plus grand nombre de sujets, mais ce fut en vain, l’espèce paraissant se plaire 
» exclusivement dans ces endroits sombres et constamment humides. » Red. 


CULTURE. 


Dans les serres de la Compagnie Continentale d’ Horticulture, où cette plante a été récem- 
ment introduite, elle prospère plantée en pot, dans un compost formé de morceaux de terre 
fibreuse, de terre argileuse, de fragments de briques, sur un bon drainage et toute la surface 
recouverte de sphagnum vivant. 

Trouvée croissant dans les fissures des rochers, auprès des cascades, ses racines très fibreuses 
se fixent sur les corps durs. La serre chaude lui est indispensable, de copieux et fréquents 

bassinages, pendant la période végétative, la maintiendront dans cette humidité qu’elle réclame 
dans le sol et dans l’air, en évitant le séjour de l’eau dans le cœur des jeunes pousses. En 

somme, c’est la culture des Houlletia , qu’on rencontre dans des positions analogues. Comme à 
ceux-ci, l’engrais liquide, guano à 2 grammes par litre, bouse de vache diluée, leur est par- 
ticulièrement favorable pour le développement des feuilles et des bulbes. Au repos elle sera 

tenue presque sèche. 



LINDENIA, 


PI. XXVI, 



ODONTOGLOSSUM RUBESCENS lindl. 


57 


PL. XXVI 


ODONTOGLOSSUM RUBESCENS lindl. 


ODONTOGLOSSE ROUGISSANT 


ODONTOGLOSSUM. Vide supra, p. n. 

Odontoglossum vubescens. Pseudobulbis uncialibis oblongis compressis monophyllis, racemo 2-6-floro folii longitudine, sepalis lineari- 
lanceolatis, acurninatissimis rectis, petalis tenuibus oblongis, undulatis, labello cordato obtuso crispo, unguis lamellis carnosis antice liberis 
medio cochleatis, columna angusta, aptera tomentosa. Lindl. 

Nicaragua. Skinner. 


3 | ’ Odontoglossum rubescens est un des plus remarquables parmi les espèces à labelle blanc 

gt, sous ce rapport, il rappelle Y Odontoglossum Rossi dont les fleurs sont cependant plus 
petites, même dans la variété majus. En dehors des caractères botaniques qui distinguent 1 espece 
qui nous occupe de celle que nous venons de citer et qui résident dans la hampe pendante, 
dans la forme des pseudobulbes et surtout dans le labelle muni de deux petites dents arrondies, 
obtuses, dirigées l’une vers l’autre, ainsi que par le nombre bien plus considérable des fleurs de 
Y Odontoglossum vubescèns , celui-ci se distingue par la teinte d un rose carne tendre répandue a la 
surface de toutes les divisions de la fleur et qui justifie parfaitement le nom spécifique que 
lui a donné Lindley. Les sépales sont très étroits, droits et termines en pointe très aiguë. 
Ils sont entièrement recouverts de riches maculatures cramoisies. Les petales ondules sont deux 
fois plus larges que les sépales et portent également des macules d’un coloris presque pareil; 
seulement, ces macules sont groupées à la base de ces divisions, tandis que le reste est blanc 
rosé satiné. Le labelle est entièrement blanc rose, crispe et piesque cordifoime. 


58 


Les feuilles sont oblongues lancéolées, vert uniforme dans l’espèce qui nous occupe; elles 
sont maculées de brun dans Y Odontoglossum Rossi. 

Notre planche est la reproduction fidèle d’un exemplaire qui a fleuri récemment dans les 
serres de la Compagnie Continentale d’ Horticulture à Gand. Réd. 

CULTURE. 

Voir la culture de YOd. nevadense , page 12. Au sujet des Odontoglossum, nous ferons une 
importante observation aux amateurs de ce beau genre. Si la majorité exige le traitement froid, 
humide et aéré toute l’année, il en est quelques-uns, provenant d’altitudes moins élevées, tels 
que les Od. phaiaenopsis, hastilabium, Londesboroughianum, vexillarium et Roezli, qui ne pourraient 
vivre avec eux. Il leur faut absolument la serre tempérée et la forte chaleur ne les fatigue 
jamais. Leur transport, pendant les grandes chaleurs de l’été, dans la serre à Odontoglossum, où 
ils trouvent l’air, la vapeur, la lumière tamisée et une chaleur suffisante, excite leur vigueur et 
les prédispose à bien fleurir. C te du B. 












CATASETUM TIGRINUM rchb. f. 


59 


# 


PL. XXVII 


CATASETUM TIGRINUM rchb. f. 


CATASETUM TIGRÉ 


ÉTYMOLOGIE : de /ara, et crsTà, par allusion aux deux longues cornes qui ornent cette singulière corolle. 

CATASETUM. Perigonii globoso-conniventis vel explanati foliola exteriora et interiora subaequalia. Labellum crassum, carnosum, nudum, 
ventricosum vel explanatum, fimbriatum, sub apice saccatum, obsolète trilobum. Columna erecta, libéra, aptera, apice vel basi utrinque cirrhosa 
aut mutica. Anthera incomplète bilocularis, antice truncata. Pollinia 2, postice biloba vel sulcata, caudicula maxima nuda, demum elastica con- 
tractilia, glandula cartilaginea, subquadrata. 

Herbae americanae tropicae, epiphytae vel epigeae, caulibus brevibus fusiformibus, foliorum exuviis vestitis; foliis basi vaginantibus plicatis, 
scapis radicalibus, floribus speciosis, racemosis, viridibus, interdum purpureo-maculatis. 

Catcisetum L. C. Richard, in KüNTH, Synopsis pl. aequin. 1,330. — Lindl. Coll, bot . t. 40. — Orchid. 155. — Bot. Regist. 840, 966, 1667, 
1708. — Hook. Exot. Jlor. t. 90, 91, 15 1, 213; Bot. Mag. t. 3269, 3329, 3388. — Lodd. Bot. Gdb. t. 1344. — Nees, Pl. hort. Bonn. t. 1. 
(Monacanthi, Myanthi et Mormodis species). 

Catcisetum tigrinum. Myanthus racemo plurifloro, sepalis ligulatis acutis ; tepalis oblongis acutis, labello ligulato triangulo, apice nunc lobulato, 
medio inferne angulato gibbo, basi tumido, nunc denticulo obscuro in basi utrinque. 

Catasetum tigrinum Rchb. f., Gard. Chron. 1881 p. 40. 


® e nouveau Catasetum est à la fois très curieux et remarquable par son coloris. Les sépales 
et les pétales qui ont une largeur considérable, sont d’un beau blanc orné de macules et de 
nombreuses bandelettes transversales brun violacé. Le labelle dont la forme est très remarquable 
surtout par le petit cône qui se trouve au milieu du côté inférieur, est blanc de crème et fort épais. 

Je n’avais vu de cette espèce qu’une seule fleur, provenant d’un exemplaire cultivé par 
M. Dorey dans le jardin de M. Williams, à Sugnall Hall, Eccleshall, Stafford. Elle m’avait été 
envoyée par la maison J. Veitch et fils, en l’absence de M. Harry Veitch. Je regrettais bien 
vivement de voir cette fleur isolée et presque inutile dans mon herbier, lorsque M. Lucien Linden 


6o 


est venu me surprendre agréablement en m’envoyant une belle et riche inflorescence qui m’a 
réellement charmé. La plante est très jolie et méritante. M. Godefroy-Lebeuf a parfaitement- 
raison de dire, dans YOrchidophile, qu’il n’y a que peu d’amateurs d’Orchidées en Angleterre ; 
en effet, ceux-ci s’adqnnent exclusivement à des spécialités, telles que les Cattleya , Odontoglossum , 
Masdev allia; ils semblent méconnaître le charme sublime qui se trouve dans la variété meme des 


innombrables Orchidées. 


H. G. Reichenbach f. 


Le Catasetum tigrinum a été introduit dans les serres de la Compagnie Continentale 
d’Horticulture, en même temps que d’autres Orchidées remarquables, par M. E. S. Rand, 
collectionneur très distingué à Para. ^ ÉD * 


CULTURE. 


Les Catasetum sont des plantes vigoureuses et gourmandes, moitié terrestres et moitié 
épiphytes, qui produisent des bulbes gros et charnus, pour pouvoir résister aux fortes sécheresses 
auxquelles elles sont soumises dans leur habitat naturel. C’est dire que pendant leur repos on 
doit les tenir à sec, sinon elles ne fleurissent point. 

La plantation se fera en pot, comme il est dit pour le Spathoglottis Augustorum et dans 
le même compost. Beaucoup d’eau et d’engrais pendant la pousse jusqu’à la formation complète : 
c’est à ce moment que de la base des nouveaux bulbes sort la floraison. C te du B. 







LINDENIA 



6i 


PL. XXVIII 


CATTLEYA AUREA linden 


CATTLEYA DORÉ 


CATTLEYA. Vide supra p. 15. 

Cattleya aurea. Pseudobulbi robusti, elongati, sulcati, monophylli; folia late-oblongata, obtusa, membranacea, laete-viridia ; scapus erectus 
quadriflorus; flores maximi, 15-18 centim. diametro ; sepala lineari-lanceolata, plana, apice recurvata, 10 centim. longa, 2 lata, pallide lutea ; 
petala ovata, apiculata, 7-8 centim. longa, 6 lata, lutea; labellum maximum, subcordatum, 10 centim. longum, 7 latum, fere trilobum, lobis 
lateralibus erectis gynostemium cingentibus, purpureô-rubrum aureo venosum; lobo intermedio maximo, marginato, undulato, marginibus fimbriato, 
medio tribus lineis fulvis picto, aureo omnino reticulato; columna flava, incurvata, labelli lobis lateralibus saepius cincta. 

E. Columbia J. Linden anno 1872 introduxit. 


e Cattleya aurea a été introduit en 1872 de la Colombie par les collecteurs de M. J. Linden 
en compagnie des brillants Cattleya gigas, C. sp. Atrato, Oncidium superbiens var. Enaoi, 
des Odmtoglossum vexillarium, Masdevallia chimaera, etc. 

On confond souvent le C. aurea avec le C. Dowiana , qui provient de Costa-Rica , en Angle- 
terre on l’étiquette parfois sous le nom de C. Dowiana aurea. Nous n acceptons pas cette 
dénomination. Pour nous le C. aurea est parfaitement distinct de cette espece et tiendrait plutôt 
du C. Gigas. 

En dehors de Paspect général de la plante, le C. aurea se distingue du C. Dowiana par 
le coloris, qui est différent : le labelle du C. aurea est jaune strié bordé de pourpre cramoisi, 
tandis que le labelle du C. Dowiana est pourpre cramoisi touché par ci par là de stries jaunes. 




62 


est aussi toujours beaucoup moins vif que son brillant concurrent. Les pétales du C. Dowiana 
sont souvent jaune violacé, ou mieux jaune sale, tandis que celui qui nous occupe est toujours 
jaune, tantôt jaune paille, tantôt jaune chrome, mais toujours d’une teinte vive et pure. 

Le Cattleya aurea peut être mené par la culture à une floraison remarquable. Il a souvent 
fleuri admirablement dans les serres de M. J. Linden. Nous avons aussi vu, en octobre dernier, 
chez MM. Vervaet & C ie , à Mont-S 4 - Amand, un exemplaire, de dimension moyenne, bien cultivé, 
portant trois fleurs épanouies qui produisaient le plus merveilleux effet. La Lindenia reproduit 
cette inflorescence telle qu’elle se présentait, exactement copiée par M. De Pannemaeker. 

On nous a fait remarquer que le Cattleya aurea pourrait bien former une variété supérieure 
au type. Nous ne sommes pas partisans des variétés à l’infini qui apparaissent depuis quelques 
temps dans les collections ; ce n’est que lorsque la variété est très distincte du type que nous 
acceptons une dénomination spéciale. Ainsi le Phalaenopsis Sanderiana, qui a paru dans la 
6 me livraison de cette Iconographie, aurait pu être baptisé d’un nom supplémentaire, mais nous 
avons préféré le présenter à nos abonnés comme une très belle variation, dont le coloris n’a 
nullement été exagéré par notre excellent artiste. 

Réd. 


CULTURE. 

La culture de cette plante est absolument la même que celle de la plupart de ses congé- 
nères plantées soit en pot, soit en panier, mais toujours près du vitrage pour recevoir beaucoup 
de lumière, en évitant les coups de soleil, si on veut lui voir produire, en juillet, ces fleurs 
dont le jaune abricot prend une teinte dorée métallique que l’ombre lui fait perdre. C'est pour 
cette raison que nous recommandons le panier, où ses racines, très longues, peuvent prendre 

tout leur essor et recevoir, sans danger, les légers et fréquents seringages qu’elle aime dans 
la saison d’activité qui commence de bonne heure. 



.DIRECTEUR. ) 

J. Linden % 

RÉDACTEURS EN CHEF.: 

Lucien Linden & Emile Rodigas 


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6 Livraison 




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A.Heins.dal. & lifch 





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LINDENIA. PL XXIX. 



CATTLEYA TRIANAE lind. & rchb. VAR. ALBA 




PL. XXIX 


CATTLEYA TRIANAE lind. & rchb. f. VAR. ALBA 


CATTLEYA DE TRIANA A FLEURS BLANCHES 


CATTLEYA. Vide supra p. 15. 

Cattleya Trianae. Pseudobulbis elatis elongatis, claviformibus, sulcatis, circa 01*130 longis, vaginis membranaceis albidis instructis. Folia 
solitaria, coriacea ligulato-obloriga, apice recurvata, viridia. Scapus bi- vel triflorus. Flores amplissimi speciosi, albi vel roseo-purpurei. Sepala 
oblongo-lanceolata, plana, pulcherrime roseo-purpurea ; petala rosea, rotundo-ovata, retusa, margine anteriore crispata. Labellum basi convolutum, 
infra purpureum, lobo. antico obovato, rotundo, apice bilobo, coccineo, disco aurantiaco maculato. Columna clavata, apice bi-alata. 

C. Trianae Lind. et Rchb. f. in Wohl und Schlechtend. Bot . Zeit. xvm, 1860, 74. 

Epidendrum labiatum var. Trianae Rchb. f. in Malp. Ann. Bot. Syst. vi, 315. 

Cattleya labiâta Lindigiana Karsten. 

E Columbia J. Linden anno 1856 introduxit. 

Cattleya Trianei var. alba. Florum segmenta omnia alba. 


es Cattleya sont depuis longtemps en grande faveur en Angleterre, dans ce pays où les 

amateurs suivent surtout les caprices de la mode. Il faut reconnaître cependant que si les 

Cattleya tiennent la tête, aujourd’hui encore, dans les collections anglaises, ce n’est que justice; 

car c’est certainement le genre qui renferme les plus brillants représentants, les coloris les plus 
éclatants. 

Le Cattleya Trianae est une des belles introductions de M. J. Linden et une de ses riches 
additions à cette glorieuse famille. L’espèce a été dédiée au savant et modeste auteur de la 
Flora Columbiana , José M. Triana. 

Les variétés à fleurs blanches sont le plus en faveur en Angleterre. Les C. Trianae var. 

alba, C. Mossiae var. alba fWageneriJ et bien d’autres variétés à fleurs blanches, d’espèces 
appréciées, atteignent dans ce pays et par ricochet sur le continent, une valeur très considérable. 



6 4 


Le premier Cattleya Trianae var. alba a fleuri dans les serres de M. J. Linden vers 1867. 
Depuis lors il y a fleuri souvent. 

En 1870, M. Linden ouvrait au Jardin Zoologique de Bruxelles, à l’occasion de la visite 
des maires des principales villes d’Angleterre, une exposition privée, des plus intéressantes. Cette 
exposition était spéciale aux Cattleya et principalement aux nombreuses variétés du C. Trianae . 
Plus de 240 grands exemplaires de ses plus brillantes variétés portaient ensemble un total de 
plus de goo fleurs épanouies. Cette magnifique floraison était unique à pareille époque et sans 
rivale dans aucune collection d’Europe. Le Roi, la Reine, ainsi que le Comte et la Comtesse de 
Flandre avaient bien voulu honorer cette exhibition de leur visite. Si nous revenons sur ce 
souvenir, c’est pour rappeler que la culture des Orchidées était déjà brillamment représentée, en 
Belgique, il y a quelque vingt ans. 

La culture des Orchidées n’est pas une passion d’importation anglaise, ainsi que beaucoup 
d’amateurs actuels semblent se l’imaginer. En dehors de la collection que nous venons de citer, 
on comptait déjà avant 1850 quelques collections respectables, notamment celles du Roi Léopold I er 
à Laeken, de M. Parmentier à Enghien, de M. le chevalier Parthon Devon, de MM. vander 

Maelen à Bruxelles, de M. Brys à Bornhem, de M. de Cannart d Hamale a Malines, etc. 

Les Belges peuvent même revendiquer d’avoir les premiers enseigné et pratiqué la culture 
des Orchidées en serre froide. Les espèces traitées à une basse température, très aérée, étaient 
cultivées avec succès à Bruxelles chez M. Linden, alors qu’en Angleterre elles étaient encore 
indistinctement tenues en serre chaude et n’émettaient ainsi que des inflorescences chetives. 

A cette époque les Odontoglossum et les Masdevallia fleurissant mal, y étaient délaissés, tandis 
qu’aujourd’hui ils sont choyés à l’égal des Cattleya. C’est aussi à Bruxelles qu’on a commencé à 
employer le Sphagnum vert et vivant pour la culture des Orchidées, procédé qui a fait faire de 
rapides progrès à leur culture. On se souvient certainement qu’avant cette époque on faisait 

bouillir le Sphagnum , pour le débarrasser des insectes nuisibles! 

Les Cattleya Trianae fleurissent l’hiver — ce qui n’est pas un petit mérite — et conviennent 
conséquemment très bien pour la grande culture : leurs fleurs étant très estimées pour les 

décorations, les bouquets et les corbeilles. 

La jolie planche de cette livraison a été reproduite d’après un bel exemplaire de la jeune 
et déjà intéressante collection de M. James Bray, a Gand. 



LINDENIA, 


PL XXX, 





PAPHINIA RANDI L. Lind. & Em. Rod. 
PAPHINIA CRISTATA lindl. VAR. RANDI 






65 


PL. XXX 


PAPHINIA RANDI l. lind. & em. rod. 


PAPHINIA CRISTATA lindl. VAR. RANDI 


PAPHINIA DE M. E. S. RAND 


ÉTYMOLOGIE. Du mot Paphos, île consacrée à Vénus. 

PAPHINIA. Flores subregulares, expansi petaloidei, parum in mentum producti. Labellum parvum, unguiculatum, tripartitum, glandulis 
filiformibus apice alibique obsitum. Gymnostema clavatum, elongatum, semiteres, apice auriculatum. Pollinia quatuor per paria caudiculae 
elongatae apice setaceae affixa, glandula minuta subtriangulari, rostello subulato. Herba pseudobulbosa, scapo pendulo paucifloro. 

Paphinia cristata. Pseudobulbis ovatis, sulcatis, monophyllis (polyphyllis in speciminibus nostris), foliis oblongo lanceolatis, plicatis, scapo 
pendulo bifloro, squamis laxiusculis, marginato, floribus explanatis, sepalis petalisque lanceolatis. 

Lindl. Bot. Reg. 1843, mise., 14; Hooker Bot. Mag. t. 4836; Rchb. f. in Walp. Annales Bot. Syst. VI, 614; Flore des Serres, IV, tab. 335. 

Maxillaria cristata Lindl. Bot. Reg. t. 1811. 

Paphinia Randi. Sepala petalis valde latiora, rubro lateritio vel haematetico colorata; sepala atque petala margine et signis albidis picta. 


e type de cette charmante espèce d’un genre dont les représentants sont restés jusqu’à 
ce jour bien peu nombreux, le Paphinia cristata fut introduit dans les serres européennes, 
il y a déjà une quarantaine d’années, sans que l’on puisse dire par qui la plante a été découverte. 
On sait seulement qu’elle fleurit pour la première fois en Angleterre à l’établissement de M. J. Knight. 
Provenait-elle de l’île de la Trinité ou des forêts de la Guyane? Le fait est qu’un voyageur allemand, 
M. Hermann Kegel en recueillit de beaux spécimens dans la Guyane hollandaise d’où ils furent 
expédiés à l’établissement Van Houtte en 1847. La plante fut assez bien répandue chez les amateurs 
d’Orchidées sous le nom de Maxillaria cristata; mais depuis lors elle avait disparu de presque toutes 
les cultures; elle a été réintroduite en Angleterre, il y a trois ans. C’est une espèce bien remarquable, 



M 


66 


avec ses grandes fleurs étalées dont les segments rappellent les curieux Stapelia. Les pseudobulbes 
sont petits, de forme presque ovale, à deux côtes sur chaque face. D’après Lindley, ces pseudo- 
bulbes seraient monophylles, mais tel n’est aucunement le cas pour les exemplaires que nous avons 
vus en culture. Les feuilles sont lancéolées aiguës, très plissées et rétrécies à la base en un 
pétiole fort court. La tige florale est radicale, le plus souvent biflore et nutante, munie de bractées 
engainantes grisâtres. Les fleurs sont grandes, à sépales et pétales lancéolés aigus, d’un pourpre 
foncé rougeâtre strié et ponctué transversalement de blanc jaunâtre. La page inférieure est d’un blanc 
légèrement pourpré et veinée de stries plus foncées. Le labelle est petit et place au dessus de la 
colonne. Il est onguiculé et muni de glandes filiformes. Il se déploie en deux lobes corniformes, 
grands et presque blancs. Entre ces deux lobes corniformes se dresse une crête d’où la plante 
a tiré son nom spécifique. Cette crête est carrée, mince et blanche. 

La variété dont notre planche reproduit le portrait fidèle se distingue à première vue de 
l’espèce type en ce que les pétales sont bien plus étroits que les sépales; ceux-ci sont à la fois 
plus larges et plus allongés. En outre, le coloris est tout autre. Tandis que dans le type le 

coloris des segments floraux est jaune paille avec des zébrures transversales rouge brunâtre, les 
sépales et les pétales du Paphinia Randi ont le fond rouge brun vif et les marges entièrement 

blanches, les limbes étant irrégulièrement marqués de stries et de lignes blanches à la base et 

vers les bords. Le noir pourpré du labelle y fait défaut. 

Notre plante est dédiée à M. E. S. Rand, à qui nous en devons l’introduction et qui est 

l’auteur d’un excellent ouvrage américain sur les Orchidées, « Orchid Culture. » 

Le Paphinia cristata est une de ces Orchidées n’exigeant pas un bien grand espace dans la 
serre, mais dont l’inflorescence est de celles qu’on n’oublie plus jamais une fois qu’on les a vues. 
Celles-ci ont le précieux mérite de se produire presque à toute saison. 



PI. XXXI 



CATTLEYA TRIANAE lind. & rchb. VAR. ANNAE 


6 7 


PL. XXXI 


CATTLEYA TRIANAE lind. & rchb. VAR. ANNÆ 


CATTLEYA DE TRIANA VARIÉTÉ D’ANNA 


CATTELYA. — Vide supra p. 15 et 63. 

C. Trianae var. Annae. Labello purpureo, petalis atque sepalis puniceo-roseis. 


a n reproduisant, dans cette livraison, deux variétés de Cattleya Trianae , nous avons voulu 
montrer combien elles peuvent différer entre elles et combien est riche la gamme de 
leur coloris. 

Nous avons choisi les deux teintes les plus distinctes, le blanc virginal et le pourpre le plus 
éclatant. 

La variété pourprée est en tout point admirable et représente une des plus brillantes formes 
de Cattleya que l’on puisse rêver! C’est la variété qui a été dédiée à Madame J. Linden. Quelle 
description plus complète pourrions-nous donner de cette charmante plante, que la jolie planche 
qui accompagne ces lignes? 

Ainsi que nous le disions en parlant du Cattleya Trianae alba , le Cattleya Trianae a été introduit 
et a fleuri pour la première fois, en Europe, dans les serres de M. J. Linden à Bruxelles. 
L’exemplaire qui a servi à prendre le portrait donné par notre planche était admirablement fleuri, 
en janvier dernier, et produisait un magnifique effet dans les serres de la Compagnie Continentale 
d’Horticulture à Gand, où les Cattleya sont grandement représentés en ce moment. Nous aurons 
l’occasion de revenir sur les Cattleya et de figurer, une à une, ces séduisantes filles de l’air, 
dont plusieurs sont totalement nouvelles. 


68 


Nous avons dit ailleurs que les Orchidées sont aussi capricieuses que la jolie femme et que 
leur culture réussit sous les traitements les plus différents : en Angleterre on recommande beau- 
coup de ne pas les arroser, mais de les tenir dans une serre où l’humidité est portée au plus 
haut point. On a pour ce faire inventé toutes sortes d’appareils et mis l’imagination à force 
contributions ; nous sommes partisans de cultures plus simples. 

Qui ne se souvient des admirables Cattleya de la collection de M. J. Linden à Bruxelles? 
Nous croyons qu’on ne les a vus nulle part en meilleur état, ni même peut-être aussi bien ; 
ils y étaient cultivés comme les Vandées, en sphagnum vivant ou en morceaux de terre fibreuse, 
abondamment arrosés pendant la pousse et tenus mi-sec après la floraison. (Lest la culture qui 
réussit encore parfaitement aujourd’hui dans les serres de la Compagnie Continentale d’Horticulture, 
à Gand. 


Nous devons un tribut de reconnaissance à nos confrères de la presse horticole qui ont 
bien voulu reconnaître que la Lindenia tient toutes ses promesses, et nous sommes heureux de 
pouvoir constater les témoignages de vive sympathie qu’elle recueille dans tous les pays. Le 
nombre des abonnés est plus important que nous n’osions l’espérer au début ; nous pouvons 
donc rassurer ceux qui craignaient pour la vitalité d’une publication spéciale aux Orchidées sur 
le continent ; celle-ci est assurée. 



LINDENIA 


PL XXXII, 



6g 


PL. XXXII 


VANDA BOXALLI rchb. f. 


VANDA DE BOXALL 


VANDA. Vide supra p. 47. 

Vanda Boxalli. Folia arapla longissima apice biloba; racemus elongatus, validus, erectus, 16-24 florus; flores speciosi, albidi, magni, petalis 
atque sepalis lilacino marginatis, sepalis lateralibus infra fere dimidia parte fusco brunneis ; calcar lilacinum ; labellum panduratum, supra album 
lilacino striatum, infra lilacinum, lamina lata, labelli auriculae quadratae. 

Dom. Boxall in Insulis Philippinis legit. 

Vanda Boxalli Rchb. f. in Gard. Chron., Nov. Ser. t. XV, 1881. 

Vanda lamellata var. Boxalli, ibid. t. XIII, 1880. 


écrite d’abord sous le nom de Vanda lamellata Lindl. var. Boxalli (i) par le savant orchidologue 
M. Reichenbach et considérée par lui comme une variété de beaucoup supérieure à 
l’espèce, cette belle Vandée, découverte aux Iles Philippines par M. Boxall et envoyée de là 
à M. Stuart Low, ne fut pas de prime abord regardée comme une espèce distincte. En effet, 
elle n’est pas sans affinité avec le Vanda lamellata ; mais elle en a tout autant avec le rare 
Vanda clitellaria Rchb. f. et avec le Vanda hastifera Lind. et Rchb. f. 

M. Reichenbach hésita cependant, lors de sa première description de la plante, à ne la consi- 
dérer que comme une simple variété du Vanda lamellata , tellement, dit-il, elle semble distincte par 
la grandeur des fleurs et par leur coloris; d’autre part, il fit observer avec raison (2) que Bon voit 
aujourd’hui des Orchidées, admises et connues comme ayant des fleurs bleu d’azur, offrir, grâce à des 



(1) Gardeners’ Chronicle , 1880, p. 743 * 

(2) L. C. 1881, p. 366. 


7o 


introductions nouvelles, des fleurs de couleur écarlate. Toutefois, à peine une annee plus tard, 
en présence d’un splendide racème de fleurs produit sur un exemplaire de la célébré collection 
de Sir Trevor Lawrence, M. le professeur Reichenbach se décida à donner à la nouvelle venue, 
sous le simple nom de Vanda Boxalli, le rang d’espèce auquel elle a droit. 

La magnifique inflorescence présente de 14 à 24 fleurs, ayant toutes le double de la longueur 
de celles du Vanda lamellata. Elles sont blanches avec les bords des segments lilacés offrant un 
remarquable contraste avec les marges brunes des sépales latéraux. Cette coloration brune s’étend 
quelquefois sur la moitié de ces sépales. L’éperon lui-même est entièrement lilas. La partie 
supérieure du labelle est blanche au dessus avec des stries longitudinales lilas pâle, tandis que 
la partie antérieure est presque entièrement d’un lilas clair. L’auteur précité est d’avis que le 
labelle en forme de pandore, les très grandes lamelles et les oreillettes carrées du labelle sont 
des caractères suffisants pour déterminer l’espèce; le coloris, la grandeur des fleurs, les feuilles 
d’une longueur inusitée sont des éléments secondaires qui viennent corroborer les autres. 


DÉCORATION A M. DE PANNEMAEKER 

La Lindenia est heureuse de faire partager à ses lecteurs le plaisir qu’elle éprouve en 
apprenant que son excellent et modeste artiste, M. De Pannemaeker, vient d’être nommé par 
le gouvernement français, Chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole pour services rendus à l’horti- 
culture. Une simple inspection des planches de la Lindenia prouve combien cette distinction est 
justement méritée : le pinceau de M. De Pannemaeker a largement contribué à la diffusion de 
la botanique et de l’horticulture. La Lindenia présente à M. De Pannemaeker toutes ses félicitations. 



A.Heins.def. & îith. 


^.•j.ieoossEHs a GfR.H8tixtu.f8. 


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LINDENIA 


PL XXXIII 




CYPRIPEDIUM ŒNANTHUM SUPERBUM 



7 1 


PL. XXXIII 


CYPRIPEDIUM ŒNANTHUM SUPERBUM rchb. f. 


CYPRIPEDIUM . A FLEURS LIE DE VIN 


CYPRIPEDIUM. Vide supra pag. 17. 

Cypripedium œnanthum superbum. Hybridum spuria fecundatione C. Harrisiani cum C. insigne Maulei in horto Veitchiano productum. Sepa- 
lum dorsale albo marginatum medio rubrum, maculis nigris lineatim disposais notatum. Petala similia; sepala inferiora viridescentia. 


e serait l’occasion d’ouvrir une discussion sur l’origine des hybrides et la valeur scientifique 
des caractères de certaines espèces végétales ; mais l’examen d’un problème aussi vaste 
et aussi important qui touche directement à la question même de l’espèce, ne saurait trouver 
place dans ce recueil. Nous aimons mieux indiquer simplement l’origine du Cypripedium œnanthum 
superbum , telle qu’elle nous est connue. 

Un des premiers hybrides du genre Cypripedium fut le C. Harrisianum obtenu par M. Dominy 
au moyen du croisement artificiel du Cypripedium barbatum avec le pollen du C. villosum. Con- 
trairement à ce qui est admis en science, cet hybride, le C. Harrisianum , offrit tous les carac- 
tères de la fertilité. M. Seden en profita pour opérer le croisement de cet hybride au moyen du 
pollen du C. insigne Maulei et les graines obtenues par cette fécondation artificielle produisirent le 
C. œnanthum. Seulement, ainsi qu’il arrive fréquemment pour les individus issus de graines iden- 
tiques quant à leur origine, ces semis donnèrent lieu à des formes plus ou moins parfaites; et 
dans le cas actuel, un des semis, plus beau que les autres, mérita le qualificatif de superbum . 

Le Cypripedium œnanthum superbum est pour la couleur, le plus brillant des gains obtenus 
par M. Seden en fait de Cypripedium. C’est une plante d’une végétation vigoureuse, produisant 



72 


de grandes fleurs solitaires, remarquables par leur surface lustrée et leur rare coloris. Le sépale 
dorsal dont le centre est rouge lie de vin, est marqué de larges taches pourpre noirâtre disposées 
en lignes et il est orné d’une large marge blanche rappelant le caractère du C. insigne Maulei. 
Les pétales sont également d’un rouge foncé marqué de veines très foncées, excepté à la base 
et au sommet où ils sont nuancés de vert pâle; le bout est rouge vineux foncé ombré de brun 
clair et luisant. 

Notre planche reproduit parfaitement la fleur de l’exemplaire de la belle collection de M. Jules 
Hye que nous avons sous les yeux. 






JLINDENIA. 


PI. XXXIV. 





*UA f 


MASDEVALLIA LINDENI VAR. GRANDIFLORA 


73 


PL. XXXIV 


MASDEVALLIA LINDENI ed. and. VAR. GRANDIFLORA 


MASDEVALLIA DE LINDEN, variété à grandes fleurs 


MASDEVALLIA. Vide supra pag. 35. 

Masdevallia Lindeni. Planta glabra pseudobulbis nullis; radices fasciculatae, graciles, fibroso-carnosae, teretes; tunica albida scariosa apice trun- 
cata fohorum basin angustatam cingens ; folia coriacea erecta ovato-lanceolata basi carinata apice obtusa plana emarginata, utrinque laete viridia, 
nervo medio subtus paulo prominente; scapi erecti, uniflori, 0^25-30 alti ad apicem incrassati, albescentes; bracteis 2-3 amplexantibus vaginatis 
truncato-acutis glabris striatis; flores suberecti; calyx campanulatus supra curvato-carinatus basi gibbosus niveus; sepala tria, superius basi cordi- 
forme mox longe acuminato subulatum pulchre violaceum, 2-inferiora in labium bifidum connata, lobis oblique rotundato-acuminatis violaceo- 
puniceis, striis-6 intensioribus percursis ; petala in ima calycis fauce inclusa, ovato-obtusa erecta conniventia, subaequalia, calyce quintuplo 
breviora; labellum apice retrorsum vix incurvatum; ovarium breve, cylindricum, fusco-viride, striatum; gynostemium carnosum, minutum, semi- 
cylindricum, petalorum longitudinem aequans, album, dorso linea violacea ornatum; pollinia cerea globulosa. 

In sylvis Novae-Granadae legit cl. Wallis misitque in Europam, anno 1867. 

Masdevallia Lindeni var. grandifiora , perianthii partes omnes valde majores. 


’histoire du Masdevallia Lindeni est tout aussi intéressante que celles du Bégonia Rex et du 
Pteris tricolor. C’est également un enfant trouvé! En 1867 arrivait chez M. Linden un 
envoi de plusieurs caisses d’Odontoglossum et de Cattleya de la Nouvelle Grenade. En déballant 
ces plantes, on trouva parmi les racines d’un de ces Odontoglossum, une plante minuscule qui 
fut recueillie et plantée avec soin : c’était le Masdevallia Lindeni . Au bout de deux ans de cul- 
ture, la plante montrait un bouton et quelques semaines plus tard on pouvait admirer « cette 
gracieuse fleur campanulée, aux lèvres prolongées en pointe et revêtues de ce ton violet poudré 
d’or au soleil que tous les Spaendonck passés, présents et à venir ne sauraient fidèlement traduire 
à nos yeux », ainsi que le disait X Illustration Horticole en 1870. Les Masdevallia étaient alors dans 
toute leur faveur et l’espèce qui nous occupe se vendait à mille francs la feuille. On est loin 



74 


aujourd’hui de cet engouement et pourtant si ces gracieuses phalènes ne sont plus parmi les fleurs 
favorites, elles ne sont pas encore délaissées. C’est que ce sont d’admirables plantes. Rien ne 
produit un si gracieux effet qu’une serre froide à Orchidées bien fleurie d 1 Odontoglossum Alexandrae 
et Od . Pescatorei parmi lesquels on a éparpillé quelques touffes de Masdevallia épanouis. L’effet de 
ces tons violets ou carminés, solférino ou magenta, tranchant sur la pureté et la candeur des 
Odontoglossum, charmerait les plus indifférents! C’est un spectacle qu’il nous a été donné d’admirer 
plus d’une fois chez des amateurs aussi bien que dans les serres de la Compagnie Continentale 
d’Horticulture à Gand, l’effet est irrésistible; il a conquis bien des adeptes à l’aimable passion et 
combien de visiteurs entrés profanes dans ces serres, en sont sortis amateurs. Et un fait digne 
de remarque, c’est que sitôt qu’on a commencé à cultiver les Orchidées, on les préfère bien vite 
aux autres plantes. On est absorbé par elles. C’est l’histoire de bien des amateurs qui se recon- 
naîtront en lisant ces lignes. 

Depuis 1867, le Masdevallia Lindeni a été réintroduit à diverses reprises; depuis lors aussi une 
variété à fleurs plus grandes que celles du type et à coloris bien plus intense a passé dans les 
cultures : c’est cette variété qui a reçu le nom de Masdevallia Lindeni var. grandi flor a et dont nous 
reproduisons ci-contre le portrait. 


% 



jLINDENIA. 


pi. XXXV. 



75 


PL. XXXV 


ODONTOGLOSSUM WILCKEANUM ALBENS reich, f. 


ODONTOGLOSSE DE WILCKE A FLEURS BLANCHATRES 


ODONTOGLOSSUM. Vide supra p. n. 

Odontoglossum Wilckeanum. Racemo quinquefloro grandifloro ; tepalis triangulls, sepalis multo latioribus lacero ungulatis, labello basi adnato, 
lamina oblonga antrorsum angustata apiculata, marginibus crispatis serrulatis, callis pugionatis 3-5 utrinque in basi carinis medianis ancipitibus 
antice liberis serratis, apiculo interposito; columnae auriculis laceris. Flores albido-sulphurei, castaneo maculati, Labellum basi aurantiacum, 
ceterum albido sulphureum, brunneo maculatum. Inter Odontoglossum crispum ( Alexandrae ) introductum. 

Dom. Wilcke, Orchidearum cultori egregio, dicatum. 

Floruit apud dom. Massange. H. G. Rchb. Gard. Chron. 1880, 298 et 1884, 640. 



’ Odontoglossum Wilckeanum albens est une des variétés les plus rares et une des plus belles 
S parmi les plus attrayantes de ce groupe tant choyé. Nous croyons qu'elle provient d’un 
hybride naturel entre Y Odontoglossum Alexandrae et le luteo-purpvireum; du moins elle rappelle ces 
deux types ; mais, comme bien on pense, il serait difficile de se prononcer a cet egard avec 
quelque certitude. C’est en tous cas, une admirable variété. Elle a fleuri pour la première fois 
en Europe, chez M. Ch. Vuylsteke, qui nous a obligeamment autorisés à la faire peindre pour 
la Lindenia ; elle a fleuri également en Angleterre chez H. Measures Esq., amateur distingué. 

L 'Orchidophile, sous la signature de M. Godefroy-Lebœuf, nous donne l’histoire de l’impor- 
tation d’un envoi d’Odontoglossum chez M. Vuylsteke : 

« Il y a quelques années, M. Vuylsteke recevait une lettre d un client de Colombie, qui lui 
» annonçait l’envoi, en remerciement de plantes qu il avait reçues de lui, de nombreuses caisses 
» d’Orchidées. M. Vuylsteke ne connaissait pas alors les Orchidées, aussi fut-il effrayé du port 
» qu’il eut à payer et désespérait-il de jamais en recouvrer le montant. 


76 


» C’était cependant une bonne fortune qui lui tombait des Andes et je crois, aujourd’hui 
» que l’alerte est oubliée, que M. Vuysteke ne regrette qu’une chose, c’est de n’avoir pas 
» reçu quelques caisses de plus ». 

Les Odontoglossum de la catégorie des Alexandrae sont des plantes très utiles pour la grande 
culture; elles sont presque devenues, aujourd’hui, des plantes de marché. Nous connaissons, en 
Angleterre notamment, des amateurs qui les cultivent par dizaine de mille et en retirent un 
très joli bénéfice par la coupe des fleurs. 

Les Odontoglossum qui habitent les régions tempérées et froides des Cordillères, sont des 
plantes dignes de tous nos soins et de toutes nos préférences; Y Odontoglossum Alexandrae dont 
dérive cette variété, est un des plus riches joyaux de la couronne florale formée par la famille 
des Orchidées; c’est une bonne fortune que d’avoir à figurer une variété de la valeur de celle 
que nous reproduisons. 

A l’altitude à laquelle croissent les nombreuses variétés de Y Odontoglossum Alexandrae , on 
reconnaît immédiatement qu’elles doivent être cultivées en serre froide très aérée. L’expérience 
nous a prouvé que le sphagnum frais, mélangé de terre fibreuse et de tessons finement concassés, 
constitue le meilleur compost que l’on puisse employer pour les Orchidées épiphytes des hautes 
régions. Les Odontoglossum Alexandrae ou crispum fleurissent, suivant la variété, pendant presque 
toute l’année. C’est ce qui en fait le principal mérite; leur culture est celle que nous avons 
indiquée, plus haut, pour Y Odontoglossum nevadense. 





EINDENIA 


PL XXXVI 



RESTREPIA ANTENNIFERA Kunth 


77 


PL. XXXVI 


RESTREPIA ANTENNIFERA kunth 


RESTREPIA PORTE ANTENNES 


ÉTYMOLOGIE : Genre dédié à Don Restrepa, directeur de la Monnaie au Brésil. 

RESTREPIA. Perigonii foliola exteriora patentia, . lateralia lahello supposita, omnino connata, interiora filiformia, .basi triangulari breviter 
connata. Labellum liberum conforme, basi biauriculatum vel bicorne patens. Columna ovario subincumbens, brevis, semiteres, apice in alam 
producta. Anthera antica, unilocularis. Pollinia 2, ceracea, oblonga. 

Herbae americanae tropicae, parasiticae : caulibus caespitosis monophyllis, floribus axillaribus solitariis vel fasciculatis, majusculis. 

Restrepia Kunth in Humb. et Bonpl. Nov. Gen. et Sp. I. 367, t. 94. — Lindl. Orchid. 14. — Poepp. et Endl. Nov. Gen. et Spec. I. 
34, t. 59. — Endl. Gen. PI. 1329. 

Restrepia antennifera. Caulibus simplicibus vel 1-2 ramosis, 0^06-0^12 altis, aggregatis, gracillimis, de basi ad apicem squamatis, squamis 
approximatis alternis obleaeformibus : tubuloso marginantibus mox tubo dilatato majore margine eroso apiceque longe fimbriato-setosis, albis ; 
basi punctis chermesinis ornatis; petiolis solitariis brevissimis apice obtusis squama ultima involutis; foliis ovato-lanceolatis, crassis, coriaceis, 
parvis, lutescenti-viridibus, marginibus saepe late recurvis; pedunculis in axila ultimae squamae sitis folio brevioribus; floribus inter generis majo- 
ribus; segmento externorum supremo de basi lanceolato mox coarctato-filiformi apice incrassato, sicut apicibus internorum, aliis in limbum, latis- 
simum longissimumque connatis apice solummodo liberis elegantissime densissime purpureo tenuissimeque punctulatis. Gynostemio labello 
minimo spathulato, disco macula oblonga nigricante notato. 

Restrepia maculata Lindl. Orchid. Lind. 19. — III. hort. XVI, pl. 601. 



e genre Restrepia est un des plus gracieux et des plus caractéristiques de la famille des 
Mil Orchidées. Pour l’élégance de l’habitus de la plante, le coloris et la forme curieuse des 
fleurs, les espèces, peu nombreuses encore qui le composent, n’ont rien à envier aux genres les 
plus choyés. L’originalité de la forme réside particulièrement en ce que deux des sépales soudés 
en une seule pièce simulent un premier labelle sur lequel le véritable labelle, d’une petitesse 
extrême vient se reposer; en outre, les deux pétales latéraux, étroits et renfles en massue, font 
l’effet des antennes d’un insecte. 


Le Restrepia antennifera , comme d’ailleurs son nom l’indique, rappelle plus peut-être que ses 
congénères quelques insectes inconnus. Ses fleurs, grandes pour le genre, sont d’une rare élé- 
gance; elles ont les segments supérieurs marqués de lignes pourpres et les deux inférieurs fine- 
ment ponctués de maculatures innombrables produisant un remarquable effet. 

Comme ses congénères, cette espèce habite exclusivement la région des Andes entre les 
Tropiques; comme elles, elle a la végétation, le feuillage, la taille, comparativement petite des 
Pleurothallis et des Stelis, croissant sur la mousse qui tapisse les troncs humides des arbres. 
Humboldt et Bonpland l’ont découverte dans la Nouvelle Grenade et la Colombie sur les vieux 
troncs d’arbres à une altitude d’environ gooo pieds; M. J. Linden trouva la même espèce dans 
la province de Merida, à gooo pieds d’altitude, et en introduisit les premiers exemplaires à l’état 
vivant; il la rencontra plus tard sur des chênes près de la chute de Tequenduma, à 7740 pieds 
d’altitude, dans la province de Bogota. Ce n’est d’ailleurs pas la seule espèce de ce joli groupe 
découverte par M. Linden. On lui doit également l’introduction du Restrepia punctulata (. Restrepia 
elegans H. Karst.), découvert par lui au Venezuela dans les montagnes de la province de Caracas 
entre 5000 et 6000 pieds d’altitude; le Restrepia vittata Lindl., aux tiges mouchetées et aux fleurs 
non moins singulières, est également une de ses découvertes. 

Les stations naturelles que nous venons d’indiquer disent suffisamment que les Restrepia en 
général vivent parfaitement chez nous dans les conditions ordinaires de la serre froide. 





■xÆm 


Mai 


.directeur: } 

ci. Linden % 

1 RÉDACTEURS EN CHEF'. ^ 

Lucien Linden & Emile Rodigas 


1 er Volume 

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A.Heins.del. &lith. 















LINDENIA 


PI. XXXVII 



AERANTHUS LEONIS Lindl 



79 


PL. XXXVII 


AERANTHUS LEONIS lindl. 


AERANTHUS DE LÉON 


ÉTYMOLOGIE : ocrip, air, et avGoç, fleur. Fleur de l’air, fleur aérienne. 

AERANTHUS Lindl. Perigonii conniventis foliola exteriora acuminata, lateralia majora, basi obliqua, pedi producto columnae adnata; 
mteriora supremo paullo minora. Labellum cum pede columnae articulatum, integrum, cucullatum, calcaratum, foliolis interioribus conforme. 
Columna brevis, in ovario recumbens, apice alata. Anthera bilocularis. Pollinia 2, globosa, hinc perforata, caudicula nulla, glandulis duabus. 

Herbae madagascarienses, epiphytae, caulescentes ; foliis distichis, emarginatis, scapis radicalibus squamosis, unifloris. 

Aeranthus Lindl. Bot. Reg. t. 817. Orchid. 243. Angraeci sp. Th. t. 66-67; Dendrobii sp. Thouars, Op. c. t. 88. — Endl. Gen. Plant. 
p. 206, ord. 1495. 

Aeranthus Leonis Rchb. F. Foliis ensiformibus late falcatis, curvis; pedunculis plurifloris, racemosis, numerosis, erectis; bracteis cucullatis, 
obsoleto acutis, amplis, brevissimis; ovariis pedicellatis, dipteris, elongatis; sepalis lineari-triangulis, acutis, linea mediana extus carinatis; 
tepalis a basi multo latioribus, triangulis acuminatis; labelli lamina oblonga seu obtusangulo-quadrata, uno apiculo antice mediano abrupto, 
basi cucullato; calcari a basi infundibulari amola filiformi vulgo varie flexo ovarium pedicellatum non aequante. 

Leon Humblot amice dicatum. 

H. G. Rchb. Gard. Chron. v. 23, p. 726, 1885. 



n ne connaît actuellement que quelques espèces constituant le genre Aeranthus établi par 
Lindley et confondu souvent dans le groupe des Angraecum. Les grandes Antilles en 
possèdent deux espèces dont l’une a été découverte par M. J. Linden dans la province de 
Santiago de Cuba, et publiée par Lindley, sous le nom d 'Angraecum Lindeni dans les Orchidaceae 
Lindenianae. La seconde habite l’île d’Haïti. Deux autres appartiennent à la flore de Madagascar 
et des îles immédiatement voisines, intermédiaire entre la flore du Cap de Bonne-Espérance et 
celle de l’Inde. L’espèce qui nous occupe a été découverte aux îles Comores, à une altitude 
supramarine d’environ 2000 mètres, par M. Léon Humblot à qui la plante a été dédiée par le 
savant orchidographe M. Reichenbach fils. 


8o 


C’est une des plus gracieuses parmi les espèces épiphytes de petite taille. Ses feuilles vert 
foncé, distiques, épaisses, coriaces, largement lancéolées, recourbées en faucilles, sont disposées verti- 
calement sur la tige. Les pédoncules qui naissent aux aisselles des feuilles sont nombreux, érigés 
et munis de bractées cucullées, brunes, larges, aiguës et fort courtes. Ils portent des racèmes 
de fleurs blanches au nombre de cinq à sept et même davantage, ne s’élevant guère au dessus 
des feuilles. Ces fleurs ont, en outre, le mérite de répandre un parfum très agréable et de se conserver 
en bon état durant plusieurs semaines. Les divisions du périanthe sont lancéolées; le sépale dorsal 
est dressé, les deux sépales latéraux dirigés vers le bas et plus étroits que le premier; les pétales 
sont beaucoup plus larges à la base et triangulaires acuminés. Le labelle, également blanc, est 
ovalaire arrondi et concave à la base; l’éperon, très allongé, à base canaliculée et filiforme à partir 
du milieu jusqu’au sommet, se fléchit dans des directions indéterminées, ce qui contribue à l’étrangeté 
de ces fleurs bizarres dans leur élégance même. 

Quant à la culture de l ’ Aeranthus Leonis, l’altitude à laquelle l’espèce croît naturellement dans 
sa patrie, voisine d’ailleurs du cercle tropique du Capricorne, dit suffisamment qu’il ne lui faut 
pas la température élevée des serres chaudes. Ce qu’il convient de lui donner, c’est une abondante 
humidité durant la période active de la végétation, afin de lui procurer ce que la saison des pluies 
lui offre à profusion dans son pays natal. Pour le reste, la plante se contente d'un peu de sphagnum 
reposant sur des tessons assurant un parfait drainage. 








LINDENIA. 


PL XXXVIII 



g |g 


CATASETUM DISCOLOR Lindl, 


Si 


PL. XXXVIII 


CATASETUM DISCOLOR LINDL. 


CATASETUM A DEUX COULEURS 


CATASETUM. Vide supra, p. 5g. 

Catasetum discolor Lindl. Racemo laxo multifloro, labello hemispherico marginibus planis medio fimbriatis. 

Lindl. Bot. Reg. XXX, p. 34. 

Monacanthus discolor Lindl. Monacanthus discolor var. viridijlorus Hook. Bot. Mag. 3601. Moncicanthus jimbriatus Gardn. Bot. Mag. 3708, 
labello longissime fimbriato intus pubescente. 

Prope Fernambuco. 


E genre Catasetum fondé par Richard comprend aujourd’hui les Catasetum proprement dits 
ainsi que les Monocanthus et Myanthus, et compte environ une cinquantaine d’espèces 
pour la plupart originaires depuis le Mexique jusqu’au Brésil. Sans être brillantes par leurs fleurs, 
elles sont curieuses par la forme de celles-ci et ont eu autrefois une assez grande vogue. La 
mode, toujours ingrate, les a délaissées depuis quelque temps pour leur préférer des fleurs géantes 
et des coloris éclatants. Leur aspect singulier, leurs formes bizarres qui les font ressembler à 
des insectes étranges aux ailes déployées, devraient cependant leur assurer une place dans les col- 
lections à côté d’espèces plus régulières dans leur ensemble ou plus simples dans leur forme. Au 
point de vue botanique, les Catasetum sont très remarquables en ce que, dans leur texture, ils 
montrent une tendance à un développement dioïque. 

Le Catasetum discolor Lindl. dont la Lindenia donne une jolie planche, loin d’être une 
nouveauté comme le Catasetum tigrinum figuré dans une des livraisons précédentes (page 59), est 



82 


une vieille plante qui est restée rare et que peu d’amateurs ont vue fleurir. Elle est d’ailleurs 
une véritable curiosité qui ne manque pas de charme. Le labelle en forme de cuvette, jaune 
ligné de brun et longuement frangé, avec l’intérieur pubescent, donne à la plante un cachet par- 
ticulier. Cette espèce s’éloigne beaucoup de la plupart des autres représentants de ce curieux 
genre, comme par exemple le Catasetum Gnomus que nous venons de voir bien fleuri dans les 
serres de la Compagnie Continentale d’Horticulture à Gand et le Catasetum tigrinum figuré sur 
la planche 27 de la Lindenia. 

La culture du Catasetum discolor ne diffère en rien de celle de ce dernier. 





LINDENIA. 


PI. XXXIX. 


/?) 


CATTLEYA PERCIVALIANA VAR. REICHENBACHI. 



83 


PL. XXXIX 


CATTLEYA PERCIVALIANA VAR. REICHENBACHI 


CATTLEYA DE PERCIVAL VARIÉTÉ REICHENBACH 


CATTLEYA. Vide supra p. 15. 

Cattleya labiata Lindl. C. caulibus clavato-fusiformibus sulcatis, foliis solitariis oblongis, spatha pedunculi longitudine, sepalis lineari-lanceo- 
latis acutis coloratis, petalis membranaceis oblongo-lanceolatis undulatis multo latioribus, labello obovato crispo-undulato emarginato disco laevi. 
Lindl. Bot. Reg. t. 1859. — Hook. Bot. Mag. t. 3988. 

Cattleya ( labiata ) Percivaliana nov. var. H. G. Rchb. f. Gard. Chron. 1882, p. 796. 

Cattleya Percivaliana var. Reichenbachi petalis sepalisque pulcherrime rubro-purpureis, labelli lobo medio purpureo dein lateraliter luteo lineis 
brunneis hieroglyphice picto. 


a superbe fleur reproduite sur la planche ci-contre de la Lindenia , d'après un exemplaire 
de la riche collection de la Compagnie Continentale d’Horticulture à Gand, confirme 

une fois de plus l'appréciation émise par M. le professeur Reichenbach dans sa description du 

Cattleya Percivaliana. « Quelle que soit, disait-il, la confusion des noms, des noms de fantaisie et 
autres, du Cattleya labiata type, nous devons le considérer comme étant l’Orchidée la plus polymorphe 
et la plus polychrome, les variations résultant très probablement non du climat, ni de l’exposi- 
tion, ni du sol, mais bien de la station géographique. » 

Le Cattleya Percivaliana est une des formes les plus distinguées de ce type. Les sépales et les 

pétales sont d’un beau lilas, tandis que le labelle, pourpre foncé sur le lobe inférieur et bordé 

de rose, a les lobes latéraux jaunes marqués de stries pourpres. Les feuilles sont épaisses et 
oblongues, d’un beau vert foncé, portées isolément sur des pseudo-bulbes solides, ancipités et 
côtelés sur chaque face. A la base des feuilles subsistent souvent les vestiges d’une spathe, quelque- 
fois de deux. 



8 4 


La variété Reichenbachi se distingue par une coloration rouge magenta des plus brillantes répandue 
sur toutes les divisions de la fleur, avec des nuances ou plutôt des reflets aussi difficiles à 
peindre qu’à décrire. Le labelle est surtout différent de celui du type : le lobe central est d’un 
beau rouge clair avec une marge dentelée plus pâle. Vers la base se montrent de loin deux 
triangles jaune vitellin marqués de signes hiéroglyphiques rouges disposés en lignes irrégulières 
dirigées vers les bords. Quant aux pseudo-bulbes, ils sont semblables à ceux du type et possèdent 
le caractère d’une coloration variant du vert au bronze et au pourpre ; cette coloration est 
considérée par M. Reichenbach comme pouvant provenir de l’influence directe des rayons solaires. 

Le fait est que dans leur patrie dont Faire géographique est assez étendue, les Cattleya 
Percivaliana sont exposés aux ardeurs du soleil, et croissent sur des rochers abruptes surplombant 
des rivières, à une altitude d’environ 2000 mètres où régnent des vents assez persistants. Ces 
deux conditions indiquent suffisamment le mode de culture qu’il convient de donner à ces plantes 
afin d’imiter pour leur bien-être ce que la nature leur prodigue d’air, de chaleur et de lumière. 

Quelques unes de§ premières floraisons offertes par des exemplaires importés et souffreteux 
sans doute avaient mis en discussion les mérites de cette Orchidée ; aujourd’hui elle est bien 
vengée de ses détracteurs qui tous doivent reconnaître maintenant l’incontestable valeur de ces 
plantes hors ligne. 





LINDENIA 


PI. XL, 



VANDA SANDERIANA VAR. LABELLO VIRIDI 


85 


PL. XL 


VANDA SANDERIANA rchb. f. VAR. LABELLO VIRIDI 


VANDA DE SANDER, VARIÉTÉ A LABELLE VERT 


VANDA. Vide supra p. 47. 

Vanda Scinderianci Rchb. f. Habitu Saccolabii violacei Lindl. : foliis latioribus, pedunculis elongatis, multifloris; sepalis ellipticis; tepalis 
cuneoto oblongis, obtusis, minoribus; hypochilio gibboso marginibus subquadratis (?), epichilio triangulo obtuso. Esmeralda Sanderiana Rchb. f. 
Gard. Chron. n. s. XVII, p. 588; Illustr. Hort. XXXI, p. 13g. 

Patria : Mindanao. 

Vanda Sanderiana var. labello viridi. 


lante merveilleusement brillante au sein de cette famille aristocratique où les merveilles 
foisonnent, cette Vandée est considérée à bon droit comme une des plus splendides 
Orchidées introduites dans ces derniers temps si féconds en nouveautés, et comme le disait 
M. Reichenbach, le jour de son introduction mériterait d’être marqué d’une lettre d’or dans les 
annales de la botanique. Si l’éclat de son coloris n’éclipse pas celui de ses congénères, elle les 
surpasse toutes par ses colossales dimensions et il est impossible de ne pas se sentir enthou- 
siasmé en présence de l’aspect grandiose de cette inflorescence. 

Tous les Vanda sont caractérisés par la beauté et la vigueur de leur feuillage ; tous aussi 
se distinguent par leurs fleurs d’élite dont on garde le souvenir une fois qu’on les a vues et 
dont on attend toujours impatiemment le renouveau. Les lecteurs de la Lindenia ont pu juger 
déjà de la beauté de quelques types, tels que Vanda Denisoniana et Vanda Boxalli représentés 
dans les fascicules précédents; tout le monde connaît les Vanda stiavis, V. coerulea , V. tricolor, 
V. Lowi, parmi lesquels l’espèce qui nous occupe prend une première place. 



86 


Elle rappelle le port du Saccolabium violaceum, tandis que la disposition des parties florales 
sur un même plan fait songer à Y Odontoglossum vexillarium. Le diamètre de la fleur dépasse 
onze centimètres, chaque racème porte de sept à dix de ces majestueuses fleurs, et une plante 
de force moyenne donne jusqu’à trois hampes florales. Le sépale dorsal est arrondi, ovalaire, 
de couleur rosée sur les deux faces ainsi que les tépales latéraux. Ils sont divergents, obovés, 
acuminés. Leur coloris est fond jaune vitellin régulièrement réticulé de veines brun purpurin. 

Dans le type, le labelle, relativement petit, est rouge pourpre. Dans la variété représentée 
dans cette livraison et qui a fleuri récemment dans la belle collection de M. A. Peeters, à Bruxelles, 
cet organe est entièrement coloré de vert. Cette coloration donne à la fleur un cachet unique. 

L’espèce est originaire de l’Archipel des Philippines, où elle croît parmi les branches des 
arbres dans des stations peu ombragées. On peut la cultiver en corbeille de sphagnum bien drainée 
et la tenir en serre chaude humide en la plaçant près du vitrage. Elle se contente d’être traitée 
comme le Vanda suavis. 







DI RECTEU R 

J. Linden 


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Lucien Linden & Emile Rodigas 


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LINDENIA 


PL XLI 



ODONTOGLOSSU-M RUCKERIANUM 


8 7 


PL. XLI 


ODONTOGLOSSUM RUCKERIANUM rchb. f. 


ODONTOGLOSSE DE RUCKER 


ODONTOGLOSSUM. Vide supra p. 31. 

Odontoglossum Ruckerianum. Affine Odontoglosso crispo Lindl. ; Od. Andersoniano Rchb. f. ; Od. limbcito Rchb. f. — Labello basi utrinque 
angulato oblongo ligulato acuminato vel aristato; callis in basi rhombeis serratis antice nunc forcipatis lineis elevatis geminis utrinque; sepalis 
tepalisque lanceo-cuspidatis ; columnae alis pluricirrhosis. 

H. G. Rchb. f. in Gard. Chron. 1873, p. 105. 


e groupe des Odontoglossum crispum se compose de nombreuses variétés presque toutes 
très jolies; les unes sont blanches à macules brunes comme Y Odontoglossum Andersoni, 
d’autres sont teintées de rose, comme celle de la planche ci-contre. 

Les variétés d’Odontoglossum deviennent de plus en plus nombreuses et nous nous joignons 
au Professeur Reichenbach pour nous écrier : « Où allons-nous? » S’il fallait, en effet, donner un 
nom à toutes les soi-disant variétés qui fleurissent dans les collections, il n’y aurait bientôt plus 
moyen de s’y reconnaître; aucune mémoire ne pourrait y suffire. Que l’on donne un nom à une 
variété bien tranchée et bien distincte, nous n’y voyons aucun inconvénient, au contraire, on peut 
former ainsi de grands groupes derrière lesquels peuvent se retrancher les variétés en sous-ordre. 

Nous présentons donc Y Odontoglossum Ruckerianum qui nous occupe, comme une bonne variété 
et une plante de grand effet. 

La mode est depuis longtemps aux Odontoglossum et le prix que certaines variétés atteignent, 
aux enchères publiques, témoigne que la grande faveur n’est pas encore prête à leur être retirée; 



88 


M. le Baron Schroeder, un des amateurs les plus distingués de l’Angleterre, vient d’acquérir 
sous le marteau du commissaire-priseur à Londres, une variété d 'Odontoglossum Alexandrae maculée 
et une variété jaune d 'Odontoglossum Pescatorei pour plus de 4000 fr. pièce ! 

Dans un des précédents numéros, nous disions avec raison, que les Qdonioglossum Alexandrae 
sont presque devenus des plantes de marché. On les voit aujourd’hui en fleurs à la vitrine de 
tous les fleuristes et il n’est plus de bouquets ou de corbeilles fleuries distingués qui n’en possèdent 
au moins une grappe. Il serait curieux de ..connaître le nombre des exemplaires de cette espèce 
introduits jusqu’à ce jour en Europe; le total de ces introductions étonnerait certainement les 
amateurs. Ce serait un recensement très intéressant que nous recommandons aux statisticiens. 

Le premier Odontoglossum Ruckerianum qui fit son apparition à un meeting de la Royal 
Horticultural Society de Londres, le 26 avril 1880, a valu a J. A. Philbrick, Esq., d’Olfield Bickley, 
un certificat de i re classe et a été nommé en honneur de feu Sigismund Rucker qui possédait 
une des plus belles collections d’Orchidées d’Angleterre. 


Une grande collection d’Orcliidées. — Le nombre des abonnés à la Lindenia qui augmente 
sensiblement chaque jour, serait déjà une preuve palpable de la façon rapide dont se répand, sur 
le continent, le goût des Orchidées, la passion, dirions nous, si nous ne devions encore le constater 
par l’accroissement du nombre des amateurs qui devient légion. 

Parmi les nouveaux venus il faut citer, hors de pair, M. le duc de Massa qui possédera 

• V' 

avant peu, si ce n’est déjà fait, la collection d’Orchidées la plus riche. Ses plantes de prédilection 
sont les Vandées; la collection de ces plantes, réunie au château de Franconville est certainement 
sans rivale. 

On a dit avec raison que certains genres d’Orchidées étaient mieux cultivés sur le continent 
qu’en Angleterre; le temps n’est pas loin où ce pays ne brillera plus par l’excellence des cultures, 
mais seulement par le nombre des collections. Les Vandées, les Odontoglossum , les Cypripedium, 
les Phalaenopsis, pour ne citer que ces genres, sont supérieurement cultivés de ce côté-ci du détroit. 



iêém 


LINDENIA 



CYPRIPEDIUM LAWRENCEANUM VAR. HYEANUM 






8g 


PL. XLII 


CYPRIPEDIUM HYEANUM l. lind. & rod. 


CYPRIPEDIQM LAWRENCEANUM RCHB. F. VAR. HYEANUM 


CYPRIPEDIUM DE M. JULES HYE 


CYPRIPEDIUM. Vide supra, pag. 17. 

Cypripedium Lawrenceanum. Foliis Cypripedii Dayani, flore C. barbati : tepalis angustis porrectis, limbo energetice verrucosis ac ciliatis ; 
staminodio magno C. javanici; st. rotundato, postice fisso, antice forcipato; dentibus externis porrectis, dentibus internis ternis, dente medio 
valdiori; filamentis fertilibus aequaliter bidentatis. 

Habitat Bornéo. 

Cypripedium Lawrenceanum Rchb. f. in Gard. Chron. 1878, p. 748. — Flor. and Pom. 1880, p. 112. — Or ch. Alb. I. tab. 22. — Illustr. 
Hort. XXX. p. 29, cum. tab. 

C. L. Hyeanum. Varietas nova in horto Societaties continentalis horticulturae orta, domino Julio Hye, ingenuo orchidophilo dicata. 
Foliis C. Lawrenceani vel Dayani, flore magno; tepalis angustis ciliatis, dorsale albo viridi striati; labello viridi. 



ême pour le profane, les fleurs vertes ou celles dans lesquelles la couleur verte domine 
ont toujours eu un attrait irrésistible. Le gracieux Ixia vert n’est-il pas considéré comme 
une merveille, et la Rose verte elle-même, qui existe bel et bien dans quelques cultures, n’est-elle 
pas citée comme un mythe? Le Cypripedium Hyeanum occupera un rang distingué parmi les rares 
fleurs vertes ; l’on dirait que la coloration cyanique a quitté l’étrange fleur pour demeurer tout 
entière dans le feuillage. 


go 


Que l’on s’imagine, en effet, la fleur colossale du Cypripedium Lawrenceanum , aux teintes 
bizarres, métamorphosée complètement quant au coloris et devenue presque entièrement verte, 
dominant sur sa hampe longue d’une trentaine de centimètres, des feuilles épaisses et coriaces 
irrégulièrement marbrées et panachées de vert noir sur un fond clair, et l’on aura une idée de cette 
nouveauté qui a été fort remarquée à la dernière exposition florale de la Société royale de Flore 
de Bruxelles. Il suffit, d’ailleurs, de jeter un regard sur la planche, pour être convaincu que 
ce Cypripède a un cachet caractérisque et des plus distingués. 

Le large sépale dorsal supérieur est blanc veiné de vert ; le coloris brun rougeâtre du labelle 
a disparu pour faire place à une couleur verte bien définie. Le staminode est également vert et 
a la dent centrale très développée. 

La plante, trouvée parmi des Cypripedium Lawrenceanum ordinaires dans les serres de la 
Compagnie Continentale d’Horticulture à Gand, a été dédiée à M. Jules Hye, le jeune amateur 
de Cypripedium. 


Cattleya Malouiana. — La Compagnie Continentale d’Horticulture exposait à Bruxelles, avec 
grand succès, à la fin du mois d’Avril dernier, une variété charmante du Cattleya speciosissima 
laquelle captiva l’attention des connaisseurs. Les pétales larges, couleur magenta et le labelle très 
grand, étalé, de même coloris veiné de pourpre foncé, avec une tache blanche au milieu, en font 
un des Cattleya les plus remarquables introduits pendant les dernières années. La Lindenia en 
donnera le portrait dans le prochain numéro. 





































































































' 













. 








' 













LINDENIA. 


PI. XLIII. 


DENDROBIUM STRATIOTES 


9i 


PL. XLIII 


DENDROBIUM STRATIOTES rchb. f. 


DENDROBIUM SOLDAT 


DENDROBIUM. Vide supra, p. 13. 

Dendrobmm Stratiotes. Antennatum : fioribus multo majoribus ; sepalo impari ligulato acuto torto : sepalis lateralibus latioribus tortis; mento 
extinctoriiformi ; tepalis linearibus acutis tortis longioribus; labello trifido, laciniis lateralibus rhombeis dbtusis nervis asperis, carinis ternis per 
discum ; lateralibus ante basin laciniae anticae sessilis ellipticae acutae angulatis. H. G. Rchb. F. in Gard . Chron. XXV, n. S. p. 266. 

Ex. ins. Sondaicis miserunt d. d. Aug. Linden et Aug. De Ronne. 



ers le commencement du mois de mai de cette année,, fleurissaient dans les serres de 
la Compagnie Continentale d’Horticulture à Gand, plusieurs Orchidées bizarres reçues peu 
de semaines auparavant dans un important envoi de plantes récoltées par MM. Aug. Linden et 
Aug. De Ronne dans les îles de la Papouasie qu’ils avaient mission d’explorer. L’une de ces 
Orchidées était le Dendrobium stratiotes que le savant orchidographe M. H. G. Reichenbach s’em- 
pressa de décrire comme une espèce nouvelle des plus attrayantes. 

Ce Dendrobium hautement curieux et merveilleux, dit-il, porte un racème de fleurs assez 
grandes, surpassant celles du Dendrobium taurinum. Le sépale dorsal est ligulé, aigu et tordu de 
même que les sépales latéraux qui ont un rebord en forme d’éteignoir. Les tépales linéaires 
acuminés sont également tordus et surpassent en grandeur les sépales. Le labelle est trifide 
ayant les lacinies latérales arrondies avec veinures latérales en partie rudes au toucher et trois 
carènes sur la ligne médiane du disque; les lacinies latérales sont angulaires en face de la base 
de la lacinie centrale qui est elliptique, aiguë et sans isthme, c’est-à-dire sessile. La colonne 
se termine de chaque côté en angle droit. 


92 


M. Auguste Linden rapporte que ce Dendrobium, qui est l’Orchidée la plus remarquable qu’il ait 
rencontrée pendant son voyage, est d’une floribondité excessive; la moyenne des fleurs portées 
par un bulbe dépassait la cinquantaine, ce qui faisait pour une plante d’une dizaine de bulbes 
plus de deux cent cinquante fleurs épanouies à la fois! Le spectacle présenté par cette abondance de 
fleurs blanches, à labelle ligné de carmin vif, était unique et restera toujours vivace dans ses 
souvenirs. 

La planche de la Lindenia, peinte d’après nature, avec le talent habituel de notre artiste, 

donnera mieux encore que cette description une idée de l’inflorescence et du port de cette 

curieuse nouveauté. 

Quant à la culture de ce Dendrobium, le lecteur peut s’en rapporter à ce qui a été indiqué 

par la Lindenia , page 14, à la suite de la description du Dendrobium Falconeri ; la nouvelle 

venue est de culture tout aussi aisée. Les plantes importées se sont établies avec une facilité 
remarquable, ce qui dénote une culture peu compliquée. 



LINDENIA 


PL XLIV 





CATTLEYA LAWRENCEANA 


93 


PL. XLIV 


CATTLEYA LAWRENCEANA rchb.f. 


CATTLEYA DE SIR TREVOR LAWRENCE 


CATTLEYA. Vide supra, p. 15. 

Caltleya Lawrenceana. Rchb. f. in Gard. Chron. 1885, XXIII, p. 338. 

C. pseudobulbis subtetragonis sulcatis, foliis amplis oblongis, spatha longissima, pedunculo valde solido 0^20-011125 longo, purpureo, 
multifloro. Flores eorum C. Trianae magnitudine, sepalis amplissimis purpureo lilacinis, petalis latioribus obtusis. Labellum panduratum emar- 
ginatum atropurpureum, forma hujus C. bulbosae instar. Columna minuta. 

Patria Guyana. 



orsque cette Orchidée parut pour la première fois aux Expositions de ce printemps, on 
trouva qu’elle ne répondait pas beaucoup à ce que ses introducteurs avaient promis à 
son égard. On l’avait annoncée comme une espèce hors ligne, louant à l’envi la grandeur de 
ses fleurs, sa floribondité extraordinaire et l’extrême vivacité de son coloris. Or, les plantes alors 
exposées n’étaient pas cela du tout, et les fleurs peu nombreuses n’étaient que petites et de coloris 
peu agréable. 

Nous donnons ci-contre le portrait d’une variété supérieure, en fleurs chez M. James Bray, 
amateur déjà cité au cours de cette Iconographie ; cette variété possédé quelques unes des 
bonnes qualités annoncées de cette variété encore nouvelle, qui fut découverte l’année dernière 
dans les montagnes de Roraima dans la Guyane anglaise. 

Voici comment le savant orchidographe M. Reichenbach la décrivait dans le Gavdeners 

Chronicle sur un échantillon sec : 


94 


« Nous sommes heureux d’avoir à signaler un Cattleya nouveau, portant l’excellent nom de 

» Sir Trévor Lawrence, car il est certain que ce doit être une excellente plante, et elle l’est. 

» Je la connais maintenant par des fleurs qui ont été très habilement séchées, au point que 

» leur coloris même est préservé avec soin. J’ai ensuite devant moi deux plantes et plusieurs 

» bulbes coupés, qui dénotent une fois de plus la variabilité de ces organes. L’un de ceux-ci 

» est petit, gros et court avec une feuille pas beaucoup plus longue que le bulbe. Les plantes 

» doivent avoir végété au soleil parce qu’elles ont des taches rougeâtres sur les bulbes et sur 

» quelques feuilles. La coupe transversale des bulbes est à peu près quadrangulaire, et ils ont 

» quatre rainures de chaque côté ; ils rappellent un peu les petits bulbes de Cattleya Mossiae. Le 
» rhizome est très vigoureux et la gaîne de la hampe florale est extraordinairement longue. 

» Viennent ensuite les fleurs qui sont le point essentiel. Un très fort pédoncule de couleur 

» pourpre ; je remarque les traces de sept fleurs ayant existé sur une tige, ce qui dénote la 

» présence évidente de quatorze fleurs, nombre promettant beaucoup. Les fleurs sont aussi grandes 
» que celles d’un très bon Trianae, les sépales d’une largeur peu commune, les pétales beaucoup 
» plus larges, généralement obtus ; on trouve quelques fleurs à pétales plus larges encore, et 

» celles-ci seront assurément accueillies avec la plus grande faveur. 

» Pour être du groupe des labiata, la lèvre de cette variété présente une forme toute 
» nouvelle : elle est panduriforme-émarginée, plus large au sommet qu’à la base ; si vous voulez 
» en voir le contour fidèlement dessiné, prenez le Botanical Register, 1847, planche 42, Cattleya 
» bulbosa. C’est ce contour qui me la fait signaler comme une espèce nouvelle, et non comme 
» une des variétés sans nombre de Cattleya labiata dont je me souviens. 

» Venons en maintenant au coloris, un exquis pourpre-lilacé ; toute la partie inférieure de 

» la lèvre est d’un pourpre chaud, admirable; on pourrait assez comparer cette partie au bout de 

» la queue d’un coq de bruyère ; les pétales latéraux de la section supérieure sont pourpres, le 
» centre jaune pâle. 

« Je pense que des fleurs et des plantes cultivées- confirmeront l’exactitude de ma description. 

» Il serait superflu de s’étendre longtemps à recommander cette nouveauté inattendue; je m’en 

» tiens à affirmer que c’est une bonne fortune de pouvoir dédier une plante de cette valeur à 
*» un orchidophile aussi distingué que Sir Trévor Lawrence. » 

Nous pouvons ajouter qu’à notre avis le Cattleya Skinneri donne jusqu’ici la meilleure idée 
de Yaspect de l’inflorescence de cette nouvelle venue. 

La culture sera la même que celle indiquée pour les autres espèces de Cattleya. 


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AGANISIA TRICOLOR Brown 



95 


PL. XLV 


AGANISI A TRICOLOR n. e. brown 


AGANISIE TRICOLORE 


ÉTYMOLOGIE : du grec ayocvoç, gracieux et louable, par allusion à la grâce et à l’élégance de la plante. 

AGANISIA. Sepala aequalia, libéra, patentia. Petala sepalis subsimilia. Labellum ungue brevissimo, vel longiusculo et saccato; lobi 
latérales brèves vel obsoleti, médius patens, rotundatus vel subquadratus vel transverse oblongus, subplanus vel saccatus, integer vel 2-3-lobus, 
basi late cristatus. Columna erecta, apice utrinque lobo brevi obtuso vel longiore acutiusculo vel alâ latâ instructa. Anthera terminalis 
opercularis, incumbens, i-locularis; pollinia 4, cerea, per paria connexa, inappendiculata ; anthera déhiscente stipiti piano oblongo vel lineari 
affixa; glandula parva. Herbae epiphyticae, caulibus foliatis brevibus demum in pseudobulbos incrassatis. Folia saepe solitaria, linearia ad 
elliptico-oblonga, petiolata. Scapi ad basin pseudobulborum vel e rhizomate erecti, aphylli, paucivaginati, saepe tenues. Racemus simplex, 
laxus, floribus mediocribus vel speciosis breviter pedicellatis. 

Americae tropicae incolae. 

Aganisia Lindl. et Acacallis Lindl.; Bentham, in Benth. et Hook. Généra Plantarum vol. 3, p. 544. 

Aganisia tricolor. Caulis validus annulatus. Pseudobulbi fusiformi, unifoliati. Folium cuneato-ellipticum acutum, petiolatum, 6-7 poil, lon- 
gum, 2 - 2 ~ poil, latum sub quinquenervàtum. Pedunculus infrabulbus, 6-8 poil, longus, vaginis distantibus paucis, apice 3-4 florus. Bracteae ovariis 
cum pedicellis quadruplo breviores. Flores speciosi. Sepala elliptica, obtusa, apiculata, utrinque ochroleuca, apice luteola. Petala elliptica 
obtusa, sepalis subaequalia, pallide coerulea. Labellum unguiculatum ; unguis albidus apice saccatus, saccus antice callosus rubro-aurantiacus ; 
lamina latissime selliformia, basi saccata, apice breviter biloba, margine undulata, integra, rubro-aurantiaca. Columna albida, dorso rubro- 
striata, alis subquadratis rubro-striatis. Ex icône tantum descripsi. 

Habitat propre flum. Amazonum. 

In caldariis Horticulturae Societatis continentalis a dom. Rand introducta. 



e genre Aganisia ne compte guère de nombreux représentants dans nos collections, et 
c’est une bonne fortune de pouvoir y ajouter une plante aussi charmante que la 
nouveauté que nous mettons sous les yeux des lecteurs de la Lindenia. Bien que cette espece 
semble avoir plus d’affinité avec X Aganisia cyanea f Acacallis cyaneaj qu’avec aucune autre, il 
en diffère cependant au premier aspect par la forme et le callus du labelle et par le coloris 


q6 


des sépales. Dans notre plante, ce coloris est blanc jaunâtre sur les deux faces, tandis que les 
sépales de YAganisia cyanea sont décrits par celui qui découvrit cette espèce comme étant bleu 
clair, plus pâle à l’intérieur. 

Dans la description de VAganisia cyanea Rchb. f. f Beitrage zur Orchideenkunde, p. 13), le 
coloris du labelle est indiqué par erreur comme étant pourpre bleuâtre. Cette erreur provient 
sans doute d’une lecture incorrecte de l’abréviation de M. Spruce portant Brnsh-purp. prise pour 
pourpre bleuâtre. La couleur de la fleur de VA. cyanea indiquée par M. Spruce qui en fit la 
découverte est décrite comme suit : sépales et pétales bleu clair, plus pâle à l’intérieur, labelle 
pourpre brunâtre clair avec veine pâle. Le dos et les ailes de la colonne striés de rouge. 

Les pseudobulbes, à nous en rapporter à la planche que nous avons sous les yeux et qui 
nous sert de document pour la description, sont dénudés, tandis que ceux de VA. cyanea sont 
enveloppés de gaines fibreuses et, si nous en jugeons d’après des spécimens d’herbier, ils ne 
sont pas aussi forts que ceux de la présente nouveauté. 

Pour ces motifs nous considérons VAganisia tricolor comme une espèce nouvelle. C’est une 
plante qui attirera l’attention des Orchidophiles. Elle a une tige rampante ou grimpante, très 
solide ; elle est munie de pseudobulbes distants, fusiformes, portant chacun une large feuille à 
5 nervures. Le pédoncule sort de la base du pseudobulbe et porte 3 ou 4 jolies fleurs ayant 
à peu près o m o5 de diamètre. Les sépales et les pétales sont presque égaux et largement ellip- 
tiques; les sépales sont blanc jaunâtre sur les deux faces avec les sommets jaune clair; les 
pétales sont bleu clair. Le labelle rouge orange foncé ou quelquefois orange brunâtre a un onglet 
blanc muni d’un sac au sommet précisément derrière le callus ; le large limbe du labelle a 
quelque peu une forme de selle et il est également contourné en sac à sa base en face du 
callus; le sommet est brièvement bilobé et la marge est ondulée mais non frangée. La colonne 
est munie d’ailes carrées larges, striée de rouge. 

Cette charmante espèce a été introduite par M. Rand dans les serres de la Compagnie 
Continentale d’Horticulture, à Gand. 


N. E. Brown. 




DENDROBIUM THYRSIFLORUM. 




XL 


LINDENIA. 


PL 


97 


PL. XLVI 


DENDROBIUM THYRSIFLORUM rchb. f 


DENDROBIUM A FEURS EN THYRSES 


DENDROBIUM. Vide supra p. 13. 

Dendrobium thyrsijlorum Rchb. f. Pseudobulbi vel caules articulati elongati erecti apice 3-4 foliati; folia ovato-oblonga acuta nervosa 
nitida; racemi latérales maximi thyrsoidei multiflori foliis duplo longiores; bracteae minutae incurvae ovato-acutae carinatae scariosae pedicellis 
multo breviores ; sepala ovato-acuta petalis obcordatis patentibus margine incurvatis minora, patentia ; labellum rhomboideum unguiculatum 
retusum limbo patentissimo. Flores candidi labello aureo. E. A. 

Crescit in India orientali. 

j Dendrobium thyrsiflorum Rchb. f. Illust. Dort. vol. XXII, 1875» P* 88 . — Gard. Chron. 18 77 > v °ï. YII, 658, 


An connaît aujourd’hui plus de 300 espèces ainsi qu’un très grand nombre de variétés de 
Dendrobium appartenant à l’Inde, à l’Indo-Chine, à la Malaisie, à la Papouasie, à la 
Chine, au Japon et à l’Australie. L’aire de dispersion de ce genre d’Orchidées est donc 
considérable. La splendide espèce que figure la Lindenia est pour ainsi dire sans rivale parmi 
ses nombreuses congénères. En effet, il ne s’agit pas ici seulement d’une plante offrant une ou 
deux belles fleurs portées sur une hampe plus ou moins allongée, mais presque chaque tige 
porte un véritable thyrse, une grappe florale, gracieusement penchée sous le poids des fleurs, 
tellement celles-ci sont serrées sur leur hampe. Ce thyrse se produit latéralement, il affecte une 
forme cylindrique d’une régularité parfaite. 

Si aucune autre Orchidée de l’Inde orientale ne dépasse en beauté le Dendrobium thyrsiflorum, 
bien peu peuvent rivaliser avec sa végétation puissante; ses pseudobulbes sont très allongés, 
comme articulés, claviformes, presque cylindriques et généralement marqués de sillons plus ou 
moins profonds. Ces pseudobulbes sont couronnés à leur sommet par trois ou quatre feuilles 


g8 


lancéolées aiguës, luisantes, un peu réfléchies en dehors. Leur longueur ne dépasse pas la moitié 
de la grappe florale. Les fleurs sont grandes, à sépales ovalaires aigus, plus petits que les pétales 
qui sont presque en forme de cœur et un peu onguiculés à la base. Toutes les divisions du 
périanthe sont largement étalées et du blanc le plus pur. Sur ce coloris se détache admirablement 
le labelle arrondi, onguiculé et ouvert en pavillon de trompe. Ce labelle, du plus beau jaune doré, 
est marqué au centre de jaune plus foncé parfois répandu en gouttelettes sur le pourtour du labelle. 
D’ailleurs ce n’est pas uniquement chaque fleur qui brille par ses détails, mais cette immense 
grappe de fleurs nombreuses épanouies à la fois produit un effet saisissant. Plus d’une fois, nous 
avons vu, à des expositions d’horticulture, le visiteur s’arrêter ébloui devant des exemplaires de 
ce Dendrobium chargés de plusieurs de ces thyrses, jetant leur somptueux contraste parmi des 
spécimens d’autres espèces à fleurs déliées ou isolées, plus délicates peut-être, mais non plus 
majestueuses. 

Quant à la culture, le lecteur voudra bien revoir ce qui est dit p. 14, de la Lindenia , à 
propos du Dendrobium Falconeri. 



LINDENIA 


PL XL 



CATTLEYA MALOUANA Lind 


PL. XLVII 


CATTLEYA MALOUANA lind. 


CATTLEYA SPECIOCISSIMA var. MALOUAHA 


Cattleya de M. Malou 


CATTLEYA. Vide supra pag. 15. 

Cattleya speciocissima. Aff. Catlleyae labiatae, tepalorum cuneo basilari brevissimo, lamina subaequali oblongo ligulata obtusa labello 
paullo longiori, undulata, apice obtuse truncata; labelli cuneo basilari quam in Cattleya labiata duplo longiori, lamina ligulata pandurata, 
-dimidio anteriori apice bilobo denticulata, undulata, plus duplo longiori quam lata. Flores rubro-purpurei maximi forsan generis. Reichenbach f. 
Xenia vol. I. p. 29. sub. Cattleya Wageneri Rchb. F. 

Cattleya speciocissima Malouana , floribus intense rubris, labello maximo. 


a variété dont nous donnons aujourd’hui le portrait, est une des plus jolies formes de 
Cattleya que l’on puisse rêver. Elle produisit une véritable sensation à l’Exposition de 
Bruxelles, en avril dernier, où elle parut pour la première fois et il n’y avait qu’une voix 
pour la déclarer une Orchidée éminemment remarquable. Aussi avons-nous eu le vif plaisir de la 
dédier à l’éminent homme d’État M. Jules Malou, Président de la Compagnie Continentale 
d’Horticulture. 

Le Cattleya Malouana est une forme du Cattleya speciocissima ou Luddemanniana, Les bulbes 
sont très courts, les feuilles petites; la fleur est plutôt grande, le labelle énorme, arrondi et 
étalé. Les pétales et sépales sont violet-magenta, le labelle de même couleur veiné d’une teinte 
pourprée plus foncée avec une tache blanche assez prononcée au centre. 



100 


Le Cattleya Malouana , jusqu’ici un exemplaire unique en Europe, a été trouvé parmi une im- 
portation de Cattleya reçue il y a une couple d’années par la Compagnie Continentale d’Horticulture, 
dans le cours d’un voyage qui a été fait et exécuté comme tous ceux que la Compagnie entreprend, 
sous l’inspiration et la direction de son Administrateur-délégué M. J. Linden. 

Les Cattleya sont d’une introduction facile, et quoiqu’ils perdent assez souvent les feuilles en 
route, ils arrivent, après des voyages parfois longs, dans des conditions de fraîcheur satisfaisantes, 
et la reprise n’est pas de longue durée. La première pousse produit d’ordinaire des hampes qui 
fleurissent souvent quelques mois après leur introduction. C’est ainsi que la Compagnie Continentale 
d’Horticulture a introduit, au mois de janvier dernier, un envoi très important de certaines- 
espèces de Cattleya arrivés cependant en grande partie à moitié gelées; beaucoup de plantes- 
fleurissaient déjà au mois de mai. Le système pour établir les Cattleya est très simple : une fois, 
arrivés, on les débarrasse des bulbes et des racines morts et on les plante dans de la terre 
fibreuse, mélangée de tessons de briques neuves; on les place près du vitrage dans une serre 
tempérée et aérée, très humide et on ne leur ménage pas les arrosements « pour attirer les racines. » 
Dès que celles-ci paraissent assez abondantes, capables de nourrir les pousses, on augmente la chaleur 
pour les élever et on diminue, peu à peu, l’humidité, jusqu’à ce que le bulbe soit entièrement 
formé. On tient la plante dans cet état de sécheresse jusqu’après floraison, pour la traiter cinq ou 
semaines plus tard, de la même manière que les plantes introduites. 

Nous avons dit ailleurs que la Compagnie Continentale d’Horticulture avait repris le 
cours des voyages d’exploration interrompu pendant quelques années. Ils ont produit déjà un 
nombre considérable de plantes nouvelles très intéressantes dont la floraison se prépare de jour 
en jour. Nous espérons pouvoir, à partir de ce moment, donner dans chaque numéro de la Lindenia 
une espèce ou variété totalement nouvelle. 

Le Cattleya est justement regardé comme la fleur reine des Orchidées. C’est le genre qui 
possède les fleurs les plus grandes et les coloris les plus éclatants. Une chose digne de remarque, 
c’est la prédilection qu’ont les Anglais pour les variétés à fleurs blanches; celles-ci atteignent 
chez eux des prix très élevés, comme si ces variétés à ton pâle n’étaient pas beaucoup moins, 
effectives que les variétés pourprées, purpurines ou ayant de ces teintes insaisissables et éclatantes 
qui font merveille dans les collections. 







ODONTOGLOSSUM ALEXANDRAE Lindl, 


IOI 


PL. XLVIII 


ODONTOGLOSSUM ALEXANDRAE bateman 


ODONTOGLOSSUM CRISPUM lindl. 


Odontoglosge d’Alexandra 


ODONTOGLOSSUM : Vide supra p. ir. 

Odontoglossum crispum. Pseudobulbi ovato-compressi diphylli; folia lineari-lanceolata, carinata, medio dilatata, apice acuta; flores in 
racemum simplicem vel paniculum multiflorum dispositi, nivei vel flavescentes plus minus maculis, punctis vel radiis roseis, brunneis aut 
purpureis ornati, pedicellis aequantes, patentes, speciosissimi ; bracteae minutae ovato-lanceolatae aculeatae striatae; sepala lanceolata, acuta; 
petala subconformia vel saepius latiora ovato-lanceoîata acutissima crispa laceris membranaceis; labellum brevius, unguiculatum, cuneatum, 
bastatum vel subpanduratum, marginibus crispis vel fimbriat.is, apice retrorsum decurvo apiculato; cristae lamellae bilaterales plus minus callosae 
vel elongatae, dentato-pectinatae ; columna arcuata clavata, rubro vel luteo tincta, alis fimbriatis vel laceris. 

Crescit in sylvis nebulosis, in declivitate occidentali Andium Bogotensium (Nova Granata), 2800-3000 m. altitudine, a pago Zipaquira 
usque ad Pacho in provincia Cundinamarca. 

O. crispum Lindl. Ann. Nat. Hist. XV, 256. — Rchb. f. in Walp. Ann. VI, 845. 

O. Alexandrae J. Bateman Gard. Chron. 1864 p. 1083. 

O. Blunti Rchb. f. Bot. Zeit. Dec. 1864 p. 53. 

Planta innumeris texturae, figurae, coloris varietatibus ludens nuper per millia milliorum ex plagis Columbiae U. S. avide erepta et ab 
Orchidearum amatoribus culta. Dividi potest in duos greges : a. ALEXANDRAE Bat. (pro spec.), floris tela magis membranacea, tepalis 
latissimis oblongo rhombeis acuminatis serratis, dentatis, lacerîsve crispis; b. BLUNTI Rchb. F., tela floris bene validiori, tepalis rhombeo- 
ovatis acutis denticulatis integerrimisque planiusculis. H. G. Rchb. F. in Sander, Reichenbachia, p. I. 



>lus de quatre-vingts espèces appartenant au genre Odontoglossum sont aujourd hui connues, 
le nombre des variétés en est incalculable et les dénominations horticoles souvent données 
à ces dernières ne sont pas de nature à servir de guide dans un dédale que les synonymies 
rendent déjà presque inextricable. Aussi est-ce avec un reel plaisir que nous avons vu M. H. G. 
Reichenbach, le célèbre orchidographe, digne successeur du D r Lindley, s’efforcer de jeter la 


102 


lumière dans le groupe si répandu aujourd’hui des Odontoglossum crispum. Il divise ce groupe en 
deux sections comprenant, la première les Odontoglossum Alexandrae dont le type se confond avec 
YO. crispum , à part la coloration indiquée par le botaniste anglais comme étant jaune avec centre 
pourpre. Dans cette section rentrent les 0 . Ballantinianum, Cooksonianum, Sanderianum, Schroderianum 7 
Stevensianum, Trianae , V 'eitchiannm , qui sont tous des Alexandrae . 

La seconde section comprend les O. Blunti, caractérisés par une solidité -plus grande des 
pointes des fleurs, les tépales arrondis ovales aigus, denticulés, absolument entiers et presque 
plans. Dans la section des Alexandrae, les tépales sont très larges, oblonguement arrondis, acuminés, 
dentés ou même déchiquetés crispés. Ces caractères distinctifs sont fort saillants. 

Y,' Odontoglossum crispum fut découvert en 1842 simultanément par Hartweg et J. Linden dans 
la Nouvelle Grenade, près des villages de Pacho et de Zipaquira dans la province de Bogota. 
Ces deux voyageurs se trouvèrent dans ces parages en même temps, et, depuis lors, des 
milliers et des milliers de plantes ont été avidement arrachées de ces plages colombiennes et 
répandues dans les cultures. Presque toutes les plantes introduites ont varié de texture, de forme 
et de coloris; mais, bien que cette Orchidée soit importée en quantités plus considérables qu’aucune 
autre, les risques de l’importation et les dépenses n’en sont pas moins considérables encore maintenant. 

La découverte de Y Odontoglossum crispum a été une des plus riches conquêtes faites dans le 
domaine des Orchidées et cette merveilleuse fille de l’air peut revendiquer l’honneur d’avoir été 
un des principaux moyens de diffusion de la passion des Orchidées. Elle a aidé puissamment 
à la propagation de cette culture et, l’on peut dire sans crainte de se tromper que si le nombre 
des amateurs devient considérable, c’est grâce à la facilité de culture de Y Odontoglossum crispum , 
à sa floraison aisée et charmante; car c’est la plus populaire de toutes les Orchidées. 

Si nous avons voulu commencer le premier volume de la Lindenia par une Orchidée dédiée 
au célèbre professeur Reichenbach, nous avons aussi voulu le terminer en donnant le portrait 
du représentant le plus choyé à juste titre de la noble famille. 


TABLE DES MATIÈRES 


No DES PLANCHES. 

Pagi 

37 Aeranthus Leonis Lindl 7g 

11 Aerides maculosum Lindl. var. formosum 

14 Aerides odoratum Lour. var. Demidoffi 33 

1 Aerides Reichenbachi T. Lind. ... „ 

. . J 7 

45 Agamsia tricolor N. E. Br g5 

38 Catasetum discolor Lindl 8l 

27 Catasetum tigrinum Rchb 3g 

28 Cattleya aurea Linden 6l 

19 Cattleya guttata Lindl. var. leopardina ^ 3 

44 Cattleya Lawrenceana Rchb g3 

47 Cattleya Malouana gg 

12 Cattleya maxima Lindl. var. Hrubyana 2g 

5 Cattleya nobilior Rchb. var. Hugeneyi I5 

39 Cattleya Percivaliana var. Reichenbach Lind. et Rod 83 

29 Cattleya Trianae Lind. et Rod. var. alba 63 

31 Cattleya Trianae Lind. et Rchb. var. Annae 67 

9 Cleisostoma Guiberti Lind. et Rchb 23 

6 Cypripedium Druryi Beddome iy 

42 Cypripedium Hyeanum L. Lind. et Rod 89 

33 Cypripedium oenanthum superbum Rchb 71 

22 Cypripedium selligerum majus Hort 49 

18 Cypripedium tessellatum porphyreum Rchb. var 41 

4 Dendrobium Falconeri Hook. 13 

43 Dendrobium stratiotes Rchb 91 

46 Dendrobium thyrsiflorum Rchb 97 

7 Epidendrum paniculatum Reinw 19 

34 Masdevallia Lindeni E. A. var. grandiflora 73 

15 Masdevallia Roezli Rchb. 35 

48 Odontoglossum Alexandrae Bateman 101 

3 Odontoglossum nevadense Rchb 11 

17 Odontoglossum ramosissimum Lindl 39 

26 Odontoglossum rubescens Lindl 57 

41 Odontoglossum Ruckerianum Rchb 87 

13 Odontoglossum vexillarium Rchb. var. purpureum 31 

35 Odontoglossum Wilckeanum albens Rchb 75 

16 Oncidium Lanceanum Lindl. var. superbum , . . . 37 

20 Oncidium Limminghei Ed. Morr 45 

30 Paphinia Randi L. Lind. et Rod 65 

23 Phalaenopsis Sanderiana Rchb 51 

8 Phalaenopsis Stuartiana Rchb. var. punctulata 21 

36 Restrepia antennifera Kunth. »»'»»» 77 

10 Selenipedium reticulatum Rchb 25 

25 Spathoglottis Augustorum Lind. et Rod * . » » » » » 55 

24 Trichocentrum tigrinum splendens 53 

2 Trichopilia suavis Lindl. var. alba. 9 

32 Vanda Boxalli Rchb *'.*.»»»»» » > ■ » 69 

21 Vanda Denisoniana Benson et Rchb **»;»'«.»*»-•*»»»* 47 

40 Vanda Sanderiana Rchb. var. labello viridi Lind. et Rod. «♦**♦*.**<*»♦ 8^ 



















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