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Full text of "Lindenia. Iconographie des Orchidées"

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LINDENIA 


ICONOGRAPHIE 


DES ORCHIDÉES 



LINDENIA 

ICONOGRAPHIE 

DES ORCHIDÉES 

Directeur: J. LINDEN 

RÉDACTEURS EN CHEF : 

LUCIEN LINDEN & ÉMILE RODIGAS 

AVEC 

LA COLLABORATION DE SPÉCIALISTES ÉMINENTS 


6 me Volume 


LIBRARYj 
NEW YORK 
SOT A NIC AL 

GAROEN 

1890 


GAND 

IMPRIMERIE EUG. VANDERHAEGHEN , RUE DES CHAMPS 


, & h/ 

i 




6* Volume 


Livraison 


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I\EDA!CTEÜf^S : 

Lucien Linden. 

Émiee Rodigas 


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PL. CCXLI. Dendrobium Galliceanuir 
Lind. ...... 

PL. CCXLII. Selenipedium X grande 
Rchb. f. . . . . 

PL. CCXLIII. Coelogyne ocellata Lindl 
var. maxima Rchb. f. 
PL. CÇXLIV. Coryanthes Bungerothi 
Rolfe. . ... . 




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Lith . G. Severeyns . Bruxelles . 

























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DENDROBIUM GALLICEÀNUM 


LIND. 




P. De Pannemaekcr diront. 


LÏBRARY 
NEW YORK 
BOTANICAL 
oarqen 


PL. CCXLI 


DENDROBIUM GALLICEANUM lind. 


DENDROBIUM DE M. A. GALLICE 


DENDROBIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 13. 

Dendrobium Galliceanum. Dendrobio thyrsifloro valde affine, an forma epeciosa hujus, sepalo dorsali piano, 
petalis latissimis fere rotundatis margine inflexis, labello amplissimo triangulo margine recurvo fimbriato antice pro- 
ducto; caeteris omnibus D. thyrsiflori . 


e Dendrobium Galliceanum s’est montré cette année à l’établissement de 
L’Horticulture Internationale parmi une importation de D. thyrsi- 
florum; il n’avait pas fleuri jusque-là, et se confondait entièrement par 
son port avec les plantes qui l’entouraient. 

La floraison a donc été une véritable révélation ; une comparaison entre 
ces deux modèles splendides ferait certainement conclure en faveur de celui-ci. 

Les deux fleurs ont entre elles une très grande analogie. Le D. Galliceanum 
est cependant plus ouvert, plus étalé et, en quelque sorte, moins maigre par 
conséquent. Le sépale dorsal est étalé et raide ; les pétales , très larges et presque 
arrondis, présentent une frisure et une inflexion des bords qui sont extrêmement 
gracieuses; le labelle, lui aussi, plus dégagé et plus détaché en avant de la 
colonne, qu’il n’enveloppe pas comme dans le D. thyrsiflomm , a une ampleur 
extraordinaire ; il affecte à peu près la forme d’un triangle équilatéral ayant la 
pointe tournée vers le bas, et ses bords sont largement recourbés et frangés 
d’une façon ravissante. La couleur même paraît plus élégante dans l’espèce 
reproduite ici. Le labelle, au lieu d’être orangé, a une superbe couleur jaune d’or, 
qui rend l’ensemble plus frais et plus gai, et une ravissante bordure blanche. 

Sans vouloir trancher la question de suprématie entre ces deux formes hors 
ligne, il convient de constater que l’apparition de la nouvelle venue excita au dix- 
neuvième Meeting de L’Orchidéenne, le ii mai dernier, une admiration unanime. 

Par une coïncidence singulièrement heureuse, L’Horticulture Interna- 
tionale se trouvait représentée à ce Meeting par deux nouveautés destinées à 
faire époque. L’une était celle dont nous nous occupons ici ; l’autre était le 
Cattleya W arocqueana , ce magnifique rival des Mendeli et des Trianae ) importé 
un mois auparavant, et dont la floraison, formée dans les caisses au cours d’un 
long et pénible voyage, émerveillait cependant les juges les plus sévères, car 
le jury du Meeting décernait à l’unanimité, aux deux plantes soumises à son 
appréciation, des diplômes d’honneur de première classe. 

Nous disons que cette réunion de deux nouveautés d’une telle valeur était 




6 



une coïncidence heureuse. Cela ne veut pas dire qu’elle était l’effet du hasard. 
Le hasard, comme disent les maîtres de la scolastique, n’est qu’un nom donné 
par le vulgaire aux causes qui lui sont inconnues. Lorsqu’un établissement 
est dirigé avec la persévérance et la largeur d’initiative qui caractérisent les 
hommes placés à la tête de L’Horticulture Internationale, lorsqu’il a derrière 
lui un long passé de découvertes splendides et de prodiges de culture, on 
ne peut appeler hasard l’événement logique qui y fait apparaître, de temps 
en temps, périodiquement, des plantes nouvelles et précieuses. Les serres de 
L’Horticulture Internationale sont remplies tous les ans d’importations sans 
cesse renouvelées, recueillies par les habiles collecteurs à qui MM. Linden mon- 
trent la voie. Parmi ces introductions se trouvent régulièrement de nombreuses 
nouveautés; après celles-ci d’autres se produiront, et cela pendant bien des 
années encore, car les collecteurs de cet établissement sont spécialement dirigés 
vers des contrées inexplorées et qu’on sait contenir encore du nouveau. 

La plante reproduite par le peintre de la Lindenia a été dédiée par M. Linden 
à M. A. Gallice, l’amateur français bien connu. Elle est cultivée en serre chaude 
parmi les D. thyrsiflorum , dans une atmosphère très humide, et croît dans les 
meilleures conditions; la grappe de fleurs qu’elle a produite cette année, et que le 
lecteur a sous les yeux, était d’un volume tout à fait satisfaisant à ce point de vue. 


B. S. WILLIAMS. — L’horticulture a fait le mois dernier une perte des plus sen- 
sibles. M. Williams est mort le 24 juin, à l’âge de 67 ans. 

B. S. Williams est l’un des hommes qui ont le plus contribué à répandre le goût 
et la connaissance des Orchidées. Fils d’un jardinier qui accomplit encore à l’âge de 94 ans 
sa tâche quotidienne, il commença sa carrière en 1838, sous la direction de son père. 
Dès 1841, il exposait des Pensées; à vingt-quatre ans, il avait déjà la réputation d’un 
cultivateur habile et sagace. 

C’est alors qu’il commença à étudier spécialement les Orchidées. En 1851, encouragé 
par Lindley, il publiait dans le Gardeners 9 Chronicle une série d’articles intitulés Orchids 
for the Million , qui eurent un très grand retentissement, et qui, réunis en un volume, sous 
le titre de Orchid Grower’s M annal , ont atteint leur sixième édition. A cette époque, la 
vie et les besoins des Orchidées étaient presque entièrement ignorés; B. S. Williams 
fut donc un des premiers initiateurs de la culture de ces plantes universellement admirées 
aujourd’hui. Plus tard il publia l’ouvrage Select Orchidaceous Plants, en collaboration 
avec M. Warner, et l’Orchid Album , tous deux avec des planches coloriées. 

Il fit paraître aussi plusieurs autres livres relatifs aux Fougères et aux plantes d’orne- 
ment; il ne se borna pas, en effet, aux Orchidées, et quand il fonda son établissement 
horticole, en 1854, il y cultiva des Cyclamen, des Amaryllidées, des Primevères qu’il 
exposa avec le plus grand succès. 

Tous ceux qui se sont occupés d’horticulture rendent hommage à sa haute compétence. 
Tous ceux qui l’ont connu personnellement témoignent également de sa loyauté, de sa 
haute impartialité, de l’extrême affabilité de ses manières, et de la bonté avec laquelle il 
accueillit toujours les débutants. 






LINDENIA 


PL. CCXLII 



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SELENIPEDIUM X QRANDE rchb. f. 


P. De Faimcmaekcr curant 


PL. CCXLII 


SELENIPEDIUM x GRANDE rchb. f. 

GRAND SELENIPEDIUM 


SELENIPEDIUM. Vide Lzndenia, vol. I, p. 25. 

Selenipedium grande. Hybrida fecundatione S. Roezli cum polline S. caudati producta. Planta robustissima, 
habitu S. Roezli , foliis 2-2 1/ 2 ped. longis; scapis saepe 3 ped. altis; bracteis lanceolatis acutis ; sepalo postico 
elongato ovato, antico multo latiore ; petalis elongato-linearibus angustissimis tortilibus basi latiori; labelli calceo 
elongato conico, ostio laterali late implicito, ostio antice transverso exciso ; staminodio late transverso postice ciliato. 

Selenipedium grande Rchb. f. in Gard. Chron., n. s., vol. XVIII (1882), p. 489 (in nota). — Desbois 
Monogr. Cypriped ., p. 147, cum xylogr. 

Cypripedium grande Rchb. f. in Gard. Chron., n. s. vol. XV (I881), p. 462. — Id. vol. XVIII, p. 489. — 
Berlin. Gart. Zeit ., 1884, pp. 497, 498, fig. 146. — Veitch Man. Orch. PI. , pt. 4, p. 104, cum xylogr. 

ette belle plante est peut-être le Selenipedium le plus robuste qui ait 
été produit jusqu’ici; ses feuilles ensiformes ont de 60 à 75 centimètres 
de longueur, et ses tiges florales atteignent souvent une hauteur de 
près d’un mètre ; ses fleurs mesurent de 18 à 20 centimètres de l’extrémité du 
sepale dorsal a celle du sepale latéral unique, et les pétales ont ordinairement 
de 30 à 38 centimètres de longueur. 

Le Selenipedium grande a été produit par M. Seden, le semeur bien connu, 
dans la Royal Exotic Nursery, chez MM. James Veitch and Sons, à Chelsea, au 
moyen de la fécondation du S. Roezli par le pollen du S. caudatum; ce croise- 
ment fut effectué en 1875. La plante a fleuri pour la première fois en 1881. 

Les fleurs sont grandes et belles, et de caractères à peu près intermédiaires 
entre les deux parents. Le sépale supérieur est blanc jaunâtre, avec des veines 
vert jaune; l’inférieur porte des veines plus pâles. Les pétales sont rose tendre, 
excepté la partie la plus large, à la base, qui est jaune avec des veines vertes. 
Le labelle est jaune vert teinté de brun, plus pâle en dessous; les lobes latéraux 
repliés sont d’un blanc d’ivoire tacheté de rose vif. Le staminode est jaune pâle, 
garni à l’arrière d’une frange de cils noirs. 

Quant aux organes de la végétation, ils rappellent étroitement ceux du 
5 . Roezli , dont la plante a évidemment aussi le port et la robuste constitution. 

La planche ci-contre est, croyons-nous, la première reproduction coloriée 
qui en soit publiée, car celles qui sont citées plus haut ne sont que des gravures. 

Disons quelques mots du nom générique de cette plante. Les horticulteurs 
désignent presque tous les plantes de ce groupe de l’Amérique tropicale du nom 
de Cypripedium, quoiqu’il soit d’usage d’appeler le groupe : la section des Seleni- 
pedium. Ne serait-il pas plus court et plus exact d’adopter le mot « Selenipedium » 




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comme nom générique? A notre avis, c’est un genre aussi distinct et aussi appré- 
ciable que beaucoup d’autres qui sont universellement reconnus dans la famille 
orchidéenne. L’ovaire présente toujours trois cellules et une placentation axile, 
tandis que, dans les Cypripedium, l’ovaire n’a qu’une cellule et la placen- 
tation est pariétale. Ces caractères ne sont nullement dépourvus d’importance. 
Il existe une petite tribu, la plus ancienne des Orchidées, celle des Apostasiees, 
dans laquelle l’ovaire présente exactement la même structure que dans les Seleni- 
pedium. Il est vrai que, dans ces derniers, plusieurs autres organes floraux res- 
semblent à ceux des Cypripedium; mais le port, la forme du staminode, et 
d’autres détails encore permettent en général de distinguer ces deux groupes 
l’un de l’autre à première vue. Il existe d’ailleurs d’autres genres tout aussi 
difficiles à distinguer d’une façon absolue : ainsi les Dendrobium ne se séparent 
des Eria, et les Pleurothallis (section des Aggregatae) des Octomeria, que par 
une seule différence dans la constitution du pollen. On les considère cependant 
comme formant des genres distincts et bien caractérisés. 

On peut résumer la distinction entre les Selenipedium et les Cypripedium 
en disant que les premiers ont conservé dans la forme de l’ovaire le caractère 
atavique des Orchidées, comme la tribu des Apostasiées, tandis que les seconds 
sont devenus mono-cellulaires comme le reste de la famille. 

La Lindenia a figuré jusqu’ici cinq types de Selenipedium, dont trois ont été 
publiés sous ce nom générique; il paraît préférable, par les motifs indiqués 
ci-dessus, de suivre la même règle dans le cas présent. M. Desbois a également 
adopté cette méthode dans sa « Monographie des Cypripedium, Selenipedium et 
Uropedium. » R- A. Rolfe. 


UNE EXCURSION A « L’HORTICULTURE INTERNATIONALE » 

Nous entrons à l’établissement de L’Horticulture Internationale. 

Puisque la firme le veut, nous l’appellerons un établissement horticole ; sans 
cela, nous serions plus tentés de l’appeler le palais de Flore. Non pas que 
les serres y revêtent un grand luxe d’architecture; à part le jardin d’hiver 
qui sert de vestibule d’entrée et la grande galerie centrale, toutes les serres 
y sont de formes et de dimensions assez modestes. Mais quel luxe d’entretien 
et de propreté règne ici ! Dans cette innombrable série de serres que nous 
parcourons une à une, pas une plante qui ne soit à sa place, pas une qui 
ait une apparence chétive ou délabrée ; pas une tache, pas un atome de pous- 
sière sur le feuillage ; point de végétation cryptogamique sur les récipients 
des plantes; rien qui trahisse le service ou offusque le regard du visiteur... 

Mais par-dessus tout, quel choix de variétés et quelle richesse florale ! 
La grande spécialité de l’établissement ce sont les Orchidées, ces fleurs à 

{Suite, page io) 








LINDENIA 


PL. CCXLIII 



COELOGYNE OCELLATA lindl. var. MAXIMA rchb. f. 

O. Scvcrcyns diront. ! 


9 




PL. CCXLIII 

COELOGYNE OCELLATA lindl. var. MAXIMA RCHB. F. 
COELOGYNE A PETITS YEUX, VAR. TRÈS GRANDE 

COELOGrYNE. Vide Lindenia, vol. II, p. 79. 

Coelogyne ocellata. Pseudobulbis ovatis caespitosis subangulatis squamis nitidis vestitis, foliis lanceolatis acumi- 
natis petiolo angustatis, racemis strictis aequalibus, bracteis deciduis, sepalis petalisque oblongo lanceolatis, labelli 
lobo intermedio ovato ad basin utrinque lamella abbreviata interrupta, disco lineis tribus lamellatis, columna obso- 
lète triloba. 

Coelogyne ocellata Lindl., in Wall. Cat., n. 1953 (nomen). — Id., Gen. et Sp. Or ch., p. 40. — Id., Bot . Reg., 
1839, Mise., p. 31. — Id., Fol. Orch., Coelog., p. 7. — Bot. Mag., t. 3767. — Rchb. f. in Walp. Ann., VI, p. 228. 

Cymbidium nitidum Roxb. Hort. Bengal. (1814), p. 63 (nomen). — Id., Fl. Ind., III, p. 459. 

Coelogyne punctulata Lindl. Coll. Bot. (1821) sub. t. 33 (fide Lindley). 

Coelogyne ocellata maxima Rchb. f. in Gard. Chron., 1879, pt. 1, p. 524. — Fl. Maj., n. s., t. 365. 

Coelogyne ocellata maxima. Varietas floribus majoribus. 



ette plante paraît avoir été découverte pour la première fois dans le 
Sylhet, en 1812, par M. R. Smith, qui en envoya des spécimens 
au D r Roxburgh au Jardin botanique de Calcutta, à cette époque la 
propriété de la Compagnie des Indes Orientales. Il est évident que c’était bien 
la même plante, ainsi que l’attestent le dessin original de Roxburgh, conservé 
à Kew, et sa description, publiée plus tard. Il y mentionne qu’elle est native 
des hauteurs de Garrow, qu’elle croît sur les arbres, et fleurit pendant la saison 
la plus chaude de l’année, c’est à dire en mai. 

Quand Lindley créa le genre Coelogyne, en 1821 (Coll. Bot. sub. t. 33), 
il y plaça deux espèces, C. punctulata et C. cristata , dont les spécimens avaient 
été collectés par Wallich au Népaul; toutefois il nommait encore le « Cymbi- 
dium nitidum Wallich » (Roxburgh en réalité), comme une troisième espèce 
douteuse. Plus tard, en effet, il fut reconnu que c’était un synonyme de la 
première nommée. 

Quelque temps après, le D r Wallich envoya à Lindley d’autres spéci- 
mens, auxquels celui-ci donna le nom de C. ocellata; il décrivit la plante sous 
le même nom dans son ouvrage « Généra and Species of Orchidaceous Plants , » 
et établit dans les termes suivants son identité avec le C. punctulata : « Obs. 
C. punctulata mihi, olim ex exemplare solitario descripta, hujus loci est. Nomen 
mutavi, quia dubius haereo an flores révéra sint punctati. » (Le C. punctulata 
que j’ai décrit autrefois, d’après un exemplaire unique, doit se placer ici. J’en ai 
changé le nom, parce que je ne suis pas bien certain que ses fleurs soient réelle- 
ment pointillées.) 

Le nom de C. punctulata n’apparaît pas dans l’herbier de Lindley. 






Le Coelogyne nitida de Lindley semble avoir été perdu de vue complète- 
ment, mais en réalité il est identique avec celui qu il appela plus tard C. ochyuccci , 
ainsi que le prouvent les spécimens de son herbier. 

Les débuts de l’histoire du C. ocellata comportent un peu de confusion. 

Il a été introduit pour la première fois dans les cultures par MM. Loddiges 
de Hackney, avant 1839, car cette année-là, Lindley écrivait dans le Botanical 
Register : « Cette belle plante vient de fleurir imparfaitement chez MM. Loddiges, 
qui l’ont importée de l’Inde. » L’année suivante, il fut figuré dans le Botanical 
Magazine , et visiblement d’après un spécimen non encore complètement établi. 
Il est originaire de l’Himalaya Oriental des Tropiques; on l’a trouvé, en effet, 
dans le Bouthan, les hauteurs du Mishmi, le haut Assam, et aussi en abondance 
sur les hauteurs du Khasia, entre 1000 et 2000 mètres d’altitude. Wallich se 
trompe en indiquant comme origine « Sermore » , ainsi que Lindley en indiquant 
Sikkim, qui est la patrie du C. ochracea. 

La variété maxima a été décrite par le professeur Reichenbach, en 187g, 
dans les colonnes du Gardeners ’ Chronicle. Il fait la remarque suivante : « A mon 
avis, c’est une plante d’une grande beauté. Elle est beaucoup plus forte que la 
forme commune, et produit un racème de fleurs d’un riche coloris et de grande 
taille, se rapprochant de celles du C. cristata. » Le C. ocellata maxima a été 
introduit par M. B. S. Williams de Holloway. La reproduction donnée par le 
Floral Magazine fut faite d’après le spécimen original. C’est une très élégante 
variété, mais ce n’est que l’espèce vue dans toute sa beauté, car, à part la 
grandeur, elle ne diffère pas du type ordinaire. R. A. Rolfe. 


{Suite de page 8) 


la mode, aux formes si bizarres et si variées, au coloris si vif, aux teintes 
si capricieuses. Nous n’entreprendrons pas de décrire ici ces inénarrables 
merveilles; toute description resterait au-dessous de la réalité. Tout au plus 
mentionnerons-nous ces superbes Yanda, l’un des plus brillants ornements de 
la serre aux Orchidées ; ces adorables Cattleya d’un coloris et d’une délicatesse 
indicibles ; puis ces étranges Nepenthes avec leurs gourdes caractéristiques, plus 
bizarres encore que belles, lorsqu’elles se balancent doucement sous la feuille 
qui les retient par un mince fil ; ou bien encore ces Cypripedium non moins 
curieux, qui agrémentent leur gourde d’une couple de fibres démesurément 
longues comme d’une paire de moustaches chinoises... 

Nous nous arrachons avec peine à ces admirables cultures, et en guise de 
remerciement pour l’obligeance avec laquelle M. Linden a bien voulu nous 
ouvrir toutes larges les portes de cet Eden, nous le proclamons à l’unanimité 
membre d’honneur de notre Société. 


(Extrait du Bulletin mensuel de la Société d'horticulture d' Y près.) 










LINDENIA 


PL. CCXLIV 



CORYANTHES BUNGEROTHI rolfe 


A. Goossetts ad nat. de L et pinx. 


P. De Pannetnaeker chroni. 


PL. CCXLIV 


CORYANTHES BUNGEROTHI rolfe 

CORYANTHES DE M. BUNGEROTH 


ÉTYMOLOGIE : Du grec xoqvç casque, et avdoç, fleur ; allusion à la forme de l’appendice du labelle. 

CORYANTHES Hook. Sepala libéra, patentissima, magna, irregulariter undulato-flexuosa, posticum late- 
ralibus brevius latiusque. Petala sepalis multo minora, erecta, torta. Labellum carnosum, ungue longo patente cum 
basi columnae continuo, lobi latérales in medio ungue in appendicem poculiformem connati, médius magnus, galeatus. 
Columna longiuscula, teres, apice inflexo-clavata vel breviter 2-alata, apoda, basi 2-auriculata vel 2-cornuta; clinan- 
drium parum prominens. Anthera terminalis, opercularis, incumbens, convexa, carnosa, 2-locularis ; pollinia 2, cerea, 
anguste oblonga, sulcata, inappendiculata, anthera déhiscente stipiti lineari affixa, glandula parva. 

Herbae epiphyticae, caulibus abbreviatis, mox in pseudobulbos carnosos apice 2-foliatos incrassatis. Folia ampla, 
nervosa, subplicata. Scapi ad latera pseudobulborum reflexi, simplices. Racemi laxe pauciflori, floribus maximis bre- 
viter pedicellatis. 

Species circa 10, Americae tropicae incolae. 

Coryanthes Hook. Bot. Mag., LVIII (1831), t. 3102. — Benth et Hook. f. Gen. Plant., III, p. 549. 

Coryanthes Bungerothi. Pseudobulbi ovoideo-oblongi , 2 1/2 poil, longi. Folia anguste lanceolata, acuta, 
1 ped. longa. Pedunculus uniflorus 1 1/2 ped. longus. Bracteae ovato lanceolatae, acutae. Ovarium pedicellatum 
5 poil, longum. Sepalum posticum elliptico-ovatum, obtusum, 2 1/4 poil, longum, 1 1/2 poil, latum. Sepala lateralia 
oblique lanceolato-linearia, acuta, 6 poil, longa, 2 poil. lata. Petala similia, obtusa, 3 poil, longa, 3/4 poil. lata. 
Labelli unguis 3/4 poil, longus; hypochilium hemisphaericum, antice productum, truncatum; mesochilium transverse 
corrugatum; epichilium 2 3)4 poil, latum, 2 poil, altum, apice trilobum, lobo medio triangulari-oblongo, truncato, 
lobis lateralibus brevioribus apice acutis arcte recurvatis. Columna 2 1/4 poil, longa, subclavata, alis rotundatis dentibus 
incurvis triangularibus acutis ; anthera 4 lin. lata. 

Coryanthes Bungerothi Rolfe. 


es Coryanthes forment un genre très remarquable composé d’environ 
dix espèces décrites, répandues depuis le Mexique méridional jusqu’à 
la Nouvelle Grenade et au Brésil. Ils sont caractérisés par leur labelle 
très original, dont l’extrémité a la forme d’un seau, et qui porte près de la base 
un curieux appendice en forme de capuchon. 

La magnifique espèce représentée ici est étroitement alliée au C. Fieldingi 
Lindl., dont Lindley considérait les fleurs comme « les plus grandes connues 
parmi les Orchidées. » Cependant il s’en distingue aisément par la forme diffé- 
rente du capuchon. La partie antérieure de celui-ci, dans le C. Bungerothi , se 
prolonge jusqu’auprès des bords du seau, où elle se termine brusquement, tandis 
que dans le C. Fieldingi elle est à peine plus longue que les côtés, peut-être 
même ne les dépasse-t-elle pas du tout. 

Le C. Bungerothi a été envoyé du Venezuela par M. Bungeroth, en 1888, 
à MM. Linden, de L’Horticulture Internationale, à Bruxelles, et il a fleuri 
dans cet établissement au mois de mai de cette année. 

Son coloris, sans être éclatant, est très agréable. Les sépales sont d’un 



blanc verdâtre très pâle, couverts d’un abondant pointillé de rouge pourpre clair. 
Les pétales sont plus blancs, et portent des taches beaucoup plus grandes et 
moins nombreuses. Le seau du labelle est jaune à la base, et passe au jaune 
brun au delà d’une large bande de cils soyeux appliqués contre la surface ; cette 
bande s’étend des deux côtés depuis la base à peu près jusqu’aux angles du capu- 
chon. Le capuchon, à l’intérieur, est coloré d’orange, avec un grand nombre de 
taches assez grandes, d’un rouge brun vers le sommet; la partie inférieure porte 
une grande épaisseur de cils soyeux appliqués. Le mésochile, avec ses cinq 
replis, est jaune orange, avec quelques taches rougeâtres, peu nombreuses et 
peu apparentes. L’extérieur du seau est jaune sur la moitié inférieure, plus 
pâle vers le sommet, et porte également quelques taches peu visibles; l’intérieur 
est couvert de larges taches cramoisi et brun pourpré. La colonne est vitreuse, 
avec de larges taches brun pourpré sur la face intérieure. Les glandes ou cornes 
secrétantes situées à sa base ont la forme d’un large triangle obtus, et une lon- 
gueur de huit à neuf millimètres. Elles laissent suinter, tant que la fleur con- 
serve sa fraîcheur, un liquide aqueux, légèrement visqueux et très odorant, 
qui tombe dans l’intérieur du seau. Il est à remarquer que la base du seau est 
tout à fait plate; toutefois l’écoulement du liquide est arrêté par un épaississe- 
ment transversal qui se produit juste derrière les dents du sommet. 

L’économie de la fécondation dans ce genre singulier, est une des plus 
remarquables que l’on puisse observer dans la famille tout entière. Elle a été 
décrite par Cruger, dont nous reproduisons sommairement les observations. 

Dès que les fleurs s’ouvrent, le parfum attire une grande abeille, bruyante 
et batailleuse, qui vient les visiter pour ronger un tissu cellulaire qui se trouve 
sous l’hypochile ou capuchon. On voit ces insectes en grand nombre lutter entre 
eux pour prendre place sur les bords de l’hypochile. Soit à la suite de ces 
batailles, soit par l’effet d’un empoisonnement causé par la matière qu’ils dévorent, 
ils tombent dans l’intérieur du seau, à moitié plein du liquide secrété par les 
glandes placées à la base de la colonne ; ils se traînent alors vers la partie 
antérieure, où se trouve un étroit passage entre l’ouverture de l’épichile et la 
colonne. Mais pour sortir de ce bain forcé, ils doivent faire des efforts consi- 
dérables, car l’ouverture de l’épichile et la face de la colonne s’adaptent ensemble 
exactement, et sont très rigides. La première abeille qui sera ainsi immergée 
emportera donc la masse pollinique collée à son dos ; en s’échappant elle retour- 
nera immédiatement à la même fleur ou à une autre pour continuer son festin. 
Généralement elle sera de nouveau précipitée dans le vase, et s’en évadera comme 
précédemment, mais en s’évadant elle déposera le pollen sur le stigmate, qui 
s’en imprégnera de cette façon. 

Cruger fait remarquer que ces hyménoptères se lèvent de bonne heure ; mais 
en se plaçant de bonne heure en observation, il a constaté qu’ils formaient une 
procession continuelle par le passage indiqué. C’est, sans aucun doute, une fleur 
extraordinaire. R. A. Rolfe. 


r 



2 -L IVHAI-SON 


6 me Volume 


■“^.Linden, f 

Ï\ÉD^TEUI^S : 

uëiEN Linden. 

MILE RODIGAS 


Selenipedium X Sedeni 
candidulum Rchb. f. . 
Oncidium Kramerianum 
Rchb. f. ..... . 

Dendrobium Devonia- 

num Paxt 

CCXLVIII. Maxillaria longisepala 
Rolfe 


CCXLV, 


CCXLVI, 


CCXLVII 


Litti. G. Severeyns . Bruxelles . 













PL- CCXLV 


LINDENIA 


'IUM 


SEDENI C 


l RCHB. F. 


De P 


chrûm 


PL. CCXLV 


SELENIPEDIUM x SEDENI CANDIDULUM RCHB. F. 

SELENIPEDIUM DE SEDEN, PRESQUE BLANC 


SELENIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I. p. 10. 

Selenipedium Sedeni candidulum Rchb. f. in Gard. Chron., XXII, p. 489. 



armi les nombreux croisements opérés avec tant de bonheur par 
M. Seden dans la famille orchidéenne, c’est le genre Cypripedium, 
et spécialement le groupe provenant des Selenipedium Schlimi et longi- 
folium , qui lui ont procuré les plus brillants succès. Ces deux dernières plantes 
ont produit entre elles, puis entre leurs variétés, des combinaisons d’une forme 
et d’un coloris exquis, et possédant des qualités de robusticité et de floribon- 
dité des plus précieuses. Leurs fleurs sont, en outre, d’une très longue durée 
comme celle de presque tous les Cypripedium. 

A ces hybrides sont venus s’ajouter, malgré les préjugés relatifs aux incon- 
vénients de la consanguinité ou à la stérilité des hybrides, un certain nombre 
de nouveaux produits de ceux-ci avec d’autres espèces, ou avec leurs propres 
parents. C’est ainsi qu’on a pu produire : 

le 5'. Sedeni, provenant du S. longifolium et du S. Schlimi; 

le 5. Sedeni candidulum, du 5. longifolium et du 5. Schlimi albiflorum; 

le 5. Sedeni porphyreum, du 5. longifolium Hartwegi et du 5. Schlimi; 

le S. stenophyllum, du S. Schlimi et du 5. caricinum; 

le S. Saundersianum, du S. caudatum W arscewiczi et du S. Schlimi; 

le 5. leucorrhodum, du 5. longifolium Hartwegi et du S. Schlimi albiflorum; 

le .S. grande, du 5. longifolium Hartwegi et du 5. caudatum; 

le S. conchiferum, du 5. caricinum et du 5. longifolium Hartwegi; 

le 5. albo-purpureum, du S. Schlimi et du S. Dominyi, 


et, avec le S. Sedeni : 

le S. Ainsworthi, du 5. longifolium Hartwegi; 
le .S. calurum, du S. longifolium-, 
le S. cardinale, du S. Schlimi albiflorum; 
le 5. Schrôderae, du S. caudatum. 

On voit combien est étroite la parenté qui unit ces diverses plantes. 

Le S. Sedeni méritait d’ailleurs par sa beauté d’être ainsi utilisé pour de 
nombreuses reproductions. Sa fleur est charmante; elle n’a qu’un seul défaut, 
qui est sa petite taille. 


Le S. Sedeni candidulum est plus gracieux encore, avec ses pétales et ses 
sépales d’un blanc d’ivoire, ceux-ci légèrement veinés de jaune verdâtre, tandis 
que les pétales sont teintés de rose pâle surtout aux extrémités, et son labelle 
rose, un peu plus foncé sur les bords, avec les lobes repliés intérieurement, 
d’un blanc d’ivoire moucheté de rose vif. Chargé de nombreuses fleurs, d’une 
légèreté de structure et d’une élégance de coloris surprenantes, il présente un 
agréable contraste avec les autres formes de la serre chaude, également belles, 
mais plus massives et plus sombres. C’est une des Orchidées les plus déco- 
ratives comme port et comme floraison, et l’un des plus précieux ornements 
de la serre des Cypripedium des tropiques. 


LES ORCHIDÉES AU MOIS D’AOUT 

La famille orchidéenne, qui, grâce à l’immensité de son domaine, suffit à 
nous fournir pendant tout le cours de l’année des merveilles sans cesse renou- 
velées, semble cependant prendre au mois d’août un court repos. « Tout est si 
bien concerté dans la nature, nous disait un jardinier philosophe, que la saison 
des chaleurs, où la vie élégante se transporte loin des grands centres, coïncide 
avec la floraison des prairies et des jardins de pleine terre, et que les plantes de 
nos serres sont, elles aussi, en villégiature à cette époque.» C’est peut-être pousser 
un peu loin la pénétration des desseins de la Providence ; mais il est vrai que les 
personnes qui délaissent actuellement leurs plantes favorites peuvent y songer 
sans trop de remords; elles trouveront en rentrant vers la fin de septembre, leurs 
serres remplies de nouvelles richesses et ignoreront qu’elles étaient, en leur 
absence, un peu dégarnies et tristes. 

Les Odontoglossum ont une fécondité inépuisable, et leurs demeures, tou- 
jours éblouissantes, grâce aux grappes harmonieuses d’O. Alexandrae et d’O. P es - 
catorei , se sont encore embellies des teintes sombres des grands Odontoglossum 
Hanyanum ; plus loin les Oncidium, plus gracieux que jamais, étendent leurs 
tiges légères couvertes de ravissantes miniatures, O. cucullatum , O. ornitho- 
rhynchum , O. trichodes , O. iridifolium , ou leurs capricieuses reproductions d’in- 
sectes ailés comme les O. Kramerianum et Papilio. La troupe des Masdevallia, 
moins élancés et moins riches, a donné avec vigueur, et produit des milliers de 
fleurs de toutes les tailles et de toutes les nuances. Les Cypripedium, eux aussi, 
ont soutenu vaillamment l’honneur du drapeau et fait donner leurs réserves. 
Les C. barbatum et leurs nombreuses variétés C. Harrisianum , C. callosum , etc., 
et les beaux Selenipedium, ainsi que leurs hybrides, S. caudatum , vS. Sedeni , 
S. calurum , S. Schrôderae , etc., ont fourni à cette partie des serres un éclat 

(Pour la Suite , voir page 16.) 



LINDENIA 


PL. CCXLVl 



ONCIDIUM KRAMERIANUM kchb . f. 




G. Sevcrcyns cliroin . 




PL. CCXLVI 


ONCIDIUM KRAMERIANUM rchb. f. 

ONCIDIUM DE KRAMER 

ONCIDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 37. 

Oncidium Kramerianum. Aff. Oncidio Papilioni Lindl., minus, pseudobulbis obtusis quadri-septangulatis (nec 
ancipitibus), pedunculi internodiis omnibus teretibus, labello et sepalis lateralibus serrulatis, illo antice crispissimo, 
carina basilari obtusangula crenata, alis gynostemii inferioribus integerrimis. Pseudobulbis rotundulis, viridiviolaceis, 
obtuse quadri-septangulatis, angulis obtusis. Folium cuneato-oblongum acutum valde coriaceum, obscure viride, maculis 
striolisque atroviolaceis ; usque octo pollices longum, supra medium quatuorve latum. Pedunculus more Oncidii Papi- 
lionis Lindl. perennis, raro superne ramosus ex axillis vaginarum praesertim laeso internodio supremo. Internodia 
omnia — et suprema quidem haud minus — teretiuscula, nec ancipitia more Oncidii Papilionis Lindl. Vaginae 
appressae apice acuminatae acutaeve. Bracteae subaequales. Perigonium tenuissimum, membranaceum, telae Dendrobii 
Palpebrae similiumque plantarum, vix per duos dies bene servatum, flore Oncidii Papilionis bene culti, duabus tertiis 
minus. Sepalum dorsale et tepala linearia ante apicem acutum paulo dilatata et undulata, brunnea basi flava, ascen- 
dentia. Sepala lateralia cuneata ligulata acuta margine minute serrulata, crispa nunc lobulata flaveola maculis 
brunneis. Labellum (an semper?) per longitudinem complicatum, a basi cordata panduratum, antice valde dilatatum, 
cr ispolobulatum , margine denticulato serrulatum ; carina baseos obtusangula, lateribus papulosa, vertice crenata; 
flaveolum brunneo maculatum disco antice unicolori. Gynostemii alae superiores lineares apice capitatae, alae infe- 
riores obtusae quadratae integerrimae. Pollinia sessilia in lamina semilunata brevissima (quam in O. Papilione bis 
seu ter breviore). 

Rchb. f. in Xenia, I, p. 30, t. 33. — Walp. Ann. bot. t. VI, 1861, 816, no 197B. Flore des Serres, XIX, 
1873, p. 41. 

Patria : Chimborazo. 

out est remarquable dans cette brillante espèce que Reichenbach a 
placée sur le même rang que l’Orchidée papillon, depuis les pseudo- 
bulbes, ces renflements curieux dans lesquels la nature emmagasine 
les provisions dont le végétal a besoin pour revivre après sa longue léthargie 
hivernale, jusqu’à son feuillage élégamment marbré, et tout cela est couronné 
par des fleurs d’une rare beauté et dont la forme n’est comparable qu’à celle 
des plus gracieux insectes des tropiques. 

La découverte de Y Oncidium Kramerianum fut faite sur les flancs du Chim- 
borazo dans l’Equateur, par le courageux botaniste polonais von Warscewicz 
qui enrichit les cultures européennes de nombreuses plantes précieuses à bien 
des titres. 

Proche allié de YOncidium Papilio , dont il rappelle de loin la féerique 
image, il s’en distingue non seulement par ses proportions moindres sous tous 
les rapports, mais aussi par la forme obtuse et pluriangulaire des pseudobulbes 
et celle des entrenœuds de la tige qui sont bien cylindriques ; en outre, les 
sépales latéraux et le labelle sont finement dentés en scie, tandis que les 
ailes du gynostème sont entières. 





La plante peut se passer de toute description scientifique detaillee , le 
portrait que la Lindenia en offre à ses lecteurs suffit pour en donner une 
idée complète. Mais il convient d’ajouter qu’elle est peu exigeante sous le 
rapport de la chaleur; une température de 5 à 8° en hiver satisfait amplement 
sa complexion peu délicate. Une fois que cet Oncidium a fleuii, le développe- 
ment de ses splendides inflorescences se continue tous les ans. 

Ém. R. 


[Suite, voir page 14) 

incomparable. Mais plus loin, que de défections, que de vides ! et quelle tristesse 
pour la vue de l’amateur encore plein du souvenir des splendeurs du mois 
de juin ! 

Le quartier des Dendrobium était presque dépeuplé. Les formes superbes 
qui nous ont charmés tout l’été avaient disparu ; à peine quelques beautés de 
second ou de troisième rang nous restaient, ainsi qu’un certain nombre de fleurs 
très petites, très ternes, presque perdues entre les hautes colonnes des tiges 
maigres et allongées. 

Les Vanda aussi avaient peu de fleurs; sauf quelques F. tricolor, teres et 
suavis, quelques variétés d’une élégance et d’un parfum exquis, nous conservant 
le souvenir des charmes de l’été, presque tous avaient cédé la place aux Aerides 
qui épanouissaient près d’eux leurs thyrses blancs et roses. 

Les Laelia elegans, purpurata, crispa, nous avaient abandonnés; la plupart 
des Anguloa, au parfum pénétrant, aux formes si curieuses et si pittoresques, 
presque tous les Calanthe, les Miltonia vexillaria, épanouis depuis près de trois 
mois, avaient fait de même; enfin la désolation régnait surtout dans la serre des 
Cattleya. 

C’est ici peut-être que le contraste est le plus pénible ; aucune serre ne 
pouvait rivaliser avec celle-là au mois de juin pour le coloris, la parfaite beauté 
des formes, le parfum délicat et suave ; puis toutes ces splendeurs ont disparu 
une à une; les C. gigas et quelques espèces retardataires ont un peu prolongé 
le charme; au mois d’août tout est vide, tout est éteint. 

Mais le réveil approche, et bientôt la vie va reparaître de toutes parts. 
Prenons patience quelques semaines encore, et nous verrons s’épanouir l’une 
après l’autre toutes les richesses de l’automne. Les oublieux qui pendant deux 
mois d’été ont délaissé leurs serres, pourront y puiser à leur retour de nouvelles 
jouissances; elles seront plus belles que jamais et suffiront à leur enlever, pendant 
la saison triste et sombre, le regret des prairies tapissées de fleurs et des brises 
embaumées de la campagne. 






































' 







































































































LINDENIA 


PL. CCXLVII 



DENDROBIUM DEVONIANUM 


PAXT. 


O. Sevcreyns chrotn. 



PL. CCXLVII 


DENDROBIUM DEVONIANUM paxt. 

DENDROBIUM DU DUC DE DEVONSHIRE 


DENDROBIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 13. 

Dendrobium Devonianum (Eudendrobium), caulibus elongato-cylindraceis articulatis striatis proliferis, foliis lineari- 
lanceolatis distichis submembranaceis acuminatis, floribus (5-6) aggregatis, sepalis lanceolatis integerrimis , petalis 
ovatis acutis ciliatis apice purpureo-maculatis , labello cucullato amplo latissime cordato pulcherrime plumoso- 
fimbriato intus maculis 2 aurantiacis ornato apice emarginato purpureo, calcare brevissimo. 

Dendrobium Devonianum Paxt. Mag. of Bot., VII, p. 169. — Hook. Bot. Mag., t. 4429. — Fl. des Serres, 
VII, p. 1, t. 647. — III. Hort., 1857, t. 145. — Warn. Sel. Orcli. II, t. 2. 


rop favorablement connue pour qu’il soit nécessaire d’en faire ici la 
description détaillée, la belle espèce qui nous occupe a fait depuis 
longtemps son chemin dans le monde horticole; il lui a suffi de paraître 
un jour pour conquérir une place parmi les joyaux du genre Dendrobium, à 
côté des D. nobile , D. Paxtoni , D. Dalhousieanum et de quelques autres dont les 
inflorescences ont bien peu de rivales. Découverte par l’intrépide collecteur 
Gibson dans la région montueuse de Khasya, située dans le nord-est de l’Inde 
orientale, elle se trouvait croissant sur les branches des arbres, dans d’épaisses 
forêts, à une altitude supramarine d’environ 1500 mètres. Elle fut introduite 
pour la première fois à l’état vivant dans les célèbres serres de Chatsworth où 
le duc de Devonshire réunissait ses richesses florales. C’est à cet enthousiaste 
promoteur de l’horticulture que cette espèce fut dédiée. Depuis lors elle fut 
retrouvée par le Rév. C. Parish dans le district du Moulmein, aire de disper- 
sion par excellence d’un nombre très considérable d’espèces de Dendrobium, 
et l’on sait aujourd’hui, comme le constatent MM. Veitch dans leur Manual 
of Orchidaceous Plants (*), que le D. Devonianum est répandu au nord de l’Inde, 
dans l’Assam, Burmah, Siam et le sud de la Chine. Il est même assez éton- 
nant que, malgré une distribution géographique aussi étendue, il n’ait présenté 
jusqu’à ce jour que fort peu de variations. 

Le Dendrobium Devonianum ne captive point l’attention, ni par le port de 
la plante, ni par le charme du feuillage, et il partage cette condition avec beau- 
coup d’autres Dendrobium qu’un amateur célèbre traitait volontiers « d’échas- 
siers. » Mais l’inflorescence! « Tout ce que l’imagination peut rêver de plus 
élégant pour les formes, de plus délicat pour la texture, de plus suave pour 
le coloris, la nature semble avoir voulu le réaliser dans le genre Dendrobium : 



(1) Part III, Dendrobium, p. 39. 



i8 


c’est là le prototype des Orchidées asiatiques, la grâce elle-même personnifiée 
dans les fleurs. A part un très petit nombre d’espèces qu’on trouve comme 
égarées sur la côte orientale de l’Australie et dans la Nouvelle-Zélande, ce 
vaste genre habite exclusivement les parties chaudes de l’Asie; l’Inde, surtout 
dans ses districts subhimalayens, en recèle les plus admirables formes et l’on 
peut hardiment compter dans le nombre le Dendrobium Devonianum . » Que pour- 
rait-on ajouter à cette appréciation émise autrefois dans la Flore par le botaniste 
français J. E. Planchon? 


LE CATASETUM BUNGEROTHI n. e. br. 



Cette magnifique Orchidée, une des plus riches introductions de MM. Linden 
dans ces dernières années, et que les lecteurs de la Lindenia ne peuvent assuré- 
ment avoir oubliée, était reproduite récemment dans une publication spéciale 
anglaise sous le nom de Catasetum pileatum , nom que lui aurait donné le pro- 
fesseur Reichenbach en faisant sa description, dès 1882. 

M. Lucien Linden écrivit aussitôt au Gardeners’ Chronicle pour rétablir les 
faits exacts et protester contre la confusion commise entre deux plantes abso- 
lument distinctes, dont Reichenbach avait connu et vanté la seconde en date, 
sans jamais manifester la prétention de l’identifier avec celle qu’il avait décrite 
auparavant. 

Le même journal a inséré depuis lors deux articles où le même sujet était 
traité par MM. Rolfe et Brown, de Kew. Le Journal des Orchidées en publie 
la traduction dans ses numéros du 15 août et du I er septembre. Nous y ren- 
voyons nos lecteurs, que cette polémique intéressera sans aucun doute. 

Les preuves manquent actuellement, l’herbier de Reichenbach étant fermé 
pour vingt-trois ans encore aux regards du public. Le procès reste donc pen- 
dant; mais on peut dire dès maintenant que toutes les présomptions sont en 
faveur de la théorie de M. Linden, qui affirme que les plantes sont distinctes, 
d’autant plus qu’il n’est pas entièrement démontré que le professeur allemand 
ait cru à leur identité. 









MAXILLARIA LONGISEPALA rolfe 


P. De Pannemacker diront* 


PL. CCXLVIII 


MAXILLARIA LONGISEPALA rolfe 

MAXILLARIA A SÉPALES LONGS 

ÉTYMOLOGIE : Maxilla, mâchoire, allusion aux mandibules de quelque insecte. 

MAXILLARIA Ruiz et Pav. Sepala subaequalia , inter se libéra, lateralia basi pedi columnae adnata 
mentum saepius parum prominens formantia, patentia vel rarius suberecta. Petala sepalis similia vel interdum minora. 
Labellum ad apicem pedis columnae ungue brevissimo inflexo erectum, concavum; lobi latérales erecti, médius ovato- 
oblongus patens, sepalis paulo v. multo brevior; discus subnudus v. tuberculo instructus. Columna erecta, saepe leviter 
incurva, crassa, semiteres, exalata, antice concava ; clinandrium crassiusculum, concavum, integrum. Anthera termi- 
nalis, opercularis, incumbens, conica v. semiglobosa, i-locularis v. imperfecte 2-locularis, saepe pubescens ; pollinia 4, 
ovata, compressa per paria faciebus planis sibimet incumbentia, inappendiculata, anthera déhiscente stipiti piano brevi 
nunc brevissimo affixa, glandula squamiformi. Capsula ubi nota ovoideo-v. obovoideo-oblonga, erecta, erostris. 

Herbae epiphyticae, caulibus nunc in rhizomate brevissimis, mox in pseudobulbum carnosum 1-2 foliatum 
incrassatis, nunc ad apicem rhizomatis elongatis dense distichophyllis. Folia coriacea, tenuia v. subcarnosa, praeter 
costam tenuiter venosa. Scapi v. pedunculi ad basim pseudobulborum v. in axillis foliorum solitarii 2-00 -vaginati, 
semper i-flori. Flores magni v. médiocres. 

Species enumerata ultra 100, Americae tropicae a Brazilia et Peruvia usque ad Indiam occidentalem et Mexicum 
incolae. 

Maxillaria Ruiz et Pav. Prodr. Fl. Chil. et Per., 116, t. 25. — Benth. et Hook. F. Gen. Plant., III, p. 555. 

Maxillaria longisepala. Pseudobulbi caespitosi, ovati v. ovato-oblongi, subcompressi 1-1/4 poil, longi. Folia 
anguste ligulata, acuta, 6-9 poil, longa, 8-10 lin. lata. Pedunculi 6-poll. longi, 4-5 vaginati. Bracteae lanceolatae, 
acutae, rufo-brunneae, 1-1 1/4 poil, longae. Sepala angustissima, longe acuminata, 3 1/2-4 poil. longa, pallide purpureo- 
brunnea, leviter striata. Petala similia, paulo breviora. Labellum ovato-oblongum, obtusum v. subapiculatum,* margine 
reflexum, 1 poil, longum, pallide flavo-viride lineis radiatis rufo-brunneis. Columna 5 lin. longa, pallide viïidis. 

Maxillaria longisepala Rolfe in Gard . Chron., 1890, pt. 2, p. 94. 



e genre Maxillaria, si vaste et si complexe, comprend relativement peu 
d’espèces de valeur pour l’horticulture; il y a cependant quelques remar- 
quables exceptions, parmi lesquelles on peut placer la nouvelle plante 
que nous reproduisons ici. C’est une espèce très élégante, alliée au M. pentura 
Lindl., mais qui lui est supérieure par la grandeur de ses fleurs. Celles-ci sont 
d’une nuance pourpre-brun pâle, faiblement striées de la même couleur, et 
passant au brun-cannelle à l’extérieur des segments, qui atteignent près de dix 
centimètres de longueur. Le labelle est beaucoup plus court, d’une teinte vert- 
jaune pâle, avec des lignes radiantes d’un brun-rouge foncé sur les bords repliés. 

Cette plante a été envoyée du Vénézuela par M. Bungeroth à MM. Linden, 
de L’Horticulture Internationale, à Bruxelles; je n’ai pu l’identifier dans la 
multitude des espèces décrites, et je l’ai en conséquence décrite, dans un des 
derniers numéros du Gardeners 7 Chronicle , comme une espèce nouvelle et sous 
le nom indiqué plus haut. 


R. A. Rolfe. 



LISTE DES ORCHIDÉES 

EN FLEURS PENDANT LE MOIS D’AOUT DANS LES SERRES DE « L’HORTICULTURE 

INTERNATIONALE » 


Acropera Loddigesi. 
Aerides Dayanum. 

» Houlletianum. 

» Lobbi. 

» odoratum. 

» Regnieri. 

» Sanderianum. 

Angraecum caudatum. 
Anguloa Ruckeri. 

» » super ba. 

» uniflora. 

Aganisia cyanea. 

» tricolor. 
Bifrenaria aurantiaca. 
Burlingtonia fragrans. 

» granadensis. 
Catasetum Bungerothi. 
Cattleya aurea. 

» Bowringiana. 

» bicolor. 

» Dowiana. 

» Gaskelliana. 


» gigas. 

» Leopoldi. 

» Mendeli. 

» superba. 

Calanthe veratrifolia. 

» masuca. 

Chysis aurea. 

Coelogyne Massangeana. 
Coryanthes Bungerothi. 
Cypripedium Ashburtoniae. 

» » expansum. 


» barbato-Veitchi. 

» barbatum variés. 

» callosum. 

» calurum. 

» caudatum. 

» conchiferum. 

» concolor. 

» Dominyi. 

» grande. 

» Kimballianum. 

» Lawrenceanum. 

» leucorrhodum. 

» praestans. 

» Roezli roseum. 

» Schrôderae. 

» S edeni variés. 

» superciliare. 


Cypripedium tonsum. 

Dendrobium chrysanthum. 

» javanicum. 

» moschatum. 

» Parishi. 

» secundum. 

» superbum. 

Disa cornuta. 

Epidendrum ciliare. 

» cochleatum. 

» fragrans. 

» prismatocarpum. 

» vitellinum majus. . 

Galeandra d’Escragnolleana. 

» flaveola. 

Gongora quinquenervis. 

Isochilus linearis. 

Laelia amanda (Rothschildiana). 

» Dayana. 

» Dormaniana. 

» elegans. 

Lycaste aromatica. 

Masdevallia amabilis. 

» Chestertoni. 

» Estradae.. 

» Harryana variés. 

» ignea. 

» Lin déni. 

» ochtodes. 

» Reichenbachi. 

» Shuttleworthi. 

» spectabilis bicolor. 

» trochilus. 

» Veitchi. 

» Wallisi. 

» Wagneriana. 

Miltonia vexillaria. 

» Moreliana. 

Mormodes luxatum eburneum. 
Odontoglossum Alexandrae variés. 
» bictonense. 

» Boddaertianum. 

» Cervantesi. 

» citrosmum. 

» » album. 

» cordatum. 

» Dowianum. 

» epidendroides. 

» grande. 

» Harryanum. 


Odontoglossum Lucianianum. 

» » aurosum. 

» maculatum. 

» madrense. 

» Pescatorei variés. 

» polyxanthum. 

» Sanderianum. 

» sceptrum. 

» Uro-Skinneri. 

» Wallisi. 

Oncidium auriferum. 

» cucullatum. 

» divaricatum. 

» flabellulatum. 

» Forbesi. 

» incurvum album. 

» iridifolium. 

» Krameri. 

» Lanceanum. 

» ornithorhynchum. 

» Papilio. 

» Reichenheimi. 

» superbiens. 

» trichodes. 

» triquetrum. 

Paphinia Lindeni. 

» Randi. 

Phalaenopsis grandiflora. 

» Mariae. 

» Wighti. 

Pleurothallis Andreana. 
Renanthera matutina. 

Restrepia antennifera purpurea. 
Rodriguezia Bungerothi. 
Saccolabium Blumei majus. 

» miniatum. 

Sobralia macrantha. 

Stanhopea eburnea. 

» oculata. 

Trichocentrum albo-purpureum. 
Trichopilia Galeottiana. 

Vanda Batemanni. 

» Hookeriana. 

» Lowi Lindeni. 

» multiflora. 

» suavis Lindeni. 

» teres. 

» tricolor. 

Warscewiczella discolor. 



6 rae Volume 


IVRAISON 


VÔIRECTEUf\:J 

3J Linden. J 

l\KDA:ÇTKi;i\S : 

LotiEN Linden. 
Emile Rodigas 




CCXLIX. Cypripedium praestans 
Rchb. f. var. Kimbal- 

lianum 

CCL. Masdevallia Reichen- 

bachiana Endres . . 

Dendrobium Dalhousiea 
num Paxton. 

Calanthe veratrifolia 
R. Br 


PL. CCLL 


PL. CCLII, 


Lith . G. Severeyns . Bruxelles . 










































































































































































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LINDENIA 


PL. CCXLIX 



CYPRIPEDIUM PRAESTANS rchb! f. var. KI.MBALLIANUM 


De Panncmoekcr chrotn. 



PL. CCXLIX 


CYPRIPEDIUM PRAESTANS rchb. f. var. KIMBALLIANUM 

CYPRIPÈDE DISTINGUÉ, VARIÉTÉ DE M. KIMBALL 

CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 17. 

Cypripedium praestans. Vide Lindenici, vol. III, p. 15. 

es lecteurs de la Lindenia se souviennent assurément de la grande 
sensation produite par l’apparition du C. praestans, en 1887, et de 
l’enthousiasme avec lequel cette nouvelle introduction était décrite 
par le professeur Reichenbach. La plante reproduite ci-contre est encore une 
conquête de L’Horticulture Internationale, de Bruxelles, et elle complète 
admirablement la première. Nous ne doutons pas que le parrain de celle-là 
n’eût donné la préférence à la forme nouvelle. 

En décrivant pour la Lindenia le C. praestans, Reichenbach le définissait, 
par une série de ressemblances, comme un composé des beautés des autres 
espèces; « on peut, disait-il, décrire la fleur comme ayant les sépales du 
C. Roebeleni, les pétales du C. Parishi, le labelle du C. Stonei. » Et il ajoutait : 
« le C. glanduligerum Bl. a beaucoup d affinité avec le C. praestans ... il y a aussi 
le C. Gardneri. » 

Nous nous sommes laissé gagner par la contagion de la comparaison, et 
nous avons estimé les analogies de la fleur nouvelle avec le C. praestans suffi- 
santes pour la considérer comme une variété de son aînée, bien qu’elle ait des 
mérites supérieurs, et assez éminents pour lui créer peut-être des droits à une 
place distincte. L’encombrement est déjà si grand dans le genre Cypripedium, 
grâce aux nombreuses formes existantes et aux hybrides qui apparaissent tous 
les jours, que tous les rédacteurs de catalogues et ceux qui les lisent nous 
sauront gré de cette discrétion, qui allège la tâche imposée à leur mémoire. 

La variété, en tout cas, est assurément l’apothéose du type. Pour revenir 
aux comparaisons de Reichenbach, le labelle reproduit exactement les dimen- 
sions, le coloris et le port érigé de celui du Stonei (beaucoup mieux que dans 
le C. praestans, qui a le labelle plus jaune); quant aux pétales, ils sont bien supé- 
rieurs à ceux du C. Parishi et du C. praestans; beaucoup plus amples et plus 
larges que ces derniers, ils présentent dans toute leur longueur une série de 
lignes brun-rouge bien marquées et portent, en outre, dans toute leur moitié 
antérieure, un grand nombre de larges taches velues, d’un brun noirâtre, trois 
ou quatre fois égales en volume à celles qu’on remarque sur le C. praestans. 
Cette particularité donne un cachet splendide à la fleur dont nous nous occupons, 



22 


S? « 


et tous les amateurs de Cypripedium, qui y attachent généralement un grand prix, 
trouveront dans ce seul caractère un motif suffisant de lui donner la prééminence. 

Enfin le sépale dorsal a les stries longitudinales brunes beaucoup plus larges 
et plus éclatantes, et le staminode a les deux faces latérales couvertes de cils 
bruns d’un très bel effet. 

Le C. praestans appartient à un petit groupe d’espèces qui ont entre elles 
d’étroites ressemblances, telles que le C. Rothschildianum , par exemple. Tous 
les Cypripedium de cette catégorie ont les feuilles épaisses et charnues, et 
paraissent plus délicats que ne l’est le genre en général. Ils se cultivent en 
serre chaude, avec les C. Lawrenceanum , C. barbatum , Selenipedium Sedeni, etc., 
et réclament des soins tout particuliers au point de vue des arrosages, à cause 
de la facilité avec laquelle une goutte d’eau tombée dans le cœur d’une pousse 
la fait pourrir en peu de temps. On peut leur reprocher aussi de ne pas fleurir 
avec la même régularité que leurs voisins cités plus haut. La rusticité et la 
floribondité d’un grand nombre de Cypripedium nous rendent sans doute un 
peu trop exigeants envers les quelques espèces moins favorisées. 

La belle plante figurée ci-contre provient d’une île voisine de celle des 
C. praestans , mais non pas de la même. Elle a fleuri pour la première fois 
en 1890 dans les serres de L’Horticulture Internationale, et a été dédiée par 
ses introducteurs à M. Kimball, un orchidophile américain des plus fervents et 
des plus éclairés. 

Nous avons mentionné plus haut l’analogie que Reichenbach signalait entre 
le C. praestans et le C. glanduligerum Bl. Nous croyons devoir y revenir pour 
relever la singulière confusion qui entoure l’histoire de ce dernier. MM. Veitch, 
dans leur M annal, l’appellent C. glanduliferum Bl., et déclarent en note que le 
Cypripedium cultivé sous le nom de C. praestans doit être identifié avec lui. Or 
l’année précédente, et comme s’il eût prévu cette prétention, Reichenbach s’expri- 
mait dans le Gardeners 9 Chronicle (18 décembre 1886) de la façon suivante : « J’ai 
« pensé au C. glanduligerum en voyant le C. praestans. Toutefois, ce n’est pas 
« la même espèce, car les spécimens de mon herbier et la reproduction de la 

« Rumphia montrent à l’évidence que la plante de Blume est moins vigoureuse; 

« elle a les bractées beaucoup plus petites, les sépales tout à fait différents, et 

« enfin, ce qui n’est pas moins important, le stigmate érigé. » 

Entre les opinions contradictoires exprimées par les deux savants orchido- 
graphes, il est malaisé de décider, d’autant plus que, comme le disent MM. Veitch, 
« le C. glanduliferum a été décrit et figuré il y a plus de quarante ans par 
Blume, et l’on n'en a jamais vu ni su davantage ». Dans ces conditions, on peut 
estimer que celui qui a effectivement introduit le C. praestans et l’a répandu dans 
les cultures, peut, appuyé de l’autorité d’un juge aussi compétent que Reichen- 
bach, se croire le droit de lui donner un nom distinct de celui de cette plante 
fantôme; nos voisins d’Outre -Manche, qui débaptisent volontiers, seraient les 
premiers, en pareil cas, à se prévaloir de ce droit. 






LINDENIA 


PL. CCL 



MASDEVALLIA REICHENBACHIANA endres 


A. Goossens pinx. 


P. De Pannemaeker chrom 




PL. CCL 


MASDEVALLIA REICHENBACHIANA endres 

MASDEVALLIA DU PROFESSEUR REICHENBACH 


MASDEVALLIA. Vide Lindenia, vol. I, p. 35. 

Masdevallia Reichenbachiana. Dense caespitosa ; foliis spathulato-oblanceolatis acutiusculis vel obtusis coriaceis ; 
pedunculis foliis superantibus usque trifloris heterochronicis ; bracteis oblongis aristatis carinatis ; perianthi tubo 
subelongato, sepalo postico breviter triangulo longe caudato, sepalis lateralibus longe triangulis brevius caudatis; 
petalis oblique oblongis apice angustioribus supra basim obtusangulis ; labello oblongo basi subcordato, apice angustiore 
subobtuso, callis geminis subparallelis ; columna subelongata acutangula. 

Masdevallia Reichenbachiana Endres, ex Rchb. f. in Gard. Chron ., 1875, pt. 2, p. 257. — Id. 1881, pt. 2, 
p. 230. — Veitch, Man. Orch. PI. , pars V, p. 60. 

Masdevallia Normanni Hort., ex Rchb. f. in Gard. Chron., 1881, pars 2, p. 230. 

Masdevallia Reichenbachiana var. aurantiaca Rchb. f. in Gard. Chron., 1883, pars 2, p. 360. 

Costa Rica. 



e Masdevallia Reichenbachiana est une élégante et gracieuse espèce, 
qui fut découverte à Costa-Rica par Endres, en 1873, et dédiée par 
lui à feu le professeur Reichenbach. Elle fut décrite en 1875. 

Ce Masdevallia appartient vraisemblablement au groupe des Coriaceae, 
quoique la forme et la texture du périanthe présentent quelques anomalies, et 
qu’il se distingue également par son port et par la production successive de 
plusieurs fleurs sur le même pédoncule. Reichenbach fait remarquer qu’aucune 
espèce de Costa Rica n’est aussi riche en variétés, et qu’en dehors de la forme 
type, qui a le tube et les cornes blanchâtres avec la partie postérieure rouge-sang, 
il s’en trouve d’autres portant des lignes radiées rouge-sang, et d’autres qui sont 
presque noires. Nous n’avons pas vu la dernière sorte. Quant à la variété 
aurantiaca , il paraît qu’elle est très belle, et qu’elle a les sépales latéraux d’une 
riche teinte orangée au lieu du brun pourpré sombre du type. 

L’espèce a été introduite d’abord par MM. James Veitch & Sons, de Chelsea, 
et a fleuri pour la première fois chez le Rév. M. Norman, de la paroisse de 
Whitchurch, Edgware, Londres. Le premier nom semble avoir été perdu de 
vue pendant quelque temps, car il paraît qu’un spécimen provenant de cette 
collection fut vendu à la salle Stevens sous le nom de M . Normanni; il atteignit 
un prix élevé. 

Le traitement qui convient au M. Reichenbachiana est celui de la majorité 
des espèces de ce genre. 

La planche ci-contre est, croyons-nous, la première reproduction qui en 
ait été publiée jusqu’ici. R. A. Rolfe. 




24 



LE GENRE MASDEVALLIA 

Les Masdevallia sont moins populaires actuellement qu’il y a quelques 
années, et nous croyons qu’il y a certainement lieu de le regretter; il n’y a 
d’exception que pour la section à fleurs écarlates, les chimaem , et un petit 
nombre d’espèces d’autres sections, qui paraissent s’être établies solidement dans 
la faveur du public, grâce à la beauté de leur aspect. Plusieurs beaux hybrides, 
qui sont encore rares aujourd’hui, prendront également une place importante 
dans les cultures quand ils seront mieux connus. Auprès d’eux se rangent un 
grand nombre d’espèces qui ne peuvent guère prétendre à l’effet, quoiqu’elles 
soient réellement attrayantes; ce sont des plantes de petite taille, compactes, 
portant des fleurs de la forme la plus gracieuse et du coloris le plus élégant qu’on 
puisse imaginer. Il existe actuellement des collections très complètes de ce genre 
si vaste et si intéressant; il convient de citer spécialement, dans le nombre, 
celles de M. Measures à Camberwell, de M. Courtauld à Braintree, du Jardin 
Botanique de Glasnevin, à Dublin, et des Jardins royaux de Kew. Sir Trevor 
Lawrence en possède également une collection considérable et très curieuse. 
Un certain nombre de nouvelles espèces ont apparu récemment; d’autre part, 
plusieurs des anciennes semblent avoir disparu. Il est probable que beaucoup 
de nouveautés restent encore à découvrir sur quelques pics des Andes, presque 
inexplorés/ jusqu’ici. R. A. Rolfe. 


LES HYBRIDES DE CALANTHE 

Une multitude de très beaux hybrides provenant du genre Calanthe embel- 
lissent aujourd’hui nos collections; la plupart d’entre eux appartiennent à la 
section vestita ; parmi eux le beau C. X Veitchi est le plus ancien et le plus 
avantageusement connu. 

Il est assez curieux de remarquer que la section veratrifolia n’en renferme 
qu’un seul, et que c’est le premier hybride d’Orchidées qui ait fleuri; nous 
voulons parler du Calanthe X Dominyi Lindl., produit par M. Dominy, le semeur 
bien connu, et qui a fleuri pour la première fois en octobre 1856. Il fut obtenu 
par le croisement du C. Masuca et du C. furcata . C’est cette dernière espèce qui 
avait fourni le pollen; il y a lieu de croire qu’elle n’existe plus actuellement dans 
les cultures. R. A. Rolfe. 































. 

















































































P. De Pannemaeker chro 


DENDROBIUM D A L H O US I E AN U M paxton 


LINDENIA 


PL. CCLI 


25 


PL. CCLI 

DENDROBIUM DALHOUSIEANUM paxton 

DENDROBIUM DE LADY DALHOUSIE 


DENDROBIUM. Vide Lindenia , vol. I, p. 13. 

Dendrobium Dalhousieanum. Caulibus elatis teretiusculo-fusiformibus striatis, foliis oblongo-lanceolatis obtuse 
acutis, vaginis atropurpureis seu atropurpureo-maculatis, racemis subhorizontalibus 3-11 fions, grandifioris, bracteis 
triangulis minutis, menso obtusangulo retrorso, sepalis oblongo-ligulatis acutis, tepalis rhombeo-ovatis acutis utrinque 
obtusangulis, labello ab ungue brevissimo subhastato oblongo concavo, antice papulis filiformibus numerosissimis ciliato 
et per superficiem barbato, callo trilobulo abrupto in ima basi, antrorsum in carinas duas excurrente; columna tri- 
gona, apice trifïda, lacinia postica triangula, laciniis lateralibus semirhombeis lobulatis, excavatione una in basi pedis. 

Dendrobium Dalhousieanum Wallich mss. in Hort. Calcutt. — Paxt. Mag. Bot., XI, p. 145, cum icon. — 
Bot. Reg., ann. 1846, tab. 10. — Flore des Serres, VII, 698. 



axton, parlant des diverses formes de Dendrobium connues, dit : « La 
plus belle de toutes est sans contredit le Dendrobium Dalhousieanum . » 
Et Lindley : « nulle espèce n’égale en beauté le D. Dalhousieanum. » 

Il n’est pas besoin d’ajouter de longs éloges aux deux jugements que nous 
venons de rapporter; ils dispensent de tout commentaire. La plante dont nous 
reproduisons ici une belle inflorescence a reçu, en effet, en apanage toutes les 
qualités qui font la gloire du monde végétal. Elle a l’allure et le noble port des 
plus belles de son genre, et cette majesté s’augmente de l’ampleur remarquable 
des fleurs; on ne saurait lui comparer, à ce point de vue, que le D. moschatum. 
Quant aux fleurs, elles sont d’un éclat et d’une beauté exceptionnels. Les sépales 
et les pétales sont de très grande dimension, et ces derniers ont une largeur 
plus qu’ordinaire. Ils sont, les uns et les autres, d’un blanc ochracé, avec une 
teinte rose marquée particulièrement sur les bords, et qui, sur les pétales, dessine 
un réseau de veines serrées. 

Le labelle surtout mérite l’admiration des connaisseurs. Il est extrêmement 
ample, à peu près arrondi, et porte à son sommet, des deux côtés, deux riches 
macules sanguines, légèrement violacées, qui se prolongent souvent en petites 
stries sur le disque blanc ochracé. Enfin il est pourvu, à la partie inférieure, d’un 
large rebord garni de poils touffus de couleur claire, comparables à une toison. 

Le D. Dalhousieanum a été introduit par la comtesse de Dalhousie dans le 
Jardin botanique de Calcutta, et de là importé en Europe par le collecteur 
Gibson; il est donc certain qu’il provient de l’Asie tropicale, et probablement 
de la région subhimalayenne ou de l’Indoustan. Toutefois son habitat exact n’est 
pas connu. Il a fleuri en Angleterre pour la première fois en 1846, après avoir 
tardé assez longtemps. 



Il passe en général pour être d’une culture difficile; nous croyons que Ton 
s’est seulement mépris sur les soins à lui donner. Il semble demander une tem- 
pérature un peu moins élevée que la plupart des autres espèces; peut-être même 
pourrait-il être placé dans la serre des Cattleya. Il lui faudra beaucoup d’humidité 
pendant la végétation, et un sol à moitié sec pendant le repos. Il fleurit en juin- 
juillet, et entre en végétation à peu près au même moment. 

Nous avons dit qu’il se rapproche beaucoup, comme port, du D. moschatum 
Wall., ou Dendrobium musqué. Il s’en distingue cependant par les gaines des 
feuilles, qui, surtout à l’état jeune, ont les côtes et les disques maculés de bronze 
rouge ou entièrement teintés de cette couleur. 

La plante atteint fréquemment une hauteur de un à deux mètres; bien cul- 
tivée, elle s’améliore sensiblement et donne des fleurs d’une perfection remar- 
quable. Elle se propage aisément par division. 


ODONTOGLOSSUM HYBRIDUM LEROYANUM 

C’est le nom donné à un hybride d’Odontoglossum qui a fleuri au mois 
de juin dernier chez M. le baron Edmond de Rothschild, et dont le Journal 
des Orchidées a publié la description dans son numéro du I er juillet. Il provient 
de l’O. Alexandrae et de l’O. luteo-purpureum. 

Or, la description qui en est donnée (je n’ai pas eu la fleur sous les yeux) 
permet de supposer que la nouvelle plante est identique à l’O. Wilckeanum. 
Cette dernière forme, introduite vers 1876, a été considérée jusqu’ici comme un 
hybride naturel entre les deux espèces ayant servi à produire l’O. Leroyanum; 
cette hypothèse se trouve aussi pleinement confirmée. 

Il reste à trancher la question de dénomination ; car il n’est pas admissible, 
si cette identité est reconnue complète, qu’on aille augmenter encore la confu- 
sion existant déjà dans la nomenclature des Odontoglossum en donnant deux 
noms différents à une seule plante. Je me reprocherais de diminuer en quoi que 
ce fût le mérite du semeur habile qui a su produire cette chose encore rare : 
un hybride artificiel d’Odontoglossum, et qui avait assurément des titres excep- 
tionnels à donner son nom à cette merveille ; mais d’autre part, l’antériorité 
est un droit que l’on ne peut guère contester, et puisque la mauvaise chance 
a voulu que le pi'emier nom donné fût également un nom de personne, il est 
délicat de donner le pas à l’un sur l’autre. Je me contente de signaler à qui de 
droit cette difficulté, et je laisse aux rédacteurs qualifiés de nomenclatures le soin 
de décider entre les deux désignations, pourvu qu’ils trouvent un moyen d’éviter 
d’aggraver encore la confusion résultant de l’abondance des synonymes. 

Max Garnier. 




LINDENIA 


PL. CCLII 



CALANTHE VERATRIFOLIA R. br. 


P. De Pannemaeker chrom. 


A. Goossens pinx. 



PL. CCLII 


CALANTHE VERATRIFOLIA r. br. 

CALANTHE A FEUILLES DE VERATRUM 


CALANTHE. Vide Lindenia, vol. II, p. 89. 

Ccilanthe veratrifolia. Foliis lanceolatis acuminatis subplicato-nervosis ; scapo radicali foliis longiore, racemo 
cylindrico demum elongato multifloro ; bracteis lanceolatis acutis ; floribus candidissimis ; sepalis elliptico-lanceolatis 
mucronatis ; petalis obovato-spathulatis mucronatis ; labello quadripartito, lobis lineari-oblongis obtusis, callo verru- 
coso flavo, calcare gracile elongato. 

Calanthe veratrifolia. R. Br. in Bot. Reg., VII (1821) sub. t. 573. — Id. IX, t. 720. - — Bot. Mag., t. 2615. — 
Griff. Ic. PI. , Asiat., t. 283, fig. 4. — Fitzgerald, Austral. Orch ., I, pars 4, t. 4. — Lodd. Bot. Cab., IX, 
t. 958. — Veitch, Man. Orch. PL, pars VI, p. 69, cum ic. — Wien. Ill, Gart.-Zeit., 1887, p. 204, fig. 29, 30. 
— Lindl. Gen. et Sp. Orch., p. 249. — Id. Fol. Orch., Cal., p. 8. — Benth., Fl. Austral. VI, p. 305. — 
Rchb. f. in Walp. Ann., VI, p. 919. 

Limodorum veratri folium Willd. Sp. PL, IV, p. 122. 

Amblyglottis jlava Blume. Bijdr., p. 370, fig. 64. 

Calanthe comosa Rchb. f. in Linnaea, XIX, p. 374. 

C. Pétri Rchb. f. in Gard . Chron., 1880, pt. 2, p. 326. 

C. colorans Rchb. f. in Gard. Chron., 1885, pt. 2, p. 360. — Warn. et Will. Orchid. Album, V, t. 218. 

C. veratrifolia var. discolor Lindl. Fol. Orch. Cal., p. 8. 

C. veratrifolia var. australis Lindl. Fol. Orch. Cal., p. 8. 

C. veratrifolia var. comosa Lindl. Fol. Orch. Cal., p. 8. 

C. veratrifolia var. macroloba Rchb. f., in Gard. Chron., 1878, pars I, p. 690.. 

C. veratrifolia var. Regnieri Rchb. f. in Gard. Chron., 1887, pars II, p. 70. 

Asia orientalis et Australasia. 


ette espèce a été introduite pour la première fois dans les cultures 
européennes vers 1823. Elle fleurit cette année-là dans l’établissement 
de M. Colville à Chelsea, où l’on croit qu’elle avait été envoyée de 
Sidney par Allan Cunningham, en même temps que des Dendrobium speciosum et 
d’autres Orchidées australiennes. C’est avec cette espèce et le C. striata, du Japon, 
que le genre fut fondé. 

Elle est répandue sur une immense aire géographique dans l’extrême Orient, 
depuis les Nouvelles Galles du Sud jusqu’au Japon, et des îles Fiji jusqu’à 
l’Inde Méridionale. Dans toute cette région elle a été découverte en une foule 
d’endroits divers, à Queensland, Amboyne, Java, en Cochinchine, à Ceylan et 
dans le Neilgherry. Quoique dispersée sur une aussi vaste étendue, elle est 
moins variable qu’on pourrait le supposer; les différences se produisent dans la 
crête, dans les lobes du labelle qui sont plus ou moins larges, dans le coloris 
et dans la quantité des cils qui couvrent le racème. Dans la forme type , les 
fleurs sont entièrement blanches, sauf la crête qui est jaune: dans les variétés 
Regnieri et australis, le labelle est légèrement teinté de chamois, surtout lorsque la 



fleur commence à passer, et dans la variété discolor il paraît qu’il est brun-clair. 
Dans la variété comosa , l’inflorescence est exceptionnellement velue. Peut-être, 
en cherchant bien, pourrait-on distinguer deux ou trois variétés géographiques. 

C’est une Orchidée d’une grande valeur pratique, car elle est facile à cultiver 
et très florifère, et ses fleurs se conservent fraîches pendant un délai considérable. 
Elle est parfois traitée avec succès au milieu de plantes de serre ordinaires, sans 
aucun soin particulier. 

R. A. Rolfe. 


NOMENCLATURE ORCHIDÉENNE 

La nomenclature Orchidéenne, qui s’est formée pour la plus grande partie 
dans un espace de temps très court, sans règle suffisamment définie, sans 
plan d’ensemble, renferme bien des confusions et des incohérences, même 
après les grands travaux de Lindley et de Reichenbach. Ces défauts étaient 
signalés il y a peu de temps avec beaucoup de sens et d’humour par M. Shirley 
Hibberd, dans un mémoire communiqué à l’Horticultural Club, et dont voici 
quelques extraits : 

« ....Ce sont les Orchidistes qui pèchent le plus fréquemment en ce qui 
concerne le choix des noms de leurs plantes ; ils ignorent les règles établies, 
ils méconnaissent les exigences du bon sens, et ils se font pour eux des 
règles à part qu’ils ne définissent pas; mais si elles étaient définies, il serait 
facile de prouver qu’eux-mêmes les violent fréquemment. Nous ne pouvons 
qu’attendre le rapport du comité qui a pris en main cette réglementation, et 
le prier de ne pas trop irriter l’ombre de Linnée, qui pourrait sortir de sa 
tombe pour aller effrayer les sacrilèges ; mais s’il suit l’exemple de Reichen- 
bach, on ne saurait prévoir où cela le conduira. Le grand orchidographe était 
connu pour sa passion de subdiviser et de créer des espèces ; ses imitateurs 
d’Angleterre acceptaient toutes ses décisions sans broncher, et leur foi n’a pas 
chancelé jusqu’au jour où il est mort; puis, quand ils ont appris qu’il avait décidé 
de ne pas nous laisser ses collections, ses adorateurs ont fait cette fâcheuse 
découverte qu’après tout ce n’était qu’une divinité de bois; seulement, comme il 
était mort et enterré, ils n’ont pas eu la satisfaction de pouvoir le mettre 
en pièces. 

« La production des hybrides d’Orchidées a amené une crise curieuse dans la 
nomenclature botanique. Le système binominal se trouve ici en face d’un nouvel 
ordre de faits. Prenons quelques exemples, et d’abord les Cymbidium- eburneo- 
Lowianum , Cymbidium giganteum et Cymbidium pendulum , qui sont d’actualité. 


(Sera, continué .) 






'i 



6 me Volume 


4 me 4jvaAisoN 




/î)It\ECTEUÏ\. 

J.Linden. ] 

I\Én^TEUFyS : 

J0&en Linden. 
Emile Rodigas 




Cypripedium X Fraseri 

Hort 

Phaius Humbloti Rchb. f. 
Cirrhopetalum Mastersia- 

num Rolfe 

Stanhopea oculata Lindl. 


CCLIII, 


CCLIV, 

CCLV. 


CCLVI. 


Lith . G. Severeyns , Bruxelles . 







UM 


UNDENIA 


PL. CCL1II 



CYPRIPEDIUM X FRASERI hort. 


P. De Pantiemaeker pirtx 


P. De Pannemaeker chrotn 




PL. CCLIII 


CYPRIPEDIUM x FRASERI hort. 

CYPRIPEDIUM DE M. FRASER 


CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 17. 

Cypripedium X Fraseri, hybridum novum fecundatione artefacta C. hirsutissimi cum polline C. barbati vel speciei 
cujusdam proximae ortum. 


e bel hybride a été produit par M. Fraser, à qui il a été dédié par 
le professeur Reichenbach; toutefois le célèbre orchidographe ne put 
en faire la description, par suite d’un malheureux accident; la fleur 
unique qui lui avait été adressée arriva chez lui en son absence, paraît-il, et 
lorsqu’il put enfin l’examiner, elle était complètement flétrie. Il demanda alors 
à son correspondant de lui en adresser une nouvelle ; mais il ne fut pas pos- 
sible de la lui fournir, et c’est ainsi qu’aujourd’hui encore aucune description, 
aucune reproduction n’a été publiée de cette belle plante. 

Il résulte de cet abrégé d’histoire que le Cypripedium Fraseri est très rare, 
ou qu’il fleurit très difficilement; nous croyons que l’un et l’autre sont égale- 
ment vrais. Sur les semis produits par M. Fraser, son auteur, une seule plante 
avait vécu ; d’autres ont dû être élevées depuis lors, mais assurément en petit 
nombre, car nous n’en avons vu mentionner dans aucun journal, ni figurer 
dans aucune exposition. 

Quant à la floraison, il paraît qu’elle est assez rare et difficile à obtenir, 
à l’encontre de ce qui se passe chez la plupart des hybrides, qui sont géné- 
ralement très rustiques, et quoique le C. barbatum , qui est, paraît-il, l’un des 
parents, soit lui-même d’une extrême floribondité. M. Jules Hye, à qui appartient 
la plante qui a servi de modèle pour la planche ci-contre, nous a dit, en effet, 
que depuis plusieurs années qu’elle est dans ses serres, elle avait fait preuve 
d’une assez grande délicatesse. 

Les parents indiqués par le créateur de cet hybride comme ayant servi à 
le produire sont le C. hirsutissimum et le C. barbatum ou quelque espèce très 
voisine de ce dernier. Il subsiste donc encore quelques doutes sur son origine, 
doutes d’autant plus difficiles à éclaircir que les formes voisines du C. barbatum 
et ses variétés sont très nombreuses; tant d’amateurs, il est vrai, se sont 
adonnés depuis quelques années à l’hybridation, que nous ne tarderons pas 
sans doute à être fixés, car toutes les combinaisons des diverses espèces ou 
variétés entre elles seront bientôt passées en revue; les chercheurs de nou- 
veautés n’auront plus alors que la ressource d’apparenter entre eux les hybrides 



eux-mêmes; dans cette matière, la fécondité des Cypripedium et la bonne grâce 
avec laquelle ils se laissent croiser promettent d’ouvrir un champ presque illi- 
mité à l’activité des semeurs. 

L’apparence même de la fleur indique bien une parente de ce genre , c est 
à peu près exactement une moyenne entre le C. hirsutissimum et une forme de 
C. barbatum. La hampe, très velue, rappelle plutôt le premier, ainsi que les 
pétales, qui sont allongés, étroits, légèrement tordus et retournés horizontale- 
ment à l’extrémité; en outre, ils portent une abondance de taches brun-pourpré, 
s’étendant jusqu’aux deux tiers de la longueur, sur un fond jaune verdâtre; le 
labelle, très allongé et un peu resserré, est rouge pourpre légèrement violacé 
en avant, et vert à la partie inférieure; il a sensiblement la forme du C. hir- 
sutissimum et le coloris du C. barbatum; il en est à peu près de même du sépale 
dorsal, quoique celui-ci, à vrai dire, reste un peu distinct des deux autres types; 
il est rayé d’un grand nombre de lignes rougeâtres sur fond jaune, légèrement 
verdâtre à la base, et porte une large bordure blanche à la partie supérieure. 
Quant aux feuilles, elles rappellent de très près celles du C. barbatum. 

Au total, le C. Fraseri est une belle acquisition, digne de figurer en très 
bon rang dans la riche section des Cypripedium hybrides. Il est regrettable 
seulement qu’il ait fait preuve jusqu’ici d’une délicatesse qui l’a empêché de 
devenir populaire comme il le méritait à tous égards. 


LES CATTLEYA WAROCQUEANA 

Les premières fleurs des Cattleya W arocqueana viennent de s’ouvrir, et les 
éloges enthousiastes de M. Bungeroth, qui a découvert cette merveilleuse espèce, 
se trouvent pleinement confirmés. Quatre variétés distinctes, d’une splendeur 
incomparable, ont excité l’admiration de tous les visiteurs au 21 e meeting de 
L’Orchidéenne, où elles ont obtenu quatre diplômes d’honneur de i re classe. Déjà 
l’on signale une hausse notable dans les prix, et plusieurs exemplaires viennent 
d’atteindre des chiffres très élevés. 

La floraison automnale du Cattleya W arocqueana le rend d’ailleurs particu- 
lièrement précieux pour les collections et la fleur coupée. On peut affirmer 
aujourd’hui que c’est une des plus grandes introductions de ces dernières années. 

Nous comptons présenter prochainement aux lecteurs de la Lindenia une ou 
plusieurs des plus belles formes du Cattleya W arocqueana. 




PHAIUS HUMBLOTI rchb. f. 


P. De Pannemaeker chrorn. 


LINDENIA 


PL. CCLIV 


PL. CCLIV 


PHAIUS HUMBLOTI rchb. f. 

PHAIUS DE M. HUMBLOT 


PHAIUS. Vide Lindenia, vol. IV, p. 91. 

Phaius Humbloti. Racemo parvifloro, floribus speciosis ; sepalis oblongis acutis tepalis duplo latioribus, labelli 
magni trilobi lobis lateralibus rotundatis erectis, lacinia mediana transversa emarginata callo carnoso sellaeformi 
bilamellato in disco, antice in carinulam excurrente, calcari nullo. 

Madagascar. 

Rchb. f. in Gard. Chron., 1880, II, p. 812. — Veitch, Man. of Orchid. PL, VI, p. 12. 

ans la dernière livraison du Gardeners’ Chronicle de l’année 1880, le 
professeur Reichenbach signala la réintroduction du Calanthe sylva- 
iica Lindl. qui avait fleuri autrefois dans les riches collections de 
M. Pescatore à la Celle près St-Cloud, et la découverte d’une nouveauté inat- 
tendue à laquelle le savant orchidographe consacrait six lignes de son style 
lapidaire. Réintroduction et découverte étaient dues au botaniste voyageur fran- 
çais M. Humblot à qui la nouvelle espèce fut dédiée. 

« Nouveauté hautement remarquable et surprenante, dit-il. C’est un beau 
Phaius à labelle dépourvu d’éperon, muni d’un callus en forme de selle sur son 
disque se terminant en une petite carène. Les grandes fleurs, d’après l’heureux 
voyageur M. Humblot qui l’a trouvé à Madagascar et vient de l’importer en 
bon état, sont roses avec des macules blanches et rouges. » 

Et comme s’il avait éprouvé quelque regret d’avoir traité la plante avec 
tant de concision, le professeur Reichenbach saisit la première occasion, que 
lui offre l’envoi d’une fleur fait par Sir Trevor Lawrence, pour décrire notre 
Phaius par le menu et en faire ressortir les mérites. « Si vous pouvez pardonner 
à cette espèce d’être un Phaius, aux fleurs moins éclatantes que celles de cer- 
tains Vanda, Miltonia ou Cattleya, écrit-il dans le Gardeners’ Chronicle du 
4 septembre 1886, vous devez en reconnaître la beauté. Les pétales et les 
sépales sont assez larges, à peu près comme dans le Warrea tricolor et YAga- 
nisia cyanea; le labelle a de grandes lacinies latérales et une large lacinie 
médiane presque réniforme. Les sépales et les petales sont d un beau pourpre. 
Les pétales sont marqués à l’extérieur d’une bande longitudinale blanche 
divisée par une étroite ligne pourpre. Les lacinies latérales du labelle sont 
marquées de barres et de stries brunes sur fond blanc a lexteiieur, sur fond 
brun au dedans ; la lacinie médiane est pourpre vif. Une ligne blanche sillonne 
le milieu en dessous. Le callus est clave, et sillonne a la base, prolongeant 
son sommet étroit jusqu’au disque de la lacinie centrale, poilu à la base, d’un 



beau jaune. Le gynostème est blanchâtre avec le sommet vert. D’après Sir 
Trevor Lawrence, cette espèce ne viendrait qu’après le Phaius tuberculosus. 
Les feuilles et les pseudo-bulbes, par leur port et leur aspect général, rappellent 
ceux de l’ancien P. grandifolius, mais les feuilles sont plus pâles, moins grandes 
et d’une contexture un peu moins ferme. Les pseudo-bulbes sont beaucoup 
plus petits et poussent des racines à leur surface. Le racème floral s’élève de 
la partie inférieure du pseudo-bulbe mûr, un peu de face, mais sans attache 
avec la jeune pousse. La contexture délicate des feuilles fait que les thrips 
les attaquent aisément. » 

Les auteurs du Manual of Orchidaceous Plants consacrent au Phaius Hum- 
bloti une gravure noire dessinée d’après un exemplaire de la collection de lord 
Rothschild, à Tring Parle, et ils donnent de la plante une description complète 
que nous considérons comme superflu de reproduire. Ils rappellent que la 
plante est due à M. Léon Humblot, le même qui découvrit lors d’une excursion 
à l’intérieur de l’île de Madagascar la jolie espèce, Phaius tuberculosus, dont il 
est question plus haut. 

Le genre Phaius comprend aujourd’hui une vingtaine d’espèces, dont l’aire 
de dispersion s’étend dans l’Asie tropicale, quelques régions de l’Afrique, Mada- 
gascar, l’Australie, quelques îles de l’Océan Pacifique, l’Archipel malais et même 
la Chine et le Japon. 

Ce que la Lindenia a dit de la culture du Phaius grandifolius, à propos de 
la description de cette plante, s’applique également au Phaius Humbloti. 


L’ORCHIDÉENNE avait suspendu ses réunions aux mois de juillet, août et 
septembre, à la demande de plusieurs exposants que les bains de mer ou la 
chasse empêchaient d’y prendre part. Le 2i me meeting a eu lieu le 12 octobre 
avec un plein succès, et fait bien augurer de la nouvelle année; c’est une 
excellente rentrée, en attendant les splendeurs que nous promet l’hiver. 

Le deuxième exercice prenait fin le I er octobre ; il a été clos par l’Assemblée 
générale annuelle statutaire, le 28 septembre, dans laquelle a été présenté le 
compte-rendu, très brillant, des travaux de l’année 1889-1890. Il y a eu, au 
cours de cet exercice, une augmentation sensible dans le nombre des plantes 
présentées et dans celui des récompenses décernées, et aussi un accroissement 
d’émulation de la part des principaux concurrents. Ces résultats sont d’un 
excellent augure pour l’avenir. 

Il y aura probablement cet hiver un ou deux meetings supplémentaires 
pour compenser ceux qui ont été supprimés dans l’exercice précédent. 

Le compte-rendu des meetings sera publié à l’avenir dans le Journal des 
Orchidées au lieu de l’être dans la Lindenia, où l’espace était parfois trop limité 
pour cette insertion. 



LINDEN.IA 


PL. CCLV 



CIRRHOPEÏALUM MASÏERSIANUM rolfe 


A. Goosscns pinx. 


P. De Pannemaeker chrom. 




PL. CCLV 


CIRRHOPETALUM MASTERSIANUM ROLFE 

CIRRHOPETALUM DU DOCTEUR M. T. MASTERS 

CIRRHOPETALUM. Vide Lindenia , vol. IV, p. 45. 

Cirrhopetalum M aster sianum . Pseudobulbis ovoideis quadrangulatis, 2 1/2-3 cm. longis, foliis lineari-oblongis 
obtusis 10-12 cm. longis 2 1/2-3 cm. latis, scapo gracili 12-15 cm. longo, floribus umbellatis, bracteis lineari-lanceolatis 
acutis, 6-7 mm. longis, sepalo postico elliptico-subobtuso conduplicato-concavo 6 mm. longo, retrorse ciliato, sepalis 
lateralibus connatis in unum lineari oblongum 3 cm. longum, 7 mm. latum, apice breviter bifidum obtusum, infra 
medio attenuatum, petalis falcato-linearibus acutis 3-nerviis 6 mm. longis basi lato ciliato apice ciliolato, labello 
arcte recurvato lineari-oblongo carnoso 3-4 mm. longo margine integro, columna crassa dentibus breviter triangulatis 
acutis 1/2 mm. longis. 

Cirrhopetalum Master sianum. n. sp. 

oici un charmant Cirrhopetalum, introduit cette année des Indes Néer- 
landaises par MM. Linden, de L’Horticulture Internationale, Parc 
Léopold, Bruxelles. Il est allié au C. gamosepalum Griff., mais il s’en 
distingue aisément par divers caractères, et comme je n’ai pu l’identifier avec 
aucune espèce précédemment décrite, je crois pouvoir le considérer comme nou- 
veau, et le dédier, selon le désir de MM. Linden, au D r Maxwell T. Masters, 
l’éminent directeur du Gardeners 9 Chronicle. 

Les pseudo-bulbes sont espacés de deux à trois centimètres sur un rhizome 
rampant assez gros; les tiges florales grêles sont teintées de rouge cramoisi 
et portent environ sept fleurs d’un jaune foncé, ayant les sépales latéraux colorés 
de brun dans la moitié supérieure seulement, et le labelle brun pourpré. 

Le genre Cirrhopetalum, qui compte au-delà de quarante espèces, est très 
intéressant en raison de la conformation particulière des fleurs, et toute col- 
lection de choix doit en comprendre un certain nombre, pris parmi les meilleures 
formes. Parmi les plus beaux, on peut citer le C. ornatissimum Rchb. f., le 
C. Cumingi Lindl., le C. picturatum Lindl. , le C. Medusae Lindl., le C. gran- 
difiorum Wight, le C. refractum Zoll., le C. Thouarsi Lindl., le C. cornutum 
Lindl., le C. chinense Lindl., et le C. Macraei Lindl.; le plus remarquable 
peut-être de tous, le C. Colletti Hemsl., du Burmah Oriental, vient seulement 
d’être introduit en Europe et je ne pense pas qu’il y ait fleuri jusqu’ici. Beau- 
coup de ceux que je viens de citer récompensent amplement le cultivateur de 
quelques soins spéciaux qu’ils demandent, car les spécimens bien cultivés sont 
extrêmement séduisants. Il serait très intéressant de voir un amateur former 
une collection complète de ces gracieuses petites plantes. 

Lorsque le docteur Lindley fit la description du Cirrhopetalum chinense , 
il y ajouta la note suivante : « Il n’est plus nécessaire que les esprits spéculatifs 



34 


« se préoccupent de rechercher la source où les Chinois sont allés puiser l’in- 
« vention de ces étranges figures d’hommes et de femmes avec leurs mentons 
« toujours en mouvement; nous en avons ici l’explication : voici une plante de 
« Chine, dont l’un des lobes reproduit exactement une langue et un menton, et 
« est tellement instable qu’il est dans un état d’oscillation perpétuelle. Les fleurs 
« sont disposées en cercle, toutes tournées en dehors, si bien que, de quelque côté 
« qu’on regarde l’ombelle, elle présente toujours à la vue la même file de visages 
« ricanants et de mentons branlants. » Notons, d’ailleurs, que ces remarques 
peuvent s’appliquer aussi, avec de légers changements, à d’autres espèces. 


Le genre Cirrhopetalum est dispersé sur une aire assez vaste, depuis le 
nord de l’Inde et le sud de la Chine jusqu’à Ceylan, l’Archipel Malais, les Philip- 
pines, l’Australie Septentrionale et plusieurs îles de la Polynésie et du groupe 
des Mascareignes. R- A. Rolfe. 


DES FORMES SEXUELLES DES CATASETUM 

Sous ce titre, notre collaborateur, M. R. A. Rolfe, vient de faire imprimer 
en brochure un mémoire lu par lui l’année dernière à une séance de la Linnean 
Society. Ce mémoire élucide avec beaucoup de netteté la question de l’identifi- 
cation de certaines formes de Catasetum qui, après avoir intrigué beaucoup et 
induit en erreur des savants tels que Darwin, Lindley, Schomburgk, ont été 
reconnues comme de simples fleurs, mâles ou femelles, d’espèces que l’on consi- 
dérait jusque là comme hermaphrodites. 

Résumons en peu de lignes cette curieuse étude. 

Le genre Catasetum avait été réparti par Lindley en trois genres distincts, 
les Catasetum, Monachanthus et Myanthus ; mais dès qu’on recueillit sur les 
différentes espèces des observations plus nombreuses, une extrême confusion se 
produisit entre ces prétendus genres. 

Lindley décrivit en 1832 deux fleurs sous les noms de Monachanthus viridis 
et de Myanthus cernuus ; mais la première était en réalité la femelle du Myanthus 
cernuus. Quatre ans plus tard, il figura de nouveau le Monachanthus viridis, et 
cette fois la fleur reproduite était celle du Catasetum tridentatum, ainsi que le 
remarqua Schomburgk ; mais celui-ci, à son tour, aggrava la confusion existante 
en rapportant au même Monachanthus viridis une fleur qui était celle du Myanthus 
barbatus; enfin Lindley, figurant en 1844 une autre espèce, le C. cristatum, crut 
observer qu’elle produisait à la fois des fleurs de trois genres différents, à savoir 
de Myanthus, de Monachanthus et de Catasetum, — en quoi il se trompait, car 
la plante portait seulement deux sortes de fleurs, mâles et femelles — puis il fit 
remarquer qu’elle portait parfois des fleurs de C. tridentatum. 

( Sera continué.) 



PL. CCLVI 


LINDENIA 



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STANHOPEA OCULATA lindl. 


4. Goossens pmx 


P. De Pannemaeker ehn 



PL. CCLVI 


STANHOPEA OCULATA lindl. 

STANHOPEA MUNI D’YEUX 


STANHOPEA. Vide Lindenia, vol. II, p. g. 

Stanhopea oculata. Bracteis ovariis longe acuminatis duplo brevioribus, hypochilio unguiculato elongato cymbi- 
formi antice intruso basi ecorni intus laevi extus bicarinato, mesochilio bicorni carnoso aperte sulcato mutico, epichilio 
ovato integro, cornubus semiteretibus ascendentibus acutis, columna late alata. 

Stanhopea oculata Lindl. Gen. et Sp. Orch., p. 158. — Id. Bot . Reg., XXI, i. 1800. — Id. Fol. Orch., 
Stanhop., p. 3. — Bot. Mag., t. 5300. — Rchb. f. in Walp. Ann. VI, p. 587. 

Ceratochilus oculatus Lodd. Bot. Cab., XVIII, t. 1764. 

Stanhopea Lindleyi ZüCC. ex Lindl. Bot. Reg., XXIX, sub. t. 44, n. 3. 

S. oculata var. Barkeriana Lindl. Fol. Orch. Stanhop , p. 3. 

S. oculata var. crocea Regel Gartenflora , VI, p. 97, t. 189. 


ette espèce, remarquable par les curieuses fleurs qu’elle produit en 
abondance, a été introduite pour la première fois par Deppe, qui 
l’envoya de Xalapa (Mexique), à l’établissement de MM. Loddiges , 
à Hackney, où elle fleurit en juin 1831; elle fut alors figurée et décrite dans 
le Botanical Cabinet , publié sous leur direction, sous le nom de Ceratochilus 
oculatus , mais ce nom fut abandonné plus tard, parce qu’il existait déjà un 
genre du même nom, constitué précédemment par Blume, et qui a été depuis 
lors rattaché au genre Saccolabium du même auteur. 

La plante fut récoltée au Mexique, dans la suite, par Ruiz et Pavon, 
Karwinski, Schiede, et divers collecteurs grâce aux recherches desquels elle 
fut bientôt répandue dans les cultures. 

Le Stanhopea oculata produit un racème tombant, de cinq à huit fleurs 
qui sont délicieusement parfumées, d’une couleur jaune pâle, nankin ou citron; 
les sépales sont abondamment tachetés de rouge-brun, les pétales le sont moins, 
et le labelle porte deux taches d’un brun pourpré, semblables à des yeux, des 
deux côtés de l’hypochile. Les fleurs sont de coloris assez variable. Lindley 
fait remarquer qu’il se produit dans les cultures de nombreuses variétés, qui 
diffèrent par les taches du labelle et par le coloris. La variété S. 0. Barkeriana 
ressemble beaucoup au S. insignis par ses segments, qui sont couverts d’une foule 
de points pourpres, semblables à des taches de rousseur plutôt qu’à la mouche- 
ture ordinaire. La variété S. 0. crocea porte une large macule cramoisie à la base 
de chacun des sépales latéraux. 

Malgré ces variations, c’est une espèce très distincte, et qu'on peut aisément 
reconnaître parmi les espèces voisines à son hypochile allongé et étroit, qui 




porte sur les côtés deux taches d’un brun pourpré sombre, analogues à des 
yeux. Le S. Wardi Lodd., qui présente des taches semblables, a l’hypochile 
plus large et plus court. Le S. bucephalus Lindl. porte à l’hypochile une ouver- 
ture longue et étroite, et l’hypochile est moins distinctement unguiculé ; les 
ovaires sont aussi beaucoup plus courts. Le 5. guttulala Lindl. est classé 
par Reichenbach comme une variété du 5. oculata (opinion à laquelle nous 
ne saurions nous rallier); il a les fleurs plus petites et plus charnues, l’hypo- 
chile plus étroit et dépourvu des taches en forme d’yeux; le mesochile porte 
à la base une dent recourbée épaisse, et la colonne a les ailes plus courtes. 
Ces remarques ont une grande importance, car on sait que les diverses espèces 
de Stanhopea se distinguent généralement assez mal les unes des autres. 

Le genre Stanhopea est extrêmement beau, et la forme élégante de ces 
fleurs est un charme de plus; mais en raison de leur courte durée elles sont 
moins appréciées qu’elles ne devraient l’être. Bien cultivées, les plantes sont 
très florifères, et la plupart produisent des fleurs très parfumées. 

Les Stanhopea sont très faciles à cultiver; il faut les placer dans des 
paniers ouverts à la base et sur les côtés, afin de laisser passage à la tige 
florale qui est dirigée vers le bas. On devra les suspendre au vitrage, les 
arroser abondamment pendant la croissance, et les tenir presque secs pendant 
la période de repos. Ils réclament beaucoup d’ombre et la température de 
la serre chaude; enfin il est bon de ne pas les déplacer trop souvent. 

R. A. Rolfe. 


JAMES BACKHOUSE. — La mort vient de faire encore un grand vide dans 
le monde horticole anglais,- déjà si cruellement éprouvé cette année. James 
Backhouse, l’horticulteur bien connu, est mort le 31 août dernier. Il avait fait 
une étude spéciale de la culture des Orchidées, des Conifères et des Fougères, 
et ses heureuses importations, ainsi que les progrès qu’il avait su accomplir par 
une longue et patiente étude, l’avaient placé au rang des meilleurs cultivateurs 
d’Outre-Manche; la grande serre réservée aux Fougères, qu’il avait installée dans 
son établissement et où ces plantes croissaient sur des rochers artificiels, a 
fait école et servi de modèle à une foule d’amateurs de son pays. Il avait la 
passion de son métier, et son nom sera conservé comme l’un de ceux qui 
ont contribué à l’honorer. 

* 

M. ERNEST BERGMAN, de Ferrières, auteur de travaux estimés sur les 
Orchidées, et bien connu du monde horticole belge dans lequel il compte de 
nombreuses sympathies, a été décoré cette année par le gouvernement français 
des palmes d’Offlcier d’Académie et de l’ordre du Mérite Agricole. Nous lui 
adressons nos sincères félicitations. 









6 me Volume 


5“Livbaison 


J.Lindex. 

' J. 

I\KlXAÇTKL'r\S : 

Linden. 
Emile Rodigas 


- 


PL. CCLVII. 
PL. CCLVIII, 


PL. CCLIX. 


rr mmamŒBæm 


Masdevallia bella Rchb. f. 
Coelogyne peltastes 
Rchb. f. ..... . 

Catasetum Rodigasianum 

Rolfe 

Chysis aurea Lindl. . . 


Liih . G-. Severeyns , Bruxelles . 























































































■ 




































. 
























. 
















■ 













LINDENIA 


PL. CCLVII 



IASDEVALLIA BELLA rchb. 


De Pamtetnaeker chrunt. 


PL. CCLVII 


MASDEVALLIA BELLA rchb. f. 

MASDEVALLIA SPLENDIDE 

MASDEVALLIA. Vide Lindenia, vol. I, p. 35. 

Masdevallia bella (Saccolabiatae (1), Nycteriniae). Affinis Masdevalliae nycterinae, multo major ; ovario bene 
viridi alato ; sepalis alte separatis, sepalo impari triangulo intus parce hispidulo in caudam longiorem extenso, sepalis 
paribus subaequalibus altius coalitis, fundo ventricosis, intus parce hispidis ; tepalis parvis ligulatis obtusis subglabris, 
val va altéra multo majori, altéra ansis duabus sigmoideis carinatis in superiorem excurrentibus ; labelli ungue basi 
utrinque semicordato lamina reniformi apiculata transverse carinis convergentibus geminis in ungue, carinis radian- 
tibus lamelliferis per labellum anticum ; columna apice minute denticulata. 

E Nova Granata. 

Masdevallia bella Rchb. F. in Gard. Chron., n. s. IX, p. 725. — Id., XIII, p. 756, cum xylog. — Fl. Mag., 
n. s., t. 433. — Belg. Hort. XXXIV, p. 57. 

i quelques Masdevallia paraissent un peu insignifiants à cause de l’unité 
assez terne de leur coloris, de la simplicité des segments et parfois de 
leur faible ouverture, la plupart se distinguent du reste de la famille 
me et s’imposent à l’attention des profanes eux-mêmes par la vigueur 
exceptionnelle de leurs teintes, nuancées jusqu’à l’infini dans toute la gamme des 
rouges, des orangés et des violets, et plus encore par l’étrangeté de leurs allures, 
surtout par les cornes filiformes qui terminent les sépales et qui, tantôt redressées 
en arrière, tantôt tordues de côté, donnent à la fleur un aspect si bizarre. 

Cette étrangeté est particulièrement saisissante dans les espèces de la section 
des Chimaeroïdes, dont la forme plus ample et le coloris plus sombre produisent 
une impression que traduit admirablement le nom donné à la plus populaire 
d’entre elles; il semble, en effet, voir une sorte de monstre, et la disposition du 
labelle, avec ses deux ailes de couleur claire, suggère à Timagination la vision 
de quelque figure diabolique. 

Des variétés ou espèces analogues ont reçu des noms en conformité avec 
cette apparence, M. Gorgona , M. spectrum , etc., et le groupe lui-même a été désigné 
du nom de Chimaeroïdes, qui a sur beaucoup d’autres le mérite de traduire à l’esprit 
une notion parfaitement claire et facile à retenir. 

Ce groupe rentre lui-même, selon la classification de Reichenbach, dans la 
section des Saccolabiatae , se distinguant par la forme du labelle et celle des 
pétales, qui sont d’ordinaire papilleux et creusés de sillons. Toutefois dans cette 



(1) Reichenbach écrivait le plus souvent Saccilabiatae ; toutefois nous avons rétabli le nom qui est le plus 


conforme aux usages. 


38 



section, les Chimaeroïdes forment une catégorie bien distincte. Leurs fleurs sont 
en général de très grande taille et ont une allure tout-à-fait originale. 


Parmi ces derniers le M. bella est assurément l’un des plus remarquables. 
S’il ne possède pas au même degré l’aspect terrifiant du M, Chimaera , dont il n’a 
pas la pubescence hérissée ni les taches verruqueuses, il est de caractère beaucoup 
plus séduisant. Sa fleur, solitaire comme celle de la plupart de ces espèces, affecte 
une forme triangulaire; les sépales sont jaunes teintés de rouge-brun, et tachetés, 
surtout vers le sommet, de la même couleur; les pétales, très petits, sont jaunes 
pointillés de rouge. Le labelle mérite une mention spéciale; il est notablement 
plus grand et plus ouvert que dans les autres espèces, et muni d’un onglet assez 
long; la partie étalée, en forme de coquille, est blanche et parsemée de lignes qui 
rayonnent du centre sur toute sa surface. Il est encore à noter que les pétales ne 
sont pas papilleux et que les sépales sont connés sur une étendue beaucoup plus 
grande que d’ordinaire. 

Le M. bella provient de la Nouvelle-Grenade, comme la plupart des Masde- 
vallia connus jusqu’ici; il a été recueilli à 2.500 mètres d’élévation par Gustave 
Wallis, à qui l’on doit tant de belles découvertes dans ce genre. Il a été signalé 
pour la première fois en 1878. 

Nous reprochions, en commençant, à certains Masdevallia d’être un peu 
insignifiants ; il convient d’ajouter, pour être complet et pour être juste, que l’on 
ne peut guère juger ce genre si intéressant d’après les pauvres exemplaires 
qu’offrent en général les collections de nos amateurs du continent. Ainsi que le 
disait récemment encore M. Rolfe, c’est, en Angleterre, chez quelques grands 
amateurs, qu’on peut les admirer dans toute leur beauté, et nous citerons parti- 
culièrement la splendide collection de M. Gaskell, dont un juge très compétent, 
revenant de Liverpool, nous parlait dernièrement dans des termes enthousiastes. 
Les M. Chimaera , M. bella, M . spectrum , M. Roezli , etc., cultivés là dans des 
vases de deux à trois mètres de circonférence, et couverts de touffes épaisses de 
fleurs, produisent assurément un tout autre effet que les chétives plantes aux- 
quelles nous sommes habitués, et le spectacle qu’offrent les groupes de plantes 
ainsi épanouies ne le cède en rien aux plus splendides floraisons des Odonto- 
glossum ou des Cattleya. 


LE CATTLEYA WAROCQUEANA a commencé à fleurir au mois d’octobre, 
et s’est révélé comme une des plus merveilleuses acquisitions de ces dernières 
années. Quoique sa floraison soit loin d’être achevée, car il est certain qu’elle se 
prolongera jusque vers le milieu de janvier, on peut juger dès maintenant que 
l’importation renferme une proportion très considérable de variétés distinctes du 
plus grand mérite. 









PL. CCLVIII 


LINDENIA 


COELOGYNE PELTASTES rchb. f. 


P, De Pannemaekcr chrom 


PL. CCLVIII 


COELOGYNE PELTASTES rchb. f. 

COELOGYNE PORTANT BOUCLIER 

COELOGYNE. Vide Lindenia. vol. II, p. 79. 

Coelogyne peltastes. A ff. Coelogyni panduratae Lindl. ac C. Mayerianae Rchb. f.; rhizomate valido scandente, 
pseudobulbo elliptico oblongo valde compresso ancipite supra rhizoma scuti instar concavo diphyllo, foliis cuneato 
oblongo ligulatis acutis, racemo arcuato multifloro, bracteis spathaceis lineari-oblongis subacutis, sepalis lineari- 
lanceolatis acutis, extus supra nervum medianum carinatis, petalis paulo angustioribus, labello trifido, laciniis late- 
ralibus semi-oblongis antrorsum rotundatis subobtusis, lacinia mediana elliptico-oblongo retusa vel emarginata crispulo- 
crenulata, carinis ternis humilibus a basi in basin laéiniae anticae ; columna clavata. 

Ex Bornéo. 

Coelogyne peltastes Rchb. f. in Gard. Chron., n. s., XIV (1880), p. 296. 


e Coelogyne, si distinct et si gracieux, a été introduit, de Bornéo, à 
l’origine, par MM. James Veitch et fils, de Chelsea, et il fut décrit 
en 1880, probablement à l’époque où il fleurit pour la première fois 
en Europe. Je ne saurais dire si la plante fut perdue dans la suite, mais elle n’est 
pas indiquée dans la VI e partie du Manual of Orchidaceous Plants , dans laquelle 
se trouve la description du genre. 

Le Coelogyne peltastes a été réintroduit, cette fois, par MM. Linden, de 
L’Horticulture Internationale, Parc Léopold, Bruxelles, et la reproduction 
qui en est donnée aujourd’hui a été faite d’après une plante de cette importation 
qui a fleuri au mois de juillet dernier. 

C’est une espèce alliée au Coelogyne pandurata et au C. Mayeriana ; ses fleurs 
sont beaucoup plus petites que celles du premier, et de la même taille que 
celles du second. La grande particularité qu’il présente, c’est que ses bulbes 
oblongs, larges, mais très minces, forment une sorte de bouclier concave sur 
le rhizome grimpant, et son nom rappelle à propos cette singularité. Les plantes 
ont, en raison de cette disposition, un aspect des plus curieux ; il n’est guère 
permis de douter, d’ailleurs, que ce ne soit une précaution de la nature, destinée 
à leur assurer une provision d’eau. La plante rampe sur le tronc des arbres ; son 
solide rhizome est suffisamment allongé pour permettre au nouveau pseudobulbe 
de se placer au-dessus du précédent. Les deux bords du pseudobulbe très mince 
se recourbent jusqu’à ce qu’ils touchent le tronc de l’arbre, et forment une sorte 
de poche ou de seau, parfaitement conformé pour recevoir de l’eau, soit directe- 
ment celle provenant des abondantes pluies qui se produisent dans cette région, 
soit, plus indirectement, celle qui s’écoule le long du tronc. Il n’est pas douteux, 
à mon avis, que l’eau s’amasse comme je viens de le dire, car dans l’échantillon 




que j’ai sous les yeux, plusieurs des racines sont dirigées de bas en haut vers 
l’intérieur de la cavité. Ce point pourrait d’ailleurs être élucidé plus commodément 
sur une plante vivante. 

Les fleurs du Coelogyne peltastes ressemblent étroitement à celles du C. Maye- 
riana et du C. pandurata, quoiqu’elles soient beaucoup plus petites que celles de 
cette dernière espèce. Les sépales et les pétales sont du plus beau vert émeraude, 
et le labelle est d’un blanc crème parsemé de nervures brunes. Le lobe antérieur 
est crénelé et très ondulé, et porte dans sa partie centrale des excroissances 
brunes et blanches formant saillie. Au total le Coelogyne peltastes est une espèce 
très remarquable. R- A. Rolfe. 


DES FORMES SEXUELLES DES CATASETUM 

(i Suite , voir page 34) 


L’opinion s’était si bien établie que le genre Catasetum se prêtait à des 
variations indéfinies, que Sir William Hooker, figurant le C. naso, formulait, 
lui aussi, l’hypothèse que cette espèce pouvait être une simple forme du C. tri- 
dentatum (celui-ci, d’ailleurs, n’est autre que le C. macrocarpum Rich.). 

On peut aisément imaginer l’obscurité qui régnait dans le classement de 
ces espèces ; cependant Schomburgk avait approché la vérité de bien près en 
faisant remarquer, avec une perspicacité singulière, que le Catasetum et le 
Myanthus étaient stériles, tandis que le Monachanthus était très prolifère. Les 
noms, ici, n’ont évidemment aucune importance, mais Schomburgk, à ce moment, 
effleurait le nœud de la question. Il ne parvint cependant pas à la lumière 
complète; ce fut Darwin qui, le premier, n’hésita pas à assigner à ces variations 
leur véritable cause, c’est à dire les différences de sexe ; mais il n’avait pas les 
moyens d’investigation nécessaires pour éclaircir ce point complètement, et lors- 
qu’il publia, dans un mémoire daté de 1852, le résultat de ses recherches, ce fut 
en attribuant au C. tridentalum la faculté de produire, sur une même plante, des 
fleurs mâles, des fleurs femelles, et une troisième sorte, des fleurs hermaphrodites, 
mais incapables de se féconder elles-mêmes. 

Le célèbre physiologiste avait fait un grand pas en signalant des diffé- 
rences de sexe là où ses prédécesseurs avaient cru voir des caractères spéci- 
fiques distincts ; mais si la divination qui fait le génie lui avait permis de 
formuler cette grande conception, on peut dire qu’elle ne reposait encore sur 
rien de précis et ne s’appuyait d’aucune vérification, de telle sorte que ceux qui 
marchaient sur ces traces et que n’éclairaient pas ses hautes visions, n’osèrent 
pas adopter sur ce point des conclusions qu’ils devaient juger un peu aventu- 
reuses, et que bien des années s’écoulèrent avant qu’elles fussent confirmées. 

(Pour la Suite, voir page 42) 




'RO D I G AS I AN U M ro 


E 


P. De Pannemaekcr chm 



PL. CCLIX 


CATASETUM RODIGASIANUM rolfe 

CATASETUM DE M. ÉMILE RODIGAS 


CATASETUM. Vide Lindenia, vol. ï, p. 5g. 

Catasetum Rodigasianum. Pseudobulbo fusiformi crasso, foliis lanceolatis acutis plicatis, 1 pedem longis, scapo 
suberecto arcuato, racemo 1 pedem longo multifloro, bracteis lanceolatis acutis 6 lin. longis, sepalis reflexis late 
lanceolatis acutis concavis 1 1/3 poil, longis, petalis similibus erectis convexis, labello carnoso concavo late ovato 
6 lin. longo, 9 lin. lato, apice breviter trilobo, lobis lateralibus subrotundatis fimbriato-dentatis, apice paulo divergentibus. 
Catasetum Rodigasianum , n. sp. 



e Catasetum Rodigasianum est une espèce très distincte et, je crois, tout 
à fait nouvelle, car je n’ai pu l’identifier avec aucune autre précédemment 
décrite. Il appartient à la section Myanthus (défini dans ma Note sur les 
formes sexuelles des Catasetum , Journ . Linn. Soc . , XXVII, p. 223), et au groupe 
ayant les antennes dans le même plan. Son allié le plus proche paraît être le 
C. trifidum Hook., dont on peut cependant le distinguer aisément en considérant 
le coloris et les détails de structure du labelle. Il a été introduit du Brésil, Pro- 
vince de Santa-Catarina, par MM. Linden, de L’Horticulture Internationale, 
Parc Léopold, Bruxelles, et a fleuri dans leur établissement pendant l’été dernier. 
Quelque temps auparavant, un correspondant anglais avait adressé à Kew des 
fleurs qui appartiennent peut-être à la même espèce, mais qui ne sont pas tout 
à fait identiques avec elle dans quelques caractères secondaires. 

Le Catasetum Rodigasianum est dédié à mon collègue à la Lindenia , M. Emile 
Rodigas, Directeur de l’École d’Horticulture de l’État à Gand. C’est une espèce 
massive et probablement vigoureuse, produisant un racème recourbé de vingt- 
quatre fleurs d’un coloris assez sombre. Les sépales sont verts à l’extérieur, et 
tachetés de brun-pourpré foncé; cette nuance les envahit presque complètement 
sur la face intérieure. Les pétales sont verts des deux côtés, et tachetés de brun 
pourpré sombre. Le labelle est vert jaunâtre, couvert de nombreuses mouche- 
tures de brun-pourpré, surtout sur les côtés. La colonne est verte avec quelques 
taches brun-pourpré; les vrilles sont d’une couleur brun-chair pâle, un peu diver- 
gentes vers la partie supérieure, et dirigées vers les angles antérieurs des lobes 
latéraux du labelle. La fleur femelle n’est pas connue jusqu’ici. 

Le genre Catasetum est un des plus remarquables de la famille des Orchidées; 
les différences considérables qu’y présentent les deux sexes, ainsi que la curieuse 
conformation qui assure la fécondation, sont presque sans analogie dans les 
autres genres. Un grand nombre d’espèces ont existé dans les cultures à différentes 
époques, mais, à part une ou deux exceptions, on ne peut guère dire qu’elles 


aient été populaires. Un des points les plus remarquables et, pour moi, les plus 
inexplicables, est la grande rareté du sexe femelle dans les cultures d’Europe ; 
car je ne puis pas croire qu’il en soit de même à l’état de nature. Les fleurs 
femelles de beaucoup d’espèces nous sont absolument inconnues, alors que nous 
avons une foule de fleurs mâles des mêmes espèces. Quand les fleurs femelles 
apparaissent, c’est généralement en petit nombre, comme perdues sur un racème 
de fleurs mâles; parfois encore un même pseudobulbe produit un racème de 
chaque sorte, comme dans le cas du C. Darwinianum, qui a fleuri à Kew, il y a 
environ deux ans. Encore cette plante n’a-t-elle donné que des fleurs mâles la 
dernière fois qu’elle a fleuri. Serait-ce une question de nutrition, comme on Ta 
constaté dans d'autres cas? C’est un point qui mérite d’être éclairci. 

R. A. Rolfe. 


( Suite de page 40) 

La seule observation sur laquelle se basait Darwin, reposait en effet sur 
un fondement bien peu solide ; en fait, il répétait l’erreur commise par Lindley 
et Schomburgk, en l’aggravant singulièrement; les deux premiers avaient parlé de 
la production de trois sortes de fleurs dans une même espece , et Darwin, en les 
citant, disait : sur une même plante; la différence est de très grande consé- 
quence, car les personnes qui cherchent à s’expliquer ces anomalies peuvent 
admettre qu’un auteur ait confondu deux espèces distinctes, tandis qu’elles ne 
peuvent mettre en doute une observation faite sur une seule plante. 

En fait, Schomburgk avait confondu le C. tridentatum avec le C. barbatum ; 
cette erreur paraît tout d’abord inexplicable, mais elle se comprend mieux si 
l’on considère les fleurs femelles des deux espèces. 

Revenons au mémoire de Darwin; les recherches auxquelles s’est livré 
M. Rolfe pour contrôler ces assertions ont abouti aux constatations suivantes : 

i° Le Catasetum tridentatum ne produit que deux sortes de fleurs, les unes 
mâles, les autres femelles ; et il paraît certain qu’il en est de même de toutes 
les autres espèces, sauf une ou deux exceptions. 

2° La fleur que Darwin considérait comme hermaphrodite est simplement 
une fleur mâle; elle correspond à la fleur qu’il désignait comme femelle, et toutes 
deux appartiennent, non pas à l'espèce C. tridentatum , mais bien au C. barbatum . 

Le mémoire dont nous venons d’indiquer les grandes lignes rétablit dans 
toute cette nomenclature l’ordre et la clarté ; M. Rolfe a eu l’excellente idée d’y 
joindre une liste des espèces en question avec les différentes dénominations 
qu’elles ont reçues successivement. Ce catalogue rendra assurément de grands 
services aux amateurs qui, dans l’état actuel, ont une peine infinie à classer leurs 
plantes à leur place dans cette extrême confusion. 













. " 































































































LINDENIA 


PL. CCI 



CHYSIS AUREA lindl. 


A. Goossens pinx , 


P . De Pannemaekcr c 


PL. CCLX 


CHYSIS AUREA lindl. 

CHYSIS COULEUR D’OR 


ÉTYMOLOGIE : Du mot grec % vaiç , fusion : allusion à la disposition des masses polliniques parfois assez 
étroitement unies et dès lors semblant fusionnées ensemble. 

CHYSIS. Sepala paulo connata, patula, laterali pedi producto columnae adnata et calcar simulantia. Petala 
sepalis conformia. Labellum trilobum, patulum, venis basi callosis. Columna marginata, canaliculata, mutica. Anthera 
subrotunda, opercularis, glabra. Pollinia octo, in laminam luteam semifusa, quatuor exterioribus tenuibus, quatuor 
interiora crassiora abscondentibus. Rostellum laminatum, convexum. 

Herbàe epiphytae, occidentales, ab arboribus pendulae ; caulibus cyrtopodii depauperatis, foliis nervosis, bas 
vaginantibus, racemis lateralibus, multifloris. 

Chysis Lindl. Bot. Reg. t. 1937. Endl. Gen. Plant., 1445. Benth. et Hook. Gen. Plant. III, p. 514 (1883). 

Chysis aurea. C. bracteis parvis concavis ovario brevioribus, sepalis petalisque ovatis obtusis, labelli lobis 
lateralibus obtusis, intermedio majore carnoso bilobo hypochilio plicato, lamellis 5 carnosis subaequalibus parallelis 
basi pubescentibus et utrinque tribus aliis minoribus (potius venis elevatis, Hook.), columna latissima carnosa cym- 
biformi, antice pubescente. 

Habitat : Venezuela. 

Lindl. 1. c. — Hook. Bot. Mag. t. 3617. J. Veitch, Man. Orchid. PL, VI, p. 24. 

n ne connaît en réalité que cinq espèces du petit groupe des Chysis, ce 
sont les C. aurea , C. bractescens , C. laevis , C. Limminghei et C. undulata . 
Bien que, par ses caractères botaniques, ce genre se rapproche très inti- 
mement des Bletia, des Thunia et des Phaius, le port et la manière d’être des 
quelques espèces qui le composent le distinguent nettement de ces derniers. Ce 
sont des plantes épiphytes, à tige charnue, en forme de fuseau, à pseudobulbe en 
massue ; les feuilles sont réunies vers le sommet de la tige ; les fleurs sont charnues 
et disposées en courts racèmes latéraux ; les sépales sont un peu cohérents à la 
base et les latéraux sont adnés au pied du gynostème qui est porté en avant et 
simule un éperon. Les pétales sont semblables aux sépales. Le labelle est trilobé, 
ouvert, relevé à sa base de veines calleuses; les deux lobes latéraux sont dressés. 
Les masses polliniques sont au nombre de huit et comme fusionnées en une lame 
jaune, les quatre extérieures cachant les autres qui sont plus épaisses. La capsule 
est presque aussi grande que celle des Cattleya labiata, seulement au lieu d’avoir 
six côtes aiguës, elle en a trois obtuses qui alternent avec trois larges plateaux. 

Le Chysis bractescens se distingue par ses grandes bractées concaves, ses 
larges fleurs blanches à labelle jaune et ses côtes en partie pubescentes. Le 
C. laevis a les fleurs jaunes et le labelle maculé brun carminé ; celui-ci est 
tout à fait glabre et n’a que cinq côtes saillantes. Le C. Limminghei a les fleurs 
roses, les pétales pourprés au bout, le labelle pourpre. Le C. undulata se distingue 
par ses fleurs d’un beau jaune orangé et son labelle blanc ligné de pourpre. 




Le Chysis aurea, qui servit à Lindley pour établir le genre, fut découvert au 
Vénézuela en 1834. Il a les tiges grêles, en forme de fuseau, entièrement couvertes 
d’écailles membraneuses; les feuilles sont ovales-lancéolées, engainantes à la 
base, marquées de nervures longitudinales. Les fleurs, qui sortent de l’aisselle 
de la feuille inférieure, sont disposées en grappes pendantes ; le nombre en est 
assez variable. Elles sont très élégantes, larges de trois centimètres, colorées de 
beau jaune d’or. Les sépales sont ovales, obtus, légèrement ondulés; les pétales 
sont ovales-oblongs. Le labelle est orangé veiné de rouge, concave, trilobé, à 
lobes latéraux crispés et sillonné de cinq veines calleuses. 

Il en existe une jolie variété, le C. aurea maculata, dont la fleur d’un beau 
jaune d’or a le labelle blanc couvert de macules pourpres. 

Bien que les Chysis appartiennent au petit nombre d’Orchidées dont la fécon- 
dation directe s’opère avec la plus grande facilité et sans le concours de moyens 
externes — on sait que dans ce cas, la fécondation a presque toujours lieu avant 
Tépanouissement de la fleur — on a réussi à croiser artificiellement les espèces 
et à obtenir deux hybrides remarquables : le Chysis X Chelsoni et le C. X Sedeni. 
Le premier est le résultat du croisement du C. bradescens avec le C. laevis; le 
second provient du C. Limminghei fécondé avec le pollen du C. bradescens. 


LE DENDROBIUM PHALAENOPSIS 

La faveur du public, qui semble souvent hésiter entre les merveilles de la 
famille orchidéenne et se porte tour à tour sur les divers genres, manifeste 
actuellement une préférence décidée pour les Dendrobium. Cette préférence se 
justifie aisément si l’on considère les magnifiques espèces qui rentrent dans ce 
genre, et notamment plusieurs de celles que la Lindenia a figurées depuis quel- 
ques, mois. 

Nous sommes heureux d’annoncer à nos lecteurs que nous pourrons leur 
en présenter prochainement une nouvelle, digne à tous les points de vue d’être 
placée au premier rang de ces espèces d’élite, le Dendrobium Phalaenopsis, que 
nous avons fait peindre après le 22 me meeting de L’Orçhidéenne, où il avait 
été exposé par MM. Linden, de L’Horticulture Internationale, et avait rem- 
porté un certificat de mérite de i ro classe à l’unanimité. 

Les fleurs du D. Phalaenopsis se produisent en longues grappes dressées, 
au nombre de douze à quinze par grappe; elles sont d’une admirable perfec- 
tion de formes, d’un dessin correct rappelant assez bien, avec les larges pétales 
en losange et les pétales ligulés aigus, la fleur de lys des sculpteurs, et d’un 
ravissant coloris améthyste pourpré, éclatant, plus sombre et plus rouge dans 
la gorge du labelle, qui fait penser à certains vieux vitraux de cathédrale, où 
le jour transparaît à peine dans une teinte pleine de mystère. 



6 me Volume 


ivraison 


/fHRECTEUF^J 

J.Llndkn. 

1 

i\ÉUAjqrKUF^s : 

Lucien Linden. 
Emile Rodigas 






Pages 


Cypripedium superbiens 

Rchb. f. 

Cattleya Eldorado Lind. 


CCLXI. 


CCLXII, 


Phalaenopsis Esmeralda 
Rchb. f. var candidula, 


CCLXIII, 


Dendrobium superbum 
Rchb. f. var. anosmum 
Rchb. f. 


CCLXIV. 


Litli . G. Severeyns . Bruxelles . 





CYPRIPEDIUM SUPERBIENS rchb. f. 


. 4 . Goosschs pitix 


P. De Pannemaeker c!A 


PL. CCLXI 


CYPRIPEDIUM SUPERBIENS rchb. f. 

CYPRIPEDIUM MAJESTUEUX 


CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 17. 

Cypripedium superbiens. Foliis (more solito basi amplexanti-implicatis) lanceolato-oblongis viridibus dense lateque 
multo intensius quadrato maculatis acutato vix emarginatis, sinuqtie mucronatis; amite densissime hirto-piloso bifloro 
(an amplius?), bractea brevi compressa pilosa ventre fissa ; ovarium 6-costatum, costis crassiusculis elevatis obtusis 
pilosis, sulcis canaliculatis nudis ; segmento supero latissime cordato-ovato cuspidatim acutato, dorso carinato piloso 
faciebus conspicue venato margine ciliato ; segmentis lateralibus comparative longissimis ad insertionem ambobus in 
circulum sicut medio sectum dispositis elliptico-oblongis deflexis apice acutis tortis, facie supera tota punctis latissimis 
densis atrosanguineis ad margines longe crasseque piloso verruculosis basi antice in maculam nigricantem congestis 
ornata ; gynostemate sursum angulato piloso subtus cavo ; labello maximo longe unguiculato antice verrucis crassis 
elevatis dense operto; apice anticeque in cucullum maximum altissime profundum calceiformem puberulum apice 
obtusum, lobis basilaribus auriculiformibus, efformato; stigmate lunato antice in medio venato ; staminé sterili rotundato. 

Cypripedium superbiens Rchb., in Bonpl., 1855, p. 227. — Id., in Allgm. Gartenzeit., 1856, p. 323. — Id., Xen. 
Orch., II, p. g, t. 103. — Regel, Gartenfl ., XII (1863), p. 49. — Warn. Sel. Orch., II, t. 12. — Van Houtte, 
Fl. des Serres, XIX (1871), t. 1996. 

C. barbatum Veitchi Van Houtte, Fl. des Serres, XIV (1861), p. 161, t. 1453. 

C. Veitchianum, Illust. Hort., XII (1865), t. 429. — De Puydt, Les Orch., frontisp. et p. 267. — Revue 
Hort. 1870-71, p. 595, t. 78-79, icon. xyl. 

C. barbatum superbum, Belg. Hort., 1883, p. 97. 

e Cypripedium superbiens est un des plus anciens du genre, qui a aug- 
menté si considérablement d’importance depuis une quinzaine d’années. 
Il a été découvert en 1854 et introduit par MM. Rollisson, puis vendu 
à M. Schiller, de Hambourg, qui en produisit par division un grand nombre 
d’exemplaires, répandus depuis lors dans toutes les collections européennes. Il 
provient de la presqu’île de Malacca et des îles de la Sonde. 

Il avait été tout d’abord trouvé dans une importation de C. barbatum , et 
c’est assurément à cette circonstance qu’il faut attribuer l’origine des noms qu’il 
a fréquemment reçus dans les cultures, de C. barbatum superbum ou de C. bar- 
batum Veitchianum . En fait il se rapproche beaucoup moins du C. barbatum que 
du C. Curtisi ou du C. ciliolare , surtout de ce dernier dont il ne se distingue 
que par le plus grand développement du sépale dorsal et du labelle, et par les 
pétales un peu moins colorés et moins larges que dans l’autre espèce. 

Le C. superbiens réussit bien dans la serre chaude, et ne réclame pas de 
soins particuliers; il est assez florifère et présente un aspect des plus élégants 
avec ses nombreuses tiges chargées de fleurs d’allure et de couleur un peu 
froides, mais remarquables par leur sobre distinction. 

Il fleurit aux mois de juin et juillet. 



NOMENCLATURE ORCHIDÉENNE 

(i Suite , voir page 28) 


« Je fais un croisement entre le C. giganteum et le C. pendulum ; le produit 
s’appellera Cymbidium giganteo-pendulum. Je le croise à son tour avec le C. eburneo- 
Lowianum , et le résultat sera une belle Orchidée portant le nom remarquable de 
Cymbidium eburneo-Lowianum- giganteo-pendulum. Nous avons encore le Dendro- 
bium W ardiano-aureum , et le Dendrobium crassinode-W ardianum. En les hybridant, 
j’obtiendrai un nouveau chef-d’œuvre qui s’appellera Dendrobium aureo-crassinode - 
W ardianum. 

« Nous pourrons manipuler les noms génériques d’une façon tout aussi 
élégante ; en croisant un Laelia avec un Cattleya, nous obtenons un nouveau 
genre qui sera le Laelio-Cattleya , et en opérant le croisement inverse nous aurons 
le Cattleyo-Laelia. Il serait plus sage de bien distinguer les variétés des espèces, 
et de mieux s’assurer de l’existence des genres avant d’inventer ces noms barbares. 
Or, quelque commodes que puissent être les distinctions entre Laelia et Cattleya, 
elles ne suffisent pas à former des divisions au point de vue scientifique. 

« Les orchidistes s’efforcent de ramener le monde aux temps pré-Linnéens ; 
ils remplacent les noms par des descriptions, et là où il faudrait une définition 
ils n’établissent que confusion. 

« En passant dans un village dernièrement, je m’étais arrêté pour allumer 
un cigare, lorsque des voix d’enfants attirèrent mon attention; l’un d’eux chan- 
tait gentiment un fragment de chanson destinée sans doute à railler un méta- 
physicien écossais, mais qui me sembla se rapporter admirablement au nouveau 
problème de l’identification des Orchidées : Supposez que je sois vous , et supposez 
que vous soyez moi et enfin supposez que nous soyons tous quelqu'un d’autre, je me 
demande qui nous serions. » 

« Il me semble qu’il convient de donner des noms et non des descriptions, 
et que le système binominal doit être maintenu dans son intégrité originelle, 
tant qu’il suffit pour tous les besoins courants. L’emploi de noms supplémen- 
taires n’est admissible que pour désigner des variétés, et peut être exercé avec 
une latitude presque illimitée, en observant les convenances d’appropriation, 
d’euphonie, et autres. Entre la liberté et la licence dans le choix des noms, 
le sens commun ne manquera jamais de discerner... » 

Comme le mentionnait Shirley Hibberd, la Société royale d’Horticulture 
de Londres, renouvelant une tentative qui avait échoué en 1885 par suite 
de circonstances imprévues, avait constitué au commencement de cette année 
un comité spécial chargé de formuler des vœux pour l’établissement de règles 
définitives de nomenclature en ce qui concerne les Orchidées. Ce comité a 
adopté les règles générales que nous avons fait connaître et dont l’observation 
rendra, croyons-nous, de véritables services pour l’avenir, en attendant que la 
révision du passé puisse être effectuée. 





PL. CCLXII 



PL. CCLXII 


CATTLEYA ELDORADO lind. var. 


CATTLEYA. Vide Lindenia, vol. III, pl. 15. 

Cattleya Eldorado. Pseudobulbis erectis, robustis, clavatis, 15-20 cm. longis, i-foliis, foliis oblongo ligulatis, 
obtusis, rigidis, coriaceis, atroviridibus. Pedunculo e bractea longa, oblongo-acuta , producto, 1-3 floro ; floribus 
expansis, circa 14 cm. diam. Sepalis oblongis, lanceolatis, pallide roseis, petalis ovato-obtusis, eodem colore suffusis, 
labello expanso, cucullato, prope quadrangulo, antice emarginato, margine fimbriata. Labelli disco splendide auran- 
tiaco, zona candida circumscripto ; lobo antico bifido tum pallide roseo, tum rubro purpureo violaceo ; lobis latera- 
libus supra columnam convolutis eodem colore quo petali et sepali suffusis. 

C. Eldorado Hort. Linden, 1869. Van Houtte, Fl. des Serres, 1869-1870, t. 1826. — De Puydt, Les 
Orch., t. 8. 

C. labiata crocata Rchb. f., in Gard. Chron., XXVI (1886), p. 360. 

C. Eldorado var . ornata Rchb. f., in Gard. Chron., XX (1883), p. 526. 

C. Eldorado var. splendens Linden, Illustr. Hort., 1870, t. 7. Warn. et Will. Orch. Alb., 1888, t. 310. 

C. (Eldorado ?) virginalis Linden, Illustr. Hort., 1876, t. 257. 

C. Wallisi Rchb. f., in Gard. Chron., XVII (1882), 557. 

Brazilia (Rio Negro). 



e Cattleya Eldorado est une des nombreuses espèces qui gravitent dans 
l’orbite du C. labiata , et entre lesquelles il est parfois difficile de 
discerner les différences qui leur constituent des titres au rang de variété 
ou de sous-variété, ou d’espèce même, selon les auteurs. Le C. Eldorado lui- 
même est tellement variable qu’il pourrait presque former à lui seul une section 
nouvelle. Il comprend en effet un grand nombre de formes secondaires, dont 
quelques-unes, comme celles que nous figurons aujourd’hui, présentent des 
caractères particuliers assez marqués. Nous estimons qu’il serait oiseux de cher- 
cher à établir un classement parmi ces variations, et nous nous rangeons à 
l’opinion de U Illustration Horticole , qui en 1870, s’exprimait de la façon 
suivante : 

« Il ne faudrait pas trop s’appesantir, au point de vue botanique et même 
simplement descriptif, sur les variétés innombrables du C. labiata et de ses 
proches voisins. J’ai pu constater tout récemment, à propos de la remarquable 
floraison du C. Eldorado dans les serres de M. Linden, à Bruxelles, que, sur 
700 fleurs environ épanouies à la fois, il eût été impossible d’en trouver deux 
semblables. La variabilité de ces plantes est énorme... » 

Le C. Eldorado a été importé pour la première fois en 1866 par M. Linden, 
des bords du Rio Negro (Brésil). Les premières plantes qui fleurirent furent 
exposées par lui à Paris en 1867, et y produisirent une grande sensation. 

Il se distingue des autres Cattleya du même groupe par la forme du labelle, 
un peu plus tubulaire à la base et un peu moins saillant en avant, et par l’écla- 
tant coloris orange du disque, qui est circonscrit par une bande blanche étroite, 



tranchant nettement sur la macule antérieure, d’un rouge pourpré plus ou moins 
foncé. En outre, il a les feuilles plus raides, plus dressées et plus épaisses. 

Le C. Eldorado a son habitat dans les régions basses de la vallée du Rio 
Negro; aussi réclame-t-il un peu plus de chaleur que les autres espèces. Il fleurit 
au mois d’août et de septembre; ses fleurs restent épanouies pendant trois 
semaines ou un mois. 

Les trois belles variétés reproduites ci-contre sont dûes à M. Ed. S. Rand, 
l’amateur américain bien connu. 

Nous rappelons plus haut la sensation produite par la première appari- 
tion du C. Eldorado et par l’exposition d’un nombre de plantes considérable, 
bien supérieur comme importance aux stocks que l’on introduisait jusqu’alors. 
Le genre Cattleya était alors à l’époque de ses grandes révélations, dans cette 
période de vogue que chaque genre a connue à son tour, où ses succès répétés, 
les magnifiques acquisitions dont il s’enrichissait successivement avaient un 
retentissement immense. Il semble que nous devions voir renaître cette époque 
héroïque; les Cattleya se sont couverts de gloire cette année plus que jamais, et 
les nombreuses formes nouvelles que nous avons vues apparaître, depuis trois 
mois surtout, ont attiré sur eux toute l’attention des amateurs d’Orchidées. Les 
C. Lindeni , C. Buyssoniana , C. aurea Lindeni , C. Imschootiana , et surtout la série 
des Cattleya W arocqueana ont conquis tous les suffrages et remporté toutes les 
distinctions dans les derniers concours; et ceux-ci vont être encore éclipsés par 
une nouvelle forme qui vient d’apparaître et de fleurir dans les serres de L’Hor- 
ticulture Internationale. Cette plante, découverte il y a de longues années par 
M. Linden, et qu’il avait essayé vainement jusqu’ici d’introduire, est supérieure 
en beauté aux plus magnifiques Orchidées de l’Amérique connues jusqu’à pré- 
sent. Les fleurs épanouies sur une pousse à peine formée permettent déjà de 
juger de ce que sera cet incomparable joyau; le labelle, notamment, offre les 
plus riches et les plus gracieuses combinaisons d’or et de pourpre. Nous avons 
d’ailleurs fait peindre la plante pour la Lindenia , dont les lecteurs seront bientôt 
à même de l’apprécier; elle a reçu dès maintenant le nom de Cattleya rex , qui 
exprime sa supériorité sur toutes les autres espèces. Nous ne doutons pas, en 
effet, que le nouveau venu ne soit le véritable triomphateur de la saison pro- 
chaine, et ne prenne aussitôt place au tout premier rang de ce genre merveilleux. 

C’est du reste l’opinion de l’un des' connaisseurs les plus compétents 
d’Angleterre, M. James O’Brien, qui, dans un article récent du Gardeners 9 
Chronicle , exprime l’avis que la nouvelle plante justifie les éloges du collecteur 
qui la déclarait le plus beau des Cattleya; il ajoute que le modèle dont elle se 
rapproche le plus est le C. Imschootiana , mais qu’elle est différente et infiniment 
supérieure à tous les points de vue, et que son labelle est une merveille de 
coloris (a wonderful piece of colouring). Nos lecteurs pourront bientôt juger par 
^eux-mêmes de la justesse de ces éloges. 





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PHALAEXOPSIS ESMIiRALDA rchu. 


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CANDIDULA n. var. 


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PL. CCLXIII 


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PL. CCLXIII 

PHALAENOPSIS ESMERALDA rchb f. var. CANDIDULA n. var. 

PHALAENOPSIS ESMERALDA, VARIÉTÉ PRESQUE BLANCHE 

PHALAENOPSIS. Vide Lindenia, vol. I, p. 21. 

Phalaenopsis Esmeralda. Foliis oblongo-ligulatis acutis rubro-aspersis, pedunculo erecto elato, racemo elongato, 
floribus mediocribus, sepalis oblongis obtusis, petalis subaequalibus, labelli ungue utrinque medio ligula lineari obtusa 
porrecta parva, antice lamella depressa tricrenata, lamina media ligulata obtusa porrecta, plica transversa in disco 
ante basin, androclinio postice cucullato, rostello ornithorhyncho, pollinibus quaternis liberis. 

Phalaenopsis Esmeralda Rchb. f., in Gard. Chron ., 1874, pars 2, p. 582. — Revue Hort., 18 77, pp. 106, 107, 
fig. 17, 18. — Floral Mag ., 1879, t. 358. — Orchidophile, 1881, p. 9, cum fig. — Rolfe, in Gard. Chron., 1886, 
pars 2, p. 276. — Warn. et Will. Orchid. Album, VII, t. 321. 

P. antennifera Rchb. f., in Gard. Chron., 1879, pars I, p. 398. — Id. 1882, pars 2, p. 520. — Rolfe in 
Gard. Chron., 1886, pars 2, p. 276. 

Var. candidula , nova varietas, floribus candidulis. 



e Phalaenopsis Esmeralda a été décrit pour la première fois, en 1874, 
comme un ravissant joyau, produisant de riches grappes de fleurs 
éclatantes couleur améthyste; aucune indication n’était donnée au sujet 
de son origine. 

Trois ans après, M. Carrière, dans la Revue Horticole , attribuait son intro- 
duction à M. Godefroy, de qui il avait reçu les intéressants détails que voici : 
« Le Phalaenopsis Esmeralda croît sur les rochers humides exposés au soleil 
et sur les souches d’un Dacrydium, mais seulement sur le côté insolé. J’ai ren- 
contré deux variétés de cette petite espèce, l’une à fleur pâle, l’autre à fleur 
très foncée et à labelle presque rouge sang; elles croissent ensemble dans les 
deux localités où je les ai rencontrées une première fois en juin sur les 
contreforts de Pnum-bat , à l’ouest du grand lac de la province de Pursat 
(Cambodge). Une seconde fois, en octobre, je rencontrai cette espèce sur la 
route de Yang-dong, dans les rochers qui forment les contreforts du mont 
Bay-Doc, point culminant de l’île du Phuquoc, au nord-ouest de la Cochinchine, 
et au fond du golfe de Siam. Les Cambodgiens appellent cette plante innoum 
dom rey (Pain d’éléphant). L’orthographe de ce mot doit être très fantaisiste, 
car j’ai écrit ce nom en prenant la moyenne du même mot prononcé par dix 
individus différents, dénaturant à qui mieux les sons, afin de me faire bien 
comprendre. Je ne crois pas non plus que la plante soit connue sous ce nom; 
le Cambodgien, fort en botanique dans son pays, et qui recevait une récompense 
à chaque séance de nomenclature, peut fort bien avoir exercé son intelligence 
au détriment de notre pacotille. » 

Cette espèce est aujourd’hui plus répandue dans les cultures, et s’est révélée 



très variable sous le rapport du coloris, à ce point que je ne vois pas par où 
elle peut se distinguer du P. antennifera Rchb. f. Cette dernière plante a été 
introduite de Birmanie par M. Stuart Low, et décrite en 187g. La principale 
différence observée consistait dans la couleur orange des lobes latéraux du 
labelle, dont le lobe antérieur seul était pourpré. Plus tard on a signalé une 
ou deux autres distinctions, mais je crois qu’elles ne doivent pas être conser- 
vées si l’on examine une série de spécimens. 

Deux autres espèces très proches de celle-ci sont le P. Regnieriana Rchb. f. 
et le P. Buyssoniana Rchb. f., qui furent introduites de Siam par M. A. Regnier, 
de Fontenay-sous-Bois, lequel adressa gracieusement une plante de chacune à 
Kew, où elles fleuriront sans doute l’été prochain. Elles forment un groupe 
distinct, que Reichenbach appelait la section Esmeralda , et qu’il caractérisait 
par la présence d’une paire de petits appendices linéaires sur l’extrémité du 
labelle. Peut-être la question se posera-t-elle, un jour, de savoir si cette section 
ne se compose pas simplement d’une seule espèce très variable. 

Les fleurs du P. Esmeralda varient de l’améthyste pourpré foncé jusqu’à 
diverses nuances de rose et même jusqu’à une teinte presque blanche, comme 
dans la présente variété. Dans certaines formes les lobes latéraux du labelle 
sont plus ou moins colorés d’orange. 

Le P. Esmeralda var. candiduta réclame le même traitement que les autres 
espèces du même genre. R. A. Rolfe. 


SHIRLEY HIBBERD, un des membres les plus connus et les plus estimés de 
la presse horticole anglaise, est mort le 16 novembre dernier. C’est une grande 
perte pour la science et pour les pratiquants de l’horticulture, les humbles 
surtout, que celle de ce digne et excellent homme, qui mit toujours son savoir 
et sa vaste expérience au service de tous avec une complaisance inépuisable. 

Quoiqu’il se fût destiné d’abord à une carrière autre que celle où il devait 
se créer une place éminente, M. Shirley Hibberd avait subi de bonne heure 
l’influence de sa vocation, et il avait fondé en 1858 le Floral World , puis en 1861 
le Gardeners ’ Magazine qu’il n’a pas cessé depuis lors d’administrer, et qui acquit, 
sous son impulsion, une popularité et une influence considérables. Nous com- 
mencions ici même, il y a peu de temps, et nous terminons aujourd’hui une de 
ces causeries pleines d’humour, de justesse et de bon sens, dans lesquelles il 
excellait; la conférence qu’il fit encore à l’occasion du centenaire du Chrysan- 
thème ne fut pas moinsappréciée. 

Nous regrettons l’excellent confrère, le critique consciencieux, loyal et d’une 
haute impartialité, que fut toujours M. Shirley Hibberd. Ses grandes qualités de 
cœur, aussi bien que les dons élevés de son esprit, lui avaient concilié le respect 
et la sympathie de tous, et sa perte sera vivement ressentie par tous ceux qui 
s’occupent d’horticulture. 




De Pannemaeker chroi 


PL. 


CCLXIV 


DENDROBIUM SUPERBUM RCHB. F. var. ANOSMUM RCHB. F 
DENDROBIUM SUPERBE, VARIÉTÉ SANS PARFUM 


DENDROBIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 13. 

Dendrobium superbum. Pseudobulbis erectis vel suberectis teretibus, foliis lanceolatis vel ovato-oblongis acutis, 
floribus fasciculatis, sepalis lanceolatis acuminatis, petalis elliptico-lanceolatis acutis, labello convoluto ovato acuto 
pubescente, basi callo baseos elevato transverso obsolète trilobo, lobo medio in carinulam brevem extenso. 

Dendrobium superbum Rchb. f., in Walp. Ann. Bot., VI (1861), p. 282. — Warn. et Will. Orch. Alb ., 
I, t. 42. — Veitch, Man. Orch. PL, pars 3, p. 77. 

D. macrophyllum Lindl. Bot. Reg., XXV (1839), Mise., p. 36 ( non A. Rich.) — Id., XXX, Mise., p. 47. — 
Id., Sert. Orch., t. 35. — Pescatorea, t. 40. — Paxt., Mag. Bot., VIII, p. 97, cum tab. — Hook., Cent. Orch. 
t. 12. — De Puydt, Orch., t. 17. 

D. macranthum Hook., Bot. Mag., LXIX (1843, t. 3970 (non A. Rich.). — Fl. des Serres, t. 757, 

Var. purpureo-marginatum Rchb. f., in Walp. Ann. Bot., VI, p. 283. 

D. macrophyllum var. purpureo-marginatum De Vriese, Illustr. Orch. Ind. N'eerl., t. 17. 

Var. Huttoni Rchb. f., in Gard. Chron., 1869, p. 1206. 

Var. velutinum Rchb. f., in Gard. Chron., 1869, p. 1206. 

Var. Burkei Rchb. f., in Gard. Chron., 1884, pars 1, p. 306. 

Var. giganteum Rchb. f., in Walp. Ann. Bot., VI, p. 283. — Warn. Sel., Orch., ser. I, t. 26. D. macro- 
phyllum var. giganteum Lindl., in Gard. Chron., 1844, p. 219. 

Var. Dearei. « Colonel Deare’s subvariety, » Veitch, Man. Orch. PL, pars 3, p. 77. 

Var. anosmum, segmentis latioribus obtusioribus, floribus subinodoratis. 

Var. anosmum Rchb. f. in Walp. Ann. Bot., VI, p. 283. Veitch, Man. Orch. PL, pars 3, p. 77. 

Dendrobium anosmum Lindl., Bot. Reg., XXVI (1845), Mise., p. 32. — Paxt. Mag. Bot., XV, p. 97, 
cum. tab. 

D. macrophyllum var. Dayanum Hort., ex Veitch, Man. Orch. PL, pars 3, p. 77. 



a variété que nous figurons fut à l’origine introduite des îles Philippines, 
en 1840, chez MM. Loddiges, de Hackney, et décrite par Lindley en 1845 
sous le nom de Dendrobium anosmum. Elle était indiquée comme différant 
du D. macrophyllum (c’est le nom qu’on donnait alors à l’espèce type), par l’ab- 
sence du parfum de rhubarbe et la petitesse de ses fleurs, ainsi que par la 
forme des segments, plus courts et plus larges, et qui n’étaient pas ondulés. 
Lindley ajoutait : « L’expérience nous apprendra si c’est bien une espèce 
distincte ; en tout cas, c’est au moins une variété remarquable. » 

La question posée ci-dessus a été tranchée dans le sens négatif, et avec 
raison selon moi, car le D. superbum a montré tant de variations à divers points 
de vue que je ne vois pas ce qui permettrait d’en différencier le D. anosmum , 
autrement que comme une variété un peu spéciale. 

Le D. superbum fut introduit tout d’abord des îles Philippines, d’où Cuming 
l’envoya à MM. Loddiges; il fleurit pour la première fois dans leur établissement 
en 183g. Depuis lors on l’a rencontré dans une aire assez étendue, notamment à 




Bornéo et dans les Moluques. Il en existe à Kew des exemplaires provenant de 
Ceram et de Timor, et il est probable qu’on le trouverait également dans 
d’autres îles. 

La forme type a les segments acuminés, teintés de magenta pourpré éclatant, 
avec la moitié inférieure du labelle beaucoup plus foncée. Les fleurs ont un 
parfum très prononcé de rhubarbe. La variété giganteum a les fleurs de dimen- 
sions énormes, différant peu du type quant au coloris. La variété Dearei a les 
fleurs du blanc le plus pur, avec les segments très pointus. La variété Burkei a 
également les fleurs blanches, sauf la moitié inférieure du labelle, qui est 
pourpre pâle. La variété purpureo-marginatum diffère surtout du type par la bordure 
étroite, de couleur plus foncée, que présentent les pétales et les sépales, et que 
rappelle le nom. Je ne l’ai vue qu’en reproduction. Les deux dernières variétés 
ressemblent étroitement au D. s. anosmum , comme grandeur; le D . 5. Huttoni a 
les fleurs blanches, avec la partie inférieure du labelle pourpre foncé, et le 
D. s. velutinum se distingue particulièrement par la pubescence abondante du 
labelle, qui porte à sa base deux larges taches violet pourpré. 

La plante qui a servi de modèle pour la planche actuelle a été intro- 
duite de l’intérieur de Bornéo par MM. Linden, de L’Horticulture Interna- 
tionale, Bruxelles, et ressemble si étroitement à la variété anosmum que je 
crois devoir la ranger sous la même étiquette. Le nom n’est pas strictement 
approprié, quoique l’odeur bien connue de rhubarbe, qui caractérise si nette- 
ment le D. superbum , soit, par une cause inconnue, beaucoup moins forte dans 
cette variété. C’est une très belle Orchidée. R. A. Rolpe. 


S. M. GUILLAUME III, ROI DES PAYS-BAS, qui est décédé le 23 novembre 
dernier, après quarante et une années d’un règne heureux et prospère, fut un 
protecteur éclairé et convaincu de l’horticulture. Nos lecteurs ont sans doute 
entendu parler des serres splendides que le Roi avait fait construire à son château 
Het Loo, et où il avait rassemblé un choix des merveilles de la végétation tropi- 
cale; cette installation grandiose était célèbre dans toute l’Europe. 

* 

* * 

JOSÉ TRIANA, le botaniste colombien si connu parmi les Orchidophiles, 
est décédé à Paris au mois de novembre dernier, dans sa soixante troisième 
année. Il avait entrepris depuis assez longtemps une Flore de la Nouvelle 
Grenade, en collaboration avec le professeur Planchon; cette publication dut 
malheureusement être interrompue; elle aurait été d’un prix inestimable pour les 
horticulteurs, et aurait formé une suite des plus précieuses à sa Monographie des 
Mélastomacées. 

M. Triana était depuis de longues années Consul Général de Colombie 
à Paris. 








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