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Full text of "Amida : materiaux pour lépigraphie et lhistoire Musulmanes du Diyar-Bekr"

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University of British Columbia Library 



http://www.archive.org/details/amidamateriauxpOOberc 



AMIDA 



AMIDA 



MATÉRIAUX POUR L ÉPIGRAPHIE 

ET L'HISTOIRE MUSULMANES 

DU DIYAR-BEKR 



BEITRÄGE ZUR KUNSTGESCHICHTE DES 
MITTELALTERS VON NORDMESOPOTA- 
MIEN, HELLAS UND DEM ABENDLANDE 



MAX VAN BERCHEM 



JOSEF STRZYGOWSKI 



MIT EINEM BEITRAGE: „THE CHURCHES 

AND MONASTERIES OF THE TUR ABDIN" 

VON GERTRUDE L. BELL 



XXIII TAFELN IN LICHTDRUCK 
UND 330 TEXTABBILDUNGEN 




1910 

HEIDELBERG 
CARL WINTERS UNIVERSITÄTSBUCHHANDLUNG 

PARIS ERNEST LEROUX 



Verlags- Nr. 467 



AU GÉNÉRAL DE BEYLIÉ 



HOM3IAGE DES AUTEUBS 



INHALTSVERZEICHNIS. 



Matéi-iaux pour l'épigraphie et l'histoire musulmanes du Diyar-Bekr 
par Max van Berchem. 

rage 

Iiilioducliuii 3 

I. Enceinte, portes et tours (i 

A. État actuel (i 

B. Histoire et iiisuri]itioiis \?, 

II. Grande Mosquée i'A 

A. Etat actuel 4.'! 

B. Histoire et inscriptions 51 

III. Inscriptions diverses 70 

IV. La coupe d'innslirucl; \-20 

Beiträge zur Kunstgeschichte des Mittelalters von Noi-dmesopotamien, Hellas und 
dem Abendlande von Josef Strzygowski. 

.■jeite 

Vorwort 131 

1. Die clirisIlicliLii Denliniäler von Amida - 134 

Einleitung': Die Grenzen der Be\veisl;ratt von Inschriften 134 

1. Die lieiden Prunkfassaden von Dijarbekr 13ö 

Ü. Wiederverwendung und Nachahmung älterer Bauglieder durch die Muslime 14t) 

3. Die vorislamischen Teile der Westfassade 144 

4. Die Parallelen in Ägypten 153 

5. Die altchristlichen Kirchen von Aniida (mit einem Beitrage von Anton Baumstark) 163 

6. Dekorativer Reichtum der christlichen Architektur in Amida, Syrien und Ägypten 197 

7. Die ursprüngliche Bestimmung der alten Westfassade "201 

II. Die altchristliehe Baukunst Kordmesopotamiens "217 

1. Die zentralen Riesenbauten der Städte 217 

2. The churches and monasteries of the Tur Alulin hy Gertrude L. Bell 224 

3. Zusammenfassung 262 

4. Mesopotamien und das Abendland 274 

III. Die Mauern von Amida 277 

IV. Die Tore von Aniida 286 

V. Die große Moschee von Amida 298 

1. Die beiden Fassaden 298 

2. Die eigentliche Moschee 310 

3. Ursprung der beiden Moscheetyperi 323 

4. Das Minaret 331 

VI. Zur Geschichte des islamischen Ornamentes 335 

1. Die Profilierung 335 

2. Die Tiermotive 344 

Die Orlokidenschüssel in Innsbruck 348 

Die Stuckreliefs aus Dijarbekr 354 

VII. Hellas und Mesopotamien 365 

VIII. Anhang: Nordmesopotamien und Ostturkestan von Leopold von Schroeder 377 

Index et additions à la première partie 381 

Register und Zusätze zum zweiten Teil 387 



MATÉRIAUX 



POUR 



LÉPIGEAPHIE ET LHISTOIRE 

MUSULMANES DU DIYARBAKR 



PAR 



Max van^ BERCHEM 



INTRODUCTION. 

Les monuments des pays musulmans ^ surgissent enfin de l'oubli où les avait plongés la 
décadence de l'Islam, où les laissait dormir notre science un peu bornée, nourrie d'esprit 
classique et de préjugés religieux et nationaux. Cet heureux réveil, nous le devons à la décou- 
verte de l'Orient. Depuis que Champolliox nous a rendu l'Égj-pte antique, nous avons retrouvé 
tant de choses, enfouies dans le sol de l'Afrique et de l'Asie, que nous ne saurions plus nous 
étonner de rien. Toutefois, si nous admettons aujourd'hui que l'Orient nous a précédés, nous nous 
résignons mal à reconnaître que nous lui devons beaucoup. Que de recherches n'a-t-il pas 
fallu pour ouvrir nos yeux sur les nombreux emprunts faits à l'Asie par ce monde antique 
dont nous nous prétendons les héritiers! Mais notre dette ne s'arrête pas là. Le vieil Orient, 
que n'avaient écrasé ni les armées d'Alexandre, ni la domination romaine, eut encore la 
force d'enfanter deux religions universelles, d'enrayer la décadence byzantine et de survivre 
h la conquête arabe. Pour épuiser les réserves accumulées par tant de siècles de culture, il 
faudra cette longue suite d'invasions turques et mongoles dont les dernières vagues iront mourir, 
du XIIP au XVP siècle, au seuil de l'Egypte et de l'Allemagne. Or, durant tout le moyen 
âge, mais surtout à l'époque romane, l'Occident devenu chrétien continue d'emprunter à l'Orient 
devenu musulman. Que lui emprunte-til? En vertu de quels phénomènes historiques? Par 
quels procédés, par quels chemins? Voilà ce que l'archéologie musulmane peut apprendre aux 
historiens de l'art et de la civilisation dans l'Europe médiévale. A leur tour, les historiens 
de l'Islam s'habituent à demander des faits précis à l'archéologie. Depuis peu, nos puissances 
coloniales, imitées par quelques pays musulmans, s'efforcent de protéger et de conserver, hélas 
aussi de restaurer les monuments de l'Islam. Enfin, les collectionneurs ont mis à la mode les 
produits de l'art musulman, dont la valeur marchande atteint aujourd'hui des prix exorbitants; 
cet engouement même est significatif. 

Mais il ne suffit plus d'admirer un monument ou un objet d'art; nous voulons qu'il nous 
apprenne quelque chose. Pour en faire un document précis, ce n'est point assez d'en apprécier 
le style; il faut en fixer la destination, l'âge, la provenance ou l'origine. Ces circonstances, qui 
pourrait mieux les faire connaître que le monument lui-même, quand elles y sont écrites en 
toutes lettres? Or, un grand nombre de monuments et d'objets d'art musulmans portent des 
inscriptions qui donnent leur signalement, leur date, les noms de leurs fondateurs, de leurs 
auteurs et de leurs propriétaires, pour ne parler que des faits en rapport avec l'archéologie; 
car la plupart des témoignages fournis par l'épigraphie n'intéressent c^ue l'histoire littéraire, 
religieuse, politique et administrative. 

' A défaut d'un terme précis qu'il faudra trouver un Jour, je désigne ainsi tous les monuments du moyen âge 
dans les pays où domine l'islamisme. On ne peut dire monuments musulmans, car ce terme ne saurait être appliqué 
proprement qu'à des édifices religieux de l'Islam, encore sous certaines réserves. Je m'en servirai toutefois pour 
désigner tous ceux qui ont été construits ou fabriqués ^jowr des musulmans, sinon toujours par des musulmans. 



4 IXTRODtlTIOX. 

Lépigraphie musulmane, et par là j'enteiuls surtout l'épigvaphie arabe, de beaucoup la 
plus abondante, la plus riche et la plus précise, aura donc un double rôle. A l'histoire géné- 
rale, elle apporte des faits authentiques, bien qu'en petit nombre, qui permettent de contrôler 
et de compléter les autres sources; à l'archéologie et à l'histoire de l'art, ces textes précis sont 
indispensables pour classer les monuments qui les portent, puis, subsidiairement et par compa- 
raison, ceux qui sont dépourvus de tout état civil. 

Depuis vingt ans, l'auteur de ces pages s'occupe à recueillir les matériaux d'uu Corpus 
iiisiiiptionion nrahiranoii dont le plan, bien que tracé d'avance, est susceptible de s'élargir in- 
définiment. La première partie de ce recueil est réservée aux inscriptions de l'Egypte. La 
deuxième partie renfermera les inscriptions de la Syrie; la troisième comprendra celles de l'Asie 
Mineure. Après avoir consacré dix années à la première, l'auteur prépare les deux autres, avec 
l'aide de quelques collaborateurs dévoués.* Ces trois pays ont déjà fourni les matériaux de plu- 
sieurs gros volumes et les recherches sont loin d'y être achevées. Là s'arrête le domaine ac- 
tuel du Corpus, qui ne doit comprendre, en principe, que les régions explorées méthodiquement. 
Mais son domaine futur est presque illimité, puisque l'épigraphie arabe s'étend de l'Atlantique 
au Pacifique. Les rédacteurs du Corjnts ont donc une double tâche: achever la publication 
des parties commencées et préparer l'exploration de nouveaux pays. 

C'est à la seconde partie de ce programme qu'appartient le présent travail. La Mésopo- 
tamie promet de former un jour une importante section du Corpus; mais les relevés n'y sont 
pas assez avancés pour une incorporation définitive. Naguère encore, cette vaste région n'avait 
livré qu'un petit nombre de textes à quelques explorateurs, de Niebihr à M. Sachau. Dès lors, 
MM. Leh.manx-Haipt et le baron d'Oppenheim ont bien voulu me remettre les matériaux re- 
cueillis par eux dans la haute Mésopotamie.- Parmi ces documents, quelques photographies d'Amid 
attirèrent surtout mon attention, par l'importance des monuments qu'on y voyait représentés et 
par l'intérêt des fragments d'inscriptions que je réussis à y déchiffrer. Cette première étude 
me faisait espérer une moisson beaucoup plus riche: on va voir que cet espoir n'a pas été 
déçu. Mais mes efforts pour me procurer de nouveaux documents restèrent à peu près inutiles 
jusqu'au jour où ^L le général de Beylié, sur le point de partir pour l'Orient, voulut bien 
ni'offrir son précieux concours. Il poussa l'obligeance jusqu'à modifier son itinéraire, pour visiter 
Amid et pour en relever les murailles et la grande Mosquée. •' A son retour, il me remit une 
précieuse collection de clichés, de photographies, de dessins et de croquis, ne mettant à ce don 
généreux d'autre condition que celle d'en tirer parti pour la science. Qu'il reçoive ici l'expression 
de ma vive gratitude et qu'il me permette d'associer à son nom ceux de M. Pognon, du général 
Fakuri Pasiia et de W. Guys, consul de France à Diarbékir, pour les copies d'inscriptions et 
les renseignements divers que nous devons à leur obligeance. 

Voilà l'origine de ce livre; voici comment il a été fait. Frappé de la valeur archéo- 
logique de ces documents, je les montrai à M. Strzygowski, qui désira vivement en tirer parti 
pour l'histoire de l'art. Avec l'approbation de M. le général de Beylié, nous convînmes de 
réunir en un volume nos deux études; bien que distinctes par le sujet et la méthode, elles 
se complètent l'une par l'autre et sont reliées par une idée commune: celle de la haute cvdture 
amidienne, dans l'antiquité et au moyen âge. 

' .l'ai publié un volume de l'Égyple dans le.s Mémoires de la Mission française an Cuire, XIX. M. Subernheim 
a commencé de publier la Syrie du Nord dans les Mémoires de F Institut français du Caire; il vient d'achever les relevés 
de cette réj?ion, avec l'aide de M. Herzfeld pour la partie archéologique. M. Mittwoch étudie les inscriptions de 
Damas et l'auteur de ces lignes, celles de la Palestine. Pour l'Asie Mineure, l'auteur et M. Halil Edhem vont publier les 
inscriptions de Kenia, Siwas et DiwTigi. Plusieurs autres parties sont à l'élude (cet ouvrasse sera cité CIA). 

- Publiés par moi dans les ouvrages de ces deux explorateurs, cités plus loin. p. 14, n. 1 et -23, n. 1. 
M. d'Oppenheim a bien voulu ni'autoriser à reproduire ici quelques photographies de sa riche colleclion. 

' Voir DE Bevi.ik. frmne et Samara, Paris 1907, p. tiU s. 



IXTRODCCTIOX. 5 

J'ai donné le texte, la traduction et le commentaire des inscriptions recueillies par M. le 
Beylié. Les lectures ont été faites à la loupe et contrôlées avec un soin méticuleux; j'insiste 
à dessein sur ce détail, parce qu'il est impossible de vérifier mes lectures sur les figures de ce 
livre, qui ne sauraient atteindre à la netteté des photographies originales.^ J'ai classé les 
inscriptions dans l'ordre chronologique et je me suis efforcé de les éclairer par d'autres sources, 
notamment par les chroniques et les monnaies; comme toujours, cette méthode comparative 
a produit des résultats surprenants.- Avec un peu d'apprentissage, on arrive à expliquer, 
par les circonstances de l'histoire, chaque mot d'une inscription, dont les termes, il ne faut 
pas l'oublier, ont une valeur précise, parce qu'ils étaient soigneusement pesés, par le rédacteur 
responsable, avant d'être confiés au lapicide. Ces mêmes sources m'ont servi à combler les lacunes 
de l'épigraphie; j'en ai tiré la matière d'un canevas destiné à relier chaque inscription à la 
suivante. Ecrire l'histoire complète d'Amid sous les musulmans eût été une tâche au-dessus de 
mes forces; il ne s'agissait que de préparer des matériaux de choix. 

En ce qui concerne l'archéologie, je me suis borné à décrire sommairement les édifices 
relevés, à réunir et à coordonner les descriptions des géographes et des explorateurs, enfin, à 
noter, sur le style et la construction de ces édifices, quelques observations suggérées par le 
commentaire des inscriptions. Ici encore, je me suis contenté de rassembler des matériaux, en 
laissant à M. Strzagow.-jki le soin d'en tirer parti. ^ 

Les mots arabes et la plupart des noms propres ont été transcrits graphiquement, c'est-à-dire 
signe pour signe. Sont rendus plus librement les noms de lieu et les mots orientaux, d'origine non 
arabe, dont l'orthographe n'est pas bien fixée dans cette langue. Il en résulte d'apparentes contra- 
dictions, par exemple entre le nom propre Qarâ-ardân, qui rend l'orthographe arabe la plus 
fréquente, et les mots turcs qara et arsïan. Ces petites inconséquences n'ont pas d'inconvénient 
dans un mémoire où la linguistique ne joue aucun rôle; il suffit d'en donner la raison. 

Malgré le temps et la peine qu'il m'a coûtés, ce travail n'est qu'un premier essai ; puisse-t-il 
provoquer de nouvelles recherches sur un sol qui promet encore d'amples moissons.'* 

' Celles-ci sont à la disposition des savants qui voudraient contrôler mes lectures et vérifier l'exactitude des 
dessins que j'ai faits moi-même, à la loupe, d'après ces photographies. 

- J'ai utilisé un grand nombre de chroniques arabes, imprimées ou manuscrites, et quelques sources empruntées 
aux autres langues orientales, sans prétentre nullement à les épuiser. 

^ Je désigne par la formule (fig. Strz.) quelques figures, attribuées au texte de M. Strzygowski, qui n'étaient 
pas encore numérotées quand j'ai corrigé mes épreuves ; on les retrouvera facilement dans la deuxième partie de ce livre. 

■* M. Sarre vient de rapporter d'un long voyage en Mésopotamie, fait avec M. Herzfeld, l'auteur de Scimarra, 
des matériaux importants pour l'histoire et l'archéologie de l'Islam; voir ses travaux préliminaires dans Monats- 
hefte für Kunstwissenschaft, 1900, et dans Zeitschrift der Gesellschaft für Erdkunde zu Berlin, 19ü9. M. Massignon 
et M. VioLLET en ont recueilli d'autres, de Raqqa jusqu'à Bagdad; voir Com^j^es rendus de l'Académie des Inscriptions, 
190S, p. 4.51: 1909, p. :202 s., .370 s.; Gazette des Beaux-Arts. 1909, 4'' pér., I, p. 397 s. 



CHAPITRE PREMIER. 

ENCEINTE. PORTES ET TOURS. 



A. ÉTAT ACTUEL. 

Parmi les nombreuses villes de lAsie occidentale qui conservent des restes de leur archi- 
tecture militaire, Amid occupe, à coup sûr, le premier rang. Bien que les auteurs s'accordent 
à vanter la force et la puissance de son enceinte.' celle ci n'avait rien d'exceptionnel alors que 
toutes les cites s'abritaient derrière une ligne de murailles et de tours. Ce qui lui donne une 
valeur unique aujourd'hui, c'est qu'elle a résisté presque tout entière aux ravages des sièges, du 
temps et des travaux modernes qui ont anéanti, naguère encore, les superbes enceintes de 
Bagdad, de Konia, d'Alexandrie et de tant d'autres villes de l'Orient. Cet état de conservation 
tout à fait rare, elle le doit surtout à la nature des matériaux dont elle est faite, une pierre 
volcanique très dure, dont la couleur foncée a frappé tous les observateurs et a valu à la ville 
son nom moderne de Qara Auiid. Amid la noire. Elle le doit encore au fait que la capitale 
du Diyar-Bekr ne joue dans l'histoire qu'un rôle assez effacé depuis le milieu du XIIP siècle. 
On verra que toutes les inscriptions relevées sur les murs, les portes et les tours d'Amid sont 
antérieures h cette époque. Ce fait anormal et très significatif, non moins que le silence presque 
complet des chroniques sur les destinées ultérieures d'Amid. trahit la décadence politique et 
militaire de cette ville depuis l'invasion mongole. 

Amid s'étend sur un large plateau qui domine la rive droite ou occidentale du Tigre. Ce 
fleuve coule ici du nord au sud. passe au-dessous du côté oriental de la ville, et de là. par une 
légère courbe à l'ouest, sous son côté méridional, dont il s'éloigne graduellement dans la direction 
du sud-ouest. A partir du grand pont de pierre,^ il reprend son cours droit au sud, avant de 
s'infléchir à l'est pour gagner la plaine mésopotaraienne.^ Ainsi, le front est et une bonne 
partie du front sud sont défendus naturellement par l'escarpement de la rive et l'on s'explique 
pourquoi les travaux sont moins considérables sur ces deux côtés que sur les autres fronts, 

' Voir Wûqidi, trad. Niebuhr-Mordtmann, p. 93 s.; Jîàsiri Khusrau, trad. Schefer, p. -28; Ibn al-Athir, éd. 
ToR.'iBERG, X, p. 42; XI, p. 325; Ibn Wàsil, Paris, ms. ar. 1702, fo 79 ro; Ibn al-Faqih, Istakhri, Ibn Hauqal et Mu- 
qaddasi, cités plus loin, p. 21, n. 1, et 22, n. 3. 

- Décrit plus loin, au n« 13. 

' C'est peut-être ce coude du Tigre à l'ouest qui a donné lieu à l'opinion qu'Amid était autrefois sur la rive 
gauche du fleuve. Sünt-Martd; l'a reproduite d'après Ammien Marcellin et Ibn Hauqal; voir Mémoires !<ur l'Arménie, 
I, p. 166, 169. Mais Ammien se borne à dire qu'un coude du Tigre arrose Amid au sud; sans doute, il veut parler 
de ce petit coude à l'ouest, et non du grand coude que le fleuve fait plus loin à l'est; l'interprétation de Saint-Martin 
est donc erronée. Quant à Ibn Hauqal, la traduction d'OusELEï citée par cet auteur est faite sur un texte persan 
défectueux. Il est vrai qu'Istakhri, copié souvent par Ibn Hauqal, dit ici: ,Amid, sur le Tigre, à Vest de ce fleuve'; 
éd. DE GoEJE, p. 7.Ô. Mais c'est une faute de copie, car dans Ibn Hauqal, éd. de Goeje, p. 1.50, on lit correctement: 
,La Tille d'Amid, sur une colline à Voitest du Tigre'. L'examen le plus superficiel de l'enceinte actuelle 
contredit formellement l'opinion de Saixt-Marti.v ; outre qu'elle a conservé d'importants vestiges de l'antiquité, les 
nombreuses inscriptions du calife Muqtadir, publiées plus loin, sont antérieures aux relations d'istakliri et d'Ibn Hauqal. 



État actuel. 




Fig. 1. Plan de l'enceiute d'.\mid. 

ainsi qu'on peut le voir en jetant un coup dœil sur le plan de Tenceinte.' Celle-ci forme un 
cercle un peu allongé, dont la régularité nest rompue que par deux accidents principaux: une 
avancée vers le sud-ouest, défendue par deux grosses tours rondes, et la citadelle, vers l'angle 
nord-est; on en parlera tout à l'heure. L'enceinte est percée de quatre portes, à peu près suivant 
les quatre poiuts cardinaux: au nord, la porte de la Montagne (hâ1> al-djahal, dagh lapusti) ou 
porte de Kharput; à l'ouest, la porte d'Asie Mineure (hâh al-Rûm, Bum hapusii) ou porte 
d'Alep; au sud, la porte de la Colline (bûh al-tall) ou porte de Mardin (Mardin kapusu); à 
l'est enfin, la porte du Fleuve ou du Tigre (hâh al-inâ' ou Didjla), appelée aujourd'hui porte 
Neuve (yciii JcapiO. 

Ainsi, deux lignes tirées de porte en porte à travers la ville, du nord au sud et de l'est 
à l'ouest, déterminent à peu près les deux axes de l'ellipse formée par l'enceinte. Cette orien- 
tation, qui rappelle celle de mainte enceinte antique, notamment à Damas et à Alep, n'est cer- 
tainement pas fortuite; elle trahit l'origine reculée de l'enceinte d'Amid, dont le plan général, 
on va le voir, est resté le même à travers les modifications qu'elle a subies. Quant aux portes 
dérobées ou poternes que plusieurs auteurs anciens et modernes signalent en divers points de 
l'enceinte, elles ne jouent qu'un rôle épisodique dans l'histoire des sièges d'Amid.^ 

' Voir (fig. 1) le plan dressé sur les notes et les croquis du général de Beylié et de M. le consul Guys. Sans 
prétendre à une exactitude définitive, ce document inédit accuse un grand progrès sur le petit croquis fait par Niebuhr 
en 1766 et publié dans son Voyage en Arabie, Amsterdam 1780, II, pi. XLVUI. Hâtons-nous d'ajouter que cet 
excellent observateur a fait tout ce qu'il pouvait faire à son époque et dans les conditions où il voyageait. 

2 Voir plus loin, p. 9 s., les descriptions d'EwLiYA, de Niebuhr, de Garden, celle de Muqaddasi, p. 23, et le 
commentaire du n" '■2G. 



s EXCEI.NTE, PORTKS ET ToiR?. 

La muraille se compose dune forte courtine, couronnée d"uD parapet crénelé et d'un 
chemin de ronde et flanquée dun grand nombre de tours très rapprochées. Les unes sont de 
simples contreforts ou des saillants carrés; les autres sont des ouvrages semi-circulaires. d"une 
construction plus savante. En général, les premiers sont plus anciens et remontent soit à lan- 
tiquité, soit aux premières dynasties musulmanes, qui ont imité la fortification byzantine, tandis 
que les seconds ont été ajoutés à diverses époques du moyen âge et trahissent les progrès de 
la construction militaire en Orient, sous l'influence des croisades. On remarquera que ces der- 
niers se concentrent surtout sur les fronts nord et ouest de lenceinte; en outre, ces fronts 
étaient défendus par un large fossé précédé dun avant-mur. dont il reste des traces visibles 
sur le front ouest. C'est qu'au nord et à l'ouest, le terrain d'approche, plat et découvert, offre 
une attaque plus favorable que les fronts est et sud. protégés naturellement par les berges du 
fleuve. Cette circonstance explique les nombreuses réfections des fronts ouest et nord, qui ont 
dû soutenir le principal effort des sièges, alors que les fronts protégés par le Tigre ont mieux 
gardé leur aspect primiiif. 




Fig. 'J. Vue d'Amid, depuis la citadelle. 

C'est au souci de la défense que paraît se rattacher aussi l'avancée formée par l'enceinte 
an sud-ouest, dans un terrain découvert entre les portes de Mardin et d'Alep. Comme on le 
verra plus loin, les deux grosses tours A et B. qui défendent les angles saillants de cette avancée, 
n'ont été construites qu'au début du XIIP siècle. Cette date précise, qui ressort des inscriptions 
gravées sur elles, ne saurait être attribuée à l'avancée tout entière, dont les saillants, pour la 
plupart carrés, semblent trahir une origine plus ancienne. Quelle que soit l'époque de sa con- 
struction, c'est probablement la nature du terrain d'approche qui a poussé les ingénieurs à 
rompre en ce point le tracé régulier de l'enceinte.' 

A l'extrémité opposée de l'enceinte s'élevait la citadelle, dont l'assiette a été déterminée 
par la colline qu'elle couronne et qui domine toute la ville, bien qu'avec un faible commande- 

' Voir le plan, fig. 1. Garden, p. 18.5 (cité plus loin, p. 1-2} parle ici d'un ravin qui parait être la cause de cette 
irrégularité dans le tracé de l'enceinte: , Between the Rum and Mardin gales, the walls take a sweep inwards in the 
form of a crescent, to cleai' a ravine which extends some way up towards them'. 



État actuel. 9 

ment.' Une enceinte à part, flanquée de tours, percée de trois portes et tournant son front 
convexe vers la ville, faisait de la citadelle un réduit indépendant.- Elle est plus ruinée que la 
grande enceinte, mais il en subsiste des restes importants.^ Elle est dominée à son tour par 
un mamelon, peut être artificiel, qui porte les ruines dune construction mal déterminée.* 
Ajoutons enfin qu'un aqueduc, signalé par plusieurs auteurs anciens et modernes, amenait l'eau 
du nord-ouest jusqu'au pied de la muraille, d'où elle pénétrait par une galerie dans l'intérieur 
de la ville, entre les portes de Kharput et d'Alep.^ 

Pour compléter cet aperçu sommaire'', voici quelques extraits des voyageurs modernes qui 
ont éci'it sur les fortifications dAmid.' 

Le voyageur turc Ewliya' les décrit ainsi en 1065 (1655): ,La ville forte de Diyar-Bekr 
a été bâtie en pierre noire sur une haute colline appelée le rocher de la Fille, qui domine de 
très haut la rive du Tigre ... La partie située du côté du nord-est est assise sur des rochers 
qui s'élèvent ;i une grande hauteur, et sous le sommet de la forteresse s'étendent les cavernes 
de la Fille . . . Quand depuis les murailles on jette un regard sur le vaste fleuve qui coule à 
leur pied, il apparaît comme un petit ruban, tant ce côté de la forteresse est élevé. En re- 
vanche, sur les côtés nord, ouest et sud. le sol est plat. La hauteur de chaque partie de la 
nmraille est de quarante coudées royales (dhira malald) et .ses fondations ont dix aunes (arsliin) 
de largeur. Cette forteresse porte aussi le nom de Qara Amid, parce qu'elle a été bâtie eu 
pierre noire. L'ingénieur lui a donné la forme d'un rectangle allongé du côté nord (!). Tous 
les saillants et les créneaux de ses murailles se font face et se défendent mutuellement en cas 
de siège. Elles sont construites en pierre dure et leur base est assise sur le rocher uni. de 
sorte qu'un ennemi qui eu ferait le siège en creusant des mines et des tranchées sur un de ses 
côtés ne pourrait s'en rendre maître. Les assiégés ne la livreraient qu'au bout d'une année de 
siège et pressés par la famine. Sur le côté est de son quadrilatère, où se creuse un profond 
abîme, un fossé est inutile; mais sur les fronts nord, sud et ouest règne un fossé et aux angles 
du carré s'élèvent des tours semblables à la muraille de Chine . . . Elle n'est pas à trois ou 
quatre étages, comme les autres forteresses, mais c'est une solide enceinte à un seul étage. Elle 
possède quatre portes de fer; au nord s'ouvre la porte de la Montagne ... à l'ouest, la porte 
de Rum ... au sud, la porte de Mardin. et à l'est, la porte Neuve. D'ici, l'on descend sur 
la rive du Tigre et. eu passant un pont^. on se rend à la place forte de Mifarqin. puis, en 
passant le pont du Batman, on arrive en un jour à la place forte de Hazu.'" Il y a aussi une 

' Voir, pi. I, une vue de l'enceinte prise du sud-est, avec la citadelle à droite. 

^ Voir le plan, fig. 1. Outre ces trois portes, dont l'une, en O du plan, est murée (voir au n« 31), la citadelle 
a deux petites portes ouvrant au nord-est sur la campagne (plan, fig. 1, nos i et i) et appelées Oghrun et Fatah (ou 
Demir) kapusu; cf. Ewliya et Niebuhr, cités plus loin, p. 10. 

^ Les saillants et le chemin de ronde de la partie convexe, tournée vers la ville, sont assez bien conservés; 
voir fig. i, au premier plan, et plus loin, no 31. 

^ Voir N du plan, fig. 1, et pi. I à droite. C'était un palais, suivant H. de Hell et Garden (cités plus loin, p. 12) 
ou un château d'eau, d'après le général de Beylié, dont l'opinion parait confirmée par l'existence d'une source abondante 
qui sortait (et sort encore?) de la citadelle et faisait tourner des moulins; voir Ewliya, cité plus loin, p. 10. 

^ Voir U du plan, fig. 1, et pi. Il, une vue de l'enceinte, prise du nord-ouest. 

* .Je me borne à ces notes rapides sur une enceinte que je n'ai pas vue et dont l'étude exigerait un gros 
volume. Pour quelques détails de la courtine, des tours et des portes, voir fig. Strz., d'après les croquis du général 
de Beylié, et le commentaire des inscriptions. 

' Je ne trouve rien à signaler dans les relations de Rauwolff (157-5), de della Valle (1615), de Tavernieh 
(vers 16.50), de Dupré (1818), de Southgate (1837), de de Moltke (1838), de de Cholet (vers 1890), etc. Sur la relation 
de 1-507 publiée par Raml'sio, voir plus loin, au no 30. 

* Voir Ewliya Tshelebi, Sii/âhef-nâme, Constantinople 1314 H., IV, p. -29 s. Je ne traduis ici que (juelques 
passages essentiels de sa description jirolixe et un peu confuse. 

' Voir plus loin, au n» 13. 

" Sur les ponts du Batman su et du Hazo su, voir plus loin, p. 33, n. 1. 
Amida. 2 



10 ExcEixTE, Portes et Tours. 

porte dans le palais de la citadelle (ifsh qal'a), où réside le pasha; elle s'ouvre à l'est, du côté 
du Tigre, et s'appelle Oghrun^ kapu; c'est un passage peu fréquenté." 

Puis l'auteur donne quelques mesures en pas. assez vagues et d'ailleurs contradictoires, et 
note la dureté extraordinaire de la pierre noire dont la muraille est faite. Ensuite, il décrit la 
citadelle, avec son vaste palais renfermant un grand nombre de chambres, de salles, de bains, 
de bassins et de fontaines, ses fenêtres et ses balcons donnant sur la vallée du Tigre et jouissant 
d'une vue admirable, .sa salle ancienne, construite par les sultans du passé, où l'on voit des 
peintures d'un style antique, polychromes, telles qu'on en voit peut-être au Caire, dans la salle 
(qâ'a) du sultan Qalâwûn".- Il en attribue la construction à Biyiqli Muhammad Pasha, le 
vizir du sultan Salîm 1". .Cette citadelle, dit-il. est très forte. Elle a une porte de fer qui 
s'ouvre au sud dans la ville. Ses gardiens sont toujours sur pied et montent la garde." Enfin, 
il décrit la source d'eau claire qui sort de son rocher, fait tourner des moulins, passe dans le 
palais et, sortant par une fenêtre, grillée de fer et percée dans le mur de la forteresse, coule 
au pied du rocher de la Fille et se précipite en terrent, de pierre en pierre, pour se jeter dans 
le Tigre. 

NrEBiHR (1766), oj). cit.. II, p. 324 s.: .Le nom de Diarbekr n'est pas ancien; autrefois, 
cette ville s'appelait Amid, et on l'appelle encore ainsi dans les documents turcs. Elle est située 

sur la rive ouest du Tigre, sur un rocher qui est fort escarpé du côté de la rivière 

La ville est entourée d'une haute muraille de pierre noire et dure, à cause de quoi les Turcs 
la nomment aussi Qara Amid. Dans la muraille, il y a plusieurs bastions ou grandes tours, 
où l'on pourrait placer des canons. On trouve ici quatre portes . . . (suivent les noms déjà 
connus). La citadelle a du coté de la ville une aussi forte muraille que celle de la ville elle- 
même . . . Elle avait autrefois trois portes, mais Ogrum kapusu est murée et Demir kapusu 
est toujours fermée, de sorte qu'il n'y a qu'une porte d'ouverte, qui est celle de la ville. Le 
pasha . . . demeure dans la citadelle. Les princes musulmans avaient autrefois un palais sur 

la colline qui se trouve ici, mais il n'en reste plus que les fondations Les bastions 

et les tours de la muraille de la ville sont ronds, octogones ou carrés; ils n'ont pas tous été 
bâtis à la même époque. Les carrés paraissent être les plus anciens, car on y trouve des in- 
scrijitions purement coufiques." Suit une note sur les inscriptions copiées par l'auteur: cf. 
plus loin, les n"* 10, 11 et 14. 

BucKixcJU.AM, Travels in Mrsopohwiia (1816), Londres 1827. L p. 366 s.: „The aspect of 
Diarbekr ... is that of a walled and fortified city, seated on a commanding eminence, ap- 
pearing to be strongly defended by its position as well as its works without, and splendid, and 
wearing an air of great opulence". Puis l'auteur décrit l'aspect général des environs de la 
ville, l'arrivée par la porte de Mardin et les rochers de basalte sur lesquels repose la muraille, 
et continue plus loin, p. 372 s.: .The city of Diarbekr is seated on a mass of basaltic rock, 
rising in an eminence on the west bank of the Tigris, the stream of that river flowing by the 
foot of this hill, from north-east to south-west, as it makes a sharp bend in that direction from 
the northward. The form of the town is very nearly circular; it is walled all around, and is 
about three miles in circuit. There are four gates now open in the city, and these are called 
by the names of the respective quarters of the country to and from which they lead (suivent 
les noms) . . . The citadel, standing about midway between (Dagh kapusu and Yeni kapu), is 
thus in the north-east angle of the town; and, seated on the eminence of rock here, in a line 
with the walls, it overlooks the stream of the Tigris l^elow. and by its elevation commands the 

' C'est à dire .porle dérobée'; cf. Niebuhr, cité à l'alinéa suivant (Og;rum), et plus haut. p. 9, n. -2. 

2 Bien que Qalàwûn ait bàli plusieurs édifices dans la citadelle du Caire, il s'agit ici plutôt d'un des superbes 
monuments élevés par son fils, le sultan Muhammad, probablement du Palais bigarré, qui renfermait plusieurs salles 
appelées qâ'a; voir Casanova, dans .Wmo/'z-es de la mission du Caire, M, p. 63.Ô s. et passim. Bien qu'EuLiyA ait visité 
l'Egjpte, on voit qu'il ne parle ici que par ouï-dire. 



État .mtuel. 11 

wliole of the town. The city-walls have round and square towers, at irregular intervals, and 
being high and strongly built of hewn stone, present an appearance of great strength ; but the 
most securely fortified portion of it is that on the north, where the square towers are very 
thickly placed, and whore there is a long battery of guns mounted, pointing through covered 
embrasures The citadel, which enjoyed so commanding a position here, is now aban- 
doned, and completely in ruins . . . The form of the citadel is nearly circular: and it enclosed 
a space of at least a furlong in diameter. Within its ruined enceinte, is still the palace of the 
Pasha, which is a commodious rather than a splendid building .... In the lower part of the 
citadel, near one of the gates of entrance, and now. indeed, the only one, as two of the former 
are closed up, we saw, etc." Suit la description de vieux canons, des mosquées, des églises 
et des autres monuments de la ville, puis une notice historique sur Amid. 

H. DE Hell, Voyage en Turquie et en Ferse (1847), Paris 1855, II, p. 443 s. L'auteur 
décrit d'abord la porte d'Alep (voir plus loin, avant le n° 27), puis il continue ainsi: .,En 
allant dans la direction du midi, l'enceinte se compose d'abord d'une muraille crénelée, construite 
en pierres de taille volcaniques, flanquée de distance en distance de tours demi circulaires, con- 
solidées à leur base par un soubassement imitant des têtes de pèles; en outre une saillie rec- 
tangulaire, dont l'usage ne m'est pas encore connu, existe entre deux tours. Cette partie de 
l'enceinte compte cinq tours rondes et six carrées; la onzième possède des inscriptions arabes, 
de la même époque que la construction de l'enceinte, et une de ces petites niches à colonnes, 
telles que l'on en voit h Eregli et qui sont assez communes dans l'architecture l^yzantine. Sur 
cette même tour, la façade présente trois lignes que je crois de caractères coufiques. sculptées 
sur les pierres mêmes de l'appareil. Au-dessus de ces lignes, on remarque, un peu à gauche, 
un lion, un bœuf, deux oiseaux et d'autres animaux \Àns ou moins fabuleux . . . rien de plus 
grossier et de plus informe que ces animaux. La troisième façade de la tour porte une in- 
scription arabe . . . (suit la description des douzième et treizième tours; voir plus loin, aux n"^ 
29 et 30). La quatorzième est carrée, ainsi que les quatre suivantes. La dix-neuvième est 
ronde; puis viennent sept tours carrées à pans coupés. La vingt septième et la suivante sont 
rondes et se trouvent placées de chaque côté de la porte de Mardin kapusu, située au midi. 
A partir de cette porte, on rencontre à sa gauche une tour carrée à angles coupés. Viennent 
ensuite quatre petites tours quadrangulaires ... ces tours, ou plutôt contreforts, présentent un 
massif plein qui ne dépasse pas la hauteur des murailles. La deuxième tour (à partir de Mardin 
kapusu) est ronde; ici commencent les escarpes volcaniques d'où l'on domine la plaine du 
Tigre . . . Au delà de cette plaine, on traverse le Tigre sur un pont de dix arches à forme 
ogivale. La troisième et la quatrième tour sont carrées et séparées l'une de l'autre par deux 
contreforts . . . (suivent quelques mesures). La cinquième tour est angulaire et possède deux 
lignes de caractères coufiques, avec deux petites niches à sa base (voir au n° 11). Toutes ces 
tours sont généralement espacées de 55 à 65 pas, et chacune est séparée de sa voisine par deux 
petits contreforts carrés. Les sixième et septième ont les mêmes dimensions que les précédentes; 
la septième porte deux lignes de caractères coufiques. Les deux suivantes sont rondes. La 
dixième est une grosse tour carrée . . . avec deux hgnes d'inscriptions; la suivante est ronde, 
séparée par un contrefort d'une tour carrée avec deux inscriptions. La treizième est ronde et 
porte également deux inscriptions. La quatorzième est carrée. La quinzième est ronde, séparée 
par trois contreforts de la seizième, qui est carrée. Ici, les escarpes, atteignant leur plus grande 
élévation, dominent le Tigre; aussi les murailles, à partir de ce point jusqu'à la porte Neuve, 
sont-elles moins importantes et peu défendues par des tours. On y voit simplement huit contre- 
forts. Quelques éboulements ont occasionné la chute d'une partie de l'enceinte, restaurée 
ultérieurement par les Turcs. Une longue rampe conduit à la porte Neuve, qui possède, à sa 
droite, une haute tour carrée avec deux inscriptions. La dix-huitième, séparée de la précédente 
par deux contreforts, est carrée. On compte jusqu'à cinq contreforts entre la dix-neuvième et 



12 EncKIXÏE, PoiîTES KT Touiîs. 

la vingtième, magnifique tour à six faces, ayant deux mâchicoulis et une belle inscription arabe 
(peut-être le n" 16). Viennent ensuite deux tours carrées ... Ce côté de l'enceinte (sous la 
citadelle) est très irrégulier, par suite de la nature du sol extrêmement accidenté . . . Au delà 
de la citadelle, les escarpes cessent, et l'on remonte sur le plateau, où les murailles suivent la 
direction de l'est; l'enceinte reprend ici toute sa régularité. Elle se comiDOsc, jusqu'à la porte 
de la Montagne, de huit tours rondes séparées par des contreforts carrés . . . (Ici, l'auteur 
signale des inscriptions grecques et latines près de cette porte). A'ers la partie centrale de la 
citadelle se trouve un mamelon artificiel sur lequel s'élevait jadis un château ou palais dont 
les vestiges existent encore, etc." 

Gaupen, Description of Diarbelr (1857). dans JBdS. Londres 1867, XXXVII, p. 182 s.: 
,The town of Diarbekr is built up on the right bank of the Tigris ... It is surrounded hj^ 
walls defended by towers, some of which are rectangular, others semi-circular. They are of 
various sizes and heights. Some of these are ornamented with sculptured designs of lions, 
suns, etc., in high relief; likewise with Arabic or Cufic inscriptions in very large characters, 
also in relief. Many of these inscriptions are much worn by time ... A tcrrc-pJcin (intervallum) 
runs all round the outside of the walls; then a low wall, and a ditch beyond, where the 
nature of the ground allows of it. On the east, or river side, the walls are lower than else- 
where, being built upon the edge of a somewhat precipitous line of rock, the face of which 
has further been scarped to increase their strength. The walls are in a much better condition 
in some parts than in others ... At many points, repairs have already been made . . . That 
the walls and towers have been erected at different periods is apparent from the fragments of 
old buildings built into them at localities, and especially parts of the shafts of columns, the 
circular ends of which are to be seen in several places. One semi-circular tower on the north 
side is almost entirely constructed of these latter remains . . . Between the towers are smaller 
rectangular ones, which, besides acting as defences, served also as buttresses to strengthen the 
walls. Many of the towers are of great antiquity . . . Some of these had formerly buttresses 
at their bases . . . There were also small posterns at ditterent points along the walls, which 
are now all built up. Wherever there is a precipice ... on the outside, the walls are lower . . . 
A broad street runs all round the toAvn between the walls and the houses ... I presume, to 
facilitate the movements of troops and prevent . . . treason by undermining the walls. The 
gates are four in number . . . (suivent les noms connus). There was a fifth, from the citadel 
to the river on the east side, but it is now built up." Suit la description des quatre grandes 
portes (voir plus loin, p. 13 et 16, et avant le n° 27). 

P. 185: .Water is brought from a long distance to the westward by means of a water- 
course covered in, and built of hewn stones cemented together. On nearing the town it flows 
along an aqueduct about 3 Va to 4 feet wide, built of black volcanic stone, and raised on 27 
rectangular piers, and as many semi-circular arches, by which it is carried through the walls 
between the Rum and Dagh gates. *• Suit la description dun bassin, contenant des poissons 
sacrés, et des glacières de la ville, puis la traduction de trois inscriptions; voir les n'"' 29, 
30 et 33. 

P. 187. .The citadel is placed at the north-east angle and has two gates communicating 
with the town. In it is situated the Saray (palais), a low. common-looking building, in a dila- 
pidated state . . . On each side of the gateway of the Saray are the figures of animals sculp- 
tured in relief. ' Innnediately opposite the Saray is a great mound, on which the former Moham- 
medan princes . . . had their castle, but of which nothing remains but the foundation walls." 
Suit la description des mosquées, des églises et des autres édifices (voir plus loin, à la fin du 
chapitre de la grande Mosquée, état actuel). 

' Ces lions de pierre existent encore, d'après un croquis sommaire du général de Keylie. 



Abbassides 



13 



B. HISTOIRE ET INSCRIPTIONS. 

Lorsque les Arabes, conduits par lyàd à la conquête de la Mésopotamie, mirent le siège 
devant Amid, vers l'an 18 (639), ils furent arrêtés longtemps par cette puissante enceinte, avant 
eux tant de fois disputée entre Bj'zantins et Sassanides.' Le seul auteur connu qui fasse de 
ce siège un récit détaillé, singulièrement captivant, bien que d'une authenticité douteuse, signale 
les quatre portes de l'enceinte, auxquelles il donne les noms arabes que nous connaissons; il 
vante aussi la force de ces murailles, qui faisaient déjà d'Amid le boulevard du Diyar-Bekr.^ 

Dès lors, Amid appartint aux Omayyades, puis aux Abbassides, dont les gouverneurs de 
province, en cherchant à secouer le pouvoir central, préparèrent le démembrement du califat et 
la conquête seldjoukide. C'est à l'une de ces tentatives d'indépendance que se rattachent les plus 
anciennes inscriptions relevées sur l'enceinte d'Amid. 



ABBASSIDES. 

Porte de Mardin. — La porte de Mardin ou 
de la Colline s'ouvre dans le front sud de l'enceinte. 
Elle comprend une seule entrée (fig. 3), encadrée par 
une forte moulure rectangulaire, qui se compose d'une 
série de gorges, de Ijoudins et de filets.' Un arc de 
décharge, appareillé dans le mur, soulage le linteau, 
dont la clef a un peu cédé. La porte est fermée par 
deux puissants vantaux de fer, garnis de bandes et de 
clous, d'un travail ancien et fort curieux (fig. Strz.). 

Je me borne à ces observations, aucune photo- 
graphie ne donnant une vue d'ensemble de la porte 
avec les défenses qui la protègent. Le seul auteur 
qui lui consacre quelques lignes est Garden, torn, cit., 
p. 185: ,,The Mardin gate is differently built, there 
being but one immediate flanking tower to the east- 
ward.* The entrance, however, is shielded from out- 
ward view by a high and strongly built wall, beyond 
which the ground slopes off precipitously towards the 
river." 




Pone lie Mardin. 



' Sur les sièges d'Amid avant l'époque musulmane et la oonsiruction de son enceinte par les empereurs 
Constance et .Justinian, voir les sources citées dans Saixt-Martin, Arménie, I, p. Itifis. : Ritter, Erdk-ioide, XI, p. :20 s.; 
Michel le Syrien, trad. Chabot, I, p. 267 et n. 12, etc. 11 est inutile d'aborder ici le problème si discuté de l'emplacement 
de Tigranoeerte. 

* Voir Wàqidi, trad. Niehl'hr-Mordtmaxn, p. i)3s. Bien que l'attribution de cette chronique à Wàqidi soit très 
suspecte, je la cite à défaut dune autre source aussi abondante sur la conquête d'Amid, et parce qu'elle a certainement 
conservé un fonds historique d'une réelle valeur. Le récit beaucoup plus bref d'ibn al-Azraq. Londres, Brit. Mus. Or. 
5803, fo 6, dont je dois la copie à l'obligeance de M. Amedroz, paraît s'inspirer de Wàqidi ou de ses sources. Voir aussi 
Belàdhûri, éd. de Goeje. p. 176, et d'après lui, Ibn al-Athîr, éd. Tornberg, II, p. 416; Michel, Irad. Chabot, II, p. 426; 
Abu 1-faradj, éd. Salhaxi, p. 173; Xawawi, éd. Wüstenfeld. p. 492; Quatremère, dans Rashid al-din. p. 331. La date 
exacte de la prise d'Amid est incertaine. D'après Wàqidi (p. 9-2 et 104), les Arabes parurent devant la ville le 7 
djumàdà I" de l'an 17 (:27 mai 638) et le siège dura au moins cinq mois. Suivant Ibn al-.\zraq. Ibn Shaddàd, Berlin, 
Ahlwardt 9800, fo 47 vo, et Michel, Amid fut prise en l'an 18; suivant Belâdhùri et Ibn al-Athîi', en l'an 19. 

' Sur l'âge probable de ce cadre, voir plus loin, le commentaire du n" 27. 

* L'auteur veut dire qu'elle est bâtie autrement que la porte d'AIep, qu'il vient de décrire et qui possède 
deux tours flanquantes; voir plus loin, avant le n" 27. Mais son observation ne concorde ni avec H. de Hell, cité 
plus haut, p. 11, ni avec le plan de l'enceinte, d'après lesciuels cette porte aussi est flanquée de deu.x saillants arrondis. 



14 EXCEIXTK, PORTE.S ET ToURS. 

1. Calife Miiqtadir. — A l'extérieur de la porte, sur le côté du saillant de droite, en C 
du plan (fig. 1); sur trois blocs du parement, encastrés sous un cordon en quart de rond. Trois 
lignes en coufique simple; caractères mo3-cns, grossièrement sculptés, avec des hampes cunéiformes 
(pi. II). Publiée dans le recueil h'Oppenheui^ n° 114. 

.Ai.'l jJCill 13) çV.y\ >=. J^j[] jJ\ A; J\ [iT (2) 4n V'i a11 V... aU. (1) 
Il n")- a d'autre dieu qu'Allah. Voici ce qu'a ordounc l'émir des cmyanls DjaTar, l'iuiàm al-Mu(|ta(li[- hillàli. 

Les deux derniers mots sont gravés sur le premier bloc à droite. Sur le deuxième sont 
sculptés deux petits quadrupèdes affrontés, d'un st_yle naïf et grossier, probablement deux félins, 
avec de courtes oreilles droites et une crinière, la queue relevée, tenant dans leur gueule un 
objet de forme bizarre, peut-être un oiseau.- Deux autres quadrupèdes affrontés, semblables aux 
premiers, sont sculptés plus bas, sur un bloc du parement, sous l'extrémité droite de l'inscription 
et près du sol (fig. Strz.). 

ti. Le niêriie. 297 H. — A gauclic de la précédente et à la même hauteur. Trois ligues 
sculptées dans cinq blocs du parement, formant de droite à gauche trois groupes: A (blocs 1 et 2), 
B (bloc 3) et C (blocs 4 et 5). Même type; mêmes caractères (pi. II). Publiée dans le recueil 
d'Oppexiiei.m, n" 115. 

jJûill -L.>'l >=. ^ y\ 1> (21 A ^l\ jj^j JU=^ (2) <\:\ VI a!1 V (1) B ... aL^. (1) A 
(3=^1 >J. i-) ^j^ ^-^ ^ 'SjTi (1) *' i^'^i J^5 (3) B n^ ÄL- j i^y^_^\ jy"^ aI'j (3) 

11 n'y a d'autre dieu qu'Allàli, Mahomet est le pi-opliète d'Allâli. Voici ce qu'a ordonné DjaTai-. l'imàni 
al-Muqtadir billàh, l'émir des croyants, en l'année :297 (909—10). Et (ce travail) a eu lieu par les mains de 
Yaliyà, fils d'Ishaq, de Djardjaràya, et d'Ahmad, fils de Djamil, le serviteur d'al-Muqtadir. 

On étudiera jilus loin le protocole du calife et le rôle des deux personnages chargés des 
travaux. Le relatif qui suit le nom du premier est écrit distinctement '^ .^-J-' , sans points dia- 
critiques. Je lis ^J\j>.jJ\, al-djanljarâi/i .originaire de Djardjaràya", ville située sur la rive 
gauche du bas Tigre, entre Bagdad et 'V^'^asit.^' Le relatif qui suit le nom du second jjerson- 

nage est écrit jA-all sans points; je lis (_$jjcüll , al-mmjtadin .serviteur ou fonctionnaire d'al- 
Muqtadir". Ce mot est gravé fort serré, faute de place, ce qui explique l'omission du yâ 
final. Les exemples de relatifs d'appartenance formés sur des .surnoms imamiens sont très 
nombreux.* 

' C'est ainsi que je désigne mon mémoire sur les inscriptions arabes recueillies par cet explorateur en 1S90, 
dans Beiträge zur As^yriologie, VII, vox Oppexhkim. Insdiriffen ans Si/rien, Mesopotamien und Kleinasien. Arabische 
Inschriften, bearbeitet von Max v.^x Berchem. 

Sur les félins du pont de Baibars à Lydda, qui tiennent un ]ielit mammifère sous leurs pattes, voir Clermo.nt- 
Gicx^RKV, Recueil d'archéologie orientale, I, p.2ßes. On en voit deux pareils sur une porie de Mossoul, le Bàb Sindjar, 
mais ils sont probablement de fabrique récente. 

' Sur cette ville et la forme de son ethnique, voir les sources citées dans le recueil d"üppexhei.m. p. 74-, ii. 'i. 

* Pour l'épigraphie notamment, voir dans CIA, I, nos U, 1.9, ,33, 39 à 41, 4.Ô6, 4.57, etc. 



Abbasside.s 



15 



Sur un bloc du parement, encastré dans la troisième assise au-dessous du centre de Tin- 
scription, sont sculptés un soleil ä huit rayons, dans un médaillon, et de chaque côté, un petit 
quadrupède: à droite, iin chien (?) courant dont l'une des pattes antérieures s'appuie au mé- 
daillon; à gauche, une gazelle (?) à deux longues cornes, fuyant et retournant la tête vers 
le chien. 



A pi^k f:^,. ^^'''. r^^,. , *»• -iSB» 




7^ ft^--,^-|^:r^ 



-diriîCTÇ^ 





S. Le même. 297 H. — Sur la courtine de l'enceinte, à gauche (à l'ouest) de la porte 
de Mardin, face extérieure. Une longue ligne sculptée à mi-hauteur dans les pierres du pare- 
ment. Même type: mêmes cai-actères (fig. 4). Inédite. 

[2 mots] 4H Jli^l Ji^y* j:^^ ^\ J-^11 f^--^'' >>f- l?-^) <4^^ P)''^ ^^> Cr... aL-; 

[1 mot] Jr 'Je {'^)jJ-\ ij\ [1 motj (') ^Jj Jfr Ju\A\ [2 mots] (?) ^%.y\ [1 mot] (?) ç\:>\j 



(??) j^ 0: As-ij (??) j}j^J^\ j=^i J: ^4 (?) iS^^ > ^ ^- 



O ,^i ô' 



U aLI JU^i 



J^JUj J;U.-Jj «-.^ Ä"-^ ^ ,^X«il 



Voici ce qu'a ordonné Dja'far, rimàm al-Muqtadir billàh, l'émir des croyants .... par les mains de . . . 
Abu 1-Hasan "Ali, fils de ... Et la dépense de ce travail a été confiée aux mains (?) de Yahyà, fils d'Ishaq, 
de Djardjaràya (V). et d'Alimad, fils de Djamîl (?), d'Amid, en l'année :297 (909—10). 

Bien que les caractères soient fort petits sur la photographie, il serait possible de les lire 
à la loupe, si celle-ci était parfaitement nette; mais l'appareil a bougé pendant la pose et à 
part les noms et titres du calife, la date et quelques mots isolés, la lecture de ce texte est fort 
douteuse et ne repose que sur un rapprochement avec les autres inscriptions de Muqtadir. 



16 



Enceinte, Portes et Tours. 



Porte de Kharput. — La porte de Kliarput (fig. 5 et fig. Strz.), percée dans le front 
nord de leuceinte, s'ouvre dans le mur de la courtine, que couronne un haut parapet crénelé. 
Elle est flauquée de deux gros saillants arrondis, dont les créneaux dominent légèrement ceux 
de la courtine. Le cadre de la porte se compose de deux pieds-droits, ornés d'une corniche 
lEoulurée aux trois quarts de leur hauteurS et d'un linteau droit, inscrit dans un arc en plein 
cintre qui retombe sur deux pilastres à chapiteaux décorés d'oves et de feuilles d'acanthe (pi. IV). 
A droite et à gauche de ces derniers, un peu au-dessus du sol, deux niches sont creu.sées dans le 
mur: chacune est flanquée de deux colonnettes à fût torse et à chapiteau grossièrement sculpté, 
et couronnée par une coquille inscrite dans un arc en plein cintre. Deux autres niches sont 
creusées dans les parois latérales des deux saillants et se prolongent jusqu'au sol (pi. III). 
Celle de gauche est décorée comme les niches frontales, mais elle n'a pas de coquille; celle 
de droite, qui n'a pas de colonnettes, est couronnée par une c<H|uilIc sans arc. 




Fig. 5. Porti- .le Kharpul. 

Au-dessus des niches latérales règne un cordon en quart de rond, qui fait le tour des deux 
saillants. Plus haut sont percées des meurtrières étroites et longues, pareilles à celles de la 
porte de Mardin.- 

Garde.n, toiii. cit., p. 184: .Externally, and on each side of the gateway, which is lower 
than that of the other entrances, is a small niche, and in the flanking towers two others; the 
latter are apparently for sentinels (?). In the walls on the right-hand tower are some inscriptions ; 
amongst others a Greek one turned upside down, above which are two lions, verj' rudely exe- 
cuted, like those at Kharput castle. The left tower is decorated by two sculptured buffaloes, 
and an eagle, all of which are in a poor style of art." ' 

4. Le même. 297 H. — Au-dessus de l'arc de la porte, à l'extérieur, en P du plan 
(fig. 1). Quatre lignes sculptées dans les pierres du parement. Même type; mêmes caractères 

' Celte corniche, visible sur une ancienne photographie de ma collection (fig. Sti-z.), a disparu sur celles de 
M.M. d'Oppexheim (fig. .5) et de Betlié (pi. IV); je suppose qu'elle a été ravalée récemment. 
* Pour l'intérieur de la porte de Khai-put, voir plus loin au n» \-l. 
« Ces cinq animaux sont tous dans la niche du saillant droit; voir plus loin, p. 17 en bas. 



Abbassides. 17 

(pi. IV). Quelques mots de ce texte ont été publiés dans le recueil d' Oppenheim, n" 116. La 
photographie du général de Beylié me permet d'en donner ici une édition plus complète, mais 
non définitive. Les lacunes proviennent de l'éclairage défectueux et du faible relief des carac- 
tères; en outre, la partie droite de l'inscription est invisible sur la photographie. 

[ligne illisible J^l*^lli (2) j-_^ aL'I j-^I ^UVI y«=- aI'1 a,^ (') Ai ^a\ U . . . aL>_. (1) 

aU ôjJii'lj <tX^'\ Jf^c^\ J; ^^ '(^)Ju \^ (?) «Uc ÄÄilJl Oj^i ^environ G mots illisibles] (3) 

. aÎJ (?) l'yù\3 (?) ^JjjJl JX>3 J\»J,3 «...^ h^ J J^ J; a.3-1 [3 mots illisibles] (4) 

Voici ce qu'a ordonné le serviteur d'Allah, DjaTar, l'imàm al-Muqtadir billàh, l'émir des croyants 

Et la dépense de ce travail a été confiée aux mains de Yaliyà, fils d'Ishaq, et d'Ahmad, fils de Djamil, en 
l'année 297 (909 — 10). La royauté et le pouvoir sont à Allah; l'empire et la force appartiennent à Allàli. 

Les trois derniers mots des lignes 3 et 4 forment une phrase à part dont le début, intercalé 
dans la partie historique de ce texte, semble en interrompre le sens. Voici l'explication de cette 
apparente anomalie. L'inscription est gravée sur deux assises superposées de blocs; ceux de 
l'assise supérieure portent chacun des fragments des lignes 1 et 2; ceux de l'assise inférieure, 
des fragments des lignes 3 et 4. Or. les six mots de la phrase dont je parle sont 
réunis sur le dernier bloc de l'assise inférieure à gauche. Cette disposition, cju'on a déjà 
rencontrée dans les inscriptions précédentes, s'explique à merveille si l'on admet Cjue ces textes 
ont été sculptés avant la jxjse. En effet, dans un texte gravé après la pose, c'est à-dire sur un 
mur tout appareillé, l'inscription court d'un bout à l'autre de chaque ligne et passe d'un bloc 
au suivant sans que les joints trahissent aucune solution de continuité. Il arrive même qu'un 
joint coupe une lettre en deux. Ici, au contraire, les joints sont mal raccordés et là où le texte 
passe d'une pierre à la suivante, il est rare qu'un joint coupe une lettre ou même un mot. 

5. Le même. 297 H. — Dans la paroi latérale du saillant droit, au-dessus de la niche 
et sous le cordon en quart de rond. Une ligne sculptée dans les pierres du j^arement. Même 
type; mêmes caractères (pi. III). Publiée dans le recueil d'Oppexhei.m, n° 118. 

Voici ce qu'a ordonné Dja'far, l'imàm al-Muqtadir billàh, l'émir des croyants, qu'Allah le rende puissant ! 
L'année 297 (909—10). 

Sous l'inscription, la niche s'amortit en une coquille à sept côtes. Sous celle-ci, à l'in- 
térieur et sur les bords de la niche, sont sculptés deux félins, deux buffles ou chameaux à une 
bosse et un oiseau, tous de même taille et dans ce style naïf et grossier qui donne à ces 
animaux de l'époque de Muqtadir une frappante analogie avec le bestiaire de nos églises romanes 
primitives. Autour de la niche, trois blocs du parement sont sculptés de grecques et de tresses 
qui rappellent les méandres du style mérovingien.' Mais si les animaux, qui forment un tout 
décoratif avec la niche, sont probablement contemporains de l'inscription, les dessins sont de 
simples hors-d'œuvre auxquels il serait imprudent d'assigner la même date, car ils peuvent 

' Entre deux de ces ornements, sculptés sur un seul bloc, à droite de la niche, sont gravés en creux, verticale- 
ment, en coufique simple à petits caractères, les mots ^1 "^l^ ■ü^V ,il n'y a d'autre dieu qu' Allah". 

Amida. s 



18 ExtEIXTE, POKTES ET ToUKS. 

avoir été sculptés auparavant, sur des blocs remploj-és dans ce mur à l'époque de Muqtadir, 
ou au contraire, ils peuvent avoir été ajoutés plus tard. Je les croirais plutôt plus anciens, 
comme cette inscription grecque, gravée sur un bloc encastré à l'envers dans le parement, sous 
le début du texte arabe. 

6. Le même. — Dans la paroi latérale du saillant gauche, au-dessus de la niche et sous 
le cordon en quart de l'ond. Une ligne sculptée dans les pierres du parement. Même type ; 
mêmes caractères (pi. III). Inédite. 

J<^.n J^ J_ JJ3'\^ J^LM J=^l^ Jr ^4} ^[j^]^'^ [2 à 3 mots martelés] \ (^Jb Je ^^I 

. [2 mots martelés] dA,b )c. 

(Ce travail) a eu lieu par les mains do ... le gouverneur (?), et de Yaliyà, fils d'Isliaq, le gnuverneur, 
et d'Ahmad, fils de Djamîl, le préposé à ce travail. 

Ce texte, qui fait pendant au précédent, en forme aussi la suite. Dans les trois espaces 
placés entre crochets, les caractères ont été martelés, car il y a des lacunes dans le texte et 
l'on distingue encore plusieurs lettres qui n'ont pas été arasées exactement au niveau du champ. 
En s'attaquant à certains passages, le marteleur semble avoir obéi à un motif déterminé. On 
connaît déjàYahj'à. qui est appelle ici 'âmil, c'est-à-dire sans doute , gouverneur" d'Amid au nom 
du calife"-, et Alnnad, qui est désigné comme al-ivalc'd 'ah'i (Uiâlihi, c'est-à-dire „le chargé de 
ce travail", sans doute sous la haute direction du premier. 

7. Le même. 297 H. — A gauche de la niche et tout près du sol sont encastrés 
quatre blocs A. B. C. D, portant des fragments d'inscriptions; le premier est placé au-dessus 
des trois autres. En A. une ligne, en B. C et D, deux lignes du même type, à mêmes carac- 
tères (pi. III et fig. Strz.). Le fragment B est reproduit ici (fig. 6) d'après un dessin publié par 
H. DE Hell, atlas, pi. XLI; cf. le recueil d'Oppenheim, n° 120 et fig. 13. 

"^C^ J^;^^ (2) C Jl jJ Aü[ jJCÜll (2) ç[^y\ Ja^ A, ^1 1> (1) B aW V» ^1 V A 

.^^Jl ^(2) J\ <Ul ^ (1) D Aül (?) jl (?)a^^j(l) (?)^ 

Il n'y a d'autre dieu f|u'Allàh. Voiti ce qu'a ordonné Dja'far. l'iniTun al-Muf|ladir billàli. l'émir des 
croyants, l'année (29)7, etc. 

Ces fragments ne proviennent pas tous de la même inscrip- 

/^K xy M[t^<1'>fc K L^ tion. En A, les lettres, bien qu'offrant le même aspect cunéiforme, 

•^^■■■■jl^""^^"* sont plus grandes qu'en B, C et D, et ici, l'on constate une singulière 

^^^BqUB J iaïjuU incohérence. Ainsi, le titre amîr al-mumimn est partagé entre la 

^^^^^^^^^^^^^ ligne 2 du bloc B et la ligne 2 du bloc C, dont la hgne 1 forme 

Fig. 6. Inscription no 7, fragment B ^^^ ^^^^^^^ .^ ^^^^^ j^j^^jg -j ^ ^ ^^^^. ^^^ j^ ^j^^ jy j^ ^ig^^H^J^ 

est écrit tout entier en caractères retounirs: le bloc n'a pas été ren- 
versé de haut en Ijas, car les lettres ont bien la tête en haut, mais elles se lisent de gauche 
à droite, comme sur un cachet ou sur un coin monétaire. Ce fragment provient-il d'un moule 
destiné à reproduire une inscription dans du plâtre? Cette hypothèse, peu vraisemblable en elle- 

' Ou peut-être l^ij\I![l] ,1e juge^ 

- 'Arîb, éd. de Goeje, p. 57, signale, san.« le nommer, le 'âniil d'Amid en 304, c'est-à-dire sept ans plus tard, 
peut-être était-ce encore Yahyà. 



ABBAgSIDES. 



19 



même, est coDtredite par le fait que les lettres sont ici en relief, comme dans toutes les in- 
scriptions du même groupe; s'il s'agissait d'un moule, les caractères seraient en creux. C'est 
plutôt un de ces exemples, nombreux dans l'épigraphie sémitique, de ce que les Allemands 
appellent le Wajjpcnstil.^ 

Sur une pierre du pare- 
ment , encastrée à gauche 
au-dessus du bloc A, sont 
sculptés deux petits félins 
affrontés; sur deux blocs au- 
dessus du précédent, deux 
oiseaux affrontés picorant les 
fruits d'un arbre à feuilles 
maigres et allongées; sur 
deux blocs plus à gauche, 
une main et im cheval (fig. 
Strz.). Ces animaux rappel- 
lent, par leur style, ceux de 
la niche opposée et ceux de 
la porte de Mardin ; ils sont 
peut-être contera})orains des 
inscriptions de Muqtadir. 
Sur d'autres blocs encastrés 
autour de la niche sont 
sculptées une grecque agré- 
mentée d'étoiles et de roset- 
tes, des grappes de raisin, 
une ammonite et deux in- 
scriptions grecques placées 
le haut en bas (pi. III). 

Inscription coranique. — 

Une photographie (flg. 7) 
faite par un photographe 
d'Amid, aujourd'hui décédé, 
a été remise au général de 
Beylié par M. Guys, qui n'a 
pu donner aucune indication 
sur la provenance de l'in- 
scription qu'elle représente. Sur quatre blocs de pierre, assemblés artificiellement pour la pose, 
sont sculptés en coufique simple des fragments d'un verset du Coran, II, 256 (verset du siège), 
sans aucune indication historique. Le bloc inférieur porte, au-dessus des caractères, un curieux 
décor de cercles allongés, séparés par des bâtonnets, qui paraît être un motif antique défornre. 
Le style des caractères, analogue à celui des inscriptions de Muc^tadir, permet de les attribuer 

' Voir LiDZBARSKi, Ephemeris, I, p. 113 s. Ce savant me cite encore, à ce sujet, les ouvrages suivants, que je 
n'ai pas sous la main: Cvwtms, Gesammelte Abhandlungen, \l, p. 77 s.; Jolles, dans Archeolog. Jahrbuch, 1904, p. 277 s. 
La paléographie arabe offre de nombreux exemples d'écriture retournée, surtout aux basses époques, dans les manuscrits, 
les tissus, sur les briques émaillées, etc.; elle a été signalée aussi dans la numismatique. Pour l'épigraphie proprement 
dite, voir Sarre, Islamische Tongefäße, dans Jahrbuch der K. preuß. Kunstsammlungen, XXVI, tir. à part, p. 10, 
fig. là; recueil d'OppENHEiM, no 166, p. 127, n. 1, etc. Sur le rôle magique de l'écriture boustrophéde chez les 
musulmans, voir Doutté, Magie et religion dans l'Afrique du Nord. p. 151. 




Fig. 7. luscriplion coranique. 



20 ExcEiXTE, Portes et Tours. 

à la même époque. Ce document paléographique est intéret^sant, parce que les caractères y sont 
plus grands et plus nets que sur les photographies des murailles. 

Les inscriptions de Muqtadir ont une grande valeur paléographique. Ou ne possédait à 
ce jour aucun fac simile de textes en coufique simple provenant de la Mésopotamie. En com- 
parant ceux ci à leurs contemporains d'Egypte et de Syrie, on y retrouve les mêmes caractères 
généraux: une allure libre, un peu lâchée, sans souci de style. Les caractères d'Amid se distin- 
guent par leurs formes plus maigres et plus gauches et par l'extrémité en triangle de leurs 
hampes et de leurs queues ; ce dernier trait est commun à la plupart des inscriptions coufique?, 
mais nulle part, il n'est aussi accusé qu'à Amid. C'est à ces larges triangles, plutôt qu'aux 
superbes rinceaux des inscriptions merwanides publiées plus loin, quo je suis tenté d'attribuer 
l'origine de la légende, accréditée par quelques voyageurs modernes, d'inscriptions syriaques, 
perses ou cunéiformes sculptées sur les murs d'Amid. ^ Aucun texte de ce genre n'y a été 
relevé jus<iu'ici, mais il n'est pas impossible que les lapicides arabes de Muqtadir aient eu sous 
les yeux des caractères cunéiformes dont leur fantaisie s'inspira pour le dessin de leurs lettres 
coufiques. N'a-t-on pas trouvé des inscriptions cunéiformes tout près d'Amid et les lapicides 
du Caire n'ont-ils pas sculpté au XV^ siècle, dans les ecus de quelques émirs Manilouks, des 
armoiries qui ressemblent singulièrement à des hiéroglyphes? 

Les inscriptions de Muqtadir ne sont pas moins importantes pour l'hi^^toire. Ce sont les 
jilus anciens, presque les seuls documents lapidaires connus des Abbassides et au point de vue 
diplomatique, il n'est pas sans intérêt d'en étudier le protocole. Celui-ci comprend quatre élé- 
ments principaux: le nom propre du calife, son titre d'imàm, son surnom en allâh ou surnom 
imamieu-, enfin son titre mn'ir al-miC minîn. Ces quatre éléments figurent dans tous les textes 
de Muqtadir et dans l'ordre indiqué ci-dessus. L'inscription n° 1 est la seule où le titre amîr 
al-muminin soit placé en tête. L'inscription n° 4 renferme aussi un nouvel élément, l'épithèle 
'abri aJh'ili «le serviteur d'Allah». Cette épithète. qu'il ne faut pas confondre avec le nom propre 
'Abdalli"di-\ est très fréquente dans le protocole omayyade; elle est plus rare chez les Abbas- 
sides.* En revanche, le titre d'imàm et le surnom imamien ne figurent pas dans les documents 
officiels des Omayyades. qui se contentent, le plus souvent, des trois cléments suivants: l'épithète 
'nhd allâli, le nom propre et le titre amîr al-miC mining Ce protocole résume l'esprit du califat 
omayyade. qui est un émirat arabe, préposé par Allâh à la communauté musulmane.'' Avec 
les Abbassides, cette conception sémitique fait place à l'idée persane d'un pontificat, qui se 
reflète dans le protocole des nouveaux califes, par l'abandon graduel de l'épithète 'ahd allait et 
l'adoption du titre d'imàm et du surnom imamien.' 

1 Texier, Description de VArmi-nte, I, p. xxi: , Toutes les murailles de Diarbékir portent encore leurs créneaux 
et leurs casemates; elles sont couvertes d'inscriptions en caractères inconnus dans le pays. Ce n'est pas de l'arménien: 
je pense que ce sont des caractères syriaques." De Moltke, Lettres sur l'Orient, trad, française, p. 219: .Les murs 
portent une foule d'inscriptions grecques et perses'. Cuixet. La Tarqiiii' d'Asie, II, p. 453: .On prétend qu'il existe 
sur ces murailles des inscriptions en caractères cunéiformes'. 

- Je l'appelle ainsi, parce que ce surnom n'est qu'une épithète du titre imûm: voir mes Titres califiens 
d'Occident, tir. à part, du Journal asinti(ji<e (cité plus loin JA), p. 19, n. 3. 

ä Voir mon Épiyraphie musulmane d'Algérie, dans Revue africaine, 1905, p. 183, n. 3. 

* On la retrouve ailleurs dans le protocole de Muqtadir, notamment dans l'inscription en bordure d'une étoffe 
publiée par Karabacek, Papyrus Erzherzog Rainer. Führer durch die Ausstellung, p. 228, et sur une médaille d'or de 
la collection Zoubofif à Moscou. Sur la titulature à l'époque de Muqtadir, voir aussi Hilâl, éd. Amedroz, p. 148$. 

' Voir ces documents, surtout les inscriptions, qui sont plus complètes, sous ce rapport, que les monnaies 
et les chroniques. 

« L'épithète rappelle les vieux noms sémitiques en 'abd: ijuant au titre, il ne parait pas avoir eu, à l'origine, 
de couleur spécifiquement religieuse. Sur l'origine des titres califiens, voir mes 2'itres califiens d'Occident, passim. 

» Cf. GoLDZiHER, Muhammedanische Studien, IL p. ö3. Les Falimides, imbus aussi d'idées persanes, portent le 
titre d'imàm et un surnom imamien, avec le titre 'abd allâh wa-waliyyuhu; voir CIA, I, index à ces titres. 



Abbassides. 21 

En ce qui concerne l'histoire générale, les inscriptions de Muqtadir se rattachent à une 
tentative dindépendance du gouverneur d'Amid. Vers le milieu du IIP siècle de l'hégire, le 
Diyar-Bekr appartenait h l'une de ces familles indigènes, alors si nombreuses dans l'empire des 
califes, dont les chefs, par leur situation politique, étaient à mi-chemin entre les simples gou- 
verneurs de la première époque et les dynastes presque indépendants des siècles suivants. Depuis 
l'année 284, le chef de cette famille était un certain Muhammad ihn Ahmad ihn 'Isa ihn al- 
Shaikh, dont le père et le grand-jière avaient gouverné Amid avant lui. Muhammad s'étant 
révolté contre le calife Mu'tadid, celui-ci marcha contre Amid à la fin de l'année 28.'i, assiégea 
la ville et battit ses murs en brèche en rabî' II 286 (avril-mai 899). Le mois suivant, Muhammad 
demanda l'amân, que le calife lui accorda, en y ajoutant des présents, en signe d'amnistie. 
Toutefois, par prudence, il détruisit les murs de la ville.^ Voilà sans doute pourquoi Muqtadir, 
le fils et second successeur de Mu'tadid, fit faire à l'enceinte d'Amid, onze ans plus tard, les 
importantes réparations dont témoigne l'épigraphie. 

Quand les auteurs arabes disent que les hommes ou les éléments ont ch'truit un édifice, 
il ne faut pas les prendre toujours à la lettre. J'ai signalé plusieurs exemples de ces exagé- 
rations, communes à toutes les sources historiques.- 11 faut entendre ici que loin de raser une 
enceinte aussi considérable et aussi précieuse, Mu'tadid se borna sans doute à la découronner, 
peut-être à démanteler les ouvrages massés autour des portes, où semblent se concentrer les 
restaurations de ^Iuc{tadir. On ne pourra fixer l'importance et l'étendue de ces réfections qu'en 
explorant l'enceinte sur tout son parcours. Autant qu'on peut en juger par les documents que 
i'ai sous les yeux, les portes de Mardin' et de Kbarput. peut-être une partie de la porte d'Alep*. 
sont l'œuvre de Muqtadir. sinon dans leur plan primitif, qui remonte sans doute à l'antiquité, 
du moins dans leur élévation générale actuelle. Pour m'en tenir à la porte de Kharput, la 
.seule dont les photographies donnent un aperçu suffisant, le plan général paraît antique, mais 
c'est à Muqtadir que je crois pouvoir attribuer l'appareil actuel de la courtine et des deux 
saillants. Je suis tenté de lui attribuer aussi les détails c^ui entourent ses inscriptions, tels que 
le profil et la décoration de la porte et des niches, les cordons, les meurtrières et les motifs 
iconographiques, en réservant les parties hautes et le crénelage, qui peuvent être d'une époque 
plus récente. 

La comparaison suivante fera mieux comprendre sur quels faits rejiosent ces conclusions 
générales. L'enceinte du Caire a conservé trois superbes portes fatimides, qui furent bâties, 
vers l'année 1090, par trois ingénieurs originaires d'Édesse.^ Malgré la distance qui sépare, 
dans le temps et dans l'espace, les portes d'Amid de celles du Caire, l'origine mésopotamienne 
des ingénieurs fatimides et la continuité des traditions dans l'architecture militaire de l'Orient 
avant les croisades autorisent ce rapprochement. Or, en comparant la porte de Kharput avec 
les portes du Caire, on sera frapjié de certaines dissemblances et de certaines analogies. 

Les premières sont tout d'abord dans le style du décor, par quoi les portes du < 'aire sont 
bien supérieures à celle d'Amid. Celles-là sont des créations d'un seul jet, de vrais morceaux 
d'architecture, empreints d'une mâle élégance. Celle-ci trahit non seulement un style plus 
grossier, cju'il est permis d'attribuer à son origine plus ancienne, puisque près de deux siècles 

' Voir Tabari, éd. de Goeje, III, p. 1942, 1992, 2185 à 2188; Ibn al-Athîr, VIT. p. 321s., 339 s.; Ihn Shaddàd, 
ms. cite, fus 43 yo et 49 ro; Abu 1-fidà', éd. Constantinople, II, p. 61; Ibn Khaldûn, éd. Roulaq, III, p. 349; Quatre- 
JiÉRE, dans Rashîd al-din, p. 331, n. 127; Ritter. Erdkunde, XI, p. 35: cf. Ibn al-Faqih, éd. de Goeje, p. 53. Sur la 
famille de 'îsà, voir Hilàl, p. 14(). 

- Voir mes Xotes sur les croisades, tir. à part du JA, p. 40. 

' A l'exception du cadre de la porte; voir plus haut, p. 13, et plus loin, au n» 27. 

* Sauf les réfections ortokides; voir plus loin, au no 27. 

^ Voir Maqrîzi, Khitat, I. p. 381, 1. 5, et mes Notes d'archéologie arabe, I, tir. à part du JA, p. 45; cf. CIA, 
I, ncs 33, 36 et 37: Comité de conserratio» des moiiioiieiifs de fart arabe, fasc. XIV, appendice, p. x. 



22 Enceinte, PoKXEt^ et Touks. 

séparent l'Abbasside Muqtadir du Fatimide Mustansir, mais encore uu manque d'unité qu'on 
peut expliquer par les retouches nombreuses qu'elle a subies. En revanche, il est une autre 
différence qui me paraît plus importante au point de vue auquel je me place ici: par son plan 
général, par le profil des saillants et leur écartement plus considérable, la porte de Kharput ne 
ressemble guère aux portes du Caire, dont les saillants, plus étroits et serrés contre l'entrée, 
font pour ainsi dire corps avec elle. Le pian de la première, au contraire, offre des analogies 
avec celui de quelques portes de l'époque romaine ou byzantine, par exemple, avec celui du 
Qasr al-Sham', pour rester au Caire. 

Les analogies entre Amid et le Caire sont dans l'élévation de la courtine, percée d'un 
passage voûté que protège un étage supérieur de défense'; dans le choix des matériaux, qui 
sont en belle pierre de taille, alors que l'appareil romano-byzantin mêle volontiers la brique à 
la pierre, comme au Qasr al-Sham' encore; enfin, dans certains détails d'appareillage, tels que 
ces petits arcs au sommet des meurtrières, qui sont creusés dans un seul bloc de pierre. - 

Ces comparaisons tendent à prouver qu'à la porte de Kharput et peut-être aux autres 
portes de l'enceinte d'Amid, le plan général, les fondations et les matériaux remployés sont 
probablement d'origine antique, tandis que l'élévation générale, appareil et décor, peut être at- 
tribuée à Muqtadir. Cette conclusion, qui s'applique en général à toute l'enceinte, est conforme 
aux lois de l'archéologie militaire. Les grandes enceintes subissent des transformations succes- 
sives, commandées par les mouvements de la cité qu'elles protègent et par les progrès de la 
fortification militaire. Il est rare qu'on les construise d'un seul jet; il est plus rare encore 
qu'on les rase au niveau du sol pour les rebâtir sur un plan tout différent. 



MERWANIDES. 

Environ un demi-siècle après les travaux de Muqtadir, trois géographes arabes, parlant 
d'Amid, vantent la force et la puissance de son enceinte, .construite en pierre noire volcanique 
d'une grande résistance".^ Mufjaddasi y compte cinq portes, les quatre [irincipales, déjà con- 
nues^, et une poterne, qu'on utilise en temps de guerre.* 

C'est encore l'enceinte restaurée par Muqtadir qui soutint plusieurs attaques des B\'zantins 
jusqu'en 362 (972 — 73), puis, l'année suivante, un assaut dirigé par l'empereur Zimiscès." Ces 
divers sièges, sur lesquels les auteurs donnent des renseignements assez vagues et contradic- 
toires, n'eurent jias d'effet durable, car Amid resta aux Hamdanides. qui la possédaient alors.^ 
Peu après, elle tomba aux mains des Bouyides*, puis, vers 373 (983—84), au pouvoir d'un chef 
kurde nommé Bâdh. dont les deux neveux, les fils de Marwàn. fondèrent en 380. à la mort de 

' A la porte de Kharput, ces défenses ne sont guère visibles que sur la face intérieure; voir plus loin, au n« 12. 

* Au Caire, la courtine k l'ouest du Bâb al-nasr possède, à l'intérieur, des fenêtres dont les arcs offrent ce 
dispositif: pour Amid, voir pi. 11 et fig. 5. 

' Voir Istalihri, Ibn Hauqal et Muqaddasi, dans Bihl. yeof/r. ai-ab., éd. de Goeje, I, ji. 7."); II, p. l-")»): III, p. 14-II; 
cf. Le Strange, The lands of the Eastern caliphate, p. lOS. 

* II leur donne les mêmes noms que Wàqidi; voir plus haut, p. 7 et 13. La rédaction de Wàqidi étant 
attribuée à l'époque des croisades, il se peut que le texte de Muqaddasi soit plus ancien. Quoi qu'il en soit, ces 
portes reçurent probablement leurs noms arabes dès la conquête musulmane; cf. plus loin. ji. il. 

<• Sur les poternes de l'enceinte, voir plus haut, p. 7, et plus loin, au no 26. 

^ Voir Yahyà, éd. Rosen, p. 183 s.; Matthieu d'Édesse, trad. Dülaurier, p. 12 à 16, et dans Hist. arm. des 
Crois. I, p. 7 à 12; Ibn al-Alhîr, VUl, p. 158, 423, 461 et passim; Ihn Shaddâd, ras. cité, fo 50 r»; Abu 1-faradj, trad. 
Bru.ns, p. 206; éd. Salhani, p. 29.5; Ibn Khaldûn, IV, p. 242, 246 .=., et les autres sources citées -par W'ul, Geschichte 
der Chalifen, III, p. 19 s., et Schlumberger, Vépupée byzantine, I, p. 228 s., 2.55 s. 

' Depuis 323 (935), d'après Ibn Zàfir, Gotha, Pertsch 1555, fo SI ro, dans Rosen, Extraits de la chronique de 
Yahyà (en russe), p. 102 ; dès 322, suivant Ilm Shaddàd, f" 49 vo. 

* Vers l'année 368, d'après Ibn al-Athîr, VIII, p. 511; Ibn Shaddàd, fo 51 vo. 



Merwaxides. 



23 



leur oncle, la dynastie des Merwanides. L'histoire de ces princes, qui gouvernèrent le Diyar- 
Bekr, avec Mifarqin pour capitale, sous la suzeraineté des Abbassides, puis des Seldjoukides, 
est suffisamment connue pour que je me borne ù renvoyer aux sources principales, quitte à 
revenir sur certains détails à propos des inscriptions qu'on va lire.^ 




Fig. s. Inscription u'* y, avoc meurtrière miih 



8. Émir Aliinad. 426 H. — Sur la face antérieure d"nn saillant carré situé dans le front 
est de l'enceinte-; sur des pierres blanches encastrées dans le parement. Deux longues lignes 
en coufique fleuri, d'un style admirable, mais encore sobre; grands caractères (fig. 8 et 0). Inédite. 












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^^-^3 ^ (*^J'J ctj-^J O- 



Voici ce (|u'a ordonné de faire l'émir, le seigneur très majestueux, l'assisté (d'AUàli), le vainqueur, 'Izz 
al-islâm, Sa'd al-dîn, Nasr al-daula, le pilier de la religion, la gloire de la nation, la noblesse des émirs, Abu 
Nasr Ahmad, fils de Marvvàn, qu'Allah prolonge son existence et fasse durer sa royauté ! Aux mois de l'année 
4^0 (1034—35), etc. 

* Voir les sources citées par moi dans Lehm.\nn-Hacpt, Materialien zur alleren Geschichte Armeniens und 
Mesopotamiens, dans Ähhandl. der K. Ges. der Wiss. zu Göttingen, phil.-hist. Klasse, neue Folge, IX, Arab. Inschriften, 
p. 4 s. ; cf. Ihn Shaddàd, f" 52 v». La principale est Ihn al-Azraq, dont M. Amedroz a publié d'importants extraits 
dans .TBAS, 1903, p. 1^3 s. En outre, je dois à son obligeance des extraits inédits du même auteur sur Amid à 
l'époque des Inalides et des Ayyoubides; voir plus loin, aux chapitres de ces deux dynasties. 

2 Je n'ai pu déterminer l'emplacement précis de cette inscription ni des nos lo, j], 14^ IG, 17, 2."j, 20, 33 et 34. 

= Coran, III, 167, fin. 



24 



EXl.f:iNTE, PoETEr; ET ToURS 



Le coufique fleuri est ce caractère angulaire dont les lettres ont des hampes et des queues 
épanouies en rinceaux. Le plus ancien exemple connu de ce type. est une épitaphe du musée 
de Tashkent, datée de 230 H.^ Il paraît en Tunisie vers 340, sous les Falimides, qui lintro- 
duisent en Egypte et en S^'rie.- Au Y^ siècle de l'hégire, il est répandu dans tout le monde 




Vig. 9. luscription n^S, avec meurlrièrc inférieure. 



musulman, de l'Esjiagne jusqu'à Java, où Ton a retrouvé récemment une é])itaplie musulmane 
gravée en coufique Heuri, en 475 ou 495.-' Dans Amid, toutes les inscriptions merwanides et 
seldjoukides sont tracées en un admirable coufique fleuri. Déjà très stylisé dans l'inscription n" 8, 
ce caractère devient de plus en plus riche, pour faire brusquement place à larmndi vers 575.' Sous 
ce rapport, aucune ville, pas même le Caire avec ses superbes inscriiitions fatimides, ne peut 
être comparée à la capitale du Diyar-Bekr. L'échelle très réduite des photographies ne donne 
qu'une faible idée de la magnificence de cette épigrai)hie vraiment royale, peut être la plus 
belle du monde, mine inépuisable pour l'étude du décor. Espérons qu'il en sera foit à temps 
des relevés à grande échelle et que le gouvernement ottoman saura recueillir, dans un musée 
local, les débris de ces monuments dont les jours sont comptés. 

Abu Nasr Ahmad ibn Marwân succéda à son frère Sa'îd en 401.° A son avènement, il 
reçut du calife le titre Nasr al-daula. qui figure ici et dans les inscriptions suivantes." Il se 
peut que Ton trouve encore des textes merwanides plus anciens que celui ci, car le prédécesseur 
d' Ahmad à Amid en fit déjà réparer l'enceinte. Ce personnage était, non pas Sa'îd, mais un 
certain Yûsuf ibn Damna, qui s'était emparé d'Amid en 38G, après avoir assassiné le premier 
Merwanide, Hasan ibn Marwân, le frère de Sa'îd et d" Ahmad. Il garda cette ville durant tout 
le règne de Sa'îd à Mifarqin et une partie du règne d' Ahmad, qui ne la lui reprit qu'en 415.'^ 

' Voir H.\RTMANX, dans Oriental. Lhf.-Zeifuixj, 1900, ji. '2Ss.. 70 .s., 117 s. Cette date parait décidément trop 
reculée; comme elle marque la mort du défunt, l'inscription n"a été gravée sans doute que plus tard. 

^ Voir les sources citées dans mon Épigraphie nmsulmane d'Algérie, 1905, p. 185 s., et L'ail »tHsnlmaii an 
musée de Tlemcen, tir. à part du Journal des Saranis, p. 10 s. 

^ .l'en dois la communication à M. Snouck Hurgroxje, qui la ]uil)liera bientôt. 

* Voir plus loin le no 26. 

' Voir les sources citées dans Lehma.nx-H.U'PT, Materialien, Arab. Inschriften, p. 4, n. :î et r>, n. 1. 

" Voir Ibn al-Azraq, dans Amedroz. p. 131: Ibn al-Athir, X, p. 11: Ibn Klialdiin, IV, p. 319 (.Nasr au lieu de Nasir); 
cf. Sharaf al-din, éd. Véliami.nof, I, p. 19; trad. Ch.\rmoy, I b, p. 35, 256; Nâsiri Khusrau, trad. Schefer, p. 21. n. 2. 

~ Voir Ibn al-Athir, IX, p. 51; Ibn al-Azraq, dans Amedroz, p. 126 à 132 (p. 127, pour les travaux de Yùsuf à 
l'enceinte d'Amid; p. 132, pour la reprise d'Amid par Ahmad); Ibn Shaddàd, fos 43 vo, 53 ro, 57 r». L'enceinte de 
Mifarqin a fourni deux inscriptions plus anciennes; voir LEHM.uix-H.4UPT, Materialien, Arab. Inschriften, nos 2 et 3. 



Merwaxides. 



25 



9. Le même. 42 * H. — Sur la grosse tour F du plan (fig. 1), vers le sommet du mur 
qui la ferme à la gorge, du côté de la ville; sur des pierres blanches encastrées dans le pare- 
ment. Dans un cadre à biseau, deux longues lignes incomplètes h droite, où plusieurs blocs 
ont disparu. Même type; mêmes caractères (fig. 10). Inédite. 





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àji j^ ç^^y\ y jj^i\ jb"yi i\J^\ S.j\ ^-«iVi (•=) W>- al* ^i Cr .. . ai*^] (1) 

[1 mot (?) k.^ j^^z. (?) J\}y, J x^\ j,^ ^\ -\y")i\ ^y: ÄiVt ^.■>^] (2)_j i\{\ Jj^ l^jJÜI^ 

Voici ce qu'a ordonné de l'aire notre maître l'émir, le seigneur très majestueux, l'assisté, le vainqueur, 
Izz al-islàm, Sa'd al-din. Nasr al-daula, le pilier de la religion, la gloire de la nation, la noblesse des émirs, 
Abu Nasr Ahmad, fils de Marwàn. Aux mois de l'année 12». Et ce travail a eu lieu par les mains de son 
gouverneur Abu Tàliir aJ-'Alà', fils de . . . fils de Sahl. 

Les parties détruites, placées ici entre crochets, peuvent être restituées avec une grande 
vraisemblance; voici comment. Dans la partie conservée de la ligne 1, le texte est identique 
à la partie correspondante du n" 8. Il est donc permis de restituer, dans la première lacune, 
les huit premiers mots du n" 8. J'ai porté ce chiffre à neuf, en ajoutant le titre nwidânû, qui 
ne figure pas dans le n° 8, mais bien dans les n"^ 10 ir 13. La lacune de la ligne 2 compre- 
nant environ trois mots de plus que celle de la ligne 1, c'est environ douze mots cju'il faut 
rétablir au début de la hgne 2. Or, en intercalant ici la partie correspondante du n° 8, on 
arrive au total exact de douze mots, à condition de supprimer l'eulogie du n° 8.^ Il ne reste 
qu'une inconnue: dans la date, le chiffre des unités, qui correspond à lune des années com- 
prises entre 420 et 429. 



' La longueur absolue des lacunes ne pouvant être déterminée sur la photographie, il est permis de rétablir 
les cinq mots de cette eulogie, mais à condition d'en restituer autant à la ligne 1, par exemple les mots u-a-bina'ihî 
wal-infâqi 'alaihi min mâlihi des nos lo et 11. Alors, les deux lacunes comprendraient 14 et 17 mots, la 
différence restant égale à trois mots. 

Amida. -l 



26 ExcEixTE, Porte? et Tours. 

Le personnage chargé des travaux, désigné comme 'ûmil, était sans doute le gouverneur' 
d'Amid pour Ahmad, qui résidait, on le sait, à Mifarqiu. Son nom na pas encore été retrouvé 
dans les chroni{|ues.- 

La tour F, l'une des plus grandes et des plus belles de l'enceinte, avec une saillie très forte 
sur la courtine, offre, dans sa construction, des détails du plus haut intérêt (fig. Strz.). Sans vouloir 
en aborder ici Tétude, je me borne à rappeler que l'attribution de la tour entière au début du 
Xr siècle n'est nullement certaine, car le texte d'Ahmad peut se rapporter à une restauration. 
Ou sait qu'en épigraphie, les termes de construction et de réfection d'édifices sont fort 
ambigus.^ Pour se faire une opinion sur ce point, il faut interroger le monument lui-même. 
Or, la plupart des inscriptions merwanides de l'enceinte d'Amid sont sculptées sur des 
Ijierres blanches, encastrées au milieu des pierres noires de l'appareil envuonnant, et cet 
appareil est souvent irrégulier autour des inscriptions; ces détails semblent bien trahir de simples 
réfections. Ainsi, dans le mur qui ferme la tour F à la gorge et qui porte l'inscription n» 9, 
on discerne, autour de celle-ci, au moins deux appareils différents et des traces de reprises. 
J'aurai l'occasion de répéter cotte observation sur les autres tours merwanides et d'en tirer quel- 
ques conclusions sur la part de l'antiquité et celle du moj-en âge dans l'enceinte actuelle.-* 

10. Le mênie. 437 H. — Sur la face antérieure d'un grand saillant carré du front est de 
l'enceinte, dans le voisinage de la porte Neuve; sur des pierres blanches encastrées dans le 
parement. Deux longues lignes couvrant tout le front du saillant. Même type; mêmes carac- 
tères, d'un style plus riche et admiraljlement conservés (pi. IV). Publiée par l'auteur sur un dessin 

de NlEBlHR."' 

^A'I tV^ <:2^' ^3 ^'^ '^^y ''^'->} aSU j^ a-. jUiVlj ^'bi ^L. ^\ l> . . . <\L_; (1) 
^^ y} 'iyVl ^^-: i:V> J^j AI ^j ^^SjaH ^^ àJI .^^ ç'iJ^\ > jj^i^ VS'I a-JI 

W^- ^h 1-*'^ ^.'1 J^' j..^ j-i-i '-» y} ;^ijxM A-^^.^Vi o-Jj i-Vj J j\3y J: -U-' (-) 

. (•:-) l^ j.j^-^ ^t.nj 

Voici te qu'a ordonné de faire, de bâtir et de payer sur sa fortune, désirant la récompense d'Allah et 
recherchant sa miséricorde, notre maître l'émir, le seigneur très majestueux, le vainqueur, 'Izz al-islàm, Sa'd 
al-din, Nasr al-daula, le pilier de la religion, la gloire de la nation, la noblesse des émirs, Abu Nasr Ahmad, 
fils de Marwân, sous le gouvernement de son fils l'émir Sa'd al-daula Abu l-Hasan Muhammad, qu'Allah pro- 
longe leur existence et soutienne* leur royauté! Et ce travail a eu lieu par les mains du juge Abu 'Alî al- 
Hasan, fils de 'Ah. fils d'Ahmad, d'Amid, l'année 437 (1045—46). Et l'ingénieur en est Nasir, fils de Sabâ(?). 

' Cf. plus haut, p. IS, ft jilus Idin. p. -27, n. 2. 

= Le nom de son père est écrit Js-^ ou dlclS^ peut-être Jcb ou dU's ■ Le^ .liverses leçons fournies par 
ces combinaisons et les points diacritiques ne semblent répondre à aucun nom arabe connu. C'est peut-être un nom 
kurde ou persan, tel que Ji-lî^, papier" ou d-U-lT'r.ioie". 

" Voir CIA, I, p. 99 et jMssim. 

* Voir plus loin, p. 27 s.; cf. plus haut, p. 21 s. 

6 Voir Voyofje en Arabie, II, p. 326 et pl.XLIX.B; Lehmax.n-Havpt. Materialien, Arab. Inschriffeii, p. 7 el pi. XI. 

«Je préfère Ji] , qu'il soutienne" à Jj'i .qu'il éternise': cf. Lehmaxx-Haupt, ojj. cit., p. 7, n. 3. 



Merwaxidks. 27 

Ce texte, parfaitement lisible sur la photographie, concorde mot pour mot avec le dessin 
de Niebuhr'; il s'agit donc, évidemment, de la même inscription. L'émir Sa'd al-daula Mu- 
hammad, cjui n'a pas encore été signalé dans les chroniques, est associé ici à son père, soit à 
titre de gouverneur d'Amid, soit en qualité de surveillant général des travaux-, confiés de fait 
au juge d'Amid. L'inscription se termine par le nom de l'ingénieur, précédé des mots wal-lannu, 
qu'on retrouvera plus loin'; le nom de son père reste douteux.^ 

Ahmad a-t-il entièrement bâti ce saillant, ou bien s'est-il borné à le restaurer? Sur h\ 
face antérieure i^ui porte l'inscription, la photographie montre trois appareils distincts : une zone 
en grand appareil, à la base ; une zone en moyen appareil, avec de faibles bossages, dans la 
région où se trouve l'inscription ; une zone supérieure à parements lisses, à partir de la meur- 
trière percée au-dessus de l'inscription. On peut supposer que la tour a été refaite par Ahmad 
à partir de la seconde zone, avec laquelle l'inscription j)araît être bien liée. La zone inférieure 
serait alors plus ancienne et la zone supérieure aurait été restaurée plus tard encore. 

L'année suivante, en 4.38 (104G), le voyageur persan Nâsiri Khusrau, en route pour la 
.Mecque, traversait les Etats du Merwanide, auquel, dit-il, on donne dans la prière publique les 
noms et titres al-amîr al-a'?ani 'izz al-islâm sad al-diii iiasr cd-dcmla wa-sliaraf aJ-milla Abu Nasr 
Ahmad. Ce protocole est exactement celui des inscriptions d' Ahmad. ^ A Amid, Nâsiri admire 
l'enceinte, construite en gros blocs d'une pierre noire, assemblés à joints vifs, d'une hauteur et 
d'une épaisseur inusitées, flanquée de tours au front étendu, crénelées et munies à la gorge 
d'escaliers pour le service de la plate-forme et du chemin de ronde de la courtine. Puis il signale 
ses quatre portes, placées dans la direction des qucdre points cardinau./' : à l'est, la porte du Tigre 
(porte Neuve); au nord, la porte d'Arménie (porte de Kharput); à l'ouest, la i)orte de Rum (porte 
d'Alep); au sud, la porte de la Colline (porte de Mardin).^ Il observe encore une enceinte ex- 
térieure, construite en même appareil, crénelée et munie d'un chemin de ronde, i)Ossédant des 
portes correspondant à celles de l'enceinte principale, également en fer. Il s'agit de cet avant- 
mur, défendant la contrescarpe du fossé, dont il reste encore des traces aujourd'hui.'' 

La valeur de cette description remarquablement exacte est rehaussée i»ar des mesures en 
ye^ persans, c^u'il me paraît inutile de convertir en mètres, faute de relevés cotés de la muraille 
actuelle, pouvant servir de points de comparaison. Nâsiri ajoute (jue le gouverneur militaire 
(amii-) et civil (liâkim) d'Amid est le fils de l'émir Ahmad. Bien qu'il ne le nomme pas, il 
s'agit évidemment de ce Muhammad qui figure, à ce titre sans doute, dans l'inscription n° 10. 
Enfin l'auteur résume son impression par ces mots, à coup sûr significatifs dans la bouche d'un 
homme qui a parcouru la moitié du monde musulman, alors à l'apogée de sa culture: „En 
Arabie, en Perse, en Turkestan, en Inde, j'ai vu un grand nombre de villes et de forteresses, 
mais nulle part je n'en ai trouvé une qui pût être comparée à Amid".^ 

' Ce dessin est divisé en quatre lignes au lieu de deux et il ne rend pas très e.xactement les proportions et 
la beauté des caractères. A part ces défauts, imputables peut-être au graveur, les trois dessins de Niebuhr (voir les 
nos 11 et 14) sont à peu près irréprochables. 

- Suivant qu'on interprète le terme tvllàya comme l'équivalent il'un titre ii-âli , gouverneur", ou bien dans le 
sens plus général de „direction, surveillance"; voir les sources citées dans le recueil h'Oppexheim, p. 4(J, n. 1. 40, 
n. 4, et plus loin, le commentaire des nos 1(5 à 22. 

3 Voir les nos n, 13, 1.5, l(j, 17, 21 et 22. 

■* On voit quatre petites dents à peu prés verticales, suivies d'un ab'f ou d'un l(hii final. M. Hartmann me 

suggère le vieux nom arabe L„, qu'on peut adopter à défaut d'une leçon plus satislaisaiite. 

* A part deux variantes, au débat et à la fin des titres. 

^ Ce détail important et parfaitement exact trahit l'origine antique de l'enceinte; voir jilus haut, p. 7. 

' Sur ces noms, voir plus haut, p. 7, 1.3 et 22; le seul nouveau est celui de la porte d'Arménie. 

^ Voir plus haut, p. 8 en haut. 

' Voir Nàsii'i Khusrau, éd. Schefeb, p. ÎS; trad., p. 26s.; cf. Dereneourc, }'ie iVOnsûinn, p. :W0; Le .Strance, 
The lands of the Eastern caliphate, p. 109. 

4* 



28 



Emei.nte, Portes et Tours 



11. Le inéiiie. 44-iH. — Sur la face antérieure d'un saillant carré situé vers l'angle sud- 
est de l'enceinte, près de I du plan (fig. 1); sur des pierres encastrées dans le parement. Deux 
longues lignes du même type; mêmes caractères (fig. 11 et 12). Publiée par l'auteur sur un 
dessin de Niebihr.' 



4i Ai;i Jii^i jij 



,^ , f A^i „iSj 



>y} [2) ^'^S'i ^^~: ä;Vi J^i a\L\ -fji -:^3X\ 



^j' h^ J j-uVl A3-1 J_ '^ 



O' 






Voici ce qu'a orduiiiié de taire, de bâtir et de (layer sur sa furluiie nuire maitie l'émir, le seigneur très 
majestueux, le vainqueur, Izz al-islàm, Sa'd al-dîn, Nasr al-daula, le pilier de la religion, la gloire de la nation, 
la noblesse des émirs, Abu Nasr Ahmad, fils de Mar^Yàn, qu'AUàli prolonge son existence et fasse durer sa 
royauté! Et ce travail a eu lieu par les mains du juge Abu 'Ali al-Hasan, fils de '.Ali. fils d'Alimad. d'Amid, 
on l'année iii (105:2—53). Et ringônieur en est Nasîr, fils de Sabà (?). 




t 



Fig. 11. Inscription n» 11, partie droite. 

Ce texte est identique ii celui de Niebuhr'"; il s'agit donc de la même inscription. Le juge 
chargé des travaux et l'ingénieur de la tour sont les mêmes qu'au n'^' 10. Il est vrai que le 
nom de l'ingénieur est invisible sur les photographies; mais le dessin de Niebuhr, bien qu'un 

' Voir Niebuhr, loc. cit. et pl.XLIX, A; Lehmanx-H.utt, Materia! i'e)i,Ai-ab. Inschriften, p. 6 et pi. XI. Une copie de la 
première partie de ce texte a été faite par Texier, qui l'a donnée, avec d'autres notes et dessins provenant d'Amid, 
à la bibliothèque du R. Institute of British architects, à Londres: .j'en dois un calque à l'obligeance de M. R. Phené 
Spiers. Je n'ai pu la déterminer qu'avec peine et elle n'a plus de valeur à côté des photographies du général 
de Bevlié. Les de.ssins architecturaux de Texier sont publiés plus loin par M. Strzygowski. 

- Et non kiiJIi , comme j'ai lu dans Lehman.\-H.\itt. d'après Niebuhr. 
^ A part les réserves faites plus haut, |i. -1~. n. I. 



Mkhwaxihes. 



25) 



peu confus ici, permet d'iiffiruier qu'il s'agit de ce même Nasîr, dont le nom paternel reste 
douteux. 

Au-dessous de l'inscription s'ouvrent deux meurtrières étroites et allongées, aujires desciuclles 
on voit deux niches, creusées dans deux blocs monolithes encastrés dans le parement, qui est 
ici en très grand appareil (fig. 12 et fig. Strz.). Chaque niche est cantonnée de deux colonnettes 
à chapiteau, et couronnée par une co- 
cjuille à cinci côtes, inscrite dans un 
petit arc en plein cintre. Chacun des 
quatre écoinçons est orné d'un oiseau 
semblable à ceux qu'on voit à gauche 
de la porte de Kharput\ autant (]u on 
peut en juger sur les photographies. 
Sous la niche de gauche sont sculptés 
en coufique simple quelques mots dont 
la lecture a résisté à tous mes efforts. - 

A quelle époque remontent ces 
sculptures? Le style des niches et de 
l'inscription et la forme des meurtrières 
rappellent les travaux de Muqtadir à la 
porte de Kharput. On peut croire Fiï. 12. inscriptiou u» 11, panie gauche. 

que l'inscription d'Ahmad marque à 

peu près le niveau de la réparation faite à la tour, sous son règne, et que la partie inférieure, 
en plus grand appareil, avec les niches, trahit une reprise plus ancienne de Muqtadir, sur la 
base antique. 

12. Le même. — A l'intérieur de la porte de Kharput, en 
R du plan (fig. 1), sur le mur de la courtine, des deux côtés et 
au-dessus du passage de la porte. Long bandeau à mi-hauteur de 
la muraille, suivant les angles de la courtine avec les contreforts 
du passage, en A B G D E F du plan (fig. 13).^ Le texte suivant 
est reconstitué sur deux photographies, l'une montrant A B et 
l'autre, C D. Une ligne du même type; mêmes caractères (pi. V 
et fig. 14). Inédite. 



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Fig. 1:!. Plan de la iiorte de Kharpiil. 



<->■ Jl-? J^" <^-^ Jl ^^V>" \^\ [ J^"V'-5 ^^,3] ^ ^j^ ^ U* . . . 4w (A) 



^JLM JU~- /» 



'^^Ji\ y. jj^\ jS (D) ^K i\>.^\ i? al.n jr;>vi] ((') W>« Aie aLM j^ a»p^ (B) 

. [la fin n'est pas visible) -\y>'i\ ^^ ÄiV* -^'<^3 ^lll ^Ji ^jx'^ j-^ 

"Voici ce qu'a librement entrepris de faire, de bâtir et de payer, pour gagner la faveur d'Allah et de 
son prophète Muhammad . . . notre maître l'émir, le seigneur très majestueux, Tassisté, le vainqueur, 'Izz 
al-islàm, Sa'd al-dîn, Na.«r al-daula. le pilier de la religion, la gloire de la nation, la noblesse des émirs .... 

' Voir plus haut, p. 19 en haut. 

' Ce petit texte ne paraît renfermer qu'une invocation à Allah. Voici comment H. de Hell, II, p. 44.5, décrit 
cette tour: ,La cinquième tour (à partir de la porte de Mardin), de 16 m 80 de largeur, est angulaire et possède 
deux lignes de caractères coufiques, avec deux petites niches à sa base". 

3 t;e croquis, dressé sommairement sur les photographies, n'a d'autre hut que d'indiquer la disposition générale 
de la porte et l'emplacement des inscriptions. 

■* On attendrait ici «lAs , comme dans les inscriptions précédentes, mais l'o///' semble distinct. 



Enceinte, Portes et Touks. 




Fig. 14. Pone île Khnrpui, vue de l'iniérieur. 



La recoustitutiou du texte oflre quelque difficulté, parce que Tangle B C u'est visible sur 
aucune des photographies. Un examen minutieux de celles-ci prouve (jue cette lacune est 
peu considérable. Or, eu comparant ce texte aux autres inscriptions d'Ahmad, on voit tju'il 
ne manque ici, dans le protocole, que les mots al-ainîr aJ-sayijid, dont la longueur correspond 
bien à celle de la lacune. Il est donc certain que C D est la suite de A B. d'autant que les 

caractères des deux fragments offrent 
le même aspect. 

Le début de A est assez fruste, 
mais la leçon hùâhâ mû tutaivica'a bi- 
iinwJihi est confirmée i)ar deux ré- 
pliijues dans les n°' 22 et 24, à la 
grande Mosquée. Les deux mots 
suivants, entièrement frustes, sont 
restitués sur les autres inscriptions 
d'Ahmad. Plus loin, le texte est 
bien conservé jusqu'au mot maulùnâ, 
à la suite duquel on voit encore 
(pi. V) un bloc anépigraphe dans le 
bandeau. La texte visible reparaît 
vers le milieu de C (pi. V), dont la 
première moitié ne renferme probable- 
ment que les deux mots al-am'ir al- 
sai/i/id: il continue en D, au-dessus 
de la porte, jusqu'au mot al-uinaru. 
La fin du texte doit se trouver en 
E et en F, sur le contrefort et la muraille qui s'élèvent à gauche de la porte et qu'on ne voit 
sur aucune photographie. 

Au-dessus de D, une pierre est encastrée en relief dans le mur (pi. Vl. On y voit sculpté 
un petit arc brisé, rehaussé d'oves ou de palmettes, encadrant un sujet, emblème héraldique 
ou simple décor, dont les contours sont trop frustes pour permettre de le déterminer. 

Du côté de la ville, la porte forme un arc brisé, encadré dans un second arc brisé, plus 
élevé (pi. V). Au-dessus du second arc s'élève un étage de défense qui se prolonge, à droite et 
à gauche, au-dessus des murs A et F (fig. 13 et 14 et fig. Strz.). Cet étage est percé de hautes baies 
à arc brisé, dont les piédroits sont en pierre de taille, comme tout le reste de la porte, et dont 
les arcs sont appareillés en briques cuites, très longues, placées en voussoirs, normalement à la 
courbe. Les petits écoinçons entre ces arcs sont aussi en briques, appareillées en dessins géo- 
métriques. Le mur est dérasé au-dessus des baies et la couverture de l'étage a disparu. 

Voici comme (;.\rdex, <)j>. cit., p. 184, décrit ce dispositif: .On the inside of the Dagh 
kapu is a building, now in ruins, in the upper part of which are a number of arched and well- 
built windows formed of red tiles, with C'ufic inscriptions on the walls between them". 

En résumé, l'extérieur de la porte de Kharput, avec les saillants qui la protègent, a été 
restauré par le calife Muqtadir, tandis que la face intérieure, avec son étage de défense moitié 
pierre, moitié brique, peut être attribuée à l'émir Ahmad. Mais l'insuffisance des documents 
permet d'autant moins de préciser les limites de cette attribution que les photographies trahissent 
des réfections plus modernes autour du passage de la porte, notamment dans les deux arcs en 
D et dans les contreforts C et E. 

Inscription coranique. — Vi\e autre photographie, qui paraît prise en G du iilan (fig. 13), 
à droite et a la hauteur de l'inscription précédente, montre deux lignes du même type et de 



Merwanides. 



31 



mêmes caractères, sculptée sur des blocs encastrés dans le j^arement (pi. V). Ce texte ne ren- 
ferme qu'un verset du Coran. IX, 18. 




da Tigre, vu d'amont. 



13. Emir Nasr. 457 H. — Au sud de la ville, en dehors de la porte de Mardin, un magui- 
fique pont de pierre traverse le Tigre d'ouest en est, eu aval du coude formé par le fleuve sous 
le front sud de l'enceinte.* Son tablier repose sur dix arches brisées, retombant sur de gros 
piliers munis d'avant-becs en amont et de contreforts eu aval (fig. 15 et 16). Près de la rive 
gauche, sur la face sud du pont, entre les arches et le parapet, on voit les restes d'une longue 
inscription, sculptée sur des pierres blanches encastrées dans le parement; celui-ci est bâti eu 
pierres volcaniques noires, comme l'enceinte. L'inscription est divisée en trois compartiments 
A, B et C, disposés sur les trois premières piles et comprenant chacun deux ligues en coufique 
fleuri, à grands caractères ornés de rinceaux d'un beau style (fig. 16 et pi. Vil.- Inédite. 




ti-. !••. Peut .lu Tiirn 



• Ce coude a été décrit plus haut, p. (i. On le voit, arec le iiont, sur la nouvelle carte d'Asie Mineure, par 
R. Kiepert, feuille C VI. 

^ La pi. VI montre en bandeau les compartiments A et B et en pleine figure, les compartiments B et C. 



32 Enceinte, I'oktes et Tours. 

[1 ou 2 mots] (?) S,^\ (?) 'jJ^\ {?)jJ^\ (^) Wj^ a& (?) jUyij [^aL* ^1 1> . . .1 (1) A 
ô'ii aI'I Jli:?^ »^l-Vi (lie y [J: • ♦ • environ 10 mots\ ^IjaSl a.;.";^ à.aS* ^Ijlkl (1) B 
[environ S mots] (2) A (félin) (?) J Al-fj w-iW aL'I ,__i(^ 'UjI aUjfc j'.ij -d__,-^l J,fclj 
ÂJU- (2) C Jb-I_^!l JLc j'-l-l ij^ ^^^'* ' ' • ■^•'' » '"öts] ^Jo Je. <iA]i J.^\ ^^>.» (2) B 

.(?)^^^ (?)o; (?)j_c 'Ülj Ä.tU;J*JJ OH^J Hj^- 

Voici ce qu'a uicluimc de tairt'C?) et de payer notre maitre, l'émir très majestueux, le seigneur .... 
. . . Ni?àm al-dîi), Mu'ayyid al-daula . . . (Abu 1-Qàsim Nasr, fils de) 'Izz al-islàm^, qu'AUàli prolonge son 
existence, qu'il rende sa victoire (?) puissante et qu'il le dirige dans la bonne voie*, désirant la récompense 

d'Allah et recherchant sa miséricorde Et la plus grande partie de ce travail a eu lien par les mains 

. . . du juge Abu 1-Hasan 'Abd al-Wàliid, l'année 457 (1065). Et l'ingénieur en est 'Ubaid, fils de Sandjar (?). 

I^a pierre blanche, molle et rongée par l'humidité du fleuve, est presque partout fruste; 
la seule partie bien conservée du texte est le fragment (', ligue 1, où la plupart des caractères 
ont gardé leur netteté. Mais en le comparant aux autres inscriptions merwanides, on peut en 
rétablir l'ordonnance générale, sinon tous les détails. Commençons par la date. Dans le chiffre 

des centaines, on voit distinctement un 'ai» devant le mot ÀtU „cent". détail important qui assure 

la leçon Ä'l^«ji .,40Û". En eflét, le style des caractères est incompatible avec les deux seules 

autres leçons offrant la même particularité d'un 'idn h cette place: Ai\^«,^ „TOO", et Ai\^«-Ji ,.900". 
Le chiffre des dizaines, bien qu'un peu fruste, est certain. Enfin le chiffre des unités oflYe 

l'alternative si fréquente entre les deux leçons «._^ ..sept" et «..Ji' ..neuf", avec une présomption 
en faveur de la première. Qu'on lise 457 ou 459, l'inscriptidu est définitivement acquise à l'émir 
Mu'ayyid al-daula Abu 1-Qàsim Nasr, un fils d' Ahmad, qui régna de 453 à 472.'' Dès lors, 
en s'appuyant sur les inscriptions précédentes et sur le n'^ 14, il est possible de rétablir une 
partie du texte, notamment les surnoms du fondateur, Nizâm al-dîn et Mu'ayyid al-daula, celui 
de son père, 'Izz al-islàm, qui figure dans les n"^ 8 à 12 et 14, enfin le nom du chargé des 
travaux, le juge Abu 1-Hasan Abd al-Wàhid, qu'on retrouve aussi au n° 14. Le nom de l'in- 
génieur est sculpté sur une pierre noire du parement, h la suite des pierres blanches du frag- 
ment C. Il est très indistinct, ii cause du ton foncé de la pierre et parce que les caractères y 

sont gravés grossièrement.'^ Après le mot »IUI, on discerne d'abord deux lettres, telles que ^ , 

' A restituer d'après le n" 14. 

^ Peut-être s ^ ,sa puissance". 

3 Cf. le protocole du n» 14, où l'émir Ahmad est aussi désigné par son seul surnom ite 'Izz al-isljm. 

* Cette eulogie, bien cfue nouvelle en épigraphie. est clairement écrite et paraît certaine. M. '.Ali Bahcat me 
rappelle à ce propos le proverbe: al-'abd i/iifaqqir wa-aUàh ijudabbir , l'homme propose et Dieu dispose". 

•i k la mort d' Ahmad en 4-53, un frère de Na.sr, nommé Sa'îd, reçut Amid en partage. Mais en 455, il fut 
empoisonné par une esclave, à l'instigation de Nasr, qui reprit alors Amid: voir Ibn al-Azraq, dans Amedroz, p. 142s.; 
Ibn al-Athir, X, p. 11, l'.t; Ibn Shaddàd, fo 58 ro; Ibn Khaldûn, IV, p. 320; Abu l-fid,i', II, p. 190. 

° NiEBUHR, loc. cit., dit à ce propos: ,La plupart des inscriptions coufiques sont ou bien [sur une espèce de 
pierre blanche et molle, ou bien elles sont de terre grasse et cuites au four ... Si l'on en trouve l'une ou l'autre 
sur la pierre (noire volcanique) dont la muraille est faite, elle est si mauvaise, i|ue l'on peut distinctement voir que 
la jiiei-re était trop dure pour le sculpteur ... et (|ue l'on s'est servi de la pierre blanche parce qu'elle se laisse 
mieux travailler." Cette observation préci.se est confirmée par les photographies du général de Beylîé. 



Merwaxidep. 33 

suivies d'ua groujie tel que js^^, puis, au-dessus de ce dernier, le groupe X-^, qui paraît être 

le Dum de l'iugéuieur, peut-être Ubaid, les deux lettres isolées représentant le mot ^ .fils" et 
le groupe suivant renfermant le nom piaternel, peut-être Sandjar. 

L'attribution du pont à Na^ir est confirmée par un auteur digne de foi. Parmi les nombreux 
travaux d'art que le chroniqueur Ibn al-Azraq Fâriqi attribue aux Merwanides, figurent plusieurs 
ponts jetés sur les cours d'eau qui arrosaient leurs domaines. Suivant lui, Ahmad, le père de 
Nasr, bâtit, pour la route d'Amid à Mifarqin, un pont sur la rivière Hauw et un autre de vingt 
arches dans les environs d'Amid; il serait intéressant d'eu rechercher les traces.^ Un peu plus 
loin, il attribue précisément à Na.sr un pont sur le Tigre à Amid.- Il est donc certain que le 
pont actuel a été construit par Nasr, ou plutôt rebâti par lui, car il est non moins certain que 
bien avant son règne, un pont traversait le Tigre près d'Amid. Niebuhr, qui parle du pont 
actuel, s'exprime ainsi: .A environ 1400 ou 1600 pas doubles de Mardin kapusu, on voit en- 
core un beau pont avec dix arcades sur le Tigre. Le pont même est fait d'une pierre noire et 
dure, mais une inscription coufique que Fou y trouve est sur une pierre molle et par l;i même 
elle a beaucoup souffert par les injures du temps. Cela fait qu'on ne peut plus voir dans quelle 
année il a été bâti; mais le caractère paraît plus ancien que le plus ancien de la muraille de 
la ville cjue j'ai copié, et il est par conséquent assez vraisemblable que c'est là le pont qui a 
été bâti l'an 124 do l'hégire."^ 

On ne peut reprocher à Niebihr d'avoir jugé perdue, dès 1766, une inscription que seul 
un heureux hasard m'a permis d'attribuer. Le principal intérêt du passage de Niebihr, c'est 
de signaler l'existence d'un pont bâti sous les Omayyades. Bien qu'il ne cite, à ce propos, 
qu'un ouvrage de seconde main^, le renseignement se trouve exact. En l'année 124 (742 — 43), 
la dernière du règne du calife Hishâm, un pont sur le Tigre à Amid fut détruit par une crue 
printanière du fleuve, charriant des glaçons et des débris de toute espèce; sa restauration, com- 
mencée sous Hishâm, fut interrompue par la mort de ce calife.^ Suivant une autre source, un 

' Voir Ibn al-Azraq, dans Amedbdz, p. 1^(5, 13-i, IH-^i. Sur la carte de R. Kiepert, la route d'Amid à Mifarqin 
traverse un grand nombre de cours d'eau parallèles, descendant des montagnes de Hazru au nord, vers le Tigre au 
sud; je n'y trouve pas une rivière du nom de Hauw. Les mots ,the river Hauw ■ dans Amedroz répondante la leçon 

j.a- ,^ , je propose de lire jj t». ^ ,1e Nahr Hazru", et d'y reconnaître le principal de ces cours d'eau, à mi-chemin 
entre Amid et Mifarqin. qui passe à Hazru et que la carte citée appelle Hazru su, traduction turque de Nahr Hazru. 
On n'y a pas signalé, que je sache, les vestiges d'un pont important. En revanche, la même carte marque les ruines 
d'un vieux pont au sud de Hazo, sur le Hazo su, à l'est de Mifarqin, pont signalé par Hàdji Khalfa, DjHiân-numa, 

éd. Constantinople, 114ÔH., ]>. 440; cf. Charmoy, dans Sharaf al-din, la, p. 1.5:2. Il serait tentant de lire j',5- ^ 
dans le texte d'Ibn al-Azraq; mais le contexte, où il est question d'un voyage de Mifarqin à Amid, prouve qu'il s'agit 
du Nahr Hazru, à ïoucst de Mifarqin, et non du Xahr Hazu, à l'est de cette ville. D'autre part, il ne faut pas con- 
fondre le pont du Hazo su avec celui du Batman su, situé plus à l'ouest, entre le premier et Mifarqin. Celte con- 
fusion a été faite par Ch.\rmoy, tom. cit., p. 482, qui cite, à propos du premier, la description qu'EwLivA fait du second ; 
on peut s'en convaincre en consultant le texte turc du voyageur, IV, p. 76 s. Le Batman köprii, qui figure aussi sur 
la carte de R. Kiepert, repose sur une grande arche brisée et sur deux petites. Sa face est porte les restes d'une 
inscription d'après laquelle il aurait été bâti, en tj43 de notre ère, par ,im certain Othmân"; le reste de l'inscription 
est illisible. Ce renseignement, donné par T-jvylor, Travels in Kurdistan, dans JGSS, Londres ISfiô, XXXV, p. 2.5, 
mériterait d'être vérifié. Si la date est exacte, nous aurions ici la plus ancienne inscrijrtion musulmane connue et ce 
personnage pourrait être le calife 'Uthniàn, élu en 644. Mais cette attribution est peu vraisemblable et la date 
semble erronée. M. Lehmanx-Haupt m'écrit que le pont existe encore et qu'il croit y avoir vu une inscription. 

- Dans Amedroz. p. 145. Ibn Shaddàd, fos 44 r» et (10 r», ajoute que Xasr le bâtit vers le début de son règne 
et qu'il institua des fondations pour son entretien. 

^ Voir Niebuhr, loc. cit.; cf. Ewliya et H. de Hell, cités plus haut, p. 9 et 11. 

^ Semler. Übersetzung der allgemeinen Welthistorie, qui s'appuie sans doute sur Assemani, cité plus loin. 

^ Voir Denys de Tell Mahre, trad. Chabot, p. 29, aussi dans Assemaxi, BiUiotheca orientalis, II, p. 107, cité 
dans Ritter, Erdkunde, XI, p. 35. 

Amida. * 



34 Enceinte, Porte? et Touhs. 

pont sur le Tigre aurait été détruit plus tard par l'empereur Zimiscès, vers 363 (973), au cours 
de son expédition contre Amid.' Si cette indication est exacte, trois ponts au moins se sont 
succédé là sous les musulmans, avant celui de Nasr: le jjremier, peut-être antique, détruit sous 
Hishâm, le deuxième, détruit par Zimiscès, le troisième enfin, détruit avant la construction de 
Nasr; car il est peu probable que le fleuve ait été privé de pont depuis Zimiscès jusqu'à Nasr.^ 
Un coup d'œil sur la nouvelle carte de R. Kiepert montre que la route d'Amid à Mifarqin 
a dû traverser le Tigre, dès l'antiquité, sur un pont très important. Or, le choix de l'emplace- 
ment d'un pont est dicté par des conditions topograpbiques assez peu variables. Si le pont 
traverse le Tigre au sud d'Amid, et non pas à l'est, c'est que les circonstances qui ont motivé 
cet emplacement existaient probablement dès l'antiquité. Il est donc à présumer que le pont 
antique se trouvait au même endroit' et que c'est sur ses fondations que s'élevèrent ces ponts 
successifs, jusqu'à celui de Nasr.* Seul un examen sur place montrera si le pont actuel a con- 
servé des vestiges antiques; les photographies ne donnent aucune indication précise à cet égard. 
A part le sommet de quelques piles, le tablier et le parapet tout entier, maçonnés en petits 
moellons noyés dans dépais lits de mortier, parties beaucoup plus récentes, l'ensemble du pont 
paraît bien remonter à Nasr. Il est construit avec cette pierre noire qu'on trouve dans l'en- 
ceinte d'Amid, notamment dans les parties refaites par les Merwanides. On y relève deux 
caractères qui distinguent généralement les ponts musulmans des pont antiques : le i^rotil brisé 
des arches et la faible épaisseur de leurs claveaux. Mais voici quelques indices plus précis 
en faveur de cette attribution. Les blocs de l'inscription, quoique très frustes, sont bien en place; 
ils n'ont pas été déposés et replacés en désordre à la suite d'une réfection ultérieure, comme 
c'est le cas pour les blocs du n° 31. Immédiatement au-dessus de l'inscription, sous le parapet 
restauré, court un cordon en pierre noire, dont le profil se compose d'un 
quart de rond entre deux filets. Ce cordon, qu'on pourrait prendre pour 
une corniche marquant, sur les deux faces, le niveau du tablier, ne règne 
en réalité qu'au-dessus des trois compartiments de l'inscription, entre les- 
([uels il s'interrompt. Il est donc évident qu'il avait pour but de pro- 
téger la pierre tendre de l'inscription contre la pluie et les gouttières et 
qu'il est contemporain de celle-ci. A gauche de la ligne 1 du comparti- 

Fitt. 17. Sur le pont. "^ ^ ,.,.•,, i i • ■ x - n 

ment C, sous 1 extrémité de ce cordon, une pierre noire encastrée dans 
le parement, à la suite des pierres blanches de l'inscription, porte un félin sculpté, passant à 
droite, tirant la langue et relevant la queue en S au-dessus du dos (fig. 17). Le style de cet ani- 
mal, emblème héraldique ou simple décor, trahit 
L- e^^^ m _L — encore l'époque merwanide. Moins naïf et mieux 

joyo [13 + o [TTq I c^_ j . . ^ ? . , ., ,. , 

•^ ^ dessine, mais aussi plus prétentieux et moins 

Fig. 18 MHr.|ues du pont aiiiusaut quc Ics bcstioles de Muqtadir aux portes 

de la ville, cet animal est encore loin, pour la pu- 
reté des formes et la beauté du style, du buffle dévoré par un félin qu'un véritable artiste 
sculptera, juste un siècle plus tard, à l'entrée de la grande Mosquée.-"^ En revanche, il n'est 
pas sans analogie avec un autre félin sculpté sur un des saillants de l'enceinte, à côté d'une 
autre inscription merwanide.'' Enfin, la plupart des pierres noires du parement, autour de l'in- 

' Voir Matthieu d'Edesse, trad. Dulaurier, p. 16: cf. plus haut. p. -2i. 

- Ibn al-Azraq ne dit pa.ç, du moins dans l'extrait d'AniEDRoz, à la suite de quel iiuàdent Nasr bâtit sou pont. 

' En .012, Jean, évi-que d'Amid, fit construire un pont sur le Tigre: voir plus loin le chapitre de M. Strzycowski 
sur les églises d'Amid. 

* Dans l'inscription, les mots ,et la 2)!us grande partie de ce frarail a eu lieu par les mains du juge 'Abd 
al-Wâhid ..." pounaient indiquer que Nasr n'a pas refait le pont tout entier. Mais je crois que le rédacteur veut 
plutôt dire que ce juge n'a dirigé que la plus grande partie des travaux de Nasr. 

= Voir plus loin, au no 24, fig. 24 et 25 et pi. XVI. 

'^ Voir plus loin, au n« 1.5. 




Merwanideh. 35 

scriptiou, portent des signes lapidaires, probablement des marques de tâcheron, dont le style, 
bien qu'assez vague, paraît trahir la même époque. Voici (fig. 18) celles que j'ai pu relever 
exactement sur les photographies.^ La première à gauche est de beaucoup la plus fréquente et 
peut être interprétée comme un nom propre: Mu'min. D'autres pierres portent des graffites en 
coufique simple et grossier. 

En résumé, le pont du Tigre paraît être d'origine antique. Les chroniques en signalent 
plusieurs restaurations jusqu'à celle de Nasr, attestée par une inscription. C'est à lui que remonte 
le pont actuel, à part les parties évidemment plus récentes. D'autre part, il est possible que le 
pont actuel ait conservé des vestiges antérieurs au XI" siècle. 

14. Le même. 460 H. — Sur la face antérieure d'un saillant carré de l'enceinte, sur des 
pierres encastrées dans le parement. Deux lignes du même tj'pe; mêmes caractères, d'un style 
moins orné (pi. VI). Publiée par l'auteur d'après un dessin deNiEBUim.- Revu et corrigé sur 
une photographie due à l'obligeance de M. Puuxox, le texte suivant est définitif. 

'iJ_^i > <:vi j^i ■■^ij^\ s>\a jjlM ^Vs jC--.1I j=^S'i jS^\ 4U. ^\ 'u i»i ^_ (1) 
A^ijji jut jA.\ S} ^^^^-^ s^ J^ ^-^' >^j '"'^ "^^ J'^^ c^V* j' à. (-' .-^ f-^^ i"^ 

Voici ce qu'a ordonné de faire l'émir très majestueux, le seigneur Ni?àm al-dîn, Mu'ayyid al-daula, la 
gloire de la nation, la puissance des rois, Abu 1-Qàsim Nasr, fils de 'Izz al-islàm, qu'Allah prolonge son exi- 
stence et fortifie sa victoire! Par les mains du juge Abu 1-Hasan 'Abd al-Wàhid, fils de Muhammad, en 
l'année 460 (l(lG7-68). 

Ibn Shaddâd, f<'44ro, signale dans l'enceinte, en dehors et en dedans, des travaux de 
Nasr, marqués par des inscriptions à son nom. Le juge 'Abd al-Wàhid figure dans l'inscription 
précédente, à titre de chargé des travaux du pont. Quant à l'ingénieur, il n'a pas signé son 
ceuvre. Son nom, qui ne paraît pas dans le dessin de Niebihr, ne figure pas non plus sur la 
photographie de l'original. 

15. Émir Mausûr. 476 H. — Sur trois faces A, B et C du saillant polygonal T du plan 
de l'enceinte (fig. 1), à l'ouest de la porte de Kharput; sur des pierres encastrées à mi-hauteur 
dans le parement, entre deux étages de meurtrières. Une ligne du même type, la deuxième 
très courte, sous le milieu de la première, en C; mêmes caractères (fig. 19 et 20). Inédite. 

(?) Ja^ j^dl VSfl -L-M ^A'I 4SU ^A ^P Jli:VL* 'lU ^i Cr . . . 4L-. B (félin) A 
äjLil çlu; J\ j^^ßA.\ (.,.■) ji ^\,h\ 3j^ 'X^\ ^C AÎJJtM^^t àJiM ^ *^\.^VI (1) c 
'.j:^ (2) Ä:- jj^-i J x>.\^\ Jufr J\ jl=t^ j^ ^} Js\l^\ ^A. Jt dili ^j>.3 !>j.^ aIM 'yS 

' Une de ces marques est sculptée sur le corps du lion, flg. 17. 

2 Voir NiEBUHR, loc. cit. et pi. XLIX, C; Leh-MAN-V-Haupt, Materialien, Arab. Inschriften, p. 8 et ij1. XI. 

' Au lieu de Ij? • • . aI. 1 clans ma première édition. 

■* Au lieu de J^"yi dans ma première édition; cette nouvelle leçon, plus conforme au dessin de Nieel-hr, est 

confn-mèe par la photographie de M. Pognon. = Au lieu de <»5d« Âji\ Ju I dans ma première édition. 



56 



Enceinte, Portes et Tours 



Voici ce (|u'a onluniie de faire et de payer sur sa fortune l'érair, le seigneur très majestueux, le vain- 
queur, Saif al-islàm, 'Alam al-dîn, Nàsir al-daula. la couronne des rois, la noblesse des émirs, Abu ]-mu7affar 
Mausùr, fils de Ni?àm al-din, qu'AUàh fortifie sa victoire! Et cela a eu lieu par les mains du juge Abu Nasr 
Muliammad, fils de 'Abd al-\Vàhid, dans les mois de l'année 47G (1083— 84). El riiii;énieur en est Abu Sa'd, 
lils de Hamid (v). 




Inscription u^"* 15, faces A et B. 



Mausijr, le lils aîné de Nasr et le dernier des Merwanides, régna de 472 à 478. Dépouillé de 
ses États par le sultan Malikshâh, il mourut obscurément à Djazîra, en 486 ou 489.^ Les surnoms 




Fig. 211. Insc-liption n" 15, face < . 

Nâ.sir al-daula et Abu l-mu'/atiar. fiue lui donne Ibn al-Azrafj, sont confirmés par ce texte, c^ui 
l'appelle encore 'Alam al-dîu; le surnom en Islûm n'est pas tout à fait certain, parce que le 
dernier mot du fragment B est un peu fruste. 

Le juge chargé des travaux est sans doute le fils de ce juge "Abd alWàhid qui figure, 
au même titre, dans les deux inscriptions précédentes. Le nom du père de l'ingénieur est écrit 
distinctement, mais sans points diacritiques; on peut le lire Hamîd ou Humaicl.- 

Sur la photographie, le félin sculpté en A est indistinct et paraît un peu fruste. Il est 
passant à gauche; on distingue vaguement son corps, sa tête, ses quatre pattes et sa queue en 

' Voir Ibn al-Azrac), flans Amedroz p. 146 s., Ibn ShaddAd, f" 64- ro, et c:raiitre,s sources citées plus loin, p. 37, n. 8. 
^ -J'ignore .si ces noms sont usités, mais on trouve le féminin Humaiija: voir Wi"stexfei.d. Register, p. 253, et 
les index d'Ibn al-Alhir et de Tabari (ne pas confondre avec Hamid, Humaid et Humaithi). 



►Seldjoukides. 37 

S, relevée au-dessus du dos (fig. 19 à droite). Ce dernier détail permet de rapprocher cet animal 
de celui qui décore le pont du Tigre.^ Mais il serait prématuré d'en conclure que les Mer- 
wanides portaient un félin pour emblème héraldique, tant qu'on ne possède aucun renseignement 
précis à cet égard. 

SELDJÜÜKIDES. 

Le règne des Jlerwanides touchait à sa fin. Dès longtemps, des émissaires du sultan 
Toghril-bek avaient „pénétré" le Diyar-Bekr.^ En 463, le sultan Alp-arslàn, en route pour la 
Syrie, traversa les États de Nasr, qui lui apporta l'hommage d'un tribut. En passant h Amid, 
le Seldjoukide eu admira la puissante enceinte et, caressant le mur avec sa main, il la passa 
sur sa poitrine, pour attirer sur lui la bénédiction divine, ajoute le chroniqueur arabe, qui ne 
dit pas si dans ce geste, le Turc superstitieux ne voyait qu'un heureux présage pour sa cam- 
pagne de Syrie, ou s'il commandait à sa fortune de lui livrer enfin cette enceinte convoitée.' 
A cette occasion, le vizir d'Alp-arslàn, le célèbre Nizàm al-mulk, fit visite à Nasr et, pour en- 
dormir les craintes qu'éveillait en lui la venue de son maître, il lui fit entrevoir le diplôme de 
sultan. Mais plus tard, il se borna à le faire nommer sulfân al-umara, titre plus banal et moins 
compromettant, alléguant qu'il ne pouvait exister deux sultans à la fois.'* Que cette anecdote 
soit vraie ou non, elle est bien orientale et montre que les Merwanides n'étaient plus que les 
humbles sujets des Seldjoukides. Encore ne devaient-ils pas le rester longtemps. Raffinés de 
culture, très larges eu matière religieuse," gâtés par la fortune et par des mœurs trop faciles*', 
ces princes kurdes n'avaient pas la sympathie des nouveaux maîtres de l'Asie. Pour gouverner 
leur vaste empire, ceux-ci voulaient des soldats éprouvés, sachant à la fois commander et obéir. 
En 477 et l'année suivante, à la suite de circonstances trop longues à raconter, le sultan Malik- 
shàh chargea Fakhr al-daula Muhammad ihn Djahîr, un ancien vizir des Merwanides Ahmad et 
Nasr, qui était entré à son service, d'enlever le Diyar-Bekr au Merwanide Mansùr. Ihn Djahîr 
s'empara de Mifarqin et l'un de ses fils, Za'im al-daula', prit Amid. Le sultan confia le gou- 
vernement du Diyar-Bekr à Ilm Djahîr; ou va voir qu'il ne le garda pas longtemjis.* 

' Voir plus haut, p. 34 et ftg. 17. 

- Au moins à deux reprises; voir Ibn nl-Azraq, dans Amedroz, p. 137 et 143. Ce dernier suspecte les dates 
attribuées par le clironiqueur à ces deux tentatives. La première, qui est l'année 434, est confirmée directement par 
Abu 1-faradj, trad. Bruns, p. 243 (cf. Hist. arm. des Crois., I, p. 320, n. 1) et indirectement par un passage d'Ibii 
al-Athîr, IX, p. 370, duquel il ressort qu'en 439, Amid appartenait à foghril-bek, ou du moins qu'il y disputait la 
suzeraineté et le droit de prière au Bouyide Abu Kàlîdjâr; cf. ibid., p. 358. Pour la seconde, qu'Ibn al-Azraq place 
en 458. elle est évidemment fausse, puisque Toghril-bek mourut en 4.55, et il vaut mieux adopter la date de Matthieu, 
trad. DuLAURiER, p. 115s., qui correspond à 454 — .55. D'après ce dernier, la tentative seldjoukide fut suivie d'une 
attaque infructueuse d'Amid par les Byzantins, signalée aussi par Abu 1-faradj, trad. Bruxs, p. 262. Suivant Ihn 
al-Athîr, IX, p. 433, et X, p. 11, et Ibn Khaldùn, IV, p. 319, Toghril-bek lui-même entra dans les États d'Ahmad, qui 
lui offrit un tribut. Quoiqu'il en soit, il est permis de croire que dès le règne d'Ahmad, Amid reconnaissait la 
suzeraineté plus ou moins officielle des Seldjoukides; cf. Sharaf al-dîn, éd. Véliaminof, I, p. 19; trad. Chabmoy, Ib, p. 35 s. 

' Voir Bundàri, éd. Houtsma, p. 37; Ibn al-Athîr, X, p. 43; Abu 1-faradj, trad. Bruns, p. 266; cf. Abu 1-fîdà' 
II, p. 196; Matthieu, trad. Dulaurikr. p. 163; Duval. Histoire d'Édesse, dans JA. 8» série, XIX, p. 97. 

•• Voir Ibn al-Azracf, dans Amedroz, p. 144. 

^ Les Merwanides favorisaient notamment les chrétiens, comme il ressort de plusieurs passages des auteurs. 

" Sur le harem d'Ahmad, ses trésors, ses monuments, son goût pour les arts et la littérature, voir Ibn al-Azraq, 
{lans Amedroz. p. 131s.; Ibn al-Athîr, X, p. 11; Ibn Khallikàn, trad, de Slane, I, p. 158; Abu 1-fidà', II, p. 189 s. 

' Ibn al-Athîr, X, p. 93, et Ibn Khallikàn, trad, de Slane, III, p. 281, 287, l'appellent Za'îm eil-m'asâ'; la 
variante Z«'(H( al-dmila, dans Ibn al-Azraq et Ibn Shaddâd, est plus conforme à la titulature de cette époque, où les 
surnoms en al-danla, comme un peu plus tard ceux en al-d'in, sont employés couramment en guise de noms propres. 

^ Fakhr al-daula Muhammad ibn Djahîr, originaire de Mossoul, fut longtemps vizir du Merwanide Ahmad. 
A l'avènement de Nasr, il garda son poste, mais peu après, en 454 ou 455, il l'abandonna pour se rendre à Bagdad, 
où il fut successivement vizir des caUfes Qà'im et Muqtadî. En 474, Nizàm al-mulk l'appela en Perse à la cour du 
sultan, auquel il persuada de conquérir le Diyar-Bekr, recevant de lui, par avance, le gouvernement de cette province 



38 Enceinte, Poütes et Tourh. 

16. Sultan Malik-shàh. 482 H. — Sur la face antérieure d'un saillant polygonal du front 
est ou sud de l'enceinte, sur des pierres encastrées dans le parement. Cinq lignes en coutique 
fleuri; grands caractères à fort relief, d'un style plus orné que celui des inscriptions merwanides 
(pi. VIT). Celle-ci est un peu fruste et plusieurs mots sont illisibles. Inédite. 

i^*; di'Uj aLM J^j\ jlkU 'itVl ôll>U \-l) -.kll jlLlJl :ô à 6 mots] ..♦ <L~. [i) 

J; ô'Li'VL* rzllel\ y} ÄÜ1 1 mot; '^iJl\ J^^=^ J^x\ (3) j LU'i '>* îl mot] (?) j_^î [1 mot] aU* 

'Jt 3 a!j-^'> *-^ J.^\ ^j^^ ^^* (">j* (^) (^)j^'^\ Ä;Vi j ö[J^' aI[)'1 > ù^^-^'^ 

. [1 motl.n ^^^L- J^f Ju>.Ä^ 'Ul^ <:(-.«) jlj JrtICj ^j^J^ Àl- l3 

... le sultan magnifié, le très grand roi des ruis, le sultan de la lene d'Allah et le maître des (lays 

d'AUàli Mu'izz al-dunyà wal-din, Djalàl al-daula .... -Abu 1-falh Malik-shàh, fils d'Alp-arslàn, 

qu'AUàh fortifie sa victoire! Sous le gouvernement de l'émir Qawàm al-mulk, Shams al-dîn, 'Umdat al-daula 
Abu 'Ali al-Hasan, fils de 'Abd al-Malik, (|u' Allah fasse durer ses jours! Et ce travail a eu lieu par les mains 
du juge Abu Nasr Muhammad, fils de 'Abd al-Wàhid, en l'année 48:2 (1089—90). Et l'ingénieur en est 
Muhammad, fils de Salâma. de . . . 

En fait d'inscriptions des grands Seldjoukides, on ne connaissait jusqu'ici que quatre 
textes dans la grande Mosquée de Damas, datés de 475, au nom de ce même Malik-shàh. qui 
n'y figure qu'incidemment, avec un protocole très bref, entre son frère Tutush et le calife 
Muqtadî.^ Voilà donc le premier document épigraphique, officiel et complet, au nom d'un grand 
Seldjoukide de Perse. Il renferme les titres aî-sidtûn al-muamtm, shûhanshâh al-a?a)ii, qui 
figurent aussi dans les inscriptions de Damas et sur quelques monnaies de Malik-shâh, et qu'on 
retrouvera dans toutes les inscriptions seldjoukides d'Amid. C'est donc à l'instar des Seldjou- 
kides de Perse que leurs cousins d'Asie Mineure ont porté ces titres, avec quelques variantes 
et jusqu'à la fin du XIII® siècle, sur leurs monnaies et dans leurs inscriptions.^ Mais les pre- 
miers, à leur tour, les avaient empruntés à des dynasties plus anciennes.* Quant aux surnoms 

Amid et Mifarqin lui-ent pris en 478. L'année suivante (Bundàri et Il)n al-Athir) ou deu.x ans après (Ibn al-Azraq), 
Ibn Djahir fui rappelé auprès du sultan, qui le chargea de la conquête du Diyar-Rabi'a. Il mouiut à Mossoul en 
483; voir Ibn al-.\zraq. dans Amedroz. p. 13tj à 1.51; Bundàri, index, notamment p. 24, 7.5 s., 82; Ibn al-Athir, index 
à Fakhr al-daula, notamment X, p. 11, 14s., 67, 74s., 83, 86, 93s., 105, 121 (l'index n'est ni complet, ni très exact); 
Ibn Shaddâd, fos 60s; Ibn Khallikàn, trad, de Slane, I, p. 158; III, p. 280s.; Abu 1-fidâ', II, p. lUO, 200 à 209; Ibn 
Khaldûn, IV, p. 320 s.; V, p. 6 s.; Sharaf al-dîn, éd. Véluminof, I, p. 20; trad. Charmov, Ib, p. 36, 256; cf. plus loin, 
aux nos 16 et 17. Muhammad avait bâti une maison à Bagdad; voir Sibt ibn al-Djauzi, éd. Jewett, p. 11 en bas. 

' Ce mot parait écrit ^%\. mais la leçon ^^^Ijl est la seule possible; cf. le mot suivant, qui parait écrit ^"^ 

et qu'il faut lire jjCUÎ- Dans plusieurs inscriptions d'Amid en coutique fleuri, les lettres à dents courtes se prolongent 
vers le haut du champ par une hampe décorative qui leur donne l'air de vraies lettres à hampe. 

- Voir mes Iitscri2}fio)is arabes de Si/rie, tir. à part des Mémoirex de l'Iitstitut éi/yptieii, p. 14s., 90s. 

^ Pour Tépigraphie et la numismatique des .Seldjoukides d'Asie Mineure, je me borne à renvoyer ici à la 
troisième partie du Corpus, dont le premier volume est sous presse; voir plus haut, p. 4, n. 1. 

* Le vieux titre de roi des rois, qu'ont porté tour à tour la plupart des souverains de la Perse et de la Méso- 
potamie antiques (voir les sources citées dans Humaxx et Puchstei.n, Reisen in Kleinasien, p. 281, n. 1) et, en dernier 
lieu, les Sassanides (voir Tabari, trad. Xöldeke, Geschichte der Perser, p. 15, n. 1), reparait avec l'Islam, sous les formes 
shàhânshâh (voir Ibn Khurdàdbeh, éd. de Goeje, p. 16, trad., p. 12) et shâhanshâh, d'abord chez les Samanides, qui 
restaurèrent, à tant d'égards, les traditions sassanides, puis chez les Bouyides. D'après Nizàm al-mulk, ce titre fut 
porté par l'émir Nùh ibn Mansùr; voir Siyâset-nâme, éd. Schefer, p. 136; trad., p. 200. Il est vrai qu'd ne figure ni 



.Seldjoükide?. 39 

personnels du sultan, cette inscription et les deux suivantes se bornent ii confirmer ceux que 
nous connaissions déjà.' 

L'émir dont le protocole, introduit par les mots f'i ivilûija, fait suite à celui du sultan, est 
le gouverneur du Diyar-Bekr au nom de Malik-shàh. ' En effet, Muhammad ibn Djahir fut 
rappelé en 479 ou 480- et remplacé par un personnage que les auteurs appellent ,al-'Amîd 
Qawâm al-mull: Abu 'AU al-Balkhi"'' et qui ne peut être que le „Çanâni ol-nuilk Shams al-dîn 
'Umdat al-daula Ahi'i '^?? al-Hasan" de l'inscription ; je souligne les deux surnoms qui assurent 
cette identification. 

Mais que veut dire al-'Amid chez les auteurs? A partir du XIIP siècle, c'est le surnom 
en al-dîn qu'on désigne couramment sous cette forme abrégée; ainsi, al-'Imâd, pour 'Imâd al- 
dîn. Au XP siècle, ces surnoms n'étaient pas encore répandus et, dans les chroniques, les per- 
sonnages marquants de cette époque sont désignés plutôt par leur surnom en al-dmàa ou en 
al-mnJl;:^ En tout cas, al-'Amîd ne peut être ici le surnom en al-dîn, puisque l'inscription le 
donne sous la forme Shams al-dîn ; ce n'est pas davantage celui en al-nmlk, qui est Qawâm al- 
mulk, de l'avis unanime des chroniques et de l'inscription; reste le surnom en al-daula. Il est 
vrai que l'inscription donne 'Umdat al-daula; mais les mots 'amîd et 'iiiiida dérivant du même 
radical et signifiant tous deux .soutien", il est facile de les confondre et l'on peut supposer que 
le vrai surnom était en 'uiiida, changé par les chroniques en 'amîd, forme plus connue. ° Enfin, 
al-'Amîd pourrait être l'abrégé d'un autre surnom." Cette petite obscurité ne saurait faire ob- 
stacle à une identification basée sur la coïncidence des dates et de deux surnoms certains. L'in- 
scription prouve que ce personnage était encore gouverneur au début de l'année 482 et con- 

sur les monnaies de cet émir, ni dans les auteurs que j'ai pu consulter, notamment Hamdallâh et Mirkhond. Mais on 
peut croire que le célèbre vizir, si versé dans la diplomatique, ne s'est pas trompé; d'ailleurs, son assertion parait 
confirmée par un passage d'ibn Khallikân, cité par Fraehn, Opnscula postuma, II, p. 205, d'après lequel les Sama- 
nides portaient le titre sultan nl-scdàtin. Comme le titre de sultan ne semble pas remonter jusqu'aux Samanides 
(voir 'Umari, trad. Quatremère, dans Notices et Extraits, Xlll, p. 247), on peut croire que l'auteur arabe a traduit 
ainsi le titre persan shähänshäh. S'il en est ainsi, le titre qû)il(ir qâiii des llik-khân du Turkestan pourrait bien être 
une traduction turque du shâhânshâh samanide: voir Grexard, dans JA, 9'' série, XV, p. 40, n. 1, et 77 (d'après le 
Kudatktt bilik). En tout cas, il est certain que les Bouyides ont porté ce titre (et celui de malik al-muh'ik), déjà, 
semble-t-il, avec l'épithète al-a'zam, ainsi que le titre al-suifân al-mu'as'sam ; voir Fraehk, Ojy. 2)ost., I, p. 25") ; Lane- 
PooLE, CßM (Catalogue of Oriental coins in the British Museum), II, nos 668 à 682, 687; IX, p. 261s.; Coverxton, 
dans Num. Chron., 1903, p. 177s. ; Amedroz, même revue, 1905; Codrixgton, Musalman nwnismatics, p. 83; Nizàm 
al-mulk, Siyâset-nâme, trad. Schefer, p. 91, 103, n. 1 ; Ibn al-Athîr, IX, p. 312; Mirkhond, trad. Wilkex, Geschichte 
der Sultane ans dem Geschlechte Bicjeh, p. 98; Huart, Calligraphes et miniaturistes, p. 77, etc. Ce qui paraît être 
propre au protocole seldjoukide, c'est la combinaison constante de ces deux titres en un seul, avec alternance des 
deu.x épithètes: al-sultân al-mn'ïïam .<!hâhanshâh al-a'sam ou al-sultûn al-a'zam shâhânshâh al-mu'zzam. Après les 
Seldjoukides, ces titres, comme tant d'autres, se répandirent et furent portés par les représentants de plusieurs 
dynasties; voir les sources citées dans mon Epigraphie des Assassins, tir. à part, p. 34, 36, n. 4. 

1 Les surnoms Mu'izz al-dîn, Djalâl al-daula et Abu 1-fath figurent dans les inscriptions de Damas, citées plus 
haut, sur les monnaies de Malik-shàh et dans plusieurs auteurs; voir Laxe-Poole. CBM, III, no 61s.; IX, p. 277; 
Râwandi, trad. Bro^vxe, dans JRAS, 1902, p. .585, 597; Bundàri, p. 48; Ibn Khallikân, trad, de Slaxe, III, p. 440; 
Hamdallâh, trad. Gaxtix, I, p. 216, 233; Mirkhond, trad. Villers, Geschichte der Seldschnken, p. 91. 105; Siyâset-nâme, 
trad. Schefer, p. 202, n. 1. Le premier de ces surnoms figure ici pour la première fois sous la forme souveraine en 
al-dunyâ wal-din; cf. CIA, 1, index à titres en ad-dunijà wad-din. 

^ Voir plus haut, p. 37, n. S. 

' Voir Ibn al-Azraq, dans Amedroz, p. 149; Bundàri, p. 76; Ibn al-Athîr, X, p, 105; Ibn Shaddàd, fo 62 ro, 

* Voir ZDFV, XVI, p. 93; cf. plus haut, p. 37, n. 7, et plus loin, au chapitre de la coupe d'Innsbruck. 

^ Il n'est pas même besoin de supposer ici une faute de copie dans les manuscrits; le substantif 'umda étant 
féminin, on l'a peut-être remplacé, dans le langage courant, par le masculin 'amîd, qui paraissait plus logique dans 
un surnom masculin. A l'appui de cette hypothèse, on remarquera que les surnoms masculins renfermant pour 
premier terme un substantif féminin sont rares. 11 y aurait toute une grammaire à écrire sur les formes de la 
titulalure. 

^ D'après Bundàri. p, 74, et Ibn al-Athîr, X, p. 88, Abu 'Ali al-Balkhi portait le titre 'am'id Khurâsân. 




40 Enceinte, Portes et Tours. 

firme aussi, sur ce poiut, le témoignage dlbn al-Azraq.' Quant an jnge chargé des travaux, 
c'est cet Abu Nasr Muhammad ihn 'Abd al-Wàhid qui figure, au même titre, dans les n"* 15 
et 17. Enfin le nom de Tingéuieur, Muhammad ihn Salâma, est suivi d'un mot dont on ne 
peut lire que Tarticle, le reste étant caché sous des taches de plâtre; c'est sans doute un relatif 
désignant la famille ou le lieu d'origine de ce personnage. 

Au-dessus de l'inscription, sous une meurtrière percée au milieu de la face antérieure du 
saillant, règne un court cordon horizontal qui s'amortit en retour d'équerre vers le sol et abrite 
trois animaux sculptés dans les pierres du parement: au centre, un 
objet fruste qui paraît être un oiseau de proie, analogue à celui qui dé- 
core l'entrée de la porte d'Alep*; à droite et à gauche, deux chevaux, 
passants et affrontés, la queue relevée, portant la bride et la selle arabe 
à étriers, mais non montés (fig. 21).^ Plus bas, la première ligne du 
' - '•^' texte est bloquée par deux félins, passants et affrontés, rappelant ceux 

qui décorent les grosses tours A et B, mais d'un style plus grossier.^ 
Plus bas encore, au milieu de l'intervalle qui sépare les lignes 4 et 5, sont sculptés deux 
petits quadrui^èdes à cornes (gazelles ou bouquetins), passants et affrontés, et aux deux 
extrémités de ce même intervalle, deux volatiles (corbeaux ou oiseaux de proie), passants et 
affrontés, la queue et les ailes éployées, et picorant à terre. Au-dessous de chacun d'eux, on 
distingue vaguement un objet en spirale, peut-être deux dragons. Enfin, sur les deux pans coupés 
qui rehent la face antérieure aux faces latérales du saillant, un peu plus bas que l'inscription, 
sont sculptés deux petits quadrupèdes, portant sur le dos un oiseau à queue et à ailes éployées, 
semblables aux précédents. Ce curieux bestiaire est si peu distinct sur les photographies qu'il 
faut attendre, pour l'étudier, des relevés plus complets. 

Sous l'inscription, au milieu et à la base de la face antérieure du saillant, est creusée une 
niche semblable à celles qui décorent les saillants de la porte de Kharput." Elle est cantonnée 
de deux colonnettes à petits chapiteaux et couronnée d'une coquille à sept côtes, que surmimte 
une courte inscription coufique, illisible sur la photographie.*^ Une autre niche, creusée à la 
base de lune des faces latérales du saillant, porte aussi une courte inscription au-dessus de sa 
coquille: l'autre face latérale n'est pas visible sur les photographies.'' 

' Suivant Ibn al-Azraq, dans Amedroz, 190^, p. 7S7, et 1903. p. 149, une deputation du Diyar-Bakr se rendit, 
dès l'année 4SI, auprès du sultan, pour lui demander la destitution d'Abù 'Ali, qui lui fut accordée. Mais d'après le 
conte.xte, il semble qu'il resta en fonctions jusqu'au début de 482, car son successeur désigné n'eut pas le temps 
d'entrer en charge et céda la place à un nouveau gouverneur, 'Amîd al-daula, le fils de Muhammad ibn Djahîr, qui 
n'arriva a Mifarqin qu'à la fin de 48-2: voir plus loin, p. 41. 

* Voir plus loin, au no il. Sur les photographies, cet animal est si peu distinct qu'il m'est impossible d'en 
donner un dessin. 

^ Autant qu'on peut en juger sur les photogi-aphies, qui sont peu nettes, ces montures ressemblent, d'une 
part, à l'un des chevaux de la tombe de Tshao (\1P siècle), publié par Chavannes, dans Comptes rendus de l'Académie 
des Inserijitions, 1908, p. iO-l et pi. XIII, et d'autre part, à celles qui figurent, comme armoiries, sur une belle 
lampe en verre émaillé de la collection G. de Rothschild à Paris, fabriquée, d'après 
son inscription, pour le mausolée du fils de l'émir Bektimur le chambellan, fonctionnaire 
du sultan Mamlouk Muhammad, dans la première moitié du XIV' siècle (fig. 22). Le 
British Museum possède de cette lampe une excellente copie, signée d'un artisan parisien. 
A plus de deux siècles et demi de distance, l'analogie est frappante et tend à prouver, 
avec d'autres indices, que l'iconographie héraldique des Mamlouks d'Egypte a son origine 
Fig- 22. en Mésopotamie. Les mules des lampes, passant à gauche avec la queue relevée, por- 

tent aussi la bride, mais au lieu de la selle, apparemment un bât chargé. L'écu cir- 
culaire est d'argent (émail blanc) à la bande horizontale de gueules (émail rouge), meublée d'une mule d'argent. 

* Voir plus loin, aux nos 29 et SO. 

* Voir plus haut, p. 16. 

' Je crois y deviner la confession de foi ou une formule analogue. 

' Ces nombreuses niches, qui ne peuvent avoir aucun rôle religieux dans les saillants d'une enceinte, semblent 
la survivance d'une ancienne tradition architecturale; cf. H. de Hell, cité plus haut, p. 11. 




Seldjoxjkides. 41 

17. Le même. 485 H. — Sur le front semi-circulaire d'uu gros saillant arrondi situé dans 
le front sud-est de l'enceinte, à mi-hauteur, entre deux meurtrières, sur des pierres encastrées 
dans le parement. Deux lignes du même type; mêmes caractères qu'au n" 16, mais d'un stj'le 
plus sobre (pi. VII). Inédite. 

J'^^ à>'l' UJi > J/i viiU JipVI 6Vt:j^[^ ^\ jlLUI 4L«; ^^ . ♦ . 4w (1) 

A ordonné de faire ceci le sultan magnilié, le très grand roi des rois, le roi des rois, Mu'izz al-dunyà 
wal-din, Djalàl al-daula, Abu 1-fath Malik-shàh, lils d'Alp-arslàn, qu'Allàli fasse durer son sultanat! Sous le 
gouvernement du maître très majestueux, Mu'tamid al-daula, le grand ministre, Abu 1-barakàt Djabîr (ou 
Djuhayyir), fils de Muhammad, qu'AUàh fasse durer ses jours ! Et ce travail a eu lieu par les mains du juge 
très majestueux, la gloire des juges, Abu Nasr Muhammad, fils de Abd al-Wàliid, en l'année 485 (1092—93). 
Et l'ingénieur en est Muhammad, lils de Salàina. 

Cette inscription date de l'année même de la mort de Malik-shâh. Le personnage dont 
le protocole, introduit par les mots fî tvilûya, fait suite à celui du sultan, est encore le gou- 
verneur du Diyar-Bekr. On sait qu'au premier gouverneur seldjoukide, Muhammad ihn Djahîr, 
avait succédé, en 479 ou 480, cet Abu 'Ali al-Hasan cjui figure dans le n° 16, en 482. "Vers 
la fin de cette année, il fut remplacé h son tour par 'Amîd al-daula Muhammad, un deuxième 
fils de Muhammad ihn Djahîr^, qui resta deux ans en charge. A la fin de 484, celui-ci se 
rendit à Ispahan, puis à Bagdad, remettant le gouvernement du Diyar-Bekr à son jeune frère, un 
troisième fils de Muhammad ibn Djahîr, que les auteurs appellent Kâfî aldaula Abu 1-barakât 
Djahîr (ou Djuhayyir).- Dès l'année suivante, ce dernier retourna auprès du sultan, laissant à 
sa place son fils Abu 1-Hasau.'' Peu après, on apprenait en Diyar-Bekr la mort de Malikshâh 
et l'avènement de Barkyâruq.' 

Le „Mu'tamid al-daula h'ifî 1-kufât ,16« l-lxircdàt Djah'tr (ou Djuhayyir) ibn Muhammad" de 
l'inscription est évidemment le ..Kâp al-daula Alii l-harahàt Bjaliîr (ou Djuhayyir), fils de Mu- 
hammad ibn Djahîr" des auteurs. Son père avait déjà reçu du Merwanide Ahmad, en 430, ce 
titre^ dont la forme officielle, on le voit, est Mfî al-hufût. Il est doublement intéressant: par 
sa forme, il fait partie de ces titres compo.sés du .singulier et du pluriel d'un même titre de 
fonction, tels qu'o»H<r nl-ninara, dut al-diiût, naqîb al-nuqaba, qâdî al-qudât; par son sens, il 

' Le premier était Za'îm al-daula; voir plus haut, p. .37, n. 7. On trouvera les sources sur 'Amîd al-daula 
dans le commentaire du n« IS. 

2 Ibn al-Athir, X, p. 149, le nomme al-Kâfï ibn Fakhr al-daula. Ses noms complets figurent dans Ihn 
al-Azraq, Amedroz, p. 151, et Ibn Shaddàd, fo 62 v». M. Amedroz m'écrit qu'il a lu Djuhdijyir, en se basant sur la 

lec^on jvgi du ms. de Londres, or. .5803. Comme d'après Ibn Khallikàn, 111, p. 287, ce nom se prononce DjuMr, et 
non Djuhair, il faut admettre, en effet, si la leçon avec le âamma est exacte, que Kâfî al-daula s'appelait, non pas 
Djubair, ma.K Djuhayyir ,1e petit Djahîr', forme diminutive du nom ancestral. Dans l'inscription, on lit distinctement 
,.«a-, mais sans points ni voyelles; ce document authentique n'apporte donc rien au débat. 

' Voir Ibn al-Azraq et Ibn Shaddàd, loc. cil. 
* Voir plus loin, au début du chapitre des Inalides. 
^ Voir Ibn al-Azraq, dans Amedroz, p. 137. 
Amida. 



4-2 Enceinte, Porte? et Toirs. 

se rattache à im groupe de titres viziriens dérivés du radical laifn et faisant allusion aux 
.capacités" du titulaire.' 

Le chargé des travaux est encore ce juge Muhammad ihn 'Abd al-Wàhid qui figure dans 
les n°^ 15 et 16 et qu'on retrouvera au n° 18. Enfin l'ingénieur de la tour est le même que 
celui du saillant portant l'inscription n° 16; son ethnique, illisible là-bas, fait ici tout à fait 
défaut. 

On trouvera au chapitre troisième d'autres inscriptions provenant de l'enceinte, des poitt-s 
et des tours d'Amid. L'ordre chronologique nous conduit maintenant à l'étude de la grande 
Mosquée. 

' Cf. le titre dhu l-kifâi/atain, expliqué par Goldziher, dans WZKM, XIII, p. 3â6s. Le titre kafi al-kitfât 
attribué aux vizirs remonte au moins aux Bouyides; voir Browne, Histori/ of Isfahan, dans JiJ/tS, 1901. p. 42.5, 438. 



CHAPITRE DEUXIEME. 

GRANDE MOSaUEE.- 

A. ÉTAT ACTUEL. 

Située au centre de la ville, en a du plan (fig. 1), la grande Mosquée d'Amid, en 
turc Ulu djàmi', parait eu être l'édifice le plus important. Il y a tout lieu de croire que ce 
sanctuaire est d'origine chrétienne, peut être même antique et pa'ienne. Sa situation centrale, au 
croisement des deux lignes droites qui reüent entre elles, deux par deux, les quatre portes de 
la ville, suggère un rapport entre le monument et le plan de l'enceinte, laquelle, on l'a vu, 
remonte en tout cas à l'époque romaine.' Malgré les remaniements qu'il a subis, l'édifice lui- 
même trahit au premier coup d'œil une origine préislamique. Son plan offre une analogie 
frappante avec celui de la grande Mosquée de Damas et d'autres sanctuaires musulmans de 
Syrie, qui furent des églises avant d'être des mosquées, et des temples avant d'être des églises. 
De plus, il renferme un grand nombre de débris antiques^, et bien que l'opinion courante 
d'après laciuelle il remonte, en sou état actuel, aux anciens Arméniens ou aux Byzantins, soit 
détruite par le témoignage des inscriptions, ces débris proviennent sans doute des premières 
phases de la construction. Enfin, les auteurs anciens et modernes s'accordent généralement à 
dire que la grande Mosquée est une ancienne église, et plusieurs d'entre eux appuient leur opi- 
nion sur une tradition locale. Tout incertain qu'il soit, ce témoignage a plus de valeur qu'une 
attribution superficielle, faite au pied levé, à l'un des styles classiques de nos manuels d'archéo- 
logie, surtout quand il s'agit d'un monument aussi complexe et aussi étranger à nos formules 
d'école que la grande Mosquée d'Amid. Sans rechercher si elle est de style arménien, ou by- 
zantin, ou arabe, je me bornerai, dans les pages suivantes, à fixer, à l'aide des inscriptions, 
l'époque à la(iuelle remontent plusieurs de ses parties. 

La grande Mosquée comprend une série d'édifices groupés autour d'une vaste cour rec- 
taugulaire de 71 mètres de longueur est-ouest sur 30 mètres de profondeur nord-sud (voir le 
plan, fig. 23).^ Le côté sud de la cour est bordé par la mosquée proprement dite, dont le plan 
forme un rectangle de 71 mètres de longueur est-ouest sur environ 16 mètres de profondeur 
nord-sud. Elle se compose de trois parties principales : un sanctuaire occupant le centre du 
rectangle, sur une largeur de 10 à 11 mètres, et traversant l'édifice depuis la cour jusqu'à la 
paroi sud, dans laquelle est creusée la niche du mil.irâb, flanquée de la chaire à droite; deux 

' Voii- plus haut, \\. 7 et fig. 1. 

2 Voir plus loin, p. 4-'}, et n« 3.ô et pi. XVI, à droite en bas. 

3 Simple esquisse faite sur les notes, les mesures et les photographies tlu général de Beylié, ce plan n'est qu'un 
lever à vue et ne prêtent nullement à une e.xaetitute définitive. 



44 



Grande Mosquée. 



ailes occupant les extrémités du rectangle, sur une longueur d'environ 30 mètres chacune, et 
divisées en trois nefs par deux rangées d'arcades sur piliers carrés, courant de l'est à l'ouest. 
Ainsi, le grand axe de ces six nefs est perpendiculaire au grand axe du sanctuaire. Chaque 
rangée compte six piliers, portant cinq arches à arc brisé. Au-dessus de ces arcs, les murs de 



■C^ C:^ '^ C^ r^ r^ C^ 

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Fig. as. Plan de la grande Mosquée d'Amid. 



refend sont percés d'un nombre double de petits arcs ou voùtains, soit dix dans chaque mur.^ 
Les côtés longs du sanctuaire s'ouvrent sur les six nefs par six arcades à arc brisé, au-dessus 
desquelles les murs de refend sont percés de deux voùtains alternant avec trois baies plus 
grandes (voir la coupe EF, pi. XX). 



' Voir la coupe CD, pi. XX. Ces petits arcs, en arabe tàq, sont fréquents dans l'architecture musulmane, 
notamment à la grande Mosquée de Damas, et en Egypte, dans les mosquées toulounides et fatimides; voir mes 
Notes d'archéologie arabe, tir. à part, 1, p. 25, n. 2; II, p. 27 s. 



État actuel. 45 

Les six uefs latérales ne sont pas plafonnées. Leur charpente forme six toits à double 
pente.' Ceux des deux nefs centrales prennent au-dessus des voûtains; ceux des quatre nefs 
latérales prennent au-dessous. Le sanctuaire est couvert, à environ dix mètres du sol, d'un 
plafond plat orné de peintures de l'époque ottomane, datées de 1124 (1712). Au dessus s'élève 
un toit à double pente, perpendiculaire à ceux des six nefs. Sur les deux petites faces nord 
et sud du sanctuaire, ce toit s'appuie sur deux pignons. Entre le rez-de-chaussée et les pignons 
règne un haut étage percé de baies à plein cintre. Ainsi, la petite face nord du sanctuaire 
s'élève bien au-dessus du niveau général de la longue façade nord de la mosquée; mais elle 
ne fait pas saillie sur cette façade, c'est-à-dire qu'en plan, elle est dans son alignement (pi. VIII). 

Cette façade s'ouvre sur la cour par seize portes ou fenêtres, formées d'une grande baie 
à linteau droit, surmontée d'une baie plus petite en arc brisé. Deux de ces baies s'ouvrent 
dans la partie centrale, correspondant à la petite face nord du sanctuaire; entre elles, un mihràb 
est ménagé dans la cour (pi. '\^III). Les autres baies s'ouvrent, sept par sept, dans les ailes, 
correspondant au côté nord des deux nefs latérales nord. Les tympans de quelques arcs 
sont décorés de niches creusées dans le mur, flanquées de colonnettes à fût chevronné, et cou- 
ronnées d'une coquille à neuf côtes (pi. XII). Au-dessus des arcs règne un long bandeau d'in- 
scriptions (u*^'^ 18 et 21), qui court sur toute la façade de la mosquée, sauf sur la partie cen- 
trale, correspondant à la petite face nord du sanctuaire, où ce bandeau est interrompv; par un 
décor plus moderne, en mosaïque de marbre (pi. VIII). Divers débris d'architecture, notam- 
ment des tronçons de fûts, des bases et des chapiteaux de colonne, sont déposés dans la cour, 
le long de cette façade (pi. XVI, à droite en bas). 

La façade sud de la mosquée est formée par un mur plein sur l'aspect extérieur duquel 
toute indication fait défaut. C'est de ce côté, vers l'angle sud-ouest du sanctuaire, que s'élève 
une haute tour carrée, sans doute un ancien clocher, transformé en minaret et couronné plus 
tard par une lanterne en éteignoir, de style ottoman (plan VIII). ^ 

Les côtés est et ouest de la cour sont bordés par deux façades remarquables, qui pré- 
sentent la même disposition générale. Au rez-de-chaussée, dix colonnes à chapiteau corinthien 
portent un entablement richement décoré, qui ressaute au-dessus des chapiteaux, en saiUie sur 
le nu du mur; un étage supérieur moins élevé répète la même disposition. Entre les colonnes 
s'ouvrent neuf arcades percées dans le mur. Celles des rez-de-chaussée sont couronnées d'un 
arc tantôt brisé, tantôt déprimé, avec un léger décrochement au milieu; celles des premiers 
étages se terminent par un linteau droit, monolithe, rattaché aux deux pieds-droits par des cor- 
beaux moulurés (pi. IX à XI et XIII à XV). 

Sur la façade ouest (pi. IX à XI), les fûts de colonne du premier étage sont sculptés 
de grecques, de torsades et d'entrelacs, offrant autant de modèles différents, et les deux entable- 
ments sont d'une richesse inouïe. A chaque étage règne un long bandeau d'inscriptions, cou- 
rant sous l'entablement. Celui du rez-de-chaussée (n" 19) passe au niveau des chapiteaux, qui 
le coupent en neuf compartiments, correspondant aux neuf arcades. Celui du premier étage 
(n° 20) passe au dessus des chapiteaux et ce sont les dés en saillie qui le coupent en neuf 
parties. Cette façade est en ruine et l'on voit le ciel à travers ses fenêtres béantes. Une partie 
de sa décoration est masquée par des constructions parasites, fort gênantes pour un archéologue, 
mais C[ui feraient la joie d'un peintre. 

' D'après les notes du général (voir la coujje AB, pi. XX) ; mais à l'extérieur, un seul toit à double pente, 
peut-être moderne, recouvre les trois nefs de chaque côté (pi. VIII). 

2 D'après une tradition locale, tous les minarets carrés d'Aniid sont d'anciens clochers, transformés par les 
musulmans: voir Ewliva, cité plus loin, p. 47; Niebihr, toni. cit., p. 325; Buckingham, torn, cit., p. 378, 384. Cette 
observation est intéressante au point de vue de l'origine des minarets carrés du type syro-maugrébin ; cf. G. Marçais, 
dans Revue africnhte, 1906, p. 43; Thiersch. Pharos, p. 101, n. 2. 



46 (tkaxdk Mosquée. 

La façade est (pi. XIII à XV) est mieux conservée, mais son décor est plus sobre et plus 
froid. A cliaque étage règne aussi un bandeau d'inscriptions. Celui du rez-de-chaussée (n° 22) passe 
au-dessus des chapiteaux, mais sans être interrompu par les dés en saillie, qui portent aussi 
des caractères sur leur face antérieure. Le bandeau du premier étage, qui passe à la hauteur 
des dés, est anépigraphe, sauf au-dessus de la fenêtre centrale, où il porte une inscription 
beaucoup plus courte que les trois autres (n" 23). Dans l'arcade centrale du rez-de-chaussée 
s'ouvre un passage voûté qui correspond, à l'extérieur, à une entrée iiionumentale, portant une 
autre inscription (n" 24). 

Le côté nord de la cour est divisé en deux parties par une ruelle qui débouche ici dans 
la Mosquée. Entre elle et l'angle nord-est de la cour s'allonge une rangée d'arcades ogivales, 
retombant sur des colonnes à superbes chapiteaux corinthiens (pi. XX). La moulure éiiaisse 
qui borde les arcs se prolonge en retour d'équerre au-dessus des chapiteaux, au lieu de s'amortir 
dans leur corbeille. En arrière de cette colonnade en ruine s'élève un édifice c^ui porte deux 
inscriptions (n"^ 28 et 32). Entre la ruelle et l'angle nord-ouest de la cour s'élève une façade 
percée de baies semblables à celles de la façade nord de la mosquée, au sud de la cour. Au- 
dessus de ces baies règne un bandeau portant une inscription (n° 37). 

Ce plan général présente une frappante analogie avec celui de plusieurs grandes Mosquées 
syriennes, en particulier celle de Damas.' Les deux édifices renferment la même cour rectangu- 
laire, entourée de colonnades et de portiques, avec des entrées au milieu des côtés, et bordée 
au sud par la mosquée proprement dite. Celle de Damas öftre la même disposition d'un vais- 
seau central orienté nord-sud, avec la qibla dans le mur du fond, et flanqué de deux ailes, 
comprenant chacune trois nefs orientées est-ouest, séparées par des rangées d'arcades et de voù- 
tains et couvertes par six toits à double pente. A Daixias, une coupole s'élève au-dessus de la 
croisée du sanctuaire et des deux nefs centrales des ailes.- Il se peut que la croisée d'Amid 
ait été recouverte autrefois par une coupole, car le plafond et le toit du sanctuaire, on l'a vu, 
sont d'une époque moderne. Toutefois, d'après les mesures du général de Beylié, le plan de 
l'édifice n'est pas très favorable à cette hypothèse. En effet, la croisée comprise entre les quatre 
gros piliers centraux forme un rectangle allongé, peu propre à recevoir une coupole, du moins 
sur plan circulaire, alors qu'à Damas, le même espace est à peu près carré. 

Quant aux édifices qui bordent les autres côtés de la cour à Amid, on ne saurait les 
comparer aux portiques de Damas, car les jihotograpliies ne montrent que leur façade; j'y re- 
viendrai plus loin, à propos des inscriptions qui les décorent. Pour compléter cet aperçu som- 
maire, voici quelques extraits de.« voyageurs modernes qui parlent de la grande ]\Iosquée 
d'Amid.-'' 

' .Sur la grande Mosquée île Damas, vuir les sources arabes citées dans Le Stranue, Palestine under the Mos- 
lem»; p. 224s.; 'Ilmawi, trad. Sauv.ure, Description de Damas, dans JA, 9'' série, VII, p. 185s.. 369s., et les 
topographies inédites d'Ibn 'Asàkir, d'Ibn Shaddàd Halabi, de Xu'aimi. de Busràwi, etc. Parmi les auteurs modernes, 
Fergussox, History of architecture, II, p. .522 s; Kremer. Topo;irtijihie ntn Damascus, I, p 34 s et pi. 1; Porter, Five 
years i)i Damascus, p. 22; Phené Spiers, dans Journal of B. Institute of British architects, 1896, p. 25 s.; Arch. Beiiew, 
VIII, p. 80s., 1.58 s; East and West, p. -211 s.; Dickie, dans PEF, Quarterly, 1897, p. 268 s.; G. M.wçais, dans 
Bevite africaine, 1906, p. 37 s.; Saladi.n, Manuel d'architecture musulmane, p. 65 à 87; Thiersch, Pharos, inde.x à 
, Damaskus"; voir aussi mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 12 s., les guides d'IsAjiBERT, Baedeker, Murray, etc. Les 
grandes Mosquées d'Alep, de Hama et de Homs, construites sur un plan analogue, mais encore inédites, seront publiées 
sous peu, dans le Corpus, par MM. Sobernheim et Herzfeld. 

- Voir un détail de cette coupole dans Choisy, L'art de bâtir chez les Byzantins, p. 85 et pi. XXI. 

' Au milieu du XVII« siècle, Taver.nier se borne à mentionner ,une magnifique mosquée qui a été autrefois 
une église de chrétiens"; Voyages, Paris 1724. I, p. 373. Au XIX', Dupré signale se^ colonnades et l'attribue 
aux califes; Voyage, I, p. 70. .Southgate admire ses colonnades de marbre, sa belle cour, ornée d'un bassin, sa haute 
tour carrée, transformée en minaret, son toit élevé et ses fenêtres en plein cintre, et la considère aussi comme une 
ancienne église; Xarratiie, II, p. 291; cf. Ritter, Erdkunde, XI, p. 55. Lycklama a Xijeholt décrit en quelques mots 
son appareil en pierres noires et blanches alternées, sa façade corinthienne, sa cour, etc.; Voyage, IV, p. 229s. 



. État actuel. 47 

EwLiYA (1655), op. cit., IV, p. 31: ,Au centrede la ville s'élève un sanctuaire ancien, une 
mosquée considérable . . . c'est la grande Mosquée. Les historiens grecs s'accordent à dire 
que ce sanctuaire antique a été bâti du temps de Moïse. A droite des colonnes du haram se 
trouve une colonne blanche sur laquelle une inscription est gravée en hébreu, donnant la date 
de la construction. En quelcpes mains que la place forte d'Amid se soit trouvée, ce sanctuaire 
n'a jamais cessé d'être voué au culte ... D est comparable à la grande Mosquée d'Aleji, ou 
à la Mosquée des Omayyades à Damas, ou à la Mosquée al-Aqsà à Jérusalem, ou à la Mosquée 
al-Azhar au Caire, ou à la Mosquée de Sainte-Sophie à Constantinople. Sa construction trahit, 
par mille indices, que c'est une ancienne église transformée (eu mosquée).^ C'est parce que 
son minaret est quadrangulaire qu'il a dû être le clocher d'un ancien couvent.^ Elle a un 
mihrâb et une chaire de style ancien. L'intérieur de la mosquée est décoré de lustres et de 
candélabres. Trois rangées de colonnes grandes et petites, de différentes sortes, sont placées 
les unes sur les autres ... A l'intérieur de la mosquée se trouve une mosquée shafiite dis- 
tincte . . . Cette mosquée a c^uatre portes et l'on s'y assemble nuit et jour . . . L'extérieur du 
haram^ est pavé de dalles de marbre blanc dur, et juste au centre se trouve un bassin pour 
les ablutions . . . Les quatre côtés du haram, comme à la Mosquée Sulaimâniyya à Constan- 
tinople, sont bordés de portiques reposant sur des colonnes faites en marbres de différentes 
sortes . . . Les colonnes les plus élevées sont faibles et minces; celles qui sont au-dessous sont 
plus fortes; celles qui sont encore plus bas sont très puissantes.* Sur ces colonnes, il y a des 
voûtes renversées (serniyun qiihhrlcy) très remarquables.' Il y a trois portes, sur les trois côtés 
du haram. Le^ minaret quadrangulaire a été restauré. Bref, il n'y a pas à Diyar-Bekr de 
mosquée aussi grande que celle-ci; elle peut contenir 10000 personnes. Toutes ses constructions 
et ses voûtes renversées sont entièrement recouvertes de plomb pur." 

NiEBUHR (1766), loc. cit.: ,La grande Mosquée, un superbe édifice, doit sans doute avoir 
été l'église principale des chrétiens. Je n'en ai pas pu voir grand chose, puisqu'un chrétien 
n'ose même pas entrer dans la cour ..." 

Texier (1839), Description dr l'Arwntie, etc., I, p. xxi: „Un des monuments les plus 
curieux d'Amid est l'ancien palais qui a appartenu, dit-on, à Tigrane, mais que Sapor II a occupé. 
Ce monument se compose de deux façades parallèles et d'un vaste édifice en retour, qui a été 
converti en mosquée . . . Chacune des façades est ornée de deux étages de colonnes de marbre 
précieux, portant des entablements richement sculptés. Les chapiteaux sont du style romain 
byzantin, et les sculptures dénotent un travail du IIP ou IV<^ siècle. Cependant tous les arcs 
des portes du rez-de-chaussée sont en ogive, ce qui prouve que ce genre de construction est 
beaucoup plus antique qu'on ne croit."' 

De Hammeb. qui en attribue la coiistiuclion à Kliâlid ihn al-WalicI, parait la confondre avec une mosquée de la 
citadelle, qu'EwLivA, IV, p. 34, attribue à ce chef arabe; Empire ottoman, trad. Heli.ert, IV, p. 231s. Cuixet fait 
une confusion analogue dans sa Turquie d'Asie, II, p. 458. Il n'y a rien à relever dans les relations de Buckingham, 

DE MOLTKE, DE GhOLET, etC. 

' Voir plus haut p. 43. 

* Voir plus haut, p. 45. n. i. 

^ On voit par le contexte que l'auteur apiielle ainsi la grande cour. 

■* D'après cette phrase, il y aurait trois étages de colonnes, alors que les façades est et ouest n'en ont que 
deux. Mais on sait déjà qu'EwLivA est peu précis ; d'ailleurs, sa description s'applique peut-être à la colonnade nord, 
dont il ne reste aujourd'hui que l'étage inférieur. 

^ L'auteur entend ici, sans doute, les curieux arcs en anse de panier signalés plus haut, p. 45. Peut-être 
veut-il parler de voûtes couvrant les portiques en arriére des arcs; on n'en voit rien sur les photographies. 

^ L'auteur ilit ici bir „un" minaret, mais il n'y en a pas d'autre que celui dont j'ai parlé, qui est carré et qui 
a été restauré à l'époque ottomane; voir plus haut, p. 45. 

' L'observation de Texier est exacte, mais la conclusion qu'il en tire sur l'antiquité des arcs brisés ne l'est pas, 
puisque les façades, et précisément leurs arcs, datent du XII' siècle; voir plus loin, le commentaire des n"s 30 et 33. 



48 (iKAXDK MoSQVKK. 

H. DE Hell (1847), torn, cit., p. 441: .Le mouumeut le plus important de Diarbékir, après 
ses murailles, est ce qu'où appelle la grande Mosquée, monument composé de deux vastes façades 
éloignées l'une de l'autre d'une centaine de mètres. L'aspect en est très original. C'est la fan- 
taisie orientale répandue à flots dans une riche ornementation ... et réunie au style de l'archi- 
tecture grecque, ce qui les fait passer pour avoir appartenu à une éghse chrétienne; il est bien 
plus évident que ces deux facades appartenaient à la domination arabe et qu'elles faisaient partie 
d'un palais construit par des architectes grecs, probablement apiielés à la cour des califes. Nulle 
part on ne voit la trace d'une inscription byzantine, d'une croix, d'un symbole." 

P. 451 s.: .Décrivons d'abord la façade située à l'ouest et qui, sauf quelques tronçons de 
colonnes dont la présence est accidentelle, n'a été ni dénaturée, ni restaurée. La partie infé- 
rieure se compose de neuf arcades séparées par des piliers rectangulaires d'où se détachent de 
légères colonnes laissant quelques centimètres entre elles et le mur. L'arcade du milieu, ainsi 
que celles placées aux deux extrémités, donnent à la voûte une forme un peu anguleuse, tandis 
que les autres sont ogivales un peu surbaissées, et décorées d'une riche architecture à boudins. 
Les clefs de voûte, les arcades ogivales présentent diverses rosaces. A quelques millimètres au- 
dessus des archivoltes, à la naissance des chapiteaux qui surmontent les colonnes fixées au mur, 
vient une ligne d'inscriptions coufiques, formant une admirable broderie, et entourant tout l'édifice. 
Les chapiteaux, taillés dans la roche volcanique, sont d'ordre corinthien, mais la forme primi- 
tive paraît avoir été dénaturée. Généralement ils sont irréguliers, et surtout fortement déprimés. 
Au-dessous, se voient des débris de fûts de colonnes, divers fragments de marbre rose et veiné, 
blanc et rouge, placés avec ordre les uns au-dessus des autres, et provenant sans doute des parties 
intérieures du monument, de même que les beaux tronçons c^u'on admire dans la façade opposée. 

.Les trois faces de l'entablement sont remplacées ici par un petit filet surmonté d'une 
lioue de chapelet, au-dessus de laquelle régnent des ornements de trèfles à fleurons avec une 
nouvelle ligne de chapelet; le tout est surmonté par une frise représentant des feuilles de vigne 
et des raisins. On remarque, au-dessus d'un étroit filet, une ligne de petits denticules, garnis 
à leur partie supérieure d'un chapelet Cjue surmontent divers ornements où se distinguent les 
trèfles à fleurons, terminés par un reglet. L'entablement qui s'élève au-dessus de chaque colonne 
et se détache de l'édifice, règne en même temps tout le long de la façade. 

.Le second étage est également composé de dix colonnes, entres lesquelles se trouvent des 
ouvertures affectant une forme toute particulière. Elles sont quadrangulaires, avec les angles 
supérieurs pleins. Les chapiteaux, de style corinthien, ont la même irrégularité que les pre- 
miers cités. Quant aux fûts, ils sont intacts et chargés de moulures diverses. Le premier à 
gauche offre des cannelures en spirale; le second, des rosaces entremêlées de zigzags à angles 
droits; les suivants présentent des combinaisons où se reproduisent les rosaces et les zigzags 
mêlés à des croix et à des losanges. Puis figure comme ornementation une inscription coufique 
régnant au-dessus des chapiteaux, ces derniers étant richement sculptés pour s'harmoniser avec 
le tout. L"n entablement exactement semblable à celui de l'étage inférieur règne au-dessus des 

chapiteaux. 

Largeur des arcades ogivales 2 mètres 38 

Largem- des trois autres (étage inférieur) . 2 ,, 60 
Épaisseur des pieds-droits de séparation . mètre 90 
Circonférence de la base des chapiteaux .1 ,, 99 
.La partie centrale de la façade méridionale est occupée par la nef de la mosquée, dont 
les parties latérales forment les ailes. Cette nef, traversant le second étage, ofl're extérieurement 
un édifice rectangulaire à toit triangulaire et h pignon. On a retrouvé une niche avec ornamen- 
tation orientale.' Un rez-de chaussée, percé de cinq (sept!) fenêtres carrées au niveau du sol, forme 

' Celte niche e>t le mihràb signalé plus haut. \\. 43 en bas. 



État actuei.. 49 

la petite façade de l'ouest; ime ouverture ogivale les surmonte. Au-dessus règne une belle ligne 
d'inscriptions coufiques. De chaque côté de la façade à pignon, au rez-de-chaussée, sont les 
portes qui donnent entrée h la mosquée, et dont l'ouverture est la même que celle des fenêtres. 
La partie orientale possède aussi cinq (sept!) croisées avec une porte à son extrémité. Une ligne d'in- 
scriptions coufiques la décore également et l'on remarque, de plus, deux niches^ de style bj'zantin, 
placées entre les ouvertui'es ogivales. Toute cette façade méridionale est postérieure à la 
façade de l'ouest.^ On voit qu'elle a été reconstruite, moitié avec de nouveaux matéi'iaux et 
moitié avec les anciens. C'est ainsi que les inscriptions coufiques ont été utilisées pour l'orne- 
mentation de cette nouvelle construction. 

„La façade orientale présente exactement les mêmes dimensions et les mêmes dispositions 
que celle de l'ouest. Malheureusement, elle paraît avoir été d'abord détruite, et restaurée avec 
toute sorte de débris, restauration qui l'a complètement défigurée. Il lui reste néanmoins des 
portions de sculpture parfaitement intactes. L'étage supérieur présente de belles colonnes de 
marbre, veiné de rouge et de blanc, qui ne sont nullement à leur place; de toute façon, cette 
façade est postérieure et inférieure, quoiqu'intacte, à la précédente. 

,La façade du nord offre, du côté de l'est, dix arcades ogivales de 2 mètres 50 d'ouverture, 
posant sur des chapiteaux corinthiens de forme irrégulière, que supportent des fûts de colonnes 
de marbre blanc et rose. Au delà sont des constructions modernes et sans intérêt. 

„La distance entre les deux façades de l'est et de l'ouest est de 87 pas; elles ne sont pas 
complètement parallèles . . . Les deux dés qui surmontent les colonnes ornant la fenêtre cen- 
trale de l'étage supérieur portent chacun une espèce de modillon percé d'un trou, et dont la 
face présente une tête de bœuf. Les murs des deux façades ont 75 centimètres d'épaisseur. 

„Tout fait supposer que ces façades appartenaient à deux monuments auxquels se rattachaient 
des ailes latérales formant une vaste cour intérieure. La construction appartient évidemment au 
style grec dégénéré. On y trouve, avec de légères modifications, tout ce qui constitue l'archi- 
tecture classique, avec une surabondance d'ornements qui caractérise l'école byzantine du IX'' 
au XIP siècle . . . Quant à l'origine de ces constructions, l'hypothèse la mieux fondée est de 
l'attribuer à la domination arabe, alors que des artistes grecs étaient appelés à la cour des 
califes. L'opinion, généralement accréditée^ que ces monuments ont été chrétiens, me paraît 
complètement fausse. Les inscriptions coufiques, l'absence de toute croix, la disposition des 
façades, tout indique une origine musulmane.''^ 

Gardex (1857), fom. cit., p. 188: „I visited the Ulu-jami, or great Mosque, which they say 
was originally a Christian church. It has a sloping roof, covered with sheets of lead, and on 
each side of the centre building is a wing, thus forming three separate mosques for three of 
the four sects of Mohammedans (Hanafi, Shafiï, Malaki) ... In the front is a large quadrangle, 
which is entered from the eastward by an archway, above which are carved figures of lions 
destroying other animals, but rudely executed.' At the inner and opposite extremities of this 
quadrangle, eastward and westward, is a façade, consisting of a double row of columns, one 
above the other, and ten in number. The capitals of the lower columns are Corinthian, those 
of the upper are what I should call Saracenic, possibly Byzantine, but handsomely ornamented. 
Each section of the shafts of the lower columns is of a diff'erent coloured marble. Some of 
these columns, which are quite plain, have two sections, others three. The shafts of the upper 

' Signalées plus haut, p. 4.5. 

^ Cette observation est en tout cas trop absolue; voir plus loin, les nos IS et suiv. 

' On vena plus loin ce qu'il y a de vrai et ce qu'il y a de fau.x dans le jugement de l'auteur, pour qui la 
grande Mosquée, considérée au point de vue de l'archéologie classique, ne pouvait être qu'une énigme indéchiffrable. 
D'ailleurs, les dessins qu'il en a publiés dans son atlas, pi. XLII et XLIII, sont peu véridiques; voir le recueil 
d'Oppenheim, au n" 124, et plus loin, p. .53, r. 3 et 56, n. 2. 

•• Voir plus loin, au no 24. 
Amida. ' 



50 Grande Mosquée. 

rows of columns appear to be formed of single blocks; and, although not so high as the lower 
ones, are each ornamented with traceries of a different pattern carved in high relief. Above 
the capitals of the lower row of columns at the eastern extremity is a border, consisting of 
bunches of grapes and vine-leaves. The traceries on the walls between the columns have the 
appeareuce of being Saracenic or perhaps Byzantine. Arabic or Cufic inscriptions are introduced 
at difJerent points ... At the north-west corner is a small mesjid, for the use of the fourth 
sect (Hanbali) of Mohammedans ..." 

Fergussox, Historij of ardtitedure (1867), II, p. 425: .Another building which merits more 
attention than has hitherto been bestowed upon it is now used as the great mosque at Diar- 
bekr. Neither its historj' nor even its date is correctly known; but judging from its style, in 
so far as it can be made out from such drawings as exist, it seems to belong to the age of 
Tiridates (286 — 324). The palace — for such it was originally — consists of an oblong courtyard, at 
either end of which is a building with open arcades in two stories facing one another — as in the 
palace of the Hebdomon at Constantinople —and between the two, facing the entrance, is the 
façade of a church standing on the east (south!) side of the court. ^ 

„The principal of the two wing-buildings is represented on woodcut n° 945. The frame- 
•work is of a debased Roman style of architecture, very similar to parts of the buildings of 
Diocletian or Constantine at Spalato or Jerusalem; but, being far removed from the influence 
of the capital, the details display a wildness M'hich is not to be found in any contemporary 
examples in Italy or the further West. The upper range of openings seem to be of the same 
date with the decorative details, but the lower range of arches look — if correctly drawn — so much 
more modern that one cannot help fancying they belong to another age. Till, indeed, the 
building is examined by some competent person, it must remain doubtful whether what we 
now see is the re-erection of an older building of the date of the Cufic inscriptions- which cover 
its walls, or whether all the essential parts are of the date above assigned to it, and the pointed 
arches and inscriptions subsequent additions. The building is rich, and so interesting that it 
is to be hoped that its history and particularities will before long be investigated."' 

PiiEXÈ Spiers, Architecture East and Wed, p. 66: .The next building (of Sassanian archi- 
tecture) mentioned by Fergusson is the so-called palace of Tigranes (lire Tiridates) at Diarbekr, 
now the mosque of that town, the date of which he places at A. D. 286 — 342 (lire 324); but, 
according to Professor Rawlen'son, it did not come into possession of the Sassanians until 
A. D. 359. The remains consist of the façades only of two palaces, the north and south facing 
one another at a distance of some 400 feet.^ They seem to me to have been built up of 
materials taken from some more ancient palace, possibly that of Tigranes, an Armenian 
monarch, who, in B. C. 74, drove the Parthians temporarih' out of Mesopotamia; and, though 
interesting for the exuberant richness of the carved shafts, capitals, and friezes, and the various 
pecuhar forms of arched openings, they do not add much to the history of Sassanian style. 
Cufic inscriptions run across the fronts, under the entablature. Here again the ornament which 

' For the principal part of the information regarding this building I am indebted to M. C. Te.mer. He pos- 
sesses detailed drawings of everj' part, but they have never been published (note de Fergussox; sur les relevés de 
Tesier, voir plus haut. p. 28. n. 1, plus loin, p. 56, n. 2, et la deuxième paitie de ce livre). 

- These inscriptions were ail copied by Consul Taylor, and brought home to this countiy. I never could 
learn, however, that they were translated. I feel certain they were never pubhshed, and cannot find out what has 
become of them (note de Fergussok; en effet, les copies de Taylor, si tant est qu'elles existent, n'ont jamais été 
publiées). 

ä Bien qu'appuyé sur des documents imparfaits, le jugement de Fercusson est remarriuablement exact; voir 
plus loin, p, 60 et 66. 

■* Cette mesure est trop forte et le plan de la cour publié par l'auteur, fig. 2.5, est peu fidèle; voir plus haut. 
p. 43 et fig. 23. Au lieu de .north and south", hre .east and west". 



État actuel. 51 

has been applied resembles that which M. Loftus fouud at Warka, and which is peculiar to 
the Parthian style."' 

II faut avouer que ces descriptions jettent bien peu de lumière sur les origines de la grande 
Mosquée. Laissant à ce sujet la parole à M. Strzygowski, j'aborde l'histoire de l'édifice sous 
les musulmans, en coordonnant les inscriptions et les faits tirés des chroniques. 



B. HISTOIRE ET INSCRIPTIONS. 

Wâqidi raconte qu'après la prise d'Amid par les musulmans, l'égHse principale de cette 
ville, dédiée à Saint-Thomas, fut partagée: Ij'âd en prit les deux tiers pour en faire une mos- 
quée et laissa l'autre tiers aux chrétiens pour l'exercice de leur culte.- Cette première mosquée 
était-elle la grande Mosquée actuelle? C'est probable, quand on songe que la grande Mosquée 
de Damas était, elle aussi, l'église principale de cette ville, dédiée à Saint-Jean; que sou plan 
général, on l'a vu, offre des analogies frappantes avec celui de la grande Mosquée d'Amid; 
enfin, qu'après la conquête arabe, elle fut aussi partagée entre musulmans et chrétiens.* 

D'autre part, l'église Saint-Thomas de Wâqidi pourrait bien être celle que l'empereur 
Héraclius fit bâtir ou rebâtir en 629.^ En effet, l'église d'Héraclius était la principale de la 
ville, comme Saint-Thomas dans Wâqidi, et l'évêque d'Amid à cette époque s'appelait précisé- 
ment Mar Thomas.^ 11 se peut que l'église d'Héraclius, dont les auteurs ne donnent pas le 
nom, ait été placée sous le vocable du patron de l'évêque. 

Il est vrai que l'église d'Héraclius fut entièrement restaurée en 770, sous l'épiscopat de 
Mar Aba.^ Or, cette indication ne paraît pas s'accorder avec le partage de l'église entre musul- 
mans et chrétiens, et voici pourquoi. On sait que l'église Saint-Jean de Damas fut entière- 
ment convertie en mosquée et rebâtie par le calife omayyade Walid I", à la suite d'un procès 
demeuré célèbre.' Or, cette mainmise du calife sur une église que les traités garantissaient aux 
chrétiens n'est pas un fait isolé. Walid semble avoir persécuté les chrétiens systématiquement, 
du moins au dire d'un auteur chrétien: .Ce Walîd détestait les chrétiens et il démolit les 
églises. Tout d'abord, il renversa la grande église de Damas et bâtit à sa place une mosquée. 
Il fit de mime en heaucoup d'endroits.'^ Or, la grande Mosquée d'Amid, dont l'origine préisla- 
mique ne fait aucun doute, a dû être convertie entièrement eu mosquée durant les premiers 
siècles de l'Islam, comme on va le voir. Bien qu'aucun texte précis ne l'affirme, il est permis 
d'attribuer cette opération au calife Walîd. Mais alors, il devient difiicile d'identifier la grande 
Mosquée avec l'église d'Héraclius, qui fut restaurée, comme sanctuaire chrétien, en 770, c'est- 
à-dire 55 ans après la mort de Wahd. 

' La figure ä6, à laqueUe l'auteur renvoie ici, montrant l'élévation d'une partie de la façade ouest, n'est pas 
très exacte, comparée aux photographies du général de Bevlié ; voir plus loin, p. 56, n. 2. 

^ Voir Wâqidi, trad, Niebuhr-Mordtmaxx, p. 108 (sur la valeur de ce livre, voir p. 13, n, 2); cf. Yàqùt, Mii'djaiii, 
éd. WÜSTEXFELD, I, p, 67, 

' Voir les sources citées plus haut, p. 46, n, 1, 

■• Voir Denys de Tell Mahre, trad. Chabot, p. 5: cf. Assemaxi, Bibliothcca (irieiitnlis, II, p. 102: Ritter, 
Erdkunde, XI, p. 32. 

= Voir Denys, trad. Chabot, p. 5 et 7; cf. Assemani, loc. cit. et p. 48, n. 1, et .57. Faute d'indications précises, 
je renonce à faire intervenir ici les autres églises signalées par les auteurs chrétiens avant la conquête arabe. 

^ Voir Denys, trad. Chabot, p. 96; cf. Assemani, torn, cit., p. 114; Ritter, Erdkunde, loc. cit. L'auteur ajoute 
que les dépenses furent faites par l'évêque et l'archidiacre Thomas. Ce dernier nom n'est-il qu'une coïncidence, ou 
faut-il y voir un indice que cette église est celle de Saint-Thomas? D'après Asse.maxi, op. cit., I, p, .348, la grande 
église d'Amid brûla en 848; est-ce la même? 

' Voir les sources citées plus haut, p. 46, n. 1. 

* Voir Michel le Syrien, trad. Chabot, II, p. 481 et pages précédentes; cf. Ibn 'Asâkir, dans Quatremère, .'^iiHaiis 
Mamlouks, Il a, p. 265, et Sauvaire, dans JA, 9" série, VII, p. 193. 



52 Graxde Mosquée. 

En résumé, nous admettrons provisoirement que Tëglise d'Héraclius est peut-être l'église 
Saint-Thomas de Wàqidi; que celle-ci, partagée entre musulmans et chrétiens, est prohahlement 
la grande Mosquée actuelle, entièrement convertie eu mosquée à une époque ultérieure, soit sous 
le calife Walid, soit seulement sous les Abbassides, si l'on veut tenir compte de la restauration 
de l'église d'Héraclius en 770.^ 

Le voyageur persan Nâsiri Khusrau, qui visita Amid en 438 (décembre 1046), décrit la 
grande Mosquée eu ces termes-: „La grande Mosquée est aussi en pierre noire, en sorte qu'il 
ue peut rien y avoir de plus régulier ni de plus solide. Au milieu de la Mosquée, plus de 
200 colonnes de pierre la soutiennent, toutes monohthes. Sur les colonnes, des arcs sout bandés, 
pareillement en pierre ; au-dessus du sommet des arcs s'élèvent d'autres colonnes plus basses que 
les premières, et une autre rangée d'arcs sont bandés au-dessus des grands arcs (du rez-de- 
chaussée). Tous les toits de la mosquée (proprement dite) sont couverts en dos d'âne et la 
menuiserie et les sculptures en sont artistement travaillées et peintes. Dans la cour de la mos- 
quée est placée une grande pierre sur laquelle est posé un vaste bassin de pierre, de forme 
circulaire . . . Au milieu du bassin se trouve un bec en cui\Te d'où sort en jet une eau 
claire . . . 

,Près de la mosquée se trouve une église d'un travail très remarquable. Elle est con- 
struite aussi eu pierre et le sol en est couvert de dalles de marbre ornées de dessins gravés. 
Dans cette église, à l'entrée de la rotonde' qui est le lieu d'adoration des chrétiens, j'ai vu une 
porte de fer grillée, telle que je n'ai vu uulle part la pareille.'" 

Cette description s'applique-t-elle à la grande Mosquée actuelle? Il est probable que la 
grande Mosquée de Nâsiri s'élevait sur le même emplacement que celle d'aujourd'hui, car 
l'histoire d'Amid ue renferme aucun fait qui justifie le transfert, d'un édifice à un autre, du 
sanctuaire principal de la ville.* Si la description de Nâsiri ne s'applique pas trait pour trait à 
l'édifice actuel, c'est qu'une grande partie de ce dernier, comme on va le voir, n'existait pas 
encore à l'époque de Nâsiri. 

Bref, jusqu'à plus ample informé, je suppose que la grande Mosquée actuelle correspond à 
■celle de Nâsiri, ainsi qu'à la mosquée primitive d'Amid, prélevée sur l'église Saint-Thomas, 
laquelle fut entièrement transformée en mosquée à une époque inconnue.* 

Ibn al-Azraq, l'historien des Merwanides, n'a fourni jusqu'ici aucun renseignement sur 
la grande Mosquée, dont les fastes épigraphiques s'ouvrent à l'époque précise où nous avons 
■c^uitté l'enceinte de la ville. 

SELDJOUKIDES. 
18. Sultan Malik-shâh. 484 H. — Du côté sud de la cour, bandeau sur le mur extérieur 
de la nef latérale nord de l'aile ouest de la mosquée propre. Ce bandeau part de l'angle sud- 
ouest de la cour, à la hauteur de l'entablement du rez-de-chaussée de la façade ouest, passe 

' Sur la photographie reproduite pi. VIII, la grande Mosquée est appelée Saint-Théodore; c'est sans doute une 
«iTeur. Saint-Théodore est une église arménienne située plus à l'est, au sud de la cidatelle, en « du plan, fig. 1. 

2 Éd. ScHEFER, p. 8 en bas. Je modifie un peu la traduction de l'éditeur, p. 28, pour serrer le texte de plus près. 

ä J'ignore ici le sens exact de târim, que Schefer traduit par „sanctuaire surmonté d'une coupole". Le contexte 
semble indiquer qu'il s'agit du choeur; c'est donc, soit l'espace central et circulaire voûté en coupole, soit l'abside 
voûtée en berceau ou en cul-de-four. Sur târima , porche en bois", voir A. Nöldeke, Das Heiligtum al-Husains in 
Kerbelà, p. 18 s. 

* Dans les capitales et sous la pression des événements politiques ou religieux, le siège de la grande Mostjuée 
a pu être transféré d'une mosquée à une autre; pour le Caire, voir un exemple dans CIA, I, p. 190. Mais dans 
une viUe de second rang, et surtout d'origine antique, le titre de grande Mosquée reste naturellement attaché au vieux 
sanctuaire municipal, tour à tour temple, éghse et mosquée. 

^ Peut-être après Nâsiri seulement, puisqu'il signale une égUse ,prés" de la grande Mosquée; mais le mot 
persan neziUk est trop peu précis pour qu'il soit permis d'en inférer que cette église était dans le même édifice. 



Seldjoukides. 53 

au-dessus des sept baies qui donnent jour dans cette nef et s'arrête vers le bord de la petite 
face nord du sanctuaire.' Le texte a été rétabli sur deux photographies qui n'en donnent cha- 
cune qu'un fragment détaché, laissant deux lacunes importantes, la première vers le milieu de 
l'inscription, la deuxième vers la fin. Mais les baies visibles sur les photographies forment des 
points de repère suffisants pour fixer la longueur approximative de ces lacunes.^ Beau cou- 
fique fleuri; grands caractères, d'un stj^e admirable, rehaussés de riches rinceaux dans les 
champs (pi. VIII). Inédite.-' 

aU*» y^ 4Ä1I Jj-^J Ju?tâ <ÔJ^ (1) ')![ <i[ '^ ■ ■ ■ «^l*—' (Angle sud-ouest de la cour) 
àailj UaJl y^ ^>J\3 ^^Jl ^j. ^/Vl iJ> (2) S^ ^ÜcSlI ^^'^[^ J^[\ 0^^'^ 
. . . environ 16 mots entre les crochets . . . ij*^--'^'^ ù. o\JlS^i^ (3) «li].'! y) i\lj-tM j'^ 
^\ Aj}J\ ^t Äi3J,]\ (5) JL/ Clj}\ JfiJ. [J^V* ^\ x'jji^ ^Vj j A^'IUL- [iiji ^iil (4) 
(j\ J>=-Vlj ^^\ (J-^ (6) A^ «-^'^ <Sj^3 '*-*^'' ^'^ f^^^ X-i^ ^y. -^^^^ ù -*-^-* Jj^^ 
P) O^-^J P) A'J^ ^^~-" »3 C') [environ 10 mots entre les crochets . . . J^>.l^!l A.c- Jr JUai^ _;.ä) 

... A ordonné de faire ceci le sultan magnifié, le très grand roi des rois, le seigneur des rois 
des nations, le maître des Arabes et des Persans, Mu'izz al-dunyà wal-din, Djalàl al-daula, Abu 1-fatli Malik- 

shàh, fils d'Alp-arslàn qu'Allah fasse durer son sultanat! Sous le gouvernement du vizir, du seigneur 

très majestueux, Sharaf al-din 'Amid al-daula, la couronne des vizirs, Abu Mansùr Muhammad, fils de Mu- 
hammad ibn Djahîr, qu'Allàb fasse durer ses jours ! Et ce travail a eu lieu par les mains du juge très 
distingué, Abu Nasr Muhammad, fils de 'Abd al-\Vàhid ... En l'année 484 (1091—92). 

Le protocole ressemble beaucoup h celui du n° 17, daté de 485. D'après le repérage des 
photographies, la première lacune renferme un passage important que je ne puis restituer sur 
les n°^ 16 et 17.^ 

Le gouverneur, do):t le nom est introduit par les mots fi icilâya, comme dans les inscrip- 
tions précédentes, est ce fils de Muhammad ibn Djahîr que les auteurs, d'accord avec l'inscrip- 
tion, appellent le vizir Sharaf al-dîu 'Amîd aldaula Abu Mansûr Muhammad et qui gouverna 
le Diyar-Bekr depuis la fin de 482 jusqu'à la fin de 484, c'est-à-dire entre Abu 'Alî al- Hasan, 
nommé dans le n° 16, et Abu 1-barakàt Djahîr (Djuhayyir), nommé dans le n° 17.^ Quant au 

' Voir plus haut, p. 4.5 et pi. VIII. 

2 Dans le texte suivant, les chifïi'es 1 à 7 indiquent les points où l'inscription passe au-dessus de la clef des 
arcs des sept baies, qui sont équidistantes. Ces chiffres représentent donc, non des divisions naturelles du teste, mais 
des jalons destinés à relier les deux fragments et à fi.xer la longueur des lacunes, détail important pour le commentaire 
historicpie. Ne pouvant exposer ici les opérations minutieuses sur lesquelles repose ce repérage, je prie qu'on veuille 
bien me croire sur parole. 

' J'en ai publié un court fragment dans le recueil d'Oppenheim, n" 124 B, d'après un dessin de H. de Hell, 
atlas, pi. XLIU. Ce fragment appartient bien à l'inscription n» 18, quoique le voyageur russe, plus artiste qu'arché- 
ologue, l'ait combiné, dans son dessin, avec un morceau de la façade ouest; j'ai déjà signalé, p. 49, n. 3, le manque 
de précision des belles planches de son atlas. 

* Peut-être des noms de plus dans la généalogie de Malik-shàh, peut-être des eulogies. 

5 A'oir plus haut, p. 41. 'Amîd al-daula vécut avec son père à Bagdad, l'assistant dans sa charge de vizir du 
calife, auquel il servit souvent d'ambassadeur auprès du sultan. En 471, il lui succéda comme vizir en titre. En 47ö, 
il quitta son poste et se rendit avec son père à la cour de Malik-shâh, qui le chargea de conquérir Mossoul, tandis 



^-^ GliANDE Mosquée. 

juge chargé des travaux, son ideutification ne saurait être douteuse, puisque Muhammad ihn 
'Abd al-Wàhid figure comme juge dans les n"'^ 16 et 17, c'est-à-dire avant et après la date du 
n" 18. La deuxième lacune, évaluée à environ 10 mots, renferme encore quelque titre de ce 
personnage, peut-être madjd al-qidlât. comme dans le n" 17. 

La date a été lue, non sans peine, sur la petite photographie (reproduite pi. VIII). 'Amîd 
al-daula n ayant gouverné le Diyar-Bekr cj[ue de 482 à 484, Tannée 484 est certaine, car le 
chiffre des unités, bien qu'indistinct, n'est en tout cas ni un deux, ni un irois.^ 

Ainsi, la Mosquée a été restaurée sous le règne de Mahk-shâh, en 484. De quelle partie 
de l'édifice s'agit-il au juste? De l'aile ouest tout entière, ou de sa nef latérale nord, ou seule- 
ment du mur qui porte l'inscription? Celle-ci ne le dit pas précisément et il est diflficile de 
suppléer à son silence. En effet, ce mur porte, sur toute sa longueur, des joints peints en 
blanc qui trahissent une réparation beaucoup plus récente que celle de Malik-shàh; en outre, 
l'absence de tout caractère architectural ne permet pas de juger si l'inscription forme un tout 
organique avec la façade ou si elle n'est qu'un simple hors d'œuvre.^ 

INALIDES. 

Les Scldjoukides avaient divisé leur vaste empire en provinces gouvernées par des hommes 
de leur choix. Mais cette unité politique n'était qu'apparente et de toutes parts allaient surgir 
de nouvelles dynasties locales, rattachées au pouvoir central par des liens de vassalité, sous un 
régime féodal dont l'étude reste à faire. Amid allait, elle aussi, tomber aux mains d'une de 
ces familles d'atabeks reconnaissant la suzeraineté des grands Seldjoukides et, plus tard, celle 
d'un de leurs successeurs en Perse, en Mésopotamie ou en Asie Mineure, ou celle des Ayyou- 
bides, jusqu'au jour où suzerains et vassaux seront balayés par la tourmente mongole. 

Nous avons laissé Amid en 485, sous le gouvernement d'Abu 1-Hasan, petit-fils de Muham- 
mad ihn Djahîr.^ La même année, Malik-shàh mourait et son fils Barkyâruq montait sur le 
trône. Abu 1-Hasan quitta le Diyar-Bekr et ses administrés, las d'offrir leur hommage au nou- 
veau sultan, trop occupé d'autre part pour songer à eux, s'adressèrent à son oncle et rival 
Tutush, le frère de Malik-shâh. En 48G, Tutush occupa le Diyar-Bekr et le fit gouverner par 
un officier turc appelé Toghtekin.* En 488, à la suite d'une révolte contre le lieutenant de 
ce dernier, Tutush remit Amid à son fils Duqâq," auquel succéda un officier turcoman du 
nom d'Inâl." Ce dernier y fonda une de ces dynasties locales dont je viens de parler, qui pos- 

que son père et son frère Za'im al-daula s'emparaient du Diyar-Bekr. En 482, il fut nommé gouverneur du Diyar- 
Bekr; en 484, il quitta ce poste pour reprendre celui de vizir du calife. 11 fut déposé en 493 (ou en 49.3) et mourut 
en prison la même année. Il avait épousé la fille du célèbre Nizâm al-mulk; voir Ibn al-Azraq, dans Amedroz, 
p. 150s.; Ibn al-Athir, inde.x, notamment X, p. 41, 74s., 83, 87, 124 et 20.3; Bundàri, index, notamment p. 36, 50s., 
75s.; Ibn Khallikân, III, p. 281, 286; Ibn Shaddàd, fo 62 vo. 

' Sur celte photographie, qui m'a permis de jalonner le texte, on distin^'ue, dans le chiffre des unités, ce petit 
ornement, en forme de croix de Malte, qui caractérise la boucle du 'ain final dans les inscriptions en coufique fleuri, 

à Amid, et qui assure ici la leçon «jjl , quatre'. Elle est d'autant plus certaine que je m'y suis arrêté avant de 
connaître, par les chroniques, l'époque du trouvernement de 'Amid al-daula. 

^ Cf. plus loin, p. 62 et 68. 

^ Voir plus haut, p. 41. 

* Le même qui fonda, dix ans plus tard, la dynastie des Atabeks de Damas; voir Ibn al-.\zraq. dans A.medroz, 
p. 1.52; Ibn Shaddàd, fo 63 r». 

'" Ce nom figure, non dans l'extrait d'AMEDROz, p. 152, mais dans l'original, Br. Mus. Or. ,5803, f" 152 r», 

■^ Voir Ibn al-Azraq, dans Amedroz, p. 151 s. Ce nom, éciit Jb , est sans doute le même que Jlljl ; cf. (^jUl) 

et ^j\^\ . D'après une autre version du même auteur, Br. Mus. Or. 6310, fo 95 vo, suivie par Ibn Shaddàd, Oxford, 
Bodl. Mar.sh .333, fo 121 vo, et Berlin, ms. cité, fo 77 vo, Amid, à la mort de Tutush, passa à l'émir Sàdar (?), puisa 
son frère Inàl; cf. Amedroz, p. 152, n. 3. 



IXALlDEi?. Öö 

séda Amid de père en fils, duraut quatre générations, jusqu'à la conquête de Saladin. Ces 
dynastes, qui s'allièrent par des mariages aux Ortokides de Mardiu, ont passé jusqu'ici presque 
inaperçus, parce qu'on n'a publié aucune monnaie frappée à leur nom et que les chroniques 
arabes les plus connues n'en parlent qu'incidemment et dans des ternies fort obscurs. Il est 
donc indispensable de résumer ici, sous la forme d'un tableau généalogique, les renseignements, 
puisés à des sources connues ou inédites,' sur une dynastie que les splendides façades de la 
grande Mosquée d'Aniid viennent de révéler à l'histoire et que je demande la permission de 
baptiser du nom de son fondateur, le Turcoman Inàl. 

INALIDES D'AMID. 



SàdaiT?) Inàl, vers 490 

I 
Fakhr al-daula Ibrahim Nadjm al-din Ilg-hàzi 

nommé en 493 et 500, f en 503 Ortokide de Mardin 



Sa'd al-daula Ilaldi Yumnà khàlùn Husàm al-din 

t en 53t) épouse Ilaldi Timurtàsh 



Djamàl al-din Shams al-mulùk Mahmùd ^^afiyya (var. paifa) khàtCai 

succède à son père en 536, dépossédé par Saladin en 57'.t épouse Mahmùd en 54-2. 

Mais les Inalides tombèrent à leur tour sous la tutelle d'une puissante famille qui leur 
fournissait leurs vizirs et dont l'ancêtre portait le nom de Nîsân. Cette famille, restée jusqu'ici 
dans l'ombre, à côté des Inalides, mérite, elle aussi, d'être rendue à l'histoire, pour la part 
qu'elle a prise à la construction de la grande Mosquée plutôt que pour son peu glorieux rôle 
politique. Voici, d'après les mêmes sources,'- le tableau généalogique des Nisanides. 

NISANIDES D'AMID. 
Nisàn 

I 
Ahmad 
■| 
Mu'ayyid al-din Abu 'Ali al-Hasan ihn Ahmad 

déjà maitre effectif d'Amid en 536, t en ö51 



Djamâl al-daula Kamàl al-din AI lu 1-Qàsim 'Izz al-daula Abu Nasr 

'Alî ibn al-Hasan, nommé en 543, suc- nommé en 54i2, prend possession d'EglF 

cède à son père en 551, vivait âgé en 573 en 551, t en 565 

i I 

Bahà' al-dîn Mas'ùd, succède à son père Asad al-din 

vers 575, chassé par Saladin en 579 succède à ?on père à Egil en .565. 

19. Iiialide Ilaldi et sultan Muhamniad 1". Vers 510 H. — On a vu que la façade ouest 
porte deux longs bandeaux d'inscriptions courant sous les entablements du rez-de-chaussée et du 
premier étage. Celui du rez-de-chaussée est coupé, par les chapiteaux des colonnes, en neuf 
compartiments correspondant aux neuf travées. Ces compartiments, numérotés ici de 1 à 9, 
sont tous visibles sur l'une ou l'autre des photographies dont je dispose, mais quelques frag- 
ments sont détruits ou entièrement frustes et une partie du compartiment 6 est invisible sur 
les photographies du général de Beylié, les seules qui permettent de lire sûrement le texte. 
Cette dernière lacune, comme celles du n'' 18, est provisoire et pourra être comblée par de 

' Ces sources ont été analysées dans le recueil d'Oppenheim, au no 124, auquel je me borne à renvoyer ici; 
voir aussi Ibn Shaddàd, fos 64 et 77 V, et Ibn al-Qalânisi, éd. Amedroz, index à Amid, Ibrahim, Aikaldi, etc. 

2 Voir la note précédente. 

^ Sur celte ville forte, située à 30 kilomètres au nord-ouest d'Amid, voir les sources citées dans le recueil 
d'Oppenheim, p. 95, n. 2. 



(V) ol* 


:(') J-« 


: y 


ùA^j^ 


jj^:\\ jS'J.^ 


^r^A ù. 


c^al^^j 


(5) 


^Vi C^) 


dj^ (J^ 


^[V 



56 Grande Mosquée. 

nouveaux relevés (cf. p. 57, n. G). Une longue ligue du même type; mêmes caractères, d'un 
style plus riche qu'au n" 18 (pi. IX à XI et XIII). Inédite.- 

i' ... environ o mots détruits, puis 3 mots frustes] . . . «vU.-.) (1) 
\ xJ iS) \ '^'^\ j.J^\ Äi^^Ol Sjj^llj (?) 'C,J\ (2) (?) h^M 
jj^:^ yj\ ''^*^^j y "^1^' j:^ ^-«"^'* J^^ "^^1' (-1) 'Wi ^b-x'' -V.-- 
I ôLl>b AJil jlkL.M ÄJji J] (fi) ô'U ^1 JlUl jo^li ^»i ^L^ 
Jl (8) j^JiUlj (-^Vl (V) ctlU à^'ij L-a!'1 C^) ou (^) ^iJlj ^jJI ^lij] (7) a.iU 

[)>-Vl j>'2l! (9) L? ti-^ Jp <^.'^ (ijf-j] Ji'-^y* ^r-*^ tr:-' *\— ^1^ à -^^^ ^-^ 

. (?) ÄI\-->j [8 à 10 mots frustes] 

A ordonné de faire (?) cette maqsAm occidentale (?) et la maqsûra découverte l'émir très majestueux, le 
seigneur assisté d'Allah, vainqueur, Fakhr al-din, Sa'd al-daula, l'éclat de la religion, la beauté de la nation, 
l'auxiliaire du royaume, la puissance des émirs, Abu Mansùr Ilaldi, fils d'ibrabim, le glaive de l'émir des 
croyants, qu'Allah prolonge son existence, — sous le règne du sultan magnifié, du très grand roi des rois, du 
maître des nations, qui tient les nutiues des Arabes et des Persans, Ghiyàth al-dunyà wal-dîn, le roi de l'Islam 
et des musulmans, Abu Shudjà' Muhammad, fils de Malik-sbàh, l'associé de l'émir des croyants. Et cela a eu 
Heu par les mains (?| du juge très distingué En l'année .j.^*. 

La lacune du compartiment 1, bien que définitive, a peu d'importance et peut être com- 
blée approximativement d'après les autres inscriptions. Du dernier mot, ou ne voit guère que 

le groupe j »^ ; je restitue öjyniuS , al-maqsnra, on va voir pourcjuoi. Le premier mot du com- 
partiment 2 est un qualificatif du mot précédent. La le(,-on proposée n'est pas très distincte; 
elle m'est plutôt suggérée par le n" 22, où la façade „est" est appelée al-sharqiyija; on peut 
en inférer qu'ici, la façade „ouest" est appelée al-gharhiyria. Les mots suivants nî-niaqsûra 
al-malshûfa paraissent hors de doute. Le parallélisme des n°^ 19 et 22 exigerait de lire 
ici al-suffa al-yharhhjya (?) ical-maqsûra al-mafcshi'ifa, comme là-bas al-suffa aJ-sharqiyya tcal- 
»laqsûra al-ulyâ. Bien que cette solution soit très tentante et que, paléographiquement, le 

mot âI^I, al-suffa, se rapproche du groupe jj^, je crois qu'il faut y renoncer, car, dans ce 
groupe, le ivâw est très distinct et ne peut en aucun cas être pris pour un f<i. 

' La planche XIII donne la vue générale de la façade d'après une photographie du baron d'Oppe.nheim; les 
planches IX à XI donnent une série de détails, d'après les photographies du général de Beylié. 

2 J'en ai publié un court fragment dans le recueil d'Oppenheim, n» 124 A. Dans .son atlas, pi. XLII, H. de Hell 
donne de cette façade une gravure très belle, mais peu fidèle, où la position relative des fa(;ades nord et sud est 
renversée: voir le recueil u'Oppenheim, p. 87, n. 3, et plus haut, p. 49, n. 3. Parmi les détails de la même façade que 
l'auteur reproduit à la pi. XLIII figure un fragment d'entablement dans lequel il a introduit arbitrairement quelques 
mots du no 18; voir plus haut, p. 53, n. 3. On trouve une petite vue de la façade ouest dans Schlumberger, yUcêphore 
Phoccis, p. .513, et de Beyliê, L'habitation byzantine, p. ô.>, d'après une photographie de M. Chantre. Dans son 
mémoire sur l'architecture des Sassanides, paru dans les Transactions of the B. Institute of british architects, VII, 
p. 43, et dans Architecture East and West, p. 67, M. Phenè Spiers a donné l'épure d'une partie de la façade ouest, 
sans indication de provenance. Ce dessin, qui parait assez libre, comparé aux photographies, provient sans doute 
des relevés inédits donnés par Texier à la bibliothèque du R. Institute et parmi lesquels se trouve la copie informe 
de cpielques fragments d'inscriptions; cf. plus haut, p. 28, n. 1, et ôO, n. 1. 



IXAI.IDES. 57 

Dès lors, il faut croire que la façade ouest est désignée deux fois par le terme de maqsûra, 
dont je parlerai au n° 22. Les mots aJ-maqsûm algharhiijya (?) s'appliqueraient à la façade eu 
général et les mots aJ-maqsûra al-mahshûfa viseraient plus spécialement le premier étage „à 
ciel ouvert"; tel est le sens technique de mal;shûf} Or, on a vu que le premier étage de la 
façade ouest est, en effet, à ciel ouvert. Il est vrai que cet étage peut n'avoir pas été achevé 
ou que sa couverture peut s'être effondrée, comme semble l'indiquer l'aspect ruiné de la façade. 
Mais le terme de tnakshûf .découvert", certainement choisi à dessein par le rédacteur de l'inscrip- 
tion, me fait croire que, dans l'intention du constructeur, cet étage devait être une galerie à 
ciel ouvert, quelle qu'en fût la destination précise, comme l'étage supérieur des arènes anticjues.- 

L'Inalide qui figure ici au premier rang est celui que les auteurs appellent Sa'd al-daula 
Aikaldi ihn Iljrahîm. Les inscriptions n°' 19 et 20 les confirment en tout point, sauf en ce 
qui concerne le nom propre de ce prince. Les manuscrits donnent plusieurs variantes de ce 

nom; la plus fretjuente est (^j^S^'\, qui représente un nom turc régulièrement formé: ai-güldi 
-la lune est venue". ^ Cette leçon très satisfaisante n'est pas confirmée par l'épigraphie. Dans le 

n" 19, le nom est un peu fruste, mais la leçon ^^jj^l est appuyée par les trois répliques des 
n°^ 20, 21 et 22, qui sont parfaitement distinctes. '' Le fondateur s'appelait donc, non Ai- 
kaldi, mais Ilaldi, c'est-à-dire en turc il-aldi „il a pris le paj's"; ce nom, bien que peu usuel, 
figure aussi dans la littérature arabe du moyen-âge.* Les autres titres et surnoms d'Ilaldi sont 
conformes à la titulature des dyuastes du XIP siècle; j'y reviendrai à propos du n" 20. 

Le protocole qui suit celui d'Ilaldi offre deux lacunes. La première, au compartiment 6, 
correspond à une solution de continuité entre deux photographies du général de Beylié; mais 
ce passage n'est pas fruste, car on en distingue les caractères sur la photographie du baron 
d'Oppenheim et il est facile de le restituer sur la réplique du u" 20.'' La deuxième lacune, au 
compartiment 7, est passablement fruste, mais le n" 20 fournit aussi les éléments de sa resti- 
tution, bien qu'ils y soient combinés dans un ordre différent. Il s'agit ici du sultan seldjoukide 
Muhammad \", fils de Malikshâh, dont les surnoms Ghiyàth aldîn et Abu Shudjà' et le titre 
qas'im nm'ir al-muminhi sont déjà connus par les monnaies et par les auteurs.' 

' Le verbe knshaf» signifie aussi „enlever le toit d'un édifice', du moins à la II" forme; voir Dozy, Supplément. 

- En effet, si le toit avait disparu plus tard par accident, l'inscription ne renfermerait pas ce terme. Une ex- 
ploration permettrait seule de vérifier le fait. Le sommet de l'entablement du premier étage est couvert d'herbes 
folles et de nids de cigognes et je ne puis y distinguer l'amorce d'une couverture quelconque. Les toits à tuiles creuses 
qu'on voit sur les photographies appartiennent à des masures modernes blotties entre les colonnes de la façade, comme 
celles qui s'abritaient dans toutes les ruines antiques. Il y avait déjà des cigognes à Amid au XH= siècle; voir 
Michel, trad. Chabot, III, p. :212s. 

^ Cf. ai-duffhdi, hii-ffähli, etc., dans Houtsma, Ein türkisch-arabisches Gl ossar,'lp. Sis. et 29 du te.xte arabe, et 

Radloff, Versuch eines IVörterbnches der Tiirk-Dialekte, passim. Les autres variantes, |_$_)lji)l, ^JiiJL_ etc., ne 
sont que des fautes de copie, si fréquentes dans les noms propres peu usuels. 

•* Le n« 22 donne la variante (_$jii)l, sans Yalif, mais bien avec un làm en troisième place; cette leçon figure 

aussi dans Ibn al-Azraq, Brit. Mus. Or. 631(1, f" 122 ro, et Ibn Shaddàd, fo 77 vo (écrit ,^_^l). 

= Voir Houtsma, np. cit., p. 29 du texte: j_jjjjl, expliqué par l'arabe jjjl Àil ; cf. p. 30: JToJI, expliqué par 

l'arabe jjjl ^j_5^ 

" Restitution confirmée, au dernier moment, par les photographies de l'expédition allemande d'Assur. 

' Pour les monnaies, voir Laxe-Poole, CBM, III, nos 67 s. Pour les auteurs, Ràwandi, dans JBÄS, 1902, 
p. 585, 604; Bundàri, p. 88; Ibn Khalhkàn, III, p. 232; Abu I-faradj, trad. Bruns, p. 289, 305; Hamdallàh, trad. Gastin, 
p. 247 s.; Laxe-Poole, Dynasties, p. 1.53, etc. 

.\mida. * 



58 Gkaxhe Mosquée. 

On remarquera que son protocole, introduit probablement par les mots fi ilanla, comme 
dans le n" 20, ne vient qu'après celui de son vassal Ilaldi. Ce détail, insignifiant en apparence, 
trahit la décadence profonde qui suivit, pour l'empire seldjoukide, la mort de Malik-sliàh. Dans 
les xiP^ 16, 17 et 18, le protocole de Malik-shàh occupe le premier rang; c'est le sultan qui 
donne l'ordre de construire et qui le transmet à son vizir, dont le protocole est introduit par 
les mots fï nUâija. Ici et dans le n° 20, le dynaste a pris la place du sultan. La seule mar- 
que de déférence qu'il témoigne encore à son suzerain est dans les mots ft datiln „sous le règne 
de", remplaçant les mots fî mlaya „sous le gouvernement de", qui introduisent, dans les inscriptions 
de Malik-sliiih, le protocole de son vizir. Ce renversement de l'ordre hiérarchique joue un rôle 
important dans Tépigraphie de la grande Mosquée d'Amid et j'y reviendrai à propos des n"*' 20, 
21, 22 et 24. 

Le nom du juge chargé des travaux est illisible sur les photographies; bien (|u'il paraisse 
assez fruste, il n'est peut-être pas définitivement perdu. Ce juge pourrait bien être 'Abd al- 
"Wàhid ibn Muhammad, nommé comme intendant des travaux dans le n° 20. Enfin, l'in- 
scription se termine par une date; bien qu'illisible sur les photographies, elle existe certainement. 
En eftet, les derniers mots sont écrits sur deux petites lignes superposées, suivant une mode 
assez fréquente dans l'épigraphie mésopotamienne; or, ces deux lignes renferment toujours 
une date.' Ici, on peut la fixer à peu près; voici comment. 

Le sultan Muhammad parut sur la scène politique vers 490. En 492, son nom fut pro- 
clamé pour la première fois à Bagdad, mais jusqu'en 498, il eut pour rival redoutable son frère 
Barkyâraq.'^ Un traité, conclu entre les deux frères eu 495, donnait à Muhammad une partie 
de l'empire, y compris le Diyar-Bekr, mais avec le simple titre de roi (malik), celui de sultan 
étant réservé à Barkyâruq. Un nouveau traité, conclu en 497, confirmait à ]\Iuhammad la 
possession du Diyar-Bekr.-' L'inscription peut donc remonter à l'année 495; toutefois, la pré- 
sence des titres sultaniens les plus élevés me fait croire qu'elle n'est pas antérieure à 498, date 
de la mort de Barkyâruq, à la suite de laquelle Muhammad resta le seul maître et sultan de 
l'empire, jusqu'en 511, date de sa mort. D'autre part, l'inscription du premier étage portant, 
on va le voir, la date 518 et l'examen de la façade indiquant qu'elle a été élevée d'un seul 
jet, il paraît probable que la construction du rez-de-chaussée n'a précédé que de peu d'années 
celle du premier étage; on ne peut donc se tromper beaucoup en lui assignant la date ronde 
510. L'écart de quelques années entre les deux étages s'explique soit par l'importance et la 
richesse de la façade, soit par une interruption momentanée des travaux à la mort de 
Muliammad. 

A quelle occasion ce travail fut-il entrepris? ^^er3 cette époque, un incendie détruisit la 
grande Mosquée d'Amid.* Ibn al-Azraq, généralement bien informé, ne consacre qu'une ligne à 
cet accident, qu'il place en 513. Matthieu d'Édesse le met en 508-09 (1115 — 16) et le décrit 
comme un feu vengeur, descendu du ciel contre les péchés des musulmans, qui dévora l'édifice 
de fond en comble. Bien que son style ampoulé n'inspire qu'une médiocre confiance et que 
son récit soit évidemment exagéré, puisque la Mosquée a conservé des restes importants d'une 
époque antérieure, la date qu'il assigne à l'incendie est plus vraisemblable que celle donnée par 
l'historien musulman. En effet, il est bien tentant de voir dans ce désastre la cause de la 

' Voir plus loin les nos 20 et ï!7, et Lehmann-Haupt, Materialien, Arab. Inschriften, nos 2, 3 et 4. 

^ Voir BuQdàii, p. 8âs.; Ibn al-Athîr, X, p. 194s.; Ibn Khalliliàn, III, p. "233; Abu l-fida", 11, p. 2i'-Js.: Ibn 
Khaldûn, V, p. 22 s.; Hamdallàh, p. 241s. ; Mirkhond, trad. Vullers, p. 138s.; Defrémery, Recherches sur le règne de 
Barkiarok, dans JA, 1853, passim; Weil, Chalifen, III, p. 143s.; Tevvhid, CMO, IV, p. 56, n. 1. 

2 Voir Ibn al-Athîr, X, p. 226, 2.ô4; Abu \-Mà.\ II, p. 225, 227; Abu l-faïadj, éd. Salhani, p. 343; Ibn Khaldûn, 
V, p. 27, 32; Sibt ibn al-Djauzi. éd. Jewett, p. 6 ei passim; Mirkhond, trad. Vullers, p. 142s.; Price, Mahommcdan 
history, U, p. 361; Weil, Clialifen, III, p. 146 s.; Hammer, Gemäldesaa!, V, p. 93. 

* Voir Ibn al-Azraq, Br. Mus. Or. .5803, fo 161 ro; Matthieu, trad. Dllaurier. p. 291, et dans Hist. arm. des 
erois., I, p. 114, 614; cf. le recueil d'Oppenheim, p. 97. 



Inalides. 59 

réfection totale de la façade ouest. Or, le sultan Muhammad étant mort à la fin de 511, l'in- 
cendie devrait être antérieur d'au moins une année au travail signé de son nom. 

La fin de l'inscription renferme peut-être le nom de l'architecte, qui figure à cette place 
dans l'inscription du rez-de chaussée de la façade est, n° 22. 

20. Inalide Ilaldi et saltan Mahraûd P^ 518 H. — Le bandeau du premier étage, qui 
règne au-dessus des chapiteaux, est coupé, par les dés en saillie qui les surmontent, en neuf 
compartiments, numérotés ici de 1 à 9, correspondant aux neuf travées. Mieux conservée que 
celle du rez-de-chaussée, cette inscription renferme peu de parties frustes. En revanche, le texte 
suivant offre deux lacunes: la première, au compartiment 6, provient d'une solution de conti- 
nuité dans les photographies;^ la deuxième est au compartiment 8, entièrement masqué par 
l'auvent de toile d'une masure blottie entre les deux colonnes de cette travée. Une étude sur 
les lieux permettrait sans doute de combler ces lacunes. Une longue ligne du même type; 
mêmes caractères (pi. IX à XI et XIII; cf. plus haut, p. 56, n. 1). Inédite. 

aîh 'i^,i iijjin j,r^ j'_jô\ j^ j^\.^.^vi (2) i=.Sii ^Sii aLç ^i . . . ^^ (1) 

i'ji j -^\L\^ ^\ çb\ ^j,\ 0; ^a!")^,l (4) j^^^Lo y\ 'I^Vl j^ t}ß.\ ^ ^/^l ^^ (3) 

<oil :>U ^\> ^\* (('.) ^yi J,j^ ^/Vi ^^j <iI'U JitVl -»l.i;Ub ±A\ (5) jUJ\ 
i>J (8) :>j^A _in jl JiJJ.h ^^.-Vi d\l. 4>,Jlj (7) [UjII] j^^ iùl 2äS^ 
J,\ ^\ ''i.^j Jl (9) [? Aj:sJi\ (JA. Ji^ d[y:> ^_$j^3 ^^^^1* ^■'•^ Ù^, 

A ordonné de faire ceci l'émir très majestueux, le maréchal Fakhr al-dîn Sa'd al-daula, l'éclat de la 
religion, la noblesse de la nation, la couronne des rois, la puissance des émirs, Abu Mansûr Ilaldi fils 
d'Ibraliîm, qu'Allah fasse durer sa royauté, — sous le règne du sultan magnifié, du très grand roi des rois, 
qui tient les nuques des nations, du maître des Arabes et des Persans, de l'aide des serviteurs de la religion, 
de l'auxiliaire du calife d'Allah, Mughîth al-dunyà wal-dîn, du roi de l'Islam et des musulmans, Abu 1-Qàsim 
Mahmùd, fils de Muhammad, fils de Malik-shàh, la main droite de l'émir des croyants. Et cela a eu lieu 
par les mains de celui qui a besoin de la miséricorde d'Allah, Abu l-fatli (?) 'Abd al-Wàhid, fils de Muham- 
mad, l'année 518 (1124—25). 

Le protocole d'Ilaldi^ offre rpelques variantes à celui du n° 19, notamment ce titre d'isfah- 
salûr „maréchal",* cjui ne figure pas là-bas; on peut en conclure qu'Ilaldi l'a reçu entre les 
années 510 et 518. Un autre indice de son avancement, c'est l'eulogie adûma aUâh sultânahit, 
remplaçant l'afâJa alîâh haqaaJin du n° 19.^ 

' Elle est comblée, au dernier moment, par les photographies de l'expédition d'Assur. 

- Sur ce titre, voir plus haut, p. 38, n. 4. Dans la règle, il est écrit «lilftH; la variante oI*'iIaL1 n'est pas 
une faute du lapicide, mais plutôt une forme primitive de ce mot, avec le pluriel persan en â long. 

■' Ce nom est écrit distinctement (_$JilMil ; voir plus haut, p. 57, n. 4. 

* Sur ce titre, voir CIA, 1, p. 452, 640 s.; III, p. 64, n. 4; cf. le recueil d'Oppenheim, p. 57, n. 2. 

■'• Dans l'épigraphie de cette époque, on trouve souvent des eulogies renfermant le mot siiluhi (ou mltiina) 
bien qu'elles s'adressent à des dynastes qui ne portaient pas le titre de sultan; voir Lehmann-Haupt, Mnterialieii, Arab. 
Inschriften, nos 3 et 9, et plus haut, nos 8 et II. Je traduis alors ce mot par „royauté", et non „sultanat". 




60 Grande Mosquée. 

Le sultan dont le protocole, introduit par les mots f'i daida, fait suite à celui d'Ilaldi, 
n'est pas le grand Seldjoukide Mahmùd, qui régua peu de temps en Perse, après la mort de 
son père Malik-shâh, mais le premier souverain de la branche de llraq, Mahmûd ibn Muham- 
mad, qui régna de 511 à 525, à Bagdad et en Mésopotamie, pendant que son oncle Sindjar 
gouvernait la Perse. ^ Les surnoms personnels que lui donne l'inscription sont déjà connus par 
les auteurs et les monnaies, auxquels j'emprunte en outre le titre yamîn al-niuminm, restitué 
dans le compartiment 8.- Comme dans l'inscription précédente, le suzerain nominal n'est 
nommé qu'après son vassal et ce détail, loin d'être dû au hasard, exprime une nuance diplo- 
matique intentionnelle et fort instructive. 

L'intendant des travaux, 'Abd al-Wàhid ibn Muhammad^ est sans doute le fils du juge 
Muhammad ibn al-Wâhid qui figure au même titre dans les n°*15, 16 et 17, et le petit-fils du 
juge 'Abd al-Wâhid ibn Muhammad, chargé des travaux dans les n"'* 13 et 14. Cette famille 
de magistrats, où les noms de Muhammad et de 'Abd al-'Wâhid alternent de père en fils, est 
un exemple de la persistence des traditions locales, dans la magistrature, à travers tous les 
changements politiques.* Enfin, la date est bien conservée et parfaitement lisible.^ 

Ainsi, la façade ouest, le morceau le plus riche de la grande Mosquée d'Amid, a été com- 
mencée par Ilaldi, sous le sultan Muhammad, vers 510 au plus tard, et achevée par lui, sous 
le sultan Mahmùd, en 518. Ces indications sont d'autant plus précises que les bandeaux qui 
les portent ne sont pas des surcharges plaquées, après coup, sur une façade antique, pour rap- 
peler quelque insignifiante réparation. Ils font corps avec la façade et l'on peut affirmer que 
celle-ci, dans son ensemble, est un produit de la première moitié du XIP siècle. Mais il ne 
faut pas en conclure que tous les éléments qui la composent ont été créés de toutes pièces à. 
cette époque; au contraire, il n'est pas douteux qu'une partie de cette admirable décoration ne 
soit d'origine beaucoup plus ancienne. M. Strzygowski nous donnera sans doute le mot de 
cette curieuse énigme; je me borne à signaler encore, dans cette composition d'un caractère 
unique, "quelques détails évidemment contemporains des inscriptions. 

On a vu que les neuf arcades du rez-de-chaussée sont tantôt en arc brisé, tantôt en anse 
<îe panier. Leur archivolte est richement moulurée suivant un profil qui rappelle bien plus le 
moj-en âge que l'antiquité; cette impression s'accentue à l'examen des petits motifs sculptés 
sur la clef de plusieurs de ces arcs: ici, une lampe de mosquée, de type arabe; là, deux 
triangles entrecroisés, formant une étoile à six pointes, dite sceau de Salomon, etc. Au-dessus 
de l'arcade de la travée centrale est sculptée une tête de taureau encadrée dans un petit mé- 
daillon, vue de face et tenant un anneau dans sa gueule. Deux têtes pareilles, mais sans cadre 

' Voir Bundàri, p. 119s ; Ibn al-Athîr, X, p. 367 à 471, passim; Ibn Khallikân, III, p. 337; Abu 1-fldà', II, p. iM) 
à III, p. .5; Ibn Khaldùn, Y, p. 45 à -57; Sibt, éd. Jewett, p. 43 à 8-^; Hamdallàh, éd. Gantin, I, p. 273 s.: Mirkhond, 
trad. VuLLERS, p. 173s.; Weil, Chalifen, III, p. 214s. 

2 Pour les monnaies, voir Laxe-Poole, CBM, III, nos 77 s.; Tewhid, CMO, IV, n" 91 ; pour les auteurs, Ràwandi, 
dans JRAS, 1902, p. 58.5, 857; Bundàri, p. 119: Ilm Khalliliân, III, p. 337; Haindallàh, I, p. 273; Mirkhond, 

p. 173; Laxe-Poole, Dynasties, p. 1.54. Bien que la fin du mot ^^..Jt« soit cachée par la saillie d'un dé, il faut hre 

ainsi, comme sur les monnaies et dans les auteurs, et non y^ (confirmé par les photographies de l'expédition d'Assur). 

D est vrai que sur les monnaies nos 77 et 78 de Londres, Laxe-Poole a lu y^ . Mais dans les nos suivants et dans 
Tewhid, loc. cit., où l'on nous montre des monnaies, frappées aux noms de Sindjar et de Mahmùd réunis, sur les- 
quelles figurent ces deux surnoms en al-din, il est clair que celui en mu'izz se rapporte à Sindjar et celui en mughith, 
à Mahmùd. Dés lors, sur les monnaies nos 77 et 78, ou bien le surnom en mu'izz se rapporte aussi à Sindjar, ou 
plutôt il faut lire mughith au lieu de mu'izz, ces deux mots offrant une grande analogie graphique. 

^ Sa kimya n'est pas distincte; au lieu de -.xlill »il , peut-être ^ill yl . 

' Cf. un exemple analogue chez Amedroz, dans JRAS, 1908, p. 419. 

^ Le chiffre des centaines est gravé au-dessus des deux autres; cf. plus haut, p. 58, n. 1. 



IXALIDES. 61 

et sans anneau, sont sculptées, en fort relief, au sommet des dés qui surmontent les deux 
colonnes encadrant la travée centrale du premier étage. Je chercherai plus tard le sens de ces 
emblèmes, qu'on retrouvera sur la façade est et sur la porte d'AIep, me bornant ici à noter 
leur caractère médiéval. 

21. Nisanide al-Hasau et Inalide Mahiuûd. 550 H. — Du côté sud de la cour, bandeau 
sur le mur extérieur de la nef latérale nord de l'aile est de la mosquée. Ce bandeau, qui fait 
pendant au n° 18, commence près de l'angle de la petite face nord du sanctuaire, passe au- 
dessus des sept baies qui donnent jour dans cette nef et se termine à l'angle sud-est de la 
cour, à la hauteur de l'entablement du rez-de-chaussée de la façade est. Le texte suivant a 
été rétabh sur quatre photographies qui n'en donnent chacune qu'un fragment détaché, lais- 
sant entre elles deux lacunes importantes, lune au début, l'autre vers la fin. Mais les baies 
visibles sur les photographies forment des points de repère suffi.sants pour fixer la longueur 
approximative des lacunes.^ Même type; mêmes caractères, admirablement conservés et plus 
riches que ceux des inscriptions précédentes (pi. XU). Inédite. 

... 1 à 2 mots (2) 10 à 12 mots . . . a)^ y'] ^^i J_^j j^ }ji\ {\)"^\ à^\ ^ ... aL_, 

;!ja1Ij (4) à^]\ ju- jiLM lui j^di J^\ ^jCn jÇ^n j^S/i j'^\.^^J^\ jJ^\ tu,^ 

[environ 10 mots (5) 1 à 2 mots] (?) Jls j^iU^^Jij J^^lll ^^ '^\\ JU^ jU-Uj ^^L-Vi 'l^ 

j^.— 2- 'i:^ jj dAoj il\j£.\ j^i \X\ ^ A>\ j^'J_^ j^a\ Jw« (6) ^_$-^J*;^l Jr >y,=^ 

♦ (angle sud-est de la cour) f^ßsS\ I^ Ä-* «-Ulj 'lij- 0; ^sk-S^ JlJ_jJI (7) ÄjI^w^J 

A ordonné de faire ceci pour gagner la faveur d'Allah, aJ-Hasan, fils d'Ahmad ihn Nisân, qu'Allah 

aie pitié de qui implorera sa pitié pour lui, et cela sous le règne de notre maître l'émir, le maréchal très 
majestueux, le seigneur grand, l'assisté d'Allah, le vainqueur, le savant, le juste, Djamàl al-dîn wal-daula, 
l'éclat de l'Islam et des musulmans, le bonheur de la religion, le soleil des rois (Shams al-mulùk) et des 

sultans Mahmûd, fils d'Ilaldi, l'aide de l'émir des croyants, qu'Allah fasse durer son règne et donne 

la victoire à ses auxiliaires! Et cela (a eu lieu) en l'année ô.'iO (1155—56). Le chargé des travaux est 
Aidoghdi, fils de 'Urvva(?), et l'architecte, Hibatallàh, de Gurgan. 

L'ordre de construction, provisoirement perdu dans la première lacune, émane du Nisanide 
al-Hasan, qui fut vizir des Inalides Ilaldi et Mahmûd et mourut en 551, une année après la 
date de cette inscription.' Le personnage dont le protocole, introduit par les mots fl datda, 
fait suite au sien est l'Inalide Mahmûd, qui succéda à son père Ilaldi* en 536 et posséda Amid 

' Dans le texte suivant, les chifïres I à 7 indiquent les points où rinscription passe au-dessus de la elef des 
arcs des sept baies et représentent ici, comme au n« 18, de simples jalons destinés à relier les fragments et à fixer la 
longueur approximative des lacunes, en vue du commentaire. 

- Ce nom est peu distinct; paléographiquement, la leçon aj s- semble possible, mais ce vieux nom arabe ne 
s'accorde guère avec le nom turc Aidoghdi. 

' Voir p. 5.0, la généalogie des Nisanides. L'eulogie lahima alh'ih indique peut-être que l'inscription ne fut 
rédigée qu'après la mort de Hasan; toutefois, cette eulogie s'adresse aussi à des vivants; cf. plus loin, p. 6-5, n. 4. 

■* Ce nom est écrit distinctement j^jjj^ I ; voir plus haut, p. .57, n. 4, et 59, n. -2. 



62 Grande Mosquée. 

jusqu'en 579.^ Il porte ici le titre isfahsalâr, donné à son père dans le n° 20, et les surnoms 
Djamâl aldîn et Shams al-mulûk. qu'on retrouve dans les chroniques.^ Une partie de son 
protocole est comprise dans la deuxième lacune, qui s'arrête heureusement avant le nom propre. 

La rédaction du protocole jette un jour curieux sur la situation politique des maîtres 
d'Amid à cette époque. En première place figure le vizir; c'est lui qui fait bâtir et bien que 
son nom, par une réserve sans doute intentionnelle, ne soit accompagné d'aucun titre, c'est lui 
qui commande à son maître nominal; malgré ses titres pompeux, l'Inalide n'occupe que le se- 
cond rang. Son protocole est précédé des mots fî daulfi, les mêmes qui, dans les n°^ 19 et 20. 
précèdent le protocole des sultans seldjoukides Muhammad et Mal.imùd. En 550, c'était un fils 
de ce dernier qui régnait en Iraq.' Mais les maîtres d'Amid, s'ils reconnaissent encore sa su- 
zeraineté, ne songent même plus à lui rendre hommage dans leurs inscriptions. Voilà donc la 
deuxième phase du renversement hiérarchique signalé à propos des n"- 19 et 20. Là-bas, c'était 
le dynaste qui avait pris la première place, celle du sultan dans les inscriptions seldjoukides, 
et relégué celui-ci à la seconde, celle du vizir. Ici, c'est le vizir à son tour qui prend la pre- 
mière place, relègue le dynaste à la seconde et supprime le nom du sultan. Les n°^ 22 et 2-1: 
montreront les phases suivantes de cette évolution. 

Après la date, qui est très distincte, l'inscription nomme encore l'intendant des travaux, 
qui porte un nom turc bien connu, enfin l'architecte, dont l'ethnique est écrit distinctement 

ijapii\, sans doute al-gunjuni ..originaire de Gurgan". 11 existait alors au moins trois localités 
de ce nom: la ville située au sud-est de la Caspienne et deux autres, moins importantes, l'une 
dans le Fars, l'autre près de Kirmaushahan.^ D'après Yâqùt, le nom de la première s'écrit 

^jU- •>., Bjiirdjân, la forme ^j , Gurgân, étant réservée aux deux autres;" de fait, la plupart 
des auteurs arabes l'écrivent ainsi. Mais les règles orthographiques de Yàqût ne sont pas 
toujours d'accord avec la langue du moyen âge ou la prononciation locale. '' Quoiqu'il en soit, 
l'architecte était persan, peut-être de naissance, en tout cas d'origine. Ce fait, important pour 
l'histoire architecturale de la Mosquée, soulève une question que j'ai déjà posée à propos du 
n"^ 18: à quelle partie de l'édifice se rapporte l'inscription? Ici encore, aucun document ne 
m'autorise à répondre avec précision. 

Dans les deux tympans inscrits entre les arcs des baies 3, 4 et 5, sous le bandeau, sont 
creusées deux niches flanquées de colonnettes à fût chevronné et couronnées dune coquille à 
neuf côtes (pi. XII). Sur le linteau droit de la baie 4 sont sculptées de petites niches et quel- 
C£ues ornements d'un style grossier. Tous ces motifs, qui présentent des analogie de style et 
de facture avec ceux de la porte de Kharput, me paraissent remonter à l'époque abbasside. 
Si tel est le cas, cette partie de la Mosquée n'a pas été entièrement refaite sous les Inalides. 
D'autre part, les joints blancs qui sillonnent la façade trahissent une restauration beaucoup plus 
récente. Cette absence d'unité architecturale enlève aux inscriptions n°* 18 et 21 une partie 
de leur valeur archéologique; en effet, il n'est pas possible de juger si ces inscriptions, comme 
celles des façades est et ouest, datent la façade sud en faisant corps avec elle.' 

' Voir p. 55, la généalogie des Inalides, et plus loin, p. 7:2 s. 

2 Voir Ibn al-.Azraq, Br. Mus. Or. 5803, fo 170 r», 17-i vo; Ibn Shaddàd, hx: rit. 

ä Voir Lase-Poole, Dynasties, p. 154 et table généalogique des Seldjoukides. 

■* Sans parler de la ville du Khwarizm appelée Gurgandj ou Djurdjaniyya, dont il ne peut guère être ici 
question, car on attendrait alors le relatif gurgânâji ou âjiirdjàni. 

* Voir Yàqùt, Mit'iljam, IV, p. 261; Mitahtarih, p. 371 (tous deux éd. Wlstenfeld); Barbier de Meynard, Die 
tionnaire gêoyraphique )le la Perse, p. 481. 

® Voir mes Notes sur les croisades, tir. à part du JA, p. :?2. 

' Voir plus haut, p. 54 et plus loin, p. 68. 



IXALIDES. 03 

22. Nisauide 'AU et lualide Maliniud. 559 H. — On a vu que la façade est, comme 
la façade ouest, porte deux longs bandeaux courant sous les entablements du rez-de-chaussée 
et du premier étage. Le premier règne au-dessus des chapiteaux et, comme au premier étage de 
la façade ouest, il est coupé, par les dés en saillie qxii les surmontent, en neuf compartiments 
(numérotés de 1 à 9). Mais ici, les dés ne sont pas tous auépigraphes: sept d'entre eux portent, 
sur leur face antérieure, quelques caractères de Finscription. Le texte suivant, rétabli sur trois 
photographies, renferme plusieurs lacunes. Le compartiment 1 est presque entièrement fruste 
et tout le compartiment 4 a disparu pour faire place à une inscription moderne en vers.' Ces 
deux lacunes sont définitives, mais il est facile de les combler, de même que les deux petites 
lacunes de la fin, qui proviennent de l'insuffisance des photographies et ne sont que provi- 
soires. Une longue ligne du même type; mêmes caractères, un peu plus sobres que ceux du 
n° 21 (pi. XIII à XV). Inédite.2 

^U»; ^^a' 'j^y^ C^^3 C-^) ^\ (cîé 2) [ja\ ja ^\ ^\^ ^^*r LM^ . . . 4w] (1) 
'U:jI a}\a ^ 1*^1 LUI ôj^^lj 1**5^01 (3) Jl l^ (dé 3) [\^\] ^ Ûp-M iUW oÀ* 
X^ ç^J^\ (5) [^y: à.-^\ Jl^3>-V> j^-^Vl ^^Sfi W^ . ■ .j (4) ^\ (dé 4) SU,^ 

^^1 J^,y Cj\^j jj. Jj-J-I (j. (13) "Ji^ çr^^ <'''■) Ü,} 'Lx^/l ^C J^_^}^\ ^lÛ» iill 'l^.; ^jji 

Oi'-) dDlU Wj-* Ä,Vj J di'ij lji'^\3 ^>jl j/a45 (7) IciJ (dé 7) i\} ^y iil ^^j jC«y.l 
jj;^^\ (dé 9)^^1 ilVl J^ AI Ju.- ^^--y^ 'W-: Ù.-^^ JW (V^^ J} (^) J^^'^ (^lé 8) 
(dé 10) 'i.'\^^^^ J^-'^-î V— ' ^'-^ 3 J^-Aji\ j\a\ J\«^ ("''') tiJAil ô: i_j*'=^ ji^^^ [J,}] (^') 

A librement entrepris de faire cette colonnade orientale, depuis ses fondations jusqu'à son faite, et 
cette tnaqsâra supérieure tout entière, sur sa fortune, désirant la miséricorde d'Allah .... notre maître 
l'émir, le maréchal très majestueux, Karaâl al-dîn, la noblesse de l'Islam, Djamàl al-daula, l'éclat de la religion, 
le préposé aux armées, la couronne des émirs, Abu 1-Qàsim 'Ali, fils d'al-Hasan ibn Nîsàn, l'agréé de l'émir 
des Croyants, qu'Allah aie pitié de qui lira ceci et implorera sur lui la miséricorde et le pardon! Et cela (a 
eu lieu) sous le gouvernement de notre maître le roi juste, le père des bienfaits, Djamàl al-dîn, l'éclat de 
l'Islam, le bonheur de la religion, le secours de la nation, l'émir des frontières, Abu l-mu?affar Mahmùd, fils 
d'Ilaldi, l'aide de l'émir des croyants, en l'année .559 (11(13—64). Et l'architecte en est Hibatallàh, de Gurgan. 

Comme le n" 19, ce texte relate la construction de deux parties distinctes: une suffa orien- 
tale et une maqsûra supérieure. Le mot siiffa désigne un banc de pierre abrité contre une 
maison (cf sofa), un couvert en général, niche, verandah, porche ou portique, ou encore une 
arcature sur colonnes, telle qu'on les pratique, eu miniature, dans ces consoles de marbre ou 
de bois sculpté du mobilier musulman.-' Ici, ce terme désigne soit lu façade entière, soit plutôt 



1 Elle est cachée par l'ombre d'un auvent, mais on y distingue cette division, en hémistiches encadrés, carac- 
téristique des inscriptions modernes en vers. 

- J'en ai pubhé un fragment dans le recueil d'Oppe.nheim, n» 1:24 C. ^ Coran, IX, 18, début. 

* Ou « „ „sept"; la paléographie est plutôt en faveur de « ' „neuf. 

° Voir le dessin d'une »iiffa égyptienne dans Lane, Manners and customs, b' éd., I, p. 15; cf. son Die. 
tionary. Je crois voir une autre snfftt dans un beau morceau du Musée de Constantinople, provenant précisément 
d'Amid et remontant au XII' siècle, comme les façades de la grande Mosquée; voir Mioeon, Manuel d'art mnsulnian, fig. Gti. 



64 Grande Mosquée. 

le seul rez-de-chaussée. En effet, il s'applique mieux à ce dernier, à cause de la forme de ses 
arcs, primitivement ouverts sur la cour, et i^arce que les mots „la maqsûra supérieure" désignent 
évidemment le premier étage, de même que le premier étage de la façade ouest est appelé, 
dans le n° 19, ,1a maqsûra découverte". La nuance entre ces deux expressions est sans doute 
intentionnelle: tandis que le premier étage de la façade ouest est à ciel ouvert, celui de la fa- 
çade est est couvert d"un toit ou d'uue terasse. Bien qu'aucune trace de couverture ne soit 
visible sur les photographies, on y devine, à la noirceur des fenêtres, que l'intérieur ne prend pas 
de jour par en haut. 

Qu'étaient ces deux »KKisûra, se faisant face aux deu.x extrémités de la coui? Ce mot 
désigne le plus souvent une enceinte réservée, puis grillée, dans une mosquée, à l'usage du 
souverain, suivant une pratique dont l'origine est attribuée au calife omayyade Mu'ùwiya, par- 
fois le sanctuaire tout entier, séparé par une grille du reste de la mosquée.^ Tel ne peut être 
ici le sens restreint de mnqsnra. puisque les deux façades sont en dehors de la mosquée propre. 
Mais suivant son etymologic, ce mot désigne, en général, tout espace ou bâtiment circonscrit, 
par exemple, un palais entouré de murailles, ou des appartements séparés.^ Il semble donc 
cjue les deux façades faisaient partie de quelque édifice attenant h la grande Mosquée, mais 
que les deux muqsûra y étaient bien des lieux de prière, sans doute réservés au souverain ou 
à sa maison, car le contexte, dans l'inscription, leur assigne clairement une fonction religieuse. 
Cette hypothèse concilie l'emploi du terme maqsûra avec la disposition de ces deux premiers 
étages, qui sont compris dans l'enceinte de la Mosquée, mais en dehors des parties ouvertes 
au public, et séparés de la cour par les colonnades, faisant en quelque sorte l'office d'un 
grillage. 

Cette question en soulève une autre: Où se trouvait le palais des InalidesV On sait que 
la capitale des Merwanides était Mifarqin. Ces princes possédaient bien un palais à Amid, 
mais son emplacement n'est pas encore connu. Ibn Damna, le meurtrier du Merwanide Abu 
'Ali al-Hasan,-' qui s'empara d'Amid après son crime, y bâtit un palais près du Tigre.* A moins 
qu'il ne s'agisse d'un palais d'été ou d'un simple pavillon, il est peu vraisemblable que cette 
résidence ait été [ilacée sur la rive du fleuve, dans un terrain bas et en dehors des murs pro- 
tecteurs de l'enceinte. Je crois plutôt qu'elle s'élevait dans la citadelle, qui domine le Tigre et 
dans laquelle plusieurs auteurs, notamment Ewliy.4, signalent les ruines d'un palais ancien." Il 
serait donc tentant de supposer que les Inalides, qui venaient de faire d'Amid leur capitale, 
ont voulu s'y bâtir un palais plus somptueux. D'autre part, on sait que leurs deux façades ont 
conservé des restes importants d'un état antérieur, et que quelques voyageurs les attribuent aux 
Arsacides, aux Arméniens, aux Sassanides ou aux califes." Sans faire état d'attributions aussi 
vagues, on peut croire que ces auteurs reflètent une tradition locale et que pour les habitants 
d'Amid, le souvenir d'un palais reste attaché à cette partie de la grande Mosquée. Mais com- 
ment concilier l'existence de deux palais, un dans l'enceinte de la Mosquée, l'autre dans celle 
de la citadelle? En l'absence de documents précis, toutes les suppositions sont permises. 
Peut-être la résidence s'est-elle déplacée d'une dynastie à l'autre, comme au Caire ; peut-être 
le palais de la Mosquée n'a-t-il jamais servi de résidence; peut être celui de la citadelle n'atil 
été bâti qu'après les Inalides. Seule une exploration pourrait donner la solution de ce problème. 

' Voir les sources citées par Quatremère, Sultans Momlunl'«, la, \i. 104: vox Khemer, Tapograiihie von Damusnis, 
1, p. 46, n. 2; Goldziher, Muhammedanische Studien, II, p. 41 ; Becker, Die Kanzel im Kultus des alten Islam, tir. à 
part de Festschrift für Th. 1^'öldeke, p. 16; Lam.mens, Etudes sur Mo'auia /f, p. 20:2s. 

- Voir DozY, Supplément. 

^ Voir plus haut, p. 24. 

■* Voir Ibn al-Azraq, dans Amedroz. p. 127, 1.35. Sur la palais de Mifarqin, rebâti ]iar l'émir Ahmad, prés d'une 
tour de l'enceinte, sur l'emplacement d'un couvent et d'une église de la Vierge, voir oji. cit., p. l:!l. 

* Voir plus haut, p. 10. 

" Voir Texier, H. de Hell, Fergussox et Phexè Spiers, cités plus haut, p. 47 s. 



Inalidks. 65 

Ici encore, l'ordre de construction émane du vizir, Abu l-Qàsim 'Ali, le fils d'al-Hasan.^ 
L'inscription précise à dessein: il a fait bâtir ..de sa propre initiative et sur sa bourse", ce cjui 
veut dire, sans doute, que son maître Mal.imûd n'y a aucune part. En outre, il a bâti „la fa- 
çade tout entière, des fondations juscjuau faîte", ce qui veut dire c(ue ce travail a été plus con- 
sidérable qu'à la façade ouest; on va voir que tel est bien le cas. Le début du protocole, 
perdu dans la première lacune, est restitué sur le n" 24. 'Alî y prend à son tour ce titre is- 
fahsalâr des Inalides, que le n° 21 ne donne pas encore h son père al-Hasan. Ce détail trahit 
l'avancement diplomatique des Nisanides entre 550 et 559, de même qu'il a trahi, plus haut, 
l'avancement des Inalides entre 510 et 518.- Les surnoms personnels de 'Ali sont déjà connus.* 
Ils sont suivis par un titre en amîr al-mumimn, nouvel indice des succès diplomatiques du 
Nisanide. L'eulogie qui suit ce titre ne prouve pas que le vizir était mort à la date de l'in- 
scription. En effet, les eulogies en raliima ne s'adressent pas toujours à des défunts* et celle 
du n° 22 renferme en elle-même la preuve qu'elle est destinée à des vivants, puisciu 'avant de 
s'adresser au vizir, elle s'adresse aux lecteurs de l'inscription. 

Le protocole de Mahmùd est déjà connu par le n° 21 ; mais il y a, entre les deux ré- 
dactions, des variantes importantes. Dans le n° 22. le titre isfalisalâr, qui a passé dans le pro- 
tocole du vizir, (st remplacé par malil.- '('idil/^ Si cet échange marque, en apparence, un avan- 
cement diplomatique, puisqu'en titulature, le titre malik est supérieur au premier, la situation 
réelle du dynaste n'a pas changé, car il persiste à occuper le second rang. Bien au contraire, 
la formule fî ivllcUja «sous le gouvernement de", remplaçant le fî daida „sous le règne de" du n° 21, 
prouve que le dynaste est en train de devenir le vizir de son vizir, puisc^ue cette formule est 
celle du vizir dans les inscriptions seldjoukides, n"^ 16 à 18. Cette nouvelle déchéance du dy- 
naste marque la deuxième phase de ce que j'ai appelé le renversement hierarchique." 

Après la date, qui est très distincte, l'inscription nomme l'architecte, ce même Hibatallâh 
de Gurgan qui a signé la façade nord de la mosquée propre (n" 21). Les luots nal-hannu 
Hibatallûli, restitués sur le n° 21, sont sans doute sculptés sur la face latérale droite du dé 10, 
laquelle est invisible sur les photographies; en effet, le compartiment 9 s'achève avec la date 
et l'ethnique al-giirguin occupe à lui seul la face antérieure de ce dé.'' 

23. Nisanide 'Ait. — J'ai dit (p. 46) que le bandeau du premier étage de la façade e.st ne 
porte une inscription qu'au-dessus de la fenêtre centrale, dans le compartiment 5 et sur les 
dés 5 et 6. Une ligne du même type; mêmes caractères (pi. XIII à XV). Inédite. 

Jài]yt ij\^j (j; (dé 6) Cora«, IX, 18 (visible jusqu'au mot e>ßy\) (5) ic- /»-J^ y) (dé 5) 

Abu l-Qàsim 'Ali ibn Nîsàii, l'agréé de l'émir des croyants. 

Sur le dé 6, au-dessus du mot ö^«*-') ^^ distingue le groupe y«, début du titre niuriadâ 
annr (d-mumimn, que les n<"^ 22 et 24 attribuent à 'Alî. La fin de ce titre doit être sculptée 

' Voir le no 21 et la ^'énéalogie des Nisanides, p. -5.5. 

2 Voir les nos 19 et 20. Dans le il» 22, le titre isfahsah'ir est restitué, mais il figure dans le n» 24. 

* Voir les auteurs cités p. 55, n. 1, notamment Ibn al-Azraq, Br. Mus. Or. 5803, fo 181 1° et passim; Ibn al- 
Athîr, dans Hist. or. des crois., IIb, p. 323. Les manuscrits donnent parfois la leçon Djamàl al-dîn, erreur qui 
s'explique soit par une confusion entre les surnoms Djamàl al-daula et Kamàl al-din, soit par le fait que l'Inalide 
Mahmùd s'appelait Djamàl al-dîn. 

* Voir VON Karabacek, dans Knscjr 'Amra, I, p. 216, citant quelques exemples; cf. plus haut, p. 61, n. 3. 

5 Je considère ici ces mots comme un titre et non comme un surnom personnel en malik; cf. Lehma.nx-Haupt, 
Materialien, Arab. Inschriften, p. 12, et le recueil d'Oppenheim, p. 79, n. 1, 97, n. 4. 
" Voir plus haut, p. 58, 60 et 62, et plus loin, p. 67. 

' Sur une photographie où la face latérale du dé est vue en raccourci, on y devine des caractères. 
Amida. ^ 



66 Grande Mosquée. 

sur la face latérale gauche du dé, qui est invisible sur le.s photographiis. La symétrie exige 
alors que la face latérale droite du dé 5 porte aussi quelques caractères; on peut y restituer 
le titre al-aiiiîr al-aâjaU, ou aïisfahsalâr. Sur la face latérale gauche de ce dé, l'on peut resti- 
tuer le hismiUâli, qui n'est pas visible au début du compartiment 5, et. sur la face latérale 
droite du dé 6, la suite du verset. 

En examinant h la loupe la partie gauche du compartiment 5, on verra que les mots 

lj^j\ JI3 ljCa}\ >6b j*N^ du verset sont écrits ^/j LaM ç\s\* \ J^ a* j^\ . 
A première vue, ce groupement n'offre aucun sens. En le regardant de très près, on voit 
que les joints des pierres passent aux points marqués ici par des traits verticaux. Dès lors, 
ce rébus s'éelaircit: les blocs 2 et 3 ont été intervertis après coup. Ce détail prouve qu'on 
a remanié le bandeau, peut-être le haut de la façade, où les arcades murées du rez de-chaussée, 
la menuiserie vitrée des baies du premier étage et certains défauts dans l'appareillage des 
pierres de taille trahissent des reprises dont il m'est impossible de fixer l'époque. 

En aucun cas, le n° 23 ne renferme le nom de l'inalide Mahmùd; mais cette omission 
n'a pas le même sens qu'au n° 24, où j'y reviendrai. En effet, le texte du n'' 23. très court 
et non daté, n'est qu'une sorte d'écho du n" 22. Il est donc probable qu'à l'encontre de la 
façade ouest, bâtie en deux étapes successives, la façade est a été élevée d'un seul coup et 
achevée dès 559 ou peu après. De fait, elle est bien moins riche que l'autre et trahit un tra- 
vail plus hâtif, surtout dans l'entablement du premier étage, dont le décor est plus pauvre et 
d'une exécution plus sèche et plus plate. Ici encore, je laisse à M. Strzygowski le soin de 
dégager les parties antiques des imitations du XU® siècle; je me borne à signaler, parmi les 
morceaux du moyen âge, les arcades du rez-de chaussée, qui ont le même profil que celles de 
la façade ouest, mais sans leurs moulures et sans les motifs sculptés de leurs clefs, et les quatre 
têtes de taureau, sculptées en haut relief, sur les dés 5 et G des deux étages.' 

24. Le même. — J'ai dit (p. 46) qu'une des entrées de la Mosquée est formée par un pas- 
sage voûté, débouchant dans la cour par la baie centrale du rez-de-chaussée de la façade est. 
A son autre extrémité, ce passage s'ouvre dans une rue, par une vaste arche surbaissée et 
légèrement brisée au sommet, percée dans une façade en pierre de taille qui limite, du côté 
de la ville, ce que j'appellerai provisoirement l'aile est du palais inalide. Au-dessus de cette 
arche règne un cordon dont le profil est fait d'un simple chanfrein, surmonté d'un fikt. Le 
chanfrein est décoré d'une série de motifs de palmettes et d'étoiles."- Entre le cordon et le 
sommet de l'arche court un bandeau portant une inscription, sculptée dans les pierres du 
parement; elle se prolonge dans deux petits compartiments A et B, placés sous le bandeau, 
à droite et à gauche du sommet de l'arche. MéiDe style: mêmes caractères (pi. XVI et fig. 24).^ 
Inédite. 



• Autant qu'on peut le voir sur les photographies, ces têtes sont pareilles à celles du premier étage de la façade 
ouest, c'est-à-dire sans anneau dans la gueule. Celle qui décore le dé ô du rez-de-chaussée paraît mordre un objet, 
peut-être un petit mammifère; cf. plus haut, p. 14. 

- Ce profil est fréquent en Europe à la même époque. On le retrouve, avec un décor analogue à celui d'Amid, 
sur la façade de la .Manecanterie' à Lyon; voir C. Martin, L'a>i roman en France, pi. XIX. Le caractère oriental de 
cette façade romane est indéniable; pour s'en convaincre, il suffit d'en comparer les éléments avec ceux de la déco- 
ration de Santa Maiia in Valle, à Cividale; voir Strzvcjowski, Das orienta! ische Italien, dans Monatshefte für Kunst- 
wissenschaft, I. 

^ La fig. 2i reproduit une photographie que j'ai reçue de M. Gl'ys au dernier moment et sur laquelle un voit 
la partie gauche de l'inscription; cette partie est masquée par un auvent sur la ])laiiche XV/. faite d'après une photo- 
graphie du général de Beïlié. 



IXALIDES. 



67 



* i^y-* -^'^ ij^y (^' ^^^—f" <^. Cx"^^ ^^^^ ^- ti'^ (*~^'^ '■■"''■' ^} *-^^ J^ 

Parmi ce qu'a librement entrepris de faire et de payer sur sa fortune notre maître l'émir, le maréchal 
très majestueux, Kamàl al-dîn, la noblesse de l'Islam, Djamàl al-daula, l'éclat de la religion, l'ornement de 
la nation, le préposé aux armées, la couronne des émirs, la gloire des hautes qualités, Abu 1-Qàsim 'Alî, 
fils d'al-Hasan ibn Nîsâu, l'agréé de Témir des croyants. 




Fig. 24. Inscripiioli n" i'4 à l'emiéj de lu grande Mosiiuée. 

Le protocole du fondateur. Abu IQàsiai 'Alî, est à peu près le même que dans le n" 22. 
Mais ici, le vizir figure seul, n'aft'ectant même plus de nommer après lui sou vieu.K maître ; 
c'est la dernière étape de ce que j'ai appelé le renversement hiérarchique.^ L'inscription n'est 
pas datée, mais 'Alî étant mort vers 575, elle doit être antérieure à cette date; il est probable 
qu'elle est à peu près contemporaine des précédentes. 

A droite du fragment A, le parement de la façade ren- 
ferme une pierre plus grande que les autres, sur laquelle est 
sculpté en relief le sujet suivant: un ruminant, passant à 
gauche, plie les jambes sous le puids d'un félin cramponné 
à son dos et qui s'apprête à lui déchirer la nuque (fig. 25). 
Ce vieux motif oriental est traité ici dans un style très re 
marquable, qui trahit, à travers le caractère conventionnel 
du dessin, une rare habileté de main. Le même motif, avec 
les animaux passant à droite, fait pendant à celui-ci. à gauche 
du fragment B (fig. 24). Quant ii l'ornement qui partage le bandeau en deux moitiés, au-dessus 




Fig. 25. 



' Voir plus haut, p. 58, (jO, (;-2 et 63. 



68 Gkanpe Mosquée. 

lie la clef de l'arc, il est très fruste et méconnaissable sur les photographies. Peut-être était-ce 
une de ces tètes de taureau qu'où voit sur les deux façades intérieures, dans la cour, et sur 
lesquelles je reviendrai plus loin, à propos du n" 27. 

Résumons ce que les inscriptions de la grande Mosquée apprennent à l'histoire. A part 
le n" 18. elles appartiennent toutes aux Inalides et à leurs vizirs, les Nisanides. Elles ne se 
bornent pas à donner des noms et des dates précises, qui confirment et complètent les rares in- 
dications des auteurs sur ces personnages peu connus. Par la rédaction de leurs protocoles, 
elles nous éclairent encore sur la situation politique de ces princes. En 484, sur la façade nord 
de la mosquée propre (n» 18). le sultan iMalik-shâh figure en premier rang, avant son gouver- 
neur au Diyar-Bekr, dont le protocole est introduit par la formule „sous le gouvernement de", 
comme dans les n°^ 10 et 17. Au début du siècle suivant, les gouverneurs ont fait place à 
des dynastes. Vers ÔIO et en 518, sur la facade ouest (n™ 19 et 20), l'Inalide Ilaldi, bien que 
simple feudataire des Seldjoukides, figure en premier rang, avant les sultans Muhammad et 
Mahmùd, dont le protocole est introduit par la formule .sous le règne de". En 550, sur la façade 
nord de la mosquée propre (n" 21), il n'est plus question du sultan et. par un retour qui n'est 
pas sans ironie, c'est le vizir al-Hasan qui figure en premier rang, avant son maître Mahmùd, 
dont le protocole est introduit par la formule .,sous le règne de\ C'est que la tyrannie des Nisa- 
nides a commencé depuis quelques années, ainsi que va nous l'apprendre un auteur contem- 
porain. ^ En 559, sur la façade est (n° 22), c'est encore le vizir 'AU qui figure en premier rang, 
avant son maître Mahmùd, dont le protocole n'est plus introduit que par la formule ,sous le 
gouvernement de". Enfin, dans les n°^ 23 et 24. le sans-gêne est complet: le vizir 'Alî figure 
seul, ignorant et les derniers Seldjoukides, et son maître ^lahmùd. qu'il tient en tutèle dans 
son palais. 

Résumons enfin ce que les relevés du général de Beylié nous apprennent sur la grande 
Mosquée. Cet édifice est une ancienne église, peut-être un ancien temple, doublée d'un ancien 
palais. L'église est représentée par la mosquée propre, qui s'étend au sud de la cour et se 
compose essentiellement d'un sanctuaire à pignons et de deux ailes latérales à trois nefs. Le 
palais est représenté par les constructions dont les deux splendides façades bordent les côtés 
est et ouest de la cour. L'origine antique de cet ensemble ressort de son plan général, com- 
paré à celui de plusieurs Mosquées syriennes, qui furent aussi des temples, puis des églises, 
avant de devenir des mosquées; elle est confirmée par une tradition locale persistante, signalée 
par quelques auteurs. Faute de documents, l'histoire du monument reste obscure jusqu'à l'é- 
poque où l'épigraphie commence à fournir des témoignages précis sur la construction ou la 
restauration de plusieurs parties de ce vaste ensemble. Il est vrai c^ue les deux inscriptions 
sculptées sur la face nord de la mosquée propre (n"^ 18 et 21) ne constituent que des épisodes 
épigraphiques. Elles se rai)portent à des restaurations de cette façade, peut-être aussi de l'in- 
térieur de la mosquée, qui renferment l'une et l'autre des témoins d'une époque plus ancienne 
et des traces de restaurations encore plus récentes. Ces inscriptions ne fournissent donc aucun 
témoignage précis sur l'origine de la mosquée propre, ni sur l'étendue et la portée des ré- 
parations faites à leur époque. 

En revanche, les inscriptions sculptées sur la façade ouest font corps avec elle et jirouveut 
qu'elle a été entièrement refaite vers 510 et en 518, quels que soit le nombre et l'origine des 
morceaux antiques remployés dans ce travail. De même, les inscriptions sculptées sur la façade 
est prouvent qu'elle a été refaite en 559. plus complètement encore que la façade ouest, parce 
qu'elle renferme un moins grand nombre de morceaux anciens. Il semble que la mine des maté- 
riaux antiques exploités par les architectes du XII« siècle commençât alors à s'épuiser et que 
ceux-ci fussent obligés de les remplacer par des morceaux d'imitation de plus en plus nomljreux. 

' Voir plu? loin, p. 71. 



IXALIUE,-. 69 

Si rareliitecte de la façade ouest reste incounu', nous savons que la façade est est l'œuvre 
d'un artiste persan, ou du moins d'origine persane. Enfin, les inscriptions nous apprennent 
que la direction des travaux était confiée à des magistrats issus d'anciennes familles indigènes 
(n°'' 18 à 20), que des fonctionnaires d'origine turque tendent à supplanter (n'^ 21). 

La belle colonnade qui borde le côté nord de la cour, depuis le milieu juscju'a l'angle nord- 
est, n'est datée par aucun texte.- En la comparant aux deux façades latérales de la cour, on 
verra qu'elle réunit, elle aussi, des morceaux antiques à des parties du moj-en âge. Aux pre- 
miers appartiennent les colonnes et leurs chapiteaux; aux secondes, l'arcature cjui les surmonte. 
En effet, ces dix arcs sont brisés au sommet et encadrés d'une riche moulure semblable à celle 
des arcs du rez-dechaussée de la façade ouest, dont l'origine médiévale, on l'a vu, est attestée 
par leur style et par les motifs sculptés sur une partie de leurs clefs. Ainsi, la colonnade 
paraît être, elle aussi, une œuvre hybride du XIP siècle. 

Enfin, l'autre moitié du côté nord de la cour, jusc[u'à l'angle nord-ouest, est bordée par 
une façade offrant quelque analogie avec la façade nord de la mosquée propre. Comme cette 
dernière, elle est percée de vastes baies à arc brisé, coupées par un linteau droit formant meneau. 
Comme elle encore, elle porte un long bandeau cjui passe au-dessus des arcs de ces baies. 
L'inscription de ce bandeau donne à l'édifice le nom de masdjiiJ „mosquée", et en attribue la 
construction à un gouverneur du sultan Salîni P"', en 935 (1528 — 29).-' Ici. comme sur la façade 
nord de la mosquée propre, l'inscription paraît n'être qu'un épisode épigraphique; elle ne signale 
que l'aménagement, dans un édifice sans doute plus ancien, d'une petite mosquée ou d'une 
école, et ne nous apprend rien sur l'origine de la façade qui la porte. 

Aussi bien, les inscriptions de la grande Mosquée postérieures à l'époque inalide ne 
s'adressent plus à l'archéologie, mais à l'histoire seule. L'ordre chronologique des textes sui- 
vants nous conduira tantôt à l'enceinte, tantôt à la grande Mosquée; mais ce va-et-vient ne 
jettera aucun trouble dans mon exposition. En effet, ces textes ne sont désormais plus que des 
épisodes dans l'histoire de ces deux monuments, alors Cj[u'ils restent des documents de premier 
ordre pour l'histoire politique et générale d'Amid. 

' Voir plus haut, p. 59 en haut. 

2 Voir plus haut, p. 4(5 et plus loin, les nos -28 et 3"2. 

^ Voir plus loin le no 37. 



CHAPITRE TROISIEME. 

INSCRIPTIONS DIVERSES. 

INALIDES. 

20. Fragment inalidef?). XK« (V) siùcle. — Sur Ui face d'un saillant (ou près d'un angle 
do la courtinel dans le front est ou sud de l'enceinte, règne un bandeau formé du pierres 




Fig. 2G. Inscription no 25 



blanches, encastrées dans le parement en pierres noires. Une ligne du même type; mêmes 
caractères (fig. 26). Inédite. 



Jl 



IXALIDES. 71 

.ila un a disparu] JiUl J-UI JofeUil Jliil [jl^^Mli [? j/^lJl 

Voici ce qu'a ordonné de faire notre maître l'émir, le maréchal très majestueux, le seigneur, le grand, 
l'assisté, le victorieux, le vainqueur, le combattant, le savant, le juste . . . 

Les derniers mots visibles sont frustes et l'extrémité du bandeau a disparu dans une large 
brèche du parement. En l'absence de tout indice historique, le style des caractères trahit 
l'époque merwanide, seldjoukide ou inalide. D'autre part, la titulature est inalide ou ortokide; 
mais les inscriptions ortokides d'Amid sont toutes eu arrondi, comme on va le voir. Dès lors, 
il est permis d'attribuer ce fragment à un Inalide, soit à Mahmûd ibn Ilaldi, dont le protocole, 
dans le n°2I, répond mot pour mot à ce fragment, soit au Nisanide 'Alî, bien que son proto- 
cole, dans le n° 24, n'offre pas des rapprochements aussi décisifs. Le style des caractères pa- 
raissant un peu plus ancien que dans le n°21, je suis tenté d'attribuer ce texte à Mahmûd au 
début de son règne, peut-être à son père Ilaldi, dont le protocole, dans les n°^ 19 et 20, bini 
que moins concluant que celui du n° 21, offre aussi des analogies avec ce fragment; l'inscrip- 
tion daterait alors du début du XIP siècle. 

La photographie montre dans le parement deux appareils bien distincts: au-dessous du 
bandeau règne un grand appareil régulier qui paraît fort ancien, malgré des traces de répa- 
ration; au-dessus du bandeau se voit un appareil moyen, plus irrégulier. Ici encore, l'inscription 
semble marquer à peu près le niveau de la réfection qu'elle est destinée à faire connaître.' 

C'est vers cette époque, en 534: (1139 — 40), soit un siècle après Nàsiri Khusrau, qu'un 
voyageur anonyme visita la capitale du Diyar-Bekr. En ce temps, écrit-il près d'un demi-siècle 
plus tard, Amid était tombée dans une profonde décadence, grâce au régime d'exactions et de 
terrorisme inauguré par la tyrannie et la rapacité des Nisanides. Tous les hommes distingués 
par leur science, leur fortune ou leur caractère avaient quitté la ville ou s'y tenaient cachés. 
Les maisons étaient inhabitées, les marchés déserts, au point que les voyageurs obligés de 
s'arrêter ici cachaient leur nom et leur origine, pour protéger leur vie et leur honneur. Mais 
au début de l'année 579 (1183), Allah délivra les habitants qui s'y trouvaient encore. Amid 
fut prise par l'Ortokide Nûr al-dîn Muhammad et ce nouveau maître, dont AUâh daigne pro- 
longer le règne, en a rouvert les portes toutes grandes; il a remis les taxes et il s'efforce, par 
une administration juste et sage, de lui rendre son ancienne prospérité.^ 

Ce morceau littéraire est rédigé en prose rimée, dans le style prétentieux à la mode chez 
les écrivains du temps de Saladin. De plus, les louanges de l'auteur à l'adresse de Muhammad, 
qui régnait alors, ne sont peut-être pas désintéressées. Malgré tout, c'est un document de 
grande valeur pour l'histoire d'Amid à cette époque. D'abord, il prouve que la tyrannie des 
Nisanides avait commencé dès l'année 534 et cette observation concorde exactement avec le 
témoignage des inscriptions. Alors qu'avant 534, l'Inalide Ilaldi signe encore en premier rang 
la façade ouest de la grande Mosquée (n"^ 19 et 20), après 534, c'est le Nisanide Hasan qui 

' Voir plus haut. p. 20 s. 

2 Ce curieux document, que Je me Ijorne à résumer, se trouve dans le ms. Paris 2214. Cet ouvrage a été 
attrihué tantôt à un continuateur d'Istakhri idk Slane, Catalogue, p. 390) ou d'Ibn Hauqal (Lk Strange, The lands of 
the Eastern caliphate, p. 110), tantôt au Hamdanide Saif al-daula (Quatremehe. dans Rashîd al-din, p. 332, note). Mais 
il n'est que dédié à ce prince et c'est l'œuvre d'un continuateur d'Ibn Hauqal, retouchée plusieurs fois, jusqu'au XII" 
siècle de l'hégire. Qcatremère cite à ce propos le manuscrit de Paris sous la cote anc. fonds 580; mais le 
ms. 2214 est classé anc. fonds .582 dans le catalogue de Slaxe, où il est dit, p. 809, que le ms. anc. fonds 580 fait dé- 
faut. Le texte complet de ce passage a été publié par de Goeje, dans les gloses de son édition d'Ibn Hauqal, 
Bihl. iieoiji-. arab., II, p. LOI, n. /;; de Goeje a rétabli la ponctuation correcte du nom de Nisân, omise par le copiste. 



72 IxscKirnoNs divekj^es. 

signe en premier rang la face nord de la mosquée propre (n° 21). puis son fils Ali qui signe 
en premier rang la façade est (n""^ 22 et 23) et, tout seul, l'entrée de laile est (n° 24). Or, au- 
cun des travaux d'art signés par ces vizirs n'égale en richesse la façade signée par Ilaldi. C'est 
qu'avec la tyrannie des Nisanides a commencé ce régime d'avarice dont les récits sur la con- 
quête d'Amid par Muhammad et Saladin vont nous fournir de nouvelles preuves, en montrant 
les Amidiens heureux de se rendre, après une résistance honorable, et de secouer le jouu d'un 
tyran qui cachait ses trésors dans les tours de l'enceinte, au lieu de les employer à les défendre. 
Ces récits expliquent un fait significatif révélé par l'épigraphie: tandis qu'Abbassides, Merwanides, 
Seldjoukides, Ortokides et Ayyoubides réparent à l'envi les murailles d'Amid, celles-ci n'ont livré 
jusqu'ici qu'un seul fragment (le n" 25) attribuable aux Inalides ou aux Xisanides ; encore cette 
attribution n'est-ellc pas certaine. En négligeant de fortifier leur capitale, ces dynastes semblent 
avoir signé leur propre ruine, consommée par la conquête de Saladin. De cette conquête enfin, 
le voyageur anonyme, contemporain des événements qu'il raconte, donne la même date que les 
chroniqueurs dont nous allons maintenant résumer le récit. 

Depuis longtemps, les Ortokides de Hisn-Kaifa avaient des vues sur Amid et à plusieurs 
reprises, Qarà-arslân avait tenté vainement de s'en emparer^ cette conquête était réservée à 
son fils et successeur Muhammad, le vassal et l'allié de Saladin. En 576, au cours d'une cam- 
pagne contre le sultan seldjoukide d'Asie Mineure, il avait été convenu que Saladin prendrait 
Amid avec l'aide de Muhammad et la lui remettrait en fief. En 578, après un siège infruc- 
tueux de Mossoul, les alliés marchèrent sur Amid, avec l'autorisation du calife, et parurent de- 
vant la ville à la fin de la même année (avril 1183). Le Nisanide Mas'ûd. qui tenait en tutelle 
son vieux maître Mahmûd, prit la direction de la défense; mais il indisposa les assiégés en 
leur refusant les munitions qu'il tenait en réserve dans l'enceinte. Les mangonneaux et les 
sapeurs de Saladin menaçant déjà la muraille, les Amidiens. dégoûtés d'un régime dont ils 
souffraient depuis longtemps, obligèrent Mas'ûd à demander l'amàn. que Saladin s'empressa de 
lui accorder, avec l'autorisation d'emporter ce qu'il pourrait recueillir de ses trésors en trois 
jours. La bannière de Saladin fut hissée sur la muraille en muharram 579 (mai 1183) et trois 
jours après. Mas'ûd emportait en Asie Mineure une partie de ses richesses. Saladin livra le 
reste à Muhammad, avec Amid, et témoigna des égards au vieux Mahmûd. en le recommandant 
aux soins de son vassal, auprès duquel il demeura jusqu'à sa mort. Puis il poursuivit sa cam- 
pagne, après avoir envoyé au calife un rapport détaillé sur la prise d'Amid.' 

Tel est. en résumé, le récit des chroniques: on y trouvera, avec quelques variantes peu 
importantes, des détails curieux (jue j'omets à dessein, parce Cjuils ne sont pas indispensables 
au commentaire épigraphique. Leur témoignage unanime est confirmé de la manière la plus 
imprévue par l'inscription suivante, qui nous reporte à la veille de ce siège mémorable. 

26. Nisanide Mas'ûd. 578 H. — Sur une grande pierre encastrée dans le parement ex- 
térieur de l'enceinte, en un point de la courtine voisin de la tour I du plan (fig. 1). La pierre 
s'appuie sur le linteau d'une petite porte percée dans le mur et murée elle-même après coup.^ 
Trois figues en naskhi ancien; grands caractères, munis de points diacritiques et rehaussés de 
rinceaux épanouis dans les champs, d'un style nouveau, beaucoup plus sobre que celui des 
rinceaux coufiques (pi. XVI). Inédite. 

' Voir Usàma, éd. Derenbourg, p. 6-2; Irad. dans HOL (Ihiue de VOrieiit latin). II. p. 411. s.; Michel le Syrien, 
trad. Chabot, 111, p. 320, 3-29, et dans Hist. arm. des crois., I, p. 357; Abu Shàina. éd. Boulaq, II, p. 40, 1. 4; Sibt ihn 
al-Djauzi, Br. Mus. add. -23 279, fo 9 vo (d'après Amedroz; ce passage jiiaiu|ue dans rédition Jewett, p. 239); Abu 
1-faradj, trad. Bruns, p. 359, 365; Derenboorg, Vie(l'Ous(hiia,p.M0s. 

2 Voir les sources citées dans le recueil d'Oppenheim, au n« 124, et Ibii Sbaddàd, fo 78 r». qui donne à Mas'ûd 
le nom d'Ibrahim. La lettre au calife, rédigée par le Qàdî Fàdil, le secrétaire de Saladin. se trouve dans Abu Sh.îma. 
II, p. 40, et a Munich, ms. ar. 402, fos 123 s.; voir le catalogue Aumeh, p. 157; Helbig, Al-Çâdî al-Fûdtl, p. 68. 

' C'est sans doute une de ces poternes signalées plus haut. p. 7. 9 s. et 22. 



Inalides. 73 

>y,^ àjjl 'l^. Jilc'l tVj^ (2) [1 ou 2 mots] U 5iU_îl ^l rd '^1 Je jjl$5 (1) 

. 4.'\~-uki.j J.rtA— J ü^ ^ ij 'iJ'i' "^^^J (3) ^ [2 mots] 

J'ai mis ma confiance en Allah. A ouvert la porte du bonheur . . . notre maître, le juste, Bahà' al- 
din Mas'ùd .... sur la miséricorde d'Allah. En l'année 578 (1182—83). 

Ce texte est au nom du dernier Nisanide Bahà' al-dîn Mas'ùd. le vaincu de Saladin : la 
triple coïncidence du surnom, du nom propre et de la date ne laisse aucun doute à cet égard. 
Bien plus, cette date nous reporte à la veille même de la prise d'Amid, puisc^ue Saladin. on 
l'a vu, vint l'assiéger le dernier mois de l'année 578 et s'en rendit maître le premier mois de 
l'année suivante. Dès lors, chaque mot de ce petit texte prend une valeur inattendue: ,J"ai 
mis ma confiance en Allah", c'est le cri d'angoisse, peut-être de remords, d'un malheureux 
menacé d'un péril imminent, qui semble invoquer encore, un peu plus loin, dans une phrase 
obscure, la miséricorde d'Allah. ^ Que fait Mas'ùd en cet instant critique où, peut-être en- 
fermé déjà dans Amid, il pressent l'issue fatale du siège? Jl fait percer dans le mur de len- 
ceinte une porte dérobée, soit en vue d'une sortie de la garnison, soit pour fuir lui-même au 
dernier moment, en laissant le vieux Malimûd aux prises avec les assiégeants. Tel est le sens 
des mots fataha bâh aJ-saûda^, qui trahissent, en outre, l'état d'âme du Nisanide. En effet, les 
mots fataha hûhan signifient non seulement .ouvrir une porte" au sens propre, mais encore, dans 
un sens figuré général, «donner accès, faciliter, exaucer, procurer la solution" d'une difficulté, etc. 
Or, le terme Jiûh al-sdâdu, si fréquent dans l'onomastique des enceintes musulmanes \ a ici un 
sens nettement précatif: c'est la porte _qui doit procurer" le bonheur, cest-àdire la victoire ou la 
délivrance.^ Cet état d'âme ressort enfin de la sobriété du protocole de Mas'ùd et de la briè- 
veté de l'inscription, qui trahissent, avec la hâte du travail, une discrétion peu conforme aux 
prétentions ambitieuses des Nisanides au temps de leur fortune. En vérité, je ne sais ce qu'il 
faut le plus admirer, du hasard auquel nous devons ce souvenir poignant d'une fin de règne, 
ou du prestige étrange qu'exerçait alors Tépigraphie. Aujourd'hui que le livre a tué la pierre" 

' Fragment de Coran, XI, 59 (et paraphrase d'autres passages). 

- Après un examen minutieux de la photographie, je ne vois aucune leçon sensée à proposer pour ce passage (fig. 27) 
et les confrères auxquels j'ai soumis ce petit problème n'ont pas été plus heureux. Je renonce à une interprétation 
forcée, à laquelle j'avais cru pouvoir m'arréter, et je me borne à observer qu'on ne peut pas lire 

ibn . . . 'AU (on sait que Mas'ùd était fils de 'Ah) rahimahu allâh, parce que le mot Ä»j>.j porte 
clairement ses deux points, qui imposent la leçon 'alâ rahmat. D'ailleurs, la leçon ibn' AU forceiait ISt^i 

à chercher, dans le reste du groupe énigmatique, le surnom Kamàl al-din de 'Ali, qu'il est pjg 37. 

impossible d'y lire, même en faisant violence à la paléographie. 

5 Sur la photographie, ces mots sont très distincts. Puis viennent les lettres L ou L« , la tin de la ligne ayant 
disparu dans une réparation. On pourrait lire ^_jL) , c'est-à-dire que la poterne a été percée „près de la porte 
de . . .'; mais elle ne parait pas se trouver dans le voisinage immédiat d'une des portes de l'enceinte. 

■* L'enceinte du Caire avait une porte appelée Bàb Sa'âda. Bien que Maqrîzi, Kliitat, éd. Boulaq, I, p. 383, 
donne ce nom pour celui d'un homme appelé Sa'àda et que cette étymologie soit confirmée par l'absence de l'article, 
ne serait-ce pas ,1a porte du bonheur', comme ce Bàb al-sa'àda qui existait autrefois dans l'enceinte d'Alep? Voir Ibn 
Shaddàd, A'iâq, ms. Académie Pétersbourg, Rosen, Notices sommaires, n° 163, f» 10 vo; Ibn Shihna, Durr, Gotha, 
Pertsgh, no 1724, fo 17 ro; trad. Blochet, dans ROL, VI, p. 35; cf. le Dàr al-sa'àda, à Damas et ailleurs. 

^ D'autres noms de porte, tels que bâb al-nasr, ai-faradj. alfulùli, ont la même nuance précative. car ces mots 
dérivent de verbes servant à former des eulogies très connues. 

* Voir V. Hugo, Notre-Dame de Paris, livre V, chap. 2. J'étudierai ailleurs l'origine magique de l'épigraphie, 
en montrant le caractère incantatoire d'un grand nombre de ses formules, eulogies, souhaits, imprécations, jeux de 
mots, etc., ainsi que le rôle talismanique d'une partie de ses représentations figurées; voir mon commentaire de 
l'inscription de la porte du Talisman à Bagdad, dans le recueil Sarre, no 39 (sous presse) ; cf. plus loin, p. 82. 
Amida. 10 



74 IXSCRIPTIO.NS PIVKRSKS. 

quel capitaine, assiégé daus son dernier refuge, songerait à faire sculpter sur une porte 
dérobée, hâtivement construite, ces vingt-cinq mots, décorés de rinceaux, qui trahissent un der- 
nier espoir et résument Thistoire d'un siège? 

Ce testament des Nisanides offre un intérêt de plus: au point de vue paléographique, il 
inaugure une ère nouvelle. C'est la plus ancienne inscription d'Amid sculptée dans ce carac- 
tère arrondi, appelé naskhi, qui remplace le coufique fleuri, dans les textes historiques, vers le 
milieu du XIP siècle. 

En recherchant la date précise de cette évolution, dans une série de villes qui ont fourni 
des documents paléographiques de cette époque, j'ai montré qu'il est permis de la rattacher 
souvent à des changements politiques et sociaux : en Syrie et en Egypte, aux conquêtes de Kûr 
al-dîn et de Saladiu sur l'empire et les traditions fatimides; en Algérie, à l'invasion almohade.' 
Il faut avouer que cette théorie s'applique mal à la Mésopotamie et à l'Asie Mineure, où le 
nouveau caractère apparaît à Amid h la veille de la conquête de Saladin. à Mifarqiu et à 
Diwrigi un peu plus tard, indépendamment de toute révolution dynastique.- Mais si les Ayyou- 
bides n'ont pas introduit eux-mêmes le nouveau caractère en Mésopotamie, il est permis de 
croire qu'ils ont contribué à l'y répandre. 



ORTOKIDES DE KAIFA. 

Saladin donnait Amid à Muhammad et désormais, les Ortokides de Hisn-Kaifa en feront 
leur capitale; mais ils garderont la place forte qui avait été le berceau de leur dynastie. Abri- 
tée dans les flancs et au pied d'un rocher qui plonge dans le Tigre en aval d'Amid, au milieu 
d'un paysage grandiose et romantique. Hisn-Kaifa paraît avoir conservé des ruines importantes 
du moyen âge. qu'aucun explorateur n'a pris encore la peine de relever.^ En revanche, on 
doit au général de Beylié quelques photographies de grande valeur pour l'histoire et l'ar- 
chéologie d'Amid sous les Ortokides. C'est d'accord avec les chroniqueurs que l'épigraphie vient 
de nous découvrir le dernier Nisanide sortant d'Amid par une poterne dérobée; c'est encore 
avec eux qu'elle va nous montrer le nouveau maître de la ville y entrant en triomphe par la 
porte d'Alep. 

' Voir CIA, I, p. 75, 8.5, 639, 726 et passim; Inscr. arabes de Syrie, p. 34 à 42; JA, 8" série, XVIII, p. 74; 
9» série, VI, p. 499; IX, p. 466; ZDPV, X\l, p. 86, et iluX, 1903, p. 53; Revue africaine, 1905, p. 185; Journal des 
Savants, 1906, p. 4-24, etc. 

^ Voir Leh.man.\-Haupt, Materialien, Arab. Inschriften, p. 11 (Mifarqin): CIA, III, p. 69 (Diwrigi). 

3 Sans remonter aux relations de Barbaro (1437), du marcLand vénitien de 1507 et de Tenreiro (15:29), je uie 
borne à citer Taylor, Trarels in KnrdiMan (1861), dans JHOS, Londres 1868, XXXV, p. 32 s., qui décrit le château 
et la v'dle, assise sur un rocher sur lequel e?t sculpté un grand bas-relief, et au-dessous, sur la rive du fleuve, les 
ruines de mosquées et de mausolées, enfin le pont de pierre, dont les piles portent des figures humaines antiques. 
Voir aussi de Moltke, Lettres sur l'Orient, trad, francjaise, p. 220; Grev, Italian travels in Persia, p. 151, n. 2; les 
sources citées par QuATBEMÈRE, dans Rashîd al-dîn, p. 334, noie; Derenbourg, Vie d'Ousâma, p. 314, n. 5; Salnt-Martix, 
Arménie, I, p. 174; Charmoy, dans Sharaf al-din, I a, p. 144, 450; Ritter, Erdkunde, XI, p. 87s. Vers 1890, de Cholet 
vit encore les mines du pont et de deux glandes mosquées; Arménie, Kurdistan et iUsopotamie, p. 270. M. Pogxo.n 
me dit qu'il a vu les mines du pont et deux ou trois minarets portant des inscriptions arabes. D'après l'anonyme 
Paris 2214, ce pont, dont les auteurs parlent en des termes peu concordants, aurait été bâti en 510 par l'Ortokide 
Qarà-arslàn; voir Ihn Hauqal, éd. de Goeje, p. 152, note; QrATREMÉRE, loc. cit. Or, c'était son père qui régnait 
en 510; Derenbourg, loc. cit., a déjà signalé cette erreur. Ibn Shaddàd, fo 80 ro, décrit le pont sans en nommer 
l'auteur, mais il signale à Kaifa des monuments merwanides et ortokides; il est donc probable que le pont a été bâti 
par un Ortokide. Dès lors, je suppose que les bas-reliefs , antiques" observés par Taylor sont de ces représentations 
figurées si fréquentes sur les monuments seldjoukides et post-seldjoukides, peut-être des thèmes astrologiques pareils à 
ceux qui sont sculptés sur les piles du pont de Djazira, bâti vers 550 H., par un vizir des Zenguides de Mossoul; 
Toii- le commentaire de l'iuscription du pont du Khabur à 'Arban, dans le recueil S.vrre, n« 6 (sous presse). 



(Jrtokide.^ de Kaifa. 75 

Porte d'Alep. — H. he Hell, II, p. 442: „La porte grecque (d'Alep), quadrangulaire, à 
moulures orientales, possède sur son fronton une tête de bœuf ayant un anneau à la lèvre in- 
férieure, surmontée d'un oiseau aux ailes déployées. Au-dessus de ces ornements régnent plu- 
sieurs lignes d'inscriptions coufiques (sic), paraissant avoir été rajoutées après coup, à en juger 
par la différence de l'appareil des matériaux qui les entourent. Dans le mur, à gauche, sont 
encastrés deux fragments d'inscriptions coufiques, et plus bas. deux lignes de caractères arabes. 
A droite de cette porte s'en trouve une autre murée, également quadrangulaire, dont les mou- 
lures sont de style grec." 

Garden, p. 184: ,The towers and walls at the Rum gate, leading to Aleppo, facing the 
westward, are very high, of great strength, and worthy of a visit . . . Each tower is well 
furnished with long narrow loopholes. The gateway is rectangular, with a straight lintel. Im- 
mediately above this is a scroll, shaped like the segment of a circle, and, still higher, is 
an eagle, or hawk, standing upon the horns of the skull of a cow or buffalo, through the 
nasal extremity of which latter hangs a ring or wreath. This, which is carved in stone, may be 
emblematical. Above, but extending the whole length of the lintel, is another scroll of Arabic 
or Cufic. One of these inscriptions bears the date 559 (579 !) of the Hegira. On the inner 
side of each gate-post, high up, is carved a band supporting a wreath or ring. The outer gate 
is made entireh^ of iron, without any woodwork, and is formed of horizontal and perpendicular 
bars rivetted to thick plates with large-headed bolts. The intervals between the bars are or- 
namented with various devices in the same metal, similarly fastened to the plates. The bars, 
as well as the padlocks for securing the gate when shut, are massive, but very primitive in 
their construction. Side chambers, or recesses inside the gateway, exist for the accommodation 
of the gate-keepers. The roof of the gateway is arched, and built of narrow red tiles, and is 
much higher than those of the others. The inner gate is of wood, strengthened with iron bars. 
Above the gateway are the remains of some dome-shaped chambers built of red tiles, arranged 
in an ornamental style, but now in a ruinous state. The battlements on the top of the wall 
are only 2 feet thick; the walls are about 14 feet, although at some points they are less . . , 
Height of the towers of the Rum gate, 65 feet 6 inches; height of the wall between the towers, 
52 feet; height of the wall adjoining the towers, 44 feet; breadth of the terre-plein, 19 feet. 
The towers are large and roomy, and have three stages or stories, the loopholes of which, ge- 
nerally 5 in number, are arched over on the inside with red tiles, and resemble small case- 
mates. The defence of the walls of the town was effected on the laud side by two or more 
loopholes, passages, or stories, built within the thickness of the walls, and extending from tower 
to tower. Access to these, as well as to the upper battlements, was maintained by flights of 
stone steps. The banquette running round the summit of the walls was, like that in the ci- 
tadel of Erzerum, totally devoid of parapets towards the interior of the place, an extraordinary 
and unaccountable omission."^ 

A l'extérieur (en V du plan, fig. 1), seul côté visible sur les photographies (pi. XVII), la porte 
d'Alep ressemble assez à celle de Kharput.' Elle est aussi flanquée de deux gros saillants ar- 
rondis, bâtis sur le même plan et percés des mêmes meurtrières allongées, dont le petit arc est 
taillé dans un seul bloc. Elle offre les mêmes caractères coustructifs, le même appareil en 
petits blocs de basalte, le même créuelage au sommet de la courtine et des saillants. Mais ici, 
ces derniers sont plus écartés l'un de l'autre et dans le front de courtine plus large qu'ils en- 
cadrent sont percées trois entrées au lieu d'une seule, soit une grande porte centrale, flanquée 
de deux portes plus étroites et plus basses. La première est murée et ses profils sont arasés 
au nu du mur. La porte latérale droite (sud) est aussi murée, mais elle a conservé son cadre 

1 L'absence d'un parapet sur le chemin de ronde, vers l'intérieur de la place, est plutôt la règle dans les en- 
ceintes à cette époque. 

- Voir plus haut, p. 16 et 29. 

10* 



76 iNäCUIPTIOXS DIVERSES. 

mouluré. Le seul passage ouvert est celui de la porte latérale gauche (nord). Elle est carrée 
et encadrée par une forte moulure dont le profil est formé d'un gros boudin doublé de gorges 
et de filets. Le linteau, fait de blocs appareillés, s'amortit aux angles sur deux corbeaux; il 
est soulagé par un arc de décharge à grands claveaux, dont la clef porte le bas-relief signalé 
par H. DE Hell et Garden et qu'on étudiera plus loin (p. 78 s.). 

27. Ortokide Miilianiniad. 579 H. — Au-dessus de cet arc règne une forte moulure ho- 
rizontale, composée dune douciue, que borde un filet; au centre, elle fait un décrochement 
vers le haut et aux deux bouts, elle s'amortit en retour d equerre vers le bas. Elle protège 
une inscription de deux lignes qui se décroche aussi au-dessus de la clef sculptée, sous la 
moulure; la fin de la deuxième ligne est divisée à son tour en deux petites lignes superposées 
(a et b) renfermant des caractères plus petits. Sous la clef sculptée, une troisième ligne occupe 
le segment de cercle compris entre l'arc de décharge et le linteau. Naskhi ancien; grands ca- 
ractères, rehaussés de rinceaux, avec quelques points et signes (pi. XYII). Publiée en partie dans 
le recueil d'Oppexheim, n" 121. 

jy >^\ ß.i\ ^JJ^ J^L'I iWI ^lil W^ U,^ ^~ii ^\ ^ U- . . . aL-; (n 

jjjy\ j^j^ {'>)^j j/jd\3 >i^>'i y^Ê i^A^^ v^' cr*^ j^^XJ\i ûp jiiii 

U-. 7«'W 'L-^V' ^^ (a) ûU* JL--^ ûW û'Al ^>^'* >^ J^' ^ äA*bJ.l Ji 

jo^' j^\ j^ Jö* Jr jlr5^ ù; ^i^^ ù. ùtA-'j* ('') \} J_ -Uä^ î^i-M ^1 dli «Al« 

Une vicloire de la part d'Allah et une conquête prochaine à notre maître le roi, le savant, le juste, 
l'assisté, le victorieux, le vainqueur, Nûr al-dunyà wal-din, l'auxiliaire de l'Islam, l'aide de l'imàm, le protec- 
teur des hommes, l'éclat du gouvernement, la personne de confiance de la religion, la splendeur de la nation, la 
gloire des rois et des sultans, le dompteur des infidèles et des polythéistes, qui subjugue l'hérésie et les 
rebelles le chef des armées des musulmans, l'aide des guerriers, la sphère des hautes qualités, la réserve du 
califat, le héros du monde, le Ghosroès de l'Iran, le roi des émirs, l'homme de confiance, le faucon, l'heureux 
prince, Abu 1-fath Muhammad, fils de Qarà-arslàn, fils de Dàwud, fils de Sukmàn, fils d'Urtuq, l'aide de l'émir 
des croyants. Et cela (a eu lieu) en l'année 579 (1183 — 84). 

L'attribution de ce texte à Muhammad, que j'ai déjà proposée sur un document incom- 
plet, est désormais certaine, grâce à la photographie du général de Beylié. qui permet de le 
lire entièrement, à part quelques mots douteux sans importance. Le protocole de Muhammad 
se compose du titre maVili suivi d'épithètes*, du surnom en al-ditnyâ ual-âïn^, d'une série 
de titres composés*, de titres persans et turcs °, puis de la huinja et du nom propre, suivis d'une 

' Fragment de Coran, LXI, 13. 

= Cf. plus haut, p. 65, n. 5, et plus loin, p. 79, n. 3, et 87, n. 5. 

' Il est très indistinct sur la photographie, mais la leçon nùr al-dunyà wal-din doit être exacte, car ce surnom 
ne peut se trouver qu'en ce point de l'inscription et toutes les sources coimues, monnaies et chroniques, s'accordent 
à appeler Muhammad Nûr al-din. 

* A la ligne 2, les lettres \j du mot J^3_j»d[lj et k mot dllj , qui se trouvent aux deux points où cette 
ligne se décroche au-dessus de la clef sculptée, sont couchés horizontalement et doivent être lus, les deux premières 
de bas en haut, le second de haut en bas. 

' Celui que Je lis baighu ou bigkti .faucon' parait écrit j«o et l'on pourrait le lire yabghii = jahghu. Sur 



Ortokides de Kaifa. 77 

généalogie complète et du titre eu amîr al-muminin. Ce protocole est parfaitement régulier 
et conforme à la titulature des dj'nastes de la fin du XIP siècle. Enfin la date, tout à fait 
certaine, prouve que ce texte, ainsi que je l'ai déjà supposé, remonte à la première année du 
règne de Muhammad à Amid et qu'il a pour but de rappeler la prise de la ville par les deux 
alliés et la restauration de la porte à la suite de ce fait d'armes.^ Tel est le sens très clair du 
passage du Coran placé en tête de l'inscription.^ 

A quelle partie de la porte celle-ci s'applique-t-elle? Il est difficile de le dire, car elle 
ne renferme pas de terme d'architecture ; de plus, l'entrée qu'elle décore n'est qu'un hors 
d'œuvre dans la construction et celle-ci trahit plusieurs reprises. En tout cas, l'inscription ne 
prouve nullement que l'ensemble de la porte, c'est-à-dire les trois entrées, la courtine et les 
deux saillants, soit l'œuvre exclusive de Muhammad. La triple entrée est un dispositif assez 
fréquent en Orient, où il remonte à l'antiquité, soit dans les ruines d'enceintes antiques^, soit 
dans les enceintes médiévales dont l'origine est antique.* On peut en dire autant du flanque- 
ment par des saillants arrondis. D'autre part, l'appareil et les détails de la construction 
offrent des analogies avec ceux de la porte de Kharput, où ils sont datés, semble-t-il, par 
les inscriptions de Muqtadir."" En résumé, je pense c^ue le plan général de la porte, triple 
entrée, courtine et saillants, remonte à l'antiquité; que l'ensemble de la construction actuelle 
peut être attribué à Muqtadir, avec des réfections plus récentes, décelées par le désordre de la 
maçonnerie et les fragments sculptés remployés dans son parement*; enfin, que Muhammad a 
refait l'entrée latérale gauche, peut-être aussi l'entrée latérale droite, aujourd'hui murée, dont 

ce vieux titre turc, voir Thomsex, Inscriptions de l'Orkhon, p. 50, 102, 146 et passim; Radloff, Die alttih-l-ischen In- 
schriften der Mongolei, p. 118; Neue Folge, p. 172; Ziceite Folge, p. 96, et passim; Vers^ich eines Wörterbuches der 
Tärh-Dialekte, III, p. 267, 286 ; Hirth, Nachirorte zur Inschrift des Tonjukuk, p. 45 s. ; Cha vannes, Documents sur les 
Tiircs occidentaux, index à Che-hou et Jabgou, et Les pays d'occident d'après le Heou Han chou (tir. à part du T'onng 
pad), p. 43, n. 3; Julien, Documents sur les Tou-Kioue, tir. à part du JA, p, 203 et passim; Marquardt, Die Chrono- 
logie der alltiirkischen Inschriften, p. 25, 35 et passim, et dans WZKM, XII, p. 183; Erânsahr, index. Mais la leçon 

JL> parait assurée par la réplique du n<> 30; voir plus loin, p. SI, n. 2, 6 et 7, et 9-2, n. 5; cf. le texte du n» 32. 
D'ailleurs, le titre jabghu, bien qu'il ait passé dans la littérature arabe, y figure en général sous la forme 
<^ jjL>- ou ses variantes. On le retrouve ailleurs sous la forme \ü>. , et en épigraphie, sous la forme U. y^ , dans 
une inscription contemporaine de celle d'Amid; voir CIA, III, n« 38 (Diwrigi), et les sources citées là-bas, p. 67, 
n. 3, et 68, n. 2. 

' Voir le recueil d'Oppexheim, p. 79. L'alternative entre .sept" et ,neuf' dans le chiffre des unités est supprimée 
par la nouvelle photographie. D'ailleurs, 579 est la seule combinaison de ces chiffres qui corresponde à une année 
durant laquelle Muhammad régnait à Amid. 

* Littéralement ,un secours d'Allah et une ouverture prochaine' à notre maître, etc., c'est-à-dire tout à la fois 
Vourerture de la porte, la conquête de la ville, et la faveur d'AUàh ; cf. plus haut, p. 73. Il est piquant de voir ici 
le vainqueur et le vaincu faire usage du même double sens, où se reflète peut-être une formule incantatoire. 

^ Ainsi, à Constantinople, la Porte dorée (voir Strzygovvski, Das goldene Tor, dans Jahrbuch des K. deutschen 
nrchiiolog. Instituts, VIII), et d'autres à Hiérapolis, à Patara, à Adalia, à Krélopolis, à Jérusalem, etc.; voir Beaufort, 
Karnmania. p. 1 ; de Laborde, Voyage de V Asie Mineure, pi. XXXIII; Texier, Description de l'Asie Mineure, pi. 190; 
Benndorf et Niemann, Reise in Lykien und Karlen, p. 116, pl. XXXVI; Lanckoronski, Pamphylie, p. 22, flg. 8; Pisidie, 
p. 12S. pl. XXII; DE Voci'E, Le temple de Jérusalem, piassim, etc. 

* Ainsi le Bàb sharqi ou Porte orientale de l'enceinte de Damas; voir von Kremeb. Topographie ron Damascus, 
I, p. 10; Porter, Five years in Damascus, p. 9, 15s. 

5 Voir plus haut, p. 21. 

« On en voit deux sur les photographies: lo LTn bloc encastré au-dessus de la porte centrale, sous les créneaux 
de la courtine, dans lequel est sculptée une petite niche semi-circulaire, couronnée d'une coquille à cinq côtes, que 
surmonte une coui'te inscription en eoufique simple (?), de l'époque de Muqtadir apparemment; 2° Deux moellons 
encastrés à gauche de l'inscription n« 27, portant des fragments d'inscription en eoufique décoratif, l'un avec le mot 

ïJUjio' «■iOO'i l'autre avec les lettres .Jj, peut-être la fin du mot daula, tous deux provenant probablement 
d'une inscription merwanide. 




78 ISSCKIPTION> DIVERSE?. 

le cadre paraît être pareil à l'autre. Quant à la grande entrée centrale, on n'en distingue plus 
que la trace dans les réparations subséquentes de la maçonnerie. 

Si l'on compare l'entrée latérale gauche de la porte d'Alep avec l'entrée de la porte 
de Mardin (fig. 3), on verra que les deux cadres, sans être absolument pareils, offrent une 
grande analogie dans les éléments qui composent leur profil: boudins, gorges et filets, disposés 
dans un antre ordre, mais produisant le même effet. Comme le cadre de la porte de Mardin 
est plus récent que l'appareil environnant, il est permis de l'attribuer également à Muhammad, 
en supposant que cette porte eut aussi à souffrir du siège de Saladin. Il est vrai que les 
récits de ce siège ne donnent aucun détail topographique: mais Saladin, arrivant de Mossoul, 
a dû passer le pont du Tigre au sud de la ville; dès lors, les portes de Mardin et d'Alep 
étaient les plus immédiatement exposées à son attaque. 

Le motif sculpté sur la clef de l'arc de décharge (fig. 28) représente 

un oiseau de proie, vu de face, la tête en avant, les ailes éployées, la queue 

en éventail et les pattes posées sur l'extrémité des cornes d'une tête de 

taureau qui tient dans sa gueule un gros anneau torse ou une guirlande.* 

Il s'agit évidemment d'un emblème; mais quel en est le sens? Malgré 

quelques travaux estimables-, l'héraldique musulmane est encore plongée 

dans une telle obscurité qu'il est impossible de donner à cette question 

une réponse immédiate et certaine. Comme il faut cependant commencer 

par un bout, on me permettra de proposer une interprétation que je prie 

^'- -" de considérer comme un simple essai destiné à provoquer de nouvelles 

recherches dans un domaine mystérieux où je ne m'aventure qu'en hésitant. 

Ce motif est composé de trois éléments qu'on i-etrouve tous les trois ailleurs, à l'état isolé. 

L'anneau seul est sculpté dans l'entrée gauche de la porte d'Alep. sur les faces latérales des 

deux corbeaux qui porte les extrémités du hnteau, sous l'inscription n" 27."" La tête de taureau 

figure seule au premier étage de la façade ouest et aux deux étages de la façade est de la 

grande Mosquée."* L'oiseau figure seul, à ce qu'il semble, sur une des tours de l'enceinte.-' 

Enfin, la tête de taureau figure, avec l'anneau dans la gueule, au rez-de-chaussée de la façade 

ouest de la grande Mosquée." Ici, les trois éléments sont réunis, non simplement superposés, 

mais associés dans une action commune : la gueule du taureau tient l'anneau et l'oiseau saisit 

les comes du taureau. Il est é\-ideut que cet emblème composé renferme un sens symbolique; 

sa compositiou même va nous aider à chercher le sens de chacun de ses éléments. 

Le motif est sculpté droit au-dessous d'uae inscription qui commémore la prise d'Amid, 
par l'Ortokide Muhammad, sur l'Inalide Mahmûd et le Nisanide Mas'ùd. Supposons un instant 
que l'oiseau soit l'emblème de Muhammad et la tête de taureau, celui des Inalides, ou des Ni- 
sanides, ou encore de la ville d'Amid: est-il possible d'imaginer un symbole plus saisissant de 
cette conquête et un commentaire plus pittoresque de l'inscription que l'oiseau de Muhammad, 
les ailes éployées et l'air triomphant, tenant dans ses serres les cornes du taureau vaincu? 
L'archéologie musulmane connaît plusieurs exemples de ces emblèmes symboliques de victoire; 
ainsi, celles du calife Nâsir sur ses rivaux spirituels, symbolisées par un bas-relief dont il sera 
question tout à l'heure, et celles du sultan Baibars sur les Francs de Sj'rie, symbolisées par 

' Garden, cité plus haut, p. 75, qui parle de risu, dit .a ring or wreath" ; cf. une note suivante. 

- Voir JA, 10' série, IH, p. 74- s. 

^ On distingue ces deux anneaux sur la photographie (pi. XVII en bas), mais de profil et cachés dans l'ombre 
de la porte. Garde.n, cité plus haut, p. 75, les décrit ainsi: , On the inner side of each gate-post, high up, is carved 
a band supporting a wreath or ring". 

* Voir plus haut, p. 60 et 66. 

' Voir plus haut, p. 40. 

^ Voir plus haut, p. 60. 



Ortokides de Kaifa. 79 

l'emblème du sultan, le félin bars, tenant entre ses pattes un petit mammifère.' Pour justifier 
cette interprétation de l'emblème amidien, interrogeons d'abord l'oiseau, à l'aide de quelques 
documents et d'un peu d'imagination. 

Dans un travail récent-, plein d'observations curieuses touchant l'héral- 
dique musulmane, mais dont les conclusions hâtives ne sont pas à l'abri de 
la critique. M. de Karabacek a publié, d'après un manuscrit de la collection 
F. E. Martin à Constantinople, le dessin reproduit ici (fig. 29), qu'accom- 
p.ngne la légende suivante : 



wl»::t« T^-^ 



ß 



^■h} àJ^I jy ^J^ J^UI fui S^\ ùUJ\ tV^ > 



Gloire à notre maître le sultan, le roi, 
Abu l-fatli Muliamniad. fils de Qarà-arslàn ! 



juste, l'assisté. Xûr al-dîn 




L'auteur conclut du rapprochement de la légende et du dessin que Muhammad portait pour 
armoiries une chouette (p. 22 : Muhammed führte die Eule als Wappenfigur). 

On remarquera que ce protocole reproduit en abrégé celui de l'inscription n" 27, dont il 
renferme tous les éléments essentiels. Il possède en plus le titre sultan, qui ne figure pas dans 
le n° 27 ; en effet, le titre composé iftiMâr al-muhîk n-al-salâtîn n'est nullement l'équivalent 
diplomatique du titre de sultan. Il est évident qu'en 579, Muhammad ne portait pas encore 
ce dernier; car le protocole si détaillé du n" 27 n'eût pas manqué d'en faire mention. On 
peut en conclure que la légende du dessin du manuscrit Martix, à supposer qu'elle soit con- 
temporaine de Muhammad et qu'elle ait un caractère officiel, ce qui n'est pas vraisemblable, est 
plus récente que le n° 27, et que dans l'intervalle, Muhammad avait pris le titre de sultan. 
A quelle époque et à quelle occasion? Précisément à la suite de la prise d'Amid et voici pour- 
quoi. Le père de Muhammad, Qàrâ-arslàn. qui possédait Kharput et Hisn-Kaifa, ne portait 
pas le titre de sultan^; en revanche, ce titre est attribué par l'épigraphie aux successeurs de 
Muhammad, à ses fils Sukmân II en 595 et Mahmûd en 605, et à son petit-fils Maudtld en 
625.^ Il est donc probable que c'est avec Muhammad que ce titre est devenu dynastique chez 
les Ortokides de Hisn-Kaifa. Dès lors, il serait tentant de rattacher ce coup diplomatique 
à l'événement le plus marquant de son règne, à cette conquête du Diyar-Bekr. qui arrondissait 
ses domaines et le plaçait de pair avec les grands dynastes de son époque, tous à l'aff'ùt d'un 
titre longtemps exceptionneP. mais que la décadence des Seldjoukides mettait alors à la portée 
de leurs vassaux. Cette conclusion ne serait pas infirmée par le fait que Muhammad est mort 
en 58L En effet, il est probable que la porte d'Alep a été restaurée immédiatement après 
le siège, dès l'année 579, et que le titre de sultan, si Muhammad l'a réellement porté, ne fut 
pris par lui qu'un peu plus tard, vers 580. Sans m'arréter à cette hypothèse, que je rap- 
pellerai plus loin, en étudiant l'oiseau double de l'Ortokide Mahmûd, je reviens à notre oiseau. 

M. DE Karabacek considère l'oiseau du manuscrit Martin comme l'emblème personnel de 
Muhammad et sur ce point, l'oiseau de la porte d'Alep vient lui donner raison, car il est pro- 



1 Voir Clermont-Gaxneau, Recueil d'archéologie orientale, I, p. 266 s. 

- J. VON Karabacek, Zur orientalischen Altertumskunde, dans Sitzimgsber. der K. Akademie der Wissenschaften 
in Wien, Phil.-hist. Klasse, 1907, CLVIL, tir. à part. 

3 Ni sur ses monnaies, ni même en épigraphie; voir Lehmann-Haupt, Materialien, Arab. Inschriften, a° 9. 

* Voir plus loin les nos 28 à 32. Je dis .par l'épigraphie', parce qu'en numismatique, aucun de ces princes ne 
porte le titre de sultan, qui figurerait sans doute sur leurs monnaies s'il leur avait été conféré par le calife. 

' Voir plus haut, p. 37. 



so Inscriptions piverses. 

bable que ces deux oiseaux représentent le même emblème. Il :?uffit de les comparer pour 
être frappé de leur ressemblance. Les variantes d'exécution s'expliquent par le l'ait que le 
dessin du manuscrit n'est pas un document de première main et que le croquis reproduit ici 
n'est à son tour, de l'aveu de l'auteur lui-même, qu'une esquisse rapide (p. 22, n. 1 : eine 
flüchtige Sljizze) de ce dessin. C'est sans doute l'air bonasse de ce volatile qui l'a fait prendre 
pour une chouette, avec sa tète ronde, ses yeux à fleur de tète, ronds et étonnés, son corps 
ovoïde, ses pattes raidies, ses ailes et sa queue pendantes. Mais l'oiseau sculpté sur la porte 
d'Alep, par un artiste contemporain de Muhammad et travaillant avec soin sous les yeux du 
maître et de sa chancellerie, car Muhammad résida dès lors à Amid, cet oiseau est un docu- 
ment dune bien plus grande valeur, dont la photographie du général he Beylié donne une 
image très nette, quoique réduite. Or, cet oiseau (fig. 28 et pi. XVII) a une tout autre allure 
de style: sa tète aplatie, ses yeux profondément enfouis dans l'ombre des arcades sourcilières, son 
corps épais, ses ailes et sa queue largement ouvertes, ses pattes souples et nerveuses, armées de 
griffes et de puissants ergots, tout trahit le rapace, un de ces oiseaux de proie, de chasse ou de 
combat qui jouent un rôle important dans la vie des Orientaux en général et des peuples turcs 
en particulier. 

On sait que les dialectes turcs possèdent un grand nombre de mots pour désigner ces 
oiseaux.' On sait aussi que les noms d'animaux, notamment d'oiseaux, y sont souvent em- 
ployés soit comme noms propres, soit comme titres.- On a vu dans cet usage le reflet d'un 
totémisme primitif et de fait, quelle qu'en soit l'origine exacte, il est probable qu'il se rattache 
h une idée symbolique.-' D'autre part, les emblèmes héraldiques, si fréquents chez les dynastes 
turcs et qui ont certainement un sens ou du moins une origine symbolique, sont souvent des 
figures d'animaux, notamment d'oiseaux. Dès lors, il est naturel de chercher un rapport entre 
l'emblème et le nom propre et de fait, ce rapport existe assez souvent, bien qu'il ne soit pas 
toujours facile d'en fournir la preuve certaine.* Mais on n'a pas encore cherché de rapport 
entre les emblèmes et les titres portés par ces dynastes, sans doute parce que leur protocole 
n'a pas été suflisamment étudié, faute de documents précis. En effet, la titulature des dynastes 
d'origine turque est presque entièrement arabisée; elle ne renferme guère que des titres arabes 
(ou persans), soit que ces nouveaux musulmans voulussent effacer le souvenir de leur origine 
païenne'', soit que les secrétaires de leur chancellerie, qui conservaient la tradition des bonnes 

' Ainsi balaban, baighii, lacljin, ijiish, sunqiir, t^liKqir, toi/hnil, (»(//»m, etc.; voir les sources citées dans Hammer, 
Falknerklee, Pest 1840, passim. 

' Ainsi arslan (lion), bars (panthère), buri (loup), butjha (t.iureau). taij (poulain), et la plupart des noms d'oiseaux 
cités dans la note précédente: voir Hoitsma, Ein türkisch-arabisches Glossar, p. 2Ss. 

' Pour les Oghuz, voir Rasliid al din, éd. et Irad, Berezixe, dans les Mémoires (Zapiski) de la section orientale 
de la Société russe archéologique, part, VII, p. 3-2; cf. Abu 1-ghàzî, éd. et trad. Desmaisoss, p. 26: Erdmanx, Temudschin, 
p. 50.3: Vambkry, Das Türkeinolk. p, 4s.; Houtsma, up. cit.. p. 2.5s., et dans JVZKM. II, p. 231. M. Blocket, 
c|ui a bien voulu m'envoyer la traduction de ce passage de Rashid, d'après le nis. de Paris, voit dans le mot désignant 
ces animaux totémiques le mongol ongghon , génie tutèlaire" (cf. Kowalewski, Dictionnaire, I, p. 3.53). La liste de 
Rashid figure aussi dans \' Oghuz- ntime, ms. de Paris, suppl. turc, n« 737. 

Pour les Turcs occidentaux, voir Chavas.nes, Documents, p. 220; pour les Qarluq, Grexard, dans JA, 9' série, 
XV, p. 39 et passim; pour les Mongols, Fraehx, De origine rocabuU rossici dengi, Kazan 1815, p. 5 s.; Opusciila 
postuma, II, p. 113; Cities de l'Orient, V, p. 212; de Loxgpérier, Oeuvres, I, p. 100; XCtzel, Embleme und Wappen, 
p. S. Sur le faucon d'Attila, voir de Guberxatis, Mythologie zoologique, trad, française Regxaud, II, p. 203 (d'après 
G. Kuux). Sur le rôle talismanique des oiseaux de proie chez les Turcs de l'Asie centrale, voir Vambéry, op. cit., 
p. 214. Dans Le cycle turc des douze animaux (extrait du Toung-pao), p. 15, n. 2, Chavaxxes a suggéré une explication 
totémique de ce cycle. Pour le Maroc, voir Doutté, Merrâkech, p. 274 s. et les sources citées. 

* Je me borne à rappeler ici l'exemple le plus coimu et le plus certain, celui du sultan Baihars, dont le nom 
renferme le mot bars , panthère", illustré par l'emblème de ce prince, que les auteurs arabes décrivent et qu'on a 
retrouvé sur un grand nombre de monuments bâtis par lui; voir Clermoxt-Gaxxeau, Recueil, I, p. 268 s.; CIA, I, 
p. 523, n. 1; cf, plus haut, p, 79, n. 1, et plus loin, p. 100, n. 2. 

^ C'est à ce déïir qu'il faut rattacher l'adoption, chez ces dynastes, d'un nom musulman arabe, qu'ils portent 



Ortokides de Kaifa. 81 

lettres arabes, rougissent d'employer ces titres barbares, qu'ils ne corapreuaient guère et qu'ils 
jugeaient sans doute indignes de la majesté souveraine. Mais au XIP siècle, les dynastes turcs, 
vassaux des Seldjoukides, n'avaient pas encore entièrement rompu avec les traditions nationales. 
L'épigrapbie a fourni récemment une série de protocoles officiels de cette époque, sortis de la 
chancellerie des Bourides de Damas, des Zenguides d'Alep et de Mossoul, des Ortokides de 
Kaifu et de Mardin, des Mengoutshékides d'Asie Mineure, qui renferment non seulement des 
noms turcs, mais des titres purement turcs, parmi lesquels figurent plusieurs noms d'oiseaux 
de proie ou de chasse. '^ 

Si l'on examine à ce point de vue le protocole du n° 27, ou y trouvera précisément un 
de ces titres, haujlm .faucon", dont la lecture est assurée par une réplique dans l'inscription 
n" 30, au nom de Mahmûd, le fils et successeur de Muhammad.- L'oiseau de la porte d'Alep 
et du manuscrit Martin ne serait-il pas le faucon hmglui, emblème de Muhammad, qui porte 
ce titre dans son protocole? 

On a vu qu'un oiseau analogue ;i celui de la porte d'Alep paraît être sculpté sur un 
saillant de l'enceinte, au-dessus d'une inscription du sultan Malik-shâh.' Cet oiseau ne peut 
être l'emblème de Muhammad, puisque l'inscription qu'il décore est antérieure d'un siècle au 
règne de ce prince. Est-il permis, maintenant, d'y voir un emblème seidjoukide et ici encore, 
de suggérer un point de comparaison? On sait que les Seldjoukides appartenaient au clan 
turc des Oghuz, que leur tradition nationale divise eu 24 tribus possédant toutes, pour totem, 
un oiseau de proie. Celle des Qinaq, dont les Seldjoukides faisaient partie, aurait eu pour 
totem l'épervier appelé tshaqir^ Or le sultan Dàwud, le grand-père de Malik-shâh, s'appelait 
en turc Tshaqir -hek°; son frère se nommait Toghnd -hek; son autre frère s'appelait BaigJui"; 
son oncle Isrâ'îl, l'ancêtre des Seldjoukides d'Asie Mineure, portait le nom à' ArsVàn- haighu.'' 
L'oiseau de l'inscription de Malik-shàh, s'il existe réellement, ne serait-il pas l'emblème de l'un 
de ces noms ou de ces titres? Encore une fois, je n'affirme rien sur un sujet qui ne m'est pas 

conjointement avec leur nom tui'c et qui tend à le supplanter; voir Houtsma, G/os.sy«-, p. ^6, et dans Rerue nrieiitale, 
lii04, p. ^78; CIA, I, p. 303, n. I. 

' Voir quelques exemples plus loin, p. 97 s. 

2 La transcription de ce mot varie (Hotjtsma pigii, Barthold peigu, Lane-Poole paijghü, etc.). J'adopte ici 
h<(!(jhu, qui semble répondre à l'orthographe la plus usitée chez les auteurs musulmans; voir plus haut, p. 76, n. 5, 
et plus loin, p. 95, n. i. 

' Voir plus haut, p. 40 et n. 2. 

^ Voir HouTSMA, dans WZKM, II, p. 231; Vambéry, op. cit., p. (j (Hre ,s\». ). 

5 Voir HouTSMA, loc. cit.; cf. Hammer, Falknerklee, p. xix. Il est vrai que plusieurs sources donnent la leçon 
tshaghri au Ueu de tshaqir; en me rappelant ce fait, M. Houtsma m'écrit qu'il se ralliei-ait aujourd'hui à la première. 
Daus sa traduction russe des üy)ia.<ities de Lane-Poole, p. 124, n. 3, M. Barthold signale la leçon tshaghri sur des 

monnaies qu'il ne désigne pas. A ce ([u'il m'écrit, il songeait alors au mot .îCi jo- = tshaghri-tekin, qui figure 
sur quelques monnaies des Ilik-kbàn. Depuis lors, M. Wesselowski a découvert une monnaie inédite de Dàwud, sur 
laquelle on lit distinctement dX> ^ ,«»- • Si cette lecture est e.xacte, la leçon tskagri semble définitivement acquise 
pour le nom turc de Dàwud. Mais ce mot désignant aussi un faucon, d'après un vieil ouvrage turc de fauconnerie (voir 
Hammer, Folknerklee, p. 14 et texte turc, fo 10 v», 1. 8), il est permis d'y voir une autre forme du mot tshaqir, de même que 

Ja>- dans Ibn al-Athîr, XI, p. I l(i, 1. 7, et d'autres variantes; cf. le nom propre Alpi, dans les sources arabes, qui semble 

une autre forme du mot alp „vaillant, héros". 

« Voir Ihn al-Athir, index à .iLo : cf. Mirkhnnd, trad. Vullers, Geschichte der Seldschukeii, p. 7, n. 10, et 79. 

' Voir Hanidallàh, éd. Gaxtin, I, p. 19.i; Mirkhond. op. cit., p. 6, n. 8; Lane-Poole, Dynasties (et trad. Barthold), 
généalogie des Seldjoukides; cf. Bundâri, éd. Houtsma, p. ti. 1. -5. Le nom de Baighu est donné tantôt à l'un, 
tantôt à l'autre des fils de Saldjuq. Dans Mirkhond, op. cit., p. 2, n. 3, Vullers semble confondre baighu et jabghu ; 
cf. plus haut, p. 7<J, n. h, et plus loin, p. 92, n. 5. 

Amîda. 11 



82 Inscrittioxs diverses. 

familier. Je me borne à poser les questions que soulève l'étrange iconographie d'Amid cl à 
m'orienter, provisoirement, dans le dédale de cette héraldique inédite.' 

Si l'oiseau de la porte d'Alep est le faucon victorieux do Muhammad, la tête de taureau 
qu'il tient dans ses griffes doit être l'emblème de l'une de ses victimes. On a vu que plu- 
sieurs tètes de taureau, avec ou sans anneau dans la gueule, sont sculptées sur les façades ouest 
et est de la grande Mosquée.- Toutes ces tètes se trouvant dans le voisinage immédiat d'in- 
scriptions inalides ou nisanides, il est permis d'y voir un emblème inalide ou nisanide, peut- 
être les armoiries de la ville ou du pays d'Amid. Cette dernière interprétation paraît peu plau- 
sible, quand on sait le rôle effacé que joue, dans l'Orient musulman, la personne civile des 
peuples, la nation, la cité, la commune en général. L'héraldique musulmane, à peine étudiée 
jusqu'ici, a déjà révélé un grand nombre d'emblèmes fonctionnels et quelques emblèmes 
personnels ou dynastiques^; je n'y connais aucun exemple certain d'armoiries de ville ou de 
pays.'* Si l'on veut faire intervenir ici les armoiries d'Amid, j'aimerais mieux les chercher dans 
l'anneau ou la guirlande qui figure, à l'état isolé, sur les corbeaux de la porte d'Alep."' Le 
taureau tenant l'anneau dans sa gueule représenterait alors les Lialides maîtres d'Amid.'' Dans 
ce cas, le taureau ou le buftle assailli par un féhn, sous l'inscription n° 24, pourrait être un 
svmbole de la tyrannie que les Nisanides exerçaient sur les Inalides, à l'époque où cette in- 
scription a été gravée à l'entrée de la grande Mosquée.' Je pourrais suggérer d'autres hypo- 
thèses, tout aussi gratuites; il est plus sage d'attendre de nouveaux documents. 

^L^is nous n'en avons pas fini avec l'iconographie de la porte d'Alep. Aux deux extré- 
mités du segment qui renferme la ligne 3 du n° 27 
sont sculptés deux dragons affrontés, ouvrant une 
gueule énorme d'où sort une langue affilée, avec 
une oreille pointue au sommet de la tête, au-dessus 
de l'œil (fig. 30).* Appuyés sur une de leurs pattes 
Fig. 30. antérieures, ils relèvent l'autre eu avant; sur leur 

dos se dresse une aile en aigrette et leur longue 
queue de serpent se tord en un double nœud, suivi de deux anneaux. 

Ce motif est figuré sur plusieurs monuments nmsulmans du moyen âge. L'exemple le 
plus connu est celui d'une porte de l'enceinte de Bagdad qui lui doit son nom; le Bâb al- 
Talisra ou porte du Talisman." Par leur position et les détails de leur corps, les dragons de 
Bagdad (fig. 31) offrent, sur luie grande échelle et dans un style admirable, une frappante 
analogie avec ceux d'Amid : ils sont affrontés; de leur gueule béante armée de crocs sort une 
langue affilée; mêmes oreilles pointues, mêmes pattes antérieures, même aile en aigrette, même 

' Voir plus loin, p. 97 à 99, n. 3. ot au di.ipitre de la coupe d'iniiï^biuck. un rapprochement analogue enire 
des emblèmes de rapaces et les titres iotjlirul et finiqur. 

^ Voir plus haut. p. 60, 66 et 78. 

' Voir mes Xotes d'archéologie arabe, III, dans JA, 10- série. 111, p. 74s. 

■* Voir plus loin, p. 86 et 94. 

'" Voir plus haut, p. 7-5 et 78. 

« On a vu, p. 80, n. 2, que le mot hu(/ha , taureau" entre dans la composition de plusieurs noms et titres turcs; 
mais le protocole des Inalides ne fournit aucun rapprochement ici. Sans chercher une relation entre l'emblème amidien 
et les armoiries européennes meublées de même, je me borne à rappeler le nile tutélaire des talismans tanriformes, 
dans le voisinage des portes, notamment dans l'anliciiie Mésopotamie. 

' Voir plus haut. p. 67 et 71. 

' Ce dessin reproduit le dragon de droite; celui de gauche est défiguré par un joint entre deu.x pierres et parait 
être moins finement sculpté. 

» Voir NiEBUHR, O}). cit., II, p. 240; Buckixkham, Travels in Mesopotamia, II, p. 179; Jones, dans Records of 
the Bombay Government, 1857, XLIII, p. :î09; de Rivotre, Les vrais Arabes, p. 70; Harris. From Batiwi to Baghdad, 
p. 316; Le Str.wge, Baghdad during the Ahbasid mliijhate, p. 201; Huart, Histoire de Bagdad, p. vii, etc. 




Oktokid» de Kai fa. 



83 



queue de serpent tordue en nœuds et en anneaux. Mais ici, entre les deux gueules, est assis 
un personnage nimbé, portant un diadème et richement vêtu, qui saisit dans ses deux mains 
les deux langues menaçantes. Au-dessus court une inscription au nom du calife abbasside 



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Fig. 31. Bas-relief de la porte du Tulisman, à Basrdaa. 

Nâsir, datée de 618 (1221). M. Sarre pense que ce personnage représente le calife, terrassant 
ses deux ennemis les plus redoutables, le Khwcàrizm-shâh Muhammad, mort en 1220, et les 
Mongols.' Malgré les objections qu'elle a soulevées^, cette interprétation me paraît très 
plausible.^ Mais je ne m'attarderai pas à la discuter ici, parce que je ne vois aucun rap- 
port historique précis entre les dragons de Bagdad et ceux d'Amid. Je n'en vois pas non plus, 
pour le moment, entre ces derniers et d'autres représentations analogues qu'on a signalées sur 
divers monuments musulmans du moyen âge, tels que le portail de la mosquée Tschifte minâre 
à Erzerum*, une porte de la citadelle d'Alep (fig. 32)^, une étoffe du trésor de Siegburg'^, le 
grand plat de cuivre de la Bibliothèque de Munich'', d'autres objets de cuivre et des monnaies 



1 Voir Sarre, Islamische Toiu/efäße, dans Jahrbuch der K. preußischen Kidistsaiiiiiiiuiif/en, tir. à part, p. 6 s. 
et fig. i, 7 et 8. Je dois à son obligeance la photographie reproduite ci-dessus. 

2 Voir lÎARTiwNN et Sarre, dans Oriental. Litt.-Zeititïig, 1905, p. 277 s., 541s.; I'.l06, p. 173 s. 

' En remplaçant toutefois les Mongols par la secte des Assassins, que le calife avait domptée quelques années 
auparavant, en 60S; voir mon Épigraphie des Assassins, dans JA, 9" série, IX, p. 474s. Cette supposition repose 
sur la coïncidence chronologique et sur deux mots de l'inscription de Bagdad qui ont passé inaperçus. L'orthodoxie 
abbasside y est désignée par le terme al-da'wa al-hâdiya, précisément celui que les Assassins employaient en parlant 
de leur secte; voir le mémoire cité, p. 456, 461s. Ce terme, repris au profit de l'orthodoxie, me parait renfermer une 
allusion très claire à la soumission des Assassins; voir le recueil des inscriptions Sarre, no 39 (sous presse), où j'étudie 
ce bas-relief à la lumière des sources historiques. 

* Voir Texier, Descrijjtion de l'Arménie, I, pi. 7; Hamilton, Researches in Asia Minor, I, p. 180; Lynch, Armenia, 
II, p. 211. Ces dragons, traités dans un style assez différent, se voient sur une photographie de ma collection. 

* Ce motif, relevé par moi en 1895, a été photographié depuis par le général de Beylié et, tout récemment, 
par M. SoHERNHEiM, qui a bien voulu m'autoriser à reproduire ici sa photographie. 

^ Voir VON Kararacek, op. cit., p. 12. 

' Voir Sarre et van Berchem, dans Münchner .Jahrbuch der bildenden Kunst, I. p. 27 s. 



84 



TxsrnirTioN* nvEnsES 





Fig. 32. Bns-relief de la porte de la citadelle d'Alep. 

du XIII« siècle.^ Je me borne à signaler en passant un problème dont l'étude ne pourra être 
entreprise avec fruit que sur un grand nombre de documents et je ne retiens ici que les 
suivants, parce qu'ils sont en rapport avec les Ortokides de Kaifa. 

Une variante au motif de 

la porte d'Amid figure sur 

quelijues monnaies de Qarù- 

iirslàu, le père de Mul.iammad 

(fig. 3o). Ici, les deux dragons 

sont liés l'un à l'autre; ils mon- 
trent leur corps sous un autre 

angle et le dressent en l'air 

au lieu de le projeter eu avant. 

Mais on }• retrouve, bien 
qu'assez vaguement, à cause du petit module et de l'usure 
des monnaies, les gueules et les langues, les yeux, les 
oreilles pointues, les ailes en aigrette, soudées entre les 
gueules, les pattes antérieures, enfin les queues enlacées, 
formant plusieurs nœuds.- 

Le même motif apparaît, beaucoup plus détaillé, sur 
un bas-relief trouvé dans le tombeau du sultan Mamlouk 
Malik Mu'ayyad Shaikh, au Caire, et conservé au Musée 

' Sur ces objets et ces monnaies, où figurent souvent les signe."- zodiacaux, celui du Sagittaire a pour queue un 
corps de serpent terminé par une gueule de dragon ouverte; cf. Sarre, Ioc. cit. Le Musée de Konia conserve un 
dragon, sculpté sur pierre, qui offre de frappantes analogies avec ceux d"Aniid et dont la queue se termine aussi par 
une gueule de dragon; voir Sarre, Erzeugnisse islamischer Kunst, fig. 16. 

» Voir Lane-Poole, CBM, III, n» 329 et pi. VII; Sarre, hlamisehe Toiigefäßc. \>. 1-i ct fig. 14, d'après une monnaie 
de Berlin; vox Karabacek, oj). cit., p. 3. 




Fiï, 34. Musée arabe du Caire. 



Ohïokides de Kaifa. 85 

arabe de cette ville (fig. 34). Ici, les gueules sont munies de crocs énormes et laissent passer 
deux langues fourchues dont les extrémités se joignent eu losange. Les oreilles se dressent 
en arrière des j-eux et l'on voit très distinctement les ailes en aigrette, formées de plusieurs 
plumes, les pattes antérieures, munies de griffes, et les queues entrelacées.^ 

D'où provient ce curieux morceau? L'hypothèse de Yacoub Artin Pasha, qui croit y 
reconnaître un emblème du sultan Shaikh, imité du dragon chinois, ne repose sur aucun fait 
précis.^ J'ai montré que l'iconographie de ce bas-relief et le style de la courte inscription qui 
l'accompagne trahissent une origine étrangère à l'Egypte, où il a dû être apporté tout fait, peut- 
être comme dépouille de guerre, en suggérant que Shaikh pouvait l'avoir enlevé à un monument 
caramanide, à la suite de ses victoires sur le sultan Muhammad ibu Qaramân, et pour des 
motifs politiques dont l'histoire de ces deux princes fournit une explication très plausible.^ 
M. Sabre, plus tard. Ta rapproché des monnaies de Qaràarslàn et a proposé d'y voir une dé- 
pouille provenant d'un monum.ent ortokide.* Enfin M. de Karabacek, reprenant le problème à 
l'aide de sources nouvelles, a supposé que le bas-relief du Caire provient du tombeau de Malik 
Mu'azzam Tûran-shâh, dernier Ayyoubide d'Egypte. Ainsi qu'on le verra plus loin, le dernier 
Ortokide d'Amid et de Ivaifa, Malik Mas'ûd Maudûd, fut dépouillé de ses États, en 629, par 
l'Ayyoubide Malik Kâmil Muhammad d'Egypte, qui en confia le gouvernement à son fils Malik 
Sâlih Ayyûb. Quand celui-ci monta sur le trône d'Egypte en 637, il remit la Mésopotamie à 
son fils Tûràn-shàh, qui, dépouillé à son tour par ses voisins, fut réduit à la seule possession 
de Kaifa. En s'appuyant sur les monnaies de Qarà-arslân, à l'effigie des deux dragons et frap- 
pées vraisemblablement dans cette ville, M. de Karabacek pense qu'ils en sont l'emblème, que 
Tûrân-shàh aurait gardé avec elle, puis apporté en Egypte, quand il fut appelé à son tour sur 
le trône du Caire, en 647. Quelques mois plus tard, il fut assassiné au camp de Mansura, 
dans des circonstances qu'il est inutile de rappeler. Toujours d'après M. de Karabacek, son 
cadavre aurait été transporté sans bruit au Caire et enseveli dans le voisinage de la madrasa 
du sultan Shaikh, avec ce bas-relief portant ses armoiries, lequel, découvert deux siècles plus 
tard, aurait été muré dans le tombeau de ce sultan, où il a été retrouvé récemment, au cours 
de la restauration de cet édifice." 

Cette ingénieuse théorie eût gagné à être présentée pour ce quelle est réellement, c'est- 
à-dire pour une simple hypothèse où l'imagination se donne libre cours, et non pour une certi- 
tude historique basée sur le témoignage précis des sources. Elle repose eu premier lieu sur un 
malentendu: le rapprochement du surnom al-Malik al-Mu'a??am, porté par Tûrân-shâh, et du 
tih-e al-snltâii al-niunzîaiii, sculpté au-dessus des deux dragons (p. 4). Le premier est un sur- 
nom personnel eu iiialiJc; il n'a rien à voir avec le second, qui est un titre générique porté par 
un grand nombre de sultans, depuis les Bouyides et les Seldjoukides, mais seulement dans cer- 
taines conditions politiques et diplomatiques précises. Or, il n'est pas vraisemblable que Tùràn- 
shâh ait prétendu à ce titre élevé." L'eût-il réellement porté, resterait à expliquer pourquoi 
l'on aurait choisi précisément ce titre et cet emblème pour décorer la stèle d'une sépulture im- 
provisée en cachette, dont aucune source d'ailleurs ne fait mention, alors qu'aucune des in- 
nombrables stèles funéraires égyptiennes, à ma connaissance, n'offre le moindre rapport de style, 

' Voir Herz Bey, Catalogue du MnsA' de l'art arabe, 1' éJ., p. 1S6; 2' éd., p. 48. 

^ Voir ses Contributions à l'étude du blason, p. 75 et ftg. :2I. 

= Voir CIA, I, no 510 et pi. XLIII. 

* Voir Sarre, Islnmisehe Tongefäße, ji. 1"2 et ftg. 15. 

'" Voir VON K.4RABACEK, Op. Cit., p. 4 S. 

s Le titre sultanien le plus fréquent des Ayyoubides est sultan tout court ou sultan al-islàm wal-muslimin: voir 
CIA, I, p. 299, n. 4, et plus loin les nos 33 et 34. Plus rare est la forme supérieure al-sultàn al-a^zam, par exemple 
dans CIA, I, no 64, et mes Inscr. arabes de Syrie, p. 44 du tir. à part; cf. plus loin le commentaire du n" 35. 
Je n'ai encore relevé chez aucun d'eux, pas même en épigrapliie, la forme al-sultr1n al-mu'azzam. 



86 Inscriptions divehsks. 

de sujet ni de rédaction cpigrapliique avec ce bas-relief. Car, dans l'hypothèse de M. he Ka- 
RABACEK, cette stèle aurait été sculptée en Egypte: or, encore une fois, si quelque chose parait 
certain dans ce monument énigmatique, c'est qu'il n'est pas égyptien. 

La théorie repose ensuite sur la triple hypothèse que les dragons étaient l'emblème de 
Qarâ-arslàn (p. 3, 10), que par lui, ils sont devenus les armoiries de la ville de Kaifa\ puis 
l'emblème de Tùràn-shâh quand celui-ci devint prince de Kaifa. J'ai déjà dit que nous ne 
connaissons à ce jour aucun exemple certain d'armoiries musulmanes de cité et je le répé- 
terai tout à l'heure à propos de l'aigle double.- M. de Karabacek, qui tient l'aigle dodble pour 
l'emblème d'Amid, a signalé lui-même une monnaie de l'Ortokide Mahmûd à l'eftigie de l'aigle 
double, frappîe à K<tifa^\ inversement, l'inscription de la porte d'Alep nous montre aujourd'hui 
l'emblème prétendu de Kaifa, celui des dragons, sculpté anr les ijiurs (rAmich Comment con- 
cilier ces deux observations précises avec l'hypothèse d'armoiries de cité? Ne prouvent-elles 
pas plutôt que l'aigle double et les dragons sont des emblèmes, personnels ou dynastiques, des 
Ortokides? 

La théorie repose encore sur les sui)])Ositions suivantes. Le cadavre de Tùràn-shâh, 
abandonné sur la rive du Nil, après l'horrible attentat de Fareskur, et relevé plusieurs jours 
après, à la requête de l'ambassadeur du calife, puis enseveli au Caire*, aurait été déposé dans 
les caveaux d'une prison célèbre qui s'élevait alors sur l'emplacement de la future madrasa du 
sultan Shaikh. Des amis inconnus auraient fait sculpter et placer sur sa tombe ce bizarre 
monument funéraire. Enfin, deux siècles plus tard, le sultan Shaikh, qui suivait avec intérêt 
les travaux de fondation de sa madrasa, aurait fait maçonner dans son propre tombeau, à titre 
de talisman ou de monument expiatoire (p. 9 s.), la stèle retrouvée dans le sous-sol de la prison. 

Sans pousser plus loin l'analyse de ce roman ^ concluons que la stèle du Caire pourrait être 
un monument ortokidè, dont la provenance et le transport au tombeau du sultan Shaikh sou- 
lèvent un problème attachant, mais encore obscur.'' Les dragons sont peut-être un emblème 

' Tandis que l'aigle iloulile, d'npi-ès M. de Kafubacek, est l'emblëme de la ville d'Ainid: voir plus loin, )i. '.14, n. 1. 

- Voir plus haut, p. 8â et plus loin, p. 94. 

' Voir op. cit., p. 14, n. o, où il faut lire „Mahmiid" au lieu de ,Muljaramad". 

■* C'est tout ce que les chroniques racontent à ce sujet. Dans le récit détaille do iVIaqrizi. dont la traduction 
Blochet, dans BOL, XI, p. 231s., a paru depuis le travail de M. de Karab.acek, l'autour arabe se borne à dire: ,A la 
fin, l'ambassadeur du ralife demanda la permission de lui donner la sépulture; on ramena le corps au Caire et on 
l'ensevelit (p. 23a). " 

5 Voici d'autres erreurs matérielles qui trahissent une certaine hâte dans la rédaction de ce mémoire: 

P. 14: Le sultan ayyoubide Malik Kàmil Muhammad qui s'empara d'Amid en 629 n'est pas celui de Mifarqin, 
qui ne monta sur le trône qu'en 642 ou 645 (voir Lehmann-Haupt, Materialien, Arab. Inschriften, p. 17), mais celui 
d'Egypte, qui était son oncle et portait les mêmes noms que lui. — P. 14, n. 1 : Le dernier Ortokidè d'Amid s'appelait 
Malik Mas'ùd Rukn al-din Maudùd et il était le fils de Malimùd, ainsi qu'il résulte du passage très clair d'Ibn 
Khallikân, trad, de Slaxe, III, p. 242, confirmé par plusieurs chroniques, par les monnaies de ce prince et, mieux 
encore, par une inscription d'Amid: voir plus loin, n" 32 et p. 104. C'est donc à tort que l'auteur critique, sur ce point 
particulier, les Mohammadan dynasties de Laj«e-Poole, en supposant que Malik Mas'ûd était un frère de Maudùd, 
alors que c'est Maudùd lui-même qui porte le titre Malik Mas'ùd. Son erreur provient du fait qu'il ne cite qu'Abu 
1-fidâ' et Nasawi; or ces auteurs, ainsi qu'Ibn al-Athtr et Ibn Khaldùn, ne connaissent Maudùd que sous son surnom 
de Malik Mas'ûd. Il y a assez d'inexactitudes dans l'excellent ouvrage de Lane-Poole pour ne pas lui en prêter de 
gratuites. Ajoutons qu'Abu 1-fidà' n'est pas cité correctement: la page 109 est celle de la traduction française dans Hist, 
or. des crois., I; dans le texte de Constantinople, ce passage est dans III, p. 160. — P. 15: Malik Sàlih Ayyùb reçut 
de son père le gouvernement du Diyar-bekr dès l'année 630 et non en 634 seulement, ainsi qu'il résulte de la plupart 
des sources, et d'Abu 1-fidâ' lui-même, dans un passage antérieur à celui que cite l'auteur: éd. Constantinople, 111, 
p. 159 s.; cf. plus loin, p. 105. — P. 15: L'auteur confond Malik Mu'azzam Tùràn-shâh avec le fils du sultan d'Alep 
Malik Xâsir .Salâh al-din Yùsuf, qui était son homonyme et son neveu au quatrième degré. C'est ce dernier qui commandait 
les troupes d'Alep et qui fut fait prisonnier par les Kharizmiens; voir les sources citées plus loin, p. 107, n. 2. Ainsi 
tombe l'hypothèse de l'auteur touchant la réunion des armes d'Amid et de Kaifa sur l'étoffe de Siegburg, puisqu'elle 
n'a d'autre base que la confusion de ces deux homonymes. 

' Je persiste à croire que l'hypothèse d'une dépouille rapportée en Egypte par le sultan Shaikh est le moyen 



OuTOKIDES DE KaIFA. 87 

personnel ou dynastique des Ortokides, comme l'oiseau simple do Muhammad, étudié plus haut, 
et l'oiseau double de Mahmûd, qu'où étudiera tout h l'heure ^' mais leur rôle ne se borne pas 
là, puisqu'on les retrouve sur un grand nombre de monuments musulmans. En tout cas, ils 
ne peuvent être les armoiries de Kaifa, puisqu'ils figurent sur les murs d'Araid. Enfin, les 
seuls Ortokides dont on puisse supposer qu'ils ont porté cet emblème sont Qarâ-arslân, sur ses 
monnaies, et son fils Muhammad, sur la porte d'Alep. Si l'on demande pourquoi Muliammad y 
porte deux emblèmes, l'oiseau de proie et les dragons, je répondrai qu'aucun fait ne prouve 
que les dynastes d'alors aient été tenus de ne porter qu'un seul emblème. On peut supposer, 
par exemple, que l'oiseau était l'emblème personnel de Muhammad, alors que les dragons, em- 
blème personnel de Qaràarslân, figurent ici à titre d'armoiries dynastiques. On peut faire 
d'autres suppositions tout aussi gratuites; encore une fois, attendons de nouveaux documents. 

28. Ortokide Siikmân II. 595 H. — Dans la cour d'une madrasa qui s'élève à l'angle 
nord-est de la grande Mosquée, en arrière de la colonnade en ruine.^ Copie fournie par 
S. E. Fakiiri Pasiia et contrôlée par M. Güys.^ Inédite. 

«r j^-J^3 ^y^i Äj\^-w3- «C— iJ, ^]^) ôjl-ajl «oil y-\ jf^yS 

A ordonné (?) de faire cette madrasa notre maître le sultan al-Malik al-Mas'ùd Qulb al-diii Abu 1-mu- 
?affar Sukmân, fils de Muhammad, fils de Qarà-arslàn, fils de Dàwud, fils de Sukmàn, fils d'Urtuq, l'aide de 
l'émir des croyants, qu'Allah fortifie ses victoires! Et cela (a eu lieu) en l'année 595 (1198 — 99). 

Les relevés sont muets sur cet édifice, dont l'emplacement exact n'est même pas indiqué; 
ce texte n'a donc, pour le moment, aucune valeur archéologique. En revanche, c'est un im- 
portant document d'histoire. Pour les surnoms et la généalogie de Sukmân, il confirme exac- 
tement les monnaies et les chroniques* et renferme aussi ce titre de sultan qui paraît avoir été 
pris par son père Muhammad à la suite de la conquête d'Amid.'' Toutefois, si la copie est 
exacte, la rédaction du protocole n'est pas tout à fait conforme aux règles diplomatiques" et 

le plus naturel d'expliquer pourquoi la stèle a été murée dans son tombeau. -Je rappelle à ce propos que son suc- 
cesseur Barsbày a rapporté d'Amid, précisément, et fait suspendre dans sa madrasa du Caire le casque du prince 
turcoman d'Amid; voir Ishâqi, AkhMr al-uiml, éd. Caire 1304. p. 137 en bas, cité dans CIA, I, p. 379, n. 2. On 
pourrait rapprocher de ces faits la vieille coutume turque du balhal, c'est-à-dire de la statue du vaincu dressée 
sur le tombeau du vainqueur, dans les inscriptions de l'Orkbon: voir Bang, dans Toung-itao, Yll, tir. à part, p. 30, 
et WZKM, XI, p. 200; Marquardt, Die Chronologie der alttUrkischen Inschriften, p. 31; Barthold, Die historische 
Bedeutung der alttUrkischen Inschriften, p. 19, etc. Quel que soit le prince auquel ait appartenu la stèle du Caire, 
ce ne peut être Qarà-arslàn, qui ne portait pas le titre de sultan, et il est peu probable que ce soit un Ortokide, 
dont aucun, semble-t-il, n'a porté le titre de la stèle; voir plus haut, p. 79, n. 3. et plus loin, le commentaire du no 35. 

' Voir plus loin, p. 93 s. 

- Voir plus haut, p. 40 et 09. 

' Je restitue entre parenthèses quelques mots indispensables qui manquent dans ces copies. 

* Ses monnaies l'appellent Qutb al-din et Mabk Mas'ûd; voir Lane-Poole, CBM, III, no 343; G. Edhem, CUO, 
1, no 13. Il est vrai que d'autres monnaies publiées par ces auteurs, aux nos précédents, l'appellent al-malik 
fd-'âdil, mais on sait qu'à cette époque, ce dernier titre n'est pas encore un surnom personnel en malik; voir plus 
haut, p. O-ô, n. h. 

^ Voir plus haut, p. 79. En 501, Qarà-arslàn n'est qu'émir et maréchal (isfahsalàr); en 579, Muhammad est 
roi (malik), puis il devient sultan (?) et dés lors, ce titre est dynastique; voir plus loin les nos :28 à 31. On observe la 
même progression chez les Inalides, qui toutefois ne parvinrent pas au sultanat; voir plus haut, les nos U) à 22. 

" Notamment la forme vulgaire du surnom en al-d'in, que toutes les inscriptions souveraines de cette époque 



SS 



I.NSCRirTIONi? DIVERSES 



l'inscription pourrait bien n'être que la copie moderne d'un texte original détruit.' La date 
correspond bien au règne de Sukmàn. qui succéda à son père en 581 et mourut en 597.- 

29. Ortokide Mahmûd. 605 H. — Sur le front antérieur d'une grosse tour ronde (fig. 35) 
appelée Evli badan-' et située h l'un des angles sud-ouest de leuceinte, en A du plan (fig. 1), à mi- 
jjjj,,,. ■ : :: . i..adii'' d'une forte ninuliire dont le profil eumprend un bou- 




Fig. 35. Evli badau ou tour A de l'enceinle. 



din, une gorge et des filets. Vers le centre, la moulure se décroche en haut et en bas, en 
forme de tableau, pour encadrer les deux courtes lignes 1 et 3, au-dessus et au-dessous de la 
longue ligne 2; plus bas, une courte ligne 4 est sculptée hors cadre, au-dessus d'une meurtrière. 
Beau naskhi a3'voubide; grands caractères, points et signes (fig. 36 et pi. XVIII). PubHée.* 



^1 oiÜu-'^ tVj^ aL.; ^\ U IJA (2) ^jl/ï' 



un 



jb^i 



^ 



dXù\ 



aLw) (i) 



donnent sous la foniie en td-dnnijû iral-din (voir CIA, I, p. 7ti3 et pasxim), et romission du nom de Sukmàn I" dans 
la généalojrie. 

' Comme dans CIA, I, n« 160, p. â.37, n. 1, ou dans le recueil d'Oppenheim, no 100. 

« Voir Ibn al-.Atliîr, XI, p. 339; XII, p. 11-2; Ibn Shaddàd, P jg v", et les autres chroninues. La succession 
inusitée des chiffres de la date est un indice de plus que l'inscription n'est pas originale ou que la copie est un 
peu libre. 

' Ce nom paraît indiquer qu'une maison s'élève auprès de la tour ou que celle-ci est bâtie à la façon d'une 
maison; en effet, elle renferme des chambres intérieures pour la défense. Peut-être faut-il lire uIh buiJun ,1a grosse 
tour"; le nom figure dans les notes du baron d'Oppe.nheim et sa forme exacte n'est pa.s certaine. 

* Voir NiEBDHR, op. cit., II, p. 327; Derenbourg, dans Comptes fendus de l'Académie des Inscriijtions, 1907, 
p. 29âs., et le recueil d'Oppesheim, n« 122. 

^ Fragment de Coran, XL, 16. 



Ortokides de Kaifa. 



89 







ù' 



'CJ 



Aie Ä^iis Ä-^'VI 



Obi« J I J«>-lj «Cl^" «üc. *il 'gU 






4J0I 



(?*)b (4) 






La royauté est à Allah, l'unique, le puissant. Voici ce qua ordonné de faire notre maître le sultan al- 
Malik al-Sàlih, le savant, le juste, l'assisté, le victorieux, le vainqueur, le vivificateur de la justice, Nàsir al-dunyà 
wal-din, le sultan de l'Islam et des musulmans, la gloire des rois et des sultans, le roi des émirs, l'aide de 
l'imàm, le protecteur des hommes, la réserve du califat magnifié, la sphère des hautes quahtés, Abu 1-fatli 
Malimùd, fils de Muhammad, fils de Qarà-arslàn, fils de Dàwûd, fils de Sukmàn, fils d'Urtuq, l'aide de l'émir 

des croyants, qu'Allah fortifie ses victoires et redouble sa puissance' ... En l'année 605 (1208 09) . . L'a 

bâti Ibrahim, fils de Dja'far (?), etc. 

Ce texte est établi sur une série de documents tous incomplets, mais qui se complètent 
l'un par l'autre.- La ligne 1 figure dans E, F et N et se lit sur B 2 et T. Le début de la 
ligne 2, jusqu'au mot al-mlil inclusivement, figure aussi dans E, F et N et se lit sur O. Les 
trois mots suivants, invisibles sur toutes les photographies, sont empruntés à N et confirmés 
par E (qui saute al-miiaijijad) et par F. Ces épithètes sont fréquentes dans la titulature de cette 
époque et l'on peut les considérer comme certaines, bien qu'elles ne soient garanties par aucun 

• Le texte de la fin de la ligne 2 ne reposant que sur des copies, j'omets ici ce passage peu important. 

2 Dans ce qui suit, B 1 et B 2 désignent deux photographies du général de Beïlié (fig. 36 et pi. XYIII en haut) 
montrant une partie du centre de Tinscription; D, l'édition Derexbourg; E, une copie fournie par Halil Edhem à 
Constantinople; F, une copie fournie par S. E. Fakhri Pasha à Amid; G, la mauvaise traduction de Garden, torn, cit., 
p. 186; H, la traduction plus mauvaise encore de H. de Hell, II, p. 4()7; N, l'édition Niehuhr; 0, une photoTaphie 
du baron d'Oppexheim (pi. XVIII en basi, montrant le début de la ligne 2; enfin T, une photographie de ma collection 
donnant une vue générale de la tour et sur laquelle on peut lire quelques mots vers le centre de l'inscription. 



90 



IxscnirnoNs diverhks. 





facsimile.' La suite, du mot iimlji/i au mot alsamlCit, se lit sur B 1, B 2 et P, les derniers 
mots non sans peine.* La fin de la ligue 2, invisible sur toutes les photographies, est empruntée à 
N, avec deux corrections fournies par F.^ La ligne 3 se lit sur B 2.* Enfin la ligne 4 n'est 
visible que sur B 2. oi'i plusieurs mots paraissent frustes; la leçon proposée est une combinaison 
de B 2 et de F, dont le texte, bien que fautif, est 
celui qui se rapproche le plus de l'original.'' En 
résumé, l'édition ci-dessus [)eut être considérée 
comme définitive, à part le nom du constructeur. 
Autour de l'inscription (pi. XVIII), cinq ani- 
maux sont sculptés en relief dans le parement: 
au-dessus du centre, un oiseau double (fig. 37)''; 
aux quatre angles du tableau central encadrant Fig. ss. 

' '-■ ■•'■ les hgnes 1 et 3, quatre félins passants et affrontés 

deux par deux, d'un style très remarquable (fig. 38).'' 
Le pied de la tour est renforcé par un puissant talus en pierre de taille (fig. 35 et pi. XVIII), 

incliné à environ 45". Autant qu'on 
peut le voir, ce talus a été ajouté 
après coup, soit pour étayer la tour 
ébranlée, soit à la veille d'un siège, 
pour en éloigner les sapeurs; en effet, 
assez gauchement contre 
tour, sans souci de sa 
hitecture. Plusieurs blocs en- 
on parement portent de 
grands caractères en coufique fleuri, 
les uns isolés, les autres disposés en 
bandeau. Sur deux photographies du 
général de Bevlié, qui montrent trois 
blocs rapprochés après coup (fig. 39), 
Fig. 39. i:..-;,„i.> ..,..„,1".. OU lit, uou sauspeinc: 

' L:i leçon de D. qui met ces trois épitlièlcs ;i l;i tonne relative, est contraire à toutes les régies de la titulalure; 
voir CIA, I, p. 443 s. et paasim. 

^ Les coiTections que ces fac-similé fournissenl à .\ onl été signalées dans le recueil n'OrrENHKiM, \t. 83, n. 1 et 
suiv. Dans D. il faut lire ^>J_.^l|j (.M-)fl ö^iaL-, . au lieu de *M_,Vlj âIH 'f ■ <^^ J^ > a» lie" de ^^ . 

ä Voir le recueil d'Oi-i'enhf.i.m. lor. cil. Dans D. il faut lire 4ji»* 4-1^ . au lieu de <oL^ le. et Ä,o6 . au 

lieu de Â^lj . 

■* N donne la date exacte, mais sans le proverbe, qui ligure dans F, avec une erreur. 

= F donne J,LJ 4.U jJU- ^^ Jû^ J/_ ^J.\ «^ > ™"'^ l'^'' "1°** -^^ ù". -^^«-^ s°"*^ certainement erronés, 
quand on étudie B2. G donne: ,This building was constructed by the skilful Ibrahim el-Halebi, whom may the Most 
High guard to all eternily!" Ces mots traduisent proliablement JU <dll bJlU- J.Î-I e-^jX eb . mais d'après B 2, le 

mot al-halabi ne peut être exact. La leçon de D, J,U -dl| jJi ij^ _y*] L' là* . est contraire à la paléographie et 
aux règles de la composition épigraphique, l'ordre de biUir ne figurant jamais à la tin d'une inscription. Comme 
ailleurs, H n'est ici d'aucun secours. 

« C'est l'oiseau qu'on voit dans H. de Hell, o^j. cit , pi. XLI. à gauche en haut. Le dessin de la fig. 37, faite 
à la loupe sur une photographie, est plus exact; la tète gauche est fruste. Sur cet emblème, voir plus loin, p. 93s. 

' Les deux supérieurs sont dessinés, peu fidèlement, dans H. de Hell, op. cit., pi. XLI, à droite et à gauche 
en bas. Tous les quatre sont mutilés et frustes; le mieux conservé est celui de gauche en haut, qui est reproduit 
ci-dessus, fig. 38. Sur cet emblème, voir plus loin, p. 99. 




(^iniiKiDEs UK Kaika. 



91 



Sur le bloc de droite . 
Hur le bloc du milieu 



("tVI (?) j^ ^UVI ^U jfj^i^\] 

. . . . ^3 (?)i«"Vi . . . (?)iji 



Sur le bloc de gauche lii^J^ "^^ » ■ 

L'incohérence de ces fragments prouve que les blocs sont remployés dans le talus et 
proviennent d"une inscription détruite, dont on ne peut déterminer ni l'emplacement primitif, ni le 
titulaire. Ces titres mutilés semblent appartenir à un protocole ortokide (cf. les n"^ 27 et 29); 
d'autre part, le style des caractères rappelle celui des inscriptions merwanides et inalides. Bien 
que sans valeur immédiate, ces beaux fragments montrent avec quel soin il convient d'ex- 
plorer une enceinte qui parait remplie de débris analogues.' 

Voici comment la tour est décrite par H. de Hell, op. cit., II, p. 444: „La douzième tour 
(à partir de la porte d'Alep), placée à un angle, est de forme circulaire et son diamètre est 
énorme; son appareil surtout est admirable. Elle porte à sa partie supérieure de petites avan- 
ces (échauguettes) dont 

les extrémités sont en 
richies de sculptures de 
style oriental. Vwe 
grande inscription ara- 
be la ceint entièrement. 
On voit à sa })arlie 
inférieure un soubasse- 
ment conique, sur le- 
quel courent deux li- 
gnes d'ornementation 
coufique. " 

30. Le même. — 

Sur le front antérieur 
d'une grosse tour ronde 
(fig. 40) appelée Yedi 
qardash (les sept frères) 
et située à l'autre angle 
sud-ouest de l'enceinte, 
au sud- est de la précé- 
dente et en B du plan 
(fig. 1), à mi-hauteur, 
ne règun long bandeau 
surmonté d'une mou- 
lure, plus simple que 
celle de la tour A et 
qui ne retourne pas 
sous le bandeau. Vers 
le centre, elle se dé- 
croche en forme de 
tableau, pour encadrer une courte ligne 1, au-dessus de la longue ligne 2; sous celle- 




Ycdi 'litrdiisb ou lonr B de l'i 



1 Cf. iilup haut. 



i7, n. tj. e( passim, et plus loin, le n« .31 et p. lOli, n. 4. 



92 Inscriptions diverses. 

une courte ligne 3, comme dans le n» 29. Le pied de la tour, qui est très bien conservé, ne 
montre aucune trace dune quatrième ligne, ni dun talus incliné. Même type; mêmes carac- 
tères, très bien conservés (pi. XIX). Publiée.^ 

J.U1 (sn-) ^jai juj\ ^jjj\ Mkji J^\ h. (-^) 'I/i i«i Ti'3 . . . ^^; (1) 
:.,wUij (-^i-)'! ^ iij}\3 Ljji ^^t Jaji ^^^ ^j^\ ^Jüii c^-b^i (^).bui jui 

JUll dlli ^.jV>j cjjij /î j\> öU^ '»^Vl cUU :,n>*>\Jlj ijjlll jUil :^JjA.ii J^U 

1_^ ^\ Ju=t* ù;* i^'e^ Tula-'* ji>l »i-l il::i r-^'W '_^ «ilj^ ^\ J\j\ Oic>\3j,J>. Jv^>. J^^__ 
er^À 'j} ^-^ *^ (•^) 't-^* 2^ ^"^y* -!^-'' -?-^* J*'-^ *^.' ùl-^^ âj -^-ÎJ*^ J} Ù*>^J* 

A ètê in-oniulgué l'ordre, auquel il faut dbéir. de notre maître le sultan al-Malik al-Sàlili, le savant, le 
juste, l'assisté, le victorieux, le vainqueur, le vivificateur de la justice, Nàsir al-dunyà wal-dîn, le pilier de 
l'Islam et des musulmans, la beauté du gouvernement, la gloire des rois et des sultans, le roi des émirs, 
le sultan du Diyar-Bekr, du Rum et de l'Arménie, la sphère des hautes qualités, le héros du monde, le 
Chosroès de l'Iran, le héros, l'homme de confiance, le faucon, l'heureux prince, Abu 1-fath Mahmùd, fils de 
Muhammad, fils de Qarà-arslàn, fils de Dàwûd, fils de Sukmàn, fils d'Urtuq, l'aide de l'émir des croyants, que 
sa victoire soit puissante! L'a bâti Yahyà, fils d'Ibrahim al-Sarafi, pour al-Malik al-Sàlih. 

Comme pom- l'inscription précédente, ce texte est établi sur une suite de documents frag- 
mentaires qui se complètent l'un par l'autre.'' La ligne 1 se lit sur B 1, B 3 et L. Les 
premiers mots de la ligne 2, qui ne sont pas tout à fait corrects dans et dans F, se lisent 
sur P.* La suite se lit sur B 1 et T, mieux encore sur L à partir de muln/t et sur B 3 à partir 
de nal-din. B 3 s'arrête au mot al-niaâlî et B 1, à la généalogie, mais la fin de la ligne se 
lit sur B 2. Enfin, la ligne 3 se lit sur B 1, B 3 et L. En résumé, le texte ci-dessus peut 
être considéré tout entier comme définitif. 

Le protocole de Mahmùd renferme plusieurs titres persans et turcs, notamment haigliu 
, faucon"^, que j'ai déjà rapproché de l'oiseau de proie sculpté au milieu de l'inscription n" 27; 

' Von- Leiimaxn-Haui'T, op. cit., n» 10, p. 2;is. et pi. XIII; recueil e)'Oppenheim, n» H3; DEREXBouRf;, Joe. cit. 

" Fragment de Coran, XXIX, 44; „Certes, célélirer Allah est le plus important." 

' Dans ce qui suit, B 1, B 2 et B 3 désignent trois photographies ilu général de Beylié, montrant diverses 
parties de l'inscription (B 3 est reproduit pi. XIX); D, l'édition Derexbourc; F, une copie fournie par S. E. Fakhri 
Pash.\; g, la mauvaise traduction de Garden, toni. cit., p. 187; H, un fragment sans valeur traduit dans H. de Hell, 
II, p. 466: L, la planche XIll de Lehman.v-Haupt ; 0, le fragment copié par d'Oppexheim; P, une photographie très 
distincte de la première moitié de la ligne 2, due à l'obligeance de M. Pognox, qui a bien voulu me prêter aussi la 
photographie reproduite ci-dessus, fig. 40; enfin ï, une photographie de ma collection, donnant une vue générale 
de la tour et sur laquelle on peut lire quelques mots vers le centre de l'inscription. 

■» Dans D, le début de l'inscription est à corriger d'après l'édition ci-dessus; G et H sont sans valeur ici. 

* Sur les photographies, on lit distinctement 1^ , avec les points diacriticjues (sur \ J,^ pour .i.j et l_jj— >- 

pour _5j-_i- , voir le recueil d'Oppenheim, p. 28, n. 1, et 8.5, n. 1). La leçon bighu ou baiç/hn , faucon" (et non yLj , yfihghti 
= jahghu „prince"; voir plus haut, p. 76, n. 5) est donc assurée, ici et dans les nos 07 et 30. Elle est confirmée par 
l'onomastique des Seldjoukides ; voir les sources citées plus haut, p. 81, n. 6 et 7; Derexbocr«, op. cit., p. 298, n. 1. Sur 
ce mot, voir P. de Courteille, Dictionnaire iurlv-oriental, p. 187; Sulaimàn BckhÂri, Luyhat djaç/hatay we-turki, 
p. 92; Hoütsma, Glossar, p. 28; Hammer, Falknerklee, p. 108. 

Les autres titres turcs de ce groupe, ici et dans les nos 27 et 30, appartiennent aussi au vieux fonds turc. Les 
mots alp „vaillant", qutlugh „heureux", he;/ „prince", figurent déjà dans les inscriptions de l'Orkhon, ainsi que hihjä 



Ortokides de Kaifa. 



93 





je vais tenter ici le même rapprochement avec Toiseau double sculpté sur les deux tours A et 
B. La date absente peut être rétablie approximativement d'après le n" 29 (605:= 1208 — 09) 
car il est évident que les deux tours sont de la même epocjue. Enfin, touchant la signature 
du constructeur, je n'ai rien à ajouter au commentaire de mes éditions précédentes.^ 
Voici tout ce que H. de Hell, loc. 
rit., dit de cette tour: „La treizième (à partir 
de la porte d'Alep) est semblable à la précé- 
dente et porte une grande inscription avec 
diverses sculptures représentant des animaux." 
En effet, autour de l'inscription, trois ani- 
maux sont sculptés en relief dans le pare- 
ment: au-dessus du centre, un oiseau double (fig. 41), semblable à celui 
de la tour A"-; aux angles supérieurs du tableau central, deux félins 
Fig. 41. passants et aiïrontés (fig. 42) semblables à ceux de la tour A, d'un style 

plus simple, mais mieux conservés.-' Tous ces animaux sont-ils des em- 
blèmes et quel en est le sens? Ici encore, il ne s'agit que de poser quelques jalons; commençons 
par les deux oiseaux doubles, dont l'étude s'offre à nous sur un terrain déjà préparé. 

Un marchand vénitien, qui visita la ville d'Amid en 1507, décrit ainsi son enceinte: „La 
gran città di Caramit . . . è raurata di grosse mura di pietra viva lavorate, di maniera ch'elle 
paiono dipinte, e attorne sono fra torri e torrioni trecento sessanta. lo per mio piacere cavalcai 
due volte tutt'il circuito, considerando quelle torri e torrioni fatti diversamente, che non è geo- 
metra, che non desiderasse di vederle, tanto sono maravigliose fabriche; e in molti luoghi di 
quelle si vede l'arma imperiale scolpita con un' aquila di due teste e due corone."* 

Dès lors, plusieurs explorateurs ont signalé ces aigles doubles et quelques savants, en 
adoptant l'opinion du vo3'ageur italien sur l'origine de cet emblème, en ont tiré des conclusions 
hâtives sur les relations politiques et féodales entre l'Orient et l'Occident à l'époque des croi- 
sades. Je me garderai de les suivre sur un terrain si peu solide.^ Avec des vues plus modestes, 
mais aussi plus judicieuses, on a rapproché les oiseaux doubles des murs d'Amid de ceux qui 
figurent sur quelques monnaies des Ortokides et des Zenguides, pour en tirer toutefois des con- 



jSage", qu'on retrouve aussi dans une inscription arabe du XII" siècle (ataliek Önör à Bosra): voir les travaux sur 
l'épigraphie turque et Lehmann-Haltt, op. cit., p. 26, avec les sources citées n. 2; cf. Épif/raphie des Atahels de 
Damas, dans Mélanges de Vogué, |i. Wi; Sobernheim, dans Mélanges H. Derenbourg, p. :^84- s. 

' J'ai déjà dit que l'ethnique du constructeur doit être lu .^y<oi\ et non ij-iaJI , coname dans D, car on ne voit 
sur l'original aucune trace de la dent et des deux points d'un ijû, ni même de la dent terminale du sâd; il est donc 

impo.ssilile, même en forçant la paléographie, de hre ^jy-^^ ■ En revanche, on voit distinctement le point du fà 

et les deux points du yâ final; peut-être doit-on vocaliser sai-ß. Quant au nom propre, on peut aussi le lire \l^ . 
Yiihannâ; dans ce cas, l'architecte était un chrétien. 

^ Avec des variantes dans l'exécution. Cet oiseau est dessiné, peu fidèlement, dans H. de Hell, op. cit., pi. XLI, 
à gauche au milieu. 

' Celui de gauche se voit aussi dans H. de Hell, loc. cit., à droite en haut. Tous ces félins sont d'un style 
bien jilus remarcjuable que ceux du sultan Baibars et témoignent de la supériorité de la Mésopotamie sur l'Egypte, 
dans l'iconographie du XIII" siècle; cf. plus loin, p. 99. 

■• Voir Ramusio, Delle navigazioni e viaggl, Venise 1606, II, p. 79, et la traduction de Grey, Italian travels in 
Persia, p. 145 s.; cf. Lehmann-Haupt, op. cit., p. 27, n. 1. Dans l'analyse de Zurla, Di Marco Polo e dei altri viag- 
giatori veneziani. H, p. 236, il n'est pas question de ce passage; il a été cité par de Longpérier, Oeuvres, éd. Schlum- 
berger, I, p. 100, et signalé par Castiglioni, Ritter, Fraehn, Nützel, Sarre, etc. 

5 Je laisse entièrement de côté la question tant débattue des rapports entre les aigles bicéphales eappadociens, 
l'aigle impériale et l'oiseau double d'Amid. Depuis l'étude de de Longpérier, on a tant écrit sur les ba.s-reliefs 
d'Euyuk et de Yasili-kaya et sur la double aigle impériale qu'un problème aussi vaste ne saurait être abordé ici. 



94 iN.-^CKirTIdXS DTVEKSKS. 

elusions presque aussi fragiles sur le sens de cet emblème, qu'on a pris tantôt pour celui de la 
ville dAinid, tantôt pour celui de ces deux dynasties. ' 

La première hypothèse était déjti contestable alors qu'on n'avait signalé, sur les murs 
d'Amid, que ces deux oiseaux doubles, puisqu'ils figurent aussi sur des monuments étrangers 
à cette ville.- Aujourd'hui que les relevés du général de Beylié nous montrent tout un bes- 
tiaire sculpté sur les monuments d'Amid, il ne suffirait plus de prouver qu'Amid. possédait des 
armoiries; il faudrait encore, parmi ces nombreux emblèmes, faire un choix qu'aucun fait précis 
ne nous permet de guider. L'autre hypothèse n'est guère plus satisfaisante, puisque l'oiseau 
double fio-ure sur des monuments étrangers aux Zenguides et aux Ortokides* et que ceux de 
ces dynasties portent aussi d'autres emblèmes.* En ce qui concerne les Ortokides d'Amid, 

■ La première hypothèse a été iléfemlue par I.ane-Poole. C'oi/js of the Urtul-is iXiim. Chronicle, 1S73), p. Hl; 
la «leu.Nième. par XOtzel. Embleme und Waj)2>en auf mnhammedanischen Münzen, p. 7 ; cf. Lehmaxn-Haupt, op. cit., 
p. -27, n. 1: Sarre, Erzeugnisse islamischer Knnsf, p. 7; Sammlunrj Sarre, 1, no iO, p. 14: recueil d'Oppexheim, no 1Ü3, 
p. Seî n. 1. M. DE Karabacek, oj). cit., p. 13s., les concilie en disant ,tlas Wappen fier Sultane von Amid' (p. 14: 
cf. Fraeh.n, Opusctila postiima, II, p. 114) et ,der Dop|)eIadler von Amid' (p. 13 et 17); cf. les notes suivantes. 

2 J'ai déjà signalé, p. 86, une monnaie ortokide à l'oiseau double frappée à Kaifa.- On le trouve aussi sur des 
monnaies frappées à Sindjar par les Zenguides {voir plus loin, p. 97, n. 2), sur une monnaie frappée à Irbil par les 
Ilnnlatrouîdes (voir une note suivante), sur divers monuments d'Asie Mineure (voir p. 93, n. ô, et 97 s.}, etc. 

^ Voir la note précédente. 

J Les plus connus sont ceu.x des monnaies à tigures de ces deux dynasties. En dehors d'Amid, il en existe 
beaucoup d'autres, sur les monuments de la Mésopotamie; les relevés tout récents de M. Sarre en feront connaître 
([uelques-uns. 11 ne saurait être question de les étudier ici; mais je ne puis m'empêcher d'en signaler un, pour 
appuyer mes réserves sur l'attribulion hâtive d'un emblème à une rille ou à toute une (hjnastie; je veux parler de 
.l'homme au croissant'. En publiant quelques inscriptions de l'atabek Lu'lu' de Mossoul, j'ai signalé, d'après Sioum, 
sur une porte de cette ville bâtie parce prince, ou du moins restaurée par lui, le Bàb Sindjar, un bas-relief, représen- 
tant un homme assis, tenant un croissant de lune sur ses genoux; voir Orientalische Studien (Festschrift für Th. Nüldeke), 
p. '201, n. 1. Je puis ajouter aujourd'hui que ce rehef existe encore; on le voit distinctement sur une photographie 
rapportée par M. Sarre. Il est en tout pareil aux répliques gravées sur quelques monnaies de Lu'lu' (voir 
Laxe-Poole, CBM, III, nos .589 s.). En signalant ces monnaies, loc. cit., j'ai supposé que cet emblème est un exemple 
d'armes parlantes, le croissant de June' faisant allusion au surnom personnel de Lu'lu', Badr al-dîn (pleine „lune' de la 
religion). Si cette hypothèse est exacte, et d'autres faits analogues semblent la confirmer, il faut considérer ici l'homme 
au croissant comme un emblème personnel de Lu'lu'. Je dis Jci', car ailleurs, cet emblème joue d'autres rôles. 
Ainsi, c'est aussi la représentation zodiacale de la planète Lune, et s'il figure, comme telle, sur le grand plat de Munich 
au nom de Lu'lu', on le retrouve sur un grand nombre d'objets en cuivre et en bronze, décorés des signes du zodiaque. 
D'autre part, on le voit sur plusieurs monnaies zenguides frappées à Mossoul ; voir Laxe-Poole, CBM, III, n»« 529 s., .567s. ; 
G. EuHEiii, CMO, 1, nos 130s., 138s., etc. Fautil en conclure que c'est un emblème de la dynastie zenguide? Alors, 
pourquoi figure-t-il sur des monnaies houlagouïdes (Laxe-Poole, CBM, VI, no.s52s., 59, 84; M. Mubarak, CMO, III, 
nos -26, etc.) frappées à Mossoul? Dira-t-on que les Houlagouïdes ont repris les armoiries des Zenguides? Mais 
leurs monnaies nous offrent tant d'emblèmes, copiés sur des types plus anciens, qu'il ne parait plus permis de parler 
d'armoiries. 

Toutes les monnaies dont je viens de parler ont été frappées à Mossoul. Faut-il en conclure que riiomine au 
croissant est un emblème de cette ville? Alors, pourquoi tiguret-il sur des monnaies zenguides (Laxe-Poole, CBM, 
III, nos 645s.; G. Edhem, CMO, I, nos 174s.) frappées à DjaziraV Dira-t-on que cet emblème était en même temps 
dynastique el que les Zenguides de Djazira le conservèrent, après s'être séparés de la branche de Mossoul? C'est 
possible, mais cela n'explique pas pourquoi d'autres monnaies frappées à Mossoul sous les Zenguides et peut-être sous 
les Houlagouïdes (Lane-Poole, CBM, VI, no 55) portent d'autres emblèmes que l'homme au croissant. Dira-ton que 
la ville de Mossoul possédait plusieurs armoiries':' Voilà l'impasse où nous a conduit la recherche des armoiries 
d'Amid et de Kaifa (voir plus haut, p. 86), où conduit forcément, dans l'état actuel de nos connaissances, toute 
recherche analogue; en voici un autre exemple. 

M. de Karabaoek, qui tient le croissant pour l'emblème de Mossoul (op. cit., p. 16), croit le retrouver sur des 
monnaies, frappées à Irbil en 661 par Hulagu, sur lesquelles figure un lièvre au-dessus d'un croissant (LanePoole, 
CBM, VI, no 3-2; M. MlbÂr.uc, CMO, III, no 14). Il suppose qu'lrbil adopta les armes de Mossoul, après avoir été 
réunie à celle ville par Lu'lu', sous Hulagu. Mais alors, pourquoi une monnaie, frappée à Irbil en 678 par Abaqa 
(Lase-Pooi.e, CBM, VI, no 56; Nvtzel, Embleme, p. 7), porte-t-elle un oiseau double? Dira-l-on que la ville d'Irbil 
avait adopté, elle aussi, les armoiries d'Amid, ou celles des Ortokides, comme le pense M. Nltzel {Embleme, p. 7 et 9). 



. OlîïOKIDE-J DK KaU'A. 95 

l'oiseau double na été signalé jusqu'ici que sur les deux tours A et B, bâties par Mal.unûd. et 
sur des monnaies de Mabmùd et de son fils et successeur Maudûd.' Sans parler encore d'un 
emblème dynastique, il est permis de supposer que c'est un emblème personnel de Mabmûd, 
hérité par Maudûd. Maintenant, examinons-le d'un peu plus près. 

L'oiseau double figure à la place d'honneur sur les deux tours, au-dessus du centre des 
inscriptions, alors que les quadrupèdes sont relégués plus bas, dans les angles du tableau. 
Cette distinction semble bien trahir un emblème personnel, quand on se rappelle que l'oiseau 
tshaqir de Malik-shâh et l'oiseau haigliu de Muhammad figurent à la même place, au milieu des 
inscriptions n"^ 16 et 27.^ Ensuite, en étudiant les oiseaux doubles de Mahmûd (fig. 37 et 41). 
on y reconnaîtra moins un aigle qu'un rapace du genre vautour ou faucon.^ Or, le protocole 
du n" 30 renferme ce titre ha'tghii que j"ai rapproché, dans le n° 27. de l'oiseau sculpté sur la 
porte d'Alep.'* N'est-il pas tentant de supposer que l'oiseau de Mahmûd est un' haif/Jut double, de 
même que l'oiseau de son père Muhammad était un haff/lin simple? 

Mais pourquoi le hair/hx de Muhammad se serait-il dédoublé pour ses successeurs? Puis- 
que nous nageons dans l'hypothèse, ou me permettra d'en hasarder encore une. bien qu'elle ne 
repose sur aucun fait précis. On a vu que le titre de sultan paraît avoir été pris par Muham- 
mad à la suite de la prise d'Amid"; est-il permis de rattacher à la prise de ce titre le dédouble- 
ment du haighu? Les recherches que j'ai faites sur l'origine et la valeur politique du sultanat, 
recherches que j'espère publier un jour, montrent que le titre sultanien n'est pas sans analogie 
avec le titre impérial, dont l'aigle double passe pour être l'emblème. Sans rouvrir le débat sur 
un rapport historique entre l'oiseau d'Amid et l'aigle impériale, on admettra que ce rapport 
est possible au début du XIIP siècle, depuis que l'aigle impériale a été signalée dès la fin 
du XIP.'' Il est vrai cjue dans le manuscrit Martin, Muhammad porte pour emblème l'oi- 
seau simple, avec le titre de sultan; mais on sait que ce document n'est pas de première main; 
d'ailleurs, la prise du titre peut avoir précédé d'un peu le dédoublement de l'emblème. Il est 
vrai encore que sur la tour qui porte le n" 16, l'oiseau du sultan Malik-shàh est simple'; mais 
alors, nous sommes au XP siècle. Même au XIIP siècle, on va le voir, le titre sultanien n'est 
pas toujours associé à l'oiseau double. Malgré tout, je suis tenté de croire que l'oiseau double 
de Mahmûd est en rapport avec son titre sultanien, ou du moins avec la prise d'Amid, soit 

Et sur quel indice enfin se base M. de Karabacek {op. cit., p. 17) pour voir les aimoiries d'Amid sur une monnaie de 
la collection Prokesch-Osten, frappée la même année et par le même piinceV A moins qu'elle ne porte le nom 
d'Amid, ce que l'auteur ne nous dit pas. pourquoi n'aurait-elle pas été frappée à Irbil, comme la précédenteV 

On le voit, de quelque côté qu'on aborde le problème, il oppose aux solutions simplistes d'insurmontables 
difficultés. Que faut-il en conclure, sinon qu'on doit se garder ici de généralisations hâtives? Sans nier l'existence 
d'armoiries, ou du moins d'emblèmes dynastiques et d'emblèmes de cité, par exemple en Arabie (voir mes ^otes (Var- 
chéologie arabe, III, tir. à part du JA, p. 75 et jjassim; Nützel, Embleme, p. 17 s.), il convient de rassembler encore 
des matériaux et de ne tenter, provisoirement, que l'interprétation de cas isolés, en commençant par les emblèmes 
que peuvent illustrer des textes positifs, fournis par l'épigraphie et la numismatique. 

• Voir les sources citées dans Lehm.xxx-Haupt, Materialien, Arab. Inschriften, p. 27, n. 1. L'oiseau des deux 
tours ressemble surtout à la variante monétaire publiée dans CBM, III, n" 349 et pi. VII : Coins of the VrtuM, dans 
M.\RSDEX, Num. orienfalia, pi. V, no 4; G. Edhem, n« Ki et pi. I. et Nützel, fig. 4, avec des ailes sans figure humaine, 
et une queue en faucille. 

- Voir plus haut, p. 40 et 78. 11 ne faut voir, dans ces termes d'oiseaux tshaqir et baii/hu, qu'une désignation 
l)rovisoire pour ces deux emblèmes particuliers. 

^ Les quatre têtes portent des oreilles pointues et des appendices que je suppose être des chaperons (voir plus 
loin. p. 98) plutôt que des colliers de vautour: ce sont eux, apparemment, que le voyageur vénitien cité plus haut, 
p. 93. a pris pour les couronnes de l'aigle impériale (l'arma impériale . . . un'aquila di due teste e due corone). 

* Voir plus haut, p. 81. 
^ Voir plus haut, p. 79. 

« Voir Anthony von Siegexfeld, Das Landeswappen der Steiermark, Graz 19(X). p. 388. 
' Si ce bas-relief représente bien un oiseau ; voir plus haut, p. 40, n. i. 




96 IXSfKlPTIOXS DIVERSKS. 

que les deux têtes représentent les doux villes de Kaifa et d'Amid, soit qu'elles expriment la 
vieille idée orientale de la dualité du pouvoir souveraiu\ soit qu'elles marquent une alliance 
politique ou matrimoniale. Toutes ces hypothèses s'accordent avec l'existence d'un oiseau double 
sur les monnaies de Maudûd, qui hérita des États et des titres de son père.'- Voici en revanche 
un cas plus épineux. 

On sait qu'un frère de Muhammad, nommé Abu Bakr, fonda en 581 la petite dynastie 
des Ortokides de Kharput.^ Un miroir talismanique en bronze, qui fit partie des collections 
HE Terjj.ax et DE Blacas, décoré de sujets représentant les planètes 
et les signes du zodiaque, porte en exergue une inscription au nom 
de ^»laulânù aJ-sultàn al-]\Ialik al-Mu'izz Nûr al-dunyà wal-dîn Abu 
1-fadl Urtuq-shâh ibn al-Khidr ilni Ibrahim ihn Abî Bakr ibn 
Qarâ-arslân ibn Dàwud ibn Sukmân ibn Urtuq, nas'ir mnir al-mu- 
mhiîn.'*^ Ce prince était donc un arrière petit-neveu de Muhammad 
de Kaifa et Amid, qui paraît avoir régné à Kharput au XIII'' siècle.^ 
Or. au cenire de cet objet est gravé en relief un oiseau (fig. 43) que 
M. DE Karabacek tient pour une chouette ortokide (oj). cit., p. 22). 
Sur les dessins qu'on en a publiés", ce rapace ressemble, il est vrai, 
à un nocturne; mais nous n'eu possédons aucun fac-similé et après 
ce qui a été dit plus haut, il est permis d'y retrouver le haiç/hu de Muhammad. 

Mais alors, pourquoi le .•iuKan Urtuq-shàh portait-il pour emblème l'oiseau simple? On peut 
répondre qu'à cette époque, le titre sultauien était devenu banal et qu'un sultan de Kharput, 

I Voir les notes citées dans CIA, I, p. 343. n. 3; 33S, n. 1; .j04, n. 3, et 5.51, n. -2. nolanimenl Goldziher, dans 
WZKM, XIII, p. 321 s. 

* Voir plus loin le protocole du n» .32, où le titre de sultan doit se trouver dans la lacune au début. 

' Sur cette dynastie, voir Lehmann-Haltt, o}}. cit., p. 20, n. 1. Aux sources citées, ajouter deux passages im- 
portants: Ibn al-Athîr, XII, p. 279, et Ibn Klialdùn, V, p. 210; cf. la deuxième note suivante. 

■• Voir DE Hammer, dans Mines île l'Orient, II, p. 100; Laxci, Trattato délie siinlmliehe rappresentanze, 1, p. 83 
et pi. VII; Reixaud, Monuments . . . de Blacas, 11, p. 40-") et pi. 10; Lehmaxx-Haupt, loc. cit.; ton Karabacek, op. cit., 
p. 22 s. Une partie de la collection de Blacas a été acquise par le British Museum, mais je n"y ai pas retrouvé ce 
bronze et j'ignore ce qu'il est devenu. 

* L'inscription n'est pas datée et j'ignore où M. de Karabacek a pris la date 660, qu'il assigne au miroir 
(peut-être dans de Hammer, que je n'ai pas sous la main). Cette date est contredite par un passage d'Ibn al-Athîr, XII, 
p. 279, qui place en 622 (122.5) la mort de 'Izz al-dîn al-Khidr, fils d'Ibrahim, fils d'Abû Bakr, fils de Qarâ-arslàn, 
fils de Dàwud, fils de Sukmân, et maître de Kharput, et l'avènement de son fils Nûr al-dîn Urtuq-shàh. Ce passage 
important, qui m'a été signalé par M. Houtsma, donne lieu à deux remarques: 

lo 11 concorde avec la généalogie que j'ai établie dans Lehmann-Haupt, loc. cit., d'après l'inscription du miroir 
DE Bl.\cas et la suscription du manuscrit TanqUiàt, et confirme que le Xizàm al-dîn Abu Bakr des auteuis ne figure 
en aucun cas dans cette ligne. Je crois de plus en plus que ce prétendu persoimage est né d'une confusion entre 
'Imàd al-dîn Abu Bakr et Nizàm al-dîn (?) Ibrahim, car les générations de ces Ortokides sont déjà si rapprochées 
qu'il paraît impossible d'intercaler, entre Abu Bakr et Ibrahim, un Abu B.akr 11 dont aucune source officielle ne 
fait mention. 

20 Si Urtuq-shàh a hérité Kharput dès 622, c'est lui que le sultan Kaiqubàd en a chassé en 631, suivant les 
source que j'ai citées. Il aurait donc régné de 622 à 631 et le miroir de Blacks daterait de cette époque. On sait 
que Kharput est au milieu de cette région métallifère qui a fourni la matière d'un très grand nombre de cuivres 
musulmans, notamment des célèbres monnaies ortokides; voir à ce sujet un curieux passage d'Ibn al-Azraq, dans 
Amedroz, JRAS, 1902, p. 787. 

II est vrai qu'Abû Bakr étant devenu maître de Kharput en 581 et son fils le prétendu Abu Bakr (probablement 
Ibrahim) y étant signalé en 601, on doit admettre que ce dernier et son fils al-Khidr ont régné bien peu de temps, 
enfin qu'Urtuq-shàh ne pouvait être qu'un tout jeune enfant en 622; mais cette conclusion concorde bien avec le 
traitement que Kaiqubàd lui fait subir en 631. D'autre part, dans le manuscrit Tanqîkât, daté de 685, son oncle 
Ahmad semble figurer comme prince régnant; mais cette date peut être celle d'une copie plus récente que l'ouvrage 
original. 

« Je le reproduis ici d'après le dessin publié dans von K-\rabacek, op. cit., fig. 8. 



Ortokideis de Kaifa. 



97 



petit prince dune sous-dynastie ortokide, n"ëtait probablement pas, en diplomatique, l'égal du 
sultan du Diyar-Bekr; ou bien, que l'oiseau double n'est pas l'indice du seul titre de sultan, 
mais celui d'un double pouvoir ou d'un double domaine. Encore une fois, je ne conclus pas; 
je me borne à poser des questions. Je me garderai donc d'étudier ici tous les emblème«, ou 
seulement tous les oiseaux, simples et doubles, que l'archéologie musulmane a révélés jusqu'ici. 
Encore insuffisants pour une étude définitive, ces documents sont déjà trop nombreux pour de 
simples notes. ^ Voici toutefois deux exemples qui me paraissent offrir un intérêt particulier: 
il en existe des fac-similé, leur attribution est certaine et l'on peut les rapprocher, eux aussi, 
d'un titre de rapace. 

L'oiseau double figure sur les monnaies de deux Zenguides de Sindjar: 'Imâd al-dîn Zengi 
et Qutb aidîu Muhammad.- Il est vrai que leur protocole monétaire ne renferme pas de titre 
de rapace; mais le titre fof/hntl-fel-in ..faucon 
prince" figure dans celui de deux Zengui- 
des de Mossoul, Qutb al-dîn Maudùd et Sait 
al-dîn Ghâzî 11.^ On le retrouve dans le 
protocole épigraphique d'autres Zenguides, 
notamment de Zengi lui-même, le fondateur 
de la dynastie, de Lu'Iu' de Mossoul et de 
Mahmûd de Djazira, cjui ne le portent pas, 
à ma connaissance, dans leur protocole moné- 
taire.* Ou sait, en effet, que ce dernier, tou- 
jours plus simple que le protocole épigraphi- 
que, ne saurait nullement passer pour un 
document complet au point de vue de la 
titulature.' Si l'on retrouve un jour des in- 
scriptions des Zenguides de Sindjar", on y 
relèvera peut-être le titre fo()hrul-fe]cin, comme 

dans les inscriptions et sur les monnaies ^'°' ^' '^ D'""si- 

de leurs cou.'^ins de Mossoul et de Djazira. 

L'autre exemple, entièrement inédit, est plus curieux encore. 
Fis. u A DiHTii-i. Voici (fig. 44 et 45) deux emblèmes sculptés sur l'uu des portails de 

la grande Mosquée de Diwrigi.' Cet édifice a été bâti en 626. 

' La liste que j'en ai donnée dans Leiimann-Haitt, op. cit., p. -Il, n. 1, est loin d'être complète; sur l'oiseau 
bicéiihale de Q.ara-hisar, voir aussi Cumont, ]'oi/a</e dans le l'ont, p. ;2!(9. Parmi les exemples que j'ai notés dès lors, 
j'en signale encore un, parce qu'il montre ce motif employé dans la céramique: je veux parler de l'oiseau double 
peint sur un admirable vase en faïence de la collection de M. Doucet à Paris. 

- Voir Lane-Poole, CBil, III, n«« 615s., O.S3s. et pi. XI; G. Edhem, CMO, 1, n" 16.i; Markoff, IME (Inientorniij 
katiilori nmsuhnanskikh mnnet Ermitajq), p. 425; Nützel, Embleme, p. 5. 

3 Voir Lane-Poole, CBM, III, p. xvnis., nos 498 s.; g. Edhem, CMO, I, nos 117 s. Sur le titre tel-in, teyin 
dans répij^raphie turque (cf. plus haut, p. 81, n. 5), voir Thomsen, Inscript ion.<> de VOrkhon, p. 73, n. 1, et passim: 
Radloff, Die alttUrki^chen Inschriften der Mongolei, p. 1:26; Neue Folge, p. 175; Versuch eines Würterhurhes, II, 
p. 1034; Chavannes, Documents sur les Turcs occidenian.r, index, p. 367, etc. 

* Voir Oriental. Studien, p. "HX) et notes; Sobernheim. dans ZDPV, XX VIII, p. I'.l4 s., et dans Mélani/es 
II. Derenbourg, p. 384; Lehmanx-Haupt, op. cit., p. 26; Sarre, Sammlung Sarre, 1, p. 13. 

° Voir CIA, I, p. 763. 

" La seule inscription connue de cette dynastie, sur un curieux minaret en ruine à Sindjar, est au nom de 
Quth al-din Muhammad, précisément, et date de 598 (1201), mais elle est incomplète; voir Sachau, Reise in Syrien 
and Mesopotamien, p. 329. MM. S.\rre et Herzffld en ont fait une nouvelle copie qui ne renferme aucun titre turc. 

' Signalés par Yorke, dans Geogr. Journal, 1896, VIII, p. 454, ces emblèmes ont été photographiés par Halil 
Edhem et vont paraître dans CIA, III, p. 75 s. et pi. V (Diwrigi). Le faucon double est à droite du portail et le 
faucon simple, à .yauche. A côté de ce dernier est sculpté un autre faucon double, semblable au premier; je ne puis 
le reproduire ici, faule d'un (ac-similé suffisant. 

Amida. 13 





9S Insckii'tions diverse?. 

par le Meugoutshékide Al.imad-shàli, vassal du sultan seldjoukklc Kaiqubàd I''. Les inscrip- 
tions qu'on y lit ne donnent à son fondateur aucun titre turc à rapprocher de ces emblèmes. 
En revanche, un autre monument de Diwrigi, bâti en 592, le mausolée du grand-père d'Al.i 
mad, appelé Shâhanshàh, porte une longue inscription qui donne au fondateur une série de 
titres turcs et persans. On y trouve deux uoms d'oiseau: foglinil-trliii , précisément, et 
hmnûi/ihi, titre dérivé du persan Jnnnây, nom d'un oiseau d'heureux augure, parent du phénix 
gréco-égvptien ; or. ce dernier paraît avoir pour modèle l'épervier d'Egypte, c'est-à-dire un 
rapace.' Avec l'un ou l'autre titre, nous voici conduits, semblet-il, à un nom de rapace. De 
fait, si l'on regarde attentivement les emblèmes de Diwrigi, on verra qu'ils offrent les caractères 
des oiseaux de chasse ou de proie: tûtes et yeux arrondis, becs crochus, colerettes de plumes 
et puissants ergots. Bien qu'admirablement stylisé, l'oiseau double trahit encore son origine à 
d'autres indices très significatifs: il est posé sur un objet bizarre qui ne peut être qu'un per- 
choir et les deux tètes portent un renflement ou un bov;rrelet qui a tout l'air d'un chaperon; 
enfin, les deux becs tiennent une petite boule qui me paraît être un de ces grelots d'or dont 
les grands seigneurs persans ornaient, encore au XVITP siècle, les chaperons de leurs faucons.- 
Dès lors, il est permis de chercher un rapport entre cet emblème et ces titres, bien qu'ils ne 
figurent pas sur le même monument, car il se peut qu'emblème et titres aient été dynastiques. 
Il est vrai qu'Ahmad ne portait pas le titre de sultan et l'oiseau double, après ce qui a été 
dit plus haut, paraîtra un emblème trop important pour un simple vassal des Seldjoukides. On 
peut répondre à cette objection par une autre hypothèse: l'oiseau simple serait ici l'emblème 
d'Ahmad et l'oiseau double, celui de son suzerain, le Seldjoukide Kaiqubàd I"', dont le nom et 
les titres figurent sur la Mosquée, à côté de ceux d'Ahmad. L'attribution de cet emblème à 
Kaiqubàd n'a rien d'invraisemblable, puisque les Seldjoukides tiraient leur origine d'un clan 
dont le totem était un rapace.-' Ici encore, le dédoublement de l'oiseau serait eu rapport avec 
le rang élevé des Seldjoukides, ou avec leurs domaines étendus, ou plus spécialement avec leurs 
titres sulfaniens très élevés.' Cette hypothèse me paraît confirmée par un très beau monument 
du musée de Konia (fig. 47). Ce bas-relief décorait autrefois la vieille porte (Eski kapu) de 
l'enceinte de cette ville, dont les portes, les tours et les courtines, aujourd'hui détruites, étaient 
ornées d'un grand nombre de sculptures antiques et médiévales.-'' Or, on sait que cette enceinte 
a été bâtie par Kaiqubàd I"; sur ce point, le témoignage des chroniques" est positivement con- 

' Voir DE Hammer, Empire ottumun, I, p. 6!) et 373; Mines lie 
/'Orient. III, p. (J9; BouiLLET, Dictionnaire d'histoire et de géographie, art. 
Phénix; Huart, dans JA, lOo série, XIII, p. 131. Voici encore, à titre 
lie comparaison, un ancien dessin (fig. 40) du phénix (?) arabe, le 'anq(i\ 
tiré d'un manuscrit de Qazwini appartenant à M. Sarre ; cf. la description 
du 'anqir dans cet auteur, éd. Wüstenfeld , I, p. 419 s. Cet oiseau 
double est un rapace et il n'est pas sans analogie avec ceux d'Amid. 

'^ Voir Chardin, Voyagea en Perse, éd. Lanulès ISU, III, p. 394. 
Kk. 16 Phéui.x arabe. ' ^oif plus haut, p. 81. 

■* Voir plus haut, p. 38 et 8.5. 
' Voir LiiïTVED, Konia, p. 38; .Sarre, Erzeugnisse islamischer Kunst, fig. 5. L'n autre oiseau, mais monocéphale, 
décorait la porte de Constantinople ; je n'en ai pas retrouvé la trace au Musée de Konia. De Laborde, qui en doinie 
un bon dessin, y reconnaît ,1e faucon héraldique des Seldjoucides" ; Voyage de l'Asie Mineure, p. 117 et pi. LXIV; 
cf. Texier, Description de l'Asie Mineure, II, p. 144; Asie Mineure, pi. 57; Hammer, Falhnerklee, fiontispice; Sarre, 
Ein orientalisches Metallbechen, dans Jahrbuch der K. preußischen Kunstsammlungen, 1904, tir. à part., p. 50 et 
fig. 20. Si l'oiseau double du Musée peut être pris, comme on va le voir, pour l'einbléme de Kaiqubàd, cet oiseau 
simple pourrait être celui d'un des émirs du sultan qui prirent part, d'après Ibn Bîbl, à la construction de l'enceinte. 
En effet, le Musée renferme les bas-reliefs de deux petits oiseaux simples qui paraissent provenir aussi de l'enceinte ; 
voir LöYTVED, Konia, p. 17; Sarre, Erzeugnisse, fig. 6. 

* Voir Ibn Bibî, dans Houtsma, Jiecueil, III, p. 2.58: IV, p. Iü4s.; Hàdji Khalta, dans V. de Saint-Martin, Asie 
Mineure, II, p. 669; Sarre, Heise in Kleinasien, p. 88. 




Ortokides de Kaifa. 



99 



firme par l'épigraphie.' Un autre bas relief (fig. 48), provenant du palais des Seldjoukides à 
Konia et faisant actuellement partie de la collection de M. Martix à Constantinople, représente 
un oiseau double d'un style ditt'érent, rappelant l'oiseau double signalé plus haut (p. 97, n. 1) sur 
un vase en faïence émaillée de la collection de M. Doucet à Paris. Or, la construction du palais 
de Konia est attribuée à Kaiqubâd; bien qu'il ait été fondé peut-être avant lui, il est probable 
qu'il y a fait exécuter des travaux. - 

Si l'oiseau double fut lembleme des Seldjoukides de Runi, ou du moins de Kaiqubâd, 
le plus puissant d'entre eux et celui qui a le plus bâti, on comprend qu'il ait été signalé sur 




un grand nombre de monuments de l'Asie Mineure. Peut-être pourra-t-on reprendre un jour, 
à l'aide de nouveaux documents, l'hypolhèse d'un rapport entre cet emblème et les aigles doubles 
cappadociens; mais il faudra chercher dans le totémisme turc un des éléments du problème.* 
Quant aux six félins sculptés sous les deux aigles doubles, je pense qu'ils représentent, 
non des lions, mais des panthères ou des léopards. S'agit-il encore d'un emblème et quel en 

' Voir HuART, Epigraphie arabe d'Asie Mineure, n» 48 et p. 75: Löytved, Konia, no 23 et p. 38. Cette comte 
inscription, datée de 618, c'est-à-dire du régne de Kaiqubâd, décorait la porte de Larenda et se trouve aujourd'hui au 
Musée; c'est tout ce qui reste de la riche epigraphie de l'enceinte de Koni.i. En puliliant dans le CorpusXes inscrip- 
tions de cette ville, je donnerai plus complètement les sources sur son enceinte. 

'■a Voir les sources citées dans le recueil d'Oppexheim, au no 183, p. 141, n. "i. 

' On a déjà supposé que les anciens peuples de l'Asie Mineure étaient d'origine touranienne. Dans ce cas, les 
aigles cappadociens pourraient être eu.x-mêmes d'origine turque et totémique et le problème serait simplitié. D'autre 
part, l'oiseau doul)le se trouve aussi dans l'iconographie clirétienne de la liaute Mésopotamie, s'il est vrai que les 
bas-reliefs reproduits plus loin (flg. Strz.) proviennent d'une église de Mifarqin, ainsi qu'on l'a dit au général de Beylié. 
Signalons encore deux monuments à i\igda, Asie Mineure. Le premier est une mosquée qui porte le nom de Sunqur 
beg et dont la porte nord est décorée d'un oiseau. Ici encore, on peut rapprocher cet emblème du mot sitnqnr 
, gerfaut'; mais je n'insiste pas, parce que le nom du fondateur de la mosquée n'est pas attesté par l'épigraphie. Le 
deuxième est un mausolée octogone bâti, au début du XIV" siècle, par une princesse seldjoukide appelée Khudàwend. 
Sur les faces extérieures de ce beau monument (et sur le mur de la citadelle de Nigda) sont sculptés de très curieux 
oiseaux à tête de femme coiffée d'une tiare ou d'un bonnet, qui rappellent, d'une part, certains motifs de l'icono- 
graphie persane et font songer, d'autre part, aux harpyes du célèbre mausolée lycien du British Museum ; voir Texier, 
Description île l'Asie Mineure, 11, p. 116 et pi. 9.5; Sarre, Erzeut/nisse, fig. lu. Des pliotographies de ce monu- 
ment seront publiées dans le Corpus, avec les inscriptions de Nigda. 



100 



iNSCKirriOXS DIVERSES. 



est le sens? Il est difficile de le dire, oar on voit des félins, à Amid, sur des monuments ab- 
bassides, merwanides et seldjoukides' et Je ne trouve, dans le protocole de Mahmùd, aucun 
titre de félin. Peut-être s'agit-il d'un emblème dynastique, provenant du grand-père de Mal.i- 
mûd. Qarâ-arslàn, dont le nom signifie Jiou noir": dans ce cas, les félins de l'inscription n° 16, 
au nom de Malik-sbàb, pourraient être un emblème de son père Alp-arslàn, .vaillant lion". 
Mais ces hvpothèses sont bien mal assurées et je préfère ne pas m'y arrêter. - 

Ainsi, les tours A et B ont été 
bâties par Mahmiid, la première en 
605, la seconde vers la même année. 
Il s'agit bien de deux constructions 
' nouvelles, non de simples réparations, 
et il suffit d'y jeter un coup d'œil pour 
être frappé du contraste qu'elles offrent 
avec le reste de l'enceinte (fig. 49). Celle- 
ci est défendue par un grand nombre 
de contreforts et de saillants carrés ou 
polygonaux, rappelant ceux des vieilles 
enceintes mésopotamiennes, sur les bas- 
reliefs assyriens. Les nns sont pro- 
lig. 1.1. E.uciiiie Li tovii A. bablement antiques-^; les autres ont 

été bâtis ou rebâtis sous les premières 
dynasties musulmanes d'Amid, car toutes les inscriptions merwanides sont sculptées sur des 
saillants carrés ou polygonaux. Ils alternent avec des tours arrondies, notanmient sur le front 
nord de l'enceinte (pi. II). Quelques-unes de ces dernières sont antérieures à Mahmûd, ainsi celles 
qui défendent les portes d'Alep et de Kharput, et cette grosse tour qui porte une inscription 
de Malik-sbâb, n° 17. D'autres ont été bâties ou rebâties plus tard, sous les Ayyoubides, comme 
on le verra plus loin. Mais aucune n'est comparable, pour les dimensions, l'importance des 
défenses, la richesse et la beauté des profils, aux deux tours de Mahmûd, dont la masse puis- 
sante a frappé tous les voyageurs. Elles se distinguent par leur diamètre inusité, par l'épais- 
seur de leurs murs, par le nombre de leurs meurtrières encadrées de moulures, par leur beau 
décor architectural, épigraphique et iconographique, enfin par la ligne d'échauguettes en pierre 
qui règne sous leur crénelage.' Quand on les compare aux monuments militaires de la Syrie, 




' Voir plus liiuit, p. U, H), 34, 36 et 40. 

- En effet, ou vient de voir que tous ces félins ne sont probablement pas des lions. Toutefois, le mol orshiii 
désigne peut-être d'autres félins que le lion, car les noms d'animaux, dans les langues orientales, ne répondent pas 
toujours à notre classification par espèces; il en résulte parfois des confusions. Ainsi, les armes parlantes du sultan 
Baibars (cf. plus haut, p. SO, n. 4) représentent un bars, c'est-à-dire un félin de chasse, panthère ou guépard. Il suffit 
d'e.iiaminer les exemplaires conservés de cet emblème pour s'assurer que ce n'est pas un lion. Cependant, il est 
généralement admis que l'animal de Baibars e.çt un lion. Pourquoi? Parce que Maqrizi dit que son emblème (rank) 
était un sah\ mot qui peut s'appliquer à un lion, mais qui désigne une bète féroce en général. Maqrizi avait vu les 
armoiries de Baibars; s'il les avait prises pour un lion, il eût sans doute employé le ternie propre arabe asad. En 
revanche, il semble avoir ignoré que c'étaient des armes parlantes; car il eût probablement traduit hara par fahd 
„panthère" ou , guépard de chasse" (voir Dozy, Supplément), comme l'a fait l'auteur du lexique pubhé par M. Hoi'tsma, 
Glossar, p. 11 du texte arabe. 

^ Voir plus haut, p. 8, 13, "21, 26s. et jiassim. 

* Les belles échauguettes de la tour A sont originales. Celles de la tour B, mesquines et d'un style plus 
grossier, sont évidemment des réfections, car toute la partie supérieure de cette tour montre un appareil moins soigné 
et des profils plus maigres. U n'existe aucun relevé de l'intérieur des deux tours. Une photographie du baron 
d'Oppenheim, prise sur le flanc de la tour A (pi. X VIII), montre qu'elle est ouverte à la gorge, du moins dans la partie 
qui commande la courtine. On dislingue, à l'inlérieur, de larges baies ménagées dans l'épaisseur du mur, pour le 



Okïokihes DK Kaifa. 101 

où les enceintes et les forteresses musulmanes, bâties suivant les traditions orientales, con- 
trastent avec les châteaux des croisés, qui s'inspirent de principes occidentaux^ les tours de 
Mal.imûd trahissent, elles aussi, une influence étrangère aux traditions locales. Or, au début 
des croisades, les Francs d'Édesse poussèrent leurs incursions jusqu'à Amid.' Plus tard, Qarâ- 
arslân et Muhammad guerroyèrent contre les croisés en Syrie, aux côtés de Nûr al-dîn et de 
Saladin, et Mahmùd lui-même est resté en relations constantes avec les Ayyoubides. Si l'on 
ajoute que les ingénieurs de Saladin, dans la construction de l'enceinte et de la citadelle du 
Caire, se sont inspirés de traditions franco-syriennes empruntées aux croisés'\ il est permis de 
croire que les ingénieurs de Mahmùd ont subi, eux aussi, l'influence des méthodes supérieures 
que les Francs avaient introduites en Syrie, en les adaptant aux conditions de ce pays. 

Les ingénieurs de Mahmùd ont signé leur travail. La signature de la tour A est incertaine 
et ne fournit aucun indice sur l'origine du constructeur; celui de la tour B, qui s'appelait Yahyâ 
(ou Yuhanuâ), était peut être chrétien. Rappelons à ce propos qu'aux yeux des chroni- 
queurs musulmans, Mahmùd était un mécréant dont la morale était suspecte et la religion en- 
tachée de philosophie.' Sous cette accusalion, faite au nom d'une étroite orthodoxie, se cache 
peut-être le simiile fait que Mahmùd, à l'égal de plusieurs souverains musulmans de son époque, 
professait ime large tolérance confessionnelle.^ S'il paraît téméraire d'en tirer une conclusion 
sur le caractère franco-syrien des tours de Mahmùd, il reste qu'un siècle de frottements avait 
rapproché musulmans et croisés, dont les idées, les mœurs et la culture étaient en train de 
subir une pénétration réciproque. Pour juger exactement, à ce point de vue, la valeur des 
tours de Mahmùd, il faut attendre de connaître les travaux militaires des croisés à Edesse, 
dont aucun explorateur n"a songé jusqu'ici à relever les ruines importantes. 

30 bis. Le même. — Parmi les copies fournies par le général Fakhri Pasha se trouve 
celle d'une inscription qu'il place „sur la forteresse, entre les grandes tours et la porte de Mardin". 
Cette copie est identique à celle, fournie par lui, de l'inscription n" 30, à part de légères 
variantes sans intérêt, parce qu'elles portent sur des mots dont la lecture est assurée par les 
photographies et sur de simples détails de forme ; or, les répliques d'une même inscription se 
distinguent en général par quelques variantes dans la rédaction. Ce fait et l'indication peu 
précise donnée sur l'emplacement de cette inscription donnent à penser qu'il s'agit d'une autre 
copie du n" 30 et que les variantes doivent être mises à la charge du copiste. 

31. Lo même. — Dans la partie de l'enceinte de la citadelle tournée vers la ville, 
en du plan (fig. 1), s'ouvrait dans la courtine, entre deux gros saillants arrondis, une 
porte actuellement murée (fig. 50). Privée de tout décor, elle est carrée et surmontée par un 
linteau droit que soulage un arc de décharge. L'appareil de la courtine et des tours est fait 
de blocs irréguliers; les uns sont à parements lisses, les autres sont taillés en bossages, et 
des fûts de colonne sont placés eu boutisse dans la maçonnerie, dont l'irrégularité trahit les 
réfections successives. Au-dessus de l'arc de décharge, trois assises de pierres blanches, de 
formes et de dimensions variées, ont été replacées en désordre dans le parement. Ces pierres 
portent des fragments de deux inscriptions du même type et de mêmes caractères. Inédites. 

service de la défense, et correspondant sans doute aux meurtrières et aux échauguettes extérieures. Voir aussi le 
dessin de Laurens dans H. de Hell, op. cit., pi. Xr.i, reproduit dans Saladlv, Manuel d'architecture musulmane, p. 481. 

' Voir Rey, Etude sur les monuments de l'architecture militaire des croisés e>i Syrie, jtassim, et mon travail 
dans le Bulletin de l'Union des architectes français, IV, p. 263. 

^ Ainsi vers 1120, Jos.selin envahit le Diyar-Bekr et le pilla jusi[u'aux portes d'Amid: voir Michel le Syrien, 
Irad. Chabot, 111, p. 225. 

" Voir JA, 8« série, XVII, p. 4G()s.; '■>' série. XIX, p. 424, et le recueil d'Oppe.nhelm, p. 8G. 

•• Voir Lehman.n-Haupt, Materialien, Arab. Inschriften, p. 28; Ihn Shaddàd, P 78 vo- 

5 Voir les sources citées dans JA, 9" série, XIX, p. 439, et 10' série, III, p. 31, n. 5. 



] 02 



IxsCRIPTIOXïJ DIVERSES. 




Fig. 50. Inscriptious W-' 31. 

La première assise est séparée des deux autres par une corniche, également rapportée, 
faite d'un filet et d'une doucine. Des treize pierres qui la composent, placées sans suite et sans 
liaison de l'une à l'autre, les quatre premières sont anépigraphes et les deux suivantes sont 
presque entièrement frustes. Les sept dernières, numérotées ici de 7 à 13, portent les caractères 
que voici, avec les points tels (]uon les voit sur l'original: 

M (12) I tV^- (11) Uil (J)iUl (10) ^\ viAlll (9) ^ ^j'ij l (S) Jx\ ^.;^]o A* (7) 

. 4^. ^1 (13) JUi 

A la loupe\ on voit que les pierres ne sont pas seulement placées en désordre; la zone 
supérieure de l'inscription manque entièrement. En effet, les lettres à hampe sont coupées à 
mi-hauteur et plusieurs autres lettres ont disparu, qui devaient se trouver dans cette zone. 
Ainsi, le bandeau se composait de deux assises de pierres dont lune est endommagée et l'autre 
détruite. Toutefois, en lisant les blocs dans l'ordre 13, 11, 9, 12. 10, 7 et 8, et en restituant 
quelques lettres, on peut rétablir à coup sûr le texte suivant: 



àjjlj UjüI ^\, A* Uli 



bUl (lU'i ^U' 



d\)[\ [jUJ\ tV>. -vU ^\ 



A ordonné de faire ceci notre maître le sultan al-Malik al-Sàlih, le savant, le juste, le guenier, Nàsir 
al-dunyâ wal-din, le sultan de l'Islam et des musulmans, etc. 

Les deux assises placées sous la corniche forment ensemble un second bandeau, mais les 
blocs de l'assise supérieure sont remontés dans le plus grand désordre et n'offrent aucune liaison 

» La photographie sur laquelle j'ai fait ces observations et déchilïré ces fragments montre les trois assises 
de pierres blanches à une plus grande échelle que sur la figure 50. Je n"ai pas cru devoir la reproduire 
ici, parce que les caractères, lisibles à la loupe sur l'épreuve, ne l'eussent pas été sur une gravure. La figure 50 
suffit il montrer la disposition générale de la porte et des inscriptions; pour les détails du déchiffrement, je prie 
qu'on veuille bien me croire sur parole. 

2 Ce titre est complété sur la réi)lique du fragment suivant. 



Ortokides de Kaifa. 103 

avec ceux de l'assise inférieure. En revanche, les quatorze pierres qui composent celle-ci sont 
restées ou ont été remises en place et reposent sur une deuxième corniche, plus étroite que la 
première. Ou y déchiffre sans peine les mots suivants: 

. . . '\ÛJ.\ '^')^\] >i j^^Ulj ç'iJ)l\ jU^ à^\j Ujtil 

A ordonné de faire ceci notre maître le sultan al-Malik al-Sàlih, le savant, le juste, le guerrier, l'assisté 
le victorieux, le vainqueur, Nàsir al-dunyà wal-din, le sultan de l'Islam et des musulmans, la réserve du califat 
magnifié, etc. 

Ces deux fragments presque identiques appartiennent à deux inscrii)tions diilérentes. Leur 
valeur archéologique est à peu près nulle, puisqu'ils sont rapportés dans un mur qui a été 
réparé lui-même à plusieurs reprises. Si les blocs inférieurs du second fragment sont bien en 
place, comme leur bon ordre et la propreté de leurs joints semblent le prouver, il est permis 
de croire que cette inscription commémorait la construction de la courtine et de la porte; mais 
on ne peut affirmer qu'elle désignât précisément la porte actuelle, encore moins la courtine et 
les tours actuelles, puisque toutes ces constructions portent les traces de retouches nombreuses, 
peut-être assez récentes. 

33. Ortokide Maiidûd. 625 H. — On a vu qu'à l'angle nord-est de la grande Mosquée 
s'élève une madrasa attribuée ii l'Ortokide Sukmàn II- et que le côté nord de la cour est bordé 
par une magnifique colonnade dont les colonnes et les chapiteaux antiques portent des arcs 
brisés, richement moulurés.-' Le mur qui s'élevait au-dessus de ces arcs est arasé au niveau 
de leur sommet, laissant voir, à 8 ou 10 mètres en arrière, un mur plus haut, parallèle à la 
colonnade, qui paraît être le mitoj'eu de la madrasa de Sukmân II du côté de la Mosquée, 
autant que je puis en juger sur les photographies (pi. XX). Sur ce mur, à environ trois 
mètres du sol, court un long bandeau encadré d'une moulure, contenant une ligne en beau 
uaskhi ayyoubide, à grands caractères. Sur les photographies, le bandeau n'est visible qu'à 
travers le rideau formé par la colonnade et par plusieurs arbres plantés entre elle et le mur. En 
outre, le début et la fin de l'inscription sont cachés par deux maisons adossées contre le mur 
et dont la face antérieure, donnant sur la cour de la Mosquée, s'appuie sur la colonnade. J'ai 
publié un fragment de ce texte d'après une copie et une photographie du baron d'Oppenheim.* 
Les belles photographies du général de Beylié montrent le bandeau plus distinctement; mais 
le rideau des colonnes et des arbres y cache les mêmes parties que sur la photographie d'Oppex- 
HEIM. Ces lacunes sont comblées par une copie fournie par le général Fakiiri Pasha, que 
M. Guys a bien voulu faire revoir à ma 'demande, par un lettré d'Amid. Le texte suivant 
repose sur ce document, collationné, pour quelques parties, sur les photographies. 

jiiUn J Ja«!I ^^. L.ijii A*Uli jj^i\ ßA\ j{'J.\ JiUI fui i_^Ul s^\ ... 

Oljlg-;. rtV j^:^ ^UVl j^-i^ 4^^**vÄilj ö\j^\ j^\> j^J^ J^JiT ^j^ ü.^j^5 PTj'j*-' 

' Ce titre est complété sur la réplique du n» 29. 

2 Voir plus haut, le n" 28. 

^ Voir plus haut. p. 46 et oit. 

* Voir le recueil d'Oppenheim, no 125. 



104 IXSIKIPÏIONS mVERSKS. 

aI^^ J} :>j^^ C/) ^i^y K-*-'* ^) ^ (^^ y^. ^'-^ ^''* ^^^'^ ^\j^^ ^^-^ A.--^ û^e 

. 4>V^J O^J ^J^ ^-^ tj <iXli>j ^^Ul ^j*Ä^ (j; ^>- 

al-Malik al-Mas'ùd, le savant, le juste, l'assisté, le victorieux, le vainqueur, le guerrier, le coml>atlant, 
le vivificateur de la justice dans les mondes, Rukn al-dunyà wal-din, le soutien de Tlslam et des musulmans, 
la aloire des rois et des sultans, le lueur des infidèles et des polythéistes, le dompteur des révoltés et des 
rebelles, la noblesse des armées des musulmans, laide des guerriers et des combattants, l'appui de l'imàm, 
le protecteur des hommes, le héros du monde, le Chosroès de Tlran, le souverain du Turaii, le héros, l'homme 
de confiance, le faucon, l'heureux prince, Abu 1-fath Maudùd, fils de Muhammad, fils de Qarà-arslân, fils de 
Dàwûd, fils de Sukmàn, fils d'Urtuq. l'aide de l'émir des croyants, qu'Allah rende ses victoires puissantes! 
Gravé par le maître Dja^far. fils de .Mahnuid. d'Alep, et cela, en l'année C-J.'j (1-2-28). 

A défaut de toute indication précise sur l'édifice qui le porte, ce texte n'a pas, pour le 
moment, une grande valeur archéologique. En revanche, c'est un important document d'his- 
toire et la première inscription connue au nom de Maudùd. Le début, qui manque aussi dans 
les copies, est sans doute caché derrière la maison dont j'ai parlé plus haut; mais le protocole 
de Maudùd est à peu près comjilet. Il renferme ses surnoms personnels Malik Mas'ùd. Rukn 
aldin et Abu 1-fath, dont les deux premiers sont confirmés par les monnaies et les chroniques.^ 
La titulature est déjà connue par les inscriptions précédentes; elle renferme les titres persans 
et turcs des n"" 27 et 30, avec un titre nouveau, slialuhjnr-i-tûrân.- Les noms de l'architecte, 
ou plutôt du lapicide, sont ceux d'un musulman d'Alep."' Enfin la date correspond au règne 
de Maudùd, qui s'étend de 619 à 629.* 

C'est de ce règne, précisément, que date la description d'Amid chez Yàqût. Le célèbre 
géographe ne donne aucun détail qui mérite d'être discuté. Il décrit sommairement la posi- 
tion astronomique de la ville, sa situation sur le Tigre, „qui l'entoure comme un croissant de 
nouvelle lune", son importance geographitjue et politique, ses murailles noires, ses jardins et 
ses eaux. Il rappelle la conquête d'Amid par 'lyâd et ses Arabes, puis il nomme quelques 
Amidiens connus. Son récit, qu'agrémente la description" d'un curieux rocher magnétique, 
aux environs de la ville, s'achève par ces mots: .De nos jours, Amid forme le territoire de 
Malik Mas'ùd (Maudùd), fils de Mahmùd, (fils de Muhammad,) fils de Qarà-arslân ibn Urtuq.'" 

' Voir les sources citées plus haut, p. 86, n. 5, et plus loin, p. lOÔ, n. 4; Ibn Shaddàd, fo 78 yo- 
■ Ces titres (sur haighu, voir plus haut, p. 76, n. h, et 92, n. .">) sont invisibles sur les photogi-aphies: pour 
d'autres titres ea s7ia/(j-("//(îr, voir Soberxheim, dans Mél. H. Derenboiin/, p. 384 s., et recueil Sarbe (sous presse), n» 13. 
' A cette époque, le nord de la Syrie était un centre important pour l'architeclure et les métiers d'art. Cette 
région, notamment la ville d'Alep, a conservé un grand nombre de monuments et d'inscriptions de la première moitié 
du XIU' siècle et l'école syrienne a rayonné en Egypte (voir CJA, I, jjassim), en Mésopotamie (voir plus haut, j). 101) 
et jusqu'en Asie Mineure, où tout un groupe de monuments seldjoukides trahissent une influence syrienne, comme la 
Mosijuée 'Alâ' al-din à Konia, bâtie vers 1220 par un architecte damasquin; voir le recueil d'Oppenheim, n« 172; 
HuART, Épigraphie arabe d'Asie Mineure, no 24; Löytved, Konia, no 17; Sarre, Keise in Kleinasien, p. 64; Saladix, 
Manuel, p. 449; cf. la deuxième partie de ce livre. 

* Les photographies montrent, vers la fin de la jiartie visible de rinsrriplion, ciuel(iues mots indistincts: 

. . . «]l yl «jjJI (V) . *.. . .le ne les retrouve pas dans les copies, où la signature de l'artisan et la date ne 

me paraissent pas entièrement sûres. 11 se peut donc qu'il y ait ici deux inscriptions, celle des photographies, dont 
l'emplacement est certain, mais la lecture très fragmentaire, et celle des copies, dont la lecture est plus complète, mais 
l'emplacement mal défini. Je n'ai pas encore réussi à élucider ce petit problème. 

* D'après Ibn al-Faqih; voir cet auteur, éd. de Goeje, p. 67, 134. 

' Voir Yàqût, Mu'djam, éd. Wcstenfeld, I, p. 66 s.: cf. Marâ,sid, éd. Jlïnboll, 1, p. 8. Son contemporain Qazwini 
n'a qu'un article insignifiant au nom de Diyar-Bekr; pour les géographes suivant^, voir plus loin, p. 112, n. 2. 



Ayyoubides. 105 

Mais à son tour, l'heure des Ortokides avait sonné à Amid et après dix années de règne, 
Maudùd était dépouillé de ses Etats dans les circonstances que je vais rappeler brièvement. 



AYY0UBIDE8. 

Après la chute des grands Seldjoukides, les dj'nastes qu'ils avaient installés dans les pro- 
vinces de leur empire songèrent à saisir l'indépendance à laquelle ils aspiraient depuis long- 
temps; mais la plupart d'entre eux étaient trop faibles pour se passer d'un suzerain. Deux 
dynasties, dans l'Asie antérieure, pouvaient alors prétendre à la succession des sultans de Perse: 
les Seldjoukides d'Asie Mineure et les Ayyoubides d'Egypte et de Syrie. Dès l'époque de Sa- 
ladin, ces deux empires se disputent la suzeraineté sur les dynastes établis en Syrie, en Ar- 
ménie et en Mésopotamie, notamment sur les Ortokides, qui se soumettront tour à tour à l'un 
ou h l'autre, suivant les besoins de leur politique. On a vu Qarâ-arslàn allié à Nûr al-dîn et 
son fils Muhammad allié et vassal de Saladin. Sukmàn II reconnaît aussi la suzeraineté de 
Saladin.' Après lui, Mahmùd se soumet au Seldjoukide Kaikàwus P"", puis aux Ayyoubides 
Malik 'Âdil Abu Bakr et Malik Kâmil Muhammad et à leurs successeurs en Mésopotamie ^. 
Enfin Maudûd reconnaît tour à tour le Seldjoukide Kai<iubâd I'^'' et les Ayyoubides Malik Kàmil 
Muhammad et Malik Ashraf Mysâ.'' Mais sa conduite indigne hâta la fin de sa dynastie. En 
629, Malik Kàmil, décidé à en finir avec lui, sortit du Caire avec une armée, accompagné par 
son fils Malik Sàlih Ayyùb. Précédant son père, qui s'était arrêté eu Syrie, Ayyûb reçut la 
reddition d'Amid en dhu 1-hidjdja 629; le lendemain, il entrait dans la ville et quelques jours 
après, le I'"' muharrain 630, Muhammad venait l'y rejoindre, expédiait Maudûd en Egypte et 
confiait à Ayyûb le gouvernement du Diyar-Bekr, sous sa propre suzeraineté.* Ayyûb devait 
l'exercer jusqu'à la mort de son père, qui le rajipela en Egypte en 637. 

•i'i. Sultan Ayyûb. 634 H. — Sur la partie antérieure d'une tour arrondie située dans le 
front nord de l'enceinte, sur des pierres encastrées à mi-hauteur dans le parement.^ Trois lignes 
d'inégale longueur, en naskhi aj'youbide; caractères moj'ens, d'un style cursif, points et signes 
(pi. XIX). Signalée par G.^rden'', mais inédite. 

JJUlj ^^U">'l 0^- ù,^h ^^\ ^é ^UM aill jlLUI Wji > (2) . . . aIw (1) 

' Voii- Ibn Sh.idcliid, lus. cité, {" 78 \° : „A son avènement, Sukmàn 11 alla rendre hommage à Saladin. (jui se 
trouvait alors devant Mifarqin." En effet, cette ville fut occupée par Saladin à la fin de djumàdà I" 581; voir Ihn 
Shaddàd, éd. Schultens, p. 61; trad, anglaise, p. 101; Ibn al-Atbir, XI, p. 340: Abu Shàma, II, p. 64 en haut; Abu 
1-fidà', lit, p. 73; Hisf. or. des crois., I, p. .54; III, p. 85; Lane-Poole, Saladin, p. 192, etc. 

2 Voir les monnaies de ces souverains; cf. les sources citées dans Lehmann-Haupt, Materiedien, Arab. Inschriften, 
no 10, p. 152, n. 1 ; recueil d'Oppexheim, p. 83. 

^ Voir les monnaies de ces princes. Sur l'attaque d'Amid par Kaiqubàd en 623, voir Ihn al-Athîr, XII, p. 299 s.; 
Kamàl aldîn et Ibn Wàsil, trad. Blochet, dans ßOL, V, p. 69; IX. p. 507; Ibn Bîbî, dans Houtsma, Recueil, III, 
p. 280 s.; IV, p. 118s.; Sempad, dans Hisf. arm. des crois., 1, p. 646. 

* Outre les sources citées dans le recueil d'Oppenheim, p. 87, n. 2, voir Sibt ibn al-Djauzi, éd. Jewett, p. 446, 
1. 3, et 447, 1. 10; Ibn Shaddàd, O.xfonl, nis. cité (d'après Amedroz) et Berlin, ms. cité, fo 79 ro; cf. plus haut, p. 86, n. 5. 
Dès lors, le Diyar-Bekr forme une dépendance de l'Egypte, sous le nom de Provinces orientales, à distinguer du royaume 
ayyouijide de Mésopotamie, dont la capitale était Mifarqin et qu'on ferait mieu.x d'appeler royaume d'Arménie. 

5 D'après le général de Bevlié, cette tour est à l'ouest de la tour T du plan (fig. 1). D'après Garden, cité dans la note 
suivante, elle se trouve près de l'aqueduc, en U du plan, entre les portes d'Alep et de Kharput. Ces deu.x observations 
sont concordantes; il s'agit donc d'une des tours qu'on voit sur la planche II. 

^ Avec une traduction médiocre; voir toin. cit., p. 186. 
.\mida. 14 



!()(> Insckipïion.s diverses 



<U. j JlLl :>y,^A ^r\ Ji»^ ^JÛII Ji^\ fUi çr^^j ïragments coufiques' (3) jvU^^ 

Gloire à notre maître le sultan al-Malik al-Sàlili Nadjni al-dunyà wal-din, le sultan de Tljlani et des 
musulmans, Abu 1-fatli Ayyûb, fils du sultan al-Malik al-Kàmil Abu 1-ma'àlî Muhammad, fils d'Abù Bakr, fils 
d'Ayyûb. l'auxiliaire de l'émir des croyants . . , Dessin (ou plan) de Sliudjà' al-dîn, le patron (?). Dja'far. fils 
de Mahmnd. d'Alep. En l'année 634 (1236—37). 

Les seules inscriptions d'Ayyûb publiées jusqu'ici étaient celles du Caire, datées de l'épo- 
que où il était sultan d'Egypte.* Celle-ci prouve que dès 634 et comme simple gouverneur du 
Diyar-Bekr. il portait le titre de sultan: c'était donc un titre de famille, du moins dans la 
branche égyptienne.- Le constructeur de la tour est ce même Dja'far d'Alep qui figure dans 
l'inscription précédente, au service du dernier Ortokide Maudûd.^ La tour est bâtie en petit 
appareil de pierres volcaniques et se compose de blocs de dimensions inégales, évidemment 
remployés*; elle est renforcée par un grand nombre de fûts de colonne, placés en boutisse dans 
la maçonnerie. Une large fissure la traverse de haut en bas et le crénelage a disparu. 

S4. Le même. — Sur la partie antérieure d'une ai^fre tour ariondie. située appa- 
remment dans le voisinage de la première. Trois lignes d'inégale longueur, disposées comme 
au n" 33; même type, mêmes caractères. Inédite. 

f^^\ jlkL J,^}\3 V-^'* ^ '^^ ^' ûll^^'l Wjl 3^] (2) . . . aL^; (1) 

[2 mots . . . ^jL\\ :>_»»3fc* J;l Ja.L>- ^_^}\ $^ U^i -,— J ... 2 à 3 mots] (3) JC^'^^ j^a\ (?)>«!i 

. <jL:— ^ 2 mots] <:,- 3 

La photographie de cette tour est indistincte et l'inscription ne peut }• être lue qu'avec 
le secours du n" 33.* Il est inutile de la traduire, ces deux textes étant identiques, à part, ici, 
l'absence du mot almxqmhJam, qui paraît remplacé par un ou deux mots devant la date. Dans 
celle-ci, le chifire des centaines est le seul que j'aie pu déchiffrer sur la photographie; il est plus 
prudent de ne pjis la rétablir sur le n° 33. bien que les deux tours soient très probablement 
de la même époque. En eSet, celle-ci resemble beaucoup à la première; son inscription 
est disposée de la même manière et l'on retrouve ici le même appareil en pierres volcaniques, 
petit et irrégulier, renforcé par des fûts en boutisse; ici aussi, le crénelage a disparu. 

D'accord avec tous les auteurs, ces deux textes nous montrent Aj-yùb en possession d'Amid 
en tj34. L'année suivante, cette ville subit le siège d'une armée seldjoukide, qui fut repoussée, 

' Voir CIA, I, p. W.i s. Le titre en amir al-mu'wiin», qui parait être ici en îrihir, est en k-halil au tiaire. 

- Sur le.s titres sultaniens des Ayyoubides, voir plus haut, p. 8.5, n. 6, et plus loin. p. 109, n. 1-2. 
Voir plus haut, p. 104, n. 3. Le mot al-mnqadâant, placé entre le surnom en al-d'in et le nom propre, contre 
la règle, parait être ici un titre de fonction, quelque chose comme ,chef de chantier" ou .patron", plutôt qu'un sur- 
nom personnel. Ce mot fi^re dans la traduction Garden, où il est mal rendu par ,and before him"; comme on 
ne le retrouve pas dans l'inscription suivante, il est évident que celte traduction vise bien le no 33, et non le no 34. 

* A droite de la ligne 3 se voient deux bloc?, portant des caractères coufiques de l'époque merwanide ou inalide, 
qui ont été remployés dans la maçonnerie; cf. plus haut, p. i)l, n. 1. 

' Les mots entre crochets sont ceux que je n'ai pas pu lire directement sur la photo^rapliie (mais il se peut 
qu'ils soient conservés dans l'original): ce document est trop défectueux pour être reproduit ici. 



Seldjoukides d'Asie Mineure. 107 

grace à l'appui des Kharizmiens.' En 637, devenu maître de l'Egypte par la mort de son père, 
Ayyùb remit le Diyar-Bekr à son fils Malik Mu'azzam Tûràn-shâh. L'année suivante, ce pays 
fut ravagé par les Kharizmiens, puis Amid fut assiégée par l'armée ayyoubide d'Alep, renforcée 
d'une armée seldjoukide. Les alliés s'en emparèrent et reléguèrent Tûrân-shâh à Hisn-Kaifa.^ 

SELDJOUKIDES D'ASIE MINEURE. 

Que devint alors Amid? L'histoire de l'Asie antérieure à cette époque est compliquée de 
mille incidents diplomatiques et militaires, qui se succèdent dans la plus grande incohérence. 
Au milieu de ces luttes entre Egyptiens, Damasquins, Alépins, Anataliotes, Arméniens, Meso- 
potamiens et Kharizmiens, pour ne citer que les principaux acteurs de ce perpétuel imbroglio, 
il n'est pas facile de répondre à cette question. Il semble bien qu'Amid resta aux mains des 
Seldjoukides^ et de fait, c'est à l'armée de Kaikhusrau II, soutenue par un corps alépin, 
que trois ans plus tard, en 641 ou 642, les Mongols enlèveront Amid.* Ainsi, depuis 638, 
cette ville appartint à Kaikhusrau; maintenant, retournons à l'épigraphie. 

35. Décret au nom du sultau Kaikhusrau II. 639 (?) H. — Dans la cour de la 
grande Mosquée, côté sud, à droite de la porte qui donne accès dans la nef latérale nord de 
l'aile est de la mosquée propre.'^ Neuf lignes gravées dans le parement, près du sol. Naskhi 
ayyoubide; petits caractères, points et signes (pi. X'VI en bas, ;i droite). Inédite. 

JlklJI ^JàcVi JLM (2) ^S/l ^] ôj^\ tfr .^i^ ^il ^ ^l^ ^\ (,~^ (1) 
Xsji^ '111 ^\,j -jjl ^Ij 'J:5\ ^\)} (?) J[^\ rl> i^ll-L (3) 4;lkU ^\ jL jU'l 

It A.l\ le là <U*-. L« (5) JU. «\!âj j^'i 'i^j^\ Ji.*l <xj b ("'V (»Ui^ ôA)^ *J->^-* (•*) 

<ôùl l^bl ay [3 à 4 mots] (7) ^j U-La'! 4_ciVl 4Äsl J^ ^ a-*.- (6) ^1 jl^ <^Juj ù;JSl 

. JlU^ Jp iûl J^* i\jL^» Jdî: [2 à 3 mots] (9) d\}\':>} J^j^\[3 Cj\j^\ j>.b] (8) U 

„Gloire à Allàli, qui a écarté de nous le chagrin!"" Il a été décrété, par l'ordre liaut du très grand sultan 
Ghiyàth al-dunyà wal-diii, (|u'Allàh perpétue son sultanat, d'abolir l'impôt de .... de la porte de la Colline, 
de la porte des Grecs et de la porte du Fleuve, à titre d'aumône pieuse, éternelle, et de faveur à l'égard des 
sujets d'Amid, qu'elle soit gardée! ,Et si quelqu'un change ces dispositions après en avoir eu connaissance, 
alors son crime retombera sur ceux qui l'imiteront; car Allah entend et sait tout."' Qu'Allah accueille les 
pieuses prières Et cela (a eu lieu en l'année) G3*, etc. 

' Voir Kamàl al-din et, Ma([n"zi, tiad. Bi.ochet, dans BOL, V, p. 104; X, p. 300; Ibn Bibî, dans Houtsma, 
Recueil, IV, p. 201s. Suivant Abu 1-faradj, trad. Bru.xs, p. .511, Kaiqubàd tenta d'assiéger Amid en 632 — 33; on 
a vu, p. 105, n. 3, cpi'il l'avait déjà menacée en (523. 

- Voir Sibt ibn al-Djauzi. éd. Jewett, p. 486, 1. 6, et Br. Mus. add. 23279, fo 199 v« (d'après Amedroz); Ibn 
Sliaddàd, Oxford et Berlin, loc. cit.; Ibn Bibî, dans Houtsma, Bccueil, IV, p. 223s.; Kamàl al-din et Maqrîzi, trad. Blocket, 
dans EOL, VI, p. 13s.; X, p. 348; Abu 1-faradj, trad. Bruns, p. 518s.; Abu 1-ftdà', III, p. 174s., et dans Hist, 
or. des crois., I. p. 118 s.: Ibn Kbaldùn, V, p. 357; vox Karabacek, op. cit., p. 15 (cf. plus haut, p. 86, n. 5). 

^ Voir les passage cités d'Ibn Shaddàd, d'Ibn Bibî, de Kamàl al-din, d'Abu I-fidà' et d'Abu 1-faradj; Ibn Kbaldûn 
ne parle que des Alépins, mais ici, son témoignage ne vaut pas celui des auteurs précédents. 

* Voir Abu 1-fidà', III, p. 180, et dans Hist. or. des crois., I, p. 121; d'Ohsson, Mongols, III, p. 87; Hammer, 
Hchdiie, I, p. 112; Howorth, Mongols, III, p. 48; cf. Ibn Shaddàd, cité plus loin, p. Ill, n. 1. 

' Voir plus haut. p. 4.5, tig. 23 et pi. VIII. Cette porte se trouve exactement au-dessous du début du bandeau n» 21. 

'' Coran, XXXV, 31 (fragment); ces mots font allusion à la remise d'impôts ordonnée par le décret. 

' Coran, II, 177, citation classique à la fin des décrets de remise d'impôts; cf. le no .36. 



108 Inscrh'tions i>ivehsi;.<. 

Ainsi, l'usage, si fréquent en S3'rie, de graver des décrets, notamment des remises d imjiûts, 
sur les murs des monuments publics, cet usage était répandu aussi en Mésopotamie. Des deux 
seuls edits de ce genre signalés jusqu'ici dans cette région, l'un est mutilé et l'autre incom- 
plet.' La grande Mosquée d'Amid en fournit deux nouveaux, tous les deux comi>lets; nid doute 
qu'on n'en trouve encore d'autres. 

Celui-ci prescrit la suppression-' d'un impôt appelé l-Iiarâdj. En général, ce terme s'a})- 
plique à l'impôt foncier; mais il désigne aussi d'autres espèces d'impôts et ces désignations ont 
varié d'une époque et d'un pays à l'autre.' Pour en tixer le sens ici, il faudrait déti.-rminer 

d'abord celui du mot douteux qui le suit. Ce mot est écrit L-l ou L^L mais je ne puis 

l'interpréter, faute d'une leçon satisfaisante. Ou bien c'est un nom propre, le premier de la 

série; alors, le icâw est une copule et il faut traduire le kharàdj de (nom de lieu 

ou de quartier) p# de la porte de la Colline, etc." Ou bien c'est un nom commun désignant une 
matière imposable, ])av exemple des immeubles; alors, le irûir fait partie du mot, qui régit les 
noms suivants, et il faut traduire ... .le kliarâdj des immeubles (?) de la porte de la Colline, 
etc." Dans le premier cas, lâiarâdj désigne un impôt indirect, quelque chose comme un droit 
d'octroi perçu d'une part, dans une localité ou dans une partie de la ville désignée par le mot 
obscur, d'autre part, à trois des portes d'Amid. Dans le second cas, il s'agit d'uu impôt fon- 
cier prélevé sur des immeubles (?) sis i)rès de ces trois portes.^ Celles-ci sont déjà connues: la 
première est la porte de Mardin; la deuxième, la porte d'Alep; la troisième, la porte Neuve 
actuelle." 

Le décret se termine par les formules d'usage et par une date. La lacune au début des 
trois dernières lignes provient d'une base de colonne posée sur le dallage de la cour, contre le 
mur de la mosquée*', et qui masque cette partie de l'inscription sur la photographie. Cette 
lacune n'est donc qu'apparente et les mots cachés derrière ce débris sont probablement lisibles 
sur l'original, c^ui est bien conservé dans toutes les parties visibles.'' Les mots cachés au dé- 
but des lignes 7 et 8 n'ont pas grand intérêt, car ils font partie de formules banales. Il n'en 
est pas de même de la ligne 9, où la base de colonne masque le chiffre des unités de la date. 
Or. il serait particulièrement important de fixer ce chiffre, parce que c'est lui seul qui permet- 
trait d'identifier le souverain régnant. 

Le nom propre de ce prince est passé sous silence, peut-être à dessein, comme on le verra 
tout à l'heure ; il n'est désigné qu'indirectement, par trois relatifs dépendant des mots aJ-umr 
(d-'âVi „l'ordre élevé' .^ Les deux premiers paraissent indiquer que ce personnage portait le haut 

' Voir Lehmanx-Haupt, Mati'n'a/ii-ii, Arab. Jiisclirifteii, n" (i, et le recueil d'Üppenhei.m, n" 104. 

- L'inscription dit isqât et ce mot semble avoir été employé volontiers, dans ce sens, en Mésopotamie; cf. Ibn 
al-Azraq. cité par Amedroz, dans JRAS, 190.3, p. 152, n. 1; Ibn Shaddàd, Berlin, ms. cité, fo« 63ro et 78ro, et plus 
loin, le te.xte du n« 36. En Syrie, on disait plutôt ihtâl; voir CIA, I, p. 561, n. 4-; II (Tripoli), nos 03, 5)6, .58 etjiassim. 

' Je me borne à renvoyer à mon étude sur L'impôt fonder sous les j^'emiern califes et surtout à Becker, 
Papyri Schoft-Reinharât I, et Beiträge zur Geschichte Ägyptens, p. SI s. 

•* J'opinerais plutôt pour la première alternative. La remise de l'impôt foncier, l)ase de tout le système fiscal des 
pays musulmans, ne pouvait être qu'un fait exceptionnel et passager; or, la remise ordonnée par ce décret a la 
prétention d'être définitive {mn'abbiKla, mieux que mu'ayyada; cf. Ibn Djubair, :2e éd. AVright-de Goeje, p. 125, 1. 7, 
126, 1. 16, 2&.5, 1. 1, etc.). De fait, presque tous les décrets de remise d'impôts en Syrie visent des taxes indirectes: 
droits prélevés sur les marchandises à l'entrée des villes, sur les denrée vendues aux marchés, sur le courtage des 
ventes, sur diverses fermes et concessions, etc. 

' A'oir plus haut, p. 7, 22 et 27. 

» Voir plus haut, p. 45, et pi. XVI, a droite en bas. 

' Sur ma demande, M. Guys a bien voulu faire revoir l'inscription par un lettré d'Amid: mais sa lecture des 
mots douteux ne me paraît pas assez sûre pour trouver place ici; cf. plus loin. p. lo'.i. n. '.'. 

' Sur les relatifs de titre, voir CIA, I, index à ce mot. 



Seldjovkide.s d'Asie JIixeüke. 109 

titre al-siilfà» uJ-a'ïnm .le très grand sultan".' Quant au troisième, il ne peut être formé que sur 
le surnom Ghiyàth al-dîn; voilà tout ce qu'on peut tirer du protocole ambigu de l'instigateur 
du décret. Comme il s'agit évidemment du souverain d'Araid, reste à en chercher un, entre les 
années 630 et G40, qui réponde à ce signalement un peu vague. 

On a vu que de 630 à 637, Amid appartint à l'Aryoubide Malik Sàlil.i Ayyùb, qui s'ap- 
pelait Nadjm al-dîn, sous la suzeraineté de son père Malik Kâmil Muhammad, qui se nommait 
Nàsir al-dîn.- Donc, ni l'un ni l'autre ne convient ici et l'on peut déjà conclure (jue le décret 
a été rédigé ou à la fin de l'année 637, ou en 638, ou en 639. Eu partant pour l'Egypte, 
Ayyûb remit le Diyar-Bekr à son fils Malik Mu'azzam Tùrân-shâh^, qui s'appelait précisément 
Ghiyâth al-dîn.* Il semble que le problème soit déjà résolu; mais il n'en est rien. On sait 
que dès l'année suivante, Tûrân-shàh fut chassé d'Amid par les armées alliées du sultan ayyou- 
bide d'Alep et du sultan seldjoukide de Rum , et qu'Amid resta dès lors aux mains de ce 
dernier jusqu'à l'invasion mongole en 641 •'^: or, Kaikhusrau 11 s'appelait aussi Ghiyâth al-din.'' 
Ainsi, par un fatal concours de circonstances, on ne peut déterminer ni le nom du souverain 
par la date, ni la date par le nom du souverain. Ou bien le décret est daté de l'année 637 et 
il est au nom de Tûrân-shàh^; ou il est daté de 639 et il est au nom de Kaikhusrau*; ou 
enfin, il est daté de 638 et il peut être au nom de l'un ou l'autre de ces deux princes, puis- 
que le changement de règne a eu lieu cette année-là.'-' A première vue, les chances paraissent 
en faveur de Kaikhusrau, parce que le titre al-siilfûii al-a?(tm ne convient guère à Tûrân-shàh, 
simple gouverneur du Diyar-Bekr au nom de son père Ayyûb. Ce titre a été porté parfois 
par les Ayyoubides, et précisément par Ayyûb, dans deux inscriptions du Caire, datées de 647.'" 
Mais il le porte là comme sultan d'Egypte, peut-être comme suzerain des autres princes 
ayyoubides." Coinme gouverneur du Diyar-Bekr au nom de son père, Aj'yûb, on l'a vu, porte 
les titres siilfâii et s. aJ-ishhn naJ-mitslimm, communs à la plupart des Ayyoubides.'- Il est 
donc peu probable c^ue dans les mêmes circonstances, Tûrân-shâh ait porté le titre plus 
élevé aJ-suIffhi al-ct'zam. En revanche, ce titre figure dans le protocole des Seldjoukides de 
Rum et Kaikhusrau le porte dans tous ses documents officiels.'-' 

' L'original porte al-n;niiii fil-siiltihii, mais il faut renverser l'ordre de ces deux termes, car en titulature, 
l'adjectif al-a'zam ne s'emploie jamais seul et sert toujours d'épilhète à un titre tel que sulfân ou )ii((lik. D'ailleurs, 
il se peut que cette inversion soit intentionnelle: voir plu? loin, p. 110 en haut. 

2 Voir plus haut. ]\ lO-j. 

' Voir plus haut, p. 107 en haut. 

* Voir Maqrîzi, Kliitat, éd. Bouliii|, H. ]i. :i:ifi: Sk/iU: trad. (Jiatrfmkre. Sidftnis Maiiilinds, la, p. o^; trad. 
Blochet, dans BOL, XI, p. 'iiO. 

^ Voir plus haut, p. 107. 

•^ Voir les sources sur Kaikhusrau II, notamment ses inscriptions et ses monnaies. 

' Bien qu'Ayyid) eût quitté Amid avant 637, pour guerroyer en Syrie et préparer son avènement au tri")ne 
d'Egypte, il est peu probahle qu'un décret ait été promulgué au nom de Tùràn-shàh avant sa nomination officielle au 
gouvernement du Diyar-Bekr. L'inscription no 33, datée de 634, est au nom d" Ayyùb seul, de même qu'une monnaie 
frappée à Amid en 636: voir Lavoix. ('BX (Catiilogne des »loiinnies DinsiiîiiifDicg de hi Bibliothèque iintioiidle), 
III, no Ö64. 

' En aucun cas, il ne peut être au nom de son allié le sultan ayyoubide d'Alep, Malik Nàsir Yùsuf, qui 
s'appelait .'^alàh al-dîn, ni de son fils Malik Mu'azzam Tûrân-shâh, le commandant du contingent alépin contre Amid, 
qui se nommait Fakhr al-dîn; cf. plus haut. p. 86. n. ô. 

" Le lettré consulté par M. Güvs a cru lire, pour les unités, le chitïre ,neuf-, ou plutôt „seiif". mais je ne puis 
donner un grand poids à son opinion; cf. plus haut. p. 108, n. 7. et plus loin, p. l\-2, n. 3, Si le décret est au nom de 
Kaikhusrau, il faut lire .neuf^. plutôt que ,sept'. 

'" Voir CIA. I, n05 64 et 60 bis : cf. mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 44 du tirage ii part. 

" En eflét, la branche égyptienne des Ayyoubides semble avoir gardé, en théorie du moins, la prééminence sur 
les autres: voir Blocket, dans BOL, IX, p. 123, n. 1. 

'- Voir plus haut, p. 85. n. 6, 106, n. 2, et les nos 33 et 34; cf. Cas.inov.v dans CBX. Ill, p. .560. 

" Voir .ses inscriptions et ses monnaies; cf. plus haut, p. 38 et n. 4; Casanova, loe. <it. 



110 lN>ruii'Tio.Ns iiivEi;?Ks. 

D"autre part, le relatif correctement formé sur ce titre serait al-sHlfàiti al-u'iaiiti. et non 
al-aîami aJ-sidtùni. Dès lors, je me demande si le rédacteur de l'inscription ne sest pas trouvé 
dans la même perplexité que nous et si la formule ambiguë qu'il emploie n'est pas intentionnelle. 
Supposons, et c'est très possible, que le décret ait été rédigé soit durant les derniers jours du 
règne de Tùràu-sliâh, soit au début du nouveau régime, encore bien incertain, car demain, 
Tûràn-shàb peut reprendre Amid à la faveur d'une nouvelle combinaison politique. Que fait 
le rédacteur, pour mettre à couvert sa responsabilité, quoi qu'il advienne? Il commence par 
supprimer le nom propre du souverain, ce qui n'avait rien de particulièrement insolite.' Puis 
il se sert d'une formule équivoque, applicable, soit au suJfân Tûràn-sbàh, soit au sidfâii ii'?am 
Kaikbusrau.- Enfin, il lui reste un atout inespéré: les deux compétiteurs portent le même sur- 
nom Gliiyàtb aldîn. Je n'affirme pas que cette explication soit conforme à la réalité; je me 
borne à suggérer rju'un secrétaire adroit, avec un peu d'esprit, pouvait se tirer ainsi d'un 
mauvais pas. 

ORTOKIDES DE MARDIN. 

Que devint Amid après le passage des Mongols? Sans doute, ils ne s'y fixèrent pas en- 
core, puisquils reprendront cette place, ou va le voir, environ quinze ans plus tard. Les pre- 
mières invasions mongoles dans l'Asie occidentale furent de vastes courses, des explorations 
d'avant-gardes, lancées à la poursuite des armées défaites du Khwàrizm-shàb et précédant, comme 
une menace d'orage, la conquête d'Hulagu. D'autre part, il est certain qu'Amid était perdue 
pour les Ayyoubides. Lorsque Tûrânshâh, relégué à Kaifa par les armées alliées d'Alep et de 
Konia, quitte à son tour la Mésopotamie en 647, pour inaugurer en Egypte la courte royauté 
qu'il va payer de sa vie^ il laisse à Kaifa son fils Malik Muwabhid Abdallah.^ Mais ce dynaste 
obscur, qitè le meurtre de son père va laisser isolé dans son étroit domaine, n'est jamais rentré 
en possession d'Amid."^ En effet, un auteur contemporain, qui fut mêlé ;\ la résistance tragique 

' Dans le.s décrets promulgués pav un gouverneui- de province, le nom propre est souvent supprimé, sans doute 
parce que l'ordre émane du fonctionnaire et non de la personne du gouverneur; voir CIA, I, p. 691, n. 1. Dans les 
décrets proniulfrués par un souverain, celte omission est plus rare, peut-être parce cjue les changements de règne sont 
moins fréquents que les mutations de fonctionnaires; voir CIA, I, p. (iOO, et un cas analogue cité dans mes Titres 
califiens d'Occident, tir. à part du JA, p. 71. n. 1. 

- En effet, l'inversion de ces deux termes permet de reconnaître ici le titre ."iiltdn (l'zain, ou de ne pas le 
reconnaître, à volonté; voir plus haut, p. 109, n. 1. On remarquera aussi l'absence du surnom en malik, dont le relatif, 
pour Tùràn-shàh, eût été nt-mahik-i al-niHassami; les Seldjoukides ne portaient pas de surnom en malik et il y a là. 
un indice de plus en faveur de Kaikbusrau. Dans Tbypothese que je suggère, le rédacteur eût pu se tirer d'affaire 
en écrivant (il-mluhi! aJ-mu'azzami. Appliquée à Tinàn-.sbàb, cette formule eût signifié ,1e sultan (Malik) Mu'azzam"; 
appliquée à Kaikbusrau, elle eût voulu dire ,1e sultan magnifié", titre qui alterne avec snlu'in a' tant, dans les protocoles 
seldjoukides; voir plus haut, p. 38, n. 4. 

^ Voir Ibn Kballikân, trad, de Slaxe, 111. p. 'J4ii: Sibt ihn al-Djauzi, éd. .Ieuett. p. ôl4 en bas et suiv. ; Abu 
l-fidà', 111, p. 188s., et dans Hist. or. des crois., I, p. 127s.; Maqrizi, Khitat, II, p. 236; Siih'ik, trad. Blocket, dans 
HOL, XI, p. 214s.; Weil, Chalifen, III, p. 483; d'Ohsson, Mongols, III, p. 287; von K.ir.\b.«:ek, loc. cit.; cf. plus haut, p. 85s. 

* Voir Ibn Wàsil, trad. Blocket, dans HOL, XI, p. 215, n. 2; Ibn Khaldùn, V, p. 357. D'après Ham.mer. I/rhane, 
I, p 74, 170, 189 et 192, et Chahmoy, dans Sharaf al-dîn, la, p. 604s. (cf. Weil, Chalifen, IV, p. 10 n. 1), Malik Muwahhid 
fut victime de sa résistance aux Mongols, mais ses successeurs continuèrent à posséder Kaifa sous la suzeraineté 
mongole. Les renseignements très vagues fournis sur eux par ces auteurs semblent empruntés surtout à Sharaf al-dîn, 
éd. Vell\mixof, I, p. 150 s., Irad. Ch.4rmoy, I b, p. 1 79 s. Cet écrivain, qui mérite à peine le nom d'historien, signale l'existence 
des Ayyoubides de Kaifa depuis le milieu du XIV' siècle jusqu'au XVI^. Après avoir été mêlés à l'histoire des 
Timourides, des Turcomans du Mouton blanc, des Mamlouks d'Egypte, des Sèféwides et des Ottomans, ils finirent par 
occuper de simples charges dans l'administration ottomane, ou par se retirer dans la vie privée; voir aussi Yazdi, Irad. 
Petis, II, p. 266; III, p. 3.55; Ramusio, loc. cit., et Ghev, Italian trarels in Persia, p. 151s., 194 s; Price, Mohominedan 
history. III a, p. 169, 3.56, d'après Mirkhond; Weil, Chalifen, V, p. 192, 297, n. 2: le Hammer, Empire ottoman, 11, p. 36; 
IV, p. 2-22. 241; Ritter, Erdkunde, XI, p. 39, 41. 

^ Voir plus loin, p. 114. 



Ohtokides de Maudin. Ill 

de la Mésopotamie contre l'invasion mongole, donne, sur le sort d'Amid à cette époque, des 
détails trop courts, mais précis. D'après lui, les Seldjoukides couservèrent cette ville jusqu'en 655. 
En radjah de cette année, elle leur fut enlevée par l'Ayyoubide Malik Kâmil Muhammad de 
Mifarqin. C'est au lieutenant de ce dernier qu'en l'année 657 (1259), après la prise de Bagdad, 
les Mongols enlevèrent Amid pour la deuxième fois. Hulagu la remit alors aux deux frères 
Kaikàwus II et Qilidj-arslàn IV. Ce dernier la garda jusqu'à sa mort, en 666, et ses lieutenants 
y résidaient eonjointement avec ceux des Mongols. Elle échut alors à son fils Kaikhusrau III, 
qui la possédait encore en 679, à la date où l'auteur que je cite a écrit son livre.' 

Ainsi, suivant un usage fréquent des souverains de sa race, Hulagu soumettait un dynaste 
local au contrôle d'un résident mongol. Ce régime pei'sista sous ses successeurs, car d autres 
textes signalent, jusqu'à la fin du XIIP siècle, des gouverneurs et des inspecteurs généraux 
mongols du Diyar-Bekr.- 

Vers cette époque, les Seldjoukides expirants furent remplacés par les Ortokides de Mardin 
dont la dynastie prolongeait alors sou existence, sous la suzeraineté mongole.^ En effet, un 
texte nous montre, en 1297 (696), Amid surprise et saccagée par une bande d'Arabes de Syrie, 
appelés par Malik Sàlih, l'Ortokide de Mardin, parce que les //(diifants d'Amid lui avaient fait 
défection; les portes de la ville leur avaient été ouvertes, semble-t-il, sur l'ordre, ou du moins 
avec l'autorisation tacite de ce prince.* 

Un peu plus tard, vers 702 (1302—03), en traversant la Mésopotamie pour entreprendre 
sa troisième campagne de Syrie, l'Houlagouïde Ghazan confia le Diyar-Bekr tout entier à son 
vassal Mahk Man.jùr Nadjm al-dîn Ghàzî II, l'Ortokide de Mardin.^ Ghâzî mourut en 712 et 
après lui régnèrent ses deux fils: Alpi, durant quelques jours seulement, puis Malik Sàlih Shams 
al-dîn Sàlih, jusqu'en 765.'' En 717 (1317 — 18), Amid subit une nouvelle razzia, cette fois de 

' Voit- llin .Shaddiul, O.xford (d'après Ajiedroz) et Berlin, f'> 7!l v" s. Une partie de ces faits sont coufinnéa 
par Abu Maradj, trad. Bru.ns, p. 527 et .543 ; sur Malik Kâniil de Mifarqin, voir plus haut, p. 86, n. 5. C'est le fils de 
l'atabek Lu'lu' qui fut chargé par Hulagu de la prise d'Amid, dont le récit, vague et href chez les auteurs qui 
racontent en détail les sièges de Mifarqin et de Mardin, semble bien indiquer qu'.Amid se rendit sans résistance; 
voir Rashid al-din, trad. Qi'atremére. p. 2l2s. : Djuzdjàni, Tabaqât-i-Nfhtri, trad. Ravertv, p. 1263s.; H.ammer, I/rhaiie, 
I, p. 174: Weil, Chalifeu, IV, p. il; d'Ohssox, Monijoh, III, p. .308: Howorth, Moiiynls, III, p. 144. 

2 Voir, par exemple, Howorth, Monyoh, 111, p. 22Ü (en 126.5); Abu 1-faradj, trad. Bruns, p. 018 (en 12'.Kl). 

^ Voir Ibn KhaHikân. I, p. 171; Abu 1-faradj, p. 557; Rashid al-dîn, p. 378s.; Wassàf, éd. Hammer, p. 96; 
trad., p. 92; Ibn Khaldùn, V, p. 545 en bas; Maqrîzi, trad. Quatremère, Sultans Mamlonls, IIb, p. 133; Hammer, 
Ilchane, I, p. 192; d'Ohsson, Moxffols, III, p. S57s. ; IV, p. 66, 229, 288; Howorth, Mongols, III, p. 162; Raverty, 
dans Djuzdjàni, p. 1278, note en bas. La suzeraineté mongole à Mardin à cette époque est confirmée par les monnaies 
de l'Ortokide Ghàzî II, faisant hommage à Ghazan, et par des monnaies frappées à Mardin aux seuls noms d'Houla- 
gouïdes: voir Fraehx, De Ilchanomm numis. n« 82; Lane-Poole, CBM, VI, p. 271; X, p. clxxxvjh; G. Edhem, ('MO, 
I, no 112; M. Mubarak, CMO, III, p. 259: Markoff, jME. p. 581, no 287; Casaxova, Inrentaire rie la cnllecthn de la 
2>rincesse Isma'il, p. xv, 105, 161s. 

■• Voir Abu 1-faradj. éd. Bedjan, p. 598: trad. Bruns, p. 047. Ce Malik Sàlih paraît être le Shams al-dîn Dàwud 
de Lane-Poole, Dynasties, p. 168, qui monta sur le trône vers 09), suivant cet auteur, ou en 695, d'après 
Rashîd al-dîn, p. 379. D'autres auteurs signalent à celte époque une razzia de Syriens dans le Diyar-Bekr et à Mardin; 
voir Maqrîzi, loc. cit.: Rashîd al-dîn, cité par d'Ohsson, Mongols, IV, p. 207; Howorth, Mongols, III, p. 434. 

^ Voir Rashîd al-dîn, loc. cit.: d'Ohsso.n, Mongols, IV, p. 328; Hammfr, Ilchnne, II, p. 126; Price, op. cit.. 11, 
p. 621; Howorth, Mongols. III. p. 407. C'est lui peut-être auquel Mar Djabala fait allusion en ces termes en 1304: 
,1e grand émir auquel était confié le gouvernement du Diarbékir" ; trad. Chabot, dans BOL, II, p. 204. D'après 
Lane-Poole, loc. cit. (trad. Barthold, p. 1421, qui suit sans doute Abu 1-fidà', IV, p. 09. Ghàzî II était le frère de Dàwud 
et monta sur le trône en 693. Rashîd al-dîn, loc. cit., paraît en faire un fils de Dàwud (son texte est ambigu) et ne 
donne pas la date de son avènement, qui doit avoir eu lieu plus tard, s'il est vrai que Dàwud ne monta sur le trône 
qu'en 695; voir la note précédente. 

^ Voir Abu 1-fidà', loc. cit.; Ibn Batùta, II, p. 144; Lane-Poole, Dynasties, p. ItiS. Les trois noms de 8àiil,i, 
qu'on trouve dans ces auteurs, sont confirmés par Shihàh al-dîn 'Umari, qui s'exprime ainsi dans son Ta'rif, éd. 
Caire, p. 32 : „Le maître actuel de Mardin est Malik Sàlih Shams al-dîn Sàlih. fils de Malik Mansùr, un Ortokide, etc.' 
Cet ouvrage a été écrit vers l'année 741: voir mes Titres califiens d'Occident, tir. à part du JA. p. 71, n. 1. 



112 rNSCHlPTlliNS mVKHSES. 

la part des Égyptiens.* A cette époque, son liistoire est si effacée que je n ai trouvé aucun 
autre fait à signaler sur elle, à part ce détail important qu'elle payait alors un tribut aux 
Houlagouïdes.- Sàlih garda-t-il le Diyar-Bekr? Lepigraphie va nous l'apprendre. 

8(». Décret au nom de rOrtokWe Malik Sàlih. 731 H. — A côté de l'inscription pré- 
cédente, à gauche de la porte, un peu plus haut au-dessus du sol. Onze lignes-' eu naskhi 
niamlouk; petits caractères, quelques points et signes (pi. XVI en bas, à gauche). Inédite. 

J.U'1 <in ^cS/l Jiyji' (2) ^JJ.\ jUi ^,J^\ y% -j-.^Il . . . -d.-^ (1) 

hjir^^ 't'j^S^ cJ^'j ^3 ^^^3 »J-^ Û\^\ ^\_}^ Jli (3) ^\3 <'^läU 4Âil aI^ ^■.,..>.:.U 

J^> ;?jtf: (ô) ^ lai-.' ùl Jl::tVl J éljU^i jC"% Äi;^J:.'l -CIVj^^j; (4) \\i^\ j 

jW ù>i oCjlkMj o;.îui,.n^; (6) zj\j\jà}3 ù*j/Vi j.* j»^ J^>: J^ l* ä-.j^ä1i 

Ja- *j/;Àll] (10) Ä;Vj!l ^L<Jl Jfj^\3 ^l>'ij iV^M ^i^ J,lî lj>.\2\ Äliil] (9) 

JrJll le. iS.\ liis (11) A.*-. Ua*> À^'\' jj ôLl2i.«J 4-^^w J.«-«'3 \U~'j U le- ^^V^ 

Par l'ordre royal, élevé, de noire maître le très grand sullan al-Malik al-Sàlih Sliams al-din, qu'Allàli 
peipélue son sultanat, qu'il élève jusqu'aux étoiles de Simàk^ son pouvoir et sa situation, que ses nobles 
actions ne cessent d'être célébrées dans les mondes et que ses aumônes royales ne cessent d'être des colliers 
et des chaires (de joyaux) autour des cous (de ses sujets), il a été décrété qu'on remette aux marchands " 
d'Amid, qu'elle soit gardée, les taxes qu'on prélevait d'eux sur les poids, ainsi que les impôts", les redevances ' 

' Voir Abu 1-fidà', IV, p. 84: Ibn lyàs, I, p. 174-, I. 8 d'en bas; Quatremère, dans Rashid al-dîn, p. 331. 

" Voir Hamdallàh Mustaufi, cité par Le Str.\xge, dans JRAS, 1902, p. 264, et The lands of the Eastern cali- 
phate, p. 110. Bien que la géographie de Hamdallàh n'ait été achevée que vers 740, elle se rapporte, d'après Le Stranue, 
■prim. op. cit., p. ô4, aux règnes de Ghazan et de ses deux successeurs, sous lesquels il est aussi question, en passant, 
du gouverneur du Diyar-Bekr; voir u'Ohssox, Mon(ioU,\\, p. -580, 60.5; Hammer, Ilchane, II, p. 315. Les géographes 
Diinashqi et Abu 1-fidà' ne donnent aucun détail nouveau sur Amid et Ibn Batûta n'en parle même pas. 

3 Sur la photographie, les premières lettres de chaque ligne sont cachées derrière le support d'un auvent de 
bois qui abrite la porte. A ma prière, M. GCvs a bien voulu faire contrôler, par un lettré d'Amid, les leçons que je 
donne ici entre crochets; mais ce contrôle n'ayant donné lieu à aucune correction, je soupçonne ce brave homme 
d'avoir opiné du bonnet, car j'ai peine à croire que toutes mes restitutions soient correctes; cf. plus haut, p. 109, n. 9. 

* Sur les étoiles de ce nom, voir Lane, Dictionary. 

5 Ce mot est entièrement caché, sauf l'extrémité de la queue de la dernière lettre, qui parait être un « ou 

un j. Le plus simple serait de lire iVj „province", puisqu'aux lignes 9— 10, le texte dit ,1a province susdite'. Mais 
le suffixe minhiim et les suivants supposent ici le iiluriel d'un substantif désignant des êtres animés, peut-être 
Ltj , sujets". Je choisis la leçon jl^ .marchands^, i|ui paraît avoir l'approbation du lettré d'Amid. 

* L'original porte Jjljljâll, avec le k-esra; cette forme ne paraissant pas usitée, on peut lire, en supprimant 
un alif, Obi«JI> comme pluriel féminin de ninqarrar ,taxe, impôt", d'après Dozv, Sajipli'menl. 

' La dernière lettre de ce mot paraît certaine; ou jieut lire aussi ^JljClH ou ,_^JLi\ -les charges, les rede- 



Ortokidks DK Maiîdix. 113 

el les contributions extraoïdiiiaires i, qu"on leur enlève et (|u'on leur supprime la caution (ou la ferme) du loyer ^, 
et que le mesurage (des grains)^ persiste à être fait chez eux suivant l'usage immémorial et la règle"* préé- 
tablie, le tout à titre de don gratuit en leur faveur, par bienveillance* à leur égard, par souci de leur bien- 
être, et pour se concilier leurs prières pures en faveur de la durée de ce règne puissant.* En conséquence, 
tous les préfets, les gouverneurs et les employés du fisc attachés à l'administration de ladite province 
(d'Amid) ont été invités à mettre à exécution notre décret et à agir y conformément.' ,Et si quel(ju'un 
change ces dispositions après en avoir eu connaissance, alors son crime retombera sur ceux qui l'imiteront; 
car Allah entend et sait tout."* Et ce décret a été gravé' dans le mois de radjab de l'aimée 731 (avril- 
mai 1331). 

Ce décret me paraît assez clair pour se passer de commentaire, hormis sur un point: au nom 
de qui a-t-il été promulgué? On vient de voir que dès la fin du XIII"^ siècle, Amid appartenait 
aux Ortokides de Mardin, sous la suzeraineté des Mongols, et qu'un prince de cette dynastie, 
nommé Malik Sàlih Shams al-dîn Sàhh, occupa le trône de 712 à 765.^" Les auteurs qui nous 
donnent ces noms sont digues de toute créance, car Ibn Batûta visita Mardin sous le règne 
de ce priuce et Shihâb al-dîn 'Umari, secrétaire à la chancellerie du Caire, connaissait à fond 
le protocole de son temps. Or, le décret est au nom d'un Malik Sâlih Shams al-dîn'' et il est 
daté de 731. Bien qu'aucun auteur ne dise expressément que Sâlih ait régné aussi à Amid, 
après son père Ghàzî II, il n'est guère possible d'en douter, car Shihâb al-dîn, passant en revue 
tous les souverains musulmans en relation avec la cour du Caire, ne fait aucune mention 
d'Amid et cette ville ne figure même plus, comme lieu de frappe, dans les séries monétaires de 
cette époque. 

vances." Ce dernier mot figure clans Ibn al-Azraq, trad. Amedroz, dans .IRAS, 1903, p. 1.52, n. 1, et dans Ibn Shaddàd, 
Berlin, fos 63ro et 78ro, précisément apropos de remises d'impôts dans le Diyar-Bekr; mais il est un peu trop court 
pour remplir ici la lacune, et je préfère un des deux autres. 

' L'original porte Jjljjlylj. Je suppose un pluriel JjUjlL» au mot ^jl!» , extraordinaire" (dépense), „illicite'' 
(emploi), d'après Dozy, .v. r. _j U ; cf. ÄjjÜa „accident", dans Lane, s. r. I J» . 

^ L'original porte ^'jCil OU-^i?' c'est-à-dire, évidemment, (_g SUl ö^*-^ • Le "^°' daimhi „responsabilité, 
caution", désigne souvent, dans les décrets, la „ferme" d'un impôt, d'un service public, etc., suivant un usage fréquent en 
Orient. Le mot (Cj , pour A} , signifie „location" et „loyer", soit la rente d'un immeuble, soit le prix de la main 
d'œuvre. Il s"agit peut-être de la ferme d'un impôt sur les loyers. 

^ L'original porte U^Ul ; il s'agit sans doute de réprimer un abus dans le mesurage de substances sèches. 

^ L'original porte sJiclsj- Comme le suffixe est indispensable, il faut lire plutôt «uJtlïj , «yiî'iV/ au mas- 
culin ne s'eniployant pas dans le sens de „règle" et l'assonnance exigeant ici qâ'ida au féminin. 

° Les deux dernières lettres de ce mot sont certaines. Au lieu de tL-a-^, en pourrait lire 11«, mais ce nom 
d'action se construit avec la préposition 'alà et il est un jipu court pour la lacune; d'autre part, il me parait impos- 
sible, au point de vue du sens, de lire tl S • 

^ Tel est le sens de cette phrase, que je n'ai pas traduite exactement dans CIA, I, no 525; voir Sobebnheim, 
inscriptions de Baalbek (sous presse); CIA, III (Tripoli), nos 27 s. eijiassim, p. 70, n. G. Les décrets touchant la remise 
d'impôts ou la suppression d'abus insistent volontiers sur le fait que ces mesures sont des actes de grâce, qui méritent 
la reconnaissance des intéressés. Le but de celte déclaration est évident: le gouvernement ne veut pas reconnaître 
([u'elles sont strictement équitables, pour se réserver le droit de rétablir plus tard ce qu'il a supprimé provisoirement. 

" Pour la traduction de ces mots, voir Dozy, Su,j)pUment, aux mots amr, hamala et mûdjib. 

» Coran, II, 177; cf. le no 35. 

' Sur ce sens de wa-dhûlika, voir CIA, I, p. 252. 
^'' Voir plus haut, p. 111. 

" Ces deux surnoms sont compris dans les relatifs ul-imdaki al-sdlifii al-shanisi; sur l'absence du nom ])ropre, 
voir plus haut, p. 110, n. 1. 

Amida. 15 



114 IxsclilPTIOXS DIVERSKr;. 

Mais voici un fait nouveau. Ou sait qu'en partant pour l'Egypte en 647, l'Ayyoubide 
Tùrànshâb avait laissé à Kaifa son fils 'Abdallah, dont les descendants conservèrent cette ville 
jusqu'à la conquête ottomane.* Or, h l'époque où le décret d'Amid a été promulgué, le repré- 
sentant de cette obscure dynastie s'appelait, lui aussi. Malik Sàlih. Voici comment en parle 
Sliihàb al-dîn, dont le témoignage, ici encore, est absolument sûr: „Le maître de Hisn-Kaifa 
est un descendant des rois ayyoubidos, auquel les rois du Caire témoignent du respect, en sou- 
venir des anciennes relations qu'ils entretenaient avec ceux-là, et parce que cette affection réci- 
proque a persisté jusqu'à nos jours. L'un d'eux, Malik Sàlih, a voulu, tout récemment, se 
rendre à la cour du Caire. Parvenu à Damas, il }• fut rejoint par la nouvelle que son frère 
s'était jeté sur son trône et voulait s'emparer de sou sultanat; il se hâta de rebrousser chemin. 
On ne tarda pas à apprendre que renlré dans son château, il avait été assailli et tué par son 
frère. Ensuite, celui-ci témoigna du repentir et il écrivit au sultan (d'Egypte); mais on lui 
répondit de manière à lui faire comprendre qu'on n'acceptait pas ses excuses, etc."- 

Ce Malik Sâlih, assassiné vers 740 ■', peut-il être l'auteur d'un décret promulgué à Amid 
en 731, par un Malik 8àlih Shams al-dîn? Je ne le pense pas et voici pourquoi. D'abord, il 
n'y a aucun indice que les Ortokides de Mardin aient été chassés d'Amid, ni que les Ayyou- 
bides de Kaifa en soient jamais rentrés en possession.* Puis, il ressort du récit de Shihâb al- 
dîn qu'à son époque, ces derniers ne jouaient aucun rôle politique. Les sultans Mamlouks leur 
témoignaient une bienveillante amitié, non par intérêt, mais par souvenir, comme à ces autres 
familles ayyoubides, issues d'anciennes dynasties, auxquelles l'Egypte accordait des fiefs en Syrie 
et un palais pour leurs séjours au Caire. Le rang qu'ils occupent dans le protocole officiel de 
la chancellerie du Caire est sensiblement inférieur à celui des Ortokides de Mardin.^ Peut-être 
que les Ayyoubides de Kaifa avaient conservé le titre de sultan ; il est vrai que ce protocole 
n'en fait pas mention, mais la chancellerie du Caire, pour des motifs diplomatiques faciles à 
comprendre, ne prodiguait pas ce titre aux souverains étrangers." En tout cas, ils ne portaient 
probablement pas le haut titre suîtâ» a?am, qui figure, sous la forme relative, dans le décret 
de 731 ; or ce titre, les Ortokides de Mardin le portaient certainement, puisqu'on le lit sur 
leurs monnaies.'' Il est donc permis de conclui-e que le décret a été promulgué par Malik Sàlih 
Shams al-dîn Sâlib et qu'en 731, Amid appartenait encore aux Ortokides de Mardin. 

Puis l'histoire d'Amid se perd de nouveau dans l'ombre et le silence des sources nous 
permet de passer d'autant plus rapidement sur les deux siècles suivants qu'on ne possède au- 
cune inscription de cette époque. 

En 766. le Djélaïride Shaikh Uwais traversa le Diyar-Bekr et s'empara de Mossoul et de 
Mardin ; on ne sait rien de précis sur cette campagne, qui paraît avoir été une razzia plutôt 

' Voir plus haut, p. 110, ii. 4. 

2 Voir Ta'rif, éd. Caire, p. 33. 

' Le Ta'rif a été écrit vpi's 741: voir plus haut. p. 111, n. Ci. 

* Voir plus haut. p. 110. 

' Voir les formulaires officiels dan.s Tarif, loc. cit. 

« Voir mes Titres califiens, p. 51 s. et 72. Peut-être faut-il attribuer à cet Ayyoubide une monnaie d'argent 
publiée par G. Edhem, CMO, I, no 114, frappée à Kaifa, au nom a'al-siihôn . . . al-Malik al-Sàlih, et que ce savant 
attribue à l'Ortokide Malik Sàhh Sàlih de Mardin; mais il se peut aussi que Kaifa reconnût alors la suzeraineté de 
Mardin. La lacune qui suit le mot sultan est un indice en faveur de l'attribution d'Edhem, car elle renfermait 
peut-être l'épithète al-a'zom, qui convient mieux à l'Ortokide qu'à l'Ayyoubide; voir la note .suivante. 

' Sinon sur celles de Sàlih lui-même, du moins sur une pièce de son père Ghâzî II, frappée en 098 au nom 
d'al-sultân al-a'zam zill Allah fil-'àiam al-Malik al-Mansûr Nadjm al-dîn Abu 1-fath Ghàzî; voir Edhem, tom.rit.. no 112. 
Il est vrai que les deux premiers titres de ce protocole, qui sont très fréquents chez les Seldjoukides de Rum, pour- 
raient désigner ici, à titre d'hommage, le suHan Kaiqubàd II, qui régnait en 098. D'autre part, l'attribution aux 
Ortokides de Mardin, simples vassaux des Mongols, de titres autrefois très élevés (cf. plus haut, p. 109) n'a rien 
d'invraisemblable au XIV« siècle, d'autant que la décadence des Houlagouïdes semble avoir donné un regain d'indé- 
pendance aux Ortokides de Mardin; voir Casanova, Inrentaire de !n collection princesse Isniaïl, p. xv. 



OrtoivIdei^ DK Makdin. 115 

qu'une conquête.' En effet, c'est encore à un Ortokide, Malik Zàhir 'Isa, l'allié du sultan Bar- 
qûq d'Egypte^, qu'en 796, Timur demanda la soumission de Mardin, puis qu'il arracha cette 
ville dès la même année, après un siège acharné, pour la remettre à Sâlih, le frère de 'Isa, et 
conduire ce dernier captif à Sultania.'' La même année encore. Amid fut emportée d'assaut 
par le conquérant mongol.* A qui la prit-il? Les auteurs qui racontent ce siège ne faisant pas la 
moindre allusion au souverain d'Amid, on peut croire que cette ville était restée, jusqu'à ce jour, 
un chef-lieu de province des Ortokides et qu'elle fut défendue contre Timur par un simple 
gouverneur. Voici comment un témoin oculaire décrit l'enceinte d'Amid au moment de l'at- 
taque de Timur: 

„La force de cette place est telle qu'aucune autre au monde ne peut rivaliser avec elle. 
Ses hautes murailles sont bâties en pierres de taille, reliées par du ciment; l'épaisseur du rempart 
est telle que deux cavaliers peuvent y cheminer de front. Sur le haut de ce mur, à l'extérieur 
et à l'intérieur, on a bâti un double mur en pierre de taille, de la hauteur d'un homme; on 
a relié les deux parties par une voûte (de manière à créer un chemin de ronde couvert) et au- 
dessus, on a construit, du côté extérieur, un parapet en pierre, crénelé. La courtine comprend 
ainsi deux étages, afin qu'en temps de pluie, par un grand froid ou par une chaleur excessive, 
les hommes puissent se tenir dans l'étage inférieur. La courtine est renforcée par de hautes 
tours, distantes les unes des autres de dix à quinze coudées (gez). A l'intérieur de la place, 
il y a deux fontaines d'eau de roche, avec plusieurs beaux jardins, et cette description est 
faite de àsii (par l'auteur) . . . Les soldats pénétrèrent à l'intérieur de la place et pillèrent la 
ville ... Ils montèrent sur les murailles avec des haches et des outils et se mirent à les 
détruire; mais elles étaient si solides qu'ils eurent beaucoup de peine à en arracher une petite 
partie. Et comme il eût fallu un siècle pour en venir à bout, ils se contentèrent de démolir 
une partie de leur couronnement.'" 

En 798 (1396), Timur délivra îsà et lui rendit Mardin, parce que Sâlih avait fait hommage 
au sultan Barqûq. Mais en 800, Isa rendit à son tour hommage à Barqûq.'' Pour le punir, 
Timur passa par Mardin au retour de sa campagne de Syrie, à la fin de l'année 803; après 
avoir ravagé la ville, il remit à son vassal Qarà-Yuluq, alors gouverneur de Malatia, le soin de 
bloquer la citadelle.' En 805, en rentrant de Géorgie après la bataille d'Angora, Timur délé- 
gua à son petit-fils Mirza Abu Bakr le gouvernement général de l'Iraq et de la Mésopotamie, 

' Voir rj'HERBRLOT, Bililiu/lièque orieiifn/e, Piiris 17S1, I, p. 48^2; Deguignes, Histoire den Hiins, III, p. 2S9 ; 
Weil, Clialifen, IV', p. 5-i7; L.\xe-Poole, Di/naafies, p. 246; Hovvorth, Mongols, III, p. 655, d'après la Shadjarat al- 
atr/ik. En racontant cette campagne d'après Khondeniir, Price, op. cit., II, p. 700, ne parle que de Mossoul; dans 
son Histoire de la Perse, Malcolm n'en dit rien. Tout au plus Uwais se contenta-t-il d'une vague suzeraineté sur le 
Diyar-Bekr, car Mardin ne figure pas comme lieu de frappe dans la série des monnaies djélaïrides connues à ce jour; 
voir les source? monétaires, notamment Markoff, Kataloy djelairidskikh monet, 1897. 

2 Voir Weil, Chalifen, IV, p. 550. 

ä Voir Yazdi, éd. Calcutta, I, p. Ö6:J à 681; trad. Petis, II, p. :263 à 385; Ibn 'Arabshàli, éd. Manger, I, p. 314s. 
(éd. Calcutta, p. 98; éd. Caire, p. 48). C'est Yazdi qui l'appelle Sàlilj tout court; cf. Laxe-Poole, Dynasties, p. 168. 
Suivant Ibn 'Arabshàb, 'îsà avait un frère (variante du Caire: un neveu) appelé Malik Sàlih Shihàb al-dîn Ahmad, qui 
pourrait être le même personnage; cf. plus loin, p. II G, n. 4. Price, op. cit., Ill a, p. 168 s., suit ici Mirkhond, qui suit 
Yazdi, et DE Ham.mer, Empire ottoman, II, p. 37, etllclidnc, I. p. 19'2, suit Yazdi, que cite aussi Quatremère, dans Rashîd 
al-dîn, p. 331, note; cf. Weil. Chalifen, V, p. 45. 

■• Voir Yazdi, I, p. 68-2 suiv. (Petis, II, p. 286 s.); Ibn 'Arabshàh, I, p. 331s. (Calcutta, p. 102; Caire, p. 50); 
Price, op. cit., Illa. p. 178s.; de Hammer et Weil, loc. cit.; Ritter, Erdkunde, XI, p. 36. D'après Ibn 'Arabshàh, les 
assiégeants i)énétrèrent dans la ville par le Bâb al-tall, la porte de Mardin. 

5 Voir Yazdi, loc. cit. lia traduction de Petis laissant un peu à désirer, je traduis en résumé le te.xte de 
Calcutta); cf. Price, loc. cit. 

« Voir Yazdi, I, p. 787 (Petis, II, p. 396); Price, III a, p. 208; Weil, V, p. 56 s. D'après les sources arabes citées 
par Weil, 8àlih était le neveu de 'Isa; cf. ci-dessus, n. 3. 

' Voir Yazdi. II, p. 352s. (Petis, III, p. 355s.); Ibn 'Arabshàh, II, p. 157; Price, Ilia, p. 356s.; Hammer, 
llchane, I, p. 193. 



116 Inscku'TKiNï; diverses. 

avec Mardin et le Diyar-Bekr, dont les princes furent placés sous ses ordres.^ îsà venait d'ob- 
tenir une nouvelle amnistie, scellée par le mariage de sa fille avec le Mirza Abu Bakr. En 
806, Ûsù la conduisit à la cour à Qarabagli, puis il rentra à Mardin, dans la suite du Mirza 
'Umar, le frère d'Abû Bakr, que Timur venait de nonnner souverain de toute l'Asie occi- 
dentale.- 

TURCOMANS. 

Cependant Qarà-Yuluq, dont la puissance grandissait dans le haut bassin de l'Euphrate 
et du Tigre, s'empara d'Amid vers 8Ü7. Pour le combattre, 'îsà s'allia avec Djakam, le sultan 
éphémère d'Alep et le rival du sultan Mamlouk Faradj ; mais les deux alliés furent tués en 809, 
dans une rencontre entre Amid et Mardin.^ En 811, Qarà-Yuluq marcha sur Mardin, où régnait 
rOrtokide Malik Sàlili Ahmad. Celui-ci, cédant Mardin à Qarà-Yûsuf, de la dynastie turco- 
maue du Mouton noir, s'enfuit à Mossoul, où il mourut peu après. Ses fils moururent à Sindjar 
en 814; ainsi s'éteignit la dynastie des Ortokides de Mardin.* Sur ses ruines, Qarà-Yuluq avait 
déjà fondé la dynastie turcomane du Mouton blanc, dont la capitale sera désormais Amid. En 
814, Qarà-Yuluq ravagea Mardin et finit par la reprendre au Mouton noir en 83.5^; nous n'au- 
rons plus l'occasion de parler de cette ville. 

En 836, le sultan Mamlouk Barsbây, hanté par le souvenir de ses grands prédécesseurs 
€t jaloux de rendre à l'Egypte son influence en Mésopotamie, déclara la guerre à Qarà-Yuluq. 
Mais il n'avait pas l'étofl'e d'un conquérant et les chroniqueurs égyptiens eux-mêmes, en racon- 
tant ce malheureux siège d'Amid, avouent qu'il n'aboutit qu'à un vague hommage du Turco- 
man à l'Egypte.^' En 856, Uzun Hasan arrache Amid à son frère Djahângir et offre son hom- 
mage au suhan Mamlouk Khushqadam.' Vers 908 (1502), le Séféwide Shah Isma'îl enlève 
Amid et Mardin aux derniers princes de la dynastie du Mouton blanc et remet le Diyar-Bekr 
à un gouverneur. Eu 920 (1514), l'Ottoman Salîm F'' s'en empare après la bataille de Tshal- 
diran. Isma'îl tente en vain de reprendre Amid; après un long siège soutenu par les Kurdes 
dévoués à Salîm, elle est délivrée par une armée ottomane et reste définitivement aux mains 
des Ottomans, avec le Diyar-Bekr.* 

Ainsi, d(n-ant tout le XV*^ siècle. Amid fut une des capitales des princes du Mouton blanc; 
mais aucune inscription n'illustre cette époque peu glorieuse." Il faut descendre jusqu'au suc- 
cesseur de Salîm P'' pour trouver une nouvelle inscription souveraine à Amid. 

1 Voir Yazdi, II, p. .515s. (Petis, IV, p. 92s.): Price. III.t, p. 435. 

- Voir Yazdi, II, p. 564s., 570 (Petis. IV. p. 1«. 147); Price, IJIn. p. 4."i0. 

ä Voir Weil, Chalifen, V, p. 112. 

* Voir Weil, V, p. 112, n. 2. Ce Malik .^àlih Ahmad des auteurs arabes est sans doute le même que celui 
<l'lbn 'Arabshàh et que le Sàlih des auteurs persans, suivis par Lane-Poole, Dynasties, Joe. cit.; cf. plus haut, p. 115, n. 3. 

= Voir Weil, V, p." 14.3, 189. 

« Voir Weil, V, p. 189s.; cf. CIA, I, p. :!77, 379; Quatremère, dans Rashîd al-dîn, p. 331, note. Qarâ-Vuluq ne 
mourut ni en 848, suivant Deguignes, Huns, la, p. 264, ni en 809, d'après de Hammer, Empire ottoman, II, p. 445 
(Djanàbi), suivi par Lane-Poole, Dynasties, p. 2.54 (trad. Barthold, p. 215), mais en 839, suivant Weil, V. p. 199, n. 2 
(source égyptienne), ou dès 838, d'après A. Tewhid, CMO, IV, p. 472, chez qui la généalogie des Aq-quyunlu est bien 
plus complète et plus précise que chez les auteurs précédents. 

' Voir Weil, V, p. 307, n. 1. 

* Voir Weil, V, p. 407; de Hammer, Empire ottoman, IV, p. 87 s., 222 s.: Sharaf al-din, éd. Véliamlnof. I, p. 1.59: 
trad. Charmoy, Ib, p. 190; Cuinet, Turquie d'Asie, II, p. 453; Ritter, Erdkunde, XI, p. 37s.; voir aussi les voyageurs 
vénitiens publiés par Ramusio, et les chroniques ottomanes, cpi'il me paraît inutile de citer en détail. 

s Les deux seules inscriptions de cette dynastie, connues à ce jour, proviennent de Mardin: celle du sultan 
Djahângir, que j'ai publiée dans le recueil d'Oppenheim. n» 104. et celle, encore inédite, du sultan Hamza, gravée sur 
une serrure en bronze du Musée de Constantinople. En revanche. Amid est un lieu de frappe des A(|-quyunlu; voir 
A. Tewhid. CMO, IV, p. 475 s. 



Ottomans. 117 

OTTOMANS. 
37. Sultan Sulaimân P^ 935 H. — On a vu que le côté nord de la cour de la grande 
Mosquée est divisé, par une ruelle, en deux parties à peu près égales.^ Depuis cette ruelle 
jusqu'à l'angle nord-ouest de la cour s'élève un bâtiment dont la façade est percée de baies 
semblables à celles de la façade nord de la mosquée propre, au sud de la cour. Au-dessus du 
sommet des arcs de ces baies règne un long bandeau renfermant une ligne en naskhi ottoman; 
grands caractères, points et signes (pi. XXI en bas).^ Inédite. 

^.^\^ çry^^} ^j>^^ t]_^^ Jj.* ^'y^ ol-li*l-l]b JitVl Ö^Ü^^ J-!^ (j • • . aL— 

Cj\ ùu^ui j\ ùiu-n J^Llb -ai ùL*>j Jî^jVi j i«i > ^i^vu jSC\\ ß 

j-l jus-i J^}^\ ^\J^\ -\J^\ j^ jJjLlI j,z^[\ IJub :>Ix>.j y^ aSCis ÄdaLJI jL^ j 

Sous la justice du très grand sultan et du roi des rois honoré, du maître des rois des Arabes et des 
Persans, du maître de Tepee et de la plume, du conquérant dans la religion d'Allah, du combattant dans la 
voie d'AlIàh, qui tient haut les marques de la justice et de l'impartialité. (|ui abaisse les signes de l'irréligion 
et de l'injustice, l'ombre d'Allah sur les pays et le maître tout puissant de l'eau et de l'argile^, le sultan, fils 
du sultan, fils du sultan, le sultan Sulaimân, fils du sultan Salim, fils du sultan Bàyazîd-bahàdur-khàn, qu'AUàh 
éternise sa royauté et qu'il fasse évoluer sa flotte dans les mers du sultanat! a rendu prospère et restauré 
cette mosquée bénie la gloire des émirs nobles, l'émir Ahmad, fils de l'émir Muhammad al-Ruzzîqi (?) al- 
Husaini. émir de la place forte d'Ataq. de la province (?) du Diyar-Bekr, qu'Allah redouble sa récompense 
et augmente sa puissance dans ce monde et dans l'autre! En l'année 935 (15ÜS — 291. 

La lecture de ce texte est assurée par une série de photograpliies du général ue Beylié. 
Le protocole de Sulaimân, rédigé dans le style prétentieux de cette époque, renferme quelques 
titres nouveaux. L'inscription commémore la restauration d'un masdjid. Ce mot désigne-t-il 
la grande Mosquée tout entière, ou seulement l'édifice qui porte l'inscription et que les Ami- 
diens, si je suis bien renseigné, appellent une madraaa? Les relevés ne fournissent aucun dé- 
tail sur l'aménagement de ce dernier.* Le restaurateur porte deux patronymiques; le premier 
se prête à plusieurs leçons, suivant l'attribution des points diacritiques^; le second est écrit clai- 

' Voir plus haut. ji. 40. 

2 La planche ne montre qu'une petite partie du bandeau, de J^ILLJI ^_ Jl_ à •■\jA^\ jKi ■ 

' Ce titre est aussi dans l'inscription de la porte du vieux Serai, à Clonstantinoiile: voir de Hammer, Constanfi- 
nopolis und der BosiMros, I, appendice, p. xvn. 11 implique l'idée de domination universelle, l'eau et l'argile étant les 
deux éléments du corps humain; cf. Cornn, XXXII, 6 et 7, et [lassim; Goldziher, dans ZDilG, LXII, p. 13 en bas; 
Z. für Assi/rioloffle, XXII, p. 3-i4 en ba?. 

■• A cette époque, les grandes Mosquées comme celle d'Amid sont généralement appelées djthni', le terrae de 
masdjid étant réservé aux sanctuaires de second ordre; voir CIA, I, p. 533, n. 1, et l'index à ces mots. Il se peut 
que l'édifice appelé aujourd'hui madrasa fût alors un masdjid, aménagé dans le djàmi'. 

' La leçon nizziqi, que la distribution de ces points semble appuyer, rappelle un nom connu dans l'histoire de 
l'Egypte, celui du vizir fatimide Talà'i' ihn Ruzzîq, fondateur d'une mosquée au Caire. 



H8 Insckii'tions diverses. 

rement a]-husaini, et non aJ-hasoni. Cet Ahmad était émir de la forteresse d'Ataq, dans la pro- 
vince* du Di}-ar-Bekr. Dans la division administrative que les Ottomans venaient d'introduire, 
Ataq était le chef-lieu d'un sandjaq kurde du vilayet d'Amid.- 

38. Fondation en faveur de la fontaine de la grande Mosquée. — Dans la cour, 
sur l'aile ouest de la face nord de la mosquée propre, entre la 5*^^ et la 6'' fenêtre à partir de 
l'angle sud-ouest. Cinq lignes en naskhi ottoman, sculptées dans le parement, la preuîière 
à grands caractères, les suivantes à caractères moyens; quelques points et signes. Les lettres, 
peintes en noir, ressortent nettement sur le fond gris du nmr (pi. Vllf. à droite en haut). Inédite.-* 




... A constitue' waqf le très imissant. li'ès noble seigneur Ibraliim, lils du seigneur Sliams al-din 
d'Amid: la totalité de sa boutique, sise dans le Marché long de la ville d'Amid, et la somme de douze mille 
pièces de monnaie frappées en argent, de celles appelées para, pour que le loyer de la boutique et le produit 
de la somme* soient employés à l'achat d'un bien-fonds convenable au waqf (qu'il a constitué) en faveur de 
la fontaine qu'il a fait placer dans cette Mosquée, afin qu'on y boive de l'eau raffraichie de glace et de neige 
durant les jours de l'été, depuis le I" haziràn (juin) jusqu'à 90 jours plus tard (fin août). Et l'intendant (de 
ce waqf) sera l'imàm de la Mosquée; et le montant du prix de la glace et de la neige, ainsi que le salaire 
de l'intendant et du porteur d'eau, sont fixés dans l'acte de fondation. Ainsi, qu'Allah aie pitié de qui boira 
de cette eau de la Mosquée. Et (il a stipulé que) l'on n'en emportera pas (hors de la Mos(|uée). et que 
l'intendant sera zélé dans son service, qu'il s'y appliquera avec soin et qu'il ne sera pas au-dessous de sa 
tâche. Mais si 

' L'origiTial, un peu fruste ici. parait écrit ej' ^. On peut lire 'e^^ ^ P""'' "")} ^* -''*^ ''^ province de", 

ou e'i y« »dont la capitale est'; mais ni l'une ni l'autre de ces leçons n'est très satisfaisante. 

■ Voir Hàdji Khalfa, DJihân-nurriâ, éd. Constantinople, p. 436 ; Saint-iMartin, Arménie, I, p. lOo ; Charmoy. dans Sharaf 
al-din, la, p. 141; de Hammer, Empire ottoman, IV, p. !223, 444; Ritter, Erdkunde, XI, p. 39, 43 (Atak et Asak); cf. 
R. Kiepert, Ka)ie von Kleinasien, Blatt C, VI. L'orthographe de ce nom dans Tinscription est la même que dans Hàdji 
Khalfa; voir Saint-Martin, torn, cit., p. 94, avec des détails sur cette ville, située dans la montagne, au nord-ouest de 

Mifarqin. L'orthographe arabe plus ancienne est r-t^h voir Yàqùt, Mu'djam, IV, p. 9-52; Abu 1-fidâ', éd. Reinaud, 
p. 280; trad., IIb, p. 57. — Amid ne joue qu'un rôle effacé dans les guerres de .Sulaimàn avec la Perse; voir les 
chroniques ottomanes et Horn, Die DenhwUrdigkeiten Shah Tahmâsp's, index à „Diàrbekr''. 

^ Je dois à M. 'Au Bey Bahgat au Caire la lecture d'une partie de ce texte bien conservé, mais peu correct 
et difficile à déchiffrer sur la photographie très réduite de l'original. 

* Les mots ribh al-mablaf/h ,1e bénéfice réalisé sur la somme' indi(iuent peut-être qu'il s'agit, non de monnaies 
ayant coui-s, auquel cas le rédacteur se fût, semble-t-il, exprimé plus simplement, mais de pièces dépréciées qu'il 
s'agissait de vendre au prix de l'argent ou de négocier à un change favorable. 



Ottomans. 119 

Le texte s'arrête court, saus doute sur une menace à l'adresse de l'intendant négligent. 
Comme on ne voit aucune trace de martelage, il faut croire que le graveur a été arrêté dans 
son travail et qu'il n'a pas eu l'occasion de l'achever. 

La photographie assure la lecture intégrale de cette inscription, dont le but est de faire 
connaître aux intéressés, par un résumé ou un extrait de l'acte original, la fondation faite en 
leur faveur. Il s'agit de fournir aux fidèles, durant les journées brûlantes de l'été, de l'eau glacée 
et de la neige. De tout temps, cette jouissance a été recherchée des Orientaux, auxquels nous 
devons le mot „sorbet". Au Caire, sous les sultans Mamlouks et sans doute auparavant, il existait 
un service spécial pour approvisionner de neige les celliers des palais royaux.' En Egypte, le 
prix élevé de ce produit en faisait alors un article de luxe. Mais dans le centre et le nord de 
la Syrie et dans la haute Mésopotamie, à proximité de montagnes couvertes de neige en hiver 
et souvent fort avant dans le printemps, un marchand à son aise (tel paraît être la condition 
du fondateur) pouvait faire le Mécène à moins de frais. "- 

A défaut d'une date précise, le style des caractères, maigres et allongés, paraît indiquer 
la fin du XV'^', ou plutôt la première moitié du XVP siècle, c'est-à-dire l'époque de la conquête 
ottomane, autant que j'en puis juger, par analogie, d'après la paléographie des inscriptions syro- 
égyptiennes. 

39. Sultan Muhammad IV. 1094 H. — Les photographies du général de Beylié montrent 
encore, sur l'aile est de la face nord de la mosquée propre, entre la 4*^ et la ß"^ fenêtre à partir 
de l'angle sud-est, une longue inscription de quatre lignes, en langue turque et en naskhi otto- 
man, à caractères moyens, munis de points et de signes (pi. XI[ en haut). Ce texte, au nom du 
sultan Muhammad IV et daté de l'année 1094 (1683), n'est pas assez distinct pour que j'en puisse 
donner une lecture définitive. D'ailleurs, sa place n'est pas ici, mais dans l'édition complète des 
inscriptions d'Amid, qui paraîtra peut-être un jour dans le Corpus. Autour de cette inscription 
s'en trouvent plusieurs autres, beaucoup plus courtes, qui ne renferment que des invocations ou 
des formules sans intérêt. 

Avant de quitter Amid, étudions encore un monument très curieux, jusqu'ici peu connu, 
qui se rattache aux Ortokides de Kaifa. 

' La neige du Liban était apportée par mer, des côtes de Syrie jusqu'à Damiette, puis transportée de nuit au 
port de Boulaq et de là, sur des mulets royaux, dans le cellier du château de la Citadelle, où elle était recueillie dans 
une glacière construite à cet eflet. Le sultan Mamlouk Malik Nàsir Muhammad organisa, pour apporter la neige de 
l'Anti-Lihan au Caire, dans des récipients chargés sur des dromadaires, un service de terre par Damas, Baisan, Gazza, 
el-Arish et Bilbeïs. Ce service fonctionnait de haziràn (juin) à la tin de tishrîn II (novembre). Ces curieux détails et 
d'autres encore sont fournis par 'Umari, Ta'rîf, éd. Caire, p. 197 s. D'après Khalil, éd. Havaisse, p. 117 s., qui résume 
ce passage, le service par terre aurait été organisé par le sultan Barqûq; si celte assertion est exacte, il s'agit d'une 
réorganisation, puisqu'il fonctionnait déjà sous le sultan Muhammad. Sur les glacières actuelles d'Amid, voir 
Garden, p. 186, cité plus haut, p. l'2. 

^ Ainsi à Alep, les cafes débitent en été des sorbets à la neige. 



CHAPITRE QUATRIEME. 

LA COUPE D'INNSBRUCK. 



Le Musée du Ferdinandeum à lunsbruck possède une coupe en cuivTe émaillé, semblable 
à un bassin de balance et montée sur un simple anneau en guise de pied. Cet objet a été 
acquis d'un Innsbnickois dans la famille duquel il se trouvait depuis longtemps et qui n'a pu 
fournir aucune indication sur sa provenance.' Est-il arrivé d'Orient par le Brenner, cette 
grande route des pèlerins au moyen âge? Est-ce un débris du butin turc en Hongrie, comme 
le beau plat de la Bibliothèque de Munich? Il parait désormais inutile de poser la question. 

Les deux faces de la coupe (pi. XXI en haut et fig. Strz.) sont couvertes d'un riche décor 
de rinceaux, de végétaux et de médaillons à figures, en émail cloisonné, dont l'examen soulève 
bien des problèmes. Je laisse à M. Strzygowski le soin d'en décrire et d'en analyser les 
éléments, pour me borner à un commentaire épigraphicjue. 

■to. Ortokide Dâwud. — Deux inscriptions, bordées par deux tilets, courent en exergue sur 
le bord des deux faces: à l'extérieur, une inscription persane, en caractères rouges sur fond bleu 
clair; à l'intérieur, une inscription arabe, en caractères blancs sur fond bleu foncé. Toutes les 
deux sont en naskhi ancien, à petits caractères, sans points ni signes. .Je néglige la première, 
que je n'ai pas eu le temps d'étudier à loisir et dont la lecture m'a paru très difficile, pour 
aborder immédiatement la seconde, la seule des deux, si je ne me trompe, qui fournisse une 
indication précise sur l'origine de ce monument unique en son genre. Elle commence en un 
point de la circonférence placé au nord-ouest du personnage inscrit dans le médaillon central 
(fig. 51 à 53). Inédite. 

L'émir, le grand maréchal, l'assisté, le vainr|uein-, Nàsir al-din, Hukn al-daula, le glaive de la religion, 
l'éclat de la nation, le chef des armées, la couronne des rois et des sultans, le tueur des infidèles et des 
polythéistes, le vaillant coursier (??). le faucon prince, le père (?). Dàwnd. fils de .Sukmàn, fils d'Urtuq, l'êpée 
de l'émir des croyants. 

' Je dois ces renseignements à l'obligeance de M. vcv Wieser, l'aimable directeur du Ferdinandeum. La coupe 
d'innsbruek a été signalée par Karabacek, Geschichte der Mazjaâiten, p. 36, décrite par Migeon, Notes d'archéologie 
musulmane, tir. à part de la Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1906, p. fi s., et Manuel d'art musulman, p. 1-56, et 
étudiée par vo.n Falke, dans Monatshefte für Kunstwissenschaft, 1909, p. 234 s. Elle devait trouver place dans 
le tome II de Riecl, Spätröminche Kunst industrie in Osterreich-Uiit/tirn, |)ulilication arrêtée ])ar la mort de l'auteur. 



Ortokides de Kaifa. 



121 




coupe .n„„.,,ruck, face intérieuxe, avec rinscription „o 40. 



C( 



122 L-v (OUPE d'Ixxsbrihk. 

La lecture est assez malaisée. L'émail blaue des caractères a sauté dans un grand nombre 
d'endroits, où l'on ne voit plus que les filets de cuivre qui le sertissaient. De plus, le champ 
du bandeau est décoré de rinceaux en émail bleu foncé, de deux tons différents, et le tout est 
fortement patiné. Il en résulte que plusieurs traits de ce triple dessin peuvent être pris pour 
un fragment de rinceau, sans valeur graphique, ou pour une lettre dont l'émail a disparu. 
Néanmoins, la lecture est certaine, à part quelques mots dont je parlerai tout à l'heure. 

Le protocole annonce un dynaste du XII^ siècle; il rappelle, notamment, celui de 
rOrtokide Qarà-arslàn, dans sou inscription de Kharput, datée de l'année 56L' Tous deux 
renferment les titres amîr et isfahsalâr kahir, suivis des mêmes épithètes et d'une série de titres 
composés analogues. Le seul passage douteux est celui qui renferme les titres turcs, le nom 
et la généalogie du titulaire. Les difficultés de la lecture proviennent eu partie, comme on 
va le voir, du fait que ces mots sont rares ou écrits d'une manière insolite, et en partie de 

ce qu'ici, l'inscription est plus fruste 

qu'ailleurs. Il est donc permis de se 

>^\j^*/ } ^=^^^ ~' '*^*-ka^JCy demander s'ils n'ont pas été mutilés 

intentionnellement, pour faire dispa- 
raître un titre de propriété. En voici la 
reproduction, aussi fidèle que possible 
(fig. 54), d'après les dessins et les photographies que j'ai faits raoi-viiême à Innsbruck, en 1906 
et en 1907. 

Ce passage comprend deux parties distinctes: un groupe de titres turcs, analogues ii ceux 
des n"^ 27, 30 et 32. et la généalogie du titulaire. Le premier mot du premier groupe doit 
être alj) ,vaillant'^. une des composantes les plus fréquentes des noms et des titres turcs.^ Le 
mot suivant est très indistinct, parce que l'émail a disparu en plusieurs endroits et que les 
vides qu'il a laissés et que la patine a noircis se confondent avec les rinceaux du champ. 

La leçon -f-jL^ , que je propose en hésitant, n'est qu'un expédient provisoire.-' Le mot sui- 
vant me paraît être yâi— , sioiqur , gerfaut"; ce mot, fréquent dans l'onomastique turque, s'ac- 
corde avec la paléographie et trouve, on va le voir, un appui dans l'iconographie de la coupe.* 

' Voir Lehman.n Hacpt, Materialien, Arab. Inschriften, no 9. 

- Voir les sources citées plus haut, p. 92, n. 5 à la fin, et les nos 30 et 3-2. 

'Les trois premières lettres, un peu frustes, paraissent être jL,. Dans le dernier groupe, le 'ain est distinct, 
mais s'il était seul, sa queue se prolongerait à droite en bas, alors qu'elle semble retourner à gauche, pour former 
un ni'in (ou un râ) final dont Textrémité, séparée du corps, a l'air d'un point; il est donc possible de lire 

•,cîL., pour Ö^J^- D'après P. de Courteille, Dictionnaire turk-oriental, p. 344, ce mot désigne „un cheval débar- 
rassé du frein". Cette explication paraît empruntée au Sengihlkli, que Zenker, Dictionnaire turc-arahe-persan, cite ainsi : 
jjL\i »af^dl:- aiii^ X <«^ J' ^^.^1 ; cf. Radloff, T'ersMc/i, IV, p. ä34s. b'autre part, ce mot serait un verbe, 
d'après Sulaimân BuKHÂRi, Lughat âjaghatay we-turki, p. 183, qui l'explique ainsi: di«j-CiîC3 ^j^JjI ^-'M»- i>-^jl lï' 
cf. Radloff, loc. cit. Tout cela n'est pas bien clair. Si sawghun est un verbe, il faut y renoncer définitivement; 
si c'est un substantif, l'association de ce mot avec alp est assez satisfaisante; cf. aip-shallshi, nom du cheval de 
Kultegin. dans les inscriptions de l'Orkhon. M. Herzfeld me suggère la leçon i-l , tirée de quelques inscriptions de 
cette époque à Alep, dans le titre agh arslan „cheval blanc"; voir Sober.nheim, dans Mélanges H. Derenboiirg, p. 384. 
Mais on aurait ici, devant le sin de sunqur, la forme dure aq, comme dans le titre alp aq sunqnr de quelques autres 
inscriptions d'Alep. D'ailleurs, ni l'une ni l'autre forme ne s'accorde avec la paléographie, non plus que le titre 

i.,J| , nlugh ; cf. CIA, III (Diwrigi), p. 67, n. 2. 

* Voir HouTSMA, Ein türkisch-arabisches Glos.<iar, p. 28, et plus loin, p. 128: cf. la note précédente et i)lus haut, 
p. 99, n. 3. Sur le sens de sunqur et les variantes de ce mot, voir Quatresière, dans Sultans Manilouks, la, p. 9(», 
n. 126: Hammer, Fulknerklee, passim; Mdxkàcsi, dans Renie Orientale, VIII, p. 342. L'étymologie latine de ce mot 
(sacer, dans Hehn, Cultur pflanzen, p. .537) paraît peu vrai:?emblable. 



Ortokides de Kaika. 123 

Le mot suivant ne peut être que <tX, hf;/, car le Jiâf est assuré par sa forme très particulière, 
qu'on voit dans le dessin et qu'on retrouve dans tous les lâf de l'inscription: la cjueue supérieure, 
au lieu de prolonger la hampe en retour d'équerre, est tracée en surcharge, à travers la hampe, 
à peu près comme la barre d'un f manuscrit. Enfin le mot suivant peut se lire afa ,père". On 
sait que le titre (ttnheç/ se compose des deux mots afa et bef/, placés en rapport d'apposition, et 
non d'annexion: il signifie .père prince" et non .père du prince".^ Il semble donc permis, logi- 
quement du moins, de renverser l'ordre des deux termes et de lire brg ata .prince père". On 
peut lire aussi ,1e faucon prince, le père", en prenant ce dernier mot, à lui seul, pour un titre. 
Je me borne à proposer ces diverses solutions, sans oser me prononcer encore. 

Le premier mot du second groupe est un peu fruste. A première vue, la deuxième lettre 
est un lâm et semble appeler plutôt la leçon Salman. Mais cette lettre peut être un Mt\ si la 
queue supérieure en coup de sabre est fruste à gauche, ce qui est très possible, car la hampe, 
elle aussi, est fruste vers son sommet; il suffit, pour s'en assurer, de comparer cette lettre au 
Mif du mot al-lafara, lequel, réduit au même état, serait pareil à la lettre en question. La 
leçon Siikmân paraît d'autant plus sûre que les noms suivants, Dàwud ibn Urtuq, dont la 
lecture est certaine, sont, avec Sukmân, ceux des trois premiers Ortokides. Il faut lire sans 
doute .Sukmân ibn Dâwud ibn Urtuq" et de fait, je crois bien distinguer la trace d'un 
premier ihn dont l'émail a disparu.^ Mais voici la plus grosse difficvdté. 

On sait c^u'ürtuq, l'ancêtre des Ortokides, eut un fils appelé Sukmân et que ce dernier eu 
eut un nommé Dâwud; mais on ne connaît ni un Dâwud, fils d'L^rtuq, ni un Sukmân, fils de 
Dàwud. Outre que la coïncidence des noms propres, dans l'ordre généalogique inverse, est bien 
suspecte, si ces personnages avaient réellement existé, pourquoi l'histoire les eût-elle oubliés? 
D'ailleurs, parmi les titres de l'inscription figure le surnom Rukn al-daula, que les auteurs 
donnent à Dâwud, fils de Sukmân.^ Il paraît évident que c'est bien lui qui est le titulaire de 
l'inscription, où il faut alors renverser l'ordre des deux premiers noms et lire .Dâwud ibn Suk- 
mân ibn Urtuq", en supposant une erreur d'exécution. Ainsi, même avant d'être mutilé, ce 
passage était incorrect; il semble qu'il ait été mal interprété par un graveur ou un émailleur 
peu familier avec l'écriture arabe. Les négligences de ce genre sont rares dans l'épigraphie 
monumentale, parce que les lapicides travaillaient sous l'œil du maître, ou du moins sous le 
contrôle de ses secrétaires. Elles sont plus fréquentes sur les objets d'art, commandés souvent 
à des artistes étrangers, qui les exécutaient fort loin de leur lieu de destination. A regarder 
de près son inscription, il semble bien, en effet, que la coupe d'Innsbruck n'a pas été fabriquée 
dans les Etats de Dàwud. Il n'y a là qu'un indice un peu vague, mais il est assez important 
pour que j'y revienne plus loin, à propos de la paléographie insolite de l'inscription. * Cher- 
chons d'abord à en fixer la date. 

Sukmân, qui possédait Mardin et Hisn-Kaifa, mourut en 498, laissant deux fils, Ibrahim 
et Dâwud. Ibrahim lui succéda à Kaifa, mais on ignore la date de sa mort et, par induction, de 
l'avènement de sou frère Dàwud." On sait seulement qu'en 501, Mardin passa à leur oncle 
Ilghâzî, le chef de la branche ortokide de Mardin.^ En rapprochant ces deux indications, 

' Voir Defrémery, Mémoires d'histoire orientale, I, p. 117 s.: Fraehn, Opuscula postiinm, II. p. 73, et les soui'ces 
citées dans CIA, I. p. 290, n. 3 et 2)(issiiii, et Inscriptions arabes <te Si/rie, p. 27. 

^ .le le devine au-dessus de Sukmân, mais il ne figure pas dans mon dessin, fig. .")i. 

ä Voir les auteurs cités plus loin, notamment Ibn al-Athir, qui Tappelle toujours Rukn al-daula; la variante 
Rukn al-dîn, dans Michel le Syrien, e^^t donc fautive, ainsi que l'a déjà remarqué M. Chabot dans son édition, III, 
p. 216, n. 23. L'inscription d'Innsbruck l'appelle Nàsir al-dSn, surnom qui parait inconnu aux auteurs, parce que 
les surnoms personnels employés couramment alors sont ceux en al-daula; voir plus haut, p. 37, n. 7, et 39, n. 4. 

* Voir plus loin, p. 125. 

' Voir Ibn alAthir, X, p. 2t)8s. ; Ibn Khallikân, trad, de Slaxe, I. p. 172: Abu 1-fidà', éd. Constantinople, II, p. 229 
en bas, 230 en bas; Ibn al-Azraq, dans Ibn al-Qalànisi, éd. Amedroz, p. 137. n. 1. 

* Voir Ibn Khallikân, torn, cit., j). 171. 

16* 



124 l'A COUPE n'I.NNsr.Rti K. 

M. LanePoole a supposé qu'Ibrahim hérita aussi de Maidin en 498 et que l'année 501, qui 
marque l'avènement d'Iighàzî h Mardiu, est aussi celle de la mort d'ibrahîm et, par conséquent, 
de l'avènement de Dàwud à Kaifa.* Ce raisonnement spécieux me paraît peu convaincant, 
car l'événement qui mit lighàzî en possession de Mardin, à cette époque agitée où les dynastes 
changeaient de fief à tout moment, peut n'avoir aucun rapport avec la mort d'ibrahîm. D'ail- 
leurs une autre source, il est vrai moins sûre, nous montre Ibrahim encore en vie en 519.- 
La première mention certaine de Dàwud comme seigneur de Kaifa remonte à l'année 508 et 
la dernière est de l'année 535.=* Il semble aussi que vers 1436 de lère grecque (519 — 20), il de- 
vint maître de Kharput.' 

La date de la mort de Dàwud a prêté aussi h quelques controverses. Les historiens 
arabes les plus connus ne donnent aucune indication précise à ce sujet.'' Les chroniqueurs 
syriaques le font mourir en 1455 de l'ère grecque (538 — 39) et cette date a été adoptée par 
quelques auteurs modernes.'' Elle paraît contredite par Ibn al-Athîr, qui nomme encore 
Dàwud en 541; en 542, il mentionne le seigneur de Kaifa, sans le nommer, et il ne nomme 
pour la première fois son fils et successeur Qarà-arsiân qu'en 544.^ M. Laxe-Poole, qui semble 
avoir ignoré la date donnée par les chroniqueurs syriaques, a conclu d'Ibn al-Athîr que Dàwud 
a régné jusque vers 543, en supposant que la mention anonyme de l'année 542 se rapporte à 
Dàwud, déjà connu par les lecteurs de la chronique arabe comme seigneur de Kaifa, plutôt 
qu'à (Jarà-arslân.* Ce motif supposé du silence d'Ibn alAthîr touchant le nom du maître de 
Kaifa en 542 est bien peu vraisemblable. Il arrive souvent que les chroniqueurs arabes men- 
tionnent le seigneur d'une ville ou d'un pays sans le nommer, non pas, comme le suppose 
M. Laxe-Poole, parce que ce personnage est déjà connu des lecteurs, car je ne trouve chez 
eux aucun souci d'une telle recherche de forme, mais simplement, sans doute, parce que son 
nom n'est pas présent à leur mémoire ou qu'ils ignorent la date précise d'un changement de 
règne. Tel paraît être ici le cas chez Ibn al-Athîr, dans l'œuvre duquel on pourrait relever 
d'autres exemples d'un fait aussi simple. Quant au passage où le même auteur nomme Dàwud 
en 541, il est rétrospectif, ainsi qu'il résulte clairement du contexte, et ne prouve nullement 
que Dàwud vécût encore en cette année. Ainsi l'auteur arabe, cjui nomme Dàwud pour la 
dernière fois en 535, dans l'ordre chronologique réel, n'est pas en contradiction avec les chroni- 
queurs syriaques, qui le font mourir en 538 — 39. 

D'autre part, un autre chroniqueur nomme Qarà-arslàn à propos du siège de tShaizar en 
532 (1138)." H. Derexbouru en a conclu qu'il régnait dès cette époque, à moins, ajoute-t-il 
avec une prudente réserve, qu'il fût encore le lieutenant de son père. Et plus loin, il se borne 
à reproduire les dates que l'on connaît déjà: 538 — 39 ]>our la mort de Dàwud, chez les clin mi- 

' Voir Laxe-Poole, Coins of the Urtiikîs, dans A'io/i. Chronicle, 1873, p. 8, et dans Marsdex, Kum. orientalia, 
II, p. 3. Dans le Catalogue de Londres et dans ses Dynasties, l'auteur a remplacé la date .501 par la date ajiproxi- 
inalive .502, reproduite dans la traduction Barthold et dans G. Edhem, CMO, I, p. i. 

- Voir Malthieu d'Édesse, trad. Dllairier, p. 318. 

' Voir Ibn al-Atliir, X, p. 3.5^, 455, 4fi7; XI, p. li, 5-2; Hist, or des crois., I, p. 293, 390, 43S; lib, p. 07, 70: 
Michel, III, p. 21«, 225, 237, 240, 249s.; cf. la fin du parai^-raphe suivant. 

* Voir Michel, 111, p. 220. 

» Du moins Ihn al-Athîr et Abu 1-fid.r. Ibn Kbaldûn, V, p. 218, 1. 17, se borne à dire: , Dàwud prit possession de 
Hisa-Kaifa après son père Sukmàn et son frère Ibrahim, mais je n'ai pas trouvé d'indication sur (la date de) sa mort." 
On va voir, p. 12.5, n. 2, qu'il est mort en 539. 

« Voir Michel, 111, p. 254, 258; Hist. arm. des croi.f., I, p. 339 (cf. p. 155, n. 1): Abu 1-faradj, trad. Brins, 
p. 332; DE Slaxe, dans Hist. or. des crois., I, p. xxxii; Karabacek, Mazjaditen, p. 36. 

' Voir Ihn al-Athîr, XI, p. 73, 81, 92; Hist. or. des crois., I, p. 473 (ce passage manque dans l'index); 
IIb, p. 172. 

* Voir Lane-Poole, Coins of the Urtuki, dans Marsdex, II, p. 6. Dans ses Dynasties, l'auteur dit circa 543. ce 
que Barthold traduit par okolo, sans commentaire; dans CMO, I, p. 2, G. Edhem doime 543 tout court. 

» Voir Kamàl al-din, dans Hist. or. des crois., 111, i>. 078; Röhricht, Beitriiije, I, p. 307. 



Ortokides de Kaifa. 125 

queurs syriaques, 535 pour la dernière mention certaine de Dàwud et 544 pour la première 
mention de Qarà-arslàn, chez Ibn al-Athîr.* Ces trois indications étant parfaitement conci- 
liables, je ne vois aucun motif de mettre en doute la première. Ainsi, en l'absence de tout 
document précis fourni par la numismatique ou l'épigrapliie, on peut admettre que Dàwud a 
pris possession de Kaifa avant l'année 508, sans en conclure que son frère Ibrahim est mort 
à la même époque, puisqu'un texte le signale encore en 519; que vers cette dernière année, 
Dàwud a occupé Kharput et qu'il est mort en 539.- L'inscription, qui lui donne des titres 
réservés alors aux grands dynastes, a donc été rédigée entre les années 1114 et 1144. A moins 
qu'elle n'ait été ajoutée après coup^, la coupe elle-même remonte à cette époque. 

En analysant l'inscription, j'ai montré que la principale objection qu'elle soulève contre 
son attribution à Dàwud peut être atténuée, si l'on suppose que la coupe n'a pas été fabriquée 
dans les Etats de ce prince.* La paléographie de ce texte et de l'inscription persane, qui, elle 
aussi, est en caractères naskhi, soulève une objection tout aussi grave, mais qu'on pourrait 
atténuer peut-être par la même supposition; voici comment. 

A l'époque où régnait Dàwud, le caractère épigraphique employé dans toute l'Asie anté- 
rieure était le coufique. Sans aller chercher des analogies jusque chez les Fatimides d'Egypte, 
les Bourides de Damas ou les Mengoutshékides de Diwrigi, je me borne à rappeler, en restant 
dans le voisinage immédiat des Etat.s de Dàwud, que toutes les inscriptions inalides et nisa- 
nides d'Araid, jusqu'en 555, sont eu coufique fleuri; qu'une inscription de Qarà-arslâu à Khar- 
put, en 561, montre un coufique encore très archaïque; enfin, qu'à Mifarqin, le coufique fleuri 
persiste jusqu'en 599.^ Le caractère arrondi ou naskhi n'apparaît à Amid qu'en 579 et à 
Mifarqin, qu'en 599.'' Sur les monnaies de cette région, le nouveau caractère n'apparaît pas 
avant la fin du XIP siècle.' Or, les deux inscriptions de la coupe d'Innsbruck sont en naskhi; 
bien plus, ce caractère, par son allure cursive, semble trahir un usage ancien. En bonne mé- 
thode, il faut le comparer, non pas à celui des inscriptions monumentales taillées au ciseau, 
mais à celui des inscriptions mobihères gravées au burin, sur des objets analogues à la coupe 
d'Innsbruck, par exemple, sur les cuivres damasquinés de l'école dite de Mossoul. Or, ici encore, 
la transition du coufique au naskhi, dans les textes historiques, se fait dans la deuxième moi- 
tié du XIP siècle. Ainsi, le Cabinet des médailles à Paris conserve un cadran de poche en 
bronze dont l'inscription, au nom de Nùr al-dîn Mahmûd ibn Zengi et datée de 554, est en 
coufique fleuri. En revanche, celle d'une petite buire en cuivre de la collection Piet-Lataudrie 
à Paris, qui vient d'entrer au Musée du Louvre, au nom d'un propriétaire de Nakhtshiwân, 
sur l'Araxe, et datée de 586, est en naskhi, probablement aussi celle d'un encrier de la collection 
SiouFFi, signée d'un artiste d'Ispahan et datée de 569.'* 

Ces indications, bien qu'assez vagues, nous conduiraient à chercher l'origiue de la coupe 
d'Innsbruck en dehors de la Mésopotamie et vers l'est ou le nord, plutôt que vers l'ouest ou 
le sud, c'est-à-dire vers la Perse ou l'Asie centrale. La paléographie de cette dernière ré- 
gion, pour autant qu'on peut en parler à cette heure, paraît être en avance sur celle des bas- 
sins de l'Euphrate et de la Méditerranée. M. Hartmann a signalé, au Musée de Tashkent, 

' Voir Dereneourg, ^'ie d'Ousàina, p. U>^, ;üOS, ii. 4, 3:24 s. 

2 Cette dernière date est confirmée par un témoignage que j'ai connu trop tard pour l'introduire dans la trame 
de mon commentaire, celui d'Uni al-Azraq, dans Ibn al-Qalàni.si, éd. Amedroz, p. 137, n. 1, 267, n. 1. 

3 Bien que cette hypothèse soit peu vraisemblable, il .serait prudent de faire examiner l'original par un expert. 

* Voir plus haut, p. 123. 

^ Voir plus haut, nos IS à 24; Lehmann-Hai'pt, Materùilien, Arab. Inschriften, nos 4 et '.). 

* Voir plus haut, no 26 et p. 74; Lehmanx-Haupt, loc. cit. 

' Ainsi, une belle monnaie frappée par Muhammad à Kaifa en .578 est encore en coufique fleuri, et même 
quelques monnaies de Sukmàn II et de Mahmûd; voir Lane-Poole, CBM, III, pi. Vil: G. Euhem, CM0,\, pi. I et II. 

* Voir mes Kotes d'archéologie arabe, III, tir. à part du JA, p. 27 et 31, n. 1. 



12« 



La coupe n'IXXSBRt'CK. 



une épi)aj)he arabe en coufique rieuri. datée de l'année 230, c'està dire plus d'un siècle avant 
le plus ancien exemple de ce caractère dans le bassin de la Méditerranée.' En ce qui concerne 
le naskhi, les monuments lapidaires ne prouvent pas que l'Asie centrale soit en avance sur 
l'Asie occidentale, puisqu'une autre épitapihe du Musée de Tashkent, datée de 541, est encore 
eu coufique fleuri, alors que le naskhi n'apparaît que sur une troisième épitaphe du même 
Musée, datée de 608.- Mais sur les monnaies samanides, le naskhi se montre dès le début du 
IV^ (X*^) siècle, ce qui fait dire à M. Hartmaxx, peut-être un peu hâtiveiuent, que sur le métal, 
ce caractère a pris naissance eu Transoxane. 




du Musée Cernuschi, à Paris. 



' Voir Orijnlal. Litt.- Zeitung, 1906, p. 28 s., 70 s.. 117 s. J'ai déjà fait. p. 24, ii. 1, sur cette date, une réserve 
que semble toufirmer, on va le voir, la date de deux autres épitaphes du Musée de Tashkent. 

^ Voir ibid., p. 233s., 297s., 421s.; cf. le recueil Sarre (sous presse), inscriptions nos 37 et 3S. En revanche, 
le naskhi lapidaire figure dès 483 à Alep (te.xte inéditi et dès 530 à Tlemcen; voir J. des Sarant.'', 1!I06, p. 423 s. 



Ortokides de Kaiia. 127 

Voici l'occasion de signaler un monument inédit qui offre une certaine analogie de 
forme avec la coupe d'Innsbruck: je veux parler d'un miroir de bronze (fig. 55) conservé au 
Musée Cernuschi à Paris/ Sa face postérieure est décorée de rinceaux et de dragons chinois 
en relief.- Comme sur la coupe d'Innsbruck, cette face porte en exergue une inscription arabe, 
mais en caractères moitié anguleux, moitié arrondis, d'un style extrêmement curieux; voici ce 
texte inédit (fig. 56), sans les points diacritiques : 

— Coran, XXXIII, 46, et LXI, 13 (fragment, comme au début du n" 27) ... aL— > 

. <)L»_j ^_£ J^\ A— (J ^jiy aJ'}J^\ ^JS (a)jLA>_; 
... Et ce miroir d'acier (?) a été gravé de caractères en l'année 111 (7:29 — 30). 

Le hismillâh, suivi de deux versets du Coran, prouve qu'il s'agit de l'ère hégirienne. Voilà 
donc, s'il n'y a pas d'erreur dans la date, une inscription dont les caractères, plus voisins du 
naskhi que du coufique, seraient bien en avance sur tous les textes é])igraphiques connus de cette 
époque, où règne encore le coufique simple, antérieur au coufique fleuri. Pour tirer de ce fait 
un indice sur le berceau du naskhi en épigraphie, il faudrait savoir où l'inscription a été gravée. 
J'ai cru d'abord que le mot Jnjidiiivâii/iji/a. dont la lecture est certaine, fournirait cet indice.* 
Mais M. Inostrantseff, à qui j'ai communiqué le texte de l'inscription, veut bien attirer mon 
attention sur le sens véritable de ce mot, qui paraît n'avoir ici aucune valeur géographique.* 
Reste le style du décor aux dragons, qui accuse une origine franchement chinoise. Mais ici 
surgit une autre difficulté: le mot marqûna „gravé, inscrit", dont la lecture, elle aussi, paraît 
certaine, semble indiquer que l'inscription a été gravée en surcharrie, dans un pays musulman, 
sur un miroir importé de Chine.^ Dans ce cas, la date ne peut viser cjue cette gravure, et 

' Il m'a été signalé par M. Läufer, à roblj^ennce duquel j'en dois une photographie (fit;. .55). La figure 56 
reproduit un calque de l'inscription, fait par moi en 1908. 

* M. Chavannes, qui a bien voulu l'examiner à ma requête, m'écrit qu'il mesure 19. (i centimètres de diamètre et 
qu'il ne lui est pas pcssible d'en fi.xer le date par le style du décor. Sur les miroirs chinois, voir les sources citées 
par Chavaxxes, Le cycle turc des dome animaux, dans Toung-pao, 1' série, ^'11, et Hirth, Chinese metallic mirrors, 
dans Boas memorial. Sur les miroirs à inscriptions arabes, voir les travaux cités dans Tiesenhausex, Muteriali dlia 
bibliografiij musulmanskoi/ arkheologiy, p. 309 s. 

ä Comme relatif de Hinduwân ,les Hindous', nom donné à plusieurs localités, notamment au château et à un 
cpiartier de la ville de Balkh, à un district et à une petite ville du Fars, au pont de la ville d'Ahwaz, sur le Karun; 
voir les sources citées dans Le Strange, The lands of the Eastern calij}hate, index à Hindii/ân et Hinduuân. 

* Le mot hind signifie ,fer, acier", parce qu'à l'origine on tirait ce métal de l'Inde. De là hindi „de fer, d'acier", 
en parlant d'armes et de miroii's, et l'espagnol alinde et variantes (vieux français olindé); voir Yàqût, Mu'djam, II, 
p. 4S9, 1. 4; DozY et Enuelshxn, Glossaire des mots espagnols et potingais dérirés de l'arabe, 2" éd. 18(i9, p. 14!3s.; 

Schwarzlose, Die Waff'en der alten Araber, ji. 1^8; Dozy, Supplément, s. v. JiIa , avec hnnduu-àn .épée"; le relatif 
hinduwûni , tranchant comme une épèe de l'Inde', est dans Kazimirski, Dictionnaire. M. Goldziher me signale à ce 
sujet plusieurs passages dans la littérature talmudique. Je rappelle toutefois que le miroir est en bronze. 

5 Voici d'autres indices conduisant à la même conclusion. Les lettres sont en creux, alors que sur la plupart 
des miroirs portant des inscriptions arabes originales, celles-ci sont- gravées en relief. En outre, le style du décor 
étant purement chinois, il n'est pas probable que le miroir ait été fabriqué hors de Chine. Or, bien que l'ére 
hégirienne ait été employée plus tard en Chine, dans l'épigraphie musulmane (voir, par exemple, Himly, dans 
ZDMG, XLI, p. 142, et Huart, dans T'oung-pao, 2» série, VI, n" 3), cet emploi parait invraisemblable en l'année 729 
de notre ère, puisque l'expansion de l'islamisme en Chine ne semble guère remonter au delà du début du IX" siècle 
ou de la deuxième moitié du VHP; voir Dabry de Thiersant, Le mahométisme en Chine, 1, p. 16 à 37; Chavannes, 
dans JA, 9" série, IX, p. 77s.; Himly, loc. cit.; Cordier, Aperçu sur l'histoire de l'Asie, p. 10, et dans Mélanges 
H. Derenbourg, p. 433 s.; Reixaid, Relation, passim. J'ai reçu récemment du P. Lagr.\xge à Jéru.salem, qui le tenait 
du P. Arxaiz à Amoy. l'estampage d'une épitaphe conservée dans une mosquée de Tsiuan-Tshou (Zeitun) et datée 
de ramadan 623 (septembre 1226), par conséquent, antérieure à Marco Polo; sauf erreur, c'est la plus ancienne 
date hégirienne relevée jusqu'ici dans l'épigraphie musulmane de la Chine. 

L'hypothèse d'un miroir chinois surchargé d'une inscription arabe gravée en pays musulman parait confirmée 
par l'observation suivante. Sur la surface polie du miroir est gravé un zodiaque accompagné d'une légende en 



128 La coupe d 'Innsbruck. 

non le miroir lui-même, dont le st^'le n'est plus d'aucun secours pour fixer la provenance de 
l'inscription. Toutefois, il semble qu'elle a été gravée dans l'est plutôt que dans l'ouest de 
l'empire musulman, parce que l'ouest de cet empire, dont l'épigraphie est mieux connue, n'a 
livré jusqu'ici aucune inscription comparable, pour le style, à celle du miroir Cernuschi. 

On le voit, la paléographie des monnaies et des objets d'art en métal conduirait à chercher 
vers la Perse ou l'Asie centrale le lieu d'origine de la coupe d'Innsbruck, dont l'inscription, je le 
répète, paraît bien être contemporaine de l'objet lui-même. A vrai dire, cet indice est trop vague 
pour faire pencher, à lui seul, la balance de ce côté, s'il est vrai que le décor accuse plutôt 
une origine byzantine ; je préfère donc ne pas conclure et je me borne à signaler, dans ce décor, 
ce «jui peut avoir une valeur immédiate pour le commentaire de l'inscription. 

Autour du médaillon central, dans lequel figui-e un souverain couronné, assis sur un trône 
et flanqué de deux griffons, sont disposés six médaillons plus petits (pi. XXI et fig. 53). L'un 
d'entre eux renferme l'image d'un rapace debout, la tète de profil et inscrite dans une auréole, 
les ailes éployées^, les griffes tenant un serpent terrassé. Ce rapace ressemble à un oiseau de 
chasse plutôt qu'à un aigle. Or, on a vu que parmi les titres turcs de l'inscription figure le mot 
sunqui- .gerfaut".- Après ce qui a été dit des emblèmes ortokides, est-il permis de voir dans 
cet oiseau un emblème personnel de Dàwud, figurant le sunqur de l'inscription, comme le 
hai(jhit de Muhammad, ou le tsJiaqir de Malik-shàh, ou l'oiseau double de Mahmûd?-' 

Des trois médaillons qui alternent avec les trois premiers, deux renferment une sorte de 
cheval ailé, piétinant un mammifère, et dans le dernier, à droite du souverain, figure un félin, 
piétinant une gazelle. L'inscription ne révèle aucun titre à rapprocher du félin sur la gazelle, 
ni des deux griffons du médaillon central. En revanche, on a vu qu'un des titres turcs 
pourrait, à la rigueur, être lu sawijliun , cheval". Cette leçon, je le répète, est très douteuse; 
j'ignore le sens précis de ce mot et s'il joue un rôle dans la titulature turque. Je me borne à 
suggérer, avec une grande réserve, un rapprochement possible entre ce titre et le cheval ailé 
qui piétine un mammifère, figuré dans deux des petits médaillons.' 

L'envers de la coupe (fig. Strz.) est décoré de six autres médaillons dont deux renferment 
encore un rapace, tenant dans ses griffes un mammifère, et deux autres, encore un cheval ailé, 
piétinant un mammifère. Les deux derniers inscrivent des scènes à deux personnages. 

En résumé, la coupe d'Innsbruck peut être attribuée à l'Ortokide Dâwud de Kaifa; elle 
date donc de la première moitié du XII"^ siècle, si Ton admet, ce qui parait probable, que son 
inscription est contemporaine de l'objet lui-même. La rédaction de ce texte et sa paléographie 
très avancée semblent indiquer que la coupe a été fabriquée hors des Etats de Dàwud et plutôt 
à l'est, du côté de la Perse ou de l'Asie centrale, en un mot, sur la route de la Chine, qui fut 
plus tard le pays classique de l'émail cloisonné; mais jusqu'ici, cet indice ne repose que sur de 
vagues rapprochements. Enfin, deux titres de cette inscription pourraient être en rapport avec 
les curieux emblèmes figurés dans les médaillons." 

coufique astronomique et d'une inscription donnant le nom et la généalogie du chérit Idris II, qui a régné au iWaroc 
de 177 à 213 (793 à 828). Dans ses Chinese metallic mirrors, op. cit., p. 220 s., M. Hirth a expliqué la cause de 
ces migrations lointaines des miroirs chinois. M. Herzfeld, auquel j'ai soumis le problème, croit que cette inscription 
n'est que la suite de la première, dont la date est inexacte, les caractères des deux textes accusant plutôt le V" siècle de 
l'hégire. Jusqu'à nouvelle étude de cet étrange document, son hypothèse me parait vraisemblable. 

' L'oiseau aux ailes reployées cjui figure dans deux autres médaillons est un paon faisant la roue. 

^ Voir plus haut, p. 122. ' Voir plus haut, p. 7S s. et 93 s. 

^ Sur d'autres emblèmes chevalins, voir plus haut, p. 40 et fig. 21 et 22. 

' En achevant ce travail, il me reste à remercier IVI. Goldziher, qui a bien voulu en parcourir une épreuve et 
l'enrichir de ses observations, ainsi (jue la Direction de la Bibliothèque royale de Berlin, qui a mis le plus grand 
empressement à m'envoyer, à la dernière heure, le manuscrit d'ibn Shaddàd que J'ai souvent cité dans ces notes. 
Pour la bibliographie de cet important ouvrage, je renvoie à l'édition qu'en prépare M. Willy Sarasin, à Bale. 



BEITRÄGE 



KUNSTGESCHICHTE DES MITTELALTERS 

VON NORDMESOPOTAMIEN 

HELLAS UND DEM ABENDLANDE 



VON 



JOSEF STEZYGOWSKI 



VORWORT. 



Die naclifolgende kunsthistorische Bearbeitung geht wie die voraufgehende historisch- 
epigraphische Untersuchucg Max van Berchems aus von den Aufnahmen des Generals de 
Beylié in Dijarbeivr-Amida. Es werden vorerst die beiden Fassaden und die Inschriften, die 
sie datieren, behandelt. Ähnlich wie gelegentlich Mschatta suche ich auch hier unter Aufwand 
eines dem heutigen Stande meiner Denkmälerkenntnis entsprechenden Vergleichsmateriales 
in die Fragen nach Zeit, Kunstkreis und Bestimmung der alten Teile beider Fassaden von 
Amida einzudringen. Es zeigt sich, daß auch im nördlichen Mesopotamien, wie ich an der 
Hand der Sarkophage vom Sidamaratypus für das südliche Kleinasien nachwies\ die Theater- 
fassade Ausgangspunkt der Entwicklung und der spezifisch orientalische Einschlag vor allem 
in den Netzornameuten der Säulenschäfte zu suchen ist. Schon in diesem ersten Hauptab- 
schnitte bietet die Bearbeitung der mir bekannt gewordenen christlichen Kirchen von Amida 
Gelegenheit, die üljerraschende Tatsache des Übergreifens persischer Kunstformen auf Hellas zu 
berühren. 

Der zweite Abschnitt behandelt den gebirgigen Teil von Mesopotamien und das von Miß 
Bell südöstlich von Dijarbekr aufgenommene Tur Abdin-Gebiet im besonderen. Er gestattet, 
den spärlichen Denkmälern christlicher Kunst im alten Amida einen Hintergrund zu geben, 
der meine auf sie gegründeten Annahmen bezüglich der Bedeutung Nordmesopotamiens in der 
Entwicklung der christlichen Kunst zur erwünschten Gewißheit erhebt. An dieser Stelle drängt 
sich dann auch die Gelegenheit auf, der Fäden zu gedenken, die sich allmähhch immer dichter 
vom Oriente nach dem „romanischen" Abendlande spinnen lassen. 

Der dritte Abschnitt über die Mauern von Dijarbekr ist rein beschreibend, der vierte über 
die Tore der Stadt dagegen gibt wieder reichlich Anlaß zu vergleichenden Studien. 

Die zweite Hälfte des Buches, beginnend mit dem fünften Abschnitte, geht im Anschluß 
an die große Moschee von Dijarbekr Problemen der islamischen Kunstforsehung nach und bietet 
Anlaß zu einer kritischen Auseinandersetzung mit dem kürzlich von Hermann Tuierscu ver- 
öffentlichten Bande über den Pharos von Alexandria, wozu auch mein Aufsatz „Antike, Islam 
und Okzident" in den Neuen Jahrbüchern für das klassische Altertum, XXIII (1909), S. 354 f., 
zu vergleichen ist. Der sechste Abschnitt über das Ornament bringt wieder Beiträge zu den 
Fragen Hellas und Orient einer-, Byzanz und Orient andererseits. Es wird daher nicht üljer- 
rascben, am Schluß ein siebentes Kai)itel über Hellas und Mesopotamien angegliedert zu 
finden. 

Ül^erblicke ich die Arbeit, die seinerzeit rein beschreibend und vergleichend im Hinblick auf 
einzelne Denkmäler begann, so ergibt sich als unbeabsichtigter Ertrag ein neuer Vorstoß in der 
Geltendmachung des Anteils, den ich dem Orient in der Kunstentwicklung beim Übergänge vom 
Altertum zum Mittelalter zuschreibe. Diese Tatsache kommt mir doppelt stark zum Bewußtsein, 
wenn ich August Helsenbergs kürzUch erschienenen Vortrag „Die Grundlagen der byzantinischen 
Kultur" lese.^ Er schließt mit dem Bekenntnis: „Auch uns wenige, die wir dem Studium dieser 

1 Journal of hell, studies, XXVII, p. 9!lf. 

- Neue .Tahrbücher f. il. klass. Altertum, XXIll, 19(1 f. 



132 VdHWOKT. 

(der byzantinischen) Kultur unsere Kräfte widmen, beseelt im Grunde der frohe Glaube, daß 
wir das Land der Griechen mit der Seele suchen, wenn wir die Arbeit unseres Tages tun". 
Heisexberg hat wirklich diesen Glauben. „Aller Reichtum au Formen und Gedanken, den 
wir bewundernd (an der altbyzantinischen Kunst) wahrnehmen, ist entsprossen aus der einen 
hellenistischen Wurzel und hat sein besonderes Leben und seine Schicksale erhalten in Kon- 
stantinopel, in der Hauptstadt des byzantinischen Reiches." Ich kann diesen Glauben leider 
nicht teilen, muß vielmehr unter der Voraussetzung, daß man zwischen Hellenismus und Orient 
überhaupt noch vernünftig trennt, gegen diese Glaubenseligkeit Stellung nehmen. 

Schon in meiner Arbeit über den serbischen Psalter suchte icli nachzuweisen, daß nicht 
alles, was wir gewohnheitsmäßig in der slavischen Kunst dem byzantinischen Vorbilde zu- 
schreiben, auf Konstantinopel zurückgeht, vielmehr in manchen Zügen direkte orientalische 
Quellen vorliegen. Auch in Byzanz selbst mache sich dieser Strom nocli in der Spätzeit geltend. 
Darauf antwortet jetzt Heisenberg: „Auch vom Orient her empfängt die byzantinische Kunst 
seit dem Ende des 5. Jahrhs. keine tiefgreifenden Anregungen mehr. Das Problem „Orient 
oder Byzanz" ist zwar vor kurzem mit kühner Energie aufgestellt, und wie früher eine un- 
mittelbare Einwirkung orientalischer Kunst nach dem Abendlande, so ist zuletzt auch eine 
Byzanz umgehende unmittelbare Beeinflussung mittelalterlicher byzantinischer Kunst durch den 
Osten angenommen worden. Allein es stehen dieser Annahme schwere Bedenken entgegen. Die 
Kunst des byzantinischen Mittelalters ist eine unlösbare Einheit von durchaus geschlossenem 
Charakter, es finden sich alle Elemente darin wieder, die wir auf dem Höhepunkte, im Justi- 
nianischen Zeitalter, bereits ausgebildet sehen, und kein fremder Zug stört diese vollkommene 
Einheit, die einer Starrheit in der Tat verwandt scheinen könnte. In der Baukunst lassen sich 
im Mittelalter trotz deutlich fortschreitender Entwicklung keine prinzipiell neuen Formen er- 
kennen; die Kreuzkuppelkirche, die vorherrschende Stilart, ist nur die Weiterbildung der Apostel- 
kirclie Justinians', von der wir in S. Marco eine Nachahmung gerettet haben. Die Hagia 
Sophia steht heute noch aufrecht, und dieser glückliche Umstand hat an der Einheit der byzan- 
tinischen Architektur nicht zweifeln lassen." 

Soweit Heisenberg. Ich kann ihm nicht beistimmen.- Im vorliegenden Bande wird man 
Beweise dafür finden, daß die byzantinische Kunst keine starre hellenistische Einheit ist. Nicht 
nur hat der nähere Orient vor dem 5. Jahrb. und zur Zeit der Bilderstürme" mächtig auf 
Byzanz eingewirkt und später, wie ich im serbischen Psalter zeigte, mit Umgehung von Byzanz 
von Syrien aus die Südslaven beeinflußt — das zentrale Gebiet, von dem aus der Vorstoß des 
Orients gegen Byzanz und das Abendland erfolgte, waren Zentralasien, Persien und Mesopotamien. 
Der Südstrom ging über Persien, im engeren Sinne gerade über das Grenzgebiet, in dessen 
Zentrum Amida liegt, d. h. Armenien und das Städtedreieck Edessa— Nisibis— Amida. Von dort 
aus wird ein guter Teil der Schicksale der byzantinischen Kunst bestimmt. Doch auch der 
Nordstrom bleibt im vorliegenden Buche nicht ganz unberücksichtigt. Ich greife nur eines der 
vielgestaltigen Probleme dieser Art heraus, die überraschenden Belege dafür, daß Hellas im 
frühen Mittelalter Bauten und Ornamente im persisch -islamischen Stil ausführt. Es genüge 
vorläufig die Feststellung der Tatsache, daß dies ohne Vermittlung von Byzanz geschehen zu sein 
scheint. Im persischen Bautypus freilich konnte die Apostelkirche den griechischen Kirchen Vor- 
läufer gewesen sein. Es ist zu beachten, daß der Baumeister der Heiligtümer Konstantins d. Gr. 
am Grabe Christi nach Theophaues I, 33, 11 (de Boor) Zenobios hieß, ein Name, der auf das 
syrische Mesopotamien weist. Ich bin ferner überzeugt, daß bereits in altbyzantinischer Zeit 
ein Großteil der „byzantinischen'- Bildtypen von neutestamentlicben Vorgängen und vor allem der 

' Heisenberg läßt hier die Funde in Kleinasien und ilie Besoln-eiliun^ der Seri-'inikirche in Gaza von Chorikios 
außer acht. 

' Vgl. aufh E. Gerl.\\d. Berliner pliilul. Woi-hensihrilt, l'.Hd, Sp. .">:'. 1 f. 

ä Vgl. meinen Aufsatz liher Amra, Zeitsrhr. f. biUl. Kunst, X. V. XVIll, S. ^14 f. 



Vorwort. 133 

bärtige „bj'zantiuische" Christuskopf aus Mesopotamien, genauer gesagt, von Edessa (wahr- 
scheinlich über Jerusalem) nach dem Bosporus gelangten — aber das alles hat nichts zu tun 
mit der persischen Oktogonalkuppel auf Trompen, wie wir sie nach 1000 ca. in Hellas heimisch 
finden und den mesopotamischen Tierornamenten mit kufischen Schriftbordüren, wie ich sie 
selbst auf der Akropolis von Athen nachweisen konnte. Überzeugen meine Ausführungen, dann 
wäre es doch vielleicht an der Zeit, daß die Gegner der Annahme einer Großmachtsstellung 
Persiens auf dem Gebiete der bildenden Kunst des Mittelalters in sich gehen und mit dem 
Vorwurfe, daß ich übertreibe, vorsichtiger würden. (Vgl. dazu Roman. Forschungen XXIX, 321 f.) 

Zum Schluß sei der Wunsch ausgesprochen, daß der praktische Erfolg dieser Arbeit die 
Ausrüstung von E.xpeditionen nach Mesopotamien, Armenien und Persien sein möchte. Wenn 
es Berchem und mir gelingt, für wen immer die nötigen Mittel flüssig zu machen, so daß zum 
mindesten endlich Edessa aufgenommen wird, so ist ein Hauptteil unserer Absicht erfüllt. Der 
Lohn dieser zukünftigen Mühen dürfte zunächst ein überraschend neuer Einblick in die Ur- 
sprnngsfragen der christlichen Kunst des Mittelalters sein — die Osrhoëne und Armenien waren 
die ersten christlichen Staaten — und darüber hinaus im Wege des spätantiken, germanischen 
und islamischen Ornaments ein Einblick in Gebiete der Kunst des Altertums, die bisher kaum 
im Gesichtskreis der Kunsthistoriker lagen. 

Man gestatte einen Rückblick auf meine seit 1885 getane Arbeit. Ich ging einst nach dem 
Süden, um dem Ursprünge der italienischen Kunst nachzuforschen. Jahrelange Studien über- 
zeugten mich, daß der Schlüssel im Osten liegen müsse, nach damaliger Auffassung in Byzanz. 
So kam ich nach Konstantinopel. Und wieder nach einigen Jahren erkannte ich, daß auch 
dort nicht der eigentliche Keimboden der christlichen Kunst zu suchen sei. So ging ich nach 
Ägypten, Kleinasicn, Syrien und bin nun in Mesopotamien gelandet. Nebenbei trat ich seit zwanzig 
Jahren auch der islamischen Kunst näher. Der Weg wird also weiter gehen nach Persien und dem 
fernen Osten und Süden. Inzwischen aber ist für die christliche Kunst immerhin eine entschei- 
dende Grenze erreicht. Sie brandet in Mesopotamien nicht aus, sondern hat vielmehr gerade 
dort einen ihrer Ausgangspunkte. Es freut mich, nachdem ich das Buch mit Freunden zusammen 
geschrieben, am Schlüsse auch noch von befreundeter Seite die Erklärung dafür zu bekommen, 
warum gerade Nordmesopotamien für die Aufnahme des Christentums so auffallend vorbereitet 
war und dort so früh eine bedeutende Welle christlicher Kunst zusammen mit der Kloster- 
bewegung entstehen konnte. 

Ich habe nach vielen Seiten zu danken, das wird au seiner Stelle geschehen. Hier sei 
nur ausgesprochen, daß Max vax Berchem die Korrekturen mitgelesen hat und die Schreibung 
der arabischen Namen im Einklang mit dem ersten Teile zu halten suchte. Der Verleger hat 
einsichtig und gern alle meine Wünsche erfüllt. 

Graz-Wien 1909/10. 

Josef Strzygowski. 



I. DIE CHRISTLICHEN DENKMÄLER VON AMIDA. 



EINLEITUNG: DIE GRENZEN DER BEWEISKRAFT VON INSCHRIFTEN. 

IHirch die vorausgeliende Arbeit van Berciiems ist das in Amida für die Wissenschaft 
bereitliegeude Material, soweit es bis jetzt, namentlich durch die Aufnahme des Generals de Beylié 
bekannt geworden ist, chronologisch gesichtet und nach allen Seiten, auch vom archäologischen 
Standpunkt aus, geprüft worden. Es erübrigt nun noch die rein kunsthistorische Betrachtung. 
Ich möchte auch diese chronologisch aufbauen, so daß sich mit der A'orführung zwanglos gene- 
tische Fragen verknüpfen lassen. Aber freilich liegt die Sache hier nicht so einfach. Denn 
wenn ich die Dinge in ihrer zeitlichen Aufeinanderfolge geben will, muß ich mich zunächst 
einmal mit den allen Gelehrten bekannten Wahrzeichen von AmidaDijarbekr auseinandersetzen, 
den beiden Fassaden, die im Vorhofe der großen Moschee einander gegenüberstehen. Stammen 
diese wirklich aus der Zeit, in welche sie die von Berchem mitgeteilten Inschriften verweisen? 

Es handelt sich hier um eine für die islamische wie für alle Kunstgeschichte grundlegende 
Prinzipienfrage: sind Inschriften bindende Beweise auch in kunstgeschichtlichen Fragen? Ich 
will hier gar nicht von tatsächlichen Irrtümern oder Fehlschlüssen auf selten der gelehrten Epi- 
graphiker reden. Der Streit um die Datierung der kleinasiatischen Kirchenbauten hat gezeigt, 
wie sehr es am Platze war, für die Kunstwissenschaft das Recht des selbständigen Urteils un- 
abhängig von dem Befund des Epigraphikers zu verlangen.' Hier handelt es sich vielmehr um 
Irreführungen von selten der einstigen Verfasser der Inschriften selbst. Es ist bekannt, daß 
nicht nur im alten Ägypten pohtische Rivalität zu Fälschungen geführt hat. Bekcueii 
hat die Beweise zusammengestellt - für das Vorgehen der Abbasiden gegen die Omayaden, 
wie der Khalife von Bagdad Ma'mun im Jahre 216 H. (831) im Felsendom zu .lerusalem seinen 
Namen austeile des Khalifen von Damaskus 'Abd al-Malik 72 H. ((J91 2) und in der großen Moschee 
von Damaskus anstelle des Khalifen Walid 86 H. (705) setzte. Solche Fälschungen lassen sich 
immerhin noch im Rahmen der Epigraphik selbst aufweisen. Anders in Amida. An den In- 
schriften kann da nicht gerüttelt werden; was sie sagen, ist wahr. Und doch muß der Kunst- 
historiker der subjektiven Auffassung der Verfasser jener Inschriften objektive Tatsachen gegen- 
überstellen, die diese Dokumente als in entscheidenden kunsthistorischen Dingen unwahr hin- 
stellen. 

Überblickt man den Vorhof der großen Moschee von Dijarbekr (Taf. VIII u. XIII, 8. 298), 
so ergibt sich die Tatsache, daß die Front der eigentlichen Moschee in der Wirkung geschlagen 
wird durch die beiden Flügel zur Seite. Den Inschriften nach stammen die einzelnen Teile 
dieses mehr malerischen als einheitlieh architektonisch wirksamen Ganzen aus sehr verschie- 

' Byz. Zeitschr. XVI (1907), S. 716 und XVII (lilOS). S. iui-2. Dazu jetzt Ramsay and Bell, The tli(iu<aiul and 
one churches, London 1909. 

- Inscriptions arabes de Syrie, p. 84 (SA. p. 10). 



ElXLEITlXC. 135 

dener Zeit. Zuerst entsteht — Inschrift 18 — 484 H. (1091/2) mit der Angabe „befohlen hat 
dies zu machen Malik-shah'-, die rechte, d. h. die Westhälfte der eigentlichen Moscheen- 
wand. Dann folgt — Inschrift 19 — ca. 510 H. (1116/7) das Erdgeschoß der daran anstoßenden 
Fassade der Schmalseite. Erbauer ist Ilaldi, der Bau heißt die westliche Maksura und das — 
Inschrift 20 — 518 H. (1124/5) hinzugefügte Obergeschoß die unbedeckte Maksura. Sie ist in 
der Tat trotz der neun großen Öffnungen heute noch unbedeckt; nur die letzten Bogen im 
Süden sind modern verbaut. Nachdem der Bau im Westen fertig war, dürfte — Inschrift 21 
— 550 H. (1155/6) Mahmud ihn Ilaldi die hnke Hälfte der Moschee selbst begonnen haben 
und fügt dann — Inschrift 22 — 559 H. (1163/4) die Ostfassade hinzu. In der Inschrift heißt 
dieser Bau an der linken Schmalseite, der westlichen Maksura gegenüber, ,die östliche Suffa". 
Mahmud erbaut sie ..von ihrem Fundament aus bis auf ihre Krönung und die ganze obere 
Maksura". 

Der Leser mag nun einmal die nachfolgenden Abbildungen (Taf. IX— XI und XIII — XV) 
der beiden Fassaden an den Sehmidseiten des Hofes betrachten : sind diese so genau, im Westen 
sogar nach Stockwerken datieiten Bauten wirklich islamischer Herkunft? Wofür wurden sie 
bisher ohne Kenntnis der Inschriften nicht ausgegeben ! Texiek, der den Bau jedenfells am 
genauesten von allen denen, die bisher darüber geurteilt haben, kannte, sagt, die Kapitelle seien 
römisch- bj'zantinisch und die Skulpturen deuteten auf eine Arbeit des 3. oder 4. Jahrhs. In- 
dessen seien alle Bogen der Tore im Erdgeschoß spitzbogig, was darauf hinweise, daß diese 
Art Konstruktion viel älter sei, als man glaube. — Ritter' hat 1844 die älteren Angaben zu- 
sammengestellt. NiEBUHR, der die Moschee nicht betreten durfte, nennt sie ein prächtiges 
Gebäude, das einst die christHche Hauptkirche gewesen. Dafür erklärt sie auch Southgate 
trotz der Inschriften, die er als kufisch bezeichnet. Dupré schreibt die Erbauung den Khalifen 
zu. Ritter selbst meint, es könne sich vielleicht um die vom Kaiser Heraklius gebaute und 
im 8. Jahrh. hergestellte große Kirche handeln. Ihm schloß sich noch 1902 General de Beylié 
an^ unter Bezugnahme auf Schlumberoer.-' Andere Ansichten vertraten englische Architekten; 
sie hielten den „Palast" für sasanidiscb oder parthisch. Fergusson^ reiht ihn der sasanidischen 
Kunst ein und meint, er sei, nach dem Stil zu urteilen, in der Zeit des Tiridates (286 — 342) ent- 
standen. Er kannte nur Texiers Zeichnungen, von denen noch die Rede sein wird, und sieht 
die Moschee für eine Kirche an. Rawlison^ datiert den Bau nicht vor 359 n. Chr. Der neueste 
Bearbeiter, Phené Spiers^, sagt wörtlich: ..They seem to me to have been built up of materials 
taken from some more ancient palace, possibly that of Tigranes, an Armenian monarch, who, 
in B. C. 74, drove the Parthians temporarily out of Mesopotamia; and, though interesting for 
the exuberant richness of the carved shafts, capitals and friezes, and the various peculiar forms 
of arched openings, they do not add much to the history of the Sassanian style. Cufic inscriptions 
run across the fronts, under the entablature. Here again the ornament which has been ap- 
plied resembles that which Mr. Loftus found at Warka and which is peculiar to the Parthian 
style, shown in 111. 26." Seine Abbildung 26 zeigt den Aufriß der Westfassade ; diese wird also 
gleich Warka für parthisch angesehen. 

Wie steht die Frage nun heute, wo wir. dank den Bemühungen des Generals de Beylié, 
die Inschriften kennen': muß man da nicht endgültig anerkennen, daß diese Fassaden islamisch 
sind? Zur Beantwortung dieser Frage ist eine eingehende Betrachtung der beiden Fassaden in 
allen Details notwendig. 

' ErdkullJe, XI, S. Tm. Dort auch die olien nicht gegebenen Zitate. 

- L'habitation byzantin, p. öö. 

' Un empereur byzantin au Xe siècle. 

•" A history of architecture, II, p. 425. — ° The sixth great oriental monarchy. 

« Architecture East and West 1905, p. G« f. 

' Eine Kopie hatte schon Konsul Taylor mitgeliracht. Vgl. Fehcl^sox a. a. 0. 



136 



Die cHRisTLicHKN" Dkxkmäi.kk viiN Amioa. 



1. DIE BEIDEN PRUXKFASS AD EN YON DIJARBEKR. 

(Tafel XIII.) 
Die Ostfassade, Taf. XIV— XV. Ich gehe, obwohl sie nach deu Inschriften die jüngere 
ist, aus von der Ostfassade, weil diese bereits weiteren Kreisen bekannt wurde durch die 
photoiiraphische Aufnahme des Legationsrates Dr. Max Freiherrn von Oppexheim, die ich für 
meine Mschattaarbeit verwenden konnte.^ Die Angabe, die Photographie gebe die Westfassade 
wieder, war falsch. Es handelt sich vielmehr um ein Detail der einfacheren Ostfassade, das 
ich hier nochmals reproduziere, weil es die neuen Aufnahmen de Beyliés in einem nicht un- 
wichtigen Punkte ergänzt. 




Abb. 57. Dijarbekr, Große Moschee: Ostfassade des Hofes. 



Abb. 57 nach v. Oppexheiji. Wir sehen zwischen zwei vermauerten Spitzbogen und einem 
otfenen Durchgange, der von einem in der Mitte stufenförmig auseinandergeschobenen Rund- 
bogen abgeschlossen wird, zwei Säulen aufragen. Sie haben keine Basen, stehen vielmehr ganz 

' -lalirlnich il. Kgl. preuß. Kunstsammlungen, IltOt, .S. 338 f. 



Die beiden Puunkfassadex vox Dijakhkkh. 



137 




Abb. 58. Dijarbekr, Große Moschee t Ostfassade des Hofes. 



unvermittelt zwischen einer Fußbank auf oder stecken an anderen Steilen (Tafel XIII unten) im 
Pflaster des Hofes. In zweidrittel Schaflhöhe enden diese Säulen mit einem flachen Bande, 
darüber ist ein Stumpf aufgesetzt, der den unteren vollständigen Schaft zu einer dem antiken 
Empfinden nicht mehr ganz entsprechenden Höhe ergänzt. Die Aufnahme Oppenheims endet links 
unten mit einem weißen Schirmdach. Damit beginnt Abb. 58, eine Aufnahme Beyliés. Man 
beachte, daß die Säulenzusammenfügung hier nicht über, sondern unter diesem Schirmdach er- 
folgt, und zwar gleichmäßig bei allen drei Säulen bis zur Hofeeke, wo das Quaderwerk der 
Nordarkade sichtbar wird. Die Schaftanfänge unten sind hier durch allerhand Stein- und 
Mauerwerk verlegt. 

Den Wechsel in der Zusammen- 
fügung der Schäfte im Erdgeschoß 
beobachtet mau gut auch in den neuen, 
prächtigen Aufnahmen der Oberwände 
von Beylié Tafel XIV und XV. Die 
Überhöhuug der unteren Säulen durch 
Anstückelung geht durch, doch liegt 
eine Regel vor: die mittleren vier Schäfte 
setzen in gleicher Höhe ab, die seit- 
lichen sechs etwas tiefer. Jedenfalls 
sind alle zehn Säulen aus altem vor- 
islamischem Material zusammengeflickt, 
ein Brauch, der in Baalbek und Kairo 
ebensogut wie in Kaiman, Cordoba und 
sonst beobachtet werden kann. Das 

gleiche gilt von den Kapitellen. Ich konnte das schon an Abb. 57 feststellen^; das Exemplar 
links mit dem schönen, durchbrochen gearbeiteten Mäander (vergrößert Taf XIV, 2) ist ein 
selten feines korinthisches Kapitell von antikem Schnitt mit jenen stark überfallenden Blatt- 
spitzen, wie sie um 400 üblich wurden.^ Die übrigen neun Kapitelle dieser unteren Säulen- 
stellung wecken kein besonderes Interesse; es sind Vertreter der fabriksmäßig hergestellten 
Massen ware und haben verschiedene Höhe; ihr Akanthus ist zumeist nur im Umriß angedeutet. 
Über den Säulen läuft (Taf XIV und XV) in drei Streifen ein Architrav hin, der durch 
eine nach oben wachsende Verkröpfuug auf das zweite Geschoß überleitet. Wir sehen unten 
zunächst einen Inschriftfries, dessen Ornamente wertvolle Handhaben bieten zur Bestimmung und 
Datierung von Ornamenten, denen solche Inschriftbeigaben fehlen. Die Vertikalhasteu sind 
mannigfach glatt verknotet und die oben zwischen ihnen leer bleibenden Flächen von Ranken- 
werk gefüllt, das sich in schön ausschwingenden Wellen und Einrollungen gefällig in alle 
Lücken der Schrift einnistet, Krabben^ und an den Enden mancherlei Arten von Palmetten- 
teilen ansetzt. Die Würfel über den Kapitellen sind, soweit man nach den Photographien ur- 
teilen kann, nur einmal frei von Schrift, über dem Kapitell vom Mitteleingaug links (Abb. 57 und 
Taf. XIV, 2), auf dem man oben in einem dreieckigen Ansatz einen Stierkopf gebildet sieht. Die 
Ranken breiten sich da symmetrisch von einer darunter erscheinenden Scheibe aus. Dieselbe 
Schmuckart ist auf dem Würfel rechts zu erwarten, den man Tafel XV schlecht sieht. 

Der zweite Streifen des Frieses^ zeigt zwischen drei horizontalen Stegen oben eine Wein- 
ranke, unten die Folge von Dreiblatt und Lotos, dann einen Perlstab. Dieser untere Teil ist 

1 Mschatta, ebenda, S. 339—340. 

-■ Jahrbuch d. deutschen arch. Instituts, VIII (1893), S. 10. 

ä Vgl. meine , Kleinarmenische Miniaturenmalerei'. Veröffentlichungen der k. Universitätsbibliothek zu Tübingen, 
1907, S. 19 f. 

* Vgl. die Vergrößerung Mschatta, S. 340. Besser Tafel XIV u. XV unten. 
Amida. 1* 



138 Die riimsTi.UHKN Dexkmälei: vox Amipa. 

absescbiagt. wie mau an den \'erkröpfungen sehen kann. Inniittiu der Weinranke sitzt so- 
wohl an den Kröpfen wie dazwisclieu eine rundbauchige Vase, aus der die dünnen Wellenstiele 
entspringen. In den Einrollungen liegt immer ein siebeuzackiges Blatt und eine Traube. 

Der oberste Streifen ist am reichsten in Licht und Schatten abgestuft; man beurteile das 
wieder an den Ecken der Kröpfe. Zu oberst eine flache Viertelkehle mit Rankenwellen, die 
verdickte Palmettenlappen und kleine Bogen in den Gabelungen zeigen. Dann folgt eine starke 
Einziehung, aus deren Dunkel, fast frei herausgearbeitet, siebenzackige Blätter vortreten — ein 
eicrenartiges Motiv, ergänzt durch Rankenteile zwischen und eine Wellenrauke unter diesen 
Blättern. Man präge sich hier besonders die einseitigen Lappen der Flügelpalmette ein. Dar- 
unter noch ein Perlstab und ein Zahuschnitt. Dann eine glatte Hohlkehle. 

Das erste Geschoß dieser Fassade, das im Gegensatz zur .unbedeckten" Maksüra gegen- 
über bewohnt, daher mit verglasten Fenstern versehen ist, zeigt das gleiche System der vor 
die Wand gestellten Säulen mit hohen Verkröpfungen wie im Erdgeschoß. Doch haben die 
Säulen hier Basen, und zwar antike, aber mit flachem Bande statt des Wulstes oben. Die 
kurzen Säulchen scheinen ebenfalls spätantik, die meisten von ihnen weisen farbige Äderung 
auf. Die Kapitelle sind sehr verschieden. Von ünks nach rechts gezählt, zeigen 2, 4 und 7 
Girlanden unter den oberen Ecken, 3 und 10 eine in anderer Art reichere korinthische Form. 
Die verkröpften Friese sind höher und anders angeordnet als unten. Über einem Würfel folgt 
ein heller Streifen mit einer Lischrift im mittleren Intercolumnium, darüber als Abschluß ein 
derber Weinrankenfries zwischen profilierten Leisten oben und unten. Auf den beiden Kröpfen 
zuseiten der Mitte sitzen Stierköpfe; ich schließe daraus, daß auch unten ein zweiter Kopf an 
dem Kapitell rechts vom Eingang anzunehmen ist. 

Man werfe nun noch einen Blick auf die je vier glatten Spitzbogen unten zuseiten der 
profilierten breiten Mittelöffuung, dann auf die Bildung der oberen Öffnungen mit den von 
profiherten Konsolen getrageneu Querbalken, über denen sich ein runder Eutlastungsbogen 
wölbt, während die höhere Öffnuug der Mitte über dem Balken eine horizontale Entlastung aus 
Keilsteinen zeigt, und springe dann mit dem BUck unmittelbar über auf 

Die Westfassade, Taf. IX— XI. Die Gruudeinteilung ist hier fast die gleiche : zehu Säulen 
in zwei Geschoßen einer Wand vorgekröpft, die aber in anderer Art geöffnet ist. Oben laufen 
neun untereinander ganz gleiche Ausschnitte hin, alle entsprechen der einen mittleren Öffnung der 
Ostfassade, d. h. sie sind ohne Rundbogen durch gerade Balken geschlossen.^ Unten entsprechen 
der einen mittleren Öffnung mit dem auseinandergezogenen Rundbogen zwei gleiche an den 
Enden, so daß nur drei Spitzbogen jederseits übrig bleiben. Also ist die eine Fassade nicht 
einfach ein Spiegelbild der andern, beide sind vielmehr Variationen desselben Typus. Sieht man 
sich nun die Westfassade genauer im Detail an, so ergeben sich recht merkwürdige Unterschiede. 

Im Jahre 1904 habe ich aus den Aufnahmen Oppenheijis genauer nur die Ostfassade 
gekannt. Damals lautete mein L'orteil: Jch kann nicht sagen, ob Abb. 1 den Stil des Ganzen 
oder nur eines von den Seldjuken ergänzten Teiles wiedergibt. In jedem Falle scheint dieses 
verkröpfte Gebälk mit den überreichen Ornamenten auf ein Original aus dem 4. bis 7. Jahrh. 
zurückzugehen.- Nun, dem General de Beylié gebührt das Verdienst, uns dieses Original in 
Detailansichten beschert zu haben.- Auf Grund seiner Photographien der Westfassade läßt sich 
nachweisen, daß nicht nur, wie an der Ostwand, Säulenschäfte und Kapitelle, sondern auch die 
Hauptteile des Gebälkes vorislamischen Ursprungs sind. Es wird gut sein, diese Behauptung 
gleich von vornherein bei der nachfolgenden Beschreibung im Auge zu behalten. 

■ Verschieden ist nur die Konstruktion der Entlastung. An der Ostfassade sind es scheitreclit verzahnte Keil- 
steine, hier seitlich Balken, die unten etwas ausgeschnitten sind und einen Keilstein in die Mitte nehmen, tier auf 
einem Stäbchen liegt. 

2 Taf. IX, 2 und XI. 3 nach Aufnahmen, die mir freundlich ein Mitglied der deutschen Assur-Expedition. Herr 
Ing. C. Preisseb, zur Verfügung gestellt hat. 



Die BEIDEN' Peuxkfassadex von Dijarbekiî. 



139 



Der Aufbau der Westfassade Ijeginut von unten her nicht anders als gegenüber (Taf. XIII 
oben). Die Quaderpfeiler mit den drei gestreckten Rund- und den sechs Spitzbogen sind isla- 
mischen Ursprunges. Man beachte, dal* die Spitzbogen Taf. IX —XI entgegen der Ostfassade ebenso 
wie die Rundbogen profiliert sind und die meisten dieser Bogen in der Mitte ein Zeichen aus- 
gespart zeigen, über dem Mittelportal einen Ring(?), rechts davon sechsteilige Sterne verschie- 
dener Art, links u. a. einen Krug. Die Schäfte sind wieder zusammengestückelt, die Kapitelle 
zeigen alle gute korinthische Bildung und vorzüglichen Akanthusschnitt. Das Kapitell rechts 
neben dem Mittelportal (X, 2) hat besonders feine Eckvoluten mit durchbrochen gearbeiteten 
Wirbelblättern. Dasselbe Kapitell findet sich auch einmal in der oberen Reihe (von links das 
dritte, IX, 3). Dort sind daran auch noch die eigenartig überfallenden Blattspitzen erhalten. 

Man beachte nun: der luschriftfries _ 

sitzt entgegen der Ostfassade nicht als 
erster Streifen über den Kapitellen, son 

dern läuft zwischen diesen verbindend „ ;.-. ;_^1-- 

hin.i Das verkröpfte Gebälk löst sich fei^i "'>•''■ 

nicht in mehrere Streifen auf, sondern 
bildet eine organische Einheit, bestehend 
aus den von der Spätautike her bekannten 
Elementen. Ich gebe hier in Abb. 5!» 
für die Details eine Zeichnung Hommairi; 
DE Hells (Voyage, pi. XLIII). Über dem 
Kapitell, zunächst über Plättchen und 
Perlschnur ein Kyma mit aufrecht ste- 
henden Blättern. Dann folgt der Fries 
Er zeigt an den Kröpfen wechselnde Mo- 
tive, dazwischen Weinranken, aus Vasen 
entspringend wie drüben an der Ostfassade, 
nur mit dem richtigen, fünfteiligen Blatt. 
Darauf folgt das weit vorspringende Kranz 
gesims, mit einem Miniaturzahnschnitt 
beginnend, dann, durch eine kleine Hohl 
kehle mit tief umrissenen Rillenenden 
vermittelt, Konsolen, über denen das 
Ganze abgeschlossen wird durch eine Sima 
von Palmetten, die in ganz linearer Auf- 
lösung wechseln mit Blattbildungen aller 

Art. Fast genau das gleiche Gesims krönt auch das obere Geschoß ; es erhält nur dadurch 
Eigenart, daß ihm der auffallend breite arabische Schriftfries nicht zwischen, sondern ül)er den 
Kapitellen, also wie an der Ostfassade, untergeschoben ist. Die Würfel über den Säulen zeigen 
rein islamische Ornamente und zuseiten der Mittelachse wieder die Stierköpfe (X, 1), jedoch 
nicht auf dreieckigen, sondern auf T-förmigen Ansätzen. 

Das Interessanteste an diesem Obergeschoß sind die Säulenschäfte. Sie erscheinen wie von 
Ornamentnetzen übersponnen, die nur beim zweiten Säulenpaar von der Mitte aus ganz gleich 
sind: einfache Fäden, diagonal gekreuzt. Links von diesen Säulen stehen andere mit einem 
Netz, das Kreuze übrig läßt, bzw. mit Kreisen, die sich bis auf die Weite eines kleinen Qua- 
drates schneiden. Es handelt sich um Muster ohne Ende, wofür die zweite Säule von rechts 
her mit Achtecken, die Kreuze zwischen sich lassen, besonders bezeichnend ist. Dann kommen 



'T' 



^ 




Abb. 6'j. nijavbfkr, Große Moschee: Delails uatli II. de Hell. 



' Nebenbei bemerkt stecken in der Insclirift weniger Knotenornainente, und die Runken sind ilerber als an 
der Ostfassade. 



140 



Die ciiKisTi.uiiEN Denkmäler vox Aiiida. 



vor drei verschiedene Mäandenmister und an den beiden äußersten Säulen Schrägriefelungen, 
die linics Gräten, rechts Rauten bilden. 

Überblicken wir nun den Tatbestand. Die zuletzt beschriebene westliche Fassade macht 
durch das Überwiegen des alten Materials zweifellos einen viel altertümlicheren Eindruck als 
die zuerst beschriebene östliche. Die Inschriften belegen denn auch, daß die westliche Maksura 
mit dem unbedeckten Obergeschoß 510 bzw. 518 (1116 — 1125) entstanden ist, die östliche Suffa 
dagegen mit der geschlosseneu Maksura erst 1160. Also ist wahrscheinlich die zuerst beschrie- 
bene geschlossene Ostfassade nichts anderes als eine Kopie der offenen westlichen. Blicken wir 
unter diesem Gesichtspunkte vergleichend zurück auf die beiden Fassaden, so ergibt sich kunst- 
kritisch als Schlußresultat, daß die Westfassade nicht nur unter ausgiebiger Benutzung alter 
Säulen, sondern auch der Hauptteile eines verkröpften Gebälkes 1116 — 1125 neugebaut und 
die zuerst beschriebene Fassade im Jahre 1160 nach diesem Vorbilde kopiert wurde. Alt sind 
daran nur die Säulen und Kapitelle; das Gebälk ist 1160 nach dem Muster gegenüber vollständig 
neu gearbeitet worden. 

2. WIEDERVERWENDUNG UND NACHAHMUNG ÄLTERER 
BAUGLIEDER DURCH DIE MUSLIME. 

Die Feststellung, daß die Herren von Amida ihre Bautätigkeit u. a. damit begannen, eine 
ältere Schmuckfassade bei einem Neubau wieder zu verwenden und daß sie an diesem Stück- 
werk überdies derart Gefallen fanden, diese Schöpfung als Ganzes nochmals zu wiederholen, 
hat für den Kunsthistoriker manches Überraschende. Im allgemeinen ist ihm nur bekaunt, 

daß die Muslime bei Erbauung ihrer Mo- 



scheen altes Säulenmaterial verwendeten. 
Wenn man erst einn:al S3'stematisch nach 
den altchristlichen Denkmälern des Orients 
forschen wird, dürfte sich bald heraus- 
stellen, daß sie der großen Mehrzahl nach 
zerstört wurden, um das nötige Säulen- 
material für die Neubauten des Islam zu 
liefern. Die Tuluu-Moschee in Kairo war 
der erste Bau in Ägypten , der dieser 
Kircheuzerstörung durch Einführung des 
Samarratypus der Moschee mit Pfeilern 
steuerte. Das Menasheiligtum in der Ma- 
reotis weiß von solchen Raubzügen zu er- 
zählen ', und S. Marco in Venedig ist ja 
nur auf diesem Wege zu einem Museum 
christlich-orientalischer Säulen geworden. 
Diese Art von Wiederverwendung älteren 
Baumaterials war also den Muslimen völlig 
geläufig; aber für das Vorgehen des Ina- 
liden Ilaldi und seines Sohnes Mahmud 
1116— 1125 und 1160 sind die Parallelen 
doch erst zusammenzustellen. Ich will 
hier nur zwei anführen. 
Jedem Besucher Kairos, der die Denkmäler etwas genauer anzusehen pflegt, wird das 
gotische Portal der Madrasa (Hochschule) des Muhammad ihn Kalaun aufgefallen sein^ (Abb. 60). 




Abb. fiO. 
Kairo, Madrafa de.» Muhammad ibn Kala 



Gotisches Portal aus Akka. 



' Kaufmann, Die Ausgrabung der JIena.s-Heiligtümer, S. .56 f. — - Vgl. Franz-Pasch.*, Kairo, S. ."lö. 



Wiederverwendung und Nachahmunt; älterer BAfCiUEDER durih die ^Muslime. 141 

Das schräge Türgewilnde mit seinen Säulchen und dem reich profilierten Spitzbogen umschließt 
eine Dreipaß-Lunette, in welche die islamische Tür eingefügt ist. Makrizi ' berichtet über dieses 
versprengte Stück abendländischer Architektur: 

„Diese Madrasa ist in der Nähe der Grabkuppel des Kalaun östlich von ihr. Der Platz, 
auf dem sie steht, war früher ein Bad, und es befahl der Sultan Katbugha an seiner Stelle 
eine Madrasa zu beginnen. Es wurde mit dem Bau angefangen, die Fundamente gelegt, und 
der Bau stieg auch über die Erde hinaus etwa bis in die Höhe des vergoldeten Randes (tiraz 
eigentlich Stickerei) außen. Dann wurde er abgesetzt (d h. der Sultan). Als dann Muhammad 
ibn Kalaun im Jahre 698 (1298/9) wieder au die Herrschaft kam, verordnete er die Vol- 
lendung der Madrasa. Sie wurde fertig 703 (1303/4). Sie gehört zu den hervorragendsten 
Bauwerken Kairos und ihr Tor zu den wunderbarsten, das Menschenhände gemacht haben. 
Es ist aus weißem Marmor von prachtvoller Form und herrlicher Arbeit und wurde von 
Akka nach Kairo transportiert. Dies kam so : Der Sultan Khalil ibn Kalaun hatte nach der 
Eroberung Akkas am 17. Djnmada I, 690 (18. Mai 1291) den Emir Sandjar al-Shudja'i mit 
der Schleifung ihrer Mauern und Zerstörung ihrer Kirchen betraut. Dabei fand dieser dies 
Portal an dem Tor einer der Kirchen Akkas, und es war von Marmor, seine Fundamente und 
seine Pfosten und seine Säulen hingen fest zusammen. Da schaffte er das Ganze nach Kairo 
und stellte es bei sich auf bis zum Tode des Sultans Khalil. Und so blieb es unter der 
ersten Regierung der Muhammad. Katbugha brachte es dann an die Madrasa. (Der letzte 
Satz gekürzt.) 

Hier also liegt der Fall so, daß ein aus Akka (offenbar von einer vor 1291 entstandenen 
Kreuzfahrerkirche) herübergebrachtes Portal als Siegestrophäe aufgestellt wurde. Ahnlich hatten 
die Venetianer wenige Jahre früher, 1258, ebenfalls von Akka' die Pietra del bando und die 
beiden Pfeiler mit Ornamenten herübergebracht, die jetzt neben der Markuskirche stehen.^ 
Sollte auch die Westfassade von Amida als Erinnerung eines Sieges aus alten Bestandteilen auf- 
aufgebaut worden sein? Das scheint aus zwei Gründen nicht gut möglich. Erstens würden dann 
die Inschriften irgendeinen Hinweis enthalten und zweitens ist ja der Inalidenstaat, dem 
Amida angehörte, friedlich durch Auflösung des Großseldjukenreiches entstanden. Endlich kann 
man nicht gut annehmen, daß diese umfangreichen Architekturstücke auf eine Entfernung wie 
von Akka nach Kairo oder Venedig als Siegesbeute von auswärts herstammen. Sie könnten 
dann nur den Tigris alnvärts gekommen sein. Wahrscheinlicher ist von vornherein, daß sie 
einem Denkmale des alten Amida selbst angehört haben. Auf diesen Fall würde dann besser 
die zweite Analogie passen, die ich noch beibringen möchte. 

Zur selben Zeit, als die beiden Fassaden von Amida entstanden, wurde das seldjukische 
Reich in Kleinasien gegründet und Ikonium zu seiner Residenz gemacht. Damals wurde dort 
ein Palast gebaut, dessen letzter Rest, der Kiosk von Konia, am 5. April 1907 teilweise ein- 
stürzte.^ Er stammte wahrscheinlich aus der Zeit des Kilidj Arslau IL (1156 — 88). Etwas 
jüngeren Datums ist die angrenzende Moschee. Sie steht mit ihrem Vorhofe und den Mauso- 
leen noch aufrecht. Näher bekannt ist bis jetzt leider nur die dem Kiosk zugewendete Nord- 
fassade. Sie gibt in ihi'er Gesamterscheinung ein so charakteristisches Beispiel seldjukischer 
Kunstbetätigung, daß sie gut als Untergrund für die Beurteilung des Wesens dieser Gesclimacks- 
richtung überhaupt verwendet werden kann. Sehe ich von dem Vorbau ab, der ganz rechts 
in Abb. 61 erscheint und das Eingangstor enthält, dann ist die Flucht links ziemlich symme- 
trisch aufgeteilt durch eine spitzbogige Nische zwischen zwei im Dreieck vortretenden Strebe- 
pfeilern unten und einer Reihe von 10 bzw. 11 feusterartigen Öffnungen oben. Unter diesen 
Fenstern sitzen in der Mitte jeder Wand die Inschrifttafeln, von denen sich die eine links auf 

' Khitat II, 3Sä. Ich <lanke die Übersetzung C. H. Becker. Vgl. vax Bercuem CIA I, p. 1.5:1 

2 Vgl. Orieus christianus II. (190^), S. 4"29. 

' Zeitschrift für Geschichte der Architektur I, S. 3f. Vgl. La revue de l'art ane. et moderne, Nr. 130 (1908), p. 13 



142 



DiK CHRISTLICHEN DeNKM.U.EIÎ VON AmIDA. 



den einen Gründer des Baues Kaikawus und das Jahr 61G (1219,20), die andere redits auf 
einen Bruder des Ebengenaunteu, Kaikubad und dasselbe Jahr bezieht. Die Inschrift der 
Mitteinisehe meldet die Vollendung und nennt Kaikubad und das Jahr 617 H. (1220/21). 
Derselbe Kaikubad wird noclunals in der Inschrift ganz links an der Ecke als derjenige ge- 




ItilHHIl 






_\' ■. Ol. Konia. l'alaçtmoschee: Fas^^ade von 12111— rjjl. 

naunt, in dessen Auftrag die Vollendung vorgenommen wurde. Es ist also kein Zweifel, diese 
Fassade ist innerhalb der Jahre 1219 — 1221 entstanden. Bauleiter war Ayaz alAtabaki. und 
auch der Architekt wird genannt: Muhammad, Sohn des Kliaulan(?) von Damaskus.' 

Eine Parallele für die unmittelbar unter dem Dach hinlaufende Fensterreihe kenne ich nur in 
der 876—879 n. Chr., also dreieinhalb Jahrhunderte früher erbauten Moschee des Ahmad ibn 
• Tuluu in Kairo. Abb. 6 zeigt eine ihrer inneren Mauern. Sie ist im oberen Teil nahezu voll- 
ständig noch aus der Bauzeit erhalten. Wir sehen spitzbogige Fenster, durch kleine Nischen 
mit Muschelabschluß ergänzt, eine fast endlose Reihe bilden. Darüber folgt ein Fries mit 
Löchern in Quadraten und darüber die Zinnen. Diese Fassade ist, das steht jetzt allmählich 
fest, von einem Baumeister aus Samarra erbaut, jenem Orte, der das Versailles von Bagdad 
genannt werden kann.- Es sind persisch-mesopotamische Baugewohnheiten, die hier zum ersten 
Male auf ägyptischem Boden in Erscheinung treten. Die Zinuenkrönung, die spitzbogigen 
Fenster, die Nischen dazwischen und vor allem die Voraussetzung für den l'rsprung aller dieser 
Motive, die aus Ziegeln aufgerichtete und dann verputzte Mauer gehen auf uralte i'berliefe- 



* Vgl. VAN Berchem, Arab. Inschriften von Oppenhelm, S. 132 f. Vtrl. inzwischen auch Löytvep, Konia, S. 29. 
» Strzygowski, Koptische Kunst. S. XXIII. C. H. Becker, Zeitschrift für Assyriologie XIX, S. 430. 



WlEDERVERWENDL'Xi; UND NACHAHMUNG ÄLTEREIt BaUGI.IEDEK DURCH DIE MUSLIME. 



143 



ruugen des Zweiströmelandes zurück. Diese Aiinalime ist jetzt gläuzend durch die Aufnahmen 
Beyliés in Samarra und Abu Dolaf bestätigt worden.' 

Dieselbe Tradition nun ist auch an dem Seldjukenbau in Konia wirksam. Zwar ist der 
obere Abschluß verschwunden, aber die spitzbogige Fensterflucht nahe dem Dache ist geblieben 
und ebenso die Nische. Beide Motive haben freilich der alten mesopotamischeu gegenüber 
andersartige Gestalt angenommen. Aber gerade diese AVandlung erschließt eine Fülle von Er- 
kenntnissen über Ursprung und Entwicklung der frühesten islamischen, besser prototürkisclien 
Kunst auf kleinasiatischem Boden. 




iJijuiHi 








Kairo, Mosuhei- dts Ibu ïuliiii: AiiLli 



;iuer \uu ^7 



Da sind also zuerst die kleinen hohen Fenster. Sie nehmen sich aus wie eine romanische 
Zwerggaleiie. Tatsache ist, daß sie aus „romanischen", d. h. christlich orientalischen Bau- 
stücken zusammengefügt sind.'^ Man sehe genauer zu. Diese Fenster werden gebildet durch 
monolithe Pfeiler mit augearbeiteten Halbsäulen. Sie wenden ihre Breitseiten nach außen. Ur- 
sprünglich — in den christlichen Kirchen, aus denen sie geraubt sind — standen sie als Fenster- 
scheiden so da, daß man außen die Halbsäulen sah und die Breitseite die üblichen Doppel- 
fenster teilte. Man durchblättere mein „Kleinasien, ein Neuland der Kunstgeschichte", und jetzt 
am besten Ramsay and Bell, „The thousand and one churches', auf die Denkmäler von Binbir- 
kilise hin und wird dort sehen, wie die gleichen Details in den Fenstern sowohl wie auch als 



* Revue archéol. 1907: , L'architecture des Abbassides'. 

2 Vgl. dazu Zeitscbrift für bildende Kunst, NF. XIV, S. :^9:) f. 



144 



Pik ciiiiisTi.uiiKX Dkxkmäi.er von Amida. 



Stützen der Arkadeu und Gewölbe in den drei Schiffen verwendet erscheinen. Sie sind nacli 
dieser doppeUen Verwendung bald höher, bald niedriger, ähnlich wie an unserer Moschee, wo 
links elf ziemlich gleich große Fensterscheiden, rechts nur fünf von derselben Dimension, dann 
aber sieben immer höher werdende genommen sind, von denen die letzten ganz gut als Ge- 
wölbestützen gedient haben könnten. In diesen Pfeilern haben wir also wahrscheinUch ein 
Stück des alten, berühmten Ikonium vor uns, jener christlichen Metropole, die früher als Rom 
bestimmend für die Entwicklung unseres Glaubens war und von den Muslimen fast völlig rasiert 
und neugebaut wurde. Von diesem christUchen Ikonium rühren auch die beiden Pfosten her, 
die zu Seiten der jetzigen Eingangstür stehen.' Das iNluster ihrer Fläthenprofilierung ist in 
Binbirkilise nicht selten. 

Der vorliegende Fall beweist, daß die Seldjuken in Kleinasien ursprünglich nicht anders 
vorgingen, als ich es von ihren turkmenischen Stammesgenossen, den Inaliden von Amida und 
ihren Vezieren, den Nisaniden, annehme. Nach dei^ angeführten Parallelen dürfte, was ich für 
die Westfassade annahm, glaublicher erscheinen. Das Vorbild für den Gesamtaufbau der 
Fassaden wird auch da persischmesopotamisch sein, nur die Schrauckteile sind älteren Bauten 
entnommen. Ich bleibe zunächst ausschließlich bei den alten Teilen dieser Fassade. 



3. DIE VORISLAMISCHEN TEILE DER WESTFASSADE. 

Die Westfassade fordert den Kunsthistoriker zu Nachforschungen nach zweierlei Richtung 
heraus. Er fragt: aus welcher Zeit stammt das von ihr wiederverwendete alte Material? und 




.\ljb. 63. Dijarbekr, WeMfa-^sadc 



sehen (.Vufuabme von Ing. Precsser). 



dann: welchem Zweck hat es ursprünglich gedient? Zunächst einige negative Feststellungen. 
Bisher ist außer Dupré niemandem eingefallen, diese Fassade für islamisch zu halten. Seit 
wir Amra kennen und es Leute gibt, die auch Mschatta für omajjadisch ansehen, dürften sich 
gewiß auch Stimmen melden, die unsere Weslfassade von Amida für frühislamisch auszugeben ge- 



In Abb. ül einer ganz rechts. 



Die VdKisi.AMiscHKN Teile dek Westfassade. 



145 



neigt sein werden (Abb. 63). Es dürfte daher angezeigt sein, festzustellen, daß es andere Moscheeu- 
hüfe mit derartigen Fassaden nicht gibt. Das gewöhnliche ist, daß auf allen vier Seiten Stützen- 
reiheu, zumeist Säulen, herumlaufen, wie in Amida an der Nordseite des Hofes (Taf. XX); ein 
Obergeschoß ist nur in der großen 
Moschee von Damaskus nach- 
weisbar', Spuren vielleicht noch 
in dem ältesten Teile der Um- 
fassungsmauer der Amr-Moschee 
in Altkairo- und in der Fassade 
der Moscheeruine in Bosra.' Von 
einem verkröpft vorgeblendeten 
Sj^stem von Säulen wie in Amida 
hat sich anderswo an einer Mo- 
schee auch nicht die Spur er- 
halten. Aber auch die bereits 
vorliegenden Deutungen der Fas- 
sade von Amida auf sasanidischen 
oder parthischen Ursprung müssen 
abgelehnt werden. Bezüglich des 
Zusammenhanges mit Susaniden- 
denkmälern könnte man vielleicht 
auf den Ausweg verfallen, sasa- 
nidische Nischenfassaden als Pa- 
rallelen zu nehmen, so den Tak i-Kesra in Ktesiphon und seine islamischen Ausläufer, die Nischen- 




Rakka, Fassadf 




' Thiersch, Pharos, S. 106/7. 
^ Thiersch, Pharos, S. 101. 
Amida. 



Alib. 65. Rakka, Rückseile (1er Fassarie. 
2 Fran-z-Fascha, Baukunst iles Islnm-, S. 40. 



14G 



Die (Hkistluhkx Denkmäler vox Amida. 



reihen von el-Ashik bei Samarra^ oder die Fassade von Raki^a.- Ich gebe umstehend (Abb. 64) 
eine Aufnahme Chapots von diesem Bauwerk. Das entscheidende ist nicht die Säule, sondern 
die Nische. Ganz abgesehen von dem Tor und der Fensternische im Untergeschoß, die ohne 
jede Säulenbegleitung sind, kann auch im Obergeschoß nicht eigentlich von einem auf die 
Säule als Grundmotiv gelegten Nachdruck die Rede sein. Zwischen den konkav halbrunden 
Nischen sind dort zwar konvexe Vorlagen zu sehen ; sie entbehren aber des Kapitells, und über 
ihnen sitzen Nischenschlitze zwischen Muschelnischen, die auf die Außenfassade der Tulun-Moschee 
in Kairo (Abb. 62) überleiten. Abb. 65 gibt die Innenansicht dieser Ruine, die ich schon 
deshalb bringe, weil sie bisher nicht bekannt ist und Miß Bell mir freundlich eine Photographie 
zur Verfügung gestellt hat. Mit allen diesen rein orientalischen Ziegelbauten aber halien die 
Steinfassaden von Amida nichts zu tun. 

Und auch das Partliische, Tigranes und Armenien müssen aus dem Spiele bleiben. 
Sobald man erkannt hat, daß die Eigenart der Fassade in der Mischung des islamischen Neu- 
baues mit älteren Banresten besteht und diese Bauteile nun rein für sich betrachtet, ergibt sich, 




-u U Li IJ- 



D 



Abb. 6ö. Koustantinopcl, Golilenes Tor: Vorbau Theodosios' II, 

daß sie zweifellos nur der ausgehenden Antike ihren Ursprung verdanken können. Damit ist 
dann auch ein Gedanke Friedrich Sarres unmöglich: .Vielleicht gehen die Säulenfas.-^aden in der 
Moschee von Dijarbekr auf eine (Hatra) gleichzeitige Palastanlage zurück".-' Das parthische Hatra 
ist rund bald nach Christi Geburt entstanden und wurde schon durch Sapor I. (242— 272 n. Chr.) 
zerstört. Die Architektur dagegen, die sich in den Fassaden von Dijarbekr wiederverbaut 
findet, ist gewiß kaum vorkonstantinisch. Als ein Hauptmerkmal dafür kann gerade die sehr 
zierlich dekorative Ausstattung der in zwei Geschoßen verkröpfteu Säulenstellung gelten, wo- 
von sich in Hatra nicht die Spur findet. Eher könnte jemand auf den Gedanken kommen, 
den Ausgangspunkt dafür in Rom zu suchen. Das verkröpfte Gebälk ist dort von einer großen 
Zahl von Beispielen her bekannt. Es ist nicht nötig, diese hier aufzuzählen, weil Rom keines- 
falls die Heimat dieses Motivs ist, sondern der Hellenismus. Daraus und nicht etwa aus einem 
Einflüsse Roms erklärt sich auch das Vorkommen der Verkröpfung in Amida wne in Baalbek. 
i^Ian durchschaut die Sachlage, wie so oft, vorläufig noch besser, indem man von den Tatsachen 

' Herzfeld, Samarra, S. 40 und Tat. 4. 

- Saladin, Manuel, p. 323. Viollet, Description du palais de al-Moutasim, pl. II. 

' Deutsche Literaturzeitung 1908, Sp. 2797. 



Die vdKisi.A.Mif^cHEX Teile deiî A\'estfassade. 



147 



aus spätantiker Zeit aus zurückschließt auf die vorausliegeude Entwicklung, als genetisch. So- 
lauge wir für Alexandria, Autiochia und Seleukia nicht irgendwie Ersatz schaffen können, ist 
solchen Ursprungsfragen auf normalem Wege nicht beizukommen. 

Ich bin auf die Frage der Fassadenbildung schon einmal gelegentlich vou Mschatta ein- 
gegaugeuS als nach Analogien für dieses heute in Berlin befindHche Denkmal vom Rande des 
Moab zu suchen war. Die Fassade von Mschatta seihst hat mit den Fassaden von Amida im 




KfjnstaiiLiuopel, «roUIeiies Tor: 0l)orgoscho.?j des Vorba 



Aufbau nichts zu tun; wohl aber ein Schmucktor, das Theodosios IL in der ersten Hälfte des 
5. Jahrli. dem Goldenen Tore von Konstantinopel in der äußeren Umfassungsmauer vorlegte 
und das ich schon zum Vergleich für Mschatta heranzog. Dort sieht man (Abb. 66) zuseiten 
des mittleren Torbogens verkröpfte Gebälke in zwei Geschoßen auf je vier Säulen übereinander 






Abb. 6S. KoQstaiUinopel, Goldenes Tor: Untergeschoß des Vorhiiues. 

hingeführt — oder sah sie wenigstens einst so, denn heute sind nur noch wenige Spuren dieser 
Marmorverkleidung erhalten. Unten erscheinen (Abb. 68) in die Wand Pfosten eingelassen, an 
deren Vorderseite Pilaster angedeutet sind. Auf ihnen ruhen aus der Wand vorkragende Konsolen, 
vorn mit einem Akanthusblatt, seitlich mit zwei Streifen, einer Welle oben, Blättern unten ge- 
schmückt. Darüber läuft das verkröpfte Gesims hin, dessen Profil zwischen Stegen eine Sima 

' .Jahrliuch tl. preuS. Kunstsamml. 1904, S. 258. 



148 



Die rHKisTi.uHEX Denkmäler von Amipa. 




^palalo. 



.lu[>iteitc*mi>t'l: Inneres n. 



in Konstantinopel maßgebend waren. 



bildet, die unautik wirkt durcli die sackartige Ausruudung, in welche die Hohlkehle unten 
übergeht — ein typisch syrisches Motiv, über das man VogCé naclisehen möge oder Bitler. Auf 
diesen Verkrüpfungeu standen Säulen; sie sind leider alle verschwunden. Mit ihnen die helle- 
nistischen Reliefbilder, die wir noch aus Beschreibungen 
kennen.' Aber das obere Kranzgesims ist erhalten (Abb. 67). 
Zunächst die quadratische Deckplatte in eigenartig straffer 
Profilierung: über Rundstab und Hohlkehle ein Steg mit 
dem syropersischen Zickzack. Darüber das verkrüpfte 
Gesims, bestehend aus dem Zahnsclmitt und einem in fünf- 
lappig nebeneinanderstehende Blätter aufgelösten Viertel- 
wulst, dieser auch ein Motiv, das man kaum wo anders 
so häufig als in Syrien angewendet finden wird. Am 
Kranzgesims des hinter dem Schmucktor Theodosios' H. 
liegenden Goldenen Tores ist das Motiv, ungemein derb, 
erst später eingeführt worden. Mau vergleiche dazu den 
Fries, der scbmucklo.'^ um Wand uud Türen des Kharput- 
tores in Dijarbekr gezogen ist (Taf. H. Fig. 2 f.). Trotzdem 
darf scheint mir, gerade das eigentliche Goldene Tor von 
Konstantinopel schon in seiner ursprünglichen Anlage als 
nachdrückhcher Beleg dafür genannt werden, daß in 
der Zeit Theodosios' d. Gr. nordmesopotamische Einflüsse 
Davon wird später ausführlich zu reden sein. 

So weisen also allerhand Details an dem 
aus dem Ende des 4. und dem Anfang des 
5. Jahrb. stammenden Goldenen Tore von 
Konstantinopel auf Syrien und Mesopota- 
mien. Tatsächlich finden wir in dem von 
Antiochia abhängigen Kreise die nächsten 
^'erwandten der Fassaden von Amida. Zu- 
nächst am Diokletianspalaste zu Spalato, 
einer großzügigen Schöpfung, die sich aus- 
nimmt wie eine Übertragung des Kaiser- 
palastes auf der Orontesiusel von Antiochia 
nach Dalmatien.^ Im Innern des Mauso- 
leums, des sogenannten Jupitertempels, sind 
die A\'ände nicht mehr in der Art des rö- 
mischen Pantheons geschmückt, obwohl der 
Grundriß ja verkleinert diesem nahe kommt, 
vielmehr ist dem inneren Rund der außen 
oktagonalen Mauern wie in Amida eine ver- 
kröpfte Ordnung vorgeblendet (Abb. 69). Sie 
ist heute leider total verrestauriert. Zwischen 
die rundbogigen Öffnungen sind, wie dort, 
Säuleu vor die Wand gestellt, die Verkröp- 
fungen von einer Höhe tragen, gegen die 
nur die islamische Kopie der Ostfassade von 
Zunächst ein Epistyl (Abb. 71). 




.\bb. 70. Spalato, Sog. Jupitertempel: Obergeschoß. 

Amida aufkommt, nicht das Original der Westfassade selbst 



' Jahrbuch des k. deutschen arch. Instituts, VIII (1893), S. 29 f.. 
* Studien aus Kunst und Geschichte, Friedr. Schneider gewidmet. 



Die vori.slamischen Teile deb ^^'ESTFASSADE. 



149 



bestehend aus zwei Plättchen und einer Schräge mit flachem Eierstab; dann statt des Frieses 
ein Lorbeerwulst mit aufsetzender Schräge : auf dieser, unglaublich aber wahr, ein zweistreifiges 
(mesopotamisches) Bandgetlecht. Endlich das Kranzgesims, geschmückt mit alternierenden Pal- 
metten und getragen von Konsolen, wieder mit umlaufendem Zickzack, darunter ein Zahn- 
schnitt. Auf diesen Verkröj^fungen steht eine zweite Säulenreihe, die ein zweites verkröpftes 




Abb. 71. Spal.ito, Sog. Jupitertempel : Untergeschoß. 

Gesims einfacherer Art trägt (Abb. 70). Es ist leider ebenfalls zum größten Teile „antikisierend" 
nach den jetzt nicht mehr erhaltenen Resten und der 1764 erschienenen Monographie von Ada.m, 
pl. XXXVI, ergänzt. Über dem Epistjd aus zwei Plättchen, die durch einen Spiralstab getrennt 
sind — ein Motiv, das auch an dem Kranzgesims der Grabeskirche in Jerusalem vorkommt — 
folgt, durch einen Perlstab vermittelt, das lesbische Kymation, dann wieder das Bandgeflecht und 
der Zahnschnitt, darüber die Sima mit alternierenden Palmetten. — Man tut gut, hei allen diesen 
Beispielen zurückzublicken nicht nur auf die West-, sondern auch auf die Ostfassade, und wird 
immer bestimmter erkennen, daß das westliche Gebälk Original ist, das östliche islamische 
Kopie. 

Zwischen diesen Beispielen aus den Zeiten des Diokletian und Theodosios II. steht ein 
drittes, das auf Konstantin d. Gr. zurückgeht. Es handelt sich dabei um ein Denkmal ersten 
Ranges, das leider nur in elenden Resten erhalten ist, um die Grabeskirche in Jerusalem. Ich 
habe vor Jahren darauf aufmerksam gemacht, daß in der heutigen Südfassade noch ein freihch 
wiederholt umgebauter Teil der Gründung des großen Kaisers erhalten ist.^ Die Sache trägt 
jetzt endlich ihre Früchte.- Konstantinisch ist u. a. ein prachtvolles Gesims, das die rechts an 

' Orient oder Rom, S. 127 f. — - Hei^eneero, Die Grabeskirche in .Jerusalem 190S. 



150 



Die christlichex DEXK>rÄi.EK vox Amiha. 



die Fassade stoßende Schmerzenskapelle schmückt. Ich gebe hier meine Aufnahme (Abb. 72), 
sie zeigt das Gebälk in der Untensicht. Der Spitzbogen darunter wird wohl wie in Amida 
später eingezogen sein. Darüber sieht man heute die Sima von Konsolen getragen. Der Fries und 
das Epistyl fehlen ; daß beide oder ersterer allein einst da waren, macht ein Vergleich mit dem 
Kranzgesims der Grabeskirche (Orient oder Rom, Taf. IX) wahrscheinlich und wohl auch der 
in der Photographie rechts unten sitzende Kämpfer, auf dem eine Tierdarstellung erkennbar ist. 
Oder sollte das schon das Kapitell der unteren Ordnung sein? 

Mit dieser Frage komme ich zurück auf die Fassaden von Amida. Auch dort finden wir 
an der Westfassade ein ähnliches Stück, und zwar im Zuge des Weinlaubfrieses. Es sind die 
Vorderseiten der Kröpfe, auf denen wie in .Jerusalem Tierpaare u. dgl. erscheinen. Sind es an 
der Grabeskirchc zwei Löwen zuseiten eines zerstörten Lebensbaumes zwischen Eckblättern, so 
unterscheidet man an den zweimal zehn Säuleu von Amida, soweit die Kröpfe (Taf. IX bis XI) 
erhalten sind, von links an folgendes.^ 1. Oben: eine breite Vase zwischen Eckblättern, auf der 
Vase nippende Vögel; unten: unsymmetrisches Blattwerk, rechts ein Herzblatt. 2. Oben: ein 
Adler, nach links stehend, mit ausgebreiteten Flügeln (?)- auf Blattfolie zwischen Akroterienblatt- 




.\bb. 72. Jerusalem, Grabeskirchc: Gesims der Schmerzenskapelle. 

werk : unten : eine Muschel zwischen Blättern. 3. Oben : Hirsche (?) zuseiten des Lebensbaumes 
oder einer Vase; unten: Pfauen (?) zuseiten der Vase zwischen den Eckblättern. 4. Oben: zer- 
stört (Muschel zwischen Blattwerk?); unten: Palmette mit Krabbenansätzen symmetrisch auf- 
gebaut. 5. Oben: Blätter; unten: Vögel neben Vase. 6. Oben: Kranz mit Füllung (?) zwischen 
Blättern unten. 7. Oben: Blattwerk (Ranke?); unten: Tiere und Lebensbaum, am meisten an 
Jerusalem erinnernd. 8. Oben: Reihe Palmetten zwischen Akanthusecken ; unten? 9. Oben: zwei 
Rankenkreise? unten? 10. Oben?; rmten: Lebensbaum und Tiere? 

Das verkröpfte Gebälk der Schmerzenskapelle trägt heute noch eine obere Säulenordnung, 
über deren Ursprung ich freilich nach meiner Aufnahme keine Angaben machen kann ; ich 
halle sie für jünger. Daß aber auch ursprünglich hier eine obere Ordnung gestanden hat, 
scheint mir sehr wahrscheinlich. Wir bekommen also auf dem Umweg über Amida einen Behelf, 

' Ich urteile lediglich nach den BEYLiÉ"schen Autnahmen. Kifrentlich sollte man über solche Details ohne 
Kenntnis des Originals kein Wort verlieren. Vgl. die Abb. öU nach Hommairf. de Hell oben S. i:39. 
- Oder eine Taube mit dem Stabkreuz hinter sich. 



DlK A'liHISI.AMISCHEX TeILE I>ER WES^TFASr^ADE. 



151 



wie die Fassaden der Grabeskirche ursprünglich ausgestattet gewesen sein könnten. Es fragt sich 
nur, sind Säulen und Gebälk der Westfassade von Amida jünger als Konstantin, d. h. als die 
Gründung der Grabeskirche und das theodosianische Prunktor in Konstantinopel, oder wie ist 
das Verhältnis der Zeit nach sonst? 

Auf Grund der datierten Analogien und vor allem wegen der Darstellungen auf den Ver- 
kröpfungen ist es wahrscheinlich, daß die alten Teile der Westfassade von Amida nicht an- 
tiken, sondern christlichen Ursprunges sind. Bezeichnend dafür ist auch, daß anstelle des an- 
tiken Frieses, der in Spalato durch Lorbeerwulst und Schräge mit Bandgeflecht ersetzt war, hier 
die einer Vase entspringende AV^einranke getreten ist. Alle diese Motive finden sich freilich 
auch an Mschatta. Davon später. Ihre Deutung im christlichen Sinne wäre nur außer Zweifel, 
wenn sich unmittelbar christliche Symbole nachweisen ließen. Das kann nur eine genaue 
Untersuchung des Originals ergeben, die ich leider nicht durchführen konnte. Vielleicht kommen 
wir inzwischen in dem Bemühen, die alten Teile zu datieren, weiter, wenn jetzt die Frage auf- 
geworfen wird, wie waren diese Teile der Westfassade von Amida ursprünglich angeordnet? Da 
muß nun zunächst gesagt werden, daß die oberen Säulen von Amida heute weiter auseiuander- 
stehen, als das ursprünglich der Fall gewesen sein dürfte. Sieht man genauer hin (Taf. IX bis 
XI), so ergibt sich, daß mit Ausnahme des neuen seldjukischen Inschriftfrieses alle an- 




Abb. 73. Roiij, l.utt 



Allrlii;Mliili. 



dern Gebälkstücke, also sowohl der Weinlaubfries, wie das Kranzgesims mit den Konsolen, von 
den islamischen Steinmetzen angestückt sind. Am Weinlaubfries erkennt man dies gut daran, 
daß die Vase nur selten in der Mitte sitzt. Man zähle von ihr nach beiden Seiten drei Ein- 
rollungen : wo die aufhören, beginnt unfehlbar die Ergänzung aus neuem oder die Anstücke- 
lung aus altem Material. Dementsprechend ist dann auch das Oberstück mit den Konsolen 
zwischen den einzelnen Verkröpfungen verlängert. Nimmt man dazu, daß die Quaderwand an 
sich, der das alte Material vorgeblendet oder eingefügt ist, ganz aus dem Jahre 11-16 — 25 stammt, 
ebenso die Bogen im Erdgeschoß, und daß hier die Säulen der Höhe nach angestückt sind — 
dann muß sich die Erkenntnis durchsetzen, daß wir am besten tun, bei der Frage nach dem 
ursprünglichen Bestände nicht zu pedantisch an der jetzigen Erscheinung festzuhalten. 

Um sich die alten Teile der W^estfassade von Amida in ihrem ursprünglichen Bestände 
denken zu können, muß ein Umweg gemacht werden. Ich glaube nämlich, das Säulensystem 
dieser Westfassade, d. h. ein Werk der Baukunst, lasse sich durch Analogien aus dem Gebiete 
der Bildhauerei in seiner ursprünglichen Verwendung vorführen. Man betrachte obenstehende 
Abb. 73 eines Sarkophages, der sich heute im Lateran befindet. Acht, statt wie in Amida 
zehn, vor einer Wand stehende Säulen tragen das gerade, verkröpfte Gebälk. Die Inter- 
kolumnien sind mit Ausnahme des mittleren sehr schmal, die Säulen zeigen wie in Amida 
Reliefschniuck, nur statt der orientalischen Gittermotive hellenistische Weinranken, die aus 



152 



Die (Hri^ti.u hk.n Denkmälkk von A^iida. 



Vasen entspringen, oder aus Akanthusblattern hervorwaclisende Kandelaberoinamente. Das 
Gebälk erscheint heute sehr schmal, jedenfalls hatte es auf dem Deckel eine Fortsetzung. 

Dieses Umranken der Säulen ist ebenso im Orient zu Hause wie das Überspinnen mit 
Gitter- und Netzwerk. Es ist zusammen mit dem kleinasiatischen Typus Christi und der in 
Syrien heimischen traditio legis der deutliche Beweis dafür, daß der in Rom befindliche Sarko- 
phag auf einen hellenistischen Kunstkreis des Ostens zurückzuführen ist.^ Dasselbe gilt von 
einem der berühmtesten christlichen Sarkophage Roms, dem des Junius Bassus in den vatika- 
nischen Grotten. Ich bilde auch ihn ab, weil er mehr noch als der Sarkophag des Lateran 
neben die Fassade von Amida gestellt zu werden verdient (Abb. 74). 

Hier haben wir — überdies wie an dem Propylaion von Konstantinopel in \'erbindung mit 
Feldern in figürlicher Plastik — die zweigeschoßige Säulenstelluug und das verkröpfte Gebälk 
wenigstens in der oberen Ordnung. Man würde die Znsammenstellung eher umgekehrt erwarten, 
unten den geraden Architrav, oben die Hund- und Spitzgiebel. Ein zweiter doppelgescboßiger 




.\bb. 7J. Rom, (irott™ vod St. Feier: Sarkophag des Junius Bassus. 

Säulensarkophag in Arles^ zeigt die dekorativ sehr wirksamen Giebel und Bogen in beiden 
Geschoßen. Zweimal aber der verkröpfte Architrav wie in Amida, das ist an den rein dekorativ 
geschmückten Sarkophagen nicht nachweisbar. Und wenn ich nun übergehe auf die Säulen, 
die am Bassus-Sarkophage seitlich paarweise quergerillt, in der Mitte aber von Weinlaub um- 
schlungen sind und einander oben und unten entsprechen, so fällt an der Westfassade von Amida 
auf, daß sich Schmucksäulen nur oben finden und z. T. wenigstens entsprechen, die unteren 
Schäfte dagegen glatt und bunt zusammengestückelt sind. Soll man sich also den ursprünglichen 
Bestand der alten Teile der Westfassade von Amida nach dem Beispiel des Sarkophages, d. h. 
unten mit denselben Säulen wie oben und die Säulen untereinander paarweise gleich geschmückt 
ergänzen ? 

Der Junius Bassus-Sarkophag bietet noch einen anderen wertvollen Vergleichspunkt für 
die Fassade von Amida. In den Zwickeln zwischen den Bogen und Giebeln unten sieht man 



' Die eigenartigen Sehmalseiten, die man heute im Lateran an die bespmchene Vorderseite gefügt sieht, 
hören nicht zu ihr. 

- Garrucci, Storia Taf. 317, 4. 



Die Parallelkx ix Ägypten. 



153 



aus Schafen zusammengestellt Szenen der Bibel: die Jünglinge im Feuerofen, das Quellwunder 
Mosis, die Brotvermehrung, Moses auf dem Sinai, die Taufe Christi und die Auferweckung des 
Lazarus.' Au ungefähr entsprechender Stelle sind über den Kapitellen von Amida an den 
Verkröpfungen die S. 150 genannten sj'mbolischen Motive ausgeführt. Ich möchte glauben, daß 
für die hier zu erwartenden Typen die nächste Analogie in den Stukkaturen von S. Giovanni 
in Fonte zu Ravenna- vorliegt, einem Werke, das schon durch seine Technik und das band- 
artige Durchlaufen des wie in falscher Perspektive gebrochenen Architravs auf den Osten weist. 
Danach scheint es nicht unmöglich, daß auch über den oberen Verkröpfungen in Amida im 
ursprünglichen Bestand immer noch Rund- und Spitzgiebel ergänzt werden könnten.-' 

Von solchen reich mit Netzwerk, Weinlaub und Tiersymbolen ornamentierten in zwei ver- 
kröpften Säulenreihen mit Giebeln aufsteigenden Wänden ist vorläufig in Vorderasien kein in 
seinem ursprünglichen Bestände erhaltener monumentaler Beleg nachzuweisen. Und doch muß 
es dort dergleichen gegeben haben, vielleicht noch geben, freilich nicht gerade in Ländergebieten 
wie Kleinasien und Syrien, wo der architektonische Charakter des griechischen Schmuckstiles 
mehr herrschend in den Vordergrund trat. Wohl aber in den Persien näher liegenden Gebieten, 
vor allem in Mesopotamien, über dessen hellenistische und christliche Zeit wir so gut wie nichts 
wußten, bis Mschatta zusammen mit den altislamischen Denkmälern jene Rückschlüsse ge- 
statteten, die ein Denkmal wie die Fassaden von Amida in ihrer kleinornamentalen Tendenz 
durchaus nicht unerwartet erscheinen lassen. 

Gibt es auch vorläufig keine Parallelen für die alten Teile der Westfassade von Amida in 
Vorderasien, so finden sich solche dafür um so reichlicher in einem Lande, das von Syrien und 
Persien aus zu einer völligen Umwälzung auf ornamentalem Gebiete geführt worden ist: in 
Ägypten. 



4. DIE PARALLELEN IN ÄGYPTEN. 



Ich möchte hier 
einleitend einen Auf- 
satz abdrucken , den 
ich vor acht Jahren 
schrieb, als ich noch 
die Absicht hatte, den 
Ort, an dem die inter- 
essantesten Analogien 
für die Dekoration von 
Amida zu finden sind, 
monographisch zu be 
arbeiten. Es wird sich 
zeigen, daß Amida eine 
Art von Schlußstein in 
Überzeugungen bringt, 
die sich schon vor 
einem Jahrzehnt in mir 
ausbildeten. Der Ort, 
um den es sich hier 
handelt, ist das Apollo- 
kloster von Bawit in 




Daschliit. Djaml AU: Lüoetle der Hoftün 



' Näheres bei de AVaal, Der Sarkophag des .Junius Bassus. 
^ Garrucci, Storia, Taf. 4Ût). 

^ Solehe auch über verkröpften Gebälken. v;.'!. Journal of hell, studies XXVII (190S). 99 f. 
Amida. 



154 Die ciiiustluhen Denk:«äi.ei! vox A.mida. 

Oberägypten, das ich wiederholt behandelt habe ^ und gern ausgegraben hätte. Die Ornamentart. 
auf die es beim Vergleich mit Amida ankommt, ist das „Muster ohne Ende", wie ich es nenne, 
der unendliche Rapport nach der Terminologie Alois Rieoi.s. Ich erkläre das Wesen dieser 
Gattung am besten an den beiden Hauptbeispielen in Bawil, d. i. den beiden Torlünetten der 
Djami Ali von Daschlut, die aus den Ruinen des alten Apolloklosters stammen. Das Mittel- 
feld der Hoftüre (Abb. 7Ô) stellt den hl. Apollo zu Pferd, von Engeln in einem Medaillon ge- 
traszen, dar. Ich habe darüber an anderer Stelle gehandelt.- Heute interessieren lediglich die 

umschließenden Ornamente. Das Reiterliild erscheint um- 
zogen von einem breiten Ornamentfelde, besser gesagt, die 
Figurendarstellung ist aus diesem Felde ausgespart; denn 
der Schmuck dehnt sich über die Lunette aus wie ein 
Netz, dessen erste Masche in der Ecke links unten ge- 
schlungen und dann, unbekümmert um ein volles Aus- 
klingen der einzelnen Motive, die Grundlinie entlang nach 
oben fortgesetzt wurde. Die Einheiten, aus denen sich 
(heses Netz zusammensetzt, sind das Achteck und das 
Kreuz, dazu ein zwischen beiden übrig bleibender Rest iu 
Form eines in die Länge gezogenen Sechseckes, alle mit 
doppeltem Rande. Das Achteck ist mit einer Rosette ge- 
füllt: ein Mittelknopf und acht lotosartige Ausschnitte 
mit oben durchlochtem Mittellappen bilden ihre Form. 
Im Sechseck wachsen zwei Dreiblätter in die Rautenenden, 
in der Mitte verbunden von durchlochten Schlingen zu- 
seiteu eines Knopfes. Diese flächenartig wirkenden Teile 
durchsetzen tief ausgehoben die Umrisse und die Achsen 
des Kreuzes. Aus diesem Gegensatz von belichtetem 
Flächenschmuck und Tiefendunkelliuien entsteht die treff- 
^^^^^ liebste Wirkung. 

[• - iKIhI^HE. ' ^^^ Motiv kehrt in Streifenform wieder an der Stein- 

f^ L^^^^t^ÊÊ fassade der Moschee, vor allem aber au einer der Holz- 

kon.solen im Museum zu Kairo (Abb. 76). Verändert ist 
da nur die Füllung des Kreuzes, in dem man Knopfreihen 
Kairo, .vu^vp^isohes^I>m■u'în:' Hol A-„nsoit.a,,sB,uvit. sicht Und das AVcglasseu dcr Durchlochungen in den 

hier mehr willkürlich mit Blättern gefüllten Rosetten und 
Sechsecken. Beachtenswert ist die Füllung der halben Rosetten an der Vorderkante durch 
ein T-fürmiges Rankenmotiv. Die Fugen sind etwas breiter gemacht, so daß, trotzdem das 
Kreuz als Flächenteil wirkt, der Kontrast mit den tiefendunkeln Fugen doch hinreichend kräftig 
zur Geltung kommt. 

Einen anderen, weniger kontrastreichen P'lächenschmuck findet man im Türbogen der 
Moscheenfassade selbst (Abb. 77). Er überrascht um so mehr, als das Netz nicht lediglich als 
Umrahmung eines Figurenfeldes, sondern völlig eigenberechtigt auftritt. Hier bilden das Grund- 
motiv Kreise, die sich iu allen vier Achsenrichtungen so kreuzen, daß ihre Peripherien sich im 
Abstand eines kleinen Quadrates gegenüberstehen und um dieses herum in Kreuzform vier 
Sechsecke bilden, zwischen denen als Rest ein spitzer Vierpaß mit einer kleinen Raute im 
Zentrum übrigbleibt. Die Fugen zwischen diesen Formen sind weniger tief und breit aus- 
gehoben, die Füllungen gleichartiger. Die zentralen Quadrate haben spitze Vierpässe in der 

' Catalogue gén. du Musée du Caire. .Knptische Kunst', S. 117 f. Zeitschrift für ägypt. Sprache XL, S. 49. 
^ Zeitschrift f. ägyptische Sprache XL, S. -öo. 




])iE Parai.i.ei.ex IX Ägypten. 



155 



Diagonale mit gebohrten Ansätzen in den Achsen, die Rauten kleuie Blattkreuze und in den 
anschließenden Zwickeln kleine ßlattmotive. Reicher ausgestattet sind nur die Sechsecke. Hier 
wechseln ziemlich regellos Rosetten mit zahlreichen gerillten Lappen, die bald rund, bald spitz, 
bald glatt, bald durchlocht endigen. Öfter sind auch diese Rosetten klein gebildet und dann 
umzogen von einem breiteren Rande mit Knopfreihen. Das Ornament ist offenbar erst nach 
dem Versetzen der vier Steine ausgeführt; der Steinmetz zog dann die Unterkante entlang die 
erste Kreisreihe und setzte diese nach oben ohne Rücksicht auf ein volles Ausbilden der 
Einzelmotive an den Rändern fort. 




.\bb 77 Diischlul. Djami Ali; Lunelle der eigeullichen Mosdiecliir. 

Wenn ich mich nach Analogien für diesen Flächenschmuck umsehe, so finde ich ihn, 
soweit meine Denkmälerkenntnis jetzt (1901) reicht, vollkommen identisch nur in Rom. Für 
die erste Art, Kreuz und Achteck, gibt die genaue Parallele eines der Mosaikfelder im Um- 
gange von S. Costanza.^ Das Kreuz ist da mit Knopfreihen wie an dem Holzkonsol in Kairo, 
die Achtecke und Sechsecke mit zierlicheren, farbig mehrgliedrigen Formen geschmückt. Für 
die zweite Art: Kreise, die sich so schneiden, daß Quadrate und Sechsecke entstehen, gibt 
die genaue Analogie die bekannte Holztür von S. Sabina. Das erste Feld der zweiten Reihe^ 
und die ganze vierte Reihe der ornamentalen Felder an der Rückseite der Tür sind in dieser 
Art ausgestattet. Die Rauten sind wie an den Steinen in Bawit gefüllt, die anschließenden 
Vierpaßzwickel dagegen in Kerbschnitt ausgehoben, wodurch eine lebhafte Licht- und Schatten- 
wirkung entsteht. Die Quadrate sind ähnlich gefüllt, die Sechsecke mit einer Art vierblätt- 
rigem Klee auf fassetiertem Grunde. An ihnen mag die Fiederung beachtet werden. 

' Venti-ri, Storia I, S. 107, Fig. 9-2. 

" Alib. bei Wiegaxd, Das alUhristl. Hauptportal an der Kirche der hl. Sabina, Taf. III. 



156 Die cheisti.uhkx Dexicmäleü von Amida. 

Wie erklärt mau dieses Vorkommen derselben Ornamente in Rom und Oberägypten? 
Die einen werden die „Römische Reichskunst" dafür verantwortlich machen; von Rom aus 
seien diese Dinge nach den Provinzen aufgestrahlt. Ich brauche das wohl nicht mehr zu 
widerlet^en.' Die anderen werden einen autokratischeu Kunstwillen der spätrömischen Zeit 
proklamieren-, der sich aus innerem Drange heraus überall im Reiche seine Wege gebahnt habe. 
Ich halte auch das für verfehlt. Diese Art des Flächenschrauckes ist vielmehr altorientalischen 
Ursprunges, die ägvptischen Ornamente gehen auf asiatische Anregungen zurück, und ebenso ist 
ihr Auftreten in Rom ein Anzeichen des den neuen Stil der spätrömischeu Zeit erklärenden 
Orientalismus. Dafür etwa folgende Beweise. 

Ist ornamentaler Flächenschmuck etwas, das die Antike, d. h. die griechische oder römische 
Architektur überhaupt kennt?'* Soweit dabei die lotrechte Wand des Monumentalbaues in 
Betracht kommt, gewiß: nein. Das ist eben eine der größten, ästhetisch vielleicht die größte 
Errungenschaft der entwickelten griechischen Kunst, daß sie die vornehme Wirkung der leeren 
Wand entdeckt. Es ist das eines der ersten Anzeichen des sich im Rahmen der Massenarchi- 
tektur entwickelnden Raumsinnes. Ich will bei diesem bisher unbeachtet gebliebenen wichtigen 
Punkt der Kunstentwicklung nicht verweilen. Hier kommt es mir vielmehr auf dessen Kehr- 
seite an: die altorientalische Kunst, und zwar sowohl die ägyptische wie die des Zwcistrom- 
landes kennt die Wand nicht anders als überzogen mit Gestalten irgendwelcher Art. Das ist 
nun nicht etwa ein spezitisch orientalischer Zug, sondern eine Erscheinung, die dem primitiven 
Kunstschaffen überhaupt eigentümlich ist. Beweis die entwicklungsgeschichtlich bedeutendste 
Vorstufe der ägyptischen Kunst, die zentralamerikanische. Das zeigt auch die ästhetisch am 
tiefsten stehende Strömung, die indische. China kommt hier nur in zweiter Linie in Betracht 
(Bronzen des Pokutulu), weil es niemals recht den zur Entwicklung der hohen Kunst wich- 
tigsten Schritt vom Holz- zum Steinbau gemacht hat. 

Die Wände des ägyptischen Tempels sind mit einer für uns unbegreiflichen Ausdauer bis auf 
das letzte Plätzchen, nicht nur an den dem Lichte zugänglichen, sondern auch an den fast voll- 
ständig im Dunkeln liegenden Teilen mit figürlichen Reliefs in übereinanderliegenden Streifen 
überzogen. Was wir von altägyptischer Kultur kennen, stammt zum größten Teil aus dieser 
in Hieroglyphen oder wirklichen Bildern ausgeführten Schrift. Der Fall, daß eine vertikale 
Wand oder ein Teil derselben mit geometrischen Ornamenten überzogen wäre, findet sich in 
Ägypten nicht. Dagegen ist diese Art des Schmuckes in Ägypten zu Hause an den Decken. 
OwEX-JoNES hat davon ganze Serien zusammengestellt.' 

In Mesopotamien fehlt solcher geometrische Flächenschmuck auch an den Wänden nicht. 
Es hängt das jedenfalls zum Teil mit der Technik der dortigen Wandausstattung zusammen. 
Da die Wände aus Luftziegeln aufgeführt wurden, war eine Verkleidung notwendig. Neben dem 
kostbaren, gewöhnlich nur für besonders hervorragende Stellen angewendeten Alabaster, traten 
Surrogate, unter anderm Stuck und glasierte Tonfließen, deren Anordnung zur Anwendung von 
geometrischen Mustern, die man ins Unendliche fortsetzen konnte, einladen mochte." In diesen 
Ländern und in Kleinasien begegnet man auch zuerst solchem Flächenschmuck, plastisch aus- 
geführt, an Werken der Monumentalkunst, so an einem Türslurz aus Khorsabad " und am so- 
genannten Midasgrab' und seinen Verwandten. 

' Vgl. mein , Orient oder Rom", Einleitung. Dazu Poppelrei^ter, Kritik der Wiener Gene-^is. KiUn l'.Mis. 
' A. RiEGL, Spätrömische Kunstindu.^trie in (isterreich-Ungarn, Bd. I. 

' Ich möchte ausdrücklich bemerken, daß ich von Te.xlilien u. ä. abseile. Da linden sich solche Musler schon 
auf schwarzfiguiigen Vasen. 

* The grammar of ornament, IX iï. A"gl. Semper, Der Stil I, Taf. XI. 

' Vgl. die Wandbekleidung aus Warka (in allen Handbüchern, z. B. Lübke-Semraf I, 4N). 

" Abb. z. B. bei Perrot u. Chipiez, Histoire II, S. ■ibl, vgl. die Bronzeschüssel. S. 73(). Owen-.Io.nes XIII. 

' Lvbke-Semr.\u. I. S. 82. 



Die Pakali.ei.ex ix Âgyi'tex. 157 

Das Netzinnster ohne Eodc ist also in der Monumentaliiunst wohl im Orient, nicht aber 
in der griechisch-römischen Kunst zu Hause. Es ist auch nach Alexander d. Gr. nicht in letztere 
eingedrungen, wenigstens nicht, soweit dabei die Wände in Betracht kommen; nur die Decke 
macht eine Ausnahme; sie wird mit Kasetten in unendlicher Folge gefüllt, doch tritt auch auf 
diesem Gebiete kein freier Wechsel der Motive ein. Ein solcher läßt sich nicht in der späthelle- 
nistischen Kunst römischer Zeit auf orientalischem Boden nachweisen. Überaus mannigfache 
Beispiele bieten die Decken der Gebäude in Palmyra.' Iîonc/.ewski- hat das Material zusam- 
mengestellt. Die volle Freiheit im Ausspiunen solcher Netze und Gitter gewinnt der Decken- 
schmuck im Gebiet der B^arbe. Die Prachtbeispiele in Mosaik, die man in den Kirchen von 
Salonik und der Sophia von Konstautinopel sieht, gehen zum guten Teil auf .\nregungen von- 
seiten persisch-syrischer Seidenstoffe zurück. ' 

In Syrien ist es auch, wo solche geometrische Muster ohne Ende in gleicher Art wie in 
Bawit im Rahmen der Architektur auftreten, als Lünettenschmuck nämlich über Wandöff- 
nungen. Die Moschee von Daschlut zeigt diese Dekorationen heute (Abb. 75/7) über Türen, 
wahrscheinlich war auch die ursprüngliche Anwendung die gleiche. In Syrien dagegen ist sie 
gebräuchlich über Fenstern. VogCé hat fünf solche Füllungen zusammengestellt.^ Ich sehe 
an dieser Stelle zunächst von einem mit Ranken gefüllten Felde ab; zwei andere zeigen als 
Mittelfüllung ein Kreuzmedaillon, doch hebt sich dieses wie am Hoftor von Daschlut von einem 
aus Kreisen gebildeten Netzornament ab. Zwei andere sind, wie au unserer Moscheentür, au.s- 
schließlich mit Netzornamenten geschmückt; das eine Mal mit großen, rosettengefüllten Achtecken 
und Quadraten, das andere Mal mit Kreisen, die sich auf einem Grunde von in Quadraten 
gekreuzten Stäben schneiden. Die Kreise folgen sich in den Achsen so, daß zwischen ihnen 
sphärische Quadrate übrig bleiben. 

Dasselbe Kreisornament fand Naville auch unter den Schmuckstücken der Kirche von 
Ahuas; es befindet sich jetzt im Museum in Kairo (Cat. gén. 7318).^ Wir sehen also auch an 
diesem Beispiel, wie nahe sich der syrische und ägyptische Kunstkreis stehen. Die sphärischen 
Quadrate sind in Ahnas mit Trauben, ^'ierblättern und Vögeln gefüllt. Es handelt sich um 
eine Steintläche, die als Teil eines Frieses oder einer Wandfüllung gelten kann. 

Wie gewohnt man diese Art der Flächenfüllung in Ägypten war, zeigt eine in der christ- 
lichen Nekropole von el-Bagawat in der Oase el-Kharge erhaltene Kirchenapsis, die ganz mit 
einem Netzoruament überzogen ist.'' 

Soweit der vor .Jahren verfaßte Aufsatz. Man kann sich denken, wie freudig überrascht 
der Verfasser von den BEYLiÉ"schen Photographien der Westfassade von Amida war: sie brachten 
die Bestätigung für die aus dem Verkehr mit den ägyptischen Denkmälern gewonnenen, aber 
schwer positiv beweisbaren Überzeugungen. Die Säulen der oberen Reihe zeigen die Schäfte, 
überzogen mit jenen Mustern ohne Ende, von denen oben die Rede war. Ich will die zehn 
Säulen (Abb. 78), von links nach rechts uummeriert, in drei Gruppen vorführen und gleich 
auch die Parallelen dazu anführen. Man halte sich immer Tafel IX — XI vor Augen. Der 
Zeichner von Abb. 78 hat zu sehr Licht und Schatten, nicht das bezeichnende Tiefendunkel 
gegeben. 

I. Gruppe: 1 und 10. Bei 1 ist der Schaft quergeriefelt wie au den Ecksäulen des Junius- 
Bassus-Sarkophages oder am Clitumnustempel.' Klassisch ist das gewiß nicht, sondern ein 
charakteristisch ungriechisches Motiv, das in der späten Antike beliebt wird.^ Seltener ist die 

' Nach Wood wiederholt bei Oppenheim, Vom Mittelmeer zum pers. Golf I, Ö. :^11 und Tafeln. 

* Gewölbeschmurk im Römischen Altertum, Berlin 1903. 
ä Vgl. Jahrb. d. preuß. Kunstsamml. 1903, S. 147 t. 

* La .Syrie centrale, pl. 50. — * Meine , Koptische Kun.st", S. 56, Abb. 70. — " de Bock, Matériaux, pl. VII. 
' Zeitschrift f. bild. Kunst XVI, 317; Nuovo Bulletino di arch, crist. I, S. 11 des SA. 

' Vjil. für den l'rspvung Chapot, La colonne torse 1907. 



lös 



DiK 



llilSTI.HHEN DkNK.MÄI.KI! VON AmIDA. 



Ausstattung der anderen Endsäule 10, wo Rautenspiralen fünil'ach inuinandergelegt . d. li. 
Riefelungen in beiden Diagonalen kombiniert sind. Das Motiv findet sich ähnlich, alier isoliert, 
an der Decke der Porte double am Haram in Jerusalem.' 

n. Gruppe: 2, 5, G und 8. Das Grundmotiv ist das Hakenkreuz, die Svastica. Die ein- 
fachste Art gibt 6, und hier tritt auch gleich deutlich hervor, worauf es bei diesen Netzorna- 
meuten eigentlich ankommt: nicht auf die hell hervortretenden Positivmuster, sondern auf die 
Reste des im Tiefendunkel liegenden Grundes. Was man sieht, sind die dunklen gleicliarmigen 
Kreuze, nicht die Hakenkreuze dazwischen. Und doch ist der Ausgangsi)uukt dci- Komposition 




.Abb. 78. Dijarbetr, Wcstftissade; Muster »1er zehn oberen Säiileuschafte. 

die Svastica, wie die andern Beispiele zeigen. Es handelt sich immer um ein Fortspiunen des 
Hakenkreuzes in der Fläche, nicht, Mie beim griechischen Mäander, um ein Streifenornament. 
Eher könnte man den chinesischen Mäander zum Vergleich heranziehen. Er baut sich in 
Streifen zum Füllraotiv aus, verwendet aber nicht das Hakenkreuz.^ Für die Komposition aus 
letzterem heraus finde ich einen weiteren einfachen Beleg an den beiden Säulchen, die heute 
das Mihrab der Ali-Moschee von Daschlut schmücken (Abb. 79).^ Sie haben ca. 12 era Radius, 
also ungefähr die Dimensionen derjenigen von Amida. Die Hakenkreuze breiten sich hier 
ohne Unterbrechung wie ein Netz mit engen, kleinen Maschen um den Umfang des Schaftes 

' VoGüE, Le temple, pi. VI. 

* Vgl. den Pokutulu und Jahrb. d. preufs. Kunst-samml. 1!)0:J, S. IT.öf. 

' Andere Beispiele aus Ägypten bei Wii.ff, Altchristl. Bildwerke, Xr. 10-52, S. :^14. 



DiK Pauallelex ix Ägypten. 



159 




aus. An Säule 2 in Aniida ist ein weitaus klarer wirkendes Motiv genommen, wo zwischen 
die in der Diagonale fortlaufenden Hakenkreuze ebenso angeordnete Kosetten von wechselndem 
Schema gefügt sind. Dasselbe Grundmotiv kehrt wieder an Säule 5,' nur sind da sämtliche 
Linien schräg gestellt, von links unten nach rechts oben. Ganz eigenartig ist Säule 8. Hier 
baut sich die Figur wieder auf lot- und wagrechten Parallelen auf. Es sind Klammerpaare — 
das von den Franzosen ,,fer à T" genannte Motiv — angewendet, wobei immer ein lotrechtes 
Paar ein wagrechtes in die Mitte nimmt und umgekebrt. Die Verbindung erfolgt durch das 
Hakenkreuz. Es ist nun recht bezeichnend, daß ich genau dasselbe 
Muster auch an einer im Hofe der Ali-Moschee von Daschlut im 
Boden steckenden Halbsäule gefunden habe (Abb. 80). Dazu möchte 
ich bemerken, daß die beiden Halbsäulen des Mihrab genau die 
gleichen Dimensionen haben wie dieses Bruchstück im Hofe, wir uns 
also eine ähnliche Folge 
von Säulen mit Netzwerk 

im Apollokloster von 
Oberägypten denken kön- 
nen wie in Amida. Der 
Unterschied ist nur der, 
daß die Säulen in Amida 
frei vor die Wand treten, 
wälirend sie im Apollo- 
kloster als Halbsäulen 
monolith mit der Wand 
verbunden waren. 

Das hier in Rede 
stehende Muster hat sich 
lange noch in islamischer 
Zeit in der Ciegend von Amida im Gebrauch erbalten. Es ist zur Füllung des Grundes auf 
dem Metallbecken des Atabeks Lulu von Mosul (1233 — 59) in der Kgl. Bibliothek zu München 
verwendet' und dürfte dahin kaum aus der hellenistischen Kunst, bzw. von den Säulen des 
alten Amida gelangt sein; vielmehr weist gerade dieser Umstand recht drastisch auf die gemein- 
same altorientalische Unterlage des Motivs. Die Mosulbronzen zeigen auch sonst ganz prachtvolle 
Muster ohne Ende. So gleich die Metallschüssel im Nationalmuseum zu München, für die 
gute Detailabbildungen vorliegen.^ 

Eine weitere Bestätigung für die Beliebtheit des orientalischen Musters ohne Ende bis in 
die Zeiten des entwickelten persisch- türkischen Islam liefert das sogenannte „coufique carré", eine 
Anordnung von Korausprüchen. besonders gern der Glaubensformel, dann der Namen des Pro- 
pheten und der ersten Khalifen, und zwar nicht in der für die Schrift üblichen Streifenanord- 
uuDg, sondern in einer viereckigen, meist quadratischen Fläche.'' Dabei wird die Schrift voll- 
ständig der dekorativen Wirkung preisgegeben. Amida bietet ein gutes Beispiel für die ur- 
sprüngliche Anregung zu solcher Anordnung der Schriftzeichen. Wir sehen (Taf. III, Fig. 1) den 
Schlußstein über der Tiernische des Kharputtores, durch die Inschrift datiert 909/10, mit dem 
Klamraermuster (fer à T) gefüllt. Es könnte mit dem kufischen Quadrat verwechselt werden. 
III. Gruppe: 3, 4, 7 und 9, die eigentlichen Netzornamente. 4 und 7 sind untereinander 
sehr verwandt. In 4 liegt das alte Transenna-Motiv vor, in 7 sieht man schmale Stege in 
Windungen vertikal geführt und durch horizontale gekreuzt, so daß ein reiches Wellengewirre 

' Münchener Jahrb. û. bild. Kunst l'.tOT. I. S. 19f. 

2 A. a. 0., S. 30. 

3 Literatur bei Berchem. Corpus I, p. 1?.9, Anm. 1. 




Dascliliit, Djauii Ali 
iner Milirabsiiulo. 



Alib. 80. 
D.isclihit, Djami Ali: Siiiilent'mgment im Hofe. 



160 Die «hkisti.u hen Denkmai.ek von Amiha. 

entstellt. Das Ornament ist nicht zu verwechseln mit dem Schuppenmuster, wie es z. B. an 
den beiden mittleren Siiulen des Clitumnus-Tempels vorkommt. Säule 3 zeigt Achtecke so in- 
einandergesteckt, daß ein kleines Quadrat als Zwischenraum bleibt. Dieses erscheint dunkel, um- 
geben von vier kleinen, in die Länge gezogenenen Sechsecken. Dieses Ornament findet sich 
nicht wieder. An der Decke des Doppeltores am Haram zu Jerusalem und an Decken von 
Palmyra lassen sich freilich verwandte Muster nachweisen, doch sind sie nach antiker Art als 
Kassetten ausgetieft. — Es bleibt noch Säule {\ bei der die negativen Reste völlig zur Haupt- 
sache geworden sind. Man sieht nicht mehr die Stege, sondern lediglich die durch vierteilige 
Herzrosetten gefüllten Achtecke, die von vier langgestreckten Sechsecken umgeben und durch 
Kreuze zum Muster ohne Ende verbunden sind. Das ist nun genau das gleiche Muster, von 
dem S. 1.Ô3 an der Spitze des einleitenden Aufsatzes als am Hoftor der Ali-Moschee von Daschlut 
betindhch gesprochen wurde. Es umzieht dort (Abb. 75) in einem breiten Bande das Reiter- 
relief und unterscheidet sich von der 9. Säule von Amida nur dadurch, daß die verbindenden 
Stege ganz fallen gelassen, bzw. nicht mehr erhaben, sondern im Tiefendunkel wirksam sind. 
Die einzelnen Elemente Achteck, Kreuz und langes Sechseck treten als Individuen auf; das 
Muster ist nicht mehr ausgestochen, sondern mosaikartig zusammengesetzt. Alle Figuren zeigen 
Randprofile, Achteck und Sechseck sind mit Rosetten gefüllt, nur das Kreuz noch in der Art 
von Amida gefurcht. Um es kurz zu sagen: Bawit bringt das Muster wie die Steinnachbildung 
eines islamischen Holzmosaiks — freilich mit Hinweglassung des Gerippes fester Stege, in die das 
Sehnitzwerk eingefügt wird —, Amida dagegen bietet gerade diese Stege und fügt immer in das 
Achteck eine Rosette. Mit anderen Worten: Amida gibt das Netz, Bawit die Einlagen. 

Weitere Beweisstücke für die Existenz eines Bauwerkes im ApoUoklo.ster von Bawit, das 
denjenigen ähnlich war, <lessen Reste in die Westfassade von Araida verbaut sind, befinden 
sich im Pavillon de la Trémouille des Louvre. Sie stammen aus den französischen Aus- 
grabungen in Bawit. Es sind, wie in der Ali- Moschee von Daschlut, hohe Steinplatten, an die 
Halbsäulen angearbeitet sind, und zwar mit der Basis und dem Wulst, über dem das Kapitell 
saß. Zwei völlige identische Stücke, von denen ich eines in Abb. 81 gebe\ zeigen diesen Schaft 
sehr reich ornamentiert. Oben laufen horizontal vier an den Rändern mit Blättern gefüllte 
dreistreifige Zickzack herum; um die Mitte liegt ein Ring von Spitzovalen, ebenfalls in Zick- 
zackstellung, und die untere Hälfte wird durch eine Vertikalrippe geteilt, von der nach beiden 
Seiten gegenständig schräge Stege ansteigen, zwischen denen schujjpenartig Zellen ausgearbeitet 
sind. Ich sah noch andere Stücke ähnlicher Art, aber leider stark fragmentiert. Unter ihnen 
scheint mir eines besondere Beachtung zu verdienen, das auf den ersten Blick ebenfalls wie 
eine Halbsäule aussieht, aber bei näherem Zusehen sich doch als ein horizontal anzuordnendes 
Gebälkstück darstellt (Abb. 82): es ist ein Wulst, der mit Weinlaub vom Schnitt der antioche- 
nischen Ma.ximianskathedra geschmückt ist, in dessen ]\Iitte aber wie an den Architravstücken 
von Amida eine Vase eingefügt ist. Wir hätten also nicht nur die Analogie der Schmuck- 
säulen, sondern auch ein ähnlich ornamentisches Gebälkstück wie am Fries zu Amida. Die 
halbrunde Profilierung ist in Syrien nicht selten. Dafür und für die Rankonführung vergleiche 
man Mschatta. 

Die Pfeiler von Bawit im Louvre sind nicht der einzige Beleg dieser Art in Ägypten. 
QuiBELL hat in Sakkara eine christliche Kirche mit sehr reichem Tür- und Säuleuschmuck frei- 
gelegt, die mit denen des Louvre geradezu verwechselt werden könnten. Wir sehen Abb. 83/4^ 
dieselbe Grundeinteilung, d. h. den Pfeiler mit angearbeiteter Halbsäule und das gleiche Or- 
nament, unten die wie für Zellenschmelz vorbereiteten symmetrischen Querrippen, oben das 
dreistreifige Zickzack mit den Blattfüllungen am Rande. Verändert ist nur der Gürtel um die 

' Ich danke die Aufnahmen für Abb. 81 -2 dem freundlichen Entgegenkommen der Herren Chassinat und 
BÉNÉDITE, sowie der VermiUlung Ma.x van Berchems. 

^ Xach Aufnahmen von MiB Bell mit Erlaubnis von Mr. (Juibell veröffentlicht. 



DiK Pahallelen i.\ Ägypten. 



161 



Mitte. Wir sehen da das Mäanderband mit dazwischengelegten Rosetten wie an den Säulen 2 
und 5 von Amida. Auch die Füllung der Flankenstreiten ist da: wie in Bawit entsteigt auch 







Al'li. >.! V:n\<. I,.riiM,_.: Aicliiliav au> liawil. 




Abb. Sl. Paris, Luuvro : Pleikr aus Bawit. 

hier das Laubwerk einer Vase, doch ist es als Weinlaub mit seltsam dreistreifigem Hauptstiel 
gebildet.* 

' Dafür wären die Pfeiler von Acre bei S. Maren in Venedig zu vergleichen. Orions christ., Jl, S. 4-23 f. 
.\mida. 21 



162 Die (.hristlichex Denkmäler von Amipa. 

QiiBELL wird uns Näheres über die Verwendung dieser Pfeiler sagen. Es scheint, daß ihn- 
ursprüngliche Bestimmung nicht die als Türpfeiler war, auch ist einmal die Schmal-, einmal 
die Breitseite als ^'ersatzfläche behandelt. 

Ich habe den Eindruck, daß sich aus den Resten von Bawit der alte Bau mit einigem 
Eifer wieder zusammenstellen ließe, leichter jedenfalls, als dies angesichts der islamischen Wieder- 
verwendung in Amida möglich ist. Die Stücke aus Bawit und Sakkara scheinen mir dabei eines 
außer Zweifel zu stellen, daß nämlich die Anordnung von fensterartigen Öffnungen zwischen 
den Säulen ander .unbedeckten Mansura", d.h. dem Obergeschoß der Westfassade von Amida, 
von dem Erbauer, dem Inahden llaldi im Jahre 518 H. (1124;5), nicht völlig als Neuschöpfung 
aus der Luft gegriffen sein könne. Die beiden Stücke im Louvre, Abb. 81, zeigen, wie gesagt, 
an den flachen Innenleibungen ein Ornament, das auch an den aus dem Hause des Omda 
von Beled Bawit in den Louvre gekommenen Steinpfeilern mit stehenden Heiligen vorkommt,' 
Dieses Ornament muß, wie die ^^'einranke in Sakkara, sichtbar gewesen sein. Also standen die 
Platten mit den angearbeiteten Halbsäulen nebeneinander, durch Zwischenräume getrennt, die 
nach (1er Länge des weinlaubgeschmückten Wulstarchitravs im Louvre ungefähr zu bestimmen 
wären. Man könnte an die Fassade der Moschee Ala al-diu in Konia uud die Verwendung 
solcher Pfeiler in Kleinasien zu Gewölbestützen und Fensterscheiden erinnern, wenn es darauf 
ankäme, sich in die Verwendung solcher Bauglieder hineinzudenken. Sakkara wird wohl, so- 
bald QriBELi, seine Publikation bringt, neue Aufschlüsse geben. 

Die Fragmente aus Bawit gehören sicher der christlichen Zeit an. Sie stammen aus einem 
Kloster, dessen Gründer, der heilige Apollo, im 4. Jahrh. gelebt hat. Das Kloster selbst be- 
stand jedenfalls schon vor der Mitte des 5. Jahrh. ^, die angeführten Pfeiler mit Halbsäulen 
können also bis in diese frühe Zeit zurückgehen. Es fragt eich nur, welchem Zweck sie ge- 
dient hallen. Leider ist darüber, solange der Bericht des Institut français d'archéologie orien- 
tale du Caire aussteht, welches die Ausgrabungen von Bawit veranstaltet liat, nichts auf die 
Fundumstände Gestütztes zu sagen. 

Bezüglich Amidas möchte man glauben, daß die Seldjuken die Baufonn dieser Fassaden 
nicht neu erfunden haben, sondern, veranlaßt durch die Art der früheren Aufstellung ihrer 
Schmuckteile, zu dem eigenartigen Bautypus gelangt sind. Ich möchte daher, bevor von der 
ursprünglichen Bestimmung der alten Bauteile die Rede ist, doch zuerst auch danach fragen, 
wofür sie im Islam selbst angesehen wurden und gehe dabei aus von den zitierten Inschriften. 

Nach Berchem heißt Maksura ein abgeschnittener (durch Mauern und Gräben) abgegrenzter 
Ort, also ein Schloß, ein Pavillon usw.^ Ob aus dieser Bezeichnung die bei den Reisenden 
immer wiederkehrende Angabe herrührt, daß es sich bei den beiden Fassaden von Amida um 
Paläste handle? Sufta — wie die östliche Fassade von Amida in ihrer Inschrift genannt wird 
— heißt nach Berche.m Reihe, Ordnung, namentlich Arkaden-, Bogenreihe; die Bezeichnung ist 
also lediglich von dem Hauptschnuick der Fassade hergenommen, und es verwundert nicht, neben 
der Bezeichnung der Gesamtfassade als Sufia für das Obergeschoß die Benennung Maksura 
wiederkehren zu sehen. Es fragt sich, waren die beiden Gebäude mit den .'^uffa-Fassaden ur- 
sprünglich wirklich Paläste? 

Diese Frage bezieht sich zunächst natürlich nur auf die heute aufrechtstehenden, d. h. 
die islamischen Fassaden. Nach dem, was wir von der Moschee Ala el-din und dem einst un- 
mittelbar danebenstehenden Palaste oder von der großen Moschee des Shaikh Safi in Ardebil 
mit dem zum Palaste Abbas I. gehörigen Tshini-Khane' wissen, wäre eine solche Vereinigung 
von Palast und Moschee durchaus möglich. Eine andere Deutung freilich gibt den Fassaden 

' Vgl. meine „Hell, uml koptische Kunst in Alexandria". .^. 3». und Mouatshefle tfir Kunstwiss. 1, S. 17 d. .S.\. 

- Zeitschrift für aeg. Sprache XL, 8. 60 f. 

' Auch die Maksura im Innern der Moschee bedeutet einen abgegrenzten Raum. 

* Vgl. Sarre, Denkmäler persischer Baukunst. 



Dip: ai-tchristliihen Kikchex vox Amida. 163 

R. J. Gardex, der Dijarbekr im Jahre 1856(7 besuchte: „On each side of the centre building is 
a wing, thus forming three separate mosques for three of the four sects of Moliammedans."^ 
Danach hätten wir es mit einem N'orläufer des Bautypus zu tun, dem später die Madrasa zu 
dienen hatte. 

Für uns freilich handelt es sich zunächst nicht so sehr um die Bedeutung der Fassaden 
in islamischer Zeit, als darum, ihre ursprüngliche, d. b. die vorislamische Verwendung festzu- 
stellen. Von einem Palaste des Tiridates oder Tigranes wird nach dem Bekanntwerden der 
Inschriften wohl niemand mehr sprechen. Für uns kommt nur in Betracht die Alternative: 
antik oder christlich? Die Lösung bietet vielleicht ein Blick auf die Stadtgeschichte und die 
in Amida überhaupt erhaltenen christlichen Denkmäler. 



5. DIE ALTCHRISTLICHEN KIRCHEN VON AMIDA. 

Der Eintritt der Blüte Amidas fällt zusammen mit dem Siege des Christentums als Reichs- 
religion. Ammianus Marcellinus XVIII, 9, 1 berichtet, wie Konstantins die an sich geringe 
Stadt mit weiten Mauern und Türmen umgab und dahin das Zeughaus für die großen Be- 
lagerungsmaschinen verlegte. Das soll im Jahre 349 geschehen sein. Schon vorher hatte Amida 
neben Edessa und Nisibis Bedeutung, auf dem Konzil von Nicäa 325 war es selbständig ver- 
treten. Im Jahre 359 und zum zweiten Male 502/3 wurde es von den Persern genommen. 
Damals war die Stadt sehr volkreich, die Perser zerstörten ihre Kirchen und deren Weinkeller. 
Anastasius und Justinian stellten den Ort wieder her. Auch das Mönchsleben hatte in und 
um Amida mancherlei Ansiedelungen gewonnen. Über die Bedeutung der Stadt in den fol- 
genden Jahrhunderten und über seine Kirchen hat eine lesenswerte Zusammenstellung schon 
Ritter, Erdkunde VII, 2 (XI, 3), S. 32 f. gegeben.- 

Zu diesen au3 dem Jahre 1844 stammenden Angaben verdanke ich wertvolle Nachträge 
der Güte Nöldekes und Pognons sowie einem der besten Kenner der syrischen Archäologie, 
Anton Baumstark, von dem auch die abschließende Redaktion der folgenden Bemerkungen 
herrührt. 

,Die Stadt muß schon bald nach ihrer durch Konstantins erfolgten Erhebung zum 
wichtigsten Waffenplatz der römisch-persischen Grenze auch ein bedeutendes kirchliches Zentrum 
geworden sein. Seit dem 6. Jahrhundert ist sie in der syrisch-monophysitischen Kirche Sitz 
eines Metropoliten. Dagegen ist der Bischofssitz Amida bei den Nestorianern mit demjenigen 
von MaipherkatMartyropolis vereinigt (wie heute z. B. (înesen-Posen oder München-Freising). 
Ein eigenes Gedächtnisfest aller heiligen Bischöfe dieses Doppelbistums sieht das nestorianische 
Evangeliar Sachat 304 der Kgl. Bibliothek zu Berlin (fol. 187 v") für einen Freitag des Spät- 
herbstes vor. 

Seit dem Auftreten des syrischen Dichters Isaak, genannt von Antioehia, im 5. Jahrh. 
(seine Geburt fällt wohl entschieden noch in das 4.), ist die Stadt Heimat einer ganzen Reihe 
hervorragender Persönhchkeiten der syrischen Literaturgeschichte gewesen, was auf eine dauernde 
Blüte des geistigen Lebens in ihr schließen läßt. 

Was die Quellen zur Geschichte derselben anlangt, so gibt es etwas dem Chronicon 
Edessenum oder der von Mingana^ veröffenthchten Kirchengeschichte der Adiabene (bis zum 
Jahre 511) von Meschicha Zekha Analoges für Amida allerdings nicht. Aus der Zeit, in welcher 
die Stadt vielumstrittener befestigter Platz in den Kämpfen zwischen Römern und Persern war, 

■ The .Journal of the R. Geographical Society. XXXVII (1867), p. 188. 

- Vgl. auch Habnack, Mission und Ausbreitung d. Christentum?^. S. 443. Pauly-Wissowa, Realenzykloiiädie I, 
Sp. 18.3.3. 

^ .Sources syriai[ues. Vol. I. Leipzig (ohne .Jahr). 

21* 



164 Pie cHiiisri-uiiKN Dknk.mai.ki! von Amida. 

besitzen wir dagegen die beiden Geschichtswerke des (Ps.-)Josua Stj'lites' und des Unbekannten, 
dessen Kompilation vom Jalire 5(JS 69 die griecliische Kirchengeschichte des Zacliarias Khetor, 
Bischofs von Mitylene, zur Hauptquelle hat,- und namentlich der letztere, der in der Stadt oder 
ihrer Umgebung zu Hause gewesen zu sein sclieint, bietet über deren Schicksale die wert- 
vollsten Aufschlüsse, l'ber die ßlüte ihres Mönchtums geben die Biographien orientalischer 
Gottesmänner des Johannes von Ephesus^ Kunde, der um 50(> gleichfalls in ihrer Nähe das 
Licht der Welt erblickt zu haben scheint. Weiterhin gedenkt ihrer vielfach der vom .Jahre 5S6|87 
bis zum Jahre 774/75 reichende vierte Teil der Chronik des (Ps.-)Dionysius von TcU-Machrc. in 
Wirklichkeit wohl eines Mönches aus dem benachbarten Kloster Zuqniu.^ 

Für das beginnende zweite Jahrtausend sind es weiter besonders zerstreute Notizen in 
der Weltgeschichte des Patriarchen Michael d. Gr. (1166 — 1199)'', welche über die Stellung Aniidas 
im Rahmen der syrisch-monophysitischen Kirchengeschichte einiges Licht verbreiten. Im 
11. .Jahrhundert diente nach dieser Quelle die Stadt gelegentlich als Residenz der jakobitischen 
Patriarchen. Die Veranlassung dazu, von dem neuerdings unter byzantinischer Herrschaft 
stehenden Melitene nach dem unter mohammedanischer verbliebenen Amida überzusiedeln, 
gaben den Patriarchen Erfahrungen religiöser Intoleranz, die man mit den byzantinischen Siegern 
zu Anfang des 11. Jahrb. gemacht hatte. Patriarch Diony.sius IV. (1031 — 1042n. Chr.) hat als er.'^ter 
bald in einem Kloster bei ^lardin, bald dort residiert (XIII, 7, S. 566; Cbers. III. S. 147 f.). 
Sein Nachfolger Johannes IX. (1048 — 1057) hatte die Stadt zur ausschließlichen Residenz und 
starb auch in derselben (XV. 1, S. 574; t'bers. III. S. 162). Nach seinem Tode wurde bei 
zwiespältiger Wahl einer der neuen Kandidaten des Partriarohats dort ordiniert (loco citato). 
Später, allgemein anerkannt, hat dieser ursprünglich schismatische Patriarch Johannes X. die 
Stadt als Residenz wieder mit anderen — Harran-Karrhai und Maipherkat-Martyropolis — 
abwechseln lassen, starb aber im Jahre 1072 in ihr (XV, 3. S. 579 ; Übers. III. S. 171). Im 
Beginn des Zeitalters der Kreuzzüge wurde der Schwerpunkt des Patriarchats wieder in die Nähe 
von Antiochia verlegt. Doch wurde Patriarch Athanasius VII. (gest. 1129) durch den fränkischen 
Gouverneur der Stadt in Amida. als seinem eigentlichen Sitze, gewaltsam während seiner letzten 
Lebensjahre zurückgehalten. Athanasius ATII. wurde alsdann im Jahre 1138 wieder in Amida 
ordiniert, nachdem zur Besetzung des Patriarchenstuhls die jakobitischen Bischöfe hierher, offen- 
bar als an den zum Wahlakt gewohnheitsrechtlich zuständigen Ort, durch die fränkische Obrig- 
keit zusamnienberufen wurden waren (XMI, S. 623 ; Übers. III, S. 251). Dieser erneuerte 
ausdrücklich die Stellung Amidas als Patriarchenresidenz, anscheinend so, daß künftig der 
Patriarch auch hätte Metropolit von Amida sein sollen (a. a. 0., S. 624 ; Übers. S. 252). 
Indessen hat schon sein Nachfolger, der Geschichtschreiber Michael d. Gr. selbst, einen anderen 
bekannten syrischen Schriftsteller Dionysius (Ja'qûbh) bar Salibhî wiederum im Jahre 1166 zum 
selbständigen Metropoliten von Amida ernannt.'' Doch erfahren wir gelegentlich noch aus dem 

' Herausgegeben von M.\rtix. Leipzig 1S7G (Aliliamllungeii für die Kunde des Morgenlands \I. ll liezw. mit 
englisctier Übersetzung von Wright. Cambridge 1SS2. 

2 Herausgegeben von La.nu in den Anecdota Syriaea H. deutsch mit ausgezeichneten Erläuterungen bei Ahrexs- 
KrCger. Die sogenannte Kirchengeschichte des Zacharias Rhetor. Leipzig 18'.t9. 

' Herausgegeben von Land in den Anecdota Syriaea III und in der lateinischen Übersetzung van Douwexs in 
den Verbandelingen der Konklijke Akademie van Wetenschappen. XVIIl (Amsterdam 18S9). 

* Herausgegeben mit französischer Übersetzung von Chabot (Bibliothèipie de l'école des Hautes Etudes. Scien- 
ces philologiques et hisloriciues (XH. Paris 189.5). Über den wirklichen Verfasser vgl. Noliieke. Wiener Zeitschrift für 
Kunde des Morgenlandes X (1896). S. 110-170, und Nav. Bulletin Critique. 1896, Nr. 17. 

^ Herausgegeben von Chabot, Chronique de Michel le Syrien. Paris 1899 ff. Die Übersetzung in 3 Bänden. 
(Die röm. Zahlen vorn = Buch, die arab. = Kapitel des ^\'erkes.) Nur einen sekundären Wert haben die entsprechenden 
Angaben der aus dem Geschichtswerke Michaels schöpfenden Kircbengescbichte des Bar Hebraeus (ed. Abbei.oos-Lamv, 
Louvain 1S75— 1877). 

"^ Vgl. R. DrvAi,. La littérature syria(|ue. Paris I8S9, S. 399. 



Die ai.tchristi.hhkn Kirchex vox Amida. 165 

späteren 10. Jahrliundert von dem Bestehen einer Patriarchenresideuz in seinen Mauern.' Über 
die im Februar des Jahres 1213 erfolgte Zerstfirung mehrerer Kirchen Amidas redet beiläufig 
die Subskription eines illustrierten Merevaugelienbuches im Besitz des jakobitischen Markus- 
klosters in Jerusalem. - 

Daß an einem Orte von solcher kirchlicher Bedeutung auf dem Gebiete des iSakralbaues 
eine hervorragende Tätigkeit entwickelt wurde, muß von vornherein als selbstverständlich gelten. 
Auch positiv weist es zunächst auf das Bestehen einer größeren Zahl von Kirchen in der Stadt 
schon zur Zeit Justinians hin, daß damals in derselben während der vierzigtägigen Fastenzeit 
eine der römischen ähnliche Stationsordnung in Geltung war, von der Michael d. Gr. IX, 26 
(S. 29S; Übers. II. S. 223) redet. Die Zahl der Klöster, welche zu Anfang des G. Jahrhunderts 
in ihr bestanden, wird durch die syrische Bearbeitung der Kirchengeschichte des Zacharias \'III, 4 
und XII, 7 (S. 246, 326, Ahkex.s-Krü(!ek, S. 156,2.51) auf fünf angegeben. Im einzelnen ist, was 
wir über die kirchliche Baugeschichle Amidas erfahren, freilich leider nicht allzu viel und 
nicht immer vollständig klar. 

Die älteste Kathedrale wird als .die große Kirche" mithin bereits im Gegensatz zu weiteren 
Gotteshäusern erstmals durch die aus dem Jahre 463/64 stammende Subscriptio der syrischen 
Pentateuch-Hand schritt Brit. Mus. Add. 1425 erwähnt.' Man muß sich indessen hüten, vor- 
schnell immer an diese Kirche, sei es auch nur in irgendeinem späteren Neubau, zu denken, 
wo anderwärts die für sie gebrauchte Bezeichnung wiederkehrt, da die fragliche Bezeichnung 
eben der jeweils als Kathedrale des Metropoliten benützten Kirche zukam, hier aber ein mannig- 
facher Wechsel im Laufe langer und sehr stürmischer Jahrhunderte nicht ausgeschlossen ist. 

Ein Bischof Johannes erbaute einer Klosterlegende zufolge, welche seinen Regierungsau- 
tritt erheblich zu spät auf das Jahr 512 ansetzt, noch vor der Persereroberung des Jahres 502/3 
eine Kirche der vierzig Märtyrer.* Die Art, wie diese, zugleich als .die große" bezeichnet, von 
dem Bearbeiter des Zacharias \'II, 4 (S. 208, Ahkexs-KrCgek. S. 109) in dem ausführlichen 
Bericht über jene Eroberung eingeführt wird, legt den Gedanken nahe, daß sie damals als 
Kathedrale diente. Die Subscriptio der Bilderhandschrift in Jerusalem nennt sie unter den im 
Februar 1213 zerstörten Heiligtümern. 

Bereits im Jahre 488/89 war durch einen Johannes, genannt „der Urtäer", ein späterhin 
dessen Namen tragendes Kloster gegründet worden, über dessen Geschichte bis zum Jahre 566/67 
ein Kapitel der Heiligenbiographien des Johannes von Ephesus handelt.'' Es scheint in der 
Nähe der Stadtmauer gelegen zu haben, da nach dem Bearbeiter des Zacharias, a. a O. (S. 206, 
Aurens-Kküger, S. 107) Mönche desselben während der Belagerung durch die Perser in einem 
der Stadttürme (Tripyrgia) die Wache hatten und von den stürmenden Feinden nach einem 
Zechgelage überrumpelt wurden. Die Zahl der Mönche betrug nach Johannes von Ephesus 
damals 400, und man hatte gerade mit einem großartigen Erweiterungsbaue, dessen Haustein- 
fassade besonders hervorgehoben wird, begonnen, als der Persersturm hereinbrach. Ein späterer, 
legendarisch ausgeschmückter Bericht über die j^ersische Eroberung'" nennt das Kloster ein 
solches Johannes des Täufers. Liegt hier kein Mißverständnis vor, so wäre seine Kirche mit 

' Nämlich durch die unten näher zu lierührende Notiz der syrischen Handschrift Brit. Mus. Or. 1017. 

2 Vgl. über dasselbe Baimstark, Drei illustrierte syrische Evangeliare. Oriens christianus IV, (1904). .S. 400 — 4i2J 
und Palaestinensia. Ein vorläufiger Bericht, Rom. Quartalschrift XX. (1906). .S. 1-23— 149. 157—188. speziell S. 179 f. 

3 Vgl. WRKiHT. Catalogues of the syriac manuscripts in the British Museum acquired since the year 1838, S. 5. 
* Der dem 8. oder 9. .Jahrhundert entstammende Text liegt vor in der Berliner syrischen Handschrift Sachau 

'2'2l fol. 74 ro — 114™. Die fragliche Noiiz steht fol. 79 ro. Vgl. Sachau. Verzeichnis der syrischen Handschriften 
der Kiinigl. Bibliothek zu Bei lin, S. .58.5. 

° Kap. 58 (Anecd. Syriaca H, S. 276—288; v. Douwex, S. 181 — 189). Die Angaben ül)er die Zahl der Insassen 
und dem Erweiterungsbau steht S. 284 (v. Doi'we.n, S. 186 f.). 

« In der Berliner syrischen Handschritt Sachau 315 fol. 67 r" — 68 ^'" (Fragment einer Kirchengeschichte oder 
Weltcin-onik). Vgl. Sachau. a. a. 0.. S. 525. 



llUi Die chkistuciien ])enkmäi.ek wn Amii>.\. 

derjenigen de^^ Täufer^: identisch, in welcher nach (Ps.-) Dionysius, S. 8 (Übers., S. 7) im Jahre 049; 50 
ein Johannes. Bischof der Araberstämme, beigesetzt wurde. Wohl sicher ist jedenfalls der 
letzteren die Johanneskirche gleichzusetzen, deren Zerstörung nach der Subscriptio der Bilder- 
handschrift in Jerusalem schon einige Zeit vor dem Februar 1213 erfolgte. 

Ehien Neubau der .großen Kirche", welche durch die von den Persern angerichtete Ver- 
wüstung notwendig geworden wäre, läßt eine legendarische Überlieferung unter Wunderzeithen 
von dem berühmten Apostel des syrischen Monophysitismus, Jakob Bûrde'ânà (gest. 578), ein- 
geweiht werden.^ Sicher ist, daß ein solcher Neubau auf Befehl des Kaisers Heraklius unter- 
nommen wurde, wofür (Ps.-)Dionysius, S. 5 (Übers., S. 5) das Datum 628 29 angibt. Nach der 
nämlichen (Juclle, S. 114 (Übers.. S. 96) wurde dieser Herakliusbau, nachdem er schadhaft geworden 
war, in der zweiten Hälfte des 8. Jahrhunderts auf Kosten des Bischofs Abh(j), eines Periodeuten 
Georg und des Archidiakons Thomas einer glänzenden Renovation unterzogen. Eine vollständige 
Zerstörung hatte nach einem bei Michael d. Gr. fehlenden Bericht der Kirchengescliichte des 
Bar Hebraeus- im Juli 848 ein durch Fahrlässigkeit entstandener Brand zur Folge. Ein Neu- 
bau, welchen vorzugsweise die Freigebigkeit eines christlichen Vornelnnen, Paqrat mit Namen, 
ermöglichte, blieb, wie hier ausdrücklich gesagt wird, hinter dem Zerstörten weit zurück. Patriarch 
Dionvsius fand im nördlichen Seitenschiff der .großen Kirche" seine letzte Ruhestätte', und 
unter den im Februar 1213 zerstörten Gotteshäusern wird sie an ersten Stelle genannt. 

Von einem und demselben .Martyrium" der Gottesmutter, das auf den Ruinen einer von 
ihnen zerstörten jüdischen Synagoge durch zwei Mönche Simeon und Sergius einige Zeit nach 
der Perserkatastrophe zu Anfang des (k Jahrhunderts errichtet worden wäre, scheinen zwei 
Stellen bei Johannes von Ephesus zu handeln.* Wir haben es hier möglicherweise mit den 
Anfängen der späteren Gottesmutterkirche zu tun. Diese erscheint seit der Mitte des 11. Jahr- 
hunderts als die Hauptkirche der Stadt. Die Patriarchen Johannes IX. und X. wurden nach 
dem Zeugnis Michaels d. Gr. in ihr begraben", ebenso, wie die Kirchengeschichte des Bar 
Hebraeus hinzufügt'', im 12. Jahrb. Dionysius bar Salîbhî. Die .große" heißt sie im Anhang 
der Profangescliichte desselben Autors' an einer Stelle, die von ihrer am 20. Juni 1297 er- 
folgten Zerstörung bei Eroberung der Stadt durch Ala el-din berichtet. Über den Wiederaufbau 
im Jahre 1300 7 gibt es einen selbständig überlieferten kurzen Bericht.'* Daß eine Wohnung 
für den Patriarchen neben der Kirche lag, gibt eine Notiz in der syrischen Handschrift Brit. 
Mus. Or. 1017 zu verstehen, laut welcher beide am 26. Dezember 1579 aufs neue durch mo- 
hammedanischen Fanatismus geplündert und verwüstet wurden." 

In der Kirche eines hl. Ze'ôrà wurden um die Mitte des 7. Jahrhunderts der Patriarch 
Johannes I. und ein Bischof Simeon von Edessa begraben, die beide in Amida gestorben waren.'" 

' Die Cberliet'erunjr ist uiedersrelegt in der Johannes von Ephesus zugeschrielienen Biographie des .Jakob 
Bùrde'ànà (Anecd. Syriaca II. S. 378— 3S0: v. Douwex, S. 215 f.). Über die Unechtheit dieser Biographie vgl. Klevn, 
•Jacobus Baradaeus, de Stichler der syrische Monophysietische Kerk. Leyden 1882, S. 10."> — lOil. 

- Ed. Abbeloos-Lamy I. .S. 383 f. 

^ Vgl. Michael d. Gr. XIII. 7 (S. .566: Übers. III. S. 148) und darnach Bar Hebraeus in der Kirehengeschichte I. S.433. 

■* Die Stellen finden sich in Kap. 5 und Kap. .")8 (Anecd. Spiaca II. W f.. 284; v. Doiwes. S. 33, 187). An der 
ersteren die Angabe über Simeon und Sergius. an der anderen die ungefähre Datierung. 

5 Vgl. Michael d. Gr. XV. 1 und 3 (S. 574. .579; Übers. III. S. 162. 171) hezw. Bar Hebraeus in der Kirchen- 
geschichte I. S. 435f., 447 f. 

* I, S. 559 f. — ' (Ihronicon syriacum. ed. Bedj.\x. Paris 1890, S. 598. 

' Erhalten in der syrischen Handschrift Dd. 3. 8 ' der üniversitätsbibliotliek zu Cambridge fol. 78 r". Vgl. 
Wright-Cook. a catalogue of the syriac manuscripts preserved in the library of the university of Cambridge. S. 980 
und auch schon Assemani. Bibl. Orienlalis III 2. S. CXXXII f. 

' Vgl. Wright. Catalogues usw.. S. 901. 

"' Dies bezeugen bezüglich des ersteren (Ps.-)Dionysius. S. 8 (Übers., S. 7, und Michael d. Gr. XI, 10 (S. 428, 
Übers. II. S. 443). wobei jener 649.50. dieser 648 '49 als Todesjahr angibt. Für Bimeon liegt dagegen unter gleiclier 
Datierung nur das Zeugnis des (Ps.-iDionysius. a. a. 0. vor. 



DiK ALTlHRISTMfHEX KiKCHEX Vox AjIIDA. 



161 



In einem Eliaskloster ist laut Subscriptio im Jahre 1202 03 das AMerevangelienbuch Nr. 55 
der Bibl. Nationale in Paris geschrieben worden.' 

Eine dem hl. Kosmas geweihte war die dritte der im Februar 1213 zerstörten Kirchen. 
Eine Kirche des von den Nestorianern hochverehrten heiligen Pethion befand sich nach 
einer Notiz in der Handschrift Rieh. 7197 des Brit. Mus. mindestens seit dem Jahre 1G21/22 
und bis zum Jahre ]706;'07 im Besitze der sogenannten Chaldäer. d. h. der unierten ehemaligen 

Nestoriaüer-". 

Läßt man alle diese Nachrichten auf sich 
wirken, so stellt sich der Eindruck ein. daß bei 
der immer dringender notwendigen Expedition zur 
Aufnahme der alten Denkmäler von Edessa und 
Nisibis^ doch auch Amida, schon um der zu er- 
wartenden Ausbeute an christlichen Denkmälern 
willen, nicht vergessen werden sollte. Einen Vor- 
geschmack dessen, was den Kunsthistoriker dort 
erwartet, mögen die nachfolgenden Mitteilungen 
bieten, die ursprünglich mehr als Hintergrund für 
die Beurteilung der Westfassade der großen Mo- 
schee, als um ihrer selbst willen eingeflochten 
wurden. 

Ein Blick auf den vom General UE Beylié 
entworfenen Stadtplan (oben S. 7) lehrt, daß von 
den Kirchen Dijarbekrs drei nach den vorliegen- 
den Angaben ein hohes Alter haben, während 
die übrigen aus dem 16. und 17. Jahrh. stammen. 
Zwei von ihnen liegen im Westen nahe beim Tor 
von Aleppo. Es ist die ..griechisch-orthodoxe" 
Melkitenkirche der heiligen Kosmas und Damia- 
nos (c) und die jakobitische Marienkirche (b). Der 
dritte, und zwar der in der Geschichte von Amida 
bedeutungsvollste Bau liegt am Fuße der Zitadelle 
im äußeren Mauerkranz, also am Nordostende der 
die Kirche des nestorianischen Klosters. Die melkitische und jakobitische Kirche sind 
im Gebrauch, die nestorianische wird heute als Waffenhaus verwendet. Als Grundlage 
der Einzelbeschreibuug dienten mir ursprünglich lediglich die vom General de Beylié mitge- 
brachten Photographien. Skizzen und Notizen; nachträglich kamen dann noch die genaueren 
Aufnahmen von Gertrude Lowthi.\x-Bell hinzu. 

1. Die melkitische Kosmaskirche (Mar Kosmo). In dem oben S. 7 mitgeteilten Plane 
der Stadt heißt die Kirche orthodox. Nun teilt uns Herr Poünon mit, daß es gar keine 
„Griechen" in Dijarbekr gäbe, sie vielmehr nichts anderes als die alten Melkiten seien. ,11 
n'y a pas de Grecs à Diarbékir. pas plus cju'ii Damas, à Jerusalem et dans toute la Syrie et 
ceux qu'on apelle Grecs catholiques ou Grecs orthodoxes sont en réalité des Melkites catho- 
liques ou orthodoxes."^ — Miß Bell's Plan (Abb. 85) ist von folgender Beschreibung begleitet: 
„Of the church of Mar Cosmo (Greek Orthodox) little remains, but that little is enough 
to show that it belongs to the early group of ecclesiastical buildings which are so plentifully 

' A'gl. ZoTENBERR, Catalogues des manuscripts syriaques et sabéens (mandaites) de la bibliothèque nationale, S. 20. 
^ Vgl. RosEN-FoRsHALL. Catalogus codicum manuscriptorum orientalium qui in Museo britannico asservantur, S. S'J. 
' Vgl. B.MMSTARK, Hoffnungen der christl. Archäologie im Gebiete der Bagdadbahn. Der Frühling 1. I."i7 f. 
* Vgl. auch PoGxox, Inscriptions sémitique, p. .57, Anm. 3. 




M.1 



10 



o 

I I I 

aaskirche: Gvv. 



Stadt, 
noch 



168 



Die iiiiüsTi.iriiE.N Denkmai. Kl! von Amiha. 



Dijarbekr, 
Kosinaskirche: 
Weslansicht. 




Abi). 87. 

Dijarbekr, 

Kosmaskircbc: 

Alte 

Architekturreste 

im Innern. 




(listriliuted through the Djebel 
Tur Abdin (davon später). The 
parts of the older structure still 
to bo seen in Mar Cosmo (Abb. 8;")) 
include the apse and the rectan- 
gular chamber which lies before 
it, possibly also the small cham- 
bers to tlie South. The West side 
of the present narthex is later 
work, though the piers on the 
East side and parts of the wall 
belong to the original building. 
I take it therefore that the West 
side of the narthex of the original 
church has disappeared and been 
replaced by the |)resent make-shift 
piers and wall. The present west 
wall of the church, which has evi- 
dently been much patched and 
pulled aliout. bears out this view 
(Fig. 8G). The church is built of 
stone and mortar, but the semi- 
dome of the apse is of fine brick- 
work. The chamber west of the 
apse is laid so that its greatest 
length runs from North to South ; 
this is not uimsual in the churches 



DiK ALTCIIIÎISTI.ICHEX KlU( HEX VOX AmiDA. 



169 



of the district, Ijüt I cauiiot fi^el certain whether, in the case of Mar Cosmo, we have the original 
disposition or no. The piers AA and BB look as if they had been intended to support a dome, 
which would give an entirely different character to the whole building. I think it quite possible 
that the original form of Mar Cosmo may have resembled closely the church of El Adra which 
still stands at Khakh. (Siehe unten.) At the northern end of this lengthways nave there is an 
altar resting on a mediaeval toml). The most significaut fragments in the building are to be 
found on and near the southernmost engaged pier of the east wall of the narthex, marked C in 
the plan. On the north side of this pier there is a bit of moulding which indicates the existence 
of an arch that ran from east to west. It must have separated the southern end of the narthex 
from the central portion, forming a small chamber to the South of the narthex. such as that 
which still exists. (Fig. 87.) Above it. built into the east main wall, is a tine Corinthian 




Al.li. 88, Dijnrlickr, Knsroaskirche ; Arehiiekluncste bei C, iiiiter denen von Alib. s7. 

engaged capital, with garlands hanging over the corners among the acanthus leaves. At a 
lower level, on the west face of the pier, is another fine capital of uncut acanthus leaves 
(Fig. 88). These capitals and mouldings belong to the same period as the work in other 
churches of the Djebel Tur Abdin and the old parts in the Court of the big Mosc[ue in Diar- 
bekr; the profile of the arch moulding resembles many that arc to be found on the lintels 
and string-courses of those buildings. 

The court to the west of the church and the bishop's house still further to the west 
are modern. I was unable to approach from the east owing to the houses which are built up 
against the apse and therefore do not know the appearance of the church from that side." 

Beylié's Aufnahmen gewähren uns genaueren Einblick ins Innere. Abb. 89 zeigt die 
Bilderwand. Vor ihr stehen zwei Betpulte und zwei hohe Metalleuchter; dazwischen hängt ein 
Kronleuchter mit angehängten Bildern (zwölf), Lanzen, Straußeneiern usw. In der Mitte wird 
die Hanpttüre sichtbar. Sie ist in Quadern aufgebaut und von zwei Reihen Spitzbogen in 



170 



DiK llIEISTI.UHKN I)i:NKM.\|.KI: Vd.N AmII'A. 



Stalaktitcuart unirahnit; an dem Segmentbogeu hängt ein als Lambeiquin profilierter \orsatz, 
bluter dem der Vorhang erscheint, der unten durch eine reich mit Malereien geschmückte Tür 
abgelöst wird. i\Ian erkennt daran oben die für diese Stelle typische \'erkündigung. ('her 
der Tür eine Rauteumusterung in Fayenceart. 

Zu beiden Seiten der Tür gewahrt man unten Marmorplatten, die durch je eine große 
Raute geschmückt sind. Darüber die eigentliche ßilderwand, und zwar zunächst nach den 
ebenfalls verhängten Seiteutüren vermittelnd je zwei große Bilder mit metallenen Nimben, links 
zunächst der Tür die Muttergottes, rechts Christus. Darüber ein Fries kleiner Bilder, dann 
eine obere Reihe größerer im Kielbogen geschlossen, endlich auf dem Gesims noch eine ganze 
Reihe einzelner Tafeln aufgestellt. 




.\h\>. s:< Pijurl.ekr. Kosuinskiiclic: BiMurwniul. 

Betritt man das Sanktuarium, dann bietet sich der Anblick Abb. 90 mit dem Kreuzaltar 
in der Mitte der breiten halbrunden Apsis. Leider ist ihre Wand mit einer dicken Kruste von 
Tünche überschmiert. Man erkennt jedoch deutlich, daß es sich um die typische, von Kon- 
stautinopel. Ravenna, Pareuzo usw. her bekannte Inkrustation mit kostbaren Marmorsorten 
handelt, die hotfentlich eines Tages noch eine prächtige Auferstehung feiern wird. Gut erhalten 
sind jedenfalls die trennenden Stege. Sie bilden unten hohe rechteckige Felder, wie man über 
den zu beiden Seiten des Altar.s unten sichtbaren Bildern sehen kann: da kommen die spitzen, 
langgezogenen Rauten zum Vorschein, die in breiten Rahmen durch einen schmalen Streifen 
mit aufgelegtem Vierpaß vom nächsten P'elde getrennt sind. Darüber liegt ein schmaler 
Zwischenstreifen und dann folgt eine Reihe quadratischer, durch Sti-eifen getrennter Tafeln, in 
denen man kleine Medaillons angebracht sieht. Ein völlig verschmiertes Kranzgesims schließt 
diese Dekoration ab. Nach de Bevliés Notizen müßte hier ein Ziegelfries von dieser Art 



Die Ai.TcHRisTi.ituEX KiKciiKN VON A^^I^)A. 



171 



XXXXXXXXXX sitzen: „La demi-coupole à trompes n'a pas d'ornement alvéolé, mais une 
bordure de briques entrecroisées, system byzantin." Ich weiß mir diese Bemerkung nicht nach 
Beyliés Photographie, wohl aber nach den Parallelen im Djebel Tur Abdin zu erklären, ebenso 
die Angabe , am Ansatz der Apsis seien trompes angebracht , was auch Beyliés Grund- 
rißskizze bestätigt. Über dem Kranzgesimse folgt die in Quadern aufgerichtete Wölbung, in 
deren Mitte mehrere moderne Inschriften sichtbar werden, deren Lösung ich im Verein mit 
A. Baumstark versucht habe. 

Die Inschrift ist in barbarischem Griechisch abgefaßt und in ihren oberen Zeilen anschei- 
nend mehrfach recht schlecht erhalten. Paläographisch fallen die durchgängige Form VI für N, 
das Nebeneinander von Z. C und S, sowie die okzidentalische Zahlenschreibuug 1689 auf. In- 




.Abb. '.m. Dijiirbrkr, KoMimskirolie: Iiuieres der alleu Apsis. 

haltlich sind zwei Schichten zu unterscheiden. Eine obere gibt von einer Restauration der 
Kirche Kunde, eine untere besteht aus einem Gewirre von Namen, die durch Linien von- 
einander getrennt werden. Die erstere Hälfte lautet, soweit leserlich: 

£10) C AA/ /// 

////// PöBj'x'p 
16 89 AWAKA 

HHCTY (ONA(0 
CThAhPKWCM 
AKAIAAMHHAM8 
(OAeeBAAOKOOH 

CABP0)CTOl/A 
TO H 



172 



Die riiiusTi.iciiK.v Dexkmäleü vox Amida. 



sigmatischen Aorists èTTaXôiiu&iicra oder 
das sich auf ô vaôç ööe zurückbeziebt. 



d.h. zunächst einmal gewiß: 6toç '■AX<€£âv5>pou ßi' Xp<CicrToû>> 1689 avaKü<; i > vioôii 
Ô vaoç Toû à-< . . .?>-p<. . .?>ou Kôcrjaa Kai AauivavoO (sicl) obe. Die in ihrer Bedeutiuig 
zweifelhaft gelassene Abbreviatur APs dürfte, falls nicht ein Schreibfehler statt «t'ou angenom- 
men werden soll, àvapYÙpou aufzulösen sein. Denn àvâp-fupoi heißen die heiligen Kosmas und 
Damianos in griechischer Liturgiesprache ständig und offiziell. Ratlos stehen wir dagegen deiu 
letzten Buchstabenkomplexe gegenüber. Vorzuliegen scheint eine erste Person eines aktiven 

ihnlich und ein daran anschließendes: Trpèç töv aÙTÔv, 
Ein A'erbum, wie es gefordert wird, ist uns aber nicht 
nachweislich. Der Sinn muß indessen der sein, daß 
der Eedende an dem vaôç, bzw. seiner Restauration 
irgendwie tätig war, und es müssen die nun folgenden 
Namen als Unterschriften zu dieser Aussage verstanden 
werden, die also richtiger im Plural zu machen ge- 
wesen wäre. Es sind teilweise echte „nomina barbara", 
denen weder vom Griechischen noch vom Syrischen 
her lieizukommen ist. Zuerst kommt, durch zwei 
K'reuze eingeleitet, ein XATIH TO0 KAIP« lePeAC Y(OC, 
was wohl sein soll: Xcaffii toû Kûpou iepéoiç uiôç. 
..Qàjûrà" steht für Kûpoç in syrischen Handschriften. 
Darunter nach rechts zu folgt ein H0M6IMPHS (Eph- 
raim?) (0 I6PGMIAS, Name und Vatername durch den 
.\rtikel o, aber ohne toö, getrennt. Der Vatername 
.Tiremias allein ist klar. Links entspricht : XPICJAbACOC 
i neCKHTIAi/lH 0IAI, -worin nur der Name Xpioiôbou- 
Xoç und ein toö sicher zu verstehen ist, das denselben 
von demjenigen eines Vaters trennt. Ganz unklar ist 
vollends eine letzte Namensaugabe, in der Mitte bzw. 
etwas nach links zu unterst. etwas höher: (0 XA\A und 
etwas tiefer: An(On(OAH. 

Nach den Angaben der Priester i.-t die Apsis 
allein alt, aus dem 10. (oder 7.) Jahrb. Durch Schrift- 
quellen wird lediglich eine Zerstörung der Kosmaskirche 
im Februar des Jahres 1213 gemeldet (vgl. oben S. 167). 
Dijarhekr. K..M>,.-ki,xi,c:.^rabaUar.k5hi. K,.-mu. Die beiden Angaben ließen sich also vereinigen, und es 
käme nur darauf an, ob auch eine Datierung auf rein kunsthistorischer Cirundlage sich damit in 
Einklang bringen läßt. Die Apsis gehört wohl zweifellos der Zeit vor 1213 an, mehr läßt sich 
vorläufig nicht sagen. Die Ikonostasis ist verhältnismäßig modern, nur die Marmorplatteu unten 
sind alt und gehen zusammen mit dem Altarvorsatz am Gral)e des heiligen Kosmas, den Abb. 91 
zeigt. Wir sehen hier die Rauten vollständig, als Mittelfüllung ist ein gleicharmiges Kreuz 
genommen. Die überhöhte, bzw. in die Breite gezogene Raute wird gel)ildet durch eine Hohl- 
kehle, der sich innen Steg und Wulst, nach außen ein flaches Band und ein Steg anschheßen. 
Die leeren Eckdreiecke wiederholen sich in allen in den Photographien 89 u. 91 sichtbaren Tafeln. 
Ich möchte glauben, daß auch die Tafel des Thomasaltars einst zur Ikonostasis gehörte; denn 
dieser Altar ist ganz modern zusammengeflickt, die Ornamentstreifen oben und unten, gewiß 
auch von anderer Stelle herübergenommen. Fragt man nach dem Alter der drei Reliefplatten 
mit dem Rautenmuster, so läßt sich mit Rücksicht darauf, daß die Hohlkehle noch in sehr 
später Zeit zum Formenschatze der persisch-islamischen Kunst zählte, nur sagen, daß sie wohl 
noch der zweiten Hälfte des ersten Jahrtausends angehören dürften. Über dieses Motiv wird 
unten in dem Abschnitte über die Profiiierung zu sprechen sein. An dieser Steile wäre noch 




Al.b. 91. 
lie: «irabaltar 'lo 



Die alïliiristlkhex Kirchex vox Amida. 



173 



zu handeln über die Architekturreste, die Miß Bell am Pfeiler C aufgenommen hat, im be- 
sonderen über ein Pilasterkapitel, daß de Betlié in der Kosmaskirche photographiert hat. 
Wegen seines hohen kunsthistorischen Wertes wird es jedoch in einem eigenen Abschnitte 
mit anderen gleichalterigen Stücken zusammen vorzuführen sein. 

Die Kirche des nestorianischeii Klosters^ dient heute zur Hälfte als Waffendepot. Sie liegt 
in der Zitadelle an der Stadtmauer von Dijarbekr, so zwar, daß das Apsisfenster sich in der 
Stadtmauer befindet. Hier sollen die Perser im 6. Jahrb., als sie Amida einnahmen, durch 
Verrat der Nestorianer eingelassen worden sein. Ist diese Legende richtig, so haben wir es 
mit einem der ältesten Kirchenbauten von Amida zu tun. Es ist daher doppelt zu bedauern, 
daß die Behörden dem General de Beylié keine photograpbische Aufnahme des Innern ge- 
statteten. Immerhin genügt das Wenige, das unser Gewährsmann notieren konnte, um zu 
zeigen, daß wir es mit einem Denkmal von durchschlagender Bedeutung für die Kunstgeschichte 
zu tun haben. Nach der Lokaltradition ist die Kirche im 4. Jahrb. entstanden, 518 unter 
Anastasios erneut und im 14. oder 15. Jahrb. in eine Moschee, später wohl erst in ein Waffen- 
magaziu verwandelt worden. Dazu ist zu vergleichen, was 
oben S. 165 über die Johanneskirche gesagt worden ist. Z^'î^-~ r'' "■" 

Nach der Grundrißskizze (Abb. 92) handelt es sich um 
eine Doppelkircbe. Beylié gibt an, sie sei ganz in Ziegeln aus- 
geführt. Das bestätigt auch Buckixgham, Travels in Mesopo- 
tamia, London 1827. I, 375 (in der Beschreibung der Zitadelle): 
„One of the places used as a stable presents the ruins of a 
handsome and noble edifice, with finely-constructed domes 
of brick work, and a beautiful door with columns and pilasters, 
most probably the remains of an old Christian building." Ganz 
andei'S urteilt H. de Hell, der übrigens auch in der Beurteilung 
der berühmten Fassaden im Hofe der Moschee, so genau er auch 
sah und beschrieb, geirrt hat. Da sein Bericht zusammen mit 
den Notizen Beyliés den ganzen Schatz unseres Wissens über 
die wertvolle Doppelkircbe des nestorianischen Klosters bildet, 




/..,;a. 



Abb. 92. Dijarbekr, 

drucke ich den Absatz hier vollständig ab: H. de Hell, Voyage Nestorianische Doppeikirche: Grundniîskizze. 
en Turquie et en Perse 1847, II, p. 441: „Une vieille mosquée 

située à côté du palais du pacha dans l'enceinte de la citadelle, était, dit-on. une ancienne église 
grecque. Je crois au contraire que c'est une mosquée construite du temps des califes ... on 
en a fait un magasin pour l'artillerie." Und weiter p. 450: „La mosquée située tout à côté 
du palais (dans la citadelle) et qui passe pour avoir appartenu au culte chrétien, ne me paraît 
nullement, à un examen sérieux, avoir eu cette primitive destination. En voici la description, 
qui se rapproche beaucoup de celle des anciennes mosquées de Brousse: Précédé d'un vestibule 
quadrangulaire, aujourd'hui en ruines, l'édifice se compose de deux parties distinctes: V de la 
nef en croix, décorée de huit colonnes angulaires, au-dessus desquelles s'élève le même nombre 
de pendentifs formant le cercle qui supporte la voûte sphérique, construite en briques; 2" du 
sanctuaire, seconde nef ornée de chaque côté de quatre colonnes soutenant des arceaux en plein 
cintre, dominés par des murs droits qui supportent une voûte elliptic{ue également en briques. 
Derrière les colonnes régnent des galeries latérales, de façon à prendre en totalité la largeur de 
la grande nef. Les moulures des dites colonnes appartiennent au style grec de la décadence. 

• Dieser Abschnitt ist zuerst in der Zeitsclirift für Architekturgescliiclite III. S. 1 — 15 erschienen. Die mir zur 
Verfügung stehenden Aufnahmen der nestorianischen Doppelkirche sind so unsicher und der Bau doch so wichtig, 
daß ich möglichst rasch einen Architekten veranlassen wollte, sich an die Aufnahme zu machen. Bisher ist mir 
keine solclie zugegangen. 



174 



DiK rlIRI.<TI.H HKN DE^■K^[ÄI.KK \c>N A.MUIA. 



A l'extrémité du sanctuaire s'élève un mur droit; de belles sculptures orientales décorent la 
})orte du vestibule extérieur, mais on ne voit aucune trace de minaret à côté de la moscjuée." 
H. DE Hell sah also noch, wenn auch in Ruinen, ein viereckiges Vestibül, dessen Portal 
offenbar das dekorative Ilauptstück des Baues darstellte. Er spricht von .belies sculptures orien- 
tales", und BrcKixiaiAM nennt es ,a beautiful door with columns and pilasters." Es sei darauf 
hin«ewieseu, daß nach Johann von Ephesos die Johanneskirche eine Steinfassade hatte, die zur 
Zeit des Persersturmes im Bau war. Davon unten mehr. Dieses \'estibül ging der eigent- 
lichen Kirclie voraus, lag also wohl, da sich die Kuppelräumc von West nach Ost folgen, 
im Westen. Heute ist auch die Weslkuppel, die H. ue Hei>l ..nef en croix" nennt, zur 
Hälfte eingestürzt, die Ostkuppel, das ..sanctuaire", beherbergt die Wati'ensammlung. Beide 
Kuppeln haben den gleichen Durchmesser von 17,10 m. Sie ragen über quadratischem Unter- 
bau auf; die Art der Überleitung aus dem Quadrat ins Acliteck ist verschieden, aber in jedem 
einzelnen Falle sehr beachtenswert. Das Westquadrat wird durchsetzt von vier durch Tonnen 
überwölbten Kreuzarmen von je 4,00 m Breite und Tiefe; das Ostquadrat übernimmt den öst- 
lichen Kreuzarm und führt ihn im Osten als Ajjsis weiter, läßt aber die Querung im Norden 
und Süden fort. Wenn die acht Säulen, die im Westraum die acht Spitzbogen tragen, auf 

denen die Kuppel ruht, in den Ecken eines gleichsei- 
tigen Oktogons stehen, was doch zu erwarten ist. so 
müßten sie eine Achsenweite von 6,60 m haben, könn- 
ten also nicht unmittelbar in den Ecken der Kreuzarme 
aufragen, wie das Beyliés Skizze zeigt, sondern ihre 
Achse würde dann jederseits 1,10 m neben die Ecke 
geschoben sein. Über den runden Säulen sind in den 
Zwickeln zwischen den Spitzbogen Stalaktitenornamente 
angebracht. Sie weisen zum mindesten auf eine Re- 
stauration in islamischer Zeit, vorausgesetzt, daß es 
wirkliche Stalaktiten und nicht einzelne Nischen, drei 
oder fünf übereinander sind, eine Kombination, die auch 
schon in frühchristlicher Zeit möglich wäre. H. de Hell 
spricht ebenfalls von den acht Säulen, die er »angu- 
laires" nennt, und erwähnt die acht Zwickel — penden- 
tifs — darüber, welche die sphärische Ziegelkuppel 
tragen. Als Parallele für diese Art der Lagerung einer 
AM. i, Miict M<«i,c, : Kn|.i.(ik..usimk>ion. Kuppel Über acht Säuleu, die unmittelbar vor der Wand 

in den Ecken des Achsenkreuzes stehen, ist von alt- 
christlichen Beispielen etwa S. Giovanni in fronte in Ravenna um ca. 450, von islamischen z. B. 
die Selimije in Andrianopel um 1550^ zu nennen. Als Beispiel einer solchen Ziegelkupjiel bilde 
ich Abb. 93 meine leider recht schlechte Aufnahme der 1501 entstandenen Moschee in Milet ab, die 
ebenfalls quadratischen Grundriß hat und durch acht Spitzbogen ohne Säulen in das Kuppel- 
rund übergeleitet wird. Die Zwickel werden wie in Amida durch Stalaktiten gefüllt. Die Kuppel 
von Milet ist so durchlöchert, daß sie nächstens wohl einstürzen wird. 

Im Ostraum ist die Konstruktion in einer Art durchgeführt, wie sie für den Osten als die 
typische neben der byzantinischen mit dem Pendentif gelten kann : die Ecken sind durch große 
Nischen, Trompen, übersetzt. So habe ich sie in den Schenuteklöstern in Sohag schon für das 
5. Jahrb. nachgewiesen und so kommen sie im Kloster von Kodja Kalessi in Kilikien wahr- 
scheinlich schon im 4. Jahrh. vor.- Sie sind dann vom Islam übernommen, in ihrer Zahl vermehrt 




' Edhem-Pascha. L'architecture ottoni.-iiie. 
^ .SxRZYfiOivsKi. Klciiiiisiei), ein Neulaiid. ^ 



|p1. I der .MùiioL'raphie ülier diese Moschee. 
Uli. 



DiK AI/r<HHISTLUHKN KllüHEN VON AmiHA. 



11 



und endlich zur Stalaktite ausgebildet worden. Hier im uestoriauischen Kloster von Arnida 
hätten wir also in der Ostkuppel die Urform, in der AVestkuppel ein späteres Resultat der Ent- 
wicklung vor uns. Auch für die Ostkuppel gilt, daß die Ecktrompen nicht in den Ecken der 
von West nach Ost durchgehende Arme von 4,50 m Durchmesser einsetzen, sondern gegen 
deren Ecken etwas zurückspringen dürften. H. de Hell konstatiert eine elliptische Kuppel, auf 
seine Beschreibung wird später näher einzugehen sein. 

Über den Eindruck des Äußeren dieser Kirche von der Mauerseite her orientiert eine Auf- 
nahme (Abb.94), die ich Dr. Hugo Grothe verdanke. Sie zeigt links ein weißes Gebäude mit Eck- 
quadern und einem Giebelvorbau. dem über der Stadtmauer selbst ein kleiner Pavillon entspricht. 
Dieser hebt sich ab von einem Kuppelbau, der die in Rede stehende Ostkuppel (das WafFen- 
depot) der nestorianischen Doppelkirche darstellt. Man sieht die rechteckige, die Mauer über- 
ragende Apsis mit dem großen, tiefen Bogen, der dem Licht Zutritt zum Fenster gewährt, da- 
hinter die helle Kuppel, die rund aus viereckigem Unterbau hervorwächst, dann folgt das zu- 
erst beschriebene Gebäude, der weiße Serail des Divisionsgenerals von Dijarbekr. Über dem Giebel 




Abb. 94, 

Dijiirtiekr, Nostorianische PoiiiielUirche: 

Die OstkuppeL 




Abb. 95. Dijarbekr, Nestoriauisclie Doppelkirche: Die Weslkuppel. 



des Vorbaues sieht man die dunkle, oben horizontal abschneidende Masse der halb eingestürzten 
Westkuppel hervorkommen. Eine weiter unten abzubildende zweite Aufnahme derselben Stelle 
der Stadtmauer wird diesen Befund bestätigen, aber die Kuppel nicht breit und massiv, sondern 
schmal und spitz zeigen, was auf die elliptische Grundform zurückzuführen sein mag. 

Wir können dem Leser eine Detailaufnahme der Westkuppel bieten (Abb. 95), nach einer 
Photographie, die de Beylié in Dijarbekr gekauft hat und die das Hôtel du général de division auf 
der Zitadelle rechts im Vordergrunde, und zwar von der Rückseite gesehen, zeigt.' Uns interessiert 
lediglich die dahinter auftauchende Kuppel und die Mauern der nestorianischen Kirche. Wenn 
DE Hell recht hat und eine oder beide Kuppeln elliptisch sind, dann sehen wir hier wohl eine 
Breitseite, uud zwar die südliche. Sie ist außen polygonal in Quadern ummantelt. Der Einzelseite 
in der NS.-Achse entsprechen paarweise jedenfalls vier Seitenflächen ; es könnte sich also um ein 
langgezogenes Zwanzigeck oder dgl. handeln. Darüber kommt die eigentliche Kuppel — wohl 
in Ziegeln — hervor; man sieht noch einzelne Ziegelrippen der Bedachung. Die Quaderuni- 

' Versrößert nach einer ganz kleinen Aufnahme; daher etwas verschwommen. 



171 



Die CHRISTLICHEN" Denkmäler von Ami ha. 



manteluug ist durch das in jede einzelne Seite gebrochene Rundfenster als Tambour gekenn- 
zeichnet. Diese Fenster sind, soweit sichtbar, heute vermauert. Die Mauern darunter scheinen 
ebenfalls aus Quadern errichtet. Sie zeigen flache Dächer, das mittlere höher, mit einem Strebe- 
pfeiler an der Ecke, wie er auch für die Mauern von Amida charakteristisch ist. Die Galerien 
an der Nord- und Südseite der elliptischen Kuppel müssen also in der Achse Räume haben, 
die höher sind als die Eckräume. Das leitet über auf die Bildung der Nebenräume überhaupt 
(Abb. 92). Die Apsis der Ostkirche ist viereckig, wie de Hell bestätigt: ihr zur Seite liegen die 
beiden für den Kult erforderlichen Kammern. In der Skizze sind die Zugänge nicht ange- 




.Mib. iW. Ilosios Ldkas: Das I- 



deutet. Die Westkirche ist ganz um.schlossen von Räumen, die überall von gleicher Breite, 
4,50 in. aber nur in den Ecken quadratisch sind. Zwischen diesen Ecken und den Kreuzarmen 
bleiben ca. 6,30 m lange Rechtecke übrig, über denen Beylié ovale Kuppeln zeichnet. Daß 
solche in Mesopotamien auch für die großen Zentralkuppeln verwendet werden, hat das ovale 
Oktogon von Wiransehehr gezeigt, das 34,50 auf 32 m Durchmesser hat.^ 

An dieser Doppelkirche ist mit Rücksicht auf die kunstgeschichtliche Stellung von Amida 
zweierlei im allgemeinen hervorzuheben, erstens die Tatsache des Vorhandenseins eines solchen 
Doppelbaues an sich und dann die Anwendung des kreuzdurchsetzten Kuppelquadrates oder 

> Kleinasien, S. 97. 



Die ai.tchristlichkn Kiri'hen von Amida. 



177 



Oktogons als Grundtypus. lu ersterer Hinsicht wird dieses Bucli noch weitere Überraschungen 
bringen, in letzterer sei gleich hier auf die große Bedeutung dieses in Amida nachgewiesenen 
Beispiels eingegangen. 



DIE PERSISCHE KREUZDURCHSETZTE TROMPENKUPPEL. 

Im Jahre 18!t(i habe ich die Aufmerksamkeit auf eine Gruppe von Kirchen in Hellas und 
auf Chios gelenkte die alle entgegen dem jüngeren T^'pus der bj-zantinischeu Kuppelkirche 
eine eigenartige Raumverteilung und Konstruktion zeigen. Während die byzantinische Kreuz- 
kuppelkirche in die Flucht der Hauptapsis vier Stützen stellt und das so gebildete Quadrat 
durch Pendentifs in das Kuppelrund überleitet, spannt die ältere Kreuzkuppelkirche die Kuppel 
vor allen drei Apsiden aus, verwendet auch nicht vier, sondern acht Stützen als deren Träger 
und ordnet sie paarweise zuseiten der Achsen 
an. Die zwischen diesen Stützenpaaren übrigblei- 
benden Ecken des Kuppelquadrates werden nicht 
durch Pendentifs, sondern durch Trompen in das 
Kuppelrund übersetzt. 

Hauptbeispiele dieser Bauart sind die beiden 
besterhallenen und architektonisch reichsten Klo- 
sterkirchen von Hellas, Daphni bei Athen und 
das Katholikon von Hosios Lukas, beide der Zeit 
um das .Jahr 1000 angehörig. Ich gebe hier 
(Abb. 96) den Grundriß und die Innenansicht die- 
ser letzteren Kirche nach den Aufnahmen von 
Schultz und Barx.sley.- Man gehe aus von dem 
Rund der Kuppel. Es wird umschlossen von 
einem Achteck, dessen Seiten genau zwischen den 
paarweis angeordneten Pfeilern und dem diago- 
nalen Abstand ihrer inuei'en Ecken liegen. Die 
Räume zwischen den Pfeilern bilden das in den 
Achsen liegende Kreuz, Nebenräume in den vier 
Ecken ergänzen dieses Mittelkreuz zu einem 
nach außen rechteckigen Baukristall. Im Aufriß 
sieht man über dem Erdgeschoß Emporen an- 
geordnet; über ihrem Kranzgesims beginnen die 
Gewölbe. Die Pfeilei-paare werden in den Achsen 
durch breite Gurtbogen verbunden. Das für den 

Bautypus entscheidende Motiv aber sitzt über den diagonalen Achteckseiten : jene über die 
Quadratecken gespannten Nischen, die man gern als Trompen bezeichnet. Es sind in den Ok- 
togonseiten Bogen . die sich dann trompetenartig nach den einspringenden Kanten und der 
Ecke des Quadrates einziehen. Die Trompe bildet im Grundriß ein rechtwinkliges Dreieck. 

Um das Motiv dieser Ecktrompe in seiner Eigenart recht deutlich zu machen, gebe ich 
hier noch (Abb. 97) die Photographie einer solchen einspringenden Ecknische des Katholikons 
von Hosios Lukas mit der Darstellung der Geburt Christi. Man sieht von unten herauf die 
mit Marmor inkrustierten Wände der Emporen aufsteigen, in der Ecke stoßen zwei rundbogige 
Öffnungen mit eingestellter Mittelsäule und Balustraden zusammen. Darüber die Bogen des 
Oktogons, dann das Kranzgesims der runden Kuppel. In den Zwickeln die Medaillons einzelner 

' Byz. Zeitschrift V (ISOii). S. 140 f. 
- The monastery of Saint Luke, pI. 4. 
Amida. 23 




IN r^isclu' Et'ktrompc 



m Kupiteloktosrou ile 
Hosios I^ukas. 



178 Die cheistluhex Denkmäler von Amida. 

Heiligeu. Von den Bogen ist der am linken Rande often; er liegt in der Achse des Quadrates, 
ist daher als Kreuzarin nicht geschlossen. Der Bogen in der Mitte der Aufnahme aber ist in 
einem halben Trichter oder Kegel nach der Quadratecke zu abgemauert. Am Rande umzieht 
ihn ein Ornament, die Trichterfläche ist geschmückt mit dem Mosaik der Geburt Christi. Das 
ist die typische Ecktronipe. 

Ich blicke von diesem Beispiel unmittelbar zurück auf die Kirche des nestorianisclien 
Klosters in Amida. Die Ostkuppel ruht dort nach de Hell auf den gleichen Ecktrompen in der 
Diagonale des durch sie über dem Grundquadrat errichteten Oktogons, während der eine Kreuzarm 
mit dem Stützenpaar hinüberleitet nach der Westkirche, die im Grundriß den reinen Typus der 
kreuzdurchsetzten Trompenkuppel vertritt, nur haben die Kreuzarme zwischen den Stützen [laaren 
in den Achsen nicht die volle Breite der Seite des in das Quadrat eingeschriebenen regel- 
mäßigen Achteckes. Die Säulen halte ich noch für alt, die Spitzbogen aber mit den zum 
Kuppelrund überleitenden Stalaktiten für eine jüngere Restauration, entstanden vielleicht nach 
einem Kuppeleinsturz. Dagegen könnte m. E. alt sein die Ergänzung des Kuppelkreuzes duix-h 
Eckräume zum kubischen Baukristall. 

Es unterliegt kaum einem Zweifel, daß das Sj'stem der Raumverteilung und Konstruktion 
hier im nördlichen Mesopotamien im Prinzip genau das gleiche ist wie drüben in Hellas. Wie 
ist diese Tatsache zu erklären? Ist dieser Typus in beiden Gebieten unabhängig entstanden, 
liegt eine direkte Abhängigkeit vor oder vermittelt zwischen beiden Gebieten ein drittes? 

Als ich vor vierzehn Jahren die Glieder dieses Typus in Hellas zusammenstellte, ging ich 
aus A'on einem neuen Beispiel, der Nea Moni auf Chios. Für dieses Ivloster aber meldet die 
Überlieferung, daß seine Kirche auf Befehl des Kaisers Konstantin Monomachos im Jahre 1042 
von einem byzantinischen Hofarchitekten begonnen und unter Zuführung kostbaren Materials 
aus der Hauptstadt ca. 1056 vollendet wurde. Es lag der Schluß nahe, daß diese Klo.'^terkirche 
wie die beiden etwas älteren in Hellas — auch für Hosios Lukas meldet die Legende den Zu- 
sammenhang mit Byzanz — ,deu am Schluß der makedonischen Periode in Konstantinopel 
gültigen Typus des Kirchenbaues lieferte". Diese Annahme erhielt scheinbar ihre Bestätigung 
dadurch, daß ich nachträglich^ nach der Beschreibung bei Clavijo- wenigstens eine Kirche am 
Bosporus nachweisen zu können glaubte, die des heiligen Johannes ,de la piedra", die mög- 
licherweise diesen Typus gezeigt hat. 

Inzwischen ist vor kurzem eine ohne mein Zutun entstandene Arbeil erschienen'*, die, 
freilich ausgehend von der Annahme, daß in Konstantinopel kein Vertreter dieses Typus nach- 
zuweisen sei, zu dem Resultat gelangt, es sei die Möglichkeit einer Beziehung zur Reichshaupt- 
stadt überhaupt auszuschließen. Dieser eigenartige Typus, und zwar im besonderen die Ver- 
wendung von Ecknischen mit Säulen, sei vielmehr entweder direkt von Ägypten nach Klein- 
asien übertragen worden, wo er schon in früher Zeit konstruktiv durchgebildet erscheine, oder 
die Entwicklung gehe in beiden Fällen wenigstens auf denselben Ausgangspunkt zurück, der 
vielleicht in Syrien zu suchen sei. Damit ist ein neuer Angriffspunkt in dem von mir vor 
fünf Jahren aufgestellten Problem _Orient oder Bj'zanz"' geschaflen. Es wird sich nun zu- 
nächst darum handeln, festzustellen, auf welchem Wege man zu der neuen Auffassung über 
die Provenienz des Typus gelangt ist. Ausgangspunkt muß die Frage nach dem kreuzförmigen 
Grundriß überhaupt sein. 

Im 4. Jahrhundert sprechen literarische Quellen öfter vom kreuzförmigen Typus. Gregor 
von Nyssa beschreibt ilin zwischen 379 — 394 in einem Briefe an den Bischof Amphilochios 

' Byzantinische ZeiLschrift, X (1901), S. 224. 

- Historia del gran Tamerlan (Uxger-Richter. Quellen, S. 247, No. 660). 

' Fbiedexthal, Das kreuzförmige Oktogon, Karlsruhe 1908, S. 16 und 27. 

* Die Miniaturen des serbischen Psalters. Denkschriften der Wiener Akademie. LH. S. 87. 



Die altchüistlichen Kirchen von A.mida. 179 

vou Ikonium.^ ,Ein Kreuz ist der Grundriß der Kapelle", die Mitte wird gebildet von acht 
im Kreise angeordneten Stützen, zwischen denen sich in den Diagonalen Nischen ausbuchten, 
während die Kreuzarme in den Achsen liegen. Von dieser Art sagt Gregor: „Die Verbindung 
der Räume ist so hergestellt, wie man es durchgeheuds bei dem kreuzförmigen Typus (èv tûj 
aTaupoeibtî tùttlu) findet." Diese Art von Bauten müssen also damals in Kleinasien bereits all- 
gemein in Anwendung gewesen sein. Es überrascht daher nicht, diesen Typus auch bei der 
382 in Mailand erbauten Apostelkirche augewendet zu sehen; Ambrosius, der in der Gründungs- 
iuschrift ausdrücklich von der „forma crucis" spricht^, stand mit den kleinasiatischen Bischöfen 
in naher Verbindung. Die Anregung für Ambrosius, der kurz vorher in Konstantinopel ge- 
wesen war, wie für die Verbreitung dieses Typus im allgemeinen, dürfte, nahm ich an'', das 
Mausoleum gegeben haben, das Konstantin für sich und die 'Apostel in Konstautinopel erbaute. 
Gregor von Nazianz sagt von diesem, daß es sich kreuzförmig nach vier Seiten ausdehne 
(TrXeupaîç cfTaupoTÛTTOiç Téipapxa T£|avô|U6vov). Neuerdings ist eine andere Beschreibung gefunden 
worden*, die um 1200 von Nikolaos Mesarites, also mehr als 800 Jahre später, verfaßt ist und 
in der das Gebäude genannt wird: kugelförmig und kreisrund, wegen des beträchtlichen Um- 
fanges durch eine dichte Reihe von ringsum laufenden Pfeilern der Halle gegliedert (acpaipoei&iiç 
Kai kukXiköc ô 0Ù|iTTaç outoç vaôç, bià to iToXuxujpiiTÔTepov ôiç oinai toû OxHI^^toç iTUKvaîç TrepiKÙKXuj 
(TTuuiKaîç fiwvîaiç Kaiaieiuvô^evoç). Daraufhin wird der Vers des Gregor von Nazianz als Inter- 
polation und das Mausoleum als Hundbau ohne Kreuzdurchsetzung hingestellt.^ Nach dem 
Material, das mir in dieser Frage jetzt vorliegt, möchte ich doch zur Vorsicht mahnen und zu- 
nächst noch bei meinem Standpunkte beharren.'' Es ist durchaus möglich, daß ein Bau gleich- 
zeitig Rundbau und kreuzförmig ist. 

Der kreuzförmige Kirchenbau ist dem 4. Jahrhundert vollkommen geläufig. Er wird 
daher wohl älter sein als diese Zeit. In der Tat stellt er sich dar als die oberirdische Parallele 
zu einer uralten, im hellenistischen Oriente heimischen Form des Grabbaues. Ausgangspunkt 
nämlich ist. wie ich schon „Orient oder Rom", S. 20 annahm, die entgegen Rom im ganzen 
übrigen Reichsgebiete übliche Form der Katakombe.' Diese war, in den Fels gearbeitet, eine 
kreuzförmige in der Art, daß sich an ein Mittelciuadrat in den Achsen Kammern anschlössen. 
Sobald man anfing, die Grabstätten über der Erde zu errichten, zugleich aber an dem traditio- 
nellen Typus der Raumverteilung festhielt, war in die Entwicklung der Architektur ein neues 
Problem getreten. Vor allem handelte es sich um die Art der Eindeckung des Mittelraumes, 
von dem die Kreuzarme in den Achsen ausgingen. Die ]\Iasse der kleinasiatischen Bauten* 
zeigt, wie das Mausoleum der Galla Placidia in Ravenna'' und die Kirche in Casaranello'*'. das 
in der Katakombe herkömmliche Mittelquadrat überwölbt durch eine einfache Hängekuppel. 
Gregor von Nyssa stellt in die Kreuzung der Arme ein Oktogon, in Persien dagegen — und 
das ist für uns das Entscheidende — wird man von vornherein die Trompenkuppel über das 
Quadrat gesetzt haben. Das war landesüblich, wie hier kurz gezeigt werden soll. 

1 Kleinasien, ein Neulanil, S. 71 f. 

2 Ebenda, S. 137. 

3 Ebenda, S. 138. 

* A. Heisenberg, Die Apcistelkirche in Konstantinopel, S. 107. 

= Vgl. das Mausoleum Diokletians in Spalato oder das des Theodorich in Ravenna. 

' Vgl. aucli meine Anzeige des HEisENBERr.'schen Buches in der Beilage der Müncliener Neuesten Nachrichten 
vom 3. März 19ü'.i. No. 51. 

' Vgl. darüber jetzt Schultze-Führer, Die altchristlichen Grabstätten Siziliens. Dazu meine Besprechung Byzan- 
tinische Zeitschrift, XVll (1908), S. 278. 

* Kleinasien, ein Neuland, S. 135 f. und Miß Lowthian Bell, Bevue arch. 1906. Dazu jetzt R.\ms.\y-Bell, The 
thousand and one churches, p. 340 f. 

' Das von der Apostelkirche in Mailand gewiß unabhängig ist. Vgl. Friedenthal, S. .56. 
i« Haseloff, Boll, d'arte, I (1907). Vgl. Byzant. Zeitschrift, XVIII (1908), S. 640. 

23* 



180 



Die christlichen Denkmäler von Ami ha. 




Abb. fl8. i?erliistan, Palnst : 



Schon iu den Palästen des Fars findet sich die Trompenkuppel über dem Quadrat. . Ich 
gebe (Abb. 98) den Grundriß und (Abb. 99) die Trompenansicht eines Saales im Palast von 
Serbislan.^ Man sieht, wie da eine toimengewölbte Vorhalle nach dem kuppelgewölbten Haupt- 
saale führt, dessen Wände bereits von kreuzförmig in den Achsen liegenden Nischen mit Durch- 
gängen nach den übrigen Räumen hin durchsetzt sind. Über dem Grundtpiadrat in Stein liegt 
eine Ziegelkuppel, die zur Basis eine Übergangssphäre hat, in der als Hauptmotiv die Trompe 
auftritt. Diese Region bildet zugleich den Tambour insofern, als neben der Trompe rechts ein 
Fenster liieute geschlossen) sichtbar wird. Die Trompe selbst besteht aus Steinen, die sicii nicht 

sehr regelmäßig zu 

immer größeren 
Spitzliogen über Eck 
-teilen. Über diese 
1 letalis gibt näheres 
DiEUL.\rov, a. a. O. 

Eine ähnliche 
Raumverteiiung und 
Konstruktion findet 
sich an dem früh- 
islamischen Khali- 
fenpalaste von Sa- 
raai-ra im südlichen 
Mesopotamien. Ich 
gebe (Abb. 100) den 
Grundriß nach der 
Aufnahme von 
Hekzfeld.^ Wir sehen wieder den großen Saal mit der 
hier mehr in die Tiefe gezogenen und dreiteiligen Vor 

halle. Der Saal 
ist cjuadratisch, 

aber leider ganz ai.I. IW. Serbistan, P;,h,st: Ecklrompe. 

zusammenge- 
stürzt. Herzfeld nimmt wegen der geringen Mauerstärke 
und der Raum weite von fast 17 m an, daß er wohl nur 
von einer flachen Decke auf Stützen überspannt gewesen 
sein könne. Die beiden Kuppeln des nestorianischen 
Klosters in Amida dürften den Gegenbeweis erbringen. 
Davon später. Hier sei zunächst eingegangen nicht auf 
den Saal selbst, sondern auf die Einwölbung der beiden 
Nischen, die sich hinter die seitlichen Bogenöttnungen der 
Fassade legen. Ich darf dafür hier zwei Neuaufnahmen 
von Miß Bell vorbringen. Abb. 101 zeigt die Gesamtfas- 
sade'''. Im Hintergrunde der seitlichen Bogen erscheinen 
die Ecktrompen, die Abb. 102 in einer Detailaufnahme 
wiedergibt. Diese Seitenvorhallen sind im Grundriß halbe 
Quadrate; die Trompen befinden sich in der Kämpferzone entsprechend der Stelzung der Fas- 

' Nach den Aufnahmen von Fl.\xdln et Coste. Perse ancienne. [jI. XXVIII. Vgl. Dieilafov. L'art antique de la 
Perse, vol. IV. pi. III. Danach pi. V ist Abb. (i angefertigt. 
* Samarra, Berlin 19U7, S. 5 u. 13. 
' Xach einer Aufnahme von Miß Bell. 





Abb. 100. Samarra, Dar al-Kalifa: C;run<lriß. 



DiK ai,T(Heistlhhî:n Kiui hen von Amida. 



181 




Abb. 101, Samiina, Dar al-Khalifa: Frontansicht. 



sadenbogen in den hinteren Ecken. Sie sind hier in horizontalen Schichten als richtige spitz- 
bogige Nischen gebildet. Es scheint also, daß die Trompe sehr verschieden ansgeführt wurde. 




Abii. Iii2. .Samarra, Dar al Kbalifa: Ecklrumjn 



Mir ist noch ein Beispiel am Torbaue auf der Zitadelle von Rabat Amman im Moab zur Hand, 
einem Baue, der ebenfalls zweifellos persischen bzw. frühislamischen Ursprunges ist.^ Abb. 103 
ist nach einer Aufnahme von Bruno Schi'lz hergestellt. Wir selien die Ecke eines der Kreuz- 

• Mschatta, .lahibuch der preuß. Kunslsaiuml. 1904, S. XiO. 



lS-2 



DiK cuuiï^Ti.UHEX Denkmäler vox Ajiida. 



arme, die das Mittelquadiat durchsetzen. Die horizontalen Steinschichten laufen die Ecke über- 
kragend durch, die Nische ist rein atavistisch durch eine umlaufende Kante augedeutet. — 
Ich verzichte darauf, an dieser Stelle die Weiterentwicklung der Trompe durch Vervielfältigung 

zu dem von uns „Stalaktiten" benannten Gebilde zu 
verfolgen — Abb. 104 mag den Weg andeuten, den das 
Motiv genommen hat (davon später) — wende mich 
vielmehr ihrem Auftreten in der altchristlichen Kunst zu. 
Es ist keineswegs ausgeschlossen', daß Trompen 
schon in den kreuzdurchsetzten Kuppeln des 4. Jahrh. 
vorkamen, waren sie doch nachweislich um diese Zeit 
im Gebrauche, sobald es sich um Überführung eines 
Quadrates in das Kuppelrund handelte. Beweis da- 
für sind in Kleinasien der Kuppellurm von Khodja Ka- 
lesi, in Ägypten die Kuppeln des Roten und (in der 
Restauration) die des Weißen Klosters bei Sohag. Trotz- 
dem ich die Beispiele bereits „Kleinasien, ein Neuland, 
S. 113 f." zusammengestellt habe, sei hier eines der Klischees nochmals wiederholt. Es ge- 
schieht das deshalb, weil in diesen Beispielen das Trompenschema von einem für Amida be- 




rbau: Schein trompe. 




.\ljb. 101. Eskiselichr, Ulu Djami: SliilaklitenbiMuuB. 

deutungsvolleu Motive, der Säule, begleitet ist. AVir sehen (Abb. 105) in Deir el ahmar über 
den Schildbogen des quadratischen Kuppelraumes einen Tambour, dessen Ausstattung im 
kleinen einen Begriff geben kann von dem mit Säulen geschmückten Westraum des nesto- 
rianischen Klosters, dessen Kuppel eingestürzt ist. Wie dort spannt sich über die Ecke der 
auf den Säulen ruhende Spitzbogen, wie dort sind in den Achsen leicht statt der Rund- 
vielinehr Spitzbogen zu denken, die hier das Fenster, wie dort die Kreuzarme übersetzen. 

' Wie Friedenthal. a. a. 0., annimmt. 



Die Ai.Tt HursTi.K hex Kirchex \'ox Amida. 



183 




In beiden Fällen entspricht die Bieite nicht der Achteckseite, Kreuzarm und Fenster sind 
schmäler. In Amida ist das Säulenschema vereinfacht, S Säulen statt 24. Ein Mittelding mit 
12 Säulen im Tambour von Kodja Kalessi. Eine Parallele mit 8 Säulen wie im nestoria- 
nischen Kloster von Amida wird unten aus dem nahe dem Euphrat gelegenen Resapha vor- 
geführt werden. 

Es gibt auch im Mittelmeer- 
gebiete ein Gebäude, das dem 
Kloster von Amida in der Säulen- 
verteilung sehr nahe kommt, die 
am jonischen Gestade stehende 
Nea Moni auf Chios, jenes Kloster, 
von dem seinerzeit meine Unter- 
suchung der ganzen Baugruppr 
ausging. Inzwischen ist das In- 
nere so entstellt worden, daß ich 
mich dafür nur auf meine eigenen 
Aufnahmen berufen kann. Der 
Grundriß (Abb. 106)' zeigt einen 
ciuadratischen Saal, den nur im 
Osten und Westen Nebenräume 
umgeben, während die Kuppel im 
Norden und Süden lediglich auf 
den Umfassungsmauern ruht — 
wie in der Ostkirche von Amida. 
Trotzdem ist der kreuzförmige 
Grundriß angedeutet durch Ni- 
schen, die in die Oberwände gelegt sind-, und vor allem — wie in der Westkirche des nesto- 
rianischen Klosters von Amida — durch Säulen, die in den acht Ecken der Kreuzarme stehen. 
In der Nea Moni kommt dabei überdies ein Motiv zur 
Anwendung, das als spezifisch persich bezeichnet wer- 
den muß, die Anordnung der Säulen iu Paaren. Man 
blicke zurück auf Abb. 98, den Grundriß des Palastes 
von Serbistan-' und wird die Längssäle zu beiden Seiten 
der zentralen Kuppel mit demselben Sj'stem von Doppel- 
säulen und Nischen ausgestattet finden wie in dem Klo- 
ster von Chios. Dabei kann kein Zweifel sein, daß 
hierin Persien der gebende Teil ist, besonders seit durch 
das nestorianische Kloster von Amida und ein genaueres 
Verfolgen der Koustruktionsart deutlich geworden ist, 
daß dieser Kirchentypus als der wahrscheinlich spezifisch 
persische angesprochen werden darf. Es spielt dabei 

gar keine Rolle, daß für Hosios Lukas und die Nea Moni Bauleute aus Konstantinopel als 
Schöpfer genannt werden ; der Typus wäre dann eben, was ohne weiteres anzunehmen ist, auch 
durch die Reichshauptstadt hindurchgegangen. Es ist aber auch möglich, daß nur die kostbare 
Innenausstattung der beiden Klosterkirchen auf Kosten des Hofes zu setzen ist, während der 

' Nach Wulff, Das Katholikon von Hosios Lukas. S. 20. 

^ Dabei wird die Wand im Norden und Süden so dünn und ähnlich durch ein Fenster durchbroclien wie in 
der Kuppel von Kasr ihn Wardan. Vgl. Butlers Monographie in der Princeton E.xpedition. 
^ Details bei Dif.flafoy, a. a. O.. IV, p. 24 f. u. pl. VII. 



Abb. 105 Trompenkuppel im Koten Kloster bei Sohag. (Mit Genehmigung der 
.1. C. Hinriehs'scben Buchhandluns? wiederholt avis Stbzygowski, Kleinasien.) 




Abb. lüfi. Nea Moni, Kirche: Gnindriß. 



184 



DiK CHKisTLUHKN Dknkmai.kk vmn Amiha. 



Bautypus im Gefolge einer auf Mesopotamieu zurückzuführenden Klostertraditiou zu erklären 
wäre*, ähnlich wie der trichore Typus dem ägyptischen Klosterbrauch zuzukommen scheint und 
die mesopotamische Tradition in Chios und Hellas durchsetzt wird von der Herrschaft der 
ägyptischen auf dem Athos. 

Amida kauu der Nea Moni in Chics unter Umständen noch näher stehen, als bisher zu- 
tage getreten ist. Man nehme die Beschreibung dos Ostraumes, wie sie H. de Hell liefert. Er 
sagt, in diesem zweiten Schiff soi joilo Seite mit vier Säulen geschmückt gewesen, die Rund- 
bogen getragen hätten (dominés par des 
murs droits), als Stützen der Ziegelkuppel. 
Ich verstehe das so, daß die Säulen mehr 
dekorativ vorgelegt waren, die Mauern die 
eigentliche Arbeit verrichteten. Man be- 
trachte Abb. 107 , eine Aufnahme der 
Nea Moni, die ich bisher nicht pulihziert 
habe, weil unglücklicherweise eine zweite 
Aufnahme, ein Mosaik darüber photo- 
Riaphiert ist. Heute, wo die Säuleupaare 
in dem chiotischeu Kloster wegrestauriert 
sind, bilde ich sie trotzdem ab.- Man 
sieht rechts noch das Säulenpaar intakt 
von den hochgestreckten Basen mit ihrer 
Kuppelung bis herauf zur oberen Stellung. 
Links waren sie schon 1889 durch das Erd- 
beben zerstört. Und doch steht die Kup- 
pel, die Mauern leisten die ganze Arbeit. 
H. HE Hell spricht in der nestorianischen 
Kirche von Amida von vier Säulen auf 
jeder Seite. Wie sind die in Abb. 92 unter- 
zubringen? Ich denke doch auch vielleicht 
zu zwei Paaren auf jeder Seite, wie in der 
Nea ]Moni. Das Motiv ist ja an sich per- 
sisch, also von vornherein in Amida zu 
erwarten. Dort dürfte sich die Ausführung 
von der Nea Moni nur dadurch unter- 
scheiden, daß sich zwischen den Mauer- 
pfeilern mit den Säulenpaaren seithche 
Galerien öffnen. Auch sind die Säulen 
selbst noch nicht so fremdartig orientalisch wie in der Nea Moni — man findet eine Analogie 
in St. Elias in Brussa-' — , sondern, wie H. de Hell sagt: „Les moulures des dites colonnes 
appartiennent au style grec de la décadence", d. h. sie entsprachen gerade der Zeit, in die ich 
den ganzen Kirchenbau des nestorianischen Johannesklosters datiere, der ausgehenden helleni- 
stischen bzw. frühchristlichen Kunst. 

In Persien muß eine Neigung für den kreuzförmigen Grundriß mit zentralem Quadrat 
latent gewesen sein. Wenigsteus kommt er etwa gleichzeitig oder 1 — 200 Jahre später als die 
im Norden auftretende Trompenkuppel der Christen im Süden auf mit der Madrasa. Diese 
islamische Bauform wird von türkischen Stämmen aus Persien gebracht und stellt sich dann 

* Vgl. dazu Friedexthal, a. a. O.. der auf Ägypten oder S}Tien rät. 

2 Man beachte die kleine Ecktrompe links in der Ecke beim Übergange zur oberen Xischenreihe. 

3 TExrER and Popplewell Pixlax, Byzantine anhitec-ture, i)l. LYl. 




Abb. 107. Nea Moni, Kirche: Innenansicht. 
(Daiüber leider eine JIosailcaufuDhme.) 



DlK AI/nillfl.-^TLICIIEN Kll!( HEN \i i.\ AmiDA. 185 

ebenso neben die ältere Moschee wie im Norden das verwandte Gebilde neben die hellenistisch- 
byzantinische Kirche. Der älteste Vertreter dieser Bauart ist das kreuzdurchsetzte Quadrat in 
dem monumentalen Tor auf dem Burgberge von Rabbat Amman. ^ Diese islamische Form unter- 
scheidet sich von der christlichen sehr wesentlich dadurch, daß über dem Quadrat keine Kuppel 
sitzt, die Mitte vielmehr unter freiem Himmel liegt. 

Wenn daher die Madrasa hier überhaupt in die Ursjiruugsfrage der kreuzförmigen ïrom- 
peukuppel hereingezogen wird, so geschieht dies lediglich um der Raumverteihmg willen; das 
Quadrat mit den Liwanen scheint die persische Grundform, die hellenistische dagegen ursprüng- 
lich der Kreis und das Oktogon. Das gilt auch für die Kujipelkonstruktion. In Persien sind 
in vorislamischer Zeit vorwiegend Kuppeln über dem Quadrat nachzuweisen, im hellenistischen 
Kunstkreise — von einer Ausnahme, der Ilängekuppel. abgesehen, die weder des Pendentifs, 
noch der Trompe bedarf — vorwiegend solche über dem Kreise bzw. dem Oktogon. Und 
selbst da scheinen sich im Westen doch noch persische Züge anzukündigen. Gregor von Nyssa 
gibt seinem Oktogon eine orientalische Spitzkuppel, wie sie in Mesopotamien und Südpersien 
von alters her üblich war. Danach möchte man geneigt sein, einen Zusammenhang Klein- 
asiens mit diesen Ländern auf dem Gebiete des kreuzdurchsetzten Kuppelbaues anzunehmen, 
so daß schon für das 4. Jahrb. gelten würde, was oben auf Grund der Anwendung der Trompe 
für das 1 1. Jahrh. geltend gemacht worden ist. Nach den Erfahrungen, die ich auf dekorativem 
Gebiete gemacht habe-, nimmt mich diese Tatsache nicht wunder; es sind auch da gerade die 
Zeiten vom 4. bis zum 11. Jahrb., in welchen Persien die an sich schon dem Orient ausge- 
lieferte hellenistische Formenwelt von Grund auf durchsetzt und verändert. Die Architektur 
mag dieser großen Bewegung noch am meisten widerstanden haben. Das Auftreten der kreuz- 
durchsetzten Trompenkuppel aber ist jedenfalls ein deutliches Anzeichen ihres \'orhandenseins. 
Siegreich blieb schließlich doch die Kreuzkuppel mit Pendentifs über vier Stützen in den Ecken 
des der Mittelapsis entsprechenden Quadrates. 

Für den persischen Ursprung der kreuzdurchsetzten Trompenkuppel kann endlich noch 
ein Merkmal geltend gemacht werden, das für manchen vielleicht den Ausschlag geben dürfte. 
Die Dimensionen der hellenischen Kuppeln sind verhältnismäßig geringe. Die Kuppel der Nea 
Moni hat 7,80 m, die von Daphni 7,85 m, die von Hosios Lukas 8,10 m.'^ Man möchte, wenn 
die Entwicklung von West nach Ost gegangen oder Konstantinopel in beiden Gegenden 
der gebende Teil gewesen wäre, in Amida ähnliche Dimensionen erwarten, besonders da es 
sich doch auch hier um einen Klosterbau handelt. Auf diesem Punkte tritt einmal die Bedeutung 
der Denkmäler von Amida klar ins Licht: die beiden Kuppeln des nestorianischen Klosters 
sind mehr denn doppelt so groß als die hellenischen. Dazu kommt eine sehr merkwürdige Tat- 
sache, die kaum durch einen Zufall zu erklären sein dürfte: die Spannung der beiden Kuppeln 
von 17,10 m entspricht fast genau derjenigen des großen Zentralsaales im Khalifenschlosse von 
Samarra mit ..fast 17 m". Wir haben es also vielleicht mit einer in Mesopotamien üblichen 
Dimension zu tun. Darauf weist auch der eine Durchmesser des ovalen Oktogons vonWiranschehr 
mit 34,50 m Länge. Diese Maße werden luiter dem neuen Gesichtspunkte nachzuprüfen sein. 

Für die Aufnahme des persischen Kirchentypus im Westen könnte geltend gemacht werden, 
daß er sich besonders für solche Bauten eignete, die über einer ausgedehnten Krypta zu er- 
richten waren. Musterbeispiel ist Hosios Lukas, wo die Krypta den Gesamtraum der Kuppel 
des Trompenquadrates einnimmt. Hier in der Unterkirche, wo es sich nicht um ein Freihalten 
der Mitte handelt, ist denn auch das Vierstützensystera angewendet.' 

H. DE Hell hat nicht mit Unrecht erwähnt, daß die Moscheen von Brussa in ihrer Grund- 
rißbildung und Konstruktion an die Doppelkirche des nestorianischen Klosters in Amida er- 

> Mschatta, S. 3.51 Ï. — - In dem Buche über Msehatta und unten. 

3 Im ser))ischeii Kloster Sludeiiitza hat die ebenfalls allen drei Apsiden vorgelegte Kuppel ca. il m Durchmesser. 
^ Viil. Wulff, Das Kaflidlikon von Hosius Lukas, S. .3. 
Amida. 24 



ISi; DiK ( iiiMsTi.iriiKN 1 )i:nkmäi,ei! V(in Amiha. 

iiinern. In Brussa steht auf dem Hügel im Osten der Stadt die Ruine der um 1400 eiWauten 
Moscliee Bayazid Vilderim, des Vorbildes der in aller Pracht erhaltenen Yesliil Djami von 
1420 ca.^ und der .Muradjve. Aber diese.s Verbinden zweier Kuppelräumo auf quadratischer 
Grundlage liegt auch schon in der Ruine aus Justinians Zeit in Phili])pi-, in der kleinasiatisclien 
Doppeikirche von Ütsha3'ak und der Irenenkirche von Konstantinopel vor."' Besondere Beach- 
tung wird in diesem Zusammenhang die Sergius- und Bakchos- Kirche ebenfalls in Konstanti- 
nopel verdienen. Klarzustellen, wie da die Zusammenhänge liegen, muß ich späteren Studien 
auheimo'eben . Die Osmanen können leiciit zum zweiten >hde einen urspriuiglichen persischen 
Typus nach dem Westen gebracht haben. 

Hier sei noch auf eine Erscheinung aufmerksam gemacht, die mir das hohe Alter diT 
Trompenkupjiel zu beweisen scheint. Ich meine die Einteilung <ler gemalten Decken in den 
römischen Katakomben. Schon in den allerfrühesten der Domitillakatakombe, die Wili'eut* 
in die zweite Hälfte des 1. Jahrhunderts setzt, ist bezeichnend für den Deckenschmuck, daß 
die Ecken von Bogen tibersetzt werden, auf denen sich dann der weitere Schmuck aufbaut, 
oder denen in der Gegenbewegung ein mittlerer Kreis entspricht. In den aus der Puzzolan- 
erde ausgehöhlten Gewölben der römischen Katakomben ist dieser Schmuck gewiß nicht auf- 
gekommen. Ich nehme an, daß seine Beliebtheit auf die persischen Ecktrompen zurückzuführen 
ist, wofür als architektonisches Hauptbeispiel die Wölbung von S. Giovanni in fonte in Neapel 
zu betrachten ist. Die Mauern stehen im Quadrat und weiden durch Ecktrompen in das 
Oktogon als Unterlage der Wölbung id^ergeleitet." 

Zum Schlüsse möchte ich hier noch einen Gedanken aussprechen, der sich vielleielit in 
Zukunft fruchtbringend erweisen wird. Ich gehe dabei aus von der durch de Beyi.ié und 
HE Hell bezeugten Tatsache, daß der Chorschluß der Kirche des nestorianischen Klosters von 
Amida geradlinig ist, und zwar nicht etwa nur im Äußern, entsprechend dem syrischen Brauche, 
wo trotzdem innen runde Apsiden angebracht sind, sondern auch im Innern. Der Fall steht 
nicht vereinzelt in Mesopotamien. General de Beylié hat in seinem Buche „Prome et Samarra" 
Seite 61 den Grundriß der chaldäischen Kirche zu Mardin skizziert. Sie soll dem ;">. und 
11. Jahrhundert angehören. Auch da bildet das Zentrum eine große, allen drei Apsiden Inder 
typischen Weise vorgelagerte Kuppel. Sie ist leicht konisch und wird von Spitzbogen getragen. 
Es ist nun bezeichnend, daß die Apsiden alle geradlinig abschließen. Bei der armenischen 
Kirche desselben Oites, deren Grundriß Bevlié a. a. 0. ebenfalls skizziert, sind die Seiteuap- 
siden geradlinig geschlossen, die Mittelapsis durch einen sehr flachen Segmentbogen. Es fällt 
mir nun auf, daß nach der jetzt allgemein herrschenden Annahme der geradlinige Chorschluß 
auch bezeichnend war für die Apostelkirche Justinians in Konstantinopel." Dieser mächtigste 
Kirchenbau von Byzanz nach der von kleinasiatischen Baumeistern errichteten Sophia ist auch 
sonst bemerkenswert durch seine allem Byzantinischen gegenüber stark ausgeprägte Eigenart. Man 
macht sich gut eine ^^orstellung von ihm durch S. Marco in \'enedig, das als eine Kopie gelten 
kann. Fünf Kujipeln nicht nach der Art dei- byzantinischen Kreuzkuppelkirche, d. h. mit einer 
Hauptkuppe! über der Mitte eines tonnengewölbten Kreuzes, sondern auch diese Kreuzarme 
durch Kuppeln eingewölbt. Ob die Kuppeln der Apostelkirche mit byzantinischen Pendentifs 
oder persischen Ecktrompen konstruiert waren, geht leider aus den Beschreibungen nicht 
hervor. Wenn wirklich, wie Konstantinos Rhodios v. 550 f. angibt, Anthemios von Tralles und 

• Edhem Pascha, a. a. O.; SSalalin. Maiiiiel, p. 4x7, uml soiist. Vgl. ;aa-h Wii.i.k. Hnissa l'.Ml'.i. 

2 Vgl. meine Aufnahme Byzant. Zeitschrift. XI (190^), S. 47:! 1. 

3 Salzbnbero, Die altchristlichen Baudenkmale, Taf. XXXIIl. Gliii.itt, Die Baukunst von Kunslantinopcl. S. 17. 
■* Die Malereien der Katakomben Roms, Tai'. 27. 

* Garrikci, Tav. l270: MuSoz, L'arte XI. 

^ Vgl. zuletzt IlEisENBERf:, Grabeskirche und Aposlelkinhe. 11. 11:; u. Kji. 



Die Ai.TiHiiisTLKHEN- KiiicnEX VON Amida. 1S7 

der jüngere Isidores, zwei Baumeister der Sophienkirche, auch das Apostoleion erbaut habin. 
dann wird zu erinnern sein an deren Bezielumgen zu Xonhiiesopotamien. ' 

3. Die Marienkirchen von Aniida. Der Kult der Gottesmutter führte seit dem Jahre 431 
im ganzen Gebiete des Christentums zu bedeutenden Kirchenbauten. Es bestellt daher von 
vornherein die Möglichkeit, daß Amida mehrere Kirchen auf den Namen Maria besaß, und das 
bestätigt auch Po(;.\iix, indem er meint, jede Sekte würde wohl über ihre eigene Kirche dieser 
Art verfügt haben. Y or allem müßte man mit einer nielkitischen ^hirienkirche rechnen, ja sie 
dürfte die älteste und größte gewesen sein, weil die Melkiten, „en comnuuiion avec Rome et 
Constantinople, détenaient, dans les villes importantes comme Amida, toutes les grandes et an- 
ciennes églises au moment de l'invasion arabe; les Jacobites n'avaient guère que de petites 
églises récentes, plus ou moins tolérées par l'autorité. Les Arabes ont mis toutes les commu- 
nautés chrétiennes sur le même pied et les Melkites ont cessé de tenir le haut du pavé. 
Beaucoup d'églises sont devenues mosquées, mais les églises qui sont restées églises n'ont pas 
cessé d'ap[)artenir à la communauté à qui elles appartenaient lors de la conquête". Soweit 
Pognon. Bezüglich der Jakobiten schreibt mir A. Baumstark, daß Maria auch bei dieser im 
6. Jahrb. gegen die Orthodoxen und Nestorianer begründeten syrisch-monophysitischen Sekte 
in starker Verehrung stand. Ihnen gehört u. a. das Gottesmutterkloster der sketischen Wüste, 
Deir e.s-Suryani.- 

Ich stelle nun zunächst die oben S. 166 gesammelten chri.stlichen Notizen über Marien- 
kirchen neben die arabischen. Nach Johannes von Ephesos bauten zwei Eremiten, Simeon und 
Sergios, auf den Trümmern der von ihnen zerstörten Synagogen ein kleines Martyrium der 
Muttergottes. Nach Wakidi (trad. Nieuuiir 94) baute eine Prinzessin Maria, die von den Arabern 
um die Mitte des 7. Jahrh. aus Amida \ertrieben wurde, eine schöne große Kirche. Es ist an- 
zunehmen, daß es eine Marienkirche war. Im 11. und 12. Jahrh. wurden in der Muttergottes- 
kirche allerhand Persönlichkeiten beigesetzt; die Kirche muß nach den Berichten ganz angefüllt 
mit Gräbern gewesen sein. Nach Abul Faradj (trad. Buuns 647) brannte eine magna ecclesia 
Deiparae von Amida im Jahre 1297 n. Chr. ab. Im Jahre 1306 7 wurde, worauf auch Bau.m.stark 
weist, eine Muttergotteskirche neu, d. h. doch wohl nur wiederaufgebaut. 1579 erfolgt eine 
Plünderung. 

Die wichtigste Quelle iindet sich bei Gin. Batt. Ramusio, Secondo volume delle navigationi 
et viaggi CVenetia 1583). Er druckt (fol. 79) den Bericht eines Kaufmanns ab, der über acht 
Jahre in Persien verbrachte und seit 1507 unter dem Sefewiden Ismail I. gedient hatte: 

„Da questo castello a tre giornate si truoua la gran città di Caramit, la quale, come nelle 
lor chroniche vien detto, fu fabricata da Costantino Imperatore, & volge di circuito da dieci in 
dodici miglia. E murata di grosse mura di pietra viua lauorate, di maniera, ch'elle paiono 
dipinte, & attorno attorno sono fra torri, & torrioni trecento sessanta. lo per mio piacere caualcai 
due volte tutt'il circuito, considerado qlle torri, & torrioni fatti diuersamente, c]ue non è geometra, 
che non desiderasse di vederle tanto sono marauigliose fabriche: & in molti luoghi di quelle 
si uede l'arma imperiale scolpita cô vn'aquila di due teste, & due corone. In questa eittii ui si 
vedono molte marauigliose (B) chiese, palagi, quadri di marmi, scritti a lettere greche. Le chiese 
posson'essere di gràdezza, come è quella di san Giouanni, & Paulo ô de'frati miuori di Vinegia. 
Et in molte di loro sono molte reliquie di santi, & particolarmente quelle di san Quirino, che 
nel tempo, che li christiani dominauano, si posero in luce: & in una chiesa di san Giorgio io 
vidi vn braccio d'un santo in vna cassa d'argento, che si dice essere un braccio di san Pietro, 
& è tenuto con gran riuerenza. In questa chiesa v'è anche la sepoltura di Despinacaton, che 

' Kleinasien, ein Neuland, S. 1:^(J; Byzaiit. Zeitschritt, XVllI d'.IO'.l), S. '27S f. Darüber unten mehr. 
- (»riens (Ihristianus, U, S. :f.56 f. 



ISS DiK IHEISTUCHKN PeNKMÄI.KI! VON A:MI1>A. 

fu tigliuola del Re di Trabisouda nomiuato Caloianui, iV' è poueiamente sepolta appressu la porta 
délia chiesa sottvii portico, in terra, & di sopra vè vna cosa fatta a guisa d'una cassa vii 
braccio alta, & un braccio larga, & circa tre di longhezza, murata di mattoni, & di terra. Vè 
anche vna chiesa di san Giouanni benissimo fabricata, c'i assaissime altre di molta bellezza, <Sz 
dis;nità: Ira lequali non uoglio gia lasciare a dietro, poi che mi viene alla memoria, una 
chiesa detta santa Maria, che a giudicio raio per le dignissime quaUtii sue, non fastidirà 
i lettori. Questa è una gran chiesa & ni sono dentro sessanta altari, corne si vedono anche 
attorno attorno i luoghi délie capelle: A è tutta editicata in volte dalla parte di dentro, & le 
volte sono sostentate da piu di trecento colonne, ^'i sono anche uolte sopra volte, che pari- 
mente son sostenute dalle colonne. Et per quel ch'io posso giudicare, questa chiesa non fu 
mai coperta nel mezo, perô che côsiderando il modo délia fabrica; it massimamente il sacro 
fonte, doue si battezzaua, io vedeua essere al discoperto, corne intenderete. Questo fonte del 
battesimo (C) è poste nel mezo délia chiesa, ch'è d"vn fino alabastro, fatto come un gran mastebè 
grossissimo d'intorno iutagliato di diuersi fogliami, tanto sottilmente lauorati, che non potria espri- 
merli. Egli è coperto d'vna bellissima cuba di marmo finissimo. hu\ua\ v sostenuta da sei colOue di 
marmo fino corne cristallo, it anche queste colonne sono intagliate di belli, tt sottiii lauori, & tutta 
la chiesa è lastricata di marmo. Di qsta chiesa hora tutta la parte verso Ostro è fatta moschea, et 
l'altra parte è nel medesimo essere, che fu sempre. cssendoui il conuèto, doue stantiauano li sacer- 
doti, nelqual è una mirabil fonte dun'acqua chiara, com'un cristallo. Questa chiesa è tanto deg- 
namente fabricata, che propriamente pare vn paradiso, tàti vi sono di belli, & splendenti marmi, 
hauendo colonne sopra colonne, come il palagio di sau Marco in Vinegia. Vè anchora il cam- 
panile, doue stauano le campane, & in moite altre chiese ui sono li campanili senza le càpane. 
Questa città è molto abbondante d"acque, che iu molti luoghi sorgono fonti: it è parte in piano, 
it parte in monte, cioê in un uiaggio, nel mezo d'vna grâ piauura: intorno dellaqual nascono 
intinite acque dolci. EU'ha sei porte ben guardate co'suoi caporali, & soldati. tenendo ogni 
caporal per porta dieci, dodici, & venti compagni: & per ogni porta vè vna bella, it grâ fon- 
tana. Vi sono anche molti christiani, & piu numéro che Macon:ettani, cioè, Christiani, Greci. 
Armeni. Jacobiti: & de'quali ognvn tiene la sua chiesa separatamente, oflfîciâdola come 
voghano, senz'esser stimolati da Macomettani. Tra gli altri fiumi in questa città ve n'è vno dalla 
Ijanda di Leuante, il quale è nominato (D) il Set. & al tempo del verno cresce marauigliosa- 
mente, A: corre gagliardamente venendo ad Asanchif & a Gizire in Bagadet, & entra nel hume 
Eufrate, & ambidue poi entrano nel mar Persico. Custaglialu Mahumetbec, signoreggia questa 
città con tutta la prouincia del Diarbec, pero che Sciech Ismael gliela donô per esser suo cog- 
nate marito d'vna sua sorella, & a lui fedelissimo". 

Ich wiederhole hier zunächst die Bescln-eibung der Marienkirclie in deutscher Übersetzung : 
..Dieses ist eine große Kirche, und darin sind GO Altäre, wie man auch ringsum die Plätze 
der Kapellen sieht : und sie ist im hinern ganz erbaut in Bogen (in volte), und die Bogen sind 
getragen von mehr als 300 Säulen. Es sind da auch Bogen über Bogen, die ebenfalls von 
Säulen getragen sind. Und soweit ich urteilen kann, war diese Kirche niemals in der Mitte 
bedeckt, wenn man die Bauart bedenkt: und besonders den heiligen Brunnen, in dem getauft 
wurde, sah ich im Freien, wie ihr verstehen werdet. Dieser Taufbrunnen ist in die Mitte 
der Kirche gestellt , er ist von einem feinen Alabaster, gearbeitet wie eine sehr große „Mastebe'S 
ringsum eingeschnitten mit verschiedenem Blattwerk, so zart gearbeitet, daß ich es nicht aus- 
drücken kann. Er ist bedeckt von einer sehr schönen Kuppel vom feinsten Marmor, die von 
sechs Marmorsäulen so fein wie Kristall getragen Avird, und auch diese Säulen sind geschnitten 
mit schönen und zarten Arbeiten, und die ganze Kirche ist gepHastert mit Marmor. \'on dieser 
Kirche ist jetzt der ganze Teil gegen Mittag (ostro) zur Moschee gemacht, und der andere Teil 

' Das Wort ist von den Italienern Heni Arabisch-Äi-'yptisftien enlnuunnen unil bedeutet Bank, erliöhter, mas- 
siver Sitz. 



Die altchristlichex Kidchen \"o.\" A:«inA. l<Si) 

ist in dem Zustande, in dem er immer war, da dort das Kloster ist, wo die Priester alt wurden 
(?stautiavano), in welchem eine wiinderliare Quelle eines Wassers so klar wie Kristall ist. Diese 
Kirche ist so würdig gebaut, daß sie eigentlicli ein Paradies scheint, so viel schöne und glän- 
zende Marmore gibt es dort, habend Säulen über Säulen wie der Palast von S. Marco in 
Venedig. Es gibt da auch den Glockenturm, wo die Glocken standen, und in vielen andern 
Kirchen sind dort die Campanili ohne Glocken." 

Nach diesen Angaben muß also die Marienkirche aus zwei Teilen bestanden haben, einem 
südlichen, der zur Moschee umgebildet worden war und einem andern, der in Verbindung mit 
einem Quellkloster den Christen verblieb. Für die Verwendung als Moschee wird wohl der 
Hoftypus Voraussetzung sein ; dazu stimmt, daß der Berichterstatter ausdrücklich sagt, die 
Kirche sei „im Innern" in Bogen erbaut. In die Moschee wird er kaum Eingang gefunden 
haben, also l)ezieht sich seine Beschreibung ganz auf die Kirclie selbst, die zugleich Baptiste- 
riura war. Gehe ich aus von dieser Bestimmung und dem sechseckigen Tempelchen, das den 
Taufbrunnen überschattete — etwa wie im Baptisteriura zu Aquileja — , so komme ich auf einen 
Zentralbau und möchte fast auch für das Innere des Kirchenbaues selbst hexagonale Grundform 
erwarten. So seltsam das im Abendlande wäre, im Orient gibt es dafür dennoch Beispiele. In 
Mesopotamien selbst beschreibt Maundrell 1699 einen sechseckigen Bau zu Corns': ,a noble old 
monument, sixscjuare, which opens at six windows above, and is covered with a pyramidical 
cupola. In each angle within is a pillar of the Corinthian order of one stone, and there is a fine 
architrav all round just under the cupola, having had heads of oxen"" carved on it, and it ends 
at top with a laTge capital of the Corinthian order." Ich erinnere ferner an den sechseckigen 
A'orhof in Baalbek und den hexagonalen Grundriß der Klosterkirche von Dau-Mendeli in Attika ', 
wo zwischen die vier typischen Pfeiler noch zwei vor die Wände im Norden und Süden treten, 
die dann zusammen die Kuppel tragen. Da eine solche an der Marienkirche von Amida nicht 
oder um 1507 nicht mehr vorhanden war, der Taufraum vielmehr unter freiem Himmel lag, 
so kommt für uns eher Baalbek in Betracht. Wenn ich mir vergegenwärtigen will, wie diese 
Kirche mit 300 Säulen und 60 Altären zu denken ist, dann gehe ich am besten aus von 
S. Stefano rotondo in Rom. Diese ..Sphinx des Coelius" ist rund, nicht sechseckig. Die 
Mitte kann dort gut unter freiem Himmel gedacht werden, umschlossen von 22 Säulen. 
Für sie wären in Amida 6 Pfeiler mit je etwa 4 Säulen, im ganzen also 24 Zwischensäulen 
vorzustellen. Dann ein zweiter Kranz, der in Rom 8 Pfeiler mit abwechselnd 4 oder 5, im 
ganzen 32 Säulen dazwischen zeigt, würde in Amida leicht auf jene 60 Altäre zu bringen sein, 
die, zwischen entsprechend zahlreichen, etwa 9 X 6 = 54 Säulen augebracht, den in S. Stefano 
an die Wände gemalten Märtyrerszenen entsprächen. Das Baptisterium von Amida müßte dann 
den an sich schon in den Dimensionen imposant wirkenden römischen Bau noch übertroffen 
haben. Ergänze ich mir zu den 24 -|- 54 = 78 Säulen und 12 Pfeilern noch eine weitere 
radiale Expansion des Innenraumes, ähnlich S. Stefano, so komme ich leicht auf 150 Säuleu 
im Erdgeschoß, denen, wie der Berichterstatter angibt, Emporen entsprachen, ganz abgesehen 
davon, daß auch das Äußere wahrscheinlich in der Art des Dogenpalastes und der Fassaden 
der großen Moschee in Amida selbst Säulen über Säulen zeigte. Mir schweben die Pisaner 
Bauten mit ihrem Reichtum an üliereinandergeordneten Säulenreihen oder das Baptisterium 
in Parma vor, wenn meine Phantasie daran arbeitet, sich ein Bild der alten Marienkirche von 
Amida zu bilden. 

Abgesehen von den bisher allein herangezogenen literarischen Nachrichten besteht heute 
noch eine jakobitische Marienkirche, an deren Nordseite nach Angaben von Pognon, der sie 

' Vgl. Leth.\iîy, Mediaeval nrl, p. 14. 

^ Vgl. den bekannten StierfVie." im Innern der Fassaden warn 1 von S. ApoUinare numn in Ravenna. 

^ Annual of the Briti.«h school of Athens. IX (i;i02,'3l. pi. XV. 



190 



Die ^•HRI^;Tl.l(■IIE^■ Dknkmai.eh \iin Amiha. 



l'église actuelle de Yoidat-AUolio (Gottesgebärerin) nennt, eine kleinere Jakobskirclie stößt. Über 
die Marienkirche selbst ist den Aufnahmen und Notizen des Generals de Beylié folgendes zu 
entnehmen. Sie ist der Außenansicht nach (Abb. 108) so gut wie vollständig modern. Ein 
Portikus von drei, auf vier dicken Säulen ruhenden Rundbogen hat Kaiutelle von ganz schema- 
tiseh kelchartiger Werkform ohne jeden Schmuck. Dem mittleren Bogen entspricht ein anderer 
in der Fassadenwand, der, von Säulen getragen, eine Flachnische bildet, die ein Eingangsportal 
und zwei Fenster umschließt. Die Basen der Säulen könnten zum Teil alt sein. Über den 
Portikus ragt eine Fassade empor, die keinen Bezug zu der dahiuterliegendeu viereckig um- 




Abb. lus. Dijarbikr. .Mjirieiikirehe : Wesluusidu. 



mauerten Kuppel hat, auf deren rechter Seite ein zierlicher moderner Glockenstuhl sitzt. Die 
Fassade davor hat drei spitzbogige Fenster, von denen sich jedoch nur die beiden unteren nach 
dem Tiefendunkel des Innern öftnen. Ein Fensteransatz liuks wie das s]iitzbogige Fenster 
oben erzählen vom Wandel der Zeiten. 

Die Grundrißskizze des Generals de Beylié zeigt vor der Kirche einen Hof, der nach 
PoGXON heute als Friedhof dient, und dann hinter der Portikus einen Zentralbau, dessen Dach 
auf acht, durch Spitzbogen verbundenen Pfeilern ruht, eine Raumgliederung und wahrscheinlich 
auch eine Konstruktion ähnlich der in der Westkirche des nestorianischen Klosters. Au einigen 
Kuppelpfeilern sah de Beylié Stalaktitenkapitelle, ein Beweis, daß von vornherein mit Restau- 
rationen in spätislamischer Zeit zu rechnen ist. Abb. 109 versetzt den Beschauer in diesen 
Raum und läßt ihn durch einen der Kuppelbogen in das Sanktuarium blicken, das im Vorder- 
grunde durch ein modernes Gitter abgeschlossen ist. Hinter dem Bogen stehen zunächst zwei 



DlK ALTCHRISTLICHKX KlKiIlKN Vi iX AmII> 



1!)1 



mächtige, oben übermauerte SäuleD. Zwischen ihnen ütlnet sieh das von einem Stahiktiten- 
ornamente umrahmte, durch einen flachen Bogen abgeschlossene Portal. Davor hängt ein 
Kandelaber; ein Vorhang ist zurückgezogen, die Ikonostasis fehlt. Über zwei Stufen gelangt 
man zum Altar, vor dem ein Bet[iult steht. Nach dem Grundriß endet der Altarraum mit 
einer halbrunden Apsis. 

Es entsteht nun die Frage, läl.U sich die Marienkirche des Anonymus bei Ramusio irgendwie 
in Zusammenhang bringen mit dieser jakobitischen Marienkirche von heute? M. Pn(;\ox meint, 
das ginge schon deshalb nicht, weil die Marienkirche des Anonymus nicht jakobitisch, sondern 
wegen ihrer Größe und Schönheit melkitisch gewesen sein dürfte. Auch bleibt die hientifizierung 




deshalb schwierig (trotzdem beide Kirchen gleicherweise Doppelkirchen sind); weil in der 
jakobitischen Kirche die Jakobskapelle nördlich, die Marienkirche südlich liegt, während bei 
Ramusio die Südkirche Moschee und der Nordteil die Marienkirche ist. Wie diese Dinge sich bei 
näherer Untersuchung auch immer klären mögen, die heutige Marienkirche weist doch Reste 
auf, die beweisen, daß sie ganz alten Ursprunges ist. 

Ich habe die beiden mir ursprünglich vorliegenden Grundrißskizzen de Beyliés und des fran- 
zösischen Konsuls Guys weggelassen, weil nachträglich die Aufnahme von Miß Bell einlief (Abb. 110). 
Sie führt sehr entschieden in das Problem ein und läßt Ausgrabungen als vielversprechend 
erscheinen. Es scheint mir sehr wahrscheinlich, daß der kolossale kreisrunde Vorhof von über 
50 m Durchmesser in der Mitte offen war. Wenn man heute ein Grab als dessen Zentrum an 
falscher Stelle zeigt, so mag den Anlaß dazu leicht das ursprünglich vorhandene Taufbecken, 
wie es der Anonymus des Ramusio beschreibt, gegeben haben. Wir haben eine Kolossalanlage 
vor uns, von der die durch Bevlié beschriebene heutige Marieukircke nur ein kleiner Teil, der 



lï)l> 



DlK . HRISTI.I.HF.N DeSKM.VI.EK VON AmIDA. 




Abb. 110. Dijarbekr, Marienkinhe: Grun-liiß. Darin Al.b.llüa: ein alles KapiteU im lunc-ra der Kirche. 



DiF. AI.TC IIKISTI.UIIEX KuiclIKN VdN AmIHA. 



193 



Chor ist. Man halte «ch bei den nachfolgenden Angaben von Miß Bki.i, immer die Beschrei- 
bung des Venetiauers von 1510 vor Angeu. 

.El-Hadra, Diarbekr. ßy far the most important church which I saw in Diarliekr was 
that of El-Hadra (Jacobite). I had the good fortune to find the bishop at home — liis house 
lies on the south side of the inner south court — and he gave me a short history of the 
building. The church, said he, was once part of a very large monastic foundation, the pre- 
cincts of which stretched as far as the Aleppo Gate.' The part that stands at present had 
originally been no more than the choir of a large circular church in the centre of which was 
the tomb of the patriarch Yuhanna ihn Hhurban who died, so the bishop said, about 1000 years 
ac^o. The site of the tomb is marked by a wire grille, but on measuring the ruins, J found 




that the bishop had used the word Centre very loosely, for the tomb lies 15 metres from the 
east side of the circular church and 41 metres from the west side. The bishop then pointed 
out to me the remains of the original building. The foundations of the circular church can 
be traced at intervals, parts of them being hidden by the school and other modern structures 
which have been erected over them. The school occupies almost the whole of the north side. 
On the south east side the curve of the foundations took an outer spring which I have indi- 
cated in the plan. With a little excavation the outer line of the walls could be recovered with 
complete accuracy. 

Turning to the existing church, the bishop observed that the curious curved narthex had 
formed the east end of the round church. The four columns on the west side of the narthex, 

1 Hee Parry. Six Mimtliï^ in a Syrian Moua^tery. p. 49. He mentions, but with incredulity, the fact that the 

present church is but the sanctuary of a tar hn-ger building, p. 44. His opinion in matters architectural is not, how- 
ever, to be trusted. 

.\mida. -■' 



uu 



Die ( musTi.u hkn Dknkmai.ï:!; von Amika. 



together with the roof they sup]iort, are clearly modern adilitions. I think it possible that the 
west door of the existing church, with its two flankiug windows, are not part of the first plan. 
The opening into the ancient choir was probably as wide as the full extent of the arch resting 
on short columns, that covers door and windows. There are no mouldings round the door. 
such as one would certainly expect to find if it were early work. Above the narthex roof 
there was a gaunt fragment of old wall, pierced with pointed windows of different periods, 
some of which have been filled up.^ The bishop was positive that this wall had formed the 
east wall of the circular church. How the original choir was roofed I am unable to say. The 
present dome is modern and the engaged juers su))porting it seemed to me to be all later ad- 
ditions. They are irregular in shape and are ])laced without any regard for the older struc- 
ture. They block the western opening of the choir, whether it were originally single or triple; 
they impinge on the width of the original apso and are set quite irregularly in respect of the 
two old door?, tho one in the north and the other in the soutli wall. Of these duors, the 










AM.. 112. Dijiiil-ekr 



Anßunaii>klit dir .\]t- 



northern alone remains. Its age is proved by the fine bold mouldings of lintel and jaml)S 
(Fig. Ifl and section). The south door has been filled up, but a trace of it remains in the' 
brick relieving arch visible on the outer wall. It corresponds to the relieving arch over the 
north door. All the existing windows are modern. The apse has been buttressed and built 
round on the outside, but its line can easily be made out (Fig. 1 1 2). Inside, the opening of the 
apse has been narrowed by two bits of wall, hatched in the plan. The interior of the church 
being thickly plastered with whitewash, it might have been ditticult to discover that the present 
arch of the apse is narrower than it once was. but fortunately there remain, high uj) on the 
wall on either side, the original engaged capitals that supported the apse arch, together with 
fragments of the moulding that ran round tlie arch and was extended on either side to the 

' Icli lasse hier zwei riioto^rapliien von Mil.i Bki.i. «eg. weil tie .Mib. Ui,S .L-eireiiüber iiiclits .Neues hringen. 



Die altchri.sïlichex Kiiîcuen \(i.\ Amida. 



195 



outer walls of the church (Fi^. 113). I was obliged to photograph these capitals from below, 
but the picture gives a sufficieut indication of their character. They are the same garlanded 
acanthus capitals that appear in Mar Cosmo, Diarbekr, in the churches of the Tur Abdin and 
in the courtyard of the big Mosque of Diarbekr. On the moulding above the capitals I could 
make out the egg and dart motive and a band of palmettes. 

To the north of the church lies a chapel dedicated to Mar Yakub, all of which is modern. 
Modern, too, are the north and west walls of the small court that lies to the west of this 
chapel. In the south west corner the court is blocked by the curve of the north east wall of 




Abb. 11m. Dijiirbekr, Marienkircbu; Siiiiwestucke ilcs Narthex von außen. 

the present narthex (Fig. 1 14) which, if I am correct, is a jiart of the old buildiu«;'. In it can 
be seen the traces of a window, now blocked up, covered l)y a brick arch ur relieving arch. 
The original structure of the choir, so far as I can judge on a brief study, consisted therefore 
of a small rectangular building, the greatest length being from east to west, terminating to the 
east in a wide apse and to the west in a wide opening into the circular church beyond. I 
should conjecture that it was barrel vaulted." 

Nach den von Beylié notierten Angaben der Einheimischen ist die Kirche im 5. oder 
7. Jahrh. erbaut und nach einem Brande am Anfang des 12. Jahrh. (1105/6) restauriert. Wir 
verdanken M. Pogxon die Mitteilung einer Reihe von Inschriften, die er au dieser Kirche 
kopiert hat. 



EGLISE DE LA MERE DE DIEU. 

I. und II. Dans le mur rhi portique à l'e.xtérieur, sur le cimetière, les deux inscriptions 
arabes suivantes: 



19i; Die ciiiiisTi.uiiEN ])en"km.vi.ei! von A.mii>a. 



.[illisible, (5) ^_JCM ôJ^ 
En raiinée :200ü des Grecs et UOi de I'liejiire ' lut restaurée celte éslise. 



En Tanné ISll des Grecs, sous le patriarclie 
'Abdallah et Tarelievètiue Jean, fut restaurée cette 
église. 






ni. Daus Téglise, dans le mur qui sépare le chœur do la nef, du cûté de la nef, fort haut, 
rinscrijition syriaque suivante: 

è-v<V\ n_vA ^^ x^ 

(Il A été restaurée rc' n en r^ ^ ~ < ^ 

(2) cette église 

(3) sainte 

(4) de la Mère de Dieu 

(5) Marie en l'an 
(C.) :2030 des Grecs. 









1\ . Dans la nef. dans le mur de séparation entre la nef et le chœur, en avant de l'autel 
de droite et à l'angle de l'église, l'inscription syriaque suivante : 



Tombeau de Si. Bar \Valiboun(?) et de St. .lacques 




V. A gauche de l'autel de gauche, dans le chœur, dans la partie nord, sur une pierre, 
l'inscription suivante: 



' Falsclie Konliordanz, da 2*KjO der Griechen = l(iS8— S'.i. wâlirend lli4 der Hidjra = IfWa— ÎI3 (Berchem). 




Dkkohativki; Iîkh iiti.nc deu cniüsTi.uHKN AiiciiiTKK-iri; i\ A^^lll.\. SviaEX und Auyi'tex, ID'i 



(1) Tombeau de» saints 

(2) Bar 'Abdaiin 

(3) et des deux au- 

(4) très saillis ci-dessus, 



On ue voit aucune inscription au-dessus de celle-ci : un texte conttnaut le nom de deux 
saints a donc disparu. 

\'I. Tout près de là, l'inscriiitiuu syriaque suivante: 

n_n n->~-i->-i 6 -en 

(1) SI. Habil) 
. • (2) d'Amid, maître 

(3) de St. Zoaras 

(4) et de St. Jean. 

ÉGLISE ST. JACQUES. 

Au nord de l'égiisc de la Mère de Dieu et attenant à elle se trouve l'église de St Jacques, 
qui contiendrait, dit-on, les relicjues de Jacques, de Saroug, avec une inscription peu ancienne 
que je n'ai pas copiée. 

Au-dessus de la porte d'entrée de l'église, rinscri|)tion suivante en vers exécraljles: 

(1) Selon le mètre de St. Ephrom: f^^^rOi. f\^ n «m <înVv •"■>—" "^ "^ 

{•2) Cette église a été restaurée . , 

(3) en l'an des Grecs 200'i. *^ <K-.-J O^ ^ m ."VJ «K-i-JC--^ 

<=a^ cK^ r<' ^ 





(i) i|ui est l'an du Messie IGO.")'. 
(.")) par la grâce divine. 



0. DEKORATIVER REICHTUM DER CHRISTLICHEN 
ARCHITEKTUR IN AMIDA, SYRIEN UND ÄGYPTEN. 

Außer den bisher in Aufnahnaeu von Miß Bell vorgeführten Resten alter dekorativer Archi- 
tektur in der Hadra- und Kosmaskirche von Dijarbekr besitze ich noch zwei Detailphoto- 
graphien des Generals de Beylif. Von ihnen will ich in diesem Abschnitte ausgehen. 

Das Kapitell der Marienkirche mit demArchitrav (Taf.XXII,BMg.i;2; vgl. Abb. 110a) ist korin- 
thisch und gehört zu einem Pfeiler. Zwei Reihen Akanthus, unten vier, oben fünf Blatt stehen 
aufrecht hintereinander. Die Rippen sind noch ganz nach antiker Art ausgehoben, die Pfeifen 
schneiden dazwischen tief ein. Die Lappen stehen einander von Blatt zu Blatt so gegenüber, 
daß immer ein kleiner und ein großer Ausschnitt wechseln. Charakteristisch gebildet erscheinen 
die obersten Spitzen; sie sind aus der Blattebene vorgezogen und hängen ganz freiräumig auf 
das Blatt herunter. Die Mittelbosse der Deckplatte schmückt ein Stern, umschlungen von einem 

' Wiederum falsche Konkordanz, da Ü004 der Griechen = IGOä— Ü3. Herr Pognon meint, er hätte vielleicht 
einen Buchstaben mißdeutet; bei den zaldreichen Ungenauigkeiten dieser Art in der syrischen Lltteratur scheint mir 
diese Vermutung kaum nötig (Berchem). 



198 



Die CHRISTI. khk.n" Dk.vkmäi.ki; 



Ami DA. 




l>ijarUkr, Kosmaskirche: .Vîtes Kiipiicll. 



Baude, das darunter einen Knoten bildet und dann übergeht in Girlanden, die unter die Eck- 
voluten herabhängen. Diese Girlanden zeigen die tj'pisehe Lorbecrfiigung mit dein Edelstein 
in der Mitte wie au der Corona triumphalis. An der Deckplatte bemerkt man trotz der Tiiuche 
eine Ranke mit langgezogenen, zackigen Blättern. Der Aichitiav darülier kommt von rechts 

her gerade an , scheint 
sich aber ganz eigentüm- 
lich in einen auf den 
Beschauer zugehenden 
Bogenansatz umzubilden, 
der dann vorn mit der 
Anstoßfläche zum näch- 
sten Keilstein des Bogens 
endet. Der runde, mit 
einer Art Weinrauke ge- 
schmückte Fries wird zur 
Füllung der in der Photo- 
graphie von unten ge- 
seheuen Archivolte. Dar- 
über läuft das Gesims 
zunächst mit Zahnschnitt 
und Eierstab weiter, an 
dem Bogen kommt noch 
dazu eine Art vertikal 
stehender Konsolen, über 
denen ein Pfeifenfries mit abschließendem Peristal) ausladet. Unter dein Weinlaubwulst wird am 
horizontalen Architrav noch ein Blattfries sichtbar, der in der Archivolte wegfällt. Diese endet 
nach vorn mit einem Vorsprung zum Eingreifen in den nächsten Keilsteiu. 

Man könnte geneigt sein, diesen Architekturrest für antik zu halten. Es liegt derselbe 
Fall vor wie bei den alten Teilen der Westfassade. Um zunächst einmal diese Frage zur Ent- 
scheidung zu bringen, bleibe ich bei dem durch die Corona triumphalis-Gehänge vielleicht am 
meisten des Heidnischen verdächtigen Motiv, dem Kapitell selbst. Es hat sich noch ein zweites 
derartiges Kapitell vom alten Amida erhalten, in der Kosmaskirche. Mir liegt davon eine 
ebenfalls für den General de Beylié gemachte Photographie (Abb. 115) vor, die auf der Rück- 
seite bezeichnet ist: .Chapiteau dans l'église Mar Cosmas." Das stimmt zu den Angaben von 
]\Iiß Bell, deren Aufnahme des Kapitells mit den zugehörigen Arcliitckturteilen ich oben Abb. 87 
gegeben habe. 

Wir sehen wieder ein Pilasterkapitell der korinthischen (Ordnung. Unten stehen abermals 
vier, oben fünf Blatt aufrecht nebeneinander, Rippenbildung und Lappenschnitt ist im wesent- 
lichen der gleiche. Auch die Girlanden aus Lorbeer mit dem Edelstein unten sind da, also 
wieder die richtige Corona triumphalis. Sie laufen oben in einem ähnlichen Knoten zusammen 
wie in der jakobitischen Kirche, nur die Bosse darüber ist anders geschmückt. Hier nun halten 
wir den Beweis in der Hand, daß zum mindesten dieses Kapitell sicher christlich ist: in einem 
von Akanthus umrankten Medaillon erscheint das gleicharmige Kreuz — wie ich gleich bemerken 
möchte, in dieser Rahmuug das typische Siegeskreuz Konstantins im Oriente. — Es sei hier 
gleich auch aufmerksam gemacht auf die Ornamente, die rechts neben dem Kapitell erscheinen: 
■\àer Herzblätter in Kleeform zusammengestellt mit einem Rankenstiel, der, von der Mitte aus- 
gehend, sie umrahmt. Darunter eine Wellenranke mit einem aus dem Stiel mit drei Lappen 
gebildeten Blatt und einer Rosette. Daß diese rohen Motive alt und nicht erst später dazu 
gekommen sind, kann man an der Deckplatte des Kapitells beurteilen, wo derselbe ..vierblättiige 



Dkkiikatlvei! Hekiitl'm dkh cHUiîiTi.ifiiKN ARcHiTKicTUii IN Amida, Sykien U.Mi Agyptex. lS)i> 

Klee" verwendet ist/ diesmal von zweistreifigen Kreisen umralnnt, die untereinander ver- 
knotet sind. Die Veröffentlichung des Nyniphaeumy von Milet durch den Architekten Dr. Hllsex 
wird zeigen, daß solch rohe Ranken schon in der Zeit des Kaisers Titus niöglicli sind. 

Der Nachweis, daß (ürlauden-Kapitelle noch in christlicher Zeit gearbeitet wurden, 
ist für die Beurteilung der alten Reste an den beiden Fassaden und der Nordarkade der Ulu 
Djanii von Bedeutung. Dort kommen mehrere solche Girlandenkapitelle vor.- Sie wurden 
oben bereits einzeln besprochen. Mir liegt an dieser Stelle mehr daran, Vergleichsmaterial von 
chiistlichon Bauten des Orients herbeizuschaften, das geeignet ist, den in Amida nachgewiesenen 




Abi. 116. Aleppo, ^ra(lrnsn el-Halnwi 



Iniieniinsicbt. 



Resten zum Zwecke ihrer Datierung etwas Hintergrund und weiter einen Begriff zu geben, wie 
reich die früheste christliche Architektur gedacht werden muß. Man darf dabei nie von der 
römischen Art ausgehen, sondern immer von der Neigung des Orients zu reicher dekorativer 
Ausstattung. Was zunächst das Kapitell anbelangt, so veröffentliche ich nachstehend eine 
Apsis in dem Nordmesopotamien benachbarten Aleppo. 

Die in Abb. IIG wiedergegebene Aufnahme verdanke ich dem Legationsrate Dr. Max Frei- 
herrn von Oppexheim. Wir sehen das Ende eines Saales, der rechts und links wahrscheinlich 
<lieselben auf Säulen ruhenden Hufeisenbogen zeigt, wie an der Seite vor uns, wo zwischen 
diese Säulen vier andere im Halbkreise herumgestellt erscheinen. Es handelt sich um die 
Madrasa el-Halawiya, die der großen Moschee von Aleppo gegenüberliegt. Die Mauern sind 
heute weiß getüncht. Man muß sie sich reich mit Farben und Ornamenten ausgestattet denken. 

' Vifl. über dieses persische Motiv Mschatta passim. 

" Die „Girlainlomanie" scheint also nicht nur für Alexaiuhieii bezeichnend, wie Bre(:i;:i.\ auf dem Archäulngeii- 
kongi-efä l!)(l!l in Kairo liebau]itete. Vgl. Kunstchronik I'.IOO, Maibeft. 



2(MI 



DlK 



n.uiiKN Denkmälkk \<>.\ A:mii)A. 




die vielleicht eines Tages unter der Tünche noch eine Auferstehung feiern. In den beiden 
Ecken links luid rechts er?' hciiU in Kapitellhöhe ein Akanthusfries, wovon ich in Abb. 117 eine 

Detailansicht gebe.' Wir sehen über einem 
Wandablauf knollige Blattspitzeu ähnlich 
vor die Blattebene vorkragend wie an <len 
l\aj)itellen von Amida. Die hohen Akan- 
iliusblätter über ihnen stehen zwischen 
Stielen, die entlang die Blattlapi)en tiefen- 
dunkle Ausschnittgruppen bilden.-' Links 
liegt auf dem Akanthus ein Medaillon mit 
einem Kreuz, das von einem Quadrat durch- 
setzt wird. Die Ecke zeigt ein Blatt mit 
gegenständigen Spiralen. Die an diesem 
Akanthusfries beobachteten Motive wieder- 
holen sich teilweise an dem Eckkaiiitell: 
hier finden wir auch nochmals den strikten 
Beweis des christlichen Ursprunges dieser 
Dekoration, das Kreuz im Kranze, das 
an der oberen Ecke unter der Deckplatte 
sitzt. Die beiden angrenzenden Kapitelle 
sind von gleicher Art, die beiden mitt- 
leren dagegen, Abb. 118, zeigen jene eigen- 
artig wie vom Wind bewegten Blätter, die 
in der Blütezeit der altbyzantinischen 
Kunst Mode geworden sind. Daß sie 
hier in Aleppo schon in früherer Zeit 
möglich waren, beweist ihr Vorkommen am 
Südportal von Kal'at Sira'an und an dem 
Pyramidengrabe von Dana, beide aus dem 
ö. .Tahrh.^; hier in der Halawiya sieht das 
Motiv so aus, als wenn zwischen die ge- 
krümmten Akanthusblätter Straußenfedern 
gelegt wären. Oben an der Ecke wieder 
das Kreuz im Kreise. Über den Kapitellen 
liegt ein Kämpfer, mit einer steilen Hohl- 
kehle, die unten in eine Nase übergeht, bei- 
läufig gesagt, die syrische Parallele für die 
Kämpferaufsätze am Prunktore Tlieodo- 
sios' IL bei der Porta aurea von Konstan- 
tinopel.'' 

' Diese luid ilie folgende Aufiialiiiie ver- 
ilaiike dem Architekten Ernest Hébr.\rd, Stipendiaten 
der Académie de France in Rom, der ein Werk 
liber Spalato vorbereitet. 

- Vgl. ein iilnilicties Kapitell bei Mils Low- 
THi.iN Bkll, The desert and the sown, p. 229 (Moschee 
in Hama). 



Linlios Kd;l;ii|iilcll der Ai)S 




lis. .\lepiio, Ma(lra.sn el II ,, r.s 

VoGLÉ, La Syrie centrale, jil. 
Vgl. oben Abb. G7, S. 147. 



14-1; (p. IOC) u. 1.51). 



DeKOPvATIVEU lÎEKHTUM DKIi i IIIU.^ÏI.U'IIKN 



Akihitektuk in Ajiiua, Syrien und Ägypten. 'iOl 



Ich könnte mir die .Madrasa el-Halawiya zai einem kleinen Kuppelbau von persischem 
Typus ergänzen.! Eigenartig ist die Apsis: es sind IcdigHch die Säulen, die ihr Halbrund 
bilden, die Wände selbst stoßen im Eck zusammen. Diese eigenartige Bildung begegnet noch 
einmal im Oriente, und zwar im 
5. Jahrb. im Deir el-abyad in 
Oberägypten. Ich gehe hier auch 
auf dieses Ineditum näher ein, 
weil es nach den Berichten älterer 
Reisender ein ähnliches Pracht- 
stück gewesen sein muß, wie es 
unsere Phantasie für Amida sucht. 
Es handelt sich um eine Kapelle 
in der Nordwestecke des der Mo- 
numentalität nach bedeutendsten 
Klosters von Agj'pten, erbaut 
vielleicht noch zu Lebzeiten seines 
Gründers, des heiligen Schenute, 
in der ersten Hälfte des 5. Jahrh. 
Wir sehen im Grundriß (Abb. 119) 
einen länglichen Raum von 
15,93 X -li^ö m Abmessung, viel- 
leicht die Grabkapelle des Lokalheiligen. 
Decke ist eingestürzt. Von der 
und die säulengetragene Apsis 




Deir cl-abyad (Oberägypton l PiiinkkapcUe in ■1er Noiilwestecke cks Klosters. 



Abb. 120- zeigt die Ansicht von Süden her: die 
alten Dekoration sind nur die Nischen in den Seitemvänden 
erhalten. Will man sich vergegenwärtigen , wie die Kapelle 
einst aussah, dann lese man Cukzon^: „Der Hauptein- 
gang (des Klosters) war früher am Westende, wo sich 
ein kleines Vestibulum l)efindet; unmittelbar innerhalb 
dessen Tür zur Linken ist eine kleine Kapelle, vielleicht 
eine Tauf kapelle, etwa 25 Fuß lang und noch ziemhch 
gut erhalten. Es ist ein prächtiges Beispiel der reich- 
sten römischen Bauart aus der letzten Zeit des Kaiser- 
reiches und ist in Wahrheit ein kaiserliches kleines 
Zimmer. Die gewölbte Decke ist von Stein; und an 
jeder Seite befinden sich drei schön verzierte Nischen. 
Das obere Ende ist kreisrund und ist auf verschwen- 
derische Art mit Skulpturen in Paneelen, Karniesen 
(with a profusion of sculpture in paneb, cornices) und 
jeder Art von architektonischer Bereicherung ganz und 
gar bedeckt. Als es noch vollständig und mit Ver- 
goldung, Malerei oder Mosaik bedeckt war, muß es 
höchst prächtig gewesen sein." Kein Zweifel, daß Curzon 
trotz des falschen Maßes unsere Kapelle meint. Schon 
Butler hat erkannt, daß es sich nicht um ein Bapti- 

Sterium, sondern um eine Kapelle handelt. Abb. IW. Deir el-abya.l, ICapelle: Innenansicht. 

' Man beachte die (wie das Postament einer Säule aussehende) Konsole in der Eclie linl;s filier dem Architrav 
aui Ge^v^il]^eansatz. 

- Eigene Aufnahme. Vgl. de Bock, Matériaux, pl. XVIII. 

■■' .Besuche in den Klöstern der Levante', Deutsch v. Meissner. S. S'S. Originalausgabe, p. 131 iBitler, Coptic 
churches I, p. .3-5:^). 

Amida. 26 




2(12 Die tHnisTi.uiiKX Dk.xkmäi.kh von Amiua. 

Auch die Ruiuc fesselt noch lebhaft. Der Bau ist ganz aus Quadern aufj;erichtet, einige 
tragen Hierogh'pheu, sind also altägyptischen Denkmälern entnommen. Vor die nördliche 
Sclimalwand ist mittelst fünf Säulen, die einen halbrunden geraden Architrav tragen, eine 
Viertelkugelsehale aus Ziegeln aufgerichtet, deren abschließender Rundbogen noch die alte 
Rundunc: des Tonnengewölbes gibt, das einst den übrigen Raum bedeckte. Den Ansatz 
dieses Gewölbes erkennt man noch deutlich. Darüber hinaus werden heute die Quadern der 
Umfassungsmauern des ganzen Klosters sichtbar. Auch die Ostwand der Kapelle setzt sich 
nach oben fort, es werden also wohl über der Kapelle noch Räume, Zellen oder dergleichen 
gelegen haben. Die Beleuchtung haben Schächte in der Westmauer, von denen man in Abb. 120 
deutliche Spuren im Gewölbeausatz sieht, besorgt. 

Beginnen wir die nähere Betrachtung mit der durch Säulen gebildeten Apsis. Die Art ihrer 
Herstellung wird erklärlich dadurch, daß der rechteckige Raum gegeben war, es sich also lediglich 
um einen passenden Einbau handelte. Der Baumeister befand sich iu einer ähnlichen Lage 
wie der von Aleppo und wie früher schon der Architekt, der an der Hauptfront des Kaiser- 
palastes auf dem Palatin in Rom an die Seite des großen Audienzsaales in einen oblongen 
Raum eine Art Kapelle einzubauen hatte. Seine Lösung ist in Rom den Dimensionen (größere 
Breite, geringere Länge) entsprechend etwas anders: die Säulen stehen die Längswände entlang, 
und die Apsis ist so aufgemauert, daß sie, wie im weißen Kloster, an die Rückwand stößt; 
sie läßt aber seitlich Durchgänge.' 

Der heutige Zustand der Apsis gestattet die Struktur der Wölbung zu sehen; über dem 
Architrav liegen vier Ziegelschichten horizontal, dann folgt ein Band von Ziegeln, die gräten- 
artig im Winkel nach links und rechts von der Mitte gestellt sind, etwa wie in S. Pudenziana 
in Rom-, der Rest der Kugelschale zeigt die Ziegel im Zickzack schräg nach oben gestellt und 
in der jSIitte einen Schlußstein mit einem gleichschenkligen Kreuz und den Buchstaben A und 
(0. Am untern Rande über der Mitte des Architravs und der mittleren Säule ist das Mauer- 
werk bogenförmig durchbrochen. 

Der gerade Architrav besteht aus 12 Steinen, die in die dahinterliegenden Wände ein- 
binden. Die Profilierung ist sehr einfach, eine 35 cm hohe Vertikale, dann zwei Leisten und 
eine niedrige Schräge, das Ganze 50 cm hoch, ohne jedes Ornament. Die fünf Säulen, welche 
diesen Architrav tragen, sind monohth, der untere Teil steckt im Schutte, der obere hat den 
breiten flachen Rand, den man seit dem 4. Jahrb. häufiger beobachten kann. An den Ecken 
sind die Schäfte etwas höher, die Kapitelle niedriger. Alle die.se Kapitelle sind wie im Chor der 
Kirche korinthisch mit einer Reihe Akanthus. Neu ist nur, daß der untere Rand des Kapitells 
von einem halbrunden Wulst umfaßt wird, der in der Art der Corona triumphalis mit Blättern 
geschmückt erscheint. Dieser Wulst datiert die Kapelle. Er ist ein charakteristisches Merkmal 
der Zeit von Theodosius bis auf Justinian, die Anwendung der Corona triumphalis spricht noch 
für die frühe Zeit. Die Rippen sind stellenweise durch Querstäbe zu Kreuzen ergänzt. Sehr 
auffallend (wie im Hauptchor) ist die Tatsache, daß der Blattschnitt des Akanthus nicht bei 
allen Kapitellen der gleiche ist: einmal plumb und ungefügig mit fast gesägten Lappen, einmal 
viellappig fast wie Tang mit gebohrter Mittelrippe. Das sind A'orstufen jener für die Jahr- 
hunderte des Theodosius und Justinian bezeichnenden byzantinischen Blatttypen, den fetten 
zackigen und den tangartigen Akanthus, die später wieder verschwinden. Bemerkenswert ist, 
daß die Kapitelle noch nicht von der Prokonnesos stammen, also wahrscheinlich vor dem 
5. Jahrh. liegen, in welcher Zeit der Import von der bei Konstantinopel liegenden Marmorinsel 
alle lokale Schöpfung dieser Art unterbindet. Dagegen scheint gerade das 5. Jahrh. für Ägypten 

» Dehio und Bezold, Die kirchl. Baukunsl d. .Abendlandes. Tat. t."). 3 u. i. Hultzincer. Altcliii.'stl. und byz. 
Baukunst, S. 24. 

2 Ebenda Taf. 25, 5 und :3S, 0. Mau denkt liei dieser ZiegellagenuiL; aiicli an die Kuppel des Diokletians- 
mausoleum? in Spalalo oder am Grab des heiligen Denietrios in Salnnik. 



Dekoiîativkr lii;i(irn">r dkr cHRisTLicnEX A]!(nrrp:KTUi; ix Amipa, Svkikx und Àuyptex. 20o 



die Zeit, wo der Zufluß neuer Dekoratiousformen aus Asien beginnt. Lokale Züge maclien 
sich geltend in der Krönung der Nischen , die an der Längswand der Kapelle ange- 
ordnet sind. 

Die erste Nische (Abb. 119) gleich rechts vom Eintretenden bei c ist rund und schließt oben 
mit einer Muschel, die von einem eigentümlich gebrochenen Giebel bekrönt wird.' Er steigt 
zuerst sehr steil auf und setzt dann in einem stumpfen 
Winkel ab, wobei die steilen Kanten seitlieh in Spitzen 
auslaufen. An derselben Wand folgt dann eine Tür 
und bei b eine zweite halbrunde Nische, deren Abbil- 
dung (Abb. 121) ich nach meiner Photograi>hie gebe. 
Hier wird die kleine Apsis von einem glatten Profil 
umschlossen und flankiert von zwei Säulcheu, die einen 
geraden, über ihnen verkröpften Architrav tragen. Auf 
diesem ruht wieder ein abgesetzter Giebel mit drei 
Spitzen. Die dritte Nische a (Abb. 119) bei der Apsis ist 
viereckig, schließt oben mit einem Halbkreis und dar- 
über mit dem abgesetzten Giebel, dessen Mitte aber 
rundbogig ist. Die Nischen der Westwand entsprechen 
denen gegenüber, nur fehlt die Nische am Eingange 
links. Die an ihnen angebrachten Ornamente ent- 
sprechen denen an den Gesimsen der Ai:)siden des 
Kirchenchores. Bei c ist zwischen Muschel und Giebel 
eine Folge von Blättern, Quadraten und Rauten mit 
verschiedenen vierlappigen Füllungen, bei b am Ge- 
sims der inneren Nische auf der Schräge dasselbe ein- 
fache Mäanderornament mit den gleichen Füllungen an- 
gebracht, wie es auch sonst an dem Klosterbau des hl. Schenute vorkommt. Solche Details 
sprechen für die Gleichzeitigkeit der ganzen Anlage. Zu erwähnen wäre noch, daß der Sturz 
der Tür an der Ostseite der Kapelle von einem offenen Rundbogen entlastet wird, ein Motiv, 
daß schon an der Porta aurea des Diokletianpalastes in Spalato und dann am Ende des 4. .Jahrh. 
an der Porta aurea in Konstantinopel wiederholt vorkommt.- Es wird unten davon noch die 
Rede sein. 

Die dekorative Nische muß auch in der christlichen Architektur Nordmesopotamiens eine 
große Rolle gespielt haben; ich könnte sonst nicht begreifen, wie das Arkadenmotiv sich so 
typisch gerade von dieser Gegend aus in den Kanouestafeln am Anfang der Evangelien fest- 
setzte. Als ältestes Beisi)iel führe ich an ein Fragment im British Museum Add. 5111.^ Es 
zeigt, wie die Schenutekapelle, korinthische Kapitelle mit dem Lorbeerwulst; die Lünetten sind 
ausgefüllt mit Mustern ohne Ende wie in Bawit und die Säulenschäfte gemustert wie an 
der Westfassade von Amida. LTnter den Ornamenten kommen so ausgesprochen persische 
Motive vor, daß ich nicht an dem Ursprvmg der Plandschrift in einer Persien naheliegenden 
Gegend zweifle. Sicher in Mesopotamien entstanden ist der sj'rische Codex der Laurentiana 
in Florenz. Er wurde vom Kalligraphen Rabbula im Jahre 586 im Johanneskloster zu Zagba 
vollendet. Ich gebe hier (Abb. 122) eine von seinen vielen Kanonestafeln. Man sieht die Säulen 
geschmückt mit ähnlichen Ornamenten wie an der Westfassade. Dazu korinthische Kapitelle. 
In der Lunette erscheint auf gemustertem Grunde das Triumphalkreuz wie an den Kapitellen 
von Aleppo. Tierdarstellungen, von denen später noch zu sprechen sein wird, umgeben die 




Abb. 121. Deir el-abyad, Kapelle: Dokoralive Nische 



' Vgl. für diese Giebelforni meine Koptischen Denkmäler. S. '27 f. Die Anregung geht von Syrien au^^. 

- Jahrbuch des k. deutschen arch. Instituts. VIII (1893), S. 6. 

•'' Abb. bei Shaw. Illuminated ornaments, pi. I— IV, H.^seloff, t^ode.x Rossanensis, S. 44 .5 u.a. 



204 



Die ciiuistluhen Denkmäleü von Ami ha. 



Arkaden. Obi-u siud als Akroterien Propheten dargestellt, i-echts ebenfalls in einer Arkade die 
Verkündigung au Zacharias. Ein zweites Evangeliar dieser Art, der Cod. syr. 33 der Biblio- 
thèque nationale zu Paris, stammt aus dem Auaniasklostcr zu Mardin. 

Doch auch iu Amida selbst gibt es einen Beweis von der dauernden Beliebtheit der 
Nische. Taf. XII zeigt Details von der Fassade der großen ^ioschee. und zwar von dem 
Teile, den Mahmud ibn Ilaldi 1155 G erliaut hat. Man sieht oben zu.'^eiten des .spitzen Ent- 
lastungsbogens zwei Nischen mit Muschelabschluß und Eeksäulchen mit Zickzackornamenten. 
Diese stammen wohl aus dem 12. Jahrb., sind also islamisch. Ein paar ganz kleine Nischen 
sieht man unten auf dem Türsturz (XII, 2). Der Bogen der Muschellüuette geht da in den Architrav 
über und wird von schweren Säulchen getragen, darüber sieht man als Akroterien Hakenkreuze. 
Die Svastika kehrt vierfach wieder in dem Quadrat neben der Nische links; gegenüber steht 
in quadratischem Itahmen ein dreiteiliges breites Blatt. Die Mitte nimmt ein Kranz ein, bei 
näherem Zusehen die Corona triumphalis, deren Füllung ausgemeißelt ist. Es unterliegt für 
mich keinem Zweifel, daß da ursprüuglicli das gleichschenklige Kreuz zu sehen war', wie es 
uns wiederholt begegnet ist. Dann aber ist der Türsturz, wenn er auch, wie Berchem oben 
S. 62 annimmt, aus abbasidischer Zeit stammen mag, doch christlichen Ursprunges. Das aber 








Alil.. IJJ ]'li.ri-n/. I-iiurenziana: 
Kiinouesarkade aus dem Ualibula-Evanydiar. 



Kairo. ÄL'vptisclies Mnsciiii 
Koptischem Relit-r. 



wird bestätigt durch das merkwürdige Nebeneinander von Nische, Hakenkreuz, Blatt und 
Kranz mit Triumphalkreuz: Typischen Symbolen christlicher Grabsteine, wie sie von kop- 
tischen Friedhöfen aus der zweiten Hälfte des ersten .lahrtausends her massenhaft bekannt ge- 
worden sind.^ Ich habe im ägyptischen Museum zu Kairo ein Kalksteinrelief zu katalogisieren 
gehabt (Nr. 8761)''. das ich hier abbilde, (Abb. 123), weil es die unmittelbare Parallele für den 
Türsturz von Amida bildet. Darauf hat sich ein Steinmetz sämtliche für die Grabplastik in 
Betracht kommende Symbole zusammengestellt, so den Nilschlüssel mit A und (0, den Fisch, 
die Taube, das EIC 0EOC, dann die Weintraube, deren Blätter durch einen Knoten verbunden 
siud, einen Krug und endlich auch zwei von den Symbolen auf unserem Türsturz, das 
Kreuz, hier Monogramm in der Corona triumphalis, und darunter die Nische. Sie ist mit 
dem Giebel eingedeckt und zeigt Blätter als Akroterien. 



' In den Diagonalen heute Löcher. — - (Iium. (loptic mnnuraeiilH 



Virl. meine Koptische Kunst, S. lOS. 



Dekouativei! IÎEIrnï^•^r dei: christlichen Architektuiî ix A^[II)A, Syüiex vsu Ä<;vpte.v. 



20.', 




Solche symbolische Darstellungen — die Tiermotive auf dem in Abb. 122 wiedergegebeneu 
Blatte des Rabbula-Codex zählen ebenfalls dazu — sind auch auf den verkröpften Kämpfern 
der Westfassade zu erwarten. Ich will dabei nicht länger verweilen. Mir liegt, nachdem ich 
bisher vom Kapitell ausgegangen war, daran, in diesem Abschnitte noch einen Vergleich durch- 
zuführen zwisclien dem Architravstück, das in der jakobitischcn Kirche über dem Girlanden- 
kapitell erscheint, und dem Gebälk 
der Westfassade (Taf. XXII,', 2 und 
IX f.). Wahrscheinlich hat dort das 
der ^'ase entspringende Weinlaub 
ehristlich-sj'mbolische Bedeutung. 
Ich gehe davon aus. In der jako- 
bitischen Kirche liegt das Laub 
beim horizontalen Architrav auf 
einem Wulst; es überspinnt die- 
sen gitterartig. Das Blattwerk 
hat Akautliuscharakter, doch sind 
Trauben deutlich. Dieser tang- 
artige Akanthus tritt in Konstan- 
tinopel typisch entwickelt auf 
schon 463 an der Johanueskirche 
des Studios, dann in der Sergios- 
und Bakchoskirche, endlich in 
der Sophia und ihrer Stilschwester, 
der Ruine von Philippi.^ Es 
scheint mir, unter Rücksichtnahme 
auf das Girlandenkajiitell, das viel 
*" " älter ist, ganz unmöglich, wegen 

' dieses Details einen Byzantiner in 

Amida tätig zu denken, vielmehr 
wird der Fall wohl umgekehrt liegen, daß nämlich nordmesopotamische Steinmetzen diese Art 
nach Konstantinopel gebracht haben. 

Das Überspiunen eines Wulstfrieses mit Laubwerk ist schon für Mschatta bezeichnend. 
Abb. 124 gibt eines der 21 Dreiecke mit der durchlaufenden Basis der Fassade, wie sie heute 
in Berlin aufgestellt ist.- Mau sieht das Rankennetzwork nicht nur unter der Rosette des 
Dreieckes selbst, sondern auch auf den beiden horizontalen Wülsten. Dazwischen taucht überall 
im Blattwerk die Palmette und der tangartige Akanthus neben rein persischen Motiven, wie 
der Flügelpalmette, auf. Auch die Weinranke selbst ist die persische: der Stiel endet zumeist 
mit einer oder drei Kugeln auf der Blattmitte. Derselbe Typus auch an dem großen Ranken- 
wulst am Triumphbogen des trikonchen Zentralraumes von Mschatta.-' Eine Bestätigung fin- 
den alten Ursprung dieses Motivs jenseits des Euphrat hat neuerdings die Aufnahme der par- 
thischen Ruinen des von Sapor I. (242—272 11. Chr.) zerstörten Hatra durch die Deutsche 
Orient-Gesellschaft gebracht.^ Es wurde dort die Ornamentierung eines Türgewändes gefunden, 
das bereits zweifellos diese Art Weinblatt angewendet zeigt. In Amida läßt es sich bis jetzt 
nicht nachweisen. Ebensowenig in Kleinasien und Armenien. Es scheint also Hatra-Palmyra" 
die Nordgrenze zu bezeichuen, denn südlich ist es sehr häufig. 







Vgl. Salzenberg, Altchristi. Baudenkmale von Konstantinopel und Byzantinische Zeitschrift XI, {lW-2) Taf. III. 

^■gl. .Jahrbuch der preufj. Kunstsamml. 1904. S. 2S9. Taf. XI. — = Mschatta. S. 291. 

19. Wissenschaftliche Veröffentlichung der D. O.-G.. S. 12. Al.li. 2U. — ^ Mschatta, S. 333. 



206 



Die iHinsTi.u iii:n 1)e.\k:mäi.ei; von Amipa. 



Neben dieser spezitisch persisolien Art, war in Mesopotamien immer auch die rein lielle- 
nistische im Gebrauch, d. h. das natürhcbe Weinblatt, wie es an dem Architekturrest der jako- 
bitischen Kirche in der Ranke der Archivolte, dann an der Westfassade von Amida und im 
ganzen antiochenischen Kreise^ vorkommt. Ich erinnere gleich auch an die Tortassade von 
Resapha.- Allen diesen Beispielen gegenüber hat die Weinranke der Westfassade etwas Eigen- 
artiges (Taf. IX — XI). Man sieht in jeder Einrollung zwei Biälter, die eine Traube in die Mitte 
nehmen. Ohne irgendwelche naturalistische Tendenz sind sie ganz breit zur Füllung des flachen 
Feldes auf dem dunklen Reliefgrunde stehengelassen. Im Blatte sind die Rippen ganz schema- 
tisch in tiefen Strichen ausgehoben, das Weinblatt ist nur an seiner Fünflappigkeit zu er- 
kennen. Für diese schematische Aufteilung der Blätter und Trauben konnte ich in derselben 
Gegend schon in meiner Mschatta- Arbeit, S. 337. ein Beispiel beibringen, einen Fries im Regie- 
rungspalast zu Edessa. Heute möchte ich ein besonderes typisches Beispiel vorführen (Abb. 125), 




Abb. 125. Berlin, Kaiser Friedrich-Muse 



Fries ans Bawit. 



einen Fries aus Bawit in Ägypten.-' Wie in Edessa sind auch hier je zwei Blätter und zwei 
Trauben zusammenkomponiert, nur ist das Blatt nach persischer Art gefiedert wiedergegeben. 
Wie in Edessa aber bilden die Kreise keine Wellenranke, sondern sie sind wie an der Deck- 
platte des Kapitells in der Kosmaskirche von Amida (Abb. 115) zweistreifig umrahmt und durch 
Knoten verbunden. Diese Tendenz ist ungriechisch ^ ; da sie sich an dem Weinlaubfriese der 
Westfassade noch nicht ganz durchgesetzt hat, dürfte der Fries doch einer ziemlich frühen 
Zeit angehören 

Fassaden wie die von Amida, d. h. mit hohen verkröpften und reich ornamentierten 
Gebälken, dürften in Mesopotamien nicht selten gewesen sein. Ich schließe das aus einem 
Funde, den das Comité de conservation des monuments de lart arabe in Kairo in der Moschee 
el-Hakim gemacht hat. Dort wurden in einem Räume links vom Haupteingange zwei etwa 
um 1000 entstandene Nischen in Stein gefunden, die ganz unarabisch auf rein architektonischem 
Wege hergestellt sind (Abb. 126).-'^ Man sieht einen schmalen Pfeiler auf einem breiteren, der 
den Gewölbeansatz trägt. Dazwischen hegen die Flachuischen, die oben durch Vorkragen des 
Steines in die spitzbogigen Rundnischen übergeleitet sind. Die überaus reichen Ornamente 
entsprechen zum Teil den islamischen der Ostfassade von Amida. Davon wird noch zu reden 
sein. Uns interessiert zunächst nur die \"erteilung der Horizontalfriese; man vergleiche sie 
mit der Inschrift-, Fries- und Gebälkzone unserer Fassaden und wird sich vorstellen können, 

' Mschatta, S. i^l f. — - Mschatta. "S. 28-2 iinJ unten. 

" .Jetzt in Berlin. Wulff, Altchristi. Bilihverke Nr. 215, ,S. 72. 

•* Chorikios von Gaza. ed. Boissonade, p. 84-. 

' Nach den Schriften des Komitees. 1907, ]>\. II. 



DiK URspKfxftLUHE Bf:.^TnrMiN(; deu altes We-^tfassade 



207 



daß das Hakimüebälk iu Kairo eine Fassade nach Art derjenigen von Aniida zur Voraus- 
setzung bat. Zugleich zeigt der Vergleich, wie sehr die Friese von Dijarbekr den um ]000 
datierten in Kairo gegenüber noch antik wirken. Hier die persische Art, dort die hellenistische. 
Die am Schlüsse des drittletzten Abschnittes gestellte Frage: sind die alten Teile der 
Westfassade von Amida antik oder christlich, muß mit Rücksicht auf die aus dem Gebiete der 
christlichen Kunst vorgeführten Analogien, dann im Hinblick auf die Stadtgeschichte und die 
große Bedeutung der übrigen altchristlichen Denkmäler der Stadt dahin beantwortet werden, 
daß der Bau. dem diese alten Teile entnommen wurden, ein christlicher gewesen sein dürfte. 
Es handelt sieh jetzt nur noch um die Bestimmung der Zeit und des Zweckes, dem dieser Bau 
gedient haben kann. 



DIK URSPRÜNGLICHE UESTIMMUXG 
A\' E S T F A S S A D E. 



DER ALTEN 



IVv^^^" 












■^ 






Fasse icli zunächst die im 
vorletzten Abschnitte zusam- 
mengestellten Nachrichten über 
die Kirchen zusammen iiinl 
suche ich aus ihnen das lui 
aus, was etwa für die Entst( 
hungszeit der alten Teile der 
Westfassade von Dijarbekr iu 
Betracht kommen könnte, -" 
ergeben sich ganz wertvulli 
Schlüsse. Ich denke, was dif 
Inaliden da im Vorhof ihrer 
Moschee wiederverwendet ha 
ben, gliedert sich diu-cbau- 
verwandt jenen Spuren eim r 
eigenartigen Kunst der Stadt 
Amida ein, wie sie die Schrift- 
quellen zusammen mit einzelnen 
photograpliischen Aufnahmen 
von Beylié und Miß Bell deut 
lieh erkennen lassen. Der lîi 
rieht bei Ramusio über die 
Marienkirche und die erhalte- 
nen Spuren lassen vor uns eine 
großartige Anlage erstehen — 
in demselben Berichte heißt es, 
die Kirchen von Amida dürften 
von der Größe von S. Giovanni 
e Paolo und der Frarikirche 
in Venedig sein —, wie sie 
auch die Voraussetzung für j^,, ^ ,^. ,^-^_^ m,,.,ii,, ,i iinuiai- stiinii.-.ii.n 

die Unterbringung der ver- 

kröpfteii Gebälke und Ziersäulen der Moschee ist. Bogen über Bogen vou Säulen getrageu und 
Säulen über Säulen wie am Palast von S. Marco — dem an sich im Typus orientalischen 
Dogenpalaste — , dazu am Überbau des Taufbrunnens sechs Marmorsäulen, geschnitten mit 




2(')S Die chuisïi.ichex Dexkmäi.ek von Amida. 

schüni'U und zarten Arbeiten: das sind Worte, die ebensogut von der Westfassade gebraucht 
werden könnten. Emporen einer Kirche mit entsprechenden Zierghedern, prächtige Verklei- 
dungen im Innern, zweigeschoßige Höfe und dergleichen schweben uns vor. \'on der Marien- 
kirche selbst dürften die Muslime ihren Fassadenschmuck nicht genommen haben, weil ja der 
Gewährsmann des Ramusio (gedruckt 1583) um 1510 schreibt und die Kirche damals doch 
wohl noch in ihrer alten Pracht vorfand. Auch ist nicht gut anzunehmen, daß diese Marien- 
kirche <les Ramusio dem Orte nach identisch ist mit unserer Ulu Djami, weil Eingriffe, 
wie die durch die Inschriften für das 12. Jahrh. bezeugten, unmöglich 1510 noch so viel zu be- 
wundern übrig gelassen hätten. Vielmehr ist es nach den Resten der jetzigen jakobitischen 
Marienkirche (trotz Pogxox) durchaus wahrscheinlich, daß diese mit der Marienkirche des Ramusio 
identisch ist. Darüber können nur genaue Aufnahmen, eventuell Ausgrabungen Aufschluß 
geben; sie würden unter allen Umständen sehr lohnen. 

Die von Beylié und Miß Bell aufgenommenen Reste in den Kirchen des heutigen Dijarbekr 
bezeugen aber, zusammen mit dem Bericht bei Ramusio, nicht nur den in der Westfassade 
der Ulu Djami steckenden zweigeschoßigen ßautypus als Lieblingsmotiv von Amida, sie bestätigen 
gleichzeitig, daß auch in der Detailbildung des Gebälkes und der Kapitelle spezifisch lokale 
Eigenart zutage tritt. Zum Vergleich kommen in Betracht das reiche Gebälk in der jakobi- 
tischen Marienkirche und das Kapitell der griechischen Kosmaskirche. Diese beiden Pilaster- 
kapitelle sind untereinander bis in alle Einzelheiten so verwandt, daß sie gut von ein und dem- 
selben Bau herrühren könnten. Wahrscheiidich aber ist, daß sie tatsächlich von vornherein 
für verschiedene Bauten bestimmt waren, die alte, marmoriukrustierte Apsis der melkitischen 
Kirche läßt das Kapitell durchaus als zugehörig erscheinen, imd die Reste in der Marienkirche 
haben ebenfalls wohl nie ihren Platz geändert. Also ist das Kapitell mit der unter der Ecke 
durchgezogenen Girlande ein für alle uns bekannten alten Bauten von Amida typisches Motiv. 
Es kommt auch sonst vor — davon unten — bekannt war es aus Syrien (Serdjilla).' An 
der Ulu Djami wurde es wiederholt nachgewiesen, sowohl an den beiden Fassaden, wie an 
der Arkade der Nordseite. Ich möchte diese Kapitelle nicht später als in das 4. .Jahrh. setzen. 
Das wird unten noch an den Kirchen des Djebel Tur Abdin und einem Bau in Harran nach- 
zuprüfen sein. 

Dem stände nun entgegen, was sich an Vermutungen vorbringen läßt, wenn man an- 
nimmt, daß die alten Reste der beiden Fassaden von einer einst an Stelle der Moschee zentral 
gelegenen Kirche herrühren. Entsprechend den oben S. 51 und 8.165 gemachten Zusammen- 
stellungen würde sich etwa folgendes sagen lassen : Nach Wakidi-NiEBiiiR teilten die Araber nach 
der Eroberung die Hauptkirche, St. Thomas, zwischen Christen (';':i) und Muslime (-':;). 
Nach Analogie des Vorganges und des Grundrisses in Damaskus (St. Johann = Gr. Moschee) 
könnte die Ulu Djami Wakidis = St. Thomas sein. Nach Dionysios baute Kaiser Heraklius 
628/9 n. Chr. die große Kirche von Amida; sie wurde 770 n. Chr. gründlich restauriert. 

Wenn nun die Herakliuskirche = St. Thomas = Ulu Djami ist, so folgt daraus, daß 770 
n. Chr. diese Kirche noch teilweise den Christen gehörte, also daß der Vorgang der gänz- 
lichen und definitiven Islamisierung, die in Damaskus bereits unter Walid stattfand, in Amida 
erst später vor sich ging. Dies ist nun eine Schwierigkeit, weil Walid nicht nur in Damaskus, 
sondern ganz systematisch Kirchen in Moscheen umgewandelt haben soll, also zu erwarten 
wäre, daß dies auch in Amida geschehen sei ; aUerdings fehlt jeder Beweis dafür. Stammten 
die vorislamischen Reste der beiden Fassaden im Vorhofe der Ulu Djami von der alten 
Thomaskirche, dann müßten sie in die Zeit des Herakhus, bzw. um das Jahr 629 zu datieren 
sein. Dagegen nun sträubt sich meine Erfahrung. Ich möchte die alten Reste der Ulu Djami 
für älter halten. Dem kommt nun in der Tat die von Bat .mstark mitgeteilte Notiz zu Hilfe, 

' VofitÉ, La Syrie centrale, pl. M, 1. Bltleh, 1, [i. -IS. 



Die ursprüxglichk Bestimmung dek altex Westfassade. 209 

wonach die .große Kirche" von Amida schon 463/4 erwähnt wird. Also wird sie — wenn 
die Bezeichnung „große Kirche" nicht überhaupt mit der Zeit und der Sektenangehörigkeit 
dessen, der diese Bezeichnung gebraucht, wechselt — Heraklius wohl nur, wie die Grabeskirche 
in Jerusalem, erneut haben unter Benützung alter Bauteile. Es macht durchaus den Eindruck, 
als wenn die in der großen Moschee und zwei anderen Kirchen nachgewiesenen alten Archi- 
tekturstücke aus ein und derselben Zeit stammten. Dafür eignet sich meines Erachtens die 
Gründungszeit der Stadt, also die Zeit des Konstantins ca. 349 (oder allenfalls noch das 
5. und 6. Jahrh.) besser, als die dreihundert Jahre später liegende Periode des Heraklius. 

Für eine sehr frühe Datierung, etwa noch in konstantinische Zeit, sprechen nicht nur die 
Daten der Stadtgeschichte von Amida. Auch die selbständige Formengebung an den nach- 
gewiesenen alten Architekturresten lenkt das Urteil in diese Richtung. Vor allem aber sind 
rein kunsthistorische Erwägungen für diesen Zeitansatz maßgebend. Die hier leider nur bruch- 
stückweise vorgeführten Denkmäler von Amida scheinen mir doch schon entscheidend in der 
Frage, ob Mesopotamien selbständig zu seiner christlichen Kunst gekommen oder abhängig 
gewesen sei von Antiochia oder gar Byzanz. Manche Averden womögüch an Rom als letzten 
Vermittler der Antike denken. Und doch ist es so natürlich anzunehmen, daß, als der Fürsten- 
hof der Osrhoëne am Anfange des 3. Jahrh. das Christentum als offizielle Religion annahm, 
die bodenständige hellenistische Kunst die neuen Aufgaben mit den hergebrachten, landes- 
üblichen Mitteln zu lösen suchte und so den Grundstein für eine eigenartige Entwickelung der 
christlichen Kunst im nördlichen Mesopotamien legte. Bezeichnend dafür ist der neue, von 
Edessa ausgehende Christustypus. Alle Welt stellte am Anfang des 3. Jahrh. Christus als 
bartlosen Jüngling dar, der kleinasiatische Norden mit langen Locken, der syro- ägyptische 
Süden mit kurzem, krausem Haar.' Da brachten Edessener in ihren Christusbildern in Jeru- 
salem gegen dieses hellenische, das persische Mannesideal zur Geltung, einen bärtigen Kopf 
mit schlichtem, in der Mitte gescheiteltem Haar.- Es dauerte nicht lange, so war die helle- 
nische Auffassung fast völlig durch diese orientalische erstickt; wir stellen uns Christus heute 
nur mehr bärtig vor. Darin aber haben die persisch- syrischen Städte, nicht zuletzt wahr- 
scheinlich auch Amida (dieses wohl nach Armenien hin) Bahn gebrochen. Ahnliches läßt sich 
für gewisse Bildtypen von biblischen Szenen erweisen. 

Die Zeit, in der sich diese Dinge abspielen, das 3. Jahrh. und das des großen Konstantin, 
scheint mir zugleich jene Periode der Blüte, die wir suchen müssen, um die in Amida — und 
Mschatta — offenbar gewordenen Tatsachen erklären zu können. Es muß in der Zeit, die für 
Rom den völligen Niedergang bildender Kunst auf antiker Grundlage bedeutet und als letzte 
Tat das Konglomerat des Konstantinsbogens fertig gebracht hat, in der Zeit kurz vor Begrün- 
dung Konstantinopels einen großen Aufschwung der bildenden Kunst in Persieu gegeben 
haben. Das mag zusammenfallen mit dem Sturz der Partherherrschaft, als durch die Sasaniden 
eine neue, stark mit äußeren Machtmitteln arbeitende Dynastie auf den Thron kam. Die christ- 
liche Osrhoëne hat au diesem Aufschwünge der späthellenistischpersischen Kunst gewiß regen 
Anteil genommen. Beweis dafür meines Erachtens gerade die in Amida nachgewiesenen Reste 
altchristlicher Kunst. Ich hotte, die nachfolgende Untersuchung wird zum mindesten den Ein- 
druck erwecken, daß diese Zusammenhänge nicht gerade nur in meiner Phantasie bestehen, 
wie manche gern annehmen und dabei nicht beachten, daß erst unsere allerjüngste wissen- 
schaftliche Flutwelle, von der ganz einseitig auf Hellas und Rom gerichteten klassischen Archäo- 
logie ausgehend, das harte Ringen heraufbeschwor, mit dem ich meine wissenschaftlichen Über- 
zeugungen durchsetzen muß. Die großen Reisenden aus der ersten Hälfte des vorigen Jahr- 
hunderts waren viel einsichtiger. So vor allem H. de Hell, der 1847 über die Fassaden von 
Amida urteilt: „L'aspect en est très original. C'est la fantaisie orientale répandue à flots dans 

' Beilage zur Allii'. Zeituni,' I!IU:î, Nr. 14 vom 19. .Januar, S. 10.") f. — - Der Türmer, IX tl'.JOT), S. .ôO.j f. 
.-vmida . 27 



•210 



Die christlichen Dexkmäi.ee von Amida. 



une riche oruemeatatiou ... et réuaie au style de larcbitecture grecque, ce qui les fait passer 
pour avoir appartenu à une église chrétienne." Er irrt freilich, wenn er annimmt, es sei doch 
wahrscheiuhcher, daß wir es mit dem Werk griechischer Architekten zu tun hätten, die viel- 
leicht zu einem Palastbau an den Hof der Khalifen berufen wurden. Sein Schlußurteil lautet 
denn auch verfehlt dahin, es handle sich um klassische Architektur mit einem Überfluß von 
Ornamenten, wie sie die byzantinische Schule vom 9. bis 12. Jahrb. charakterisiere. AVeun er 
dabei alle christhchen Anzeichen vermißt, so ist auch das nur beschränkt richtig, üas Fehlen 
einer byzantinischen Inschrift überrascht nicht mehr, nachdem der Einblick in die Bauzeit und 
die verwendeten vorislamischen Teile gewonnen ist. Endlich scheint mir sehr zweifelhaft, wenn 
H. DE Hell behauptet: .Nulle part on ne voit la trace d'une croix, d'un symbole." Ich empfehle, 
in Zukunft die Ornamente der westlichen verkröpften Kämpfer genau zu untersuchen. 




RekonstrllktioDsve^^noh einer ßüh 



pojiinischeu Wandbild. 



Bei dem Versuche, die ursprüngliche Bestimmung dieser Teile zu erforschen, muß ich 
ausgehen von dem Modemotiv der östlichen Kunst in spätantiker und frühchristlicher Zeit, 
sobald es sich um reichere dekorative Ausstattung handelte: von der Theaterstirnwand. Die 
Städte der ausgehenden antiken Welt haben wohl alle über Theater verfügt; die Ruinen von 
Orange in Gallien, in Aspendos auf kleinasiatischem Boden geben die beste Vorstellung, welche 
dekorative Pracht dabei entfaltet wurde. Den lebendigsten Eindruck davon aber vermag sich 
der Reisende in Pompeji angesichts der Wandmalereien vierten Stiles zu verschaffen, der, wie 
vermutungsweise gesagt werden kann, sich in Antiochia entwickelt hat.^ Dafür sind beweisend 
besonders eine Reihe christlicher Denkmäler, die ich kürzhch in diesem Sinne zusammengestellt 
habe-: Sarkophage aus dem südlichen Kleinasien, die Vorderwand des Maximiansthrones in 
Ravenna und das schöne Londoner Engelrelief in Elfenbein mit der griechischen Inschrift — 
alles Denkmäler, die geeignet sind, über Kleinasien und Syrien auf die Osrhoëne überzuleiten. 
Daß insbesondere auch in Amida das Theater eine Rolle spielte, dürfte aus gewissen Darstel- 
lungen auf der Ortokidenschüssel in Innsbruck, von der noch in einem späteren Abschnitte 
die Rede sein wird, deutlich werden. 

Ich führe dem Leser in Abb. 127 eine architektonische Bühnenwand vor, wie sie G. von Cl'be^ 
nach einem Wandbild des Hauses Reg. I, ins. 3, No. 25 in Pompeji zu rekonstruieren gesucht 
hat. Wir sehen eine Flucht von zehn Säulen und Pfeilern. Sie stehen auf Postamenten, die 

' Göttingische gelehrte Anzeigen 1906, S. 910 f. — = Journal of Hellenic studies, XXVII, S. 99 f. 
' Die römische scenae frons, Beiträge zur Bauwissenschaft, Xr. 0. 



Die rHSPRÜXGiJi'HE Bestimmung der alten Westfassade. 



211 



einzeln vor die dahinter liegende Wand treten. Die Kapitelle sind entweder jedes für sich oder 
paarweise verkröpft, nur in der Mitte läuft der Architrav durch. Man rechne damit, daß die 
Anordnung in Abb. 127 einen von tausend Lösungsversuchen bedeutet. Doch ist die Anordnung 
von zehn Stützen in der Front häufig, und zwar deshalb, weil diese Anordnung am einfachsten 
ge^visse Voraussetzungen dieser Dekoration erfüllt. In Abb. 127 wird man zwischen den Säulen- 
postamenten drei Treppen angeordnet sehen, die nach drei Türen, einer in der Mitte, zweien 
in den Flügeln, führen. Dieses Schema weist jede Bühnenwand auf, das gehört zu ihrem festen 
Bestände, alles übrige kann wechseln. Die gewöhnlichste Anordnung war nun die, daß zwischen 
den drei Türen noch zwei Statuen, je eine auf jeder Seite, standen. Unsere Abbildung zeigt schon 
eine reichere Form. Aber auch in der einfachsten Fassung blieben mindestens zehn Säuleu, 
weil es üblich gewesen zu sein scheint, sowohl jede der drei Türen für f^ich, wie jede der beiden 
Statuen dazwischen in ein eigenes Tabernakel mit zwei Säulen zu stellen. 




Abb. 128. Rekunslruktionsversuch einer Bühnenwnnd nach dem Wandbild in der Palästia zu Pompeji. 



Man werfe nun einen Blick zurück auf das Erdgeschoß der Westfas^sade von Amida, Taf. IXf. : 
wir sehen eine Reihe von zehn verkröpften Säulen. Das mag Zufall sein, jedenfalls läßt sieb 
aus diesem Gebilde vom Jahre lllG — 1125 noch nicht mit Sicherheit zurückschließen auf den 
ursprünglichen Verband der in der Fassade wiederverwendeten alten Teile. Aber eines ist doch 
merkwürdig: wir haben in der westlichen Inalidcnfassade nicht nur zehn verkröpfte Säulen 
nach Art der Theater-Stirnwände vor uns, sondern es sind auch die drei Türen in dieser 
Fassade von 1116 — 1125 da. Sie heben sich dadurch aus den neun Arkaden heraus, daß fol- 
gender Rhythmus in der Anordnung der Bogen vorliegt: ... ... 

Man kann sich aus dieser Folge ohne weiteres eine Theaterfassade zurechtdenken : Im 
Bedürfnis der Zeit lag diese Anordnung nicht; die jüngere Ostfassade hat das Motiv des durch 
eine Stufe auseinandergeschobenen Rundbogens nur einmal, in der Mitte. Dort ist die Erin- 
nerung an die .scenae frons" mit Bezug auf die drei Türen bereits ganz verwischt. 

Für die Herleitung von einer Theaterstirnwand, die ich im Auge habe, spricht auch noch 
ein Umstand, der bisher nicht erwähnt wurde, die Zweigeschossigkeit. Abb. 127 kann geradezu 



"212 Die chri^ti.k hkn DknivMÄler vox Amida. 

als Ausnahme gelten; die Stirnwand des griechischen Theaters ist gewöhnlich zweigeschossig. 
Ich gebe als Beispiel eine andere Rekonstruktion von Cube's nach dem Wandbild der soge- 
nannten Palästra in Pompeji (Abb. 128). Wir sehen die Treppen zu den drei Türen, auf jeder 
Seite davon je zwei, im ganzen zwölf Säulen, die paarweise verkröpft sind. Diese Einteilung 
bleibt auch im Obergeschoß, wo lediglich statt der Türen Statuen erseheinen. Wie an der 
Fassade von Amida gehen die Verkröpfungen durch, und die Rekonstruktion des pompejanischen 
Bildes gibt auch eine Idee, wie man sich den oberen Abschluß denken könnte, wenn es sich 
bei den alten Teilen der Amidafiissade wirklich ursprünglich um eine Theaterstirnwaud ge- 
handelt hätte. Man müßte schon für diesen Fall mit einem engereu Säulenintervall rechnen. 

In diesem Zusammenhange ist vielleicht auch jene Stelle der Inschrift heranzuziehen, 
wonach das Obergeschoß als unbedeckte Maksura bezeichnet wird. Ich weiß aus meiner Er- 
fahrung heraus uicht, was das eigentlich heißen soll — tiXiukov solarium? — und könnte nur 
denken , daß auch darin eine Erinnerung an die ursprünglich reine Kult- oder Schmuck- 
bedeutung des Obergeschosses vorliegt. Man wartete acht bis zehn Jahre, bevor man dieses Ober- 
geschoß aufsetzte. 

Bei der Erörterung der Möglichkeiten, den Aufbau der Westfassade aus bekannten Bau- 
typen der Antike herzuleiten, muß auch noch der Nymphäen und älinlicher Bauten in der Art des 
römischen Septizoniums Erwähnung getan werden. Auch diese Art ist nicht in Rom heimisch, 
sondern vom Osten aus angeregt. Seplimius Severus hat, als er im Jahre 203 einen Abschluß 
für die appische Straße schuf, nur nachgebildet, was jetzt z. B. der Architekt Dr. Hülsex in 
einem trefflichen Beispiele in Milet aus 338 Quadern und Brocken wiedererstehen ließ. Es 
handelt sich dort um ein dreigeschossiges Nymphäum als Endpunkt einer Wasserleitung. Daran 
standen Tabernakel über Tabernakel mit verschobenen Achsen, und zwar im Erdgeschoß einfsich 
mit geradem Architrav, darüber mit geraden und Volutengiebeln, die Säulen glatt oder kanneliert, 
<lie Pfeiler zuseiten der Mittelachse mit Ranken. Die Publikation ist unterwegs. Es ist bezeich- 
nend für die Zerstörung der Denkmäler im Orient, daß es zehnjähriger ausdauernder und selbst- 
loser Arbeit bedurft hat, um das Denkmal mit voller Sicherheit aus den Trümmern auferstehen 
zu lassen. Dieses Nymphäum von Milet ist mehr als ein Jahrhundert älter als das Septizo- 
nium. Für die Westfassade von Amida kommt in Milet auch das zweigeschossige Eingangs- 
tor in den Südmarkt als Parallele in Betracht. Kx.vckfuss hat es mit drei Toren und zehn 
Säulen in der Front rekonstruiert.^ 

Die vorgebrachte Hypothese, die alten Teile der Westfassade gehörten ursprünglich zu 
«iner Theaterstiruwand oder dergleichen, verliert nicht an Boden, falls sich, was ich bereits oben 
aussprach, bestätigt, daß der ganze Bau kein antiker, sondern ein christlicher gewesen ist. 
Die Dekoration der scenae frons ist nämlich in mehrfacher Hinsicht übergegangen sowohl in 
-die christliche wie in die islamische Kunst. Darüber nachfolgend einige kurze Andeutungen. 

Ich gehe zunächst aus von der Innenansicht der griechischen Kosmaskirche in Amida 
(Abb. 89, S. 170). Wir sehen die Ikonostasis vor uns. Von ihrem ursprünglich wahrscheinlich 
plastischen Bestände sind nur noch die beiden Reliefplatten unten vorhanden, auf denen das 
Liebiingsmuster hellenistischer Säulenpostamente, die Raute, erscheint. Darüber steht heute 
«ine Holzwand. Aber auch sie hält noch eine Grundeinteilung fest, deren Ursprung kürzlich 
von Karl Holi. zum Gegenstande einer eingehenden Untersuchung gemacht worden ist.- Danach 
ist die hohe Bilderwand, wie sie in den Kirchen des Ostens üblich ist, zurückzuführen auf die 
«ben von mir behandelte Stirnwand der antiken Bühne. In der Tat sehen wir auch in Abb. 89 
am Rande noch die beiden Seitentüren, die zusammen mit der Milteltür jenen durch Stufen 
zugänglichen Dreiverein bilden, der jeder scenae frons zugrunde liegt. Mehr noch, auch der 

1 Archäolojrischer Anzeiger 1906, Beilage zu S. 21. 

^ Die Entstehung der Bilderwand in der erriech. Kirche, Archiv f. Religionswiss., IX, 36.5 f. 



Die ursprünoliche Bestimmuxi; her alten Westfassade. 



21? 



Aufbau der Höhe nach zeigt deuthch Zusammenhänge mit den pompejanischen Wandgemälden, 
bzw. dem gemeinsamen Vorbilde, der Bühnenwand. Man sieht die zweigeschossige Anordnung, 
das untere Stockwerk vertreten durch große Bilder, das obere durch eine fortlaufende Reihe 
kleinerer, dazwischen das verkröpfte Gesims, vertreten durch den schmalen Streifen von Bildern 
kleinsten Formats. 

Ich stelle neben 
dieses derbe Tischler- 
erzeugnis von Amida 
eine Ikouostasis (Abb. 
129), die ich im Jahre 
1889 in Eregli am 
Marmarameere aufge- 
nommen habe.^ Sie 
datiert angeblich erst 
aus dem Jahre 1725. 
Im architektonischen 
Aufbau läßt sie sich 
zwischen die scenae 
frons und die Fassaden 
von Amida, in dem 
Reichtum ihrer Orna- 
mente neben Mschatta 
stellen. Wir sehen unten 
die hohen Brüstungs- 
platten aus Holz ge- 
schnitzt, wie die ganze 
Wand. Darübertreten 
die Säulen mit dem 
verkröpften Kämpfer- 
gesims vor. Es folgt 
ein breiter Fries von 
Rankeuwerk, dann die 
zweite Säulenstellung 
nicht mit dem geraden 
Architrav, sondern mit 
Bogen schließend, dar- 
über ein zweiter brei- 
ter Rankenfries, end- 
lich noch eine Bilder- 
reihe. Man beachte 
auch die Säulenschäfte 
mit ihrem reichen 
Schmuck. 

Können nun die alten Teile der Weslfassade von Amida in ihrem ursprünglichen Aufbau 
vielleicht als Bilderwand gedient haben? Wir müßten dann mit einer ungeheueren Kirche 
rechnen. Kann die Amida nicht besessen haben? Man beachte, daß schon der Anonymus 
des Ramusio den Vergleich mit den Frari und S. Giovanni e Paolo macht. In der jakobi- 




Eregli, Kirche : Ikouostasis. 



' Jahreshefte des österr. arcliiiol. Instituts, I, Beiblatt, Sp. -20 I 



214 



Die christlichen Denkmäler von Amida. 



tischen Marieukirche ist nach Beylie unter der Kuppel eine Holzbalustrade erhalten, vor der 
Marmorbasen mit augearbeiteteu Halbsäuleu an der Vorderseite stehen. Dieser Rest einer Iko- 
nostasis(?) weist eine Länge von ca. 5 m auf. Unsere Fassade fordert im ursprünglichen Bestand 
mindestens 20 m Länge. 

Ich könnte mir denken, daß die zweigeschossige Fassade, wenn ich !~chon bei dem Ver- 
suche bleibe, sie im Linern einer Kirche unterzubringen, die Abschlußwand eines quadratischen 
Raumes mit der persischen Trompenkuppel verkleidet hätte. Ist das Normalmaß einer solchen 
Quadratseite 17 m, wie im nestorianischen Kloster, so können leicht auch Bauten von 20 m und 
mehr entstanden sein, wie etwa Wiranschehr mit 32 ra Durchmesser. Die ..Bilderwand" würde 
sich dann nicht nur vor die Hauptapsis, sondern mit ihren Seitentüren zugleich auch vor 
Protliesis und Diakonikon mit ihren Nebenapsiden legen. Die Zweigeschossigkeit im Innern 




Abb. 130. Mistra, Melropolis: Ikonostasis. 

der Kirche von Amida ist bezeugt; wäre sie es nicht, so könnten wir nach den griechischen 
Prachtbauten persischen Stiles, wie Hosios Lukas, darauf zurückschließen. Den interessantesten 
Beleg dafür habe ich vor Jahren in der Nea Jloni in Chios aufgenommen. Dort war der spezi- 
tisch persische Typus dieser zweigeschossigen Säulenarchitektur im Innern des Kuppelraumes 
— sie ist inzwischen wegrestauriert — dadurch offenkundig, daß diese Säulen stets paarweise 
verwendet waren. Davon war bereits oben S. 184 die Rede. 

In Hosios Lukas und einzelnen Kirchen von Mistra läßt sich noch nachweisen, daß die 
Bilderwände erstens aus Stein waren und zweitens nicht nur auf den Abschluß der Haupt- 
apsis beschränkt waren, sondern auch auf die trennenden Pfeiler übergriffen. Außerdem 
sind die Ornamente dieser Stein-Ikonostasen von so ausgesprochen persischem Charakter, daß 
man sie auf den ersten Blick für Schöpfungen islamischer Hände halten möchte. Über ein 
datiertes Beispiel vom Jahre 967 berichtete ich AViencr Studien XXIV. Ich bilde hier die 



Die vesprüxci.iche Bestimmung der alten Westfassade. 



215 



Iknostasis der MetropolitankircLe in Mistra ab als Beleg des Übergreifens der Schranken von 
der Haupt- auf die Nebenapsiden; der beide trennende Pfeiler wird von einem Bogen mit 
I i-förmigem Abschluß übersetzt. Dieser ruht auf kleinen Kapitellen. Als Beispiel der persischen 
Ornamente könnte schon dieses Beispiel gelten. Ich gebe aber noch ein anderes von der Iko- 
nostasis der Marienkirche von Hosios Lukas (Abb. 131). Das sind am unteren alten Architrav 
die reinen Arabesken: aus der Spitze der einen Palmette entwickelt sich die nächste.^ 

Ein Nachklang der persisch-christhchen Sitte, das Innere von Räumen durch Arkaden- 
stellungen übereinander zu schmücken, hat sich meines Erachtens auch in dem von Bagdad 
abhängigen Islam erhalten, und zwar gerade an der Stelle, wo die christliche Apsis mit der 
Bilderwand Vorbild gewesen sein kann, am Mihrab. Ich gebe hier das Rlihrab im Mau- 




Abb. 131. Hosios Lukas, Maiienkirchc : Oruamenle der Ikouostas: 



soleum des Kalaun in Kairo (Abb. 132), das bald nach 1290 entstanden sein dürfte. Wir sehen 
das Halljrund geschmückt mit Zwerggalerien, unten in zwei getrennten Reihen, oben mit einer 
zweigeschossigen Reihe, die lebhaft an den Aufbau einer Bilderwand erinnert. In der oberen 
Reihe sind Doppelsäulen genommen und ebenso darüber an den sonderbaren Fortsetzungen der 
mittleren von den drei das Mihrab flankierenden großen Säulen. Diese Art der Mihrabaus- 
stattung kann als die typisch persisch-islamische gelten. Das Kalaun-Mihrab gibt nur die für, 
unser Motiv reichste Art der Ausbeutung. 

Ich möchte bei dem Versuche, die ursprüngliche Verwendung der alten Teile der West- 
fassade von Amida festzustellen, doch zum Schluß auch noch mit der Möglichkeit rechnen 
daß sie die Schauseite am Äußern eines christlichen Baues gebildet habe. Es ist zunächst 
gar nicht ausgeschlossen, daß dies ein Palast gewesen sein könnte. Es ließe sich diese 
Annahme sogar durch den Aufbau in der Art einer Bühnenwand begründen : denn diese 

* Noch überzeugender dürften die Gesamtaufnahmen dieser Bilderwände bei Schultz and Barnsley. Tbe Moiiasicrv 
of S. Luke, pl. 23 f., wirl;en. 



216 



DlK I'HIUl^TI.K'lIEN DKXKjrÄI.?:R VON AmIDA. 



Schmuckwiinde bedeuten nach der festen antiken Bühueuregel nichts anderes als die Fassade 
eines königlichen Palastes, vor allem in der Tragödie.' Doch liegen Spuren vor, die daneben 
tür die Verwendung an einem Kirchenbaue sprechen. Ich gebe hier zunächst, Abb. 133-, die 
Außenansicht der Apsis der Hauptkirche des nordsyrischen Simeonsklosters, entstanden 
bald nach 459. Wir sehen, wie in Amida, eine Reihe verkröpi'ter Säulen in zwei Geschossen 
aufsteigen und bekommen an der Hand dieses Rundbaues eine Vorstellung, wie auch die de- 
korativ weit reichere Fassade am Tigris ursprünglich ausgesehen haben könnte. A. Baumstark 




Abb. I:i2. Kairo, Mausoleum der Kalaiiii : Milnaii 

macht mich auf eine Schriftstelle aufmerksam, die für Amida selbst, uud zwar für das uesto- 
rianische Johanueskloster, von dem oben S. 173 die Rede war — man erinnere sich auch des 
dort heute noch erhaltenen Sehmuckportals — den Bestand einer Fassade bezeugen würde. Die 
Stelle steht bei Johannes von Ephesos und bezieht sich auf die Zeit unmittelbar um 5023.* 
_Id monasterium beati Mar Joannis (des sog. Urtäers) tam frequens erat atque adeo Horebat, 
ut socii, quibus artius esset quam ut in eo habitarent, magnam sibi domum in Oratorium 



' Vgl. Cube, a. a. 0., S. 11 u. 1."). — - Xach einer Aufnahme von Max van Beiu.hem. 

3 C'.omnientarii de beatis orientalibus, caji. -'iN; Land, Anecdota Syriaca II, S. i'S4 (Übersetzung von v. Douwen, S. 187). 



Die t'rsprüngliche Bestimmung der alten Westfassade. 



217 



(soll nicht heißen „Kirche", sondern .Haus des Gebetes", d. h. Kloster!) struere décernèrent. 
Itaque urbis lapicidae aninium intenderunt ad frontis partes excidendas. Igitur porta urbis 
vespere clausa beati, quuin ipsi saxa in monasterium ferre vellent, egressi sunt, atque uno ordine 
a monasterio ad lapacidinas producto singula axa de manu in manum tradita transtulerunt, donee 
aedibus essent iuiuncta; atque hunc in moduin aedes illae solidae constructae sunt. Nee tarnen 
conf'cctae .sunt prae expugnatione Persaruin. Sed aliquanto, postquara Persae discesserunt, e 

monasterii agoga excisum est, quo strueretur, Attamen monasterium struc- 

turis et numéro fratrum demiuntum fuit." 

Und noch eines muß ich zum Schluß vorbringen. Es gibt fern von Syrien und Meso- 
potamien eine Gruppe von Kirchen, die in ihren Fassaden Spuren einer Verwandtschaft mit 
dem Baue zeigen, den wir als Urtypus für die Fassade von Amida suchen. Ich meine die 
mittelalterlichen Kirchen von Pisa, Lucca und Pistoja, d. h. an einer Flußmündung, die den 
engsten Verkehr mit dem Orient unterhalten hat, einen Verkehr, dem wir zweifellos auch die 




.\bb. 133. Kal'at Sim'au, Kirclie: .lußeuansicht der .\psiclcD. 

in den Stil der Gotik übersetzte, im übrigen islamische Fassade des Dogenpalastes in Venedig 
verdanken. Schon der Anonymus des Ramusio gedachte ja dieser Zusammenhänge. Ich bilde 
hier (Abb. 134) eine der Fassaden der pisanischen Bannmeile ab, S. Michèle in Lucca, entstanden 
in den ersten Jahrzehnten des 13. Jahrh. Wir sehen unten nach typisch armenischer Art 
Arkaden vor die Wand mit den drei Türen geblendet — diese Arkaden weisen nicht auf die 
Absicht, einen Portikus davor zu legen^ — und darüber in vier Geschossen, fast nach dem 
Prinzip des Kalaun-Mihrabs, Zwerggalerien in zwei Absätzen, die unteren in der Schicht der 
Seitenschiffdächer, die oberen vor dem Mittelschiff. Man war sich schon früher darüber klar, 
daß die überaus reiche Ornamentik dieses im Rahmen der romanischen Kunst Italiens auf- 
fallend neuen Systems stark vom Orient abhängig sei. Der Leser betrachte daraufhin die ein- 
zelnen Säulenschäfte und vergleiche das Zickzack und die Muster ohne Ende mit den Ornamenten 
am Obergeschoß von Amida. Daß ich für meine Person einen direkten Zusammenhang zwischen 
diesen Bauten von Pisa und Lucca — ich erinnere vor allem an Dom, Baptisterium und Cam- 

' Vül. Sr:HM.\R^ow, S. M.irtin vnn Lucca, S. öi. 



218 



Die chiîi?ti,hiikx De.xkmälkr von Amida. 



panile in Pisa — mit Armenien, bzw. Mesopotamien lür möglich halte, hal)e ich schon an- 
läßlicli eines anderen Motivs ausgesprochen, das nahelegt, au solche Beziehungen zu denken: 
als von der A'orliebe Toskanas für den Weclisel weißer und schwarzer Steinschichten die Rede 
war. '■ Man lese darüber Leum.wx-H.wpt, Materialien zur älteren Geschichte Armeniens und Me- 
sopotamiens, S. 74 f. Ich komme auf diese Parallele unten noch zurück. Man beachte auch, 
daß in der von Ibrahim ihn el-Aghlab im Jahre 184 (800 n. Chr.) erbauten Stadt Abbasi^ye 
südlich von Kairawan eine Moschee stand, deren zylinderförmiger Turm aus Backsteinen er- 
baut und mit Säulen, in sieben Etagen angeordnet, geschmückt war.* 




a:;«fyii;;jy:i^iii^^; !: 




Abb. l."4. Lucca, S. Mkbele : Fassade. 



• Berchem teilt mir mit, daß diese Bauart im Arabischen den l)esouderen Namen aVjlak (fi 1-hadjar al-ablak) 
fülirt, d. h. ,in abwechselnd schwarzem (dunklem) und weißem (hellem) Stein gebaut". 

^ Enzyklopädie des Islam. Art. 'Abbäsiya von B.\sset (deutsehe Ausgabe, S. 10, 2. Kol. unten). 



II. DIE ALTCHRISTLICHE BAUKUNST VON NORDMESOPOTAMIEN. 



Bisher haben die beiden rätselhaften Fassaden von Dijarbekr im Vordergrunde der Unter- 
suchung gestanden. Es ist Zeit, daß sie als Leitmotiv zurücktreten. Mit ihnen soll auch 
Amida selbst für einige Augenblicke in den Hintergrund geschoben werden. Es handelt sich 
in diesem Abschnitte darum, den christlichen Denkmälern dieser Stadt einen Ijreiteren Hinter- 
grund zu geben, die Frage aufzuwerfen : Stehen denn die Kirchen von Amida vereinzelt da, oder 
lassen sie sich in eine größere Gruppe von Kirchenbauten Nordmesopotamiens einordnen? Es 
dürfte kühn erscheinen, heute schon, wo wir noch kaum eine Ahnung von den Denkmälern der 
christlichen Zentren dieses Gebietes, von Edessa und Nisibis, haben, solche Fragestellungen zu 
wagen. Und doch setzen uns die Aufnahmen einiger in meinem Sinne reisenden Forscher in 
den Stand, auch diese scheinbar noch dicht verschlossene Tür aufzustoßen. 

Das nördliche Mesopotamien, bzw. die Osrhoëne, spielen in der Entwicklung der christ- 
lichen Baukunst eine hervorragende Rolle. In den gewölbten Kirchen des zentralen Kleinasiens 
und in den Ornamenten von Mschatta liegen direkte Anregungen des nordmesopotamischen 
Städtedreiecks Edessa-NisibisAmida vor. Die Fassade aus dem Moab wie die Tonnengewölbe 
von Kappadokien u. s. f sind undenkbar ohne die Vermittelung von selten dieses ältesten, einheit- 
lich christlichen Gebietes. Davon war schon in meinen Arbeiten über Kleinasien und Mschatta 
die ßede; jetzt sei der Sache vom entgegengesetzten Ende aus nachgegangen. 

1. DIE ZENTRALEN EIESENBAUTEN DER STÄDTE. 

Bei dem Vei'suche, die ursprüngliche Bestimmung der alten Teile der Westfassade zu er- 
kennen, wurde als Hypothese geäußert, daß sie vielleicht als Bilderwand oder Fassade einem 
Kirchenbau von kolossalen Dimensionen augehört haben könnte. Es muß nun, sobald es sich 
darum handelt, den Denkmälern von Amida eine Unterlage zu geben, vor allem die Tatsache fest- 
gestellt werden, daß die Existenz solcher Riesenbauten sich nicht nur in der Beschreibung bei 
Ramusio und in den BELLschen Aufnahmen der Marienkirche nachweisen läßt, wir vielmehr' gut 
tun, in den festen Bestand unserer kunstgeschichtlichen Vorstellungen das Vorhandensein einer 
ganzen Gruppe von zentralen Riesenbauten in Nordmesopotamien aufzunehmen. 

Der Rundbau, den Miß Bell vor der heutigen iNIarienkirche von Dijarbekr nachgewiesen 
hat, zeigt einen Durchmesser von ca. 51,5 m; die Gesamtlänge vom Westende bis zur Apsis- 
außenwand beträgt ca. 81 m. Das sind Dimensionen, die sich im Hinblick auf den Zentralbau 
durchaus mit denen der Metropolen des Reiches, mit Rom, Jerusalem und Konstantinopel, 
messen können. Sie stehen nicht vereinzelt da. Ich habe schon ..Kleinasien, ein Neuland", 
S. 96 f., einen zweiten Riesenbau im nordmesopotamischen Städtebezirk veröffentlicht, Wiran- 
schehr, das alte Konstantina. Auch dort handelt es sich um einen Zentralbau. Die Kirche 



220 



DiK ALTCHHISTI.ICHE BAl■KU^■^^T VOX Noli DMESOI'OTAM IKN. 



hat mit ihren Vorbauten eine Länge von ca. 67.5 m und eine Breite von ca. ÖÜ m. Da.s 
ovale Kuppeloktogon selbst hat 34.5X32 m Durchme.sser. Der mäclitige Bau liegt heute in 
Trümmern, es ragen nur einige von den acht aus Stein erbauten Pfeilern aus der Schuttmasse 
hervor. Einen dritten Bau dieser Art hat kürzlich Sarre in Resapha-Sergiopolis aufgenommen. 
Die dortige „Zentralkirehe" ist ca. 42,5 m lang und ca. 36 m breit. Das sind gewiß nicht all- 
tägliche Größenverhältnisse. Sie scheinen mir danach angetan , unsere Begriffe von der Be- 
deutung der syrischen Hinterland- 
kimst von Grund auf umzuwälzen. 
Im zentralen Syrien findet sich 
nichts von derartigen Bauten, und 
vom christlichen Anliocheia wissen 
wir leider, von einigen literarisclien 
Zeugnissen abgesehen, kaum mehr, 
als daß noch etwas von seinen 
Mauern steht. 

Großartig sind auch die Bau- 
formen der genannten drei nord- 
mesopotamischen Ruinen. Wenn 
wir das Rund vor der Marien- 
kirche in Dijarbckr nach der Be- 
schreibung bei Ramusio rekon- 
struieren, so kommt eine Tauf- 
kirche heraus, auf die man durch- 
aus wie die edessenische Chronik 
für den dort 369/70 errichteten 
Bau den Namen „das große Bap- 
tisterium" anwenden kann.* Über- 
raschend ist nur, daß der vierge- 
schossige Bau in der Mitte über 
dem reich verzierten Taufbrunnen 
offen war. Wenn Sarke bzw. sein 
Architekt Herzfeld recht hat, so 
war auch die Zentralkirehe von 
Resapha in der Mitte offen. Das 
gilt keinesfalls von dem ovalen 
Oktogon in Wiranschehr (Abb. 
135).^ Das eigentliche Kuppel- 
achteck hat 6,35 m Seitenlänge 
mit einem 2,35 m eingeschobenen Mittelstüek in der Apsisflucht. Die acht Pfeiler trugen zugleich 
eine Empore, wie das ja auch für Amida typisch ist. Die Außenmauer war von je fünf Fenstern 
durchbrochen ; vor den Toren lagen in den Achsen Vorbauten, im Westen größere mit einer Treppen- 
anlage. Sehr eigenartig ist der 21 m tiefe Chor. Er wird wohl nach Analogie der unten vorzu- 
führenden Tur Abdin-Gruppe ein Tonnengewölbe mit Gurtbogen getragen haben. Der riesige 
Bau liegt inmitten einer großen Nekropole, dürfte also vielleicht als Martyrien eines großen 
Heihgen zwischen dem 4. und 5. Jahrhundert erbaut sein. Die aus dem Schutthaufen auf- 
ragenden Kuppelpfeiler (Abb. 136) sind das Wahrzeichen des Ortes. Von ihnen unten nachr. 

' Hallier, Untersuchun^'en über die edessenische Clironili. Vi.']. V. .Si:hii.tze, Archäologie, S. 30. Bai.mstark, 
Oriens christ. 1904, S. !). 

" Nach meinem Kleinasien, .S. 97, mit Genehmigung- der .J. C. Hini-ich~'sclieti Buchliandluiig. 




Wiranschehr, Ovales Okto.üon : Grundriß. 



Die zenteal?:x Riesexbal'tex der Städte. 



221 



Die „Zentralkirclie'' vou ResaphaSergiopolis, nach Sarke vielleicht das Martyrion des heil. 
Sergios, bildet im Grundriß den eigenartigsten Längsbau neben der Sophia von Konstantinopel 
(Abb. 137). 1 Man erkennt 
noch an der Nord- und 
Westseite derAußenmauer 
tlache Exedren mit je drei 
großen Fenstern, diedurch 
einen Mauerzug imWinkel 
verbunden sind. Spuren 
weisen darauf, daß sich 
dieses Schema auch iai 
Innern, dort aber mit halb- 
kreisförmigen Exedren, 
wiederholte, zwischen den 
beiden Pfeilerfolgen aber 
ein Umgang vermittelte. 
An diesen großzügigen 
Baukörper ist im Westen 
ein massiver Chorbau an- 
geschoben, in dem Trep- 
pen auf Emporen zu deu- 
ten scheinen. Der Bau zeigt 
den charakteristisch rei- 




Al>li. i:ii;. Wiranschehr, Oroles Oklosnn: Gesamtansicht der Ruine. 




Abb IdT Resapha, Zentralkirche: Grundriß. 

' Xach Sarbe, Monatshefte für Kunstwissenschaft 19U!i, S. 10?.. Die Kliscliees 137 unil 138 sind freundlieh vom 
Autor und seinem Verleger zur Verfügung gestellt. 



DlK AI.TrHlilSTI.TCIIE BaUKVNST VON NoUDMKSOPOTAMIEN. 



clieu Oruamentschraiu'k, wie ich ihn (Msehatta, S. 262 ii. 282) schou am Nordtoro nachgewiesen 
habe. In Abb. 138 wird auch deuthch. daß die reiche Profiiierung unten in typisch niesopota- 
niischer Art in die Horizontale umbricht. Astragal, Kyma. Wcinlaub, einer Vase entspringend, 





Aljb. 13S. Resapba. Zenlralkirche: Oruaraentbogt'ii. 

dann der Ketteumäander und ein Eierstab mit Blatteiulageu, ein Pfeifenmotiv, rechteckig um- 
rahmt mit Ranke-Astragal und gebauchter Palmette: Das sind die zahlreichen, eigenartig be- 
handelten Motive, für 
die sich Analogien am 
Tigris werden nach- 
weisen lassen und wie 
sie auch in Amida vor- 
kommen. Auf ein im 
Rahmen dieses Buches 
besonder.-^ wichtiges De- 
tail führte mich die ne- 
Ijenstehende Abb. 139, 
die ich Alois Musil 
verdanke. Dargestellt 
ist. von unten gesehen, 
der obere Abschluß 
einer der seitlichen 
Chorkapellen am Ost- 
ende der .Zentral- 
kirche". Wir sehen 
Quadrat mauern empor- 
kommen und deren 
Ecken zunächst über- 
setzt von ausgerundeten Steinen. Sieht man näher zu, so erkennt man diese zweifellos als die 
Unterkante von Ecktrompen, die oben durch ein (jetzt fast zerstörtes) Ziegelgewölbe überleiten zu 
einem auf Säulen ruhenden Quaderbogen, der die Achteckseite des Tambours, bzw. eine Kuppel 
zu tragen bestimmt war. Vgl. über diese Konstruktiousart oben S. ISOf. 

Was den Bau nun für unsere Untersuchung besonders interessant macht, ist die mir zu- 
erst durch Alois MrsiL nahegelegte Deutung desselben auf einen Palast. Mr.-ii., der Rcsapha 




Abb. 139. Eesapho, Zentialkirche: Trovupen 



Kuppel des Chorbauc.*'. 



DiK ZKNTRALKN HlESKXBAVÏKX DEK StÄDTE. 



223 



genau aufgenommen hat, war sehr überrascht, als ich ihm von Sarres „Zentralivirche" sprach. 
Er hatte den Bau nie für eine Kirche angesehen. Dadurch aufmerksam gemacht, fiel mir die 
Analogie mit Kasr ihn AVardan ein, freilich nicht mit der dortigen Kirche, an die auch Sarre 
dachte, sondern mit dem Palast, dessen Aufnahme uns kürzlich Butler geboten hat und den 
ich in Abb. 140 im Grundriß wiedergebe.' Da haben wir in kleinen Dimensionen und ein- 
facherer Form den gleichen Bautypus. Statt ca. 42,5 m ist der zentrale Saalbau von Kasr ibn 
Wardan jedoch nur ca. 25 m lang, und statt 36 m hat er nur ca. 1 6 ra Tiefe. Dieser Gegen- 
satz in der Diraensionierung hat zur Folge, daß in Resapha in die Umfassungsmauern ein 
innerer Mauerkern gestellt wurde, der freilich an sich noch immer größer ist als der Saalbau 
von Kasr ibn Wardan. 

Wir sehen in beiden Fällen den in Apsiden endigenden Längssaal in der Mitte durchsetzt 
von einem kürzeren, ebenfalls halbrund abschließenden Querbau. Der wesentliche Unterschied 
würde darin liegen, daß in Kasr ilin Wardan sehr geschickt neben alle Apsiden Paare von 
viereckigen Seitenräumen gelegt sind, in Resapha dagegen, wenn die Aufnahme Sarre- Heezfelds 

F 




Abb- 140. Kasr ibu Waidau, Palast: Gruuclriß. 

richtig ist, nur an der Ostseite. Herzfeld leugnet auch bei diesem Baue die Wölbung 
und macht dagegen die geringe Mauerstärke geltend. Jedenfalls waren die Nebenräume der 
Apsis gewölbt . wie ich der mir von Alois MisiL zur Verfügung gestellten Photographie 
(Abb. 139) entnehme. 

Außer diesen großen städtischen Bauten sind mir von Kuppelbauten nur noch durch Miß 
Bell ein paar kleine Vertreter in der nachfolgend beschriebeneu Tur Abdin-Gruppe bekannt 
geworden. Der Abstand in den Dimensionen ist ungeheuer. Die Kirche elHadra in Khakh 
mit einem überaus interessanten Kuppelquerschiff hat nicht mehr als 13,60 m Länge und ist 
nur 13,20 m breit, die Mittelkuppel hat nicht viel mehr als 4 m Durchmesser. Die beiden 
Oktogone von Mar Gabriel sind von quadratischen Baukristallen umschlossen, die 9, SO m, bzw. 
16.00 m Seitenlänge haben. 



' Nach BUTLER, Publications of the Princeton University Arch. Expedition to Syria in 19(14 5. Div. IJ. Sect. B. 
Part I. Vgl. mein Kleinasien, S. 1-21 f. 



224 DiK AI.TCHHISTI.Il UK lÎAUKUNST VOX NoHDjrKSOI'OTAMIE.N. 

Nicht viel größer sind die längs- und quergerichteten Kirclien der Tur Abdiu-Gruppe. 
Miß Bell zweifelt bei der größten von ihnen, Mar Sovo in Khakh, die 27,40 m lang und nur 
11,60 m breit ist, daß diese letztere Spannung von dem üblichen Tonnengewölbe überdeckt ge- 
wesen sein kann. Die gewöhnlichen Spannweiten der Gewölbe sind 8 — 9 m. Das sind also 
kleine Dimensionen, denen gegenüber die drei zentralen Stadtkirchen um so riesenhafter er- 
scheinen. 

2. THE CHURCHES AND MONASTERIES OF THE TUR ABDIN 

BY GERTRUDE LOWTHIAN BELL. 

Ir was almost by chance that I took my way from Mosul to Diarbekr through the Djebel 
Tur Abdin. I had intended to explore a piece of the country that lies to the north of the 
Tigris, between Hassan Keif and Diarbekr, thinking that while that district was comparatively 
unknown, the Tur Abdin had been thoroughly examined by Pognon and others and contained 
little of further interest. But when I set eyes upon the buildings of which 1 here give plans 
and photographs, I determined that no time must be lost in making some small record of these 
wonderful specimens of early Christian architecture. Nowhere in the world does there exist a 
group of early Christian shrines more remarkable than that which lies about Midj'at, and few 
monastic establishments can rival in interest the great houses of Mar Augen and Mar Galjriel. 
I take it that Amida and Nisibis should be regarded as the sources whence emanated that 
culture of which the evidences are to be seen scattered through the Tur Abdin. Nisibis I have 
not yet visited ; the church of St. James needs careful study and would no doubt throw further 
light on the problems presented by the buildings in the mountains. Moreover there are several 
other sites known to me which will furnish additional, and I hope abundant, evidence. Mean 
time I embrace the opportunity of publishing, under the auspices of Max van Berchem and 
Professor Strzygoavski, the material already collected, without waiting to complete it by a se- 
cond journey into northern Mesopotamia, which I have in contemplation. Half a loaf, in mat- 
ters archaeological, is very much better than no bread, and more work is wasted by being 
stored up in note books until it can be perfected than ever finds its way into the light of day. 

When I left Mosul, I turned first to the east and visited the monasteries that lie along 
the foot of the Kurdish mountains. The existing buildings, both in this district and in Mosul, 
are not very ancient, though I believe them to preserve an old and important artistic tradition, 
the tradition of that eastern Christian world which was included in the Sassanian empire. This 
view is held by the modern incumbents of church and deir. I was sitting one morning in 
the high-placed religious house of Rabban Hormuzd. listening to the prior as he developed for 
me the history of Asiatic mouasticism. „Here", said he, „and all round Mosul, the monks 
belonged to the Persian church; but when you get into the Tur Abdin you will find that it 
belonged to Rum.» He had stated the problem perfectly correctly; the Tur Abdin belongs to 
Rum, that is to say its civilisation was a part of the wide-spread culture of the Hellenistic 
East. The architecture of the Mosul district, in structure and in decoration, is unadulterated 
Persian, but the northern limits of the Mesopotamian plain, and the mountains beyond, were 
ruled by those mighty influences, part Greek, part "Asiatic, which were probably the most 
powerful and the most productive of all the forces that were brought to bear upon the ancient 
world. I do not care whether they be illustrated by pagan or by Christian monuments, by 
the temples of Comana or the churches of Khakh; both, as the prior would say, belong to 
Rum, both are chapters in the unbroken sequence of the history of Hellenistic Asia. R is this 
history, the vital importance of which is gradually being recognised, which has now to Ije piec- 
ed together. The architectural material for it is abundant, so abundant, and often so difficult 
of access, that the archaeologist may well quail before the labour that lies ahead. But the 
reward is commensui-ate with the labour; it is that which comes to every student, however 



TnK Chchihes and Monasteries of the Tuk Abdix. 



225 



slender his ecjuipineiit of learning, whose eyes are riveted on a period of great artistic devel- 
opment: a keen delight iu the creative power of mankind, a deep appreciation of artistic achie- 
vement, of the growth of one beautiful form out of another, each bearing with it the memory 
of all that has been and the promise of all that is to come. 




Abb. 141. Karte des „Djebel Tur Abilin" genannten Gebietes. 

MAR AUGEN. 
By far the most striking monastery which I visited in the Tur Abdin is that of St. Eu- 
genius. It clings to the south face of the mountains, but a few hundred feet from their highest 
point, and is approached from above by a rocky path; the whole great Mesopotamian plain 
lies spread out before it, with the Djebel Sindjar lifting a long crest across the wide expanse. 
The monastery is half hewn out of the rock itself. The face of the cliff is honeycombed with 
cells and the few monks who still inhabit these wild solitudes are lodged in the caves of their 
earliest forerunners. They claim for the fondation thetitle of mother house of all the Tur Abdin. Their 
patron saint, Mar Augen, was a disciple of St. Anthony of Egypt and transplanted the first 
monastic traditions from the deserts that border the Nile to the rugged heights above Nisibis.* 
(In all the ancient monasteries of the Tur Abdin there is the same traditional connection with 
Egypt.) The monks are persuaded that the church with the group of monastic buildings round 
it are the handwork of the founder and date from the third century. 

' This is tlie local tradition : I i;ive it for what it is worth. 



226 



Die altchkisti.iche Baukunst vox Nokdmksopoïamikx. 



The monasten- was visited bj' Pooxox and is meiitioued hy him in a short note.' He 
observes that the present occupants, the Jacobites, have probably not been in possession for 
more than a hundred years, while there is reason to believe that the Nestorian:^ held it as late 
as 1505. He found one inscription of the early period, dated in the r2th century. He believes 
that the church and monastic buildings had fallen into complete ruin after the Nestorians were 
driven out and that the existing structure was raised by the Jacobites. It consists of a church, 
flanked on the S. side by a cloistered court; to the E. of the court is a large burial chamber 
with a crypt: still further to the S. is another court, not cloistered, with a chapel at the eastern 
end and behind the chapel a small cell. There are two wells within the building, one in a 

dark chamber to the N. of the 
church, and another between the 
two courts. The whole complex 
lies on a narrow platform at the 
foot of formidable cliffs and forms 
a kind of citadel in the heart 
of a system of monastic fortifi- 
cations in which long lines of wall, 
now ruined, helped out the natural 
defences supplied by steep rock 
and mountain side (Abb. 142). The 
only entrance is through a modern 
porch to theW., M'hich leads into 
a narrow vaulted chamber. A 
door in the E. wall of this 
chamber opens into the cloistered 
court. (Abb. 143.) The court has 
been in great part rebuilt, but it 
preserves traces of old work. They 
can best be seen on the S. side 
where a series of five arches (the 
arch at the W. end has been filled 
up) rest upon slender masonry 
piers (Abb. 144). The western arch 
retains an old column and another 
can be observed built into a pier 
in the N. E. corner. In both cases 
the column is crowned by a much 
battered Corinthian capital. On 
the N. side of of the cloister a door leads into the long vaulted nave of the church. It is very dark, 
being lighted only by exceedingly small windows high up in the S. wall. At the E. end lies the 
sanctuary, raised by a couple of steps above the nave. On either side of the great arch of the 
sanctuary are two capitals which are of the highest interest. They belong to a well-known 
type of basket capital and bear a strong resemblance to two capitals in the central mihrab of 
the Mosque of Ibn Tulun in Cairo. (See too Strzygowski, Catalogue du Musée du Caire, Kop- 
tische Kunst, p. 71.) It was unfortunately almost impossible to get a satisfactory photograph, 
but I do not doubt that we have here relics of the earliest church and I am inclined to think 
that they are in situ (Abb. 145). The prior informed me that the arch above them, which had been 




' Inscriptions de la Mésopotamie, [i. lO'.t. Vgl. Moltke, Briefe aus dem Urieiit. 



The Chueche:^ and Monasteries ok the Tin Ahdin. 



•227 



removed in recent years, 
had been carved with 
leaves and flowers ; it was 
probably a finely moulded 
arch of the late 4th or 
early 5th century, to 
which date there would 
be no difficulty in assig- 
ning the capitals. The 
altar was covered by a 
domed brick canopy res- 
ting on two columns and 
two engaged columns. 
There where pitch dark 
chambers on either side 
which communicated both 
with the nave and with 
the sanctuary. 

To return to tiic 
cloistered court: at the 
E. end there is a large 
vaulted chamber which 
contains the tombs ot 
Mar Augen"s disciples. 
A door in the N. wall 
leads into a tinv crvnt 




Abb. 143. Mar Au: 




Alilj 111. >rar Augen, Arkadenhof: Siidwesteckc. 



228 



])IK 



Al.TClIlnsTI.UIIK B.U-KVN.-^Ï VON Xol; UM KM IPoTA M I KN. 




Abb. 145. Mar Aiigon, Kircheniniiercs ; Triumpliboge 




Abb. 146. ilar Au'-'cn: Offener Hof: Ostseite. 



ThK ChURI'HKS and ÄFiiXASTERIES (IF THE Tun AliDI.V. 



229 




Abti. 117. Mar Aiigcn. Siiclostban : Kuppel der Vorhnlle 



where Mar Augen himself is buried, together with his sister and another member of his familj'. 
On the S. side of the cloister a door leads into the open court which is bounded on the S. 
side by a low wall. The hill drops away steeply here so that there is no need for a high 
boundary wall to the S. At the E. end of the court there are three brick arches (Abb. 146). 
Behind the central arch lies a small square chamber cov- 
ered by a brick dome set on brick pendentives (Abb. 147'). 
(The brick canopy over the altar in the big church, which 
I could not photograph on account of the obscurity of 
the apse, was of much the same character.) On the E. 
side this dome is carried by columns bearing capitals 
much broken but evidently taken from an earlier, if not 
from the earliest building (Abb. 148). Further to the E. 
is a vaulted oblong chamber containing an altar in the 
thickness of the wall; behind the chapel, there is a cell 
lighted by a window to the S. 

I believe that we have in the present structure of 
Mar Augen much more of the original foundation than 
PoGxox thought possible. The reparations, which are of 
several different dates, seem to have been carried out 
mainly along the original lines and my impression is, not 
onl}' that the monastery preserves in its disposition the 
plan of a very ancient building, but that a considerable 
part of the masonry maj' well belong to the earliest period. 

' Ich möchte aufmerksam machen auf die Bedeutung dieser aus ül>ereck gestelllen Ziegehi hergeslellten Zwickel 
für die Geschichte dev Stalaktite. Vgl. oben S. 182. 




Abb. 148. Mar Augen, Südostbau: 
Eingebundene Ecksäule als Kuppelträg 



230 



Die altchristlu'hk Baukunst von ^Cordjiesopotamien. 



MAR YUHANNA. 
The monastery of ^Mar Yuhanua, fuuuded by a disciple of Mar Augeu, lies upon the 
steep hillside some two miles to the E. of the mother house. It is not nearly so interesting 
architecturally (Fig. 149). The church consists of a narthex, a very long narrow nave and a 
rectangular choir. The exterior is entirely unadorned (Fig. 150). The narthex is covered by a 
fine brick dome set on squinches (Fig. 151). The nave is vaulted with a mixture of brick and 
stone. The sanctuary is raised above the nave and separated from it by a screen. Mar 
Yuhanna and his mother are buried in niches iu the X. and S. wall near the eastern end of 




M.'O 



O 

I 



5 

III' 




Aî)>>. 149. Mar Yuhanna, Grundriß der Kirche. 



Kiix-lic: Aui'.enan- 



the nave. Tlie high narrow door between nave and narthex presents a curious feature (Fig. 152). 
It is covered by a brick arch, slightly pointed, and this arch is set back on either side of the 
door exactly in the manner of M-hich Ctesiphon furnishes the best known examples. In the 
great palace of Kheidar, which I found iu the desert W. of Kerbela and intend shortly to 
publish, every door is treated in this way. Kheidar was certainly built by Persian workmen, 
but the scheme of its doorways is older than Sassanian times; it appears in the N. door of 
Nebuchadnezzar's palace at Babylon. 

MAR GABRIEL. (DEIR EL 'UMAR). 
The monastery of St. Gabriel of Kartmin is perhaps the most famous .lacobite establish- 
ment in Asia; it almost passes belief that this exceptionally important site should never have 
been carefully studied. Pogxox devotes a few pages to it' and gives a rough sketch plan 



' Op. cit.. p. 39 et seq. 



The Churches axd Monasteries of the Tur Abdix. 



231 




made without measurements. Parky also gives a plan which is scarcely more illuminating than 
that of PoGNOx.^ I have at- 
tempted to give some idea not 
only of two of the churches 
(there is a third small chapel 
on an upper floor), but also 
of the great complex of monas- 
tic buildings in which they 
lie (Fig. 154). It must, how- 
ever, be borne in mind that 
the monastery represented in 
my plan is little more than half 
of the original building. The 
ground to the W. of it is cov- 
ered with ruins, among which 
I was assured are the found- 
ations of a fourth church de- 
dicated to Mar Shim'un. The 
tomb of the Egyptian monks, 
of which I give a plan (Fig. 153) 
stands in this group of ruins, 
and still further to the W. 
there is a square tower which 
popular legend connects with 
the Egyptian princess who play- 
ed a romantic part in the story of the 
foundation.- S. of the great church of Mar 
Gabriel there are vast substructures which 
extend for a considerable distance; masses 
of ruined walls can be seen to the E. and 
if I remember rightly to the N. also. An- 
other point to be observed is that (with 
the exception of the two churches, the long 
passage that leads from one to the other, the 
domed octagon with the hall used as a kitchen 
to the W. of it, and the passage leading 
from the main entrance to the atrium of 
Mar Gabriel) all the buildings on the ground 
floor are merely substructures, the lodgings 
of the bishop and monks being upon the 
first floor. These substructures are entirely 
uulighted and were intended to be used only 
as stables, cattle byres and store-houses. To 
such purposes they are still applied. Though 
they are of little architectural importance. 
I would have tried to get some more accurate 
plan of them but for the horrible state of 
filth in which I found them. I leave it to 



At>l'. loi. Mar Yiihaunii, Kinbe: Kuppel der Vorhalle. 




Mar Yuhanna, Kirche: Tor zwischen Xanhex und X;n 



' Si.'C Months in a Syrian Monastery, p. .33i. — '' Parry, op. cit., p. 'Jl.ô. 



])IK AI.TcmnsTI.lrUE BaUKUN^'T von XciliD-MESordTAMIKN. 




Abb. 15J. Mar Gabriel, Kloster: Grundriß. 



a bravur explorer to 
lace the legions of fleas 
that people them : there 
were certain doorways 
through which even 
the nun wlio escorted 
me would not pass. 

The monastery is 
f^aid to have been_ 
founded in the reign 
of Arcadius and rebuilt 
under Anastasius. As 
PoGXON observes, there 
is no reason to doubt 
that the great church 
is a relic of the late 
5 th or early 6tli cen- 
tury and I conjecture 
that it preserves the 
])lau of a yet earlier 
church. It consists of 
a narthex and nave, 
three sanctuaries and 
three burial chambers. 
The narthex lies to the 
W. and is covered by 
the vast tiled gable 
roof that extends over 
the whole church (Fig. 
155). In a life of St. 
(iabriel, quoted by 
PooNox, it is stated 
that a .■similar gallery 
once ran round the 
other three sides of the 
atrium, but of this 
there is now no trace. 
From the narthex a 
single door opens into 
the nave, which is a 
large barrel vaulted 
hall, 10,70 metres from 
E. to W. and 18,25 
metres from N. to S. 
A nave lying with its 
greatest length from 
N. to S. is not found 
only in the church of 
Mar Gabriel. Mar Ya- 



The Chi'ri'hes and Monasteries of the Tur Abdin. 



233 



kub at Salah öfters another example at least as early, if not earlier, than Mar Gabriel; the church 
in the monastery of Mar Melko, difiicult to date on account of the rude character of its archi- 
tecture, is a third instance, and Mar Ibrahim at Midyat, now entirely rebuilt, but upon the old 
plan, a fourth. We have therefore a type which was familiar in the district at an early date, and 
used apparently as frequently as that of the nave set with its greatest length from E. to W. which 
occurs in churches of the same period. It is perhaps not superfluous to observe that the two 
schemes, the hall lying broatlways and the hail lying lengthways, are both known to ancient 
Mesopotamian architecture. The broadways-lying chamber is Babylonian, the lengthways As- 
syrian, though possibly borrowed from architectural creations outside Mesopotamia. Even the 
Assyrian builders retained the broadways-lying hall in their palaces.^ The nave is very insuf- 
ficiently lighted by small windows in the 8. wall. A gront «tone sIhI) ptRnd^ near the middle 




of the church ; on it is an inscription of the 8th century.^ Three doors lead into the three 
barrel vaulted sanctuaries, each of which contains an altar. The S. sanctuary has a rectan- 
gular niche to the E. built in the thickness of the wall; the central sanctuary, in which is the 
main altar, has a curved apse, also hollowed out of the thickness of the wall. Except in the 
three other churches of the type to which Mar Gabriel belongs, the main altar is not con- 
cealed from the worshippers in the nave. In all other examples in the Tur Abdin there is 
either a light screen of columns and architrave between nave and sanctuary, or if there is a 
wall it is palpably a later addition.* Even the screen is in one case much later than the rest 
of the church. On the floor of the central sanctuary there is a mosaic pavement of big stones, 
but the chief beauty is the mosaic on the vault. This needs careful study with proper appli- 



' AxDBAE. Anu-Aclad- Tempel, p. 83. — - Pognon, p. 42. 

' On the differences between the two types of sanctuary see Pognox, p. 91, note 2, 
sanctuary may indicate a monastic church, the open a parish church. 
Amida. 



He suggests that the closed 



234 



J)lE ALTCHRISTLICHE BAUKUNST VOX XoBDMESOPOTAMIEX. 



ances, as the chamber is ven- dark and the mosaic much bhickened by smoke. By burning 
a few pieces of magnesian wire, which I happened to have with me, I managed to get a par- 
tial view of it. In the centre is a large cross laid upon a gold ground, while the space on 
either side is covered by S-shaped vine scrolls, intertwined so as to form circles, each circle 
being tilled with a decorative motive. Tradition says that the whole church was once adorned 
with mosaics but that all except this small portion in the sanctuary were destroj'ed by Timur 
Leng. The cross on the semi-dome of the apse over the altar is a familiar object in the 
Djebel Tur Abdiu ; generalh% however, it is carved in relief on the stones. A small door leads 
from the northern sanctuary into a burial chamber, very dimlj' lighted and containing an altar. 
To the W. there are two more burial chambers, totally dark and approached by a door so 
small that it is only just possible to squeeze through it. 




156. Mar Gabriel: Bauten um dit ILmpi 



The second church, dedicated to the Virgin, lies at the W. end of the monastery. It oc- 
cupies the big rectangular block of buildings which appears between two courts. This church 
is in a bad state of repair; it is dark, damp and full of fleas. A long vaulted passage leads from 
the atrium of Mar Gabriel to the small court lying to the N. of El Adra. There is a vaulted 
arcade in the W. side of this court and from the S. end of the arcade a door leads into the 
church. In ground plan it has the appearance of a cross-in-square, but there is no dome over 
the centre of the cross. The church is roofed like a basilica with three parallel barrel vaults 
over the nave and aisles. (This type is frequently found in and near Mosul.) Three irregu- 
larly shaped sanctuaries lie to the E. I have no means of dating El Adra, which is entirely 
without decoration, but the monks do not beheve it to be as old as Mar Gabriel and I should 
say that they were certainly right. On the N. side of the arcade a door leads into a crj'pt 
full of graves. 

The third church, dedicated to forty martyrs, is also approached from the inner court. 
A stair at the N. E. corner of the court leads up to it. It consists of two barrel A-aulted 
chambers, a narthex and nave, set with their greatest length from N. to S., and three sanc- 
tuaries to the E. It may belong to about the same period as the church of the Virgin. 



The Churches and Monasteries of the Tür Abdix. 



235 



Almost opposite the door that leads iuto the atrium of Mar Gabriel, there is another 
door in the N. wall of the passage opening iuto a large octagonal chamber. This very remark- 
able building is, I need scarcely say, full of filth and but dimly lighted. In each of the eight 
sides there is a large rectangular arched niche and above the arches rises a splendid shallow 




Ab'i. 157. Mnr Wahriel, Kloster: Probeu der Ziegelbildung des Tur Abdin-Gebietes. 

brick dome. The dome is entirel)' invisible from the outside; the building presents on the 
exterior the appearance of a square block with a flat roof. Among the ruins W. of the 




Abb. 158. Mar Gabriel, Grab der ägyptischen Mönche (Grundriß Abb. 133). 



monastery and in other churches of the Tur Abdin I have frequently found brick used 
together with stone. In every case when I have been able to take measurements of 
the bricks they have proved to be thin square tiles, 0,41 X O.^l X 0,3. Fig. 157 shows the 



236 



Die ai-tcheistliche Baukunst vox Nordmesopotamiex. 



M.lp 



O 



character of these bricks. The arches here represented were iu a ruined chamber to the W. 
of the monastery; it was pointed out to me as the chapel of Mar Shim"un. I do not doubt 
that the bricks used in the octagonal chamber are similar to these. 

PoGxox, in speaking of the stone block in the centre of the church of Mar Gabriel, alludes 
to its having been placed originall}' under a great dome resting on eight arches which was 
situated near the kitchen. He goes on to state that this dome has now disappeared. But it 
has not disappeared; on the contrary it exists in an excellent state of repair, indeed the in- 
terior looks as if the builder liad just put his finishing touches upon it. I have mentioned 

that the dome is very shallow; it reminded me forcibly 
of the magnificent flattened domes and vaults which I 
have seen in Mohamniadau work of the best period, 
for example in the great medresseh at Baghdad which 
is now used as a custom house. ^ In lack of any but 
architectural evidence I should be inclined to date the 
octagon of Deir el'Umar in the 13th century. 

To the W. of it lies the kitchen, a long vaulted 
hall. I have not represented in the plan the arcades 
that are placed against the E. and W. walls. They 
are constructed in the same manner as the arched 
niches in the nave of Mar Gabriel, the object in both 
cases being the same, namely to increase the interior 
space of the apartment without increasing the span 
of the vault. The kitchen was inhabited by hordes of 
ferocious fleas and in mj hurry to escape from them 
I forgot to measure the details and will not now put 
them in from memory. 

Finally there remains to be noticed the tomb of 
the Egyptian monks to the W. of the monastery 
(Fig. 158). It is a small octagonal domed chamber, 
square on the outside. The niches in the eight sides 
are alternately rectangular and curved and each niche 
is filled with a tomb of no artistic pretensions. The dome is flattened, like the dome of the 
big octagon. 




Abb. 159. Salah, Mar Y:ikub: 



MAR YAKUB, SALAH. 

Of the exquisite church of Mar Yakub at Salah there exist a small sketch plan by Parry. 
PoGXON visited Salah twice and has published eleven memorial inscriptions which he found iu 
the narthex, where they still stand.^ They are dated in the 10th and 11th centuries. He 
found another inscription among the ruins of the bishop's palace N. of the church, dated in 
the 14th century when the monastery of St. James was one of the most important in theTur 
Abdin. The church lies outside the village. Of the monastic buildings little or nothing re- 
mains; there are some modern structures to the W. and S., and to the N. and E. masses of 
ruin. Some of these ruins are of excellent solid masonry. Pogxox believed that these build- 
ings belonged mainly to the 14th century. There are no longer any monks at Mar Yakub 
(1909); the church is unused and the windows are all blocked up. 



• DE Beylié, Prome et Samarra, p. 33. But he mentions only the inscription. 

^ Op. cit., p. 332. His observations on the architecture of the church are more than usually wide of the mark. 

' Op. cit., p. <M et seq. 



The Churches and Monasteries if the Tur Abdin. 



The church (Fig. 
159) as PoGxoN obser- 
ves, closely resembles 
Mar Gabriel iu plan 
and is at least as an- 
cient — I should not 
be surprised if it were 
as old as the first 
foundation of Mar Ga- 
briel in the reign of 
Arcadius. As at Mar 
Gabrielj the narthex 
was probably part of 
a cloister which ran 
all round the church. 
I may observe that 
Mar Ibrahim at Midyat 
had also once been 
provided with this open 
narthex; perhaps there 
too it was part of a 
cloister. Mar Augen is 
the only monastery 
where the cloister is 
still preserved, though 
even there it has evi- 
dently suffered much 
rebuilding. At Mar 
Yakub , atrium and 
cloister have disappea- 
red, but the arcades of 
the W. side of the 
narthex are still visible, 
though three have been 
walled up and one has 
been filled with a door 
(Fig. 160). The narthex 
is barrel vaulted, the 
upper part of the vault 
being of brick. This 
brickwork is treated 
in a way very charac- 
teristic of the Tur Ab- 
din. It is divided into 
three square compart- 
ments, each separated 
from the other by bands 
of nine courses of brick 
which give the appear- 




Abb. ICO. Salali, Mnr Yakub: flauritansicht von der Westseite mit dem Narthex. 




Abb. ICI. Salah, Mar Yakub: Bildung des Tonnengewölbes 



238 



DlK ALT» HKISTLICHE BaLKV.NST VOX XOKDMKSOroTA.MlKN. 




Abl.. 102, Snhih, Mar Yakuli: Till' 



into three 



ance of a rib. The squares are 
edged with an ornamental band 
made of semi-circular tiles. The 
photograph (Fig. 161) gives a better 
idea of the system than any des- 
cription. There is a door at the 
S. end of the narthex, and a fine 
moulded door leads into the nave 
(Abb. 162). All the windows ha- 
ving been blocked up it was ex- 
tremely difficult to photograph the 
interior of narthex and nave, for 
there was no light except that 
which came in through the W. 
door. The nave lies with its 
greatest length from N. to S. as 
at Mar Gabriel, and shows the 
same arched niches in the N., S. 
and W. walls. There was a splen- 
did moulding all round the nave 
under the vault. The high barrel 
vault consisted of six courses of 
stone on either side while the 
upper part was of brick, divided 
Equare compartments like the narthex and even more claboratelv treated. Round each 




Abb. 1C3. .Salah, Mar Yakiib: 



nm Sanktuariuin. 



The Churches and Moxastekies of the Tvk Abdix. 



239 



of the squares ran a broad border composed of two bands of the curved tile-work that appears in 
Fig. IGl, and between them a band of bricks set in a herring-bone, each of these separated from 
the other by two courses of plain brickwork. Three doors led into tlie three sanctuaries. The 
central door was singularly beautiful (Abb. 163). The lintel and jambs were boldly moulded, 
the mouldings resembling those on the narthex door; on either side stood two pilasters car- 
rying a moulded string-course, which 
ran at this level all round the nave. 
Over the lintel of the door the string- 
course curved up into a horse-shoed 
arch, and the tympanum between arch 
and lintel bore traces of fresco.^ Of 
the pilasters I wish that I had a clearer 
photograph, for they are without rival 



Î3 

'0 



'^.^.>^W 




Abb. 164. Salab, Mar Yakub: Skizze der Oruameute 
an der Sanktuariuiustür. 



>.alah, Mui Yakub; iciislc 



in the Tur Abdin. The decoration upon them is divided into bands (Fig. 164). The 
outermost band is plain; the next is composed of beautiful rinceaux, deeply undercut; 
within the rinceaux is a band of moulding and the centre of the pilaster is occupied by an 
upright band of carving showing small birds in relief, set one above the other. Some notion 




Abb. 1B6. Salah, Mar Yakiib: Ostansicht mit den drei Apsiden. 

' Parry states that there is an inscription over this door recording that the church was built in 1109. Pognon 
does not mention it, I did not see it, and it does not appear in the photograph. Moreover the church was built 
long before llOfl. 



240 



Die AI.TlHlHSTI.HHK lÎAl'KTNST ^""\ \' I; l 'M l'-'T" I' \ M !F\ . 





of this may be gathered from the appended sketch. The carved bands were worked ou an 
inlay of darker stone. The capitals borne by these pilasters were of uncut acanthus with a 
rope or garland thrown over the corners and caught up in the centre of each face of the abacus, 

and a baud of small dentils be- 
low the acanthus leaves. 

The three sanctuaries com- 
nmnicated with one another both 
by a door and by a window ; all 
three were barrel vaulted, the top 
of the vault being made of a 
square of bricks. At the E. end 
of the central sanctuary there was 
an apse covered by a semi-dome. 
A door was placed in the S. side 
of the S. sanctuary. 

It was only on the outside 
that I could see what had been 
the nature of the windows. They 
were narrow lancets covered by a 
moulding which was prolonged 
horizontally on either side of the 
\i.i, i6>. -mui M:.r iHKwn sm,,imi"h...' arch (Abb. 165). A dentil appear- 

ed on this moulding as on the 
other outer mouldings of the church. Fig. 106 shows the E. end with gable roofs over the barrel 
vaults of the sanctuaries. These roofs originally ended with the moulding; the parts above 





The CHUKcHEf' and Moxasteuie^ of the Tvu Abdix. 



•241 



are later additions. Fig. 1G9 gives 
the N. sanctuary gable ia detail, 
and the great cyma moulding 
which is used all over the exterior 
of the church. Beneath the cyma 
there is a small dentil which can 
be seen in the photograph though 
it is somewhat in shadow. This 
bold cornice is found on all the 
churches of the Tur Al)din, but 
it is nowhere used so freely as 
at Salah, nor do I remember to 
have seen the dentil elsewhere; 
it may, however, exist, for it is 
difficult to distinguish when the 
cornice occurs only at a conside- 
rable height from the ground. 
The N. side of the church is com- 
paratively plain, being broken only 
by the cyma below and round 
the gable of the nave vault, and 
by a big lancet in that gable 
(Abb. 168), the S. side is more 
elaborate (Abb. 169). The cyma 
moulding is lavishly used, there 




A 




Abb. 160. Salah, Mar Yakub: .^udlassuJe 




Abb. 170. Salah, Mar Yakub: Sanhextur iu der Westfassade. 



242 



DiK AI.TCHÜTSTI.K 111-: lÎAURV.NST \mN Ni U; I iM Km HMT AM 1 KN. 



are three lancets crowned with a nionlding below the gable in the wall of the nave, ami the doors 
into the narthex and S. sanctuary have moulded lintels and jambs. Over the nartliex door there 
is a relieving arcli above the lintel (Abb. 170). Tt is cbarac-li ristic of Mar Yakub that all the 




Mi>r Ynkul.: IXtails 



lier Süilfiissaile. 



lintels are in the nature of straight arches; they are all composed of three parts, a key stone and 
two side blocks. This can be particularlj' wellseen in Abb. 170. Above the lintel of the S. sanc- 
tuary door there is a straight arch of stone voussoirs. Placed on the cyma moulding imme- 




ALb. 1?:;. Salah, Mnr ^ 



i'feilerkapUelle der Westseite. 



diately above the door is a tiny bit of decoration consisting of a cross in a victors wreath 
(Abb. 171). On the W. façade it is to be observed that the upper part of the narthex wall 
above the arches is later work. The original wall was several courses lower and was crowned 



The Chikches and Monasteries of the Tih Abdix. 



243 



by a cornice which still remains in its old place. The original disposition is clearly visible at 
the left hand corner of Fig. 169. The roof over the nave has also been raised. The old gable 
came down as far as the cornice which can be seen in the wall above the narthex roof. 
The piers supporting the W. arcade of the narthex have finely moulded capitals showing 
the usual cyma with a bead below it and two plain bands (Fig. 172). 



MAR AZAZIEL AT KEFR ZEH AND MAR KYRIAKOS AT ARNAS. 
The churches at Arnas 
and at Kefr Zeh are both of 
the same type. ]Mar Kyriakos 
has suffered more than Mar 
Azaziel at the hand of time 
and of the restorer and it will 
therefore be well to take the 
latter first as it illustrates the 
type better. Arnas and Kefr 
Zeh, like most of the villages 
of the Tur Abdin, stand upon 
the summit of a hill. Both 
villages are now miserable little 
collections of hovels inhabited 
partly by Moslems, partly by 
Christians; the great churches, memorials of a past civilization and prosperity, rising up over the 
rude dwellings of the present population give a most striking impression of splendour and decay. 
E.specially is this the case at Kefr Zeh, where the church stands clear of the modern village and 




Krir Zch, Mar Az 




Abb. 174. Kefr Zeh, Mar Azaziel: Grundriß. 



244 



Die altchkisti-ichk Baukux-^t vtix Xhkiimhsopotamikn. 




Abb. 175, Kffr Zeh, Mar Aznziel: Ilofapsis. 




Abb. 176. Kefr Zi-h, Miir .Xziiziel: Unui.tai.iis iin.l .^anltiirrilie litix 



Tu?: t'HURCHES AM) M().\A:^TEK1E.< OF THE TlR AbDIN. 



245 



is moreover exceptionally well preserved. Fig. 173, a view taken from the N.W., shows its fine 
position on the mountain top. It is a landmark across many miles of rocky hills. 

I do not think that Mar Azaziel (Abb. 174) was originally a monastic church, for I saw 
no signs of extensive monastic buildings. In the courtyard S. of the church there is one small 
room N. of the gate which is 
at present occupied by an old 
nun who seems to have con- 
stituted herself guardian over 
the church. Though the walls 
are modern , the disposition of 
this court or atrium is no doubt 
ancient and I think it highly 
probable that it ma}- always 
have contained a lodging for one 
or more clerks who had charge 
of the shrine. Monasteria cleri- 
corum were well known institu- 
tions in early Christian times; I 
have dealt with them more fully 
in my book on the Kara Dagh.^ 
The small exedra on the E. side 
of the court is a constant feature 
in the Tur Abdin (Abb. 175 
The village j^riest at Khakh told 
me that these exedras were used 
for week-day prayer, only the 
Sunday prayers l:)eing recited 
in the church itself, 
states that they were 
summer and the churches 
in winter-, and his au- 
thority for this observa- 
tion is probably better 
than mine. The exedra 
at Mar Azaziel is dated 
in an inscription placed 
inside it. It was built 
in the year 1246 of the 
Greeks, i. e., about A. D. 
934. In every example 
I judged the exedra, on 
architectural grounds, to 
be later than the church 
to which it belonged ; per- 
haps the fashion of plac- 
ing exedras in the at- 
rium did not arise till to- 



POGXOX 

used in 




' Ramsay-Bell, The tliou^aml am! one churche?, p. 416. — - Op. cit., p. 93. 



246 



Die ai.tchristlkhe Baukcxst vox Nordmesopotamien. 



wards the 10th century. They are invariably decorated with a crosf? cut in relief upon the in- 
terior of the semi-dome, as are many of the church apses. In Fig. 17.Ö can be seen the stone 
tables that held the liturgical books and scriptures, in this case three in number, one in the 
centre of the exedra and one on either side.' 

A single door leads into the narthex which lies on the S. side of the church. The divi- 
sion across it is modern. The eastern half is very dark and heaped up with rubbish; I cannot 
be certain that the arcade which is to be seen along the N. wall of the western half of the 
narthex is not continued to the E. more regularly than I have indicated it on the plan; pro- 
bably it is. At Arnas the S. wall of the narthex is arcaded as well as the N. wall, but at 
Kefr Zeh it is plain. The narthex is covered with a brick vault, the bricks set in squares. 
Two doorways lead into a long vaulted nave, arcaded on either side. The sanctuary is raised 
a couple of steps above the nave and separated from it by a scieen of four columns carrying 

an architrave (Fig. 1 76). 
This screen is not, I 
think, as old as the 
church, though it is 
certainly not modern. 
There are two columns 
with an acanthus ca- 
pital and an uncut 
acanthus capital. Both 
have the characteristic 
garland hung over the 
corners, and the acan- 
thus capital looks as 
if it had been copied 
from the splendid en- 
gaged capital under the 
apse arch on the N. 
side, which can be 
seen in Fig. 176. T 
give a detail of it in 
Fig. 177; the capital 
under the S. end of the 
apse arch was much 
damaged. On the semi- 
dome of the apse is the 
cross in relief of which I have spoken. A fine moulding runs round the apse under the semi- 
dome (Abb. 178). It is composed of a band of palinettes, a bead and reel, and a band of cross- 
shaped entrelac; the lowest member is a double band of dentils set alternatelj'. The palmettes 
appear in every decorated moulding in the Tur Abdin. The apse arch is worked with two 
bands of palmettes with rinceaux between them. It is horseshoed and so are all the arches 
of the arcades in nave and narthex. The nave is covered with a brick vault (Fig. 179), the 
bricks set in squares on the system described in the church at Salah. A door in the S. isle 
of the apse leads into a small chamber which communicates also with the nave by a narrow 
door, and communicated with the narthex by a door now walled up. Above it is an upper 
chamber, approached by a wooden stair and containing an altar. Another small dark chamber 




Kcfr Zeh, Mar Aznzicl: 



I'lbekoustruktioii. 



' See PoGXON, p. ii. 



The Chiiuhes and Moxasteriks of the Tir Abdix. 



247 



witli an altar lies still further to the E., and leading out of it there is j-et another, quite dark, 
lying behind the apse. 

How much of all this building is the original work? It will be oliserved that the apse 
arch starts from within the screen; the capitals that support it are worked on the angles of 
masonry marked A. and B. on the plan. Further, it is evident that the pier C. has no archi- 
tectural relationship with the apse. This can be seen in Fig. 176, where the rudely moulded 
capital of pier C. obscures some of the fine mouldings of the apse arch. M}- impression is 
that the arcade on the N. side of the nave, and therefore the vault which it helps to support, 
are later work and this is borne out by the fact that some of the upper part of the N. wall 
seems to have been rebuilt (Abb. 179). The S. wall of the narthex is certainly late (Abb. 180); 




Al>b. ISO. Kefr Zeh. Mar Azaziel: Südseite mit Narthex. 



it is a patchwork of re-used l)locks. But the nave wall above it, with its lancet windows and 
cyma cornice, is old. Fig. 181 gives the windows of the AV. wall in detail. They are three 
in number, one in the gable and two below. The moulded arches rest on short stumpy co- 
lumns. Between the two lower windows there is a curious piece of decoration, two lions' heads 
with a cross between. Three rows of projecting blocks of stone can be seen in the N. and W. 
walls. They are so regularly placed that they must have been intended to have a decorative 
value. The E. end of the church has been much pulled about, but all the lower parts of the 
walls seem to be the original work, including even the wall of the curious chamber behind 
the apse, while bits of the cyma of the topmost gable are still in place (Abb. 182). There is 
a window in the gable corresponding to the window in the W. façade. 

There is fortunately epigraphic evidence with regard to the restoration of Mar Kyriako.s. 
(Fig. 183.) An inscription published by Pogxon^ states that the N. wall and vault were .restored 

' Oji. cit.. p. v.). 



•24S 



D[K AI.TCHlîIsri.lcIll-: l>.\rKlNST VuN X(i|;hMi:s(il'HTAA[IKN. 



sugges 
Mar y 



ts, there 
akub 



and built" at the end of the Itith 
c-entuiy. I did not know of this 
inscription when I worked at tlie 
church, but I had independently 
come to the conclusion that the 
S. wall and arcades of the nave 
were old up to the top of the 
arcade arches, whereas in the N. 
wall only the foundations were 
old. It is satisfactory to find 
that the architectural evidence 
agrees so completely with the epi- 
graphic. The plan of Mar Ky- 
riakos is almost the same as that 
of Mar Azaziei. There had been 
an atrium to the S., now partly 
built over by modern houses; the 
walls that remain are terribly rui- 
ned. Two exedras stand in the E. 
wall of this atrium (Abb. 184): that 
which lies to the N. appears to 
be the older of the two, but I do 
not think that it is as old as the 
church. The mouldings and de- 
corations of the southern exedra 
-i betraj' a comparativ^ely recent date. 

The S. wall of the narthex has been 
in part rebuilt; possibly, as Poc.xox 
was here an open arcade similar to that of the narthex of Mar Gabriel and 
The present narthex is areaded on either side, the arches here as elsewhere in 





Abb. 1S2. Kefr Zeb, Mar Azaziei: Xordostausicht. 



The Churches and Monasteries of the Tur Abdin. 



249 



the church being horse - shoed. Two fine moulded 
doors lead into the nave. The sanctuary is raised and 
divided from the nave by a screen as at Kefr Zeh 
(Abb. 185). Here, however, the screen is much later 
work ; it is dated by an inscription in the 8th century. 
(PoGNON, p. 96). Late work betrays itself infallibly when 
brought into comparison with the magnificent decorations 
of the early period; the two are so distinct that there 
can never be a moment's hesitation in deciding between 
them, whether there be a dated inscription or no. 

The apse arch (plate XXII, Fig. 3/4) is carved with 
palmettes, rinceaux and entrelacs. It springs from gar- 
landed Corinthian capitals, the tops of which can be 
seen in Fig. 185. Again the N. E. pier of the nave 
arcade impinges upon the old capital, but here we 
know that the pier is part of the restoration. A cross 
decorates the semi dome, which rests on a moulding 
adorned with palmettes and vine scroll (Abb. 186). An 
ornament is laid over the vine scroll in the centre 
of the apse. As at Kefr Zeh, a chamber containing 
an altar lies to the S. of the apse, communicating with 
apse, nave and narthex. There is no chamber behind 
the apse, but a very small room lies to the N. of it, 
communicating with it by a door that corresponds to 
the door on the S. side. High -placed windows light 




M 



lO 



O 5 





Abb. 183. Arnas, Mar Kyriakos: Grundriß. 

the nave, and a bold cyma moulding forms a cornice and runs round the gable of the nave roof 




Abb. 184. Arnas, Mar Kyriakos: Hofapsiden. 



250 



Die ALTCHRIST]. K-HK BaUKUXST von XORDMESOPOTAIIIKN. 



MAR SOVO AT KHAKH, AND MAR PHILOXENOS AT MIDYAT. 
There are two other churches of the same type as those at Arnas and Kefr Zeh. They 
are both ruined, but since they must both be placed among the very early buildings of the 
Tur Abdin, they cannot be neglected. The most important of the two is the great church of 




Abb. 185. Arims, .Mar Kyriokos: Apsis und Säulenabschlut!. 

Mar Sovo at Khakh (Fig. 187). It is by far the largest church of this type, the nave being 
'2i;o0 metres long by 11,10 metres wide. These measurements are from wall to wall, not from 
arcade pier to arcade pier. At Kefr Zeh the nave is 17,40 metres long by 8.97 metres wide 
from wall to wall, and at Arnas 13,65 metres long by 8.90 metres wide. 

Mar Sovo was standing at 
the end of the 15th century, for 
a bishop was buried in it in 
1493.^ The ruins consist of a 
nave and apse and two aisles, 
but the N. aisle is certainly a 
later addition (Fig. 188). Seen from 
the E. the point where the later 
wall joins the oKl wall of the 
chamber that runs behind the 
apse is clearly marked by a 
straight joint. The two doors in 
the N. wall of the nave are, how- 
ever, part of the original plan ; 

.\bb. 1S6. .\rnas, Mar Kvriakos: Kianzfresim.? der .\1.5i-. - , , , 

they are decorated on the out- 
side, i. e. inside the aisle, with excellent mouldings (Fig. 189). The pilasters and arches of 




' PoGNOx, p. 1-21 et seq. 



The Churches and Monasteries of the Tcr Abdix. 



251 



the arcade of the aisle are set so close to the jambs that they do not allow them to stand out 
in relief from the wall as they were intended to do. In the interior of the nave the piers of 
the arcade are also a later addition. In the N. arcade a pier impinges upon the easternmost 
of the two doors (Fig. 190); on the S. side the piers partly block the old doors which are here 
distributed in two groups of two. These doors also are finely moulded on the outside and 
above each lintel there is a shallow relieving arch (Fig. 191). The easternmost pier on either 
side of the nave is so placed with regard to the apse that it conceals the apse mouldings. 
Behind the pier, on the E. wall on either side of the apse (the narrow space between pier and 
wall can be seen in Fig. 192) I found 
a splendid moulding (Fig. 189). It 
formed a cornice to the wall. There 
are remains of Corinthian capitals under 
the horse-shoed apse arch, and a de- 
corated moulding ran round the interior 
of the apse under the semi-dome, but 
it is unfortunatelv much weather-worn. 
A trace of the moulding round the 
apse arch can be seen; it appears to 
have been even more elaborately worked 
than the corresponding arches at Ar- 
nas and Kefr Zeh (Abb. 176, 185). 
There was a small door on either side 
of the apse. That which stands to the 
S. is entirely blocked with ruins; the 
N. door leads into a narrow vaulted 
chamber running round behind the 
apse. The vault is of brick and I be- 
lieve it to be part of the original struc- 
ture (Abb. 193). A door to the N. 
opens into another chamber lying at 
the E. end of the N. aisle; it belongs 
to the later period. A tiny wedge-shaped 
window lighted the chamber behind 
the apse. 

The arcade of the S. aisle is also 
later than the nave. One of the few 
pilasters that remain upon the N. side 
covers the mouldings of the western- 
most pair of doors. Presumably what 
I have called the S. aisle was originally 
a narthex on the S. side of the church. 
This narthex must have occupied exactly the same space that is now covered by the aisle, for there 
is some old masonry at the exterior S. W. angle. The W. door of the nave may be part of 
the original plan ; it is perfectly plain. The nave had been lighted by windows high up in 
the wall; they can still be seen in the fragment of the old N. wall that rises above the N. 
aisle (Abb. 194). There are also some stones of the cornice. 

The question that chiefly occupied my attention while working on this church was the 
nature of the original roof. No doubt after the restoration the nave had been covered with a 
brick vault, hke all the other churches in the Tur Abdin; but the arcades on either side, which 




lO 



.\bb. 187. Khakh, Mar Soro: Gniudriß. 



252 



Die altchristlkhe Baukiwst von Xukdmesdphtamikx. 




Abb. 188. Khakh, Mar Sovo: Nördlicbes Seitenschiff. 




LlU ^ A/~ä,tn n. 




. j.ïi. a.*(C iy C>.tir'L. 



A»u^3 ^Att ^ e./.e'^fTi 




Abb. 189. Khalih, Mar Sovo : Profile. 



The Churches and Monasteries of the Ti'r Abdix. 



253 




Abb. 190. Khakh, Mar Sovo: 

Nordwand des Haiiptschififes 

von Osten gesehen. 



\hb. 191. Khakh, Mar Sovo, 
Tür der Südseite (außen). 



254 



Die altchhtstliche Baukunst von Nordmesopotamiex. 




Abb. 192. Kbiikli, Mar sovo: Nordecke der Apsi 




Abb. 1H3. Khakli, Miir Sovo: cicwolbe hinlii dir Aps 



The Churcuks and Moxast?:ries of the Tur Ardin. 



255 




were then put in, diminish tlie width of the nave by 3,80 metres, leaving only a space of 
7,30 metres to be spanned. There is nothing to show that an arcade on either side of the 
nave existed in the early plan; on the contrary, if it had once existed, why was it not restored 
as it stood instead of putting in piers that blocked the S. doors? But if there were no arcades, 
the nave was 11,10 metres wide. That implies a vault with a very large span, larger than 
any in the Tur Abdin where the widest vault known to me is that of Mar Gabriel, 10,70 
metres. Moreovor in Mar Gabriel the walls were much thicker than in Mar Sovo. I am in- 
clined to Ijelieve tliat the original church at Khakh was not vaulted. 




Abb. 195. Khakh, Jlav ."^ovo: Hofapsis. 



256 



Die altcheistluhe Baukunst vox Nordmesopotamies. 



To the S. of Mar Sovo there is an atrium now filled with ruins. It contains an exedra 
in the E. waU. In the interior of the exedra here are memorial inscriptions of the 12th and 
13th centuries, and the usual cross in relief is cut on the semi-dome (Abb. 195). The mould- 
ings are good, but not as good as those of the church; they look like careful copies rather 
than contemporary work (see sections Fig. 189). 




Abb. 196. Miilyat, Mar Philo.'ienos: Grundriß. 



To the E. of the apse there is a tower. High up on its W. face I saw a much worn 
inscription in a label and probably if it were legible it would give the date of the building, 
but the mouldings are decisive proof that it belongs to a later period than the church. I know 
of no early towers connected with churches in the Tur Abdin. There is a cusped arch over 
the niche in the W. wall of the tower which should be compared with the cusped arch over 
the S. door of Mar Philoxenos. 

The plan which I give of Mar Philoxeuos (Abb. 196) shows the whole complex of build- 
ings on the site, but the only part which is ancient is the much ruined church to the N. 
The apse and the S. wall of the nave are standing (Abb. 197). I do not believe that the 
arcade against the S. wall belongs to the original plan for it blocks the windows in the upper 
part of the wall (Abb. 198). There are good cyma capitals upon the piers (Abb. 199). The N. 
wall has certainly been rebuilt and the arcade does not exactly correspond with the arcade of 
the S. wall. The N. aisle is completely ruined ; without excavation it would be impossible to tell 
whether it is a late addition or no. The doors leading from the nave into the S. aisle have good 



The Churciiks and Monastkkies of the Tir Abdix. 



257 




1. iï<o. -Midyat, Mar Philoxfiios: Außenansicht der Südseite. 



258 



Die ALTiHKi?TLu hk Bavkixst vox Nordmesopotamiex. 




Alib^ I'.i'.i. Miiiyat, Mar Philoxuuos: Kapitell. 



the addition of the W. porch hatched in the plan. 



mouldings on the S. side, but they are difficult 
to see because the aisle is exceedingly dark. 
Besides the mouldings , the central door 
has brackets set on either side of the lintel, 
a motive common in Syria but unknown 
to me elsewhere in the Tur Abdin. Except 
for the wall containing these doors, all the 
S. aisle is late; so are the chajjel to the E. 
of it and the buildings 8. of that chapel. 
Part of the old cornice still crowns the S. 
wall of the nave. The S. door into the aisle 
with the cusped arch over the porch is not 
part of the old work. Little can be made 
of this church until it is cleared out. I 
cannot even be sure that I have got the 
plan of the apse correctly; there was, how- 
ever, certainlv a chamber behind it. 



EL ADRA AT KHAKH. 

The crowning glory of the Tur Abdin is 
the church dedicated to the Virgin at Khakli^ 
(Abb. 200). Till two years ago it had stood ab- 
solutely untouched and unaltered except for 
The interior is still as the first builders left 



it, but a thrice accursed iiriest conceived the idea of replacing the original roof with a dome. 




Abt>. 200. Kakh, el-Hadra: Gesamtansicht. 



The old roof was perfectly good and never let in a drop of rain, so the village priest, who 
was bitterly against the alteration, told me; the present dome leaks, and unless some further 



• Tliere is a sketch plan in Parry, op. cit., p. :^38, where, too, tlie legend-; connecteil witli the foundation may 
be found. 



Thk Churches and Monasteries of the Tur Abdin. 



259 




Klmkh, ^■^ Ha.lr, 



repairs are carried out shortly the church will sufter. The new work (Abb. 201) is easily to 
be distinguished from the old. There had been, said the priest, a tiled pointed roof cover- 
ing the interior dome; 
this was removed and 
replaced by a round 
stone exterior dome. It 
is quite clear that 
above the row of ar- 
ched niches under the 
dome there was a small 
octagonal tower, the 
base of which still 
remains. From the 
tower rose the pointed 
roof of which the priest 
spoke ; it was probably 
built with eight ridges 
converging towards a 
much flattened apex. 
From the foot of the 
niches a tiled roof had 
sloped down to a cor- 
nice which can still be 
seen, borne by pilasters 
with Corinthian capi- 
tals ; but the wall has 
been raised above the 
cornice and the sloping 
roof is now of stone. 
The niches are flanked 
by small columns with 

Corinthian capitals 
Avhich again carry hor- 
se-shoed arches. Very 
shallow pilasters with 
uncut Corinthian capi- 
tals are set along the 
N. and S. walls, four 
on either side ; the W. 
wall is concealed by 
the modern porch ; 
there are no pilasters 
on the E. wall except 
at the corners (Abb. 
202). Above the pi- 
lasters is a cornice. 
The W. porch is a 

clumsy addition to the old wnrk and the W. door into the nave is modern, though it must 
occupy exactly the same space as that which was occupied by the old door. The ends of 




260 



Die altchüistluhe ];ai"kcxst vox Xhhiime^ 




ganir vom Xarlbo 



the nartliex, when 

I was at Khakh, 

were just filled with 

heaps of chalk for 
whitewash, which 

had, alas, been plen- 
tifully bedaubed 

over the iuterior, 

blurriug the exqui- 
site mouldings. T 

observed a blocked 

door at the N. end 

of the narthex, but 

none at the S. There 

is a semi- dome at 

either end of the 

barrel vault. The 

vault itself is divided 

by two stone rib- 

bmg arches into 

three compartments 

composed of bricks 

set in squares and 

bordered with the ai>i.. 203. Khaki, .. h.],,: ihuipt. 

usual pattern of semi-circular tiles. Three doors lead into the nave; each is surrounded by fine Ijold 

mouldings, but the central door is the most elaborately treated (Abb. 203 and 205). The mouldings 

of lintel and jamb are beautifully decorated with palm- 
ette, bead and reel and rinceaux. On either side of the 
door stand round columns carrying uncut Corinthian ca- 
pitals with garlands hung over the corners. Above the 
columns and over the lintel of the door is laid an en- 
tablature decorated with rinceaux and dentils. A cornice 
decorated with two rows of dentils runs round the top of 
the wall under the vault; it can be seen in Fig. 203 to- 
gether with the beginning of the vault. 

The central part of the nave (Abb. 204) is covered 
with a dome, semi-domes lying to N. and S. of it and 
another over the apse to the E. The scjuare inscribed 
by the four horse-shoed arches, to N., S., E. and W. (the 
W. arch is over the narthex door) is turned into an 
octagon by means of squinches (Taf. XXIII.)* No attempt 
was made to change this octagon into a circle, for the dome 
itself is octagonal not circular (Abb. 206). The angles are 

lost in the upper part and the top appears to the eye almost like on ordinary dome, though on 
close observation I came to the conclusion that the octagonal shape is in reality preserved almost 

to summit. Between the squinches are small oblong windows; a dentil moulding runs continu- 
ously round the horse-shoe of the squinches and the rectangle of the windows, and the same 

moulding is set at the base of the octagonal dome. The four arches are worked with rinceaux, 
' It is an eight-sided Klosterkuppel. 




M. 



10 



o 



1 I I I I I I 

Abb. 204. Khakh, el Hadra: Grundriß. 



The CnuECHEf' axd Monasteries of the Tir Abdi.x. 



2G1 




Aliii. 205. Khakh, cl Hatlra: naui.teingaiiï vom Nartbcx in ûvn Na 



that over the apse having 
a richer decoration than 
the others. Tlie arches 
spring from garlanded Corin- 
thian capitals (Taf. XXIII. 
2 — 4); below the acanthus 
leaves there is a band of 
woven entrelac. A mould- 
ing on the level of the top 
of these capitals passes over 
the W. door and under the 
semi-domes. It is worked 
with palmettes, bead and reel 
and a band of interslung 
circles with a diamond shap- 
ed motive along the centre 
where the circles intersect 
(Abb. 207). In the original 
plan the arch over the en- 
trance of the apse bad been 
left open , but it is now 
blocked by a stone screen 
tilling the whole arch and 
pierced by a door — a ves- 
tige of it can be seen 



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Aljl.. Sou. Kliakb, el Hadra: Kuppel, Südseite. 



•2&1 DiK AI.TCHRIS^TLKHE jBaUKTNPT VOX XoKDME^OrOTAJIIEX. 

in the left baud bottom corner of Fig. 206. The apse is thus concealed, which is nmch to be 
regretted as it is extremely beautiful. It is set round with six columns carrying four small 
horse-shoe arches (Taf. XXIII, 2). Between the columns are five niches each furnished with a 
stone seat and covered by a tiny shell shaped semi-dome. (I must apologise for the bad photo- 
graphs of the apse. The difficulty of photographing in a space extremely exiguous and blocked 
by the altar was almost insurmountable.) The capitals are some of the most singular with 
which 1 am acquainted. They give the effect of an acanthus capital, but when you observe them 
more closelv, you find that they are composed entirely of cords and tassels. The arches are 
decorated wùth dentils and an interwoven band ; above them is the moulding that runs round 
the base of the semi-dome. The two columns standing immediately to the E. of the doors 
leading into the side sanctuaries be.ir acanthus capitals. Each of the two small sanctuaries to 
N. and S. of the apse contains an altar. 

It would be <lifficult to overestimate the importance of this church in the history of 
architecture. It is probably the earliest example that still exists of the tj-pe called by Strzy- 

(iowsKi the Kuppel- 
querschitf, which is, 
as he points out, the 
prototype of Sta. So- 
phia, Constantinople.' 
Its almost perfect i)re- 
servation gives it an 
inestimable value and 
the setting of the dome 
is of the highest inter- 
est. I may say wi- 
thout hesitation that 
the Persian system of 
squinchcs would be 
predicted here by every 
one who is acquainted 
with Oriental architec- 
ture. Whether the dome be ancient or mediaeval, scarcely any other method of setting it on the 
square is known in the Mosul and Diarbekr districts, though I have seen in the churches E. 
of Mosul a few mediaeval examples of small domes set on a straight corbel across the angle 
of the square substructure. But the arched Tromp, the squinch, is by far the most frequent 
device employed. Whenever and wherever it appears strong Oriental influence may be assumed.^ 
The church of El Adra contains a copy of the Gospels (modern) in an interesting old 
silver binding which represents the descent into Hades. 




Abb. 207. Khabk, el-Hailni: Gesims un lev tier Xordapsis. 



3. ZUSAMMENFASSUNG. 

Die Funde von Miß Bell in Djebel Tur Abdin bestätigen m. E. viele von dun Annahmen, 
die ich oben auf Grund eines völlig unzulänglichen Materials machen zu müssen glaubte, um 
das Interesse der Fachgenossen für ein Gebiet wachzurufen, das an der Entwickelung der christ- 
lichen Kunst von allem Anfang an tiefgreifend teilgenommen hat. 

' Byzantinische Denkmäler III, ji. XVI. 

'^ I have given other examples of domes set on corbels anil squinches in a book on the 'Ihousaiul and one 
churches of the Kara Da^'h, written in collaboration with Sir W. Ramsay. 



ZUSAMMEXFASSrXG 



263 



Zunächst bestätigen die Grüudungssagen der einzelnen Klöster die engen Beziehungen 
zu Ägypten, auf die ich schon vom Ornament aus geschlossen habe, und zwar müßte ein Aus- 
tausch in dem Sinne stattgefunden haben, daß vom Zweistromlande das, was die ägyptischen 
Mönche an klösterlichen Institutionen nach Nordmesopotamien brachten, zurückgegeben wurde 
in Werten der bildenden Kunst. Ich schließe auf dieses Verhältnis mehr aus meinen in 
Ägypten gesammelten Erfahrungen, als auf Grund des neuen mesopotamischen Materials. Das 
gilt sowohl für die frühkoptische Kunst', wie für das 9. und 10. Jahrhundert, wo die Tulu- 
niden ihre Kunst aus Samarra-Bagdad bezogen, der Vorstand des syrischen Klosters an 
den Natronseen aber seine Handwerker aus der Gegend von Nisibis herüberbrachte. - 




Abb. 203. .Ueppo, Kuppcldetail. 

Es sei hier nebenbei darauf aufmerksam gemacht, daß der Befund des Kunsthistorikers, 
wonach die Klosterkunst von Mesopotamien und Syrien nach Ägypten gegangen ist, vielleicht 
für die ganze Entwicklung des Klosterwesens ein Fingerzeig sein kann. Wir sind gewöhnt, 
Ägypten als die Wiege des Mönchtums anzusehen. Er fragt sich, ob das richtig ist. Cumont 
hat kürzlich auf die zwischen Buddhismus und Christeutum vermittelnde Rolle der Manichäer 
hingewiesen. ä Wer einen Einblick in das der christlichen Bewegung vorausgehende buddhistische 
Wesen dieser Art bekommen will, der lese Grüxwedels Bericht über die Ergebnisse der dritten 
Turfan-Expedition.* Er wird geneigt sein, mit diesen Höhlen von Chinesisch-Turkestan zu 
vergleichen, was bis jetzt im Höhlengebiete Kleinasiens erforscht ist.'^ Es seheint sich um eine 
allgemein asiatische Kulturerscheinung zu handeln, die den Anlaß zur Entwicklung des Mönch- 
wesens gegeben hat und von Mesopotamien und Syrien aus auch nach Ägypten übergegriffen hat. 
Wie sehr die Kultur der Osrhoene von Alters her für die neue Bewegung vorbereitet war, wird 
im Anhange anzudeuten sein. 

• Vgl. die Einleitung zu meiner Koptischen Kunst. — - Orieiis christ. I (1901), 356 f. 

^ La propagation du manichéisme dans l'empire romain. Revue d'hist. et de litt, religieuses 11109. 

" Zeitschrift für Ethnologie 1909, S. 891. — ^ Rott, Kleinasiatische Denkmäler passim. 



264 



DiK ALTCHIUSTLICHE B.vrKUNST VON Xi iKDME?OP(tTAMIEX. 



Die Frage des ^'el•hältuisse!f zwischen Ägypten und Nordmesopotamien spitzt sich zu, so- 
bald man nicht so sehr an die Dekoration als an Konstruktionen und Baut3'pen denkt. Die 
von dem erwähnten Abt des sketischen Syrerklosters, Moses von Nisibis , mit Holztüren und 
Stuckarbeiten geschmückte Hadra-Kirche am Rande des Nildeltas zeigt dieselbe Konstruktion 
des Querschiftes aus einer vollen Kuppel mit zwei angelegten Halbkuppeln' wie die Hadrakirche 
von Kbakh. Aber dieser Aufbau kommt auch schon im Sclienutekloster bei Sohag in Ober- 
ägypten im 5. Jahrhundert vor- und ähnlich im benachbarten roten Kloster. Ebenso wahr- 
scheinlich einst auch im Deir Abu 
Hennis bei Antinoë. Ähnlich 
steht es um die Anordnung von 
Muschelnischen mit Säulen in der 
Hauptapsis. Der Typus ist von 
Syrien aus in Ägypten angeregt^, 
es läßt sich aber heute noch nicht 
sagen, ob die Hadrakirche von 
Khakh darin einer lokalen Tradi- 
tion folgt oder das Motiv auf dem 
Umwege über Ägypten erhält. 
Ich glaube, daß Asien der ge- 
bende Teil ist. 

Die wichtigste Bestätigung 
bringt die Tur Abdin-Gruppe in 
der Frage nach der von mir für 
Persien in Anspruch genommenen 
Einführung der Trompenkuppel. 
Ich habe darüber bereits gehan- 
delt, bevor ich die Funde von Miß 
Bell kennen lernte.* Trotzdem 
^vurde dieser Abschnitt über die 
nestorianische Doppelkirche oben 
S. 177 unverändert abgedruckt, 
obwohl ich ihn aus dem neuen 
Material hätte ergänzen können. 
Es freut mich, daß Miß Bell 
meine Erkenntnis aus der Praxis 
bestätigen kann. Die Trompen- 
kuppel ist auch für sie unzweifel- 
haftes Kennzeichen des Persisch-Orientalischen. Die Beispiele, die ich ..Kleinasien, ein Neuland", 
S. 117 f. aus Ägypten und Kleinasien beibringen konnte, gehen meines Erachtens auf persische 
Anregungen zurück. Die neben Rom und Byzanz einzig durchschlagende Großmacht der Parther 
und Sasaniden macht sich eben auf dem Gebiete der Architektur und Dekoration frühzeitig 
bemerkbar. Die Kuppel von Mar Yuhanna (Abb. 151) gibt die einfachste in Ziegeln ausge- 
führte Art, die Kuppel der Marienkirche zu Khakh (Abb. 206) eine reichere dekorative Ausbil- 
dung. Ich bringe hier als Ergänzung des oben S. 182 Angedeuteten in zwei Abbildungen Bei- 
spiele aus Aleppo (208/9), die zeigen sollen, wie sich die Trompe im Islam weiter entwickelt 
und durch Vermehrung in Reihen von ungerader Zahl übereinander zur Stalaktite wird. Die 

' Butler, Coptic churches, pag. 3:21. — - Vgl. meine Byz. Denkmäler, III, S. XVII; Dt; Bock, .Matériaux, p. 4«. 

' Kleinasien, ein Neuland, S. 2:20 und Koptische Kunst, S. -27. 

* Zeitschrift für Gesch. d. Arch. III. S. 1 f. Vgl. Choisy, Hist, de l'architecture, I, S. 125 und II, i:i. 




Abi). 20S. Aleppo: Kuppeidctnil. 



ZrSAMMENFASSfXG. 265 

Bauten, in denen diese Aufnahmen der Miß Bell gemacht sind, stehen leider nicht fest. Viel- 
leiciit handelt es sich um die Madrasen Malik Zahir und Kamiliya.' 

Soweit der Kuppelbau. Nicht minder durchsichtig liegen die Dinge vielleicht auf dem 
Gebiete der längs- und quergerichteten Kirchen. Es fällt sehr auf, daß unter diesen Kirchen des 
Tur Abdin-Gebietes nicht eine einzige Basilika ist, eine Form, die noch am Euphrat auftritt, 
so in Resapha und Zenobia. Der dreischiflige Typus kommt nur ein einziges Mal vor, bei der 
Hadrakirche in Mar Gabriel (Abb. 154 unten). Die Kirche ist spät, Miß Bell hatte nicht den Ein- 
druck der Basilika, .sondern eher den einer aus durchlaufenden Tonnen gebildeten, d. h. degenerier- 
ten Kreuzkuppel. Ich glaube also, mit dieser .Basilika" ist nicht zu rechnen; in Mosul soll es 
von dieser Art Kirchen mehrere geben. Es bleibt dann nur die Sergius-Basilika in Resapha", 
und die zeigt so offenbar — auch in der Breite des Mittelschiffes — den Typus der syrischen 
Pfeilerkirchen von Ruweha und Kalb Luze^, daß bezüglich des Ursprungs die Frage, ob es 
sich nicht um einen syrischen Typus handelt, auftaucht. Ebenso in Zenobia-Halabiya.* 

Die typische Tur Abdin-Kirche ist der einschiffige, tonnengewölbte Saal. Miß Bell hat 
bereits oben ihre Überzeugung vom einheimischen Ursprung dieses wichtigen Typus ausgesprochen. 
Ich möchte nur hinzusetzen, daß schon das Auftauchen des Tonnengewölbes in den frühchrist- 
lichen Kirchen Kleinasiens ein Hinterland erwarten ließ, von dem aus diese „romanische" Art 
herübergewandert kam. Es entspricht meinen Erwartungen, wenn gerade in Mesopotamien der 
Schlüssel für die ganze Bewegung gefunden ist.'' In Kleinasien wird die mesopotami.sche Art 
auf die hellenistisch dreischithge Bauart übertragen. 

Der einschiffige, tonnengewölbte Saal, ob nun längs- oder quergelegt, das scheint der me- 
sopotamische Grundtypus. Die Sphäre der hellenistischen Basilika mag im wesentlichen mit 
der Euphratgrenze aufhören. Miß Bell scheint geneigt, alle Pfeilereinbauten für jüngeren Ur- 
sprunges zu halten, etwa wie in der Hauptkirche I von Binbirkilise." Dort aber war schon 
das ursprünglich über 6m breite Schiff' mit Tonnengewölben und Gurten versehen. Das möchte 
Miß Bell nur für den größten der Säle in Khakh, Mar Sovo, nicht annehmen, dagegen meint 
auch sie, daß alle übrigen Bauten, die mäßigere Spannweiten aufweisen, so .schon Mar Gabriel 
mit nur 40 cm geringerem Mauerabstand als Mar Sovo, von vornherein gewölbt waren. Mau 
kann ziemlich genau nach den Mauerstärken auf die Wölbung sehließen. In Mar Gabriel ist 
die Mauer 2 m stark, doch durch Nischen im Material entlastet; in Mar Yuhanna, wo diese 
Nischen fehlen, 1,50 m. In Mar Yakub zu Salah ist die Ostmauer, wo dieNischeu fehlen, 
1,50 m, die Westmauer, wo sie vorhanden sind, 1,72 m dick. Es fällt daher sehr auf, wenn 
in Mar Augen die Nordmauer der Kirche bei einer Spannweite von 7,10 m nur 0,80 m dick 
ist; ob daher nicht doch die i m starken Mauern von Mar Sovo eine 11,10 m breite Tonne 
getragen haben können? Nach den sasanidischen Gewölbebauten ließen sich Tonnen von jeder 
Spannweite erwarten. 

Die Apsisbildung anlangend fällt auf, daß die längsgerichteten Basiliken nur eine tiefe, 
halbrunde Nische haben, die außen geradlinig ummantelt ist. Die quergerichteten Kirchen 
Mar Gabriel, Mar Yakub und auch die Hadrakirche von Khakh haben drei Apsiden und mu- 
die mittlere halbrund. Vorwiegend ist jedenfalls die außen viereckige Apsis, eine Eigentüm- 
lichkeit, von der bereits oben S. 186 die Rede war. Auffallend ist bei den drei zuletzt genannten 
Kirchen der dichte Mauerverschluß der Apsiden bis auf eine enge Tür; bei den einschiffigen 
Sälen besorgt diesen Verschluß meist die Säulenwand. 

' VgL über die Entwicklung der Stalaktite van Berchem, Notes, p. 76 und F^UJZ-P.iscHA, Baukunst des Islam^ S. 49. 

2 Neue .Jahrbücher f. d. klass. Altertum, XV (1905), S. M. Sarbe, Monatsh. f. Kunstwiss., II, S. 100. 

3 VoGüE, pl. 68, 122. Vgl. Amra, Z. f. Gesch. d. Arch. 

* Sarre, Z. f. Erdkunde, Berlin 1909, S. 430 und Taf. S oben. 
' Vgl. mein „Kleinasien" an verschiedenen Stellen. 

« Kleinasien, S. 10 u. 13. Ramsay and Bell, The thousand and one churches, p. 41 f. 
' Nach HoLZMANX, Binliirkilise, Taf. 3. Vgl. auch Ramsay and Bell, S. 43. 
Amida. 34 



266 



Die altchristliche Bavkixst vox Nokdmesopotamlex. 









Abb. 210. Djindeirmene. Kirchenruine: Grundriß. Lanç^schnitt und Detail« 



Zusammenfassung. 



267 



Bemerkeuswert ist ferner die Anordnung des Narthex an der Südseite bei deu längs- 
gerichteten Kirchen. Nur die breitgerichteten haben ihn normal im Westen. Ist der Narthex an 
der Südseite mit einem Hof verbunden, so Hegt hier im nordmesopotamischen Kreise eigentlich 
die abendländische Klosteranordnung vor mit dem Kreuzgaug an der Südseite der Kirche. Es 
muß nun freilich einer näheren Untersuchung überlassen bleiben, ob es sich bei der Anordnung 
an der Südseite wirklich immer um einen Narthex handelt. Ich nehme die Kirche Mar Kyriakos 
in Amas (Abb. 183). Der Narthex hat hier wie in Mar Philoxenos in Midyat (Abb. 196) sechs 
Nischen auf jeder Seite. Das ist nun die älteste Art der Bildung von Refektorien, wie ich 
kürzlich' gezeigt habe. Mit diesen Nischen wird auf die Zwölfzahl der Apostel Rücksicht ge- 
nommen. Dazu kommt, daß die Anordnung von Kirche, Refektorium und Nebenräumen, wie 
sie in Arnas und Midyat vorliegt, auffallend entspricht der Zusammenstelluug derselben Räume 
im Weißen Kloster in Oberägypten. ^ Es muß der jetzt hoffentlich bald einsetzenden Forschung 
auf dem Gebiete der Klosterkunst, ihrer Bautypen und Entwicklung, überlassen bleiben, 
diesen Dingen nachzugehen. Vorläufig ist das Material zu wenig genau auf die vorgebrachten 
Gesichtspunkte hin untersucht. 

Als den eigenartigsten, 
spezifisch mesopotamischen 
Kirchentypus möchte ich die 
Bauten mit quergerichteten 
Tonnen bezeichnen. Man be- 
trachte oben Abb. KiO: Jeder 
wird aus unseren Gewohnheiten 
heraus für ausgemacht ansehen, 
hier eine Seitenansicht der 
Kirche vor sich zu haben. In 
Wirküchkeit ist es die Vorder- 
ansicht, die Arkaden sind nicht 
die eines südlichen Narthex, 
sondern die westliche Vorhalle. 

Aus demselben Grunde, 
aus dem mit Bezug auf die 
schon durch Kleinasieu geweck- 
ten Erwartungen die gewölbte 
Kirche in Mesopotamien nicht 
überraschte, nehmen wir auch das häutige Auftreten des Hufeisenbogens in der Tur Abdin- 
Gruppe als selbstverständlich hin.^ 

Die Bogen der Gewölbe sind meist rund, selten einmal etwas zugespitzt. Die Art, deu 
Bogenansatz anfangs noch aus Quadern weiterzuführen, dann erst mit dem Ziegelverbande zu 
beginnen, ist schon von den kleinasiatischen Kirchen und den sasanidisch-islamisohen Palästen* 
her bekannt. Von hohem Interesse sind die Muster der Ziegelschichtungen in den Tonnenge- 
wölben Abb. 161 und 179. Sie werden wohl sichtbar geblieben sein. Mau beachte hier wie 
bei den übrigen Beispielen von Ziegelverwendung, daß die 41X41X3 cm großen Platten zwischen 
zwei- bis dreimal dickere Mörtellagen eingebettet sind, eine Technik, von der ..Kleinasien, ein 
Neuland", S. 39/40 und Mschatta, S. 242 die Rede war. Ich komme unten noch auf sie zurück. Es 




211. DjiU'lcirmeiie, Kirclier 



Ansicht des Innern, Sanktimriumswanil. 



, Wörter und Sachen'. KuUurhist. Zeitschrift, I (190'J). S. 7ti f. 

DE. Bock, Matériau.x. p. 49. 

Vgl. , Kleinasien, ein Neuland", S. 29 f. 

VetI. auch Massignon, Gaz. des beaux-arts 1909, I, p. SO'i. 



268 



Die ALTCHRISTLICHK BaUKUXST vox NoEDME^^OrOXAMIEX. 



ist das gleiche Mauerwerk wie in Kasr ibu Wardan und Anderin. Nicht Byzauz, sondern das 
nördliche Mesopotamien bzw. Antiocheia ist in diesen ostsj'risciien Städten der gebende Teil.' 
An dieser Stelle sei als Intermezzo eine Ruine vorgeführt, deren Aufnahme mir im Augen- 
blick der Fahnenkorrektur durch die Güte Samuel Giyers zugeht. Sie wird Djindeirmene, d. h. 
Geistermühle genannt und liegt im Gebiet von Urfa-Edessa."- Ich reproduziere Abb. 210 die 
Originalskizze von Giver, weil nicht mehr Zeit ist, sie umzuzeichnen. Der Grundriß zeigt eine 
Mittelapsis von gleicher Bildung wie die Kirchen vom Typus Mar Yakub in Salah (Abb. 159). 
Nach dem Längsschnitt ist auch hier der rechteckige Raum tonnengewölbt und öffnet sich wie 




\U].. 212. f;de-5M iriiiÄlning), .liikoliskloster: Grabturm mit der biUiiïiieii Insclirifi. 

dort mit einer kleinen Tür nach einem breit vorgelagerten Hauptraum. Dieser endet an der 
Ostseite wie in jenen Kirchen mit tiefen Nischen. Sie stehen zu je dreien an den Seiten des 
mittleren Bogens mit der Sanktuariumstür. Man sieht sie in Abb. 211 über die massiven Gurt- 
bogen eines Nebenraumes weg, der seitlich neben das Hauptschiff gelegt ist. Die sieben Rund- 
nischen der Sanktuariumswand werden durch ein schweres Horizontalgesims vereinigt, das über 
dem Mittelbogen eine Stufe bildet. Darüber die Gurten eines mächtigen Tonnengewölbes. An 
dem durch die angebrachten Symbole und die griechische, einen Patriarchen Dionysios und 
einen Bischof Theodoros nennende Inschrift als christlich kenntlich gemachten Qiiaderbau fallen 
die einfachen großzügigen Profile auf, die sowohl die syrische Sackbildung, wie den mesopota- 



> Vgl. Byz. Zeitschrift, XVllI (190'J), 279 f. 

2 Auf der KiEPERTSchen Karte, Blatt Malatja, scheint sie Siirp Agop liezeiclinet. Lage: mirdlich des Euplirat, 
1'/* Stunde westlich Kesun, ca. 18 Stunden westlich Samosata und ca. M Stunden fistlich Marasch (Gi-ykr). 



ZrSAMMKNFA.SSÜNG. 



269 



mischen Wulst aufweisen. Auch die KanneHerung der Schäfte au den korinthischen Pilastern 
scheint den Bau sehr hoch in altchristhche Zeit hinaufzurücken. 

Ich möchte nun doch gleich noch ein zweites Denkmal, dieses aus der näheren Umgebung 
Edessas, hier hereinziehen, weil es ein weiterer Beleg des hohen Alters der uordmesopotamischen 
Ruinen ist; das Jakobskloster, 1^2 Stunden vor der Stadt. Ich konnte die photographischen 
Aufnahmen Abb. 212 und 213 von Victor Chapot identifizieren mit der Beschreibung von 
S.ACHAU, Reise in Syrien und Mesopotamien, S. 204 f. Wir sehen in Abb. 212 den „Grabturm", 
an dessen Fensterbank Sachau die bilingue Inschrift (griechisch und syrisch) fand. Da er sie 




213 K>lt--a iT: 



.Takob^klostcr: Detuiliiutn:ihi 



„wenigstens in das 2." nachchristliche Jahrhundert zurückdatiert und sie gewiß erst an dem 
fertigen Bau selbst augebracht wurde, so haben wir es in diesem Erzeugnis hellenistischer Em- 
pirekunst, das ein rundbogiges Fenster aufweist, mit einem Denkmal edessenischer Frühkunst 
zu tun. Sacuaü läßt es zweifelhaft, ob der Grabturm vielleicht älter ist als das übrige 
Kloster, von dessen Bauart Abb. 213 eine Vorstellung gibt. Das Tonnengewölbe aus Quadern 
ist dafür bezeichnend. Man wird sich nach diesen Parallelen und unter Berücksichtigung von 
Baumstark, Oriens christ. 1904, S. 164 f., vielleiclit eher für die Zeit gewinnen lassen, in die ich 
die ältesten christlichen Reste von Amida setze. 

Die wichtigste Bestätigung für meine oben im Vergleichswege gewonnenen Resultate 
bringen die BELLschen Funde im Hinblick auf die Datierung. Die Inschriften stammen aus den 
Jahren 1493, aus dem 14., 13., 12., 11., 10. Jahrhundert, vom Jahre 934 ist eine Nische 
in Mar Azaziel von Kefr Zeh datiert. Aus dem 8. Jahrhundert stammt der Säulenverschluß 
der Kyriakos-Kirche in Arnas (Abb. 185). Da dessen Ornamente fast rein geometrisch sind 



270 Die ai.tchristluhk Bavkinst vox XoiinMKsDrnTAMiEN. 

— wie in den gleichzeitigen syrischen Handschriften — so müssen die iieilenistischen Orna- 
mente am Bogen darüber, die den typischen Formenschatz der Tur Abdin-Bauten ausmachen, 
um Jahrhunderte älter sein. Damit kommen wir auf die Zeit des Arkadius und Anastasius, die 
in diesen Klöstern von den Mönchen genannt werden und in die Gründungszeit, als Eugenios, 
ein Schüler des hl. Antonius, aus Ägypten gekommen sein soll und das erste Kloster gründete. 
Miß Bell hatte den Eindruck, daß die Klöster und Kirchen in der Hauptsache den altchrist- 
lichen Tvpus dieser Frühzeit in einem unerwartet geschlossenen Bilde erhalten zeigen. 

Es kann unter diesen Umständen nicht verwundern, wenn die wenigen im Tur Abdin- 
Gebiete erhaltenen Kapitelle noch durchaus im hellenistischen Fahrwasser gehen. Wie in Amida 
herrscht auch dort das korinthische Kapitell. Es ist wichtig zu konstatieren, daß nicht eine 
Spur des persisch-byzantinischen Kämpferkapitells am oberen Tigris zu finden ist\ jenes Ka- 
pitells, von dem ich ein charakteristisches Beispiel aus Edessa beibringen konnte.^ Diese 
Kapitelle müssen also mit Umgehung des nordmesopotaraischen Städtedreiecks nach dem Nord- 
westen Vorderasiens und ßyzanz gelaugt sein. 

Typisch für fast alle Tur Abdin-Kapitelle sind die unter den oberen Ecken durchge- 
zogenen Girlanden. Wir haben es also in Amida nicht mit einer spezifisch lokalen, sondern 
einer am oberen Tigris — vielleicht von Amida aus — aligemein verbreiteten Form zu tun. 
Besondere Erwähnung verdient das Pilasterkapitell am Südende des Apsisbogens von Mar 
Azaziel in Kefr Zeh (Abb. 177). Dort ist unten zwischen Akanthus und Pfeilerprofil ein dicker 
Wulst geschoben, geschmückt mit dreistreifigem Bandornament. Ein ähnliches Kapitell beschreibt 
Miß Bell am Apsisbogen in Mar Augen (Abb. 145). Ich suche seit .Jahren ein Ausstrahlungszen- 
trum für diese bei den Armeniern und insbesondere bei ihrem Partriarchen Nerses III. (640 — 661) 
gern verwendete Form^ und glaube es nun in dem südlich an Armenien grenzenden Gebiete gefunden 
zu haben. Es handelt sich dabei eben gerade um den mit dreistreifigen Flechtbändern ver- 
zierten Wulst oder „Korb". Ein solches Flechtband findet sich — zweistreifig — auch an den 
Altarkapitellen der SO-Kapelle von Mar Augen (Abb, 145), darüber stehende Eier(?). Ich glaube 
nicht, daß dieses Kapitell .from the earliest building" herrührt, sondern würde es nach der 
Härte der Arbeit frühestens ins 8. ,'9. Jahrhundert setzen. 

Es soll hier nicht unerwähnt bleiben, daß das Bandgeflecht im Tur Abdin- Gebiete 
nicht zum ersten Male im späthellenistischen Architekturornament auftaucht. Es ist immer 
auch schon am Rundtempel des Diokletianpalastes in Spalato sehr vermerkt worden. Die Be- 
lege aus Nordmesopotamien bestätigen nur aufs neue, daß der Palast die Schöpfung eines Bau- 
meisters bzw. von Bauleuten ist, die über Antiochia herüberkamen aus Nordsyrien oder ]\Ie- 
sopotamien. Welche Bedeutung das geometrische Flechtband in Mesopotamien behielt, dafür 
ist der Minbar von Kairuan, entstanden ca. 856 7 in Bagdad, der klassische Beleg, ähnlich das 
Ornament armenischer Kirchen. 

Eine besondere Erwähnung verdient das Kapitell Abb, 172 und 199, das .Miß Bell .cyma 
capital" nennt. Es zeigt die beliebte „syrische" Profilierung einfach auf das Kapitell übertragen 
und liefert damit den besten Beleg für die Beliebtheit der glatten Profilierung an sich in Nord- 
mesopotamien. Miß Bell hat denn auch die große Bedeutung dieses Licht- und Schatten- 
motivs für die Kunst Vorderasiens längst erkannt und sammelt auf allen ihren Reisen das ein- 
schlägige Material. Ich werde der Sache unten ein eigenes Kapitel zu widmen haben. Hier 
sei nur das für die Tur AbdiuGruppe Bemerkenswerte zusammengestellt. Das Sackkyma kommt 
überall als Abschluß vertikaler Wände am Äußeren vor, bildet also die genaue Parallele zur ägyp- 
tischen Hohlkehle, die man als Atjschluß der Mauern des Schenuteklosters bei Sohag ange- 

' Ich bin begierig auf das Kapitell, das S.\rre in Suriya sali. Z. f. Erdkunde, Berlin IdUit. S. 4-J7. 
2 Kleinasien, S. 11!), Mschatta, S. ^56. 

' Byz. Denkmäler, I, S, 10 u. Ter Movsesian. Fouilles de l'église de St, Grégoire près d'Etschmiadsine, Bull, 
de la eomm. Imp. archéol. VII (190.3). Vgl. auch Marb, Ausgrabungen und Arbeiten in Ani (russ.), St. Petersb. 1907. 



Zusammenfassung. 



271 



bracht sieht.' Höchst befremdlich ist eine Ansicht wie Abb. 166 — 169 von Mar Yakub in Salah. 
Das Kyma ist hier völlig ungriechisch, dafür aber echt mesopotamisch als fortlaufendes Band 
behandelt. Ich möchte schon an dieser Stelle das Nachdenken über die Frage anregen, ist das 
die lokale Umbildung eines griechischen Motivs, oder ist die Profilierung selbst, zugleich mit 
dieser bandartigen Verwendung, spezifisch mesopotamisches Gut? 

Es dürfte hier der Ort sein, ein wichtiges Bauwerk Nordmesopotamiens vorzuführen, von 
dem ich leider nicht mehr als Photographien von Baron von Oppenheim und Victor Chapot 
besitze. Ich gebe (Al)b. 214) die Aufnahme Oppenheims, der den Bau auf der Photo- 
graphie selbst einfach „Nizib, alte Kirche" bezeichnet. Chapot nennt sie „Eglise arménienne 
de Nizib entre Killis et Biredjik". Es handelt sich also nicht um das alte, berühmte Nisibis- 
im Tigrisgebiete südlich vom Tur Abdin, sondern um einen Ort westlich von Edessa, nahe 




Abij. 2U. Nizib, Alte Kirche. 

dem Euphrat. In seinem Reisebericht nennt Legationsrat von Oppenheim^ die Kirche eine 
ausgezeichnet erhaltene Basilika.' Nach der Abbildung hat sie ein Querschiff und reiche 
Chorbildung. Ich füge sie gerade hier ein wegen der alle Dächer entlang laufenden, tiefschat- 
tenden Öackprofile, die, wie am Tigris, die Wände oben abschließen. Auch das als Fensterbank 
um die Apsiden laufende Profil wolle beachtet werden. 

Ich kehre nun wieder zurück zur Tur Abdin-Gruppe, Die Fensterkrönung Abb. 165 an der 
Jakobskirche von Salah gibt ein in der Entwickelung der Tempelfassade bedeutungsvolles Motiv.* 
Es kehrt wieder an den pyramidal zusammengeiirdneten drei Fenstern der Westfassade von 
Kefr Zeil (Abb. 180/81). 

In reichen Türprofilierungen wie Abb. 162 stehen die mannigfachsten Licht- und Schatten- 
flächen nebeneinander: Sackkyma, Hohlkehle, Stab, Flachwulst, Viertelwulst u. s. f. Es ist 
vielleicht hervorzuheben, daß die alten Profile aus zwei horizontalen Steinschichten übereinander 
bestehen, die jüngeren dagegen monolith gearbeitet sind (Abb. 189). Über den wechselnden 
Steinschnitt der Türstürze und über die runden und scheitrechten Entlastungsbogen wird unten 

' DE Bock, Matériaux, p. 3y f. 

'" Mau lese, was Sachau, Reise in Syrien und Mesopotamien, S. 3'.(1 und Oppenheim, Vom Mittelmeer zum pers. 
Golf, II, S. 30 über die dortige Jakobskirche sagen. 
3 Byz. Zeitschrift, XV (lOO.i), S. 11. 

* Er bewunderte in den beiden Nebenkapellen des Chores schöne alte Fresken. 
6 Vgl. mein Spalato, ein Markstein (Studien aus Kunst umi Geschichte, Fr. Schneider gew., S. .32.5f.). 



272 Die altchkistluhe Bavkixst vox Nordme.sopotamiex. 

noch zu redeu sein. Mau beachte die besonders reiche Profilieruui; eines solchen Bogens über 
der Eingaugstür von Mar Yakub in Salali (Abb. 1G3). 

Für die Datierung kommen in erster Linie in Betracht (he ornamentierten Profile. In den 
Apsiden laufen Gesimse herum, an denen oben stereotyp eine Hohlkehle, gefüllt mit gesprengten 
Pahnetten, darunter meist ein Perlstab, auftritt (Abb. 178, 186,207). Es folgt auf einem flachen 
Wulst ein durchbrochen gearbeitetes Muster: vierarmig fortlaufende Motive oder die Wein- 
ranke, darunter in Kefr Zeh der Doppelzahnsehnitt. In Mar Kj-riakos zu Arnas aber (Abb. 186) 
sitzt in der Mitte dieses Apsisgesimses eine Rosette von so feiner Tiefendunkelarbeit, daß sie 
mir wie von Mschatta herübergebracht erscheint. Eine geradlinige zweistreitige Raute mit Kugel 
und breiter Palmette an den Enden wird durchsetzt von einer sphärischen Raute mit spitziger 
Pahnette über den Voluteuenden. In der Mitte eine Scheibe. Dieselbe Freude am freien Her- 
ausarbeiten eines zierlichen Motivs in der Jakobskirche zu Salah (Abb. 171), wo über dem Tor 
des Sanktuariums in der Südmauer das Siegeskreuz im zweistreifigen Kreis, freischwebend über 
dem Sackprofil, erscheint. Ich muß bei diesem Virtuosenstück erinnern an den Minbar von 
Kaiman, der, wie gesagt, 856/7 aus Bagdad bezogen wurde. ^ Die Art hat sich also lang erhalten. 

Von den prachtvollen und reichen Ornameutprofilen der Triumphbogen hat die Zeit nicht 
viel übrig gelassen. Ich gebe auf Tafel XXII, 3 eine Detailaufnahme von Miß Bell und 4 eine 
danach ausgeführte Vergrößerung vom Triumphbogen aus Mar Kyriakos in Arnas (Abb. 185). 
Man sieht am unteren Rande wie herabhängend jene mit den Sjiitzeu nach innen gerichteten, 
also außen in einem Linienzuge abschließenden Palmetten. Das ]\Iotiv ist in Mschatta nicht als 
unterer, sondern als oberer Abschluß, d. h. als Zinne verwendet.'- Es folgt ein glattes Flecht- 
band, dann eine Weinranke, beide hell im Tiefendunkel herausgearbeitet, dann nach zwei Stegen 
und einer Perlschnur nochmals die einwärts gerichtete Palmette, diesmal also als richtige Zinne. 
Im übrigen möchte ich daran erinnern, daß, wie in Mschatta, so auch im Tur Abdin-Gebiete 
in keinem Friese die Palmette fehlt. Sie ist das Um und Auf der persischen Ornamentik. 

Am meisten erfreulich ist vom Standpunkte dieses Buches die Auffindung des Schmuck- 
tores, das in der Marienkirche zu Khakh aus dem Narthex in das Scliifï' führt (Abb. 203/4). Es 
ist leider derart mit Tünche überschmiert, daß sich kaum noch Bestimmtes von den Einzel- 
motiven herausbringen läßt. Darauf kommt es auch für uns nicht so sehr an ; Hauptsache ist, 
daß der Türrahmen von jenem Grundmotiv umschlossen ist, aus dem sich in neunfacher Wieder- 
holung und Verdoppelung der Höhe nach die Westfassade von Dijarbekr zusammensetzt. Zu 
beiden Seiten stehen die Säulen, gearbeitet offenbar aus einheimischem Material; darüber liegt 
das verkröpfte Gebälk. Es scheint, daß hier über dem hohen Ansatz, dem Plättchen- und Rund- 
stab, ein flacher Wulst mit Bandgeflecht folgt, darüber Stäbchen, Zahnschnitt und das abschließende 
Kyma. Ich möchte glauben, daß dieses Beispiel in Khakh mehr ländlich orientalisch gegen- 
über der hellenistisch-städtischen Fassade von Dijarbekr ist. Das zeigt sich besonders auch an 
den Kapitellen mit ihren Löffelblättern und den dünnen in einen Knoten verschlungenen Gir- 
landen. Über dem verkröpften Gebälk läuft, durch eine Steinlage getrennt, auch noch das 
Kranzgesims mit Konsolen (?) hin, das in Amida den ganzen Aufbau einst wie heute abschloß. 

Es erübrigt nun noch mit einem Worte einzugehen auf die Art, wie im Tur Abdin-Ge- 
biete das Innere der Kirche mit Malereien geschmückt wurde. Die wichtigste Nachricht ist die 
über Gewölbemosaiken in der Hauptapsis von Mar Gabriel mit dem Kreuz in Weinranken auf 
Goldgrund. Dies ist meines Wissens das erste Zeugnis vom Vorkommen von Wandmosaiken 
in Mesopotamien. Über Pavimentmosaiken berichtete schon Oppenuelm.^ Es liegt ein langer 
Weg vor uns von diesen ersten Spuren bis zum Nachweise meiner Annahme, daß diese Inkru- 
stationstechnik im Zweiströmelande ihren Ausgang genommen hat. Das Motiv des Kreuzes in 
Weinrankeu entspricht durchaus den Erwartungen, die ich von Syrien aus für die älteste orien- 

' Mschatta, S. 347; Kunstchronik, XVIII (1907), S. 3S7. 

2 Mschatta, S. 278. — ' Byz. Zeitschrift, XIV (HtOT)). Taf. IV. 



Zusammenfassung. 273 

talisch-christliclie Kunst im Anschluß an die Malereien von Amra geäußert habe.^ Darin bestärkt 
das stereotyp wiederkehrende eigenartige Kreuz, das überall, und zwar in Flachrelief, groß in 
der Apsis erscheint. Es ist das Kreuz mit langem Unterarm und seitlich ausladenden Schlingen 
an den Armenden, d. h. das Kreuz, das Chosroës vom Golgathafels in Jerusalem entführte und 
das Heraklius wieder zurückbrachte.^ Ein Kreuz sieht man auch gemalt inmitten der leider 
stark zerstörten Lunette über der Prachttür von Mar Yakub in Salah (Abb. 163). Diese Art der 
Türausstattung kennen wir bereits aus Bawit (oben S. 153 f.). Hier handelt es sich um Pal- 
mettenarabesken, die oben eine Außenwand bilden und sich unten nach dem Kreuzfuße zu 
ausbreiten. Das könnte eine Weiterbildung der ikonoklastischen Fußranke sein. Die alten 
Kreuze in den Apsiden entbehren dieses Zusatzes. Will man sich von der Ausstattung der 
eigentlich orientalischen Kirchen zu der Zeit, wo die hergebrachte dekorativ-symbolische Aus- 
stattung (die später die Bilderstürmer wieder aufnahmen) bedrängt wurde vom historisch-figür- 
lichen Zyklus, so lese man, was der heilige Nilus, der Mönch im Sinaikloster war, in den 
ersten Jahren des 5. Jahrb. an den Präfekten ('PëTrapxoç) Olympiodoros schrieb^: 

„Im Begriffe, einen großen Tempel zu Ehren der heiligen Märtyrer zu errichten, fragst 
du mich, ob es angemessen und passend sei, einmal ihre eigenen Bildnisse in (durch) Darstel- 
lungen der Leidenskämpfe und Mühen, womit sie in Todesschweiß ihr Christentum bezeugten, in 
der Sakristei (iepareiov) anzubringen , und zweitens mit aller Art von Tierjagd die Wände zu 
füllen, sowohl die zur Rechten wie die zur Linken, also daß man auf dem Lande au.sgespannte 
Fangnetze erblicke, ferner Hasen, Rehe und weitere Tiere auf der Flucht begriffen, endlich die, 
die sie erjagen wollen und sie atemlos mit ihren Hunden hetzen ; im Meere aber Netze heraijgelassen, 
dann voll von jeder Art von Fischen, dann aufs Trockene von Fischerhänden gezogen ; ferner (ob 
es augemessen sei) jede Art von Stuckverzierung (-fuiiJOTTXaoiaç) anzubringen, um sie im Gotteshause 
als Augenweide erscheinen zu lassen, und mehr noch (ob es angemessen sei) in dem gemein- 
samen (allen, den Laien, zugänglichen) Räume tausend Kreuze anzubringen und Schildereien 
von fliegenden, gehenden, kriechenden Tieren und jeglicher Art Pflanzen. Ich kann auf diese 
Mitteilung nur erwidern, daß nur ein Kind, nur ein Säugling mit all dem Vorgenannten das Auge 
der Gläubigen wird in die Irre führen wollen. Einem männlich gefestigten Denken steht es 
an, in der Sakristei, im Osten des Gotteshauses, einzig und allein ein Kreuz anbringen — denn 
in dem einen Heilskreuze wird das Menschengeschlecht gerettet und den Verzweifelten all- 
überall Hoffnung verkündet — , mit Schilderungen aus dem Alten und Neuen Testamente aber 
auf beiden Seiten den heiligen Tempel von der Hand des trefflichsten Malers schmücken zu 
lassen, damit die der Schrift Unkundigen, so die heiligen Schriften nicht lesen können, durch 
den Anblick der Malerei Kunde gewinnen von den Tugendvätern, die recht dem wahren Gott 
gedient, und also erweckt zum Wettkampf in den höheren, hochgepriesenen Heldentaten werden, 
durch welche (jene) den Himmel gegen die Erde eintauschten (es ist èvtiWdSavTO statt anriW. 
zu lesen), da sie höher, was sie nicht sahen, denn was sie sahen, schätzten. In dem allge- 
meinen Räume aber, der durch viele und verschiedene Kapellen (okiaKoiç) gegliedert ist, werde 
jede Kapeile mit der Anbringung eines hehren Kreuzes abgefunden. Was darülier hinausgeht, 
muß man nach meiner Ansicht lassen." 

Ich weiß selir wohl, daß Serrttys auf das Zeugnis des Patriarchen Nikephoros hin diese 
Briefstelle f(h' eine ikonoklastische Fälschung ansieht.' Mir als Nichtfachraann in philologischen 
Dingen erscheint die Sache nicht überzeugend, vielmehr muß ich, der Kunsthistoriker, feststellen, 
daß der Brief des Nilus den für den Anfang des 5. Jahrh. nachweisbaren Tatsachen durchaus 
entspricht. 

' Z. f. bilil. Kunst. X. F. XVIII, S. L'IG. 

■ Vgl. Byz. Denkmäler I, 1-20 f. und Grüneisen nach Byz. Zeitschrift XVI, 384. 

^ MifiNE. Patrol. Graeca 79, p. 577. Nil. ep. V, 61. Ich verdanke die Übersetzung Bruno Keil. 

" Vgl. Millet, Bull, de corr. hell., XXXIV, p. 98 f. 



274 Die altihristlk-he Baikuxst vox NoRnME^^opoTAMIE.^^ 

i. MESOPOTAMIEN UND DAS ABENDLAND. 

Im Schlußabschnitte meines Buches , Kleinasien, ein Neuland der Kunstgeschichte" 
(S. 206/7) habe ich den Ursprung der romanischen Kunst des Abendlandes u. a. darauf zurück- 
zuführen gesucht, daß ihre orientalischen Formen schon in der Zeit, in der sie im Oriente 
selbst lebendig waren — ich hatte damals im besonderen Ägypten, Syrien und Kleiuasien im 
Auge — , sich auch im Abeudlande einbürgerten und so in der Heimat des Romanischen Über- 
lieferung wurde, lange bevor durch flüchtende Bilderstürmer, Kreuzfahrer und ähnliche Vermittler 




lunenunsicht 



Nachschübe stattfanden. Ich suchte damals schon einige der alten Wege aufzuweisen und 
hatte insbesondere die Städte Ravenna, Mailand und Marseille dafür herausgehoben. In zweiter 
Linie betonte ich die Bedeutung der Klostertradition. In einem Aufsatze über die Schicksale 
des Hellenismus in der bildenden Kunst^ habe ich dann zum erstenmal auf Grund einer Auf- 
nahme Chapots nach der Sergios-Basilika in Resapha auch Nordmesopotamien in den Kreis 
dieser Untersuchungen gezogen. Der Bau ist inzwischen von Sarre genauer aufgenommen 
worden.^ Ich wiederhole hier nochmals die gute Aufnahme von Chapot (Abb. 215). Wir sehen 
drei Bogen von ca. 6,5 m Spannweite durch Pfeiler mit stark vortretenden Pilastern getragen. 
In diese großen Bogen sind zwei auf drei Säulen ruhende Archivolten eingestellt. Ich nahm 
an, diese ganze Architektur sei einheitlich entstanden, Sarre dagegen meint, die Archivolten 
wären erst bei einem Umbau in die Bogen eingestellt worden. Er datiert die ursprüngliche 
Pfeilerkirche in die Zeit des Anastasios (491 — 518), den Einbau der Säulen ins 6. bis 7. Jahrb. 
Der Fall verliert dadurch nicht an Interesse. Ich machte seinerzeit darauf aufmerksam, 
daß der massive orientalische Bau mit dem bezeichnenden Stützenwechsel von Pfeiler und Säule 
einen Typus vertrete, der mit dem hellenistisch-römischen Kirchenbaue nichts zu tun habe, 
dagegen als eine nahe Parallele für die mittelalterliche Kirche des Abendlandes gelten könne. 
Die Untersuchung von Sarre führt etwas weiter. Sie zeigt einen der verschiedenen Wege für 

' Jahrbücher f. tl. kla.ss. Altertum, XV, S. 31. — ^ MonatsheOe f. Kiinstwiss. 19ü9. S. Kllif. 



Mesopotamien txd das Abendland. 



275 



das Aufkommen des Stützenwechsels. Dieser Weg wäre ein ähnlicher wie der des Aufkom- 
mens der doppelten Chöre. Die Kirchen, die zuerst die Apsis im Westen hatten, erhielten beim 
Durchgreifen der kleinasiatischen Art eine zweite Apsis im Osten.' Ähnlich wurden in Kirchen 
mit großen Bogenspannungen — ich nenne als unveränderte Beispiele die syrischen Kirchen in 
Ruweha und Kalb Luze- — Säulenwände eingebaut, wodurch sich dann der Stützenwechsel 
von selbst ergab. Man vergleiche mit dem angeblich durch Umbau entstandenen mesopota- 
mischen Stützenwechsel Abb. 215, den von vornherein vorgesehenen Wechsel von Pfeiler und 
Säule in der kleinasiatischen Kirche von Khodja-Kalesi.^ — Ich glaube nicht, daß Mesopo- 
tamien gerade in der Frage nach den Aufkommen des Stützenwechsels eine entscheidende 
Rolle spielen wird, sicher entscheidend aber ist 
sein Eingreifen gewesen im Gebiete der Umliildung 
der hellenistisch- römischen, d. h. flachgedeckten 
Basilika, in die gewölbte ..romanische". Wie die 
Wege von Mesopotamien nach Gallien liefen, das 
ist vorläufig nicht zu sagen. Ein Weg war jeden- 
falls der von Stadt zu Stadt über das zentrale 
Kleinasien nach dem Pontos. Von dort könnten 
die Goten den Typus mitgenommen haben nach 
dem Westen. Das scheint mir eine der Hauptadern 
gewesen zu sein, durch die Kunstformen von Ost 
nach West gelangten. In meinem Buche über 
Kleinasien habe ich daran noch nicht gedacht. 
Erst der Streit um die Herkunft des Theodorichs- 
grabes brachte mich dazu, Vermutungen öffent- 
lich auszusprechen*, die zuerst im Kolleg auf- 
getaucht waren. Der Nachweis wird noch sehr 
viel Arbeit erfordern, vor allem muß die Erforschung 
des großen altarmenischen Kunstkreises erfolgen; 
ich habe gezeigt, wie nah sich das Grabmal des 
Theodorich mit armenischen Rundbauten berührt. Vorläufig sei hier im Anschluß an die Tur 
Abdin-Kirchen auf eine merkwürdige Analogie aufmerksam gemacht.'' 

Es war oben S. 265 die Rede von den spezifisch mesopotamischen Kirchen mit quergelegtem 
Hauptschiff. Als bestes Beispiel wurde Mar Yakub zu Salah. oben S. 236, Abb. 159, genannt. 
Diese Kirche hat wie alle vom gleichen Typus drei tiefe Apsiden, die mit Ausnahme der mitt- 
leren geradlinig abschließen. Weiter ist S. 186 gesagt worden, daß drei derart geradhnige Apsiden 
nebeneinander etwas wiederholt Vorkommendes sind, die Tur Abdin-Kirchen von Mar Gabriel, 
S. 232, bestätigten diese Konstatierung. Ich halte nun neben diese Art von Kirchen den Grund- 
riß Abb. 216, den wahrscheinlich jeder für mesopotamisch ansehen wird, da überdies sämtliche 
Räume mit Tonnen eingewülbt sind. In Wirklichkeit steht diese Kirche im spanischen Oviedo 
und ist nur einer von mehreren ähnlich eingewölbten westgotischen Bauten, wie sie kürzlich 
A. Haupt in seinem Buche „Die älteste Kunst, insbesondere die Baukunst der Germanen", 
S. 191 f. zusammengestellt hat.*^ Damit ist ein weiteres Beispiel jeuer typisch orientalischen 
Kirchenbauten aus merowingischer und karolingischer Zeit beigebracht, wie ich sie im Dome zu 




Oviedo. Santullano: 



' Kleinasien, ein Neuland, S. 216 f. 

2 VoGüE, La Syrie centrale, pl. 6S und 1-2-2. Vgl. Zeitschrin f. Gesell, d. Arch., I, S. 57 f. — ' Kleinasien, S. HO f. 

■• Zeitschr. f. Gesch. d. Architektur, I, .S. 247 u. Beil. zu Heft 12. — ^ Vgl. auch Monatshefte f. Kunstwiss. 1910, S. 1 f. 

« Vgl. meine Besprechung im Zentralblalt für kunstwiss. Literatur, 1909, S. 114 f. Dieulafoy veröffentlicht eben 
im ,Florilegium de Vogué'', Paris 1910, S. 187 ff. einen Aufsatz „Monuments asturiens de style oriental" und verspricht 
zugleich eine „Hist. gén. des arts de l'Espagne". 

35* 



276 Die altchkistliche Baukunst von Norpmesopotamien. 

Aachen und ganz unzweideutig in Germigny-ies-Prés erhalten sehe.^ Kürzlich hat Dehio dann 
auch aufmerksam gemacht* auf die Ähnhchkeit des in Wimpfen gefundenen Zentralbaues mit 
der Templerkirche Vera Cruz in Segovia und beider Abhängigkeit vom Osten. Es wäre Zeit, 
daß jemand die ganze Gruppe eingehend studierte, freilich müCste es ein frischer Geist sein, den 
weder Hochmut noch Eigenwille, noch auch Trägheit oder wissenschafthche Halbheit an herge- 
brachten Schulmeinungen festhält. 

Das wichtigste Gebiet für den Nachweis der orientahschen Voraussetzungen der ger- 
manischen Kunst ist die Ornamentik. Davon wird unten noch zu reden sein. Man wird 
auch S. 288/89 eine Bemerkung finden über den orientalischen Ursprung der „romanischen" 
Stufenportale mit eingestellten Säulen." Ich sehe bei allen diesen Hinweisen ganz ab von 
Entlehnungen durch die Kreuzfahrer.* Als Beispiel der Beziehungen, die ich für diese späte 
Zeit zwischen Mesopotamien und dem Abendlande annehme, lese man nach, was oben 8.21 7 f. 
über die toskanischen Kirchenfassaden mit mehreren Säulenreihen übereinander oder in schwarzem 
und weißem Stein gesagt wurde. 

■ Vj;l. mein ,Der Dom zu Aachen und seine Entstellung", S. 38 f. 

2 Zeitschr. f. Gesch. d. Architektur, 1 (1907), S. 45 f. Dazu meine Anzeige, Byz. Zeitscliiilt, XVII (1908), S. (i3'.t. 

ä Ferner sind zu beachten die Feststellungen, die französische Forscher wie VogCé, Covrajod u. a. gemacht 
haben. Vgl. dazu Brehier, Les origines de Tart musulman (Revue des Idées 1910). 

* Wie sehr man in Frankreich geneigt ist, gerade mit Übertragungen durch die an den Kreuzzügen beteiligten 
französischen Familien zu rechnen, das belege ein Beispiel, wobei Edessa und die Fassaden von Amida in nähere Ver- 
bindung gebracht werden mit der Fassade des Domes zu Chartres. Herr E. G. Rey hat die Güte, uns darüber zu schreiben: 

,En 109t), au moment de la première croisade, presque toutes les familles des seigneurs de la région comprise 
entre la Seine et la Loire, c'est-à-dire la Normandie, l'Île-de-France, la Beauce, le Gàtinais, le Perche, l'Anjou etc., 
étaient représentées à cette entreprise par leurs chefs ou par des cadets; unis entre eux par de nombreuses alliances, 
ils étaient, en quelque sorte, partis en famille pour la croisade. 

Le modus vivendi que je signale dans mes Colonies franques de Syrie dut bientôt s'établir à Edesse, comme 
dans les autres provinces de Syrie soumises aux Francs, et de fréquents rapports de toute nature, entre les conqué- 
rants et leurs voisins arabes, dont ils subirent aussitôt l'influence, en furent la conséquence. 

Je ne reviendrai pas ici sur les nombreux emprunts faits par les Croisés à la civilisation musulmane, dont 
la trace se fit bientôt sentir dans la mère patrie et qui se retrouvent jusque dans la décoration des édifices religieux 
élevés en France durant la première moitié du Xll' siècle, notamment à Bayeux. 

Ainsi, on est tenté de se demander, en regardant l'ornementation des colonnettes supportant les statues du 
porche royal de la cathédrale de Chartres, si les artistes qui les ont exécutées, dans la période s'étendant entre les 
années 113.5 et 11.50, ne se sont pas inspirés des souvenirs de choses déjà vues en Orient"? 

Car ces colonnettes ont reçu une ornementation peu ordinaire de dessins en relief presque tous de disposition 
géométrale. présentant une étrange analogie avec celles qu'on voit sur les fûts des colonnes décorant un monument 
syro-arabe de Mésopotamie. Je veux parler des deux façades se voyant encore dans la cour de la grande mosquée 
de Diarbékir, ville assez voisine d'Édesse, et qui dut être fréquemment visitée, en temps de trêve, par les Francs 
établis dans le Comté. 

Ces deux façades semblent avoir fait partie d'un palais élevé vers le X" ou le XI» siècle par des architectes 
probablement chrétiens et doivent, je crois, être considérées comme un des spécimens les plus intéressants de l'art 
syro-arabe, qui se développa du Vil» au XI» siècle dans l'Asie antérieure, dont nous trouvons des restes au Kasr 
d'Amman, à Maschita, à Kalaat-Beyda, etc. et qui semble bien être dérivé d'une influence persane. 

Ces monuments ont été dessinés en 1847 par Mr. Jules Laurens, peintre accompagnant Hommaire de Hell dans 
son voyage en Asie Mineure (pi. XLUI). Ils ont été depuis photographiés en 1881 par le capitaine Barry et enfin 
1908 par le général de Beylié." 




Abb. 217. Dijarbekr, Zitadelle: Ostansicht. (Vgl. Tafel I rechts.) 



III. DIE MAUERN VON AMIDA. 



Die Geschichte der Stadt ergibt, daß Amida zu allen Zeiten ein Stützpunkt in den 
Kämpfen zwischen Römern und Persern war, daß es am Beginne der „byzantinischen" Zeit zu 
einem Hauptwaffeupiatz eingerichtet und später nach der islamischen Eroberung ein fester Halt 
für alle die verschiedenen Dynastien wurde, die sich zu Herren von Dijarbekr zu machen 
wußten. Es wäre eine lockende Aufgabe, die berühmten schwaizen Mauern von Kara-Amid' 
nicht nur, wie ich es vorhabe, einfach zu beschreiben, sondern zum Ausgangspunkt einer 
doppelten Untersuchung zu machen, 1. nachzuforschen, ob denn außer den durch Inschriften 
datierten Mauerteilen nicht auch sonst der Zeit nach sicher einzuordnende Stücke, etwa aus 
vorislamischer, besonders konstantinischer Zeit erhalten sind ; 2. durch eine vergleichende Unter- 
suchung festzustellen, ob vielleicht die Mauern unserer Stadt Besonderheiten aufweisen, die 
sie anderen Typeukreisen gegenüber eigenartig erscheinen lassen. Sowohl Berchem als ich 
mußten auf ein solch genaues Eingehen verzichten, weil uns beiden der Augenschein und die 
rechte Erfahrung auf diesem Gebiete mangelt. Ich beschränke mich darauf, an der Hand der 
Notizen und Photographien des Generals de Beylié einen Rundgang um die Mauern zu 
machen. Dabei lasse ich die Tore unberücksichtigt, weil ihnen ein eigenes, das nächste Kapitel, 
gewidmet werden muß. Man halte sich nachfolgend immer den Grundplan der Stadt, Abb. 1, 
S. 7, vor Augen. 

Wenn ich mich von dem nach Norden führenden Kharputtore nach Westen wende, so 
bietet sich, von außen gesehen, der Anblick Tafel H, 1 dar. Die zinnengekrönte Mauer wird in 
gleichen Abständen durch Rundtürme verstärkt, zwischen denen in der Mitte immer ein schmaler 
Strebepfeiler eingeschoben ist. An einer im Stadtplan ersichtlich gemachten Stelle (U) mündet 
schräg die in Taf H, 1 im Mittelgrunde sichtbare, laugsam aus dem Niveau des Ackerlandes 
in Rundbogen aufsteigende Wasserleitung ein. Dann geht die Mauer in der gleichen sauberen 
Art weiter bis zum Tor von Aleppo im Westen. Bald darauf ändert sich ihre Zusammen- 
setzung, an Stelle der Rundtürme treten viereckige. Einen guten Eindruck dieses Mauerteiles 
vermittelt Abb. 49, die schon de Beylié, Prome et Samara, p. 62, gegeben hat. Doch wechselt 
dort immer ein schlanker Mauerpfeiler mit dem Turm, während der Stadtplan S. 7 Variationen zeigt. 
Es folgt (Fig. 35 u. Taf XVHI), der mächtige Turm A des Ortokiden Mahmud, der nach In- 



• Nach Naumann, Vom goldenen Horn zu den Quellen des Euphrat, S. 298, bestehen sie aus einem dunkei^ffauen, 
kayernösen Andesit. 



•J7>; 



DiK ^Iaikiîn von Ami da. 





:i^_-^it: 



Abh. 21«. Dij^ibckr. Stadimnuer: Turm B. genannt Ycili Qardnsh. 



schrift 29 (S. 88 f.) 1208/9 datiert ist und Evli Badan genannt wird.' Durch eine Winkehnauer mit 
dem zweiten Riesenturm B (Abb. 40 u. 218) verbuuden, der nach Inschrift 30 (S. 91 f.) vom selben 
Erbauer im gleichen Jahre errichtet wurde und Yedi Qardash genannt wird, bilden die zu diesen 
Türmen gehörigen Mauern einen M-formigen A'orsprung, der aus dem im übrigen in gleichmäßiger 



jy ('^ i/'.-K.' ' 



■^> S 




Abb. 220. Dijarbekr, Sladtmauern vom Mardintore bis zur Südostecke. 

Rundung vorlaufenden Mauerzuge heraustritt. Die Türme sind fast im vollen Rund, A mit 43 m, 
B mit 32 m Durchmesser, vor die Mauerspitzen gesetzt und Turm A durch ein Bollwerk aus 
Quadern unten herum befestigt. Die Mauern neben Turm B zeigen, dem Grundplan nicht ganz 
entsprechend, zwei Mauerpfeiler zwischen den viereckigen Türmen, darüber gibt besonders 



' Vgl. die Details bei Hommaire de Hell, pl. XLII i-S.^ladin, Manuel, p. 481). 



Die JIauekx vox Amida 



279 




Alib. 219. DijarUkr, Stailtmnutni urn .ku Turm lî lu rmii. 

Abb. 219 gut Auskunft. Die Türme bei B' siud polygonal. Sie treten 8,80 m vor, die Ecken 
sind mit 2,70, bzw. 3,20 abgeschrägt zur Vorderfläclie von 6 m. 



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Abb. 221. Dijarbekr, Slarltmaiiern der Südostecke. 



Es folgt dann der am stärksten geschützte Teil der Stadtmauer um das Mardintor herum. 
Darüber liegen genauere Aufzeichnungen de Beyliés vor, u. a. eine Skizze des Verlaufes der Mauern, 
die vom Mardintore um die Südostecke der Stadt herum bis gegen die sogenannte Porte neuve 
hinführen (Abb. 220 ff.). Doch macht diese Skizze nicht Anspruch auf Richtigkeit im einzelnen. 
So liefert der General selbst die Photographie 222, die eine Innenansicht der Mauer zwischen 
dem Mardintore und der Turmzunge F darstellen soll. Auf der Skizze erscheint dieser Teil gerad- 
linig. Beylié bemerkt dazu: „Cette saillie polygonale entre D' et la tour F ne figure pas sur 
le plan; cela montre encore une fois combien le plan est insuffisant." In Abb. 222 sieht man 
links den Anfang des Turmes F, dann die aus Hakelsteinen errichtete, konvex nach dem Stadt- 
innern ausgebuchtete Mauer mit einem gedeckten Wehrgang und in der Ferne ganz rechts die 



280 



Die Maieen von Amida. 



Türmt' am Mardiiitoie. Ich gebe diese Deutung, obwohl mir nicht ausgeschlossen erseheint, 
daß ein Irrtum i>e Beyliés vorliegt und Abb. 222 vielmehr die im Haupt- wie im Detailplan 
sichtbare Ausbuchtung der Mauer gleich östlich neben Tnrra F darstellt. 

Die Türme beim Mardintore sind 
^ nach der Skizze Abb. 220 halbrund. Der 

Turm links, im Plane C benannt, 
springt 4,50 m vor und hat eine 33 ra 
lange Rundung. D entspricht C. Es 
folgt knapp daneben, vielleicht durch 
einen Pfeiler getrennt, D', ein mit Kase- 
matten in zwei Stockwerken ausgestat- 
teter Rundbau, der von innen her durch 
Treppen zugänglich ist. Dann kommen 
viereckige Türme, zwei oder drei an der 
Zahl, durch Pfeiler getrennt, einer von 
ilmen (E), nicht massiv, sondei'n durch 
drei hintereinanderliegende Querräume 
von ungleicher Länge gegliedert. Am 
Ende dieses Mauerzuges springt die 
Turmzunge F vor. Man vergegenwärtigt 
sich ihre Lage gut in Abb. 223. Der Lavaboden, auf dem die Mauern stehen, springt hier gegen 
die zum Tigris abfallenden Talwände vor. Unten stehen terassenartige Häuser, über ihnen die 
Felsznnge mit Turm F, der nur errichtet scheint, um dem Feinde einen festen Standplatz im 
Niveau der Mauern zu nehmen. Nach dem Grundriß bildet er in der Tat ein ganzes Gebäude 
mit sechs säulengetragenen Querschiffen hintereinander, denen erst der eigentliche halbrunde 




Dijarl'ekr, Stadtmiuier: Innenansichi ia der Nahe der Tiirmzunse F. 




.-Vhb. 22a. Dijart)ekr, ^ladimaueru: Tu 



Turm vorgelagert ist. Der Saal nimmt die ganze Höhe der Turiiizunge ein, doch führt ein 
Wehrgang im ersten Stock außen um ihn herum zum Turme, der ein Obergeschoß hat. Die 
Detailskizzen de Beyliés geben darüber Auskunft (.Abb. 224 — 22G). Ich möchte näher eingehen 



Die Mauern von Amida. 281 

nur auf <lie Architektur des Saales. Man sieht iu Abständen von 6,50 m Pfeiler vor die Wände 
gelegt, zwischen denen am Eingänge drei, in den übrigen vier Fällen nur zwei Säulen stehen 
— mit einer Ausnahme. Die dritte Reihe vom Eingange weist statt der Säulen Pfeiler auf, 
aus denen ein paar Säulen vortreten: das Ganze nimmt sich aus wie romanische Pfeiler mit 
Halbsäulen. Beylié meint, die Pfeiler könnten später um den Kern des Säulenpaares gelegt sein. 
Von einem Säulenpaar zum nächsten sind Spitzbogen gespannt, in denen konzentrisch kleinere 
Spitzbogen von Pfeiler zu Pfeiler laufen. Alle übrigen Bogen dieser Hallen sind Rundbogen, 
auch die sämtliche sechs Schiffe üljerdeckenden Tonnengewölbe sind überhöht rundbogig. Be- 
züglich der verwendeten Säulen bemerkt de Beylié zur ersten Arkade am Eingang, es handle 
sich um eine Ableitung vom jonischeu Kapitell. Nach seiner Skizze sind zwischen die (juadra- 
tische Deckplatte und einen trichterförmigen, mit kleinen undeutlichen Ornamenten geschmückten 
Rundansatz unten runde Stäl)e eingeschoben, die allerdings, falls sie durchlaufen, an die jo- 
nischen Voluten erinnern würden. — Saalbau und Turm schließen oben mit einer gemeinsamen 
Plattform, die durch eine Treppe vom Turm aus zugänglich ist. 

Der folgende Mauerteil hat für den Kunsthistoriker Interesse, weil die quadratischen Türme 
G, G', G"(Abb. 220/1) lunenräume aufweisen, die mit Kuppeln über dem Oktogon eingewölbt sind, 
wobei nach der oben besprochenen persischen Art Ecktrompen zwischen Achteck und Kreis 
vermitteln. Die folgenden Türme H und H' sind Rundtürme, in H' stellte de Beylié einen 
halbrunden Innenraum fest. Nach ihnen kommt die Südostecke der Stadt mit einem f(uadratischen 
und einem Rundturra, die der (îeneral nicht genauer aufgenommen hat. Es scheint mir nicht 
ganz unmöglich, daß hierher Abb. 227 gehört, eine Aufnahme, die Beylié auf die Türme A 
und B bezieht, was nicht zutreffen kann. Allerdings deckt sich die Photographie auch nicht 
mit den im Stadtplan S. 7 und der ."^kizze 221 gezeichneten Mauerzügen der Südostecke. Ich weiß 
keinen Rat und ordne die Aufnahme nur deshalb hier ein, weil das Terrain abschüssig ist, wie 
überall nach dem Tigristale zu und vor der Mauer terrassenähnlich eine Zisterne angelegt ist. 

Die Türme I, .1 und K hat de Beylié wieder genauer aufgenommen (Abb. 221). Der Turm 
I, an dem sich kleine Nischen mit Vogelecken finden, von denen S. 289 noch zu reden sein 
wird, ist durch Inschrift 11 in das Jahr 1052/53 datiert. Turm J ist vorn halbrund, Turm K 
wieder viereckig. Der die ganze Mauer oben entlang fülirende Wehrgaug steigt mit Treppen, 
die auf Konsolen getragenen Bogen ruhen, zur Höhe des Turmes auf. Es muß nun der Mauer- 
teil folgen, den Tafel I zeigt.' Diese Aufnahme stellt den erwünschten Zusammenhang zwischen 
der Stadt und dem an ihr vorbeiströmenden Tigris her. Wir sehen den Fluß breit im Vorder- 
grunde. Jenseits steigen baumbepflanzte Hügel an, über denen auf einem Felsplateau die Stadt 
liegt. Man sieht ihr Häusermeer, ihre runden Minarets und nahe der Mitte zwei eckige Türme, 
der eine links zur Ulu Djami gehörig. Er wird zusammen mit dem zweiten rechts noch aus- 
führlich zu besprechen sein. Die Stadtmauer zeigt links zwischen viereckigen und Polygonal- 
türmen immer mehrere Pfeiler; sie stehen viel weiter auseinander als in den Grundrißskizzen. 
Rechts von der Mitte schneidet vor dem Turm ein baumreiches Tal ein; an seinem linken 
Rande ist die Mauer teilweise eingestürzt. Diese Stelle ist auch im Stadtplane ersichtlich. Dann 
kommt im Tale unten die Yeni Kapu (Neutor), dann jenseits des Tales auf einer Terrasse über 
der Stadtmauer ein großer moderner Bau. Die Mauer scheint hier doppelt zu sein, hinter 
der niedrigeren Vordermauer (oder einer Stufe der Felsterrassen) sieht man Ptlanzenwuchs. 
Folgt man dem oberen Mauerzuge — diesen Teil gibt Abb. 217 genauer wieder — , so 
endet er etwa da, wo im Stadtplane die ..double tour" eingetragen ist, mit einem Kuppelbau, 
der wie ein Kiosk oder ein Mausoleum aussieht, das uns im Unterbau eine Ecke zuwendet. 
Neben ihr springen im Winkel tiefe Rundbogennischen zurück. Die Kuppel selbst ist spitz- 
bogig und fällt durch ihren weißen Anstrich stark auf. Das ist die Ostkuppel und die in der 

' Vgl. Naumann-, a. a. 0. S. 397. Dort S. 29.5 auch die Tat. II, 1 gegebene Wasserleitung. 
.\mida. SB 



282 



J)lK MaIKKN \(IN A.MIIiA. 




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Abb. 22-1. Dijnibclii-, Tuimzuiigc 1"; Grondriti. 



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Al.b. 22:1. Tiiiiiibfkr. Tiirnizmi','1.- F: I.iings^clinitt 



Stadtmauer liegende Apsis der Doppelkirche des iiestorianischen Klosters, von der oben 
die Rede war und die Abb. 94/5 und 217 im Detail wiedergegeben ist. 

Rechts von dieser Kuppel werden die Umfassungsmauern der Zitadelle sichtbar. 
Angaben i>e Bevi.iés müßte es da einen Punkt geben, von dem aus sich der Anblick Ab 



S. 175 

Nach 

b. 228 



])iK Maveün von Amida. 



283 







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Ar^;:^.i.c^^,, 



Abli. 'JiS. DijarUkr, Turmziinge K: Oljcigcscliosse- 



bietet. Man sieht in der Ferne den Tigris, daliinter Anhöhen. Im Vordergrunde ein Tal, dnrcli 
eine schwaclie Mauer geschlossen, gegenüber das Felsplateau, auf dem die Stadtmauer nach 
rechts von einem Ecktnrm zu einein Halbtnrni geht. Bei jedem Turm die Treppen, die zum 





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Aljb. 227. Dijarliekr, SUiUn 



284 



DiK Mai KKN 



Amiii.\. 



Wehrgang uud ins Innere führen als Beleg, daß wir eine Innenansicht der Mauer vor uns 
liabeu. Ich weiß sie nicht unterzubringen. Auch Bkyi.ii^ versieht die Angalie: „angle sud est 
de la citadelle" mit einem Fragezeichen. 

Ich gehe nun wieder zurück auf die Gesamtausichten Taf. I. Die Zitadelle zerfallt in zwei 
Teile, eine Maucrgrupi>e rechts, die links mit dem nestorianischen Kloster, dem jetzigen Wafi'enma- 

gazin, endet, und einen 
Hügel links davon, der 
den Palast davor ül)er- 
ragt. Er ist im Stadt- 
jilan S. 7 mit N bezeich- 
net und soll die Ruine 
eines .château d'eau" 
sein , eines großen 
Wasserbehälters. Man 
sieht ihn aus größerer 
Nähe in Abb. 229,30, 
wo zugleich die inneren 

U m fass u ngs m a uern 
der Zitadelle gegen die 
Stadt zu sichtbar sind. 
^'ür dem Hügel liegt 
in Abb. 230 links das 
auf dem Stadtplane 
mit MM' bezeichnete 
Tor, dessen polygonale 
Türme am Ende einer 
Flucht von viereckigen Türmen stehen, die um die Zitadelle herum zu dem Tore O, Abb. 50 
(S. 102\ führen. Es ist zwischen den letzten Turm und die Stadtmauer links eingeschoben 
und heute vermauert. Die Tür zeigt einen dünnen Deckbalken, der durch einen Segmentbogen 
entlastet wird. Aus der Basaltmauer heben sich hell die Inschriftstreifen Nr. 31 ab, die den 
Bau demselben Ortokiden Mahmud zuteilen, der die Türme A und B im Südwesten der Stadt 
gebaut hat. General i>e Beyi.ié hat noch ein anderes Tor der Zitadelle skizziert, das am Ende 




.ib1>. 228. Dijarliekr, Stadtmiuiern der Zitadelle. 




.\1.1.. 22-1. liijarWki. ZiUidtUe: Ansitlit von der Stadtseilc. (Aufnahme von Dr. Guothe.) 

eines gebogenen und gewölbten Durchganges erscheint. Es ist spitzbogig und weckt Interesse 
durch zwei Löwen, die mit Kopf, Hals und Vorderfüßeu 0,(50 m zuseiten des Tores aus der 
Mauer vorspringen. Der Typus ist anders als der der ägyptischen Steinlöweu, die ich ..Koptische 
Kunst", S. 94 f., zusammengestellt habe. 



Die MAi'fZRN vox AjrriiA. 



285 



You dem letzten ^tück der Stadtmauer, das uus noch zu betrachten übrigbleibt, dem Stück 
im Norden zwischen Zitadelle und Kharputtor, hat de Beylié als typisches Beispiel der an den 
Mauern von Dijarbekr üblichen Art der Treppenführung zu Wehrgang und Türmen bei S eine 
Skizze angefertigt. Abb. 231. Im Erdgeschoß führen, verdeckt in der dicken Mauer selbst, zwei 
Treppen znseiten einer Tür im Winkel herauf zu einer zweiten Tür, und von da geht die Doppel- 
treppe im Freien weiter zum ersten Absatz, dem Wehrgang, und zum zweiten, der Plattform des 
Turmes. Der General meint, „cette disposition a l'avantage d'interdire l'accès de la tour et du 
sommet du rempart ii un ennemi qui aurait pénétré par surprise dans la ville. Il faudrait 
d'abord briser la porte A". Hinter den vorderen Türen A und B liegen kleinere Türen R und 
S, die zu Kasematten führen. Die gleiche Anlage auch bei dem Turme links vom Tore von 
Aleppo, wenn man die Stadt verläßt. Für die Bildung der Wehrgänge auf den Mauern be- 
trachte man in Abb. 2, S. 8 den Mauerzug mit seinen Türmen ganz im Vordergrunde. 

An den Schluß dieser ^'or- 
führung der Mauern von Amida 
möchte ich eine aus der Ferne von 
der Tigrisbrücke im Süden der 
Stadt aufgenommene Ansicht der- 
selben setzen, Abb. 16 (S. 31), 
und Taf. VI, 2, die sie in ihrem 
ganzen Verlaufe von Turm B über 
das Tor von Mardin hinweg bis 
zur Südostecke der Stadt zeigt. 
Die Brücke im Vordergrunde ist 
nach der an ihrem Anfange links 
angebrachten Inschrift Nr. 18 da- 
tiert, scheint jedoch öfter, beson- 
ders im Mittelteil, restauriert. Ihre 
breiten Spitzbogen haben ver- 
schiedene Spannweiten. Xhb. 230. Dijarbekr, Zitadelle. 

Die Mauern von Amida sind kürzlich als Beispiel dafür aufgestellt worden, wie sehr die 
runde Turmforni nach dem Ende der Antike allerorts in der frühmittelalterlichen orientalischen 
Kunst die eckige, kantige Form zurückdränge.' Rundtürme kämen immer nur an besonders 
wichtigen Stellen der Befestigung vor; so seien in Amida alle Türme viereckig bis auf die Eck- 
türme und die prachtvollen Rundtürme an dem dreiportaligen Haupttor. Letzteres trift't wohl 
zu; im übrigen aber wird Amida-Dijarbekr eher 
als Beweis dafür genannt werden dürfen , daß 
seihst im reinen Steinbau der runde Mauerturm 
in Mesopotamien älter ist als der viereckige. Die 
ganze Nordseite der Stadt, Taf. II, 1, mit dem 
909/10 entstandenen Kharputtor hat ausschließlich 
Rundtürme. Sie überwiegen auch sonst. Bei den 
drei Fatimidentoren von Kairo wechseln eckige 
und runde Türme. Für völlig verkehrt halte ich 

die Anschauung, daß es die Römer gewesen seien, die eine große allgemeine Verbreitung der 
halbrunden und dreiviertelrunden Türme gebracht hätten."- Der Rundturm ist vielmehr, wie 
das Rundminaret, eher eine orientalische Form, und zwar dürfte er ursprünglich mit der Aus- 
breitung des Ziegels in hellenistischer Zeit immer häutiger auch im Gebiete des Mittelmeeres 
zur Anwenduno oekommen sein. 





Al>b. 231. 
Dijarbekr. Stadtraüuer: Trepponanlage an der Innenseite. 



Thiersch, Pharos. S. 141. — '- Ebenda, S. 143. 



IV. DIE TORE VON AMIDA. 



1. Dagli Kapu uder Tor von Kharput (Abb. 232)', das Xordtor am Eude der vou Nord 
nach Süd an der Ulu Djami vorüberlaufenden Hauptstraße (Abb.l), dürfte der Lage nach vor- 
islamischen Urgpruiiges seiu, obwohl die Inschrift über dem Rundbogen der Außenseite samt 
<leü beiden Hundtürmen daneben in die Zeit des Khalifen Muktadir und in das Jahr 297 H. 
(909 10) datiert ist. Wir sehen Taf.I\',l den llundbogen getragen von zwei Pilastern mit Kapitellen, 
an denen man trotz <ler Tünche unterhalb der ]~)eckplatte breite Akanthusblätter und ebenso 




.\lib. 2:12. Dijarljckr, Kbarputtor. 

flach gearbeitet an einer Schräge darunter den Eier- und Perlstab erkennt. Zu diesen schwerlich 
islamischen Details gesellen sich beiderseits Nischen, die so gefügt sind, daß auf einer Fuß- 
leiste zwei Steinpfosten mit angearbeiteten Säulen stehen, zwischen denen richtige Quadern ein- 
gebettet sind. Der Sturz mit der Muschel und dem profilierten Bogen ist dann wieder mono- 
lith aufgelegt. 

' V^'l. oben S. 16, Abb. h, dazu den Grundriß S. -Iw, Abb. Vi. 



Die Tore nh.n Amida. 



287 



Es erscheint mir. wie aucii vax Beuchem (oben S. 18). wahrscheinlich, daß diese Teile des Tores 
einem spätantiken Bau entnoniiuen sind, dem Tore vielleicht, das einst an derselben Stelle im 
4. Jahrhundert errichtet worden war. Wäre es neu erbaut, so könnte man irgendeinen Zusammen- 
hang mit den drei Fatimidentoren von Kairo erwarten, die 1087 — 1092, nach Makrizi von drei 
Brüdern aus dem Amida benachbarten Edessa, erbaut wurden.' Zwar liegen fast zwei Jahr- 
hunderte dazwischen; immerhin möchte man erwarten, daß sich um 900 in Amida vorbereitet, 
was um 1100 von dem nordmesopotamischen Städtebezirk aus nach Ägypten übergreift. Die 
Mauern von Amida und das Kharputtor bestätigen diese Erwartung nicht. Man flickt die 
Tore hier bei aller Solidität der Mauern aus alten Ke.sten nder, wie wir gleich beim (iriecheu- 
tore sehen werden, sonst irgendwie zusammen. 

Daß im Kharputtore das ... 

Material eines älteren Tores ''^^^^^t'''^^A^~^^'^^y^'^''^^/^ ■ '^\ é- '^^''TSï^'^''''^^^^F^'^ Z^j 

verbaut ist, scheint mir der 
Vergleich mit erhaltenen syri 
sehen Toren der Spätantike zu 
belegen. Der Tj-pus der von 
zwei Nischen flankierten Tür 
liegt völlig entwickelt bereits 
um 170 n. Chr. an den drei 
Toren von Husn Suleiman süd- 
lich von Antiocheia vor.-' Nicht 
viel jünger werden die alten 
drei bogigen Tore der Moschee 
in Damaskus sein.-' Die Porta 
aurea des Diokletianspalastes in 
Spalato ferner zeigt das Mdtiv 
in reichster Entfaltung (Abb. 
233). Unten die Tür mit dem 
horizontalen Keilsteiusturz, ent- 
lastet durch einen Rundbogen, 
der breiter als die Tür ist — 
man behalte das Motiv im (îe- 
dächtnis — , zuseiten die beiden 
Nischen mit Fußbank und Pi- 
lastern. DerNisclienbogen blieb 
ungeschmückt, weil hier das 
Modemotiv der Zeit, die Büh- 
nenwand mit ihren im An- 
schluß an die drei Türen un- 
gleich breiten hiterkolumnien. 




.\ljti. iSi. Spalato. Porta aiirea: Außenfassack- 



Platz greift, ein Motiv, das die kleinasiatischen Sarkophage zuerst und dann die christliche Iko- 
nostasis, wie der Elfenbeinthron in Ravenna, typisch festhielten.* Wie stereotyp das einfache 
Tormotiv der Dagh-Kapu von Amida in Nordsyrien zu Hause war, mag eine Aufnahme Fatios 
von einem Tore der Stadt el-Bara belegen (Abb. 234). Man sieht den Rundbogen über dem 
horizontalen Türsturz und daneben die beiden rundbogigen Nischen, das Ganze völlig schmuck- 
los in derlier Gewöhnung ausgeführt. Die steinernen Türflügel sind geschlossen. 



' v.\x Berchem, Notes, p. 4.'). Davon unten mehi. — - Vgl. mein Kieinasieii, ein Neuland, S. U)2 f. 
^ Pliene Spiers. .lournal of the R. Institut of Biit. Architects. Third series, vol. IV, S. 35 f. und Nachtrag 
^ Vgl. mein ,A sarcophagus of the Sidamara type", ■lournal of hell, studies. XXVIl. 



lliS f. 



288 



DiK TOKK VON Amida. 



Eiue der Porta aurea in der Anordnung der Mitteltür mit den beiden Nischen aufiallcnd 
entsprochende Analogie lerne ich auf dem Boden Mesopotamiens durch Alois Musil kennen, der 
in der nordarabischen Wüste südöstlich von Resapha etwa am 35" Grad ein Lager al-Her fand, 
dessen Tor zwischen vorspringenden Rundtürmen eine Tür mit geradem Sturz (monolith oder 
aus scheitrechten Keilsteinen'?) zeigt. Er wird entlastet durch einen großen Rundbogen, dessen 
Profil nach mesopotamischer Art horizontal weiterläuft. Neben dem Bogen, etwas höher als in 
Spalato, sitzen die kleinen, mit eingebundenen Ecksäulen und Rundaufsätzen versehenen Nischen. 
Der obere Teil ist ganz anders als in Si'alato mit einem balkonartigen N'orsprung versehen.' 
An dem Kharputtore und den beiden flankierenden Türmen sind im ganzen vier Nischen 
angebracht, deren Nebeneinander ein gutes Beispiel der Wandlung bietet, wie die Antike durcli 
Persien bzw. die christlich-antike Form durch die islamische abgelöst wird. Zu beiden Seiten 
des Tores (Taf. IV und Abb. 232) sitzen spätantike Originalnischen. Wir sahen die hellenistischen 
Postamente, dann attische Basen, schräg geriefelte Schäfte-, jonische Kapitelle, dann die Muschel 
mit scharfen Sporen, umrahmt von einer Profilierung (zwei Plättchen und eine Viertelkehle), 
die zum größten Teile weggeschlagen ist. Dabei wird klar, daß Säule und Bogen nach antiker 

Art vor die Wand vor- 
treten, diese Umrah- 
mung also noch nicht 
eingebunden ist. Soll 
ich ihr die typisch per- 
sisch-islamische Art ge- 
genüber stellen, so ge- 
schieht dies hier am 
besten mit Hilfe des 
Mihrab in der Moschee 
des Ahmad ibn Tulun 
in Kairo, die ich wegen 
ihrer Profilierung noch 
nach einer anderen 
Richtung hin brauchen 
werde (Abb. 235). Man 
sieht hier im Jahre 
876 — 878 bereits die 
Abstufung der Wand 
mit jenen eingestellten 
Ecksäulen durclige- 
führt, die später an den 
romanischen Kirchenportalen des Abendlandes aligemein üblich geworden ist. Die Säulen 
treten von vornherein bei dieser Nischenbildung hinter die Vorderwand zurück.'' 01)wohl das 
Material einem christlichen Bau entnonnnen ist — man beachte die zierlichen Kämpfer- und 
Korbkapitelle — wurde es doch ganz in persischer Art wiederverwendet. 

Auch die dritte Nische am Kharputtore in der Wand links vom Kommenden* hält noch 
an der antiken Art fest, obwohl es sich hier vielleicht um eine islamische Nachahmung handeln 
könnte (Taf. III, 2). Die Säulchen treten vor «lie Wand und sind aus zwei Steinlagen auf- 




.A.bb. 2:U- Klliiira, Tci 



' \V1. zui- Porta aui-e.i uml dem Streil um ihre Provenienz B. .Schulz, .lalirliiicli d. k. ileutsthen arch. Instituts 
ülfKl, S. 46f. 

- Vgl. Chabot, La colonne torse. 

^ Vgl. über den Ursprung des Motivs lue'm Kleinasien, ein Neuland, S -JUT. 

■* Jm firundrifä Abb. lo, .S. 2!) die Nische rechts im Vorhofe. 



Die Tore vox Amida. 



289 



gebaut. Die Kapitellchen lassen die antiken Ordnungen ganz im Stich, sind rein linear mit 
Ornamenten geschmückt, nachdem ihnen die kubische Gestalt durch eine gerundete Abfasung 
der Ecken und Unterschiebung einer Perlschuur genommen war. Man sieht eine den Rand be- 
gleitende Parallellinie und in der Mitte einen Pfeil zwischen zwei Ovalen; es mag darin noch 
das Eierstabmotiv nachklingen, das auch auf den kleinasiatischen Sarkophagen schon ähnhch 

hnear, nur weiß auf dem im Tiefendunkel aus- 
gehobenen Grunde erscheint.' Rein islamisch ist 
zweifellos die Art, wie der Rundbogen der Ni- 
sche entlastet ist: Zuerst durch einen halben 
Schwalbenschwanz, dem eine Rolle untergescho- 
ben ist," dann durch einige verzahnte Keilsteine, 
wie sie auch schon der Spätantike geläufig sind. 
Ringsum sind von den Muslimen antike In- 





.\bli. 2?a. Dijarl ekr, .Mii 



I : Nisc-heiirelief. 



Schriften verkehrt verbaut", überdies Ornament- 
steinc, so einer mit Mäander.' Auf sie und die 
Tiermotive wird später 






-u. 






Al>b. 235. Kairo, Moschee dea Ibn Tulun : Mihnib. 



einzugehen sein. Wie 
vorsichtig man übri- 
gens mit dem Urteile: 
spätantikes Original 
bzw. islamische Nach- 
ahmung sein muß, zeigt 
eine Flachnische, die 
zusammen mit einer 
zweiten an dem in- 
schriftlich 444 H. 
(1052;3) entstandenen 
Turme I von Dijarbekr 
verbaut ist (Abb. 236/7). Man könnte sie auf 
den ersten Blick für vorislamisch halten. Bei 



Abi). 237. Dijarbekr, Mauerturm I: 
Nische (Detail von Aljb. 236). 



' .Journal of hell, studies, XXVII, S. 108. — - Vgl. dafür die oberen Offnungen der Westfassade. 
3 Veröffentlicht Byz. Zeilschrift, XIV (1905), S. 62 f. 

•• Der Mäander ist als Muster ohne Ende ähnlich Säule 2 und 5 der Westfassade verwendet. Vgl. oben S. 158. 
Amida. 37 



290 



Die Tore vox Amida. 




näherem Zusehen findet sicli au der Fußleiste eine uulescrHche kufische Inschrift, die Bekchem 
ungefähr für gleichzeitig mit den Inschriften des Muktadir an den Toren von Kharput und 
Mardin 909/10 hält. Die durchaus als Relief behandelte Nische wäre dann älter als der Oberbau 
des Turmes, an dem sie sich befindet, aber — und das ist beachtenswert — doch islamischen 
Ursprunges. Mau beachte den Schatten, den die gerade Fläche der fünfteiligen Muschel auf 

die konkave Innen- 
Häche wirft und wie 
die Muschel, scheint es, 
nach oben ausladet : ein 
merkwürdig unorgani- 
sches Zusammenschie- 
ben von Raummotiven, 
das in den sog. Stalak- 
titen seine weitgehend- 
ste Ausbildung erfah- 
ren hat. Muschel und 
Halbzylinder unn'ahrat 
zunächst ein Perlstab, 
dann die Säulchen mit 
den knollig ungebilde- 
ten korinthischen Ka- 
pitellen und ein Rand- 
streifen, der sich um 
den Bogen und unten 
um das ganze Relief 

AM. .:> K:,i,„ .,ruK,„M,l.. ln,:,,u-l,a„-,: Ua„M„>,hvn herUmzicht. Dlc ObS- 

ren Ecken füllen gegenständig A'ögel. Von ihnen wird später noch zu reden sein. 

Reicher an Tiermotiven ist die interessanteste von den vier Nischen des Kharputtores von 
Amida, diejenige im Turme rechts (Taf. III, 1, dazu Abb. 5). Nach der darüberstehenden 
Inschrift aus dem Jahre 297 H. (909/10) stammend, weicht sie vollständig von den bisher be- 
sprochenen Nischenmotiven ab. Sie hat keine Säulen und auch kein Profil am Bogen. Was 
wir vor uns sehen, ist eine spezifisch persische Bildung. Die krönende Museheinische ist 
monolith auf einen umlaufenden Kämpfer gelegt, unter dem ein Tierfries gemeißelt ist. Ich 
behandle in diesem Abschnitte nur die Bildung der Muschel. Mau sieht, daß die mittlere 
Höhlung zwischen den radialen Rippen spitzbogig gel^ildet ist, die beiden Dreivereiue zur Seite 
dagegen rundbogig. Weiter beobachtet man, daß die Rippen ungefähr in der Mitte durch 
kleinere Rundbogen zu einer halben inneren Rosette verbunden sind. Alle diese Details ent- 
springen nicht zufälligen Launen des Steinmetzen. Was sich hier in Amida im Jahre 909 10 
ankündigt, ist vielmehr eine Bewegung, deren Ausleben man heute am besten in Kairo ver- 
folgen kann. Ich stelle Abb. 238 unmittelbar neben die Nische von Amida zwei andere vom 
Grabmale des Imam Shafi'i, einem Kuppelbau, der inmitten der großen Gräberstätte des ältesten 
Fustat-Kairo in der Ayyubidenzeit (1171^1250) errichtet worden ist.' Rechts ist die gewöhn- 
üche Art gegeben, eine spitzbogige Eintiefung in die Wand, oben konkav, unten eckig; links 
die durch eine füllende Muschel bereicherte Art, weiterentwickelt zu einem seltsamen Neugebilde, 
das an Stelle der Bogenform den Umriß eines Gehäuses bekommen hat. Die Furchen sind nicht 
nur in der Spitze, wie in Amida, sondern durchgehends spitz gebildet, und die eine dort 

' Die Aufnahme rührt von Fachinelli her. Ich kann freiUch nicht feststellen, oli ihe Angabe ^.hiiam Sliafi'i' 
richtig ist. Franz-Pascha meint, das Detail könnte von den inzwschen zerstörten Teilen herrühren. 



Die Tore von Amid a. 



291 



beobachtete Unterteilung (Rosette) ist hier verdreifacht. In der Mitte Hegt eine glatte Tafel, 
dann folgen drei Stufen. Die nächste Etappe ist dann, daß das Grundmotiv der Muschel ganz 
zugunsten radial angeordneter Stalaktiten zurücktritt. 

Das Kharputtor ist nicht die einzige Stelle der Mauern von Amida, woran die Vorliebe 
des Ostens für das Nischenmotiv beobachtet werden kann. An dem Polygonalturm der Süd- 
seite, dessen Inschrift vom Jahre 1089/90 datiert (Nr. 16 oben S. 38) und von einer ganzen 
Herde von Tieren begleitet ist, erscheint in der Mitte der Breitseite unten nahe dem Boden 
eine Muschelnische mit in Relief behandelten Ecksäulen (Taf. VII, 1). Darüber auf einem der 
zur Entlastung unterschnittenen Decksteiue eine Inschrift. Dasselbe Nischeninotiv auch nahe 
den Ecken der Langseiten. Wenn H. de Hell (vgl. oben S. 11) sagt, diese „niche(s) à colonne(s)'* 
seien „telle(s) que l'on en voit à Eregli et qui sont assez communes dans l'architecture byzantine", 
so muß man die Bezeichnung byzantinisch ersetzen durch späthellenistisch. In der vorderasiatischen 
Kunst spielt die Nische als Wanddekoration und Kultplatz tatsächlich eine hervorragende Rolle.' 

Der kunsthistorische Wert 
des Kharputtores ist mit den 
bisherigen Beobachtungen nicht 
erschöpft. Wir haben noch die 
Innenseite, Abbildung 239^, eine 
sehr der ßeaclitung werte Grup- 
pierung von Spitzbogen, vorzu- 
nehmen. Der innere Torbogen 
(Taf. V, 2 und Abb. 14) ist breit- 
spitzbogig, eigentlich ein Rund- 
bogen mit leichter Zuspitzung. Das 
gilt schon viel weniger von dem 
hohen Bogen darüber, der eine 
Art Portalnische bildet, wie man 
sie später so häufig in den 
Seldjukenbauteu von Kleinasien 
als Hauptdekorationsmotiv der 
Fassaden verwendet sieht. Man 

möchte erwarten, daß zuseiten dieses Portalbogens oder in seiner Leibung unten Nischen sitzen, 
entsprechend etwa den beiden Nischen an der Außenseite des ICharputtores. Wäre das richtig, 
dann würde die Innenseite des Kharputtores von Dijarbekr anknüpfen an einen alten Typus, 
der schon an dem nach syrischer Art erbauten Palast des Diokletian vorkommt. Ich habe dessen 
Porta aurea bereits oben S. 287 zum Vergleich herangezogen. Noch näher liegt es, das jetzt zu 
tun, denn über den spitzen Torbogen aus der Merwanidenzeit zieht sich eine Reihe von Spitz- 
bogen hin, die an sich mit der Nischenreihe des Goldenen Tores von Spalato verglichen werden 
kann. Denkt man sich aber die in Abb. 239 links sichtbaren drei Bogen in derselben Zahl 
auch rechts und dazu ursprünglich einen siebenten Bogen über der Mitte, dann kommt die gleiche 
Einteilung der Fassade heraus wie am Palaste des Diokletian. Das Befremdende, ein Motiv 
an der Adria vergUcheu zu sehen mit einem Bau am Tigris, verliert sich, sobald man erfährt, 
daß der Palast an der Adria mehr als wahrscheinlich von denselben Bauleuten errichtet wurde, 
die kurz vorher den Kaiserpalast auf der Orontesinsel von Antiocheia geschaffen hatten.^ Der 
Nachklang in Amida würde meine vor Jahren gemachte Beobachtung neuerdings bestätigen. 

Man sehe Abb. 239 genauer an. Die Portalnische nimmt die Tiefe eines Vorbaues ein, 
der vor die alte Fassade mit ihren sieben Bogen oben vorgebaut ist. Ursprünglich kann der 

1 Vgl. auÊer dem iu diesem Abschnitte Gesagten mein Kleinasien, ein Neuland, S. 38 und Mschatta. passim. 
' Vgl. Naumann, S. 301. — ' Vgl. Studien aus Kunst und Geschichte, Friedrich Schneider gewidmet. S. 3^5 f. 




Dijalbekr. Kliiirpmtc 



292 



Die Tokk von Amida. 



Anblick noch viel näher an die Porta aurea von Spalato herangekommen sein als seit diesem 
Merwanidenumbau im 11. Jahrhundert. Man erinnere sich, daß ich für die Vorderseite einen 
im 10. Jahrhundert umgeänderten Torbau das 4. Jahrhunderts annahm. Können nun auch die 
sieben (?) Spitzbogen der Rückseite etwa auf diese bzw. nahe an die Zeit Diokletians zurück- 
reichen? Die Torfassade ist aus Quadei-n aufgebaut, aus solchen sind auch noch die trennenden 
Pfeiler zwischen den Fenstern gebildet. In Kämpferhöhe sieht man Löcher, in denen einst 
Holzanker gelegen haben müssen. Die breiten Spitzbogen darüber sind aus auffallend dünnen 
und sehr langen Ziegeln gebildet, die in überaus dicke Mortellagen gebettet sind. In den 

Zwickeln erkennt man Ziegelornamente, 
bestehend aus kurzen Hocbziegeln mit 
in der Länge wachsenden Horizontal- 
schicbten. Darüber haben sich links 
an der Ecke Quaderiagen erhalten. 

Der Ziegelbau steht im Mittel- 
punkte des Interesses jener Kunsthi- 
storiker, die den frühchristlichen Bauten 
in Kleinasien und Syrien nachgehen. 
Das landesübliche Baumaterial ist dort 
der Stein. Um so auffallender sind 
vereinzelte Ziegelbauten wie Ütchayak 
in Kleinasien, Anderin, Kasr ibn War- 
dan und Mschatta in Syrien. Über 
diese Bauten findet man in meinen 
Arbeiten „Kleinasien", S. 32 f. und 
Mschatta", S. 237 f. Ausführliches. Ich 
habe die drei erstgenannten der helle- 
nistischen Strömung mit Antiocheia et- 
wa als Zentrum zugewiesen, Mschatta 
aber dem persisch-sasanidischen Kreis, 
der in Ktesiphon und dem südlichen 
Mesopotamien seinen Kern bat. Für 
ihn ist charakteristisch, daß der Ziegel 
zusammen mit dem Spitzbogen herr- 
schend ist. Im zentralen Syrien be- 
gegnet man nur Bauten in Stein mit 
dem Rundbogen. Wo Stein und Ziegel, 
Rund- und Spitzbogen nebeneinander 

■ " ''"' ^'"■"- '"•• vorkommen, wie am Kharputtore von 

Amida, liegt von vornherein ein Anzeichen der Miscliung syrischer und persischer Elemente vor. 
Man vergleiche die Außen- und Innenseite unseres Tores. 

Die in Rede stehende Innenseite bietet eine Handhabe zur Lösung der im Augenblick 
scharf umstrittenen Frage nach der Herkunft der Mauertechnik von Kasr ibn Wardan und 
Anderin, Bauten, die aus den Jahren 564 bzw. 558 stammen. Ich sah sie, wie gesagt, für Ver- 
treter der späthellenisch-frühchristlichen Bauweise an, die in Syrien wohl von Antiocheia aus 
verbreitet worden sein dürfte. Man vergleiche nun ein Detail (Abb. 240) aus dem Innern der 
Kirche von Kasr ibn Wardan mit unserer Torfassade. Auch da ist im Unterbau Stein, allerdings 
wechselnd mit Ziegeln, verwendet, auch da kommt konstruktiv neben dem Rund- der Spitzbogen 
vor, und auch da liegen die dünnen Ziegel in dicken Mörtelbettungen. Man kann ruhig sagen, 
die Bauweise der Innenseite des Kharputtores von Amida sei eng verwandt mit derjenigen von 




Die Tore vox Amida. 293 

Kasr ibii VVardan. — So weit war ich, ohne die Tur AbdiuGruppe zu kennen; jetzt ist über 
die raesopotamische Eigenart dieser Bauweise, ob sie nun ursprünglich aus den hellenistischen 
Großstädten wie Antiocheia oder Seleukeia kommt oder nicht, kein Wort mehr zu verlieren. 

Nun ist eben die von mir gewünschte genauere Aufnahme von Kasr ibn Wardan er- 
schienen.' H. C. Butler, der sie veranlaßt hat, ist geneigt, sich in dem Streite „Orient oder 
Byzanz", auf die Seite von Byzanz zu stellen. Er verwirft Antiocheia und deutet an, die Ziegel 
könnten nach Kasr ibn Wardan, wie nach Ütchayak aus Konstantinopel gekommen sein. 
Wird er daran noch festhalten, wenn er jetzt die Parallelbeispiele aus Amida und dem Tur Abdin 
zu Gesicht bekommt? Meine ganze Mschatta-Arbeit war durchweht von der Ahnung der großen 
Bedeutung der persischen und im besonderen der nordniesopotamischen Kunst des Städtedrei- 
ecks Edessa-Nisibis-Amida. Ich habe diese Annahme mit Hilfe der wenigen Aufnahmen Beyliés 
auf dem Gebiete des Kirchenbaues nunmehr auf feste Tatsachen stützen können und denke, 
was Amida und der Djebel Tur Abdin von nordmesopotamischer Kunst widerspiegeln, wird 
nicht verfehlen, Eindruck zu machen. Glaubt man jetzt immer noch, daß die Baumeister 
Justinians nötig waren, um in Amida und Kasr ibn Wardan Bauten von der nachgewiesenen 
Eigenart auszuführen? Nein, diese Bauten sind das Ergebnis jener großen Baubewegung, die in 
den hellenistischen Großstädten und in Persien in frühchristlicher Zeit emporkam und von der 
wir bis jetzt kaum eine Ahnung haben. Es freut mich, daß Butler zugibt, der jüngere Isi- 
dores, der, von Byzanz kommend, Kasr ibn Wardan erbaut haben soll, dürfte die unbyzan- 
tinischen Neuerungen, wie z. B. den Spitzbogen, angenommen haben von Gebäuden „that he 
had seen in the earliest home of arch and dome building, while engaged in the government 
work in Mesopotamia and on the borders of Persia".- Ich glaube, daß die Byzantiner im 
Orient dieselbe Rolle gespielt haben wie vorher die Römer in Gallien und dem Norden über- 
haupt. Kunst haben sie nicht dahin gebracht, wohl aber besondere technische und militärische 
Anstalten. Wenn nach dem Bericht des Prokopios' Justinian den Chryses von Alexandria nach 
Dara beruft, so geschieht es, weil dieser besonders erfahren im Wasserbau war. Und wenn 
Justinian bei neuen Wasserschäden Anthemios und Isidores, seine Dombaumeister, um Rat 
fragt, so geschieht dies nicht, um neue künstlerische Ideen und Formen nach Mesopotamien 
zu importieren, sondern aus rein praktisch-strategischen Rücksichten. Einzig verfänglich er- 
scheint, wenn es von der am Euphrat gelegenen Stadt Zenobia heißt, Justinian habe nicht nur 
für die Sicherheit dieser Stadt gesorgt, dWà Kai iep« tuvtij àvé&nxe Kai OTpaTiujTiKiJùv aiiiaeiuuv 
oÎKi'aç. en ^évTOi Kai XouTpiJùvaç Kai ffioàç npocreTToincrev aÙTt] biiMOffiaç. èç Taûta bè iràvia Icribujpôç 
Te Kai luuûtvvtiç |uiix«voTTOioi Ti'iv ÛTTOupYÎav TrapécrxovTO, BuCâvTioç |uév 'luuâvviiç, 'loibujpoç bè 
MiXiiaioç févoç, 'IcTibÛjpou àbeXpiboOç, ouTrep ë|aTTpoo9ev èTreiavi'iO&nv, veavîai jnèv â'iucpuj, bûvaiaiv bè qpûffeujç 
ÛTTèp Ti'iv l'iXiKiav èTTibeiHànevoi Kai Tf) èuTteipia tôiv toû ßacnXeuuc ouvaKjadcravTeç êp-fiuv.'' Dieser 
Hymnus auf die beiden Jünglinge, die in Zenobia neben den militärischen Gebäuden auch 
Kirchen, Bäder und Hallen bauen, dürfte gerade als Ausnahme erwähnt worden sein und kaum 
hinreichen, darauf die Theorie vom Einfluß von Byzanz auf Mesopotamien zu begründen. 

Neuerdings haben übrigens Sarre-Herzfeld die Ruinen von Halebiye, die der gewöhnlich 
für Zenobia angesehenen Schwesterstadt Selebiye gegenüber liegt, untersucht.'^ Ich denke, sie 
haben nichts Byzantinisches daselbst gefunden. Wenn die beiden Basilikaruinen auf Isidores 
und Johannes zurückgehen, dann haben sie hier am Euphrat nach syrischer Art gebaut. Die 
späthellenistische Kunst strömt eben damals noch nach Konstantinopel ein, nicht aber von 
dort aus. 

' Publications of the Princeton University Archeological Expedition of Syria in i;)04/5, Division H, section B, 
part 1 . p. 26 f. 

2 Butler, a.a.O. S. 44. — ' De aedificiis II, 3 ed. Bonn, III. p. 217f. 

* A. a. 0., II, 9 ed. Bonn. Ill, p. 234. 

^ Zeilschrift der Ges. für Erdkunde zu Berlin, 1909, S. 429 und Taf. 8 oben. 



294 



Die Tore vox Amid a. 



Ich lasse einen Einfluß von Bynauz auf Mesopotamien nicht einmal für die Innenseite des 
Kharputtores gelten. Denn wenn auch Prokopios^ berichtet: Kai "A^iön? öe ttôXéujç to tê t£îxoç 
Kai TO TtpoTeixicTiaa èv toîç âvw -ftTfeviiMeva XPÔvoiç Kai an amov ÜTtoiTTa ôvTa è£iTn\a T£Vii<Je(T&ai, où 
TToXXûj ùcTTepov véa Tivi KaTaXaßwv oÎKoooiuia rij TtôXei Ttiv dopàXeiav dvecTiüoaTo, so wird doch 
«gerade diese durch ihre Eigenart und den Spitzbogen, ferner durch die Übereinstimmung mit 
Kasr ihn W'^ardan und Anderin in diesen unbj'zantinischen Zügen gekennzeichnete Fassade 
keinesfalls der justinianischen Restauration zugeschrieben werden können — außer diese wurde 
von einem eingeborenen Architekten durchgeführt. 

2. Das Kharputtor, von dem ich bisher ausgegangen war, vertritt den Typus des Ein- 
bogentores mit Nischen. Daneben läßt sich in Amida auch das Dreibogentor ohne Nischen 




.\lib. 241. Konstantinopel, Goldenes Tor: Grundriß. 

nachweisen. Es ist das Tor von Aleppo, Rum Kapu. Taf. XVII, 1 zeigt zwischen den beiden 
Türmen links den einzigen, jetzt noch in der Basaltmauer offenen, 1183/4 in seiner heu- 
tigen Marmorrahmung (Taf. XVII, 2) hergestellten Durchgang. Daneben rechts erscheinen im 
Schlagschatten des Turmes zuerst ein großes mittleres Tor und dann ganz rechts ein kleineres. 
In das Mitteltor waren einst zwei Durchgänge eingebaut worden, die heute, wie der Bogen 
rechts, vermauert sind. Ich vermute, daß auch dieses Westtor der Stadt in seiner Grundanlage 
auf das 4. Jahrhundert zurückgeht, aber freilich seinen Oberbau vollständig gewechselt hat. 
Will man sich einen Begriff von der ursprünglichen Anlage machen, so kann man von zwei 
Denkmälern ausgehen, vom parthischen Hatra oder von Konstantinopel. Ich betrachte zunächst die 
Porta aurea von Konstantinopel. Schon bei Publikation des Goldenen Tores vor sechzehn Jahren^ 

' A. a. O., II, 3, ed. Bonn III, p. 2i>0. 

- Jahrbuch des k. deutschen archäol. Instituts. VIII (1895). S. 39. 



Die Tore vox Amida. 



295 



kam ich zu dem Schlüsse, daß an keinem andern Baue das Nebeneinander lokal syrischer und 
ägyptischer Motive neben rein römischen so deutlich hervortrete. Heute muß ich dieses Urteil 
etwas anders formuheren. Abb. 241 zeigt den Grundriß der ganzen Anlage. Man sieht die 
drei Bogen des eigentlichen Tores mit seinen durch I-förmige Steinmauern getrennten drei 
Durchgängen, von denen der mittlere nach Art der Triumphbögen breiter ist. Schon dieser 
Mittelbau ist von kolossalen Dimensionen, 29,31 m breit. Daran schließen sich .Pylonen", die 
16,89 m vorspringen und 18,35 m breit sind. Allein der Name, den ich ihnen gab, zeigt, daß 
ich sie um ihrer Massigkeit willen für ägyptisch angeregt hielt. Ausgehend von der gewöhn- 
lichen Art der Triumphbogen nahm ich an, daß der Mittelteil zuerst allein dastand und die 
Pylonen erst später anläßlich des Mauerbaues dazu kanaeu. Doch erregte schon damals der 
überaus sornfältige Fugenschnitt und da? Einbinden der Quadern meine Bedenken.' In diesen 

Tagen ist durch die Veröft'entiichung der 
Deutschen Orient-Gesellschaft über Hatra- der 
Schlüssel zur Lösung der Ursprungsfrage 
solcherBaugruppen geliefert worden. Abb. 242 
zeigt den Grundriß des Tores II, das dort 
vom Vorhofe in den einen Palastteil führt. 
Es ist dieselbe Zusammenfüguug wie am 
Goldenen Tore. In der Mitte die X-förmige 
Bogentreunung, dann die schwachen End- 





Abb. 242. Hatra, Tor U: Grundriß. 

pfeiler, die fordern, daß die .Pylonen" gleich- 
zeitig errichtet wurden, das Ganze nur etwa 
'/s der Größe des Tores von Konstantinopel. 
Handelt es sich dort um ein zwischen 388 
bis 391 errichtetes kaiserliches Triumphtor, 
so in Hatra um eines von mehreren Palast- 
toren, das aber jedenfalls um Jahrhunderte 
älter ist. Der Typus ist so auffallend gleich, 
daß ich, da das Goldene Tor in Konstanti- 
nopel auch sonst durch viele Details nach 
dem syrischen Oriente weist — man vergleiche 
besonders jetzt seine schweren Kranzgesimse 
mit denen im Tur Abdin-Gebiete — nicht 
an einem Zusammenhange des byzantinischen mit dem parthischen Baue zweifle. In diese Ent- 
wickelungsreihe gehört nun meines Erachtens auch das Griechentor von Amida. Es steht, 
falls es konstantinischen Ursprunges ist, zeitlich zwischen Hatra, das von Sapor I. (242—272) 
zerstört wurde, und dem theodosianiscben Tor in Konstantinopel. Die seitlichen Türme des 
Griechentores von Amida waren schon älteren Reisenden durch ihre Mächtigkeit aufgefallen; daß 
sie rund sind, tut der Sache keinen Eintrag, verstärkt nur ihren orientalischen Eindruck. 

3. Das Mardintor von Amida (Abb. 243) ^ ist ein Einzeltor aus Muktadirs Zeit (909/10). 
Wir besitzen leider keine Gesamtaufnahme davon. Über die Profile wird noch zu reden sein. 

' A. a. O. S. 1.5. - 2 Von W. Andrae 1908, S. -21 und Taf. 15. 

3 V^'l. Abb. 3 oben S. 13. eine Aufnahme, in der die Türflügel geöffnet sind. 



Al.li. 243. Dijarbekr, Mtiidintor: .\nßenan5icht. 



•296 



Die Toke vox Amida. 



Sehr interessant ist der alte Eisenbeschlag der Torflügel: es kreuzen sich lot- und wagreeht 
Stäbe, die durch Nieten befestigt sind. In den Feldern sitzen größere Buckel, die öfter nach 



:^---^' 



^^:2\?-^^A% 




Abb. 241. Dijarbekr, ein Tor nach Texier. 

oben oder unten Schnäbel ansetzen. Sie sind ebenfalls durch Nieten befestigt. Der Typus ist 
entgegenzuhalten der islamischen Prunktür, wie man sie in langer Folge seit der Tuluniden- 

zeit in Kairo verfolgen 
kann. 

4. Unter den 
Zeichnungen Texters 
in der Bibliothek des 
K. Institute of British 
Architects — es wird 
gleich ausführlich da- 
von die Rede sein — 
findet sich ein Blatt, 
das die Unterschrift 
.Diarbekir, Porte de 
l'ancien Gahus" trägt 
(Abb. 244). Man sieht 
die Mauer zwischen 
zwei Türmen geöffnet 
durch einen auf breiter 
Basis hoch aufragen- 
den Spitzbogen aus 
Keilsteinen. Er ist 

durch Verkaufsbuden seitlich verbaut und öffnet sich nach einer Straßenflucht. Die Spitze 
ragt über die Mauer und den halbrunden Turm rechts hinaus. Links steigt ein Polygonalturm 
sehr hoch als Ruine empor. Da, wo links die regelmäßige Quaderfügung aufhört, nimmt drei 




Abb. 2-!5. Dijarbekr, Porte neuve? 



Die Ï(ire von Amida. 297 

Quaderschichten eine Nische in Anspruch, die mit einem abgesetzten Rundbogen schHeßt. Zu- 
seiten des Torbogens sieht man symmetrisch Inschril'ttafeln angedeutet und Reliefs, auf denen 
zwei Tiere übereinander mit den Köpfen der Mitte zugewendet erscheinen. Nach dem über 
den Rücicen erhobenen Schwanz und dem geneigten Kopf möchte ich das obere für einen Löwen 
halten und glauben, daß unter ihm ein Stier zu erwarten sei. Das ganze Arrangement und die 
breite Bildung des Spitzbogens erinnert sehr an den Torbogen in der östlichen Umfassungsmauer 
der großen Moschee (Taf. XVI, 1 und Abb. 24/5, S. 67), die nach der Inschrift ca. 1163/4 datiert 
ist. Daran sitzen auch zu beiden Seiten Tierkampfreliefs, Löwe und Stier. 

Ich weiß nicht zu sagen, ob diese „Porte de l'ancien Galius" noch exi- ^r ^^ 
stiert. Man wäre geneigt, zu glauben, daß die jetzige Yeni Kapu an ihre Stelle ^ 






getreten sein könnte. Aber das scheint nicht möglich, wenn ich Abb. 245 be- /; 
trachte, eine von de Beylie gekaufte Photographie, auf deren Rückseite er 
schrieb , Porte neuve?". In der Tat stimmt die Aufnahme nicht mit dem Grund- 
riß des Tores im Stadtplan (Abb. 1, S. 7); aber damit stimmt ebensowenig die von Abb. 246. DijarbeUr, 

Porte neuve: 

DE Beylie angefertigte Grundrißskizze der Porte neuve (Abb. 246), ein Hoftor von crundriß. 

2,75 m Breite, das nach der Innen- wie nach der Außenseite der Stadt durch 
Portale abgeschlossen wird, und noch weniger stimmt damit die TExiEii'sche Zeichnung. Man 
möchte vor dem Tigristore steil abfallendes Terrain, wie in Abb. 223, 228 oder 245, erwarten. 
Texiers Zeichnung setzt eher eine Ebene voraus. Dazu schreibt mir Berciiem: „Ich kann mir 
die ,Porte de l'ancien Galius' nur als ein Tor der Zitadelle denken. Dazu paßt auch 
das Vorhandensein von Buden außerhalb des Tores, also in der Stadt. Auch scheint bei keinem 
der bekannten vier Tore das Terrain innerhalb des Tores so auffallend anzusteigen, was beim 
Eingang MM' in die Zitadelle wohl der Fall ist." 

Es ist sehr wenig, was wir vorläufig über die Topographie von Amida-Dijarbekr vorbringen 
konnten. Dieses Buch soll ja, wie „Mschatta", mehr zur Forschung anregen, als feste Resultate 
geben. Denkt man sich das alte Amida ohne die späteren Zusätze, so stellt es sich als Ganzes 
von ovaler Gestalt dar mit gekreuzten, nach den Toren führenden Hauptstraßen. Ist 
dieses Schema hellenistisch-römischen Ursprunges? In Persien und Zentralasien gil)t es so viele 
Städte von diesem bzw. rechteckigen Grundriß und vier in den Himmelsrichtungen senkrecht 
aufeinander zulaufenden, oft mit Holz gedeckten Straßen. Über der Kreuzung in der Mitte 
eine Kuppel. Arabistcn werden diesen Dingen literarisch und auf Reisen nachzugehen haben. 

Eine andere Frage ist die nach den übrigen Kirchen und Moscheen von Amida. Wir 
haben nur drei Kirchen besprochen; schon der Plan S. 7 zeigt ihrer viel mehr. Moscheen sieht 
man in den Stadtansichten S. 8 und Tafel I und II, 1 die Menge. 

Nachschrift: Im letzten Moment laufen photographische Aufnahmen von Miß Bell ein, 
die beweisen, daß die „Porte de l'ancien Galius" tatsächlich ein Zitadellentor nach der Stadt- 
seite zu ist. Ich gebe unten S. 376 ein Detail des Tierkampfreliefs mit der zugehörigen In- 
schrift vom Jahre 1207/8 (vgl. unten S. 386). 



V. DIE GROSSE MOSCHEE VON DIJARBEKR. 



1. DIE BEIDEN FASSADEN. 

Wir besitzet! seit langem genauere Maßauthalimeu des Hofes der großen Moschee von 
Dijarbekr, doch waren sie bisher nicht veröffenthcht. Diese wertvollen Zeichnungen liegen in 
London in der Bibliothek des Royal Institute of British Architects. Ich verdanke Kopien davon 
Miß Gertrude Luwthiax-Bell, die mit R. Phené Spiers zusammen, auf meine Bitte hin, in die 
Blätter Einsicht nahm. Von diesen Zeichnungen spricht Feiîoisson in vol. II, p. 425 seiner 

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Abb. L'47. Dijarbekr, Grolle Moschee: GrundritJ des Hofes. (Die Orientieruug ist falsch.) 

Histor\- of architecture (London 1867), wo er von der großen Moschee von Dijarbekr handelt: 
,For the principal part of the information regarding this building I am indebted to M. C. Texier. 
He possesses detailed drawings of ever)' part, but they have never been published. *■ Phené Spiers 
hat sie, wie er mir schreibt, in seiner Arbeit über Sassanian Architecture^ verwendet. 

Ich gebe zunächst Texiers Grundriß des Hofes (Abb. 247). Er ist im Original im Maß- 
stabe von 0,00.0 zu 100 gezeichnet. Ich hätte bei der photographischen Verkleinerung den 



' Neudruck in „Aicliitecture East and West', p. 66 f. 



Die beiden Fassaden. 



299 



Maßstab weglassen kuiineu, da die gemessenen Quoten ohnehin eingetragen sind. Danach 
handelt es sich um einen Platz von 30,25 bzw. 30,225 ni an der Schmal- und wohl nur an- 
nähernd gemessen 60 m an der Breitseite.^ Schwierigkeiten macht die Orientierung. Texter gibt die 
Himmelsrichtungen merkwürdigerweise so, als wenn die Kibla nach Osten gerichtet wäre. Beylié 
notiert sie meines Erachtens wegen der Kibla richtig im Süden. Wir sprechen daher nicht wie 
Texier in seinem Plane vom Palais du Nord und Sud, sondern von der West- und Ostfassade. 
In der Mitte des Hofes steht ein Brunnen mit einer Dachpyramide, die auf acht Säulen ruht. In der 
perspektivischen Ansicht (Abb. 248) sind es nur 7 Säulen, auch ist der Brunnen da rund und 
nicht achteckig. Es wird sich also bei Texier wohl um Zeichnungen aus dem Gedächtnisse 
handeln. Die Photographien Beyliés (Abb. 249) zeigen den Brunnen rechteckig mit drei Säulen 
an der Westseite. Jenseits derselben ist in den Hof ein offenes Waschbecken eingebaut, um 
das herum Holzstangen Stäbe tragen, die zum Aufhängen der Kleider dienen. 




.\bb. 248. Dijarljckr, Große Mosctiee: Holansicht mit Brunuen und Hauptfassade. 

Um den Hof läuft nachTExiERs Grundriß (Abb. 247) eine Fußbank; hinter dieser stehen die 
Säulen und festen Wände. Im Süden (bei Texier Ost) schließen zwei Mauerzüge an, die man nach 
Texters Gesamtansicht der Moschee (Abb. 249) leicht als die Mauern des über das Dach hinaus- 
ragenden Mittelbaues erkennt. Texier zeigt im Erdgeschoß zwei Türen, die eine niedrige dritte 
mit einem Balkon darüber in die Mitte nehmen. Über den drei Fenstern des Obergeschosses 
mit ihren kleinen Fußbänken sind noch drei Fenster in die Giebelwand des Daches gebrochen. 
Auch seitlich gewahrt man noch ein Fenster, das aber vom Seitendach überschnitten wird. 
Hinter diesem kommt ein rechteckiger Turm hervor, der im ersten sichtbaren Geschoß keine 
Fenster, dann je eine kleine Öffnung im Quadrat und erst im obersten Geschoß jene hohen 
rundbogigen Öffnungen, je eine auf jeder Seite, zeigt, die sich an der ganzen Fassade typisch 
wieilerholen. Über dem wie an den anderen Turmgeschossen vorspringenden Gesims erhebt sich 
ein pyramidales Dach. Die Seitenflügel sind ebenerdig und lassen je drei der rundbogigen 

' Auf einer kleinen Skizze sind als Quoten S3,hO x .58 . . . m, auf einer dritten Skizze die Hälfte der Längs- 
seite mit 29,9 (V) angesehen. 



300 



Die (iRossE Mcl-^ciikk vux Di.iaim'.kki;. 



Öffnungen sehen. Hinter dem Brunnen links wird die Ust-(N.-)Fassade sichtbar. Im Grund- 
riß zeichnet Texier in die eine Ecke der Südfassade ein vorspringendes Rechteck von 8,30 m 
Länge, wozu allerdings die Quote nur 0.85 lautet; ich weiß dieses Detail nicht zu erklären. 

Genauere Maßauf- 
nahmen gibt Abb. 247 nur 
von den Säulenstellungen. 
Die Säulen der West- und 
Ost-(S.- u. N.-)Fassade ha- 
ben 3,30 m Aclisenab- 
stand, in der Mitte 3,80 m ; 
nur in den Ecken finden 
sich nennenswerte Abwei- 
chungen. Hinter den Säu- 
len stehen in 2,40, in der 
Mitte 2,90m Abstand von- 
einander Pfeiler von 0,85m 
im CJuadrat. Den Raum 
dahinter läßt Texiek in 
einer Tiefe von ca. 10 m 
leer. Das ..Palais du nord" 
im Osten zeigt in der 
Mitte der Abschlußwand 
und an deren Nordende 
Türen, das , Palais du sud" nur eine Mitteltür, davor aber einen zweiten Mauerzug (?). 

Ich lasse nun die beiden Aufrisse der West- und Ost- (nach Texier der Süd- und Nord) 
Fassade, Abb. 251 u. 252, zum Vergleich nebeneinandergestellt, folgen. Die Westfiissade ist, ich 




Abb. 2+!V Dijarbckr, Große Jloic-bee: Norawesti- 




Abb. 250. Dijarl)(.-kr, i^n.ße Moschee; Weslfassiide.' 
' Nat-h einei- mir IVeundlitli zur Verfügung ^'«.'ïtellteiig-Aulnalime von Ingenieur ('.. Prei-s.-?er (Assur-E.\pedition). 



Die bî:idex Fassaden. 



301 



wiederhole, um lllG/7 im Erdgeschoß, 1124/5 im Obergeschoß, die Ostfassade 1163/4 erbaut.' Sie 
sind sehr verwandt untereinander, trotzdem ist nicht eine direkte Kopie von W. Während W 
drei Stufenbogen im Erdgeschoß zeigt, hat O nur einen solchen in der Mitte; an W sind die Öff- 
nungen im Obergeschoß alle gleich, an entspricht ihnen nur die Mitte. Leider sind die Auf- 




Abb. 251. Dijarbekr, Große Moschee: VVestfassade. 

risse Texters nicht unbedingt verläßlich; so zeigt er die Anstücklung der Säulen gleichmäßig 
durchlaufend. Wir sahen schon an 0, daß das nicht der Fall ist. Taf XIII, 1, eine Aufnahme 
Beyliés, zeigt, daß W in dieser Beziehung noch viel unregelmäßiger ist. Und auch die Pro- 
portionen sind andere ; die Bogen wirken viel breiter als bei Texier. Doch muß das auf die 




Abi). 252. Dijarbekr, Große Moschee: Ostfassade. 

verschiedene Wirkung von Strichzeichnung und Photographie in Licht und Schatten zurück- 
geführt werden; denn Texier kannte die Einzelmaße genau, wie seine Zeichnungen je eines 
Joches beider Fassaden bezeugen. Ich stelle auch sie hier zum Vergleich nebeneinander, 
Abb. 251/2. Da es sich um die frühesten, bis jetzt bekannten seldjukischen Kunstbauten 
handelt, verspricht die eingehende Betrachtung weittragende Schlüsse für die Kunsteutwicklung 

' Ich muß die oben S. 140 widersprechende Datierung 1160 entschuldigen. .Sie erklärt sich aus einer S. 63 
während des Druckes vorgenommenen Änderung. 



302 



Die grosse Moschee vox Dijarbekr. 



dieses türkischen Volkes, sowohl 
nach dessen Vergangenheit auf 
persischem Boden, wie nach dessen 
Zukunft in Kleinasien hin.' 

Vor den Pfeilern stehen die 
unten 0,45 m dicken Säulen. Sie 
haben W: 2,40 + ? ,0: 2,38 + 1,90 
= 4,28 ni Höhe und verjüngen 
sich oben auf 0.383 bzw. 0,385 m. 
Die Pfeiler selbst sind (au W nach 
der Photographie) aus fünf un- 
gleich hohen Quadein aufgebaut 
und zeigen an W an den vorderen 
Ecken Dreiviertelsäulen angedeu- 
tet, die an fehlen. Die kleinen 
Kapitelle, die Texier skizziert, 
kann ich in den Photographien 
nicht feststellen. Sicher falsch ist 
an die Bogenkonstruktion ge- 
zeichnet und auf einer Annahme 
beruht auch die Fortführung der 
Profile von W hinter den Säulen. 
Wir können uns in diesen Dingen 
nur an die Photographien halten. 
Für die Konstruktion von W ist 
interessant Taf. XI, 2 (vgl. Abb. 
250); man sieht da in dem Bogen 
rechts mehrere Platten ausgefallen : 
also liegen sie als Querplatten in 
iimeren Falzen der Profilsteine? 
DieKeilsteine darunter sind jedoch 
zweifellos monolith, also muß eine 
Täuschung vorliegen. Man be- 
achte, daß an diesem Bogen auch 
das Profil links abgesprungen und 
— was sich beim Vergleich mit 
dem Nachbar ergibt, auch die in- 
nere Leiste ausgefallen ist. Diese 
war also aus Hakelsteinen für 
sich errichtet, dann folgt aus 
Keilsteinen das 0, 1 5 — 0, 10 m breite 
Profil, darüber die ganz regel- 
mäßig mit einer durchlaufenden 
Schicht oben gefüllten Zwickel. 

' Die Iiis<hriflen des Malik-shali 
vom J. 1082/3 unter der Kuppel der großen 
Moschee von Damaskus beziehen sich auf 
eine Restauration. V{;1. Berchem, Inscr. 
arabes de Syrie, p. 1-Jf. 








Alib. 2.W. Dijartiekr, Große Mosr'hce: Detail der Westfassade. 



Die beiden Fassaden. 



303 




An 0, wo die Profile fehlen, ist der Bogen 
glatt aus Keilsteinen errichtet und die 
Zwickel wieder in Horizontalschichten aus- 
gefüllt. Texier hat einen der Stufenbogen 
an W gemessen. Er ist gebildet aus einem 
Viertelkreis von 0,61 Radius, die Stufe be- 
trägt 0,28, die Verbindungslinie 2 X 0,63. 

Das Gebälk des Untergeschosses hat 
Texier genau vermessen. An ist die 
unterste Quaderschicht 0,52, der den Kapi- 
tellen entsprechende Inschriftfries an W 
0,35 hoch. An liegt der Fries über 
den Kapitellen und bildet eine 0,47 m 
hohe Steinschicht für sich. Er wird wie 
alle Inschriften in weißem Stein gearbeitet 
sein. Die 0-Fassade zeigt darüber einen 
0,25 m Streifen schwarze Lava, der an W 
fehlt. Dafür erscheint dort unmittelbar 
über der Inschrift das 0,227 breite Epistyl, 
das an mit dem Fries in eine Lage zu- 
sammengezogen ist. An W bildet der 
Fries eine 0,32, das Krauzgesims eine 0,529 
hohe Schicht. An ist zwischen Fries 
und Kranzgesims ein ca. 0,107 m breiter 
Streifen von schwarzer Lava eingeschoben. 
Diesen Tatsachen gegenüber wird schon 
am Untergeschoß klar: an der Westfassade 
sind die alten Lageverhältnisse belassen, 
an der Ostfassade sind sie durch Erhöhung 
des Inschriftfrieses um eine Schicht und 
Einschiebung zweier Lavaschichten höher 
und die Gesamtwirkung zugleich farbig 
gemacht. 

Am Obergeschoß entwickelt sich in 
beiden Fassaden die Mauer breiter, die 
Öffnungen werden kleiner. Sie sind 1,60, 
in der Mitte 2,20 m breit und 2,40 in hoch, 
die Wände haben 1,68 Breite. An W bildet 
nach Taf. IX— XI die 6., an O nach Taf. 
XIV/V die 5. Quaderschicht die Konsole des 
0,44 m breiten Deckbalkens, über dem an 
W 0,44 m hohe scheitrechte Bogen, an O 
der überhöhte Entlastungsbogen von 1,60 m 
Durchmesser folgt. Die Schäfte der vor 
die Wand gestellten Säulchen sind an 
W 2,29, an O 2,68 hoch und wirken da- 
durch an höher, daß ihnen hier zwei 
Plinthen, statt einer von 0,20 m Höhe, 
unterlegt sind. Die Säulchen von 



Abb. 2.Î4. Dijarbekr, Große Moschee: Detail der Ostfassade. 



304 Die ckosse Mh^chee von Dijarbekh. 

wechseln in der Farbe, Texiek sehreibt auf eine .marbre violet'', auf die andern .marbre jaune". 
Am stärksten kommt die Steigerung in Höhe und Farbe heraus am oberen Abschluß. .Schon W 
schiebt zwischen Kapitell und Epistyl den ca. 0,46 m breiten Inschriftfries. Das antike Gebälk 
gerät dadurch ganz außer Proportion. An läßt sich der Architekt ganz gehen, die Zeichnung 
von Texier entspricht, obwohl Maße dabeistehen, nicht der Wirklichkeit, das Kranzgesiras ver- 
läuft als flaches Band, das krönende Profil ist ganz verkümmert. Dafür wirkt der weiße In- 
schriftstreifen in der schwarzen Lavawand sehr auffallend. Alles in allem ist die W-Fassade, 
wenn ich nur die Gesamtmasse nach Texier nehme, 10.70, die 0-Fassade 11.84 hoch oder 10.00 
auf 12 m ; es liegt also eine Höhendifferenz von ca. 1 m vor. 

Der Hauptunterschied der beiden Fassaden, aus dem sich auch der Höhenunterschied zum 
guten Teil auf den ersten Blick erklärt, steckt darin, daß die Deckbalken der Öffnungen des 
Obergeschosses an W durch scheitrechte Bogen, an durch überhöhte Rundbogen entlastet 
werden. Außerdem zeigt die Westfassade drei Tore im abgestuften Rundbogen im Erdgeschoß, 
die Ostfassade nur eines. Im übrigen herrscht überall der Spitzbogen. Von letzterem war 
schon oben die Rede. Dagegen ist der abgestufte Rundbogen neu. 

Er besteht in Amida nach Texieks Messungen aus einem reinen Rundbogen (R. 0.61), 
im Scheitel auseinandergeschoben durch eine Horizontale, die ungefähr der Länge des 
Durchmessers (1.26) entspricht und etwas weniger als den halben Radius (0.28) gehoben erscheint. 
Die Fugen laufen so, daß die Horizontale in ihrer unteren Länge zwischen zwei die Stufe um- 
fassende Ecken als Schlußstein eingefügt ist. Es handelt sich wohl um eine ähnliche Dehnung 
der Mitte, wie sie beim sogenannten Perser- oder Fatimidenbogen mit Bezug auf den Spitz- 
bogen durchgeführt ist, indem dort an die seitlichen Bogenteile eine Spitze aus geraden Linien 
in den Tangenten angelegt ist. Der sogenannte Eselsrücken setzt diese Geraden in Konkaven 
um, die sich dann im vollen Schwung an die Konvexen der Seite anschließen. Diese 
Tendenz ist persisch. Ich kann keine älteren Beispiele für die abgestuften Rundbogen von 
Amida anführen und möchte nur aufmerksam machen auf das, was unten anläßlich der Profi- 
lierung von Rum Kapu gesagt werden wird. 

Die durch Bogen entlasteten Deckbalken des Obergeschosses lassen sich weit zurück ver- 
folgen. Die ältere Westfassade verwendet dafür den scheitreclffen Bogen. Diese Art der Stein- 
fügung kannte bereits die Antike', doch verwendet sie sie für den Architrav selbst, nicht als 
Entlastung eines solchen. In Amida ist das Typische der scheitrechte Bogen über dem Stein- 
balken, wie er an der Westfassade dominiert. Diese Konstruktion findet sich schon im Jahre 297 H. 
(909; 10) an der Nische im Turm links vom Kharputtor (Taf. III, 2). Man sieht den Decksteiu 
mit der kleinen Walze über dem Nischenbogen, dann die verzahnten drei Steine und wie die 
beiden seitlichen den Schlußstein frei über der Mitte emporheben. Auch Rum Kapu (Taf. XVII, 2) 
vom Jahre 579 (1183/4) zeigt den geraden Sturz des Türprofils durch einen scheitrechten Bogen 
entlastet, der unten über der Mitte ausgeschnitten ist. Am Mardintore (S. 13 u. 295) liegt zwar 
im Türsturz selbst ein mittlerer Schlußstein — er ist wie an der berühmten Cellatür des kleinen 
Tempels von Baalbek- herabgesunken — , doch wird er gegen den Druck geschützt durch einen 
kurzen, fast scheitrechten Stichbogen. Es sei hervorgehoben, daß an den drei Fatimidentoren 
von Kairo ebenfalls der scheitrechte Bogen, aber vor allem im Sinne der Antike, als Türsturz 
selbst, nicht als Entlastung für einen monolithen Deckbalken vorkonunt. 

Die jüngere Ostfassade von Amida verwendet zur Entlastung des Steinbalkens einen über- 
höhten Rundbogen von der Breite der Öffnung darunter. Die Fügung zeigt sehr deuthch, daß 
die Überhöhung jener Quader entspricht, die dem Eckstein des Bogens noch untergeschoben 
ist. Die Balken sind nicht immer monolith; es ist vielmehr wiederholt ein Stein zwischen zwei 

' Vgl. DuRM, Die Baukunst d. Römer," S. 22 ff. 

' Fraubercer, Die Akropolis von Baalbek, Taf. 14/.5. 



Die beiden Fassaden. 305 

seitliche eingesclialtet' und dann öfter herabgesunken. Man versteht deshalb, warum die Balken 
tiefer in die Wand einbinden als au der Westfassade. Dieselbe Konstruktion begegnet an der 
Süd- und dem Teil der Nordfassade, der die volle Wand statt der Bogenhalle aufweist. Au 
diesen beiden Fassaden ist jedoch der Spitz-, nicht der Rundbogen zur Entlastung verwendet. 
Es ist überdies festzustellen, daß die ältere Südfassade (Abb. 255) einen mittleren Keilstein 
zwischen zwei tief einbindenden Steinpfosten aufweist (wie 0), die jüngere Nordfassade (Abb. 256) 
den kurzen durchlaufenden Steinbalkeu auf Konsolen (wie W). Ich bilde die beiden Fassaden 
hier nebeneinander ab, weil ihr Gegensatz noch in einer anderen Hinsicht lehrreich ist. Die 
Hauptfassade aus dem 12. Jahrh. ist gleichförmig in Basalt erbaut, die dem 16. Jahrh. an- 
gehörige Fassade der westlichen Xordmadrasa dagegen zeigt den Unterbau in schwarzem 
Basalt, deu Oberbau wechselnd in weiß und schwarz. Die Inschrift z. B. ist in weißen 
Stein geschnitten, läuft aber zwischen zwei Basaltquaderlagen hin und ebenso sind auch die 
Spitzbogen schwarz umrahmt. Dieser farbige Schmuck entspricht einer Lieblingsrichtuug der 
islamischen Dekoration. Es mag bei diesem Fall an das oben S. 218 Gesagte erinnert werden, 
wonach die gleiche Art auch im toskanischen Kirchenbau beobachtet werdeu kann. 

Entlastungsbögen wie in Abb. 255/6 sind schon der Antike bekannt. Über dem scheitrechten 
Bogen zeigt sie das Theater in Ferenti- und wiederholt der Diokletianspalast in Spalato, besonders 
an der Porta aurea (Abb. 233). In Syrien kommt dann auch der offene Bogen über dem monolithen 
Türsturz vor, so in Ruweha, Shakka und Shehba.^ Typisch scheint diese Art der Türbildung 
für den sasanidischen Ziegelbau gewesen zu sein. In Mschatta und Kasr at-Tuba ist ganz 
stereotyp ein spitzbogiger offener Entlastungsbögen über einer Überlagsbohle mit scheitrechter 
Ziegelübermauerung verwendet.' Neuerdings schließt Herzfeld' aus dem charakteristischen 
Verfallszustand der Türen von Tak-i-Kesra, Firuzabad und Sarvistan, daß diese Art für die 
sasanidische Architektur bezeichnend sei. Er findet sie dekorativ verwertet wieder in den Ab- 
basidenbauteu von Samarra. Für uns köunte aus dieser Sachlage die Frage entstehen: geht 
die Art der Fassaden von Amida mehr auf die antik-syrische oder mehr auf die sasanidisch- 
mesOpotamische Überlieferung zurück? Wenn auch für den Ursprung des Motivs wohl der 
Osten entscheidend gewesen sein mag und in der Entstehungszeit der Fassaden von Amida im 
12. Jahrb. die Lokalschuleu kaum noch deutlich auseinander zu halten siud, so möchte ich 
doch glauben, daß im vorliegenden Falle mehr das syrische Element durch die Anwendung des 
Steinbaues an sich und die gelegentliche Verwendung des Rundbogens für die Entlastung zur 
Geltung kommt, wie das übrigens nach der neuesten Publikation der Deutschen Orientgesell- 
schaft auch schon in dem parthischen Hatra der Fall war. 

Es ist nun vom höchsten Interesse, an der Hand der Inschriften die zeitliche Aufeinander- 
folge in Anwendung der besprochenen Bogenformen an der großen Moschee festzustellen. Nicht 
der Rund- und auch nicht der scheitrechte Bogen stehen am Anfang, sondern der Spitzbogen. 
Ihn wendet über dem geraden Deckbalken der seldjukische Architekt des Westteiles der Süd- 
fassade 1091/2 an (Taf. VIII, 4). Dann folgt 1124/5 die Westfassade (Abb. 253), oben mit dem 
scheitrechten Bogen über derselben Art von Deckbalken, der jedoch Konsolen untergeschoben sind. 
Und uiui setzt au der Ostseite die Arbeit des Architekten Hibatallah aus Gurgan ein. Er beginnt 
1155/6 mit dem Ostteil der Südseite (Taf. XII), deu er entsprechend dem Westteil, also mit Spitz- 
bogen, über geradem Türsturz bildet. Um so auffälliger ist, daß er bei der Ostfassade (Abb. 254) 
in den Bogen des Obergeschosses nicht Rücksicht auf die Westfassade nimmt, sondern zu einer der 
Zeit im allgemeinen fernliegenden Form, dem Rundbogen, greift. Es scheint mir daher zweifel- 
haft, daß dieser Hibatallah ein Perser gewesen sein soll, eher würde ich ihn für einen Syrer 

' Vgl. die ähnliche Fügung am Theater in Syrakus bei Durm, Baukunst der Rönier^ S. :230. 
^ Durm, a. a. U., S. 2^8. — ' Butler, Architecture and other arts, p. 229, 371, 394. 

* Für Mschatta vgl. die Zeichnung von Er. Schulz, Jahrb. d. preuß. Kunstsamml. 1904, S. 215. Für Tuba 
das Werk von Musn., Kuseir Amra, S. 109. — ^ Samarra, S. 40/1. 

Amida. 39 



oOß 



Die (;kos?e Moschee vox Dijakbekk. 



oder Armenier halten. Der Ort Gurgaii müßte dann in jenen Gegenden gesucht werden oder 
man müßte den Namen in der lusclirift anders punktiert zu lesen hal)en. Möglich wäre auch, 
daß Gurgan nur den Ursprungsort der Familie bedeutet. Hibatallah könnte dann anderswo 
geboren sein. 




A' > L ;., Dijarbekr, Große Moschee: Fassade der eigentlichen Moschee an der Südseite des Hrn.- 

Der Rundbogen geht so weit, als die hellenistische Kunst reicht: ihm steht gegenüber der 
persische Spitzbogen. Der Kampf dieser beiden Wahrzeichen im Gebiete der architektonischen 
Entwicklung entbrennt erst, als der persische Islam erobernd nach dem \\''esten stürmt. Ist 
ihm das Abendland auch nicht politisch verfallen, im Gebiete der Architektur hat er äußerlich 
einst vollkommen gesiegt. Anders im christlichen Morgenlande. Byzanz widersteht dem An- 
dränge und ebenso Armenien. Hier bleibt der Rundbogen weitaus vorwiegend in Geltung. Das 
uordmesopotamische Städtedreieck bildet den Wall zwischen Persien und der armenischen Grenze. 
Was Hibatallah an der Ostfassade der großen Moschee von Dijarbekr durchsetzt, ist dort im 
11./ 12. Jahrh. ebenso auffäUig wie die drei Fatimiden-Tore in Kairo inmitten der großen per- 
sischen Kunst, die in Ägypten mit den Tuluniden und erneut gerade mit den Fatimiden 
heimisch geworden war. Es ist daher auch für unsere Frage von Bedeutung, was Makrizi be- 
richtet, man erzähle, drei Brüder, die Architekten waren, seien aus Edessa nach Kairo gekommen ; 
jeder habe eines der drei großen Tore erbaut. Bercue.m, dem wir die erste wissenschaftlich 
genaue Untersuchung über die Fatimiden-Denkmäler von Kairo danken^ konnte diese Nach- 

» Journal asiatique 1891. 



Die beiden Fas^^aden. 



307 



richten bestätigen erstens auf Grund der syrischen Elemente in der Architektur der Tore, dann 
damit, daß der Erbauer ßedr al-Djamali lange in Syrien gekämpft und mit einer syrischen 
Armee nach Kairo gekommen sei; das erkläre die augenscheinüche Anomalie einer fast voll- 




Abb. i.îi;. Dijarbekr, Große Moschee: Fassade der \\\"itmadras:i an diT Nordseitc des Hofcä. 

ständig byzantinischen Mauer (d'une enceinte presque entièrement byzantine) im rein fatimi- 
dischen K: iro, wo die religiöse Architektur so viel persische Einflüsse in sich aufnahm. 

Das spezifisch Syrische dieser Bauten — die Bezeichnung byzantinisch verwende ich in 
einem andern Sinn als es im Französischen üblich ist — steckt nun gerade darin, daß in allen 
drei Toren der Rundbogen allein herrschend ist, in allen Bogen nicht nur, sondern auch in den 
Gewölben. Als Beispiel gebe ich die Außenansicht der Bab alFutuh, des Siegestores von Kairo, 
erbaut 480 H. (1087). Es tritt (Abb. 2.Ô7) mit zwei Türmen vor die Stadtmauer. Der Durch- 
gang wird beiderseits verengt durch pfeilerartige, in die Hauptmauer einbindende Vorsprünge, 
die im verbindenden Rundbogen eigenartig durch die mittelst einer Stufe abgesetzte Aufeinander- 
folge von Wulst und Hohlkehle nach Art der attischen Basis ausgeschnitten sind. Der ganze 
obere Teil dieses Torbogens ist duich eine Stein wand geschlossen, die aus zwei Architraven, 
einem sehr schweren unteren geraden mit doppelt abgestuften Keilsteinen und einem oberen, 
unten segmentförmig, oben wagrecht abschließenden, auch weniger starken Architrav in glatten 
Keilsteinen besteht. Dieser Durchgang erhält seinen besonderen Sehmuck durch eine schräge 
Ausweitung, die um den Bogen herum reich in flachem Relief ornamentiert ist. Ein schmaler 



308 



Die grosse Moschee vox DuAitnEKR. 



Randstreifen von Kreis- und ßauteufolgen, dem sich ein zweiter in Kerbschnitt angliedert, um 
schließt hier ein hinges Feld, das durch zweistreifige Diagonalen in Rauten zerlegt wird, die 
von der Mitte aus nach beiden Seiten mit denselben fast von Raute zu Raute wechselnden, 
im Mittelstreifen vertieften, oben und unten erhaben gearbeiteten Mustern gefüllt ist: Kreise, 
Kreuze, Pentagrannne, Muscheln, Blätter und ähnliches wechseln in bunter Folge. 

Darüber sitzt ein von einem flachen Bogen aus abgestuften Keilsteinen überspanntes 
Gesims, das von steilen Konsolen getragen wird, zwischen denen Kassetten gebildet sind, 

einzelne Teile überzogen 
mit Flachornamenten. In 
den Ecken dienen kleine 
auf Konsolen aufsitzende 
hohe Pilaster als Träger. 
Die Seitenwände der Tür- 
me nehmen das Bogen- 
raotiv des Portals auf; sie 
zeigen je eine große flache 
Nische, deren Bogen auf- 
gelöst ist in eine Folge 
radial stehender Polster, 
über denen am Rande 
rundbogige, ausgeschnit- 
tene Lappen stehen. Ganz 
eigenartig ist, daß die Vor- 
derseite der Türme nicht 
halbrund , sondern mit 
dem Bugenteil eines Krei- 
ses vortreten, der bis et- 
wa in die Mitte des Tores 
reichen würde. Ebenso 
merkwürdigist dann auch, 
daß dieses Rund nicht 
nach oben absetzt, sondern 
mit einer Kante vor- 
springt, die wie ein schrä- 
ger Schnitt, also in Form 
einer Ellipse\ quer über 
die "Wand läuft. 
Dieser prachtvolle Steinbau zeigt die Übergangsform zwischen der syrischen Porta aurea 
von Spalato und den seldjukischen Portalfassaden Kleinasiens. Die seitlichen Nischen sind 
an die Turmwangen verlegt. "Was am Kharputtore von Amida 909, 10 noch mehr zufällig und 
unorganisch nebeneinander vorkommt, ist hier in eine trefîlich wirksame organische Einheit 
gebracht. Ich möchte nur beiläufig darauf aufmerksam machen, daß in den sieben Konsol- 
zwischenräumen immer noch ein Anklang an die sieben auf die Theaterfassade zurückgehenden 
Nischen am Oberbau der Porta aurea vorliegen könnte. 

Unter den Inschriften von Araida finden sich mehrere, die den Baumeister (?) nennen: 
übaid, Sohn des Sandjar, Muhammad, Sohn des Salaraa. Einmal 1228 bzw. 12367 nennt 
sich auch der Kalligraph, Meister Dja'far, Sohn des Mahmud von Aleppo. In Kleinasien finden 

' Da der Schnitt ganz gerade geführt ist, wird die Kurve selir l;onipliziert. Ich wähle die Bezeichnung Ellipse 
nur als annähernd. 




liali al Fm\ih: Außeuansiiln. 



Die beidex Fass^adex. 309 

sich Künstler aus Damaskus genannt, so Muhammad, Sohn des Khaulan von Damaskus als 
Erbauer der Fassade der Moschee Ala ad-dius zu Konia und an der Moschee von Ephesos AU 
ihn Dawud, geboren aus dem Lande Sham (Damaskus).^ Ich habe wegen des Hibatallah aus 
Gurgaii auch einen gründlichen Kenner des Armenischen, Dr. Dashian, von den Mechitaristen 
in Wien, befragt. Er schreibt mir : 

«Der Architekt in Mesopotamien aus dem 12. Jahrh. mit dem Namen ,Hibat allah de 
Gurgän", al-Gurgàni, gebürtig aus Gurgän, wie ihn die Inschrift nennt, ist wohl ein Hyrkanier, 
ob aber aus einem armenischen Geschlechte ist sehr zweifelhaft. Da so bestimmt „Gurgän" 
geschrieben steht, ist es weder die armenische Landschaft „Gugan" oder „Gogan" in Waspurakan 
(vgl. H. Hl^bschmanx, Arm. Ortsnamen, Abt. III, § 96) resp. das Dorf „Gugans" liei Wan (ib. 
§ 73), noch das Grenzland Altarmenieus „Gogarene" = „Gugark" (ib. § 153 usw.). Es wird das 
so oft erwähnte Grenzland Persiens sein, also Gurgän = altpers. Wrkäna, daher arm. Wrkan, 
bei den alten Griechen 'YpKaKvia, usw. (vgl. J. Marquart, Eransahr, S. 72 ff.). Es ist aber nicht 
unmöglich, daß ein ..Hyi'kanier" (= al-Gurgâni) doch ein Armenier gewesen sei; und sein Name 
„Hibat allah" könnte am Ende eine Übersetzung des ursprünghchen Namens .Theodorus" 
sein. In Hyrkanien gab es schon im 6. Jahrh. starke armenische Kolonien ; die Perser ließen 
dort im Lande eine armenische Truppenabteilung stehen ; und Sembat Pagratuni, der Ende des 
6. Jahrh. Marzjmn von Gurgän war, hatte schon zu sorgen, daß die Kolonisten das Armenische 
nicht ganz vergaßen (nach Marquart). Wirklich erobert wurde das Land von den Arabern erst 
im Jahre 716/7; dann wurde es islamisiert. Ob noch im 11. bis 12. Jahrh. ansehnliche arme- 
nische Kolonien existierten, weiß ich nicht genau. Einzelne Familien konnten immerhin nach 
Mesopotamien ausgewandert und daher den Beinamen al Gurgâni erhalten haben. Wenn man 
also sonst Grund genug hat, diesen Hyrkanier Hibatallah als einen Armenier zu betrachten, 
so könnte man eventuell eine Erklärung dazu finden. — Mir scheint aber, er ist ein Syrer, 
und zwar ein Nestoriauer gewesen. Speziell bei den Nestorianern scheint der Name Hibatallah 
gebräuchlich gewesen zu sein. Schon J. S. Assemani (Bibliotheca Orientalis usw.) erwähnt nach 
Bar-Hebraeus : „Hebatollae (= Hibatallah, in neusyr. Aussprache) seu Hebatallae, très hujus 
nominis medici célèbres, Christianus, Judaeus et Mahometanus", dann .Sähet ebn-Heba- 
toUa medicus'" usw. (ib. II, 311). Die beiden „Hebatolla Astrologus Poeta" mit ..Hebatalla lu- 
daeus" werden nochmals erwähnt (ib. III, 1, S. 556) in der Biographie des berühmten Medi- 
ziners und Schriftstellers .Hebatollah Abulhasanus ebn-Talmid, Saedi filius" usw. (ib. 
III, 1, S. 555 — 6). Als „archiater" ist er bei der Wahl des nestorianischen Patriarchen Elias IL 
(im Jahre der Griechen 1422 ^ IUI n. Chr.) anwesend gewesen (ib. II, 449: „Abulhasanus Hebe- 
toUa Saedi filius, cognomento Ebn-Talmid''.) Dieser ..medicus christianus Bagdadensis" stand 
in großem Ansehen auch am Khalifenhofe ; er starb im Jahre 1164. — Einen Moment habe 
ich mir gedacht: vielleicht ist gerade dieser Mann der „Architekt" des Baues im 12. Jahrh., 
d. h. er wird der Bauherr, resp. der Beförderer des Baues und dergleichen gewesen sein. Ob 
das zutrifft, weiß ich freilich nicht; Bau und Inschrift usw. sind mir unbekannt. Aber er ist 
„aus Bagdad", wohl auch sein Vater Sahid. „Al-Gurgäni" konnte am Ende auch diese 
Familie gewesen sein. Nestorianische Bistümer gab es in Gurgän schon im 5./6. Jahrh. (vgl. 
Marquart, ib. S. 61, 73, usw.). — Schließlich stand ein Syrer, ein Hj-rkanier nach Mesopotamien 
ausgewandert, im 12. Jahrh. vielfach, wie die damaligen Verhältnisse beweisen, unter arme- 
nischem Einflüsse. Früher war die syrische Kirche die Lehrerin der armenischen; später war 
Armenien oft die Stütze der arg bedrängten und zusammengeschmolzenen syrischen Kirchen. 
Speziell in Nordmesopotamien saßen Armenier und Sj'rer fast überall beisammen, auch Mischehen 
waren nicht selten. So kann dieser al-Gurgäui eventuell auch aus diesem Grunde teilweise arme- 
nisches Blut gehabt haben, auch wenn er ein Syrer war.» 

' Forschungen in Epheso.s I, S. 1;30'I. 



310 Die (jrosse Moschee vox Pijakbekr. 

Einen weiteren Fingerzeig für den Kunstkreis, aus dem der Architekt der Ostfassade her- 
kam, könnten die der Westfassade nachgeahmten Ornamente geben. Waren die chi'istlich- 
antiken Friese der Westfassade im Orient flach gearbeitet unter Beibehaltung des Schwunges 
in der Prolilierung der Fiächeu, so ist an der Ostfassade auch diese Schweifung aufgegeben, 
die Flachornamente werden auf gerade Flächen gelegt. Das an sich ist im 12. Jahrh. kein 
maßgebendes Unterscheidungszeichen zwischen syrisch uud persisch. In sjiätantiker Zeit freilich 
mag das sj-rische Hinterland früher zur Anordnung der Ornamente an geraden Flächen geneigt 
haben, als Persien; man vergleiche die Ornamentfriese nordsyrischer Kirchen bei Vogué und 
Eitler mit den Friesen an der Mschatta-Fassade. Immerhin habe ich wenigstens von den 
Friesen des Hibatallah eher einen syrische