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Full text of "Rapport à m. le ministre de I'instruction publique sur une mission aux Iles Philippines et en Malaisie (1879-1881)"

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RAPPORT 



SUR 



UNE MISSION AUX ÎLES PHILIPPINES 

ET EN MALAISIE 

(1879-1881). 



RAPPORT 

À M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

SUR 

UNE MISSION AUX ÎLES PHILIPPINES 

ET EN MALAISIE 

(1879-1881). 



Ce rapport est divisé en cinq chapitres : 

1. Géologie. 

IL Météorologie (avec quelques notes sur l'hydrographie). 

III. Anthropologie. 

IV. Pathologie. 

V. Dialectes. 

VI. Géographie politique. — Agriculture. — Commerce. 

La Zoologie et la Botanique feront l'objet d'un travail ultérieur. 
CHAPITRE PREMIER. 

GÉOLOGIE. 

L'archipel des Philippines, traversé par le 120 de longitude 
est de Paris, s'étend du 5° au 19 de latitude nord. Il est presque 
partout entouré de mers profondes; à peu de distance de ses côtes 
orientales, l'océan Pacifique atteint des profondeurs de 4,ooo à 
6,000 mètres, et les mers resserrées de Célèbes et de Mindoro 
ont donné des sondes voisines de 4, 800 mètres. 

L'archipel , presque entièrement formé de régions montagneuses , 
présente des sommets élevés; le Mayon, volcan du S.E.de Luçon, 
mesure 2,734 mètres, le mont Urdaneta, dans la péninsule de Su- 
rigao, 1,900 mètres, et j'ai établi que l'Apo, volcan du S.E. de 



Mindanao, s'élève à 3,iA3 mètres. Tous ces sommets sont dans 
le voisinage immédiat de la mer. (Voyez caries n os 1 et 2.) 

Ce point du globe, comme la côte occidentale de F Amérique 
du Sud, fournit un des principaux arguments de la théorie d'après 
laquelle les contractions de Fécorce terrestre s'effectueraient tou- 
jours sur les mêmes lignes , augmentant sans cesse les différences 
de niveau entre le sommet des points émergés et la profondeur 
des mers. 

Les quelques faits publiés sur la géologie des Philippines et 
ceux que j'ai pu observer moi-même paraissent indiquer que la 
masse entière des Philippines est formée de roches éruptives an- 
ciennes, principalement dévoniennes, recouvertes par les allu- 
vions qu'elles ont fournies et par les produits d'éruptions volca- 
niques tertiaires, quaternaires et actuelles. Un soulèvement du sol 
est intervenu à la fin de l'époque quaternaire et se continue de 
nos jours. 

On a trouvé le granit dans le nord de Luçon, mais la plus 
grande partie des terrains étudiés jusqu'ici paraît reposer sur les 
schistes cristallins et la diorite. 

M. Centeno, directeur du service des mines aux Philippines, 
a constaté Fabsence de fossiles modernes et anciens à une altitude 
élevée, sur tous les points qu'il a visités M. Les dépôts marins où se 
trouvent des fossiles sont peu étendus et récents. A Tarlac (Lu- 
çon ; i3o kilom. nord de Manille) , quelques bancs, peu puissants, 
sont exploités pour la fabrication de la chaux ; on y rencontre les 
genres Bérénice, Trochus, Caryophyllea , Meandrina. Auprès de 
Camiling,à Ao kilomètres sud du golfe deLingayen, on retrouve, 
à une altitude de 80 mètres , les mêmes fossiles mêlés aux genres 
Pholas, Balanus, Physa; ils sont englobés dans un tuf volcanique 
surmonté d'un sédiment calcaire qui renferme des serpules. 

La présence de ces fossiles, analogues à ceux qui vivent aujour- 
d'hui dans les mers voisines, fait pensera M. Centeno que l'âge 
de ces sédiments n'est pas postérieur au post-pliocène récent, et 
qu'à cette époque le sol fertile des provinces de Pangasinan , de 
la Pampangaetde Bulacan (Luçon) formait le fond d'un détroit 
qui mettait en communication le golfe de Lingayen et la baie de 



M Don José Centeno y Garcia, Memoria geologico-minera de Filipinas (Revisla 
de Filipinas, Manila, 1879). 



Manille. Le même auteur a observé des faits analogues à Cebû. 
M. le professeur de Richthofen cependant W a trouvé dans les 
calcaires de Binangonan, au nord du lac de Bay (Luçon), près de 
la côte du Pacifique, beaucoup de nummulites. 

A ces dépôts marins il faut ajouter les bancs de polypiers, tels 
que ceux qu'a signalés M. Semper et qui se transforment promp- 
tement en calcaire dur et compact. 

Les terrains de sédiment qui n'ont pas une origine marine pa- 
raissent, d'après les connaissances actuelles, limités au terrain 
houiller. La houille se rencontre sur un grand nombre de points, 
entre autres dans la province d'Albay, à l'extrémité S. E. de Lu- 
çon. Les gisements les plus abondants existent dans les îles de 
Cebû et de Négros, séparées aujourd'hui par le détroit connu 
sous le nom de Estrecho del Tanon et que M. Centeno pense avoir 
été réunies à l'époque houillère. Cet auteur a reconnu que, dans 
ces îles, la houille forme plusieurs couches séparées par des 
argiles et des grès, et que tout le système repose sur un banc 
puissant de calcaire; cette houille présente toutes les variétés, 
depuis la plus ancienne houille grasse jusqu'à la plus récente , sèche 
et brûlant avec une flamme longue. 

Il est donc probable, vu la présence constatée de la houille sur 
un très grand nombre de points de l'archipel, que la formation 
houillère y a eu une grande importance et qu'une grande partie 
de ses couches est cachée sous les produits volcaniques. 

Tous les faits que j'ai pu observer dans l'intérieur et sur les 
côtes de la partie orientale de Mindanao tendent à prouver que 
cette région de l'île, émergée pour la plus grande partie depuis les 
époques les plus anciennes, a subi, à l'époque moderne, un sou- 
lèvement qui se continue encore de nos jours. 

En remontant le cours du Rio Sahug (sud de Mindanao), on ne 
peut d'abord avoir aucune idée de la constitution géologique du 
sol , car dans sa partie inférieure le rio coule sur une plaine d'al- 

(1 > Cité par J. Roth dans son mémoire sur la constitution géologique des Phi- 
lippines (appendice aux Reisen in den Philippinen , par F. Jagor. Berlin, 1873). 

L'ouvrage de M. Jagor a été traduit en espagnol par M. D. Sébastian Vidal y 
Soler (Viaje por Filipinas. Madrid, i8 7 5). 

M. Vidal, directeur du service des eaux et forêts aux Philippines, a publié sur 
cette colonie des travaux très importants, notamment : Memoria sobre los montes 
de Filipinas. Madrid, 187/*. 



ïamiMEHiE îutiOHÀxa. 



_ 4 — ■ 

iuvion couverte (Tune épaisse couche d'humus. Plus haut, le lit 
du rio, moins profond , présente de nombreux rapides formés par 
des blocs de rochers , Souvent de dimensions considérables. Les 
roches qui constituent ces rochers appartiennent aux espèces sui- 
vantes : porphyre quarteifère, porphyre pétrosiliceux, mélaphyre, 
calcaires compact blane, spathique et cristallin M. Par 7 4o' de 
latitude nord, cest-à-dire, à environ 35 kilomètres en ligne directe 
du golfe de Davao, le lit du Rio Sahug est encombré de blocs 
énormes de polypiers, qui appartienneot, autant que l'échantillon 
que J'ai rapporté permet d'en juger, à une espèce du genre Astrma 
semblable à celle qui vit actuellement dans le golfe de Pavao, 
Dans la plupart des points où des éboulements permettent devoir 
la constitution des berges, celles-ci sont formées par un calcaire 
terreux qui présente une apparence de stratification horizontale, 
Au centre de Mindanao* le mont Hoagusan sépare le bassin du 
Rio Sahug de celui du Rio Agusan, qui se jette dans la baie de 
Butuan au nord de l'île. Le torrent Tubuan, affluent de l' Agusan, 
prend naissance sur le mont Hoagusan, à 270 mètres d'altitude 
environ* En ce point, on retrouve les méjaphyres. Les berges du 
torrent présentent des couches d'argile plastique, à stratification 
concordante, plongeant vers le nord sous un angle de 45°. La 
plus grande partie du lit du torrent, très accidenté, est formé de 
calcaire terreux, qui en plusieurs points ise montre en masses ver- 
ticales de 20 à ko mètres de puissance- 
Sur la rive droite du Rio Agusan , au nord du libç de Dagum ou 
Linao, à distance à peu près égale du golfe de Davao et de la baie de 
Butuan, le mont Bunauan, dont l'altitude est de 2io mètres au- 
dessus du niveau de la mer et de 210 mètres environ au-dessus 
de la plaine qui s'étend au pied de son versant sud , paraît entiè- 
rement formé de laves andésitiques, qui se montrent en blocs de 
10 à 20 mètres cubes. Cette même roche altérée se retrouve dans 
le Rio Bunauan , qui coule au pied de la montagne. Ces laves andé- 
sitiques modernes ont été analysées par M. Ch. Velain, maître 
de conférences à la Sorbonne. 

Du mont Hoagusan jusqu'à la mer, les rives du Rio Agusan, cou- 



W Déterminées , ainsi que les suivantes , au laboratoire de géologie du Muséum 
d'histoire naturelle. 



— 5 — 

vertes de forêts ou de prairies, permettent moins êttèoï*e que 
celles du Sahug de reconnaître la nature des rochei sôus-jafcentes* 
Près du confluent du Mahassam, sur la rive droite du riô, uît 
promontoire élevé de quelques mètres est constitué par des cou- 
ches de limon stratifiées, inclinées de 45° vers l'ouest* Entre las 
Nieves et Butuan, la berge de la rive gauche est constituée pat dé 
la dolérite altérée dans le pépérin, stratifiée et inclinée de bù 9 Ver* 
Test. .-•■■' 

La péninsule de Surigao (N.E* de Mindanao) est formée par là 
terminaison de la grande cordillère qui parcourt la partie orien- 
tale de l'île , du nord au sud ; cette péninsule est limitée à Test par 
le Pacifique et à l'ouest par la baie de Butuan* La côte de la baie 
de Butuan est formée par les contreforts de la cordillère centrale. 
Ces contreforts, parallèles entre eux et obliques à la direction 
N. et S. de la cordillère, plongent dans la mer sous des pentes très 
vives; la stratification de ces roches, redressée en plusieurs points, 
révèle de la façon la plus nette l'influence d'un exhaussement; 
les échantillons que j'ai recueillis sur ces points appartiennent ati 
mélaphyre et au calcaire cristallisé. Sur la côte orientale de la 
même péninsule, j'ai rencontré aussi des mélaphyres avec des cal- 
caires phylladifères , et des wackes. 

En pénétrant dans l'intérieur de cette péninsule, sur le mont 
Baguian, à l'altitude de 260 mètres, l'argile du sol laissait à dé- 
couvert du jaspe rouge avec des veines de quartz. 

Le grand lac de Maïnit, situé au centre de la péninsule, à l'alti- 
tude de ko mètres, paraît être le cratère d'un ancien volcan; il 
est circulaire* très* profond , et ses berges sont presque taillées à 
pic; il est entouré de montagnes élevées, où abondent les sources 
thermales. J'ai rapporté un échantillon de celles de Mapaço, à 6 ki- 
lomètres au nord du lac, qui sont abondantes et coulent sur un 
massif de calcaire concrétionné (travertin). 

Les grottes deKabatuan, situées sur la rive orientale du lac, sont 
ouvertes dans un massif calcaire qui, quoique fort compact, est 
constitué par des récifs madréporiques, trop altérés pour qu'il 
soit possible de les déterminer. 

Au centre de l'île, entre Bislig, l'océan Pacifique et le Rio Si- 
mulao, affluent de l'Agusan, j'ai franchi la cordillère centrale par 
le col du mont Bucan (à l'altitude de i3o mètres) , dont le sol est 
constitué par une couche épaisse d'argile jaune; mais, au pied du 



_ 6 — 

versant ouest de celte montagne, le Miaga, ruisseau affluent du 
Simulao, présente des cascades et des rapides qui permettent 
d'apercevoir des massifs d'andésites miocènes M d'une grande puis- 
sance, 

La côte orientale de Mindanao, entre Bislig et la baie dePujada , 
présente une succession de caps, généralement élevés, et d'anses, 
formés par les contreforts de la cordillère centrale. 

Entre Bislig et Catel , j'ai # recueilli sur cette côte des mélaphyres 
altérés au contact de la serpentine. C'est sur cette côte que le sou- 
lèvement qui s'opère actuellement apparaît avec le plus d'évidence. 
De larges b|tncs de madrépores soulevés au-dessus du niveau 
de la mer s'étendent en larges tables horizontales polies par les 
vagues que les vents du N*E. élèvent au-dessus de leur niveau 
normal. Ces bancs madréporiques sont surtout importants entre 
Catel et la pointe Bagoso; c'est sans doute à des bancs de la même 
origine que sont dus les brisants entre Bislig et Catel, dont le 
mauvais temps m'empêcha d'approcher; ces brisants forment au 
large., parallèlement au rivage, un cordon sur lequel la mer brise 
avec fureur, tandis qu'un calme relatif règne dans la zone qu'ils 
protègent. 

Partout sur cette côte, mais surtout entre la pointe Bagoso et 
la baie de Pujada, les preuves du soulèvement sont manifestes. 
On trouve là tous les degrés entre les madrépores brisés, confon- 
dus, agglomérés par l'humus sur le sommet des caps, et ceux qui, 
soulevés au bord de la plage, n'ont perdu leur matière organique 
que depuis peu de temps; sur la plage même, on rencontre à 
chaque pas des conglomérats qui se forment par le mélange des 
sables, des débris de mollusques et de madrépores. C'est sans 
doute à cette origine qu'il faut rapporter les masses calcaires qui 
donnent lieu à des cascades fort pittoresques, situées à une faible 
altitude, dans le voisinage immédiat de la côte, entre Manay et 
Mampanon. 

Dans le golfe de Mayo, voisin de celui de Pujada, les falaises 
dêBatunan, qui ont une assez grande étendue et dont la hauteur 
varie entre 20 et 60 mètres, sont formées d'un poudingue poly- 
génique où abondent des mollusques semblables à ceux qui vivent 
actuellement dans le golfe. 

M Déterminées par M. Ch. Velain. 



Sur la côte de te baie de Fujada, j'ai recueilli des mélaphyres et 
du gypse uni à de la pyrite de fer, et sur la chaîne qui la sépare 
du golfe de Davao, du quartz bréchiforme ; dans la grande faille 
orientée au S. E. qui coupe la plus grande partie de cette chaîne, 
j'ai trouvé du quartz résinite, et à Kuavo, sur le golfe dé Davao, 
des serpentines. 

Les mouvements du sol sont tout aussi apparents sur les côtes 
du golfe de Davao* Les débris de madrépores sont fréquents, même 
à des altitudes assez élevées, et ces gisements sont bien connus des 
indigènes, qui savent par expérience qu'ils sont impropres à cer- 
taines cultures, notamment à celle du cacao. Sur le rivage même, 
le soulèvement actuel est indiqué par les bancs de madrépores 
qui forment la limite ouest de l'île Samal et dont les arêtes sont à 
peine émoussées. Les petits îlots Malipano, dont les roches anfrac- 
tueuses sont utilisées par les indigènes comme abri sépulcral, sont 
formés par le sommet d'un banc de madrépores dont la base est 
encore vivante et en pleine multiplication. Le soulèvement de ces 
îlots doit être fortxécent, car les substructions madréporiques dont 
ils sont couverts sont peu altérées et leur végétation , quoique très 
épaisse, présente peu d'essences de haute taille. 

Sur quelques points du golfe de Davao, notamment au nord, 
entre Davao et le détroit de Paquiputan, le sol s'affaisse; ce mou- 
vement est facile à constater, car, partout où il se produit, la forêt, 
envahie par la mer, ne tarde pas à périr. 

Uarchipel de Soulou s'étend de Bornéo à Mindanao en une 
chaîne d'îles situées sur les sommets du relief sous-marin. Sans 
doute plusieurs de ces îles, peu élevées, sont en grande partie 
constituées par des bancs de polypiers qui se sont peu à peu 
exhaussés jusqu'à la surface de la mer et qui, par l'apport de dé- 
tritus de toute espèce, sont devenus propres à la végétation. Il en 
est autrement de beaucoup d'autres îles et notamment de celle 
de Soulou, qui donne son nom à l'archipel. Dans l'île Soulou, je 
n'ai observé de signes de formation madréporique que sur le ri- 
vage et dans son voisinage immédiat, dans des terrains où l'on 
avait creusé des puits. La couche traversée est homogène et for- 
mée d'un mélange de madrépores et de mollusques; elle paraît 
reposer sur des sables; son niveau supérieur est élevé de 2 mètres 
.environ au-dessus des plus hautes marées. La masse de l'île semble 



— 9 —■ 
être de structure volcanique; des tranchées profondes, ouvertes 
dans les collines auxquelles est adossée la ville espagnole de 
Soulou, dégagent de nombreux blocs de laves M englobant des 
galets. Des blocs de la même roche, beaucoup plus volumineux, 
sont dispersés sur la plage et se montrent en abondance dans le 
lit des ruisseaux, ainsi que dans tous les sentiers ravinés par la 
pluie qui conduisent sur les sommets de l'île (2 ^ Partout ailleurs, 
une puissante çouçhç d'hmnus % recouverte de prairies de Cogon^ 
OU de forêts, cache la structure du terrain. 

Les modifications que subit le relief du sol aux Philippines 
dépendent de deux causes qui paraissent être subordonnées 
Tune à l'autre : les tremblements de terre et les éruptions vol- 
caniques. * 

Le premier de ces, phénomènes r par son intensité et sa multipli- 
cité, a une influence beaucoup plus considérable. 

On peut dire que les mouvements du sol sont constants aux 
Philippines. Le sismographe de l'observatoire de Manille est tou- 
jours en mouvement, même quand la stabilité du sol paraît paiv 
faite. Pendant le court séjour que j'ai fait à Albay, au pieH. du 
volcan Mayon, deux fois la terre trembla d'une façon très percep- 
tible, mais sans produire de dégâts. 

Sur la côte du golfe de ©avao, à l'est du volcan Apo, j'ai rare-* 
ment passé une journée sans observer de tremblement de terre; 
ce phénomène se manifestait seulement par des mouvements d'os- 
cillation horizontale communément dirigés de l'ouest à Test. En 
général, ces mouvements passaient inaperçus des habitants. Ils 
étaient cependant très appréciables, non seulement par les indi- 
cations du grossier sismographe que j'avais installé dans ma 
chambre, mais encore parle frémissement qu'ils imprimaient aux 
toitures légères des constructions de ce pays. 

En 1872 , Pollok çt Cottabato, à 160 kilomètres ouest de Davao» 
furent complètement ruinées par un tremblement de terre, 

.Au nord de Mindanao, dans la province de Surigao, ce phéno- 

M Les échantillons géologiques recueillis ont été égarés. 

W L'île est très accidentée : la chaîne qui s'élève parallèlement à la mer, à 
une très faible distance de la côte N.O, est dominée par les monts Tuman-Tangis , 
But-Pulak (875 mètres), une saillie innomée de 716 mètres, et le mont Bahu 
(SéS mètres). 

W ImperaUt anmdinaeea. * 



— Ô — 

mène paraît moins fréquent* mais plus intense* qu'à Davao; les 
souvenirs des habitants et beaucoup de ruines , à Surigao même , 
témoignent de cette intensité. 

On peut dire qu'il n'est pas d'année où quelque province des 
Philippines ne soit fortement éprouvée par un phénomène de ce 
genre. 

La ville de Manille a été plusieurs fois ruinée par tes trem- 
blements de terre. L'avant-dernier, qui se produisit en i863, 
renversa la plupart des édifices publics et un grand nombre 
dé maisons particulières bâties en maçonnerie. Ces dernières 
constructions sont cependant établies avec toutes les précautions 
que l'expérience a suggérées contre un fléau toujours imminent 
et elles résistent assez bien quand les secousses ne sont pas très 
violentes. Les murs maçonnés, épais, ne s'élèvent que jusqu'à 
la hauteur du plancher du premier et unique étage de la maison. 
Cet étage est formé par une grande cage en bois dont les pièces 
fortement reliées entre elles constituent un ensemble indissoluble 
posé sur les murs. La toiture» recouverte en tuiles* auxquelles 
on substitue de plus en plus des feuilles» de tôle galvanisée, est 
supportée par un système d'arbalétriers qui ont un certain jeu 
sur les fermes dans le sens de ieur longueur. II résulte de cette 
disposition que le mouvement imprimé par les- oscillations du sol 
est décomposé et fortement atténué en se propageant aux diverses 
parties de l'édifice. 

Le dernier grand tremblement de terre de Manille, survenu en 
juillet 1880, causa beaucoup de*dégâts, surtout par l'ébranlement 
et la chute des cloisons, des escaliers et des aménagements inté- 
rieurs; mais, dans le plusgrand nombre des maisons, le gros œuvre 
resta en place, malgré des secousses répétées et très intenses. 

Je me trouvais à Mîndanao quand ce tremblement de terre se 
produisit; mais le R. P. Faura, directeur.de l'observatoire de Ma- 
nille, a bien voulu me communiquer le résultat de ses observa- 
tions, que je traduis ci-après : 

« Les observations ont été déduites des indications fournies par 
les sismomètres horizontal et vertical {1) . Nous ne leur donnons 

(,) « Le sismomètre horizontal se compose d'un pendule de 60 centimètres de 
longueur, pouvant osciller dans toutes les directions au-dessus d un plateau à sec- 
tion sphérique, recouvert de poudre de lycopode, dont le rayon de courbure est 



— 10 — 

pas une valeur absolue, parce que ces appareils ne sont bien sûrs 
que dans les cas où les mouvements de Técorce terrestre ne sont 
ni très intenses ni très compliqués; nous pensons cependant 
qu'ils donnent une idée suffisamment exacte du phénomène. Ces 
réserves faites, nous allons transcrire les diverses observations qui 
jont été recueillies chaque jour. 

« Dans, les mois d'avril et de mai, on commença à ressentir des 
secousses dans les provinces du nord de Luçon. Le centre d'oscil- 
lation sismique, autant qu'on peut le déduire des renseignements 
qui nous ont été fournis, paraît coïncider avec l'emplacement 
d'un volcan éteint depuis longtemps, situé entre Lepanto et Abra, 
dans la cordillère centrale de Luçon, par 16 22' latitude nord et 
127 longitude est de San-Fernando (n8°27' 27" E. de Paris). 

« Au début, les secousses étaient rares £t faibles; mais, dans le 
mois de juin, elles devinrent assez fortes et s'étendirent au nord et 

égal à la longueur du pendule; au centre du plateau se trouve un petit anneau qui 
est entraîné par le premier mouvement du pendule et s'arrête invariablement 
du côté opposé à celui d'où vient la première onde sismique. 

s Le sismomètre vertical consiste en une tige métallique rigide à l'extrémité su- 
périeure de laquelle est soudé un ressort hélicoïdal en laiton. A la dernière spire 
de ce ressort est fixé un poids cylindrique en plomb traversé par la tige métal- 
lique au long de laquelle il se meut librement sous l'influence des oscillations 
terrestres. Sous ce poids est un index de liège , traversé aussi par la tige métal- 
liqua , lequel est entraîné par le poids dans ses diverses oscillations et demeure 
fixé au point où il est porté par l'oscillation maxima. 

Quand nous parlons des arcs d'ondulation sismique décrits à partir du centre 
de l'appareil , nous n'entendons pas dire que les édifices aient éprouvé en divers 
sens la même inclinaison que le pendule ; 41 est évident, en effet, que, dans une 
moitié de ses ondulations, le pendule se meut non par suite de l'inclinaison de 
l'édifice , mais seulement à cause de la vitesse acquise dans la première partie de 
l'ondulation. Nous avons indiqué dans les figures & les deux demi-ondulations 
afin de respecter l'opinion d'après laquelle les ondes sismiques sont semblables 
aux ondes sonores, tandis que, suivant une. autre opinion , elles ne sont que l'effet 
du soulèvement et de l'affaissement du sol en des points plus ou moins éloignés 
du lieu de l'observation. 

« On voit dans les figures un grand nombre de lignes qui ne se continuent pas 
avec les lignes voisines ; nous croyons que ce fait est le résultat des nombreuses 
secousses en sens vertical qui faisaient brusquement sauter le pendule, le for- 
çant à abandonner une courbe pour en suivre une autre qui commençait avec 
la nouvelle secousse. Nous pouvons affirmer que les courbes qui sont reproduites 
ici l'ont été avec la plus grande exactitude d'après celles que le sismomètre a 
tracées sur le plateau recouvert de poudre de lycopode. » 

(•) PI. XXXII à XXXIV. 



_ 11 _ 

au sud dans une zone beaucoup plus vaste ; leur direction fut tou- 
jours la même. On resseatit encore quelques secousses au com- 
meucement de juillet; mais, du 5 au 1 4 de ce mois, on ne reçut à 
Manille aucune nouvelle de tremblements de terre ayant affecté un 
point de Luçon. 

« Le 1 4 juillet , à midi 53 minutes , les menaces de mauvais temps 
dans le N.E. de Luçon étant indiquées par une baisse extraordi- 
naire du baromètre, la première secousse se fit sentir. Dans cette 
secousse se montrent deux centres d'oscillation, le premier situé 
dans le 2 e quadrant, et le second dans le 3 e quadrant.* C'est par 
ce dernier. que se termina cette première secousse, dont le sens fut 
principalement horizontal; l'amplitude totale de l'oscillation- fat 
de 5° 25'. Le pendule horizontal décrivit une croix dont les bran- 
ches, tracées presque à angle droit, étaient orientées S. E. io° N. et 
S. 0. 5° S. 

« Le premier choc eut lieu dans la direction du N. O. L'ampli- 
tude de l'oscillation en ce sens mesure un arc de 5° 2 5'; ce ne fut 
là sans doute que l'effet delà première secousse , car aussitôt après 
le pendule se mit à osciller dans une direction perpendiculaire à 
la précédente , avec une amplitude un peu moindre. 

«L'index du sismornètre vertical marqua un mouvement de 
4 millimètres. Après cette première secousse, deux autres se firent 
sentir dans l'espace d'une heure et demie. 

«Le i5 et le 16 juillet, il n'y eut pas de mouvements percep- 
tibles; le 17, il se produisit deux secousses légères. 

«Le 18, à midi 4o minutes, eut lieu le grand tremblement 
avec mouvements d'oscillation, de trépidation et de rotation com- 
binés; il dura î minute io secondes. Les mouvements d» pen- 
dule furent si nombreux et si variés qu'il est impossible de les 
énumérer tous. Nous nous bornerons donc à donner les princi- 
pales direclions et amplitudes. Les autres peuvent se voir dans la 
planche XXXII. 

«Nous devons dire que, selon nous, la grande oscillation de 
l'ouest à lest, qui fut la plus régulière et ne fut pas troublée par 
des secousses violentes, indique la vraie inclinaison des édifices 
vers l'ouest. 

« Première oscillation maxima de l'E. 5° S. à l'O. 5°N. ; l'ampli- 
tude maxima de l'oscillation en ce sens égale 2 2°, savoir : 'n° à 
l'est et ii° à l'ouest. 



— 12 — 

« Seconde oscillation nxaxima du S. O. au N.E.; vraie ampli- 
tude = 19°; mais ici la courbe est plus étendue au S.0., où elle 
atteint io° 10', tandis qu'au N. E. elle s'arrête à 8° 5o'. 

* Troisième oscillation maxima du N. 4° O. au S* 4° E* ; ampli- 
tude de l'oscillatien en ce sens = 1 6°; la courbe est plus développée 
vers Test; l'impulsion paraît donc dirigée du nord au sud. L'index 
du sismomètre vertical parcourut 34 millimètres. 

* Depuis lors jusqu'au 20 à 3 heures p. m. , moment où eut lieu 
une forte secousse t il se produisit une série ininterrompue de pe- 
tites secousses qui indiquaient la permanence du phénomène. 

«Dans cette dernière secousse (pi. XXXIII), il n'y eut que des 
mouvements d'oscillation et de trépidation, mais d'une violence 
extraordinaire. L'oscillation du pendule fut dirigée du S.E. i5 N. 
au N. O. i5* S. L'amplitude de l'oscillation dans ce sens sous- 
tend un arc de 12 30, toutefois avec la particularité suivante : 
l'oscillation n'est pas unique, mais composée de trois oscillations 
partielles» qui montrent bien la violence des secousses. 

« Après avoir été projeté par la première impulsion -, le pendule, 
en revenant à son point de départ, reçoit une nouvelle impulsion, 
qui non seulement neutralise la vitesse qu'il avait acquise en re- 
venant à sa position primitive, mais encore le faiC arriter y une 
seconde et une troisième fois , presque à la même hauteur, 

« Il est vrai que l'inclinaison des édifices n'atteignit pas le degré 
indiqué par le pendule; mais qui pourrait mesurer la commotion 
terrible qu'ils éprouvaient pendant des secousses aussi violentes 
et aussi nombreuses? Si l'on combine seulement les trois secousses 
indiquées par l'ondulation verticale, qui approche de 2 4 milli- 
mètres, on s'étonnera que les édifices ruinés n'aient pas été plus 
nombreux encore. 

«Pendant toute l'après-midi, le pendule oscilla du N. E. au 
S. G. 

* A 10 heures 4o minutes p. m. , eut lieu une nouvelle secousse 
(pi. XXXIV); celle-ci, bien que très violente, présente déjà un 
caractère différent des autres. Dans les précédentes, le foyer d'ir- 
radiation sismique le plus intense se trouvait dans le 2 e quadrant. 
Dans celle-ci , l'ébranlement commence , il est vrai , à l'est , mais avec 
beaucoup moins de force qu'auparavant; le foyer d'oscillation situé 
dans le 1 er quadrant persiste avec plus de violence encore. L'os- 
cillation de Test à l'ouest est de io°, tandis que celle du N. E. au 



— 13 — 

S. O. embrasse un arc de 17 . L'index du sismomètre vertical se 
déplaça de 28 millimètres. 

• Les commotions continuèrent, mais elles diminuaient d'in- 
tensité et devenaient moins nombreuse* 

«Le pendule, qui n'avait jamais été tranquille depuis le 18 jus- 
qu'au 21, à 3 heures p. m., resta immobile à plusieurs reprises 
pendant les trois jours suivants. Le 2 5 , à 4 heures 2 minutes a. m. , 
se produisit une autre secousse, peu intense; la direction de l'on- 
dulation était 2 6° N., et l'amplitude 3° 54'. Le mouvement de 
trépidation fut inappréciable, puisque l'index du pendule ne 
s'écarta de sa position normale que de 7 dixièmes de millimètre. 

«En résumé, le i4, nous trouvons deux foyers d'irradiation 
sismique, un dans le i er , un dans le 2 e quadrant. Le 18 , nous trou- 
vons encore ces deux foyers, mais d'autres apparaissent qui pro- 
jettent le pendule daos tqutes les directions imaginables, comme 
on peut le voir par la planche XXXII. 

«Le 20, à 3 heures 4o minutes p. m., le foyer du 2* quadrant 
se manifeste par des secousses d'une violence épouvantable, et tes 
autres foyers disparaissent. (PL XXXIII.) 

*Le tremblement du 20, à 10 heures 4o p. m. (pi. XXXIV), 
nous montre une énorme variation dans les foyers d'irradiation 
sismique. Les oscillations de l'est à l'ouest, qui correspondent aux 
foyers précédemment si actifs, sont graduelles et beaucoup moins 
violentes; au contraire, celles du N.E. au S. G. sont très intenses. 
Enfin le 2 5, à 4 heures a. m., le foyer du \ er quadrant se mani- 
feste seul, avec peu d'intensité; les autres ne donnent aucun signe. 
Nous ne vouions, pour le moment, tirer aucune conclusion de 
ces faits, et nous nous contentons de les soumettre à l'examen des* 
personnes compétentes. » • 

M. CeatenoM ne croit pas que ïp centre de ces oscillations ait 
été situé entre Abra çt Lepanto. 

D'après cet ingénieur, toutes les crevasses et les dépressions qui 
ont été produites par ces tremblements de terre se trouvent dam 
le voisinage des fleuves, des marais ou de la mer; il en déduit 
qu'elles ont eu lieu sur les points évidés par les cours d'eau 

M Abstract of a memoir on the earihaquakes in the island ofLuzon in 1880, 
by don José Centeno y Garcia, translatée! by prof. Chaplin {Transact. of the 
Seimological Society ofJapan, vol. V. Tokio/i883). 



— n — 

ou les infiltrations. A Malacanang, faubourg de Manille, il s'est 
produit une fente de 4 mètres de profondeur, pénétrant au travers 
de tout le dépôt alluvial moderne et atteignant les roches volcani- 
ques qui forment le sou*sol de toute la province de Manille et 
d'une partie de celle de Bulacan. Le cours du Pasig paraît former 
une ligne de démarcation entre deux zones où l'intensité du trem- 
blement de terre du 20 juillet 1880 fut très inégale. 

Les gisements de roches volcaniques, si nombreux dans presque 
toutes les îles Philippines, montrent que les éruptions ont été, 
dans les temps passés , beaucoup plus importantes que de nos jours. 
Actuellement, un grand nombre de volcans sont éteints; mais 
ceux dont l'activité persiste sont encore assez nombreux pour 
faire de l'archipel une des contrées les plus volcaniques du 
globe. ■ . % 

Les volcans des Philippines, situés du nord au su^l, sont consi- 
dérés comme la continuation de la grande chaîne volcanique qui 
commence aux îles Kouriles et se termine à Sumatra, en passant 
par le Japon, les îles Lou-Tchou ou Liu-Kieu, les Philippines, Cé- 
lèbes, les Moluques et les îles situées à l'est du détroit de la Sonde. 

Aux Philippines, le premier anneau de cette chaîne volcanique 
est le volcan de Babuyan, dans la petite île de ce nom voisine de 
la côte nord de Luçon; à partir du volcan de Taal, près de la 
baie de Manille, cette chaîne se dédouble : le rameau oriental 
forme les volcans Mayon et Bulusan à l'extrémité S. E. de Luçon; 
le rameau de l'ouest donne naissance au volcan de Camiguin, 
île située près de la côte nord de Mindanao. Les deux rameaux se 
réunissent au sud de Mindanao* dans le massif auquel appartien- 
nent le Matutun et YApo, et qui domine le golfe de Davao. 

Le volcan de Taal , que je n'ai pu visiter, est bien connu; Roth M 
pense que les laves qui forment le cratère sont des dolérites. 

Le Mayon , qui se dresse sur la rive même du golfe d'Albay, à 
la hauteur de 2,734 mètres, et dont le cône parfaitement régulier 
concourt à former un des plus beaux paysages du monde, était 
beaucoup moins bien connu. Il est douteux que l'ascension en ait 
jamais été faite; du moins quand je passai à Albay afvec mon col- 
lègue M. Paul Rey, les habitants nous dirent que jusqu'ici elle 

W Loc. cil.* 



— 15 — 

n'avait pu réussir. Pressés de gagner le sud de l'archipel , nous ne 
pûmes tenter cette ascension, qui doit être difficile et demander 
d'assez longs préparatifs. Nous dûmes nous borner à constater les 
résultats de l'éruption de 181 4» qui détruisit Daraga, le plus impor- 
tant pueblo de la province, et de celle de 1871, qui a dévasté la ré- 
gion fertile qui s'étendait entre le volcan et la mer. A notre passage r 
cette zone ravagée se reboisait spontanément par des Casuarinées. 

Depuis lors, en juillet 188 1 , il s'est produit une nouvelle érup- 
tion, observée par M. Abella, auquel j'emprunte les détails sui- 
vants M. 

Depuis le commencement du siècle, le Mayon a eu neuf ou dix 
éruptions. Le 6 juillet 1881, eut lieu une émission de laves et 
de cendres, émission qui se répéta le i4 décembre. Toutes ces 
éruptions ont d'abord donné des cendres; ensuite sont venues les 
laves embrasées, fragmentées et incohérentes, qui coulaient du 
sommet du cratère et par les fentes latérales du sud et du S. S. E. 

La constitution géologique du Mayon ne peut être établie avec 
une certitude absolue, faute de crevasses profondes. En bloc, le 
Mayon doit se composer de roches essentiellement basaltiques, 
formées de feldspath et d'augite ; ces roches sont compactes dans 
lesdiques, spongieuses dans le» courants de laves, souvent aussi 
scoriformes et métamorphosées par l'action de sources gazeuses 
acides. 

Les laves fragmentées que rejetait le Mayon au moment des 
observations de M. Abella présentent diverses formes pétrologiques. 
Le type le plus fluide est une lave basaltique essentiellement 
augitique, un peu scoriforme, mais moins spongieuse que celle 
du volcan de Taal. Un autre type est celui de nombreux conglo- 
mérats laviques formés par des fragments de dolérite compacte en- 
robés dans une autre lave basaltique semi-vitreuse qui a servi de 
ciment par voie ignée. Sans doute la dolérite a été arrachée des 
parois du volcan. Le squelette du Mayon serait donc exclusivement 
composé de dolérites, le type basaltique que l'on rencontre à sa 
surface provenant seulement des éruptions modernes et contem- 
poraines. Ces dolérites sont identiques à celles de Taal, qui, d'après 
M. Jagor, ne diffèrent pas de celles de l'Etna. 

(I > Don Enrique Abella y Casariego , Monografia geologica del volcan de Albay 
6 el Mayon (Tranmct. of the Seismoloqical Society of Japan, vol. V. Tokio, 
i883.) ' " 



_ 17 — 

A Daraga et à Libog, au pied des versa» ta sud et est du 
Mâyon, on trouve des tufs volcaniques, des pépérins, des brèches 
de dolente renfermées dans une argile analogue aux cendres du 
volcan. 

M. Drasche suppose que le Mayon est entré dans la deuxième 
phase des éruptions volcaniques (torrents détritiques de lave), la 
première étant constituée par les kves seules, et la troisième par 
des cendres. 

M. Abella signale la source ferrugineuse de San-Antonio, qui 
coule sur la dolérite, et celle de Budiao, qui est sulfureuse et légè- 
rement thermale. 

La province d'Albay compte du reste de très nombreuses sources 
thermales, indices de l'activité souterraine de la région. 

J'ai visité avec M. P. Rey celles de Manito et de Tiwi. 

La source de Manito» située dans le voisinage de la pointe Paron , 
sur le golfe d'Albay, occupe un ancien cratère dont la paroi nord 
échancrée donne passage aux eaux qui tombent sur la plage en 
formant une petite cascade; le cratère^ ellipsoïde, mesure environ 
i5o mètres de longueur sur 60 de largeur; l'eau est vivement 
agitée par les vapeurs abondantes qu'elle dégage; sa surface est 
couverte d'une mousse rougeâtre^La température, à 4 mètres 
de profondeur, égale 70 1 G. Cette eau ne contient ni manga- 
nèse, ni acide chlorhydrique, ni acide azotique, libres ou en solu- 
tion. La matière qui se présente sous l'apparence d'une mousse 
rougeâtre est organique; car, incinérée par l'acide sulfurique et 
chauffée, elle nous a donné un abondant dégagement de vapeurs 
ammoniacales. 

Les sources de Tiwi sont sulfureuses et siliceuses. 

Les premières surgissent de plusieurs points voisins et se perdent 
dans un ruisseau. La température en est très élevée; elles donnent 
lien à un dépôt de soufre peu important. 

Les sources siliceuses jaillissent un peu plus loin, au milieu 
d'une zone sans végétation , entièrement recouverte de silice; cette 
zone est parsemée de petits cônes de la même matière, formés par 
les jets d'eau siliceuse; les uns sont pleins, les dépôts de l'eau si- 
liceuse qui les a produits en ayant oblitéré graduellement l'orifice ; 
les autres, geysers minuscules, sont en voie de formation. Le sol, 
siliceux, est brûlant et paraît constitué par une croûte mince qui 
recouvre une nappe large et unique d'eau siliceuse. En un point, 



— 16 — 

cette croû le $'est affaissée et laisse voir la nappe sous-jaœnte pro- 
fonde de 8 à îo mètres sur une étendue d'environ 6o mètres de 
diamètre. Cette nappe n'a pas de limites visibles, l'épaisseur de la 
croûte qui la recouvre n'atteignant pas sa surface. L'eau siliceuse 
s'élève et baisse, dit-on, avec le flux et le reflux de la mer, qui est 
voisin. 

Ces eaux ont une couleur bleue d'une transparence , d'une finesse 
et d'un éclat extraordinaires. Plusieurs observations nous montrè- 
rent que leur température était de 85° C. Mais les indigènes nous 
affirmèrent qu'elle était souvent beaucoup plus élevée. Ces eaux 
incrustent rapidement les objets qui y sont plongés. 

J'ai déjà signalé l'abondance des sources thermales au N. E. de 
Mindanao dans les environs du lac de Maïnit. Le même fait ne se 
reproduit pas au sud de l'île dans la contrée dominée par le volcan 
Apo. 

J'ai eu la bonne fortune d'accomplir l'ascension de ce volcan, 
qui n'avait pas encore été faite et qui avait été l'objet de deux 
tentatives infructueuses W. 

J'étais en compagnie du gouverneur de Davao, M. le comman- 
dant don Joaquin Rajal y Larre, et de plusieurs autres officiers ou 
résidents espagnols. Pendant l'ascension, M, le lieutenant de vais- 
seau don Enrique deRamos y Azcaraga observait à Davao, au pied 
du volcan, le baromètre, le thermomètre et l'hygromètre; en com- 
parant ses observations avec celles que je fis pendant l'ascension 
au moyen des mêmes instruments, nous avons fixé l'altitude des 
divers points remarquables et celle du sommet du volcan , que nous 
avons trouvée égale à 3,i43 mètres. Les détails de cette ascension 
ayant été précédemment publiés &\ je ne les reproduirai pas. 

L'Apo paraît être en ce moment à l'état de solfatare. Son cône 
est recouvert, depuis le sommet jusqu'à 2,3oo mètres d'altitude 
environ, d'un manteau de soufre qui recouvre lui-même, sur une 
épaisseur variable, les cendres et les blocs d'andésite modernes. 
L'énorme crevasse ouverte dans son flanc donne issue à derjets de 
vapeur d'acide sulfureux, qui s'échappent avec un bruit strident. 
Ces vapeurs sont si abondantes, que, vues de Davao, elles paraissent 
être d^s nuages attachés au flanc du volcan. 

< ] > En* 1859 et 1870. 

M Ballet. Soc. de géographie, juin 1881, et Tour du monde, 2* semestre 
i884. 



— 18 r- 

En dehors des andésites, les seules roches que j'aie trouvées dans 
le système de l'Apo consistent en un échantillon de pyrite de fer 
et un échantillon de jaspe rouge. 

Les Philippines sont très riches en mines de tout genre. J'ai 
indiqué plus haut les principaux gisements de houille. D'après 
M. Centeno, les minerais de fer se rencontrent presque partout; 
ceux de Luçon donnent jusqu'à jb et 80 p. 0/0 de fer pur, et 
cette île possède un gisement de fer oxydulé magnétique presque 
pur; ces minerais sont à peine exploités; on ne s'en sert guère 
que pour fabriquer les poêles en usage dans le pays et connus sous 
le nom Carahay. La bonne qualité de ce métal explique la réputa- 
tion qu'ont les kriss de Soulou , les armuriers de cette île n'em- 
ployant de temps immémorial d'autre matière que les vieux Ca- 
rahay des Philippines, qui leur sont apporlés par les trafiquants 
chinois. 

Le cuivre est surtout abondant dans le district de Lepanto 
(N. de Luçon); il y est à l'état de pyrites ou de cuivre arsénieux; 
l'exploitation de ce minerai n'est encore pratiquée que par les in- 
digènes insoumis des montagnes , qui ont su vaincre toutes les dif- 
ficultés de l'extraction et du traitement; l'utilité qu'ils en retirent 
se borne à la fabrication de quelques ornements et de quelques 
ustensiles de ménage. Les indigènes insoumis de Mindanao qui 
fondent et travaillent le cuivre, non sans art, acquièrent la ma- 
tière première soit des Moros, soit des trafiquants bisayas, par 
voie d'échange. 

L'or se trouve dans les filons de quarlz et dans les alluvions 
volcaniques de toutes les îles. Il paraît être spécialement abondant 
dans la péninsule de Surigao (N. E. de Mindanao) et dans les îles 
qui Tavoisinent. Une société vient de se former pour l'extraction de 
ce métal dans la petite île de Panaon (entre Surigao et Leyté). Le 
village déplacer, à quelques milles S. E. de Surigao, doit son nom 
à la richesse relative des alluvions du voisinage. Le nom du rio ou 
torrent Siga ( brillant, en bisaya ) tributaire du Rio Tubay, déversoir 
du lac de Maïnit, a la même origine. J'ai rapporté de ce rio un 
échantillon de sable qui n'a pu encore être analysé. D'après M. Cen- 
teno , dans la province de Surigao, l'or se rencontre surtout dans les 
ardoises talqueuses* altérées et dans les serpentines. On trouverait 
parfois dans les alluvions des pépites pesant plusieurs onces cas- 



*- If — 

tillanes (1 once -=28 grammes 7Q); le prix en serait de 18 pias- 
tres (90 francs) le tael {39 grammes 54)* 

D'après le même auteur, le plomb se trouve à Cebû à l'état de 
galène renfermant 4 7 p: 0/0 de métal. «■..——. ... „ 

Quant au soufre, les divers volcans, soit complètement éteints, 
soit passés à l'état de solfatare, en contiennent des quantités consi- 
dérables. 

CHAPITRE IL 

MÉTÉOROLOGIE. 

J'ai séjourné trop peu de temps dans la province de Malacca 
pour y recueillir des observations météorologiques suivies. Pen- 
dant notre séjour à Kessang ( 4o kilom. N..E. de Malacca) , du 29 juin 
au 10 juillet 1879 , le temps fut beau, malgré la mousson du S. O. ; 
la température maxima fut de 3o°5 et la minima de 23°2 ; la tem- 
pérature de midi se tint entre 2 8° et 29 M. 

Le climat des Philippines , comme celui des contrées voisines , est 
sous la dépendance des moussons, qui déterminent de notables 
variations dans la température, les pluies, les vents, variations 
qui ont elles-mêmes une influence prédominante sur la navigation 
et sur l'agriculture. Mais la constitution topographique de l'ar- 
chipel, dont toutes les îles présentenKtu moins deux versants (et 
quelquefois davantage) séparés par des chaînes élevées, a pour 
résultat de faire dominer, au même moment, deux saisons con- 
traires dans des régions souvent fort rapprochées. 

On peut dire qu'il n'y a que deux saisons aux Philippines, la 
saison des pluies et la saison sèche, qui se partagent également 
l'année. La première se fait sentir quapd soufflent les vents aux- 
quels une région est exposée; la seconde dure tant que dominent 
les vents contre lesquels une région est abritée. Ainsi, "pour tous les 
versants du sud et de l'ouest, Ja.mousson.de S. O. est la saison 
humide, et la mousson de N. E. la saison sèche; c'est le contraire 
pour les versants opposés. 

L'établissement des moussons ne coïncide pas exactement f aux 
Philippines, pas plus qu'ailleurs, avec les équinoxes, et cet établis- 
sement n'est pas simultané pour les divers points de l'archipel. 

W Toutes les indications thermométriques sont celles de l'échelle centigrade ; 
toutes les hauteurs barométriques sont données en millimètres. 



— 20 — 



RÉSUMÉ US OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES DE 





os 


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ta 


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DESIGNATION. 


> 


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es 






-M 


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5 




•-» 


Cm 







Température moyenne. (Therm. centigr.) 
maxima. . * 



Moyenne des températures 



minima . 



Pression ati 

Différence entre les pressions max a et min*. 

Humidité moyenne. 

Quantité de pluie mensuelle (millim.). * . . 
Nombre de jours pluvieux* . . , 



2 6 O 


26°5 


2 7°8 


»9 f 4 


*tf* 


3o°9 


x 9°7 


20°7 


21°8 


7 56.85 


767.10 


7 56.68 


6.33 


- 6.95 


5.62 


73.2 


70.2 


66.1 


26.0 


20.5 


8.7 


6.4 


3.2 


1,2 



Température moyenne. 



; Moyenne des températures 



minima. . . . 

Pression atmosphérique. 

Différence entre les pressions max" et min*. 

Humidité moyenne. 

Quantité de pluie mensuelle (millim.).. . . 
Nombre de jours pluvieux 



RESUME DES ORSRRYATIOtfS POUR LES 

2 9 °8 
32° 9 

2 2° 9 

756.62 

5,65 

69.1 

3o.5 

3.6 

RÉSUMÉ DES OBSERVATIONS 

3i°6 

33°6 

3 8°3 

759.39 

445 

63.8 

5.5 

3 



l8°i 


27 9 A 


38°9 


39°7 


3o°i 


3l°2 


2 5°6 


24°6 


2 6°4 


760.66 


762.32 


761.66 


5.26 


4. 7 3 


4.68 


7°-0 


69.7 


65.5 


0.0 


8.9 


10.8 





3 


4 



— 21 



L'OBSERVATOIRE DE L'ATENEO MUNICIPAL DE MANILLE. 



MAI, Il 




H 
«4 


H 
O 


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63 

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(4 

05 

cq 

> 


O 


ANNÉES 187O X l8' 


77 INCLUS] 


VEMENT. 










3o°o 


a8°6 


2 7 °6 


2 7 °4 


2 7°° 


26° 9 


26°5 


2 5°7 


33°o 


3i°5 


3o°5 


3o°5 


3o°4 


3o°3 


3o°o 


39°3 


2 3°5 


2 2°7 


21°7 


21°5 


21°2 


21*2 


20°8 


*9°5 


755.10 


7 54.64 


754.4o 


753.40 


753.90 


754.71 


755.49 


7 56.55 


6.12 


6.84 


6.o3 


7- 6 9 


9.64 


7 .l5 


8.i5 


8.63 


71.7 


7 3.6 


8o.5 


82.3 


80.0 


80.9 


78.6 


74.3 


54.0 


238. 9 


276.0 


478.5 


23o.6 


193.1 


112.7 


19.8 


6.0 


14.0 


i5.6 


18.8 


i5.4 


14.6 


10.4 


3.4 


POUR CANNÉE 1878 


• 












3i°9 


3o°4 


28° 9 


2 9*7 


3o°4 


2 7 °8 


2 ? °5 


2 6°6 


34°a 


33° 7 


3i°6 


3 2 °3. 


32°1 


3o° 9 


2 9°9 


2 9 °2 


28°1 


26*9 


26°0 


2 6°4 


25°2 


24° 9 


24°6 


23° 7 


757.53 


757.30 


756.69 


757.32 


755.89 


756.37 


757.14 


7 56.5 9 


2 62 


2.95 


3.4o 


3.io 


7-46 


5. 7 4 


4.34 


5.o6 


63. 7 


72.0 


77.6 


74.7 


79-7 


82.2 


83.4 


80.2 


76.2 


173.5 


2 25.1 


180.5 


399.6 


109.6 


121.4 


89.6 


8 


i5 


23 


16 


20 


i3 


17 


i4 



3. 



20 — 



RÉSUMÉ DES OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES DE 



DESIGNATION. 



ce 


PS 








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5 




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fa 

















RÉSUME DES OBSERVATIONS POUR LES 



Température moyenne. (Therm. centigr.). 

Smaxima. . . . 
minima .... 

Pression atmosphérique. . * * . * • 

Différence entre les pressions max a et min\ 
Humidité moyenne» ................. 

Quantité de pluie mensuelle (millim.). * . . 
Nombre de jours pluvieux 

Température moyenne 

Smaxima. . . . 
minima 

Pression atmosphérique , 

Différence entre les pressions max a et min", 

Humidité moyenne . 

Quantité de pluie mensuelle (millim.).. . . 
Nombre de jours pluvieux 



26°0 

*9°7 

7 56.85 

6.33 

73.2 

26.0 

6.4 



2,8°1 

*9°7 
2 5°6 

760.66 

5.26 

7°-9 
0.0 



2 6°5 
2 9 °5 

20°7 

757.10 

• 6.95 

7Q.2 
20.5 

3.2 



2 7°8 
3o° 9 

21°8 

7 56.68 

5.62 

66.1 

8.7 

1,2 



2 9 °8 

32° 9 

2 2° 9 

766.62 

5.65 

69.1 

3o.5 

3.6 



RESUME DES OBSERVATIONS 

3i°6 
33°6 
2 8°3 



2fk 

3o°i 

24°6 

762.02 

4.73 

6 9-7 

8.9 

3 



23 9 

3l°2 

2 6°4 



761.66 
4.68 
65.5 
10.8 



759.39 
4.45 
63.8 
5.5 

3 



21 



L'OBSERVATOIRE DE L'ATENEO MUNICIPAL DE MANILLE. 









ANNÉES 187O X 1877 INCLUSIVEMENT. 



3o°o 

33°o 

2 3°5 

755.10 

6.12 
71.7 
54.0 

6.0 



28°6 
3i°5 

2 2°7 

7 54.64 
6.84 

7 3.6 
238.9 

i4.o 



POUR CANNÉE 1878, 



3i°9 

34°2 

2 8°1 

7 5 7 .53 

2 62 

63. 7 

76.2 

8 



3o°4 
33° 7 

26*9 
757.30 
2.95 

72.0 
173.5 

i5 



2 7°6 
3o°5 

21°7 

754.4o 
6.o3 

8o.5 
276.0 

i5.6 



28° 9 
3i°6 
2 6°o 
756.69 
3.4o 
77.6 

2 25.1 
23 



2 7 °4 

3o°5 

21°5 

753.4o 

7- 6 9 
82.3 

478.5 

18.8 



29 7 
3 2 °3. 

2 6°4 
757.32 
3.io 

74.7 
180.5 

16 



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3o°4 

21°2 
753.90 

9 .64 
80.0 
23o.6 
i5.4 



3o°4 

32°1 
25°2 

755.89 
7-46 

79-7 

399.6 

20 



26° 9 
3o°3 

21°2 

754.71 

7.15 

80.9 
193.1 

14.6 



2 7 °8 

3o° 9 

24° 9 
7 56.3 7 
5. 7 4 

82.2 
109.6 

i3 



2 6°5 
3o°o 

2 0°8 

755.49 
8.i5 

78.6 
112.7 

10.4 



2 7 °5 

2 9°9 

2 4°6 
757.14 
4.34 

83.4 
121.4 

*7 



2 5°7 

29°3 

i 9 °5 

7 56.55 

8.o3 

74.3 

19.8 

3.4 



2 6°6 

2 9°2 

2 3°7 

756.59 

5.o6 
80.2 
89.6 

i4 



3. 



_ 22 — 

Nous nous trouvions le 10 novembre 1879 dans la mer de Min- 
doro; la mousson de S. O. y régnait encore, alors qu'à notre 
départ d'Albay (S. È. de Luçon), le 20 octobre précédent, la 
mousson de N. E. était déjà régulièrement établie depuis une 
huitaine de jours. 

De même, le 10 avril f88o, quand nous arrivâmes à Davao 
(S. E. deMindaoao), la mousson de S. O. débutait, tandis quelle 
régnait depuis le 10 mars sur l'île Soulou. 

Manille est exposé aux vents de S. O., mais la saison des pluies 
ne s'établit qu'au commencement de juin, elle dure jusqu'en no- 
vembre; la saison sèche occupe les autres mois; les mois de no- 
vembre à février sont remarquables par l'abaissement de la tempé- 
rature; ceux de mars, d'avril, de mai sont les plus chauds de 
l'année; le maximum de température coïncide habituellement avec 
la position zénithale *lu soleil. 

Depuis quelques années, les phénomènes météorologiques sont 
soigneusement enregistrés à l'observatoire de l'Ateneo municipal 
de Manille, desservi par les religieux de la Compagnie de Jésus. 
LeR. P. Faura, directeur actuel de l'observatoire, dont les indi- 
cations nous ont été si utiles pour notre voyage, a bien voulu me 
communiquer le résultat de ses observations météorologiques 
pour les années 1870-1877 et 1878. J'en ai extrait les chiffres 
donnés plus haut (p. 20 et 2 1). 

Je n'ai pas le relevé des observations pour 1879 et 1880; 
pour ces années, j'emprunte les résultats suivants à M. Agustin de 
la Cavada Mendez de Vigo W, qui les a sans doute puisés dans les 
publications de l'observatoire : 





BAROMETRE. 


THERMOMÈTRE. 


HUMIDITÉ RELATIVE, 


ANNÉES. 


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762.19 


755.16 


7 5 9-*9 


3o.o4 


25. o3 


28.02 


90.09 


62.07 


75.o6 


1880... 


76l.l3 


7 56.6i 


759.47 


3o.oi 


26.0/1 


27.08 


89.06 


61.07 


74.o4 



( l ) ÂJinnario estadistico. Manila, 1881 



— 23 — 

D'après le même auteur, voici la température moyenne de 
quelques-unes des provinces de Luçon : 

Abra 2 6° 2 5 . Lepanto 27 5o 

Cagayan 26 25 Nueva-Ecija 35° 00 

Benguet. 27 5o Union 37 25 

ïlocos Sud , 27° 5o 

Un facteur important du climat de Manille, qui ne figure pas 
dans les tableaux précédents , mais qui est signalé par le R. P. Faura , 
est l'énorme quantité d'électricité développée par les phénomènes 
atmosphériques. Pendant toutes les soirées que j'ai passées à Ma- 
nille, le ciel fut sillonné d'éclairs; il en fut de même dans tous 
les lieux de l'archipel que j'ai visités, fait important au point de 
vue de l'hygiène du pays. 

A Balabac* établissement espagnol situé dans l'île et sur le dé- 
troit du même nom, entre la mér de Mindoro et la mer de Chine, 
on ne connaît pas de saison sèche. Il pleut également à torrents 
par les vents de S. O. et de N. E. La moyenne thermbmétrique 
nychthémérale se tient toujours entre 27 et 3i°. Je n'ai pu avoir 
d'autres renseignements météorologiques sur ce point. 

Sur la côte N. O. de l'île Soulou,dans la ville espagnole, abritée 
contre les vents de l'est par une chaîne élevée, on connaît deux 
saisons : une saison sèche de novembre à mars, une humide dé 
mars à novembre. Cependant, durant le premier séjour que nous 
y fîmes, du i5 novembre 1879 au 18 janvier 1880, il plut 
presque tous les jours, par ondées assez courtes, mais violentes et 
répétées. Pendant toute cette période, les vents d'est dominèrent 
au large et le baromètre se tint entre 763 et 767 millimètres. Les 
indications de l'hygromètre varièrent entre 76 p. 0/0 et 84 p. 0/0, 
mais presque toujours elles accusaient 78 p. 0/0. Les variations 
nychthémérales du thermomètre furent restreintes, le maximum, 
vers 2 heures p. m., était de 29° à 29°ô; le minimum, entre 6 et 
7 heures a. m., variait entre 2 3° et 2.4°. 

La mousson de S. O. s'établit à Soulou pendant notre second 
séjour, vers le 10 mars 1880, avec des vents violents et des pluies 
torrentielles. Du k mars au 6 avril, la pluie fut presque constante. 
Les indications du thermomètre ne furent pas sensiblement diffé- 
rentes de celles que j'avais observées de novembre à janvier. 

Pendant cette période, il y eut de violents orages et la foudre 



— 24 — 

tomba plusieurs fois. Ce phénomène était autrefois inconnu des 
indigènes; il ne se produit que depuis la construction des maisons 
européennes dont la toiture est en tôle galvanisée. 

À Elok-Pura (baie de Sandakan, N. E. de Bornéo, sur la mer 
de Célèbes), abrité des vents d'ouest par des hauteurs très raides 
nos observations ont été suivies du 25 janvier au 16 février 1880 
Dans ces 23 joura, nous avons noté 12 jours de pluie torrentielle 
5 de pluie légère, 6 de beau temps. Le baromètre, observé à midi 
s'est toujours tenu entre 764 et 766 millimètres; le thermomètre 
observé à la même heure, a marqué : minimum, 26°5; maximum 
3o°; moyenne» 28°8. La moyenne des maxima de la journée 
s'est élevée à 29 3, celle des minima à 2 3° 5. La moyenne de Thu 
midité relative a été de 80. 7 p. 0/0 : maximum =» 92 p. 0/0, mini 
mum = 70 p. 0/0. 

J'ai séjourné assez longtemps à Davao, situé au nord du golfe 
de ce nom , au S* E. de Mindanao. Bien que fréquemment en ex- 
cursion , j'ai pu tenir note des observations météorologiques pen- 
dant 4a plus grande partie de mon séjour, grâce à plusieurs per- 
sonnes qui les prenaient en mon absence. Ces observations ont 
été faites du i4 avril au 2 novembre 1880, pour 166 jours, qui 
représentent un peu plus des quatre cinquièmes de cette période. 

Le i4 avril, la mousson de S. O. venait de s'établir; les vents 
de cette partie du quadrant se firent sentir sans exception jusqu'à 
la fin de juillet; ils alternèrent alors pendant quelques jours avec 
les vents de la partie du nord, qui dominèrent bientôt exclusi- 
vement et amenèrent la saison sèche. A mon second séjour à 
Davao, du 22 février au 24 mars 1881, cette saison sèche durait 
encore, et, pendant ces 32 jours, il n'y eut que 4 jours de pluie 
légère. Pendant la première période au contraire , du 1 4 avril au 
20 août 1880, les orages, très fréquents, étaient d'une violence 
extrême* Ils se produisaient le plus souvent à* la chute du jour, et, 
après une heure environ d'éclairs et de tonnerre, se résolvaient en 
pluie torrentielle qui durait la plus grande partie de la nuit. 

Voici le résultat de mes observations du i4 avril au 2 novembre 
1880 : 



— 25 — 






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4 









26 IN- 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 



DATE 



ET HEURE. 



NOVEMBRE 1.88.0. 


6 


Midi 


7 


8 E 3o a. m.. 


8 


6 00 — 


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7 00 — 


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6 00 — 


12 


6 00 — 


i3 


6 00 — 


Midi 


iâ 


6 h 00 a. m. . 


i5 


7 00 — 


16 


7 00 — 


*7 


6 00 — 


18 


7 00 , — 


*9 


6 00 — 


20 


800 - 


21 


, 7 00 — 
Midi.. 


22 


Midi 


23 


| 5 h 3o a. m,. 
7 00 p. m... 


24 


6 00 a. m. . 


»5 


i 7 00 — 
Midi ■.;. 


26 


5 h 3o a. m. . 


27 


7 3o p. m.. 


28 


7 3o — 


2 9 


2 3o — 


3o 


1 00 — 



LIEU DE L'OBSERVATION. 



Embouchure du Rio Tagum 
Bincungan, Rio Tagum. . . . 

Babao, Rio Saliug 

Kalibuhasan, Rio Sahug . . . 

Nagta, Rio Sahug. . . . 

Idem 

Daug , Rio Sahug 

Rio Sahug 

Tilacan, Rio Sahug 

Rio Sahug 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem # 

Idfem.. ...... 

Husip, source du Sahug. . . 

Mont Hoagusan. . # 

Id$m. , 

Dagohoy, Rio Agusan 

Rio Agusan 

Patrocinio, Rio Agusan. . . . 

Rio Agusan ............. 

Kambuaya, Rio Agusan. . . . 

Village de Bunauan 

Idem. 

Idem. 

Idem. 



ALTITUDE, 



nètres. 



ÎOO 
320 
320 

5o 



3o 
3o 
3o 
3o* 



L'INTÉRIEUR DE MINDANÀO. 



— 27 — 



THERMO- 




PARTIES 
un ciel 






MÈTRE 


ÉTAT DU CIEL. 


découvertes. 


VENTS. 


OBSERVATIONS. 


ENTlGRAiyS. 




(Delà io.) 






'9° 7 


Couvert. 


i 
O 


N.O. 


Pluie torrentielle après midi. 


2 3° 7 


Cirrhus. 


9 


N.E. 


Pluie après midi. 


23° o 


Idem. 


9 


Calme. 


Idem. 


25° o 


Brouillard. 


o 


N.E. 


% Orage après midi. 


2 3° 5 


Couvert. 


o 


Calme. 


Pluie le soir. 


2 3° 5 


* Idem. 


o 


Idem. 




22° 5 


Cirrhus. 


8 


Idem. 




28° 5 


Idem. 


à 


E. 




2 3° 5 


Cirrhus. 


o 


Calme. 




25° o 


Couvert. 


o 


Idem. 


Piuie pendant toute la nuit. 


24° 


Idem. 


o 


Idem. 




23° o 


Brouillard. 


o 


E. 


Idem. 


23° o 


Couvert. 


o 


Calme. 


Pluie matin et soir. 


2à° 5 


Idem. 


o 


Idem. 


Idem. 


25° 


Pluie. 


o 


Idem. 


Pluie dans la matinée. 


28 7 


Idem. 


o 


N.E. 


Pluie toute la journée. 


28° 


Couvert. 


o 


Idem. 


Pluie toute la nuit. 


26 7 


Pluie. 


o 


Idem. 




21°5 


Couvert. 


o 


N.E. 




26 o 


Cumulus strat. 


5 


Calme. 




23° 5 


Brouillard. 


o 


Idem. 




24° 


Idem. 


o 


Idem. 


*• 


3i°o 


Cirrhus E. 


9 


N.E. 


Pluie torrentielle après midi. 


23° 7 


Brouillard. 


o 


Calme. 


Pluie après midi et la nuit. 


26 5 


Pluie. 


o 


N.E. 




26 a 7 


Couvert. 


o 


Calme. 


Pluie torrentielle après midi. 


2 7° 2 


Idem. 


o 


Idem. 


Idem. 


26° 


Cirrhus S. 


9 


Idem. 


Idem. 



26 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 



DATE 



ET HEURE. 



NOVEMBRE 1.8 8.0*. 

6 Midi... 

7 8 h 3o a. m.. 

8 6 oo — 
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ii 6 oo — 
12 6 oo — 

6 oo — 
Midi....... 

6 h oo a. m. . 

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16 

*7 
18 

*9 
20 



LIEU DE L'OBSERVATION. 



7 OO — 

6 00 — 

7 oo , — 

6 oo — 
8oo - 

7 oo — 
Midi....... 

Midi 

5 h 3o a. m. . 
7 oo p. m.. 

6 oo a. m. . 

7 oo — 
Midi 

26 5 h 3o a. m.. 

27 7 3o p. m. . 

28 7 3o — 

29 2 3o — 

30 1 00 — 



23 

24 

25 



Embouchure du Rio Tagum . 

Bincungan, Rio Tagum 

Babao , Rio Saliug 

Kalibuhasan, Rio Sahug 

Nagta , Rio Sabug. . . . 

Idem ....... 

Daug , Rio Sahug 

Rio Sahug 

Tilacan , Rio Sahug ........ 

Rio Sahug 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

îdïm.. 

Husip, source du Sabug. . , 

Mont Hoagusan 

Id$m , 

Dagohoy, Rio Agusan .... . 

Rio Agusan 

Patrocinio, Rio Agusan. . . . 

Rio Agusan . ............ 

Kambuaya, Rio Agusan. . . . 

Village de Bunauan 

Idem 

Idem,. . . 

Idem . . • 



ALTITUDE. 



mètres. 



BAROMETRE. 



lOO 
320 
320 

5o 



3o 
3o 
3o 
3o; 



milliiu. 

776,0 
777,0 
776,0 
77 5,0 
77 5,0 
776,0 
776,0 
776,0 
77 5,0 
774,0 
772,0 

7 6 9>° 
769,0 
768,0 
768,0 
767,0 
766,5 
752,0 
748,0 
771,0 
771,0 
77 3,o 
77 3,o 
772,0 
7 7 3,o 
772,0 
771,0 
772,0 



À L'INTÉRIEUR DE MINDANÂO. 



THERMO- 
MÈTRE 

CENTIGIUiyB. 



2 9"7 
23° 7 

23° o 
25° o 

23° 5 
23° 5 

22° 5 

28°5 
2 3° 5 

25° o 

24 o 

23° o 
23° o 

24" 5 

25° o 

28° 7 

28°0 

2 6°7 

21°5 
26°0 

2 3° 5 
24 o 
3i°o 
23° 7 
26°5 
26*7 
27*2 

26°0 



ETAT DU CIEL. 



Couvert. 

Girrhus. 

Idem. 

Brouillard. 

Couvert. 

* Idem. 

Cirrhus. 

Idem. 

Cirrbus. 

Couvert. 

Idem. 

Brouillard. 

Couvert. 

Idem. 

Pluie. 

Idem. 

Couvert. 

Huie. 

Couvert. 

Cumulus strat. 

Brouillard. 

Idem. 

Cirrhus E. 

Brouillard. 

Pluie. 

Couvert. 

Idem. 

Cirrhus S. 



PARTIES 

DU CIEL 

découvertes. 
(De 1 à 10.) 



O 
O 

o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
5 
o 
o 

9 
o 
o 
o 
o 
9 



— 27 



VENTS. 



N.O. 

N. E. 
Calme. 

N.E. 
Calme. 

Idem. 

Idem. 

E. 
Calme. 

Idem. 

Idem. 

E. 
Calme. 

Idem. 

Idem. 

N.E. 

Idem. 

Idem. 

N.E. 
Calme. 

Idem. 

Idem. 

N.E. 
Calme. 

N.E. 
Calme. 

Idem. 

Idem. 



OBSERVATIONS. 



Pluie torrentielle après midi. 

Pluie après midi. 

Idem. 

Orage après midi. 

Pluie le soir. 



Pluie pendant toute la nuit. 

Idem. 

Pluie matin et soir. 

Idem. 

Pluie dans la matinée. 

Pluie toute la journée. 

Pluie toute la nuit. 



Pluie torrentielle après midi. 
Pluie après midi et la nuit. 

Pluie torrentielle après midi. 

Idem. 

Idem. 



_ 28 ~ 



DATE 



ET HE OBK. 



DÉCEMBRE l88o. 

8 b oo a. m. 

1 3o p. m. 
( 8 45 a. m. 
\ Midi.. 

3 Midi 

4 2 h 45 p. m. 

5 5 00 — 




LIEU DE L'OBSERVATION. 



Village de Bunauan 

Mont Bunauan 

Village de Bunauan 

Idem. . 

Idem 

Idem 

Village de Butuan , Rio Àgusan 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem. 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem.* . . . . 

Idem 

Baie de Butuan . 

Idem 

Idem » 

Idem 

Village de Tusbay 

Plage de JBaguian 

Mont Baguian . 

Village de Jabonga. . , 

Lac de Maïnit 

Village de Maïnit 

Village de Tubay 

Idem. 



ALTITUDE. 



mètres. 

3o 

2#0 

3o 
3o 
3o 
3o 



o 

• o 

o 

o 

o 

34 o 

ko 

âo 

âo 



29 



THERMO- 




PARTIES 

DU CIEL 




• 


MÈTRE 


ÉTAT DU CIEL. 


découvertes. 


VENTS. 


OBSERVATIONS. 


JENTIGRADK. 




(Delà 10.) 






2 5°o 


Couvert. 


O 


Calme. 


Pluie dans la nuit. 


27 7 


Cumulus N. 


5 


Idem. 




2 5° 7 


Brouillard. 


O 


Idem. 




28° 


Cumulus. 


2 


Idem. 




2 9 ° o 


Cumul. , cirrh. str. E. 


2 


Calme. 


Pluie dans la nuit et la matinée. 


28 5 


Cumulus. 


O 


N.E. 


Idem. 


26° o 


Pluie. 


O 


Calme. 


Pluie torrentielle toute la journée 
et toute la nuit. 


2*° 2 


Idem, 


O 


Idem. 


Idem. 


25° 2 


Idem. 


O 


Idem. 


Idem. 


24° o 


Idem. 


O 


Idem. 


Idem. 


25° 7 


Idem. 





Idem. 


Idem. 


2 3° 6 


Idem. 


O 


Idem. 


Idem. 


23° 9 


Idem, 





Idem. 


Idem. 


2 5° 9 


Idem. 


O 


Idem. 


Idem. 


22° 9 


Couvert 


O 


Idem. 


Pluie dans la nuit. 


2 7 °5 
28° o 


Girrhus strat. E. 
Cumulus strat. 


2 



N.E. 
S.S.E. 


Orage après midi. 
Pluie dans la nuit. 


2 3° 9 


Couvert* 





Calme. 


Idem. 


» 


Cirrhus, cumulus. 


O 


Idem. 


Pluie après midi. 


2h° 7 


Pluie. 


O 


N.E. 


Pluie torrentielle toute la journée. 


2 à i 


Idem. 


O 


Idem. 


Idem. 


20° 2 

23° 9 


Beau temps. 
Idem. 


Calme. 
Idem. 




2/i 


Pluie. 


O 


Idem. 


Pluie torrentielle. 


25° 


Idem. 


O 


Idem. 


Idem. 


25° 7 


Idem. 


O 


» Idem. 


Idem. 


25° 


Idem. 





N. 


Idem. 


24° 7 


Idem. 


O 


Idem. 


Idem. 


25° 


Idem. 


O 


N.O. 


Idem. 


23° 


Idem. 


O 


N.E. 


Idem. 



_ 28 — 



DATE 



ET BB BRE. 



DECEMBRE l88o. 

i8 h 00 a. m. . 
1 3o p. m.. 



25 



26 



LIEU DE L'OBSERVATION. 



Village de Bunauan 

Mont Bunauan 

Village de Bunauan 

idem. 

Idem 

Idem. . . 

Village de Butuan , Rio Agusan . 



Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem 

Idem.. 

Idem.. . 

Idem 

Baie de Butuan . . . . 

Idem 

Idem 

Idem 

Village de Tubay . . . 
Plage de Baguian. . . 
Mont Baguian . 
Village de Jabonga. 
Lac de Maïnit. . . . 
Village de Maïnit. . 
Village de Tubay . . 
Idem. 



ALTITUDE. 



3o 

3o 
3o 
3o 
3o 



o 

•o 

o 

o 

o 

34 a 

ko 

ko 

ko 



BAROMETRE. 



millim. 
755,0 

77 3,o 
7 7 3,o 
773,o 
772,0 
773,0 

774,5 
77 5,o 
77 5,o 
77 5,o 
77 5,o 
77 5,o 
774,5 
776,0 

77 5 »9 
776,0 

77 5,o 
776,0 
776,0 
776,0 
777^° 
777»° 
776,0 

754,o 
773,0 
772,0 
770,0 
774,0 
77*> 5 



29 — 



THERMO- 



METRE 



CENTIGRADE. 



25° O 

27 °7 
2 5° 7 

28°0 
2 9 °0 

2 8°5 

26°0 

24° 2 
25° 2 
2 4° o 

2 5° 7 
23° 6 
2 3° 9 
25° 9 

22° 9 
2 7 °5 
28°0 

23° 9 

24° 7 

24° 1 
2 6° 2 

23° 9 

2 4° o 
25° o 

25° 7 

25° o 

24° 7 

25° o 
23° o 



ETAT DU CIEL. 



Couvert. 

Cumulus N. 

Brouillard. 

Cumulus. 

Cumul. , cirrh. str. E. 

Cumulus. 

Pluie. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Couvert. 

Cirrhus strat. E. 

Cumulus strat. 

Couvert. 

Cirrhus, cumulus. 

Pluie. 

Idem. 



PARTIES 

DO CIEL 

découvertes. 
(De là 10.] 



O 
5 
O 
2 
2 
O 
O 

O 
O 

o 
o 
o 
o 
o 
o 

2 
O 
O 

o 
o 
o 



Beau temps. 
Idem. 



Pluie. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 



VENTS. 



Calme. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Calme. 

N.E. 
Calme. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

N.E. 
S.S.E. 
Calme. 

Idem. 

N.E. 

Idem. 
Calme. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
N. 

Idem. 

N.O. 

N.E. 



OBSERVATIONS. 



Pluie dans la nuit. 



Pluie dans la nuit et la matinée. 
Idem. 

Pluie torrentielle toute la journée 

et toute la nuit. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 

Pluie dans la nuit. 
Orage après midi. 
Pluie dans la nuit. 
Idem. 

Pluie après midi. 
Pluie torrentielle toute la journée. 
Idem. 



Pluie torrentielle. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 



— 30 — 

Pendant mon voyage dans l'intérieur et sur les côtes nord et 
est de Mindanao, du 2 novembre 1880 au 22 février 1881 , je n'ai 
pu faire d'observations a heure fixe, vu les difficultés de la route, 
augmentées par le mauvais temps. 

La mousson de N.E. est la saison pluvieuse pour la côte orien- 
tale de Mindanao et son influence se fait sentir dans l'intérieur de 
l'île jusque dans le voisinage du golfe de Davao. 

Je donne plus haut (p. 26-29) ^ es observations que j'ai re- 
cueillies du 6 novembre au 3i décembre 1880; celles que j'ai pu 
prendre ultérieurement, contrariées par des difficultés de tout 
ordre, sont trop incomplètes pour que je puisse les donner utile- 
ment. J'étais à ce moment sur la côte orientale, où les grains 
étaient encore plus fréquents et plus intenses que dans l'intérieur 
de l'île; quant à la température , elle ne paraissait pas différer .de 
celle que j'avais observée dans l'intérieur. 

Les tempêtes sont fréquentes aux Philippines, elles sévissent à 
toutes les époques de l'année; les plus terribles, connues sous le 
nom devaguios ou baguios, ne surviennent qu'à l'époque des équi- 
noxes ou dans les deux mois suivants; celles de l'automne sont 
beaucoup plus fréquentes que celles du printemps. 

Des observations répétées établissent l'identité des baguios (ty- 
phons de la mer de Chine) avec les cyclones des Antilles et de 
l'océan Indien. 

Les baguios, comme les cyclones de l'hémisphère N., sont doués 
d'un double mouvement de translation et de rotation de droite 
à gauche; ils naissent dans l'océan Pacifique, à l'est des Philip- 
pines, et traversent l'archipel, toujours au nord du 9 e parallèle. 
Leur direction générale est O. N. O. 

Le mémoire publié par la commission hydrographique des Phi- 
lippines ^ donne la trajectoire de sept baguios (4. et 18 septembre 
187^; 5 mars 187/1; 18, 25 et 27 octobre 1873; 4 avril et i3 oc- 
tobre 1872) : toutes ces trajectoires sont comprises entre l'G. 3o°N. 
et l'O. i4°N., sauf celle du 25 octobre 1873, qui est orientée 
O. 4° S. Ces baguios s'évanouissent dans- la mer de Chine, ou, le 
plus souvent, ils atteignent le continent asiatique et, s'infléchis- 
§ant au N. E. arrivent sur les côtes du Japon. La commission 

M Baguios. Memoria redactada por el teniente de navion D. M. Villavicencio , 
jefe de la comision hidrogrâfica de Filipinas. Manila, 1874. 



— 31 — 

hydrographique estime que leur vitesse de translation est de 
i3 milles à l'heure en moyenne, que leur diamètre extérieur 
mesure de 4o à i3o milles et leur diamètre intérieur de 8 à 
i5 milles. Ces météores causent, presque chaque année, de 
terribles désastres dans l'archipel, ruinant les habitations et les 
cultures et causant la perte de plusieurs navires; celui des ig et 
20 novembre 1879 ^ li éprouver de graves dommages à la ville de 
Cebû et engloutit plusieurs bateaux, entre autres une canonnière 
à vapeur delà marine royale espagnole, dont on n'a plus entendu 
parler. Les effets de ces météores ne sont pas moins désastreux 
dans la mer de Chine et sur la côte asiatique; il suffit de dire 
que celui qui atteignit Hong-Kong le 23 septembre 1874 y causa 
la perte de quatorze navires et fit périr plusieurs milliers de per- 
sonnes à Macao. 

Le câble télégraphique immergé en 1880 entre Hong-Kong et 
Luçon est un immense bienfait pour la navigation, aujourd'hui si 
active, de ces parages. Depuis l'établissement des communications 
télégraphiques, l'observatoire de l'Ateneo municipal a toujours 
avisé en temps utile le port de Hong-Kong de l'imminence des 
baguios et prévenu ainsi des pertes énormes en hommes et en 
matériel. 

La navigation de l'archipel des Philippines était autrefois fort 
périlleuse; aux difficultés résultant des courants et des écueils 
s'ajoutait le défaut de cartes, car jusqu'à ces dernières années les 
travaux hydrographiques avaient été entrepris avec des moyens 
insuffisants. 

L'expédition de Malaspina leva en 1792 une carte générale de 
l'archipel; ce n'était pour ainsi dire qu'un cadre destiné à être 
rempli par des levés ultérieurs W. 

En i85o et dans les années suivantes, les commodores Bâte, 
Chimno, Reed, de la marine royale anglaise, exécutèrent d'im- 
portants travaux sur les côtes de Palawan (Paragua des cartes es- 
pagnoles) et dans le détroit de Balabac. C'est aussi de i85o que 
datent, pour la plupart, les grands travaux de l'hydrographie es- 
pagnole, qui avait déjà, donné des tracés remarquables, mais -sou- 

W Cf., pour plus de détails, don Camilo de Àrana, Derrotero dcl archipielago 
Filipino. Direction de nidrografia. Madrid, 1879; Appendice n° 3. 



— 32 — 

vent interrompus à cause des luttes continuelles avec les pirates 
malais de l'archipel deSoulou. A cette époque, commença, sous 
la direction de D. Claudio Montero, le levé méthodique des côtes 
de l'archipel, auquel cet officier distingué a pris une si grande 
part. 

Une commission hydrographique permanente, composée d'offi- 
ciers de la marine royale, est uniquement occupée à rectifier et à 
compléter les cartes des Philippines; tous les points principaux 
sont aujourd'hui exactement déterminés par rapport à Manille. 

Les parties qui restent encore à lever sont pour la plus grande 
partie situées sur les côtes orientales de l'archipel, dont le tracé 
actuel, dû à des documents anonymes, est très erroné. 

Au cours de mon voyage à Mindanao , j'ai levé les itinéraires 
suivants : de Davao à Bunauan et à Butuan; de l'anse de Baguian 
au lac de Maïnit et à Tubay; de Bunauan à Bislig et à Caraga; de 
Mati à Kuavo; et, en outre, le cours de la rivière de Sagaliud, 
qui débouche au S.O. de la baie de Sandakan (N.E. de Bornéo). 
Ces divers itinéraires, levés à ~ôô, ont été réduits et reproduits à la 
fin de ce rapport M. (Carte n° 1.) 

Pour la détermination des loqgitudes, je me suis servi avec avan- 
tage de la formule suivante, due à MM.Beuf et Houel, qui facilite 
le calcul : 

cos* = ^ T , 

COS 9 cos o 

où t= angle au pôle, h = hauteur vraie de l'astre observé, 
<p = latitude, $=* déclinaison. 

Cette formule m'a été ihdiquée par M. le lieutenant de vaisseau 
Rozet, aujourd'hui directeur de l'observatoire de Toulon, que j'ai 
eu la bonne fortune de rencontrer successivement comme astro- 
nome à l'observatoire de la marine à Monsouris et comme officier 
chargé des montres à bord de l'Annamite, qui me porta de Toulon 
à Singapore. 

M. Rozet est auteur d'un traité inédit de cosmographie et de 
navigation dont la communication m'a été fort utile , car cet ou- 
vrage élémentaire expose avec la plus grande clarté toutes les 

W J'ai donné : Rivière Sagaliud à ^v 000 {Bull, de la Soc. cjéogr. , août 1 880 ) ; 
Itinéraires de Mindanao à 65 / 000 (ïbid,, 4 e trimestre 1882), 



— 33 — 

notions théoriques et pratiques nécessaires pour les observations 
astronomiques et la construction des cartes. La publication de ce 
traité, dont sont exclues toutes les théories qui n'ont pas une appli- 
cation immédiatement pratique, rendrait un immense service aux 
voyageurs étrangers à l'hydrographie. 

Voici un exemple des calculs de longitude par la formule ci- 
dessus indiquée : 

babao, Rio tagum (8 novembre 1880). 



Latitude estimée = 7 20' N. 

Longitude estimée = 8° i3' E. de Paris. 

Hauteur vraie O = 3 1° ik r 54" 5. 

Déclinaison calculée pour heure de l'observation =.i6° 37' 54" 5. 

8/1 = 9,717 o3 s£ = 9,io5 99 cos p = 9,996 43 
A = 8,562 69 s § = 9,456 70 cos S = 9,981 44 

B=i,i54 34 ' A = 8,562 69 C = 9,977 87 

8/1 = 9,717 o3 
Log. addit. B = 0,029 4a 

9,746 45 

C = 0,077 &7 

. ' 36o° o'oo" 

cos i= 9,768 58 = 54° 3'4o" 



3o5°56 / 2o ff =2o ll 23 m 45 ï 3o 



Equation du temps pour heure de i'obs. = 16 716 



Heure T. M. Babao = 20 h 7 m 38 s i4 
Heure T. M. Davao, d'après chronomètre = 20 6 53 5o 



o h o m 44 8 24 

Long. Babao à l'est de Davao = 1 1' o3" 60. 

Les marées présentent, aux Philippines, un régime singulier , 
dont les lois ne sont connues que depuis peu de temps. Ces lois, 
je les donne ici d'après les travaux publiés par M. le comte de 
Canete del Pilar^ et par M. le commandant D. Camilo de Arana< 2) . 

M Revista gênerai de marina. Madrid , mars 1 880. 

W Dêrrotero del archip. jilip., page 69 et append. 1 et 2. 



— 34 — 

Les îles Philippines forment un obstacle à la libre propagation 
de la marée qui se forme dans l'océan Pacifique; en arrivant au 
contact de l'archipel, le flot se divise en ondes secondaires; ces 
ondes pénètrent dans l'archipel parles détroits qui s'ouvrent sur 
le Pacifique et sur la mer de Chine; en se propageant dans l'inté- 
rieur de l'archipel et dans tous les sens, elles se combinent de la 
façon la plus variable, suivant la configuration des côtes; à l'irré- 
gularité qui est la conséquence de ce fait vient encore s'ajouter 
celle qui résulte de l'inégalité diurne des marées. 

En Europe, on ne tient compte que de l'onde semi-diurne, la 
diurne étant peu appréciable; au contraire, aux Philippines, l'onde 
diurne, c'est-à-dire l'onde dont le flux et le reflux s'accomplissent en 
2 1\ heures, a autant ou même plus d'importance que l'onde semi- 
diurne. De la coïncidence de ces deux ondes, dont les flux tantôt 
ont lieu en même temps, tantôt se contrarient, résulte une combi- 
naison variable, changeante, qui paraît, à première vue, échapper 
à toute règle et qui explique le nom locas (folles) donné pendant 
longtemps aux marées de l'archipel. 

Dans la baie de Manille, dans les détroits de Balabac etd'Iloilo, 
deux jours après que la déclinaison de la lune a été nulle, on ob- 
serve deux flux et deux reflux, d'intensité sensiblement égale, dans 
les 2 4 heures. Les jours suivants, un des flux va en augmentant et 
l'autre en diminuant; en peu de jours, celui qui est en décrois- 
sance disparaît complètement, et il ne reste plus qu'un flux et 
un reflux en 2 1\ heures. 

C'est deux jours après la déclinaison maxima, nord ou sud, 
de la lune, que l'unique marée diurne est le mieux caractérisée 
et qu'elle acquiert sa plus grande hauteur. A partir de ce jour, 
l'unique marée diurne diminue d'amplitude, et peu de jours après 
se montrent de nouveau deux marées : la nouvelle marée va en 
augmentant j et les deux marées arrivent à être d'intensité égale 
deux jours après que la déclinaison de la lune est nulle. Les jours 
suivants, la marée qui augmentait décroît; c'est l'inverse pour 
celle qui diminuait; et le cycle se poursuit dans l'ordre que je 
viens d'indiquer. 

Là variation de V établissement du fort fait perdre à ce mot toute 
signification. Vunité de hauteur varie également beaucoup avec 
les divers mois de l'année; cette variation atteint, par exemple, 
6o3 millimètres à Manille et 1 mètre 18 millimètres à Iloilo; le 



— 35 — 

niveau moyen varie aussi dans des liitiitcs qui atteignent 173 milli- 
mètres. 

Telles sont, en abrégé, les lois générales des marées aux Philip- 
pines; au sud de Mitfdanao, dans la mer de Célèbes, elles présen- 
tent encore des caractères particuliers, variables suivant les divers 
points où on les observe. 

A Davao, il y a toujours deux marées par jour; a Pollok, une 
des marées fait défaut trois jours dans le mois lunaire; à 
Zamboanga, il n'y a qu'une seule marée pendant seize jours, et à 
Basilan , situé seulement à 9 milles de Zamboanga, ainsi qu à Sou- 
lou, il n'y a jamais qu'une seule marée par jour. 

Au nord deMindanao, la même différence se produit entre Suri- 
gao et l'île voisine de Siargao. 

Ce régime a des conséquences importantes pour la navigation. 
Ainsi, le 17 janvier 1881, par exemple, étant sur la côte ouest 
de la péninsule de Surigao par 9 3o' environ de latitude T je vis 
la basse mer à 6 heures 3o minutes du soir; à la même heure, 
et d'après ce que j'avais observé quelque jours auparavant à Giga- 
quit, sur le Pacifique, la mer devait être étale sur ce dernier 
point; de ces différences de niveau résulte un courant alternative- 
ment nord et sud qui, dans certaines passes resserrées, acquiert 
une violence extraordinaire. 

En rade de Surigao, les bateaux ont grand soin de ne pas 
mouiller au delà d'une certaine distance du rivage, car on sait 
bien que, plus au large, les courants atteignent, dans certaines cir- 
constances, plus de 8 milles, et alors il n'y a ni ancre ni amarre 
qui résiste W. 

En profitant de ces courants de marée, qui ne me furent favo- 
rables que pendant une partie de mon trajet, je pus un jour 
franchir en trois heures, sans voile, les 28 kilomètres qui séparent 
Surigao de Taganaan. 

Quand deux courants de sens opposé se rencontrent , ils engen- 
drent des tourbillons qui sont souvent funestes aux embarcations, 
Quant aux navires, ils ne sont pas engloutis, mais immobilisés, 
malgré le vent, au milieu d'une mer démontée dont les lames se 
brisent avec un fracas qu'on entend à plus d'un mille. 

La côte orientale de Mindanao, dans toute la partie où je l'ai 

M D. Camilo de Arana, loo. cit. 

4 

IMriUMF.Bir, HATIO\ALIÏ. 



_ 36 — 

suivie, de Surigao à la pointe Tugas et de Bislig à la baie de Pujada, 
est bordée de bancs de madrépores au delà desquels le fond s'a- 
baisse subitement. Pendant la mousson de N. E., les vagues for- 
mées dans rimmensité du Pacifique, rencontrant brusquement cet 
obstacle, acquièrent une hauteur et une force considérables et se 
brisent, en bordant la côte d'une ceinture d'écume qui se prolonge 
presque sans interruption depuis Placer jusqu'à la baie de Mayo. 
Presque tous les rios qui débouchent dans le Pacifique sont ob- 
strués par des barres; celles de Catel et de Gigaquit ont surtout 
une mauvaise réputation, laquelle est loin d'être imméritée. 

Souvent d'une pointe à l'autre s'étend parallèlement à la côte 
une ligne de récifs qui intercepte une zone peu profonde, relati- 
vement calme, dont peuvent profiter les embarcations; quelque- 
fois, comme pour la pointe Sancop et la pointe Tambog, des ar- 
royos connus sous le nom de Silangas permettent de passer d'une 
de ces zones de calme dans la suivante sans doubler les pointes, 
où la mer brise toujours avec fureur et qui sont, ainsi que les 
barres, souvent funestes aux embarcations du pays. 

Voici ce que dit de la navigation dans ces parages M. le capi- 
taine de frégate D. C. Garcia de la Torre^, qui, en novembre 
1876, fit une reconnaissance de la côte, du cap Saint-Augustin à 
Quinablangan : 

« Je n'avais jamais vu une côte avec une mer aussi démontée; 
elle produit sur les bateaux reflet d'un véritable ouragan. Les 
goélettes ne doivent jamais prendre cette route, sinon à l'époque 
des quadratures, car* peut-être alors la mer est-elle plus tenable. 
En sortant de Baganga avec trois goélettes pour me rendre à Bis- 
lig, je profitai du flux, parce que, bien que l'on me dît le con- 
traire, je supposai que le courant favoriserait notre marche vers 
le nord. Cependant, de minuit à 9 heures du matin, nous ne 
dépassâmes pas la visita de Dapnan, endurant pendant tout cet 
intervalle un temps périlleux pour des bateaux d'un aussi faible 
échantillon. 

« Les goélettes étant pleines d'eau, l'une ayant perdu son grand 
mât, l'autre son mât d'artimon, les étais se rompant à chaque in- 
stant, il nous fallut revenir à Baganga , non sans risquer de tomber 
en travers; nous étions poussés avec une telle force, que, bien 
que le vent eût molli , nous y arrivâmes en un quart d'heure. » 
M Cité par le Derrotero, p. 855. 



— 37 — 

Le même auteur a vu le courant constamment dirigé vers le 
sud, quand il se trouvait à k milles au large de la côte. En la 
suivant beaucoup plus près, de Bislig à Gatelviejo, j'ai toujours 
vu le courant, violent, dirigé du nord au sud pendant le flot, et 
en sens contraire pendant le jusant. 

Toute cette côte orientale de Mindanao est dangereuse; entre 
Surigao (9 kl' 53" latitude nord) et la baie de Mayo (6° 53'), elle 
n'offre d'autre mouillage, par les vents d'est, que celui de Bislig; 
ce mouillage est sûr; il y a partout 10 à 12 brasses, sauf sur une 
partie de la barre, qu'il serait facile de draguer, car son étendue ne 
dépasse par 1 2 brasses. 

La baie de Mayo est un refuge médiocre ; mais la baie de Pu- 
jada, qui n'en est séparée que par un isthme très étroit, présente 
un abri vaste et sûr contre tous les temps. 

Cette baie si bien abritée, à l'entrée facile, forme un magni- 
fique port naturel, dont l'importance sera considérable quand la 
région voisine sera colonisée ; celle-ci est à peu près déserte aujour- 
d'hui; on ne voit sur les rives de la baie d'autres habitations que 
celles du petit village Bisaya de Mati, dont les ressources sont très 
limitées. 

CHAPITRE III. 

ANTHROPOLOGIE (1) . 

La péninsule de Malacca et toute la partie du grand archipel 
d'Asie comprise à l'ouest de Florès, Céram, Gilolo (limite de la 
race Papoua) paraissent peuplées par trois races bien distinctes : 
les Négritos, les Indonésiens , les Malais. 

C'est du moins ce qui résulte, à mon sens, de mes observations 
sur le vivant et de mes collections, pour toutes les régions que f ai 
parcourues. C'est à ces régions que je limiterai cette partie de 
mon rapport, sans rechercher ce que les voyageurs nous ont 
appris des contrées voisines ; leurs récits confirment d'ailleurs la 
trinité ethnique des populations dans tout l'archipel. 

W Mes collections anthropologiques (en commun, comme toutes les autres, 
avec mon ami M. le D r Paul Rey, pour la première partie de mon voyage) com- 
prennent quatre séries : 

i° Feuilles d'observations sur le vivant (avec échantillon des cheveux et photo- 



— 38 — 

En abordant l'étude de ces populations, il faut se pénétrer d'un 
fait qui est d'une importance capitale pour l'anthropologie. Pen- 
dant des siècles, la piraterie, les guerres continuelles de tribu 
à tribu, l'esclavage, ont été des fléaux endémiques de l'archipel; 
moins violents sur quelques points dans ces dernières années, ils 
continuent à exercer les mêmes ravages sur beaucoup d'autres M. 

Il faut donc s'attendre à trouver les races profondément altérées 
par les croisements et dans une proportion d'autant plus large 
que, plus robustes et plus entreprenantes, elles prélevaient plus 
de captifs sur les populations voisines. 

On pourrait figurer schématiquement l'habitat des races que j'ai 
observées par trois zones concentriques, la plus interne étant occu- 
pée par les Négritos refoulés dans l'intérieur des terres par l'in- 
vasion indonésienne; les Indonésiens occupent la zone moyenne; 
ils ont été à leur tour chassés des côtes par les Malais, qui à peu 
près seuls aujourd'hui occupent la zone la plus excentrique et sont 
en réalité répandus sur tous les rivages. 

Les divers groupes , d'importance numérique et anthropologique 
très inégale, dont j'étudierai les caractères, peuvent être classés 
de la façon suivante : 

graphie du sujet) numérotées de 18 à 173 (les numéros 1-17 ont trait à d'autres 
races étudiées dans le trajet Toulon-Singapore). Les mesures sont prises suivant 
la méthode adoptée au laboratoire d'anthropologie du Muséum. 

Les principaux résultats sont résumés dans le tableau. I. 

Les portraits des sujets mesurés, dont quelques-uns sont reproduits ci-après, 
portent les mêmes numéros que les feuilles d'observations. 

Les numéros des colorations sont ceux des échelles chromatiques de la So- 
ciété d'anthropologie ; 

2 Portraits de sujets non mesurés , numérotés I à L ; 

3° Crânes, numérotés 1 à 160; 

4° Squelettes, numérotés I à IX. 

Les principaux résultats de la mensuration des crânes isolés et des crânes des 
squelettes forment le tableau IL 

Les indices sur le vivant sont calculés d'après les mesures directement obte- 
nues, sans déduction de la quantité, non encore absolument déterminée, qui 
représente la différence entre tes indices sur le vivant et sur le squelette. 

M J'ai déjà donné quelques détails sur les mœurs des populations de Malacca 
et de l'archipel dans le Bulletin de la Soc. de géogr., 1879-1882, dans la Revue 
d'ethnogr., t. I, 1882, et dans mon Voyage aux Philippines (Tour du monde, 
i er et 2 e semestres 1884). 



39 



RACE. 



pure . . 



Négrito] 



métisse . 



avec 
prédo- 
minance 
de sang 
négrito. 



NOM PORTE 
par 

CHAQUE GROUPE 

dans la région 
où il habite. 



I 



A. Négrito . . . 

B. Mamânua 

C. Négrito.. . 

D. Manthra. . 

E. Knabuï.. . 

F.Udaï 

G. Jakun . . . . 
H.AtasW... 



I. Bicol . 



HABITAT. 



Province de Bataan (Luçon) 

Autour du lac de Maïnit (N. E. de 
Mindanao) 

Près de Tiwi, province d'Albay (S. E. 
de Luçon) 



II 



avec 
prédo- 
minance < 



Malaise^ de sang 
chinois. 

avec 
traces 
de sang 
arabe , 
mêlé 
d'indo- 
nésien. 



J. Tagaloc . . 
K. Bisaya. . . . 



Forêts au nord et au N. O. de Malacca. 



Forêts de la province de Gamarines 
Sur (Luçon) 

Province d'Albay, de Gamarines-Norte 
et Sur, partie de celle de Tayabas 
(S. E. de Luçon) 

Manille et le centre de Luçon 

Iles Bisayas et quelques pueblos sur 
les côtes de Mindanao 



III. Indonésienne/ 



|L.Moro,Orarig) 
Islam, Orang-> 
Soulou ) 

MMoro.Orang-J 

Islam v 

N. Kalagan . . . ) 
I O. Buledupih . 

P.Samal 

Q. Bagobo .... 
R. Guianga . . . 
S. Atas 



Archipel de Soulou et spécialement 
île Soulou 



NOMBRE 



D'HABITANTS. 



3ooà 4oo? 
100? 



T. Tagacaolo . . 
U. Tagabawa . . 
V. Manobo . . . 

Y. Mandaya... 

Y. Bilan? 



Golfe de Davao (S. E. de Mindanao). 

Rio Sagaliud et Kinobatangan (N. E. 
de Bornéo ). . 

Ile Samal ( golfe de Davao ) \ 

Versant sud et est du volcan Apo 
( golfe de Davao ) 

Versant N. O. de l'Apo. 

Ouest et est du golfe de Davao 

Nord du golfe de Davao 

Golfe de Davao; bassin de TAgusan; 

péninsule de Surigao 

Bassin de Sabug; côte orientale de 

Mindanao 

Ouest du golfe de Davao 



35o,ooo 
1,200,000 

2,5oo,ooo 



10,000 

(pour 
l'île Soulou ) 

? 



1,000 



5o,ooo? 



( ) Nom donné par les populations catholiques des Philippines à beaucoup de populations sauvages, 
quelle que soit leur race. 



— 40 — 

1 

A. — Négritos^. 

De tous les indigènes de l'archipel, les Négritos sont incontes- 
tablement et de beaucoup les plus faibles, les plus timides, les 
moins intelligents; comme ils ont toujours été la proie de leurs 
voisins, incapables de faire eux-mêmes des prisonniers, leur sang 
s'est conservé pur. 

Depuis les travaux de MM. de Quatrefages et Hamy &\ il n'est 
plus douteux qu'ils n'aient dominé autrefois des îles Andaman au 
cap Engano, notamment dans la péninsule de Malacca et à Min- 
danao* 

A une époque reculée, ils étaient sans doute les seuls habitants 
de la péninsule et de l'archipel. La grande uniformité de leur 
type milite fortement en faveur de cette hypothèse. Relégués au- 
jourd'hui sur des sommets d'un accès difficile, ils ne sont plus 
guère représentés dans la péninsule que par les Sakkayes de la 
province de Pérak ( 3 ) ; aux Philippines, ils forment encore plusieurs 
tribus disséminées, peu importantes, dont i'area principal est le 
centre de Luçon. Ils sont fatalement destinés à disparaître. Leurs 
métis , au contraire , sont fort répandus , et Ton verra qu il n'est point 
de population dans l'archipel qui ne révèle le mélange de leur 
sang. 

Les Négritos frappent tout d'abord par la grosseur relative de la 
tête, l'élévation du cr|pe, le défaut de prognathisme et de saillie 
des pommettes. Leur apparence générale est grêle; le thorax est 
peu développé, la jambe sans mollet; le pied, assez grossier et 
massif, est légèrement tourné en dedans, direction exagérée par le 

w PI. I, II, III. 

W Ce fait a été établi par M. de Quatrefages dès 1862 [Gazette médicale). Voir 
de Quatrefages et Hamy, Crama ethnica. Paris 1882. Cf., en outre, les divers 
travaux de ces savants , et notamment A. de Quatrefages , Nouvelles Etudes sur la 
distribution géographique des Négritos et sur leur identification avec les* Pygmées 
asiatiques de Ctésias et de Pline. — Revue d'ethnographie, t. I, 1882. — Hommes 
fossiles cl hommes sauvages, ch. iv. Paris, 1 884 , etc. — E.-T. Hamy, Etude sur un 
squelette d'Aeta des environs de Binangonan [Nouvelles Archives du Muséum, 
2 e série, 1879) ; etc. 

< 3 ) J. Errington de la Croix, Elude sur les Sàkkaies de Perak [Rev, d'ethnogra- 
phie, t. I, 1882), 



— 41 — 

gros orteil fortement dévié; les autres orteils sont très courts; la 
paroi abdominale, très dure, est hémisphérique et fait saillie au- 
dessous de la ceinture serrée qui, chez les hommes, se continue 
avec le lambeau d'étoffe appliqué sur les parties génitales. 

L'ouverture palpébrale est le plus souvent allongée, rectiligne; 
quelquefois cependant cette ouverture décrit une courbe très lé- 
gère. 

Le repli falciforme fait défaut, mais le prolongement interne 
de la paupière supérieure tend à former un pli qui parait être 
comme le rudiment de cette particularité anatomique. 

Le sens des couleurs est complet chez ces indigènes, bien qu'ils 
n'aient pas tous les mots nécessaires pour distinguer les diverses 
nuances de papiers colorés; mais ils ne les confondent pas et savent 
fort bien les rattacher aux couleurs les plus usuelles : dugo, rouge 
(couleur du sang), bigas, vert (couleur du riz en herbe), etc. 

Le front est remarquablement haut et vertical, et forme un 
angle très net avec le plan transverse de la face; la courbe antéro- 
postérieure du crâne est régulièrement circulaire, développée en 
hauteur; il en est de même de la courbe transverse; la région pos- 
térieure du crâne est toujours plus ou moins plane et le plus 
souvent déprimée dans sa moitié droite, fait en rapport sans doute 
avec le décubitus. 

La coloration de la peau est presque toujours soit n° 43, soit 
n° 28; celle des cheveux, n os 27 et l\ 1 , quelquefois n° 48. 

La chevelure est abondante, très fine, crépue en grains de poivre, 
implantée par groupes de poils régulièrement espacés sur le cuir 
chevelu; elle grisonne parfois sans que le sujet ait atteint un 
âge avancé, à 5o ans environ. La section transversale du cheveu 
est assez régulièrement elliptique, non réniforme, quelquefois lé- 
gèrement ovoïde M. La chevelure est rasée sur une surface allongée 
large de 5 à 6 centimètres, qui se prolonge depuis la limite posté- 
rieure de l'implantation des cheveux jusqu'au quart postérieur de 
la suture sagittale. 

La barbe, qui a les mêmes caractères que les cheveux, est par- 
fois touffue, et, dans ce cas, couvre toute l'étendue du maxillaire 
inférieur aussi bien que la lèvre supérieure. Le plus souvent elle 
est réduite à cette dernière région, au menton et à la partie supé- 
rieure de la branche montante du mandibule. 

M PL XXXI, n 05 M et 45. 



— 42 — 

La couleur des yeux ne correspond pas exactement aux couleurs 
de l'échelle chromatique; elle se rapproche des n 08 1 et 3, mais 
est beaucoup plus vive et brillante. 

Les irrégularités sont assez fréquentes dans l'implantation des 
dents, spécialement des incisives, mais beaucoup moins que la 
carie (presque toujours limitée aux molaires), qui, k des degrés 
divers, se montre chez presque tous les sujets. Les incisives supé- 
rieures sont le plus souvent limées en pointe, l'usure oblique et 
latérale de la dent atteignant environ les deux tiers de la partie 
libre de celle-ci. 

Les organes génitaux de l'homme sont médiocrement dévelop- 
pés; les testicules sont petits, les poils du pubis rares et grêles; 
la circoncision est constante et le prépuce sectionné fort haut. 
Cette opération est pratiquée sur l'enfant de 10 à 12 ans, par son 
père, au moyen d'un couteau de forme quelconque. 

Il ne m'a pas été possible d'observer les organes pelviens de la 
femme. La forme des mamelles chez les jeunes filles tient le 
milieu entre les variétés hémisphérique et pyriforme ; dès la pre- 
mière grossesse, elles deviennent volumineuses et pendantes. Il 
n'est pas possible d'avoir des renseignements sur l'époque de la 
menstruation, les Négritos ne tenant aucun compte de leur âge. 

Voici les dimensions des os des membres du squelette n° 1 dont 
le crâne est mesuré au tableau IL 

Humérus == 26g mm ; radius = 20i tnm ; fémur = 391 mrt ; tibia = 326 mm 

INDICES. 

Humérus = 100, Radius =74.72. 
Fémur =100, Tibia =83.37. 
Fémur =100, Humérus = 68.79. 

Les cases des Négritos, formées de matériaux légers, ont un 
plancher élevé de quelques pieds au-dessus du sol, suivant l'usage 
constant de la Malaisie. Les meubles sont nuls, les ustensiles se 
bornent à quelques vases grossiers et à quelques paniers. 

Les Négritos dorment soit sur le plancher, soit sur un lit de 
camp incliné, sans rien qui soutienne le crâne. Comme leurs vê- 
tements se réduisent, chez les hommes, à la mince bande d'étoffe 
qui recouvre les parties génitales, et se bornent à un jupon pour 
les femmes, ils ont soin d'entretenir du feu pour se protéger contre 
le refroidissement de la nuit. 



— 43 — 

L'état social des Négritos varie dans une mesure énorme selon 
qu'ils sont plus ou moins à l'abri des exactions des populations 
'voisines. En général, ils ont an mauvais renom parmi les popula- 
tions soumises et catholiques des Philippines. 

J'ai toujours entendu dire qu'ils n'avaient jamais pratiqué le can- 
nibalisme; mais on les accuse volontiers de pillages, de meurtres, 
d'incendies. 

Il est probable que beaucoup de ces actes ne sont que des re- 
présailles, et que souvent ils sont inventés ou exagérés. En effet, 
les Indiens notables appelés à donner des renseignements sur les 
Négritos sont enclins à diminuer leur importance numérique 
d'une part, et de l'autre à les représenter comme des sauvages 
féroces, rebelles à tout progrès; ils cherchent ainsi a éluder toute 
relation entre les autorités espagnoles et les Négritos, avec lesquels 
ils font un commerce d'échanges d'autant plus lucratif qu'il est 
sans contrôle et que les sauvages , livrés à eux-mêmes , sont constam- 
ment spoliés. 

Les détails suivants ne s'appliquent donc qu'aux Négritos obser- 
vés dans la Sierra de Marivelès , aux environs de Balanga (province 
de Bataan [Luçon]). 

Ces Négritos, sous l'autorité juste et éclairée du gouverneur de 
la province, D. Estanislao Chaves, vivent pacifiquement sur le 
versant oriental de la sierra. Chaque ménage a sa case entourée 
de défrichements où sont cultivés la banane, le riz, la canne à 
sucre, la patate. Us élèvent de la volaille, des porcs, quelquefois 
même des buffles. A ces ressources alimentaires les Négritos joi- 
gnent le produit de la chasse, pour laquelle ils dressent des 
chiens. 

Leurs armes sont Tare et la flèche. Le bois de l'arc est tiré du 
tronc de Yanajao (Corypha minor, Palm.) ; les intestins du cerf four- 
nissent 4a corde. Les flèches sont armées de pointes de fer qu'ils 
fabriquent eux-mêmes et dont ils se procurent la matière par 
voie d'échange; leur forme est variée, et l'une d'elles, à pointe mo- 
bile, est assez ingénieuse. Les Négritos jouissent d'une grande ré- 
putation d'adresse; celle-ci néanmoins m'a paru contestable. Ils ont 
recours aux pièges; mais tous ces moyens sont bien précaires, et 
expliquent la misère de ces indigènes quand ils sont noyés au 
milieu de tribus énergiques et agressives et contraints à une vie 
errante, incompatible avec l'agriculture. 



— hk — 

Us sont habiles à trouver dans les forêts le miel , les résines et 
certaines racines comestibles. Le miel et les résines constituent 
des objets d'échange aux moyens desquels ils acquièrent, des Taga- % 
locs de la côte, du fer, des vases à cuire le riz, quelques étoffes et 
du tabac; ils boivent volontiers de Yanisado ou de la tuba, quand 
on leur en offre, mais je ne crois pas qu'ils en fassent jamais pro- 
vision; l'alcoolisme paraît leur être inconnu. 

Bien que connaissant le nom des monnaies espagnoles, les Né- 
gritos sont incapables de les distinguer entre elles et de se faire 
une idée de leur valeur. 

Quand il a livré une quantité de denrées estimée, après débat, 
a 6 réaux, par exemple, un Négrito acceptera en échange une 
pièce de monnaie de x ou de 2 réaux. 

La faculté du calcul est, en outre, extraordinairement limitée 
chez ces indigènes; les noms de nombre qui figurent dans leur 
vocabulaire M leur sont bien connus comme mots, mais n'ont pas 
pour eux une signification précise. Il est facile de se convaincre 
que les plus intelligents ne peuvent réellement compter au delà 
de k ou de 5; des nombres plus élevés ne représentent pour 
eux qu'une idée vague de multiplicité, sans doute ce que seraient 
pour nous les distances de l'astronomie exprimées en mètres. Ils 
ont du reste le sentiment de leur infériorité et n'emploient le 
terme d'homme (tao) que pour désigner les Indiens; en parlant 
d'eux-mêmes, ils disent seulement les Négritos, mot qui est passé 
dans leur dialecte et dont ils ne soupçonnent pas l'origine étran- 
gère. 

Il est difficile de décider avec certitude si les Négritos ont une 
conception du monde, des croyances, des traditions. Il faudrait, 
pour être exactement renseigné à cet égard, soit pouvoir causer 
avec un Négrito ayant quitté déjà adulte ses montagnes pour vivre 
au milieu des Indiens (cas qui ne s'est sans doute jamais pré- 
senté), soit vivre longtemps au milieu d'eux et acquérir avec leur 
confiance une connaissance suffisante de leur dialecte. 

D'après les Tagalocs, fort peu compétents en ces matières, les 
Négritos n'auraient ni traditions, ni religion » ni croyance au sur- 
naturel, ni magie, ni sortilèges, ce qui me paraît fort douteux 
et même impossible à admettre. En effet, dans une de leurs 

M Voir chap. v, Dialectes. 



— 45 — 

danses > l'un d'eux, qui paraît chargé d'un rôle de ravisseur ou 
de perturbateur M, ligure, disent-ils, un esprit (An lu), désignation 
qui, dans toute la Malaisie, s'applique à un personnage surnaturel 
analogue aux démons du christianisme. 

Il faut remarquer en outre que les Négritos ont pour les morts 
un véritable culte : les cadavres sont enterrés à près de 3 mètres 
de profondeur, ce qui pour des gens privés de tout outil de ter- 
rassier constitue un travail très pénible; l'enterrement a lieu sous 
la case qu'habitait le défunt, laquelle est alors abandonnée; ses 
habitants vont en construire une autre à quelque distance. Cet 
usage est constamment observé. 

Enfln les Négritos passent pour fort habiles à trouver dans les 
forêts, outre les racines alimentaires, une foule de plantes et de 
graines dont ils extraient des huiles, des sucs qui constituent, au 
dire des Tagalocs , des remèdes d'une efficacité merveilleuse. 

Il est difficile de concilier ces faits # , dont les deux premiers sont 
certains, avec l'absence de toute religion, de toute croyance sur- 
naturelle, de magie. L'opinion contraire paraît beaucoup plus 
probable. 

V organisation sociale est beaucoup plus complète, même chez 
les tribus errantes, qu'on ne pourrait le croire, vu leur infériorité 
intellectuelle; cette organisation est basée sur la famille et sur la 
propriété individuelle. 

L'autorité n'est pas héréditaire : à la mort du chef, dont le pou- 
voir est très respecté, les pères de famille élisent son successeur. 
Ce chef électif et inamovible règle tous les différends et punit 
toutes les infractions, d'ailleurs très rares, suivant les usages tra- 
ditionnels. 

Le vol paraît inconnu; l'homicide est puni de mort, ainsi que 
l'adultère; dans ce dernier cas, c'est l'époux lésé qui exécute la 
sentence prononcée parle chef. Le viol, fort rare, paraît être le 
seul délit passible de coups de bejuco, contraste singulier avec les 
usages des Tagalocs du voisinage. 

Le Négrito est monogame et n achète pas sa femme, autre trait 
rare parmi les populations non chrétiennes de la Malaisie. Il fait 
seulement un petit cadeau à son futur beau-père, qui donne tou- 
jours à sa fille quelques objets qui demeurent la propriété de 



(i) 



Voir Voyage aux Philippines, chap. n ( Tour du monde, i cr semestre i884) 



— 46- 
cette dernière et sont repris par elle dans le cas de prédécès 
du mari. 

Le mariage donne lieu à une cérémonie singulière : les futurs 
époux grimpent au sommet de deux arbres voisins, flexibles. Le 
chef de la tribu incline ces arbres l'un vers l'autre et quand le 
front des deux futurs est arrivé au contact, l'union est conclue. 
Cet acte est toujours accompagné de festins et de danses d'un 
caractère spécial M. Les relations sexuelles sont excessivement rares 
en dehors du mariage; toute jeune fille soupçonnée doit renoncer 
à l'espoir de trouver un mari. 

La tendresse des parents pour leurs enfants est extrême, et ces 
derniers témoignent à leurs parents autant d'affection que de res- 
pect. 

La naissance et la mort donnent aussi lieu à des cérémonies par- 
ticulières. Le défunt, toujours profondément regretté, est enterré 
au milieu de larmes et de cris très sincères. Néanmoins un festin 
suit toujours la cérémonie, ainsi du reste que cela a lieu chez les 
Tagalocs et chez bien d'autres populations. 

Dès que l'accouchement est terminé, la mère court se plonger 
dans un ruisseau voisin avec l'enfant, pratique constante qui con- 
tribue pour une large part à la disparition de la race. En sortant 
de ce bain, la mère brûle le placenta, en recueille les cendres et 
les avale en les délayant dans un peu d'eau, afin d'assurer une bonne 
santé à son enfant 

Le nom du nouveau-né lui est imposé après une délibération 
et un vote auxquels prend part toute la tribu. L'enfant est entouré 
des soins les plus tendres. Du reste , les Négritos sont compatissants, 
se secourent mutuellement et soignent avec dévouement leurs 
malades, même quand ils n'appartiennent pas à leur famille; dans 
un seul cas, le malade est abandonné à lui-même après que l'on a 
mis à sa portée de l'eau et des vivres, c'est lorsqu'il est atteint 
de petite vérole grave ; la maladie est alors considérée comme un 
arrêt du destin, auquel on ne peut s'opposer^. 

La propriété appartient à celui qui Fa créée, le champ à celui 
qui l'a défriché, etc. 

Quand la mère survit au père de famille, la propriété est divi- 

(1 ) Voir Voyage aux Philippines, chap. il (Tour du monde, i er semestre i884). 
W Les indigènes de la péninsule de Malacca agissent de même en pareil cas. 
[Revue d'ethn., t. I.) 



_ 47 — 

sée en deux parts égales : l'une va h la mère, l'autre aux enfants T 
qui la partagent également entre eux. Si les enfants sout en âge 
de pourvoir à leurs besoins, leur mère reste auprès d'eux; dans le 
cas contraire, elle rentre avec eux dans sa famille. 

Le fait dominant du caractère des Négritos est leur amour pro- 
fond, indestructible de l'indépendance. Il est fort possible que 
ce sentiment, aujourd'hui instinctif, se soit développé et enraciné 
chez eux à la suite d'une expérience séculaire leur prouvant qu'ils 
ne pouvaient attendre de leurs voisins que l'absorption ou la mort. 
En tout cas, les Négritos ne sauraient maintenant vivre ailleurs 
qu'au milieu de leurs forêts; ils n'ont pas d'esclaves et ne peuvent 
pas plus se plier à la servitude qu'à la domesticité. Je n'ai ren- 
contré de rares esclaves négritos que dans le sud de Mindanao : 
c'étaient des femmes, seules de leur race dans la rancheria^ où 
elles étaient détenues, et fort éloignées de toute agrégation de leurs 
semblables. Dans la province de Bataan , toutes les tentatives pour 
élever dans les pueblos des enfants négritos ont échoué, quelque 
jeunes qu'on les eût recueillis; vers l'âge de 10 à 12 ans, ils se 
sont toujours enfuis dans les forêts. On dit même qu'un Négrito 
emmené très jeune à Madrid, ordonné prêtre après avoir reçu 
l'instruction d'usage, et ramené plus tard aux Philippines, s'en- 
fuit dans les montagnes dès son arrivée. 

Histoire ou légende, l'anecdote peint bien le goût profond que 
les Négritos ont pour l'isolement et la liberté, seules conditions 
qui puissent retarder un peu leur disparition. S'ils se détermi- 
naient à vivre dans la circonscription des pueblos, leur faiblesse 
et les besoins nouveaux qu'ils seraient obligés de satisfaire les 
réduiraient au dernier degré du dénuement ; parviendraient-ils à 
l'éviter, leur race [s'éteindrait avec leurs enfants, les fdles étant 
accaparées par la population indienne , parmi laquelle les garçons 
ne trouveraient certainement pas d'épouses. 

B. — Mamânuas < 2 ). 

Les Négritos désignés sous ce nom par les populations qui les 
entourent sont disséminés par groupes errants, peu nombreux, 

M Hameau d'indigènes indépendants. 

w De ma préfixe de possession et manua, banua « sol, région ». Cf. avec le nom 
presque semblable des Binua ou Benua, tribus de la péninsule de Malacca habi- 
tant le pays avant l'invasion malaise. 



— 48 — 

autour du lac de Maïnit, dans la péninsule de Surigao (nord-est 
de Mindanao). J'ai pu, non sans peine, voir quatre d'entre eux et 
prendre l'observation incomplète dune femme (voir tableau I, 
n° 173). Ces Négrilos sont absolument semblables, anatomique- 
ment, à ceux de la Sierra de Marivelès. Mais tandis que ces der- 
niers n'ont d'autres voisins que les Tagalocs civilisés et régis par 
une autorité décidée à ne pas tolérer d'agressions brutales, les 
malheureux Mamânuas sont comprimés entre les Manobos indé- 
pendants, tribus redoutables, avides de sang et d'esclaves, et les 
Manobos convertis au christianisme et soumis à l'Espagne. Ces 
derniers, confondus à tort sous le même nom avec les Indiens 
Bisayas, ont gardé, dans leur nouvel état social, une grande partie 
de leurs mœurs rapaces et violentes. D'ailleurs, dans la pénin- 
sule de Surigao, la difficulté des communications, l'isolement et 
la rareté des pueblos s'opposent à ce que les Mamânuas soient 
efficacement protégés. Aussi sont-ils très craintifs et d'une sauva- 
gerie extrême. Ils habitent des huttes grossières et, toujours prêts 
à changer de résidence à la moindre alerte, plantent à peine quel- 
ques bananiers. Il est remarquable que, malgré l'instabilité qui 
leur est imposée par des voisins impitoyables, les Mamânuas aient 
exactement les mêmes mœurs et les mêmes usages que les Négri- 
tos de la Sierra de Marivelès. C'est du moins ce qui résulte de 
tout ce que m'ont dit à ce sujet les indigènes, et des renseigne- 
ments autrement sérieux qu'a bien voulu me communiquer le 
R. P. Chambo, missionnaire établi à Jabonga. 

Au moment où j'arrivais à Maïnit, il venait de se passer chez 
des Mamânuas du voisinage un drame dont les péripéties dé- 
montrent que ces sauvages gardent, malgré leur vie misérable, 
la notion du droit et l'attachement à leurs anciennes coutumes. 
Je recherchai en vain la tribu; elle s'était déplacée sans laisser de 
traces. 

C. — Négritos métis d'Albay W. 

A l'extrémité S. E. de Lueon (province d'Albay) , près des sources 
thermales de Tiwi, dans les environs de Malinao, vivent des 
Négritos mélangés de sang indien. Leur taille moyenne (hommes 



W Pî. IV. Voir aussi, même planche, le numéro i52, métisse négrito-bisaya, 
et planche TX, le numéro a5i, fille du numéro i5a et de père espagnol. 



_ 49 — 

= i IU 5o36), intermédiaire entre celle des Négritos de Bataan 
(Ô = i m 4853) et celle des Indiens Bicols (Ô = i m 5833), mais 
beaucoup plus rapprochée de la première, donne la mesure des 
rapports qui les unissent aux deux races. 

Ces Négritos métis sont beaucoup plus robustes et mieux mus- 
clés que les Négritos purs de Marivelès; leurs cheveux sont beau- 
coup moins crépus; chez quelques sujets, ils sont à peine frisés; 
leur section transversale (pi. XXXI, n° 96) est intermédiaire entre 
celle des Négritos et celle des Bicols. La couleur de la peau ( n° 37 et 
quelquefois n os 27-22 ) les rapproche des Bicols. La couleur des yeux 
est 1-2. Les dents sont saines, l'irrégularité d'implantation est rare. 
La petitesse de la taille, la disposition des narines tranversalement 
dilatées et regardant en avant, le lobule du nez, dont l'extrémité 
est légèrement recourbée en bas, la faible sinuosité de l'axe trans- 
verse de la fente palpébrale, la médiocrité ou le défaut de repli 
falciforme, donnent à leur visage une ressemblance frappante avec 
celui des Négritos purs. 

Les mêmes caractères intermédiaires se manifestent dans leur 
intelligence et leurs mœurs. Par ce côté encore ils se rapprochent 
plus des Négritos que des Bicols; ils sont cependant meilleurs 
agriculteurs que les premiers et beaucoup moins misérables. Us 
mènent à bien des cultures dont le rendement n'est pas immédiat, 
celle du cacaoyer par exemple qui demande quelques années 
avant d'être productive et qui leur assure un certain bien-être. 
Us paraissent avoir renoncé à la chasse comme moyen usueF 
d'améliorer leur alimentation. 

Ces métis sont du reste encore plus efficacement protégés par 
l'autorité espagnole que les Négritos de Marivelès , dont les forêts 
s'étendent sur un massif montagneux d'un accès difficile; car ils 
résident au bord de la mer, dans une région très civilisée et très 
peuplée. 

Ces métis, comme les Négritos de Marivelès, reconnaissent l'au- 
torité espagnole; ils ont des rapports fréquents avec les Bicols, 
mais vivent séparés; ils ont conservé leurs mœurs et leurs usages, 
et ne sont pas catholiques, ce qui assigne une date éloignée, anté- 
rieure à la conquête espagnole, à la formation de leur race. Ils 
tendent à disparaître, par suite du mariage de leurs filles avec les 
Bicols. 



— 50 — 

MALAIS. 

D. — Manthras; E. — Knabuïs; F. — Udaïs; G. — Jakuns, de la province 

de Malacca- W. 

Ces tribus, qui sont répandues dans l'intérieur de la péninsule 
de Malacca, forment la transition entre les métis négrito-malais 
(tels que ceux d'Albay) et les Malais, considérés comme type, qui 
occupent les côtes de la partie sud du grand archipel d'Asie. 

Les traces de sang négrito que présentent ces tribus varient 
beaucoup avec les individus et paraissent des faits d'atavisme, ce 
qui assigne une époque éloignée au mélange du sang négrito avec 
le sang malais. 

D'après le descobridor Godinho lîe Eredia, métis de Portugais et 
de mère malaise né à Malacca, dont le très intéressant récit, écrit 
en 161 3, a été récemment publié^, l'invasion de la péninsule par 
les Malais eut lieu en lia 1, sous la conduite du radjah Permicuri. 

Cette invasion trouva la région de Malacca occupée par les 
Saletés, peuple pêcheur et guerrier. Ce nom paraît avoir aujour- 
d'hui disparu de la péninsule; il est vrai que je n'ai pas fait de 
recherches spéciales à ce sujet, la publication de M. Janssen étant 
d'une date postérieure à celle de mon voyage. 

Les Saletés dont parle Godinho sont sans doute les ancêtres des 
tribus actuelles; ils devaient être mélangés d'une faible dose de 
sang négrito, mais n'étaient pas des Négritos purs ou légèrement 
métissés. 

Il est vraisemblable, en tout cas, que les tribus que j'ai visitées 
dans les forêts de la péninsule au nord de la ville de Malacca des- 
cendent de populations de race malaise qui auraient envahi la 
péninsule antérieurement aux invasions malaises historiques, et 
auraient en partie asservi , en partie refoulé vers le nord , la popu- 
lation négrito, dont les descendants directs sont aujourd'hui repré- 
sentés par les Orang Sahkaies^ de la province de Pérak. 

< ! > Pi. XXII. 

W Malacca, l'Inde méridionale et le Cathay, manuscrit original autographe de 
Godinho de Eredia, reproduit en fac-similé et traduit par M. Léon Janssen. 
Bruxelles, 1882. 

M Cf. J. Errington de la Croix, Etude sur les Sàkkaics de Pérak [Revue d'ethno- 
graphie, t. I, 1882). 



— 51 — 

Si les tribus refoulées aujourd'hui par Yinvasion malaise histo- 
rique dans les montagnes de l'intérieur de la péninsule descen- 
daient directement de populations où le sang négrito eût dominé, 
ces tribus devraient présenter un type plus franchement négrito; 
car, ainsi que toutes les populations vaincues, elles ont dû fournir 
et elles fournissent encore des femmes et des esclaves aux vain- 
queurs sans leur en prendre jamais. 

Les Manthras , les Udaïs , les Knabuis et les Jakuns de la province 
de Malacca vivent dans des conditions comparables à celles desNé- 
gritos, un peu meilleures que celles des Mamanuas, moins bonnes 
que celles des Négritos de Bataan ; ils sont donc fort misérables; 
quoique plus intelligents, ils ne connaissent pas l'écriture, mais 
ils conservent fidèlement par tradition le*souvenir de leur an 
cienne puissance. Us disent nettement qu'autrefois toute la région 
était en leur pouvoir et qu'ils occupaient non les montagnes, mais 
le rivage de la mer. A cette époque, avant d'avoir été chassés dans 
l'intérieur, ils étaient riches, puissants et possédaient une histoire 
écrite sur des lames d'écorce. J'ai eu pour guide un jeune Man- 
thra du nom de Pang lima dalam, qu'il me dit être celui de son 
père et de tous ses ascendants, suivant l'usage de sa tribu; bien 
qu'il parlât passablement le malais, ce nom n'avait pour lui aucune 
signification ; c'est cependant le titre que porte, dans les cours ma- 
laises, le seigneur chargé de l'intendance du palais. 

L'état d'infériorité des tribus actuelles paraît donc résulter non 
de l'infériorité primitive de la race, mais simplement de l'oppres- 
sion des envahisseurs. Condamnées à une vie presque aussi misé- 
rable que celle des Négritos de Mindanao, d'abord chassées de la 
côte, puis harcelées sans merci, ces tribus ont vu leur alimentation 
devenir difficile; leur vigueur physique a diminué; la crainte, la 
dissémination, le pillage, ont progressivement effacé les arts de là 
civilisation, sans toutefois en supprimer le souvenir. 

Ayant déjà exposé ailleurs l'état social et les mœurs de ces tri- 
bus M, je n'y reviendrai pas ici. Je me bornerai à signaler l'absence 
de l'arc, qui est remplacé par la sarbacane, faite d'une tige de 
roseau, au moyen de laquelle les Manthras et leurs voisins lancent 
de petites flèches empoisonnées. La flèche est poussée par une 

W Quelques jours chez les indigènes de la presqu'île de Malacca (Revue d'ethno- 
graphie, t. I, 1882). 



— 52 — 

bourre de coton ou de filaments végétaux analogues, exactement 
adaptée au calibre de la sarbacane. 

Quant à l'intelligence des Manthras, j'ajouterai un fait que j'ai 
oublié de mentionner dans l'article cité. J'ai vu à la mission d'Ayer- 
Salak, près de Malacca, déjeunes Manthras de i5 à 18 ans, nés 
dans les forêts, qui avaient été élevés au séminaire de Penang. Ils 
parlaient le latin assez couramment et m'ont donné sans difficulté, 
dans cette langue , plusieurs renseignements intéressants. 

Les Manthras sont* les plus nombreux des sauvages de la pro- 
vince de Malacca, ce sont ceux qui offrent le plus d'unité anthropo- 
logique et chez lesquels les traits constitutifs de la race paraissent 
le mieux fixés; les autres tribus présentent des divergences plus 
considérables. Mon infjDression n'est peut-être que l'effet du hasard ; 
il est fort possible que cette proportion soit inverse sur un autre 
point de la péninsule. * 

Quoi qu'il en soit, les Manthras de Malacca offrent les traits 
caractéristiques suivants : débilité générale; exiguïté de la taille 
(qui, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, se rapproche 
beaucoup de celle des Négritos); front proéminent, bombé (autre 
caractère négritoïde); ouverture palpébrale très allongée trans- 
versalement, repli falciforme constitué, non comme chez le Chi- 
nois, par un repli vertical, mais par un prolongemement angu- 
laire; racine et partie supérieure du nez déprimées jusqu'au niveau 
d'un plan qui passerait par les pommettes; celles-ci sont mas- 
sives et très saillantes; à leur niveau, la région centrale de la face 
produit l'effet non d'une saillie, mais d'une dépression; abdomen 
énorme; mains délicates; membre inférieur arqué dans le plan 
antéro-postérieur, conséquence de la direction du grand trochanter 
rejeté en arrière ; pieds massifs à orteils courts (se rapprochant beau- 
coup du type négritoj. Plusieurs des femmes sont à la fois nour- 
rices et enceintes. 

La coloration des yeux est presque toujours n° 1; celle de la 
peau , n° 37, quelquefois n 08 2 1, 2 2, 3o ; celle des cheveux , n os 34, 4 1 . 

Généralement leurs cheveux ressemblent à ceux des Malais , aussi 
bien par leurs caractères extérieurs que par ceux qui sont révélés 
par les coupes. Cependant il n'est pas rare d'en rencontrer de for- 
tement bouclés. 

Le squelette manthra que j'ai trouvé près de Kessang présente 
beaucoup d'analogie avec celui des Négritos; le crâne particulière- 



— 53 — 

ment (voir tableau II, n* i), dans sa partie crânienne proprement 
dite, est presque identique avec le Négrito de Bataan (voir tableau II , 
n° 2) W. 

Les Udaïs et les Knabuïs forment la transition entre les Manthras 
et les Jakuns. Ces derniers se distinguent assez nettement par la 
saillie moindre des pommettes, mais surtout par une vigueur plus 
grande, une musculature moins débile, faits qui ne sont peut- 
être qu'un accident local et auquel il ne faut pas, je crois, atta- 
cher une grande importance, car les unions sont fréquentes entre 
les diverses tribus. 

H. — Atas de Camarines-Sur (Luçon). 

Dans les forêts de la chaîne montagneuse qui forme l'arête de 
la partie S. E. de Luçon et s'étend dans les provinces deTayabas, 
Camarines-Norte, Camarines-Sur et Albay, vivent des populations 
très mêlées que les Indiens désignent indifféremment sous les noms 
d'Atas, de Remontados ou d'Infieles, sans tenir aucun compte de 
leur race. Parmi les groupes insoumis, le plus souvent errants, 
qui habitent cette région peu accessible, plusieurs doivent leur 
origine à des Indiens qui se sont enfuis.de leurs pueblos à la suite 
de quelques délits. 

Les Atas ont, dans les provinces citées plus haut, une réputation 
d'énergie et de férocité qui paraît justifiée. Les deux seuls Atas 
que j'aie vus (tableau I, n os 72 et 73) sont évidemment, le nu- 
méro 72 surtout, des Indiens avec une proportion plus grande de 
sang négrito. 

Ces deux sujets sont bien musclés et leurs grands yeux noirs ont 
une expression à la fois réservée et fière; l'ouverture palpébralc 
est légèrement oblique et très allongée, le repli falciforme très 
marqué. La coloration de la peau est représentée par les nu- 
méros 36 et 37, celle des cheveux par le numéro 4i« Je les 
place, dans ma description, à la suite des tribus de Malacca, car ils 

0) DIMENSIONS DES MEMBRES.* 

Humérus = 2 56 n,m ; radius = 2Ôo mm ; fémur = 382 mm ; tibia = 3 i4 mm . 

INDICES. 

Humérus== 100, Radius =78.12. 
Fémur =100, Tibia =82.19. 
Fémur = 100, Humérus = 67.01. 



— 54 — 

paraissent, comme celles-ci, former la transition entre les véri- 
tables métis de Négritos et les Malais. 

Les Atas de Gamarines et des provinces voisines , fort incom- 
modes par leurs brigandages, disparaîtront encore plus rapidement 
que les Négritos. 

I. — Bicols W. . 

Comme les Tagalocs et les Bisayas, avec lesquels ils forment 
la plus grande partie des Indiens (Indios) W des Philippines, les 
Bicols^ sont des Malais qui s écartent du tronc primitif à peu près 
dans la même mesure que les Moros du sud de Mindanao, mais 
dans un sens divergent. Ces derniers tendent vers le type indo- 
nésien, tandis que les premiers se rapprochent du chinois. Les 
Bicols étant de tous les Indiens ceux que j'ai pu le mieux observer, 
je les prendrai pour exemple de ce groupe. 

H est impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, de dé- 
terminer Tépoque à laquelle la race malaise, après la fusion intime 
et la fixation des trois éléments qui la constituent, s'est étendue 
vers le nord, des îles de la Sonde à Formose, et plus loin encore, 
franchissant les détroits, cheminant le long des côtes. J'ai dit que 
cette émigration malaise couvrait les rivages, enfermant dans une 
ceinture presque continue les populations indonésiennes, qui entou- 
rent elles-mêmes les tribus négritos. 

Il est vraisemblable que les populations malaises des Philippines 
possédaient des traditions écrites; leur système spécial d'écriture, 
très voisin mais non identique pour les Tagalocs et les Bisayas ( 4) , 
les nombreux manuscrits qu'ils conservaient il y a trois siècles, en 
font foi. Mais la rapide extension du christianisme dans le nord, 
celle de l'islamisme, qui fut aussi rapide et exclusive dans le sud 
de l'archipel, eurent un résultat identique au point de vue de 
l'histoire : le système d'écriture indigène fut rapidement et com- 
plètement supplanté par le système latin ou le système arabe; les 

W On écrit indifféremment Vicols ou Bicols , Visayas ou Bisayas , le v ayant 
souvent en espagnol la même valeur que le b. 

W On désigne , aux Philippines , sous le nom de Indios les indigènes soumis et 
catholiques, par opposition aux populations indépendantes, soit Moros, soit In- 
jieles. 

M PI. X, XXIII, XXIV, XXV. 

a ) Voyez chap. v, Dialectes. 



— 55 — 

manuscrits, devenus illisibles, se perdirent; d'ailleurs, ils n'offraient 
plus d'intérêt à des populations qui, en vertu de leurs nouvelles 
croyances, n'avaient pour leur histoire que de l'indifférence et du 
mépris. 11 est probable qu'avec du temps et de la patience on retrou- 
verait aux Philippines un bon nombre de manuscrits antérieurs à la 
conquête espagnole; les dialectes de l'archipel n'ayant subi que des 
variations insignifiantes depuis cette époque, il serait dès lors 
facile de recueillir des traditions qui seraient sans doute d'un grand 
intérêt pour l'histoire de ces contrées. 

Aujourd'hui nous pouvons seulement considérer comme certain 
que la diffusion vers le nord de la race malaise et de l'islam ne 
fut pas simultanée. A l'arrivée des Espagnols, les Malais mahomé- 
tans, qui formaient, il est vrai, les royaumes les plus forts et les 
mieux organisés, mais qui n'opposèrent pas cependant une résis- 
tance sérieuse , étaient concentrés autour de Manille, tandis que les 
non-mahométans de même race étaient répandus dans les régions 
que leurs descendants occupent encore aujourd'hui. Nous savons 
d'ailleurs qu'en débarquant à Célèbes en i5i2, les Portugais n'y 
trouvèrent comme sectateurs de Mahomet que quelques marchands ; 
la population de l'île ne se convertit à l'islamisme qu'un siècle plus 
tard. C'est alors, dans la première moitié du xvn c siècle, que la 
puissance conquérante de l'islam fait pour ainsi dire explosion ^ ; à 
partir de cette époque, elle devient un adversaire sérieux^que l'Es- 
pagne n'a définitivement réduit à l'impuissance qu'en s'emparant de 
Soulou, centre de son action politique et religieuse. Les premiers 
progrès de l'islam n'ont pas eu lieu à main armée, mais par la voie 
pacifique du commerce. Les trafiquants mahométans, arabes ou 
malais, que leur civilisation rendait fort supérieurs aux Malais ido- 
lâtres, ont d'abord acquis de grandes richesses; ils ont ensuite 
épousé des filles de datos et de radjahs, et converti ou détrôné les 
familles de leurs femmes. Quand l'islam est ainsi devenu progres- 
sivement la religion des seigneurs et des chefs, il s'est imposé d'un 
coup à des populations entières, et c'est alors seulement que, servi 
par un instrument puissant, le Koran a fait éclater, dans le sud des 
Philippines comme ailleurs, sa puissance de conquête et de résis- 
tance. Les populations catholiques des Philippines, insouciantes, 
éloignées de tout fanatisme, ne songeant qu'à jouir en paix de 

(l) D. Vicente Barrantes, Guerras pirâticas de Filipinas. Madrid, 1878. 



— 56 — 

l'existence facile que leur donnait un sol fertile, eussent été fata- 
lement soumises par les Malais de Mindanao ou de Soulou, sans 
la protection des escadres espagnoles» 

Le type malais originel des Bicols s'est assez profondément 
modifié sous l'influence de croisements qui ont débuté vraisem- 
blablement à une époque reculée, et se sont continués avec plus 
ou moins de fréquence jusqu'à nos jours. 

Le premier en date de ces croisements, le plus important sans 
doute anciennement, est celui qui s'est opéré avec le sang négrito. 
Depuis déjà longtemps les Négritos sont devenus rares dans la 
province d'Albay. On a vu (§ C) que les seuls que j'y aie rencon- 
contrés ne sont pas de race pure; il en existe peut-être encore 
de non mélangés dans quelques îles du golfe; ils sont, en tout 
cas, fort réduits, et leur influence actuelle sur la population peut 
être considérée comme nulle. Mais le mélange antique de leur 
sang se révèle nettement chez certains sujets par l'exiguïté de la 
taille, par des cheveux plus ou moins bouclés et frisés, par la 
coloration beaucoup plus sombre de la peau. J'ai trouvé quantité 
de Bicols qui présentent à un haut degré plusieurs de ces carac- 
tères négritos. 

Le croisement du Bicol avec les tribus de race indonésienne 
n'a pas laissé de trace bien nette. Il nese révèle guère que par la 
coloration de la peau sur de rares sujets. 

Bien autrement important est le mélange du sang chinois, qui a 
dû se produire bien avant l'arrivée des Espagnols et dont l'impor- 
tance croît sans cesse, au point que l'on peut prévoir le jour où il 
remplacera le sang malais. 

L'envahissement des Philippines par l'élément chinois a quelque- 
fois essayé de se produire à main armée, notamment en i5y3 M; 
aucune de ces tentatives ne paraît avoir eu de résultats impor- 
tants. 

C'est pacifiquement, par la voie du commerce, que les Chinois 
envahissent les Philippines, procédé qui n'est pas sans analogie 
avec celui que les Arabes ont suivi, aux siècles derniers, dans 
le sud de l'archipel. Les Chinois sont aujourd'hui établis dans 
tous les pueblos, où ils se sont substitués aux Indiens dans l'exer- 

W Le corsaire Lima-Hong se présenta devant Manille avec une flotte de 
soixante jonques bien armées; cette attaque fut repoussée, mais la colonie courut 
le plus grand danger. 



— 57 — 

cice de toutes les professions urbaines, ainsi que dans le petit 
commerce. Beaucoup d'entre eux ont conquis des situations com- 
merciales de premier ordre y égales, sinon supérieures à celles des 
meilleures maisons européennes et américaines. A plusieurs re- 
prises, l'Espagne a essayé de limiter par des prohibitions diverses 
l'immigration chinoise; ces mesures sont demeurées sans résultat. 
Depuis longtemps déjà les Chinois entrent librement aux Philip- 
pines et y séjournent sans subir d'autre obligation que celle de 
payer une capitation personnelle beaucoup plus élevée que celle 
des Indiens. 

L'immigration chinoise s'étant toujours limitée aux hommes, 
on comprend combien ont dû être nombreux leurs croisements 
avec les indigènes. Les métis issus de leur union légale avec les 
Indiennes portent le nom de Sangleyes et sont fort nombreux, car 
le croisement du Chinois et de l'Indienne est eugénésique au plus 
haut degré. Mais les Sangleyes ne forment encore qu'une petite part 
des métis, auxquels les Chinois ont transmis leur penchant aux 
rapports sexuels et leurs facultés prolifiques» 

Dans les croisements sino-indiens, le sang chinois est doué d'une 
force d'attraction extraordinaire; il suffit r même en proportion peu 
considérable, pour imprimer au Bicol une déviation notable, qui 
se traduit par l'élévation de la taille et du crâne, l'obliquité des 
yeux, rallongement des extrémités. 

Enfin les Bicols d'Albay sont encore mêlés de sang espagnol; 
ce métissage, dû à des individus peu nombreux, n'en a pas moins 
une certaine importance, car il s'est constamment opéré pendant 
trois siècles, la conquête de la province d'Albay, l'une des pre- 
mières soumises, étant antérieure à i56o. C'est surtout par la con- 
formation du nez, intermédiaire entre les deux types si distincts 
que revêt cet organe chez l'Européen et chez le Malais, que se re- 
connaît l'influence du premier. 

Cet exposé peut faire pressentir dans quelles proportions par- 
fois excessives doit varier le type bicol. Dans la population d'Al- 
bay, le type malais fondamental oscille constamment, pour ainsi 
dire, entre les quatre types précédents, mais avec beaucoup plus 
de fréquence dans là direction du type chinois. Tous les caractères, 
sauf la forme du crâne, se modifient sous ces influences diverses. 

La région postérieure du crâne est presque toujours fortement 
aplatie en coup de hache. Par un singulier hasard, les deux seuls 



— 58 — 

crânes bicols contemporains que nous ayons pu nous procurer 
(u os 1 et 2), et qui ont été décrits par MM. de Quatrefages et 
Hamy M, ne présentent pas nettement cette conformation particu- 
lière; elle domine pourtant dans toute la province, et elle est à 
ce point prononcée qu'elle est visible à dislance, même chez les 
femmes, quand leur longue et abondante chevelure est déroulée. 
Cette conformation , qui rappelle celle des Négritos, mais qui est 
beaucoup plus prononcée et qui se retrouve chez tous les Indiens 
(Tagalocs, Bisayas, etc.), est-elle le résultat d'une déformation pro- 
voquée? Je ne le crois pas; j'en donnerai la raison en parlant des 
crânes que nous avons trouvés dans les grottes de la province. 

La coloration des cheveux, qui blanchissent quelquefois à un âge 
avancé, est celle du numéro ai, quelquefois 27; celle des yeux, 
1 et 2 ; celle de la peau est presque toujours 21, quelquefois 28, 3o, 
37. La barbe est toujours peu abondante et ne pousse que fort tard. 
L'implantation des dents est souvent irrégulière; la carie est 
fréquente. Les incisives supérieures sont toujours limées transver- 
salement sur leur face antérieure. Le sillon horizontal déterminé 
ainsi présente une section plus profonde près de la gencive; il se 
termine, vers le bord inférieur de la dent, par une courbe très 
allongée. La profondeur du sillon varie beaucoup avec les sujets : 
parfois le sillon atteint la cavité de la dent, qui communique alors 
avec l'extérieur par un orifice circulaire de 1 à 2 millimètres 
de diamètre, ainsi du reste qu'on le voit aussi à Soulou (fig. 83, 
pi. XXX). 

L'opération, pratiquée en plusieurs temps et à plusieurs jours 
d'intervalle, ne cause, au dire des Bicols, qu'une douleur sourde, 
supportable; les dents limées conservent pendant un mois ou 
deux une certaine sensibilité, qui interdit au sujet de s'en servir 
pour mordre et déchirer les aliments; cette légère incommodité 
disparaît à son tour sans laisser de traces immédiates. Mais, plus 
tard, les abcès et les kystes deviennent assez nombreux, si l'on en 
juge d'après les maxillaires des crânes n cs 3 à l\2 dont il sera ques- 
tion plus loin. 

Les dents des Bicols des deux sexes doivent à l'usage continuel 
du buyo (bétel) une couleur noire prononcée que l'usage presque 
aussi constant du tabac à fumer ne suffirait pas à leur donner. Les 

M Crania ethnica, p. 45o. 



— 59 — 

Bicols n'emploient aucune préparation en vue de produire cette 
coloration, qu'ils ne considèrent point comme un ornement et 
dont quelques jeunes femmes parviennent même à se préserver, 
sans renoncer ni au tabac ni au bétel , en faisant plusieurs fois par 
jour un usage énergique de la brosse à dents. C'est sans doute à 
l'usage de ces deux agents, astringent et anesthésique, que les 
Bicols doivent de ne pas présenter un plus grand nombre de 
fluxions et d'abcès, malgré le mauvais état de leur dentition. 

Les usages et les mœurs des Bicols ayant été décrits ailleurs M, 
je n'en dirai rien ici ; je noterai seulement que leur imprévoyance, 
leur insouciance, leur amour du plaisir, défauts imputables à la 
race et au climat, sont dus aussi, pour une part, au régime poli- 
tique auquel ils sont soumis. 

Leur intelligence est vive et très susceptible d'éducation ; presque 
tous les Bicols savent lire et écrire, mais ils sont peu instruits, les 
ouvrages écrits dans leur dialecte étant fort peu nombreux. 

Ils sont remarquablement doués au point de vue musical ; tous 
les pueblos ont au moins une fanfare, où l'on rencontre parfois des 
artistes qui ne manquent pas de valeur. La patience des Bicols est 
extrême; il leur en faut plus encore que d'habileté pour tisser 
les fines étoffes à'abaca qui constituent un de leurs principaux 
luxes. S'ils ne retirent pas de leur sol, merveilleusement fertile, 
toutes les richesses qu'il est capable de produire, c'est que leur 
existence facile suffit à leurs appétits bornés, c'est qu'à l'abri de la 
domination espagnole ils n'ont pas k se préoccuper du lendemain , 
c'est qu'ils sont hommes, après tout, et que, comme la grande 
majorité de leurs semblables, ils voient dans le travail un moyen 
et non un devoir. 

Les Bicols ressentent aussi vivement les peines morales que 
les peines matérielles; leur insensibilité n'est qu'apparente, il 
est facile de s'en assurer. Il est vrai cependant qu'ils oublient 
assez vite et qu'ils s'émeuvent difficilement pour des causes fu- 
tures et incertaines. Cet état intellectuel sera certainement mo- 
difié par l'éducation quand tous les pueblos parleront espagnol, 
changement qui est en train de s'opérer. 

On a vu que nous n'avons pu recueillir que deux crânes con- 
temporains dans la province d'Albay; mais nous avons trouvé des 

M Tour du monde, 1" semestre i88A- : 



_ 60 — 

pièces anciennes en nombre bien plus considérable dans deux 
grottes. 

Ces deux grottes, auxquelles j'ai donné avec M. Rey le nom de 
grotte du Levant M et de grotte du Carabao $\ sont situées dans l'île 
de Cagraiwy, qui forme une partie de la côte nord du golfe d'Albay. 
La grotte du Levant occupe la pointe S. E. de l'île, et celle du Cara- 
bao est sur la côte sud, près de la pointe S. O. Ces deux grottes sont 
excavées à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la mer 
dans une falaise calcaire à pic, qui n'est accessible que par eau. 
La grotte du Carabao est plutôt un abri qu'une grotte; celle du 
Levant est vaste et élevée^ : un lagon (mortier à décortiquer le riz) 
est é vidé dans sa paroi postérieure; il a la forme des luçons actuel- 
lement en usage dans la contrée, lesquels ne sont jamais creusés 
dans la pierre, mais dans un bloc de molave^ ou un autre bois dur. 

En dehors des ossements, les deux grottes ne contenaient 
qu'une tablette de bois dur tombant en poussière (Carabao) et une 
écuelle de porcelaine chinoise (Levant). Les deux grottes renfer- 
maient un nombre à peu près égal de crânes, les uns bien con- 
servés, les autres plus ou moins avariés par l'humidité. La conser- 
vation ou le délabrement se présentent indifféremment sur les 
différents types. 

Ce qui frappe, en effet, à première vue dans la série de crânes 
(tableau II, n° 8 3 à 42) que nous avons recueillis dans ces deux 
grottes, c'est la différence profonde, nettement tranchée pour la 
plupart, que présentent les diverses pièces. Un premier type, sur- 
tout fréquent parmi les femmes, se rapproche du négrito (pi. XXV, 
n° 8); un second à face allongée, dolichocéphale, rappelle l'in- 
donésien (pi. XXV, n° 9); il n'est représenté que par un petit 
nombre de pièces. Un troisième type (pi. XXIII et XXIV), beau- 
coup plus fréquent, reïnarquable par ses dimensions absolues et 
par la largeur de la face , me paraît très analogue aux Malais de 
Java et de Sumatra. 

Le tableau II montre dans quelle proportion énorme varient 
et la capacité crânienne et les principaux indices. Les dimen- 

(l ) D'après son orientation. 

(i) A cause d'un rocher qui se trouve exactement en face à quelques brasses 
du rivage et qui affecte la forme d'un buffle (Carabao, en dialecte bicol). 

W Dimensions maxima : longueur 9 mètres , largeur 3 m 5o, hauteur 1 2 mètres. 
w Vitex geniculata. 



— 61 — 

sions absolues varient dans la même mesure que la capacité crâ- 
nienne, 

La comparaison des dimensions absolues , aussi bien que celle 
des indices , perd d'ailleurs une grande partie de sa valeur à cause 
de la déformation crânienne artificielle, analogue à certaines défor- 
mations américaines, qu'ont subie tous ces crânes, mais dans une 
mesure très variable. 

Les crânes qui présentent (comme les numéros 4 et 6) celte dé- 
formation au plus haut degré appartiennent surtout au troisième 
type, si remarquable par ses dimensions et par le développement 
en largeur de la face; la déformation est indépendante de l'époque 
à laquelle remonte la sépulture, autant du moins qu'on peut en 
juger d'après le degré d'altération des os. 

Cet énorme aplatissement du frontal et de l'occipital , le sillon 
évasé qui sépare les pariétaux répondent parfaitement à la défor- 
mation qu'aurait pu produire un appareil en usage depuis un 
temps immémorial chez quelques tribus de l'intérieur de Bornéo, 
appareil que M. A-B. Meyer a fait connaître récemment, et que j'ai 
décrit d'après cet auteur M. 

Il est évident qu'un appareil de ce genre était employé par les 
tribus qui avaient consacré ces grottes à leur sépulture. Peut-êlre 
avait-il été appliqué avec d'autant plus de soin et de persévérance 
que le sujet appartenait à une famille puissante, ce qui ex- 
pliquerait l'exagération de la déformation de quelques crânes 
masculins, et son atténuation ou son absence sur les crânes fémi- 
nins négritoïdes. 

Tous les ossements étant bouleversés, confondus, il est bien 
peu de maxillaires inférieurs qui aient pu être rattachés avec 
certitude aux crânes dont ils faisaient partie. Les maxillaires qui 
appartiennent au troisième type sont remarquables par leurs pro- 
portions massives; généralement la branche montante, coudée à 
angle droit, a une largeur considérable. 

Le prognathisme du maxillaire supérieur varie dans des propor- 
tions considérables; il est souvent extrême dans le troisième type. 

Presque toutes les incisives et les canines supérieures manquent; 
sur les quelques crânes où il en reste une ou deux, les dents sont 

(1) ÏJber kûnstlich deformirte Schôdel, etc. Leipzig et Dresde, 1881. Compte 
rendu in Revue d'-cthnogr., t. I, 1882. 



— 62 — 

limées en pointe mousse, à peu près suivant le type des Négritos de 
Marivelès. J'ai signalé plus haut les lésions auxquelles cette pra- 
tique a donné lieu. 

Les molaires sont très fortes, à tubercules atténués, souvent 
absolument effacés; c'est le cas ordinaire chez toutes les popula- 
tions de l'archipel; la carie est très fréquente. 

Les os des membres et du tronc indiquent une race vigoureuse 
et bien conformée. Deux des humérus sont perforés; chez plu- 
sieurs, le fond de la cavité olécranienne est très mince. Aucun 
des fémurs n'est à colonne; les tibias sont, pour la plupart, légère- 
ment platycnémiques. Un des péronés est fortement tordu sur 
son axe. 

Les os recueillis dans les grottes du Carabao et du Levant sont 
au nombre de : 

Humérus 8 

Cubitus 2 

Radius 3 

Fémur 8 

Tibia 9 

Péroné 1 

Voici les longueurs moyennes de ces os et les rapports que ces 
longueurs présentent entre elles : 



Humérus. 
Cubitus. 
Radius. . 
Fémur. . 
Tibia... 
Péroné. . 



LONGUEUR 
MOYENNE. 



millimètres. 

3o8 
237 
238 
4i3 
34 9 
353 



millimètres. 

3i8 

2Ô2 
256 

435 
362 



millimètres. 
293 
223 
220 

3 9 3 
33o 



INDICES. 

Humérus = 1 00 , Radius —77.27. 
Fémur — 100, Tibia — 84-5o. 
Fémur =100, Humérus == 74.57. 



— 63 — 

A quelle population convient-il d'attribuer les crânes des grottes 
du Levant et du Carabao? 

Il n'est pas douteux que ces grottes ne fussent connues d'une 
grande partie des habitants de la région , et il est fort possible que, 
sous l'empire d'une de ces traditions auxquelles les pratiques du 
catholicisme se sont superposées sans les détruire, quelque pêcheur 
bicol dépose parfois une offrande dans ces antiques ossuaires. Mais 
il est absolument certain que tous les crânes ont été mis là à une 
époque reculée. La conquête politique et la conquête religieuse 
ayant constamment marché de pair aux Philippines et l'inhuma- 
tion étant une pratique dont les missionnaires ont toujours surveillé 
l'exécution , l'usage des grottes du Levant et du Carabao comme 
abri sépulcral est donc antérieur à l'arrivée des Espagnols. On ne 
comprendrait pas que des cadavres aient pu être transportés en 
pirogue sur un point voisin du mouillage le plus fréquenté de la 
province. D'autre part, la présence du façon creusé dans la paroi 
ouest de la grotte du Levant paraît indiquer que celle-ci a servi 
d'habitation, peut-être à l'époque où les habitants faisaient encore 
usage des dents de l'animal du tonnerre^. Des fouilles, que nous 
n'avons pas eu le temps d'opérer dans le sol couvert de stalag- 
mites, fourniraient sans doute d'intéressantes révélations à ce sujet. 
Mais il est certain que la grotte du Levant n'a plus servi d'abri 
aux vivants depuis qu'on y a déposé des cadavres, car la disposi- 
tion des squelettes a la surface du sol et l'état de conservation de 
la plupart des crânes sont inconciliables avec cette supposition. 

L'état des crânes les plus anciens, la nature des avaries de ceux 
qui sont détériorés , montrent, d'un autre côté, qu'ils ne remontent 
pas à une très haute antiquité, et que le dommage qu'ils ont subi 
tient surtout à l'humidité. Cependant leur état de conservation, 
très variable, prouve que les grottes ont servi de sépulture pen- 
dant une période assez longue. Les trente-neuf crânes que nous 
avons recueillis (joints à quelques débris que nous avons dû lais- 
ser dans la grotte du Levant) indiquent que la population qui se 
servait de ces ossuaires était peu nombreuse. 

La diversité des types, le petit nombre des sujets, l'état des 

(l) C'est le nom que donnent les insulaires de Mindanao aux instruments de 
pierre polie ; M. Sébastian Vidal y Soler, directeur des eaux et forêts , en a trouvé 
plusieurs échantillons dans cette île. Je n'ai pas entendu dire qu'on en ait ren- 
contré dans la province d'Albay. 



_ Qk _ 

crânes, nous amènent donc à la même conclusion : les grottes du 
Levant et du Carabao servaient, avant la fin du xvi e siècle, de 
lieu de sépulture à une tribu (ou à plusieurs tribus peu impor- 
tantes) de race malaise qui comprenait en outre quelques individus 
indonésiens. Gette tribu s'était déjà assimilé une forte proportion 
d'éléments négritos. Mais une fusion complète n'avait pas encore 
eu lieu entre ces trois éléments si distincts; elle était peut-être re- 
tardée par les coutumes et ne s'accomplit qu'à la suite de la sup- 
pression de l'esclavage et par la concentration des tribus en pue- 
blos, faits consécutifs de la conquête espagnole. 

La déformation de ces crânes ( semblable à celle des crânes de 
Lanang et de Nipa-Nipa, recueillis par M. F. Jagor) W, l'aplatissement 
si net de la région occipitale, qui forme une surface quadrilatère 
inclinée de haut en bas et d'arrière en avant, se reproduisent-ils 
par voie d'hérédité et sous une forme atténuée dans la population 
actuelle, ou bien, au contraire, l'aplatissement occipital qu'on ob- 
serve chez les Bicols (comme aussi chez les autres Indiens) est-il 
provoqué par des manœuvres spéciales? H paraît impossible de ré- 
pondre avec certitude à ces questions. On sait positivement que , dans 
beaucoup de régions (dans le département de Haute-Garonne, par 
exemple, pour la déformation dite toulousaine), les déformations 
crâniennes ont disparu avec les manœuvres qui les provoquaient. 
D'un autre côté, dans la province d'Albay, comme dans les autres 
provinces des Philippines, j'ai pénétré à toute heure dans les cases 
des indigènes et je n'ai jamais vu que les enfants fussent soumis 
à quelque pratique ayant pour objet la déformation du crâne : l'en- 
fant indien repose nu sur une natte ou dans un hamac et prend 
la position qui lui convient le mieux. Je dois dire aussi que j'ai 
habité pendant quelque temps chez un fonctionnaire espagnol, 
père de deux enfants nés de son union avec une Indienne à occi- 
pital aplati. Les deux jeunes métis présentaient, entre autres carac- 
tères indiens, cet aplatissement caractéristique de l'occipital; cepen- 
dant leur père veillait avec le plus grand soin à les préserver de 
tous les usages et de toutes les pratiques qui auraient pu rendre 
plus marqués les caractères du croisement dont ils étaient issus. 

Le croisement des Espagnols et des Indiennes (Bicoles, Ta- 
gales, etc.), eugénésique, produit de nombreux métis qui pré- 



(i) 



Jïeisen in den Philippinen. 



— 65 — 

sentent des caractères anthropologiques bien plutôt juxtaposés que 
fondus W. Chez ces métis, le nez est droit; les yeux n'ont ni obliquité 
ni repli falciforme; la raideur des cheveux, l'aplatissement pos- 
térieur du crâne, la finesse des extrémités, sont indiens; la saillie 
des pommettes est notablement moindre, le prognathisme alvéo- 
laire et la grosseur des lèvres ne sont que légèrement atténués. 
Le métis a, dans ses premières années, une physionomie entière- 
ment européenne; son teint est clair. Les caractères de la face ne 
s'indianisent que plus tard; mais l'aplatissement du crâne se 
montre dès la naissance, j'en ai cité deux exemples plus haut. La 
section transverse des cheveux affecte plusieurs formes sur le 
même sujet, triangulaire, circulaire et légèrement elliptique, 
comme chez le numéro i5i (tabl. I et pi. IX), métisse d'Espagnol 
et de mère négrito-bisaya; ce sujet présente en outre une assez 
forte proportion de sang négrito; si la chevelure n'était soigneuse- 
ment maintenue par des tresses, elle se déroulerait en boucles 
très frisées. 

J. — Tagalocs. 

Tout ce qui a été dit des Bicols s'applique également aux Taga- 
locs. Groupés autour de Manille, dans les provinces les plus civi- 
lisées des Philippines, au nombre d'environ 1,200,000, quelques- 
uns d'entre eux inclinent à prendre les costumes et les usages de la 
vie européenne. Beaucoup, après avoir suivi les cours de l'Ateneo 
municipal et de l'Université de Manille , remplissent diverses charges 
secondaires de l'administration et de la justice; quelques-uns en- 
trent à l'Académie militaire et servent comme officiers dans l'armée 
indigène. Plusieurs jeunes Tagalocs, étudiant en ce moment clans 
les universités et dans les académies de musique de l'Europe, ne s'y 
montrent pas inférieurs à leurs camarades de race blanche. Les 
Tagalocs fournissent une grande partie des élèves du grand sémi- 
naire de Manille et des prêtres indigènes. 



K. — Bisayas 



(2). 



Les Bisayas, répandus au nombre de 2 millions dans les îles du 
même nom, forment aussi des colonies sur les côles de Mindanao. 



(0 Pi. IX,n°i38. 

W PL VI, VII et XXVI. 



— . 66 — 

Ces colonies ne sont pas anciennes, elles ont été fondées pour la 
plupart au xvif siècle, sous la conduite des religieux espagnols^. 
Pris dans leur ensemble , les Bisayas sont moins civilisés que les 
autres Indiens. Quelques-uns d entre eux, notamment ceux de 
Bohol, avaient la réputation d'affronter vaillamment les pirates 
Moros et de leur être souvent supérieurs. Un écrivain espagnol 
estime même que la supériorité des pirates tenait uniquement aux 
lois des Philippines, qui, en interdisant de réduire en esclavage et 
de vendre les Moros prisonniers, enlevaient aux Indiens le stimu- 
lant auquel leurs adversaires devaient toute leur hardiesse. Cette 
opinion me paraît difficile à soutenir. 



K'. — Pampangos, Pangasinans, Hocanos 



(*). 



J'ai pris quelques observations de ces Indiens, qui se trouvaient 
fortuitement hors de leurs provinces, que je n'ai pas visitées. Ces 
sujets doivent, je pense, leur taille élevée à la présence du sang 
indonésien , représenté, dans le centre de la moitié nord de Luçon , 
par plusieurs tribus indépendantes ou récemment soumises à 
l'Espagne. 



■ Malais ou Moros de Soulou ( Orang-Islam , Orang-Soulou) 



(*). 



En souvenir des antiques guerres de la métropole, les Espagnols 
donnent le nom de Moros aux Malais mahométans de l'archipel. 
Ce mot est passé dans tous les dialectes des Philippines et les Moros 
eux-mêmes se désignent souvent ainsi. 

Arrêtés par l'Espagne dans leur mouvement d'expansion vers le 
nord, les points extrêmes qu'ils occupent dans cette direction sont 
l'île de Palawan et le tiers méridional de la côte orientale de 
Mindanao. Sur ces deux points, ils n'existent qu'en groupes clair- 
semés, insignifiants. Ils sont beaucoup plus nombreux et plus puis- 
sants dans la partie sud de Mindanao, surtout dans le bassin du 
Rio Grande et autour des lacs situés au nord de ce fleuve. Ils 

. W La population de ces pueblos s'élève à 5oo,ooo habitants. Mais dans ce 
nombre sont compris beaucoup de Manobos, qui sont désignés sous le nom de 
Bisayas dès qu'ils se convertissent au christianisme et se réunissent aux anciens 
pueblos ou en forment de nouveaux. (Voir S 111.) 

w PI. V. 

< 3 > PL X , XI, XII, XIII, XXVI, XXX. 



— 67 — 

peuplent Banguey, Balabac, les côtes de Bornéo, et régnent sans 
partage dans tout l'archipel de Soulou. 

L'île de Soulou , située au milieu de l'archipel du même nom, a 
toujours été le centre politique, religieux et commercial de tous 
les Moros. Encore aujourd'hui, bien que l'Espagne ait depuis 1876 
occupé cette île et imposé son protectorat au sultan, tous les autres 
sultans et les datos (seigneurs) de la grande région que je viens 
d'indiquer témoignent, au moins en paroles, un grand respect et 
une profonde déférence pour le prince, aujourd'hui réduit au rôle 
de roi fainéant. 

Le type des Malais de Soulou est influencé en proportion très 
inégale par deux éléments distincts et opposés : l'indien ou malais 
des îles Philippines et l'arabe. 

Jusqu'en ces dernières années, les Moros en général et les Sou- 
louans en particulier pratiquaient sur les côtes des Philippines, 
jusques et y compris Luçon, des razzias continuelles. S'ils eussent 
gardé pour eux seuls toutes les esclaves qu'ils se procuraient ainsi, 
la population de Soulou ne serait aujourd'hui qu'un mélange 
d'Indiens. Mais les pirates vendaient une bonne partie de leurs 
esclaves, et, des jeunes femmes capturées qui restaient à Soulou, 
le plus grand nombre était destiné au harem du sultan et des 
datos, armateurs de toutes les expéditions. 

Quoique présentant une étroite parenté avec les Indiens (cf. 
tabl. I, vivants; et tabl. II, crânes), les Soulouans s'en distinguent 
assez nettement cependant par plusieurs traits. Ils sont plus robustes , 
et, comparés aux Bicols, plus petits. Le premier de ces caractères 
est en rapport avec leur genre de vie, beaucoup plus aventureux 
et plus actif que celui des paisibles Bicols* L'infériorité de la taille 
des Soulouans tient a une moins grande proportion de sang chinois , 
non que ces jaunes manquent à Soulou (ils ont même pénétré 
jusque dans le palais) , mais ils y sont moins nombreux qu'à Luçon 
et ils y trouvent moins de facilités pour procréer des métis. 

Les Soulouans se distinguent, en outre, des Indiens par les ca- 
ractères suivants: 

Absence d'aplatissement de la région postérieure du crâne. 
Saillie des pommettes moindre; prognathisme alvéolaire et dentaire 
aussi plus faible. Face moins déprimée, nez plus saillant. Repli 
falciforme moins marqué, quelquefois nul. Axe transverse de 
l'ouverture palpébrale moins oblique; celle-ci affectant la forme 

6 



_ 68 — 

d'une amande et beaucoup plus arrondie que celle des Indiens 
et des Chinois; cheveux bien plus fins, à section légèrement réni- 
forme et non triangulaire M ; sourcils peu fournis. 

Coloration de la peau souvent plus claire que chez les Indiens , 
se rapprochant moins que chez les premiers du jaune et du gris 
cendré. 

Les mamelles ne sont pas coniques et fermes comme chez les 
Indiennes, même vieilles. Chez les Soulouanes jeunes, elles sont 
plutôt hémisphériques; elles se rident promptement et deviennent 
tout à fait pendantes chez les sujets âgés. 

Les dents incisives et canines sont limées transversalement, et 
sur leur face antérieure, et sur leur bord inférieur. 

L'Arabe a beaucoup moins modifié le Soulouan. Les sujets de 
cette race, en nombre insignifiant, n'auraient laissé aucun vestige 
de leur présence s'ils n'avaient, pour la plupart, occupé de hautes 
situations et si les unions n'avaient été fréquentes entre leurs des- 
cendants. Les sujets qui présentent des traces plus ou moins 
profondes de ce sang ne sont pas très rares, et il en est qui repro- 
duisent le type original avec une étonnante fidélité; un des pan- 
ditas ( prêtre) de Soulou , chef de Tune des familles les plus anciennes 
de l'île, est l'exemple le plus frappant que j'aie rencontré ( 2) . 

Le régime politique de la sultanie de Soulou n'a pas varié, du 
moins en théorie, depuis qu'elle est placée sous le protectorat de 
l'Espagne, bien que la suppression de la piraterie ait frappé au 
cœur un État dont tout l'éclat et toute la prépondérance résultaient 
d'une lutte, qu'on croyait éternelle, contre les chrétiens. 

Le sultan est toujours le souverain et le maître absolu des 
hommes et des choses dans toute l'étendue de son empire, c'est- 
à-dire dans les trois groupes d'îles qui constituent l'archipel de 
Soulou^. En réalité, il ne jouit d'un pouvoir aussi absolu que dans 
les districts qui forment son domaine privé et dans ceux de quel- 
ques datos qui sont ses parents ou ses alliés. Les autres districts 
sont gouvernés d'une façon à peu près indépendante par leurs pos- 
sesseurs, datos héréditaires, dont le pouvoir est sans contrôle. Ac- 
tuellement l'autorité effective du sultan est fort affaiblie; d'ailleurs, 
même avant l'occupation espagnole, le sultan ne prenait jamais de 

(D PL XXXI, n 05 99 et 106. 

W PL XII, A. 

W Basiïan, Soulou et Tawi-Tawi. 



— 69 — 

décision sans consulter le conseil des datas ou Ramah Bitjara, vrai 
pouvoir législatif, et en partie exécutif, de cet Etat en réalité oli- 
garchique. 

Les datoS) seigneurs féodaux, souverains effectifs dans leurs 
domaines (fancherias des Espagnols) ôiit au-dessous d eux dés sei- 
gneurs d'un ordre moindre dont relèvent les tao tnarahay (homme 
bon, vaillant) ou hommes libres; tout le reste de la population est 
sacope (vassal) ou esclave. 

La propriété est individuelle, Ta polygamie n'est pas admise; 
une seule des nombreuses femmes des datos a la qualité d épouse 
légitime. Le mariage, précédé d'un enlèvement simulé de la fian- 
cée, est conclu devant le pandita. Le divorce est prononcé sur la 
demande de l'un des deux époux. 

Les prescriptions du Koran en matière religieuse civile et en 
matière criminelle ne sont pas suivies avec exactitude; l'influence 
de la loi mahométane se traduit surtout par la haine que tout Sou- 
louan professe pour les infidèles. Il est rare que l'amputation de 
la main soit infligée pour le vol , et celle de la langue pour le blas- 
phème. La peine de mort est habituellement prononcée pour toute 
espèce de crimes et de délits, sauf pour la fornication, qui est d'ail- 
leurs absolument interdite. A Maïbun (résidence du sultan), le 
pouvoir ferme habituellement les yeux sur ce genre de délit; mais 
si une dénonciation , un incident quelconque rendent le fait public, 
le châtiment encouru est appliqué sans miséricorde. Les dames de 
la cour sont chargées de l'exécution en ce qui concerne la femme. 
La coupable est amarrée sur un tréteau, les jambes écartées; les 
parties génitales sont d'abord arrosées d'eau bouillante, puis for- 
tement pincées et tordues par toutes les princesses à tour de rôle; 
une friction pratiquée avec des piments rouges piles termine le 
supplice, qui amène souvent la mort. En cas de récidive, la cou- 
pable subit l'amputation d'une oreille. 

Les condamnés à mort ont la tête tranchée par le bourreau ou 
sont livrés à la multitude, qui les hache à coups de kriss donnés 
avec ordre, un par un. Ces exécutions sont de grandes fêtes pour 
la population de Maïbun, avide de sang comme tous les Soulouans. 

Malgré cçs instincts* féroces, malgré leur amour de la piraterie, 
leur avidité à capturer des esclaves, les Soulouans unissent parfois 
à la bravoure des coutumes quasi chevaleresques: ils ont des égards 
pour les femmes libres, et il est assez curieux de remarquer qu'à 

6. 



— 70 — 

Soulou des femmes peuvent vivre seules, sans que leurs personnes 
et leurs biens soient exposés à aucun danger spécial résultant de 
leur faiblesse et de leur isolement. 

En 1879-1880 Tîle de Soulou , d'après des renseignements assez 
incertains, renfermait environ 10,000 habitants, nombre qui était 
en décroissance par suite de l'émigration à Sandakan (Bornéo) W. 

Dans tous les points où les Moros sont en contact avec les In- 
diens , le parallèle est tout d'abord peu favorable aux premiers. A 
Zamboanga, par exemple, ces Malais sordides, à la physionomie 
sombre et brutale, font tache à côté de la population indienne et 
métisse, dont la gaieté, la délicatesse et la beauté sont justement 
renommées aux Philippines. Cependant il n'est pas douteux que, 
soustraits à la protection des baïonnettes espagnoles, les Indiens 
ne fussent promptement dominés par ceux-là mêmes qui vivent 
auprès d'eux dans une sorte d'abjection. 

M. — Malais (ou Moros) du golfe de Davao (S. E. de Mmdanao) ( 2) . 

Ils occupent la côte, l'embouchure des rivières, les îles, et exer- 
cent une influence oppressive assez loin dans l'intérieur; ils s'op- 
posent autant qu'ils le peuvent aux communications des tribus 
sauvages indonésiennes soit avec les quelques colons bisayas établis 
sur la côte, soit avec les autorités espagnoles de Davao. Ils se sont 
constitués les intermédiaires obligés des échanges entre les trafi- 
quants bisayas et les Infieles, monopole lucratif qui remplace pour 
eux la piraterie , au moins sur mer, depuis que l'Espagne s'est établie 
effectivement dans le golfe. Ils sont aussi attachés à l'islamisme 
que les Soulouans, quoique moins fanatiques, moins audacieux et 
moins exacts encore dans l'observation des prescriptions du Koran. 
Ils sont presque absolument illettrés; quelques panditas seule- 
ment sont capables de lire et d'écrire, non sans difficulté, dans le 
dialecte soulouan, le seul qui soit connu de tous ces Moros. Leurs 
mœurs et leur costume sont à peu près ceux de Soulou. Beaucoup 
d'hommes laissent pousser leur chevelure et la tordent en chignon, 
comme les femmes. 

Je n'ai jamais vu chez les Moros des divers points du golfe de 
Davao ces types fins à front élevé, à nez droit, comme on en ren- 

M Pour plus de détails sur Soulou, voir Bulletin de la Soc. de géogr., 1882 , et 
Tour du monde, i 6r semestre 1884. 
« PLXÏIf. 



— 71 — 

contre à Soulou, et qui sont dus à une plus ou moins grande pro- 
portion de sang arabe. Mais ce caractère est assez rafe à Soulou et 
son absence ne suffirait pas pour distinguer les Moros de Davao. 

Ces derniers diffèrent de ceux de Soulou par la présence du sang 
indonésien, dû aux unions contractées à la suite de Tachât ou de 
l'enlèvement de femmes appartenant aux tribus de l'intérieur. Ce 
mélange abaisse l'indice céphalique (81.94 au lieu de 8/4.67) et 
élève la taille (ib*]3 lnm 6 au lieu de i52 6 millimètres). 

Ces Moros forment la transition entre les Malais du sud des 
Philippines et les Indonésiens de Mïndanao, comme certains Pam- 
pangos et Hocanos entre les Indiens et les tribus indonésiennes de 
Luçon. 

N. — Kalagan. 

Le Kalagan (tabl. I, n° i63) appartient à une petite tribu de 
Moros voisine de la baie de Malalac (golfe de Davao); cette 
tribu parle le soulouan, professe le mahométisme; mais, par plu- 
sieurs caractères, le numéro i63 est déjà un Indonésien. Sa taille 
(i665 millimètres) est même supérieure aux moyennes des divers 
groupes de cette race compris dans mes observations. 

III 

INDONÉSIENS M. 

O. — Buled-UpihW. 

J'ai déjà parlée de cette race r qui occupe dans le N.E. de Bornéo, 
près de la baie de Sandakan, les rives du Sagaliud et du Kinoba- 
tangan. Le portrait du numéro 111 donne une bonne idée de ce 
groupe, qui se trouve, à l'égard des Soulouans de la côte, dans la 
même situation que les tribus de l'intérieur de Mindanao. 

Le type représenté par le numéro 111 n'est pas le seul que 
l'on puisse voir dans la tribu que j'ai visitée, mais c'est celui 
qui y domine. 

L'indice céphalique moyen des Buled-Upih est très élevé, un des 
plus élevés même de toutes les séries d'hommes (86.78). Néan- 

« PL XIV. 

W Pour la valeur de cette dénomination, cf. E. T. Hamy, Les Alfourous de 
Gilolo (Bullet. Soc. géogr., 1877, p. 48o). 
W Bulletin Soc. de géogr, , août 1880, 



— 72 — 

moins, ces naturels ne me paraissent pas pouvoir être placés à côté 
de leurs voisins géographiques, les Soulouans, avec lesquels ils 
présentent un contraste prononcé, surtout par les traits du visage, 
La taille est aussi fort différente; la couleur de la peau est claire; 
n os 3g, 4g; celle des cheveux, 4i; celle des yeux, 2 et 3. 

Enfin, fait d'une importance secondaire sans doute, mais non 
indifférent, leur dialecte (voir chap. v) diffère sensiblement du 
soulouan. 

Indonésiens de l'est de Mindanao. 

Dans la plupart des populations en umérées jusqu'ici, on a vu les 
résultats de croisements divers fixés par la sélection; ces popu- 
lations sont aussi, pour la plupart, soustraites depuis longtemps à 
faction des éléments qui ont jadis servi à constituer la race ac- 
tuelle. 

Les tribus de l'intérieur de Mindanao , désignées par les Espa- 
gnols sous le nom iïlnfieles M, se trouvent dans des conditions 
toutes différentes. Elles vivent disséminées dans une contrée peu 
accessible, montagneuse, et perdues au milieu de forêts épaisses, 
par groupes d'importance très variable, réduits parfois à i5 ou 
20 individus, femmes et enfants compris, et dont les plus consi- 
dérables comptent parement plus de 2 5o à 3oo âmes. 

Il est impossible d'évaluer le nombre de ces Indonésiens, même 
approximativement, sauf pour quelques groupes isolés; on l'estime 
parfois a 200,000 ou 3oo,ooo âmes. Ces chiffres sont probable- 
ment beaucoup trop élevés. La guerre est pour ainsi dire perma- 
nente entre ces divers groupes, qu'ils portent ou non la même 
dénomination. Le mobile de ces expéditions continuelles est l'amour 
de la gloire et la capture des esclaves, Les agressions particulières , 
les vendette sont, en outre, très fréquentes; ces diverses causes dé- 
terminent pour tous les Injieks des conditions d'insécurité telles 
que j'ai cru pouvoir donner le non* de Pays de la tewewk la ré- 
gion comprise entre focéan Pacifique, la baie de Butuan et le golfe 
deDavao^. 

Ces populations sont donc profen dément mêlées ; il est même 
étonnant qu'elles ne se soient pas confondues dans un type uni- 



M Par opposition aux catholiques (Indios) et aux mahométans [$$ùros). 
(*) Voir Voyage aux Philippines, chap, vn (To«r dvk monde, 2" sem. 188/1). 



— 73 — 

forme; cependant il n'en est rien, et chacune des variétés présente 
dans son ensemble un type assez distinct suffisamment fixe et facile- 
ment reconnaissable, même chez les divers groupes du même type 
séparés par des distances qui , vu la difficulté des communications 
et la présence d'autres types sur des points intermédiaires, pré- 
sentent des obstacles insurmontables. 

Bien que la spécialisation de chaque variété soit incontestable, 
on ne doit pas s'attendre que les moyennes des observations sur 
le vivant donnent des résultats frappants, vu surtout le petit 
nombre d'observations auquel des difficultés de tout ordre m'ont 
obligé de me restreindre pour chaque groupe. La présence de 
races distinctes non encore fondues dans un type homogène 
amène un résultat semblable pour les moyennes des crânes que 
j'ai recueillis dans les diverses grottes de Mindanao. Enfin , il faut 
faire la part des faits d'atavisme, très fréquents, qui reproduisent 
le type malais pur ou la variété indienne bisaya. Malgré toutes 
ces causes de confusion, je crois devoir diviser les diverses tribus 
que j'ai observées en huit variétés. 

Tous les Indonésiens de l'est de Mindanao résultent de la fusion 
des trois éléments, qui sont, par ordre d'importance : le polyné- 
sien, le malais-bisaya, le négrito. 

La part du bisaya est considérable et se traduit par l'augmen- 
tation du diamètre transverse du crâne; celle du négrito est plus 
restreinte; ses caractères les plus accusés se montrent dans les 
boucles de la chevelure, l'élévation et la saillie du front, la cou- 
leur sombre de la peau. Les métis de Négritos sont d'ailleurs nom- 
breux. Quant aux Négritos purs, j'ai dit (§ B, Mamânuas) qu'on 
les rencontre, à l'état de tribus très réduites, autour du lac de 
Maïnit, et que j'ai vu quelques rares femmes de cette race esclaves 
dans l'intérieur de Mindanao. 

Les caractères anatomiques communs à toutes les tribus indo- 
nésiennes consistent dans l'élévation de la taille, le développement 
musculaire, la saillie de la région occipitale, qui contraste nette- 
ment avec l'aplatissement propre aux Malais en général, et surtout 
à ceux des Philippines. 

A l'exception des Bilans, tous les indigènes non négritos de 
l'intérieur sont vigoureusement constitués et présentent à un 
haut degré les attributs de la santé. Les vieillards, autant que j'ai 
pu en juger par quelques exemples, atteignent sans infirmités un 



— 1k — 

âge très avancé; mais ces sujets sont rares, car, dans toutes les 
razzias, le vainqueur immole constamment les sujets âgés, comme 
étant inutiles. 

Toutes les tribus indonésiennes pratiquent le limage des dents 
et d'après les types les plus variés; je n'ai pas vu qu'un type dé- 
terminé fût spécialement adopté par telle ou telle tribu. Généra- 
lement l'usure de la dent est profonde, et généralement aussi, 
le volume des dents étant considérable, les dents usées en pointe 
reproduisent avec exagération le modèle de nos trocarts les plus 
aigus, ainsi qu'on en voit un exemple sur le Bagobo n° V (pi. XXX). 

La carie des molaires est fréquente, plus encore peut-être que 
chez les Bicols; la pratique de chiquer le buyo et le tabac est tout 
aussi répandue; quand ils ne mastiquent pas une de ces chiques, 
hommes et femmes la gardent toujours en réserve, fixée entre la 
lèvre et les incisives supérieures. 

Presque toutes les tribus pratiquent dans le lobule de l'oreille 
un orifice d'abord étroit, mais qui, progressivement agrandi par 
l'introduction de rondelles en os de dugong de plus en plus volu- 
mineuses , acquiert 2 et 3 centimètres de diamètre. 

Le tatouage est surtout répandu parmi les tribus qui entourent 
le golfe de Davao; il est pratiqué sur les enfants de 5 à 6 ans par 
la mère, en vue de leur imposer une marque indélébile et de 
pouvoir les reconnaître quand ils sont enlevés par ruse ou par 
violence, cas excessivement fréquents. L'instrument employé est 
non une pointe conique, mais le sommet de la lame d'un cou- 
teau; les petites incisions pratiquées ainsi sont toujours reconnais- 
sablés. La couleur est obtenue en exposant la peau à la fumée 
de diverses résines; c'est du moins ce qu'affirment les Infîeks, 
qui n'ont jamais voulu me rendre témoin de cette opération. 

Les armes de tous les Indonésiens sont l'arc, la lance, le bolo 
ou sabre court et, en outre, pour les Mandayas, le poignard. Les 
lames et les pointes sont de fer et fabriquées par les indigènes. 
Cependant quelques groupes voisins du mont Hoagusan se servent 
de flèches à pointe de bambou; ces traits peuvent causer des 
blessures mortelles à la distance de cinquante à soixante pas, 
ainsi que j'en ai vu un exemple. 



75 — 



P. — Samals <»>. 



Ils. habitent l'île Samal^, située dans le golfe de Davao; ils 
sont divisés en plusieurs tribus, qui vivent dans un état de paix 
relative; beaucoup moins sanguinaires et féroces, plus industrieux 
et meilleurs agriculteurs que les autres sauvages de Mindanao, ils 
accueillirent bien les Espagnols et se sont toujours montrés leurs 
alliés fidèles. Je n'ai pu acquérir de détails précis sur leur reli- 
gion; mais il est certain qu'ils admettent l'existence d'esprits qui 
président aux divers actes de la vie et auxquels ils offrent des sa- 
crifices. 

Ils déposent leurs morts dans des cercueils en forme de pirogue, 
sous les abris naturels formés par les roches des îlots Malipano®, 
où j'ai pris les squelettes n os VII, VIII et les crânes nS? 112, n3 
(tabl. II). 

Voici les dimensions des os et des membres des squelettes VII 
et VIII : 



Humérus 
Cubitus . 
Radius. . 
Fémur. . 
Tibia . . . 



VII 



millimètres. 
276 
334 
221 

4io 
33o 



GAUCHE. 



millimètres. 
277 
232 
220 

4n 
333 



VIII 



nillimètrcs. 
345 
278 

265 
474 
4i5 



millimètres. 

34i 

2 79 
260 

4 7 4 
4io 



INDICES. 

Humérus = 1 00 , Radius = 80. o3 
Fémur =100, Tibia = 80. 4 8 
Fémur =100, Humérus = 67.31 



72.76. 
87.55. 
76.80. 



Les Samals ont les épaules larges et une taille relativement 



W PL XIV. 

(t) Une île du même nom est comprise dans l'archipel de Soulou; ses habi- 
tants sont Moros. 

W Pour la description de cette sépulture, voir Voyage aux Philippines , ch. v 
(Tour du monde, i884, 2 e sem.). 



— . 76 — 

élevée (le numéro i3o atteint i68o mm et il en est de plus grands). 
Le mollet est dur et saillant; les mains et les pieds, robustes sans 
être volumineux , n'ont rien de la gracilité de la race malaise. 

Le crâne, brachycéphale , est loin d'être aussi aplati que chez 
les Bisayas. Le prognathisme alvéolaire est considérable, le nez 
court, relevé, à lobule écrasé* Les pommettes, très saillantes, sur- 
tout latéralement, donnent au visage un aspect caractéristique, 
presque félin , augmenté par la présence de poils raides et assez 
abondants sur la lèvre supérieure et le menton. La chevelure, 
longue (col. 27), n'est pas entièrement touffue; elle grisonne ainsi 
que la barbe. La coloration de la peau varie (3 7-3 8, 27). 

IJ y a parmi eux beaucoup de métis de Négritos , qu'ils désignent 
sous le nom de métis à'Atas. Ces métis, quoique laissant leur 
chevelure croître indéfiniment, suivant l'usage des Samals, Font 
beaucoup moins longue que ces derniers; elle est fort raide et 
très frisée; la couleur de la peau de ces métis est beaucoup plus 
sombre et leur nez beaucoup moins écrasé; les pommettes sont 
moins saillantes. La vigueur n'est pas atténuée. 

Q, R. — Bagobos et Guiangas^. 

Disséminés sur les versants méridional et oriental du volcan 
Apo, ces tribus, malgré la différence de leur nom, présentent le 
même type. Parmi les tribus de Bagobos, il en est de puissantes, 
tandis que tous les groupes guiangas sont peu importants. 

Les mœurs et la religion de ces tribus, qui paraissent ne pas dif- 
férer de celles des autres Indonésiens de Mindanao , sont empreintes 
d'un caractère de violence et de férocité très prononcé ( ' 2 ). Les Bago- 
bos sont assez industrieux, moins pourtant que les Samals, et 
moins bons agriculteurs. 

Leur taille est élevée (le Guianga n° 1^9 atteint i7i5 mm ); ils 
sont fort robustes et font rudement sentir leur supériorité aux 
tribus moins bien douées qui les entourent. Malgré leurs mœurs 
féroces, leur physionomie est souvent efféminée, et beaucoup de 
jeunes gens pourraient être pris pour des filles, lesquelles parta- 
gent d'ailleurs la vigueur du sexe mâle. Le nez est droit, le pro- 
gnathisme très variable. Le repli falciforme est généralement 

w PI. IV et XXX. 

W Bull. Soc. géogr. , juin 1881. 



— 77 — 

plus prononcé que chez les Moros; Taxe trans verse de l'œil est 
droit et ne présente pas la légère obliquité en bas et en dedans 
de ces derniers. 

La couleur de la peau est claire (n os ai, 23, 3g, 4o). 

Voici les dimensions des os des membres d'un squelette Bagobo 
(pour le crâne, voir tabl. II, n° V). 

Humérus 32 1 

Cubitus 267 

Radius * 3 5©> 

Fémur . . « - ... „ 43o 

Tibia . . 356 

INBIGES. 

Humérus = 100, Radius = 77*88. 
Fémur ==100, Tibia =82.79. 
Fémur =100, Humérus == 74.65. 

• s. — AtasW. 

Ce nom, qui désigne aux Philippines des populations de races 
si diverses, est donné, dans le sud de Mindanao, aux Négritos qui 
existent (ou existaient il y a peu de temps encore) dans l'intérieur, 
au N. O, du golfe de Davao, et à quelques tribus de race indoné- 
sienne qui habitent le versant du volcan Apo, dans la même di- 
rection. 

Les Àtas indonésiens présentent un type supérieur, les chefs 
surtout; ceux-ci ont le nez aquilin, la barbe abondante, la taille 
élevée. Le numéro XXXII (pi. XVI) est un bon exemple de ces 
Atas. La couleur de la peau est variable (n os 21, 22 et 3.7). 

Ces tribus Atas jouissent d'une réputation de bravoure méritée ; 
ce sont les seules qui ne craignent pas de se mesurer avec les 
Moros, bien qu elles ne possèdent pas plus que les autres d'armes 
à feu, et. souvent le succès a couronné leur valeur. 

T. — Tagacaolos W. 

Ces tribus % qui redoutent extrêmement toutes celles qui les en- 
tourent (sauf les Bilans ® ) , vivent sur les sommets de la chaîne qui 
s'étend parallèlement à la côte ouest du golfe de Davao entre Cauit 

M PL XVI et XVII. 
« PLXVI1I. 
M Voir S Y. 



_ 78 — 

et Malalac, et dans la région montagneuse du côté opposé du golfe, 
aux environs de Ja baie de Pujada. Ils se tiennent sur les hau- 
teurs les plus inaccessibles, afin de se mettre à l'abri des entre- 
prises de leurs voisins, bien que la situation de leurs demeures 
les oblige à de fatigantes courses quotidiennes pour se procurer de 
l'eau. 

Les Tagacaolos sont sveltes, élancés, presque grêles. La courbe 
antéro -postérieure du crâne est régulièrement courbe ou légè- 
rement aplatie dans sa partie postérieure et ne présente pas le 
ressaut occipital que j'ai observé chez leurs voisins les Bilans. Le 
prognathisme est médiocre. Le visage long, à pommettes sail- 
lantes, présente un losange allongé; les yeux sont souvent obliques 
en bas et en dedans; le nez est droit, assez saillant, et le lobule re- 
courbé en bas et en arrière donne à leur physionomie une expres- 
sion qui ne manque pas de grâce. 

La barbe est assez fournie et pousse d'assez bonne heure, vers 
3o ans. 

La couleur de la- peau est généralement claire (n os 21, 46, 47). 



U. — Tagabawas 



W. 



Dispersés sur plusieurs points des côtes du golfe, notamment au 
nord, près du Rio Hijo, ces Indonésiens sont le résultat d'un mé- 
lange de Bagobos, de Manobos et de Tagacaolos, dont ils repro- 
duisent les divers traits, juxtaposés ou confondus. La coloration de 
la peau est souvent foncée (quelquefois 37, 22). 

Us sont misérables et peu nombreux. 

V. — Manobos (2) . 

Ce sont les plus nombreux, les plus puissants et les plus féroces 
indigènes de la région. 

Leur domaine est très étendu; au nord, ils occupent la péninsule 
de Surigao, où ils sont en contact avec les Mamdnuas et les Bisayas. 
Ils dominent dans tout le bassin de Rio Agusan jusqu'à la hauteur 
du mont Hoagusan, où ils confinent, au sud et à l'est, au domaine 
des Mandayas. On les trouve encore près de la mer sur la côte 
occidentale du golfe de Davao, au nord de la baie de Malalac. 

w Pi. XVIII. 

« PI. XIX, XXVIII. 



— 79 — 

Les Manobos présentent deux types bien distincts : le premier, 
dont j'ai trouvé l'expression la plus pure chez un chef, est carac- 
térisé par une taille élevée (le numéro 162 atteint i7o5 mm ), par une 
conformation presque athlétique; le front est haut et découvert, le 
nez aquilin, légèrement recourbé, la chevelure quelque peu frisée, 
la barbe abondante et la coloration de la peau très claire. Ce sujet 
offrait une ressemblance frappante avec le type polynésien. Le se- 
cond type a la peau très brune et une taille beaucoup moins élevée 
que le précédent; le nez est droit et plus court; les narines sont à 
la fois très minces et développées en largeur, la courbe antéro- 
postérieure du crâne est plus développée dans sa partie occipi- 
tale. 

Ces deux types extrêmes, qui ne sont pas rares, se combinent, 
chez la plupart des sujets, pour former un type moyen qui pré- 
sente des caractères de supériorité bien plus marqués dans la ré- 
gion du golfe de Davao que dans celle de l'Agusan, du moins pour 
les sujets que j'ai observés. 

Dans ce type moyen , la courbe antéro-postérieure du crâne s'in- 
fléchit en arrière dans la région frontale; les bosses pariétales sont 
saillantes, sans nul aplatissement de l'occipital, qui forme parfois 
un léger ressaut. Le crâne est souvent très développé en hauteur. 
Les yeux sont sans obliquité ni repli falciforme. Les arcades 
sourcilières sont saillantes; il en est de même du point sus-nasal 
et du nez, droit, bien détaché, à lobule fin, recourbé en bas et en 
arrière. Le développement des arcades sygomatiqiies et la réduc- 
tion du diamètre frontal minimum donnent à la face un aspect 
losangique. Quant au prognathisme , il varie dans des proportions 
énormes. La coloration de la peau est quelquefois très claire, 
mais le plus souvent relativement sombre (n os 22 , 29, 3y). 

C'est aux Manobos qu'il convient de rapporter la plus grande 
partie des crânes (n 08 11 5 à i55) qui proviennent des grottes sui- 
vantes : 

îlot de Magbulacao , près l'île de Dinagat, N. E. de Surigao; 

Grotte de Tinagho (ou du Secret), dans un îlot près Taganaan, 
(côte est de la péninsule de Surigao); cette grotte est très vaste; 
elle est située sur le bord de la mer, et présente beaucoup d'ana- 
logie avec celle du Levant; 

Les deux grottes de Kabatuan, sur le lac de Maïnit; ces deux 
grottes, voisines l'une de l'autre, sont situées dans une falaise sur la 



• — 80 — 

berge est du lac, à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau 
moyen des eaux. 

Dans la grotte de Tinagho, les squelettes étaient couchés pêle- 
mêle dans des cercueils en forme de pirogue, analogues à ceux 
de Tîlot Malipano; ces cerceuils tombaient en poussière; dans toutes 
les grottes, leè ossements confondus, brisés par les éboulements, 
étaient tous anciens. Il n y a pas en effet dans le voisinage tout à 
fait immédiat de ces abris de tribus Manobos indépendantes, qui 
pourraient seules y déposer leurs morts, la sépulture dans un sol 
préalablement consacré étant et ayant constamment été une des 
pratiques fondamentales du catholicisme dans ces régions. Les 
Manobos convertis, agglomérés en pueblos et soumis à l'Espagne 
(désignés à tort sous le nom de Bisayas) , disent que le dépôt des 
cadavres dans les grottes remonte à l'époque où, par crainte des 
invasions des Moros du sud, leurs pères s'étaient réfugiés dans les 
montagnes. Ces Manobos convertis ne se rendent pas compte que 
c'est le christianisme qui a modifié leur rite sépulcral et les a fait 
sortir de leurs retraites; mais leur explication, bien qu'erronée, 
corrobore ce qu'indique l'aspect des crânes, à savoir qu'ils sont 
antérieurs à l'établissement du catholicisme dans les environs de 
Surigao, c'est-à-dire aux premières années du xvn e siècle. 

A cette époque, le type manobo présentait un mélange beau- 
coup moins intime des éléments qui le constituent, éléments qui 
(on peut le voir en consultant les tableaux I et II) sont bien loin 
d'être complètement fondus. 

Parmi les trente-sept crânes provenant des grottes ci-dessus 
indiquées, la fréquence d'un type très voisin du polynésien est 
frappante M. Par les caractères de la face, par ceux de la courbe 
an téro- postérieure du crâne, par la saillie du crochet iniaque, 
par le méplat des régions antérieure et supérieure des parié- 
taux, ces pièces se rapprochent notamment d'un lot de Nuka-Hiva 
récemment apporté au laboratoire d'anthropologie du Muséum 
par M. le docteur Clavel. Les crânes manobos diffèrent surtout des 
crânes de Nuka-Hiva par l'élévation du diamètre transverse du 
crâne et l'effacement des os propres du nez. 

Les crânes qui présentent à un degré plus ou moins élevé les ca- 
ractères des types négrito^ et bisaya sont en proportion assez con- 

M Voirn 117, pi XX VIL 
M Voirn 11 5, pi. XXVII. 



— 81 — 

sidérable; ceux du premier de ces types sont tous les métis déjà 
profondément modifiés. Ceux qui appartiennent au type bisaya^ 
sont surtout remarquables par l'aplatissement de la région occipi- 
tale. 

Les habitants des pueblos de la péninsule de Surigao, tous catho- 
liques ou reducidosW (expressions qui ont une valeur identique) , se 
qualifient depuis longtemps de Bisayas; mais il suffit de l'examen le 
plus superficiel pour se convaincre que la plus grande partie d'entre 
eux appartiennent au type manobo. Les métis manobo-bisayas 
sont naturellement nombreux dans ces populations, qui ont perdu 
tout souvenir de la diversité des éléments qui les constituent; les 
métis se distinguent des Bisayas par leur taille plus élevée et plus 
élancée, coïncidant avec une carnation jaune clair, par leur nez à 
lobule crochu , et surtout par l'aplatissement moindre de la région 
occipitale; ce dernier caractère est celui qui persiste avec le plus 
de netteté et indique le plus sûrement le mélange du sang manobo. 

En renonçant a leur vie de surprises et de combats, les Mano- 
bos conquistados ont perdu leurs qualités énergiques et sont devenus 
aussi peu redoutables que les Bisayas, sans s'élever au même degré 
de civilisation que ces derniers; oppresseurs des débiles Mamdnuas, 
ils étaient à leur tour razziés sans merci par les Moros de Davao 
avant que l'Espagne se fût solidement établie dans ce golfe. 

X. — Mandayas W. 

Les Mandayas sont, après les Manobos, les plus nombreux des 
indigènes de la partie orientale de Mindanao. Ils sont regardés par 
tous les autres Infieles comme formant la race la plus antique et 
la plus illustre ; leurs mœurs sont celles des Manobos. Ils occupent, 
divisés en groupes généralement peu importants, le bassin du Rio 
Sahug, celui du haut Agusan jusqu'au niveau du mont Hoagusan, 
et, à partir de ce point, toute la contrée montagneuse qui s'étend 
parallèlement à la côte du Pacifique, jusqu'aux environs des golfes 
de Mayo et de Pujada, où ils confinent aux Tagacaolos. 

W Voir n° n 8, pi. XXVI. 

(2) Reducido, conquistado, christiano nuevo, tous ces termes sont employés 
indifféremment par les Espagnols et par les Indiens pour désigner les Infieles 
convertis au catholicisme et soumis à l'Espagne; ces deux qualités sont insépa- 
rables. 

< 3 > PI. XX, XXI, XXIX. 



_ 82 — 

Les Mandayas se distinguent des variétés indonésiennes précé- 
dentes par trois caractères : 

i° Direction rectiligne de la partie moyenne de la courbe crâ- 
nienne antéro-postérieure ; 

2° Développement en largeur de l'ouverture palpébrale , sa forme 
amygdaloïde; cils très sombres et très longs donnant à la physio- 
nomie une expression toute spéciale. Ces caractères font paraître 
la face plus large que dans les autres variétés, bien que ses propor- 
tions ne varient pas ; 

3° Coloration spéciale delà peau, qui tourne au gris cendré et 
non au jaune. 

Ce dernier caractère est peut être en rapport avec un mélange de 
sang négrito, plus abondant chez les premiers envahisseurs indo- 
nésiens, fait que semblent corroborer les traditions infwles. H en est 
de même de la coupe transversale du cheveu, dont l'ellipse se 
rapproche souvent de celle du cheveu négrito (pi. XXXI, n° i53). 

Le nez est droit, saillant; les narines ne sont pas aplaties, bien 
qu'elles le paraissent être au premier abord, le bord inférieur de la 
narine n'étant pas horizontal mais oblique en bas et en arrière. 

Les sourcils sont rares, la barbe est médiocrement abondante 
et presque toujours rasée. 

Les cheveux sont abondants et blanchissent souvent à un âge 
qui ne paraît pas très avancé. 

On observe parfois l'aplatissement occipital des Malais et aussi, 
plus rarement, la disposition de la face caractéristique des Bilans. 

En général , le prognathisme est médiocre. 

Il est remarquable que certains détails de l'ornementation exté- 
rieure des cases des Mandayas, dont la construction est si spé- 
ciale M, reproduisent exactement l'ornementation usitée chez les 
Dayaks du centre de Bornéo ®. 

Y. — Bilans W. 

Ces Infieles, aussi misérables que les Mamânuas, paraissent être 
inférieurs à ceux-ci au point de vue de l'intelligence. Ils vivent en 

M Voyage aux Philippines , ch. vn. 

W Voir tes dessins donnés par M. Cari Bock, The Head-Hunters of Bornéo, 
2 e éd., Lonclon, 1882. 
W PI. XVI, n° i46. 



— 83 — 

nombre excessivement restreint à l'ouest du golfe de Davao, sur 
les sommets les plus reculés, les moins accessibles, entre Lubu 
et Sarangani; malgré la profondeur de leurs retraites, les Bilans 
sont une proie pour toutes les tribus qui les entourent, et leur 
débilité leur interdit toute représaille. 

Je ne sais s'il faut attribuer à un hasard isolé, affaiblissant, à la 
suite d'une épidémie ou d'un cataclysme volcanique, un petit nombre 
de tribus , et les réduisant subitement à un état de faiblesse dont les 
agressions de tribus voisines ne leur ont jamais permis de se rele- 
ver, la formation d'une race spéciale dont les caractères d'infério- 
rité se seraient sans cesse accrus, conséquence de l'enlèvement con- 
stant des sujets les moins médiocres et de conditions d'existence de 
jour en jour plus difficiles. 

En tout cas, les Bilans diffèrent absolument de toutes les tribus 
indonésiennes précédemment en umérées, sans se rapprocher cepen- 
dant en aucune façon des Négritos. 

Vu le petit nombre des Bilans, il m'a été impossible de trouver 
des crânes de leur race, et mes mensurations sur le vivant n'ont 
pas porté sur des sujets réunissant bien les caractères dominants de 
ce groupe. Cependant le numéro i/i6 (pi. XVI), enfant de 12 ans 
environ, en donne une idée approchée. 

La coloration de la peau est très variable (n es 3 7, 28, 21, 39- 
4o); celle des cheveux se tient entre 27 et 34-35, et celle des 
yeux entre i-3. 

Le Bilan se distingue par sa petite taille et ses formes trapues. 
Le crâne est remarquable par l'allongement, l'aplatissement de la 
courbe antéro-postérieure, laquelle, au niveau de la partie supé- 
rieure de l'occipital, est fortement renflée. Le front, très proémi- 
nent, fait avec la face, très large et très aplatie, un angle dièdre; 
le nez est effacé, les narines sont très larges. Le prognathisme est 
considérable; le maxillaire inférieur, très proéminent, se prolonge 
en avant dans la même direction que le maxillaire supérieur, ce 
qui augmente encore la dépression de la région moyenne de la 
face. 

Les cheveux sont lisses, très raides et abondants; la barbe, très 
peu fournie, ne pousse que vers 35 ou 4o ans. 



— 84 



TABLEAO 

RESUME DES OBSERVA 



NÉGRITOS. . . . < 



Maman uà . . . 



négritos métis! 
d'Albay . . . . ] 



Manthras. . ! . 



Knabouïs. . . . 



Udaïs. 



18 6" « Moyenne. 
Maximum ..... 
Minimum 

12$. Moyenne. 
Maximum 
Minimum 



5 6" . Moyenne. 

Maximum 

Minimum 



1 ? 

7 $ . Moyenne. 
Maximum 
Minimum. * % . . . 

5 Ç . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum. 



6 ô" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum. 



2 $ . Moyenne. 
1 Ô" 



Jakûss. 



1 $ 

2 $ . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum. .... 



ÀETAsdeCama- 
rines-Sur ( Lu- 



Bigols . 



2 6" . Moyenne. . . 

6 S* Moyenne. . . 
Maximum ...... 

Minimum.. 



10$. Moyenne. 

Maximum 

Minimum 



84.66 
89-19 
77-°9 



86.95 
96.86 
8o.56 



82.35 



85.8i 
91-43 
81.92 



88.49 



80.01 
82.38 
76.66 



81.40 
85.52 
76.70 



80.49 
74.28 
72.22 



7 3. 2 5 



8o.55 



85.8g 



81.52 
83.3 7 
79- 6 7 



81.29 



86.63 
92.94 
81.14 



86.60 
91.18 
82.35 



INDICES 

CÉNÉRAL 

de la tète. 



56.24 
61.64 
5 1.43 



55.93 
60.92 
53.o3 



57.26 
6m 1 
53.o3 



54.55 



60.73 



f-29 
62.3i 

56.o5 



60.09 
66.67 
55.oo 



71.38 
82.54 
63.5g 



70.98 
80.57 
62.56 



6g.i5 
70.37 
66.3s 



76.74 



71.27 
76.47 
66.66 



67.43 
74.4o 
62.85 



70.43 
65. 10 
64.10 



64.6o 



75.67 



74. 



63.88 
64.3 7 
63.3g 



67.62 



72.10 
96.25 
59.58 



69.31 
82.08 
60.61 



6g.3i 
7 4.65 
6i.3i 



72.64 
95.07 
66.90 



64.28 
~6S\5^" 

7 2 -97 
60.67 



65.07 



7^ 3 9 , 



71.96 
73.94 
67.74 



69.89 
72.41 
67.74 



9467 

122.80 

82.00 



96.62 

io5.4o 

88.09 



73.91 



92.67 
102.38 

88.64 



107.40 



93.97 



86.5i 
100.00 
J79.59 



86.38 
94-74 
77.55 



85 — 



M. 

rl0 NS SUB LE VIVANT. 



HCM. 
= 100; 
RAD.= 


TAILLE 
= IOOJ 
MEMBRE 

SUP.= 


FÉMUR 
= 100; 
TIB.= 


TAILLE 
= IOO; 
MEMBRE 
INF.= 


MEMBRE 

INF. 
= 100; 
BRA8=: 


TAILLE 

= 100 ; 

GRANDE 
EKV. = 


TAILLE 
= lOO? 
MAïH = 


TAILLE 
= 100; 
PIED = 


TAILLE 
= IOO; 
B. IL.= 


TAILLE 
= lOO; 
HAN- 
CHE = 


TAILLE 
= lOO; 
ÉPAULK= 




s 

< 
> 
tu 

M 




96.74 
06.67 
90.20 


32.89 

33.33 

3l.21 


95.04 
108.20 

85.i3 


49.00 

5o.64 
47.16 


65. 9 5 

71.28 
61.99 


io5.3i 
io5.8o 
101.75 


H.72 

io.83 
12.63 


l5.92 

i6.5i 
i4. 9 5 


14.66 
l5.90 

i3.33 


i6.85 
17.73 
i4.35 


22.27 
23.95 
20.74 




92.68 

97-7 3 

88.00 


3i.32 
33.4o 
29.76 


92.39 

100.00 

83.55 


48.10 
51.28 
45.33 


65.i4 
70.08 
62.12 


103.62 
107.19 
ioo.36 


11.62 
12.69 
10.02 


i5.4i 
i5. 9 8 
i4.53 


iff.19 
16.67 
i3.33 


17.98 
i8.84 
i6.58 


21.08 
14.53 
22.56 


• 


« 


« 


» 


« 


H 


» 


H 


« 


'■ 


« 


8/1.94 
88.14 
80.73 


33.45 
36. 00 
3i. 7 4 


M 


» 


H 


ioi.85 

106. ,8 

97-9 3 


11.72 
12.16 
11. i3 


i5. 7 5 
i6.83 
i5.o5 




i 7 .85 
24.60 
10.23 


22.44 

20. 02 

23.56 


72.92 


3o.o3 


" 


* 


«< 


" 


11.43 


15.92 


• 


18.67 


22.07 


92.37 
q5.56 
89.96 


3o.gi 
3i.8 9 
2 9 . 7 3 


95.09 

ÎOO.OO 

75.64 


46.66 
48.99 
46.90 


66.3 9 
62.88 
77.05 


106.08 
110. 85 
100.69 


H.53 

12.23 
IO.76 


i5.54 
i5.86 

14.87 


14.42 
16.26 
10.86 


18.00 
18.97 
i7-4i 


22.84 

24.82 

20.89 


92.70 

97-7 8 

85.72 


31.27 
36.24 
29.27 


89.8I 

9 5.83 
8o.56 


47.51 

48.87 
46.65 


66.88 
76.60 
60.00 


98.01 

102.27 

9 3.23 


IO.68 
ll.Ol 
10.35 


i5.8i 
16.42 
i5.44 


16.28 
16.78 
15.70 


19.15 

20.l3 

i8.o5 


21.70 

22.48 

20.81 


92.88 

99-^9 
89.80 


3i.i5 
32.36 
3o.i3 


89.60 
100.00 

80.49 


47.87 

^9-99 
46.i 4 


65.il 
68.84 
61.89 


io3.o5 
io6.85 
100.62 


n.o4 

12.23 

9-34 


i5.68 
16.39 
i5.o5 


13.92 
14.61 
13.07 


17.58 
i8.3 9 
16.79 


23. o3 
24.52 
21.67 


« 


30.17 


« 


44.79 


6 7 .5i 


101.81 


11.47 


i5.i8 


14.98 


17.52 


22.58 


97-9 2 


30.75 


97-44 


49-84 


61.69 


io3.56 


11.00 


i5.53 


16.18 


19-42 


22.33 


97.5o 


28.42 


108.20 


45.68 


62.21 


99.28 


10.79 


i5.68 


i6.55 


i8.35 


22. 3o 


• 


3 1.54 
32.26 
3o.8 2 


H "' 


» 


H 


» 


1 1.70 
12.58 
10.82 


i5. 7 6 
i6.45 
i5.o8 


i3. 9 8 
i4.84 

l3.12 


17.89 
j8.36 
17.42 


24.38 

25.81 

22.95 


89.33 


34.21 


89.73 


5o.49 


67.72 


106.79 


11.29 


i5. 7 4 


* 


i 7 .58 


21.61 


90.73 
9i83 
80.88 


32.25 

34.14 

3o.56 


89.35 
90.OO 
88. 7 5 


48.21 
48.83 
47.25 


67.6i 
70.19 

65.22 


io4.36 

107.27 

9 8.5i 


11.49 
12.18 
11.06 


i5.33 
15.90 
i5.o3 


i5.4i 
17.32 
i3. 7 8 


i8.o3 
i 9 .36 
i6. 9 3 


22.81 
24.28 

21.52 


85.5 2 
93.38 
79-46 


32.26 
35.26 
30.91 


• 


« 


« 


107.97 

104.94 

99- 2 7 


11. i3 
12.01 
io.5 9 


l5.02 

15.98 

i4.i4 


•• 


19.28 
20.91 
17.57 


22.39 
23.68 

2 1.5l 



• 




84 — 
























— 85 






















TABLEAU 


N° I. 












RKSUME DES OBSERVA 


TIONS SUR LE VIVANT. 






INDICES 


TAILLE 


HUM. 


TAILLE 
= lOO; 


FÉMUR 


TAILLE 
= ÎOOJ 


MEMBRE 
INF. 


TAILLE 

= 100 ; 


TAILLE 


TAILLE 


TAILLE 


TAILLE 

— ioo ; 


TAILLE 




H 
















en milli- 


= lO0; 


MEMBRE 


= 100; 


MEMBRE 


= lOO; 


GRANDE 


= lOO; 


= 100 ; 


= 100; 


HAN- 


= IOO; 


> 

(G 




18 $. Moyenne. . 


CEPHAL. 


FACIAL. 


de la tête. 


FRONTAL. 


NASAL. 


mètres. 


RAD.= 


SUP. = 


TIB.= 


INF.= 


BRAS = 


ENV. = 


MAIN = 


PIED = 


B. IL.= 


CHE = 


EPAULK= 


03 




84.66 


56.24 


7 1.38 


6 9 .3l 


94.67 


1 485,3 


96.74 


32.89 


95.04 


49.00 


65. 9 5 


io5.3i 


II.72 


l5.92 


14.66 


i6.85 


22.27 






Maximum 


8 9 a 9 


61.64 


82.54 


7 4.65 


12 2.80 


1575,0 


I06.67 


33.33 


108.20 


5o.64 


71.28 


io5.8o 


io.83 


i6.5i 


15.90 


17.73 


23.95 




NÉGRITOS . . . . i 


Minimum 


77-°9 


5 1.43 


63.5 9 


6i.3i 


82.00 


i425,o 


90.20 


3l.21 


85.i3 


47.16 


61.99 


101.75 


12.63 


14.95 


i3.33 


i4.35 


20.74 




12$. Moyenne. . 


86.95 


55.93 


70.98 


72.64 


96.62 


i43i,6 


92.68 


3 1.3 2 


92.39 


48.io 


65.i4 


103.62 


11.62 


i5.4i 


i5*.i9 


17.98 


2 1.08 






Maximum 


96.86 


60.92 


80.57 


95.07 


io5.4o 


i485,o 


97-7 3 


33.4o 


100.00 


51.28 


70.O8 


107.19 


12.69 


ib.98 


16.67 


i8.84 


l4.53 




Maman ua .... 

NÉ6RIT0S METIS 


Minimum 

1 


8o.56 


53.o3 


62.56 


66.90 


88.09 


i35o,o 


88.00 


29.76 


83.55 


45.33 


62.12 


100. 36 


10.02 


i4.53 


i3.33 


i6.58 


22.56 




82.35 


■■ 


* 


64.28 
"68^59" 


73.91 


i45o,o 


« 


» 


» 


« 


« 


» 


1 


• 


» 


"« 


- 


5 $ . Moyenne. . . 


85.8i 


57.26 


69.15 


92.67 


i5o3,6 


8/1.94 


33.45 


« 


« 


» 


ioi.85 


11.72 


i5. 7 5 


H 


i 7 .85 


22.44 


Maximum 


91.43 


6ui 1 


70.37 


7 2 -97 


102. 38 


i56i,o 


88.14 


3 6. 00 


« 


» 


« 


106., 8 


12.16 


i6.83 


" 


24.60 


20. 02 




d Albay . . . . ■ 


Minimum. ...... 

1 


81.92 


53.o3 


66.3 2 


60.67 


88.64 


1399,0 


80.73 


3i. 7 4 


• 


" 


u 


97-93 


1 i.i3 


i5.o5 





10.23 


23.56 




88.49 


54.55 


76.74 


65.07 


107.40 


i382,o 


72.92 


3o.o3 


H 


- 


" 


» 


11.43 


15.92 


18.67 


22.07 


7 6" . Moyenne. . . 


80.01 


„ 


71.27 


„ 


„ 


1 488,7 


92.37 


30.91 


95.09 


46.66 


66.3 9 


106.08 


11.53 


i5.54 


l4.42 


18.00 


22.84 




1 Maximum 


82.38 


« 


76.47 


» 


« 


i58o,o 


q5.56 


31.89 


ÎOO.OO 


48. 99 


62.88 


no.85 


12.23 


i5.86 


l6.26 


18.97 


24.82 




Manthras. . *. . 


1 Minimum. ...... 


76.66 


H 


66.66 


" 


» 


1390,0 


89.96 


29.73 


7 5.64 


46.90 


77.05 


100.69 


IO.76 


14.87 


IO.86 


17.41 


20.89 




5 $. Moyenne. . . 


81.40 


„ 


67.43 


„ 


» 


i423,8 


92.70 


31.27 


89.81 


47-51 


66.88 


98.01 


IO.68 


i5.8i 


l6.28 


19.15 


21.70 






' Maximum 


85.52 


n 


74.4o 


„ 


« 


1490,0 


97-7 8 


36.24 


9 5.83 


48.87 


76.60 


102.27 


ll.Ol 


16.42 


16.^8 


20.l3 


22.48 






Minimum.. ..... 

6 6" . Moyenne. . . 


76.70 


H 


62.85 


>' 


• 


i33o,o 


85. 7 2 


29.27 


8o.56 


46.65 


60.00 


9 3.23 


10.35 


i5.44 


15.70 


i8.o5 


20.81 




80.49 


„ 


70.43 


„ 


„ 


1528,0 


92.88 


3i.i5 


89.60 


47.87 


65.il 


io3.o5 


11. o4 


i5.68 


13.92 


i 7 .58 


23. o3 




Maximum 


74.28 


u 


65. 10 


„ 


„ 


l5l2,0 


99-59 


3 2 .36 


100.00 


49-99 


68.84 


io6.85 


12.23 


16.39 


14.61 


i8.3 9 


24.52 




k.nabouïs . . . . < 
Udaïs.. ..... 


Minimum. ...... 

^ 2 $ . Moyenne. . . 

[ » ô 


72.22 


« 


64.io 


» 


« 


i455,o 


89.80 


3o. 1 3 


80.49 


46.i4 


61.89 


100.62 


9.24 


i5.o5 


13.07 


16.79 


21.67 




73.25 


« 


64.6o 


« 


» 


1 483,o 


• 


30.17 


« 


44.79 


6 7 .5i 


101.81 


11.47 


i5.i8 


14.98 


17.52 


22.58 


8o.55 


« 


75.67 


M 


•' 


i545,o 


97-9 2 


30.75 


97-44 


49-84 


61.69 


io3.56 


tl.OO 


i5.53 


16.18 


19.42 


22.33 


'.** 


85.89 


« 


74.11 




» 


1390,0 


97-5o 


28.42 


108.20 


45.68 


62.21 


99.28 


10.79 


i5.68 


i6.55 


i8.35 


22. 30 


1 2 $ . Moyenne. . . 


81.52 


„ 


63.88 


„ 


„ 


1 535,o 


« 


3i.54 


» 


« 


« 


« 


1 1.70 


15.76 


13.98 


17.89 


24.38 


Jakuns 


Maximum 


83.3 7 


1 


64.3 7 


» 


„ 


i55o,o 


« 


32.26 


« 


» 


» 


" 


12.58 


i6.45 


i4.84 


i8.36 


25.81 




àetas èeCama- 


Minimum. ...... 


79- 6 7 


- 


63.3 9 


" 


" 


i525iQ 


" 


30.82 


* 


" 


• 


" 


10.82 


i5.o8 


l3.12 


17.42 


22.95 






































rines-Sur ( Lu- 
çon )....... 


2 è • Moyenne. . . 

' 6 J* Moyenne. . . 
i Maximum 


81.29 


60.73 


67.62 


71.39 


93.97 


i55o,o 


89.33 


34.21 


89^3 


5o.49 


67.72 


106.79 


11.29 


i5. 7 4 




17.58 


21.61 




86.63 


56.79 


72.10 


71.96 


86.5i 


1 583,3 


90.73 


3a. 25 


89.35 


48.21 


67.61 


io4.36 


11.49 


i5.33 


i5.4i 


i8.o3 


22.81 




92.94 


62.3i 


96.25 


73.94 


100.00 


1 655,o 


94.83 


34.i4 


90.00 


48.83 


70.19 


107.27 


12.18 


i5. 9 o 


17.32 


19.36 


24.28 




Bicols 


| Minimum.. 

1 10$. Moyenne. . 


8i.i4 


56.o5 


50.58 


67.74 


79-59 


1472,0 


80.88 


3o.56 


88. 7 5 


47.25 


65.22 


9 8.5i 


11.06 


i5.o3 


13.78 


16.93 


21.52 




86.60 


60.09 


69.31 


69.89 


86.38 


i5o5,8 


85.52 


32.26 


„ 


« 


» 


107.97 


1 1.1 3 


1Ô.02 


■ 


19.28 


22.39 




1 Maximum 


91.18 


66.67 


82.08 


72.4l 


94-7* 


1610,0 


93.38 


35.26 


" 


• . 


" 


104.94 


12.01 


ib. 9 8 


■* 


20.91 


23.68 






■ s Minimum 


82.35 


55.oo 


60.61 


67^4 


77.55 


1 4 1 5,o 


79-46 


30.91 








99- 2 7 


10.59 


i4.i4 




17.57 


2 1.5l 

/ 





— > 86 



Tagalocs 



4 $ . Moyenne . 

Maximum 

Minimum 



Bisayas . 



Pangasinan. . . 
Pampango. » . . 



2 $ . Moyenne. 
Maximum .... 

Minimum 

i 6 

i $ 



Iloganos. 



i $ 

3 è" . Moyenne. . 

Maximum 

Minimum 



MÉTISSE NÉGRI- 
TO-BISAYA. • . 

MÉTISSE HlSPA- 
NO-NÉGR.-BIS . 



1 $. 



1 Ç. 



Soulou. 



6 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



4 $ . Moyenne. 
Maximum 
Minimum 



Mobos de Da- 
vao 



5 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



Kalagan. . . . 
Buled-Upih. 



4 6 « Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



Samals. . . 
Bagobo . . 
guiangas . 



2 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



i Ô 

4 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



83.6g 
8 9 .63 
8o.55 



87.*54 
89.63 
85.46 
82.35 



83. 7 8 



77-*9 



86.78 
89.41 

85.22 



87.88 



89.37 



84.67 
87.88 
78.89 



86.72 

93.83 
77.14 



81.94 
86.11 
75.27 



79.46 



86.78 
88.5 7 
85.71 



81.88 
86.11 
77.66 



81.46 



8o. 7 3 
fca.86 
76.76 



INDICES 



59.70 

64.88 
57.04 



64.88 
5g.84 
62.40 



60.69 



5 9 .44 



63. 9 5 
65.38 
6i.3i 



5a. 3i 



49-56 



62.47 
7 4.5 9 
56.64 



54.3i 
58.33 
5o.4i 



56.il 
62.96 
55.86 



54.8o 



6i.53 
66.11 
58.65 



65.99 
67.69 
64.29 



60.00 



59.41 
61.48 
56.84 



GENERAL 

de la tête. 



68.43 
72.82 

6i.56 



67.00 
65.5o 
6i.56 



69.04 



68.3 9 



66.11 
70.31 
65.23 



65.oo 



56.09 



70.53 
73.o3 
6o.4o 



69.57 
7 5.84 
67.22 



71.26 

69-77 
6 9 .3i 



78.92 



65.52 
68.5o 
6o.5o 



57.29 



66.5o 



69.64 
71.28 
67.50 



68.06 
74.28 
61.29 



68.02 
65.3o 
74.28 



67.74 



76.92 



71.26 
76.66 
65. 79 



63.44 



62.93 



7 3.65 
78.77 
71.23 



69.96 

77-9 3 
6o.53 



7 3.45 
78.57 
63.02 



76.19 



72.03 
7 3.83 
70.00 



67.77 
67.81 
67.7/1 



69.66 



69.08 
72.41 
64.33 



TABLEAU 



82.52 
88.3 7 
60.00 



7i.3o 
82.61 
60.00 
85.oo 



79-7* 

88.3 7 
65.3 9 



75.00 


i65o,o 


82.22 


1639,0 


86.71 

91.10 

80.42 


1619,0 
1 685,o 
1 58 2,0 


102. 85 


1 4 25,o 


77 .5o 


i495,o 


86.60 
95.24 
76.60 


l52Ô,0 

i5g2,o 
1 488,o 


85.o5 
91.43 
73.91 


i43o,3 
i465,o 
1398,0 


84.56 
9 5.35 
75.47 


1573,6 
1625,0 
1 509,0 


103. 5o 


i665,o 


84.33 
93.02 
8o.85 


1 583,3 
i6i5,o 
1 565,o 


80.42 
8o.85 
80.00 


1579,0 
1680,0 
1478,0 


77.78 


1 538,o 



I. (Suite. 



— 87 — 



HUM. 

= 100 ; 

RAD. = 


TAILLE 
= 100; 
MEMBRE 
SBP.= 


FÉMUR 
= ÎOO; 
TIB. = 


TAILLE 
= 100 î 
MEMBRE 
IHP.= 


MEMBRE 

IHF. 
= 100; 
BRA8 = 


TAILLE 

= 100; 

GRANDE 
ENV.=: 


TAILLE 
= ÎOO; 
MAIN = 


TAILLE 
= ÎOO; 
PIED = 


TAILLE 
~ 100 ; 
B. IL. = 


TAILLE 

= ioo; 
HAN- 
CHE = 


TAILLE 

= IOO; 
EPATJLE= 


SB 
O 
H 
< 
> 
« 
H 
«0 

« 



83.28 
88.g3 

7 5.44 

87.69 
86.43 
8i.54 


32.48 
34.02 
29.94 


92.22 
9 3 '9° 

89-*9 


47.44 
48.04 

46.5i 


69.93 
71.43 
67.55 


102.04 
102.72 

99-7 5 


II.77 

i4.32 
10.44 


i5.8i 
i8.i3 
i5.o6 


16.92 
22.66 

14.59 


l6.52 

18. 4i 

l6.00 


20.8l 
22.72 
l8.4l 


i3 ans. 


34.52 
33.76 
34.i6 


93.70 

gi.38 
83. 7 o 


48.48 
46.91 
5o.52 


71.22 
71.l5 
67.60 


108.99 
io5.i6 
io3.59 


11.75 
10.81 
10.84 


i5.64 
10.21 
16.02 


i5.44 
13.69 
i4.65 


18.79 
17.92 
i6.07 


22.82 
22.62 
22.42 


« 


» 


« 


» 


» 


« 


» 


« 


- 


» 


« 


« 


» • 


« 


» 


« 


■■ 


■ 


» 


« 


» 




- 




• 


\ 


': 


■; 




" » 


" 


" 


« 


" 


« 


« 


» 


" 


« 


» 


" 


« 


« 


<< 


« 


« 


• 


■ 


« 


« 


- 


» 


H 


» 


82.08 
88.89 

77.55 


33.67 
35.i8 
32.46 


83.54 
94.67 
79.04 


48.34 
49.93 
47.25 


69.68 
7I.98 
69.18 


103. 7 8 
IO7.26 

99-*9 


11.68 
12.43 
io.84 


15.91 
16.80 
14.67 


i5.o4 
16.80 
i4.45 


1 7 .83 
19.03 
16.97 


23.06 
23.93 
22.l8 


85.5 2 
88.46 
78.83 


32.90 
34.19 
3o.36 


93.21 
94.12 
93.21 


49.20 

5l.20 

47.21 


68.27 
71.21 

65.33 


io3.52 
104.70 
102.39 


ii.5 7 
11.74 
11.47 


i5. 7 4 
i6.45 

l5.02 


n 


18.04 
18.99 
16.10 


2 1.75 

a3.4 1 
20.89 


89.39 
92.96 

82.76 


33.o8 
33.54 

32.25 


s 8 7.59 
92.68 
82.50 


47.41 
48.62 
46.20 


70.18 
71.37 
68.99 


io4.48 
io6.o3 
io3.o4 


11.08 
11.81 
io.43 


15.19 
15.70 
14.70 


15.37 
15.91 
i4.54 


18.74 
19.28 
18.22 


22.84 

23.86 
20.99 


88.33 


33. 9 3 


91.16 


49.37 


68.73 


io5.io 


11.89 


15.62 


1/1.12 


17.54 


24.02 


86. 97 

90-74 
82.82 

87.76 

90-9 1 
84.62 


33.83 
35.78 
32.64 


11 


« 


H 


102. 56 
102.86 
102.17 


11.42 
n.64 
*°-99 


i5.55 
15.72 
i5.34 




* 


22.66 
23.00 

21.98 


3i.85 
32.45 
3i.25 




" 




99-7 5 

102.84 

96.67 


10.59 

11.37 

9.82 


i5.i3 
16.04 
i4.23 


i3.5 7 
14.89 
12.26 


i 7 .56 
18.27 
i6.85 

17.23 


23,42 
24.70 
22.1/1 


85. 97 


34.46 


84.71 


5i.o4 


67.52 


105.98 


11.18 


l5.22 


i4.63 


22.43 


85o5 

8 9-47 
77-36 


32.84 
34.56 
3o.52 


8490 
8 7 .36 
80.90 


48.85 
5i.35 
46. 7 5 


66.8l 
72^2 
62^8 


103.82 
107.03 
101. o4 


11.19 
n.36 
11.p1 


i5.o4 
15.90 
i4.3i 


i5.58 
16.88 
i4.58 


i8.65 
19.81 
17.49 


22.34 
2 4.o3 
21,28 



— 86 — 



TABLEAU 



Tagalocs 



BlSAYAS . 



Pangasinan. . 
Pampango. . . 



Iloganos. 



MÉTISSE NÉGRI- 
TO-BISAYA . . . 

MÉTISSE HISPA- 
NO-NBGR.-BIS. 



Soulou. • • • 

MOROS DE DA-J 
VAO j 

Kalagan 

Buled-Upih. . 



Samals. ..... 

Bagobo 

guiangas .... 



4 6" . Moyenne 
Maximum .... 
Minimum 

2 6" • Moyenne. 
Maximum .... 

Minimum 

i 6" 

i 6" 

i 6 

3 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 

i $ 

i 2 

6 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 

4 9- . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 

5 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 

i 6 

4 S • Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 

2 ô" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 

i 6 -. 

4 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



INDICES 



83.6 9 
8 9 .63 
8o.55 



87.^4 
89.63 
85.46 
82.35 



8o. 7 3 
0*2.86 
76.76 



59.70 
64.88 
57.04 



64.88 
59.84 
62.40 



83. 7 8 


60.69 


77- 2 9 


5 9 .44 


86.78 
8 9 .4i 

85.22 


63.q5 
65.38 
6i.3i 


87.88 


52. 3i 


89.37 


49.56 


84.67 

87.88 
78.89 


62.47 
7 4.5 9 
56.64 


86.72 

9 3.83 
77.14 


54.3i 
58.33 
5o.4i 


81.94 
86.11 
75.27 


56.il 
62.96 
55.86 


79.46 


54.8o 


86.78 
88.5 7 
85. 7 i 


6i.53 
66.il 
58.65 


81.88 
86.11 
77.66 


65.99 
67.69 
64.29 


8i.46 


60.00 



59.41 
61.48 

56.84 



GENERAL 

de la tête. 



68.43 
72.82 

6i.56 



67.00 
65.5o 
6i.56 



69.04 



68.3 9 



66.11 
70.31 
65.23 



65.oo 



56.09 



70.53 
73.o3 
6o.4o 



69.57 
7 5.84 
67.22 



71.26 

69-77 
6g.3i 



78.92 



65.52 
68.5o 
6o.5o 



5 7 .2 9 



66.5o 



69.64 

71.28 
67.50 



68.06 
74.28 
61.29 



68.02 
65.3o 
74.28 



67.74 



76.92 



71.26 
76.66 
65. 79 



63.44 



62.93 



7 3.65 
78.77 
71.23 



69.96 

77-9 3 
6o.53 



7 3.45 
78.57 
63. 02 



76.19 



72.03 
7 3.83 
70.00 



67.77 
67.81 
67.74 



69.66 



69.08 
72.41 
64.33 



82.52 
88.3 7 
60.00 



7i.3o 
82.61 
60.00 
85.oo 



79-7* 
88.3 7 
65.3 9 



TAILLE 

•ABSOLUE, 

en milli- 
mètres. 



i58o,o 
i655,o 
i5o5,o 



i5oi,o 

l5l2,0 

1490,0 
1 338,o 



75.00 


i65o,o 


82.22 


1639,0 


86.71 

91.10 

80.42 


1619,0 
i685,o 
i582,o 


102. 85 


i425,o 


77 .5o 


i495,o 


86.60 
95.24 
76.60 


1526,0 
i5g2,o 
1 488,o 


85.o5 
91.43 
73.91 


i43o,3 
i465,o 
1398,0 


84.56 
95.35 
7 5.4 7 


i5 7 3,6 
1625,0 
1509,0 


102. 5o 


i665,o 


84.33 
93.02 

8o.85 


i583,3 
i6i5,o 
i565,o 


80.42 
8o.85 
80.00 


1579,0 
1680,0 
1478,0 


77.78 


1 538,o 



i63i,3 
1*715,0 
i54o,o 



87 — 



r I. (Suite.) 



HUM. 


TAILLE 


FEMOR 


TAILLE 


MEMBRE 


TAILLE 


TAILLE 


TAILLE 


TAILLE 


TAILLE 


TAILLE 







— ÎOO; 




= 100; 


INF. 


= 100} 








= IOO; 




H 






= 100; 








= ÎOO; 


= IOO ? 


= 100 ; 




= 100; 


»► 




MEMBRE 




MEMBRE 


= 100; 


GRANDE 








HAN- 




« 


RAD.= 


8UP.= 


TIB.= 


INF.= 


BRA8 = 


ENV.= 


MAIN = 


PIED = 


B. IL. — 


CHE = 


ÉPADLE= 


«0 

M 




83.28 


32.48 


92.2 2 


47.44 


69.93 


102.04 


11.77 


i5.8i 


l6.92 


l6.52 


20.8l 




88.93 


34.02 


93.90 


48.04 


71.43 


102.72 


i4.32 


i8.i3 


22.66 


i8.4i 


22.72 




7 5.44 


29.94 


89-19 


46.5i 


67.55 


99-7 5 


io.44 


i5.o6 


14.59 


16.00 


18.41 




8 7 .6q 


34.52 


93.70 


48.48 


71.22 


108.99 


11.75 


i5.64 


i5.44 


18.79 


22.82 


86.43 


33.76 


qi.38 


46.91 


71. i5 


io5.i6 


10.81 


l5.2l 


13.69 


17-92 


22.62 




8i.54 


34.i6 


83. 7 o 


5o.52 


67.60 


io3.59 


io.84 


16.02 


i4.65 


16.07 


22.42 


i3 ans. 


82.08 


u 

33.67 


83.54 


48.34 


69.68 


io3. 7 8 


11.68 


15.91 


i5.o4 


i 7 .83 


23.06 




88.89 


35.18 


94.67 


49.93 


71.98 


107.26 


12.43 


16.80 


16.80 


19.03 


23.93 




77-55 


32.46 


79.04 


47.25 


69.18 


99-*9 


io.84 


14.67 


i4.45 


16.97 


22.18 




85.52 


32.90 


93.21 


49.20 


68.27 


io3.52 


11.57 


i5. 7 4 


» 


i8.o4 


21.75 


88.46 


34.19 


94.12 


5l.20 


71.21 


104.70 


11.74 


i6.45 


» 


iS-99 


23.4i 




7 8.83 


3o.36 


9 3.2i 


47.21 


65.33 


102.39 


11.47 


l5.02 


" 


16.10 


20.89 




8 9 .3q 


33.o8 


87.59 47.41 


70.18 


io4.48 


11.08 


15.19 


15.27 


18.74 


22.84 


92.96 


33.54 


92.68 


48.62 


71.37 


io6.o3 


11.81 


15.70 


i5.gi 


19.28 


23.86 




82.76 


32.25 


82.5o 


46. 20 


68.99 


io3.o4 


io.43 


14.70 


i4.54 


18.22 


20.99 




88.33 


33.93 


91.16 


49.37 


68. 7 3 


io5.io 


11.89 


15.62 


14.12 


17.54 


24.02 


86.97 


33.83 


„ 


H 


n 


102. 56 


1 1. 42 


i5.55 


» 


» 


22.66 


90.74 


35.78 


» 


H 


« 


102.86 


n.64 


15.72 


•' 


• 


23.00 




82.82 
87.76 


32.64 


» 


» 


• 


102.17 


io-99 


i5.34 


" 


" 


21.98 




3i.85 


„ 


„ 


„ 


99-7 5 


10.59 


i5.i3 


i3.5 7 


i 7 .56 


23,42 


90-9 1 


3 2 .45 


„ 


« 


« 


102.84 


11.37 


16.04 


14.89 


18.27 


24.70 




84.62 


3i.25 


» 


II 


» 


96.67 


9.82 


i4-23 


12.26 


i6.85 


22. l4 




85.9-5 


34.46 


84.71 


5i.o4 


67.52 


105.98 


1 i.i£ 


l5.22 


i4.63 


17.23 


22.43 


85oE 


32.84 


849c 


48.85 


66.8l 


*o3.82 


11.1g 


i5.o4 


i5.58 


i8.65 


22.34 


89.4-; 


1 34.56 


8 7 .36 


5i.35 


72.72 


107.03 


n.36 


15.90 


16.88 


19.81 


2 4.o3 




77-3C 


» 3o.52 


80.9c 


> 46.75 


62.9S 


ioi.o4 


11.p1 


i4.3i 


i4.58 


17.49 


21.28 





88 



/TABLEAU 



Atas de l'àpq. \ 



Tagàcaolos. 



Tagabawas . 



/du golfe 

de 
i Davao. 



Mano-J 
bos 



du 
Rio 



Mandayas. 



Bilans . 



2 ô" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum. .... 



3 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



5 6" • Moyenne. 
Maximum . i . . 
JUinimum. 



2 6* . Moyenne. 

Maximum 

Minimum. 



2 $ . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum. .... 



f 3 $ . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 







INDICES 




NASAL. 


TAILLE 

ABSOLUE , 

en milli- 
mètres. 

n48,o 
1688,0 
i4o5,o 


CKPHAL. 


FACIAL. 


GENERAL 

de la tête. 


PBONTAL. 


83.53 

82.25 

79.41 


60.34 
64.08 

58.19 


58.58 
65.i4 
64.21 


64.79 

66.66 
68.1 5 


8l.08 
78.43 
97.14 


80.79 
84.44 
77.14 


54.90 
55.25 
54.55 

5 9 .84 


69.95 

7°-79 
69. n 


72.24 
74.08 
70.40 


85.52 
86.o5 
85.oo 


1594,0 
1622,0 
i566,o 


76.47 


65.3 9 


76.92 


91.67 


1 34 1,0* 


8o.33 
77.22 
80.12 
71.81 
77-*9 


55.86 
60.61 
60.77 
58.3 9 
53.91 


69,05 
67,69 
68.42 
56.82 
62.45 


76.19 
68.35 
70.92 
71.11 
7^97 


93.18 
82.50 
87.18 
87.81 
100.00 


1 565,o 
1 54o,o 
i36o,o 
i48o,o 
1110,0 


77-99 
78.38 

77- 2 9 


58.63 
61.48 
56.6*2 


7i.3i 

7 2 >97 
68.00 


79.34 
81.75 
7 5.86 


33.47 
97.61 
95.00 


1616,6 
1705,0 
1 5 20,0 


83. 7 2 


62.99 


67.55 


70.83 


8i.4o 


i568,o 


82.52 
86.11 
79.12 


58.68 
62.88 
57.04 


76.37 
81.11 
74.74 


72.07 
76,39 
68.59 


93.39 

1 00.00 

88.10 


i5i8,6 
i55o,o 
1498,0 


87.35 


58.2o 


64.89 

68.88 
69.23 
68.53 


66.21 


86.84 


1 3oo,o 


81.26 

82.86 
79- 6 7 


58.i 5 
60.00 
56.3o 


74.i3 
7 5.86 
72.4i 


9U-8o 

9°-9i 
90.70 


1578,0 
1626,0 
i532,o 


85.86 
90.62 
81.11 


53.73 


„ 


72.16 
7 5.86 
7i-9 2 


87.18 
87.18 
87.18 


1 456,o 
1625,0 
i4i8,o 


8i.i5 
83.33 
80.12 


54.65 
59.09 
5o.37 


74.90 
79.24 
67.82 


71-97 
74.47 
70.00 


89.78 

100.00 

32. 5o 


i4?6,8 
1 58o,o 
1 3qo,o 


82.64 
77.65 
77.78 
79.65 


60.16 
54.92 

Ô2.3l 

53.07 


63. 7 3 
61.00 
6 5.00 
57.71 


73*19 
75.76 

65.72 

69.34 


89.19 
106.66 

69-19 
io3.45 


i368,o 
1265,0 
1260,0 
1073,0 



N° I. (Suite. 



— 89 



hum. 
= 100; 

89.47 
9o43 
86.28 


TAILLE 

= iooî 

MEMBRE 
SUP.= 


FÉMUR 

= 100; 

TIB.= 


TAILLE 
= IOO; 
MEMBRE 
INF. = 


MEMBRE 

INF. 
= 100; 
BRAS = 


TAILLE 
= IOO; 
GRANDS 

BNV.= 


TAILLE 
= IOO; 
MAIN = 


TAILLE- 
= IOO.; 
P1BD = 


TAILLE 

= 100 ; 

B. IL. = 


i TAILLE 

= 100; 

; IIAX- 

CHE = 


TAILLE 
= 100; 
ÉPAULE= 


m 

«8 

S 

H 

M 

« 
O 


3 1.36 
3i.8i 
33.8i 


92.59 

« 
9O.67 


45.3o 

u 
Ô0.39 


69.23 
66.43 


io5.o4 

9 5 -7* 
io5.34 


11*85 
11.14 
12.10 


16.44 
l6.00 

i5. 9 4 


i3. 9 4 
14.81 
i4. 9 5 


l6. 7 3 
I7.18 
l6.3 7 


23.08 

21.33 
20.36 


10 ans. 
Adulte. 
i3 ans. 

Enfant. 

Adulte. 
18 ans. 
i3 ans. 
i,3 ans. 

7 ans. 

! Type 
brun. 

En f 1 métis 
de Ncgr. 

1 4 ans. 

12 ans. 

13 ans. 

8 ans. 


86.45 
88.i5 
84-75 


33*0 2 
33.6o 
3 2 .44 


86.65 
90.12 
83.i8 


48.4 1 
49.06 
47.47 


68.35 
70.78 
65.72 


100. 83 

103.57 

98.09 


11.07 
ii.4i 
10.73 


i5.54 
i6.3l 
i4. 7 5 


14.67 
15.29 
i4.o5 


17.82 
I7.88 
I7.76 


22.10 
22.81 
21.39 


88.89 


3i.6g 


83.33 


49.22 


64.3 9 


101.42 


1 1 .o4 


i5.8i 


i3.42 


16.78 


20.5l 


87.72 
87.27 
8i.35 
83. 7 8 
83.33 


39*- 19 
33.44 
33.6o 
32.91 
29.73 


87.06 
89.55 
9i.3i 
82.5o 
88.89 


&S.24 

49.48 
48.53 
49.34 
45.t)5 


67.30 
67.59 
69.24 
66.71 
64.71 


102. i5 
io4.54 
io4.4 1 
102.02 
96.40 


12.45 
11.37 
n.4o 
10.81 
11.26 


17.73 
i5.5 9 
16.77 
15.95 
16.04 


i5.8 2 
i4. 9 4 
i5.44 

l5.21 

i55o 


19.05 
17.86 
16.55 

i5.54 

i 7 .5 7 


27.25 
21.43 
22.06 
20.68 
20.72 


89.44 
90.00 

88.68 


33.3 9 
33.85 
32.90 


90.62 
92.11 

8 9 .i3 


49.53 
5i.o3 
48,o3 


67.00 
68.49 
65.52 


io4.44 
io5.84 
io3.68 


ii.33 
11.69 
10.86 


i5.i6 
i5.3 9 
14.96 


i3. 9 6 
i5.3 9 
12.02 


17.41 
i 7 .85 
16.78 


22.73 
23. 5i 
31-99 


87.72 


34.12 


83. 7 4 


48.28 


70.68 


1 02.68 


10. 52 


i-5.3i 


i4.54 


*7-99 


22.00 


88.60 
82.53 


34.88 
36.65 
3a.5i 


8 7 .85 
92 .78 
82.35 


5o.3i 
51.79 
49.54 


69.34 
73.29 
65.3 7 


io4.36 
106.62 
102.1 4 


io. 9 4 
11.59 
io.35 


15.27 
i5.4i 
i5.io 


i5.33 
i5.8i 
i3.6 9 


i8.3 7 
19.21 
i 7 .36 


2 3.i6 
24.00 
21.43 


87.07 


33.38 


92.31 


48.08 


69.44 


100.77 


11.00 


i6.38 


i3,46 


16.92 


21.54 


86.12 
86.79 
85.45 


3i.85 
32.3i 
3i.39 


90.20 
92.31 
88.10 


48. 7 8 
48. 9 5 
48.62 


65.28 
66.00 
64.56 


99.54 

io3.i4 

95.95 


10.92 
10.08 
10.77 


i5.i3 
15.26 
i5.oi 


i4.i5 
i5.o8 
13.23 


18.00 
i8.i5 
i 7 M 


22. 3o 
22.3a 

22.38 


85.42 


3 1.38 


u 


" 


u 


10 3. 00 
io4.45 
101.55 


10.76 
11. o4 
10.48 


15.07 
i5.3 7 
14.78 


i6.3g 


19.26 
20.40 
18.12 


22.68 
23. 4i 
21.16 


83.i 3 


3l.Ô2 

33.20 
3o«o4 


" 


» 


H 


100.81 

101.81 

9^-99 


10.69 

11.80 

9.81 


i5.i8 
i6.45 
i4.3o 


16.67 


19-63 

M 


22.90 
24.46 
2i.53 


95.68 
84.09 
79.58 
89.01 


32.16 

32.02 

3448 
32.06 


86.59 

92.06 

87.69 
92.98 


48.83 
47-83; 
48.8o 
43.52 


65.8 7 
66.94 
70.66 
7 3.66 


102.17 
101.19 
io4-8o 
100.28 


H.33 
1 1 .07 
12.00 
io.25 


15.79 
15.97 
17.04 
16.22 


12.57 
i5.65 
16.00 
*6.3i 


17.25 

16. §0 
17.20 
17.24 


22.§1 
20.l6 
21.20 
22.83 



— 88 



TABLEAU 



( ô 

Atas de i/Apo. ] ô" 

( 6" 

a 6" . Moyenne 

Maximum . . . . 

Tagàcaolos..< Minimum 

6 

6 

6 

Tagabawas. . . { 5 . . . .» 

ô- 

6 

/dugolfej Maximum.... 

^ e { Minimum 

Davao. I 
Mano- I ( * 5 

B0S A i 5 è • M °y enne < 

® u J Maximum 

Rio i Jfinimum 

Agusan. I 

( Ô" 

/ 2 6* • Moyenne. 
î Maximum . . . . 

| Minimum. .... 
Manda y as. . . . < 

1 2 $ . Moyenne. 
F Maximum .... 
\ Minimum. .... 

/ 3 Ç . Moyenne. 

1 Maximum .... 

I Minimum 

Bilans < *.,.,...... 

6 

6 

Ô" 



80.79 
84.44 
77.14 



76.47 



8o.33 
77.22 
8o.i 2 
71.81 
77-*9 



77-99 
78.38 

77- 2 9 



83. 7 2 



82.52 
86.11 
79.12 



87.35 



81.26 
82.86 
79- 6 7 



85.86 
90.62 



81. i5 
83.33 
80.12 



82.64 
77.65 
77.78 
79.65 



INDICES 



GÉNÉRAL 

de la tête. 



83.53 6o.34 
82.25 64.o8 
79.41 58.19 



54.90 
55.25 
54.55 



5 9 .84 



55.86 
60.61 
60.77 
58.3 9 
53.91 



58.63 
6i.48 
56.62 



62.99 



58.68 
62.88 
57.04 



58.2o 



58.i5 
60.00 
56.3o 



53. 7 3 



54.65 
59.09 
50.37 



60.16 
54.92 
62. 3* 
53.07 



58.58 
65.i4 
64.21 



69.95 

7°-79 
69.11 



65.3 9 



69.05 
67.69 
68.42 
56.82 
62.45 



7i.3i 

7 2 »97 
68.00 



67.55 



7 6.3 7 
81.1 1 
74.74 



64.89 



68.88 
69.23 
68.53 



74.90 
79.24 
67.82 



63. 7 3 
61.00 
65.oo 
5 7 . 7 i 



64.79 
66.66 
68.i5 



72.24 
74.08 
70.40 



76.92 



76.19 
68.35 
70.92 
71.11 
7i-97 



79-34 
8i. 7 5 
7 5.86 



7 o.83 



72.07 
76.39 
68.59 



66.21 



74.i3 
7 5.86 
7a.4i 



72.16 
7 5.86 
71.92 



7*-97. 
74.47 
70.00 



73.19 
75.76 

65.72 

69.34 



81.08 

78.43 
97.14 



85.5s 
86.o5 
85.oo 



91.67 



93.18 
82.5o 

87.18 
87.81 



9 3 -^7 
97.61 

95.00 



8i.4o 



93.39 

1 00.00 

88.10 



86.84 



90.80 

9°-9 1 
90.70 



87.18 
87.18 
87.18 



89.78 

100.00 

32. 5o 



89.19 
106.66 

«9-19 
io3.45 



TAILLE 

ABSOLUE , 

en milli- 
mètres. 



n48,o 
1688,0 
i4o5,o 



1594,0 
1622,0 
i566,o 



1 34 1,0* 



1 565,o 
1 54o,o 
i36o,o 
i48o,o 
1110,0 



1616,6 
1705,0 

l52O,0 



i568,o 



i5i8,6 
i55o,o 
1498,0 



1 3oo,o 



1578,0 
1625,0 

l5û2,0 



1 4 56,0 
1625,0 
i4i8,o 



1476,8 
1 58o,o 
1390,0 



1 368,o 
1265,0 

1250,0 

1073,0 



_ 89 — 



N° I. (Suite.) 



HUM. 

= 100 ; 

RAD.= 



89.47 
90.43 
86.28 



86.45 

88.i5 
84.75 



88.89 



TAILLE 

= 100 ; 

MEMBRE 
SUP. = 



3i.36 
3i.8i 
33.8i 



33.02 
33.6o 
32.44 



31.69 



87.72 
87.27 
8i.35 
83. 7 8 
83.33 



89.44 
90.00 

88.68 



87.72 



88.60 
95.86 
82.53 



87.07 



00.12 
86.79 
85.45 



85.42 



83.i 3 



95.68 
84.09 
79-58 
89.0 



39- 1 9 
33.44 
33.6o 
32.91 
29.73 



33.3 9 
33.85 
32.90 



34.12 



34.88 
36.65 
32. 5i 



33.38 



FEMUR 

= 100 ; 

TIB.= 



92.59 
9O.67 



86.6; 
90.1 : 

83.i8 



83.33 



87.06 
89.55 
91. 3i 
82.5o 
88.89 



3i.85 
32.3i 
3i.3g 



3 1.38 



3i.52 
33.20 
3o.o4 



32.16 
32.02 
34.48 
32.06 



90.62 
92.1 1 
8 9 .i3 



83. 7 4 



TAILLE 
= 100; 
MEMBRE 
INF.=: 



45.3o 
5o.39 



48.4 1 
49.06 
47.47 



49.22 



^8.24 
49.48 
48.53 
49-34 
45.95 



MEMBRE 
INF. 

= 100 ; 

BRAS = 



49.53 

5i.o3 
48.o3 



48.28 



8 7 .85 
92.78 
82.35 



90.20 
92.31 
88.10 



86.59 
92.06 
87.69 
92.98 



5o.3i 
51.79 
49.54 



48.08 



48. 7 8 
48. 9 5 
48.62 



48.83 
47-83 
48.8o 
43.52 



69.23 
66.43 



68.25 
70.78 
65.72 



64.3 9 



TAILLE 

= 100 ; 

GRANDE 
ENV.= 



io5.o4 

9 5. 7 4 
io5.34 



100. 83 

io3.57 

9809 



101.42 



67.30 
67.59 
69.24 
66.71 
64.71 



67.00 
68.49 
65.52 



70.68 



69.34 
73.29 
65.3 7 



69.44 



65.28 
66.00 
64.56 



102. i5 
io4.54 
io4.4 1 
102.02 
96.40 



io4.44 
jo5.84 
io3.68 



102.68 



io4.36 
106.62 
102. i4 



100.77 



99.54 

io3.i4 

95.95 



10 3. 00 
io4.45 
ioi.55 



100.81 

101.81 

98.99 



65.87 
66.94 
70.66 
7 3.66 



102.17 
101.19 
104.80 
100.28 



TAILLE 
= 10O; 
MAIN = 



ii.85 
11.14 
12.10 



1 1.07 

11.4 

10.73 



11. o4 



12.45 
1 1.37 
1 i.4o 
10.81 
11.26 



11. -33 

11.69 
10.86 



io.52 



10.94 
11.59 
io.35 



10.92 
10.08 
10.77 



10.76 
1 i.o4 
10.48 



10.69 

n. 80 

9.81 



H.33 
1 1.07 
12.00 
10.25 



6.44 
6.00 
5. 9 4 



5.54 
6.3i 
4. 7 5 



5.8i 



7 . 7 3 
5.5 9 
6.77 
5.95 
6.o4 



5.i6 
5.3 9 
4.96 



5.31 



5.27 
5.4i 
5.io 



6.38 



5.i3 
5.26 
5.01 



5.07 
5.3 7 
4.78 



5.i8 
6.45 
4.3o 



5-79 
5.97 
7.04 
6.22 



TAILLE 

= 100 ; 

B. IL.= 



3.94 
4.8l 
4. 9 5 



4.67 
5.29 

4-o5 



3.42 



5.82 
4. 9 4 
5.44 
5.21 
55o 



3.96 
5.39 
2.02 



4.54 



5.33 
5.8i 
3.69 



3.46 



4.i5 
5.o8 
3.23 



6.39 



16.67 



12.57 
i5.65 
16.00 

l6.3l 



TAILLE 

= ÎOO; 

HAN- 

CHE = 



l6. 7 3 
I7.18 
l6.3 7 



I7.82 
I7.88 
I7.76 



16.78 



19.05 
17.86 
16.55 

i5.54 
17.57 



17.41 

i 7 .85 
16.78 



TAILLE 

= 100 ; 

ÉPAULE= 



l 7-99 



i8.3 7 
19.21 
i 7 .36 



16.92 



18.00 
i8.i5 
17.85 



19.26 
20.40 



i 9 .63 



17.25 
16.60 
17.20 
17.24 



23.o8 
2 1.33 
20. 36 



22.10 

22.81 
21.39 



20. 5i 



27.25 
2i.43 
22.06 
20.68 
20.7 



22.73 
23. 5i 
31 -99 



22.00 



23.i6 
24.00 
2i.43 



21.54 



2 2.3o 
22.32 
22.38 



22.68 

23. 4i 
21.16 



22.90 
24.46 
2i.53 



10 ans. 
Adulte. 

i3 ans. 



Enfant. 

Adulte. 
18 ans. 
i3 ans. 
i3 ans. 
7 ans. 



Type 

brun. 



E11P métis 

de Négr. 



22.8l 
2 0.l6 
21.20 
2 2.83 



l4 ans. 
13 ans. 
12 ans. 
8 ans. 



— 90 



TABLEAU 

RÉSUMÉ DES MENSU 



Manthra .' Ô 



NÉGRITO $ 



BlCOLS 2 $ . 



Grotte 
du Levant. 



5 è" . Moyenne. 
Maximum ...-., 
Minimum.. . ... 



9 $ . . Moyenne. 
Maximum . T . . . 
Minimum.. .... 



Grotte 
du Garabao. 



1 6 $ . Moyenne. 

Maximum 

Minimum 



7 ?. Moyenne., 
Maximum 
Minimum 



Moros 
de Soulou, 



5 ô" . Moyenne. 
Maximum . . . . 
Minimum 



5 $ . Moyenne. 
Maximum.. . . . 
Minimum 



CAPACITE 
chânibnke. 



cent, cubes. 

i3io 



L23o 



i38o 



i632 
i6 7 5 
1590 



i3i3 
i48o 

12lO 



l520 

162 5 
i4io 



1420 
i55o 
1245 



i5 7 5 
1750 
i435 



l3Ô2 

i565 
1180 



PROJECTIONS 



millimètres. 
82,0 



88,0 



99>9" 



101,0 

108,0 

96,0 



9 5,5 

io5,o 

85,o 



99»° 
106,0 



9^,o 

102,0 

92,0 



100,0 

io5,o 

9^0 



101,0 
96,0 



îilKmètres. 



i3,o 



16,0 



24,6 
3o,o 
20,0 



14,7 
17,0 
i3,o 



18,0 

25,0 
11,0 



17,0 

22,0 

9'° 



18,0 
24,0 
i5,o 



21,0 
26,0 
i5,o 



millimètres. 
89,0 



85,0 



9 1 >° 



9 1 * 

93,0 

87,0 



86,5 
9^° 
77»° 



85,o 
98,0 
75,o 



8i,3 
72,0 
87,0 



9 1 » 
9 5,o 

88,0 



89,0 

101,0 

83,o 



— 91 



N°II. 

RATIONS CRÂNIENNES. 





INDICES 


LARG. 
= ÎOO} 
HAUT. = 


ANG 

ALVEOLAIRE. 


LES 

MANDIBC- 
LAIRE. 


OBBITAIRE. 


INDICES 




LONG. 

= 100; 

LARG. = 


LONG. 

= 100 ; 

HAUT. r= 


NASAL. 


FACIAL. 


79.26 


78.04 


98.46 


7 4' 


49° 


ÎOO.OO 


55.55 


63.4 7 


76.82 


77.43 


IOO.79 


70° 


68° 


83. 7 8 


7 3.8i 


60.00 


78.O9 


76.96 


9 8.56 


64° 


• 


89.47 


51.92 


65.2i 


87.l3 
9O.9O 

83.5i 


77-02 

7 8 -97" 
74.28 


88.20 
92.10 
84.4i 


66° 

69° 
64' 


66° 

7'° 
59° 


88.83 
92.85 
85.36 


5o.5o 
5 7 .44 
42.62 


67.10 
69.93 
62.93 


78.94 
82.50 
7 5.53 


79.10 
85.62 
7 5.53 


100.16 

io3. 7 8 

96.87 


70° 
72 ' 

69° 


70° 
70° 
70° 


90.08 
92.85 
86.84 


55.27 

58.i8 
5i.63 


69.90 
73.23 
66.4i 


85. 7 5 
95.00 
7 5.56 


78.47 
84.66 
7 3.86 


91.28 

100.75 

84.96 


68° 

70° 
65° 


11 


91. i5 
95.00 

78.57 


52. i4 
61.81 
48.o 7 


65.47 
69.92 
5 9 .5 7 


86.88 
93.59 
77 .38 


8i.38 
69.41 
87.18 


9*-9 5 

101.47 

7 5.i6 


11 


H 


90.55 
97.22 
82.92 


5o.65 
45.45 
53.o6 


6*4.01 
69.16 
6i.o3 


80.4 1 
8i.56 
79.54 


77.20 
80.81 
73.74 


96.01 
99.28 
93.74 


6 7 ° 

65° 


5 7 ° 


81.06 
84.6i 
78.05 


51.72 
54.90 
49.01 


68.32 
69.92 
65.2i 


8o.3a 
82.56 
77.3o 


75.99 
78.52 

74.07 


94.68 . 
ioi.5o 
9°-97 


66° 

70° 
6i° 


58° 
62 

52° 


87.82 
91.67 
85.36 


5a.i6 
58.69 
43.63 


6 9 .83 
74.61 
65.io 



— 90 



TABLEAU 

RÉSUMÉ DES MENSU 



Manthra $ 



NÉGRITO $ 



BlCOLS . 



2 6. 



Grotte 
du Levant. 



5 6" • Moyenne. 
Maximum ...... 

Minimum 



9 $ . . Moyenne. 
Maximum ..*... 
Minimum.. 



Grotte 
du Carabao. 



16 $ . Moyenne. 
Maximum. ..... 

Minimum 



7 £ . Moyenne. 
Maximum 
Minimum 



Moros 
de Soulou. 



5 6" . Moyenne. 
Maximum .... 
Minimum 



5 Ç. . Moyenne. 
Maximum. . . . . 
Minimum 



CAPACITE 

CRÂNIENNE. 



cent, cubes. 
l3lO 



l23o 



i38o 



i632 
1675 
1590 



i3i3 
i48o 
1210 



l520 

1625 
i4io 



1420 
i55o 
1245 



i5 7 5 
1750 
i435 



l3Ô2 

i565 
1 180 



PROJECTIONS 



millimètres. 
82,0 



88,0 



99'9' 



101,0 

108,0 

96,0 



9 5,5 

io5,o 

85,o 



99»° 
106,0 



94,0 

102,0 

92,0 



100,0 

io5,o 

9^,o 



9 1 » 

101,0 

96,0 



millimètres. 

7,0 



i3,o 



16,0 



24,6 
3o,o 
20,0 



14,7 
17*0 
i3,o 



18,0 
2 5,o 
11,0 



17,0 

22,0 

9'° 



18,0 
24,0 
i5,o 



21,0 
26,0 
i5,o 



millimètres. 
89,0 



85,o 



9*»o 



9 1 ' 
93,0 
87,0 



86,5 
94,0 
77>° 



85,o 
98,0 
75,0 



8i,3 
72,0 
87,0 



9 1 >° 
95,0 
88,0 



89,0 

101,0 

83,o, 



N°IL 

RATIONS CRÂNIENNES. 


* 




_ 91 - 








INDICES 




ANGLES 


INDICES 




LONG. 
= 100; 
LARG. = 


LONG. 

= 100 ; 

HAUT. = 


LARG. 

= ioo; 

HAUT. = 


ALVÉOLAIRE. 


MANDIBU- 
LAIRE. 


ORBITAIRE. 


NASAL. 


FACIAL. 


79.26 


7 8.04 


98.46 


74° 


*9° 


ÎOO.OO 


55.55 


63.47 


76.82 


77.43 


IOO.79 


70° 


68° 


83. 7 8 


7 3.8i 


60.00 


78.O9 


76.96 


9 8.56 


64° 


■ 


89.47 


51.92 


65.2i 


87.l3 
9O.9O 

83.5i 


77.02 

7 8 -97 
74.28 


88.20 
92.10 
844i 


66" 

69° 
64° 


66" 

7*° 
59° 


88.83 
92.85 
85.36 


5o.5o 
5 7 .44 
42.62 


67.10 
69.93 
62.93 


78.94 
82.50 
7 5.53 


79.10 
85.62 
7 5.53 


100.16 

103.78 

96.87 


7o° 
72» 

69 


7<>° 
7 o° 
7 o° 


90.08 
92.85 
86.84 


55.27 

58.i8 
5i.63 


69.90 
73.23 
66.4i 


85. 7 5 
95.00 
7 5.56 


78.47 
84.66 
7 3.86 


91.28 
100.75 

84.96 


68° 
7 o° 
65" 


„ 


91. i5 
95.00 

78.57 


52. i4 
61.81 
48.07 


65.47 
69.92 
59.57 


86.88 
93.59 
77 .38 


8i.38 
69.41 
87.18 


9 1 -9 5 

101.47 

75.16 


" 


« 

H 


90.55 
97.22 
82.92 


5o.65 
45.45 
53.o6 


6*4.01 
69.16 
61. o3 


80.4 1 
8i.56 

79.54 


77.20 
80.81 
7 3. 7 4 


96.01 
99.28 
9 3. 7 4 


6 7 ° 

7 2 ° 
65° 


57° 


81.06 
84.6 1 
7 8.o5 


51.72 
54.90 
49.01 


68.32 
69.92 
65.2i 


8o.32 
82.56 
77.3o 


7^99 
78.52 

* 74.07 


94.68 

101. 5o 

9°-97 


66° 

70° 
6i° 


58° 
62 

52° 


87.82 
91.67 
85.36 


52.16 
58.69 
43.63 


6 9 .83 
74.61 
65.io 



92 — 



TABLEAU 



Grotte 
de Tinagho. 



Île 
de Magbulacao. 



Grottes 
de Kabatuan. 



Maîiobo. . 
Bagobos . . 

Sàmals. . . 

MàNDAYAS. 



3 6" . Moyenne. . 

Maximum 

Minimum ..... 

i $ 

2 $ . Moyenne. . 
Maximum ..... 
Minimum 

2 $ . Moyenne. . 

Maximum 

Minimum, . . . . . 

19 <$. Moyenne. 

Maximum 

Minimum 

10 $ . Moyenne. 
Maximum ..... 
Minimum 

1 Ô....- 

2 $ . Moyenne . 
Maximum ..... 
Minimum, 

1 ô-.... 

1 ? 

2 6" . Moyenne. . 

Maximum 

Minimum. ..... 

3 6* . Moyenne . . 

Maximum 

Minimum. ..... 



CAPACITE 

CRÂNIENNE. 



cent, cubes. 

i64o 
i 7 55 
i545 



1160 



i555 
i5p,5 
i5i5 



i36 7 
i435 
i3oo 



i538 
1760 
1290 



1^2 2 
l5lO 
l32Ô 



i6o5 



1062 
1660 
i465 



i65o 



i3oo 



1,465 
i535 
i3^5 



i473 
i 7 65 
1225 



PROJECTIONS 



millimètres. 
100,6 

io3,o 
98,0 



102,0 



9 4,o 
o4,o 
94,o 



9^6 

108,0 

9 3,o 



9 3,8 

97*°» 
88.0 



93,o 



100,0 
100,0 
100,0 



102,0 



98,0 



9* ,5 
93,o 
92^0 



90,0 
92,0 
87,0 



millimètres. 

i5,3 

23,o 

8,0 



22,0 



16,0 
17,0 
i5,o 



17,0 
3 0,0 
i3,o 



16,0 
22,0 
1 1,0 



6,0 



i3,5 

7,0 

20,0 



3o,o 



17,0 



10,0 

ï3,o 

1& 



io,3 

i5,o 

6,0 



N° If. (Suite.) 



93 





JNDICES 


LARQ. 

= ioo; 

HAUT. = 


ANG 

ALVEOLAIRE. 


LES 

MANDI- 
•BULAIRE. 


INDICES 


LONG. 

= ioo; 

LARG. = * 


Lowc. 
= 100; 

HAUT. = 


ORBITAIRB. 


NASAL. 


FACIAL. 


83.65 
90.18 
78.37 


78.59 
85.8g 

73. 5i 


93.89 
95.23 
92.66 


67» 
64° 
73° 


• 


85.62 
95.00 
7 4.36 


54.o5 
5 7 .44 
52.00 


67.O2 
74.82 
60.56 


80.98 


80.37 


99- 2 4 


63° 


■ 


86.84 


56.25 


69.53 


8o.54 1 

85.o5 

76.04 


77.73 
80.46 
76.00 


96.61 
9 8.63 
94.59 


u 


■■ 


87.19 . 

91.89 
82.50 


61.29 
64*58 
58.oo 


61.88 
67.83 
55.94 


86.17 

9*-77 
8o.5 7 


7 8.o5 
83.54 

72.57 


90.55 
91.03 
90.07 


7 o° 

7°° 

70° 


* 


9 1 -77 
97.06 
86.48 


54.83 
55.32 
54.34 


65.64 
68.00 
63.28 


84.o3 
92.21 
76.75 


80.84 
85.2 9 
7 6.i3 

* 


95.25 

io4.5o 

88.35 


6 7 ° 
63° 

7 1 " 


« 


89.37 
97 .5o 
82.92 


53.5 9 
64.00 
40.74 


66. 7 4 
70.21 
58.i5 


85.3g 
94.11 
72.82 


79.65 
86.27 
?3.3 7 


92.73 

100.74 

89.47 


67° 
63° 

70° 


68° 

"7 l0 
64° 


90.89 
97.22 
84.21 


59.26 
89.27 
46.00 


*65. 7 6 
7i.54 
58.27 


87.64 


83.53 


95.3o 


7 6° 


79° 


90.00 


51.92 


60.1 4 


79.80 
8i.3 9 
78.21 


78.61 
79.33 
77»9o 


9 8.56 

101.42 

9 5. 7 i 


69° 
7°° 
68° 


69° 
74° 
64° 


88.18 

%.i9 
87.18 


52.93 
49.01 
56.86 


62.56 
67.16 

57-97 


82.22 


7^-99 


91.21 


62 


67° 


91 -H 


So.oo 


69.69 


78.69 


7 4.55 


94.73 


66° 


6o° 


91.67 


43.39 


7 o.83. 


8ô.4i 

84.70 

* 76.13 


76.96 
8a.35 
7 i.58 


9^.62 
97.22 
94.02 


73"° 

7 5° 
75 


62 


85. 7 ï 
85. 7 i 
85. 7 i 


5o.8i 
5 1.63 i 
ôo.oo 


6 5. 60 
66.âo 
64.8o 


80.99 
82.09 
8o.35 


7 8.85 
80.24 
77-97 


97-34 
97-74 
97.03 


H 


• 


86.00 
88.5 7 
83.33 


5o.i5 
5i.63 
47.72 


66.43 
68.33 
64.86 



— 92 



Grotte 
de Tinagho. 



Île 
de Magbulacao. 



Grottes 
de Kabatuan. 



Maîiobo. 



Bagobos. 



3AMALS.. 



MàNDAYAS. 






3 6" . Moyenne. . 

Maximum 

Minimum ..... 

i $.... 

2 6" . Moyenne.. 

Maximum 

Minimum 

2 $ . Moyenne. . 
Maximum ..... 
Minimum. 

19 &. Moyenne. 

Maximum 

Minimum 

10 $ . Moyenne. 
Maximum 
Minimum. ..... 

1 5..... 

2 o" - Moyenne . 
Maximum . . „ . . 
Minimum* 

1 Ô.... 

1 ? 

2 $ . Moyenne. . . 
Maximum. ...... 

Minimum. 

3 $ . Moyenne.. . 
Maximum ...... 

Minimum 



CAPACITE 

CRÂNIENNE. 



i64o 
i 7 55 
i545 



1160 



i555 
1895 
i5i5 



i36 7 
i435 
i3oo 



i$38 
1750 
1290 



l42'2 

i5io 
i325 



i6o5 



l56 2 

1660 
i465 



i65o 



i3oo 



ii65 
i535 
i%5 



i4 7 3 
i 7 65 
1225 



TABLEAU 



PROJECTIONS 



millimètres. 
100,6 

io3,o 
98,0 



104,0 



9 4,o 
94,0 
94,0 



99- 6 

108,0 

93,0 



93,8 

97'°. 

88.0 



93,0 



100,0 
100,0 
100,0 



102,0 



98,0 



9^,5 
93,0 
92^0 



90,0 
92,0 
87,0 



millimètres. 

i5 t 3 

23,o 

8,0 



16,0 
17,0 
i5,o 



17,0 
3o,o 
i3,o 



16,0 
22,0 
11,0 



6,0 



i3,5 

7'° 
20,0 



3o,o 



17»° 



10,0 

i3,o 

7>o 



io,3 

i5,o 

6,0 



OCCIPITALE. 



millimètres. 

88,0 
96,0 
78,0 



79«o 



83,o 
89,0 
77»° 



88,4 

9 5 '° 
81,0 



88,4 
95,0 
80,0 



84,o 



75,5 
88,0 
63,o 



98,0 



87,0 



89,5 

9 5 '° 
84,o 



9°» 6 
9 5 >° 
85,o 



— 93 



N° H. (Suite. 



INDICES 



LONG. 
= 10O; 



83.65 
90.18 
78.37 



80.98 



8o.54 
85.o5 
76.04 



long. 
= 100; 



86.17 

9»-77 
80.57 



84.o3 
92.21 
76.75 



85.3 9 
94.11 
72.82 



87.64 



79.80 
8i.3 9 

78.21 



82.22 



78.59 
85.89 
7 3.5i 



80.37 



77.73 
8o.46 
76.00 



78.05 
83.54 
72.57 



80.84 
85.29 
76.13 



79.65 
86.27 
73.37 



83.53 



80.4 1 
84.70 
76.13 



80.99 
82.09 
8o.35 



78.61 
79.33 
77-9o 



7*-99 



78.69 ••■ 74.55 



76.96 
82.35 
71.58 



7 8.85 
80.24 
77-97 



LARS. 

= xoo; 



93.89 

95.23 
92.66 



99.24 



96.61 
98.63 
94.59 



90.55 
91.o3 
90.07 



95.25 

io4.5o 
88.35 



92.73 

100.74 

89.47 



95.3o 



9 8.56 

101.42 

95.71 



91.21 



94.73 



9B.62 
97.22 
94.02 



97.34 

97-7* 
97.03 



ANGLES 



ALVEOLAIRE. 



67° 
64° 
73° 



63° 



70 
7°" 
7°° 



67° 
63° 



6 7 ° 
63° 
7 o° 



76° 



69° 
7 o° 
68° 



62 



66° 



7 3» 
7 5° 

7î° 



MAHDI- 
"BULA1RE. 



68° 

'7^° 
64° 



79" 



69° 
7*° 
64° 



67° 



6o° 



62 



INDICES 



85.62 
95.00 
7 4.36 



86.84 



87.19 

91-89 
82.50 



9*-77 
97.06 
86.48 



89.37 
97.5o 
82.92 



90.89 
97.22 
84.21 



90.00 



88.18 

%• » 9 
87.18 



9 1 - 8 9 



91.67 



85. 7 i 
85.71 
85. 7 i 



86.00 

88.5 7 
83.33 



54.o5 
5 7 .44 
52.00 



56.25 



61.29 
64^68 
58.oo 



54.83 
55.32 
54.34 



53.5 9 
64.oo 
40.74 



69.26 

89- 2 7 
46.00 



51.92 



52.93 
4901 
56.86 



5o.oo 



43.39 



5o.8i 
5 1.63 
5o.oo 



5o.i5 
5i.63 
47.72 



67.02 
74.82 
6o.56 

69.53 

61.88 
67.83 
55.94 

65.64 
68.00 
63.28 

66. 7 4 
70.21 
58.i5 

*65. 7 6 
7i.54 
58.27 

60.1 4 

62.56 
67.16 
57-97 

69.69 

7 o.83. 

65.6o 
664o 
.64.80 

66.43 
68.33 
64.86 






_ 94 — 

A l'exception des Bilans et des Mamânuas, les tribus de V inté- 
rieur de la partie orientale de Mindanao appartiennent donc à une 
race unique, à variétés assez nettes, où il est impossible de mécon- 
naître les traits essentiels de celle qui, partie probablement de 
Bourou W, s'est étendue sur les archipels du Pacifique. 

Mindanao représente une des étapes vers le nord de cette race, 
qui se répandit avec une puissance irrésistible aussi bien dans les 
Philippines que dans le reste de la Malaisie et dans la Polynésie. 
Après avoir eu une fortune presque également brillante, les di- 
vers rameaux émanés du vigoureux tronc polynésien paraissent 
voués à la même décadence. Les Indonésiens de Mindanao, jus- 
qu'ici éloignés du contact des Européens, n'ont pas souffert des 
épidémies qui dévorent leurs frères du Pacifique; mais il est 
probable que l'heure fatale sonnera bientôt pour eux; sous l'ac- 
tion combinée des Européens, des Malais et des Chinois, ils ne 
survivront guère aux Négritos qu'ils auront anéantis. 

CHAPITRE IV. 

PATHOLOGIE. 

I 

# 

En général, les Européens qui n'habitent pas des points excep- 
tionnellement malsains et qui n'ont pas à endurer des fatigues 
excessives tolèrent bien le climat des Philippines. Il n'est pas très 
rare de rencontrer des fonctionnaires et des négociants âgés de 
60 ans et plus, séjournant dans l'archipel depuis trente ou qua- 
rante ans et dont la constitution ne paraît nullement altérée. 

Le plus souvent pourtant, après huit ou dix années de séjour con- 
tinu, V anémie apparaît; celle-ci fait de rapides progrès, et il devient 
urgent pour l'Européen de reconstituer dans un climat tempéré 
son organisme ébranlé. 

De tous les individus de race blanche, l'Espagnol est celui qui 
résiste le mieux au climat; mais, pour lui comme pour les autres, 
ce terme moyen de huit à dix années est très abrégé s'il a subi l'at- 



M De Quatrefages, Les Polynésiens et leurs migrations; Paris, 1866; — et 
flornmes et fossiles et hommes sauvages; Paris, 1884, ch. vm, Migrations poly- 
nésiennes. 



— 95 — 

teinte des affections ordinaires du pays : diarrhée, dysenterie et 
malaria. 

La fièvre paludéenne est de toutes les maladies la plus fréquente ; 
ses allures varient avec les régions; presque tous les points habités 
par les Européens y sont exposés, mais les accès pernicieux sont 
médiocrement fréquents dans la plupart des villes et des pueblos. 
En général, les Européens sont beaucoup moins sensibles au palu- 
disme que les indigènes; les accès sont moins violents chez les pre^ 
miers; la convalescence est plus rapide, et les rechutes sont moins 
promptes, pourvu toutefois que la constitution des sujets nait pas 
été préalablement délabrée par l'anémie. Cette immunité relative 
est due surtout à l'usage du vin et à une alimentation tonique qui, 
dans les centres d'une certaine importance, ne diffère guère de 
celle qui est usitée en Europe; elle est due aussi au bon aménage- 
ment des habitations, qui sont bien closes, sans humidité, aux 
vêtements et aux couvertures de laine, qui préservent du refroidis- 
sement de la nuit. 

La diarrhée vient en seconde ligne par ordre de fréquence; elle 
reconnaît souvent pour cause les refroidissements, source d'un 
grand nombre d'affections (parfois légères, il est vrai). Dans 
toutes les maisons européennes, les appartements de réception 
sont disposés de telle sorte qu'ils sont constamment balayés par 
un courant d'air qui produit sur le corps, toujours couvert de 
transpiration, une impression d'autant plus nuisible qu'elle "est 
plus agréable et qu'on s'y abandonne plus longtemps. 

La diarrhée produite par le refroidissement guérit facilement. 
Il en est autrement de celle qui succède à l'abus des boissons alcoo- 
liques (gin et anisado M); elle ne tarde pas alors à se changer en 
dysenterie, affection rarement curable aux Philippines, quand elle 
survient dans ces conditions, et qui exige alors presque toujours le 
retour en Europe. 

La dysenterie s'établit souvent aussi d'emblée, et quelquefois 
d'une façon presque foudroyante. Après quelques heures de ma- 
laise et de douleurs lombaires vagues, le malade perd à peu près 
connaissance ; il gît sans force avec une sensation de brisement des 
plus pénibles; alors se succèdent les selles presque ininterrompues, 
qui peuvent se continuer pendant plusieurs jours; la maladie se 

M Anisefte non sucrée; la consommation en est très considérable. 



— 96 — 

termine assez souvent par la guérison complète , mais le trouble 
souffert par l'économie est toujours profond, et la convalescence 
assez longue. 

Dans les causes productrices de la diarrhée et de la dysenterie , 
il me paraît impossible de ne pas faire une part à l'excitation trans- 
mise par la moelle au système nerveux splanchnique: Cette exci- 
tation de la moelle, difficile à démontrer par des preuves directes* 
me paraît cependant incontestable ; elle est sans doute développée 
par l'exagération des fonctions de la peau et par le degré presque 
constamment élevé de l'électricité atmosphérique. 

Cette excitation de la moelle joue aussi un rôle important 
en provoquant des accès chez les sujets qui, depuis quelque 
temps sous l'influence paludéenne, acquièrent une extrême sen- 
sibilité aux refroidissements; dans l'état de santé, elle peut, chez 
quelques sujets irritables, modifier le caractère , mais non au degré 
constaté en Cochinchine par M. le D r A.-T. Mondière. Les excès 
cités par cet observateur distingué M me paraissent uniquement 
dépendre de la situation réciproque des subordonnés et des supé- 
rieurs, si différente de celle qui est établie en Europe. Aux colo- 
nies comme ailleurs, on rencontre des Européens justes, indul- 
gents, compatissants, à côté d'autres qui sont sévères, durs, 
prompts à s'irriter et à sévir. 

Les affections catarrhales sont fréquentes, mais habituellement 
légères. Le rhumatisme articulaire aigu, moins fréquent, est plus 
grave ; il dégénère parfois en arthrite chronique. 

La syphilis, que l'on ne trouve guère d'ailleurs que dans les 
ports de mer et les grands centres, est infiniment plus grave pour 
les Européens que pour les indigènes. 

Le chancre simple, assez fréquent, devient facilement phagé- 
dénique. 

La blennorragie, très fréquente, récidive avec la plus grande 
facilité. 

L'immunité relative des Européens à l'égard du climat ne con- 
cerne que les hommes ; les femmes européennes sont loin de pré- 
senter la même résistance. L'anémie survient chez elles beau- 
coup plus rapidement et ne tarde pas à être aggravée par des 

M Anthropologie de la race annamite in Mémoires Soc. anthrop. de Paris, 
1873, t. ï, p. 353. 



— 97 — 

leucorrhées et par des menstruations d'une abondance excessive. 
La fécondité n'est pas atteinte, mais les accouchements sont sou- 
vent difficiles; ils sont rendus fort longs par l'inertie de l'utérus, 
et deviennent souvent mortels par les hémorragies incoercibles 
# qui les suivent. 

Les enfants de race blanche sont plus éprouvés encore par le 
climat; leur peau est généralement décolorée, souvent terreuse, 
leurs chairs sont molles, leurs mouvements et leur caractère per- 
dent cette vivacité si fréquente en Europe. La tuberculose abdo- 
minale et la fièvre paludéenne prélèvent sur eux un large tribut. 

Le' tempérament lymphatique et l'anémie dominent chez tous 
les indigènes des Philippines , du moins chez tous ceux de race 
malaise qui occupent les régions basses et les côtes et qui forment 
la grande majorité des populations de l'archipel. 

A ce fait prépondérant est subordonnée toute la pathologie de 
de la race; il donne la raison de l'amoindrissement de la taille et 
de l'infériorité des indigènes à l'égard des colons européens et chi- 
nois. Tous les chirurgiens attachés aux divers corps de l'armée in- 
digène constatent ce lymphatisme et cette anémie, contre lesquels 
ils emploient avec succès les ferrugineux. 

Les 1,200 conscrits qui recrutent annuellement l'armée indi- 
gène des Philippines nécessitent l'appel de trois ou quatre fois au- 
tant de jeunes gens jugés aptes au service après un premier exa- 
men subi dans leurs pueblos. Presque tous les individus récusés 
le sont pour cause de lymphatisme ou de l'un des défauts consti- 
tutionnels liés à ce tempérament. 

Cette infériorité ethnique ne paraît pas directement produite par 
le climat, car les Chinois et les métis de Chinois nés aux Philip- 
pines , et vivant dans d'autres conditions que les Indiens, sont loin 
de présenter la même apparence. Cette infériorité paraît entière- 
ment dépendre de la nature de l'alimentation. 

Dans presque tous les pays froids ou tempérés, les besoins ali- 
mentaires et domestiques d'une part, de l'autre la division du sol 
entièrement occupé, obligent la masse de la population à un tra- 
vail énergique et quotidien; depuis un demi-siècle le développe- 
ment progressif de l'instruction éveille en outre des besoins nou- 
veaux dont la satisfaction, sans servir exclusivement à l'augmen- 
tation du bien-être matériel, a toujours cependant pour résultat une 
amélioration notable de l'alimentation. 



— 98 — 

Il en est autrement aux Philippines prises dans leur ensemble, 
comme dans la plus grande partie du grand archipel d'Asie. 
L'étendue du sol cultivable, d'une merveilleuse fertilité, dépasse 
de beaucoup celle qui peut être utilisée parla population. Indolent 
et peu enclin aux efforts soutenus, n'ayant en dehors de l'alimen- 
tation que des besoins très restreints, l'Indien, livré à lui-même, 
limite son travail à la culture qui assure le plus facilement sa sub- 
sistance, sans se préoccuper du gain que lui procureraient des cul- 
tures plus pénibles et de l'amélioration qu'elles lui permettraient 
d'apporter à son régime. 

Le riz et la camole (Convolvulus Bataias) sont les plantes qui 
répondent le mieux à son besoin d'oisiveté; elles forment la base 
de son alimentation , le riz surtout, car la patate a une valeur ali- 
mentaire par trop insuffisante. Le riz en possède une un peu plus 
élevée , mais la quantité nécessaire à l'alimentation représente encore 
un volume considérable. II serait impossible, même à un Indien, 
d'absorber cet aliment fade en aussi grande quantité sans condi- 
ments d'une saveur très relevée. Souvent le poisson séché ou salé 
en tient lieu, mais plus souvent encore l'assaisonnement du repas 
est uniquement fourni par le sel ou les piments rouges. L'usage 
du vin est inconnu; celui de la tuba (liqueur alcoolique tirée par 
la fermentation de la sève de divers palmiers) est exceptionnel. 

Les conséquences immédiates de ce régime sont les mêmes pour 
tous les Indiens: tous sans exception, hommes et femmes, sont 
constamment atteints de diarrhée; leurs selles sont toujours lien- 
tériques, et très diffluentes. C'est là un fait d'une importance capi- 
tale et bien facile à constater, vu la disposition des lieux d'aisances, 
dépourvus de fosses, dans toutes les habitations indigènes; il me pa- 
raît impossible de ne pas y attribuer une grande valeur au point de 
vue de la constitution physique et morale de la race, et de sa faible 
résistance aux maladies endémiques et aux épidémies de choléra. 

Il ne peut être question pour légitimer ce régime, de besoins 
organiques spéciaux cherchant instinctivement leur satisfaction 
dans une nourriture presque exclusivement végétale. Quand un 
Indien est soumis à l'alimentation des Européens, peu de jours 
suffisent pour que son estomac s'habitue à ne recevoir qu'un vo- 
lume moindre d'aliments , et il ne tarde pas à préférer son nouveau 
régime. Ce fait est journellement constaté sur ceux des navires de 
l'escadre des Philippines qui ont un équipage mixte d'Européens 



— 99 — 

et d'indigènes. Ces derniers sont autorisés à choisir entre la ration 
des troupes indigènes et celle des Européens; ils ne tardent pas à 
préférer la dernière, au grand bénéfice de leur vigueur et de leur 
santé. 

Vu les conditions énumérées plus haut, on conçoit combien les 
diverses manifestations de la scrofule doivent être fréquentes, il 
en est de même de la carie dentaire (enrayée cependant par les prin- 
cipes astringents du huyo, bétel), des adénites cervicales et autres. 
Les phlegmons succèdent facilement aux contusions et donnent 
lieu à des décollements étendus, à des suppurations intarissables. 
Le grand avantage, le seul peut-être que les Indiens ont sur les 
Européens, tient à leur peu de transpiration, qui les préserve 
de la plupart des affections catarrhales, et surtout de Y anémie 
rapidement progressive qui est le grand écueil du séjour prolongé 
des Européens. Il est probable que ces derniers arriveraient à 
modifier favorablement l'abondance de leur transpiration si l'usage 
leur permettait de s'habituer progressivement à ne porter que 
des vêtements aussi légers et aussi incomplets que ceux des indi- 
gènes. 

La phtisie pulmonaire est très fréquente et marche rapidement 
chez les Indiens. La fièvre paludéenne est beaucoup plus fréquente 
chez eux que chez les Européens , et récidive avec une grande faci- 
lité. Il n'est pas rare de rencontrer des individus âgés , des deux sexes , 
qui ont chaque année, depuis leur enfance, des accès intermittents 
et qui vivent dans un état de santé relatif avec des rates énormes. 
Beaucoup aussi succombent à la cachexie paludéenne. Il est remar- 
quable que, dans les accès paludéens, les indigènes, avec des tem- 
pératures fréquentes de ko à 4i degrés , n'aient que 80 à 90 pulsa- 
tions. 

La dysenterie, les affections rhumatismales, ne paraissent pas 
suivre chez les Indiens une marche spéciale. Les affections cuta- 
nées sont assez rares, et celles qui reconnaissent une influence 
nettement parasitaire sont exceptionnelles, grâce au soin que les 
individus des deux sexes prennent de leur chevelure et aux bains 
quotidiens et bi-quotidiens auxquels ils ne manquent jamais. 

On a vu que la syphilis était peu répandue en dehors des grands 
centres et des ports de mer. Elle est infiniment moins grave pour 
les indigènes que pour les Européens, du moins quant aux acci- 
dents primitifs et secondaires; mais sa marche n'est pas modifiée, 

8 



IMÏP.IMKnir SATIO! 



— 100 — 

car on constate -chez les indigènes âgés des accidents tertiaires qui 
ne diffèrent pas de ceux qu'on observe en Europe. 

La difformité la plus fréquente paraît être le bec - de -lièvre* 
(Voir, plus bas, Albay.) 

Je dois noter le nombre considérable d'epithéliomas des lèvres 
et de la face que j'ai rencontrés à Butmân (Mindanao) , sans pouvoir 
le rattacher à une cause spéciale. 

Bien que l'imprévoyance des indigènes s'oppose certainement 
aux pratiques qui, dans d'autres pays, limitent la fécondité, les 
familles sont généralement peu nombreuses. Les déplacements de 
l'utérus et les métrites chroniques, conséquences de pratiques vio- 
lentes qui sont employées par les matrones du pays pour peu que 
l'accouchement soit laborieux, et aussi du peu de repos que pren- 
nent les nouvelles accouchées, rendent celles-ci stériles de bonne 
heure. En outre, la mortalité des enfants en bas âge est considé- 
rable; elle paraît due en grande partie à l'athrepsie, aux diarrhées 
colliquatives , suites d'une alimentation grossière et prématurée. 

Les populations sauvages, insoumises, retirées dans l'intérieur, 
présentent une constitution très différente, qui tient beaucoup 
moins à leurs aptitudes de race qu'à Pabondance ou aux privations 
inhérentes à leur puissance ou à leur faiblesse comme tribus. 

La plupart des tribus de l'intérieur de Mindanao sont rigou- 
reuses, bien constituées, et ne sont ni anémiques ni lymphatiques 
comme les Indiens soumis. 

Les Négritos de Mindanao (Mamânuas), quoique vivant fort 
misérablement, ne m'ont pas présenté d'affections spéciales. Ceux 
de la Sierra de Marivelès (Luçon), petits et grêles, ont un bon 
tempérament. Dans les deux tribus du mont Samat que j'ai visitées 
et qui comptaient ensemble environ 60 individus des deux sexes, 
il n'y avait ni infirmes ni malades ( sauf quelques individus at- 
teints de psoriasis). Mais, chez ces naturels, plus encore que chez 
les Indiens, la fécondité est restreinte par les pratiques qui suivent 
l'accouchement. (Voir chap. m.) Les Négritos sont en outre sou- 
vent décimés par des épidémies de variole. 

Dans les montagnes de la péninsule de Malacca, au contraire, 
les tribus sauvages sans agriculture, affamées, présentent de 
nombreux cas de rachitisme. Deux fois j'ai constaté l'épilepsie, 
qui doit sans doute être assez fréquente; j'ai noté aussi le stra- 
bisme. Chez tous les enfants et chez une partie des adultes, l'abdo- 



— 101 — 

men est excessivement développé, conséquence d'une alimentation 
grossière et insuffisante; beaucoup d'enfants succombent avant 
leur deuxième année. Les maladies cutanées sont très développées 
chez les adultes des deux sexes; les plus fréquentes sont l'echtyma, 
les psoriasis et Je pityriasis. 

II 

Je donnerai maintenant les faits que j'ai pu recueillir sur l'hy- 
giène et la pathologie de chacun des points que j'ai visités. 

1 . Manille, — Au premier abord , la ville de Manille paraît devoir 
être excessivement malsaine; en effet, les faubourgs (qui renfer- 
ment les trois quarts de la population) sont sillonnés d'arroyos en- 
combrés d'ordures et de détritus de toute nature immobilisés dans 
la vase et exposés à l'air pendant toute la durée du jusant. Le Pasig 
charrie constamment d'énormes quantités de QuiapoM flottants, qui 
ne peuvent vivre qu'en enlevant à l'eau une partie de son oxygène. 
Cependant, je ne crois pas que le choléra se soit jamais développé 
spontanément à Manille; la fièvre paludéenne n'y est habituelle- 
ment ni très grave ni très fréquente, et, en somme, la constitu- 
tion médicale habituelle y est en contradiction formelle avec l'état 
apparent du milieu. Il est possible que l'influence délétère de la 
putréfaction des détritus organiques soit en partie neutralisée par 
l'ozone, dont le pouvoir d'oxydation est si considérable. 

En l'absence de statistiques détaillées et raisonnées, il est diffi- 
cile de se faire une idée précise de la salubrité de Manille soit 
pour les indigènes, soit pour les Européens, et de la possibilité 
pour ces derniers de s'y acclimater définitivement, c'est à-dire de se 
perpétuer par des générations indéfiniment fécondes, sans mélange 
de sang indigène. 

Les Européens qui atteignent un âge avancé ne sont pas plus 
rares à Manille que dans les autres parties des Philippines. Les 
mariages des blancs sont habituellement très féconds , mais il est 
impossible de savoir ce que serait la fécondité des créoles purs et 
de leur descendance; car, soit qu'ils quittent les Philippines, soit 
qu'ils y demeurent, ces créoles se marient avec des individus de 
race blanche non créoles, et quelquefois, dans le second cas, avec 

M Pistia stratiotes , Bl. (Aroïdées). 

8. 



_ 102 — 

des individus plus ou moins métissés de sang indien. Les fa- 
milles créoles anciennes exclusivement constituées par des sujets 
de race blanche nés dans l'archipel doivent donc être excessive- 
ment rares, et il est impossible au voyageur d'acquérir des don- 
nées certaines à cet égard. Quant aux croisements d'Espagnols et 
d'Indiens, ils sont essentiellement eugénésiques à tous les degrés; 
les métisses de Manille ont une réputation de beauté qui n'est pas 
exagérée; la vigueur, la santé, la fécondité des métis des deux 
sexes est supérieure à celle des Espagnols et des Indiens purs. Il 
n'en est pas tout à fait ainsi des métis, beaucoup moins nombreux, 
des races indienne et saxonne; ceux-ci paraissent inférieurs aux 
premiers. 

A défaut de documents plus étendus, j'emprunte aux deux ou- 
vrages de don Agustin de la Gavada M les données suivantes : 

MORTALITÉ DE LA POPULATION DE MANILLE EN l88o. 



ÂGE. 


ESPA- 
GNOLS. 


MÉTIS 
nisPAxo- 

IHDIENS. 


INDIENS. 


MÉTIS 

S1NO- 


TOTAL. 


De moins de 1 an 

De 1 à 7 ans 


i/i 

i3 

3 

I12 


i3 

2 

1 
9 


862 

588 
48 

7* 
932 

39 


i35 
67 

2 
21 
98 

*7 


1,024 

67O 

53 

96 
l,o8l 

56 


De 8 à 1 5 ans 

De 1 6 à 2 5 ans 

De 26 à 60 ans 

De 61 à 80 ans 

Totaux 


72 


25 


2,543 


34o 


2,980 
201 




Total général . . . 










3,i8i 













L'auteur cité indique que ce chiffre constitue une proportion 
annuelle de 345 p. o/o, qui ne concorde pas cependant avec le 
chiffre de la population du district municipal (Manille et ses fau- 
bourgs), qui s'élève, d'après le même auteur, à 74,3o6 habitants. 

Si l'on admettait ce nombre d'habitants, 3,i8i décès donneraient 
une énorme mortalité de 4.27 p. 0/0. La proportion considérable 

W Historia geogr. geolog.j estadist. de FUipinas. Manila, 1876. — Gnia de FUi- 
pinas para 1881. Manila, 1881 



— 103 — 

des décès de o à 1 an (i,oa4 : 3,i8i : : à peu près 322 : 1,000) 
n'expliquerait qu'en partie l'élévation de la mortalité générale. Il 
est très probable que cette mortalité s'atténuerait considérablement 
si Ion connaissait le chiffre réel de la population de Manille, lequel, 
vu les procédés adoptés pour le recensement, ne peut être déter- 
miné avec certitude. Le chiffre de 7<i,3o6 habitants est sans doute 
beaucoup trop faible. (Voir Population des Philippines, chap. vi.) 

Les nombres relatifs aux divers âges et aux diverses catégories 
des habitants de Manille faisant défaut, il est impossible d'avoir 
aucune idée de la proportion pour laquelle ces âges et ces catégories 
concourent à la mortalité générale; même si Ton avait ces ren- 
seignements, ils ne seraient utilisables que pour les Espagnols et 
pour les Chinois; car, dans le recensement, les deux catégories 
de métis ne comprennent que le petit nombre de ceux qui sont 
issus d'unions légitimes ou qui ont été reconnus par le père, tons 
les autres étant administrativement confondus avec les Indiens. 

L'hôpital civil de San-Juan-de-Dios reçoit des malades de 
toute catégorie ; les résultais ne sont donnés que pour les années 
1870 et 1879, et ils sont tellement sommaires qu'il est difficile 
d'en tirer quelque conclusion. 

MOUVEMENT DE ^HOPITAL DE SAN-JUAN-DE-DIOS POUR 187O. 



Nombre des malades traités dans 
Tannée . 



Proportion ( des guérisons . 
p. 100 | des décès. . . . 



EURO- 
PÉENS. 



i54 
86.01 

i3-99 



INDIGÈNES. 



99 2 



259 



72.53 
27.47 



**9 
74.74 
25.26 



Pour l'année 1879, les renseignements se bornent aux sui- 
vants : 



Malades des deux sexes au 3i décembre 1878 3o3 

Malades des deux sexes entrés en 1879 3,8 1 4 

Guérisons 3, 1 56 

Décès . 654 

Malades restant au 3i décembre 1879 307 



— 10* — 

soit une proportion de 17.16 p, 0/0 pour les décès, et de 
82.83 p. 0/0 pour les guérisons. L'auteur avertit que dans le 
nombre des décès sont comptés les cadavres recueillis par la po- 
lice* et que plus de ko p. 0/0 de la mortalité est attribuable aux 
Indiens des deux sexes , qui, à cause de la répugnance que leur 
inspire l'hôpital, n'y sont entrés que parvenus à la période ultime 
de leur mal. Cette remarque tendrait à réduire l'avantage pré- 
senté par les Européens (pour 1870), s'il n'était très vraisemblable 
que la plupart de ces derniers sont des marins du commerce de 
nationalités diverses, ayant contracté leurs affections hors des Phi- 
lippines M.. 

Un hôpital spécial situé dans les environs de Manille est con- 
sacré au traitement de la lèpre tuberculeuse; ayant été presque 
toujours malade quand je suis passé à Manille r je nai pu le visi- 
ter; la lèpre ne paraît pas très fréquente dans la province; l'élé- 
phantiasis des Arabes et le pied de Madura y sont inconnus, comme 
dans le reste de l'archipel. 

Les documents relatifs à Fhôpital militaire de Manille sont un 
peu moins sommaires que ceux qui sont donnés pour Saint- Juan- 
de-Dios. 

Voici le mouvement de cet hôpital pour les années i856-i86o; 
les renseignements suivants s'appliquent à tous les militaires, euro- 
péens et indigènes : 

GUÉRISONS. DÉCÈS. 

1856 . 93.6 1 p. 0/0 6.39 p. 0/0 

1857 87.63 1 2 .3 7 

1858 . . i 92.92 7,08 

1859 89.88 1,0.12 

1860 93.03 6.97 

Pour Tannée 1 879 r la distinction a été faite pour les Européens 
et pour ie& indigènes ai»si q«# pour les éiv#rs eo^ps. 

Je ne reproduis le détail des corps que pour les deux bataillons 
d'artillerie, car ce sont les seuls dont l'effectif soit connu, pour 
les hommes d'une même race. J'ignore quel est le nombre des offi- 

W D'après Berlilîon, art. Mortalité [DicL encjcl. des sciences médicales), la 
mortalité moyenne des hôpitaux de Paris est de 1 i.4i5 pour 100 malades, assez 
peu inférieure, on le voit, à celle des Européens à Saint-Juan-de-Dios , malgré les 
causes qui élèvent indûment cette dernière. 



— 105 — 

cmm et des sous-officiers européens compris»daas l'effectif des corps 
indigènes. 

MOUVEMENT DE L'HOPITAL MILITAIRE D« MANILLE EN 1879. 



Euro- 1 
> péeas. J 

Indigènes. 


Officiers .. 


ENTREES. 


SORTIES. 


DÉCÈS. 


26 

342 
207 


23 

5o3 
365 
2o5 


1 

5 
6 
1 


*[ i er bataillon d'artillerie. 

Troupe. < 2 e bataillon d'artillerie. 

( Autres corps 

Totaux .*..... 


1,073 


1,096 


i3 




1,280 


1*299 


48 





Les deux bataillons d'artillerie sont exclusivement recrutés par 
des Espagnols nés en Europe , à l'exception de quelques ordon- 
nances indigènes qui ne sont pas comptées dans l'effectif peninsu- 
lar M. Cet effectif est , pour les sous-officiers et les soldats : 

i cr bataillon * . ... 719 hommes. 

2 e bataillon. 73o 

Total 1,449 

Ces 1,4/19 Européens n'ont donné que 11 décès pour Tannée 
1879, soit 0.76 p. 0/0. 

Les Européens des autres corps n'ont fourni qu'un seul décès, 
• Tous les malades européens ont présenté , ensemble, un total de 
i5,55o journées d'hôpital, et les malades indigènes un total de 
44,63o journées. 

Les i,449 sous-officiers et soldats de l'artillerie ont donné 84o en- 
trées, soit 78.28 p. 0/0 du total des entrées pour les Européens, 
et 868 sorties, soit 79.19 p. 0/0 des sorties pour le même groupe. 
En prenant la moyenne de ces deux proportions, soit 78.73 p. 0/0 
et en l'appliquant au nombre total de journées d'hôpital des Euro- 
péens, on arrive à attribuer aux artilleurs, avec une probabilité suf- 
fisante, 20,1 15 de ces journées, soit une moyenne de 23.94 jour- 



M Peninsular desigoe le citoyen espagnol né dans la métropole. 



— 106 — 

nées d'hôpital par malade, et de i3.88 journées par homme, pour 
l'effectif des deux bataillons. 

Bien que les sorties comprennent sans doute un nombre con- 
sidérable d'hommes réformés ou convalescents renvoyés en Eu- 
rope, ces résultats n'ont d'équivalent dans aucune autre colonie 
tropicale, et ceux que donne noire armée, même en Algérie, sont 
bien moins favorables M. 

On voit, en outre, combien l'Indien est inférieur à l'Européen 
quand ce dernier est bien constitué, bien nourri et non affaibli 
par l'anémie, ce qui est le cas pour les artilleurs espagnols, dont 
le séjour aux Philippines est habituellement de quatre années, 
rarement de six. 

Tandis que, pour l'année 1879, les artilleurs ne donnent que 
i.3o décès pour 100 malades entrés à l'hôpital et 23.94 journées 
de traitement par malade, les indigènes fournissent 3.75 décès 
pour 100 entrées et 34*94 journées de traitement par malade. 

Les artilleurs résident constamment à Manille, sauf dans cer- 
taines occasions exceptionnelles; leur solde est élevée; ils sont bien 
nourris. Ce sont les seuls militaires espagnols péninsulaires qui 
servent aux Philippines comme simples soldats; leur corps est 
aussi le seul de l'armée de terre qui soit exclusivement européen - r 
les autres corps sont formés d'indigènes et les Européens n'y 
servent que comaie officiers, sous-officiers ou caporaux. 



MORTALITE CQMPABEE DESARMEES FRANÇAISE, ANGLAISE, ESPAGNOLE. 



Ërmée française en France 
(1862-1869). 


DÉCÈS 
pour 
1,000 

SOMMES. 


NOMBRE 

D'ENTRÉES 

; à l'hôpital 

pour 
1,000 horam. 


MOYENNE 

DE LA DURÉE 

da 
traitement 
par malade. 


MOYENNE 

DE LA DURÉE 

du traitement 
par homme 
d'effectif. 


IO.IO 
17.16 

27.46 
7.60 


3l2 

i,65o 
5 79 


26.02 
23.94 


23.24 

i3.88 H 


Armée française en Algérie 
(1862-1869) 


Armée française en France et 
à l'extérieur (1862-1869). 

Armée anglaise dans l'Inde 
(i85q-i866) 


Artillerie espagnole à Manille 
(1870).. 







— 107 — 

Don Agustin de la Cavada donne les résultats suivants pour le 
corps de l'artillerie et pour les deux séries triennales i85o-i852 , 
i853-i855(ce corps ne comptait alors que 35o hommes de troupe) : 

1850-1852. 1853-1855. 

Réformés par an 4.85 p. o/o 1.62 p. 0/0 

Décès par an i,38 o.Ô2 

Pendant l'épidémie de choléra de décembre i854, le corps ne 
présenta que vingt cas, dont aucun ne fut suivi de décès. 

2. Province dïAlbay* — En l'absence de toute statistique con- 
nue, je dois me borner à rapporter les quelques remarques que 
j'ai pu faire pendant un séjour d'un mois dans cette province. 

La partie orientale, la seule que j'aie visitée, située au pied du 
volcan Mayon, paraît remarquablement salubre; il n'y a pas de 
marais, et la côte est dépourvue de palétuviers. 

Les Européens qui habitent cette province, depuis très long- 
temps pour la plupart, paraissent tolérer parfaitement le climat, 
quoiqu'il soit assez chaud et remarquablement humide. La dysen- 
terie et la fièvre paludéenne , coexistant le plus souvent chez un 
même sujet, les affections catarrhales légères, le rhumatisme 
articulaire aigu et chronique, sont les affections dominantes. Cette 
dernière affection est favorablement influencée par les sources 
sulfureuses thermales de Tiwi M. 

Quant aux femmes, l'anémie prélève sur elles un lourd tribut, 
et toutes les affections énumérées ci-dessus acquièrent par ce fait 
plus de gravité, ainsi que je l'ai indiqué plus haut. 

Les mêmes affections sévissent, avec une gravité médiocre, 
sur le% indigènes, qui présentent en outre : 

La migraine, dont la fréquence est excessive; mais la durée en 
est courte : quelques heures, une journée en général. 

Cette affection légère donne lieu à une difformité provoquée 
assez curieuse. Le malade cherche d'abord un soulagement en 
comprimant son front au moyen d'un bandeau fortement serré. 
Si ce moyen est insuffisant, tous les hommes (et les femmes 
quand elles ne sont plus jeunes) étirent la peau de la région cervi- 
cale entre les trois doigts du milieu de leur main droite, de ma- 

M Au nord de Ja ville d'Albay. ( Voir chap. 1. ) 



— 108 — 

nière à former un double pli dont le, sillon médian loge le doigt 
médius* Ik compriment ainsi la peau delà région et, la tirant for- 
tement en arrière, arrivent à déterminer une ecchymose. Il paraît 
que cette ventouse d'un nouveau genre est fort efficace; aussi les 
indigènes y ont-ils fréquemment recours. Cette pratique déter- 
mine à la longue la production d*un kyste, parfois énorme, dont 
la fréquence frappe toutes les personnes qui arrivent k Àlbay. 

La syphilis ne paraît pas être fort répandue. La fécondité, géné- 
ralement médiocre, des femmes indigènes semble devoir être plutôt 
rapportée aux causes déjà indiquées : déplacements de l'utérus, 
métrites chroniques, conséquence des pratiques grossières des 
matrones du pays et du peu de repos que prennent les nouvelles 
accouchées. 

Il y a quelques cas de lèpre tuberculeuse et un nombre beau- 
coup plus élevé de lupus, non emêens mais envahissant, de la 
face et des membres, que les indigènes prennent le plus souvent 
pour la lèpre. 

Le bee-de-lièvre est très Jréqueot, Les Bicols ont un mot spé- 
cial, kiput, pour désigner cette difformité , qui est* dit-on, surtout 
répandue dans le petit village de Kilikm. Je n'ai.pu , pendant mon 
court séjour dans la province, chercher à élucider la cause réelle 
de la fréquence anormale de cette difformité, rapportée générale- 
ment à une nourriture insuffisante, irritante, composée de pois- 
son sec et de mollusques, explication certainement erronée > car 
la population d'Alhay prise dans son ensemble n'a pas un carac- 
tère d'infériorité. La province est une des plus riches des Philip- 
pines et l'alimentation , semblable à celle de tous les indigènes de 
l'archipel, y est certainement plus facile et plus abondante que 
sur d'autres points. La fréquence du bec-de-lièvre pourr|it être 
regardée avec plus de vraisemblance comme une conséquence de 
la forte proportion du sang chinois. 

ck Pmr^Prirwesa. ™ Cet établissement de la côte orientale de 
Palawm {Pamgua des Espagnols) , récemment fondé swr les bords 
d'un magnifique havre naturel, ne comprend qu'une garnison de 
deux compagnies d'infanterie, plus une compagnie de discipline 
formée de déportée; les soldats de ces deux corps sont indigènes; 
la colonie européenne est limitée à quelques officiers européens 
et à leurs familles. La salubrité de Puerto-Princesa était satisfai- 



_ 109 — 

santé à l'époque de mon passage, malgré les travaux de défriche- 
ment exécutés constamment depuis plusieurs mois par les con- 
damnés. L'effectif de la compagnie disciplinaire ne comptait, sur 
96 indigènes, que 7 malades, presque tous atteints d'ulcères des 
jambes (ulcère de Cochinchine). Les condamnés sont destinés à 
coloniser les environs de rétablissement après leur libération; 
malgré les conditions favorables où se trouverait la nouvelle co- 
lonie, il faudra beaucoup de persévérance pour l'établir; l'Indien 
catholique n'est pas colonisateur; habitué aux ressources d'une 
civilisation avancée, à la vie joyeuse et insouciante des pueblos, 
il répugne à l'âpreté des efforts que réclame la conquête d'une 
nouvelle patrie. 

4. Balabac. — Ce point stratégique important, situé sur le dé- 
troit du même nom, ancien lieu de déportation pour les con- 
damnés indigènes, ne comprend aujourd'hui que quelques habi- 
tants civils, une garnison d'infanterie et une station navale. 

Des pluies abondantes durent à Balabac pendant toute l'année; 
la moyenne thermométrique oscille entre 27° et 3i° G. Pendant 
la mousson du S. 0. la salubrité est assez bonne; mais, dès que 
s'établissent les vents de N. E. qui balayent les marais situés 
dans cette direction, des fièvres graves se développent dans le 
pueblo. 

Voici quel était l'étét sanitaire lors de mon passage (nov. 1879) : 

La garnison se composait de 2 08 hommes d'infanterie indigène, 
et la station navale comprenait 75 matelots, aussi indigènes, for- 
mant Téquipage d'une canonnière mouillée sur rade. Les ma- 
lades de ces deux provenances étaient soignés à terte dans deux 
infirmeries séparées, dirigées par M- le D r don Pedro Saura Co- 
ronas pour l'armée , et par M. le D r don José Arias de Reina pour 
la marine; ces messieurs me firent visiter leurs services et me 
fournirent avec le plus grand empressement les détails suivants. 

L'infirmerie de la marine renfermait 7 malades y et celle de 
l'armée 37, dont 8 gravement atteints allaient être évacués sur 
Zamboanga. L'infirmerie de l'armée contient presque toujours 
20 p. 0/0 de l'effectif pendant la mousson de N.E. 

Les affections se réduisent presque exclusAvemefit aux fièvres 
paludéennes, à l'ulcère phagédénique des extrémités inférieures 
et à quelques rhumatismes. 



— 110 — 

Le lype habituel des fièvres est le quotidien; les types tierce et 
quarte ne sont presque jamais observés; les formes ataxiques, 
comateuses et pneumoniques se présentent parfois. Dans les cas 
ordinaires, le traitement débute par un léger purgatif; on donne 
ensuite 2 grammes de sulfate de quinine par jour, en dix pi- 
lules, mêlés à 10 centigrammes de tartre stibié ou de sulfate de 
soude et à 10 centigrammes d'opium. Dans les cas pernicieux, on 
administre des doses énormes de sel quinique, sans que jamais les 
médecins aient observé d'autre accident qu'une surdité passagère. 
Il y a des mois où les infirmeries de Balabac emploient jusqu'à 
1 kilogr. 5 00 de ce sel. 

L'hépatite et les abcès du foie sont inconnus, mais la dégéné- 
rescence amyloïde est excessivement fréquente. 

Les indigènes sont bien plus fréquemment atteints de la fièvre 
que les Européens (officiers et sous-officiers), fait qui est incon- 
testablement en rapport avec la différence d'alimentation; mais, 
chez ces derniers, les rechutes sont plus tenaces et plus graves, 
sans doute à cause de l'anémie. 

L'ulcère des jambes débute souvent dans un nid d'acarus; 
le repos et les cautérisations au nitrate d'argent amènent promp- 
tement la guérison, mais les récidives sont promptes et fré- 
quentes. 

La syphilis est à peu près inconnue dan* le poste de Balabac, 
bien qu'elle existe parmi les Malais du voisii âge, chez lesquels elle 
est importée sans doute par les trafiquants chinois. 

5. Zamboanga, résidence du gouverneur général de Mindanao, 
fondé par les Espagnols en i635, a toujours été leur base d'opé- 
ration contre les pirates malais [Moros) du sud de l'archipel et de 
Bornéo. 

Cette ville est située sur le bord de la mer, au pied de mon- 
tagnes boisées, clans nne plaine basse coupée de vastes marais sau- 
mâtres. Cependant Zamboanga jouit d'une salubrité remarquable ; 
c'est même le point réputé le plus sain de toutes les Philip- 
pines. 

L'hôpital militaire est bien construit et très bien tenu; il est 
destiné au service de la garnison , de la station navale et des pre- 
sidiarios ou forçats. Il peut recevoir 4 00 malades. Il n'en conte- 
nait, à mon passage (novembre 1879), q ue 2 k, dont 8 presidia- 



— 111 — 

rios, pour un effectif cle 5oo hommes d'infanterie, de 160 matelots 
et d'une centaine de presidiarios, tous indigènes, à l'exception des 
officiers et des sous-officiers. 

Le nombre des lits occupés est de 3o en moyenne. 

L'affection dominante et presque unique est la fièvre intermit- 
tente à type quotidien, généralement peu grave. Les presidiarios 
présentent quelques cas d'ulcère chronique. 

En me donnant ces détails, le- directeur et médecin en chef 
de l'hôpital, M. le D r don Leopoldo Castro Blanc, voulut bien y 
joindre la statistique de l'hôpital pour les années 1876 à 1879, 
dont j'extrais les renseignements suivants : 

Depuis que les Espagnols se sont établis dans l'île voisine de 
Soulou, la garnison de Zamboanga est moins considérable; elle 
comprenait autrefois 800 hommes pour l'infanterie seulement. Il 
faut remarquer en outre, les chiffres l'indiqueront assez, qu'une 
partie des statistiques suivantes correspond à l'expédition des Es- 
pagnols contre Soulou (février 1876). A cette époque, l'hôpital de 
Zamboanga eut à traiter les blessés et les malades d'un corps ex- 
péditionnaire considérable qui, pendant les premiers temps de 
l'occupation de Soulou , campé plutôt que logé dans une ville 
malaise ruinée, malsaine, dépourvue de toute installation conve- 
vable, se trouva dans de très mauvaises conditions hygiéniques. 



MOUVEMENT 1 


3E L'HÔPITAL MILITAIRE DE 


ZAME 


OANGA DE l8 p 


76'À 1 


879- 

















NOMBRE 


NOMBRE 


NOMBRE 








DE MALADES 


DE JOURNEES 


DE MALADES 




DECES. 




traités f 1 ). 


de traitement. 


sortis (*). 






ANNÉES. 


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548 


1,768 


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5o 


377 


427 


1877 


3o5 


1,713 


3,017 


5,338 


55,i83 


60, 5ao 


378 


i,4i4 


1,692 


7 


3 33 


a3o 


1878 


4i 


67A 


7 l5 


590 


24,914 


a5,5o4 


4o 


611 


65 1 


1 


45 


46 


1879 (1 er janv.- 


























3i octobre). 


ai 


4o6 


437 


46 1 


13,7^6 


i3,ao7 


31 


368 


38 9 




»7 


*7 


(M La différ 


ence entre le nombre des malades traités, d* 


une part, et celui des ï 


orties et 


des décès , de 


l'autre , représente les malades au cours de tra 


itement à la fin do l'exc 


rcice. 


< 2 ) Militaire 


s, disciplinaires et condamnés du presidio et 


de la déportation. 




( 3 ) Officiera, 


sous-officiers et soldats. 






(*) Guéris, 


en congé de convalescence et reformés. 







— 112 











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— 113 — 

Je n'ai pas le chiffre des effectifs pour les diverses périodes; 
je sais seulement qu'en 1876 et en 1877 Zamboanga reçut la plu- 
part des malades du corps expéditionnaire de Soulou, dont l'ef- 
fectif était beaucoup plus élevé qu'il ne Test aujourd'hui et *Efui 
comprenait alors en Européens, non seulement des officiers et 
des sous-officiers des différents corps, mais encore quelques cen- 
taines de soldats (artilleurs). 

Depuis 1878, le corps d'occupation de Soulou, réduit à une 
simple garnison, soigne la plupart de ses malades sur place 
et expédie presque tous les autres à Manille; très peu doivent 
être dirigés sur l'hôpital militaire de Zamboanga. Il en est de 
même des garnisons qui occupent Balabac, Cottabato ei Davao. 

D'après ce que j'ai pu observer ailleurs, le nombre élevé des 
décès qui figurent sous la rubrique Ulcères chroniques pourrait être 
mis, en grande partie du moins, sur le compte de la phtisie pul- 
monaire * de la dysenterie ou de la cachexie paludéenne. Il est 
rare que les malheureux malades affectés d'ulcères étendus et an- 
ciens ne présentent pas une ou plusieurs des affections précédentes. 
La cause ulcère assignée à leur décès provient sans doute de ce 
qu'ils étaient traités à ce titre dans les services de chirurgie. 

Dans ces quatre périodes, le choléra est signalé deux fois, en 
1878 (six cas, trois décès, en janvier; un cas, un décès, en juillet) 
je n'ai pas d'autres détails à ce sujet. 

6. Isabela de Basilan, ville et arsenal maritime, située dans l'île 
de Basilan sur la magnifique rade de Malamaui. Cet établisse- 
ment, autrefois simple poste, était tellement malsain qu'à un 
moment l'évacuation en fut décidée. Quand on relevait la garni- 
son (mensuellement), sur les 3o à ko hommes qui la compo- 
saient, il n'y en avait souvent pas un seul capable de monter la 
garde. D'autres idées ayant prévalu , une commission sanitaire 
envoyée de Manille prescrivit de déboiser les collines qui domi- 
nent la ville et de combler les bourbiers et les marais. Les 200 for- 
çats qui accomplirent ces travaux succombèrent tous, mais l'état 
hygiénique fut radicalement transformé. 

Le pueblo de la Isabela compte aujourd'hui environ 1,000 ha- 
bitants civils, qui ont donné 12 décès du i cr janvier au i-4 no- 
vembre 1879. 

L'effectif moyen des troupes est de l\o hommes d'infanterie de 



_ 114 — 

marine (Européens) et de 1 35 marins; il y a en outre 25 presidia- 
rios. 

Les malades fournis par ces 200 hommes sont soignés dans 
deux infirmeries dirigées par M. le D r don Antonio Trelles y 
Burgos, qui voulut bien me les faire visiter et me fournir les dé- 
tails que je reproduis ici. 

Ces 200 hommes donnent, en moyenne, 2 5o malades par an, 
traités pendant un mois chacun. Les condamnés figurent dans ce 
chiffre pour une proportion énorme; les affections qu'ils présentent 
sont presque uniquement l'ulcère chronique et la fièvre palu- 
déenne, produits par les travaux d'assainissement auxquels ils 
sont constamment occupés. 

A mon passage, les deux infirmeries renfermaient ensemble 
21 malades, dont 2 Européens. Presque tous étaient atteints de 
fièvre paludéenne à type quotidien, lequel est de beaucoup le 
plus fréquent à la Isabela; la dysenterie et le rhumatifme arti- 
culaire aigu y sont très rares. 

Un des lits était occupé par un matelot indigène simulateur. 
D'après M. Trelles, les cas de simulation sont très rares parmi les 
soldats et les matelots indigènes, mais désespérants par leur téna- 
cité. 

L'un des deux malades européens était atteint de vésanie nostal- 
gique, cas très rare dans les troupes espagnoles et qui ne se pro- 
duit guère que parmi les hommes provenant de la Galice. 

7. Soulou. — lorsque les Espagnols s'emparèrent de la ville 
more de Tianggi (au N. O. de 111e) et s'y établirent en mars 1876, 
cette ville offrait les conditions hygiéniques les plus défectueuses : 
la plage, basse, limitée du côté de la terre par une ceinture de 
marais, se continuait du côté de la mer par des bancs de madré- 
pores qui découvraient à marée basse et sur lesquels s'entassaient 
les ordures et les débris organiques provenant des cases indigènes 
bâties sur pilotis. 

Le corps d'occupation fut cruellement éprouvé pendant les pre- 
miers temps, surtout par la dysenterie et par les accès pernicieux. 
Les compagnies d'artillerie européennes durent être ramenées à 
Manille. Les soldats indigènes payèrent un lourd tribut aux affec- 
tions dominantes; chaque homme,* dans le cours d'une année, 
entrait plusieurs fois à l'hôpital; les Indiens étaient souvent comme 



— 115 — 

foudroyés par la malaria, en mangeant, en montant la garde. Un 
régiment d'infanterie indigène perdit en une année 5oo hommes 
sur 1,100; les officiers européens n'éprouvèrent par une mortalité 
proportionnelle. 

Des travaux considérables ont été entrepris pour modifier les 
détestables conditions hygiéniques du lieu; ils étaient presque 
terminés quand j'ai quitté Soulou. Les marais ont été comblés, 
les palétuviers arrachés, et la zone inondée à marée haute a été 
transformée en esplanade. Ces travaux ont été exécutés sous la 
direction des officiers du génie [ingenieros) par trois catégories de 
condamnés : presidiarios (forçats), deportados (déportés) et soldats 
d'une compagnie de discipline. 

L'hygiène de la ville s'est rapidement améliorée ; mais les tra- 
vailleurs, exposés aux intempéries, travaillant clans la vase, tan- 
tôt sous des pluies torrentielles, tantôt sous un soleil ardent, ont 
fourni un grand nombre de maladies et de décès. 

Pendant mon séjour à Soulou, le service médical était sous la 
direction de M. le D r don Manuel Rabadan y Arjona, homme 
de science et de cœur, dont, malade moi-même, j'ai pu apprécier 
les grandes qualités. Il était chargé du service de la garnison et 
des condamnés. 

L'ulcère phagédénique des extrémités inférieures était l'affection 
qui fournissait le plus grand nombre de cas; les Européens n'en 
étaient jamais atteints et, parmi les indigènes, les condamnés 
seuls présentaient cette affection. C'étaient aussi les seuls individus 
qui fussent exposés par leurs travaux à l'action irritante et pro- 
longée de l'humus et de la vase. La cautérisation au nitrate d'ar- 
gent amenait une guérison assez rapide , mais la récidive était né- 
cessairement fréquente; la pourriture d'hôpital se montrait assez 
souvent sur les sujets affaiblis soit par la fatigue, soit par la fièvre, 
conditions presque toujours inséparables, et nécessitait l'applica- 
tion du cautère actuel, moyen qui donnait le plus souvent de 
bons résultats. Au mois de décembre 1879, sur 116 malades, 
l'hôpital en renfermait 65 atteints d'ulcères, conséquence de tra- 
vaux excessifs. 

La constitution médicale de Soulou se modifie sensiblement 
avec la mousson humide de S. O. En mars 1880, les pluies, habi- 
tuelles à cette époque, amenèrent dans toutes les catégories de la 
population le développement brusque des fièvres bilieuses; à ce 



— 116 — 

moment, la population, militaire et civile, s'élevait environ à 
2,000 habitants et comprenait plus de 25o malades, dont un tiers 
environ atteints de cette affection. 

La maladie débutait par une céphalalgie et une rachialgie vio- 
lentes, promptement suivies de vomissements bilieux abondants. 
Un vomitif supprimait les douleurs, et l'affection guérissait spon- 
tanément après huit jours de fièvre très intense, sans intermit- 
tence. On ne donnait le sulfate de quinine que dans le cas où l'in- 
termittence succédait aux symptômes précédents. 

A la même époque, la variole fut importée par un bataillon 
venu de Manille; il y eut six cas, dont deux mortels. Tous les In- 
diens sont vaccinés, ainsi que les Soulouans qui ont fait leur sou- 
mission à l'Espagne, 

La fréquence variable de la fièvre est, pendant toute Tannée, à 
Soulou, sous l'influence de l'heure de la marée. Il n'y a dans ces 
parages qu'une marée par jour. (Voir chap, h.) Quand le reflux 
coïncide avec la nuit, les parties momentanément émergées du 
rivage ne recevant pas les rayons du soleil, les cas de fièvre sont 
beaucoup moins nombreux. 

Les affections catarrhales et rhumatismales sont excessivement 
fréquentes, surtout chez les Européens, malgré les variations très 
limitées du thermomètre. Elles reconnaissent pour cause l'habi- 
tude de s'asseoir dans les courants d'air, le corps étant en transpi- 
ration. Ces affections sont généralement assez bénignes; cepen- 
dant chez les sujets anémiés le rhumatisme a de la tendance à se 
fixer sur une articulation et il y produit alors des complications 
graves. 

Les équipages indigènes et européens des navires de guerre 
qui sont mouillés sur la rade de Soulou sont beaucoup moins 
éprouvés par toutes les affections précédentes que les personnes 
résidant à terre; leur immunité relative est due > au moins pour 
une bonne part, à la salubrité et à la rigueur de leur régime. 

Les blessures guérissent à Soulou avec une rapidité remar- 
quable; presque toutes les amputations pratiquées à la suite d'ac- 
cidents causés par les travaux sont couronnées de succès. La seule 
complication qu'elles présentent, le tétanos, sera presque toujours 
évitée quand l'hôpital sera moins ouvert aux intempéries» 

A la suite d'une agression de Soulouans, plusieurs blessés 
entrèrent à l'hôpital pendant mon séjour. Ils étaient tous atteints 



_ 117 — 

de coups de kriss (sabre court et très tranchant, qui produit des 
blessures étendues). Tous les blessés qui ne moururent pas 
quelques instants après avoir été frappés guérirent avec rapidité; 
leurs blessures étaient cependant multiples et fort graves : un, 
entre autres, que j'ai soigné, avait le bras et l'avant-bras droits 
fracturés en trois endroits, le fragment inférieur de l'humérus 
faisant saillie dans la plaie. Cet homme était parfaitement guéri 
un mois plus tard, ne gardant d'un délabrement aussi profond 
qu'une ankylose du radius. 

J'ai observé un fait analogue sur un Chinois de la Isabela. 

J'ai eu le plaisir de revoir M. le D r Rabadan une année en- 
viron après mon départ de Soulou. Les travaux entrepris étant 
terminés, la situation sanitaire s'était grandement améliorée : en 
quittant son service, M. Rabadan n'y laissait que 75 malades (les 
effectifs n'ayant pas varié), tandis que précédemment la moyenne 
des hommes en* traitement était de 2 5o. 

8* Cottabâto. — » Ce petit pueblo, situé sur la rive gauche du 
Rio Grande de Mindanao, au milieu de vastes rizières d'une fertilité 
exceptionnelle, constamment humides par conséquent, jouit d'une 
salubrité remarquable. Le chef du service sanitaire, M. le D r don 
Francisco Farinos, me dit qu'en un an il n'avait enregistré que 
8 décès pour une population de 800 hommes (militaires et con- 
damnés). L'hôpital n'a jamais reçu plus de 6 à 7 malades à la 
fois, tous atteints de fièvre paludéenne et de rhumatismes? 

9. Davao. — Sur le golfe du même nom. La région est salubre, 
sauf sur quelques points où les mouvements du sol, très fréquents, 
ont pour résultat la stagnation des eaux de la mer au milieu des 
forêts de la côte, dont la végétation se putréfie à leur contact. 
Les Européens résistent bien au climat, et leur santé ne donne 
pas lieu, non jslus que celle des indigènes, à des remarques spé^ 
ciales. L'infirmerie de- ta station navale (75 hommes indigènes) et 
celle de la compagnie de discipline (environ 200 hommes indi- 
gènes) étaient souvent sans malades. Malgré la bénignité relative 
du climat, ce résultat fait le plus grand honûeur au gouverneur 
de Davao , M. le commandant don Joaquin ïùjat y Lare , au chef 
de la station navale, M. le commandant don Enrique de Ramosy 
Azcâraga, et au directeur du service sanitaire, M. le D r don Ga- 



— 118 — 

briel Lopez y Martin , dont j'ai pu apprécier la science et le dévoue- 
ment. Grâce à leur constante sollicitude, au soin avec lequel 
étaient réglés les exercices et les travaux, et aussi à la surveillance 
exercée sur l'alimentation , les effectifs étaient toujours dans les 
meilleures conditions hygiéniques. 

Quant à la population civile de Davao (colons bisayas fixés 
dans le pueblo depuis plus ou moins longtemps), elle est peu 
nombreuse; les quelques malades que j'ai soignés ne m'ont rien 
présenté qui fît exception aux données exposées plus haut. 

CHAPITRE V. 

DIALECTES. 

Tous les dialectes dès tribus indépendantes que j'ai visitées 
appartiennent à la famille des langues malayo-polynésiennes et 
se rattachent étroitement au groupe dont le tagaloc est considéré 
comme le type. Ce .groupe se compose d'un assez grand nombre 
de dialectes déjà connus; mais, sous le nom de Grovtpe tagaloc , je 
comprendrai seulement le tagaloc, le hisaya et le bicol, qui sont les 
plus répandus M et qui sont aussi les seuls avec lesquels j'aie été 
en contact pendant mon séjour dans les provinces civilisées des 
Pilippines. 

Après un exposé succinct des rapports que ces dialectes présen- 
tent soit entre eux, soit avec le malais, l'examen des vocabulaires 
et des phrases que j'ai recueillis chez les tribus indépendantes 
montrera que les dialectes de ces tribus doivent être classés dans 
le groupe tagaloc. 

I 

Les affinités du malais et du groupe tagaloc sont étroites, 
les caractères essentiels de ces dialectes sont identiques. Dans ces 
langues, il n'y a pas, à proprement parler, de parties du discours; 
théoriquement tous les mots peuvent être considérés comme des 

(1) Area occupé par ces dialectes et nombre d'indigènes qui les parlent : 

Tagaloc : Manille et les provinces voisines; environ 1,200,000 âmes. 

Bisaya et ses divers sous-dialectes : les îles Bisayas (entre Luçon et Minda- 
nao) et les pueblos des côtes deMindanao, 2,5oo,ooo âmes. 

Bicol : provinces de Albay, Camarines-Norte , Camarines-Sur, partie de celle 
de Tayabas (S. E, de Luçon), 35o,ooo âmes. 



— 119 — 

racines n'ayant par elles-mêmes qu'un sens vague. Leur valeur 
comme substantif ou objet , comme verbe ou action , est déter- 
minée par des affixes, peu nombreux en malais, multiples et d'un 
usage compliqué dans le groupe tagaloc. Ainsi les racines sulat 
( malais) M, laças (tagaloc) n'acquièrent un sens précis que par 
l'adjonction d'un préfixe : ter-sulat di bâta « écrit ou gravé sur 
pierre »; ma-lacas na tauo « un homme vigoureux *. 

Toutes les racines, y compris celles qui répondent à nos adverbes 
et à nos prépositions , peuvent former par ce moyen des substan- 
tifs, des adjectifs ou des verbes : Djaw (malais) « loin » = djaw-lah 
dia «qu'ils s'éloignent». Onsa (bisaya) « comment ?» = onsa-on 
cô ? « que ferais-je? » 

Le malais vulgaire, parlé dans tous les ports de la Malaisie, 
réduit Temploi des affixes au minimum; dans ce dialecte, la 
place occupée dans la phrase par la racine suffit le plus souvent 
à en déterminer le sens : Kaci sama saya pukul iiu = Donne-moi 
ce marteau ; et : Dia pukul beçi yang panas = Il frappe le fer 
chaud. Mais ces phrases ne sont pas correctes, elles appartiennent 
plutôt à un jargon malais qu'à la langue malaise; un Malais qui 
sait sa langue dira, dans le premier cas : pemukul itu, et, dans le 
second : dia memukul. 

Dans le groupe tagaloc, que ses rapports restreints avec les 
Européens et les difficultés qu'il leur oppose ont préservé d'un 
jargon collatéral, les particules sont beaucoup plus nombreuses 
qu'en malais, et l'usage en est à la fois infiniment plus néces- 
saire et plus compliqué. C'est la seule, mais très grande difficulté 
qui rebute le plus souvent les Européens. 

Les sons du malais et du tagaloc se trouvent tous dans le fran 
çais, sauf le ng (n + h), que les auteurs espagnols écrivent ng. 
Angin (mal.) et hangin (tag.) «vent» se prononcent anhin et han- 
hin, avec cette différence que le ng tagaloc est beaucoup plus nasal 
que le ng malais. Ces sons spéciaux ne présentent pas de diffi- 
culté pour les personnes de langues néo-latines, et les Français, 
par exemple, surtout ceux du Midi, parviennent rapidement à 
parler le malajs sans accent étranger. Le groupe tagaloc possède 
en outre le mg (m + h) et le gn {g -\-h) y ce dernier particulier au 

<*> Dans la transcription de tous les mots malais , etc. , u a toujours la valeur 
de notre ou. 



— 120 — 

bicol. Lej consonne çt le/ manquent; Je malais seulement pos- 
sède ce son pour les mots d'origine arabe. 

Dans les deux groupes, la forme active est rarement employée; 
la signification passive de la plupart des verbes malais, même à 
l'état de racine dépourvue d'afïixes, est clairement établie dans la 
belle grammaire de M. l'abbé P. Favre^; le même fait se repro- 
duit dans le groupe tagaloc f peut-être avec plus de généralité 
encore; 

Malais : Wang itu sudah dia ambil : « Il a pris cet argent; » littér. : 
Cet argent a été pris par lui. 

Tagaloc : Biggyan mo ang bigas : «Donne du riz; » littér. : Soit 
donne de toi le riz. 

Le sens passif de la racine isolée est seulement moins apparent 
en tagaloc, parce que cette racine n'est presque jamais employée 
sans affixes dans le seps verbal. 

Du genre. — Tous les mots, racines simples ou pourvues d'af- 
fixes, sont invariables; le genre est exprimé par les mots : làki-laki 
(mal.) leldki (tag.) «mâle», et perampuan (mal,), babay (tag.) 
«femelle». Dans le groupe tagaloc, ces mots servent aussi bien 
pour les personnes que pour les animaux; le malais emploie exclu- 
sivement pour les animaux : djantan « mâle », betina « femelle ». 

Du nombre. — Les pronoms personnels seuls ont un pluriel en 
malais; à l'exception de ce cas, le pluriel est exprimé soit par la 
répétition du mot, soit par un adverbe de quantité : orang itu « cet 
homme » ; bagnaq orang ou orangorang « des hommes ». 

Dans le groupe tagaloc, le pluriel est toujours exprimé par la par- 
ticule mga invariable [magna, mgna en bicol) : ang tao « l'homme », 
ang mga tao « les bommes ». 

Tels sont, outre l'identité des racines*(au moins de la plupart), 
les principaux caractères communs des langues malaise et tagale. 
Un examen sommaire des diverses parties du discours donnera 
une idée de leurs différences essentielles. 

1> Article. — L'article manque en malais, à moins qu'on ne 

M Grammaire de la langue malaise. Vienne et Paris, 1876. 



— 121 — 

veuille considérer comme tel yaug , qui est plutôt un pronom rela- 
tif. Le groupe tagaloc possède deux articles : si pour les noms 
propres et ang pour les noms communs; ils servent pour lés deux 
genres. Ang est invariable; son pluriel se forme en ajoutant mga, 
magna, mgna» 

L'article si se décline de la façon suivante : 





TAGALOC. 


BICOL» 




BISAYA. 




singulier. 


pluriel. 


singulier. pluriel W. 


singulier. 


pluriel 


Nominatif. . 


. si. 


sina. 


si. 


sa. 


si. 


sa. 


Génitif.. . . 


. cay ou ni. 


nina. 


qui ou ni®. 


na. 


ni. 


na. 


Datif. 


. cay ou ni. 


cana. 


qui. 


na. 


can. 


ca. 


Accusatif . . 


. cay. 


cana. 


qui. 


na. 


can. 


ca. 


Ablatif. . . . 


. cay. 


cana. 


qui. 


na. 


can. 


ca. 


Nominatif. . 


. ang. 




an. 




ang. 




Génitif. . . . 


. sa ou nang. 




nin, eau ou sa. 




i sa. 




Datif. .... 


. sa. 




sa. 




sa. 




Accusatif . . 


. sa ou nang. 




nin jCan ou sa. 




sa. 




Ablatif 


. sa. 




nin, canon sa. 




sa. 





H est évident que ce n'est pas là une déclinaison proprement 
dite; les diverses personnes sont simplement indiquées par les 
particules sa, ca, can, ni, etc. , qui sont identiques à celles du ma- 
lais ou en dérivent ; kan, akan « à, pour»; deri, di « à, par » ®. 

2. Substantif. — En malais comme dans le groupe tagaloc, la 
racine isolée est rarement employée comme substantif; elle ac- 
quiert cette signification au moyen de particules, préfixes et suf- 
fixes, employées seules ou réunies. Ex. : 

MALAIS. 

RACINE. SUBSTAHTIF. 

Makan, manger makan-an, vivres. 

Mati, mourir ka-maii-an, la mort. 

Adjar, apprendre pel-adjar-an , instruction. 

Bunoh, tuer * pem-bunoh-an, meurtrier. 

Djaïb , coudre. . pen-djaïb , tailleur. 

Lihat, voir peng-lihat-an , la vue. 

Mandi, se baigner. per-mandi-an , lieu où Ton se baigne. 

M Le pluriel se forme aussi avec mga et mgna (bic.) = 5i Mga Pedfa) «les 
Pierre». Sa Pedro signifie plutôt: Pierre et les siens, Pierre et ses camarades. 

^J'écris can, qui, au lieu de kan, ki, pour me conformer à Torthograpbe 
adoptée par tous les auteurs espagnols. 



— 122 — 
tagaCoc. 

RACINE. SUBSTANTIF. 

Pasulit se baigner. pusaU-an, lieu où Ton se baigne. 

Sama, faute, péché. . ca-sama-an, pécheur. 

Masid, observer mapag-masid , observateur. 

Inum, boire pala-inum, buveur. 

Vlan, pluie lag-ulan, temps de pluie. 

Tanod, garder. taga-tanod, pasteur. 

Saguing, banane saguing-an, jardin de bananiers. 

BICOL. 

RACINE. SUBSTANTIF. 

liant, nuire ca-raut-an, méchanceté. 

Haron, maison cag-haron, propriétaire. 

Bansay, beauté ca-bansay-an , beauté. 

Tacot, craindre pagca-tacot, crainte. , 

Surat, écrire para-surat, écrivain. 

Tahè, coudre para-tahé, tailkur. 

Cacan, manger. cacan-on, vivres. 

B1SAYA. 

RACINE. SUBSTANTIF. 

* Putus, finir ca-tapus-an. , fin. 

Bato, pierre ca-bato-an, carrière. 

Hubug, s'enivrer. . . . . pala-kubug, ivrogne. 

Tahom, être beau. pagca-tahum, beauté. 

Sulat, écrire pag-sulat, écrivain. 

Itum, noir ca-ilum, noirceur. 

Puti, blanc. ea-pati-an, blancheur. 

Parfois la première syllabe de la racine se modifie ou est re- 
doublée au contact du préfixe. 

MALAIS. 

RACINE. SUBSTANTIF. 

Sapu, balai, torchon pegn-apu, balayeur. 

Samun, piller. . . * pegn-amuti, voleur, pillard. 

TAGALOC. 

RACINE. SUBSTANTIF. 

%ahi J coudre mana-nahi, tailleur. 

Sâca, labourer mag-sa-sâca, laboureur. 

Holog, tomber ca~ho~holog-an , passage difficile , lieu où 

les chutes sont fréquentes. 



_ 123 — 
BISAYA. 

RACINE. SBBSTABTir. 

Sala, faute, péché maca-sa-sala , pécheur. 

Uali, discourir mag-u-uali, orateur. 

Toon, enseigner > . . . . mag-to-toon , professeur. 

Daos le tableau précédent, la signification de chaque racine est 
indiquée par un verbe ou un adjectif, afin d'abréger. Il ne faut 
pas oublier que cette traduction n'est pas rigoureusement exacte; 
putus, par exemple, ne signifie pas plus fin que finir; cette racine ex- 
prime seulement une idée abstraite de conclusion, d'accomplissement. 
Quant aux mots formés par l'union de la racine et des affixes et 
que nous avons classés parmi les substantifs, afin de suivre dans 
cette étude Tordre adopté poup les langues européennes, il faut 
être averti que, dans le groupe tagaloc, ils ne représentent pas 
tous exactement cette partie du discours; plusieurs sont, à vrai 
dire, aussi bien adjectifs que substantifs, et même peuvent être 
considérés comme des verbes. Pagsulat (bis.), par exemple, peut 
être employé comme un infinitif et se traduire par écrire, le sens 
précis de tous les mots n'étant indiqué que par des particules in- 
dépendantes et par leurs rapports mutuels dans le discours. Ex. : 

Pourquoi écrirais-je cela? Onsaon co pagsulat niaca? (bis.) Litté- 
ralement : Pourquoi je écrire cela? 

Le sens de cette phrase est absolument précis, et cependant, 
sur les quatre mots qui la composent, il en est deux qui, pris 
isolément, n'ont pas un sens déterminé, car onsaon (racine : 
onsa) signifie tout aussi bien que faire? Exemple :. Onsaon co? 
« Que ferais-je ?» 

3. Abjectif. — Dans tous les dialectes, l'adjectif est invariable 
et suit le substantif. En malais, la racine seule est fréquemment 
employée comme adjectif ; kuda itam « le cheval noir »; orang beçar 
«homme grand, grand personnage»; souvent aussi l'adjectif est 
formé au moyen des préfixes ber, ter : ber-laki «mariée», de laki 
« homme, époux » ; ber-buluh « garni de plumes » , de buluk « plume » ; 
ter nama « célèbre », de nama « nom ». Dans les deux cas, le sub- 
stantif est souvent séparé de l'adjectif par la particule yang, dont 
le sens peut être assimilé à celui de notre pronom qui : 

Le cheval noir : kuda itam ou kuda yang itam. Une femme ma- 
i riée : Perampuan berlaki ou yang berlaki. 



— 124 — 

, Dans le groupe tagaloc, l'adjectif, comme le substantif, est tou- 
jours formé par l'union de la racine et d'un ou de plusieurs af- 
fixes. 

TAGALOC. 

RACIWE. ADJECTIF. 

Puû, blanc , ma-puti, blanc. 

Cusug, être fort. ma-cusug, fort. 

Taua, rire , , ma-taua-in, rieur. 

Tacot j craindre ma-ta-tacot-in > peureux. 

Galis, gale galis-in, galeux. 

Usap, procès pala-usap , processif. 

BIGOL. 

RACINE. ADJECTIF. 

Puti, blanc ma~puti, blanc. 

Gusug, être fort ma-cusug , fort. 

Hinug, mûrir ma-liinug, mûr. 

Baya, ruse para-daya, trompeur. 

Hamis, doux . ma-hamis, doux. 

Arac, liqueur forte maquUarac, adonné à la boisson. 

Babay* femme. maqui-habay, débauché. 

BISAYA. 

RACINE. ADJECTIF. 

Puti, blanc ma-puli, blanc. 

Buhat, travailler himuhat, laborieux. 

Caon, manger. hing-caon, vorace. • 

Gmgma* aimer * kili-gugma-on, estimable. 

Polong, parler. „ ........ te . .'. . tig-polong, bavard. 

Gahom, dominer maca-ga-gahom , puissant. 

Babay, femme maquig-babay ; débauché. 

TaQ» homme ,..*...... quina-tao, humain. 

Dans ces trois dialectes, encore plus fréquemment qu'en ma- 
lais, le substantif est séparé de l'adjectif par une particule, le nga 
{n-\-ha) , transformation évidente Aeyang et qui a la même valeur. 

Le comparatif est formé en malais au moyen de l'adverbe lebeh 
« trop* et des prépositions deri, deri pada « de, de là ». 

Orang ini lebeh baïq deri padayang loin: Cet homme est meilleur 
que l'autre. 

Le superlatif est exprimé soit au moyen du préfixe ter, soit 



— 125 — 

au moyen des adverbes terlalou « extrêmement » ^t sakali « complè- 
tement, tout à fait ». 

Kapal ter-beçar « très grand navire ». Di atas huhit terlalu tinggi 
« sur une montagne très élevée »* 

Dans le groupe tagaloc, le comparatif se forme soit au moyen 
des adverbes labi « davantage » et pa « encore » , isolés ou réunis» soit 
simplement au moyen de la préposition sa «à », précédent l'objet 
pris pour terme de comparaison. 

Ex. en bîsaya : 

Le buffle est plus courageux que les chèvres : Labi nga maisuc 
ang carabao sa mga canding. 

Louis est le meilleur des hommes : Si Luis labi pa nga maayo 
sa ngianan. 

Les fleurs sont encore plus belles que les perles : Ang mga bulac 
labing pa maanaa sa mga mutia. 

L 1 or est plus précieux que l'argent : Ang bulauan mahal sa 
salapi. 

Le superlatif est simplement caractérisé par un adverbe, tel 
que caayo « extrêmement ». 

Bâta nga maalam caayo « enfant très sage». Taonga palabila-bi- 
hin caayo « hommes très orgueilleux ». 

Le tagaloc forme des diminutifs pour les adjectifs, comme 
aussi pour les substantifs, au moyen du préfixe ma et de la rédu- 
plication de la racine : ma~buti-buti « médiocrement bon » (D è 

Les nombres cardinaux ne présentent que de légères différences 
en malais et dans le groupe tagaloc. Les nombres ordinaux se for- 
ment à (l'exception de premier) au moyen des préfixes ka, ica. 





MALAIS. 


TAGALOC. 


BICOL. 


BISAYA. 


Premier. . . . 


pertâma. 


naona, 


nahona. 


nahauna. 


Second» . * . . 


ka dua. 


ica-laua. 


ica-dua* 


ica-daa. 


Troisième. . . 


ha tiga* 


ica-tlo. 


ica-tolo. 


ica-tlo. 


Dixième 


ha pulu. 


ica-puo. 


ica-polo. 


ica-polù. 



M Ensayé de gramatica hispano-tacjala , par le R. P. Fr. ToriMo Minguella. 
Manila, 187$. 



— 126 — 



Je. 



Nous . 



Tu..r.. 



Vous . 



4. PRONOM. PRONOM PERSONNEL MALAIS. 

aka (peu usité); saya et samba, employés habituellement, sont des 
substantifs dont le sens littéral est : serviteur, esclave. 

ku se place après le substantif et s'unit à lui; tuanku «seigneur de 
moi, monseigneur 5. 

kami, désignant la personne qui parle et celle à qui Ton parle. 
kita, excluant la personne à qui Ton parle. 

angkaw, inusité; est suppléé par le nom ou la qualité de la per- 
sonne à qui Ton parle. En s'adressant à un domestique , par ex. , 
on ne dit pas : Ta viendras, mais Ali viendra. 

( la, terme de mépris, est une importation chinoise). 

kamu, peu usité. 

ma, employé dans le même cas que ku, : tuan-mu «votre seigneur, 
votre maître». 



Iiya, inya, diya, dia. 
La contraction nia, yna est très usitée après le substantif : rupa- 
gna «la forme de lui, sa forme». Très souvent aussi, ce mot est em- 
ployé uniquement par euphonie entre deux mots ou à la fin d'une 
phrase. 

Les divers cas sont indiqués au moyen des prépositions, etc., sama, akan, ka, 
pada, etc. 

PRONOM PERSONNEL DU GROUPE TAGALOC. 

Dans ce groupe , le pronom personnel paraît moins simple au pre- 
mier abord ; mais il suffit du plus léger examen pour se convaincre 
qu'il ne diffère du malais que par des particularités peu impor- 
tantes et que sa prétendue déclinaison n'existe pas. Mais tandis 
qu'en malais la moitié des formes du pronom personnel sont inu- 
sitées ou peu usitées, toutes les formes sont également employées 
dans le groupe tagaloc. En outre, inversement de ce qui a lieu en 
malais, kita est pris dans le sens général et harni dans le sens 
exclusif. 



Je 





TAGALOC. 


BICOL. 


BISAYA. 


Nominatif. 


acô. 


acô. 


acô. 


Génitif. . . 


co, aquin. 


co, niaco,saco, sa- 


aco, co, naco 






coya. 




Datif 


sa aquin. 


sacé, sacoya. 


canaco. 


Accusatif . 


sa aquin. 


sacé, sacoya. 


canaco. 


Ablatif. . . 


sa aquin. 


sacé, sacoya. 


canaco. 



127 



tayo. 
atin, nalin. 



sa atin. 



hami. 



amin, namin. 



Nominatif. 
t Génitif... 
Nous 
(générai)] Datif .... 
Accusatif. 
Ablatif. 

Nominatif. 
f Génitif... 
Nous . . 
(exclusif)] Dalif . . . . 

Accusatif. » 5a amin. 

Ablatif. . . 

Nominatif. IcaOj ca. 

Génitif.. . Iyo, mo. 
Tu { Datif ] 

Accusatif . > sa iyo. 

Ablatif. . . ) 

Nominatif, kayô. 

Génitif. . . inio, niniyo. 
Vous . . . . { Datif . . . . ] 

Accusatif . > sa inyô. 

Ablatif. . . ) 

Nominatif, siya. 

Génitif.. . caniya, niya. 
Il, cïle...{ Datif.... \ 

Accusatif . > sa caniya. 

Ablatif. . . ) 

Nominatif, sila. 

Génitif. . . sila, canila. 
Us, elles.. { Datif \ 

Accusatif . > sa canila. 

Ablatif. . . ) 



kila. 

niato, ta, satoya, 
salo. 



satoya , saiô. 

hami. 

niamo , samo , ni sa- 
moya. 

samo, samoya. 

icâ. 
imo t mo. 



kamo. 
inio. 



siya. 

nia, canya. 

cania. 

sinda, 

ninda, caninda. 



caninda. 



EISA Y A. 

kita, 

ato, ta, nato. 



canato. 

kami. 
amo, namo. 



Icâo» 

imo, mo, nimo, 

canimo. 

kamo. 
Inio, niniyo. 



sia. 
ya, nia. 

cania. 



sila. 
ila, i 



ila. 



canila. 



On voit qu'il n r y a là rien qui ressemble à une déclinaison 
proprement dite et que les cas sont indiqués par les particules ka, 
sa, ta, ni, sauf peut être pour la première personne du tagaîoc. 

Pronom possessif. — Les exemples précédents rendent inutile 
un tableau comparatif détaillé pour les autres pronoms. 

Le pronom possessif malais , invariable pour tous les genres, 
les cas et les nombres, est pugna, toujours placé après le sujet : 



— 128 — 

«mon embarcation» saya pugna praw; «leur maison» (lia pugna 
rumah. 

Dans le groupe iagaloc, le pronom possessif est formé par le 
génitif du pronom personnel, toujours suivi, par euphonie, des 
consonnes ng. Ex. : aquing amin (tag.) «mon père». Ce pronom 
précède toujours le substantif. 

Ce pronom suit la pseudo-déclinaison indiquée pour le pronom 
personnel. t 

Dans ce groupe, comme dans le malais, le pronom possessif est 
souvent remplacé par une des formes brèves du prpnom personnel, 
toujours placée après le substantif. La forme anac-mo « ton enfant », 
par exemple, est commune au malais et au groupe tagaloc. 

Pronom démonstratif. — Le malais ne possède que deux pro- 
noms de ce genre : ini «ce, celui-ci»; itu «celui-là, cela». Le 
groupe tagaloc en a trois et quatre : 



Ce , cette , 

celui-ci , 

celle-ci , 

ceci. 



Celui-là, 
celle-là , cela. 



Nominatif. . . 
Génitif, etc. . 
Nominatif. . . 
Génitif, etc. . 
Nominatif. . . 
Génitif, etc. . 
Nominatif. . . 
Génitif, etc. . 



itâ. 

dite, nito. 

yeri,yciri. 

diri t dini. 

iyan. 

diyan, niyan. 

yaon,yoon. 

doon, niyoon. 



BICOL. 



mi. 
caini. 



iyan. 
caiyan. 
idto. 
caidio. 



BISAYA. 

qtiini. 
hiini. 

cari, caron. 
niari, niaron. 
cana. 
niana. 
cadto. 
niddto. 



Pronom relatif. — La particule yang remplit ce rôle en malais 
pour tous cas et pour tous les genres. Kapalyang beçar «le navire 
qui (est) grand»; contractée en nga et ng, elle est employée de 
même dans le groupe tagaloc. 

Yang , nga et ng sont aussi employés très fréquemment par 
euphonie, alors même qu'ils sont absolument inutiles à la clarté 
du discours. Bunga yang merah (mal.) signifie « fleur rouge » aussi 
bien que « la fleur qui est rouge ». Kami nga mga tao ou kaming 
nga mga tao (bis.) « nous, hommes », ou « nous qui (sommes des) 
hommes». 



5. Verre. — De toutes les parties du discours, c'est celle qui 
s'écarte le plus des règles suivies dans tes langues à flexion. Dans 
le groupe tagaloc, les moyens d'exprimer l'action sont nombreux, 



— 129 — 

complexes et letude en est hérissée de difficultés. Quoique très 
différent du verbe des langues néo-latines par exemple, le verbe 
malais a du moins une existence propre et il est facile d'exposer 
la loi qui préside à sa formation. 

Les verbes auxiliaires être et avoir manquent en malais; l'idée 
qu'ils expriment est représentée par ada, invariable, et qui ne 
contribue jamais à la formation clés temps. 

Les autres verbes sont formés par l'union de la racine et d'un 
ou de deux affixes, comme dans les exemples suivants : 

PRINCIPAUX AFFIXES DONT L'UNION AVEC LA RACINE CONSTITUE LE VERBE 

EN MALAIS. 

ACTIF. 



/ baïq,h\eïi. 

r> r> ) bau, odeur. 

Ber, Ber-an. . < 

j anaij , enfant. 

\ anacf, enfant. 

BeL adjar, leçon. 

Me makan, manger. 

Meng, ( kikis, effacer. 

hangal, chaud. 

sutji, net, propre. 

sutji, net, propre. 

djatah, renverser. 

djaga, veiller. 

djaga, veiller. 

balitj enveloppe. 

balit, enveloppe. 



Meng-kan. 

Megn , 
Megn-kan. 

Men, 
Men-kan. 

Mem, 
Mem-kan. 



ber-baïq-an , faire le bien. 
ber-bau, exhaler une odeur. 
ber-anaq, enfanter. 
ber-anaq-an , avoir des enfants. 
bel-adjar t apprendre. 
me-makan, manger. 
meng-kikis , effacer. 
meng-hangat-kan , faire chauffer. 
megn-utji, laver. 
megn-utji'kan , purifier. 
men-djatuh-kan , renverser. 
men-djaga , veiller, garder. 
men-djaga-kan, réveiller, faire veiller. 
mem-balit, envelopper. 
mem-balit-kan , envelopper. 



On voit que les verbes dans la formation desquels intervient 
le suffixe han expriment une idée de puissance, de causalité; ce 
fait ne souffre guère d'exceptions. 

TASSIF. 

Le préfixe di est celui dont l'usage est le plus fréquent; il est 
employé seul ou avec le suffixe han; il en est de mênfe de 1er et 
de ha. 



Di, 
Di-kan. 

Ber, 
Ber-kan. 



hina, vil. 
bunoh, tuer. 
buang, renverser. 
kasut, chaussure. 
hirit, traîner. 



Ka-an makan , mangex\ 



di-hina-kan , être avili. 
di-bunoh t être tué. 
di-buang, être renversé. 
ber-kasut-kan t être chaussé. 
ber-hirit, être traîné. 
ka-makan-an , être dévoré. 



— 130 — 

Les participes passés sont plus spécialement formés par le pré- 
fixe ter : 



surat, écrire. ter~$nlat, écrit. 
tulong, aider. ter-tulong , aidé. 



tunu > griller. 
tulis, dessiner. 



ter-tunu, grillé. 
tèr-tulis, dessiné. 



Cette divison en verbes actifs et en verbes passifs n'est pas ri- 
goureuse; 1er, par exemple , indique aussi bien une action exercée 
que subie , ex. : ber-hirit signifie « être entraîné » , ber-tangoh = 
mugissant, et ber-adang = être en embuscade. 

D'un autre côté, presque tous les verbes à forme active pour- 
raient être interprétés dans un sens passif; ber-anaq répond en- 
core mieux à l'idée être pourvu d'enfants qu'à celle d'enfanter; 
de même, bel-adjar = être enseigné, et megn-utji-kan = être pu- 
rifié , etc. 

Il n'existe pas de conjugaison ; les divers temps sont indiqués au 
moyen des racines nanti = attendre , signe du futur; soudah = 
déjà fini, signe du passé; et au moyen de plusieurs conjonctions 
ou adverbes, dont les plus fréquemment employés sont halu, dji- 
halaw, djika = si. Ex. : 





INFINITIF. 


Faire, travailler. 




Mem-buat. 




INDICATIF. 


Je travaille. 




Saya membuat. 


Tu travailles. 




N, membuat. 


Il ou elle travaille. 




Dia ou iya membuat. 


Nous travaillons. 




Kita ou hami membuat. 


Vous travaillez. 




N. ou hamu membuat. 


Ils ou elles travaillent. 




Dia membuat. 


Je travaillais. 




Sayâ sudâh membuat. 


J'ai travaillé ou 






J'ai fini de travailler. 




Sayâ sudâh membuat. 


Je travaillerai. 




Sayâ nanti membuat. 


* 


CONDITIONNEL. 


Je travaillerais. 




Djika. . . sayâ nanti membuat. 


Si je travaillais. 




Djika sayâ membuat. 


Si j'avais travaillé. 




Djika sayâ sudâh membuat. 




PARTICIPES. 


Travaillé. 




Ter-buat ou dibuat, ou per-buat 


Travaillant. 




Ber-buat ou ber-bual~kan. 



— 131 — 

L'impératif est formé par Je suffixe lah : buat-lah « travaille ». 
Le suffixe kah sert pour l'interrogation : Buat-kah ? « travailles- 
tu ? » 

Verbe dans le groupe tagaloc. — Les moyens d'exprimer l'ac- 
tion sont, dans ce groupe, beaucoup plus précis et infiniment plus 
compliqués qu'en malais, pour les raisons suivantes : 

Les modes et les temps ne sont déterminés que d'une façon sub- 
sidiaire par les particules équivalentes aux conjonctions et aux pré- 
positions du malais. Les divers affixes déterminent non seulement le 
moment de l'action , mais encore la manière dont celle-ci est effectuée, 
et souvent aussi le lieu. La signification de chaque affixe n'est pas 
invariable , mais souvent elle change suivant la racine à laquelle elle 
est liée, et aussi suivant que le verbe est employé à l'actif ou au 
passif. 

La voix active est rarement employée ; chaque voix passive a 
trois formes distinctes, caractérisées par des affixes spéciaux non 
seulement pour chacune de ces trois formes, mais encore pour les 
divers temps de chaque forme. 

Les trois formes du passif ne peuvent être indifféremment mises 
Tune pour l'autre; les règles qui déterminent leur emploi, variant 
avec chaque racine et d'après le mode de l'action, paraissent 
échapper à toute classification. 

Une des conséquences les plus importantes des principes pré- 
cédents eskquele verbe (il serait plus exact de dire le mot com- 
posé qui exprime l'action) ne peut que rarement être traduit par 
le verbe français seul. 

C'est dans ces expressions verbales que le génie des langues de 
la famille malayo-polynésienne se développe d'une façon caracté- 
ristique; à l'état naissant dans le malais, il domine dans le groupe 
tagaloc et acquiert là sa propriété la plus remarquable, savoir, la 
faculté de rendre, par la simple union d'une racine et d'un af- 
fixe, des idées qui ne peuvent être exprimées, dans les langues à 
flexion, que par une phrase entière ou par des métaphores. Ex. : 

Bisaya Nagaquinachila u<j bisti. Il aime à s'habiller comme mi Espagnol. 

Tagaloc . . . Sumasa-bahay siya. Il reste continuellement chez lui 

Bicol Naquiquiolay acô saimo. Je te parlerai, si tu le permets. 

Une même racine pouvant être unie à un grand nombre d'af- 



to 

IMPRIMERIE SATIOXAI 



— 132 — 

fixes et de particules exprimai! t des modalités différentes de l'action , 
et à plusieurs particules (adverbes, prépositions, etc.) précisant les 
circonstances de temps, etc., la plupart des auteurs ont considéré 
beaucoup de préfixes comme donnant lieu à autant de conjugai- 
sons. L'un d'eux M en compte seize pour le dialecte bicol, cha- 
cune de ces seize conjugaisons principales comprenant plusieurs 
conjugaisons collatérales qui expriment la même idée ou une idée 
analogue dans chacune des deux voix , au moyen d'affixes peu dis- 
semblables, mais qui ne peuvent être indifféremment pris l'un 
pour l'autre. Par exemple, la treizième conjugaison de cet auteur 
comprend les conjugaisons collatérales : 

Nani, nagui, napani et nacani, pour l'actif; 
Paul et pacani, pour le passif, 

Nani, plus usité, indique que le sujet est modifié, transformé, 
et acquiert la qualité indiquée par la racine du verbe : 

Nani-sukâ idtong arac. 
Devenu vinaigre ce vin. 
Ce vin s'est changé en vinaigre. 
Nani - tao an aqui nin Dios. 
Devenu homme le fils (cle) le Dieu. 
Le fils de Dieu se fit homme. 

Cette conception du verbe ne me paraît pas tenir suffisamment 
compte de l'esprit des dialectes de la famille malaise; en outre, 
elle en complique l'étude. 



Dans le groupe tagaloc, de même qu'en malais, il n'existe ni 
conjugaison proprement dite, ni verbes auxiliaires ; la. fonction auxi- 
liaire de ces verbes est remplie par les affixes. 

Être et avoir signifiant: existence, présence, qualités, possession, 
abondance, sont sous-entendus, ou exprimés par : 



TAGALOC. 



Etre ..... may, ay, na sa, cay. 

Avoir .... may, mayroon. 

Tu es bon. Icao ai magaling. 

J'ai du riz . Mayroon ce palay. 



yaon, na pa. 
mey, igûa, ma, man. 
Icao namarahay. 
Mey c6 palay. 



BISAYA. 

mao , man, ania, anaa, tua. 
dana, may. 
Icao man marayao. 
Dana cô palay. 



M Arte de la lengua bicol, por M. R. P. Fr. Andrès de S. Agustin, dado à luz 
por el M. R. P. Fr, Manuel Grespo. Manda, 1879. 



— 133 — 

Ces particules n'ont aucun des caractères du verbe, car elfes 
sont invariables; elles répondent mieux à l'idée que nous nous 
faisons des adverbes, sens dans lequel elles sont fréquemment em- 
ployées, tandis qu'elles sont le plus souvent sous-entendues dans 
les cas où elles rempliraient la fonction de verbe. Ex. : 



Où est-il ? . . . . 



TAGALOC 

Nasaân sia? 
Où il? 



Haen sia? 
Où il? 



Haîn sia? 
Où il? 



Les affixes qui donnent à la racine un sens verbal doivent être 
divisés en deux catégories, suivant que ce sens est actif ou passif. 

En malais, les affixes employés pour former le passif sont peu 
nombreux; dans lé groupe tagaloc, les affixes du passif sont 
presque aussi multipliés que ceux de l'actif. 

Voici les principaux affixes, actifs et passifs : 



134 



SENS 
DONNÉ PAR L'AFFIXE A LA RACINE. 



i. Habitude, fréquence; usage de 
l'objet indiqué par la racine . . 



2. Potentiel, causal. 



3. Demander, permettre . 



4. Ordonner, permettre. 



5. Réciprocité, égalité 

6. Réciprocité, simultanéité ; se 

joindre à une action déjà 
commencée 



7. Réitération. 



8 . État ; apparence ; qualité durable. 



9. Être réputé. 



10. Simulation 

1 1. Erreur, hasard; acte soudain ou 

involontaire 

12. Transformation 



i3. Signification très variable; fré- 
quemment usité dans le sens 
neutre « 



TAGALOC. 



na, non, nang. | pinan, ipinan. 

Ex. : bangca, embarcation; ma-m-angca , aller en 
bateau. 
naca, | na, naL 

Ex. : gaua, faire; maca-gaua, pouvoir faire. 



napa. J pina, ipina. 

Ex. : ampon, protéger; pa-ampon, demander pro- 
tection. 

nagpa. | pina, ipina. 

Ex. : gaua, faire; magpa-gaua, ordonner de faire. 



nag. | pinag, ipinag. 

Ex. : tiis, souffrir, supporter; mag-tiis, se supporter 
mutuellement. 



naqui. j pinaqui, ipinaquu 

Ex. : usap, parler; maqui-usap, se mêler à la con- 
versation. 



nagea. pinagea, ipinagca. 

Ex. : palad, bonheur; magea-palad, être habituel- 
lement favorisé par la fortune. 



nag. pinag, ipinag. 

Ex. : matapang, brave; nag-matapang t faire le fan- 
faron. 

nagean. | ipinagean, pinagean. 

Ex. : taua, rire; nagean-ta-taua , rire malgré soi. 
naguin. I pinaguin, ipinaguin. 

, Ex. : bato, pierre; maquing-bato , se changer en 
pierre , devenir aussi dur que la pierre. 



N. B. H y a encore en tagaloc une particule essentiellement active um (ibig, vouloir; um-ibig , passé; i-ibig, 

en bisaya : abat, 



— 135 



BICOL. 



mina, na. | ma, mina. 

Ex. : surat, écrire; mina-surat, écrire 
habituellement. 
naca. | na. 

Ex. : sopog, honte; [naca-so-sopog , faire 
honte. 
naqui. | paqui. 

Ex. : olay, parler; naqui-qui-olay, de- 
mander la permission de parler. 
napa, nagpa. | pa, pagpa. 

Ex. : guibo, faire; napa-guibo, ordonner 
de faire. 

agpa. | pagpa. 

Ex. : tabang* aider; nagpa-tapang , s'en- 
tr aider. 



nagctaga. pagpaca. 

Ex. : lupig, violent; nagtaga lupig, se 
mettre fréquemment en colère. 
nagpara. | pagpara. 

Ex. : tahé, coudre; nagpara-tahé , coudre 
continuellement, sans repos. 
napacang. | pacang. 

Ex. : caut, voleur; napacang-caut , avoir 
la réputation d'être un voleur. 



pani, pacani. 



nani, nagm, uapam. 
nacani. 

Ex. : suha, aigre, vinaigre; nani-suka, 
s'aigrir, se changer en vinaigre. 



BISAYA. 



mi. I guu 

Ex. : sacay, embarcation ; mi-sacay, s'embar- 
quer. 
naca, nacag. | guicâ, ca, hin. 

Ex. : sulat, écrire; nana-sulat, pouvoir écrire. 

nangui. | ipangui. 

Ex. : ilaba, aider; nang-laba, demander appui. 



napa. | guipa. 

Ex. : uban, accompagner; napa-uban, ordonner 
de suivre. 
nagaca, nagea. | guica. 

Ex. : matay, mort; nagaca-matay, s'entre-tuer. 



naqui , naquig. guipagui , ipagui. 

Ex. : auay, se disputer, se battre ; naqui-auay, 
frapper Tun sur l'autre. 
nagahi, naghi. | guihi, hi. 

Ex. : tolog, dormir; nahi-tolog, s'endormir à 
plusieurs reprises. 
naga, nag. | gui. 

Ex. : insic, Chinois; naga-insic, ressembler à 
un Chinois, vivre comme un Chinois. 
nagapinaca, nagpaca. | pinaca. 

Ex. : dato , seigneur ; nagapinaca-dato , avoir la 
réputation d'être un seigneur, un homme 
puissant. 
nagapaca , nagpaca. \ guipaca, paca. 

Ex. : ualâ, perdre, manquer; nagapaca-ualâ , 
feindre d'avoir perdu quelque chose. 
naha. | gui, hi, hin. 

Ex. : tuâ, rire; naha-tuâ, rire malgré soi. 



na, ca, guica, quina. 
Ex. : hulug, tomber; nahulug, faire attention 
pour ne pas tomber. 



futur) qu'il faut éviter de confondre avec la 2 e passive tagale et avec les modifications présentées par mi 
venir, impératif umabut. 



— 134 



SENS 
DONNÉ PAR L'AFFIXE A LA RACINE. 



i. Habitude, fréquence; usage de 
l'objet indiqué par la racine . . 



2. Potentiel, causal 

3. Demander, permettre . 

4. Ordonner, permettre. . 



5. Réciprocité, égalité. 



6. Réciprocité, simultanéité ; se 
joindre à une action déjà 
commencée 



7. Réitération. 



8 . État ; apparence ; qualité durable 



9. Être réputé., 



TAGALOC. 



na, non, nang. \ pinan, ipinan. 

Ex. : bangca* embarcation; ma-m-angca, aller en 
bateau. 
naca. \ na, nai. 

Ex. : gaua, faire; maca-gaua, pouvoir faire. 



napa. | pina, ipina. 

Ex. : ampon, protéger; pa-ampon, demander pro- 
tection. 
nagpa. | pina, ipina. 

Ex. : gaua, faire; magpa-gaua, ordonner de faire. 



nag. | pinag , ipinag. 

Ex. : tiis, souffrir, supporter; mag-tiis, se supporter 
mutuellement. 



naqui. \ pinaqui, ipmaqui. 

Ex. : usap, parler; maqui-usap , se mêler à la con- 
versation. 



nagea. pinagea, ipinagca. 

Ex. : palad, bonbeur; magea-palad, être habituel- 
lement favorisé par la fortune. 



10. Simulation . 



11. Erreur, hasard; acte soudain ou 
involontaire 



12. Transformation. 



i3. Signification très variable; fré- 
quemment usité dans le sens 
neutre , 



nag. pinag, ipinag. 

Ex. : matapang, brave; nag-matapang , faire le fan- 
faron. 
nagean. \ ipinagean, pinagean. 

Ex. : taua, rire; nagean-ta-taua , rire malgré soi. 



nagmn. 



pinaguin, ipinaguin. 



Ex. : bato, pierre; maquing-bato , se changer en 
pierre , devenir aussi dur que la pierre. 



N. B, Il y a encore en tagaloc une particule essentiellement active nm (ibig , vouloir; um-ibig , passé; i-ibi$> 

en bisaya : ahut 



— 135 



BICOL. 



mina, na. | ma, mina. 

Ex. : surat, écrire ; mina-surat, écrire 
habituellement. 
naca. \ na. 

Ex. : sopog, honte; [naca-so-sopog , faire 
honte. 
naqui. | paqui. 

Ex. : olay, parler; naqui-qui-olay, de- 
mander la permission de parler. 
napa, nagpa. | pa, pagpa. 

Ex. : guibo , faire ; napa-guibo , ordonner 
de faire. 
nagpa. | pagpa. 

Ex. : tabang* aider; nagpa-tapang , s'en- 
traider. 



nagetaga. pagpaca. 

Ex. : lupig, violent; nagtaga lupig, se 
mettre fréquemment en colère. 
nagpara. \ pagpara. 

Ex. : tahé, coudre; nagpara-tahé , coudre 
continuellement, sans repos. 
napacang. | pacang. 

Ex. : caut, voleur; napacang-caut , avoir 
la réputation d'être un voleur. 



BISAYA. 



mi. I gui. 

Ex. : sacay, embarcation ; mi-sacay, s'embar- 
quer. 
naca, nacag. \ guica, ca, hin. 

Ex. : sulat, écrire; nana-sulat, pouvoir écrire. 



nangui. | ipangm. 

Ex. : ilaba, aider; nahg-laba, demander appui. 



nani, nagui, uapani, 



pani, pacani, 



nacani. 

Ex. : suha, aigre, vinaigre; nani- 
i'aigrir, se changer en vinaigre. 



-suka > 



napa. | guipa. 

Ex. : uban, accompagner; napa-uban , ordonner 
de suivre. 

nagaca, nagea. \ guica. 

Ex. : matay, mort; nagaca-matay, s'entre-tuer. 



naqui, naquig. guipagui, ipagui, 

Ex. : auay, se disputer, se battre; naqui-auay, 
frapper fun sur l'autre. 
nagahi, naghi. \ guihi, hi. 

Ex. : tolog, dormir; nahi-tolog, s'endormir à 
plusieurs reprises. 
naga, nag. \ gui. 

Ex. : insic, Chinois; naga-insic, ressembler à 
un Chinois, vivre comme un Chinois. 
nagapinaca, nagpaca. \ pinaca. 

Ex. : dato , seigneur ; nagapinaca-dato , avoir la 
réputation d'être un seigneur, un homme 
puissant. 
nagapaca , nagpaca. \ guipaca, paca. 

Ex. : ualâ, perdre, manquer; nagapaca-ualâ , 
feindre d'avoir perdu quelque chose. 
naha. \ gui, hi, hin. 

Ex. : tué, rire; naha-tuâ, rire malgré soi. 



na,ca, guica, quina 
Ex. : hulug, tomber; nahulug, faire attention 
pour ne pas tomber. 



falur) qu'il faut éviter de confondre avec la 2* pmsive tagale et avec les modiBcations présentées par mi 
venir, impératif umabut. 



— 136 — 

La plupart de ces affixes, formés par la réunion de particules 
qui, comme pa et na, ont un sens propre lorsqu'elles sonl isolées» 
ne subissent que d'insignifiantes altérations en s'unissant aux ra- 
cines. Parfois la racine est modifiée à leur contact, soit par la sup- 
pression ou par le changement de sa première lettre (Ex. : tauag (bis.) 
mang-auag « appeler »; bonga (tag.) « fruit », ma-monga « porter des 
fruits ») , soit par le redoublement de sa première syllabe, altérée ou 
non (Ex. : dite (tag.) « ici », pa ri rite « venir ici », luhd (tag.) « pleu- 
rer», magcan lu-luha «pleurer involontairement»). Ces modifica- 
tions, qui varient à la fois suivant la racine et suivant Faffixe em- 
ployés, paraissent ne pouvoir être ramenées à des règles générales. 

Toutes les racines ne peuvent être unies aux divers affixes; 
l'usage seul peut renseigner à cet égard. 

Les affixes, bien qu'ils aient, pour la plupart, une ressemblance 
phonétique, seraient d'un immense secours pour l'intelligence des 
dialectes du groupe tagaloc, si le sens qu'ils impriment à la racine 
était invariable; mais il n'en est rien. La signification , dans chaque 
affixe, n'est constante que pour les divers temps d'une même racine ; 
la signification indiquée dans le tableau précédent est seulement 
celle qui paraît être la plus fréquente pour chaque affixe, et il 
faut être averti qu'elle peut beaucoup varier ; ainsi : 

Nagaca-matay (bis.) signifie « s'entre-tuer » , nagaca-tabang « s'en- 
tr'aider»; mais nagaca-himungut signifie simplement «devenir 
barbu » , etc. ; à côté de naha-mmad { bis. ) « se blesser par mégarde » , 
naha-higda n'a d'autre sens que celui d'« être couché». Pa (tag.) 
donne paaua « implorer le pardon », et pa-raya * se laisser trom- 
per», etc. 

CONJUGAISONS. 

Comme tous les mots de ces dialectes, l'expression verbale ne 
subit aucune modification relative aux nombres et aux personnes; 
ces particularités sont simplement indiquées par le pronom, qui 
se place indifféremment avant ou après l'expression verbale. 

Les divers temps sont indiqués par les trois moyens suivants , 
réunis ou isolés : 

A.— Adverbes, conjonctions, prépositions, particules, indiquant 
l'accomplissement, une idée conditionnelle, le désir. Parmi ces 
mots, souvent combinés, et dont l'emploi varie suivant la préci- 



BISAYA. 



ca, na. 


ca, na, ug 


na. 


na. 


pa. 


pa. 


cundi. 


cundi. 


con. 


cun, ug. 


untâ. 


untâ. 


tapus. 


tapus. 



— 137 — 

sion , la fréquence , etc. de faction exprimée ; les plus usités sont 
les suivants : 

TAGALOC. 

Particules de conjonction , 
souvent simplement eu- 
phoniques at, ay, ni 

Déjà na. 

Encore, déjà pa. 

Sinon cundi. 

Si , ou con. 

Puisse-t-il ! naua. 

Fin , fini tapus. 

Ces mots ou particules n'ont pas une valeur absolue; un de 
ceux dont l'emploi est le plus fréquent et le moins variable , et que 
Ton donne comme un signe d'une action passée, déjà accomplie, 
est cependant loin d'avoir un sens précis. Ex.: Nagabuhatpa acô sa 
sinina : « Je travaille encore à cette chemise. » Nagsulat sia cahapon 
sa iang amahan : « Il écrivit hier à son père. » Dans le premier 
exemple, l'action exprimée est actuelle, malgré la présence de pa; 
dans le second, elle est passée, malgré l'absence de cet adverbe. 

B. — a. Répétition de la première lettre ou de la première syl- 
labe de la racine. 

b. Transformation ou suppression de lettres de l'affixe. Ex. : 



Lacad ( tag.) , aller, naca-la-lacad. 
Buhat (bis.), tra- 
vailler, faire . . . naga-buhat. 



naca-lacad. 



nag-buhat. 



maca-la-lacad 



maga-bahat. 



maca-lacad. 



mag-buhat. 



Mais les règles, si elles existent, qui président à ces modifica- 
tions échappent à toute classification; il est certain, du moins, 
que, dans la plupart des cas, elles ne sont pas fixes, car on trouve 
souvent dans le même auteur des exemples semblables aux suivants : 



PRESENT. 

RACINE. . 

Buhat (bis. ) , travailler, faire. . . naga-buhat. 

Buhat (bis.), travailler, faire. . nag-buhat. 

Cayo (bis. ) , demander nang-ayo. 

Tolog (bis.), dormir na-tolog. 

et de même pour les futurs et l'impératif. 



naga-buhat. 
nag-buhat. 
nang-ayo. 
na-tolog. 



— 138 — 

c. Changement de la première lettre de Taffixe. 

C'est de cette modification que résulte essentiellement l'idée de 
temps. Les lois qui président à cette modification ne sont pas plus 
absolues que les précédentes ; néanmoins, je crois pouvoir formuler 
les règles suivantes, tout empiriques d'ailleurs et sujettes à excep- 
tions, mais qui me paraissent vraies dans la très grande majorité 
des cas : 

i. Pour l'infinitif: la lettre initiale de tous les affixes devient p, 
et presque toujours les affixes se changent en pag; cet infinitif 
est très fréquemment employé comme substantif : Ang pag-buhat 
maayo (bis.) « il est bon de travailler, » littér. : le travailler est bon. 

2. Les affixes tels qu'ils ont été donnés dans le tableau ci-dessus 
sont les signes du présent et des passés. 

Au futur et à Y impératif actifs, leur n initial se change en m; 
ainsi les affixes na, naca, nagaca, etc. deviennent ma, maca, ma- 
gaca. 

ACTIF. 

Conformément à ces règles, la conjugaison active du groupe 
tagaloc peut être représentée par le type suivant : 

TAGALOC. I BICOL. I BISAYA. 



Chercher. Pag-hanap. 

Je cherche. Nag-hahanap 
cô. 

Tu cherches. Nag-hahanap 

ca. 
Us cherchent. Nag-hahanap 

siya. 



Je cherchais. Nag-hahanap 
cô. 



Je cherchai. Nag •- hanap 
cô. 



INFINITIF. 

Semer. Pag-tanom. f Travailler, Pag-buhat. 
I faire. 
INDICATIF. 
PRÉSENT. 

Je sème. Nag - tanom Je fais. Naga - buhat 

cô. cô. 

Tu sèmes. Nag - tanom , Tu fais. Naga - buhat 

ca. ca. 

Ils sèment. Nag - tanom Ils font. Naga - buhat 

sinda. sila. 

IMPARFAIT. 

Je semais. Nag-tatanom I Je faisais. Naga - buhat 
cô. I cô. 

PASSE DÉFINI. 

Je semai. Nag - tanom I Je fis. Nag - buhat 

cô. \ cô. 



139 — 



TAGALOC. 



PASSE INDEFINI. 
J'ai cherché. Nag - hanap I J'ai semé. Nag - tanom | J'ai fait. 
na cô. I na, cô. j 

FUTUR. 
Je cherche - Mag-hahanap I Je sèmerai. Mag - tanom I Je ferai, 
rai. cô, | c d. I 



IMPERATIF. 



Cherche. Mag - hanap I Sème. 
ca. j 



Mag - tanom | Fais. 
ca. 



Nag-buhat na, 
cà. 



Maga - buhat 
cô. 



Mag-buhatca. 



Je cherche - Mag - hanap 
rais. pa, cô, con. 



CONDITIONNEL. 

Je sèmerais. Mag - tanom 
pa t c6,con. 



SUBJONCTIF. 



Je ferais. Mag - buhat 
pa t cô, con 

OU U£. 



Que je cher- Mag - hanap I Que je sème. Mag - tanom I Que je fasse. Mag - buhat 
che. cô, naua. \ cô, untâ. J cô, untà. 

La traduction littérale du conditionnel indique le mécanisme 
de la formation des temps qui ne sont pas caractérisés par laf- 
fixe. Ex. : 

Mag-buhat pa çà, con. 

Travaillerai encore je, si. 

Tous les temps composés sont de même rendus au moyen de 
particules qui sont indispensables dans ce cas, mais qui, le plus 
souvent, interviennent aussi dans les temps simples pour préciser 
le moment aussi bien que la nature de Faction. 



PASSIF. 



Les règles précédentes ne s'appliquent qu'à la conjugaison 
active, dont l'usage est restreint; la conjugaison passive, est habi- 
tuellement employée; elle présente une grande complication. 

La conjugaison passive du groupe tagaloc comprend trois formes , 
désignées sous le nom de passives de : 



TAGALOC. 
In. 

1. 

An. 



I. 

On. 
An. 



BISAYA. 
J. 

Um t un, on. 

An. 



— 140 — 

Théoriquement toutes les racines sont aptes à former un verbe 
et à être conjuguées indifféremment avec chacune des trois pas- 
sives; mais, en réalité, plusieurs racines ne sont employées qu'avec 
une seule ou avec deux des trois formes. 

Afin d'éviter de trop longs détails et la confusion , je ne parlerai 
que du passif dans le dialecte bisaya; les deux autres dialectes 
suivent d'ailleurs des règles semblables, sinon identiques. 

Les diverses racines du bisaya ne forment pas leurs passives 
d'une façon exactement semblable; cependant il me paraît possible 
d'établir pour ces formes des règles à peu près aussi générales que 
pour l'actif. 

1. Pour les trois formes, l'affixe de l'infinitif est presque tou- 
jours pagca; l'infinitif passif , formé par l'adjonction de ce préfixe, 
est aussi employé comme substantif et renferme une idée d'abstrac- 
tion : Ang pagca-dios « la divinité ». 

2. Les préfixes gui, guwa, guihi, gui t guipa, indiquent le pré- 
sent et les passés pour les trois formes; en outre, la passive dite de 
an prend, aux mêmes temps, le suffixe an. 

Pour les futurs et pour l'impératif: 

a. Passive de i. Les préfixes se changent en i, ig, iga. 

f3. Passive de on. La racine prend le suffixe on, um, un; le 
futur redouble, en outre, la première syllabe delà racine. 

y. Passive de an. Cette passive prend le suffixe an et redouble, 
en outre, la première syllabe de la racine pour le futur. 

Exemple M de conjugaison passive dans les trois formes : 

Racine : buhat , faire , travailler. 

PASSIVE DE /. I PASSIVE DE UN. \ PASSIVE DE AN. 



INFINITIF. 

Pagca-buhat. \ Pagca-buhat. | Pagca-bukat. 

INDICATIF. 

PRÉSENT. 

Gui-buhat co. \ Gui-buhat co. \ Gui-buhat-an co. 

M Emprunté a Apuntes para una grammâtica bisaya-cebuana , por D. Tomas 

OHeros, Manih, 1869; œuvre peu volumineuse, mais d'une grande valeur. 



PASSIVE DE /. 



PASSIVE DE AN. 



Gui-buhat co pa. 



Gui-buhat co na ou tapus 
co na igbuhai. 



Ibuhat on ig-buhat. 



1 bukat ou ig-buhat cô pa 
con ou ug. 

Guibuhat co na, ug ou la- 
pus co na igbuhat cun. 



Ibuhat mo. 



_ 141 — 

PASSIVE DE UN. 
IMPARFAIT. 

Gui-buhat co pa. 
PASSÉ. 
Gui-buhat co na ou tapus | Gui-buhut-an co na ou ta 



Gui-buhat-an co 



pa. 



co na buhat-on. 
FUTUR. 
Bu-buhat-on co. 

CONDITIONNEL. 
Bu-buhat-on co pa ou ug. 

Gui-buhat co na con ou 
ubus co na buhaton ug. 

IMPÉRATIF. 

Buhat-on mo. 



pus co na buhat-an. 
Bu-buhat-an co. 



Bu-buhat-an co na con ou 
ug. 

Gui-buhat-an co na ug ou 
tapus co nabuhatan con. 



| Buhat-on mo. 



On voit que les particules jouent ici un rôle aussi nécessaire que 
dans la forme active, et qu'elles peuvent être employées indiffé- 
remment dans un grand nombre de cas : J'aurais fait, s'exprime 
aussi bien par: 

Gui-buhat co na ug, 
Travaillé de moi déjà si. 



que par : 



Tapus co na igbuhat cun. 
Fin de moi déjà travaillé si. 



Dans les trois dialectes du groupe tagaloc, les trois passives 
sont également usitées de préférence à la forme active, et c'est de 
cette multiplicité de formes que résulte la seule mais grande 
difficulté que l'étude de ces dialectes oppose aux étrangers. 

Dans la forme passive, l'agent est invariablement au génitif, 
et l'objet ou la personne sur qui s'accomplit l'action est au nomi- 
natif. 



Exemples 



Passive de i (bisaya et bicol), in (tagaloc). 



Bisaya lhatud mo aco niini. 

Soit porté de toi à moi cela. 
Apporte-moi cela. 



— 142 — 

Bicol Itâo mo ang mgna ijang gubing sa magna kelang. 

Soient donnés de toi ces vêtements à les malades. 

Donne ces vêtements aux malades. 

ïagalog. . . . Papariritohin co sa bakay. 
Sera venu de moi à maison. 
J'irai à la maison. 

Passive de un, on (bisaya), on (bicol), £ (tagaloc). 

Bisaya Palitan mo ang humaj. 

Soit acheté de «toi le riz. 
Achète du riz. 

Bicol Cananon mo iyan tinapœy. 

Soit mangé de toi ce pain. 
Mange ce pain. 

Tagaloc . . Ipinatolong mo iyang mangagaua. 
Sera aidé de moi cet ouvrier. 
J'aiderai cet ouvrier. 

Passive de an, 

Bisaya Guilodhan co icao. 

Agenouillé de moi toi. 
Je m'agenouille devant toi. 

Bicol Si Juan an pinagpabacalan cong gubing. 

Le Juan le être acheté du mien habit. 
Jean a acheté mon habit. 

Tagaloc. ... r Pinaarâlan mo ang mga bâta. 
Etaient enseignés de toi les enfants. 
Tu étais le maître de ces enfants. 

Il y a encore une autre forme de passif; elle est impersonnelle 
et n'est bien usitée qu'avec les passives de on et de an; on n'em- 
ploie dans cette forme que l'impératif : 

PASSIVE DE I. PASSIVE DE ON, PASSIVE DE AN, 

Bu hat (bisaya), faire. ... Buhatan. Buhata. Buhati. 

Dans cette forme de passif, le sujet ou le régime sont sous-en- 
tendus, suivant l'importance du rôle qu'ils ont dans l'action. 
Exemple : « Donne-moi de l'argent : » 

Hatagui aco ug salapi; 

Soit donné à moi (de toi) de l'argent; 

si le fait essentiel est recevoir l'argent; 

Hatagui mo ug salapi; 

Soit donné de toi (à moi) de l'argent, 

si Je fait essentiel est donner. 



_ 143 — 
U interrogation se fait au moyen des pronoms relatifs 



TAGALOC. BICOL. 

Sino, anô, alin. Anô, arin. 

Anong. 



BISAYA. 

Quinsa, haïn. 



Le bisaya possède, en outre, la particule interrogative ba, dont 
l'usage est très fréquent : Onsa ba ang guidala nia? « Qu a-t-il em- 
porté?» 

Parfois na (bicol) «déjà» est employé dans le même sens : 
Anong panahon na? «Quel temps fait-il?» 

Ainsi qu'il a été dit, la faculté d acquérir la signification verbale 
est inhérente à toutes les racines du malais aussi bien qu a celles 
du groupe tagaloc; mais c'est seulement dans ce dernier qu'elle 
atteint tout son développement. Par rapport aux quelques formes 
malaises telles que ber-sama-sama (de sama « avec ») « agir avec cor- 
rection», seka-dua-kan (de dua «deux») «agir d'après un consen- 
tement mutuel », les formes analogues du groupe tagaloc sont innom- 
brables, et celles dont les racines répondent à nos adverbes et à nos 
prépositions sont les plus usitées. En voici quelques exemples en 
bisaya : 

RACINE. 

Ari, ici Umari ca ; Viens ici. 

A ri, ici Arion mo canila : Approche-toi d'eux. 

Dali, vite * Quipadalian aco nia ; Il ma surpris brusquement, il 

m'a fait peur. 

Dali, vite Dation mo canâ pag buliat : Fais vite ce travail. 

Laïn, autrement Ngano guilaïnan mo cana? Pourquoi as-tu mis cela de 

côté? 

Naog, en bas Pacanaogon mo nia : Dis-lui de descendre. 

Onsa, comment; quoi? . . Onsaon mo? Que ferais-je? 

Onsa , comment; quoi?.. . Guionsa ang imong pagbukat? Comment as-tu fait ce 

travail? 

VU, près Vlian mo ang imong ama: Retourne auprès de ton père. 

Dili, non Ayao pagdili canila : Je ne le leur défends pas. 

Dili, non Guidilian co na sia : Je te lui ai déjà refusé. 



„ 144 — 



6. ADVERBE, PRÉPOSITION, CONJONCTION » INTERJECTION. 

Plusieurs adverbes se rapprochent de nos locutions adverbiales, 
la racine étant le plus souvent précédée d'une préposition ou d'une 
particule, tels sont: 



Dedans, 



Dehors 

En bas , dessous. . 
En haut , dessus. . 

Un peu 

À la fin, complète- 



ment. 



En arrière. 
Ici 



Là. 



MALAIS. 


TAGALOG. 


BICOL. 


BISAYA. 


dahm, di da- 
lam. 


sa loob. 


sa irarum. 


sa alum, sa 
ilalum. 


di klaar. 
di bâwa. 


sa labas. 
sa ilalim. 


duman. 
sa kilig. 


so gauas,guâ. 
sa obus. 


di atas. 


sa ibabao. 


sa ibabao. 


taas, ha taas. 


siket, sa diket. 


munti,caunti. 


ca diquit. 


sa diot. 


sa kali. 


% tapus , tapus 
na. 


tapus na. 


tapus , tapus 
na. 


di blakan. 
si ni. 

sa na. 


sa licod. 
dini , dilo , 

diyan. 
doôn. 


sa ribog. 

digdi, digdi- 
ho. 

duman. 


sibog,salibog. 
dinhi, sa din- 

hi. 
diha, anha. 



Les prépositions le plus souvent usitées sont les suivantes : 



À di, ka, pada, 

kapada , sa. 

De di, deri. 

Pour ka, pada, ka- 
pada. 



sa, ca. 



sa, ca. 
sa, ca. 



CONJONCTIONS. 



Et dan , dangwi. 

Avec sama. 

Ou ataw. 

Si kalu, djika. 



at, aj, ni. 

sa,nang ,caj. 
cun, cajà. 
cun. 



sa, can. 



sa, can. 
sa, can. 



o. 

sa, can. 

o. 

cun. 



sa, can. 



ni, sa, can. 
sa, can aron. 



ug. 

nban , pâli. 

con. 

ng. 



Les conjonctions du malais correspondent exactement aux con- 
jonctions françaises et elles sont employées dans les mêmes cas; 
il n'en est pas de même dans ïe groupe tagaloc, où elles ne sont 
presque pas usitées dans le sens de et, rénumération n'exigeant 
pas cette particule; les affîxes suppléent aux mots pour, avec, ou, 
si, d'un usage si fréquent dans notre langue; en revanche, sa entre 
clans presque toutes les phrases sans avoir une signification bien 
précise et sert plutôt de liaison. 



— 145 — 



INTERJECTION. 



Djangan. 



TAGALOC. 



Houag. 



BICOL. 



Haré. 



Ajao. 



ont un sens prohibitif; elles s'emploient isolément ou au début de 
la phrase, toujours dans le sens de : Ne fais pas cela! 

Le malais est riche en interjections; elles sont surtout tirées 
de l'arabe, qui a exercé et exerce encore une grande influence sur 
la littérature. Le groupe tagaloc possède beaucoup moins de ces 
particules; la plus fréquemment employée est : Aroy, Harao, 
expression d'étonnement et d'admiration. 



PARTICULES DE LIAISON. 

L'usage de ces particules, très fréquent en malais, l'est encore 
davantage dans le groupe tagaloc. Les principales particules sont : 



Qui, lequel, que. 

Sans signification, 
simplement eu- 
phonique 

A 

Et 

Interrogative .... 

A lui, le sien.. . . 

Certes , encore . . . 

Déjà 



yang. 



a, ka. 



kah. 

gna ou niya. 

pun. 



TAGALOC. 

nang. 

ng. 

sa, ca. 
at, ai. 



pa. 
na. 



BICOL. 

na, cang. 

ng. 

sa, can. 
a. 
na. 

pa. 
na. 



BISAYA. 

nang, nga. 



ng. 

sa, ca, can. 



ng. 
ba. 



pa. 
na, da. 



On voit qu'à l'exception de ng toutes ces particules ont une valeur 
propre, et elles sont aussi employées dans ce sens. Ex. : 

Kitab yang dikarang uleh pengarang itu : Les livres qui ont été com- 
posés par cet auteur. 

Umingon ca cania nga umabut sia : Dis-lui qu'il vienne. 



Malais. 

Bisaya . . 
Bicol . . . 



Sisay idtong aqui na nagsasacatsa cahoy? Quel est l'enfant qui grimpe 
à cet arbre? 



Mais le plus souvent ces particules ont une valeur purement 
euphonique et elles ne modifient pas plus le sens général du dis- 
cours que notre t (dans a-f-i7), dont elles remplissent exactement 
le rôle. 



— 146 — 

Gna = niya, pun (mal. ) ng sont toujours suffixes; les autres par- 
ticules sont employées isolément; il n'est pas une phrase du groupe 
tagaloc qui n'en contienne une ou plusieurs. 

Malais... Timbang-kan semua-GNA barang-barang J an S saya sudah bli. 
Pèse toutes marchandises lesquelles je déjà acheté, 

Bisaya . . . Naanay man sila-NG duha. 
Ennemis vraiment eux deux. 
Ces deux hommes sont ennemis. 

Malais. . . Maka radjah pvn menagnahan. 
Alors roi (certes) interrogea. 

Le roi s'informa. 

* 

Bisaya . . . Labot pa nga masaquit sia guihapon* 
En outre (encore) (qui) malade lui toujours. 
Il est toujours malade. 

Bicol.. . . Dacol na magna mayaman sa banuan na iyan. 
Beaucoup (lequel) riches à village (lequel) ce. 

Il y a beaucoup de riches dans ce village. 

La faculté dont jouissent toutes les racines, dans le groupe ta- 
galoc, d'acquérir un grand nombre de significations au moyen des 
affixes et d'occuper dans le discours la place de notre verbe, donne 
à ces dialectes une précision supérieure à celle du malais. Tous les 
actes de la vie matérielle : postures , exercices , travaux , arts ma- 
nuels, stipulations, rapports de personnes et de choses, sont par ce 
moyen exprimés avec autant d'exactitude que de concision. Il est 
loin d'en être de même pour les idées abstraites, et les mission- 
naires ont besoin d'avoir recours à beaucoup de périphrases pour 
traduire une partie seulement des idées qui chez nous sont fami- 
lières aux enfants. Encore n'est-il pas certain que la traduction soit 
toujours absolument satisfaisante. Ainsi : Sila nahagugma sa 
maayong buhat (bis.),, est donné comme signifiant : Ils aiment la 
vertu; or, à moins d'être averti par une phrase ou une allusion 
antérieures, il est impossible de traduire ces mots autrement- que 
par : Ils aiment un beau travail, et mieux : Ils aiment que le travail 
soit bienfait 

On trouvera ci-après l'oraison dominicale en malais, en tagaloc, 
en bicol et en bisaya, et la comparaison du premier texte avec les 
trois suivants permettra de voir combien est faible en théorie et 
considérable dans la pratique la différence qui sépare le malais du 
groupe tagaloc. 

On trouvera aussi deux pantum; ces quatrains rimes propres 



_ 147 — 

à la langue malaise contiennent le plus souvent dans les deux 
premiers vers une énigme ou une demande à laquelle répon- 
dent les deux derniers. Je n'ai pu me procurer, pour le groupe 
tagaloc, aucune pièce analogue aux pantum ou aux autres pro- 
ductions si nombreuses du malais; la littérature du groupe taga- 
loc est à peu près nulle; elle n'a jamais subi, comme le malais, 
l'influence du génie arabe, et si elle a eu, avant la conquête espa- 
gnole, quelque vitalité, ses productions sont aujourd'hui tombées 
dans l'oubli; les auteurs modernes copient servilement les idées et les 
procédés de la littérature espagnole ; leurs œuvres, peu nombreuses 
d'ailleurs, n'ont aucune valeur littéraire. Cependant, d'après 
le R. P. Torribio Minguella M, la poésie tagale comprend les 
formes suivantes : Cundiman, chanson erotique dansée; Diona, 
poésie amoureuse, épithalame; Sambitan et Ombayhan, chant fu- 
nèbre. Mais cet auteur n'en donne pas d'exemples. Les caractères 
de l'écriture nationale sont depuis longtemps sans usage, et les in- 
digènes en ignorent la valeur. 

Voici les caractères des alphabets tagaloc et bisaya : 



a v \T 

e, i 3vC Svv,^? 

« 3 3 

B <£> O 

d e SiV? 

G 31 Z\ 

h CO CO 

k a œ 

l T r 



m i>0 V 

n fî\ «z> 

ng PQ S»0 

p CO 'F 

s. n an 

t 1r> fc- 

w t) V 

y tx) to 



Les voyelles sont aussi indiquées par un point, placé soit au- 
dessus de la consonne (pour é et i), soit au-dessous (pour u et o). 



Ensay de gramalica hispano-tagala. 



148 



ORAISON 



MALAIS. 

Bapa hami yang ada di sorga , namâ 
Père de nous qui être à ciel, nom de 

nu djadilah hadus; karadjaw ma datanglah; 
toi devienne sacré; royaume de toi arrive; 

haendak ma djadilah, seperli didalam 
volonté de toi soit accomplie, de même dans 

sorga, demkienlah di atas bumi. Rôti hami 
ciel, ainsi que sur terre. Pain à nous 

saari-ari brilah hami pada ari ini; 
de tous les jours apporte à nous pour jour ce ; 

dan amponilah pada hami segala sala hami 
et pardonne à nous tous péchés de nous 

seperti lagui hami ini mengamponi pada 
comme *aussi nous ce3a pardonnons à 

orang yang bersala pada hami; dan 
individus qui ont péché contre nous; et 

djanganlah membâva hami hapada pertjobataan, 
ne fais pas porter nous vers tentation, 

âgna lapashanlah hâmi deri itu 

mais au contraire délivre nous de cela 

yang djaat. 
qui nuisible. 



TAGALOC. 



Âma najnin sumasalangit ca; sambahin 
Père de nous être au ciel toi ; adoré soit 

ang ghalan mo; mapasa amin ang caharian 
le nom de toi ; vienne à nous le royaume 

mo; sundin ang loob mo, dito sa lupa 
de toi ; soit faite la volonté de toi , ici à terre 

para nang sa laîigit; biggyan mo cami 
comme à ciel ; soyons donnés de toi Nous 

ngayon nang aming canin sa arao- 
maintenant la notre nourriture pour chaque 

arao; at patanarin mo Cami nang 

jour; et soyons pardonnes de toi Nous les 

aming manga utang, para nang pagpatauad 
nôtres dettes, comme est pardonné 

namin sa mangag ca cantang 

de nous à ceux qui ont contracté des dettes 

sa amin; at houag mo Corning ipah- 
envers nous ; et non pas de toi Nous être 

intulot sa tocso, at idya 

portés à tentation, mais soyons délivrés 

mo cami sa dilang masama. 
de toi nous de tout mal. 



DOMINICALE. 



— 149 



BICOL. 

Ama niamo na yaon ca sa lagnit, 
Père de nous qui se trouve toi à ciel , 

sasambakon an gnaran mo, mapasa-muya 
soit adoré le nom de toi, arrivé veuille 

ancahadean mo; cucuyogon an boot mo 
le royaume de toi; soit faite la volonté de toi 

digdiho sa daga, nin siring sa lajjnit an samong 
ici à terre, comme à ciel. Le notre 

cacanon sa aroaldao itao mo 

manger de tous les jours soit donné de toi 

samuya gnunian; patauadon mo 

à nous maintenant; soyons pardonnes de toi 

Kami can samong magna casalan nin siring 
Nous pour nos péchés comme 

can pagpatauad niamo sa magna maraot an 
à pardonner de nous à méchants la 

boot sa maya* gnaning daj 

volonté à nous. Semblablement ne fais pas 

Cami madaog nin sugot, alagad 

Nous aller à tentation, au contraire 

agauon mo cami sa tibaad 

soyons délivrés de toi nous quant à action 

nang maraot. 
laquelle nuisible. 



BISAYA. 



Amahan namu nga anaa ca sa langit 
Père de nous qui se trouve toi à ciel, 

ipapagdayeg mo ang ngalan 

soit ordonné être honoré de toi le nom 

mo ; umabut canamu ang pagcahari mo ; 
de toi; vienne à nous le règne de toi; 

ipapagtuman mo ang buut 

soit ordonné s'accomplir de toi la volonté 

mo dinhi sa yuta> maitigun sa langit. Ang 
de toi ici à terre , de même à ciel. Le 

calanon namu sa matagadlao ihatag 
manger de nous pour tous les jours soit donné 

mo coron nga adlaua, ug pasiloon 
de toi présent lequel jour, et soyons délivrés 

mo cami sa utang canimo , maihgun sa 
de toi nous quant à dette à toi, comme à 

panagpasaylo namu sa mga nanag pacautang 
il est délivré de nous quant à dettes 

canamu, ug dili mo usab cami 

à nous, et non de toi semblablement nous 

ipapagdaug sa panulay, hinonoo 
soyons conduits à tentation, mais plutôt 

panlabanan ' hami sa mga cadautan. 
soyons protégés nous quant à maux. 



— 150 



PANTOMW. 



J^à y^S ^JIS Kàlaw tuan dautii , 

9^a£ {j)]& t^l-iw /^Xs>«^. Tckarikan saya daim kanbodja; 

Jy&à c^U /j^'^lS Kalaw tuanmali dauîa, 

tî)«w yxXà 3 4^Uw a%Xajûâj Nantikan saya di pintu sorga* 

Si tu me laisses en promenant , 
Cueille pour moi la fleur des tombes ; 
S'il faut qu'avant moi tu succombes , 
A la porte du ciel demeure en m'attendant. 

cJîUL Â>jS i&yà t)& Burong puteh terbang ka djati» 

ow*w /ol*à ^J3 <2h) Lagi tuturgna di makan semut; 

c^lifc  XJL^. e^l* -<Ao Bidji mata, djantong hati, 

KZ>\yÀA oyp (j**& 2) y»** Sorga di mana kita menurut? 

Sur l'arbre à teck un oiseau blanc s'envole „ 
En gazouillant il bappe les fourmis ; 
Lumière de mes yeux , ô mon idole r 
Te suivre aux deux me sera- t-il permis ? 

Il 

DIALECTES NÉGRITO (lUÇON), BULED-ÏJPIH (BORNEO), SUOLOUAN (iLESOULOU), 
SAMAL, MANOBO, BAGOBO, TAGACAOLO, ATAS t BILAN (MINDANAO). 

On pourrait croire que les tribus sauvages refoulées dans les mon- 
tagnes conservent au moins quelques vestiges cTune langue étran- 
gère à la famille malayo-polynésienne. Il m'a été impossible de 
constater ce fait pendant mon voyage. Dans la péninsule de Ma- 
iacca, je pouvais à peine saisir quelques mots malais dans le 
langage des Manthrâs, des Jakuns, des Knabuïs, des Udaïs. Le 
temps m'a fait défaut pour recueillir un vocabulaire de leurs dia- 
lectes; mais un missionnaire de la région, le R. P. Pouget, ma- 
laïsant distingué, m'a affirmé que ces dialectes ne sont que du 
malais plus ou moins altéré, mêlé de quelques mots siamois. 

M W. Marsden, A Grammar of tke malayan language. London, 1812. 



— 151 — 

I. Négrito. 

Les Négritos de la Sierra de Marivelès (province de Bataan) 
ne parlent pas une langue spéciale, bien qu'ils soient incontes- 
tablement les plus anciens parmi les habitants des Philippines. Le 
vocabulaire n° i M, quelque écourté qu'il soit, lève toute incerti- 
tude à cet égard. Ce vocabulaire a été recueilli et publié par M. le 
docteur Meyer^ 2 ^. Je n'ai eu qu'à en constater la parfaite exactitude. 
Il ne m'a pas été possible de l'augmenter, car je n'ai pas séjourné 
longtemps au milieu des Négritos et l'effort que ceux-ci étaient 
obligés de faire pour répondre âmes questions leur causait, au bout 
de peu d'instants , une gêne et un malaise inexprimables. J'ai mis en 
regard des mots négritos les racines ou mots correspondants en 
malais et en tagaloc, et l'on peut voir qu'ils sont pour la plupart 
identiques ; quelques autres sont facilement reconnaissables , malgré 
leur altération : bomilé = mal. bli « acheter »; aie « tante * == mal. 
adeq « frère ». Une connaissance approfondie du malais et du ta- 
galoc permettrait peut-être de réduire tous les mots de ce vocabu- 
laire à des racines malaises. Ces faits n'établissent pas la non-exis- 
tence d'une langue propre à la race négrito; l'hypothèse contraire 
est beaucoup plus vraisemblable. Il serait nécessaire, pour résoudre 
cette question, d'être familiarisé avec les dialectes négritos des 
Philippines aussi bien qu'avec ceux des Sakkayes de Pérak et des 
Mincopies. Peut-être aussi retrouvera- t-on les éléments dispersés 
de la langue primitive des populations noires de l'archipel dans 
divers dialectes qui, selon M. Miklueho-Makay, retiennent quelques 
vestiges d'un vieil idiome qui s'efface chaque jour. M. de la Croix 
a publié un vocabulaire sakkaye^ dont trois mots seulement me 
paraissent plus ou moins semblables à ceux du dialecte des Négri- 
tos de Marivelès; M. E.-H Man ( 4 ) a donné quelques phrases du 
dialecte des îles An-daman ; ce dialecte paraît n'avoir aucune rela- 
tion avec celui des Négritos de la province de Bataan. 



M Voir à la fin du chapitre. 

M Ûber die Négritos oder Âëtas der Philippinen. Dresden, 1878. 

W Étude sur les Sakkaies de Pérak, dans la Revue d'ethnographie, Paris, 1882. 
« Poule , oiseau » : sakk. , manok, négr., manoh ; « homme » : sakk. , toh. , négr. , tao , 
« femme » : sakk. , baba , négr. , babay. 

W The Journal of the anlhropological Institute (août et novembre 1882). Lon- 
don. 



— 152 — 

J'ai recueilli parmi les Négritos de la Sierra de Marivelès les 
phrases et la strophe suivantes , qui établissent que leur dialecte 
se rapprocha autant du tagaloc par la grammaire que par les 
racines ; 



i . Lumaeal acô bucas. 

2. Ibug mo lumaeal? 

3. Ibug cô lumaeal. 
à, Alihi mima. 



5. 

6. 

7- 
8. 

9- 



Ibug cô man-hasso. 

Maïn cô malake bat 

Acô na4u-lunu$. 

Acô na4a-lata. 

Kuhum maca-quita cô panilan, 



î o. Biguian ta ca sabu. 

1 1 . Bajum bajum luma. 

Jeune jeune vieux. 

12. Amit : 
Maca-alis aka, ina; 

Pars je, amiej 
magpaca-baït ca, ina; 
sois bien toi, amie. 
Ta ma papaca sajon aco , ina t 
Tandis que être éloigné je, amie, 
info ca man sa biUïig ianmo, 
là toi se trouver à demeure de toi , 
hauag banuan dalipatan co. 
non pas village, pays, être oublié de moi. 



J'irai demain. 
Veux-tu aller? 
Je veux aller. 
Viens ici. 
Je vais chasser. 
J'ai un grand arc. 
J'ai faim. 
J'ai soif. 

Si je trouve un nid (d'abeilles), 
Je te donnerai le miel. 
Quoique jeune , tu es aussi lent qu'un 
vieillard. 



Chanson : 
Je pars, amie; 

sois bien sage, prudente, amie. 

Tandis que je serai éloigné , amie , 

et que tu demeureras dans ton habita- 
tion, 
je n'oublierai pas ton village. 



Quelque brèves qu'elles soient, ces phrases montrent tous les 
traits caractéristiques du tagaloc , savoir : 

Les pronoms dans tous les exemples; 

Le redoublement de la première syllabe de la racine pour la 
formation de l'expression verbale : na-LU-lunus (7) ; na-LA-lata (8) ; 

Le rôle des affixes dans le même cas : maca-alïs, magpaca-baït (12). 

L'usage prédominant du passif : Bigui-an mo ta ca (10) «sera 
donné de moi , toi » ; dalipat-an co ( 1 2) * être oublié de moi » ; formes 
qui reproduisent la passive de an. 

II. Buled-Upih. 

J'ai recueilli ce vocabulaire n° 2 chez les Buled-Upih de la rivière 
Sagaliud (baie de Sandakan ; N. E. de Bornéo) . Tai mis en regard de 



— 153 — 

chaque mot les racines ou mots correspondants malais, bisayas 
et, autant que je l'ai pu, soulouans. 

La communauté des racines, soit avec le bisaya, soit avec le ma- 
lais, est ici moins complète. Évidemment hgud, « perdre »; ^=mal. 
rugui; et hendong, « nez * = maL iàongj: mais il est d'autres mots 
absolument différents , soit du malais, soit du soulouan et du bisaya. 
Il se peut cependant que cette différence ne soit qu'apparente. Par 
exemple, sapa « eau » ne rappelle en rien ayer (mal.) ni ttxbîg (tag. 
et soûl.). Mais c'est le suba « rivière » de ces deux derniers dialectes. 

De même, sawer « mari » doit être rapproché non de bana, mais 
de asaua (bis.) «épouse», djuga «suivre» = mal. djaga et non 
iurut; lipandey « ignorant » = dili (bis.) «non» et panday (bis.) 
« ouvrier habile, savant ». 

Le buled-upih se rapproche du malais par le défaut d'articles , 
et du bisaya parla valeur des préfixes : ma-hohé « soir » (bis. ca-ha- 
pon) ; ma-apoy * faire bouillir » ,de apoy; ma-guling « rôtir », de guling; 
et aussi par la numération. Ce dialecte pourrait donc être considéré 
comme constituant une transition entre le malais proprement 
dit et le groupe tagaloc. 

Les Buled-Upih, réduits à quelques tribus sans importance, ne 
savent en général ni lire ni écrire, et n'ont aucune idée de carac- 
tères spéciaux à leur dialecte. Quelques-uns d'entre eux, en rap- 
port avec les trafiquants de la cote, parlent le malais, et quand ils 
savent traceç quelques mots, se servent, comme les Malais, de 
caractères arabes. 

III. Sotdouan. 

Le soulouan n'est qu'une variété du bisaya; les sons et la plus 
grande partie des racines sont les mêmes; il comprend cependant 
plus de mots malais proprement dits. 

Le R. P. Frederico Vila a bien voulu me communiquer une 
grammaire et un vocabulaire manuscrits rédigés par le R. P. Batliô 
pendant son séjour à Soulou. C'est à cette source que j'emprunte 
les détails suivants : 

Le soulouan ne possède pas & article spécial pour les noms propres. 
In = ang (bis.) sert à la fois pour les noms propres et les 
substantifs : Nom. m. Génit. sina ou ni. Dat. ace. ablat. in ou 



— 154 — 

Le pluriel est indiqué par la particule mga : In kuda « le che- 
val » ; in mga kuda « les chevaux ». 

Le substantif et l'adjectif, indéclinables , se forment comme en 
bisaya : ca-tapus-an «fin», de tapus; ca-usba-han «héritage», de 
usba «héritier»; pa-mumuêut «pêcheur», de mumucut; ma-tigas, 
de tigas «fort, solide»; ma-haggud, de haggud «froid, frais»; 
ma-manis, de manis «beau». 

Le comparatif et le superlatif se forment soit par la répélition 
tiu positif, soit avec labi « plus», soit avec les particules déni, sin. 
Ex. ; 

Marayao, bon; marayao-marayao ou marayo déni, meilleur; ma- 
rayao sin, excellent. 

Ing carut ini asibi, sagua in yatto in labin asibi, in caimo labi pa 
asibi tund : Ce sac est pelit , mais celui-là est plus petit et le tien 
est le plus petit de tous. 

La formation de l'expression verbale est celle du bisaya. 

Eti\ et avoir, rendus par les particules man, hay, aun, sont 
très souvent sous-entendus; hay se contracte aussi en y suffixe. 
Acô-y ma-saquit «je suis malade ». Icao misquin na « tu es pauvre ». 
Maraun karabao acô «j'ai beaucoup de buffles». La formation des 
verbes : magsumpan « servir » ; mah-sasat « conseiller, pousser à » , 
et les conjugaisons, paraissent conformes a celles du bisaya. 

Les pronoms et les adjectifs numéraux ne diffèrent du bisaya 
que par des particularités insignifiantes suffisamment indiquées 
par le vocabulaire n° 3. 

Les pandita et les dato de Soulou savent tous écrire couram- 
ment. Ils se servent , comme les Malais , de caractères arabes , mais 
légèrement modifiés. 

Les voyelles sont indiquées ainsi : 

A = * Balis hâtas (trait supérieur) , ex. : na = ^. . 

JE et i = Balis habata (trait inférieur), ex. : ne ou ni = (j # 

U et o s= J Balis dapan (trait antérieur), nu ou no = /^. 

Un quatrième signe tt ou " indique que la consonne ne 



— 155 — 

s'appuie pas sur une voyelle : £p — dun ou don, tandis que ^3 
= dunu. 

Les Malais ne se servent presque jamais des signes de voyelles : 
les Soulouans, au contraire, ne les omettent jamais, et même 
ceux qui connaissent le malais sont incapables de lire les écrits 
où ces signes manquent. C'est du moins ce que m'a assuré le dé- 
funt sultan de Soulou , qui était le plus fameux lettré de son empire. 

Le dialecte soulouan est parlé par tous les Malais ou Moros de 
Mindanao, de Palawan, de Balabac, de Basilan, des archipels de 
Soulou et de Tawi-Tawi , et du nord de Bornéo. 

IV. Samal, manobo, bagobo, atas, tagacaolo, bilan. 

Ces dialectes sont parlés dans les régions suivantes : 

Samal : dans l'île Samal, au nord du golfe de Davao; 

Manobo : dans tout le bassin du Rio Agusan (est de Minda- 
nao) et sur quelques points de la province de Davao; 

Bagobo : sur les versants N. E., sud et S. O. du volcan Apo 
(province de Davao); 

Atas : sur le versant N. O. du même volcan; 

Bilan : dans les montagnes qui séparent le golfe de Davao du 
bassin du Rio Grande de Mindanao; 

Tagacaolo : sur le même point et dans la cordillère qui s'étend 
entre le golfe de Davao et l'océan Pacifique, dans la péninsule 
S. E. de Mindanao. 

J'ai recueilli sur place les six vocabulaires et les quelques 
phrases donnés ci-après (vocabulaire n° 3); j'aurais voulu qu'ils 
fussent plus complets , mais il m'a été impossible d'obtenir davan- 
tage des indigènes de Mindanao, qui vivent à l'état sauvage et n'ont 
aucune notion de l'écriture. 

Tous ces dialectes doivent être classés dans le groupe tagaloc. 

La phonétique est celle du tagaloc et du bisaya, sauf les par- 
ticularités suivants : 

Les sons è, è sont plus fréquents, surtout en bilan : éèl « eau »; 
yiè «mère»; balnem «donner», etc. En cela, ce dialecte se rap- 
proche du bicol, où le son i est relativement fréquent : ogalé 
« qualité, nature »; hematé « écouter » ; canalé « marmite », etc. 

Le/, qui n'existe en malais que pour les mots d'importation arabe 



— 156 — 

et qui est inconnu dans tous les autres dialectes examinés plus 
haut, se rencontre dans le tagacaolo et le bilan : Jito, nagfito 
« sept » (bis. pito) ; folo, faolan « dix » (bis. polo); tifay « coquillage » 
(bis. tipay); tagacaolo : fait «blesser», fandas «être malade», et 
bilan : sfalda «dire»,/ateft «poser». Il est remarquable que ce 
son /, spécial aux tribus les plus sauvages et les moins accessibles 
de Mindanao, se retrouve dans le malgache; le /existe aussi en 
ibanag, dialecte parlé par quelques sauvages de la province de 
Cagayan, dans le nord de Luçon. 

Le samal adoucit les sons du bisaya; le bagobo, au contraire, 
est plus rude et remarquable par la fréquence de r, particularité 
qui distingue aussi le bicol. Ex. : 



En arrière. . 
Beaucoup . . 
Combien?.. , 
Non....... 

île..: 

Trop 

Maintenant. 

Buffle 

Labourer . . 

Trois 

Mille 



Le bilan change a du bisaya en o. 



BISAYA. 


SAMAL. 


olagkù 


mardi, 
madiao. 


pila ? 
dili 





pixlo. 
hilabihan. 


calabian. 


caron. 


adun. 


karabao. 


habao. 


daroh. 


dadoh. 


toilô. 


tod. 


libé. 





tapuri. 
madigur. 
pira ? 
diri. 
poro. 



ribu. 



Suha (bisaya) = subo (bilan). 
Hangap ( bisaya ) = amkop (bilan). 
Lima (bisaya) = limo (bilan). 

Quanta l'étymologie, il faut se rappeler la réserve déjà faite à 
propos du buled-upih. Par exemple, blem (bilan) «vendre» n'est 
pas réductible au malais djual; cette racine doit être rapportée au 
malais bli « acheter », interversion de signification fréquente dans 
les dialectes de l'archipel. 

L'article du nom propre et celui du nom commun avec la par- 
ticule du pluriel existent dans tous ces dialectes, à l'exception du 
bilan, où la particule ni parait remplacer à la fois les deux articles 
et les pronoms relatifs et démonstratifs bisayas. 

Les pronoms personnels sont, à peu de chose près, ceux du 
groupe tagaloc. Si kandan (manobo et bagobo) « nous » doivent être 



— 157 — 

rapprochés du pluriel de la troisième personne du fcicoii: ninda, 
caninda; et hamuyan (tagacaolo), guoya (bilan) ===== samoya (bicol). 
Ils se déclinent de la même façon, même en bilan, ainsi qu'on peut 
le voir dans l'exemple : Bongnauayéé tago : « Mère est aimée de moi. » 

Les adjectifs numéraux sont les mêmes qu'en bisaya, avec 
quelques différences assez sensibles cependant pour le tagacaolo 
et surtout pour le bilan. 

Le rôle du préfixe ma est le même dans tous ces dialectes pour la 
formation des adjectifs : ma-itum «noir», ma-puti «blanc», sauf 
pour le bilan. 

Le bilan paraît du reste faire un emploi beaucoup moins gé- 
néral des affixes. Le vocabulaire ci-après contient les mots tels 
que je les ai entendu prononcer; il est probable que les indigènes 
interrogés me donnaient les mots racines avec ou sans affixe, au 
hasard, car la plupart du temps ils joignaient au verbe demandé 
un pronom ou un adverbe. Tel qu'il est cependant, ce vocabulaire 
montre que le bilan est pauvre en affixes, tandis que ces particules 
remplissent dans les autres dialectes le même rôle qu'en bisaya, 
soit pour la formation du substantif, soit pour celle du verbe : 

Daroh (bis.) «labourer» = mag-da-dudoh (manobo). Gahom 
«pouvoir», maca-gakom (bis.) «puissant» = dacul, magcadacul 
(bagobo); gaus, maca-gaus (tagacaolo). 

Mag-inom, de inom (bis.) «boire ensemble, en compagnie» = 
mag-inom (samal), mag-inung4 (manobo), miga-inum (bagobo). 

Pag-tolog, de tolog (bis.) « dormir » = ma-luug (samal) , mortolog 
(tagacaolo); pag-tabacco (bis.) = mag-slgupan (bagobo) «fu- 
mer » , etc. 

L'analyse des phrases reproduites à la suite des vocabulaires 
démontre la valeur et la fréquence des affixes et des particules 
dans ces dialectes, à l'exception du bilan. Ex. : 

Manobo n° k.. . Maga hungun sicandin : Il est marié. 

Bagobo n° 7 . . . Yan pag-bunal ta ca bâta man. 

Le battre (partie. de liaison) à enfant (partie, euphoa.). 
H est mal de battre les enfants. 

Tagacaolo n° 8. Pag-bili cao nadto sa humœy. 
Acheter toi ce à riz. 
Achète ce riz. 



— 158 — 
Dans tous les dialectes sans exception la forme passive est em- 
ployée comme en bisaya : 

Manobo N° i i . Gui-pali-an to cuadriyero : A été blessé le cuadrillero. 

(passive de an). 

Bagobo n° 8 . . . Bilino yan orné : Soit acheté ce riz. 

(passive de on). 

Tagacaolo n° 9. Umatum ambuctun : Soit étendu le bras, 

(passive de on). 

Bu An N° 1 2 • * . Bongnaua yé tago : Aimée mère de moi. 



Les phrases suivantes, obtenues d'un Bagobo un peu moins sau- 
vage que les autres, sont un bon exemple de l'affinité du bagobo 
et du bisaya : 

BAGOBO. 



Il y a un mois, 

je vis Pierre. 

Je lui dis *. 

Si tu me fais l'avance 

de six brasses de cotonnade, 

j'irai dans la montagne de l'île, 



Nabulanan don , 
Un mois accompli déjà , 

migquita si Pedro, 

a été vu, rencontré, le Pierre, 



ug cagin cas cona : 
et parler à lui : 
Mohé canac angcat 
Donne à moi prêt 
annom dupa na crudo, 

six brasses qui cotonnade, 
daton ta patongan sa poro, 
là-bas à. montagne de île, 
j'y couperai des palmiers , j'y chercherai pélec basac, canhé salé; 

couper palmier, chercher résine; 



de la résine. 
Tu me donneras en outre 

deux mesures de riz, 

et je te rembourserai tes avances. 

Je suis allé dans l'île, 

j'ai recueilli beaucoup de résilie, 

j'ai remboursé Pierre , 

et maintenant nous pouvons passer 

longtemps sans travailler. 



cono surnoké pasig» 

aussi être donné également, 

doa bakid ommé cosacon, 
deux mesures riz à moi , 

moli ca bayadan angcatan. 
rendre pour payer la chose prêtée. 
Daton sa poro 
Là-bas à île 

pagcanhé madita sulo, 
avoir recueilli beaucoup résine , 
mekimpas Pedro , 
payé Pierre , 
gamma cabatog 
maintenant pouvoir 
modo madogé daa paglomo. 
long temps sans travailler. 



— 159 — 
VOCABULAIRE N° J. 



parler. . . . 
interroger 

appeler. . . 
entendre . 



crier . 



regarder . 
renvoyer, 
marcher . 
courir. . . 
sauter. . . 
danser. . 



rire . . . 
pleurer. 

acheter. 
se marie 

mourir, 
tuer. , . 



manger . makan, 



boire . . 
dormir . 



oui., 
non . 



je.... 

tu 

il. . . . 
nous. . 
vous . . 
ils . . . 
le, la. 
les. . . 



MALAIS. 



hita. 
tagna. 

panggil. 
dengar. 
triak. 

tingoq. 

balas. 

djalan. 

lari. 

megnuçong. 

menâri. 

tertawa. 
menangis. 

membli. 
liawin. 

mati. 
bunoh. 



minom. 
iidor. 

ya. 

djangtn, tida. 

akou. 
augkaw. 
ia, dia, siya. 
kami, kita. 
kamu. 
dia, siya. 



satu. 

dua. 

tiga. 

ampat. 

lima. 



maguica, rnangusap 
tumanong. 

tumauag. 

dingig. 

mgiwi. 

tuminguin. 

paalisin. 

lumacad. 

tumacbo. 

lumocsô. 

swnayao. 

tumawa. 
tumangis. 

bumili. 
pagasaua. 

mamatay. 
pamatay. 

cumaïn. 

ninunu 

matulog. 

06. 
MndL 

acô. 

icao, ca. 
sia. 

kami, tayo. 
cayo. 
sila. 
ang* si. 
ang mga. 

isa. 

delawa. 

tatlà. 

apat. 

lima. 



NE6RIT0 

de 

LA PROVINCE DE BATAAN. 



magusap. 
tanunguin. 

tauagin. 
magineo. 
kiawan. 

tingnan. 

isalian. 

lomagat. 

tamacbo. 

lemocsô. 

magscao. 

tomatawa. 
omiac. 

bomilé. 
sagad. 

patay. 
pataïn. 

caïn. 

minum. 

matulog. 

06. 
ayaw. 

acô. 



ang. 
ang mga. 

isa. 

delawa. 

tatlô. 

apat. 

lima. 



— 160 — 
VOCABULAIRE N° 1. (Suite.; 



6 

7 • 

8 

9 '••■ 

io. ....... 

lOO 

demain 

ici v 

vite.. ...... J, 

lentement. 

homme , 

femme 

père 

mère 

fils 

jeune enfant.. . 
grand-père 

tante , 

oncle , 

frère 

sœur. ........ 

œil... 

nez 

bouche 

oreille 

tête 

cheveu 

main 

bras 

doigt 

cuisse 

poitrine 

ventre 

rivière 

eau 

pluie 



anam. 
tudju. 
detapan. 
sembilan. 
sa pulu. 
sa ratus. 

becoq. 

sini. 

lakas. 

tombât. 

laki, orang. 

perampuan. 

bapa. 

marna, ibiu 

anaq. 

budaq. 

neneq. 

pa ua. 

pa tua. 

sudara. 

sudara. 

mal a. 

idong. *-* 
mulut. 
telinga. 
hulu , hapala. 
rambot. 

tangan. 

langan. 

djari. 

pahu. 

dada. 

tian. 

sunggey. 

ayer. 

ulan. 



pité. 

ualo. 

siam. 

sangpuô. 

sangdaan. 

bucas, wnaga. 

dini. 

madali. 

dahay dahaj. 

lalaki. 

babay. 

amâ. 

inâ. 

anaq. 

bâta. 

nûno. 

ali. 

amaïn. 

capatid. 

capatid ngababay. 

mata. 

Hong. 

bibig. 

tainga. 

ulo. 

buhoc. 

camay. 

camay. 

dali. 

hita. 

suso. 

tian. 

ilog. 

tubig. 

ulan. 



NÉGRITO 

de 

LA PROVINCE DE BATAAN 



pitô. 

ualo. 

siam. 

sampo. 

sandaan. 

bucas, umaga. 

mayondin. 

madali. 

maginteca. 

lakahe. 

babay. 

amâ, totang. 

inang. 

anaq. 

anaq. 

apo. 

aie. 

marna. 

capatid. 

capatid na babay. 

mata. 

Hong. 

bebec. 

taenga. 

ulo. 

bohoc. 

camay. 

camay. 

daliri. 

paâ. 

debdeb. 

tian. 

ilog. 

tubig. 

ulan. 



— 161 — 
VOCABULAIRE N° 1. (Soite. 



pierre 

colline. 

feu, chaud, 
froid 

blanc 

noir 

vert 

bleu 

jaune 

rouge 

cerf 

crabe 

grenouille. . 
faucon. . . . 
iguane .... 

oiseau. .... 

porc 

poisson. . . . 
papillon. . . 

rat. . . 

serpent. . . . 
scarabée . . . 

tourterelle . 
volaille,. . . 

maison .... 
maître .... 
esclave. . . . 

arc 

flèche 

couteau . . . 

arbre 

feuille .... 

fleur 

fruit 

riz en grain 



bato. 
bukit. 

api t panas, 
dinngin. 

puteh. 

itam. 

idjaw. 

bira. 

knning. 

mer ah. 

rasa. 

ketam. 

katag. 



biawaq. 

burong* 

babi, 
ikan. 
knpu kupu. 

tikus. 
ular. 



tebikur. 
ayam, 

rumah. 
taan. 
amba, abdi. 

pana. 

anaq pana, 
pisaw. 

pohon, kayu. 

daun. 

bunga. 

bmk. 

bras. 



TAGALOC. 



bato. 
bukid. 

apoy. 
maginao. 

maputi. 

maïtim. 

hilao, mura. 

baghao. 

madilao. 

mapula. 

usa. 

alimango. 

tugac. 



himbubuli. 

ibnn. 

babay. " 

isda. 

paroparo. 

daga. 
ahas. 
ûwang. 

calapati. 
manoc. 

bahay. 

panginoon. 

alipin. 

busog. 

pana. 

pisaw, campit. 

pono. 
dahon. 
bulac. 
bunga. 

bigas. 



NEGRITO 



LA PROVINCE DE BATAAN. 



bato. 
parang. 

apoy. 
maginao. 

maputi. 

maïtim. 

mura. 

baghao. 

madilao. 

mapula. 

usa. 

alimasag. 

palaga. 

ibu. 

cambubulé. 

ibun. 

babôy. 

isda. 

campubulac. 

daga. 
ahas. 
ûwang. 

bato bato. 
manoc. 

bahay f 

paiHjinoon. 

alila. 

busoc. 
pana, 
campit. 

cahoy. 

dahon. 

blaclac. 

bunga. 

bigas. 



— 162 — 
VOCABULAIRE N° 2, 





MALAIS. 


SOULOUAN. 


BISAYA. 


BULED-UPIH. 


alors 


maka. 


hati. 


niadtô. 


sembi. 


assez 


tjukup. 


sarang. 


higho. 


gunap. 


aujourd'hui 


ari ini. 


adlau mi. 


caron adlao. 


hohé. 


hier 


kalmarin. 


cahapun. 


cahapon. 


ada swabi. 


demain.. . . 


becoq. 


quinsum. 


ugma. 


swog. 


combien?. . 


brapa. 


pila. 


pila. 


komero. 


pas encore, 
parce que . . 


belom. 






dapan. 
sebab. 


sebab. 


magitta. 


cay. 


être 


ada. 


man. 


mao , man. 


akay. 


avoir 


ada. 


aun. 


duna, may. 


akay. 


faire 


bekin, buat. 


buhat . 


pagbuhat. 


buat, mohong- 
kot. 


former .... 


merupakan. 


magginang. 




mangasa. 




vouloir.. . . 


mao. 


mabaya. 


pagbuut. 


malo. 


pouvoir . . . 


buleh 


magcadhari. 


gahom. 


buleh. 


finir 


memutus. 


maubus. 


ubus, human. 


nopod. 


donner .... 


kaci. 


dihil. 


hatag. 


magcay. 


prendre. . . 


ambiî. 


cauaan. 


cugha. 


lapo. 


prêter. .... 


kacipindjam. 


gnipabuut. 


bailo. 


pintamacon. » 


perdre. . . . 


merâgai. 


malaua. 


nota. 


lugui. 


marcher . . 


berdjalan. 


magid. 


lacao. 


mogad. 


aller 


pegui. 


panao. 


adto. 


tomidor. 


venir 


datang. 


dumatung. 


abat 


madjan. 


courir 


lari. 


dumagan. 


pagdalagân. 


melauï, maïlo. 


rester 


tinggaL 


nacabin. 


pabilin. 


matinibas. 


suivre 


turut. 




sumunod. 


djuga. 


attendre . . . 


menanti. 


tumagad. 


tagad. 


entrer 


macoq. 


masalut. 


pagsulut. 


niambe. 


sortir 


kluar. 


mai. 


paggua. 




garder, rete- 










nir 


simpan. 
malay. 




simpan. 
malayo. 


rokopan. 
komaro koro. 


éloigner. . . 


maayo. 


veiller .... 


mendjaga. 


djamaga. 


mao ingat. 


masun. 


descendre. . 


toron. 


naug. 


naug. 


hantiba. 


ramer .... 


mendayongkan. 


himnpad. 


paglupat. 


gomao , gayon- 
go. 



— 163 — 
VOCABULAIRE N" 2. (Suite.) 



passer une 


' MALAIS. 


SOULOUAN. 


BISAYA. 


BDLED-UPIH. 










rivière • . • 


megnabranq. 






montus liadi- 








paw. 


nager 


bernang. 


lumanguy. 


langoy. 


malong. 


plonger . . . 


tenggelam. 






moyog. 






voler 


terbang. 


lumupad. 


lapad. 


tamalud. 


grimper . . . 


pandjat. 


* 


paghangap. 


komow. 




tomber. . . . 


djato. 


mahulug* 


pagholog. 


maganginkom. 


se remuer . 
pousser . . . 


begra. 
menurnng. 


magcagibal. 


uyoga. 


goyango. 
Jxinin. 








s'asseoir . . . 


dudoq. 


lincut. 


paglingcud. 


mogom. 


se lever . . . 


bangun. 


pagtindog. 


pagtindog. 


mudé. 


se coucher. 


telantang. 


paghida. 


paghigda. 


komilia. 


boire 


minom. 


minum. 


paginom. 


malisop. 


manger . . . 


makan. 


macaan. 


pagcaon. 


mamakan, 
anuri. 


dormir .... 


tidor. 


matuug. 


paglolog. 


camahap. 


mordre .... 


gigit. 


mangutcut. 


pangut. 


manhabut. 


dire 


hâta. 


mamung. 


pagpamulung. 


mano. 


parler 


bitjara. 


bitjara. 


pagsulti. 


uni. 


appeler. . . . 


panggil. 


magtauag. 


fagtaoag. 


tumacad, ma- 
nago. 


crier. ..... 


triak, 


rkabucag. 


sigao. 


manaï t glocaw. 


écouter.. .'". 


tinggoq. 


pagdunguc. 


taling hoc. 


moboong. 


entendre . . . 


dengar. 


magcaïngat. 


pagdungag. 


magrongo. 


pleurer .... 


menangis. 


matangis. 


tumangis. 


tâta. 


craindre . . . 


takut. 


mabuga. 


matacot. 


luma. 


désirer. . . . 


suha. 


baugan. 


mag nasa. 


apao. 


mépriser • . 


menghinakan. 




humdmac. 


marito. 




comprendre 


mengartu 


magcaïngat. 


pagsabât. 


mutré. 


1 fVTinT*0t* 


bphal 


magdupang. 
isa, hambuc. 




lipandé. 
idoo. 


IgllLUCI ... 
1 


satu. 


usa. 


2 


dua. 


dua. 


dua. 


duho. 


3... 


tiga. 


tau. 


totlo. 


talo. 


k 


ampat. 


upat. 


upat. 


apat. 


5 


lima. 


lima. 


lima. 


limo. 



— 164 — 
VOCABULAIRE N° 2. (Staffc.) 



6.... 
7 .... 
8.... 
9 .... 
io. . . 

12 . . . 
20. .. 
21 . . . 

3o... 
îoo. . 
i,ooo. 



le, la. 
les . . . 



MALAIS. 



anam. 
tudju. 
delapan. 
sembilan. 
sa pula. 
sa blas. 
dua blas. 
dua pula. 
daa pulu satu. 

ùga pulu. 
sa ratas, 
sa ribu. 



je. ...... . 

tu 

il 

nous». 

vous 

ils 

biauc 

noir 

vert 

bleu 

jaune 

rouge . . . * . 

aimer 

flairer, sen* 

tir 

goûter .... 

travailler . . 

battre 

frapper. . . . 
attacher. . . 



angkaw. 

dia. 

kita, kami. 

hamu. 

dia. 

puteh. 

itam. 

idjaw. 

biru. 

kuning. 

merah. 

suka. 



tjium. 
raçâ. 

kerdju, buat. 
pakul. 
pukul. 
ikat. 



SOULOUAN. , 



unum. 

pità. 

ualô. 

siam. 

hampô. 

kampô tag isa. 

Kampà tag dua, 

cahuhaan. 

cahuhaan cag 
isa. 

catloan. 

hangatus. 

hangibu. 

in. 

in mga. 

acô. 

icao. 

sia. 

kitttj kami. 

kamu. 

sila. 

maputi. 

maïtum. 

sajulan. 

bilu. 

bianing. 

mapulah. 



maghamut. 



magginang. 
mag pagut. 
mag pagut. 
hucutan. 



BISAYA. 



pitô. 

uaU. 

siam. 

na polo. 

na polo ug usa, 

na polo ug dua, 

caluhaan. 

caluhaan ug 

usa. 
catloan. 
usa ca galus. 
usa ca libo. 

ang. 
ang mga. 

acô. 

icao. 

sia. 

kita, kami. 

kamu. 

sila. 

maputi. 
maïtum. 
caluhuhao. 



madalag. 
mapulah. 

paghigugma. 



humalic. 



pagbuhat. 
hampac. 
bonal. 
paghigot. 



BULED-UWH. 



onom. 
taro. 
uaU. 
shuo. 
napulu. 
napula idoo. 
na pulu duho. 
duko na pulu. 
duho na pulu 

idoo. 
talo na pulu. 
na atus. 



aco. 

ikaw. 

ano. 

kita, kami. 

kamu. 

koswangan. 

puti. 

sarob. 

gadong. 

bilo. 

sibow. 

miang. 

suka. 

yutu. 
mangraça. 

manoço. 
minuntog. 
meriço. 
hawdimorong. 



— 165 — 
VOCABULAIRE N° % (Suite.) 



couper. . . . 


MAUÏ-S. 


SOUWJAN. 


BISATÀ. 


BULED-UPIH. 


petja. 


putul. 


putul. 


mamintos. 


porter .... 


antar. 


magbalung. • 


paghatud. 


manondung. 


laisser 


tingalkan. 


gibiin. 


pagbia. 


kakatog. 


presser 


apit. 






kavunsoy. 






broyer , * » » 
brûler 


tumbuq. 
angus, tunu. 




cot cot. 


manshor. 


magsunuc. 


sonog. 


mampé. 


chauffer. » . 


panaskan. 


papasua. 


init. 


sunginamot. 


éteindre . . . 


padam. 


palitaan. 


pagtauin ang 
apoy. 


pada. 


bouillir . . . 


rébus. 


manubuna. 


bocal. 


ma apoy. 


rôtir 


goring. 


bansing. 


pagtapa. 


ma guling. 


bon. . . , . . 


baïq. 


marayao. 


maayo. 


horon. 


mauvais . . . 


buruq. 


mangui. 


dautan. 


rayray. 


propre. . . . 


satji. 


matchutchi. 




tchutchey. 




vaillant. . . . 


brâni. 


maïsuc. 


maïsuc. 


pusu. 


silencieux» . 


i dicim. 




tahimic. 


mangopoc. 
mentagal. 
alnd mangé. 


inquiet.. . . 
endormi . . . 


souçâ hati. 
bertidor. 






matuûc. 


matolog. 


fatigué .... 
humide . . . 


lelah. 


liaul. 




wab. 


basa. 


alii. 


mabasa. 


murung. 


chaud. .... 


panas. 


mapasug. 


mapaso. 


panas. 


fort 


kras. 


matigas. 


matigas. 


alang. 


solide 


huât. 


matigas. 


matigas. 


pagon. 


raide 


tegar. 


matigas. 


magahi. 


alanqt. 


mou, flexi- 










ble 


tambeq. 


malunug. 


mahomog. 


lum. 


faible 


lema. 


macayug. 


mahina. 


lama. 


fin , ténu . . 


alus. 


manipis. 


manipis. 


atis. 


diable 


antu. 


saitan. 


yaua. 


antu. 


science , art. 

j u g e 

tête 


ilmu. 
hukum. 






ilmu. 
hukum. 


hukum. 




hulu, kapala. 


uû. 


olâ. 


hulu. 


" face 


muka. 


dagbus. 


nauong: 


paras. 


cheveux. . . 


rambot. 


buhuc. 


huhuc. 


abok. 


nez 


idong. 


ilang. 


Hong. 


hendong. 


œil 


mata. 


mata. 


mata. 


mato. 


poitrine. , . 


dada. 


daga. 


dughan. , 


hiap. 



— 166 — 
VOCABULAIRE N° 2. (Suite.) 



MALAIS. 



ventre . . 

dos 

épaule . . 
bras .... 
main . . . 
doigt . . . 
ongle. . . 
cuisse . . 
genou.. . 
jambe . . 
pied .... 

maladie . 

maladie de 

la peau . . 

sourd 

aveugle . . . 

homme . . . 
femme .... 
jeune fille . 
jeune gar - 
çon 

père 

mère 

enfant , fils . 

frère 

mari 

soleil 

lune. ..... 

étoile ..... 

jour 

nuit ...... 

matin 

soir 

ciel 

vent 

tourbillon. . 



tian. 

blakan. 

bahu. 

langan. 

tangan. 

djari. 

kuku. 

paku. 

lulut. 

betis. 

kaki. ■ 

sakit. 



tuli. 
buta. 

laki, orang. 
perampuan. 
dora. 

budaq. 

bapa. 

marna, ibu. 

anaq. 

adep. 

laki. 

mata ari. 

bulan. 

bintan. 

siang, ari. 

malani. 

pagui. 

petang. 

sorga, langit, 

angin. 

puçaran. 



SOULOUAN. 



tian. 
t&ïcud. 



buclun. 
lima. 



cuccu. 

paa. 

tahud. 

bitis. 

siqui. 

saquit. 



buta. 

tao t usug. 
babay. 



ama. 

ina. 

anaq. 

taymanhud. 

bana. 

adlao. 
bulan. 

bituun, bintan. 
adlao. 

malam, duum. 
maginaad. 
iapun, maga- 

pun, 
langit. 
hangin. 
hangin. 



BISAYA. 



tiyan. 

licud. 

balicat. 

bocton. 

camot. 

todlà. 



paa. 
tohod. 
paa. 
têel. 

saquit. 



buta. 

tao , lalaku 

babay. 

daraga. 

bâta. 

amahan. 

inahan. 

anaq. 

igsoon. 

bana. 

adlao. 

bulan. 

bitoon. 

adlao. 

gabi. 

bungtag. 

hapon. 

langit. 
hangin. 
onos, libot. 



BULED-UPIH. 



tian. 

lakud. 

sidong. 

long on. 

amplan. 

tandudok. 

pasow. 

pâ. 

alud. 

bitis. 

hakad. 

saquit. 

gagayan. 

bongol. 

buà. 

cohe,ulun t labo. 
winéj liun. 
kara. 

waiju. 

ama. 

ina. 

lilin. 

adi. 

sawer. 

matarunat. 

bulan. 

bittertin. 

runat. 

awai. 

sosuab. 

mahohb. 

bulinton. 

wassi. 

berawad. 



— 167 — 

VOCABULAIRE N° 2. (Suite.) 



pluie 


MALAIS. 


SOULOUAN. 


BISAYA» 


BULED-UPIH. 


udjan. 


ulan. 


ulan. 


uran. 


tonnerre. . . 
éclair 


guniur. 
kilat. 


ducduc. 
Untic. 


dabugdug. 
Untic, kilat. 


tankarud. 
tingkiloq. 


terre. ..... 


tanah, darat. 


tanah, lupa. 


lupa,yata. 


tana, dunia. 


mont (place 
de désir) . 

haute mon- 
tagne. . . . 

colline .... 








buled. 

buled buled. 
kudu. 


gunong. 
buçut, buhit. 


but , bakit. 
bat, buhit. 


bukidnon. 
bukid. 


plaine 

forêt 

jungle 

chemin . . . 


padang. 
utan, kayn. 
lalang. « 
djalan. 


datag. 
gulangan. 
cogon. 
daan. 


capatagan. 
cacahuyan. 
cogon. 
dalan. 


gana. 
kayu. 
nagus. 
lavan* 


vase 

sable 

marais .... 
eau 


lompur* 
paçir. 
rawa. 
aier. 


pisac. 
bahanguL 


lapoc, 
balas. 
patubigan, 
tubig. 


butaq. 
agis, 
gaçop. 
supa. 


tubig. 


rivière .... 
courant . . . 


sunggey. 
arus. 


suba. 
suluc. 


suba. 
sulug. 


sunggey. 
pudug. 


nuage.. . . . 


awan. 


tagganguin , 
awan. 


dagum. 


was. 

' 7 


année 


taon. 


takun. 


tuig. 


taon. 


mois 


bulan. 


bulan . 


bulan; 


bulan. 


abeille. . . . 
buffle 


leba. 
karbaw. 


puchucan. 
kat^baw. 


camumo. 
carabao. 


manapo. 
karbaw. 


bœuf 


sapi. 
rusa, 
huda. 


sapi. 
usa. 
kuda. 




sapi. 
payo. 
kuda. | 


cerf 

cheval .... 


usa. 
cabayo. 


crevette . . . 
crocodile . . 
éléphant. . . 
écureuil . . , 
grenouille . 
iguane. . . . 
moustique . 
ours 


udang. 

buaya. 

gadja. 

tape. 

hataq. 

biawaq. 

niamoq. 


pasan. 
buaya. 
gadja. 


hipon. 
buaya. 


paçan. 

buaya, wain. 

lima, gadingan. 

wasing. 

krataq. 

mendatang. 

namog. 

bawan. 

tagio. 




ambac. 


tugac. 

bayanac. 

lamoc. 


guilam. 


orang - ou - 
tang..... 


orang utan. 


orang utan. 







_ 168 — 
VOCABULAIRE N° 2. (Sun*.) 



porc .... 
rat 

singe. . . 
grand singe, 
petit singe, 
serpent. . 
scolopendre 
scorpion. . . 

oiseau . . 

poisson.. 

•arbre 
arbuste. . . 
banane. . , 
bambou . . . 
branche . . . 
concombre .- 
camphre . . 
cocotier . . . 
durian. . . . 
écorce .... 
feuille . . 
fleur . . . 
fruit .... 
gutta-percha 
gambir. . . 
herbe .... 



■ mpong . . 
patate. . . 
rk en grain.s 
riz en herbe, 
riz bouilli. . 
rotin ..... 

bétel 

tabac. .... 

maison. . . 
fenêtre.. . 



MALAIS. 



babi.. 
tikus. 
muniet. 



ular. 

alipan. 

kala* 

burong. 

ikan. 

pohon, kayu» 

pohon. 

pisang. 

ÊuhL 

rangkas. 

ketimun. 

hapor. 

klapa, nior. 

durian. 

kulit. 

daan. 

bunga. 

buah. 

geta pertja. 

gambir* 

rompoL 



ubi. 

bras, 

paddi. 

naçi. 

rotan. 

siri 

roko. 

rumah. 
djenela. 



SOULOtJAN. 



babuy. 
amban. 
anuL 
kalanat* 



haas. 
lipan. 
calahangkin. 

manog manog. 



kayu. 



saguing, 

patong. 

sanga. 

maras. 

capul. 

laging. 



dahun. 

siïmping. 

bunga. 

geta pertja. 

gambir. 

sagbut. 



camote. 

bugao. 

palay. 

mnaun. 

Uaï. 

buyo* 

roko. 

baîiay. 
tandauan. 



BISAYA, 



babuy. 
daga. 



akas. 

alopihan. 

atang-atang. 

langam. 

isda. 

cahôy, pôno. 



saguing. 

caha. 

sanga. 



niôb. 



banacal. 

dahun. 

bulac. 



ilamô. 



camote. 

bigas. 

palây. 

canaun. 

palaçan. 

bûyo. 

tabâco. 

balay. 



BULED-UPIH. 



kalos. 

tikus, 

paçoy. 

baladan. 

sandayan* 

ulàn. 

lapon* 

pilulu. 

losag. 

pit. 

kayu. 

narongpag* 

puttL 

taring. 

rahan. 

sunghuiu 

dodo g. 

niob. 

nurang. 

kulit. 

antoh. 

bobuah. 

buah. 

pulut. 

gambir. 

rompot. 

nipung. 

patila, pitteni. 

wagas. 

paray. 

kanun. 

ganot 

bayvu 

sigup. 

waloy. 
bila. 



— 169 — 
VOCABULAIRE N° 2. (Suite. 1 



porte 


MALAIS. 


SOULOOAN. 


BISAYA. 


BULED-UPIH. 


pintu. 


lauang. 


pintô. 


kibaban. 


lumière. . . 


trang. 


apoy. 


saga. 


lapit. 


feu 


api. 


apoy. 


calayo. 


apoy. 


briquet. . . . 
jarre 


beçi api. 
tepayan. 






sentekan. 


tepayan. 


tepayan. 


kuboq. 


viande. . . . 


daging. 


urnud, isi. 


unod. 


hamsé. 


graisse. . 


gumoq. 


daguing. 


tabâ. 


lomoq* 


huile ..... 


mignaq. 


lana. 


lana. 


anaçaq. 


sel 


asin. 


asin. 


asin. 


masin. 




gala, 
arac. 


gula. 
arac. 




gula. 
alap, garé. 


liqueur forte 


tuba. 


chaux .... 


kapor. 


banquit. 


apog. 


apog. 


cheville , 










clou 


paku. 


lauchang. 


lansang. 


landsang. 


oreiller. . . . 
vêtement . . 


bantal. 
pekaïn. 


uan. 
pagcayan. 




bantal. 
monkalaman. 


saplot. 


sarong .... 


sarong. 


sarong. 




belaq, tadjoug. 




linge, mou- 










choir. . . . 


sapu. 


sapu. . 


panyo. 


teloas. 






sinapang. 




lentaca. 


embarca- 








tion 


praw, sampan. 


praw , sacayan. 


sacayan. 


alud. 



— 170 — 



MALAIS. 



d'abord 

alors 

ainsi ......... 

en avant 

en arrière .... 

assez 

aujourd'hui . . . 

auprès 

aussi 

autrefois 

après 

beaucoup 

bien 

combien 

comment 

comme. ...... 

davantage .... 

certainement . . 

dedans 

dehors 

devant 

derrière 

à droite. 

à gauche 

au milieu 

dé ja 

demain, 

dessous 

dessus 

ensemble 

excepté 

encore ....... 

pas encore. . . . 

hier 

ici 

depuis 

jusque 



sebermula. 
maha. 
begitu. 
di adapan. 
di blakan. 
tjukup. 
ari ini. 
dekat. 
lagi, djuga. 
daulu kala. 
kemdian. 
bagnaq. 
baïcj. 
brapa. 
beguimâna. 
seperti. 
lébeli. 
tenlu. 
di dalam. 
di kluar. 
di muka. 
di blakan. 
ka kanan. 
ka kiri. 
di tenga. 
soudah. 
beçoq. 
ai bavjah, 
di atas. 
sama sama. 
melaïnkan. 
lagi. 
béions 

kalmarin. 
sini. 

deri pada. 
sampê. 



BISÀYÀ. 



salinugdan. 

niadtô. 

ingun niana. 

panao. 

sa olaghi. 

highô. 

caronadlao. 

sa luyo. 

usap. 

tanggin. 

onia. 

dahan. 

maayo. 

pila. 

unsay, guionsa. 

ingun. 

labing. 

matood. 

sa sulud. 

sa goa. 

sa tubanggan. 

sa licud. 

sa toà. 

sa ualâ. 

sa tunga. 

na. 

ugma. 

sa ubus. 

sa itaas. 

uban. 

pa. 



cahapon. 
dinghi, dini. 
cutub. 
cutub. 



SOULOUAN. 



macauna. 

hati. 

biayaan. 

imacan. 

mahulî. 

sarang. 

adlau ini. 

masuûc. 

isap. 

tagnaan. 

gana gana. 

maiaud. 

marajâo. 

pila. 

subay. 

subay. 

labi. 

tuud. 

palaum,. 

hagoa. 

mahadarat. 

huli. 

tau. 

paaâ. 

sa tunga. 

na. 

(fuinsum. 

hababa. 

ataas. 

iban. 

pa. 

cahapnn. 
dii. 

deinduun. 
sampay. 



VOCABU 



SAMAL. 



muna. 
unian. 



maguna. 

mauli. 

sugadda. 

aduun. 

masaïd. 

ninian. 



cagayada. 

madaïd. 

madiâo. 

pila. 

unian. 



sa suud. 
sa lugua. 
sa tubanhan. 



calintoo. 

cauâ. 

sa atunga. 

na. 

tinsom. 

daum. 

sa taas. 

magducut. 

pa. 

sa caagabi. 
dini. 
sepat. 
sepat. 



171 



MANOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 


muna. 


satigcanacan. 








unian. 


i toccanun. 
iring cani. 
















magund. 


tasighî. 


unâ. 






maûli. 


sa tapuri. 


mûli. 






ugâdda. 


punghadum. 


umbada. 






adun. 


mani adlo. 


aduun adlao. 






masaïd. 


nigbaluj. 


malapit. 






inian. 


puman. 
cannant. 








madlao. 


cani. 








madita. 


madita. 


madaïg. 






matia. 


madigur. 


madiao. 






pila. 


pira. 


pila. 






unian. 


nndin iaan. 
gamac no. 


















sunnud. 










toô. 








semuud. 


tundalun. 


sulud. 






palugua. 


sa lua. 


lua. 






adap. 


patubangi. 
sa buccô. 








calintoâ. 


sa cauanan. 


kalintuq. 






biban. 


sa hiban. 


caualâ. 






sa atunga. 


tungaan. 


tunga. 






na. 


na. 


na. 






caaïdao. 


simag. 


cunadlao. 






sium. 


sirug. 


dalug. 






idatas. 


sa buo. 


itaas. 






magidapan. 


mag-hin. 


mag-ipid. 






pa. 


pa. 


pa. 






gabaninipa. 


bani. 


pagabi* 






dini. 


dini. 


dini. 






ipat. 


tacud. 


utub. 






ipaL 


sippan. 


uiub. 







170 — 



d'abord 

alors 

ainsi 

en avant 

en arrière . . . 

assez 

aujourd'hui . . 

auprès 

aussi 

autrefois 

après 

beaucoup. . . . 

bien 

combien . . . . 
comment. . . . 

comme 

davantage . . . 
certainement . 

dedans , 

dehors , 

devant 

derrière 

à droite 

à gauche. . . . 

au milieu . . . 

«éjà 

demain, .... 
dessous .... 

dessus 

ensemble. . . 

excepté 

encore ..... 
pas encore . . 

hier 

ici 

depuis 

jusque 



MALAIS. 



sebermula. 
maha. 
begitu. 
di adapan. 
di blakan. 
tjukup. 
ari ini. 
dekat. 

lagi, djuga. 
daulu kala. 
hemdian. 
baguât], 
baïq. 
brapa. 
beguimâna. 
seperti. 
lébéh. 
tenta, 
di dalam. 
di kluar* 
di muka. 
di blakan. 
ka kanan. 
ka kiri. 
di tenga. 
soud ah. 
beçoq. 
ai bavjah. 
di atas. 
sama mma. 
melàînkan. 
lagi. 
bëlon^ 

kalmarin. 
sini. 

deri pada. 
sampé. 



VOCABU 



BISAYÀ. 



salinugdan. 

niadtô. 

ingun niana. 

panao. 

sa olaghi. 

highô. 

caron adlao. 

sa luyo. 

usap. 

tanggin. 

onia. 

dahan. 

maayo. 

pila. 

unsay, guionsa. 

ingun. 

labing. 

matood. 

sa sulud. 

sa goa. 

sa tubanggan. 

sa licud. 

sa toô. 

sa ualâ. 

sa tunga. 

na. 

ugma. 

sa ubus. 

sa itaas. 

uban. 

pa. 



cahapon. 
dinghi, dini. 
cutub. 
cutub. 



SOULOUAN. 



macauna. 

hati. 

biayaan. 

unacan. 

mahuli. 

sarang. 

adlau ini. 

masuûc. 

isap. 

tagnaan. 

gana gana. 

mataud. 

marayâo. 

pila. 

subay. 

subay. 

labi. 

tuud. 

palaum,. 

Iiagoa. 

mahadarat. 

huli. 

tuu. 

paaâ. 

sa tunga. 

na. 

quinsum. 

hababa. 

ataas. 

iban. 

pa. 

cahapun. 
dii. 

deinduun. 
sampay. 



SAMAL. 



muna. 
unian. 



maguna. 

mauli. 

sugaddai 

aduun. 

masaïd. 



cagayada. 

madaïd. 

madiâo. 

pila. 

unian. 



sa suud. 
sa lugua. 
sa tubanhan. 



calintoô. 

cauâ. 

sa atunga. 

na. 

tinsom. 

daum. 

sa taas. 

magducut. 

pa. 

sa caagabi. 
dini. 
sepat. 
sepat. 



— 171 — 



LAIRE N* 3. 



MANOBO. 



muna. 
union. 



magunâ. 

maûli. 

ugâdda. 

adun. 

masaïd. 



madlaa. 

madita. 

matia. 

pila. 

unian. 



semnnd. 
palugua. 
adap. 



calintoô. 

biban. 

sa atunga. 

na. 

caaldao. 

sium. 

idatas. 

magidapan. 

pa. 

gabaninipa. 
dini. 
ipat. 
ipat. 



BAGOBO. 



satigcanacan. 

toccunun. 

iring cani. 

tasigkî. 

sa tapuri. 

punghadum. 

mani adlô. 

nigbaluy. 

puman. 

cannum. 

cani. 

madita. 

madigur. 

pira. 

undin iaan. 

gamac no. 

sunnud. 

toô. 

tundalun. 

sa lua. 

patubangi, 

sa buccô. 

sa cauanan. 

sa hiban. 

tungaan. 

na. 

simag. 

sirug. 

sa buô. 

mag-hin. 

pa. 



bani. 
dini. 
tacud. 
sippan. 



TAGACAOLO. 



BILAN. 



ATAS. 



unâ. 
mûli. 
umbada. 
aduun adlao. 
malapit. 



madaïg. 
madiao* 
pila. 



sulud. 
lua. 



kalintuq. 

caualâ. 

tunga. 

na. 

cunadlao. 

dalug. 

itaas. 

mag-ipid. 

pa. 

pagabi* 
dini. 
utub. 
ulub. 






172 



VOCABULAIRE 



jamais 

là 

loin 

longtemps . 



maintenant, 
mieux .... 
moins 



non. 



partout.. . 
pourquoi . 
parce que. 
peu 



quand 
souvent . . . 
seulement . 
peut-être . . 



si (conj.J 
près .... 
toujours . 



trop 

très 

tout à fait, com- 
plètement fini, 
vraiment 



être. 



avoir . 
faire. . 



vouloir. . 
pouvoir . 
puissant. 



accomplir 

essayer .,,.,., 
commencer . . < 



MALAIS. 



ta perna. 
sana, di situ, 
djaw.* 
di sana, 

sekarang. 
lébéh baïq. 
korang* 

tida, bucan. 

di maria. 

di semua tampat, 

apa, mengapa. 

sebab. 

sadiket. 

apabila. 
ulang alang. 
sadja. 
barangkali. 

kalu. 

dekat. 

selalu. 

lébeh. 
terlalu. 

sudah abis. 
belul, tenta. 

ada. 
ada. 
buatj bekin. 

rnao. 
buleh. 



tjoba. 
mulay. 



BISAYA. 



uala sugat. 
didto, aki. 
malayu. 
dugay. 

caron. 

labing maayo. 

labing diutay. 

dili, ayao. 

haïn. 

katap non banua, 

ngano. 

cay. 

diutay. 



masupsup. 

lâman. 

magimô. 

cun. 

malapit. 

guihapon. 

hilabihan. 
caayo. 

tapus na. 
matood. 

mao, man, ania. 
duna, may. 
pag buhat. 

buut. 

gahom. 

macagagahom. 

tuman. 
saynd. 
sugdan. 



SOU&OUAN. 



hawriuL 
dittô. 
maayo. 
maayong maa. 

bihnnd. 

labid marayao. 

culang. 

di, indij bucan. 
hariin. 



magitta. 
magilta. 
tiu tiu. 



subay. 
calé calé. 

cun. 
masuuc. 
tab tab. 

masaua tuud. 
tuud. 

ubusun. 
budnal. 

man, hay. 

aun. 

magginang. 

mabaya. 
magcadhari. 



sulayan. 
sugud. 



SAMAL. 



adtô. 
maniât, 
madaïn adlaa. 

adun. 

madiaô. 

kuan. 

di. 

lohen. 

kadita tampaan. 

ngano. 

tacbi. 

canupa. 
madaï. 
minian. 
dimaïmô. 

cun. 

masaïd. 

diapun. 

calabian. 
madaygay. 

tapus da. 
butnaâ. 

man. 
aun. 
imô. 

kalin. 
bansa. 



tuman. 

tamauan. 

panug. 



— 173 



,N° 3. (Suite. 



MAHOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO, 


BILAN. 


ATAS. 


dutun. 


dutun. 


adtô. 






madio. 


madio» 


maanat. 






madaïn adlao. 


sayan. 


mauat na gabi. 






sini. 


adun. 


adun. 






matia. 


madiao. 


magtugad. 






kua. 


dilug. 


mangud. 






hocâd. 


diri. 


dili. 






kanaan. 


hunda. 




• 




ananga» 










nga alay. 


manan. 
cay. 
















diito. 


dilue. 


tacbi. 






canupa. 


cadunjjan. 


tinunu. 






marita. 


tinunan. 


madaïq. 






sa ian. 


manung. 


iandagao. 






hocod habaal. 


mimé» 


maïmo. 






cun. 


cun. 


cun. 






madapac. 


marani. 
tinunan. 


malapi. 






calabian. 


misun-nndan. 


palaban. 






madita. 


madigut. 


adun adnn. 






pon adon. 


punghadun. 


abus da. 






butnut. 


toô. 


butnal. 






man. 


tooy. 


man. 


ago ni. 


man. 


aun. 


duun. 


aun. 


nunda. 


duan. 


inang. 


pagimu. 


pag imà. 


nimo. 




kalim. 


magealiag. 


malim. 


mayo. 


guinaua. 


macating. 


cagatigan. 
magcadacul. 


cabagsugan. 
macagaus. 


tud. 






tumuman. 


tumuman. 


putus. 


tumuman. 


turnan. 


lalamantfn. 


nagasud dur. 


talamanun. 


nayû. 


gaddam. 


tunug. 


tigeaanaya. 


tugbuan. 


tunug. 









— 172 — 


y 


OCABULAIRE 


N°3. (Suite.) 




— 173 — 






jamais 

là 


MALAIS. 


BISAYA. 


SOtJLOUAN. 


SAMAL. 


MANOBO. 


BAGOBQ. 


TAGAGAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 


ta perna. 
sana, di situ, 
djaw.- 
di sana. 

sekarang. 
lébéh baïq. 
korang, 

tida, bucan. 

di mana. 

di semua tampat. 

apa, mengapa. 

sebab. 

sadiket. 

apabila. 
ulang ulang, 
sadja. 
barangkali. 

kalu. 

dekat. 

selalu. 

lébeh. 
terlalu. 

sudah abis. 
belul, tentu. 

ada. 
ada. 
buat, bekin. 

mao. 
buleh. 


uala sugat. 
didtô, ahi. 
malayu. 
dugay. 

coron. 

labing maayo. 
labing diutay. 

dili, ayao, 

haïn. 

kalap non banua. 

ngano. 

cay. 

diutay, 

canusa. 
masupsup. 
lâman, 
magimô. 

cun. 

malapit. 

guihapon. 

hilabihan. 
caayo. 

tapus na. 
matood. 

mao, man, ania. 
duna, may. 
pag buhat. 

buut. 

gahom. 

macagagahom. 

tuman. 
sayud. 
sugdan. 


haumul. 
dittà. 
maayo. 
maayong maa. 

bihnnd. 

labid marayao. 

culang. 

di, indi, bucan. 
hariin. 


adtô. 
maniât, 
madàin adlau. 

adun. 

madiaô. 

kuan. 

dL 

lohen. 

kadita tampaan. 

ngano. 


dutun, 
madio, 
madaïn adlao. 

sini. 

matia. 

kua. 

hocud. 
hanaan, 
ananga» 
nga alay. 


dutun. 
madio. 
sayan. 

adun. 

madiao. 

dilug, 

diri, 
hunda, 

manan. 

cay. 

dilue. 

cadumjam 
tinunan. 
manung, 
mimé, 

cun. 

marani. 

tinunan. 

misun-nndan. 
madigut. 

punghadun. 
toé. 

tooy. 
duun. 
pagimu, 

magealiag. 
cagatigan. 
magcadacul. 

tumuman, 
nagasud dur. 
tigeaanaya. 


adtô. 
maanat. 
mauat na gabi. 

adun. 

magtugad, 

mangud, 

dilL 

tacbi, 

tinunu, 
madaïq. 
iandagao, 
maïmo, 

cun, 
malapi, 

palaban. 
adun adun. 

abus da. 
butnal. 

man, 
aun, 
pag imâ, 

malim. 

cabagsugan. 

macagaus, 

putus. 

talamanun, 

tugbuan. 


ago ni. 
nunda, 
nimo, 

mayo, 
tuâ. 

tumuman, 

nayu. 

tunug. 


man. 
duan, 

guinaua. 

tuman* 
gaddam. 


loin 


longtemps 

maintenant 

mieux 

moins 

non. 


où. 


partout 

pourquoi 

parce que ...... 

peu 


magitta. 
magitta. 
tiû tiû. 

cuunu. 


tacbi, 

cannpa, 
madaï, 
minian. 
dimaïmô. 

cun. 

masaïd. 

diapun. 

calabian. 
madaygay. 

tapus da. 
butnaâ. 

man, 
aun. 
imâ, 

kalin. 
bansa. 


diito, 

canupa. 
marita. 
sa ian. 
hocod kabaal. 

cun. 
madapac. 


quand 

souvent 

seulement 

peut-être 

si (conj.) 

près 


subay. 
cala calé. 

cun. 
masuuc, 
tab tab. 

masaua tuud. 
tutul. 

ubusun. 
budnal. 

man, hay. 

aun. 

magginang. 

mabaya. 
magcadhari. 


toujours 

trop o . 


calabian. 
madita. 

pon adon, 
hutnut. 

man, 
aun, 
inang, 

halim. 
macating. 


très 


tout à fait, com- 
plètement fini, 
vraiment 

être 


avoir ......... 


faire 


vouloir ; 

pouvoir 

puissant. . . . . 


accomplir 

essayer. .,.,... 
commencer .... 


tjoba. 
mulay. 




tuman. 

tamauan. 

punug. 


tumuman* 

talamandn, 

tunug. 


sulayan. 
sugud. 



I 



— 174 — 



VOCÀBULAIRi 



MALAIS. 



finir.- ...... 

donner 

recevoir 

prendre 

rendre 

choisir 

acheter 

vendre 

changer 

payer 

prêter 

louer (donner en 
location) 

emprunter 

gagner r... 

perdre 

chercher 

trouver 

promener 

aller 

revenir 

marcher 

arriver 

courir 

partir 

attendre 

entrer 

sortir 

monter 

descendre 

remonter une ri- 
vière 

descendre une ri- 
vière 

ramer 

voler (dans l'air). 

nager 

danser ...... 

sauter 



habiskan. 

kaci. 

trima, 

ambil. 

kaci kombali. 

pilL 

membli, 

djnal. 

ganti. 

bayar. 

kaci pindjam. 

bri sewa. 

pindjam, 

ontong. 

merugui. 

tjari. 

dapat. 

berdjalan. 

pegui. 

pulang. 

djalan. 

datang. 

lari. 

meninggal. 

menanti. 

maçoq. 

kluar. 

naïq. 

turon. 

mudiq. 

ilir. 

dayong. 

terbang. 

bernang. 

menâri. 

megnuçong. 



BISAYA. 



human. 

hatag. 

dauat. 

cagha. 

uli. 

pili. 

pâlit. 

baliguia. 

ilis. 

bayad. 

bailo. 

abang. 

utang. 

pagpulus. 

uala. 

quila. 

quita. 

lacao. 

adto. 

balic. 

lacao. 

abat. 

dumagan. 

pagguican. 

tagat. 

pagsalut. 

paggua. 

pagsaca. 

naug. 

suba. 

ilig. 

gumaod. 

lapad. 

lancjoy. 

pagsayao. 

locso. 



SOULOUAN. 



maubus. 

dihil. 

mac sambut. 

cauaan. 

giuli. 

pilian. 

mihi, 

pabihihan. 

magganti. 

pagbayat. 

guipabuut. 

tahumucay. 

buus. 

mauntung. 

malaua. 

lumauag. 

magbaac. 

lunsûl lunsul. 

panaa. 

balig mari. 

magid. 

dumatung. 

dumagan. 

muï. 

tumagad. 

masalad. 

muï. 

masacat. 

manaug. 



lumupad. 
lumanguy. 
mangalay. 
malucsu. 



SAMAL. 



tapus. 

hatag. 

dauat. 

habidan. 

muli. 

pili. 

bilit. 

baliguia. 

malilim. 

bayad. 

pantangun. 

tumandan. 
pangcatun. 

miatanag. 

manap. 

quita. 

panâo. 



dumatun. 

dumagan. 

manao. 

magtagad. 

tumuud. 

tumuguâ. 

panig. 

manaug. 

sumûba. 

suâg. 

lupad. 
lumanguy. 
sayao. ' 
lumupad. 



— 175 — 



MÀNOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 


iapus. 


bungha. 


abus da. 


tacnô. 




magay. 


bugdi. 


tâgan. 


balnem. 


baggay. 


minaua. 


dauatum. 


auatan. 


tinaàm. 


induq. 


habidan. 


canghahiun. 


kamaun. 


nagot. 


angay. 


muli. 
pili. 


uli. 
sumali. 


buadi. 
dimalim. 




uli. 
pili. 


malep. 


mili. 


bal-li. 


bili. 


suô. 


badlig. 


dagan. 


pagpabal-li. 


baliguia. 


blem. 


balikid. 


balilin. 


baliô. 


sayugan. 


duluc. 


alinan. 


bayad. 


bayad. 


bayadan. 


mayad. 


bayad. 


pantangun. 


bulnsan. 


pangcat. 


mubug. 


paangcad. 


iiimandan. 


sangda. 








mangad. 


angcat. 


utang. 




angkatan. 

dununtung. 

ualad. 






italun. 


minal-la. 


malagap. 


laua. 


taanap. 


namaat. 
migquita. 


paninaun. 
quinita. 


maabal. 

tfftnnn 


quita. 




lilUXQIl. 


panâo. 


dulun. 
pano. 


adtô. 
panao. 


maago. 


panoad. 








dumatun. 


magdalo. 


dumatun. 


tacol. 


ihuma. 


iumagnan. 


pwnanagui. 


dumalagan. 


mild. 




mananao. 


pagpanao. 


panao. 


magui. 


ipanâo. 


tamagad. 


mangat. 


tagad. 


patanam. 


tagat. 


didalum. 


maghuc. 


laçoq. 


gadilam. 


ligaUan. 


Ingua. 
panaïca. 


pané, 
magpanig. 




lamua. 


lua. 


panig. 


miap. 


peneg. 


manaug. 


munug. 


panaug. 


maago. 


ponog. 


sumûba. 


sumubat. 


sumubas. 


subô. 




masûlug. 


musaug. 


musaug. 


pool. 




malupad. 


layang. 


lumâyam. 


moyàng. 


layan. 


lumayug. 


langoy. 


dumangoy. 


ôphung. 




sumayuo. 


sayao. 


sumayao. 


sayao. 


insayao. 


lumûpad. 


magtncpo.- 


lumucpad. 


faltug. 


luncasé. 



— 174 



VOCABULAIRI 



MALAIS. 



finir 

donner 

recevoir 

prendre ..... 

rendre 

choisir 

acheter 

vendre 

changer 

payer 

prêter 

louer (donner en 
location) 

emprunter 

gagner. ...#... 

perdre 

chercher 

trouver 

promener 

aller . ........ 

revenir 

marcher 

arriver 

courir 

partir 

attendre 

entrer 

sortir 

monter 

descendre 

remonter une ri- 
vière 

descendre une ri- 
vière 

ramer 

voler (dans l'air). 

nager.. 

danser t , . 

sauter ........ 



habiskan. 

kaci, 

trima. 

ambil. 

kaci kombali. 

pilL 

membli. 

djnal. 

ganti. 

bayar. 

kaci pindjam. 

bri sewa. 

pindjam, 

ontong. 

meruguL 

tjari. 

dapat. 

berdjalan. 

pegui. 

pulang. 

djalan, 

datang. 

lari. 

meninggal. 

menanti. 

maçoq. 

kluar. 

naïq. 

turon. 

mudiq. 

ilir. 

dayong. 

terbang. 



menâri. 
megnuçong. 



BISAYA. 



human. 

hatag. 

dauat. 

cugha. 

uli. 

pili. 

pâlit. 

baliguia. 

ilis. 

bayad. 

bailo. 

abang. 

utang. 

pagpulus. 

nota. 

quita. 

quita. 

lacao. 

adtô. 

balic. 

lacao. 

abat. 

dumagan. 

pagguican. 

tagat. 

pagsalut. 

paggua. 

pagsaca. 

naug. 

suba. 

ilig. 

gumaod. 

lupad. 

langoy. 

pagsayao. 

locso. 



SOULOUAN. 



maubus. 

dihil. 

mac sambut. 

cauaan. 

giuli. 

pilian. 

mihi. 

pabihihan. 

magganti. 

pagbayat. 

guipabuut. 

tahumucay. 

buus. 

mauntung. 

malaua. * 

lumauag. 

magbaac. 

lunsul lunsul. 

panau. 

balig mari. 

magid. 



dumagan. 

mm. 

tumagad. 

masulud. 

mut 

masacat. 

manaug. 



lumupad. 
lumanguy. 
mangalay. 
malucsu. 



8AMAL. 



tapus. 

hatag. 

dauat. 

habidan. 

muli. 

pili. 

bilit. 

baliguia. 

malilim. 

bayad. 

pantangun, 

tumandan. 
pangcatun. 



miatanag. 

manap. 

quita. 

panâo. 



dumatun. 

dumagan. 

manao. 

magtagad. 

tumuud. 

tumuguâ. 

panig. 

manaug. 

sumûba. 

suug. 

lupad. 
lumanguy. 
sayao. •■ 
lumûpad. . 



3. (Suite.; 



MANOBO. 



iapus. 

magay. 

minaua. 

habidan. 

muli. 

pili. 

mili. 

dagan. 

baldin. 

bayad. 

pantangun. 

tumandan. 
mangad. 



italun. 
taanap. 



panâo. 



dumatun. 

iumagnan. 

mananao. 

tumagad. 

didalum. 

lugua. 

panaïca. 

manaug. 

sumûba. 

masûlug. 

malupad. 
lumayag. 
sumayao. 
hmupad. 



— 175 — 



BAGOBO. 



bungha. 

bugdi. 

dauatum. 

canghahiun. 

uli. 

sumali. 

bal-li. 

pagpabal-li. 

baliô. 

bayad. 

bulusan. 

sangla, 
angcat. 



minal-la. 

namaat. 

migquita. 

dutun. 

pano. 

magdato. 

pumanagui. 

pagpanao. 

mangat. 

maghuc. 

pané. 

magpanig. 

munug. 

sumubat. 

musaug. 

layang. 
langoy. 
sayao. 
magtncpo.- 



TAGAGAOLO. 



abus da. 

tâgan. 

auatan. 

kamaun. 

buadi. 

dimalim. 

bili. 

baliguia. 

sayugan. 

bayadan. 

pangcat. 



utang. 



malagap. 
paninaun. 
quinita. 

adté. 

panao. 

dumatun. 

dumalagan. 

panao. 

tagad. 

laçoq. 



fclLÂN. 



tacnô. 
balnem. 
tinaam. 
nagot. 



malep. 

sué. 

blem. 

duluc. 

mayad. 

mubug. 



panig. 
panaug. 

sumubas. 

musaug. 

lumâyam. 
dumangoy. 
sumayao. 
lumucpad. 



loua. 

maabal. 

tataon. 

maago. 



tacol. 

milâ. 

magui. 

patanam. 

gadilam. 

lamua. 

miap. 

maago. 

subâ. 

pool. 

moyông. 
cahung. 
sayao. 
faltug. 



ATAS. 



baggay. 

induq. 

angay. 

uli. 

pili. 

badlig. 

balikid. 

alinan. 

bayad. 

paangcad. 



angkatan. 

dununtung. 

ualad. 

quita. 

panoad. 

ihuma. 

ipanâo. 

tagat. 

liganan. 

lua. 

peneg. 

ponog. 



layon. 

insayao. 
luncasâ. 






176 



VOCABULAIR] 



MALAIS. 



grimper 

tomber 

broncher ...... 

remuer. .... 

s'asseoir 

se lever 

se coucher 

s'agenouiller. . . . 
saluer ........ 

boire 

boire ensemble. , 

s'enivrer 

manger 

vivres 

glouton ....... 

dormir 

fumer (du tabac), 
mâcher ...... 

avaler 

mordre 



dire 

parler. 

appeler 

questionner .... 
répondre ...... 

demander, solli- 
citer 

écouter ê ,. 

prier 

accorder (donner) 

refuser 

ordonner. . . . 

envoyer 

obéir 

porter 

apporter. . . , , 
poser. ...... 



pandjat. 
djato. 



begra. 
dudoq* 
bangun. 
ielantanq. 
berlutud. 
kaçihormat, 
quamba* 



maboq. 
makan, 
makanan. 



tidor. 

minum roko 
pepaq, 
telan. 
gigit. 

kata. 

biljara. 

panggil 

tagna. 

djaiva. 

minta. 

tinggoq. 

simbayar. 

bru 

enggan . 

surôh. 

kirim, 

pateh, 

antar. 

bâwa. 

taro. 



BIS*AYA, 



paghangap* 

pagholog* 

pagpanduL 

paglihog. 

paglingcud, 

pagiindog. 

paghigda, 

paglohod. 

pag abi abi. 

paginom. 

maginom. 

hubug. 

pagcaun, 

calanon. 

hingaon. 

pagtolog. 

pagtabacço. 

pagosap, 

pagtulun. 

pangut. 

pagpamulung. 

pagsuliL 

pagtaoag. 

cutana. 

tubag, 

panggain. 

talinghog. 

pangaddi. 

katag, 

pagdilL 

pagandcm, 

sôgo, 

taman. 

hatud, 

pagdata. 

pagbutang. 



30ULOUAN. 



mahulug. 

mabanca, 

macgagibaL 

UncuL 

tumindug* 

paghigda, 

pagluhud, » 



maghilâ. 
macaan. 



matuug. 

magsigupun* 

simpann. 



mangutciiL 



bitjara. 

rnagtawg, 

magsubu. 



mangayo, 

pagdunguc. 

maugadjL 

dikiL 

dii. 

daâg. 

magpahatud* 

parigsa. 

magbalung, 

pag dala. 

mabutang. 



SâMAL, 



cumanig. 

maug. 

salumpacan. 

pagincud, 

mindog. 

moang. 

basa. 



maginom. 

langu, 

cwnaan. 

pagcanum. 

tugcaon. 

matuug, 

sigûpan. 

supâ. 

tunûn, 

câgaU 

magbao, 

taoag. 

pagutana, 

tubag. 

mangaio. 
paninghud. 



magdiL 

pagdato. 

sugud, 

pusânum* 

butan. 



177 — 



N° 3. (Suite.) 










MANOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO. 


-BILAN. 


ATAS. 


manaïc. 


meneq. 


manig. 


amkop. 


poméneq. 


maragdaca. 


madabo. 


maholog. 


labûg. 


nacaholog. 


satuluyan. 


manogo. 


nanucpâ. 


lidos. 




manonooti. 


munsad. 


incûd. 


une. 


unsad. 


tomindogti. 


tumindug. 


indog. 


tadag. 


lag hinad. 


mibadti. 


dumagga. 


mulong. 


mile. 






lincohod. 
mangkala. 


pamâsa. 


majà. 




magbasa. 


minom. 


minom. 


inom. 


minom. 


inom. 


maginungi. 


migainum. 


minom caucadàïd. 






langu. 




ngabalug. 


langal. 


yapkiapkan. 




cumaan. 


cuman. 


cumaan. 


cumaan. 


kaan. 


pagcanum. 




canunun. 


canan. 


kakaan. 




tugcaon. 


malaan. 


lagucun. 






lumadugui. 


tolog. 


matolog. 


hudaan. 


tirugan. 


sigupan. 


magsigupan. 


sigupan. 


sumagufaân. 


sigupan. 


supâ. 


ulion. 


supaun. 


mamag. 


sappa. 


tudlûn. 


milamun. 


tuliunun. 


palnoom. 


ibal-lan. 


câgat. 


pangit. 


banga. 




aroq. 




cagit. 


pagcagi. 

patongcoy. 

magtauag. 


magbalao. 


sfalaâ. 


hikagi. 


taoar. 






insay. 


dinsa. 


sicun. 


igufdun. 


intood. 




tubag. 








pamuiug. 


mamuio. 


mangaio. 


magud. 


baggay. 


panalalan. 


maninug. 
pangaddî. 

diri. 


mamaniq. 


jlinogû. 




hacud. 


inday. 


uantâ. 




pagdatô. 


niilam. 








sumûgud. 


sogà, nunug. 


sumogoh. 


doc tacu. 




tiânum. 


piil. 


magbaba. 


maki. 


piad. 


sauli. 


tagô. 


aliunda. 


fuléh. 


sabo. 



176 — 



VOCABULAIR 



MALAIS. 



grimper. ..... 

tomber 

broncher ..... 
remuer. . , . , . 
s'asseoir ...... 

se lever 

se coucher .... 
s'agenouiller. , . 
saluer ....,,. 

boire 

boire ensemble. 

s'enivrer 

manger ...... 



pandjat 
djato. 



begra. 

dndoq* 

bangun. 

telantanq. 

berlutud. 

kaçihormat, me- 
quamba. 



maboq. 
makan. 
makanan. 



glouton . . . , . 

dormir 

fumer (du tabac), 
mâcher ...... 

avaler. ....... 

mordre 

dire , 

parler. ....... 

appeler. ...,., 

questionner . . . 
répondre . f , . . 
demander, solli- 
citer 

écouter 

prier 

accorder (donner) 

refuser 

ordonner. . . . 

envoyer 

obéir 

porter 

apporter*,, . , , 
poser. ., 



tidor. 

minum roko. 
pepaq. 
telan. 
gigit. 

kata, 

bitjara. 

panggil. 

iagna. 

djawa. 

minta. 

tinggoq. 

simbayar. 

brL 

enggan . 

surôh. 

kirim. 

pateh. 

antar. 

bâwa. 

taro. 



biSaya, 



paghangap. 

pagholog* 

pagpanduL 

paglihog, 

paglingcud, 

pagtindog. 

paghigda. 

paglohod. 

pag abi abi. 

pagin&m. 

maginom. 

hubug. 

pagcaun. 

calanon. 

hingaon. 

pagtolog. 

pagtabacça. 

pagosap, 

pagtulan. 

pangut. 

pagpamulung. 

pagsullL 

pagtaoag. 

cutana. 

tubag. 

panggain. 

talinghog. 

pangaddi. 

hatag. 

pagdili. 

pagandam, 

sogo. 

taman. 

hatud f 

pagdala. 

pagbutmg. 



S08LOUAN. 



mahulug, 

mabanca* 

macgagibaL 

UncuL 

tumindug, 

paghigda. 

pagluhud. • 



maghilu. 
macaun. 



matuug. 

magsigupun, 

simpaun. 



mangutcut 

mamung.. 
bitjara, 
magtawg* 
magsubu* 



mangayo. 
pagdunguc. 
* maugadjL 
dihil. 
dii. 
daâg. 

magpahatud. 
parigsa. 
magbalmg, 
pag dala. 
mabutmg* 



SAMAL. 



cumanig. 

maug. 

salumpacan. 

pagincud. 

mindog. 

moang. 



basa. 



maginom. 

langu. 

cvunaan. 

pagcanum. 

tugcaon. 

matuug. 

sigupan. 

supâ. 

tunûn. 

câgat. 

magbao* 

taoag. 

pagutarm. 

tubag. 

mangaio. 
paninghud. 



magdiL 

pagdatô, 

sugud. 

pusânum* 
butan. 



N° 3. (Suite.) 



MANOBO. 



manaïc, 

maragdaca. 

satuluyan. 

manonooti. 
tomindogti. 
mibadti. 



magba&a, 

minom. 

maginungi. 

langu. 

cwnaan. 

pagcanum. 

tugcaon. 

tumadugui. 

sigupan. 

supâ. 

tudlûn. 

câgat. 

cagit. 

taoar. 
insay. 
tubag. 

pamuiug. 
panalalan. 



hacûd. 

pagdatô. 

sumûgud. 

tiânum. 

sauli. 



— 177 



BAGOBO. 



meneq. 

madabo. 

manogo. 



munsad. 

tumindug. 

dumagga. 

lincohod. 

manghala. 



migainum. 



malaan. 

tolog. 

magsigupan. 

ulion. 

milamun. 

pangit. 

pagcagi. 

patongcqy. 

magtauag. 

dinsa. 

tubag. 



maninug. 
pangaddi. 

diri. 
niilam. 
sogàj nunug. 



piil. 
tagé. 



TAGACAOLO. 



mamg. 

maholog. 

nanucpâ. 

incud. 
indog. 
mulong. 

pamâsa. 

inom. 

minom caucadaïd. 

ngabalug. 

cumaan. 

canunun. 

lagucun. 

matolog. 

sigupan. 

supaun. 

tuliunun. 

banga. 

magbalao. 



-BILAN. 



amkop. 
labûg. 
lidos. 

unô. 

tadag. 

.mile. 

mafô. 



langal. 

cumaan. 

canan. 

kudaan. 
sumagufadn. 
mamâg. 
palnoom. 



sfalaâ. 



mangaio. 
mamaniq. 



inday. 
sumogoh. 
magbaba. 
aliunda. 



igufdun. 

magud. 
Jlinogû. 

uantâ. 
doc tacu. 
maki, 
fuléh. 



ATAS. 



pomeneq. 
nacaholog. 



unsad. 
lag hinad. 



yapkiapkan. 

kaan. 

kakaan. 

tirugan. " 

sigupan. 

sappa. 

ibal-lan. 

aroq. 

hikagi. 
intood. 

baggay. 



piad. 
sabo. 



, 



— 178 — 



VOCABULAHU 



MALAIS. 



laisser ....... 

enlever ...,.». 

soulever 

allumer 

brûler 

chauffer ...... 

éteindre 

cuire 

bouillir 

rôtir, griller. . . 

aimer 

honorer 

haïr 

plaindre 

se souvenir. . . . 
battre, frapper. 

fouetter • 

combattre 



couper.. . . . 

briser 

fendre 

arracher .... 

piquer 

blesser 

tuer 

mourir ....--. 

guérir 

vivre ...... 

être malade, 
se noyer.. . . 

travailler . . . 
travailleur . . 
labourer . . . 
semer. . . . , . 

creuser . . . . 



aiguiser . 
forger. . . 
attacher . 



tinggalkatu 

buka. 

angkat. 

paçang. 

angus, tunu* 

panaskan. 

padam. 

maçaq. 

rébus. 

goring. 

suka. 

horrnad. 

bintji. 

sayang. 

ingat. 

pukul. 

tjabuq. 

prang. 

patâh. 
petjâ. 
bêla, 
tjabot. 

tjlltjlMJ. 

meluka. 

bunoh. 

mati. 

megnumbo. 

hidup. 

sakit. 



buat. kcrdja. 



menanggala. 

tanam. 

koreq, gali. 

mengaça. 

timpa. 

ikat. 



BISÀYA. 



pagbia. 

dala, hatud. 

pagtaas. 

ducut. 

sonog. 

init. 

pagtauînaug apoy, 

paglotô. 

bocal. 

pagtapa. 

paghigugma. 

pagtacad. 

pagdumut. 

looy. 

pagdundam. 

bonal. 

hampac. 

panggubat, 



lalio. 
putul. 
buctà. 
liki 
abat, 
ibut. 
samad. 
pagmataj. 
patay. 
tambal. 
bughi. 
masaquil. 
lumus. 
pagbuhat. 
himuhat. 
daroh. 
tamna. 
cutcut. 
baïd. 



pag. 



baat. 



SOULOUAN. 



gibiin. 

cauaan. 

magtinduc. 

magsaua. 

magsunuc. 

papasaa. 

palitaan. 

maglntu. 

manubutm. 

bansing. 

maccasi. 

pagtahud. 

mabunhi. 



catumtuman. 
mag pagut. 
sampag. 
pagbuna. 

pulul. 

balian. 

maliki. 

gilaun. 

umastul. 

pialian. 

magbunac. 

manatay. 

yubatan. 

mabugi. 

masaqait. 

nalumus. 

magginang. 



tauhul. 
tanum. 
catcut. 
yabaun. 



hucutan. 



SAMAL. 



haïawûn. 

hungat. 

sugaân. 

sangab. 

init. 

paunun. 
magtangun. 
magicû. 
canian. 

matanginana. 

dundum. 
badasun. 

magauay. 

hutudun. 
apsaun. 

gabnûtun. 

tucbuc. 

samad. 

pataïun. 

matay. 

pagdayun. 

masaquit. 

Humus. 

lamunun. 

magbinang. 

dadoh. 

tanum. 

kamas. 



bagcutun. 



— 179 



iN° 3. (Suite.) 



MANOBO. 



tanam. 

unâti. 

tonlomi. 

sumangab. 

init. 

matayan. 
magalumâ. 
macambaiat. 
caiduan, dacal. 



madaat. 

anuanum. 
madasin. 



bulao. 

tapuun. 
hurbakun. 

hugâtun. 

tiukun. 

pâli. 

mataïan. 

mataidun. 

pagdayun. 



hasaquitan. 

Humus. 

humuhun. 

maghinang. 

magdadudoh. 

tinanum. 

hamas. 



bagcasan. 



BAGOBO. 



pagbaïan. 

natun. 
rucut. 
gobbo. 
init. 

muming. 
laccaddag. 
paiat: 
pagdacul. 



tingud. 
canigua. 



ndum. 



tigbas. 



pasocoy. 

tampol. 
buctds. 

bittot. 

ubut. 

nina. 

maté. 

minati. 

baui. 

mante. 

kabogocan. 

milumus. 

bagcus. 

maglalumu. 



pamula. 
magcutcut. 

salsal. 
lagus. 



TAGACAOLO. 



tontama. 



caïnit. 
caliman. 



anumanum. 
bunalan. 



bulao 
mactibasin. 



gabutum. 



Joli, 
miatay. 

babulun. 

kasaquitan. 

lumus. 

maghimû. 

magdadoh. 
mananum. 



butucunta. 



BILAN. 



antaman. 



tabal. 



caiâ. 



faldam. 
sunal. 



macasduum. 



libôt. 



nansôc. 



macsaoy. 
namati. 

buluun. 

fandas. 
namlimas. 



kamloh. 
moloô. 



almafiita. 



ATAS. 



matikan. 
dakat. 
katulun. 
ïnit. 

iloto. 
lacadda. 



hipat. 

tingad. 

kêruan. 

palundum. 

lampos. 

gubat. 



tempog. 
kabucius. 

barot. 
tiuq. 
napalian. 
imatay. 



kasakitan. 
kalannad. 



ilamun. 
pamula. 
kaîi. 



dakop. 



i3 



— 178 



VOCABULAïai 



laisser » . 
enlever.» 
soulever . 
allumer . 
brûler . . 
chauffer . 
éteindre . 
cuire . . . 
bouillir. . 



rôtir, griller. . 

aimer 

honorer 

haïr ........ 

plaindre 



se souvenir. . . . 

battre, frapper, 
fouetter ...... 

combattre. . . ♦ . 



couper 
briser. . . 
fendre . . 
arracher, 
piquer. . 
blesser . . 



tuer 

mourir 

guérir 

vivre ...... 

être malade, 
se noyer. . . . 

travailler . . . 
travailleur . . 
labourer . . . 
semer, 
creuser . . . . 

aiguiser .... 

forger 

attacher .... 



MALAIS. 



tinggalkan, 

buka. 

angkat. 

paçang. 

angus, tunu* 

panaskan. 

padam. 

maçaq. 

rébus. 

goring. 

suka. 

horrnad. 

bintji. 

sayang. 

ingat. 

pnkul. 

tjabuq. 

prang. 

patâh. 

petjâ. 

bêla. 

tjabot. 

tjutjuq. 

meluka. 

bunoh. 

mati. 

megnumbo. 

hidup. 

sakit. 



buat, kerdja. 



menanggala, 

tanam. 

koreq, gali. 

mengaça. 

timpa. 

ikat. 



BISAYA. 



pagbia. 

dala, hatud. 

pagtaas. 

ducut. 

sonog. 

init. 

pagtauinoug apoy, 

pagloto. 

bocal. 

pagtapa. 

paghigugma. 

pagtacad. 

pagdumut. 

looy. 

pagdundam. 

bonal. 

hampac. 

panggubat 



laïio. 
putul. 
buctô. 
liki 
abat, 
ibul. 
samad. 
pagmatay. 
patay. 
tambal. 
bufjhi. 
masaquil. 
lumus. 
pagbuhat. 
himuhat. 
daroh. 
tamna. 
cutcut. 
baïd. 



pag- 



baal. 



SOULOUAN. 



gibiin. 

cauaan. 

magtlnduc. 

magsaua. 

magsunuc. 

papasua. 

palitaan. 

maghitu. 

manubuna. 

bansing. 

maccasi. 

pagtahud. 

mabunhi. 



catumtuman. 
mag pagut. 
sampag. 
pagbuna. 

pulul. 

balian. 

maliki. 

gilaun. 

umastul, 

pialian. 

magbunac. 

manatay. 

yubatan. 

mabugi. 

masaquil. 

nalumus. 

magginang. 



tanhul. 
tanum. 
cutcut. 
yabaun. 



hucutan. 



SAMAL. 



haïawan. 

hungat. 

sugaân. 

sangab. 

init. 

paunun. 
magtangun. 
magicû. 
canian. 



matanginaua. 

dundum. 
badasun. 



magauay. 

hutudun. 
apsaun. 

gabnûtun. 

tucbuc. 

samad. 

pataïun. 

matay. 

pagdayun. 



masaquit. 

Humus. 

lamunun. 

maghinang. 

dadoh. 

tanum. 

kamas. 



bagcutun. 



179 — 



N° 3. (Suite. 



MANOBO. 



tanâni, 

undti. 

tontomi. 

sumangab. 

init. 

matayan. 
magalumâ. 
macambaiat. 
caiduan, dacal. 



madaat. 

anuanum. 
madasin. 



bulao. 

tapuun. 
hurbakun. 

hugutun. 

tiukun. 

pâli. 

mataïan. 

mataidun. 

pagdayun. 



kasaquitan. 

Humus. 

humuhun. 

maghinang. 

magdadudoh. 

tinanum. 

kamas. 



bagcasan. 



BAGOBO. 



pagbaïan. 

natun* 
rucut. 
gobbo* 
init. 

muming. 
laccaddag. 
paiat. 
pagdacul. 



tingud. 
canigua. 
manundum. 
tigbas. 



pasocoy. 

tampol. 
buctus. 

bittot. 

ubut. 

nina. 

maté. 

minati. 

boni. 

monté. 

kabogocan. 

milumus. 

bagcus. 

maglulumu. 



pamula. 
magcutcut. 

salsal. 
lagus. 



TAGACAOLO. 



tontama. 



caïmt. 
caliman. 



anumanum. 
bunalan. 



bulao 
mactibasin. 



gabutum. 



Joli, 
miatay. 

babulun. 

kasaquitan. 

lumus. 

maghimû. 

magdadoh. 
mananum. 



butucunta^ 



BILAN. 



antaman. 



tabal. 
caiô. 



faldam. 
sunal. 



macasduum. 
mibôt. 



nansàc. 



macsaoy. 
namati. 

buluun. 

fondas, 
namlimas. 



kamloh. 
moloô. 



almafuta. 



ATAS. . 



matikan. 
dakat. 
katutun. 
ïnit. 



iloto. 
lacadda. 



hipat. 

tingad. 

kêruan. 

palundum. 

lampos. 

gubat. 



tempog. 
kabuctus. 

barot. 
tiuq. 
napalian. 
imatay. 



kasakitan. 
kalannad. 



ilamun. 
pamula. 
kali. 



dakop. 



i3 



— 180 — 



VOCABULAIRE 



détacher .... 

délivrer 

coudre ...... 

clouer, enfoncer 
une cheville . . . 



9" 
10. 



11 ... . 

12 ... . 
20. . . • 
21 ... . 

3o.... 
îoo. . . 
i,ooo. . 
io,ooo. 



le, la.... 
les 

J e 

tu 

il...... 

nous. . . . 

vous .... 

ils 

ce, cette. 

ces 

homme . 

femme.. 

père .... 

mère . . . 



MALAIS. 



urey. 

melepaskan. 

djaîb. 

pakukan. 

satu. 

dua. 

tiga. 

ampat. 

lima. 

anam. 

tudju. 

delapan. 

sembilan. 

sa pulu. 

sa blas. 

dua Mas, 

dua pulu. 

dua pulu satu. 

tiga pulu. 

sa ratus. 

sa ribu. 

sa lahsa. 



aku (inusité). 

augkaw ( inusité) 

dia. 

kita^kami. 

kamu. 

dia. 

itu, inL 

itu, ini. 

laki, orang. 

perampuan. 

bapa. 

marna, ibu. 



BISAYA, 



bugi 

pasaylo. 

taïb. 

paglangsang. 

usa. 
dua. 

mu: 

upat. 

lima. 

unum. 

pilô. 

ualo. 

siam. 

na polo. 

napola ug usa. 

napolo ug dua* 

caluhaan. 

caluhaan ug usa. 

catloan. 

usa ca gatus. 

usa ca libo. 

na polo ca libo. 



ang. 

ang mga. 

acâ. 

icao. 

sia. 

kita t kami. 

kamu. 

sila. 

quini. 

ang mga quini. 

tao. 

babay. 

amahan. 

inahan. 



SOULOUAN. 



bugi. 

pasaylu. 

tagi. 

lausang. 

isa, hambûc. 

dua. 

tuu. 

upat 

lima. 

unum. 

pitô. 

valô. 

siam. 

hampo. 

hampo tag isa. 

hampo tag dua. 

cauhahan. 

cauhahan cag isa, 

catloan, 

hangatus. 

hangibu. 

hampo sa ibu. 



in mga. 

acâ. 

icao. 

sia. 

kita, kamL 

kamu. 

sila, 

ini. 

in mga inL 

tao. 

babay. 

ama. 

ina. 



SAMÀL. 



butauanan* 
bayaanda. 
tây. 

lansan. 

isa. 

dua. 

toô. 

upat. 

lima. 

icaunum. 

icapitô. 

uaô. 

siam. 

sampo. 

sampo isâ. 



atloan. 
sang gâtas, 
sang mon. 



yan. 

yan mga. 

aco. 

icao. 

iaan. 

kita, kami. 

kamu. 

silan. 

ini. 

inian. 

usug. 

bubay. 

ama. 

inah. 



181 



N° 3. (Suite.) 



MANOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 


butauian. 


lungaan. 


badunta. 


ambool. 


subucan. 


bayaanda. 


pasasagsagad. 








magtabir. 


tubbil. 


matai. 


tambol. 


tabbil. 


lansan. 


pagpagcan. 


magbiusa. 


namfuq. 


pansai. 


sabad. 


sebag. 


isa. 


anisu. 


saccad. 


cadua. 


dua. 


dua. 


aluû. 


arua. 


icatlô. 


tatlo. 


catlo. 


atlà. 


tatlô. 


upat. 


apat. 


ufat. 


faut. 


appât. 


lima. 


linia. 


lima. 


limé. 


limma. 


icaunum. 


unum. 


canuon. 


aguaman. 


annam. 


icapitâ. 


pittô. 


fitô. 


nagjito. 


pittô. 


ualô. 


ualô. 


caulian. 


gualô. 


ualô. 


siaô. 


siô. 


siam. 


gasium. 


siaw. 


polo. 


sa polo. 


samfolo. 


gasfaolan. 


sa pulo. 


polo isa. 


sa polo sabbat, 
sa polo dua. 
dua polo. 


samfolo tag isa. 


sanfalo satu. 


sa pulo isagcad. 
sa pulo arua. 
aruan pulo. 


dua polo. 


kaman. 


aluûfalo. 




dua polo sabbat, 
tatlo polo. 


catloan. 


atlofalo. 


atadlum pulo. 


lolo polo. 


sabad da gatus. 


sabbat gatus. 


sang gatus. 


am libo. 


saccad na gatus. 


sabad mararan. 


Kftbhnt mnrtimn nu 


sang maala, 




saccad na mararan. 


sabbat ma ribu. 




manque, 
anq. 


yan. 


yan. 


ang. 


ni. 


yan mga. 


yan mga. 


ang mga. 


ni. 


ang mga, 


si acon. 


sacon. 


aco. 


agu. 


siccao. 


icuna. 


sicuna. 


icao, 


gufa. 


siap. 


ian. 


sicandin. 


iaan. 


sanito. 


sia. 


sikami. 


kita, kami. 


karaygaa. 


guictodoon. 


sikami. 


sikanm. 
sikandan. 


sikio. 


kamu. 




si kiu. 


sikandan* 


kamuyan. 


guoya. 


sikandan* 


iani. 


ian. 


ini. 


ani. 


ini. 


ninian. 


ini. 


inian. 


anian. 


inian. 


maama. 


manobo. 


usug. 


laguigà. 


minobo. 


boy, . 


bay. 


bubay. 


libun. 


bahay. 


arnay. 


ama. 


ama. 


maâ. 


amay. 


inay. 


inah. 


inah. 


yèé. 


inay. 



i3. 



— 180 — 



détacher .... 

délivrer 

coudre ...... 

clouer, enfoncer 
une cheville. 

1 

2 

3 

à 

5 

6 

7 

8 . .. 

g........... 

10 

n 

12 

20 

21 

3o......... 

1 oo 

1,000 

10,000 



MALAIS. 



urey. 

melepaskan. 

djdib. 

pakukan. 

satu. 

dua. 

tiga. 

ampat. 

lima. 

anam. 

tudju. 

delapan. 

sembïlan. 

sa pulu. 

sa blas. 

dua blas, 

dua pulu. 

dua pulu satu. 

tiga pulu. 

sa ratas. 

sa ribu. 

sa laksa. 



le, la..., 
les 

J e 

tu 

il , 

nous. . . . 
vous .... 

ils 

ce, cette. 

ces 

homme . 
femme . . 
père .... 
mère . . . 



aku (inusité). 

angkaw ( inusité) 

dia. 

kita* kami. 

kamu. 

dia. 

itu, inL 

itu, ini. 

laid, orang. 

perampuan. 

bapa. 

marna , ibu. 



BISAYA, 



bugi. 

pasaylo. 

taïb. 

paglangsang. 

usa. 

dua. 

totlô. 

upat. 

lima. 

unum. 

pilô. 

ualô. 

siam. 

na polo. 

napola ug usa. 

napola ug dua* 

caluhaan. 

caluhaan ug usa. 

catloan. 

usa eu gatus. 

usa ca libo. 

na polo ca libo. 



ang. 

ang mga* 

acô. 

icao. 

sia. 

kita, kami. 

kamu. 

sila. 

quini. 

ang mga quini. 

lao. 

babay. 

amahan. 

inahan. 



VOCABULAIRE 



SOULOUAN. 



bugi. 

pasaylu. 

tagi. 

lausang. 

isa, hambûc. 

dua. 

tuu. 

upat. 

lima. 

unum. 

pitô. 

valô. 

siam. 

hampo. 

hampo tag isa. 

hampo tag dua. 

cauhahan. 

cauhahan cag isa. 

catloan. 

hangatus. 

hangibu. 

hampo sa ibu. 



in mga. 

acô. 

icao. 

sia. 

kita, kami. 

kamu. 

sila. 

ini. 

in mga inL 

taa. 

babay. 

ama. 

ina. 



SAMAL. 



butauanan, 

bayaanda. 

tây. 

lansan. 

isa. 

dua. 

toâ. 

upat. 

lima. 

icaunum. 

icapità. 

uaô. 

siam. 

sampo. 

sampo isd. 



cauaan. 



atloan. 
sang gatus. 
sang man. 



yan. 

yan mga. 

aco. 

icao. 

iaan. 

kita, kami. 

kamu. 

silan. 

ini. 

inian. 

usug. 

bubay. 

ama. 

inah. 



181 — 



N° 3. (Suite.) 



MANOBO. 



butauian. 
bayaanda. 
magtabir. 

lansan. 

sabad. 

cadua. 

icatlô. 

upat. 

lima. 

icaunum. 

icapità. 

ualô. 

siaô. 

polo. 

polo isa. 



dua polo. 



lolo polo, 
sabad da gatus. 
sabad mararan. 



yan. 

yan mga. 

si acon. 

icuna. 

ian. 

sikami 

sikaum. 

sikandan. 

iani. 

ninian. 

maama. 

bay. . 

amay. 

inay. 



BAGOBO. 



lungaan. 

pasasagsagad. 

tubbil. 

pagpagcan. 

sebag. 

dua. 

tatlo. 

apat. 

linia. 

unum. 

pittô. 

ualô. 

sié. 

sa polo. 

sa polo sabbat, 
sa polo dua. 
dua polo, 
dua polo sabbat 
tatlo polo, 
sabbat gatus. 
sabbat mararan ou 
sabbat ma ribu, 



TAGAGAOLO. 



BILAN. 



badunta. 

mataï. 

magbiusa. 

isa. 
dua. 
catlo. 
ufat. 
lima, 
canuon. 
fitô. 
caulian. 
siam. 
samfolo. 
samfolo tag isa. 



yan. 

yan mga. 

sacon. 

sicuna. 

sicandin. 

kita, kami. 

sikio. 

sikandan* 

ian. 

ini. 

manobo. 

bay. 

ama. 

inah. 



karuan. 

catloan. 
sang gatus. 
sang maala. 



ambool, 
tambol. 
namfuq. 

anisu. 

aluû. 

atlô. 

faat. 

limé. 

aguaman. 

nagfitô. 

gualô. 

gasium. 

gasfaolan. 

sanfalo satu. 



aluiifalo. 

atlojalo. 
am libo. 



ang. 

ang mga. 

aco. 

icao. 

iaan. 

karaygaa. 

kamu. 

kamuyan. 

ini. 

inian. 

usug. 

bubay. 

ama. 

inah. 



ni. 

ni. 

agu. 

gufa. 

sanito. 

guictodoon. 



guoya. 

ani. 

anian. 

laguigô. 

libun. 

maâ. 

yèé. 



ATAS. 



subucan. 



tabbil. 
pansai. 

saccad. 

arua. 

tatlô. 

appât. 

limma. 

annam. 

pittô. 

ualô. 

siaw. 

sa pulo. 

sa pulo isagead. 

sa pulo arua. 

aman pulo. 

atadlum pulo. 
saccad na gatus. 
saccad na mararan. 
manque. 



anq. 

ang mga. 

siccao. 

siap. 

sia. 

sikami. 

si kiu. 

sikandan* 

ini. 

inian. 

minobo. 

bahay. 

amay. 

inay. 

i3. 






182 



VOCABULAIRE 



MALAIS. 



enfant, fils, fille. 

frère 

sœur 

mari 

épouse 

mer 



eau 

sable 

pierre. 

terre 

bois 

caverne .... 

ciel 

air ....... . 

soleil 

jour 

nuit 

lune 

étoile 

année 

mois 

pluie 

vent 

nuage 

éclair 

tonnerre 

grand 

petit 

cher.. . 
bon marcbé. 
chaud . . . . . 

froid 

blanc 

noir 

vert 

bleu 

jaune 



anaq. 

adeq. 

sudara. 

lahi. 

Uni. 

laut. 

sunggey. 



ayer. 

paçir. 

bâta. 

tanak. 

kayu. 

gua. 

langit, sorga. 

angin. 

ari. 

ari, siang. 

malam. 

bulan. 

bintang. 

taon. 

bulan. 

ulan. 

angin. 

awan. 

kilat. 

guntur. 

beçar. 

hetchil. 

maal. 

mura. 

panas. 

dinngin 

puteh. 

itam. 

idjaw. 

biru. 

huning. 



BISAYA. 



bâta, anaq. 

igsoon. 

igsoon ncja babuy. 

bana. 

asaua, 

dagat. 

suba. 

sappa. 

tubig. 

balas. 

bato. 

yata. 

kaYU. 



langit. 

hangin. 

adlao. 

adlao. 

gabi. 

bulan. 

bitoon. 

tuig. 

bulan. 

ulan. 

hangin. 

dagum. 

lintic, kilat. 

dalugdug. 

dacu. 

diutay. 

maal. 

mura. 

màînit. 

bugnô. 

maputi. 

maïtum. 

caluhuhao. 



madalag. 



SOULOUAN. 



anaq. 

taymanhud. 

taymanhud. 

bana. 

asaua. 

laut, dagat. 

suba. 



tubig. 

buhangui. 

bato. 

tanak, lupa. 

kayu. 

lugan. 

sorga, langit. 

hangin. 

adlao. 

adlao. 

malam, duum. 

bulan. 

bituun, bintan. 

taun. 

bulan. 

ulan. 

hangin. 

tagganguin, awan 

lintic. 

ducduc. 

dacula. 

asibi. 

mahal. 

mura. 

mapasug. 

mahaggud. 

maputi. 

maitum. 

sayulan. 

bilu. 

bianing. 



SAMAL. 



anaq. 

lumun. 

lumun. 

saua. 

saua. 

dagat. 

saub. 

saub nga tacbi. 

tubig. 

pantad. 

ampasun. 

lupa. 

haui. 



samut. 

suga. 

adlao. 

gabi. 

buan. * 

bitoon. 

sa cahumay. 

san buan. 

uan. 

hangin. 

panghamud. 

lintic. 

kilat. 

dacua. 

tacbi. 

maal. 

magan. 

maïnit. 

maticnao. 

maputi. 

maïtum. 

malunao. 

gadum. 

dinani. 



— 183 



N° 3. (Suit».] 



MANOBO. 


BAGOBO. 


TAGAGAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 1 


bâta. 


bâta. 


isok. 


maaq. 


anaq. 1 


kadua. 


kataladi. 


inuluq. 


lonoq. 


sulad. 


kadua. 


tebbé. 


inuluq nga bubay. 


libun. 


sulad. 


saua. 


saua. 


asaua. 


asaua. 


asaua. 


saua. 


saua. 


asaua. 


asaua. 


asaua. 


dagat. 


dagat. 


dagat. 


namaïn. 


dagat. 


baub. 


uaï. 


alug. 


suba. 


suba. 


itug nga baub. 










uayug. 


uaïg. 


tubig. 


éU. 


uéeg. 


anay. 


baclayan. 


pantad. 


halap. 


paloc. 


ampasun. 


bato. 


bato. 


bato. 


bato. 


tanah. 


tanah. 


lufah. 


tanah. 


labuta. 


kayu. * 


kayu. 


kaui. 


kayu. 


kayu. 
badlayan. 










karamag. 


karamag. 


samod. 


nus. 


kalamag. 


aldao. 


adlé. 


sega. 


doô. 


adlao. 


aldao. 


adlô. 


sega. 


doâ. 


adlao. 


dalam. 


dukilam. 


gabi. 


butan. 


bul-li. 


bnlan. 


bulan. 


bulan. 


bulon. 


bulan. 


bitoon. 


karami. 


bitoon. 


blatic. 


bituan. 


subat sa hutnay. 


sebag homme. 


sa cahumay. 


m sajali. 


sacad malagun. 


subat sa bulan. 


sebag bulan. 


sa bulan. 


sa bulon. 


sacad na bulan. 


udan. 


udan. 


ulan. 


ulon. 


udan. 


karamag. » 


karamag. 


samod. 


nus. 


karamag. 


panharap. 


labun. 


labun. 


labun. 


sagulapun. 


kirum. 


kirum. 


kilat. 


sila. 


kilat. 


kilat. 


dilam dilam. 


kilat. 


logom. 


balansi. 


dacul. 


dacal. 


dacmla. 


dacal. 


dacol. 


ituc. 


dilog. 


tacbi. 


dilog. 


desog. 


mabugat. 


malagat. 


dacula alaga. 


bungit tasan. 


matagao. 


maacca. 


baggi tauan. 


tacbi alaga. 


tucaïb tasan. 


magagca. 


maïnit. 


maïnit. 


suga. 


maminit. 


maïnit. 


maganao. 


magonno. 


maniqui. 


natnô. 


magadnao. 


maputi. 


maputi* 


maputi. 


balantan. 


maputi. 


maïtum. 


maïtum. 


maïtum. 


fitam. 


maïtom. 


malunao. 


malunao. 


malunao. 


lunu. 


maludnao. 










malalag. 


dinani. 


malarag. 


malalag. 


malalal. 


malalag. 



182 — 



VOCABULAIRE 



MALAIS. 



enfant , fils , fille, 
frère 



épouse . 
mer. . . 
rivière . 



anaq. 

adeq. 

sudara. 

laki. 

bini. 

lant. 

sunggey. 



ruisseau 

eau 

sable 

pierre 

terre 

bois 

caverne .... 

ciel 

air. ...... . 

soleil 

jour 

nuit 

lune 

étoile 

année 

mois 

pluie ...... 

vent 

nuage 

éclair 

tonnerre.. . . 

grand 

petit 

cher.. 

bon marché. 

chaud 

froid 

blanc 

noir 

vert 

bleu 

jaune 



ayer. 

paçir. 

batu. 

tanah. 

kayu. 

gua. 

langit, sorga. 

angin. * 

ari. 

ari, siang. 

malam. 

bulan. 

bintang. 

taon. 

bulan. 

ulan. 

angin. 

awan. 

kilat. 

guntur. 

beçar. 

ketchil. 

maal. 

mura. 

panas. 

dinngin 

puteh. 

itam. 

idjaw. 

biru. 

kuning. 



BISAYA. 



bâta, anaq. 

igsoon. 

igsoon nga babuy. 

bana. 

asaua. 

dagat. 

suba. 

sappa. 

tubig. 

balas. 

baio. 

yata. 

kayu. 



langit. 

hangin. 

adlao. 

adlao. 

gabi. 

bulan. 

bitoon. 

tuig. 

bulan. 

ulan. 

hangin. 

dagum. 

lintic, kilat. 

dalugdug. 

dacû. 

diutay. 

maal. 

mura. 

maïnit. 

bugnô. 

maputi. 

maïtum. 

caluhuhao. 



nadalag. 



SOULOUAN. 



anaq. 

taymanhud. 

taymanhud. 

bana. 

asaua. 

laut, dagat. 

suba. 



tubig. 

buhangui. 

bato. 

tanah, lupa. 

kayu. 

lugan. 

sorga, langit. 

hangin. 

adlao. 

adlao. 

malam, duum. 

bulan. 

bituun, bintan. 

taun. 

bulan. 

ulan. 

hangin. 

tagganguin, awan. 

lintic. 

ducduc. 

dacula. 

asibi. 

mahal. 

mura. 

mapasug. 

mahaggud. 

maputi. 

maitum. 

sayulan. 

bilu. 

bianing. 



SAMAL. 



anaq. 

lumun. 

lumun. 

saua. 

saua. 

dagat. 

saub. 

saub nga tacbi. 

tubig. 

pantad. 

ampasun. 

lupa. 

kaui. 



samut. 

suga. 

adlao. 

gabi. 

buan. 

bitoon. 

sa cahumay. 

san buan. 

uan. 

hangin. 

panghamud. 

lintic. 

kilat. 

dacua. 

tacbi. 

maal. 

magan. 

maïnit. 

maticnao. 

maputi. 

maïtum. 

malunao. 

gadum. 

dinani. 







— . 183 — 






N° 3. (Suite.) 










MANOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 


bâta. 


bâta. 


isok. 


maaq. 


anaq. 


kadua. 


kataladi. 


inuluq. 


lonoq. 


sulad. 


kadua. 


tebbè. 


inuluq nga bubay. 


libun. 


sulad. 


saua. 


saua. 


asaua. 


asaua. 


asaua. 


saua. 


saua. 


asaua. 


asaua. 


asaua. 


dagat. 


dagat. 


dagat. 


namaïn. 


dagat. 


baub. 


uai. 


alug. 


suba. 


suba. 


itug nga baub. 










uayug. 


uaïg. 


tubig. 


éèl. 


uéeg. 


anay. 


baclayan. 


pantad. 


halap. 


paloc. 


ampasun. 


bato. 


bato. 


bato. 


bato. 


tanah. 


tanah. 


lufah. 


tanah. 


labuta. 


kayu. * 


kayu. 


kaui. 


kayu. 


kayu. 
badlayan. 










karamag. 


karamag. 


samod. 


nus. 


kalamag. 


aldao. 


adlé. 


sega. 


doo. 


adlao. 


aldao. 


adlô. 


sega. 


doô. 


adlao. 


dalam. 


dukilam. 


gabi. 


butan. 


bul-li. 


bulan. 


bulan. 


bulan. 


bulon. 


bulan. 


bitoon. 


karami. 


bitoon. 


blatic. 


bituan. 


subat sa humay. 


sebag homme. 


sa cahumay. 


m safali. 


sacad malagun. 


subat sa bulan. 


sebag bulan. 


sa bulan. 


sa bulon. 


sacad na bulan. 


udan. 


udan. 


ulan. 


ulon. 


udan. 


karamag. • 


karamag. 


samod. 


nus. 


karamag. 


panharap. 


labun. 


labun. 


labun. 


sagulapun. 


kirum. 


kirum. 


kilat. 


sikt. 


kilat. 


kilat. 


dilam dilam. 


kilat. 


logom. 


balansi. 


dacul. 


dacal. 


dacula. 


dacal. 


dacol. 


ituc. 


dilog. 


tacbi. 


dilog. 


desog. 


mabugat. 


malagat. 


dacula alaga. 


bungit tasan. 


matagao. 


maacca. 


baggi tauan. 


tacbi alaga. 


tucaïb tasan. 


magagca. 


maïnit. 


maïnit. 


suga. 


maminit. 


maïnit. 


maganao. 


magonno. 


maniqui. 


natnô. 


magadnao. 


maputi. 


maputi. 


maputi. 


balantan. 


maputi. 


maïtum. 


maïtum. 


maïtum. 


fitam. 


maïtom. 


malunao. 


malunao. 


malunao. 


lunu. 


maludnao. 


gadum. 


gadum. 


gadin. 


ulol. 


malalag. 


dinani. 


malarag. 


malalag. 


malalal. 


malalag. 



184 — 



VOCABULAIRE 



rouée ......... 


MALAIS. 


BISAYA, 


SOULOUAN. 


SAMAL. 


mérah. 
mas. 
peraq. 
brass. 
beçi. 
mutiara. 
biya. 
ikan. 
buaya. 
ular. 
burong. 
ayam. 
rusa, 
babi. 
* kuda. 
sapi. 
karbaw. 
tikus. 
antjing. 
kutjing. 


mapulah. 

bulauan. 

salapi. 

tumbaga. 

puthao. 

mutia. 

taclobo. 

isda. 

buaya. 


mapulah. 

bulauan. 

pilac. 

bauat. 

baçi. 

mutia. 

tipay. 

isna. 

buaya. 

haas. 

manog manog. 

manog. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

sapi. 

karabâo. 

amban. 

iré. 

cuting usug. 


mapua. 

buauan. 

sapi. 

gaan. 

putao. 

mutia. 

tipay. 

isda. 

buaya. 

langam. 

manoc. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

kabâo. 

ido. 
minkô. 


or 


argent 

cuivre 


fer 


perle 


coquille 

poisson. , 

crocodile. 

serpent 

oiseau 

volaille 


langam. 

manoc. 

usa. 

babuy. 

cabayo. 

bacca. 

karabâo. 


porc 


cheval 

boeuf 


buffle 

rat 


chien 


iré. 
iring. 


chat 





— 185 



MANOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 




maracdac. 


maluto. 


mapulah. 


fulah. 


malulo. 




bulaua. 


bulauan. 


bulauan. 


blauon. 


bulauan. 




sapi. 


salapi. 


sapi. 


safi. 


salapi. 




galon» 


galan. 


galan. 


nagalaan. 


galan. 




putao. 


puto. 


putao. 


natop. 


putao. 




mutia. 


buntia. 


mutia. 


mutia. 


muntia. 




tipay. 


tipay. 


tifay. 


tifay. 


tipay. 




ikan. 


solda. 


isda. 


nalaf. 


luddon. 




buaya. 


buaya. 


buaya. 


buaya. 


buaya. 




upa. 


upa. 


upa. 


upa. 


manoc. 




manoc. 


manoc. 


manoc. 


manoc. 


mamoppo. 




usa. 


usa. 


usa. 


isdo. 


usa. 




babuy. 


babuy. 


babuy. 


Mac. 


babuy. 




kuda. 


kuda. 


kuda. 


kuda. 


kuda. 




karabâo. 


karabo. 


harabâo. 


karabâo. 


karabo. 




tuian* 


osé. 


idô. 


aium. 


idô. 




mido. 


miâo. 


miâo. 

* 


iâo. 


upus. 









— IM — 


VOCABULAIRE 


N° 3. (Suite.) 




— 185 — 








MALAIS. 


BISAYA. 


SOULOUAN. 


SÀMAL* 


MANOBO. 


BAGOBO. 


TAGACAOLO. 


BILAN. 


ATAS. 


mérak. 
mas. 
peraq. 
brass. 
beçi. 
mutiara. 
biya. 
ikan. 
buaya. 
ular. 
burong. 
ayam. 
rusa, 
babi. 
' kuda. 
sapi. 
karbaw. 
tikms. 
antjing. 
kutjing. 


mapulah. 

bulauan. 

salapi. 

tumbaga. 

puthao. 

mutia. 

taclobo. 

isda. 

buaya. 


mapulah. 

bulauan. 

pilac. 

bauat. 

baçi. 

mutia. 

tipay. 

isna. 

buaya. 

haas. 

manog manog. 

manog. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

sapi. 

karabâo. 

amban. 

ira. 

cuting usug. 


mapua. 

buauan. 

sapi. 

gaan. 

putao. 

mutia. 

tipay. 

isda. 

buaya. 

langam. 

manoc. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

kabdo. 

idô. 
minkô. 


maracdac. 

bulaua. 

sapi. 

galan. 

putao. 

mutia. 

tipay. 

ikan. 

buaya. 

upa. 

manoc. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

karabâo. 

tuian. 
mido. 


maluto. 

bulauan. 

salapi. 

galan. 

puto. 

buntia. 

tipay. 

solda. 

buaya. 

upa. 

manoc. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

kai % abo. 

as 6. 
mido. 


mapulah. 

bulauan. 

sapi. 

galan. 

putao. 

mutia. 

tifay. 

isda. 

buaya. 

upa. 

manoç. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

harabâo. 

idô. 
mido. 


fulah. 
blauon. 
safi. 

nagalaan. 
natop. 
mutia. 
tifay. 
nalaf. 
buaya. 

upa. 

manoc. 

isdo. 

blac. 

kuda. 

karabdo. 

aium. 
ido. 


maluto. 

bulauan. 

salapi. 

galan. 

putao. 

muntia. 

tipay. 

luddon. 

buaya. 

manoc. 

mamoppo. 

usa. 

babuy. 

kuda. 

karabo. 

idô. 
upus. 




argent 


fer 


perle 


coquille 

poisson , 

crocodile 

serpent « 

oiseau 

volaille 


langam. 

manoc. 

usa. 

babuy. 

cabayo. 

bacca. 

karabâo. 


porc . . 


cheval . 


buffle 


chien 


ira. 
iring. 


chat 

























— 186 





BISAYA. 


i . Le père de Bitil et la mère de Mani. 


1. 


Ang amay ni Bitil cong ang amay ni 
Mani. 


2. La troisième maison du chemin est la 
plus belle du village. 


2. 


Ang icatolo ca balay sa dalan anglabing 
maayo sa longsod. 


3. Les fleurs sont encore plus belles que les 
perles. 


3. 


Ang mga bulac labing maanag sa mga 
mutia. 


à* Il est marié. 


4. 


Mino sia. 


5. Nous, les Espagnols, nous avons plus 
de barbe que vous, Bisayas. 


5. 


Gaming, nga Cachïla, labi nga bungUim 
canimong nga Bisaya. t 


6. Ce cbapeau est noir, celui-là blanc. 


6. 


Qaining calo nga maitum, quinung ma- 
puti. 


7. Il est mal de battre les enfants. 


7- 


Ang paghampag sa mga bâta, dautan 
caayo. 


8. Achète du riz en grain. 


8. 


Palitun mo ug palay. 


9. Étends le bras. 


9- 


Ituyud mo ang camut. 


10. Prends ce tabac. 


10. 


Pagcoahan mo qaining tabaco. 


1 1 . Le voleur blessa le cuadrillero. 


1 1* 


Ang cauatan nagasamad sa cuadriyero. 


12. J aime ma mère. 


12. 


Nahagugma co sa inahan mo. 




BISAYA. 


1 . Le père de Bitil et la mère de Mani. 


1. 


Ang amay ni Bitil cong ang namay ni 
Mani. 


3. Les fleurs sont encore plus belles que les 
perles. 


3. 


Ang mga bulac labing maanag sa mga 
mutia. 


6. Ce cbapeau est noir, celui-là blanc. 


6. 


Quining calo nga maïtum, quining ma- 
puti. 


8. Achète du riz en grain. 


8. 


Palitun mo ug palay. 


9. Etends le bras. 


9- 


Ituyud mo ang camut. 


10. Prends ce tabac. 


10. 


Pagcoahan mo quining tabaco. 


12. J'aime ma mère. 


12. 


Nahagugma co sa inahan mo. 



— 187 — 



MANOBO. 



1. To amay ni Bitil ug to inay ni Manu 

2. To icadlo no bakuy sa ini no dalan 

maoy madio pu to duma to longsod. 

3. Sicaan labin payai no bua sican mutia. 

4. Magahungun sicandin. 

5. Si kami, no Cachila, daug canio to 

pagnabuntun. 

6. Sicang calo no maïtum, ug suya maputi. 

7. Maduut sican paghampag si ini no mga 

bâta. 

8. Magpabilya ke ta kumay. 

9. Unatin sa babanayan mo, 

10. Abati dini ang tabaco. 

il. Guipalian to cuadriyera sa ini pagpa- 
nindacao. 

12, Dacal saguîmana inay mo. 



BAGOBO. 



TAGACAOLO. 



1. Ang ama ni Bitil iang ang inah ni Mani. 

3. Ang mga bulac lumabi sa caday nga 
mutia. 

6. Ini talanda maïtum, iang ini talanda 
maputi. 

8. Pagbili cao nadto sa humay. 

9. Unatum ambuctun. 
10. Canmula ini tabaco. 
12. Malim acô sa inahmo. 



1 . Yan ama ni Bitil ango inah ni Mani. 

2 . Yan tetlo ca balé ta dalan yan sunod ma- 

digor sa banua. 

3. Yan mga cabogadan madigor ta mga bun- 

tia. 

4. Don saua din. 

5. Garni, Cachila, sunod bungoton nio, bi- 

saya. 

6. Oquet matom, sapotmapoti. 

7. Yan pagbunal ta ca bâta madat mon. 

S. Bilino yan orné. 

9. Pagsangal no yan lima mo. 

10. Canhayonmo ynitombacco. , 

1 1 . Mesaso yan taccaon sa tartomon. 

12. Dacol ac inahnico. 



BILAN. 



1 . Maâ ni Bitil yké ni Mani. 

3. Fiu bulac sa mutia. 

6, Caloni fiatam t calo ni bukay. 

8. Asuo itufali. 

9. Monotum sigalun. 
10. Anuan Jini tabaco. 

1 2 . Bongnaua yèé tago. 



— 186 — 




— 187 — 


i . Le père de Bitil et la mère de Mani. 

2. La troisième maison du chemin est la 

plus belle du village. 

3. Les fleurs sont encore plus belles que les 

perles. 

4. H est marié. 

5. Nous, les Espagnols, nous avons plus 

de barbe que vous, Bisayas. 

6. Ce chapeau est noir, celui-là blanc. 

7. Il est mal de battre les enfants. 

8. Achète du riz en grain. 

9. Etends le bras. 

10. Prends ce tabac. 

1 1 . Le voleur blessa le cuadrillero. 

12. J'aime ma mère. 


BISAYA. 


MANOBO. 


BAGOBO. 


1. Ang amay ni Bitil cong ang amay ni 

Mani. 

2. Ang icatolo ca balay sa dalan anglabing 

maayo sa longsod. 

3. Ang mga bulac labing maanag sa mïja 

mutia. | 

4. Mino sia. \ 

5. Corning , nga Cachila, labi nga bungutun 

canimong nga Bisaya. 

6. Quining calo nga maitum, quinung ma- 

puti. 

7. Ang pagkampag sa mga bâta, clautan 

caayo. 

8. Palitun mo ug palay. 
g. Ituyud mo ang camut. 

10. Pagcoahan mo quining tabaco. 

1 1 . Ang cauatan nagasamad sa cuadriyero. 

1 2 . Nahagugma co sa inahan mo. 


1 . To amay ni Bitil ug to inay ni Mani. 

2. To icadlo no bahuy sa ini no dalan 

maoy madio pa to duma to longsod. 

3. Sicaan labin payai no bua sican mutia. 

4. Magahungun sicandin. 

5. Si kami, no Cachila, daug canio to 

pagnabuntun. 

6. Sicang calo no maïtum , ug suya maputi. 

7. Maduut sican paghampag si ini no mga 

bâta. 

8. Magpabilya ke ta humay. 

9. Unatin sa babanayan mo. 

10. Abati dini ang tabaco. 

il. Guipalian to cuadriyero sa ini pagpa- 
nindacao. 

12. Dacal saguîmana inay mo. 


1 . Yan ama ni Bitil ango inah ni Mani. 

2 . Yan tetlo ca balé ta dalan yan sunod ma- 

digor sa banua. 

3. Yan mga cabogadan madigor ta mga bun- 

tia. 

4. Don saua din. 

5. Carni, Cachila, sunod bungoton nio^ bi- 

saya. 

6. Oquet matom, sapotmapoti* 

7. Yan pagbunal ta ca bâta madat mon. 

8. Bilino yan orné. 

9. Pagsangal no yan lima mo. 

10. Canhayon mo yni tombacco, , 

11. Mesaso yan taccaon sa tartomon. 

1 2 . Dacol ac inah nico. 


1 . Le père de Bitil et la mère de Mani. 

3. Les fleurs sont encore plus belles que les 
perles. 

6. Ce chapeau est noir, celui-là blanc. 

8. Achète du riz en grain. 

9. Etends le bras. 
10. Prends ce tabac. 
12. J'aime ma mère. 


BISAYA. 


TAGACAOLO. 


BILAN. 


1. Ang amay ni Bitil cong ang namay ni 
Mani. 

3. Ang mga bulac labing maanag sa mga 
mutia. 

6. Quining calo nga maïtum, quining ma- 
puti. 

8. Palitun mo ug palay. 

9. Ituyud mo ang camut. 

10. Pagcoahan mo quining tabaco. 
12. Nahagugma cô sa inahan mo. 


1 . Ang ama ni Bitil long ang inah ni Mani. 

3. Ang mga bulac lumabi sa caday nga 
mutia. 

6. Ini talanda maïtum, iang ini talanda 
maputi. 

8. Pagbili cao nadto sa humay. 

9. Unatum ambuctun. 
10. Canmula ini tabaco. 
12. Malim aco sa inahmo. 


1 . Maâ ni Bitil yeé ni Mani. 

3. Fiu bulac sa mutia. 

6, Caloni fiatam , calo ni bukay. 

8. Asuô itufali. 

9. Monotum sigalun. 

10. Anuan fini tabaco. 1 
12. Bongnauayèé tago. 











— 188 — 
CHAPITRE VI. 

GÉOGRAPHIE POLITIQUE. — AGRICULTURE. — COMMERCE. 

Géographie politique. — Lesiles Philippines comprennent trois 
grands gouvernements, qui correspondent à la division géogra- 
phique de l'archipel : i° Luçon, 2° les îles Bisayas, 3° Mindanao. 

Un capiian gênerai, chef suprême de la colonie, commande 
les forces de terre et de mer, et administre directement Luçon; les 
deux autres régions sont commandées par des officiers généraux 
d'un grade moins élevé. 

Chacun de ces gouvernements est divisé en provinces, à la tête 
desquelles sont placés des gouverneurs, soit militaires (goberna- 
dores politico-militares) , soit civils [alcades de première ou de 
deuxième classe). 

L'alcade gouverneur d'une province est en même temps juge 
civil et criminel en première instance. Les gouverneurs militaires 
sont assistés d'un alcade de troisième classe, pour l'administra- 
tion de la justice. Un promotor fiscal remplit les fonctions de 
ministère public, et un escribano, souvent indigène, celles de 
notaire et de greffier. Tous ces fonctionnaires sont amovibles. 

La province est divisée en pueblos, terme qui désigne à la fois 
la circonscription et son chef-lieu. Dans la première acception, le 
pueblo répond plutôt à notre canton qu'à notre commune. Il com- 
prend en effet plusieurs villages et hameaux (visitas, barangay), a 
la tête desquels sont placés des tenientes, qui relèvent du chef du 
pueblo (gobernadorcillo) , lequel remplit des fonctions assez sem- 
blables à celles de maire et déjuge de paix. 

Le gobernadorcillo et les tenientes, fonctionnaires indigènes, 
sont élus pour trois ans par les habitants du pueblo. 

Le capitan gênerai réside à Manille, capitale des Philippines; 
auprès de lui sont institués deux commissions consultatives 
[Junta de autoridades et Consejo de administration), formées des 
principaux fonctionnaires des divers services. 

La justice est rendue au premier degré par les gobernadorcillos 
(indigènes) pour les contraventions et les causes minimes , par les 
alcades pour les causes civiles plus importantes, pour les délits 
et les crimes; il peut être fait appel de tous les jugements devant 
la cour de Manille (Real Audiencia). 



_ 189 — 

Uarmée comprend 1,44g soldats européens peninsulares, qui 
forment un régiment d'artillerie; tous les autres corps sont indi- 
gènes W, et sont commandés par des sous-officiers et des officiers 
pour la plupart européens. Voici les effectifs des divers corps. 

Européens. — Régiment d'artillerie à 2 bataillons.. 1,449 nom nies. 

Indigènes. — 7 régiments d'infanterie à un bataillon. 3,780 

Indigènes. — 2 escadrons de lanciers. .......... 3oo 

Indigènes. — 1 bataillon du génie 433 

Indigènes. — Service de santé 202 

Total (non compris les officiers) ... 4,71 5 

A ces troupes, il convient d'ajouter les corps suivants, qui, en 
cas de troubles ou de guerre, rendraient de très bons services : 

Indigènes. — Guardia civil (gendarmerie) 3,374 hommes. 

Indigènes. — Carabineros (douaniers) 2,206 

Total (non compris les officiers). . 5,58o 



Ce chiffre, joint à celui des troupes de ligne, donne un total 
de 11,744 hommes, dont 10,296 indigènes et i,44o Européens. 

La marine est représentée par 2 corvettes, 6 avisos et 16 ca- 
nonnières, montés par 1,999 hommes, y compris la garnison des 
arsenaux de Cavité (Luçon) et de File de Basilan; tous Içs états- 
majors et la moitié environ de cet effectif sont européens. Les 
forces de l'Espagne aux Philippines s'élèvent donc à 1 3,744 hom- 
mes, dont 2,5do Européens; elles suffisent pour garder une co- 
lonie qui compte 9 millions de sujets (voir, ci-dessous, Popula- 
tion), et pour tenir en respect les pirates toujours hostiles de 
Mindanao, de l'archipel de Soulou et du nord de Bornéo^. 

(1) Le recrutement des corps indigènes s'opère dans chaque province par voie 
de tirage au sort annuel parmi tous les jeunes gens âgés de 18 à 24 ans. Les 
exemptions pour cause de faiblesse de constitution sont nombreuses. ( Voir, plus 
haut, ch. in.) La durée du service est de huit années. Le contingent annuel de la 
colonie est en moyenne de 1,200 hommes. 

Dans la province d'Albay (Luçon), le contingent annuel est en moyenne de 
60 hommes (pour une population de 25o,ooo âmes). 

Le remplacement est autorisé. Dans la province d'Albay ( une des plus riches) , 
le prix d'un remplaçant varie de 4o à 5o $ (200 à 2 5o francs). 

W H est intéressant de comparer les effectifs entretenus par les diverses puis- 
sances dans leurs colonies. Le tableau suivant donne quelques-uns des éléments 



— 190 — 

Les finances sont administrées par Ylntendencia de hacienda, 
dont les actes sont contrôlés par une Contaduria gênerai qui les 
soumet au jugement du Tribunal superior de Cuentas. 

Le budget des Philippines est établi par les Cortès de Madrid , sur 
le rapport du ministère de Ultramar. 

Le régime économique de la colonie vient de subir deux modifica- 
tions très importantes. La culture du tabac était limitée à certaines 
provinces; elle y était obligatoire et le gouvernement était le seul 
acheteur des produits à un taux fixé par lui-même; ce monopole 
a été aboli en 1882 et la culture du tabac est devenue libre, 
mesures qui font le plus grand honneur à S, Exe. M. D. Léon 
Castillo, ministre de Ultramar. D'un autre cô lé, l'impôt .direct 
vient d'être considérablement augmenté par la création d'un impôt 
sur la propriété bâtie M. et d'une contribution x urbana , ou impôt de 
patentes, dont le tarif est élevé; il varie d'ailleurs suivant l'impor- 
tance des villes, qui sont divisées à ce point de vue en trois caté- 
gories. 

Avant l'établissement de ces taxes, les seuls impôts directs étaient 



de cette comparaison. L'effectif attribué plus haut à l'armée de terre des Philip- 
pines serait un peu trop faible, car il ne comprend pas les officiers ; j'augmente 
en conséquence cet effectif de 10 p. 0/0, soit de 1,180 Européens, plus quelques 
autres officiers pour les états-majors et le corps de santé. Cette évaluation , assu- 
rément très large, donne en chiffres ronds, pour l'effectif européen , 2, 680 hommes, 
et pour l'effectif total, 1 2,980 hommes. 

FORCE ET COMPOSITION DE L'ARMEE DANS QUELQUES COLONIES, ET PROPORTION 
DE L'EFFECTIF PAR RAPPORT À LA POPULATION INDIGENE DE LA COLONIE. 



PUISSANCES. 



Espagne.. ... . 

Pays-Bas. . . . 

G de -Bretagne. 





POPU- 


COLONIES. 


LATION 




INDIGÈNE. 




habitants. 


Philippines 


9,000,000 


Iodes néerlandaises. 


a 4,ooo,ooo 


Inde anglaise 


203,000,000 


Cochinchine 


i,55o,ooo 


Algérie 


3,3oo,ooo 



euro- 
péennes 



hommes 

3,680 

i5,5i3 

64,5ao 

3,3oo 

3a, 000 



indi- 
gènes. 



hommes 
io,3oo 
a3,5i8 

13*1,978 

2,300 

i3,ooo 



hommes 
13,980 
3c),o3i 

189,498 

5,5oo 

45,ooo 



PROPORTION , 

pour 1,000 habit. , 

de l'effectif 

ndi- 
péen. gène. 



o.aô 

3.l3 

9- 6 9 



i,i4 
0.98 
o.4g 
i.4i 
3. 9 4 



i.44 
1.6a 
0.75 
3.54 
t3.63 



M Cet impôt est de 10 p. 0/0 de la valeur locative pour les habitations dont 
la toiture est en tôle ou en tuiles , et de 5 p . 0/0 de la même valeur pour les 
cases recouvertes en feuilles de nipa (palmier). 



— 191 — 

le tributo et les polos y servicios, auxquels ne sont pas soumis les 
Européens M. 

Ces deux impôts sont perçus par le gobemadorcillo , les tenientes 
et les notables [cabezas), responsables du recouvrement chacun 
pour leur circonscription. Ils en versent le montant entre les mains 
du direclor de hacienda de la province. 

Le tributo est une cote personnelle payée par un couple indi- 
gène; un tributo entier représente donc la part de deux personnes; 
un célibataire, homme ou femme, ne paye qu'un demi-tribut. 

Un tributo s'élève à la somme de 1 -piastre 15 cuartos (environ 
5 fr. 45) ^ et se compose des articles suivants : 

Tribut proprement dit . 3 f 8o 

Sanctorum (frais de culte) . . i 

Caja de comunidad (fonds communaux) ) 

Total 5 45 

Les hommes doivent en outre 4o journées gratuites, 
soit pour l'entretien des routes, soit pour le service de 
cuadrillero (milice communale). Ils peuvent s'exonérer de 
ces 4o jours de travail , qui constituent les polos y servi- 
cios, en versant la somme de 3 $ (piastres), soit i5 oo 

La somme à payer par un indigène mâle qui s'est 
exonéré des polos y servicios s'élève donc au total de. ... 2 o 45 



Le tribut est payé par tous les Indiens valides des deux sexes 
jusqu'à 6 o ans, depuis l'âge de 20 ans pour les femmes, et de 
16 ans pour les hommes. 

Les chiffres précédents ne concernent que les indigènes; le tri- 
but des Chinois s'élève à 6 $ (3o francs), et celui de leurs métis 
à 3 $ (i5 francs). Les métis d'Européens ne payent pas de tribut. 

L'énumération suivante des chapitres du budget des Philippines 
indique l'importance des diverses contributions et la nature des 
impôts indirects : 

M D'après les dernières nouvelles , les polos y servicios seraient devenus exi- 
gibles pour les Européens et l'administration étudie les moyens de remplacer le 
fributo par un impôt d'un caractère moins personnel. 

( 2 ) En admettant que 1 $ (piastre) = 5 francs (le plus souvent elle n'atteint 
pas tout à fait ce cours) , 1 ^ ===== 8 réauxfuertes ; 1 réal fuerte =20 cuartos. 



— 192 — 
BUDGET DES PHILIPPINES POUR 1880-1881. 

RECETTES. 

Tributs et impôts sur la propriété (dont 74,000$ pour 
la propriété urbaine et 1 36,488$ pour taxe sur 

la fabrication du rhum) 2,732,118 $ 

Contribution industrial 3,692,666 

Douanes et impôt de navigation 1,605,700 

Vente de tabac à l'intérieur et à l'exportation M . . . . 6,57 1,200 

Ferme de l'opium 309,820 

Papier timbré, timbres-poste, télégraphes, etc 5oo,5oo 

Droits sur les combats de coqs . , 1 i8,5oo 

Loterie 892,500 

Domaines 2 i3,6oo 

Divers. 726,000 

Total i4,63o,486 

Soit 73,i52,43o f 

DEPENSES. 

Pensions , retraites , indemnités , crédits divers , dont : 

Entretien de la colonie de Fernando-Pô 

(Afrique) 25,269$} 

'■ Amortissement de bons du Trésor . . 600,000 > 2,061,639 
Reliquats d'exercices antérieurs. . . . 2^8,632 ) 

Dépenses pour les légations et consulats d'Espagne 

en Chine et au Japon 71,900 

Justice et cultes 980, 120 

Armée 3,398,332 

Finances (y compris les frais relatifs à la surveillance 

de la culture du tabac et à la fabrication^) .... 5, 860,686 

Marine 1 ,069,067 

Administration (intérieur), postes, télégraphes, pre- 

sidios (bagnes) et prisons^. 644, 1 34 

Instruction publique, travaux publics, mines, eaux 

et forêts 209,752 

Total i5,i85,63o 

DÉPENSES EXTfiÂORDINAIHES. 

Achat et réparation de matériel naval. — Construc- 
tions de lignes télégraphiques et divers 639,339 

Total . 1 5,824,969 

Soit.. . . . . . 79,124,845 e 



W Article supprimé aujourd'hui. 
(2) Frais supprimés aujourd'hui. 



— 193 — 

Les dépenses s'élevant à 15,824,969 $, soit, en chiffres ronds, 
79,124,845 francs; les recettes s'élevant à i4,63o,486|, soit, en 
chiffres ronds, 73,i52,43o francs; la différence est donc de 
5,972,41 5 francs, sur lesquels 5 millions environ sont imputables 
à des déficits résultant d'exercices antérieurs. 

Dans le budget des dépenses figure une somme de 4 7 5, 000 francs 
environ pour l'entretien de la colonie de Fernando-Pô et du corps 
diplomatique espagnol en Chine et au Japon, charges que les 
Philippines ont supportées de tout temps. 

Je n'ai pas de renseignements sur le chiffre des bons du Trésor; 
l'amortissement de ces bons figure aux dépenses pour 3 millions 
de francs. 

Instruction publique. — Manille possède un grand nombre d'in- 
stitutions dues à des fondations particulières où sont élevées les 
garçons et les filles , européens et indigènes. 

Eu outre, l'enseignement secondaire est donné dans deux col- 
lèges : Colegio de San Tomas (Pères Dominicains) , Ateneo municipal 
(Compagnie de Jésus). Les PP. Jésuites dirigent aussi l'Observa- 
toire (voir chap. 11) et une école normale qui forme des institu- 
teurs primaires indigènes. Il y a d'autres écoles normales dans les 
provinces. 

A l' Université de Manille, dirigée par les Pères Dominicains et dont 
plusieurs professeurs sont laïques, est donné l'enseignement supé- 
rieur pour la théologie, la philosophie, les sciences et la médecine. 

Le collège de San José, annexe de l'Université, forme des prac- 
ticantes (médecins et pharmaciens qui ne suivent que des cours 
élémentaires) et des sages-femmes. 

Presque tous les pueblos sont pourvus d'instituteurs ou d'insti- 
tutrices primaires indigènes parlant l'espagnol; l'enseignement de 
cette langue est une de leurs principales obligations. 

Culte. — Un archevêché à Manille et trois évêchés dans les pro- 
vinces. Les grands séminaires de Manille et des évêchés de Nueva- 
Caceres (Luçon), Jaro (Panay) et Cebû forment le clergé séculier 
indigène. La plus grande partie des pueblos est desservie par le 
clergé régulier peninsular; le clergé séculier espagnol, peu nom- 
breux, n'occupe que de rares postes dans les provinces; il compose 
le chapitre de la cathédrale de Manille. 



_ 194 — 

Population, — Le recensement de la population se fait non par 
tête, mais par tributo, condition qui, sans parler d autres causes 
d'erreur, suffirait à expliquer les divergences des divers auteurs. 
On n'est point d'accord, en effet, sur le nombre d'habitants de tout 
âge et de tout sexe que représente un tributo, c'est-à-dire un 
couple adulte. Certains auteurs n'admettent que quatre habitants 
pour un tributo, tandis que d'autres élèvent cette proportion à 
7 habitants. 

M. J.-F. del Pan M, en admettant que 1 tributo égale 6 habitants, 
estime la population totale des Philippines en 1875 (y compris le 
petit archipel des Mariannes) à 9,053,598 habitants, dont : Euro- 
péens, 10,000; Chinois, 4o,ooo; Infieles ® de Luçon, 5o,ooo; 
des îles Bisayas, 10,000; de Mindanao, i5o,ooo. 

Les chiffres fournis pour 1873 par M. Jagor ^ donnent aussi 
un total d'à peu près 9 millions d'habitants. 

C'est également le nombre auquel s'arrête le R. P. Baranera ( 4) 
et qui paraît le plus probable. Cet auteur admet 5o,ooo Chinois, 
augmentation qui a pu se produire, en effet, dei875ài878. 

Les documents sur le mouvement de la population manquent. 

Riquelmi, cité par M. del Pan, estime que, pour les indigènes, 
l'augmentation annuelle est à Manille de 2.24 p. 0/0. 

Agriculture. — Le sol des Philippines est excessivement fertile 
et convient à toutes les cultures tropicales; les plus répandues 
dans l'archipel sont : le riz, la canne à sucre et Yabaca. 

Le riz est cultivé partout. Cette céréale forme la base de l'ali- 
mentation; elle est semée au commencement de la saison des 
pluies, dont l'époque varie suivant les régions (voir chap. 11), et 
récoltée cinq à six mois plus tard. Les plaines d'alluvion du Rio 
Grande (sud de Mindanao), cultivées par les Moros, sont spé- 
cialement favorables à ce genre de culture et donnent des ré- 

M Bevista de Filipinas. Manila , 1879. 

(2) Populations idolâtres et indépendantes existant dans l'intérieur des diverses 
îles. Sans doute sous cette dénomination M. del Pan comprend aussi les Moros, 
Malais mahométans du sud de l'archipel, qui sont plus habituellement dé- 
signés sous ce dernier nom. 

M Reisen in den Philippinen, Berlin, 187 3, et trad. par M. D. Sébastian Vidal 
y Soler [Viajes por Filipinas, Madrid, 1875). 

W P. Francisco-X. Baranera, de la Compagnie de Jésus , Compendio de geografia 
de los archipielagos de Filipinas, Marianas y J0I6. Manila, 1878. 



— 195 — 

suitats extraordinaires. Dans les années de sécheresse, les Philip- 
pines ne produisent pas la quantité nécessaire à la consommation 
locale; la différence doit être demandée à l'importation, qui grève 
lourdement les ressources de la colonie; mais, dans les années 
normales, les besoins sont dépassés, et l'exportation du riz est assez 
considérable. 

La canne à sucre est surtout cultivée dans les îles Bisayas; la 
plus grande partie des moulins sont mus par l'eau, mais l'usage 
des machines a vapeur commence à se répandre. 

Dans la province de Bataan (Luçon) , où comme partout on cul- 
tive le riz et où il existe aussi quelques plantations de canne à 
sucre, le prix de la terre varie, en nombres ronds, de 900 à 
1,800 francs l'hectare M, suivant sa qualité et la proximité des 
pueblos. Le revenu net est généralement de 10 à i5 p. 0/0 quand 
la terre est cultivée en riz ; il atteint 3o p. 0/0 quand elle l'est 
en canne et que les labours se font au moyen de buffles et non 
à bras. Le matériel agricole est, dans les deux cas, très rudimen- 
taire : les instruments aratoires sont en bois, à peine si le soc des 
araires est garni de fer. Beaucoup d'indigènes de cette province 
sont petits propriétaires; les propriétés d'une certaine étendue 
sont cultivées par des travailleurs gagés soit à l'année, soit à la 
journée. Le prix moyen de la journée d'un homme adulte est de 
un realfuerte (62 centimes et demi); la journée de labour d'une 
paire de buffles et de leur conducteur est évaluée à 1 fr. 5o. 

Dans les environs de Manille, le prix moyen de la balita est de 
5oo francs; mais certaines prairies, qui donnent tous les 45 jours 
une coupe de fourrage, atteignent un prix beaucoup plus élevé. 

Dans les provinces reculées, à Nueva-Ecija par exemple, la 
terre est presque sans valeur. 

Vabaca est une source de richesse pour toutes les provinces, 
notamment pour celle cl'Albay. On désigne sous le nom d'abaca 
un bananier (Musa troglodytarum textoria. Bl.) et les filaments 
qu'on en retire; ceux-ci ont, suivant leur grosseur, un grand 
nombre d'usages : par exemple, ils servent à la fabrication des 
câbles et à celle des tissus les plus délicats. 

M 5o à 100 $ la balita; la balita = 27 ares 95 centiares; elle se divise en 
10 loanes; 1 loane =100 brasses carrées; une brasse carrée = 2 centiares 79. 
Le multiple de la balita est le quinon, qui équivaut à 10 balitas, 

•4 



. MATIOJtALF. 



— 196 — 

Le procédé au moyen duquel les indigènes dégagent les fibres 
de Fabaca est des plus primitifs et fait perdre une quantité no- 
table du produit. L'arbre est abattu au moment où le fruit com- 
mence à se former; on coupe d'abord les feuilles, puis on enlève 
un à un les pétioles; ces pétioles sont débités en longues lanières 
de deux doigts de largeur. L'ouvrier saisit une lanière par Tune 
de ses extrémités et la pose à plat sur une lame de bois élas- 
tique; il appuie sur la face supérieure de la lanière, et normale- 
ment à celle-ci, près de l'extrémité saisie, le tranchant d'un cou- 
teau ébréché en dents de scie, et tire fortement à lui; cette 
opération répétée plusieurs fois donne une mèche de filasse qui 
renferme des fils de toute grosseur ultérieurement triés par des 
femmes, 

Les plantations d'abaca donnent un tiers de récolte au bout de 
deux ans; à la fin de la troisième année, la terre est en plein 
rapport. 

Un quinon planté en abaca donne par an 5 pîcos de fibres 
(1 pico = 63 kilogr. 262); à mon passage dans la province d'Al- 
bay, le prix du pico , jugé excessivement bas , était de 5 $. 

La culture et la récolte de l'abaca s'opèrent habituellement à 
moitié fruit, le produit en nature étant partagé entre le pro- 
priétaire et l'ouvrier. 

Le prix moyen de la journée des ouvriers agricoles est plus 
élevé dans la province d'Albay que dans celle de Bataan. Généra- 
lement les ouvriers sont engagés à raison de 5 $ (25 francs) par 
mois, plus la nourriture, dont la valeur varie de 3o à 4o cen- 
times par jour. 

Les plaines seules sont cultivées dans la province d'Albay ; les 
hauteurs couvertes de forêts, propriétés de l'Etat, sont vendues 
au prix de 1 à 3 $ le quinon; les forêts dont la situation permet 
une exploitation facile sont vendues à un prix variable suivant la 
valeur des essences. 

Le café est très inégalement cultivé dans les diverses provinces; 
Batangas, l'une des plus riches, est celle qui en produit le plus; 
la qualité est celle du café de Java. Les Moros de Pollok (sud de 
Mindanao) cultivent une qualité bien supérieure, mais cette pro- 
duction est peu importante. 

Le cacao est peu cultivé; dans la province d'Albay, le cacaoyer 
se reproduit spontanément dans les jardins, et ses fruits tombent 



— 197 — 
Je plus souvent sur le sol sans que les habitants se donnent la 
peine de les recueillir. 

La meilleure qualité de cacao provient des hauteurs situées à 
1 ouest du golfe de Davao, où les Infieles le cultivent sur une assez 
grande échelle comme objet d'échange avec les négociants espa- 
gnols de Davao. Le cacao est semé en mai et transplanté deux 
mois plus tard ; la plantation est en rapport au bout de trois ans 
ou un peu plus. Les arbres portent des fruits pendant toute l'année , 
mais la récolte n'est abondante qu'en juillet et en décembre. Un 
cacaoyer produit deux et même trois gantas (1 ganta = 3 litres) 
par année. Le prix du cacao était à Davao de î piastre la ganta. 

Le tabac, de qualité supérieure, était cultivé partout en petite 
quantité sur les points qui n'étaient pas soumis au monopole. 
Je n'ai pas visité les provinces de Luçon où la culture était 
forcée et l'achat monopolisé par l'Etat, régime aboli en 1882, 
ainsi que je l'ai dit, par S. Exe. M. D. Léon Castillo, ministre 
de Ultramar. 

Avant l'occupation espagnole , l'île de Soulou était fort bien cul- 
tivée, grâce aux nombreux esclaves possédés par les propriétaires 
Moros. Lors de mon passage, la plupart des plantations de la partie 
ouest de l'île avaient été abandonnées, et le prix du café était, à 
Maïbun même, beaucoup plus élevé qu'à Singapore. Un planteur 
anglais a obtenu à Soulou une concession de terre du sultan; il 
la cultivait au moyen de coolies chinois recrutés à Singapore; le 
prix du passage par steamer de Singapore à Soulou est de 18 £ 
(90 francs) par coolie; le salaire mensuel est de 7 $ (35 francs) 
plus la nourriture et le tabac, que ce planteur évaluait à 3 $. 

La richesse forestière des Philippines est immense ; presque 
toutes les montagnes, propriétés de. l'État, sont couvertes d'es- 
sences dont plusieurs présentent des qualités de premier ordre, 
soit pour les constructions urbaines et navales, soit pour l'ébénis- 
terie et la menuiserie. 

Voici la liste des essences dont j'ai rapporté des échantillons 
^déposés dans les collections du Muséum). Toutes ces essences 
proviennent de Mindanao; elles sont communes, à l'exception du 
Mag Cono (voir plus bas), dans les diverses parties de l'archipel. 
Le numéro qui précède chaque essence est celui que porte l'échan- 
tillon dans ma collection. 

a. 



— 198 



o 




■ ■ 


USAGES 


~w 


NOM INDIGÈNE. 


ESPÈCE. 




r. 






ET PROPRIÉTÉS. 


1 


Mangacbapui. . 


Dipterocarpus Mang. Bl. (Dipt.) 


Très résistant. Mâ- 
ture et charpente. 


2 


Ànilao 


Colombia An. Bl. (Til.) 




3 


Bolongita .... 


Diospyros pilosantbera Bl. ( Ebén. ) 


Analogue à l'ébène. 


4 


Molave 


Vitex geniculata. Bartl. ( Vitic. ) 


Incorruptible. Char- 
pente. 


5 


Calompang. . . 


Sterculia fœtida. L. (Bittner.) 


Bois tendre ; fré- 
quemm* employé pour 
la sculpture. 


ô 


Duclitan 


Sideroxylon Duel. Bl. (Sapot.) 




7, 


Talisay 


Terminalia mauritiana. Lam. ( Com- 
brét.) 




8 


Narra colorada. 


Pterocarpus sanlalinus.L. (Légum.) 


Analogue à l'acajou; 
beau bois d'ébénisterie. 


9 


Dungon. ..... 


Sterculia cimbiformis. D. C. (Malv.) 


Quilles de bateau. 


10 


Anagap 


Mimosa scutifera. BL (Légum.) 


Presque incorrup- 
tible. 


11 


Alintatao 


Diospyros? (Ebénac.) 


Charpente. 


12 


Àlimbabao . . . 


Broussonetia Luzonica (Morées,) 




13 


Lanutan 


Unona latifolia. Dun. (Anonac.) 


Bois dur et résistant. 


14 


Camagon 


Diospyros discolor. Willd. (Ebén.) 


Analogue à l'ébène; 
bois magnifique. Char- 
pente et menuiserie. 


15 


Malapapaya . . . 


Aralia pendula. Bl. (Aral.) 




16 


Palo Maria .... 


Calophyll um inophyllum. L. (Guttif.) 


Mâture. 


11 


Amuguis 


Cyrtocarpus quinquestila. (Auacard.) 


Charpente. 


18 


Guijo 


Dipterocarpus g. BL (Dipt.) 


Charpente. 


19 


Galantas 


Cedreîa odorata. L. (Méliac.) 


Embarcations et ta- 
bletterie. 


20 


Bitoon 


Barringtonia speciosa. L. (Myrt.) 




21 


, Calamansanay. 


Gimbernatia C. Bl. (Combrét.) 


Parquets. 


22 


Culin manoc . . 


Laurus ? ( Laurin. ) 




23 


Anajao 


Gorypba minor. BL (Palm.) 


Lattes pour plan- 
chéier les cases indi- 


24 


Malatapay .... 


Diospyros embryopteris. Pers. (Eb.) 


gènes. 


25 


Banabe 


Lagerstrœmia speciosa. Pers. (Ly- 
trar. ) 




26 


Dalisay 


? 




27 


Bangcal 


Nauclea giaberrima. D.G. (Rub.) 


^Très durable. Em- 
barcations. 


28 


Camongsi .... 


Artocarpus Cam. BL (Artocarp.) 




29 


Pagatpat. . . . 


Sonneratia p. (Rbizopbor.) 




30 


Narra blanca . . 


Pterocarpus paUidus. BL (Légum.) 


Comme le numéro 8. 


31 


Antipolo. .... 


Arcocarpus incisa. BL (Artoc.) 


Très durable. Em- 
barcations. 



199 



O" 






. 




NOM INDIGÈNE. 


ESPÈCE. 


USAGES 


p 
32 






ET PROPRIÉTÉS. 


Balete 


Ficus elastica. Roxb. (Morées.) 


Charpente. 


33 


Banay-banay. . 


Millingtonia pinnata. Bl. (Bignon.) 




34 


Bayoq 


? 




35 


Lanete 


Anasser Laniti. Bl. (Apocyn.) 


Ebénisterie. 


36 


Avilo 


Icica avilo. BL (Bursérac.) 




37 


Caria fistola . . . 


Cassia fistuïa. BL (Légum.) 




38 


Baticulin 


Olax baticulin. BL (Olacin.) 


Tendre tt incorrup- 
tible. Sculpture. 


39 


Balangi 


Exœcaria? Bl. (Euphorbiac.) 




40 


Mag Gono .... 


Xanthostemum verdugonianum. 


Charpente. Incor- 






Naves. (Myrt.) 


ruptibilité extraordi- 
naire ; ne croît que 
dans la péninsule de 
Surigaoctprèsdu golfe 
de Pujada ( Mindanao). 


41 


Camonchile. . . 


Inga lanceolata. Willd. (Légum.) 




42 


Anonan 


Gordia anonang. Bl. (Gordiac.) 


Instruments de mu- 


43 


Ipil... 


Eperua decaudra. BL (Légum.) * 


Incorruptible. Char- 
pente. 

Idem. 


44 


Sibucao 


Caesalpinia Sappan. BL (Légum.) 


45 


Yacal 


Dipterocarpus plagatus. N. (Dipt.) 


Très résistant. 


46 


Tangile .,..*.* 


Dipterocarpus polyspermus. BL 

(Dipt.) 
Mocanera polysperma. BL (Ternstr.) 


E'nbanatiocs. 


47 


Lauan 


Embarcations. 



Les indigènes connaissent bien en général tous ces bois, leurs 
propriétés et leur habitat. Beaucoup de noms de lieux sont ceux 
des arbres ou des autres plantes qui abondent sur ces points. Je 
crois même qu'une connaissance complète des dialectes permet- 
trait de retrouver dans la flore des Philippines l'étymologie de 
presque tous les noms géographiques. J'ai réuni à la fin de ce rap- 
port (voyez Appendice) ceux de ces noms dont j'ai pu retrouver la 
signification. 

L'exploitation des forêts a pris un assez grand développement, 
notamment dans la province de Tayabas (Luçon) et sur quelques 
autres points. L'administration des forêts (Montes) a divisé les di- 
verses essences en cinq séries M. Chaque série est cotée à deux prix 



W D. Domingo Vidal y Soler, Manuai del Maderero en Filipinas. Manila* 

1877. 



— 200 — 

différents, suivant la province où a lieu la vente. Le prix le plus 
élevé est payé dans les provinces de Manille, la Laguna, Morong, 
Pampanga, Tarlac, Bulacan, Nueva-Ecija; le prix inférieur est 
payé dans tout le reste de l'archipel. Ces prix sont, pour un pied 
cube : 

Première série (Camagon, Molave, etc.) . ..... o { 3o et o r 2 5 

Deuxième série (Ipil , Yacal, etc. ) o 2a et o 20 

Troisième série (Amuguis,Calamansanay, etc.)» o 18 et o i5 

Quatrième série (Balete, Dapdad, etc.) o 12 et o 10 

Cinquième série (Anajao, etc.) , pour tout l'archipel. . o o4 

Ces prix ne sont payés que pour les quantités cubées après que 
le bois a été équarri. 



Commerce. — Le commerce et le régime économique des Philip- 
pines ont été longtemps subordonnés à des règlements étroits, in- 
compatibles avec le développement des échanges et de la fortune 
publique; ces règlements sont aujourd'hui abolis. L'histoire éco- 
nomique de la colonie a été résumée de la façon la plus claire et 
plus attachante dans un excellent ouvrage de* M. Azcârraga M, 
promoteur des principales réformes qui ont été introduites depuis, 
au grand avantage de la richesse du pays. 

Quatre ports sont ouverts au commerce extérieur, mais il prend 
presque tout entier la voie de Manille; cependant, à mon passage 
à Ilo-Ilo (île de Panay), il y avait sur rade plusieurs clippers des 
Etats-Unis, de 1,200 à i,5oo tonneaux, qui venaient prendre dans 
ce port des chargements complets de cassonade. 

Pour 188b, la valeur de l'exportation et de l'importation, pour 
tout l'archipel, a été, en nombres ronds, de : 

Importation . * , 88,6oo,ooo f 

Exportation .*...*....,.....,.. 94,000,000 

Les droits de douane (à l'entrée et à la sortie) ont produit plus 
de 9,600,000 francs. 

♦ W Do n Manuel Ascârraga y Palmero , La Idbeitad de comercio en las islas Fili- 
pinas. Madrid , 1872. 



— 201 — 

Les principaux articles exportés sont : 

Abaca, pour plus de 1 6,000,000* 

Or monnayé et en lingots 1 1,000,000 

Sucre * 2 2,5oo,ooo 

Café * . 6,000,000 

Tabac 6,5oo*oao> 

Les principaux articles importés ont consisté en : 

Tissus de coton . * 2 2,5oo>oo© f 

Argent monnayé et en lingots ............ 1 7,500,000 

Riz . » « 1 3,ooo,ooo 

La plus grande partie du commerce est représentée par les 
marchandises et par le pavillon anglais. La part de l'Allemagne, 
restreinte encore, tend à s'accroître; ses produits font à ceux de 
notre pays une concurrence sérieuse, notamment pour les soie- 
ries destinées aux vêtements, qui autrefois étaient exclusivement 
fournies par nos fabriques de Lyon. 

La très grande partie de la navigation au long cours est effec- 
tuée par de grands steamers; plusieurs ont un service régulier. 
La vapeur tend aussi à se substituer à la voile pour le cabotage; 
depuis le mois de juillet 1879,, plusieurs lignes à service pério- 
dique desservent le chef-lieu de chaque île et beaucoup d'autres 
points. 

Les principales maisons de commerce sont anglaises, allemandes 
et américaines; quelques négociants chinois sont aussi à la tête de 
maisons très importantes. 

Le commerce de détail est presque tout entier entre les mains 
des commerçants chinois; leur clientèle est souvent onéreuse aux 
maisons de gros, vu l'habitude enracinée aux Philippines d'ou- 
vrir de larges crédits et la difficulté de se renseigner sur la sol- 
vabilité de ces étrangers. 

Depuis que l'Espagne s'est établie dans l'île Soulou, le port de 
celle-ci a été déclaré libre. Ce marché peut devenir important, 
surtout pour l'exportation, à cause des produits spéciaux, qui sont 
abondants dans les nombreuses îles qui Tentourent. 

Les produits principaux du marché de Soulou sont : 
Le trepang (holothuries desséchées }, exporté en Chine, où il at- 
teint un cours très élevé, sans doute à cause de sa réputation 
d'aphrodisiaque; 



_ 202 — 

Les tipaye^ ou concha (Placuna placenta) , dont le test découpé 
en lames minces, est employé comme vitres dans toutes les Phi- 
lippines. A mon passage, le cours était de 3 fr. i5 le kilogramme, 
ce qui portait le prix d'une paire de valves moyennes à 7 fr. 5o; 

La gutta-percha, de diverses sortes. Le prix de cet article est 
des plus variables. 

W L'huître perlière, abondante à Soulou et aussi désignée sous le nom de 
tipaye, est la Meleagrina margaritifçra. Les perles ne sortent guère de l'archipel 
de Soulou, où elles grossissent le trésor du sultan et des datos; elles ont d'ail- 
leurs à Soulou une valeur supérieure à celle qu'elles atteindraient en Europe. 



APPENDICE. 



ÉTYMOLOGIE BOTANIQUE DE QUELQUES NOMS GÉOGRAPHIQUES 
DES ÎLES PHILIPPINES. 



Nota. Dans l'indication des divers dialectes , tag. = tagaloc ; bis. 
■ ilocano ; pamp. = pampango. 



bisaya; bic. = bicol; Hoc. 



NOMS 

GÉOGRAPHIQUES. 


DIALECTE. 


SITUATION. 


SIGNIFICATION BOTANIQUE. 


Abaca 


Tag. bis. 


Village , Panay. 


Musa troglodytarum textoria. 
(Palmiers.) 




Agaga 


Hoc 


Mont, prov. Ilocos-Norte.Luçon 


Tricbilia tripetala? (Méliac.) 


Agoho 


Tag.... 


Village , prov. Pangasinan. Lu- 
con. , . 


Ipomœa quamoclit. (Convolv.) 

Spilanthes acmella. (Gompos.) 
Turrœa decandra ? ( Méliacées. ) 
Imperata arundinacea. (Gram.) 
Unona odorata. (Anonac.) 


Agonoy. ..... 


Bis 


Ilots, baie de Bislig. E. JWin- 
danao 


Aguiu 

Alang-Alang . . 
Alang-Ilang . . 


Bis 


Village , Panay 


Malais . . 


Village, Leyte 


Tag.... 


Village , prov. Bulacan. Luçon. 


Alas 


Tag.... 


Baie, ouest de l'île Masbate.. 


Pandanus exaltatus. (Pandan.) 


Alaya 


Tag. . . . 


Pointe , est de Mindoro 


Quercus molucca? (Cupulif.) 


Alibanbang . . 


Bis 


Pointe, est de Samar 


Bauhinia tomentosa. (Gaesalp.) 


Alibun 


Bis 


Vili., Cébu 


Conyza balsamifera. (Gompos.) 
Diospyros ? ( Ebénac. ) 


Alintatao .... 


Bis 


Ilots, nord-est; de Mindanao. . 


Alipata 


Bis 


Pointe sud de Samar 


Exaîcaria agallocha. (Euphorb.) 


Amolong .... 


Hoc 


Village , prov. de Gagayan. Lu- 
con 


Pothos pinnata. (Aroïdées.) 
Vitex latifolia. (Viticées.) 


Amuraon .... 


Bis 


Pointe , est Mindanao 


Anao 


Tag.... 


Village, prov. Iloc.-Norte. Lu- 
con 


Corypha minor. (Palmiers.) 
Erythrea picta. (Gentianées.) 
Columbia anilao. (Tiliac.) 


Anii 


Bis r 


Village, Panay. ........... 


Anilao 


Bis 


Village , Panay. . 


Antipolo .... 


Tag. . . . 


Vill. , prov. Manille. Luçon. . 


Artocarpus incisa. (Morées.) 


Apalit.. . 


Pamp. . . 


Vill. , prov. Pampanga. Luçon. 


Pterocarpus santalinus. (Lé- 






% 


gum.) 


Aparri 


Tag.... 


Vill. , prov. Cagayan. Luçon . . 


Uiiica umbellifera. (Urtic.) 


Apjton 


Bis 


Port , côte est de Panay ..... 


Mocanera grandiflora. (Terns- 
trcem.) 



— 204 — 



NOMS 

GÉOGRAPHIQUES. 


DIALECTE. 


SITUATION. 


SIGNIFICATION BOTANIQUE. 


Argao 

Arum 

Asan 

Bacong 

Badoc 

Bago 

Bahayen 

Balabac 

Balatong 

Balayan 

Balete 

Balibago 

Balili 

Balimbin .... 

Balod. 

Balogo 

Baiugo 

Banaba 

Bancoran .... 
Banag 

Banati 

Banbang. .... 

Bangan ..... 

Bangcal 

Banot ....... 

Baras 

Bariiis 

Batang ...... 

Bato-Bato .... 


Bis 

Bis 

Bis 

Bis 

Hoc. .. 
Tag.... 

Tag.... 
Tag.... 
Bis 

Tag 

Bis 

Tloc 

Bis..,.. 
Bic 

Bis 

Bis 

Hoc .... 

Hoc .... 
Tag.... 
Bis 

Tag.... 

Bis 

Bis 

Bis 


Vill.,Cebû 


Premna odorata? (Verbénac.) 
Adelia Bernardia. (Euphorb.) 
Pterocarpuspallidus. (Légum. ) 

Hœmanthus pubescens. (Ama- 

ryllid.) 
Xeranthemum. (Compos.) 
Gnetum gnemon. (Conifères.) 
Dioscorea Bolojonica? (Diosc.) 
Jussieua erecta. ( Onagrariées.) 
Phaseolus mongos. (Légum.) 
Eperua falcata? ( Légum. ) 

Ficus indica. (Morées. ) 

Hibiscus tiliaceus. (Malvac.) 

Imperata arundinacea. (Gram.) 

Averrboa carambola. (Oxali- 
dées.) 

Nauclea latifolia (Rubiac.) 

Cassuvium reniforme. (Ana- 

card. ) 
Adenanthera gogo. (Mimosées.) 

Munchausia speciosa. (Lytra- 
riées. ) 

Cyperus difîbrmis. (Cypérac.) 

Smilax pseudo-china. (Smila- 
cées. ) 

Connarus fœtens. (Connarac.) 

PI umbago viscosa. ( Plombagi- 
nées. ) 

Sterculia fcetida. ( Sterculiac.) 

Nauclea lutea. ( Rubiac. ) 

Bauhinia scandens. (Gœsalp.) 
Smilax pseudo-china ? (Smilac.) 
Diospyros. (Ebénac.) 
Cissampelos pareira. (Méni- 

spermées. ) 
Laurus lanosa. (Laurinées.) 


Hameau , prov. Abra. Luçon . 
Vill. , prov. Pangamian. Luçon. 

Vili. , Négros 


Vill. , prov. Hoc.-Norte. Luçon. 
ViH.,prov. Pangasinan. Luçon. 
Rivière , Mindanao ......... 


Ile et détroit. 


Vill. , prov. Bulacan. Luçon. . 
Baie au sud-ouest de Luçon. . 
Plusieurs caps, notamment 
au sud-ouest de Mindanao . 
Pointe au sud de Luçon. .... 

Cap à l'ouest de Cebu 

Pointe au sud de Tawi-Tawi. . 

Ilots du groupe de Basilan. . . 

Vill., prov. Camarines-Sur. 
Luçon 


Vill. , Samar. 


District , prov. d'Albay. Luçon. 

Ile de la mer de Mindoro. . . . 
Vill., prov. d'Albay. Luçon. . 

ViU. , Panay. 


Vill. , prov. Nueva-Vizcaya. Lu- 
çon 


Biv. , prov. Cagayan. Luçon.. 
Riv. Mindoro 


Pointe au sud-ouest de Marin- 
duque 


Port , île Gatanduanes . . .... 

Vill., Cebu 


Pointe , côte nord de Panay. . 
Anse, golfe de Davao.Mindanao. 



205 



NOMS 

GÉOGRAPHIQUES. 


DIALECTE. 


SITUATION. 


SIGNIFICATION BOTANIQUE. 


Bayabas ...... 

Bayanga 

Bayati 

Betis . . . . 

Biga 

Bilan 

Binucao 

Biton 

Bocaboc 

Bocavi 

Bolong 

Bonga 

Bongabong . . . 

Bontod 

Botolan 

Botong 

Botuan 

Bucacao 

Bulac 

Bulacan 

Bulalan ..... 

Bulaon 

Buri... 

Busilag 

Cabcabun .... 

Cabra 

Cabug 


Tag.... 

Pamp. . . 
Bic 

Bis 

Bis 

Tag.... 

Tag. . . . 

Bis 

Tag.... 

Tag.... 
Tag.... 
Bis 

Tag... 

Hoc .... 

Tag.... 

Tag.... 
Hoc .... 
Tag.... 
Bis. 

Tag 

Tag.... 

Bis 


Vill. , prov. Bulacan. Luçon. . 
ViU. , Mindanao 


Psidium aromaticum. (Myrta- 

cées. ) 

Amarantbus spinosus. (Ama- 
rantac. ) 

Menispermum cocculus. (Mé- 

nispermées.) 
Azaola Betis. Bl. 
Calla maxima. (Aroïd.) 
Crotonalacciferum. (Euphorb.) 
Cambogia. (Guttifëres.) 
Barringhtonia speciola. (Myrt.) 
Scœvola lobolia. (Goodeniac.) 
Bambusa diffusa. (Gramin.) 

Costus luteus? (Zingibérac.) 
Areca catechu. (Palmiers.) 
Achyrantlies villosa. (Amaran- 
tacées. ) 

Oryza aristata. (Gram.) 
Cicca pentandra. (Euphorb.) 

Barringhtonia speciosa. (Myrt.) 
Musa troglodytarum. (Musa- 
cées. ) 

Panicum miliaceum. (Gram.) 

Gossypium herbaceum (Malva- 
cées. ) 

Plusieurs esp. deConvolvulus. 
Nauclea lutea ? ( Rubiac. ) 
Vitex latifolia. (Viticées.) 
Corypha umbraculifera. (Pal- 
miers.) 
Portesia rimosa. (Mélkcées.) 

Polypodium quercifolium ? 

(Fougères.) 
Erythrea carnea. (Légumin.) 

Unona cabug. (Anonac.) 


île du groupe des îles Batanes. 

Riv. , prov/Pampanga. Luçon. 
Vill. , île Catanduanes ...... 

Pointe au N.-E. de Mindanao. . 
Anse du golfe de Davao. .... 

Baie de l'île Ticao 


île au nord-ouest de Négros. . 

Vill. , prov. Bulacan 

Vill., prov. de Zamboanga. 
Mind 


Pointe à l'est de Luçon 

Vill. , Mindoro et Luçon 

A 

Ilot au nord-est de Masbate. . . 
Mont. Luçon 


Pointe au nord-ouest de Min- 
danao. . 


lies au nord de Culion 

Vill. , prov. Nueva-Segov. Lu- 
çon 


Vill., prov. Iloc-Sur. Luçon.. 
Prov. , Lucon. 


Pointe au sud de Négros .... 
Riv. , Lucon ............. 


île à l'ouest de Samar 

Riv. Lucon 


Vill. , prov. Bataan. Luçon. . . 

Ile voisine de Mindoro 

Mouillage au sud -ouest de 
Siargao. ...•.,. 





— 206 — 



' ' ■ 

NOMS 


DIALECTE. 


SITUATION. . 


SIGNIFICATION BOTANIQUE. 


CBOGBAPHIQUES. 








Calantas 




Banc au sud-est de Luçon. . . 


Cedrela odorata. (Cédrélac.) 


Calamias .... 


Tag.... 


Vill., prov. Batangas. Luçon. 


Averrhoa Bilimbin. (Oxalid.) 


Calapi 




Ile à l'ouest de Bohol ...,,.. 


Calanius maximus. (Palm.) 


Calo 




Riv. , prov. Cavité. Luçon. . . . 


Abrus precatorius. (Légumin.) 


Calobcob 


Tag.... 


Riv. , prov. Cavité. Luçon . . . 


Eugenia malac. (Myrtac.) 


Calumpang. . . 


Tag 


île, prov. Bulacan. Luçon. . . 


Sterculia fœtida. ( Sterculiac.) 


Calumpit .... 


Tag.... 


Vill. , prov. Bulacan. Luçon. , 


Terminalia angustifolia. (Com- 
brétac. ) 


Gamiring .... 


Tag.... 


Vill., prov. Pangasinan. Luçon. 


Semecarpus anacardium ? (Ana- 
cardiac. ) 


Camotes ..... 


Tag.... 


Iles à l'est de Cebû 


Convolvulus batatas. (Convol- 
vul.) 


Campopot. . . . 


Bis... . 


Baie, côte ouest de Leyte... . 


Tabernae montana latifolia. 
(Apocynées.) 


Cantoay 


Tag.... 


Pointe de l'île Sibuyan. ..... 


Paederia fœtida. ( Rubiac. ) 


Capas 


Hoc 


Vill. , prov. Pampanga. Luçon. 


Gossypium paniculatum. (Mal- 
vac. } 


Carisquis .... 


Hoc... 


Vill. , prov. Ilocos-Sur. Luçon. 


Mimosa carisquis. (Légumin.) 


Casai 


Tag.... 


Vill., prov. Bulacan. Luçon.. 


Jiimosa scutifei;a. (Légumin.) 


Gatmon 


Bis 


Vill., Cebû.. 


Dillenia indica. (Dilléniac.) 
Portulacca oloracea. (Portula- 


Colasiman . . . 


Bic 


Mont., prov. Cam.-Nort. Luçon. 


Culasi 


Bis 


Pointe à l'ouest de Panay. . . . 


Petaloma alba. ( Mélastomac. ) 


Culiat.'. 


Tag.... 


Vill., prov. Pampanga. Luçon. 


Thoa pendula. (Gnetacces.) 


Cupang 


Tag.... 


Riv. , prov. Bulacan. Luçon . . 


Mimosa peregrina. ( Légumin.) 


Dagami 

Dalaguit ..... 


Bis 


Vill., Leyte 


Rubus molucca. (Rosacées.) 


Bis . 


Pointe à l'est de Cebû 


Ficus indica. (Morées.) 


Dancalan .... 


Bis 


Pointe au sud-est de Luçon. . 


Calophyllum. (Glusiac.) 


Danglas 


Hoc... 


Vill. de l'Abra. Luçon 


Vitex trifolia. (Viticées.) 


Dapdap ..... 


Tag... . 


Pointe au sud-est de Luçon. . 


Erythrina carnea. (Légumin.) 


Dao 


Bis. .... 


Ile au nord-ouest de Cebû . . . 


Poupartia pinnata. (Anacard.) 


Dayap 


Tag. . . . 


Pointe à l'est de Mindoro .... 


Gitrus notissimus. ( Aurantiac.) 


Dilao 


Tag 


Vill., prov. Manille. Luçon. . 


Curcuma deîagen. (Zingibér.) 


Dinglas 


Tag 


Vill. , prov. Iloc.-N. Luçon . . , 


Bucida comintana. ( Combrét.) 


Dumali 


Tag.... 


Pointe à l'est de Mindoro. . s . 


Oryza sativa precox. (Grami- 
nées.) 
Kaempferia rotunda. (Zingibé- 


Dusol 


Tag 


Vill., prov. Zambales. Luçon. 








rac.) 



— 207 



NOMS 

GÉOGRAPHIQUES. 


DIALECTE. 


SITUATION. 


SIGNIFICATION BOTANIQUE. 


Guisijan ..... 
Iba 


Ta- 


VilL , Panay 


Sapindus saponaria. (Sapinda- 

cées.) 

Gicca acidissima. ( Eupborb. ) 
Cnestis diffusa. (Gonnarac.) 


Pamp. . . 
Tag... 


Pointe au sud de Luçon .... 
VilL, prov. Batangas. Luçon. 


lbaan ....... 


Ilo-Ilo 


Bis 


Capitale de l'île Panay 


Argophyllum ? ( Saxifrag. ) 


Ipil 


Bis 


Ile près de Gebû .......... 


Eperua decandra. ( Légumin.) 
Ficus hisp. (Morées.) 

Anbroma alata. ( Bitnériac.) 


Isio 


Bis. 


VilL de Négros ............ 


Labo ....... 


Bic 


Riv. , prov. Gam.-N. Luçon . . 


Laguio 


Tag.... 


Riv. , prov. Tayabas. Luçon.. 


Acanthus Doloariu. (Acanth.) 


Lanhil ...... 


Bis..... 


Ile au nord-est de Basilan . . . 


Mimosa rebek. (Légumin.) 


Lapo. . ...... 


Hoc 


VilL, prov. Iloc.-N. Luçon.. . 


Mocanera? ( Ternstrœm. ) 


Larac 


Tag.... 


île voisine de Mindanao 


Gapsicum minuum. (Solan.) 


Lavaan 


Tag 


Baie à l'est de Tablas . , 


Mocanera thurifera, ( Terns- 
troem. ) 


Laiya. ...... 


Tag.... 


VilL, prov. Iloc.-S. Luçon.. . 


Paliurus dubius. ( Rhamnées. ) 


Layohan 


Bis 


^VilL, prov. Misamis. Mindanao. 


Cicca acidissima. (Euphorb.) 


Libong 


Bic 


VilL , prov. Nueva-Gac. Luçon. 


Cacalia sonchifolia. (Compo- 
sées. ) 

Morinda citrifolia? (Rubiac.) 


Linoa 


Bis 


Ile à l'est de Samar. . 


Lipa 


Tag.... 


Plusieurs riv. de Luçon 


Urtica umbellata. (Urticées.) 


Lipata 


Bis 


Baie sur la côte est de Cebti* . 


Exœcaria agallocba. (Eupbor- 
biac.) 

Nigretia urens ? ( Légumin. ) 


Lipay 


Tag 


VilL des Iguorottes. Luçon. . . 


Lucban 


Tag.... 


Ile à l'ouest de Romblon .... 


Citrus decumana. (Aurantiac.) 


Lumbang .... 


Tag.... 


VilL , prov. Laguna. Luçon . . 


Aleurites lobata. (Euphorbiac.) 


Macapilao . . . 


Bis. .... 


Pointe , sud-ouest de Siquijor. 


Amerimnium mimosella. (Lé- 
gumin.) 


Malabago. . . . 


Bis 


Iles à l'est de Panay ....... 


Hibiscus tiliaceus. (Malvac.) 


Malagui 


Bic 


Pointe, prov. Cam.-Norte. Lu- 
çon. 


Oryza sativa glutinosa. ( Gram . ) 
Willoughbeia * multilocula. 


Malabatuan . . 


Tag.... 


Ilots entre Lubang et Luçon. 








(Apocynées. ) 


Malabo 


Tag 


Pointe au sud-ouest de Samar. 


Paliurus edulis. (Rbamnées.) 


Malapacun ... 


Bis 


îles à l'ouest de Palawan .... 


Justicia erecta. (Acanthac.) 


Malarayat .... 


Tag 


Mont., sud de Luçon 


Calyptrantbesmakal. (Myrtac.) 


Maiaubi 


Tag.... 


Pointe au sud de Marinduque. 


Aristolocbia indica. (Aristol.) 


Malis 


Tag.... 


VilL, prov. Bnlacan. Luçon.. 


Sida indica. (Malvac.) 







— 208 — 




NOMS 

GÉOGRAPHIQUES. 


DIALECTE. 


SITUATION. 


SIGNIFICATION BOTANIQUE. . 


Malunai ..... 
Mananoag. . . . 
Manga ...... 


Tag.... 

Tag 

Tag.... 


Vill. , prov. Tayabas. Luçon. . 
VilL, prov. Pangas. Luçon. . 
VilL , prov. N.-Ecija. Luçon . . 


Moringa oleifera. (Rubiac.) 
Ignatia amara. (Loganiac. ) 
Mangifera indica. (Anacard.) 


Naga 

Nangca 

Nato 


Bic 

Tag.... 
Tag.... 


Capitale deCamar.-Sur. Luçon. 
Iles du Rio San-Mateo. Luçon. 
Riv. , prov. Batangas. Luçon. . 


Pterocarpuspallidus. (Légum.) 
Àrtocarpus maximus. (Artoc.) 
Terminalia latifolia. (Combré- 
tac.) 


Nigui 


Tag..,. 


Vill. , prov. Bulac. Luçon. . . . 


Xilocarpus granatum. (Cédré- 
lac.) 


Niogan 

Nipa 

Nonoc 


Tag.... 

Bis 

Bis 


Vill. , prov. Bulac. Luçon. . . . 
Pointe au nord de Panay ; îlots» 
Vill. , prov. Surigao. Mindanao. 


Ficus pseudo-pal ma. (Morées.) 
Nipa littoraiis. (Palmiers.) 
Ficus indica. ( Morées. ) 


Olango 

Opon 


Bis 


Ile à Test de Cebû 


Pandanus radicans. (Pandan.) 

Cucurbita lagenaria villosa. 
(Cucurbit.) 


Bis 


Ilot à l'est de Leyte 


Paco 

Pagatpat 

Palad . 

Palapa 

Pandacaqui . . 


Tag.... 
Bis 

Bis 

Bis 

Tag 


Vill. , prov. Manille. Luçon . . 
VilL, île de Sibuyan, près Capiz. 

Banc, prov. Tayabas, sud de 
Luçon ................ 


Hemionitis incisa. (Fougères.) 

Sonneratia pagatpat. (Rhizo- 
phorées. ) 

Ruellia repens. (Acanthac.) 
Sonneratia pagatpat. (Rhizo- 
phorées. ) 

Tabernœmontana laurifolia. 
(Apocyn.) 

Terminalia latifolia. (Combré- 
tac ) 


Mont, île de Samar 

Riv. , prov. Pamp. Luçon. . . . 


Pandan 


Bis 


îles à l'ouest de Mindoro , etc. 


Papaya 

Payapa ...... 

Piapi 


Tag.... 
Tag.... 
Bis 


Vill., prov. N.-Ecija. Luçon.. 
Vill., prov. Batang. Luçon... 
Pointe à Test de Lucon 


Carica papaya. ( Papayacées. ) 
Ficus papaya. (Morées.) 
Avicennia nitida. (Verbénac.) 


Pias . 


Hoc. . . . 


Ruisseau , prov. Àbra. Luçon . 


Averrhoa balimbin. (Oxalid.) 


Piris 

Pitogo 

Pisa 


Tag.... 
Tag,... 
Tag.... 


Baie, prov. Tayabas. Luçon. . 

Iles au sud-est de Luçon 

Pointe au sud de Luçon. . . . 


Bergera compressa. (Aurant.) 
Gycas circinaîis. (Cycadëes.) 
Canarium album. (Anacard.) 


Popotan 

Quiapo ...... 


Bis* .... 


Vill. « Panay. • 


Rliizopbora candel. ( Rhizopho- 
rées. ) 

Pistia stratiotes. (Aroîd.) 


Tag.... 


Riv. et vill. Luçon 





209 — 



NOMS 






1 


GÉOGRAPHIQUES. 


DIALECTE. 


SITUATION. 


SIGNIFICATION BOTANIQUE. 


Salai ....... 


Tag.... 


Vill., prov. Misamis. Mindanao. 


Andropogon Schœnanthus. 
(Gramin.) 


Salig 


Hoc 


Pointe à Test de Luçon ..... 


Pinus tœda. (Conifères.) 


Sampaloc .... 


Tag 


Pointe , lac , etc. Luçon 


Tamarindus indica. (Légum.) 


Santol 


Tag 


Mont., prov. Bulacan. Luçon. 


Sandoricum térnatum. (Mél.) 


Sapan 


Bic 


Riv. , prov. Albay. Luçon .... 


Cœsalpinia sappan. (Légum.) 


Sibog 


Tag.... 


Mont. , prov. Bulacan. Luçon. 


Mimosa tenuifolia. (Légum.) 


Sila 


Bis 


Pointe au nord-est de Samar. . 


Pterocarpus frutescens. ( Légu- 
min. ) 


Sulaban .... 


Bis 


Pointe au nord de Mindanao. . 


Erythrina carnea? (Légumin.) 


Sumag 


Bis 


Vill. , Nécros 


Ageratumquadriflorum. (Com- 
posées.) 




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Taal 


Tag.... 


Lac et volcan, prov. Bat. Luçon. 


Eperua decandra. (Légumin.) 


Tabing 


Bis 


Hots à l'ouest de Leyte 


Sida indica. (Malvac.) 


Tagbac 


Bis 


Pointe au sud-est de Négros. . 


Renealmia gracilis. (Zingib.) 


Talicot 


Bis. 


Ile du golfe de Davao ( Minda- 








nao) 


Ficus dicarpa. (Morées.) 




Talisay 


Tag..... 


Pointes et vill. , prov. Batangas. 








Luçon , etc. 


Terminalia latifoiia. (Combré- 
tac.) 

Arundo tecta. (Gramin.) 


Tambo 


Tag 


Pointe au sud-est Luçon , etc. 


Tamuc 


Bis 


Ilot à l'ouest de Basilan 


Costus luteus. (Zingibérac.) 


Taira 


Bis 


Pointe à l'est de Calamianes. 


Phlomis ceylanica. ( Labiées.) 


Tayum 


Hoc .... 


Vill. , prov. Abra. Luçon .... 


Marsdenia tagudinia. (Asclé- 
piad.) 


Tinga 


Tag.... 


Riv., prov. Bat. Luçon 


Mussœnda fondosa. (Rubiac.) 


Tingloi 


Tag.... 


Baie , prov. Misam. Mindanao. 


Acantbus. (Acanthac.) 


Tugas 


Bis 


Pointe à l'ouest de Samar, etc. 


Morinda citrifolia. (Rubiac.) 


Tunas 


Bis 


- Pointe au sud-ouest Mindanao. 


Nympbœa? (Nymph.) 


Zapote 


Tag 


Riv. , prov. Cavité. Luçon. . . 


Diospyros? (Ébénac.) 




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A. Pandit,?, de l'île Soulou. 

B, Tagaloc de Zamboanga (Mindanao' 

G D. B. Esclaves mores de Sou) ou. 



Photolypie A. Qoismo. Ton 




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Planche XV U. 

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unes filles aias du venant occidental du 

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Phototype A. Quumc. Toutou 







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Planche XX. 

r- 155. 156, XL?, XLVI. 

(S.-K. Minrimino.) 



«V.lolypit: A, <|bim.»«. Toi 




W 154. N" '153. 

Mandayas des source? du Rio Ma.' 
(S.-K. Mindanao.) 



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d'après la publication d'iîl Comerch .k< M.m-ll.- .in :i - j m j| (: | , s^,. 



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