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Full text of "Annales du Muse colonial de Marseille"

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ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES EN 1893 PAR 

M. LE PROFESSEUR D r Edouard HIlCKEL 

et publiées sous sa direction. 



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Vingt-troisième année, 3 e série,O er volume (1915) 

1° Les Sapotacées du groupe des Sideroxylinées-Mimusopées, par M. Marcel DUBARD. 

2° Contribution à l'étude des Crassulacées malgaches, par MM. RAYMOND-HAMET 
et PERRIER de la BATHIE. 

3° Sur quelques Kalanchoe de la flore malgache, par M. R.-HAMET. 

4* Le Cocotier de Mer, « Lodoicea Sechellarum » , par M. A. FAUVEL. 



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MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

5, Rue Noaillbs, •"> 



PARIS 
LIRRAIRIE CHALLAMEL 

17, rle Jacob, 17 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

D r Heckel: Les Kolas africains. Année 1893. (Volume presque épuisé.) 

D r Rançon : Dans la Haute-Gambie. Année 1894. (Volume complètement épuisé.) 

R. P. Diïss: Flore phanérogamique des Antilles françaises. Année 1896. (Volume 
complètement épuisé.) 

E. Geoffroy : Rapport de Mission scientifique à la Martinique et à la Guyane. 

Année 1897. 

D r IIeckel : Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane française. 

Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1898. 

H. Jumelle : Le cacaoyer. Année 1899. 

D 1 ' II. Jacob de Cordemoy : Gommes, gommes-résines et résines des colonies 
françaises. Année 1899. 

L. Laurent : Le Tabac. Année 1900. 

D r H. Jacob de Cordemoy : Les Soies dans l'Extrême-Orient et dans les colonies 
françaises. Année 1901. 

L. Laurent : L'Or dans les colonies françaises. Année 1901. 

A. Chevalier : Voyage scientifique au Sénégal, au Soudan et en Casamance . 
Année 1902. 

Gaffarel : L'Exposition d'Hanoï. Année 1903. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1903. 

D r H. Jacob de Cordemoy: L'Ile de La Réunion. (Géographie physique ; richesses 
naturelles, cultures et industries.) Année 190i. 

Capitaine Maire : Étude ethnographique sur la race Man du Haut-Tonkin. 

Année 1904. 

E. Lefeuvre : Étude chimique sur les huiles d'Indochine. Année 1905. 

H. Jumelle : Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Notes sur la Flore du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Notes biologiques sur la végétation du 
Nord-Ouest de Madagascar; les Asclépiadées. Année 1908. 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1915) 



MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEI'RS 



ANNALES 



DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES EN 1893 PAR 

M. LE PROFESSEUR D r Edouard HECREL 

et publiées sous sa direction. 



Vingt-troisième année, 3 e sériée^ 01 volume (1915) 

1° Les Sapotacées du groupe des Sideroxylinées-Mimusopées, par M. Marcel DUBARD. 

2° Contribution à l'étude des Crassulacées malgaches, par MM. RAYMOND-HAMET 
et PERRIER de la BATHIE. 

3° Sur quelgues Kalanchoe de la flore malgache, par M. R.-HAMET. 

4 e Le Cocotier de Mer, « Lodoicea Sechellaruni ». par M. A. FAUVEL. 



Mfi* 



MARSEILLE j PARIS 

MUSÉE COLONIAL LIBRAIRIE CHALLAMEL 

5, Rue Noaim.es, 5 17, rie jacob, 17 









Pr 




Le D r Edouard Heckel. 



LE D' HECKEL 



Le directeur de ces Annales, qui les fonda en 1893, 
et, depuis lors, y consacra toujours, et jusqu'à la fin, 
le meilleur de ses efforts — puisque l'impression de 
ce volume était à peu près terminée lorsque nous 
avons pris la charge d'en assurer la publication — 
le D r Edouard Heckel est mort le 20 février 191 G, après 
une courte maladie. 

Fils d'un médecin de la marine, Ed. Heckel était né 
le 24 mars 1843 à Toulon. A 16 ans, en 1859, il sortait 
de FÉcole de Médecine navale de cette ville comme 
Pharmacien aide-major de 2 e classe, et il effectuait, en 
cette qualité, sur le navire-hôpital La Cérès, son 
premier voyage dans nos colonies. Il séjourna pendant 
trois ans dans nos Antilles, et c'est là que, tout en s'oc- 
cupant de ses fonctions officielles, il commença à se fami- 
liariser, dans ses heures de loisirs, avec la flore tropicale 
et se rendit compte de toutes les ressources que cette 
flore peut offrir à la thérapeutique et à l'industrie. Peut- 
être même dès ce moment le jeune botaniste entrevit- 
il sa véritable voie, celle qui, après quelques autres 
séjours en Guyane française, en Nouvelle-Calédonie et 
à Sidney, devait le détourner de la carrière de marin 
qu'il avait tout d'abord choisie, et l'entraîner vers l'Uni- 
versité, qui pouvait mieux lui fournir les moyens de 



— VI 



satisfaire ses goûts de chercheur, et aussi le plaisir, qu'il 
éprouva toujours très vif, d'exposer ses théories el ses 
idées. 

En 187."), Heckel, qui était déjà docteur eu médecine 
depuis 1869, soutenait à Montpellier deux thèses de Doc- 
toral es Sciences naturelles, lune sur Le Mouvement 
Végétal, l'autre sur Quelques phénomènes de localisa- 
tion minérale et organique dans les tissus animaux, et 
leur importance au point de vue biologique. El, la 
même année, il débutait comme professeur à l'Ecole 
supérieure de Pharmacie de Nancy. Il passa de là, peu 
après, à la Faculté des Sciences de Grenoble ; et enfin 
en 1877 il était nommé à Marseille, qu'il ne devait plus 
quitter. Il y trouvait son milieu de prédilection. 

Ses études personnelles ne furent cependant pas tout 
de suite d'ordre colonial; pendant assez longtemps, aussi 
bien en zoologie qu'en botanique, elles relevèrent de la 
science pure bien plus que de la science appliquée. Ce 
ne fut qu'en 1885 que, par un premier travail sur le 
doundaké, fait en collaboration avec le professeur Schlag- 
denhauffen, de Nancy, dont il devait, dans la suite, asso- 
cier si souvent le nom au sien, Heckel s'orientait plus 
nettement vers la botanique coloniale. Et les plantes qui 
immédiatement sollicitèrent plus particulièrement son 
attention furent presque simultanément celles qui 
devaient toujours principalement le préoccuper, les 
plantes médicinales et les végétaux oléagineux. De par 
son passé, Heckel s'intéressait tout naturellement aux 
premières; dans les seconds il voyait avec raison les pro- 
ducteurs de l'une des matières premières dont l'étude 
était de la plus haute importance pour les progrès de 
l'industrie marseillaise. 



— VII 



Ainsi parurent successivement, de 1885 à [1893, entre 
autres mémoires : 

Du Doundaké (Sarcocephalus esGulentus) et de son 

écorce, dite Quinquina d'Afrique et Quinquina du Rio- 
Nunez (Journal de Pharmacie et de Chimie, 1885). 

Des graines de Chaulmoogra (Gynocardia odorata) et 
sur leur composition chimique (Id.. 1885). 

Recherches sur les graines ûTHydnocarpus Wightiana, 
succédané de celles de chaulmoogra (Id., 1885). 

Des écorces de Morinda citrifolia, substituées ou 
mêlées à celles de doundaké, et des moyens de les recon- 
naître chimiquement (Id., 1885). 

Sur le Karité, nouvel arbre à gutla-percha (La 
Nature, 1885). 

Du Téli (Erythrophloeum guineense), poison dépreuve 
des nègres de la Côte Occidentale d'Afrique (Diction- 
naire des Sciences médicales, 1885). 

Le Maloukang, ou Polygala butyracea (Bulletin de 
la Société de Géographie de Marseille, 1885). 

Nouvelles Recherches sur le Rondnc et ses graines 
(Les Nouveaux Remèdes, 1886). 

Nouvelles Recherches sur le vrai et le faux jéquirity 
(Fortschritt de Genève, 1887). 

Sur le Mbentamaré, ou fedegosa (Cassia occidentalis), 
au point de vue botanique, chimique et thérapeutique. 
(Archives de Médecine navale, 1887). 

Du café du Soudan, ou Parkia biglobosa (Journal de 
Pharmacie et de Chimie. 1887). 

Recherches sur le Thapsia villosa (Les Nouveaux 
Remèdes, 1887). 

Sur la Sécrétion gommo-résineuse des Araucaria 
(Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 1887). 



VIII 



Sur le Raliatjor (Yernonia nigritiana), nouveau poi- 
son du cœur (Archives de Physiologie, 1888). 

Un faux Kohi nouveau. Recherches sur les graines 
de Pentadesma biityraeea, qui fournissent le beurre de 
Kanya etc. (Répertoire de Pharmacie, 1888). 

Recherches sur les Guttas-perchas fournies par les 
Mimusops et les Payena (Journal de Pharmacie de 
Lorraine, 1888). 

Sur le Balancoufa, ou Dadigogo, nouveau ténifuge 
de la Côte Occidentale d'Afrique (Revue Horticole de 
Provence, 1890.) 

Sur le Gaertnera vaginata et sur ses graines considé- 
rées comme vrai café (Répertoire de Pharmacie, 1890). 

Un médicament nouveau. De remploi des feuilles de 
Kinkélibah contre la fièvre bilieuse hématurique des 
pays chauds (Nouveaux Remèdes, 1891). 

Sur la graine dOwala, ou Pentaclethra macrophylla ; 
son utilisation comme aliment et comme source de 
matière grasse concrète (Répertoire de Pharmacie, août 
4892). 

Sur le Copaifera Salikounda de V Afrique tropicale et 
sur ses graines a coumarine (Annales de la Faculté des 
Sciences de Marseille, 1892). 

Sur le pain et le beurre dOdika et sur le beurre de 
Cay-Cay (Revue des Sciences naturelles appliquées, 
1893). 

Etudes de nouvelles plantes néo-calédoniennes . Résine 
de Gardénia ; gomme-résine de Garcinia; produits des 
Spermolepis (Annales de la Faculté des Sciences de 
Marseille, 1893). 

Mais, en 1893, Heckel, qui, jusqu'alors, s'était confiné 
presque exclusivement dans ses travaux de laboratoire, 



IX 



— tout en faisant créer vers J880, par la ville un Jardin 
Botanique au Parc Borély — pressentait que le moment 
était venu de « s'extérioriser » davantage, selon l'expres- 
sion qu'il employait volontiers. Il importait de prendre 
plus directement contact avec le public, en mettant 
sous les yeux mêmes de ce public, — qui, à cette 
époque, il faut bien le dire, restait encore assez 
indifférent aux richesses de notre domaine colonial — 
les preuves matérielles de ces richesses trop ignorées. 
De cette idée naissait le Musée colonial de Marseille. 

Grâce à une souscription locale, dont une partie des 
fonds fut mise à sa disposition par l'Université, grâce 
aussi à une subvention permanente du Ministère 
des Colonies, qui, sachant reconnaître immédiatement 
l'importance de l'œuvre entreprise, lui apporta un 
concours qui, dans la suite, n'a jamais fait défaut, 
Heckel put installer dans les locaux du Service colonial 
de Marseille les collections que depuis une vingtaine 
d'années il amassait patiemment, et que les apports con- 
tinuels de nos colonies, puis diverses Expositions ont 
aujourd'hui si considérablement accrues. 

Tous ces matériaux pouvaient d'ailleurs fournir le 
sujet de nombreuses recherches, et ce fut. pour s'assurer 
les moyens d'en publier les résultats qu'Heckel fonda en 
môme temps ces Annales. Le premier volume assura 
tout de suite le succès du nouveau recueil : le directeur 
v réunissait en un travail d'ensemble toutes les observa- 
tions et expériences qu'il poursuivait depuis une dizaine 
d'années sur les kolaliers et les kolas. Ce volume fait 
époque, puisqu'il marque l'entrée dans la thérapeutique 
d'un produit aujourd'hui universellement connu et quo- 
tidiennement employé. 



Heckel, vers le même moment, provoquait au Sous- 
Secrétariat des Colonies l'organisation de diverses mis- 
sions scientifiques, el notamment celles du 1)' Rançon, 
puis du Pharmacien Geoffroy. La relation de l'explora- 
tion Rançon en Haute-Gambie fournit la matière du 
second volume. Geoffroy, qui avait été chargé d'aller en 
Guyane française, étudier la question des arbres à 
balala, revint en France très gravement atteint de la 
maladie contractée là-bas, et qui'devail bientôt l'empor- 
ter, mais il eut encore le temps et le courage de rédiger 
son rapport, qui fut inséré dans le quatrième volume. 
Du même auteur avait paru auparavant dans le second 
volume un mémoire sur le Rohinia Nicou. 

N'oublions pas, non plus, que c'est grâce à ces 
Annales que le P. Diïss put publier en 1896 sa belle 
Flore phanérog antique des Antilles françaises. 

Heckel, au reste, tout en faisant appel, dans les 
années qui suivirent, à divers collaborateurs, donna lui- 
même l'exemple . Sous son nom parurent successive- 
ment : 

Sur le Bakis et le Sangol (1855). 

Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane 
française (1897). 

Sur les graines grasses nouvelles ou peu connues des 
Colonies françaises ( 1897). 

Du bois piquant de la Guyane française, fourni par 
le Zanthoxvlum Perrotetii (1897). 

Une seconde étude Sur les graines grasses nouvelles 
ou peu connues des Colonies françaises (1898). 

Sur rOusouni/ing du Soudan (1901). 

Sur le processus germinatif des Onguekoa et des 
Strombosia (1901). 



XI 



Sur V Igname plate ud [Jupon (1901). 

Une troisième élude Sur les graines grasses nouvelles 
ou peu connues des Colonies françaises (1903). 

Catalogue alphabétique raisonné des Plantes médici- 
nales et toxiques de Madagascar (1903). 

Sur un nouveau copal et sur un nouveau kino (1904). 

Une quatrième étude Sur les graines grasses nou- 
velles ou peu connues des Colonies françaises, et, en 
particulier, de Madagascar (1908.). 

Les Plantes utiles de Madagascar (1910j. 

Nouvelles observations sur les plantes de Nouvelle- 
Calédonie (191 2). 

Et celte longue liste ne nous donne pas encore une 
idée complète de l'activité scientifique d'Iieckel, qui, 
dans la Revue des Cultures coloniales, dans les Comptes 
rendus de l'Académie des Sciences dans les Comptes- 
rendus des Congrès de l'Association française pour 
l'Avancement des Sciences, clans le Répertoire de Phar- 
macie, dans la Revue générale de Rotanique, dans les 
Comptes rendus de l Académie d'Agriculture, dans le 
Journal d Agriculture tropicale, dans le Bulletin de la 
Société d'Acclimatation, faisait paraître d'autres articles, 
notes ou mémoires sur les Araucaria, les Ouvirandra, 
V Allanblackia floribunda, le Ximenia americana, les 
Slerculia lomentosa, les Dioscorea, le Brucea sumatrana , 
les Psathurea, le Menabea venenata, le Daniella thuri- 
fera, YErythrophloeum Couminga, le Telfairea pedata, 
le Lychnophora van Isschoti, l'JIeisteria Trillesiana, les 
Coelocaryum, les Mgristica, les Dumoria, les Dasillipe 
et les SympJionia . 

Ceux qui n'ont pas intimement connu Ileckel et n'ont 
pas été les témoins de ses méthodes de travail ne compren- 



XII 



dront jamais comment il lui fut possible, au milieu de 
cette accumulation de recherches personnelles, de pour- 
suivre la réalisation du rêve qui, depuis la fondation du 
Musée colonial, ne cessait de le hanter, et qui était l'or- 
ganisation d'un u cycle de créations didactiques capables 
d'assurer à Marseille le litre de Métropole coloniale ». 
Nous reprenons la phrase même qu'il prononçait le jour 
où, en 1907, [ses^amis lui remettaient en une séance 
solennelle une médaille d'or commémorative. Mais déjà, 
au reste, ce jour-là, les vastes projets d'Heckel avaient 
abouti. Sur son initiative, la Chambre de Commerce de 
Marseille avait, comme complément du Musée colonial, 
créé en 1900 six chaires d'enseignement colonial; un 
peu plus tard la Municipalité marseillaise avait subven- 
tionné à l'Ecole de Médecine trois chaires également 
coloniales. La brillante Exposition de 1906, dont il fut 
l'incontestable promoteur, avait été le couronnement de 
toute cette organisation, qui aboutissait finalement 
à la création de l'Institut colonial marseillais, dans les 
locaux duquel le Musée colonial était transféré. 

Il n'est plus, à l'heure actuelle, de sacrifice que Mar- 
seille ne soit disposée à faire pour notre expansion colo- 
niale. Sans les événements qui ont si soudainement 
surgi on en aurait une preuve nouvelle dans la seconde 
Exposition qui devrait être sur le point de s'ouvrir au 
moment où nous écrivons ces lignes . Ce n'est que jus- 
tice de rappeler ici qu'à l'origine de tout ce mouvement 
il y eut surtout un homme: celui qui pendant vingt-trois 
ans dirigea ces Annales fondées par lui, et dont nous 
ne reprenons pas sans quelque appréhension la lourde 
succession. 

Commandeur de la Légion d'Honneur depuis 1907, 



— XIII — 

le D r Heckel était Correspondant de l'Académie des 
Sciences (Section d'Économie rurale), de l'Académie de 
Médecine et de l'Académie d'Agriculture. 
Marseille, ce 15 Mars 1916. 

Henri Jumelle. 



LES SAPOTACEES 

DU GROUPE 

DES SIDEROXYLINÊES-MIMUSOPÉES 

Par M. Marcel DUBARD. 

On pourrait s'étonner qu'ayant publié précédemment dans 
ce recueil ' la classification du groupe des Sideroxylinées, j'y 
apporte aujourd'hui mes observations sur les Mimusopées, sans 
avoir traité auparavant des Chrysophyllinées. 

C'est que l'on considère généralement les Mimusopées 
comme une sous-famille s'opposant à toutes les autres Sapo- 
tacées, qui constituent dans leur ensemble la sous-famille des 
Palaquiées. Les Palaquiées ont été presque toujours réparties 
parles auteurs en lllipinées, Sideroxylinées, Chrysophyllinées 
et, comme j'ai déjà exposé les résultats de mes études sur les 
deux premiers de ces groupes, on pourrait s'attendre aujour- 
d'hui à me voir présenter un tableau d'ensemble du troisième. 

Si j'aborde d'abord l'étude des Mimusopées, ce n'est point 
par manque de méthode, mais parce qu'au contraire ce groupe 
ne me paraît pas pouvoir être écarté des Sideroxylinées. Les 
grandes lignes de la classification des Sapotacées sont en effet 
basées sur des caractères fournis par l'androcée. Chez les 
lllipinées, celui-ci est constitué par au moins deux c\ ? cles d'éta- 
mines fertiles, l'un épipétale, l'autre alternipétale ; chez les 
Sideroxylinées les étamines alternipétales se trouvent rem- 
placées par des staminodes ; chez les Chrysophyllinées le cycle 
épipétale subsiste seul. 

Il est donc logique de se préoccuper de la constitution de 
l'androcée chez les Mimusopées, pour saisir dès l'abord leurs 

I. Marcel Dubahd, Les Sapotacées >iu groupe des Sideroxylinées, 
Annales «lu Musée Colonial il.' Marseille, 2'' série, vol. X, 1912. 
Annales du Musée colonial de Marseille. - 3' série, •-. vol. 1915. I 



9 



M. niT.AHh 



relations avec les groupes précédents et l'on ne peut qu'être 
frappé à ce point de vue de l'analogie étroite qui existe entre 
ce groupe et celui des Sidéroxylinées\ de part et d'autre, nous 
trouvons en elïet une série d'étamines fertiles épipétales et une 
série de staminodes alternes. On doit alors se demander 
pourquoi, lorsqu'il s'agit des Mimusopées, les auteurs ont cru 
devoir mettre en vedette un autre caractère et baser cette sous- 
famille sur la présence d'appendices dorsaux aux lobes de la 
corolle, véritables pièces stipulaires des feuilles qui constituent 
cette enveloppe florale. 

On peut s'étonner à juste titre qu'on ait attribué à ce carac- 
tère une telle importance, alors que certains genres de la même 
famille, tels que les bumelia et les Dipholis, sont rangés par 
tous les botanistes parmi les Sideroxylinées, quoique les pétales 
y présentent aussi des appendices, de valeur stipulaire, mais 
disposés latéralement. Peut-on d'autre part tirer argument de 
caractères spéciaux bien tranchés, qui viendraient en quelque 
sorte souligner la constitution de la corolle, pour classer ainsi 
à part les Mimusopées ? Nous n'en avons trouvé aucun et 
l'étude de l'ensemble des formes de ce groupe nous a, au con- 
traire, mis en présence d'affinités extrêmement étroites avec 
les Sideroxylinées et nous a fait concevoir un parallélisme 
frappant des genres de ces deux groupes. 

Il est donc bien naturel de faire état en première lig-ne pour 
les Mimusopées comme pour les autres groupes de la même 
famille de la constitution de l'androcée, ce qui nous conduit 
à une classification assez nouvelle de l'ensemble des Sapo- 
tacées. 

I. Androcée formé de 2 séries au moins 

d'étamines fertiles Palaquiinées. 

II. Androcée formé Lobes pétalaires 

d'une série 1 sans appendices 

d'étamines fertiles 1 dorsaux Sitleroxylées. 

épipétales et / 

d'une série de 1 Lobes pétalaires 

staminodes alternes I avec appendices 

(Sideroxylinées) dorsaux Mimusopées. 

III. Androcée formé d'une seule série d'éta- 

mines épipétales, sans staminodes... Cfiryso]>hi/lliriées. 



SAPOTAGÉES 1)1 GROUPE DES SIDER'OXYLINÉES-MIMUSOPÉES 3 

Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur le parallélisme des deux 
subdivisions du groupe des Sideroxylinées ; une connaissance 
approfondie des genres est d'abord nécessaire pour en com- 
prendre les affinités ; je tenais seulement au commencement 
de ce travail à me justifier d'une critique possible à prévoir. 

DONNÉES GÉNÉRALES SUR LA CLASSIFICATION 
DES MIMUSOPÉES 

Les Mimusopées sont donc caractérisées dans leur ensemble 
par l'adjonction à chaque lobe pétalaire de deux appendices 
dorsaux, ce qui triple en apparence le nombre des pièces de 
la corolle. 

La plupart du temps ces pièces supplémentaires sont aussi 
développées que les pétales proprement dits; le plus souvent 
entières, il arrive cependant que leur limbe soit très profon- 
dément divisé; mais on ne peut guère tirer de ces variations 
que des caractères spécifiques ; rarement les appendices se dis- 
tinguent des lobes principaux par une taille excessivement 
réduite [Norlhea). 

En somme, les caractères fournis par la corolle sont d'assez 
minime importance et peut-être paraîtra-t-il excessif d'opposer 
à ce titre le genre Northea à l'ensemble des autres Mimusopées 
groupées en un genre très hétérogène Mimusops, comme on l'a 
fait presque universellement jusqu'à présent. 11 semble au con- 
traire beaucoup plus logique vie mettre au premier plan les 
caractères qui nous ont donné satisfaction dans la classifica- 
tion des Sideroxylées : ils sont tirés de la position de l'ovule 
et de la structure de la graine. 

Nous rangerons donc, d'un coté, toutes les formes chez les- 
quelles le hile et le micropyle sont rapprochés (anatropie 
absolue) et où la cicatrice typique de la graine des Sapotacées 
est basilaire et relativement de peu d'étendue tee sera le type 
eumimusopé correspondant au type eusideroxylé, parmi les 
Sideroxylées), et, d'autre part, les formes chez lesquelles le 
bile cl le micropyle sont assez éloignés ou occupent même les 
pôles opposés de la graine (hémianatropie ou atropie el ^<>nl 



4 M. Dl'ItAHD 

réunis par une cicatrice Latérale allongée ] ce sera le type manil- 
karé correspondant au type lucumé, parmi les Sidcroxi/lôes. 

Dans ce deuxième type, tantôt L'ensemble de la tigelle et 
de la radicule [caudicule) forme un organe fortement saillant 
en dehors de la commissure des cotylédons, tantôt un simple 
organe punctiforme; il faut remarquer en outre que, si les 
embryons à caudicule punctiforme correspondent toujours à 
des graines exalbuminées, on peut trouver au contraire des 
Manilkarées à caudicule saillante avec ou sans albumen et 
que ces dernières forment transition vers les types à caudi- 
cule courte. 

Chez les E umimusopées, nous n'avons pas rencontré 
d'exemple où la graine fût dépourvue d'albumen ou à caudi- 
cule punctiforme ; de telle sorte que les caractères de l'ovule 
et de la graine nous permettent déjà d'établir les subdivisions 
suivantes: 



Graines a / i Graine fortement albuminée. 

• . • ii . i à caudicule ' 

cicatrice allongée i . Graine sans albumen ou 

(ovule hémitrope / faiblement albuminée. 

ou atrope / 

Manilkarées \ à caudicule punctiforme. 



Graines à cicatrice ! 
basilaire réduite ) Caudicule allongée ; graine fortement 
Eumimmopées ( albuminée. 

Les caractères les plus importants, après ceux que fournit 
la graine, sont tirés du type floral ; chez la plupart des Manil- 
karées, le type floral est 3, le calice étant formé de deux ver- 
ticilles trimères et la corolle de six pétales en une seule série ; 
chez la plupart des Euminiusopées, il est au contraire 4, le 
calice comprenant deux verticilles tétramères et la corolle 8 
pétales en une seule série. 

Les autres caractères génériques peuvent être tirés soit de 
l'androcée qui, d;ms quelques cas exceptionnels, peut com- 
prendre deux verticilles fertiles (Muriea) ou au contraire se 
réduire à un seul cycle épipétale (Northea), soit de la nerva- 



SAPOTACÉES Dl GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES •"> 

tion de la feuille qui, dans le seul genre Baillonella, est trans- 
versale par rapport aux costules. alors que, chez toutes les 
autres Mimusopées, on observe une ou plusieurs nervures des- 
cendantes entre celles-ci. 

Quant aux caractères tirés de la forme et de la subdivision 
des appendices pétalaires, de la forme et de la grandeur des 
staminodes, du nombre des carpelles, de l'isomérie de l'ovaire 
avec les verticilles externes, caractères qui ont souvent été 
invoqués par les auteurs, ils sont tellement sujets k varia- 
lions, parfois dans une espèce définie, parfois même et pour 
certains dans une fleur unique, qu'on ne doit en user qu'avec 
une extrême prudence, même s'il s'agit de définir des espèces. 

En résumé : 1" Le groupe des Mimusopées ne mérite nulle- 
ment l'autonomie qu'on lui a conférée jusqu'ici ; il doit être 
logiquement ramené au rang de sous-tribu et mis sur le même 
plan que les Sïderoxylées. 

2° Les caractères dominants sur lesquels on doit baser les 
grandes lignes de leur classification sont fournis par l'ovule et 
la graine comme chez les Sïderoxylées. 

3° Des caractères génériques importants peuvent être tirés 
du type floral, de l'androcée, du degré de développement des 
appendices pétalaires, de la nervation de la feuille. 

4° Les caractères résultant de la forme des appendices et des 
staminodes et du nombre des carpelles sont d'une importance 
très discutable et peuvent tout au plus servir k définir les 
espèces. 

Enfin, comme k propos des Sïderoxylées, nous devons 
remarquer que les caractères fondamentaux fournis par l'ovule 
et par la graine, tout en donnant une base solide à la classifi- 
cation, n'empêchent pas de reconnaître entre les divers groupes 
secondaires des convergences indéniables, qui assurent une 
continuité remarquable dans la famille des Sapotacées. 



M. ni BARD 



Manilkarées 



Ce groupe correspond identiquement aux Lucumées parmi 
les Sideroxylées el se définit de la même manière : 

Graine à cicatrice allongée, provenant d'un ovule atrope ou 
hémitrope, inséré, plutôt vers le haut de la loge carpellaire; 
le hile occupe l'extrémité supérieure de la cicatrice et le micro- 
pyle l'extrémité inférieure. 

Une première série de genres comprendra ceux chez lesquels 
les cotvlédons sont minces, foliacés et où les réserves de la 
graine sont formées par l'albumen ; dans ce cas, la caudicule 
est toujours allongée. 

Cette série est parallèle à celle des Planchonella, Micropho- 
lis, Achras, parmi les Lucumées. 

Le genre fondamental de ce groupe est le genre Manil- 
kara. 

Manilkara Hheede'. 

Cet ancien genre de Rheede (in Adanson) fut toujours con- 
sidéré comme rentrant dans le genre Mimusops de Linné, où 
l'on range encore actuellement à peu près toutes les Mimuso- 
ji( : cs. Les considérations générales qui précèdent nous ont 
montré que, si l'on veut tenir compte des caractères de la 
graine, il est absolument nécessaire de démembrer ce genre 
Mimusops où se côtoient les types les plus disparates du 
groupe; nous avons donc rétabli le genre Manilkara que nous 
opposons aux vrais Mimusops, caractérisés par l'anatropie de 
leur ovule, c'est-à-dire pour les mêmes raisons qui nous 
avaient fait rétablir le genre Planchonella pour 1 opposer aux 
vrais Sideroxylon. 

En agissant ainsi, nous ne faisons d'ailleurs que nous con- 
former à l'opinion de L. Pierre, maintes fois exprimée dans 
les notes manuscrites qui accompagnent ses herbiers ; cette 
opinion, il hésita cependant à lui donner toute sa valeur, 

1. Adans, Fam. II, 1763. 



SAPOTACÉES DL GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES / 

puisque dans les Symbolse Anlillanœ*, il ne mentionne les 
Manilkara que sous forme de section du genre Mimusops, 
bien qu'en y faisant valoir les excellentes raisons qui militent 
en faveur de l'autonomie de ce groupe et en souhaitant de le 
voir restituer comme un véritable genre. 

Le genre Manilkara, tel que nous le comprenons, corres- 
pond aux Ternariade de Gandolle, aux Eurnimusops d'Eichler 
et Miquel, aux Euternaria d'Engler pour la plus grande part; 
nous y faisons également rentrer le genre Mahea de Pierre, 
à titre de section. 

Caractères généraux des Manilkara. — Calice à (> sépales 
bisériés ; corolle isomère unisériée, à segments dorsaux équi- 
valents aux lobes, le plus souvent entiers ; staminodes ovales, 
acuminés, le plus ordinairement dentés ou lobés. Etamines 
épipétales, insérées au même niveau que les staminodes. 

Ovaire de 6 à 14 loges ; ovule avec hile placé vers le milieu 
de la face interne, par conséquent hémitrope ; cicatrice 
oblongue, souvent linéaire, s'étendant depuis le hile jusqu'au 
micropyle qui est basilaire. Nervation fortement descendante 
entre les costules ; dans chaque intervalle de 2 costules consé- 
cutives, on compte plusieurs nervures parallèles a celles-ci, très 
fines. 

Obs. : Engler, dans les Sapotacées africaines \ attache une 
importance peut-être excessive au nombre des loges ova- 
riennes, en classant dans une subdivision [Isogynss] des Euter- 
naria, les espèces où l'ovaire est isomère avec la corolle et 
dans une autre section ( Plcio</i/nœ) celles où il est formé de 
plus de (') carpelles. 

L'étude générale de la famille nous a montré combien sont 
peu constants les caractères tirés du nombre des pièces flo- 
rales ; a notre avis, la quantité des échantillons examinés est 
à l'heure actuelle trop restreinte pour pouvoir affirmer qu'une 
espèce déterminée présente, d'une manière invariable, (> car- 
pelles. 

1. Vol. V, fasc. I, p. 162. 

2. En(.i,ku, S.ipotnccT africaruv, p. 52. 



8 M. DURARD 

Dans le groupe même que nous éludions on a, d'ailleurs, 
signalé déjà des variations : à supposer enfin qu'il y ait con- 
stance, il paraîtrait aussi nécessaire d'établir des subdivisions 
spéciales pour un nombre quelconque de carpelles, diffèrent 
de <>, que pour ce nombre 6. 

Dans la nomenclature des espèces, nous nous bornerons 
donc à indiquer, pour chaque forme, le nombre de carpelles 
admis d'après les observations antérieures. 

Répartition géographique. — Les Manilkara présentent 
une aire considérable d'extension, car ils se trouvent à la fois 
aux Antilles, sur la cote Est de l'Amérique du Sud, dans 
l'Asie méridionale, en Malaisie, en Australie, sur les côtes 
occidentale et orientale d'Afrique, à Madagascar, etc. 

Ce genre correspond donc, au point de vue de la réparti- 
tion géographique, à la fois aux Planchonella qui sont indo- 
malais et australiens, et aux Micropholis et Achras qui sont 
américains ; mais il donne, en outre, un groupe africain très 
important et renfermant des espèces très variées réparties dans 
presque toute la zone tropicale. 

Obs. : Parmi les trois genres de Lucumées qui correspondent 
aux Manilkara, c'est le genre Achras qui, par son organisa- 
tion générale, s'en rapproche le plus; alors, par exemple, que 
la cicatrice de la graine est allongée d'un pôle à l'autre chez 
les Planchonella et les Micropholis, elle n'atteint guère que la 
moitié de la hauteur de la graine chez les Achras comme chez 
les Manilkara ; les autres caractères concordent d'ailleurs par- 
faitement ; cette remarque permet de supposer, avec quelque 
vraisemblance, que les Achras et les Manilkara dérivent 
assez directement d'une souche commune américaine et qu'on • 
doit, par conséquent, regarder les Manilkara américains 
comme représentant les types fondamentaux du genre. 

1° Section Eu manilkara. 

Cette section est caractérisée par des appendices pétalaires 
bien développés et par des fleurs hermaphrodites. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES S1DEKOXYLINÉES-M1MUSOPÉES 



G. Don. ; M. dis- 



1° Manilkara Kauki. 

Syn. : Mimusops Kauki L. ; M. Manilkara 
secta Hook. ; M. Hookeri A. DC. ; M. Bojeri A. DC 
M. Balata Bl. nonGœrtn., non Aublet; M. Browniana Benth. ; 
M. Elengi Boj. non L. 




Fig. I. 



Corolle étalée de Manilkara Kauki, montrant les étamines 

et les staminodes, 5 gr. 



Noms vern. : Phlé-mut annamite); Pohon (Javanais). 

Exs. : Cochinchine, cultivé à la base du Mont Diai, prov. de 
Chaudoc Pierre 3260]; iter javanicum [Zollinger 2887]; 
Java, dans les cultures [Zippel] ; cultivé à Buytenzorg ; 
Jamaïque [Hart. IKIÎ) : Guyane, cultivé [Voisin). 

Obs. : Cette espèce présente un ovaire de 6 à 8 loges ; le 
nombre le plus fréquent paraît être de 6 ; elle se rangerait 
donc plutôt parmi les Isogynœ. 

2" Manilkara hexandra. 

Syn. : Mimusops hexandra Roxb. ; M: indien A. DC. 

Noms vern. : Cay-viêt ; Cay-gang (annamite). 

Exs. : Indes orientales, Malabar. Concan [Coll. Stocks 
Law., ex. herb. Hook. 1'. et Thomson] : cultivé au Jard. bot. 
de Calcutta [3201 H. P. : Wallich. 1149 E]; Indore [éch. 



Il 



M. M KAKI) 



transmis par M. Holmes]; Cochinchine Thorel ; Monts Dinli, 
près Baria Pierre 3261]; Monts Mu-xoai, Binh-Dinh, prov. 
Baria Pierre 3261 J; Cho-ben, prov. de Baria j Pierre 3261]; 
littoral de la prov. de Baria [Pierre 3261]; Thu-duc, prov. de 
Saigon [Pierre 3261]; Tri-IIuyen, prov. de Bien-hoa Pierre 
3261 j; littoral de l'île de Phu-quoc [Pierre 3261 ; Ile Condor 






11 



Ut 




W 



'"ig'. 2. 





V VI 

Aspect comparatif de la graine de M. Kauki (I-III) et de celle 
de M. hexandra IV-VI), 2 gr. 



[Harmand 742] ; Cambodge, au mont Sruoi [Pierre 3261 j; 
littoral de la péninsule malaise, à Gaulai (Siam) [Pierre 
3261]. 

Obs. : Cette espèce est proche de la précédente et a été 
souvent confondue avec elle ; cependant, les graines sont 
dans l'une et l'autre bien distinctes ; celles du M. hexandra 
sont plus petites et non bosselées vers le haut comme celles 
du M. Kauki. 



3" Manilkara Roxburghiana. 

Syn. : Mimusops Roxburghiana Wig-ht ; M. Contestiana 
Pierre mss. 



SAPOTACÉES DL GROUPE DES S1DEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 11 

Nom vern. : Nakeliguian (tamoul). 

Exs. : Indes orientales, Annamallays hills [King] ; Pondi- 
chéry Gontest-Latour (5553 H. P.)]. 

Obs. : Espèce pleiogyne, dont le nombre habituel des car- 
pelles est de 9. 

L'échantillon de Gontest-Latour présente certains caractères 
particuliers qui avaient poussé Pierre à en faire une espèce 
distincte; les pétioles y sont plus allongés que dans le type, 
le fruit y est sphérique et non ovoïde, les pédoncules sont 
moins nombreux aux axes; en l'absence de Heurs, nous 
n'avons pas cru devoir maintenir le M. Conlesliana qui doit 
plutôt être regardé comme une variété, à notre avis. 




Fig. 3. — Corolle étalée de .1/. Roxhurffhiana montrant les étamines 

et les staminodes, 5 gr. 



1° Manilkara littoralis. 

Syn. : Mimusops littoralis Kurz. 

Exs. : Tenasserim et Andamans. 'Helfer 3HI3 . 

Obs. : Cette espèce est extrêmement voisine du M. hexan- 
dra et possède aussi un ovaire généralement à ( .) loges ; 
d'après Kurz, la fleur renfermerait deux fois autant d'éta- 
mines et de staminodes qu'il y a de pièces au calice ; c'est 
pour cette raison qu'Engler lit pour cette forme, dans le 
Pftanzenfamilien \ un sous-genre spécial qu'il baptisa Pleio- 

1. P/lanzenfamilicn, IV Th., Abt. 1. p. 152. 



Il' m. dubard 

mimusops; mais la description de Kurzest certainement erro- 
née, la Heur renferme seulement 6 ('lamines et fi stami- 
nodes. 

•">" Manilkara Pancheri. 

Syn. : Mimusops Pancheri Bail.; M. Vieillardi Pierre. 

Exs. : Nouvelle-Calédonie ' Petit 63, ex. herb. Exp. col. 
[Sébert et Fournier 63, ex. herb. Exp. col.]; Ile des Pins 
Vieillard 904]. 

Qbs. : Cette espèce se rapproche assez du M. Kauki\ l'ovaire 
\ est généralement à ('» loges, La dénomination de M. Vieil- 
lardi est plus ancienne que celle de Bâillon ' , mais elle se 
trouve dans une simple nomenclature, sans aucune indication 
de caractères, sans que L. Pierre ait même indiqué qu'il s'agis- 
sait d'une espèce nouvelle ; ce n'est que grâce aux notes 
manuscrites renfermées dans son herbier que j'ai pu faire 
l'identification du M. Vieillardi avec le M. Pancheri décrit 
par Bâillon, dans le même recueil, en février 1891, et je 
pense que dans ces conditions c'est le nom spécifique de cet 
auteur qui doit prévaloir. 

fi° Manilkara Teysmanni. 

Syn. : Mimusops Teysmanni Pierre mss. 

Exs. : Echantillon reçu du Jard. bot. de Buytenzorg !Treul>. 
(4188 H. P.)]. 

( )l)s. : Cette espèce n'est connue que par ses feuilles et sa 
graine ; l'analyse de celle-ci a été figurée par Pierre dans ses 
planches autographiées ; nous en indiquons ci-contre les traits 
principaux d'après ses dessins. 

Les feuilles sont oblongues elliptiques, obtuses aux deux 
extrémités, munies d'un assez long pétiole. Dim. moy. : 
Limbe, 13 cm. x 6 cm. ; pétiole, 2 cm. 1/2. Limbe subco- 
riace, plus clair sur sur sa face inférieure, portant des costules 
très fines, formant environ 24 paires, avec nervures intermé- 
diaires surtout descendantes, nombreuses, d'un relief aussi 

t. Bull. Soc. Linn. Par., p. .">04. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 13 

accentué que les costules, ce qui donne à la feuille un aspect 
finement strié dans le sens des nervures secondaires (carac- 
tère rappelant les Micropholis). La graine présente tous les 
caractères des semences de Manilkara ; la figure 4 précise 
mieux ceux-ci qu'une description. 






v 




ii 




m 

Pie. i. Structure de la graine de M. Teysmanni; I. aspecl général du fruit, 
gr. mil.. II. graine vue de profil, gr. nat. .111. graine coupée en long, mon- 
tranl l'embryon, 2 gr.; IV. graine coupée transversalemenl montrant lu 
disposition des cotylédons <•! <!<• l'albumen, 2 gr. : V, embryon isolé, 2 gr. 



v 7 U Manilkara dissecta. 

S vu. : Mirnusops dissecta 1». Br 



IV 



M. DUDARD 



l'.\s. : Tonga-Tabu Forster 77 . 

Obs. : Cette espèce se rapproche, à certains égards, d'une 
espèce américaine, Le M. Jaimiqui\ elle a, en particulier, 
connue eelle-ci. des appendices pétataires notablement plus 
courts que les lobes principaux. Elle se reconnaît facilement 
par ses étamines dont le connectil dépasse les loges en un 
appendice élargi, par son ovaire velu surmonté d'un long style 
exsert. 

8° Manilkara duplicata. 

Syn. : Mimusops duplicata Urb. ; M. Pleeana Pierre ; 
M. çflobosa Griseb. ' Achras duplicata Sessé et Moc. ; Sapota 
Siderorylon Bello. 

Nom vern. : Zipote, Sapote, Mameguelo (Porto-Rico). 

Exs. : Porto-Rico, prèsManati [Sintenis 6669 (5550 H. P.)] ; 

près Yega Baja [Stahl 466J ; près Penuelas [Sintenis 4765] ; 

près Rincon, in Bario-Punta [Sintenis 5767J ; [Plee 237] ; 

Sintenis 3829]; Ile de Vieques (Crabb-Island) [Duchas- 

saingj. 




Fig-. 5. — Corolle étalée de M. duplicata, 5.gr. 



Obs. : L'ovaire présente un nombre de loges variant entre 
6 et 10. Dans l'échantillon de Duchassaing, les appendices 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 15 

pétalaires sont notablement plus courts que les lobes princi- 
paux de la corolle, tandis que dans les formes de Porto-Rico 
il y a sensiblement égalité. 

!»° Manilkara Sideroxylon. 

Syn. : Mimusops Sideroxylon Pierre; Sapota Sideroxylon 
Griseb. ; Achras Sapota var. p. L. ; A. Sideroxylon Hook. 

Nom vern. : Bully, Bullet Tree (Jamaïque). 

Exs. : Jamaïque, in Blue Mountains Harris5379 ; Mardi 
1887]; [ex. herb. Hook.]. 

Obs. : L'ovaire comprend de G à î) loges. 




Fig. ii. — Corolle étalée de M. Sideroxylon, •"> gr. 



10° Manilkara Grisebachii. 

Syn.: Mimusops Grisebachii Pierre: M. dissecta Griseb., 
non R. Brown. 

Exs. : Cuba. Las Remales, La Grifa Wright 2927 (5S48 

II. P.)]. 

Obs. : Cette espèce se rapproche beaucoup du M. Sideroxy- 
lon, mais s'en distingue facilement par ses feuilles à faces 
concolores et par le nombre des loges de l'ovaire qui est le 
plus souvent de 12. 

Parmi les formes du genre Manilkara, ces deux dernières 
espèces paraissent être les termes les plus proches dit t,\p« - 
Achras. 



16 



M. hl HAUh 




11 



Fig. 



-Ovaire entaillé de M. Sideroxylon, montrant la disposition 



des ovules, ô gr. 



11° Manilkara Jaimiqui. 

Syn. : Mimusops Jaimiqui C. Wright, 

Nom vern. : Jaimiqui, Sapotillo fCuba). 

Exs. : Cuba, près Chacco de Toro [Wright 2918]. 

Obs. : L'ovaire présente de 7 à 8 loges. 

12° Manilkara Wrightiana. 

Syn. : Mimusnps Wrightiana Pierre ; Sapola Achras 
Griseb. 

Exs. : Cuba Wright 2917]. 

Obs. : Espèce très voisine de la précédente et qui pourrait 
bien n'en être qu'une simple variété ; ses feuilles et ses fleurs 
sont plus grandes, ses staminodes plus nettement dentés, son 
style est velu jusque vers le milieu et le nombre des carpelles 
atteint 9 à 10. 

13° Manilkara parvifolia. 

Syn. : Mimusops parvifolia Radl. ; M. dissecta Griseb. f'pro 
parte); M. floridana Engl. ; M. hahamensis Pierre; M. de- 
pjressa Pierre; Sapola Achras, var. depressa A. DC. ; Achras 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 17 

Zapotilla var. parvifolia Natt. ; A. bahamensis J. G. Baker. 

Nomvera. : Wild Dilly (île de Key) ; U7/</ Sapodilla 
(Bahamas). 

Exs. : Iles Bahamas, Fortune Island Eg-gers 3837 (5549 

H. P.)]. 

Obs. : Cette espèce se distingue bien pur ses nervures 
secondaires qui confluent assez loin de la marge, par le grou- 
pement sub-ombellé de ses Heurs, par le développement du 
tube de la corolle. 

L'ovaire est généralement à I» loges. 




Fig. 8. — Corolle étalée de .1/. parvifolia, 3 gr. 



14° Manilkara Riedleana. 

Svn. : Mimusops Riedleana Pierre;? M. disserta Griseb. ; 
M. martinicensis Pierre mss. 

Nom vern. : Sapotillier marron, Sapotillier noir, bois noir 
(Guadeloupe); Balatu Martinique . 

Exs. : Guadeloupe, morne de Ilouelmont. morne Hirondelle 
[Dussj; Martinique Duss 252 , llalui 1365]. 

Obs. : Cette espèce est voisine du M. Balata, que nous 
relatons ci-après, mais elle s'en distingue par ses feuilles 
presque toujours émarginées, des pédicelles moins nombreux 
à L'aisselle des feuilles, un Fruit plus allongé. 



Annales da Masée colonial de Marseille. 3 série, 3 vol 1915. 



18 



M. Dl l'.ARD 




Fig. 9. — Corolle de .1/. Jiiedleann vue de l'extérieur ; les appendices pétalaires 
ont été rabattus de manière à montrer les staminodes, r> gr. 



15° Manilkara nitida. 

Svn. : Mirnusops nitida Urb. ; M. Riedloana Pierre (pro 
parte); Achras nitida Sessé et Moc. ; Sapota Sideroxylon Bello. 
Nom vern. : Ausubo, Acana (Porto-Rico). 





Il 



Fig. 10. — I, Corolle de M. nitida vue de l'extérieur, les appendices pétalaires 
ont été rabattus de manière à montrer les staminodes. 5 gr. ; II. ovaire, 
5 gr. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES 8TDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 19 

Exs. : Porto-Rico, près Bayamon [Sintënis 97lj; près 
Manati [Sintënis 6753] ; près Yabucoa [Sintënis . v » 174, 5308]; 
sierra de Luquillo, dans les forêts du Mont Jimenes [Sintënis 
1422]; [Stahl 715]; [Riedlé (in herh. de Juss. 7260)]. 

Obs. : Cette espèce se rapproche aussi beaucoup du M. Ba- 
lata. Elle s'en distingue par ses feuilles velues et roug'eàtres 
dans le jeune Age; par ses appendices pétalaires le plus souvent 
entiers; d'autre part, elle diffère du M. Riedleana par ses 
feuilles plus grandes, ses sépales adultes non gibbeux et son 
fruit plus petit. L'ovaire est formé assez constamment de six 
carpelles. 

16° Manilkara Balata. 

Syn. : Mimusops Balata Pierre; M. bidentata A. DG. ; M. 
Balata Miq. (pro parte); M. Picrreana Bail.;? M. (jlobosa 
Gsertn. f . ; Achras Balata Aublet; Sapota Mûlleri Bl. 

Noms vern. : Bolletrie (Surinam | ; Balata rouge (Guyane 
française). 

Exs. : Guyane française [Richard, ex herb. Delessert] ; 
Cayenne [de Montjoly n° 1]. 

Obs. : Cette espèce a été divisée par Pierre en un certain 
nombre de variétés, dont les unes ont été publiées dans le 
Bulletin de la Société Linnéenne de Paris, les autres dans les 
Symbolœ Antillan&i d'Urban. Ces variétés ne nous paraissent 
pas également légitimes; en effet, les caractères tirés de la 
forme des feuilles, de la subdivision des appendices pétalaires, 
de la forme des staminodes, sur lesquels elles sont basées, 
présentent un haut degré de variabilité et ne peuvent souvent 
permettre une attribution bien certaine d'une forme donnée à 
l'une des variétés de Pierre. 

Pour pouvoir discuter ces variétés, il faudrait disposer de 
nombreux échantillons bien complets, portant des Heurs 
adultes, des fruits et des graines, ce qui n'a pas été notre cas; 
certaines variétés n'ont pu être examinées par nous que sur 
un seul échantillon, en mauvais état; aussi nous bornerons- 
nous à donner ici une liste des variétés, en indiquant d'après 
leur auteur leurs caractères particuliers ainsi que les exsic- 



20 M. DUBARD 

cata qui peuvent y être rapportés. Ajoutons enfin qu'Engler 
considère plutôt les variétés Sieberi et Melinonis connue des 
espèces distinctes et que cette manière de voir est partagée 
par Urban en ee qui concerne la première. 

Var. a : Cruegeri Pierre. 

Syn. : Mimusops globosa Griseb. ; ? M . /lalata Crueger inss. 

Caractères : Rameaux épais ;ivec lenlicelles grisâtres; 
feuilles obovales-oblongues, obtuses ou arrondies, coriaces, 
glabres, concolores; plus de 10 pédicelles par groupe, un peu 
plus courts que le pétiole; sépales intérieurs, membraneux, 
ciliés; appendices pétalaires 2-3 partits, plus longs que les 
lobes principaux ; staminodes, vers leur milieu brusquement 
lancéolés, subulés; ovaire lancéolé à 6-9 loges. 

Exs. : Trinidad [Grueger 158J. 

Var. b : Schomburgkii Pierre. 

Caractères : Feuilles oblongues, atténuées ou en coin à la 
base, arrondies à l'extrémité ou brièvement acuminées, glabres 
ou à peine pubescentes ; plus de 10 fleurs par groupe, longue- 
ment pédicellées, pédicelles à peu près égaux au pétiole; 
appendices pétalaires entiers ou rarement 1-3 tîdes; ovaire 
avec 0-10 loges. 

Exs. : Guyane française [Melinon 14J; [Aublet]; 

Guyane anglaise, près du fleuve Barama [Schomburgk 
1509] ; monts Canuku [Schomburgk 1238]; Roraima ; Schom- 
burgk 780 1; Barbades ! Schomburgk] ; in New Castle [Eggers 
7260]. 

Var. c : Sieberi Pierre. 

Syn. : Mimusops Sieberi A. DC. ; M. dissecta Griseb. fpro 
parte); Aehras mammosa Sieb, non L. 

Caractères : Rameaux légèrement pubescents, ainsi que la 
face inférieure des feuilles de teinte grisâtre; feuilles obovales 
émarginées, plus courtes que dans l'espèce précédente; Heurs 
axillaires par groupes de 6-8 ; appendices pétalaires bitides ou 
bipartits; ovaire avec 6 à 8 loges 

Exs. : Trinidad [Sieber 33]. 



SAPOTACÉES Dl GROUPE DliS S1DEROXYL1NÉES-MIMUSOPÉES 21 

Var. <i : Hartii Pierre. 

Caractères : Feuilles obovales acuminées, k apiculum sou- 
vent abrégé, en coin à la base, k limbe légèrement coriace, 
brillantes en dessus; pédicelles groupés par 6, plus courts ou 
plus longs que le pétiole; sépales obtusément acuminés; 
appendices pétalaires, le plus souvent bifides; staminodes 
oblongs lancéolés, entiers; ovaire le plus souvent k li loges. 

Exs. : Trinidad [Hart 4784, 53781. 

Var. e : domingensis Pierre. 

Caractères : Feuilles elliptiques, arrondies aux deux extré- 
mités ou obtuses k la base, presque glabres; fleurs axillaires 
en groupes de 6 k 8, réfléchies; appendices pétalaires rarement 
entiers, souvent 2-3 partits ou fïdes; anthères émarginées à 
l'extrémité; staminodes 1-3 fides; ovaire 6-loculaire. 

Exs. : Saint-Domingue [Herb. VentenatJ. 

Var. f ; Chitta Pierre. 

Caractères : Feuilles oblongues, obtuses k la base, légère- 
ment acuminées k l'extrémité, pubérulentes en dessous ou 
glabres; appendices pétalaires 2-3 fides ou partits; staminodes 
bifides; ovaire k 8-10 loges. 

Exs. ; Guyane française [Mélinon 37]. 

Yar. g : Melinonis Pierre. 

Caractères : Rameaux épais k lenticelles rougeàtres ou 
blanches; feuilles larges, oblongues ou obovales, brièvement 
acuminées, arrondies ou émarginées, glabres; Heurs briève- 
ment pédicellées; appendices pétalaires 2-3 partits ou fides 
denticulés ou en partie entiers. 

Exs. : Guyane française [Mélinon 1841]. 

Les caractères les plus simples permettant de reconnaître 
ces variétés sont groupées dans le tableau suivant : 



•)•) 



lil l'.AIII) 



Appendices pétalaires le plus souvent entiers V. 

Feuilles elliptiques arrondies 
aux extrémités. Ovaire 6-loc. V 
I émarginées.Ov.6- 

Feuilles \ 81oc V 

obovales 



Hchornburgkll. 

dothingensis. 

Sieberi. 



Appendices péta- 
laires plus ou 
moins profon- 
dément divi- 
sés. 



I acuminées. ' )v. 6, 
( loc 



V. Harlii. 
Staminodes bifi- 
des. Ov. 8-10 

1 loc V . Gui In. 

Feuilles \ Staminodes brus- 

oblongues ) quement lan- 

ou obovales- \ céolés-subulés. 

oblongues / Ov. 6-9 loc. . . . V. Cruegeri. 

Staminodes élalùs 

et denticulés au 

sommet V . Melinonis. 



17° Manilkara surinamensis. 

Syn. : Mimusops surinamensis Miq. 

Nom vern. : Balata rouge. 

Exs. : Guyane, à Karouany [Sagot 836]; près du fleuve 
Casiquari [Spruce 3351]; Surinam [Coll. du D 1 ' Hoslmann 
739a J. 

Obs. : Cette espèce ne paraît différer que fort peu de la 
précédente et pourrait vraisemblablement y être rattachée 
comme variété, s'il était possible de la discuter sur des docu- 
ments plus complets. 

18° Manilkara floribunda. 

Syn. : Mimusops floribunda Mart. ; M. Glaziowii Raunk. 
Nom. vern. : Massaranduha do Taboleiro (Brésil). 
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou 11I58J; Cabo Trio 
[Herb. Mart. n» 27 , ;. [Sellow 572]. 

Obs. : Ovaire assez régulièrement à 6 loges. 

19° Manilkara longifolia. 

Syn. : Mimusops longifolia A. DC. 

Exs. : Brésil, Ilheos, prov. de Bahia [herb. Mart.]. 



20° Manilkara subsericea. 

Syn. : Mimusops subsericea Mart. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DÈS SIDEROXYL1NÉES-MIMUSOPÉES 23 

Nom vern. : Massaranduba (Brésil). 

Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou 12071 J; [Gaudichaud 
797]; [Weddell 114] ; [Galeotti, ex herb. Mart.J; [Richard |; 
sans désignation de localité I Glaziou 18357, 18357a, 1547]* 
[Sellow 108, 391, 603 j; [herb. Mart. 487]; [Glausen 8J. 

Obs. : Ovaire généralement à G loges. 

21° Manilkara costata. 
Syn. : Mimusops costata Pierre mss. 

Exs. : Madagascar [Chapelier, éch. comprenant seulement 
feuilles et fruit] ; [Richard, in herb. Franqueville (5944 II. P.)]. 

22° Manilkara cuneifolia. 

Syn. : Mimusops cuneifolia Bak.; M. angolensis Engl. 

Exs. : Iter angolense [Welwitsch i83Gj; Mayomba [Dy- 
bowski 30], 

Obs. : Cette espèce est voisine du M. suhsericca du Brésil 
et du M, lacera d'Afrique. Engler range le M. cuneifolia dans 
les Pleiogynas, le M. angolensis dans les Fsogynœ] c'est d'ail- 
leurs à peu près la seule différence qui résulte de ses descrip- 
tions; en comparant les échantillons ci-dessus mentionnés, 
j'observe que le nombre des loges doit varier au moins de H à 
9, ce qui n'est pas surprenant d'après ce que nous avons vu 
dans beaucoup des formes précédentes. Il n'y a nul doute à 
ce qu'il faille fusionner ces deux espèces et nous trouvons 
ainsi un nouvel argument contre la distinction illusoire en 
isogynes et pleiogynes. 




Fig. 11. — Corolle de M. cuneifolia., 5 gr. 



24 



m. ni M m; i» 



Je rapporte également, «lune manière provisoire à cette 
espèce un échantillon du Congo, recueilli par Mgr Carrie, 
sous le h" H>2, et baptisé par Pierre Mimusops gabonensis. 
L'échantillon est dépourvu de fleurs; les feuilles rappellent 
beaucoup celles du M. cuneifolia, mais avec quelques diffé- 
rences : pétiole plus épais, limbe plus développé, terminé 
par un acumen court et arrondi, jamais émarginé. Ces diffé- 
rences, en somme peu accentuées, peuvent fort bien tenir à 
l'âge plus jeune du rameau mis en herbier; d'ailleurs l'échan- 
tillon de Dvbowski présente aussi des formes de feuilles assez 
analogues. 

23° Manilkara lacera. 

Svn. : Mimusops lacera Bak. 

Nom vern. : M'Bimo (Gabon). 

Exs. : Nun River [Mann INil, 1270 ; Gabon, région de 
Libreville [Jolly 99]; [Klaine 26]; [Chalot 16]; région du 
Niger près de Nupe [Barter]. 

Obs. : Espèce très nettement pleiogyne. 

2i" Manilkara multinervis. 

Syn. : Mimusops multinervis Bak. ; ? M. densiflora Bak. 

Exs. : Région du Niger, près Nupe [Barter in Baikie's Nig. 
expéd. 1123]; Dahomey, près Badagba, le long du fleuve Zou 
[E. Poisson 104, 144]. 




Fi K . 12. 



M. Multinervis, var. Poissoni, Corolle étalée et;ovaire, 5 gr. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SÏDEROXYL1NÉES-MIMDSOPÉES 2.') 

Obs. : Ovaire ne comptant pas moins de I i à 15 loges : 
nous indiquons ici le M. densiflora Bak. comme synonyme, 
mais avec doute, car nous n'avons pas vu cette espèce: c'est 
la manière de voir d'Engler, dans les Sapotacées africaines; 
mais, d'après Baker, les feuilles du M. densiflora seraient éga- 
lement vertes sur les deux faces et d'autre part celles du 
M. mnltinervis ne peuvent pas être considérées comme con- 
colores. 

Var. : Poisson i. 

Svn. : Ma.nilka.ra. Poissoni Pierre mss. 

Exs. : Dahomey, dans la forêt Zomou, près de Zaguanado 
E. Poisson 90 : à Dogba, bords de l'Ouémé [Le Testu 217 . 

Obs. : Les feuilles sont moins coriaces que chez le type, de 
teinte plus claire en dessous, plus foncée en dessus; les sta- 
minodes sont moins profondément subdivisés, l'ovaire paraît 
présenter moins de loges. 

25° Manilkara Schweinfurthii. 

Syn. : Mimusops Schweinfurthii Engl. 

Exs. : Djurland à Seriba Ghattas, [Schweinfurth 1378 ; 
Addaï, pays des Bongo, [Schweinfurth 1529]. 

Obs. : Espèce très voisine de la précédente, à ovaire nette- 
ment pleiomère. 

Var. : Chevalieri. 

Syn. : Mimusops Chevalieri Pierre; Manilkara Maclaudi 
Pierre mss. 

Nom vern. : Jcnsa iGouin). 

Exs. : Soudan, Kouroussa Chevalier ; Dassoulami, cercle 
de Bobo-Dioulasso Vuillet 518 ; Manambougou entre Kouli- 
koro et Bammako [Vuillet i'52 ; Guinée à Dindiena et à 
Sineia, dans la région de Kouroussa [Pobéguin 193] ; D 1 Ma- 
claudj. 

Obs. : Cette forme tient à peu près le milieu entre les deux 
espèces précédentes qu il serait peut-être légitime de réunir; 
elle diffère du M. Schweinfurthii type par ses feuilles un peu 
plus étroites, moins pubescentes, caractère assez, net au tou- 



2(i M. DUBARD 

cher, ses fleurs un peu plus petites, ses staminodes plus 
larges, souvenl trilobés (au lieu de 1-2 lobés); ces différences 
sont d'ailleurs très minimes et ne peuvent justifier une espèce 
autonome. 

26° Manilkara Mochisia. 

Syn. : Mimusops Mochisia Baker. 

Exs. : Zanzibar [Boivin]; Zambèze, Liwingstone's Zambezi 

Expédition [Kirk . 

27" Manilkara sulcata. 

Syn. : Mimusops stilcata Engl. 

Exs. : Mombaza, côte orientale d'Afrique [Boivin]. 

Var. : Saclcuxii Pierre. 

Nom vern. : Mzinzi Zanzibar). 

Exs. : Zanzibar à Mondera [P. Sacleur 993] . 

Caractères : Diffère du type par ses feuilles plus petites, ses 
sépales plus obtus, plus elliptiques, sa corolle à lobes plus 
courts, ses staminodes entiers et non 1-3 lobés, son style 
moins long 1 . 

Obs. : L'ovaire semble régulièrement du type isogyne dans 
l'espèce et la variété. 

28" Manilkara Welwitschii. 

Syn. : Mimusops Welwitschii Engl. 

Exs. : Iter angolense, Quêta [W'elwitsch 4814]. 

Obs. : Dans cette espèce, l'ovaire est à 12 loges. 

29° Manilkara zanzibarensis. 

Syn. : Mimusops zanzibarensis Engl. 

Exs. : Zanzibar (Boivin]; [P. Sacleux £43]. 

Obs. : Dans cette espèce l'ovaire est à 9-12 loges. 

30° Manilkara remotif olia Pierre. 

Exs. : Dahomey à Baseila [E. Poisson 95]. 

31° Manilkara argentea Pierre. 

Syn. : Manil kara dahomeyensis Pierre. 

Exs. : Dahomey [E. Poisson 145] ; Niger [BarterJ. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES '21 

32° Manilkara Pobeguini Pierre. 

Nom vern. : Ko-acé (Guinée). 

Exs. : Guinée française, Sankaran [Pobéguin Si 'A . 



2° Section Mahea. 

Le genre Malien, que nous ramenons au rang- de section, 
fut créé par Pierre ', qui le caractérise de la manière sui- 
vante : 

La fleur possède (> sépales disposés en deux séries et une 
corolle partagée en (> lobes, plus longs que le tube et à peu 
près égaux aux sépales. Au dos et à l'extrême base de chacun 
des lobes, on voit quelquefois une sorte de glande ou point 
placé de chaque côté des lobes, mais si peu apparent que, 
sans un examen attentif, on peut en nier existence. Ces points 
indiquent vraisemblablement l'initiale des divisions externes 
des pétales, caractéristiques des Mimusopées, ici à peine indi- 
quées, mais qui le sont un peu plus dans les Northea et les 
Semicipium. N'ayant analysé qu'une fleur, il se peut que ces 
divisions externes des lobes de la corolle soient plus appa- 
rentes dans d'autres fleurs. Entre chaque lobe de la corolle, il 
y a un staminode subulé ou terminé par une petite anthère 
difforme. En face de chaque pétale et toujours au sommet du 
tube, il y a une autre rangée des mêmes staminodes que nous 
venons de décrire, avec cette différence que l'extrémité de 
chaque filet porte une anthère stérile un peu plus grosse. Les 
deux séries, situées à peu près sur le même plan, sont à peu 
pics aussi de même longueur, la série épipétale étant un peu 
plus longue à cause du volume de Panthère avortée. L'ovaire, 
sphérique et velu, contient six loges, accentuées au dehors; h' 
style glabre est deux fois plus long que l'ovaire et un peu plus 
long que la corolle. L'ovule dans chaque loge est attaché au 
sommet de l'axe; le fruit est inconnu; les feuilles sont celles 
des Manilkara, particulièrement en ce qui concerne la nerva- 
tion. 

1. Notes botaniques, p. 8. 



2S M. m BARD 

Cette description nous montre que les Mahea ont Les carac- 
tères essentiels des Manilkara feuille, type dorai trimer e, 
position de l'ovule). Ce dernier caractère laisse supposer que 
La graine inconnue peut avoir la même constitution que dans 
ce genre, .le propose donc de faire des Mahea une simple 
section des Manilkara^ suiv;ml en somme ainsi l'opinion d'En- 
fler qui les fait rentrer dans son genre Mimusops en une 
section voisine des Ternaria. Nous définirons donc les Mahea 
comme des Manilkara à fleurs unisexuées et à appendices 
pétalaires rudimentaires. 

33° Manilkara natalensis. 
Syn. : Mahea natalensis Pierre. 
Exs. : Natal fWoodl. 



L 



Muriea Hartog 1 . 

Syn. : Eichleria Hartog ; Muricanthe Bail (Sect. des Mimu- 
sops). Ce genre possède les caractères essentiels des Manil- 
kara ; mais les staminodes y sont remplacés par des étamines 
fertiles. Engler l'a considéré comme une simple subdivision 
de la section Euternaria du genre Mimusops, pris au sens le 
plus large, tandis que Pierre en fait un sous-genre des Mimu- 
sops, envisagé dans un sens plus restreint, c'est-à-dire corres- 
pondant en somme aux Manilkara et Muriea. 

Nous croyons que la clarté de la elassiiication exige d'en 
faire un genre indépendant. Est-il logique de faire des Mahea 
une simple section du genre Manilkara et de mettre complè- 
tement à part les Muriea? Il nous semble pouvoir admettre 
l'affirmative, parce que dans la tleur femelle des Mahea, que 
nous connaissons seule, les staminodes des deux cycles ne 
sont pas absolument comparables, ceux qui correspondent 
aux étamines fertiles des Manilkara sont plus grands et rap- 
pellent davantage les organes normaux, ce qui nous permet de 
supposer logiquement que dans la fleur mâle il doit y avoir 6 

1. la Journ. of Bot., XVI, 1878. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYL1NÉES-MIMUSOPÉES 29 

étamines fertiles épipétales et 6 staminodes alternes, organi- 
sation typique des Manilkara ; la section Mahea est donc 
caractérisée uniquement par ses fleurs diclines ou polygames. 
Chez les Muriea, au contraire, nous avons bien un androcée à 
2 cycles staminaux fertiles ; c'est là une organisation bien 
distincte de celle des Manilkara et nous devons ajouter d'au- 
tant plus d'importance ace caractère que c'est sur la fertilité 
ou la stérilité, la présence ou l'absence de certains cycles de 
Tandrocée que sont constamment basées les grandes subdi- 
visions de la famille. 

1° Muriea albescens Hartog. 

Syn. : Mimusops albescens Hartog; Bassia albescens Griseb.; 
Labourdonnàisia albescens Benth ; Eichleria albescens Hartog ; 
Sapota Acana Morales; S. Maria Morales. 

Exs. : Cuba occidental, près Retiro Wright 2911) . 

Obs. : Dans cette espèce les deux cycles staminaux sont 
insérés au même niveau et l'ovaire présente 9-10 loges. 

2° Muriea discolor Hartog. 

Syn. : Mimusops discolor Sond. ; Eichleria discolor Har- 
tog ; Labourdonnàisia discolor Sond. ; L. sericea Benth. et 
llook. 

Nom vern. : l'mpumbulu (Natal). 

Exs. : Inanda, Natal Wood 1349 . 

Obs. : Les étamines du cycle alternipétale ont une tendance 
à s'insérer plus bas que celles du cycle épipétale. L'ovaire 
est formé de 6 carpelles. 



Lue deuxième série de genres comprendra ceux chez les- 
quels les cotylédons sont épais et charnus et renferment la 
plus grande partie ou toutes les réserves de la graine ; L'albu- 
men isl mince ou manque d'une manière complète : m;iis la 
caudicule de L'embryon y est assez proéminente. 



.'{Il 



M. ni i: \i:n 




Fig. 13. — I, corolle étalée de Muriek discolor; II. III. ovaire en perspective 
et en coupe; [V, position de'l'ovule par rapport au placenta. 5 gr. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROX YLINÉES-M1MUSOPEES 31 



Lecomtedoxa Pierre mss. 

Ce genre a été créé par L. Pierre pour une espèce du Gabon, 
mais il n'en a point publié la diagnose. Engler l'a rattaché 
connue sous-genre aux Mimusops au même titre que les 
Ternaria et les Quaternaria '. 






111 





IV v 

Fig. 14. — Lecomtedoxa Klaineana. Graine, I. vue de côté; II, vue par la Face 
ventrale; III, albumen; IV. embryon vu de côté: V, embryon en perspec- 
tive: er. nal 



Ce groupe peut être caractérisé de la manière suivante : 
Heurs du type \ ou du type 5 : appendices de la corolle tou- 
jours entiers, sensiblement égaux aux lobes principaux ; an- 
drocée l'orme d'étamines épipétales alternant avec autant de 



I. Engler', in Pflanzenfamilien, Nachir&ge I'.mio, p. 289, e) Sapotaceae 
a.f ricana?-, \>. .'».">. 



32 



M. hl H \l;h 



staminodes. Pistil isomère : ovules complètement atropes. Haie 
obovoïde, allongée, Fortement atténuée à la hase, a péricarpe 
mince, uniséminée : graine oblongue, avec longue cicatrice, 
s étendant d'un bouta l'autre du côté ventral. Albumen mince. 
Embryon avec cotylédons épais, plan-convexes, à caudicule 
saillante, courbée. Feuilles portant de fines costules, avec ner- 
vation intermédiaire l'orteinenl descendante, comme chez les 
Manilkara. 

De telle sorte que le genre Lecomtedoxa correspond à un 
type dégradé de Mimusopées, où le nombre des pièces du ca- 
lice et de la corolle s'abaisse à o et même à 4 ; en particulier, 
le calice, au lieu d'être formé de deux verticilles trimères, n'est 
plus constitué que par une seule série de pièces à disposition 
imbriquée. 

1° Lecomtedoxa Klaineana Pierre. 

Syn. : Mimusops Klaineana Pierre. 

Nom vern. : Ouguemhé (Gabon). 

Exs. : Gabon au cap Estirias [Klaine 408, 507 (5382 H. P.)] 

2° Lecomtedoxa Ogouensis. 

Syn. : Mimusops Ogouensis Pierre. 

Exs. : Gabon lOgoué), à Samkita [Thollon 146]. 

3° Lecomtedoxa Vazii. 

Syn. : Mimusops Vazii Pierre mss. 

Nom vern.: Noumgou. 

Exs. : Gabon, Fernan-Vaz [Klaine 5]. 

Obs. : Cet échantillon ne porte que des feuilles ; celles-ci 
sont à pétiole assez allongé, à limbe obové, arrondi ou obtus 
à l'extrémité, atténué en coin à la base, sinueux sur les bords. 
Les costules sont très nombreuses, peu distinctes reliées par 
des arcs vasculaires très rapprochés de la marge, avec ner- 
vation intermédiaire descendante. 

Dim. moyennes : Pétiole 20 mm., limbe 8 c. X 4 c. 

Les feuilles sont groupées à l'extrémité des rameaux, qui 
sont noueux et recouverts d'un liège épais et grisâtre. 



SAPOTACÉES \i\~ GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 33 

Dumoria A. Ghev. '. 

Dans L'herbier de L. Pierre conservé au Muséum, se trou- 
vait une Sapotacée de la Cote d'Ivoire, désignée sous le nom 
indigène de Makerou et étiquetée Tieghemella ? Heckeliana ; 
la plante n'était représentée que par quelques graines. Au 
cours de sa mission forestière à la Côte d'Ivoire, A. Chevalier 
put étudier complètement l'essence correspondante, la décrire 
et fut conduit à en faire le type d'un genre nouveau. Cette 
plante a été rapprochée d'une façon beaucoup trop étroite des 
Baillonella ; elle présente des caractères extrêmement distincts, 
qui justifient pleinement son autonomie générique; ses affini- 
tés seraient beaucoup plutôt du côté des Lecomtedoxa, quoi- 
qu'elle en diffère par le type floral. 

Les caractères les plus saillants de Dumoria sont les sui- 
vants : 

Feuilles non stipulées, à costules très fines, presque paral- 
lèles, distantes de o à 7 mm., au nombre de 15 à 20 paires, 
avec une nervure parallèle, intercalée entre deux costules 
consécutives, en un mot nervation ordinaire de Manilkara. 

Fleurs du type i correspondant à la formule : 

iS+AS'-f 8(2A D + F) + 8 £s45 . + 8E p +8C 

Le calice est caduc après la floraison ; il se déchire en lais- 
sant une cicatrice circulaire et la base seule du tube calicinal 
persiste en formant une sorte de réceptacle au-dessous du 
jeune ovaire ; c'est la. d'après Chevalier, un caractère diffé- 
rentiel par rapport à toutes les Sapotacées africaines connues 
et c'est sur lui principalement que cet auteur fonde la légiti- 
mité de son genre Dumoria. 

La corolle présente un tube égalant les lobes et ceux-ci sont 
flanqués do rsalement chacun de deux segments stipulaires Ap. 

I. A. Chevalier, Sur un genre nouveau </<• Sapotacées de VAfrique occi- 
dentale, à grain'es fournissant mu- matière grasse comestible. Comptes 

rendus Acad. Se.. 'Il juillet 1907, 

Annales <lu Musée colonial >lc Marseille. — 3' série, 3 e vol. 1915. 



34 



m. nriîAish 



L'androcée se compose de 8 staminodes triangulaires, ('pais 
et de S étamines fertiles épipé taies. 

L'ovaire est à S loges ; la graine présente un tégument ex- 
terne ligneux très épais, portant une très large cicatrice qui 
s'étend sur toute la longueur «le sa face ventrale ; elle est 
dépourvue d'albumen et renferme un embryon à cotylédons 
épais, charnus, dépasses par une eaudieule de .*"> à 6 mm. 






II 



111 



Fig. 1j. — (".raine de Dumoria, I, vue par sa face ventrale: II. de profil; 

III. embryon isolé : g:r. nat. 



SAPOTACÉES DT OROUPE DES STDEROXYLINÉES-M1MUSOPÉES -'io 

Alors que les caractères foliaires rapprochent les Dumoria 
de toutes les autres Mimusopées, ils l'éloignent au contraire 
des Baillonella. Les caractères particuliers du calice. L'orga- 
nisation tétramère de la fleur, la structure de la graine en font 
un genre bien distinct se rattachant d'une manière évidente 
aux Manilkarées. 

Dumoria Heckeli A. Ghev. 

Nom vern. : Dumori (agni) ; Mako, Makoré, Makerou 
(appollonien i. Mbabu (attié ; Butusu néouolé) ; Garesu (bété). 

Répartition géographique : Côte d'Ivoire. Gold Coast. 
République de Libéria ; vit dans la grande forêt vierge, tou- 
jours en individus dispersés. 

Exs. : Côte d'Ivoire, Grand Bassani; serait très abondant à 
Assinie [Comm. Heckel (G02i H. P.)]; [LecomteJ. 

Baillonella Pierre ' . 

Ce genre lut créé par Pierre pour une graine du Gabon, 
désignée sous le nom de Noumgoueï dont les cotylédons con- 
tiennent une forte proportion d'un beurre analogue à celui du 
Vitellaria paradbxa et pas trace d'amidon. Pierre, ne connais- 
sant ni les Heurs ni les fruits de la plante, avait rapporté -le 
nouveau genre aux Lucui>i< : cs; il avait baptisé l'espèce Bassia 
toxisperm%, dont il décrivait ainsi la graine : 

((La graine est longue de cm. : son plus grand diamètre 

.'{() mm. | est au-dessous du milieu de la face ventrale à la face 
dorsale et ce diamètre n'est plus que de 15 mm. près du som- 
met ; il est de 2."» mm. transversalement. Elliptique, un peu 
comprimée, subgibbeuse dans la partie confinant au micropvle. 
arrondie aux deux bouts, même ii la face dorsale, elle ;i une 
cicatrice ventrale longue (Je 56 mm., recouvrant un peu moins 
de la moitié de sa superficie. Là, l'épaisseur de son tégument 

environ Iniin.jun peu rugueux, d'aspect terne ; est h peu près 
la même que dans les autres régions. La partie vernissée a 

I. Piebre, Notes botaniques, p. 13. 



36 M. DUBARD 

une teinte brun louer ou chocolat. L'omphalodium (4 mm. sur 
1 mm. esl situé à l'extrémité supérieure de la cicatrice, qui 
est aussi le sommet organique de la graine : la marche de son 
raphé à travers le test est par conséquent presque rectiligne. 
Le deuxième tégument est intimement adhérent à l'externe et 
s'en détache difficilement. Le système vasculaire quoique bien 
développé est sans relief. L'embryon se présente entouré du 
nucelle et d'une mince couche d'albumen. Les cotylédons ellip- 
tiques, entièrement libres, bien appliqués l'un contre l'autre 
malgré leur épaisseur, ne sont pas bombés. Ils se terminent 
en bas en une tigelle courte, recourbée en forme d'hameçon 
et dirigée vers le micropyle. » 

Engler, après avoir fait des Baillonella, suivant examen de 
documents complets, une section des Mimusops (Pflanzenf. 
Nacht., 1897), donne, dans les Sapotacées africaines, une 
description de ce groupe qui forme la section VIII du genre 
(sous-genre Quarternaria). Les fleurs ont en effet une structure 
fort analogue à ce qu'on voit chez les « Euquaternaria 
intégrée », principalement en ce qui concerne le calice et la 
corolle qui sont tétramères ; les étamines ont des filets égalant 
les anthères, qui sont subovales, légèrement apiculées ; les 
staminodes, plus étroits dans leur tiers inférieur, se dilatent 
au-dessus en une lame lancéolée et dépassent les étamines 
fertiles ; l'ovaire est à S loges. 

Ces caractères n'ont rien de particulier et si, par l'organi- 
sation florale, les Baillonella ont plus d'affinités avec les Eu- 
mimusopées, la structure de leur graine entait indéniablement 
des Manilkarées. Mais ce qui caractérise le mieux le genre, 
c'est la nervation très particulière de la feuille, bien différente 
de ce qu'elle est chez toutes les autres Mimusopées. Les cos- 
tules sont nombreuses, très saillantes sur la face inférieure du 
limbe, d'un parallélisme très net, tandis que les nervures in- 
termédiaires sont fines, un peu obliques par rapport aux cos- 
tules. mais non descendantes ; d'autre part la feuille possède 
des stipules persistantes. 

Convaincu par nos études antérieures de l'importance des 
caractères foliaires et en particulier de la nervation pour déli- 



SAPOTACÉES DU GROUPE l>L;s SIDEROXYLIINÉES-MIMUSOPÉES 37 

miter les groupes d'espèces chez les Sapolacées, nous n'hési- 
tons pas, à cause des particularités de la feuille des Baillo- 
nella, à restaurer ce groupe comme genre autonome ; si nous 
rajoutons les caractères morphologiques de la graine, nous 
pensons même* qu'il est un des mieux définis dans l'ensemble 
des Mimusopées. Nous définissons donc le genre Baillonella 
de la manière suivante : 

Feuilles à costules saillantes, à nervation intermédiaire 
transversale, à stipules persistantes. Ovule atrope ; graine à 
cicatrice allongée d'un pôle a l'autre, très large ; albumen très 
réduit ; embryon à caudicule courbe et relativement peu sail- 
lante. 

I" Baillonella Djave Pierre. 

Syn. : Bassia Djave de Lanessan ; B. toxisperma Ha oui ; 
Baillonella toxisperma Pierre ; Mimusops Djave Engl. 

Nom vern. : Djave (nom du fruit et de la graisse des graines 
en pongoué) ; Madi Djave (nom de la plante et de la graisse 
chez les Adoumas de l'Ogoué) ; Agalin-javi (nom de la plante 
et de la graisse chez les Acotas et les Apingis, dans l'Ogoué) ; 
Oréré (nom de l'arbre en pongoué) ; Noumgou (Cameroun . 

Exs. : Gabon, environs de Libreville [E. Pierre, comm. 
Ileckel (6381 H. P.)j; [Autran, comm. Heckelj; [Klaine 106, 
717, 1735 (6381, 6650 H. P.)] ; cultivé au Jardin des missions 
a Libreville [Jolly 12i (6381 IL P.)]; [Aubry le Comte : 
[P. Duparquetj ; [Jolly (6649 H. P.)J ; [Ech. de graines comm. 
par Holmes, Soc. pharm. de Londres (South african poison), 
a servi à faire la première description de la graine]. 

2° Baillonella obovata Pierre. 

Syn. : Mimusops ohovafa Pierre (in Engler et Prantl) ; 
M. Pierreana Engl. 

Noms vern. : Moahi (nom de l'arbre au Gabon) ; Maniki 
(nom du fruit au Cameroun). 

Exs. : Région de Loango [Lecomte 66 . 

Obs. : Cette espèce n'est connue que par ses feuilles et sa 
graine. 



38 



M. ni B \l;n 





11 




111 



Fig. L6. 



Graine de Baillonella Djave, I, de profil; II, du côté ventral; 
III. embryon isolé ; gr. nat. 



Tieghemella Pierre '. 

L'étude de ce genre paraîtrait devoir plus logiquement venir 
après celle du genre Dumoria auquel nous le rattachons pro- 
visoirement ; cependant, la connaissance du genre Baillonella 
était nécessaire, pour comprendre la discussion suivante, parce 
que certains auteurs ont rattaché les Tieghemella à ce groupe, 
sans d'ailleurs en fournir de raisons. 

Pierre décrit, dans ses Notes botaniques, sous le nom de 
Tieghemella a f ricana, une graine du Gabon rapportée pour la 
première fois par Aubrv le Comte en 1853 et à laquelle on 
avait attribué au Musée de l'Exposition coloniale à Paris le 
nom d'Ouréré et au Muséum le nom de Djave. Pierre range 
ce genre mal défini parmi les Lucumées. 

La description de la graine diffère en somme assez peu de 



1. Pierre, Nul. bot., p. 18. 



SAPOTACÉES l»l GROUPE DES S1DEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 39 

celle qui est donnée au sujet des Baillonella ; les principales 
différences portent : 1° sur la longueur de la cicatrice ventrale 
qui n'atteint pas toute la hauteur de la graine mais est séparée 
du sommet de celle-ci par un intervalle de 20 mm. environ 
(la graine a 8 cm. de longueur) ; 2° sur le plus grand déve- 
loppement de l'omphalodium très bombé, très épais et qui 
atteint une longueur de 25' à 28 mm. ; 3° sur l'épaisseur plus 
considérable du tégument ligneux. L'albumen, très appauvri 
autour des parties supérieures de l'embryon, est réduit souvent 
au nucelle et forme une calotte épaisse, rostrée autour de la 
caudicule. Celle-ci, qui a 7-8 mm. de longueur, notablement 
plus longue, par conséquent, que chez le Baillonella Djave est 
légèrement incurvée. 

11 semble bien diiïicile devant de semblables différences 
d'identifier purement et simplement le T. a f 'ricana avec le 
B. Djave, comme l'a fait Perrot '. 

D'autre part, la constitution de la graine rappelle de trop 
près ce que nous avons vu chez les Baillonella pour oser 
affirmer a priori que l'on ait affaire à un genre différent. 

La question peut être rendue plus claire par l'examen d'un 
échantillon de l'herbier du Muséum, envoyé par le P. Klaine 
sous le n° 1343 bis et portant le nom indigène Noumgou ; ce 
document est constitué par de jeunes plants d'une Sapotacée 
accompagnés de fragments de graines. Dans une note manu- 
scrite de L. Pierre, on peut lire l'identification probable avec 
une espèce du genre Tieghemella, basée sur ce fait que la 
cicatrice de la graine n'atteint pas toute la longueur de la face 
ventrale. Cette graine offre d'ailleurs des analogies très étroites 
;ivec celle du T. africana, quoique le tégument ligneux y soit 
notablement moins épais, et l'on est bien fondé à conclure à 
une identité générique. 

Si l'on remarque d'autre part que les jeunes plants ont des 
feuilles privées de stipules et de poils, et que, bien que les 
costules soient assez largement espacées, la nervation inter- 

I. Perrot, Le Karité, VArgan et quelques autres Sapolacées à </r;<i/n'x 
grasses de l'Afrique in Végét. ut. île l'Afrique trop, française . 



i il M. ni H Mil» 

médiaire esl assez nettement descendante, on ne peut admettre 
qu'on ait affaire à un Baillonella et c'est ainsi que Pierre. 
conclut : « Par l'absence de stipules, par la nervation tertiaire 
subparallèle aux nervures secondaires, celte plante représente 
un genre bien distinct <ln Baillonella et pins voisin des Mimu- 
sops et des Manilkara. » C'est là un fait indéniable, lorsqu'on 
vient de parcourir tout l'ensemble du groupe. 

Donc, des caractères de la graine (chez T. africana) et de 
, eux de la feuille, dans l'échantillon du P. Klaine qui semble 
devoir être rapporté au même genre, on peut déduire, d'une 
façon presque certaine, que le genre Tieghcmella est bien dis- 
tinct du genre Baillonella. La question se pose alors de savoir 
s'il pourrait être rattaché au genre Dumoria. 

Il possède des feuilles glabres, non stipulées, à nervures 
secondaires assez fines, nervures tertiaires en partie parallèles 
aux costules ; l'omphalodium de la graine est très développé, 
l'embryon présente une caudicule relativement longue ; tous 
ces caractères peuvent convenir au genre Dumoria. 

Il est. vrai qu'ici la cicatrice de la graine s'étend d'un pôle 
à l'autre, ce qui dénote une atropie absolue de l'ovule, tandis 
que chez Tieghemella, il y a un commencement d'anatropie. 
Mais tout démontre dans notre étude générale des Mimuso- 
pées que l'anatropie complète doit être opposée à l'atropie ou 
à la subatropie ; il n'y a donc pas de ce côté obstacle à l'iden- 
tification générique de deux formes voisines dont l'ovule se 
comporte d'une façon légèrement différente. 

Faute de pouvoir observer les fleurs, il nous est impossible 
de rechercher si les Tieghcmella présentent pour leur calice 
le caractère si particulier invoqué par Chevalier pour définir 
les Dumoria. 

En résumé, il nous semble logique d'admettre pour le 
moment que le genre Tieghemella peut être rapporté au 
genre Dumoria ; ce n'est pas une certitude mais une hypothèse 
très vraisemblable, dont la connaissance de documents plus 
complets peut seule démontrer la valeur ; dans tous les cas, 
une telle conclusion est plus en harmonie avec les faits obser- 
vés que l'identification certainement erronée du T. africana 
avec le B. Djave. 



SAPOTÀCÉES DU GROUPE DES SIDEROXYL1NÉES-MIMUSOPÉES il 

Quoique le nom de Tieghemella soit le plus ancien, il nous 
semble préférable pour le moment de lui substituer celui de 
Dumoria qui correspond à un type complètement défini ; m;iis 
si, plus tard, l'identification des deux genres devenait certaine, 
la dénomination ancienne devrait conserver la priorité. 

Nous baptiserons donc Dumoria avec doute l'espèce suivante. 

Dumoria af ricana. 

Syn. : Tieghemella africana Pierre; 7. Jollyana Pierre. 

Noms vern. : Âcola, Noumgou. 

Gabon. Fernan Vaz, à 50 lieues de Libreville [ Klaine 
(6646 H. P.)]; (Klaine 1348 bis, 1468 (6652 H. P.)]; [E. Pierre 
97] ; [Aubry le Comte 3604 (5633 II. P. )j ; [Jolly (6025 II. P.)]. 

Obs. : Pierre a cru devoir faire une espèce spéciale pour 
ce dernier échantillon, espèce correspondant également au 
n° 1348 bis du P. Klaine, parce que la graine y est plus petite 
que dans les autres échantillons et porte une cicatrice plus 
longue. Mais l'examen de l'ensemble des documents précé- 
dents nous a montré des variations assez importantes dans la 
taille, la forme et l'aspect des graines, suivant leur nombre 
dans le fruit ; plus celles-ci sont nombreuses, plus forte est 
la compression qu'elles subissent et c'est à cette seule cause, 
croyons-nous, qu'il faut attribuer les variations sur lesquelles 
Pierre a tenté de baser son T. Jollyana. 

Une graine provenant du Cameroun, communiquée par Engler 
est conservée dans l'herbier du Muséum et rappelle au premier 
examen celle du Tieghemella. Par la forme de .sa cicatrice, 
par l'épaisseur de son test elle fait penser au T. africana, 
mais par son albumen assez abondant, plus épais même que 
les cotylédons, elle s'éloigne de ce genre et des Baillonellà. 
Cet albumen assez développé et la courbure des cotylédons 
rappellent les Lecomtedoxa, mais la forme de la cicatrice est 
bien différente, non linéaire, ovale, suboblongue avec un hile 
médian indiquant un certain degré danatropie. Cette graine 
correspond donc probablement à un genre spécial '. 

1 . D'après des renseignements communiqués par le professeur Heckel, 
cette graine appartiendrai! au Mimusopa congolensis de Wild.; inutile 



\'l M. DUBARD 

Le peu que nous en connaissons jusqu'à présent, permet de 
supposer que la flore des Sapotacées de ces régions équatoriales 
de l'Afrique réserve encore bien des surprises, et que la con- 
naissance plus approfondit' des genres qui la composent entraî- 
nera probablement un remaniement assez profond de la 
classification que nous essayons débaucher; malheureusement, 
les documents soni d'autant plus difficiles à réunir, qu'il s'agit 
presque toujours d'arbres gigantesques dont les floraisons 
sont inaccessibles et dont on se contente de ramasser les 



graines. 



Inhambanella Ensrler 



o j 



Ce groupe a été considéré par son auteur comme une simple 
section du genre Mimusops au sens large et rangée par lui 
dans le sous-genre Quatci'naria, par conséquent au voisinage 
même des vrais Mimusops. 

Il est ainsi défini : Fleurs du type i, ignorées quant au 
reste ; fruit formé dune grosse baie riche en latex, oblongue, 
monosperme. Graine oblongue, légèrement comprimée, munie 
dune cicatrice large et allongée, dépourvue d'albumen ; embryon 
avec cotylédons épais, plan-convexes, oléagineux. 

D'après la figure donnée par Engler, dans les Sapotacées 
africaines T. XXV), la graine proviendrait d'un ovule à peu 
près atrope et la caudicule, quoique courte, ne serait pas véri- 
tablement punctiforme. Les feuilles ont entre les costules de 
fines nervures disposées en réseau, mais ce type de nervation 
ne s'éloigne pas sensiblement de ce que nous avons vu chez 
les Manilkara. D'après l'ensemble de ces caractères, nous 
voyons que les Inhambanella, malgré leur type tloral tétra- 
mère, se rapprochent plus, et surtout par la disposition de 
leurs ovules et la conformation de leurs graines, des Manil- 
kara que des vrais Mimusops. 

d'ajouter qu'une pareille désignation générique ne saurai I être mainte- 
nue. La déhiscence de ces semences se fait d'une façon très curieuse 
par une sorte de panneau ventral, comme l'a mis en évidence le profes- 
seur Heckel. 

1. Engler et Prantl, Pflahzenfamilien. Nachl., 1900. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEBOXYLINÉES-MIRIUSOPÉES Î-! 

Ce genre rentre donc dans la série des Manilkarées à ovules 
atropes, à caudicule non punctiforme, et vient se ranger près 
des Dumoria, qui ont aussi des fleurs tétramères et une graine 
à large cicatrice '. 

1° Inhambanella Henriquezii. 

Syn. : Mimusops Henriquezii Engl. et Warb. 

Obs. : Je n'ai pu examiner aucun échantillon de cette espèce. 

2° Inhambanella natalensis. 

Syn. : Mimusops Schinzii Engler ; M. natalensis Schinz. 

Exs. : Natal, forêts près de Korugha [Schlechter (J220J. 

Obs. : C'est la disposition des ovules chez cette espèce, 
disposition presque atrope, qui laisse supposer que la graine 
doit avoir une cicatrice très allongée ; dès lors ce ne peut être 
un Mimusops véritable et, comme le type floral est tétramère. 
il est logique de ranger l'espèce dans le genre Inhambanella. 

Déplus, Engler, dans la description qu'il en donne, indique 
que les fleurs sont quelquefois trimères ; c'est une raison de 
plus pour l'éloigner des Mimusops et pour souligner les affi- 
nités des Inhambanella et des Manilkara. 

Une troisième série de genres comprendra ceux chez les- 
quels les cotylédons sont épais et charnus et renferment toutes 
les réserves de la graine qui est dépourvue d'albumen et où, 
en outre, la caudicule est punctiforme et ne fait pour ainsi dire 
pas saillie en dehors de la commissure des cotylédons. 

Cette série correspond aux Lucumces proprement dites parmi 
les Sideroxylées, c'est-à-dire aux genres Calocarpum, Lucuma, 
Bakeriella, Pouteria, Labatia, Sarcaulus, Butyrospermum. 
L'ovule dans cette série est constamment atrope et par consé- 
quent la graine a toujours une cicatrice allongée d'un pôle à 
l'autre, vers les extrémités de laquelle on trouve d'une pari 
le hile, d'autre part le micropyle. 

I. Les Inhambanella diffèrent <les Dumoria par leur graine compri- 
mée, à cicatrice moins large, n'atteignant pas toute la hauteur «le la 
graine, la structure de leur calice, etc. 



i i M. m I:\IIH 

Northea Hook f. '. 

( le genre esi ainsi caractérisé : 

Fleurs du type trimère : appendices pétalaires très réduits, 
beaucoup plus courts que les lobes principaux : androcée formé 
d'un seul cycle staminal superposé aux pétales, pas de stami- 
nodes. Pistil isomère. Ovule complètement atrope ; graine à 
cicatrice s'étendant d'un pôle à l'autre, très large, dépourvue 
d'albumen. Embryon à cotylédons épais, à caudicule presque 
punctiforme. 

C'est donc là un genre bien distinct, se rapprochant des 
Ma.nilka.ra par son type trimère, formant transition vers les 
Mu heu par la réduction des appendices dorsaux des pétales, 
rappelant enfin les Dumoria et les Baillonella par l'atropie de 
son ovule, le développement de la cicatrice séminale, l'absence 
d'albumen et l'aspect de l'embryon. 

Parmi les Sideroxylées, c'est surtout du genre Lucuma que 
semble se rapprocher le Northea. 

Northea Seychellana Hook f. 

Syn. : Mimusops Hornei Hartog. 

Nom vern. : Capucin (Seychelles). 

Exs. : Sevchelles ; [Graine communiquée par M. Holmes 

(H- P.)]- 

Obs. : L'organisation de la graine rappelle de très près ce 

qu'on trouve chez les Luciuna. 

Vitellariopsis Bail. '. 

Ce groupe a été considéré par son auteur comme une section 
du genre Mimusops et c'est à titre de section des Quaternaria 
qu'il figure dans la classification d'Engler. Il mérite cependant, 
à notre avis, d'être considéré comme un genre distinct, car 
on peut fort bien le caractériser de la manière suivante : 

1. In Hook, le. PL, 1884. 

2. Bul. Soc. Lin. Par., p. 942. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES \ •"> 

Fleurs tétramères ; corolle avec 8 lobes principaux accom- 
pagnésde petits lobes accessoires ; androcée normal, formé de 
8 étamines fertiles épipétales et de 8 staminodes alternes ; 
fruit de petite taille, subglobuleux, 1-2 sperme; graine pré- 
sentant une cicatrice allongée d'un pôle à l'autre, très large, 
recouvrant la moitié de sa surface, dépourvue d'albumen, con- 
tenant un embryon à cotylédons épais et à caudicule puncti- 
forme. Le tégument séminal est coriace, mais peu épais et 
fragile. 

Vitellariopsis Kirkii. 

Syn. : Mimusops Kirkii Bail ; M. Bakeri Engl. ; Bulyros- 
permum ? Kirkii Baker. 

Exs. : Mombasa ;J. Kirkj ; Zanzibar, le long- du fleuve 
Wamé, près Mandera [F. Alexandre, in herb. Sacleux 882]. 

Obs. : Ce deuxième échantillon a été considéré comme une 
espèce distincte par Pierre ; mais l'aspect de la graine paraît 
bien identique à l'échantillon de Kirk et les documents sont 
trop incomplets pour permettre une affirmation de l'opinion 
de Pierre. 

L'organisation tlorale, la structure de la graine montrent 
des affinités très étroites entre le Vitellariopsis et les Butyros- 
permum, parmi les Sideroxylées. 

B. — Ecmimusopées. 

Ce groupe correspond aux Eusideroxylées et se définit de 
la même manière. 

Graine à cicatrice réduite basilaire, provenant d'un ovule 
complètement anatrope, inséré vers la base de la loge carpel- 
laire ; le hile et le micropyle sont rapprochés à la partie infé- 
rieure de la graine. 

Chez les Eiimimusopt'cs, toutes les formes connues ont une 
«raine albuminée, des cotvlédons minces et uni' caudicule 
saillante ; nous ne trouvons donc pas ici l'équivalent des 
Bu me lia et des Sarcosperma parmi les Sideroxylées. 



if. 



M. ni i:.\i;n 



Mimusops I. 



Ce genre, tel que nous le comprenons, a un sens infini- 
ment plus restreint (pie celui qu'on lui prête généralement, 
puisque toutes 1rs Manilkarées, à l'exception des IVorthea, en 
«»iit été extraites et que nous aurons encore à en retirer un 
genre secondaire. 11 correspond ainsi à toute la section Qua- 
ternaria A. DC. du sous-genre Eumimusops Miq. et Eichl 
ainsi qu'au sous-genre Imbricaria Coram., en suivant la clas- 
sification d'Engler donnée dans le Pflanzenfamilien ; d'après 
celle, plus récente, que cet auteur expose dans les Sapotaceae 
africanse, il correspond aux sections Euquaternaria Eng. et 
Imbricaria Comni. du sous-genre Quaternaria A. DG. 

Caractères généraux des Mimusops. — Calice à 8 sépales 
bisériés ; corolle isomère, unisériée, à segments dorsaux équi- 
valents aux lobes, entiers ou laciniés ; staminodes bien déve- 
loppés comme chez les Manilkara ; étamines épipétales insé- 
rées au même niveau que les staminodes ; ovaire presque cons- 
tamment à 8 loges ~. Ovule complètement anatrope ; graine 
présentant une cicatrice assez réduite, où le hile et le micro- 
pyle sont rapprochés. 

Répartition géographique. — Les Mimusops, comme les 
Manilkara, présentent une grande aire d'extension et se 
trouvent sensiblement dans les mêmes régions, sauf en Amé- 
rique. 

Obs. : Le genre Mimusops joue parmi les Mimusopjées le 
même rôle que les Sideroxylon parmi les Sideroxi/lées et l'on 
peut schématiser d'une manière simple les principales relations 
des deux groupes par une sorte de proportion : 

Mim usops Side ro. ri/ ion 



Manilkara Planchonella 

1. Nov. pi. gen., 1747. 

1. Il est à remarquer que chez les Mimusops le nombre des carpelles 
varie beaucoup moins que chez les Manilkara. La formule florale des 
Mimusops peut s'écrire 4 S + 4 S' + |8 (2 Ap + P) + 8 : s + S ' + 8 E p ] 

+ 8C. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 47 

1° Section Euminusops. 

Cette section est caractérisée par une graine à cicatrice 
basilaire, non profondément excavée, et à tégument non pourvu 
de lignes saillantes. 

y.. Sous-section. Intégras. — Appendices dorsaux des pétales 
entiers. 

a. Groupe indo-malais. 

1° Mimusops Elengi L. 




Fig. 17. — Corolle étalée de Mimusops Elengi, ."> gv. 



Exs. : Archipel indien [ex Herb. Mort. Bot. Bog.J; Kei- 
Koteil [Beccari, plantes de l'île Kei] ; Expédition du Mékong 
[D 1 ' Thorel 1866-68] ; Siam, Bangkok [ Zimmerman 47, 161] ; 
Birmanie, Ava, M ts Gircars [cultivé au Jardin botanique de 
Calcutta. Pierre 3264] ; Bengale [Pierre 3264] ; Réunion, cul- 
tivé au Jardin botanique de Saint-Denis [ Pierre 3259 J ; cultivé 
au Jardin botanique de Saigon '• Pierre 3259 ; Dahomey sur 
les rives du fleuve Oueiné, près Djebé, vraisemblablement 
cultivé [E. Poisson 71 ; cultivé dans les jardins botaniques 
du Dahomey Lemierre] ; Martinique, cultivé | P. Dussj. 

Var. : longepedunculata Bl. 

Diffère surtout du type par ses feuilles plus longuement 



is 



I > I I : MtU 



pétiolées 3-8 c. au lieu de 1,5-2,5 c. et par ses fleurs à pédi- 
celles plus longs, 16 mm. au lieu de 7 mm. 

Exs. : Java, cultivé au Jard. bot. de Buytenzorg. 5101 H. P.). 

Var. : javensis. 

Syn. : Mimusops javensis Burck ; M. parvifolia R. Br 

Cette variété diffère «lu type par ses feuilles plus étroites, à 
pétiole plus court, par Le tomentum plus rouge des organes 
jeunes, par les dimensions moindres des diverses parties de 
la Heur. 

Les lobes principaux de la corolle y sont un peu plus longs 
que les appendices, tandis que, dans le type et dans la variété 
long~epedunculata, les lobes sont notablement plus courts que 
les appendices. 

Exs. : Java, cultivé au Jard. bot. de Buytenzorg- [5551 H. 
P.j ; Célèbes, péninsule S E de Kandari [Beccari] ; province 
de Minahassa [Koorders 18855 fi]'; province de Ménado [Koor- 
ders] ; Pulo Babi j Plantes de l'île Ara, Beccari] ; Kulo Kadi 
Piante papuane Beccari j ; Nouvelle-Guinée, Kaiserwilhelms- 
land jHollrungj ; Australie [R. Bro\vn| ; Nouvelle-Calédonie 
[Balansa 1306]. 

Obs. : Les feuilles sont plus petites et les staminodes plus 
aigus dans les formes de Nouvelle-Calédonie et d'Australie ; 
mais il nous semble difficile de bien définir même une simple 
variété parvifolia. 

Var. : phillipensis. 

Feuilles beaucoup plus petites que dans le type, comparables 
aux formes les plus petites de la variété javensis, mais moins 
allongées comparativement à la largeur. Les étamines sont ici 
glabres sur le connectif ' et les staminodes sont relativement 
larges ; enfin les lobes de la corolle sont un peu plus courts 
que leurs appendices. 

Lxs. : Philippines [Vidal 4]. 

Obs. : Cette forme se rencontrerait aussi aux Moluques. 

1. Les formes à petites feuilles de la var. javensis ont parfois les 
étamines glabres sur le connectif ;' peut-être, serait-ce un caractère 
permettant de définir une variété parvifolia. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES 8TDEROXYLINÉES-M1MUSOPÉES L9 

\'ar. : timorensis. 

Syn. : Mimusops timorensis Burck. 

Cette forme est très voisine de la précédente et tient à peu 
près le milieu entre celle-ci et le type ; en effet, les feuilles 
sont plus étroites que dans le type, mais presque aussi lon- 
guement pétiolées, le tomentum des parties jeunes est rou- 
geàtre. Les dimensions de la fleur sont sensiblement les mêmes 
que dans le type. On observe de très légères différences dans 
la forme des staminodes ; quant aux lobes principaux de la 
corolle, ils sont sensiblement égaux aux appendices. 

Exs. : Timor [Teysmann (5532 H. P.)]. 

2° Mimusops gracilis Eichl. 

Syn. : Mimusops lucida Wall., non Poir (pro parte). Imbri- 
caria lucida Pierre. 

Exs. : Penang [Wallich]. 

Obs. : Le Mimusops lucida Wall est généralement considéré 
comme une synonymie du Pajjcna lucida; mais le n° 4147 
de Wallich correspondant au type comprend deux plantes, Tune 
qui est le Payena lucida et l'autre qui est un Mimusops. Cette 
plante, étant vraisemblablement différente du M. lucida Poir, 
doit changer de nom ; c'est pourquoi nous lui appliquons le 
nomcn nudum inscrit par Eichler dans l'herbier de Berlin. 

/;. Groupe africain. 

3° Mimusops fruticosa Boj. 

Noms vern. : Ma/arruma Zanzibar) ; Mnié-ou (Bagamoyo) ; 
M kana, M'ianda Dar es Salam). 

Exs. : Zanzibar John Kirk]; [P. Sacleux 548]; Bagamoyo 
[Stuhlmann]. 

i° Mimusops Kirkii Bak. 

Exs. : Kivière Shine à Shamo, Zambèze Kirk]. 

5° Mimusops Zeyheri Sond. 
Exs. : Afrique du Sud Zeyher 1130]. 
Obs. : Espèce très proche du M. Elengi. 
Annales du Musée colonial de Marseille. — i" série, * vol. 1915. i 



50 



\l. m 11 \l;l> 




Fig. JS. — Corolle étalée de Mimusops fruticosa,, 5 gr. 

0° Mimusops obovata N. ab. Es. 
Syn. : Imbricaria obovata N. a. Es. 
Exs. : Afrique australe [Mac Owan]. 

7° Mimusops caffra E. Meyer. 

Exs. : Cap de Bonne Espérance [Dreges-Ecklon] . 

{3. Sous-section Laciniatse. Appendices dorsaux des pétales 
laciniés. 

8° Mimusops longipes Bak. 
Exs : Lagos [Rowland]. 




Fig. ]'.». — Corolle étalée de Mimusops longipes, 5 gr. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDER0XYLINÉES-M1MUSC PÉES 51 

9° Mimusops Schimperi Hochst. 

Noms vern. : Baora (Tigré); Lehhach, Daragh (Yemen). 
Exs. : Abvssinie [Schimper697]; Arabie, Yemen [Schwein 
furth]. . 

10" Mimusops Kummel Bruce. 

Nom vern. : Kummel (Tigré). 

Exs. : Abvssinie, Montagnes près Amba-Sea [Schimper 
869]; à Aman-Eski [Schimper 4 7 3 j ; montagnes Scholoda 
[Schimper (4956 H. P.)]. 

11° Mimusops djurensis Engler. 

Exs. : Pays de Djur, Seriba Ghattas [Schweinfurth 2428 . 

Obs. : Espèce extrêmement voisine de la précédente. 

12° Mimusops fragrans Engler. 

Svn. : Imbricaria fragrans Baker. 

Exs. : Niger a Yomba (Barter, Baikies. Nig. Exp. 1217]. 




Fig. 20. Corolle étalée de Mimusops fragrans, > fçr. 



13° Mimusops comorensis Engler. 

Syn. : Mimusops Humblotiana Pierre. 

Exs. : Como'res Humblot 32 (5545 II. P.)]. 

Obs. : Cette espèce a des appendices pétalaires tantôt 
entiers, tantôt profondément subdivisés clans la même fleur, 
et peut être considérée comme formant transition entre les 
deux sous-sections précédentes. 



S2 M. DUBARD 



2° Sec t ion Imbricaria. 



Ce groupe est un ancien genre de Gommerson ' que Bâillon 2 
a ramené au rang de section des Mimusops, en le définissant 

de la manière suivante : 

« Les Imbricaria sont des Mimusops a double calice tétra- 
mère, dont les pétales accessoires sont, dans l'intervalle de 
deux lobes principaux, au nombre de deux, entiers ou bi- 
trilides; les étamines fertiles et les staminodes, au nombre 
de 8 et les loges ovariennes au nombre de 8. Leur fruit, 
parfois très gros, renferme une ou quelques graines, compri- 
mées, lisses ou ternes, irrégulièrement triangulaires, à bords 
entiers ou parfois crénelés, à hile basilaire intérieur, concave, 
souvent protégé en dedans par une sorte de processus obtus 
des téguments. Leur embryon albuminé a des cotylédons 
foliacés et latéraux. » 

On voit, par cette description, que les Imbricaria diffèrent 
bien peu des Eumimusops, dont ils possèdent tous les carac- 
tères essentiels; les particularités externes de la graine per- 
mettent seules de les classer à part. 

Engler, dans les Pflanzenfamilien, en fait un sous-g-enre de 
Mimusops, qu'il caractérise par la subdivision des appendices 
pétalaires en nombreux segments étroits et linéaires et par 
leurs staminodes linéaires ; on ne voit pas bien ainsi en quoi 
les Imbricaria diffèrent des Eumimusops laciniés, surtout si 
l'on remarque que les staminodes ont sensiblement le même 
aspect dans les deux groupes et ne sont pas toujours linéaires. 
Dans les Sapotacées africaines, les Imbricaria ne sont plus 
pour Engler qu'une simple section du sous-genre Quaternaria, 
mais ils sont mieux définis cette fois par les caractères de la 
graine de la façon suivante : graine comprimée, lisse ou terne, 
quelquefois crénelée sur le bord dorsal, présentant trois 
bandes saillantes s'étendant de la base jusque vers le milieu 
du côté ventral, à tégument épais et albumen abondant entou- 
rant les cotylédons. 

1. Commerson ex Juss. Gcn. (1789). 

2. Histoire clef plantes, XI, p. 268. 



SAPOTACÉES Dl" GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-M1MUSOPÉES 53 

Nous considérerons ici les Imbricaria comme formant une 
simple section des Mimusops et nous les définirons par les 
caractères extérieurs de la graine, précédemment indiqués. 

Les Imbricaria appartiennent aux Mascareignes et à Mada- 
gascar. 




Fio-. 21. — Corolle étalée de Mimusops Imbricaria, 5 gr, 



1° Mimusops Imbricaria Willd. 

Syn. : Imbricaria maxima Poir. ; /. borbonica Gsertn. f. 
Noms vern. : Grand natte; Natte à grandes feuilles (Réu- 
nion). 






1 

Fig. 22. — ('.raine de M. I m bric&ria . I, vue de côté; 11. parla face ventrale 

III, parja face dorsale. 



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M. DUBARD 





1 

Fig. 23. — I, section transversale de la graine de M. Imbric&ria; II, section 

longitudinale. 

Exs. : Réunion [Turpin]; [Commerson] ; [Boivin]; [Bernier 
1271]; [Dupetit-Thouars] ; Ile de France [Commerson]. 

2° Mimusops macrocarpa. 

Syn. : Imbricaria macrocarpa Gaertn. f. 

Analyse de graines (H. P.). 

3° Mimusops petiolaris. 

Syn. : Imbricaria petiolaris A. DG. 

Exs. : Ile Maurice, bois de la montagne du Pouce j Boivin] ; 
sans localité [Gommerson). 

Obs. : Dans cette espèce, les appendices pétalaires sont très 
divisés et présentent de i à 9 franges. 




Viii. ~l'i. — Corolle de Mimusops Comfhersonii, 5 gr. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MMUSOPÉES •"••'» 



4° Mimusops Commersonii Engl. 

Syn. : Tmbricaria coriacea A. DC. ; /. Commersonii G. Don. ; 





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Fig. 2.">. — Mimusops gigantea,: I. corolle; II. fragmenl de corolle montranl 

les staminodes; III. ovaire, 5 gr. 

Mimusops Tmbricaria \Y;ill.: M. Balat'a Gaertn f. ; M. coriacea 
Miq. 

Exs. : Madagascar; cultivé un peu partout, principalement 



56 



M. IH lïAitH 



dans les montagnes de Java, del'île Maurice ei do La Réunion, 
ainsi qu'au Jardin botanique de Calcutta, à la Guyane, aux 
Antilles. [Comm. Dybov ski 8]; [Forbes]; Ph. Voisin]; [P. 
1 >uss . 

5° Mimusops gigantea Pierre. 

K\s. : lie de La Réunion, depuis le littoral jusqu'à une alti- 
tude de 400 à 500 mètres Pothier (5559 II. P. ; (Richard 
117]; [Boivin]. 




Fig. 26. — Fruit d'Imhricaria gigantea, 1 2 gr. nat. 



6° Mimusops Pierrei Bail. 

Exs. : Maurice, Montagne du Pouce [Boivin]. 

7° Mimusops oblongifolia. 

Exs. : Ile Bourbon, cultivé au Jardin botanique de Saint- 
Denis [H. P. 3259]. 

Obs. : Cette espèce est représentée dans l'herbier Pierre 
seulement par deux rameaux feuilles. Les rameaux sont cylin- 
driques et recouverts d'un liège rougeâtre ; les feuilles, lui- 
santes à la surface supérieure, sont ovales oblongues. mais se 
distinguent surtout par leur acumen, et la désignation spéci- 
fique acuminata conviendrait bien ici, si elle n'avait déjà été 



SAPOTACÉES Dl* GROUPE l > I : s S1DEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 57 

employée pour une forme de Java. Dim. mov. : pétiole, I .•"> e. : 
limbe, 9 c. X 4 e. ; acumen G mm. 

C'est également a cette section qu'il convient de rattacher 
la Sapotacée décrite sous le nom générique de Semicipium 
par L. Pierre l . Engler dans les suppléments aux P flan zen fa- 
milial 1897) la rattache déjà aux Imbricaria. 

Pierre définit ainsi son Semicipium : 

Son calice est celui d'un Imbricaria, de même son faciès; 
sa corolle également formée de huit parties subit dorsalement 
et au sommet du tube un bourgeonnement. On compte en 
effet 5-6 lanières subulées, inégales en longueur de chaque 
côté dorsal de chacun des pétales. Ces pièces adventives sont 
libres jusqu'à la base du pétale et tout à fait indépendantes 
l'une de l'autre. Elles sont minces, étroites, subulées et rap- 
prochées en petits faisceaux comme dans les Northea, Une 
seule de chaque côté du pétale (dans le bouton j devient aussi 
longue que ce même pétale. Le« staminodes sont de petits 
mamelons arrondis ou nains (dans le bouton). Les étamines 
fertiles sont elliptiques, acuminées. L'ovaire, surmonté d un 
style glabre comme lui. aussi long- que les pétales, contient 
1 i loges. 




Vïj.. 27. — Corolle étalée de Semicipium, 5 gr. 

L'ovule du très jeune ovaire est horizontal. » 
Ces caractères peuvent permettre le rattachement du Semi- 
cipium suit à la série des Northea et Vitellariopsis, soit au 
contraire aux Imbricaria. La connaissance du fruit et de la 



1 . Notes botaniques, 10 p 



58 M. Dl B \KI> 

graine permettrait seule de trancher la question d'une manière 
certaine. Cependant L'observation de l'ovaire permet de sup- 
poser que l'ovule esl anatrope; dans ce cas. on peut prévoir 
ce crue doit être la graine, et les affinités pour les Jmbricaria 
doivent être admises d'une façon plus vraisemblable; nous 
ferons donc simplement rentrer le Semicipiurri dans la section 
Jmbricaria de notre genre .ïlimusops. 

8° Mimusops Boivini Hartog. 

Svn. : Imbricaria Boivini Hartog; Semicipium Boivini 
Pierre. 

Kks. : Madagascar Boivin]. 

Labramia A. 1)C. '. 

Svn. : Delastrea A. DC. 

A ce genre doivent être rattachés également les Labra- 
miopsis d Hartog, considérés par Engler, dans les Pflanzen- 
familien, comme un sous-genre distinct des Labramia à 1 in- 
térieur du genre Mimusops. 

Les Labramia se distinguent surtout par leurs Heurs tri- 
mères; les appendices pétalaires sont bien développés et sub- 
divisés; le pistil est pleiogyne. L'ovule anatrope donne une 
graine à cicatrice restreinte et basilaire : l'embryon a des 
cotylédons minces et est entouré d'un albumen abondant. Ce 
sont bien là des caractères de Mimusops, à part le type floral: 
les Labramia peuvent donc être définis comme des Mimusops 
trimères. 

1° Labramia Bojeri A. DC. 

Syn. : Mimusojis Thouarsii Hartog; M. Chapelieri Hartog; 
.1/. connectons Bail. 

Noms vern. : Yoa-sohihi [Madagascar], 

Exs. : Madagascar Helsenberg]; [Humblot 353 ; [Dupetit- 
Thouars : Chapelier ; Sainte-Marie de Madagascar L Boivin]; 
Réunion, cultivé dans le jardin botanique de Saint-Denis 
[Pothier . 

1. Prodrome VIII, p. 672, 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIML'SOPÉUS 59 

Labourdonnaisia Boj. l . 

Ce genre fut d'abord rattaché aux Illipéées par Eichler, 

parce que toutes les étamines y sont généralement fertiles et 
que la véritable organisation de la corolle avait été mécon- 
nue. 

C'est l'opinion qu'avait adoptée Engler, dans ie Pflanzen- 
familicn, où le genre est ainsi défini : 

Calice 3 + 3 ou i -|- i; corolle aussi longue que le calice, 
constituée de pétales unis seulement à la base, en nombre 
double des pièces du calice, et disposés en deux verticilles 
alternes; étamines en même nombre que les pétales, appar- 
tenant à deux séries, mais insérées au même niveau; ovaire 
île C> à 8 carpelles. Haie avec une seule grosse graine munie 
d'un tégument brillant et d'un albumen corné. 

Dans les suppléments aux Pflanzenfamilien (1897), les La- 
bourdonnaisia sont placés à côté des Mimusops, mais sans 
que les raisons de cette modification soient exposées. 

C'est là sans doute le reflet de l'opinion de Bâillon, formulée 
dès 1892, dans V Histoire des plantes : « Les Labourdonnaisia , 
rangés d'ordinaire bien loin des Mimusops, sont cependant 
des plantes de ce genre à anthères toutes fertiles, comme 
celles du Murieanthe. Leurs six pétales sont bisériés. Les 
lobes de leur corolle, principaux et accessoires, sont le plus 
souvent au nombre de 18 et il y a un même nombre d'éta- 
mines fertiles, avec un ovaire ordinairement à six loges. La 
graine a un ombilic tricaréné qui remonte plus ou moins le 
long de son bord interne. » 

En somme, on peut se représenter les Labourdonnaisia 
comme des types mal fixés de Mimusopces. Imaginons, par 
exemple, une Mimusopée du type 3 ou du type i, dont le 
calice correspondrait à peu près régulièrement à l'organisation 
3 -(- 3 ou i -|- \ et où la corolle serait constituée respective- 
ment par 6 ou 8 lobes principaux avec lesquels alterneraient 
des lobes dorsaux en même nombre, chaque lobe dorsal 

1. Mém, Soc. phys. Genève, IX, 1841. 



(il) M, Dl BAB 

correspondant alors à La soudure des deux appendices inter- 
pétalaires habituels, c'est-à-dire appartenant à la fois aux deux 
pétales adjacents. Supposons de plus que le nombre de ces 
lobes dorsaux ne soit pas très constant et que certains d'entre 
eux soient susceptibles d'avorter. Enfin, imaginons un androcée 
formé d'un cycle épipétale et d'un cycle alternipétale tous 
deux fertiles, mais où les étamines typiques se dédoublent 
quelquefois et fort irrégulièrement, et un pistil isomère avec 
les lobes principaux de la corolle. 

Tel serait le type très fluctuant des Lahourdonnaisia. 

La constitution même de la graine montre qu'une telle sup- 
position n'est pas gratuite, car nous y retrouvons tous les 
traits principaux des graines de Mimtisops, avec une excava- 
tion basilaire très prononcée, entamant latéralement la graine, 
comme une exagération de ce que nous avons observé précé- 
demment dans la section Imbricaria. 

Les Lahourdonnaisia se distinguent donc surtout des Mimu- 
sops par une organisation très inconstante de la fleur et aussi 
par leur andrpcée formé généralement détamines toutes fer- 
tiles, ce qui rappelle les Muriea, et l'on serait véritablement 
très embarrassé pour fixer leur place dans la classification des 
Sapotacées, si la structure de leur graine ne venait, a notre 
avis, lever toute hésitation. 

1° Lahourdonnaisia calophylloides Boj. 

Nom vern. : Bois de natte à petites feuilles (Réunion). 

Exs. : Maurice [Bojer|; [Bouton]; 

Réunion [Pothier] ; [Richard]. 

Obs. : Calice de (3 — |— 3) sépales, corolle à 10-14 lobes en 
deux séries, androcée de 10-14 étamines; ovaire de 6 à 8 loges 
entouré d'un disque en coussin assez net x . 

2° Lahourdonnaisia revoluta Boj. 

Exs. : Maurice (Mus. bot. Hauniense). 

Obs. : Galice de (4 -f 4) sépales; corolle à 14-17 lobes très 

1. L'existence d'un pareil disque semble d'ailleurs générale dans le 
genre et on doit lui attribuer la situation apparente très élevée des loges 
ovariennes. 



SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 61 

irrégulièrement bisériés; androcée de 14-17 étamines; ovaire 
à 8 loges ? 

3° Labourdonnaisia Thouarsii Pierre mss. 
Exs. : Madagascar [Dupetit-ThouarsJ. 

Obs. : Calice de (3 -|~ 3) sépales; corolle à 12 lobes; andro- 
cée à 12 étamines ; ovaire à 7-8 loges. 

4° Labourdonnaisia? Boivini Pierre mss. 

Exs. : Sainte-Marie de Madagascar [Boivin 1823]. 

Obs. : Espèce très mal connue et douteuse. 

5° Labourdonnaisia madagascariensis Pierre mss. 

Nom vern. : Nanto (Madagascar). 

Exs. : Madagascar, côte est [Chapelier]. 

Obs. : Pierre propose dans ses notes manuscrites de l'aire 
de cette espèce une section spéciale (Nantoua), parce que, 
entre les étamines, on trouve de petites dents insérées vers la 
base des lobes de la corolle, formations qu'on pourrait consi- 
dérer comme des staminode. Cette particularité se retrouve 
dans le L. glauca Boj. 



Nous pouvons résumer la classification des Mimusopées 
dans le tableau suivant : 

(Voir page 62). 



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TROISIÈME CONTRIBUTION 
A L'ÉTUDE 

DES CRASSULACÉES MALGACHES 

Par MM. RAYMOND-HAMET & II. PERRIER DE LA BATHIE 



AVANT-PROPOS 

N'ayant eu à ma disposition, lors de la rédaction de ma 
Monographie du genre Kalanehoe ', que les échantillons 
incomplets et peu nombreux conservés dans les collections 
botaniques du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, 
j'avais dû, dans cet ouvrage, me résoudre, non seulement à 
ne point étudier toutes les espèces alors connues, mais encore 
à limiter mes diagnoses à une description sommaire des 
caractères foliaires et floraux. 

Fort heureusement les abondants matériaux que M. Perrier 
de la Bàthie a récoltés à Madagascar, et dont il a accru la 
valeur par des notes descriptives souvent fort complètes, 
mont permis, d'une part, de compléter un grand nombre de 
mes diagnoses primitives tant au point de vue des caractères 
floraux qu'à celui des caractères végétatifs, d'autre part, de 
préciser la répartition géographique de plusieurs espèces qui 
n'étaient connues jusqu'alors que par les échantillons récoltés 
sans indication par le Révérend Baron, enfin de créer vingt- 
deux espèces nouvelles dont l'étude apporte, à la connaissance 

1. Monographie du genre Kalanehoe, in Bull. III>. Boissier, sér. 2, 
t. VII, p. 869-900, et i. VIII, p. 17-48 L907-1908). 



64 RAYMOND-HAMET ET II. PERRIER DE LA BATHIE 

de la classification naturelle du genre Kalanchoe, la plus utile 
et la plus fructueuse des contributions. 

Ces différents résultats ont fait l'objet de quatre mémoires 
publiés de 1912 à 1916. Le premier 1 , qui, sur La demande de 
mon vénéré maître, M. le Professeur Philippe van Tieghem, 
fut rédigé pour les Annales des Sciences naturelles, donne la 
description de six Kalanchoe nouveaux. Le second' 2 , publié 
dans les Annales du Musée colonial de Marseille, fait con- 
naître, en même temps que onze Kalanchoe inédits, quatorze 
Kalanchoe et devix Crassula déjà connus. Le troisième : \ 
inséré dans le Bulletin de Géographie Botanique, est relatif 
à la création du Kalanchoe Poincarei. Enfin le quatrième, 
qu'on trouvera ci-après, est consacré à l'étude de quatre 
Kalanchoe nouveaux et de six Kalanchoe imparfaitement con- 
nus. Ce travail étant le dernier de ceux que j'ai consacrés à 
l'étude des plantes recueillies par M. Perrier de la Bâthie, j'ai 
cru devoir y ajouter un index bibliographique indiquant, pour 
chaque espèce, la page du mémoire où je l'ai décrite. 

Raymono-Hamet. 



Kalanchoe Chapototi Raymond-Hamet et Perrier de la 
Bâthie. 

Le Kalanchoe Chapototi est une plante vivace. Haute de 28 
à 44 centimètres, couverte de poils glanduleux longuement 
pédicules, érigée mais un peu couchée dans sa partie infé- 
rieure, la tige, dont le diamètre varie de 4.50 à. 7 millimètres 
à la base et de 2 à 2.50 millimètres au milieu, ne se ramifie 
point mais émet, à la base, des rameaux stériles qui fleuriront 
ultérieurement. 

1. Contribution à l'étude des Crassulacées malgaches, in Ann . Se. 
nat., Bot., sér. 9, t. XVI, p. 361-376 (1912). 

2. Sur un nouveau Kalanchoe malgache, in Bull. Géogr. Bot., 
t. XXIII, p. 148-151 (1913). 

3. Nouvelle contribution à l'étude des Crassulacées malgaches, in 
Ann. du Mus. col. de Marseille, sér. 3, t. II, p. 113-207 (1914). 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES CBASSULACÉES MALGACHES 65 

Les tiges, qui, dans leur jeunesse, portent des feuilles sur 
toute leur longueur, se dénudent bientôt presque entièrement. 
Opposées, décussées, pétiolées, couvertes de poils glanduleux 
longuement pédicules, les feuilles, assez distantes les unes 
des autres, sont assez régulièrement espacées. Le premier 
entrenœud supérieur est long de 40 à 70 millimètres ; le 
second, de 48 à 78 millimètres; le troisième, de 22 à 65 mil- 
limètres ; le quatrième, de 17 à 55 millimètres ; le cinquième, 
de 10 à 38 millimètres; le sixième, de 10 à 40 millimètres; 
le septième, de 15 à 17 millimètres; le huitième, de 10 à 
30 millimètres; le neuvième, de 10 à 15 millimètres. Un peu 
plus bref que le limbe, grêle mais légèrement dilaté à la base, 
le pétiole est haut de 8 à 92 millimètres et large de 2 à 4.50 
millimètres à la base et de 1 à 2.25 millimètres au milieu. 
Haut de 10 à 75 millimètres, large de 7 à 140 millimètres, 
tripartit, rarement 5-partit, le limbe se compose d'un seg- 
ment terminal et de deux, rarement de quatre, segments laté- 
raux, opposés deux par deux et un peu plus petits que le 
segment terminal. Le plus souvent ces segments, qui ont des 
bords garnis de lobes irréguliers pourvus à leur tour de créne- 
lures obtuses séparées par des sinus arrondis, sont oblongs, 
subaigus au sommet, longs de 25 à 70 millimètres et larges 
de 6.50 à 25 millimètres. Quelquefois ces segments sont 
linéaires, subobtus, longs de 10 à 20 millimètres, larges de 
1.25 à 2.60 millimètres, rarement simples, le plus souvent 
prolongés eux-mêmes en un petit nombre de segments secon- 
daires latéraux, linéaires et subobtus. Les cicatrices foliaires, 
en forme de croissant, ne se rejoignent point par leurs extré- 
mités latérales. 

A son sommet, la tige se termine par une inflorescence 
corvmbiforme, haute de 4 à 7 centimètres, large de 4.5 à 
9.5 centimètres, formée d'une cyme bipare régulière, une fois 
ramifiée, dont les rameaux terminaux portent un assez grand 
nombre de pédicelles. 

Assez grêles, non dilatés au sommet, hauts de 6 à 10 mil- 
limètres, couverts de poils glanduleux longuement pédicules, 
les pédicelles portent des fleurs érigées. 

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 3« vol. 101b. 5 



66 



I! W UiiMi-HÀ.MM l.l II. PERIUKB M I A i:\lllll. 



Couver! extérieurement de poils glanduleux longuement 
pédicules, le calice se compose d'un tube un peu plus bref que 
les segments, haut de 0.80 à 1.05 millimètre, et de quatre 
segments un peu plus hauts que larges, deltoïdes, longs de 
1 .90 à 3.60 millimètres et larges de 1 . lit) à 2 millimètres : 
ces segments, dont les bords sont entiers, se rétrécissent 
depuis la hase jusqu'au sommet aigu et légèrement suh- 
acuminé. 

Beaucoup plus longue que le calice, couverte extérieure- 
ment de quelques poils glanduleux longuement pédicules, la 
corolle, d'un beau jaune d'or, a son plus grand diamètre un peu 
au-dessus de la base ; au-dessous de ce niveau, elle se rétrécit 
peu à peu jusqu'à la base : au-dessus elle s'atténue peu à peu 
jusqu'au tiers inférieur, puis s'évase très lentement et presque 
insensiblement jusqu'à la base des segments étalés. Plus long- 
que les segments, haut de 19.50 à 21.75 millimètres, son 
tube est pourvu, dans sa partie inférieure, de quatre côtes ver- 
ticales peu saillantes, disposées en face des filets oppositipé- 
tales. Largement ovés, un peu plus hauts que larges, longs 
de 6. 00 à 8 millimètres et larges de 5 à 5.00 millimètres, 
ces segments, dont les bords sont entiers, ont leur plus grande 
largeur au-dessous du milieu ; au-dessous de ce niveau, ils 
s'atténuent peu à peu jusqu'à la base ; au-dessus, ils se 
rétrécissent peu à peu jusqu'au sommet aigu où ils se pro- 
longent en une longue ariste grêle et haute de 3.10 à i.50 
millimètres. 

L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. 
Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous de la 
base des segments corollins, dépasse à peine leur point d'inser- 
tion ; très brefs, subdeltoïdes, ces filets s'élargissent insensi- 
blement depuis le sommet jusqu'à la base qui n'est, elle- 
même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée, qui fait à 
peine saillie à l'intérieur du tube de la corolle et jusqu'à la 
base de celui-ci, est haute de 10.2.") à 18.50 millimètres ; leur 
partie libre, longue de 0.25 à 0.30 millimètre, est large de 
0.20 millimètre à la base et de 0.12 millimètre au milieu. 
Le sommet des filets oppositipétales, insérés un peu plus 



CONTRIBUTION A l'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 67 

haut que les filets alternipétales et à très peu de distance de 
la base des segments corollins, dépasse un peu le sommet du 
tube de la corolle; linéaires-subdeltoïdes, ces iilets s'élar- 
gissent peu à peu depuis Le sommet jusqu'à la base qui n'est 
elle-même ni élargie ni rétrécie ; leur partie soudée, qui ne 
fait pas saillie à l'intérieur du tube de la corolle, est haute de 
10.30 à 21 . 15 millimètres ; leur partie libre, longue de I . 10 
à I . i-0 millimètre, est large de 0.35 à 0.45 millimètre à la 
base et de 0.25 à 0.30 millimètre au millieu. Un peu plus 
hautes que larges, jaunes, ovées, émarginées à la base, les 
anthères, qui sont longues de 2.20 millimètres et larges de 

1 .30 millimètre, portent, au sommet obtus, un petit globule 
subsphérique. 

Soudés entre eux sur un sixième ou un septième de leur 
longueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les 
autres; assez étroitement oblongs, ces carpelles s'atténuent 
peu à peu à partir du milieu, d'une part jusqu'à la base, 
d'autre part jusqu'au sommet, où ils portent un style grêle, 
vert, beaucoup plus long qu'eux et terminé au sommet par 
un stigmate jaune légèrement dilaté ;' la partie soudée des 
carpelles est haute de 1.40 à l , 60 millimètre ; leur partie 
libre, longue de 6.50 à 9.75 millimètres, est large de I .75 
à I .00 millimètre; les styles sont hauts de 15.60 à 18 milli- 
mètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent sur 
toute leur longueur des funicules assez écartés, sont réduits 
à deux grêles cordons verticaux parallèles à chacun des deux 
bords internes des carpelles. 

Beaucoup plus hautes que larges, linéaires, élargies à la 
base, obtuses au sommet, les écailles sont longues de 2.50 à 

2 .00 millimètres et larges de 0.40 à 0.45 millimètre. 

Près de deux fois plus hautes que larges, obovées, obtuses 
au sommet et à la base, les graines, au nombre de trente 
environ dans chaque follicule, sont longues île 0.90 à I milli- 
mètre et larges de 0.55 à 0.00 millimètre. Leur test, couvert 
de rides Longitudinales nombreuses et peu saillantes. 
s'applique exactement sur l'amande. 

Cette espèce, qui est dédiée à M. le Docteur Chapo tôt, méde- 



68 RAYMOND-HAMET ET II. PERRIEB J)K I.A BATHIE 

cin-chef de L'Hôpital 189 bis à Lyon, a été récoltée par 

M. Perrierde la Bâthie, en juillet 1903 et en octobre 1905, 

sur les rochers calcaires et boisés de Namoroka (Ambongo). 

Elle appartient au groupe 1 3 proposé par M. Raymond-Hamet 

et se rapproche beaucoup du Kalanchoe Briqueti Haymond- 
Hamet et du Kalanchoe Boisi Raymond-Hamet et Perrier de 

la Bâthie. 

Du premier elle se distingue : 1" par le tube de la corolle 
proportionnellement beaucoup plus long ; 2° par les sépales 
un peu plus hauts que larges, deltoïdes, rétrécis depuis 
la base jusqu'au sommet aigu et légèrement acuminé, et non 
beaucoup plus longs que larges, très longuement deltoïdes, 
rétrécis depuis la base jusqu'au sommet aigu ; 3° par les 
pétales ovés, aigus, non point suboblongs, rétus ; 4° par les 
tilets proportionnellement beaucoup plus brefs ; 5° par les 
styles plus longs, et non plus brefs que les carpelles. 

Du second, elle diffère : 1° par les feuilles à limbe tri- ou 
5-partit, non point ové, entier; 2 Q par les styles plus longs, et 
non plus brefs que les carpelles. 

Kalanchoe Stapfi Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie. 

Le Kalanchoe Stapfi est une plante vivace, glabre, haute 
de 0.50 à 1 mètre. Assez grêle, érigée et ligneuse, sa tige, 
dont le diamètre médian est de 8 millimètres, paraît être 
primitivement simple, mais, au moment de la floraison, elle 
donne naissance à des bourgeons qui apparaissent au voisi- 
nage immédiat des cicatrices foliaires et se développent bientôt 
en rameaux stériles qui fleuriront l'année suivante. 

Au moment de la floraison, les tiges florifères, feuillues 
dans leur jeunesse, sont complètement dénudées, mais les 
rameaux stériles portent encore, à leur sommet, deux ou trois 
paires de feuilles opposées, décussées, pétiolées, peltées et 
assez espacées. Le premier entrenœud supérieur de la tige 
florifère est haut de 11 centimètres ; le second, de 3 centi- 
mètres. Haut de 3 . 50 à i centimètres, large de 1 . 50 à 2 mil- 
limètres, assez grêle mais élargi à la base, le pétiole s'insère 
à une distance de 6 à 8 millimètres de la base du limbe ; 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 69 

autant qu'on en peut juger par le contour des cicatrices foliaires, 
il forme une lame légèrement canaliculée sur sa l'ace supé- 
rieure et portant, au milieu Je sa face inférieure, une carène 
correspondant à la nervure médiane. Un peu plus haut que 
large, ové, arrondi ou quelquefois légèrement émarginé à la 
base, haut de 5 à 7 centimètres, large de 3.50 à 5.50 centi- 
mètres, obtus au sommet, le limbe est bordé de larges créne- 
lures assez irrégulières, obtuses et séparées par de larges sinus 
anguleux ou arrondis. Les cicatrices foliaires ont à peu près 
la forme d'un triangle dont la base serait tournée vers le som- 
met de la plante ; les extrémités latérales de ces cicatrices 
sont très proches mais, cependant, ne se rejoignent point. 

La tige se termine, au sommet, par une inflorescence lâche, 
subcorvmbiforme, haute de 13 centimètres et large de 16 cen- 
timètres ; cette inflorescence se compose de deux pédoncules 
primaires latéraux divisés presque dès la base en trois pédon- 
cules secondaires terminés par des cymes bipares et pauci- 
flores, et d'un pédoncule primaire terminal se confondant, 
d'ailleurs, avec l'axe de l'inflorescence, pédoncule divisé lui 
aussi en trois pédoncules secondaires terminés par des cymes 
bipares et pauciflores. 

Grêles, longs de 16 à 22 millimètres, les pédicelles sup- 
portent des fleurs pendantes. 

Subcampanulé, brusquement rétréci à la base, le calice se 
compose d'un tube plus bref que les segments, haut de 2.25 
à 3 millimètres, et de quatre segments appliqués contre le 
tube de la corolle mais légèrement récurvés dans leur partie 
supérieure ; ovés, plus hauts que larges, longs de 4 à 5 mil- 
limètres, larges de 3 à 3 . MO millimètres, ces segments, dont 
les bords sont entiers, ont leur plus grande largeur au-dessous 
du milieu; «au-dessous de ce niveau, ils se rétrécissent assez 
brusquement jusqu'à la base ; au-dessus, ils s'atténuent jus- 
qu'au sommet aigu. 

Beaucoup plus longue que le calice, la corolle suburcéolée 
a son plus grand diamètre au-dessous du milieu ; au-dessous 
de ce niveau, elle s'atténue progressivement jusqu'à une faible 
distance de la base puis s'atténue plus lentement jusqu'à la 



,11 RAYMOND-HAMET E'I II. PERRIEB DE LA BATHIE 

base elle-même ; au-dessus, elle se rétrécit Lentement jusqu'à 
la hase des serments dressés. Beaucoup j)lus long que Les 
segments, son tube est haut de 2li à 2I>.."><> millimètres. Un 
peu plus hauts que Larges, Largement ovés, Longs de 5,25 
millimètres, Larges de o millimètres, ces segments, dont les 
bords sont entiers, ont leur plus grande largeur un peu au 
dessous du milieu ; au-dessous de ce niveau, ils se rétrécissent 
jusqu'à la hase ; au-dessus, ils s'atténuent jusqu'au sommet 
aigu et légèrement acuminé. 

L'androeée se compose de huit étamines libres entre elles. 
Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessus du 
milieu du tube de la corolle, dépasse un peu le milieu des 
segments eorollins ; grêles, très longuement linéaires-subdel- 
toïdes, ces filets s'élargissent insensiblement depuis le sommet 
jusqu'à la base, qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; 
leur partie soudée, qui fait à peine saillie à l'intérieur du tube 
de la corolle, est haute de 24.50 à 25 millimètres ; leur partie 
libre, longue de 4.75 millimètres, est large de 0.15 milli- 
mètre à la base et de 0.12 millimètre au milieu. Le sommet 
des filets oppositipétales, insérés plus haut que les tilets alter- 
nipétales, et un peu au-dessous de la base des segments de 
la corolle, dépasse un peu le sommet des filets alternipétales ; 
grêles, très longuement linéaires-subdeltoïdes, ces tilets 
s'élargissent insensiblement depuis le sommet jusqu'à la base, 
qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée 
est haute de 23. 50 à 24 millimètres ; leur partie libre, longue 
de 2.50 millimètres, est large de 0.15 millimètre à la base 
et de 0.12 millimètre au milieu. Un peu plus larges que 
hautes, suborbiculaires-subréniformes, émargïnées à la base, 
très obtuses au sommet, les anthères sont longues de 1 mil- 
limètre et larges de 1 .40 millimètre. 

Soudés entre eux sur un quart environ de leur longueur 
totale, nettement divergents, oblongs, rétrécis assez brusque- 
ment dans leur partie inférieure jusqu'à la base insensiblement 
atténuée, les carpelles se rétrécissent dans leur partie supé- 
rieure, puis s'atténuent insensiblement en styles plus longs 
qu'eux, grêles et terminés par des stigmates légèrement 



CONTRIBUTION A l'ÉTL-DE DES CRASSULACÉES MALGACHES 71 

dilatés ; la partie soudée des carpelles est haute de 3 milli- 
mètres ; leur partie libre longue de 13 millimètres, est large 
de 3. 80 millimètres; les styles sont hauts de 20 millimètres. 
Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules 
sur toute leur longueur, sont réduits à deux grêles cordons 
subverticaux parallèles à chacun des deux bords internes des 
carpelles. 

Plus larges que hautes, obovées-subquadrangulaires, non 
dilatées à la base, portant au milieu de leur partie supérieure 
une très large cuspide très obtuse dont la largeur atteint un 
tiers de leur largeur totale, les écailles sont longues de 1 .2.") 
millimètre et larges de 2.2C> millimètres. 

Cette espèce qui est dédiée à M. le Docteur Stapf ', cura- 
teur des Jardins Royaux de Kew, a été récoltée, en 
décembre 1912, par M. Perrier de la Bàthie, à une altitude 
d'environ 2.500 mètres, sur les cimes à lichens du Mont 
Tsaratanana. 

Elle appartient au groupe 1 proposé par M. Raymond- 
Ilamet et se rapproche beaucoup du Kalanchoe pella ta Bâillon, 
dont elle se distingue : 1° par ses sépales plus hauts que 
larges, aigus au sommet, et non plus larges que hauts, large- 
ment émarginés au sommet ; 2° par ses sépales un peu plus 
hauts que larges, aigus et légèrement acuminés au sommet, 
non point plus larges que hauts, obtus et largement émar- 
ginés au sommet. 

Kalanchoe Waldheimi Raymond-Hamet et Perrier de la 
Bàthie. 

Le Kalanchoe Waldheimi est une plante glabre et vivace. 
Assez grêle, haute de 22 à 30 centimètres, sa tige, dont le 
diamètre varie de ï à 7 millimètres a la base et de 2..">0 à 
K millimètres au milieu, est primitivement simple et érigée ; 
après la floraison, les parties médiane et supérieure de la tige 
se dessèchent et disparaissent ; La portion inférieure, «pu sub- 

l. I.a bienveillance de M. le I> Stapf nous a permis de comparer, ivec les 
originaux «lu Ka.la.nchoepelta.la., L'échantillon authentique du Kalanchoe Siup/i. 
Nous sommes heureux de lui exprimer ici notre vive cl cordiale gratitude. 



72 RAYM0ND-HAME1 El 11. PERRIEB DE LA BATHIE 

siste seule, sébile sur Le sol, s'y enracine et émet des rejets 
stériles qui, l'année suivante, se développeront en tiges flori- 
fères. Les plantes fixées forment donc des touffes de tiges 
stériles et florifères, issues du caudex rameux et rampant en 
quoi se sont transformées Les portions basilaires des anciennes 
tiges florifères. 

Dans leur jeunesse, les tiges portent des feuilles sur toute 
leur longueur, mais leurs régions basilaire, moyenne et supé- 
rieure se dénudent bientôt, de telle sorte que persistent seules 
les quelques paires de feuilles de la région inférieure. 
Opposées, décussées, planes mais charnues, subsessiles, 
longues de 42 à 68 millimètres, larges de 22 à 35 millimètres 
dans leur plus grand diamètre et de 4 à 5 millimètres à la 
base, obovées, ces feuilles, dont les bords sont entiers dans 
leurs deux tiers inférieurs mais garnies dans le tiers supérieur 
de larges crénelures obtuses, séparées par des sinus étroits et 
anguleux, ont leur plus grand diamètre au-dessus du milieu ; 
au-dessus de ce niveau, elles se rétrécissent jusqu'au sommet 
très obtus ; au-dessous, elles s'atténuent peu à peu jusqu'à la 
base où elles se prolongent en un très bref pseudo-pétiole à 
peine distinct du limbe. Les feuilles inférieures et infra- 
médianes sont assez régulièrement espacées et assez rap- 
prochées les unes des autres ; les feuilles médianes et supé- 
rieures sont irrégulièrement espacées et plus ou moins dis- 
tantes les unes des autres. La longueur du premier entrenœud 
supérieur varie de 2.50 à 6 centimètres ; celle du second, de 
2.80 à 7 centimètres ; celle du troisième, de 3 à 5 centimètres ; 
celle du quatrième, de 0.80 à 2.50 centimètres ; celle du cin- 
quième, de 0.70 à 1 centimètre ; celle du sixième, de 0.50 à 
0.80 centimètre; celle du septième, de 0.80 à 1 centimètre ; 
celle du huitième, de 0. 60 à 1 .30 centimètre ; celle du neu- 
vième, de 0.40 à 1 .50 centimètre ; celle du dixième, de 0.60 
à 0.80 millimètre. Les cicatrices foliaires ont la forme d'un 
croissant ; leurs extrémités latérales arrondies ne se rejoignent 
point. 

L'inflorescence, assez lâche et corymbiforme, qui termine la 
tige, se compose d'un pédoncule terminal et d'une paire de 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DKS CRASSULACÉES MALGACHES 73 

pédoncules primaires latéraux qui, tous trois, se terminent par 
des cymes bipares une fois ramifiées et assez peu florifères. 

Grêles, longs de 6 à 17 millimètres, légèrement dilatés au 
sommet, les pédicelles supportent des fleurs pendantes. 

Le calice subcampanulé-suburcéolé se compose d'un tube 
haut de I i- à 1G millimètres et de quatre segments plus brefs 
que le tube. Deltoïdes, un peu plus hauts que larges, atténués 
depuis la base, non dilatée ni rétrécie, jusqu'au sommet, aigu 
et subacuminé, les segments, qui ont des bords entiers, sont 
longs de a. 40 à 5.80 millimètres et larges de 3.50 à 3. GO 
millimètres. 

Plus longue que le calice, colorée en rose, la corolle est 
nettement étranglée au-dessous du milieu ; au-dessous de cet 
étranglement, elle se dilate peu à peu puis se rétrécit jusqu'à 
une faible distance de la base ; à partir de ce niveau elle garde 
un diamètre identique jusqu'à la base elle-même et forme ainsi 
une sorte de petit tube basilaire qui lui donne une apparence 
stipitée ; au-dessus de l'étranglement, elle se dilate peu à peu 
puis se rétrécit légèrement au-dessous des segments dressés. 
Un peu plus long que les segments, son tube est haut de 1 G 
à 17 millimètres. Longuement obovés, plus hauts que larges, 
longs de 11 à 11.25 millimètres et larges de 5 à 5.25 milli- 
mètres, les segments, dont les bords sont entiers, ont leur plus 
grand diamètre au-dessus du milieu ; au-dessus de ce niveau, 
ils se rétrécissent assez brusquement jusqu'au sommet angu- 
leux et subaigu; au-dessous ils s'atténuent peu à peu jusqu'à 
la base qui' n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie. 

L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. 
Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du 
milieu du tube corollin, atteint presque le milieu des seg- 
ments de la corolle ; grêles, très longuement et très étroite- 
ment linéaires, ces filets, dont la partie soudée fait légèrement 
saillie à l'intérieur du tube de la corolle et jusqu'à la hase de 
celui-ci, gardent un diamètre identique sur la presque totalité 
de leur longueur, mais, dans leur partie inférieure, s'élargissent 
peu à peu jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni 
rétrécie ; leur partie soudée est haute de 6.7S à 7 millimètres : 



7'l RAYM0ND-IIAME1 M II. PERRIER DE LA BATRIE 

leur partit' libre, longue de li à 15 millimètres, est large de 
. 70 millimètre à la base e1 de 0.50 millimètre au milieu. Le 
sommet des filets oppositipétales, insérés au même niveau que 
les lilets alternipétales <>u un pou |)lus haut que ces derniers, 
dépasse légèrement l'extrémité supérieure des lilets alterni- 
pétales mais n'atteint pas le milieu des segments corollins ; 
grêles, très longuement linéaires, ces Blets conservent un 
diamètre identique sur presque toute leur longueur, mais, dans 
leur partie inférieure, s'élargissent peu à peu jusqu'à la hase 
qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée 
est haute de 7 à 7 .25 millimètres ; leur partie libre, longue de 
14.50 à 15 millimètres, est large de 0.70 millimètre à la base 
et de 0.50 millimètre au milieu. Ovées-subréniformes, un 
peu plus hautes que larges, émarginées à la base et obtuses 
au sommet, les anthères sont longues de 1 .25 à 1 .60 milli- 
mètre et larges de 1 .20 à l .50 millimètre. 

Soudés entre eux sur près d'un tiers de leur longueur totale, 
les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; ovés- 
oblongs, rétrécis dans leur partie inférieure, ils sont atténués 
en styles grêles, beaucoup plus longs qu'eux et terminés par 
des stigmates légèrement dilatés ; leur partie soudée est haute 
de 2 à 2.25 millimètres ; leur partie libre, longue de 5 à 5.25 
millimètres, est large de 2.25 millimètres ; les styles sont 
hauts de 17 à 18 millimètres. Dans chaque carpelle, les pla- 
centes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont 
constitués par de nombreuses petites lames subsemicirculaires 
sur lesquelles s'insèrent les funicules ; ces lames sont dispo- 
sées le long de deux cordons grêles verticaux et presque 
parallèles, quoique très légèrement incurvés en dedans, à cha- 
cun des deux bords internes des carpelles. 

Un peu plus larges que hautes, subsemiorbiculaires, obtuses 
au sommet, élargies à la base, les écailles sont longues de 
0.60 à 0.75 millimètre et larges de 0.80 à 1.25 millimètre. 

Cette plante, qui est dédiée à S. E. le Docteur Fischer de 
Waldheim, directeur des Jardins botaniques Impériaux de 
Petrograd, a été récoltée par M. Perrier de la Bâthie, en juin 
1912, à une altitude d'environ 1.200 mètres, sur les rocailles 
granitiques des empirons de Betafo. 



CONTRIBUTION A 1. ÉTUDE DES CTASSULACÉES MALGACHES 75 

Elle appartient au groupe 9 proposé par M. Ravmond-Hamet 
et se rapproche beaucoup du Kalanchoe Tieghemi Raymond- 
Hamet, dont elle se distingue pourtant fort aisément: 1° par 
ses feuilles obovées, contractées à la base en un très bref 
pseudo-pétiole, et non longuement pétiolées, à limbe ové et 
pourvu à la base de deux oreillettes obtuses et crénelées qui 
se replient sur le limbe ; 2° par ses pétales un peu plus brefs 
que le tube corollin, longuement obovés, anguleux au sommet, 
non point beaucoup plus brefs que le tube de la corolle, obo- 
vés-subquadrangulaires, 1res obtus au sommet. 

Kalanchoe Fedtschenkoi Raymond-Hamet et Perrier de 

la Bàthie. 

Le Kalanchoe Fedtschenkoi est une plante glabre et vivace. 
Assez grêle, haute de 25 à 27 centimètres, la tige, dont le 
diamètre varie de 3 à i millimètres à la base et de 2.60 à .'i 
millimètres au milieu, est primitivement simple et érigée. 
Après la floraison la tige émet, dans sa partie inférieure, un 
ou deux rameaux latéraux d'une longueur de 8 à 40 centi- 
mètres et d'un diamètre variant de 1.50 à 2 millimètres à 
la base et de 1 à 1 .25 millimètre au milieu, cependant que les 
portions basilaires de la tige se courbent, s'étalent sur le sol 
et s'y enracinent. Les plantes âgées sont donc pourvues d'une 
longue tige nue, rampante, enracinée de loin en loin et ter- 
minée à son extrémité par une tige florifère érigée, à la base 
de laquelle se développent des rameaux stériles. Quand le stat 
est particulièment favorable, la portion rampante de la tige se 
ramifie et se prolonge, à l'extrémité de chacune de ses rami- 
fications, par une tige florifère érigée pourvue à sa base de 
rameaux stériles : la plante forme alors une grosse touffe. 

Les tiges, qui, dans leur jeunesse, portent des feuilles sur 
toute leur longueur, se dénudent bientôt, de telle sorte qu'au 
moment de la fructification, les tiges florifères sont complète- 
ment nues et que quelques paires de feuilles persistent seule- 
ment à l'extrémité des rameaux stériles. Opposées, décussées, 
planes mais assez charnues, obovées-suborbiculaires, obovées 
ou obovées-oblongues, les feuilles, dont les bords sont garnis 



Tt» RAYM0ND-HAME1 ET II. PERRIER DE LA BÀTHIE 

dedents aiguës assez peu nombreuses et séparées par de larges 
sinus arrondis ou anguleux, sont rétrécis brusquement à la 
base en un très court pétiole grêle, très étroitement Linéaire, 
Long de 1 à •> millimètres, large de 0.75 à 1.75 millimètre, 
ni élargi ni rétréci à la base ; la hauteur du limbe varie de 
9 à 37 millimètres, sa largeur, de à 10 millimètres. Les 
feuilles des tiges florifères son! assez régulièrement espacées, 
niais les entrenœuds inférieurs sont un peu plus brefs que les 
entrenœuds supérieurs. La hauteur du premier entrenœud des 
tiges florifères varie de 2 à 2.50 centimètres ; celle du second, 
de 2 à 2.30 millimètres; celle du troisième est de 2 centi- 
mètres; celle du quatrième, de 2.50 centimètres; celle du cin- 
quième varie de 2.50 à 2.00 centimètres ; celle du sixième, de 
3.25 à 4.50 centimètres ; celle du septième est de 1 .50 centi- 
mètre; celle du huitième, de 1 centimètre ; celle du neuvième, 
de 1 centimètre; celle du dixième, de 0.7 centimètre; celle 
du onzième, de 0.7 centimètre ; celle du douzième, de 0.7 
centimètre; celle du treizième, de 0.9 centimètre; celle du 
quatorzième, de 0.7 centimètre; celle du quinzième, de 0.4 
centimètre; celle du seizième, de 0.5 centimètre; celle du 
dix-septième, de 0.6 centimètre; celle du dix-huitième, de 
0.3 centimètre ; celle du dix-neuvième, de 0.40 centimètre; 
celle du vingtième, de 0.30 centimètre; celle du vingt et 
unième, de 0.40 centimètre; celle du vingt-deuxième, de 
0.30 centimètre ; celle du vingt-troisième , de 0.40 cent imètre ; 
celle du vingt-quatrième, de 0.30 centimètre ; celle du vingt- 
cinquième de . 40 centimètre. Les feuilles des tiges stériles 
sont semblables à celles des tiges florifères mais un peu plus 
épaisses et plus fortement dentées. Les feuilles des tiges 
stériles sont, elles aussi, assez régulièrement espacées, mais 
les entrenœuds inférieurs sont un peu plus longs que les entre- 
nœuds supérieurs. La longueur du premier entrenœud infé- 
rieur des tiges stériles est de 3 centimètres ; celle du second, 
de 4 centimètres ; celle du troisième, de 5 centimètres ; celle 
du quatrième, de 4 centimètres ; celle du cinquième, de 6 cen- 
timètres ; celle du sixième, de 4 centimètres ; celle du septième, 
de 4 centimètres ; celle du huitième, de 4 centimètres ; celle 



CONTRIBUTION A i/ÉTUDE DES CRASSC LACÉES MALGACHES 77 

du neuvième, de 3 centimètres; celle du dixième, de 2 centi- 
mètres ; celle du onzième, de 3 centimètres ; celle du 
douzième, de 5 centimètres; celle du treizième, de 6.50 centi- 
mètres ; celle du quatorzième, de S centimètres ; celle du 
quinzième, de 8 centimètres ; celle du seizième, de 10 centi- 
mètres ; celle du dix-septième, de 7 centimètres ; celle du 
dix-huitième, de 5 centimètres. Les cicatrices foliaires subse- 
micirculaires ne se rejoignent point par leurs extrémités laté- 
rales. 

L'inflorescence, lâche et corymbiforme, qui termine la tige 
se compose d'un pédoncule terminal et de deux pédoncules 
primaires latéraux et opposés, terminés, tous trois, par des 
cymes bipares paucillores et une fois ramifiées. 

Grêles, légèrement rétrécis au sommet, longs de 7 à 
10 millimètres, les pédicelles supportent des fleurs pendantes. 
Le calice, campanulé-suburcéolé, se compose d'un tube haut 
de 12.25 à 13.25 millimètres et de quatre segments plus brefs 
que le tube. Deltoïdes, plus hauts que larges, atténués depuis 
la base non élargie ni rétrécie jusqu'au sommet aigu et suba- 
cuminé, les sépales, qui ont des bords entiers, sont longs de 
6 à 6 . 60 millimètres et larges de i . 40 à 4 . 80 millimètres. 

Plus longue que le calice, pourpre, la corolle à son plus grand 
diamètre un peu au-dessus de la base ; au-dessous de ce 
niveau elle se rétrécit assez brusquement jusqu'à une très 
faible distance de la base, puis, à partir de ce point, conserve 
un diamètre identique jusqu'à la base elle-même, formant ainsi 
un tube grêle et court qui lui donne une apparence stipitée ; au- 
dessus de ce niveau, elle se rétrécit peu à peu jusqu'au-dessous 
du milieu, puis, à partir de ce point, conserve un diamètre iden- 
tique jusqu'à la base des segments légèrement récurvés, for- 
mant ainsi un long tube dont le diamètre, un peu plus faible 
que celui de la partie inférieure de la corolle, est cependant 
beaucoup plus grand que celui du petit tube qu'on observe à 
la base même de la corolle. Plus long que les segments, h 
tube est haut de 17.50 à 18. 2."» millimètres. Subobovés, un 
peu plus hauts que larges, longs de 0.25 à li.50 millimètres, 
larges de 4.25 à i. 60 millimètres, les segments, dont les bords 



78 



ll.W MUM>-II Wll.l II 11. l'KKIUl.l! DI-: LA HA III II'. 



sont entiers ou quelquefois Légèrement érodés-sinueux à leur 
extrémité supérieure, ont leur plus grande largeur au-dessus 

du milieu ; au-dessus de ce niveau, ils se rétrécissent assez 
brusquement jusqu'au sommet arrondi et très obtus : au- 
dessous, ils se rétrécissent assez rapidement jusqu'à un niveau 
voisin du milieu, puis, à partir de ce point, ils s'atténuent peu à 
peu jusqu'à La base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécié. 

L'androcéese compose de huit étamines libres entre elles. 
Le sommet des filets alternipétales, insérés un peu au-dessous 
ou un peu au-dessus du milieu du tube de la corolle, atteint 
presque ou même dépasse légèrement le milieu des segments 
corollins; grêles, très longuement linéaires, ces filets, dont la 
partie soudée fait très légèrement saillie à L'intérieur du tube 
de la corolle et jusqu'à la base de celui-ci, gardent un dia- 
mètre identique jusqu à une distance voisine de la base ; à 
partir de ce niveau, ils s'élargissent légèrement jusqu'à la 
base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécié; leur partie 
soudée est haute de 8.25 à 9.25 millimètres ; leur partie libre, 
longue de 10.75 à 12.75 millimètres, est larg-e de 0.60 milli- 
mètre à la base et de 0.30 millimètre au milieu. Le sommet 
des filets oppositipétales, insérés un peu au-dessous du niveau 
d'insertion des filets alternipétales. dépasse un peu le som- 
met de ces derniers ; grêles, très longuement linéaires, ces 
filets gardent un diamètre identique jusqu'à une faible dis- 
tance de la base; à partir de ce niveau, ils s'élargissent très 
légèrement jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni 
rétrécié ; leur partie soudée est haute de 7 . 25 à 8 . 25 milli- 
mètres; leur partie libre, longue de 12.25k 1! millimètres, 
est large de . 50 millimètre à la base et de 0. 25 millimètre au 
milieu. Subréniformes, un peu plus hautes que larges, large- 
ment émarg-inées à la base, légèrement émarginées au som- 
met, les anthères sont longues de I à 1.10 millimètre et 
larges de 0.60 à 0.70 millimètres. 

Soudés entre eux sur près d'un tiers de leur longueur totale, 
les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; ovés- 
oblongs, rétrécis dans leur partie inférieure, ils s'atténuent, 
dans leur partie supérieure, en styles grêles, plus longs 



CONTRNltTION A l'ÉTUDE DES CRASSl LACÉES MALGACHES 79 

qu'eux et terminés par des stigmates légèrement dilatés: leur 
partie soudée est haute de 3.S0 à i millimètres; leur partie 
libre, longue de 5 . 25 à 5.60 millimètres, est large de 2 .40 
millimètres; les styles sont hauts de 13.25 à 14.50 milli- 
mètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des 
ovules sur toute leur longueur, sont constitués par de nom- 
breuses petites lames subsemieirculaires sur laquelle s'insèrent 
les funicules; ces lames sonl disposées le long de deux cor- 
dons grêles, verticaux et presque parallèles, quoique très légè- 
rement incurvés en dedans, à chacun des deux bords internes 
des carpelles. 

Un peu plus hautes que larges, subtrapéziformes-subsemi- 
orbiculaires ou longuement subtrapézif ormes, non élargies ou 
légèrement dilatées à la base, émarginées au sommet, les 
écailles sonl longues de 0.80 à I millimètre et larges de 0.60 
0.70 millimètre. 

Obovées, légèrement arquées, très obtuses au sommet et 
arrondies à la base, les graines, très nombreuses dans chaque 
follicule, sont hautes de 0.60 millimètres et larges de 0.20 
millimètre. Leur test, couvert de rides longitudinales assez 
nombreuses et peu saillantes, s'applique exactement sur 
l'amande. 

dette espèce, qui est dédiée à M. le docteur Boris de 
Fedtschenko, le savant et aimable curateur du Jardin Impé- 
rial botanique de Pétrograd, a été récoltée par M. Perrier de 
la Bâthie, en septembre 1911, aune altitude d'environ 1.000 
mètres, sur la rocaille du Mont Tsitongabalaa, près d'Ihosv 
Bassin du Mangoky |. 

Elle appartient au groupe 9 proposé par M. Raymond-Hamet 
et se rapproche du Kalanchoe Tieghemi Raymond-Hamet el du 
Kalanchoe Waldheimi Raymond-Hamet et Perrier de la 
Bâthie. 

1)// Kalanchoe Tieghemi, elle se distingue : 1° par ses feuilles 
subsessiles a limbe obové-suborbiculaire, obové <>u obové 
oblong, bordé de dents aiguës, brusquement rétréci à la b 
en un très court et très étroit pétiole, et non longuement 
pétiolées, à limbe ové, crénelé el pourvu à la base de 



< s <* RAYM0ND-HAME1 El II. PERRIER DE LA BATHIE 

di'iix oreillettes obtuses et crénelées qui se replient sur le 
limbe ; 2° pur ses écailles un peu plus hautes que larges, non 
point un peu plus larges cpie hautes. 

Du Kalanchoe Waldheimi elle diffère : 1" par ses feuilles;! 
limbe obové-suborbiculaire, obové, ou obové-oblong, bordé de 
dents aiguës, brusquement rétrécies à la base en un très court 
et très étroit pétiole, et non à limbe obové, crénelé seulement 
dans son tiers supérieur et contracté à la base en un très bref 
pseudo-pétiole à peine distinct du limbe ; 2° par ses pétales 
proportionnellement plus brefs, très obtus au sommet, non 
point anguleux-subaigus au sommet; 3° par ses écailles un peu 
plus hautes que larges, et non un peu plus larges que hautes. 

Kalanchoe miniata Hilsembach et Bojer, ex Tulasne. — 
Raymond-IIamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull. hb. 
Boissier, sér. 2, t. VIII, t. 21 (1908). 

Le Kalanchoe miniata est une plante glabre et vivace. Assez 
grêle, érigée, mais couchée et radicante dans sa partie infé- 
rieure, la tige, dont le diamètre est de 5 millimètres à la base 
et de 2 à 3 millimètres au milieu, à une hauteur variant de 30 
à 60 centimètres. 

La tige porte des feuilles opposées, décussées, planes mais 
charnues, assez régulièrement espacées. La longueur du 
premier entrenœud supérieur varie de 5 à 5 . 50 centimètres ; 
celle du second, de 2.50 à 7 centimètres ; celle du troisième, 
de 2.50 à 8.50 centimètres; celle du quatrième, de 2.50 à 
6.70 centimètres; celle du cinquième, de 1.50 à 3 centi- 
mètres; celle du sixième, de 0.80 à 2.80 centimètres; celle 
du septième, de 1 à 2 centimètres; celle du huitième, de 0.90 
à 1 centimètre; celle du neuvième est de 2.50 centimètres; 
celle du dixième, de 3 centimètres. Les feuilles, à l'exception 
de celles qui sont situées à l'aisselle des pédoncules latéraux 
de l'inflorescence, sont pétiolées. Le pétiole subcylindrique, 
légèrement aplati sur sa face supérieure, est nettement élargi 
dans sa partie inférieure où il forme une sorte de plate-forme 
ovée-subsemicirculaire, amplexicaule, haute de 5 à 9 milli- 
mètres, large de 6 à 13 millimètres ; cette plate-forme, qui a son 



CONTRIBUTION A LÉTLDE DES CRASSULACÉES MALGACHES M 

plus grand diamètre au-dessous du milieu, d'une part se rétré- 
cit à partir de ce niveau jusqu'à la base, d'autre pari s'atténue 
jusqu'à son extrémité supérieure où elle se continue par la 
partie cylindrique du pétiole : dans les feuilles intérieures, le 
pétiole, qui s'insère à la hase du limbe, a une partie cylindrique 
haute de (i à 9 millimètres, large de 2.50 à 3.25 millimètres 
et, par conséquent, très brève et à peine plus haute que la 
plate-forme pétiolaire; dans les feuilles médianes, le pétiole, 
qui s'insère également à la hase du limbe, a une portion cylin- 
drique haute de 15 à 20 millimètres et large de 2.50 à .'{.50 
millimètres, et, par conséquent, beaucoup plus longue que la 
plate-forme pétiolaire; dans les feuilles supérieures, le pétiole, 
qui s'insère non pas à la base du limbe mais à une faible dis- 
tance 2 a .'i millimètres) au-dessus de celle-ci, a une portion 
cylindrique haute de I(ià22 millimètres, large de 2 à 2.7o 
millimètres, et par conséquent beaucoup plus longue que la 
plate-forme pétiolaire. Ové, obtus, subobtus ou même subaigu 
au sommet, le limbe, dont les bords sont, tantôt très légère- 
ment sinueux, tantôt bordés de erénelures obtuses et séparées 
par des sinus étroits et anguleux, est arrondi à la base dans 
les feuilles inférieures et médianes, mais émarginé dans les 
feuilles supérieures qui sont ainsi subcordiformes : sa longueur 
varie de 2-"> à 80 millimètres; sa largeur, de 11 .50 à 39 mil- 
limètres. Sessiles, subdeltoïdes-subsemilancéolées, les feuilles 
supérieures, dont les bords sont entiers, sont légèrement étran- 
glées dans leur tiers inférieur : au-dessus de ce niveau, elles 
s'élargissent peu à peu, puis s'atténuent lentement jusqu'au 
sommet aigu; au-dessous deTce niveau, elles s'élargissent peu 
à peu, puis se rétrécissent assez brusquement jusqu'à la base 
ample xicaule ; leur^hauteur varie de lia 2:' millimètres; leur 
largeur de 3 . 50 à 8.50 millimètres. Les cicatrices foliaires 
forment un anneau légèrement évidé qui entoure complète 
ment la tige. 

L'inflorescence, qui termine la tige, esl une panicule subco- 
rvmbiforme, très lâche, haute de 6.50 a 20 centimètres, large 
de 6 à 26 centimètres, composée d'une cyme bipare terminale 
pauciflore el une fois ramifiée et de deux à quatre pédoncul 

Annales du Musée colonial df Marseille, vol. 1915. 



N2 RAYM0ND-HAME1 ET II. PERRIER DE I.A BATIIIE 

primaires latéraux opposés et terminés nu sommet par une 
cvme bipare pauciflore simple ou une fois ramifiée. Quelque- 
fois l'inflorescence avorte partiellement et se réduit à une 
cyme bipare une fois ramifiée et très pauciflore; dans ce cas, 
on observe, à l'aisselle dis ramifications de l'inflorescence et à 
l'extrémité de certains pédicelles stériles, des subglomérules 
de pseudo-bulbilles constitués par deux paires de feuilles extrê- 
mement rapprochées et presque continués ; obovées, aigries, 
les feuilles de la paire supérieure ont des bords entiers et sont 
hautes de 3.80 millimètres et larges de 2.70 millimètres; 
obovées, aiguës et légèrement subcuspidées au sommet, les 
feuilles de la paire inférieure ont des bords entiers et sont 
longues de 1 millimètre et larges de 0.65 millimètre. 

Assez grêles, un peu dilatés au sommet, les pédicelles, 
longs de 7 à 20 millimètres, supportent des fleurs dressées. 

Linéaires-subdeltoïdes-subsemilancéolées, aiguës au som- 
met, légèrement dilatées à la base, les bractées, dont les bords 
sont entiers, sont hautes de 3.70 à 7- 10 millimètres et larges 
de 1.20 et 1.85 millimètre. 

Le calice, subcampanulé, se compose d'un tube un peu plus 
bref que les segments, haut de 5.10 à 7.20 millimètres, et de 
quatre segments non appliqués contre le tube de la corolle ; 
deltoïdes-subsemiorbiculaires, un peu plus hauts que larges, 
aussi hauts que larges, ou même un peu plus larges que hauts, 
longs de 6 à 8.40 millimètres, larges de 7 à 8 millimètres, ces 
segments, qui ont des bords entiers, se rétrécissent peu à peu 
depuis la base jusqu'au sommet aigu et acuminé. 

Plus longue que le calice, la corolle, qui est extérieurement 
d'un beau rouge vif avec de fines macules jaunes, intérieure- 
ment d'un rouge jaunâtre avec des stries d'un rouge foncé, est 
nettement étranglée au-dessous du milieu ; au-dessus de cet 
étranglement elle se dilate assez brusquement, puis s'élargit 
insensiblement jusqu'au dessus du milieu, enfin se rétrécit 
peu à peu, à partir de ce niveau, jusqu'à la base des segments 
dressés et légèrement récurvés ; au-dessous de l'étranglement, 
elle se dilate presque insensiblement, puis se rétrécit jusqu'à 
la base. Dans le fruit, la corolle, marcescente et subtubuleuse, 



CONTRlliLTIO.N A l'ÉTUDE DES CRASSU LACÉES MALGAI III > 83 

a son plus grand diamètre à une faible distance de la base du 
tube; au-dessous de ce niveau, elle se rétrécit assez brusque- 
ment jusqu'à la base; au-dessus, elle se rétrécit peu à peu 
jusqu'au tiers inférieur et, à partir de ce niveau, conserve un 
diamètre identique jusqu'à la base des segments corollins. 
Plus long que les segments, haut de 21 à 31 millimètres, son 
tube est pourvu extérieurement de quatre côtes verticales, peu 
saillantes, disposées en face des filets oppositipétales. Un peu 
plus larges que hauts ou aussi hauts que larges, longs de 4.40 
a 6 millimètres, larges de h à G . 80 millimètres, subdeltoïdes- 
subsemiorbiculaires, les segments, qui ont des bords entiers, 
s'atténuent insensiblement depuis la base non élargie ni 
dilatée jusqu'au sommet aigu et légèrement cuspidé. 

L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. Le 
sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du milieu 
du tube de la corolle, atteint presque ou dépasse légèrement 
la base des segments corollins; grêles, colorés de rouge, ces 
filets, dont la partie soudée fait à peine saillie à l'intérieur 
du tube de la corolle, sont linéaires et gardent une largeur 
identique sur toute leur longueur sauf dans leur partie infé- 
rieure où ils s'élargissent peu à peu jusqu'à la base qui n'est, 
elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée est haute 
de6.i0 à 8 millimètres; leur partie libre, longue de 17.2'> 
à 2i millimètres, est large de . 50 àO.CO millimètre au 
milieu et de I à 1.20 millimètre à la base. Le sommet des 
filets oppositipétales, insérés un peu plus haut (pie les filets 
alternipétales, dépasse un peu l'extrémité supérieure de ceux- 
ci, et, comme eux, atteint presque ou dépasse légèrement la 
base des segments corollins; grêles, colorés en rouge, ces 
filets sont linéaires et gardent une largeur identique sur toute 
leur longueur sauf dans leur partie inférieure où ils s'élar- 
gissent peuà peu jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargi, 
ni rétrécie; leur partie soudée est haute de 7 a '■• millimètres; 
leur partie libre, longue de 17.10 à 2i millimètres, esf large 
de O.oO à 0.55 millimètre au milieu et de I .20 a I .30 milli- 
mètre à la base. Noires, un peu plus hautes (pie largi 5, ovées, 
émarginées à la base, obtuses au sommet, 1'"- anthères sont 



.Si RAYM0ND-HAME1 El H. riiutii.i; DE LA BÀTHIE 

longues de 1.00 millimètre et larges de 1.20 à 1 . MO milli- 
mètre. 

Soudés entre eux sur un cinquième environ de leur lon- 
gueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les 
autres ; ovés-oblongs, ils ont leur plus grand diamètre 
au-dessus du milieu; au-dessous de ce niveau, ils se 
rétrécissent jusqu'à la base; au-dessus, ils s'atténuent peu à 
peu jusqu'à leur extrémité supérieure où ils se prolongent en 
styles grêles, rouges, plus longs qu'eux et à peine dilatés au 
sommet ; la partie soudée des carpelles est haute de 1.75 à 
2.25 millimètres: leur partie libre, longue de G . 20 à 
8.60 millimètres, est large de 2.90 à 3 millimètres ; les styles 
sont hauts de 18 à 24.25 millimètres. Dans chaque carpelle, 
les placentes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, 
sont constitués par deux cordons grêles, verticaux, et presque 
parallèles, quoiqu'un peu incurvés en dedans, à chacun des 
deux bords internes des carpelles. 

Un peu plus hautes que larges, rarement un peu plus larges 
que hautes, subtrapéziformes-subsemioblongues, subquadran- 
gulaires, ou sublinéaires, toujours émarginées au sommet, non 
élargies ou légèrement élargies à la base, les écailles sont 
hautes de 0.90 à 1.40 millimètre et larges de 0.60 à 1.60 
millimètre. 

Presque trois fois plus hautes que larges, obovées, légère- 
ment arquées, obtuses au sommet et à la base, les graines, 
très nombreuses dans chaque follicule, sont longues de 
0,85 millimètre et larges de 0,32 millimètre. Leur test, cou- 
vert de rides longitudinales nombreuses et peu saillantes, 
s'applique exactement sur l'amande. 

Cette plante aété récoltée, en septembre 1911, par M. Perrier 
de la Bâthie, à une altitude d'environ 1.100 mètres, sur les 
gneiss humides du sommet du mont Ivohibe (Bassin du Man- 
goky). 

Kalanchoe pinnata Persoon. — Raymond-Hamet, Monogr. 
du g. Kalanchoe, in Bull. Hh. Boissier, sér. 2, t. VIII, p. 21 

(1908). 



CONTRIBUTIONS L'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 83 

Var. genuina Raymond-Hamet. — Le Kalanchoe pinnata, 
var. genuina, est une plante glabre et vivace. Verte mais 
maculée de petites taches blanchâtres, subcylindrique ou plus 
ou moins anguleux, haute de I à '2 mètres, érigée niais un 
peu couchée dans sa partie inférieure, la tige ne se ramifie 
point, mais émet, à la hase, des rejets stériles qui fleurironl 
ultérieurement. 

Les tiges portent des feuilles sur toute leur longueur sauf 
à la hase où elles sont généralement dénudées. Opposé' 
décaissées, pétiolées, simples, 3- ou même 5-foliolées, les 
feuilles, assez distantes les unes des autres, sont assez régu- 
lièrement espacées dans la partie inférieure de la tige, mais. 
dans sa partie médiane et dans sa partie supérieure, elles 
sont séparées par des entrenœuds plus allongés. Subcylin- 
drique, légèrement canaliculé sur sa face supérieure, haut de 
2.50 à 7 . .">() centimètres, large de 1.75 à 2.25 millimètres 
dans sa partie médiane, le pétiole s'élargit à la hase en une 
sorte de plate-forme haute de 'i à 5 millimètres, large de 3. oO 
à t) millimètres, subsemicirculaire, ampîexicaule, dont les 
extrémités latérales se rejoignent à celles de la plate-forme du 
pétiole opposé. Lorsque la feuille est simple, le pétiole porte, 
à son extrémité supérieure, un limbe ohlong, très obtus à La 
hase et au sommet, haut de G à 18 centimètres, large de i à 
1 1 centimètres, bordé de larges crénelures obtuses séparées 
par de larg-es sinus arrondis; le limbe, vert sur les deux 
faces, est strié de violet sur sa face supérieure el coloré en 
brun à sa périphérie. Lorsque les feuilles sont .'1- ou 5- 
foliolées, le pétiole porte au sommet une foliole terminale et, 
un peu au-dessous de celle-ci, deux ou quatre folioles laté- 
rales opposées et un peu plus petites que la foliole ter- 
minale ; les folioles, semblables au limbe des feuilles simpl 
s'insèrent sur le pétiole commun par un bref pétiolule don! 
la longueur varie de .'i à •"• millimètres pour les lobules laté- 
rales el de •"• à \'2 millimètres pour la foliole terminale et dont 
La largeur oscille entre 2 el 2 . 50 millimètres ; la foliole ter- 
minale atteint parfois une longueur de 20 centimètres el une 
largeur de \2 centimètres, les folioles Latérales une hauteur 



86 RAYM0ND-HAME1 II 11. PERR1EB DE LA BATHIE 

de I- centimètres el une largeur de 8 centimètres. Les 
feuilles conservent la même forme pendant la saison des 
pluies cl pendant la saison sèche, mais, pendant cette der- 
nière, elles sont un peu plus épaisses et plus petites, 

La tige se termine, au sommet, par une inflorescence pani- 
culiforme composée d'un petit nombre de pédoncules latéraux 
terminés par des cymes hipares et pauciflores. 

Grêles, hauts de 10 à 12 millimètres, non dilatés au som- 
met, les pédicelles supportent des fleurs pendantes, 

Oblongues-subovées. subaiguës au sommet, légèrement 
contractées dans leur partie inférieure en un large pseudo- 
pétiole, les bractées, dont les bords sont entiers, sont longues 
de 5 . 90 à 1 S . 50 millimètres et larges de 2 . 40 à 8 . 25 milli- 
mètres. 

Coloré en vert franc ou en blanc verdâtre, subcampanulé, 
le calice se compose d'un tube plus haut que les segments, 
long de 21 à 31 millimètres et de quatre segments non appli- 
qués contre le tube de la corolle ; subdeltoïdes-subsemiorbi- 
culaires ou subdeltoïdes, un peu plus hauts que larges ou un 
peu plus larges que hauts, longs de 6.80 à 10.40 millimètres, 
larges de 7 à 11.25 millimètres, les segments, dont les bords 
sont entiers, ont leur plus grande largeur à la base, et, à 
partir de ce niveau, se rétrécissent peu à peu jusqu'au som- 
met aigu et acuminé. 

A peine plus longue que le calice, la corolle est nettement 
étranglée au-dessous du milieu ; au-dessous de cet étrangle- 
ment, elle se dilate peu à peu, puis se rétrécit jusqu'à une faible 
distance de la base, et, enfin, à partir de ce niveau, conserve un 
diamètre identique jusqu'à la base elle-même, formant ainsi 
une sorte de tube grêle qui lui donne une apparence stipitée ; 
au-dessus de l'étranglement, elle se dilate assez brusquement, 
puis conserve un diamètre presque identique jusqu'à la base 
des segments dressés-récurvés. Plus long que les segments, 
rougeâtre ou décoloré, le tube, qui porte, dans sa partie infé- 
rieure, quatre côtes assez saillantes situées en face des filets, 
oppositipétales, est haut de 30 à 40 millimètres. Subovés, 
plus larges que hauts, colorés en rouge brique, longs de 9 à 



CONTRIBUTION A L 'ÉTUDE DES CRASSLLACÉES MALGACHES 87 

1 ï millimètres, larges de 4.30 à 6. 00 millimètres, les segments, 
dont les bords sont entiers, ont leur plus grand diamètre à 
une faible dislance de la base ; au-dessous de ce niveau, ils se 
rétrécissent jusqu'à la base ; au-dessus, ils s'atténuent peu à 
peu jusqu'au sommet aigu et subacuminé. 

L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. Le 
sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du milieu 
du tube de la corolle, dépasse un peu la base des segments 
corollins, mais n'atteint pas leur milieu; grêles, très longue- 
ment linéaires, ces filets, dont la partie soudée fait légèrement* 
saillie à l'intérieur du tube de la corolle et jusqu'à la base de 
celui-ci, conservent un diamètre presque identique depuis le 
sommet jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni 
rétrécie ; leur partie soudée est haute de 10.40 à 12.20 
millimètres; leur partie libre, longue de 24 à 30.75 milli- 
mètres, est large de 0.85 à 1 .05 millimètre à la base et de 
0.65 à 0.85 millimètre au milieu. Le sommet des filets 
oppositipétales, insérés un peu plus bas que les fïlels alter- 
nipétales, atteint à peu près le même niveau que ces der- 
niers ; grêles, très longuement linéaires, ces filets conservent 
un diamètre presque identique depuis le sommet jusqu'à la 
base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie 
soudée est haute de 9 à 10 millimètre ; leur partie libre, longue 
de 25 à 31.75 millimètres, est large de 0.90 à 1.05 milli- 
mètre à la base et de 0.80 à 0.90 millimètre au milieu. 
Un peu plus hautes que larges, ovées, obtuses au sommet et 
émarginées à la base, les anthères sont longues de 2.05 à 
3 millimètres et larges de 1 . 00 à 2 . 20 millimètres. 

Soudés enlre eux sur un cinquième environ de leur longueur 
totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres; 
ovés, rétrécis dans leur partie inférieure, ils s'atténuent, clans 
leur partie supérieure, en styles grêles, plus longs qu'eux et 
terminés par des stigmates à peine dilatés ; leur partie soudée 
est haute de 2.20 à 3.50 millimètres; leur partie libre, 
longue de 7.80 à 13 millimètres, est large de :î.i<> milli- 
mètres; les styles sont hauts de 22 . 50 à 25 millimètres. 
Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules 



RAYMOND-HAJI] i ET II. PERRIEB DE LA RATIIll 

sur toute leur longueur, sont constitués par deux cordons 
grêles verticaux et presque parallèles, quoique très légère- 
ment incurvés en dedans, à chacun des deux bords internes 
des carpelles. 

Un peu plus hautes (pic larges, subquadrangulaires, légère- 
ment contractées ou même non contractées à la base, obtuses 
ou émarginées au sommet, les écailles sont longues de 1.80 à 
2.60 millimètres et larges de 1 . 40 à 1 .80 millimètre. 

Deux fois plus hautes que larges, obovées, obtuses au 
sommet et à la base, les graines, très nombreuses dans chaque 
follicule, sont hautes de 0.80 millimètre et larges de 0.35 
millimètre. Leur test, qui s'applique exactement sur l'amande, 
est couvert de rides longitudinales peu saillantes et assez 
nombreuses. 

Le Kalanchoe pinnata, var. genuina, qui jusqu'alors n'avait 
été récolté à Madagascar qu'à Port-Leven [Boivin n" 2551] et 
aux environs de Fort-Dauphin [Paroisse n° 44 et Scott Elliot 
n° 2930] a été recueilli par M. Perrier de la Bâthie en août 
1905, sur les bords d'un ruisseau à Ampasimentera (Boïna) ; 
en mai 1908, sur les confins d'un bois à Ankarafantsika , près 
de Marovay ; enfin, plus récemment, sur les dunes de l'Est. 

Le Kalanchoe pinnata, var. genuina, est souvent cultivé par 
les indigènes qui le désignent sous le nom de sodifafana et 
attribuent à ses feuilles des propriétés thérapeutiques. Les 
uns les emploient in natura pour le pansement des plaies, ce 
qui ne semble point illogique, car ces feuilles de grande taille, 
souples et charnues, doivent constituer un excellent panse- 
ment humide. D'autres en font une infusion qu'ils absorbent 
dans les cas de céphalée, de cystite et d'affections rénales. 
Cette médication n'est peut-être qu'illusoire, mais il serait 
intéressant cependant de rechercher si les feuilles du Kalan- 
choe pinnata, var. genuina, ne renferment point un principe 
actif utilisable par la thérapeutique. 

Var. brevicalyx Raymond-Hamet et Perrier de la 
Bàthie. — La tige, haute de 0.60 à 1 mètre, est, comme dans 
la variété genuina, maculée de petites taches blanchâtres. 



CONTRIBUTION A l'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES S9 

Les feuilles inférieures, généralement détruites au moment 
de la floraison, sont simples et pétiolées : assez grêle, haut de 
3 à 7 centimètres, le pétiole est, comme d;ms la var. genuina, 
subcylindrique, légèrement canaliculé sur sa face supérieure 
et élargi à la base en une sorte de plate-forme subsemicircu- 
laire et amplexicaule ; longuement ové, bordé de petites 
crénelures rougeàtres arrondies et séparées par des sinus 
étroits et anguleux, haut de '.) à 20 centimètres et large de 
4.50 à 11 centimètres, subobtus au sommet, le limbe est 
émarginé à la base, ce qui donne à la feuille un aspect cordi- 
forme. Les feuilles médianes et supérieures sont 3-, 5- et 
même 7-foliolées ; haute de G à 12 centimètres, large de 2 à 
5 centimètres, presque identique au limbe des feuilles simples 
mais un peu plus étroite que celui-ci, la foliole terminale, qui 
n'est point émarginée à la base, est supportée par un grêle 
pétiolule haut de I .50 à 3 centimètres et large de 1 à 2.50 
millimètres ; subsessiles. opposées deux par deux, hautes de 
L50 à 10 centimètres, larges de 1 à 2.50 centimètres, les 
folioles latérales, qui, elles non plus, ne sont pas émarginées à 
la base, sont supportées, à la base, par un très bref pétiolule 
haut de 2 à 3 millimètres et large de 1 .50 à 2.20 millimètres. 

Haute de 12.50 centimètres et large de 14 centimètres, 
subcorvmbiforme ou subpaniculiforme, 1 inflorescence émet, 
après la floraison, un grand nombre de bulbilles. 

Le calice rougeâtre se compose d'un tube haut de 10.20 
millimètres, et de quatre segments à peine plus brefs que le 
tube, hauts de G à 7 . 25 millimètres et larges de 5.80 à 6 mil- 
limètres, de même forme que dans la var. genuina. 

La corolle, semblable à celle de la var. genuinn, se 
compose d'un tube haut de 24.50 millimètres et de quatre 
ments hauts de 7.60 à 10. G0 millimètres et larges de i .70 à 
6 . 30 millimètres. 

L'androcée est identique à celui de la var. grenu ina. La partie 
soudée des filets alternipétales est haute de 9 millimètres; 
leur partie libre, longue de 1 S . 2-"» millimètres, esi large de 
0.52 millimètre. La partie soudée des filets oppositipétales 
est haute de 8.25 millimètres; leur partie libre. Longue de 20 



'••0 RAYMOND-HAMET ET II. PERRIEli DE LA BATHIE 

millimètres, est large de 0.62 millimètre. Les anthères sont 
hautes de 2.80 millimètres et larges de 1 .60 millimètre. 

Les carpelles, semblables à ceux de la var. genuina, sont 
soudés sur une longueur de 1 .50 millimètre et libres sur une 
hauteur de 7 . 25 millimètres; les styles sont longs de 24 à 
24 . 75 millimètres. 

Oblongues, un peu plus hautes que larges, émarginées au 
sommet, les écailles sont longues de 1 .75 à 1.90 millimètre 
et larges de 1 .40 à 1 .55 millimètre. 

Cette variété a été récoltée par M. Perrier de la Bàthie sur 
les bords ombragés et rocailleux du Haut-Bemarivo. 

Kalanchoé porphyrocalyx Bâillon. — Raymond-Hamet, 
Monogr. du g. Kalanchoé, in Bull. Hh. Boissier, sér. 2, 
t. VIII, p. 41 (1908). 

Le Kalanchoé porphyrocalyx est une plante épidendre et 
vivace. Assez grêle, haute de 15 à 74 centimètres, sa tige, 
dont le diamètre varie de 4 à 6 millimètres à la base et de 
2 à 2.50 millimètres au milieu, est érigée mais couchée dans 
sa partie inférieure. Simple, très rarement divisée vers le 
milieu en deux rameaux florifères, la tige donne naissance, 
dans sa partie inférieure et couchée, à des rameaux stériles 
longs d'environ 14 centimètres et dont le diamètre est de 3 mil- 
limètres à la base, de 1 .75 millimètre au milieu. Ces rameaux 
stériles se développent et fleurissent l'année suivante, de 
telle sorte que les plantes âgées possèdent une longue tige 
rampante et ramifiée, émettant, à l'extrémité de chacune de 
ses ramifications, une tige florifère à la base de laquelle 
naissent des rameaux stériles. 

Les tiges portent, sur presque toute leur longueur, des 
feuilles opposées, décussées, assez distantes les unes des 
autres et assez régulièrement espacées. Le premier entrenœud 
supérieur des rameaux stériles est de 0.5 centimètre ; le 
second, de 0.8 centimètre; le troisième, de 1 centimètre; le 
quatrième, de 1.70 centimètre; le cinquième, de 3 centi- 
mètres. Le premier entrenœud supérieur des tiges florifères 
varie de 2 . 40 à 6 . 20 centimètres ; le second, de 1 . 30 à 4 . 20 



CONTRIBUTION A [/ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 01 

centimètres; le troisième, de 0.50 à 3.50 centimètres: le 
quatrième, de 1 à 2.50 centimètres ; le cinquième, de 1 .50 à 
2.50 centimètres; le sixième, de 1.50 à 3 centimètres; le 
septième, de 1.50 à 4 centimètres; le huitième, de 1.30 à 
3.50 centimètres; le neuvième, de 1 .50 à 2 millimètres ; le 
dixième est de 1 millimètre. Orbiculaire, orbiculaire-oblong, 
oblong-obové, toujours obtus au sommet, haut de 23 à 50 
millimètres, large de 7 à 17 millimètres, le limbe, dont les 
bords sont ornés de larges crénelures irrégulières plus ou 
moins profondes et séparées par des sinus anguleux ou rare- 
ment arrondis, est atténué à la base en un large et bref pétiole, 
souvent à peine distinct du limbe, haut de 2 à 6 milli- 
mètres, large de 1 .75 à 2.25 millimètres au milieu et de 2 à 
2.50 millimètres à la base. Les cicatrices foliaires, en forme 
d'étroit croissant, ne se rejoignent point par leurs extrémités 
latérales. 

Haute de 3 à 11 centimètres, large de 3 à 9 centimètres, 
paniculiforme ou subcorymbiforme mais toujours lâche et 
pauciflore, l'inflorescence, qui termine la tige, se compose 
d'un pédoncule primaire terminal et de deux à quatre pédon- 
cules primaires latéraux, opposés deux par deux et terminés, 
de même que le pédoncule terminal, par une cyme bipare 
simple ou une fois ramifiée. Quelquefois même l'inflorescence 
est réduite à une simple cyme bipare une fois ramifiée. 

Grêles, très légèrement renflés au sommet, longs de 7 à 20 
millimètres, les pédicelles portent des fleurs érigées. 

Obovées, subaiguës au sommet, légèrement contractées à la 
base en un bref pseudo-pétiole très peu distinct du limbe, les 
bractées, dont les bords sont entiers, ont une longueur de 
3.60 à 6.60 millimètres et une largeur de 1.20 à 3 milli- 
mètres. 

Le calice, campanule, ne s'applique point contre la corolle. 
Plus bref que les segments, son tube est haut de 1.50 a 4 
millimètres. Un peu plus hauts que larges ou un peu plus 
larges que hauts, longs de 3 à 7 millimètres et larges de 3 h 
5.50 millimètres, les segments, dont les bords sont entiers, 
sont tantôt subdeltoïdes-subsemilancéolés, tantôt largement 



92 RAYMOND-HAMET ET 11. PERRIER DE LA BATHIE 

ovés-subdeltoïdes ; dans le premier cas, ils s'atténuent peu à 
peu depuis la base jusqu'au sommet aigu et subacuminé ; 
dans le second cas, leur plus grande largeur se trouve au-des- 
sous du milieu ; au-dessous de ce niveau, ils se rétrécissent 
jusqu'à la base ; au-dessus, ils s'atténuent peu à peu jusqu'au 
sommet aigu et subacuminé. 

Colorée tantôt en jaune citron, tantôt en rouge pourpre, 
plus longue que le calice, urcéolée-subcampanulée, la corolle 
a son plus grand diamètre au quart inférieur ; à partir de ce 
niveau, d'une part elle se rétrécit peu à peu jusqu'à la base, 
d'autre part elle s'atténue jusqu'au sommet du tube où elle se 
prolonge en quatre segments dressés. Beaucoup plus long 
que les segments, haut de 42 à 31 millimètres, le tube porte 
extérieurement quatre côtes verticales peu saillantes disposées 
en face des filets oppositipétales. Un peu plus hauts que 
larges ou un peu plus larges que hauts, longs de 3 à 5.50 
millimètres, larges de 2.80 à 7.40 millimètres, les segments, 
qui ont des bords entiers, sont tantôt sulxleltoïdes-subsemi- 
oblongs, tantôt plus ou moins largement ovés ; dans le 
premier cas, ils se rétrécissent peu à peu depuis la base 
jusqu'au sommet obtus au milieu duquel ils portent une cus- 
pide aiguë ; dans le second cas, leur plus grand diamètre se 
trouve au-dessus du milieu ; au-dessous de ce niveau, ils se 
rétrécissent assez brusquement jusqu'à la base ; au-dessus, ils 
s'atténuent peu à peu jusqu'au sommet obtus ou émarginé 
au milieu duquel ils portent une cuspide aiguë. 

L'androcée se compose de huit étamines confluentes dans 
leur partie inférieure. Le sommet des fdets alternipétales, 
insérés au-dessous du milieu du tube de la corolle, atteint la 
base des segments corollins, ou même dépasse un peu ce 
niveau sans atteindre toutefois le milieu desdits segments ; 
longuement linéaires, ces filets conservent un diamètre 
presque identique jusqu'au tiers inférieur, et, à partir de ce 
niveau, s'élargissent peu à peu jusqu'à la base, ni élargie, ni 
rétrécie, de leur partie libre, base où ils sont contigus à 
l'extr'émité inférieure de la partie libre des filets oppositi- 
pétales ; dans la portion supérieure de leur partie non libre 



CONTRIBUTION A l'ËTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 93 

haute de 2 . 80 à 6 millimètres, ces filets ne sont souciés au 
tube de la corolle que par leurs bords, mais la largeur de leur 
partie soudée croit peu à peu, et, dans la portion inférieure, ils 
sont soudés sur toute la largeur de leur surface, de telle sorte 
que le filet laisse, entre le tube de la corolle et lui, une assez 
profonde cavité en forme de cône, cavité dont le diamètre, 
presque aussi large au sommet que le filet lui-même, se rétrécit 
peu à peu jusqu'à une faible distance de la base, niveau où la 
cavité elle-même disparaît ; la partie libre des filets alterni- 
pétales, longue de 8 à 25 millimètres, est large de 0.45 à 
0.60 millimètre au milieu et de 1 à 2 millimètres à la base. 
Le sommet des filets oppositipétales, insérés un peu plus haut 
que les filets alternipétales mais encore bien au-dessous du 
milieu du tube de la corolle, dépasse le sommet des filets 
alternipétales et atteint parfois le milieu des segments corol- 
lins ; longuement linéaires, ces filets conservent un diamètre 
presque identique jusqu'au tiers inférieur et, à partir de ce 
niveau, s'élargissent peu à peu jusqu'à la base, ni élargie, ni 
rétrécie, de leur partie libre, base où ils sont contigus à l'extré- 
mité inférieure de la partie libre des filets alternipétales ; dans 
la portion supérieure de leur partie non libre haute de 3 . 40 à 
7 millimètres, ces filets ne sont soudés au tube de la corolle 
que par leurs bords, mais la largeur de leur partie soudée croît 
peu a peu et, dans la portion inférieure, ils sont soudés sur 
toute la largeur de leur surface, de telle sorte que le filet 
laisse, entre le tube de la corolle et lui, une assez profonde 
cavité en forme de cône, cavité dont le diamètre, presque 
aussi large au sommet que le filet lui-même, se rétrécit peu à 
peu jusqu'à une faible distance de la base, niveau où la cavité 
elle-même disparaît; la partie libre des filets oppositipétales. 
longue de 10 à 25 millimètres, est large de 0. il) à 0.65 mil- 
limètre au milieu et de 1 .50 à 2 millimètres à la base. Un peu 
plus hautes que larges, ovées, obtuses au sommet et émar- 
ginées à la base, les anthères sont longues de 1.20 à 1 ,90 
millimètre et larges de 0.80 à 1 .30 millimètre. 

Soudés entre eux sur un tiers ou même sur presque la moitié 
de leur longueur totale, appliqués les uns contre les autri 



94 RAYMOND-HAMET ET II. PERR1ER 1>L - LA BATHIE 

les carpelles, oblongs, ont leur plus grand diamètre vers le 
milieu ; au-dessous de ce niveau, ils se rétrécissent peu à peu 
jusqu'à la hase ; au-dessus, ils s'atténuent peu à peu jusqu'au 
sommet où ils portent de longs styles grêles un peu plus brefs, 
de même longueur, ou un peu plus longs qu'eux ; leur partie 
soudée est haute de 2.90 à 7 millimètres; leur partie libre, 
longue de 5 à 9 millimètres, est large de 1 . 80 à 2 . (50 milli- 
mètres ; les styles sont hauts de 7 à 16 millimètres. Dans 
chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur toute 
leur longueur, sont constitués par deux cordons grêles subver- 
ticaux presque parallèles, quoique très légèrement incurvés 
en dedans, à chacun des deux bords internes des carpelles. 

Plus hautes que larges, toujours émarginées au sommet, 
longues de 1 .90 à 2.80 millimètres et larges de 0.70 à 1 .30 
millimètre, les écailles sont tantôt linéaires, tantôt subtrapé- 
ziformes, tantôt longuement ovés-sublinéaires ; dans le pre- 
mier cas, elles ont une largeur identique sur toute leur lon- 
gueur ; dans le second cas, elles ont leur plus grande largeur 
à la base et se rétrécissent peu à peu depuis ce niveau jus- 
qu'au sommet ; dans le troisième cas, à partir du niveau de 
leur plus grande largeur qui se trouve au-dessus du milieu et 
à peu de distance de la base, d'une part elles se rétrécissent 
assez brusquement jusqu'à la base elle-même, et, d'autre part, 
s'atténuent peu à peu jusqu'au sommet. 

Les graines, très nomb revises dans chaque follicule, se 
composent d'une amande haute de 0.70 à 0.80 millimètre et 
large de 0.32 millimètre, pourvue à l'une de ses extrémités 
d'une longue aile diaphane longuement subdeltoïde aiguë et 
haute de 1 à 1 .15 millimètre, à l'autre extrémité d'une longue 
aile diaphane assez étroitement sublinéaire obtuse et haute 
de 1 à 1 . 10 millimètre. 

Cette espèce n'était connue jusqu'ici que par l'échantillon 
authentique recueilli dans la légion centrale de Madagascar 
par le Révérend Baron et conservé dans l'herbier de Kew 
sous le n° 1708. Elle a été récoltée par M. Perrier de la Bàthie, 
une première fois en mai 1909 à une altitude d'environ 
1.500 mètres dans le massif du Manongarivo, une seconde fois 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 9Î> 

en novembre 1911 à une altitude d'environ 1.400 mètres dans 
la Forêt d'Andasibe (Bassin de l'Onive), entîn une troisième 
fois en octobre 1912 à une altitude d'environ 500 mètres sur 
le versant d'Antalaha dans la presqu'île Masoala. Dans ces 
différentes localités, le Kalanchoe porphyrocalyx croissait dans 
la mousse recouvrant de gros arbres. 

KalanchoeBouveti Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie. 
Nouv. Contrib, à l'étude des Crassulacées malgaches, in 
Ann. du Mus. colon, de Marseille, 3 e sér., t. II, p. 192-195 
(1914). 

En août 1912, M. Perrier de la Bàthie a récolté de nou- 
veaux échantillons de cette espèce, à une altitude d'environ 
800 mètres, sur les gneiss et les basaltes de la Mazy, à l'ouest 
de Miarinarivo. 

Kalanchoe beharensis Drake del Castillo. — Raymond- 
Ilamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull. Ilb. Boissier, sér. 
2, t. VIII, p. 29 (1908) ; Kalanchoe Aliciœ et K. beharensis, 
in Bull. Soc. bot. France, t. LVII, p. 193 et 194 (1910). 

Le Kalanchoe beharensis est une plante frutescente et poly- 
carpienne 1 . D'une hauteur atteignant souvent 2 et même 
3 mètres, et d'un diamètre oscillant entre 2 et 12 centimètres, 
la tige reste généralement simple mais émet parfois quelques 
rameaux latéraux dont le diamètre varie entre 8 et 13 milli- 
mètres à la base, 6 et 10 millimètres au milieu. Dans ses 

i. Ainsi que l'a fait connaître M. E. Ileckcl dans une note à l'Acadé- 
mie des Sciences (Complot rendus 1909, 146, p. 1073-1075), les écoree- 
de ce Kalanchoe beharensis, comme celle de A'. Grandidieri Bâillon 
et K. Delescurei Hamet, présentent dans leur liège une résine qui a 
quelque rappports avec celles des Sarcocaulon du Cap et qui pennel à 
ces écorces de brûler même à létal frais. L'odeur qu'elles dégagent en 
brûlant ainsi se rapproche sensiblemenl de celle que répand le benjoin 
en ignition dans le Papier d'Arménie ou mieux de l'encens. I. 'élude de 
ces trois espèces à écorces résinifères a fait l'objet d'un mémoire 
analomiquede MM. Jadin et Juillet qui a paru dans les Annales du Musée 
Colonial de Marseille (20" année, 2 P série, 10 e vol.. I'J12. pp. 136-156 , 
[Note de la Direction.] 



% RAYMOND-HAMET ET H. PERR1EB DE I.A BATHIE 

parties jeunes, elle est nettement crassulante, mais sa couche 
corticale se dessèche et se transforme bicnLôt en un revête- 
menl résineux jaunâtre et assez, mince qui brûle en j)roduisanl 
une flamme fuligineuse .et en dégageant une odeur rappelant 
un peu celle de l'encens. Les tiges et les rameaux qui n'ont 
pas encore produit d'inflorescence sont couverts d'une épaisse 
pubescence blanchâtre dont l'aspect rappelle celui du velours 
et dont les éléments, déjà décrits par nous dans un mémoire 
anatomique 1 publié en collaboration avec M. Dauphiné, sont 
des poils stellés composés « d'un pédicule bref, pluricellulaire, 
supportant trois longues branches aiguës constituées par les 
ramifications d'une cellule unique ». Cette pubescence ne sub- 
siste que dans les parties supérieures de la tige et des rameaux 
et disparaît bientôt par plaques, de telle sorte que, dans leur 
région inférieure, ces organes sont complètement glabres. 
Quant aux tiges et rameaux qui ont fleuri, ils sont toujours 
complètement glabres. 

La tige et les rameaux, dénudés sur presque toute leur lon- 
gueur, portent, au sommet, un petit nombre de feuilles oppo- 
sées, décussées, assez rapprochées les unes des autres pour 
paraître rosulées. Les tiges et les rameaux qui n'ont pas encore 
fleuri portent des feuilles pétiolées, peltées et couvertes d'un 
épais indûment, roux sur la face supérieure,, blanchâtre sur la 
face inférieure, indûment formé de poils stellés à pédicule bref 
supportant trois longues branches aiguës. Très charnu, subcy- 
lindrique, prismatique, légèrement aplati sur sa face supé- 
rieure, comprimé sur ses faces latérales, rétréci dans sa 
moitié inférieure en une large carène prismatique, le pétiole, 
qui conserve un diamètre presque identique sur toute sa lon- 
gueur mais est nettement élargi à la base, s'insère à 10-25 mil- 
limètres au-dessus de la base du limbe ; sa hauteur varie de 
4 à 10 centimètres; son diamètre oscille entre 7 et 24 milli- 
mètres à la base, 4.50 et 18 millimètres au milieu. Aigu ou 
subaigu au sommet, légèrement émarginé à la base, subdel- 



1. Raymond-Hamet et A. Dauphiné, Contribut. à l'étude anatomique du 
g. Kalanchoe, in Ann. Se. Nat., Bot., sér. 9, t. XVI, p. 217, fïg. 19 1/1912). 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 'M 




Kal&nchoe beharensis Drake de! Caslillo. 
Spécimen cultivé au Jardin Botanique de Marseille. 



Annales du Musée colonial de Marseille. 3 série, 3 vol. 1915. 



98 RAYM0ND-HAME1 l.i II. PERRIER DE LA BATH1E 

toïde ou trilobé-subhasté, le limbe, nettement concave, forme 
une cavité que l'on trouve souvent remplie d'eau pendant la 
saison des pluies; ses bords sont ornés de Larges dents aiguës 
et irrégulières séparées par de larges sinus arrondis; sa hau- 
teur varie de 7 . .'il) à 35 centimètres, su Largeur, de 8 à 25 cen- 
timètres. Presque entièrement glabres, portant seulement, sur 
la base des pétioles et sur le pourtour du Limbe, quelques rares 
poils stellés à court pédicule supportant trois longues 
branches aiguës, les feuilles, qui se développent sur les tiges 
ou rameaux avant déjà fleuri ou même sur les rameaux 
n'ayant pas encore produit d'inflorescence mais situés à plus 
d'un mètre du sol, sont plus grandes et plus nettement lobées 
que celles que nous avons déjà décrites. Lorsque les feuilles 
tombent, elles laissent, sur la tige, d'énormes cicatrices sail- 
lantes, subtriangulaires, prolongées à chacun de leurs angles 
en une pointe dure et épaisse qui affecte à peu près la forme 
d'une pyramide à trois faces. 

A l'aisselle des feuilles moyennes de la rosette qui les ter- 
mine, les rameaux et la tige émettent deux, trois ou quatre 
hampes hautes de 40 à 50 centimètres. Ces hampes, dont le 
diamètre est d'environ 12 millimètres à la base et de 5.50 mil- 
limètres au milieu, sont couvertes primitivement d'un épais 
indûment composé de poils stellés dont le bref pédicule sup- 
porte trois longues branches aiguës ; cet indûment disparaît 
bientôt par plaques et ne persiste que dans les parties supé- 
rieures de la hampe. Généralement nues, les hampes portent 
parfois deux paires de feuilles, la première paire distante 
d'environ 10 centimètres des premiers rameaux de l'inflores- 
cence, la seconde distante de 1 1 centimètres de la partie supé- 
rieure. Couvertes d'un épais indûment composé de poils 
stellés à court pédicule supportant trois longues branches 
aiguës, ces feuilles sont pétiolées mais ne sont pas peltées ; 
haut de 7 à 8 centimètres, le pétiole a un diamètre de 12 mil- 
limètres à la base et de 6 millimètres au milieu ; plié en 
forme de gouttière, oblong-lancéolé, aigu au sommet, nette- 
ment émarginéà la base, le limbe, dont les bords sont garnis 
de larges dents aiguës séparées par de larges sinus arrondis, 



CONTRIBUTION A l'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES '.*'J 

atteint une longueur de 1 i centimètres et une largeur de 
8 centimètres. 

Au sommet, la hampe se termine par une large panicule 
haute de 20 à 30 centimètres, large de 12 à 30 centimètres, 
composée d'un pédoncule terminal et de 6 à 10 pédoncules 
primaires latéraux opposés deux par deux. Les pédoncules 
latéraux supérieurs, de même que le pédoncule terminal, sont 
toujours simples mais les pédoncules médians et inférieurs 
émettent le plus souvent une ou deux paires de pédoncules 
secondaires. Les pédoncules primaires simples et les pédon- 
cules secondaires sont terminés par des cvmes bipares. 

A la base des pédoncules primaires supérieurs, des pédon- 
cules secondaires et des pédicelles, on observe des bractées 
ovées, à bords entiers, aiguës ou subaiguës, d'autant plus 
petites qu'elles se rapprochent davantage de l'extrémité des 
rameaux de l'inflorescence; toujours couvertes d'un épais 
indûment composé de poils stellés à bref pédicule supportant 
trois longues branches aiguës, longues de 2.20 à 15 milli- 
mètres et larges de 0.85 à 7.80. millimètres, ces bractées 
sont précocement caduques. 

Assez grêies mais nettement dilatés au sommet, longs de i 
à 13 millimètres, les pédicelles, qui supportent des fleurs 
érigées, sont couverts d'un épais indûment composé de poils 
stellés dont le bref pédicule supporte trois longues branches 
aiguës. 

Couvert sur les deux faces de poils stellés dont le bref pédi- 
cule supporte trois longues branches aiguës, le calice subcam- 
panulé se compose d'un tube [dus bref que les segments, haut 
de I . 10 à 3 millimètres, et de quatre segments subérigés : 
deltoïdes et légèrement élargis à la base ou ovés et atténués 
dans leur partie inférieure, aigus et mucronés au sommet, 
plus hauts que larges, les segments, qui ont des bords entiers, 
sont longs de 5.50 à 13 millimètres et larges de 2.."><> & 
6 . 40 millimètres. 

Plus longue que le calice, couverte extérieurement de poils 
stellés à pédicule bref supportant trois longues branches 
aiguës et de poils glanduleux brièvement pédicules, intérim 



100 RAYMOND-HAMET 1-1 II. PERRIEB UE LA BATHIE 

rement df poils glanduleux briève ut pédicules, très rares à 

la base du tube, assez nombreux dans sa partie supérieure, 
nombreux sur les segments, la corolle suburcéolée a son plus 
grand diamètre un peu au-dessous du milieu du tube; au- 
dessous de ec niveau, elle se rétrécit jusqu'à la base Large; au- 
dessus, elle s'atténue peu a peu jusqu'à la base des segments 
Légèrement récurvés. Un peu plus Long, rarement un peu plus 
bref que les segments, le tube, d'un jaune verdâtre, est haut 
de 6 ."50 à 9.20 millimètres. Plus hauts que larges, longs de 
5.50 à 9 millimètres, larges de 2.50 à 5 millimètres, colorés en 
jaune verdâtre mais marqués à l'intérieur de linéoles violettes, 
longuement obovés, très obtus ou émarginés au sommet, les 
pétales portent souvent au milieu de leur sommet une petite 
cuspide ; si le sommet du pétale est très obtus, cette cuspide 
le dépasse légèrement ; s'il est émarginé, elle reste à peu près 
sur le même niveau que l'extrémité supérieur des deux larges 
obtus de rémargination. 

L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. 
Le sommet des filets alternipétales, insérés un peu au-dessous 
du sommet du tube corollin, dépasse le milieu des segments 
corollins et parfois atteint presque le sommet de ces derniers ; 
grêles et étroitement linéaires, ces filets, dont la partie soudée 
fait, du moins dans sa portion supérieure, saillie à l'intérieur, 
du tube de la corolle, conservent une largeur presque sem- 
blable depuis leur sommet jusqu'à leur base qui n'est elle- 
même, ni élargie, ni rétrécie; leur partie soudée est haute de 
5.70 à 7.80 millimètre ; leur partie libre, longue de 4.20 à 
8.50 millimètres, est large de 0.25 à 0.35 millimètre à la 
base et de 0.15 k 0.20 millimètres au milieu. Le sommet des 
filets oppositipétales, insérés un peu plus haut que les filets 
alternipétales et presque au sommet du tube de la corolle, 
dépassent le milieu des segments corollins et parfois même 
atteignent presque le sommet de ces derniers ; grêles et étroi- 
tement linéaires, ces filets conservent une largeur presque 
identique depuis le sommet jusqu'à la base qui n'est, elle- 
même, ni élargie, ni rétrécie; leur partie soudée est haute de 
6.10 à 8.60 millimètres; leur partie libre, longue de 4.20 à 



contribution a l'étude des crassu lacées malgaches 101 

9.50 millimètres, est large de 0.30 à 0.35 millimètre a la 
base et de 0.18 à 0.20 millimètre au milieu, In peu plus 
larges que hautes ou un peu plus hautes que larges, ovées- 
subréniformes ou subréniformes, émarginées à la base et très 
obtuses au sommet, les anthères sont longues de . (JO à 1 -50 
millimètre et larges de 0.80 à 1 .80 millimètre. 

Soudés entre eux sur un cinquième environ de leur lon- 
gueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les 
autres; assez largement ovés, rétrécis assez brusquement dans 
leur partie inférieure, ils s'atténuent, dans leur partie supé- 
rieure, en un appendice grêle plus ou moins long qui se con- 
fondrait avec le style s'il n'en était pas séparé par un léger 
renflement qui indique la séparation des deux organes et qui, 
d'ailleurs, se trouve souvent dans une même fleur à des 
niveaux variables; la partie soudée des carpelles est haute de 
0.90 à 2. 20 millimètres; leur partie libre, longue de 4. 40 à 
10 millimètres, est large de 2.80 à 4.10 millimètres; grêles, 
un peu plus longs ou un peu plus brefs que les carpelles, ter- 
minés au sommet par des stigmates dilatés, les styles sont 
hauts de 5.2."» à 10. 5 millimètres. Dans chaque carpelle, les 
placentes, qui portent des ovules sur toutes leur longueur, 
sont constitués par deux grêles cordons subverticaux, presque 
parallèles, quoique incurvés en dedans, à chacun des deux 
bords internes des carpelles. 

Plus larges que hautes, les quatre écailles sont soudées entre 
elles sur la moitié de leur longueur totale ; leur partie soudée 
est haute de 0.40 à . fiO millimètre; très largement subsemi- 
orbiculaire, leur partie libre est haute de 0.40 à 0.60 milli- 
mètre et large de 1 .50 à 3. iO millimètre ; leur sommet tou- 
jours très obtus est, tantôt émarginé et pourvu de deux larges 
lobes obtus séparés par un large sinus arrondi, tantôt muni 
de trois lobes assez larges obtus el séparés par dé larges 
sinus arrondis, tantôt garni de oombreusés crénelures obtuses 
étroites et peu profondes, tantôt enfin orne de cinq crénelures 
obtuses: deux situées aux extrémités latérales du sommet de 
l'écaillé et séparées par un large sinus arrondi des trois autres 
disposées au milieu de ce sommet. 



102 RAYMOND-HAMET ET II. PERRIER DE LA BATHIE 

Très nombreuses dans chaque follicule, plus hautes que 
larges, obovées, le plus souvent arquées, obtuses au sommet 
et arrondies à la base, les graines sont longues de 0.60 à 0.75 
millimètre et larges de 0.25 à 0.40 millimètre. Leur test, 
qui s'applique exactement sur l'amande, est couvert de rides 
longitudinales nombreuses et assez peu saillantes. 

Cette espèce, qui n'était connue jusqu'ici que par l'échan- 
tillon authentique très incomplet recueilli à Behara, le 8 
juillet 1901, par M. Guillaume Grandidier et par un spécimen 
stérile cultivé au Jardin Botanique de Marseille, a été 
observée en fleurs, entre juin et août, par M. Perrier de la 
Bàthie sur les rocailles calcaires du plateau Mahafaly, dans 
les sables, sur les gneiss et les grès de l'Androy, dans tout 
le bassin de l'Onilahy, sur les grès de l'Isalo et du Makay 
(Bassin du Mangoky), sur les gneiss de la rive droite de la 
Menamatv (Bassin du Mangoky), enfin sur la Sakenv. 

Kalanchoe tomentosa Baker. — Raymond-Hamet, Monogr. 
du g. Kalanchoe, in Bull. Hh. Boissier, sér. 2, t. VIII, p. 31 
(1908). 

Le Kalanchoe tomentosa est une plante vivace atteignant 
près d'un mètre de hauteur. Sa tige, dont le diamètre varie 
de 12 à 14 millimètres, est divisée, dès la base, en de nombreux 
rameaux subérigés, les uns stériles, les autres florifères. Les 
rameaux stériles, hauts d'environ 10 centimètres, presque 
toujours simples mais émettant quelquefois une ou deux 
branches latérales, portent au sommet un petit nombre de 
feuilles nettement alternes, si peu distantes les unes des 
autres qu'elles constituent de véritables rosettes. Quand ces 
rameaux fleurissent, les entrenœuds de la rosette, très brefs 
primitivement, s'accroissent rapidement et atteignent une 
longueur d'autant plus grande que les feuilles qu'ils séparaient 
étaient plus proches du centre. En même temps, ces feuilles, 
qui étaient de taille très réduite, se développent, cependant 
que du centre de la rosette s'élève une hampe bien distincte 
de la tige par son diamètre réduit. Quand cette hampe aura 
donné naissance aux fleurs et que celles-ci auront été 



CONTRIBUTlChN A l'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 103 

fécondées, les feuilles qui formaient à sa base une rosette plus 
ou moins lâche se dessécheront et tomberont ; à l'aisselle de 
leurs cicatrices, quelques bourgeons apparaîtront, dont un petit 
nombre se développera en rejets stériles. Stériles ou florifères, 
les rameaux, ainsi que la hampe, son! couverts primitivement 
d'une pubescence extrêmement dense dont l'aspect rappelle 
celui d'un velours rougeâtre et dont les éléments sont des 
petits poils stellés composés d'un court pédicule supportant 
trois longues branches inégales et aiguës. Cette pubescence 
que les hampes conservent jusqu'à leur disparition, les tiges 
la perdent peu à peu et deviennent complètement glabres, 
sauf à leur sommet. Toujours alternes, sessiles, très épaisses, 
canaliculées sur leur face supérieure, obtuses au sommet, 
légèrement rétrécies à la base, les feuilles sont couvertes 
d'une pubescence blanchâtre extrêmement dense dont l'aspect 
rappelle celui du velours et dont les éléments sont des poils 
stellés composés d'un court pédicule supportant trois longues 
branches inégales et aiguës. Leurs bords, quelquefois entiers, 
sont le plus souvent pourvus, dans la partie supérieure 
de la feuille, de larges crénelures rougeàtres, arrondies 
et inégales, séparées par de larges sinus arrondis ou angu- 
leux. Les feuilles présentent des formes assez, variables 
souvent même sur un unique échantillon : tantôt petites, 
ovées ou ovées-orbiculaires, un peu plus hautes que larges, 
longues de 2'5 à 20 millimètres et larges de 16 à 17 milli- 
mètres, tantôt de taille moyenne, oblongues ou subobovées- 
oblongues. environ deux fois plus hautes que larges, longues 
de il) à 45 millimètres et larges de 16 à 22 millimètres, elles 
sont le plus souvent grandes, oblongues-linéaires ou subo- 
bovécs-oblongues-linéaires, environ quatre fois plus hautes 
que larges, longues de 70 à 75 millimètres et larges de 16 à 
17 millimètres; ces différentes formes de feuilles présentent, 
d'ailleurs, entre elles, de nombreux intermédiaires. 

Nue, simple, érigée, liante de i<S à 80 centimètres, la hampe 
florifère, dont le diamètre est de 7.50 millimètres a la base ei 
de 5 a 6 millimètres an milieu est. elle aussi, poilue. Le plus 
souvent elle est couverte, sur toute sa longueur, d'une ptibes- 



104 RAYMOND-HAMET ET H. PERRIER DE LA BATHIE 

cence rougeàtre très dense dont l'aspect rappelle celui du 
velours et dont les éléments sont des poils stellés composés 
d'un court pédicule supportant trois longues branches inégales 
et aiguës, mais, quelquefois, elle porte, dans sa partie supé- 
rieure, à la place de cet indûment, un revêtement de petits 
poils glanduleux simples, rougeâtres, visqueux et brièvement 
pédicules. 

Paniculiforme ou très rarement subcorvmbiforme, haute de 
8 à 32 centimètres, large de 2.75 à 11 centimètres, l'inflo- 
rescence, qui termine la tige, se compose de trois à douze 
pédoncules primaires alternes, terminés chacun par une cyme 
bipare, dense, régulière, pauciflore et une fois ramifiée. 

Assez charnus, légèrement renflés au sommet, couverts, 
tantôt d'une pubescence rougeàtre très dense dont l'aspect 
rappelle celui du velours et dont les éléments sont des poils 
stellés composés d'un court pédicule supportant trois longues 
branches inégales et aiguës, tantôt d'un indûment rougeàtre 
et visqueux constitué par de petits poils glanduleux, simples, 
brièvement pédicules, les pédicelles sont longs de 4 à 10 milli- 
mètres. 

Longuement ovées, hautes de 2.80 millimètres et larges de 
1 millimètre, les bractées ont leur plus grande largeur au- 
dessus du milieu ; au-dessous de ce niveau, elles se rétrécissent 
jusqu'à la base, ni élargie, ni rétrécie ; au-dessus, elles 
s'atténuent jusqu'au sommet subaigu. Elles sont couvertes, 
tantôt d'une pubescence rougeàtre très dense dont l'aspect 
rappelle celui du velours et dont les éléments sont des poils 
stellés composés d'un court pédicule supportant trois longues 
branches inégales et aiguës, tantôt d'un indûment rougeàtre 
et visqueux constitué par de petits poils glanduleux, simples, 
brièvement pédicules. 

Couvert extérieurement, tantôt d'une pubescence rougeàtre 
très dense dont l'aspect rappelle celui du velours et dont les 
éléments sont des poils stellés composés d'un court pédicule 
supportant trois longues branches inégales et aiguës, tantôt 
d'un indûment rougeàtre et visqueux constitué par de petits 
poils glanduleux simples et brièvement pédicules, le calice se 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 105 

compose d'un tube beaucoup plus bref que les segments, haut 
de 0.40 à 0.80 millimètre, et de quatre segments appliqués 
contre le tube corollin ou étalés ; deltoïdes ou linéaires-subdel- 
toïdes, légèrement élargis à la base, un peu plus haut6 que 
larges, longs de 3.20 à 5.20 millimètres et larges de 2 
à 3 millimètres, ces segments, qui ont des bords entiers, 
sont atténués depuis la base jusqu'au sommet plus ou moins 
obtus. 

Plus longue que le calice, campanulée au moment de 
l'anthèse, la corolle devient bientôt urcéolée ; elle a alors son 
plus grand diamètre, non plus au sommet, mais au-dessous du 
milieu ; au-dessous de ce niveau, elle se rétrécit peu à peu 
jusqu'à la base ; au-dessus, elle s'atténue jusqu'à la base des 
segments qui sont à peine récurvés. Elle est parfois recouverte 
d'un indûment composé exclusivement de poils glanduleux, 
simples, rougeàtres, visqueux et brièvement pédicules, mais 
porte le plus souvent deux sortes de poils : les uns, dont le 
nombre est à peu près constant sur toute la hauteur de la 
corolle, sont rougeàtres, stellés, à court pédicule supportant 
trois branches inégales et aiguës ; les autres, dont le nombre 
va en augmentant depuis le sommet de la corolle jusqu'à sa 
base où il atteint son maximum, sont simples, glanduleux, 
rougeàtres, visqueux et brièvement pédicules. Dune couleur 
jaunâtre, plus long que les segments, haut de 40.50 à 12 
millimètres, le tube de la corolle est orné, extérieurement, de 
quatre côtes verticales peu saillantes, disposées en face des 
filets oppositipétales. Colorés en violet, subsemiorbiculaires, 
très obtus, ou subsemiorbiculaires-subdeltoïdes, obtus, les 
segments, toujours plus larges que hauts, sont longs de 
2.40 à 3.30 millimètres et larges de i .10 a 5. il) millimètres. 

L'androcée se compose de huit étamines Libres entre elles. 
Le sommet des filets alternitipétales, insères un peu au- 
dessous du milieu du tube de la corolle, dépasse nettement ce 
niveau, mais n'atteint pas la base des segments corollins ; 
très longuement linéaires-subdeltoïdes, ces tilets s'élargissent 
insensiblement depuis le sommet jusqu'à une faible distance 
de la base et, à partir de ce niveau, se dilatent plus rapide- 



106 RAYMOND-HAMET ET II. PERIMER DE LA BATHIE 

ment jusqu'à la base ; leur partie souciée, qui fait très légère- 
ment saillie à l'intérieur du tube de la corolle et jusqu'à la 
base de celui-ci, est haute de i à 5 . 70 millimètres ; leur partie 
libre, longue de 3.25 à 3.80 millimètres, est large de 0.25 à 
0. i5 millimètres au milieu et de 0.80 à I millimètre à la base. 
Le sommet des tilets oppositipétales, insérés un peu plus haut 
que les filets alternipétales, dépasse le milieu du tube de la 
corolle et, parfois même, atteint la base des segments corollins ; 
très longuement linéaires-subdeltoïdes, ces filets s'élargissent 
insensiblement depuis le sommet jusqu à une très faible dis- 
tance de la base et, à partir de ce niveau, s'élargissent plus 
rapidement jusqu'à la base ; leur partie soudée est haute de 
4.20 à 5.90 millimètres ; leur partie libre, longue de 3.70 à 
6.10 millimètres, est large de 0.25" à 0.35 millimètre au 
milieu et de 0.70 à 0.80 millimètre à la base. Un peu plus 
larges que hautes, subréniformes, émarginées au sommet et 
à la base, les anthères sont longues de 1 millimètre et larges 
de 1 .25 millimètre. 

Soudés entre eux sur près d'un tiers de leur longueur totale, 
les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; oblongs, 
rétrécis dans leur partie inférieure jusqu'à la base, ils 
s'atténuent, dans leur partie supérieure, en styles assez grêles, 
plus brefs qu'eux et terminés par des stigmates légèrement 
dilatés ; leur partie soudée est haute de 1 .60 à 3 millimètres ; 
leur partie libre, longue de 5.20 à 7 millimètres, est large 
de 2.20 à 3.10 millimètres ; les styles sont hauts de 1.40 à 
2.40 millimètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui 
portent des ovules sur toute leur longueur, sont constitués 
par deux cordons grêles subverticaux et presque parallèles, 
quoiqu'un peu incurvés en dedans, à chacun des deux bords 
internes des carpelles. 

Un peu plus larges que hautes, subquadrangulaires non 
élargies à la base, ou subtrapéziformes-subsemiorbiculaires 
élargies à la base, émarginées ou parfois obtuses au sommet, 
les écailles sont longues de 0.85 à 1 . 20 millimètre et larges 
de 1 . 10 à 1 . 40 millimètre. 

Un peu plus de deux fois plus hautes que larges, obovées, 



CONTRIBUTION A LÉTL'DE DES CRASSLLACÉES MALGACHES 107 

légèrement arquées, obtuses au sommet et à la base, les 
graines, dont le nombre varie de 30 à 40 dans chaque follicule, 
sont longues de 1 . 70 à 2 millimètres et larges de 0.65 à 
0.85 millimètre. Leur test couvert de rides longitudinales 
nombreuses et peu saillantes s'applique exactement sur 
l'amande. 

En septembre 1911, M. Perrier de la Bâthie a récolté de 
beaux échantillons de cette espèce, à une altitude d'environ 
800 mètres, sur les gneiss dénudés situés entre la Menamaty 
et le Zamandao, dans le Bassin du Mangoky. 

Kalanchoe proliféra Raymond-Hamet, Monogr. du g. 
Kalanchoe, in Bull. Hb. Boissier, sér. 2, t. VIII, p. 19-20 
(1908). 

Le Kalanchoe proliféra est une plante glabre et vivace. 
Verte, mais maculée de nombreuses taches blanches, 
quadrangulaire sauf dans sa partie inférieure où elle est 
cylindrique, haute de 0.80 à 1.50 mètre, érigée mais sou- 
vent couchée dans sa région basilaire, la tige ne se ramifie 
point, mais émet à la base des rejets stériles qui fleuriront 
ultérieurement. 

Les tiges portent des feuilles sur toute leur longueur, sauf 
à la base où elles sont généralement dénudées au moment de 
la floraison. Opposées, décussées, pétiolées, vertes mais 
rougeàtres pendant la saison sèche, les feuilles, assez dis- 
tantes les unes des autres, sont assez régulièrement espacées. 
Charnu, haut de 6 à 12 centimètres et large de 4 à 7.50 mil- 
limètres au milieu, subcylindrique mais caréné sur sa face 
inférieure et canaliculé sur sa face supérieure, le pétiole, qui 
s'élargit à la base en une sorte de plate-forme large de 1 i à 
20 millimètres subsemicirculaire et] amplexicaule, se continue 
par le rachis qui n'en diffère aucunement, mais qui porte sur 
ses côtés quatre à six folioles opposées deux par deux et qui 
se termine par un groupe de trois folioles, l'une terminale, 
les deux autres latérales et opposées. Sessiles, inéquilatères, 
étroitement oblongues, obtuses au sommet, longues de 7 à 
15 centimètres et larges de 1.50 à 5 centimètres, 1»-^ folioles 



108 RAYMOND- HAMET ET H. PERRIEB DE LA BATHIE 

latérales, dont les bords sont garnis de larges crénelures 
obtuses, séparées par d'étroits sinus anguleux, s'insèrent 
directement sur le rachis : celui de leurs côtés qui est tourné 
vers les trois folioles terminales forme, à la jonction de sa 
base et du rachis, un large sinus arrondi ; par contre, celui de 
leurs côtés qui regarde le pétiole forme à sa base une large 
oreillette arrondie, d'autant plus décurrenle sur le rachis que 
la foliole qui la porte est plus proche du sommet de la feuille. 
Quant aux trois folioles supérieures, elles ne diffèrent presque 
point des folioles latérales, mais sont si rapprochées que la 
foliole terminale semble plutôt former la division médiane 
d'une foliole supérieure trifoliolée, que s'insérer, elle-même, 
sur le rachis commun. 

Paniculiforme, haute de 40 à 80 centimètres, large de 20 à 
40 centimètres, l'inflorescence, qui termine la tige, se compose 
d'un petit nombre de pédoncules latéraux, opposés deux par 
deux et émettant latéralement quelques pédoncules secon- 
daires également opposés deux par deux et, comme ceux-ci, 
terminés par des cymes bipares pauciflores et peu rami- 
fiées. Les fleurs avortent souvent et l'on voit se développer 
à leur place de petits pseudo-bulbilles analogues à ceux que 
nous avons signalés chez le K. miniata. 

Grêles, hauts de 8 à 15 millimètres, non dilatés au sommet, 
couverts de papilles subconiques, mais obtusiuscules au 
sommet, les pédicelles supportent des fleurs pendantes. 

Quadrangulaire, subcampanulé, couvert en dedans et en 
dehors de papilles subconiques, mais obtusiuscules au 
sommet, le calice se compose d'un tube plus haut que les 
segments, long de 13 à 16 millimètres, et de quatre segments 
non appliqués contre le tube de la corolle ; largement sub- 
semiorbiculaires, plus larges que hauts, longs de 3.2."» à 
4 millimètres et larges de 5.50 à 7.70 millimètres, les seg- 
ments, dont les bords sont entiers, ont leur plus grande 
largeur à la base et, a partir de ce niveau, se rétrécissent 
assez rapidement jusqu'au sommet anguleux et brusquement 
acuminé. 

Un peu plus longue que le calice, cylindrique mais nette- 



CONTRIBUTION A L 'ÉTUDE DES CRASSULACEES MALGACHES 1 OV* 

ment quadrangulaire dans sa partie inférieure, la corolle est 
nettement étranglée au-dessous du milieu ; au-dessous de cet 
étranglement, elle se dilate peu à peu, puis se rétrécit jusqu'à 
une très faible distance de la base, et, enfin, à partir de ce 
niveau, conserve un diamètre presque identique jusqu'à la 
base elle-même, formant ainsi une sorte de tube large et 
court qui lui donne une apparence stipitée ; au-dessus de 
l'étranglement, elle se dilate peu à peu jusqu'à la jonction du 
tiers médian et du tiers supérieur, puis, à partir de ce niveau, 
se rétrécit lentement jusqu'à la base des segments dressés- 
récurvés. Plus long que les segments, le tube, qui porte, 
dans sa partie inférieure, quatre cotes assez saillantes situées 
en face des filets oppositipétales, est haut de 18 à 2i milli- 
mètres. Très largement subovés, un peu plus larges que 
hauts, longs de 2.75 à 3.30 millimètres et larges de 3 à 
i millimètres, les segments, dont les bords sont entiers, ont 
leur plus grand diamètre au-dessous du milieu ; au-dessous 
de ce niveau, ils se rétrécissent jusqu'à la base; au-dessus, 
ils s'atténuent peu à peu jusqu'au sommet arrondi et brus- 
quement subacuminé. 

L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. 
Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du 
milieu du tube de la corolle, dépasse le sommet des segments 
corollins ; très longuement linéaires, ces filets, dont la partie 
soudée fait légèrement saillie à l'intérieur du tube de la 
corolle et jusqu'à la base de celui-ci, conservent un diamètre 
presque identique depuis le sommet jusqu'à une faible dis- 
tante de la base, où ils s'élargissent très légèrement ; leur 
partie soudée est haute de 5.50 à 8.60 millimètres; leur 
partie libre, longue de 16.50 à 20.50 millimètres, est large 
de 0.55 millimètre. Le sommet des filets oppositipétales, 
insérés un peu plus bas que les filets alternipétales, dépas 
un peu le sommet de ces derniers ; grêles, très longuement 
linéaires, ces filets conservent un diamètre presque identique 
jusqu'à une faible distance de la base où ils s'élargissent un 
peu ; leur partie soudée est haute de i . 25 à T. 211 millimètres; 
leur partie libre, longue de 18 à 26 millimètres, est large de 



110 HAYMOMJ-HAMET ET H. PERR1EK DE LA BATHIE 

0.60 à 0.90 millimètre. Un peu plus hautes que Larges, 
ovées, obtuses au sommet et émarginées à la base, les 
anthères sont longues de 2 a 2.60 millimètres et larges de 
1 . 30 à 1 . 45 millimètre. 

Soudés entre eux sur un quart environ de leur longueur 
totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; 
ovés, rétrécis dans leur partie inférieure, ils s'atténuent, dans 
leur partie supérieure, en styles grêles, plus longs qu'eux et 
terminés par des stigmates à peine dilatés ; leur partie soudée 
est haute de 2 millimètres ; leur partie libre, longue de 5 
à 6.20 millimètres, est large de 3 millimètres ; les styles sont 
hauts de 17 à 20 millimètres. Dans chaque carpelle, les pla- 
centes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont 
constitués par deux cordons grêles, subverticaux et presque 
parallèles, quoique très légèrement incurvés en dedans, à 
chacun des deux bords internes des carpelles. 

Un peu plus larges que hautes, subtrapéziformes-subsemi- 
orbiculaires, légèrement dilatées à la base, largement et peu 
profondément émarginées au sommet, les écailles sont 
longues de 1 . 30 à 1.60 millimètre et larges de 2 à 2 . 40 mil- 
limètres. 

Cette plante a été récoltée par M. Perrier de la Bàthie sur 
les rocailles basaltiques et humides de l'Analamahitso, à une 
altitude d'environ 800 mètres. 

Obs. — C'est Bowie 1 qui, sous le nom de Bryophyllum 
proliferum, décrivit pour la première fois, d'après un spécimen 
cultivé au Jardin de Kew et qu il crut originaire de l'Afrique 
australe, la plante dont nous venons de donner les caractères. 
Mais, en 1883, Baker ayant étudié deux Crassulacées récoltées 
par le Révérend Baron dans la région centrale de Madagascar 
et distribuées par ce collecteur sous les n os 1270 et 1465, les 
considéra 2 comme identiques au Bryophyllum proliferum et 



t. Bowie ms. ex Botanical Magazine, tab. 5147. 

2. J. G. Baker, Contrib. to the FI. of Madagascar, in The Journ. of the 
Linn. Soc. Bot., t. XX, p. 139(1883). 



CONTRIBUTION A L 'ÉTUDE DES CRAS8ULACÉE8 MALAUCHK3 111 

infirma ainsi l'hypothèse émise par Bowie sur l'origine géo- 
graphique de cette espèce. 

Un long séjour à Kew ayant permis k l'un de nous de com- 
parer ces spécimens avec l'échantillon original du Br. proli- 
ferum, il a pu constater, tout d'abord, que la plante, distribuée 
par Baron sous le n° 1 165 possédait des folioles nettement 
pétiolées et ne pouvait, par conséquent, être confondue avec 
le Br, proliferum, mais qu'elle ne portait aucune fleur et ne 
pouvait ainsi être déterminée avec certitude. Il a constaté, 
ensuite, que le spécimen récolté par Baron sous le n° 127(1 
différait un peu de l'échantillon authentique du Br. proliferum 
par ses sépales proportionnellement plus larges, mais que 
cette différence était sans intérêt parce que les Heurs du 
premier étaient pleinement épanouies, tandis que celles du 
second n'étaient encore qu'en boutons. 

Quant aux échantillons récoltés par l'un de nous, ils ne 
diffèrent aucunement de celui qu'a recueilli Baron et, comme 
lui, appartiennent à l'espèce qui, par suite de la réunion 1 du 
genre Brj/<>j)/ti/llum au genre Kalanchoe, doit être désignée 
sous le nom de Kalanchoe proliféra. 

Kalanchoe rubella Kavmond-Hamet, nom. nov. 

Le Kalanchoe rubella est une plante glabre et vivace, dont 
la tige colorée en vert brunâtre et maculée de taches blan- 
châtres, porte, sur toute sa longueur, des feuilles opposées, 
décussées, assez distantes les unes des autres. 

Les feuilles inférieures, presque toujours détruites au 
moment delà floraison, sont simples et pétiolées: assez grêle, 
subcylindrique mais légèrement canaliculé sur sa face supé- 
rieure, le pétiole s'élargit, à la base, en une sorte de plate- 
forme subsemicirculaire et amplexicaule ; ové, subobtus au 
sommet, coloré en blanc argenté mais parcouru par des ner- 
vures d'un beau vert sombre, le limbe est bordé de larges 
crénelures obtuses et arrondies séparées par des sinus étroits 

t. Raymond-IIamet, Monogr. du g. h'alanchop, in Bull. 11b. Boisfier, 
sûr. 2. t. VII, p. 871-872 iOo' 



112 



U.W MOMMIAMKT ET II. PERRIEft DE LA RATH1K 



et anguleux. Les feuilles médianes et supérieures sont 3-, 5-, 
7-, et même 9-foliolées ; haute de 6 à 12 centimètres, large de 
2.50 à 5 centimètres, presque identique au limbe des feuilles 
simples mais un peu plus étroite que celui-ci, la foliole ter- 
minale est supportée par un grêle pétiolule haut de 12 à 
15 millimètres et large de 1.25 a 2 millimètres; oppo- 
sées deux par deux, hautes de 4 à 12 centimètres et 
larges de I . 80 à 3 centimètres, toujours obtuses au som- 
met, colorées en vert sombre, mais maculées de taches 
blanches, les folioles latérales, qui ont des bords garnis de 
larges crénelures arrondies séparées par d'étroits sinus angu- 
leux, sont supportées, à la base, par un bref pétiolule grêle 
haut de 2 à 8 millimètres et large de 1 à 2 . 25 millimètres ; 
assez largement ovées sur les Veuilles de petite taille, elles 
deviennent d'autant plus étroites que la feuille qui les sup- 
porte est plus amplement développée et arrivent ainsi, sur les 
plus grandes feuilles, à affecter une forme si longuement et 
si étroitement ovée qu'on les croirait presque sublinéaires ; 
quant au pétiole assez grêle, subcylindrique mais légèrement 
canaliculé sur sa face supérieure, il s'élargit, à la base, en une 
sorte de plate-forme subsemicirculaire et amplexicaule large 
de 5 à 6 millimètres. 

L'inflorescence paniculiforme, qui termine la tige, se com- 
pose de pédoncules latéraux portant un petit nombre de 
pédoncules secondaires opposés deux par deux et terminés 
par des cymes bipares simples, très pauciflores et très lâches. 
Grêles, non dilatés au sommet, les pédicelles sont longs de 
12 à 23 millimètres. 

Longuement oblongues-sublinéaires, subaiguës au sommet, 
légèrement contractées à la base en un large pseudo-pétiole à 
peine distinct du limbe, les bractées, dont les bords sont 
entiers, sont larges de 3.20 à 7.40 millimètres et larges de 
0.60 à 1 millimètre. 

Le calice, subcampanulé, se compose d'un tube plus haut 
que les segments, long de 14 à 16 millimètres, et de quatre 
segments non appliqués contre le tube de la corolle; deltoïdes, 
un peu plus larges que hauts, longs de 6.20 à 7.40 milli- 



CONTRIBUTION A l'ÉTUDE DES CRASSL LACÉES MALGACHES W'à 

mètres et larges de 7.20 à 8.0O millimètres, les segments, 
dont les bords sont entiers, se rétrécissent peu à peu depuis 
la base jusqu'au sommet aigu et acuminé. 

Un peu plus longue que le calice, la corolle est nettement 
étranglée au-dessous du milieu; au-dessous de cet étrangle- 
ment, elle se dilate peu à peu, puis se rétrécit jusqu'à une 
très faible distance de la base, et enfin, à partir de ce niveau, 
conserve un diamètre presque identique jusqu'à la base elle- 
même, formant ainsi une sorte de tube large et court qui lui 
donne une apparence stipitée ; au-dessus de l'étranglement, 
elle se dilate peu à peu jusqu'à la jonction du tiers médian et 
du tiers supérieur, puis, à partir de ce niveau, se rétrécit len- 
tement jusqu'à la base des segments dressés-récurvés. Plus 
long que les segments, le tube est haut de 22.50 à 23 milli- 
mètres. Subsemiorbiculaires-subsemioblongs, un peu plus 
larges que hauts, long de 5 à o.70 millimètres et larges de 
. 40 à 5 . 80 millimètres, les segments, dont les bords sont 
entiers dans leur moitié inférieure et nettement rongés dans 
leur moitié supérieure, ont leur plus grand diamètre à la 
base ; au-dessus de ce niveau, ils s'atténuent presque insen- 
siblement jusqu'au milieu, puis, à partir de ce niveau, se 
rétrécissent assez rapidement jusqu'au sommet anguleux et 
brusquement subacuminé. 

L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. 
Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du 
milieu du tube de la corolle, dépasse un peu la base des seg- 
ments corollins sans atteindreleur milieu; grêles, très longue- 
ment et très étroitement linéaires, ces filets, dont la partie 
soudée fait légèrement saillie à l'intérieur du tube de la 
corolle et jusqu'à la base de celui-ci, conservent un diamètre 
presque identique depuis le sommet jusqu'à la base, qui n'est, 
elle-même, ni élargie, ni rétréci».' ; leur partie soudée est 
haute de i.SO à "i.TH millimètres; leur partie libre, longue 
de 18.50 à 19.30 millimètres, est large de 0.55 à ll.lil) mil- 
limètre. Le sommet des filets oppositipétales, inscris un peu 
plus bas que les filets alternipétales, dépasse Légèrement le 
sommet de ces derniers et tantôt n'atteint pas le milieu d - 
Annales du Musée colonial de Marseille. — '■'< série, '• vol. 1915. 



Mi RAYMOND-HAMET ET 11. PERRIEB DE LA BATH1E 

segments corollins, tantôt le dépasse Un peu; grêles, très 
Longuement linéaires, ces filets conservent un diamètre 
presque identique depuis le sommet jusqu'à la base qui n'est, 
elle-même, ni élargie, ni îvlrécie ; leur partie soudée est 
haute de 3.80 à 4.20 millimètres; leur partie libre, longue 
de 20 à 22 millimètres, est large de 0.55 à 0.G5 milli- 
mètre. Un peu plus hantes que larges, ovées, obtuses au 
sommet et émarginées à la base, les anthères sont longues de 
2.50 à 2.70 millimètres et larges de 1.85 à 2.20 milli- 
mètres. 

Soudés entre eux sur un quart environ de leur longueur 
totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres; 
ovés, rétrécis dans leur partie inférieure, ils s'atténuent, dans 
leur partie supérieure, en styles grêles, plus longs qu'eux et 
terminés par des stigmates à peine dilatés ; leur partie soudée 
est haute de 1.10 à 1.20 millimètre; leur partie libre, de 
i. 10 à i . 50 millimètres; les styles sont longs de 15 à 17.75 
millimètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent 
des ovules sur toute leur longueur, sont constitués par deux 
cordons grêles verticaux et presque parallèles, quoique très 
légèrement incurvés en dedans, à chacun des deux bords 
internes des carpelles. 

Environ trois fois plus hautes que larges, suboblongues- 
sublinéaires, longues de 2.30 à 2.60 millimètres et larges 
de 0.70 à 0.80 millimètre, les écailles ont leur plus grande 
largeur vers le milieu et, à partir de ce niveau, se rétrécissent, 
d'une part vers le sommet émarginé, d'autre part vers la base 
ni élargie, ni rétrécie. 

Cette plante a été récoltée par M. Perrier de la Bâthie dans 
le bassin de l'Ankisompobe. 

Obs. Quoique, lors de la rédaction de sa monographie du 
genre Kalanclioe, l'un de nous n'ait connu le Bryophyllum 
rubellum que par sa diagnose originale 1 , il avait cru pouvoir 

1. J. G. Baker, Furth. Contrib. to the FI. of Madagascar, ia Jouvn. 
ofthe Linri. Soc, Bo(., t. XXV, p. 314 1890 . 



CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES 115 

indiquer ' que cette espèce était probablement identique au 
Bryophyllum proliferum. Fort heureusement ayant pu. depuis 
lors, étudier, non seulement les échantillons authentiques de 
ces deux espèces, mais encore les spécimens récoltés par 
Baron et Perrier de la Bâthie qui doivent être rapportés à 
ces deux Crassulacées, il a pu acquérir sur cette question une 
opinion mieux fondée. Certes, la comparaison des échan- 
tillons authentiques de ces deux plantes eût dû suffire à baser 
sa conviction, mais cette comparaison était fort difficile. En 
effet, on sait déjà que, le spécimen original du Br. proliferum 
ne portant que des boutons, nous avons dû, pour rédiger une 
description complète de cette plante, faire appel aux spéci- 
mens de cette espèce qu'ont récoltés Baron et Perrier de la 
Bâthie. D'autre part, l'échantillon authentique du Br. 
rubellum étant extrêmement incomplet, il eût été presque 
impossible, sans les spécimens récoltés par M. Perrier de 
la Bâthie, de décrire tous les caractères de cette intéressante 
Crassulacée. On pourrait, il est vrai, nous objecter que ces 
spécimens sont peut-être distincts de l'échantillon authen- 
tique, mais il suffirait, pour réfuter cette assertion, de faire 
remarquer qu'ils sont absolument identiques à ce dernier, 
non seulement au point de vue de la forme des différents 
organes, mais même — ainsi que l'établit le tableau suivant 
voir page 1 16) — sous le rapport de leurs dimensions : 

L'identité des échantillons récoltés par M. Perrier de la 
Bâthie et des spécimens originaux des Br. proliferum et 
Br. rubellum étant ainsi démontrée, nous disposions d'un 
matériel suffisant pour constater que le Br. rubellum 
diffère du Br. proliferum : 1° par les feuilles à folioles 
pétiolées, non point sessiles et décurrentes sur le rachis ; 
2° par les sépales deltoïdes, et non subsemiorbiculaires : 
3° par les pétales subsemiorbiculaires-subsemioblongs h bords 
rongés, non point Largement subovés à bonis entiers : i" par 
les écailles suboblongues-sublinéaires près de trois fois plus 

i. Raymond-IIamol, Monogr. du gf Kalanchoe, in Bull. IIl>. Boissier, 
sér. 2, t. VIII. p. 20 1908). 



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CONTRIBUTION i L'ÉTUDE DES CRASSDLACÉES MALGACHES 117 

hautes que larges, et non subtrapéziformes-subsemiorbiou- 
laires, plus larges que hautes. 

Le Br. rubellum doit donc être considéré comme une espèce 
distincte du Br. proliferum, espèce qui, par suite de la réu- 
nion ' du genre Bryophyllum au genre Kalanchoe, devra 
porter le nom de Kalanchoe rubella. 

1. Raymond-Hamot, Monogr. du y;. Kalanchoe, in Bull. IIL. Huissier, 
sér. 2, t. VII, p. 871-872 (1007). 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 
DES CRASSULAGÉES RÉCOLTÉES 

Par M. Périmer de la Bathie 



Crassula cordifolia Baker; A.nn. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 

p. 205-207. 
» Dummularisefolia Baker : Ami. Mus. Col. Marseille, sér. 3, 
I. II, p. 203-205. 
Kalanehoe Alicise Raymond-Hamet; Ann. Mus- Col. Marseille, sér. 3, 
l. II. p. 182-187. 
antanosiana Drake del Castillo: Ami. Mus. Col. Marseille, 
sér. 3, t. II, p. 107-170. 
» heharensis Drake del Castillo ; Ann. Mus. Col. Marseille, 

sér. 3. t. III, p. 95. 
Bergeri Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie ; Ann. Mus. 
Col. Marseille, sér. 3. t. II, p. 109-202. 
» Bitteri Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. II, p. 120-121. 
» Boisi Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. II. p. 149-153. 
» Bouveti Baymond-IIamet & Perrier de la Bàthie; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. II, p. 192-195. 
» Bouvieri Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie; Ann. Se. 

Nat., Bot., sér. 9, i. XVI, p. 366-368. 
» Chapototi Raymond-Hamel & Perrier delà Bàthie; Ann. 

Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. III. p. 64. 
» Daigremontiana Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie: 

Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, j>. 128-132. 
» Fedtschenkoi Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie; Ann. 

Mus. Col. Marseille, sér, 3, t. III, p. 73. 
Gastonis-Bonnieri Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie ; 
Ann. Se. Nat., Bol., sér. 9, I. XVI. v . 364-366. 
» Gentyi Raymond-Hamel & Perrier de la Bàthie : Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3. t. II. p. 157-161. 
gracilipes Bâillon; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 
p. 173-176. 



120 RAYMOND-HAMET ET 11. PERRIER DE LA BATHIE 

Kalancboe Grandidieri Bâillon; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 

1>. 164-166. 
Guignardi Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie ; Ann. 

Se. Nat., Bot., sér. 9, t. XVI, p. 308-370. 
Heckeli Raymond-Hamet & Poirier de la Bâthie; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. II, p. 117-1 l><». 
» Hildebrandtii Haillon ; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. '3, 

l. II, p. 161-164. 
» integrifolia Baker ; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 

p. 113-117. 
Jongmansi Raymond-IIamct & Perrier de la Bàthie; Ann. 

Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, p. 19;i-199. 
» .Jueli Raymond-Hamet & Perrier de la Bâthie; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. II, p. 135-139. 
» lanceolata Persoon ; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 

]>. 146-149. 
» linearifolia Drake del Castillo ; Ann. Mus. Col. Marseille, 

sér. 3, t. II, p. 170-173. 
» Mangini Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie ; Ann. Se. 

Nat., Bot., sér. 9, t. XVI, p. 370-373. 
» Milloti Raymond-Hamet & Perrier de la Bâthie; Ann. Se. 

Nat., Bot., sér. 9, t. XVI, p. 374-376. 
» miniata Hilsembach & Bojer; Ann. Mus. Col. Marseille, 

sér. 3, t. III, p. 80. 
» parviflora Bâillon; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 

p. 179-182. 
» peltata Bâillon ;] Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 

p. 176-179. 
» pinnata Persoon, var. genuina Raymond-Hamet; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. III, p. 84. 
» » » var. brevicalyx Raymond-Hamet & Perrier 

delà Bâthie; Ann. Mus. Col. Marseille, 
sér. 3, t. III, p. 88. 
» Poincarei Raymond-Hamet & Perrier de la Bâthie ; Bull. 

Géogr. Bot,, t. XXIII, p. 148-151. 
» porphyrocalyx Bâillon ; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, 

t. III, p. 90. 
» proliféra Raymond-Hamet ; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, 

t. III, p. 107. 
» Rolandi-Bonapartei Raymond-Hamet & Perrier de la Bâthie ; 

Ann. Se. Nat., Bot., sér. 9, t. XVI, p. 361-363. 
» Rosei Raymond-Hamet & Perrier de la Bâthie ; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. II, p. 132-135. 
» rubella Raymond-Hamet ; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, 

t. III, p. 111. 



CONTRIBUTION A i/ÉTUDE DES CRASSU LACÉES MALGACHES 121 

Kalanchoe Stapfi Raymond-IIamel & Perrier de La Bàthie; Ami. Mus. 
Col. Marseille, sér. 3, t. III, p. 68. 
» streptantha Baker; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 

p. L 39-143. 
synsepala Baker; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. II, 
p. 153-156. 
» Tieghemi Raymond-Hamet ; Ann. Mus. Col. Marseille, 

sér. 3, t. II, p. 143-145. 
» tomentosa Baker; Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. III, 

p. 102. 
» tubiÛora Raymond-Hamet : Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, 

t. II. p. I2:;-128. 
Yiguieri Raymond-Hamet \ Perrier de la Bàthie; Ann. Mus. 

Col. Marseille, sér. 3, t. II, p. 187-180. 
» » » var. genuina Raymond-IIainet & Perrier 

de la Bàthie; \nn. Mus. Col. Marseille, 
sér. 3, t. II, p. 180-190. 
» » m var. latisepala Raymond-IIamel & Perrier 

delà Bàthie ; Ann. Mus. Col. Marseille, 
sér. 3, t. II, p. 190-192. 
» Waldheimi Raymond-Hamet & Perrier de la Bàthie ; Ann. 

Mus. Col. Marseille, sér. 3, t. III, p. 71. 



SUR QUELQUES KALANCHOE 
DE LA FLORE MALGACHE 

Par M. RAYMOND-HAMET. 



I. Bryophyllum crenatum Baker, Kalanchoe laxiflora 
Baker, Kalanchoe Tieghemi Raymond-Hamet et Kalanchoe 
crenata Raymond-Hamet. 

C est en 1883 que Baker ' créa, pour quelques échantillons 
récoltés à Madagascar par Lyall (n° 38) et par Baron (n s 608, 
9S6, 1121 et Hll), le binôme nouveau de Bryophyllum cre- 
natum qu'il caractérisa comme suit: «Perennis, erec(a,c/labra, 
foliis oppositis oblongis conspicue crenatis, inferioribus majo- 
ribus crenatis superioribus sensim minoribus cymis pauciflo- 
ris laxifloris terminalibus, çalyce oblongo inflato dentibus dcl- 
toideis corollao tu ho ampullaeformi quam calyx paulo lon- 
yiorc limbi seg mentis parvis ruhris orbiculari-cuneatis, 
staminibus supra médium corollao luhi insertis antheris minu- 
ti.s, stylo ovaria aequilongo vel paulo longiore. — A glabroùs 
succulent perennial, with slender terete stems 2-3 feel 
long, erect or decumbent towards the base. Leaves distant. 
opposite, oblong, green, fleshy, deeply crenate, obtuse, the 
lower 2-3 in. long-, \\ i 1 1 1 a pétiole 1 \~ long, the upper 
growing graduai lv smaller and more remote. Flowers in a lux 
terminal compound corymbose c} - me, on slender erect pedi- 

1. J. (i. Baker, Contribut. to the Kl. <>f Madagascar, in the Journ. <</' 
the Linn.Soc, Bot., i. XX. |». t.^0 iss:î . 



1:! i l(A\ M0ND-HAM1 I 

cels ~l in. long-. Calyx oblong, inflatetl, membranous, 
reddish |-| in. long, ^ in. diam. with i deltoid segments about 
;i third ;is long as the tube. Corolla with an ampulliform tube 
rather longer than the calyx and ï orbicular deltoid crimson 
segments \ in. long and broad. Filaments | in. long, inserted 
above the middle of the corolla tube; anthers minute, orbi- 
cular. Fruit-carpels with narrowly ampulliform contiguous 
ovaries \ in. long and slender styles about |in. long ». 

Quatre ans plus tard, Baker 1 donnait le nom de Kalanchoe 
laxiflora à une Crassulacée malgache récoltée par Baron et 
conservée dans l'herbier de Kew sous le n° 1306, Crassulacée 
à laquelle il attribuait les caractères suivants : « Perennis 
glabra, foliis oblongis, obtusis carnosis crenatis caule elon- 
gato, florïbus in paniculam laxam corymbosam dispositis, 
panicula ramis primariis elongàtis ascendentibus pedicellis 
flexuosis elongàtis cernuis, calyce laxo membranaceo rubello 
tubo campanulato dentibus deltoidcis corollœ luteae tuho rnedio 
constricto, segmentis parvis ovatis, sty lis elongàtis. — A peren- 
nial, glabrous in ail its parts, with tlovering-stems 2-3 
feet long. Pétiole slender, an inch long; blade 1 1-2 in. 
long, conspicuously crenate. Panicle a foot long, with 3 main 
branches, each several times dichotomouslv forked ; pedicels 
very slender, \- fin. long. Galyx | in. long. Corolla pale 
yellow, twice as long as the calyx, ampullaeform at the base 
and the tube dilated again above the middle ; segments as 
broad as long. Stamensas long as the corolla tube. Styles | in. 
long. » 

Si l'on s'en tient à la comparaison des descriptions que je 
viens de transcrire, les caractères différentiels du Bryophyl- 
lum erenatum et du Kalanchoe laxiflora seraient les suivants: 

1. J. G. Baker, Conirib. to the FI. of Madagascar, in Journ. of the 
Linn. Soc, Bot., t, XXÎI, p. 473 (1887). 



SUR QUELQUES KALAISCIIOE DE LA FLOUE MALGACHE 



12H 



Bryophyllum crenatum. 



Cymis paucifloris (compound 
corymbose cyme), 



Calyce tubo campanulato, 

H in. 

Corollae tubo ampullaeformi : 



tubo quam calyx paulo longiore 

segmentis rubris 
obiculari-cuneatis. 

Styles about £ in. long 



Kalanchoe laxiflora. 



Floribus in paniculam corymbo- 
sam, panicula ramis primariis 
elongatis ascendentibus (panicle a 
foot long, willi 3 main branches, 
eacb several limes dichotomously 
forked). 

Calyce oblongo, 

fin. 

Corollae tul)o medio constricto 

Campullaeform at tbe base and the 

tube dilated again above the 

middle) 

Corolla twice as long as Ibe 
calyx 

Corollae luteae 
segmentis ovatis. 
Styles \ in. long. 



Lors de la rédaction de ma monographie du genre Kalan- 
choe, je m'étais rendu compte de l'insignifiance systématique 
de ces caractères différentiels; mais, n'ayant pu obtenir com- 
munication de l'échantillon authentique du Kalanchoe laxi- 
flora, je n'avais point osé réunir cette espèce au Bryophyllum 
crenatum et avais été contraint de le ranger parmi les Species 
non salis notae '. 

D'autre part, m'étant convaincu de l'impossibilité de consi- 
dérer le genre Bryophyllum autrement que comme une sec- 
tion du genre Kalanchoe, j'avais transporté, dans ce dernier 
genre, le Bryophyllum crenatum, d'abord sous le nom de 
Kalanchoe Tieghemi Raymond-Hamet 2 , puis sous celui de 
Kalanchoe crenata Raymond-Hamet 3 . Mais l'étude de nou- 
veaux matériaux m avant contraint de reconnaître, au Kalan- 

1. Raymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull. Ilh. Boissier, 
sér. 2, t. VIII, p, 10 1008). 

2. Raymond-Hamet, loco cit., t. VII, p. 876, 878 et 881 190" . 

3. Raymond-Hamet, locu cit., t. VIII, p. 19 1908 . 



I2u RAYMOND-HAMET 

choc crenata d'Haworth, l'autonomie spécifique que je lui 

avais déniée dans ma monographie, je tins, dans un récent 
mémoire ', restituer à la plante de Baker le binôme que je lui 
avais primitivement imposé. 

Quelques années auparavant, la Direction de l'herbier de 
Kew m'ayant fait parvenir un dessin exécuté, par M. Smith, 
d'après l'échantillon authentique du Kalanchoe laxiflora, 
j'avais signalé -' la simillitude probable de cette espèce et 
du Kalanchoe crenata R. H.. Mais c'est seulement au cours de 
l'an dernier que l'étude des spécimens originaux du Kalan- 
choe laxiflora et du Bryophyllum crenatum me convainquit 
de 1 identité de ces deux plantes. 

En effet, parmi les caractères que la comparaison des diag- 
noses originales permettrait de considérer comme différentiels 
de ces deux Crassulacées, la couleur de la corolle, rouge dans 
le Bryophyllum crenatum, jaune dans le Kalanchoe laxiflora, 
et la forme des pétales, orbiculaire-cunéiforme dans le 
premier, ovée dans le second, pourraient seuls être prises en 
considération ; mais l'étude des spécimens authentiques m'a 
permis de constater que ces prétendues différences n'exis- 
taient que dans les descriptions. Cette étude m'a permis en 
outre de me convaincre de l'identité du Bryophyllum crena- 
tum et du Kalanchoe laxiflora, non seulement au point de 
vue de la forme des organes, mais même à celui de leurs 
dimensions. Ces deux espèces doivent donc être réunies en 
une seule qui portera le nom de Kalanchoe laxiflora. En effet, 
s'il est exact que le nom le plus ancien qui ait été attribué à 
cette espèce soit celui de Bryophyllum crenatum, il est évident 
qu'on ne peut, dans le transfert reconnu obligatoire de cette 
plante dans le genre Kalanchoe, lui conserver son épithète spéci- 
fique princeps. puisqu'il existe déjà un Kalanchoe crenata créé 
valablement par Haworth. Quant au nom de Kalanchoe Ticg- 

1. Raymoad-IIamet (en collaboration avec Perrier de la Bàthiej, Nouv. 
Contrit», à l'étude des Crassulacées malgaches, in Ann. du Mus. Colon. 
de Marseille, sér. 3, t. II, p. 31-33 (1014). 

2. Raymond-IIamet, Sur quelques Kalanchoe peu connus, in Bull. Soc. 
Loi. France, t. LVII, p. 24 (1910). 



SLR QUELQUES KÀLÀNCHOE DE I.A FLORE MALGACHE 127 

hemi, il est postérieur à celui de Kalanchoe laxiflora et doit 
donc s'eit'acer devant lui depuis la constatation de L'identité 
de ce dernier et du Bryophyllum crenalum. 



II. Kalanchoe orgyalis Baker et Kalanchoe antanosiana 
Drake del Castillo. 

Sous K- nom nouveau de Kalanchoe orgyalis, Baker a 
décrit 1 , en 1882, deux échantillons récoltés par Baron dans 
la région de Betsiléo et conservés dans l'herbier de Kew sous 
les n os 105 et 279, échantillons auxquels il a attribué les 
caractères suivants : « An erect glabrous. succulent perennial, 
with stems 6-7 feet long-. Lower leaves oblong-spathulate. 
entire, 3-5 in. long. Flowers in dense corymbose cymes ; 
bracts minute : pedicels as long or shorter than the flowers. 
Sepals i, deltoïd, glabrous^ in. long, connate onlv at the very 
base. Corolla yellow, urceolate, ^ in. long, with four sprea- 
ding deltoïd cuspidate segments not more than \ as long as the 
ovoid tube, which is : -.-| in. diam. Stamens 8, inserted 
biseriatelv near the throat of the corolla-tube ; filaments very 
short : anthers minute, ovate. Fruit-carpels i, | in. diam., as 
lony: as the corolla, narrowed graduallv into the short 
styles. » 

En 1903, Drake del Castillo-, avant étudié un intéressant 
Kalanchoe récolté dans le Sud de Madagascar par M. G. 
Grandidier, le considérait comme une espèce nouvelle que. 
sous le nom de Kalanchoe antanosiana, il décrivait ainsi : 
" Sull'rutex i ? i foliis oratis (0 m. 010 X m. 009) vix acutis 
basi in pelrolum brevem constrictis. Panicula ampla ( pedalis 
et ultra), laxa. ramis ascendentibus, ramulisbrevibus puberulis, 
podicellis longiusculis (ad. I centim. ad apicem ramulorura 
subconfertis. Calyx campanulatus, lobis deltoideis reflexis. 

1. .1. G. Baker, Contrib. lo the Kl. of Madagascar, in Trimen'i Journ. 
ofBot., N. sér., t. XI, p. 110(1882 . 

2. Drake del Caslillo. Note B. les pi. rec. par M. G. Grandidier dans 
le S. de Madagascar, m Bull. Mus. lits/ . natur, <!>■ Paris, p. il 1903 . 



128 RAYMOND-HAMET 

Corolla urceolata(8-10 millim.) exlussuperne puberula. Car- 
pella conniventia. » 

A ne considérer que les descriptions originales que je viens 
de transcrire, le Kalanchoe antanosiana devrait être considéré 
comme une espèce distincte du Kalanchoe orgyalis, puisqu'il 
posséderait des feuilles toutes « ovatis 1 », et non « lower 
leaves oblong-spathulate », des fleurs disposées en « pani- 
cula ampla (pedalis et ultra), laxa, ramis ascendentibus ramu- 
lis brevibus puberulis, pedicellis '-' longiusculis (ad. 1 centim.) 
ad apiceni ramulorum subconfertis » et non point « in dense 
corymbose cymas ». De plus, alors que le Kalanchoe orgyalis 
serait complètement glabre, le Kalanchoe antanosiana aurait 
des (( ramulis... puberulis» et une corolle « extus superne 
puberula ». 

Ces caractères n'ont point, il est vrai, une extrême impor- 
tance, mais ils présentent cependant une valeur systématique 
suffisante pour autoriser la distinction spécifique des Kalan- 
choe antanosiana et K. orgyalis. C'est pourquoi, ayant eu à 
ma disposition, lors de la rédaction de ma monographie du 
genre Kalanchoe., non point les échantillons authentiques du 
K. orgyalis, mais seulement quelques fragments incomplets de 
ces spécimens, je n'avais point osé m'autoriser de la compa- 
raison de ce matériel rudimentaire avec l'original du K. 
antanosiana, pour réunir cette espèce au K. orgyalis, et, provi- 
soirement du moins, j'avais tenu pour distinctes ces deux 
Crassulacées. 

Certes, cette distinction était basée principalement, ainsi 
que le prouve mon tableau analytique 3 , sur la forme des 
feuilles que je n'avais pu malheureusement vérifier que dans 
une seule des deux prétendues espèces, mais elle reposait 
aussi sur quelques caractères différentiels de très minime 
valeur, il est vrai, mais qui, par suite de la défection de celui 
que Drake del Castillo avait cru pouvoir tirer de l'inflores- 

i. Le texte porte : oralis. 

2. Le texte porte : podicellis. 

3. Raymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull. Herb. Boissier, 
sér. 2, t. VII, p. 880 (1907). 



SUR QUELQUES KALANCHOE DE LA FLOUE MALGACHE 129 

cence et que l'examen des échantillons m'avait fait rejeter, 
me paraissaient fort utiles pour consolider une séparation que 
seule la pauvreté du matériel mis à ma disposition m'avait 
contraint d'admettre et de justifier. C'est ainsi que, si L'inflo- 
rescence m'avait paru « corymbiformis » aussi bien dans le 
A', antanosiana que dans le A', orgyalis, j'avais cru pouvoir 
attribuer au premier ' : des pédicelles « quam corollae tubus 
breviores », une corolle « segmentis late ovato-orbiculatis, 
leviter mucronatis », des anthères « superiores corollae seg- 
mentorum basim attingentes », des carpelles « ovato-lanceo- 
lata » ; au second - : des pédicelles « quam corollae tubus lon- 
giores », une corolle « segmentis ovato-suborbicularibus, 
abrupte cuspidatis », des anthères « superiores corollae seg- 
mentorum médium attingentes », des carpelles « oblonga ». 
Fort heureusement un séjour en Angleterre m avant per- 
mis d'étudier les échantillons authentiques du Kalanchoe 
orgyalis, je puis reviser aujourd'hui mon assertion première et 
discuter, en pleine connaissance de cause, la création propo- 
sée par D r ake del Castillo. Ces échantillons, qui sont au 
nombre de deux et qui, comme je l'ai déjà dit plus haut, ont 
été récoltés l'un et l'autre dans la province de Betsiléo par le 
Révérend Baron, sont conservés dans les collections bota- 
niques des jardins de Kew sous les n 09 105 et 249. Ils sont 
tous deux dépourvus de feuilles, mais le n" 105 porte une 
étiquette où le collecteur supplée à cette absence en attri- 
buant à la plante « leaves opposite spoon-shaped 3-5 in. 
long ». C'est par une interprétation abusive et erronée que 
Baker a, dans sa description, transcrit cette mention par 
a Lower leaves oblong-spathulate », car le mot « spoon- 
shaped », qui est l'équivalent de notre mot « trulliforme », ne 
peut nullement être pris dans l'acception de « oblong-spa- 
thulate », mais doit être considéré comme synonyme d'ové ou 
d'ové-oblong. Le caractère différentiel primordial des A. 
orgyulis et A', antanosiana disparaît donc, et seuls demeurent, 

t. Raymond-Hamet, loco ci lato, p. 891 v i 007 ) . 
2. Raymond-llamel, loco citalo, p. 890 el 891 190' 

A nazies <ln Musée colonial de Marseille. '■'•' série, * \"i 1915. 



130 



HAV.MOMj-HAMKI 



pour distinguer ces deux espèces, les caractères secondaires 
que j'ai indiqués dans nia monographie. Ces caractères sont- 
ils bien constants et l'étude des échantillons originaux aboutit- 
elle à confirmer ou à infirmer leur existence? C'est ce que je 
vais maintenant examiner. 

Un problème se pose tout d'abord : L'inflorescence est-elle 
corymbiforme dans le K. orgyalis et paniculiforme dans le A'. 
antanosiana, ainsi que l'affirment les diagnoses originales de 
ces deux plantes, ou est-elle corymbiforme dans l'un comme 
dans l'autre, ainsi que je l'ai admis dans ma monographie ? 
En réalité les échantillons originaux du K. orgyalis, tout 
comme ceux du K. anlanosiana, sont réduits à des fragments 
qui interdisent de se prononcer, sur ce point, d'une façon 
définitive; si le n° 249 de Baron montre, en effet, des Heurs 
disposées en une cyme incontestablement corymbiforme, le 
n° 105 du même collecteur, ainsi que le spécimen authentique 
du K. antanosiana, laissent voir, au contraire, des axes flo- 
raux émettant des rameaux secondaires opposés et terminés 
pardescymes corymbiformes, ce qui donne à l'ensemble de 
chacun des fragments conservés l'aspect d'une véritable pani- 
cule. L'échantillon récolté par M. Perrier de la Bàthie m'a per- 
mis de comprendre la raison de cet apparent dimorphisme. 
En réalité les fragments examinés sont, non point des axes, 
mais des pédoncules primaires : les uns, simples, proviennent 
du sommet de l'inflorescence ; les autres, ramifiés, sont 
extraits de la base de cette dernière. 

Mais si les feuilles et l'inflorescence, sur la forme desquelles 
était basée la distinction originelle des K. orgyalis et K. 
antanosiana, sont absolument identiques dans ces deux 
plantes, n'en est-il point de même des caractères secondaires 
dont j'avais jadis admis l'existence ? 

La mensuration d'un certain nombre de pédicelles montre 
que leur longueur est tantôt supérieure, tantôt inférieure, à 
celle du tube corollin, non seulement dans chacune des deux 
prétendues espèces, mais encore sur un même fragment. 

Les segments corollins, aussi bien dans le K. orgyalis que 
dans le K. antanosiana, sont plus ou moins largement ovés 



SLR QUELQUES KALÀNCHOE DE LA FLORE MALGACHE 131 

et se rétrécissent peu à peu, à partir du niveau de leur plus 
grande largeur, niveau qui se trouve toujours au-dessous du 
milieu, jusqu'au sommet aigu et légèrement cuspidé. 

Dans les deux plantes, le sommet des anthères oppositipé- 
tales, qui dépasse l'extrémité supérieure des anthères alterni- 
pétales, atteint environ le milieu des segments de la corolle. 

Quant aux carpelles, ils sont absolument identiques dans les 
deux prétendues espèces. 

On peut donc conclure à l'inexistence de tous les carac- 
tères distinctifs invoqués pour séparer le K. antanosiana du 
K. oryyalis, et il nous suffira, pour justifier la réunion de ces 
deux espèces, de faire remarquer que chaque organe est pra- 
tiquement identique dans lune et dans l'autre, non seulement 
au point de vue de la forme mais même sous le rapport de la 
dimension. 

C'est ce qui résulte du tableau comparatif suivant : 

Voir p. 132. 

On pourrait peut-être nous opposer que les sépales et les 
pétales sont un peu plus grands dans le K. antanosiana que 
dans le K. oryyalis, mais les échantillons récoltés par M. 
Perrier de la Bâthie m'ont montré, non seulement que les 
chiffres, exprimant la longueur de ces organes dans les spé- 
cimens originaux, étaient reliés par de nombreux intermé- 
diaires, mais encore qu'ils ne représentaient même point les 
extrêmes de la série que la mensuration de nombreuses fleurs 
m'a permis de constituer. La longueur des sépales varie, en 
effet, de 1.60 à 4.80 mm. en passant par i . 75-2 . 20-2 . 40- 
2.80-2.90-3.20-4; leur largeur, de 1 . 40 à 2.8-"» mm. avec 
5 chiffres intermédiaires : 2-2.40-2.50-2.70 et 2.75. La lon- 
gueur des pétales varie de 2.2o à 3.90 mm. en passant par 
2.50-2.80-3 et 3.20; leur largeur va de 1.75 à 5.80mm., 
avec i chiffres intermédiaires; 2.50-3.05-3.10 et 3.20. 

Ou pourrait aussi arguer contre nous de ce que les sépales 
sont un peu plus larges que hauts dans le K. orgyalis, alors 
que dans le K. antanosiana, ils sont un peu plus hauts que 
larges. Mais cette différence tient à l'âge dissemblable des 
échantillons considérés. Les sépales, un peu plus hauts que 



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SLR QUELQUES KALAKCHOE DE LA FLORE MALGACHE 133 

larges dans leur jeunesse, s'élargissent peu à peu en vieillis- 
sant et parviennent à être plus larges que hauts. 

III. Kitchingia porphyrocalyx Baker, Kalanchoe porphy- 
rocalyx Bâillon et Kalanchoe sulphurea Baker. 

C'est pour une plante récoltée par Baron dans la région 
centrale de Madagascar, et conservée dans l'herbier de Kew 
sous le n° 1708. que Baker créa, en 1883, le binôme de Kit- 
chingia porphyrocalyx qu'il caractérisa 1 comme suit : 
«Perennis, glabra, caulibus decumentibus, foliis oppositis obo- 
obtusis scrratis sessilibus, floribus in paniculam terminaient 
paucifloram ramis corymbosis disposais, pedicellis calyce 
lonyioribus, calycis laxi lu ho brevissimo segmentis orbicu- 
laribus mucronatis, corollae rubrae tubo infundibulari 
segmentis dclloideis, staminibus supra médium tubi insertis 
filamentis brevibus, antheris orbicularibus minutis, s/ylis 
carpellis aequilongis. — A fleshy perennial, glabrous in ail 
its parts, with stout simple decumbent stems above a foot 
long. Leaves opposite, sessile, decussate, 1-1 | in. long, 
verv obtuse deltoid at the base, thick in texture, distinctlv 
inciso-crenate green and glabrous on both surfaces. Flowers 
in a lax terminal panicle with corymbose branches ; pedicels 
slender, under | in. long ; bracts minute, falling before the 
flovters expand. Galvx ^ in. long ^ in. in diam. ; tube verv 
short, segments orbicular, with a distinct mucro. Corolla ~l in 
long with a funnel-shaped tube |-| in. in diam. and i 
deltoid segments. Stamens inserted above the middle of 
the corolla-tube : filaments rather fïattened, under | in. long ; 
anthers minute, orbicular. just protruded from the corolla- 
tube. Fruit-carpels subcvlindrical, | in. long, narrowed grn- 
duallv into liliform styles of the same length. » 

Deux ans plus tard, Bâillon- ayant, comme on sait, réuni 

t. J. G. Baker, Contribut. lo the FI. of Madagascar, in Journ. of the 
Linn. Soc, Bot., t. XX, p. 1 t2 (1883). 

2. II. Bâillon, Liste pi. Madag., in Bull. mens. Soc. linn. de Paris, 
n. 69, p. 469 (1885). 



1 3 i 



H U MOND-HAMI.I 



le genre Kitchingia au genre Kalanchoe, substitua au nom 
de Kitchingia porphyrocalyx celui de Kalanchoe porphyro- 
calyx, mais, n'ayant pu examiner l'échantillon authentique 
de cette espèce, il dut se borner à la faire figurer, sans aucune 
observation, dans son ('numération des Crassulacées mal- 
gaches. 

En 1887, le créateur du Kitchingia porphyrocalyx, consi- 
dérant, comme un Kalanchoe nouveau, l'échantillon récolté 
par Baron sous le n° H 80, lui attribuait le nom spécifique de 
sulphurea et le décrivait ainsi 1 : « Perennis, glabra, foliis 
caulinis sessilibus oblongis obtusis carnosis, floribus paucis 
la.ro cymosis pedicellis elongatis cernais, calyce la.ro tubo cam- 
panulato dentibus deltoideis tubo aequilongis, corollae lu/eae 
tubo cylindrico, segmentis lads brevibus stylis elongatis. — 
A perennial, glabrous in ail its parts. Leaves thick, fleshy, 
sessile, oblong, entire. Cymes lax-few-flowered ; pedicels 
verv slender, cernous §-f in. long. Galyx £ in. long. Gorolla 
an inch long, with a cylindrical tube | in. in diam., and 4 
short segments as broad as long. Stamens reaching halfway 
up the corolla segments. varies cylindrical, narrowed gra- 
dually in a stvle ^ in. long:. » 

N ayant pu étudier, lors de la rédaction de ma monographie 
du genre Kalanchoe, les échantillons authentiques des 
K. porphyrocalyx et K. sulphurea, je dus alors me résigner a 
considérer ces deux espèces comme « non satis notae » et me 
résoudre à n'en publier qu'une incomplète description 2 extraite 
de la diagnose originale. 

Mais, en 1910. la direction de l'Herbier de Kew ayant, 
sur mes instances pressantes, consenti à mettre à ma dispo- 
sition, sinon les spécimens originaux des K. porphyrocalyx 
et K. sulphurea, du moins des dessins exécutés d'après eux 
par M. Smith, j'ai pu, dès lors, non seulement affirmer que 
ces deux plantes appartenaient à mon groupe 9, mais 

1. J. G. Baker, Contribut. to the FI. of Madagascar, in Journ. o/' the 
Linn.Soc, Bol., t. XXII, p. 471 et 472 1887). 

2. Raymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe in Bull. Hb. Boissier, 
sér. 2, t. VIII, p. 41 (K. porphyrocalyx et 42 (K. sulphurea 1908). 



SI li QUELQUES KALANCHOE l>F I. A FLORE MALGACHE 135 

encore décrire leurs caractères ' aussi fidèlement du moins 
que le permettaient de simples dessins d'une exactitude tou- 
jours contestable. Pourtant, quoique les affinités des K. por- 
phyrocalyx et K, sulphureà m'aient alors paru fort étroites 
je n'avais point osé réunir ces deux plantes, car il eût fallu 
pour cela faire abstraction des caractères différentiels révélés 
par les dessins de M. Smith, dessins que, jusqu'à preuve 
contraire, j'étais contraint de considérer comme exacts. 

Fort heureusement un séjour à Kew m'avant permis d'étu- 
dier les échantillons authentiques des A", porphyrocalyx et K. 
sulphureà, je puis émettre, enfin, sur les affinités de ces deux 
plantes, une opinion que la simple comparaison de leurs 
diagnoses originales eût été impuissante à édifier. En effet, si 
l'on se borne à rapprocher l'un de l'autre les deux textes de 
Baker, on est conduit à admettre l'existence d'un certain 
nombre de caractères différentiels qui permettraient de séparer 
le K. sulphureà du A', porphyrocalyx, caractères dont voici 
l'énumération : 



A', sulphureà. 






K. porphyrocalyx. 


Foliis oblongis, entire. 






Foliis obovatis, deltoid at tbe 
base, serratis distinctly inciso- 
crenate . 


Floribus laxe cymosis ( 


cymes 


Floribus in paniculam pauci- 


few-flowored). 






floram ramis corymbosis (lax ter- 
minal panicle). 


Pedicels ~ in. long. 






Pedicels under ± in. long. 


Calyx i in. long, 






Calyx 5 in. long, 


dentibus deltoideis 






segmenlis orbicularibus mucrona- 
tis. 


tnbo aequilongis. 






lubo brevissimo. 


Corollae luteae 






Corollae rubrae 


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tubo cylindrico 






tubo infundibulari 


| in. in diam. 






j-i in. in diam. 


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up 


the 


Anthers just prolruded from the 


corolla serments. 






corolla-tube. 



1 . Raymond-Hamet, Sur 
Soc. liol . France, i. LVII, 
phurea) (1910). 



quelques Kalanchoe peu connus, m liull. 
I>. 19 [K. porphyrocalyx) et 51-52 (JT. tul- 



136 



Il WAIOND-HAMET 



Ces prétendus caractères distinctifs sont, les uns inexis- 
tants, les autres sans valeur systématique. 

En réalité, les feuilles sont, dans les deux plantes, 
oblongues et rétrécies à la base en un très court et assez large 
pétiole. Il est vrai que celles du A', porphyroçalyx sont un 
peu plus larges que celles du A', snlphurea et ont des bords 
sinués et non largement crénelés ; mais ces caractères ne 
peuvent être pris en considération, car les nombreux échan- 
tillons de K. porphyroçalyx récoltés récemment m'ont permis 
de constater la présence fréquente, sur un même individu, de 
feuilles plus ou moins larges et plus ou moins crénelées. 

L'inflorescence est subcorymbiforme, pauciflore et lâche 
dans le K. sulpliurea comme dans le K. porphyroçalyx. 

Les pédicelles ont une longueur de 10 millimètres dans le 
K. porphyroçalyx, de 7 à 16 millimètres dans le K. sul- 
pliurea. 

Le calice se compose, dans le K. porphyroçalyx, d'un 
tube haut de 2 . 50 à 3 . 75 mm. et de quatre segments longs de 
4.75 à 5.50 mm. et larges de 5.50 à 6 mm. Dans le K. 
sulphurea, le tube du calice est haut de 3 mm., les segments 
sont longs de 5 mm. et larges de 4.50 mm. Dans les deux 
plantes, les segments calycinaux sont ovés et mucronés au 
sommet ; ils sont seulement un peu plus étroits dans le 
K. porphyroçalyx que dans le K. sulphurea, mais les échan- 
tillons recueillis récemment montrent, non seulement l'insi- 
gnifiance d'un tel caractère distinctif, mais encore la présence, 
sur un même individu, de sépales un peu plus hauts que 
larges et un peu plus larges que hauts. 

La différence observée dans la couleur de la corolle 
peut d'autant moins être prise en considération qu'elle 
repose sur l'examen d'échantillons d'herbier dont les nuances 
varient suivant les circonstances de la dessiccation. La lon- 
gueur du tube corollin est assez nettement différente dans les 
deux espèces puisqu'elle atteint 31 mm. dans le K. sulphurea 
alors qu'elle ne dépasse pas 22 mm. dans le K. porphyroça- 
lyx, mais les échantillons récoltés récemment ont montré 
non seulement que le hiatus entre ces chiffres était comblé par 



SUR QUELQUES KALANCHOE DE LA FLORE MALGACHE 137 

de nombreuses valeurs intermédiaires, mais encore que ces 
chiffres ne représentaient même point les extrêmes de la 
série exprimant la longueur du tube corollin dans les diffé- 
rents individus examinés, série qui va de 12 à 32 millimètres, 
en passant par 14, 15, 17.60, 21.50, 22, 23.50, 24.60, 25, 
26.25 et 31. Quant à la forme du tube corollin et à son dia- 
mètre, les deux plantes sont identiques. 

Les étamines dépassent le sommet du tube de la corolle 
aussi bien dans le K. porphyrocalyx que dans le K. sulphu- 
rea. Bien plus, à l'encontre de l'assertion de Baker, elles le 
dépassent même davantage dans le premier que dans le 
second. 

D'ailleurs une étude approfondie des échantillons authen- 
tiques des K. porphyrocalyx et K. sulphurea m'a permis de 
me convaincre que tous les organes de ces deux plantes 
étaient absolument identiques et qu'il était impossible de 
trouver la moindre différence, non seulement dans la forme 
de leurs pétales, de leurs étamines, de leurs carpelles, de 
leurs styles, de leurs écailles et de leurs graines, mais 
encore dans les dimensions de ces différentes parties. On en 
trouvera la preuve dans le tableau suivant : 



138 



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SUR QUELQUES KALANCHOE DU LA FLORE MALGACHE 139 

IV. Kitchingia campanulata Baker, Kitchingia parviflora 
Baker, Kitchingia panduriformis Baker, Kitchingia amplexi- 
caulis Baker, Kalanchoe campanulata Bâillon. Kalanchoe 
parviflora Bâillon, Kalanchoe panduriformis Bâillon et 
Kalanchoe amplexicaulis Bâillon. 

C'est en 1881 que le binôme de Kitchingia campanulata 
fut créé par Baker 1 pour une Oassulacée malgache présentant, 
d'après cet auteur, les caractères suivants: «Stems stouter 
than in the other species, terete, flexuose. Leaves sessile, 
linear-oblong, obtuse, cuneate at the base, conspicunusly 
crenate, 2-3 in. long. Flowers 12-20, in a lax globose com- 
pound terminal cyme ; bracts minute, linear ; pedicels |-| in. 
long. Calyxl in. long; segments deltoid, subacute, rather lon- 
ger than the tube. Gorolla bright red f in. long, the tube 
broadest at the throat, where it is \ in. diam. ; segments 
deltoid orbicular, half as long as the tube. Stamens inserted 
about the middle of the corolla tube ; filaments filiform, |-| in. 
long; anthers minute, globose. Ovaries oblong | in. long ; 
style rather longer than the ovary ; stigma minute, capi- 
tate. » 

En 1883, Baker lit connaître trois Kitchingia nouveaux 
récoltés dans la région centrale de Madagascar par le Révé- 
rend Baron. 

Le premier fut, sous le nom de Kitchingia parviflora, 
décrit 2 comme suit : « Perennis, crecta, glahra, foliis caulinis 
sessilibus oblongo-lanceolatis obtusis crenalis, floribus in 
cymam compositam terminaient dispositis, pedicellis brevibus, 
calycis tubo campanulato segmenta semiorbicularibus, 
corollac lutcac tubo oblongo segment is ovatis, staminibus infra 
tubi médium insertis antheris orbicularibus, stylo quam 
ovarium longiore. — An erect perennial terete, glabrous in 
ail its parts, with stiff simple stems a foot long. Loavos m 

l.J.G. Baker, Not. on a collect. of flow. pi. made by L. Kitching 
in Madagascar, in The Journ. of the Linn. Soc., Bot . t, XVIII, |>. 269 
11881). 

2. .1. <i. Baker, Contrib. i<> the FI. of Madagascar, in /'//<• Journ. <>f 
the Linn. Soc., Bot., t. XX, p. 141 1883). 



1 40 RAYMOND-HÀMET 

pairs i-1 in. apart along the lower half of the stem, decus- 
sate, erecto-patent, lleshy, obtuse, distinctly crenate, the 
lower 2-3 in. Long, the upper growing gradually smaller and 
more remote. Flowers numerous, in a corymbose terminal 
compouiul cyme 1 §-2 in. in diam. ; pedieels — | in. Calyx 
campa nulate, *. in. long - , with a short tube and 4 semiorbi- 
eular segments. Corolla yellow, under | in. long, with an 
oblong tube and 4 obtuse segments one third as long as the 
tube. Stamens 8, inserted below the middle of the corolla- 
tube, with (iliform filaments | in. long and small orbicular 
anthers. Ovaries 4, ovoid, g in. long; styles diverg-ent, longer 
than the ovary ; stigma capitate. » 

Au second, Baker imposa le nom de Kitchingia panduri- 
formis et attribua 1 les caractères suivants : « Perennis, erecta, 
(jlabra, foliis caulinis sessilibus pancluriformibus obtusis 
crenatis, floribus in paniculam terminalem rarnis densifloris 
corymbosis dispositis, pedicellis flori subaequilongis, calycis 
parvi tubo campanulato segmentis suborbicularibus stamini- 
busad tubi corollae médium insertis, stylo quam ovarium paulo 
longiore. — A glabrous perennial herb, with stiff simple 
erect stems. Leaves numerous along the lower part of the 
stem, in pairs 1-1 £ in. apart, sessile, ascending, oblong--pan- 
duriform, obtuse, fleshy, 4-5 in. long, crenate, subamplexi- 
caul. Flowers very numerous, arranged in a broad terminal 
panicle with dense-flowered corymbose branches and a long- 
naked peduncle. Calyx campanulate, glabrous ^ in. long, with 
a short tube and 4 suborbicular segments. Corolla reddish, 
under | in. long, with an oblong tube | in. in diam. and 4 
suborbicular spreading seg'ments. Stamens inserted at the 
middle of the corolla-tube, with filiform filaments \ in. long 
and small reniform anthers. Carpels as long as the corolla 
in the fruitingstage, diverding ; style \ in. long. » 

Quant au troisième, il reçut le nom de Kitchingia amplexi- 
caulis et fut caractérisé 2 comme suit: « Perennis, glabra, 



i. J. G. Baker, loco cit., p. 141 et 142. 
2. J. G. Baker, loco cit., p. 142 et 143. 



SUR QUELQUES KÀLANCIIOE DE LA FLORE MALGACHE 141 

caulihus erectis simpliciJbus, foliis oppositis oblanceolatis oblu- 
sis crenatis cordato-amplexicaulihus floribus in paniculas 
arnplas terminales ramis corymbosis dispositis, pedicellis 
calyce longioribus, bracteis minutis laneeolatis, calycis tubo 
brevissimo segmentis ovatis, corollae rubrae segmentis orbicu- 
laribus quarti tubus infundibularis quadruple» brevioribus 
staminibus infra médium tubi insertis, filamentis elongatis, 
antheris orbicularibus minutis, stylis quant carpella longio- 
ribus. — A glabrous succulent perennial, with stiffly erect 
unbranched stems 1 '-2 ft. long-. Leaves erecto-patent in dis- 
tant decussate pairs, the longer ones 5-6 in. long-, 1-1 | in. 
broad, those near the panicle much smaller. Flowers in a 
dense corymbose panicle 3-4 in. broad ; pedicels slender, 
about | in. long-. Calyx i in. long, with i segments reaching 
down nearly to the base. Corolla above | in. long with a 
funnel-shaped tube |-| in. in diam. and i orbicular segments. 
Stamens 8, inserted below the middle of the corolla-tube ; 
filaments ^in. long ; anthers minute, orbicular, just protruded 
from the corolla tube. Fruit-carpels | in. long, filiform styles 
a little longer. » 

En 188o, Bâillon' ayant, comme on sait, réuni le genre 
Kitchingia au genre Kalanchoe, transporta, dans ce dernier 
genre, en leur conservant leurs épithètes spécifiques princeps, 
les quatre espèces dont les diagnoses ont été ci-dessus trans- 
crites. 

Lors de la rédaction de ma monographie du genre Kalan- 
choe, je me ralliai à l'opinion de Bâillon et, n'ayant eu à ma 
disposition que des matériaux très incomplets, je dus 
admettre, comme lui, l'autonomie des quatre espèces décrites 
par Baker. Certes, quoi qu'avant réussi à distinguer ces 
espèces dans ma clef analytique, j'avais, dès cette époque, 
constaté la faiblesse des caractères différentiels que j'avais été 
contraint d'employer ; mais ce n'est qu'après avoir pu étudier 
minutieusement, non seulement les échantillons authentiques 



1. II. Bâillon, Liste d. pi, de Madagascar, in Bull. mens, de lu s 

Linn. <b- P;,ris, I. I, |>. WH I88iii. 



142 



KAÏ.MOND-HAMET 



des espèces de Baker, niais encore les matériaux récoltés plus 
récemment par M. Perrier de la Bâthie, que j'ai été con- 
vaincu de la nécessité de réunir en un seul les quatre 
Kalanchoe créés par le botaniste anglais. 

Pourtant, à en croire les descriptions originales, ces 
espèces seraient assez nettement distinctes. Le Kalanchoe 
parviflora se distinguerait, en effet, du K. campanulala par les 
caractères suivants : 



K. campanulata. 



Stems flexuose. 

Leaves linear-oblong... cuneate 
at the base. 

Flowers 12-20 in a lax globose 
compound terminal cyme. 



Pedicels r-~ in. 



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Calyx \ in. long-, 

segments deltoid, subacute. 

Corolla bright red 

| in. long, 
the tube broadest at the base ; 
segments deltoid-orbicular 
half as long as the tube. 
Stamens inserted about 
middle of the corolla-tube ; 
filaments \-~ in. long ; 
anthers globose. 
Ovaries oblong 

ï in- long; 
styles rather longer than the 
ovary. 



the 



K. parviflorà. 



Erecta. 
Foliis oblongo-laceolatis. 



Flowers numerous, in a corym- 
bose terminal compound cyme. 
Pedicels f-f in. 
Calyx \ in. long, 
semiorbicular segments 
Corolla yellow 

under \ in. long, 
with an oblong tube, 
segmentis ovatis, obtuse, 
one third as long as the tube. 
Stamens inserted below the 
middle of the corolla-tube ; 
filaments \ in. long; 
anthers orbicular. 
Ovaries ovoid 

fin. long; 
styles longer than the ovary. 



Quelle qu'ait été la pauvreté du matériel mis à ma dispo- 
sition lors de la rédaction de ma monographie, j'avais cru 
pouvoir rectifier sur certains points les diagnoses originales, 
de telle sorte que les caractères différentiels des K. campanu- 
lata x et K. parviflorà' 2 devenaient les suivants : 

1. Raymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull. Hb . Boissier, 
sér. 2, t. VII, p. 884(1907 

2. Raymond-Ilamet, loco cil., p. 88b '1907). 



SUK QUELQUES KALANCHOE DE LA FLORE MALGACHK 



143 



K. campanulata. 



K. parviflora. 



Lamina lineari-oblonga. 
Inflorescentia subcorymbiformis. 

Flores magni. 

Calyx segmentis quam tubus 
paulum longioribus 

deltoideis 
subacutis 

paulum longioribus quam latio- 
ribus. 

Corolla campanulata, 

segmentis ovato-orbiculalis 
obtusis 

tam longis quam latis. 

Anlberae superiores paulum 
supra corollae segmenlorum basim 
attingentes. 

Carpella oblongo-lanccolala. 

stylis carpellis tequalibus. 

Squamae subquadratao 

integrae obtusae 

ta ni longae quam latae 



Lamina ovato-oblonga. 
Inflorescentia corymbiformis. 

Flores parvi. 
Calyx segmentis tubo tequalibus 

semiorbicularibus 
abrupte cuspidatis 
latioribus (pjam longioribus. 

Corolla urceolata, 
segmentis suborbicularibus 

abrupte cuspidatis 
longioribus quam latioribus. 
Antherae superiores corollae 
segmenlorum médium attin- 
gentes. 

Carpella oblongo-ovata, 
stylis quam carpella longioribus. 
Squamae semiorbiculares 
leviter emarginalae 
paulum longiores quam latiores. 



A l'exception de la couleur des fleurs qui m'a toujours 

paru sans valeur surtout lorsqu'on l'observe sur des échantil- 

. ,,. , . . .. . . . segments de la 

Ions d herbier, a 1 exception aussi du rapport — ^— j — j 

n- qui m'avait paru identique dans les deux plantes, 

corolle » a » 

les caractères différentiels auxquels j'avais eu recours, notam- 
ment la forme des sépales sur laquelle j'avais, dans ma clef 
analytique, basé la distinction des deux plantes, la grandeur 
des fleurs et la forme du tube corollin, sont les mêmes que 
ceux qu'avait employés Baker dans ses diagnoses originales. 
Quelle était La réalité et la valeur systématique de ces 
caractères? c'est ce que l'étude minutieuse des échantillons 
authentiques des K. campanulata et A. parviflora m'a, seule, 
permis de savoir. 



144 RAYMOND-HAMET 

J'ai pu constater, tout d'abord, que, dans les deux plantes, 
les feuilles ne sont nullement distinctes. Dans l'une comme 
dans l'autre, elles sont sessiles, oblongues, légèrement 
étranglées à la jonction du tiers médian et du tiers inférieur, 
obtuses au sommet, crénelées dans les deux tiers supérieurs 
mais entières dans le tiers inférieur. Dans le K. parviflora, 
de même que dans le K. campanulata, elles ont leur plus 
grand diamètre vers le milieu et, à partir de ce niveau, se 
rétrécissent peu à peu jusqu'à la jonction du tiers médian et 
du tiers inférieur, puis, à partir de ce point, s'élargissent peu à 
peu jusqu'au milieu du tiers inférieur, et enfin se rétrécissent 
légèrement à partir dudit milieu jusqu'à la base amplexicaule. 
L'identité des feuilles est même telle que leurs dimensions 
sont presque semblables dans les deux plantes. En effet, 
longues de 87 millimètres dans le À. campanulata et de 80 
millimètres dans le K. parviflora, les feuilles sont larges de 
23 millimètres dans le premier et de 23.50 millimètres dans 
le second. 

J'ai constaté ensuite que les deux échantillons authentiques 
n'avaient point été récoltés à la même phase de leur dévelop- 
pement. Tandis que les fleurs du K. campanulata sont pleine- 
ment épanouies, celles du A', parviflora sont encore en bou- 
tons. C'est à cette dissemblance dans le stade végétatif des 
spécimens originaux que sont dues les différences constatées 
dans la grandeur de leurs fleurs, dans la forme de leur tube 
corollin et dans celle de leurs écailles, enfin dans la longueur 
relative des carpelles et des styles. En ce qui concerne la 
dimension des fleurs, il est presque inutile de faire remarquer 
que les différents organes doivent être plus grands dans la 
fleur épanouie que dans le bouton. Pour la forme du tube 
corollin, les échantillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie 
m'ont prouvé que ce tube avait primitivement son plus grand 
diamètre au-dessus du milieu et, à partir de ce niveau, d'une 
part se rétrécissait jusqu'à sa base, d'autre part s'atténuait 
peu à peu jusqu'à l'extrémité inférieure des segments ; mais 
que, après l'anthèse, il devenait souvent campanule s'élar- 
gissant alors peu à peu depuis son extrémité inférieure jus- 



SUR QUELQUES KALAXCHOE DE LA FLORE MALGACHE 115 

qu'à la base des segments. Quant aux écailles nous savons 
depuis long-temps que, dans les Kalanchoc , elles sont indiffé- 
remment obtuses ou émarginées et s'élargissent progressive- 
ment au fur et à mesure de la transformation de la fleur en 
fruit. Aussi ne faut-il point s étonner de trouver, dans les 
fleurs jeunes du K. parvifïora, des écailles un peu plus hautes 
que larges, alors que, dans les fleurs plus âgées du K. campa- 
nulata, elles sont aussi hautes que larges ou même un peu plus 
larges que hautes. Leur forme est d'ailleurs identique dans 
les deux espèces qui présentent l'une et l'autre des écailles 
subquadrangulaires ou subquadrangulaires-subobtrapézi- 
formes, très obtuses. Il est vrai quelles portent au sommet, 
dans le K. eamjuiitulata une crénelure centrale, dans le K. 
parvifïora quatre crénelures situées une à chaque extrémité 
latérale de l'organe, les deux autres en son milieu ; mais 
l'étude des matériaux récoltés par M. Perrier de la Bâthie 
m'a prouvé que la désinence des écailles était assez variable 
dans cette espèce et qu'il n'y avait pas lieu de tenir compte 
d'un tel caractère. Enfin s'il est vrai que, dans le A', parvifïora , 
les styles sont un peu plus longs que les carpelles, alors que, 
dans le A', campanulata, ils sont un peu plus brefs que 
ceux-ci, ce n'est point parce que leur longueur est réellement 
différente dans ces deux espèces, mais seulement parce que 
les carpelles sont complètement développés dans le second, 
alors que, dans le premier, ils n'ont point encore dépassé 
les stades initiaux de leur évolution. 

Une troisième constatation a été celle de l'inexistence de 
certains caractères distinctifs, de très minime importance 
d'ailleurs, que les fragments mis jadis à ma disposition 
m'avaient paru présenter. C'est ainsi qu'à l 'encontre de ce 
(jue j'avais signalé, les anthères oppositipétales atteignent 
dans les deux plantes un niveau identique, puisque, dans l'une 
comme dans l'autre, leur base dépasse très légèrement le 
sommet du tube de la corolle sans que leur extrémité supé- 
rieure atteigne le milieu des segments corollins. C est ainsi 
également qu'il n'y a aucune différence dans la forme des 
carpelles et que les inflorescences sont pratiquement iden- 

Annalesdu Musée colonial de Marseille. — 3* série, 3 vol. 1015. n> 



1 iti KAYMOMi-ll \W\ I 

tiques. C'est ainsi, enfin, que les segments corollins ne pré- 
sentent pas La moindre différence de forme dans les deux 
plantes, el sont, dans l'une comme dans l'autre, un peu plus 
larges que hauts, largemenl ovés, obtus au sommet au milieu 
duquel ils portenl une petite cuspide. 

Un seul caractère distinctif nous reste donc à examiner, celui 
que j'ai, après Baker, tiré de la forme des sépales et sur 
lequel, comme je l'ai déjà indiqué plus haut, j'ai, dans ma clef 
analytique, basé la distinction des K. campanulata et K. par- 
viflora. A dire vrai, les échantillons récoltés par M. Perrier 
de la Bâthie m'avaient déjà démontré que l'on trouvait quel- 
quefois, sur un même individu, des sépales subdeltoïdes et 
d'autres largement ovés ; mais il n'était point inutile de cons- 
tater, comme j'ai pu le faire, l'existence, sur l'échantillon ori- 
ginal même du K. campanulata, de ces deux formes de 
sépales. Il faut d'ailleurs remarquer qne les sépales ovés ne 
diffèrent des sépales deltoïdes que parce qu'ils sont rétrécis 
dans leur partie inférieure ; qu'ils affectent, en effet, l'une ou 
l'autre de ces deux formes, ils s'atténuent toujours depuis le 
niveau de leur plus grande largeur jusqu'au sommet subobtus 
au milieu duquel ils portent une brève cuspide. Il faut pourtant 
reconnaître que les sépales sont proportionnellement plus 
larges dans le K. parviflora que dans le A', campanulata ; 
mais, outre que cette différence est en elle-même assez faible, 
les échantillons récoltés par M. Perrier de la Bàthie m'ont 
révélé la présence fréquente, sur un même échantillon , de 
sépales un peu plus hauts que larges ou un peu plus larges 
que hauts. Bien plus, l'échantillon original du K. parviflora 
m'a montré, lui aussi, des sépales qui, quoique proportionnel- 
lement un peu moins larges que ceux du K. campanulata, 
étaient quelquefois un peu plus hauts que larges. 

Enfin si l'on remarque qu'il existe une absolue simillitude 
entre tous les organes du K. parviflora et ceux du A . cam- 
panulata, non seulement sous le rapport de la forme, mais 
même, à condition toutefois de tenir compte de la différence 
d'âge des deux spécimens originaux, et ainsi qu'on pourra 
s'en rendre compte par l'examen de tableau comparatif qui 



SL'K yfELQLES KALANCHOE DE LA FLORE MALGACHE 



147 



termine cet article, au point de vue de leurs dimensions, on 
peut conclure avec certitude que le K. parvifîora doit être 
réuni au A', campanulala. 

Cette première réunion etfectuée, nous devons étudier main- 
tenant s'il convient de réunir aussi, en une seule espèce, le K. 
campannlata et le K. panduriformis ; et, afin d'éclairer notre 
religion sur ce point, nous allons comparer les descriptions 
originales pour en extraire les caractères que Baker a consi- 
dérés comme distinctifs de ces deux espèces, caractères qui 
sont les suivants : 



À. campanulata. 


K . panduriformis . 


Stems flexuose. 




Erecta. 


Leaves linear-oblong 




Leaves oblong-panduriform . . . 
subamplexicaul, 


2-3 in. long. 




4-5 in. long. 


Flowers 12-20, in a lax glol 


>ose 


Flowers very numerous,arranged 


compound terminal cyme. 




in a broad terminal panicle with 
dense-flowered corymbose bran- 
ches and a long naked peduncle. 


Calyx i in. long. 




Calyx ~ in. long, 


segments deltoid subacutc 




suborbicular (semiorbicu la ribu s) 
segments. 


Corolla j in. lon^ ; 




Corolla under| in. long, 


the tube broadest al the 1 


>ase 


with an oblong tube, 


where il is * in. diam., 




\ in. in diam.. 


segments deltoid-orbicular 




and suborbicular segments. 


Filaments ,'-' in. long; 




Filaments l in. long : 


anthers globose. 




anthers reniform. 


Style rather longer tlian 


tbe 


Style ; in. long. 


ovary ovaries \ in. Ion- . 







Quoique ces caractères distinctifs n'aient poinl une valeur 

systématique bien grande, je n'avais point voulu m'autoriser. 
de l'étude d'échantillons incomplets, pour contester, dans ma 
monographie, l'autonomie des deux espèces qu'ils permettent 
de séparer. Mo basant surtout, ainsi qu'il appert de ma clef 
analytique, sur la différence de forme des feuilles, différence 



148 



RAY.-UOND-HA.MKT 



que je n'avais pu malheureusement vérifier, j'avais tenu pour 
distinctes ces deux espaces et en avais donné 1 une description 
complétant sur certains points les diagnoses originales et 
admettant l'existence des caractères différentiels suivants : 



K. campanulata. 


K, panduriformis. 


Lamina lineari-oblonga. 


Lamina oblongo - panduriformis 


Inflorescentia subcorymbiformis, 


Inflorescentia corymbiformis . 


Pedicelli quam corollae tu bus 


Pedicelli corollae tubo aequales 


longiores. 




Flores magni corollae tubus 12- 


Flore parvi Corollae tubus 8- 


14 mm. lg. ; segmenta 5.75-6.25 


10 mm. lg. ; segmenta 3.75-4 mm 


mm. lg.) 


lg-)- 


Calyx campanulatus, 


Calyx subcampanulatus, 


segmenlis deltoideis 


segmentis semiorbicularibus 


subacutis 


abrupte cuspidatis 


paulum longioribus quam latio- 


latioribus quam longioribus. 


ribus. 




Corolla campanulata, 


Corolla urceolata, 


segmentis ovato-orbiculatis 


segmentis semiorbicularibus 


obtusis 


abrupte cuspidatis 


tam longis quam latis. 


latioribus quam longioribus. 


Antberae superiores paulum 


Antherae superiores corollae 


supra corollae segmentorum basim 


tubi médium attingentes. 


attingentes. 




Carpella oblongo-lanceolata. 


Carpella ovata. 


Squamae subquadratae 


Squamae semiorbiculares 


integrae obtusae 


leviter emarginatae 


tam longae quam latae. 


latiores quam longiores. 



Ainsi, si l'on excepte, d'une part ceux que Baker avait tirés 
de la forme de l'inflorescence et des anthères qui m'avait 
paru semblable dans le K. campanulata et le K. panduri- 
formis, d'autre part ceux que j'ai été le premier à signaler et 
qui sont basés sur la longueur proportionnelle des pédicelles 



1. Raymond-Hamet, Monogr. du g'. Kalanchoe, in Bull. Hb. Boissier, 
sér. 2, t. VII, p. 883 [K, panduriformis) et 885 [K, campanulata), 
(1907). 



SUR QUELQUES B.ALANC.HOE DE LA FLORÏ MALGACHE 149 

des tubes eorollins, sur le niveau d'émergence des anthères 
et sur la forme des carpelles et des ('cailles, les carac- 
tères différentiels que j'ai employés sont ceux-là même 
qu'avait utilisés le botaniste anglais. 

Quelle est la valeur de ces caractères? C'est ce que m'a 
montré L'étude des échantillons authentiques el des spécimens 
récoltés par M. Perrier de la 15àthie. 

En premier lieu, la longueur proportionnelle des pédicelles 
et des tubes eorollins est semblable dans les deux plantes. 
Aussi bien chez le K. campanulata que chez le K. panduri- 
formis, les pédicelles sont indifféremment un peu plus brefs 
ou un peu plus longs que les tubes eorollins. 

Gomme je l'avais déjà fait remarquer dans ma monographie, 
l'inflorescence du A', panduriformis n'est pas paniculiforme 
mais subcorvmbiforme, donc pratiquement identique à celle 
du K. campanulata. Peut-être est-elle cependant un peu 
plus florifère que dans ce dernier, mais c'est là un caractère 
sans signification systématique. 

Si l'on veut bien se rappeler que l'étude du spécimen ori- 
ginal du K. campanulata nous a appris que les sépales de- 
cette prétendue espèce étaient tantôt subdeltoïdes. tantôt lar- 
gement ovés, et si l'on sait, d'autre part, que les segments 
calycinaux des échantillons authentiques du K. pandurifor- 
mis sont en réalité largement ovés. il suffira de constater que, 
dans l'un comme dans l'autre, ces segments s'atténuent peu 
à peu jusqu'au sommet subobtus et pourvu en son milieu 
d'une brève cuspide, pour pouvoir affirmer que, sur ce point 
encore, les deux prétendues espèces sont pratiquement iden- 
tiques. On pourrait cependant nous opposer que les sépales 
du A", campanulata sont un peu plus hauts que larges, alors 
que, dans le A", panduriformis, ils sont aussi hauts que 
larges ou même un peu plus Larges que hauts, mais, pour 
rétorquer une telle objection, il suffirait de rappeler ce que nous 
avons dit à propos du A. parriflora, i\ savoir que les échan- 
tillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie montrent souvent 
sur un même individu des sépales plus hauts que larges <t 
d'autres plus larges que hauts. On pourrait d'ailleurs taire 



I :»(l RAYMOND-HAMET 

encore remarquer que les sépales aussi hauts que larges, que 
l'on observe sur L'échantillon authentique du K. pandurifor- 
mis. constituent un incontestable intermédiaire entre les 
sépales plus Larges que hauts dont on constate la présence 
sur Le même spécimen et les segments calvcinaux plus hauts 
que Larges du A. campanulata. 

En ce qui concerne Le caractère différentiel tiré de la forme 
du tube corollin, il paraîtrait logique de se borner à rappeler 
ce que j'ai dit plus hautà propos du K. parvîflora, etcela sem- 
blerait d'autant plus admissible que la petitesse des fleurs du 
K. panduriformis, par rapport à celle du K. campanulata, inci- 
terait à induire que, comme la constriction de la partie supé- 
rieure du tube de la corolle, cette relative exiguïté florale 
tient à ce que les fleurs du A", panduriformis ne sont pas 
encore épanouies. Il n'en est rien pourtant, car il résulte de 
L'examen de l'échantillon authentique de cette espèce que ses 
Heurs ont été récoltées longtemps après l'anthèse. La 
vérité est qu'en se desséchant, la fleur diminue.de grandeur, 
en même temps que la partie supérieure du tube corollin |se 
resserre légèrement. La corolle, urcéolée avant l'anthère, le 
redevient donc après celle-ci. 

Quant à la forme des segments corollins, elle est absolu- 
ment identique dans les deux espèces. Dans le K. panduri- 
formis, comme dans le A', campanulata, on observe des pétales 
plus larges que hauts, très largement ovés, très obtus et 
brusquement cuspidés au sommet. 

Dans les deux plantes, les anthères oppositipétales, subor- 
biculaires-subréniformes, dépassent un peu la base des seg- 
ments corollins, mais n'atteignent point leur milieu ; dans les 
deux plantes, les carpelles, eux aussi, ont une forme identique. 

Dans le K. panduriformis, comme dans le K. campanulata, 
les écailles un peu plus larges que hautes, sont subquadran- 
gulaires et portent, au milieu de leur sommet très obtus, une 
large crénelure obtuse. 

Il ne me reste plus qu'à discuter la valeur du caractère sur 
lequel sont basés à la fois le nom même du K. panduriformis 
et sa distinction dans notre clef analytique ; je veux parler de 



> 



SUR QUELQUES RALANCHOE DE LA FLORE MALGACHE loi 

la forme des feuilles que, comme je l'ai dit plus haut, je 
n'avais pu vérifier, lors do la rédaction de ma monographie, ni 
dans le K. campanulata ni dans le K. panduriformis. Or 
l'examen des échantillons authentiques m'a permis de consta- 
ter que les feuilles du K. campanulata sont, en réalité, sessiles, 
oblongues, légèrement étranglées à la jonction du tiers médian 
et du tiers inférieur, obtuses au sommet, crénelées dans les 
deux tiers supérieurs mais entières dans le tiers inférieur où, 
au-dessous de l'étranglement, le limbe se dilate un peu puis 
se rétrécit jusqu'à la base amplexicaule ; dans cette espèce, 
les feuilles sont donc légèrement panduriformes ; elles le sont 
à peine plus nettement dans le K. panduriformis où, à la 
jonction du quart inférieur et du quart médian, elles s'étran- 
glent un peu, puis, au-dessous de ce niveau, se dilatent 
légèrement et, enfin, se rétrécissent peu à peu jusqu'à la base 
large et amplexicaule. Si l'on ajoute que, comme celles du 
A", campanulata, les feuilles du A', panduriformis sont ses- 
siles, suboblongues, obtuses et légèrement crénelées sur leurs 
bords, il deviendra évident que le caractère différentiel fonda- 
mental de cette espèce est absolument inexistant. 

Pour conclure à la nécessité de réunir ces deux espèces en 
une seule, il suffira de faire remarquer que le plus scrupuleux 
examen de leurs échantillons authentiques ne m'a point per- 
mis de découvrir le plus léger caractère différentiel qui per- 
mette de les séparer. Ainsi que. l'établit le tableau compara- 
tif qui termine cette étude, la grandeur même de chaque 
organe est pratiquement identique dans le K. campanulata et 
le A. panduriformis. 

Ayant démontré la nécessité de réunir, au K. campanulata, 
les K. parviflora et K. panduriformis, il ne me reste plus qu'à 
faire une étude critique; des caractères différentiels du A". 
amplexicaulis, caractères qui, si l'on en croit les diagnoses 
authentiques, seraient les suivants : 



! 52 



RAYMOND-HÀMET 



K, campanulata. 



Leaves huear-oblong, 



2-3 in. long. 
Flowers 12-20, in a lax globose 
compound terminal cyme. 



Pedicels §-§ in. long. 
Bracts linear. 
Calyx | in. long, 
segments rallier longer llian the 
tube 

deltoid. 
Corolla l in/long; 
the tube broadest at the throat 

where it is f in. iin diam. ; 

segments deltoid-orbicular 

half as long as the tube. 

Stamens inserted about Ihe 

middle of the corolla-tube ; 

anthers globose. 



À', amplexicaulis. 



Koliis oblanceolatis cordato- 
amplexicaulibus, 

the longer ones 

5-6 in. long. 
Flowers in dense corymbose 
panicle (fioribus in paniculas 
amplas terminales ramis corymbo- 
sis dispositis). 

Pedicels about^in. long. 
Bracteis lanceolatis. 
Calyx | in. long 
wilh segments reaching down 
nearly the base 

ovatis. 
Corolla above f in. long ; 
with a fuunel-shaped (infundibu- 
laris) tube 

|-| in. diam. ; 

orbicular segments 

quam tubus quadruplo brevioribus. 

Stamens inserted below the middle 

of the corolla-tube ; 

anthers orbicular 



Quoique je n'aie jamais pu douter de l'insignifiance de ces 
caractères différentiels, l'insuffisance du matériel mis à ma 
disposition ne m'autorisait point à les tenir pour inexistants 
et à réunir les deux espèces qu'ils permettaient de séparer. 
C'est pourquoi j'ai dû, dans ma monographie du genre 
Kalanchoe, admettre l'autonomie du A\ amplexicaulis et en 
donner une diagnose nouvelle 1 basée sur l'étude de fragments 
des échantillons authentiques. Cette diagnose, qui précise et 
augmente la description originale, fixe, comme suit, les carac- 
tères distinctifs des K. campanulata et K. amplexicaulis : 

1. Baymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull, llh . 
Boissier, sér. 2, t. VII, p. 885 (1907) . 



STR QUELQUES KALANCHOK DE LA FLORE MALGACHE 



153 



A', campanulata, 



Lamina lineari-oblonga 

6-9 cm. longa. 
Inflorescentisaubcorymbiformis. 
Pedicelli quam corollae tubus 
iongiores 

15-20 in in. longi. 
Calyx 8.75-9. 50 mm. lg. ; 
segmentis deltoideis 
subacutis 
tam longis quam la lis. 
Carpella . . . oblongo-lanceolota 
stylis carpellis aequalibus. 

Squamae subquadratae, 
integrae, obtusae, 
tam longae quam latae. 



A', amplexicaulis. 



Lamina ovata 

1 ir-15 cm. longa. 
Inflorescentia corymbiformis. 
Pedicelli quam corollae tubus 
breviores 

10-11 mm. longi. 
Calyx 5 .25-5. /5 mm. lg. ; 
segmentis suborbicularibus 
abrupte mucronatis 
latioribus quam longioribus. 
Carpella. .. ovato-lanceolata 
stylis quam carpella paubim 
longioribus. 

Squamae semiorbiculares, 
leviter emarginatae, 
paulum longiores quam latiores. 



La comparaison de ce tableau et du précédent permet de 
se rendre compte que, si l'on excepte, en même temps que les 
différences de forme des bractées et des anthères, différences 
que je n'ai pas prises en considération, les particularités que 
Baker avait cru pouvoir tirer de la longueur proportionnelle 
du tube et des segments de la corolle, de la grandeur de cette 
dernière ainsi que de la forme de son tube, enfin du niveau 
d'insertion des étamines, particularités qui m'avaient paru 
inexistantes, et si, d'autre part, on ajoute aux caractères dif- 
férentiels signalés par le botaniste anglais ceux qu'il m'avait 
paru possible de tirer de la forme des carpelles et des écailles 
ainsi que de la longueur proportionnelle des carpelles et des 
styles, les caractères différentiels sur lesquels j'avais basé la 
séparation des A", campa nula ta et A", amplexicaulis sont prati- 
quement identiques à ceux que Baker avait utilisés dans le 
même but. Ce sont tous ces caractères que l'étude minutieu 
des échantillons authentiques me permet de critiquer aujour- 
d'hui. 



j RAYM0ND-HAME1 

Les feuilles, qui ont une forme identique dans les deux 
plantes, sont, dans l'une et dans l'autre, sessiles, oblongues, 
légèrement étranglées à la jonction du tiers médian et du tiers 
inférieur, obtuses au sommet, crénelées dans les deux tiers 
supérieurs, mais entières dans le tiers inférieur. Dans le h. 
amplexicaulis comme dans le K. campanulata, elles ont leur 
plus grand diamètre vers le milieu et, à partir de ce niveau, se 
rétrécissent peu à peu jusqu'à la jonction du tiers médian et 
du tiers inférieur, puis, à partir de ce point, s'élargissent peu à 
peu jusqu'au milieu du tiers inférieur, et, enfin, se rétrécissent 
légèrement à partir dudit milieu jusqu'à la base amplexicaule. 
Si. sur un des échantillons authentiques du K. amplexicaulis, 
elles sont un peu plus grandes que celles du spécimen original 
du K. campanulata, elles sont, sur un autre, non seulement 
de même taille mais même un peu plus petites que ces der- 
nières. 

Dans le A', amplexicaulis, comme dans le A', campanulata, 
l'inflorescence est nettement corymbiforme ; dans l'un comme 
dans l'autre, les pédicelles sont indifféremment un peu plus 
longs ou un peu plus brefs que le tube corollin. 

Les bractées, absolument identiques dans les deux pré- 
tendues espèces, sont, dans l'une et l'autre, oblongues, subob- 
tuses au sommet, un peu dilatées à la base, pourvues de bords 
entiers et plus hautes que larges. 

La longueur du calice varie en réalité de 4 à 5 . 75 milli- 
mètres dans le K. amplexicaulis et de 7.25 à 8.25 milli- 
mètres dans le K. campanulata ; mais, outre que ce hiatus est 
peu profond, il est comblé par de nombreux intermédiaires qui 
révèlent l'existence d'une série continue dont les extrêmes 
sont occupés non point par les chiffres ci-dessus, mais, d'une 
part, par ceux qui représentent la longueur du calice du K. 
panduriformis que nous savons identique au K. campanulata 
et, d'autre part, par ceux exprimant la longueur calycinale 
des échantillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie, échan- 
tillons qui appartiennent incontestablement à la même espèce. 
Cette série est la suivante : 



SLlî QUELQUES KALANCHOE DE LA FLORE MALGACHE 1 .*).' 



| 

3 



3 
S 
C 
X 



K. amplexicaulis Echantillons de M. Perrier 



î I l i I ) i ■ t i I I 

8.75-4-4.30-4.75-5-5. lo-J.2()-j.ùj-.).60-[>.7;>-:>.so-<5.20-r>.-2.j-6. 10-6.70-7.25-7.40-8.25-8.30 mm. 

■ | ■ ■ ■ ■ ■ ■ 

K. parviflora K. amplexi- 

caulis 

Quant à la différence tirée de la forme des sépales, il nie 
sortit de reproduire à ce sujet les observations que j'ai déjà 
faites à pfopos du A", parviflora, et de rappeler que dans le 
spécimen original du K. campanulata, de même que dans 
les échantillons récoltés par M. Perrier de la Bâthie, on 
observe souvent, sur un même individu, à coté des sépales 
subdeltoïdes, des segments calvcinaux largement ovés qui se 
rétrécissent peu à peu, à partir du niveau de leur plus grand 
diamètre, situé un peu au-dessous de leur partie médiane. 
jusqu'au sommet subobtus et pourvu en son milieu d'une 
brève cuspide. Ces segments calvcinaux sont absolument 
identiques à ceux du A', amplexicaulis, non seulement par leur 
forme mais encore par leurs dimensions relatives, car si ces 
derniers sont parfois aussi hauts que larges, ils sont le plus 
souvent un peu plus hauts que larges, absolument comme 
dans le A', campanulata. 

La corolle est identique dans les deux plantes. Dans l'une 
comme dans l'autre, le tube corollin est généralement campa- 
nule, mais nous avons constaté que quelques-uns des spéci- 
mens authentiques du A', amplexicaulis présentaient parfois. 
sur un même individu, des fleurs dont la corolle s'évasait 
depuis la base jusqu'au sommet et d'autres chez lesquelles elle 
se rétrécissait un peu dans sa partie supérieure. Comme je 
l'ai fait remarquer plus haut il faut voir dans ce dimorphisme 
l'influence de l'âge de la plante et peut-être aussi du degré 
de compression exercé sur ses (leurs au cours de la dessicca- 
tion. En tous cas. la présence, sur une même plante, de corolles 



1 56 



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campa nulées et urcéolées démontre irréfutablement l'insigni- 
fiance systématique de ce prétendu caractère distinctif. 

Quant aux segments corollins, peu importe qu'ils soient 
quelquefois émarginés dans le K. amplexicaulis, alors qu'ils 
sont toujours très obtus et brusquement cuspidés dans le A". 
campanulata ; peu importe, puisque les spécimens originaux 
du K. amplexicaulis présentent souvent, sur un même indi- 
vidu, ces deux modes de désinences ; peu importe puisque, 
par leur forme générale, les pétales sont semblables dans les 
deux plantes où ils sont toujours largement ovés et plus hauts 
que larges. La hauteur de la corolle peut d'ailleurs être con- 
sidérée comme pratiquement identique dans les deux pré- 
tendues espèces; elle varie en effet de 17.75 à 20.25 mil- 
limètres dans le K. campanulata et de 16.75 à 18.60 milli- 
mètres dans le K. amplexicaulis . Enfin la longueur propor- 
tionnelle du tube et des segments de la corolle est la même 

i , , , . tube corollin 

dans les deux plantes ; le rapport r^ — varie 

segments corollins 

en effet de 2.07 à 2.60 dans le K. amplexicaulis et de 2.19 

à '1. 16 dans le K. campanulata. 

Le niveau d'insertion des étamines ne diffère nullement 
dans les échantillons authentiques du K. amplexicaulis et 
dans ceux du K. campanulata. Dans les uns comme dans les 
autres, les filets staminaux oppositipétales sont soudés au 
tube de la corolle jusqu'à un niveau dépassant un peu le 
milieu de ce dernier. 

Les anthères, absolument identiques dans les deux plantes, 
sont, dans l'une comme dans l'autre, suborbiculaires-subré- 
nif ormes. 

Les carpelles, eux aussi, sont semblables dans les deux 
plantes, et, s'il est vrai que chez le K. campanulata ils sont un 
peu plus brefs ou de même longueur que les styles, alors que 
dans le K. amplexicaulis ils sont un peu plus longs que ces 
derniers, il est évident qu'on ne peut attribuer aucune valeur 
systématique à ce caractère qui est incontestablement arti- 
ficiel. 

Quant aux écailles, elles semblent un peu différentes dans 



SUR QUELQUES KALÂNCHOE DE LA FLORE MALGACHE 157 

les deux plantes. En effet, alors que, dans le K. amplexicaulis, 
elles sont un peu plus hautes que larges, subsemioblongues, 
légèrement émarginées au sommet, elles sont dans le A', cam- 
panulata, un peu plus larges que hautes, subquadrangulaires- 
subtrapéziformes, pourvues au milieu de leur sommet très 
obtus d'une petite crénelure obtuse ; mais j'ai déjà fait 
remarquer plus haut, d'une part que, chez de nombreux 
Kala?ichoe, les écailles étaient indifféremment obtuses ou 
émarginées et s'élargissaient en même temps que s'épanouis- 
sait la Heur, d'autre part que les matériaux récoltés par 
M. Perrier de la Bàthie m'avaient montré la variabilité de la 
désinence dans les écailles de notre plante. On ne peut donc 
prendre en considération la très légère différence que présente 
cet organe dans les échantillons authentiques du A', campa- 
nu la ta et du K. amplexicaulis. 

D'ailleurs une étude minutieuse de ces échantillons m'a 
démontré que tous leurs autres caractères étaient absolument 
identiques, non seulement au point de vue de la forme de 
leurs organes, mais même sous le rapport de la dimension de 
ces derniers. On pourra de plus se convaincre par la lecture 
du tableau suivant : d'une part, que les chiffres exprimant les 
dimensions absolues de chaque organe, dans les quatre pré- 
tendues espèces qui viennent d'être étudiées, forment une 
série continue et dépourvue de hiatus ; d'autre part, que 
chacune des séries, constituées par les chiffres représentant les 
différentes mensurations de chacun des organes d'une de ces 
espèces, ne forme point une entité autonome et caractéristique, 
mais (pie le plus souvent un ou plusieurs des chiffres qui la 
composent sont communs avec la série appartenant à l'une 
des trois autres espèces. 



158 



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NOTICE 

SUR 

A.-A. FAUVEL 



Albert-Auguste Fauvel naquit à Cherbourg en 1851. 
Dès son enfance, il montra un goût très vif pour l'his- 
toire naturelle. Fils d'un officier de marine distingué, il 
hérita, en outre, de son père de l'amour de la mer et des 
voyages. En 1872, à peine âgé de 21 ans, il entrait dans 
l'Administration des Douanes Maritimes Chinoises et 
partait pour la Chine où il devait résider de longues 
années. Il y dressa une carte détaillée de la Province 
du Shantung ', puis il eut la bonne fortune de découvrir 
et de décrire Y Alligator sinensis Fauvel, la seule espèce 
asiatique de ce genre que l'on croyait alors spécial à 
l'Amérique. 

Chargé, en 1880, d'organiser la section chinoise de 
l'Exposition Internationale des Pêches de Berlin, il fit 
une fructueuse croisière dans l'archipel des Chusan et 
eut ainsi l'occasion de réunir de précieuses collections 
de Poissons, Mollusques et Crustacés, dont plusieurs 
espèces étaient nouvelles, et un matériel de pêche indi- 
gène important. 

Revenu en France en congé, il épousa, en 1882, 
M Ufl M. de La Vaulx qui l'accompagna ensuite en Chine. 

1. Carte de la Province du Shantung. Paris, Lanée, 1877. 



166 NOTICE SUIt A. -A. KAUVEL 

Mais, au moment du bombardement de Fou-Tchéou 
par l'amiral Courbet, il quitta le service de la Chine et 
rentra en France où il ne tarda pas à être nommé 
Inspecteur des Messageries Maritimes, ce qui lui procura 
l'occasion de retourner plusieurs fois en Chine et de 
faire de nombreux et longs séjours en Orient, dans 
l'Inde, à Java, en Argentine, au Brésil, à Madagascar, 
à la Réunion et aux Seychelles. 

Les nombreuses collections de Zoologie, de Botanique, 
de Pétrographie, récoltées au cours de ses voyages, lui 
valurent le titre de Correspondant du Muséum de Paris. 

Sinologue distingué, il s'était fait, en outre, une spé- 
cialité des questions coloniales sur lesquelles il publia 
de très nombreux articles. 

Ayant enfin pris sa retraite, A. -A. Fauvel était revenu 
se fixer à Cherbourg, son pays natal. Il n'eut hélas ! 
guère le temps d'en jouir ; quelques mois plus tard, en 
novembre 1909, une mort prématurée l'enlevait à l'affec- 
tion des siens alors qu'il semblait avoir encore devant 
lui un long avenir scientifique. 

Indépendamment de nombreux articles dans les 
revues françaises et étrangères, les principaux ouvrages 
d'A.-A. Fauvel, relatifs à l'histoire naturelle, sont les 
suivants : 

Alligators in China. Royal Asialic Society, North 
China Branch, 13 déc. 1878. 

Chinese plants in Normand 'y. Ibid., Hong-Kong, 1884. 

Promenades d'un Naturaliste dans V archipel des 
Chusan. Mém. Soc. Nat. Sciences Natur. Cherbourg, 
t. XXII-XXIV, 1880. 

Catalogue des plantes recueillies aux environs de 
Tché-Fou par M. A- A. Fauvel déterminées par 



NOTICE SUR A. -A. FAIVF.L 167 

M. A. Franchet. In-8°, 21(> p., ibid., Cherbourg, 1884. 

La Province chinoise du Chan-Toung . Géographie et 
Histoire Naturelle. Rev. Quest. Scient, de Bruxelles, 
1890-91-92. 

Les Séricic/ènes sauvages de la Chine. Paris, Leroux. 
1895. 

Le mémoire sur le Cocotier de Mer devait faire partie 
d'un ouvrage considérable sur les Iles Seychelles, dont 
le premier volume, relatif à la cartographie', édité par 
ordre du Gouvernement des Seychelles, a seul paru, la 
publication ayant été interrompue par la mort de 
l'auteur. 

Je suis très reconnaissant au regretté D r Heckel d'avoir 
bien voulu faire paraître dans les Annales du Musée 
Colonial cette Monographie du Cocotier des Seychelles 
à laquelle mon frère aîné avait consacré tant d'années 
de patientes recherches et dont il avait tant désiré voir 
la publication. 

Pierre Fadvel. 

1 . Unpublished Documents on the History of the Seychelles Islands 
anterior to 1810, logether with a Cartography (in-8°, 417 p. avec Atlas 
de 38 cartes. Mahé, Seychelles, 1909). 



LE COCOTIER DE MER 
DES ILES SEYCHELLES 

(Lodoicea Sechellarum 
par A. -A. FAUVEL. 

CHAPITRE I 

N<»ms et histoire du fruit : 

1° d'après les anciens navigateurs: Ant. Pigafetta, 1519; 

Joào de Barros, 1553 ; Garcia de Orta, 1500 ; Jan Huygen 

van Linschoten 1579; 
2° d'après les naturalistes, poètes, voyageurs : Dalechamps, 

1587; Camoëns, 1572; Christophorus Acosta, 1593; 

Carolus Clusius, 1593-1605; Pyrard de Laval, 1002; Jean 

Bauhin 1619; Nieremberg, 1635 ; John Johnston, 1002; 

D. Chabreus 1677; François Redi, 1685; John Ray, 1681» : 

Pomet, 169iet 1735; L. Plukenet, 1696; Valeutin, 1732 ; 

Wormius, 1655; Samuel Dale, 1739; Weinmann, 1745; 

G. E. Rumphius, 1750 ; etc. 
Description et usages du fruit d'après ces auteurs. 

Le Cocotier de Mer des Iles Seychelles est un des arbres 
les plus rares et les plus curieux qui existent. En effet, on 
ne l'a jamais trouvé que dans une île et deux îlots de ce mer- 
veilleux archipel des Seychelles, situé au milieu de l'Océan 
Indien, à quatre degrés et demi au sud de l'Equateur, entre 
l'Afrique et les îles de Sumatra et de Java, l'Inde et Mada- 
gascar, et séparé de la côte la plus proche (celle de l'île de 
Madagascar) par 275 lieues de mer et des profondeurs attei- 
gnant plus de 3.600 mètres. Il n'y fut découvert, dans l'île 
Praslin, qu'en 1769, soit 27 ans seulement après la première 
visite de ces îles par Lazare Picaull en \~\2. La forme <t les 



| Jl A. -A. PÀUVEL 

dimensions extraordinaires de ses fruits; les nombreuses 
années qu'il leur faut pour arriver à maturité, la germination 
originale de ses graines; les dimensions de ses feuilles, dont 
il ne pousse qu'une par an; la taille du tronc, sa longévité 
étonnante, La forme curieuse de ses racines; la structure et 
le nombre extrêmement considérable de ses fleurs mâles ; 
tout, sans parler des légendes relatives à son habitat et des 
propriétés médicinales, longtemps attribuées à ses noix ; 
qu'on payait autrefois au poids de l'or, contribue à faire de 
l'histoire et de la description détaillée de ce végétal un sujet 
aussi instructif qu'intéressant. Plusieurs de ces particularités 
uniques dans la connaissance des végétaux, sont encore peu 
connues même parmi les botanistes. Aussi, après avoir eu 
l'occasion d'admirer plusieurs fois, aux Seychelles mêmes, ce 
magnifique palmier et ses fruits, nous n'avons pu résister au 
désir d'en connaître à fond l'histoire et la description. Nous 
les avons trouvées tellement curieuses qu'elles nous ont 
entraîné à condenser en un mémoire le résultat de nos nom- 
breuses et patientes recherches dans les bibliothèques et 
musées d'histoire naturelle. Ce travail, commencé en 1889 ' et 
achevé seulement cette année, grâce à la complaisance du 
gouverneur des Seychelles M. W. E. Davidson, et de nos 
correspondants dans ces îles, aussi bien qu'à Maurice, Ceylan 
et au Jardin Botanique de Kew, nous l'offrons aujourd'hui 
aux lecteurs et amateurs d'histoire naturelle coloniale. 

Nous commencerons par donner l'histoire et la description 
du fruit, d'après les anciens auteurs, qui ne connurent que la 
noix dépouillée de son enveloppe fibreuse, nous rapporterons 
les légendes curieuses au sujet de l'arbre que l'on supposait 
la produire. Nous raconterons ensuite la découverte du pal- 
mier de l'île Praslin sur lequel pousse ce fruit extraordinaire 
et y ajouterons les descriptions scientifiques qui en furent 
faites à l'Académie des Sciences, en les complétant par des 
travaux plus récents, dus à plusieurs voyageurs et naturalistes. 

1. Ce mémoire a été achevé en 1906 et représente donc 17 années de 
çcherches. (Note de la Direction.) 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 171 

Nous éluciderons, d'après nos propres observations et celles 
de nos correspondants scientifiques aux Seychelles et ailleurs, 
certains points restés obscurs jusqu'ici. Le tout sera terminé 
par une liste bibliographique aussi complète que possible des 
sources auxquelles nous avons pu puiser, tant imprimées que 
manuscrites. Enfin, un certain nombre d illustrations permet- 
tront au lecteur de comprendre plus facilement les descrip- 
tions un peu obscures des anciens écrivains. 

Ceci dit, entrons dans le corps du sujet. 

La noix double du Cocotier de Mer fut certainement connue 
des populations des îles Maldives, de Sumatra et de Java 
bien avant la date de la découverte de ces terres insulaires de 
l'Asie orientale. Leurs habitants, qui, de loin en loin, les 
trouvèrent portées sur leurs rivages par les courants de 
l'Océan Indien, frappés par leur forme singulière et leur 
grande rareté, leur attribuèrent, comme à tout objet rare, une 
valeur d'autant plus grande qu'on les trouvait plus rarement. 
Puis, considérant leur forme, ils s'imaginèrent, comme cela 
avait lieu en Europe au moyen-âge, que. suivant la théorie 
de Porta, dite des signatures, ces fruits devaient posséder 
des vertus médicinales en rapport avec leur forme, et leur 
valeur s'en accrut d'autant. Comme nous le verrons plus loin, 
les fragments de ces noix devaient guérir toutes sortes de 
maladies. 

Les nations d'Europe ne connurent ces noix qu'après la 
découverte du Cap de Bonne-Espérance, lorsque les naviga- 
teurs portugais entrèrent en relation avec les habitants des 
îles de Java, Sumatra et les Maldives. 

La première mention que nous en ayons se trouve consi- 
gnée, sous une forme quelque peu mythologique, dans l'his- 
toire manuscrite du premier voyage de Magellan, allant, par 
le détroit qui porte encore son nom, à la découverte des 
Indes. Cette histoire, écrite en italien par un compagnon de 
voyage du grand navigateur, le patricien de Venise Antonio 
Pigafetta 1 , se trouve aussi dans un manuscrit français de la 

1. Anthoine Pigaphete, patrice vincentin el chevalier de Rhodi 

l'illustrissime et tivs excellent seigneur de Villers de l'Isle Aden, inclito 



\1'2 A. -A. l'AlVEL 

Bibliothèque Nationale, dédié à Philippe de Villiers de l'Ile 
Adam, par le traducteur anonyme français. 

Voici ce qu'on y lit : « Aussi nous dirent les pilotz que au 
« dessoubs de Java, la grande, vers la tramontain au goulfe 
« de China (que les anciens appellent Sino Magno) se trouve 
« ung arbre très grand ouquel habitent oyseaulx dits Garucla, 
« tant grandz quils emportent ung beuf et un éléphant au 
« lieu où est l'arbre. Lequel lieu est appelé Puzzathar, 
« l'arbre Caiu paugganghi. Le fruit Bua paugganghî qui 
« est plus grand que ung concombre. Les Mores de Burne que 
« avions en noz navires nous dirent qu'ilz en avoyent veu 
« pour ce qu'on en avoit envoyé deux à leur Roy du 
« Royaulme de Siam. Aucun junche ny aultre barque ne 
« peuît de troys ou quatre lieues approucher du lieu de 
« l'arbre, pour les grandz oraiges deaux qui sont la autour. 
« Et la première fois que fut sceu de cest arbre fut ung junche 
« que par violance des ventz se gecta en cest endroit, ou fut 
« tout rompu et pery, et tous les hommes se noyèrent 
« excepte ung petit garson. Lequel si estant pris sur ung ais 
« de boys fut par miracle transporté auprès de cest arbre, et 
« estant monté dessus se mist sans s'en appercevoir soubz 
« une aille de lun de ces oyseaulx, et le lendemain alla en 
« terre, et ayant pris ung beuf ce garson sortit et s'eschappa 
« de dessoubz laille le mieulx qu'il peut. Et par cestuy on 
« sceut le tout. Et alhours les peuples voisins congneurent 
<( les fruictz qu'ilz trouvèrent par mer estre venus de cest 
« arbre. » 

Il était intéressant de chercher la signification des noms 
étranges donnés par Pigafetta à l'arbre et au fruit, et aussi la 
situation de l'endroit où il pousse. Nous avons donc, dans ce 
but, consulté le texte italien imprimé en 1800 à Milan pour la 
première fois sur un manuscrit de la Bibliothèque Ambro- 



grand maître de Rhodes, son seigneur excellentissime. Navigation et 
descouvrement de la Indie supérieure, faicte parmoy Anthoine Pigha- 
phate Vincentin chevalier de Rhodes (Rihliothèque Nationale. Manu- 
scrits, Fonds français n°5650, p. 90-91). 



le cocotier de mer des îles seyciielles 1 73 

sienne '. L'orthographe des noms propres diffère quelque peu 
de celle du manuscrit français, le texte étant presque exacte- 
ment le même quant au récit et à la description. L'arbre y est 
appelé Campauganghi (sans doute une erreur de l'écrivain 
ou plutôt de l'éditeur de 1800, Cam étant mis pour Caiu). 
Le fruit y est appelé Buapauganghi' c'est, à une lettre près, 
le nom du texte français qui a redoublé le g comme il a 
redoublé le z de l'italien Puzathaer pour le nom de lieu. 

La traduction anglaise, faite en 1894 par Lord Stanley' 2 , 
reproduit exactement les noms propres du texte imprimé ita- 
lien mais elle donne water-melon comme signification de an- 
guria (pastèque) ce qui est plus exact que le mot concombre, 
employé plus haut. 

Il est assez difficile d'identifier le pays appelé Puzzathar ou 
Puzathaer. Peut-être est-ce là un nom indigène ancien dési- 
gnant soit Sumatra, soit les Maldives, où furent trouvées 
pour la première fois les noix du Cocotier de Mer. En tout 
cas, les noms de l'arbre et de son fruit sont reconnaissables, 
en partie au moins, comme appartenant à la langue malaise 
dans laquelle Caiu (prononcez Caiou) signifié bois ou arbre, 
et Bua (Boua) veut dire fruit. Quant à pauganghi, il faut lire 
sans doute Pau janggi, que certains orthographient Pauh 
Janggi, Po Janggi, ou Pau sengi (d'après M. Sheat). Or, Pau, 
Pauh ou Po en bon malais est le nom d'une espèce de mangue 
sauvage. 

Pour ce qui est de ganghi=janggi=sengi, il est peut-être 

i. Primo Viaggio intorno al Globo Terracqueo, ossia Ragguaglio délia 
Navigazione aile Endie Orientai] per la via d'Occidente ta l la dal Cavalière 
Antonio Pignfetta, Palrizio Vicentino Sulla Squadra del Capit. Maga- 
<,dianes oegli anni 1519-1522. Ora pubblicato per la prima voila, trallo da 
un Codice Ms. délia Biblioteca Ambrosiana di Milano e corredalo di 
note da (Jarlo Amarefti Dottore del Collegio Ambrosiano, con un Tian. 
sunlodel Trattatodi Navigazione dcllo stesso Autore. In Milano MDCCC 
(1800),in-4°. pp. m-237, p. 174. Bibliothèque Nationale (i. 6513. 

2. The first voyage round the world by Magellan, translated Erom the 
account of Pigafetta . . . by Lord Stanley of Alderley, Hackluyi Society. 
1874,]). 155, et cité par le colonel Yule dans : Glossary of indiaa wordé 
and phrases. I.ondon. Au mot Coco de Mer, p. 2-7. 



17 i A. -A. PAUVEL 

d'origine arabe, s'il faut en croire le naturaliste Rumphius 
qui dit ceci en parlant du Coco de Mer : 

" Fructus itaque hic marinus duplex est major et minor. 

« Major est geminus, est Cocus Maldivicus Malayensibus 

« (dictus) Calappa laut, Boa Pausengi et Boa sengi quod il 1 i 
« pronuntiant Bootjungi », et un peu plus loin: 

« Flamines Aethiopes arbor ipsa iis dicitur Pausengi... 

<( Fructus vero hujus arboris vocant Boa pausengi vel Boa 
« sengi suntque nuces celebris istius Calappi marinac quae 
« contra undas sese élevantes aliquando in Javae et Solorae 

<( littore projiciuntur Sic quoque credo hosce flamines 

« verbum Pausengi audivisse ab Arabibus, atque arborem esse 
« crescentem in magno Indico mari, quod Africanam oram 
« Orientalem insulasque Majottos irriguât quarum incolae 
« vulgo Zangi seu Zengi. h. e. tosti Aethiopes vocantur, ubi 
« minor horum fructuum species reperitur quam postea des- 
<( cribemus 1 . » 

Buapausenghi signifierait donc : Fruit du manguier sauvage 
du pays des Zengi ou éthiopiens brûlés (noirs), et Rumphius 
était bien près de la vérité en plaçant dans la partie africaine 
de l'Océan Indien la patrie du Calappa laut ou Coco de Mer 
des Malais et Javanais. 

Par contre, nous n'avons pu trouver nulle part dans 
Rumphius le passage où, suivant l'anglais Skeat cité par 
Yule, il aurait correctement traduit Zangi par magie malaise 2 ? 
D'après ce même Skeat, Pauh Janggi ou Pau sengi est, 
jusqu'à ce jour, le nom donné dans tout l'archipel malais à 
l'arbre qui pousse dans le tourbillon central des océans, dit 
aussi le nombril des mers, suivant la mythologie de ces pays. 

Rumphius nous apprend encore que les Chinois appellent 
ce fruit Ilayja (Haï-ya) = Mer noix ou coco de mer, traduc- 
tion littérale du malais Calappa laut, coco marin, aussi connu 

i. Georgii Everhardi Rumphii. Med. Doct. Hanavensis Herba- 

rium Amboinense (MDCCL), Liber XII, cap. 8, p. 210-211. 

2. « Janggi, according to Rumphius, and he is quite correct, means 
Zangi, malay magie ». Yule, A Glossary of Indian Words and phrases, 
in-8°, London, 1893, au mot Coco de Mer, p. 227. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 1 7S 

dans l'Inde, nous dit Yule, sous le nom de « Daryas Nariyal 
or cocoa nut of the sea' ». 

Après Pigafetta, les premiers auteurs européens qui ont 
parlé du Coco de Mer sont naturellement les voyageurs por- 
tugais. Dès 1553, une allusion y est faite par Barros, qui, sans 
le nommer, fait pousser au fond de la mer ce fruit plus gros 
que le coco ordinaire, et dont les propriétés médicinales 
sont supérieures à la pierre de oezoar. En ell'et, après avoir 
parlé du cocotier ordinaire aux îles Maldives il ajoute : « A 
« fora estas arvores, que se eriam naquellas Ilhas sobre a 
« terra, parece que e tam viva a semente délias, que a natureza 
« alli repositon ; que em algûas, partes debaixo da agua sal- 
« gada nasce outro genero d'ellas, as quaes dam hum porno 
« maior que o coco; e tem experiencia que a seg'unda casca 
« délie a muito mais efticaz contra a peçonha, que a pedra 
« Bezoar 2 » 

C'est du reste ce que chantait le Camoëns, dès 1572, 
dans les vers suivants, où il ne nomme pas plus le fruit que 
Barros : 

Nas ilhas de Malclivas nasce a planta 

No profundo das aguas soberana 

Cujo porno contra o veneno urgente 

He tido por antidoto excellente (Lusiadet, X, 136). 

Un autre auteur portugais, Garcia de Orta, dans ses Dia- 
logues sur la pharmacopée de l'Inde, imprimés à Goa en 1563, 
nous entretient avec plus de détails du Coco des Maldives. 

Les passages du livre de Garcia de Orta 3 que nous allons 

1. Nous avons chercha en vain dans nombre d'ouvrages de botanique 
et de médecine chinois sans réussir à y découvrir la moindre mention 
du Haï -y a. 

2. Barros (Joâo de), Decadas da Asia.... decada terceira, livro terceiro, 
capit. vii, p. 311-312. Lisboa, Regia officina typograficà, 1777. 

:t. Garcia de Orta, Colloquios dos Simples e drogas e couzas medici- 
naes da India e assi de algunas fructas achadas nella varias cultividas 
qo Brazil] compostos pelo Doutor Garcia de Orta Phj sico del Rei I '• .l". r n> 
3" : Keita moscimami-nic pagina per pagina pela primeira impressa em 
Goa por Joâo de Endem no anno 1 503. Lisboa na impresa nacional, 
1872. 



I7(i A. -A. FAUVEL 

analyser nous apprennent, qu'à son époque le Coco de Mer 
s'appelait Coco des Maldives en Portugal, où on en avait reçu 
des noix rapportées des Indes par les navigateurs. D'après le 
témoignage de personnes dignes de foi, les noix et surtout 
L'amande riaient fort réputées dans ces pays comme un excel- 
lent remède contre les poisons, la colique, la paralysie, l'épi- 
lepsie et de nombreuses maladies nerveuses, contre celles des 
entrailles qui causent des vomissements. Elle prévient d'autres 
maladies quand on boit de l'eau conservée quelque temps 
dans la noix avec un peu de l'amande. Garcia n'ose affirmer 
que tout cela soit exact, car il n'en a pas fait l'expérience et il 
ne sait si le mieux ressenti par ceux qui s'en sont servis est 
dû à l'action du médicament ou à l'effet de l'imagination . 

Il décrit la noix comme plus noire et plus brillante que 
celle du coco ordinaire. Elle est aussi plus grande et ovale 
au lieu de ronde. L'amande intérieure est très dure, d'un 
blanc tirant un peu sur le jaune ; vers la partie centrale elle 
est fendillée et très poreuse. Elle n'a aucun goût marqué. En 
médecine, on en mélange un poids de dix grains de blé avec 
du vin ou de l'eau. 

Il ne donne pas les dimensions de cette noix mais il dit qu'il 
en a une de la contenance de sept chopines (sete quartillios). 
On en trouve d'ailleurs de très grandes et de petites rejetées 
toutes par la mer sur le rivage. Garcia continue en disant 
que : d'après la croyance populaire, les îles Maldives faisaient 
autrefois partie du continent (de l'Asie), mais elles en 
furent séparées par une inondation marine. Dans ce cata- 
clysme les palmiers porteurs de ees noix furent ensevelis sous 
la terre et les eaux, et c'est pour cela qu'elles sont devenues 
aussi grandes et aussi dures que nous les voyons. 

Comme personne n'a encore pu voir les troncs ouïes feuilles 
de ces palmiers, il n'est pas facile de dire s'ils appartiennent 
ou non au même genre que ceux que l'on connaît. D'après ce 
que l'on sait de la structure des noix et de leurs propriétés 
diverses, ces arbres doivent appartenir à une autre espèce que 
le cocotier commun. Les noix sont généralement réunies deux 
à deux, ce qui leur donne l'apparence de fesses d'animaux 



LE COCOTIER DE MËR DUS ILES SÈYCHÈLLES 177 

(arcos de bésta), mais on les trouve aussi quelquefois séparées. 
On en tire l'amande comme on tire celle des cocos ordinaires 
pour la sécher et l'aire le copra, mais (au contraire de celle-ci) 
elle devient très dure et la partie interne prend l'apparence 
de très bons fromages de brebis. Un Portugais qui connaissait 
fort bien les Maldives et lui a donné ces informations a ajouté 
que toute personne qui trouve ces noix sur le rivage doit, 
sous peine de mort, les apporter au roi. C'est pour cela qu'elles 
ont une si grande renommée. 

Le roi des Maldives gardait ces précieuses noix pour en 
faire des présents aux grands du pays ou aux souverains 
étrangers, ainsi qu'on le trouve consigné dans le livre des 
voyages du navigateur hollandais Jan Huygen von Linschoten 
aux Indes Orientales, fait en 1579. Parlant des noix bonnes 
contre les venins qu'il vit à Ceylan il dit : 

« De ces noix v en a aucunes fort estimées entre toutes les 
« noix d'Inde pour la vertu qu'on tient qu'elles ont contre les 
« venins, lesquelles sont fort grosses et belles et de couleur 
(( noire. J'en ai vu présenter au viceroy de l'Inde qui estoient 
(( chacune de la grandeur d'un pot de mesure, estimées de la 
« valeur de trois cents pardauves ' quiestoyent gardées pour en 
« faire un présent au Roy d'Espagne. De cet arbre et de ses 
« fruits sera parlé plus amplement cy-après 2 . » 

Cette promesse ne semble pas avoir été tenue, car malgré 
toutes nos recherches, il nous a été impossible de trouver les 
informations complémentaires annoncées. 

Les Dialogues de Garcia de Orta furent promptement tra- 
duits. Ce fut d'abord en latin par Charles de l'Ecluse, plus 

1. Pardauves = Pardaw ou Pardawes ou Pardaus. Xeraphius = Pardao 
d'Ouro. Cette monnaie portugaise valait du temps d'Albuquerque 
trois testons de Portugal, soit :}70 Hcis actuels ou environ 1 shilling 6 
pence 1 2 de monnaie anglaise actuelle. (Triait une pièce d'or de l'Inde 
Occidentale, changée plus tard à Goa en monnaie d'argent [Yule, Glos- 
sary, etc au mot Pardauve). 

2. Histoire de la navigation de Jean Hugues de Linscot Hollandais, et 

de ses voyages aux Indes Orientales à Amsterdam MDCX 1610), 

■ Us iles dénommées Maldives, cha p. XIII, page 30. (Il était parti du Texel 
en 1 570.) 

Annales ilu Musée colonial île Marseille. 3' m rie. 3" vol. 191 . 13 



I7S A. -A. FÀÙVEL 

connu sous son nom latinisé de Carolus Clusius ou Clutius. La 
date de la première édition de son livre doit être antérieure 
à l. v >87 puisque Dalechamp le cite dans son Historia genera- 
lis pla.nta.ru m, parue cette même année 1587 1 , comme ayant 
vu à Lisbonne et en autres lieux des vases faits du Coco des 
Maldives. Nous avons retrouvé ce passage en note au bas de 
la page 110 de la 4 e édition de Clusius imprimée a Anvers en 
1593 2 , parlant du Coco des Maldives il dit: d. « Yidimus vas- 
« cula ex hoc cocco de Maldiva confecta Ulyssipone (Lis- 
<< bonne) tum aliis locis, oblongiora plerumque iis quam quae 
« ex vulgari cocco parantur, et nigriora nitidioraque. Sed et 
« ipsam medullam siccatam Ulyssipone venalem reperias, 
« cujus l'acultates mirificeextollunt, atque omnibus fere alexi- 
« pharmis praeferunt : eamque ob causam magnum ejus 
« pretium. Quàm verô parum fidei sit adhibendum hujusmodi 
<( fabulosis et commenticiis facultatibus, Auctor noster satis 
« déclarât. » 

On voit par cette note que la vertu médicinale de l'amande 
de ce coco était connue même au Portugal. Dans l'édition de 
1605, une belle gravure (Planche I) nous montre une aiguière 
en argent ayant la forme d'un oiseau à queue de serpent dont 
le corps est formé par une moitié de coco des Maldives. 

C'est la première représentation du Coco de Mer que nous 
ayons encore pu trouver ; malheureusement on ne peut guère 
se faire une idée de la forme exacte de ce fruit, la gravure ne 
laissant voir à travers les ornements d'argent qu'une bien 
faible partie d'une moitié du coco. A côté, le graveur a repré- 
senté un petit fragment de l'amande à une échelle légèrement 

1. Dalechamp, Historia generalis plantarum, 2 vol. in-folio, Lugduni, 
MDLXXXVII (1587), vol. 2, p. 1702 = Denucè indira. 

2. Aromatum et simplicium aliquot medicamentorum apud Indos 
nascentium Historia primum quidem lusitanien lingua SiaXoyixwç cons- 
cripta à 1). Garcia ab Horto proregis Indiae medico ; deinde latino ser- 
mone in Epitomen contraclus et iconibus ad vivum expressis locuple- 
tioribusque annotationibus illustrata a Carolo Clusio Atrebate. Quarta 
editio. Castigatior et aliquot locis auctior. Antwerpiae, ex Officina Plan- 
tiniana apud viduam et Joannem Moretum, MDXCIII (1593). Liber I, p. 
102, De nuce indica, p. 107-110 note d. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELI.I.S 179 

réduite, mais qui n'est pas plus indiquée que celle de 
l'aiguière. On peut déduire du texte, qui lui donne comme 
dimensions 14 pouces de longueur sur 7 de largeur, qu'elle 
était faite d'un petit échantillon de noix drs Maldives dont 
les beaux spécimens atteignent jusqu'à 50 centimètres de 
longueur sur 24 de largeur pour la demi-noix. 

La note d de l'édition de 1593 est complétée par ces mots 
dans celle de 160o : 

« Longé autem reliqua vascula ex simili cocco confecta 
« magnitudine superabat illud quod argento inciusum in 
« praetoria illa navi MDXCII ab anglis occupata repertum 
« est, longum enim erat quatuor et decem, latum septem, 
« ovalis infernà parte figurae superne paullo planioris, latere 
« dextro magis rotundum et tumens, externae parti calcei pedi 
« inducti paenè instar, color qualis in cocco vulgari laevi- 
« gato et expolito. Illius iconem qualem Jacobus Garetus ad 
« ipsius vasculi normam expressam ad me mittebat hue intu- 
« limus '. » 

Ce texte nous éclaire, un peu plus que la gravure qu'il 
accompagne, sur la forme de la moitié seulement de la noix 
des Maldives. On s'en rend cependant encore difficilement 
compte. Quant aux qualités de l'amande, Dalechamps ajoute 
ce qu'aucun auteur ne nous a encore appris : 

« Medulla sive nucleo recenti cum carne et piscibus ves- 
cuntur non aliter quam nos pane nec amygdali dulcis sapori 
cedit. » C'est d'ailleurs une erreur. En effet, à cette époque 
on ne connaissait encore que le fruit flotté, c'est-à-dire déjà 
vieux et à demi décomposé par l'eau de mer à la suite de son 
long séjour dans l'onde amère. L'auteur le confond évidem- 
ment avec le fruit frais du cocotier ordinaire dont la jeune 
amande constitue un mets très agréable. D'ailleurs, celle du 
jeune coco de mer est absolument insipide, comme nous 

I . Caroli ('.lui ii Alrebatis aulae Caesareaequorul;mi familiaris Exotica- 
rura libri decem quibus Animalium, Plantarum, Aromatum Aliorumque 
peregrinoriiin Fructuum historiae describuntur item Pétri Belloni 
observationes. Ex officina Plantinianâ, RapheleDgi, L60S. 1 sol. in-folio. 
Liber I, Arumatuni hisloriae, pp. 190-193. 



180 A. -A. FAUVE I. 

l'avons constaté noué-même, et elle ne peut être consommée 
que sur place, car elle se gâte très rapidement 

Mais d'où venaient ces noix mystérieuses, c'est ce qu'on 
ne savait pas encore à l'époque des historiens et naturalistes 
que nous venons de citer. Un voyageur français, Pyrard de 
Laval, qui partit le 20 mai 1601 de Saint-Malo pour les 
Indes Orientales et fit naufrage l'année suivante (juillet) sur 
l'île Pouladon de l'archipel des Maldives, va nous renseigner 
à sa façon sur cette question 1 . Ayant passé plusieurs mois 
dans ces îles, il y apprit quantité de choses intéressantes, 
consignées dans la relation de son voyage, parue en 1615 à 
Paris. Voici ce que nous y trouvons concernant le Coco dit des 
Maldives : « Isle étrange à découvrir. Quelque temps après 
« le Roy envoya par deux fois un très expert pilote pour 
« aller découvrir une certaine isle nommée Poulloys, qui 
« leur est encore presque inconnue... Ils ont opinion que ces 
« gros cocos médicinaux, qui sont si chers là, en viennent. 
« D'autres pensent que c'est du fond de la mer. » 

Pour ce qui est du coco des Maldives, voici ce qu'il en dit : 
« L'ambre gris appartient au Roy et nul n'oserait le retenir 
« qu'il n'eût le poing couppé. Il en est ainsi dune certaine 
« noix que la mer jette quelquefois à bord, qui est grosse 
« comme la teste d'un homme, qu'on pourrait comparer à 
« deux gros melons joints ensemble. Ils la nomment 
« Tàvarcarré et ils tiennent que cela vient de quelques arbres 
« qui sont sous la mer. Les Portugais la nomment Cocos des 
« Maldives : c'est une chose fort médicinale et de grand prix. 
« Souvent à l'occasion de ce Tàvarcarré ou bien de l'ambre 
« gris et noir (qu'ils appellent gomen ou meunare quand il 
« est préparé) comme il s'en trouve aussi, les gens et les 
<( officiers du Roy maltraitent de pauvres gens quand ils 
« les soupçonnent d'en avoir trouvé et même quand on veut 
« faire déplaisir à un homme, on luy impute et on l'accuse de 

1. Voyage de (François) Pyrard de Laval, contenant sa navigation aux 
Indes Orientales, Maldives, Moluques, etc., divisé en trois parties par le 
Sieur Du Val, géographe ordinaire du Roi. Nouvelle édition. Paris, 
M. DC,LXXIX(1679), 1 vol. in-4°, Impartie, chap. XXI, p. 212. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 181 

« cela, comme on fait ici de la fausse monnoye, afin qu'il en 
(( soit recherché : et quand quelqu'un devient riche tout à 
« coup et en peu de temps on dit communément qu'il a 
<( trouvé du Tavarcarré ou de l'ambre comme si c'était un 
« thrésor » 

L'île Poulloys serait-elle les Seychelles ? C'est ce que le 
colonel Yule incline à croire. A notre avis, la position de dix 
degrés au sud de l'Equateur, qu'elle occupe d'après le pilote 
des Maldives, et les tourmentes qui la désolent, ainsi que les 
maladies qui firent périr ses hommes, sans parler des maléfices 
des diables qui l'habitent, tout cela se rapporterait beaucoup 
mieux aux Comores. Celles-ci sont en effet par 11° Sud dans 
la zone des cyclones et leur climat est des plus insalubres, et 
l'une d'elles au moins possède un volcan en activité, aussi 
sont-elles souvent bouleversées par les tremblements de 
terre, d'où les craintes superstitieuses des habitants des 
Maldives à leur endroit. 

Pour ce qui est du nom donné aux Maldives au coco de 
mer et que nous trouvons mentionné pour la première fois 
par Pyrard, voici comment Yule, ayant cité en partie ce pas- 
sage, l'explique : 

Tavarcarré = Tava-karhi : karhi means Coco-nut. Properly 
it is Tava'karhi =the hard shelled mit 1 . 

Continuant nos recherches dans les ouvrages scientifiques 
du commencement du XVII e siècle, nous trouvons pour la pre- 
mière fois dans l'histoire générale des plantes de Jean Bauhin 
et de J. H. Cherler, imprimée en 1619, un dessin des deux moi- 
tiés séparées d'un coco des Maldives, on dirait deux gros 
haricots et l'on ne se rend pas encore bien compte de la forme 
du fruit entier. La description qui accompagne la gravure 
est empruntée pour une partie au texte de Garcia de Orta, 

1. Yule, Glossary of . . . . etc., citant Gray ou Pyrard de Laval. Ilack- 
luyt Society, au mot Coco de Mer. On trouve encore à Ceylan le 
noms suivants pour ce fruit : Dyria kanaril; Kadil tagingai ; Sumatrapoo 
tainkaya. (Vide Le Naturaliste, Revue illustrée des Sciences naturelles, 
XIII' année, 2° série. 1 er janvier 1891, p. 14-lo, le Lodoicea Seychel- 
larum.) 



182 A. -A. FAUVEL 

aussi uiiiis ne citerons que celle qui nous renseigne un peu 
plus que ce! auteur. 

« I lu jus cocci medullae fragmento nos donavit Illustr. 
« noster Princeps : fungosum est, eà consistenciâ quam 
« videmus in fungis nucum, colore foris in luteo cinereo, 
« intus pallido, (ibris variatum subinde ferrugineis et croceis, 
« gustu insipide Intégras autem duas nuces apud euradem. 
« 111. nostrum principem vidimus Stutgardiae, nuce seu 
« Gocco indico majores, longiores, admodum capaces ; pedem 
« sunt longae, rotunditatem vix duabus manibus amplecti 
« poteramus ; pars compressa erat sex uncias lata, in quâ 
(( amplum i'oramen apparebat ab alio fructu separatum, ita 
« ut gemellus fuerit fructus, conjunctorum fructuum ingen- 
« tem fuisse magnitudine apparebat. Utriusque capacitas erat 
« insignis : cortex durus et spissus, qualis aliis nucibus, 
« externe striis obliquis, longis, excavatis, colore nigro : 
« pulsatus ollae modo resonans. Sic corticem etiam villosum 
« habet, ut aliae nuces Indicae, praegrandem fructum esse 
« oportet capiteque humano majorem multô : foramen 
« tantum est, ut pugnus inde possit. Dicuntur CG (ducentis) 
« aureis gallicis emptae. Ejus ieonem geminam damus 
(( utramque faciem ostendentem. >> 

<( Acosta testatur hanc nigriorem, nitidiorem, longiorem, 
« majoremque esse quam vulgata Nux Indica, Coccum de 
c Maldiva vocat idem ex Vers. Clus. Garcias verô Coccum de 
« Maldiva. Item Coccus de Maldiva Hist. Lugd. Et rursus in 
<( append. (ne ei deesset numerus) Coccus de Nalediva eidem. 
« Grana maldivana : Nuces Maldivanae : Cocci di Maldiva. 
« Aein frombde purgiriende Frucht Catal. Francofurt. 

« Sed cur purgantem fructum Germania vocet nescimus. 
« Nec placet tam magnum fructum grani nomine vocari l . 



1. Joh. Bauhini. D. ill. Cels. Wirtemb. archiatri et Joh. Hen. Cher- 

leri Basil D. Phil. et Med. Historiae Plantarum nove et absolutiss 

Prodomus quivelut in Sciagraphia quadam... Ebroduniex Typographia 
Societatis Caldorianae. Anno M.DG.XIX. (1619), 1 vol. in-4°, Liber III, 
p. 11, Nyx indica ad venena celebrata sive Coccus Maladiva,, 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 183 

(( Vires et usus. » Il cite ici intégralement le texte de 
Garcia puis il ajoute : 

« Fiunt in eam gratiam ex illo pocula quae auro vel 
« argento excipiuntur et in navium triremiumque figuram 
« efformantur, ad aquam bibendam in quam ex catenula 
« medullae ipsius cocci fragmentum pendere sinunt : sibique 
« certo persuadent illis qui aquam ex his poculis hauriunt 
« nullum venenum nocere posse futurosque immunes a nullis 
'< [multis] morbis in quos sanè memini multos incidere qui ex 
(( iis poculis bibere soliti erant. Et licet omnem diligentiam 
« adhibuisset Costa, nunquam tamen observare potuit similia 
« pocula aliquem ex morbis curare ad quos utilia esse 
« creduntur. Potius igitur arbitra tur et is tantam Laudem 
« obtinuisse a vulgi opinione. 

« Nonnullos ex hujus modi vasculis bibere solitos sibi 
« aftirmasse ait seu experientia didicisse jecur incendi, renés 
« noxam contrahere et calculum generari : nihilominus 
(( tamen magnum esse eorum pretium longé que pluris 
« aestimari iis locis ubi inveniuntur, quam aliis procul inde 
« dissitis : nam interdum ejusmodi nuces nudas, neque auro 
« aut argento exornatas L (quinquaginta) aut amplius aureis 
« nummis aestimari 

« Paludanus quoque a se tentatum, an contra venena 
« aliquid posset tradit sed nullo successu '. » 

Gomme on le voit, on ne se rendait pas encore bien compte 
de la forme du fruit entier. Quant aux vertus et aux défauts 
dudit coco et de son amande au point de vue médicinal, on 
commençait à n'y plus croire, Paludanus les ayant essayés 
en vain. Gaspar Bauhin, en 1623, cite Garcia, Acosta et 
Linscbot, sans nous apprendre rien de neuf-. Il en est de 

1. Historia Plantarum universalis auctoribus Johanne Bauhino 
archiatro, Joli. Henrico Cherlero Doctore Basiliensibus quam recensuit 
et auxil Dominions Chabraeua D. Genevensis, juris vero publici fecit Fr. 
Lud. A Graffenried l>ns in Gertzensee. Ebroduni clo. I >. <l . 1650), 
\ vol. in-folio, t. I, Liber III, cap. CLXXIX, p. 384. 

•J. Pinax Theatri Botanici Caspari Bauhini 9ive Index in Theophi 
Dioscoridi6 Plinii cl Hotaniconim qui a seculo scripserunl opéra 
M.DC.XXII1 Basileae Helvet. sumptibus et Typis Ludovici Régis, I vol. 
ia-4°. Liber XII. Bect, VI, |,. 509, col. I. 



I Si A. -A. IAI \ Il 

même du père Eusèbe Nieremberg en 1635 1 . 11 semble 
ignorer la monographie aussi complète qu'on pouvait alors 
l'écrire sur ce fruit curieux et qui avait paru l'année précé- 
dent»' à Amsterdam, sous forme d'un petit opuscule in-4°, 
de .*>7 pages illustrées de 10 gravures sur bois et due à la 
plume du médecin hollandais Augerius Clutius '-' '•. 

L'une de ces gravures (PI. II, lig. 1 ) représente pour la 
première fois en grandeur naturelle (33 centimètres de long 
sur 27 de large), et hors texte, une noix de coco des Maldives 
ou plutôt une coupe bilobée et polie formée d'un fruit de cet 
arbre. Cinq autres gravures également sur bois et à petite 
échelle sont intercalées dans le texte du chapitre IX et repré- 
sentent aussi pour la première fois la noix entière ou section- 
née de façon à bien faire comprendre sa forme à l'état naturel, 
tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. L'échelle n'étant pas indi- 
quée on ne peut se rendre compte des dimensions de la noix 
qu'en consultant le texte où elles sont données. A la fin de 
l'ouvrage, l'auteur donne en annexe (Paralipom seu praeter- 
missum) deux gravures montrant un fragment de l'amande et 
un de l'écorce interne placée entre cette amande et la noix. 

II figure aussi, sans doute en grandeur naturelle, le germe 
du coco ordinaire et celui du coco des Maldives, d'après des 
échantillons à lui donnés par D. Samuel Blommert, probable- 
ment quelque navigateur. La noix ouverte est dessinée en 
grandeur naturelle d'après la coupe en possession de l'amiral 
Wolphard (Harmansen). 

1. Johannis Eusebii Nierembergi, Madritensis ex Societate Jesu in 
academiâ regia madritensi Physiologiae professons Historia Naturae 
maxime peregrinae LibrisXVI distincta(l vol. in-folio). Antwerpiae, ex 
Offlcinâ Plantinianâ, Balthasari Moreti, M.DC.XXXV Liber XIV, cap. IX, 
pag. 298. De Cocco Maldivensi. 

2. Augeri Clutii M. D. Opusculum. De Nuce Medica. Amstelodami, 
typis Jacobi Charpentier, anno 1634, 1 vol. petit in-4° avec figures. 

Se trouve aussi imprimé avec un second opuscule sur l'Ephémère sous 
le titre : 

3. Augeri Clutii M.D. Opuscula duo singularia. 1° De Nuce Medica. 
2° de Hemerohio sive Ephemero insecto. 1 vol. petit in-4° avec figures. 
Amsterodami, Typis Jacobi Charpentier, anno 1634. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 18o 

L'ouvrage est aussi complet que possible puisqu'il prétend 
contenir tout ce qu'on connaissait alors sur ce sujet : 
« Opusculum in quo Medici, Physici, Ilistorici, Politici, Critici 
exercitium suum invenient », comme l'annonce le titre. Il n'a 
pas moins de trois pages de préface, trois d'avis au lecteur. 
Douze sont consacrées à l'index ; une à ce que nous appelons 
aujourd'hui la Bibliographie : « Nomina eorum quorum opéra in 
utroque opusculo adjuti fuimus». Nous y relevons, pour ce 
qui a trait au Coco des Maldives, non seulement les noms 
des écrivains qui en ont parlé, mais aussi ceux des personnes 
qui possèdent des échantillons de cette noix ou qui lui ont 
procuré des renseignements ; ce sont : Laurentius Realius 
Eques et Senator ; Jacobus Speccius Ind. Or. generalis quon- 
dam ; Godefridus à Clermont, civis Harlemensis possessor 
geminali cocci ; D. Bontius P. M. Indicarum Plantarum 
quarundam et autor [sic] ; Johannes van Maerle, jocularius 
Amsterodamensis, scyphi in India argento excepti ex Coco 
Medico possessor ; Samuel de Bendana, Lusitanus mercator 
duos Antwerpiae quondam argento munitos usuique aptatos 
habet ; Johannes Tradescantius Regiae Majestatis Angliae 
Botanicus, dimidiam nucem habet. 

L'ouvrage intitulé : Catagraphus Cocci Maldivensis Tavar- 

care est dédié comme suit: D. Wolfnrdo Harmans 

Thalassiarcho. . . dati et consecrati anno do. Io. cL. (1650). 
Une page de compliments adressés à « Gothofredo Clermontio » 
est datée «23 sept 1 ' 18 163i» et signée « T. Augerius Clutius». 

Les pages 1 à 60 comprennent XV chapitres que nous 
allons analyser. Lechap. I, au-dessus duquel on lit: Historiae 
Cocci de Maldiva seu Nucis Medicac* Maldivensium, n'est, 
suivant les habitudes de l'époque, qu'un long discours sur 
l'invention des médicaments « immensum beneficium Dei ». 
« Pharmaca exotica a Nautu nostro orbi illata sunt et Nucis 
Medicae primatus. » 

Le chap. II contient une longue description des Maldives 
sur les rivages desquelles les flots rejettent l'ambre et la 
Nux Medica qu'on ne trouve que là. Il cite Barros et Acosta. 

Au chap. III, il rapporte les fables concernant l'origine de 



186 A. -A. FACVEL 

la noix et ce que nous a appris Pvrard de Laval sur l'Ile 
Palloys (sic pour Poulloys). 

Au chap. IV, il décrit la noix : « Nux Medica gemina semper 
« qualiiiguraet dividi nequit propter vincula. MedullaN. Med.- 
« tegit interiora utriusque putaminis, ejus forma rotunda seu 

« fabacea. . .. Nucleum N. Med. tunicae quaedam tutantur 

« Totus nucleus non excernitur, ubi scyphus inde fabricatur, 

.-< pars relicta in duritiem ipsius Cocci vertitur N. Med. 

« adaperta exprimit cymbia duo et usUs interno et externo 

« appiicatur, medulla ex catenulâ aureâ appenditur 

« Poculi gemini ex Nuce Medicâ extremitates nisi auro con- 
« jungantur ad usum inhabiles Pixidis vicem aliquando 
« supplet — Scyphus ex N. Med. remédia plurima contra 
« morbos habet. — Nucis expolitae putamen naturali caela- 
« tura dotatum, color cujus ex nigrosaturatus. — Magnitudo 
« a melonum majorum specie et magnitudine non recedit. 
« Modus poliendae nucis oleum in poliendâ nuce noxium. » 
Il faut employer pour la polir du tripoli et de l'eau, car 
l'huile lui fait contracter une mauvaise odeur. Nous n'avions 
encore trouvé cette donnée nulle part. 

Dans le chap. V, l'auteur, qui l'intitule Catagraphus Nucis 
Medicae, nous raconte comment, vers la fin de son règne, 
l'Empereur des Romains Rodolphe II offrit à la famille de 
l'amiral Wolfert Hermanssen ' de lui céder pour une somme 
de 4.000 florins d'or (environ 80.000 francs) la noix de coco 
des Maldives que celui-ci avait reçue en présent du roi de la 
ville de Bantam (à Java) comme remerciement pour le cou- 
rage qu'il avait montré en 1602 lorsqu'il délivra cette ville 
assiégée par les Portugais. Cette noix était cependant incom- 
plète, comme le montre la gravure. Clutius explique, en effet, 
que le roi de Bantam en avait fait enlever au préalable la 
partie supérieure pour ne point offenser la pudeur du noble 
amiral. 



1. Wolphard Harmans ou Wolfart Hermanzen, suivant Yuje, loc. cit. 
On le trouve ailleurs écrit Wolfart Ilarmen?, 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 1 87 

Il décrit ensuite les diverses formes de noix, tant entières 
que coupées par le milieu dans le sens de la longueur. 

Le chap. VI est une série de considérations d'après Cl. 
D. Realius, surtout au point de vue médicinal et au sujet de 
son origine probable. En somme, un tissu d'erreurs et de 
fables attribuant à ce coco une origine sous-marine, et à 
l'amande et au germe transformés en pierre des propriétés 
curatives. 

Le chap. VII ne nous apprend pas grand'chose d'intéres- 
sant sinon qu'en 1614 Speccius ' et Coenius virent ce coco à 
la cour du rajah de Bantam. Coenius essaya en vain de s'appro- 
prier quelques parcelles de l'amande que ledit roi était en 
train de retirer d'une noix pour s'en servir comme d'un médi- 
cament précieux contre les poisons, la fièvre, etc. Il fabriquait 
avec les fragments de la coque diverses sortes de vases et 
cuillers, « caliculis, scyphulis, cochlearibus », en somme ce 
qu'on appelle aux Seychelles la vaisselle de Praslin. Speccius 
finit par obtenir un petit coco: «Speccius.... minutulum 
« Coccum Maldivensem conquisivit, sed a nostro differen- 
« tem. Specciani cocciovi anserini magni testa scabra, crassa. 
« color saturatus, odor fragrans (?) sapor amaricans ossea 
« durities. Speccius proprio satu Plantarium vulgarium Coc- 
« corum adornavit. » Cette description nous fait supposer 
qu'il s'agit là d'une autre espèce de noix. 

Le chap. VIII ne contient rien d'intéressant, c'est une 
série de digressions à la mode du temps qui n'ont rien à 
faire avec notre étude. 

Le chap. IX, par contre, est le plus curieux de l'ouvrage 
parce qu'il est orné des cinq figures déjà citées qui nous per- 
mettent de nous former, pour la première fois, une idée assez 
exacte de la noix vidée de son amande. Le texte complète 1rs 
figures et les explique. La figure A représente une noix 
ouverte par une section à travers les deux lobes, dans le sens 
de sa longueur ; en B, on voit le dos de cette menu- coquille, 

1. Jacob Spex et Jean-Pierre Koen, deux chefs nobles envoyés par le 
préfet Pierre Bootb, 



188 A. -A. 1 Al VI I. 

un liait ponctué indiquant la partie enlevée : « Sessilem et 
« summam partem exhibet, quae sensim déclinât in modum 
o interfeminei, facie oculis pudicis aspicienti horrida. ...» 

Il n'a fait représenter, ni dans cette ligure ni dans la précé- 
dente, l'ouverture qui donne passage au germe et il semble 
attribuer à la noix deux autres trous comme dans le coco 
ordinaire : « Dein spiracula duo consideranda esse lateraliter 
« in parte hac punctulis annotatae et suprema regione locata 
« quae ceteris paribus magnitudine etiam non superant vul- 
« gariorum coccorum spiracula. Ea ad scyphum consoli- 
« dandum obturantur, quod videre est in minore Cymbio mal 
« divensi honestissimi mercatoris Samuelis de Bendana qui 
« duo possidet ab artifice quondam Antwerpiensi argento 
« affabre investita. Tertium verô non est praetereundum, 
« in intégra Maldivensi nuce colliculum quasi Veneris, 
« foemineae pubis faciem dextrè aemulari quae serrae moli- 
« mine transadacta deperditur. » 

La fig. C montre l'autre face de la noix entière. 

De la fig. D, il dit : « Dimidiatum Coccum ad schyphi (sic) 
usum omnibus numeris concinnum ostendit parte sinistra 
oui si jungatur dextra apprime referunt par Calceorum 
rusticorum e faginâ materie id est een paer Hulften of 
Clompen. » 

Pour E, il ajoute qu'elle montre le dos de la coquille vue 
en D par l'intérieur. 

Dans le chap. X, Glusius rapporte ce que Garcia de Orta et 
les médecins portugais ont dit. Parlant de l'amande, qu'on 
fait sécher comme celle du coco ordinaire ou copra, il dit 
qu'elle devient dure comme de la corne et qu'on la vend fort 
cher à Lisbonne ainsi que la noix entière. 

Du chap. XI, qui est fort long, nous ne citerons que ce 
qui n'a pas été encore dit ailleurs et qui intéresse notre sujet : 
« Putaminis rasura insipida est, sine odore sine ullâ quali- 
« tatis repugnantia. . . . Nucis Med. putaminis instar ebeni 
« ater ut vulgaris aetate et tinctura ater redditur. . . . Nux 
« est frigida - temperamento. . . . Nucis M. integumentum 
« internum non minorem Leptomeriae gustuve gratiam habet 



LE COCOTIER DE .MER DES ILES SEVCIIELl.l.s 180 

(( quaniThamariscus. Medulla solitaria atque aliis simplicibus 

« mixta ad eilectum valens est. Medulla ob corneani duritiem 
« lima radi nequit, sed cultro et malei percussu adacta 
« finditur. Medulla mortario aeneo et pistillo ferreo in pol- 
(( linem redigitur qui inodorus et insipidus est ut Lapis Bezoar 
<( occidentalis cui striis et colore aflinis est. Medulla ovilli 
« casei crustae veteri assimulanda, cujus pars interna rimosa, 
« externa soliditatis firmae et spani coloris. Integumentum 
« internum tenellum est, coloris ferruginei, crassitudine corii 
« hircini ex quo calcamenta formantur. Cortex (ibris quibus- 
« dam varie distinctis praeditus est. Cortex seu integumentum 
« internum crassiorum partium ignave seu subastringit. 
« Cortex non se colligit inter mandendum sed per universam 
« linguam se spargit. » 

Le chap. XII est une longue digression médicale. 

En tout douze cas de maladies diverses et de couches 
difficiles, dans lesquelles ce remède fut souverain. 

Le chap. XV est entièrement consacré à ce coco. L'auteur 
cherche la signification de Tavarcarré:« Carèfruitus seucoccos 
insularibus Mald. est nuncupatus ; quid Tavar significat 
ignoratur. » Il pense que le nom de Totocke donné par Cl. de 
Laet à un coco dont l'enveloppe très dure et ligneuse contient 
deux noix se rapporte au fruit d'un palmier des Maldives, 
sans doute celui qui produit le coco de ces îles. 

Suivent quelques formules médicales à employer contre la 
dysenterie, les accouchements difficiles, la peste et les fièvres 
malignes. 

On sait depuis longtemps déjà que la noix de Coco de Mer, 
aussi bien que son amande, ne possède aucune vertu médi- 
cinale. Dalechamp dans son Hisioria generalis plantarum . 
parue en lo87, se moquait déjà, comme nous l'avons vu, des 
croyances des Portugais à ce sujet et il est encore plus expli- 
cite dans l'édition française parue en 1653 1 . Elle ne fait 



1. Dalechamp, Histoire générale des Plantes contenant XVIII In 
également départis en 2 tomes. Tirée de l'exemplaire latin de la biblio- 
thèque de M. Jacques Dalechain|>, puis faite par M Jean Mrs Molins, 



190 A. -A. FAUVEL 

d'ailleurs que reproduire eu français le texte de Garcia déjà 
cité en latin dans l'édition de 1587. 

En 1658, le médecin hollandais Guillaume Pison consacre 
'2'\ pages in-quarto à l'histoire du Tavarcare « seu Nuce 
Medicâ Mnldivensium » dans le chap. XIX de son livre sur 
les productions naturelles et médicinales des deux Indes'. 
Suivant l'usage du temps, il cite les auteurs précédents, mais 
précise la profondeur à. laquelle ont été ensevelies sous la mer 
les îles qui portaient autrefois les palmiers fournissant les 
cocos des Maldives. Il la fixe, on ne sait sur quelles preuves, 
à un minimum de « sedecim orgrarum » 2 (soit environ 
120 mètres). « Unde est quod nonnisi singulari fortuna a 
« supernavigantibus et linum demittentibus, nux capiatur. » 

Il décrit la situation des Iles Maldives, leur richesse en 
fruits de toutes sortes, puis revient au fameux coco dont le 
lieu d'origine est inconnu (anceps et incerta), car on ne connaît 
pas la situation géographique exacte de l'île Palloys où cer- 
tains le font encore croître. Le nom de l'amiral Wolfert 
Hermanssen y est latinisé Wolfredius Harmanides (!). Compa- 
rant le coco des Maldives au coco ordinaire des Indes, qui a 
tant d'emplois utiles, il estime évidemment beaucoup moins 
celui des Maldives qui ne sert que d'amulette, « Nux Maldi- 
vensis amuleta in se continet ». 

Il donne cinq figures, dont trois montrant la noix ouverte, 
un morceau de l'amande et le germe comparé à celui du coco 

médecin très fameux de leur siècle. A Lyon, chez Philippe-Borde, Louis 
Armand et Cl. Rigaud, M. DC. LUI, 2 vol. in-folio, t. II, ch. XXXIII, 
p. 654. 

1. Gulielmi Pisonis Medici Amstelodamensis, De Indiae utriusque re 

naturaliet medica, libri 14 m quarum contentu pagina sequens exhibet 

Amstelodami apud Ludovicum et Danielem Elzevirios A , clo. lo. clviii. 
1658, 1 vol. in-4°, caput XIX, De Tavarcare seu Nuce Medicâ Maldiven- 
sium, pp. 203-226, et non pas dans Mantissa aromatica... relatio nova, 
comme l'indique Yule. (Cette dissertation formant le chapitre VI du 
même ouvrage) qui indique l'année 1650 comme date de l'ouvrage de 
Pison. 

2. Orgya, mesure grecque valant environ 2 mètres (peut-être la brasse 
ancienne 1 m 82). 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 191 

ordinaire sont des copies des figures de Clusius. La cinquième 
seule, montrant une noix entière, a été évidemment dessinée 
d'après nature sur un échantillon en sa possession et qui 
diffère sensiblement comme forme de celui de Clusius. Il en 
compare la forme aux vases antiques dits Cymbia dont on se 
servait autrefois dans les sacrifices ou encore aux barques 
(accouplées?), dites Samhuques, et dépourvues de leurs agrès, 
dont Marcellus se servit au siège de Syracuse. Il explique 
que les chaînettes d'or qu'on y fixe servent à les plonger dans 
les liquides destinés à la boisson. Pour plus de détails, il 
renvoie au livre de Bontius : « Descriptio plantarum Indiae 
orientalis», où il nous a été impossible de rien trouver à ce 
sujet. 

Il est à remarquer que plusieurs auteurs de la fin du 
xvn e siècle, par suite postérieurs à ceux que nous venons de 
citer, voulant illustrer de figures leurs informations sur le 
coco des Maldives en donnent des dessins beaucoup moins 
exacts, quelquefois, même entièrement faux. 

C'est ainsi que, par exemple, John Johnston dans son His- 
toire naturelle des arbres et des fruits, parue en 16(>2', repré- 
sente la noix des Maldives avec une forme diiférant entière- 
ment de toutes celles données par les auteurs précédents. Il 
lui donne la forme ovale avec un mamelon à l'une des extré- 
mités, ce qui le "ferait prendre pour un gigantesque citron 
dont il diffère cependant par les longs poils frisés représentés 
à sa surface. On pourrait supposer qu'il a représenté un coco 
de mer encore en partie revêtu de son enveloppe fibreuse à 
demi détruite par son long séjour dans la mer. Nous pensons 
cependant que le dessin a été fait d'après un vulgaire fruit du 
Cocos nucifera remarquable par des dimensions plus qu'ordi- 
naires et qu'on aura pris pour un petit coco des Maldives. En 

1. Historia naturalis de arboribus et fruticibus Johannis .l<m*i<>nt\ 
medicinae doctoris. Libri X cum aeneis Bguris Johannes Jonstonus. 
Mcil. Doctor concinnavit Francforli ad Moenum [mpensis haeredum 
Math. Meriani. La 3 e page du titre porte: Dendrographias sive Historia 
naturalis de arboribus etc. Ânno MDCLXII, 1 vol. in-folio, p. I i " . col. 2. 
Pal ma Nnldivensis (sic). 



192 A. -A. FAlYKt, 

effet, L'enveloppe de ce dernier résiste beaucoup mieux que 
celle du coco de mer, à demi charnue, et par suite pourrissant 
très facilement et très promptement. Il est donc plus que 
certain qu'avant la découverte des Seychelles on n'avait 
jamais vu un coco de mer avec son écorce. 

La description qu'il en donne est copiée presque textuelle- 
ment sur celle de Clusius dont il explique la description du 
fruit. 

Quelques années plus tard, en 1677, Chabreus ne consacre 
qu'une douzaine de lignes à ce sujet et il se contente de 
reproduire le dessin déjà donné (sans doute par lui) en 1 G50 
dans l'Histoire universelle des plantes de Bauhin, et avec la 
même légende : Coccus de Maladiva seu Indica 1 . 

On trouvait cependant déjà un certain nombre de cocos des 
Maldives, tant en Hollande qu'en Portugal, où ils étaient con- 
sidérés comme des trésors de haute valeur, généralement 
montés en aiguières ou coupes avec des ornements d'or et 
d'argent. Tous les princes désiraient en posséder, témoin la 
Reine de Portugal, comme nous l'avons déjà vu dans Barros, 
et cette lettre écrite de Dacca en 1678 et citée par Yule : 
« Pray remember y e Goquer nutt shells (Doubtless coco de 
mer) and long nutts formerly desired for y e Prince 2 . » 

Dans l'ouvrage de François Redi, imprimé en 1685 à 
Amsterdam, on trouve la meilleure représentation qui ait 
encore été faite d'une de ces noix entières. Dans cette gravure, 
de 11 centimètres 1/2 de longueur sur 11 de largeur, on peut 
remarquer, pour la première fois, un rudiment d'attache qui 
indique que c'était par l'extrémité opposée aux deux lobes 
que la noix était fixée à l'arbre. L'auteur ne paraît pas y avoir 
attaché d'importance, car il n'en parle pas dans le texte. 

Par contre, il s'étend longuement sur diverses expériences 

1. Stirpium icônes cum omnibus quae de plantarum natura natalibus 
synonymis, usu et virtutibus scitu necessaria quibus accessit scriptorum 
circa eas consensus et dissensus autbore Dominico Chahraeo. Med. 
Doctoreapud Joannem Antboiiium Choûet. Genevae,MDCLXXVII. 1 vol. 
in-folio, p. 28. 

2. Yule, Glossary, etc..., loc. cit. Coco de mer. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHËLLES l9d 

plus qu'enfantines qu'il a effectuées avec cette noix et qu'il 
raconte dans une lettre écrite au savant naturaliste Jésuite 
Athanase Kircher. 

Une première édition de cet ouvrage imprimé en italien à 
Florence en 1671 est pareille à celle de 1685 quant à la 
teneur du texte, mais elle ne possède pas de ligure 1 ~. 

L'écrivain anglais John Ray consacre près d'une page de 
son histoire des plantes, imprimée à Londres en latin en 1686, 
à l'étude de notre coco, mais il n'ajoute rien de nouveau à ce 
que nous savons déjà par les auteurs précités auxquels 
d'ailleurs il renvoie ses lecteurs. Il doute fort des vertus cura- 
tives qu'on lui attribue 3 . 

Malgré cette opinion, la noix des Maldives se trouvait 
encore en 1691 chez tous les grands apothicaires, s'il faut 
en croire Pomet, marchand épicier et droguiste à Paris, 
auteur d'une Histoire générale des drogues, imprimée en un 
bel in-folio orné de 400 figures en taille-douce exécutées 
d'après nature 4 . Il ne semble pas très au courant cependant 
de la forme exacte dudit coco, car la figure qu'il en donne est 
fort petite et représente plutôt un coco ordinaire, garni de son 
enveloppe fibreuse, qu'une véritable noix de coco de mer. Il 
ajoute pourtant, à la fin du volume, qu'il possède dans son 

1. Esperienze intorno a diverse cose naturali e particùlarmente a 
quelle che ci son portate dall' Indie, faite da Francesco Redi c scritte in 
una lettera al reverendissimo padre Alanasio Chircher délia Compagnia 
<li Giesù ; in Firenze all'insegna délia Nave, MDCLXXI, 1 vol. in-4°, 
p. 27-29. 

2. Franciscus Redi Opusculorum. Francisci Redi nobilis Aretini 
Expérimenta circa varias res naturales speciatim illas quae ex Indiis 
aflernntur ut ei alia ejusdem opuscula quae pagina sequenti narrantur. 
Amslelodami apud Hen. Wetstenium, cId la CLXXXV les:;', l vol. 
in-12, p. 30. 

3. Historia plantarum species hactenus autore Joanne Raio, 

Londini, cId. b. CI. XXXVI (1686i, 3 vol. in-folio, vol. II. p. L359. 

i. Histoire générale des drogues traitant des plantes, '1rs animaux el 
des minéraux. Ouvrage enrichi de plus de i ,,(l figures en taille-douce 
tirées d'après nature _par le Sieur Pomet, marchand épicier el droguiste 
■1 Paris, MDCXCIV 1694), 1 vol. in-folio, p. 215. 

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, •"■ vol. i!n:>. 13 



I 9 i A. -A. FAI VI. I. 

magasin toutes les drogues qu'il a décrites. Or la description 
qu'il en donne confirme ce que nous avançons au sujet de sa 
connaissance imparfaite du sujet. En effet, au chapitre XXIV, 
intitulé des Cocos il dit : « Outre ces cocos il y en a encore 
« une autre sorte niais beaucoup plus rare qui est ce que 
« Jean Bauhin appelle Xux indica ad venena celebrata sive 
" Coccus Maladiva. J'en ai un qui ne diffère des autres cocos 
« qu'en ce qu'il est plus long-, plus pointu et que sa coque est 
« plus brune. Ses propriétés sont cause qu'il est extrêmement 
« rare et cher. » Dans la seconde édition, parue en in-i° en 
1735 *, il cite en plus les qualités médicinales d'après 
Dalechamp. Il ne semble pas, d'après texte et planche, avoir 
eu entre les mains un véritable coco de mer. 

Léonard Plukenet y attache encore moins d'importance, car 
dans son Almagcstum Botanicum publié à Londres en 1696 2 
il ne consacre que tout juste cinq lignes à ce sujet, dont deux 
pour la synonymie. Il partage l'erreur de plusieurs auteurs 
qui croyaient à tort que cette noix était quelquefois simple 3 . 

L'ouvrage consacré par les Valentin père et fils, en 1732, à 
l'histoire des simples, et qui n'est que la mise au point d'un 
travail analogue de Jean Conrad Becker, traitant du Coco des 
Maldives, lui attribue la forme d'un cœur. 

Puis il ajoute ce renseignement complètement nouveau et 
fort intéressant : « Difficulter comparatur, quod Sinenses 
« istum tanquam idolum, domibus suis custodiunt, istum 
« que ubique conquirunt teste Rumphio in Epist. XII. Indiae 
« orientalis in Appendice hujus tractus legenda » (p. 59). 
Nous n'en avons jamais entendu parler en Chine, pendant 
un séjour effectif de dix années que nous y avons fait, et nous 
n'en avons trouvé aucune trace dans les livres si documentés 



1. Même ouvrage, 1 vol. in-4°, 173o, p. 226. 

2. Phytographia sive Slirpium illustriorum et minus cognilarum 
Icônes, in-4°, Londini, Davis, 1691, 4 tomes en 5 volumes, vol. 2, Alma- 
gestum Botanicum, p. 277. 

3. Almagestum Botanicum sive Phytographia? Plukenetianae Onomas- 

ticon a Leonardo Plukeneto. Londini, MDCXCVI (1696 , 2 vol. in- 

4», t. II, p. 275. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 195 

des lettrés chinois touchant la religion ou la médecine. 
D'après ce que nous savons des mœurs si spéciales des Japo- 
nais et de leur culte impur du phallus, nous inclinons 
à penser qu'il est beaucoup plus probable que c'est eux et 
non les Chinois qui ont fait de ce fruit une amulette (comme 
le disait G. Pison) ou une idole, comme l'avance lUimphius, 
cité par Valentin. 

Il cite ensuite Wormius. Comme nous n'avons pu trouver 
le livre de cet auteur, on nous permettra de renvoyer à la 
citation de Valentin qui est intéressante parce qu'elle attribue 
au germe dudit coco une valeur curative en quelque sorte 
spéciale et plus importante que celle de l'amande '. 

Dans L'ouvrage de Samuel Dale paru à Leyde en 1739, on 
ne trouve en fait d'indications sur ce sujet, dans huit lignes 
de synonymie, que les suivantes dont nous n'avions pas 
encore trouvé trace ailleurs et que nous n'avons pu vérifier : 

« Coccus de Maldiva Offic. Park. Theat. 1598 (?) The Mal- 
diva nut. Gai. Noix de coco des îles Maldives. G. Maldivische 
Coccus Nuss. B. Maldivise Cocos-Xoot. In India orientali 
reperitur 2 . » 

L'Allemand Weinmann résume ce que nous connaissons 
déjà dans le quatrième volume de sa description de milliers 
de plantes tant indigènes qu'exotiques, publiée à Ratisbonne 
(de 1737 à 1745), moitié en latin, moitié en allemand et illus- 
trée de planches en couleur. Le texte allemand, qui 
forme la seconde colonne de chaque page, est plus explicite 
que la partie latine. Sa citation de la lettre XII des Indes 
orientales de Humphius, déjà mentionnée par Valentin, semble 



1. Michaelix Hrrnhurdi Valenlini, archiatri Harriaci el Prof. Medici 
Gesseni Historia simplicium reformata sub Musei Museorum titulo. .. 
I). Joh. Conrado lieekero, . . . . a Christophoro Bernhardino Valen- 
tini M. IL filin, l vol. in-folio, MDCCXXXI1 (1732), Liber II, Capui 
XVII, pag. 224. 

■2. Samuelis Dalei M. I.. Pharmacologia seu Manuduclio ad Materiam 

Medicam Quarta Editio, Lugduni Batavorum, MDCCXXXIX i 

1 vol. in-4°, p. 295. 



196 A. -A. IAl VEL 

plus complète. C'est pourquoi nous la reproduisons ici n'ayant 
pu la trouver dans Rumphius 1 . 

« Die Maldivische Goccus-Nuss ist sehf raar und schreibet 
« Rumphius in dem zwolfsten Ost-Indianischen Send- 
« Schreiben. p. 59. Es soll wohl Mùhe haben den Coco de 
a Maldiva oder Calappa Laùûoet (Laut) bei die Iland zu 
« bringen, die weil ich hôre dass die Sinesen uberall auf der 
« Ilut stehen, solchen in ihre Klauen zu bekommen, nicht 
« zwar, dass sie damit artzeneven, sondern denselben als 
« einen Abgott in ihren Hausern zu bewahren ; weswegen 
« man denselben auf der West-Kùste, da sie frisch ankom- 
« mon, und von denen davor liegenden Insuln g-ebracht 
« Averden suchen musse. » 

11 se trompe évidemment quand il suppose que ces noix 
peuvent être apportées fraîches de la côte occidentale ou des 
îles des environs. Il fait une nouvelle erreur en attribuant à 
cette noix la grosseur d'une poire (le coco ordinaire, déjà plus 
d'un tiers moins gros que celui des Maldives, étant toujours 
plus gros qu'une poire) et trois côtes ou carènes dans le sens 
de la longueur. « Wenn von dieser Nuss der Bast abgeson- 
dert worden, so ist die Nuss gemeinlich so gross wie eine 
Birne, oval-rund an beiden Enden zug-espitzet, hart, schwartz 
und gleissend, glatt und poliert und hat nach der Lange 
hin drev erhabene Rippen. » 

Il confond avec les 3 carènes dont sont munies les noix du 
coco commun. 

Dans la planche en couleur n° 781, il représente sous cette 
légende : « a, Palmae fructu de Maldiva sive Coccus Maldi- 
vensium, Maldivische Coccus-Nuss », un coco ordinaire garni 
de son écorce fibreuse de couleur brun clair et un autre décor- 
tiqué, dont les trois yeux montrent aussi bien que la couleur 
brune dont il est peint, qu'il s'agit là d'un fruit du Cocos 
nucifera et non d'une noix des Maldives. 



1. Phytanthoza Iconographia sive conspectus a Johanne Gui- 

lielmo Weinmanno. . . Ratisbonae. MDCCXLV (1737-1745), 4 vol. in- 
folio avec planches en couleur ; vol. IV, p. 11 et 12, pi. 781 a. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES 8EYCHELL1 - 197 

Comme c'est la première fois que nous trouvons un 
ouvrage illustré en couleurs, il est à regretter que ce perfec- 
tionnement tombe justement à faux. Cela montre d'ailleurs 
avec quelle légèreté travaillait l'auteur, qui n'a pas pris garde 
au fait que ses gravures ne cadraient nullement avec les des- 
criptions et les dessins de ses prédécesseurs. 

Si nous n'avons pu trouver la lettre citée par Rumphius 
antérieurement à 1736, nous avons lu, par contre, sa longue 
étude sur le Coco des Maldives dans son Herbier d'Amboine 
paru en 17o0. Tout en essayant de faire la lumière sur des 
faits qu'il qualifie avec raison de fabuleux, en ne citant que 
ce qu'il a pu apprendre de personnes dignes de foi, il n'en con- 
tinue pas moins de propager l'erreur commune que c'est un 
fruit de la mer. 

Il parle cependant de deux cocos marins, l'un gros et 
l'autre petit, dont le gros, géminé, serait le Coco des Maldives 
[Coccus Maldivicus, vulgo Coccos de Maldiva, Lusitanicè 
Coquo de Maldiva, Coccos Maldivica [de Bontiusj. Nux 
Medica Maldivensis — Malayensibus Calappa Laut, Boa pau- 
sengi et Boa sengi quod illi pronuntiant Bootjungi. Tavarcare 
et Tavarcarze apud incolas Maldivensium, quae nomina mihi 
videntur esse corrupta. Sinice Hayja h. e. Calappa marina) 1 . 
Le petit serait le « Cocus Melindanus vulgo ex Lusitanica 
lingua Coquinto. dictus ». 

Pour ce qui est des lieux d'origine du végétal, il cite 
les fables dont nous avons déjà trouvé la teneur dans Clusius, 
d'après Pigafetta et autres. Nous n'en citerons que les parties 
complétant ces premiers textes. D'après lui, les navigateurs 
malais, chinois et autres indigènes croient que l'on aperçoit 
quelquefois le feuillage du cocotier de mer sous les eaux. 

Il reprend ensuite l'histoire racontée par Pigafetta, qu'il 
commente en appelant Pausengi l'arbre dont les feuilles 
dépassent le niveau de la mer. Il le dit habité par l'oiseau 
Gerudn qui est le Gryps et dont le Javanais et autres insulaires 

1. )'/;/<• met en note : « Kalappa or Klapa is the Javanese word for 
« Coconut palm and is that commonly used by the Dutch. Glos- 
u sary..., etc., /oc. cit. Voir plus haut p. 5, 



MIS A. -A. FAUVEL 

de ces mers ont une telle peur « ;mxii sunt scso coni'erre 
« ulterius tribus milliaribus, vel extra conspectum terrae, 
« comperientes enim per undam ulterius et ad Zephyream 
« magis plagam propelli, in cvmbam sese conjiciunt renn- 
es orientes navem ac remis in cvmba petunt terram, timentes 
(( coeterum in abvssum Paiisengi devolvi ex quâ nemo redit 
« ut putant. » Ils croient, en effet, que la Geruda se nourrit 
non seulement d'éléphants, de tigres et de rhinocéros mais 
aussi des eadavres des hommes dont les tourbillons ont jeté 
les navires près de l'arbre et qui y sont morts de faim, car ils 
ne peuvent plus sortir de ce lieu. 

« Adfîrmant porro Javanos quosdam hoc expertos fuisse 
atque Javae pro vero narra visse, qui navibus nempe eo deve- 
nerant, sed qui pennas avis Gerudae tenentes ab ipsa Javam 
féliciter translati fuere. » 

Les fruits de cet arbre (Boa paiisengi ou Boa Singi ne sont 
que les noix de ce célèbre cocotier de mer (Calappi marinae) 
qui s'élevant sur les eaux sont quelquefoisjetés sur les rivages 
de Java et de Solo : « Ubi talem etiam exercent reluctantem 
« vim, ut in ipsa regione usque in ipsas prorepant silvas ubi 
« homines eas non invenirent nisi a canibus detegerentur 
« prius, qui contra hasce latrant. » 

Rumphius essaya en vain de démontrer aux indigènes (de 
Java et Amboine) que l'abyme du Pausengi ne pouvait 
exister sur la côte occidentale (in Zephyrea plaga) de Java, 
bien connue des navigateurs hollandais que le préfet Abel 
Takmann y avait envoyés en exploration et qui n'avaient pu y 
trouver l'arbre en question. Ils ne purent que lui répondre que- 
cet arbre devait y être puisque l'on en trouvait les fruits jetés 
sur ces rivages. Alors il en conclut ceci : 

« Quod facile concedi potest quum inter Javam et itam (sic) 
« Zephyream plagam ultra centum milliaria amplum est mare 
« ubi multae arbores esse possunt, licet non vero simile, sit 
« talem arborem in Abvsso vel maris profundo provenire sed 
a quidem in fundo ducentarum vel trecentarum orchiarum 1 . » 

1. Orchiarum, de Orchia ou Orgya, mesure grecque ancienne valant 
environ2 mètres, sans doute l'origine de la brasse marine (l m 82). 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEVC1IKLLES 199 

Il discute ensuite sur le nom et le lieu d'origine qu'il croit être, 
d'après le nom Boa pausengi, Le pays dés Zengi ou Ethiopiens 
noirs. 

Il décrit ensuite le fruit du Calappus marinas : « Externe 
« nihil aliud habet quam tenuem rugosam seu muscosam 
<( pelliculam cum crassis venis putamini Lncumbentibus uti in 
« vulgari Calappi putamine quae abstrahitur, sub ea putamen 
« seu Tampoerong ' locatur oblongum, ad unam parteni acute 
« desinens, unaque ora magis protuberat altéra, ({uaedam vero 
« nuces simplices sunt, quaedam geminae acsi binae simul 
k concretae essent quales plurimae sunt. » 

Au texte est jointe une grande gravure dune noix double 
qui semble avoir été dessinée plutôt de souvenir que d'après 
nature, car, bien qu'il la dise de grandeur naturelle, elle 
ressemble peu aux noix des Maldives dessinées par Clusius, 
Redi et d'autres auteurs déjà cités, et plus anciens d'un siècle. 
11 y a donc fort peu de progrès de ce côté. 

Il ne semble avoir vu qu'un fruit défectueux, ressemblant 
pour la taille et la forme à deux cocos ordinaires accolés, et 
ne paraît pas connaître l'excellente iîgure de François Redi, 
car il se trompe évidemment sur le côté par lequel son fruit 
tenait à l'arbre. 

Son échantillon était fort petit : « Totus fructus octo pollices 
<( longus erat et novem latus in diametro, sed majores etiam 
« sunt, ab uno nempe pede usque ad sesquipedem sique 
« externe conspiciantur duplices haud melius comparari pos- 
« sunt quam cum scrotum tauri, inveniuntur enim quidam 
« haud multo majores. » Il avait d'ailleurs été travaillé et avait 
perdu sa surface naturelle. Dans le passage suivant, il nous 
paraît être le premier à avoir soupçonné l'existence de l'enve- 
loppe libreuse : 

« Figura in medio rotundum exhibet formam, quod ab 
« hominibus in eo perforatum est ut interna medulla seu 
« nueleus extrahi posset et ut elcgans res domestica seu sup- 
<< pelles ex putamine formetur. Hoc putamen a vulgari 

1. Tampoerong : la noix du coco ordinaire en malais et javanais. 



200 A. -A. PAUVEL 

« quoque differt Tampoerong quod substantiam, durius enim 
„ est, mixtam que videtur hâbere naturam ex ligno et saxo 
« instar aliarum plantarum marinarum. Interior nucleus pre- 
« tiosissima hujus fructus pars, undique putamini adhaeret 
« uti in vulgaribusCalappi nucibus, non albus sed ilavescens 
« fere instar easei ovilli dissecti ac tam durus siccatur ut 
» corneus quasi lit, qui eximendus, infrusta dissecandus, sic- 
« candus et ad usum medicum servandus est, nullum pecu- 
i. liarem praebet odorem vel saporem nisi supra porphyritim 
(( cura aqua contritus saporem quodammodo praebet corneum 
« et quasi marinum, sine aliis notabilibus qualitatibus, nisi 
«( quod refrigeret. 

« An vero quidam liquor in interno reperiatur cavo, in hoc 
<( detegere non potui, dicitur autein quemdam in eo contineri 
« si recens e mari deferatur 1 . Lympha tum mox ebibitur, 
<( nucleus eximitur et tanquam pretiosum medicamentum 
« servatur, quum nunquam mucidus vel nidorosus sit instar 
« alius Calappi nuclei.» 

Quant à la provenance connue, voici ce qu'il en dit après 
avoir parlé des Maldives et des usages dont ce fruit est l'objet 
dans ces îles : 

« In Javae ora septentrionali et Zephyrea praesertim 
« prope sinum occidentalem Sampanthau 2 uti et in Zephyreae. 
« Sumatrae plaga ac porro per totam occidentalem plagam et 
« a Sinensibus nautis Kuvnsav (Kinsav) dicitur et circa insu- 
« las ante ora m occidentalem sitas apud incolas vulgo Nyas 3 
« vocatur et a sylvestribus incolis ibi saepe inveniunt et 
« venalis 'defertur Padangam, Priamangam et ad alias Metro- 
« pôles, qui omnes fructus gemini sùnt quales etiam obser- 
« vantur qui in Javae ora Zephyrea inveniuntur a pugni 
« magnitudine usque ad minorem Astam seu ulnam in lati- 

1. Sans doute de l'eau de mer, qui a pu y pénétrer en plus ou moins 
grande quantité, après un long flottage, par l'ouverture du germe, et s'y 
modifier légèrement au contact de l'amande, car ce fruit n'a jamais de 
liquide ou lait comme le coco ordinaire. 

2. Pour Sam-pan-tao, l'île de la barque, en chinois. 

3. Poulo Nyas (Ile Nyas), sur la côte ouest de Sumatra . 



LE COCOTIER DE MER DÈS (LES SEYCHELLE8 201 

« tudine. Ili ultimi vendentur singuli nempe a 60 a ad I00 ni et 
a viginti impériales qui vero aequalis sunt longitudinis et 
« latitudinis, optimi censentur, quorum quivis pedem latus 
« pro centum et quinquaginta imperialibus venditus est. 
« Immo Dotum est, quosdam reges harum nucum adeo cupi- 
« dos esse, ut navem onustam pro unica dederint nuce. 

Au jam Boa pause nyi de quo Soloreuses jactant per 
« mare Zephyreum in suam projectum fuisse terram et per 
« canes latrantes in sylva detectum fuisse unum idemque sit 
« cum vero Galappa laut, nondum indagare potui, tôt enim 
« fabulas addunt sine vera descriptione ut alicui taediosum sit 
« eas audire. » 

S'occupant ensuite des divers usages de ce fruit, il dit 
qu'on n'a pu en faire aucun essai sérieux en Europe parce que 
cela aurait coûté beaucoup trop cher et qu'il est même impos- 
sible de lavoir entier à cause des pénalités terribles (sen- 
tence de mort) qu'encourent ceux qui ne le remettent pas aux 
mains du roi ou des grands dans le pays où on le trouve; or, 
ceux-ci ne veulent le vendre à aucun prix (à l'état complet), 
puis : « Quis etiam centum et quinquaginta impériales vellet 
<( hic in India dare pro isto fructu eumque in Hollandiam 
<( demittere quum nesciat an décima nummorum pars resti - 
» tueretur. » 

Il se contente donc de citer Garcia de Orta en ajoutant un 
peu de son cru ça et là. Il raconte comment les grands ne 
permettent pas qu'on casse la coquille mais ils la font scier 
de façon à en former des boîtes à couvercle dans lesquelles ils 
conservent les éléments de leur masticatoire (la noix d'arec et 
le bétel qu'il appelle siri (bétel) pinang (arec), la chaux, le 
tabac et autres ingrédients qu'ils mâchent continuellement). 
Ils croient en effet que, conservées dans cette coquille, ces 
matières acquièrent la vertu de neutraliser toutes sortes de 
poisons et de guérir quantité de maladies. L'eau de boisson 
qu'on y conserve acquiert les mêmes vertus. 

Il cite ensuite et commente ce qu'en ont dit Wilhelm Pison, 
d'après Clusius et l'yranl de Laval, qu'il appelle I'yrardus de 
La N'alla. Il raconte à nouveau l'histoire de Rodolphe II qui n<' 



202 A. -A. FAUVEL 

put réussir à acheter pour 4.000 florins le seul exemplaire qui 
se trouvait alors en Belgique dans les mains des héritiers de 
1 amiral « Wolfcrus Herrnanides ». Il complète l'histoire de 
celui-ci en disant que ce coco lui avait été donné en reconnais- 
sance par le sultan ou Pangoram de Bantam dont l'amiral 
hollandais avait en 1602 délivré la capitale depuis longtemps 
assiégée, en battant avec quelques navires la flotte immense 
des Portugais sous les ordres d'Andréa Fortado de Mendoza. 
Ce sultan n'avait pu rien trouver de plus précieux dans son 
trésor, pour l'offrir à son libérateur, que le vase (Cymbium) 
monté avec la double noix d'un coco des Maldives. Ce fut le 
premier que l'on ait vu en Hollande. Il raconte l'histoire que 
nous avons déjà lue dans le chapitre VII de l'Opuscule de 
Glusius concernant Speccius et Coenius que Rumphius appelle 
Jean-Pierre Koen et Jacob Spex envoyés par le préfet 
Pierre Both au Pangoram (sorte de sultan) de Bantam vers 
1614. 

Il cite la lettre écrite à Glusius en 1615 par Laurent Reaal 1 
qui fut le troisième préfet des Indes. Dans cette lettre, se 
trouvent divers aphorismes qui ne prouvent rien autre que la 
similitude entre le coco des Maldives et le coco vulgaire : 
« Quam praeterimus, quum multae in ea obeurrant res quae 
« divinationes modo videntur esse. » 

Il accorde l'honneur au Docteur Pison d'avoir été le 
premier à prouver par de nombreuses expériences le peu de 
vertu qu'il fallait attacher à cette noix pour la guérison des 
maladies. 

Un renseignement nouveau et plus intéressant est celui que 
nous trouvons consigné dans Rumphius concernant une petite 
espèce de Coco de mer que l'on trouve à Java : 

« Praeter majorem nucem Calappae laut, alia minor in Java 
« reperitur species ex eorum relatu per mare Zephyreum pro- 
« jecta a priore quam maxime diversa, non enim ultra dimidii 
« pedis magnitudinem obtinet, interne paucam vel nullam 
« fere gerens medullam quae pro novem vel decem imperia- 
« libus venalis est. Talisque fructus anno 1678 a pueris meis 

i. Laurentius Realius, Eques et Senator. (Vide supra in Clusius, p. 

18.) 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 203 

« repertus fuit in mari fluctuans, circa insulas Xulanenses, 
« cujus diameter erat quatuor pollices in longitudine et très 
a in latitudine, duplex quoque acsi duo mangii (mangue ?) 
« fructus sibi adcreti essent 

« Una dimidia pars ad sinistrum latus paulo planior 
(( etiam erat acsi compressa esset, externe nuxglabra erat acsi 
« saepius tractata fuisset coloris obscure fusci fere instar puta- 
« minis Galappi cum vestigiis quibusdam venularum acsi 
« gluma obducta fuisset. 

« Aperta haec nux interne vacua erat sine lympha vel 
« medulla sed in interiore parte variae protubérantes detege- 
« bantur costae vel dorsa ejusdem substantiae et duritiei cum 
« putamine sed odoratus quidam gratusque odor cum quadam 
« pinguedine exhalabat instar olei odorati Minjac mony dicti 
« vel instar floris Pandani qui tertio demum an no evanes- 
« cebat » '. 

Il est difficile de dire quelle peut être cette noix. Elle 
appartenait peut-être à l'espèce que Spex avait rapportée de 
Bantam et que Glusius mentionne dans le chapitre VII de 
sa monographie sous le nom de Minululum coccum Maldi- 
vensem. D'après ce qu'ils en disent l'un et l'autre, on peut 
comprendre qu'il s'agit d'un autre fruit que celui du Coco 
des Maldives, le Coco de Mer moderne, dont il n'existe 
qu'une seule et unique espèce, aujourd'hui bien connue dans 
sa nature et dans ses origines. 

L'on voit par ces différents extraits d'auteurs anciens dont 
plusieurs ont cependant une réputation scientifique bien 
assise, qu'il existait encore beaucoup d'erreurs touchant la 
forme exacte et les dimensions de la noix du Coco de Mer, 
dont le fruit entier n'avait encore jamais été vu avec son 
enveloppe fibreuse. Quant à l'endroit exact d'où il provenait 
et l'arbre qui le portait, ils étaient encore complètement 
inconnus en 1742, date de la découverte des Iles Sevchelles. 

I. Georr/ii Everhnnli Rumphii Med. Doct. llanavensis Herba- 

rium Amboinense. . . cura et sludio Joannis Rurmanni, MDCCL idTiiO), 
in-folio, t. VI, Liber XII, Cap. VIII, p. 210-217. 



CHAPITRE II 



Découverte du Cocotier de Mer aux Seychelles. — Histoire et 
descriptions diverses par les navigateurs et lès voyageurs. 

— Lazare Picault découvre en 1744 l'île de la Palme, depuis 
l'île Praslin. — Barré la visite, en rapporte des Cocos de 
Mer, 17G8. — Poivre les reconnaît pour des Cocos de Mer. 

— Duchemin en porte le premier chargement dans l'Inde, 
1708. — L'abbé Rochon rapporte un coco et une palme à 
Paris, 1770, — Sonnerat, 1776. — Degrandpré, 1789-1790. 

— Bory de Saint- Vincent, 1801-1802. — Quéau de Quincy, 
1803.— J. Prior, 1810-181 1 . — Leidenfrost, 1811. — Frappas, 
1818. — D'Unienville, Dumont-d'Urville, 1825-1829. — 
Laplace et Paris, 1830-1832. — Harrison, 1837. — Pike , 
1871. 

Le capitaine de la Compagnie des Indes Lazare Picault 
ayant, en 1742, découvert la plus grande île du groupe des 
Seychelles (l'île d'Abondance, aujourd'hui Mahé) fut renvoyé 
dans ces îles en 1744, pour en prendre une connaissance plus 
approfondie. Ce fut alors qu'il découvrit une seconde île 
presque aussi importante, qu'il nomma sur sa carte manuscrite 
Ile de Palme. Ce nom très suggestif nous porte à croire qu'il 
y avait remarqué les superbes cocotiers de mer qui y for- 
maient alors de véritables forêts et dont les palmes plus 
grandes que celles de tous les autres palmiers durent le frap- 
per d'admiration. Autrement il aurait sans doute donné ce 
nom à la première île sur les rivages de laquelle son plan 
cavalier, dressé le 21 novembre 1742, montre quantité de 
cocotiers. Comme les magnifiques Cocotiers de Mer ne poussent 
que dans la dernière île (sauf quelques-uns dans sa voisine, 
Vile Curieuse) il eût été juste de lui conserver le nom imposé 
par Picault. Malheureusement pour la science et l'histoire, 
Nicolas de Morphev, chargé en 1756 de prendre régulièrement 



Annales du Musée colonial de Marseille. 
3- série, 1 er volume 1915. 



Page 205. 



ï 









-3 




PI. [. —Carte des Iles Praslin, Curieuse el Ronde où vivenl Les Cocos de Mer, 

[le de la Palme de Lazare Picaull I. Praslin . 17 i:«. 



LE COCOTIER DE MER DES [LES SEYCHELLES 20.'> 

possession des Seychelles au nom du Roi de France, sacrifia 
à la politique du jour, en rebaptisant L'île d'Abondance : île 
Mahé de la Bourdonnais, et L'île de Palme : île Praslin, en 
l'honneur, pour la première, du gouverneur des Iles de 
France et de Bourbon, et, pour la seconde, du ministre de la 
Marine à cette époque. 

En tout cas, si, comme nous en sommes persuadé, par la 
lecture de son journal de bord, Lazare Picault a eu le pre- 
mier l'heureuse chance de contempler, sur le seul lieu du 
monde où ils croissent, les merveilleux cocotiers de mer, il ne 
semble pas s'être rendu compte qu'il venait de faire une 
découverte botanique importante. Il ne paraît pas avoir 
poussé la curiosité jusqu'à ouvrir les gros fruits en forme de 
cœur qu'il vit sur la cime de ces arbres. L'eût-il fait que son 
instruction scientifique, probablement incomplète, ne lui eût 
pas sans doute permis de reconnaître dans la noix géminée, 
cachée sous l'enveloppe fibreuse, le fameux et très précieux 
coco des Maldives. Voici tout ce que nous avons pu trouver 
à ce sujet dans son journal de bord ' : 

« 12 et 13 juin 1744. Visité l'isle de Palme et l'île Rouge. 

« L'isle de Palme ainsi nommée parce qu'elle porte beau- 
ce coup de palmistes et lataniers portant coton. » Ces derniers 
sont évidemment les cocotiers de mer que les naturalistes 
ont longtemps classés parmi les lataniers. Le coton en ques- 
tion est la bourre abondante que l'on trouve à la base des 
feuilles et dont on remplit des coussins. 

S'il faut en croire Alexis Rochon, c'est l'ingénieur Barré 
qui aurait le premier découvert le cocotier de mer, alors 
qu'accompagnant une mission d'exploration des Seychelles 
sous les ordres de Marion Dufresne il dressait le plan de ces 
îles en 1768 2. 

1 . Extrait d'un journal d'un voyage de l'isle de France aux Ami- 
rantes par le sieur Lazare Pi<-<>/ (Picault) dans la (artanne de la Compa- 
gnie des Indes de France l'Elisabeth. — Manuscrit de 17 pages, Archives 
du dépôt hydrographique de la marine, Paris. 

2. 11 s'y sérail rendu sur la frégate la Curieuse commandée par 
M. Lampérière d'où le nom de l'île Curieuse donné à l'île voisine et 



206 A.-A. FAUVEL 

« 11 trouva à l'île de Palme, sur les bords du rivage, un 
« fruit quil prit d'abord pour un coco de mer. Il le cacha 
« soigneusement, mais s 'étant enfoncé dans le bois il vit avec 
« peine que la terre était couverte de ces fruits et des arbres 
« qui les portaient. Ces arbres s'élèvent à la hauteur de cin- 
« quante pieds, leur tête est couronnée de dix à douze palmes 
« de vingt pieds de longueur en forme d'éventail ; chacune de 
« ces grandes palmes est portée sur un pédicule de six pieds 
<( de longueur et ce pédicule est échancré dans son contour. 
« De l'aisselle des feuilles sort un panicule raméfîé dont les 
« rameaux sont terminés par des fleurs femelles ; le pistil des 
« fleurs donne, en mûrissant, un fruit qui, avec son brou, peut 
« peser cinquante livres. 

« En examinant attentivement cette forêt, Barré se per- 
« suada que le coco de cette île ne pouvait être le vrai coco 
« de mer. Il se borna à recueillir, par pure curiosité, une 
« trentaine de noix que le célèbre Poivre déclara formelle- 
<( ment être ce fruit si recherché aux Indes et dans toute 
« l'Asie; et dès lors il accéléra notre départ dans la vue d'ob- 
« tenir à ce sujet de prompts renseignements. » 

Nous supposons que ce Barré est le même que celui dont 
nous avons trouvé le nom, orthographié Baré, signant comme 
témoin au bas du procès-verbal de la prise de possession des 
îles Seychelles exécutée le 1 er novembre 1751 au nom du Roi 
par Nicolas de Morphey capitaine de la frégate de la Compa- 
gnie des Indes le Cerf et qui était officier de la marine. 

L'abbé Rochon qui résida un mois aux Seychelles en 1769 
(13 juin au 14 juillet), et visita l'île de Palme;, dit en parlant 
de notre cocotier : 

« Cette île est couverte d'une espèce de latanier qui porte un 
« fruit fort recherché des Indiens, connu sous le nom de Coco 
« de mer ; c'est un gros coco, d'une forme bizarre, l'enveloppe 
« du fruit est épaisse et fibreuse, l'intérieur de la noix est 
<( rempli d'une substance laiteuse d'un goût amer. Les 

sur laquelle poussent aussi les Cocotiers de Mer. C'est sans doute l'île 
Rouge de Lazare Picault. 



LE COCOTIER DE .MEK DES ILES SEYCHELLES 207 

« Indiens attribuent à l'amande de grandes vertus médici- 
« nales. Ces cocos étaient d'un prix excessif avant l'année 
<( 1769, époque où l'ingénieur Braver reconnut ce fruit dans 
« les forêts qui couvrent l'île de Palme. On divisait alors 
« l'amande en petits morceaux et on les vendait au poids de 
<( l'or dans les marchés de l'Inde et de la Chine. (Ce fait est 
« connu de tous les voyageurs.) 

« L'intendant Poivre, ravi de la découverte du lieu où 
« croissait actuellement ce fruit si renommé , nous chargea 
« de visiter l'île de Palme et de rapporter de jeunes plants 
« de cette espèce de latanier afin de les transplanter à l'île de 
« France. Nous remplîmes avec zèle cette commission ; nous 
« fîmes plus, nous apportâmes pour le Cabinet d'Histoire 
« naturelle de Paris une grande palme de 20 pieds de long 
« et divers renseignement qui sont été accueillis avec intérêt. 
« J'apportai à mon retour en Europe à 1 académicien 
« Le Monnier, le médecin, un beau coco de mer (car c'est 
<( ainsi qu'on le nomme) qui avait germé dans ma malle par 
« la chaleur de la calle (sic). Le germe fut sans doute altéré, 
« car il cessa sa germination malgré les soins que ce savant 
« botaniste prit pour le faire réussir. La forme de ce fruit et 
« de son germe représentait des objets que la pudeur oblige 
« à voiler, et cette singularité n'a peut-être pas peu contribué 
« à la célébrité de cette noix désignée par les botanistes sous 
« la dénomination de Nux Medica. Les Indiens le regardent 
« non seulement comme un puissant contrepoison mais encore 
« comme unexcellent remède pour les maladies vénériennes, 
« ... On aurait pu tirer un parti avantageux de cette décou- 
« verte, mais les Anglais ont sceu seuls profiter de cette nou- 
« velle branche de richesse 

« En quittant l'île de Palme, j'observai que les courants 
« doivent se diriger sur les Maldives; en effet les noix dont 
« nous venons de parler sont encore connues sous la déno- 
te mination de Cocos des Maldives, parce qu'on en trouve fré- 
« quemment dans ces parages 1 . » 

1. Alexis Rochon... Voyages à Madagascar, à Maroc et aux Indes 

Orientales :< vol. in-K°, Paris, an X de la République (1802 , vol. 1. 

Di scours préliminaire, p. xlh etxLv, el vol. I, p. 146. 



JUS i.-A. l'Ai VEL 

Nous avons cité tout au long ces passages du livre d'A. 
Rochon parce qu'il fut le premier à décrire sommairement 
l'arbre et le fruit et à nous renseigner sur leur découverte in 
si lu. 

En novembre 17(19, le sieur Du Chemin (ou Duchemin), 
parti du Bengale sur la palle YHeureuse Marie, alla à l'île 
Praslin prendre un chargement de cocos de mer qu'il porta 
dans l'Inde. 11 en ruina par ce fait le commerce. En 1771, 
une corvette anglaise l'Aigle, expédiée de Bombay, fut mouil- 
lée à Praslin pour y prendre des cocos de mer et mit le feu 
sur l'île Curieuse 1 , ce qui fît périr un grand nombre de ces 
précieux palmiers. C'est sans doute à cause de ces deux faits 
que Rochon disait, en 1802, que les Anglais avaient seuls su 
tirer parti de ce commerce. 

La première description du grand palmier de l'île Praslin, 
vulgairement appelé Cocotier de Mer, lue à l'Académie le 13 
décembre 1773, parut sous ce titre en 1776 dans le Voyage à 
la Nouvelle-Guinée par le botaniste Sonnerat. On la trouvera 
au chapitre suivant. Notons seulement ce passage, au point 
de vue historique que nous traitons plus spécialement ici : 
« Parmi les îles de cet archipel, il y en a une que M. de la 
« Bourdonnais désigna sous le nom d'Isle des Palmiers lors- 
qu'il en fit la découverte en 1743 ou 1744. » Nous avons vu 
qu'elle avait été découverte en 1 744 par Lazare Picault et 
appelée par lui isle de Palme ou de la Palme : « Cette isle, 
« examinée de plus près en 1767, a été nommée L'Isle Praslin, 
« nom que l'usage qui prévaut en tout a changé depuis en 
« celui d'Isle des Palmiers (pour reprendre peu après celui 
« du ministre de la Marine de Louis XV). C'est sur cette isle 
« qu'on trouve le palmier qui produit ce fruit si recherché 
« qu'on n'avait connu jusqu'alors que sous le nom de Coco de 
<( mer, Coco de Salomon (c'est la première fois que noustrou- 
« vons ce nom), Coco des Maldives. L'Isle Praslin ou l'Isle des 
« Palmiers est jusqu'à présent le seul endroit où l'on ait trouvé 

1. Mémoire sur les Iles Seychelles, par M. M. Maillard et Ternay, 
administrateurs des Iles de France et de Bourbon, 1775, Manuscrits; 
Carton des Seychelles, Bibliothèque du Ministère des Colonies, Paris. 



LE COCOTIER DE WEB DES ILES SEYCHELLES 2IIÎI 

« L'arbre qui produit ce coco. » Il explique comment les coco- 
tiers s'élevanten beaucoup d'endroits de l'île sur le rivage de la 
mer, la plus grande partie de leurs fruits tombant dans les 
eaux et flottant à la surface étaient poussés par le vent et les 
courants vers l' Est-Nord-Est jusque sur les rivages des Mal- 
dives, seule partie du monde où l'on avait trouvé ce fruit 
avant la découverte de l'Ile Praslin, et qu'il y était appelé 
Travarcarne (sic), ce qui veut dire trésor. « Il fut appelé ensuite 
« Coco de Salomon pour lui donner apparemment un nom 
« qui répondit au merveilleux qu'on attachait à son origine... 
« Les grands seigneurs de llndostan achètent encore ce 
« fruit à très haut prix, ils font faire de sa coque des tasses 
« qu'ils enrichissent d'or et de diamans; ils ne boivent 
« jamais que dans ces tasses, persuadés que le poison qu'ils 
« craignent beaucoup, parce qu'ils s'en servent trop eux- 
« mêmes, ne saurait leur nuire quelqu'actif qu'il soit, quand 
« leur boisson a été versée et purifiée dans ces coques salu- 

« taires » Il continue sur ce ton, racontant ce que nous 

savons déjà de l'usage qu'en faisaient les gens des Maldives. 

Il se demande comment il se fait qu'on n'a trouvé le coco- 
tier de mer jusqu'ici qu*e dans la seule île Praslin. Gomment 
ne croît-il pas dans les îles voisines? Il semble donc qu'à cette 
époque on ne l'avait pas encore trouvé à l'île Curieuse et à 
l'île Ronde où on le mentionna depuis. 

Après avoir donné une description de l'arbre et du fruit, il 
ajoute : « Il serait à souhaiter qu'on put savoir, par difterens 
« essais, si l'opinion des Indiens sur les propriétés de cette 
« noix est fondée 1 . » 

Quelques années plus tard, nous trouvons dans le Voyage 
de L. Degrandpré dans l'Inde et au Bengale, une nouvelle 
désignation pour notre coco : « Ces îles (Seychelles) pro- 
« duisent une espèce de cocotier qui leur est particulier, c'est 
« ce qu'on appelle le Coco de Mer ou Coco Jumeau : ce fruit 



1. Voyage à la Nouvelle-Guinée, parAf. Sonnerai, in-4° enrichi de 125 
ûguresen taille-douce. Paris, MDCCLXXV1 1776), chap.I,p. 1-2. 

Annales do Musée colonial de Marseille.— 3* série, 3" vol. 1915. li 



lilll A. -A. I Al IVEL 

« représente parfaitement les parties postérieures humaines; 
« on le recherche dans toute L'Asie à cause de sa rareté '. » 

Les Anglais essayèrent sans doute de bonne heure d'accli- 
mater dans l'Inde un arbre aussi précieux. La frégate YAiglc, 
que nous avons vue partir de Bombay en 1771 pour l'Ile 
Praslin, leur en rapporta des noix fraîches, sinon de jeunes 
plants. C'est peut-être aussi pour imiter les Hollandais 
qu'ils détruisirent par le feu les forêts de l'Ile Curieuse alin 
de rendre ces fruits plus rares. 

On sait, en effet, qu'aux Moluques les Hollandais détrui- 
saient les arbres à girofle, canelle et muscade, partout où ils 
ne pouvaient en surveiller la récolte. Toujours est-il que 
Thunberg, allant au Japon, en 1777, eut l'occasion d'admirer, 
dans le jardin du gouverneur de l'île Ceylan à Pass, un 
Cocotier de Mer dont il parle ainsi : 

« Il y avait aussi un palmier maritime dont on avait 
« apporté l'amande des Maldives (?). Elle ne produisit sa 
« première feuille qu'après être restée huit mois sous terre 
« et n'avait que trois feuilles la troisième année 2 . » 

Il est plus que certain que cette noix avait été rapportée 
des Seychelles par les Anglais ou même les Français com- 
merçant avec Bombay. En effet, les noix flottées qu'on trou- 
vait aux Maldives devaient avoir perdu toutes leurs facultés 
germinatives par un long séjour dans l'eau salée. Autrement 
elles auraient sans doute poussé sur les rivages où elles étaient 
jetées. Or, on n'a jusqu'à ce jour jamais trouvé un Cocotier 
de Mer poussé spontanément ailleurs qu'aux Seychelles. La 
citation suivante, que nous trouvons dans le Glossaire de 
Yule, après celle de Thunberg, ne peut donc s'appliquer à 
des noix fraîches : « Cocoa-nuts from the Maldive Islands, or 

1 . Voyage dans l'Inde et au Bengale fait dans les années 1789- 
1790, contenant la description des Séchelles.. . . parL. Det/randpré, offi- 
cier de la Marine française, avec de belles gravures... A Paris, chez 
Dentu, an IX 4801), 2 vol. in-8, p. 2. 

2. Voyages de G. P. Thunberg au Japon. Paris an IV (1796), 2 vol. 
in 4°. — Vol. II, p. 413. — Description des arbres et plantes du jardin du 
gouverneur de Ceylan. ... 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES -I 1 

« as they are called Zee Calappus are said to be annually 
« brought hither (Colombo) by certain messengers and pre- 
« sented among other things to the governor. The kernel 
« of the fruit .... is looked upon hère as a very efficacious 
« antidote they call it Tavarcare ' . » 

Bory de Saint- Vincent, qui, de 1801 à 1802, fit par ordre 
du gouvernement un voyage dans les quatre principales îles 
des mers d'Afrique, ne put aller aux Seychelles, mais il 
n'oublie pas dans la relation de ce voyage, parue en 1804, de 
parler du « Cocotier géant dont le fruit est improprement 
« nommé Coco des Maldives ». Gomme tant d'autres il se 
pose la question suivante : 

« Ces cocos venus des Séchelles, enveloppés d'une coque 
« si impénétrable à l'eau et abordés sur les plages de l'Inde 
<( ou de ses archipels y ont-ils jamais produit un cocotier de 
« mer? Et l'arbre qui donne ces fruits errants connus par 
« tout le monde a-t-il jamais cru ailleurs qu'à Praslin 2 ? » Il 
laisse malheureusement la question sans réponse. Nous 
savons déjà cependant, par le voyage de Duchemin sur la 
Digue, accompagné du capitaine Lempérière sur la 
Curieuse, que l'on trouvait aussi des cocotiers de mer sur 
l'île, voisine de Praslin, qu'il baptisa du nom de son navire : 
Ile Curieuse, en 1768. 

A peu près à la même époque que le voyage de Bory de 
Saint- Vincent (vers 1802), un ancien capitaine d'artillerie de 
marine français, attaché à Fétat-major du Lieutenant-Général 
Decaen, gouverneur des Iles de France et de Bourbon (récem- 
ment renommées Maurice et La Réunion), et qui resta à 
Maurice jusqu'en 1S2I), occupait ses loisirs à mouler en cire 

1. Yule, Glossary of Indian words and Phrases, citant L'édition 
anglaise de Travels of Charles Peter Thunberg M. 1). (ET. IV, ^ii'j, au 
mot Coco de Mer. 

i. Bory de Saint-Vincent, Voyage dans les quatre principales îles 
des mers d'Afrique fait par ordre du gouvernement pendant les années 
9 ei 10 de la République 1801-1802 par J.-B.-G.-M. Bory de Saint- 
Vincent, officier d'état-major, naturaliste en chef sur la corvette le 
Naturaliste, dans l'expédition commandée par Le Capitaine Baudin. 
Paris, an XIII (1804), :i vol. in-K"-; vol. III, p. 156-157 et 245. 



212 A. -A. I AI \ I I 

coloriée d'après nature tous les fruits tropicaux cultivés dans 
l'île. 11 u cul garde d'oublier cette merveille végétale qui a 

nom Coco de Mer et il eu exécuta une série d'une dizaine de 
moulages qui furent acquis il y a quelques années, de ses 
héritiers, par le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Nous 
en donnerons la description à la partie technique. Cette 
collection, réunie sous le nom de Carporama, avait, après la 
mort de son auteur, fait, pendant plusieurs années, le fond 
d'un musée d'histoire naturelle que Ton montrait au public, 
2. rue Grang'e-Batelière, à Paris. Un catalogue raisonné 
donnait les noms et la description des objets et se vendait 
fr. oO centimes. 

Le Commandant administrateur civil aux îles Seychelles, 
Quéau de Quincy, était tout désigné pour donner aux savants 
et aux amateurs d'histoire naturelle des renseignements de 
visu sur l'arbre extraordinaire qui poussait dans ses îles. Ce 
fut sans doute à l'instigation de Sonnerat qu'il écrivit en 1801 
ce qu'il savait de l'histoire et de la nature de ce qu'il appelle 
l'arbre cocotier de mer des îles Sevchelles, et c'est sans doute 
ce mémoire qui forma la base d'une communication lue par 
Labillardière à l'Académie des Sciences le 14 octobre 1801. 

Il est probable qu'il en avait écrit un autre antérieurement 
et qu'il servit à une première communication faite à l'Aca- 
démie des Sciences sur ce sujet le 13 décembre 1773, ainsi 
qu'il résulte de la note suivante que nous avons trouvée à la 
page 1 du Voyac/e à la Nouvelle-Guinée, de Sonnerat (édition 
1776 |, parlant de l'île Praslin : « La description de ce palmier 
« (de l'isle des Palmiers) a été lue à la séance de l'Académie 
« le 13 décembre 1773. » Peut-être avait-elle été transmise 
par Commerson, qui se trouvait à cette époque à l'île de 
France et y étudia le cocotier de mer ainsi qu'en témoignent 
ses manuscrits et les dessins qui les accompagnent. Nous en 
reparlerons. 

Ayant relevé dans une collection bibliographique récente 
l'annonce de la publication d'une « Monographie sur l'arbre 
cocotier de mer des Isles Seychelles », publiée à l'île Maurice 
en 1905 par Quincy, nous résolûmes de nous procurer à tout 



LE COCOTIER DE MER DES [LES SEYCHELLES '2 1 .*{ 

prix ce travail et nous fûmes extrêmement surpris, en le 
recevant, de constater que ce n'est autre chose qu'une réim- 
pression du mémoire de 1801 de Quéau de Quincy lui-même, 
qui avait sacrifié à la politique démocratique de l'époque en 
se contentant de le signer Quéau Quincy. Dans la copie que 
nous possédons, datée cette fois de 1803, la signature est 
réduite à Quincy tout court, ce qui, sur le vu de la iiche 
bibliographique du Just's Botanischer Jahresbericht, nous lit 
croire tout d'abord à un travail nouveau écrit par un descen- 
dant du dernier commandant français des Iles Seychelles et 
habitant Maurice, bien qu'aux Seychelles même nous n'ayons 
pu réussir à trouver aucune personne portant encore ce nom. 
En le comparant avec le mémoire annexé à la communication 
de Labillardière nous pûmes nous convaincre que nous pos- 
sédions là le document original dont le savant académicien 
a retranché quelques passages qu'il n'a sans doute pas 
trouvés assez scientifiques. N'ayant pu retrouver au Muséum 
le manuscrit original, nous donnerons le travail de Quincy in 
extenso dans le chapitre suivant. 

Dans le récit du voyage dans les mers de l'Inde sur la 
frégate anglaise le Nisus, l'officier de la marine royale 
britannique James Prior donne une longue description des 
Iles Seychelles, où il arriva le i avril 1811. Il ne manque pas 
de nous décrire le Coco de Mer : « a curious production 
« unknown in any other part of the habitable globe ; the 
« shape is somewhat oval. ... If you can conceive two, three, 
« or four enormous eggs united in a circulai- manner, by 
« having the surface of union slighthlv flattened some idea 
« may be formed of the Coco de Mer. The Indians value it 
« higiily from being supposed to stimulate the worship of 
« the Paphian Goddess. . . . The cabbage, which though more 
« bitter than that of the commun palm, forms an excellent 
« pickle. A hundred leaves make a good house '. » 

1. James Prior, Narrative of a Voyage in the Indian seas [a the \isus 
frigate to the Cape of Good Hope, Isles of Bourbon, France and 
Seychelles,... during the years 1810-1811, by James Prior Esq. R. N'., 
in-8°, London, 1812, p. 55. 



_'l i A. -A. PAUVEL 

A. Rochon avait le premier mentionné les vertus anti- 
syphilitiques de L'amande, ce dont nous n'avions trouvé 
aucune mention dans les auteurs antérieurement cités. Prior 
nous apprend pour la première fois qu'elle était également 
aphrodisiaque et que le cœur (bourgeon terminal) peut se 
manger comme le chou palmiste. Cet ouvrage de Prior a été 
trouvé assez intéressant pour être traduit en allemand 
quelques années plus tard (1819) par Leidenfrost 1 . 

I n enseigne de vaisseau de la marine française, qui passa 
quelque temps aux Sevchelles en 1818-1819, M. Frappas, 
publia en 1820, dans les Annales Maritimes et Coloniales, 
un récit très détaillé de son voyage. On y trouve plusieurs 
pages consacrées au Lodoicea, le nouveau nom du Cocotier de 
Mer, qu'il dit « avoir été assez mal décrit par les botanistes 
« Linscot, Garzias, Acosta, Clusius, Gaspard Bauhin, etc., 
« par Valmont de Bomare même, qui ensuite a le plus appro- 
« ché de la vérité, mais n'est pas exempt de grandes erreurs ». 

Aussi se donne-t-il la peine d'en faire une description assez 
longue et minutieuse qui ne nous apprend guère plus que 
celles de Jussieu, Commerson, Sonnerat, Thunberg et 
Lamarck, Labillardière, Quéau de Quincy, toutes antérieures 
à celles de Frappas qui semble n'en pas avoir eu connais- 
sance ou a négligé, on ne sait pourquoi, de les citer, se con 
tentant de critiquer Valmont-Bomare, qui d'ailleurs n'a fait 
que résumer les travaux de plusieurs de ces savants. Il nous 
apprend cependant que le chaton mâle s'appelle baba, terme 
que nous n'avions pas trouvé encore dans les auteurs con- 
sultés. 

Dans sa notice sur l'état présent de toutes les dépendances 
de l'île Maurice, parue en 1818, le Baron d'Unienville, parlant 
de l'île Praslin dont les montagnes pleines de roches et 
presque impraticables sont en grande partie couvertes de 
Cocotiers de Mer, dit qu'aucune plante ne pousse à leur 



1. C. FI. Leidenfrost, Beschreibung einer Reise in das Indische 
meer. . . und den Seychellen in 1810-1811 Berlin (?), 1819. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 21 

ombre '. C'est la première et la dernière fois que nous aurons 
à relever cette particularité d'ailleurs croyons-nous inexacte) 
et qui n'a été mentionnée depuis par aucun autre observateur 
ou écrivain. Il ajoute que les Cocos de Mer se trouvent aussi 
sur l'île Curieuse qui n'a qu'une lieue de long sur une demi- 
lieue de large et 5 à 600 arpents cultivés. 

Lorsque la Corvette la Favorite, sous les ordres de Laplace, 
visita les Sevchelles en 1830-1832, ses officiers, dont était le 
Capitaine Paris (depuis Amiral), qui illustra de son crayon 
le récit de ce voyage, trouvèrent que le Cocotier de Mer avait 
donné naissance à une industrie nouvelle. 

<( Un commerce tout récent a été trouvé par les dames de 
« Mahé. C'est le tissage des feuilles de cet arbre singulier 
« que l'on nomme le Cocotier des Seychelles, ou Cocotier de 
« Mer (Lodoicea Sechellarum). Elles font avec ses feuilles, 
« larges et pointues, fortes et lisses, des ouvrages gracieux et 
« délicats, des éventails et des chapeaux qui imitent ceux de 
« paille d'Italie. Le Cocotier dit des Seychelles n'a été 

« trouvé jusqu'ici indigène qu'à Praslin Sonnerat l'a trans- 

« porté depuis à l'Ile de France, les Anglais l'ont aussi natu- 
« ralisé dans l'Inde ; mais nulle part il ne s'est reproduit 
« aussi beau que dans le sol originaire » 

« ... Le cocotier des Seychelles est plus petit que le coco- 
tier ordinaire. (Ceci, soit dit en passant, est une erreur) ...» 

L'auteur de ce récit, consigné aussi dans le livre de Dumont- 
d'Urville' 2 résumant le voyage de la Favorite, n'est pas 

\. Laplace (Le Capitaine de frégate), Voyage autour du monde, par 
les mers de l'Inde et de la Chine exécuté par la Corvette d'Etal La 
Favorite pendant les années 1830-1832. 5 vol. grand in-8° et Atlas. 
Paris, 1835, vol. I, p. 134-138 et 155 article par le Capitaine Paris). 

2. Dumont-d Urville, Voyage pittoresque autour du monde. Résumé 
général des voyages de découvertes de Magellan, Tasinan, Dampier, 
Laplace, etc. . . Publié sous la direction de Dumont-d'Urville, capitaine 
«le vaisseau, avec cartes et gravures par Sainson. 2 vol. in-4°,2col. Paris, 
1834-1835, vol. l,p. 83-85. L'archipel des Seychelles, pi. X, fig. fc, cocotier 
îles Seychelles. Cette figure est mauvaise car elle donne à l'arbre les 
feuilles du cocotier ordinaire, les cocos entiers et ouverts sont 
empruntés de Sonnerat. 



2 H) \.-\. FAUVEL 

nommé. On voit, seulement par la suite, qu'il était sur le 
brick anglais le Victory, capitaine Lewis, et qu'il fut reçu 
par le gouverneur Harrison. Gomme celui-ci administrait les 
Seychelles en 1826 cela donne la date de cette visite 

Le grand navigateur anglais Owen 1 , dans le récit de ses 
voyages exécutés de 1820 a 182IJ sur les cotes d'Afrique, 
d'Arabie et de Madagascar, n'oublie pas les Seychelles et leur 
merveilleux coco appelé Coco do mar par les Portugais, et 
qu'il fait pousser dans les interstices des rochers des îles 
Praslin et Curieuse. Il se trompe en donnant l'année 1789 
comme date de la découverte de l'archipel seychellois. Il dit 
que tout les efforts faits pour cultiver le Cocotier de Mer sur 
les autres îles du groupe sont restés vains. On sait que, par 
la suite, les gouverneurs réussirent à en transplanter ou 
même à en faire pousser de semence sur l'île Mahé ainsi qu'à 
Maurice et à La Réunion. Il dit que l'écorce du fruit fournit 
une fibre ressemblant à celle du coco et avec laquelle on fait 
des cordages. Il ne parle pas de l'industrie des pailles du 
Cocotier de Mer qui y battait alors son plein, ayant été intro- 
duite dans l'île Mahé en 1815 par un soldat des armées de la 
République nommé Antoine Benezet. Né à Bordeaux en 1789, 
fait prisonnier par les Anglais, il resta pendant bien des 
années sur les pontons de Plymouth. Il y apprit à travailler 
la paille et à la teindre. Il arriva aux Seychelles en 1815 après 
les traités, y devint clerc de notaire, puis greffier du tribunal 
de paix en 1829 et mourut en 184-2 après avoir doté le pays 
de l'industrie des pailles dites des Seychelles. 

Nous avons eu la bonne fortune de retrouver cette histoire 
dans la Revue historique et littéraire de file Maurice en 1890. 
A la petite notice biographique ci-dessus était jointe la lettre 
suivante : 



1. Narrative of Voyages to the shores of Arabia and Madagascar, 
performed in H. M. Ships Leven and Bar raconta, 1820-1 826, under the 
direction of Captain W. F. W. Owen R N... 2 vol. New- York, 
MDCCGXXXIl (1832); vol. II, chap. XV, p. 96 à 102 et 1 10 à 112. 




ïf. 



f. - 



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"5 - 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SETCHELLES 217 

« Port-Louis (Ile Maurice), 5 décembre 1889. 

« Cher Monsieur Pitot, 

« Depuis plus de SI) ans, l'île Mahé (Port Victoria depuis 
« 1812) est en possession de nous munir des pailles dites des 
« Seychelles : ce sont des chapeaux frais et légers à tresses 
« plates ou pointues, quelquefois à jour ; ces corbeilles de la 
" mariée garnies de houppes et de pompons ; ces éventails à 
« double ou triple évolutions ; ces étuis en mosaïque pour 
« lunettes, ces petits paniers en mousse et en zigs [sic). 
« Enfants gâtés par l'habitude, à peine faisons-nous cas de 
« ces petites merveilles : à peine les voit-on dans les salons 
« et encore faut-il que la dame soit des Seychelles, ou 
<( quelque dilettante. Et pourtant je les ai retrouvés dans le 
« musée botanique du jardin de Kew près de Londres, où on 
« les apprécie, et à Paris le faubourg- Saint-Germain, je le 
« sais, n'en fait pas peu de cas. 

« C'est assez dire le prix que les connaisseurs y attachent, 
« non pas seulement comme objets de l'art exotique, mais 
« aussi comme produits d'une curiosité naturelle. En effet, les 
« formes gracieuses dont ces palmes sont revêtues surpassent 
« en teint, en moelleux, en fraîcheur, toutes les beautés de 
« leurs concurrentes connues ; et elles ont de plus, comme 
« vous le savez, l'avantage de provenir des jeunes palmes 
« du plus noble des palmiers : du Lodoicçà Sechellarum, de 
« ce cocotier de mer si merveilleux parmi les végétaux de la 
« mer des Indes et que naguère encore le vainqueur des 
c« Taïpings, l'infortuné général Gordon, exaltait dans ses 
« élucubrations bibliques, comme l'arbre du paradis terrestre, 
« à l'exclusion de l'arbre à pain qu'il abandonna. 

(( Oui, cher Monsieur, depuis plus de 80 ans. cette char- 
« mante industrie esl exclusive aux Seychelles ; elle y es! des 
« plus récréatives : les machines modernes n'y ont que faire. 
« Aux Seychelles, les dames, les jeunes demoiselles, les 
« jeunes gens, presque tout le monde, on peut l'affirmer, sait 



2 1 S A. -A. FAUVEL 

u plus ou moins tresser lu paille et La transformer en 

surprises. 

« Pondant l'inertie, en 1838, alors que les terres étaient 

« privées de bras pour la culture, que les propriétaires lan- 

« çaient sur Maurice des cargaisons de laboureurs africains, 

« sur des navires de quelques centaines de tonnes, dans 

« L'espérance d'être mieux payés en indemnité, que le com- 

« merce du tabac, de l'huile de coco, de la caouenne (écaille 

« de tortue de mer) qui avait relevé l'ancien commerce du 

'« coton, languissait ; seuls les ouvrages en paille de Coco de 

« Mer prirent de l'extension et bien des familles appauvries 

« vécurent de cette industrie. Au point que, vers 1841, un 

<( règlement administratif fut mis en vigueur pour protéger 

« les palmiers de coco-de-mer ; de pauvres gens les abat- 

« taient pour en recueillir et vendre les jeunes palmes. 

« Enfin depuis ces cinq dernières années, l'année 1889 non 

u comprise, et d'après un relevé de la douane, que je dois à 

« l'obligeance de M. Lavers, et des recherches de M. Méyépa, 

« le commerce de cette industrie se chiffre comme suit, à 

« l'article Hats and Straws, sans compter les corbeilles, les 

« éventails qui sont mêlés à V Haberdashery : 

Hats and Straws. 

Année. Valeur. Année. Valeur. 

1883 22.45 Roupies^ 1886 20.00 Roupies 

1884 3.25 » 1887 64.50 » 

1885 264.94 » 1888 171.50 » 

« Les trois dernières années (1886-1888), droits et changes 
« non compris. Voilà, me direz-vous, une industrie qui court 
« sûrement à son centenaire. Oui, j'en suis persuadé. Vous me 
« demanderez sans doute quel est l'heureux mortel qui intro- 
« duisit cette précieuse ressource à Mahé. » 

Il raconte qu'on la doit à Antoine Benezet, fils d'un jardi- 



1. La valeur de la Roupie à cette époque était d'environ 2 francs. En 
1906 elle ne vaut plus que 1 fr. 66. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 219 

nier des environs de Bordeaux, devenu soldat de la Répu- 
blique, prisonnier des pontons anglais, qui arriva à Mahé en 
4815, âgé de 29 ans, ayant pour toute ressource le talent de 
travailler et teindre la paille. Il fut accueilli par M. Jean 
Remy d'Argent, ancien chouan de l'armée de Charette, 
devenu notaire à cause de sa belle écriture, et en devint le 
jeune clerc ; mais pendant les heures de récréation, Benezet 
et ses élèves travaillaient la paille : « Je ne vous dirai pas 
« avec quelle joie il prit dans ses bras la première palme du 
« cocotier de mer qu'il vit ; ce fut une exultation, d'après ce 
« qu'il disait lui-même. Il fit le passage en bateau de Mahé 
« à Praslin, lieu originaire du cocotier de mer, pour y 
« prendre des fleurs mâles et féconder un palmier de ce 
« genre qui se trouvait stérile chez son hôte. Et c'est, dit-on, 
« le premier qui réussit ainsi dans l'île. » 

Cette citation fixe donc à peu près l'époque (pas avant 1815) 
où l'on put obtenir à Mahé les premiers fruits d'un Cocotier 
de Mer qui devait être âgé d'une trentaine d'années au moins, 
d'après ce que nous verrons plus loin, dans la description 
scientifique de cet arbre. Son introduction sur l'île Mahé 
devait donc remonter au plus tôt à 1795 • et était due sans 
doute au Commandant lui-même, M. Quéau de Quincy. 

Celui-ci mourut en 1828, après avoir conservé sous le 
gouvernement anglais la direction de la colonie, puis en être 
devenu juge et greffier. Sa succession officielle se partagea 
alors entre MM. G. A. A. Fressange, attaché au service du 
greffe à Maurice, qui accepta de venir présider le tribunal 
des Seychelles et on prit sur les lieux le clerc de notaire 
A. Benezet pour en faire le greffier. Il resta garçon et 
mourut le 15 décembre 1842 dans les bras de M. R. Young, 
percepteur, qui l'avait recueilli. Il avait 56 ans, dont 27 
passés à Mahé. La reconnaissance publique donna son nom 



1. D'après Hooker, Quéau de Quincy en planta un chez lui en 1787 J 
voir chap. III, article de J. Hooker dans le Curlis liolanical magazine 
de 1827. 



22(1 A. -A. FAUVEL 

à une ruelle de Port-Victoria dans laquelle se trouvait sa 
maison '. 

Quoi qu'en aient dit plusieurs des auteurs déjà cités, on ne 
paraissait pas encore absolument certain, en 1832, que le 
Cocotier de Mer ne poussait qu'aux Seychelles. En effet, le 
navigateur anglais Owen, qui était pourtant aussi un natu- 
raliste, parlant des îles Maldives dans un mémoire lu par lui 
devant la Royal Geographical Society de Londres le 9 avril 
1832, disait en citant J. de Barros : « Their productions lie 
« also enumerates minutelv especially the Cocoa nui both of 
« the ordinarv kind and of that called « Coco de Mer», 
« almost peculiar to the Seychelles, the seed of which 
« appears to hâve been borne thence to the Maldives, by the 
<( currents of the océan, thus showing them to tlow princi- 
« pally from west to east as I found them. » Cela ne prouve 
pas, loin de là, que ces fruits aient pu germer et y pousser 
avant d'y avoir été apportés à l'état frais, après la découverte 
de leur pays d'origine, c'est-à-dire postérieurement à 1744. 

C'est ce passage d'Owen qui beaucoup plus tard a induit 
E. Reclus en erreur quand il dit : 

« D'après Owen, la flore des Maldives comprendrait aussi 
« le Lodoicea des Seychelles, le palmier qui donne les cocos 
« de mer à double noix qui se conservent si longtemps sur 
« les flots et qui dans l'Inde, où les apportent les courants, 
« sont tenus pour des fruits sacrés guérissant toutes les 
« maladies. » 

Or, cinq ans seulement après la communication d'Owen, 
M. G. Harrison, Gouverneur des Seychelles, indiquant au 
capitaine Barrow, du navire de Sa Majesté Britannique /?ose, 
en visite dans l'archipel, les productions du pays, citait les 
Cocos de Mer et ajoutait qu'ils ne poussaient que là au 
monde '-'. 

i. Revue historique et littéraire de l'Ile Maurice, 3 e année, janvier 
1890, n° 31, pp. 338 à 340, l'Industrie des pailles de Lodoicea aux 
Seychelles, par Fressa?iges (Docteur). 

2. The Nautical Magazine and naval chronicle for 1839, 2 e sér. S., 
1839, The Seychelles communicated by G. Harrison Esq. to the Com- 
mander of H. M. S. Rose on his visits to thèse islands in March 1837, 
p. 443-446. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 2'2\ 

Depuis cette époque, un certain nombre de voyageurs, ou 
simplement d'écrivains, ont mentionné le Cocotier de Mer 
dans leurs travaux, se contentant, la plupart du temps, de 
rapporter sans le vérifier ce qu'en ont dit les auteurs déjà 
cités et analysés. Ce sont entre autres : Charlier et E. de 
Froberville en 1848 ; Pridham en 1849; le colonel Pelly en 
1865. On trouvera dans le prochain chapitre ce qu'ils ont pu 
dire d'intéressant et de nouveau en ce qui concerne la des- 
cription de l'arbre et du fruit. 

Le seul auteur que nous puissions encore citer au point de 
vue historique et commercial est H. C Bail, qui, dans un 
rapport sur les îles Maldives, nous apprend qu'en I SS2 on 
expédiait encore dans les Indes des noix de Cocotier de Mer. 
On voit par sa note que les courants marins porteraient encore 
de nos jours les noix de coco de mer aux Maldives où elles 
s'appellent encore du même nom que nous ont révélé les plus 
anciens auteurs, entre autres Pyrard de Laval ; à savoir : 
Tavakarhi pour l'ancienne transposition Tavarcaré. 



CHAPITRE III 

Descriptions scientifiques des naturalistes : 

Sonnerat, 177G; Commerson et Jossigny, premiers des- 
sins d'après nature, 1769-1773. — Labillardière, 1781; 
Quéau de Quincy, 1803, mémoires; Robillardd'Argentelle, 
moulages, 1802-1826; Hooker, 1827, première figure à peu 
près exacte de l'arbre ; Martius, 1840, diagnose latine et 
figures. — Planchon, 1849; Seemann, 1856, l'amande 
comme aliment; Owen, Miss North ; Swinburne Ward, 
mémoire, 1863, h the bowl » ; Ch. Naudin, 1864. — Gar- 
dner's chronicle, 1864, théorie du socle ou howl ; Ch. 
Dupont, 1906. — D r Perceval Wright, 1867; détails ana- 
tomiques; essais d'introduction en Angleterre, A. Roussin, 
1868-1870, description comparative et figures; John 
Horne, 1875, plaidoyer en faveur de la conservation 
de l'arbre; H. Gordon Pacha, 1881, théories mystiques 
et dessins; citations diverses, 1883-1887 ; D r Trimen, le 
Lodoicea à Ceylan, 1892; Ch. Anastas, 1897, le Lodoicea 
au Dahomey, erreur. — Cari. Chun, 1899, excellentes 
photogravures prises aux Seychelles. — A. -A. Fauvel, 
1906, détails structuraux des fleurs mâles et femelles, du 
fruit, appareil de germination, parasites, etc. 

Le premier savant qui put observer le fruit frais et 
complet, c'est-à-dire pourvu de son brou et de son calice, 
fut le botaniste Poivre, qui, comme nous l'avons vu, se 
trouvait à l'Ile de France, en 1769, époque à laquelle 
l'ingénieur Baré lui en rapporta de l'île Praslin une trentaine 
de fruits, après s'être rendu compte de l'arbre qui les portait 
et qu'il avait hésité à reconnaître pour le Cocotier de Mer, 
tant il avait été surpris par sa découverte. Poivre en fit venir 
de jeunes plants (qu'il cultiva à l'île Maurice) par l'abbé 



LE COCOTIER UE MER DES ILES SEYCHELLES 22 3 

Rochon qui visita l'île de Palme et en apporta en France un 
fruit mûr entré en germination dans sa malle, ainsi qu'une 
grande palme de 20 pieds de long. Il remit, comme nous 
l'avons vu, ces deux échantillons, avec divers renseignements, 
au Docteur Le Monnier, qui en entretint sans doute l'Aca- 
démie en 1770. Les deux savants botanistes avaient reconnu 
dans l'arbre comme une espèce de Latanier. La description 
en fut lue, nous ne savons par qui, à la séance de l'Académie 
des Sciences du 13 décembre 1773 l . C'est sans doute celle 
que l'on trouve dans le Voyage à la Nouvelle-Guinée, de Son- 
nerat, paru en 1776. Sonnerat qui, lui aussi, fut un remar- 
quable botaniste, dont le nom fut donné à un certain nombre 
de plantes tropicales, visita les Seychelles en juillet 1771. Il 
était embarqué sur la Flûte du Roi Vile de France, comman- 
dée par M. de Coëtivy. Nous avons déjà cité la partie histo- 
rique de son récit concernant l'île Praslin et le Cocotier de 
Mer. Voici maintenant la partie scientifique : « L'Isle Praslin 
« ou l'Isle des Palmiers a tout au plus 6 à 7 lieues de tour.... 
« C'est dans cette Isle d'une étendue si bornée et dans 
« cette isle seule, qu'on a découvert jusqu'à présent ce coco 
« si précieux dans l'Inde. 

c« Cet arbre observé attentivement a été reconnu pour une 
« espèce de latanier ou de lontard des Indes ; il s'élève jus- 
u qu'à 42 pieds de hauteur; sa tête se couronne de 10 à 12 
« feuilles en éventail, de 22 pieds de haut sur 15 pieds de 
« large, portées sur des pédicules longs de 6 à 7 pieds; elles 
« sont échancrées assez profondément dans leur contour et 
« chaque lobe est lui-même subdivisé en deux portions par le 
« haut ; leur consistance est ferme et coriace, ce qui les rend 
« préférables aux feuilles des cocotiers ordinaires pour faire 
« des couvertures de maison à la façon indienne. De faisselle 
« des feuilles s'élève une panicule considérable et très ramifiée 
« de 6 pieds de longueur; sa base est charnue, épaisse, ses 
« rameaux sont terminés par des amas de fleurs femelles, 

I . Ainsi que nous rapprend une noie du Voyage a la Nouvelle- 
Guinée, par Sonnerai, ch. I, p. 1-2. 



--!i A. -A. I AI \ II. 

qui paraissent avoir toutes un calice composé de plusieurs 
m pièces à 5, 6 ei quelquefois 7 divisions; leur pistil en mûris- 
>• s.nil devient un fruit sphérique d'un pied et demi de dia- 
« mètre, dont l'enveloppe est très épaisse et fibreuse, comme 
« celle du coco; elle renferme trois coques dont une avorte le 
« plus souvent. Ces coques sont très grosses, presque sphé- 
« riques, comprimées sur un de leurs côtés et divisées 
u jusque dans le milieu de leur longueur en deux portions, 
<( ce qui leur donne une figure très bizarre. Leur intérieur se 
<( remplit d'abord d'une eau blanche d'un goût amer et assez 
« désagréable; à mesure que le fruit mûrit, cette eau se 
« change, comme dans les cocos ordinaires, eji une substance 
(( solide, blanche, huileuse (?) qui s'attache aux parois inté- 
« rieures du fruit. Glusius donne une légère description 
« de ce coco sous le nom de Nux Medica 

« Ces fruits ont, chacun à leur base, le calice dont j'ai parlé 
« ci-dessus, qui ne les quitte point, même après leur parfaite 
« maturité. 

« Le tronc de l'arbre, semblable à celui du cocotier pour 
« la forme, est en général plus gros, plus dur et d'une cou- 
ce leur plus noire. 

« On a transporté à l'Isle de France des plans et des noix 
« de cet arbre qui ont très bien réussi. L'arbre que je viens de 
« décrire est, à ce qu'il paraît, un individu femelle. Je n'en 
« ai point rencontré d'autres, ainsi que ceux qui ont voyagé 
« comme moi dans ces isles où j'étais en juillet, qui était 
« sans doute le temps de la parfaite maturité de leur fruit, 
« mais depuis, j'ai reçu de M. Cosdé ', qui avait relâché dans 
« cet archipel en octobre, une portion d'un régime de fleurs 
« mâles de cet arbre, qui semble fixer le temps de sa fïorai- 
« son au mois de septembre qui répond au printemps de 
« l'Europe, et le temps de sa maturité aux mois de juin et 
« de juillet qui répondent à notre hiver. Cette portion de 
« régime avait environ deux pieds et demi de longueur sans 

1. Le Capitaine Cosdé (d'autres écrivent Cordé) commandait la Cor- 
vette Le Nécessaire qui vint aux Seychelles en juin 1772. 



Le cocotier de mèr des iles seycheeles 225 

u aucune ramification ; elle était d'une forme cylindrique, 
« de quatre pouces de diamètre, couverte entièrement d'un 
<( nombre infini de fleurs mâles, composées d'un calice à 6 
« divisions et de 6 étamines opposées à chacune de ces divi- 
« sions. Les régimes de fleurs mâles n'ayant point encore été 
« rencontrées sur les pieds qui produisent les fruits, il est 
« probable que cet arbre les porte sur des individus diffé- 
« rents, de sorte que l'on peut regarder ce palmier comme 
<( une espèce de latanier, ainsi qu'il a déjà été dit, c'est-à-dire 
<c de lontard des Indes auquel il ressemble d'ailleurs par 
« toutes ses autres parties 1 . » 

Les figures de ce travail au nombre de six représentent 
d'abord PI. III : « Le grand palmier de l'Isle Praslin vulgai- 
rement appelé Cocotier de Mer. » Il est chargé de quatre 
fruits presque aussi gros que le tronc, de forme ovoïde, 
égaux entre eux et disposés en couronne à la base des feuilles, 
sans qu'il y ait trace de régime (ce qui est une erreur évi- 
dente du dessinateur et ne répond nullement à la description 
du texte). Ce dessin est encore erroné, en ce qui concerne la 
forme des feuilles, qui ne répond pas mieux à celle indiquée 
par l'auteur, puisqu'elles sont représentées ovales. La forme 
trop grêle, tortueuse et inclinée du tronc n'est pas conforme 
à celle de l'arbre décrit, qui est toujours droit, vertical et assez 
gros. On l'a trop fait ressembler à celui du cocotier ordinaire. 
Le dessinateur a évidemment travaillé de mémoire ou d'ins- 
piration, et non d'après nature. Il a sans doute pris son modèle 
sur les dessins de cocotiers, dits de mer, que nous avons 
trouvé figurés au lavis au coin de quelques cartes manuscrites 
des Seychelles. C'est ainsi que, dans celle de Lafïite de 
Brasier, datée 1777, eet arbre est représenté avec des 
feuilles de bananier et des fruits bilobés, par conséquent 
décortiqués ! 

Dans la superbe gravure servant de frontispice à l'ouvrage 
on voit l'auteur dessinant à l'ombre d'un Cocotier de Mer 

I. Voyage à la Nouvelle-Guinée, par M, Sonnerai, in-4°, enrichi de 
120 figures en taille-douce. Paris, MDCCLXXVI (1776 ,chap. I, p. 1-2. 
pi. III et frontispice. 

Annales da Musée colonial de Marseille. -3' série, 3' vol. 1915 15 



226 A. -A. FAUVEL 

pareil ;i celui de la planche III. La planche IV, p. 3, donne 
une assez bonne représentation du fruit avec son enveloppe 
et son calice, mais le pédoncule trop grêle et trop long 
paraît avoir été dessiné d'inspiration. Le fruit est peut-être 
aussi un peu trop ovoïde, et on ne se rend pas compte de sa 
forme exacte qui est le plus souvent celle d'un cœur aplati. 
C'est la première fois qu'on le voit représenté en entier. 

La planche V représente le même fruit décortiqué mais il 
ne vaut pas, comme exactitude, celui que nous avons trouvé 
dans l'ouvrage de F. Redi paru près d'un siècle auparavant 
(1685). 

La planche VI donne deux sections dé la noix intitulées : 
1° Coupe perpendiculaire du coco de l'Isle Praslin; 2° Coupe 
horizontale du même fruit. On ne s'y rend pas compte - des 
épaisseurs respectives de la coque et de l'amande figurées 
ensemble. Ce dessin, fait sans doute d'après un fruit sec, est 
insuffisant comme renseignement scientifique. 

La planche VII figure un chaton entier ainsi désigné : 
« Portion de fleur mâle de Coco de l'Isle Praslin » ; à côté, 
on a figuré à part une fleur avec au moins 14 étamines et 
2 pétales seulement, ce qui ne correspond nullement au texte. 
Aucune des planches n'indique l'échelle des grandeurs pro- 
portionnelles, c'était d'ailleurs l'habitude peu scientifique de 
l'époque. 

C'est sans doute d'après les informations de Le Monnier, 
Rochon, Poivre et Sonnerat que A.-L. de Jussieu donna la 
première diagnose latine du Cocotier de Mer, en 1785, dans 
son Gênera Plantarum. 

(( Lontarus Rumph. — Borassus L. — Rondier, Lontar = 

« Dioica. — Spatha polyphylla. Mas. Spadix amentaceus 

« Hue retulit D. Sonnerat speciem novam. [Lodoicea Com- 
« mers, absque descript.) foliis distinguendam pinnato- 
« palmatis spadice et fructu majori et praecipuè seminibus 
<( semididymis maximis rotundatis 1 aut 2 saepè abortivis, 
« Gallis dicta m Cocotier de Mer : an genus diversum 1 . » 

1 . Anlonii Luurentiï de Jussieu, Gênera plantarum secundum ordines 
naturales disposita, juxta methodum in horto regio Parisiensi exaratam 



LE COCOTIER DE MER DES ILCS SEYCHELLES 227 

On voit qu'il cile Commerson, qui l'a décrit et nommé 
Lodoicea. Nous n'avons pu réussir à retrouver de cet auteur 
le texte manuscrit, qui ne semble pas d'ailleurs avoir été 
imprimé ; en tout cas il nous a échappé. Nous avons eu 
l'heureuse chance de pouvoir consulter à la Bibliothèque du 
Muséum d'Histoire naturelle de Paris les grands cartons con- 
tenant les dessins à la plume et au crayon faits par ce grand 
botaniste et P. Jossigny. Nous y avons trouvé un cahier in- 
folio intitulé : « Liste des dessins originaux des Plantes de la 
« famille des Palmiers, » et au-dessous : « Palmarium volu- 
<( men in quo usque desiderata palmarum arborum seu bul- 
« borum arboreorum historia methodice ad iconographia 
« illustratum curis et observationibus Philiberti Commerson 
« D. AI. 

« 1° Monographie du Coco Maritime, 12 planches, de 1 à 
« 12, dont une triple. 

« 2° Lodoicea callipyge. Coco Royal ou Coco de Mer des 
<( îles Séchelles, 3 planches, 13 à 15, dont une double, ceci 
« de la main même de Commerson. » 

Quant aux dessins ils sont au crayon noir et de grandeur 
naturelle, sauf le premier, représentant le Cocotier, naturelle- 
ment à petite échelle, m 22, et qui est à la plume. Tous sont 
signés P. Jossigny et ont été faits, sauf ce dernier, d'après 
nature, sans doute à l'île de France, où Commerson quitta 
Bougainville vers 1766, et où il mourut en 1773 sans être 
rentré en France. Il ne paraît pas avoir même été aux Sey- 
chelles, où l'expédition de Bougainville ne toucha pas. C'est 
ce qui explique sans doute pourquoi il accepta comme repré- 
sentation exacte du palmier, qu'il baptisa en l'honneur du lloi 
Lodoicea, une figure absolument inexacte et qui paraît avoir 
été inspirée par celle de l'ouvrage de Sonnerat, à moins tou- 
tefois que ce ne soit 1 inverse. La seule différence est que les 
feuilles sont ici beaucoup plus allongées, plus étroites ;'i la 
base et en nombre double. Elles paraissent avoir été dessinées 

ànno M.DCC.LXXIV 1774), Parisiis, 178 ( J, in-8", |>. 39, Ordo Palmae. U 

n'y ;i ji;is dé li^ni . 



liliS A. -A. FAÙVEL 

d'après une jeune feuille qui forme en grandeur naturelle la 
planche n° 1. Or, on sait que les premières feuilles sont, 
comme celle du cocotier ordinaire d'ailleurs, entièrement 
différentes de celles qui leur succèdent après un an ou deux. 
Jossigny n'a donc pas vu la grande palme rapportée en 
France par l'abbé Rochon, et il n'a eu sous les yeux que celles 
de très jeunes plants (1 an ou 2) rapportés de Praslin à Poivre 
par le même auteur. 

Au dos de la planche n° 1, de format in-i°, on lit écrit à 
l'encre, de la main et avec la signature de Commerson : « Je 
« ne doute nullement que le Cocotier de Mer (qui rentre dans 
« l'ordre des palmiers à feuilles en éventail) ne soit 
« comme tous les genres de cet ordre, à pieds mâles et femelles 
« séparés. 

<( Des gens qui ont été sur l'île Curieuse, qui les produit, 
« ayant été interrogés s'ils n'avaient pas vu parmi les coco- 
ce tiers de mer, qu'ils y ont trouvés, plusieurs pieds qui 
« quoique aussi grands que les autres ne portaient pas de 
« fruits, m'ont répondu très affirmativement que oui ». (Ceci 
prouve bien qu'il n'y a pas été lui-même.) 

Il semble bien être le premier naturaliste qui ait signalé 
que le Lodoicée est dioïque. 

La planche n° 2, formée de trois feuilles collées bout à bout, 
représente trois rameaux fructifères avec les fleurs femelles, 
deux fruits très jeunes, un adulte (dessiné à demi), et les 
calices après la chute du fruit mûr. 

Les planches 3 et i, presque exactement pareilles, mon- 
trent un morceau du tronc vu extérieurement et en coupe 
longitudinale (diamètre m 221/2). 

Le n° o est le dessin d'une jeune palme longue de m 60, 
large de m 3i. Elle fut sans doute copiée sur l'une des 
premières feuilles sorties du coco après sa germination ; elle 
a, en effet, la forme ovale très allongée qui les caractérise à 
ce moment. 

Le n° 6 est une noix décortiquée avec un champignon pous- 
sant à la jonction des lobes et croissant évidemment sur le 
germe sans doute pourri. A première vue, on croit que l'au- 



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LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCIIELLES 22!) 

teur a dessiné une noix germant. A coté, ce champignon est 
figuré en entier et dégagé de la noix. Il semble appartenir 
au genre Auricularia l (dimension de la noix, m 20x0 m l7, 
du champignon, 0'"14). 

Le n° 7 montre une noix coupée longiludinalement à tra- 
vers les deux lobes : longueur m 32, largeur m 30, épaisseur 
de la coque m 005, de l'amande 2 à i centimètres, ce qui 
indique un fruit âgé. Dans le fruit jeune, l'amande remplit 
entièrement la noix. 

Le n° 8 représente une noix vue de trois quarts et coupée 
dans le sens de la longueur à travers l'un des lobes; à gauche, 
le demi-lobe enlevé (dimensions : longueur m 27, largeur 
m 20). 

Le n° 9 donne la figure de deux noix coupées en travers 
par le milieu : l'une de m 29o de largeur sur 0" 1 lia d'épais- 
seur (coque et amande). 

Le n° 10 est une noix entière, avec son brou et son calice ; 
elle est de forme arrondie (dimensions : m 43 x m 32). 

Le n° 11 montre de profil la même noix (0 m 42x0 m 26 
d'épaisseur). 

Le n° 12 est une autre grosse noix entière vue de face, 
ovale (0"' 43 x m 315). 

Le n° 13 en est une autre encore avec brou et calice 
(0 m 42x0™ 40). 

Le n° 14 est une noix décortiquée vue du côté plat 
(0 m 90x0 m 33). 

Le n° 15 est une noix ouverte du haut en bas entre les deux 
lobes (dans le sens de l'épaisseur). Elle montre bien le trou 
de communication entre les deux lobes et le germe placé contre 
la coquille juste à l'orifice du trou qui doit laisser passage à 
l'axe cotylédonaire (dimensions: longueur 0"' 2a, largeur 
m 24, épaisseur ra 15). 

Il manque à cette collection pour être complète le dessin 
d'une noix décortiquée montrant la face supérieure avant et 

1. Un champignon pareil ayant poussé sur une noix que nous pos 
dons, nous avons cru y reconnaître le Lentinui ftabelliformis [tribu défi 

Agaricinées). 



230 



A. -A. FAUVEL 



après la germination. Ces dessins ne sont pas datés. Us ont 
été sans doute exécutés pendant le séjour de Commerson à 
l'Ile de France, soit de I7l>(> à 177.3. Ils sont très heureuse- 
ment complétés par la collection des moulages de Robillard 
d'Argentelle, dont nous reparlerons plus loin. Malheureusement 
ni l'un ni l'autre n'ont donné un dessin ou un moulage de 
la Heur, sur la structure exacte de laquelle nous ne serons ren- 
seignés que plus tard (1800). Il est étonnant que Commerson 
se soit contenté du dessin très imparfait que donne Sonnerat 
du chaton mâle et d'une fleur séparée. 

Labillardière en avait sans doute reçu, ce qui lui permit le 1 4 
octobre 1801 de lire aune séance de l'Académie des Sciences le 
premier mémoire décrivant complètement le Cocotier de Mer 
avec ses fruits et ses fleurs. Nous l'avons retrouvé dans les 
Annales du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, où nous 
avons pu examiner, dans la galerie de botanique , les échantil- 
lons de fleurs, fruits et feuilles provenant sans doute de l'abbé 
Rochon ou des envois faits ensuite et qui ont évidemment 
servi à Labillardière, aidé aussi par les dessins de Commerson 
et des renseignements fournis par Quéau de Quincy, dont la 
description légèrement abrégée se trouve à la suite du 
mémoire à l'Académie. Vu l'importance historique de ces 
deux documents nous les citerons ici in extenso. 

Voici d'abord ce que dit Labillardière : 

« Le palmier connu vulgairement sous le nom de Cocotier 
u des Maldives croît, comme on sait, aux Iles Séchelles. Il 
« avait été pour Commerson le sujet d'un nouveau genre qu'il 
« avait appelé Lodoicea, nom que je conserverai, mais sades- 
« cription ne nous est pas parvenue. Sonnerat l'a depuis rap- 
« porté au genre Borassus (sans doute en 1773). 

« Il ne restera, je le présume, aucun doute, d'après la des- 
« cription que je vais donner, qu'il ne forme vraiment un 
« genre à part. 

« Le Lodoicea porte ses fleurs mâles sur des pieds diffé- 
« rents de ceux qui en produisent les fleurs femelles . Elles 
« sortent les unes et les autres de spathes formées de plu- 
« sieurs feuilles oblongues, aiguës. 



Annales du Musée colonial de Marseille, 
3' série, I" volume 1915. 



Pages 230 234. 




I,e«Ulcir (.(«s p.'cktlltS 



I. I V . — Labillardière, 1801. Annales du Muséum. Fig. a. Le palmier femelle. Fig, b. 
Le fruit. Fig. c. Rameau déjeunes fruits. Fig. d. Portion de régime mâle. Fig. e. Ecaille 
de régime mâle avec bouquet floral. Fig. f. Faisceau de fleurs mâles vu en dessus. 
Fig. g. Le même vu de côté. Fig. h. Petite écaille qui sépare chaque fleur. Fig. i. Fleur 
mâle ouverte. Fig. I . Etamines vues en <li v erses positions. De e à I légère réduction. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 231 

« Le régime des fleurs mâles est composé d'un, très petit 
« nombre de chatons cylindriques d'environ 2 pieds 1/2 
« (8,1210 décimètres) de longueur sur 3 ai pouces (8,1210 à 
« 10,8280 centimètres) de diamètre, dont les larges écailles 
« imbriquées se divisent en dessus et vers le quart de leur 
« longueur en 2 lames à peu près verticales qui enveloppent 
« presque en entier un faisceau de fleurs dirigé dans sa plus 
« grande longueur vers l'intérieur du chaton. Chaque fais- 
« ceau est à peu près réniforme et composé de 30 à 40 fleurs, 
« disposées sur deux rangs se croisant alternativement dans 
« la moitié de leur épaisseur et séparées chacune par une 
« petite écaille oblongue, renflée du côté externe, attachée 
« comme les fleurs à un réceptacle presque demi-circulaire 
« dont la partie supérieure et postérieure est mobile, ce 
« réceptacle étant divisé postérieurement par une fissure 
« oblique dans les deux tiers de son étendue. 

« Les fleurs ont pour calice 6 folioles étroites, creusées en 
« forme de gouttière dans leur longueur; les folioles exté- 
« rieures, échancrées d'un côté vers l'extrémité, l'autre côté 
« présentant une pointe oblique, sont plus longues et un peu 
« plus coriaces que les intérieures alternes dont la sommité 
<( est obtuse, et sont attachées à 2 millimètres au-dessous 
'< d'elles, sur le même pédicelle, qui s'amincit par le bas. Les 
<( étamines, au nombre de 20 à 36, sont portées sur un récep- 
« tacle central de 2 millimètres environ d'élévation et qui 
« semble être le prolongement du pédicelle dont nous venons 
« déparier. Elles ont en outre un petit filament pour chaque 
« anthère vacillante, oblongue, obtuse, à 2 loges s'ouvrant 
« par le côté et un peu à l'intérieur, en répandant une pous- 
« sière globuleuse et jaunâtre. 

« Il est remarquable que le faisceau de fleurs porté par 
« chaque écaille est en grande partie couvert par l'écaillé 
« supérieure, de sorte qu'il ne reste à la partie inférieure «-I 
« externe entre les deux lames mentionnées ci-dessus, qu'une 
« petite ouverture par où il ne peut sortir à la fois qu'une 
(( seule fleur. Leur développement successif s'exécute par un 
« mécanisme facile à concevoir à la première inspection de 



232 A. -A. FAUVEL 

p la ligure g. Les ileurs les plus avancées se trouvent toujours 
« en (1. et leur épanouissement n'a lieu qu'après avoir quitté 
le réceptacle pour sortir par la petite ouverture dont il vient 
« d'être lait mention et faire place à la Heur qui sort à son 
« tour, et ainsi de suite jusqu'à ce que par l'évolution de ce 
« même réceptacle, les Heurs les plus éloignées en o. aient 
« aussi été amenées vers d. pour trouver passage par la même 
« ouverture, ce qui prolonge irrégulièrement, comme on voit, 
« le temps que mettent ces fleurs à répandre leur poussière 
<c fécondante, en assurant d'autant plus la réussite des indi- 
« vidus femelles. Alors les petites écailles intermédiaires se 
« sont rapprochées les unes des autres et n'occupent plus que 
« fort peu d'espace. 

« Le régime des fleurs femelles, assez divisé, porte vers 
« l'extrémité ses fleurs qui sont sessiles. Le calice est formé 
« de 5 à 7 folioles ovales et très larges. L'ovaire, presque 
« sphérique, est surmonté de 3 ou 4 stigmates sessiles, aigus. 
« Il devient une baie ovale d'environ 1 pied 1/2 (4,8726 déci- 
« mètres) de long, quelquefois terminé par une sorte de 
« mamelon et renfermant dans son enveloppe fibreuse 3 à 4 
« noyaux qui rarement viennent tous à bien. Ces noyaux, 
« d'une dureté extrême, sont de forme ovale, aplatie, ayant 
« au milieu une dépression répondant à une saillie intérieure 
« qui représente assez bien une demi-cloison. Ils sont séparés 
« en deux lobes supérieurement, c'est-à-dire à leur extrémité 
« la plus éloignée du calice, rarement en 3 à 4 lobes. On en a 
« vu plus rarement qui avaient jusqu'à 5 lobes. C'est entre 
« ces mêmes lobes qu'on remarque dans le noyau une ouver- 
« ture oblongue garnie de fibres sur ses bords et donnant 
<( issue à la radicule et à la plantule lors de la germination. 

« L'amande, qui ne laisse pas d'acquérir une grande consis- 
« tance, a la forme du noyau. On voit différentes coupes de 
« l'un et l'autre dans le Voyage à la Nouvelle-Guinée , pi. VI. 

« L'embryon est enfoncé dans une cavité de l'amande abou- 
« tissant à sa superficie entre les lobes, vis-à-vis de l'ouver- 
« ture oblongue du noyau mentionnée ci-dessus, aussi doit-on 
« le regarder comme supérieur. Je n'en donnerai pas la figure, 



LE COCOTIER l>E MER DES ILES SEYCIIELI.F.S 233 

« le fruit sur lequel je l'ai observé n'ayant pas acquis le 
« degré de maturité nécessaire pour être bien conservé. Je 
« dirai cependant que la plumule dirigée vers l'intérieur se 
« termine en pointe recourbée, la radicule étant ovale, tuber- 
« culeuse à l'intérieur, où l'on remarque une dépression lon- 
(( gitudinale. 

« Les caractères énoncés ci-dessus, la position surtout de 
« l'embrvon et la forme des noyaux de la baie fibreuse, le 
« nombre des élamines, leur disposition et celle des {leurs 
« mâles suffisent bien pour l'établissement du nouveau genre 
« qui vient d'être proposé. Il ne peut être confondu avec le 
« genre Borassus quoique d'ailleurs il ait avec lui beaucoup 
« d'affinités. 

« J'ai appelé Lodoicea Sechellarum (Lodoïcée des 
« Seychelles") le palmier qui fait le sujet de ce mémoire, 
« dénomination tirée comme on voit du groupe d'îles dont il 
« est originaire. Mais on doit présumer qu'à l'exemple de Son- 
« nerat, qui l'a transporté à l'île de France, il se trouvera 
« des navigateurs jaloux d'enrichir quelqueautre terre de cette 
« belle production de la nature. 

« Le Lodoïcée des Sevchelles s'élève assez droit à 15 ou 
« 18 mètres ( i6 à 55 pieds), quelquefois même beaucoup au 
<( delà. Son tronc fibreux, assez semblable à celui du cocotier, 
« est marqué, dans toute sa longueur, par l'empreinte des 
« feuilles qui se détachent à mesure qu'il croit; d'autres 
« feuilles se développent en nombre à peu près égal chaque 
« année, de sorte qu'il se trouve assez constamment couronné 
" du même nombre de feuilles (15 à 20). On ne les a pas 
« représentées toutes dans la figure ci-jointe, afin de faire 
« mieux sentir leur forme. Elles sont d'une texture assez 
« ferme et, comme on voit, en éventail, ovales, échancrées à 
« la base, divisées inégalement dans leur pourtour, les divi- 
« sions inférieures étant les plus courbes. Les pétioles longs 
« de 7 à 8 pieds (2 '" 27 à 2 m 59) sont élargis à la base où ils 
« se déchirent quelquefois en deux parties, à mesure que les 
« feuilles supérieures se développent. 

« L'amande de ces gros fruits est un aliment assez nié- 



ll.'Jî A. -A. FAUVEL 

« diocre. Je ne dirai rien des vertus imaginaires que lui avaient 
« attribué quelques botanistes et voyageurs des xvi e et xvn e 
« siècles, et l'on doit bien présumer que je ne répéterai pas 
« non plus les fables qu'ils racontent sur l'origine de ce pal- 
o mier. On trouvera ces matières traitées au long dans Y Iler- 
« barium Amboinense du célèbre Rumphius, livre xu, cha- 
« pitre 8. Il y a même la figure d'un noyau de cet arbre inté- 
« ressant. On y verra encore cités la plupart des auteurs qui 
« en ont parlé avant lui. 

« Les feuilles servent à couvrir les toits ; leur consistance 
(( les rend encore plus durables que celles du Corypha 
« umbraculifera. 

« Le tronc peut être employé avantageusement à tous les 
« usages auxquels on fait servir celui du cocotier. Quoique 
« Sonnerat ait donné dans son Voyage à la Nouvelle-Guinée, 
« planche III, une figure du Lodoïcée des Séchelles, j'ai 
« pensé qu'on verrait encore avec plaisir celle-ci faite aux 
« Seychelles par M. Lilet, correspondant de l'Institut ; mais 
« il était indispensable de donner les détails de la fructifica- 
« tion. Je les ai dessinés d'après des échantillons conservés 
« dans l'esprit de vin, qu'il a bien voulu me communiquer. » 

Cette planche est fort bonne, sauf pour la forme des feuilles 
qui semble inspirée par celle de la planche de Sonnerat, avec 
cette dilîérence qu'elles sont plus ovales, plus profondément 
et plus largement échancrées. C'est la troisième manière de 
les représenter, mais elle n'est guère plus exacte que les deux 
autres. 

Par contre, nous y voyons pour la première fois une 
approche de la vérité en ce qui concerne le pétiole fendu en 
triangle à la base, comme on l'observe sur l'arbre. Les fleurs 
femelles sont représentées pour la première fois, ainsi que 
l'anatomie des fleurs mâles et la position des fruits sur leur 
régime. Labillardière aurait pu mieux figurer les feuilles s'il 
les avait dessinées d'après la palme rapportée par Rochon, au 
lieu de s'en rapporter au dessin de Lilet, qui, bien que Corres- 
pondant de l'Institut aux Seychelles et les ayant soi-disant 
faites d'après nature, nous paraît un observateur aussi peu 



:. .il 



LE COCiflER DE MER DES ILES SEYCHELLES 235 

exact que peu scientifique. On peut se demander s'il n'y a pas 
eu aussi une interprétation du graveur. 

A la suite de ce mémoire, on trouve, dans le vol. IX des 
Annales du Muséum, un extrait du mémoire envoyé par 
M. Quéau-Quincy. Labillardière s'est borné à ne citer que les 
parties ne faisant pas double emploi avec ce qu'il avait com- 
muniqué à l'Académie. Ainsi que nous l'avons dit dans le 
chapitre précédent, il a été publié in extenso en 1905 à l'île 
Maurice et nous avons pu en obtenir une copie. 

Nous allons citer tout ce qui nous paraît compléter les infor- 
mations déjà fournies et que l'auteur n'a fait que répéter 
d'après les anciens écrivains ; 

« Cet arbre vient dans toutes les parties de l'Isle de Praslin 
« et de l'Isle Curieuse ; l'on en trouve partout dans les pleines 
« [sic) de sable, au bord de la mer, dans les mares, parmi les 
« rochers les plus arides, où il ne paraît point de terre, et 
« une très grande partie sur le sommet des plus hautes mon- 
te tagnes qui n'est formé que de tuf. 

« L'Isle Praslin et l'Isle Curieuse ' avant un sol très mau- 
« vais, ne seraient point habitables s'il n'y avait pas de mares, 
« aussi le coco de mer vient-il très bien partout où on le 
« plante, dans toutes les autres isles de l'archipel et même 
« aux isles de France et de La Réunion (Bourbon) où il y en a, 
« mais qui ne sont pas encore en rapport, cet arbre étant très 
« long à venir. 

« Le tronc de cet arbre s'élève communément de 50 à 60 
(( pieds ; l'on en trouve cependant beaucoup qui ont 80 et 
« 100 pieds de hauteur, il est droit comme un mât 2 [parfaite- 
« ment cylindrique], sa grosseur varie très peu aïant à peu 
<( près 12 pouces de diamètre, sans diminution sensible jus- 
te qu'à son sommet qui est couronné par une touffe d'environ 
« 12 à 20 feuilles, ce qui forme sa tète. 

i. Ces deux isles sont séparées l'une de l'autre par un étroit canal 
d'environ :JO0 toises et de la distance de lieues de Mahé. 

2. Le rapport cité par les Annales ajoute « parfaitemenl cylindrique», 
les parties entre [ ] sont celles qui sont en plus dans La rédaction des 
Annales dues à Deleuze, l'éditeur. 



2'M) A. -A. PAUVEL 

» Cet arbre ne produit point de branches mais seulement 
« de grandes feuilles dont, les anciennes tombent à mesure 
« qu'il s'élève. La feuille de cet arbre est très grande, for- 
ci niant l'éventail ; j'en ai mesuré qui avaient 20 pieds de 
« long*, sur Kl à 12 de largeur, leurs queues sont quelquefois 
.. aussi longues que la feuille; elles ne sont cependant pas 
« toutes de cette largeur, leur dimension la plus commune 
« est de 8 à 10 pieds de longueur sur .*> à G pieds de largeur, 
« les vieux arbres produisent ordinairement de ces dernières. 

« La tête de l'arbre d'où partent les feuilles qui les cou- 
« ronnent [sic) s'appelle choux ; il se mange comme le choux 
« palmiste, le choux du latanier des Indes et celui du coco- 
« tier ordinaire, mais cependant il n'est pas aussi délicat ayant 
(( un petit goût d'amertume; confit au vinaigre, l'on en fait 
« d assé bons achards. 

« Le bois de cet arbre est assez dur, mais il diminue de soli- 
« dite en approchant de son centre, n'étant dans cette partie 
<■ qu'un composé molasse de [longues fibres que l'on sépare 
« facilement du reste de l'arbre lorsqu'il a été coupé et fendu 
« dans sa longueur. Son écorce est extrêmement mince, l'on 
« pourrait dire même qu'il en est à peu près dépourvu. 

« Les feuilles de cet arbre sont d'un gros verd tirant sur le 
« jaune; elles deviennent même toutes jaunes en séchant, 
« leur tissu est croisé et chaque feuille sort du milieu de la 
« touffe du sommet. Elle est fermée, lisse, longue de 6 à 
« 8 pieds, en diminuant comme un jet ; chaque branche de cet 
« arbre n'est donc exactement qu'une longue queue d'une 
<( très grande feuille, qui dans le commencement ressemble à 
« un évantail fermé, mais qu'en se développant ensuite forme 
« un grand évantail ouvert, dont les plis sont exactement 
« marqués ; sur les côtes qui forment les ptis des vieilles 
« feuilles on y trouve attaché un duvet assez épais qui est 
« semblable à celui qu'on trouve sur les feuilles des lataniers 
« des colonies. 

« Le cocotier de mer mâle produit des fleurs qui fertilisent 
« les fleurs du cocotier de mer femelle. Cette fleur du coco- 
« tier de mer mâle sort à l'origine des feuilles. Elle est 



LÉ COCOTIER DE 5IEK DES ILES SËYCHËLLES 2'.\1 

« oblongue, de couleur pourpre ou violet, elle est parsemée 
« dans toute sa longueur à des distances égales de jolies petites 
(( fleurs jaunes qui en ressortent et qui font le plus bel effet . 
« La longueur de cette (leur est de 2 pieds à 2 pieds 1/2, 
« même trois pieds, et sa grosseur, à la partie la plus forte, 
<( est d'environ G pouces de circonférence. 

« Il sort à l'origine des feuilles du cocotier de mer femelle 
« un régime appelé communément dans le pays, ainsi qu'au 
« bananier et au cocotier ordinaire, un Baba ' ; les fleurs 
« femelles ont un ovaire qui produit un fruit d'une forme 
« toute particulière qui mérite bien, par toutes ses singularités, 
« d'être décrit, ne l'ayant pas encore été par aucun naturaliste, 
« à ce que je crois. 

« Le fruit qui succède aux fleurs femelles est très gros, 
« comme le plus gros melon de France, au nombre de i, 5 
« et 6 quelquefois à chaque régime, il est recouvert par une 
« enveloppe extérieure en peau, qui a beaucoup de rapport a 
« l'enveloppe ou peau qui couvre les noix de France et ayant 
« même en grand à peu près la forme, la même couleur, c'est- 
« à-dire d'un verd foncé, mais en considérant en détail ce sin- 
« gulier coco lorsqu'il est dépouillé de sa première peau, et 
« de son enveloppe filandreuse, l'on voit d'un côté, qu'il res- 
« semble parfaitement à des fesses, l'entre-deux qui les 
« sépare représente la partie naturelle de la femme, on y 
« remarque même une protubérance ressemblant absolument 
« a l'une des parties extérieures de la génération de la femme, 
« autour de laquelle plusieurs petits filaments qui y existent 
« représentent des poils parfaitement imités ; c'est aussi de 
« ces entre-deux que sort le germe, qui, dans les premiers 
« jours, lorsqu'il ne passe pas la longueur de 6 à S pouces, 
« ressemble parfaitement au membre viril. C'est cet instant 
« qu'il faut saisir pour avoir un coco de mer qui soit on ne 
(( peut plus curieux par sa singularité et ses formes '-'. 

1. Baba (ou Bava ?), nom indien. 

2. Ce sont évidemment ces singularités qui ont suggéré aux indigènes 
de l'Inde et autres pays d'en faire un remède antisyphilitique ei aphro- 
disiaque, et à Gordon Pacha le fruit défendu du paradis terrestre. 



2 38 A. -A. FAUVEL 

« Quand L'amande du coco de mer n'est pas encore dans sa 
a parfaite maturité, l'intérieur du coco, dans la partie supé- 
« rieure par laquelle il est attaché au régime, est divisé en 
« deux parties, il contient une substance en forme de gelée 
« blanche, ferme, transparente, excellente et agréable au 
« goût, un seul coco peut en contenir deux bonnes assiettes à 
« soupe; pour peu qu'il y ait quelques jours que le coco ait 
« été cueilli oucoupésur l'arbre, cette gelée s'aigrit, ellen'est 
« plus mangeable ayant alors l'odeur, la couleur et la 
« consistance réelle de la semence humaine. 

« L'intérieur de la noix de coco de mer est partagé en deux 
« par une cloison assez forte qui communique par le trou 
(( d'où sort le germe ; au lieu de gelée il est rempli, lorsqu'il 
« est en maturité, d'une amande fort dure, très coriace, qu'on 
« a de la peine à couper, et qui peut se rapper, c'est de ces 
<« deux amandes que sort le germe, elles semblent lui servir 
« de testicules. 

« L'arbre cocotier de mer est très long dans sa croissance, 
« un coco de mer planté est environ un an avant de pousser, 
« il est 20 à 30 années avant que de rapporter des fruits, et 
« ce fruit, du moment qu'il commence à paraître sur l'arbre, 
« est plus d'un an à acquérir sa parfaite maturité. J'en ai vu 
« qui ont resté 3 ans sur pied avant que de tomber à terre. 

« Chaque arbre porte environ 20 à 30 cocos qui font un 
« poids considérable au sommet de cet arbre, car l'on peut 
« compterque l'un dans l'autre, chaque coco peut bien peser 20 
« à 23 livres, il y a ordinairement 2 cocos dans une même 
« enveloppe et quelquefois trois ; l'on en trouve aussi de fort 
« curieux qui, au lieu de ne former que deux parties, setrou- 
« vait (trouvent) en former 3 et 4. Et j'en ai possédé un 
« seul (en ayant) jusqu'à 5 ; ces derniers sont extrêmement 
« rares et fort recherchés des curieux ; ils ne peuvent être 
« considérés que comme des jeux ou bizarreries de la nature 

Usages et propriétés du coco de mer. 

« Le tronc de l'arbre après avoir été fendu et netoyé de sa 
« partie mole et fibreuse, sert à faire de longues jumelles 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 239 

« pour recevoir l'eau, l'on en fait des palissades pour entourer 
a les cazes ou maisons, les jardins, etc. 

« Les feuilles servent à faire de très bonnes couvertures aux 
(( çazes, aux maisons, même à les entourer, car avec cent 
« feuilles l'on peut faire une maison commode, la couvrir, l'en- 
« tourer, même faire les cloizons pour séparer les chambres 
« ainsi que les portes et fenêtres; à l'Isle Praslin, la plus 
« grande partie des maisons des habitants et les magasins 
(( sont ainsi construits. 

« Le duvet qui est attaché aux feuilles sert à faire des mate- 
« las et des oreillers comme la ouate. 

« Les côtes des feuilles et le cotton de la queue servent à 
« faire des paniers et des balais. 

« Les feuilles tendres, ou pour mieux m'exprimer, les cœurs 
« des feuilles, quand elles ne sont point encore épanouies en 
« éventail, séchées au soleil, coupées dans leurs longueurs 
« par petites bandes de deux à trois lignes de largeur, et 
« pressées, servent à faire des chapeaux bons pour hommes 
« et pour femmes, l'on ne s'en sert pour ainsi dire pas d'autres 
« aux Isles Seychelles. 

« La noix, que l'on appelle communément le Coco de mer, 
« sert de vases à différents usages, en le conservant entier, 
« et lui faisant un ou deux petits trous à son sommet, l'on 
« s'en sert pour porter de l'eau ; les noirs en portent ainsi 
« plusieurs qu'ils attachent aux deux bouts d'un bâton , il y a 
« de ces cocos qui contiennent 6 à 8 pintes, quand on les scie 
« en deux, droit par la moitié ils servent à faire des plats, 
« des assiettes, suivant leurs grandeurs, et quand l'on en 
« trouve de petites, ils servent à faire des vases pour boire, à 
« peu près comme l'on se sert des tasses du coco de terre ; 
« mais celui du coco de mer est préférable étant beaucoup plus 
« fort et plus épais. Voilà pourquoi on l'appelle aux Isles 
« Sevchelles, la vaisselle de l'Isle Praslin. Les cocos de mer 
« sont vraiment d'une grande utilité et économie pour les 
« pauvres gens et pour les nègres; aussi les vaisseaux qui 
« passent aux Seychelles tâchent de s'en procurer le plus 
« qu'ils peuvent étant très commode pour les matelots, ear 



2i<> A. -A. 1ALVEL 

<( les cocos de nier sont très forts, et ne cassent point en tom- 
« bant, l'on en fait aussi de jolis plais à barbe, que l'on fait 
« graver et garnir en argent. Ils se gravent facilement; ils 
« prennent un très beau poli et une couleur fort noire. 

« Les Indiens avaient attribué aux premiers cocos de mer, 
<( que l'on avait trouvé sur la mer près des Isles Maldives, 
<c plusieurs vertus chimériques qui les avaient fait rechercher 
« avec le plus grand empressement, ce qui ne paraîtra pas 
« étonnant quand l'on saura que l'on a vendu dans l'Inde 
c jusqu'à 2 et 300 Roupies (750 livres) un seul coco de mer ; 
« en raison de ce que les Indiens prétendent à cette époque 
« que l'amande qui était dans l'un des côtés du coco de mer 
« était un poison très violent, tandis que celle qui était du 
« coté opposé était un contrepoison ; ils lui attribuaient éga- 
« lement une vertu propre à exciter l'amour, aujourd'hui que 
« le coco de mer est parfaitement connu, tout le merveilleux 
« est évanoui et sa valeur tombée aux Indes en raison de ses 
« vertus supposées et de ce qu'il est devenu commun. 

« L'amande du coco de mer, lorsqu'il est en maturité, est, 
« comme je l'ai déjà dit, très compacte, elle a de la ressem- 
« blance avec de la corne blanche, elle n'est employée à aucun 
« usage ; jusqu'à présent, elle n'a aucune qualité encore par- 
ce faitement connue ; cependant l'on la croit propre à être 
« employée comme astringent, dans les dissenteries et les flux 
« de sang. L'on ne peut en tirer de l'huile et elle ne peut que 
« faire beaucoup de mal si l'on en mange pendant quelque 
« temps ou une trop grande quantité, étant très indigeste, 
« l'on a même vu des matelots indiens mourir pour en avoir 
« fait un usage immodéré à la mer. La gelée de coco de mer 
« est très froide, la quantité en serait très indigeste. 

« A Mahé, Iles Seychelles, le 1 er Thermidor an II [le 20 juil- 
« let 1803 v. s. (vieux style)]. 
« Le Commandant administrateur civil, aux Iles Seychelles, 

« Quincy. » 

M. Deleuze en terminant dans les Annales du Muséum la 
citation d'une petite partie du travail de Quéau de Quincy, 




: m 



-<• ■_ 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 2Ï\ 

remercie L'auteur et ajoute : « Le nom Lodoicea Sechellarum 
« proposé par M. La Billardière sera sans doute adopté par 
<( les Botanistes, niais s'il ne passait pas dans le Langage ordi- 
i< naire, il faudrait du moins, pour éviter une erreur, substi- 
« tuer à cette dénomination de Cocotier des Maldives celle-là : 
« Cocotier des Séchelles l . » 

Revenons maintenant à la collection des moulages en cire 
de Robillard d'Argentelle, dont nous avons raconté l'histoire 
dans le chapitre précédent. Ces moulages, admirablement exé- 
cutés d'après nature et avant conservé les couleurs qui ont 
forcément disparu sur les échantillons conservés à sec ou dans 
l'alcool, nous permettent de comprendre les descriptions ci- 
dessus données, et les complètent d'ailleurs. 

Ils sont d'autant plus exacts qu'ils ont été faits sur desobjets 
encore frais provenant des Seychelles, et que l'auteur a utilisé 
pour certains d'entre eux la coque même du Coco de Mer. Un 
seul nous paraît insuffisant, c'est celui qui représente un 
chaton mâle couvert de fleurs. Ces dernières y sont simple- 
ment imitées et on n'y peut distinguer la forme exacte des 
anthères et pétales. Les pièces, au nombre de dix, sont dispo- 
sées dans deux vitrines. Dans la première, on voit marqué A 
un chaton mâle entier couvert de ses fleurs épanouies, puis en 
B un régime femelle chargé de deux fleurs, dont l'une parait 
déjà fécondée, et de deux cocos, l'un jeune, l'autre adulte. 

Dans la seconde vitrine se trouvent huit pièces, à savoir : 
C. Un coco coupé transversalement un peu au-dessous de la 
réunion des deux lobes, soit au tiers de la partie supérieure 
(du côté opposé au pédoncule 2 ). On y distingue' parfaitement : 
le brou charnu et fibreux ; la coque ayant à peu près la même 

t. Annales du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, 1HD7. in i . 
vol. IX. |). 146. — Sur h- Cocotier des Maldives. Extrait d'un mémoire lu 
a l'Académie des Sciences le 14 octobre 18(11 par M. Lnhillaniière, et 
Extrait d'un mémoire envoyé au Muséum par M. Quéau-Quincy, com- 
mandanl et administrateur général des [les Séchelles, sur le palmier 

qui produit les lYuits appelés (locos des Maldives. 

2. I /a u i oui- doit vouloir dire du côté du pédoncule, il semble avoir pris 
une extrémité pour l'autre. 

Annales du Musée colonial de Marseille. - ■'• série, 3" vol. 191 >. 16 



242 A. -A. FAUVEL 

épaisseur, ce qui indique que le fruit est encore jeune et que 
cette coque es! encore à L'étal mou; l'amande remplissant 
entièrement chacun des lobes. E. L'amande entière dépourvue 
de son revêtement brun (épisperme . D.F. Deux moitiés supé- 
rieures de la coquille (côté opposé au pédoncule : L'une F 
vide, l'autre 1) contenant encore dans le lobe gauche l'amande 
mûre et desséchée, avec un léger vide central, indiquant que 
le coco est arrivé à maturité complète et est prêt à germer. La 
nature libreuseet radiée de l'amande est fort bien imitée. Dans 
cette section, l'ouverture qui doit laisser passer le germe 
montre bien le coussin fibreux élastique qui la ferme presque 
complètement, mais qui, grâce à son élasticité, permet à l'axe 
cotylédonaire d'en écarter les bords. Cette organisation orieri- 
nale rappelle au naturaliste l'ouverture élastique de certains 
cocons soyeux du genre Attacus. De même que dans ceux-ci, 
les poils élastiques garnissant intérieurement et extérieure- 
ment l'ouverture du coco semblent destinés à en défendre 
l'entrée contre les insectes rongeurs, tout en permettant la 
sortie du germe'. G représente l'amande entière (revêtue de 
son enveloppe brune) arrivée à maturité et germant. H nous 
montre la noix mûre dépourvue de son brou avec un germe 
déjà bien développé. Enfin, deux pièces aujourd'hui séparées, 
K, L, mais qui devaient sans doute n'en faire qu'une autrefois 
(sans doute cassées) montrent l'amande flétrie, considérable- 
ment diminuée de volume, sa substance ayant été absorbée par 
le germe en forme de massue allongée que l'on voit à coté, K, 
et dont la base est encore adhérente à l'amande. Il est probable 
que, comme cela arrive dans toutes les graines, la germination 
produit des ferments qui ramollissent l'amande et la font ser- 
vir à la nourriture de la jeune plante tant que celle-ci n'a pas 
encore poussé de racines. C'est ce qui explique, sans doute, 
comment l'on peut transformer en gourdes les coques du 

1. L*auteur clans ce moulage a exagéré la grandeur et l'a entourée de 
beaucoup trop de poils libres et trop longs. Il en a beaucoup figuré aussi 
autour du germe dans le moulage H. On croit y reconnaître l'intention 
d'exagérer d'une façon obscène, sans doute en vue de l'exposition en 
public. 




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LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 243 

Lodoicea. On sait en effet, par Quéau de Quincy, qu'à L'état 
de maturité l'amande a La dureté de la corne et qu'il est pin- 
suite impossible de l'extraire de la noix en conservant la forme 
de celle-ci '. 

Le catalogue accompagnant la collection de moulages men- 
tionne aussi cette particularité, citant en plus quelques lignes 
du mémoire du Commandant des Iles Sevchelles. Parlant de 
l'amande, il change les mots de semence humaine, de ce 
mémoire, en substance humaine. 

Il nous faut attendre jusqu'à l'année 1S27 pour avoir de 
nouveaux renseignements concernant le Lodoicea. Nous les 
trouvons consignés dans le Botanical Magazine de Curtis sous 
la signature du célèbre botaniste anglais Ilooker. C'est une 
description botanique complète du Cocotier des Sevchelles 
soigneusement illustrée de cinq planches en couleurs d'après 
nature. 

Après avoir indiqué la synonymie, il passe à la description 
de l'arbre, auquel il donne un tronc droit, ce qui jure avec la 
planche où sont représentés ensemble, pour la première fois, 
les deux sexes, mais portés par des troncs trop minces pour 
leur élévation et surtout beaucoup trop tortueux. Par contre, 
nous pouvons enfin y reconnaître les feuilles exactement des- 
sinées, ce que n'avaient encore fait aucun des auteurs ayant 
traité de cet arbre. Ilooker, n'ayant pas été lui-même aux 
Seychelles, a dû s'adresser à un artiste qui fit ce dessin sur 
place d'une façon plus consciencieuse que Lilet Geoffroy. Les 
planches du Botanical Magazine ne sont pas signées, mais, 
d après le texte, il est probable que le dessin représentant les 
deux arbres est dû à Charles Tel fair de Maurice, ami et corres- 
pondant de Ilooker. 

Il décrit de plus le tronc comme « apparent ly destitute of 
bark », fait que n'a pas mentionné Labillardière, tandis que 
Quéau de Quincy dit que « cette écorce est extrêmement 



I. Cela explique aussi comment ces noix peuvent flotter jusqu'aux 
Maldives. En effet, avant la germination, elles sonl d'une densité bien 
supérieure à celle de l'eau de mer. 



H I A.- A. I Al \ II. 



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mince, l'on pourrait dire même qu'il en esta peu près dépourvu». 
Hooker n'en aurait donc pas vu d'échantillon parfait. 

Parlant des feuilles il dit : « The colour is a brieht yellow 
green, the texture thin and dry, and, when viewed under the 

microscope, is seen to be composed of a beautiful tissue of 
a Une network, having quadrangular aureolae or meshes. 
« The old leaves when withered hang down upon the stem, 
« previously to falling off. .. The maie and female flowers are 
« produced upon différent trees each constituting a Spadix, 
» which has a small sheathing Spatha at the base. » 

Il décrit minutieusement le Spadice mâle, dont il ne men- 
tionne qu'une pièce, la gravure, par contre, en figure quatre 
partant de la base des feuilles du palmier mâle. Nous ne cite- 
rons que les informations complétant celles données par 
Labillardière. Une bonne gravure (2735 B) montre le chaton 
entier très réduit ; une section en travers de grandeur natu- 
relle (pi. 2735, fig\ 2) ainsi que les fleurs (2735, fig. Set (i) 
dont une étamine (2735, fig. 8) est figurée avec un grossis- 
sement d'au moins 5 longueurs. La figure 7 est l'ensemble des 
étamines en grandeur naturelle, comme les fleurs. 

Il décrit mieux le chaton que le botaniste français : 

« The Spadix (maie) is... amentaceous, ... cylindrical, ta- 
« pering- however towards the extremitv, closelv covered on 
« ail sides with a densely imbricated, semi circular, slightly 
« convex scales, which so completely form a continuation of 
« the substance of the spadix as not to be separated but by 
« force (et, nous pouvons ajouter, en déchirant les tissus dont 
" il font partie intime)... 

c The aperture ... from which the stamens issue, though 
« near the base (of thèse scales) is not in the centre of each 
« scale, but constantly on one and the same side ; and as the 
« scale laps over, with that side, the one next above it, so 
« the aperture and the stamens will be found to pass through 
« both(pl. 2735, fig. 2)». 

La figure 3 de la même planche 2735 fait parfaitement com- 
prendre (en grandeur naturelle) la position des faisceaux de 
fleurs disposés sous forme rayonnée dans le plan diamétral et 



Annales du Musée colonial de Marseille, 
3* série, l" volume 1915. 



Pages 244-247. 













PI. VII. — Hooker, 1827. Curtis Botanical Magazine. PI. 2734 A. Lodoicea Seychellarum, 
arbres mâle el Femelle. PI. 2735 lî. Fig. I. Chaton «le (leurs mâles. Fig. '-'. Fleur mâle 
sur li' chaton. Fig. h. Coupe 'lu chaton mâle. Fig. 1. Faisceau de fleurs mâles. Fie . >. 
Une fleur mâle fermée. Fig. 6. Une (leur mâle ouverte. Fig. 7. Faisceau d'étamines. 
Fig. 8. Une étamine fortemenl grossie. 

PI. '27.'.'. c. Fig. i. Rameau de fleurs femelles. Fig, ~2. Pistil. Fig. ■>. Sépale. Fig. i. 
Pétale . Fie .5. I fne fleur femelle . 

PI. 2737 D. Fig. i . Coupe transversale de l'ovaire. Fig. 2. Coupe longitudinale de l'ovaire. 
Fig. 3. Coupe transversale d'un jeune fruit. 

PI. "J 7 ; s j ; . Fig, i. Noix avec son brou. Fig. '_'. Noix .'i trois lobes. Fig. ; . \"i\ germée. 



LE COCOTIER DE MER DKS ILES SEYCHELLES 24S 

sans doute en ligne spirale suivant L'axe du chaton comme les 
écailles elles-mêmes, bien qu'il ne parle pas. dans le texte, de 
ces positions géométriques des faisceaux. La ligure 2 (2735, 
fig. 2) montre le bouquet d'étamines sortant de l'ouverture à 
l'intersection de deux écailles. L'auteur explique comment les 
faisceaux de Heurs sont coupés en portions plus ou moins 
grandes, suivant que la section a passé par le plus grand dia- 
mètre de l'alvéole ovoïde qui les contient et qui correspond à 
l'ouverture, au-dessus ou au-dessous, à différentes hauteurs. 
La figure montre ainsi dix alvéoles. L'axe du chaton est 
élastique : « tough (between fleshy and fibrous) ». 

La figure i montre, aussi grand que nature, un des fais- 
ceaux de fleurs avec en a le point d'attache, beaucoup mieux 
dessiné que celui figuré sur la planche de Labillardière. lien 
est de même du reste de la fleur (fig. S et 6/ dont la masse des 
étamines est montrée à part tig. 7 avec celle qui est grossie 
iig. 8. Il donne 50 à 60 comme nombre moyen de fleurs de 
chaque faisceau, dont la forme spirale rappelle les inflores- 
cences scorpioïdes du myosotis et de l'héliotrope : « After 
« thev hâve withered thev still remain within the cavitv a 
« mère mass of husky scales, if possible more closely com- 
« pacted than before. Each flower is composed of G pièces, of 
« which the 3 outer ones hâve been ^enerallv considered a 
« calyx, and the 3 inner a corolln : thev are oblong, membra- 
« naceous, yellowish brown, the outer ones are rather 
« larger and more regular than the inner. Stamens IS to 20 
« (L. met 20 à 36) anthers ... terminating in 2 globular heads. 

« Thespadixhas a short compressed footstalk with a groove 
« on one side. » Cette gouttière est cachée par lis spathes 
dans la figure de Labillardière qui du reste n'en parle pas. 

« Sj,;idi.r of the female i>h<ni planche 2736. Iig. I also 
« springing from the axil of the leaves, pendent, 2 t<> 3 feel 
« long, thick and woolly, tortuose, clothed with large shea- 
" thing, red brown scales, which are singularly fimbriated or 
« more generally erose at the margin, and supporl several 
« more or less distantly placed female flowers, of différent 
« ages,at the saine time and of varions sizes : for along with 



-'(•'• \.-A. FAUVEL 

(i the fullv formed ripe fruit is often seen the still unfertilized 
<< i/cr/iii'/i in itself aboui the si/.e of ;i hen's esg, but enve- 
(i Loped m the six Leaves of theperianth, of sothicka nature 
« as l<> rehder the whole of the dimensions and form of ;i 
« moderate sized apple (pi. 2736, fig. ."> natural size). The 
« 3 outer and 3 innèr leaves (or Calyx and Corolla) are all- 
• mosi hemispherical and one inch thick at the base ; the 
« outer ones the largest, their margins crenated ; but 
« l)oth remain and increase in size prodigiously with 
« the fruit, so as then to be o or G inches in diameter. 
« Germen almost concealed bv the perianth, broadlv ovate, 
« narrow at the base above the insertion of the perianth, and, 
« in Ihat lower part only, exhibiting an appearance of three 
« cells (pi. 2737, lig. 1). The whole upperpart, a little above 
« the letter a of fig. 2, pi. 2736, is apulpy mass, traversed by 
« longitudinal vessels. In other germens there is no trace of 
« cells. The Stigma is sessile (unless the great mass above 
« the insertion of the ovules may be considered as a Style) 
« having a minute three lobed aperture. As the fruit advances 
« to maturity, 1 or 2 of the cells become abortive and the 
« germen rounded before then appears depressed on one side 
« (A vertical section of an unripe fruit is given at fîg. 2, pi. 
« 2737 and a transverse section at fig. 3 of pi. 2737 in both 
« of which there appears to be but a single seed or nut). 
« Many, indeed,ofthe germens are wholly abortive. A single 
« spadix ripens from o to 6 fruits each as large as the largest 
« melon often 1 foot 1/2 inlength, weighing 20 or 25 pounds, 
« oval, rounded or compressed on one side, and more or less 
« acuminated, the base surrounded by the greatly enlarged 
« perianth, (pi. 2738, lîg. 1). The external coat or Pericarp 
« is formed by a thick envelope, or husk... of a deep green. » 
Gomme Labillardière et Q. de Quincy, il dit qu'avant sa 
complète maturité la noix est remplie d'une gelée blanche 
ferme et transparente, mais seul il lui donne un goût sucré 
(sweet to the taste), devenant sure, épaisse et immangeable 
si on la garde quelques jours, et prenant en même temps une 
odeur très désagréable, 



LE COCOTIER DE MER DES ILKS SETCHELLES '1\~ 

Il décrit alors la noix, dont on trouve, dit-il, quelquefois 2. 
3 et rarement i dans le même péricarpe ; cette description con- 
corde avec les précédentes. La figure 2 de la planche 2738en 
montre une à 3 lobes et une germant avec un axe cotylédo- 
naire très long (3 fois la longueur de la noix), renflé considé- 
rablement à l'extrémité où Ton voit la plumule et les racines 
(pi. 2738. tig. 3). 11 faut, dit-il, un an pour que le fruit atteigne 
sa grosseur normale, puis il reste 3 ans sur l'arbre avant de 
tomber. La germination se fait dès que le péricarpe a disparu 
et avant que la noix ne pourrisse. Nous pouvons ajouter que 
la noix met sans doute de nombreuses années à pourrir tant 
elle est dure. En général, il s écoule une année entre le 
moment où le fruit tombe et celui où il commence à germer. 
On compte d'ordinaire de 20 à 30 cocos murs en même temps 
sur l'arbre, qui ne porte fruit qu'à l'âge de 20 à 30 ans. 

Hooker donne ensuite l'histoire du Cocotier de Mer telle que 
nous la connaissons, et d'après les mêmes auteurs. Il ajoute 
qu'il a fait son travail sur des spécimens reçus par lui et par 
M. Barclay, et qui avaient été envoyés par son ami et cor- 
respondant Charles Telfair, habitant de l'Ile Maurice '. Il 
ajoute qu'un autre de ses amis, plus tard gouverneur, M. Har- 
rison, visita les Seychelles. Il décrit l'aspect offert par les 
forêts de Cocotiers de Mer poussant par milliers proche les 
uns des autres, les sexes mélangés et avec de nombreux jeunes 
plants croissant de tous côtés à l'ombre de leurs parents, dont 
les plus vieux n'ayant plus que des feuilles jaunes et dessé- 
chées tombent rapidement en poussière. 

« À oew leaf is formed upon the tree annually and on fal- 
« Unie awav, at the end of the year, it leavesa scar <»r ring ; 
« by tins it is estimated thaï 130 years are required before 
« the tree attains its full developement. The foliage isthe lar- 

« gest and most beautiful in young plants » llrépète icice 

que nous savons de leur forme et de leur couleur d'abord jaune 
clair, puis verte. » There is a space of about 4 inches l<> cen- 

i. Cli. Telfair fut môme an peu plus tard, 1855 à 1858, acting civil 

commissionner, c'est-à-dire gouverneur civil par intérim de ces \\ 



248 \-\- FAUVEL 

« timètres between the rings of the trunk. A Coco de Mer 
« planted on M. de Quincy's estate on the Islr of Mahéis 13 
« feel I 2 high, lias 'M) marks or rings, and was planted 40 
« vears ago ( I 787) it is a female plant, but there being no maie 
(( plant in the island the fruit never cornes to maturitv '. » 

Il nous faut maintenant attendre, jusqu'à l'année 1 S i() pour 
entendre de nouveau parler du Cocotier des Sevt belles. Cette 
fois c'est un botaniste allemand, Martius, qui donne une 
excellente diagndse et un peu d'histoire du Lodoicea dans son 
histoire naturelle des Palmiers publiée en latin à Munich. 
Nous ne citerons ici que les parties de ce travail pouvant 
nous donner des informations complémentaires sur ce que nous 
connaissons déjà. 

Le texte est très clair et montre, aidé d'excellentes 
planches, comment les fleurs mâles sont disposées dans l'inflo- 
rescence scorpioïde, à savoir sur deux rangs alternés : « émer- 
gentes alternatim distichi (cincinnati) bracteis biseriatis 
summis vacuis... Rudimentum pistilli nullum. Stamina 
numerosa (24-36) ». 

Pour la fleur femelle, il compte quelquefois jusqu'à 4 loges 
dans l'ovaire, et avec autant naturellement de stigmates, plus 
exact en ceci que Hooker qui ne donne au maximum que trois 
stigmates et trois loges ovariennes. La noix, soudée intime- 
ment au sarcocarpe par des fibres, est quelquefois trilobée par 
suite de l'avoitement ou de la coalescence des carpelles. Les 
feuilles sont plus exactement décrites que dans Hooker qui 
les donne comme largement ovales, tandis qu'elles sont ici 
« palmato-flabelliformes ». Il fait remarquer que les spadices 
sont bruns et persistants. « Spadices inter frondes émergentes, 
maximi, fusci, perennantes. » 

Ses descriptions des fleurs et des fruits sont faites d'après 
les spécimens pris aux Sevchellés par J. Harrison, et transmis 
par son ami Charles Telfair à Hooker, qui voulut bien les 
communiquer à Martius. 

1. Curtis Botanical Magazine or flower garden displayed, conducted 
b-y Samuel Curtis F. L. S. The description of the Lodoicea Sechellarum 
by Jackson Hooker L. L. D. In-8, London, 1827. Vol. I of the New Séries. 
PI. n° s 2734 à 2738. 



LE COCOTIER DE MEK DES [LES SEVCHELLES 249 

Il décrit minutieusement le pétiole et les feuilles : 

« Petiolus fere dimidiam totius longitudinis eequans, vagina 
« ampla, tandem longitudinaliter fin dendaamplexicaulis, antice 
« ultra pollicem crassus, superne sulco longitudinal! exaratus, 
« subtus convexus. Lamina e rachi média longe praemissa facie 
« cristae linearis extenditur ampla, obovato-subrhombea, hasi 
K cuneata, obtusa (i ped. lata, flabellato-fissa, Laciniis per 1/5 
« Longitudinis connatis, linearibus, apice bifidis, lacinia postica 
ci plerumque minore; versus rachin arcte et élégant er plie ata, 
« dum junior tomento dense ferrugineo obsessa ; textura tenui 
« sicca. sub microscopio venarum areolas élégantes subquadran- 
« gulares monstrante. » 

Il déclare que le spadice mâle sortant à la base des feuilles 
où il est garni de plusieurs spathes: « oblique truncatis ligneo- 
coriaceis ad basin, aliisque secundi ordinis ad ramos parvos 
vestitur », porte des chatons lamenta) rameux (in ramis), peut- 
être les plus grands du règne végétal, puisqu'ils atteignent 
jusqu'il 2 pieds et plus de longueur sur ià 5 pouces de diamètre 
au milieu, car ils s'effilent aux deux extrémités : « apice brevi- 
obtusiusculo ». Les écailles sont décrites d'après deux spéci- 
mens de chatons, et cela plus minutieusement que dans 
Ilooker : 

« Squamae... phvllotaxi 18/47 dispositae, peltatae ita est 
« in quavis singula partem inferiorem, quasi petiolarem, et 
« exteriorem. sive laminarum, distinguere queas. Pars squa- 
« marum. interior cuneiformis cum axi spadicis arctissime 
« connata, colore testaceo ; pars peripherica transverse lineari 
« oblonga et applanata, vieillis anterioribus dense imbricata, 
« utroque latere cum lateralibus connata, lineas 13 el IN lon- 
« ga, ti circiter lata, in uno latere, quam in altero nonnihil 
« latior, fusca, ipso in margine fere nigricans, versus margi- 
« nem anticum extenuata. le\ iter crenulata et medio emargi- 
" nata ; postice quâevis squama uno latere (in nostro speci- 
» mine latere sinistro) excavatur sinu profundo usque ad a\in 
« spadicis producto, quoeum concavitas vicinae squamae 
c impressa ita conspirai ut fovea s. cella ampla formetur, 
« cui funiculus multillorus immersus haeret : Qores promit- 
« tens lenta successione deorsum efllorentes. » 



250 A. -A. FAUVBL 

Il donne une description si nette de l'inllorescence et des 
fleurs elles-mêmes qu'il y a lieu de la transcrire ici in extenso, 
d'autant qu'elle complète celle de Hooker : 

« Constituitur autem talis fasciculus s. cincinnus duplici 
« série bracteolarum sub- 30, alternatim positarum sibique 
« partim imbricatarum praecedente una majore in imo fundo 
« foveae, quae bracteae omnem fasciculum parienti stat ex 
« adverse Bracteolae interiores (in quavis série circiter 10) 
« vacuae, reliquae floriferae (cfr. Tab. Z. Vf. VIII. Introd., 
« p. cxv. B I et CXXVIII l ) omnes lineari-lanceolatae, acu- 
« tae, longitudinaliter nervosae planiusculae, basi plus minus 
« oblique adnatae, indeque, ob mutuam tam ipsarum quam 
« florum pressionem, arcuatae s. falcatae, 4-5 lin. longae, 1- 
u 1 1/2 latae, castaneae, margine pallidiores. In pluribus quos 
» examinavi, racemis flores defuerunt, quasi elastica squama- 
(( rum pressione expressae fuerint. 

« Flor. Mas. 4-5 lin. longi. Calyx triphyllus. Foliola oblan- 
« ceolata, versus basin cunealo-attenuata et fundo plus minus 
<( connexa, apice obtusa et rotundata vel cristula aucta, lon- 
u gitudinaliternervosa, colore carneofuscidulo. Petala rubella. 
« Stamina 2i aut 25 Hooker dit 15-20 ; Labill., 20 à 36; e 
« basi perigonii. Filamenta calyce inclusa tenuiora, lineari et 
« angusto oblonga apice rotundata perbrevia compressa, ima 
« basi in corpus carnosum coalita, alba. Antherae subbasi 
« fîxae, lineares truncatae, locellis binis interioribus paullo 
« altius promissis, non solum omni longitudine sed et vertice 
« aperiundae flavae. Pollen globoso-ellipticum rima longitudi- 
« nali hians, flavidum, membranam exteriorem exhibens e 
<( pluribus cellis densis factam. » C'est la première description 
que nous ayons du pollen qui est aussi montré fortement grossi 
dans la figure 13 de la planche 122. Celle-ci donne également, 
parfaitement dessinées, deux vues (2 et 3) des écailles du cha- 
ton en grandeur naturelle : Tune représente la partie supérieure 

1. C'est la planche ZV, fig. VIII de l'Introduction. Le faisceau floral 
vu par la partie supérieure et fortement grossi montre parfaitement la 
disposition des fleurs et la forme crénelée du bord des pétales, ainsj 
que récaille séparant les fleurs, 



Annales du Musée colonial de Mai seilli 
3* série, 1 \ ultime 1915. 



Pasie 250. 







i ^ i i — — j 1 1 » » . ■■ * t — — -^^- ^ ^~ 

PI. VIII. — A . A . l'.nn cl. 1906. Fig. l 2. Deux sections d'un chaton de (leurs 
mâles montrant les fleurs à divers états Fig. 3,4 <. 6. Fragments de chaton mon 
t ranl les Qeurs à divers étal s. 

Fig. '. Fleur mâle ouverte Fig. I à ' en grandeur naturelle . 

li-. 8. Diagramme schématique d'une fleur mâle grossie. 

Fig. 9. < ï i-;i i m de pollen fortement grossi. 

Fig. 10. Diagramme schématique d'une (leur femelle réduite 



LE COCOTIER DE MER DES ILKS SEYCHELLES '2l')\ 

a dorso de trois écailles ; l'autre, la face intérieure de deux 
autres avec la loge du groupe floral. Celui-ci est dessillé fermé: 
« a fovea depromtus cuni bracteis fertilibus et sibi appressis 
« sterilibus a verlice visus », fig. ï. La figure d montre vues 
de coté les fleurs de L'extrémité du faisceau Cincinnus avec 
les bractées stériles ; le n° 6 est un autre faisceau plus 
petit vu de coté ; 7 est une fleur entière fermée; 8 la corolle 
avec les étamines, entr'ouverte ; 9 le bouquet d'étamines (an- 
droecium) ; 10 une étamine (face ventrale) ; 11 une autre (face 
dorsale); 12 la même vue de côté. Dans toutes ces figures, 
plus grandes que nature et d'échelles différentes, le grossisse- 
ment n'est pas indiqué. 14 le pistil avant son développement, 
en grandeur naturelle. 

Cette même planche montre ; I le chaton de fleurs mâles, 
choisi parmi les moindres et de grandeur naturelle, avec, à 
côté, 1 une section horizontale laissant voir 12 alvéoles de 
fleurs et la façon dont celles-ci (deux sont figurées) sont fixées 
à l'axe du chaton, grandeur naturelle. II est aussi en grandeur 
naturelle, l'extrémité d'un spadice femelle avec deux fleurs 
dont l'une est déjà fécondée et double de grosseur de la pre- 
mière. Enfin III, une drupe entière : « in perigonio nucem 
simplicem fovens, magnitudine dimidio imminuta. » Elle est 
allongée et terminée en pointe arrondie. La description du 
spadice femelle, étant aussi parfaite que possible et beaucoup 
plus complète que celle de Ilooker, mérite aussi d'être citée en 
entier. 

« Spadix Foem. 4-5 ped. longus, suffultus pedunculo pedem 
« et quod excedit longo, inter frondes erumpente teretiusculo 
« antice, incrassato, robusto, pendulus, ramosus, ramis e spa- 
« this alternis. Rachis tlexuosa, dense obvoluta spathis cras- 
« so-coriaceis rufo-fuscis cvlindricis, orificio truncato vel 
« emarginato, margine cxtenuatis et irregulariter crenatis. 
« Ilisce spathis llores foeminei nonnulli breviter pedunculati 
« disticheimmersisuntdiversaeaetatiset magnitudinis et .auto 
« volumine inde emergunt, lune spathas suas cris ta rum specie 
(( revolventes. Tomentum rufum per juniores spadices spar- 
« sum inox deciduum. Passiin inter flores fruçtusque semi- 



•2î\2 A. -A. FATJVEL 

a maturos apparent processus conici i-6 poil, longi, pariter 

« ac rhachis primaria spathis vaginati, qui verisimiliter pro 

« ramis spadicis sunt habendicum floribus nonnullis abortienti- 

« bus et légitimant m oie m inter reliquos non adipiscentibus. 

« Flos foemineus depresso-globosus, virgineus magnitudine 

« ovi gallinacei mox capitis infantis, affert caljcem et corol- 

<( lam triphyllam foliolis crasso-coriaceis, versus marginem 

« extenuatanï flexuosis, concavis sil>i(jue arctissime imbrica- 

« lis. 

« Pistillum lato-ovatum, ima basi subpedicillatum ibique, 

« auctore cl. Hooker callis tribus transversis linearibus(forsan 

« rudimentis petalorum interiorum ?) instructum exhibens in 

« parte inferiore loculos très compressos, in aliis vero, tan- 

« quam abortivis, locullumnullum rite evolutum. Stigma ses- 

(( sile, apertura parva triloba pertusum. Ovulum plerumque 

« unicum evolutum, rare 2 aut3. Spadix singulus, 4-6 fructus 

<( trium annorum spatium maturare dicitur. Fructus ingentis 

« molis forsan omnium Monocotyledonearum maximus, est 

« drupa lato-ovata, elliptica aut obovata, obtusa rariusve acu- 

« tiuscula, aequalis aut hinc compressa, imo pedem cum 

« dimidio longa, sessilis in perigonio amplicato spithamam 

« lato, cujus foliola lato-transverse oblonga, basi sunt incras- 

« sata et gibba, versus marginem attenuata et inaequaliter 

« incisa. Epidermis laevigata glabra, nitida, olivaceo-viridis. 

« Cortex nonnullos pollices crassus, spissus, griseo-fuces- 

« cens, libris longitudinalibus ramosis, percursus atque earum 

<( ope cum nucleo arcte connatus. Pyrenae plerumque solita- 

« riae, raro 2, rarissime 3 evolvuntur, fructu tune in molem 

« praegrandem aucto ; substantia ossea, colore nigricante ; 

« singula pedem longa, lato-ovata vel elliptica, basi rotundata, 

<( superne profunde biloba, in latere exteriore convexa, in 

« interiore compressiuscula, in commissura loborum crassior, 

« extus sulculis tenuibus exculpta, intus laevigata atque 
« repleta albumine, priusquam maturavit gelatinoso, pellu- 

« cido lacteo dulci, demum indurescente atque substantiam 

« corneam duram albam sistente. Embryo intra commissuram 

« loborum in fovea albuminis, ellipticus, lacteus, quam albu- 



Le cocotier \>e mer dès h.ks seycHellês '2'.V-\ 

« men tenerior, magnitudine fabae minoris. [nterdum fit, ut 
« duae pyrenae in ununi corpus coalescant, aut utroque cujus- 
« vis lobo evolufo, aut uno alterove abortiente qua quidam 
<( ratione fructus quadrilobus aut trilobus forraatur nunc duos 
« embrvones, nunc unumsolummodo ferens. Karissimo exem- 
« plo pyrenae quadrilobae obveniunt. » 

Il le fait encore pousser spontanément : « in duabas solum- 
« modo parvis insulis 15 stadia distantibus : quae Curiosa 
« aut Praslin et Rotunda appellantur». Ici il se trompe il s'agit 
bien des 3 îles Praslin, Curieuse et Bonde, et non de deux seu- 
lement, car il confond Praslin avec Curieuse, prenant ces deux 
noms pour ceux d'une même île. 

Sur la foi d'anciens auteurs, il attribue encore, par erreur, 
la découverte de Praslin à Mahé de la Bourdonnais en 17 \'.\. 
qui l'aurait baptisée Ile des Palmiers, a cause du grand nombre 
de cocotiers ordinaires et de Lodoïcées dont il L'aurait trouvée 
couverte. Cette histoire n'a d'exact que ceci : c'est que Lazare 
Picault avait été envoyé en 17 i2 à la découverte de cet archi- 
pel par Mahé de la Bourdonnais qui l'y renvoya en 1743 et 
1744, puis en fît prendre possession par M. Morphey enl756. 

La planche 109 montre en couleurs un paysage de I l'île 
Curieuse avec, au premier plan, deux Cocotiers de Mer, l'un 
mâle en fleurs et l'autre plus grand, femelle, avec 3 régimes 
de fleurs et fruits. Ils sont un peu plus petits et un peu moins 
finement dessinés que ceux de la planche de Hooker dans le 
Botanical Magazine, mais comme ceux-ci ils ont un tronc 
grêle et légèrement tortueux, s'accordant d'ailleurs avec la 
description de Martius, mais un peu moins avec la nature réelle 
de l'arbre, telle que nous la révéleront plus tard les photo- 
graphies. Ce dessin est dû au crayon de Edme Fraser qui l'a 
fait sur place. 

Dans la planche X, on trouve, fig. 1, une noix coupée ver- 
ticalement pour montrer la position de l'embryon à la jonction 
des deux lobes. Il est peint en bleu clair se détachant sur le 
blanc pur de l'amande durcie, tandis que le centre encore mou ? 
de celle-ci est gris jaune. La noix est d'un noir violacé ext< 
rieurement et jaune brun clair dans la partir sectionnée. Cette 



254 A. -A. FAUVE L 

figure est au tiers de la grandeur naturelle, m 125 X m 759. 
La fig. 2 est, comme la précédente, une reproduction également 

au tiers des dessins de P. Jossigny que nous avons trouvés 
dans les manuscrits de Commerson et qui représentent : un 
champignon « forsan agarici species (Cfr. Introd. Cap. III, 
« $ 147) qualis e nuce maldivica enascitur, a facie inferiore. 
« m. n., et iig. 3: Ejusdem caespes integer e putamine pro- 
« pullulans 1 . » 

La synonymie est fort bien indiquée ainsi que les noms des 
auteurs ayant parlé du Coco de Mer et de l'arbre qui le pro- 
duit. Nous les avons déjà tous cités à leur place respective, 
d'après les dates de leurs publications. Notons seulement cette 
remarque de Martius : 

(( Auctores nonnulli banc saepè cum Cocoë nucifera con- 
« fundebant (Cfr : Dalechamp, II, p. 1762 ; Nieremberg, 
« Hist., p. 297 et inter recentiores : Veinm., Phytanth. 
« Iconogra., IV, p. 11 et t. 781.) » 

Parmi ceux que nous n'avons pu trouver il cite : Gmelin, 
Syst. natur., II, p. 569; Wildenow, Spec. Plant, IV, p. 402, n. 
6 ; Gieseke, Lin. Prael. in ord. na/.,p.86; Linné, Gen. PlanL, 
edit. Spreng.,p. 448, n. 2213; Lamarck, Encycl. Suppl., III. 

Après Martius, Endlicher et Kunth, en 1843, se contenteront 
de résumer en une vingtaine de lignes les diagnoses de Labil- 
lardière, Hooker et Martius. Ils ne nous appennent rien de nou- 
veau sur le sujet 23 . 

Charlier, décrivant dans l' Univers pittoresque, en 1848, l'île 

1. C. F. de Martius, Historia naturalis palmarura a Carolo Fried. 
Phil. de Martius (La date de l'achèvement du manuscrit est ainsi fixée 
à la fin de l'introduction : Dabam Monachii ex Museo Regio Botanico die 
XVII m. Aprilis a. MDCCCL (1850) natali LVI, 3 vol. in-folio, Munich, 
1843. Vol. III, p. 221. Tab. 109-122. Tab. X, fig. I, II, III et Tab. Z. 
V. fig. VIII. Lodoicea Seychellarum , 

2. Endlicher, Gênera Plantarum, 1843, Lodoïcea Seychellarum. 

3. C .-S. Kunth., Enumeratio plantarum omnium hucusque cognita- 
rum secundum familias naturales disposita, adjectis characteribus, 
differentiis et synonymis,auctore Carolo Sigismundo Kunth. Stutgardiae 
et Tubingae sumtibus J. G. Cottae M.DCCC.XLIII (1843). In-8°, vol. 
III. Palmae, p. 225, Lodoïcea. 



Annales du Musée colonial de Marseille, 
3 série, i \ olume 1915. 



Paj 



e zoo. 




I'l. I\. It Moche de Mublanc, 1891. Lodoiceu Secliellnrum. Arbre mâle 

■ i Mahé, Sej chelles. 



LE COCOTIER DK MER DES ILES SEYCHELLE 2 00 

Bourbon, parle du cocotier marin ou des Seychelles comme 
s'il existait dans l'île, où il est possible qu'il ait été apporté 
de Praslin ou de Maurice, mais il est trop imprécis pour que 
nous puissions trouver là une indication sérieuse, car il se 
contente de dire : « En attendant il nous faut constater une 
espèce particulière du Cocotier appelé marin ou des Seychelles 
dont il est originaire », puis il décrit en latin le fruit dépouillé 
de sa bourre '. 

En 1848 également E. de Froberville décrivant dans Y [di- 
vers les Seychelles et Amirautés cite naturellement ce que 
nous connaissons déjà du Cocotier de Mer. Son texte varie à 
peine de celui de Quéau de Quincy. Pour l'amande vieillie, il 
lui donne une odeur d'urine et une amertume détestable. 

Il se trompe en disant : « On a essayé en vain de trans- 
« planter le cocotier de mer dans les autres îles des Seychelles 
« quoique le sol et le climat de l'archipel soient partout sem- 
« blables, cet arbre végète mal et reste toujours stérile ailleurs 
« qu'à Praslin et à La Curieuse. » 

Nous avons vu, en effet, que Quéau de Quincy et Benezet 
avaient réussi à le faire fructifier à Mahé et qu'il végète bien à 
Maurice. 

Dans son histoire de Maurice et de ses dépendances, parue 
en 1849, l'Anglais Ch. Pridham n'oublie pas de raconter tout 
ce qu'il sait, par les auteurs que nous connaissons, sur le 
Cocotier des Seychelles. Malheureusement il ne cite pas ses 
sources et n'y ajoute que fort peu de renseignements nou- 
veaux. Il dit cependant le premier avec de Froberville que le 
poids ('norme formé au haut de l'arbre par les régimes de fruits 
pesant chacun environ 50 livres est la cause du balancement 
continuel que le moindre vent leur imprime '. 

L'article si intéressant de Sir W. Ilooker dans le Botanical 
Magazine de 1827 est reproduit in extenso, avec les ."> planches 

1. Victor Charlier, L'Univers, Histoire cl description ... . Ile» 
Madagascar, Bourbon ri Maurice, par il. Victor Charlier, I';ni^, in-8°, 
MDCCCXLVII1 (1848), p. 34-35. 

2. Charles Pridham, Mauritius and its dependencies, by Gh. Pridham 
Appendix, p. 398-399. 



256 \.- \. i a i \ bl 

réduites, dans la Flore <lcs Serres et Jardins de VEurope de Van 
Iloutte on 1849. L'auteur de la traduction, J.-E. Planchon, 
v ajoute quelques détails sur 1rs industries utilisant la noix 
avec laquelle « on l'ait encore des boîtes à savonnettes noires 
admirablement polies montées en argent et ciselées» 1 . 

Il signale que, dans les planches de Martius, le pied mâle 
du Lodoicea est représenté avec des spadlces rameux parais- 
sant plus gros et plus courts que ceux des planches de Ilooker. 
Il se demande si ces différences tiennent à une erreur de la 
part des dessinateurs ou si elles se retrouvent dans la nature. 

Nous savons aujourd'hui, d'après les observations sur place 
et de nombreuses photographies rigoureusement exécutées par 
des naturalistes compétents, que les chatons mâles ne sont pas 
ramifiés bien qu'un ou deux puissent sortir de la même spathe, 
ce qui a causé sans doute l'erreur. 

Les opinions diffèrent au sujet de la valeur de l'amande à 
l'état frais (et jeune), comme aliment. Sonnerat, le premier qui 
en parle, est d'ailleurs le seul à signaler au début « l'existence 
à l'intérieur de la noix d'une eau blanche d'un goût amer et 
assez désagréable », se changeant plus tard en une amande 
« solide blanche huileuse », mais il ne la donne pas comme 
comestible, même à l'état mucilagineux qu'il oublie de men- 
tionner. 

Labillardière (d'après ses correspondants) en fait un aliment 
assez médiocre, tandis que Ouéau deQuincy, l'appréciant sur 
place, la considère comme excellente et agréable au goût quand 
elle est encore à l'état de gelée blanche, ferme et transparente, 
et venant d'être retirée de la noix encore jeune, car elle se cor- 
rompt très vite. Robillard d'Argentelle, qui n'a sans doute 
goûté à Maurice que des noix venant des Seychelles, et par 
conséquent peu fraîches, vu la longueur du voyage à cette 
époque, la déclare seulement assez bonne. Frappas qui en a 
mangé aux Seychelles, à l'état frais, la trouve agréable au 
goût « mais provoquant souvent des indigestions par sa froi- 
deur sur l'estomac ». Nous avons appris par Quéau de Quincy 

1. Flore des Serres et Jardins de l'Europe. Publiée à Gand sous la 
direction de Louis Van Iloutte, in-8°, vol. IV, 1849, pp. 523-526, n° 291, 
Le Cocotier des Séchelles, par J.-E. Planchon. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SE YCH ELLES 25 i 

qu'elle avait cause la mort de nègres qui en avaient trop 
mangé sur les navires où ils avaient embarqué des provisions 
de Cocos de Mer. Sans doute là elle s'était altérée. Owen, qui 
parle par expérience, avant été aux Seychelles en I t S2'i, dit : 
« The shell... containing a lighl coloured jelly, which, 
<( although brought to table, is without anv llavour and as 
« a fruit valueless ». 

En I806, Seemann disait : «The immature fruit called Coco 
tendre . . is easilv eut with a knife andthenaffordsa sweet and 
melting aliment of agréable taste ». Roussin, dans son Album 
de la Réunion, 1868-1870, dit : « Avant la maturité complète 
« du fruit, le noyau renferme deux à ."> litres d'un liquide 
« analogue par la nature, le goût à celui du fruit du cocotier 
« ordinaire ; ce liquide lui-même occupe la partie centrale 
« d'une amande remplissant toute la cavité de la coque, d'abord 
« gélatineuse, blanche, d'une saveur fade, douceâtre, assez 
« estimée cependant par bon nombre de personnes » 

Miss Xorth, qui en 1873 goûta sous l'arbre de jeunes fruits 
cueillis à son intention, déclare : « I ate some of the jelly from 
« inside, there must hâve been anv to iill a soup tureen, of 
« the purest white and nol badK » 

Pour notre part, nous en avons goûté durant l'été 1906, à 
Paris, dans un fruit arrivé encore frais des Seychelles et nous 
avons trouvé cette gelée absolument insipide. On voit donc 
que pour cette question il faut admettre l'adage « de gustibus 
non est disputandum ». 

Mais revenons aux renseignements plus scientifiques des 
botanistes. 

Seemann, dans son histoire populaire des palmiers, nous 
documente comme suit sur la maturité, la germination et la 
floraison : 

1. Citation de Yul<- dans son Glossary. Dans l'édition de 1893 de 
Recollection of happy life. par Misa North, vol. 2, p. 289,nous remar- 
quons qu'elle ne parle plus du goût, ei la phrase ci-dessus est remplacée 
par : « The tuner slicll w.-is double and l'ull <>f white jelly, enough to 
AU the largest soup tureen ..." 

Annales du Musée colonial de Marseille, 3 # série, 3 1 vol. 1915. 11 



258 A. -A. FAUVEL 

« When the fruit is ripe it drops to the ground and is no 
« longer fitforfood. In a few monlhs, if not buried in the 
« carlli or exposedto the rays ofthe sun,the fallen nut begins 

(< to germinate and a new plant is formed It bears only 

« one spadice in each year ice que nous n'avions vu indiqué 
« encore nulle part) and yet has often above ten in blossom 
« at once. It has flowers and fruits of ail âges at one time ; 
« grows on ail kinds of soil, the best is in deep gorges and 
« on damp platforms. » 

II regrette qu'on les coupe, car ils finiront par disparaître 
rapidement. Une bonne planche en couleurs accompagne cet 
article 1 . Elle représente les deux sexes de ce palmier dune 
fa^on assez exacte. M. Swinburne Ward, qui fut de 1862 à 
1868 Commissaire civil (autrement dit Gouverneur) des Iles 
Seychelles, s'intéressa (comme le firent ses prédécesseurs 
Quéau de Quincy, Charles Telfair (1856-1858) et G. Har- 
rison), au fameux Cocotier. Il envoya à Sir W. J. Hooker, 
membre de la Société Linnéenne de Londres, un mémoire 
dont ce dernier donna lecture en séance de cette Société le 3 
mars 1864, et que nous trouvons publié en 1861-65 dans la 
partie botanique de son journal (1865). Vu son importance, 
nous en citerons les passages qui complètent les renseigne- 
ments déjà donnés. 

Il nous met d'abord en garde contre les informations trans- 
mises au sujet de ce palmier, dont on ne connaît encore que 
fort imparfaitement les conditions de croissance, à cause du 
long espace de temps qu'il met pour arriver à maturité et de 
la difficulté qu'on éprouve à obtenir les données exactes en ce 
qui concerne son développement. Les détails fournis par les 
habitants du pays n'ont pas grande valeur, parce que ces 
personnes n'ont pas l'esprit d'observation et que la sincérité 
de leurs réponses à toutes les questions qu'on peut leur poser 
est loin d'être parfaite. 

1. BertholJ S<>emann; Popular history of the palms and their allies, 
by Berlhold Séemann Ph. D. — M. A. — F. L. S. — Petit in-4°, Lon- 
don, 18o0, p. 230. Genus XXXVII. Lodoicea Labill. Planche en couleur 
n" 13. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES '2'\\) 

On admet en général qu'il ne fleurit qu'après 30 ans et 
qu'il n'atteint guère son entier développement qu'au bout 
d'un siècle. Personne ne peut dire jusqu'à quel âge il peut 
vivre, ni quel est celui des pieds les plus grands, qui sont vrai- 
ment gigantesques. Aucun de ceux que les Anglais ont semés 
depuis qu'ils ont pris possession des Seychelles (1815) a'esl 
encore arrivé à toute sa taille. Celui planté en ISiX 
dans le jardin de la maison du Gouverneur (Government 
House) est encore dans l'enfance. Bien qu'âgé de 15 ans, 
il mesure seulement 16 pieds de haut et cette dimension est 
réalisée avec les feuilles seules, car il n'a pas encore de tronc 
visible. Ces feuilles partent encore du sol, comme celle du 
Palmier du Voyageur Bavenala Madagascaricnsis ' et leur 
ressemblent. Swinburne Ward se trompe ici évidemment, 
car les feuilles même jeunes du Bavenala ressemblent beau- 
coup plus à celles du bananier qu'à celles d'un Latanier ou d'un 
Lodoicea. Il continue comme suit : 

« Nine months after the nut has been planted, supposing 
« germination to hâve begun at once, the leaf sprouts at an 
« angle of 45° from the root; it is verv closelv folded. with a 
" smooth hard surface terminating in a sharp point. When 
« about two feet above the surface it expands, and in nine 
« months after another leaf follows, coming up the grooved 
« surface of the midrib of that which preceded it, and so on 
« at intervais of nine months, each succeeding leaf becoming 
« larger in size. Ail thèse leaves cluster together and support 
« each other, no stem appearing above the ground. From the 
<( âge of 15 to 2o, the tree is in its greatest beauty and the 
« leaves at tins period much larger than thev are subse- 
« quentlv. Thev consist of two hivers of fibres crossing each 
« other at right angles imbedded ina thick stratum of paren- 
« ehvma enclosed in a tough skin. The stem of the full- 
(( grown tree, like that of ail palms, consists of hard fibres 
« imbedded in medullarv substance enclosed in a hard sheath 



1. Au moins quand cet arbre est jeuue, car il a plus tard un tronc 
très élancé. 



260 A..-A. pauvel 

« (avec alternance de blanc ou jaune clair et de noir) so tliat 
u a ffood axe is required to eut it (en travers, car en long ce 

bois se fend très facilement). Itsplits readily but is extre- 
o melv durable. Unlike the cocoa-nut trees, which bend to 
« every gentle gale (flecti sed non frangi (sic)) and are never 
« quite straight, Ihe Coco <lc mer trees are upright as iron 
« pillars (frangi sed non flecti (sic)) undisturbed in their posi- 
« tion by the heavy gales and violent storms so often occur- 
« ring in tropical régions. 

« At the âge of 30, the tree puts forth its blossoms. — The 
« female tree is 20 feet shorter than the maie tree which fre- 
« quently attain a height of 100 feet. » Ceci nous montre 
combien peu exacts sont les dessins publiés jusqu'alors et qui, 
tout particulièrement dans le Botanical Magazine et dans le 
livre de Martius, nous montrent juste le contraire : à savoir le 
Lodoicea femelle plus élevé que le mâle, et tous deux avec des 
troncs tortueux et inclinés. 

Il décrit ensuite les chatons de fleurs mâles dont les écailles 
sont disposées en spirale. Il assigne une durée de 8 à 10 ans à 
la floraison mâle. Ces chatons, d'un brun rouge, émettent une 
odeur huileuse des plus désagréables. Si, après les avoir cou- 
pés, on les met dans un endroit accessible aux fourmis, 
celles-ci les dévorent rapidement. Les arbres mâles en ont 
toujours un certain nombre à tous les degrés de développe- 
ment, en pleine fleur, fanés, ou complètement pourris. 

Il est encore le premier à mentionner que les fleurs femelles 
laissent couler de leur sommet une sécrétion gommeuse qui 
sans doute arrête et fixe le pollen, et assure ainsi leur fécon- 
dation : 

« The fruit stalk is supported by 3 very strong bracts ; the 
u outer one of thèse, the top of which is wedge shaped, 
« pénétrâtes the stalk of the leaf immediately above it, in the 
« underside of which nature has left a fissure accessible to it : 
« By this provision the stalk is enabled to support the 
« weight of the fruit which hangs upon it, sometimes exceeding 
« four hundred weight (203 kilos). Eleven nuts hâve been seen 
« on one stalk, the probable weight of each being about 



LE COCOTIER DE MER DES II.KS SEYCHELLE8 2(>1 

« forty pounds (18 kilos). Sucliclusters are however very rare. 
« and i or Smaybe taken as the averaee number on one stalk, 

« From the fructification tofull maturity a period of nearlv 
« 10 years elapse. The fruit attains its full size in about i 
« years and is then soft, and t'ull of semi-transparent jelly- 
« like substance of an insipid sweelish taste. The mesocarp 
<( is a leathery substance of a brownish green colour adhe- 
« ring to the shell. As the nut ripens, tins gradually dries 
« up into a white hornv kernel, about 1/2 an inch (1 centi- 
« mètre) in thickness and of no use whatever, supposed to be 
« poisonous, but, probably only quite indigestible. The nut in 
« its perfect state is about IS inches (45 centimètres) long 
« and of the saine breadth, somelhing in the shape of a heart 
« with two separate compartments. It is enveloped like the 
« cocoa-nut in a fibrous husk; but its texture is not nearlv 
« so thick or so strong, and it drops olî soon after tlie nut 
« falls from the tree. The nuts sawn in half and divested of 
« the kernel form excellent calabashes, and are universally 
« used for baling btoas. The entire nut is frequently used as 
« a water-keg and holds 3 or i gallons (13 1/2 à 18 litres of 
« water. It has however to be « caulked » in the centre, 
« where germination takes place, before it becomes com- 
« pletely watér-tight. 

« The arrangements provided by nature for the roots of 
« both maie and female trees are of a most peculiar nature, 
« quite distinct from those provided for anv other known 
« tree. The base of the trunk is of a bulbous form and tins 
« bull) lits into a natural bowl or socket, about 2 and 1/2 
« feet in diameter (0 m 755) and 18 inches m 45) in depth, 
« narrowing towards the bottom. Tins bowl is pierced with 
« hundreds of small oval holes about the size ofa thimble 
« (0"'O|.") with hollow tubes corresponding on the outside 
« through which the roots pénétra te the ground on ;ill sides, 
« never, however, becoming attached to the bowl: theirpar- 
<- liai elasticity aifording an almost imperceptible bul very 
« necessary « play » to the parent stem when struggling 
« against the force of violent gales. Tins bowl is of the sa me 



2i\'2 A. -A. FAUVEL 

c< substance as the shell of tho mit, only much thicker. As 
« far as can be ascertained, il never rots or wears out. It has 
« been found (|uite perfect and entire in every respect d() 
« years after thetree has been eut down. At Curieuse, many 
n sockets are still remaining whicb are known to hâve 
(( belonged t<> trees eut down by the first settlers on this 
« îsland. 

(.< Tins curious arrangement renders it impossible that the 
« trunk could grow in a slanting position ; and there is no 
k known instance of its doing so, either on the fïat or on the 
« steep sides of the mountains in both of whicb situations 
« the tree thrives equally well . The high price still fetched 
« by the nuts will ultimately be the cause of their complète 
« extinction on thèse islands. The growth of the palm is so very 
<( slow that no one can expect to reap where lie has sowed 
« and the people Consequently never take the trouble to 
« plant any for the benefît of posterity. Not content too with 
« digging up the nuts that hâve fallen and taken root, they 
(( ruthlesslv destroy whole trees by cutting them down for 
« the sake of the nuts and the heart leaves, which later are 
« used for making hats, fans and baskets. Many of the trees 
« still standing are quite spoilt by the practice of cutting out 
« thèse centre or heart leaves, leaving the tree shorn of its 
« beauty and with an untidy ragged appearance. Besides the 
« ravages of man, fîre is a terrible enemy to thèse forests, a 
« year seldom elapsing, without their being sufferers by acci- 
« dental conflagrations, especially those forests situated at 
(( the north-west end of Praslin on which arenow found only 
(( such maie trees that from their height overtopped the 
« liâmes that destroyed the females. At the south-east end of 
« Praslin, they are more plentiful, the dry season, being in 
« the south-east monsoon and as the forests are to windward, 
« they are not exposed to much danger from spreading fîre. 

« No suggestion will induce proprietors to abandon their 
« présent habit of wilfully destroying the trees for the sake 
« of the nuts and leaves, or to take some pains for the culti- 
« vation and reproduction of this magnificent Palm. Not 



LE COCOTIER DE MEK DES ILES SE YCH ELLES 263 

« many years will elapse before the Coco de mer becomes in 
« reality as rare as it was supposed to be when first picked 
« up at sea by the wondering marin ers, and the onlv relies 
« left of its former magnificence will be the decaying blacke- 
« ned stumps of the trees so wantonly destroyed and the 
« curious sockets in which they stood for so many years. — 
« Seychelles, April 16, 18(53. » 

A ce rapport Sir W. J. Hooker a ajouté : 

« In a letter received from M 1 Ward, lie requests me to 
a accompany this communication witha statement that seve- 
» rai of the facts hère described weré also noticed by 
« l) 1 Barnard and published in a volume of the Asiatic Socie- 
« ty's Journal, and that thèse hâve ail been verified by 
<( himself '. » 

Le rapport ci-dessus de M. Swinburne Ward attira l'atten- 
tion d'un naturaliste français, M. Ch. Naudin, qui en publia, 
cette même année 1862, une analyse résumée dans la Revue 
Horticole, et il ajouta : « Le mémoire de M. Ward a eu certai- 
« nement pour objet d'éveiller l'attention de la Société Lin- 
« néenne de Londres sur le danger que court cet arbre e^ de 
(( l'intéresser à sa conservation. Son vœu a été entendu, et la 
« Société Linnéenne, sur la proposition du D 1 ' Hooker, a décidé 
« à l'unanimité qu'une requête serait adressée au gouvernement 
« de l'Ile Maurice (dont dépendent les Seychelles), pour l'invi- 
« ter, au nom de la science, à prendre les mesures nécessaires à 
« la conservation d'un végétal aussi remarquable par son orga- 
« nisation qu'utile par ses produits, et qui à ce double titre 



1. Journal of the proceedings of the Linnean Society. Bolany, vol. 
Vil, 7, s, L864ri865, |». !.">.">. On the, Double Cocoa-nut <>f the Seychelles 
i Lodoicea Sechellarum). Sea Cocoa-nul, Double Cocoa-nut, Coco 'le 
mer, by Swinburne WardEsq" Civil Commissionner. Coramunicated by 
Sir YY. .1. Hooker F H. S. and L. S., etc. Read Marcb •'<. L854. 

D r Barnard, Asiatic Society's Journal [1862-63?) 'on (lie Lodoicea 
Seychellurum . 



264 A. -A. IAIVKI. 

« joint celui d'être un des derniers survivants de L'antique 
K végétation du globe 1 , » 

Le Gardner's Chronicle reproduisit en 181)1 La partie du rap- 
port de M. Ward concernant le bowl, en l'accompagnant 
d'une gravure 2 ; il en fut de même de la Flore des serres et 
jardins 3 au cours d'un nouvel article sur le Cocotier des Sey- 
chelles. Après avoir rappelé le premier article publié 15 ans 
auparavant par M. J.-E. Planclion. et cité la partie de l'article 
de Naudin rectifiant les erreurs commises au sujet de l'âge de 
maturation du fruit, maintenant fixé par Ward à 9 à 10 
années au lieu de 3 à i données par Quincy, etc., il ajoute : 
« La pulpe à ce moment est devenue tellement résistante 
c que le ciseau peut difficilement l'entamer... Nous ne con- 
« naissons pas dans la nature d'exemple d'une parturition 
« aussi patiente, aussi longue. » Au sujet du bowl, ou socle, il 
demande en terminant : « D'où vient ce socle et est-il le col- 
let de la racine primitive? » 

Dans le vol. XVI de sa Flore, Van Houtte ; revient en 1865- 
67 sur ce sujet, reproduisant, avec la gravure du bowl, celle 
d'une noix de Coco de mer germant, parce qu'il a trouvé dans 
le Cifirdner's Chronicle des renseignements sur ce point com- 
plétant ceux qu'il a déjà donnés. Voici la traduction de ces 
derniers détails : 

« Une des pièces les plus curieuses qui font partie de la 
« collection des bois du Musée de Kew (Botanical Gardens) 
« est bien certainement une grosse masse ayant la forme 
« d'un chaudron percé d'une multitude de trous correspon- 
« dant à autant de tubes ouverts à leur extrémité inférieure. 



1. Ch. Naudin, Revue horticole, journal d'horticulture pratique.... 
publié sous la direction de J.-A. Barrai, in-8°, Paris, 1864, p. 147, col. 2, 
Le Lodoicea Sechellarurn, par M. Ch. Naudin. 

2. Gardners Chronicle, 1804. Lodoicea Sèche lia ru m. The bowl, with 
2 fig., n° 132, il.nl. 

3. Flore des Serres et Jardins de lEurope, Annales générales d'hor- 
ticulture, Gand, t. XV, 1862-65, p. 168, n°, 1427, Le Cocotier des Sey- 
chelles, avec 2 figures par Louis Van Houlte. 

4. Ibid., Louis Van Houtte, vol. XVI, p. 114 et figure. 



Lfc! COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 263 

« Les trous assez larges pour y introduire le doigt servent 

« de passage aux racines du palmier » 

Ce n'est en somme qu'une traduction, variant à peine du 
texte de S. Ward et appliquée à un échantillon de la collec- 
tion de Kew. Mais il ajoute le renseignement suivant : 
<( Lors de la germination, le cotylédon (voir la ligure) est ter- 
« miné inférieurement par une gaine épaisse qui entoure la 
« gemmule et dont la hase livre passage à plusieurs racines. 
« Les feuilles qui se développent ensuite sont également 
« engainantes et se succèdent durant 15 à '2d ans sans qu'il se 
« forme à leur centre une tige apparente. Pendant ce temps 
« les racines se multiplient en se pressant les unes contre les 
« autres, leur tissu extérieur se durcit vers leur hase, les 
« intervalles qui les séparent se remplissent d'une matière 
<< extrêmement dure et le sommet de leur masse entoure la 
« hase épaissie et tendre de la partie aérienne de l'arbre. Il 
« paraîtrait, mais cela demande confirmation, que l'arbre, 
<( quand plus tard son tronc s'est développé, peut, sous l'ef~ 
« fort des vents, jouer librement dans le socle qui le sup- 
■ porte. » L'auteur de la Flore critique ce passage comme 
suit : « On ne peut faire que des suppositions. Si les tubes 
« étroitement réunis et soudés l'un contre l'autre ne sont pas 
« constitués par la partie extérieure des racines dont la por- 
« tion centrale ou médullaire aurait disparu, il faut alors y 
« voir autant de coléorhizes fournies par les gaines du cotylé- 
« don et des feuilles radicales qui lui succèdent, coléorhizes 
« qui se prolongent jusqu'à une certaine distance autour de 
« chaque racine. Nous ne pensons pas que ces tubes aient 
" pu être formés par une excrétion corticale des racines. 
« L'examen anatomique peut immédiatement dévoiler quelle 
« est la nature morphologique de cette étrange production. 
« De même que le rédacteur du Gardner > & Chronicle il nous 
« est difficile de croire que les racines si nombreuses de ce 
« palmier puissent jouer dans leurs gaines quand le tronc el la 
« cvme sont battus par les vents. — F. G. 1 . 

1. Flore des Serres et Jardins, Annales générales d'horticulture, 
Gand (Belgique), Louis Van Houtte, 1865-1867, vol. XVI, p. 114 ri 2 
figures. /.<■ Cocotier des Seychelleg, par F. *'. 



2H6 A. -A. FAUVEL 

Nous pouvons ajouter que nous ne voyons pas pourquoi la 
nature aurait pourvu le Lodoicea d'une sorte de condyle dans 
lequel la base du tronc et les racines pourraient jouer au 
moment des coups de vents pour la bonne raison que, les 
Seychelles étant situées dans la zone des calmes équato- 
riaux, les vents violents y sont si rares que les premiers 
navigateurs qui y abordèrent y ont trouvé de grands arbres 
morts depuis des années et pourrissant sur pied. Ils n'ont pas 
manqué d'en déduire avec raison que les cyclones de l'Océan 
Indien n'atteignaient pas la latitude de cet archipel. 

Cet appareil bizarre se rapproche beaucoup de la formation 
curieuse découverte dans les racines d'une Graminée fossile 
croissant hors de terre comme le Verschaffeltia splendida, un 
autre palmier spécial aux Seychelles, qui, comme les beaux 
Pandanus de ces îles, paraît monté sur des échasses obliques. 
M. Dupont, directeur du jardin botanique de l'île Mahé, qui 
a bien voulu se donner la peine de nous envoyer un superbe 
échantillon du fameux hoivl déterré à l'île Praslin, par l'inter- 
médiaire du gouverneur Sir E. W. Davidson, écrivait à ce 
dernier : 

« In Lindley's Treasury 0/ hotany, p. 962, a référence is 
« made to the bowl which is mentioned by M. Fauvel. The 
c< note in question is however erroneous and if the hoicl 
« (which is simply thecavity left by the base of the stem at 
« the point ofjunction with the roots) is an interesting feature, 
« it is not particular to the Coco de mer. I hâve seen it in 
« the common aloe (Fourcroya gigantea) and it is prqbably 
« common to other plants which are provided with soft stems 
« and a mass of convergent roots. » 

Parlant ensuite des fruits du Coco de mer il ajoute : 

« One very strange fact or storv is the case of dimorphism 
« which is found in the fruits. If a collection of fruits is exa- 
« mined, a certain number of them are found to be différent 
« in shape from the others. Those that hâve the two lobes 
« provided with a deep sinus in the middle in such a way as 
« togive them such a nasty appearance are calledby the Sey- 
« chellois female fruits, and those that hâve the two lobes 



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LE COCOTIER DE MEK DES ILES SEYCIIELLES 207 

« parallel and forming nearly two straight lines from top to 
« bottom are called maie fruits. The female fruits are suppo- 
« sed to produce female plants and the same with maie 
« fruits. I was struck latelv in visitine Curieuse and Praslin 
« to find a very greater number of maie trees than of female 
« trees, whilst the proportion of maie fruits in a given heap 
« is generally very small. Ilowever at Anse aux Courbes 
« there are hvo lines of Coco de mer trees planted bv 
« M. Despillv one of which is entirelv composed of maie 
« trees and the other entirelv of female trees... thus lea- 
(( ving one to believe that there is a certain amount of 
« probabil ity in the sélection of nuts according to shape 1 . » 
Le howl envoyé par M. Dupont et qui nous est parvenu à 
Paris, en août 1906, nous a permis de constater que 
les pertuis laissés par les racines sont du diamètre moyen de 
un centimètre et qu'ils sont cylindriques, comme les racines 
d'ailleurs, et non point ovales comme l'a écrit par erreur 
Swinburne Ward à la Société Linnéenne. La gravure accom- 
pagnant l'article du Gardner's Clironicle, et qui a été faite 
d'après un dessin, les montre ovales, il est vrai, mais c'est 
là un effet de la perspective 2 . La photographie que nous 
avons prise avec soin les montre bien circulaires dans la 
partie vue de face. Ces trous sont, sur notre spécimen, parti- 
culièrement abondants sur les bords supérieurs de l'alvéole, 
(howl), tandis qu'au fond ils ont disparu. On remarque aussi 
au milieu du fond une masse rayonnée qui semble avoir fait 
corps avec le tronc de l'arbre, ce qui semble prouver qu'ainsi 
soudé avec cet appareil il lui était impossible d'y remuer 
sous la poussée des vents, comme le croyait probable le rédac- 
teur du Ga.rdner s Chronîcle. 



1. Lettre de M. H. Dupont, Cura tor of the Botanical Garden, Port 
Victoria, Mahé, Seychelles, à son Excellence W. E. Davidson, Gouver- 
neur des Iles Seychelles, le 22 mai 1006, et communiquée par ce dernier 
à l'auteur. . . 26 juin 1906. 

2. On plutôt de l'intersection du tube cylindrique par la suri;! ce splu'-- 
riijuc du huirl . Leur section perpendiculaire à l'axe est en effet circu- 
laire comme celles des racines elles-mêmes. — A. F. 



268 A. -A. I Al VKI. 

Le Journal de la Société de Géographie de Londres publia, 
en 1865, un article sur les Seychelles par le Lieutenant-Colo- 
nel Lewis Pellv. Parlant du Cocotier de mer, qui ne pousse 
qu'une feuille par an, il dit qu'on peut facilement par ce fait 
connaître son âge en ajoutant au nombre des anneaux laissés 
sur son tronc par les feuilles disparues, celui de celles de sa 
couronne. Il ajoute : « The shell of the fruit you may find 
« turned into the scallop of some Fukeer in Northern India 1 . » 
Nous avons trouvé, en effet, dans plus d'un musée, des tasses 
de mendiants fakirs de l'Inde et de la Perse taillés dans une 
demi-noix de Coco de mer, ornées de fines gravures et 
d'inscriptions arabes ou persanes, et portant aux deux extré- 
mités des chaînettes permettant de les suspendre au cou. 

L'un des plus beaux échantillons de ces sébilles polies et 
gravées est représenté sur ses trois faces par une bonne gra- 
vure que nous avons trouvée un jour par hasard en feuilletant 
une vieille collection du Magasin Pittoresque. 

Ce demi-coco, que l'auteur anonyme de l'article qui accom- 
pagne la gravure appelle, par erreur, Gourde cVun derviche, 
est un superbe échantillon de l'art persan moderne facilement 
reconnaissable par le fait que les inscriptions en caractères 
arabes qui y sont gravées sont accompagnées d'une scène 
formée de trois personnages, tous trois coiffés du grand bon- 
net persan. D'ailleurs les Arabes et les Turcs n'admettent 
pas, comme on le sait, les représentations de la figure humaine. 

L'article explique que ce vase s'appelle en persan 
ketch /.oull, de ketch cintré, courbé et de koull épaule, à cause 
de la convexité de sa surface. C'est une espèce d'écuelle 
gourde que le cherletdar ou échanson porte suspendue à 
l'épaule au moyen d'une chaînette fixée aux deux extrémités. 
Les dimensions de l'objet sont : m 26 de longueur, sur 
m 15 de largeur et m 13 de profondeur. Le contenu des 
versets du Coran gravés à la surface n'offre aucune allusion 



1. Journal of the Geographical Society, vol. XXXV. London, 1865, 
On the Island of Mahé Seychelles, by Lieutenant-Colonel Lewis Pelly , 
p. 231-237. 



Annales du Musée colonial de Marseille 
3" série, l' ' volume 1915. 



Page 268. 



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PI. XI.- Magasin Pittoresque, 1854, La Gourde 'lu Dervicht 
Demi noix >!>■ Coco de Mer gravée en Perse. 



LL COCOTIER DE MEfl DES (LES SEYCHELLES 2fiî) 

soit au vase sur lequel on les a inscrits, soit aux personnes 
qui s'en serviraient. Ils ne sont là que pour porter bonheur à 
celui qui les a écrits, lus ou gardés près de lui, suivant la 
croyance des musulmans qui attribuent une vertu magique à 
la lettre morte '. 

Nous avons eu l'occasion de voir plusieurs fois dans l'Inde 
ces moitiés de Cocos des Seychelles pendues au cou des fakirs 
mendiants qui bien certainement n'en connaissaient pas 
l'origine. 

Un autre naturaliste, le Docteur Ed. Perceval Wright, 
résidant aux Seychelles, accompagna en juin 1867 le gouver- 
neur civil Swinburne Ward dans son voyage d'inspection 
autour de l'île Praslin. M. P. Wright explorait alors les forêts 
des Seychelles. Il a fait paraître plus tard dans ses Spicilegia 
hioloijica le résultat de ses études sur place du Lodoicea. 

Nous en citerons seulement les passages complétant les 
renseignements déjà fournis par S. Ward: Notons dès le 
début qu'il observa un bouquet de 4 à 5 de ces arbres sur la 
côte Est de Praslin : « growing erect to a height of about 40 
« feet, from between a mass of granité boulders quite close to 
(y the sea-shore. » Cette citation est importante en ce qu'elle 
permet de comprendre comment les noix des Cocotiers de Mer, 
qui, avant leur destruction par les premiers colons, poussaient 
jusqu'au bord même de la mer, pouvaient soit tomber directe- 
ment dans les flots, soit y être portées par les pluies toujours 
fort abondantes dans ces îles. Cependant il y a lieu de remarquer 
que, vu le poids très considérable de ces fruits, ils ne pouvaient 
flotter qu'après que l'amande était complètement desséchée à 
l'intérieur ou détruite par les ferments de la germination. 
Dans ce dernier cas surtout, la noix, allégée de son brou, qui 
comme nous l'avons vu tombe en peu de jours, devait flotter 
comme un tonnelet vide. 

En débarquant sur la côte orientale de Praslin. P. Wright 
remarqua que « the double cocoa-nut trees were ail maie 

1. Magasin Pittoresque, voL 22, 1854, pp. ri4-;>6, La Gourde du 
Derviche. 



27(1 A. -A. I Al VEL 

« plants; tlie ground al their feet was covered wilh the 
( ( remains of the long catkins, crumbling into dust when 
« touohed. The trees appeared to grow almost out of the 

« rock, and the Utile earth seen near the roots was a tena- 
ce cious yellow clav. Two, and sometimes, three leaves hung 
« suspended from the stem. In the distance, along the coast 
« and up the mountains side, I saw other spécimens ; but 
« they were but slightly scattered along this eastern side of 
« Praslin. » 

Le cri d'alarme jeté par M. Swinburne Ward et par Sir 
W. T. Hooker dans sa conférence sur le Lodoicea à la Société 
Linnéenne en mars 1864, au sujet de la disparition pro- 
chaine de cette merveille du monde végétal, avait ému l'opi- 
nion des botanistes, et la visite de MM. Ward et P. Wright 
à l'île Praslin avait pour but d'étudier la question en vue des 
mesures à prendre pour la conservation de ces palmiers. Ils 
purent constater que si beaucoup de centaines de Cocotiers 
de Mer avaient été détruits dans le Nord-Ouest de Praslin, il 
en restait encore quelques grandes forêts dans le reste de 
l'île et que l'arbre ne risquait en rien de disparaître. Ils en 
trouvèrent encore sur l'île Curieuse et l'île Ronde. Cette toute 
petite île est située à l'entrée d'une grande baie profonde qui 
s'ouvre sur la côte Nord-Ouest de Praslin. Il paraît bien que 
les Lodoicea sont spontanés dans ces trois îles tandis que 
partout dans les autres îles du groupe des Seychelles ils ont 
été plantés par la main de l'homme. Sur l'île Ronde, il n'en 
restait plus que deux ou trois. Sur l'île Curieuse, qui est pro- 
priété de l'Etat, ils ont été plus respectés et on en trouve 
encore en grand nombre, particulièrement sur la côte Nord. 
Sur la côte Sud, le sol est très pauvre et la plus grande partie 
de la terre végétale a été enlevée par les pluies parce qu'elle 
n'était plus protégée par les broussailles arrachées par les 
colons. Aussi les Cocotiers de Mer, qu'on y trouve d'ailleurs 
en petit nombre, ne s'élèvent-ils pas à plus de 10 à 12 pieds, 
tandis qu'au Nord ils deviennent fort grands. 

Il explique alors que la conservation de ces arbres sur l'île 
Curieuse est surtout due au fait de l'établissement d'un lazaret 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCIIELLES 271 

pour les lépreux qui y fut fondé en octobre 1829 sous la 
direction de M. Georges Forbes. Le Gouverneur d'alors 
(G. Harrison?^ s'étant, bien avant MM. Swinburne Ward et 
Hooker, préoccupé de la conservation des Cocotiers de Mer, 
avait donné des ordres écrits au directeur pour qu'il fût 
défendu de couper les feuilles et de manger les fruits. Il 
exprimait même le désir que, une fois par mois, Ton plantât 
à une distance de dix pas Tune de l'autre, toutes les noix 
mûres trouvées sous les arbres. Aucune embarcation ne pou- 
vait aborder dans l'île à moins d'être en charge de quelque 
officier du gouvernement. Il est curieux de remarquer, ajoute 
M. P. Wright, que, les lettres de Sir W. Hooker sur ce sujet 
étant arrivées aux Seychelles juste au moment où l'on donnait 
ces instructions, on ne risque guère de se tromper en les 
attribuant dans une grande mesure au désir de remplir ses 
vœux. Il ajoute, pour être juste, que, d'après le témoignage 
de plusieurs gouverneurs et d'après ce qu'il a pu constater 
lui-même (en sa qualité de médecin du gouvernement chargé 
de l'Ile Curieuse), M. Forbes a depuis 1829 jusqu'en juin 
1867, soit pendant près de 40 ans, rempli fidèlement son 
mandat tant pour l'esprit que pour la lettre, tant pour les 
merveilleux palmiers que pour les malheureux malades habi- 
tant l'île. 

Mais c'est à Praslin même qu'il faut voir le Lodoicea dans 
toute sa gloire. La forêt de ces arbres, la plus facile à visiter, 
se trouve dans la propriété de M. Campbell, sur la côte Nord- 
Est. Là ils poussent en grand nombre jusqu'au bord même de 
la mer. Les plus élevés se trouvent dans la vallée et atteignent 
de 100 à 130 pieds de haut. On y trouve les deux sexes en 
nombre à peu près égal. Sur cette proprié- té, un certain 
nombre sont dépouillés de leurs feuilles qui sont envoyées à 
Mahé où on en demande beaucoup pour la fabrication des 
chapeaux, paniers et éventails. On laisse un certain nombre 
de noix germer sur le terrain ; en plus de celles-là, un grand 
nombre de celles qui tombent ne sont jamais trouvées et un 
bon nombre sont envoyées à Mahé <-t à Maurice pour y être 
vendues. Mais, à moins que quelque catastrophe soudaine ne 



l"i-l A. -A. IAIVI.I. 

vienne détruire cette forêl qui contient plusieurs milliers 
d'arbres, de toutes dimensions et de tous âges, elle restera 
pour longtemps un objet bien digne d'être visité par les 
curieux de la nature. 

Une autre forêt de ces palmiers, plus belle encore selon 
M. 1*. Wright, est celle qui se trouve dans une grande vallée 
située dans les montagnes entre la plantation de cocotiers 
ordinaires, dont M. Osucree est l'agent sur la côte orientale, 
et l'école et église protestantes sur la côte Ouest. Une pro- 
menade d'environ deux heures au delà de la maison de l'agent 
hospitalier vous amène au sommet de la montagne et alors 
on voit s'ouvrir devant soi la vue de la noble vallée que ces 
notes sont trop restreintes pour décrire comme elle le mérite. 
Dans sa partie la plus étroite, elle peut mesurer environ un 
mille de largeur et 500 pieds de profondeur. Au centre prend 
naissance un petit ruisseau dont les méandres se dirigent vers 
le Nord-Ouest à travers une vallée plus étroite. Là on pouvait 
admirer des centaines de Verscha/feltia f/randiflora et un 
Stevensonia atteignant de 30 à 40 pieds de hauteur; dans des 
coins ombragés se trouvaient des bosquets de fougères arbo- 
rescentes avec des troncs de 50 pieds de hauteur ; mais 
dominant le tout comme des géants au milieu de pygmées, se 
trouvaient des Lodoicea Sechellarum, en si grand nombre 
qu'il était impossible de les compter. Ils poussaient souvent 
par groupes de trois, à savoir deux arbres femelles avec au 
milieu, les dépassant quelque peu, un arbre mâle. Ils 
mesuraient de 100 à 150 pieds (30 m 50 à 46 mètres) et avaient 
des fleurs et des fruits de tout âge. La spathe du spadice mâle 
est plus grande que celle du spadice femelle ; et cette dernière, 
au moment où le fruit mûrit, devient très dure et élancée 
(spike-like). C'est cette partie de l'arbre dont parlent les 
créoles quand ils vous racontent que « le régime des fruits est 
« porté par trois fortes bractées, dont la plus externe traverse 
« le pétiole immédiatement supérieur et dans le dessous duquel 
« la nature a laissé une fissure accessible audit régime », ce qui 
permet à celui-ci de soutenir le poids des fruits qui y sont 
attachés. M. Perceval Wright, tout en citant ce passage du 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCtiELLES 273 

rapport de M. Ward, se défend de lui attribuer cette théorie. 
En examinant soigneusement les Cocotiers de Mer, notre 
auteur découvrit qu'ils avaient une sorte d'écorce, fait d'autant 
plus intéressant que, comme nous l'avons vu plus haut, ils 
avaient passé jusqu'alors pour n'en pas avoir. Vu l'importance 
de cette constatation, nous citons ici les propres termes du 
D r P. Wright : 

« I found on ail the trees that I examined, a paren- 
chvmatous barkv laver that in trees that had fallen 
was easily peeled otf. This barky laver was curiously 
pitted ; this pitting was caused by the intrusion into the 
parenchy matous laver, and piercing through it, of the 
woody libres of the stem ; but without illustrations, it 
would not be easy to explain this structure, and I must 
therefore reserve it for another occasion. Some of the so 
called « bowls » were met with on the mountain-slopes : 
hère I need onlv add that section made through both young 
and old trees revealed no peculiaritv of structure in this 
portion of the stem other than what is met with in almost 
ail palms. 

« From an examination of ail thèse forests, I arrived at 
the conclusion that the growth of the stem depended very 
much on the soil in which it grew ; and I was pleased at 
being able to détermine this by the following facts. Manv 
nuts hâve been planted on Isle S to Anne, in différent parts 
of Mahé, and at Silhouette, and the date of the plantation 
of thèse nuts is in manv cases known with great accuracy. 
Thus M. Charles Savi planted some seven or eight at 
Silhouette in one long row, some twenty feet apart, on the 
side of a mountain, but onlv some two or three feet above 
high water mark; the nuts were planted at the saine time, 
in the year 1812. Of thèse, some six germinated, and for 
the fîrst year or two grew wilhout one showing any great 
advantage over the other; now after the lapse of lifty six 
■ years, three of (hese trees (two females and one maie 
measure four feel in diameter at the base of their stem, 
which is twenty six feet in height, and they bore their lirst 
Annules du Musée culunial de Marseille. — 3" série, 3* vol. 1915. Ifc 



li~ i A. -A. FAI \ II. 

<■ Fruil .nid flowers in the year 1851, when they were, ar 
« nearly as possible, forty years old ; the other three are to 
<• this day h il bout stems, and hâve borne neitlier fruit nos 

h flowers I found Ihat the thriving Cocos de mer had 

« fallen upon good ground, whére they could grnw abun- 
« (Luillv, and that the others had fallen upon poor, stony 
« soil. where the puzzle was to find from what they did get 
« sufïicient food to keep them alive now thèse liftv five years. 

M. P. Wright raconte ensuite comment il essaya d'intro- 
duire en Angleterre des spécimens vivants du Cocotier de 
Mer : 

« I brought with me in December 1867 to Alexandria three 
« young trees, about three years old of this palm. The wea- 
« ther was too cold at this period of the year to permit their 
« being brought either to Paris or Kew ; and I left them in 
« the care of my good friend M. Calvert H. B. M. Vice-con- 
« sul at Alexandria, well known as an excellent botanist, 
« who gave them to that excellent horticulturist Herr Win- 
« terstein to keep during the winter. Unfortunately thèse 
« trees did not survive '. » 

Au commencement de cet article, M. P. Wright dit qu'il 
était en train de préparer un petit volume dans lequel il don- 
nerait une histoire détaillée du Lodoicea, laquelle serait 
accompagnée des photographies de l'arbre, de ses fruits mûrs 
et de sections des troncs d'arbres jeunes et vieux. Malheu- 
reusement ce travail n'a pas encore été publié et c'est ce qui 
nous a donné l'idée d'écrire cette monographie. 

Dans une lettre écrite le 9 octobre 1868 par le même auteur 
à A. Searle Hart 2 et intitulée « Six months at the Seychelles », 

1. E. Perceval Wright, Spicilegia biologica or papers on zoological 
and botanical subjects written by E. Perceval Wright M. D. — V. L. S. 
F. R. C. S. I. etc.. professor of Botany, Dublin University, in-8°, Part.I, 
January 1870 (only 75 copies printed), p. 1. Notes on the Lodoicea Sechel- 
larum Labill. [from the Annals and Magazine of Natural bislory for 
November 1868]. 

2. E. Perceval Wright, Spicilegia biologica. Six Months in the 
Soychelles, in-8°, London, p. 68-71. 



LE COCOTIER DÉ MER DE8 ILES SEYCHELLES '2~-> 

il raconte son voyage dans cet archipel et sa visite aux îles 
Praslin et Curieuse dont nous venons de prendre connais- 
sance. Il ajoute ceci au sujet de l'âge que peut atteindre le 
Lodoicca : 

« One tree of the known âge of 23 years. was l'ound to 
« hâve a stem of but six inches in height and hence it was 
<( asserted and generally believed that a stem of 100 feet was 
« at least 5000 years old. The large maie catkins were said 
« to last in flower for five or six years, and the fruit was 
« supposed to take twice asmany years to corne to perfection. 
« Some mysterious relation was supposed to exist between 
« the upright stem and that portion near the ground called 
(( the « bowl » by which the stem of this palm tree could 
« grow only straight ; but the language of science faîled to 
« describe in what this relation differed from that met with 
« in other palm s. Many of thèse strange statements had been 
<( explained away priortomv visit ; some of them still remain 
« unexplained ; but I trust that my investigations will in some 
« measure settle those points that hâve been hitherto unsett- 
(( led, and that in mv work on the Sevchelles I mav be 
<( enabled to clear up whatever is still indistinct in the history 
« of the Lodoicea. I hâve presented to the Collège Herbarium 
« (of Trinitv Collège Dublin) the fruit in ail its stages, a com- 
« plete spécimen of the young palm, and a section from the 
<( summit through the centre of the stem, to the termination 
« of the roots, of a full grown, though dwarfed spécimen, 
« from the Island of Curieuse. » 

Le livre sur les Sevchelles que préparait le D 1 ' Perceval 
Wright n'a pas encore paru à notre grand regret. 

Avec le cours des années et surtout avec les relations régu- 
lières établies avec les Seychelles, grâce aux progrès de la 
navigation à vapeur, la connaissance de leur Cocotier de Mer 
se répand peu à peu dans le monde et se précise suc certains 
points. Dans V Album de Lu /{< : ti/iion, publication laite en 
•"» volumes, édités de 1868 à 1870, à Saint-Denis (Réunion , 
par M. A. Houssin, nous trouvons une longue description du 
Lodoicea annotée et illustrée par les soins de M. .1. Potier, 



276 A. -A. FÀUVEL 

alors directeur du Jardin botanique de Saint-] >enis. Ce dernier 
est plus versé dans l'histoire naturelle que dans l'histoire de 
France, car il écrit qu'« en 1768 Bougainville, dans le cours 
« de son voyage autour du monde, visita les Seychelles et 
« vint dans l'île Praslin avec Commerson... qui créa le genre 
« Lodoicea ». A notre connaissance ni l'un ni l'autre n'ont 
été aux Seychelles. M. Potier n'y a probablement pas été 
non plus et il emprunte aux auteurs que nous connaissons sa 
description du Cocotier de Mer qui, d'après lui, atteint 25 à 
.'{2 mètres de haut sur 30 à 10 centimètres de diamètre. 11 fixe à 
12 centimètres l'écartement entre les cicatrices laissées par 
les feuilles sur le tronc ; ceci est le seul renseignement nou- 
veau et il nous permettrait, en comptant une feuille par neui 
mois, de donner près de 300 ans à un Cocotier de Mer de 
32 mètres d'élévation, à la condition toutefois qu'il ait poussé 
en bonterrain et régulièrement en formant son tronc de bonne 
heure. 

La description des feuilles, auxquelles il donne 7 mètres de 
long sur 4 à 5 de large pour les plus grandes, est accom- 
pagnée d'une bonne photographie montrant deux per- 
sonnes debout devant une feuille étalée, ce qui donne une 
bonne idée de leur grandeur. Comme il donne la même lon- 
gueur au pétiole cela montre que du tronc à l'extrémité les 
grandes feuilles peuvent atteindre 14 mètres de longueur. 
Nous n'en connaissons pas de dimensions supérieures dans 
les plantes actuelles. Il y a d'ailleurs lieu de noter que la 
palme figurée dans Y Album de Roussin a poussé à Bour- 
bon dans des conditions différentes de celles du sol 
natal du Lodoicea et que par suite on peut sans doute en 
trouver de plus belles encore aux Seychelles qui sont plus 
chaudes et plus humides. Elle a été fournie par un Lodoicea 
de 4 mètres de haut seulement, âgé de 32 ans 1/2, poussé en 
bon terrain, à 100 mètres du bord de la mer et à 60 mètres 
d'altitude, dans la propriété des dames Vendriès. Il n'a pas 
encore fleuri. D'après des renseignements fournis par d'anciens 
habitants de 1 île Praslin, qui ont fait à ce sujet les plus 
patientes observations, il ne faut pas au fruit moins de 12 ans 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES '2~1 

pour accomplir entièrement son évolution physiologique, à 
partir du moment où la Heur a noué jusqu'à celui où, parfaite- 
ment mûr, il se détache lui-même de l'arbre. 

Deux autres photographies faites sur des fruits venus de 
Praslin donnent une excellente idée de leurs formes et de 
leurs dimensions en les montrant tant entiers que décortiqués 
à côté de noix du cocotier ordinaire dans les mêmes condi- 
tions. 

Parlant des essais d'acclimatation de ce palmier tentés dans 
l'Inde, dans les îles de la Sonde, pourtant à la même latitude 
que les Seychelles, il dit que nulle part ils ne sont aussi beaux 
et aussi productifs que dans leur pays d'origine : « Ce palmier 
« remarquable entre tous paraît donc devoir être rangé par- 
« mi ces espèces végétales sur lesquelles, pour des causes 
« que nous n'avons pas à étudier ici, l'acclimatation complète 
« ne semble avoir que peu de prise 1 . » 

Au point de vue esthétique, les opinions diffèrent comme 
au point de vue gastronomique. Si certains voyageurs ou 
naturalistes sont pleins d'admiration pour le Lodoicea 
d'autres le trouvent beaucoup moins gracieux que quantité 
d'autres palmiers. Voici comment en juge le colonel améri- 
cain Pike, Consul des Etats-Unis à Port-Louis, Ile Maurice, 
qui fit un voyage aux Seychelles en 187 1 : 

« A première vue, le Cocotier de mer cause un désappoin- 
« tement, le cocotier ordinaire étant décidément plus gracieux. 
« En effet, les plus vieux Lodoicea ont un tronc mince s'éle- 
« vant à plus de cent pieds, avec une tête échevelée formée 
« d'un bouquet de feuilles moitié vertes, moitié desséchées. 
<( Les arbres femelles dépassent rarement 60 à 70 pieds. 
« Etant moins élevés, ils sont moins battus par les vents que 
<( les mâles. Cependant en vieillissant ils deviennent aussi 

1. A.Hoiissin. Album de l'Ile de la Réunion. :» vol. in-4°. Saint-Denis- 
de-la-Héunion, \ 868-1870. Collection de vues, paysages, piaules et 
insectes de Bourbon, en lithographie et photographie, par A. Roussin, 
vol. V, p. 124-130. Description du Lodoicea Seychellarum avec photo 
graphies d'une feuille el de 2 cocos entiers et décortiqués. Article signé 
A.J. 



278 A.-A. FAUVEL 

« laids que ces derniers. Ce ne sont que les jeunes, ceux dont 
« la tige ne l'ait que commencer à s'élever, qui sont véritable- 
« ment « ont- of the loveliest vegetable productions », les 
« feuilles avant sans doute leur plus grande dimension et leur 
t( plus grande vigueur juste avant qu'ils commencent à pro- 
« duire. 11 faut î) à 10 mois pour que le coco germe une fois 
« en terre. Le g-erme une fois sorti court souvent à près de 
« 20 pieds de la noix avant de pousser la première feuille. 
« Si la noix tombant de l'arbre vient reposer sur le plus 
« mauvais côté, c'est-à-dire si le germe ne se trouve pas 
« dessous, il s'allonge en vain de quelques pieds en dehors, 
« et, ayant épuisé les sucs de la noix, il se dessèche et meurt 
« faute d'humidité 1 . » 

Ces singularités concernant la germination n'avaient pas 
été observées ou mentionnées par les auteurs déjà cités. Elles 
sont d'autant plus importantes que, faute de les connaître, 
nombre de personnes ayant voulu cultiver cet arbre ont perdu 
leur temps. Cette année même, au Muséum d'Histoire Natu- 
relle de Paris, deux noix fraîches envoyées par le directeur 
du jardin colonial de Nogent-sur-Marne étant entrées en 
germination, on décida de les placer dans la serre chaude et 
d'essayer d'en obtenir de jeunes plants. Les jardiniers ne 
sachant comment les traiter et ne trouvant pas de vase assez 
grand pour les placer, imaginèrent de les mettre sens dessus 
dessous au-dessus d'un pot rempli de terreau. Au fur et à 
mesure que l'axe cotylédonaire s'allongeait on était obligé 
de relever les cocos pour éviter que la pointe du germe 
ne s'écrase contre le fond du vase. Les supports, faits d'abord 
de pots de fleurs devenant insuffisants, on imagina de sus- 
pendre les cocos au moyen de cordes passant sur une poulie 
et l'on hissait le tout de temps en temps. Quand nous visi- 
tâmes les serres en juillet 1906, les cocos étaient déjà à 



1. Colonel L. Pike, Transactions of the Royal Society of Arts and 
Sciences of Mauritius, in-8°, vol. VI. New Séries, 1872. A visit to the 
Seychelles Islands by Colonel L . Pike, p. 83-112, antérieurement paru 
dans The Commercial Gazette of Port Louis, 1871. 



Annales du Musée colonial de Marseille, 
; série, 1'" \ olume 1915. 



Pâtre 279, 




PI, XII. I» Moche <!<• Mablanc, 1891. Lodoicen Sei hellnriim, arbre femelle en fruils. 
Jardin du Gouverneur des Seychelles à Porl \ ictoria, Ile Mahé 



LE COCOTIER DÉ MER DES ILES SEYCHELLES 279 

plus d'un mètre au-dessus de la terre et ils menaçaient les 
jardiniers d'aller jusqu'au vitrage. Nous conseillâmes à ceux- 
ci de disposer le tout horizontalement dans le plus long 
compartiment de la serre, mais il était déjà trop tard, les noix 
ayant manqué d'humidité suffisante, l'axe cotylédonaire 
commençait à se dessécher. 

John Home, directeur des Jardins Botaniques royaux de 
l'île Maurice, chargé d'une mission aux Seychelles, fit en mai 
1875 un rapport sur les différents plants pouvant être cultivée 
dans ces îles. Au cours de ce voyage, exécuté en L874, il 
visita Praslin et Curieuse, et constata que « dans sa pre- 
mière jeunesse le Cocotier de Mer est de beaucoup au- 
« dessus de toute comparaison avec les autres palmiers. Plus 
« avancé, il semble inférieur au palmier talipot [Cori/phn 
« umbraculifera.) de Ceylan. La vue du ravin de Praslin, où 
« il croît dans toute sa beauté, rappelle vivement une des 
« descriptions et des tableaux de la végétation du Monde 

«avant le déluge, de Louis Figuier L'âge que doivent 

« avoir les arbres avant de fructifier a été, je crois, exagéré. 
« Celui qui croît au Gouvernement de Port-Victoria, et qui 
« est un type en tous points, fleurit vers sa 3i e année. Il fut 
« fécondé en juillet 1 87 1 et les ovules étaient considérable- 
« ment gonflés en septembre. S'il a été fécondé avec succès 
« on pourra aisément s'assurer du temps que le fruit met à 
« mûrir». 

Nous avons eu l'heureuse chance au cours de plusieurs 
voyages aux Seychelles de voir cet arbre et d'en faire exé- 
cuter une photographie par notre ami le D r Moche de Mablanc, 
médecin de la Compagnie des Messageries Maritimes. 11 était 
couvert de fruits lors de notre première visite, le 16 juin 1889. 
La photographie fut faite en 1891. On voit qu'il avait alors 
au moins quatre régimes chargés de beaux fruits. 

C'est à J. Ilorne que l'on doit la mesure prise par le gou- 
vernement anglais pour assurer la conservation des forêts de 
Cocotiers de Mer de l'île Praslin. Il disait en effet en termi- 
nant son rapport : 

« Une chose que je voudrais porter à la connaissance de 



280 \.-A. FAUVEL 

« sou Excellence (le Gouverneur), c'est l'achat do la Ravine 
« aux Cocotiers de mer à Praslin, qui devrait être conservée 
« et entretenue par le gouvernement. Je n'imagine pas qu'il 

« existe dans le monde un lieu à l'aspect plus antédiluvien 
« que cette ravine. La destruction des arbres qui s'y trouvent 
« serait un outrage à la science et un déshonneur pour la 
« civilisation. » 

« De plus sa conservation ne serait pas en même temps sans 
« valeur , car les noix valent chacune 2 à i shillings (3 à 5 
« francs) 1 . On en demande tellement qu'elles sont enlevées 
« des arbres et vendues avant d'être mûres. Même comme 
« futur article de commerce, ces arbres devraient être plan- 
te tés sur toutes les réserves du gouvernement à Mahé, à 
« Praslinet à Félicité. Si la ravine ne pouvait s'acheter, je 
« suggérerais qu'elle soit échangée contre quelque autre por- 
te tion de la Couronne. » 

Ce cri d'alarme et ce vœu, répétés en Angleterre à la Société 
Linnéenne par le savant botaniste Hooker, ont été entendus 
par le gouvernement qui donna les ordres et crédits néces- 
saires au gouverneur des Seychelles pour l'acquisition de la 
fameuse ravine. Des mesures furent ensuite prises pour la 
conservation des arbres et leur reproduction 2 . 

Les auteurs qui de 1876 à 1881 ont parlé du Lodoicea 
n'ont rien ajouté d'intéressant à ce que nous connaissions ; le 
botaniste Baker, dans sa Flore de Maurice et des Seychelles, parue 
en 1877, ne lui consacre qu'une vingtaine de lignes. Sa diag- 
nose est basée sur celle de Labillardière corrigée sur Martius 3 
mais elle leur est inférieure, vu le manque de figures. Nous 
le mentionnons cependant parce que cette Flore est le premier 
ouvrage de ce genre concernant les Seychelles. 

1. En 1906, ayant voulu en acheter une à Pains chez un importateur 
de produits coloniaux on nous en a demandé 2o fr. 

2. John Horne, Rapport sur les différents plants pouvant être cul- 
tivés aux Seychelles. x 

3. /. G. Baker, Flora of Mauritius and the Seychelles, a description 
of the flowering plants and ferns oi those islands hy J. G. Baker, 
F. L. S. in-8°, London, 1877. Lodoicea. 



LE COCOTIER ni: MER 1>ES ILES SEYCHELLES 28 1 

En 1881, Le laineux général anglais Gordon Pacha, se trou- 
vant aux Seychelles, s'enthousiasma tellement pour ces îles 
qu'il crut y retrouver le Paradis terrestre. Il écrivit un article 
mystique et scientifique sur le Cocotier de Mer qu'il regardait 
comme l'arbre de la science du bien et du mal, et le fruit 
comme celui qui causa dans l'Eden la perte de nos premiers 
parents. Ce sont les particularités de sa forme et de sa ger- 
mination qui lui ont inspiré cette idée plus originale encore 
([lie le coco lui-même qu'il appelle avec les indigènes du pays : 
Coco indécent ou Cul de négresse. Le reste de son travail n'est 
qu'une compilation sans intérêt pour nous, mais les dessins 
dont il l'a accompagné sont si curieux que nous avons cru 
utile de nous les procurer et de les reproduire ici. Le D r Prain, 
du Musée de Kew, a pu nous en envoyer deux photographies. 
Quant au manuscrit qui devait les accompagner et dont nous 
avons vu une copie aux Seychelles même, en juin 1 889, il nous 
a été jusqu'ici, à notre grand regret, impossible d'en obtenir 
un double. Il n'en existe ni à Kew, ni au Jardin Botanique des 
Pamplemousses à l'île Maurice où l'on nous avait dit qu'il s'en 
trouvait un. A Kew, on possède les dessins ainsi que des 
spécimens desséchés de bractées de spadice mâle ; une sec- 
tion du tronc ; un socle de pendule et une canne faits avec le 
bois, ainsi qu'un modèle du fruit. Tous ces objets, collection- 
nés aux Seychelles en 1 881, furent donnés au Musée Bota- 
nique de Kew (en 1883), sans doute après la mort du général, 
par sa sœur Miss Gordon. 

Les deux planches dessinées par Gordon au lavis, à l'encre 
de Chine, sous le titre Lodoicea Sechellarum, sont annotées de 
sa main, mais non signées. La première comprend ."dessins et 
la seconde 11. C'est d'abord le fruit entier vu de profil avec 
son calice. 

Au-dessus du titre on lit : « Found onlv on Isles Praslin 
« and Curieuse 20 miles North of Mahé Seychelles discovered 
« in 1743 namedby Laballadière sic after Louis XV Lodoicus 
« i.e. Lodovicus. » 

Adroite du fruit : « Ripe mit in husk. Weight 30 t<> i<> lbs. 
« Length 1") " circumferencr 2'10". Takes 7 years t<> ripen. 
» When ripe it falls. » 



282 A. -A. FAUVEL 

Au-dessous, trois sections du fruit, dont la première montre 
L'axe cotylédonaire sortant de l'amande Indiqué par ces mots: 
« Radicle I diam 1 ', smooth white and round. » La seconde sec- 
tion est celle du fruit mûr faite aussi en longueur a travers les 
deux lobesj; la troisième section, faite en travers au-dessous 
des deux lobes, montre le trou par où sort le germe. 

Au-dessous, la base fendue des feuilles de l'arbre femelle 
avec un spadice femelle fermé par ses trois spathes veinées 
sortant d'une de ces fentes et un régime femelle déjà sorti du 
spadice et couvert de fleurs. Le premier est indiqué : « Female 
Baba, » et le second: « Female fruit brandi. Immature, 10 nuts 
will be on one branch, -\veight 300 lbs. This lias flowers, buds 
and fruit of ail âges of maturity. » Ce dernier dessin est à lui 
seul le plus important de la planche parce qu'il nous montre 
pour la première fois d'une façon exacte et détaillée les premiers 
stades et la position exacte de la floraison femelle. Sur la 
seconde planche, on voit également bien représentée pour 
la première fois l'inflorescence mâle, sortant comme la femelle 
d'une fente à la base des feuilles et protégée par deux spathes. 
A côté on lit : « Maie tree : maie Baba 3 ' long 3 1/2 " diam. » A 
gauche on voit un fragment du chaton (maie Baba) couvert 
de fleurs dont Tune est représentée au-dessus. A droite, un 
régime femelle : « Fruit Branch » : une fleur femelle : « Immature 
nut withartichoke leaves » (les pétales) et une fleur femelle 
sans calice : « Immature nut without d°. In this stage it is full 
of fibre and the double nuts are not developed. Fecundation 
takes place by bées or byplacing maie flowers from baba on 
apex of immature nut. » 

Un très petit dessin représente ensuite un arbre entier, avec 
sa racine bulbeuse, couronné de huit feuilles en losange 
autour du tronc duquel s'enroule le serpent tentateur, puis 
une noix germée encore reliée à la jeune plante garnie de trois 
feuilles ovales par l'axe cotylédonaire On lit au-dessous : 
« The tree grows to 120 to 130 ft. (12" to 15 diam.) in about 
« as many years ; it bears in its 40-o0 year, the fruit takes 7 
« years to ripen. Nutis placedon surface, the radicle descends 
« some 3 ft. or more in form of stouttap rootwhen itsplits and 



LE COCOTIER DE MEB DES ILES SEYCHELLES 283 

« allows plumule to ascend. The radicle is I" diameter white, 
« smooth and round. When germ leaves Dut, the latter isnot 

« injured, the ivory like substance is like pith. »> Ceci confirme 
bien ce que nous pensions, a savoir que la noix se 
vide sans éclater, L'amande se ramollissant au furet à mesure 
qu'elle est absorbée par le germe, l'axe cotylédonaire et le 
cotylédon. 

Plus bas, on voit la section d'une noix verte en longueur 
à travers les deux lobes : « Unripe nut (Coco tendre) can be 
eut with knife. » Des tirets aboutissant aux diverses couches 
montrent : « Skin of outer husk ; white sago like substance 
« which forms the hard shell and fibre. Skin between the jelly 
'( and sago like substance. Jelly which when ripe becomes 
« hard and white. » 

Enfin deux feuilles sont figurées avec leur pétiole. L'une, vue 
de face, est en forme de losange ; l'autre, vue de profil, est 
pliée par le milieu en gouttière et a la forme d'un croissant. 
L'inscription porte entre les deux : « Leaf2o' long 14' wide. » 

La note suivante termine la planche : « Tins tree has a 
« fibrous rope which runs through maie and female Babas 
« through fruit branches, buds etc. and grips them strongly 
<( together ; the fruit branches even when the fruit is ripe do 
« not hang down as might be expected, but stick out as if the 
« tree rejoiced in its strength. » Cette dernière remarque 
montre bien la tendance plus philosophique que scientifique 
du mystique général Gordon. 

Le docteur Coppinger nous apprend en 1882 que le pied 
femelle qui poussait chez le Gouverneur à Port-Victoria étant 
isolé avait dû être fécondé artificiellement par les soins de 
M. Brodie, secrétaire du Conseil, qui fit venir de Praslio un 
régime de fleurs mâles et le plaça sur Le régime femelle 1 . 
« L'arbre avait 30 ans alors. » 

1 . I)< U. W. Coppinger, The Cruize of the Alert, Four years in Patago- 
nian, Polynesian and Mascarene waters 1878-1882, by D r R. W. Coppin- 
ger M. 1). with 16 fullpage woodcul illustrations frora photographe by 
F. North H. N. l'r.MiL sk, -telles bytheauthor. L on don, in-4°, 1883, chap. 
XI, p. 206-219. Seychelles and Amirante Islands, 



2Si A. -A. l'Ai \ II. 

Dans le (icnera Plantarum de Bentham et J.-I). Hooker, 
paru à Londres en 1883 ', la diagnose du Lodoicea est réduite 
à 21 Lignes qui ne nous apprennent de nouveau que ceci : 

« Genus Lodoicea non nisi staminibus et fruetu magno 
Borasuo distinguendum »; il n'ya donc rien détonnant à ce 
que les premiers botanistes l'aient confondu avec le Latanier 
ou Lontar des Indes qui appartient au genre Borassus. 

Malgré les informations données par les derniers observa- 
teurs, entre autres par Gordon, Wright, etc., on n'en continue 
pas moins en 1886 à commettre des erreurs sur la durée de la 
fructification. C'est ainsi que Watson, dans une courte descrip- 
tion de quatre principales espèces de palmiers, parlant du 
Lodoiceadit : «Nach der Reifehangt dieFruchtbisweilen-j- 2-3 
(( Jahre auf dem Baume. Ein Jahr nach dem Abfallen keimen 
« dieSamen (Nùsse). » Puis il nous apprend que les noix n'ont 
pu donner de jeunes plants en Europe « : Zu Kew, Hanover 
« und andern Orten, ist es noch nicht gelungen, aus keimen- 
« den importirten Samen Palmen zu erziehen'-. » 

Un autre naturaliste allemand, Cari Salomon, dans son 
ouvrage Die Palmen paru à Berlin en 1887 3 , se contente éga- 
lement d'un article de 20 lignes sur le Lodoicea. Il donne par 
contre une bonne gravure représentant exactement l'arbre 
femelle et à côté un fruit décortiqué vu de face. D'après lui, 
les feuilles ont de i à 6 mètres de long et un pétiole de 6 à 

1 . G. Bentham and J. D. Hooker, Gênera plantarum, ad exemplaria 
imprimis in herbariis Kewensibus servata, definita auctoribus G. Ben- 
tham et J. D. Hooker, 5 vol. in-4°, Londini, M . DCCC. LXXXIII (1883), 
vol. III, pari. 2, p. 92. Tribus V, Borassae. Lodoicea. 

2. L. Justs Botanischer Jahresbericht. I e Th., p. 717, n° 346. 

W. Watson (417), Kurze Beschreibung von 4 Palmen v° Lodoiceae, 

1886. 

W. Watson, The Gardner's chronicle. Garden Palms by 
W. Watson, t. XXV, New Séries, January to June 1886, p. 557. col. 

1-2. Lodoicea, with, fig- . , n° 122 (Germinating nut and cup like base 
of stem. . .) 

3. Cari Salomon, Die Palmen nebst ihren Gattungen und'Arten fur 
Gewâchshaus und Zimmer-Kultur von Cari Salomon, Kônigliches Gar- 
ten Inspeektor in Wurzburg, in-8°, Berlin, 1887, p. 44-46. Lodoiceae. 



LE COCOTIER DE MER DES tLÈS SETl IIKLLÈS 2N."> 

S. Les étamines sont au nombre de 34-36. Le lruit pèse de 
10 à 25 kilos, décortiqué. 

Pour la culture récente de ce palmier dans les serres euro- 
péennes nous trouvons quelques renseignements dans le 
Gardners Chronicle: « Hitherto ail attempts to obtaina plant 
« from imported seeds hâve failed both at Kew, Hanover and 
« elsewhere, although they hâve been got to germinate and 
« leaves grown to the heii^ht of a vard or so. 

« The nearest approach to success was made in Liverpool 
'< Botanical Garden where a plant was raised from seeds and 
« grew vigorously for about two years after which it died. 
« A plant with leaves il/2feet long and established in a 
« tub, the wholê weighing 10 cwl. (508 kilos) was received 
« at Kew from the Sevchelles in 1853 but it did not Ions 
« survive the change. » 

Il ajoute qu'on y attend un nouvel échantillon parfaitement 
emballé (c'est sans doute celui qui s'y trouve encore aujour- 
d'hui). Il nous apprend encore que le Musée de Kew possède 
une série de spécimens de paniers et boîtes faits de feuilles et 
fruits du Lodoicea : « There is also a photograph of a healthv 
« young plant established in the botanical gardens in Ceylan. 
« In the « North » (Miss Xorth)picture gallery may be seen 
« beautiful pictures of this palm in various aspects. » 

Il s'agit ici de la galerie construite pour loger les remar- 
quables collections de peintures faites au cours de ses nom- 
breux voyages par Miss North qui. comme nous l'avons vu. 
visita les Sevchelles en 1883. — Malheureusement, les règle- 
ments du Musée, conformément aux désirs de la donatrice, 
s'opposent a ce qu'il soit fait des copies de ses œuvres, 
c'est pourquoi nous ne pouvons offrir à nos lecteurs une repro- 
duction photographique du Lodoicea peint par cette artiste. 
Les directeurs nous ont envoyé avec la liste des collections 
coneernant notre Cocotier des photographies des dessins de 
Gordon et des objets fabriqués avec les feuilles. 

D'un autre côté, ayant écrit au h 1 Trimen, directeur du 
Jardin Botanique de Peradenya à Ceylan, pour avoir des ren- 
seignements sur les Lodoicea cultivés par ses soins, dous eo 



1>S() A. -A. FAUVEL 

ayons re^-u une excellente photographie, montrant un jeune 
pied âgé de 32 ans, et qui doit être celle-là même dont le 
Musée de Kew a un double. Voici ce qu'a bien voulu nous 
écrire le D r Trimen en janvier 181)2 : 

(( I ani glad to atîord you what information I possess as to 
« the Lodoicca plants growing in Ceylon. The large plant in 
« thèse gardens (Peradenya) was obtained in 1 8T50 and is 
« therefore now 42 years old. lt is a maie tree, as was shown 
« from the fîrst time in 1890 when it put out itsfirst inflores- 
cence which was however unfortunately eut olî by some mis- 
« chievous person before it fully expanded. Last year however 
« ( 1891 )it put out in September another spike which has gone 
a on expanding flowers a few at a time till the end of the 
« year and still continues. The flower spike is nothing to look 
« at and has not been photographed as far as 1 know; so I am 
« unable to send you a picture, but I forward one of the 
« plant taken before it was in tlower. We had a fîner spécimen 
« of the same âge, in the garden, but this was unfortunately 
(( uprooted and killed by a cyclonic gale in August 1885. At 
« the branch garden at Heneratgoda near Columbo, I hâve 
« however another plant which sprung from a nut received 
« in 1884. Ten seeds \sere sent me direct from Seychelles in 
« that year, but this one alone germinated. It is now a 
« healthy young tree with seven leaves (one for each year) 
(( and I hope may prove to be a female. » 

Le 16 novembre 1891 il nous écrivait déjà : « I am not 
« aware that the Lodoicea has ever fruited except in the 
« Seychelles. The plant at Peradenya is a maie. » 

11 semble résulter de cette communication qu'à Ceylan au 
moins la végétation du Lodoicea est moins rapide que dans le 
sol de Praslin et Curieuse, puisque le spécimen en question 
au bout de 32 ans n'a pas encore de tronc et qu'il ne pousse 
qu'une feuille par an, tandis qu'aux Seychelles, en bonne terre 
au moins, il donne une nouvelle feuille tous les 9 mois. 

M. Trimen ajoutait en effet : « Peradenya being 1550feet 
« above the sea level with chilly nights at this time of the 
« year (November) I do not expect the Lodoicea to attain to 



Annales du Musée colonial de Marseille, 
3 série, l volume L915. 



Page 286. 




l'I. Mil.— D Trimen, 1892. Jeune Lodoicea de 32 ans au Jardin bolaniquo 
de Peradenj a à Ce} lan, en 1892. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 2S7 

<( a great size hère : there is a much better chance at Ilene- 
c< ratgoda which is nearly at sea-level. As y ou will see from 
« the photograph sent, our tree has yet scarcely any trunk 
« showing ; the height to top of topmost leaf is about 35 feet 
<( and the plant is very healthy but grows slowly forming 
« but a single leaf each year. The photograph I send you 
« is a very poor one ; it was taken in 1882. (ten years 
« ago) ' . » 

En 1892, M. Charles Alluaud, Correspondant du Muséum 
d'Histoire naturelle de Paris, chargé d'une mission scienti- 
fique aux Seychelles, visita les forêts de Cocotiers de Mer de 
l'Ile Praslin et en rapporta des échantillons des fruits, une 
section d'un tronc et des photographies. L'une d'elles, repro- 
duite en gravure dans le Tour du Monde, est particulièrement 
intéressante en ce qu'elle est la première représentation exacte 
que nous possédions de l'ensemble des Cocotiers croissant à 
l'état spontané. Elle montre le port de l'arbre parfaitement 
vertical. Au cours de l'article relatant sa visite à l'Ile Praslin, 
M. Ch. Alluaud résume tout ce que nous savons déjà du 
Cocotier de Mer mais il se trompe en disant : 

« On a pu en faire pousser à Ceylan, dans l'Inde, voire 
« même dans les serres de Keiv en Angleterre où ion a 
« obtenu un fruit en 1891 . Il y en a aussi un exemplaire 
« vivant au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Le Lodoi- 
« cea est probablement l'exemple le plus extraordinaire que 
« l'on puisse citer de la localisation d'une espèce gigantesque 

« sur une très petite île » L'appel de M. Horne pour la 

« conservation de ces arbres a été entendu et le gouvernement 
« anglais est aujourd'hui propriétaire et conservateur de 
« la portion de Praslin où sont les plus beaux Lodoicea. <>n 
« peut aisément se procurer des cocos doubles sur les pro- 
« priétés particulières, mais il est formellement interdit de 
<( prendre une noix sur les croivn lands; ainsi se trouve assu- 
« rée la conservation de cette intéressante espèce. » 

i. Henry Trimen, Director of Botanical Garden ai Peradenya, Ceylon, 
Lettres h M. A. A. Fanvel, en date «lu 16 Novembre 1890 et 19 Janvier 

1892. 



288 A. -A. KAlVKf. 

Il raconte ainsi L'impression qu'il ressentit à la vue de la 
ravine auxCocotiers de Mer après une marche d'environ dmx 
heures en forêt à travers une broussaille impénétrable faute 
de sentier : 

« Mais tout à coup l'on fait halte, et l'on relève la tête, on 
« est alors saisi par la majesté unique du site. Les Lodoicea 
« aux troncs puissants montent d'un seul jet à une vingtaine 
« de mètres et là étalent 7 ou 8 feuilles d'une forme et d'une 
(( ampleur inconnues. Les pieds les plus élevés ne sont pas 
« les plus beaux. Rien ne rappelle mieux le poteau télé— 
« graphique qu'un tronc de palmier qui n'en finit plus et les 
« feuilles, trop exposées là haut aux fortes brises, se déve- 
« loppent mal et sont déchiquetées. Le silence le plus absolu 
« règne en cet endroit et, malgré soi, on parle à voix basse 
« comme en un lieu sacré ; il semble que l'on soit transporté 
« à une autre époque géologique à la vue de ces arbres si 
« différents de ceux auxquels nous sommes accoutumés » et 
il cite la comparaison de Horne avec un paysage antédi- 
luvien. 

Il ne trouva plus de Cocotiers de Mer à l'Ile Ronde où les der- 
niers ont disparu. Il nous montre encore dans une gravure un 
fruit décortiqué, un seau, une gourde, un bol et un plat à riz 
faits avec la noix privée de son amande'. 

La mention faite par M. Alluaud d'un Lodoicea ayant porté 
fruit à Kew en 1891, ayant été depuis répétée par M. Charles 
Anastas dans sa brochure intitulée : Histoire et Description 
des Iles Seychelles, paru à Maurice en 1897 2 et même ampli- 
fiée par ce dernier qui ajoutait : « Au Dahomé le Lodoicea 
« forme à une heure de Whydah, vers Savi et vers Godomé, 
« de vastes forêts où il croît presque seul ». Nous écrivîmes 
au Directeur du Jardin Botanique de Kew pour savoir si ce 
fait dont nous doutions fort était exact. Le 28 mars 1906, 



1. Charles Alluaud, Le Tour du Monde, périodique illustré, in-4°, Paris, 
3 février 1894, p. 74-70. Voyage aux Iles Seychelles, par Ch. Alluaud. 

2. Charles Anastas, Histoire et description des Iles Séchelles, in-8°, 
77 pp. Maurice, 1897, p. 18-21. Ile P ras l in. 







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LE COCOTIER DE MER DES II.ES SETCHELLES 289 

M. Prain nous répondait : « In reply to your letter of 21 
« March I hâve to inform vou that the statemcnt that an 
(( example of Lodoicea Seychellarum has born fruit at Kew in 
« 1891 is, as you had suspected, quite incorrect. I cannot, 
« imagine how the erroneous belief could hâve originated 1 .» 

Nous ne savons où M. Anastas a pu apprendre que le 
Lodoicea formait de vastes forets au Dahomey : il va là une 
erreur évidente et l'on a pris pour ce palmier les Huniers, 
Borassus flabclliforrnis, qui y sont nombreux comme au 
Sénégal et qui étant de la famille des Lataniers, peuvent 
être confondus par des observateurs peu compétents avec 
des Lodoicea sans leurs fruits. 

Au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, on ne possède 
pas actuellement de jeunes plants de Cocotier de Mer, mais à 
l'époque où écrivait M. Ch. Alluaud nous avons pu en voir 
un jeune plant avec les feuilles encore ovales dans les serres 
de M. Emmanuel Liais, maire de Cherbourg, serres qui, à sa 
mort, ont été léguées à la ville. 

Nous avons lu aussi quelque part que des Cocotiers de Mer 
poussèrent avec succès dans l'Ile de la Trinidad ou sur la côte 
orientale de l'Amérique Sud. Nous n'avons pu encore obtenir 
confirmation de cette citation. 

Le dernier ouvrage que nous ayons pu consulter donnant 
des détails scientifiques sur le Cocotier de Mer est le livre 
magnifiquement illustré de nombreuses photogravures de 
Cari Chun qui en 1898-99 accompagna sur la Valdivia 
l'expédition d'océanographie allemande. Dans ce beau volume 
in-4° nous trouvons tout un chapitre consacré aux Seychelles 
où l'expédition passa quelque temps. On n'a pas oublié le 
glorieux Lodoicea dont l'auteur résume l'histoire et la descrip- 
tion. Il nous raconte sa visite aux Cocotiers de Mer de l'Ile 
Praslin, en compagnie de l'inspecteur des forêts M. Baty, le 
8 mars 1S99. 11 cite comme ses devanciers les anciens auteurs, 
mais ne nous donne de nouveau que plusieurs gravures fort 

1. I) v Prain, Dlrector ol'llic Royal Ganlens Kew, Letter t<> tf . A. \ . 
Fauvel, 28 Mardi 1906. 

Annules <ln Musée coloni.il de Marseille. — •'!' série, 3* vol. 1915. I' 1 



290 A. -A. FAUVEL 

bien réussies d'après d'excellentes photographies. C'est là en 
somme la partie la plus intéressante et la plus nouvelle. 
Citons celles qui concernent notre sujet. Ce sont, p. 434 : 
« Urwald auf Praslin mit Lodoicea »; p. 430, « Stamm 
einer jungeren weiblichen Lodoicea mit Fruchten » ; p. 438, 
ce Lodoicea, Seychcllaruni auf Praslin », qui nous montre deux 
Cocotiers chargés de fruits; p. 439, « Urwald auf Praslin » ; 
à gauche, un Lodoicea femelle, et à droite, un jeune Cocotier 
de Mer avec les pétioles des feuilles ; p. 440. Très bonne gra- 
vure hors texte in-4° '.«Lodoicea Scychellarum» auf Praslin l . 

Il ne nous reste plus pour terminer cette longue monogra- 
phie du Cocotier de Mer qu'à parler des détails que nous avons 
pu observer nous même, tant sur place aux Seychelles qu'à 
Paris sur les échantillons conservés au Muséum ou sur ceux 
que nous avons reçus du Gouverneur des Seychelles, Son 
Excellence W. E. Davidson, et du directeur du Jardin Bota- 
nique de Port- Victoria, île Mahé, M. Dupont, et enfin de 
M. Laurier père, correspondant de la Compagnie des Messa- 
geries Maritimes dans cette île. 

Nous avons tout particulièrement étudié un point qui nous 
a paru imparfaitement élucidé jusqu'ici, à savoir le mécanisme 
de la germination qui diffère beaucoup de celui du cocotier 
ordinaire. L'ouverture ménagée par la nature dans la noix 
du Cocotier de Mer pour permettre la sortie du germe se 
trouve (comme nous l'avons vu consigné dans les auteurs pré- 
cités) entre les deux lobes, elle n'est que fort difficilement 
visible de l'extérieur, l'espace, d'ailleurs très restreint (envi- 
ron 4 centimètres sur nos 4 échantillons), entre ses lobes 
étant à demi rempli par des fibres noires, assez fortes, 
prenant naissance, avec d'autres plus fines situées au-dessous, 
sur la noix même. En ouvrant la noix, on s'aperçoit que son 
ouverture ovale (0 m 045 X m 004) a son grand axe 
dirigé d'arrière en avant du coco, c'est-à-dire parallèle au 

1. Cari Chu n, Auf den Tiefen des Weltmeeres, Schilderungen von 
der deutschen Tiefsee-Expédition mit 6 Chromolithographieen, 8 Helio- 
graviiren, 32 als Tafeln gedruckten Volbildern, 2 Karten und 390 Abbil- 
dungen in Text. In-4°, Verlag von Gustav Fischer in Jena, 1900. 



Annales du Musée colonial de Marseille, 
3' série. T r volume 1915. 



Pages 290-291. 




^T< ïï"* ■«> s 

(fciurimiiiu. wuw vamr 






PI. XV. — A.-A.Fauvel. 1906. Appareil de la germination du Coco des Seychelles. 
Fi^-. 1 . Section transversale de la noix au-dessus des <\<-u\ lobes montranl I ouverture 
du hile après enlèvement de l'amande ou albumen. Fig. 2. La même ouverture après 
enlèvemeni <lc l'appareil fibreux de la fermeture. Fig. •'{. L'appareil fibreux élastique 
vu de côté. Fig. i. Section en travers de cel appareil dans le sens de là longueur d'- 
haut en bas .Fig. 5. Section delà noix à travers l'appareil de fermeture du hile dans 
le sens de sou grand diamètre de la face supérieure i la lare inférieure de la noix . 
K"i^r . 6. Aspect de la noix par la l'an- supérieure bombée après enlèvemeni de l'appareil 
du bile. Fig. 7. Coupe à travers l'embryon, l'amande el l'appareil fibreux de la face 
supérieure à la face inférieure en grandeur naturelle. Fig. 8. Portion de la coque en gran- 
deur naturelle montranl les impressions qu'j laissent les fibres du péricarpe ou brou. 
Grandeur naturelle. Fig. 9. Fragment de l'écorce externe du lin i I (épisperme montranl 
sa structure fibreuse, des Coccas hémisphériques el les traees laissées par eux. Grau 
deur naturelle. 



LE COCOTIER DE MER DFS ILES SEYCIIEU.ES* 291 

petit diamètre et allant de la l'ace intérieure (la plus plane) à 
la face supérieure (la plus bombée). Un appareil élastique, 
formé de libres ondulées (PI. XV, lig. 3, i, 5), réunies à la sur- 
face par une sorte de cellulose brune, ayant la forme d'un 
entonnoir ovale en haut, à ouverture inférieure linéaire de 
2 centimètres de longueur, lui sert de fermeture. Par sa con- 
struction et sa disposition, cette sorte d'entrée de nasse per- 
met au germe de sortir, tout en écartant, de chaque coté, la 
paroi libreuse, mais s'oppose à l'entrée de tout animal ron- 
geur ou de tout insecte destructeur qui voudrait s'attaquer à 
l'amande et à l'embryon. Celui-ci, qui au début ne dépasse pas 
la grosseur d'une noisette, est encastré solidement dans l'albu- 
men corné, sur le fond blanc duquel il se détache en jaune 
clair. La pointe est séparée de l'appareil de sortie par une 
mince écaille d'un brun noir recouverte elle-même, comme 
l'amande tout entière, dune sorte de seconde coque qui 
adhère intimement à l'amande et est séparée de la coque 
externe par une petite épaisseur de tissu brun spongieux. 
C'est ce qui permet d'enlever l'amande sans briser la coque. 
L'amande en vieillissant prend la dureté de l'ivoire, elle est 
formée de libres disposées normalement à la coque donnant à 
la cassure dans ce sens un aspect soyeux. La cassure en 
travers est au contraire lisse. Le tout séché rapidement après 
ouverture de la noix se crevasse fortement, ce qui rend inutili- 
sable pour lindustrie cette matière qui, ressemblant de très 
près à l'ivoire végétal ou corozo, pourrait rendre les mêmes 
services si elle était plus homogène et moins chère. 

Dans un des spécimens très anciens conservés dans les gale- 
ries de botanique du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, 
l'intérieur de la noix, ayant sans doute séché très lentement, 
ou après avoir été, peut-être, conservé dans lalcool, offre une 
amande d apparence homogène (non radiée), de couleur jaune 
crème et d'une dureté analoirue à celle de l'ivoire animal. 
Dans ce cas, on pourrait l'utiliser dans l'industrie. \*<>us 
n'avons pas connaissance que cela ait été jamais tenté. Il 
nous a été impossible de constater, tant sur les sections de 
troncs que nous avons vues que sur les troncs eux-mêmes 



'2^2 A. -A. FAUVEL 

des Cocotiers de Mer examinés à 1 île Mabé, la curieuse dispo- 
sition dont parle le D r Perceval Wright. Il est probable que 
cela n'est visible que sur certains arbres et dans des condi- 
tions spéciales de culture. 

Personne n'a remarqué que la surface extérieure de la noix 
(PI. XV, fig. 8) est marquée de deux sortes de sculptures, 
l'une (la seule mentionnée par les auteurs précités) consiste en 
des sillons peu profonds formés par les plus grosses fibres 
dans le sens de la longueur du coco. Ces fibres, très dures et 
cassantes, d'un demi-millimètre de diamètre environ, 
prennent naissance sur la coque même, dans laquelle elles 
s'impriment pendant la croissance et le durcissement de celle- 
ci. Mais la coque est' encore marquée d'une sorte de vermi- 
culature très fine qui lui donne un aspect chagriné tout parti- 
culier et qui est sans doute causée par l'impression de la 
pointe des fibres plus fines de l'enveloppe. Celles-ci sont, à 
l'inverse des premières, très longues car elles ont pour la plu- 
part la longueur même du fruit entier. Elles sont légères, d'un 
brun clair et peuvent servir à la confection des cordages, 
comme les fibres du coco ordinaire connues dans l'Inde sous 
le nom de Coïr. Elles sont séparées par un parenchyme 
aqueux qui pourrit après la chute du fruit, ce qui permet à 
l'enveloppe de se détacher facilement, au contraire de ce qui 
se passe pour le brou du coco commun. Ces fibres et leur 
parenchyme sont enfin recouverts par l'enveloppe externe qui 
est très cassante à cause même de sa constitution. Elle est 
formée en effet (fig. 9) de fibres très courtes (1 à 1 1/2 milli- 
mètre), disposées normalement à un épidémie de l'épaisseur 
d'une feuille de papier ordinaire, et très serrées les unes contre 
les autres; le tout se déchire avec une grande facilité mon- 
trant à l'intérieur l'apparence d'une brosse ou d'un tapis à 
poils très serrés. L'extérieur est luisant, vert olive à l'état 
frais, brun clair à l'état sec. Sur cette écorce on remarque sou- 
vent une multitude de petits Kermès ou Coccus hémisphé- 
riques de 1 millimètre de diamètre sur 1/2 ram d'épaisseur, 
d'un noir brillant à l'état sec, laissant après leur chute des 
marques blanches circulaires en ou en fer à cheval. Nous 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 293 

n'avons pu les identifier encore. On les voit représentés en 
grandeur naturelle sur la figure 9. 

La coque elle-même semble composée de fibres brun noi- 
râtre entrecroisées, devenant noires en vieillissant. Sa surface 
interne est semée de ces fibres qui serpentent entre la coque et 
l'écorce intérieure de l'amande. L'épaisseur de la coque ne 
dépasse guère 4 à 5 millimètres, la partie la plus épaisse se 
trouvant entre les deux lobes vers la queue de la noix. 

Nous avons reçu des Seychelles un fruit anormal avant la 
forme d'un énorme concombre légèrement courbé. M. Dupont, 
le Directeur du Jardin botanique de Port-Victoria, auquel nous 
devons cet envoi, nous signale qu'on en rencontre 
souvent de semblables. Il les croit non fécondés, et s'étonne de 
les voir cependant atteindre ces dimensions. Le nôtre a 50 
centim. de long sur 15 centim. de diamètre. En l'ouvrant, 
nous v avons trouvé une noix réduite à un lobe. Il avait donc 
bien été fécondé, mais il était attaqué par une végétation 
cryptogamique de la consistance et de la couleur de l'amadou. 
L'amande avait disparu, entièrement absorbée par ce parasite 
qui avait également détruit les 3/i de la coque et envahi le 
brou. Placé dans une cave, il nous a donné à la surface du 
brou des champignons blancs absolument pareils à celui des- 
siné par Jossigny. 

A la surface d'un échantillon entier, arrivé en bon état, nous 
avons remarqué de petites vermiculatures blanches en forme 
de fer à cheval, d'un millimètre à peine de diamètre et qui 
paraissent dues à un parasite animal, sans doute quelque 
Coccus que nous n'avons pu trouver et qui sera tombé pen- 
dant le voyage, au fur et à mesure de la dessiccation de 
l'écorce. 

Mentionnons enfin que M. Alluaud a remarqué i Praslin, 
sur les troncs des Cocotiers de Mer, la rare et superbe Hélix 
Studeriana, escargot spécial aux Seychelles. Il est encore pos- 
sible que le cœur de ces arbres soit attaqué comme celui des 
Cocotiers ordinaires par l Oryctes Rhinocéros, un énorme 
coléoptère, mais nous n\>n avons entendu parler nulle part. 



LIST OF SPECIMENS AND ILLUSTRATIONS OF COCO-DE-MKR 

LODOICEA SEYCHELLARUM LAB.) IN THE MUSEUM 

AT THE ROYAL BOTANICAL GARDENS, KEW 



1. Fruit with husk from Seychelles, présentée! by C. Button, 1883. 

2. » 31obed » » » » H. Nillet, 1891. 

3. » 4 lobed » » » » Swinburne Ward, 

1871. 

4. » 5 lobed » » » » C. Button, 1888. 

5. » 6 lobed » » » » Marquis of Ripon, 

1888. 

6. » sbewing mode of germination. 

7. » » » ii » 

8. » Model from Seychelles presented by Major General Gordon, 

1883. 

9. » 2 lobed presented by the Linnean Society. 

10. » Section containing 4 imperfect seeds, presented by Linnean 

Society, 1873. 

11. » » (longitudinal) collected by Major General Gordon 

presented by Miss Gordon. 

12. » Absorptive organ of cotylédon from a nut, about 7 years 

after germination. Royal GardensKew, 1896. 

13. » Section of nut shewing cotylédon after absorption of endos- 

perm, about 7 years after germination. 

14. •> Section (longitudinal) shewing position of the cotylédon in 

the endosperm. 

15. » Section shewing endosperm and cavity left by embryo. 

16. » Kernel or endosperm as sold in the bazaars at Bombay. 

17. Bract, Seychelles. Collected by Major General Gordon. Presented 

by Miss Gordon. 

18. Bract, Seychelles, presented by C. Button, 1884. 

19. Maie Spadix. Botanic garden Peradeniya, D r Trimen, 1893. 

20. » » Seychelles. Presented by General Gordon, 1882. 

21. Section of the base of the trunk, Seychelles, General Gordon. 

Presented by Miss Gordon, 1887. 

22. Section of the base of the trunk, Seychelles Islands. 

23. Bowl-like base of the stem. 

24. Clock-case made of the wood. Collected by General Gordon. Pre- 

sented by Miss Gordon, 1887. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCIIELLES 295 

2o. Drinking- cup of an Indian Fakeer, made of the carved shell. Pre- 

sented by N. S. Frère. 
•2i',. * Tazzas », made of the shells of a small fruit, mounted in silver, 

Seychelles. M. Swinburne Ward. 

27. Walking stick of the wood, Seychelles, C. Hutton, 1883, 

28. » » » » » » , General Gordon. 

29. Split pétiole, Seychelles. M. Swinburne Ward. 

30. Leaves prepared for splitting. Seychelles, 1873. 

31. Basket made of the finely splil pétiole of the leaves, Seychelles, 

M* 8 Morris, 1873. 

32. Basket made of the split pétiole of the leaves, Seyclielles, 

M" Morris, 1873. 

33. Hat made of the plaited leaves. 

34. Spécimens of Plait from the split leaves. Seyclielles, presented by 

M. Swinburne Ward. 

35. Ynrious articles; Basket, Fans, made in the Seychelles, presented 

by the Royal Society of Arts and Sciences ofMauritius, 1859. 

36. Photograph of a Female tree. 

37. Photograph of a Maie tree. 

38. Photograph of Maie and Female trees, Seyclielles, presented by 

M. Sweet Escott. CM. G., 1902. 

39. Photograph of tree in Botanical garden Trinidad, presented by M. 

J. H. Hart, 1904. 

40. Sketch showing germination by General Gordon, presented by 

Miss Gordoo, 1887. 

41. Drawings 2 [dates; by General Gordon, presented by Miss Gordon, 

1887. 

42. Drawings showing germination by John Allen, 1890. 



LISTE D'OBJETS CONCERNANT LE LODOICEA SE TROUVANT 

DANS LES GALERIES DE BOTANIQUE DU MUSÉUM 

D'HISTOIRE NATURELLE A PARIS 

Sept noix décortiquées dont une très grande (0 m !J0x " m '"^ une 
offerte par M. A. Grandidier en ls*2, une par M. Ch. Alluaud, 1892. 

1 ne noix entière avec le brou dans l'alcool, offerte par M. A. Gran- 
didier en 1X80. 

Deux noix entières avec le brou desséché et entr'ouvert. 

heux noix décortiquées à trois lobes. 

Quatre noix décortiquées à quatre lobes. 

Une noiv sectionnée verticalement :i travers les deux lobes, montrant 
l'amande peu épaisse jaune clair. Echantillon très ancien. 



296 A. -A. FÀUVEL 

Une noix coupée entre les deux lobes, amande peu épaisse, très dure, 
jaune clair. Echantillon très ancien. 

Une noix à quatre lobes, sectionnée en longueur à travers les lobes. 

Trois spadices mâles et deux spadices femelles desséchés, provenant 
de l'Exposition universelle de Paris 1K78. 

Une fleur femelle avec fruit naissant. Même origine. 

Une section transversale d'un tronc de Lodoicea, m 10 de hauteur sur 
O m 35 de diamètre. Offert par M. Ch. Alluaud en 1892. 

Un petit échantillon de bois poli. Même origine. 

Une grande feuille. Sans doute celle envoyée par l'abbé Rochon. 

Une collection d'objets en paille de feuille de Cocotier. 

Fleurs dans l'alcool. 

Socle des racines (The bowl) offert en 1906 par M. A. -A, Fauvel, 



BIBLIOGRAPHIE CONCERNANT LE LODOICEA SEYCHELLABl M 

PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE 



MANUSCltlTS 



1. Anthoine Pigaphete (1519-1522 , patricien vimeutin et chevalier de 
Rhodes. . . Navigation et descouvrement de la Indie supérieure. Biblio- 
thèque Nationale, Paris, Fonds français n° 5050. 



I.Ml'lîIMES 



2. Antonio Pigafetta (1519-1522), patrizio vicentino. Primo Vioggio 

intorno al Globo Terracqueo fatta dal cavalière Antonio Pigafetta... 

Sulla Squadra del Capit. Magaglianes negli anni 1519-1522. In-4°, Milano, 
MDCCC, Bibl. Nat. Paris, G. 0513. 

.1. Antonio Pigafetta (1519-1522). Premier Voyage autour du monde 

par le Chevalier Pigafetta, sur l'escadre de Magellan In-8°, Paris, 

an IX (1800 . 

4. Ant. Pigafetta (1519-1522). The first voyage round the world by 
Magellan, translated from the accounts of Pigafetta...... by Lord 

Stanley of Alderley. Hackluyt Society, London, 1874. 

5. Joâo de Barros (1503). Decadas da Asia decada tercera, livro 

terceiro, caput vij, p. l't, Em Lisboa, MDLXIII, in-fol., Bibl. Nat. 
Oy 72, et d° d°, Lisboa, Regia ofGcina typographica, 1777, caput vij, 
p. 311-312. 

0. Garcia de Orta (1503). Colloquios dos simples e drogas e couzas 
medicinaes da India e assi de algumas fructas achadas nella (varias 
cultividas no Brazil) compostos pelo Doutor Garcia de Orta physico 
del Rey D. JoAo 3°. Feita moscimamente pagina per pagina pela primeira 
impressa em Goa por Joâo de Endem no anno 1503. Lisboa, na impresa 
nacional, 1872. 

7. Camoëns (1572). Lusiades, X, 130, cite par Yule. 

8. Jan Huygen van'Linschoten ItilO). Histoire de la Navigation <h' 
Jean Hugues de Linscot Hollandais et de ses voyages aux Indes Orien- 
tales A Amsterdam, MDCX., Des îles Maldives, ch. XIII, p. 50. 

9. Dalechamps (1587). Historia generalis plantarum, 2 vol. in-fol. 
Lugduni, MDLXXXVII, vol. II, cap. VII, p. 1702. De Nuce Tndica. 

10. Dalechamps 1053). Histoire générale des plantes, contenant 
XVII livres, également départis en 2 tomes, tirée de l'exemplaire latin 
de la bibliothèque do M. Jacques Dalechamp, puis faite par M. Jean -les 
Molins, médecin très fameux de leur siècle. A Lyon, MDCLIII, 8 vol. 
in-folio, t. II. ch. XXXIII. p. fini. 



298 A. -A. FAUYEL 

11. Chris tophorus Acos ta (1593). Aromatum et Medicamentorum ex 
Orientai India oascentium Liber, plurimum lucis adferens iis quae a 
Doctore Garcia do Orta in hoc génère scripta sunt. 

12. Carolus Clusius (1593) (Charles de l'Ecluse). Aromatum et simpli- 
cium aliquot Medicamentorum apud Indos nascentium Historia primum 
quidem lusitanica lingua BiaXoyixfiî conscripta a D. Garcia ah Ilorto, 
proregis Indiae medico; deinde latino sermone in Epilomen contractus 
et iconihus ad vivum exprèssis locupletioribusque annotalionihus 
illustraLa a Carolo Clusio Alrehate ; quarte edilio, Castigatior et aliquot 
locis auctior. Anlwerpiae ex Officina Plantiniana apud viduam et 
Joannem Moretum, MDXCIII. Liber I, p. 102 ; De Nuce Medica, p. 107. 

13. Carolus Clutius (1605). Caroli Clutii Atrebatis, Aulae Caesareae 
quondam familiaris Exoticarum libri decem, quibus Animalium, Plan- 
tarum, Aromatum aliorumque peregrinorum frucLuum historiae des- 
cribuntur item Pétri Belloni observationes. Ex Officina Plantiniana 
Raphelengi, 1605, 1 vol. in-fol. Liber I, Aromatum historiae, pp. 190- 
193. 

14. F. Pyrard de Laval (1679). Voyage de François Pyrard de Laval, 
contenant sa navigation aux Indes Orientales, Maldives, Moluques, etc., 
divisé en trois parties par le sieur Du Val géographe ordinaire du Roi. 
Nouvelle édition, 1 vol. in-4°, Paris, MDCLXXIX, l re partie, chap. XXI, 
p. 212. 

15. Jean Bauhin (1619). Joli. Bauhini. D. illus. Cels. Wirtemb. et 
archiatri et Joh. Hen. Cherler. Basil. D. Phil. et Med. Historiae Planta- 
rum genei'alis novae et absolutiss. .... Prodromus quo velut in Sciagra- 
phia quadam Ebroduni ex Typographia Societatis Caldorianae anno 
MDCXIX, 1 vol. in-4°, Liber III, p. il, Nux Inclica ad venena celebrata 
seu Coccus Maladiva. 

16. Gaspar Bauhin (1623). Pinax Theatri Botanici Caspari Bauhini sive 
Index in Theophrasti Dioscoridis, Plinii, et Botanicorum qui a seculo 
scripserunt opéra MDCXXIII. Basileae, Helvet. Sumptibus et typis 
Ludovici Régis, 1 vol. in-4°, Lib. XII, sect. VI, p. 509, col. I. 

17. Jean Bauhin (1650). Historia Plantarum universalis, auctoribus 
Johanne Bauhino archiatro,Joh. Henrico Cherlero Doctore Basiliensibus, 
quam recensuit et auxit Dominicus Chabraeus D. Genevensis, juris vero 
publiée fecit. Fer. et Lud. A. Graffenried Dns in Gertzeiisee. Ebroduni, 
clo b cL (1650), 3 vol. in-fol., 1. 1, Lib. III, cap. CLXXIX, p. 384. 

18. Wormius (1655). Muséum Wormianum, 1 vol. in-folio, fig. 
Amstelodami, 1655, p. 203. 

19. G. Pison (1658). Gulielmi Pisonis Medici Amstelodamensis, de 
Indiae utriusque re naturali et medica libri 14 m quorum contentum pagina 

sequens exhibet Amstelodami, apud Ludovicum et Danielem 

Elzevirios A cb. b. CLVIII. (1658), 1 vol. in-4°, caput XIX, De Tavar- 
care seu Nuce Medica Maldivensium, p. 203-226. 

20. Bontius, Descriptio plantarum indiae orientalis. 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCIIELLES 299 

21. John. Johnslon (1662). Historia naturalis de arboribus et fruti- 
cibus Johannis Jonhstoni medicinae doctoris. Libri X cmn aeneia 
figuria Johannes Johnstonus Med. Doctor concinnnvit Prancforti ad 
Mocnum, Impcnsis haeredum Math. Meriani. La 3" page du titre porte: 

Dendrographia sive Historia naturalis de arboribus 1 vol. in-folio, 

anno MDCLXII, p. 147, col. 2. Palma Naldivensis. 

22. Dom. Chabreus (1677). Stirpium icônes et sciagraphia cum 
omnibus quae de plantarum natura natalibus Synonymis usu et virtu- 
tibus scitu necessaria quihus accessit scri[)torum circa eas consensus et 
dissensus authore Dominico Chabraeo. Med. Doctor apud Joannera 
Antbonium Choiiet, Genevae, MDCLXXVII. 

23. Franc. Redi (1681). Esperienze intorno a diverse cose Naturali e 
particolarmente a quelle che ci sonportate dall'Indie, fatteda Francesco 
Redi e scritte in una lettera al reverendissirao padre Atanasio Chircher 
délia Compagnia di Giesù, in Firenzeall' insegna délia nave. 1 vol. in-4°, 
MDCLXXI, p. 27-29. 

24. Franc. Redi (168b). Franciscus Redi Opusculorum. Francisei 
Redi nobilis Aretini Expérimenta circa varias res naturales speciatim 
illas quae ex Indiis afferuntur ut et alia ejusdcm Opuscula quae pagina 
sequenti narrantur. Amstelodami, apud lien. Welstenium, 
cId Io CLXXXV. (1685), 1 vol. in-12, p. 30. 

25. John Ray (1686). Historia plantarum species hactenus. . . autore 
Johanne Raio. Londini, cb. Io. CLXXXVI. (1686), 3 vol. in-folio, vol. II, 
p. 1359. 

26. Pomet(1694). Histoire générale des drogues, traitant des plantes, 
des animaux et des minéraux. Ouvrage enrichi de plus de 400 figures 
en taille-douce, tirées d'après nature, par le sieur Pomet, marchand 
épicier et droguiste à Paris. 1 vol. in-folio, MDCXCIV, p. 215. 

27. Pomet (1694). 2" édition en 1735, in-4°, Paris, p. 226. 

28. Léonard Plukenet (1696). Almagestum Botanicum sive Phyto- 

graphiae Plukenetianae Onomasticon 2 vol. in-4°, Londini, 

MDCXCVI, t. II, p. 275. 

29. Léonard Plukenet (1691). Phytographia sive stirpium illustriorum 
et minus cognitarum Icônes. In-4°, Londini, Davis, 1691, 4 tomes en 
5 volumes ; vol. 2, Almagestum Botanicum , p. 277. 

30. Valentin (1732 . Michaelis Bernhardi Valentini archiatri Harriaci 
et Prof. Medici Gesseni Historia simplicium reformata subMusei Museo- 

rum titulo autoris I). Job. Conrado Beckero,. ... a Christophoro 

Bernhardino Valentini M. B. filio,! vol. in-folio, M.D.CCXXXII. Liberll, 
caput XVII, p. 221. 

31. Samuel Dale (1739). Samuelis Dalei M. L. Pharmacologia seu 

Manuductio ad Materiam Medicam quarta editio. Lugduni 

Batavorum, MDCCXXXIX, 1 vol. in-4°, p. 295. 

32. Johann. Weinmann (1737-1715'. Phytanthoza Icooographia, sive 
Conspectus aliquoi milliurn tara indigenarum quam exoticarum ex 



300 A.- A. FADVEL 

quatuor mundi partibus, longa annorum scrie indefessoque studio h 
Joanne Guilielmo Weinmanno dicasterii Ratisbonensis assessore et 
Pharmacopola seniore collectarum, Plantarum, Arborum fruticulum, 
florum, fructuum, fungorum, etc. Ratisbonae per Henricum Georgium 

Neubaverum, 1737 à 174*'), 4 vol. in-folio avec planches en couleurs, 
vol. IV, p. Il, col. 2, et p. 12, col. 1, et planche 781 a. 

33. G. E. Rumphius 17'iOi. Georgii Eyerhardi Rumphii Med. Doct. 

Hanavensis. . . Ilerbarium Amboinense Cura et studio Joannis 

Burmanni, MDCCL (1750), in-fol., t. VI, Lib. XII, cap. VIII, p. 210-217. 

3 t. Alexis Rochon (1768). Voyages à Madagascar, à Maroc et aux Indes 

Orientales 3 vol. in-8°, Paris, an X de la République (1802), vol. I. 

Discours préliminaire, p. xliv et xlv, et t. II, p. 146. 

35. Maillard et Ternay (1775). Mémoire sur les Iles Seychelles, adressé 
au Ministre de la Marine en 1775. Manuscrits du ministère des Colonies, 
à Paris, carton des Seychelles. 

36. Ph. Commerson et Jossigny (1766-1769). Manuscrits et dessins 
par P. Jossigny, 15 planches. Bibliothèque du Muséum d'Histoire natu- 
relle de Paris. 

37. Sonnerat (1769). Voyage à la Nouvelle-Guinée, par M. Sonnerat, 
in-4°, enrichi de 120 figures en taille-douce, Paris, MDCCLXXVI (1776), 
chap. I, p. 12, pi. 1 à 7. 

38. A. L. de Jussieu (1774). Antonii Laurentii de Jussieu. Gênera 
Plantarum secundum ordines naturales disposita, juxta methodum in 
horto regio Parisiensi exaratam, anno MDCCLXXIV. Parisiis, 1789, 
in-8°, p. 39, Ordo. Palmae. 

39. C. P. Thunberg (1777). Voyages de C. P. Thunberg au Japon. 
2 vol. in-4°, Paris, an IV (1796), vol. II, p. 143. 

Travels of Charles Peter Thunberg. M. D. (ET.). London, IV, 209, 
cité par Yule. 

40. Lamarck (1785). Dictionnaire botanique de l'Encyclopédie métho- 
dique, in-4°, Paris, 1785. Supplément, t. III, p. 493, Paris, 1815. 
Lodoïce des Maldives. 

41. L. Degrandpré (1789-90). Voyage dans l'Inde et au Bengale, fait 
dans les années 1789-1790, contenant la Description des Séchelles, 
etc..., par L. Degrandpré, officier de la Marine française, avec de 
belles gravures. . . A Paris, chez Dentu, an IX (1801), 2 vol. in-8°, 
p. 2 et seq. 

42. Valmont Bomare (1791). Dictionnaire raisonné universel 
d'Histoire naturelle, 4 e éd., in-8°, Lyon, MDCCXCI. (1791), t. III, p. 611, 
Cocotier de Mer. 

43. Labillardière (1801). Annales du Muséum d'Histoire naturelle de 
Paris, in-4°, vol. IX, p. 140, Paris, 1807. Sur le Cocotier des Maldives, 
extrait d'un mémoire lu à l'Académie des Sciences le 14 octobre 1801 
par M. Labillardière, pi. XIII. 

44. Quéau de Quincy et Deleuze 180H. Annales du Muséum 



LE COCOTIER DE MER DES [LES SEYCH ELLES 30 1 

d'Histoire naturelle de Paris, in-'* , vol. IX, p. 125, Paris, 1807. Extrait 
d'un mémoire envoyé au Muséum par M. Quéau-Quincy, comraandanl 
et administrateur général des Iles Séchelles, sur le Palmier qui produit 
les fruits appelés Cocos des Maldives el Note signée Deleuze P. 

43. Bory de Saint-Vincent 1801-1802). Voyage dans les quatre prin- 
cipales îles des Mers d'Afrique, l'ait par ordre du gouvernement pen- 
dant les années 9 et 10 de la République 1801-1802), avec l'histoire «le 
la traversée du Capitaine Baudin jusqu'au Port-Louis de l'Ile Maurice, 
par J. B. G. M. Bory de Saint-Vincent, officier d'Ktat-major, natura- 
liste en chef sur la Corvette /»• Naturaliste dans l'expédition commandée 
par le Capitaine Baudin, 3 vol. in-8°, Paris, an XIII (1804), vol. III. 
p. 156-157 et 245. 

46. Robillard d'Argentelle (1802-1826). Catalogue des fruits et plantes 
modelés composant le Carporama. Hue Grange- Batelière, n" -, petil in- 
12, Paris, 1820 (?). Prix Ofr. 50. 

47. James Prior (1810-1811). Narrative of a Voyage in the Endian 
seas in the Nisus frigate, to the Cape of Good Hope, Isles of Bourbon, 
France, and Seychelles towards Madras and the Isles of -lava, S' 
Paul and Amsterdam, during the years 1810-1811, by James Prior Esq. 
R. N.. in-8°, London, 1812, p. 55. The Seychelles group. 

48. James Prior (1810-1811). Besehreibung einer Reiso in das Indische 

Mecr und den Seychelles in 1810-1811. C. Fh. Leidenfrost, Berlin? 

1819 (cité par Vule . Traduction allemande du Voyage de J. Prior. 

49. Th. Frappas (1818-1819). Extrait d'une relation d'un voyage fait 
à Madagascar, à Anjouan et aux Seychelles pendant les années 1818- 
1819, par M. Frappas, enseigne de vaisseau, dans Annales Maritimes el 
Coloniales, par M. Bajot, in-8°. Paris, 1820, 1" série, 2" partie 1 , p. 229 
et 258-259. 

50. Th. Frappas (1818-1819). Souvenirs d'un jeune marin ou récit «le 
plusieurs voyages faits de 1810 à 1822 à la côte de Coromandel et au 
Bengale, aux Iles de France et de Bourbon, et aux Seychelles, Mada- 
gascar, etc., par M. Théophile Frappaz {sic), dans Journal des Voyages, 
découvertes et navigations modernes ou Archives géographiques el 
statistiques du xix e siècle. In-8 , Paris, 1821, vol. XXI, p. 2i»s, chap. V. 
Les îles Seychelles. 

51. Lamarck 1813 . Dictionnaire botanique de l'Encyclopédie métho- 
dique, in-4°, 1785. Supplément, Paris, 1813, t. III, p. W3. Lodoicée des 

Maldives. 

52. D'Unicnville ;1818 . Statistiques île l'Ile Maurice et de ses 
dépendances, par M. le Baron d'Unienville, archiviste de l'Ile Maurice, 
1818, 3 vol, in-8°, typographie de The Mendiant- and Planters Gazelle, 

Maurice, IKM'., vol. III. p. 131. Note sur l'étal présent de toutes le- 
dépendances de l'île Maurice : les Seychelles. 

33. Owen (\V. F. W. 1820-1826). Narrative of u^.^.s t.. the shores 
of Africa, Arahia and Madagascar, performed in II. M. Slnps Leven and 



302 A. -A. FAUVEL 

Barraconta, 1820-1826, under the direction ofCaptain W. F. W. Owen, 
R. N. by command <>f the Lords of the Admiralty, 2 vol. New-York, 
MUCCCXXXI1 (1832). vol. II, chap. XV p. 96-102 et 112. 

iii-. Deleuze (1823). Histoire et description du Muséum Royal d'IIis- 
toire naturelle..., par Deleuze, avec 3 plans et 14 vues, 2 vol. in-8°, Paris, 
1823, vol. I, chap. II, Galerie de Botanique, p. 322-323. 

55 W. J. Ilooker (1827). Description of the Lodoicea Seychellarum 
by W. J.Hooker inCurtis's Botanical Magazine or llower garden dis- 
played, conducted by Samuel Gurtis F. L. S., vol. I, nevv séries. In-8°, 
London, 1827, n 01 2734 et 2736; 5 plates and 8 figures. 

50. E. Paris (1830-1832). Album du Voyage de la Favorite, 1830-1832. 
In-folio, Paris. Lithographies d'après les dessins du capitaine Paris... 
Vue de la Rade de Mahé, d'une habitation près Mahé, d'un moulin à 
huile à Agalega. 

57. Laplace et Paris (1830-1832) (Le Capitaine de Frégate La Place). 
Voyage autour du Monde parles mers de l'Inde et de la Chine, exécuté 
par la corvette d'État La Favorite pendant les années 1830-1832... 5 vol. 
grand in-8° et Atlas, Paris, 1833, vol. I, p.l34et 138 à 155. Article sur Les 
Seychelles par le Capitaine Paris. 

58. Owen(W. F. W.) (1832). Geography of the Maldives Islands by 
Owen (W. F. W.), R. N. Read April 9-1832 in The Journal of the Royal 
Geographical Society of London, in-8°, London, 1832, vol. 2, p. 82. 

59. Dumontd'Urville (J. S. C.) (1834-1835). Voyage pittoresque autour 
du monde. Résumé général des voyages de découvertes de Magellan, 

Tasman, Dampier, Laplace, etc , publié sous la direction de 

M. Dumont d'Urville, capitaine de vaisseau, accompagné de cartes et 
de nombreuses gravures en taille-douce sur acier, d'après les dessins 
de M. Sainson, dessinateur du voyage de V Astrolabe (1826-1829), 2 vol. 
in-4° à 2 colonnes, Paris, 1834-1835, vol. I, p. 83-85, l'Archipel des Sey- 
chelles; pi. X, fig. 4. Cocotier des Seychelles; détails du Coco. 

60. Meisner (1836-1843). Plantarum Vascularium Gênera secundum 
ordines naturales digesta cumque differentiae et affinitates Tabulis 
diagnosticis expositae auctore Carolo Frederico Meisner. Lipsiae, 
1836-1843, in-fol., p. 357. Lodoicea. 

61. G. Harrison (1839). The Nautical Magazine and naval Chronicle 
for 1839, 2 e série, in-8°, London, The Seychelles, communicated by G, Har- 
rison, Esq. to the Commander of H. M. S. Rose on his visit to thèse 
islands in Mardi 1837, p. 443-446. 

62. Martius (C. F. Ph. de) (1840). Historia naturalis palmarum 
a Carol. Fried. Phil. de Martius, Munich, 1843, 3 vol. in-folio, vol. III, 
p. 221, Tab. 109-122. Tab. X, flg. I, II et III, et Tab. Z. V., fig. VIII, 
Lodoicea Seychellarum . 

63. Endlicher (1843). Gênera plantarum, 1843. Lodoicea Seychellarum. 

64. Kunth (C. S.) (1843). Enumeratio plantarum (omnium hucusque 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SETCHELLES 303 

oognitarum secundum familias nalurales diapoaita adjectis characteribus 
differentiis ef synonymis) auctore Carolo Sigi6mundo Kunlh Stutgar- 
diae et Tubingae sumtibus sic) J. G. Colla.-. MDCCCXLIII (1843), in-8°, 
vol. III. Palmae, p. 225, Lodoicea. 

65. Victor Charlier 1*848) , 1.' Univers. Histoire et Description de tous 
les peuples. Vol. IV : Iles d'Afrique, parM.d'Avezac; Iles Madagascar, 
Bourbon et Maurice, par M. Victor Charlier, p. 34-35. Paria, in-8°, 
MDCGCXLVIII il848). 

66. Eug. de Froberville (1848), L'Univers. Histoire et Description de 
tous les peuples. Vol. IV. Iles d'Afrique, introduction par M. d'Avezac. 
Iles Africaines de la merdes Indes... Les Seychelles et Amirautés, par 
M. Eugène de Froberville. Les Seychelles, vol. IV, p. 89 à 1 10. In-8°, 
Paris, Firmin-Didot, 1848. 

67. Charles Pridham (1849). Mauritius and ils Dependencies l>y 
Charles Pridham. Appendix, p. 395-399. 

68. J.-E. Plancbon (1849). Flore des Serres et Jardins. Publiée à 
Gand sous la direction de Louis Van Iloutte, in-8°, vol. V, 1849, p. 
523-526, n° 291, le Cocotier des Séchelles. 

69. L. Charton, (1854). Magasin pittoresque, vol. 22, IN.">4, pp. 54-56. 
La Gourde, du Derviche. Paris, in-4°, Directeur L. Charton. 

70. B. Seemann, (1856). Popular Ilistory of Palms and tlieir allies.... 
by Berthold Seemann Ph. D. — M. A. — F. L. S. Petit in -i", London, 
1856, p. 230, Genus XXXVII. Lodoicea Labill. Planche en couleur n° 
13. 

71. Swinburne Ward (1863). Journal of the proceedings of the Lin- 
nean Society of London, Botany, vol. VII, 7-8, 1864-1865, p. 155. On 
the double Cocoa-nut of the Seychelles (Lodoicea SèckelUrum) « Sea 
Cocoa-nut » « Double Cocoa-nut » « Coco de Mer », by Swinburne 
Ward Esq M , Civil Commissioner, Communicated by Sir W. J. Ilooker 
F. R. S. — L. S. etc. Rend March. 3, 1864, in-8°, London, 1865, 
et Gardner's Chronicle, 1864, Lodoicea Sechellarum. Thcbowl, with. 2 
figures. 

72. Sw. Ward (1864), Gardner's Chronicle, 1864. Lodoicea Seycltel- 
larum the Bowl, note by Swinburne Ward, vrith 2 figures, a 122, Lon- 
don, in-8", 1864. 

72. Sw. Ward, novembre (1863). Ultima Thule. Manuscrit commu- 
niqué par le D'' 1'. Wright en 1908. 

73. D' Barnard 1863)(?). Transactions of the Royal Asiatic Society 
(Journal .,in-8", London, 1863? Description of the Lodoicea Seychellarum .' 

74. Ch. Naudin (1864). Revue liorticole. Journal d'horti culture pra- 
tique fondé en 1829, publié sous la direction de M. J. A. lia irai, in 
Paris, 1864, p. 147, col. 2. Le Lodoicea Sechellarum, par M.Ch. Naudin. 

75. L. van Iloutte. Flore des Serres el .lai, lins Journal général 
d'horticulture. Gand, T. XV. 1862-1865, p. 168» n« 1427 : Le Cocotier 
des Seychelles, avec j fig. Reproduction tic la unir et de le gravure du 



304 



A. -A. FAUVKI. 



Gardner's Chronicle, par Swinbume Ward ; et vol. XVI, 1865-1867, p. 
iii. avec 2 fig. : Lo Cocotier des Seychelles par F. C. 

76. D r Perceval Wright (1868-187.0). Annals and Magazine of Natural 
History, voir p. 1 10 ; Spicilegia, Biologica p. dis. 

77. Lewis Pelly (1865). Journal of tlie Geographical Society, London, 
1865, in-8°, p. 231-237. On the Island.of Mahé Seychelles, by Lieutenant- 
Colonel Lewis Pelly. 

78. E. Perceval Wright (1868). Spicilegia biologica or Papers on 
zoological and botanical subjects written by E. Perceval Wright M. D. 
F. L. S., F. R. C. S. I., etc., professor of Botany Dublin Univer- 
sity, in-8°, Part I, 1870 (January) (only 75 copies printed). p. 1. Notes on 
the Lodoicea Sechellarum LabilL, by Edward Perceval Wright, etc., 
from the Annals and Magazine of Natural History for November 1868. 

79. E. Perceval Wright (1868). Spicilegia biologica, etc., part I, 1870. 
Six months in the Seychelles, p. 68-71. (A letter toSearle llart, 9 0ctober 
1868.) Contributions towards a flora of the Seychelles, Dublin, 1869. 

80. II. Jouan (1870). Notes sur les archipels des Comores et des 
Séchelles. Extraits des Mémoires de la Société Impériale des 
Sciences naturelles de Cherbourg. Cherbourg, in-8°, 1870, p. 72. Lodoi- 
cea Seychellarum. 

81. A. Roussin (1868-1870), Album de l'Ile de la Réunion, 5 vol.in-4°, 
Saint-Denis-de-la-Réunion, 1868-1870. Collection de vues, de paysages, 
plantes et insectes de Bourbon, lithographies et photographies par 
A. Roussin, vol. V, p. 124-130. Description du Lodoicea Seychellarum 
et photographies d'une leuille et de deux fruits entiers et décortiqués 
comparés avec ceux du cocotier ordinaire (3 planches). 

82. L. Pike (1871-1872). Transactions of the Royal Society of Arts and 
Sciences of Mauritius, in-8°, vol. VI, new séries. A visit to the 
Seychelles Islands, by Colonel Pike, pp. 53-142, déjà paru dans The 
Commercial Gazette of Port Louis Mauritius, 1871. 

83. John Horne (1875). Rapport sur les différents plants pouvant être 
cultivés aux Seychelles, par John Horne, sous-directeur des Jardins 
botaniques royaux, Ile Maurice, 20 mai 1875, in-4°, imprimé en 1881- 
Lodoicea. 

84. John Horne (1875). Letter to D' Ilooker relating bis voyage to 
the Seychelles Islands, 12 november 1874, dans Journal of the Linnean 
Society, vol. XV, 4 octobre 1875. 

85. John Horne (1876). Le Rapport est reproduit par Mac Nab dans 
Nature, in-4°, London, 1876, vol. XIV, n° 344, et dans Transactions of 
the Royal Society of arts and Sciences of Mauritius, vol. IX, 1876, pp. 
52 à 77. 

86. Elie Pajot (1876). L'Exploration, journal géographique et com- 
mercial, in-4°, Paris, vol. III, 1876, p. 523-526. Les Seychelles, par 
Elie Pajot, de l'île Bourbon. 

87. J. G. Baker (1877). Flora of Mauritius and the Sevchelles a des- 



LE COCOTIER DE MER DES ILES 8EVCHBLLES 305 

cription of the flowering plants and ferns of thèse Islands, by 
J. G. Baker, F. L. S., in-8°, London, 1877. Lodoicea. 

88. Nemo (1877). Souvenirs des Seychelles. Louise, par Nemo, dans 
The commercial Gazette. Suppléments littéraires et historiques, in-8°, 
Maurice, 1877, p. 235. Le Cocotier de Mer. 

89. H. Wendland ;i878). Botanische Zeitung, in-4°. 36 Jahrgang, n° 8, 
22 Feb. 1878. Leipzig, Beitn'ige zur Kentniss der Palmen von Herm. 
Wendland. Lodoicea. 

90. 0. de Kerchove (1878). Les Palmiers : Histoire iconographique 
par Oswald de Kerchove de Denterghem, in-4°, Paris, 1878. Lodoicea, 
pi. 17, p. 41. 

91. Schroeter (1880). Ueber die Seychellen Nuss (Lodoicea Seychel- 
larum in Vierteljahrschrift (1er Xaturforscher Gesellschafl in Zurich 
1880, 13 Jahrg. xxv s., 112-115, cité par Just's Botanischer Jahresbe- 
richt, 1880, 2»% p. 69, et 1880, 2^, p. 528. 

92. Général Gordon (1881). Dessins manuscrits avec notes du Coco- 
tier de Mer. Collection du Jardin Botanique de Kew, Angleterre, 3 
planches. 

93. H. C. Bail (1882). Report on the Maldive Islands, by H. C. Bail 
ol the Ceylon. Civil Service. Cité par Yule, Glossary, etc. q. v. Coco de 
Mer, 1882. 

94. D r R. W. Coppinger (1883). TheCruize of the Alert. Four years in 
Patagonian, Polynesian and Mascarene waters, 1878-1882, by D r R. W. 
Coppinger M. D. with 16 full page woodcut illustrations from photo- 
graphs by F. North, R. N.and from skelchcs by the author. In-4°, Lon- 
don, chap. XI, p. 209-216. Seychelles and Amirante Islands. 

95. Bentham et Hooker (1883;. Gênera Plantarum ad exemplaria 
imprimis in herbariis Kewensibus servala defînita auctorihus G. Bentham, 
et J. D. Hooker, 5 vol. in-4°, Londini, 1S83; vol. III, part. 2, p. 939. 
Lodoicea. 

96. Miss North (1883). Recollection of a happy life. Pall Mal 
Gazette, January 21, 1883. The Seychelles Islands. 

97. H. W. Estridge 1885. Six years in the Seychelles with 30 pho- 
tographs from original drawings, London, in-8°. Privately printed. 
(Rare.) 

98. W. Watson (1886). Gardner's Chronicle, New Séries, January to 
June, 1886, p. 557, col. 1-2, May L»», col. 2, Lodoicea with Gg. n° 122. 
Germinaling seed of double cocoa-nut and bowl. Cité dans Just's 
Botanischer Jaliresbericht, 1 er Th., p. 719, n° 346. W. Watson .! 
Kurze Beschreibung von 4 Palmen. Lodoicea. 

99. B. Hartmann 1886), Madagascar und die Insein Seychellen, iu- 
8°, 1886, p. 151. Das Wissen der Ge^einva. t I'- 1 LVII. 

100. Cari Salomon (1887). Die Palmen nobsl îhren Gattungen «nui 

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3« se ■£ c, l' vol. 1 ' ' 1 r» 



306 A. -A. FAUVEL 

Arten f iir Gewachshaus I Zimmer-Kultur yon Cari Salomon. Konig- 

licher Garlen Inspektor in Wurzburg, in-S", Berlin, 1887, p. 44-46. 
Lqdoicea, fîg. *'». 

loi. le "Fressanges IssT . L'industrie des pailles de Lodoicea aux 
Seychelles, par le Docteur Fressanges, dans Revue Historique et Litté- 
raire de l'Ile Maurice, 3 e année, 16 janvier 1890, p. 328-340. 

102. E. Reclus (1888;. Nouvelle géographie universelle, La terre et les 
hommes, par Elisée Reclus, t. XIV : Océan et terres océaniques, p. 
133; chap. IV. Amirautés et Seychelles, p. 130. 

103. Henri Joret (1891). Le Cocotier des Séchelles. Lodoicea Sechel- 
larum, par H. Joret, dans Le Naturaliste, revue illustrée des Sciences 
naturelles. In-4°, Paris, XIII e année, 2 e série, n° 92, 1 er janvier 1895, 
avec 1 figure. 

10L Ed. André (1891). Le Cocotier des Seychelles, par Ed. André, 
dans Revue Horticole, journal d'Agriculture pratique, 03° année, 1891, 
in-8°, Paris, 4 col., p. 295 à 298, et une figure (n°71) d'un jeune Cocotier 
des Seychelles à Peradenya, d'après photographie rapportée de Ceylan 
par M. le Comte Horace de Choiseul. 

105. IL Bâillon (1891), Dictionnaire de Botanique, 4 vol. in-4°, Paris, 
1891, vol. III, p. 269. Lodoicea Seycheliarum. 

106. IL Bâillon (1890). Dictionnaire encyclopédique des Sciences 
médicales, Paris, 1890, série 2, III, 2. 

107. W. Thiselton Dyer (1891). Lettre de M. Th. Dyer, directeur du 
Jardin Botanique de Kew à M. A. Fauvel, 16 nov. 1891. Lodoicea. 

108. D r Trimen (1892). Lettre |du D r Trimen, directeur du Jardin 
Botanique de Peradenya (Ceylan), à M. A. Fauvel, 19 janvier 1892. 
Lodoicea. 

109 Anonyme (1892) (?). Royal Gardens Kew. Officiai Guide of the 
Muséum of économie Botany, n° 2. Monocotylédons. In-8°, London. 

110. Ch. Alluaud (1892-1894). Voyage aux Iles Seychelles, par 
Ch. Alluaud, dans Le Tour du Monde, périodique illustré, in-4°, Paris, 3 
février 1894. 

111. Miss M. North (1895). Recollections of a happylife ...edited hy his 
sister M rs J. A. Symonds, 2 vol. in-8°, London, 1895, vol. II, chap. XV, 
p. 285. The Seychelles Islands. 

112. S.Quincy (1893). Descriptionde l'arbre Cocotier de Mer des Iles 
Seychelles, par S. Quincy. Réimpression par Le Cernéen, journal 
de Maurice (8, rue du Vieux-Conseil, Maurice, décembre 1893), du 
mémoire de Quéau de Quincy envoyé en 1808 au Jardin du Roi et lu à 
l'Académie des Sciences par Labillardière, imprimé h la suite du 
mémoire de celui-ci dans les Annales du Muséum d'Histoire naturelle 

de Paris, q. v. 

Une seule édition de cinquante copies; 232xlo8 œm . Prix 0.50 cent, 
de Roupie, éditée en décembre 1893 à Port-Louis, Ile Maurice, par le 
Cernéen (Journal de l'Ile Maurice). 



LE COCOTIER DE MER DES ILES SEYCHELLES 307 

113. Cli. Anastas (1897). Histoire et Description des Ilrs Sechelles. 
In-8°, 77 p., Maurice ; 1897, p. 18-21, L'Ile Praslin. 

11k F. -A. Barkly 1897 . From the tropics to the North Sea, in-8°, 
Westminster, 18117, p. 2.V2. Seychelles. 

115. D'Keller 1898 . Die Ostafrikanischen Inseln, Ln-8°, 1898, <lans 
Lîiljliothek der Landeskunde. B d 2. Seychellen Inseln. 

110. Cari Cliun (1899-1900 . .Vu!" der Tiefen des Weltmeeres von Cari 

Chun. Schilderungen von der Tiefsee. Expédition mit 6 chromolitho- 

graphieen ; 8 heliogravûren ; 32 als Tafeln gedruckten Volbildern;2 

Karten und 390 Abbildungen im text. In-4° von Gustav Fischerin Jena, 

1900. 

117. Albert K. 1900-1901). Pflanzenwunder in Natur, Berlin, 1900, I 
vol., p. 243-245. Die Wundernuss Lodoicea Seychellarum. Cité par Just's 
Botanischer Jahresbericht, t. XXIX. 1901, 2 te abth. 

118. Col 1 Yule 1903;. Hobson-Jolinston. A Glossary of Colloquial 
anglo-indian words and phrases and of kindred ternis etymologiral, 
historical and geographical, by Colonel Henry Yule, C. I. K. New- 
Edition, in-8°, London, 1903, Coco de Mer, p. 229, et Seychelles, p. Ni i . 
La l r '' édition a paru en 1893. 

119. A. -A. Fauvel (1906). Notes sur quelques points nouveaux de 
l'anatomie du Cocotier de Mer. Lodoicea Seychellarum. Extraits du 
Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, 1906, n° 7, p. 585. 

120. Augeri Glutii M. D. (1634). Opusculum. De Nuce medica. Amste- 
lodami typis Jacobi Charpentier, anno 1634. 1 vol. petit in-4° u\ 
figures. 

121. Johannis Eusebii Nierembergi (1635), Madritensis ex Societate 
Jesu in academiâ regia Madritensi Physiologiaeprofessoris,lli>lniia Natu- 
rae maxime peregrinae Liluis XVI distincts I vol. in-folio). Antwerpiae, 
ex Offieini Plantinianà, Balthasaii Moreti, MDCXXXV. Liber XIV, cap. 
IX, p. 298. De Cocco Maldivensi. 

122. F. E. Guérin (1836. Dictionnaire Pittoresque d'Histoire Natu- 
relle. 9 vol. in-4°, Paris, rue Saint-Germain-des-Prés, n° 4. T. [V, p, 
481. Lodoicée. Article de Thiébaut de Berneaud. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Le D 1 Heckel v 

Les Sapotacées du groupe des Sidéroxylinées-Mimusopéés. . . I 

Contribution à l'étude des Crassulacées malgaches 63 

Sur quelques Kalanchoe de la flore malgache. 123 

Le cocotier de mer Lodoicea Sechellarum 165 



TABLE DES PLANCHES 



Kalanchoe beharensis Drake del Gastillo 9*3 

Carte des lies Praslin, Curieuse et Rond 205 

Collection d'objets en paille de Lodoicea 217 

Noix mâle et noix femelle de Lodoicea 220 

Lodoicea Sechellarum femelle el portions d'inflorescence 

mâle 230 

Moulages en cire d'inflorescences de Lodoicea 240 

Moulages en cire des fruits 242 

Inflorescences et fruit de Lodoicea 244 

Sections d'inflorescences et fleurs de Lodoicea 250 

Lodoicea Sechellarum mâle à Mahé 255 

Noix mâle et noix femelle 26*3 

Demi-noix de coco de mer gravée en Perse 268 

Lodoicea Sechellarum femelle à Mahé 279 

Jeune Lodoicea à Ceylan 286 

La région des cocotiers de mer à l'île Praslin 28'i 

Germination du coco des Seychelles 290 

Deux noix de Lodoicea décortiquées 292 



MA<:ON, PHOTAT FRBRBS, IMI'HIMEIUS 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

D r IIeckel : Sur quelques plantes à graines grasses nouvelles ou peu connues 
des colonies françaises, et en particulier de Madagascar. Année l'.»08. 

Claverie : Contribution à l'étude anatomique et histologique des plantes textiles 
exotiques. Année 1909. 

de Wildeman : Notes sur des plantes largement cultivées par les indigènes en 
Afrique tropicale. Année 1909. 

Louis Planchon et Juillet : Étude sur quelques fécules coloniales. Année 1909. 

D r IIeckel : Les Plantes utiles de Madagascar. Année 1910. 

H. Jumelle et H. Pekrier de la Bathie : Fragments biologiques de la flore de 
Madagascar. Année 1910. 

Guillau.min- : Catalogue des Plantes phanérogames de la Nouvelle-Calédonie et 
dépendances. Année 1911. 

Dubard : Les Sapotacées du groupe des Sidéroxylinées. Année 1912. 

Baudon : Sur quelques plantes alimentaires indigènes du Congo français. Année 
1912. 

de Wildeman : Les Bananiers ; culture, exploitation, commerce ; systématique 
du genre Musa. Année 1912. 

H. Jumelle et II. Perrieh de la Bathie : Palmiers de Madagascar. Année 1913. 

P. Choux : Études biologiques sur les Asclépiadacées de Madagascar. Année 
1914. 



MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE 



Les Annales du Musée colonial de Marseille, fondées en 1893, 
paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur importance, 
sont en vente chez M. Challamel, libraire, 17, rue Jacob, à Paris, à 
qui toutes les demandes de renseignements, au point de vue commer- 
cial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M. Henki 
Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, directeur du Musée 
colonial, 5, rue Noailles, à Marseille. 

Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales ont droit gra- 
tuitement à vingt-cinq exemplaires en tirage à part. Ils peuvent, à 
leur frais, demander vingt-cinq exemplaires supplémentaires, avec 
titre spécial sur la couverture. 

Les mémoires ou ouvrages dont un exemplaire sera envoyé au 
Directeur du Musée colonial seront signalés chaque année en fin 
de volume dans les Annales. 

Le prochain volume (année 1916) contiendra: 

1 er fascicule. Catalogue descriptif des Collections botaniques du 
Musée Colonial de Marseille : Madagascar et Réunion. 

2 e fascicule. 1° Etude sur les bois de la Guyane Française, par 
M. Stone. 

2° Les progrès accomplis dans les colonies françaises et étrangères ; 
informations et bibliographie. 

Le 1 er fascicule paraîtra prochainement. 



MAÇON, PROTAT fHKHES, IMPRIMEURS. 



J l 



s 






ANNALES 



m 



MUSÉE COLONIAL 



DE MARSEILLE 



FONDÉES EH 1893 PAB EDOUARD HeCKEL 



DIRIGÉES l'AK 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 

Directeur du Musée Colonial «le Marseille, 



Vingt-quatrième année. 3 série. 4' volume (1916 
l rr Fascicule. 

Catalogue descriptif des Collections Botaniques 

du Musée Colonial de Marseille : Madagascar et la Réunion, 

P ;.r M. Henri JUMELLE. 



MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

.'). Rue Noaii i i s, 5 



PARIS 
LIBRAIRIE CHAI 1 \Ml-:i. 

I 7. m p .1 tcoB, I 7 



r.tir, 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
iNNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

I) 1 Heckei . Les Kolas africains. Année 1893. (Volume presque épuisé. 

I> Rançon : Dans la Haute-Gambie. Année 1894. Volume complètement épuisé. 

II. I'. Diiss : Flore phanérogamique des Antilles françaises. Année 1896. Volume 
complètement épuisé. 

E. Geoffroy : Rapport de Mission scientifique à la Martinique et à la Guyane. 

Année 1897. 

D 1 Heckel : Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane française. 

Année 1897. 

I> r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 

Année 1897. 

]>' Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1898. 

II. .li mki.i.i: : Le cacaoyer. Année 1899. 

D 1 ' H. Jacob de Cokoemoy : Gommes, gommes-résines et résines des colonies 
françaises. Année 1899. 

L. Laubeni : Le Tabac. Année 1900. 

D r II. Jacob de Cokdemoy : Les Soies dans l'Extrême-Orient et dans les colonies 
françaises. Année 1901. 

L. Laurent : L'Or dans les colonies françaises. Année 1901. 

A. Chevalier: Voyage scientifique au Sénégal, au Soudan et en Casamance. 

Année 1902. 

Gàffarel : L Exposition d'Hanoï. Année 1903. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1903. 

1)' II. Jacob de Cordemoy : L'Ile delà Réunion. , Géographie physique; richesses 
naturelles, cultures et industries.) Année 1904. 

Capitaine Muni: : Étude ethnographique sur la race Man du Haut-Tonkin. 

Année 1904. 

E. Lefeuvre : Étude chimique sur les huiles de bois d'Indochine. Année 1905. 

H. Jumelle : Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

11. Jumelle et II. Pekhieh de la Bathie : Notes sur la Flore du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle et II. Pehiuer de la Batuie : Notes biologiques sur la végétation du 
Nord-Ouest de Madagascar: les Asclépiadées. Année 1908. 



ANNAL1.S 



DU 



MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 191 H) 



MAÇON, PROTAT FRKRBS, IMPRIMEURS 



ANNALKS 



Di 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES EN 1893 l'AR EDOUARD HECKEL 



DIRIGEES l'Ai; 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 
Directeur fin Musée Colonial «le Marseille, 



Vingt-quatrième année. 3 série. 4 volume (1916 . 
I er Fascicule. 

Catalogue descriptif des Collections Botaniques 

du Musée Colonial de Marseille : Madagascar et la Réunion, 

par M. Henri JUMELLE. 



MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

."). Ri i Noailli s, •"» 



PARIS 
LIBRAIRIE GHALLAMEL 

I 7. l;i l J.VCoB, I " 



«.m; 



MADAGASCAR ET COMORES 



I. _ PLANTES FECULENTES 
ET CÉRÉALES 

1. Farine de Medemia nobilis. — Palmiers. 

2. Fruits de Medemia nobilis. 

Le Medemia nobilis est un palmier de l'Ouest de Mada- 
gascar nommé satranahé et satrafotsy . C'est le latanier des 
colons. Les Sakalaves, après l'avoir abattu, retirent du tronc 
les 2 à 5 kilos de moelle qu'il contient, et, en pulvérisant 
cette moelle, obtiennent une farine jaunâtre alimentaire. 
Cette farine a pour composition : 

Humidité 17 °/ 

Fécule 66,833 

Cellulose 12,939 

Substances albuiniiioïdes. 10,538 

Substances grasses 1,037 

Substances minérales. . . . 8,200 

La farine de Medemia est donc particulièrement riche 
en substances albuminoïdes . 

II. Gallerand : Une farine de Palmier do Madagascar. C. H. de L'Aca- 
démie des Sciences, mai moi-. — II. Jumelle: Les ressources agricoles 

el forestières des colonies françaisrs. Barlatier, Marseille, 1907, 

3. Fécule de Manihot utilissima. — Euphorbiacées. 
\. Racines de Manihot utilissima . 

Annales du Musée colonial de Marseille . 3 série, ■ vol. 1916, i 



2 h. .11 ui.u.i-. 

5. Rondelles de Manihot utilissima. 

Les variétés deManiho/ utilissima, ou manioc, introduites 

et cultivées à Madagascar sont surtout des variétés douces. 
La culture du manioc s'est beaucoup étendue depuis une 
dizaine d'années dans la colonie, où elle réussit dans 
toutes les terres saines un peu fertiles et dont l'humidité 
n'est pas trop grande. Les exportations de manioc brut 
ou desséché étaient en 1912 de 22.000 tonnes environ. 
Les débouchés de la fécule sont nombreux ; et des usines 
de tapioca sont déjà installées ou en voie d'installation dans 
le Centre, le Nord-Ouest et l'Est. 

(A. Fauchère : La culture du manioc à Madagascar. L'Agriculture 
pratique des pays chauds, novembre et décembre 1943.) 

G. Fécule de Tacca pinnatifida. — Taccacêes. 

Le Tacca pinnatifida, de la famille des Taccacêes, voi- 
sine des Amaryllidacées, est une plante à tubercule, indi- 
gène à Madagascar, mais qu'on retrouve sur le continent 
africain et en Polynésie, où c'est le pia. A Madagascar, 
c'est le kabitsa, ou kabija, des Sakalaves, le tavolo des 
Betsimisaraka. Les Sakalaves pilent les tubercules, puis les 
râpent sur une pierre, et ils jettent la pulpe ainsi désagré- 
gée sur un tamis, clans lequel ils font couler de l'eau jusqu'à 
ce que le liquide passe clair. Ils laissent ensuite la fécule 
se déposer, décantent et font sécher. Cette fécule est con- 
sommée cuite, à l'eau ou au lait. 
(H. Jumelle : Les plantes à tubercules alimentaires. Doin, Paris, 1010.) 

7. Tubercules de Tacca sp. 

8. Tubercules de Tacca sp. 

Le Tacca pinnatifida n'est pas à Madagascar la seule 
espèce du genre. On y connaît encore d'autres tavolo ( Tacca 
umbrarum Jum. et Perr. dans le Nord ; Tacca artocarpi- 
folia Seem. dans l'Est), les uns à tubercule entier, les 
autres, au contraire, à tubercule très divisé. Peut-être est-ce 



tfÀDAGASCAB 1:1 C0M0R1 S 3 

le Tacca ariocarpifolia qui est de plus en plus exploité 

dans la province de Mananjarv, où les indigènes ont vendu 
en 1913 plus de 700 tonnes de cette fécule de tavolo. 

9. Tubercules de Maranta arundinacea. — Cannacées. 

10. Fécule d'arrow-root. 

Le Maranta arundinacea, surtout cultivé à la Barbade <'t 
à Saint- Vincent, et d'origine américaine, donne le véritable 
arrow-root, ou arroiv-root de la Barbade. Introduit a Mada- 
gascar, il n'y est pas exploité, quoiqu'il y réussisse fort bien. 

11. Tubercules d'Aponogeton Guillotii. — Aponogétonacées. 

Les Aponogeton sont des plantes aquatiques submergées 
dont les feuilles, dans deux espèces [Aponogeton fenestralis 
et Aponogeton Guillotii), sont fenêtrées. Tous ces Aponoge- 
ton sont les ovirandra des indigènes, qui en consomment 
les tubercules. 

12. Igname Dioscorea sp.). — Dioscoréacées. 

Il y a à Madagascar de nombreuses espèces sauvages de 
Dioscorea, ou ignames, dont les tubercules sont consommés 
de diverses manières, crus ou cuits, par les indigènes. 

(H, Jumelle et II. Perrier de la Bàlliie : Fragments biologiques de la 
Flore- de Madagascar, Annules du Musée colonial de Marseille, 1910/ 

13. Farine de Banane. Musacecs. 

13 bis. Fruits de Musa paradisiaca. — Musacées. 

La farine de banane a été l'objet d'appréciations très 
diverses; les uns lui attribuent une haute valeur nutritive, 
d'autres lui reprochent la couleur grise qu'elle prend après 
cuisson et qui restreindrait ses emplois ;i certaines spé< ia- 
lités. telles que la biscuiterie. En fait, c'esl une farine «pu 
n a pas encore * - ( « '■ réellement utilisée industriellement en 
France. Madagascar pourrait exporter ;nissi 3oi1 la farine 



II. JUMELLE 



même, soit, mieux, des tranches longitudinales sèches de 
bananes non mûres, débarrassées de la partie fibreuse cen- 
trale, et qui seraient réduites en farine en France. Ces 
tranches de bananes à fécule (Musa par adisiaca) ne doivent 
d'ailleurs pas être confondues avec les bananes sèches dont 
on a déjà tenté l'exportation, et qui sont des tranches de 
bananes mûres (Musa sapientum), consommables comme 
fruits. 
(II. Jumelle : Les cultures coloniales, fasc. I. Baillière, éditeur, 1912.) 

14. Graines de Typhonodorum madagascariense. — Aracées. 

15. Fruits de Typhonodorum madagascariense. 

Le Typhonodorum madagascariense, ou viha, est une 
Aracée qui vit au voisinage de la mer, dans les marais et 
sur le bord des cours d'eaux boueux. Les graines en sont 
consommées par les Sakalaves, cuites dans le lait. Ces 
mêmes Sakalaves préparent une fécule avec la souche de la 
plante. Après que ces souches ont été râpées, la farine 
obtenue est desséchée à feu doux ; puis la fécule en est 
séparée selon le procédé ordinaire, par lavage, tamisage et 
décantation. Malgré l'action du feu, cette fécule conserve 
d'ailleurs une certaine quantité de ces principes caustiques 
que contiennent tous les tubercules d' Aracées. et elle cause 
dans la bouche, et même dans l'œsophage, une sensation 
spéciale. 

(H. Jumelle : Les ressources agricoles el forestières des colonies fran- 
çaises. Barlatier, Marseille, 1907.) 

16. Fruits et graines de Ravenala madagascariensis. — 

Musacées . 

Le ravinala, ou arbre du voyageur, cautérise dans l'Est 
de Madagascar le premier gradin de la chaîne montagneuse 
de l'île. Dans le Nord, on le retrouve sur le versant Ouest,. 
Ses graines pulvérisées sont consommées dans le lait. 
L'arille bleu qui les enveloppe contient une substance grasse 



MADAdASCAK ET COMORLS 



concrète qui serait intéressante pour la stéarinerie, s'il était 
possible de l'obtenir en quantité suffisante. 

19. Oryza sativa; variétés diverses. — Graminées. 

Le riz, ou i\irj/. cultivé de si Longue date à Madagascar, et 
dont la culture, un moment délaissée au début de l'occupa- 
tion française, a largement repris en ces dernières années, 
est et doit de plus en plus devenir pour notre colonie un 
de ses grands produits d'exportation. Les variétés de riz 
malgaches sont excessivement nombreuses cl feronl l'objet 
d'un catalogue spécial ultérieur. 

H. Jumelle : L'agriculture à Madagascar. Rapporl au Congrès de 

l'Afrique orientale, 1911.) 

20. Hordeum vulgare. — Graminées. 

L'orge peut, comme le blé, donner lieu à une petite cul- 
ture dans les parties élevées de l'île, principalement dans 
PAnkaratra, dans la région de Bétafo. 



II. — GRAINES ALIMENTAIRES 

21. Fruits de Voandzeia subterranea. — Légumineuses. 

Les fruits de voanjo mûrissent en terre comme ceux de 
L'arachide. Les graines, moins riches en huile que celles de 
cette arachide, et consommées cuites, sont surtout bonnes 
avant maturité complète. Klles ne contiennent pas de glu- 
coside cyanogénique. Des graines de la Nigérie anglaise 
analysées à l'Impérial Institute de Londres contenaient, 
pour 106 : 

Eau 13,1 

Substances azotées 16 

— grasses 6,2 

Amidon 58,4 

Cellulose 3,9 

Cendres 2,-* 



ti H. JUMELLE 

22. Noix d'Anacardium occidentale. — Térébinthacées. 

D'origine américaine, l'acajou à pommé esl à Madagascar 
un arbre introduit. 

La <( pomme» est le pédoncule fortement épaissi et charnu 
qui porte le fruit proprement dit. Ce pédoncule, qui est 
rouge, blanc ou jaune selon les variétés, contient un suc 
abondant, astringent et acide ; il est consommé cru ou cuit 
et est d'ailleurs médiocre. On en fait aussi des conserves et 
il sert également, en certains pays, comme au Brésil, à 
préparer, par fermentation, un vin et, par distillation, une 
eau-de-vie. 

La « noix » est le fruit même, plus petit que le pédoncule, 
et réniforme ; le péricarpe, coriace, contient une substance 
huileuse, très caustique et acre, qui sert à marquer le linge 
ou avec laquelle on enduit les planches et les bois pour les 
préserver de l'attaque des insectes. 

La graine qui est à l'intérieur de cette noix est de saveur 
douce, comestible, et utilisable en confiserie comme les 
amandes douces. Elle représente 30 °/ environ du fruit 
tout entier. Elle a pour composition, comparée à celle 
d'amande douce : 

Amande d'acajou. Amande douce. 

Eau 16,01 6 

Albuminoïdes 18 24 

Huile 57,38 54 

Hydrates de carbone 5,28 10 

Cellulose 0,91 3 

Cendres 2,42 3 

L'huile de l'amande d'acajou n'est pas siccative ; elle est 
jaune pâle et de saveur douce. Ses caractères, comparés à 
ceux de l'huile d'amande, sont : 

Huile d'acajou. Huile d'amande. 

Densité 0,911-0,916 0,917-0,91-9 

Indice de saponification . 182-195 189-195 

Indice d'iode 77-85 93-102,2 



UADAGA8CAB ET COMORES 7 

Pour extraire plus facilement la graine de lu noix, on tor- 
réfie légèrement celle-ci. Pendanl la torréfactioa il faut 
d'ailleurs se préserver le visage et Les yeux contre les 
vapeurs caustiques qui se dégagent de l'huile du péricarpe. 

Le rôtissage assure une plus longue conservation des 
amandes, mais en brunit un peu la chair, qui normalement 
est très blanche. 

23. Graines de Phaseolus lunatus. — Légumineuses. 

Le haricot du Cap, ou pois du Cap, qui, à Madagascar, esl 
surtout cultivé pour l'exportation dans la région de Tuléar, 
où c'est le kabaro des Sakàlaves, serait la variété inamoe- 
nus du Phaseolus lunatus. Les graines de certaines de ces 
variétés de Phaseolus lunatus sont liés dangereuses, en rai- 
son du glucoside cyanogénique, la phaséolunatine, qu'elles 
contiennent ; mais les haricots du Cap provenant de Tuléar 
sont l'une des sortes où la teneur en ce glucoside est minima. 
D'après les analyses faites à l'Impérial Institute de Londres, 
cette teneur ne serait, en effet, que de 0,002'i à 0,007 °/ 
d'acide cyanhydrique, alors que celle des pe-gya de Bir- 
manie est de 0,01o à 0,040 et celle des kawl-be de 0,040 
à 0,035. C'est la raison pour laquelle on songe en Birmanie 
à introduire la variété malgache. 

La composition centésimale de ces pois du Cap de Mada- 
gascar est la suivante, comparée à celle des haricots de 
Rangoon (autre variété de Phaseolus lunatus) et des hari- 
cots ordinaires (Phaseolus vulgaris). 

Haricots du < lap 

de Madagascar. Haricots de Rangoon. Haricots ordinaires. 

Eau 12,5 .. 11,8 14 

Substances a/.ulées. . . 25,7 20 23 

Substances grasses 0,9 1,4 

AiuMon 53,9 59,1 

Cellulose ::.» I 

Cendres 6 3,7 

Les harimis du Cap sont exportés <le Madagascar 6 la 



s 



M. JUMELLE 



Réunion, dans les colonies anglaises, au Mozambique et en 
Angleterre. Sur une exportation totale de près de 4 millions 
de francs de ces haricots en 1914, il en a été expédié pour 
355.000 francs dans les colonies anglaises et 2.815.000 francs 
en Angleterre. En 1914, Le quintal anglais valait, sur le 
marché de Londres, de 10 à 20 shellings. 

(A. Fauchère : Le pois du Cap â Madagascar, dans l'Agriculture pra- 
tique des pays chauds, avril t914. — Beans of Burina, dans le Bulletin 
of the Impérial Institute, juillet-septembre 1914 et avril-juin 1915.) 

24. Graines rouges de Dolichos Lablab. — Légumineuses. 

Les graines de dolic, ainsi que les gousses jeunes, sont 
couramment consommées dans les pays chauds. 

25. Graines d'Entada scandens var. discosperma. — Légu- 
mineuses. 

Cette Légumineuse grimpante est, dans l'Ouest de l'île, 
le vaheabe et le vaheakarabo des Sakalaves. Ses énormes 
gousses sont les voan-karabo. Les grosses graines qu'elles 
contiennent sont consommées par les Sakalaves, qui, après 
les avoir épluchées et fait tremper dans l'eau courante pen- 
dant deux jours, les soumettent à une ébullition prolongée, 
en renouvelant l'eau plusieurs fois. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : Fragments biologiques de la 
flore de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1910.) 

26. Gousses de Mucuna utilis. — Légumineuses. 

27. Graines de Mucuna utilis. 

Le Mucuna utilis est voisin du Mucuna pruriens, mais 
les poils qui couvrent les fruits sont soyeux et couchés, au 
lieu d'être rigides. L'espèce est aujourd'hui cultivée un peu 
partout dans la zone tropicale. Les graines sont surtout 
connues dans nos colonies sous le nom de pois Mascate ; 
elles sont blanches, jaspées ou noires selon les variétés. Les 
graines noires sont encore appelées pois noir. Toutes servent 



UADAG LSI Al: I i I OMORES 

principalement pour L'alimentation du bétail. Klles con- 
tiennent, à raison de 10 " ,, d'eau, 2.91 de matières grasses, 
53,58 de matières non azotées el 2i.2."> de substances azo- 
tées. Mais la plante, qui est de culture facile, est principa- 
lement cultivée comme améliorante, pour L'enfouissement 
en vert, notamment dans la culture de la canne à sucre. 

(P. de Sornay : Etude sur les Légumineuses, dans le Bulletin de la 
Station Agronomique de Maurice, n° 24, 1910.) 



III. — FRUITS ALIMENTAIRES 

il. Fruits de Gitrus decumana. — Rutacées. 

Les pamplemousses sont de gros fruits globuleux dont on 
contit l'écorce comme celle du cédrat. Les grape- fruits des 
Américains sont une variété de pamplemousse. 

42. Fruits de Citrus Aurantium Oranges . — Rutacées. 

43. Fruits de Citrus Limonum Citrons) — Rutacées. 

4t. Fruits de vangasay. — Rutacées. 

Le vangasay a été tour à tour rapporté, comme variété. 
au Citrus Limonum. au mandarinier, au Citrus japonica et 
au Citrus madurensis. Cette dernière espèce est souvent 
considérée comme identique au Citrus japonica, qui, lui- 
même, offre beaucoup de caractères du mandarinier. Lu tous 
cas, les vagansay, par leur forme déprimée, rappellent les 
mandarines. 

io. Fruits de Psidium Guajava Goyaves . — Myrtacéi 

46. Fruits de Carica Papaya Papayes . — Bixacét 

47. Fruits de Mangifera indica. Mangues . — Térébintha- 

cées. 



10 H. JUMELLE 

48. Fruits de Passiflora quadrangularis 'Barbadines). Pas.si- 
floracées. 

49. Fruits de Nephelium Litchi Letchis . — Sapindacées. 

50. Fruits d'Ananassa sativa (Ananas). — Broméliacées. 

51. Fruits de Persea gratissima (Avocats). — Lauracées. 

52. Fruits d'Anona squamosa (Pommes-cannelles). — Ano- 
nacécs. 

Tous ces arbres fruitiers, originaires de pays divers, ont 
été introduits à Madagascar. 

(H. Jumelle : Légumes et fruits. Baillière, Paris, 1913.) 

53. Fruits de Jacquier. — Artocarpées. 

UArtocarpus integrifolia, voisin de Varhre àpain, qui est 
Y Artocarpus incisa var. non seminifera, est originaire de 
lTnde. On en consomme la pulpe, qui est d'ailleurs d'odeur 
désagréable et indigeste, et les graines, qu'on fait cuire 
comme les châtaignes. 

54. Rhizomes et fleurs d'Hydnora esculenta. — Rafjlésiacées. 
h'Hydnora esculenta, dans le Sud-Ouest de Madagascar, 

dans les bassins de la Menarana et de la Linta, croît sur 
les racines d'Acacia et d'autres Légumineuses. Son fruit, 
qui est le voantany, ou fruit de terre, des Mahafaly, assez 
gros et de forme turbinée, contient, sous une mince enve- 
loppe ferme et rougeâtre, une pulpe blanchâtre, juteuse et 
acidulée, remplie d'innombrables petites graines noires ; 
et cette pulpe a un goût délicieux de pomme-reinette. Le 
voantany est donc un très bon fruit. Pour le récolter, il faut 
creuser dans le sable à quelques centimètres de profondeur, 
car, lorsqu'en mai ou juin les baies nées sur les rhizomes 
souterrains sont mûres, les restes seuls du périanthe qui les 
surmontent affleurent au niveau du sol. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie : Quelques Phanérogames 
parasites de Madagascar. Revue générale de Botanique, 1912.) 



MADAGASCAR Kl COMOREB I 1 

i 

IV. — SUCRES ET ALCOOLS 

61. Sucre de canne de 1 er Jet Saccharum officinarum . — 
Graminées. 

<»2. Sucre canne debrun. 

63. Sucre blanc brut. 

La culture de la canne à sucre a depuis longtemps perdu 
toute importance à Madagascar. Il n'y a plus dans l'île 
d'industrie sucrière; et les quelques champs de canne qui 
restent encore dans l'Est ne servent plus guère qu'à la 
fabrication de la betsabetsa. La réinstallation de nouvelles 
sucreries serait cependant une question à étudier dans 
notre colonie. La canne à sucre y pousse bien sur toutes 
lès terres qu'on peut irriguer en saison sèche, sans engrais 
sur les sols alluvionnaires, avec engrais sur les terrains 
moins fertiles. 

6i. Rhum de Toaka. 

65. Eau-de-vie de papaye. 

66. Eau-de-vie de fruits d'Opuntia. — Cactées. 
Dite eau-de-vie de Cactus. 

67. Alcool de fruits d'Hyphaene Shatan. — Palmiers. 

VHyphaene Shatan est le satrana viehy (?) ou satrana 

mira des Sakalaves. 

68. Alcool de fruits de Flacourtia Ramontchi. — Bixacées. 

Le Flacourtia Ramontchi, dit prunier malgache, eai indi- 
gène à Madagascar. 

69. Alcool de tubercules de manioc. — Euphorbit 



12 II. JUMELLE 

70. Alcool de pulpe des fruits de tamarinier. — Légumi- 
neuses. 



Y.— GAFÉIQUES 

81. Fruits de Coffealiberica. — Rubiacées. 

82. Café en grains de Coffea liberica. 

Le caféier de Libéria, qui semble avoir été introduit à 
Madagascar vers 1882, dans la région de Fort-Dauphin, est 
le principal caféier de la côte Est. Les plantations en sont 
surtout nombreuses dans la province de Mananjary, dans la 
basse vallée du fleuve, entre son embouchure et les 
premiers rapides. D'autres ont été aussi établies dans les 
provinces de Vatomandry, d'Andevorante et de Tamatave. 
Il y a également quelques cultures à Nossi-Bé. 

83. Fruits de Coffea canephora. — Rubiacées. 

84. Graines de Coffea canephora. 

La croissance assez lente du caféier de Libéria, les diffi- 
cultés de préparation de ses graines, puis aussi sa valeur 
relative ont incité les colons de l'Est de Madagascar à ten- 
ter l'introduction de nouvelles espèces de caféiers. Leurs 
essais ont ainsi porté sur le Coffea canephora, ou caféier 
du Kouilou, et sur l'espèce suivante. Il y a déjà dans l'île 
une petite production de ces deux sortes de cafés, qui sont 
l'une et l'autre à petits grains. 

Les grains de café du Kouilou sont assez souvent un peu 
plus allongés et de contour moins arrondi que ceux du 
café suivant, dit plus spécialement du Congo. Ce café du 
Kouilou, expertisé à Marseille d'après les échantillons en 
collection, est en partie caractérisé par son goût rioté, 
qu'on ne constate guère, ordinairement, que dans les cafés 
brésiliens de la région de Rio de Janeiro et dans certains 



MADAGASCAR Kl COMORES 



13 



cafés vénézuéliens. Il manque aussi, aujourd'hui, d'un peu 
de force à la tasse. 

Le Coffea robusta, très cultivé actuellement à Java, n'est 
peut-être qu'une variété de ce Coffea canephora. 

85. Graines de Coffea congensis. — Rubiacées. 

Le Coffea congensis est le caféier du Congo, également 
introduit dans l'Est de Madagascar. Son café, d'après les 
échantillons en collection, n'a pas le goût rioté du précé- 
dent ; il serait plutôt caractérisé par son goût légèrement 
aromatisé et un peu âpre. L'espèce, comme la précédente, 
peut être améliorée par la culture. 

86. Fruits de Coffea sp. — Rubiacées. 

87. Café sauvage de Coffea Perrieri. 

Diverses espèces de Coffea, telles que le Coffea Perrieri, 
le Coffea madagascariensis, le Coffea tclragona, etc., 
croissent à l'état sauvage à Madagascar. Certains de ces 
cafés de Madagascar, tels que le C. Gallienii, le C. Bonnieri 
et le C. Moffeneti, de la montagne d'Ambre, ne contiennent 
pas de caféine, d'après les recherches de M. G. Bertrand. 
Le Coffea Perrieri, dont les grains n'ont pas été encore 
analysés, est un arbre qui peut atteindre une dizaine de 
nie très de hauteur, avec un tronc de 20 à MO centimètres de 
diamètre. Il habite, dans le Boina, les ravins frais et abrités 
et les bords des torrents ; il est commun notamment vers 
le confluent de l'Ikopa et de la Betsiboka. On le retrouve 
encore dans le Haut Bemarivo, mis 100 mètres d'altitude. 
Dans l'Ambongo, il croit sur les bords rocailleux et cal- 
caires du Kapiloza. La fructification a lieu <-n décembre et 
janvier. 

11. Jumelle et II. Perrier <!»• la Bàthie : Fragments biologiques <lc la 
flore de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1910. 

88 Fèves de Theobroma Cacao. — Sterculiacées. 



14 II. JIMIXLË 

89. Fleurs de Theobroma Cacao. 

Le cacaoyer a été introduit dans l'Est de Madagascar, 
depuis le sud de la province de Vohémar jusqu'au nord de 
celle de Mananjary. 

90. Fruits et graines de Thea viridis. — Tcmstroemiacées. 

91. Fleurs de Thea viridis. 

L'arbre à thé n'est guère cultivé à Madagascar. 



VI. — CONDIMENTS ET AROMATES 

101. Piments ; Capsicum sp. — Solanacées. 

102. Poivre noir. — Pipéracées. 

Le poivrier noir, ou Piper ni g ru m, est peu cultivé à 
Madagascar, qui n'exporte pas de poivre. 

103. Poivre long ; Piper longum. — Pipéracées. 

104. Clous de girofle. — Myrtacées. 

La culture du giroflier (Caryophyllus aromaticus) est loca- 
lisée dans l'île de Sainte-Marie et dans les provinces de Tama- 
tave et de Maroantsetra. Les plantations en rapport sont 
surtout celles de Sainte-Marie et de Fénérive. 

105. Griffes de girofle. 

105 bis. Essence de griffes de girofle. 

Ces griffes, qui contiennent une petite quantité d'essence, 
moins fine que celle des clous, sont les bouquets de pédi- 
celles floraux du giroflier dont on a détaché les boutons, ou 
clous. 



MAb.M.ASLAii 61 COMOBËS i& 

106. Anthofles. ou mères de girofle. 

Fruits de giroflier incomplètement mûrs, qu'on consomme 
confits. 

107. Graines de muscade. — Myristicacées. 

108. Noix de muscade. 

Ces graines avec leur tégument ligneux, et les noix, ou 
amandes, roulées dans de la poudre calcaire qui provient de 
la pulvérisation des coraux de Sainte-Marie, ont été récol- 
tées à la Station d'Essais de l'Ivoloina. Le Myristica 
fragrans, ou muscadier, n'est pas assez cultivé à Madagas- 
car pour que ces produits donnent lieu à des exportations. 

109. Noix et rameaux de Ravensaraaromatica. — Lauracées. 

110. Feuilles de Ravensara aromatica. 

111. Écorces de Ravensara aromatica. 

La graine de Ravensara aromatica, ou Agatophyllum 
aromaticum, est dite noix de ravensara, ou muscade de 
Madagascar, ou même aussi noix de girofle de Madagascar. 
Elle est à goût de piment girofle et peut donc être employée 
comme condiment. Les feuilles et l'écorce ont aussi une 
forte odeur de girofle. 

112. Écorces de cannelle. — Lauracées. 

Les canneliers de Madagascar, qui appartiennent à une 
espèce introduite, mais indéterminée, forment de petits 
peuplements presque naturels en quelques points de la côte 
Est. Ce sont évidemment les restes d'anciennes plantations. 
En plus de la cannelle rouge, qui est la plus appréciée, on 
connaît aussi à Madagascar une cannelle blanche. L'échan- 
tillon en collection a été considéré par les experts comme 
se rapprochant de la cannelle du Tonkin, mus ave* ane 
écorce plus grosse et un parfum moins prononcé 



Il) II. JUMELLE 

113. Graines d'Aframomum angustifolium. — Zingibéracées. 

UAframomum angustifolium est le longoza de Mada- 
gascar. Les graines sont aromatiques, mais ne sont pas 
employées. La plante est surtout abondante dans le Sambi- 
rano. 

114. Rhizomes de Gurcuma longa. — Zingibéracées. 

Ho. Poudre de Curcuma longa. 

La plante, dite safran de l'Inde, est, en effet, originaire 
de l'Inde et de la Malaisie. Les rhizomes contiennent une 
matière colorante jaune ; pulvérisés, ils servent comme con- 
diment. 

116. Gousses de Vanilla planifolia. — Orchidacées. 

117. Gousses de vanille de Nossi-Bé. 

118. Gousses de vanille de Mayotte. 

La vanille est cultivée depuis longtemps à Madagascar. 
Sa culture est très rémunératrice en diverses localités de la 
côte Est, notamment a Antalaha, ainsi qu'à Nossi-Bé, dans 
le Nord-Ouest. Les exportations étaient en 1912 de 
113.662 kilos, d'une valeur de 3.941.521 francs. Aux 
Comores, Mayotte est également un centre important de 
culture. 

(II. Lecomte : Formation de la vanilline dans la vanille. L'Agriculture 
pratique des pays chauds, juillet-août 1913.) 

1 19. Gousses de Vanilla Phalaenopsis (?) de Nossi-Bé. 

120. Fleurs de Vanilla Phalaenopsis (?) de Nossi-Bé. 

La Vanilla Phalaenopsis est une espèce aphylle, indigène 
aux Seychelles. A Madagascar, il est une autre espèce sau- 
vage, la Vanilla madagascariensis, également sans feuilles. 



MADAGASCAK ET COMORES 17 



VIL — PLANTES MÉDICINALES 
ET TOXIQUES 

.131. Feuilles d'Eupatorium Ayapana. — Composées. 

Originaire du Brésil et des Guyanes, VEupatorium Aya- 
pana, ou Eupatorium triplinerve, a été introduit en beau- 
coup de pays chauds. Ses feuilles, employées en infusion 
théiforme, et dont on a souvent exagéré les propriétés, sont 
digestives et sudorifiques. 

(Diïss : Flore phanérogamiqjue (l>>s Antilles françaises. Annales du 
Musée Colonial do Marseille, 1890. ) 

132. Gousses de Cassia occidentalis. — Légumineuses. 

Le Cassia occidentalis est une espèce tropicale ubiquiste. 
Sa graine, qui est le m bentamaré ou fedegosa de l'Afrique 
occidentale, est appelée parfois café nègre -parce qu'elle a été 
souvent employée, après torréfaction, pour remplacer ou 
falsifier le café. 

133. Fruits de Cinnamosma fragrans var. Perrieri. — 
Canellacées. 

Toutes les Canellacées sont des végétaux aromatiques, 
dont les écorces, en particulier, ont une saveur chaude < l 
piquante et servent comme stimulantes et toniques. Le 
genre Cinnamosma a été créé par Bâillon en 1861 pour 
l'espèce Cinnamosma fragrans,mais dans laquelle M. Gour- 
chet a distingué deux variétés : La variété Bailloni, spéciale 
au Nord de Madagascar et ta variété Perrieri, du Boina et 
de VAmboncfo. 

(Courchet : Contribution à l'étude <Ui genre Cinnamosma. Annales du 
Musée l lolonial de Marseille, 1906. 

Annales du Musée colonial de Marseille. '• série I* vol 1916 



18 II. JUMELLE 

134. Feuilles d'Erythroxylum laurifolium. — Linacêes. 
Ces feuilles sont astringentes et diurétiques. 

135. Inflorescences de Gedrelopsis Grevei. — Méliacêes. 
13G bis. Fruits secs de Cedrelopsis Grevei. 

137. Écorces de Gedrelopsis Grevei. 

Le Cedrelopsis Grevei est le katafa ou le katrafay des 
Sakalaves. Son écorce est employée pour bonifier le rhum 
et usitée aussi en médecine indigène comme vermifuge et 
fébrifuge. 

(Courchet : Recherches morphologiques et anatomiques sur le katafa 
ou katrafay de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 
1906.) 

138. Fruits de Cola nitida. — Sterculiacêes. 

Le Cola nitida de l'Afrique occidentale est l'espèce du 
genre Cola qui donne les meilleures noix de kola. Ses 
graines, de couleurs différentes selon les variétés, sont à 2 
cotylédons, tandis qu'il y a plus de deux cotylédons dans 
les autres espèces employées. 

139. Racines de Menabea venenata. — Asclépiadacées. 

Le Menabea venenata, de la tribu des Sécamonées, est le 
tangena sakalava ou le kita, et aussi le kisompa des Saka- 
laves, et un des kimanga des Ho va. L'espèce croît dans le 
Nord-Ouest de l'île. Sa racine, purgative et émétocathar- 
tique à petites doses, est très toxique et sert aux Sakalaves 
comme poison d'épreuve. 

(Bâillon : Sur le tanghin du Ménabé. Bulletin de la Société Lin- 
néenne de Paris, o février, 1890. — Perrot : Sur le ksopo ou tanghin de 
Ménabé. C. R. de l'Académie des Sciences, 3 février 1902. — E. Heckel : 
Sur le Menabea venenata, qui fournil par ses racines le tanghin de 
Ménabé ou des Sakalaves. G. R. de l'Académie des Sciences, 10 février 
1902. — H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : Xotes biologiques sur 



MADAGASCAR ET COMORES 19 

les Asclépiadacées </<■ Madagascar. Annales du Musée Colonial de Mar- 
seille, 1908.) 

140. Noyaux secs de Tanghinia venenifera. — Apocynacées. 

141. Noyaux frais de Tanghinia venenifera. 

142. Écorces de Tanghinia venenifera. 

143. Rameaux et fruits de Tanghinia venenifera. 

Les graines de cet arbuste constituent le vrai tanghin, le 
fameux poison d'épreuve de Madagascar. 

144. Feuilles d'Aphloia theaeformis. — Bixacées. 

Les feuilles de ce petit arbuste, qui est le voafotsy et le 
fandramanana des Hova, sont employées en infusion théi- 
forme et seraient, comme les feuilles de kinkélibah, un 
remède contre la fièvre bilieuse hématurique. 

14o. Feuilles d'Adansonia Grandidieri. — Malvacées. 

Ces feuilles, comme celles de YAdansonia dif/i(ata } sont 
émollientes. 

146. Fruits frais de Perriera madagascariensis. — Simaru- 
bacées. 

1 i-7. Fruits secs de Perriera madagascariensis. 

Le Perriera madagascariensis, ou kirondro, est un arbre 
des collines sablonneuses de l'Ambongo, mais qu'on retrouve 
encore plus au Sud, au moins jusque dans la vallée de la 
Sakeny. Toutes ses parties, et principalement ses fruits. 
sont très toxiques. Dans la Sakeny, les écorces sont 
employées à petites doses comme amer e1 comme tonique. 

(Courchcl : Le Kirondro 'le Madagascar. Annales du Musée Colonial 
de Marseille, 1905. — II. Jumelle el Perrier de la Bâthie : / es plantt 
caouicliDiir ilo V Ouest et du Sud-Ouest de Madagascar, L'Agriculture ; 
tique 'les paj s chauds, 1914.] 



2U II. JUMELLE 

148. Écorces d'Erythrophloeum Gouminga. — Légumineuses, 

C'est le kominga des Sakalaves et le kimanga des Ilova; 
et c'est le plus violent poison des Sakalaves. Toutes les 
parties de la plante sont vénéneuses, mais c'est surtout 
l'écorce qui est employée. A très petites doses, elle sert 
comme médicament. Elle renferme, d'après MM. Planchon 
et Laborde, 0,653 °/„ d'érythrophléine. 

YJErythrophloeum Couminga est un arbre de haute taille 
qui, dans l'Ouest de Madagascar, apparaît au sud de la 
Mahavavy et, vers l'intérieur, ne s'éloigne pas à plus de 
30 kilomètres de la mer. Il semble calcifuge. En dehors de 
Madagascar, on le retrouverait aux Seychelles. 

149. Rameaux et fruits d'Eugenia sp. — Myrtacécs. 

Les Eugenia sont appelés rotra à Madagascar. Les feuilles 
et les écorces de Y Eugenia Parkerii, ou vavarotra, ou rnaru- 
tampona, seraient un remède contre les diarrhées et les 
dvsenteries des pays chauds. 

150. Écorces de Rourea orientalis. — Connaracées. 

C'est le kitsonyo du Boina et de l'Ambongo, et, plus par- 
ticulièrement, le kitsonyo lahy dans la région où croît un 
autre kitsonyo, le kitsonyo vavy. Le terme de kitsonyo paraît 
d'ailleurs s'appliquer à diverses plantes qui sont toutes très 
toxiques. La partie employée est l'écorce. 

(L. Courchet : Le kitsongo vrai de Madagascar. Annales du Musée 
Colonial de Marseille, 4 907.) 

151. Écorces de Laurus Sassafras. — Lauvacêes. 

Le Laurus Sassafras est de l'Amérique dû Nord. Ses 
racines sont utilisées en pharmacie pour leur bois et leur 
écorce, qui contiennent une essence. 



MADAGASCAR ET COMORES 21 



VIII. — OLÉAGINEUX 



164. Fruits et graines de Jatropha Curcas. — Euphorbia- 
cées . 

162. Fruits frais de Jatropha Curcas. Euphorbiacées. 

Le piihj/ière, ou pignon d'Inde, est un arbrisseau aujour- 
d'hui très répandu dans presque toutes les contrées tropi- 
cales. Les graines comprennent 66 °/ environ d'amande; et 
les amandes rendent en fabrique 10 °/ environ de leur 
poids d'huile. Celle-ci, qui a pour densité 0,919 à 0,î)2.">, se 
solidifie vers - 8°. On indique comme caractéristiques : 

Acides gras libres (en acide oléique) . . . . 0,36 à 11,8 °/ 

Indice d'acide des acides gras libres. . . . 4,47 

Indice de saponification 102 à 210 

Indice d'iode 98 à 110 



Les acides liquides de cette huile sont les acides oléique 
et linoléique. L'huile de pulghère est très purgative et 
d'emploi dangereux [huile infernale) ; ses propriétés toxiques 
semblent dues à une globuline, la curcasine. Au point de 
vue industriel, elle est assez difficilement saponifiable et 
donne un savon de soude blanc et moussant bien. 

Ce sont surtout les îles du Cap Vert qui cultivent le 
Jatropha Curcas pour l'exportation des graines; et la fabri- 
cation de l'huile et son utilisation en savonnerie sont sur- 
tout importantes au Portugal, très rares à Marseille. 

(E. Bontoux : Les matières premières utilisées ou utilisables en savon- 
nerie. Les Matières grasses, 2.') juillet 1010. ) 

163. Péricarpe des fruits de Raphia Ruffia. — Palmiers. 

164. Fruits de Raphia Ruffia. — Palmiers. 



22 H. JUMELLE 

164 bis. Corps gras et dérivés des fruits de Raphia Ruffia. 

La pulpe des fruits de J-in/ihia liuffta. appelée voampiso 
et morandra par les Sakalaves, est comestible et contient, 
d'après Schlagdenhauffen, 14,2 °/ d'un beurre formé par 
3,13 d'acide palmitique el 10,59 d'acide stéarique. Il y a, 
d'autre part, dans la pulpe, 4,20 °/ de glucose, 1,20 de 
saccharose, 4,17 de matières extractives non déterminées, 
0,60 de résine, 12,154 de gomme et matière colorante, 
2,596 de substances minérales. 

(Docrock et Schlagdenhauffen : Étude du péricarpe du Raphia Ru f fia. 
Annales du Musée Colonial de Marseille, 1905.) 

165. Cire de Raphia Ruffia. 

La cire de raphia, qui donne lieu à quelques exporta- 
tions, provient de l'épidémie inférieur des segments foliaires, 
dont elle recouvre la surface. Pour l'obtenir, on bat dans 
une grande toile ces segments desséchés; la poussière 
cireuse qui se détache est, après tamisage, jetée dans l'eau 
bouillante, où elle s'agglutine en masse. 

C'est une substance un peu grasse au toucher, assez faci- 
lement cassante, et qui, par plusieurs caractères, se rap- 
proche de la cire de Carnauba. Elle a le même point de 
fusion (entre 83° et 84°) que cette cire. Sa densité est 
de 0,954. Gomme dans la cire de Carnauba et dans la cire 
d'abeilles, l'acide libre le plus abondant est l'acide céro- 
tique, et l'acide combiné le plus important est l'acide pal- 
mitique. D'après Descudé, si on mélangeait la cire de raphia 
en certaines proportions avec la cire du Japon, on aurait un 
produit qui rappellerait à peu près la cire d'abeilles. 

(H. Jumelle : Les ressources agricoles et forestières des colonies fran- 
çaises. Barlatier, Marseille, 1907. — M. Descudé : Une nouvelle cire végé- 
tale. Le Caoutchouc et la Guttâ-Percha, mars 1907.) 

166. Graines de Jatropha mahafalensis. — Euphorbiacées. 
Le Jatropha mahafalensis, ou betatatra, est un arbre de 



MADAGASCAR ET COMORES 23 

5 à 6 mètres de hauteur, du Sud-Ouest de Madagascar, et 

commun surtout sur le plateau calcaire mahafalv. Ses 
graines se composent de 73 °/ d'amande et 25 " „ de tégu- 
ment ; et l'amande donne, par le sulfure de carbone, GO °/ 
de substance grasse. Par pression, on en retire ii,.">°/ . 
C'est une huile bien liquide, ambrée, légèrement fluores- 
cente. 

Indice d'iode H 1,8 à 143,3 

Indice de saponification 184,6 à 194 

Acidité en acide oléiqne 15,79 

Fusion des acides gras 23°8 

Proportion d'insaponifiables. . 7,16 °/ 



D'après M. Bimar, cette huile ne contient pas d'acide de 
poids moléculaire inférieur à celui de l'acide palmitique, et 
elle renferme une assez forte proportion d'acide linolénique. 
Elle prendrait donc place, parmi les huiles siccatives, à côté 
de l'huile de pulghère, et elle pourrait sans doute servir 
aux mêmes usages que cette huile. 

(H. Jumelle et II. Perrier de la Bâthie : Un pulghère de Madagascar. 
Les Matières grasses; décembre 1910.) 

167. Fruits de Dilobeia Thouarsii. — Protéacées. 

168. Graines de Dilobeia Thouarsii. 

Ce Dilobeia T/iouarsii, ou vivaona, ou mankaleo, a été 
souvent signalé sur le versant oriental de Madagascar; et la 
substance grasse de ses graines est depuis longtemps uti- 
lisée par les Tanala. 

C'est une huile jaune foncé, qui laisse déposer vers 15° 
la moitié de son volume de matière concrète blanchâtre. 

Indice diode 84,4 à 84,6 

Indice de saponification, 196,4 à 196,7 

Acidité en oléique '■> i-, 1 4 

Fusion des acides erras. 'M'>° 






Les limandes contiennent 63, i à 63,9 de substituée grasse 

L'inconvénient, au point de vue industriel, est que lagraine 
est incluse dans un épais noyau qu'il féhit briser. 



24 H. JUMELLE 

169. Fruits d Elaeis madagascariensis. — Palmiers. 

Le palmiste croit à l'état sauvage à Madagascar sur la 
côte Ouest, entre 17° et 21° de latitude Sud. C'est le tsin- 
gilo des Sakalaves, qui, dans la région de la Tsiribihina, 
extraient parfois l'huile de ses fruits. La productivité de 
cette variété est malheureusement très faible ; les fruits 
sont petits et la pulpe mince. On ne peut songer à une 
exploitation. 

(II. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : Les Palmiers de Madagascar. 
Annales du Musée Colonial de Marseille, 1913.) 

170. Graines de Symphonia Louveli. — Clusiacées. 

Le Symphonia Louveli est le kizavavy d'Analamazaolra, 
dans l'Est de Madagascar C'est un arbre de 20 à 25 mètres 
de hauteur, à gros fruits coniques. Les graines donnent 
40 / o d'une substance grasse de consistance pâteuse, jaune 
foncé, fondant entre 15° et 16°. 

Indice d'iode 67,6 

Indice de saponification 189 

Indice d'acidité 8,4 

Indice de Reichert (acides gras volatils). 1,65 

Fusion des acides gras 43° 



Ces acides gras sont composés de 35 °/ d'acides saturés 
et de 6o °/ d'acides non saturés. Les acides saturés fondent 
à 55°; les non saturés sont liquides, jaunâtres et doivent 
être surtout composés d'acide oléique. Les acides saturés 
seraient des acides margarique, arachidique, laurique et 
caprique. 

Cette graisse serait donc utilisable en savonnerie, à cause 
de sa petite proportion d'acides liquides, et aussi en stéari- 
nerie, en raison du point de fusion assez élevé de ses acides 
gras solides. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie: Quelques Symphonia à graines 
grasses de VEsl de Madagascar. L'Agriculture des pays chauds, 1913. 
— A. Hébert : Composition des graines grasses de deux espèces de Sym- 



MADAGASCAR ET COMORKS 



25 



phonià do VEst de Madagascar. Bulletin de la Société chimique de 

France, 20 novembre l'.M3. 

171. Graines de Symphonia laevis. — Clusiacées. 

Cet autre Sympjionia est à Amalamazaotra Le kizalahy . 
Il a 10 à 15 mètres de hauteur, avec des fruits en poire 
plus petits que les précédents. 

Les graines donnent 38 % d'une substance grasse ana- 
logue à la précédente et utilisable de la même manière: 

Indice d'iode 66,7 

Fusion des acides gras 42°, '■'< 

Les points de fusion de la substance, les indices d'acidité 
et de saponification sont les mêmes que pour le kizavavy . 
Les acides gras sont composés de 40 °/ d'acides saturés et 
60 °/o d'acides non saturés, et ces acides semblent les mêmes 
que dans l'autre espèce. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : loc. cit. — A. Hébert : loc. cit.) 

172. Graines et fruits de Symphonia fasciculata. — Clu- 
siacées. 

C'est un des hazina des Ilova. Ses très gros fruits con- 
tiennent de nombreuses graines qui ont les dimensions et la 
couleur d'un marron ; et ces graines donnent par le sulfure 
de carbone Ho °/ d'une matière grasse semi-solide dont le 
rendement en acides gras de saponification est de 95 °/ ,et 
en stéarine de saponification 34,39. Le point de solidifica- 
tion de la stéarine est de 64° et le rendement en glycérine 
est de 10,20 %• C'est donc une bonne matière première 
pour la stéarinerie et peut-être la savonnerie. 

K. Heckel : Quelques plantes à graines grasses nouvelles ou peu 
connues <lr* colonies françaises ri en particulier de Madagascar. Annales 
du Musée Colonial «le Marseille, 1908. 

173. Graines de Sterculia foetida. — Sterculiacées. 



20 H. JUMELLE 

174. Huile des graines de Sterculia foetidà et ses dérivés . 

LeSterculia foetida, de l'Inde, est répandu dans les pays 
tropicaux les plus divers. Ses graines contiennent 2o °/ 
environ d'une huile propre à la savonnerie. 

I~:i. Fruits de Calophyllum Inophyllum. — Cluiiacées, 

170. Noyaux de Calophyllum Inophyllum. 

Cette espèce de Calophyllum, qui est le tamanou de 
Nouvelle-Calédonie, le nclilo des Fidji, le panang de l'Inde 
Anglaise, leforaha de Madagascar, est encore un arbre lar- 
gement distribué entre les tropiques. En beaucoup de 
contrées l'huile est employée pour l'éclairage. Cette huile 
est jaune verdâtre, résineuse, un peu visqueuse, amère. Les 
graines en contiennent 70 °/ environ et elle a pour caracté- 
ristiques, d'après des échantillons analysés dans l'Inde 
en 1912 : 

Poids spécifique 0,880 

Point de solidification des acides gras. 36°, 3 

Indice d'acide 77,5 

Indice de saponification 194,9 

Indice d'iode 93,1 

Indice de Hehner 94,3 

Acides gras insolubles °/ . 92, 9 

Insaponifiables 1,4 

Acides volatils solubles 0,50 

Acides volatils insolubles 0,45 

Cette huile ne vaudrait évidemment rien pour l'alimen- 
tation, mais est bonne pour la savonnerie. Le tourteau con- 
viendrait comme engrais. 

177. Fruits de Calophyllum Tacamahaca. —Clusiacées. 

178. Huile de Calophyllum Tacamahaca. 

179. Tourteau de Calophyllum Tacamahaca. 

Le Calophyllum Tacamahaca Willd. est une espèce très 



MADAGASCAR ET COMORES 27 

voisine du Calophyllum Inophyllum, mais spéciale à Mada- 
gascar et à la Réunion. Ses feuilles sont plus longuement 
pétiolées et à sommet plus aigu que celles de l'espèce pré- 
cédente ; les fleurs sont plus petites et les fruits sont plus 
piriformes . 

180. Fruits de Calophyllum parviflorum Bojer. — Clusiacées. 

Cette espèce malgache est le vintanina des Hova. Ses 
graines, comme toutes celles du genre, donnent une huile 
résineuse . 

181. Fruits de Quisqualis madagascariensis. — C ombré- 

tacées . 

C'est un des tamenaka des Hova. 

182. Fruits de Quisqualis indica. — Combrétacées, 

183. Graines de Brochoneura Vouri. — Myriëtïcacées. 

184. Fruits et rameaux de Brochoneura Vouri. 

185. Huile des graines de Brochoneura Vouri. 

186. Tourteau des graines de Brochoneura Vouri. 

Ce muscadier malgache est un arbre de 15 mètres envi- 
ron de hauteur, de la région de Farafangana. C'est le vory 
et le rarabé des Betsimisaraka. Sa graine est très parfumée 
et fournit aux indigènes une graisse dont ils se servent 
comme pommade pour la chevelure et contre la gale. La 
richesse d,es beurres de Brochoneura en mvristine semble 
les rendre peu propres à la stéarinerie, mais ils pourraient 
peut-être être utilisés en savonnerie . 

(II. Jumelle : Les ressources agricoles et forestières des colonies fran- 
tes. Marseille, 1907. — K. Ileckel : Sur quelques plantes à graines 
grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises et en particulier 
de Madagascar, Annales du Musée Colonial de Marseille, l'.'08.) 

187. Graines de Brochoneura Dardaini. — Myristicacées . 
Cette autre Mvristicacée de l'Est de Madagascar est le 



28 II. JUMELLE 

molotr&ndronffo el Le molotsandrongo des Betsimisaraka, 

qui extraient la substance de ses graines par les mêmes 
procédés et pour les mêmes usages que ceux de l'espèce 
précédente . 

ISS. Fruits et rameaux de Brochoneura sp. 

IS!>. Graines de Brochoneura Freneei. 

190. Huile de Brochoneura Freneei. 

191. Tourteau de Brochoneura Freneei. 

Cet arbre de la région de Fort-Dauphin est le mafotra 
des indigènes. Ses fruits sont de la grosseur, à peu près, 
d'une mandarine. L'huile des graines sert encore pour la 
chevelure et contre la gale. La graine comprend 70 °/ 
d'amande. Celle-ci abandonne au sulfure de carbone 71 ,50 
°/ d'une substance grasse semi-fluide en été, solide en 
hiver, de couleur isabelle foncé et sans odeur aromatique. 
Cette graisse a pour densité 0,9439; elle est composée de 
40 °/ environ de mvristine et d'oléine. Cette dernière est en 
plus forte quantité que dans le beurre de muscade : 

Acides gras de saponification 93,30 °/ 

Myristine 39,19 

Solidification des acides gras de saponification. . 36° 80 

Acides gras de distillation 69 °/„ 

Il y a 13,50 °/ d'insaponifiables. La substance ne paraît 
convenir ni en stéarinerie, ni en savonnerie, mais a des 
propriétés siccatives. 

192. Fruit d'Adansonia madagascariensis. — Malvacées. 

Les baobabs du versant occidental de Madagascar appar- 
tiennent à diverses espèces à'Adansonia, différemment ré- 
parties sur tout ce versant. On trouve surtout V Adansonia 
madagascariensis dans le Boina. Les fruits de ce baobab 
sont généralement un peu plus larges que hauts. Les graines, 



MADAGASCAK ET COMORES 29 

d'un poids moyen de gr. 25*0, donnent une huile semi- 
liquide à la température ordinaire . 

193. Fruit d'Adansonia Za. 

Le zu est l'espèce de baobab qui a l'aire de distribution 
la plus large dans l'Ouest de Madagascar, car cette aire 
semble comprise entre la Sofia et le Menarandra. Ses fruits 
sont toujours beaucoup plus longs que larges, et à surface 
sillonnée. Les graines pèsent en moyenne gr. 870 et 
donnent une huile qui paraît plus fluide que les huiles des 
autres espèces malgaches actuellement connues. 

194. Fruit d'Adansonia Bozy. 

Le bozy est le baobab du Sambirano. Les fruits ont en 
moyenne 10 centimètres de longueur sur 7 à 8 cm. 5 de 
largeur. Les graines ont un poids moyen de gr. 610 et 
donnent une huile de consistance analogue à celle de VA. 
maclagascariensis. 

19o. Fruit d'Adansonia rubrostipa. 

C'est le zarnena, ou rinffy, de l'Ambongo, et c'est un petit 
baobab à folioles elliptiques dentées, à écorce rougeàtre, se 
détachant par plaques. Les fruits sont généralement un peu 
plus hauts (10 cm.) que larges (9 cm.). Les graines ont 
pour poids moyen gr. 180, et donnent une huile de même 
consistance que la précédente. 

190. Fruit d'Adansonia alba. 

C'est le baobab de l'Andranomalaza. Les fruits, beaucoup 
plus longs (20 cm. par exemple) que larges (10 cm.), sont 
elliptiques, en section longitudinale, et la coupe du péri- 
carpe est blanche. Les graines pèsent en moyenne Ogr. 010. 
Leur substance grasse est moins lluide et se solidifie plus 
rapidement que dans les espèces précédentes. 



HO II. JUMELLE 

11)7. Fruit d'Adansonia Fony. 

Le fony a un large habitat entre le cap Saint- André et 
Fort-Dauphin. Ses folioles sont dentées comme celles de 
VA. rubrostipa, mais ovales. Ses fruits sont turbines, ou 
ovoïdes, ou arrondis, et côtelés ou non, généralement plus 
longs (10 cm. par exemple) que larges (8 cm.), et pointus 
ou mamelonnés, ou arrondis au sommet. Nous n'avons 
aucun renseignement sur la substance grasse de ses 
graines. 

198. Fruit d'Adansonia Grandidieri. 

199. Tourteau d'Adansonia Grandidieri. 

C'est le reniala de la région de Morofîdava. Ses fruits 
sont de forme un peu variable, mais, le plus souvent, 
oblongs, à extrémité comme tronquée, avec péricarpe très 
mince et très fragile. Les graines, dont les Sakalaves sont 
friands, sont plus grosses que celles de toutes les autres 
espèces, et donnent une substance grasse plus concrète. De 
toutes les huiles de baobab, c'est celle qui a été le mieux 
étudiée jusqu'alors. D'après M. Balland, les graines de 
reniala se composent de (33,3°/ d'amande et de 36,7 d'en- 
veloppe ; et les amandes contiennent 63,20 °/ d'un beurre 
qui, à la température ordinaire, est blanchâtre et grumeleux, 
de rancissement difficile, commençant à se liquéfier vers 
25°, entièrement fluide à 34°, employable pour l'alimenta- 
tion, et propice à la fabrication des savons de luxe. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie : Les baobabs de Madagascar. 
L'Agriculture des pays chauds, Challamel, 1914. — Id. : Nouvelles notes 
biologiques sur la flore malgache. Annales de la Faculté des Sciences 
de Marseille, 1915.) 

200. Fruit d'Adansonia digitata. 

Cette espèce de baobab est originaire du continent afri- 
cain et a été introduite à Madagascar, où on la trouve autour 
des habitations, ou sur les emplacements des anciens 



MADAGASCAR ET COMORES 3i 

villages, dans l'Ambongo et dans le Boina. C'est le sefo 
des Sakalaves. Nous ne connaissons pas de façon cer- 
taine la composition de ses graines et de son huile, car 
les analyses rapportées aux graines d'Adansonia digitata 
ont, en réalité, été faites, pour la plupart, avec des graines 
de baobabs malgaches, et particulièrement de YAdansonia 
Grandidieri. 

201. Graines d'Ampelosicyos scandens. — Cucurbitacées. 

Cette Cucurbitacée grimpante est le voanono d'Analama- 
zaotra. Ses gros fruits, vaguement obpiriformes, con- 
tiennent de nombreuses graines qui ont un peu la forme de 
haricots. Le tégument de ces graines représente 23 °/ et 
l'amande 77 %• Le rendement de l'amande en huile, par le 
sulfure de carbone, est de 49,50 °/ , et cette huile, analy- 
sée à Marseille à l'usine Fournier, a donné les caractéris- 
tiques suivantes : 

Poids spécifique à 15° 0,940 

Point de fusion . 4° 

Indice de saponification 181 

Indice d'iode 152 

Degré Maumené 88 

Bromures insolubles dans l'éther. . . Néant. 

Pour les acides gras, les caractéristiques sont : 

Acides gras insolubles, plusinsaponi- 

fiables 94 ; 40% 

Point de fusion 28° 

- Point de solidification 26° 

Indice de saturation 18"> 

Indice d'iode 161 

Poids moléculaire moyen 302 

Cette huile a une odeur acre et s'oxyde spontanément à 
l'air. Son indice d'iode et son degré Maumené sont parti- 
culièrement élevés. Toutefois, l'absence de dérivés bromes 
insolubles dans l'éther excluant la présence <!<■ glycérides 



'A2 H. JUMELLE 

linoléniques, elle ne peut être comprise dans le groupe de 
l'huile de lin el doil rire classée parmi les huiles moyenne- 
ment siccatives. 

D'autre part, le faible point de fusion de ces acides gras 
indique une teneur en acides concrets insuffisante pour jus- 
tifier son emploi en stéarinerie. Par contre, son utilisation 
en savonnerie paraît indiquée, particulièrement dans la 
fabrication des savons mous. 

Il est encore dans l'Est de Madagascar un autre Âmpelo- 
sicyos, YAmpelosicyos major, dont les graines, un peu plus 
grosses, n'ont pas été jusqu'alors étudiées. 

Toutes ces graines de voanono sont consommées crues par 
les indigènes, elles ont le goût de noisette. Grillées comme 
les arachides, elles sont délicieuses. La pulpe du fruit est 
farineuse, très odorante, de saveur également parfumée, 
mais laisse dans la bouche une sensation brûlante. 

(II. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : Nouvelles notes biologiques 
sur la flore malgache. Annales de la Faculté des Sciences de Marseille, 
1915.) 

202. Huile de Sapindus Saponaria. — Sapindacées. 

Les Sapindus sont surtout intéressants pour leurs fruits, 
dont le péricarpe contient de la saponine et, par suite, est 
utilisable comme le hois de Panama. Mais les graines sont 
en outre oléagineuses. Celles du Sapindus trifoliatus de 
l'Inde contiennent, par exemple, une substance grasse dont 
l'indice d'acide est 42,75, l'indice de saponification 191,8, 
l'indice de Reichert 1,61, l'indice d'iode 58,58, et qui 
compte en insaponifiables 1,1 et en acides gras insolubles 
93,9 °/ . Le point de fusion de ces acides est de 54°4 et leur 
indice d'iode 57 °/ . D'après les analyses faites au Jardin 
colonial de Nogent, la matière grasse de Sapindus Sapo- 
naria représente 4,70% du poids du fruit et 10,15°/ o du 
poids de la graine. L'élasticité du péricarpe empêche d'em- 
ployer le concasseur centrifuge pour le cassage des fruits. 

203. Fruit et graines d'Amoora Rohituka. — Méliacées. 



MADAGASCAR ET COMORES 33 

Cette espèce indienne a été introduite à la Station 
d'Essais de l'Ivoloina. C'est le raina du Nord et de l'Est 
du Bengale et de l'Annani ; ce serait aussi le loi <joi du 
Tonkin. Les graines ontété étudiées en ces dernières années 
a Londres, à l'Impérial Institute, à Paris par MM. Weitz et 
Lecoq, et à Marseille à l'usine Tassy, Rocca et de Roux. 

Pour les graines du Musée Colonial de Marseille, prove- 
nant de l'Ivoloina, le rendement a été de 34,08 à 34,20 °/ 
d'une huile ainsi caractérisée : 

Acidité en oléique .""> ,64 

Indice d'iode 122,74 à 125,40 

Indice de saponification 184 

Insaponifiables 1,14 °/ 

Indice d'iode des acides gras. .. 132,44 
Indice de saponification de ces 

acides. 134,01 

A l'Impérial Institute, avec des échantillons de l'Inde, les 
graines ont donné, a raison de 7,5°/ d'humidité, 43,5 °/ 
d'une huile visqueuse, claire, brun jaune, d'une odeur désa- 
gréable et de saveur amère. 

Ses caractéristiques étaient : 

Poids spécifique 0,931 

Point de solidification des 

acides gras 32°4 

Indice d'acide. . , 24,7 

Indice de saponification 192,3 

Indice d'iode pour 100 131,7 

Indice de Ilehner 92,4 

Indice de Reichert 1,75 

Acides gras insolubles 91 

Acides gras insaponifiables. . . . 1,4 

Dans L'Inde, L'huile d'Amoora serait employée comme Uni- 
ment stimulant contre les rhumatismes. Elle est princi- 
palement utilisée comme huile à brûler. Elle ne peut être 
alimentaire, mais conviendrait en savonnerie. Le tourteau 

Annales du Masée colonial le Marseille. — •>' série, i' vol. 1916. 3 



.'M ii. ji mi;i.i.I'. 

en raison de son goût amer, ne peut être donné au bétail; 
il est d'ailleurs pauvre en azote. 

^H. Weitz et H. Lecoq : Contribution à V étude des semences huileuses 
d'Amoora Rohituka. Bulletin des Sciences pharmacologiques, mars-avril 
1915. 

20 i . Graines de kapok. — Malvacées. 

Le Ceiba pentandra, ou kapokier, introduit à Madagas- 
car — et qui sera cité de nouveau plus loin, à propos des 
textiles — est surtout intéressant pour la bourre de ses 
fruits, qui est le kapok du commerce ; mais les graines, 
d'autre part, contiennent 21 à 24 °/ dune substance grasse, 
qui est une huile comestible, limpide, de couleur blond 
clair, et dont le goût assez prononcé rappelle celui de 
l'arachide. La densité de cette huile (0,914 à 0,923) est voi- 
sine de celle de l'huile de coton épurée, que l'huile de kapok 
pourrait remplacer avantageusement dans ses applications, 
puisqu'elle est immédiatement limpide. L'indice d'acide est 
de 26, celui d'iode 101,5 et celui de saponification 194,2. 
Le tourteau est riche en matière azotée, et blanc; il peut 
être employé comme alimentation et comme engrais. 

(Grisard : Note sur le kapokier ou fromager des colonies françaises. 
Bulletin de l'Office Colonial, janvier-février 1916. — Economie Pro- 
ducts front the Zansibar Protectorate, dans le Bulletin of the Impérial 
Inslitute, juillet-septembre 1914.) 

205. Fruits frais de Pentadesraa butyracea. — Clusiacées. 

Cet arbre à graines grasses a été introduit à la Station de 
l'Ivoloina. C'est une espèce de l'Afrique occidentale, où les 
indigènes utilisent la substance grasse de ces graines pour 
l'alimentation. Cette graisse, ou beurre de tama, ou beurre 
de lamy, est jaunâtre, assez consistante à la température 
ordinaire; elle se solidifie, après fusion, à 20° environ. Elle 
sera étudiée dans le Catalogue de l'Afrique Occidentale 
française. 



UAIiAUASi AH Kl COMORÈS 33 

206. Cire de Cynanchum Messeri. — Asclépiadacées . 

Le Cynanchum Messeri est une Asclépiadacée sans 
feuilles qui, dans la région de l'Ihosy (affluent du Man- 
eoky), sur le mont Bekinolv, où la cire a été recueillie, 
pousse dans les bois secs, sur les rocailles gneissiques, vers 
600 a NUI» mètres d'altitude. La cire obtenue forme un revê- 
tement sur les tiges. Pour la récolter, il est deux méthodes 
possibles. La première consiste à débiter la plante en petits 
tronçons, qu'on fait sécher, puis qu'on bat sur un drap. La 
poussière qui se détache est jetée dans l'eau bouillante et on 
recueille l'écume. L'inconvénient de ce premier procédé est 
sa lenteur; par la seconde méthode, on opère plus rapide- 
ment. Les rameaux sont alors trempés directement dans 
l'eau bouillante. La cire s'en sépare en se liquéfiant et monte 
à la surface de l'eau où elle est encore recueillie par écumage. 
La quantité ainsi obtenue est toutefois moindre que par le 
premier procédé. Six pieds de Cynanchum Messeri ont 
fourni 200 grammes. 

Cette cire et les deux suivantes ont été étudiées au point 
de vue chimique par MM. Hébert et Heim, qui ont déter- 
miné leurs constantes. Toutes trois sont très voisines et se 
rapprochent des autres cires végétales connues, notamment 
des cires de Chine et du Japon, bien qu'elles contiennent 
une certaine quantité d'hydrocarbures, comme la cire 
d'abeilles. Toutes trois fondent à 88°, alors que la cire du 
Japon fond entre 43° et 54° et celle de Chine à 53°, 5, la cire 
d'abeilles jaune pure fondant à 03° ou 64°. L'iode fixé, 
pour 100 de cire, est de 3,2 pour la cire de Cynanchum 
Messeri, 5,3 pour celle d'Euphorbia xylophylloides, ei 5,9 
pour celle d'Euphorbia stenoclada. 

MM. Hébert et Heim ont reconnu que les méthodes 
ordinaires de blanchiment ne donnent pour ces cires que 
des résultats peu satisfaisants: ils ont mieux réussi avec 

les méthodes basées sur l'action <les solvants neutres. 

II. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie : 1 roi* plantes à cire de Mada- 
gascar. Journal d'Agriculture tropicale, avril 1912. Hébertel Heim : 



:{f» H. JUMELLE 

Sur trois nouvelles cires de Madagascar. Bulletin de l'Office Colonial, 
février 1915. — Id.: Blanchiment des cires de Madagascar, kl., mars 
1915.) 

206. Cire d'Euphorbia xylophylloides. — Euphorbiacéeë. 

Cette euphorbe est à port arborescent, avec des rameaux 
verts très aplatis, sans feuilles. Dans la région de l'Ihosy, 
elle se trouve, comme le Cynanclmm Messcri, sur le mont 
Ambohipanana, sur les rocailles gneissiques, vers 800 mètres 
d'altitude. La cire est obtenue comme précédemment. Un 
pied donne au minimum 470 grammes de produit. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : loc. cit. — Hébert et Heim : 
loc. eit.) 

207. Cire d'Euphorbia stenoclada. — Euphorbiacécs. 

Cette seconde euphorbe aphylle, qui croît dans la même 
région que la précédente, est exploitée de même; mais son 
rendement est un peu moindre, car, après passage à 
l'eau bouillante, il reste sur les rameaux un enduit plus 
persistant que dans les deux autres plantes, et que l'eau 
bouillante n'entraîne pas ou entraîne difficilement. Un pied 
de petite taille donne cependant encore 500 grammes. On 
admet qu'un indigène pourrait aisément préparer journel- 
lement 4 à 5 kilos de ces cires par les procédés que nous 
venons d'indiquer. 

(II. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : loc. cit. — Hébert et Heim : 
loc. cil. 

208. Cire de Chrysalidocarpus. — Palmiers. 

Cette cire provient des feuilles d'un Chrysalidocarpus de 
Marambo encore indéterminé. 

209. Cendres de sambiky. 

210. Savon préparé avec des cendres de sambiky. 



MAI>.\<; LSCAB ET COMORI s 'M 



IX. — TEXTILES ET PAILLES 

221. Coton non égrené de Gossypium sp. — Malvacées. 

222. Coton de Géorgie (Mayotteï. 

Le cotonnier a été jadis cultivé à Madagascar; et sa 
culture pourrait peut-être être reprise, notamment dans 
le Nord-Ouest. 

223. Bourre de Ceiba pentandra. — Malvacées. 

Le kapok provient surtout de Malaisie où l'arbre — déjà 
cité dans la section des Corps gras — est cultivé ; mais nos 
colonies françaises, où le Ceiba pentandra a été introduit et 
s'est acclimaté, pourraient en fournir. Quelques essais de 
plantation ont été faits à un moment donné dans le Nord- 
Ouest de Madagascar. 

224. Aigrettes de Marsdenia verrucosa. — Asclépiadacées. 

Cette espèce et la suivante seront citées plus loin comme 
lianes à caoutchouc. 

225. Aigrettes de Cryptostegia madagascariensis. — Asclé- 
piadacées. 

226. Aigrettes d'Orchipeda Thouarsii. — Apocynacées. 

Les aigrettes des graines de ces Asclépiadacées et Apocy- 
nacées pourraient peut-être être employées comme le kapok. 

227. Fruits de Toxocarpus tomentosus. — Asclépiadacées. 

Cette liane, nommée à tort par Decaisne Pervillea 
tomentosa, est le vnansi/i/ra des Sakalaves. C'est une 
espèce silicicole du Boina et de l'Ambongo. L'épais duvef 



38 II. ïUMKl i i 

de ses fruits est employé comme amadou par les indigènes. 

11. Jumelle et 11. Perrier de la Bftthie : Notée sur la flore 'lu Nord- 
Ouest île Madagascar, Annales du Musée Colonial de Marseille, 1901 

228. Filasse d'aloès de Madagascar. — Amaryllidacées. 

228 bis. Objets divers en aloès. 

L'aloès de Madagascar est donné par la variété mah/ache 
du Fourcroya giffantea, dont une autre variété, la variété 
créole, donne à Maurice et à la Réunion Y aloès vert de 
Maurice, bien connu dans le commerce. Le Fourcroya 
gigantea s'est naturalisé dans le Centre de notre colonie. 
Les indigènes utilisent sa filasse, qui n'est guère exportée ; 
ils en font, entre autres, les tissus et objets exposés. 

229. Filasse et cordes d'Urena lobata. — Malvacées. 

L' Urena lobata est un arbrisseau qui croît à l'état spon- 
tané dans beaucoup de pays chauds. C'est le kirijy, le 
tsikilenjy et le paka de Madagascar, le carrapicho du 
Brésil, le bun-ochra du Bengale, le pat la appelé de Ceylan. 
D'après des recherches faites au Brésil par M. Silva Telles, 
professeur à Sao Paulo, sa filasse, qu'on a appelée Yara- 
mina, et qui est ligneuse, serait supérieure au jute pour la 
fabrication des cordes et des sacs. Elle peut servir aussi 
pour la fabrication de pâte à papier. Les Sakalaves la 
préparent en battant les écorces, qu'ils ont fait tremper 
dans l'eau pendant quelques jours. Cette filasse, par dessic- 
cation, perd 10,43 °/ d'eau; incinérée, elle laisse 8,03 °/ 
de cendres, qui contiennent des cristaux d'oxalate de cal- 
cium. Au peignage, 520 grammes de filasse ont laissé sur 
le peigne 350 grammes d'étoupe, soit 67 °/o environ. Des 
170 grammes restés dans la main de l'ouvrier, la moitié a 
fourni 26 mètres de ficelle à 2 fils, de 2 mm. de diamètre, 
et l'autre moitié 18 m. 30 de corde à 3 fils, de 3 mm. Les 
350 grammes restés sur le peigne ont donné 18 m. 65 de 
corde à 4 fils, de 7 mm. de diamètre. La résistance des 



MADAGASCAH Kl COMORES 30 

ficelles h 2 fils est à peu près trois fois moindre que celle 
de ficelles de chanvre analogues et de même grosseur. 

11. .Jumelle : Sur une filasse appelée ramie indigène ù Madagascar, 
Annales coloniales, 15 février 1903.) 

230. Filasse et cordes de Cryptostegia madagascariensis. — 
Asclépi&dacées. 

Le lombiro est une plante à caoutchouc de l'Ouest de 
Madagascar, mais ses tiges fournissent, en outre, une bonne 
filasse cellulosique. Les Sakalaves décortiquent les tiges a 
la main, puis, sans faire rouir ni battre ces écorces, comme 
celles de Y U venu loba tu, dégagent avec les ongles les fila- 
ments fibreux, que leur blancheur et leur espacement 
rendent bien visibles. Desséchée, cette filasse perd 8,58 % 
d'eau; incinérée, elle donne 1,83 de cendres °/ . 210 grammes 
laissent sur le peigne 92 grammes d'étoupe, soit 43 °/ 
environ. Avec la filasse restée dans la main de l'ouvrier, il 
a été fait 15 mètres de corde à 3 fils, de 2 mm. de diamètre, 
pesant 72 grammes, et 14 mètres de ficelle à 2 fils, de 2 mm., 
pesant 35 grammes. Les 92 grammes d'étoupe restés sur le 
peigne ont donné 5 m. 45 de corde à 4 fils, de 6 mm. de 
diamètre. Tous ces cordages sont d'une grande blancheur. 
Leur résistance, tout en étant inférieure de moitié à peu 
près à celle du chanvre, est sensiblement supérieure a celle 
de Vf ri- nu loh;it;i . 

II. Jumelle : Trois plantes k corderie de Madagascar. Revue des 
cultures coloniales, 20 juillet H><)3.) 

231. Filasse et écorces de Typhonodorum madagascariense. 
— Aracées. 

Le riliu, ou m&ngibo, ou tnângokâ, vit sur le littoral de 
Madagascar, dans les endroits humides. Sa filasse, qui est 
jaunâtre et que les Sakalaves utilisent beaucoup pour la 
fabrication de leurs filets de pêche, est extraite des gaines 
des feuilles. Pour l'obtenir, les Sakalaves brisent ces feuilles 



10 II. JUMELLE 

en deux d'un coup sec; il sullit ensuite de tirer doucement 
Les filaments fibreux qui apparaissent au niveau de la 
cassure. L'opération est parfois facilitée par un battage 
préalable. Cette filasse est très extensible après dégommage, 
mais est ligneuse et de résistance seulement moyenne. 

(P. Claverie : Etude du Typhonodorum mudagascariense, textile de 
Madagascar. Revue générale de Botanique, Paris, 1906. — H. Jumelle : 
Les ressourers agricoles et forestières des colonies françaises. Barlatier, 

Marseille. 11)07.) 

232. Ëcorce, filasse et cordes de Pachypodium Rutenbergia- 
num. — Apocynacées. 

Cette plante est un des hontaka ou vontaka des Sakalaves. 
La filasse se présente en longues lanières, blanc jaunâtre 
ou jaunes, auxquelles une matière gommeuse desséchée 
donne une certaine raideur. Elle est de travail assez diffi- 
cile et les Sakalaves ne l'emploient que pour confectionner 
des cordages. Sa résistance est moindre que celle de 
YUrena lohata. 

(H. Jumelle : Trois plantes à corderie de Madagascar. Revue des 
cultures coloniales, 20 juillet 1903.) 

233. Filasse de sisal. — Amaryllidacées. 

L 'Agave rigida, dont les deux variétés longifolia et 
sisalana donnent le henequen ou chanvre de Sisal du 
Yucatan, a déjà été introduit avec succès en diverses 
contrées tropicales, à Porto-Rico, aux Hawaï, en Afrique 
orientale, à Maurice. Sa culture serait peut-être intéressante 
et rémunératrice en certains points de Madagascar. 

(H. Jumelle : Les cultures coloniales, vol. VI. Baillière, Paris, 1915. 
— Stockdale : L'industrie des fibres à Maurice, in Bulletin of Department 
of Agriculture, Mauritius, 1915, n° '■>.) 

234. Filasse d'abaca. — Musacées. 

Le Musa textilis des Philippines, qui donne Yabaca ou 



MADAGASCAR ET COMORES il 

chanvre de Manille, n'est cultivé jusqu'alors à Madagascar 
qu'à titre d'essai, notamment à la Station de l'Ivoloina. 

Guide el catalogue de la Station de l'Ivoloina. Tananarive, 1916. 

235. Filasse de sansevière. — LU iacées. 

Le Sansevieria zeylanica, qui, avec d'autres espèces du 
genre, indiennes ou africaines, donne la filasse de sanse- 
vière, est cultivé à Madagascar dans les mêmes conditions 
que le Musa te.rtilis. 

236. Filasse de Paritium tiliaceum. — Malvacées. 

Le Paritium tiliaceum, voisin des Hibiscus, est vraisem- 
blablement originaire des îles océaniennes, mais a été 
introduit aujourd'hui en beaucoup d'autres contrées. C est 
le Jjourao de Nouvelle-Calédonie, où sa filasse, qui est 
ligneuse comme toutes les filasses de Malvacées, est cou- 
ramment utilisée par les indigènes. La plante n a aucune 
importance à Madagascar. 

237. Régime de Raphia Ruffia. — Palmiers. 

237 bis. Lanières, rabanes et objets divers en raphia. 

Le Raphia Jiuf/ia se plaît à Madagascar dans les endroits 
humides, même marécageux. Sur le versant occidental, le 
palmier est rare au-dessus de la Sofia, très commun dans le 
Boina et L'Ambongo, puis disparait plus au Sud, vers le 
Ranobé et le Mananbaho. Dans l'Est, il cesse d'être spon- 
tané au-dessous de Mananjarv, où il est seulement planté 
par les Tanala et les Antaimoro. Ses lanières sont les épi- 
dermes supérieurs des segments des jeunes feuilles. I 
épidémies doivent toutefois leur résistance à ce qu'ils 
entraînent sur leur face interne, lorsqu'on les détache, 1rs 
faisceaux fibreux qui, dans les feuilles, leur sont intime- 
ment accolés. Il v a d'ailleurs plusieurs qualités de raphia, 
suivant les provenances. Pour obtenir la filasse de raphia. 



L2 H. JUMELLE 

on divise les Lanières en fils au moyen d'une aiguille ou 
d'une petite broche en os, puis on iciinil ces lils et on les 
tord comme des lîls de soie. Les lanières servent en cha- 
pellerie et en vannerie; c'est le raphia du Jupon de nos 
jardiniers. Avec la filasse, seule ou en mélange avec d'autres 
textiles tels que la soie, les Malgaches font leurs rabanes. 
Les exportations de raphia de Madagascar sont de 
7.000 tonnes environ par an. 

II. Jumelle : Les ressources agricoles et forestières des colonies fran- 
çaises. Marseille, 1907. — H. Jumelle et II. Terrier de la Bâthie : Pal- 
miers de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1913.) 

238. Crin végétal du Vonitra Thouarsiana. — Palmiers. 

Le Vonitra Thouarsiana, tout d'abord appelé à tort 
Dietyosperma fibrosum, est le vonitra de l'Est de Mada- 
gascar. Le crin végétal qu'il fournit, et qui est formé de 
gros et longs filaments bruns employés en brosserie, est 
récolté sur le tronc du palmier, où il représente ce qui reste 
après la décomposition des vieilles gaines foliaires. Les 
exportations annuelles de crin végétal de Madagascar étaient 
en 1912 de 129.728 kilos. On connaît dans le Nord-Ouest de 
l'île, dans le Manongarivo, un autre vonitra, le Vonitra 
crinita, qui actuellement n'est pas exploité. 
(H. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie : loc. cit.) 

239. Paille de dara. — Palmiers. 

Le dara des Tanala et des Antaimoro est encore un Pal- 
mier, le Phoenix reclinata var. madagascariensis . Sur le 
versant occidental, c'est le taratra et le taratsy des Saka- 
laves. Avec la paille fournie par ses feuilles on fait des 
chapeaux solides, de teinte vert pâle, mais ne changeant 
ni au soleil, ni à la pluie. 

(E. Perrot et A. Goris : Recherches sur les pailles à chapeaux de Mada- 
gascar. L'Agriculture pratique des pays chauds. Challamel, Paris,' 1907.) 

240. Paille de satranamira. — Palmiers. 



MADAGASCAR ET COMORES 43 

241. Régime d'Hyphaene Shatan. 

L' Hyphaone Shatan est le satranamira ou le satrana 

viehy (?), ou encore le haut y de l'Ouest de Madagascar. Avec 
ses segments foliaires, les Sakalaves confectionnent des 
paniers à riz, des nattes, etc. Ils se servent aussi des fais- 
ceaux isolés pour la confection de cordages. 

I!. Jumelle et II. Perrier de la Bâthie : toc. cit.) 
2i2. Paille de latanier. — Palmiers. 

Le latanier, ou sa/ranabé des Sakalaves, est le Medcmia 
nobilis, qui forme sur tous les terrains du versant occidental 
de Madagascar des peuplements étendus. On le retrouve 
vers le Nord sur le versant oriental. Les segments foliaires 
servent comme les précédents pour la confection d'objets 
de vannerie. 

243. Paille et filasse de lafa. — Palmiers. 

Les Tanala, dans l'Est de Madagascar, désignent sous le 
nom de lafa plusieurs palmiers, et notamment le Neodypsis 
tanalensis, qui est aussi le matitana, et le Chrysalidocdrpus 
mananjarensis. Il n'a jamais été bien établi quel est celui 
de ces deux palmiers qui donne la filasse de lafa. 

244. Paille et chapeaux de manarana. — Palmiers. 

Le manarana de la région d'Antalaha est un palmier 
encore indéterminé, presque acaule, et qui n'est pas le 
manarana d'Analamazaotra, ou Bcecariophoeni.r madai/asra- 
riensis. 

La paille du vrai manarana d'Antalaha est très fine ; on 
en fait de très beaux chapeaux. Malheureusement, le pal- 
mier devient de plus en plus rare, et la paille est trop sou- 
vent remplacée par celle de quelques-uns des manarana 
suivants, qui est pelucheuse, el de bien moindre valeur. 

24.'). Paille de manararapotsy. — Palmiers. 



i i . II. JUMELLE 



Cette paille a été récoltée dans la région de Mandihizaria, 

dans le district de Maroantselra. La plante croît un peu 
partout, mais plutôt en dehors de la forêt. La paille sert pour 
la fabrication de nattes et de paniers. 

246. Paille de manaramalemy. — Palmiers. 

La plante croît dans la province de Maroantsetra et est 
particulièrement abondante dans le haut d'Antsampirano ; 
elle se plaît dans les sols élevés et humides. 

247. Paille de manarambato ou manaramena. — Palmiers. 

La plante croît également dans la province de Maroant- 
setra. Les échantillons ont été récoltés, comme les précé- 
dents, dans la forêt, aux environs d'Analambola et de Fihi- 
trosy (canton d'Andratambé). 

Les pailles de ces divers manarana autres que le vrai 
manarana ne semblent pas toutes également appréciées par 
la chapellerie européenne ; certaines conviendraient plutôt 
chez nous pour la fabrication de la pâte à papier. 

248. Paille et chapeaux d'ahibano. — Cypéracées. 

Vahibano est le Cyperus nudicaulis des terrains tour- 
beux de l'Imerina, et que l'on retrouve dans l'Ouest jusque 
dans LAmbongo. La paille qui sert en chapellerie provient 
de la tige, qui est dépourvue de feuilles. 

11. Jumelle : loc. cit. — Perrot et Goris : loc. cit.* 

249. Paille et chapeaux de penjy. — Cypéracées. 

Le penjy, ou mahampy, ou ramho, est le Lepironia mu- 
cronata des régions occidentale et centrale. Les tiges aplaties 
ou découpées en lanières sont employées en chapellerie et 
en vannerie. 

250. Paille de tsindrodrotra. — Graminées. 

Le tsindrodrotra des Hova et le tsiana des Betsileo est le 



MADAGASCAR ET COMOBES iî> 

Sporobolus indicus, qui abonde dans les terres humides des 
environs de ïananarive. Sa paille est utilisée en chapel- 
lerie. 

251. Paille de zozoro ou isatra. — Cypéracées. 

Le zozoro des Hova, qui est ïisatra de l'Ouest, est le 
Cyperus madagascariensis ou Cyperus imerinensis. Les 
tiges servent pour la fabrication de nattes et de paillassons, 
et pour les cloisons des cases. 

2o2. Paille d'herana. — Cypéracées. 

Y'herana est le Cyperus latifolius. Sa paille est utilisée 
pour la fabrication de nattes et pour les toitures. 

253. Paille de vinda. — Cypéracées. 

Le vinda des Sakalaves est le Cyperus alternifolius. Sa 
paille sert encore pour la fabrication de nattes et de pail- 
lassons. 

2oi. Paille d'haravola. — Graminées. 

Lltaravola des Hova est le bozaka des Betsileo (qui n'est 
pas le bozaka des Hova) ; et ce serait Y Arundinella stipoides. 
Sa feuille serait utilisée pour la fabrication de paniers indi- 
gènes et de chapeaux. 

Perrol &t Goris : lue. cit. 
255. Paille d'harefo. — Cypéracées. 

Les harefo des Hova sont diverses espèces d'EleocJiaris, 
telles que YEleocharis plantaginea et VEleocharis limosa. 
La paille, qui a une structure presque analogue à celle de 
penjy, sert pour la confection de chapeaux ordinaires, de 
n;ittes et de sais. 

^.**>»i. Paille de telorirana. 

Paille indéterminée, peut-être de Graminée. 



U\ II. Jl MELI.K 

257. Paille de mangarana. 

Paille indéterminée, n'appartenant pas au Lepironia mu- 
cronata. 



X. — BOIS 

Nous ne citons ici que quelques bois de Madagascar. Un 
catalogue spécial plus complet de notre collection de ces bois 
sera publié ultérieurement. 

271. Ébène de Madagascar.— Ebènacées. 

L'ébène du Nord-Ouest de Madagascar, qui est le lopinyo, 
et un des hazomainty des Sakalaves, est le Diospyros Per- 
rieri. C'est un arbre de 15 à 25 mètres de hauteur, dont le 
tronc a une écorce noirâtre ou blanchâtre qui se détache par 
plaques comme celle du bouleau. Il croît principalement 
dans les bosquets forestiers à sol rocailleux et sur le bord 
des torrents. 

(H. Jumelle : Quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest 
de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1907.) 

272. Acajou de Madagascar. — Méliacees. 

L'acajou du Nord-Ouest de Madagascar, qui est le hazo- 
mena des Sakalaves, est le Khaya madagascainensis . C'est 
un arbre de 20 à 30 mètres de hauteur, à tronc très droit 
et cylindrique, dont l'écorce est brunâtre, maculée de gris. 
Dans l'Ambongo et le Boina, il pousse dans toutes les allu- 
vions calcaires et humides des bords des rivières. Il ne 
manque que sur les sols siliceux, où il est remplacé par des 
Canarlum. Son bois, qui est un bon bois de sciage, est par- 
fois exporté au Havre, où il a été rapproché de celui de 
Y aucoumé (Aucoumea Klaineana) du Gabon et vendu aux 
mêmes prix. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bâlhie : Notes sur la flore du Nord- 
Ouest de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1907.) 



VtÀDAGÀS! ai; l.l C0M0R1 - i-7 

273. Bois de manipika. — Légumineuses. 

Le manipika des Sakalaves est le Dalbergia Perrieri 
Drake [Dalbergia boinensis Juin.). C'est un arbre de 10 à 
25 mètres de hauteur, mais dont le tronc ne dépasse pas 
40 cm. de diamètre. C'est le principal arbre à palissandre 
du Boina, où il est plus commun que l'espèce suivante. 

II. Jumellr : Quelques plantes utiles ou intéressante* du Nord-Ouest 
de Madagascar. Annales du Musée Colonial, 1907.) 

27 i. Bois de manary. — Légumineuses. 

Le manary des Sakalaves est le Dalbergia ikopensis 
Jum. [Dalbergia Perrieri Juin.). C'est un arbre de 10 k 
20 mètres de hauteur, mais dont le tronc peut atteindre 
00 cm. de diamètre. Il se plaît surtout dans les bois secs; 
on le rencontre notamment sur le terrain siliceux du haut 
bassin de la Betsiboka et de l'Ikopa. C'est encore un arbre 
à palissandre, mais moins fréquent que le précédent, et, par 
conséquent, moins exploité. 

li. Jumelle : lue. cit.) 

27.'i. Bois de kominga. — Légumineuses. 

Le kominga est VErythrophloeum Couminga, déjà cité 
dans la section des Plantes médicinales et toxiques. 

270. Bois dhazomalanga. — Hernandiacées. 

l.'hazomalanga estime Hernandiacée encore mal connue, 
mais qui semble devoir constituer un genre nouveau. 
L'arbre, qui est de très haute taille, est très rare dans l'Am- 
bongo. Il ne devient plus commun qu'au sud du Cap Sainl- 
André, dans les forêts à sol rocailleux calcaire ; mais encore 
ne croit-il que par pieds isoles, et ou ne trouve guère plus 
d'un individu par hectare. Son bois, inattaquable par les 
insectes, est excellent à tous égards et a été, de tout temps, 
exporté dans l'Inde. Les Indiens en foui, paraît-il, des 
galoches. Les Chinois s'en serviraient pour la fabrication 



Ï8 11. JUMELLE 

des cvrcucils. C'est l'objet d'un commerce assez considérable 
;i Majunga; on en fait des caisses, des meubles, et, en 
général, tous les objets en bois destinés à préserver des 
matières quelconques contre les attaques des insectes. 

277. Bois de torotoro. — Térébinthacées. 

Le torotoro est \ejjrlu ta Turfur, qui se trouve à Nossi-Bé 

et, au nord du Boina, dans les massifs forestiers de la vallée 
de l'Ambamalandy. Il y a d'ailleurs été, sans doute, intro- 
duit, puisque tous les Gluta sont des espèces de l'Archipel 
Indien. Il donne un bois brun orangé; sa résine passe pour 
vésicante. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : Les Landolphia et les Masca- 
renhasia à caoutchouc du Nord de VAnalalava. L'Agriculture des pays 
chauds, 1910.) 

278. Fruits de teck. — Verbénacées. 

Le teck, ou Tectona grandis, bien connu pour le bois 
qu'il fournit, est un arbre de l'Inde, Les drupes exposées, 
et dont quelques-unes sont encore enveloppées par le calice 
accru, proviennent de la Station d'Essais de l'Ivoloina. 



XI. — ESSENCES 

291. Graines, feuilles et essences de Pelea madagascarica. 

— But accès. 

Cet arbrisseau de l'Est de Madagascar et de Sainte-Marie 
comprendrait deux variétés : une variété folongoala, à 
feuilles étroites; et une variété tolongoala manitra-anisette, 
à feuilles larges. Il donne une essence à forte odeur d'anis, 
ou plutôt de badiane. Cette essence est contenue, dans la 
proportion de 4 à o%> dans toutes les parties de la plante, 
mais plus particulièrement dans le fruit. Elle a pour pou- 
voir rotatoire + 32° 22, et son indice de réfraction est de 



MADAGASI \i; II I OMORES 49 

1 ..'il i-69. Elle est soluble dans 4 volumes d'alcool à 80°. La 
teneur en anéthol est minime, mais il y a une forte propor- 
tion d'aldéhydes probablement anisiques. La plante existe- 
rait également à Marotte. 

|E. Ileckel : Sur une [j/nnlf nouvelle à essence anisée de Madagascar. 
Comptes Rendus de l'Académie «les Sciences. 6 mars t'.MI. — Juillet : 
Recherches .inafomiques et morphologiques sur le Peb>;i madagascarica. 
Annales du Musée Colonial de Marseille, 1912.) 

292. Fruits d'hazomalanga. — Hern&ndiacêes. 
Lïhazomalanga, déjà cité dans la section précédente, 

donne des fruits qui contiennent, en même temps qu'un 
principe rubéfiant, une huile et une essence. Cette essence 
donne aux fruits et à l'huile qu'on en extrait une très forte 
odeur aromatique. Le principe rubétiant est également 
entraîné par l'huile retirée du fruit. 

293. Essence d'Eucalyptus globulus. — Myrtacées. 

L'Eucalyptus globulus, introduit aujourd'hui non seule- 
ment en beaucoup de pays chauds, mais même dans la 
partie chaude de la zone tempérée, notamment sur le litto- 
ral provençal, est originaire d'Australie. L'essence de ses 
feuilles, aromatique et antiseptique, est employée en parfu- 
merie, surtout pour les eaux, poudres et pâtes dentifrices, 
et aussi en thérapeutique. Elle entre également dans la 
composition des mélanges qui servent à parfumer les 
appartements et à en éloig-ner les mouches. Beaucoup 
d'autres espèces à' Eucalyptus donnent des essences plus ou 
moins analogues, mais qui, en général, sont inférieures à 
celle à' Eucalyptus globulus, dont la valeur est essentielle- 
ment due à sa teneur (jusqu'à ^-">"/o) en cinéol ou eucalyp- 
tol. Les essences d'autres espèces contiennent du citronétol, 
ou du citrol. ou sentent la menthe poivrée, ou n'ont pas 
d'odeur bien définie. L'essence A'E. globulus est jaune 
clair, d'odeur rafraîchissante : la teneur exigible en cinéol 
es! di- 78 à <S0°„. Une partie d'essence doit se dissoudre 
sans trouble dans trois parties d'alcool à 70°. Les sortes 
Annales (fa Matée colonial de Marseille. 3' aérie l* vol. 1916. i 



5*0 II. JUMELLE 

qui proviennent d'arbres ayant poussé sous des climats 
tempérés semblent supérieures ;■ celles de provenance tro- 
picale. Les feuilles même de VE. globulus ont la réputation 
d'elle toniques, astringentes et fébrifuges. M. Faulds, dans 
le Briiiah Médical .Journal de 1902, prétend que leur infu- 
sion a aussi, dans les cas de diabète, une action curative 
énergique. 

294 à 300. Essences diverses de Mayotte. 

Toutes ces essences (essence de menthe, essence et 
camphre àOcirnum canum, essence de sauge, essence de 
verveine, essence d'avapana, essence de patchouli) ont été 
préparées à Marotte par M. Touchais. A Madagascar, ces 
essences sont surtout fabriquées dans le Nord de l'île. 



XII.— GOMMES ET RESINES 



311. — Gomme de Khaya madagascariensis. — Mëliacées. 

Le Khaya madagascariensis, ou hazomena, a déjà été cité 
dans la section des Bois. La gomme que donne son tronc 
se concrète sur l'écorce sous l'aspect de petites stalactites, 
dont les unes sont jaune clair, les autres plus brunes et 
d'autres verdâtres. Cette gomme, lorsqu'elle est récoltée 
depuis quelque temps, contient 21°/ d'eau. Complètement 
desséchée, elle se compose de 85 parties solubles dans 
l'eau chaude et de 15 parties gonflables, mais insolubles. 
La portion soluble dans l'eau chaude reste dissoute après 
refroidissement et donne des solutions épaisses, mais encore 
parfaitement liquides, en présence de 12 fois son poids 
d'eau. Ces solutions plus ou moins colorées ont l'aspect 
de solutions de gomme arabique ordinaires. Etendues en 
couche mince sur le papier, elles lui donnent une certaine 



MADAGASCAR El COMOHËS 'il 

adhésivité. C est une gomme sans tannin, sans saveur ni 
odeur. 

II. Jumelle et II. Perrier de la Bàthie : Noies sur la /hue du Nord- 
Ouest '/<■ Madagascar. Annales <lu Musée Colonial de Marseille, 1907.) 

312. Gomme d'Anacardium occidentale. Ter ehintha.ce.es. 

La gomme de cet acajou à pomme si répandu dans la 
plupart des contrées tropicales, et qui est le mahabiba et 
Yabiba des Sakalaves, se présente en masses parfois volumi- 
neuses, dont la couleur varie du jaune pâle au brun foncé. ;> 
cassure vitreuse et transparente, du moins quand la colora- 
tion de la substance est pâle. Elle n'est que partiellement 
soluble dans l'eau, et la partie soluble constitue un mélange 
peu adhésif. 

II. Jacob de Cordemoy : Les plantes à gommes et à résines. Doin, 
Paris. 1911. 

313. Gomme d'Albizzia Lebbek. — Légumineuses. 
313/j/v. Gousses d'Albizzia Lebbek. 

L Albizzia Lebbek, originaire du Bengale, s'est naturalisé 
en beaucoup de pays chauds ; c'est le bois noir de nos colo- 
nies, le bonara des Sakalaves. Tronc et grosses branches 
fournissent en abondance une gomme tantôt rougeàtre et 
tantôt jaunâtre, en gros morceaux mamelonnés. En contact 
avec l'eau froide, elle ne se dissout qu'en faible proportion : 
la partie insoluble se gonfle énormément et se transforme 
en une masse gélatineuse, rougeàtre et translucide, d'aspect 
grumeleux. Cependant, parla chaleur et sous pression, 
cette gomme devient soluble dans l'eau en donnant un 
mucilage adhésif. 

(H. .lacoh de Cordemoy : loc. cil. 
314. Gomme de Tamarindus indica Légumineuses. 
31.'). Gousses de Tamarindus indica. 



52 II. JUMELLE 

Comme les deux espèces précédentes, le tamarinier, qui 
est le madiro et le kily de Madagascar, et qui est vraisem- 
blablement originaire de l'Inde, se trouve aujourd'hui en 
beaucoup de pays chauds. Il est commun dans l'Ouest de 
Madagascar, et jusque dans l'extrême Sud. Il est de préfé- 
rence calcicole. Pour le reboisement, c'est une meilleure 
essence que le bois noir, qui est de croissance plus rapide, 
mais est plus facilement détruit par les incendies. La 
gomme de madiro, assez claire, se présente souvent en 
morceaux volumineux. Elle est complètement insoluble 
dans l'eau ; elle se gonfle seulement en formant une gelée 
compacte. 

11. Jacob de Cordemoy : Gommes et résines d'origine exotique. 
Annales du Musée Colonial de Marseille, 1900. — Louvel : Les forêts de 
l'Ouest de Madagascar. L'Agriculture pratique des pays chauds. 
Challamel, Paris, 1914. 

316. Fruits et gomme de Sclerocarya Caffra. — Térébin- 
thacées. 

Le Sclerocarya Caffra est le sakoa des Sakalaves. 
Comme le tamarinier et le sakoa, on le trouve un peu par- 
tout dans l'Ouest, en plus ou moins grande abondance. Son 
, écorce épaisse et riche en tannin le rend particulièrement 
résistant aux feux de brousse. Il donne d'ailleurs un bois 
qui brûle mal. La pulpe des fruits contient de 1 acide 
citrique, et les graines, que consomment les Sakalaves, 
renferment une huile alimentaire quelquefois utilisée 
aussi par ces Sakalaves et par les Mahafaly. Un pied 
femelle peut fournir plusieurs centaines de kilos de fruits, 
qu'il suffît de ramasser sous l'arbre en saison sèche. La 
gomme du tronc est brun clair, assez transparente, à cas- 
sure lisse et brillante. Elle est entièrement soluble dans 
l'eau, mais la solution est à peu près sans adhésivité. Le 
perchlorure de fer n'y détermine pas de précipité et ne 
modifie pas la coloration ; c'est donc une gomme sans tannin. - 

v Louvel : loc. cit. — H. Jumelle : Quelques latex et quelques gommes et 



M \D\(. \s< \i: ET COMORES 53 

résines de V Ouest de Madagascar. Le Caoutchouc el la Gutta- Percha, 
mars et avril 19H. 

317. Fruits de Stereospermum euphorioides. — Bigno- 
niacées. 

318. Gomme de Stereospermum euphorioides. 

Le mangarahara des Sakalaves est spécial, dans l'Ouest, 
aux forets sèches des terrains siliceux. Le grattage super- 
ficiel de son tronc provoque une sécrétion gommèuse. La 
substance ainsi obtenue est d'ailleurs de nature 1 assez, spé- 
ciale ; elle se rapproche des gommes sans avoir exactement 
les caractères de ces gommes. C'est une matière brunâtre, 
assez dure, terne à la surface, mais à cassure brillante. Elle 
est inodore et sans saveur. Après qu'elle a été laissée pen- 
dant quelque temps au contact de l'eau, elle colle au doigt, 
mais très légèrement. Elle se dissout dans l'eau bouillante', 
l'alcool à 95°, l'acétone et le terpinéol. Elle se précipite en 
partie pendant le refroidissement de l'eau chaude, et est 
donc très imparfaitement soluble dans l'eau froide. Ces! 
une substance sans intérêt pratique. 

(H. Jumelle : Quelques plantes utiles ou intéressantes <lu Nord-Ouest 

de Madagascar. Annales du Musée Colonial île Marseille, 1907. 

319. Gomme d'hazongia. — Bixacées. 

Uhazongiaesi une espèce indéterminée, et vraisemblable- 
ment nouvelle d'Homalium. La gomme n'a pas encore été 
étudiée. 

320. Gomme de talio. — Combrétacées. 

Le talio est une espèce de Tërminalia : la gommé n'a pus 

encore été étudiée. 

321. Latex de Jatropha mahafalensis. Euphorbiacées. 

322. Tanno-gomme de Jatropha mahafalensis. 

Le betatatra a déjà été cité dans la section des Graines 



4 II. JUMELLE 



-lasses; mais la tige de ce Jatropha donne en outre un 
liquide brun noirâtre, limpide, et qui, après évaporation, 
abandonne une sorte de kino. La substance ainsi obtenue 
est, en elFet. brune, sèche et friable, insoluble dans l'acétone 
et le chloroforme, mais soluble dans l'alcool absolu et dans 
l'eau. Dans la solution aqueuse le sous-acétate de plomb 
détermine un précipité grumeleux, pendant que le perehlo- 
rure de fer provoque un précipité bleu noirâtre. Cette 
tanno-gomme est parfois désignée sous le nom de sef<>. 

II. Jumelle : Quelques latex et quelques gommes et résines de l'Ouest 
de Madagascar. Le Caoutchouc et la Gutta-Percha, 1911.) 

323. Excrétât de Rhizophora mucronata. — Rhizophoracées. 

Le Rhizophora mucronata est un des principaux arbres 
de la mangrove. Le produit exposé — et qui est de nature 
encore indéterminée — est excrété en saison sèche par les 
souches qui proviennent de l'abatage des arbres. 

32t. Résine copal de Trachylobium verrucosum. — Légumi- 
neuses. 

32o. Fruits de Trachylobium verrucosum. 

326. Bois et rameaux de Trachylobium verrucosum. 

Le Trachylobium verrucosum est l'arbre dont la résine 
fossile, récoltée surtout sur la côte orientale d'Afrique, 
en Afrique Orientale Allemande, constitue le meilleur 
des copals, dit copal de Zanzibar. C'est le tandro- 
roho de Madagascar, où on ne le trouve que dans l'Est, 
dans les terres sablonneuses de la région des lagunes. Il est 
obtenu surtout par l'incision des grosses branches et du 
tronc ; on en récolte aussi un peu dans le sol. Le copal de 
Madagascar, un peu moins dur que celui de Zanzibar, et 
qui donne lieu a quelques faibles exportations (13 à 20 
tonnes par an), est donc en partie récent et en partie fos- 
sile. 

(Prudhomme : L'agriculture de la côte Eut de Madagascar. Paris. 
1901. — H. Jacob de Cordemoy : loc. cit. 



MADAGAS< AU il i OMORES 53 

327. Résine fossile de kominga. - - Légumineuses. 

Cette résine, qui provient de YErythrophloeum Cou- 
minga déjà cité dans la section des Piaules toxiques, est 
rouge. Elle n'est pus employée et n';t pas encore été 
étudiée. 

.'Ï2S. Résine de Genipa Rutenbergiana. - Rubiacées. 

Cet arbrisseau de l'Àmbongo et du Boina est le kari- 
pedahy des Sakalaves, surtout commun sur les gneiss et les 
micaschistes. Sa sécrétion résineuse recouvre les bourgeons 
et les jeunes fleurs. A ces niveaux, la résine exsudée se 
concrète sous la forme de petites perles irrégulièrement 
globuleuses. La substance est de couleur jaune clair ; pul- 
vérisée, elle est jaune soufre et exhale, lorsqu'on la frotte 
entre les doigts, une légère odeur assez agréable qui rap- 
pelle un peu celle de certaines résines de Burséracées. 
Elle est entièrement soluble clans le chloroforme, le sul- 
fure de carbone, 1 éther et l'essence de térébenthine! ; elle 
se dissout partiellement dans l'alcool à 95°, le toluène et 
la benzine. Les Sakalaves la récoltent peu et ne l'utilisent 
qu'exceptionnellement pour confectionner, en la mélangeant, 
après pulvérisation, avec de la graisse de bœuf, une pommade 
qui, prétendent-ils, fait repousser les cheveux. 

(H. Jumelle : Quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest 
'/-• Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1907.) 

329. Résine d'Ophiocaulon firingalavense. — Passifloracées. 

La liane est un des ola-boay des Sakalaves. Sa base est 
fortement renflée en forme de pain de sucre : et c'est la 
cuticule de l'épiderme de ce tubercule qui est recouverte 
de la substance résineuse. Pour obtenir cette résine, on 
frappe et ràele l'éeoree, puis on met le toul dans un linge, 
que I oïl plonge dans l'eau bouillante. On obtient ainsi un 
pain d'une matière vert brunâtre, le me extérieurement, bril- 
lante, au contraire, sur la cassure. L'ensemble paraît forme 
de nombreuses lames brillantes, incluses dans une petite 



11. .11 WELLE 

quantité de poussière veri pâle qui dessine des veines sur 
les brisures. Le loucher un peu gras indique que la résine 
est accompagnée d'un peu de cire Le produit est très 
facilement pulvérisable, et il se dissout en fortes propor- 
tions dans le chloroforme, le sulfure de carbone, l'éther, 
la benzine, l'alcool froid, le toluène et l'acétone. La quan- 
tité d'iode fixée par 100 parties de la portion soluble dans 
le chloroforme est de 34,7, titre beaucoup plus fort qu'il ne 
l'est pour les cires. Dans Leau chaude, la substance com- 
mence à se ramollir vers G5°, et est complètement pâteuse 
entre 85 et 90°. 

(H. Jumelle : Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord- 
ouest de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1907.) 

330. Résine de Ganarium multiflorum. — Burséracées. 

331. Graines de Canarium multiflorum. 

332. Résine fossile de ramy. 

Les Canarium de Madagascar donnent les oléo-résines 
dites ramy, que les indigènes emploient comme encens, 
comme colophane ou pour faire des soudures. La substance 
est récoltée comme exsudât spontané, à la base du tronc et 
sur les grosses racines ; on provoque aussi sa sécrétion par 
des entailles sur le tronc. Il y a également une sorte de 
ramy demi-fossilisé. Commercialement, les ramy sont de 
la catégorie des élémis et pourraient donc peut-être être 
utilisés pour la préparation de certains vernis à l'essence ou 
à l'alcool. Ce sont des résines à odeur de citron, solubles 
dans les alcools éthylique et amylique, le chloroforme, la 
benzine, l'éther et l'essence de térébenthine. Avec ce der- 
nier dissolvant elles donnent, comme le galipot d'Amérique, 
d'après M. Coffignier, des vernis qui, ne durcissant pas les 
couleurs au plomb, permettent de les étendre. Ces propriétés 
varient d'ailleurs peut-être selon l'origine botanique, car 
on connaît, entre autres espèces malgaches, le Canarium 
multiflorum de l'Ouest, le Canarium madagascariense de 



MADAGASCAR I! CiiMultES 



57 



Morondava, le Canari uni obtusifolium, qui serait à la fois à 
Fort-Dauphin et à Nossi-Bé., le Canarium Boivini du Nord 
et de l'Est, le Canarium pulchro-bracteatum de Farafan- 

gana. Or le Canarium multiflorum produit une résine jaune 
verdâtre, la résine du Canarium Boivini, ou ramy fotsy, 
est jaune citron, non transparente et à cassure vitreuse, 
celle du ramy maint y, d'espèce indéterminée, est verdâtre, 
presque transparente et reste longtemps assez tendre pour 
être coupée au couteau. Le ramy semi-fossilisé est rou- 
geàtre. 

II. Jacob de Cordemoy: Les plantes à gommes et à résines. Doin, 
Paris, 1911. — Guillaumin: Les ramy de Madagascar. Bulletin écono- 
mique de Madagascar, 2 e semestre, 1909. — Id. : Les produits utiles des 
Burséracées. L'Agriculture pratique des pays chauds, mai-août 1909.) 

333. Oléo-résine de Calophyllum parviflorum. — Clusiacées. 

334. Oléo-résine de Calophyllum laxiflorum. 

Ces oléo-résines des Calophyllum passent en divers pays 
pour être des topiques efficaces contre les ulcères. 

335. Écorces de Kalanchoe Grandidieri. — Crassulacées. 

Le Kalanchoe Grandidieri est un des mongy de Mada- 
gascar. Ses écorces, remplies de résines diverses, brûlent 
facilement, avec une odeur de benjoin ou d'encens d'Arménie. 

336. Gomme-résine d'haronga. — Hypericacécs. 

L' Haronga madagascariensis donne une substance qui. 
comme la gomme-gutte, forme avec l'eau une émulsion 
jaune. Cette gomme-résine contient 8 °/ de gomme soluble 
et 8S °/ d'une résine très foncée. 

H . Jacob de Cordemoy : loc. cit. 

337. Gomme-résine de manipika. - Légumineuses. 

Le manipika est le Dalbergia Perrieri Drake, du Boina, 
déjà mentionne dans la section des Bois. Dans le bassin du 



.">N II. ji MELLE 

Bemarivo, un coléoptère Longicorné, en attaquanl l'écorce, 
provoque la sécrétion d'une sorte de gomme-résine à forte 
odeur de cannelle. Cette substance est complètement soluble 
dans Le terpinéol, avec le([uel elle donne des solutions d'un 
rouge vif, mais il s'en dissout aussi une petite quantité 
3 °/ environ) dansjl'eau froide, qui prend une teinte jaune 
paille. La solubilité complète dans l'alcool permettrait 
d'obtenir, avec la substance, des vernis rouges, tels que ces 
vernis pour métaux qu'on prépare avec les accroïdes ou le 
sang-dragon. 

11. Jumelle: Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord- 
Ouest de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1907.) 

338. Gomme-résine de tsimatimanonta. — Clusiacées: 

Le tsimatimanonta des Sakalaves est le Tsimalimia Per- 
villei de l'Ambongo et du Boina. La sécrétion de son tronc 
est tout d'abord jaune d'or, mais brunit peu à peu à l'air. 
Fraîche, la substance a un peu la couleur de l'encaustique, 
qu'elle conserve intérieurement ; elle est sans odeur, un peu 
adhésive au doigt et est cassante et friable, mais ne se pul- 
vérise pas facilement à cause de sa consistance légèrement 
visqueuse. L'eau en dissout 13°/ environ et l'acétone 
62 °/ . La gomme, au sortir de l'étuve, est sèche et très 
friable, jaune rougeâtre ; sa solution aqueuse est jaunâtre. 
La résine, dans les mêmes conditions, est liquide et ne se 
solidifie que par refroidissement ; elle est rouge foncé, et 
ses solutions dans l'acétone, le chloroforme, la benzine, le 
toluène, l'alcool absolu, sont d'un rouge sang. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : Les Clusiacées du Nord-Ouesl 
<lr< Madagascar. Annales des Sciences naturelles, Botanique, 1910.) 

339. Résine de famata. — Euphorbiacées. 

Les famata sont des Euphorhia aphylles, de la sous-sec- 
tion Laro. La résine qui semble sans emploi possible est le 
coagulât friable qui reste après l'évaporation du latex. 

H. Jumelle: Quelques latex et quelques gommes et résines de VOuest 
<]p Madagascar. Le Caoutchouc et la Gutta-Percha, 1 M avril 1911.) 



MADAGASCAR ET C0M0R1 - 59 

340. Latex de fiamy. 

Le fiamy est peut-être un Ficus. Le coagulât obtenu par 
évaporation à chaud de son latex est de couleur brun foncé; 
il est tout d'abord un peu élastique et légèrement visqueux, 
mais, en se refroidissant, il durcit et devient cassant en 
perdant toute élasticité. Le produit semble encore sans 
emploi possible . 

II. Jumelle : loc. cit.) 

341. Latex résineux d'adabo. — Artocarpées. 

\Jadabo est le Ficus Sakalavârum. La substance rési- 
neuse qu'abandonne son latex est inutilisable. 

342. Latex concrète de Sideroxylon rubrocostatum. — 
Saponacées. 

Ce Sideroxylon est un des nombreux nato de Madagascar. 
Il est commun dans le Boina, dans le bassin du Bemarivo. 
parmi les rocailles des bords des torrents. Le latex donne un 
coagulât gris brun, qui, d'abord poisseux, devient, en se 
desséchant, cassant et assez facilement pulvérisable. Jeté 
dans l'eau bouillante, ce produit redevient visqueux et se 
désagrège ; il ne peut donc même pas être considéré comme 
matière guttoïde et est dénué de tout intérêt. 

II. Jumelle: La flore du Nord-Ouest de Madagascar, Annales du 
Musée Colonial do Marseille, 1907.) 



XII. — CAOUTCHOUCS ET GUTTAS 

•l."»l. Fruits de Landolphia Perrieri. - Apocynacées. 
:'>'"»2 Liane de Landolphia Perrieri. 
353. Latex de Landolphia Perrieri. 



60 11. JUMELLE 

354. Caoutchouc de Landolphia Perrieri. 

Ces! le Landolphia Perrieri qui donne la plus grande 
partie du « caoutchouc rouge de Majunga », ou « Majunga 
rouge ». Celte liane se plaît dans les sols secs jusqu'à 
70H mètres <l altitude. Elle est plus ou moins commune : dans 
le Nord, où on la trouve sur les deux versants ; dans le Nord- 
Ouest, où c'est le piralahy ou vahealahy ; dans l'Ouest, où 
c'est le relira et le voahena, et où elle descend jusqu'au 
bassin de la Tsiribihina, les derniers pieds disparaissant 
vers les sources de la Sakeny. Après avoir recueilli le latex 
qui s'écoule des tronçons de la liane, les indigènes le laissent 
se coaguler spontanément ou bien provoquent la coagulation 
par le jus de citron. Dans le Sambrano, on trouve la variété 
arnhatensis, qui est le dily vahea des indigènes. 

(H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie: Les plantes à caoutchouc du 
Nord de Madagascar. L'Agriculture pratique des pays chauds, 1911. — 
Id. : Les plantes à caoutchouc de l'Ouest et du Sud-Ouest de Madagascar. 
Id., 191 1. — II. Jumelle : Les plantes à caoutchouc et à gulta. Challamel, 
Paris, 1903. — Id. : La flore caoutchoutière de Madagascar. Congrès du 
Caoutchouc de Batavia, 19! i. 

353. Fruits frais de Landolphia sphaerocarpa. — Apoci/- 

n acres. 

356. Fruits secs de Landolphia sphaerocarpa. 

357. Caoutchouc de Landolphia sphaerocarpa. 

Le Landolphia sphaerocarpa est encore une liane à 
caoutchouc de l'Ouest, mais qui ne recherche plus, comme 
l'espèce précédente, les sols secs; elle préfère les endroits 
humides, tels que les alluvions des bords des cours d'eau. 
Son aire de répartition est plus restreinte que celle du Lan- 
dolphia Perrieri, car elle ne commence, vers le Nord, qu'au- 
dessous de la Sofia. Elle descend, par contre, plus bas vers 
le Sud, car elle a pour limite l'Onilahy. C'est le rciaho ou 
Yariaho des Sakalaves. Son caoutchouc est encore rougre, 
mais la rareté de la liane le rend moins important. 
H. Jumelle et H. Perrier de la Bàthie : loc. cit. 



MADAGASCAR il I OMORES •') I 

358. Fruit de Landolphia Boivini. — Apocynacées. 

Cette espèce est de Nossi-Bé, où elle est d'ailleurs rare. 
On ne la trouve plus guère qu'en quelques endroits comme 
sur les bords de l'Ankarankely. Son caoutchouc est de 
médiocre ténacité. 

(H. Jumelle el II. Perrier de la Bàthie : Les plantes à caoutchouc du 
Nord <le Madagascar. L'Agriculture pratique des pays chauds, 1910. — 
Id. : Les Landolphia du Nord et de VEst de Madagascar. M., 1914. 

3o9. Caoutchouc de Mascarenhasia arborescens coagulé par 
l'acide sulfurique. — Apocynacées. 

360. Caoutchouc de Mascarenhasia arborescens coagulé par 
l'alcool. 

361. Tiges de Mascarenhasia arborescens. 

362. Écorces de Mascarenhasia arborescens. 

C'est le Mascarenhasia arborescens qui donne la plus 
grande partie du « caoutchouc noir de Majunga », ou 
« Majunga noir ». Ce Mascarenhasia arborescens a pour 
habitat, sur le versant occidental, le Nord, le Sambirano, et 
le Nord-Ouest; il s'arrête au cap Saint-André. L'arbre se 
plaît dans les endroits un peu humides : en forêt, il est élevé 
et à tronc simple (forme longifolia), tandis que dans les 
endroits découverts il est plus bas et à plusieurs troncs 
forme anceps). C'est, suivant les régions, un barabanja, 
un gidroa <»u le gidroandrano. Pour l'exploiter, les Saka- 
laves abattent l'arbre, puis incisent les troncs annulaire- 
ment ; ils laissent ensuite le latex se coaguler spontanément 
sur le tronc, ou bien ils font bouillir le latex . 

Dans l'Est on trouve 1<- Mascara henasia arborescens var. 
coriacea cité plus loin | n" 383 . 

363. Caoutchouc de Mascarenhasia lisianthiflora. Apocy- 
nacées. 



62 II. .H Ml. II. h 

364. Latex coagulé de Mascarenhasia lisianthiflora. 

Cet autre gidroa donne dans l'Ouest un caoutchouc 
analogue au précédent, niais il croît dans les endroits secs 
et est beaucoup moins fréquent que le M. arborescens. Il 
est inconnu dans le Nord et dans le Sambirano ; il ne com- 
mence qu'au-dessous du Maivarano, pour se continuer de là, 
à travers le Boina et l'Ambongo, puis le Menabé, jusque 
vers la Linta. Il descend donc plus loin vers le Sud que 
l'autre espèce. C'est le gidroanosy des Bara. Dans le Boina, 
il est exploité comme le M. arborescens. Au nord de la 
Linta, les Bara pilonnent les écorces des tiges et des racines. 
Ces écorces, arrachées par martelage entre deux pierres, 
sont desséchées au soleil et emportées au village, où le 
pilonnage est effectué par les femmes et les enfants dans les 
mortiers à riz. Le caoutchouc ainsi préparé, et assez défec- 
tueux, est en petites plaques minces de 7 à 10 cm. de côté, 
d'un rouge noirâtre. 

(H. Jumelle el II. Perrier de la Bâthie : lue. cit. 

365. Caoutchouc de Secamonopsis madagascariensis. — Asclé- 

piadacées. 

366. Tiges de Secamonopsis madagascariensis. 

Le Secamonopsis madagascariensis donne avec le Gono- 
crypla Grevei une grande partie de caoutchouc de Tuléar. 
Ce Secamonopsis madagascariensis, ou vahimainfy, ou lan- 
galora, apparaît au niveau du Manambolo, mais ne devient 
commun qu'au-dessous de la Tsiribihina, où il est très fré- 
quent sur les dunes, entre cette Tsiribihina et l'Onilahy ; il 
redescend dans le Menanrandra, puis, vers l'Est, jusqu'à 
Tsivorv. Dans les bassins du Mangokv et de l'Onilahv, les 
Bara l'exploitent à la façon du bokahê ; ils sectionnent les 
fruits. Chaque follicule abandonne environ 75 milligrammes 
de caoutchouc, et, un pied pouvant porter 100 à 500 de ces 
follicules, le rendement d'une souche est de 8 à 40 grammes. 



MADAGASCAR Kl COMORËS 63 

Le caoutchouc n'est bon que si les fruits sont bien mûrs. 
A Tsivory, les indigènes incisent le bas des tiges. 

(H. Jumelle: Deux nouvelles plantes à caoutchouc de Madagascar. Le 
Caoutchouc et la Gutta-Percha, juin-juillet 1905. — H. Jumelle el 11. 
Perrierdela Bàthie: Les plantes à caoutchouc de V Ouest et du Sud-Ouest 
</<• Madagascar, L'Agriculture pratique «1rs pays chauds, 1911.) 

307. Caoutchouc de Gonocrypta Grevei. - Asclépiadacées. 

Le Gonocrypta Grevei, ou kompitso, a à peu près le même 
habitat que le Secamonopsis madagascariensis, qu'il accom- 
pagne ; il commence cependant un peu plus bas. sur la côte, 
que ce langalora, car on ne le rencontre pas au nord du 
bassin du Mangoky. Dans ce bassin du Mangoky et dans 
celui de l'Onilahv, les Bara exploitent le kompitso comme 
le langalora, en sectionnant les fruits. A Tsivory, on saigne 
le bas des tiges. Le caoutchouc est sensiblement de même 
valeur que le précédent . 

(II. Jumelle et II. Perrier de la Bàthie : loc. cil,) 

368. Fruits et tiges de Cryptostegia grandiflora. — Asclé- 
piadacées . 

Le Cryptos(c;/ia grandiflora est, avec l'espèce suivante, 
le lombirode l'Ouest ; mais cette forme grandiflora, qui n'est 
peut-être qu'une variété du C, madagascariensis, est plus 
particulièrement Localisée dans la partie méridionale et ne 
semble pas. vers le Nord, dépasser beaucoup Tuléar. Son 
caoutchouc est le même que celui de l'autre lornbiro. 

11. Jumelle: Le Cryptostegia grandiflora dans le Sud-Ouest de Mada- 
gascar, Le Caoutchouc el la Gutta-Percha, novembre 1908. — 11. 
Jumelle el II. Perrierde la Bàthie : loc, cit. -- ld. : Nouvelles noies bio- 
logiques sur la flore malgache. Annales de la Faculté des Sciences, 
1915. 

369. Fruits et tiges de Cryptostegia madagascariensis . — 
Asclépiadacées . 

370. Caoutchouc de Cryptostegia madagascariensis. 



G i H. il MELLE 

Tou1 en accompagnanl dans le Siul l'autre espèce du 
genre, le Cryptostegia madagascariensis remonte sur le ver- 
sant occidental de L'île jusque dans le Nord. C'est le seul 
lombiro de l'Ambongo et du Boina. Ce caoutchouc de lom- 
biro a, à plusieurs reprises, attiré l'attention des industriels ; 
et quelques cultures de la liane ont été tentées à un moment 
ilonné dans le Nord. Le produit ne paraît cependant que de 
qualité moyenne et n'est intéressant que pour certaines 
industries qui ne recherchent pas des sortes d'une grande 
nervosité . 

(II. Jumelle et II. Perrier de la Bâthie : loc. cit.) 

371. Caoutchouc de Marsdenia verrucosa. — Asclépiadacées. 

372. Fruits frais de Marsdenia verrucosa. 

373. Fruits secs de Marsdenia verrucosa. 

Le Marsdenia verrucosa est le bokabé ou bokalahy du 
versant occidental de Madagascar. Délaissé dans le Boina 
et dans l'Ambongo, ce Marsdenia, qui s'étend de la Sofia à 
l'Extrême-Sud, est exploité, dans l'Ouest proprement dit, 
par les Bara, qui incisent ses fruits. Chaque liane peut 
fournir 20 à 40 follicules, qui donnent chacun, en moyenne, 
60 centigrammes de caoutchouc. Cueillis un peu avant 
maturité complète, ces fruits sont apportés au village voisin, 
où les femmes et les enfants en coupent successivement les 
deux extrémités, qu'ils font égoutter, après sectionnement, 
au-dessus d'un treillis sous lequel est placé un récipient. La 
décoction est effectuée avec une décoction de fruits de tama- 
rinier. Le caoutchouc ainsi obtenu est d'abord assez tendre 
et d'un bon aspect, mais il devient rapidement poisseux ; et 
c'est le mélange du latex de bokabé avec les latex du lan- 
galora (Secamonopsis niadaf/ascaricnsis) et du kompitso 
(Gonocrypta Grevei) qui a été souvent une des principales 
causes de la dépréciation de certains caoutchoucs de Tuléar 
ou de Morondava. 
11. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie: loc. cit. 



MADAGASCAR ET COMORES 6") 

374. Caoutchouc de Plectaneia elastica. — Apocynacées. 

375. Bois de Plectaneia elastica. 

Le Plectaneia elastica est, dans le Haut-Bemarivo, sur 
l'Analamahitso, le piravaovao des Sakalaves et, dans le Sud, 
à l'ouest de Tsivory, entre le Mandraré et le Menarandra, 
le vahiuanda. C'est partout une espèce des altitudes supé- 
rieures à 800 mètres. Sur l'Analamahitso, la liane acquiert 
d'assez grandes dimensions ; il est des troncs qui peuvent 
avoir jusqu'à 20 centimètres de diamètre. Dans le Sud, au 
contraire, ces troncs ne dépassent guère 3 ou 4 centimètres. 
Il en résulte une différence dans le mode d'exploitation. Les 
pieds du Xord-Ouest peuvent être incisés et donnent jusqu'à 
deux litres de latex, d'où l'on retire 32 grammes de caout- 
chouc, pendant qu'on récolte, en outre, sur la même tige 
30 grammes de tsongone fdra, c'est-à-dire de petits fragments 
de caoutchouc qui se sont coagulés sur l'écorce. A Tsivory, le 
pilonnage des écorces est le seul procédé possible et le ren- 
dement par pied ne dépasse pas 15 grammes. Le caoutchouc 
de Plectaneia elastica est blanc noirâtre ou brun ambré, 
assez tenace, mais aussi assez fortement résineux. En tout 
cas. la rareté relative de la plante et son faible rendement 
(1 à 2 °/o de caoutchouc dans le latex) l'empêchent d'avoir 
un grand intérêt. 

II. Jumelle el II. Perrier de la Rûtliie : Une nouvelle plante à caout- 
chouc tir Madagascar. Le Caoutchouc el la Gutta-Percha, 15 lévrier 1908. 
— M. : Le genre Plectaneia. Annales du Musée Colonial de Marseille. 
19UN. — II. Jumelle : Le Pleiclaneia elastica et le Mascarcnhasia lisianthi- 
flora dans le Sud-Ouest de Madagascar. Le Caoutchouc et la Gutla- 
Percha, juin l'.»08.) 

376. Caoutchouc d'Euphorbia Intisy. — Euplwrhiacées. 

377. Rameaux et fleurs d'Euphorbia Intisy. 

UEuphorbia Intisy fut découvert, comme plante à caout- 
chouc, en 18 ( J0 dans le Sud-Ouest de Madagascar. Le pro- 
duit est blanc et de bonne qualité, et son intérêt serait 
Allantes <lu Musée colonial de Marseille, — 3' série, L* vol. 1916. 5 



66 H. JL. M Kl.l.l 

d'autant plus grand que Le région où croit la plante est cette 
partie méridionale de l'île caractérisée, au-dessous de l'Oni- 
lahv, par la brousse à xérophytes qui recouvre son sol 
aride. La contrée est donc à peu prés dépourvue de toute 
autre plante avant une valeur économique. Malheureusement 
aussi Vintisy, soumis à un traitement barbare, puisque les 
indigènes incisent même ses racines, devient de jour en 
jour plus rare. Dès aujourd'hui, il n'en reste plus que des 
individus tout jeunes, encore incapables de fructifier ; la 
multiplication par graines est donc, par là même, supprimée. 

(II. Jumelle et II. Perrier de la Bàlhie : /oc. cit.) 

378. Caoutchouc d'Euphorbia Pirahazo. — Buphorbiacées. 

Cette autre espèce d'Euphorbia est, dans l'Ambongo, dans 
la région d'Andranomavo, le pirahazo des Sakalaves. On en 
retrouve quelques pieds, mais de plus en plus rares, sur les 
contreforts du plateau central, sur la Mahajamba, le Bema- 
rivo et la Sofia. La saignée donne par pied de 400 à 
800 grammes d'un caoutchouc de bonne valeur moyenne. 

(H. Jumelle: Deux nouvelles plantes à caoutchouc de Madagascar. Le 
Caoutchouc et la Gutta-Percha, juin-juillet 1905.) 

379. Fruits de Landolphia Mandrianambo. — Apocynacées. 

380. Tiges de Landolphia Mandrianambo. 

Les espèces de Landolphia du versant oriental de Mada- 
gascar sont nombreuses mais de valeurs très inégales. La 
meilleure, et l'une des plus productives, qui donne le caout- 
chouc rouge de l'Est, serait le Landolphia corticata, ou fin- 
gibahea. Le Landolphia Mandrianambo, qui est le man- 
drianambo de Masoala, le voahena d'Analamazaotra et un 
herotravahy du Sud-Est, est très inférieur. Non seulement 
ce mandrianambo ne contient qu'une substance visqueuse 
dans ses parties toutes jeunes, mais même dans ses parties 
voisines du sol il fournit plutôt une matière à toucher gras 
que du véritable caoutchouc; et ce n'est qu'à une certaine 



MADAGASCAR l i « OMORËS t)/ 

distance au-dessus de terre qu'il donne parfois {/inyikahazu, 
du caoutchouc. 

(H. Jumelle et II. Perrier de la Bàthie : Quelques Landolphia à caout- 
chouc de l'Est de Madagascar. L'Agriculture pratique des pays chauds. 

— Id. : Les Landolphia du Nord et de l'Est de Mmiagascar. Id., 191 k — 
Id. : La diversité et les variations des latex dans une liane à caoutchouc. 
Id., 1914.) 

381. Tiges de Landolphia madagascariensis. Apocgnacécs. 

Le Landolphia madagascariensis, ou Landolphia liichar- 
diana, est un mamolava, un robanga et un lalandoha de 
l'Est. Son produit est sans valeur. 

(II. Jumelle et II. Perrier de la Battue : loc. cit.) 

382. Fruit de Landolphia Mamolava. — Apocgnacées. 

Le Landolphia Mamolava, comme le Landolphia Mamavo 
le Landolphia compressa et quelques autres espèces, 
est une liane à produit sans valeur ; son latex ne donne 
qu'un coagulât poisseux et très élastique. En général, 
toutes ces lianes nommées sur la côte Est mamolava, ro- 
banga ou talandoha ne sont pas exploitables; et l'utilisa- 
tion de leurs latex a toujours pour résultat de déprécier les 
bons caoutchoucs avec lesquels on les mélange. 

iCostautiu et Poisson : Notes sur les plantes à caoutchouc et à latex du 
Sud -■/ du Sud-Est tir Madagascar. Revue générale de Botanique, 1909. 

— H. Jumelle et II. Perrier de la Bâtliie : Les Landolphia « mamolava » 
de l'Est de Madagascar. L'Agriculture pratique des pays chauds, 1913.) 

383. Fruits de Mascarenhasia arborescens var. coriacea. — 
Apocynacées. 

L'arbre qui donne le principal « caoutchouc noir » de l'Est 
est une variété à gros fruits du Mascarenhasia arborescens 
de 1 Ouest. Ce M. arborescens var. coriacea est, suivant les 
régions, le baho, ou, en tanala, un herotrahazo, ou encore, 
à Mananara, le gidroafo/sy ; c'est aussi h Analnma/.aotra 



US 11. JUMELLE 

Vhazondrano des bas. L'arbre est à peu près exploité comme 
dans l'Ouest. 

El. Jumelle et H. Perrier de la Bâthie: Les Mascarenhasia de l'Est de 
Madagascar. L'Agriculture pratique des pays chauds, 1912. — Id. : Nou- 
velles observations sur les Mascarenhasia de IJ-Jsi de Madagascar. Id., 
1914.) 

384. Gutta de vatodinga. — Sapotacées. 

Le vatodinga de l'Est est le Mimusops costata, ou Manil- 
kara costata. Son produit, comme la gutta-percha, est plas- 
tique à chaud (65° à 70°) et est capable de recevoir des 
empreintes. Il contient moins de résines que la balata, 
mais ne présente pas la même imperméabilité ni la même 
stabilité chimique que la gutta-percha ; il ne pourrait donc 
être utilisé qu'après une amélioration obtenue par l'incor- 
poration de substances chimiques appropriées, de même que 
le caoutchouc du commerce est bien meilleur isolant que le 
caoutchouc pur. 

Marcel Dubard : Noie sur la gulla de Madagascar. Bulletin écono- 
mique de Madagascar, 2 e semestre, 1909.) 



XIII. TANNINS ET COLORANTS 

401. Ecorces de nato. — Sapotacées. 

402. Fruits de natondriaka . 

On désigne sous le nom de nato diverses espèces de Sapo- 
tacées, notamment le Mimupsos Commersonii (ou Imbri- 
caria coriacea) , le Labramia Bojeri (ou Mimusops Chapelieri, 
ou M. Thouarsii), le Labourdonaisla madagascariensis et le 
Sideroxylon rubrocostatum. Le natolahy est même une Clu- 
siacée, le Calophyllum laxiflorum. Il n'est pas bien établi 
quelle est, de toutes ces espèces, celle dont l'écorce donne 



MADAGASCAR ET I OMORRS 69 

la couleur rouge employée parles indigènes pour la teinture 
des filaments de raphia et des rabanes. 

(M. Dubard : Les Sapotacées du groupe des Sidéroxylinées. Annalesdu 
Musée Colonial de Marseille, 1915. 

103. Écorces de Rhizophora Mangle. — Rhizophoracées. 

Les écorces de palétuvier sont très employées aujourd'hui 
pour la tannerie, surtout à l'étranger. Des écorces sèches 
contiennent environ 2o °/o de tannin. Les palétuviers sont 
au nombre des principaux représentants de cette flore arbo- 
rescente spéciale qu'on nomme la mangrove. Madagascar 
exporte annuellement 10 à 50 mille tonnes d'écorces tan- 
nantes. 

104. Tronc jeune d'Avicennia officinalis. — Verbénacées. 

VAvicennia officinalis est un autre arbre de la mangroye, 
mais dont l'écorce n'offre pas pour la tannerie l'intérêt des 
écorces de palétuvier. 

i-Oo. Feuilles d'indigotier. — Légumineuses. 

Il y a à Madagascar de nombreuses espèces sauvages 
à? Indigo fera, mais on trouve en outre dans beaucoup de 
régions, à l'état subspontané ou cultivé. Vlndigofera tinc- 
toria et Y Indigo fer» An//.' L'Indigofera tinctoria^ importé 
de L'Inde, a été cultivé jadis par Laborde dans l'Imerina. 
( ! i'st une culture qui est aujourd'hui à peu près abandonnée. 
Avant l'introduction de l'espèce indienne, l'espèce indigène 
employée par les Malgaches était surtout Vlndigofera hir- 
suta. On sait que dans l'Inde, comme à Java, le principal 
indigo actuel devient Vlndigofera arrecta «lu Gap. 

Drake del Castillo : Histoire naturelle des plantes. Histoire physique, 
naturelle et politique '!«■ Madagascar, par Grandidier, 1902, vol. XXX, 
I. I, l ,c partie. 

406. Orseille de Nossi-Bé. — Lichens. 

L'orseille de Nossi-Bé, employée pour la teinture, serait 



H. JUMELI i 



surtout, semble-t-il, le Roccella Montagnei, qu'on retrouve 
dans le Sud-Ouest et le Sud. 

107. Graines de rocou. — Bixacées. 

Ces graines proviennent de la Station d'Essais de l'Ivo- 
loina, où la plante a été introduite. Le Bixa Orellana est 
encore aujourd'hui plus ou moins cultivé aux Antilles Fran- 
çaises, à la Jamaïque et dans le Nord du Brésil. Quoique 
les couleurs d'aniline aient fortement restreint l'intérêt du 
rocou, la substance est encore usitée comme colorant par 
quelques industries, notamment pour la fabrication des fro- 
mages de Hollande et dans la préparation de certains vernis 
ou de tissus et de peaux. 

(II. Jumelle : Les cultures coloniales, vol. VIII. Baillière, Paris, 1916.) 



XIV. — PLANTES DIVERSES 

421. Fruits de Pandanus sp. — Pandanacées. 

422. Graines de Pandanus sylvestris. — Pandanacées. 

423. Casuarina equisetifolia, où filao. — Casuarinacées. 

424. Bois de Solanum erythracanthum . — Solanacées. 

425. Fruits et écorces de landemy, ou Anthocleista rhizo- 
phoroides. — Loganiacées. 

426. Inflorescence de Buddleia madagascariensis . — Loga 
n lacées. 

427. Fruits de Mussaenda arcuata. — Rubiacées. 

428. Rameaux et fruits d'Homalium scleroxylon. — Bixa- 
cées, 



MADAGASCAR ET COMORES 71 

420. Fruits de Barringtonia racemosa . — Myrtacées. 

430. Écorces de Phylloxylum ensifolium . — Légumineuses. 

431. Écorces de Samadera madagascariensis . — Simaru- 
bacées . 

\'-V2. Fruits d'Omphalea biglandulosa. — Euphorbiace'es. 

433. Fruits d'Elaeocarpus sericeus. — Tiliacées. 

I>34. Fruits d'Elaeocarpus quercifolius . — Tiliacées. 

135. Fruits de Carpodiptera Boivini. — Tiliacées. 



INDEX DES COLLECTIONS BOTANIQUES 
DE MADAGASCAR 1 



Abaca, 234. 
Abiba, 272, 312. 
Acajou, 272. 

Acajou à pomme, 22, 312. 
Adabo, 341. 
Adansonia alba, 196. 
Bozy, 194. 
— digitata, 200. 
Fo/iy, 197. 
Grandidieri, 20, 198, 

199. 
madagascariensis, 

192. 
rubrostipa, 195. 
Z*, 193. 
Aframomum angustifolium, 

113. 
Agatophyllum aromalicum, 

111. 
Agave rigida, 233. 
Ahibano, 248. 
Albizzia Lebbek, 313. 
Aloès, 22S et 228 Aw. 
Amoora Rohiluka, 203. 
Ampelosicyos scandens, 201. 
Anacardium occidentale, 22, 

312. 
Ananas, 50. 
Ananassa sativa, ."><>. 
.1»ihi,'( squamosa, 52. 
Anthocleista rhizophoroides , 
425. 



Anthofles, 100. 

Aphloia Iheaeformis, 144. 

Aponogeton Guillotii, 1 1 . 

Arrow-root, 9, 10. 

Artocarpus integrifolia, 53. 

Ariabo 355-357. 

Arundinella stipoides, 254. 

Aricciiiii.i officinalis, 40 i. 

Avocat. 51 . 

A va pana, 131, 299. 



Babo, 383. 
Banane, 13. 
Banty, 241. 
Baobabs, 20,192-200. 
Barabanja, 359-362. 
Barbadine, 48. 
Bar ring lonia racemosa, 129. 
Beccariophoenix madagasca- 
riensis, 244. 
Betatatra, 166, 321. 322. 
/;/./•.•( Orellana, 107. 
Bokabe, 22 i. 37 1-313. 
Bokalahy, 22 i, 371-373. 
Bois noir, 313. 
Bonara, 313. 
Bontaka, 232. 
Bourao, 236. 
Bozaka, 254. 
Brochoneura Dardaini, 187. 

Freneei, 189-191. 

s|... ISS. 



1. Lea numéros indiqués sont ceui du Catalogue. 



74 



II. .H M KI.I.K 



Brochoneura Vouri, 183-186. 
Buddleia madagascariensis, 
426. 

IJiiii-ochra, 229. 



Cacao, 88, 89. 
Cafés, 81-87. 
Café nègre, 132. 
Calophyllum Inophyllum, 17."). 
176. 
laxiflorum , 33 i 

402. 
parviflorum, 180, 

333. 
Tacamahaca, 177- 
179. 
Canarium Boivinî, 332. 

madagascariense, 

332. 
multiflorum, 33 

332. 
pulehro-bracteatu m , 
332. 
— ohtusifolium, 332. 
Cannelle, 112. 
Capsicum sp., 101 . 
Carica Papaya, 46. 
Carpodiptera Boivini, 435. 
Carrapicho, 229. 
Caryophyllus aromaticus, 104- 

106. 
Cassia occidenlalis , 131. 
Casuarina equisetîfolise, 423. 
Cedrelopsis Grevei, 135-137. 
Ceiba penlandra, 204, 223. 
CA ny sa lidoca rp u s m a n anjaren - 

sis, 243. 
sp., 208. 



Cinnamomum sp." 1 1 2. 
Cinriàmosma fragrawt, 133. 

Ci t rus A ura ni in m . 12. 

— decumana, 11. 
Limonum, 13. 

Citron, î.'?. 

Coffea canephora, 83, 81. 

— congensis, 85. 

— liber ica, 81, 82. 

— Perrieri, 87. 

— sp., 86. 
Co/a nilida, 138. 
Coton, 221. 

Coton de Géorgie, 222. 
Crin végétal, 238. 
Cryptostegia grandiflora, 368. 
madagascar iensis, 
' 225, 230. 369, 370. 
Curcuma longa, 114, 115. 
Cynanchum Messeri, 205. 
Cyperus allernifolius, 253. 
— ijnerinensis , 251. 
latifolius, 252. 
madaqascariensis, 251 . 
nudîcaulis, 248. 

D 

Dalhergia boinensis, 2715. 
Dalbergia ikopensis, 274. 

— Perrieri, 273, 337. 
Dara, 239. 

Dilobeia Thouarsii, 167, 168. 
Diospyros Perrieri, 271. 
Dioscorea sp., 12. 
Dolic, 24. 
Dolichos Lablab, 24. 



E 



Ebène, 271 



MADAGASCAR ET COMORES 



75 



Elaeis madagascariensis, 169. 
Elaeocarpus quercifolius, 434. 

— sericeus, 433. 

Eleocharis sp, 255. 
Entada scandens, 25. 
Frylhmphloeum Couminga, 

lis. 275, 327. 
Erythroxylum laurifolium, 

134. 
Eucalyptus globulus, 293. 
Eugenia sp., 1 19. 
Eupatorium Ayapana, 131. 
Euphorbia Inlisy, 37G, 377. 
Laro } 339. 
Pirahazo, 378. 
slenoclada, "207. 
— xylophylloides, 20G. 



Famata, 339. 
Fandramanana, 144. 
Fedegosa, 132. 
Fiamy, 340. 

Fi eu a Sakalavaruni, 341. 
Filao, 423. 
Fingibahea, 380. 
Flacourtia Ramonlchi^ 68. 
Fony, 11)7. 

Fourcroya gigantea, 228, 
228 /;/'n. 

G 

Genipa Rutenbergiana, 328. 
Girofle, 104-106. 
Gluta Turtur, 277. 
Gonocrypla Grevei, 307. 
Gossypium sp. 221, 222. 



Goyave, i.">. 
Gidroa, 359-362. 
Gidroafotsy, 383. 
Gklroandrano, 359-362, 364. 
Gidroanosy, 363, 364. 

H 

Hnravola. 251. 

Harefo, 255. 

Haricot du Gap, 23. 

Haronga, 336. 

Haronga madagascariensis, 336. 

Hazina, 172. 

Hazomalanga, 276, 292. 

I la/omainty, 271. 

Ila/.omena, 272, 311. 

Hazondrano des bas, 383. 

Hazongia, 319. 

Herana, 252. 

Herotrahazo, 383. 

Herolravahy, 380. 

I/o ma liu m se le roxy lo n, 428. 

Ilordeum vulgar'e, 20. 

Hydnora esculenta, 54. 

Hyphaene Shatan, 67, 210,241. 



Igname, 12. 

Imbricaria coriacea, 402. 

Indigofera Anil, i<>5. 

h ir.su ta, 405. 

tinctoria, UK). 
Intisy, 370, 377. 
l-atia, 251 . 



Jatropha Curcas, 161, 162. 

mahafalensis, 166, 
321, 322. 



76 



H. JUMELLE 



Jacquier, 53. 



K 



Kabaro, 23. 
Kabija, 6. 
Kaboka, 226. 

KaUnchnc Grandidieri, 335. 

Kapok, 204, 223. 

Karipedahy, 328. 

Katafa, 137. 

Katrafay, 137. 

Khaya madagascariensis, 272, 

311. 
Kily, 70, 314, 315. 
Kimanga, 139, 148, 275. 
Kirijy, 229. 
Kirondro, 146, 147. 
Kisompa, 139. 
Kita, 139. 
Kitsongo, 150. 
Kizalahy, 171. 
Kizavavy, 170. 
Kola, 138. 

Kominga, 139, 148, 275, 327. 
Kompitso, 367. 
Ksopo, 139. 



Labourdonaisia madagascarien- 
sis, 402. 
Labramia Bojeri, 402. 

coriacea, 402. 
Lafa, 243. 
Lamy, 205. 
Landemy, 425. 
Landolphia Boirini, 358. 
corticata, 380. 



Landolphia madagascariensis, 
381. 

Mamolava, 3S-_>. 

Mandrianambo, 379 
38Ô. 

Perrieri, 351-354. 

sphaerocarpa, 355 
357. 
Langalora, 365, 366. 
Lalanier, 1 , 2, 242. 
L a il ru s Sa .s s a fra s, 151. 
Lepironia mucronata, 219. 
Letchi, 49. 

Lombiro, 225, 230, 368-370. 
Lon^oza, 113. 
Lopingo, 271. • 
Lot goi, 203. 

M 

Madiro, 70, 314, 315. 
Mafotra, 191. 
Mahabiba, 272, 312. 
Mahampy, 249. 
Mamolava, 381, 382. 
Manaramalemy, 246. 
Ma n a ra m ba t n , 247. 
Manaramena, 247. 
Manarana, 244. 
Manarampotsy, 245. 
Manary, 274. 
Mandrianambo, 380. 
Mangarahara. 317, 318. 
Mangarana, 257. 
Mangibo, 231. 
Mangifera indiea, 47. 
Mangoka, 231. 
Mangue, 47. 

Manihot ulilissima, 3, 4, 5, 69 
Manilkara costala, 384. 
Manioc, 3, 4, 5, 69. 



\IAI>A<. \Si AU ET COMORES 



77 



Manipika, 273, 337. 
Mankaleo, 167, 168. 
Maranta arundinacea, '.». l<>. 
Marotampona, 1 i'.». 
Marsdenia verrucosa, 224j 371- 

373. 
Mascarenhasîa arborescens, 359- 
362. 

— coriacea, 383. 

lisianthiflora,3Q3, 
364. 
M'beatamaré, 132. 
Medemia nobilis, 1. "2, 242. 
Menabea venenala, 139. 
Menthe (essence . 294. 
Mimusops Chapelieri, 102. 
— costata, 384. 

Commersonii, i<»2. 
Thoihirsii. 102. 
Mongy, 335. 
Molotrandrongo, 187. 
Molotsandrongo, 187. 
Morandra, 164. 
Mixcuna ulilis, 26, 27. 
.l/i;.sv< paradisiaca, iSbis. 
Muscade, L07, L08. 
Mussaenda arcuata, 127. 
Myrislica fragrans, H»7, 108. 

N 

Nato, 342, 101. 
Natolahy, 101. 
Natondriaka, 101. 

Ndilo, 17)'». 

Neodypsis ianalensis, 243. 

Nephelium Litchi, i'.». 



O 



Ocimum canum, 295, 296. 



Ola-boay, 329. 

Omphalea biglandvlosa, 132. 

Ophiocaulonfiringalavense,3'29, 

Opuntia >[>.. 66. 

Orange, 12. 

Orchipeda Thouarsii, 226. 

Orge, 20. 

Oryza saliva, 19. 

Orseille, 106. 

Ovirandra, I I . 



Pachypodium /{ut en bergia n uni , 

232. 
Paka, 229. 
Palétuvier. 403. 
Palissandre. "273. 
Palmiste, 169. 
Pamplemousse, il . 
Panang, 176. 
Pandanus >[>., 121. 
Pandanus sylvestris, Ï22. 
Papaye, 46, (>">. 
Pari li uni tiliaceum, "236. 
Passiflora quadrangularis, 48. 
Patchouli, 300. 
Patta appelé, 229. 
/'i/r,'/ madagascarica, 291. 
Penjy, 249. 

Pentadesma bulyracea, 205. 
Perriera madagascariensis , 1 1<>, 

117. 
Persea gratissima, .~>l . 
Phaseolus lunalus, 23. 
Phoenix reclinata, 239. 
Phylloxylum ertsifolium, 130. 
Pignon d'Inde, 161, 162. 
Piments, LOI. 



-s 



II. .11 Ml.l.l.l. 



Piper longum, 103. 

— 'lii/rum, 102. 
Pirahazo, 37; s. 
Piralahy, 351-354. 
Piravaovao. 37 1. 375. 
Plectaneia elaslica, 37 1. 375. 
P.»,, du Cap. 23. 

Pois Mascate, 26, 27. 
— noir, 26, 27. 
Poivre noir, 102. 

— long, 103. 
Pomme-cannelle, 52. 
Prunier malgache. 68. 
Psîdium (jrua.ya.va,, 45. 
Pulghère, 161, 162. 



Quisqualis indica, 182, 

m a dagascarien s i$ , 
181. 



Raina, 203. 

Rambo, 249. 

Ramy, 330-332. 

Ramy fotsy, 332. 

Ramy mainty, 332. 

Raphia Ru f fia, 163-165, 237, 

237 bis. 
Ravenala madagascariensis, 16. 
Rarabé, 186. 

Ravensara arornalica, 109-111. 
Ravinala, 16. 
Ilehea, 351-354. 
Reiabo, 355-357. 
Reniala, 199. 
Rhizophora M an g le, 403. 
— mucronala, 323. 



Ringy, 195. 

lii/, 19. 

Robanga, 381. 382. 

Roccella Monlagnei, 406. 

Rocou, 407. 

Rotra, l 19. 

Rourea oricnlalis. 150. 



Saccharum officinarum, 61, 62, 

63. 
Safran de l'Inde, 114, 115. 
Sakoa, 316. 
Samadcra madaqascariensis, 

431. 
Sambiky, 209, 2 Kl. 
Sansevière, 235. 
Sapindus Saponaria, 202. 
Satrafotsy. 1 . 
Satranabe, 1 , 242. 
Satranamira, 67, 240, 241. 
Satrana viehy. 67, 2 10, 211. 
Sauge (essence), 297. 
Savon de sambiky, 209. 210. 
Sclerocarya Ca/fra, 316. 
Secamonopsis madagascaricn- 

sis, 365, 366. 
Sefo, 200, 322. 
Sideroxylon rubrocoslalum, 

342. 
Sisal. 233. 

Solarium erylhracanthum, 424. 
Sporobolus indiens, 250. 
Sterculia foetida, 173-174. 
Slereospermnm enphorinides, 

317, 318. 
Sucre, 61, 62, 63. 
Symphonia fasciculata, 172. 

— laevis, 171 . 

— Louveli, 170. 



MADAGASCAR Et COMORËS 



79 



Tacca pinnalifida, 6. 

— sp.. 7. 8. 
Talandoha, 381, 382. 
Talio, 320. 
Ta ma. 204. 
Ta.ma.rin.dns indica, 7<>, 314. 

315. 
Tamarinier, 70, 314, 315. 
Tamenaka, 181. 
Tandroroho, 324-326. 
Tanghin, 139-143. 
Tanghinia venenifera, 140-143. 
Tara Ira, 239. 
Taratsy, 239. 
Tavolo, 0-8. 
Teck, 278. 

Tectona grandis, 278. 
Telorirana, 256. 
Terminalia, 320. 
Thé, 90, 91. 
The a viridis, 90, 91. 
Theohroma Cacao, 88, 89. 
Toaka, 61. 
Tolongoala, 291 . 
Toroloro, 277. 

Toxocarpns tomentosus. 2'27. 
Trachylobinm verrncosnm, 32 1- 

326. 
Tsiana, 250. 
Tsikilenjv. 229. 
Tsi m a lima non ta, 338. 
Tsimatimia Pervillei^ 338. 
Tsindrodrolra, "250. 
Tsingilo, 169. 
Typhonodornm madagasca- 

riense, 11. 15, 231. 

U 
Urena lobata, 229. 



V 

Vaheabe, 25. 

Vaheakarabo, 25. 

Vahealahy, 351-351. 

Vahimaintv, 365-366. 

Vahivanda, 37 1, 37.">. 

Vangasay, i i. 

\ 'a n il la P h a la em >ps is . 119, 1 20. 

— planifolia, 116-118. 
Vanille. 116-118. 
Vary, 19. 
Vatodinga, 3S i. 
Vavarotra, 1 19. 
Verveine essence), 298. 
Viha, 14, 15, 231. 
Vinda, 253. 
Vintanina, 180. 
Vivaona, 167, 168. 
Voafotsy, 144. 
Voahena, 351-351, 380. 
Voandzeia snbterranea, 21 
Voanjo, 21. 
Voan-karabo, 2."). 
Voanono, 201. 
Voampiso, 164. 
Voansifitra, 227. 
Voantany, 54. 
Vonitra Thouarsiana, 238. 
Vontaka, 232. 
Vory, 186. 



Za. L93. 

/amena, 1 95. 
Zozoro, 251. 



RÉUNION 



PLANTES FECULENTES 



1 . Moelle féculente de Cyathea excelsa. — Fougères. 

La moelle de diverses Fougères arborescentes est riche 
en fécule, que les indigènes de certains pays extraient 
parfois, en cas de besoin. 

2. Amidon des graines de Cycas circinalis. — Cycadacées. 

Le Cycas circinalis, comme plusieurs autres espèces du 
genre, est à moelle très amvlacée. La fécule extraite de cette 

O t. 

moelle est un faux sagou et peut être utilisée comme le 
vrai sagou des Metroxylon de Malaisie. Mais les graines, en 
outre, sont riches également en amidon, et M. Pothier 
autrefois, à la Réunion, a proposé l'extraction de cet amidon, 
qui pourrait être employé comme la fécule du tronc. Cette 
extraction aurait sur celle de la fécule l'avantage de per- 
mettre la conservation de l'arbre. M. Pothier a calculé 
qu'un C uras femelle peut rapporter annuellement 550 
graines environ ; et l'amande, qui pèse à peu près 25 
grammes, donne 22°/ d'un amidon qui, d'après les chimistes 
Chatelet Lapeyrère, serait de première qualité. Le Ci/cas 
circinalis, qu'on trouve ça et là à la Réunion, surtout dans 
les localités humides, y a été introduit. 

3. Amidon des graines de Dioon edule. — Cycadacées. 

Cette Cycadacée est originaire du Mexique, où on extrait 
parfois l'amidon de ses graines. 

Annales du Musée colonial do Marseille. — 3« sc'iie, »• vol. 1916. 6 



82 II. JUMELL1 

4. Feuilles carpellaires fraîches de Gycas revoluta. — Cyca- 

dacées. 

5. Feuilles carpellaires sèches de Gycas revoluta. 

6. Graines de Gycas revoluta. 

Le Cycas revoluta est du Japon. Les graines pourraient 
fournirde l'amidon comme celles du Cycas circinalis. 

7. Fécule de Manihot utilissima. — Euphorbiacées. 

8. Tapioca de manioc en grumeaux. 

9. Tapioca petits grains. 

10. Racine de Manihot utilissima. 

La Réunion exporte annuellement un peu plus de 2 mil- 
lions de kilos de tapioca et un demi-million de kilos de 
fécule de manioc. Les féculeries de la colonie possèdent 
aujourd'hui un outillage très perfectionné. 

(II. Jacob de Cordemoy : Etude sur l'île de la Réunion. Annales du 
Musée Colonial de Marseille, 1904.) 

11. Arrow-root de Maranta arundinacea. — Cannacées. 

C'est Y arrow-root de la Barbade, et, par conséquent, le 
véritable arrow-root. Il ne donne lieu à aucun commerce 
à la Réunion. 

12. Bulbilles de Discorea Hoffa. — Dioscoréacées. 

Le Dioscorea Hoffa, ou ho/fe noire, ou ho ffe marronne, est 
la seule espèce de Dioscorea indigène a la Réunion. Ses 
grosses bulbilles, aux aisselles des feuilles, rappellent celles 
du Dioscorea sativa. Elles ne sont pas toxiques et sont 
consommées couramment par les indigènes. Fraîches, elles 
contiennent, d'après les analyses de M. Schlagdenhauffen, 
6,4 °/o de fécule et 4 % d'albuminoïdes, et elles seraient 



RÉUNION 83 

donc plus riches en ces deux principes que les bulbilles 
de Dioscorea sativa. Elles contiennent, en outre, 0,141 °/ 
d'un mucilage qui n'a pas été signalé dans l'autre espèce. 

19. Maïs. — Graminées. 

Le maïs peut être cultivé à la Réunion depuis le littoral 
jusqu'aux altitudes moyennes; mais il est surtout destiné à 
la nourriture des animaux, et il entre fort peu dans 1 ali- 
mentation de la population indigène, qui préfère de beau- 
coup le riz. 

ill. Jacob de Cordemoy : loc . cit.) 



II. — LÉGUMES 



21. Fruits de Psophocarpus tetragonolobus. — Légumi- 
neuses. 

Originaire probablement de l'Inde, le pois carré est cul- 
tivé à la Réunion. On consomme les gousses comme des 
haricots verts, lorsqu'elles ont atteint la moitié de leur 
développement. Les graines sont aussi comestibles, mais 
sont de cuisson difficile lorsqu'elles sont sèches. 

De Sorna) : Etude sur les Légumineuses. Slalion agronomique de 
Maurice, bulletin n» 21, 1910.) 

22. Graines de Cajanus indicus. — Légumineuses. 

23. Rameaux et feuilles de Cajanus indicus. 

Uambrevade, ou cytise de l'Inde, est sans doute encore 
originaire de l'Inde, mais a été connu de tout temps à la 
Réunion et à Madagascar. C'est un arbuste vivace. Ses 
graines encore vertes peuvent servir à l'alimentation de 
l'homme. Elles servent aussi à la nourriture des animaux. 



84 II. Jt MELLE 

Elles contiennent, d'après des analyses laites à L'Impérial 
Institute «le Londres sur une sorte du Soudan : 

Eau 7,49° „ 

Substances azotées. . . 20,H 
Substances grasses. . . 1,66 

Amidon •, 60,58 

Cellulose 6,2J 

Cendres 3,9b 

Elles contiendraient un principe actif stimulant. Les 
feuilles fraîches écrasées avec un peu de sel sont employées 
contre les maux de dents et les petits abcès des gencives ; 
leur décoction chaude produit les mêmes effets. 

l>e Sornay : loc. cit. — P. Advisse-Desruisseaux : Quelques pro- 
priétés médicinales de Vambreva.de, L'Agriculture pratique des pays 
chauds, juillet 1913. Cballamel éditeur. — II. Jumelle: Les cultures 
coloniales; fasc. II. Baillière éditeur, Paris.) 

2i. Pois Mascate blanc. — Légumineuses. 

21). Pois Mascate noir. 

Le Mucuna utilis a déjà été cité, comme le Cajanns indicus, 
dans le Catalogue de Madagascar. Les graines sont souvent 
employées pour l'alimentation du bétail, mais doivent être 
mélangées avec des substances moins riches. La plante est 
très cultivée comme plante améliorante. 

(De Sornay : loc. cit.) 

26. Pois-manioc. — Légumineuses. 

Le pois-manioc, ou pois cochon, est le Pachi/rhizus angu- 
latus, ou Dolichos bulbosus, originaire d Océanie et cultivé 
en beaucoup de pays chauds. Les graines ne sont pas ali- 
mentaires et sont peut-être même dangereuses, mais, en 
diverses contrées, les tubercules jeunes et non encore trop 
fibreux sont consommés par les indigènes. Ce sont les cam- 
barcs chinois de Maurice. C'est d'ailleurs un médiocre ali- 



RÉUNION 83 

nient, de cuisson difficile. La composition est la suivante 
d'après M. Bonàme : 

Eau 84,50%, 

Substances minérales. 0,56 

Cellulose 0,78 

Matières grasses 0,08 

Matières sucrées ->.03 

Matières non azotées.. 7,40 

Matières azotées 1 ,65 

Pour l'alimentation du bétail, ces tubercules peuvent être 
récoltés plus tard que pour la nourriture de l'homme. La 
plante est de grand rendement. 

27. Pois-dragée. — Légumineuses. 

Le pois-dragée est une variété à graines blanches et ordi- 
nairement inoffensives dw.PJiaseolus lunatus, auquel appar- 
tient aussi le pois du Cap (Phaseolus inamoenus) de Mada- 
gascar, déjà cité dans le Catalogue de cette autre colonie. 

Les graines mûres du pois-dragée contiennent, d'après 
M. Remanie : 






Eau 11,70»/ 

Cendres 3,70 

Cellulose 6,25 

Matières grasses 0,94 

Matières non azotées . ->^,29 

Matières azotées .... - i , 1 — 







Même pour l'alimentation du bétail il est toujours pru- 



dent de faire cuire ces graines. 



I )e Sornay : loc, rit . 



28. Ambériques. — Légumineuses. 



L'ambérique, déjà citée dans le Catalogue de Madagascar. 
serait peut-être le Phaseolus helvolus. La graine, d'après 
M. de Sornay. a ungoûl sauvage très prononcé, el sert sur- 



fi<> II. JUMELLE 

tout a Maurice à L'alimentation de la basse classe. Sa com- 
position est la suivante d'après M. Bondme : 

Eau li,63% 

Matières minérales. . . 3,81 

Cellulose 5,<Ki 

Matières grasses 0,75 

Matières sucrées .... 7,80 

Matières non azotées. 47,75 

Matières azotéçu 'ï.\,l'.\ 

L'ambérique. jaune, lorsqu'elle croît dans de bonnes con- 
ditions, donne une forte récolte de matière verte. 

(De Sornav : loc. cit. 
29. Antaques. — Légumineuses. 

L an/uque est le Dolichos Lablab, sans doute originaire 
de l'Inde, mais très cultivé aujourd'hui dans beaucoup de 
pays chauds. On consomme les graines, qui sont de cou- 
leur variable, et les gousses jeunes. 

30 à 37. Variétés diverses du haricot ordinaire. — Légumi- 
neuses. 

Ces diverses variétés du haricot ordinaire, ou Phaseolus 
vulgaris [mange-tout, haricot-bœuf\ haricot blanc Bour- 
bon, haricot noir, rouge, Soissons, haricot Perdrix, haricot 
sang de bœuf) sont cultivées, à la Réunion, dans la 
zone d'altitude moyenne et à climat tempéré, comprise 
entre 800 et 2.000 mètres. 

(H. Jacob de Cordemoy : Etude sur Vile de la Réunion. Annales du 
Musée Colonial de Marseille, 1904. ; 

38. Lentilles vertes. — Légumineuses. 

39. Lentilles de Cilaos. 

La lentille, ou Ervum Lens, est cultivée à la Réunion dans 
la même région que le haricot ordinaire. 



RÉUNION 87 

40. Graines de Trichosanthes Anguina. — Cucurbit&cées. 

Le Trichosanthes Anguina est lepatole de la lîéunion. On 
mange les fruits jeunes, lorsqu'ils ont de 15 à 20 jours. 

11. Jumelle : Inc. cil. 



III. _ SUCRES, CAFÉS, CACAOS 

M . Sucre ordinaire. — Graminées. 

52. Cassonade. 

53. Sucre 1 er jet. 
5i. Sucre 2 e jet. 

55. Sucre 3 e jet. 

L'industrie sucrière reste toujours la grande industrie de 
la Réunion, qui exporte normalement 40. 000 à 50.000 tonnes 
de sucre, lorsque les conditions climatiques et économiques 
sont favorables. La eulture de la canne a suere ne dépasse 
y;uère, d'ailleurs, à la Réunion une certaine altitude. Dans la 
Partie du Vent, ou mieux dans toute la partie humide et la 
plus fraîche de l'île, elle ne s'élève pas au-dessus de 
400 mètres : dans la région Nord-Ouest, au contraire, où la 
chaleur est plus forte et la sécheresse habituelle sur le litto- 
ral, elle croit jusqu'à 1 .000 à 1 .200 métrés. 

H. Jacol) de Cordemoj : Etude sur Vîle de la Réunion. Annales du 
Musée Colonial <!<• Marseille, 1904 . 

56. Café Bourbon. — Rubi&cées. 

57. Café d'Aden. 

58. Café en grains. 



88 II. JUMELLE 

;'»9. Café du pays, ou café rond. 

60. Café Leroy, ou café pointu. 

61 . Coque des fruits de caféier. 

62. Fleurs et fruits de Coffea arabica 

63. Fleurs sèches de Coffea arabica. 

64. Feuilles de Coffea arabica. 

La culture du caféier d'Arabie a été jadis une des grandes 
sources de revenu de la Réunion, qui cultivait surtout 
deux variétés : le café du pays, ou café rond, à graine 
ovalf, avec extrémités arrondies, et le café Leroy, ou café 
pointu, à graine plus allongée, avec extrémités aiguës. Le 
caféier d'Arabie croît, a la Réunion, aussi bien dans la zone 
basse que jusqu'à 1.000 à 1.100 mètres. Mais YHemileia 
vastatrix a considérablement réduit cette culture. 

(H. Jacob de Corderaoy : loc. cit.) 

65. Café en coques de Coffea liberica. — Ruhiacées. 

66. Café hybride de Coffea arabico-liberica. 

C'est la disparition partielle du caféier d'Arabie, à la suite 
des attaques de YHemileia vastatrix, qui a amené les plan- 
teurs de Bourbon à introduire dans l'île la culture du 
caféier de Libéria. 

67. Café marron en grains. — Ruhiacées. 

Le caféier marron est le Coffea mauritiana, très commun 
dans les forêts de l'île, entre 200 et 1.200 mètres d'altitude. 
Les graines servent aux mêmes usages que celles du 
caféier d'Arabie, auxquelles on les mélange parfois, mais 
les effets physiologiques en sont plus prononcés. 

(H. Jacob de Cordemoy : Flore de l'île de la Réunion. 1895.) 



RÉUNION H9 

68. Café du Kouilou. 

Le CofJ'ea canephora n'est jusqu'alors cultivé que très 
exceptionnellement à la Réunion. 

69. Fruits de cacaoyer. — Sterculiacées. 

70. Fleurs et fruits de cacaoyer. 

71 . Graines torréfiées de cacao. 

72. Coque des fruits de Theobroma Cacao. 

73. Extrait sec des coques de cacao. 

"i Beurre de cacao. 

Le cacaoyer a été jadis beaucoup cultivé dans la zone 
littorale de 1 île, mais sa culture a été peu à peu abandonnée 
et il n'y a plus, depuis long-temps, aucune exportation de 
cacao de la Réunion. 

IV. — CONDIMENTS ET AROMATES 

81 . Vanille de première qualité. — Orchidacées. 

82. Fruits de vanille dans l'alcool. 

La culture de la vanille est, après celle de la canne à 
sucre, la culture la plus importante de la Réunion. La 
vanille de Bourbon a toujours été hautement estimée. Le 
tuteur aujourd'hui préféré par les planteurs de la 
colonie est le vaquois, ou Pandanus titi/is. aux racines 
aériennes duquel la base se fixe solidement. Les exporta- 
tions annuelles sont de 50.000 à 60.000 kilos, représentant 
un peu plus d'un million et demi de francs. 

II. Jacob <!<■ Cordemoy : loc. rit. 



90 II. JUMELLE 

83. Feuilles d'Angraecum fragrans. — Orchidacées. 

84. Fleurs d'Angraecum fragrans. 

I. Angraecum fragrans est le faham de la Réunion, où il 
vit en épiphyte sur les arbres des forêts. La plante exhale 
un parfum agréable de coumarine. Ses feuilles. qui consti- 
tuent le thé de Bourbon, sont employées en infusion théi- 
forme. 

l^E. Jacob de Cordemoy : loc. cit.) 

85. Clous de girofle. — Myrtacées. 

La culture du giroflier est aujourd'hui délaissée à la 
Réunion. L'espèce est devenue subspontanée. 

81). Fruits de Myristica fragrans. — Myristicacéw, 

87. Fruits de Myristica fragrans. 

Le muscadier, devenu subspontané au voisinage des 
plantations, dans les localités humides de la Partie du Vent, 
est aujourd'hui délaissé comme le giroflier. 

88-89. Noix de Ravensara aromatica. — Lau racées. 

90. Feuilles de Ravensara aromatica. 

Le ravensara, apporté de Madagascar, est devenu sub- 
spontané à la Réunion, mais sans se naturaliser. La graine 
est très usitée dans l'île comme épice ; les feuilles sont aussi 
employées comme celles de notre laurier. 

91. Rhizomes de Gurcuma longa. — Zingihéracées. 

Le Curcuma longa, que nous avons déjà signalé à Mada- 
gascar, et qui est aussi appelé safran à la Réunion, est 
cultivé ou subspontané. 

92. Feuilles de Pimenta acris. — Myrtacées. 



RÉUNION 91 

Le Pimenta acris, du Centre-Amérique et des Antilles, 
est encore cultivé ou subspontané à la Réunion. Ses feuilles 
sont employées dans l'art culinaire comme celles de notre 
laurier. L'essence est riche en euifénol. 

93-94. Écorces de cannelle. — Lauracées. 

Le Cinnamomum zeylanicum, ou cannelier de Ceylan, et 

d autres espèces de Cinnamomum . ont été introduits à la 
Réunion dans les mêmes conditions que les plantes précé- 
dentes. 

9o. Gros piments. — Solanacées. 

Diverses espèces de Capsicum sont cultivées à la Réunion. 
Le Capsicum minimum, ou piment enragé, est même sub- 
spontané. 



V. — PLANTES MÉDICINALES 
ET TOXIQUES 

Nous mentionnons seulement la plupart de ces plantes, 
(jui n'ont qu'intérêt local et dont les propriétés sont indi- 
quées dans la Flore de la Réunion de M. E. Jacob de 
Gordemoy. 

KM. Polypodium lanceolatum. — Fougères. 

1 02. Racines de Cynodon Dactylon. — Graminées, 

103. Feuilles d'Andropogon elegans. — Graminées. 
lUi. Racines de Smilax anceps. — Liliacéçs. 

1U5. Racines d'Obetia ficifolia. — Urticacées. 

lUfi. Bois et rameaux de Maillardia borbonica. - - M orées. 



92 M. JUMELLE 

107. Écorces de Tréma Commersonii. - Celtidacées. 

108. Charbon de bois de Tréma Commersonii. 

Ce charbon en poudre est utilisé comme la poudre de 
charbon du Codex. 

100. Rameaux et feuilles de Piper borbonense. — Pipéracées. 

110. Feuilles de Chenopodium ambrosioides. — Chénopo- 
diacées. 

Le Chenopodium ambrosioides, espèce cosmopolite, est 
le thé du Mexique, qu'on prend, en effet, en infusion théi- 
forme. 

111. Feuilles de Clematis mauritiana. — Renonculaeées. 

112. Pâte de feuilles de Clematis mauritiana. 
118. Fruits et galles de Clematis mauritiana. 

114. Feuilles d'Anona muricata. — Anonacées. 

115. Pâte des feuilles d'Anona muricata. 

1 16. Racines de Triumfetta glandulosa. Tiliacées. 

117. Fruits de Guazuma tomentosa. - Stereuliaeées. 

118. Pulpe d'Adansonia digitata. — Malvacées. 
110. Graines d'Adansonia digitata. 

120. Écorces d'Adansonia digitata. 

Le haohah est cultivé et se reproduit spontanément dans 
quelques localités de la Réunion. L'écorce et les feuilles 
servent à préparer des décoctions émollientes. La pulpe 
donne une boisson acidulée; tamisée, c'est la terre de 



RÉUNION 93 

Lernnox des anciens médecins, qu'on emploie délayée dans 
de l'eau contre les hémoptvsies et la dysenterie. 

(E. Jacob de Cordemoy : Flore de la Réunion, IS'.H'p. 

121 . Fleurs d'Hypericum lanceolatum. - - Hypéricacées. 

122. Feuilles d Hypericum angustifolium. 
\2'A. Euphorbia pilulifera. — Euphorbiacées. 
12i. Euphorbia indica. — Euphorbiacées. 
125. Latex de Carica Papaya. — Bixacées. 
12G. Fleurs de Carica Papaya. 

I27. Racine de Carica Papaya. 

Toutes les parties du papayer contiennent un latex dont 
le principe actif, la papaïne, dédouble à la façon de la 
pepsine les albuminoïdes. 

Le latex de papayer contient, d'après Peckolt : 

Eau 74,971 

Substance analogue au caoutchouc.. i,!>:2"> 

Graisse cireuse 2,i2't 

Résine blonde 0,110 

Résine brune 2,770 

Substances albuminoïdes 0,000 

Papayoline papaïne de Wurtz) 1,059 

Matières extractives !i,:{03 

Acide malique 0,443 

Substances pectiques 7.100 

12S. Bois et écorces d'Aphloia theaeformis. — lii.racces. 

\JAphloia /liraeformis, déjà mentionné dans le Catalogue 
de Madagascar, est un arbuste très commun à la Réunion 
dans les zones basse et moyenne. 

129. Feuilles de Passiflora alata. — Passifloracées. 

('.elle espèce a été appelée P&ssiftora mauritiana par du 



•>; 



II. JUMELLE 



Petit-Thouars, (jui la considéra comme indigène, alors qu'il 
s'agissait de l'espèce américaine naturalisée. Les feuilles 
seraient vomitives. 

E. Jacob de Cordemoy : Inc. cit. 

130. Écorces de Moringa pterygos-erma. — Moringacées. 

131. Fumaria officinalis. — Fumariacées . 

132. Rameaux d'Erythroxylon hypericifolium. Linacées. 

133. Racines et bois de Toddalia aculeata. — liutacécs. 

134. Feuilles de Triphasia trifoliata. — liulacées. 

135. Écorces de Quivisia heterophylla. - - Méliacées. 
13G. Écorces de Cupania alternifolia . — Sapindacées. 

137. Tronc de Cupania alternifolia. 

138. Écorces d'Hippobromus apetalus. — Sapindacées. 

139. Feuilles de Cardiospermum Halicacabum. — Sapin- 
dacées. 

140. Écorces et racines de Caesalpinia Bonducella. — Légu- 
mineuses. 

141 . Graines de Caesalpinia Bonducella. — Légumineuses. 

Cet arbuste sarmenteux de l'Inde est aujourdhui sub- 
spontané ça et là à la Réunion, comme en beaucoup d'autres 
pays chauds. Les graines, aux Indes, ont la réputation 
d'être un fébrifuge de premier ordre. Le principe actif 
serait une substance amère,la bonducine, qui, d'après Isnard, 
agirait comme la quinine. On administre la poudre de graine 
de bonduc comme cette quinine. 

142. Gousses de Tamarindus indica. — Légumineuses. 



RKI \ln\ 95 

143. Écorces de Tamarindus indica. 

Le tamarinier, indigène en Afrique tropicale, est depuis 
longtemps naturalisé à la Réunion comme en beaucoup 
d'autres pays chauds. 

I i ». Graines de Cassia occidentalis. — Légumineuses. 

Le Cassia occidentalis est le gros indigo sauvage de la 
Réunion, où il est très commun dans la zone basse. 

145. Graines d'Abrus precatorius. Légumineuses. 

146. Racines dAbrus precatorius. 

hejéquirity, qui est la réglisse marronne de la Réunion, 
est surtout commun dans les localités sèches de l'île. 

I i~. TeramilUS labialis. — Légumineuses. 

148. Graines de Tephrosia candida. — Légumineuses. 
Ces graines de Yindigo blanc sont vénéneuses. 

149. Rameaux d'Elaeodendron orientale. — Célastracées. 

150. Écorces des tiges de Terminalia Benzoin. — Combré- 
tacées. 

Le Terminalia Benzoin Lin. f. est le Terminalia mauri- 
tiana Lamk. Son écorce, riche en tannin, comme celle de la 
plupart des autres badamiers, laisse exsuder, d'après M. E. 
Jacob de Cordemoy, une résine qui rappelle le benjoin. 
M. Magenc n'a pas trouvé dans la plante de canaux sécré- 
teurs. 

Magenc : Les Badamiers. Annales du Musée Colonial de Marseille, 
1914. 

151. Écorces et graines de Terminalia Gatappa. — Combré- 
tacées . 



% H. JJDMELLE 

Ce badamier proprement dit, originaire de l'Inde, est 
naturalisé à La Réunion et est devenu très commun. Ses 
feuilles et ses écorces sont astringentes. L'écorce contient 
12 °/ de tannin. Le péricarpe du fruit en contiendrait 20°/ o . 
La graine, qui est comestible, renferme HO °/ environ d'une 
huile, dite huile de badamier, qui se compose de 54 °/ 
d'oléine et 46 °/ de palmitine. 

Magenc : loc. cit.) 

152. Écorces de Punica Granatum. — Myrtacées. 

Le grenadier est encore une plante cultivée et subspon- 
tanée à la Réunion. 

153. Écorces d'Eugenia Jambos. — Myrtacées. 

Le jamrosa, originaire de l'Inde et de la Péninsule Ma- 
laise, est naturalisé dans la colonie, où il est surtout 
commun sur le bord des ravines. 

154. Écorces de Psidium pomiferum. — Myrtacées. 

Le goyavier-pomme, ou goyavier rouge, est originaire 
d'Amérique. 

155. Bois et feuilles d'Icacorea borbonica. — Primulacées. 

156. Graines en coque de Gaertnera vaginata. — Loga- 
niacées. 

157. Graines décortiquées de Gaertnera vaginata. 

158. Graines torréfiées de Gaertnera vaginata. 

Le Gaertnera vaginata est le hois-café de la Réunion. 

159. Bois d'Arduina xylopicron. — Apocynacées. 

160. Poudre du bois d'Arduina xylopicron. 

Ce bois très amer est tonique et stomachique. 



RÉUNION 97 

161. Écorces d'Ochrosia borbonica. — Apocynacées. 

162. Tiges de Sarcostemma viminale. - Asclépiadacées. 

Le Sarcostemma viminale, qu'on retrouve à Madagascar 
et sur le continent africain, est une liane sans feuilles, uti- 
lisée comme astringente. 

163. Feuilles de Tylophora asthmatica. — Asclépiadacées. 

C'est Y ipéca du pays, et qui sert, en effet, aux mêmes 
usages que le véritable ipéca. 

164. Racines de Danais fragrans. — Rubiacées. 
16o. Feuilles de Mussaenda arcuata. — Rubiacées. 

166. Écorces d'Ixora borbonica. — Rubiacées. 

167. Rameaux et feuilles de Psathura angustifolia . — Ru- 
biacées . 

Les feuilles de tous les Psathura, ou bois cassants, de 
la Réunion, sont très usitées en infusion théiforme, mais les 
meilleures sont celles du Psathura angustifolia. 

168. Bois de Guettarda verticillata . — Rubiacées. 

169. Écorces de Cinchona succirubra. — Rubiacées. 

Le Cinchona succirubra, originaire des Andes, est le 
quinquina rouge. 

170. Fleurs de Morinda citrifolia. — Rubiacées. 

Le Morinda citrifolia est originaire de l'Inde. Ses feuilles 
sont toniques et fébrifuges ; l'écorce fournit une matière 
colorante rouge. 

171. Ageratum conyzoides. — Composées. 

Annales <in Musée colonial de Marseille. -8" - 'vol. 191(1. 



il. .11 mi-xi i; 

172. Feuilles de Psiadia trinervia. — Composer*. 

Cet arbuste serait originaire de Maurice et est seulement 
cultivé à la Réunion. 

E. Jacob de < iordemoj : loc. cit. 
I"'{. Tiges de Spilanthes Acmella. — Composées. 

174. Tiges et feuilles de Siegesbeckia orientalis. — Com- 
posées . 

I":i. Feuilles de Senecio Ambavilla. — Composées. 

176. Feuilles de Pyrethrum indicum. — Composées. 

C'est Y herbe de Saint-André, subspontanée au voisinage 
des habitations. 

177. Feuilles d'Eupatorium Ayapana. — Composées. 

Uayapana, déjà mentionné dans le Catalogue de Mada 
gascar, a été introduit à la Réunion comme en beaucoup 
d'autres contrées. 

178. Feuilles dEupatorium odoratum. — Composées. 

Cette autre espèce d'Eupatorium est usitée comme la 
précédente et est également d'origine américaine. Elle est 
indigène notamment aux Antilles. 

179. Feuilles d'Artemisia Absinthium . — Composées. 

L absinthe n'est pas citée à la Réunion par M. E. Jacob 
de Cordemoy, mais y est sans doute plus ou moins cultivée, 
comme en beaucoup d'autres pays. 



l;i i MON 99 



VI. — BOIS 

Un catalogue spécial des Bois de la Réunion, dont le Musée 
Colonial possède une riche collection, paraîtra ultérieurement, 
lorsque les déterminations botaniques de ces bois, qui ne sont 
pas accompagnés d'échantillons botaniques, auront été tout 
au moins contrôlées par l'examen anatomique. 



VII. — OLÉAGINEUX 

11)2. Fruits de Raphia Ruffia . — Palmiers. 

193. Cire des feuilles de Raphia Ruffia. 

Ce palmier de Madagascar, qui est le mouffia de la Réu- 
nion, est naturalisé dans certaines localités de l'île, au bord 
des cours d'eau. 

19 i. Fruits de Litsea laurifolia. — Lauracées, 

Cette Lauracée asiatique est naturalisée partout dans la 
région basse de l'île. 

E. Jacob <l<' Cordemoj : loe. cit. 

195. Corps gras dOcotea cupularis. — Lauracées, 

196. Tourteau d'Ocotea cupularis. 

197. Fruits d'Ocotea cupularis. 

198. Feuilles d'Ocotea cupularis. 

L'huile (YOco/i'n cupularis es! aromatique el brûle en 



100 II. JUMELLE 

donnant une belle lumière. Elle paraît un produit intéres- 

s;in [ . 

E. Jacob de ( ïordemoj : loc. cit. 
199. Graines de Ricinus communis. — Euphorbiacées. 

Le ricin ne donne pas lieu, à la Réunion, à une culture 
industrielle. 

201). Fruits de Jatropha Çurcas. — Euphorbiacées. 

201. Graines de Jatropha Gurcas. 

Le pignon d' Inde est à la Réunion un des supports de la 
vanille, quoique le Pandanus uiilis lui soit de plus en plus 
préféré depuis quelque temps. Il est subspontané dans l'île. 
L'huile des graines sert dans les classes pauvres comme 
huile à brûler. Mêlée à l'huile de ricin, elle est employée 
comme purgatif, à des doses variant de 12 gouttes à 
4 grammes. Deux à quatre graines broyées produisent le 
même résultat. Mais les empoisonnements par ces graines 
ne sont pas rares. 

(E. Jacob de Cordemov : loc. cit. 

202. Noix d'Aleurites triloba. — Euphorbiacées. 

203. Huile des graines d'Aleurites triloba. 

Le bancoulier, originaire des îles de l'Océanie, est natu- 
ralisé à la Réunion. Les noix se composent de 64 °/ environ 
de coque et 3G % d'amande, et celle-ci contient de 60 à 
68 % d'une huile brun jaunâtre, qui est siccative et peut 
servir d'huile à brûler. L'indice d'iode est 151 et l'indice 
de saponification 193,7. 

204. Graines deMoringa pterygosperma. — Moringacées. 

Le mouroungue, qui passe pour être originaire de l'Inde, 
est naturalisé à la Réunion comme en beaucoup d'autres 



© 



RÉlMdN 101 

pays chauds. Il peut fournir, comme le Moringa aptera 
d'Afrique, l'huile de bon, qui estime huile inodore, claire, 
presque incolore, de rancissement difficile et contenant les 
glvcérides des acides margarique, oléique et béhénique (ou 
bénique . A L'Impérial Instituée de Londres, des -raines 
de Moringa pterygosperma provenant de la Nigérie ont 
donné 38°/ d'une huile pâle dans laquelle on a séparé la par- 
tie solide de la partie liquide. Pour la partie solide. L'indice 
de saponification a été de 194,4 et l'indice d'iode 08,3. Pour 
la partie liquide, on a trouvé : 

Densité à 15°. 0,01 i 

Indice d'acide 15.3 

Acides gras libres (en acide oléique). . 7,7°/ 

Indice de saponification 189,2 

Indice d'cther 173.9 

Indice d'iode "0,7 

Dans de l'huile de graines de la Jamaïque, on a séparé 
60°/o de partie liquide et 40% de partie solide. Les cons- 
tantes étaient : 

Partie liquide. Partie solide. 

Densité 0,9124 à 15° 0,8650 à 100» 

Indice d'acide 8,7 7,2 

Acide gras libres i . i-% 3,6 % 

Indice de saponification... 190,3 193,6 

Indice dether 187,6 186,4 

Indice d'iode 70,1 63,2 

L'huile de ben est une bonne huile d'éclairage. Démarga- 
rinée, elle est très fine et a été employée en horlogerie 
comme huile de graissage. En parfumerie, elle a la pro- 
priété de fixer énergiquement les odeurs sans en diminuer 
l.i suavité. 

The nature and commercial uses of Ben OU. Bulletin <>f the [mpc 
rial Institute, juin 1904. 

'2W.\. Beurre d'Adenanthera pavonina. Légumineuses. 

*20t;. Graines d Adenanthera pavonina. 



1 02 ji. .11 mii ii 

207. Fruits d'Adenanthera pavonina. 

208. Fleurs et feuilles d Adenanthera pavonina. 

Cet arbre de l'Inde, subspontané et cultivé à la Réunion, 
donne de belles graines rouges qui sont de poids constant 
et servent dans l'Inde à la pesée des pierres précieuses. 

209. Fruits d'arachides. — Légumineuses. 

Uarachide, ou pistache de terre, est cultivée et subspon- 
tanée à la Réunion. 

210. Huile des graines de Momordica Charantia. — Cucurbi- 

taeées. 

La marffose, d'origine asiatique, est cultivée et subspon- 
tanée à la Réunion. Le fruit est consommé non mûr de 
diverses manières, mais est très amer et doit être soumis à 
une ébullition prolongée dans l'eau. On peut le manger 
comme hors-d'œuvre, à la façon des concombres, après 
l'avoir laissé dégorger pendant quelque temps dans du gros 
sel. Les graines sont très oléagineuses. 

211. Corps gras et dérivés de Momordica Balsamina. — 
Cucurbitacées. 

212. Fruits de Momordica Balsamina. 

213. Fleurs de Momordica Balsamina. 

Les fruits du Momordica Balsamina seraient toxiques à 
haute dose, mais à petites doses seraient hydragogues. 
Les graines sont, comme les précédentes, très oléagi- 
neuses. 



EU i MON l<>3 



VIII.— TEXTILES ET PAILLES 



221 . Graines et bourre de Ceiba pentandra. — Malvacêes. 

L'ouatier, ou kapokier, est cultivé et même subspontané 
à la Réunion. 

222. Coton cardé de Gossypiumsp. — Malvacées. 

L'espèce de cotonnier qui s'est naturalisée à la Réunion 
est le Gossypium barbadense. 

223. Fibres textiles de Celtis. — Celtidàcées. 

Planchon a signalé à la Réunion le Celtis mauritiana , 
que M. .T. Cordemov dit n'avoir jamais rencontré. 

22 1 . Feuilles de Pandanus utilis. — Pandanacées. 

22.*). Bretelles en feuilles de vaquois. 

Le Pandanus utilis, ou vaquois, est très cultivé à la 
Réunion comme support de la vanille, et aussi pour ses 
feuilles. Avec les larges feuilles souples de l'arbre jeune, 
on fait des sacs et des nattes. 

22t'i. Paille brute et paille préparée de Sechium edule. — 
Cucurbitacées. 

227. Porte-montre en paille de chouchou. 

D'origine américaine, le Sechium edule, ou thotichùu, 
s'est abondamment naturalisé dans la zone moyenne île 
1 ile. La paille que fournit la partie fibreuse du péricvele de 
ses tiges esl blanc argenté el brillante; sa ténacité permet 
de l'utiliser en chapellerie et pour la confection d'objets de 
fantaisie. <m la prépare en fendant les tiges Longitudinale- 



tOi II. JDMELLE 

ment et en grattant tous les tissus qui recouvrent de part 
il d'autre la lamelle péricyclique ; puis on lave et on des- 
sèche. Le produit, il y a quelques années, était exporté en 
France pour la chapellerie ; il ne semble pas, cependant, 
avoir réalisé les espérances des fabricants européens, et son 
prix de vente (2 francs le kilo) en France était devenu, 
en 1911, inférieur aux prix de revient sur place. L'industrie 
de la paille de chouchou dans la colonie est en décroissance 
très marquée. 



IX. — PLANTES A ESSENCES 

231. Racines de Vetiveria zizanioides. — Graminées. 

232. Essence de vétiver. 

Originaire de Geylan et de l'Inde, le vétiver s'est natura- 
lisé et est cultivé à la Réunion, qui distille sur place les 
racines fraîches et exporte l'essence (866 kilos en 1911, 
1.170 kilos en 1912 et 1.893 kilosen 1913). 

233. Essence de géranium. — Géraniacées. 

Le géranium rosal est le Pelargonium roseum Willd., 
qui est soit une variété du Pelargonium H ad nia Lhéritier, 
soit un hybride du Pelargonium B adula et du Pelargonium 
graveolens. En tout cas, ce Pelargonium roseum Willd. a 
pour synonymes le Pelargonium Radula Lhérit. var. 
roseum Willd. et le Pelargonium Radula var. rosodorum 
HofFmgg. 

La plante est cultivée à la Réunion depuis 1880. Les 
plantations sont établies dans la zone moyenne entre 400 
et 1 .200 mètres. Les exportations d'essence étaient de 
43.138 kilos en 1912 et 37.614 kilos en 1913. Cette 
essence de géranium de la Réunion sert principalement pour 
parfumeries savons de toilette. 

(H. Jumelle : Les cultures coloniales, fasc. VIII. Baillière, Paris, 1916. ) 



RÉUNION 10." 

234. Essence d'ylang-ylang. — Anonacées. 
23.">. Essence de Cananga odorata. 

L'introduction du Cananga odorata, ou ylany-ylang, à 
la Réunion est très ancienne. La colonie exportait 1.225 litres 
d'essence en 1911 et 2.T.27 en 1912. 

~2'M>. Essence de citronnelle. — Graminées. 

Les Cymbbpogon dont on distille l'essence sont deve- 
nus subspontanés à la Réunion, mais une nouvelle déter- 
mination botanique de ces Cymbopogon serait nécessaire, 
car divers échantillons d' « essence de citronnelle » de la 
Réunion n'ont pas, à l'analyse, présenté trace de géraniol 
et, au contraire, étaient très riches en citral. Ce serait donc 
plutôt, en réalité, une essence de lemon-grass. 

237. Essence de patchouli. — Labiées. 

238. Essence de basilic. — Labiées. 



X. _ GOMMES 

2il. Gomme d'Acacia dealbata. — Légumineuses. 

1,'acacia Bernier est naturalisé dans l'île et cultivé sur 
les hauteurs. 

2i2. Gomme et fruits de Sterculia foetida. Sterculiacées . 

2i3 Bois de Sterculia foetida. 

Originaire de l'Inde, le Sterculia foetida est aujourd'hui 
répandu dans Les pays tropicaux les plus divers. Ses graines, 
connues quelquefois sous le nom d'olives de Java ou de 
graines de beliquo, contiennent environ 2."» pour 1(10 de leur 
poids en huile. Cette huile est jaune clair, épaisse à 20° et 



I 06 II. .11 MKI.I.K 

se solidifie à 0°. Elle rancil facilement. <m peut l'employer 
en savonnerie; certains la considèrent comme comestible. 
A 240° elle se transformerait en une substance solide et 
élastique, par suite d'une polymérisation. Le produit ainsi 
obtenu par simple chauffage ou bien encore par chauffage en 
présence de chlorure de soufre ou de soufre, et qui ressemble 
au caoutchouc, est jaune clair s'il a été uniquement chauffé, 
et brun s il a été sulfuré. Dans ce dernier cas, il convien- 
drait plus particulièrement pour la fabrication des factices. 
Par contre, les essais d'oxydation de l'huile n'ont conduit 
qu'à des résultats insuffisants ou négatifs, et les produits 
obtenus ne semblent pas utilisables pour la préparation des 
vernis. 

(Heim : Utilisation de V huile de Stereulia foetida. Bulle- 
tin de l'Office colonial ; août-septembre 1916.) 

244. Feuilles d'Eucalyptus resinifera. — Myrtacéés. 

L'Eucalyptus resinifera est originaire d'Australie, où 
c'est, dans la région de Sydney, le red mahogany, ou forest 
mahogany. C'est aussi, à cause de son kino, le Botany Bay 
(juin tree, le red-yum et le grey-gum . 



XI. — TANNINS 

251. Ecorces d'Albizzia Lebbek. — Légumineuses. 

252. Graines d'Albizzia Lebbek. 

Le bois noir est naturalisé et commun partout à la Réu- 
nion. 

253. Gousses d'Acacia Farnesiana. — Légumineuses. 

La cassie est encore un arbre naturalisé dans la colonie. 

254. Ecorces d'Eugenia cymosa. — Myrtacéés. 
C'est le bois de pomme, commun dans les forêts. 



i:l l \|n\ H>7 



XII. — TA1ÎAC 



261. Graines de tabac et tabac en carotte. — Solanacées. 

Le Nicotiana Tabacum pousse, à la Réunion, aussi bien 
dans la zone basse que sur les hauteurs de moyenne alti- 
tude. La culture en est libre et est faite un peu au basard et 
sans méthode. Elle pourrait être améliorée et devenir une 
source de revenu pour la colonie si la France importait, 
comme il en a été question, les tabacs de ses colonies. 
Pour les essais faits en France ace sujet en 1912 avec nos 
tabacs coloniaux, la Réunion a exporté dans la métropole 
368 kilos de tabacs en feuilles et 300 kilos de tabac en 
poudre. Les exportations de tabacs de la Réunion étaient 
de 100.000 kilos environ en 191 1 et en 1912. à destination 
principalement de Maurice. 



INDEX DES COLLECTIONS BOTANIQUES 
DE LA RÉUNION' 



Abrus precaiorius, 145, 146. 

Absinthe, 179. 

Aca ci a dea lhata . 2 i 1 . 

— Farnesiana, 253. 
Adansonia digitata, 119, 120. 
Adenanthera pavonina, 205-208. 
Agatophyllum aromaticum, 88- 

90. 
Ageralum conyzoides, 171. 
Albizzia Lebbek, 25.1, 252. 
Aleuriles triloba, 202, 203. 
Ambérique, 28. 
Ambrevade, 22, 23. 
Andrepogon elegans, 103. 
Angraecum fragrans, 83, 84. 
Anonâ muricata, 114, 115. 
Antaques, 29. 
Aphloia theaeformis, 128. 
Arachide, 209. 

Arduina xylopicrqn, 159, 1 60. 
Arrow-root, 1 1 . 
Artemisia Absinthium, 179. 
A va pana. 177. 



Badamier, 150, 151 . 
Bancoulier, 202, 203. 



Baobab, 119, 120. 
Basilic. 238. 
Ben. 204. 
Bois-café, 150-158 
Bois cassant, 107. 
Bois noir, 251, 252. 
Bois de pomme, 254. 



Cacao, 09-7 i. 

Caesalpinia Bonducella I i<>, 

141. 
Cafés, 50-68. 
Cajanus indicus. 22, 23. 
Cambare chinois, 26. 
Cananga odorata, 234, 235. 
Cannelle, 93, 94. 
Caps icu m mini m u m, 95. 
Cassonade. 52. 
Cardiospernmm Halicacabum , 

139. 
Carica Papaya. 125-127. 
Cassia occidentalis, 144. 
Cassie, 253. 
Ceiba penlandra, 221. 
Cet lis mauritiana, 223. 
Chenopodium ambrosioide$ t 

I KL 



1. Pour l'Index des collections botaniques de Mada voir, p 



10 



11. JUMELLE 



Chouchou, 226, 227. 
Cinchona succirubra, 169. 
Cinnamomum zeylanicum, 93, 

' litronnelle, ~2'M. 

Clematis mauriliana, Lll-113. 

Coffea arabica, 50-63. 

arabico-liherica , 66. 

canephora, 68. 

liber ici, 65. 

mauritiana, 67. 
Cupania alfernifolia, 136, 137. 
Curcuma long a, 91. 
Cyathea excelsa, 1. 
Cycas circinalis, 2. 

revoluta, 4-6. 
Cymbopogon, 236. 
Cynodon Dactylon, 102. 
Cytise de l'Inde, 22, 23. 



D 



Dariais fragrans, 164. 
Dioon edule, 3. 
Dioscorea Ho/fa 12. 
Dolichos bulbosus, 26. 
Lahlab, 29. 



Fa h a m, 83, 84. 
Forest-mahogany, 244. 
Fu maria officinalis, 131. 



Gaertnera vaginal;/, 156-158. 
Géranium, 233. 
Girofle, 85. 
Gossypium sp., 222. 
Goyavier, 154. 
Grenadier, 152. 
Grey-gum, 244. 
Guazuma tomentosa, 117. 
Guettarda verlicillata, 168. 

H 

Haricots, 30-37. 
Herbe de Saint-André, 176. 
Ilippobromus ape talus, 138. 
Hofîe marronne, 12. 
Hypericum lanceolatum, 121. 
— angustifolium, 122. 



E 

Elaeodendron orientale, 149. 
Ervum Lens, 38, 39. 
Erythroxylon hyper ici folium , 

132. 
Eucalyptus resini fera, 244. 
Eugenia cymosa, 254. 
Jamhos, 153. 
Eupatorium Ayapana, 177. 
odoratum, 178. 
Euphorbia indica, 124. 

pilulifera, 123. 



Icacorea borbonica, 155. 
Indigo (gros), 144. 
Indigo blanc, 148. 
Ipéca du pays, 163. 
Ixora borbonica, 166. 



Janirosa, 15.'?. 

Jatropha Curcas, 200, 201, 

Jéquirity, 146. 



KÉl MON 



Hl 



Lemon-grass, '230. 
Lentilles, 38, 39. 
Litsea laurifolia, 194. 

M 

Ma.illa.rdia borJtonica, 106. 

Maïs, 19. 

Ma.nihot utilissima, 7-10. 

Manioc, 7-10. 

Maranta arundinacea, 11. 

Margose, 210. 

Momordica Balsamina,'2\ 1-213. 

Çharantia, 210. 
Morinda citrifolia, 170. 
Moringa plerygosperma, 20i. 
Mouffîa, 192, 193. 
Mouroungue, 204. 
Mucuna ut ili s, 24, 25. 
Muscadier, 86, 87. 
Mussaenda arcnata, 165. 
Myristica fragrans, 86, 87. 

N 



Papayer, 125-127. 
Passiflora alata, 129. 
Patchouli, 237 . 
Patole, io. 

Pelargonium Radula, 233. 
Phaseolus helvolus, 28. 
tn;init>enu.s, 27. 

— lunatus, 27. 
vulgaria, 'M)-'M. 

Pignon d'Inde, 200, 201. 
Piment, 95. 
Pimenta acris, 92. 
Piper borbonense, 109. 
Pois du Cap, 27. 
carré, 21. 

- cochon, 26. 

— dragée, 27 . 

— manioc, 26. 
Mascate, 21, 25. 

Polypodium lanceolatum, 101 
Psathura angustifolia, 167. 
Psiadia trinervia, 172. 
Psidium pomiferum , 1 5 i . 
Psophocarpus tetragçnolohus, 

21. 
Punica (ira na (uni, 152. 
Pyrethmm in die uni, 176. 



Nicotiana Tabacum, 261. 



Obecia ficifolia, 105, 
Ochrosia borbonica, 161. 
Ocotea cupularis, 105-108. 



Pachyrrhizus angulatus, 26, 
Pandanus ulilis, 224, 225. 



Quinquina rouge, 169. 
Quivisia heterophylla, 1 ■'*.">. 



flajoAw flu//îa, 192, 193. 
Ravensara, 88-90. 
Red-gum, 244. 
Red-mahogan^ . 244. 
Réglisse marronne, 1 16. 
Ricinus communia, 199. 



112 



11. JUMELLE 



S 



Saccharum officinarum, 51-55. 
Safran, 91. 
Sagou faux . 2. 
Sarcostemma ci mi mile, 162. 
Sechium edule, "2*26, 227. 
Senecio Ambavilla, 17"). 
Sîegesbeckia orientalis, J7i. 
Smilax anceps, 104. 
Spilanlhes Acmella, 173. 
Sterculia foetida, 242, 243. 
Sucre, 51-55. 



Tabac, 261. 

Tamarindus îndica, 14*2, 143. 
Tamarinier, 142, 143. 
Tapioca, 8, 9» 
Tephrosia candida, 148. 
Teramnus labialis, 147. 
Terminalia Benzoin, 150. 
— Catappa, 151. 



Terminalia mauritiana, 150 
Thé de Bourbon, 83, 84. 
Thé du Mexique, I 10. 
Theobroma Cacao, 69-74. 
7 '< tddal ia a c u lea la, 133. 
Tréma Commersonii, 107, 108. 
Trichosanthes Anguina, '»<». 
Triphasia trifoliata, 134. 
Triumfetia i/landulosa, 116. 
Tylophora asthmatica, 103. 



Vanille, 81-82. 

Vaquois, 224-225. 

Vétiver. 231-232. 

Vetiveria zizanioides, 231, 232. 



Ylang-ylang, 234, 235. 



Zea May s, 19. 



EU H ATA 



Page 21, n° 62 : A la dernière ligne, au lieu de : « très rares à 
Marseille », lire : « peu à Marseille, où les importations annuelles de 
graines sont de 500 tonnes en moyenne ». 

Page 65, 13 e ligne du n° 375, lire : Isongonefilra, en un seul mot. 



MAÇON, PUOTAT FREHES, IMPRIMEURS 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

D r Heckel : Sur quelques plantes à graines grasses nouvelles ou peu connues 
des colonies françaises, et en particulier de Madagascar. Année 1908. 

Claverie : Contribution à l'étude anatomique et histologique des plantes textiles 
exotiques. Année 1909. 

de Wildeman : Notes sur des plantes largement cultivées par les indigènes en 
Afrique tropicale. Année 1909. 

Louis Planchon el Juillet : Étude sur quelques fécules coloniales. Année 1909. 

l> r Heckel : Les Plantes utiles de Madagascar. Année 1910. 

H. Jumelle et H. Perrier de la Bathie : Fragments biologiques de la flore de 
Madagascar. Année 1910. 

Guillaumin : Catalogue des Plantes phanérogames delà Nouvelle-Calédonie et 
dépendances. Année 1911. 

Dubard : Les Sapotacées du groupe des Sidéroxylinées. Année 1912. 

Bai don : Sur quelques plantes alimentaires indigènes du Congo français. Année 

de Wildeman : Les Bananiers: culture, exploitation, commerce ; systématique 
du genre Musa. Année 1912. 

II. Jumelle ci 11. Pbrrier de la Bathie : Palmiers de Madagascar Année 1913. 

P. Choux : Études biologiques sur les Asclépiadacées de Madagascar. Année 
1914. 

H. Jumelle : Le D 1 " Heckel. Année 191."». 

R. Hamei cl II. Perrieb i>e la Bathie : Contribution à l'étude des Crassulacées 
malgaches. Année 1915. 

A. FauVel: Le Cocotier de Mer. Lodoicea Sechellarum. Anne.' 1915. 

11. Jumelle : Les Recherches récentes sur les ressources des Colonies françaises 
et étrangères et des autres Pays chauds. Année 1916. 



MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE 



Lfs Annules du Musée colonial de Marseille, fondées en 1893, 
paraissenl annuellement en an volume ou en plusieurs fascicules. 

Tous ces volumes, dont le prix est variable suivant leur importance, 
sont en vente chez M. Gn ALLAMEL, libraire, 17 rue Jacob, à Paris, à 
qui toutes les demandes de renseignements, au point de vue commer- 
cial, doivent être adressées. 

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M. Henri 
Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences, directeur du Musée 
colonial, 5 rue Noailles. à Marseille. 

Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales ont droit gra- 
tuitement à vingt-cinq exemplaires en tirage à part. Ils peuvent, à 
leurs frais, demander vingt-cinq exemplaires supplémentaires , avec 
titre spécial sur la couverture. 

Les mémoires ou ouvrages dont un exemplaire sera envoyé au 
Directeur du Musée colonial seront signalés chaque année en fin 
de volume dans les Annales. 

Le 3 e fascicule de Tannée 1911) (Recherches récentes sur les ressources 
des Colonies françaises et étrangères et des autres Pays chauds), est 
déjà paru. 

Le 2'' fascicule (Les bois utiles de la Guyane française, par M. H. 
Stone) sera publié ultérieurement. 

Le prochain catalogue descriptif du Musée Colonial sera consacré 
aux Collections botaniques de l'Afrique Occidentale Française. 



MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS. 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 

DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

fondées en 1893 par Edouard Heckel 

dirigées pab 
M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 



Vingt-GHMfttième année, 3 e série, 4 e volume (1910) 
2 e Fascicule. 



1° Quelques graines oléagineuses africaines, 
par M. .T. Pieraerts, Conservateur au Musée du Congo Belge. 

2° Les Monocotylédones aquatiques de Madagascar, 
par M. Henri Jumelle. 

3° Les Bois utiles de la Guyane Française, 
par M. Herbert Stone, de Birmingham. 



MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

5, Rue No uj i es, 5 



PARIS 
LIBRAIRIE CHALLAMEL 

17. m r .1 \> OB, 1 7 



1 9 1 



Principaux Mémoires parus antérieurement dans les 
ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE 

I) 1 " Hecki i : Les Kolas africains. Année 1893. (Volume presque épuisé.) 

i> Rançon : Dans la Haute-Gambie. Année 1894. Volume complètemeni épuisé.) 

li. P. Dûss : Flore phanérogamique des Antilles françaises. Année 1896. Volume 
complètement épuisé.' 

E. Geofi roy : Rapport de Mission scientifique ta la Martinique et à la Guyane. 

Ali lire 1897. 

D 1 Heckel : Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane française. 
Vnnée 1897. 

D 1 Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1897. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1898. 

H. Jumelle : Le Cacaoyer. Année 1899. 

D r H. Jacob de Cordemoy : Gommes, gommes-résines et résines des colonies 
françaises. Année 1899. 

L. Laurent : Le Tabac. Année 1900. 

D r H. Jacob de Cordemoy : Les Soies dans l'Extrême-Orient et dans les colonies 
françaises. Année 1901 . 

L. Laurent : L'Or dans les colonies françaises. Année 1901. 

A. Chevalier : Voyage scientifique au Sénégal, au Soudan et en Casamance. 

Année 19(12. 

Gaffarel : L'Exposition d'Hanoï. Année 1903. 

D r Heckel : Graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises. 
Année 1903. 

D r H. Jacob de Cohdemov : L'Ile de la Réunion. Géographie physique ; richesses 
naturelles, cultures et industries.) Année 190i. 

Capitaine Maire : Étude ethnographique sur la race Man du Haut-Tonkin. 
Année 1904. 

E. Lefeuvbe : Étude chimique sur les huiles de bois d'Indochine. Année 1905. 

H. Jumelle : Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jumelle ei II. Perrier de la Batihh : Notes sur la Flore du Nord-Ouest de 
Madagascar. Année 1907. 

H. Jlmelle et II. Perrier de la Bathie : Notes biologiques sur la végétation du 
Nord-Ouest de Madagascar; les Asclépiadées. Année 1908. 



ANNALES 



DU 



MUSEE COLONIAL DE MARSEILLE 

(Année 1917) 



MAÇON PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS 



INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS 



ANNALES 

DU 



MUSÉE COLONIAL 

DE MARSEILLE 

FONDÉES EH 1893 PAR EDOUARD HECKEL 

DIRIGÉES PAR 

M. Henri JUMELLE 

Professeur à la Faculté des Sciences, 
Directeur du Musée Colonial de Marseille. 







Vingt-cinquième année, 3' série, 4 P volume (1010). 
2° Fascicule. 

1° Quelques graines oléagineuses africaines, 
par M. .1. Pieraerts, Conservateur au Musée du Congo Belge. 

2° Les Monocotylédones aquatiques de Madagascar, 
par M. Henri Jumelle. 

3° Les Bois utiles de la Guyane Française, 
par M. Herbert Stone, de Birmingham. 



MARSEILLE 

MUSÉE COLONIAL 

">, Rue Nu.vii.i.is, ."> 



PARIS 
LIBRAIRIE GHALLAMEL 

17, rie Jacob, 17 



11)17 



\f,&lo '- • 



QUELQUES 



GRAINES OLÉAGINEUSES 



AFRICAINES 

par M. .1. PIERAERTS 

CONSERVATEUR W MUSÉE DU CONGO BELGE 



Des trois graines que nous allons étudier ici, les deux 
premières proviennent du Congo Belge et la troisième de 
L'Afrique Britannique. 

1° SÉLÉ 

La plante oléagineuse désignée sous le nom vernaculaire de 
sélé semble jouir en quelques parties du Congo Belge d'une 
certaine vogue auprès des indigènes. Il en est ainsi notam- 
ment dans La région de Mowbasa, district des Bengala, où la 
quantité de graines de sélé récoltée en 1915 fut telle, selon 
l'agronome de Giorgi 1 , qu'en plus des notables quantités 
consommées sur place, il en restait une disponibilité qui s'éle- 
vait à 1 i tonnes. 

L'échantillon d'huile que nous avons eu entre les mains 
provenait de Mowbasa ; il a été préparé par un chef noir de 
Bolende, sous la direction de I agronome du district. 

La méthode de préparation usitée n'offre rien de spt'«.ial : 
c'est le procédé habituellement en usage, là-bas, en vue de 

1, Bulletin agricole 'lu Congo Belge, \'<\ VI, 1916, p. 165. 
Annales du Musée colonial de Marseille érie, V vol. 1916 l 






2 J. IMhRAERTâ 

l'extraction de toute huile: 1° torréfaction de la graine, décor- 
tication et vannage ; 2° désagrégation de l'amande par pilon- 
nage ; 3° sépa'ration de l'huile par l'eau bouillante ; 4° enlève- 
ment de l'huile surnageante et claritication par repos et fil- 
tration. 

L'huile obtenue de la sorte était transparente, d'une cou- 
leur jaune d'or et d'un goût agréable. Son emploi comme 
huile de table donna des résultats tellement encourageants, 
d'après de Giorgi, qu'elle fut préférée par les Européens à 
n'importe quelle huile importée, qui, si souvent, arrive rance 
et est de médiocre qualité. Par suite de la longueur du voyage, 
l'échantillon que nous avons reçu était très trouble ; mais 
après un repos de cinq jours, à la température du laboratoire, 
la quasi totalité de la partie en suspension se liquéfia de nou- 
veau. Le faible dépôt restant fut éliminé par iîltration. On 
obtint de la sorte un produit d'un beau jaune d'or, à odeur 
empyreumatique, à saveur douce et agréable, avec arrière- 
goût de brûlé. 

La composition et les caractéristiques auxquelles nous con- 
duisit l'examen chimique de l'huile de sélé sont les suivantes : 

A. Huile. 

1° Constantes physiques : 

15° 
Poids spécifique r^ 0,9231 

Point de solidification limpide à + 1° 

Pouvoir rotatoire sensiblement nul 

Examen spectroscopique . pas de bandes d'absorption. 

Température critique de dissolution dans l'alcool absolu »... 81°, 9 

Indice de réfraction à 20° 1,4716 

Indice Maumené = 80° 

Température spécifique deréaction selon Thomsom et Ballantyne. 197 

2° Constantes chimiques : 

Indice d'acidité 1 ,34 

fsoit en acide oléique °/ = 0,67) 

1. Pris un volume d'buileet deux volumes d'alcool absolu ; opération 
effectuée en tube scellé. 







GRAINES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 3 

Indice de saponification 190,4 

Indice d'iode .... 119,5 

Indice de Beichert-Meis-.l 1,3 

Insaponifiable 0,67 °/ 

Glycérine 11,23°/ 

Indice d'acétyle (selon Lewkowitsch) 5,3 

Indice de saponification de l'huile acélylée 196,6 

Acides gras insolubles et insaponiûable 93,97 °/ 

3° Essais qualitatifs : 

Essai de l'élaïdine masse butyreuse d'un brun rougeâtre* 

Essai de l'hexabromure négatif 

Réaction de Bauduin négative 

— d'Halphen — 

— île Milliau-Becchi coloration d'un brun noirâtre avec 

dépôt d'Ag. à peine appréciable. 
i u Recherches spéciales : 

Alcaloïdes Néant 

Principe cyanogénique 

.'»" Essai de siccativité : 

De l'huile étalée en couche mince sur une plaque de verre, puis ex- 
posée à l'air durant un mois, n'accusa jamais la moindre augmentation 
de poids et ne changea ni de consistance, ni d'aspect. 

B. Acides gras insolubles mélangés. 

Point de fusion 35 u ' à 36 u ,a - 

Point de solidification ; titre 33°, 2 

Indice de neutralisation 1SÛ,9 

(Poids moléculaire moyen correspondant .'i 1 n . 1 

Indice de saponification 193,7 

(Poids moléculaire moven correspondant — :29i.7 

Indice d'iode 102,»'. 

Essai de l'hexabromure ...... négatif 

Béaction de Bauduin négative 

d'Halphen 

— de Milliau-Becchi. . liés légère rédui tion. 

Proportion approximative d'acides solides I °/ 

liquides TU " B 

1. Température de fusion commençai! I 

2. Température de fusion complète. 



4 J. PlERAElils 

C. Acides gras liquides. 

lin lu-.' de réfraction à 20° 1 ,40bC 

Indice d'iode 126,4 

En vue de. caractériser les individualités chimiques existant 
dans le mélange d'acides liquides, nous en avons soumis une 
portion à la bromuration ; une autre lut traitée par le nitrate 
acide de mercure, et le reste tut oxydé par le permanganate 
de potassium en solution alcaline. 

1° Bromuration. 

20 grammes d acides liquides furent dissous dans oO c. c. 
d'acide acétique glacial et refroidis ensuite dans de la glace. 
Lorsque le thermomètre marqua 2°, on ajouta goutte à goutte 
la quantité voulue de brome, tout en agitant continuellement 
la masse. Le produit brome qui avait pris naissance fut lavé à 
l'eau jusqu'à réaction neutre, puis séché dans le vide sulfu- 
rique vers 50°. Repris par 50 c. c. d'éther, tout passa en dis- 
solution, ce qui dénote 1 absence des dérivés hexabromés et, 
partant, la non-existence, dans l'huile de sélé, des acides lino- 
lénique et isolinolénique. 

Tout l'éther de pétrole étant actuellement réquisitionné par 
les services militaires, il ne nous fut pas possible, faute de ce 
réactif, d'isoler l'acide linoléique tétrabromé. Aussi avons- 
nous identifié le C lg H 32 2 par voie d'oxydation. 

2° Oxydation permanganique . 

20 grammes' d'acides liquides furent saponifiés par la c. c. 
de Na OH, de densité 1,30. Le savon formé fut dissous dans 
1200 c. c. d'eau, et la solution portée à la température de 
55° à 60°. On y ajouta alors goutte à goutte, et tout en agi- 
tant continuellement, un litre de KMn O 4 à 2 °/ . Quand tout 
le caméléon fut ajouté, on neutralisa l'alcali libre par de l'acide 
sulfurique à 10 %. L'oxyde de manganèse précipité fut réso- 
lubilisé au moyen d'un peu de bisulfite de soude. Par ce trai- 
tement on obtint un liquide incolore, dans lequel nageait un 



GRAINES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 8 

volumineux précipité cristallin blanc Celui-ci fut séparé par 
essorage, puis lavé à l'eau froide, et finalement pressé pour en 
éliminer les dernières traces d'eaux mères. Le gâteau restant 
fut malaxé dans un mortier avec un peud'éther, qui enleva les 
acides i, r ras originaux ayant échappé à 1 oxydation. 

Quand la désagrégation des grumeaux au sein de l'étherfut 
parfaite, on essora la masse, et on soumit une seconde fois 
l'insoluble à un nouveau malaxage avec une petite quantité 
d'éther. 

Le produit purifié de la façon décrite fut ensuite mis en 
contact d'un grand volume d'éther anhydre I I '2 litre par 
10 grammesde substance, et laissé en macération durant une 
semaine. On eut soin d'agiter énergiquement de temps àautre. 
Au bout du laps de temps indiqué, la solution éthérée fut fil- 
trée, puis distillée au bain-marie à siccité. Il resta un dépôt 
cristallin blanc qui. après deux 'recristallisations dans l'alcoo 
à 9o°, présentait les caractères suivants : 

Point de fusion (bloc de Maquenne i-' 1 " 

Indice de saponification • 1 '6.9 

— — après acétylation 442 

Ce sont là les caractéristiques de l'acide dioxystéarique, pie- 
venant de l'oxydation de l'acide oléique existant dans le mé- 
lange d'acides liquides examiné. 

Quant à l'insoluble laissé par l'éther, il fut épuisé à plusieurs 
reprises par de grandes quantités d'eau bouillante. Les cris- 
taux qui se déposèrent par le refroidissement au sein du fil- 
trat aqueux furent recueillis et purifiés par cristallisations 
répétées dans de l'alcool à 80°. Convenablement séchés au 
préalable, les cristaux récoltés fondaient à 170" bloc de Ma- 
quenne) : de plus la forme cristalline correspondait nettemenl 
;i celle de l'acide sativique. 

l)u filtrat restant après l'élimination des acides dioxystéa- 
rique et sativique, il ne nous fut point possible de retirer ni 
de l'acide linusique, ni de L'acide isolinusique. 

.'{" Atoncidu nitrate acide de mercure. 

Quelques grammes d'a< ides gras liquides, additionnés de 



.1. PIEB u:n is 

8 °/ de leur poids de nitrate acide de Hg, préparé selon 
Archutt ', furent agités vigoureusement pendant deux minutes. 
Le mélange émulsionné ne tarda pas à se prendre en une 
masse solide, qui fut lavée à l'eau chaude jusqu'à élimination 
de toute trace d'acide minéral, et ensuite purifiée plusieurs 
fois par voie de cristallisation dans de l'alcool fort. Les cristaux 
recueillis, après dessiccation dans le vide sulfurique à 28°, accu- 
saient un point de fusion de ii°,2 (tube capillaire). Nous 
avions donc bien affaire, en l'occurrence, à de l'acide élaïdique. 
Les essais de caractérisa tion que nous venons de détailler 
nous autorisent à admettre la présence, dans l'huile de sélé, 
des acides oléique et linoléique, dans les proportions respec- 
tives de 60,99 % et 39,01 °/ environ 2 . L'acide linolénique de 
même que l'acide isolinolénique semblent absents dans la 
matière oléagineuse qui nous occupe. 

D. Acides gras solides. 

Les sels plombiques insolubles dans l'éther furent décom- 
posés par ébullition prolongée avec de l'acide ehlorhydrique 
dilué. Le gâteau d'acides gras, débarrassé de toute trace d'HCl 
par lavage à l'eau, fut dissous dans de l'éther. La solution éthé- 
rée, déshydratée sur du sulfate de sodium anhydre, fut filtrée et 
abandonnée à l'évaporation spontanée, à la température du 
laboratoire. Le résidu, après deux cristallisations dans de 
l'alcool à 9o°, se présentait sous forme de cristaux enchevê- 
trés, d'abord d'un blanc pur, mais prenant une très légère 
teinte brunâtre au bout d'un jour. Des purifications répétées 
à l'alcool n'enlevèrent pas cette teinte. Les acides solides, 
résultant des précédentes manipulations, accusaient les carac- 
téristiques suivantes : , 

Point de fusion (tube capillaire) 58°5 

— de solidification (tube capillaire) 'j7°b à 57° 

Indice d'iode 2,18 

— de saponification 229,7 

1. Levvkowitsch traduit par Bontoux : Technologie et analyse chimiques 
des huiles, graisses et cires. Paris, 1906, t. I, p. 405. 

2. Chiffres déduits de l'indice diode trouvé. 



GRAINES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 7 

Une série de fractionnements, eiîectués sur les acides 
solides purifiés, nous révéla la nature des individualités chi- 
miques dont ces acides formaient le mélange. 

Première fraction : 

Point de fusion 67°H 

_ „ . ( i rouvé 1 9,25 

Ba en 

' calculé pour Ba ( 'i N II :i ,' ) L> _> 19,54 

Indice de saponiflcation 188,2 

Ces caractères sont ceux de l'acide stéarique, mélangé d'une 
faible proportion d'un acide à poids moléculaire plus élevé. 

heu. vième fraction : 

Point de fusion 68°8 

j trouvé 19,46 

) calculé pour Ba (Q, 8 H 35 O a ) 2 19,54 

Indice de saponification 195,1 

Ces caractères correspondent à ceux de l'acide stéarique. 

Troisième fraction : 

Point de fusion. ." 60°5 

! trouvé. 21.1 s 

... I Ba Ci 8 H 35 2 2 19,54 
calcule pour ! _, ° * ' 

1 I Ba Ci 6 H 3 i0 2 ) a i\.i\ 

Indice de saponification 214,2 

Ces caractères dénotent la présence des acides palmitique 
et stéarique en proportions respectives de 95 °/ et de 5 °/ . 

Quatrième fraction : 

Point de fusion 56 l 

, trouvé... 22,45 

Ba en , .. I Ba C, 6 H,iOt)i ..... 21,24 

calculé P° ur | Ba CHtfO,), 25,70 

Indice de saponification. .... 236,3 

Ces caractères correspondent à ceux d'un mélange de <•• 
d'acide palmitique el de 25 " ,, d'acide laurique, 



S .1. nu; au; is 

De ['ensemble des essais précédents nous concluons que 
L'huile di' selé est essentiellement Formée d'un mélange de 
glvcérides des acides oléique, linoléique. stéarique, palmi- 
tique et laurique. 

Les pourcentages approximatifs de chacun des acides pré- 
sents sont les suivants : 

Acide oléique 43 " ,, 

linoléique 26 >■ 

» stéarique 15 » 

» palmitique 12, o » 

» laurique 2,5 » 

On trouve, en outre, dans l'huile examinée une faible quan- 
tité d un acide à poids moléculaire plus élevé, dont l'identifi- 
cation, faute d'un échantillon suffisant de matière première, 
ne put être poursuivie. 

L'huile de sélé constitue une excellente huile de table d une 
saveur douce et agréable, et qui, préparée d'une façon moderne, 
et soignée, ne présenterait aucune odeur de brûlé. Sa résis- 
tance au rancissement ' accroît encore davantage sa valeur. 

L'huile de sélé conviendrait indubitablement à la fabrica- 
tion du savon et il est probable que sa teneur relativement 
élevée en glycérine la ferait prendre en sérieuse attention par 
les fabricants de ce triol. 

Pour la stéarinerie, l'huile de sélé est inutilisable ; son taux 
en acides solides est trop faible. 

De par l'ensemble de ces caractères et par sa composition, 
l'huile de sélé doit être considérée comme une huile demi-sic- 
cative et est à classer dans le groupe dit de l'huile de coton. 

A cause de sa grande ressemblance (pour ne pas dire son 
identité) avec l'huile di cocorico étudiée dans ce même 
mémoire, nous opinons que l'huile de sélé a été extraite d'une 
Cueurbitacée appartenant à une espèce très voisine du Citrul- 
lus vulgaris, sinon même à une variété de ce Citrulliis. 

1. Il se passa près de deux ans entre le moment de sa préparation 
rudimentaire et son analyse, et cependant elle n'accusait qu'un indice 
d'acidité insignifiant, moins élevé que celui de nos huiles alimentaires 
les plus réputées, 



GRAINES "i i U3IN1 I SES AFRK AIM - 9 

2° COCORICO 

Le cocorico est une variété du Cilrullus vulgaris. 

Les Cucurbitacées à graines grasses sont abondamment 
répandues en maintes régions <lu Congo belge. L'extension 
que prend d'année en année leur culture est attribuable, non 
seulement au peu d'exigence de ces plantes au point de vue de 
la qualité du sol, mais en outre et surtout (car l'indigène 
congolais est chaud partisan de la théorie du moindre 
effort) au l'ait que leur culture ne réclame aucun travail 
d'entretien. La végétation de ces Cucurbitacées, en effet, 
est tellement rapide et vigoureuse quelle empêche les mau- 
vaises herbes de l'envahir. 

Dans son intéressant mémoire sur l'agriculture indigène 
dans la province orientale du Congo belge. Tharin ' relate 
que, en l'.M i. on comptait plus de 200 hectares de Cucurbi- 
tacées à graines oléagineuses parmi les seules plantations, 
situées le long de la route de Lokandu à Schuka. 

Il importe de faire remarquer qu'au Congo belge le terme 
« cocorico » ne possède pas une signification botanique des 
plus précises. C'est ainsi que dans le Haut-Ituri 2 on réserve 
le nom de cocorico aux graines d'une variété de courge ou 
melon appelée maboke, ou encore ndu, en langue Kilendu, 
alors que dans la province orientale 3 on désigne sous le 
terme onosmatique de cocorico une variété distincte du 
maboke plus lente à mûrir et contenant, dit-on, moins de 
matière oléagineuse. 

L'huile sur laquelle ont porté nos investigations fut pré- 
parée, h ■ _•> avril 1914, à Yangambi (district de Stanley ville), 
au moyen de la méthode dite « arabisée » qui n'est, somme 
toute, qu'une variante du procédé indigène décrit a propos 
de l'huile de sélé. La seule différence à mentionner pour 
• .s deux modi operandi, c'est «pie dans la méthode arabisée 

1. JSiillr/ni agricole 'lu ('.<>ii<ji> belge, I. VI, 1915, p. li " . 

2. I>e Greef, L'agriculture indigène dans la région du haut Ituri, dans 
le Bulletin agricole du Congo belge, VII, L916, p. •'*. 

.'?. Tharin, Inc. cit, 



Il) .1. PIERAERTS 

du moins d'après L'exposé que nous en reçûmes) la torréfac- 
tion suit le décorticage. 

Tout comme l'huile de sélé, au momenl de son arrivée au 
laboratoire lévrier 1916j l'huile «le cocorico était très trouble 
et accusait un abondant dépôt. 

Après Un séjour de six jours dans un local dont la tempé- 
rature resta voisine de 16°, la quasi-totalité du magna solide 
repassa en dissolution. L'insoluble restant fut alors séparé 
par fîltration. L'huile filtrée présentait une couleur d'un jaune 
d'or, moins accentuée toutefois que celle de l'huile d'olive 
vierge. La saveur était douce et agréable, quoique à arrière- 
goût de brûlé. L'odeur « sui generis > très peu marquée rap- 
pelait celle que produisent les feuilles fraîches de Graminées 
quand on les froisse. 

Voici le résumé de nos opérations : 

A. — Huile. 

1" Constantes physiques. 

lo° 
Poids spécifique -— . . . ., 0,9241 

Température critique de dissolution dans l'alcool absolu * 81° 1 

Indice de réfraction à 20° • 1,4710 

2° Constantes chimiques. 

Indice d'acidité 3 

(soit en acide oléique " = 1,5 • 

Indice de saponification 196,4 

Indice d'iode 1 13,9 

Indice de Reichert-Meissl 1,3 

Glycérine 10,14% 

Acides gras insolubles et insaponifiable 94,44% 

Insaponifiable ■ . 0,76% 

Indice de saponification de l'huile acétylée 207,2 

Indice réel d'acétyle (selon Lewkowilsch 13,5 



1. Pris un volume d'huile et deux volumes d'alcool absolu ; opération 
effectuée en tube scellé. 



GRALNES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 11 

* 3° Essais qualitatifs. 

Essai de l'élaïdine masse butyreuse d'un jaune orange légèrement 

brunâtre 

Essai de l'hexabromure négatif 

Réaction de Bauduin ! négative 

d'Halphen — 

— de Milliau-Beechi légère réduction : coloration d'un brun 

noirâtre 

4° Essai de siccativité. 

Ni augmentation de poids, ni changement de consistance ou 
d'aspect après un mois d'exposition à l'air en couche mince 
sur lame de verre. 

B. — Acides gras insolubles mélangés. 

Point de fusion 35» 5 » à 36» 7 a 

Point de solidification 3 33° 2 

Réaction de Bauduin négative 

— d'Halphen — 

— de Milliau-Beechi légère réduction ; coloration d'un brun 

noirâtre 
Essai de l'hexabromure 

Indice de neutralisation 183,3 

(Poids moléculaire moyen correspondant = 306 

Indice de saponification 196,5 

Poids moléculaire correspondant = 285,4) 

Indice d'iode 100,4 

Proportion approximative d'acides liquides 60' 

— solides i" • ,. 

Indice de saponification des acides acétylés. 240. \ 

Indice réel d'acétyle (Lewkowitsch i'.'.t 

C. — Acides gras liquides. 

Indice de réfraction à 20" l,4l 

Indice d'iode I 25,8 



1. Température de fusion commençante. 

2. Température de fusion complète. 

3. En tube capillaire; je ne dis donc pas ntre . 



12 i. PIERÀERTS 

En appliquanl aux acides liquides de l'huile de cocorico, 
les moyens île caractérisation détaillés à propos de l'étude de 
l'huile de sélé, nous avons constaté que le mélange de ces 
acides liquides se résumait aux acides oléique et linoléique, 
existant en des proportions sensiblement les mêmes que celles 
données pour l'huile de sélé. 

D. — Acides gras solides. 

Les sels insolubles fournis par la méthode « Plomh-éther », 
décomposés par de l'acide chlorhydrique, laissèrent des acides 
qui furent cristallisés par deux fois dans de l'alcool à 9o °. 
Obtenus de la sorte, ces acides se présentaient sous forme de 
masse blanche, cristalline, avec aiguilles enchevêtrées, dont 
les constantes sont les suivantes : 

Point de fusion tube capillaire) 38° 7 à 59° 

Point de solidification (tube capillaire 37° 4 à o7° 1 

Indice d'iode 2,0b 

Indice de saponification 230, i 

Faute de matière première, il ne nous fut point possible 
de pousser plus loin la caractérisation des acides solides con- 
tenus dans l'huile de cocorico. Les résultats acquis autorisent 
à croire que ces acides sont identiques à ceux décelés dans 
l'huile de sélé. Nous espérons d'ailleurs revenir sur cette 
question dès que l'occasion s'en présentera. 

Il ressort à l'évidence, de l'examen chimique que nous 
venons de détailler, que l'huile de cocorico constitue une 
denrée de valeur qui jouit de toutes les précieuses qualités de 
1 huile précédente. 

Nous avons examiné également les graines de cocorico, 
p rovenant du même lot que celles d'où fut extraite l'huile 
dont la composition vient d'être décrite. 

, . . I 78 % d'amandes 

100 grammes de graines comportaient ,_ , . 

& * (22 ° o de coques 

(spermoderme) 

Poids de 100 graines saines 12 gr. 20 

Poids minimum d'une graine saine gr. 089 



GHA1NES ULEAGINEFSES AFRICAINES 



13 



Poids maximum d'une graine saine. . ... Oer. 1854 

— d'un spécimen exceptionnel 1 Ogr. 2274 

Longueur 2 minima d'une graine. , 12 mm. 

maxima 17 — 5 



Largeur 3 minima V 



maxima 



La graine de cocorico contenait 37,50 °/ de matière hui- 
leuse qui, rapportée à l'amande, s'élevait à une teneur de 
50,46 °/ sur matière sèche. 

L'huile extraite à l'éther anhydre présentait les caractères 
suivants : 

Indice de réfraction à 20 % I . * - !s 

Température critique de dissolution dans l'alcool absolu ... 80 °6 

Indice d'acidité 1,40 

(soit en acide oléique ° 0, 70 

Indice de saponification 194,2 

Indice d'iode 111,7 

Glycérine 10,32 " 

Acides gras insolubles et insaponiûable 9b °/ 

Insaponifiable 0,87 °/ 







Essai de l'hexabromure négatif 

Réaction d'Halphen négatif e 

— de Bauduin — 

— de Milliau-Becehi douteuse 

Acides gras insolubles mélangés : 

Point de fusion 34° 4 à 36° 6 

Indice de neutralisation 185,2 

— de saponification 196 

— d'iode KI2.1 



Proportion approximative d acide* solides 30 

liquides ?0 



o 




o 



Il résulte h l'évidence, de ces chiffres, que l'huile extraite 
par l'éther présente la même composition que l'huile préparée 
par la méthode arabisée. 

1. Unique spécimen d'un lot de 300 graines. 
J. Longueur = dimension suivant le grand axe. 

3. Largeur = diamètre perpendiculaire au précédent pris au point de 
son plus grand développement. 



u 



J. WERAKRTS 



Le tourteau de L'amande, laissé après épuisement par 
l'étluT, nous donna : 

Humidité à 100° 4,72% 

Matière sèche 95,28 %> 

Matières minérales 3, 83 sur loi) parties matière sèche 

Azote total 0,18 — — 

Peutosanes 2,31 — — — 

Matière amylacée néant 

Alcalinité en K 2 CD' 11,10 sur 100 p. de cendres 

Manganèse (Mn) ' 0,235 sur 100 p. de cendres 

Ce tourteau est donc riche en azote ; il constituerait évi- 
demment un excellent engrais azoté. 

Sous réserve de la présence de substances nuisibles ou 
toxiques (ce qui est peu probable,, le tourteau d'amande de 
cocorico serait également une bonne denrée alimentaire pour 
le bétail et la volaille, surtout si on y incorporait des matières 
amylacées ou sucrées. La coque ('tégument) de la graine de 
cocorico contient une dose d'azote appréciable ; on pourrait 
en faire d'excellents composts. 

Cette coque renferme, notamment, en fait de matières sèches : 

Matières minérales 1,87 °/ 

Azote total 1 ,57 °/ 

Pentosanes 3,94% 

Alcalinité en K2CO3 12,65 sur 100 p. de cendres 

Manganèse | Mn 0,877 sur 100 p. de cendres 

La teneur en humidité (à 100°) était de 8,69 °/ . 

Malgré son incontestable valeur, à titre de matière oléagi- 
neuse, rien pour l'instant ne fait prévoir que le « cocorico » 
soit susceptible d'un sérieux commerce d'exportation, et cela 
quand bien même le procédé d'extraction en usage serait 
modernisé et fournirait un rendement plus élevé en substance 
utile. Le faible rapport du « cocorico » à l'hectare ' 2 et la 

1. Le Mnfut déterminé par l'élégant et si exact procédé de G. Bertrand. 

2. Selon Tharin, les Cucurbitacées à graines grasses produisent à 
l'hectai^e à peine 800 kilos de graines. 



(.HAINES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 15 

décortication lente et pénible de sa graine rendent impossible, 
à notre avis, semblable commerce. En revanche, il y aurait 
opportunité à stimuler et à favoriser au Congo belge lecommerce 
intérieur, tant interrégional que local, de l'huile de « cocorico » 
ou d'autres Cucurbitacées voisines, spécialement au voisinage 
tles villes et postes importants, où les colons, qui d'ores et déjà 
préfèrent ces huiles à toutes celles importées d'Europe, leur 
assureraient une vente certaine et très rémunératrice. La pre- 
mière initiative à prendre dans cette voie consisterait à faire 
1 éducation technique de l'indigène et à le familiariser à 
l'emploi de la presse et des dispositifs perfectionnés de fîltra- 
tion. L'industrie fournit de nos jours, en fait d'appareils de 
cette sorte, des modèles réduits aisément transportables et 
n'exigeant aucune fondation. L'indigène, malgré qu'on le dise 
récalcitrant el revêche à tout progrès, ne bouderait pas long- 
temps sur un outillage dont il apprécierait bien vite l'indé- 
niable utilité, surtout si au début on lui en laissait le libre 
usage, sous la surveillance d'un agent blanc. 

Après que le mode de préparation indiqué aurait été mis réso- 
lument en pratique, il serait sage de procéder, sans trop tarder, 
à un essai d'extraction d'huile par pression de la graine entière, 
c'est-à-dire non décortiquée, mais préalablement broyée ou 
moulue. Il resterait enfin à vérifier si, obtenue de la sorte, 
l'huile de « cocorico » aurait conservé ses précieuses 
qualités. 

3° XIMENIA AMERICANA 

Le Ximenia americana est un arbuste appartenant à la 
famille des Olacacées, et qui se rencontre dans la généralité 
des régions tropicales de l'Ancien el du Nouveau Continent. 
Le Ximenia americana est particulièrement abondant en Amé- 
rique et sur la côte occidentale d'Afrique. Le Dr. Ed. Heckel 1 
a décrit très en détail les variations botaniques que présente 
cette plante ainsi que ses qualités alimentaires et ses pro- 
priétés toxiques. 

1. Heckel: Les graines nouvelles ou i»-u con >nh-< -/-'s- colonies françaises, 
Paris, 1898, p. 27. 



16 



PIEKAERTS 



Les appellations vernaculaires sous lesquelles on désigne 
le Ximenia sont multiples ei propres aux divers pays d'origine. 
Alors qu'on le connaît sous les noms de prune de montagne 
ou prune de mer à la Jamaïque, on l'appelle elozy ou zégué 
ou citron de mer au Gabon. 

En Afrique Australe Britannique, d'où provient l'échantil- 
lon qui a servi a no.s recherches, et que nous devons à l'obli- 
geance de M. le Directeur des Services botaniques à Pretoria 
— à qui nous réitérons ici tous nos remerciements - - les gens 
du pays réservent au Ximenia le nom de « zuur pruim », 
autrement dit prune acide. 

La valeur du citron de mer tient avant tout à la forte teneur 
en huile qu'accuse sa graine. Selon toute probabilité, cet oléa- 
gineux sera appelé à un sérieux avenir commercial, sitôt qu'il 
sera mieux connu et qu'on le cultivera avec plus de soin et 
d'une manière intensive. 

Heckel un des premiers attira l'attention sur la richesse en 
huile des graines du Ximenia, ainsi que sur les avantages 
que pourrait en retirer l'industrie, spécialement la savon- 
nerie. 

Suzzi ' ensuite, puis Grimme 2 se sont occupés également 
de l'étude chimique de l'huile d'elozy, mais leurs travaux 
sont incomplets et, en outre, peu concordants. Par cette 
première communication, nous apportons quelques données 
nouvelles à la question. Hâtons-nous d'ajouter, toutefois, que 
notre œuvre reste fragmentaire, faute d'une quantité suffi- 
sante de matière première. Nous espérons être en mesure sous 
peu d'entreprendre l'examen chimique, systématique, tant 
du fruit que de la graine du Ximenia. Les noix, c'est-à-dire 
les graines recouvertes de l'endocarpe, comportent 25 °/ de 
coque (endocarpe) et 73 °/ d'amande (graine proprement 
dite). 

Ces chiffres se rapportent à des noix, dont la paroi externe 
fut, au préalable, complètement débarrassée des débris de pulpe 

1. Lewkowitsch traduit par Bonloux : Technologie et analyse chimiques 
des huiles, graisses et cires. Paris, 1909, t. II, p. 86t. 

2. Chem., Revue der Fclt und Harzindustrie, 17 (1910 , p. 137. 



GRAINES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 17 

qui y restaient adhérents. 100 noix pèsent en moyenne 192 
grammes. La Longueur de l'amande oseille entre 18 et 22 
millimètres. L'amande titre 63,2 °/ d'huile ^ soit ii,7 °/ 
pour la noix entière. 

L'huile extraite était trouble et possédait une odeur rappe- 
lant vaguement celle de l'oignon. Apres filtra tion, l'huile 
était devenue limpide, d'une couleur jaune pâle et extrêmement 
visqueuse. Le passage de l'huile au travers du papier Chardin 
était sensiblement lent et ne se trouvait guère accéléré lorsque 
l'opération s'effectuait dans une étuve chauffée vers 50°. 
Après quelques jours d'exposition à l'air (en réalité, à la fin 
de la laborieuse liltration l'odeur alliacée avait fini par dispa- 
raître totalement. A ce moment la saveur de l'huile était 
douce, mais très peu marquée. 

A. — Caractéristiques de V huile. 

| Ko 

Poids spécifique — '. — . . 0,9218 

15° 

Indice de réfraction à 22° 1,4751 

Pouvoir rotatoire a nul 

Inaction d'Halphen négative 

— de Milliau-Becchi - très légère réduction 

Ess;ii de l'élaïdine masse consistante d'un jaune gutte 

d'abord, prenant le lendemain une 

très légère nuance brunâtre. 

K^s;ii de l'hexabromure 6, 24 % 

tndice d'acidité 1 

(soit en acide oléique tu " „ = 0,5) 

Indice de saponification I 70,8 

Indice d'iode 94 f 5 

Acides gius insolubles cl insaponifinble 95,07 " „ 

Insaponifiable 1,88 °/ 

Glycérine 8,01 

Indice de saponification de l'huile acétylée 190,4 

Indue d'acétyle 19,6 

1. L'extraction l'ut faite au moyen d'éther anhydre. 

2. Solution de i,O270 d'huile dans 2j c. c. de chloroforme, examinée 
dans un tube de 10U millimètres. 

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3< série, 4 a vol. 1916. 2 



lJS J. PILHALHIS 

B. — Caractéristiques des acides insolubles mélangés. 

Point de fusion 44°, 5 ' à 47° * 

Point de solidification 3 44°, 2 à 43° 

Indice de neutralisation 173,9 

Poids moléculaire moyen correspondant = 322,6 

Indice de saponification 184,2 

(Poids moléculaire moyen correspondant = .'!Oi,.'i 

Indice d'iode 88 8 

Réaction de Milliau-Becchi liés légère réduction 

C. — Caractéristiques des acides liquides. 

Indice de réfraction à 16° 1,4676 

Indice d'iode 100,06 

D. — Caractéristiques des acides solides. 

Point de fusion 59%7 à 60°, 8 

Point de solidification * . . . 58°, 5 à 57°, 5 

Indice de saponification 147,2 

(Poids moléculaire moyen correspondant = 381,1) 

Ces acides solides, précipités partiellement par l'acétate de 
baryum, fournirent un sel titrant 14,79 % de Ba ; alors que 
le calcul indique pour le Ba (C 26 H 5 ,0 2 ) 2 une teneur centési- 
male en Ba de 14,77. 

Nos chiffres relatifs à l'indice de réfraction, au poids spéci- 
fique et à l'indice d'acidité de l'huile confirment ceux ren- 
seignés par Grimme. Quant à l'indice de neutralisation des 
acides insolubles mélangés, nos résultats coïncident sen- 
siblement avec ceux donnés par Suzzi et par Grimme. 

Nous avons trouvé un indice d'iode plus élevé que celui 
cité par ces auteurs, et d'une valeur telle qu'il est évident qu'en 
fait d'acides liquides l'huile de Ximenia compte d'autres 
représentants que l'acide oléique. 

L'indice de réfraction (20° ?) des acides mélang'és que donne 
Grimme a été vraisemblablement obtenu à l'aide d'un fac- 

1. Température de fusion commençante. 

2. Température de fusion complète. 

3. En tube capillaire ; je ne dis donc pas « titre ». 



GRAINES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 19 

teur de correction, car lesdits acides sont solides à la tempé- 
rature indiquée. 

Parmi les caractères nouveaux que nous relatons, nous 
attirons particulièrement l'attention sur l'essai de l'hexabro- 
mure ', et aussi sur les propriétés spéciales des acides solides. 
D'après son pourcentage de dérivés bromes insolubles dans 
L'éther, l'huile de Ximenia devrait suivre immédiatement les 
huiles de lin et de bancoulier dans la classification des huiles 
siccatives sous le rapport de leur teneur en acide linolé nique. 
Cependant l'indice d'iode relativement faible, la non sic- 
cativité et le degré Maumené peu élevé (40°, 5 d'après Heckel, 
69° suivant Suzzi '•) laissent présumer que le composé, inso- 
luble dans l'éther. que nous eûmes entre les mains n'était 
pas dû au glycéride linolénique hexabromé. D'ailleurs une 
première indication (en attendant des preuves péremptoires, 
déduites de recherches plus approfondies] qui nous ancra 
davantage dans l'opinion émise, nous fut fournie par la bro- 
muration des acides insolubles mélangés. 

En effet, ces acides extraits de leur savon potassique, 
débarrassé de l'insaponifiable avant sa décomposition par 
HCl, n'abandonnèrent, après action du brome, qu'une infime 
quantité d'un composé solide, blanc, insoluble dans l'éther 
ainsi que, tant à chaud qu'à froid, dans de l'alcool à 9o°. En 
revanche, ce composé se dissout dans le chloroforme avec une 
extrême facilité et il se prend, par évaporation spontanée du 
dissolvant, sous forme de gouttelettes huileuses. Chauffées 
dans une étuve vers 100°, ces gouttelettes brunissent rapide- 
ment et se prennent en une pellicule translucide très flexible. 
La quantité tellement minime de cette étrange substance ne 
nous permit pas de pousser plus avant son identification. La 
faible proportion de .glycérine, l'indice de saponification de 

i. L'huile de Ximenia, étalée en couche mince sur une lame de verre, 
u accusa pas la moindre augmentation de poids, ni ne changea de con- 
sistance ni d'aspect, après un mois d'exposition à l'air. 

2. L'examen de Suzzi porta sur de l'huile extraite de graines récoltées 
à Seraé (Erythrée), alors qu'lleckel opéra sur de l'huile pro\enant du 
Ximenia du Gabon. 



20 J. PIERAERTS 

l'huile, l'indice de neutralisation des acides mélangés et surtout 
les caractères des acides solides obtenus après précipitation 
par l'acétate de baryum, t'ont supposer qu'il existe dans 
l'huile de Ximenia un glycéride à acide gras de poids molé- 
culaire très élevé (vraisemblablement ducérotate de glycéryle), 
glycéride auquel cette matière grasse doit peut-être son excep- 
tionnelle viscosité. 

Le tourteau que laisse l'épuisement par l'éther renfermait 
notamment : 



Humidité à 100° 6,19 %> 

Matière sèche 93,81 °/ 

Matières minérales 5,69 sur 100 p. de mat. sèche 

Azote total ~,0."> — — 

Pentosanes 3,68 — — 

Alcalinité en K 2 COg 5,69 — de cendres 

Manganèse Mn) 0,112 sur 100 p. de cendres 

Dans la coque (endocarpe nous avons trouvé : 

Humidité (à 100°) 9,99 ° 

Matière sèche 90,01 °/ 

Matières minérales 1,75 sur 100 p. de mat. sèche 

Azote total 0,75 — — — 

Pentosanes 4,96 — — — 

Alcalinité en K 2 G0 3 54,64 — de cendres 

Manganèse (Mn) 0,075 sur 1 00 p. de cendres 

Nous n'avons pu déceler la présence d'amidon soluble dans 
la graine du Ximenia provenant de Pretoria, mais nous y avons 
trouvé de la matière amylacée à structure organisée, se pré- 
sentant sous forme de granules ordinairement isolés, excep- 
tionnellement réunis par deux ou trois et plus rarement 
davantage. Ces granules sont fort petits; les plus volumineux 
sont ovoïdes, les autres discoïdes. Certains granules libres 
affectent, en certaines portions de leur contour, des parties 
rectilignes à angles arrondis, ce qui dénote et confirme l'exis- 
tence de grains composés. Ni hile ni couches visibles. La croix 
noire en lumière polarisée est nettement apparente. Le tour- 
teau agité avec de l'eau iodée ou de la teinture d'iode très 
diluée se colore en bleu foncé quasi instantanément. 



GRAINES OLÉAGINEUSES AFRICAINES 21 

SchlagdenhautFen ', par contre, dit qu'il y a de l'amidon 
soluble dans le Ximenia du Gabon et non de la matière amy- 
lacée à texture organisée. Nous voilà donc en présence de deux 
constatations contradictoires. Il serait intéressant de vérifier 
si ce caractère nettement dill'érentiel est constant ou acciden- 
tel. Dans la première hypothèse, on aurait à sa disposition 
un moyen infaillible pour diagnostiquer et différencier le 
Ximenia du Gabon de celui de l'Union Africaine du Sud. Qui 
sait si l'on ne constaterait pas une corrélation entre l'état 
d'agrégation de la matière amylacée d'une part et les qualités 
alimentaires ou les propriétés toxiques des variétés de Ximenia 
d'autre part ? 

Le tourteau produit par les graines de Ximenia reçues de 
Pretoria, possède la même composition que celui fourni par 
la variété du Gabon 2 ; aussi pourrait-il servir aux mêmes 
usages que ce dernier. Notre distingué correspondant ne nous 
a donné aucun renseignement quant à l'état édulede la graine 
du Ximenia croissant en son pays, mais il nous a signalé que 
l'huile extraite de cette plante est utilisée par les aborigènes 
pour la fabrication des chandelles et pour oindre leur corps. 
Le fruit sert, paraît-il. à préparer d'excellentes conserves. 

1. Ed. Heckel. loc. cit. 

2. Ed. Heckel, loc. cil. 



LES MONOGOTYLEDONES 

AQUATIQUES 
DE MADAGASCAR 

par M. Henri JUMELLE 



Nous nous proposons de publier ultérieurement, au cours 
d'un travail d'ensemble, une étude plus détaillée des Monocoly- 
lédones aquatiques de Madagascar, mais nous croyons pouvoir 
dès maintenant tenter une révision générale de ces Monocotylé- 
dones, que nous présenterons sous la forme de tableaux synop- 
tiques des genres et des espèces. Nous faisons suivre ces 
tableaux d'une énumération rapide: des localités pour les- 
quelles nous avons pu relever la présence de chaque espèce, 
soit d'après les échantillons que nous avons examinés dans 
l'herbier du Muséum, soit d'après ceux que nous avons déter- 
minés ] dans le riche herbier de notre ami M. Perrier de la 
Bàthie. Exceptionnellement nous avons aussi cité quelques 
stats qui sont déjà signalés dans des mémoires antérieurs. 
Toutes les espèces mentionnées ici ont été revues par nous, 
sauf dans les rares cas que nous indiquerons. 

Les familles étudiées sont les Lemnacées, les Naïadacées, 
comprises au sens le plus large, les Alismacées et les Hydro- 
charidacées. 

1. Nous faisons suivre des lettres P. B. les localités où ont été recueil- 
lis les échantillons de l'herbier Perrier de la Bâthio. Pour la plupart des 
autres échantillons, la source scia indiquée dans le travail plus complet 
qui paraîtra plus tard. 



24 H. JUMELLE 



LEMXACÉES 



Deux genres : 



Une seule racine sur la face inférieure du cladode. Lemna 
Plusieurs racines sur cette face inférieure Spirodela 

Chacun de ces deux genres est représenté à Madagascar 
par une seule espèce. 

Lemna . 
Lemna paucicostata Hegelmaier. 

Eaux silico-calcaires du lac de Gnambv, près du mont 
Tsitondraina, dans le Boina (P.B. 7202). 

Eaux des sources thermales alcalino-sodiques et chargées 
de chaux d'Ampasimbasimba, dans l'Itasy, vers 800 mètres 
(P.B. 7202 AU). 

Marais à Raphia, à eaux ferrugineuses et siliceuses, à 
Stampika sur la rive gauche de la Mahavavy (P.B. 1611). 

Mares à eaux calcaires, avec Typha et Marsilia, dans la 
vallée de la Sakandy, affluent de l'Onilahy, dans le Sud-Ouest 
(P.B. 4397). 

Spirodela. 

Spirodela polyrhiza Linné. 

Eaux séléniteuses des ruisseaux des environs d'Andrano- 
mavo, dans l'Ambongo (P. B. 7203). 

Petit lac près de Besavo, aux environs de Madirovalo, 
dans le Boina (P. B. 988). 

Eaux très calcaires de la Mahavavy, au Zony (P. B. 7199). 

En mélange avec des Lemna dans la vallée de la Sakandy. 
affluent de l'Onilahy (P. B. 4398). 

Eaux des sources thermales d'Apasimbasimba, dans l'Itasy, 
vers 800 mètres (P. P. 7201). 



M0>0C0TYLÉD0NE8 AQUATIQUES DE MADAGASCAR 



2.'i 



Source dans le basalte, aux environs d'Antsirabé, vers 
1500 mètres (P. B. 7198). 



II. — XAIAUAC 



Huit genres, dont trois marins et un des eaux saumâtres: 

I. Plantes des eaux douces ou saumâtres : 

A. Fleurs hermaphrodites. 

a Tige réduite à un tubercule : I 
à 3 bractées par fleur : ordinaire- 
ment 6 étamines et 3carpelles. I Aponogeton 
h Tige allongée. 

I . Fleurs nombreuses en épi ; i 
pièces sépaloïdes par fleur ; i 

étamines et i carpelles 2 Potamogeton 

2. Fleurs par 2 ; aucune pièce sépa- 

loïde ; 2 étamines '.) Ruppia 

B. Fleurs unisexuées. 

a) 4 carpelles i Zannichellia 

b) 1 carpelle .'i Naias 

II. Plantes marines. 

.1. Dioïques : fleurs mâles a 2 anthères 
soudées sur un long filet commun : fleurs 
femelles a 2 carpelles. 

a) 2 stigmates par carpelle li Cymodocea 

h I stigmate par carpelle 7 Diplanthera 

H. Monoïques : fleurs mâles à I anthère 

sessile ; fleurs femelles à \ carpelle. 8 Zostera 

1. Aponogeton. 
Neuf espèces. 

I. Feuilles fenêtrées . 

.1. Trabécules formées presque >'\rlnsi- 

\ement par les nervures I A.fenestralis. 



26 il. Jl WELLE 

H. Trabécules formées par 
les nervures accompagnées 
d'une certaine épaisseur 
de tissu mou 2 A. Guillotii. 

II. Feuilles pleines. 

A. Limbe beaucoup plus long 
que large, à base en coin, 
ou arrondie, ou très légère- 
ment cordée 

a. Deux épis par pédoncule. 
a' Feuilles gaufrées, limbe 

arrondi à la base... 2 A. Boiviiiiana . 
a Feuilles non gaufrées. 

1 . Limbe de moins de 

15 mm. de largeur. 1 A. viridis. 

2. Limbe de plus de 15 

mm. de largeur. 
I '. Long pétiole (20 à 

25 cm.) : pédoncule 

floral élargi vers le 

sommet 5 A. ulvaceus. 

2'. Court pétiole (10 

cm.) ; pédoncule floral 

rétréci vers le sommet. 4 A. ambongensis. 

b. Plus de deux épis ordi- 

nairement par pédon- 
cule ; feuilles gaufrées. 

b' Limbe ordinairement 
arrondi à la base ; 
cellules à tannin visi- 
bles par transparence ; 
nervures transversales 
descendantes 1 A. Bernierianus. 

b" Limbe en coin à la 
base ; pas del cellu- 
les à tannin visibles 



MONOCOTYLÉDONES AQUATIQUES DE MADAGASCAR 27 

par transparence : 

nervures transver- 
sales non descendan- 
tes S A. qua.drangula.ris. 

B. Limbe au plus trois fois plus 
long- que large, fortement 
cordé à la base 9 A. cordatus. 

\. Aponogeton feneslra lis Hooker fils In des ovirandra 
des Ho va). 

Ranomena, près d'Ivohibo, chez, les Bara . 

2. Aponogeton Guillotii Hochreutiner [Ovirandra et 
nvirandrana des Hova . 

Dans les rivières aux eaux elaires et vives, lorsque ces 
rivières coulent sur les rochers. Manankaza, au nord-est 
d'Ankazobé, à 1500 mètres P.B. 7149). 

Dans l'Ikopa, au-dessus de Mevatanana, dans le Boina 
(P.B. 282 bis). 

Rapides de la Mahavavy, sur les basaltes, dans le Boina 
^P.B. 7144). 

District de Yatomandry, dans les cascades (Guillot, d'après 
Hochreutiner). 

'■\. Aponogeton Boivinianus Bâillon. 
Nord-Ouest de Madagascar. 
Nossi-Bé. 

Rivières du flanc oriental de la montagne d'Ambre, sur les 
basaltes (P.B. 7145). 

i. Aponogeton viridis Jumelle Ovirano des Sakalaves). 

Ruisseaux de Moiatail ra, sur la rive droite de la Betsiboka, 
près de Mevatanana P.B. 393 . 

Ruisseaux d'eaux vives, sur les grès basiques, dans le 
bassin du Bas-Maivarano, province d'Analala va P.B. 71 i r> . 

■"> . Aponogeton ulvaceus Baker. 

Dans les montagnes de l'Ankaratra Kitching", d'après 

Baker). 



2S 



il. jimi;lle 



Marais de 1 Imerina. 

Lac d Ambahipo, dans l'Imerina. 

6. Aponogeton ambongensis Jumelle. 

Eaux calcaires de Namorokà, dans l'Ambongo (P.B. loi6). 

7. Aponogeton Bernierianus Decaisne. 
Rivières de Sainte-Marie de Madagascar. 
Torrents de la Simiane, sur la côte Est (P.B. 7167). 

8. Aponogeton quadrangularis Baker. 

Chez les Tanala, dans l'Est (Baron, d'après Krause et 
Engler). 

Rivière Rahinaimamy. dans le bassin du Matitana, à 
.100 mètres d'altitude (P.B. 7153). 

9. Aponogeton corda tus Jumelle. 

Marais de la forêt d'Analamazaotra. vers 800 mètres (P 
B. 7160). 

2. — Potamogeton. 



Huit 



espèces. 



I. Stipules libres. 

A. Feuilles non embrassantes ;i 
la base, très rarement 
semi-embrassantes. 
a. Feuilles nettement pétio- 
lées, jamais embrassan- 
tes 

n'. Feuilles submergées 
linéaires. 

1 . Feuilles nageantes à 

limbe de moins de 

3 cm. de longueur.. I /'. javanicus. 

2. Feuilles nageantes à 

limbe de plus de 3 
cm. de longueur. . . 2 P. natans. 
a". Feuilles submergées 
ovales ou lancéolées. 



StfONÔCOTYLÉDONES AQUATIQUES DF MADAGASCAR lî 1 ' 

1. Pétiole île plus île M cm. 
1'. Pédoncule lierai 

aussi épais ou plus 
épais que la tige. . . .'{ P. /lui/uns. 
2". Pédoncule plus grêle 

que la tige ï P. perfoliatus . 

2. Pétiole de moins de 
2 cm. ; pédoncule llo- 
ral plus gros que la 
tige : limbe acuminé ou 

mucroné ."» P. Zizii. 

h. Feuilles sessiles ou subses- 
siles, parfois semi-em- 

brassantes I» P. lucens. 

B. Feuilles nettement embras- 
santes à la base 7 P. perfoliatus. 

II. Stipules soudées en gaine avec 
le pétiole : feuilles toutes très 
étroites; épi discontinu. ... 8 P. pectinaius. 

1. Potamogeton javunicus Hasskarl. 
Andrangoalaka, près de Tananarive, dans l'Imerina. 
Alixville (P.B. 187). 

Marais des sources thermales d'Antsirabé, à 1.500 mètres 
P.B. 7io2 . 
Mêmes marais à 1.600 mètres (P.B. 71 12, 2248). 
Lac d'Andranobé, près d'Antsirabé, à 1600 mètres (P.B. 
7K)0). 

2. Potamogeton natans Linné. 

Côte Sud-Ouest de Madagascar (Grandidier . 

3. Potamogeton fîuitans Roth. 
Marais de Marovoa^ P.B. 7164 . 

Enviions de Mahevarano, près de Majunga P.B. 7105 . 
Lac de Kimadio. près de Mevatanana PB. 7166). 

4. Potamogeton polygonifolius Pourret . 
Près de Tananarive. 



30 H. JUMELLE 

Nanisana (Herbier d<> Nanisana, .'Ml). 
Lac d'Ambohipo. 

5. Potamogelon Zizii Martens et Koch. 
Rivières et marais des environs d'Ivodro. 

6. Potamoyeton lucens Linné. 

Environs de Tananarive i sous-espèce vaginans Bojer;. 
District de' Vatomandry, dans la lagune (sous-espèce vagi- 
nans) (Guillot, d'après M. Hochreutiner). 

7. Potamogelon perfoliatus Linné. 

Ruisseaux de Marofandelia, près de Morondava (variété 
ovatus) (P.B. 7151). 

Centre et Ouest ; eaux courantes aux environs des sources 
thermales d'Ampasimbasimba sur la Mazy (variété ovato-lan- 
ceolatus) (P.B. 7148). 

8. Potamogelon pectinatus Linné. 

Eaux très calcaires, dans les ravins de Miaro, bassin du 
Fiherena (P.B. 4383). 

Antsirabé, fossés des sources thermales, à 1.500 mètres d'al- 
titude (P.B. 7162 et 7168i. 

3. — Ruppia. 

Une seule espèce. 

Ruppia maritima Linné. 

Dans les eaux saumâtres du lac Tsimanampetsa, dans le 
Sud-Ouest (P.B. 8140). 

Lagunes entre Samba va et Antalaha, dans le Nord-Est 
(P.B. 2068). 

4. — Zannichellia. 

Une seule espèce. 

Zannichellia palustris Linné. 

Dans les eaux stagnantes d'Antsirabé. 



MONOCOTYLEDU.NhlS AQUATIQUES DE MADAGASCAR 31 

• ». — Naias. 
Trois espèces dioïques. 

I. Fleur femelle avec spathe... ! N. niadagascarien.sis. 

II. Fleur femelle sans spathe. 

h. 12 à 18 petites dents sur 

chaque bord du limbe. . 2 .V. australis. 
b. i à 8 fortes dents sur 

chaque bord du limbe . 3 Y hnrrida . 

1 . Naias madagascariensis Rendle. 
Près de Tananarive. 

2. Naias australis Bory. 
Aucune indication de localité. 

3. Naias hnrrida A. Braun 1 . 

District de Vatomandry, dans les lagunes Goudot, d'après 
Hochreutiner). 

0. — Cymodocea. 

Quatre espèces. 

1. Feuilles à limbe rubané ; fleurs isolées. 
A. Rameaux dressés courts ; 
faisceaux fibreux sous-épi- 
dermiques dans le limbe. 

a. Limbe de 2 à 4 mm. de lar- 

geur, à 7 à 13 nervures. 1 C. rotundata. 

b. Limbe de 8 mm. de lar- 

geur, à 15 à 17 nervures. 2 C. serrulata. 
Il Rameaux dressés plus al- 
longés et très ramifiés; pas 
de faisceaux fibreux sous-épi- 
dermiques : limbe de 7 a lo 
mm. de Largeur, avec 17 à 2'\ 
nervures 3 C. ciliala. 

I. Nous n'avons pas vu cette espèce, que nous citons d'après Hochreu- 
tiner . 



J" II. JIMKI II 

II. Feuilles à Limbe cylindrique : 
fleurs groupées i C. isoetifolia. 

1. Cymodocea rolundata Aschers. et Schweinf. 

Sur la cote Nord-Ouest: Noronsangana, 13° 52' lat. S. 

2. Cymodocea serrulata Ascliers. et Magnus. 
Noronsangana. 

Nossi-Bé. 

3. Cymodocea ciliata Ehrenberg. 
Noronsangana. 

Nossi-Bé, à marée basse. 

Baie de Bombetoka (P. B. 1631 

i. Cymodocea isoetifolia Ascherson. 

Beravi. 

Nossi-Bé. 

7. — Diplanthera. 

Une espèce. 

Diplanthera uninervis Ascherson. 
Noronsangana, sur la côte Nord-Ouest. 
Nossi-Bé. 

8. — Zostera. 

Une espèce. 

Zostera nana Both. 
Nossi-Bé. 

III. — ALISMACÉES 

Les quatre genres d'Alismacées actuellement connus a 
Madagascar appartiennent à la tribu des Alismées. 

I. Corolle bien visible, plus grande que les sépales. 



MONOCOTYLÉDONES ujl'ATIQUES DE MADAGASCAR 33 

A. Carpelles sur un réceptacle plan. 
a. Fleurs hermaphrodites ; 

paroi du fruit non creus 

de cavités I Galdesia. 

h. Fleurs andromonoïques : 
paroi du Fruit creusée de 
2 cavités latérales 2 Limnophyton. 

B. Nombreux carpelles sur un 

réceptacle bombé 3 Lophiocarpus. 

II. Corolle invisible, plus petite 
que les sépales i Wiesneria . 

I. — Caldesia. 
Une espèce. 

Caldesia parnassifolia Parlatore. 

Dans le Centre: marais d'Antsirabé, à 1.500 mètres d'alti- 
tude (P. B. 7235;. 



2. — Limnophyton. 



Une espèce. 



Limnophytum obtusifolium Miquel. 

Morondava (Grandidier . 

Dans les marais de l'Ambongo el du Boina, pendant la 
saison des pluies : à Mahevarano, près de Majunga (P.B. 
7238); à Marovoay (P.B. 7237 : à Suberbieville P.B. 217 : 
à Ankisihitra, près du mont Tsitondraina (P.B. 217 bis 



3. Lophiocarpus. 



I ne espèce. 



Lophiocarpus guyanensis Smith. Le voalefokamboa des 
Hovit 

Marais de Mahevarano, près de Majunga P.B 7239 

Annales du i//;s lolonial de Marseille. — .*J* ■ • vol, I9tfl î 



34 h. jumeLlë 

Etangs, près de Tsarasaotra (P.B. 447). 
Environs du lac Kinkony, dans l'Ambongo, dans les fos- 
sés (P.B. 417 bis). 

Eaux dormantes du Mampikeny, dans le Roina (P.B. 

72140). 

Mares de Maroantsetra, sur la côte Est (P. 15. 7236). 

Environs de Tananarive. 

Analamahitsy, dans le Centre (Herbier de Nanisana, 110), 



4. — Wiesneria. 



Une espèce. 



Wiesneria filifolia Hooker fils. 

Dans les lacs du Centre de Madagascar (Parker M Baron, 
d'après Baker). 

IV. — HYDROGHARIDAGÉES 

Six ou sept genres, dont deux marins. 

I. Plantes d'eau douce. 

A. Tiges allongées et ramifiées. 

a. Feuilles verticillées 1 Hydrilla. 

b. Feuilles en spirale 2 Lagarosiphon. 

B. Tiges courtes : feuilles en 

rosette, 
a. Toutes les feuilles ruba- 

nées 3 Blyxa. 

h. Feuilles pétiolées, à limbe 

large 

1. Fleurs dioïques ; spa- 

thes non ailées i Boetia. 

2. Fleurs hermaphrodites; 

spathes ailées 5 Ottelia . 

II. Plantes marines. 

A. Un calice, mais pas de co- 



MO.NOCOTYLÉDON'ES AQUATIQUES DE MADAGASCAR 3o 

rolle ; placentas peu sail- 
lants dans l'ovaire ; feuil- 
les à bords non épaissis. f> Halophila. 
B. Galice et corolle ; placentas 
saillants; feuilles à bords 
épaissis 7 Enhalus. 

1. — Hydrilla. 

Nous ne sommes nullement sûr de la présence de l' Hy- 
drilla à Madagascar, car nous n'avons vu dans aucun herbici- 
de l'île un échantillon qui puisse être rapporté certainement 
à ce genre. 

Le n° 3523 Hildebrandt. que Palackv considère comme 
Y Hydrilla verticillata, est un Lagarosiphon. 

2. — Lagarosiphon. 

Deux espèces. 

I. Feuilles espacées, avec 50 paires 
de dents au minimum, assez rap- 
prochées, même à la partie inférieure 

du limbe • \ L. madagascariensis . 

II. Feuilles denses, avec 35 paires 
de dents au maximum, rares et 
espacées dans la partie inférieure 

du limbe 2 L. donsiis. 

1. Lagarosiphon madagascariensis Casparv. 
Mahamba, sur le lac Alaotra. 
Diego-Suarez. 

Côte Sud-Ouest (Grandidier). 
Environs de Mevatanana iF.B. 90). 
Imaloto, bassin de l'Qnilah} F. H. 7146 

2. Lagarosiphon densus Ridlev. 
Imerina. 

Lac d'Ambohipo. 

Analamahitsy (Herbier de Nanisana, \\~ 



36 H. JI'MELLK- 

3. — Blyxa. 
Une espèce. 
Blyxa Auberti Richard. 

Ilaut-Beravi. 

Eaux près de Marovoay. 

Eaux des environs de Tananarive. 

Mares et étangs de l'Ambongo et du Boina (P.B. 7142, 
7175;. 

Mares d'Ambodiroka (P.B. 81). 

Etangs de Moratatra, sur la rive droite de la Betsiboka 
(P.B. 826). • 

Eaux profondes, sous les berges ou dans les endroits 
ombragés, à Mahevarano, près de Majunga (P.B. 7159). 

Ruisseaux à eaux calmes du Haut-Bemarivo (P.B. 7180). 

4. — Bootia. 

Ce genre doit être assez rare à Madagascar, car nous ne 
connaissons ni l'un ni l'autre des deux espèces suivantes, que 
nous ne citons que d'après M. Ridley, qui les a vues dans 
l'herbier de Fordes, du British Muséum. 

I. Feuilles très nettement cordées 
à la base; spathe non fendue latérale- 
ment, à sommet denté 1 B. cordata. 

II. Feuilles non ou très légère- 
ment cordées ; spathe profondé- 
ment fendue latéralement, à som- 
met trifide 2 B. exserta . 

1. Bootia cordata Wallich. 
Sans indication de localité. 

2. Bootia exserta. 

Sans indication de localité. 



MONOCOTYLÉDONES AQUATIQUES DE MADAGASCAR 37 

d. — Ottelia. 

Une espèce. 

Ottelia ulvaefolia Buchenau (Ottelia lancifolia Richard). 
Le tantangindrano et Yivirandrana des Hova). 

Marais de i'Imerina. 

Andrangaloaka. 

Marais temporaires du mont Bêla mbony, vers 1.000 mètres 
d^ltitudei.P.B. 7173). 

Marais de l'Analamazaotra, vers 800 mètres (P.B. 7141). 

Eaux dormantes de l'Ambongo et du Boina (P.B. 7181 . 

Etangs de la vallée de la Menavava ^P.B. 876 . 

Eaux courantes, bords du lac Kinkony, dans l'Ambongo 
(P.B. 1436 . 

6. — Halophila. 
Deux espèces. 

I. Feuilles ovales ou oblongues, 

assez longuement pétiolées I H. oualis. 

II. Feuilles étroites, brièvement 

pétiolées - H. stipulacaea. 

1. Halophila ovalis Hooker lils. 
Nossi-Bé. 

2. Halophila stipulacaea Ascherson. 
Nossi-Bé. 

7. Enhalus. 

Une espèce, que nous n'avons vue dans aucun herbier de 
Madagascar, et que nous citons d'après Ridley. 

Enhalus Koenigii Richard. 

Nossi-Bé. dans la mer. a ."> ou 6 mètres de profondeur. 



LES BOIS UTILES 

DE LA GUYANE FRANÇAISE 

par M. HERBERT STONE 

DE BIRMINGHAM 



Mon but, en écrivant cet ouvrage, a été de réunir tous les 
renseignements que nous possédons actuellement sur les bois 
de la Guyane française, de les comparer, d'éclaircir la syno- 
nymie tant scientifique que populaire, enfin de fournir des 
descriptions complémentaires de toutes les espèces représentées 
soit au Musée Colonial de Marseille, soit dans les autres col- 
lections que je citerai plus loin et que j'ai pu étudier. 

J'ai voulu, en même temps, attirer de nouveau l'atten- 
tion du public sur les richesses trop négligées des forêts de 
la Guyane. 

Ce délaissement était déjà déploré, il y a un siècle, par Du- 
monteil, par de Malonet et par beaucoup d'autres ; il est plus 
grand encore depuis que le fer a remplacé le bois dans les con- 
structions navales. On ne peut que rarement trouver dans un 
magasin de Paris un article fait avec un bois de la Guyane. 
Et cependant, il est des essences qui peuvent servir aux 
usages les plus divers. 

Les auteurs que je viens de citer faisaient allusion aux 
préjugés qu'il y avait contre ces bois ; je n'ai jamais rien pu 
relever de tel flans la littérature. Peut-être ces préventions 
étaient-elles propres au monde maritime. Aujourd'hui, en 
tout cas, si ces bois ne sont pas employés, c'est plutôt parce 
que l'industrie ignore la plupart de ces espèces et ne connaît 



ill II. STONE 

que les très beaux bois de couleur employés par lébénisterie 
et la marqueterie. On se figure que tous sont lourds, durs, 
difficiles à travailler, et surtout de prix élevés, alors que. au 
contraire, il en est qui ne reviendraient pas plus cher que les 
bois des Etats-Unis, qui nous arrivent en si grandes quantités 
en Europe, malgré le coût de la main-d'œuvre. Et le fret est 
à peu près le même. 

Si le Bois blanc du Nord peut être envoyé avec bénéfices 
au Gap de Bonne-Espérance, si le Pitch-pin, le Noyer noir, le 
Hickorv. le Frêne d'Amérique, le Tulipier, les Chênes blancs 
et rouges peuvent être reçus à bon marché de l'Amérique du 
Nord, pourquoi des bois semblables ne pourraient-ils pas 
provenir de l'Amérique du Sud ? Le Japon même expédie du 
Chêne en Angleterre. 

Cette absence de tout commerce des bois guyanais peut 
évidemment s'expliquer. 

En premier lieu, les exploitants ont été découragés par les 
déboires subis. Beaucoup de cargaisons ont été envoyées avec 
pertes. Or une espèce qui a été une première fois mal reçue 
n'est plus expédiée et est perdue pour \r> marché. 

En second lieu, les moyens employés pour faire connaître 
ces bois n'ont jamais été ceux qui conviennent. Les échantil- 
lons qui figurent aux Expositions ne sont pas présentés de 
manière à attirer l'attention des acheteurs. Ce sont trop sou- 
vent de mauvaises bûches, préparées par des gens qui ne sont 
pas du métier, qui ne connaissent pas les besoins du marché ; 
et ce sont principalement des bois à meubles, dont la vente 
est, somme toute, limitée. 

L'énorme emploi de bois fait pendant la guerre rend cepen- 
dant l'heure propice pour un essai d'utilisation des richesses 
forestières coloniales ; et il faut espérer qu'on va s'efforcer de 
tirer parti des essences cTun emploi général, convenant, par 
exemple, pour traverses de chemin de fer, pavage, construc- 
tion, crosses de fusils, canonnerie, architecture navale, pilotis, 
merrains, rayons de roues d'automobiles, etc. On doit recher- 
cher aussi les bois qui peuvent remplacer le Frêne, toujours 
cher, et le Bois de lance. 



BOIS i Ml I S DE I. V GUI Wl. I RAM MSE S I 

< le n'est, certes, la faute ni des explorateurs, ni des auteurs, 
si tous ces bois son! délaissés. 

Beit. dès 1564, écrivait a ce sujet ; et plus lard encore ont 
pain de nombreux ouvrages. Barrère en ITi'.t. Préfontaine, 
en 1752. décrivaient de nombreuses espèces. 

En IT7î, Michel Dumazet présentait un rapport sur des 
échantillons de la Guyane. 

J. Bagol 1777 , un explorateur dont de Malonet a l'ait grand 
éloge, accomplissait un voyage dans le but précis de découvrir 
des bois propres à la construction ; et de Malonet lui-même 
engagea vivement le Gouvernement à accepter les offres avan- 
tageuses qu'il avait obtenues dos exploitants. 

En 1785, Guisan écrivait un mémoire sur l'exploitation des 
forêts et décrivait diverses essences ; en 1 7N8, Lescallier signa- 
lait leur abondance. 

Ce ne fut pourtant qu'en I S2^ que fut publié un travail 
vraiment scientifique, et qu'on ne saurait trop louer, celui de 
Dumonteil, qui est un modèle de précision, témoignant d'une 
grande connaissance non seulement des bois, mais encore de 
leurs usages. Malheureusement l'ouvrage est rare, et, de tous 
les auteurs qui l'ont cité, Sagot est le seul qui semble l'avoir 
connu, ou, en tout cas. apprécié à sa valeur. Et comme 
Dumonteil. naturellement . n'employait que les noms indigènes, 
1'identitication es1 souvent difficile. Mais L'auteur défendait 
vhement les bois de la Guyane. 11 sut démontrer que, sur les 
I 1!) sortes qn il trouva pendant ses deux ans de voyages, il y 
i toute la gamme, depuis les bois aussi lourds, élastiques et 
forts que L'Ebène, jusqu'à ceux qui flottent comme le liège. Ce ne 
sont pas d'ailleurs ces extrêmes qui sont rares, mais ce qui 
est intéressant c'est le fail de toute cette sine d'intermé- 
diaii 

En l<S2f), une Commission de Brest essayait certains de ces 
bois de Dumonteil et en établissait la valeur en les employant 
dans la construction des navires, Ces essais, ainsi que d'autres 
sur la force et l'élasticité, onl été bien menés, avec, pour 
terme de comparaison, Chêne = I . Malheureusement la base 
d'appréciation ne fut pas celle de Dumonteil : ce qui rend 



42 H. STO.NE 

impossible toute comparaison entre les deux séries de 
chiffres. 

En 1827, Noyer décrivit les forêts ; puis surtout en 1867 
Sagot nous donna pour la première fois un ouvrage où se 
trouvent réunies des connaissances techniques, appliquées sur 
place, et des connaissances scientitîques. Aublet, qui s'inté- 
ressa pourtant aussi au côté industriel de la question, ne peut, 
comme compétence, être comparé à Sagot. 

Depuis lors, aucune étude de quelque valeur ne peut être 
citée. Les botanistes qui publient sur le sujet décrivent plus ou 
moins bien les écorces. mais ignorent les bois. Les praticiens 
donnent, d'autre part, des renseignements pratiques, mais 
accompagnés de descriptions trop vagues pour qu'une identi- 
fication spécifique sûre soit possible. Enfin, certains vulgari- 
sateurs, ne connaissant ni la botanique ni les bois, copient 
les uns sur les autres en mélangeant les synonymes systéma- 
tiques et les termes vulgaires. Qu'on veuille bien jeter un coup 
d'oeil sur les chapitres consacrés plus loin au Bois de Licari, 
ou Bois de rose de Cayenne (n° 6200) et à YEhène verte 
(n° 5474), tous deux d'une importance industrielle considé- 
rable, et on verra quelles difficultés sont accumulées au sujet 
de l'identité de bois qu'un bûcheron reconnaîtrait au premier 
coup d'œil. 

Cette confusion me paraît encore une des causes qui ont 
fait négliger ces bois. On ne sait jamais ce qu'on va acheter 
sous unnom quelconque. Un exemple suffira. Un auteur que je 
ne veux pas nommer, et qui, d'ailleurs, a fait en d'autres cir- 
constances du bon travail, n'a pas seulement confondu deux 
svnonvmes svstématiques — erreur facile — mais, de deux 
bois désignés sous un même nom indigène, a fait un seul bois 
composé des caractères de trois espèces différentes. Et il n'a 
pas été le seul à décrire ainsi des « bois composés » ; d'autres 
auteurs, en adoptant les chiffres de Dumonteil sans rechercher 
s'ils se rapportaient vraiment aux bois qu'ils étudiaient, en 
ont fait également. Nous avons des bois « légers » à 800 kilos 
le mètre cube. 

La détermination systématique d'un arbre présente d'énormes 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 43 

difficultés, car il faut des fleurs, des feuilles et des fruits. Les 
espèces de la Guyane sont clairsemées et ne constituent pas 
des peuplements exclusifs, et les arbres sont souvent si serrés 
qu'il faut en abattre un avant de pouvoir voir même les feuilles; 
mais, les saisons de floraison et de fructification n'étant pas 
toujours connues, il faut savoir reconnaître l'arbre sur pied, 
par son écorce et par son port, ce qui n'est possible que pour 
un bûcheron expérimenté. Comme les noms indigènes ont 
souvent une application générique, naturellement le bûcheron 
fait erreur. 

C'est cependant un travail qui devrait être entrepris. Les 
collections faites par les botanistes ne manquent pas de pré- 
cision, mais un explorateur n'a pas le temps d'abattre de 
grands arbres et se contente des petits, dont le bois ne peut 
guère être comparé avec les bois commerciaux de bonne qua- 
lité de la même espèce. Pour réunir une collection de bois 
bien déterminés, de valeur industrielle, il faut la collaboration 
d'un forestier qui connaît ces bois sur pied, ainsi que leur 
période de floraison, et d'un commerçant local. Le premier 
choisirai-t les arbres et de bons échantillons de fleurs, fruits 
et feuilles, le second s'assurerait que le bois convient pour 
l'exportation. Enfin, les échantillons de toutes sortes peuvent 
être envovés en France en vue d'une détermination. Tout 
échantillon serait alors numéroté, avec des timbres en acier, 
sur le bout du tronc (section transversale), car tout autre mode 
de marquage est incertain. 

De telles conditions sont évidemment de réalisation difficile , 
aussi je propose qu'on se borne à un petit nombre d'espèces 
choisies parmi les plus abondantes, les meilleures connues, 
localement appréciées et d'une utilité générale. On ne prendra 
pas, par exemple, les bois à meubles. Les arbres choisis 
devraient être débités en madriers de G cm. d'épaisseur envi- 
ron, qui, après avoir été mis à sécher dans des magasins, 
seraient expédiés en France. 

Une fois arrivés, on les débiterait en morceaux convenables, 
destinés à tous les Musées, avec, pour chacun, une fiche don- 
nant tous les renseignements nécessaires. 



m H. 8T0NE 

Un tel procédé coûterait moins cher qu'une collection de 
cinquante mauvaises bûches vermoulues, fendues, mal récoltées, 
telles qu'on en voit ;i toutes les Expositions, où elles ne sont 
i|u une mauvaise réclame pour les essences quelles repré- 
sentent. 

Je recommande Y Angélique (n° 1927) pour remplacer le 
Chêne. Il a à peu près la même densité, est deux fois plus 
fort, et plus élastique ; en conséquence, les trois quarts de la 
quantité suffiraient pour une même besogne. 

Le Wapa huileux n° 1948) convient pour les traverses, 
pour le pavage, pour les constructions grossières exposées aux 
intempéries. 

L'Ebène verte (n° 5474) est une fois et demie (2,53 à 1) 
plus forte que le chêne, et d'une force et d'une élasticité hors 
pair pour rayons de roues d'automobiles, baguette de fusil, 
etc. 

Le Genipa (n° 3183 A) est très bon pour crosses de 
fusils. 

Sont encore intéressants les bois suivants, cités par 
Dumonteil, s'il est possible de les reconnaître d'après leurs 
noms indigènes : 

Le Bois crapaud (pt. II), très élastique et fort, mais 
lourd ; 

Le Saint- Martin rouge (n° 1851 J), capable de rendre les 
mêmes services que le Chêne, avec une économie de 40 p. 1 00 
des dimensions et de 30 p. 100 de poids, bon aussi — si c'est 
le même que le bois des collections de Marseille Guyane, 
n° 101)' — pour les crosses de fusils, ainsi que le Chêne vert 
( voir pt. II); 

Le Saint-Martin blanc (n° 1851 K.), inférieur au précédent, 
bon néanmoins ; 

Le Saouari rouge (n° 664). 

Je ne parle pas des bois mous, pouvant remplacer les Pins 
et les Sapins, car il paraît peu probable qu'ils soient actuelle- 
ment exportables, en raison de leurs prix inférieurs. 

Dans ce volume, on trouvera énumérées toutes les espèces 
d'arbres (non d'arbrisseaux ^citées par Aublet, Sagot, Barrère, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 45 

Préfontaine, Dumonteil. la Commission de Brest, de Lanessan, 
Brousseaux, Bassières, Bell et Martin-Lavigne, qui se sont 
occupés des bois de la Guyane ; on trouvera aussi toutes les 
espèces mentionnées dans les ouvrages qui traitent des bois 
en général, comme ceux de Roubo, Varenne-Fenille, Guibourt, 
Laslett, Wiesner, Noerdlinger et Grisard. 

Les descriptions de la plupart des auteurs laissent à désirer ; 
il faut souvent deviner ce qu'ils veulent dire. Le premier qui 
pour cette étude eut recours à la loupe fut Varenne-Fenille 
en 1807 ; aussi ses descriptions sent-elles très exactes. Gui- 
bourt plus tard adopta la même méthode ; puis, à une époque 
plus récente, ce sont surtout les pharmaciens qui, comme 
Planchon et Collin, G. Planchon et Boquillon, ont fait plus 
encore en se servant du microscope. Il nous ont alors 
donné une nomenclature méthodique et des descriptions 
minutieuses. 

Pour les bois de la Guyane, Martin-Lavigne est le seul 
auteur qui se soit servi de cette méthode ; malheureusement 
il n'eut à sa disposition qu'une pauvre collection, et il ne fut 
pas plus heureux que ses prédécesseurs dans la détermination 
des espèces. 

Les collections que j'ai eues à ma disposition sont les sui- 
vantes, auxquelles j'ajoute le mot « déterminé », lorsque les 
échantillons sont accompagnés d'un matériel d'herbier, ou 
étiquetés par des personnes compétentes. Il est regrettable 
que les échantillons de bois des Musées soient si souvent 
dépourvus dune histoire documentaire. 

1° Musée Colonial de Marseille'. 

a) Collection Jeanneney ; 2.'i échantillons. 

I> Collection envoyée à l'Exposition de Marseille de 
1906 ; i.'i échantillons, 

c) Provenances diverses ; 1)7 échantillons. 

d) Collection du Jardin Botanique, appartenant au Musée 

Colonial de Marseille ; 12 échantillons. 
2" Collection ./. Laslett ; i échantillons. 
."{" Collection Berkhout; 8 échantillons. 

i° Collection de l'Institut Impérial de Londres ; 22 échantil- 
lons. 



itf 



H. STON'E 



(Collection Bell ; 97 échantillons dont 32 déterminés. 

6° (Collection du Révérend J. Aiken ; 9 échantillons. 

7" (Collection du Pure de là Tête-d'Or, à Lyon ; 1 i échantil- 
lons, dont i déterminés. 

8° Collection Noerdllnger (coupes déterminées); i échantil- 
lons. 

La synonymie adoptée est celle de V Index Kewensis ; mais 
je ne cite que les synonymes qui se trouvent dans la littéra- 
ture spéciale des bois. 

L'ordre de classification adopté est celui de Durand ; et, 
afin que les très nombreuses références données puissent rester 
bonnes pour les additions futures, j'ai employé le numéro- 
tage de Durand, ce qui a bien facilité ma tâche. 

Puisqu'il est fort probable qu'Aublet a énuméré toutes les 
espèces d'arbres dont les bois peuvent avoir un emploi indus- 
triel et sont au nombre des plus connus, il en résulte que, 
parmi les bois ici décrits, ceux qui ne sont pas déterminés 
doivent être des doubles qui seront tôt ou tard rapportés à ces 
arbres d'Aublet. 

J'ai plaisir à dire la grande aide que j'ai reçue du Directeur 
du Musée Colonial de Marseille, M. le Professeur Jumelle ; 
j'ai été aussi secondé par MM. les Professeurs Gérard et 
Chifflot, de la Faculté des Sciences de Lyon, et par M. Brune, 
bibliothécaire du Musée Colonial de Marseille. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRA.NÇAISE 47 

INTRODUCTION 

La place me manque pour tenter même d'aborder une étude 
générale du bois qui seule nécessiterait un volume, mais, comme 
on connaît peu les moyens qui permettent de déterminer un 
bois ou de le comparer avec les descriptions déjà faites, 
j'insisterai davantage sur ce point. Et comme je désire y inté- 
resser tout amateur, j'éviterai, autant que possible, la termi- 
nologie botanique, au surplus inutile, puisque les histologistes 
ne s'occupent guère du bois bien formé et se contentent de 
l'examen de jeunes tiges à structure encore incomplète. 
Houlbert, en 1893, a été, je crois, le premier à indiquer le 
fait que la structure se développe lentement ; mais il saute 
aux veux de tous qu'il a regardé ses échantillons à la loupe. 

Un tronc s'accroît par l'addition continuelle de nouvelles 
couches se superposant aux couches antérieures. La petite 
plante de la première année est cachée à L'intérieur d'une 
couche ou d'un cône de bois de la deuxième année : elle peut 
même parfois être retirée de sa gaine. Les couches des années 
suivantes sont à leur tour superposées, chacune dépassant 
toujours en hauteur la précédente. 

Dans les pays froids, le cône eflilé ainsi produit, et qui 
constitue le tronc, a, au sommet, une seule couche avec la 
moelle, et, en bas, vers le pied, plusieurs couches dont le 
nombre augmente avec l'âge. 

Dans les régions tropicales, au contraire, où les saisons ne 
correspondent pas avec les nôtres, et où beaucoup d'arbres 
n'ont pas de période de repos bien marquée, il y a du bois 
nouveau en hiver comme en été. et formation de deux, trois, 
quatre ou même cinq couches par an 

Je laisse, bien entendu, dans tout ceci, les exceptions, pour 
ne considérer que lf cas général. 

Il est intéressant de rappeler que ce fut Léonard <lc Vinci 
qui signala ce lait, approximativement vrai, qu'on peut con- 
naître l'âge d'un arbre d'après le nombre de ses couches. 

Le même de Vinci fit encore le premier des essais sur la 



48 H. ShiM 

résistance des bois de construction (Codice atlantico, folio 
82, recto, b). 

Chez beaucoup d'espèces, le bois reste indéfiniment à l'état 
d'aubier (Bouleau, Tulipier, Quassia) ; mais, plus souvent, 
après un nombre d'années variable suivanl l'espèce, il se 
transforme en cœur 2 à ï ans chez le Robinia Pseudacacia el 
le Cylisus Laburnum, i." environ chez le Frêne, un siècle 
peut-être dans le Bois de lettres . On entend par là que ce 
bois se colore et devient plus lourd, plus dur, plus résis- 
tant aux facteurs extérieurs. Et, à dater de ce moment, 
au fur et à mesure de l'addition saisonnière de nouvelles 
couches externes, une couche interne de l'aubier acquiert les 
caractères du «cœur». 

Ce changement peut être brusque, et la ligne de sépara- 
tion est alors nette [Laburnum, Wacapou, Robinia,, mais il 
peut être, quoique rarement, graduel avec une zone intermé- 
diaire (Chêne) ou régulièrement progressif (Sorbier. Pom- 
mier, beaucoup de Sapotacées ; voir ioOT B à I). 

Chaque couche a sa structure propre et devrait être étudiée 
indépendamment de ses voisines, formées à un autre moment. 
Elle a donc son individualité, à laquelle ne participent pas les 
rayons qui, permettant la circulation radiale de la sève, 
relient toutes ses couches. Ces ravons vont du centre de la 
moelle à l'écorce ; ils remplissent les espaces que laissent, 
sous forme de mailles, les fibres ligneuses qui forment le 
massif du bois. 

On peut observer une (Bouleau, F'aux-Platanei, deux 
(Chênej ou même trois (Hêtre, d'après Hartig) sortes de 
rayons dans le même bois ; il y en a toutefois rarement plus 
d'une dans les bois de la Guyane (1823 A, Cacao). Que la 
différence entre ces sortes de rayons soit réelle, j'en doute 
fort (v. 1156 J), mais c'est la théorie admise. 

En coupe transversale (ou horizontale si l'arbre est sur 
pied) les rayons et les limites des couches dessinent une toile 
d'araignée. En coupe radiale (ou longitudinale ou verticale), 
prise sur la ligne de la moelle, les fragments de rayons que la 
scie a épargnés forment des taches ou des mouchetures, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 49 

qu'on appelle les «mailles», si belles sur le bois de Chêne, 
où elles sont exceptionnellement grandes, lui coupe tangen- 
tielle (contre-mailles, bois de (il), ou vas de l'extérieur après 
l'enlèvement de l'écorce, les rayons ont une forme de fuseau 
étroit et sont beaucoup moins apparents. En définitive, ce 
sont des lames à double fil, presque parallèles, mais qui 
naissent en quelque sorte les unes des autres, car espacées à 
la périphérie, elles convergent et se réunissent au centre. 

On peut souvent observer des payons qui se bifurquent, 
chaque branche devenant un rayon nouveau, et toutes ses 
branches s'écartant de plus en plus les unes des autres avec 
la croissance de l'arbre. Parmi les bois de notre série, j'ai 
observé de ces rayons qui se divisent simultanément en 
quatre branches IS:2.''>. Cacao). 

Dans la terminologie scientifique, ces rayons sont appelés 
« rayons médullaires » , mais comme ils ne sont médullaires 
que dans la première couche autour de la moelle, nous 
nous passerons de ce terme encombrant qui devrait disparaître. 

Parmi les fibres ligneuses se trouvent ces petits tubes qui 
traversent verticalement les couches et sont les « vaisseaux ». 
En coupe verticale, ces vaisseaux se présentent comme de 
petits sillons formant ci grain >> : en coupe transversale, ils 
semblent des piqûres. 

La disposition des vaisseaux, variant avec l'espèce, est très 
caractéristique et aide à reconnaître les familles, souvent le 
genre. Les vaisseaux peuvent être serrés (Bouleau, Hêtre), 
petits el nombreux, et jusqu'à iOO par millimètre (Buis), ou 
isolés, grands et rares la plupart des Légumineuses), au point 
qu'il n'y ait plus que I par 3 millimètres n" 1856 A : ils 
peuvent être disposés en lignes obliques) Terminalia, n°2249), - 
radiales Ilmix. Châtaignier), dendritiques (Chênes), ou en 
groupes subdivisés radialemenl et par échelons Mimusops. n" 
lr§08, el beaucoup d'autres Sapotacées . ou sans ordre appa- 
rent. 

Les anneaux concentriques de gros vaisseaux, si apparents 
et bien connus dans le Chêne, n'ont (prune valeur spécifique 

\ unales du Musée colonial de Marseille 3» sérii 1916, 4 



H SlU>t 



et ne se trouvent que rarement dans les bois exotiques 
Melia Azedarach. d° I 171 ,. On ne les constate même pas dans 
beaucoup de chênes ; le Chêne vert en a à peine. 

Enfin, il est une sorte de tissu moins vulgairement connu, 
mais dune importance capitale pour la détermination des 
espèces : c'est le « parenchyme ». Terme, au reste, assez défec- 
tueux, car il englobe beaucoup de tissus différents, comme le 
tissu de la moelle et des rayons, et deux autres sortes qui 
sont le « paratrachéal » et le « mésotrachéal >,. On peut se 
servir de ces deux dernières dénominations, si Ton veut ; je 
les remplacerai, cependant plutôt par Pa et Pb, car je les 
juge inutiles, n'étant pas assez précises pour nous, à notre 
point de vue spécial. 

La nature des cellules et des tissus ne nous intéresse pas 
ici ; c'est leur ensemble et surtout leur apparence qu'il nous 
faut considérer. Et comme ces cellules de parenchyme sont 
associées suivant quatre modes distinctes, j'admettrai les 
quatre divisions suivantes : 

Parenchyme a. Le tissu entoure plus ou moins complète- 
ment les vaisseaux. Il est toujours plus mou que les tibres 
ligneuses et. à de très rares exceptions près (dont aucune ne 
se présente pour notre série], également plus clair. Le cas le 
plus fréquent est celui où ce tissu forme gaine autour des 
vaisseaux et, sur une section transversale, apparaît comme 
une petite auréole autour de l'orifice. A un état de plus grand 
développement, il peut s'étendre tangentiellement sous forme 
de petites ailes, qui peuvent être de plus en plus longues, 
jusqu'à unir des groupes de vaisseaux et à faire des lignes ou 
couches concentriques continues. Il est des cas où ce tissu 
peut constituer jusqu'aux deux tiers du massif du bois. 
(Ormosia, n° 1876 A). 

Parenchyme h. — C'est un tissu d'une nuance et d'une 
nature différentes du précédent, mais ici nous rencontrons la 
plus grande difficulté de notre tâche, car il ne faut absolu- 
ment pas prendre les lignes concentriques de Pa pour celles 
de Ph. Quand les deux types coexistent, il est toujours facile 
de les distinguer, mais on a tendance à oublier les différences 



BOIS UTILES DE LÀ GUYANE PRAMÇAIS1 51 

qu'ils représentent lorsqu'on emploie une clef ou qu'on lit une 
description. Il faut toujours examiner si La couleur des Lignes 
est la même que celle du parenchyme qui entoure les vais- 
seaux, car le Ph qui est toujours des Lignes peul être à 
proximité tout à l'ait immédiate «les vaisseaux. 

Parenchyme c. — Ce tissu peut être de même nature que 
Pu. mais il n'est pas groupé en massifs de forme déterminée. 
Il consiste en cellules isolées ou en libres peu apparentes sauf 
au microscope), disséminées parmi les fibres Ligneuses. Je le 
néglige le plus souvent, car il ne nous fournit aucun aide sys- 
tématique. 

Parenchyme <l. — Ce tissu ne se trouve que de temps en 
temps et forme les limites des couches chez certaines espèces. 
Sa nuance diffère encore de celles des précédents. Comme il 
est possible que Pa et Pb suivent également les bords des 
couches, il convient de faire bien attention à cette nuance. Ce 
Pd toutefois axant peu d'importance pour la détermination 
îles espèces, on peut le regarder comme une variété de Ph. 

En définitive, nous avons donc surtout à nous préoccuper 
de deux sortes de parenchyme : celui qui entoure les vaisseaux 
avec ou sans expansions concentriques; et celui qui n'a 
aucun rapport avec les vaisseaux, et qui est toujours concen- 
trique. 

Le parenchyme ligneux est le plus capricieux des tissus. Il 
peut être tellement abondant qu'il est visible à l'œil nu, et il 
peut aussi a peu près manquer dan^ du bois de la même 
<-^pèce. 

Les Libres Ligneuses, malgré leur quantité et leur importance 
au point de vue de la couleur et de la force, ne nous servent 
pas par elles-mêmes, sauf chez les Conifères, où La sculpture 
et les perforations d.-s parois aident à distinguer quelques 
espèces. Mais il n'y a pas de Conifères à la Guyane. 

Étant donné que la couche esl La base de n<>^ détermina- 
tions, il faut tout d'abord examiner La section transversale, 
c'est-à-dire l'extrémité d>' la planche qu'on veut identifier. 
L'interprétation des tissussurles faces n'est possible qu'après 
l'ululé de l'extrémité, [je tronc l'un i i int un emboîte- 



52 H. 9T0NE 

ment de longs cônes, la scie, en le traversant, rencontre toutes 
les couches, donl les limites se dessinent en lignes ou en lacets 
courbes suivant la plus ou moins grande obliquité de la sec- 
tion. Une coupe radiale bien faite montre les limites sous 
forme de lignes presque parallèles, entrecoupées à angle droit 
par les mailles ou rayons. Une planche découpée vers la sur- 
face de la bûche H)ois de fil. section tangentielle) présente ces 
mêmes limites comme des courbes ou lacets paraboliques 
dirigés vers le sommet de l'arbre, tandis que les lignes sont a 
peu près parallèles vers le pied. Tout se ramène à des sections 
de cône. La coupe verticale radiale donne un triangle, la coupe 
transversale horizontale un cercle, la coupe transversale 
oblique une ellipse, et la coupe tangentielle une parabole. 

Si l'on veut bien examiner avec attention un parquet en 
bois de Chêne, une planche sur vingt montrera de jolis mail- 
lettes claires entrecoupées de lignes parallèles ; c'est une 
coupe radiale avec des rayons coupés par les limites des 
couches. Sur quelques autres planchettes, on remarquera des 
couches paraboliques plus ou moins irrégulières ; c'est une 
coupe tangentielle. Il est aisé de comprendre que, même lors- 
qu'une bûche de Chêne a été préalablement coupée en quar- 
tiers, on ne peut avoir que quatre planches en coupe radiale ; 
les autres sont forcément plus ou moins tangentielles, et les 
mailles sont de moins en moins nettes au fur et à mesure 
qu'on s'éloigne du centre de l'arbre. Finalement, elles sont à 
peine visibles. 

De ces coupes diverses, il résulte qu'un petit orifice, comme 
un vaisseau, de la section transversale, devient un sillon en 
section verticale ; et sur une surface courbe on voit toutes les 
transitions jusqu'au cercle, en passant par l'ellipse. 

La planche I d'un cylindre de Bois serpent montre à l'extré- 
mité supérieure les vaisseaux comme autant de points blancs, 
sur les côtés comme des lignes blanches : et là où l'irrégula- 
rité delà course des fibres a donné fortuitement une coupe un 
peu oblique ''comme dans la partie inférieure de la figure , ces 
vaisseaux se présentent comme de petites ellipses allongées. 

Lorsqu'on débite un tronc d'arbre en planches, on n'obtient 



BOIS UTILES D£ LA GUYANE FRANÇA1 53 

jamais deux de ors planches absolument semblables ; et on 
comprend aisément que c'est seulement aux extrémités de la 
planche que la structure transversale peut donner des rensei- 
gnements précis, l'n charpentier reconnaîl bien ses l>ois en 
planche, car c'est chez lui une question d'habitude et d'expé- 
rience longuement acquise : mais veut-on déterminer un bois 
jusqu'alors inconnu, les sections radiales et tangentielles n'ont 
qu'une importance spécifique. 

A mon avis, la meilleure façon de procéder est de bien 
polir l'extrémité de la planche avec du papier de verre n° 00 
ou avec un racloir. Le rabot convient bien pour les bois mous 
européens, mais les bois exotiques importés sont générale- 
ment trop durs, et le rabot écrase les fibres, au lieu de les 
couper. Le papier de verre et le racloir, par contre, ravivent 
pour ainsi dire le parenchyme ; ils le rendent même plutôt 
exagérément visible, mais c'est un avantage et on peut tou- 
jours contrôler en coupant avec un canif bien aiguise un coin 
de la planche. 

Presque toujours la structure devient plus évidente quand 
le bois a été immergé au moins pendant un moment dans 
l'eau et s'est imbibé. In autre avantage de cette imbibition 
est que l'eau fait parfois réapparaître l'odeur du bois, qui 
p ut être un bon caractère. 

On doit toujours chercher la couche la plus large et, par 
conséquent, la plus développée, et surtout faire attention aux 
bandes de couleur anormale qui caractérisent beaucoup de bois 
(Palissandre, Bois d'olive, Bois-serpent) dans lesquels elles 
serpentent en tous sens sans aucun rapport avec la structun 

Les coupes transparentes ne peuvent être obtenues qu'avec 
les bois mous. Elles sont surtout utiles quand elles sont em- 
ployées, avec ou sans inclusion au baume de Canada, comme 
clichés de projection. L'emploi du baume esl nécessaire quand 
• m veut photographier les coupes, mais la préparation enlève 
les gommes ei les résines qui se trouvent dans les tissus et 
les rend moins caractéristiques. Il faul se livrera un premier 
examen des coupes avant qu'elles soient prép : 

tious des bois à comparer peuvent ensuite être proji ôte 

a côte sur l'écran et être étudiées à l<>im 



."» i H. STONE 



J'ai étudié ainsi à la lanterne les 1.100 sections de Noerd- 
linger, et mon jeune lils, qui assista à toutes ces séances, se 
familiarisa bientôt, à tel point, avec les caractères des struc- 
tures de beaucoup de genres, qu'il en criait le nom aussitôt 
que la figure apparaissait sur l'écran. Je ne cite pas seule- 
ment ce fait en souvenir de mon petit collaborateur, mais aussi 
pour montrer combien il est facile de reconnaître beaucoup 
d'espèces et combien la structure peut venir en aide à la sys- 
tématique. 

Mais les coupes minces transparentes ont, somme toute, une 
importance secondaire ; le bois devrait être étudié avant tout sur 
une surface lisse. Les rapports des tissus entre eux ressortent 
ainsi beaucoup plus nettement que lorsqu'on examine séparé- 
ment les coupes des trois sens. J'emploie une loupe à grossis- 
sement de 3 diamètres et un microscope à grossissement de 
10. Ce dernier est un microscope d'étudiant dont le pied a été 
supprimé, mais qui est muni d'un manche ou tube glissant à 
la surface pour permettre de régler la distance focale. Une 
partie du tube est coupée, pour permettre à la lumière d'arri- 
ver au bois : l'extrémité inférieure est découpée en parabole, 
en vue d'éviter la production d'une ombre, par l'interférence 
des rayons lumineux. 

Grâce à ce dispositif, on peut examiner le bois, non pas sur 
une surface restreinte comme à l'ordinaire, mais beaucoup 
plus largement ; et les variations de structure, qui soûl très 
grandes, sont plus certainement observées. Une petite coupe 
préparée pour le microscope ne peut jamais être typique, 
même pour le fragment de bois sur lequel elle a été prélevée. 

Un autre avantage de mon dispositif est qu'il permet d'exa- 
miner des échantillons de Musée qu'on ne doit pas endomma- 
ger, et le grand nombre des observations rendues ainsi pos- 
sibles donne à l'étudiant l'expérience nécessaire pour recon- 
naître rapidement des types de familles, tout comme l'ébéniste 
reconnaît ses bois à meubles. 

Les dimensions de tous les tissus augmentent proportionnel- 
lement. Je décris toujours les lignes de parenchyme comme 
étant plus ou moins grandes que les rayons, les intervalles 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE Sa 

entre les rayons comparativement au diamètre des vaisseaux, 
etc. : et les visibilités à l'œil nu. a la loupe +• 3) et au mi- 
croscope -f- 10 servent comme des sortes de mesures qui. si 
elles laissent à désirer au point de vue île l'exactitude, sont 
bien pratiques, et en accord avec les laits. 

Lorsqu'on compare deux bois, il faut toujours les placer 
cote ii côte afin de voir simultanément a la loupe «les portions 
des deux. 

M. Martin-Lavigne. en critiquant mon Timbers of Com- 
merce, ne m'a pas compris. Je ne proscris pas l'emploi des 
coupes microscopiques si on ne néglige pas. d'autre part, 
l'étude du bois massif ; je dis seulement qu'il y a danger 
d'erreur si l'on s'appuie exclusivement sur ces coupes. Le 
parenchyme est souvent composé de cellules tellement sem- 
blables, en sections transversales, aux fibres ligneuses qu'il 
est impossible de les distinguer (Simaruba, I KHI ; Oranger, 
I |l>2 ; Noyer, etc. ) : nous avons, par suite, une description 
d'un bois qui, à la loupe, « présente du parenchyme en petites 
lignes concentriques » et une figure agrandie qui montre seu- 
lement quelques cellules isolée- Hopkinson, Rhizophora 
[[angle, p. loi. lig. 15, n" 'l'2'-Vl . Martin-Lavigne lui-même 
décrit très bien à la loupe VEbène verte mais sa description 
au microscope et ses figures ne correspondenl guère au bois. 
que je connais bien. 

En raison, d'autre part, de la difficulté de couper les bois 
durs avec le microtome, on est tente de prendre des tiges 
d'herbier ou de jardin botanique, en rapportant, d'ailleurs, 
sans certitude suffisante, à une espèce connue, un bois mal 
déterminé — comme ceci est plus d une fois arrivé à M. Mar- 
tin-Lavigne — et on a un bois < composé >' nouveau. 

L'inconvénient encore es! qu'un tissu qui offre un caractère 
bien visible a l'œil nu ou a la loupe peul le perdre entièrement 
lorsqu'il est Fortement grossi. Un bon exemple esl celui delà 
figure que nous donnerons pour le Kurahara. La disposition 
des vaisseaux en lignes dendritiques, cara< téristique dugenre 
Calophyllum, et bien visible à l'œil nu, disparaît avec le 
grossissement, pourtant Faible, employé pour la figure. 



56 H . s I ( • M . 

M l'errot dit que mes figures .sont à une échelle trop petite. 
Pour l'histologie, oui. Pour l;i détermination pratique du 
bois, non 

Quant aux mensurations de cellules, de vaisseaux, de rayons, 
de fibres, qui font le bonheur des histologistes, je n'exagère 
pas en disant qu'elles sont fausses. Elles ne valent que pour 
le fragment placé sous le microscope ; un autre morceau pris 
sur le même arbre et également examiné le démontrerait. Un 
coup d'œil, même sans loupe, jeté sur les vaisseaux et les 
rayons d'une large planche de Chêne coupée en section radiale 
convaincra n'importe qui que les éléments s'accroissent tou- 
jours jusqu'au moment où l'arbre a atteint son optimum (com- 
parer les fig. 17 et 18). J'ai vu des bois qui, à la première 
couche, près de la moelle, avaient des vaisseaux à peine visibles 
à la loupe, tandis que ces vaisseaux, dans la sixième couche à 
partir du centre, étaient assez grands pour être comptés à l'œil 
nu. Je donne des mesures chaque fois qu'il est possible, mais 
il est bien entendu que, comme pour la densité et les 
autres caractères du bois, elles peuvent être extrêmement 
variables. 

La résistance à la rupture est encore une donnée dont il 
faut se métier, et d'autant plus qu'il s'agit là de la sûreté de 
la construction. En plus des variations individuelles, il y a des 
« lignes de faiblesse » qui suivent, soit les cercles (Frêne, 
Manguier, 1508), soit les rayons (bois de fente, merrain, 
Chêne) ; et le résultat de l'essai dépend de la position de la 
pièce à essayer. Si les lignes de faiblesse sont à angle droit 
avec la ligne de force, le bois cède vite ; si, au contraire, il y 
a parallélisme entre ces lignes, il résiste bien. Enfin, les petites 
pièces ne valent rien pour l'essai. Les expériences de Léo- 
nardo, de Buffon et de Duhamel de Monceau sont les seules à 
retenir, car tous ces expérimentateurs possédaient les notions 
que je rappelle, tandis que tous les auteurs plus modernes les 
ont ignorées. 

Le poids, ou plus exactement la densité, peut varier énor- 
mément. Pour le Pin sylvestre, par exemple, les variations 
vont de 0,310 à 0,840 ; pour l'If, de 0,470 à 1 ; et il n'y a 



Il — 



BOIS UTILES PF LA BUTAS 1 FBAHÇAIS1 Oi 

aucune raison de croire que ces cas sont anormaux et spéciaux 
à ces espèces. Ce sont des espèces bien étudiées et rien de 
plus. 

Il est réellement ridicule de citer des chiffres qui prennent 
.l'apparence d'une certitude scientifique lorsque les deux mor- 
ceaux d'une pièce à essayer, et qu'on a divisée en deux moi- 
tiés, donnent deux densités ditï'érentes. Le chiffre donné est 
donc bon pour L'échantillon essayé, mais n'a pas d'autre 
valeur. 

Il ne faut pas, au reste, accepter les chiffres qui sont basés 
sur un procédé impliquant L'immersion dans l'eau. Ce genre 
d'essai est bon pour se taire une idée approximative quand le 
temps presse, mais le bois est tellement absorbant qu'il com- 
mence immédiatement à s'imbiber d'eau. Qu'on mette, par 
exemple, un petit tronçon transversal de Bouleau, de I centi- 
mètre d épaisseur, sur de l'encre rouge, et l'encre apparaîtra 
sur la face supérieure avant qu'on ait pu tirer sa montre pour 
calculer le temps nécessaire à la pénétration dans le bois. Ou 
bien encore qu'on place sur l'eau une mince coupe transver- 
sale de Saule, par exemple un copeau obtenu au rabot, et 
cette coupe tombera immédiatement au fond. 

En réalité, le bois a pour densité environ 1,540 ; et c'est 
l'air contenu dans ses pores qui le fait surnager et qui déter- 
mine les différences de densité des diverses espèces. Si le 
copeau de Saule est pris sur la planche de face, c'est-à-dire en 
section verticale, l'air. ne pourra pas s'échapper, et le copeau 
llottera. Il donnera une densité d'à peu près 0,280, soit une 
ditférence de 1 .200 kilos par mètre cube pour le même bois. 

Le Gaïac, le plus lourd des bois connus, n'arrive jamais à 
1,540 : le chiffre le plus élevé (pie j'aie rencontré est 1,400. 

Une curiosité est le bois de Cocotier cité par Beauverie 
Les Bois industriels, p. 30), qui est plus lourd que le Gaïac. 
Curieuse aussi est la remarque de Moeller, qui « ne trouve pas 
que le bois des Eucalyptus est lourd ». In bois de Grisard 
sert en même temps pour faire flotter les filets et pour la 
fabrication de moyeux (v. 762 A). 

La dureté est, de tous les caractères, le plus difficile à 



î)8 H. STONE 

exprimer. J'ai jadis expérimenté avec une machine qui était 
certes très imparfaite et qui. néanmoins, était assez bonne 
pour me mettre sur la trace d'un principe sur lequel je base 
mes comparaisons. Quand je constate dans mes descriptions 
que la dureté d'un bois quelconque est égale à celle du Buis r 
mon appréciation se base sur une règle et n'est pas simple 
devination. Mais comme il n'y a pas de série d'essais pour 
chaque espèce, ces comparaisons restent essentiellement 
modifiables. 

Les noms indigènes sont utiles pour faciliter les recherches, 
mais il ne faut les utiliser qu'avec prudence. Ils sont souvent 
écrits de façons très diverses. Si les termes comme Caju, 
Cautabalhj et Sapote ne se trouvent pas à la table, on devra 
les chercher à Acaju, Kaju, Kautabally, Zapateri, etc. 

Les Caraïbes avaient parfois deux noms pour le même 
arbre, l'un à l'usage des hommes et l'autre à l'usage des 
femmes (1514 et 494); et les indigènes du Brésil font chan- 
ger le nom en régime avec son adjectif, variante qui ne sim- 
plitie pas notre tâche (v. 1880 A). Puis un nom indigène mal 
compris par les colons subit des variations bizarres. Aouacate 
devient Avocat, et le Minquar devient Lamencouard. Le mot 
halli qui veut dire « arbre » est devenu Balata, Bulètre, et, 
en anglais Bully, ou même Bully-tree, ce qui signifie dès 
lors « arbre-arbre ». Carapa signifie en galibi « mort aux 
animaux », et il a été transformé en Krapa, Crah-wood 
(c'est-à-dire en anglais « bois de crabe.»), et, selon Grisard, 
aussi en Crapaud. Les termes les plus gênants sont les termes 
descriptifs, comme icica, ou « résine », jacaranda, qui est 
un bois quelconque, de couleur foncée, coupi qui signifie 
« dur », calaha « huile », acajou « bois », mapou « bois mou », 
saoua « piquant », simira, qui est tout bois donnant une 
teinture violette, toura, ou « pleureur », tapiri « rouge », 
icapa. ou « bois à charpente », para « bigarré », sapote, ou 
« sabot ». etc. 

Le nom maho, d'après Préfontaine, signifie un arbre à 
écorce filamenteuse, bonne pour la fabrication des cordages, 
et il s'applique surtout aux Malvacées arborescentes a fleurs 



FOIS l TII f S DR LA GUYANE FRANÇAISE 59 

de mauve, comme les Hisbicus. Il est fort probable que les 
Galibis l'ont appris des Espagnols. Mahoe, en espagnol, 
signifie « mauve »>. Mais aujourd'hui il s'applique également 
aux arbres du genre Lecythis, qui oui une écorce analogue 
et des fleurs de Myrtacées. 

A relever encore, à propos de noms étranges, celui de 
mango pickle, cité par Grisard v. 1508 . qui est la conserve 
si appréciée des Anglo-Indiens, mais qui n'esl ni un arbre ni 
un bois. 

Les descriptions de nos échantillons, dont le nombre atteint 
147, ont été ainsi établies. Après les noms et synonymes, j'ai 
donné tout d'abord un certain nombre de caractères [généraux, 
suffisants pour le lecteur qui veut avoir [une simple idée du 
bois sans l'étudier à fond. J'ai mentionné ensuite la densité et 
les autres caractères physiques qui nécessitent un essai quel- 
conque, puis l'écorce. la moelle et aubier. J'ai détaillé la struc- 
ture du bois en plaçant toujours les tissus dans le même 
ordre, pour mieux permettre les comparaisons entre espèces. 
Suivent des renseignements sur l'emploi, l'indication des échan- 
tillons-types, l'iconographie s'il y en a, et les références 
d'auteurs. 

Certains détails font parfois défaut, surtout quand un 
échantillon de Musée ne présente pas de section verticale. Je 
serais reconnaissant aux amateurs de bois qui pourraient 
m'aider à combler ces lacunes, ainsi qu'à déterminer les trop 
nombreuses espèces encore sans nom systématique. 

Les échantillons du Musée Colonial de Marseille étaient 
ou trop durs ou trop secs pour qu'il fût possible d'en faire 
fies coupes transparentes ; j'ai donc dû me contenter de repro- 
duire les coupes de mon Timbers of Commerce el du Timbers 
of British Guiana publié par le D r Freeman et moi. Lorsque 
les vaisseaux sont représentés en blanc, la photographie a 
été prise sur un»' coupe transparente: lorsqu'ils sont repn 
sentes en noir, ce sont des photographies directes du bois. 
En tout cas, les rayons sont orientés de haut en bas; le côté 
correspondant a la moelle est en bas, et celui correspondant à 
l'écorce en haut. Le grossissement est de ,'t. 



fiO H. STOM 

I. Icônes lignorum donne de très belles illustrations, colo- 
riées à La main, de 96 bois de Surinam. Beaucoup sont des 
douilles, et souvent ie même bois est figuré sous des noms 
divers; on peut néanmoins en reconnaître un assez grand 
nombre. Je Les ai toujours cités quand j'ai cru pouvoir m'assu- 
rer de leur identité : les autres sont signalés dans le chapitre 
des Bois Indéterminés, dans l'ordre alphabétique. 

Ma Bibliographie est composée de livres dans lesquels j'ai 
pu puiser quelques renseignements, à l'exception de quelques- 
uns que je n'ai pu me. procurer, et qui sont cependant néces- 
saires pour compléter cette histoire des bois de la Guyane. 
Pour qui n'habite pas Paris, la recherche des livres est très 
difficile. Il y a encore 37 ouvrages sur la Guyane que je n'ai 
pu voir jusqu'alors. L'absence de toute organisation qui aide- 
rait dans ces recherches le travailleur sérieux est ce que j'ai 
le plus déploré en France. 

Ces remarques faites, et avant d'aborder l'étude descriptive 
des bois de la Guyane Française, je crois devoir rappeler com- 
ment ont été établies les classifications des bois par 
Dumonteil et par la Commission de Brest. 

Lmmonteil, p. 160. a réparti le bois en six classes : 

1'° classe. Bois plus lourds que le Chêne , propres pour la 
construction des pièces de la partie inférieure de la carène 
des navires, qui exigent une conservation de longue durée. 

2 e classe. Bois d'un poids équivalent à celui du Chêne ; 
propres pour bonnes membrures et excellents bordages, pour 
la construction de la coque en général, mais tout particulière- 
ment pour celle de l'œuvre vive. 

3 e classe. Bois équivalents à ceux des Pins, Sapins, etc. ; 
propres pour membrures, bordages et, particulièrement, pour 
la construction de l'œuvre morte. 

4 e classe. Bois très abondants et jolis ; bois à meubles ; 
bois de couleur. 

Sous-classe. Bois jugés propres à faire des rouets de 
poulies. 

5 e classe. Bois de qualité inférieure. Ces bois pourraient 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 



61 



être utilement employés pour planches, dont la qualité serait 
au moins équivalente à celle des planches de Peuplier dont 
on l'ait un si grand usage en France. 

i» .lasse. Bois d'une très faible valeur en général : leur 
emploi ne conviendrait pas pour nos arsenaux, excepté, peut- 
être, pour faire quelques bouées ou autres objetsd'une grande 
légèreté. 

La Commission de Brest, p. 190, admet quatre classes, 
qu'elle divise en sous-classes : 

l re classe. Bois dont les dimensions, la configuration, la 
force, l'élasticité et la pesanteur spécifique conviennent à 
toutes, ou presque toutes les parties du navire; et aussi les 
Bois que leur pesanteur exclut des hauts, lorsque leurs 
dimensions et leur configuration permettent de les employer 
comme pièces de membrures. 

Sous-classe a. Bois plus forts, aussi élastiques, mais pas 
plus lourds que le Chêne de France, pouvant le remplacer avec 
avantage dans toutes les parties d'un navire. 

Sous-classe h. Quoique légèrement inférieurs à ceux de la 
sous-classe précédente. Bois susceptibles de faire à peu près 
le même service. 

Sous-classe c. Bois plus lourds que les précédents, mais 
pouvant encore remplacer le bois de Chêne avec avantage. 
pour les membrures des vaisseaux, les bordages de fond, les 
préceintes et pièces de liaison. 

Sous-classe cl. Bois Lourds, très peu élastiques, ne pou- 
vant être employés que pour la membrure de l'œuvre vive 
des navires, pour quille el carlingue. Ils sont placés cepen- 
dant dans la première classe, à cause de la longue durée qu'ils 
assurent à celte partie des- navires donl la destruction entraî- 
nerait soit la disparition du bâtiment, suit, tout au moins, une 
réfection coûteuse. 

_' elasse. Sous-classe a. Bois inférieurs au Sapin du Nord; 
pour border les ponts et les hauts des navires, mais compa- 
rables pour cei emploi au Sapin du Canada. 

Sous-classe h. Bois encore plus tendres et moins élas- 
tiques que les précédents, ne pouvant être employés que 



fi 2 H. 9T0NÊ 

comme vaigrage des hauts ou bordages, d'entre-sabords et 
pour la menuiserie. 

3 e classe. Sous-classe a. Bois supérieurs en apparence à 
ceux de la classe précédente, mais jugés moins favorablement 
à cause du peu de consistance de leur résine qui, en s'en 
écoulant facilement, laisse leurs fibres sans appui ni adhérence, 
ce qui doit déterminer une prompte détérioration. 

Sous-classe h. Bois comparables par leurs qualités à 
quelques-uns des Bois de la l re classe, mais avec une odeur 
fétide qui en restreint l'emploi. 

4 e classe. Bois propres seulement à faire des rouets de pou- 
lies, mais inférieurs pour cet emploi à l'Ebène noire et à 
l'Ebène verte qui, elles-mêmes, ne valent pas le Gaïac ordi- 
naire. 

Remarquons que les essais pour la force de résistance de 
ces bois ont été effectués dans des conditions différentes par 
Dumonteil et par la Commission de Brest. Les essais de 
Dumonteil furent faits sur des cabrions (barrotins) de 12 dm. 
de longueur sur 5 cm. d'équarrissage. Il est à présumer que 
les pointes de support étaient à une distance d'un mètre, 
quoique l'auteur ne dise rien à ce sujet. Le mot c< force » 
exprime le poids en kilogrammes supporté par ces cabrions 
jusqu'à la rupture. Le mot « flexibilité » signitîe l'augmenta- 
tion, en millimètres, de la flexion produite par l'addition suc- 
cessive d'un poids de o kilog. L'élasticité est le sinus moyen 
de l'angle de la flexion au moment de la rupture. 

Les essais de la Commission de Brest furent faits sur 11 
espèces des bois de Dumonteil, conservés partie à couvert et 
partie à découvert, et encore sur 7 autres espèces. Les cabrions 
étaient de 11 dm. 5 de longueur sur 5 cm. d'équarrissage/ 

La force (ou effort supporté par les pièces) n'est pas exprimée 
de la même manière par la Commission et par Dumonteil. 
Le nombre donné, par exemple, par Dumonteil, pour la 
force du Panacoco, est 400, tandis que celui de la Commis- 
sion de Brest est de 1.480 à 1.700. Les nombres relatifs à 
l'élasticité (ou flèche de l'arc) ne concordent pas non plus 
dans les deux cas, car, pour le bois cité, Dumonteil donne 
115 et la Commission de Brest de 15 à 20. 



BOIS UTILES DE LA Gl VA.NE FRASÇAISE 63 

La Commission de Brest a pris le Chêne (du Bassin de la 
Seine) comme unité de force. Dans nos citations, nous adop- 
tons la formule suivante: Panacoco, de 2,00 à 2,1'i. si le 
Chêne = 1 . 

Les chiffres donnés par Grisai d et de Lanessan ne son! 
accompagnés d'aucune explication sur le procédé par lequel 
ont été obtenus les résultats. 



ETUDE DESCRIPTIVE 

DES BOIS DE LA GUYANE FRANÇAISE 



PREMIÈRE PARTIE 



FAMILLE IL — DILLÉNIAGEES 

TRIBU I. — DÉLIMÉES 
Guratella americana, Loefl, n° 33 A. 

Aublet, p. 519, écrit au sujet de cette espèce : « Ecorce roussàtie, 
épaisse, ridée, gercée ; elle tombe en plaques plus ou moins grandes. » 

Pulle, p. 296 : Bosch-cachou, Wilde-cachou. 

Giisard, 1891, I, p. 31 : Cajueiro bravo,]Caimbahiba (Brésil), Chaparro 
Colorado (Venezuela , Acajou bâtard (Cayenne), Parica (Guyane fran- 
çaise), Curatahie Indiens). Bois rougeâtre, veiné ou jaspé, selon le 
sens dans lequel on le travaille ; lourd et dense ; écorce pour tannage 
et médecine. 

Huber, p. 162 : Paimbé (Brésil). 

Curatella alata, V., n°33 B. 
Svnonvme : Davilla hrasiliense DG. 

Sagot : Catalogue, X, p. 382. 

FAMILLE V. — ANONAGÉES 

TRIBU I. — QVARIÉES 

Guatteria Ouregou. Dunal, n° 75. 
Synonyme : Cananga, Ouregou, Aubl . 

Annales du Musée colonial de \ia.r$eille. 3' série, >' vol, 1Y1*. 



66 H. 8T0N1 

Anl)lot, p. 608 : Ouregnu Galibis); écorce lisse cendrée, marquée <le 
taches roussàtres ; bois blanchâtre, compact et légèrement aromatique. 
N'est pas le Cananga de Rumphius. 

TRIBU II. — UNONÉES 

Duguetia quitarensis. Rth, n°76 A. 

Synonymes : Guatteria virgata Dunal ; Oxandra virgata 
Rich. (non Svv.) ; Anona lepidota Miq. (Sagot, Cat.). 

Noms vulgaires : Bois de lance, Lancewood, pour deux varié- 
tés de la Jamaïque et de Cuba ; Beriba (Guyane, d'après 
Miers) ; Yaya (Honduras, d'après Boulger) ; Yari yari (Wies- 
ner). 

(Quoique ce bois soit connu depuis longtemps, il y a beau- 
coup de confusion, tant dans la synonymie systématique que 
dans les noms vulgaires. 

Fawcett, II, p. 20 : « Black Lancewood (Bois de lance noir); grand, 
fort et élastique, d'un grain fin, très dense et brillant, aussi dur que le 
buis ; importé en Angleterre comme Lancewood-spars (Vergues) ; 
densité: 0,830 à 1,004. » 

Il est évident qu'il s'agit de notre bois, mais sa synonymie 
est compliquée : Oxandra virgata Baill. ; Uvaria virgata 
A. Rich. ; Guatteria virgata Hook. Aucun de ces synonymes 
ne s'accorde avec ceux de l'Index Kewensis. Fawcett cite 
encore un White Lancewood (Bois de lance blanc), mais qui 
est le Xylopia glahra ; c'est un bois qui a une saveur amère. 

Grisard, 1891, p. 434, cite : Oxandra virgata A. Rich.; Guatteria vir- 
gata Dunal ; Uvaria lanceolata Sw. ; U. virgata Sw., comme bois de 
lance. Sous le nom de Duguetia quitarensis, il signale un autre bois de 
Cuba et de la Jamaïque employé pour gaulettes et qui ne peut être le 
nôtre. 

Nous avons donc huit synonymes différents. Sagot cite 
encore Lancewood, Yari yari (de Demerary) ou Jejerecou, qui 
est un Xylopia sp. 



feOIS PTILES DL LA GUYANE FRANÇAIS! o7 

Swartz, II, p. 009 : Lance sparwood (Jamaïque , Bocagea oirgata, et 
encore Lancewood, l varia virgala, U. lanceolata Prodr. qui a une 
écorce d'une saveur amère, piquante el aromatique quand elle est fraîche, 
un petit arbre. 

Ce n'est pas le nôtre. 

Bremer, p. -03: PiLrijari. 

Caractères généraux. — Bois lourd et dur, compact, de cou- 
leur blanchi' souvent jaunâtre ou grisâtre uniforme. Surface 
très unie, brillante, froide au toucher. Ne fonce que peu à l'air. 

Caractères physiques. — Densité, 0,835 à 1,001. Dureté, 
celle du Palissandre. Odeur : à sec, celle du miel ; à frais, celle 
de l'huile de ricin, d'après Gardner. Saveur légèrement astrin- 
gente. Solutions aqueuse et alcoolique incolores. Brûle bien, 
mais en pétillant beaucoup ; la chaleur fait sortir un suc 
rouge. Se l'end suivant une surface droite et lisse. Se casse 
en longs éclats. Très résistant et surtout élastique. 

Caractères anatomiques de V écorce. — L'écorce, de i mm. 
d'épaisseur environ, est lisse, un peu ëcailleuse, avec des 
rides dans lesquelles pénètrent les rayons, qui convergent en 
pinceau. Chaque pinceau a, dans la variété de Cuba, \'l 
rayons, et, dans la variété de la Jamaïque, 100 rayons envi- 
ron. 

Structure du bois. — L'aubier n'est pas différent du cœur. 
La structure du bois est à comparer avec celle de la figure I. 
pi. 111, dans laquelle toutefois le parenchyme n'est pas suffi- 
samment apparent. 

Section transversale. — Couches mal délimitées ; les 
limites ne sont constituées que par la différence de densité 
entre les zones qui sont plus ou moins riches en vaisseaux. 

Vaisseaux visibles à la loupe, grands (0 mm. 2o .uniformes, 
de distribution régulière, mais serrés par zones, el avec une 
tendance à se disposer en quinconce ou en îles lignes obliques ; 
isolés ou par groupes de 2 à 8; nombreux 80 à Mil) par 
mm. i|. . 

Rayons juste visibles, fins, uniformes, réguliers, laissant 
entre eux des intervalles droits, égaux au diamètre des gros 



6N H. STOM. 

vaisseaux. 8 à 10 par millimètre, blancs. (La variété de la 
Jamaïque a des rayons de deux rangées de cellules rectangu- 
laires.) 

Le parenchyme appartient à trois catégories : a, entourant 
étroitement les vaisseaux ; b, en nombreuses lignes minces ou 
en traits concentriques, plus fins, et unissant les rayons en 
iilets ; c, des cellules isolées, qui, dans la variété de Cuba, 
font des taches composées de files radiales. 

Parfois il y a dans ce bois un défaut qui est dû sans doute 
à des piqûres d'insectes, mais le canal se remplit d'un cal 
qui est noir et dur comme de l'ébène. 

Section radiale. — Couches peu apparentes, quoique sou- 
vent délimitables. Vaisseaux peu apparents, souvent brillants. 
Les rayons sont de fines lignes blanchâtres, obscures. L'as- 
pect d'ébène, quand on l'observe, dessine des raies noires très 
nettes. 

Section tangentielle. — Comme, la radiale, mais avec couches 
un peu plus apparentes ; les rayons ne sont visibles qu'au 
microscope. 

Emplois. — Lances, brancards, vergues, bouts de canne à 
pêche, baguette de fusils, tour, etc. D'après Sinclair, le bois 
de Cuba est bien supérieur à celui de la Jamaïque ; il est plus 
résistant et présente beaucoup moins de défauts intérieurs. 
Les deux sortes se distinguent facilement par l'écorce ; elles 
sont rarement de grandes dimensions. 

L'échantillon-type, d'après lequel j'ai donné les caractères 
précédents, correspond aux n os 7 et 8 de ma collection. 

Duguetia (Aberemoa) guianensis Aubl. (DC), n° 76 B. 
N'est pas cité dans l'Index Kewensis. 

C'est l'Aberemou (Galibis; d'Aublet, p. 618, qui n'est pas celui de la 
page 953 (voir Perebea 6633). 

Duguetia longifolia Baill., n° 76 C. 
Synonyme : Anona longifolia Aubl. 

Aublet, p. 615 : Pinaioua (Garipous et Galibis,, CorossolPinaioua. 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 69 

Clef des espèces de Duguetia et Anona : 

A. Traits concentriques de parenchyme abondants. 

1 . Bois blanchâtre. Vaisseaux, en section transversale, 
visibles seulement à la loupe. Rayons juste visibles à l'œil 
nu... Duguetia 76 A. 

2. Bois brunâtre ou jaunâtre. Vaisseaux juste visibles à 
l'œil nu. Rayons visibles seulement à la loupe... Howadanni, 
108 G. 

B. Traits concentriques rares et souvent absents. Bois res- 
semblant au « Cœur vert »... Arrewewa 108 F. 

Références. — Sinclair, ras. ; Gardner, ms. ; Stone, Timbers of Com- 
merce, pi. I, fig. 2, et pi. XXII, fig. 70 et p. 2. 

Waria zeylanicaAubl., n° 83. 

La synonymie de cette espèce est curieuse. D'après l'Index 
Kewensis, le Waria d'Aublet est YUvaria de Linné ; mais 
Aubl et a décrit et figuré deux espèces sous le même nom, et 
sa description de la page 604 se rapporte à YUvaria zcylanica, 
tandis que la planche 243 représente Y Unona discolor Vahl. 
(non Wall.). Or, dans l'Index, YUvaria zeylanica Aubl. ip. GO.'i, 
t. 243) est synonyme de d' Unona concolor Willd., alors que 
YUvaria zei/!anica Linné (non Deless., Domb., Lamk. I estune 
bonne espèce, sans que je puisse affirmer que c'est le Waria 
zei/lanira Aubl. Durand donne Waria comme étant un Xylo- 
pia. 

Barrère. p. 2. dit : « Bois d'écorce, Poivre d'Ethiopie, arbre do haute 
futaie ; Acacia procera, genre de Cassie. » 

Aublel, p. G05 : « Narum-panel de Rheed, avec deux variétés, le bois 
blanc à grandes feuilles et le bois blanc à petites feuilles ; écorce cni- 
drée, bois blanc et peu compact. » 

TRIBT* IV. _ XYLOPIÉES 



Rollinia multiflora Saint-Hilaire, n° 106 A. 

N'est pas cité dans l'Index Kewensis. Est-ce celui deSplitz? 



/" H . -STON E 

Grisard, 1891, [, p. iii : Lancewood ; bois souple et élastique, bran- 
ls, carosseric. 

Rollinia longiiolia Saint-Hilaire, n° 106 B. 
Grisard : mêmes détails que pour l'espèce précédente. Lancewood. 

Rollinia muscosa Baill., n° 106 C. 

Synonymie douteuse. Selon l'Index Kewensis, c'est VAn- 
nona muscosa Aubl., le Rollinia muscosa Baill., et encore le 
Bol li nia Sieberi DC. 

Aublet, p. 618: Cachiman sauvage. 

Anona reticulata Lin., n n 108 A. 

N'est pas celui de Sieber ni celui de Velloz. 

Barrère, p. 08 :« Guanabanus, Pomme cannelle, Cachiman »». 

Mais est-ce bien celte espèce? 

Préfontaine, p. 157: « Anona, Petit (Jorossol, Cœur de bœuf, Alaca- 
lyoua ' Carib ». 

Même doute que précédemment. 

Aublet. p. 617 : <■ Anona maram de Rheed ». 

Bâillon : Custard apple, Marie-Baise. Atte (voir 108 G . 

Icônes lignorum : fig. 2, pi. LXXII en couleur. « Mariabas ». 

Grisard, 1891, I, p. 427 : Bois mou el filandreux, de petites dimen- 
sions, peu employé, cassure assez longue et fibreuse. Pour la construc- 
tion. Densité 0,556 ; élasticité 871 ; rupture 970. 

Rodrigues, 1893. p. 8 : Coracâo de boi, Milolo Brésil, voir 762), Fructo 
de Condessa, Fructo de Conde Angola). 

Heckel : Hobohobo en malgache. 

Fawcett, III, p. 197: Custard apple. 

Au Musée Colonial de Marseille, il y a un petit échantillon 
de 15 centimètres de diamètre (n° 123, Guyane), de l'étude 
duquel je tire les détails qui suivent : 

Ecorce se présentant comme une pellicule brun foncé, lisse, 
plus claire à l'intérieur ; elle porte encore des cicatrices de 
feuilles. 

Bois aubier! de la couleur d'une toile écrue, très dur, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 71 

Structure du bois en section transversale. 

Couches très vagues ; la nuance de la coupe est un peu plus 
foncée que celle des autres sections. 

Vaisseaux visibles à la loupe, petits, fortement isolés, régu- 
lièrement distribués, avec une tendance à se disposer en lignes 
obliques; simples pour la plupart, mais quelques paires sub- 
divisées. 

Bavons très fins. 

Parenchyme peu apparent. Entoure-t-il les vaisseaux ? 

Je ne peux donner aucun autre détail. 

Anona muricata Lin.. n° 108 B. 

Synonyme : .4. sylvestris Burm. (non cité dans l'Index 
Kewensis). 

Aublet, p. 17 : Cachiman morveux. 
Icônes lignorum : PI. LXXXII, Gg. 3 : Soorsack. 
Pulle : Zuurzak (Surinam . 

Rodrigues, 1893, p. 8 : Guanabano, Sapodille, Graveolo (Brésil . 
Grisard, 1891, I, p. 158 : Bois blanc très léger ; densité, 0,100 ; de peu 
de durée. 

Diaz, p. 270: Guanabnnus Venezuela . 
Bremer, p. 209 : Bousi soursakk;i Surinam . 

Anona paludosa Aubl., n° 108 C. 
Synonyme : Annona paludosa Aubl. 

Aublet. p. til I : (lorossol sauvage, écorce lisse roussâtre, bois blan- 
châtre, peu compact, aromatique. 

Sagot, Cal., XI, p. 134: Guimauve. 

Il' idrigues, 19'U. p. 9 : Aralecu 'In brijo, Cortica, Maca do cobra Bré- 
sil , Corkwood, Alligator apple (Jamaïque . 

Fawcett, III. p. 197: Anona paludosa Lin. Bois liège pour bou- 
chons, flotteurs, filets, radeaux. 

Anona punctata Aubl.. n° 108 1). 

Aublet, p. 614: C.orossol pinaou, Pinaou gai), bois blanc el forl dur, 
bon pour lattes, à cause de la facilité à le fendre, charrons, 

Anona Ambotay Aubl., n° 108 E. 

Aublet, p. 616: Ambotay (gai); l'écorce a un goût piquant [el aroma* 

tique. 



12 II. SIMM 

Anona sp., n° 108 F. 

Arrewewa de Bell. 

L'échantillon a été déterminé d'après des fruits et des 
feuilles par le D r Freeman. Ce n'est aucune des espèces déjà 
citées. Provenance : Guyane. 

Caractères généraux. — Bois très lourd et dur, d'une cou- 
leur brun noisette foncé, rappelant le « Cœur vert », car il a 
quelquefois une nuance verte. Surface à peine brillante, fon- 
çant un peu à l'air, à grain fin et compact. Nuance de la coupe 
transversale plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 1,112 environ. Dureté, 
celle du Cœur vert. Odeur nulle quand il est sec ; saveur 
nulle. 

Caractères de Vécorce. — Lisse comme celle du Faux-Pla- 
tane ; 6 mm. d'épaisseur environ ; très dure et ligneuse; inté- 
rieurement brun foncé. Au-dessous de cette écorce, la sur- 
face de la bûche est finement striée. 

Structure du bois. — L'aubier n'est pas différent du cœur. 

La structure est celle du Bois de lance (76 A). Couches 
mal définies ; limites vagues, d'après seulement une différence 
de densité entre les couches successives. 

Vaisseaux visibles à cause de la couleur claire de leur bor- 
dure de parenchyme et de leur contenu blanc ; grands, jus- 
qu'à mm. 25 de diamètre, réguliers, mais çà et là, une zone 
où ils sont moins serrés ; simples ou subdivisés en groupes 
radiaux de 2 à 8; peu nombreux, 1 à 10 par mm. q. 

Rayons visibles à la loupe, fins, uniformes, réguliers, avec 
des intervalles ayant la largeur d'un gros vaisseau, 6 à 10 par 
mm. ; rouges quand ils sont humectés. 

Parenchyme a entourant étroitement les vaisseaux, et, entre 
les rayons, de rares petits traits-correspondant au parenchyme 
b. 

Section radiale. — Nuance un peu plus claire que celle de 
la section tangentielle. Couches peu marquées ; vaisseaux peu 
apparents ; rayons en fines lignes mates et blanchâtres. 

Section tangentielle. — Semblable à la radiale, mais avec 
couches un peu plus apparentes et rayons visibles seulement 
au microscope. 



Mois UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 73 

Emplois. — « Manches de haches ; madriers très durables; 
peut être obtenu en bûches de 2 à .'1 cm. d'équarissage » 
(Bell) ; très dur à travailler, se fend facilement et se prête 
mal au clouage ; polissage médiocre. 

Échantillon type, n° 2,2658 Bell. 
Référence : Stone et Freeman, p. 2. 

Anona sp., n° 108 G. 

Probablement .4. squamosa Lin. (non Vell ni Delile). 

Synonyme : A. tuberculosa Rumph. 

Saint-IIilaire cite A. muricata Vaud., nmis cette espèce ne se trouve 
pas dans l'Index Kewensis. L'échantillon 2694 de la collection de Bell 
;i été déterminé, autant que possible, d'après les feuilles et des fruits 
parle D r Freeman. 

Les diverses citations suivantes se rapportent en tous casa 
Y Anona squamosa, sauf le terme Howadanni (Bell) qui se rap- 
porte à l'échantillon n° 269 i cité ci-dessous. 

Noms populaires : Hattier, Pommier-cannelle, (Rumphius), 
Cachimentier, Attier, Atocire, Ata, Pinha, Atas, Sweetsop, 
Sugar-apple, Custard, apple, Chirimoya (Antilles, L'rban). 
Gachiman, Guanabanus, Anona (Préfontaine) ; est-ce cette 
espèce ? Fructa de Gonde, Araticutitaya (Brésil, Rodrigues), 
Boewa-nona Malais, Filet), Sirikaya (gén. v. 1102 A), Ate 
i Guyane française, Sagot). Gay-mang-cau, Pu ùên xù 

Cochinchine, Loureiro). Anon (terme général, mais, à Porto- 
Hico, d'après Pittier, s'appliquant plus spécialement à la pré- 
sente espèce i. Fructo de Condessa (rarement) ; Atta (Brésil, 
Pecholt). Attier (Maurice), Marie-baise, Pomme cannelle 

Cayénne), 1 Atamaran de Rheed (Aublet). Bâillon dit que le 
vrai Custard apple, Gachiman ou Marie-baise est VA. reticu- 
lata il 08 A). Kameelappel (Surinam, Pulle), Boeah nona : 
Sirikaju (Sunda, Miquel). Peut-être le Conti hout de l'Icones 
lign., pi. <S2, (ig. 7 : mais non le Haïti de Rodway, qui est un 
IJrnea. 

Caractères généraux m dn Howadanni. — Bois Lourd el dur, 
d'une couleur brun jaunâtre, qui l'once un peu à l'air; surface 



Ti H. STONE 



froide au toucher, grain (in. La nuance de la coupe transver- 
sale est un p u plus foncée que celk' des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,942 environ. Dureté, 
celle du Bois de lance. Odeur nulle, quand il est sec ; saveur 
astringente. 

Caractère de l'écorce. 4 mm. d'épaisseur environ. 

Formée de deux couches, au-dessous d'un épiderme mince et 
cassant; la première de ces couches sous-épidermiques, brune, 
pleine de fins sclérites blancs, et celle de l'intérieur présen- 
tant en section transversale les rayons. Surface de la bûche 
sillonnée par ces rayons. 

Caractères du hois. — L'aubier a 1 cm. 5 à 2 cm. 5 d'épais- 
seur environ ; il est plus foncé que la région plus interne et 
nettement distinct du cœur. 

La structure du bois est celle du Duguetia ou Bois de lance 
(76 A). La section transversale est à comparer avec la fig. 1, 
pi. III. 

Couches mal définies, mais il v a des zones de couleurs 
diverses. 

Vaisseaux juste visibles à cause de leur nombre et de leur 
contenu un peu plus clair ; peu de variations, même dans les 
groupes ; quelques-uns simples, mais la plupart en groupes 
radiaux de 3 à 8, ou même plus. A la loupe, ces groupes 
paraissent comme de petits traits plus clairs ou des files de 
piqûres situées entre les rayons. 

Rayons visibles a la loupe, très fins mais bien apparents; 
intervalles ayant le diamètre d'un gros vaisseau ; rayons uni- 
formes, réguliers. 

Parenchyme h en traits extrêmement fins entre les rayons. 

Sectioh radiale. — Couches peu marquées; vaisseaux très 
fins, constituant des sillons disposés par deux ou plus, côte à 
côte ; rayons juste visibles ; parenchyme (au microscope) en 
lignes très fines. A la loupe, cette section ressemble à la sec- 
tion transversale, car les cloisons des vaisseaux peuvent être 
prises pour les séries de piqûres et le parenchyme pour les 
rayons. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais le paren- 



nnlS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 75 

chyme h se présente en taches et non en lignes. Il est abon- 
dant mais difficile à voir. Les vaisseaux sont simples, non dis- 
posés par paires. 

Emploi. - — Construction ; de petites dimensions, jusqu'à 
12 a 15 cm. d'équarrissage (Bell). Dur à travailler, se fend et 
ne se prête pas au clouage ; polissage médiocre. 

Echantillon type :i8,269i, Bell. 

Références : Bâillon I. p. -27 t ; Aublet, p. ♦*» 1 T ; Bell, p. 6; Stone et 
Freenian, p. 38. 

Xylopia frutescens Aubl., n° .'{. (non Gaertn, nec Sie- 
ber). 

Aublet, p. 602. Embira, Pindaiba, Ibira Brésil. Marcg.) Jéjérécou 
nègres), Couquerecou (Gai.) ; écorce lisse, cendrée, piquante, aroma- 
lique ; bois blanchâtre. 

Guibourt, III, p. 677, cite Embira, Pindaiba de Pison, et Pacova 
comme étant le Xylopia grandiflora A. Saint-Hilaire. 

Pulle, p. 177. Pegrekoe (Surinam). 

De Lanessan, p. 358: « Bois un peu brunâtre; charpente ; densité 
0,626». 

FAMILLE XVI. — VIOLARIACÉE 



TRIBU II. — PAYPAYROLEES 

Paypayrola guianensis Aubl., n° 474. 
Svnonvme : Perielisfia latifolia Bth. 

Aublet, p. 249 : Un arbrisseau. 

Martin-Lavigne, p. 70 : Faja hoedoe, Faja boedoe ; couleur blanche. 

L'auteur donne une description et des figures, mais le bois est 
sans importance commerciale. Il est cependant assez curieux 
au point de vue de la structure, car il a deux sortes de 
rayons, qui, avec les vaisseaux, forment environ la moitié du 
bois. 

TRIBU III. — ALSODÉ1ÉES 

Alsodeia guianensis Eichl., ir 176. 

Synonyme : Passoura rjuianensis Aubl., p. 21. 



76 



II. STO.NK 



FAMILLE XVIII. — BIXACÉES 

TRIBU I. — BIXÉES 
Bixa Orellana Lin., n° 494. 

Pomet, p. 302; Roucou, Achiot (Indiens); Orleane (hol., pour la 
fécule). 

Barrière, p. 79 ; Urucu (Piso, v. 663) ; Roucou ; Miiella ameri- 
cana. 

Préfontaine, p. 205. « Roucou, Ematebi : appelés Cochene par les 
hommes, Bichet par les femmes caraïbes. » 

Aublet, p. 533. Roucouier, cultivé. 

Grisard, 1891, I, p. 616 : Ecorce pour cordage et liens. 

Rodrigues, 1892, p. 18 : Uruku, Arnotto (Brésil) ; Bixa, Kisapu, 
Diteque (Angola), pour en faire des poudres et le Wahaki des 
Indiens. 

Gaebelé, p. 57 : Venay verai Cédy (Tamoul), bois peu utilisé; les Indi- 
gènes s'en servent en guise d'amadou. 

Il ne faut pas le confondre avec l'Urucurana (6434) ni le 
Rookoorookoo (Pt, II), ni TUrucaru. 

TRIBU III. — FLAGOURTIÉES 

Laetia hirtella H. B. etK., n° 503 A. 

Grisard, 1891,1, p. 617 : Trompelli, Trompite (non le Trompetto de 
Sagot, v. 6645 et 1178). Plus dur que le cèdre ; charpente, tables, 
ébénisterie ordinaire. 

Laetia procera EichL, n° 503 B. 
Laetia casearoides Sag\, n° 503 C. 

Sagot, p. 911. Coupy fou pour les deux espèces. 

FAMILLE XXII. — VOGHYSIAGÉES 

Qualea cœrulea Aubl., n° 559. 

Grignon fou. Il y a plusieurs bois qui portent ce nom. mais 
des renseignements précis manquent . 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 77 

Préfontaine, p. 169 : « Couaille, Couatta Caraïbes) ». 

Est-ce cette espèce ? 

Aublet, p. 8 : Quale (Galibis), écorce ridée et gercée, bois roussàtre 
et compact. 

Dumonteil, p. 156 : Grignon fou ; densité, 0.577 ; force, 146; élasti- 
cité, 183 ; flexibilité, 2.79. Classe 3, qui est celle du Pin. Le même 
auteur cite un Grignon fou rouge qui a pour caractères : densité, 0,.41 1 ; 
force, 96 ; élasticité, 136 ; flexibilité, 3,88. Classe 6 (de très faible 
valeur). 

La Commission de Brest, p. 174 : Grignon fou, 1/3 moins fort que le 
Cbène, 1/3 plus léger, un peu moins élastique; rouge pâle tirant sur 
le rose ; le grain un peu gros, le bois plus mou que le sapin ; de belles 
dimensions, cassant, se tourmente et diminue considérablement de 
volume. lia le défaut d'être très hygrométrique; il peut remplacer le 
Pin de basse qualité; très commode à travailler. Essais faits sur le bois 
de Dumonteil, conservé à couvert : force, 340 à 520 (0.64 à 0.67 si 
Chêne = l) ; élasticité, 25 à 33 ; à découvert : force, 470 à 630 (0.70 si 
Chêne = 1); élasticité toujours 30 ; cassure à fibres longues; classe 2 
(inférieur au Sapin du Nord). Essai sur un autre échantillon : densité, 
0,413 à 0,513 ; force, 400 à 500 (0.67 si Chêne = 1) ; élasticité, 30 à 40. 
Un des cabrions craque légèrement avant de se casser, et deux ont cassé 
net sans la moindre déchirure des fibres ; retrait de 5 à 6 mm. sur 
5 cm. 

Sagot, p. 924, donne trois noms systématiques : 1° Qualea, ouCasearia 
procera (qui n'est pas dans l'Index) et Byrsonima ; 2° p. 913, Byrsonima 
densa, qui est peut-être le Grignon fou des Chantiers, ou le Moureila 
(voir 910;, abois rougeàtre, sans dureté et sans qualité ; puis, 3°, p. 911, 
Couai, ou Q. cœrulea Aubl., rougeàtre, presque tendre, se sciant assez 
bien en planches ; et aussi, p. 232, Grignon fou ou Couaie, Q cœrulea, 
extrêmement commun, bien inférieur au Grignon en force et en con- 
servation. 

Grisard, 1891. 1, 623 : Q. cœrulea, rougeàtre, léger, très liant, mais 
inférieur au Grignon franc; densité, 0,798. 

Il est évident que le bois de Grisard est un autre bois, car 
le poids est bien plus élevé que celui des bois de Dumonteil 
et de la Commission qui indiquent un bois plutôt faible que 
liant. Le mot « léger » ne s'accorde pas très bien avec une 
densité de 0,798 . 

Bassières, p. 101; Q. cœrulea, rougeàtre, presque tendre; densité, 
0,800. 

Peut-être est-ce le même bois que celui de Grisard. 



78 H. STONL 

Qualea rosea Aubl., n° 559 B. 

Aublet, p. 6: Labalaba (ialiliis ; I >ois pougeâtre, compact; écorce 
ridée et gercée. 
Sagot, Cat., 1883, p. 314 : pas abondant. 

Vochisia tetraphylla DC, n° oGl A. 
Synonymes : Vochya, Vochy, Vochysia. 

Noms populaires : Bois Cruzeau (Lauessan), Etaballi (Bell), nom géné- 
ral. (N'est pas l'Edaballi, 658 B, ni le Itaballi). Kwasi houdou (Bremer) 
Kwalie (Surinam, Pulle) : Bois Cruseau (Dumonteil). Schomburg cite un 
Itaballi, qui est le Vochisia guianensis Lamk. ; Bi-ousseau, un Etaballi qui 
est le Bocoa Bocoa Aubl., et Sagot un Etaballi qui est le Bocoa proua- 
censis Aubl. (Voir 1856 A.) 

Notre échantillon 2682 a été déterminé d'après les feuilles 
et fruits par le D r Freeman, qui le considère comme étant 
probablement le Vochisia tetraphylla. 

Provenance. — Amérique tropicale, Guyane. 

Caractères généraux. — Bois plutôt dur et pesant, d'une cou- 
leur rosée oubrun-rougeâtre, uniforme, avec de jolies mailles. 

11 ressemble aux acajous d'une qualité inférieure. Surface un 
peu mate. Rougeâtre pâle, d'après Sagot. 

Caractères physiques. — Densité, 0,611 à 0,764 ; force, 
142; élasticité, 102; flexibilité, 2.51, d'après Dumonteil. 
Dureté, celle du hêtre. Quand il est sec, odeur et saveur 
nulles. 

En le grattant, on soulève de nombreuses peluches qui 
peuvent le faire reconnaître (Sagot). 

Caractères de Vécorce. — Brune, légèrement gercée, tom- 
bant en plaques, qui laissent à découvert une couche lisse ; 
couleur de terre cuite. Entre cette couche et l'épiderme se 
trouve une mince couche presque blanche. Epaisseur, 6 à 

12 mm. environ. Surface de la bûche striée. 

Structure du bois. — L'aubier n'est pas très différencié 
du cœur; il est seulement un peu plus blanchâtre ou 
grisâtre. 

La moelle a 3 mm. de diamètre environ ; elle est arron- 
die, ligneuse et de la même couleur que le bois. 



BOIS UTILES DF LA GUYANE FRANÇAIS] 79 

Section transversale. — Couches bien définies, les limites 
étant constituées par des anneaux de vaisseaux. 

Vaisseaux très apparents, grands, peu variables, distribués 
régulièrement, simples ou par groupes de 2, rarement 3 ou ï. 

Ravons juste visibles, paraissant être de deux sortes ; 
irréguliers, les intervalles entre les petits très inférieurs et 
entre les grands très supérieurs au diamètre d'un gros vais- 
seau ; les uns et les autres, ondulés, rouges. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et parfois s'étendani 
en de minces ailes qui unissent des groupes tangentiellement. 

Section radiale. — Vaisseaux plutôt gros, pour la plupart 
vides, mais laissant ça et là sortir de la gomme. 

Ravons petits, mais très apparents, en lignes curieusement 
ondulées et brisées. Cette forme est due à la course ondulée 
des rayons en section transversale. 

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons 
sont à peine visibles, ou à la loupe seulement; hauteur, 1 mm. 
environ. 

Emplois. — Douvelles pour barriques à sucre ; ne résiste 
pas aux intempéries (Lanessan). Peut être facilement obtenu 
jusqu'à 20 m. sur 34 cm. d'équarrissage ; réputé comme se 
conservant bien dans l'eau salée (Bell). Dur à travailler, il 
peut servir à remplacer l'acajou de qualité inférieure. 

Commun dans l'Intérieur de la Guyane (Sagot). 

Echantillon-type : 26,2682 Bell. 

Références : Bell, p. T» ; de Lanessan, p. 141. Sagot ^Richessesde la 
Guyane), p. 12, et (Catalogue . 1883, p. 313. Dumonleil, pp. loô, 162. 

Vochisia guianensis Aubl., n ,j 561 P>. 
Synonyme : Cucullarea excelsa Wild. 

Auhlel. [i. 19 : Bois dur, ver! jaunâtre; écorce lisse, vert grisâtre. 
Schomburgk : voir l'espèce précédente. 

FAMILLE XXVIII. — HYPERICACÉES 

TRIBU III. — VISMIÉES 

Vismia, n° 636. 

Hypericum, selon Durand, n°*631. 



80 H. STOSE 

Vismia guianensis (non Seem, ni Choisy DC, n° 635 A). 
Synonyme : Hypericnm guianense Aubl. (non Linné). 

Aublet, p. 784 : Coaopia de MarcgratT, Gaopia de Pison ; Pao de lacra, 
Millepertuis de la Guyane; écorce raboteuse gercée. 

Sagot, p. 912 : Bois dartre (terme général), rouge pâle. 

Grisard, 1891, p. 823 : V". guianensis Pers. Bois sanglant, Bois cossais, 
Bois d'accossais (terme général), arbre de la fièvre (Guyane, terme 
général!, Lacre blanco (Venezuela). Bois rouge pâle, parsemé de veines 
fines et claires, assez léger; dureté régulière, grain fin, texture fibreuse; 
assez joli, peu employé ; construction. Densité, 0,650. 

Vismia latifolia H.B. et K., n° 635 B. 

Synonyme : Hypericnm latifolium Aubl., p. 787. 

Vismia rufescens Pers., n° 635 G. 
Synonyme: Hypericum sessilifolium Aubl. 

Aublet, p. 787: Bois Baptiste, Bois dartre, Bois de sang, Bois d'acco- 
sois, Bois de la fièvre (Créole . 

Vismia cayennensis Pers., n° 635 D. 

Lanessan, p. 148 : Bois de la fièvre, Bois à dartres; rouge pâle ; pour 
constructions. 

Grisard : Bloodwood (Trinité). Bois Baptiste de la Guyane. 

Vismia ferruginea H.B. et K., n° 635 E. 

Synonyme : Hypericum cuspidatum Willd (Steud. ?) 

Grisard, 1891, I, p. 824 : Onolello 'Venezuela), jaune rougeâtre, assez 
compact; peu employé. 

FAMILLE XXIX. — GUTTIFÈRES 



TRIBU I. — GLUSIEES 

Clusia rosea Jacq., n° 638 A. 

Synonyme: Clusia alba Kunth. (non Ghoisy, ni Jacq). 

Clusia retusa Poir. 

Aublet, p. 933 : Coapoiba Brésil, d'après MarcgrafT:, Paogamelo 
(Portugais), Pérépéré (Galibis). Aublet cite encore C. alba Jacq. 



BOIS UTILES DK LA GUYANE FHANÇAISE 81 

Grisebach: Star-of-the-Xigbt, Balsam fig. Scotch Attorney (terme 
général, Antilles Anglaises). 

Grisard, 1891,1, p. 834: Cupey Trinité , Copey ou Cupav Venezuela). 
Ecorce lisse; bois rouge, assez pesant ; combustible. 

Xiederlein, p. 10 : Figuier maudit, Bois Roi (terme général, voir 
partie II). 

Glusia insignis Mart., n° 628 B. 

Grisard, 1891, I, p. 832: Balsam tree colonie anglaise en Guyane). 
Bois de Parcouri (voir 062 et 651 

Bassières, p. 99: Parcouri, Coopa, Cowassa voii 549o , Wild Mam- 
mee Demarary, voir 662 . Grain assez tin et compact: densité, 0,816 ; 
libres assez régulières el serrées. 



Le chiffre de densité indique que l'auteur a pris pour cette 
espèce le Parcouri noir de Dumonteil (voir 654). Il nie semble 
qu'il v a quelque part une erreur de Bassières. 

Niederlein, 1902, p. 7 : Parcoury franc, P. Soufré, P. rouge, Bois 
Lemoine Guyane . 

Clusia venosa Lin.. n° 638 G non Jacq.). 

Aublet, p. 934 : Votomite (Galibis, voir 0*7). 

Grisard, 1891, 1. 855: Palétuvier de montagne (terme général . 

Clusia sp.. n- 638 D. 
Espèce m ai déterminée. 

Niederlein. p, -2 : Parcauri mani, Parcouri-Goupi, Bois serpe ni 
tenue général, voir 1984). Le même 1902, p. 7 : Parcoury-mani el 
Pao Cora Guyane 

Tomovita guianensis Aubl., n°647. 

Aublet. p. 9*7 : Votomite Galibis, voir 638 <! . Ecorce rougeâtre, 
bois eompact, dur: aubier blanc, cœur rouge. On trouve sur l'écorce 
des larmes d'une résine jaune el transparente. 

Sag( i n ^'. p. 334 : Votomita guianensis Aublet, planclie 35 

seulement. 

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* 9érie, 4* vol. 1916. 6 



,S| - H . SU I S i 



TRIBU II. — MORONOBÉES 

Symphonia globulifera Lin. (non Arruda), n° 6i8. 
Synonymes: Moronobea coccinea Aubl. ; Moronobea escu- 
lenta Arruda (partim). 

Noms vulgaires: Moronoba, Coronoho (Galibis), Manî lAubl.), Gulan- 
dim, Gouandim (Araaz. H. negro, Peckolt). Ejale, Nkum. Une variété 
s'appelle Arquane chez les Mbonoi, d'après Harms. Hog-gum tree, 
Mawna tree (Jamaïque . Numgundo (Angola, d'après de Willemin). 
Cerillo (Costa Rica, d'après Pittier). Oanany, Ounany (Brésil, d'après 
Peckolt). Mangle blanc (Catalog. Exposit. Chicago). Anany (Amazones), 
Mannihalli (Guyane Anglaise, d'après Bell). Palétuvier jaune (Guade- 
loupe, d'après Duss). Bois cochon (Saint-Domingue, d'après Bâillon), 
Bois cochon (Soudan), Karamani. Pour la gomme : Doctors'gum (Gui- 
née Anglaise, d'après de Cordemoy). 

Je me demande si cette espèce n'est pas le Maniballi, Can- 
dlewood, Carmen, Caramen ou Buck-wax cité, p. 18, dans 
le Catalogue Exposit. Paris, 1867, et p. 26, le Cari-mani. Ce 
bois peut être obtenu de 9 à 16 m. sur 17 à 25 cm. d'équar- 
rissage. La cire (wax) est employée pour fixer les pointes des 
flèches et les hameçons pour la pêche. 

Bâillon donne Moronobea globulifera comme synonyme à 
Symphonia globulifera, mais il met à part le Moronobea coc- 
cinea, qui est le Mauna tree et l'Oanani du Brésil. 

11 s'agit peut-être du Manide Dumonteil, et je cite plus loin 
les chiffres s'y rapportant. De Lanessan cite un Mauniballi 
qui est un Amyris sp. voir 1156, I), et Grisard en signale un 
autre qui est un Platonia (voir 651). 

Mon échantillon-type a été déterminé d'après des feuilles 
et des fruits par le D r Freeman. 

Provenance: Amérique tropicale. 

Caractères généraux. — Bois d'un poids moyen et d'une 

dureté moyenne, d'une couleur brun verdâtre, <« jaunâtre » 

Aublet) ; jaune brun rappelant le Chlorophora (Chevalier, 

voir 6609j. La coupe transversale présente un amas de fines 

lignes claires ; cependant la nuance est plus foncée que celle 



bois Utiles de la guyane française 83 

des autres sections. Surface brillante, fonçant un peu à l'air ; 
grain plutôt gros. 

Caractères physiques. — Densité, 0,519 à 0,632 (0,888 Gri- 
sard . Dureté du Noyer. Odeur, à sec, et saveur nulles. Cassure 
longue et très fibreuse (Grisard). 

Dumonteil, p. loi : Densité, 0,711 ; force, 174; élasticité, 
103; flexibilité, 2,19. Classe 3, celle du Pin. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce de 6 mm. d'épaisseur envi- 
ron, formant une seule couche sous-épidermique, qui est rem- 
plit' de sclérites blancs et durs qui peuvent être écrasés en 
miettes avec l'ongle; Lisse, cendrée Aublef . 

Grise, se détache par petites plaques minces ; exsude une 
résine jaune, qui devient ensuite rouge (Chevalier). 

D'après un autre échantillon (Musée Colon, de Marseille, 
n° H>0 Guvane. épaisseur i mm. environ, épidémie jaune- 
verdâtre, couche intérieure présentant des rayons; couche 
extérieure stratifiée, s'émiettant facilement; saveur amère. 
Exsudant de la gomme rouge sang. Surface intérieure lisse. 

Structure du bois. — Aubier gris, beaucoup plus foncé que le 
cœur et bien distinct ; épaisseur, 12 mm. environ. Moelle ? 

Section transversale. — Couches souvent mal définies ; la 
limite en est au plus une interruption peu sensible dans La 
succession régulière des ligues de parenchyme. Contour régu- 
lier. 

Vaisseaux juste visibles comme des points blancs ; peu de 
variations, sauf lorsqu'ils sont par poires, et, en ce cas, un des 
vaisseaux beaucoup plus grand que l'autre. S'ils sont séparés, 
distribution régulière, et alors fortemenl isolés, contenant 
souvent de la gomme qui rend la coupe brillante. 

Hayons visibles à la loupe, très lins, uniformes, a intervalles 
réguliers, plus étroits que le diamètre d'un gros vaisseau, et 
restant droits malgré leur Gnesse. Même couleur que celle du 
parenchyme. 

Parenchyme a bien visible; une multitude de Mues lignes 
claires très seine-,, concentriques, continues, unissant les 
\ aisseaux. 

Taches médullaires de places en places, ovales, 



Ni II. SKiM. 

Section radiale. — Nuance plus claire que celle de la section 
tangentielle. Couclies rarement délimitables. Vaisseaux plu- 
tôt gros, mais peu apparents, pour la plupart remplis de 
perles gommeuses brillantes et aussi d'une matière blanche. 

s 'don tangentielle. Comme La radiale, mais moins bril- 
lante. Le Pa se présente en lignes verticales serrées. Rayons 
visibles au microscope seulement. 

Jïmjilois. — Facilement obtenu jusqu'à 13 m. sur 30 à 35 cm. 
d'équarrissage (Bell). 

Il résiste aux vers et aux intempéries (Duss). 

Un des plus mauvais bois de la Guyane (Sagot). 

Cependant, à en juger par les chiffres de Dumonteil, et si 
le bois se conserve bien, l'opinion de Sagot paraît trop 
sévère. Le bois se travaille facilement. 

Échantillon type : 62,2718 Bell ; Musée Colon, de Marseille, Guyane, 
ii° 100 (écorce seulement . 

Références: Bell. 8 ; Duss p. 151 ; Çhevalier(a), p. 107 ; Grisard, 1891, 
p. 140; Sagot. p. 234: Aublet, p. 7x8; Dumonteil. pp. 154 et 160; 
Bâillon, VI, 415 ; de Lanessan, p. 140 ; Slone et Fr., p. 62. 

Les Parcouris, n° 654. 

Plusieurs bois sont désignés sous ce nom. et notamment 
le Platonia insignis Mart., le Clusia insignis Mart. i'638 B), 
et le Mammea americana Lin. (662 . Malheureusement, sur 
sept auteurs qui s'en sont occupés, il n'y a que Grisard qui 
parle de la couleur. Il dit de Mammea « Bois blanc ou rouge 
pâle » ; de Platonia « Parcouri du Commerce, d'une belle 
couleur jaunâtre » ; mais les deux échantillons de provenances 
diverses qui se trouvent au Musée de Marseille sont d'une 
belle couleur rouge foncé, tirant sur le brun, avec des stries 
blanchâtres. 

Sagot a exprimé tour à tour des opinions diverses : p. 198, 
il dit Parcouri, Platonia insignis Mart. : p. 228, Parcouri 
(Clusiacées). Puis p. 912 Parcouri paraît un Calophyllnm, 
un BJieedia ou un Clusia. 

En présence de renseignements tellement contradictoires, 
je me borne à citer les auteurs, en donnant seulement la des- 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANI \ 1 S R 85 

cription des bois du Musée de Marseille et du Parcouri de 
Bell, sans risquer une opinion sur le nom systématique. Il 
faut dire pourtant que les deux échantillons du Musée de 
Marseille ont une structure de Légumineuse, voisine de celle 
du Peltogyne des Ainherstiées ; ils devraient plus justement 
être placés dans cette tribu. 

Il ne faut pas confondre cette espèce avec le Pacourca de 
Aublet. 

Enfin je signale les deux bois de Dumonteil pour lesquels 
je n ai que des chiffres pour me guider : 

1° Parcouri noir. p. 154. Densité, 0,816; force, IT.'t : élas 
ticité, 1.98(108?) : flexibilité, 2,65; p.. 160. Classe 2, qui es! 
celle du Chêne ; 

2" Parcouri jaune. Densité. 0,748; force, 177 ; élasticité. 
113; flexibilité. 2.Î7. Classe 3 celle du Pin . 

Platonia insignis Mart., n°651 A. 

Synonyme : Symphonia esculenta Steud. (non Arruda . 

Sagot, p. -2N Mais est-ce celle espèce ■ Se place entre les bois 
durs et les bois légers ; grain assez fin et compact, sans être cepen- 
dant trop lourd el sans offrir une résistance trop grande aux outils. 

Rodriguès : Bakury. /'. insignis. 

Grisard, 1891, II. |>. 141 : Parcouri ou Parcoury Guyane française : 
Parcury-guaza Paraguay) : Manniballi, Pakooru, Pakoori Guyane 
augl.) ; Pacari Arg. ;1 ba Coupari Brésil). Le Parcouri du commerce 
est d'une belle teinte jaunâtre, à grain fin : fibres régulières el assez 
serrées; compact, sans être trop dur ; passe pour incorruptible. Il donne 
des plan, hé-, de 6 à lo m. de longueur. 

Ii . p. 99: Parcouri. Ciusia insignis (voir 638 A . 

Niederlein, p. i: Pacouri grand, Bacurj Guyane . el encore Bacury, 
Rheedia \ irens Planch. 

Bell. n° 70: Pakoorie, \\'il<l mammee-apple voii 662 .décrite uaj 
Sic. ne el Freeman p. 71, et cité ci-dessous. 

Parcouri de Bell, n° 651 15. 

Caractères généraux. — Unis d'un poids moyen et dune 
dureté moyenne, «l'une couleur blanc-rougeâtre, veiné La 
structure, en section transversale, est exceptionnellement 



86 ii. si uni 

visible. Surface mate, quelquefois un peu luisante; fonce un 
peu à l'air. Nuance de la section transversale un peu plus 
Foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,977; dureté, celle de l'If; 
odeur et saveur nulles. 

Caractères de l'écorce. — Eeorce de 1 cm. 5 à 2 cm. 5 d'épais- 
seur environ ; dure, formée de deux couches, une interne, de 
1 cm. environ, brune, ligneuse, et une externe en écailles, 
qui . sur la section, sont bien tranchées; sillonnée irrégulière- 
ment et pleine de sclérites durs et blancs, en couches concen- 
triepues régulières. Surface externe de la bûche, striée ou 
unie. 

Caractères du bois. — Aubier blanchâtre ou de couleur écrue, 
épais de 7 cm. environ ; nettement distinct du cœur. 

Moelle ? 

Section transversale. — Couches peu marquées, à limites 
vagues; contour à peu près régulier. 

Vaisseaux bien visibles, se présentant comme des piqûres ; 
grands, sans diminution de calibre sur toute la largeur d'une 
même couche, mais augmentation en diamètre d'une couche 
à l'autre. 

Par ailleurs, peu de variations, sauf dans les groupes qui 
présentent quelquefois jusqu'à 22 vaisseaux, distribution 
uniforme et peu nombreux ; bien isolés et pouvant être 
comptés à l'œil nu sur le vieux bois ; contenu luisant. 

Rayons juste visibles sans loupe, quand ils sont humectés; 
très fins, uniformes, réguliers, écartés les uns des autres d'une 
distance inférieure à celle du diamètre d'un gros vaisseau, et 
s'écartant un peu au niveau de ces vaisseaux. Couleur, celle 
du Pa. 

Parenchyme a visible, même très apparent, en lignes con- 
centriques continues, nombreuses, serrées, d'une couleur 
claire et d'un contour régulier. Dans le jeune bois, les zones 
ne sont pas développées, et le Va ne fait que des ailes aux 
vaisseaux. 

Section radiale. — Couches non marquées. Vaisseaux gros, 
rouges, ayant des cloisons qui sont visibles à l'œil nu. Le Pa 



POIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAIS] 87 

se présente en Lignes rouges, qui sont plus visibles quand le 
bois est humide. 



Parcouri du Musée Colonial de Marseille, n° <>.'il C. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd, d'une couleur 
brun rougeâtre-, rayée de Lignes d'un rouge plus foncé, et avec 
des stries claires. Surface luisante, qui prend déjà un polis- 
sage naturel sous le fil des outils. Fonce un peu a l'air. Grain 
fortement à rebours. Nuance de la coupe transversale beau- 
coup plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. Odeur et saveur nulles. Cassant. 11 
brûle mal en pétillant beaucoup, peu de fumée, odeur agré- 
able. 

Kcorce et moelle inconnues. 

Structure du hois. — Aubier de couleur écrue ; épaisseur. 
2 cm. environ. 

Section transversale. — Couches, en apparence, bien défi- 
nies ; limites peut-être formées par les zones qui ont peu de 
vaisseaux. 

Vaisseaux très apparents à cause de leurs bords clairs, 
plutôt grands (0 mm. 2 . diminuant un peu et régulièrement 
vers le bord externe de la couche ; fortement isolés, distri- 
bues irrégulièrement, peu nombreux (1 à 4 par mm. q.), pour 
la plupart vides. Ils s'agrandissent beaucoup avec l'âge de 
l'arbre. 

Rayons juste visibles ou à peine, excessivemenl fins, uni- 
formes, un peu sinueux, presque réguliers; intervalles égalant 
le. diamètre d'un gros vaisseau, mais sans écartement au 

ni\ eau des vaisseaux. 

Parenchyme très apparent, a. en fuseaux, ou en Losangi 
OU ailé autour îles vaisseaux : couleur brun clair ou rouge, 
parfois unissant deux groupes de vaisseaux, surtout vers la 
limite externe de la couche, la ou le Pa est inoins déve- 
loppé. 

Section radiale. - Couches délimitables. Vaisseaux fins, 
sillons ouverts, parfois avec des perles gommeuses ou rési* 
neuses. rouges ou noires. Rayons à peine visibles ou visibles 



88 ii. sinM 

ii La loujtf, minuscules, rouges, translucides. Parenchyme en 
Lignes minces, blanchâtres, quelquefois très apparentes. 

Sec/ion tangentielle . — Comme la radiale, mais les vais- 
seaux sont beaucoup plus apparents, montrant beaucoup de 
parenchyme clair le long des sillons. Rayons visibles seule- 
ment au microscope. Ce sont de courtes lignes, hautes de 6 
cellules environ. 

Echantillons types : n° 15, Parcouri jaune. Guyane, au Musée de Mar- 
seille, et n° 100, Parcouri étiqueté : « Mahot blanc ». 

TRIBU IV. — CALOPHYLLÉES 

Kurahara, Kurahura Bell., n° 658 A. 

Ce bois a une telle ressemblance avec certaines espèces de 
Calophyllum de ma collection, et sa structure est si caracté- 
ristique que je le place ici, sans hésiter. Un caractère parti- 
culier, et qui est très rare, se présente bien dans ma fig. 
n° 21, pi. V ; c'est le parenchyme en lignes concentriques dis- 
continues, ce qui arrive quelquefois dans d'autres genres, mais 
jamais de la même manière. Un échantillon du Musée de Mar- 
seille est bien semblable (n° 25 Guyane), et je crois que c'est 
le même que celui de Bell. 

Caractères généraux. — Bois plutôt dur et lourd, d'une 
couleur rougeàtre ou brun rougeàtre uniforme ; grain forte- 
ment à rebours ; surface brillante qui fonce un peu à l'air. 
Nuance de la coupe transversale un peu plus foncée que celle 
des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,810; odeur et saveur 
nulles. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce de 6 mm. d'épaisseur 
environ, rugueuse, gercée, subéreuse, tombant en plaques qui 
sont molles, rouges, et stratifiées sur la section. Couche 
médiane, 3 mm. d'épaisseur environ, plutôt dure, brun foncé. 
Couche interne, stratifiée, présentant les rayons surtout sur 
la coupe radiale. Surface de la bûche ridée ou sillonnée. 

Caractères du hols. — Aubier un peu plus clair que le cœur, 
épais de 3 cm. 5 environ. 



BOIS MILES DF LA GUYANE FRANÇAISE 89 

La structure du bois est à comparer avec la fig. n° 21 , pi. V. 

Section transversale. 

Limites des couches douteuses. 

Vaisseaux bien visibles à cause de leur disposition en lignes 
radiales dendri tiques. C'est là un des caractères spéciaux 
des Calophyllum, dans la figure, à cause du trop fort gros- 
sissement, mais qui paraît mieux à l'œil nu. 

Rayons visibles à une forte loupe seulement, très fins ; uni- 
formes, réguliers ; intervalles beaucoup moindres que le dia- 
mètre d'un gros vaisseau, et s'écartant légèrement au niveau 
de ces vaisseaux. 

Parenchyme a entourant les vaisseaux et les unissant par- 
lois en lignes radiales, et Parenchyme h en lignes concen- 
triques irrégulièrement courbées et interrompues, claires. 
Elles paraissent foncées dans la figure, qui a été prise sur une 
coupe transparente employée comme cliché. 

Section radiale. — Vaisseaux plutôt fins, foncés, très 
obliques. Rayons étroits, juste visibles. 

Section tangentielle. — Rayons minuscules, de mm. 2 de 
hauteur. 

Emplois. — Pour corials et pour planches pour bateaux : 
peut être facilement obtenu jusqu'à 17 m. sur 55 cm. d'équar- 
rissage (Bell). Ce bois devrait servir à remplacer les qualités 
inférieures d'Acajou ; très commode à débiter. 

Échantillon type : 58,2713. 
Références: Stone el Fr., p. 58. 

Eda-balli, Wild Calabash Bell .y 638 B. 

Calebassier sauvage. Encore un bois du genre des Calophyl- 
lum. Pour le distinguer de Kurahara, on peut citer les différences 
hs plus importantes suivantes : 

1" Parenchyme b en lignes concentriques beaucoup plus 
Larges que les rayons. Kurahara, 658 A. 

2° Parenchyme l> en lignes un peu plus larges seulement 
que les rayons. Eda-balli, 658 B. 

Il ne faut pas confondre cette dernière espè< e avec Eta-balli 
ni avec Itaballi voir 561 A el B Le mol [ta ou Eta, en 



f '0 H. BTONE 

langue indigène brésilienne veut dire fer ; par conséquent 
il est d'une application générale à tous les bois durs. 

Caractères généraux de VEda-balli. — Bois d'une dureté 
moyenne et d'un poids moyen, d'une couleur brun rougeàtre 
uniforme à brun clair. Surface légèrement micacée, qui ne 
fonce que peu à l'air. Nuance de la coupe transversale un 
peu plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,752; dureté, celle du 
Hêtre. Odeur et saveur nulles. 

Caractères de Vécorce. — Ecorce de i à 6 mm. d'épaisseur 
environ, brune, lisse. Couche interne mince, fibreuse, brun 
foncé ; couche externe plus claire, s'émiettant. Fortement 
adhérente. Surface de la bûche lisse. 

Caractères du Lois. — Aubier non différencié du cœur. 

La structure du bois est celle du Kurahara, mises à part les 
différences suivantes. 

Section transversale. — Vaisseaux juste visibles, apparais- 
sant comme des piqûres. 

Parenchyrhe h en lignes concentriques continues, nom- 
breuses, légèrement ondulées, un peu plus larges que les 
rayons, avec lesquels elles forment un filet. 

Section radiale. — Brillante. Vaisseaux apparaissant par 
paires, ou 3 côte à côte, ce qui donne au grain une apparence 
grossière ; plus foncés que le fond. Rayons très étroits, lui- 
sants, cristallins. Parenchyme en très fines stries parallèles. 

Section tanyentielle. — Comme la radiale, mais non bril- 
lante ; les rayons ne sont visibles qu'au microscope. 

Emplois. — Ce bois possède l'avantage de ne pas se fendre ; 
crosses de fusils ; pas abondant ; peut être obtenu jusqu'à 20 
à 27 cm. de côté (Bell). Commode à travailler. 

Ech. type: 2b, 2681 Bell. 
Références : Stone et Fr., p. 25. 

Penoga, n° 658 C. 

Berkhout, p. 25. Calophyllum sp. Surinam. 

Mammea americana Lin., n° 662. (Voir 651 . 

Préfontaine, p. 157 : Mamie. Manchiboui, Abricotier, 



BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 91 

Aublct, p. 917 : Abricotier d'Amérique. 

Icônes lignorum : pi. LXVI1, Bg. I. Mamaay. 

Sagot, [>. 912 : cultive ii la Guyane. 

De Lanessart, p. ltS: dimension considérable; bois blanc, assez dur. 
homogène et facile à fendre. 

Rodri»uès, ! Slt:î, p. 59 : Abrico do Para, A. de S. Domingo, A. selva- 
gina Brésil . 

Grisard, 1891, II, p. 135 : Wild Mammee-apple, Pakoorie, Parcouri 
soufré, Abricotier îles Antilles, Mammeë-tree angl. . Bois blanc rose 
ou rouge pâle, gommeux, a libres droites. Poids, 0,990. Lourd et assez 
dur, se fendant, avec facilité; pour merraiiys, bardeaux, aissantes, 
planches, poulies, solives. Bonne conservation à l'air ou dans le sol. 

TRIBU V. — QUIINÉES 

Quiina guianensis Aubl. (non Crueg. . n° HUM. 

Synonyme: Ton roulia g uianonsis Aubl. : Touroulia solitaris 
Stokes. 

D'après l'Index Kewensis, Aublet a décrit la même plante 
sous des noms différents. 

Aublet, p. 492: Touroulia guianensis. Ecorce épaisse, ridée ; bois 
roussâtre. A la page 19, Suppl. : Quiina guianensis, Quiina-rana. 



FAMILLE XXX. — ÏERXSTROEMIACEES 



TRIBU I. — RHIZOBOLEES 

Caryocar butyrosum Aubl . , n° 664. 

Synonymes : Pckea butirosa Aubl. ; P. lentiscos Aubl. 
non mentionné dans l'Index Kew.). 

Noms vulgaires : Pekea Gàlibis et noiragues à Ayapoco et 
à Caienne : Aubl.). Pekia, Pequi, Piquy Para, Rodrigués). 
Schwari Bassières). Chawari (Dupré). Saouary, Saouarou, 
Soeri Surinam, Berkhout). Sehaouarouy (Caraïbes, Préfon- 
taine). 

Il règne une certaine confusion autour du nom l'ekca, qui 
s'applique encore à d'autres espèces, par exemple au C. hra- 
siliensis Saint-Hilaire, qui, selon Rodrigués, est le véritable 
Pequia. Pereira cite ce Caryocar brasiliensis en donnanl les 



92 il. stone 

noms additionnels de Pequia-bravo et Pequi. l)a Gama parle 
d'un Pequia qui serait VAspidosperma sessili flo r um Muell., 
de l'île Trinité. Le nom Souari est commun, ou du moins est 
attribué également aux autres espèces de Caryocar. 

De Lanessan cite le C. tomentosùm comme syn. de C. huly- 
rosum, ce qui n'est pas juste d'après l'Index Kew. 

Le bois que je décris ci-dessous paraît être celui de Bas- 
sières, de McTurk et de da Gama. 11 a été déterminé d'après 
les fruits et les feuilles par le D r Freeman. 

Prov. : Am. trop. 

Caractères généraux. — Bois dur et lourd extrêmement 
compact, d'une couleur gris-brun clair. Surface lisse, devenant 
mate. Roussâtre, dur, compact (d'après Àublet). Il ressemble 
au Genipa (d'après la Gom. de Brest). Nuance de la coupe 
transversale plus foncée que celle des autres sections. 

Caractères physiques. — Densité, 0,943 à 1000. Dureté, 
celle du Buis. Odeur à sec, faible, même nulle. 

Solutions aqueuse et alcoolique presque incolores. 

Dumonteil. Essais : densité, 0,820 ; force, 211 ; élasticité, 
162; llexibilité, 2,00. Classe 2, qui est celle du Chêne. 

Commission de Brest. Essais avec le bois de Dumonteil : 
lorsqu'il est conservé à l'abri, force, 720 à 920, (1,11 à 1,28 
si le Chêne — 1) ; élasticité, 20 à 28. Conservé à découvert : 
force, 860 à 940 (1,16 si le Chêne = 1) ; élasticité, 22 à 25 ; 
a cassé après craquement avertisseur. 

Même Commission. Essais d'un autre échantillon : densité, 
0,794; force, 620 à 880 (1,11 si le Chêne = 1); élasticité, 
20 à 30. Deux sur trois des cabrions ont cassé net, l'autre 
fait entendre un craquement avertisseur ; fibres bien déchi- 
rées. Il est intéressant de voir que le b