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Full text of "Chartes de l'Abbaye de Saint-Hubert en Ardenne"

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UNSTITUTE OF MEDIAEVAL STUDIES] 



GIFT OF THE ^ 

SOCIAL SCIENCES AND 

HUMANITIES RESEARCH 

COUNCIL OF CANADA 



1980 




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iCADÉMlË K0Ï4LË 

DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 



COAlAUSSIOiV ROYALE D'HISTOIRE. 



MM. Stanislas IJormans, Président. 

GoDEFRoiD KuRTH, Secrétaire et Trésorier. 

LiopoLD Devillers. 

L. Gilliodts-Van Severen. 

Léon Vanderkindbrb. 

Napoléon de Padw. 

Henri Pirenne. 

Le chanoine Alfred Cauchie, Membre suppléant. 
DOM Ursmer Berlière, Ij 

Le chanoine Edmond Reusens, H. 






CHARTES 



DE 



L'ABBAYE DE SAINT-HUBERT 



EN 



ARDENNE 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 witii funding from 

University of Toronto 



littp://www.arcliive.org/details/cliartesdelabbayeOOabba 



CHARTES 



DE 



L'ABBAÏE DE SilNT-HOBIRT 



IN 



ARDENNE 



POBLIBES PAR 



Càrodefroxci liXT 



TOME PREMIER 




BRUXELLES 

Librairie KIESSLING et 0*«, P. IMBRËGHTS, successeur 

:Moxita^ne de la COTxr, 54 



HAYEZ, IMPRIMEUR DE L ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE 



1903 



Bruxelles. — HAYKZ, imprimeur de l'académie royale de Belgique, 1121, rue de Louvaim. 







TABLE DES MATIÈRES 



Pa(te* 

Introduction 

PREMIÈRE PARTIE. — Les Archives de Saint-Hubert. 

1. Les Archives de Saint- Hubert jusqu'à la confection des 

- Inventaires ii 

II. Les Inventaires des Archives de Saint-hubert vi 

III. Les Cartulaires. xxi 

IV. Les Archives de Saint-Hubert depuis la Révolution .... xxxi 

DEUXIÈME PARTIE. — Chronologie des abbés de Saint-Hubert. 

i. Les sources ' xxxviii 

2. Catalogue des abbés xlvii 

TROISIÈME PARTIE. — Des principes que j'ai appliqués dans 

CETTE édition LXIX 

Les chartes de l'abbaye de Saint-Hubert l 

Appendice 578 

Additions et corrections 609 

Table méthodique des tHARTES 627 

Table alphabétique 659 



INTRODUCTION 



OUVRAGKS CITÉS EN ABRÉGÉ. 

AH. — Adolphe Happakt. Recueil sans titre, contenant entre autres la liste des abbés de Saint-Hubert. 
Manuscrit de la Bibliothèque de l'Université de Liège, n° 2^29 (ancien 18). 

(iC. — Gallia Christiana. 

AIAL, — Annales de l' Institut archéologique du Luxembourg. 

HGH., SS. — Monumenta Germaniae Historica, Scriptores. 

MNHL. — Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Hainaut, de \amur et de Luxembourg. 

RH. — RoMUALD Hancart. L'histoire du monastère de Saint-Hubert en Ardennes. Ouvrage manuscrit, 
dont on décrira plus loin les divers exemplaires conservés. 

ROBAULX. — ROBAULX de Soumoy. Chronique de l'abbaye de Saint-Hubert, dite Cantatorium. Bruxelles, 
1847. 



Dans celle Inlroduclion, je me propose un Iriple but. D'une part, je veux 
faire connaître, d'une manière aussi complète que possible, la nature, 
l'histoire et l'étal de conservation actuel de la vaste collection de documents 
à laquelle j'ai emprunté les éléments de ce volume. De l'autre, j'entre- 
prends de fixer, avec toute la précision que rendent possible nos trop 
rares sources, la chronologie des abbés de Saint-Hubert, qui doit servir 
en quelque sorte de fil conducteur pour l'étude des annales de cette maison. 
Dans une troisième partie, j'expose au lecteur les règles que j'ai suivies 
dans l'édition de ce recueil. 

Quant à retracer ici les principaux événements dont la succession consti- 
tue l'histoire de l'abbaye, j'ai cru pouvoir me dispenser de ce travail. 

a 



Il — 



Dans mon mémoire sur Les premiers siècles de l'abbaye de Sainl- 
Hubert ', je l'ai fait pour (oute la période antérieure à l'année 1130, et je 
me bornerai à y renvoyer le Uclcur, qui y trouvera la discussion et, je 
pense, la solution de plus d'un problème historique relatif au monastère. 
Pour la période postérieure à 4430, ce sont les chartes elles-mêmes, com- 
plétées par mes recherches chronologiques sur les abbés, qui fournissent 
tous les matériaux au moyen desquels on pourra désormais écrire cette 
histoire. J'aborde donc sans autre préambule l'objet propre de ces pages. 



PHEMIÈKK PARTIE. 

I. — Les Archives de Saint-Hubert jusqu'à la confection 

des Inventaires. 

Les archives de l'abbaye de Saint-Hubert, conservées aujourd'hui au 
dépôt de l'Etat, à Arlon. dont elles constituent le fonds le plus considérable, 
ne sont pas parvenues entièrement jusqu'à nous. De bonne heure, la partie 
la plus ancienne en a été détruite, et il est utile de présenter au lecteur un 
rapide aperçu des vicissitudes par lesquelles elles ont passé, au cours des 
siècles. 

Fondée vers le commencement du Vllh siècle par Pépin d'Herstal et 
par sa femme Plectrude, l'abbaye possédait, pendant les premiers siècles 
qui suivirent sa naissance, un trésor de chartes et de diplômes qu'elle 
conservait avec soin. L'anonyme qui, dans la première moitié du X^ siècle, 
écrivit la vie de saint Bérégise, le premier abbé, fait allusion à ce dépôt; 
il essaya même d'y i*ecourir pour ce qui concernait l'histoire du saint; mais, 

i 

' Bulletin de la Commission royale d'histoire, 5* série, t. VIII (1898). 



— 111 — 



trahi par son impuissance à décliiffrer les écritures mérovingiennes, il n en 
tira que peu de chose. 'J'outefois, il parvint à lire sudisamment un de ces 
documents pour comprendre qu'il était daté de 723, et qu'il contenait une 
donation faite à Tabbaye par un comte Grimbert '. 

Les archives, à Saint-Hubert, comme ailleurs, firent partie pendant 
les premiers temps du trésor ^, et depuis longtemps ce dernier avait été 
confié à la surveillance spéciale du costre qu'elles portèrent encore le nom 
de trésorerie '. et leur gardien celui de trésorier *. Son emploi paraît, 
à certains moments, uni à celui du chantre '. Sous le nom de trésorier, 
nous trouvons un archiviste à Saint-Hubert dès IOdd; il s'appelle Alfridus 
et c'est peut-être lui — à moins que ce ne soit Lambert le Vieux — qui, 
en se servant des traditions locales et pour venir au secours des droits 
menacés de son abbaye, a imaginé de fabriquer la fausse donation de 
Pépin d'Heràtal du 13 novembre 687, qui a toujours été considérée à Saint- 
Hubert comme la charte de fondation *. 



' Voyez plus loin, page 5. 

* Encore en 1749, dom Guytou, dans un rapport sur l'abbaye de Saint-Hubert, écrivait : 
« En leur thrcsor, on y voit des textes sacrés d'évangiles manuscrits, marqués être écrits de 
l'an 825, etc. » (Annales de l'Institut archéologique d'Arlon, t. XXXIV, p. 101). Toutefois, ce 
manuscrit ne figurant pas dans VInventairc de 1730, il y a lieu de croire qu'à cette date le trésor et 
les archives constituaient deux dépôts distincts. 

* Voyez plus loin, page 43"2, is, où un copiste du XV« siècle atteste avoir vu l'original « en nostre 
trésorier de Saint-Hubert ». 

' Au XVI' siècle, on écrit : « s'appelant le dit livre ainsi Cantatorium pour ce, comme fait à 
présumer, que le compilateur d'icelluy erat cantor ecclesiae, cujus officium inter alla erat describerc res 
gestas monasterium concernentes, servare annales et habere bibliotbecae chartarumque custodiam, 
comme encore du pi-ésent audit monastère le chantre d'icelluy est thrésorier des chartes et de la biblio- 
thèque » (Salvations du procureur général de Liège touchant Saint-Hubert, dans les actes du Procès 
pour Saint-Hubert, 1547, p. 70, aux Archives de Liège), 

* Voyez plus loin. 

* KuRTH, op. cit., pp. 7-10. 



— IV 



l orsque, dans les premières années du Xll« siècle. Lambert le Jeune écri- 
vil sa Clir()ni(|ue de rahba}e si connue sous le nom de Canlalorium ', il put 
puiser à pleines n)ains dans le riche dépôt des archi> es du monastère, et l'on 
verra, par les premières pages de ce volume, l'emploi judicieux qu'il en a 
fait. Il n'y a d'ailleurs pas recouru dans une aussi large mesure que 
l'aurait voulu notre curiosité. Ne remontant pas au delà du temps qu'il 
pouvait atteindre par ses propres souvenirs el par ceux de ses contempo- 
rains, il n'appelle les chartes à son secours que pour préciser et compléter 
ses données, non pour leur en demander de nouvelles, il commence, à 
proprement parler, sa chronique sous l'abhatiat d'Adélard (1034) el se 
borne à la faire précéder d'un historique rapide de la seconde fondation 
du monastère par l'evèque Walcaud (817). Les chartes des VIII«, IX« el 
X« siècles, si elles ont sollicité sa curiosité, n'ont donc pas enrichi son 
récit, et il en est de même, à peu d'exceptions près, (je celles de la 
première moitié du Xh. Par contre, celles de la seconde moitié de ce siècle 
forment la solide charpente de sa Chronique et donnent un grand 
caractère de ceililude à celle a?u^re historique, si remarquable parmi les 
écrits du moyen âge. 

Si Lambert le Jeune avait écrit quelques années plus tard, cette pré- 
cieuse source d'informations n'aurait plus existé pour lui. En l'an H3(), 
le 5 juin, un violent incendie ' réduisit l'abbaye en cendres, et il parait 



1 Une nouvelle édition de eel important document paraîtra bientôt sous les auspices de la Commis- 
simi royale d'hisloire ; elle sera soignée par RI. Karl Hanquet, et mettra à la disposition des érudits un 
texte meilleur que celui des éditions précédentes. Je renvoie, pour toutes les' questions relatives 
n l'auteur et à son œuvre, au mémoire de ce jeune savant intitule : Étude critique sur la Chronique de 
Saint- Hubert, dite Cantatorium (Bibliothèque de la Faculté de philosophie et lettres de l'Université 
DE LiÉCE, fascicule X. Liège, 1900). Voyez aussi la controverse entre MM. le chanoine Gauchie et Karl 
Hanquet dans le Dulktin'de la Commission royale d'histoire, t. LXX. 

' A. H., fol. 66 y", infra, suivi par R. H., p. 5i5, et par Antiquitas Ecclesia Andaginensis dans 
Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, Hainaut, Luxembourg, t. VIII, p, 25. 



bien qu'il consuma aussi les archives '. En eflet. à part un très petit 
nombre d'exemplaires sur lesquels je me suis prononcé ailleurs *, tous les 
documents originaux qui nous ont été conservés sont postérieurs à cette 
date fatale. 

Ce fut le plus grand désastre qui ail atteint les archives de Saint- 
Hubert pendant le cours de leur longue existence. Les incendies posté- 
rieurs : ceux de ISti-i, de i52o, de d5C8 et de 1655, malgré leur violence, 
épargnèrent les archives, et elles paraissent n'avoir plus subi de dommage 
sérieux que pendant la période qui suivit la suppression de l'abbaye et la 
vente des bâtiments à des particuliers. 

Il fallut quelque temps pour que la collection des chartes de l'abbaye 
redevint aussi riche qu'elle l'avait été auparavant; ce fut l'alîaire du XI 1« 
et surtout celle du Xlll« siècle. Aussi, lorsque celui-ci fut écoulé, éprouva- 
t-on le besoin de classer les documents. Mon seulement on écrivit au dos 
l'indication rapide du contenu, mais on les rangea par caisses, et l'on ajouta 
l'indication du numéro : Capsa seainda, capsa qiiarla et capsa octava sont 
des inscriptions dorsales que nous rencontrons, la première sur dix de 
nos chartes, la seconde sur une et la troisième sur une. De plus, au dos 
d'une bulle d'Innocent Vlll , de i490, on lit, d'une écriture du XV!** siècle : 
Ex capsa bullarum. Ce sont là des indications très parcimonieuses; elles 

* On lit, il est vrai, dans Gilles d'Orval, 11, 55 : » Quaiila postea et quali sagacilatc idem Galcaudus 
episcopus lociim ampliarc sfuducrit, quibus po.<sessionum rcddilibus de suo vel fralris sui Erohcngoldi 
patrimonio eidrm rcclesie contulerif, testantur privilégia a papa Leone et a melropolilano Hildebodo 
Coloniensi et Ludovico, filio Caroli imperatoris conllrniata que itsque in hodiermim dicm eadem ecclesia 
réservât » {MGIl., SS., XXV, p. 48). Mais ce passage perd toute autorité si l'on se souvient que la partie 
non soulignée est purement et simplement copiée dans la Chronique de Saint-Hubert, c. 8, et que la 
partie soulignée résume les lignes dans lesquelles l'auteur de la Chronique engage ses lecteurs à se 
convaincre par eux-mêmes en lisant les documents en question : Si quis nossevoluerit, relecfis avcfori- 
tatis ejus privilegiis plenalitcr adisccre potuit. C'est donc ici, comme toujours dans la Chronique du moine 
d'Orval, la source qui parle et non Gilles lui-même. 

' KuRTH, op. cif., p. 90. 



VI 



sont siidisantes toutefois pour permettre d'établir (|ue dès le XIV" siècle 
les archives de Saint Hubert étaient I objet d'un certain classement 
continué pendant les siècles suivants, il subsista., ce semble., jusqu'au 
comniencenienl du Wlh, car l'Introduction du cartulaire, composé peu 
de temps avant cette date, coujme on le verra plus loin, nous 4ipprend 
qu'au moment où il fut recueilli, les originaux reposaient « aux coflFres et 
secrets des chartes, cartidaires, papiers et letriages de la dite église ». 

Cependant l'incorporation des prieurés à l'abbaye, décrétée en 1560 [)ar 
le pape Pie IV, avait fait rentrer à la maison mère les archives de ces 
divers établissements : c'était une augmentation considérable du dépôt, 
dont on peut se faire une idée en voyant, par exemple, la place que 
prennent dans notre recueil les seuls documents d'Evergnicourl. Il fallut 
augmenter le nombre des caisses pour pouvoir caser les nouveaux fonds; 
il fallut aussi penser à inventorier toutes ces richesses. 



II. — Les Inventaires des Archives de Saint-Hubert. 

Les archivistes de Saint-Hubert ne manquèrent pas à la tâche. Au 
commencement du XVII"» siècle, ils commencèrent un travail de classement 
laborieux et bien mené. Il consista en trois opérations : 1? Au dos d'un 
grand nombre de documents, on en écrivit le résumé; 2» on fit des copies, 
qui furent jointes à l'original; 3» chaque document fut enfermé dans une 
chemise de papier, sur laquelle on en transcrivit également le résumé. 
Deux mains de cette époque se sont employées à cette besogne. L'une 
est on ne peut plus reconnaissable à l'élégance et à la régularité de ses 
jcaractères allongés; un heureux hasard m'a permis d'en reconnaître le 
propriétaire dans i/n reçu autographe et signé qui repose aux archives de 
Saint-Hubert sous la cote 424, D. 8; c'est l'abbé Nicolas de Fanson, qui 



— vil — 

gouverna Tabbaye de iiWi à i652 et qui, avant son abbatiat, avait rempli 
les fonctions d'archiviste '. 

Nous devons aussi à ce zélé religieux le plus ancien inventaire existant 
aux archives de Saint-Hubert. C'est celui des titres des prieurés, écrit 
tout entier de sa main dans un cahier de papier in-4° de trente-deux 
feuillets non paginés. Les divers inventaires se suivent dans l'ordre que 

voici : 

Évergnicourt, 

Prix, 

Bouillon, 

Sancy, 

Cens. 

Les tilres des prieurés de Châleau-Porcien et de Moulin ne figurent pas 
dans ce registre, qu'on peut considérer comme un prélude à une entre- 
prise plus considérable : celle d'inventorier tous les actes reposant. aux 
archives de Saint-Hubert. 

L'inventaire des archives des prieurés par dom JNicolas de Fanson est 
probablement antérieur à ^606, année où l'auteur fut élu receveur de 
l'abbaye. Deux inventaires généraux, dont je vais parler, le suivirent de 
fort près. 

Le premier (A) est un registre petit in-folio broché, contenant quatre- 
vingt-dix feuillets de papier non numérotés, et dont les onze derniers 
sont blancs. L'écriture est belle, régulière et fort soignée. La couverture est 
formée par un parchemin qui a fait partie d'un manuscrit du XII" siècle, 
en deux colonnes, contenant les Moralia de saint Grégoire le Grand. 
Les documents y sont analysés en français (quelquefois en latin), selon 
l'ordre alphabétique des localités ou des sujets auxquels ils se rapportent, 
mais c'est un ordre qui n'a rien de rigoureux, comme on peut s'en con- 
vaincre par les en-téte de la lettre A. 

* Sur Nicolas de Fanson, voyez plus loin. 



— VIII — 

Anserenime (avec ses dépendances), 

Autels, 

Ambly, 

Aniy, 

Ainelz, 

Alleinbon, 

Abée et Haneiïe el Baisy, 

Aye et Jamodinne, 

Les Abbyes, 

Abée, Scry el Tilhache, 

Assenois. 

Nous voyons par l'inventaire que les documents sont classés dans des 
sacs ou dans des tiroirs; ainsi nous lisons dans l'article Anserenime : 

« Ce qu'est devant escrit est en une layette; ce quy s'ensuit dedans un autre. » 

Plus loin : 

« Quae in altéra pagina subsequunlur, habentur in eadem arcula. » 

Cet inventaire, tout entier d'une même main, ne contient pas de docu- 
ments postérieurs à l'année iGU, et c'est aux environs de celte année 
qu'il a dû être dressé. Dans ce cas, il n'est pas téméraire de supposer 
qu'il pourrait être de dom Romuald Hancarl, qui semble avoir rempli les 
fonctions d'archiviste à cette date '. . 

11 était à peine achevé qu'on en faisait déjà un nouveau (B), C'est 
un registre cartonné petit in-folio, relié en parchemin, de mêmes dimen- 
sions que le précédent et contenant deux cent trente pages de papier 
numérotées. 

Les documents y sont classés, comme dans le premier inventaire, selon 
l'ordre aiphabélique des localités ou des sujets auxquels ils se rapportent. 

♦ Voyez plus loin. 



IX — 

Le texte esl de trois mains. La première, qui se caraclérise par une 
petite écriture régulière, a fait la grosse moitié de la besogne et mené 
l'inventaire alphabétique jusqu'à la rubrique Lieser (p. 158). L'auteur 
ayant l'habitude de donner la date des documents qu'il analyse, il est 
facile de se convaincre que les derniers s'échelonnent sur les seize pre- 
mières années du XVil" siècle et qu'aucun n'est postérieur à 1616. L'ordre 
alphabétique n'est pas le même que dans le premier inventaire; voici, 
à titre de spécimen, celui des en-téte de la lettre A : 

Anseremme (avec dépendances), 

Autels, 

Autrey, 

Assenois, 

Ambly, 

Abée, Scry el Tillache, 

Aye et Jamodinne, 

Allembon, 

Aniy, 

Aywaille, 

Abbyes (Les). 

Au surplus, les analyses de B sont plus nombreuses et plus détaillées; 
comme je l'ai dit, elles sont généralement accompagnées de leur date, chose 
qui n'existe dans A qu'à titre exceptionnel. Toutes les analyses d'une même 
layette sont numérotées au moyen d'untî lettre de l'alphabet : A', B', G', etc. 
Quan I l'alphabat est épaisé, on repren 1 par A„ B„ C,. ou encore A, B, G, 
puis par AA, BB, GG, ou encore par a, b, c, etc. 

L'inventaire B est donc un travail original dont l'auteur a voulu 
perfectionner et compléter le travail de son prédécesseur; malheureuse- 
ment, surpris par la mort sans doute, il n'a pu mener son entreprise 
jusqu'au bout. Une main de date plus récente a alors traiscrit, à la suite 
de l'œuvre inachevée, la partie de l'inventaire A qui va de Lieser jusqu'à 

la fin. On n'y trouvera donc plus les pièces numérotées; toutefois, les 

6 



dates continuent à élre inscrites à la suile des analyses, du moins jusqu'à 
l'article Teliin exclusivement. 

La troisième main, qui semble du milieu du XVIIh siècle, se borne à 
inlerctder de-ci de-là l'analyse de certains documents postérieurs à itilO, 
savoir : trois de i6i8 (pp. 89 et i28); un de lt)3l (p. 128,; deux de 
4638 (p. 428) et plusieurs des années 4682, 4683 et 1681 (pp. 93. l92, 
2C6, 229). 

L'inventaire B est précédé et suivi d'une table. La première est une table 
alphabétique des noms de lieux avec indication de la page où ils sont 
mentionnés; elle est intitulée, d'une manière assez bizarre : Abrégé des 
tillres de la maison de Saint-Hubert. L'autre, chose curieuse, ne se 
rapporte pas à notre registre; c'est la table du troisième inventaire, celui 
de 1730, dont il nous reste à parler, et où les documents sont classés en 
cent vingt-quatre layettes. Je ne m'explique pas bien pourquoi elle figure 
ici ; peut-être n'y a-t-elle été transcrite que grâce à une bévue du copiste. 
Quoi qu'il en soit, notre inventaire B se trouve être le bizarre com[)Osé 
tripartite formé par une prefnière moitié originale, par une seconde moitié 
prise dans A et par la table de C. 

L'inventaire de 4730 (C), travail de vastes proportions, en deux volumes 
in-folio, sur papier, repose comme le précédent aux archives de l'Etat, 
à Arlon. Il est l'œuvre de l'archiviste dom Clément Jacoby, et l'on trouvera 
tous les renseignements que je possède à son sujet dans la description 
détaillée que j'en donne ci-après. 

Le premier volume contient huit cent six pages, dont les sept cent 
soixante-deux premières de texte, et les autres en blanc, plus lxxiv pages de 
table, et, en tête, sept feuillets non numérotés. Ce massif volume, relié en 
cuir avec fers aux armes d'un abbé et muni de deux solides fermoirs en 
cuivre, a été assez endommagé à l'extérieur et n'a plus de dos. mais 
l'intérieur en est fntact. En voici le contenu. 

Feuillets A et B en blanc. 



— XI — 

Feuillet C contient le mémento que voici : 

Menses apostolici 
janiiarius niarlius malus julius 7her 9ber 

Menses collaloris urdinarii 
februarius aprilis junius augustus october december *. 

Feuillet D, on lit : 

rem us : 

Acliones nostras quaesumus Domine aspirando praeveni e( adjuvando prose- 
quere, ut operalio noslra a te semper incipiat et per te coepta finialur, per 
Christum Dominum noslium. Amen. 

Feuillet E contient le titre, ainsi conçu : 

Inventaire 
des chartres, tiltres et papiers conservés èz archives du monastère 

DE Saint-Hubert en Ardenne. 

Divisez en cent et vingt-quatre classes ou laëttes, selon l'ordre alphabétique des 
fonds et héritages apartenant audit monastère; les laëttes sont divisées en 
plusieurs liasses, lorsque le sujet le requiert, cotées par lettres de l'alphabet, 
et icelles liasses subdivisées en nombres marqués en chiffre. Et en cas il se 
retrouve doresnavant quelqu'aulre litre qui ne soit icy compris, on a laissé de 
la place à la fin de chaque classe pour les replacer. Renouvelle et augmenté 
l'an de Notre Seigneur Jésus Christ 1750. 

Les feuillets F, G, H, I sont occupés par le document suivant, assez 

* l/abbayc de Saint-Hubert avait la collation d'un grand nombre de cures (voyez plus loin, 
pages 888-591), et c'était une règle canonique que lorsqu'elles devenaient vacantes pendant un des 
six mois impairs elles étaient conférées par le pape, tandis que les mois pairs elles restaient à la 
collation de l'abbé. 



XII 



inléressant, à mon avis, pour mériler los honneurs d'une reproduction 
inletjrale : 

Avertissement pour le garde des Chartres ou archiviste. 

« Le devoir du garde des chartes on archiviste est d'avoir en sa garde les Chartres, 
titres et papiers (pii concernent les droits, possessions, revenus et privilèges du 
monastère, de veiller soigneusement à les conserver et à les tenir toujours en hon 
ordre. 

)) 1. Toutes les chartes qui sont dans une inéine lassetle, ou laëtie, y seront distin- 
guées : i° en diflerens paquets ou liasses, selon la diversité de la matière ou de la 
forme, du genre ou de l'espèce, du temps ou du lieu, etc. 

» 2. Toutes les chartes et papiers qui sont dans une même liasse seront marqués 
d'un chifre qui dénote le rang que chacun tient dans la liasse. 

» 5. (/ordre de les chifrer sera de mettre le premier nombre sur la plus ancienne 
charte ou papier de chaque liasse, le nombre second sur celle qui la suit dans l'ordre 
chronologique, et ainsi des actes suivants. 

» 4. L'ordre de placer les papiers d'une même liasse sera de mettre au-dessus de la 
liasse le plus ancien en date et le premier en nombre, puis le second qui suit et 
ainsi des autres, en sorte que le plus récent soit au-dessous ou au derrière de chaque 
liasse. 

» Chaque chapitre ou papier sera endossé d'une écriture en façon de titre contenant 
le mot capitale qu'on écrira en haut, au milieu de la susdite charte ou papier, et 
immédiatement dessous on met trois chiffres dont le premier sera, de la laëtte, le 
second de la liasse, et le troisième de l'ordre de la chartre dans la susdite liasse. 
Par exemple : 

Ansereme. 

» Laëtte 2, liasse 4, chartre ou nombre 15. 

» Cependant, pour une plus grande facilité et pour ne pas se brouiller par tant de 
divers chiffres, on a mis au lieu du nombre de la liasse une lettre de l'alphabet,, 
tellement que toutes les liasses sont actuellement ainsi disposées : Laëtte 2, 
liasse D, n" 15. 

» Le garde des chartes doit avoir un inventaire comme celui cy, qui soit ample et 



XIII 



fidèle, contenant toutes les chartes et papiers qui sont dans les archives. Dans lequel 
inventaire on gardera exactement l'ordre, les écritaux des laëttes, celui des liasses et 
des Chartres qui y sont contenues. Les litres des laëttes y seront écrits, la lettre 
alphabétique de la liasse et le nombre de la charte : premier, deuxième, etc., 
distinguez par article. Après cela, tout ce qui est écrit au dos de chaque charte sera 
transcrit au long en caractères très lisibles et distinguez en autant de nombres ou 
articles qu'il y a des charlres ou papiers dans la liasse, A, B, etc., commençant par 
les plus anciens marqués des premiers nombres; l'extrait néanmoins pourra être 
amplilié où il sera besoin, afin de donner une plus ample connaissance de ce qui est 
contenu en chaque charte. 

» Après l'inventaire de chaque laèlie, on laisse autant de feuillets de papier blanc 
qu'il pourra être nécessaire, afin d'y ajouter ensuitte les nouvelles chartes à mesure 
qu'il s'en fera où qu'on en recouvrera, et que l'archiviste sera soigneux d'enregistrer 
en leur place dans l'inventaire après les avoir endossez des titres et des chiires 
marquez cy-dessus. 

» Outre cet inventaire, il y aura une table alphabétique des lieux, villages, fermes, 
métairies et autres principalles matières, dans laquelle table on marquera les pages 
de l'inventaire où elles sont écrites, à la laëtte et la liasse où elles sont rangées, afin 
de les pouvoir trouver plus facilement tant dans l'inventaire que dans le chartrier, 
et si dans l'ordre du chartrier ou de l'inventaire il y a diverses sortes de chartes 
d'un même lieu distinguées en différentes laëttes ou liasses, on les marquera pareil- 
lement dans la table ; par exemple : Ansereme, la seigneurie, page 12, les dimmes, 
page 14, les métairies, 20. Moulins bannaux, page 25, maison de louage, 27, et 
ainsi des autres. 

» De plus, il y aura un cartulaire de toutes les chartes, lequel, pour être authen- 
tique et équivalent aux papiers originaux, il faut tâcher d'obtenir des lettres royalles 
donnant pouvoir de transcrire dans un registre toutes les chartes, titres et papiers 
qui concernent les biens, rentes, fonds, héritages, etc., du monastère, attendu la 
caducité des originaux et le danger de les perdre, etc., et portantes commission à 
un juge royal de vérifier et collationner les copies sur leurs originaux. Ces lettres 
obtenues, on dressera une requette et on l'attachera aux susdittes lettres qu'on 
présentera au juge délégué, lequel y mettra : Soit communiqué aua; gens du roy, et le 



— XIV — 

procureur du roy y ayant aussi mis qu'il ne l'empêclie pour le Roy, le juge donnera 
sentence en vertu de laquelle on procédera à la collation des titres; laquelle faite, 
le juge, par une autre sentence, déclarera qu'il a trouvé tous ces titres conformes à 
leurs originaux, la signera et la fera signer par son grellier et autres qu'il jugera à 
propos, et il ne faut pas manquer d'insérer au commencement du carluiaire des 
lettres royalles, la requête, les conclusions des gens du Roy et la sentence du juge 
pour procéder à la vérilicalion du cartulaire, comme aussi d'ajouter à la (in d'iceluy 
la sentence déclarative du même juge avec le procès verbal de ladite vérification, le 
tout bien signé et en bonne forme. 

» Le garde des chartes aura soin que les vers et les souris n'endommagent point 
les chartes et pourvoira à préserver des vers les registres, et pour les en détourner 
il enduira le dedans de la couverture des livres avec de la colle de farine dans 
laquelle il trempera de la colliquinte devant que de la faire cuire; pour les souris, il 
mettra des petits plats pleins d'eau en divers endroits, car pourveu qu'elles trouvent 
à boire, elles ne s'attacheront ni au papier ni au parchemin ; il prendra garde aussi 
aux dégels, et pendant les grandes pluies, que l'eau ne tombe sur les titres et papiers; 
il visitera, du moins une fois l'année, au temps le plus sec et serein, toutes les 
chartes et papiers qui sont aux archives, tant pour en mieux conserver la connais- 
sance généralle que pour en secouer la poussière, veiller à leur conservation, 
remarquer et mettre à part celles dont le temps, la vieillesse ou autres causes 
semblables en effacent les caractères ou les rend trop difficiles à lire, à la fin d'en 
faire faire de bonheur des copies authentiques, et par ce moyen les renouvel 1er, à 
quoi les supérieurs auront aussi l'œil et informeront diligemment si ce point est 
négligé, afin d'y pourvoir. 

» Il ne laissera sortir du chartrier aucun original et ne donnera ni prêtera ni ne 
permettra qu'aucune charte, titre ou papier en soit tiré qu'avec la permission 
expresse du supérieur, et avec un récépissé en bonne forme de celui à qui le supérieur 
aura permis de le délivrer, soit qu'il soit religieux, domestique ou externe. 

» Il tiendra registre des papiers qui sont tirés du chartrier et du récépissé qui lui en 
a été donné. Pour cet effet, il aura un livre destiné particulièrement à cet usage, aux 
pages duquel il laissera une grande marge, marquant dans le corps du livre leur 
cotte ou lettre capitalle et leurs chifres avec le petit sommaire dont chaque charte 



XV 

sera endossée, pour quel sujel ou pour quelle aflaire on l'a tirée, par quel ordre, à 
quelles personnes elle a élé livrée, leur qualité et condition et leur demeure, le 
jour, le mois, l'an, quel récépissé on en a donné et le lieu où il est conservé. 

» Il sera fort soigneux de retirer les chartes qu'on a tiré du chartrier, aussitôt que 
les aflaires sont jugées ou terminées, et de les y remettre dans leur rang et ordre, 
marquant à la marge du registre susdit le jour, le mois, l'an et la personne par qui 
la chartre a été remise et à qui il a rendu le récépissé. 

» Quand quelque procès a été jugé, il remettra au chartrier non seulement les 
papiers qui en ont élé tirés et les arrêts ou sentences qui sont intervenus au jugement 
de l'allaire, mais aussi le factum, les écritures des avocats, les mémoires instructifs, 
les procès-verbaux et autres semblables papiers qui ont ayder à éclaircir le droit ou 
le fait, et qui peuvent, en cas de besoin ou de nouveau trouble, servir de lumière à 
l'avenir. 

n Les fenêtres qui donnent du jour au chartrier ne doivent pas être ouvertes du côté 
do vent de pluie, tant que faire se pourra. Le garde des Chartres aura soin de les 
ouvrir souvent pendant le jour en temps sec et serein, et aussi celles des armoires 
avec leurs laëttes, et de les fermer soigneusement la nuit et aussi le jour quand le 
temps est pluvieux ou humide ou extrêmement froid. Il aura grand soin de tenir le 
chartrier bien net et bien propre, et n'y laisser à mettre quoi que ce soit sans 
permission expresse du supérieur. 

» S'il arrive quelques difficultés touchant nos droits et prérogatifs, l'archiviste 
consultera soigneusement les titres, fera un mémoire des droits que nous avons sur 
l'état de la question pour en faire part à M. l'abbé ou à son procureur. 

» Pour les affaires qui se passent au chapitre, il en doit tenir registre, marquer le 
sujet de la conférence avec la résolution ensuivie et y joindre les contrats, transac- 
tions, constitutions, etc., qui en sera passé. 

» Il doit veiller surtout à se faire rendre tous les originaux lui demandez par les 
officiers du monastère, dont il aura tenu liste; il n'en donnera jamais à aucun 
étranger sans la permission de M. l'abbé, ni même aucune copie, et en cas ilen 
donne, il doit observer ce que les constitutions disent là dessus. 

» Il doit bien prendre garde au feu et de bien fermer toutes les portes des archives. 
Il doit tenir un registre particulier de toutes les requêtes, en marquer le sujet et 



— XVI 

l'apostille, de même que pour les commissions si il eu a le soin. Knliii il doit lire 
souvent cet avertissement pour voir s'il l'observe *. » 

Après ces divers préliminaires vient l'inventaire lui-même (pages 1-762). 
\j Avertissement ci-dessus nous dispense de le décrire; j« me bornerai 
donc à dire qu'il est conforme aux règles (|ui y sont tracées, qu'il com- 
prend cent vingt-quatre layelles divisées en liasses désignées par des 
lettres de l'alphabet, et que les diverses pièces sont numérotées et analysées. 
Il y a donc là de sérieux progrès sur l'inventaire de i()i6, sans compter 
que le nombre des documents arialysés est beaucoup plus considérable. 
A la dernière page (76:2), après le mot FI.^, on lit une nouvelle prière : 

Oremus. 

Largitor omnium bonorum Deus, gralum tibi sit boc opus manuum mearura, et da 
pauperibus tuis, iis quae boc alphabeto conlinenlur bonis, quae de tua largitate 
acceperunt, ita temporaliter uli, et per ea transire, ut non amilltant aeterna, per 
eum qui est alpha et oméga, principium el finis. Amen. 

Et aussitôt après vient celle note : 

AbsoluUiin bàcio^ septembris 1731), sub reverendissimo Dno Coelestino De -long, 
abbate merilissimo, per D. Glementem Jacoby, capituli secretarium. 

Après quoi viennent, à la suite des pages laissées en- blanc, les trois 
tables. La première est intitulée : 

Première table du répertoire des titres conservez ez archives du monastère de 
Saint Hubert, divisez en cent et vingt quatre classes, où sont tous les noms des 

* Il est évident pour moi que ces Insliuctions n'éinancut pas de doin Clément Jacoby lui-même. 
On ne Voit pas bien pQyrquoi il les aurait tracées à lui ou à son successeur. Les recommandations 
relatives à la confection du cartulaire n'ont pas de raison d'être, puisque Saint-Hubert possédait le 
sien, et semblent prises autre part. 



— XVII — 

lieux et fonds, chacune (lesquelles est divisée en classes cotées a, h, c, d, etc., et 
icelles en nombre i, 2, 5, etc., le tout selon l'ordre alphabétique, extrait sur les 
pièces mêmes qui se retrouvent en même ordre dans les dites archives, achevé le 
15 septembre 1730. 

Celte lable, qui reproduit dans leur ordre les en-léle des layeltes et des 
liasses, occupe les pages i-xxviii. 

Après le feuillet xxix-xxx, on lit le titre de la seconde lable : 

Deuxième table du répertoire des titres, où se trouvent tous les noms des villes, 
villages, hameaux, cens, biens, héritages, enfin tous autres noms propres contenus 
dans cet inventaire, pour faciliter le garde des chartes h trouver les papiers, titres et 
documents y renfermez, le tout selon l'ordre alphabétique, etc. 1750. 

Cette table occupe les pages xxxiii-lvi. 

ËnBn, après le feuillet lvii-lviii laissé en blanc, vient la 

Troisième table du répertoire, où sont marqués tous les noms des cures, vicariats 
et bénéfices à la collation de M. le révérend abbé de Saint Hubert, le tout selon 
l'ordre alphabétique. 1750. 

Elle occupe les pages lxi-lxvi. 

Les pages lxvii-lxxiv sont en blanc. 

Pour épuiser ici tout ce que j'ai n dire de ce premier volume, j'ajouterai 
que, profilant des espaces laissés vides dans l'inventaire en conformité des 
règles tracées dans Wlverlissement, l'auleur lui-même et un de ses succes- 
seurs ont intercalé l'analyse d'un certain nombre de pièces. Le successeur 
a inscrit non seulement les pièces et)lréos aux archives entre 1750 et 1770, 
mais encore (luelqiies autres, en petit nombre, de date antérieure à 1750. 
Les dernières pièces analysées sont de 1769. 

Je passe au tome II. 

(yest un registre in-folio en papier, du format du premier, relié de 
même et contenant cent quatre-vingt-quatorze pages numérotées, suivies 

c 



XVIli 



(l'un grand nombre de feuillets blancs sans pagination Klles sont précé- 
dées de quatre feuillets dont trois sont en blanc et dont le troisième porte 
au recto : « Deuxième inventaire des livres, pièces, documents, édits, 
ordonnances, mandements, arrêts, coutumes, factums, requetles. sentences, 
taulx. registres et generallement tous papiers non laetlez qui se trouvent 
dans les archives du monastère de Saint Hubert, mis en des armoires 
séparées selon l'ordre alphabétique, avec une table des matières, noms des 
villes, villages, hamaux et autres lieux, le tout correctement et amplement 
désigné pour la facilité de l'archiviste, achevé sous l'heureux gouverne- 
ment de Monsieur D. Célestin De Jong. le 21 avril 4731. par D. Clément 
Jacoby, archiviste. » 

Page 1, c'est le titre de l'invenlaire, ainsi conçu : « Deuxième inventaire 
des livres, procès, documents, édits, ordonnances, factums. requettes, 
sentences, registres et autres papiers qui se trouvent dans l'antichambre des 
archives du monastère de Saint Hubert, mis en des armoires séparez, notez 
des lettres alphabétiques A. B. C. etc., 1750-4731. » 

L'inventaire (pp. 5-14-6) donne l'analyse sommaire de ces divers docu- 
ments, répartis sur huit armoires. Les sept premières renferment tous les 
actes relatifs aux localités où l'abbaye avait des biens. Ils sont classés selon 
l'ordre alphabétique (Anseremme-Witry), qui court à travers tout le recueil. 
En outre, dans chaque armoire, ils sont groupés sous des littéras A, B, C, etc., 
et munis de numéros d'ordre comme dans le tome I. L'irtventaire de la 
huitième armoire, qui commence à la page 152, est précédé de ces lignes : 
M Dans ce huitième armoire sont plusieurs vieux papiers que l'on m'a 
rendus après avoir réglé les papiers cy desus. et que je n'ai pu rejoindre 
avec les autres, faute de place dans les armoires précédents. » 

Page 148 : « Liste des registres tant généraux que particuliers du 
monastère de Saint- Hubert et des autres seigneuries en dépendans. Ces 
registres généraux sont dans les trois premières rangées du grand 
armoire. » 



— X1)C 



Ce sont les registres contenant la spécification des divers revenus de 
l'abbaye (renies, dîmes, l'erniages, etc.). Les « généraux » sont relatifs à 
tous ces revenus; les « particuliers » à certains biens déterminés. Les plus 
anciens inventoriés sont de I4'î2'2 *. 

Page 150 : « Autres registres des cens et rentes qui se lèvent par la 
justice les jours saint Baptiste, saint Lliene, etc. Ces registres sont au fond 
de l'armoiie. » 

Page 151 : « Autres registres de receptes en grains, argent, etc., avec 
comptes et expositions d'iceulx. etc., 4-* rangée de l'armoire. » 

Page 153 : « Autres registres sur différentes matières. Ces registres soni 
au fond de l'armoire, u 

Parmi ces registres figurent notamment l'inventaire de lt)1t) (u item 
ancien inventaire des archives »), le cartulaire, dont il sera question plus 
loin (« grand registre général aux titres >^), une copie du Cantatorium, 
VHisloire du Monastère, par Komuald Hancarl. « l'Histoire des abbés » 
la Matricule, et enfin le « Nouvel inventaire des archives », qui n'est autre 
que noire registre lui-même avec son jumeau. 

Page 454 : <« Registre particulier de quelques seigneuries appartenant 
au monastère. » 

Pages 162-164- : i< Liste des livres qui se trouvent dans les archives de 
Saint-Hubert. » C'est un certain nombre d'ouvrages, principalement de 
droit civil et ecclésiastique, des manuels d'arithmétique et de style, ainsi 
que des dictionnaires, servant à dispenser l'archiviste de recourir toujours 
à la bibliothèque. 

Pages 168-194 : « Divers édits, mandements, ordonnances, arrêts, 
commissions, statuts, coutumes, rescripts, factums, mémoires, etc., de 
France, Espagne, Rome, Trêves, Liège, Luxembourg, Saint-Hubert. » 



* il l'st toutefois à remarquer que le plus ancien conservé aujourd'hui aux Archives d'Ârlon n'est 
que de 1468, et se rapporte aux revenus de Weilin. 



— XX 



Suivent une quarantaine de feuillets blancs. ;iprès lesquels, sur seize 
pages non nuriiéiolées, vient la « Table alphabétique des archives conte- 
nues dans ce second inventaire. »> Elle est suivie du mot Fin, après lequel 
on lit celte note : < Achevé le 28 avril 1728 ', par I). Jacoby. archiviste, m 

La seconde main, qui a déjà ei»richi le pren)ier volume, a iniercalé 
également dans celui-ci, et en plus grand nombre encore, des documents 
oubliés ou postérieurs. 

On a pu s'en convaincre par celte analyse, l'inventaire de 1730-1731 
est un ouvrage considérable et qui fait le plus grand honneur au zèle et 
à l'intelligence de dom Jacoby. Il m'a rendu et il rendra à tous les érudits 
qui s'occuperont de Saint-Hubert les plus ijrands services '. 

Le classement qui est encore aujourd'hui celui des archives de Saint- 
Hubert correspond aux indications de l'inventaire, dont il est sans aucun 
doule conlemporain. Il montre que l'on a repris et continué le travail de 
dom JNicolas de Fanson. Les layettes sont renfermées dans de grands 
carions, de confection moderne; les hausses y sont classées chacune 
dans une farde, et chaque document est revêtu d'une chemise de papier, 
de dimensions uniformes, contenant l'original, quand il existe, et ses 
diverses copies. Sur la chemise, on lit, avec les indications de classement 
et celle du carlulaire où le document est transcrit, un résumé de celui-ci, 
et parfois, en outre, un renseignement historique comme, par exemple, la 
mention du procès à l'occasion duquel il a été produit en justice. L'écri- 
ture des chemises est du Wllh siècle, mais je n'ai pas cru devoir faire de 
recherches pour déterminer de quels archivistes sont les diverses mains 
qu'on y retrouve. 

1 H faut lire 1751, comme le montre la note ci-dessus. Très probablement le 28 de 1728 a été 
suggéré au scribe par le chiffre du quanlième du mois, qu'il venait de copier. 

* Feu M. Heurt, archiviste à Arlon, a publié en 1860 quelques extraits du tome 1 de V Inventaire 

(Bulletin de la Commission royale d'uistoire, 3« série, t. (, pp. 272-274). Ces extraits sont choisis un 

peu arbitrairement cl sans indication très exacte de provenance; ils se rapportent aux layettes 68, 

70, 73, 74 et 78. 



\XI 



III. — Les Cartulaires. 



Il ne parait pas que l'on se soil fort pressé à Saint-Hubert de réunir les 
titres (le la maison dans un cartulaire, INous n'avons pas la preuve qu'il 
en ait existé un avant celui du XVh siècle qui va nous occuper. C'est 
le manuscrit classé I12bis dans la Colleclion des Cartulaires des Archives 
générales du royaume à Bruxelles. C'est un gros volume in-folio relié en 
cuir rouge et contenant deux cent trente-neuf feuillets numérotés au recto, 
plus huit feuillets de table, non numérotés, et un feuillet en tête du 
volume. Je reproduis très exactement l'aspect de celte première page, avec 
ses cinq notes qui sont chacune d'une main différente : 

« Exhibé le 2G février 1788. 

« Registre reposant au contoir de l'église et monastère de 
Saint Hubert en Ardenne, contenants plusieurs et diverses 
copies et exlraitz aullienlic(|z des anciens lillres, senteiices, 
recordz et appointementz conformes et concordants à leurs 
originalz, reposant aux coffres et secretz des Chartres, cartu- 
laires, papiers et lilriages de ladite église et monastère dudit 
Saint Hubert, le tout selon l'ordre de l'alphabet, par moys 
dampt Henry de Chirmont, religieu professe et trésorier de la 
dite église et monastère de Saint Hubert XV*^ XH. 

« Omnia tuta time. 

« Ce registre se trouvait dans les archives du Grand Conseil de Malines. 
Je l'en ai retiré pour le joindre à la collection des cartulaires et manuscrits. 
7 juin 1859. G. K 

« J'ai analysé en 1876 et en 1877 toutes 
les chartes de ce volume antérieures à 1501 
pour M. le président Wùrth-Paquet, à Luxem- 
bourg, qui a inséré ce travail dans ses listes 
chronologiques des chartes du duché de 
Luxembourg. Al. P. -. » 

I Gachard, archiviste du royaume. 

' Alexandre Pinchart, chef de section aux Archives du royaume. 



— XXII — 



Cette page contient un historique assez complet du ('artulaire depuis 
ses origines jusqu'à son entrée aux Archives du Koy.iume, mais elle n'est 
pas exempte d'une grave inexactitude en ce qui concerne la date qu'elle 
lui attribue. Sans compter que l'écriture atteste une origine plus récente. 
le Cartidaire contient, en effet, la copie de plus de cinquante documents 
postérieurs à 1512, s'échelonnant de 1513 à 1542, date du plus récent, qu'on 
trouve à la page 5 v". Ces documents sont écrits de la même main que 
tous les autres, et ils sont disséminés à travers tout le volume. La date 
de 1512 est donc erronée Au surplus, et bien que l'encre en soit la même 
que celle de la note, elle semble d'une autre main, et ce qui me contirme 
dans cette opinion, c'est qu'elle manque dans une copie d'ailleurs très 
soigneuse de cette note, que j'ai trouvée dans les archives de Saint- 
Hubert. Klle aura donc été ajoutée par la suite, et après 154-2, puisque 
le cartulaire n'est pas antérieur à cette année. Elle est, dans tous les cas, 
antérieure à la fin du XVllh siècle, car il en est déjà fait état dans un car- 
tulaire exécuté pendant ce siècle et dont je parlerai plus loin. 

J'aurais pu préciser davantage, si j'étais parvenu à découvrir dans les 
archives de Saint-Hubert des renseignements plus amples sur la personne 
de dom Henry de Chirniont, auteur du cartulaire. Malheureusement, les 
recherches que j'ai faites dans ce but n'ont pas abouti. 

Notre cartulaire fut plus d'une fois exhibé aux juges dans les procès de 
l'abbaye. C'est ainsi qu'en 1644, à l'occasion d'un procès* entre elle et le 
seigneur de Hochefort, au sujet de la donation du 22 février 1304, qu'on 
trouvera plus loin ', il est qualifié de la manière suivante dans les actes 
judiciaires qui font partie du dossier de cette charte : « Comparut maistre 
Pierre Raynaud, secrétaire de Mgr. le révérendissime prélat et seigneur 
dudil Saint-Hubert, lequel nous a produit de la part de son seigaeur et 
maître, un gros et ancien registre, sain et entier, escripl d'un beau et net 

* Voyez page 450. 



— XXIIl — 



charactère, auquel dit registre sont enrei;islrés les anciens tiltres de la 
dite eglize. » 

C'est, comme l'allesle la note ci-dessus, en I78(S que notre cartniaire 
fut ainsi produit en justice pour la dernière fois. C'était à l'occasion d'un 
procès que l'abbaye plaidait devant le Grand Conseil de Matines, et sur 
lequel je ne suis pas autrement renseigné pour l'heure. Il ne devait pas 
rentrer à l'abbaye, grâce, sans doute, à la révolution brabançonne de 1789 
et aux événements désastreux qui marquèrent chez nous la fin de la 
domination autrichienne. Il resta aux Archives du Grand Conseil, d'où il 
était réservé à Gachard de le tirer pour le faire entrer aux Archives du 
Royaume. Peut-être eût-il mieux valu qu'on l'envoyât rejoindre le fonds de 
Saint-Hubert à Arlon. 

Le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Hubert n'est, à proprement parler, 
que celui de la maison mère; il ne reproduit, comme nous l'avons déjà 
dit, aucun titre concernant exclusivement les prieurés. Il ne contient pas 
davantage les bulles pontificales que la maison possédait en grand nombre, 
apparemment parce qu'il existait de celles-ci un recueil spécial. Enfin, 
l'auteur du Cartulaire n'a admis dans son recueil que les documents 
constituant pour l'abbaye des titres de possession : ceux qui avaient un 
intérêt purement historique, c'est-à-dire se rapportant à des situations 
modifiées depuis lors, ou à des faits ne présentant aucun côté juridique, 
même lorsqu'ils sont inventoriés ', manquent absolument. Le Cartulaire 
est dans toute la force du terme un recueil de titres de propriété. Wais, 
même à ce point de vue, il est loin d'être complet. Pour des raisons que 
j'ignore, plusieurs documents qui avaient gardé, au point de vue des 



* C'est ainsi que s'explique l'absence de la très intéressante pièce CXXV, portant cession de Buisy- 
Thy aux Templiers, et des pièces CNKy*'*, CLXf, CLXU, contenant des consultations relatives 
à la validité de cette cession. De même l'absence des pièces CLX et CLXV s'explique par ce fait 
qu'elles sont relatives à des conventions d'ordre purement religieux. Et ainsi de suite. 



XXIV 



intérêts économiques, une importance capitale, y font défaut. C'est ainsi 
qu'on y cherchera vainement la pièce (^XXXii, concernant la donation de 
Spineuse, bien que l'abbaye ait gardé jusque dans les derniers temps les 
droits qu'elle y avait, et qu'en 1612 elle ait même dû produire le document 
en justice. Il me serait facile de multiplier ces exemples, s'il y avait 
quelque intérêt à le faire, et à chercher l'origine de ces lacunes, à première 
vue assez étonnantes. Ce que j'ai dit est simplement pour fixer les idées 
du lecteur sur la portée de cet important recueil. 

Les chartes y sont transcrites avec soin, d'une belle écriture forte et 
régulière, et une seule main a siilli à ce vaste ouvrage. Le compilateur a 
observé dans la transcription un certain ordre chronologique des noms 
de localités, sans toutefois s'y conf)rmer d'une manière rigoureuse. Après 
chaque document, il a laissé un espace en blanc pour l'authentication ; 
mais celle-ci fait uniformément défaut, à part une exception unique pour 
Tacte relatif à la donation de Bras et de (irupont (fol. 1 1 v^) authentiqué 
le 5 juin 1018 par les notaires Goulez et Van Hooff. Dans les marges, 
deux ou trois mains ont commenté certains documents; on reconnaît 
notamment les élégants caractères de dom Nicolas dé Fanson, qui, de 
plus, a écrit en vedette, au-dessus d'un grand nombre de chartes, le 
nom de la localité à laquelle elles se rapportent. Toutes ces notes sont 
d'ailleurs dénuées d'intérêt aujourd'hui et semblent n'avoir servi qu'à 
faciliter les recherches. 

A côté du cartulaire, il existait un registre dans lequel on avait trans- 
crit les bulles et qui fut exécuté, ce semble, en 1477, sur l'ordre du pape 
Sixte IV. Il est décrit comme suit dans l Inventaire, 103, I : Transcriptum 
litterarum apostolicarnni per judices et commissarios decretum i477 • 
f^olumen unuui pergameneum in folio '. La perte de ce volume est moins 
sensible pour nous parce que nous possédons presque tous les originaux 

' Inventaire, p. 64'2. 



XXV 



qui y furent transcrits, ainsi qu'un résumé du dit registre iui-méuio '. 
Mentionnons encore un registre existant actuellement aux Archives de 
Saint-Hubert à Arlon, et qu'avec un peu de bonne volonté on pourrait 
considérer comme un carlulaire d'Evergnicourt. C'est un fort volume en 
parchemin, in-4", relié aux armes de dom Nicolas de Fanson, avec cette 
empreinte en lettres d'or : 

MONASTERII SaNCTI HuBERTI IN ÀRDUENNA 

MDCXXXVi. 

C/esl, à proprement parler, le pied-terrier d'Evergnicourt, mais il est 
précédé d'un assez bon nombre de documents modernes copiés sur papier. 
Il n'a d'intérêt que pour une période fort récente, mais il nous fournit 
une preuve de plus du soin qu'on prit à Saint-Hubert d'inventorier les 
documents des prieurés. 

Au surplus, nous n'avons conservé aucun autre recueil de celte caté- 
gorie, et nous ne savons pas s'il en a existé à Prix, à Chàteau-Porcien, 
à Sancy et à Cons. Nous sommes mieux informés et) ce qui concerne 
Bouillon, grâce à l'alteslalion que voici, écrite au bas d'un extrait sur 
feuille volante de la Chronique de Saint-Hubert : 

Concordat haec copia cuin dicto registre prioralus Bullionensis de verbo ad verbuin. 

Et est collalionata per me notarium apostolicurn subscriptum et generalem monasterii 

Saneti Huberli receptorem. 

Henricus Soiron. not. ap. 

Ce registre, toutefois, ne devait pas présenter un grand intérêt. Le 
prieuré de Bouillon avait peu d'importance; les Archives de Saint-Hubert 
ne contieunerit qu'un petit nombre de pièces le concernant. 

' J'ai eu l'occasion d'en citer un curieux passage page 4fS9. 



XXVI 

Un second cartulaire fui compilé en !76G par l'archiviste doin Thomas 
Hauzeur et continué par son successeur dom Jérôme André (1772). II était 
destiflé à recueillir fous les documents postérieurs au premier, sans 
d'ailleurs en exclure les autres-, comme on le verra. Il se composait de 
plusieurs volumes, desquels nous avons ganlé le premier et le quatrième. 
Il devait en compter un bon nouibre, puisque, les titres étant copiés dans 
l'ordre alphabétique des localités, le volume quatre s'arrête à Gemelle 
(Jemeile , c'est-à-dire à la lettre G. Je donne une rapide description des 
deux tomes conservés : 

Tome I. C'est un registre in-folio de deux cent quatre-vingt-cinq pages 
numérotées, suivies d'une table de neuf feuillets non paginés. Sur le 
feuillet de garde, on lit : 

Registre contenant 

divers titres extraits des archives de l'abbaye de Saint-Hubert conformes à 

leurs originaux qui y reposent, le tout selon l'ordre de l'alphabet, avec renvoi au 

registre général. 

Premier Registre. 

Et en léte de la table des matières qui termine le volume : 

« Table des tiltres excopiés dans le présent registre par Dom Thomas Hau- 
zeur, archiviste de l'abbaye de Saint-Hubert 

en 1766. » 

Dom Thomas Hauzeur n'est pas arrivé au terme de sa tâche. Il s'est 
arrêté à la page 23^, au bas de laquelle on lit : « JNouveau registre aux 
litres jusqu'ici fait par dom Thomas Hauzeur, archiviste, et le reste par 
dom Jérôme André, archiviste. 1768. » De la table, dom Hauzeur a écrit 
les six premiers feuillets; au bas du sixième on lit, d'une autre main : 

« Ce qui suit a été excopié par dom Jérôme André, archiviste. » 
Ce volume contient les titres relatifs aux localités suivantes : Anse- 



— X,XT!I 



remme, Abée, Abbyes (Les), Ambly. Avent (Les Avins), Aye et Jnmodîntie, 
Smuid, Arville, liuzin et Failon, Berlrix, Bande, Roumal (Bornai), Bras 
et Bouillon. L'écriture en est claire et lisible, et, à la différence de l'autre 
cartuiaire. tous les documents y sont authentiqués par le notaire Dandoy. 
(jjiaque page est ornée d'un encadrement formé d'un filet tracé au crayon 
vert. 

Tome IV. Volume in-folio relié en cuir plein, de format sensiblement 
plus grand que le premier, et contenant trois cent soixante-seize pajj;es 
numérotées, cinq pages de table paginées à part, et quelques feuillets 
blancs En tète du volume, sur un feuillet non paginé, on lit : 

France. Prieurés. 

Réunion. 

Ad lectorem. 

Tu qui nostra reges post me tabularia, chartas 
Sic veleres in fascicules strinxisse mémento, 

Dumque thymo pascentur apes, dum rore cicadae, 

Semper honos nonienque luum laudesque manebunt. 

Deuxième feuillet non paginé, reclo : 

France. 

Registre contenant 

tous les litres relatifs à la réunion des prieurés, appartenant à l'abbaye de 
Saint-Hubert, avec leurs fondations, etc. Item titres de Freux, Gemelle. 

Quatrième Registre 

par dom Jérôme André, archiviste. 

Quatrième Registre. 
1772. 
f^erso : 

France. Réunion des prieurés. 

Avertissement. 



XXVIII 



Ici commence un mémoire rédigé par raichivisle sur la question de 
la réunion des prieurés. et préseiilant I historique de toutes les diflicullés 
faites à I abbaye au sujet de la bulle d'union de 4a6(). Suivent alors les 
Charles de fondation des prieurés en question : (Prix, i()()8 ' ; Evergni- 
court, 1071, (>hâleau-Porcien, i087)', puis se déroule, comme dans le 
lome I, la série des pièces postérieures à 151)0 '. Les plus récentes (pp. 156 
et 164} sont de 1772 et de 1775. Les pièces, comme dans le premier 
volume, sont authentiquées par le notaire Dandoy, qui a terminé ses 
opérations le 14 juin 1777, comme il le marque lui-même au bas du 
dernier acte du volume (p. 376). 

J'ai dit que le nouveau carlulaire se composait d'un nombre inconnu de 
volumes; ce qui est certain, c'est qu'il en comptait an moins cinq, comme 
on le voit par les archives elles-mêmes, lion nombre des originaux qu'elles 
contiennent portent la mention de leur inscription, qui dans le Grand 
Registre (c'est l'ancien cartulaire), qui dans le deuxième, troisième, qua- 
trième ou cinquième registre, ce qui désigne les divers volumes du cartu- 
laire nouveau *. J'ai relevé la mention de l'inscription au second registre de 
huit chartes des Xlh, XIli« et XIV« siècles; au troisième registre, des dona- 
tions faites au prieuré d'Evergnicourl; au quatrième registre, des chartes 
de 1068 (Ul(i6) et 1:258 pour Prix; au cinquième registre, de vingt-huit 
chartes des Xll^ et Xllh siècles. Je ne crois pas, au surplus, qu il ait existé 
plus de cinq volumes; il parait bien que dom Jérôme André qui, en 1772, 
s'adressait à son successeur en le priant de continuer son œuvre, prévoyait 
dès lors, peut-être à cause de son grand âge, qu'il ne l'achèverait pas, et il 
n'aura pas poussé au delà du cinquième registre. 

Sur cette date, qui doit cire corrigée en 106G, voyez plus loin, page 23. 

* Voj'cz CCS chartes plus loin. 

' Plus deux pièces ccfticernant Theux, qui sont de 1462 et de I4G5, et qui sont reproduites en tête 
des documents sur Thcux, apparemment parce qu'elles servent à rintelligence de ceux-ci. 

* Le premier registre n'est jamais mentionné. 



XXIX 



Telle est l'œuvre considérable des archivistes de Saint-Hubert, et l'on 
voit qu'ils ont élé à la tâche jusqu'au dernier jour. Ils ont bien mérité de 
leur maison et de l'érudition. Sans le zèle consciencieux avec lequel ils se 
sont attachés à conserver et à classer les documents qui leur étaient confiés, 
il est bien probable que ces vieux papiers auraient péri au cours des 
tourmentes de l'époque révolutionnaire et après, dans l'indiflerence de celle 
qui l'a suivie. C'est au contraire Tordre parfait de leur dépôt qui l'aura 
sauvé, parce qu'on pu, dès l'abord, en saisir l'importance historique. 
Il est juste de leur rendre ce témoignage, bien qu'il ne soit pas sûr, 
comme l'un d'eux le promettait à ses successeurs avec une certaine 
nuance de naïveté ou d'ironie, que leur travail leur fera honneur a tant que 
les abeilles se nourriront de thym et les cigales de rosée »>. Je fais ce que je 
puis pour contribuer à l'accomplissement de cette prophétie, en dressant 
ici la liste de ces hommes laborieux, dans la mesure où leurs noms sont 
arrivés jusqu'à moi. 

Archivistes de Saint-Hubert. 

1053. Allridns thesaurarius. 

Chronique de Saint-Hubert, Robaulx, c. 12, p. 230; 
MGH., SS., t. VIII, c. 8, p. 672. 



H74. Johannes thesaurarius. 



Chartes de Saint-Hubert, voyez plus loin, p. 130. 



Avant 1365. Henri d'Almonzée, trésorier et aumônier, puis élu abbé de Saint-Huberl 

l'année précitée. 

RoMUALD Hancart, page 362. 

Avant 1400. Bertaud d'Ocquier, élu abbé vers 1400. 

RoMUALD Hancart, page 363. 

XVP siècle, deuxième moitié. Dom Henri de Chirmont, auteur du cartuiaire de 

l'abbaye. 

Voyez ci-dessus, pages xxi et xxa. 



— x\x — 

1(>(X). Dom Nicolas de Fanson. « Estant fait prestre, on lui confia premièrement le 
soin des archives, dans laquelle obédience, afïin d'acquerire une plus 
parfaite connaissance des biens et possessions du monastère, il lut avec 
diligence les anciennes chartes et documents du monastère, et les restablit 
tous en meilleur ordre, dont nous en jouyssons encore aujourdhuy, et il y 
at fort peu de tiltres qui n'ayt quelque marque d'avoir passé par ses 
mains. » Extrait de sa vie, écrite par dom Denis de Rendeux, dans le 
manuscrit de Bruxelles 15 951 (II, 1447), p. 4. Il devint ensuite receveur 
de l'abbaye (vers IGOG), puis abbé en 1611. Sur son activité d'archiviste, 
voyez ci-dessus, pages vi et vn. 

1G06. Dom Jean de Roumont, trésorier. 

Romuald Hancart, page 413. 

XVII* siècle, première moitié. Dom Romuald Hancart. 

Je ne possède jusqu'à présent aucun témoignage positif établissant qu'il a 
été archiviste; les écrits qu'il a composés et les notes qu'il a laissées me 
donnent lieu de le croire. 

1650. Dom Hubert de Laroche, « sacri thesauri nostri custos ». Antiquitas Ecclesiae 
Andaginensis, MNHL., t. VHI, p. 27; Romuald Hancart, p. 380. 

1683. Dom Denis. Rendeax. 

Cartulaire 113, pp. 54 et 114 aux Archives du 
Royaume, à Bruxelles. 

« 

C'est de sa main qu'est écrite la Vie de Nicolas de Fanson, qui se trouve 
dans le manuscrit de Bruxelles 13 951 (II, 1447), voyez la page 416 de 
ce manuscrit. 



1713. Dom Etienne. 

1750. Dom Clément Jacoby. 

1786. Dom Thomas Hauzeur. 



Cartulaire nouveau, l*"" registre, p. 266. 

Inventaire de 1730, voyez ci-dessus, pages x, xvi et xx. 



Cartulaire nouveau, premier registre, en tête de la 
table, et passim. 



— XXXI 

1768, 1772. Dom Jérôme André, né en 1743, profés en 17G5. 

Cartulaire nouveau, 4" reçiistre, en tête. — Cfr. Daris, 
Notices sur les églises du diocèse de Liège, t. XIV. 
p. 39. 

1786-1791. Dom Denis Laruine, archiviste. Né en 1752, profés en 1778, vivait 

encore à la date du 29 décembre 1795, où il signe un document sans 

prendre le titre d'archiviste. 

Collection Moreau, t. VIII, p. 16?), à la Bibliothèque 
nationale de Paris. — Annales de l'Institut archéo- 
logique d'Arbn, t. X, p. 170, et t. XXXI, p. 253. — 
Daris, Op. cit., t. XIV, p. 40. 

Après 1791. Dom Casimir Henry, dernier archiviste de l'abbaye, retiré après la 
suppression de celle-ci dans la famille Kin, à Saint-Hubert, signe l'acte 
du 29 décembre 1795 sans prendre le titre d'archiviste. 

Manuscrit 13 951 (II, 1447) de la Bibliothèque royale 
de Bruxelles, dernier feuillet verso, note à l'encre 
rouge, seul passage où on le dise archiviste. — 
Annales de l'Institut archéologique d'Arlon, t. X, 
p. 170, et t. XXXI, p. 253. — Daris, Op. cit., t. XIV, 
p. 40. 



IV. — Les Archives de Saint-Hubert depuis la Révolution. 

L'abbaye ne devait pas jouir longtemps du fruit des labeurs de ses 
archivistes, qui ont travaillé, en définitive, plus pour les historiens que 
pour leurs confrères. En effet, leur long travail était à peine achevé lorsque 
la Révolution éclata. 

Saint-Hubert, il est vrai, échappa aux sauvages violences qui détrui- 
sirent les abbayes belges plus voisines de la frontière française, Orval et 
Clairefontaine, qui périrent en 1793 dans l'incendie allumé par les hordes 
républicaines. Et il est faux de dire, avec un écrivain d'ailleurs dépourvu 



XXXll 



d'autorité, (jue « lors de lu Kévolulion l'raiiçaise, l'abbaye fut mise à sac et 
sa belle bibliothèque ainsi que ses archives mises au pillage » '. 

Tout au contraire, pendant les premières années du régime français 
(179^-1794), l'abbaye ne fut pas inquiétée, ni la vie conventuelle suspen- 
due. (]'est seulement après qu'un décret de la Convention, en date du 
i4 octobre 1794 (23 vendémiaire an III), eut déclaré les propriétés ecclé- 
siastiques biens nationaux, que les mauvais jours commencèrent. Le 
séquestre fut mis sur les biens de l'abbaye le 2 février 1793, et les religieux 
une première fois dispersés *. Mais dès le 22 octobre de la même année, 
ils étaient autorisés, par un arrêté des représentants du peuple près des 
armées du Mord et de Sambre-et-iMeuse, à rentrer dans leur abbaye et 
dans la jouissance de leurs biens*, et c'est seulement le le»" septembre 1796 
(15 fructidor an IV) que fut volée la loi qui supprimait les maisons reli- 
gieuses dans les neuf déparlements annexés *. En conformité de cette loi, 
l'abbaye de Saint- Hubert fut mise en vente le 10 octobre 1797 ". Elle fut 
acquise par un certain Thomas Gilet qui s'en était rendu adjudicataire 
pour Lecouteulx de Canteleu, meuibre du (Conseil des Anciens '. Quant 
aux archives, elles furent déposées à cette occasion (si toutefois elles ne 
l'avaient pas été précédemment) au bureau de l'enregistrement à Saint- 
Hubert, où je les trouve encore à la date du 20 décembre 1800 (29 fri- 
maire an IX) sous la garde d'\ndré Doutreloux, receveur du domaine \ 

♦ 

' Tandel, dans les Annales de l'Institut archéologique d'Arlon, t. X, p. 109. 

• F. HuTiN (frère Maccdoiie), dans les Annales de V Institut archéolo(/ique d'Arlon, t. XXXFII, p. id. 

* Lb uéme, Ioc. cit. 

* l^iANZAC nE Ladorib, La Domination française en Belgique, t. I, p. 79. Cet auteur écrit par erreur 
l" septembre 1797 au lieu de i" septembre 1796. 

' F. HuTiN, lac. cit. 

• F. HuTiN, op. cit., p. 30. 

' C'est ce que m'apprpnncnt deux notes autographes de ce fonctionnaire dans V Inventaire, l'une à la 
page 386, et ainsi conçue : « Le 29 frimaire an 9, j'ai retire les pièces mentionnées ci-dessus. Le 
receveur du domaine national. (Signé) : Doutreloux. • L'autre à la page 631 ; « J'ai reçu le litre 
concernant cette rente le 29 frimaire an 9. (Signe) : Doutreloux. • 



— XXXIII — 

C'est donc postérieurement à cette époque qu'elles auraient été trans- 
portées, si l'on peut en croire un écrivain moderne qui ne cite point sa 
source, à Namur ', chef-lieu du département de Sambre-et-Meuse, dont 
Saint-Hubert faisait alors partie*. Ce qui tendrait à confirmer ce rensei- 
gnement, c'est que la bibliothèque communale de Namur a été formée, au 
dire d'un document otliciel, avec les « livres trouvés dans les abbayes du 
département de Sambre-el-Meuse: les plus précieux lui vinrent de FloreflFe 
et de Saint-Hubert » '. Aujourd'hui encore, elle possède un certain nombre 
de précieux manuscrits provenant de l'abbaye de Saint-Hubert, des X", XI* 
et Xlh siècles, parmi lesquels un Grégoire de Tours, signalé sous la 
rubrique C. 7 par Arndt et Krusch dans leur édition *. Quoi qu'il en soit, 
nos archives arrivèrent par la suite, et probablement après la délimitation 
de nos provinces en 1818, sous le gouvernement hollandais, à Luxem- 
bourg, chef-lieu de la province du même nom. Toutefois, certains volumes 
qui en faisaient partie étaient restés au bureau de l'enregistrement à Saint- 
Hubert; ils gardent la trace du séjour qu'ils y ont fait *. 

' De Leiize dans Ta.\dbl, Les Communes Luxembourgeoises, l. VI, p. 991. 

* Les départements belges avaient été délimites par un arrêté du Comité du salul public du 
14 fructidor an III. En 1814, Saint-Hubert passa dans le département nouvellement créé de Alease- 
et-Ourthc, mais dès le !2 octobre 1815, lors de la suppression de oc département, il fut réuni à la 
province de Liège, pour être enGn rattaché à la province de Luxembourg par l'arrêté royal du 
13 août 1818. Voyez d'IIoffschmidt, dans Les Communes Luxembourgeoises, t. I, pp. 123 et 124. 

* Ce passage est extrait d'un Rapport sur l'Administration de la province de Namur en 1834 
(p. 38); j'en dois la communication à l'obligeance de M. A. Oger, bibliothécaire de la ville de Namur. 

* Voyez Ahndt et Kruscu, Scriptores Rerum Merovingicarum, t. I, p. 26. Cfr. VArchiv de Pertz, 
l. VIII, p. 476 

* Notamment lu copie du Cantatorium attribuée à Romuald Hancarl, et qui est aujourd'hui à notre 
Bibliothèque royale (voyez ci-dessous page xxxvi). 

Je ne sais au juste à quoi fait allusion Jeantin quand il écrit dans son mauvais livre intitulé : 
Chronique de Saint-Hitbert, p. 96, note 2 : « Quand on enleva la bibliothèque et les archives, 
le tout était contenu dans neuf grandes caisses et cent vingt-trois liasses, plus une trentaine de 
tableaux qui étaient places a l*église et au réfectoire *. Et page 35, le même auteur croit que la 

e 



XXXIV 

Ia' liiiile (le Lcndns de J839, dont l'arlirle 13. § 5. slipulait la resti- 
tulioi) à la Belgique des archives qui la concernaient, rendit celles de Saint- 
Hubert à notre pjiys. Ce traité ne reçut son exécution, en ce qui concernait 
la province de Luxembourg, qu'en 184^7. (>ette année, une commission 
nommée par les gouvernements belge et grand-ducal procéda au triage et 
au partage des anciennes archives du duché de Luxembourg. Le rapport 
fait sur cette opération délicate par l'archiviste d'Ailon, Woblom ', ne 
nous renseigne que d'une manière assez vague sur les règles qui prési- 
dèrent au partage. Les archives de Saint-Hubert sont décrites en deux 
lignes dans le tableau qui, à la 6n de cet ouvrage, énumère les inventaires 
des archives restituées : 

Z. H. N° 1 à 1875. Archives provenant de l'ancienne abbaye de Saint-Hubert. 

Périodes auxquelles les aflaires et documents se rapportent. 1247 à 1775 

Nombre de liasses 2G6 

Nombre de registres 44 

Nombre d'articles répertoriés 1875 

Ainsi qu'on le voit, Noblom n'a pas connu d'actes antérieurs à 1^24-7. 
Connue, cependant, «il en existait un grand nombre dans les actes qui lui 
ont été remis, il y a lieu de croire qu'il n'a inspecté qu'assez superfi- 
ciellement les liasses qu'il a reçues. Une autre preuve que le triage a 
dû se faire avec une certaine négligence, c'est que plusieurs documents, 
parmi lesquels des originaux du XII« siècle et notamment la précieuse 

bibliothèque de Spint-Hubert a été enlevée par les Français et doit se trouver à Paris • au fonds 
provenant du local des Cordeliers ». Il semble croire d'après cela que les archives ont été transportées 
aussi à Paris, puisqu'il dit qu'elles furent enlevées en même temps que la bibliothèque. 3Iais, selon 

son habitude, Jeantin omet de citer ses autorités. 

»' 
' Rapport adressé à M. Smits, gouverneur du Luievibourg^ par M. Noblom, chef de bureau et archi- 
viste, délégué auprès du gouvernement du Grand-Duché pour le partage et la remise des archives, 
Bruxelles, Wauters frères, 1847. Un vol. in-S» de li25 pages. 



XXXV 



bulle d'Honorius II, qui est de 1 1'29, sont restés à Luxembourg, où j'ai pu 
transcrire ceux que je publie dans ce volume. 

Si je fais abstraction de ces documents, et que je contrôle l'état actuel 
des Archives de Saint-Hubert au moyen des indications fournies par 
l'inventaire de 1730, j'arrive aux conclusions suivantes : 

il existe dans ces archives diverses lacunes, qui s'expliquent, les unes 
par des aliénations de biens que l'abbaye a faites entre 1730 et 1795, et 
qui ont eu pour conséquence la remise aux nouveaux acquéreurs des 
archives afférentes à ces biens, les autres par l'incurie des agents de 
l'administration pendant la période impériale. Voici les principales que 
j'ai relevées : 

Layette 9. Manque totalement, dit une note. 

Layette /J. Les liasses i et 2, dit une note de Vfnventaire, page 82, ont 
été remises à M. Ignace Thonnar. « en vertu de la vente lui faite » de la 
seigneurie de Bassine. 

Layette 53- Les pièces 5, 6 et 7 de la liasse A « ne se trouvent point 
dans la liasse », dit une note du temps, page '227. 

Layette 44. Est tout entière consacrée à des biens aliénés, qui sont : 

Cheveuges, 
Lampsoule, 
Rosière, 
Lieser, 
Waha, 
Berimesnil, 
' Bassine, 

Méan. 

En conséquence, les documents y relatifs manquent au dépôt. 

Layette 64. Au bas de la page 386, après l'analyse de la liasse G (Moulin 
de Queue de Vache), on lit : « Le 29 frimaire an 9 j'ai retiré les pièces 



XXXTI 



n mentionnées ci-dessus. » Le receveur du domaine national (Signé): Dov- 

TRELOUX. 

Layette 6S, liasse i. Il manque deux titres, selon une note marginale, 
page 590. 

Liasse D. « La liasse D ne se trouv^ pas » Note de V Inventaire, page 394. 

Layette 68, intitulée Histoire. Elle a disparu. C'était une des plus pré- 
cieuses, et son titre seul suffisait pour la désigner aux déprédateurs. 
J'imagine que les docunienls qui la composaient ont été enlevés avant 
que les Archives fussent transportées à Luxembourg, et probablement 
dans les débuts de la confiscation. Elle se composait de sept liasses, dont 
je signalerai les pièces les plus importantes avec leur histoire. 

Le manuscrit d'Adolphe Happart est entré à la bibliothèque de 
l'Université de Liège, où il porte le n° 229 (ancien i8) du catalogue. 

Le Cantatorium, dont on peut suivre la trace depuis 1827, a été acquis 
en 1895 par le Gouvernement belge et porte aujourd'hui le n° II, iS15 du 
catalogue de la Bibliothèque royale de Belgique '. 

L'une des deux copies du Cantatorium est rentrée également à la 
Bibliothèque royale de Belgique, où elle porte le n° 14600. 

Le JNécrologe de l'abbaye, mentionné ici sous le titre : Antiquum Necro- 
logium benefactorum Monasterii Sancti Huberti, a disparu. 

L'Histoire du monastère de Saint-Hubert en Ardenne/ par Romuald 
Hancart, existait en original à l'abbaye. Cet original a disparu, mais nous 
en possédons une copie exécutée à la fin du XVIh siècle par Ainbrosy, 
bailli de Saint-tlubert \ 

Le Concursus Chronologicus, qui était également l'œuvre de Romuald 
Hancart, a disparu aussi \ 

»' 

' K. Hamquet, op. cit., pp. 13 et suivantes. 

' Sur cet ouvrage, son original et ses copies, voyez plus loin. 

' Voyez plus loin. 



XXXVII 



Layette i 03 . La liasse \ manque. 

Ajoutons que, bien avant la suppression de l'abbaye, diverses liasses ou 
documents avaient été déplacés, tantôt parce que la place manquait dans 
les layettes dont ils faisaient partie, tantôt parce qu'on avait négligé de les 
y remettre après les avoir consultés. Il en résulte qu'aujourd'hui encore le 
classement présente certaines diilicultés qui ne laissent pas d'être préju- 
diciables à l'éditeur. Il est deux ou trois diplômes dont je n'ai pu retrouver 
l'original qu'après les avoir imprimés; il y a aussi quelques bonnes copies 
dont je n'ai pu faire usage pour arrêter le texte critique de tel aulre au 
moment où je l'imprimais, et dont je n'ai pu t<3nir compte que dans les 
notes placées à la fin de ce volume. 

L'état de conservation des originaux n'est pas toujours des plus satis- 
faii^ants. Un grand nombre sont fortement endommagés, usés dans les plis, 
ou troués, ou déchirés. Beaucoup sont devenus illisibles en paitie par suite 
de la chute du groison, et il y a lieu de croire que cette cii^constance, qui 
se rencontre dans les Archives de Saint-Hubert avec une fréquence 
inusitée, est due elle-même à la préparation défectueuse du parchemin 
plutôt qu'à l'humidité des locaux. Les sceaux ont en grande partie disparu, 
et ceux qui restent ne sont pas tous à l'abri d'une destruction assez rap- 
prochée. Je me persuade que c'est la mauvaise qualité de la cire et 
non le manque de soin de l'archiviste qu'il faut accuser : il y a plusieurs 
de nos sceaux qui sont littéralement en poussière au fond des sachets dont 
ils ont été enveloppés par des mains soigneuses. Je n'en ai pu reconnaître 
que trois de Saint-Hubert; je les ai décrits sous les n°» XCVHI, CCCVIII 
et CCCCXIU; ils sont respectivement de 4464, de 4i70 et de 4348. 
Aucun n'est assez remarquable ni assez bien conservé pour mériter d'être 
reproduit. Je ferai d'ailleurs remarquer qu'en général, les documents 
endommagés étaient déjà dans cet état lors dé la confection du premier 
inventaire, comme on peut s'en convaincre, tantôt par l'élal des copies 



XXXVIII 



qui furent prises alors, tantôt par les observations expresses des archi- 
vistes eux-mêmes. A partir du commencement du XVII^ siècle, les causes 
de destruction ou de dégradation étaient enrayées, et la conservation des 
archives ne laissa rien à désirer. 



DEUXIÈME PARTIE. 

Chronologie des abbés de Saint-Hubert. 

§ i. — Les sources. 

Nous ne possédons pas moins de trois catalogues originaux des abbés 
de Saint-Hubert. Le premier fut composé par Adolphe Happart (AH.), 
moine de fabbaye de Saint-Hubert, du vivant de l'abbé Nicolas de Malaise 
(1513-1558), et continué après lui par deux mains successives jusqu'à 
l'abbé Nicolas de Fanson en I6H. Il est reproduit fidèlement par le 
Fundatio Monasterii /indngwpnsis, œuvre écrite à Saint- Hubert dans les 
premières années du XVll^ siècle, peut-être par Nicolas de Fanson lui- 
même '. 

Le second a pour auteur dom Romuald Hancart (RH.), archiviste de 
l'abbaye de Saint-Huberl pendant la première moitié du XVII" siècle. 

' Je connais de cei ouvrage deux manuscrits. L'un est cité comme existant au presbytère de 
Saint-Hubert par Robaulx de Souhoy, p. 9 (en 1847) ; il a disparu depuis, et ron n'a pas pu me dire 
ce qu'il est devenu. L'autre existe à la bibliothèque du Bridsh Muséum, à Londres, Add. MS. 
n» '24,iS2 (XVII* siècle* gr. in-8», papier), où je l'ai rapidement dépouillé en 1880. Il contient, 
pages 59-150, un Catalogus abbatum dont M. A. Delescluse a eu l'obligeance de résumer pour moi les 
principales données; je vois que ce catalogue, qui est une oeuvre d'érudition assez documentée, n'est 



XXXIX 

Le troisième enfin se trouve an tome 111 du Gallia Christiana, et repose 
sur la base de renseignements recueillis à bonne source par les auteurs. 

Ces trois catalogues sont les seuls qui aient une valeur propre; les listes 
qu'on trouve dans certains autres recueils se bornent à reproduire pure- 
ment et simplement l'un d'eux. Fisen réimprime celui d'AH. ' et est 
lui-même l'objet d'un honneur semblable de la part des Délices du Pays 
de Liège * ; pour Kobaulx de Soumoy * et de Leuze *, ils copient le 
catalogue de RII.; quant à celui qui a paru dans VEiflia Sacra ' de Schan- 
nat, d'après un manuscrit conservé aux archives de Coblence, ce n'est 
qu'une suite de noms sans indication de date et sans référence Nous 
restons donc en présence des seuls AH., HH. et GC. 

Avant d'en utiliser les données, nous avons à faire l'examen critique de 
ces trois documents. 

i. ADOLPHE HAPPART, né à Maestricht pendant le dernier tiers 

au fond que la reproduction de celui de AH. Je crois utile de reproduire ici les en-tête des diverses 
parties de cet ouvrage inédit et peu consulté : 

1. Fundatio Monnsterii Aiidaitii. 

2. De sancto lieregiso. 

3. De Walcandi munificenlia. 

i. De fundatoribus et benefactoribus. 
6. De praeposilis et prioratibus. 

6. Status abbatiae. 

7. Reliquiae in ecclesia Sancli Huberti asservatae. 

8. Clariores aliquot religiosi ejusdem nionasterii. 

9. Calalogus abbatum. 

' B. FiSBN, Flores Ecclesiae Leodiensis. Lille, 1647, pp. 438-439. 

* Les Délices du pays de Liège. Liège, 1743; t. III, première partie. 

* RoBAULx DE Soumoy, pp. 20-21 et 169-194. 

* Notice sur Saint-IIuberl dans Tandkl, Les Communes Luxembourgeoises, i. VI, pp. 975-984. 

* Scbannat, Eiflia Sacra, t. I, p. 695. (Ce volume forme le tome III de l'ouvrage intitulé : Ei/lia 
lllustrata.) 



cl 



XL 

du XV» siècle, elail reliiçieux de Saiiit-Hiiberl dès <5H et y vivait encore le 
12 janvier 1533. quand ral)bé [Nicolas de Malaise l'envoya à Lieser sur la 
Moselle pour restaurer le domaine que l'abbaye y possédait, et qui avait 
beaucoup soufTerl entre les mains d'administrateurs laïques, i^ous possé- 
dons les œuvres d'Adolphe llappart dans deux manuscrits du commen- 
cement du Wil* siècle : l'un, le n" 229 (ancien i8) de la Bibliothèque de 
l'Université de Liège, qu'on a prisa tort pour l'original; l'autre, qui est 
conservé aux Archives de l'Étal prussien, à Dûsseldorf. Dans ces deux 
manuscrits, qui semblent copiés l'un et l'autre sur le même exemplaire, 
peut-être l'original de AH., on rencontre, outre le Cantatorium, deux vies 
de Saint-Hubert par Happart, l'une écrite en 1511, l'autre en 1526, et un 
catalogue des abbés de Saint-Hubert intitulé : 

Calhalogus abbatum monasterii Andaginensis sub annalium calculo assertm per 
N. Adulphum Happarl r. S. f/. *. 

Ce catalogue, dédié par l'auteur à son abbé dom Nicolas de Malaise, 
occupe dans le manuscrit de Liège, d'après lequel je le citerai, les 
folios 57 v" à 70 r". Il se termine à l'abbé de Malaise, auquel il consacre 
les lignes suivantes : 

Anno Domini i505, morluo d. Henrico Sohan sub diclo reverendissimo d. Sohan, ac 
reverendissimo itliistrissimo antistite dho Erardo a Marka, reverendus in Chrislo pater et 
d. dominus Nicolaus a Malesiis, ex custode in abbatem ecdesie S. Huberti Andaginensis est 
electus. Hujus dignissimi prelati religionem, patientiam, constantiam, magnanimitatem, 
quibus anlecessores suos precedit, cum hominem nondum e.xuil, scribere distuli. Unum 
tibi in aurem dico illud apostolicum in iUo confirmari : plus omnibus laboravit. 
Vale optime pastor. 

A la suite de, celte notice, qui marque d'une manière si évidente 

' C'est-à-dirc : * Nonnum Adulpiium Happart, religiosum Sancti Huberti. • 



— XLI — 

que AH. a cessé d'écrire sous l'ahbaliat de Nicolas de IVlalaise, on lit dans le 

manuscrit de Dùsseldorf ces quelques lignes, qui manquent dans celui de 

Liège. 

Hactenus Happarl^ 

Que sequunter desumpta sunt ex epjtaphiis et martyrologio monaslerii Sancti 

Huberti. 

Puis vient, dans les deux manuscrits, une continuation qui débute par 
une notice nécrologique sur Nicolas de Malaise (f 1 558), et qui se termine au 
folio 72 par la mention de l'élection de Nicolas de Fanson en février IGll 
et par des vœux pour la longue durée de son abbatiat. 

Cette continuation est elle-même de deux dates différentes : la première 
va de Nicolas de Malaise à l'élection de dom Jean de Masbourg en 1399 
et à sa consécration en 1600; elle se termine par ces mots : Fivit sanus et 
incolumis hoc anno lOOi et mensis junii die II II. 

La seconde continuation consiste simplement en une notice sur l'abbé 
Jean de Masbourg, f 16H, prédécesseur immédiat de Nicolas de Fanson. 

Tel est le plus ancien de nos Catalogues d'abbés de Saint-Hubert. 
Il importe de se rendre compte de sa valeur, qui dépend entièrement de 
celle de ses sources. Or, quand on voit que AH. fixe presque toujours, 
avec une grande certitude, le jour de la mort de ses personnages, tandis 
que souvent il en ignore l'année, et qu'on se rappelle que l'abbaye possé- 
dait un fort ancien obituaire connu encore au XVh siècle, comme on vient 
de le voir, sous le nom de martijrologe, il ne peut pas être douteux un 
instant que celui-ci ait été la source principal d'AH. Une autre source non 
moins sûre, mais à laquelle il n'aura pu recourir toujours, c'étaient les 
épitaphes abbatiales qui, de son temps, devaient se trouver en bon nombre 
dans l'église et dans le cloître de l'abbaye: celles-là lui fournissaient la date 
de l'année et, d'ordinaire, confirmaient celle du jour trouvée dans lobi- 
tuaire. 

Faut-il ajouter à ces deux sources d'Ali, un catalogue des abbés 

f 



XLII 



qui aurait existé avant lui? Il semblerait que oui, si Ton devait prendre 
à la lettre quelques passajçes de cet auteur, où il parle du catalogue des 
abbés de Saint-Hubert. Mais en examinant ces passages avec quelque 
atlen(ion,on se convainc que le mot catalogue y est employé dans un sens 
tout métonymique, pour désigner, non lecrit mentionnant la suite des 
divers abbés, mais cette suite elle-même. Ainsi, quand, fol. G2, en parlant de 
l'abbé Sevold, Ail. écrit : Nota. Jste Sevoldus non hubetur in cafhaloyo 
ubbalnm Pnnniensium sed noslro, il est certain qu'il veut dire simj>lement 
que Sevold ne fait pas partie de la série des abbés de Prùm, comme ses 
successeurs, mais qu'on le rencontre seulement dans celle des abbés de 
Saint-Hubert. De même, fol. 02 v". infra, lorsqu'il dit au sujet des abbés 
Gosberl, Wilbert et Rangald : porro cum non cunstef qui fuerinl isli 
conimendatores, neque priores nostri cathalogo eos adscripserint, non 
equum duxiums eos adscribendos, il ne saurait être question de penser ici 
à un catalogue ancien des abbes de Saint-Hubert. AH. n'en parle jamais 
ailleurs que dans ces passages, et, comme on le verra, les nombreuses 
difficultés qu'il rencontre pour dresser sa liste montrent bien qu il n'en 
existait pas d'autre avant lui. Mais il a pu, à défaut d'urt catalogue propre- 
ment dit, avoir sous les yeux une source narrative autre que le Canialorium , 
dans laquelle il aura trouvé les détails tout à fait originaux et inédits qu'il 
donne sur l'administration de divers abbés, et que je crois devoir repro- 
duire sous le nom de chacun d'eux. Je ne sais trop quelle pouvait être cette 
source, et je me vois amené à poser de nouveau la question d'anciennes 
Annales de Sainl-Huberl, mais sans, oser la trancher '. Peut-être aussi 
faut-il penser à de simples notes marginales de l'obituaire. 

2. ROMUALuD HANGART. Ce religieux était né à Marche en 
1598; il fit sa profession monastique à Saint-Hubert à l'âge de 23 ans, 

* Voyez ce que j'en ai dit précédemment, CRH., 5» série, t. Vlil, pp. 105-109. 



XLllI 

le 2 féviier 1620, il reçut l'ordre de prêtrise en i628, el il mourut le 
20 juin 1()G7 '. 

Il est auteur de divers ouvrages historiques qui se trouvaient en original 
aux Archives de l'abbaye de .Saint-Hubert el que V Inventaire de t730, 
layette 68, J, p. -i'^i. dénombre comme suit : 

"Histoire du monastère de Saint-Hubert en Ardennes, composée pat d. Romuald 
Hancart, religieux du même monastère. Volume in quarto. 

Eadem /listoria latine per eumdem. Volume in folio. 

Concursus chronologicus rerum Andaginensium, seu illustris monasterii Sancli 
lluberti in Ardenna, ordinis Sancti Benedicti diocesis Leodiensis, et aliarum in 
Europa, praesertim Leodiensi diocesi, gestarum seriem complectens etc., per eumdem 
liomualdum, in folio. 

De ces trois ouvrages de RH., le deuxième, qui n'était d'ailleurs que la 
traduction du premier, ainsi que le troisième sont perdus', mais nous possé- 
dons encore le premier, dont il existe à ma connaissance trois manuscrits. 

Le premier (A), qui est aujourd'hui disparu, est celui que l'on conservait 
dans les Archives de Saint-Huberl, puisque sur la seconde feuille on lisait : 
Layette 6S, J. C'est un volume in-4» de 50i pages, relié en cuir, d'une 
belle écriture du XV 11*^ siècle, sans ratures, sauf aux pages 41o et 4d6. 
Prat, à qui nous en devons la description *, dit qu'on lit sur la première 
feuille : Dom IMcolaus Ahinet Coeleslino Dandoy donum gratissimum, et 

' D. Hoinualilus Ilancar, Varchicnsis, diocesis leodiensis, professas 2 februarii anni 4620, 
uetatis suae 23 per duos mcnses et dies qiiiiidcciiu inchoato, sacerdos ordinatur anno 1628, obiit 
20 junii ICG7. (Matricule des religieux profès depuis 1600. Voyez Daris, Notices historiques sur les 
églises du diocèse de Liège, t. XIV, p. 30.) 

' L'auteur de VAntiquitas Ecclesiae Andaginensis Sancti Pétri renvoie diverses fois au Concursus; 
voyez Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, 
t. VIII, p 5, et passim. 

* Annales de l'Institut archéologique d'Arlon, volume de 1 852-1 85ô, pp. 273-529. 



XLIV 

plus bas, d'une autre main : A Auguste Dandoy de Hatrival, le i 7 jan- 
vier 1 82i . En 1847, qu'il fut mentionné par Robaulx fie Soumoy ', et en 
4853, à l'époque où Pral le décrivit, il était en la possession de M. Lambin, 
juge de paix à Saint-Hubert. (]e manuscrit a été signalé en 1845 par 
Gérard dans le /iulletin des Bibliophiles belges *, en 184-7. 

Le second exemplaire, conservé à la Bibliothèque royale de Belgique 
(II, 1447), est un volume in-octavo, relié en cuir, de 416-242 pages, dont 
les vingt-deux premières ont été arrachées. Il contient, après la chronique 
de RH., la vie de l'abbé Nicolas de Fanson, écrite d'une main plus 
archaïque sur des cahiers qui ont été reliés par la suite avec ceux de la 
chronique. Entre ces deux ouvrages, c'est-à-dire à la suite de la page 416, 
un feuillet intercalé postérieurement, et qui est de la même main que la 
chronique, porte la note que voici : 

« Je sousigné, bailly juge de la terre de Saint-Hubert, certifie que quelques années 
avant la mort du révérendissime dom Cyprien Mareschal prélat, un livre commen- 
çant par la >ie de saint Beregise jusqu'à celle du révérendissime dom Nicolas de 
Fanson a esté extrait et écrit de ma main d'un manuscrit dont l'auteur s'apellait 
Hankar, l'histoire du révérendissime prélat de Fanson ayant esté écrite de la main 
de dom Denys Rendeux. En foy de quoy j'ay signé les présentes, la sixième année 
de la prélature du révérendissime et gracieux dom Celestin De Jong à Saint-Hubert, 
le 19 janvier 1753. {Signé) Ambrosy. » 

« 

Au verso de la dernière feuille, une note écrite à l'encre rouge, par 
une main du XIV siècle, complète comme suit la curieuse histoire de ce 
manuscrit : 

« Note. Cette histoire manuscrite des abbés du monastère de Saint-Hubert en 
Ardennes, extrait et écrit de la main du s"^ Ambrosy, bailly juge de la terre de 

• Robaulx de Soumoy, Chronique de l'abbaye de Saint- Hubert, dite Cantatorium, p. 8. 

• Tome I, pp. 558-344. 



XLV 

Saint-Hubert sous la G* année de la préfecture de dom Céleslin De Jong, le 
15 janvier 1755, dont le manuscrit original et d'un appelé Hanckar, ce livre 
commençant par la vie de saint lîérégise, abbé I, jusqu'à celle du R™'' dom Nicolas 
de Fanson, abbé M", écrit par dom Dcnys Rendeux. 

» Ce manuscrit m'a été donné à Saint-Hubert le 7 septembre 1821, par M. Lalle- 
mant, avoué au tribunal de première instance séant au dit Saint-Hubert (natif de 
Charleville), lequel livre a été trouvé sur le grenier de la maison de M""' veuve Kin, 
présumé qu'il a été soustrait au commencement de la révolution de la bibliothèque 
de l'abbaye de Saint-Hubert par dom Casimir, qui en était archiviste et (jui a 
demeuré chez Kin. 

» La demoiselle Kin qui l'avait trouvé avait commencé par déchirer déjà onze 
feuillets pour en faire des papillotes, lorsque M. Lallemant, leur pensionnaire alors, 
s'en apperçu et le demanda. M. Remacle, inspecteur des eaux et forêts à Saint-Hubert, 
m'avait déjà, en septembre 181G, adressé une notice intéressante sur l'histoire de la 
célèbre Andaginum, écrit provenant de la maison de M. Wacken, dernier bailly de 
Saint-Hubert et dont parait provenir de la même source que ci-devant [sic). 

» La déclaration d'Ambrosy est insérée dans ce volume entre la partie transcrite 
par lui et cel'c qui a été copiée par dom Cyprien ^ Rendeux. » 

A la suite de celle note, feu M. E. Ouverleaux, ancien conservateur des 
manuscrits de la Bibliotlièque royale, a ajoute de sa main les lignes 
suivantes : 

« Cette date n'est pas celle de la transcription du présent manuscrit, mais bien 
cellfr de la déclaration donnée par J.-B. Ambrosy, par laquelle il certifle que cette 
copie a été faite quelques années avant la mort du R""® dom Cyprien Mareschal, en 
partie par lui Ambrosy et en partie par dom Denys Rendeux. Or dom Cyprien 
Mareschal ayant été abbé de Saint-Hubert depuis le 16 décembre 1G62 jusqu'à sa 
mort arrivée le 5 février 1G86, il convient d'assigner pour date à ce manuscrit 
l'an 1680 environ. E. 0. 

» Bruxelles, 5 mars 1892. » 

* II faut lire Denys. 



I 



— XLVl 



Le troisième manuscrit est également copié sur A. comme le montre 
le soin qu'a pris le copiste de reproduire en marge, à l'encre roui^^e, la 
pagination de l'original, qui est exactement de 504 comme celle de A. 
(^est un cahier relié in-i" de M9Î2 pages et d'une main moderne. Il est 
manifeste que celte copie a été exécutée par un scribe flanjand fort peu 
familiarisé avec la langue française, ce qui explique les innombrables 
incorrections qui la déparent, lille appartient aujourd'hui au pensionnat 
de Saint-Vincent de Paul de l'Institut Scheppers, à Malines; j'en ai dû la 
coiiimunication à l'obligeante entremise de 1>1. l'abbé Hallet, à VVatermael. 

3. Le GALLIA CHRISTIANA (GC.) ' a fait œuvre d'érudition et 
de critique. L'auteur tâche de constituer une série irréprochable au double 
point de vue des personnes et de la chronologie, en s'aidant de toutes les 
ressources que fournissait la bibliographie de son temps. 11 a connu les 
catalogues de AH. et de Fisen, il discute à diverses reprises les conclusions 
de ce dernier et apporte sur beaucoup de faits, comme on le verra, des 
données neuves qui remanient notablement et le catalogue abbatial et sa 
chronologie. 

Les trois catalogues que je viens de faire connaître sont remplis 
d'erreurs graves et même de noms apocryphes : d'autres noms qui mérite- 
raient d'y figurer y manquent. Je serais loin du compte si j'avais dû me 
borner à les reproduire fidèlement, en me contentant de résoudre leurs 
contradictions. Une étude attentive des chartes m'a permis de les rectifier 
et de les compléter dans une large mesure. Je n'ose affirmer que le 
catalogue que je suis parvenu à constituer aux prix de longues recherches, 
jusqu'à l'abbatiat de Henri d'Almonzée (136.i\ soit lui-même sans lacunes 

et sans inexactitudes, mais je crois pouvoir déclarer qu'il est aussi complet 

»" 

< Oallia Christiana, t. III, coll. 966-977. 



XLVll 



el aussi exact que le permettaient les matériaux, et qu'il l'emporte de 
beaucoup, sous ce double rapport, sur ceux qui existaient jusqu'à présent. 



§ 2. — Catalogue des abbés. 

1. Altvaeus (825) ouvre la série des abbés de 8aint-Hubert après la 
fondation de Walcaud. Une source diî^ne de foi, puisqu'elle est du milieu 
du 1X« siècle, nous apprend qu'il gouvernait l'abbaye l'année même que 
Walcaud y fit transférer les restes de saint Hubert ', et la Chronique dit 
expressément que l'évéque l'avait placé à la tête de rabba}e restaurée '. 
^()us apprenons qu'il envoya à Walcaud un aveui;le qui avait été guéri 
miraculeusement au tombeau du saint *. AH,, suivi par RH., fait 
mourir cet abbé en 828 *. Mais cette date semble suggérée à AH. par 
le simple fait qu'il trouve Tancrad de Prùm mentionné en la même année 
comme successeur d'Altvaeus. Mais puisqu'il est établi que Tancrad n'a 
eu rien de commun avec Saint-Hubert, la seule raison qu'on avait de faire 
mourir Altvaeus en 828 disparaît, et l'année de sa mort reste inconnue. 
Elle ne le serait pas, s'il fallait s'en rapporter à RH. « L'an 828, le véné- 
rable Alvée ayant regy unze ans et trois mois alla le seizième 

de novembre recevoir en l'autre vie les salaires de ces pieux travaux » '. 
Mais ces données reposent elles-mêmes, du moins pour la plus grande 
partie, sur un calcul d'érudit et non sur une tradition écrite. RH, sait 
par la Chronique que l'inauguration de l'abbaye restaurée eut lieu le 
10 août 847, et par AH. qu'Altvaeus est mort en 828 : cela fait ses 

' Miracula Sancti Iluberti, I, i, dans Acla Sanclorum, t. I de novembre. 
' RoBALLX, c. 8, p. 227 ; MGH. SS., t. VIII, c. i, p. 571. 
' Miracula, loc. cit. 
• AH., fol. 62. 
' RH., p. 62. 



— XLVIII 



onze ann<es. Pour la dale du f() noveutbre, que AH. ne connait p;i«i. il 
est probable que RM. l'aura trouvée dans le nécrologe de rai)baye. 

2. Sevold (.,.836, f ^3 janvier 854). — Nous ne savons pas la date 
de l'avènement de cet abbé, qui parait avoir été le successeur immédiat 
d'Altvaeus. AH. nous apprend qu'il mourut le 13 janvier So-i ', et KH. dit 
le \Z janvier 855 '. Je ne sais quelles raisons RH. a pour corriger son 
prédécesseur; peut-être a-t-il voulu réduire en style moderne une date 
qui lui seml)lait en vieux style; peut-être aussi n'y a-t-il ici qu'une faute 
de copie. Le Miracvla Sancli Huberii, qui nous a déjà aidé à fixer la date 
de l'abbatial d'Altvaeus. nous permet aussi de parler avec un peu de 
précision de son successeur. C'est sous celui-ci, nous dit-il,- qu'eut lieu 
l'institution, à Saint-Hubert, des croix bannales '. C'est sous lui encore 
qu'on Si\ le comte Kudes donna à rabba}e ses biens de Bonnerue et de 
Rougnimont, ainsi que l'église Saint-Ouen, à Tillet *. Une seconde rédac- 
tion du Miracida, qui est d'une époque assez postérieure à la première, 
croit pouvoir nous donner aussi la date de l'institution des croix banales, 
qui serait l'année 837 '. Je ne sais sur quoi elle se fonde, et je n'oserais 
la contester, d'autant plus qu'il n'y a pas un très grand écart entre 837 et 
la date certaine de 841. Quant à l'année 854, qui est, d'après AH., celle de 
la mort de Sevold, elle est le résultat d'une combinaison. C'est, en réalité, 
la date de l'avènement de l'abbé Eigil à Prûm; or, comme il était admis 
que les abbés de Prûm avaient été en même temps abbés de Saint-Hubert, 
il fallait bien que Sevold disparût au moment où Eigil apparaît. La raison 
est sans doute mauvaise, mais c'est manifestement la seule qu'on ait eue. 

'AH., fo!. 62 V. 
' RH., p. 75. 

* Miracula, I, 6, àhni Acta Sanctonim, t. i de iioveiiibre. 

* Ibidem, M, 8. 

* Ibidem, H, i, 6. 



i 



XLÏX — 

3. Gosbert. 
i ^Wilbert. 

5. Rangald (890). 

En rétablissant ici ces trois noms, qui ont été oubliés dès 1« X" siècle 
au profit des abbés apocryphes de Prùm-Sainl-Hubert, je crois tirer la 
conséquence logique de l'élimination de ces derniers, il est évident que la 
qualité de commendataires ne leur est attribuée par AH. et par RH. qu'à 
cause de l'erreur où ces deux chroniqueurs ont versé sur les abbés de 
Priinj. Convaincus, comme ils l'étaient, de l'identité des abbés de Prûm 
avec ceux de Saint-Hubert, ils se sont vus obligés d'admettre que Kangald, 
qu'ils rencontrent vers 890, et ses prédécesseurs ont été, d'une manière ou 
de l'autre, des intrus. 

(j'esl au temps de l'un de ces trois abbés, et probablement du dernier, 
que doivent s'être passés les événements que AH. place sous le prétendu 
abbatial de Uichaire de Prùm, et qu'il relate dans les termes suivants : 

Sub isto abbate horrenda multa condgerunt. Nam anno 896 ignea sagitta a celo 
ruem impulsa in ecclesiam Sancli lluberti gravissimwn damnum intulil. Nam maximus 
stellarum defeclus fuit et alia mira contigerunt. Anno nempe 900 tantus ventorum 
impetus fuit ut muUa edificia concuteret atque subverterel, insuper et arjbores radicibus 
evelleret. Eodem etiam tempore 4 id. maii circa horam oclavam coepit celum nubibus 
obductum lenebrescere, mugir e celum, coruscare fulmina usque tu horam nonam, nona 
vergente tanta vis pluvie grandiuisque secuta est quanlam nullus illius secali viderai; 
tante enim erat magnitudinis et ponderis ut a sabbato in secundam feriam duraret; 
sequuta est tanta aquarum undantia ut ante valvas ecclesie monasterii Sancti Huberti 
fugienlibus hominibus ad genua ascenderet. Denique his portentis aclis sequuta est tam 
vehemens bestiarum mortalitas ut a mense maio usque novembrem in domibus plateis 
agris undecumque reperiretur cadaverum copia. Insuper ut generalis probaretur morta- 
lium pestis, fere agrestes morlue inveniebantur '. 

« AH., fol. 6ô. 



6. "Warmarius (f 20 janvier). — Cesl encore AH. qui nous fait 
connaître l'exislence et l'abbatial de ce personnage, qu'il place également 
pendant la prétendue prélalure de Richaire de Prùni à Saint-Hubert, et 
au sujet duquel il écrit : 

Sub eodem abbale nescio quam ob causam Slephanus Leodiorum presul commisit 
monasterium Sancti Huberti cuidam Urmario, qui Leodii prepositus instituitur. Hic 
cum varia rerum eventu 26 annis prefuisset, dormivit cum patribus suis 13 kal. febr. ^ 

• • 

7. Frédéric (950, f 25 octobre). 

Qui anno primo prélalure sue infra pagum Andainum in loco antiquilus Andainum 
vocato primum fundamentum castelli posuit. Sub eodem comètes apparuit et fam,es 
maxima subsecuta est. Obiit 10 kal. novembris -. 

« L'abbé Frédéric, non content d'avoir restabli la discipline en bon estai,- eut 
encore soin des édilices matériels du monastère, faisant rebastir de nouveau les 
murailles de l'enceinte, lesquelles il fortifia et flanqua de buit tours pour deffense ^. » 

8. Albert I" (f 44 mars 966). 

Et quia inilium prelationis istius nondum comperi, idcirco quot annis prefuerit 
asserere distuli et annos sue prelaturae et sui predecessoris in calculum 27 annorum 
reduxi *. 

C'est sous l'abbaliat d'Albert qu'eut lieu, au témoignage du Miracula 
Sancli Huberti, 11, 20, la donation que le comte Etienne fit en 955 de son 
domaine de Chauvency à l'abbaye de Saint-Hubert. C'est donc à tort que 
AH. (fol. 65 y) place cet événement sous l'abbatiat de son successeur 
Héribert. RU. (page 92) n'a pas voulu suivre AH. dans son erreur, mais J 

' AH., fol. G3. 

* AH., fol. 65 V». • 

» RH., p. 88. 

« AH., fol. 63 v». 



— LI — 

il croit pouvoir placer sous l'abbatiat d'Albert 1«"" deux faits racontés par 
le Miracula : la fuite des moines de Saint-Hubert au château de Jemelle 
(Gamedella) pendant une invasion des Hongrois, et la donation des biens 
d'Évergnicourt à l'abbaye par Josbeit de Marie '. Je crois qu'en ce qui 
concerne ce dernier point, Hancart s'est simplement laissé guider par 
l'ordre dans lequel les faits sont rangés par le Miracula, qui place la 
donation de Josbert de Marie immédiatement après celle du comte Etienne. 
Mais cela ne préjuge en rien la question de la date, qui pourrait être plus 
basse que ne croit Hancart '. 

9. Héribert if W mai 990, la 25« année de son abbatiat AH , RH.). 

AH. ne sait de cet abbé que la date de sa mort, et place erronément sous 
son abbatiat la donation du comte Etienne, qui est de 955. Nous voyons 
par la chronique de Folcuin qu'Héribert fut un des deux commissaires 
que l'évéque Notger s'adjoignit en 973 pour enquérir sur les troubles 
survenus dans l'abbaye de Lobbes '. 

H). ^Wulbert I" (990-1004, f 14 juillet). 

Hujus tempore terre motus adeo veheinens fuit 4" kal. aprilis sub diem Parasceven, 
qualis antea nunquam visus fuit *. 

Ceci se rapporte au 29 mars 994. 

« Wulbert 1" et Wulbert II, desquels, non plus que de leur prédécesseur, nous 
n'avons rien d'escrit que les noms, hormis que l'ancien catalogue assigne l'entrée 
du premier l'an 990 et son décès le 15" de sa prélature, le 14 juillet de l'an 1004 s. » 

' Miracula, H, i, ii. 

* Miracula, U, ii, 21. 

• FoiCL'iN, Getta abbatum Lobbiensiunif c. 28, dans MGH. SS., t. IV, p. 70. 

* AH., fol. 65 V. 

• RH., p. 97. 



LU 

{{. Wulbertn (100i-lU06). 

Kjiis tempore extrema fumes fuit, nutn upparente inuUo lempore comète secuta est 
sterilitus mayna. Prefuit annis 2 et mortuus est K 

« Au second (Wulbert II) ne sont donnés que deux ans de prélalure, sans spéci- 
fication ny de jour ny de mois au(jiiél il passa à l'autre vie '^. » 

42. ^Widéric. 

Anno 1006 defuncto Wulberto II succedil illi in dignilatem dominus Wide- 

ricus, qui postquam annis 2i ecdesie Andaginensi prefuit, obiit 45 kal. jan, ^. 

RH. place sous l'abbatial de VVidéric les démêlés « selon que j'ai sceu 
colliger », dit-il, de l'abbaye avec Frédéric de Bar, qui voulut lui 
reprendre Cliauvency-Saint-Huberl; on sait qu'à cette occasion l'abbé lit 
porter à Chauvency le corps du saint, selon un usage fort répandu en 
Lotharingie *. il croit aussi que c'est du temps de cet abbé que fut volé, à 
Saint-Hubert, le psautier de Louis le Débonnaire, dont les aventures nous 
sont racontées par la Chronique de Saint- Hubert *. 

13. Albert II (f 6 septembre 1053). 

nie suo tempore cancellum coelatum voluit, et totum infra monasterium coelato et 
pavimento decoravit, chorum fecit, et crucifixum cum duabus imaginibus émit, murum 
secundum circumdedit monasterio post abbatem Fredericum. Prefuit septennio et exinde 
migravit de hoc seculo 8 idibus septembris ^. 

« Il rebastit le chœur de l'église et les murailles du monastère jadis édifiez par 
l'abbé Frédéric, qui croulloict de vieillesse, et fit paver toutte l'abhaye de pierres "^. 

« AU., fol. 63 V». 

* RII , p. 97. 

» AH., fol. 64. 

* Aliiacula Sancti lluberti, II, ii, 20. 

* ROBALLX, c. 28, p. 242. 
« AH., fol. 64. 

' RH., p. 101. 



LUI 

U Renouard (f 5 juillet 1034). 

Post dominum Alberlum siiccessit dominus lienuardus. Hic cum in prelatura ferme 
annum complevissel, morleni obivit * . » 

« Reniiard ne tint le gouvernail de l'abbaye tout au plus que dix mois, estant 
mort le cinquième de juillet 1054 -. » 

15. Adélard (1034--J- 9 décembre 1055). — Avec cet abbé nous 
mettons eiiGn le pied sur le terain de l'histoire, car c'est le récit de son 
abbatial qui ouvre la Chronique de Saint-Hubert, Celle-ci fait de lui un 
grand éloge, qu'on lira pins loin (page 15) et qu'il est par conséquent 
inutile de reproduire ici. Pour le nta Theoderici Àndaginensis, il lui est 
moins favorable : 

« Adelardus, dit-il, m carnis nobilitate satis clams, sed de cura religionis, cum ad 
cetera essety minus strenuus quam debuit ^. » 

Ce qui tend à confirmer celte appréciation, c'est que l'abbaye de Saint- 
Hubert fut confiée au bienheureux Richard de Saint-Vanne, qui la réforma 
selon les principes clunisiens et qui y donna pour successeur à Adélard, 
le bienheureux Thierry *. 

16: Thierry I" (f 24 août 1086). — Ce prélat, le plus célèbre de tous 
les abbés de Saint-Hubert, et qui est vénéré comme bienheureux, est trop 
connu pour qu'il y ait lieu de raconter ici sa vie; nous en possédons un 
exposé complet dans deux documents de première valeur : le f^ita Theo- 

* AH., 64. 

' RH., p. 40i. 

» MGH. SS., t. XII, p. 45 (c. i6). 

* Voyez Hugues de Flavigny, Chronicon, II, 10 et 29, dans MGH. SS., t. VIII, pp. 377, 404. Il 
est à remarquer que la Chronique de Saint-Hubert semble ignorer systématiquement tout cela. 



LIV 

derici nbbatis Andaginensia ' et la Chronique de Saint-Hubert *. Le jour 
de sa mort nous est garanti à la fois par I obituaire de Saint-Hubert, qui 
est évidemment la source de AH. et de KM., et par celui de Stavelot, qui 
est du X|e-XII« siècle et qui porte au mois d'août : f^IJI kal. Obiil abbas 
Theodericus Sancli Huberli '. Ce double témoignage est implicitement 
confirmé par la Chronique de Saint-Hubert *, qui nous apprend que le 
saint mourut un lundi; or, le 24 août i086 tomba précisément un lundi. 
Quant à l'année, c'est 1086, comme le dit formellement la Chronique de 
Saint-Hubert, et comme il résulte du texte rétabli du diplôme de Renaud 
de lieims en 1086 '. La date fausse de 1087, adoptée par Bethmann et 
Wattenbach % et, sur la foi de ces éditeurs, par la Bibliotheca hagiographica 
lalina, p. H65, s'appuie, il est vrai, sur le f^ita Theoderici ^ et sur les 
Annales Laubienses *; mais ces deux témoignages, qui n'en font en réalité 

• Acta Sanctortim, t. IV d'août, pp. 848-8C4, et MGH. SS., t. XII, pp. 37-57. Dans le Miracula 
Sancii Liutvini, ouvrage d'un moine de Metloch qui écrivit au X« siècle, MGH. SS., XV, p. 1267, 
on lit que l'abbé de Metloch, Rcginard, qui mourut dans la seconde moitié du Xl« siècle, eut 
pour successeur un Everhelm, abbé de Saint-Martin de Metz et abbé de Saint-Hubert : « 22. Is enim 
abbas monaslcrii Sancli Martini Métis et principis apostolorum Andaginis, vocatus ab episcopo, fretus 
praesidio nummorum venit. • Mais, continue le Miracula, il retourna bientôt à Metz. Holder-Egger, 
éditeur de ce document, croit qu'il faut lire » raonachus > après < Andaginis », attendu, ce qui est 
vrai, qu'il n'y a jamais eu d'abbé Everhelm à Saint-Hubert. 

' M. K. Hanqukt, Étude critique, etc., pp. 84-97, émet l'avis que ces deux ouvra'ges sont d'un seul et 
même auteur, à savoir de Lambert le Jeune. Cette conjecture, à laquelle M. Vanderkindere serait 
disposé à se rallier {Archives belges, 1901, art. 1), est vivement combattue par M. le chanoine Cauchib 
{CRU., t. 70, pp. 125-157), et défendue avec vigueur par M. Hanquet {CBH., vol. cit., pp. 477-816). 

• Cet obituaire est contenu dans le manuscrit 4K0 de la Bibliothèque royale de Belgique, pp. 19- 
23. Voyez la description de ce manuscrit dans le Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque royale 
de Belgique, par J. Van den Ghbyn, t. I, p. 279. 

• RoBAULx, c. 68, p. 272; iVGU. SS., t. VHI, c. K3, p. 896. 
' Voyez plus loin, pa^c 65. 

» MGH. SS., t. VIII, p. 898, note 30. 
' MGH. SS., c. 32, p. 87. 

• MGH.SS.,t. IV, p. 21. 



i 



LV 



qu'un seul, le second de ces passages étant emprunté au premier, ne 
sauraient prévaloir contre l'évidence, et prouvent seulement que l'auteur 
du f^ita Theoderici ou son copiste s'est trompé. 

\7. Thierry II (1086-1109), — Il fut consacré le 1«^ septembre, selon 
la Chronique de Saint-Hubert '. Lorsqu'il vit que l'inimitié d'Olbert 
l'empêchait de remplir sa tâche, il voulut se décharger sur Bérenger de 
Saint-Hubert et le lit élire par ses moines; mais Bérenger ayant refusé et 
Otbert ayant imposé à l'abbaye l'intrus Wired, Thierry reprit le bâton 
abbatial sans pourtant reparaître à Saint-Hubert. Le jour de sa mort est 
diversement indiqué : « circa i 1 09 , 3 id. jan. forte i6 cal. mai. », écrit 
AH., fol. ()6 v°, c'est-à-dire le il janvier ou le 16 avril. Celte incertitude 
de Happart donne lieu de penser que, pour une raison ou pour l'autre, le 
nom de Thierry II était inscrit deux fois dans le JNécrologe de l'abbaye, 
sans mention expresse de son décès. Quant à RH., il écrit que Thierry II 
« mourut, selon notre nécrologe, le 10 janvier * ». il est évident qu'il a 
utilisé ici la première date donnée par AH., et il semble qu'il soit remonté 
à la source elle-même; il est d'ailleurs difficile de dire si c'est lui ou AH. 
qui a mal lu et si /// id. vaut mieux que iv id. 

Au surplus, RH. s'écarte encore de AH., et d'une manière considérable, 
en fixant la mort de Thierry H en 11:24. L'origine de cette erreur — car 
c'en est une — est facile à établir : elle se trouve dans la charte fausse 
d'Albéron 1" donnant à l'abbaye l'église de Jehonville, et qui porte la date 
de 1120 *. D'après cela, il est vrai, RH. aurait dû admettre que Thierry II 
a porté la crosse abbatiale jusqu'en 11^6; mais lui-même s'explique 
dans les termes suivants sur les raisons qui lui font préférer 1124 : 
« Cet instrument (la charte d'Albéron h^} m'avait tenu quelque temps à 

" RoBAULX, c. 69, p. 275; MGIJ. SS., t. VIII, c. 54, p. 51)6. 

• RH., p. 544. 

* Voyez cette charte plus loin, p. 97, où je donne les preuves de la fausseté. 



LV 



Topinion que labbé Thierry aurait continué l'administration de sa charge 
jusqu'à l'an H26. Mais m'ayant du depuis esté envoyés de Luxembourg 
la copie des lettres par lesquelles le susdit evesque donne à Folmard, 
abbé de Munster, l'investiture de l'église de Foron, iceiles datées du 
il mai 4144- et soubsignées entre autres par Robert, abbé de Saint- 
Huberl, j'ai colligé de là que l'instrument suscrit n'est pas la première 
donation, ains la confirmation faicte à l'abbé Thierry de l'église parochiale 
de Jehonville par le mesme Albéron, lequel ne pouvant avoir uny à 
l'abbaye cette église devant d estre evesque, et qu'il fut promeu à celte 
dignité après les pasques de l'an H!23, il faut conclure de tout cecy que 
le sus<lit abbé Thierry, qui mourut, selon notre nécrologe, le 40 janvier, 
obtint la dite union l'an \ 123 et décéda le dit jour de l'an 1124, qui estoit 
le n* de sa prélature. » 

Ayant montré en sou lieu que le diplôme d'Albéron \^' est apocry|)he, 
je n'ai plus à réfuter les laborieuses suppositions de UH. pour le mettre 
d'accord avec les faits. Quant à l'année 1109, qui serait, d'après AH., celle 
de la mort de Thierry II, je la crois véritable, bien que notre auteur ait 
négligé de donner ses preuves. Ce qui est certain, c'est que dès lili 
Robert était abbé de Saint-Hubert, puisque en celle année nous le voyons 
intervenir à V^erdun entre grégoriens et impérialistes '. 

48. Robert (f 24 mars 4 433: AH. et RH.). — La date du jour est 
évidemment certaine; AH , suivi par RH., est conBrmé sur ce point par le 
Nécrologe de Saint-Lambert de Liège, où on lit : 9 kal. april. Roherli 
ahbatis Sancti Huberti *. El cet accord de deux sources pour ainsi dire 
officielles, et de plus absolument indépendantes l'une de l'autre, est 
assurément fort remarquable. En ce qui concerne Tannée, je ne sais où 
AH. l'a trouvée; je me borne à constater que les chartes nous montrent 

' Voyez Laurent de Liège, Gesta epp. Virdun., dans MGH. SS., l. X, p. 502, 
' Ce nécrologe se trouve en manuscrit aux Archives de l'Etat, à Liège. 



— LVll — 

Robert en fonctions au printemps de ii29 ', et je note qu'AH. semble 
posséder des informations assez précises, puisqu'il écrit dans sa notice sur 
Robert : « Tempore istius, se. anno H30 nonis junii, concremala fuit 
cccicsia nostra Sancti Huberli » *. 

i9. Gilbert (f 14 septembre 114-4). 

Hic ubi 12 annis slrenue prefuit dormivil cum palribus suis 18 cal. octobr. ^. 

RH. s'accorde avec AH. et écrit au sujet de Gilbert ces paroles : 
1« H esloit prieur conventuel l'an 1093 et résista à Otbert qui taschait 
d'attirer les religieux du couvent à son party. C'esloit encore un de ceux 
qui avoient dès leur enfance succé le laict des sainctes instructions du 
bienheureux abbé Thiery; oultre lesquelles il avoit apprins à escrire les 
livres avec excellence, de sorte qu'Klimand {sic\ evesqne de Laon, désira 
fort et receu {sic} avec grand tesmoignage de singulier contentement, une 
Bible escrile de sa main m *. Le nom de Gilbert reparaît souvent dans 
nos chartes, auxquelles je renvoie, et qui témoignent de son activité. 
Gill>erl est mentionné sous le nom d'Elbert dans une charte de 1136, 
publiée par D. Albert Noël '; le copiste de ce document se sera trompé en 
prenant le G pour un K. 

HO. Jean I«% de Waha ij 22 février 1167; AH., RH.). — Nos sources 
ne consacrent guère que quelques ligues à cet abbé, dont le nom revient 
souvent dans nos chartes. AH., fol. 67 n", sait que sous lui fut achevée 
la reconstruction de l'église de l'abbaye, déjà commencée par son prédé- 
cesseur, et que l'évéque de Liège, Henri II, la consacra. 

1 Voyez ci-dessous, page 98. 

» Ail., fol. 66 v^ infra. Cfr. Illl., p. 54. 

• .\H., fol. 67. 

* RH., p. 34K. 

' D. A. ISoEL, Le canton de Mézières, p. 52. 



LVIII 



2i. Elbert tf ♦'^ ««"t H70), selon AH. qui ecril, fol. 67 v» : « Prefuit 
d. Elberlus annis tribus et mortuus est 18 cal. septemb. » D'après cela, 
Elbert serait mort liès 4170. D'après le Fundatio, et, au dire de RH., 
d'après le sacraire de Saint-Laurent, Elbert aurait succédé à Jean 11 en 
1186, chose impossible, ajoute KH., puisque Jean II était encore abbé en 
H89. Et il invoque l'acte de i224 (qu'on trouvera plus loin, page 236), 
d'après lequel on voit Elbert en fonctions aux environs de 1170. 

Le (lallia Christiana a plus de renseignements sur ce personnage, dont 
il proloni;e considérablement la carrière, puisqu'il ne le fait mourir qu'en 
1186. En 1182, il aurait assisté avec d'autres abbés à la consécration du 
nouvel autel de l'église de l'abbaye de Saint-Laurent. C'est à lui que 
Pierre de Moustier la Celle écrit pour l'exhorter à ne pas déposer la 
crosse abbatiale; il le désigne par la lettre H., sans doute parce qu'il 
écrivait Helbertus'. Elbert, ajoute encore le Gallia Christiana, fut enterré 
dans l'église de Saint-Laurent, devant l'autel de Saint-Jacques. 

. 22. Conon (1 170-1 180, f le 18 septembre, AH., le 19 septembre, RH.). 
— Il est peut-être identique avec un prieur de Saint-Hubert du nom de 
Conon, que nos chartes nous montrent fonctionnant en cette qualité 
de 1163 à 1166 '. L'abbé Conon apparaît dans notre recueil en 1174 et 
en 1178 '. AH. paraît avoir des raisons très solides pour fixer la date de 
la mort de Conon à la fin de l'année 1183, car, rencontrant les bulles 
de Lucius III datées de mars et d'avril 1185 (vieux st.) et adressées à 
Jean II, successeur de Conon, il en conclut, non pas que Conon mourut 
avant mars 1183, mais qu'il avait abdiqué ou qu'on lui avait donné 
Jean II comme coadjuteur. RH., lui, fait mourir Conon vers 1180, et je 
crois que la source de son opinion est dans le même diplôme qui fait 

* Lib. Il, cp. loi, daris Migne, Palrologia Latina, t. CCII, col. 578. 
- Voyez plus loin, pages 122 à 126. 
^ Voyez plus loin, pages 129 et 131. 



LIX 

croire à AH. que Conon avait aixiiqué avant sa morl. Dans ce diplôme, 
qui esl de HSl '. l'abbé Jean se qualifie ainsi : Ego Johannes, ecclesie heati 
Uuyberli minisler humilis. KM. en aura conclu que Conon devait élre 
mort à celle date. AH. aura IrouM» dans la formule minisler humilis, qui 
est en effet inusitée dans les chartes de Saint-Hubert, la preuve que Jean II 
n'était pas abbé, bien qu'il en remplît alors les fonctions. Je suis assez 
tenté de me ranger à son avis. 

Quant au Gallia Chrisliana, il est fort mal renseigné sur Conon. Obligé, 
par sa charte de Saint-Laurent, à prolonger l'abbatial d'KIbert jusqu'en 
H 8:2, il ne veut voir dans (>onon qu'un compétiteur d'Elbert et ne l'admet 
pas sur sa li^te. 

23. Jean II (H 83-11 89, f 15 septembre, AH.). — L'hisloire de cet 
abbé esl bien obscure. Le Gallia Chrisliana ne le fait pas figurer sur sa 
liste el ne le mentionne, de même que Conon, que comme un compétiteur 
d'Ëlbert V C'est à tort. INos diplômes, qui sont de toutes les sources les 
plus dignes de foi, nous montrent que l'abbé Jean H a déployé une activité 
considérable entre les années 1181 et 1189. C'est lui, notamment, qui a 
obtenu du pape Lucius III plusieurs bidies de confirmation de biens 
pour son abbaye. 

AH. écrit : « Credo hune esse qui ecclesiae sex campanas fecil » '. H 
ajoute que Jean 11 résigna sa charge, peut-être par contrainte {forsan 
voaclus)^ entre les mains de Brunon, archevêque de Cologne. RH. ne parle 
que d'après AH. Fisen fait gouverner Jean 11 jusqu'en 1193. 

* Voyoz plus loin, page iôb. 

» Le P. Goflinet, qui parle de cet abbé dans le Carlulaire d'Orval, n'a évidemment consulté que lé 
Gallia Chrisliana, puisqu'il dit, page 81, note, que Jean II, qui apparaît à plusieurs reprises dans le 
Carlulaire d'Orval, « ne figure pas dans la liste des abbés de Saint-Hubert »; il le confond d'ailleurs 
avec Jean J". 

* Âll., foi. 07 v'o. Il ne lui donne que six ans de ])rélaturc, mais c'est un lapsus; il a voulu dire neuf» 



— I.\ 



La période qui suit {\ I89-H98) est la partie la plus obscure des annales 
de îraint-Huberl. Pendant neuf ou dix années, le désordre qui régnait dans 
le pays de Liège semble se refléter dans l'abbaye. Depuis la mort de 
Kaoul de Zaehringen, en H9I, jusqu'à l'avènement d'Albert de Cuyck, le 
diocèse fut sans évéque, le prélat légitime, saint Albert, ayant dû fuir, et, 
après sa mort, arrivée en H 92, le conflit entre Simon de Limbourg et 
Albert de Cuyck ayant duré jusqu'en i 195. Le pays de Liège est sans 
annales pour celle période et la chronologie de nos abbés est aussi 
embrouillée que possible. Knlre Jean 11 et Guillaume, avec qui, à partir 
de 1200, nous remettons les pieds sur le terrain d'une chronologie solide, 
nos sources comptent quatre ou même cinq abbés dont elles ne pc uvent 
dire au juste s'ils furent légitimes ou intrus. 

i^e premier aurait été, selon le Gallia Chrisliana, qui est seul à parler 
de lui, un moine de Saint-Laurent du nom d'Eustache, cellérier de son 
couvent et frère de l'abbé Everlin; il aurait pris la crosse en di86 et aurait 
gouverné jusqu'en H 93 avec Jean II pour compétiteur. Comme ni RH., 
ni AH., ni Fisen ne mentionnent ce personnage, et que nous ne connais- 
sons pas la source du renseignement fourni par le Gallia Chrislianaj j'ai 
cru expédient de ne pas l'insérer au catalogue des abbés de Saint-Hubert. 

ï.e second est Gérard, abbé de Prûm, qui fut imposé aux moines de 
Saint-Hubert, dit AH., par l'archevêque Brunon de Cologne, entre les 
mains duquel l'abbaye avait été résignée. Il ajoute : « Hic quia per ambi- 
tionem et poteutiam prelafionem ohfinuit, vix per annum procuravit. » 
HH. proteste contre l'hypothèse d'AH. que Gérard aurait été un intrus ï 
selon lui. Brunon de Cologne aura pourvu provisionnellement aux places 
vacantes pendant le sede vacante. Au surplus, Brunon de Cologne était un 
homme de vie sainte et austère qui, en 4193, se démit de sa dignité 
archiépiscopale pour se faire moine au monastère cistercien d'Altenberg, 
près de Cologne'; quant à Gérard de Prûm, loin qu'il soit mort en H93, 
nous voyons qu'il gouverna l'abbaye de Prûm jusqu'en 1212. Ainsi 



— LXI 



raisonne RH., qui ajoute : « Il est donc plus vraisemblable que l'abbé 
Gérard gouverna, comme j'ai dit, notre monastère par provision seule- 
ment, et jusqu'à ce que Tevesque seroit establi '. » Quant à Fisen et au 
Gallia Chrisliana, ils reproduisent l'opinion de AH. et admettent avec lui 
que Gérard de Prûm fut un intrus V 

Je dois déclarer que je n'en sais pas beaucoup plus à ce sujet que les 
auteurs cités ci-dessus. Je constate seulement que Gérard a effectivement 
gouverné l'abbaye de Prûm de H84 à 4212. IVIais ni le cartulaire de son 
abbaye, dans lequel il figure plus d'une fois, ne sait rien de son abbatial 
à Sainl-Huberl *, ni les Régestes de Brunon III de Cologne (li9l-1193) 
qui viennent de paraître *. ne connaissent l'intrusion dont se serait rendu 
coupable cet archevêque. Il ne m'a pas été possible de découvrir où AH. 
a puisé ses renseignements sur Gérard. 

Le troisième est Godefroi (f 4194), chanoine de Jusiemont qui, au 
dire de AH., fut également imposé à l'abbaye par Brunon de Cologne. 
Entré dans le bercail autrement que par la porte, il en aurait été puni par 
une prompte mort, arrivée dès l'année suivante *. RH. s'en rapporte, sur ce 
personnage, au récit de AH. Fisen et le Gallia Christiana font de même. 

Le quatrième est, selon AH., un moine de Saint-Hubert du nom de 
Philippe, qui, encouragé par l'exemple des précédents usurpateurs et 
appuyé par Albert de Cuyck, se serait emparé de l'abbatiat, mais en aurait 
été écarté dès la même année '. 



' R!l., pages 35 i et suivantes. 

' Fisen, Flores, p 459; Gallia Christiana, p. 975. 

' Les pièces sont éparpillées dans Beter, Urkundcnbuch, t. 11. 

* R. Knipping, Die Rcgesten der Erzbischôfe von Kôinim Mittclalter, t. II. Bonn, <901. 

* • Godcfridus quidam Justimontis canonicus per p.undem episcopum violenter huic ecclesie 
intrusus est. Sed quia isli (lui et Gérard) contra Deum et ecclesiain et apostolicas sanctiones non per 
januam sed aliunde introierunt, idcirco brevissimc vite fuerunt. Obiit anno sequenti. » AH., fol. 68. 

* AH., fol. 68; RH., p. 355. De même Fisen dans le Gallia Christiana. 



LXII 



Le cinquième est Thibàud (H94-H98), moine de Saint-Pierre de 
Hautvillers. qu'Albert de Cuyck, au dire de AH., substitua à Philippe et 
qui gouverna quatre années, après lesquelles il résigna l'abbaye aux mains 
de l'évêque. 

RH. a sa chronologie différente de celle de AH.; il n'accorde que 
quatre années en tout à ces trois derniers abbés et les place entre 4496 
et i!200. Il les appelle des intrus et il est suivi en cela par Fisen. Voilà 
donc cinq abbés en moins de dix ans. Je n'ose rejeter les renseignements 
donnés par mes sources, mais comme il m'a été impossible de les contrôler 
et que d'ailleurs elles s'accordent à peu près pour considérer ces person- 
nages comme des intrus, je n'ai pas cru pouvoir les inscrire au catalogue 
des abbés de Saint-Hubert. 

24. Guillaume (tl98, f 1" février 1212).— Cet abbé, sous lequel 
recommence une série abbatiale régulière, parait avoir été d'abord prieur 
de Saint-Hubert, s'il est permis de l'identifier avec le prieur Guillaume 
qui figure dans ur)e charte de {\8\. AH. affirme qu'il était moine de cette 
abbaye, et ce témoignage ne saurait être infirmé par un catalogue de 
Prûm qui, d'après RH., le placerait au rang des houimes illustres de cette 
maison '. Il fut élu en H98, selon le témoignage de AH., confirmé 
par les faits, et du GC, et c'est à tort que RH., suivi par Robaulx 
de Soumoy. place son élection en 1200. Le raisonnement de RH. est 
bizarre : u Et quant à ce que l'autheur de Prùm cy dessus cité lui donne 
quatorze ans de régime, il auiait à ce compte receu l'abbaye ou esté 
confirmé de ce bon marchand de bénéfices, Albert, ce qui n'est pas 

' II est à remarquer que le passage du catalogue de Prûni cité par RH., p. 354, ne dit nullement 
que Guillaume ait été moine de cette abbaye; le voici : « D. Wilhelmus clcctus in abbatcm S. Huberfi, 
in vita et cruditione praecterus, qui non solum in temporalibus egregium se domus Dci dispensatorera 
raonstravit, sed cliani regularis disciplinae observantiam proniovit, utilissimequc praefuit annis 14, 
et obiit felii'iter calcndis januarii ann. 12^2. » 



— LXIll 

vraisemblable d'un religieux si vertueux, de sorte qu'il semble plus vrai- 
semblable qu'il a seulement entré en charge après la mortdudit Albert '. » 
Au surplus, AH. et RH., qui cette fois consultent évidemment la même 
source, à savoir le nécrologe de Saint-Hubert, s'accordent à faire mourir 
Guillaume le ^•'^ février 1212 *, et leur témoignage est contirmé par 
l'autorité de Renier de Saint-Jacques, presque un contemporain, qui écrit 
dans ses Annales sous l'année 1212 : 

Anno 1212. Hiems temperata. Mors Alberti comitis. Obiit G., abbas Sancli Huberti. 
Februarius plurimum ventosus cum aquarum inundationibus '\ 

Comme Renier raconte les événements annuels mois par mois, il est 
certain que la mort de Guillaume, mentionnée par lui avant les événe- 
ments de février, doit être arrivée tout au commencement de ce mois. 

Je crois utile de placer ici la notice que AH. consacra à l'abbé Guil- 
laume : 

« Anno 1198 Wilhelmus monachus nostre congregationis ex communi volun- 

tate et consensu capituli sui electus, abbas constituitur. Iste vir strenuus ac commisse 
ecclesie diligens curator, ecclesiam Sancti Huberti prelatorum pravitate nimia pau- 
pertate humiliatam et gravi debitorum pondère pressam a mille et quingentis libris solvit 
et substantiam monasterii strenue ampliavit. Ipse decimam de Buth acquisivit, quam 
ad quotidianum mandatum pauperum reliquit. Minutant decimam de Burs et decimam 
de Arlovania huic ecclesie restituit. Insuper ut ecclesia nostra in eternum a procura- 
tione advocati sit libéra, ab Henrico advocato obtinuit. Ilec et his similia laude digna 
peragens anno administrationis sue 14 in spe bona obiit kal. febr. ^. » (Fol. 68.) 

« RH., p. 585. 

• Le Gallia Christiana, a la vérité, fait mourir Guillaume le M des calendes de février, mais il 
semble qu'il y ait ici une confusion résultant de ce que cet auteur ou sa source a mal lu AH., (jui écrit : 
Anno adminislrationis suae 14 in spe bona obiit cal. febr. Le catalogue de Priim meulioiiné ci-dessus 
commet une autre erreur en fixant la mort de Guillaume au 1" janvier de Tannée 121i. 

» MGH. SS., t. XVI, p. t)64. 



LXIV — 



25. Thierry III de ^Waha (<21^, f < 3 juillet !242). — Nos sources 
s'accordent sur l'année de sa mort qui est 1242, mais varient sur le jour, 
que AH., suivi par le Gallia Christiania, place le 13 juillet et RH. le 
\*' mai. Dans ce désaccord, c'est à AH. et au GC. qu'il est prudent de 
s'en tenir. 

Le nom de l'abbé Thierry III revient souvent dans nos chartes, 
auxquelles je me borne à renvoyer le lecteur. C'est lui que l'empereur 
Frédéric H, par acte du 51 décembre 1214', cha?*gea de terminer les 
différends entre l'évêque de Liège et le duc de Brabant '. C'est à lui aussi 
que le pape Honorius III, par des actes du 21 mars 1217 et du 23 mai 1218, 
confia une mission du même genre entre les comtes Louis de Looz et 
Guillaume de Hollande V 11 est un épisode de la vie de notre abbé que je 
crois devoir signaler ici, parce que les chroniqueurs de Saint-Hubert l'ont 
ignoré et qu'aucun document historique de notre pays n'en fait mention. 
En 1213, Thierry III fit partie de la croisade contre les Albigeois et il 
accompagna Gui de Montfort, frère du célèbre comte Simon, au siège de 
Puy Celsi *, qui avait lieu pendant le mois de juin de cette même année *. 

26. Albert ni ^1242-1254. f 9 février). — AH. est très mal ren- 
seigné sur cet abbé. Suivi par Fisen et par le GC, il fait finir son 
abbatial en 1251, alors que nos chartes nous le montrent encore en 
fonctions à la date du 17 mars 1254. RH., qui connaît la charte du 
!"•■ février 1254 (n. st.) pour Baisy ', admet que l'abbé Albert 111 sera 

' VViNCKELMANM, A ctu ImpcrH inedita sœcuH XII, t. 1, p. 404 (Innsprùck, 1880). 

• MCmU., Epistolae iœcuH XIII, t. I, pp. 20 et 50. 

* Ville du déparlement du Tarn, arrondissement de Gaiilac, entre Albi cl Montauban. 

* « Dura haec agerentur a comité et illis qui cura eo erant, Guido de Monteforti, frater germanus 

comitis, cr.it in obsidionem cujusdam castrl quod dicitur Podium Cclsum in diocesi Albiensi. Habebat 

«' 
autem secum qucmdam abbatem Sancli Hubcrti in episcopatu Leodiensi ». — Pierre de Vaux-Cernav, 

Ilistoiiœ Simonis comitù de Monte Forli, MGH. SS., XXVI, p. 599. 

• Voyez plus loin, page 3i!i. 



LXV — 



mort avant 1256, mais semble croire qu'il est encore intervenu dans 
l'arrangement de mai 4255 avec Chaumont-Porcien au sujet de Uemau- 
court ', alors que le nom de l'abbé de Saint-Hubert n'y est pas mentionné. 
AH., qui fait l'éloge d'Albert Hl, écrit : « Jpse dotninus anniversario suo 
ohseifuio terram apud Piros in sui memoriam acquisivit \ » Je ne trouve 
pas de trace de celle acquisition dans nos charles. 

27. Rodolphe. E^ncore un abbé très mal connu. AH. se borne à 
supposer qu'il aura gouverné treize ans et place sa mort en 4264; il est 
suivi par toutes les autres sources. Le nom de l'abbé Rodolphe n'apparait 
jamais dans nos chartes; cependant nous voyons le 22 mai 1262 un abbé 
de Saint-Hubert, non nommé, assister à un acte émis par Henri le Blondel, 
comte de Luxembourg ^ Il en résulte tout au moins qu'à cette date il y 
avait un abbé légitime, sans qu'on puisse dire si c'est Rodolphe on son 
successeur Gulberl. En effet, dès le 26 janvier 126i, Gulbert lui-même 
était remplacé par l'abbé Thibaud, et AH. attribue à l'abbatiat de Gulbert 
l'invraisemblable durée de trente-trois ans (voyez ci-dessous;. Quoi qu'il 
en soit, l'abbatiat de Rodolphe doit avoir été notablement plus court que 
ne croit AH. Le nom de cet abbé ne parait pas avoir figuré dans l'obituaire 
de Saint-Hubert, puisque ni AH. ni RH. ne connaissent le jour de sa mort; 
peut-être a-t-il achevé sa carrière ailleurs. 

28. Gulbert (f 5 octobre, AH. *), est, comme le précédent, absolument 
inconnu clans les chartes de Saint-Hubert. AH., par une conjecture peu 
fondée, lui attribue trente-trois années d'abbatiat. Il écrit au sujet de 
Gulbert et de ses deux prédécesseurs : « IVola, optime lector, quod hotmm 
trium precedenlium annos prelalure distinctos non reperi. Ideo insimul in 

' Voyez plus loin, page 555. 

* AH., fol. 68, V». 

* Cartulaire de Houffalize, AIAL., XIV, p. 47, u<> 7i. 

* RH., p. 559, écrit 50 octobre; c'est évidemment une faute do copie. 



LX\I 



tnimerunt 50 antioriim calculavi, quitus insuuul pref uere successive. » iMais, 
chose curieuse, malgré celle déclaration d'ignorance, il croit pouvoir faire de 
ces cin(|uanle années trois paris, assignant neuf ans d'abbatial à Albert III. 
treize à Hoclolplie et trente-trois à Gulbert. (^eia fait un total, non de cin- 
quante, mais de cinquante-cinq ans, el forcerait AH. à faire commencer 
l'abbatial de Thibaud il en 1297, alors qu'il le fixe en 1281). Il y a donc à 
la fois contradiction et erreur dans le calcul d'AH. : contradiction pour la 
raison que je viens de dire, erreur parce que l'avènemenl de Thibaud eut 
lieu en 1202 au plus tard, el non en 1289. Il ne reste donc tout au plus que 
vifigt ans (1242-1202) pour les trois abbaliats dont il vient d'être question. 

29. Thibaud n (1262, f 29 décembre 1301). — Cet abbé portail 
déjà la crosse à la date du 7 mai 1262. comme il appert d'un acte conservé 
dans le cartulaire de Walcourl '. Dans nos chartes, nous le voyons instru- 
menter à partir du 20 janvier 1264 (n. si.) '. et le 19 mars 1299 nous le 
trouvons à Bouillon, aux côtés de l'évéque Hugues de Châlons^. Son 
successeur ayant été élu en 1302, au dire de AH., confirmé par une de nos 
chartes qui est du 3 septembre 1302 ', et lui-même étant mort, selon RH, 
le 29 décembre, c'est en 1301 qu'il convient de fixer la date de son décès. 

30. Jean III (1302, f 1er novembre, avant 1317). — La chronologie de 
cet abbatial a été singulièrement embrouillée par nos sources AH., suivi 
par Fisen, ainsi que le Fundalio, donnent à Jean 111 quarante-deux années 
d'administration et le font vivre jusqu'en 1344. RH,, suivi par Robaulx de 
Soumoy, ayant eu connaissance d'une charte du 11 janvier 1339 où Henri 
de Vyle apparaît en qualité d'abbé ", conclut que Jean 111 est mort avant 

' L. L&UAYE, Cartulaire de la commune de Walcourl, p. XXX. 

* Voyez plus loin, page 375. 

* Voyez plus loin, page 446. 

* Voyez plus loin, page 449. 

* Voyez plus loin, page 542. 



— LXVII 



celle date. Le GC. sVcarte de ses deux devanciers; il invoque une charte 
de i325 où Henri de Vyle est déjà abbé et Fisen le faisant mourir en 1344-, 
il conclut qu'où bien il faut couper l'abbé Jean en deux personnages., dont 
l'un aura gouverné avant et l'autre après cette date, ou bien Jean aura rési- 
gné longtemps avant sa mort. Au surplus, nos auteurs s'accordent à recon- 
naître que Jean gouvernait sous la date de < 330 et qu'en celte année il opéra 
le partage des biens de l'abbaye entre lui et les religieux. Là est l'origine des 
erreurs qui ont embrouillé la chronologie de l'abbé Jean III. J'ai montré ' 
que le document de 1350 est en réalité de Henri de Vyle, son successeur, 
et que ce dernier portait déjà la crosse le 2G mars 4317, sans qu'après cette 
date on ait la moindre preuve que l'abbé Jean IH aurait repris les 
fonctions abbatiales. Le dernier acte où il figure est du 23 juillet loil *. 

31. Henri de Vyle (1316, f 26 août 136o). — Voici, je crois, la 
plus longue prélature de l'abbaye de Saint-Hubert, puisqu'elle a duré un 
demi-siècle, et c'est, avec celle de Jean III, la plus embrouillée au point 
de vue chronologique. J'ai déjà montré que Henri de Vyle est abbé dès 
1316 et que les dales de 1539 et de 1344', qu'on a données comme début 
de son abbatial, sont erronées. Tout aussi inexactes sont les données 
relatives à sa fin. Selon AH., il gouverna jusqu'en 1371 ; selon Fisen et le 
Gallia Clirisliana, jusqu'en 1348 seulement. RH. allègue un diplôme 
d'Urbain V. en date du 30 mai 1364, et acceptant la résignation que Henri 
de Vyle fait de ses fonctions abbatiales *; mais ce diplôme, qui n'est pas 
scellé, ne reçut pas son exécution avant le 11 septembre de la même 
année, puisqu'à cette date Henri de Vyle émet encore un acte en qualité 
d'abbé Son successeur, Henri M de Lamontzée, apparaît pour la première 
fois dans nos chartes avec le titre d'abbé le 30 août 1366. Et comme le 

' Voyez plus loin, page 512. 

* Voyez plus loin, page 461. 

* RH., suivi par Robaulx, dit à tort le 5 juin. 



LXVIII 



nécrologe de Saint-Hubert nous a conservé le jour de la mort de Iknri de 
Vyle, qui est le !2G août (AH., Kll.) ', tt qu'il est peu probable qu'il soit 
mort en 13()6, puisque dans ce cas son successeur aurait été en fonctions 
dès le quatrième jour après sa mort, il en résulte que c'est bien le 
26 août 1365 que Henri de Vyle est mort. Esl-il resté en fonctions du 
i\ septembre 1564 jusqu'à cette date? C'est ce que nous ignorons. 

Cet abbé, que tous mes textes appellent Henri de Vielle et dont je n'ai 
pu établir la généalogie qu'au dernier moment, appartenait à la famille de 
Vyle en Condroz, qui se rattachait à celle des d'Hemricourt, comme en 
fait foi le petit crayon suivant * : 

Thomas D'IlEsmicounT, qui se disliiigiia à la batiiillc de Steppes 

1 \ ^ \ ^1 

Guillaume d'Hemricourt Gérard d'Hemricourt Thomas d'Hemricourt Robert d'Hembicourt 

DE Vyle de Crenwick 



Henri de Vyle Ottelet d'Ossogne Une fille, épouse de 
j ^1 (Walter) de Modave ♦ 

(Henri) de Vyle », Gérard de Vyle 
abbé de S'-Hubert. 

• Le GaUin Chrisliana dit : le 1" septembre (cal. sept.). Mais, cette fois encore, cet ouvrage ou sa 
source aura omis de reproduire les mots » V|I ante <> qui précédaient sans doute l'indication de cette 
date dans le nécrologe. 

• Jacques d'Hemricourt, Miroir des nobles de fleshaye, éd. Salbrav, p. 126; Lefort, Manuscrits 
généalogiques, 111° partie, verbe Hemricourt (aux Archives de l'Étal, à Liège), AH., note marginale, 
fol. 69, ainsi conçue : « Filius Henrici d. de Vile, comilatus iNamurcensis (in Condrusto) nepos 
Gcrardi de Hemcrcort, dicti de Vilhe, portail de guettes à la bande d'argent, aux lambelles d'or en 
trois pcndans en chef. Pronepos fuit Thome d. de Hemercourt, militis, ex filia d. de Huldeb[burg], 
militis, qui fut moult preu à la bataille de Stepes contre les Brabançons. 

° Jacques d'Hemricourt se borne à écrire, toc. cit. .• « Dédit Monss. Henry sont issus dois fils, assa- 
voir Monss. l'abbeit de Saint Houbicrt en Ardenne, quy fut un vaillant prélat, et Gerars quy fu sires 
de Vyle ». Jalheau, dans son édition du Miroir, p. 169, croit pouvoir, je ne sais pour quelles 
raisons, suppléer au silence de Hemricourt en donnant à noire abbé le nom de Lambert, et il est 
suivi par M. de l'Escaillb dans son article intitulé : Vyle et Tharoul {Bulletin de l'Institut 
archéologique liégeois, t. XVI, p. 497. ) 

• Sur Walter de Modave, dont Hemricourt ignore le prénom, voyez Balau, Modave, dans le 
Bullclin de la Société d'art et d'histoire de Liège, t. VHI, p. 46. 



LX1\ 



TROISIEME PARTIE. 

Des principes que j'ai appliqués dans cette édition. 

Je publie tous les documents que je trouve soit dans le chartrier, soit 
dans les cartulaires. et même ceux qui ne figurent dans aucun de ces 
recueils, quand ils présentent de l'intérêt pour l'histoire de l'abbaye. Le 
lecteur trouvera donc ici tout l'ensemble des actes relatifs à cette maison 
qu'il m'a été possible de recueillir. 

C'est assez dire que je n'ai pas cru devoir séparer les actes des prieurés 
de ceux de la maison-mère. Sans doute, les documents qui les visent se 
rapportent presque tous à des régions qui n'ont jamais fait partie de la 
Belgique ou qui ont cessé de lui appartenir, mais on se ferait l'idée la 
plus incomplète de la place prise dans nos annales par l'abbaye de Saint- 
Hubert si on ignorait l'intensité de son rayonnement et les multiples liens 
qu'elle a créés, au point de vue religieux comme au point de vue 
économique, entre elle et les provinces françaises voisines. Et puis, si les 
chartes des prieurés n'avaient pas trouvé place ici, où et quand auraient- 
elles été publiées? Elles auraient continué de rester ignorées, au grand 
détriment, je me le persuade, des aimales des départements de la Meuse, 
des Ardennes et de l'Aisne, pour ne parler que de ceux-là. Je sais bien 
qu'en les comprenant dans mon plan j'ai singulièrement multiplié les 
difficultés de mon travail, et qu'il m'a été pénible de m'orienter dans la 
topographie et dans la toponymie françaises; si je l'ai fait néanmoins, c'a 
été pour que ce recueil fût complet, et je crois que l'on ne me contestera 
pas mes droits à l'indulgence, si dans cette partie spéciale j'avais commis 
quelque erreur. 

D'autre part, pour réparer dans une certaine mesure les pertes que 



— I.\X — 



nous a fait essuyer l'incendie de H30, j'ai relevé, dans la Chronique de 
Saint-Hubert, lous les passages qui sont nianifeslemenl l'analyse de 
chartes lues par le chroniqueur à une époque où elles reposaient encore 
intactes dans le charlrier de Saint-Hubert. Ces passages sont reproduits 
dans mon recueil, à leur date chronologique, avec des caractères spé- 
ciaux, pour tenir lieu des documents disparus dont ils nous offrent la 
substance. 

J'aurais pu aller plus loin dans celte voie, et j'avais même noté, dans 
les divers documents qui ont passé par mes mains, tous les passages 
relatifs à des acquisitions ou à des échanges de biens qui pouvaient avoir 
donné lieu à la passation d'actes. Réflexion faite, je me suis décidé à les 
écarter, pour ne pas encombrer ce recueil de données auxquelles on 
aurait pu souvent, pour de bonnes raisons, contester le caractère diplo- 
matique, et qui en auraient, par conséquent, altéré le caractère. S'il 
en est resté une ou deux, c'est à titre tout à fait exceptionnel. Je n'ai 
pu me décider, par exemple, à biflfer le n» LXVI, où j'ai rassemblé 
tous les passages relatifs à l'acquisition du château de Bouillon par 
Otberl, me disant que la trace d'un événement si important pour l'histoire 
de l'abbaye de Saint-Hubert ne pouvait pas manquer dans le recueil de 
ses chartes. Et, si je ne m'abuse, bien m'en a pris, car le passage de Jean 
d'Outremeuse, que j'ai trouvé plus tard et que j'ai reproduit dans 
l'appendice sub LXVI, dit formellement que l'acte par lequel Henri V con- 
firma l'acquisition de Bouillon fut écrit sur un diplôme qui se conservait 
de son temps dans les archives du chapitre. Sans discuter ici la valeur de 
ce renseignement, je crois qu'il m'autorisait à laisser la mention de l'achat 
du château de Bouillon à la place que je lui ai donnée. 

Quel ordre fallait-il suivre dans le classement de mes documents ? 
L'ordre chronologique ou l'ordre des matières ? Ici, je l'avoue, j'ai hésité. 
Won projet était d'abord d'adopter ce dernier, qui est, comme on l'a vu, 
celui de l'Inventaire de 1730, et qui groupe sous une même rubrique tous 



LXXI — 

les actes relatifs à un même sujet. Cette méthode eût permis de distinguer 
les diplômes de la maison-mère et ceux des prieurés, lesquels auraient eu 
ainsi chacun son petit cartulaire particulier encadré dans le grand. Qui 
ne voit d'ici les avantages qu'y aurait trouvés le chercheur préoccupé de 
l'histoire particulière de telle ou telle localité, de telle ou telle institu- 
tion ? L'ordre chronologique n'aurait d'ailleurs pas été sacrifié d'une 
manière absolue, puisqu'une table ijénérale aurait pu présenter, à la fin du 
volume, le classement de tous les actes selon leur date. 

Si je n'ai pas donné suite à mon projet, et que je suis finalement revenu 
à l'ordre chronologique usité dans toutes les publications antérieures de la 
Commission royale d'histoire, c'est, je l'avoue, par timidité, et pour ne pas 
contrevenir le premier à une tradition presque universellement régnante. 
Mais je me hâte de dire que je m'en repens aujourd'hui, et j'ajoute que j'ai 
cherché à indemniser en quelque sorte le lecteur en présentant, dans 
la table des matières placée à la fin de ce recueil, le classement que 
j'eusse voulu adopter dans l'édition. 

J'ai été plus hardi en ce qui concerne la toilette de mes textes. Non que 
j'aie innové en quoi que ce soit, puisque mes procédés d'édition sont à 
très peu de chose près ceux qui régnent aujourd'hui dans le monde 
savant. Mais ils diffèrent tant des éditions antérieures de la Commission 
royale d'histoire, qu'il y a lieu de m'en expliquer. Chaque diplôme a été 
traité comme un ouvrage indépendant et décrit dans une introduction 
détaillée, rédigée chaque fois d'après un plan uniforme, dont voici l'ana- 
lyse ' : Un premier paragraphe fait connaître l'état de conservation de 
l'acte, dans son original et dans ses copies, et le lieu où on les conserve. 
Quand l'original existe, je me borne à signaler les copies qui se trouvent 
dans les cartulaires. Quand il a disparu, je décris toutes les copies et je 



' Voyez l'article 18 des Instrttclions pour la publication des textes historiques (Cohuission royale 
d'histoire, îi« série, t. VI, 1896, p. 12). 



L\XII 



travaille à reconstituer le texte au moyen d'une édition critique. On ne 
s'étonnera pas de me voir, dans cilles-ci, indiquer jusqu'aux variantes 
fournies par des textes imprimés, quand ceux-ci représentent des copies 
disparues, ou que je me sens obligé de justifier le texte que j'ai adopté de 
préférence au leur. 

Dans un second paragraphe, je fais connaître dans leur suite chronolo- 
gique les diverses éditions du document, ainsi que leur interdépendance. 
Le signe ^, placé entre les titres de deux éditions, marque que la 
seconde dépend de la première. 

Les observations générales sur le diplôme, sur son authencité, sur sa 
date, sur son histoire, trouvent leur place dans un troisième et dernier 
paragraphe. 

Pour la transcription des documents, je me suis conformé aux instruc- 
tions que nous avons arrêtées de commun accord à la Commission 
d'histoire et que je vais résumer rapidement : Je résous les abréviations; 
je complète par des lettres en italique les noms propres désignés par une 
initiale; je distingue entre l'i et le j, entre Vu et le v; j'emploie l'apo- 
strophe; je sépare les mots liés à tort; je ponctue selon les exigences du 
sens; la parenthèse à crochets [ ] désigne les parties de texte rétablies; 
la parenthèse à losange < > les parties que Je texte ne contenait pas 
mais aurait dû contenir, et que j'ajoute par conjecture; les lacunes du 

texte sont désignées par des points et les passages du texte omis par 

moi, par des tirets 

Pour les notes, elles sont partagées en deux catégories, groupées chacune 
dans un alinéa spécial, et imprimées en caractères différents. La première 
catégorie contient les variantes du texte, la seconde, le commentaire expli- 
catif. 

Enfin, les documents apocryphes et ceux dont je ne donne que l'analyse 
ont été imprimés en un caractère plus petit que les autres, pour permettre 
au lecteur de les reconnaître à première vue. 



LXXIII — 



L'identification des noms de lieux a été particulièrement difTîcile; 
plus d'un des vocables qui figurent dans la table placée à la fin de ce 
volume est un aTta; eîdtujisvov. J'y ai consacré tous mes soins et j'espère 
être arrivé à des résultats satisfaisants. Si quelques noms, en petit nom- 
bre, sont restés rebelles à mes efforts de déchiffrement, la très grande 
majorité m'a livré ses secrets, et j'ai lieu de croire que sous ce rapport 
le présont volume apportera une contribution appréciable à l'étude de 
la géographie historique de toute la région ardennaise, tant française 
que belge. On trouvera de temps à autre, dans les analyses, la forme 
ancienne du nom, au lieu de la moderne. En pareil cas, on voudra bien 
s'en tenir aux indications de la Table alphabétique placée à la fin de ce 
volume. Pour plus de sûreté, je crois devoir donner ici la liste des 
identifications non faites dans les analyses : 



Page 


xLvi, av.-d. ligne 


: Almonzée 


= Lamontzée. 


» 


68, 2 : 


Morhez 


— Morhel. 


» 


95, 24, 25 : 


Bettaiicourt 


— Belhancourt. 


» 


110, ii; 181, 12 : 


Fronteny 


= Frontiguy. 


» 


123, 20 : 


Ecry 


= Ecly. 


» 


143, 33 : 


Neufchef 


= Neuchef. 


)) 


185, 3; 261, IG : 


Vairoy 


= Lavalroi. 


)) 


202, i; 581, i : 


Ruth 


= Rupt-sur-Othain 


)) 


269, 15 : 


Spinois 


= Lépinois. 


» 


271, 1 : 


Val-Dieu 


== Lavaldieu. 


» 


288, 12; 307, i : 


Torote 


= Thourolte. 


» 


324, 19 : 


Delus 


— Delul. 


)) 


326, 4 et 5 : 


Flabeville 


= Flabeuville. 


» 


412, 24 : 


Reale 


— Rieti. 


» 


512, 15 et passim : 


Vielle 


= Vyle. 


» 


570. 12 : 


Jonvilîe 


— Jehonville. 



Je crois utile aussi de corriger ici, plutôt que dans l'Appendice, un 
certain nombre de fautes d'impression et d'inadvertances, provenant, en 

J 



LXXIV 



grande parlie, de la dJiFiculté qu'ont éprouvée les typographes à déchiffrer 
mon écriture. 



Page V, 7, 

» XXIV, 11, 

» XLV, 11, 

» 47, 19, 

)) 60, 32, 

» 67, 3 et 68, 
» 86, c, 

» 93, 29, 

» 110, 3, 

» 139, 28, 

» 169, 13, 

» 220, 6, 

» 228, 12 et 13, 

» 246, c, 

» 288, 17, 

» 320, 13, 

» 350, 24, 

» 377, 17, 

» 397, 9, 

» 436, 22, 

» 437, 10 et 27, 

)) 440, 4, 

)) 460, 35, 

» 468, 2 et 3, 



» 543, 11, 



au lieu de : 1264, il faut lire : 1261. 

» chronologique il faut lire : alphabétique, 
à partir d'en bas, il faut biffer le mot feu. 

» Theoderico, il faut lire : ïheoduino. 
» LXII, il faut lire : LXVI. 

3, » 25 août, i7 faut lire : 24 août. 

» Bosone de Wahart, il faut lire : Bovone de Wahart. 

» Hugcs de Mussy, il faut lire : Hugues de Sancy. 

» S. Anselmi abbatis; S. Vincenlii, il faut lire : S. An- 

selmi, abbatis Sancti Vincentii. 
» domini, il faut lire : Domini. 
le rappel (a) doit être placé ligne 15, après nos. 
au lieu de : LXVIII, il faut lire : CLXVill. 
à biffer. 

au lieu de : moitié d'Oisy, il faut lire : moitié de la dîme d'Oisy. 
^ » 1241, î7/auUire : 1484. 

» Jacques, sire de Cons, il faut lire : Jean, sire de Cons. 
CCXXIII, il faut lire : CCXIX. 
Domini, il faut lire : domini. 
Robert de Lépinois, il faut lire : Raoul de Lépinois. 
» wandcr, il faut lire : warder. 
» Ginnerey, il faut lire : Ginverey. 
)) ces filz seignour, il faut lire : ces filz, seigneur. 
» Hamont, il faut lire : Humont. 
il faut ponctuer de la manière suivante : des sissante, s'andoi les 
frères estoient mors, dedens le ville de Huy ensi ke desoir 
. est contenu et deviseit. Et tous ces dis couvens et chascun 

par ly ... 
au lieu de : dominon, il faut lire : Doniinon. 



» 
» 



LXXV 



Page 545, 24, il faut supprimer la virgule après Lamber. 

» 579, 8, au lieu de : \A . . , il faut lire : 1477. 

» GGO, 2" col. à l'art. Afflighem, j7 faut lire : dé[)end. de la commune de Hekel- 

ghem, province de Brahant, arrondissement de Bruxelles. 
» 716, 2* col. à l'art. Livarciiami'S, au lieu de : Limbourg, il faut lire : Luxem- 
bourg. 

Pour la chronologie, il faut remarquer la diversité des styles en usage 
dans les diverses contrées auxquelles se rapportent nos cliartes. l/abbaye 
suivait le style du diocèse de Liège, qui, comme l'ont établi des travaux 
récents ', commençait l'année à Noël dans les premiers siècles. A partir 
de 1250, le diocèse adopta le style de Pâques *, auquel il resta fidèle 
jusqu'en 1535 *; il revint alors au style de Noël, qu'il garda jusqu'à la fin 
du moyen âge. 

Le diocèse de Trêves, par contre, dans lequel se trouvaient les prieurés 
de Cons et de Sancy, suivait le style de l'Annonciation (2d mars). Ce style 
était également celui de toute la province ecclésiastique de Reims *, dans 
laquelle étaient compris les prieurés d'Évergnicourt et de Château-Porcien. 

Ce travail a été exécuté dans des conditions pénibles, à distance des 
archives d'Arlon. J'ai pu, sans doute, emporter chez moi les documents 
que je devais publier, et, grâce à l'inépuisable obligeance de M. Henri 
Michaëlis, archiviste de l'Etat, à Arlon, j'ai obtenu communication, à 
Liège, de tout ce qui pouvait aider à les élucider lorsque j'en connaissais 
l'existence. Mais que de fois j'eusse dû pouvoir faire moi-même, dans les 

* £. DE Marneffb, Styles et indictions suivis dans les anciens documents liégeois. Bruxelles, 1897. 
» E. DB Marneffe, op. cit. 

' HocsEM, Gesta pontificum Leodiensium, I, 1, dans Chapbavillb, t. FI, p. 274, Cfr. Stan. Bormans, 
Jean d'Outremcuse, Introduction, pp. cLXXVii et suivantes; A. Wauters, Table chronologique des chartes 
et diplômes imprimés, t. IX, pp. xxin et suivantes. 

* GiRY, toc. cit., p. 114. 



LXXVI 



diverses layettes, les reclierches nécessaires à mes lins, et combien de 
fois ces recherches bien dirigc'es ne ni'auraient-elles pas fait découvrir 
en temps utile le renseignement désiré ! J'ai, en partie, remédié au mal par 
des fréquents voyages aux Archives d'Arlon. Au surplus, je ne me suis 
pas fait faute de visiter, à l'inlention de ce recueil, les dépôts de Bruxelles, 
de Liège, de ^amur, de Luxembourg, de iMézières, de Coblence et de 
Dùsseldorf, ainsi que les collections Moreau à la Bibliothèque nationale de 
Paris, et le lecteur aura plus d'une fois l'occasion de constater que ces 
voyages n'ont pas été infructueux. Beaucoup de personnes m'ont donné 
des renseignements. Je crains d'en oublier dans l'expression publique de 
ma reconnaissance. Qu'il me soit permis de citer particulièrement ici 
MM. E. de Marnefle, chef de section aux Archives du Royaume; D. Van 
de Casteele et A. Hansay, le premier conservateur, le second conservateur 
adjoint des Archives de l'Etat, à Liège; E. Poncelet, conservateur des 
Archives de l'Etat, à Mons; L. Lahaye, conservateur des Archives de l'Ëtat, 
à iNamur; A. Oger, bibliothécaire de la ville de ISamur; J. Vannérus, 
conservateur adjoint des Archives de l'Élat, à Anvers; Kuppert, archiviste 
et secrétaire général du Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg; 
L. Demaison, archiviste de la ville de Reims; Souchon, archiviste de 
l'Aisne; Laurent, archiviste des Ardennes; A. Delescluse et J. Halkin, 
chargés de cours à l'Université de Liège; St. Bormans, président de la 
Commission royale d'histoire; le chevalier C. de Borman; le baron de 
Chestret de HanefiFe, membre de l'Académie royale de Belgique. 

Je veux mentionner encore en bonne place M. le chanoine Roland, 
dont la solide et impeccable érudition m'a aidé à résoudre plus d'un petit 
problème de toponymie ou d'histoire, et dom U. Berbère, qui ne m'a pas 
procuré moins de quatre chartes inédites publiées par moi sous les 
n^^ CCLXXVII, QCLXXVIII, CGLXXIX et CCLXXX. A tous j'adresse mes 
sincères remerciements. 



Lxxvn — 



Note complémentaire (voyez ci-tlessus, page xxxiid. — De nou- 
veaux renseignements que veut bien me communiquer M. Ruppert, il 
résulle que le fait de l'envoi des archives de Saint-Hubert à ÎS'amur sous 
le gouvernement français est avéré. Voici ce qu'on lit dans un rapport 
adressé le 30 juillet 1827 par le Gouverneur de la province de Luxem- 
bourg au iMinislre de l'Intérieur : « On peut dire que les archives sont en 

ordre, à quelques rares exceptions près; celles-ci se rapportent à 

Saint-Hubert. Les pièces de ce dernier élablissement, transférées à ISamur, 
ont été renvoyées à Luxembourg il y a quelques années. Un vérificateur 
des domaines s'est occupé depuis à les dépouiller : sept cent et dix dossiers 
étaient inventoriés, lorsque le travail a été interrompu il y a à peu près 
trente mois, sans avoir été repris ». Et, le 12 septembre 1835, un arrêté 
de la Commission du Gouvernement s'exprime comme suit : « Considérant 
que les titres et papiers provenant de l'abbaye de Saint-Hubert et envoyés 
de Namur à Luxembourg après la réunion du district de Marche au 
Grand-Duché • se trouvent déposés en partie au grenier de l'hôtel de ville, 
d'où il importe de les retirer au plus tôt ». 

* En 1818. Voyez ci-dessus, page xxxiii, note 2. 



I. 



Pépin d'Herstal et sa femme Plectrude donnent à suint liérèqise le château 687. 
d' Ambra avec ses dépendances pour y fonder un monastère. 

Jupille, 13 novembre 687. 

Pièce écrite par une main du XII' siècle au fol. 89 verso du manuscrit n" 5 de la Bibliothèque de la 
6 ville de Namur (A). — Deux copies authentiques de 1688, aux archives de l'État à Arlon (B, C^ — 
Antiquilas Ecclesiae Andagincnsis, dans le Manuscrit 19651 de la Bibliothèque royale de Bruxelles, 
p. 5 (D1. — Une copie du XVIIl" siècle dans le Manuscrit 18685-94 de la Bibliothèque royale de 
Bruxelles, sans pagination (E), — Une copie du XVIh siècle aux archives du presbytère d'Ambcr- 
loux, u" 75 (F). 

10 Factuni pour prouver l'indépendance et la neutralité de la terre de Saint-Hubert en Ardenne, IT^l , 
in-4", sans lieu d'impression, p. 88. = Jbantin, Chroniques de l'Ardenne et des Woëpvres, t. I, p. 517. — 
MiRAEus et FoppENS, Opéra diplomatica (1723), t. Il, p. 1125 d'après B ou C). = Bréquignv, Diplo- 
mata, p. 508. = Pakdkssus, Diplomata, t. Il, p. 203. (Migne, Pntrologia lalina, t. LXXXVIII, 
col. 1215.) — Antiquitas Ecclesiae Andagincnsis, dans de Reipfenberg, Monuments pour servir à 

15 l'histoire des provinces de Namur, de Uainaut et de Luxcmbounj, t. VIII, p. 8 (d'après D). — Monu- 
menta Germaniae Historica, Diplomata Merovingorum, p. 209 (d'après A). — Annales de l'Institut 
archéologique du Luxembourg, t. III, pp. 195 (d'après F) et 286 (d'après B ou C). 

Ce diplôme est manifestement apocryphe. Il a été fabriqué sur la base d'une légende déjà 
consignée au X« siècle dans le Vita Beregisi, c. 1 (Acta Sanclornm, tome I d'octobre, pages 524 et sui- 

20 vantes); lui-même a été ensuite consulté par l'auteur de la Chronique de Saint- Hubert (Robaulx de 
SoDMOY, c. 1, p. 221 ; MGH. SS. VIII, c. I, p. 568), qui lui a emprunté en partie ses expressions. Il ne 
parait pas qu'il en ait jamais existé à Sainl-llubert un texte plus ancien que A; V Antiquitas Ecclesiae 
Andagincnsis, pp. 7-8, dit que l'original est perdu, et le manuscrit de Namur porte en tête une feuille 
de papier sur laquelle on lit cette note : « Ce manuscrit doit eslrc conservé dans les archives sans en 

25 sortir, à raison que le tiltre de nostrc fondation faite par Pcpîn d'Herstal s'y trouve inséré au 
feuillet 89 verso ». De plus, les deux copies de 1688 sont ilites prises l'une et l'autre sur un texte 
conservé • dans un livre en parchemin qui se garde en l'archive de Saint-Hubert » et qui n'est autre 
que A. — Voyez G. Kcrth, Les premiers siècles de l'abbaye de Saint-Hubert (Compte hendu des séances 

i 



— 2 — 

687. DR Li Commission RoVàLB d'uistoire, S' série, t. VIII, J8l>8), et cfr. Louvkex, Recueil conttmmi h-x 

édits et rèylemtnts faits pour le pays de Liège, nouvelle édition, t. iV, pp. 5iOH et 209. 

InCIPIT EXEMPLAR DONAUONIS CASTRI AmBRA CUM APPENDICIIS 
PER PlPlNUM HeRISTALLUM FACTÇ. 

In nomiDe sancle Trinilatis. Oninis sublimitas terrena divine ordinationi omnimodis 5 
débet esse siibjecla. Eapropter, ciim supreinus celi lerrçque Dominus, qui bonorum 
noslroruni non eget, mirabili (amen in me boniiate castrum Ambra, Amberlaccnsis 
fisc'i caput, sctiedula e cçlo prodiijiose dclapsa in servorum suoruni patrinionium 
dignatus sit eligere, ego Pipinus, iiluslris Anchisi (iliiis, cum illustri matroiia inea 
Pkcirude, noliim facio omnibus prçscniibus et futuris quod prediclum diiionis meç iO 
castrum, ab Ardennç principatu avulsum, cum limilibiis et conliniis infra designatis, 
ita omnipoienti Deo coritradidi, sicut etiam in porsona vcnerabilis Beregisi et sucoes- 
sorum ejus trado, ut nibil juris, dominii aut cujusiibet aulhoritaiis mibi aut successo- 
ribus meis inibi leservem, qualinus sit solius Dci et ipsius vera posscssio ei soli 
subjccla; eo snne fine ut çcelesia et cellç ibidem inenncianter construantur, ad laudes 15 
Allissimi a servis suis die nocluque decantandas. Ut antem bec mea donatio nulla 
valcat cavillatione violari, nullo avariliç studio resecari, nulla vi aut maliiia periurbari, 
noverint universi bac donationis karta contineri totum teriç traelum conslrictum inier 
lapides, metas et fossas in prçsentia filiortmi et procerum meorum designatas : inter 
divisiones ad meridicm ; ad orientem inter Mollem Campellum, Campilonem et 20 
Haielum ferrcum monlem ; ad aquilonem inter Nasaniam et Awannam Tabule 
fonianam, ad occidentem fluvium Lumnam et rupem Sulmoniensem, scilicet cum 
banno, omni justicia, prçioriis et earum appendiciis, cum omni jure et censu, tam 
in denariis quam avenis, cum teîoneo, mercato et suis appendiciis, cum jure morii- 
menti, et omnium accolarum advocationis ad fisci dominici opéra in abceptç libertalis 25 
signum, cum decimis ad me spectaniibus et omnibus possessionibus, terris pratis 
pascuis aquis, cum farinariis, cum silvis villis et viliulis, cum mansis mansionibus- 
familiis libertis et mancipiis, cum gregibus et armentis. Quam donationem sic Deo 
factani ac etiam in presentia illustris Plectrudis fîliorum curialiumque meorum ratani 
et lîrnialam etiam in mandiburnium meum suscepi, posterisque meis tommendo ui 50 
stabilis sit. Hic est vero sehedulç cçli lenor : « Hic locus a Deo electus ad salutem 
animarum multarum terra sancia esl, valde magnificanda, scrvorumque Dei patrimo- 
nium, quod augebitur pt a potestatibus protegetur; varie tamen tribulabilur. Qui vero 
hune locum vexaverit, sic in radiée marcescat ul in ramis non florescat, aut ultriees 
ultionis eterne pçnas suslineat ». 35 

Actum publiée in palatio Joppiliensi, idibus novembris, anno incarnationis Domini 



— 3 — 

DCLXXXVII '. Mis interfuerunt quorum iiotnina subscripla surit : Illuslris Pipinus, 687-72». 
illustris Plectrudis, Drogo fîlius, Grimoaldus filius, Hubertus cornes, Sisiberlus 
cornes, Godefridus cornes, Chudbertiis, Chaiibaldus, Cosmarus, Winetharius, qui 
subscripserunt. 



11. 

5 Le comte Grimbert donne à l'abbaye des vignes situées au pays de Trêves. 

725, 
Charte disparue. 
Vita Hcregisi, prologue, 3, dans Acta Sanctorum, t. I d'oclobre, p. 521. 

Conligit chartam reperiri, quae sub cuslodia ecclesiae reservatur reposita. Haec 
10 nanique sub ipsius veuerabilis abbatis tempore ipsius nomine data est a quodam illius 
(emporis comité, nomine Grimberlo ^, et per ipsam donatio vinearum Treviris, quae 
adhuc in jure monasterii retinenlur, facta ^. Cum ergo hanc discuterem et pro diffîcul- 
tate barbaricae scripturae non facile penetrarem, adverti in ultîmo quod ipsa proporiebat 
in quinto anno Theoderici régis * se editam fuisse. 

15 ' Adolphe Happart, qui n'a pas connu ce diplôme et qui rapporte la fondation de l'abbaye d'après 
la Chronique, la place en 692 (manuscrit de l'Université de Liège, 229 (ancien 18), fol. 13 et 59 verso). 
Il ajoute : « Tradidit etiam beato viro (Pipinus) mansos 50 cum capella de curte suâ, et dccimam de 
omni indominicato ad eandem curtera Amberlacensem pertinente, conditione mcdia quod ecclesia 
semel in anno in die Michaelis forestarios pasceret ». Op. cit., fol. 60. Sur cette tradition, voyez plus 

20 loin le diplôme du comte Henri de Laroche en 1152, qui invoque lui-même les annales de Saint- 
Hubert : » sicut in annalibus ecclesie inventum est constitutum fuisse tempore Pipini ducis ». 

* Un comte du palais du nom de Grimberchtus est mentionné dans une charte datée de la 
16'»'= année de Childebert III (710); c'est sans doute le nôtre. Voyez Pardessus, Diplomata, II, 
p. 287 ; MGH,, Diplomata Merovingoriim, p. 70. 

23 » Adolphe Happart (Manuscrit de l'Université de Liège, 229 (ancien 18), fol. 60 v"), écrit à ce 
sujet : o Quae fuerint hae vineae et quis cas ecclesiae abstulerit non satis compertum habeo, nisi illas 
quas in Lizura ecclesia possidet existimamus, quas taraen a Walcando Leodiorum pracsule habemus. » 
Ajoutons qu'il y a cinq bonnes lieues entre Trêves et les vignobles de la Lieser donnés par 
Walcaud, peut-être en remplacement de ceux de Grimbert, que l'abbaye aura reperdus au cours du 

50 VII1"> siècle. 

* II s'agit de Thierry IV (720-737). L'auteur du Vita Beregisi, il est vrai, pense à Thierry UI 
(670-691\ mais cette hypothèse, d'après laquelle il faudrait placer la fondation du monastère en 675, 
est incompatible, non seulement avec l'histoire de Pépin d'Herstal, mais encore avec la date tradition- 
nelle de 687, qui est elle-même trop haute encore. 



805-817. 



— 4 — 



m. 

H akaudj évêqtte de Liège, donne à l'abbaye l'église de Bure en Famenne. 

805. 

Charte disparue. 

Trace dans le diplôme d'Henri I", évéque de Liège, de 1079, reproduit plus loin. 

Il ne semble pas possible de douter de ce renseignement. Repris dans un document diplomatique, S 
il parait bien avoir une provenance de même nature, cl on ne s'expliquerait pas autrement la 
précision de sa date. De plus, il faut remarquer que Bure, avec son église, était située sur le ban 
de Tellin, et que Ttllin est mentionné, dans le diplùmc qui suit, parmi les localités qui appartenaient 
déjà à l'abbaye avant 817. Il n'est donc pas interdit de croire que l'auteur du diplôme de 1079 avait 
sous les yeux l'acte de 805. 10 

Apud villani Burs in pago Falmeniensi mairem constat esse ecclesiam propriani 
beati Huberli, cujiis omnimodam dtcimam a tempore Walcaudi pontificis sine ulla 
inquietudine et calumnia per annos fere ducentos septiiaginta quatuor in omnibus 
finibus suis praefata ecclesia beati Huberti lenuit. 



IV. 

fValcaud, évêque de Liège, remplace les chanoines réguliers d'Andagina is 
par des moines bénédictins, et fait des donations à l'abbaye. 

817. 
Charte disparue. 

Fragment conservé dans la Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 8, p. 226; MGH. SS., t. VIII, 
c 4, p. 870). 20 

Outre le fragment qu'elle reproduit textuellement, la Chronique a extrait de ce diplôme d'autres 

détails. Elle nous apprend d'abord qu'il est de 817 : « nam commutato ordine clericali, anno incaroa- 

--, ^'|W tionis dominicae octingentesimo septimo decimo, quarto idus augusti, in die sancti Laurentii mar- 

tM P ' ' tyris, monachorum ibi religionera constituit, dispositis eis possessionibus, et legaliter confirmatis in 

lONAy posterum, quae sufliciant usibus ibi Deo servientium. » (Robaulx, c. 5, p. 224; MGH SS., t. VIII, 25 

c. 5, p. 569). Elle nous apprend aussi la double source des libéralités de Walcaud : « quibus posscs- 
¥ •\^ sionum redditibus vel ex proprio fratrisque sui Erchengoldi (a) patrimonio, sed et ex casamentis a 

' »' 

(a) Correction pour Erchengoldi des manuscrits, qui est manifestement fautif. Erchengoldus est une 
transcription romane pour Erchemcaldus, qui équivaut à ErctUnoaid, nom d'un maire du palais au 
VUI' siècle, et en français à Archambaud. 30 



— o — 

quibusdam subtractis saecularibus subsidium vivendi tam posteris qtiaiii praesentibus perpetuo habcn- 8i7, 

durii procuravcrit, si quis iiosse voluerit rclcctis auctoiitalis cjus privilegiis plcnalitcr addiscere 
poleiit. Quac privilégia licel ex niagnac devolionis affcctu coiididisse viderclur, nioroso tuinen consilio, 
et sacpius V4Uililalfi, assensu cleri et senatus, et quorumcumque nobilium et sapientium Lcodiensis 
5 ecciesiac, scd et consuitu inetropolitaiii siii Coloniensis liildeboldi puiitidcis, auctoritate etiam Leonis 
romani pontificis et atlcstatioiie Luduvici piissimi impcratoris filii niugiii Caroli ea condidit et canonica 
confîrniationc roboravit ». [Cfr. Gilles d'Obval, Gesia episcoporum Leodiensinm, II, 3J- [MGU. SS., 
t. XXV, p. 48), qui ajoute après avoir reproduit ce passage: o quae (se. privilégia) iisquc in hodier- 
num diem cadcin ecclesia reserval ». Mais lui-même ne cite notre diplôme que d'après la Chronique, 

10 et avec les expressions de celle-ci.] Enfin, la Chronique ajoute, inunédiatement après son extrait du 
diplôme de Walcaud : t llarum possessionum maxima pars huic ecclesiae jamdiu dcperiit, non soluin 
violentià saccularinm, sed etiam episcoporum Leodionsium ». 

Le passage ci-dessus de la Chronique |lcg;tlit(T con(irmalis), confirme par Jonas, Vita smicti Huberti, 
IV, 30, dans Acta Sanclorum, t. I de novembre, p. 817, montre bien que le diplôme de Walcaud est 

15 de 817. Cette date résulte aussi de l'approbation demandée au pape Léon III (-J- 12 juin 816) par 
Walcaud pour sa fondation future, qui devait être tout au moins imminente. D'après Gilles d'Orval, il 
est vrai, le diplôme lui-même aurait été confirmé par le pape : « testantur privilégia a papa Leone et a 
nictropolilano llildcboldo Colonicnsi et Ludovico, fiiio Karoli imperatoris confirmata <>. Mais Gilles 
d'Orval parait avoir mal lu la Chronique, qui est ici sa source, et qui ne dit rien de pareil. D'ailleurs, 

20 aucune date n'était mieux cboisic pour faire des libéralités à l'abbaye que celle de sa rénovation. 
Sans prétendre dater le diplôme du jour même de l'inauguration, on a le droit de le placer anx 
environs de cette date. 

El, ut aliqua ex eisdeni privilegiis interponamus : ReS, iuquit, vel pOSSeSsioiies quae ad 

eundem locuin deputatae haclenus fuerunt, jure firmissimo delegamus, id 
25 est Aprovilia, Lotvilla ', Nelina (a), Palaliolum, Gamedella, Telins, Lester- 
niuis *, Ruvoriia, Fandilionis (6), Gabelium, Anseromia, Rumendinis et 
ecclesias Melsini, Martilinges, Bullaidas^ cum omnibus appenditiis suis. 
Simiiiter etiam consensu fratrum nosirorum concessimus et permanere 
volumus eidem cellae alias res ex rébus ecclesiae noslrae quae videlicet 

30 (a) r, Robaulx et MGH. lisent Nelma; 1** el Martène et Durand parlent Nelina à cause de la confu- 
sion dans l entre in et ni d'une part, et m de l'autre. — (6) 1*, suivi par Robaulx et MGH., lit à tort 
Frandiliouis;;e suis la leçon de I** et de Martène et Durand. 

• Louille, près de Rechrival (Tillet), village détruit postérieurement à 1689. (Annales de l'Institut 
archéologique d'Arlon, t. 11, p. 171).) Ce village était en 1315 (Lamprecht, Deutsches Wirthschaflslehen 

35 im Miltclalter, t. III, p. 379^, et encore en 14G9 le siège d'une mairie de la prévôté de Bfstogne, en 
la terre d'Ardenne (Publications de Clnstitut R.-G.-D. de Luxembourg, t. XXXVI, p. 26(>), et avait 
en 1269 son curé, qui signait Philippus investitus de Lupivilla. 

* Lesterny, ainsi que Vivegnis, mentionné plus loin, furent perdus par l'abbaye vers la fin du 
XI' siècle, grâce à la faiblesse de l'abbé Thierry 1«', qui se laissa circonvenir par des intrigants, dit la 

40 Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 67, p. 272; MGH. SS., t. VIM, c. 52, p. 595). 



— () — 

B17. non iiidominicalue sed in beiiulicio conslitutae i'iierunl, \i\ est TtMVonia, 
Teuletluni, Marlida, Aidaiiium (a) ', Alventium, INenlina, Floiias, Wouuo- 
niurn, Ârduanium, Bractis quae alio nomine nuiicupatur Kpiscopi villa, 
Lisura, Kvernicorleni. Sulpiaciiin, INogarias, nulhesaim, vineas 1res in 
Castro Hoii. niansionem unam apud Leodium a nobis constnictain, nccnoii li 
et vineani unam cuin inanso ad se pertinente in territoi io Leodiensi nun- 
cupato Viugnis (6), cum omnibus appenditiis suis. 

iiem in (odem priviie{,'io posi pauca Divino, ut ciedimus, consilio et nostroi'um 
fidelium cunsensu tradimus jam praefatis monacliis omni anno de argento 
libras viginti, ac decimam de caseo ex omnibus villis nostris indominicatis lo 
et de tribus villis decimam vini, videlicet de Goganheim et Berthahem 
atque Cuverono (c) '. Fost haec duas addimus eis, seilicet Tavernas et 
Ernau, ut omnia regulariter viventes ibi in victu et vestitu satis habun- 
deque baberenl. Ista omnia coram clericis et laicis nostris in eorum 
privilegio cedimus et permanere cupimus lam nostris quam successorum 15 
temporibus. Postquam ergo ista gratia Dei rationabiliter a nobis per 
omnia ordinata ad aures impériales devenissent, magno gavisus est 
imperator gaudio, coenobiuui Suguilis nomine, in quo dicatae Deo erant 
moniales, partibus sanctae Mariae et sancti Lamberti cum omnibus suis 
appenditiis tradidit jure (irmissimo, ut episcopatus Tuiigrensis sedis in 20 

(a) Aldamuni les éditions. Mais le manuscrit permet de lire aussi bien Aldauium, qui est d'ailleurs la seule 
forme admissible comme il résulte de la note 1. — (6) Vingitis 1** et MGH, Inugilis Marlène et Durand. — 
(c) Canerono les éditions. Voyez la note 2. 

' VAntiquitas, suivie par Robaulx et par MGH., ne peut avoir proposé qu'en désespoir de cause 
Aye, qui ne répond ni à Aldamum ni à Aldaniuin. 11 s'agit d'Odet (Bois-et-Borsu), 'dans la province 23 
de Liège, qui s'est appelé jusqu'au XVII" siècle Oudain, Odain, et qui est contigu à Avin (Alventium) 
avec lequel il est toujours associé dans les archives de Saint-Hubert. 

• o Ubi sitac sinl cae viilae non scio, suspicor in Mctensi terrilorio, in quo sila est Bertebcim quae 
cum aliis praediis in codcni sitis et ad ecclcsiam Lcodicnscm spectantibus, in convcntu Waremiae 
anno MCCXXVII mense junio celcbrato pcrmutationis titulo cessit ecclesiae Metensi. » Antiquitas 30 
Ecclesiae Andaginenxis. Cuverono est Cobern-sur-la-Moselle (Kreis Coblenz), Berthahem est Bcch- 
thcim (Grand-Duché de liesse, Krcis Wornis). Sur ces Identifications, voyez G. Kubth, Les premiers 
siècles de l'abbaye de Saint-Hubert (Compte rendu des séances de la Commission royale d'histoire, 
b« série, t. Vlll, p. HOj. Quant à Goganheim, qu'il faut probablement lire Boganheim, c'est sans 
doute le Butheheim (Bucheheim?) d'une charte de 965 (necueil cité, A'^' série, t, VII, p. 273), et le 35 
Bocheim de 1070 (Carlulaire de l'église Saint-Lambert de Liège, t. I, p. 38), qui, à la date de H43 et 
de H89, est appelé <« in episcopatu Gormatiensi Bokenheim » (Ibidem, t. I, pp. 67 et Hl). 



- 7 — 

nullo minorari viderelur pro rébus quas Dei servis in monasterio pracfalo 8i7-«i8. 
concessimus, et insuper ad praefatam celiani quamiiam silvam quaedicilur 
Wangisisus mons ' tradidit, eamdemque legalem traditionem imperiali 
privilégie (irmavit et signavit. 



V. 

5 L'empereur Louis le Débonnaire fait don à l'abbaye de la forêt 

de Wangisisus mons. 

817. 
Charte disparue. 

La seule trace que nous en ayons se trouve dans la charte ci-dessus n» IV, à la dernière phrase. Il 
10 faut remarquer que Robaulx, qui n'a pas lu le texte avec assez d'attention, se trompe, page 33, en attri- 
buant la donation de Louis le Débonnaire à VValcaud, et cette erreur est reproduite par M. Wautkrs, 
Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, t. I, p. 1 52. 



15 



VI. 

iValcaud, évèque de Liège, donne à l'abbaye ses biens d'Évergnicourt 

et des forêts à Ecly. 

828. 



Pièce sur parchemin, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, E. 5. Écriture 
du XV 11« siècle. Au bas se lisent ces deux noms : M. Mollinctte et L. Candos. Sur la chemise : « Enre- 
gistrée au registre fol. 1 ». — Copie de celte pièce authentiquée par le notaire Dandoy, le 7 octo- 
bre 1774, Ibidem. 
JO Document apocryphe, fabrique d'après la Chronique, et en partie avec ses expressions. Cette pièce, 
qui n'a jamais été invoquée et qui parait de date récente, est mentionnée dans V Inventaire en ces 
termes : o Pour le bois du prieur à Eccry dit à Vauxla-Ville ». 



* Dans le manuscrit de VAntiquitas Ecclesiae Andaginensis, on lit dans le texte, à l'endroit où il est 

parlé de la donation : a an forte Bagimont? • et dans la note : « Potius dicerem Bensimont •. 

25 M. Wauters, Table chronologique, t. I, p. 152, traduit par Wagimont. Mais ni Bensimont ni Wagimont 

n'existent, et il semble bien qu'il faille penser à Bagimont, où l'abbaye posséda jusqu'à la fin les 

deux cinquièmes de la dime. Voyez Y Inventaire, layette 1 3, page 89. 



— 8 — 

848-841. In (lomino saiicte Trinitatis amen. Omnibus lias visuris salutem in Domino. 

Noverinl univers! qiiod ob devotionem qiiam habeo specialem erga monasUrium 
Andaiiium qiiod desolalum a fundamentis reedificavi et reliquiis sancii Huberli 

Chronieon decoravi, approbaute sanctis3imo Leone papa et Ludovico iinperatore filio Caroli Magni et ex Con- 
iancH Huberti, scnsu frairis mei Krenholdi et nepotum meorum Pasiradi et Waldrici, ego Walcandiis 5 
e. 8(4). episcopns donavi prefate ecclesie quidquid mihi competit in Evernicort cum novem 
jornalibus silve in Ecry ad Axonam sitis que mihi semper duos denarios census 
pro virga pcrsolverunt et persolvunt, et aliis insuper deeem quartariis allodialibus 
siive in Corno fossa obductis, ac deeem quartariis terre l'ère contiguis in eodem 
terrilorio sitis, que a bone memorie Isembaido comité consanguineo meo emi, nihilque 10 
prefalorum bonorum in manu meo reiineo, sed omnia ecclesie predicle absolule 
iii pcrpetiium possidenda relinquo. Quod ut raluin inconvulsumque permaneat meo 
fratris ac nepotum chirograplio muniri feci. Anno a Nativitate Domini octingentesimo 
vigesimo oclavo régnante Ludovico imperatore. S. Valcandi episcopi, S. Erenholdi, 
S. Fastradi, S. Waldrici, S. Elinandi •, S. Arnaldi, S. Cononis. 15 



Vil. 

Le comte Eudes donne à l'abbaye ses biens de Bonnerue et de Bougnimont, 

ainsi que l'église Saint-Ouen, à Tillet. 

841. 
Charte disparue. 

A. Miracula Sancti Huherti, II, 8, dans Acta Sanctorum, t. I de novembre, p. 824. 20 

Anne incarnali Verbi octingentesimo quadragesimo primo, succedente in regnum 
patris Karolo Ludovic! filio ', cornes Odo, ex rébus suis transiloriiS affectans sibi 
commodum aelernitalis, Bonotrivum et Bononis montem et ecclesiam qiiae est in 
Tilalio in honore sancii Audoeni, sub venerabili abbate Sevoldo, adstantibus et- 
laudantibus Harchario, Goderanno ^, Beremundo nepotibus ejus, ecclesiae sancii Pétri 25 
sanctique Huberti pro animae suae remedio legaliter tradidit. 

' Eliiiand est le nom de l'cvêqne de Laon qui, en 1071, fit don de l'église d'Évergnicourt à l'abbaye 
de Saint-Hubert. (Voyez plus loin, n» XXXI, page 38.) 

' Le synchronisme est exact, mais il est remarquable qu'on parle ici de Charles le Chauve et non 
de Lothaire à qui le parlée de Worms en 839 avait attribué le pays, et qui ne cessa d'y être le 30 
maître avant comme après le traité de Verdun. 

• Sur le châtiment miraculeux de celui-ci, qui voulut plus tard reprendre à l'abbaye les libéralités 
de son oncle, lire la suite du passage cité. 



- 9 



D. Nomina benefaclorum, dans de Reiffenukhg, Monuments pour servir à l'histoire des province» 
de Nainur, de llninaut et de Luxembouri/ , t. VIII, p. 55. 

Odo cornes Bonolrivuin et Bonoiiismontein ol ecclesiam quae est in Tyliacio hiiic 
ecclesiae Icgaliier tradidit. 



VIII. 

s Le comte Etienne, pour dédommager Vat)ba\je de la fondation du château 
de Mirwart, lui donne la moitié de la terre de Chauvency. 

953. 
Charte disparue. 

A. Miracula Sancli Hubcrti, II, % 20, dans Acla Sanctorum, t. I de novembre, p. 8"27, 

10 Do ce passage, il existe à la Bibliothèque nationale de Paris, collection Moreau, t. VI M, p. 165, une 
copie authentiquée en 1789 d'une autre copie, authentiquée en 1708, qui est intitulée : Extractum 
ex leclionibus quae per octavam festi sancti Iluberti Icgi consuevcrunt in ecclesia seu monastcrio 
ejusdem sancti dcscriplis in magno codice membranacco velusti characteris. 

Anno incarnalionis dominicae nongentesimo quinquagesiino quinto, imperii autem 
13 Oltonis primi viccsimo, cornes Stephanus dcdil Andaginensi ecclesiae legali dono 
quicquid sui juris erat in Calvenciaco, et hoc praesente Brunone arcliiepiscopo Colo- 
niensium et Baldrico ponlifice Leodiensium. Cujus cum essel erga beatum Hubertum 
affecius magnae dileclionis, ul corpus ejus ad praediclum fiscum deferreiur ab abbate 
Alberto et fratribus obtinuil, ibidemque illi veslituram ejusdem allodii coram Raginero 
20 et Gisleberlo comitibus mullisque regni principibus publiée firniavil '. 

B. Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 9, p. 228; MG/I. SS., t. VIII, c. 5, p. 571). 

(Adelardus abbas) quartam pariem Calviciaci fisc! a quodam nobili Roberto émit, 
cujus oninimoda (a) medietas ab aniiquo erat ecclesiae, donata sibi pro salisfactione a 
Stepliano comité, eo quo castellum Mirvot violenter et injuste firniasset in ecclesia :>tica 
23 possessione. 



955. 



(a) Martène et Durand et MGH. lisent à tort oinniniodo. 

' Le texte cite continue en racontant le châtiment miraculeut de Frédéric, frère du duc Thierry, 
qui'périt pour avoir essayé d'enlever ce bien à l'abbaye. 



— «0 — ^ 

iOO(i. C. Archives de l'État à Arlon, fonds Saint-HulxTl, feuille volante, d'une écriture du XVII» siècle, 

avec la note suivante : « Collation faictc de cet orifçinal a certain gros livre en parchemin avec cou- 
verture de cuire sur l)ois, commençant par le calendrier, suivant après le marlyrologium etc., auquel 
entre les commémorations qui se font annuellement en l'abbaye de Saint- Hubert se trouve soubs le 
mois d'apvril celle que dessus, et trouvé concorder audit livre par nous commissaire et adjoinct soub- 5 
signez. L. Goilez, G. Van Hooff. • 

lill idiis aprilis. Coniriienioralio W'allori monaclii nnstrae congrcgiilionis. El Stephani 
nioiiai'lii noslrae congn gaiionis. Hic tit injuste lirmavii Mirvol super allodium hujus 
ecelcsiat', posiea judicio Dei percussus paralisi, dedii nobis diiTiidiuni Calviciacuni 
cum on)nil)us appendiciis suis, et conversus in lioc loco monaclius obiil. Et Hcsselini lO 
Saruii Laureiiiii. 

D. Archives de l'État à Arlon, fonds Saint-Hubert, feuille volante, d'une écriture du XVII* siècle, 
avec cette note : « Extractum ex dicio memoriali defunctoruni et benefactorum monastcrii Sancti 
Hubcrti die î)" aprilis, cui concordat de vcrbo ad veibum per nos notarios subscriptos. • 
(Signé) Johanncs de Jupille notarius, Pctrus Sampsonnct notarius 1649. 15 

If) memoriali defunclorum conl'rairum ei benefactorum monastcrii die nona aprilis. 
Commcmoratio Stephani comitis, qui per violenliarn extiuxit arcem Mirwart super 
allodium hujus ecclesie, postea judicio Dei [)erculsus paralisi, dcdit nobis in satisfac- 
tionem dimidium Calviciacum (vulgo Chcvancy Saint-Hubert) cum omnibus appen- 
diliis suis, et ilemum in hoc loco monachtis obiil. 20 



IX. 

Henri II, roi d'Allemagne, confirme à l'église de Liège 
la propriété de l'abbaye de Saint- Hubert. 

Erstein, le 10 juin 1006. 

Cette charte ne se trouve pas au chartrier de Saint-Hubert. Elle ne pouvait manquer ici, parce 
qu'elle contient la plus ancienne attestation du lien qui unissait l'abhaye à réglise de Liège. Le passage 25 
que nous en reproduisons est emprunté à Bormans et Schoolmeesters, Cartulaire de l'église Saint-Lam- 
bert de Liège, t. I, p. 25/qui publient le texte d'après le Liber chartarum. 

(C) In nomine sancle Henrfcus divina favente clemenlia rex 

ISotum esse volumus quia vir venerabiiisNotkerusTungrensis seii Leodien- 



I 



— Il — 



sis episcopus quoddam precoplum uostris oblulil oblulihus quod erat Secundi Otlonis 

imperaloris consanguine! noslri el manu firntcitum et sigillo signatuin \ 
in quo dicebalur quod non solum ipse et paler suus, prirnus videlicet 
Otto iniperator virlule et nomine, sed amecessores eoruni leg.-s scilicet Francorum 

8 PipiDus Karoius Lodewicus Loiharius el iiem Karoius et eliam ceteri anlccessores et succes- 
sores eoruni eidem eccicsie sancie Marie el sancii Lambeiii, cui auctoie Deo idem 
episcopus prcest per aucloritalis suc precepta contulerant, ut et ipsa et 
sue appenditie que sunt videlicet : Lobiis, et in loco qui dicitur ad Sanctum 
Hubertum. Bronio, Gembluos, kossIs, in Malonia, Namuco, Dionanto, 

10 Ceunaco, Cella, Tungris, Hoio, Tiajeclo, iMailinas vel in ceteris locis, cum omnibus 

rébus vel hoininibus ad se perlinenlibus, libère per Se consislereni et ab Omni inquielu- 

(line judiciarie poteslatis défense et secure manerent 



1028. 

Diplôme 

dOiion II 

en 980. 



X. 

Le comte Gozelon de Baslogne fait diverses donations de terres à l'abbaye. 

Vers 1028. 
15 Charte disparue. 

domina benefaclorum, dans ue Reiffenbekg, Monumenis pour servir à l'hiitoire des provinces de 
Samur, de /lainaut et de Luxembourg, t. VIII, p. 5)4. 

La date de ce diplôme est suggérée d'une manière approximative par les indications que l'on 
trouvera ci-dessous au n" XIII. Il suffira de remarquer ici que Gozelon de Baslogne est supposé vivant 



20 ' Le diplôme auquel il est fait allusion est celui d'Ollon II pour Notger, daté de Grone le 6 jan- 
vier 980. (SicKEL, MGU., Diplomata regum et imper atorum, t. II, p. '238. Cfr. BormaiNS el Scuool- 
MEESTERS, Carlulairc de l'église Saint-Lambert de Liège, t. I, p. 19). On y lit; « Noverint omnes 
noslri fidèles t. p. q. c. f. quod venerabilis episcopus Leodieiisium Notkerus precepta quedam nostris 
obtulit obtutibus que ub anteccssoribus nostris Pipino Karolo Ludovico Lothario el item Karolo 

2S regibus Francorum collata crant ecclesie sancie Marie et sancii Lambcrli el insuper a pâtre nostro 
Ottonc imperatorc coiifirnaala, super uiiivcrsas posscssiones cjusdeni inalris eccicsie quarum istc sunt 
capitales : Hoium Fosses Lobîcs Tungres Masiincs el super cetera loca cum omnibus rébus et bomini- 
bus ad ca perlinenlibus, ut omni publica potestatc exclusa in manu episcopi singularitcr consistant. • 
On voit qu'en 980, Saint-Hubert n'est pas encore compris dans l'énumération des biens de l'église de 

30 Liège, mais les termes du diplôme ne l'excluent pas non plus, el nous autorisent à croire que celui de 
1006 n'innove que pour la forme en mentionnant explicitement l'abbaye. 



— {"-2 - 

\l» siècle. encore dans un diplôme de Conrad II, en 1028, lelalif à Lonj^djamps ; • in |>ugo Ardunen.si in conii- 
tulu (jozelonis de Baslonia >> (Stimpf, Die /iiichskuuzlcr, I. Il, j). 4b), el (|ue sa fille unique Cunégonde 
était déjà mariée sous le règne de l'empereur Henri II, cVsl-à-dirc avant 1025 (Chromtfuc de Saint- 
Hubert, ItoBAiLX. c. 73, p. 27«; MG/J. SS., I. VIII, c. W, p. K97.) 

Cornes Gozelo •, paler Ciinegundis rrclusae, dcdil nobis quinque matisos in s 
Hcmianster et unum qiiaiiaiium terrae, cl in Fagcio duos niansos et dimidium, el in 
Moihez 1res quarlarios, el in Iloymonte mansunn unum, in Cliisonia dimidium mansum 
el Iriginla familias ^. 



XI. 

Josberl de Marie, cjuéri à Saint- Hubert par l'opération de la taille, 

donne à l'abbaye le tiers d'Evergnicourt. to 

Milieu du Xl« siècle. 

Charte disparue. 

Miracula Saticti Huberti, II, 2, 21, dans Ada Sancloruni, t. I de novembre, p. 827. 

La date de celte donation est dilTicilc à déterminer. Elle est racontée immédialcmcnt après celle 
du comte Etienne, en 955, mais avant une série d'épisodes qui se sont à peu près tous passés sous 15 
Tabbatiat de Thierry I" (1050-1086). L'auteur parlant de Josbcrt de iMarle comme de quelqu'un 
qui est mort depuis assez longtemps, il n'est pas probable qu'il faille faire descendre l'épisode plus 
bas que le milieu du XI' siècle. 

Quidam nobilis et potens, Josbertus de Castro Maria quod situm est juxia.Laudunum 
super fluvium Somnam, rabidi canis morsu altreclatus, ex consueiudine evadcndi péri- 20 
culi venii ad monasterium, et ibi incisus cjusdemque incisionis observantiam edoclus, 

ad sua securus rediil El ne ingralus videretnr cjusdcm liberalionis tolam terliam 

partem Everneicurtis quae sui juris eral, illi legaliter iradidil. 

' Sur le comte Gozelon de Bastogne, voyez Roland, Les seigneurs et comtes de Rochcfort (Annales 
DE LA Société archéologique de Namlr, t. XX, p. 71j. 25 

» De celle donation provenaient les possessions de l'abbaye à Houmont et dans les villages en 
dépendants, qui sont indiques dans les documents inventoriés aux archives de Saint-Hubert, 
layette 65. E. 



— 13 - 



XII, 



L'abbé Adelard acquiert d'un noble du nom de Robert 
le quarl du fisc de Chauvency. 

t 054-1018. 

Charte disparue. 
5 Cnronique de Saint-Ihibert (Robaulx, c. 9, p. 227; MGfl. SS., t. VIII, c. 5, p. 571). 

La date de 103i est celle de l'avènement de Tabbc Adelard; celle de 1048 marque une libéralité 
qui fut faite à Adelard postérieurement à l'acquisition de Chauvency. Voyez ci-dessous le n" XIV. 

Ipse (Adelanlus) commissum sibi locum, quod periculo teiiiporis diflicilli- 

mum erat, ne omnino deslrueretur non soliim virilitcr dclinuit, sed el possessionibus 

10 ampliavil, ornamcniis palllonim dicoravit, aedificiis honestavit, Aedificavit reCectorium 
fratrum cum dormilorio, aedificavit cameram abbatis cum palatina donio. Ecelesiam 
Alvenliensem, quam ex pairimonio suo episcopus Gualcaiidus ollni loco coniulerat ' a 
quibusdam invasoribus viriiiter difensam rctinuil. Quartam partem Calviciaci fisci a 
quodam nobili Roberto émit, cujus omnimoda (a) medietas ab anliquo eral ecclesiae, 

15 donata sibi pro satisfactione a Slepbano comité, eo quod casiellum Mirvot violenter et 
injuste firmasset in ecdesiaslica possessione ^. 



XIII. 



Le duc Frédéric restitue à l'abbaye la dime d'Amberloux 
et lui fait don de Pinsamont. 

Entre 1046 et le 28 août 1065. 

20 Charte disparue. 

Chronique de Sainl-Hubert (Robaclx, c. 73, p. 27»; MGIJ. SS., t. VIII, c. 58, p. 897). 

Cet acte n'est pas antérieur à la nomination de Frédéric comme duc de Lotharingie (1046); il ne 



1034-1065. 



(a) Voyez page 9 note (a). 

' Voyez ci-dessus le n° III, page 4. 
25 * Sur la donation d'Etienne, voyez ci-dessus le n» VHI, page 9. 



— i4 — 

1046-10t}.S. |)eiil être {;uère posldrii-ur aux dernières années de ee prince, mort le ^8 août 1065 (voyez pour 
l'année, Sigebert de GeniMoux, Chronica, MGH. SS., t. VI, p. 361, et Albéric de Troisfonlaincs, 
Md/I. SS , t. XXIII, p. 791; et pour le jour, voyez le ^éc^ologe de Saint-Maximin de Trêves, dans 
ilo>TiiEiM, i'rodroiiiiis //isforiae Trevirensis, t. Il, p. 986, et deux Nccrologcs d'Echternach, l'un dans 
OE HBiKKhNBtBC, Monumtttts pour servir à l'hisluirc des provinces de Namur, de llainant et de Luxem- 5 
honrij, t. VII, p ill, l'autre dans le Nenes Arcliiv, t. XV, p. 135). Cetle date est confirouce par un 
diplôme de l'évêque Adalbcron de Metz, frère de Frédéric, donné à l'abbaye de Sainl-Trond en 
106.S, vt où il est parlé du duc comme d'un défunt {Chroniques de Saiu(-Trond, dans MG/J. SS., 
t. X, p. 3:25), et clic n'est pas infirmée par deux chartes de Frédéric pour Stavelot en 1067 (Martènb 
cl Durand, AmpHssima Collectio, t. il, col. 72 cl 73), comme le montre WATTENBàcn, MGII. SS., 1'* 
t XI, p. 441, note "21. Cfr. Hehtuolet, Histoire du duché de Luxembourg, t. III, p. 130, 



Décima tolins Amherlacon^^is Hsci, videlicct Indominicalionis, eral sua ecelesiae 
quae siia esi in Anibra beati Peiri apostoli, et lioc a lempore Beregisi abbatis, dono 
Pipini qui erat majordoinus Tlieodeiici régis. Tempore aulein Henrici imperatoris 
cognomenlo Pli ', cui heiedeni non habenti Conrardus ^ in rcgniim successil, Cune- is 
giindis coniitissa, quae fuerat unica Gozelonis ' comilis dominatoris ejusdem (isci, 
Ottoni cuidam Saxoiiico nupsil; inler quos inhonesto divortio evenieiUe, quod non est 
nosirum reniuuerare, oinne patrinionium Cunegundis lege palatina devenil in manum 
imperatoris. Henricus aulem imperator * tilius Conrardi praediclum fiscum cum caslro 
quod dicilur Ru|)es Seromanni ^ duel Frederico muluavii pro quibusdam ejus posses- 20 
sionibus, quae in Saxonia opporluniores erani sibi, sed et Cunegundis apud ecelesiam 
beati Pétri vel Huberti reelusa coram altari sancii Warlini, satis conlinenler ibi 
vivens, post longam poenitontiani in Chrislo quievil, et sepulia est juxta(a) corpus patris 
sui Gozelonis. Quae adhuc supersles dum frequentarctur a duee Frederico gralia 
chariiatis, ejus suggesiione idem dux praedictam decimam ecelesiae ex toto recognovit. 25 
Fl quia erat vir veritatis et juslitiae, pro damno quod inlellexit loco (6) evenisse 
de eadem décima per memoratas dominorum immulaliones (c), tradidil legaliler beato 



(a) Manque 1. ad. 1**. — (6) Eo ajouté en dessous de la ligne dans 1. Manque dans 1* et 1** et dans 
les édition!. — (c) cominutationes MGH, 

» L'empereur Henri II (1002-10241. 30 

• L'empereur Conrad II ,102i-l039). 

' Sur le comte Gozelqn de Baslogne, voyez ci-dessus le n" X, page 11. 

♦ L'empereur Henri III (1039-1056). 

* Kupes Seremanni ne peut être que Laroche en Ardenne, qui faisait partie de l'ancien comté de 
Bastogne. 35 



— 15 — 

Hiiberto perpcluo hnbendurn Morilem Pincionis cum familia et omnibus appendiciis 
suis •. 



XIV. 



L'abbé Adelard obtient de l'empereur Henri III les droits comtaux 
sur le marché de Saint-Hubert. 



g Après la mi-octobre 1048. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint- Hubert (Robaulx, c. 9, p. 228; MGH. SS., t. VIII, c. S, p. 571). — Steindorf, 
Heinrich 111, t. Il, p. 45, note 5, a déjà remarque que le passage en question provient sans doute 
d'un diplôme perdu. 

10 II y a eu, du vivant de l'abbé Adelard, deux colloques entre l'empereur et le roi. Le premier, au 
printemps de 10i3 [Annales Altahenses, M G II. SS., XX, p. 798), à Carignan, comme le montre 
un diplôme de Henri III, daté de là le 21 avril 1043 (Stumpf, Beichskanzler, t. Il, p. 185), l'autre 
dans l'automne de 1048 (IIerman de REicnE.-sAV, MGH. SS., t. V, p. 128; cf. Annales Lobienscs, 
MGII. SS., t. IV, p. 20). C'est évidemment de celui-ci qu'il est question, puisque la Chronique 

15 de Saint- Hubert, loco ubi supra, le place après les débats de Henri III avec Godefroi le Barbu, qui 
tombent entre 1044 et 1048. Il est vrai que selon Herman, loc. cit., cette entrevue eut lieu in 
Metensi territorio, mais ce chroniqueur, écrivant à distance, a fort bien pu confondre le pays de 
Carignan avec celui de Metz, qui n'en est pas éloigné. Carignan est aussi admis par Steindorf, loc. 
cit., et par Gieskbrecbt, Geschichle der deutschen Kaiscrzeit, t. II, p. 415, ainsi que par Bbtumann et 

20 Wattendacb, dans leur édition de la Chronique de Saint-Hubert. 



Habito quoque colloqiiio apud Evodinm inter imperalorem Henricum itemqiie 
Henricum regem Francorum, ejtisdem imperatoris banno et auctorilate firmatiim 



1048. 



' En examinant la situation géographique de la terre de Pinsamont, on voit qu'elle est comme 

enclavée dans les divers villages constituant la donation de Gozelon de Bastogne, à savoir Morhet, 

25 Remicnce, Houmont et Chisogne. C'est ce qui explique les instances de Cunégonde : il s'agissait, non 

seulement d'arrondir de ce côté le domaine de l'abbaye, mais de lui en assurer la paisible jouissance 

en la débarrassant d'un voisinage puissant. 



— 16 — 

1059-1067. ecclesiae mercaliim ' procuravit, cujus omnes jusiicias theloneum bannuin comitatum 
latronem foralia vel cujusciimque placiti questum vel querelas, ex antiquo more, 
poieslativo jure obtinuit tempore qiio atlvixit, et sine ulla calumnia successoribus suis 
obtinenda, immo lotam integrani abbaiiam reliquit. Ejus adliuc lempore vigente 
publici juris justitia, in iota abbalia huIIiis ndvocatus alicui placito inlererat, iiisi tribus 5 
generalibus in anno. In bis si qiiod vadium proveniret judicio scabinorum, eoruni 
quoque arbilrio deterntiinabatur solvendum, non ad vohinlaiem donriinorunn, sed ad 
possibiliiatem personaruni. De eodem questu communi advocaïus obsoniurn debiium 
accipiebat, et si minus proveniret, ecelesia illud supplebat : praeterea si quem 
rebellem advocatus ad justitiam faciendam compellebat, de ea ternam (a) ^ suam lo 
accipiebat. 



XV. 

Le duc (lodefroi le Barbu déclare que Vahhaye ne doit pas au château 
de nouillon les prestations réclamées par l'avoué Thibaud. 

Sainl-Huberl, I0o9-1067. 

Charte disparue. -> 13 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 29, p. 245; MGH. SS., t. VIII, c. 20, p. 579). 
Cet acte, ainsi que le suivant, n'est pas daté, bien que le dernier porte dans la Chronique la 
date de 1074, erreur manifeste, puisque Godefroi est mort le 24 décembre 1069, et due selon toute 
vraisemblance à une interpolation. Il n'est pas impossible toutefois de lui donner une date au moins 
approximative. D'abord, il est postérieur à l'avènement de Thierry I comme abbé de Saint-Hubert 20 
(10K5), cl, probablement aussi, à la réconciliation de Godefroi avec l'empereur (1056). Et, comme dès 
1057 Godefroi était de retour en Italie, et que son rapide séjour dans le nord s'est passé pi'csque 
entièrement sur le Rhin et en .4llcmagne, il faut croire que c'est dans une autre de ses visites au pays 
natal qu'il aura eu le temps de s'occuper des affaires de Saint-Hubert. Or, après 1057, il reparut 
encore quatre fois en Lotharingie. La première fois, il y séjourna de 1059 à 101)1; la deuxième 2S 
fois, il y fut en 1062; la troisième, de 1064 à 1067; la quatrième fois, en 1069, il y revint malade et 

(ai decalernam tes manuscrits; decaiervam iVGH. 

* On voit par ce passage que le marché n'a pas été créé du temps de l'abbé .\delard, mais qu'il 
existait d'ancienneté, au«moins depuis le X"" siècle d'après le Miracula sancti Huttnrti, I, 3 {Acta 
Sanctonnn, tome I de novembre, page 819). 30 

• La fausse leçon decalernam a frauduleusement eurichi le glossaire de Ducange d'un terme 
apocryphe, qui doit être biffé des futures éditions de ce livre. 



— \1 — 

n'eut guère que le temps de se préparer à la mort. C'est donc entre 10SU et 1067 qu'on peut avec t05))-10U7. 
sécurité placer nos n" XV et XVi. 

Ttiiebotdus advocalus ecclesiasiieatn laniiliani ({uibusdain iiuvis iojustiiiis oppriiiicre 
volebat; quod t|uia abbaie virililer resisicntc evineore non prai-valcbal, ul se de eo 
5 vindicari't, occasiones quaerebai. Unde ei ad ducenï Godefridinn inajorem se eontulit, 
uique ad firinatxium valluin caslri sui Bulloiiieiisis exiu;eret itijtistarn angariam de 
hoininibus saiicli Huberii, imporuine suggessit. Dux inlerim, ne abbatein quem huini- 
liler venerabalur inquielaret, lune quidem siliiit, donec ad monasteriuni veniens, se 
ibidem excipi peiiit. Exeeplus cum honore, et per biduum dctentus ab abbaie, in loco 

10 snbslitil, et inler loqnendum suggeslionem Thieboldi, ipso quoque praesenle, abbati 
reiulil. Abbas evocaiis lleribrando scniore castellano, et Kngone Gualtero Roderico 
et Hugone, pérorante Lamberio majore aniiquas provinciae consuetudines, rei veriiatem. 
dibgenter investigavit, et teslimonio praedictorum prineipum, omncin (amiliam eecle- 
siae, qnae vix sulliccret in restituendis et coniineridis olliciis et munitioiiibiis 

15 monaslerii, bujus exaciionis liberam esse, constanler eoram duce comprobavil. Ad 
haec Thieboldiis dum vellel abbati obsislere, dux malitiam ejus inielligcns, ut erat 
vehemenlis atiimi, in eum indignalus graviter : « Haec est, inquii, tua erga me lide- 
litas, ul meo pcocalo iniquilatem ei cupiditalem luam expleas, dum mendaeio tuo nie 
provocas peccare in Doum et in ejus lamiliam ». Et sedens, ut solebat, in audienlia 

20 publici juris agendi, consilio et teslimonio et legali judicio optimatum suorum banc 
sententiam conslituit, et ne aliquando removeretur a quaUbet persona (irmavit ut 
omnis familia ecclesiae ab bac exaclione in perpetuum amodo libeia cssel, sive eam 
deberei, sive non deberet. 



XVI. 

Le duc Godefroi le Barbu reconnait l'immunité de l'abbaye. 

25 1039-1067. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 30, p. 243; MGH. SS., t. Vlll, c. 21, p. 580). 
Pour la date, voyez ci-dessus le n» XV. 

Sub eodem lempore, orta conleniione inler abbalem ei advocatos de comitatu 
30 abl)auae, in praesentia ducis ejusdem filiique ejus Godefridi, omnino adjudicatus est et 
confirmatus abbaii et ecclesiae ejusque ministris, prout illi placerel. 

3 



I 



18 — 



lOHI-lOflS». 



XVII. 



Le pape Aleocmidie II approuve la fondation, par Godefroi le Barbu 
et par sa femme liéulrix, d'un prieuré qu'ils se proposent de doter, et 
que Godefroi établit par la suite à Bouillon. 

1061-1069. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Hobaulx, c. 33, p. !245 ; MGH. SS., t. VIII, c. 23, p. 584). 
La première des deux dates indiquées est celle de l'avènement d'Alexandre 11; la seconde, celle de 
la mort de Godefroi le Barbu. 



(Godelridus) rccensuit ex ordine videlicet ex edieto Alexaiidri papae separa- 

lum se esse a marchissa Béatrice, et pro ejusdem separalionis condilione, structurnm 10 
se congregatioiiem monachoriim de comniunibus possessionibus utriusque Deo devo- 
visse. Easdcin qiioque possessiones amborum consensu denominaïas praedicium papam 
aucloritatis suae privilegio confirmasse, qtiocumque sibi placerei illas addicere, et quia 
praegravatiis infiimitale id per seipsum cxequi non posset, orare Theodericum 
abbat(m ' i.t hujus sui voli curam exequendanm pro se susciperet. Eranl vero ipsae 15 
possessiones fore omnes mililum slipendiariae, qui licet palam non auderenl duci eas 
sibi ralibabere [jubenii] {a) contradiceie, pro hoc ipso tameii submurmurabanl inter 
se ciim maxima indignatione. 



(a) raibere surmonté derrière le i d'un signe d'abréviation équivalant à ra," et derrière l'h d'un autre, 
à sens multiple 1. retraheiiti 1* suivi par Robaulx. ratihabere 1** ainsi que Martène et Durand et MGH. 20 
J'ai suppléé jubenti par conjecture. 

' L'abbé Thierry I de Saint-Hubert. 



— \9 - 



XVIII. 



lOfU. 



Ermenirude de Harzè, veuve du comte Gozelon de liehogne, avec le 
consentement de ses /ils et de ses frères, donne à l'abbaye son alleu de 
Sumay. 

1064. 

5 Original l't copies dis])arucs. 

Bertholet, lÊxftoire du duché de Luxembourg y t. III, p. xxix « d'après les Archives <lc Saint-Huhcrt » . 
La Chronique dp Saint -/fuhcrt (RonAitx, c. 27, p. 240; AtGf/. SS., t. VIII, c. 18, p. 878), rcsiime 

ainsi ce dipiônic : » Abhas scpulto Gozclonc Sumincjum allodium cum maire ecclesià cl familiâ 

al) Ermetitnidc uxorc illius cl Conono Roduifo Widone cl llenrico filiis cjus legaliter cccicsiae 
10 donatum acquisivit ». 

Verilatis liabeo lestimonfum animabus defunctorum hoc solum superesse 
remeHiurn orationum et vofa et eleemosynarum dona. Unde ego Ermen- 
Irudis de Harenzey (a) ' super doloris mei consolata magnitudine pro 
anima mariti mei Gozolonis *, talem heo et sanclis ejus obluli donalionem 
15 allodium quod dicilur Sumey (6) *, suadenlibus filiis meis et mecum 
(radenlibus Cunone comité Roduifo Guidone Joanne Henrico * et fratribus 
meis Hezelino comité et Rainaido et Balduino \ cum matre ecclesià et 



(a) Harenzey, Berlholet. — (6) Stimcy, Berlholet. Vo>iez la note 3. 

' llarzé élait une seigneurie relevant du comte de Montaigu.(BKnTiiOLET, Histoire du duché de Luxem- 

20 bourg, t. III, p. 149. Voyez Annales de la Société archéologique de iXamur, t. XX, pp. 69 el 88, note 3.) 

' (îozclon de Bchogne (Roclicforl), fui en même temps comte de Montaigu. Sa femme Ermcnlrude 

élait de la famille des comlcs de Grandpré en Champagne. Voyez Roland, Les seigneurs et comtes de 

Hochefort (Annales de la Société abchéologique de Namur, t. XX, pp. 8b-88). Selon la conjecture 

probable de Roland, loc. cit., elle doit son nom de Harzé à celte circonstance que cette terre élait 

25 comprise dans son douaire. 

* Stimcy est incontestablement une mauvaise lecture. La Chronique, dans son résume de la charte, 
lit Summeium. Rertiiolet, t. III, p. 241, guide par sa fausse lecture, propose Estiné (Erezéc). 
RoBAULX, p. f)l, noie 5, pense à l'un des deux villages de Somme, près de Diirbuy. En réalité, il s'agit 
de Sumay, dépendance de Brouennes (Meuse), que les documents du XII'' siècle appellent Sumeiacum, 

30 et qui paraît avoir fait partie du patrimoine d'Ermenlrude. Voyez Liénard, Dictionnaire lopogra- 
phique du département de la Meuse, art. Sumay, et l'excellente notice de Roland, dans les Annales de 
la Société archéologique de Namur, t. XX, pp. 89 et 90. 

* Sur Conon de Montaigu et ses frères, voyez Roland, loc. cit., pp. 88 et 90. 

* Sur les parents d'Ermentrude, voyez Roland, loc. cit., p. 88. 



— 20 - 

io«i4. banno et ciini omnil)us appendiciis suis, sed cl (otam familiam singulos 

Vers u»(). pj,Q singulis denariis census capilalis Iradidi lei^aliler ecclesiae sanctorum 

Pétri et Paiili atque HuIxTti, tali condilione : duni cuivis nostrum dies 

vitae ultinius siiperveneiit ibit abhas vel fiatres via diei unius ad depo- 

nendum corpus et se|)elier)dum in cymiterio Sancli Huberti. s 

Acta anno Incarnationis Doniini MLXIV coram bis testibus. Signum 
Theobaldi; 8. Stepbani; S. Anselmi; 8. Hugonis; S. Albrici; S. Rubedo- 
nis; S \ ulberli. Et de familia Hugo; Libertus: Franco; Rodulfus; 
Arnnifus; (îarinus, • 



XIX. 

Adélaïde, comtesse d'Arlon, donne à l'abbaye l'église du fisc d'Anlier. lo 

Vers lU6o. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Hoballx, c. 28, p. !240; MGII. SS., l. VIIF, c. I!), p. 578). 

Celte donation est racontée dans la Chronique de Sainl-I/uberl inimcdiatcment aj)rè.s ceiie d'Ermcn- 
trude de Harzc en 10(54 (voyez ci-dessus, n" XVIII) et avant des faits qui se sont passes du vivant 15 
de Godcfroi le Uarbu, mort en 1009. 

Adeladis coniitissa Araeleonis ' fiieral filia nobilissima ducis Theoderici, soror vero 

Sigifridi ^ patris marcliissae Bealricis obiulii abbati ecclesiani de fisco Anslaro ' 

perpcluo liabendam in usus fralrum, praefatis llliis ejiis laudanlibus ei confirnianiibtis 
hoc idem donum. . 20 

' Adélaïde, fille de Thierry de Bar, duc de la Haute Lotharingie, épousa Waleran, comte d'Arlon. . 
Voyez Phat, Histoire d'Arlon, t. I, pp. 1217-22S. Elle en eut deux fils, les comtes Foulques et Wale- 
ran, auxquels il est fait allusion dans notre passage. La donation d'Adélaïde semble d'ailleurs faite, 
comme tant d'autres à cette époque, en vue de s'assurer à elle-même et aux siens une sépulture dans 
réglisc de Saint-Hubert. Du moins nous apprenons par Aibéric de Troisfontaines {MGH. SS., 25 
t. XXHI, p. 794), suivi par Jean d'Oltremeuse, Ly Myreur des Histors, t. IV', p. 250, que Frédéric et 
Béalrix, enfants du comte Foulques, y étaient enterrés. 

' Il faut lire Frcdcrici. V/)yez Miraeus et Foppens, Opéra diplomatica, t. I, p. 693. 

* Le village d'Anlier figure encore en 1509, avec la qualité de ville bâtisse (non affranchie), dans le 
relevé du marquisat d'Arlon. (Lamprecht, Deutschcs Wirthschaftsleben im Mittelaller, t. HI, pp. 351 30 
et 357 ) 



— Iti 



XX. 



Entre 
1()6S et 1106. 



Alherf III, comte de ISamur, et Ida, sa femme, cèdent à l'abbaye 

leurs droits sur Anseremme. 

Kiitif lOCo el IlOtî. 
Charte disparue. 
9 A. Miracula Sancti Hubcrti, II, 2, 28 [Acta Sanctorum, t. I de novembre, pp. 828 et 829); Chro- 
nique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 25, p. 238; MGII. SS., t. VIII, c. 17, p. K77). 

Ces deux textes, selon (ouïe probabilité, sont du même auteur, qui, après avoir une première fois 
raconté l'épisode dans le Mimcnla, le reprend dans la Chronique en y ajoutant des détails. 



Chronique de Saint- Hubert. 

10 Namucensi comilaitii licet injuste sub- 
jacebat ccnlenaria justiiia Anscromiae ' 
et vicecomiliim violentia aflligobaïur nimis 

ecclesiae familia. Albertus cornes 

Namucensis, cum in Ardiienna silva 

15 moraretur gratia venandi, et vcneratione 
loci divcrleret cum uxore sua Ida, quae 
prius fueral lixor ducis Frederici, ad eccle- 
siambeatiHubertijTheodericusabbasprae- 
dietum comitatum Anseroniiae oblinuit ab 

20 eis perpetuo lemillenduni ecclesiae, ea 
tamen conditione interposita huic reinis- 
sioni, ut viginii nnodios avenae nostrae 
mensurae praeposilus Anseroniiae quo- 
lannis exsolverei comitaïui, villicus vero 

25 villae de unaquaque domo ejusdem potes- 
tatis modium unum a\enae exigeret pio 
praedictis modiis viginti, reponendiim 
dorninicali curia. Et hacc conditio tirmata 
est maxime poscenlibus villanis, qui per 

30 exaclionem comitatus nimis gravabanlur 
ab extraneis. 



Miracula Sancti Huberti. 

Comitatui Namucensi licet injuste sub- 
jacebat centenaria justitia Anseromiae, 
et violentia vicecomitum nimis aflligebatur 

ecclesiastica familia Albertus comcs 

Namucensis, cum in Arduenna silva mora- 
retur gratia venandi, et veneratione loci 
diverteret eum uxore sua Ida ad ecclesiam 
beati Huberti, poscenieTheoderico abbate, 
praedictum comitatum Anseromiae per- 
petuo remisit ecclesiae. 



' On se souvient que Tabbaye possédait des terres à Anscremme en vertu de la donation de 
révêque Walcaud. Cfr. ci-dessus le n" IV. 



— 2^2 — 

Entre B. I\otnina benefactorum (u8 Hkifkb.nbbhu, Monuments pour servir à l'/iistoirr des provinces de 

1065 el 1106. \'amur, de Hainaul et de Luxembourg, t. VIII, p. 59). 



lOKfiel 1097. 



All)prlus, cornes Naniucensis, Aiiseromiani villam nosiram ab exactione comitalus 
absolvjt et (lecimam de omni indoininicato hono suo apud curlem Amberlacenscm 
nobis ablatam reddidit. 5 



XXI 



Albert III, comte de Namur, el sa femme Ida, restituent à l'abbaye 

la dime d'Amberloux. 

Entre 108(5 et 1097. 

Charte disparue. 

L'acte fut passé à l'instance de l'abbé Thierry II, dont le prédécesseur mourut le 24 août 1086, et 10 
par les soins de Lambert PAiné, dont la Chronique de Snint-lluhcrt (RosàULx, c. HO, p. 310; MGH . 
SS., t. VIII, c. 58, pp. 598-599), corrigée par Robaulx, p. 140, et par Karl Hanquet, Élude critique 
de la Chronique de Saint-Huberl dite Cantalorium, p I 17, place la mort en 1099 (lisez 1097). 

A. Chronique de Saint-Huherl (Uobaulx, c. 73, p. 276; MGH. SS., t. VIIF, c. 58, p. 597), 

Post morlem autem praodicii Frederici, Ida uxor ejiis nupsil Alberto comiti 15 
Namucensi ', ilerumque praedicia décima ^ coepil subduci ecclesiae, agentibus iniqnis et 
fraudatoribus minislris, quasi fiducià immutatae dominationis. Ad hanc reclamandam 
abbas comitem ob uxorcm ejus expetiii et Lamberto majore reriim ordiriem raiiona- 
biliter rcnumeraïUe illis, quod siium oral ecclesia ntriusque assensu recuperavit 
perpeiuo babendiim. 20 



* Ida ou Régilinde. âlbéric db Troisfontaimbs (^/G/^. 55., t. XXIII, année 1064, p. 795), l'appelle 
Raelendis, et année 1076, p. 798, il la nomme Ida, et dit que c'est de son chef que son liiari, Albert 
de Namur, réclame le château de Bouillon. Il faut donc admettre avec Ernst, Histoire du Limbourg, 
t. II, p. 107, qu'Ida el Régilinde sont une même personne, et il n'est pas nécessaire de croire avec 
d'autres, comme Meyer' von Knoxau, Jahrbûcher dm deutschen Reichs unter Heinrich IV und 25 
Hnnrich V, t. I, p. 473, note 147, qu'il y a erreur sur le nom. \}n<i autre erreur plus grande a 
consisté à faire d'Ida la femme du comte Albert II; voyez là-dessus Meybr vo.\ Knonau, toc. cit. 

' Voyez ci-dessus le n» XIII. 



— Î23 — 

B. Nomina benefactorum (de Reiffenberg, Monuments pour servir à l'histoire det provinces d( Enlre 

\amur, de Hainaut et de Liixemboimi , X. VIII, ^. 149). 1086 el 1097. 



Âlberlus cornes Nanuicensis deciniam de oiimi indorniniealo bono suo npiid 

curiem Amberlacensem nobis ablatam reddidit. 



lOM. 



XXII. 

6 Arnoul II, comte de Chiny, augmente les revenus de l'église de Prix 

el la donne à l'abbaye. 

1066. 

Oiiginal disparu; existait encore au XVIII* siècle dans les Archives de Saint-HuLert, layette 106, 
D. i. (A). 

10 Copie du XVII" siècle sur papier, authentiquée par Wyschaert. Archives de l'Étal, à Arlon, fonds 
Saint-Hubert, layette 106, D. 1. (B)= Copie authentique du XVIII» siècle sur papier dans le quatrième 
Registre, f. 16, ibidem (B'). — Copie authentique de 1792 d'une copie authentique de 1604, aux 
Archives départementales à Mézières, H. 36. (C). — Sur une copie du XV1I« siècle sur papier, en 
partie facsimilé, authentiquée sur l'original en parchemin par le notaire Martin de Funiay, voyez 

15 Additions et corrections. 

Martbnb et Durand, Amplissima Collection t. I, col. 472. — Mirabus et Foppens, Opéra diplomatica, 
U III, p. 054 (avec la date de 1 147), et t. IV, p. 804 (avec la date de 1068). — Bbrtholbt, Histoire 
du duché de Luxembourg, t. IIF, p. xxxiu — Jkantin, Les Chroniques de l'Ardenne et des Woêpvres^ 
t. I, p. 262. — Jeantin, Histoire du comté de Chiny, t. I, p. 588. — Goffi'nbt, Les comtes de Chiny, 

20 dans les Annales de l'Institut archéologique de Luxembourg, t. VIII, p. 522. 

Ce diplôme n'est pas daté, mais tous les éditeurs lui ont donné la date de 1068 sur la foi de la 
Chronique de Saint-Hubert (Roballx, c. 23, p. 255; MGH. SS., t. VIII, c. 15, p. 575), qui le met en 
celte année. Toutefois le calcul de la Chronique n'est pas juste : 1° Elle dit que la charte fut émise 
communi concilio archiepiscopi Remorum, et, si ces expressions doivent être prises dans leur sens 

25 obvie, elles signifient que l'archevêque participa à la confection de l'acte. Or, depuis le 4 juillet 1067 
(mort de Gervais de Chàteau-du-Loir) jusqu'en octobre 1069 (consécration de Manassès de Gournay), 
le siège de Reims est demeuré vacant. Donc la charte n'est pas de 1068. — 2» Serait-elle postérieure 
à octobre 1069? On pourrait le croire d'après la Chronique, qui, se contredisant en ceci, semble 
regarder Manassès comme intervenant dans la prise de possession de Prix par les moines. Mais, outre 

30 que la prise de possession est sans doute postérieure à la charte de fondation, nous avons le témoi- 
gnage du Vita sancti Theoderici, c. 20 (MGH. SS., t. XII, pp. 48-49), qui fait formellement intervenir 
Gervais pour confirmer la donation d'Arnoul. Le Vita Theoderici, il est vrai, se trompe en attribuant 



106A. 



- 24 - 

aussi à Gcrvais la <lonation de l'uutcl Saiiit-llilairc, qui est de l'arclievéquc Manassès (vuyex sa 
cliarte plus loin); mais ou peut dire que cette erreur lui était eu quelque sorte suggérée par le 
fait qu'il y a eu en efl'et uue donation de Gervais. Donc la charte est antérieure au 4 juillet 1067. — 
3» La Chronique (Roballx, c. 130, p. 532; MGH. SS., t. VIII, c. 1)8, p. 629) parlant île la mort du 
comte Ârnoul il de Chiny ù Saint-llubcrl {-^ 17 avril i iUdj dit : u ipse antc annos quadraginta cellam 5 
Pirensem, ut praedictum est, bcato Huberto in pcrpctuum liabcndani contulcrat », ce qui nous 
ramène précisément à l'année 106(). 

In nominc sanclae et iiidividuae Trinitalis, Ego Ârnulfus cornes cum 
conjuge inea Adelais filius Ludoguici (a) comitis praesenlibus et fuluris 
sanctae matris Ecclesiae (iliis. Audiens [b) in Evangelio quia nihil prodest lo 
iioinini si lucretur universum munduin, animée aulem suae palialur 
delrimentuni, audialis el çredatis firniissimum (c), quod patri meo et matri 
nieae el omnibus antecessoribus meis primum, et post animae meae et 
haeredibus meis slalui singulare remedium. In villa Pirorum (d) habebam 
paterno jure clericalem abbatiolam in honore (e) sancli Sulpitii fundatam *5 
tideli qiiidem salis antecessorum meorum devolione sed pauperiori quam 
oporteb^t rediluum {f) proventione. Hanc amplialam pro posse rébus 
subter notandis. quia necdum ut volebam per se consistebal {g) satis, 
cominuni concilio archiepiscopi Kemorum (/i), ad cujus diocesim pertinet 
abbatiola ipsa, subjectam Ceci eam seniori ecclesiae sancli Pétri et sancti 20 
Hugberti (t) in Ardeniia, ea conditione ut abbas de sanclo Hugberlo (i) 
ponat nionaciios quibus ipse praesit in ioco ilio, nec error aliquis genere- 
tur super hujusmodi opère, Ioco ut anliquitus ad diocesim Reinensem 
pertinente, mihi et iiaeredibus meis reservala legali advocatione, et ad 
malrem ecclesiam sancti Huberli subjectione perpétua rémanente, in ipsa 25 
villa Pirorum do totum allodium quod jacet super Marbaiz ex {k) 
utraque parle, ex una vero parle super ripam Mosae usque ad Helmeri- 
cum (/) monlem, et exinde usque ad Fainonz (m) dimidiam partem 
cum pratis et silvis et piscatura, necnon et familiam quae ad eandem 
pertinet villam (>i), medietatem ecclesiae de (0) Slavelz (p), de ecclesia 30 

(a) Lugdovici, Berlholel el Jeanlin II; Ludovic!, Jeantin 1. — (6) Auditur, C. — (c) fîrtnissimum 
fuisse, C. — (d) Pyroram, Berlholet, Jeantin l et II; Miraeus III. — (e) honorem, C. — (f) reddi- 
luum, Berlholel, Jeantin I et U, Miraeus IV. — [g) volebam ipsa consislebat, C. — (h) Remensis, C. — 
(;) Huberli, Huberlo, Bfi'. C, Miraeus IV. — (A) et ex, C. — (/) Hemelricuin, Berlholel, Jeantin I et II. — 
{m) Kainouz, B ; Faiuon et, Miraeus IV. — (n) perliael ad eandem villam, Jeantin l. — (0) manque 33 
Jeantin 1 et II. — (p) Havelz, BB'. 



- 25 - 



Rurae (a) medielaleni, de ecclesia Villers (b) inedîetatem '. medielalem 
decimae d'Asaivinsart (c) et de Beurona, de quartario in Orjau (d) medie- 
tatem decimae (e), in Floheirmonl (/) dimidium inolendinum, de indo- 
minicatu in Givel tolam nonani, de l'cclesia [g) in 8urei (h) quartam 

s parleni, decimam molendini in Caslilon (i), septem mansos pertinentes 
ad Sanctum Hilarium cum lola famiiia. donum (A) ex inlegro capeltae 
saneti Johannis in Warc, sessuram molendini ad Bajarl, decimam de Sancto 
Hilario et de Warc, de omni indominicalu scilicct de terris indominicatis, 
de silvis indominicatis, de sexteragio, de furno, de cambis, de sotula- 

10 ribus (/) et de cyrolliccis. Signum Arnulfi comitis et (m) Manasse fratris 
ejus; S. Reguini (ri); 8. Ralbodi; S. Lamberti (o) de Turre; S. Lambert! 
de Porta; S. Johannis de Warc (/?) ; S. Reguini (q); S. (r) Tlieoderici (s), 
fih'orum ejus; S. Thiclbaldi de Tylach (<); S. Rodulfi; S. Wulberli (m); 
S. Ingebrandi (v) ; S. ArnuHi ; S. Lielberti (w) ; S. Walhonis (x) ; 

15 S. Warneri de Ciplez {y) \ 



1066. 



(a) Ex correct, dans BB'. Tous les aulres textes portent Aurae. — (b) Viliers, Afiraeus III ; Vilers, 
Miraeus IV. — (c) Dasavunsarl, BB' ; Dasaivirsart, Berlholet; Dasainvirsarl, Jeantin 1 et II ; d'Assaivirsarl, 
C; de Saivinsarl, Miraeus III. — (d) Orsau, BB'. — (e) ecclesiae, Jeantin I. — (f) Floheirmoiile, BB'. — 
(g) ecclesiam, Bertholet. — (h) Surai, Miraeus IV. — (j) Caslillou, Bertholet, Miraeus IV, Jeantin I et H ; 

20 CafTiIon, B. — (A) dono, Jeantin II. — (/) salularibus, BB'. — (m) Manque Jeantin II; Signum, Jeantin I. 
— (n) Manque C. — (o) Lanlberli, Berlholet. — (p) Warcq, Miraeus IV. — (q) Rpquini, Miraeus IV. — 
(r) Jeantin I et II. — (s) Theodorici, Bertholet. — (/) T. de Tylah, Marténe et Durami; Tietbaldi de Tilaz, 
Miraeus IV; Theobaldi de Tylas, C. ; Lietbaldi de Lysen, BB'. — (m) Weberli, C; Wilberli, Miraeus IV. — 
(v) Kngobrandi, C. — (w) Liberli, C. — (x) Wahoois, Martène et Durand, Bertholet, Miraeus; Wahonnis, 

25 Jeantin I ; Wahonis, Jeantin II; VVazonis, BB'. — {y) Warnerii de Cypicz, C, Warneri de Cypley, Jean- 
tin II; Varneri de Cyplei, Jeantin I. 

' Etallc, Rulle et Villers-sur-Scmois. J'ai accepté dans le texte la correction de BB' malgré l'accord 
de tous les autres manuscrits sur Aurae, parceque Aura n'a pas existé et qu'il serait impossible 
d'admettre son identité avec la solitude où s'éleva plus tard le monastère à'Aurea Vallis; l'opinion 

30 contraire que j'ai formulée dans La Frontière linguistique, t. [, p. 441, ne reposait que sur le seul 
témoignage de ce diplôme. Il est d'ailleurs établi que Saint-Hubert avait le patronage de l'église 
d'ElalIc dès le Xll« siècle, et d'autre part on voit que l'église de Rulle a eu un vicaire perpétuel 
au Xlll«, preuve qu'elle appartenait à un établissement monastique. Au surplus. Bulle et Villers-sur- 
Semois ne sont pas restés à l'abbaye, non plus que la majeure partie de la donation d'Arnoul II. 

55 * Cfr. sur cette donation le Vita Thcoderici abbatis Andaginensis, c 20 [MGI/. SS., t. XII, p. 48) : 

« Arnulfus cornes de Warcbe pro redemptionc vitae suae et suorum ecclesiam in honore saneti 

Sulpitii consecratam in villa quae vocatur Pyros, et quidquid ad eam pertinens sui juris erat Sancto 
lluborto dcdit, ac praescnlibus mullis nobilibus et illustribus viris, légitima tradilione, filiis et uxore 

4 



— 26 — 



1066. 



XXIII. 



Thierry, chevalier , et fiazon, son frère, donnent an monastère 
l'alleu de Mèan, et plus tard Ramecée. 

lOGG. 
Charte disparue. 

A. Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-lluliert, litre de la couverture d'une pièce iaycltce 87, 3 
F. \. (Au bas on lit : « Je soussigné déclare d'avoir retiré, en conforniilc de la transaction du 
26 janvier i756, les pièces ci-dessus reprises, du consentement du révérendissime abbé du monastère 
de Saint- Hubert, dont décharge faite audit Sainl-llubcrt ce 15 octobre 1757. » (Signé) Charles-Ignace 
TaoNNAR, seigneur de Bassine.) 

Donatio allodii de Mean in Condrusio per Thcodericuni et Vazonem fraires, facia lO 
monaslerio Sancti Huberli 1066. 



B. Nomina benefactorum (de Reiffenberg, Monuments pour servir à l'histoire des provinces de 
Namur, de f/ainaut et de Luxembourg, t. VIII, p. 57). 

Theodericus miles dedil nobis lerliam pailem de Mean anno MLXVI, et postea 
Ramecée. t5 



praesentibus, perpctualiter confirmavit. Cujus rogatu postea venerabilis abbas Theodericus monachos 
ex suo coenobio in ea constiluit, suntque ibi viventes ordine regulari sub abbale Sancti Huberti «. — 
Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 25, p. 255; MGtJ. SS., t. VIII, c. 15, p. 575i : » Anno Verbi 
incarnati niillesimo scxagcsimo octavo, Arnuifo comiti Chiniaccnsi ex patrimonio suo provenerat 
cclla Pyrcnsis : qui, licet juvenis, ductus tamen optima fama et amore Theoderici abbatis attractus, 20 
etiam propter optimae religionis odorem, sepulturam suam ibidem constitucre, pracfatam cellam 
eeclesiae bcali Pétri et bcali Huberti perpetuo habcndam Icgaliter donavit, addcns ei quidquid intcr 
Marbais et Fanium sui erat juris, ut latius continelur in privilcgio facto ejusdem donalionis. Abbas 
autcm data commutatione praebendarum ibidem prius servientibus clericis, ex consensu domini 
ftlanasse Remorum pontificis pro eis monachos suos in eodem loco substituit. 25 



27 — 



XXIV. 



Le duc Godefroi le tiarbu déclare vouloir fonder un prieuré à Bouillon 

et lui faire diverses donations. 

Houillon, 10()9. 

Charte disparue. 
•5 Chronique de Saint-Hubert (Uobal'LX, c. 35, pp. 2ii-246; MGtI. SS., t. Vllf, c. 23, pp. B80-!581.) 
Godefroi étant mort dans les derniers jours de décembre, le 21 selon la Chronique de Saint- /lubcrt, 
le 24 selon Bernold, (voyez Mbyer von Knonau, Jahrbiictur des dcutsclien Rcichs unter Ileinrich IV 
und Ileinrich V, t. I, p. 637, note 78), et ayant survécu d'un mois environ à son départ de Bouillon, 
l'acte dont il s'agit n'est pas postérieur à novembre 10C9. La présence de Godefroi en cette année au 
10 château de Bouillon est encore attestée par un diplôme de ce prince, date de là, qui se trouve dans 
MiiuBUS et FoppKNS, Opéra diplomafica, t. I, p. 352. 

Dux Godefridus in Ilalia infirinntus cl cxinde Bullonium revectiis, cum jam despe- 
raret vitae suae, missis ad abbatcm Thcodericum legatis, salis hiimililer ut se visiiaret 
expetiit Ncc miilto posl ad ecclesiani bcali Pclri irans poniem sitam jussit dépor- 
ts tari (a), proscqueniibus eiim abbale Theodcrico et Gonzone Florinensi et Hermendo 

Virdunensi filioque Godefrido cum optimatibus suis et recensuit ex ordine 

videlicel ex edicto Aiexandri papae separalum se esse a marchissa Béatrice et pro 
ejusdem separalionis condiiione ' structurum se congregationem monachorum de 

communibus posscssionibus utriusquc Deo dcvovisse Ad filiuni autem : « Tibi, 

20 iiiquit, edico in fide débita el promissa patri adjulorium cooperalionem et ilofcnsioiieni 

hujiis execulionis praeseniem eliam ecclesiam bcati Pétri aposloli, quae mei est 

palrimonii, delego iu pcrpcluum consliluendis in ea monathis, malremque ejus Saltia- 
cum rivum confirmo corum ditioni, exclusis oinnino hactenus Icncnlibus cam clericis. 
Praeter possessiones vero quas huic meac devolioni, privilégie et aucioritaie Aiexandri 
23 papae confirmavi, ex conscnsu conjugis meae Beatricis, luo quoque, mi cliarissime 
lili, el sponsae tuae Malhildis, in auro argcnlo variisque ornamenlis, ccnsum mille 



lOti'.». 



(a) Ainsi t. et /*'. se portari i*. Iransportarl MGff. 

' Selon Meybr von Knonau, Jahrbûcher des deutschen Beichs unter Ileinrich IV und Ileinrich V, 

t. I, p. 603, Alexandre II aurait imposé cette pénitence à Godefroi pour avoir correspondu avec 

30 l'antipape Cadalus (voyez la lettre de Pierre Damiani, VII, 10, à Godefroi), puis l'en aurait dispensé en 

retour de l'engagement de bâtir un couvent. Cfr. Giesebrkciit, Geschichte der deutschen Kaiscrzeit, 

t. III, p. 184. 



— 28 — 

1069. libranim rcrum nuarum mobiliuni aggrcgavi, quac veslrao comniiiio fitlei, ut liuju* 
eeclesiae proticiant utiliiati » *. 



XXV. 

Godefroi le Bossu, au lieu de fonder le prieuré promis par son père, 
se borne à donner à l'abbaye /issenois {O/fagne) avec sa part de Givonne 
et la brasserie banale de liouillon. 5 

Peu après 1060. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint- Hubert (Robaulx, c. 34, p. 247; JUGI/. SS., t. VIII, c. 23, p. 582). 

Tune tandem junior Godefridus qui essel ;ipparuit, et récurrente ad se abbate pro 
(eslrmenlo ordinaiido defuncti palris, non lantum consilium et auxilium suum illi lO 

negavit, sed eiiam ininis et injuriis a se abslerrendum pulavil Talem tamque 

subilan» rerum conimntationem abbas obslupuit, et quasi monstrum sic a se diversum 
indignalus exhorruit. Ne (amen per hanc repulsam viderelur defecisse a promissa fidc 
servanda, Heribrandum seniorem ceterosque parcs castri, quos fidelius ducem coluisse 
mentincrat interpellavit, et(fi) ut secum de negotio patris Godefridum adratiocinarentur 15 
eos conduxit. Ille tandem pudore convictus respondit possessiones denominatas, quas 
milites sui stipendiarias tenebant, se nec velic nec posse subtrahere tenentibus; Astinc- 
tum vero, cum banno et comitatu et omni familia et quaestu, et denominatam pariem 
Chevoni, bannalem quoque cambam Buloniensis burgi, quac nullius ci'ant ftodi, elemo- 
sinae palris sui se recognoscere et conlirmare, reliclum vero tliesaurum rerum ejus 20 

mobiliuni in praesenlia eorum se velle cum abbate dividere Consilio Heribrandi 

casleliani aliorumque fidelium suorum disposuit abbali et successoribus ejus 

Bellam Vallem cum familia et banno et omnibus fmibus et acqutsiibus suis ad opus 
fratrum deservientium Deo in ecclesia beat! Pétri. Quod vadium quieie ab eis posses- 
snm est quamdiu idem Godefridus advixit. -S 

(a) Ainsi les manuscrit^-; et manque Martène et Durand et AIGfl. 

' Pour ne rien oniellre de ce qui concerne les rcIaU'ons de Godefroi le Barbu avec Saint-Huberl, 
il faut rappeler ici la notice du Aomiua henefaclorum (de Reiffenbero, Alonuménls pour servir à 
l'histoire des provinces de Aamur, de 1/ninaut et de Luxembourg, t. VIII, p. 56, in fine) : o Godefridus 
Barbatus dédit nubis unam faniiliam in Silvestricurte *. 30 



- 29 



1070. 



XXVI. 

Henri IV , roi d'Allemagve, confirme à l'église de Liège 
la propriété de l'abbaye. 

Aix- la -Chapelle, le 2o juin 1070. 



Original disparu. II reposait encore, en 1551, au chyrlrier de l'église Saint-Lambert, à Liège. — 
5 Copie aux Archives de l'Etat, à Liège, dans le Librr chartarum, n» 2, fol. 6G. — Autre copie ibidem, 
charte de Saint-Lambert, n» 5, vidimus de 1553. — Autre copie sur parchemin aux Archives de 
l'Étal, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 83, E. 1, avec les notes suivantes. A droite : « Collatione facta 
cum originalibus antiquis et vetustissimis liltcris pergameiicis praecopiatis, signo quodam quadrato ac 
subscriptionibus praemissis, cujusdam quoque sigilli de alba cera sive virginea impressionc roboratis 

10 concordat praesens copia. (Signe) Wal Garry, sacris apostolica et imperiali auctorilutibus necnon v.ene- 
randi capituli insignis eeclesic Leodiensis notarius et secretarius juratus. » A gauche : « Anno a nali- 
vitate Domini millesimo quingentesimo quinquagesimo primo de mensc fcbruario in mei infrascripli 
notarii praesentia prescripte copie originalis littcra auscultata fuit et collulionala in loco capilnlari 
insignis ecclesie Leodiensis cum alia ejusdem lenoris copia in papyro conscripta per Cesaree Majestatis 

15 atquc revcrendissimi Domini episcopi Leodiensis super differentia territorii cl (a) scu superioritatis 
terre Sancti Huberli in Ardenna respective, uli dicebatur, datos et deputatos commissarios infrascriptos 
qui eandem copiam, uli profcrtur in papyro conscripta, in illius fidem hiis subsequentibus dictionibus 
subnotarunt et signarunt. » « Coll.itionné au chapitre de Saint-Lambert à une viele lettre en parchemin 
signée par certain seing carc contenant aulcunes lettres et sellée en cere blanche et en placquart 

20 sain et cnthier, mys en nos mains par les députez dudit chapitre en Saint-Lambert quy ont déclaré 
l'avoir trouvé aux archives de ladite englise de Saint-Lambert, et trouvé accordante de mot a aultre 
par nous J. de Huyet Baert, quamque etiam cum pracscnti copia auscullavi et collationavi eamque 
concordantem repperi. (Signé) J. Wal Garry, notarius ». Au dos: « Henricus rex Francorum mandat 
loca sacra episcopatui leodiensi subjecta exactionibus exempta esse. » La chemise de papier qui 

23 recouvre cette pièce porte la note suivante : « Ce titre a été extrait hors des archives du chapitre de 
Liège en l'an 1551, pour servir au procès entre Sa Majesté Catholique et le prince de Liège touchant 
la souveraineté de la terre de Saiiit-llubert. » 

CuAPEAViLLE, Ges(a pontificum Leodiensium, t. Il, p. 15. = Lumg, Spicilegium ecclesiaslicum, t. Il, 
p. 495. — S. BoRHANS, Recueil des ordonnances de la principauté de Liège, \" série, p. 9. = Boruans 

30 et ScDOOLMEESTERS, Cartuloire de l'église Saint- Lambert de Liège, t. I, p. 34. 

Ce diplôme a été fait sur la base de celui de l'empereur Henri II, daté d'Erslein le 10 juin 1006, et 
que nous avons reproduit ci-dcssus n» IX. 

(a) Ce mot est à biffer. 



— 30 - 

1070 In noinino sanrle lleinricus divina favenle clemenlia rex. Oinni- 

"* ' ^' l)us Chrisli noslrique fi(lolil)us noluin esse voiumus lani fuluris quain pre- 

Diplome SCIltibus quia vir veiierahilis OielWinUS Tungrt'iisis sea Loodiensis cccicsie episcopus (|uedaiii 

' hrccepla noslrisoblulii ol)tulibus(|ue eranl secundi Oltouis iniperaloris C*t lerill et lleinriCI el avi 
iO juin i006. ' ' 

noslri Chuonradi et palris noslri pie niemorie Heinrici manu lirmaia et sit,'iiio •> 

signala, in (|uilius (Jict'balur quod non soliini i|)^i sed el anlcci'ssoies eoruni, icgcs scilicel Francoiuni Pipi- 
iius Karolus Ludowicus Lotliarius cl item Karolus cacteriquo rcges anlecessores et successores eoruni eideni 
ecclesie sancle Marie el sancli Lamberli, cui prestaute Dec idem episcopus precsl, per aucioritalis sue 
precepta conlulerant, ul el ipsa et sue appendilie que sunt Lobiis, cl in loco qui dicilur ad Saucluin lluber- 
liini, Bmnio, Gembluos, Fosiis, in Malonia, Namuco, Dionaut, Ceunaco, Cella, Tungris, Iloio, Tiajeclo, Maslinas, '0 

Fiorinas, Aionis curie, Schendermala, Viosaz, Teclis, Hunborc. Heriwardes. 
Pannardes, Berlheim, Boclieirn, Magidora, Turnines vei in ceieris locis, cum omnibus 

n-bus vel lioniinibus ad se perlinculibus libère per se consistèrent, cl ab omni inquieludiue judiciarie potesla- 
lis défense el secure manerent. 



XXVII. 

Arnoul II , comte de CInny et ses cousins donnent à l'abbaye des biens io 
situés à Linay et à Chamois, ainsi que le quart du pont de Givet. 

Vers 1070. 
Cliartc disparue. 

A. Chronique de Saint flnberl (Robaulx, c. 2t, p. 23C; MGfl. SS., t. VHI, c. 10, p. 376). 

La Chronique raconte dans une seule teneur toute la série des actes d'ArnouI II de Chiny pour 20 
Saint-Hubert, qui commence par la donation de Prix en 10C6, à laquelle elle rattache incidemment, 
et par forme de parenthèse, la donation de Manassès de Reims (1079). Peu après (c'cst-à-dirc 
après lOGC) meurt .^dclaïJc, femme d'Arnoul II; celte mort est suivie de celle de Manassès, frère 
du comte, et de celle de son cousin Ricuin, enterres à Saint-Hubert auprès d'Adélaïde. C'est après 
celle suite d'événements qu'ont lieu les autres donations d'Arnoul M et doses cousins II n'est pas 25 
téméraire de supposer que tous ces décès ont eu lieu entre lOCC cl 1070, cl que la donation d'Arnoul 11 
et de ses cousins n'est pns antérieure à cette dernière date. Ces données seraient confirmées par la date 
de la mort de la seconde femme du comte, arrivée en 1081 d'après le P. Gokfinet, Les comtes de Chiny 
(A^•^ALES DE l'I.nstitlt archéologique de Luxembourg, t. VllI, p. 564), si toutefois on peut s'en 
rapporter à l'aflirmalion de cet auteur, qui n'est ctayée d'aucune preuve. ^0 

Coiitigil atitc'in non miilto posl ut Adeladis uxor Arnulfi, soror atilein Ebali 
Uocejensis ', defuncta in introitu ecclesiac versus clauslriiin sepclirelur, Manassès ^ 

' Eble de Roncy. 

' C'est ce Manassès, frère du comte Arnoul de Chiny, qui a signe en 1066 le diplôme n» XXM. 



— 34 - 

quoquc, fraler cjusdem Arnulfi, divino flagcllo conipcllcnle, monacluis ((Tccliis, d Vers 1 070. 
posl infra mcnsom morluus, ibidem npponcrclur. Kranl practerea quatuor fiatrcs, 
vidclicel Hugo et Ludoviciis, Rodericiis et Riquinu?, filii Richczonis ex Licgarde 
amita Arnulfi coniitis '. Iloriim unus Riquinus, ah Hcri^brando Bullonicnsi inlcr- 
5 ftclus 2, ad caput praedictae Adcladis est sepullus. Hinc erga lociim facii dcvotiorcs ei 
Arnulfus cl nopotes ejus, ncpolcs quidem pro fratre suo, dederunl ecclosiac quidqiiid 
habcbanl apud Linaium et Carnelum "' et quailam partem pontis, quae crat eoruni 
apud Gabclium. 

B. Nomina benefactorum (db Rbiffenberg, Monuments pour servir à l'histoire des provinces de 
10 Namur, de Ilainaut et de Luxembourg, t. VIII, p. 59). 

Pro Ricuino inlerfecto habemus allodium de Linay et quod habebat in molendino 
cum tola familia *. 



' Selon le P. GoFFiNBT, Lictgarde aurait clé la grand'taritc d'Arnoul; il s'ensuivrait que les fils de 
Liegardc auraient clc les oncles d'Arnoul à la mode de Bretagne, et c'est celle parente que notre 
lo auteur, par un usage dont je ne connais pas d'autres exemples, traduit par nrpoles. 

* Hcribrand, cliâlelain de Bouillon, apparaît dans une cliarte du duc Godefroi pour Florcnnes, 
en 1055, et on le retrouve vivant en 1082. Sur lui voyez la Chronique de Saint- Hubert, MGU,, ce. 16, 
20, 23 et 42, 

* Linay, commune du département des Ardennes, canton de Carignan, et Chamois, commune du 
20 même département, canton de Givet (Voyez Grandgagnage, Mémoire sur les anciens noms de lieu de la 

Belgique orientale). Robavlx, p. 40, suivi par Gopfixet, Les comtes de Chiny (Annales de l'Institut 
ARCHÉOLOGIQUE DU LuxEMBounG, t. VIII, p. 520), traduit à tort par Ligny et Carnières. 

* D'après le Nomina benefactorum (de Reiffenderg, toc. cit., p. 50), il faudrait croire que Richczon, 
père de Ricuin, a péri, lui aussi, de mort tragique, sans que la Chronique de Saint-Hubert ait pensé à 

25 nous l'apprendre : « Pro Ricliizonc inlerfecto tradila est nobis mater ecclcsia in Palaliolo, et décima 
de omni indominicato bono Lierizy Castro subjecto. « Qui a tué Richczon? Est-ce le meurtrier ou la 
famille de la victime qui a donné Paliseul pour le repos de son âme? Nous n'en savons rien. 
M. Roland, Elude historique sur le village et le doyenné de Graide {.annales de la Société archéolo- 
gique de Namur, t. XVII, p. 202), identifie Ricuin et Richczon, et raconte de ce dernier ce que la 

30 Chronique dit du premier, à savoir qu'il périt sous les coups de Iléribrand de Bouillon. Cette hypothèse 
à première vue a quelque chose de séduisant; l'on sait d'ailleurs que lïichizo n'est que le diminutif de 
Ricuinus, et souvent au moyen âge un homme clait désigné concurremment par son nom ou par le dimi- 
nutif de celui-ci (Godcfridus = Gozelo; Ilcinricus = Hczelo, etc.) Ce qui empêche de s'y rallier, c'est 
que le Nomina benefactorum, manifestement composé d'après le très vieux nécrolcgc de l'abbaye, 

55 contient deux notices distinctes pour Richczon et pour Ricuin, preuve évidente qu'il ne s'agit pas ici 
d'un seul et même personnage. 



Après 1070. 



32 — 



XXVIII. 

Arnoul II, comle de Chiny, fait remise à l'abbaye de plusieurs 
redevances injustes qu'on lui faisait payer à Givet. 

Givel, après 1070. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 2i, p. 23C; MGH. SS., t. VIII, c, IG, p. 576). 3 

Il est impossible de dire s'il s'agit ici d'un ou de plusieurs actes diplomatiques; on ne sait pas 
davantage à quelle année du règne d'Arnoul II (1066-1106) on pourrait les reporter; pour ne pas les 
séparer des autres actes du même personnage, on les donne ici dans une série continue. 

Arnulfus vero praeler cellam Pirensem, quam, ut dicium est, bealo Huberto dona- 
verat, remisit in perpetmim ecclesiae exaciiones quasdam ab iniquis minislris anleces- 10 
sorum suoruni apud Gabeliuni rébus nostris iniposilas fraudulenter et injuste, seilicet 
quadraginta modios avenae mensurae nostrae, cl unam carratam fœni, alteram vero 
straminis, quae exigebanlur ad pasccndum equum comilis, quatuordecim eliam garbas 
euliurae indominicatae, sepiem spellae et septem avenae, quae dabanlur scabinis, et 
villico deputatuni unum modium frumenli. Ponlenarii quoque quum in transponenda 13 
décima injuriarentur ministros ecclesiae, meliores garbas violenter rapientes sibi, 
agente Theoderico praeposito in curia beati Muberti, mandavit eos venire Arnulfus 
cornes, ex oplimatibus suis Riquinum et Algoldum, Theodericum et Albertum secum 
ibi babens. Et indicta bannali evocatione totius Gabeliensis potestatis adjuravit anti- 
quiores et meliores, inlerposito sacramento factae sibi fidelilatis, ut edicerent ei verilatem -20 
bujus consueludinis. llli locuii cum consilio responderunt comili per Rodericum prae- 
positum et Gobertum villicum, sicut erant adjurati, exactiones istas ab iniquis ministris 
dominonmi esse inventas et injuste et fraudulenter ecclesiae imposilas, et ideo judicio 
eorum, si justitia servaretur, omnino (a) adnibilandas. His cornes audilis, lngonem(6) 
rnagislrum scabinum garbas acceptas ex cullura dominical!, videntibus cunctis, proprio -25 
collo fecii referre, et reponere in horreo beati Hubcrti (c). 

Quaedam vero venna, quae apud eos dicilur ladius, in Huia ' habetur, etquaecumque 

(a) onu / omnino i". et Robaulx, omnimodo /** et MGH. — (6) Ainsi les manuscrits. Vigonom MGH. — 
(c) Huberii beali / et /*V 

' Huia, la Houille, affluent de la Meuse à Givet. Sur celle rivière, voyez G. Kurth, La frontière 30 
linguistique en Belgique et dans le 7iord de la France. (Mémoires de l'Académie royale de Belgique, 
t. XLVIII, p. U%.) 



— 33 — 

captura piscium ibi proveneril a nona doniinicae noctis usquc ad vesperain sequenlis dici Après lOTO. 
siium est ccclesiae nostrae ex consucludiiie vetcri : et qiiando idem radius firmabalui' 
a villico nosiro, exigebal sibi obsoniuni comitis villicus. Has omnes injiislilias ne 
amplius a quoquam exigercnlur, bannali auctoritate cornes inlerdixil, pontenariis 
5 eonslituens de unaquaque carrata transponendae dccimae unam garbam accipere, ei 
si quid minus fnerit de intégra carrata, dimich'am illi provenire sicut placuerit niinistro 
ecclesiac, et hoc sine ulla decertaiione. 



XXIX. 



Arnoul II, comte de Chinij, et son fils Otton donnent à l'abbaye 

la terre de Flohimont. 

\ç) Après 1070. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint -IJubert (Rodaulx, c. 24, p. 257; MGH. SS., t. VIII, c. 16, p. 576). 
Pour la date approximative, voyez ci-dessus n» XXVII. On voit d'ailleurs que le comte Otton était 
encore un enfant lors de la donation racontée ci-après, et, comme il régna jusqu'en 1125, on ne se 
15 trompe guère en admettant les environs de 1070 pour l'acte en question. 

Deinde comes pro his et aliis injusliliis (a), quas vel a se vel a suis recognovit factas 
ccclesiae, culpam suam confessiis est publiée, et Oltone filio suo secum deducto, 
veniens ad monasterium, Floberimoniem cuni familia et molendino donavil beato 
Hubcrlo legaliter habendum, filii qiioque sui dexleram super majus allare beaii Pétri 
20 applicuit, et ut omnia quae eidem ecclesiae donaverat vel injustas exacliones et 
consuetudines quas adnullaverat ipse eiiam jure jurando ei conflrmaret proprio ore 
juraluro dictavit, praesentibus ibi quibusdam optimalibus suis '. 

ia) juslitiis / et /**. 

' On voit ci-dessus n" XXII que dès 1066 Arnoul il avait déjà donné à l'abbaye la moitié du moulin 
25 de Flohimont; il y a donc lieu de croire que cette fois il lui donna l'autre moitié. 



— 34 — 



(1070.) 



XXX. 



Arnoul ill, comte de Flandre, donne à l'abbajje les alleux de Somal 
en Ardeune et de Taviers en Hesbuye. 

Sans date (après le 17 juillet 1070). 

Original sur |)ai'cheniin aux Arcliives de l'État, à Arloii, funds Saint-llubcrt, 115, A. 1; aucune 
trace de sceau. — Copie aux Archives du Royaume, Cartuiaire llti*"'', fol. G5 v", et une deuxième fois, 5 
ibidem, fol. 159. 

Martène et Di'RAND, AmpHssima coUectio, t. I, col. 487. = Bertbolet, fJistoire du duché de 
Luxembourg, t. Ill, p. xxxiii. — Miraeus et Foppens, Opéra diplomalica, t. IV, p. 185. 

La date de oc diplônie est déterminée par celle de la mort du comte de Flandre Baudouin V, père 
d'Arnoul III, décédé le 17 juillet 1070, au rapport des Annales Elnonenses [MGH. SS., t. V, p. 13). lo 
M. W'altkrs, 7'ablc c/ironolvgiqur des chnrics e( diplômes, t. I, p. 521, se trompe donc en le rangeant 
sous l'année 10G9. — Sur l'acte en question cfr. la Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 55, p. 249 
' et MGfJ. SS., t. VIII, c. %i, p. 585) : a Fuerat auteni praedictus abbas longo ante tempore et Balduino 
et Ricliiliii adeo familiaris et dilectus ut niultotiens ab cis exoratus aliquandiu Flandris morarctur 
cuni illis, et practer mulla donaria quibus ab utroque redibat bonoratus, duo ailodia, scilicet Sulmo- 15 
dium satis conliguum monaslcrio et Tavers in Ilasbania legali donatione ccclcsiae beati Hubert! in 
perpetuum coUala optinerc mereretur »• 

(C.) In noniine sanclae et individuae Trinitatis. Veritatis teslimonio 
lïîultiplicem liabemus sententiam fidelibus dcfunctis oralionem et elemo- 
sinam singularem prestare niedicinam. Quod salis utile dolori meo 20 
inveniens consilium, ego Arnulfus cornes Flandrensium post morteni 
nobilissimi coniilis patris mei Balduini noverit omnis posteritas quod ad 
rcmediuni ejus sic operatus sum. Allodium quod vocatur Summoulum * 
in pago Ardennensi el in comilatu Hoiensi situni cum molendino, pisca- 
lura, silva, terris cullis et incullis, et cum tota familia ad ipsuni pertinente, 25 

' C'est Somal (Ma(Te), dans la province de Naniur, comme on le voit par Y Inventaire des archives de 
l'abbaye. Il est à remarquer que la Chronique de Saint-llubcrt (Robaulx, c. 55, p. 249, et MGfJ. SS., 
t. VIII, c. 24, p. 585), se trompe en confondant ce Summoulum avec Smuid (Sulmodium), et cette 
erreur a été reproduite par Romuald Hancart, par le cartuiaire 112'''' aux deux endroits cites, el par 
PiOT, Les Pugi de la Belgique, p. 147. ,30 



— 35 — 

item aliud allodium quod vocatur Thavers ' in pago Haspaniç situm, cum (IOTohoti, 
ecclesia, molendino, camba. silva, et cum tota familia ad ipsum pertinente, 
cura matre mea Ricliilde et cum fralre meo Balduino et sorore mea 
Agnete pro absolutione aniinç patris mei Balduini et comitis Herimanni 

5 et pro remedio animarum nostrarum ecclesiç S. Pelri et S. Huberti quç 
est in Ardenna jure habendum tradidi conditione tali. Si abbas aut epis- 
copus aiil quelibet persona ipsius loci in beneficio hec allodia voluerit dare 
et ecclesie aliquo malo consilio lollere. nostris liereiibus sit h'bera polestas 
ea recipere et quasi proprium sibi relinere, Interfuere huie traditioni hii 

10 testes : S. Godefridi ducis parvi *: S. Arnulfi comitis; S. Balduini fratris 
eius; S. Johannis Alrabensis: S. Guiderici de Fageto; S. Fastradi de Tor- 
naco : S. Bernard! de Lens ; S. Ilu^onis de Seisfuin ; S. Anselmi de 
Hosdenc; S. Alberli comitis de Nainuco; S. Gualteri de Cimaco; S. Arnulfi 
comitis de Chisniaco; S. Gozuini de Monte; S. Gualleri de Lens. 



XXXI. 



15 



y/ la prière de l'abbé Thierry 1", EUnand, évêque de Laon, 
donne à l'abbaye l'église d'Evergnicourt. 



Laon 1071. 

Original sur parcliemin aux Archives du Gouvernement, à Luxembourg, assez endommagé et colle 

sur toile. Aucune trace de sceau. Provient de la layette 4b, A. 1. — Une copie authentiquée le 

20 25 janvier 1704 par le notaire royal .\mbrosii : « practer aliqua verba quae ob vetuslatem non potue- 

runt Icgi ». Ibidem. — Autre copie aux Archives de l'Elat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, quatrième 

registre, page 20. 

' L'abbaye ne resta pas longtemps en possession du bien de Taviers; elle le perdit dès le vivant 

de l'abbé Thierry I*' (1055-1086), qui, dans sa vieillesse, au dire du chroniqueur, devint la dupe des 

2o intrigants et se laissa entraîner à leur abandonner cette terre. Somal a eu le même sort, si on peut 

entendre de celte localité ce que le chroniqueur dit de Sulmodium {Chronique de Saint-IIubcrl^ 

RoBAiLX, c. 67, p. 272; MGf/. SS., t. VIII, c. 5?, p. 595). 

• Cette épilbètc pour désigner Godcfroi le Bossu ne doit pas étonner. En 1076, dans un diplôme du 
prévôt de Nivelles, on ne craint pas de l'appeler dux Godefn'dus giblotus. Voyez Wauters, De l'origine 
ôO et des premiers déoeloppemenls des insdtulioiis communales en Belgique, preuves, p. 4. 






- 56 — 

1071 . Sur cplli' (lonalioii, cfr. Vita Thcoderici ahbalis, c. 20 {JUGfl. SS., t. XII, pp. 48-49), il la Chronique 

de Saint- //ubcrt (Rodailx, c. î20, p. 234; MGII. SS., t. VIII, c. 13, p. 57S). Celle-ci, à celle occasion, 
relate également une autre donation faite par Flinand à l'abbaye en 1082 (voyez ci-dessous), cl elle 
le fait en termes tels qu'on la croirait comprise dans celle de 1071, si Ton ne savait le contraire par 
les chartes clies-mcmis. o 

In nOAlINE SAKCTE ET IINDIVIDUE TrIMTATIS. EgO ElINANDUS LaUDENSIUM 
DeI GRATIA PKESDL, QUOMAM PASTORALI V1GILANT1A ECCLESIIS VIDEMUR PRESl- 

DERE, SATAGAMUS OPORTET per oiTînia ppodessc, ne videamur quibus solli- 
citudo commillilur et cura ingrali alque inutiles preesse. Cum igilur 
in predecessoribus religiosissimis scilicet viris tauta hberalitatis fuerit lo 
munificenlia ut plerique eorum quibusbbet ecclesiis diversa contulerint 
dona et de suis que minus suppetebanl suppleverint stipendia, licet longe 
inferiores, annitendum tamen est ne ab hujusmodi penitus videamur 
imniunes. Unde noverit tam presencium quam futurorun» nolicia qualiter 
abbas Teodericus apud nos prccibus exegerit ut ecclesie sancti Pelri et i3 
sancli Hunberti, qu[e s]ita est in Arduen[na] et cui pastor preerat, altare de 
villa quam vocamus Ebreniicurlem, in qua plurimum ipsa possid[et 
ecc lesia ', traderemus et perpetuo habendum concedcremus, ea videlicet 
intcncione inslinclus ut quibusdam de ecclesia sua fratribus ibi constitutis 
fîdelium mentes ad edidicacionem pertrahcret ac de suis muila ad pro- 20 
venlum loci illius inpertiret. Cujus devocionem erga matrem ecclesiam 
tantam esse considérantes, peticioni ejus adgratulando consensimus et 
consensu clericorum noslrorum, sine quibus, ut canonica perhibet aucto- 
ritas, (ieri non licet, perpetuo habendum ea condicione concessimus, ut 
prediclus abbas et ibi commoraturi fratres debilam subjeclionem Laudu- 20 
nensi ecclesie semper exhibeant, et pro exactione solidos duos [eidem 
ecclesie habendos persolvant. Ne igilur in al]iquo nutaret talis nostra 
efficiencia, hoc scriptum, quo fidem posleris accommodet, fieri decrevimus 
manuque nostra in presencia [fidelium ac sujbministrorum nostrorum 
coiroboralum [rejddidimus. Si quis autem. quod absit, huic nostre insti- 30 
tucioni renisus fuerit, et quod pro bono, ut sese res habet, ac pro salule 
animarum nostrarum decrevimus fieri obviare presunipseril, animadversa 

' Sur les propriclcs de Saint-Hubert à Evcrgnicourt, voyez ci-dessus les numéros III (donation de 
Walcaud en 817, avec l'apocryphe, n» V), et IX (donation de Josbert de Marie). 



— 37 



lemerilalis sue inpossibililatc quiescal, cl ne fianc in se senlentiani retor- 
queat, iil pro consimili idemlilale aucloritalem exauctoralus ainillat el 
canonum excommunicacioni siibjaceat. 

Signum Helinandi Lauduncnsis episcopi; S. Manasse archid[iaconi;l 

5 S. Rodberli sacerdolis ; S. Werimtindi diaconi ; S. Adelardi decani ; 

S. Fulcradi aicliidiaconi : S. Garneri cantoris; S. Guincmari sacerdolis; 

S. Fulbert! diaconi; S. Haimonis subdiaconi; S. Ebali subdiaconi; S. Ade 

decani; S. lleribcili subdecani; S .... ni sacerdolis. 

Aclum Lauduni anno dominice incarnacionis millesimo sepluaqesimo 
10 primo indicllone nona epacta xvii [conc. ii] («). 

Ego Rodberlus cancellarius sanclc Mariç subscripsi ac relegi. 



1071. 



XXXII. 

La comtesse Rkhilde engage à l'abbaye son fisc de Chevigny 

pour la somme de oOO besans d'or. 

1071. 

15 Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Robaclx, c. 35, p. 248; MGIf. SS., t. Vllf, c. 24, p. Î582). 

L'acte se place entre la date de la bataille de Cassel où périt le jeune comte Arnoui (21 février 1071) 
et celle de rinfcodation du Hainaut à la principauté de Liège, qui eut lieu à Fosses au printemps de la 
même année (avant le 1 1 mai). 

20 Erat non longe a majori ecclcsia fiscus Caviniacus ' ex patrimonio Richildis Montensis 
comilissao, quae, viduala Bakluino juvene, Flandrensium comité, Flandras amiseral, 
occiso filio suo Arnulfo a pairuo ejus Roberto Frisone, per manus cujusdam Gerba- 



(a) Lisez V. 

25 • Caviniacus était un domaine fiscal très étendu comprenant à peu près le territoire des 
trois communes actuelles de Saintc-Maric-Clicvigny, de Saint-Picrre-Chevigny et de Recogne. La 
contiguitc de ce domaine aux terres de Saint-Hubert devait en rendre l'acquisition fort désirable à 
l'abbaye. 



— 38 — 

1071-1074. (louis Caviniaciiin fîscuni illa ei • in vaclio accipiendum oblulit. Laetatus 

abbas sibi offerri Caviniacum, qiiem jam diu desideraverat ecclesiae acquirendum, prae- 
sente et annnente duce GodelVido, quingenlos bizantios auri de eicmosina palris sui * 
Caviniaco superposuit, et fisciim eumdem sic (a) intérim siib testibus legilimis, videb- 
eet Segardo, Arnuifo, (iozuino et Tielbaido ^ in vadium accepit. Riehildis vero cum 5 
admissis lot expensis nibil profecissct, fugato etiam Pbilippo Francorum rege a Roberto 
Frisone, ad domnuni Tbcoduinum Leodiensem episcopurn se contulit, et ei Monlensc 
caslruni eum onini bonore illi siibjeclo, sanciae Mariae sancloque Lamberto eundem (6) 
oblulit. 



XXXIII. 

Philippe I'% roi de France, rend les chapelles de Neufchâtel-sur- Aisne lo 
à leur église-mère d'Evergnicourt, et en confirme la possession à 
l'abbaye, ainsi que celle de cette église. 

1074. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 22, p. 235; MGII. SS., t. VIII, e. 14, p. 875). 13 

Anno verbi incarnali MLXXIV, Phib'ppus etiam rex Francorum ab eodem abbale * 
rogatus omnes capellas Novi Castelli, quod lune tenebat, matri suae ecclesiae beatae 
Mariae, quae est in Eberneicorte, rccognovil et reddidit, easque privilégie suae auclori- 
unis cum praedicta cella ecclesiae beati Pétri et beati Huberti habendas conlirmavit. 

(fl) et sic Gscum eumdem Martène et Durand et MGH. — (6) // faut probablement lire habendiim. 20 

• £■», c'est-à-dire l'abbé. 

' Pour cjus. II s'agit des libéralités de Godcfroi le Barbu, sur lesquelles voyez ci-dessus, n<" XXIV 
et XXV. 

" La mention de ces quatre témoins prouve à elle seule que l'auteur résume ici une charte. 
' L'abbé Thierry I«' de Saint-Hubert. 



39 — 



XXXIV. 



Le pape Grégoire Fil prend l'abbaye sons la protection immédiate 
du Saint Siège^ et lui confirme la possessioîi de tous ses biens. 

29 avril 1074 *. 

Original disparu. — Copie du XIII« siècle dans le manuscrit de la Chronique de Saint-Hubert, à la 
5 Bibliothèque royale de Bruxelles, fol. 27 et dans les manuscrits qui en dérivent (A). — Copie incom- 
plète ayant servi à Martène et Duband, mais disparue aussi depuis lors (B). 

Martène et Durand, Amplissima CoUectio, t. I, col. 515 (incomplet et avec la date erronée de 1080, 
d'après B). = Miraeis et Foppens, Opéra diplomatica, t. IV, p. 6 = Mignë, Patrologia Lalina, 
t. CXLVIII, col. Cî)2 = Bkrtholet, Histoire du duché de Luxembourg, t. 111, p. xxxviii. — Martènb 
10 et Durand, Amplissima CoUectio, t. IV, col. 947 (d'après A). — Robal'lx de Soimoy, Chronique de 
Saint- Hubert , dite Cantatoritim, c. 38, p. 253. — de Rbiffenberg, Monuments pour servir à l'histoire 
des provinces de Hainaut, de Namur et de Luxembourg, t. VII, p. 274. — Momimenta Germaniae Histo- 
rica, Scriptores, t. VIII, p 586. = Migne, Patrologia Latina, t. CXLVIII, p. 652. 

Aucun doute ne peut être élevé quant à l'année ou au jour de eo diplôme. Si Martène et Durand, 

15 suivis par Miraeus, ont donné 1080, c'est que, ne trouvant pas la date dans leur copie tronquée, ils ont 

dû rétablir par conjecture; quant au négligent Bertiiolet, c'est par distraction ou peut-être par simple 

faute d'impression qu'il change cette date en celle de 1084. Pour le jour, la date du 1" mai substituée 

au 29 avril est le résultat d'une mauvaise lecture des manuscrits; voyez ci-dessous, page 41, note (a). 

Ce diplôme a une histoire pleine d'intérêt, qu'on lit dans le Vita Theoderici abbatis, c. 25 

20 {3J(jH. SS., t. XII, p, 51), et dans la Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, ce. 56-58, pp. 251-255; 

MGH. SS., t. VIII, ce. 25-"26, pp. 583-586). On voit dans cette dernière qu'à Liège, où l'abbé Thierry 

produisit le diplôme pontifical dans un synode, cette pièce excita les défiances de l'archidiacre Boson : 

4 explicita ergo caria, et offensus ignotis sibi ad Icgendum notis quibus conscribuntur privilégia 

Romanae auctoiitatis : non, inquil, dubium quin hic latcat alicujus fraudis praestigiura, quod ulique 

23 celat barbaries harum notarum. » Cfr. Giry, Manuel de diplomatique, p. 669, note 2. 

Gregorius episcopus, servus servorum Dei, dileclo in Clirislo filio Theo- 
derico, abbati monasterii sancti Pétri sanctique Huberti Andaginensis in 
Arducnna constituti, suisque successoribus regulariter ibidem intrantibus 



1074 



' M. Wauters, trompé par les indications de Martènk et Durand, a cru qu'il y avait deux 
30 diplômes; il donne de notre document deux analyses différentes, et lui attribue dans la première la 
date erronée du 1" mai 1075, et dans la seconde celle de 1080 environ. (Voyez Table chronologique 
des chartes et diplômes, t. 1, pp. 551 et 551.) 



— 40 — 

1074. in perpeluuin. NuIIi fidelium est in duhio. quin sedcs aposlo!ica,eo quo(l(a) 
universalis maler cl omnium ccclcsiarum princops est, omnibus hoc jure ac 
débita solliciludine praeesse debeal. non ut cas tanlum [b) calholicao reli- 
gionis unilale concludat, sed generali circumspectione eliam ab hiis quao 
t'xtrinsecus permovenlur (c) pro sua auclorilale salvel cl muniat. Inler quas 5 
tamen quum plures inveniantur, quae speciali et propria commendalionc 
in lutelam ejusdem sedis aposloh'cae se conlulerunt. ul speciah' caritate et 
studio suae malris amplexae usquequaque securiores et liberiores ab omni 
infestalione consistèrent, qiias, ut dignum erat, ila Romana suscepit eccle- 
sia, tantaque protexit undique dih'gentia, ut omnibus munimenta praesidii, 10 
nonnullis quoque gratiam conferret augendi, Cujus rei plurima nobis 
exempla sanctissimi viri reh'queruut qui anle nos in iila quam diximus 
aposlolica sede fulgentes, pro honore ecclesiarum Dci et exallatione earum 
magis qnam pro vila aut salutc sua soUicili fuerunt, suscipientes monas- 
teria et vcnerabilia loca in patrocinium aposlolicae defcnsionis et confir- 15 
mantes ea propriis privih'giis, qualinus ex colidiana lianquillitate ardentius 
in devotione divinae servilulis et in omni bono proficerent. Qua in re 
quam pie quam sancte fecerinl (rf) et illorum nobis oslendit gloria, et ipsius 
rei tam frucluosa gratia. Nam cum oratoria in pace et Iranquillitate con- 
sistunt et ecclesiaslica bénéficia pauperes Christi nutriunl, tum [e) vero 20 
laus Deo digne promitur, et remédia peccatorum tam vivis quam defunctis 
impenduntur (f) IJnde nos in eadem aposlolica sede, non noslris merilis 
sed divina locali gratia, suscepli ofïicii debilum considérantes, praefa- 
tum monaslerium, cui tu, dilecte fili et praenominatc abbas, praeesse 
(lignosceris, luo rogatu in lutelam aposlolicae sedis et noslrâm s«ccessorum 25 
que ((/) nostrorum defensionem suscepimus, confirmantes et corrobo- 
rantes sibi per praesenlis paginam privilegii, ecclesiam sanctae Mariae 
super Auxonam (/j) sitam et (i) ecclesiam sancti Sulpitii super Mosam 
celerasque possessiones tam in villis quam caslellis ceterisquc ecclesiis et 
terris cullis aut {k) incultis, seu in omnibus rébus mobilibus et immobi- .-îo 
libus, quas nunc jure possidet (/) aut in posterum Deo miserante acquirel, 

(fl) quae au lieu de co quod B. — (b) Manque dans A (/ et V*) ajouté au-dessus de la ligne dans A (/*). 
— (c) Ainsi A (1 et /*) suivis par liobavlx prrmovciitur A (/*'). promoveiilur B et MGH. — (cl) feceruiit A 
et B. — (e) lamen B. — (/) inipciidiliir A (/) et B. — {g) successorum A (/) et B successorumque A (/* 
H / "). — (A) Axonam A (/**). — (i) Manque B. — {k) et B. — (l) Ici s'arrête B. 35 



— 41 — 



qualinus omnia ad comniunem ulilitalcin fratrum inibi Deo famulanliiim 
sul) luo (uorumquc successorum ref^iininc el congrua dispensalione seni|)er 
inconvulsa illibataquc permaneanl. Si quis vcio regum, sacerdolum, cleri- 
corum, ju(!icuni ac saecularium peisonaruni Iianc conslilulionis nosirae 

S paginain agnoscenles, conlra eam venire Icniplaveril, poleslalis honorisque 
siii dignilale careal, reumque se divino judicio exislere de perpelrala 
iniquilale cognoscat, el nisi vel ea quae ah illo sunl maie ablata resliluerit 
vel digna poenilenlia illicite acla defleveril, a sacratissimo corpore ac 
sanguine Dei Domini Redemploris noslri Jcsu Chrisli alienus fiât, atque 

10 in aelerno examine dislriclae ullioni subjaceat. Cunclis aiileni jusla servan- 
libus eidem loco, pax Domini nostri Jesu Christi, ut hic fructum bonae 
aciionis recipiant, el apud dislriclum judicem praemia aelernae pacis 
invenianl. Amen. 

Subscripsil autein manu propria domnus papa : 

15 Miscraliones luae Domine super omnia opéra tua. Bene valele. 

Dalum Lateranis m (a) Kal. maii per manus Pétri sanclae Romamie 
ccclesiae presbiteri cardinalis ac bibliothecarii, anno primo ponlificatus 
domini Gregorii \l\ papae, indiclione undecima (6j. 



1074. 



XXXV. 

Le pape Grégoire Fil écrit à l'archevêque de Reims (t\laiiassès), à l'arche- 
20 véque de Trêves (Udon), à Vévêque de Laon (Elinand) et à l'évêque de 
Liège (Théoduin), pour leur ordonner de protéger les privilèges qu'il a 
accordés à l'abbaye. 

1074. 
Charte disparue. 

25 A. Vila Thcoda-ici abbatis Atidagiiictisis^ c. 2ti [MGH. SS., t. XII, p. 51). 

Quod privilegiiim Remcnsi vel Tievircnsi archiepiscopo ac Laudunensi el Leodieiisi 



(a) J (/ el /**) permet de lire aussi bien in que m; J (/*) écrit jwsitivemenl m, qui est la seule leçon 

adviissible, bien que Marlène el, Durand, suivis par 3JGU., donnent in; ce dernier éditeur convient, il est 

vrai, que l'autre leçon est également plausible. — (b) Il faut lire « duodecinia ». Sur la répétition de cette 

30 erreur dans plusieurs actes pontificaux de cette année i074, voyez Pflugk-Harltung, Acla ponliûcum roma- 

uoruni inedila, Tubingen, Stuttgart, 1880, t. II, p. 121. 



— 42 — 

1074. episcopo, cujus juris erat ipsa ecclesia, per eundem abbatem cum lilteris apostolicis 
1074 ou 1075. misii, obsccrans ut quod ulililer supplicanli abbaii pro uliliiale suae ecclesiae conces- 
serat, ipsi sua asiipulatione firmarent et sua subscriptione corroborarcnt. 

B. Chronique de Saint -Hubert (Rodaulx, c. 36, p. 251 ; MGU. SS., t. VMF, c. 25, p. 584). 

Cum vero a condicta Godcfrido * promissione abbas se absolvendum exposeerel, 5 
quia in ea explonda fîlii ejus auxilium sibi deesset, apostolieus oon consensit, sed Annoni 
Coloniensi et Tbeoduino Leodiensi aposlolicae aucloritatis formatas epistolas destinavit, 
ut Godefridum ad hoc quod patri morituro condixerat exsolvcndum, vel concilio 
inclinarent, vel ecclesiasiico ministerio inobedientem conpellerent ^. 



XXXVI. 

Godefroi le Bossu, duc de Lotharingie, se décide à restituer à l'abbaye lo 

les donations de son père. 

1074 ou 1073. 

Charte disparue. 

Chronique de Sainl-Huberl (Rodaulx, c. 59, p. 255; MGN. SS., t. VIII, c. 27, p. 586). 

La date de cet acte nous est fournie par la Chronique de Saint-Hubert, disant que la même année 15 
i'évéque Thcoduin mourut. Celte mort arriva le 25 juin 1075. S'il faut penser ici à l'année du 
calendrier, l'acte de Godefroi doit être placé en 1075 v. st. (l'année, au diocèse 'de Mége, commençait 
à cette époque à Noël. Cfr. de Marnefke, Styles et indictions suivis dans les anciens documents liégeois, 
Bruxelles, 189C). Si, au contraire, comme cela semble résulter du contenu, l'auteur pense à la durée 

' Il s'agit de Godefroi le Barbu, qui, comme le dit la Chronique de Saint- Hubert, avait chargé 20 
l'abbé Thierry d'exéculcr ses dispositions testamentaires pour le prieuré de Bouillon (Cfr. ci-dessus, 
n° XXIV). Thierry, en présence des mauvaises dispositions de Godefroi le Bossu, fils du défunt, avait 
demandé au Souverain Pontife de le décharger de celte mission. 

* Cette lettre a disparu; elle ne peut pas être confondue avec celle que Grégoire VII écrivit sous la 
date du 23 mars 107î>à Théoduin de Liège, et qui, consacrée tout entière à reprocher à ce prélat sa -S 
conduite, ne contient au sujet de Saint-Hubert que ces quelques lignes : a Compertum est nobis te 
contumelias quorumdam consilio intulisse abbati de Sancto Huberto propler privilegium quod a nobis 
suscepit, sed excusamus eum, quod contra detrimenlum et honorcm ecclesiae tuae nibil fecerit. Unde 
te monemus et rogamus, ut permitlas eum in pace et in orani Iranquillilate. » 



— 43 — 

de douze mois écoules depuis la date de l'acte, nous sommes autorises à placer encore celui-ci cii 107-4, i074 ou 107:». 
entre le 7 décembre (deuxième dimanche de l'avenl) et le 2ÎJ décembre, qui est le premier jour 
de 1075. 

Accidil ut domnus Herimannus Mclensis episcopus ad eum Bulonium veniret. Erat 

5 aiitem dominici adventus dominica secunda Godefridus compunclus 

quidquid ex his neglexerat emendaturum amodo se promisit. In crastinum abha- 

tcm mandavil. Venienti vero dux officiosissime assurrcxil, et nil laie de eo spcranti, 
coram potitifice * et quibusdam eurialihus suis, vadium humillimae salisfaclionis genu 
flexo porrexit, se errasse, se peccasse in Deum et pairem suum est confessns, erro- 
10 ren)que suum amodo se correclurum professus. Miratus abbas, cl laetatus in Domino 
qui ad quod vull inclinai corda omnium (iliorura hominum, suggerenle episcopo, duci 
recredidil quod sibi porrexeral vadium in verbo scilicet vivenlis adhuc patris sui, quo 
eum adjuraverat, vilae suae et honoris condiiione interposila. Slalim ille pro his quae 
de pracfalo thesauro subduxerai abbali Bcllam Vallem ad usum fralrum ci doposuit, 
15 et ecclesiam Monlis Madiensis eum tribus mansis tcrrac bealo Petro in perpeluum possi- 
dendam legaliter iradidit. Ëodem anno Thcoduinus Leodiensis episcopus vita decessil. 



XXXVII. 

Le concile de Graide ordonne à Godescalc, abbé d'Hasliere, de respecter 
les droits de V abbaye sur les croix de Paliseul. 

1075. 
20 Charte disparue. 

Chroniqub de Sainl-Hubtrl (Robaulx, c. 52, p. 2-44; MGH. SS., l. Vlil, c. 22, p. 580). 
Bien que, selon toute probabilité, la date soit dans la Chronique une interpolation, il n'y a toutefois 
aucune raison de la révoquer en doute, aUendu qu'elle semble empruntée à l'acte même qui y est 
résumé. 

23 Anno millésime sepluagesimo quinlo. Nostris autem temporibus Godiscaldus (a) abbas 



(a) Ainsi les manuscrits et Bobaulx. Godiscalcus Marlène et Durand et MGH. 

' il s'agit de l'évéque Hcrman de Metz, qui avait décidé Godefroi à s'acquitter enfin envers Saint- 
Hubert. 



— 44 — 

1075-1076. Hasleriensis • cruces fraudulenter temptaverat imminurre, et muneribus presbyieros 
villarum seducens, Harnoas, Gabclium, Willerceias, uirasque Bursinas (a) el uiras^iue 
Lelirt'*, ISenics (6), Gcdinam, Gianilies deiraliens nosirae, suae ailraxcral ccclesiac. 
Hanc f'jus piacsiinjpliontni comperlani abbas Tlieodericiis graviter tulit, et ut inde sibi 
responderet in ooneilio presbyierorum Grades*-' deiiominato pcr Freduardum docanum 5 
evocavit. Ibi Godiscaldus praesente Bosonc arcbidiacono, Ernelboldo altaris ailvocalo, 
coiivietus judicio et subclamalione totius concilii, ecclesiae beali Iluberti quod suiim 
erat ab aniiquo publiée recognovit, assurgensque Tbeoderico abbali jusiitiae vadiuin ci 
ptT nianicam lunicae suae porrexil, pro quo et vades decem librarum exaclus deposiiit, 
et sic deinceps a praesuniplione sua cessavit. 10 



XXXVIII. 

Godefroi de Bouillon, sur les instances d'Henri /"", évêque de Liège, 
restitue à l'abbaye son alleu de Tellin, 

20 mars 1070. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 45, p. 258; MGII. SS., t. Vllf, c. 32, p. 588). 15 

L'acte fut passe, comme on le voit ci-dessous, le jour des Rameaux qui suivit la mort de Godefroi 
le Bossu. Or celle-ci tombe le 26 février 1076. Cfr. Mbyer von Kno.nau, Jahrbikher des deutschen 
Beiehs unler Heinrich IV und Heinrich V, t. I, p. 652, note 65. La Chronique de Suint- Hubert, il est 
vrai, veut que Henri de Verdun, qui accompagna le convoi funèbre de Godefroi jusqu'à Villancc et 
qui ensuite vint séjourner à Pabbaje, y soit arrive dès le deuxième dimanche de" Carême, c'est-à-dire 20 

(a) Bursivas, MGH., voyez noie 2. — (6) Nevies, MGU., voyez noie 2. 

' Sur ce personnage, voyez fJistoria Walciodore7isis Monasierii {MGH. SS., t. XIV, p. 531-534). 
Cfr. Labaye, Elude sur l'abbaye de Waulsort (Billetins de la Société d'art et d'histoire db Liège, 
t. V, pp. 253-258). 

* Les leçons de MGH. : Bursivas et Nevies pourraient se défendre au point de vue palcographiquc, 23 
si elles n'étaient pas condamnées par la géographie historique. Dans l'ancien concile rural de Paliscul, 
il n'a jamais existé deux localités dont le nom répondrait à Bursivas; par contre, on y trouve 
Bourjeigne-Neuve et Bourseigne- Vieille, toutes deux dans le canton de Gedinne, et qui représentent 
manifestement Vulrasque Bursinas du texte. Le cas est moins clair pour Nemes. Ce qu'on peut 
affirmer toutefois, c'est qu'aucune localité des environs de Paliscul ne correspond à Nevies. Il faut 30 
rapprocher de ce nom celui de Nelina ou Nelma, cité ci-dessus, n» IV, p. 5, à côté de celui de Paliscul. 



— 45 — 

le 21 février; mais c'est là une erreur du chroniqueur, à moins qu'il ne faille corriger son texte cl lire 1070. 
IV dominica au liiu de // dominica, correction que légitime pleinement l'état défectueux de conser- 1075-1086. 
valion de la Chronique. 

Morabalur lune junior Gotlefridus marchio cum illo ', qui, a\unculi sui destiluius 
s auxilio (a), ejusdem episcopi lucbatur pairocinio. Quem cum saepius arguerel de allo- 
dio Telin«, quod Buloniensis violcntia jamdiu subduxerat ecclcsiae, dicens etiam se 
limcre iili vindiclam hujus injusiiliae, Godcfridusconsilio et liorialu oplimatuni suoruni 
episcopo cessif, et quod suuin crat beato Hubcrto volunlaric recognovil. Dominica 
auiem quae dieilur in Palmis, post solemntm ejus dici proccssioncm, prosequcnlibus 

\0 nobilibus suis, uierque aeccssil ad majus allare bcati Peiri aposioli, et baculum suum 
pasioralcm tenenle episcopo, dexlra ejus dexiram suam Godefridus supposuit cl cum 
eo praedietum allodium super iliud absque ulla calumnia reposuit. Imposita etiam sibi 
episcopus slola sacerdotali, ne quis illud amplius ecclesiae subduceret sub obteslaiione 
divini nominis inlerdixil, et imprceatione aelerni analhemaiis excommunieavil. Godefri- 

15 dum vero culpam suam suorumque aiitecessorum humiliter fatentem absolvit, et fado 
publiée privilégie hujus recognitionis, sua illud et suorum astipulata assignalione 
confirmavit. 



XXXIX. 

Henri l'\ évèque de Liège, confirme à l'abbaye les novales de Feschaux 
qui lui étaient contestées par le curé de l'endroit. 

20 1075-1086. 

Charte disparue. 

Chronique de Sainl- Hubert (Robailx, c. 2i, p. 257; MGIJ. SS., t. VIII, c. IG, p. 576). 

Henri 1" devint évéque de Liège en 1075. Il succédait à Théoduin mort le 25 juin de eetle année, ( t 
il fut consacré par Annon de Cologne, qui mourut le 4 décembre 1075. D'aulre part, l'abbé Thierry \", 
25 en faveur de qui fut rendu l'acte, mourut le 24 août 1086. La mention, dans l'acte, de l'archi- 
diacre Boson de Liège, nous fournirait une date plus précise, si ce personnage, qui a joué un grand 
rôle dans l'administration du diocèse de Liège sous Théoduin et sous Henri de Verdun, avait disparu 
de la scène au plus tard en 1078, comme le croit M. Demarteau, La première église de Lie'ge, dans le 



(a) vel solatio au-dessus de la ligne I. 
30 ' L'évéque de Liège, Henri I", parent de Godcfroi. 



— 46 — 

1075-10Xt>. Bulletin de la SociéTÉ d'art et d'histoire, t. VII, pp. HO-52. Kn réalité, Boson apparaît encore 
1074». eo 1071) (voyez ci-dessous, ri" XLI, page 48, note 1); en 1081 (De MAR^BF(-B, Aualecles pour servir à 

l'histoire ecclésiastique de la Belgique, t. XXV, p. ii{) et en 1085 (voyez ci-dessous, n» XLiX et 
n» L). 

Gabelium auleni seinel in dicendo ingressi, videlur mile notificandum posleris j 

quid ibi conligerit lemporc domni Heniici cpiscopi. Omnis décima, iibicunique jaceat 
inira bamiales terminos tolius Gabelii, conslal esse ab anliquo ecclesiae beaii Iluberli. 
Apud villam vero Fiscaliimi, excisis in foreslo sarlis, foecuiida ibi proveneral messis. In 
banc irrepserat lalen(er Raguenus, ejusdem villae presbyter, decimam sarlorum sibi 
eonatiis abslrahere, unde cum viginli garbas absiulisset, ïiieodericus superveniens '0 
piaeposilus illi, cum inaxima indignalioiie quod invenil residimm decimae constanler 
induxit borreo ecclesiae, eumquead episcopalem audientiam edixil secum venire. Evo- 
laiis aulem anliquioiibus vicinis, episcopo apud Sanclum Hiiberlum commoraiili 
ulcrque se praesentavit. Ibi coram illo, sacraraenlo veridicorum comprobata veritate, 
judicio Bosonis archidiaconi Raguenus presbyter pubb'cam jusiiliam fecit Theoderico i^ 
abbali, et jussu episcopi decimam quam absiuleral, suo véhicule reduclam, propriis 
manibus in horreo ecclesiae reposuit. 



XL. 



Henri I", cvêgue de Liège, intervient en faveur de l'abbaye dans son débat 
avec les prévôts de Vécjlise Saint-Pierre de Liège, an sujet de certaines 
dîmes à Ferenne (Ser inchamps) et à IVavreille. -20 

1079. 

Original sur parchemin, en deux morceaux, aux Archives du gouvernement à Luxembourg, prove- 
nant de la layette 123, A, 1. Sceau plaqué en cire blanche devenu fruste, et représentant la Vierge 
assise. Copie aux Arcliives du royaume, Cartulaire 112'''% fol. 196. 

Martène et DuRAKD, AmpUssima CoUcctio, t. I, col. 498. = Bertiiolet, Histoire du duché de 23 
Luxembourg, t. III, p. xxxiv. 

L'acte a été passé dans la seconde moitié de 1079, car Théoduin étant mort le 23 juin 107îi, 
c'est seulement après Tanniversaire de ce jour qu'a pu commencer la cinquième année du règne 
d'Henri I". 



— 47 — 

(C.) In nomine Patris et Film et Spiritus Sancti. Ego Heinricus, gralia i<>79. 
Dei Leodiensium episcopus, memor immo soiiicitus dominici exempli, qui 
venien[s in niundum pjacem allulit hominibus bone volunlalis, quique 
recédons discipulis suis pacem roliquit. nolum volo fieri et posteris et 

5 presenlibus quomodo, probato coram me [testimonio verita|tis, terminala 
sit contenlio quç surrexerat inler Leodiensem ecclesiam beali Pétri et 
Andaginensem beati Huberti, Apud villam Durs in pago Falmeni[ensi 
matrem conjstat esse ecclesiam propriam beali Huberti, cujus omnimodain 
decimam a tempore VValcaudi pontificis sine ulla inquietudine et calumnia 

10 per annos [fere dujcenlos septuaginta quatuor in omnibus finibus suis 
prefata ecclesia beati Huberti tenuit. Tempore aulem predecessoris mei 
Theoduini pontificis quidam [Godefridus] ecclesie beali Pétri Leodiensis 
prepositus quorundam perversorum consib'o, ex quibus quidam extra 
atrium sepulli sunt ut excommunicali, sed cl nobilitati[sue] et parentum 

15 suorum confisus fortitudine et auxib'o, apud Verlerinam et Wavereliam 
prefatç ecclesiç Sancti Huberti templavit tollere decimam de quinq^ue 
m[ansisj et dimidio. De qua lorlitudine et injustitia, reclamante venerabili 
abbate Theoderico. conviclus in plena synodo, quod suum eral ecclesie 
beati Huberti reco[gnovit ei| coram pontifice Theoderico et Bosone 

20 archidiacono. Cui cum in prepositura succederet Johannes ' frater Cononis 
comitis, confisus et ipse de parenti[bus suis, prcjfatam injustitiam adversus 
ecclesiam beali Huberti repelere templavit. Sed in mea presenlia testimonio 
probate verilalis conviclus, tandem con[ticuit] et quievit, et quod suum eral 
ecclesie recognovit. L'nde ego causa justitie et verilalis, precatu eliam 

25 domni Theoderici abbatis, atteslalione quoque Hugonis advocati, qui pre- 
fâtam decimam de quinque mansis et dimidio disralionaverat ecclesie 
beati Huberti, in testimonio qualuordecim liberorum inlerposilione juris- 
jurandi, per presentis paginam privilegii lam injuslam conlentionem 
terminare curavi, interposito analhemate sub terribili oblestalione divini 

30 nominis, nostre quoque et successorum noslrorum aucloritalis. Quam 
conlentionem si qua persona cujuscunque dignitalis aut ordinis amplius 
commovere templaverit, a comniunione corporis Christi et sancte Ecclesie 



' C'est le même que nous avons rencontre ci-dessus, n» XVIII, avec sa mère Ermcntrude de Harzc 
et ses frères, dans l'acte de iOôi par lequel ils donnent Sumay à l'abbaye. 



— 48 — 

1079. separalus pereat, nisi resipiscons per justam penilenliaiii divino dislriclioni 
cl ecclesie boali lluherti satisfaciat. 

Aclum publiée anno doininicç incarnalionis millesimo sepluagesirno nono, 
indictionc secunda, episcopalus aiitem domni Heinrici quinlo. 

Ego Ileinricus, gralia I)ei Leodiensium ponlifex, relegi, recognovi el 5 
signavi, et sigillo [ineo roboravi in presenlia eorum qui subsignaverunt.] 
Signuin Theoderici abbalis; S. Bosonis; S. Jolmnnis; S. Hugonis '; 
S. Kugonis; S. 'J'iebaldi; S. Godefridi. 



XLI. 

^JanassèSj archevêque de Reims, donne à l'abbaye les autels de Saint-Hilaire 
à Guilloy et de Sainte- Marie à Nouvion-sur- Meuse, plus une rente. lo 

Mouzon, 1079. 

Original sur parchemin aux Archives du gouvcrnemenl à Luxembourg, provenant de la layette 106, 
A, 1. Sceau plaqué on cire blanche. Type: Vierge à l'enfant. Légende : MAN\4SSES REMENSIS 
AUCHIPRAESUL. 

Mautène et Durand, Amplissima Colledio, t. I, col. 499. = Bertholbt, Histoire du duché de Ib 
Luxembourg, t. III, p. xxxiv. 

La Chronique de Sainl-lluherl (Robaulx, c. 2i, p. 236; MGIL SS., t. VIII, c. 16, p. 576), parle 
ainsi de cette charte : « Praedictus quoquc pontifex Manasses ductus gratia rcligiosi abbatis ex consensu 
clericorum cccicsiae Rcmcnsis allare bcati Hylarii quod est in Guisliaco cum capella G'uarcensi, altarc 
cliam bealac Mariae in Noviando super Mosani dédit ecclesiae beali Iluberti, et exclusis in perpctuum 20 
corumdcni altariura pcrsonis, donum suum legitimis privilegiis pablice factis et in conciliis suis 
recognitis confirniavil *. » 

' Il n'est pas douteux qu'il ne faille reconnaître dans ces témoins les principaux intéressés men- 
tionnes dans l'acte même, à savoir : l'abbé Thierry de Saint-Hubert, Tarchidiacre Boson, le prévôt Jean 
cl l'avoué Hugues. 25 

* Bethmann et Wattenbach, dans leur édition de la Chronique de Saint-Hubert {MGH., t. VIII, 
p. K76, note Co), croient que ce diplôme a dû être précédé d'un autre sur le même objet ; car, disent-ils, 
on voit par la fin de ce chapitre que la donation de Manasses à Saint-Hubert est antérieure au 
règne d'Henri I" de Liège, qui a régné de 1075 à 1091. C'est une erreur. 11 est vrai qu'après 
avoir, dans le chapitre en question, raconte les diverses libéralités que le comte Arnoul II de Chiny 30 



— 19 — 

(C.) In nomine sanclac et individuae Trinilalis. Ego Manases, gralia Dei 1070. 
Remorum archiepiscopus, cum constel generalis omnium fidclium justicia, 
ul gratis praevenli mereanlur graliam pro gralia, specialis tamen singu- 
lorum exigit utilitas ut quanta suppetit cuique possibiiitatis qualitas. 

5 consequatur etiam in hono promplae voluntatis aequalitas. Consequenter 
igitur apud nos judicavimus utile, ne et ipsi videamur ingrati ejusdem Dei 
graliac, ut qui nos acclesiae(a) suae filiis elegfl praeesse. cum venerit inve- 
niat et prodessc. Unde notum sit omnibus tam posleris quam praesentibus 
qualiler abbas Teodericus apud nos suis exaegerit precibus ' ul ei cui 

10 praeerat aecclesiae beali Pelri et beali Huberli, quae sita est in Arduenna, 
allare beati Hylarii quod esl in Guileis -, et altare de iNoviant traderemus, 
et perpeluo utraque habenda firmaremus. Cujus pelilioni libenter assen- 
simus, clericorum et fidebum noslrorum, sanctae scih'cet Kemcnsis accle- 
siae {a) filiorum voluntario consensu, ea determinala conditione ul in 

15 exactione debitae subjectionis decem et octo denarios omni anno persolvanl 
acclesiac (a) Remensi, remissis et omnino iriterdiclis omnibus oppres- 
sionibus et injusticiis quae vel pravo usu vel etiam injusto consensu 
exercenlur in multis. Ejusdem quoque abbatis precalu de reditu liujus 
noslrae elemosynae quinque solidos slaluimus ad refectionem beati 

20 Huberli matris acclesiae(a) fratribus dandos, videlicet in die nostrae bene- 

(fl) Ainsi l'original. 

a fuites à Saint-Hubert, cl dont la dernière fut relative à Givet, le clironiqucur continue par ces mots : 
« Gabclium autem scmcl in diccndo ingressi, vidctur utile notificandum posteris, licct pracoccu • 
pato ordinc narrandi, quid il>i conligerit tcmporc domini (lenrici episcopi «. Mais cet ordo narrandi 

25 n'est nullement l'ordre chronologique rigoureux. Toutes les libéralités d'ArnouI sont, il est vrai, 
racontées avant le règne d'Henri 1" de Liège, apparemment parce qu'elles lui sont antérieures ; 
mais, si celle de Manasscs figure à la mène place, c'est simplement parce que, ayant rencontré lo nom 
de cet évcquc à l'occasion de l'acte d'ArnouI de i066, noire chroniqueur a voulu rallaciier à ce nom le 
souvenir d'une libéralité faite par lui à l'abbaye. C'est là d'ailleurs le procédé habituel de cet écrivain. 

30 ' Sur les relations d'amitié contractées entre Manasscs et l'abbé Thierry de Saint-Hubert pendant 
un court séjour de celui-ci à Reims en 1076, voyez la Chronique de Saint-IIuberl (Rodaulx, c. 50, 
pp. 2(i 1-262). 

' Guilloy, village détruit, situé entre les communes de Prix et de Warcq (canton de Mézières). Il 
rxistc encore une chapelle de Saint-Hilaire sur les bords de la Meuse, aux confins du territoire des 

35 communes susdites, mais elle est moderne (180i) et n'occuperait pas, paraît-il, l'emplacement exact 
de l'ancienne église de Saint-Hilain! de Guilloy, détruite en 1795. (Communication de M. Laurent, 
archiviste des Ardcnnes.) 

7 



— 50 — 

1079-1081. diclionis quandiu vixerimus et post in anniversario noslro cum decesse- 
rinius. Ll igilur hujus noslrae sanclionis decrelum stabiie et inconvulsuiit 
peimancal, el proccssu Icniporis in oblivionem non vergal, hanc cliartarn 
conscribi sigillicjue noslri impressione jussimus insigniri. Si quis auleni, 
quod absit, liuic noslrae inslitutioni renili praesumpseril, et quod pro s 
bono, ut sese rcs habet, el pro salute animae noslrae decrevimus fieri, aliquo 
modo obviare tcniplaveril, aut cicius resipiscens ab injpossibililate hujus 
suae lemeritatis quicscal, aut auclorilalen» et ipse exauctoralus amitlat, et 
perpctiio analheniatizalus canonicae cxcommunicationi subjaceat. 

Signum Manasse Rcmoruni archicpiscopi; S. ArnuMi Remorum archi- lO 
diaconi; S. Gybbuini Virduncnsis archidiaconi; S. Walteri Remensis 
canonici; S. Haimonis Virdunensis canonici; S. G}bbuini iMosomensis 
abbalis; S. Rodeiici decani: S. Odonis prioris; S. Bernard i praeposili; 
S Emnionis canloris; S. Heinrici comilisi S. Guidonis de Burg; S. Guileri; 
S. Albrici. 15 

Acta Mosomi anno dominicae incarnationis millesimo LXXVIIII, indic- 
lione II, jubente et ponlificante domno Manasse Remorum archiepiscopo, 
anno archiepiscopalus sui X°, régnante Phylippo rege Francorum anno 
regni ejus XX°. 

Godefridus cancellarius scripsit et subscripsit. 20 



XLII. 

« 

Jdelon de Dun affranchit les hommes de l'abbaye des corvées injustes 

qu'on exigeait d'eux à Chauvency. 

1081. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Roeaulx, c. 54, p. 265; MGH. SS., t. VIM, c, il, p. S91). 25 

Apud Calviciacum advocatus quidam Albcriciis nomine in exigendo sibi indebitas 
chorveas adeo imniinebat cccicsiasticae familiac, ut in arando vacca cujusdam paupcris 
aboriirt t, (.Jusque vice per (otum tliem" jugiim suslincret allrinsecus pauper. Tantani 



- 51 — 

iiiin(|ue injustam exactioncm abbas audivil, et Albèrici inimmanilalcm exborruit, 1081-1082. 
properans Diinum (a) Adolonem ' exprtiil, et quomodo subadvoeatus ejus familiam 
ecclcsiae tractareJ salis dolenler ingessil, paralus hiijusniodi angariam probare nec illi 
nec alteri dcbitam. Indignatiis Adelo adversus Albericum, hoc illum fccisse erubuil, et 

5 cxpostulatae probalionis diem abbaii consliluit. Heribcrlus quidam admodum fidelis et 
probus erat lune Calviciacensis villiciis; hic die praefixa inter abbatcm et Adeloncm, 
leslilicalo legaliter saciamenlo, idem sacrameiitum judiciali cxaminatione per aquam 
confirmavit, et advocatonim violentas exactiones, maxime vero chorveas iilis oniiiino 
iiidebitas comprobavil. Huic publicae compiobalioni inlerfuerunl Adclo Dunensis, 

10 Hambaldus cornes Mutiensis, Pelriis JVIirowaldensis ciim multis nobilibus aliis. Actura 
anno incarnat! Verbi miJiesimo ociogesimo primo. 



XLIll. 



Gérard et Gosuirij fils de Thierry, donnent à l'abbaye six manses d'alleu 

situés à Brée en Taxandrie. 

1082. 

15 Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Uobaulx, c. 55, p. 265; J/G//. SS., t. VIII, c. 42, p. 59i,>. 

« 

Nec multo posl*GodefridnsTheodcricum tomilem ccpit,qni filiusGerardi Flamensis, 
régi eliam Henrico admodum fainiliaris, in quibiis poicrai adversabatnr juveni : qnrm 
liulonium deductum salis liberaliler jussit servari. Lanibertus quoque junior tune ui 

20 !fl) Divum Martène et Durand et MGH. à tort. 

' Adclon de Dun. Le cliàlcau de I)un, bâti en 1055 par Goicfroi le Barbu dans les domaines de 
sa femme Bcalrix de Bar, était passé sous Henri IV au pouvoir des cvcqucs de Verdun. Son premier 
châlclain, AIo, avait laissé trois fils, dont l'aîné, Wauthi^r, fonda le prieuré de Saint-Gilles de Dun 
en 1094, et dont le second est le héros de cet éjiisode. On voit qu'il demeure à Dun, et qu'il est 
2o liaut-voué à Chauvcncy. Voyez Jeanti.n, Les Chrotiiques de l'Ardcune et des Woé'pvres, t. II, p. 578 
et suivantes; Idem. Manuel de la Meuse. Histoire de Montmcdy et des localités îneusienries de l'ancien 
comté de Chiny, t. I, p. 551. Mais cet auteur peu sérieux ne peut m'empêchcr de supposer qu'il s'agit 
peut-être simplement de celui qu'il appelle Alo, et qui dans ce cas aurait vécu jusqu'en 1081. 

* C'est-à-dire peu après l'acte d'Adelon de Dun, qui eut lieu en 1081. Voyez ci-dessus, n" XLII. 



— 5Ï — 

lOW. eral praeposiius ecdesie beali Pciri frequenlius capiimi revisendo, in (juibus poierni 
d(-s( rvit'bal illi. llic i^fitur post diniidiiini fcrc aiinum in eadem c:iptione obiit, et jain 
nioriluius ('oloniani se defirendum faniiliaribus suis indixii, ibi enim apud Snndnni 
(jer<'onem longe anir dcstinaverat sibi sepuliuram, eollata illic renim suarum niuliiplici 
iniitii(ieeniia. Lambertus vcro, ui semper eral curiosiis ccclesiae nioiris snac uiilit.iiibup, 5 
peillciibiar)ilntn casielliuiuni elTicboUliini eiïecil, iil abreviaio laborc lam longae biijus 
eveciionis sepelirelm- in ecclcsi!) beali llnberii; cnjus rci graiia Geraidus et Gozuiniis 
filii ejus conlulciunl ecclesiae legaliter in perpeluum l)abendos sex mansos allodii apiid 
bridam, quae sub Trajeclo sila est in Taxandria ^. Acium anno ircarnali Verbi 
millesinio oclogesirno secundo. 10 



' Ce passage jclle un jour nouveau sur l'origine des dynasties comtales de Gucldrc cl de Clèves. On 
sa\ail jus(iuà présent par les yJnualcs liodenses {MGll. SS., t. XVI, p. 680], qu'elles descendaient de 
deux frères nommés Gérard et Hoger, indigènes de la Flandre méridionale ou du Tournaisis, qui, 
chassés de leur pays par la guerre civile, se retirèrent auprès de l'empereur. Celui-ci, disent les 
Annales, élablit Gérard à Wassenberg et Roger à Clèves, et leur donna des domaines considérables 15 
qui furent la base du pouvoir territorial de leurs descendants. iNous voyons par notre passage que ce 
Gérard était appelé l-'lameiisis, c'est-à-dire le Flamand, et c'est le nom qu'il prend eh 1042 dans un 
acte passé à Wacslricht entre l'église de Bamberg et l'abbaye de Slavclot (Ritz, Urkundcn zur Ce- 
schie/ile des ^/iedcrrltcins xmd dcr Niedcr7naas, p. 52*. Quant à son fils Thierry, dont l'existence et les 
destinées étaient restés jusqu'à présent ignorées, il est probablement question de lui dans le diplôme :20 
du 5 février 1079 (n. st.), dans lequel un comte Thierry est dit avoué des biens d'Ermengarde à Brée 
(Bokmans et ScuooLMEESTERS, Carlulairc de Saint- Lambert, t. I, p. 42). Thierry fut père de Gérard de 
Wassenberg ou de Gucidre, à qui les historiens donnent le nom de Gérard 1«', et que les contemporains 
ont aussi connu sous l'épilliète de Flamensis ou /laminius, conmie son grand-père (voyez Rodolphe, 
Chronicon Sancti Trudonis, IX, 17, dans MGIJ. SS., t. X, pp. 28b et 286), et de Gosuin, mentionnés ici. 23 
Lui-même avait pour frère un Gosuin, qui était seigneur de Heinsberg et dont nous parle Rodolpue, 
op. cit., m, 2 (MG/J. SS., t. X, p. 241). 

' Ces six nianses d'alleu situés dans le voisinage de Brée, et donnes à l'abbaye par Gérard et par 
Gosuin, doivent probablement être cliercliés à Lille-Saint-IIubcrt, commune du canton d'Achel, pro- 
vince de Limboui'g. L'abbaye ne parait pas les avoir possédés longtemps; il n'en est jamais question 30 
dans ses arcl.ives. 



- 53 - 



XLIV. 



lilinand, évêque de Laon, donne à l'abbaye les autels de Guignicourl, 
de Prouvais, de Juvincourt et de lianicourt. 

Laon, 15 octobre 1082. 

Original sur parchemin, provenant de la layette 4K, A. 2, aux Archives du Gouvernement à Luxem- 
S bourg. Le document, assez endommagé, a été collé sur une pièce de toile; le sceau en placard a disparu. 
— Deux copies authentiques ibidem. 

Maiitènb et Dlrand, Jmplissima Collectio, t. I, col. 501. = Bbrtholet, Histoire du duché de Luxem- 
bourg, t. 111, p. XXXVI extrait des archives de l'abbaye de Saint-MuLcrt t. 

(C.) In NOMINE SAISCTR ET INDIVIDUF. TrIMTATIS. QuiA PASTORALI PREROGATiVA IN 

10 viNEA DoMiM Sabatlit (a) preesse laboramus, quanta cliscrelionis moderanlia, 
quanta etiam soilicitudinis vigilantia ut prodesse valeamus annitcndum 
sil, iiquido colligiliir si precedenliiim palrum mores et vitam ante oculos 
revocare sludeamus, quorum quidem erga Dei ecclesiam tanta fuisse 
comprobalur liberalitas, ut ellam diversis in locis ad augmentum reipublicç 

15 diversa conlulerint bénéficia, et que minus suppelcbant ex proprio jure 
supplere sluduerint stipentlia. Quorum exemplo ahquantisper informatus 
ego Eb'nandus, sancte Laudunensis ecclesie Dei gratia presul, et ante 
tribunal superni judicis omnino vacuus metuens apparere, vel manipulum 
ad aream dominicç messis studui reporlare. Vir narnque strenuus abbas 

20 videbcet Theodericus intra fines Laudunensis dioceseos apud viilam 
Ebreniicurtim sancle Dei ijenetrici ecclesiam adorsus construere, et ex 
parvuia quod prius fuerat inulto ampliorein lestituere, fratres eliam 
sub regulari disciplina Deo militaluros affeclans ordinare, expeliit apud 
humililatis noslre graliam eidem ecclesie que subjecta e^t et adjacens 

23 ecclesie beati Pétri Sanclique Huberti Arduennensis cenobii quedam 
altaria dari, unde respublica ibi deservienlium aiiquantulum posset 
augmentari, non quod in redilibus adeo essent proticua, sed quia quadaiii 
ailînitate videbantur esse conligua. Super quo saluli animae consulenles 

(a) Ainsi l'original. 



lOHÎ. 



- U — 

I08Î. et lanti patris devotionern bi'nignissime adtendentes, assen^u et consilio 
clericorum ac fidcliuin noslrorum ea ralione quod pelcbal concessiinus, 
ul et in prefata ccciesia et iii illa ciii apud Arducnnain pasior illo prceral, 
tam privatis quani pnblicis oralionibus collicb'c noslri noininis menioria 
hal)caliir, |)Ost cursuin vcro vilae annualim ab utraque ccciesia anime 3 
anniversarium celebretur. Ex his vero allaribus 'que ipsi donari decer- 
nimu.s| unum est apud Guniicurlini in honore beali Pétri apostoii, aliud 
apud Provasium in honore sancti Vicloris, cum capella de Provisiolo, 
terlium apu 1 Jovini curlim in honore sancti Hemigii, cum capella sancle 
(Pro lasie, quarlum apud Uanlii curlim in honore sancle Genovefe '. lO 
INe igilur in aliquo nularel lalis noslra efTicienlia, hoc scriplum fieri decre- 
vimus, manuque propria corroboralum et fideliuni adleslatione subnixum, 
ac sigillo assignatum reddidimus ut ecclesia quod dedimus perpetuo 
leneat, salvoque in omnibus ecclesiaslico jure in pace possideat. Si quis 
autem in postmodum liuic noslre tradilioni, quod absit, renisus fuerit aut 13 
aliquatenus pervertere temptaverit, divine ultionis senlentiam incurral et 
presumptionis vicem quoad porseveraverit a Domino rccipiat. Fiat fiât! 

Signum Elinandi Laudunensis episcopi qui lioc scriplum [fieri jussit]; 
S. Fulcradi decani atque archidiaconi ; S. Ebali archidiaconi; S. )lanasedis 
Ihesaurarii; 8. Guarneri cantoris; S. Guerimundi sacerdo.lis; S. Guascelini 20 
sacerdolis; S. Johannis sacerdotis; 8. Isembardi diaconi; S. Odonis diaconi; 
8. Kothardi diaconi: S. Adalberonis abbalis; S. Arnulfi diaconi; S. Hai- 
nionis subdiaconi; S. Hamavini subdiaconi;S. Richeri subdiaconi; S. Odonis 



' Guignicourt, Prouvais, Proviseux, Juvincourl et Ranicourt. Toutes ces localités, dont la dernière 
est détruite, font partie du département de l'Aisne, canton de Neufchàtcl, dans le voisinage immcdla-t 2îj 
d'Evergnicourt. 

La Chronique de Saint-Huberl (Robaulx, c. 20, p. 254; MGH. SS., t. VIII, c, 13, p. 575), écrit : 
• Qui episcopus ex consensu Fulcardl et Ebali archidiaconorum suorum, tolius quoque capituli 
ecclesiae Laudunensis, aitare matris ccclesiac pracdictae villac, substilutis iili aliis novcra in Briania 
unum, in Pugncicorlc unum, in Mcdiana villa unum, inter Provasium et Provisiolum duo, in Gugnei- 30 
corte unum, in Juvinicorte duo, in Ranleicortc unum, ad opus pracdictae contulit cellac, quac omiiia ratis 
et firmis privilegiis, exclusis quoque eorumdcm altarium personis, Iiabcnda in perpcluum confirmavit 
bcali Huberti ecclesiae in Ârdenna sitae. » Or, comme il n'est pas fait mention dans notre charte de 
Brienne, Pugnicourt, Médiville, nous devons croire qu'il y a eu un troisième diplôme d'Elinand pour 
Saint-Hubert. 33 






subdiaconi; S. Heribcrli cJccani; S. Odonis d[ecani,; S. AngelLbcrtij 1082. 

decani. ' Vers 1082. 

Actuni Lauduni idiis oclob. anno dominice incarnacionis ^M. oclo|ge- 
simo II, indiclione [ivj, cpacla xviii, conc i[iij (a). Ego Kolberlus sanclae 
8 ^larîae cancellarius subscripsi alquc rcicgi '. 



XLV. 

« 

Roger de Mézières donne à l'abbaye tout ce qu'il possède à Cheveiiges 

et la moilié de Fauzelles. 

Vers 1082. 
Charte disparue. 

10 A. Chronique de Saint-Uubcrt (Rodaulx, c. 77, p. 278j MGfJ. SS., t. VIII, c. 64, p. 000). 

En ce qui concerne la date de celte donation, il faut remarquer qu'elle a eu lieu avant la mort de 

Tabbc Thierry I" ("}" 24 août 1080), et, conDmc on le voit par la suite du passage, au moins quatre ans 

avant la donation de Bcdols par rarchcvcquc Renaud (1086) sur laquelle voyez ci-dtssous, n" LU. 

Le 23 mars 1184, la bulle de Lucius III confirme à Saint-Hubert la possession de l'alleu de Che- 

13 veugcs (voyez ci-dessous, n" CXI II). 

Rogerus Maceriensis, vivente adhuc domino Theodcrico abbate majore, consensu 
filii sui Godefridi donavcrat bealo IIuLerto qiiidquid habcbat in Ciievugio 2 pro 
habcnda apud eum sepullura, animaeque suae conseqiicndo remedio. 



(a) // faut lire indiclione v tt conc. v. 

20 ' Les témoins ont signe selon leur ordre de préséance, les quatre premiers écrivant chacun son nom 
en tête d'une ligne, les autres remplissant les lignes l'une après l'autre jusqu'au sceau en placard, à 
droite duquel se sont inscrits les derniers. Il est visible |)ar l'original que les témoins, tout au moins 
les trois derniers, ont signé après que le diplôme avait déjà reçu la formule de la date et la souscrip- 
tion du chancelier. 

25 * Cette donation, dit la Chronique continuant son récit, fut contestée quatre ans après la mort de 
Roger de Mézières, au concile de Soissons, et c'est après cela que Renaud de Reims fit don de Bcdols 
à l'abbaye. Mais, dans ce cas, il faut penser à un concile de Soissons qui aura eu lieu en 1086, et non 
à celui de 1092. 



— 56 - 

Vers i082. D. Momina benefactorum (De Rkiffenbbrg, Monumentt pour ttrvir à l'histoire des provinces de 

1082. Namur, de llainaut et de Luxembourg, t. VIII, p. 61). 

Rogerus miles Maccriensis legavit nobis allodium (juod dicilur Cheviigium, cum (a) 
faniilja cl omnibus suis nppendiciis. 

C Nomina benefactorum (De Reiffbnbbrg, Monuments pour servir à l'histoire des provinces de 5 
Namur, de llainaut et de Luxembourg, l. VIII, p. 60). 

Uogerus miles Maccriensis dedil nobis mcdieiatem de Waucelles. 



XLVI. 

Henri l, évêque de Liège, donne à Vahbaye son alleu de Bras. 

1082. 

Original disparu. 10 

Copie du XVII« siècle, sur papier, aux Archives de l'Etat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 22, A. l., 
intitulée : • Donatio ville de Braz » et suivie de celte note ; « Extractum ex antique libro in perga- 
moDO manuscripto intitulato Cantatorium in archiviis monasterii Sancti Huberli asservalo cui de 
verbo ad verbum concordat per nos subscriptos notarios ». (Signé) Joannes de Jupille, notarius. 
(Signé) Pctrus Sampsonnet, notarius. 1679. 15 

Ce document qu'on ne retrouve plus aujourd'hui dans le manuscrit mutilé du Cantatorium, et qui 
reparait plus loin, enrichi de la mention de la donation de Grupont en 1087, par le même évéque 
Henri, est-il authentique dans sa forme présente, ou bien n'est-il qu'un extrait dû n» LVl ? Les 
éléments font défaut pour résoudre celle question, et c'est pour ce motif qu'on a donné une place 
dans ce recueil à l'une cl à l'autre rédaction. • 20 

in nomine sanctae el individuae Triniiatis, Palris Filii et Spirilus Sancti, ego 
Henricus gralia Dei Leodiensium episcopus, ex ipso debilo pastoralis curae sollicitus 
pio augmenlatione commissae nobis ecclesiae, tum efiam pro obtinendo remcdio saluiis 
animae meae, probala apud me lionesta conversalione fratum ecclesiae beaii Pétri 
et beati Huberli in, Ardenna sitae, liaetus tam ejusdem religionis amore quam el 23 
ipsius loci soliludine, coepi eis familiariier eohabilare. Ordinata vero mensa praedic- 

(n) Le manuscrit porte in, qui est incontestablement une mauvaise lecture. 



- 37 - 

lorum frairum ;i Thcoderico religioso abbatc pro éjusdem loci possibili(a(c, ciim i082. 
«lidicissom et indoluissem eis coenatn déesse, nllodium Braz de meo proprio reddiin Vers 1084. 
empliim a Montensi comitissa Ricliiide, (ilii sui Balduini conscnsu et lande, destinavi eis 
logalitcr dele.ïandum el perpetiialiter liabendum ad augmentuni coenae. Igilnr siib 
5 obteniu biijus mcae inlcnlionis, ciim egissem ibidem solemnitatem dominici Natah's, 
(liiinlo die procedens ad majus aUare ipsius ccclesiae sancli Pétri in solemni [)raesentiâ 
riericoriim et optirnaluni mcorum, pastoralem virgam eidem superposui confinnans 
Deo el sancto Huberlo, por maniis (lodcfiidi ducis et ejiisdem ecclesiac advocati lega- 
lem donationem piaefati allodii, eum familia cl omnibus ulililatibus el appendiciis, 

10 soilicel terris cullis el incullis, pralis, silvis, aquis aquaruinve deciirsibns el piscatnra, 
banno, latronc, foralibiis el placitis, absqtip vcnatione, quam soltimmodo usibiis meis 
propriis retinui. Hoc donc facto el conlirmalo anno incarnati Verbi iMLXXXII, ordi- 
nationis antcni mcae octavo, ea condilione ut dum ailvivcrem memoria mei solemniier 
fierel in duodccim mensium kalendis, cl posl morlom nicam lam pro me quam el pro 

lo cunciis fideiibus defunciis. Ut aulem liaec nostra publica donatio permaneal legaliier, 
praesenlis privilogii paginam sub assignalis lestibiis sigilli nostri eonfirmamus impres- 
sione. Signum Godcfridi ducis. Signum Alberti comiiis. Signum Henrici fratris ejus. 
Signum Cononis comiiis '. Signum Widoin's fratris ejus. Signum Hugonis de Bullon. 
Signum Thiebaldi advocati. Signum Rodulfi filii ejus. 



XLVII. 

20 La comtesse Richilde el son fils Baudouin vendent définitivement à i abbaye 
le fisc de Chevigny, qu'ils lui avaient précédemment engagé. 

Fosses, vers 1084. 
Cliurtc disparue. 

A. Chronique de Sainl-Uuberl ^Robaulx, c. 64, pp. -270-271; MGU. SS., l. VIII, c. 49, p. 594). 

25 Per idem tempus Ricbildis comilissa Monlensis rediens Roma, per fiscuni suuni 
Caviniacum transira disposueral. Cujus transitum cum persensisset Arnulfus Cbisnia- 

* D'après des notes mises entre parenthèses dans le texte de notre copie, ces quatre premiers 
personnages sont Godefroi li; Bossu, .\lberl III de Namur, Henri de Ourbuy, Conon de Montaigu. 

8 



— 88 — 

Vers 1084. coiisis, ul cral audaeis maliliao, insrcuuis oam capcrc voluii *. Qucm l)eo juvantc 
ffTugiciis, ad (cclosiani Lcali llubcrti divoriil, d o^i^'iosi^^sinle ah abbaie Tlicoderico 
excepta, per hebdoniadam in loco repausaiis subsiiiii. ]i)teriin Iratruni rcligione 
perspecCa diligoiilcr, cl mulliplici obscquio sibi liilariier inipcnso dclcclata, Caviniacum, 
quod, ut piacdictuni (a) est, abbati dcposuerat in vadium, oblulit eecicsiae funditus s 
enieiidum. Quod cuni abbati omnique congiegationi placcrel, coniniuni coiiseosu dies 
pra( iixa est eniptioiiis hujus agcndae, cl hoc corani episcopo apud castrum Fossense. 
Proeuralus est quoquc illi cornes Aibcrtus^ ab abbate, qui eam reducens in sua constituit 
sccuritalc. Abraso autcm argcnto quod in ecclesia inveniri poiuil, ocloginta marchas 
secuni deferens abbasFossas vcnit, ducentis(^)aliis perLanibertuni niajorem elTheode- lo 
ricum pracposilum |)rocuratis, apud mercalores et clericos Lcodienses vadibus depositis. 
Convenienleergo comilissallichildecum fiho suo Balduino, rcnovaia est coram episcopo 
et duce Godefrido conventio condicla de Caviniaco, cujus pretii summam cum episcopus 
eoniraxisset ad marchas treccnlas, praeter se|)iingei)las quas ohm abbas in vadium 
supcr[)Osuerat ei, mater cum liho ipsum llscum perpétue habcndum ecclesiae beali Pelri is 
et beati lluberli per cespitem et ramum ejusdem allodii iegahter in manus episcopi cl 
abbaiis, dueis quoque Godefridi ecclesiaslici advocati eontradidit, et publica audientia 
sibi eum et quibu^^que haeredibus suis utcrque funditus abjuravii. El cum iii exsol- 
vendo argcnto videret episcopus viginli marchas déesse, duo candelabra sua ejusdem 
ponderis deposuit eomiiissae, quae postea ex proprio redemit ductus amore ecclesiae. 20 
Facta autem et eondrmata carta liujus coemptionis in publica praesentia episcopi et 
ducis, et signala testibus idoneis, abbas laetusad ecclesiam rediii, et vestituram legalcm 
per maniim ducis recipiens, super ahare beati Pétri Caviniacum toium cum famiha et 
omnibus acqucsiibus et appenditiis suis ut proprium snum aetcrnahter ecclesiae reti- 
nendum sine ulla coniiadiciione saisivit. 25 



(a) diclum Martène et Durand et MON. à tort — (6) Les manuscrils lisent Irecenlis, erreur manifeste 
dont l'oriyine s'exf)lique sans doute par l'emploi des chiffres romains dans l'original (CGC pour CC). 

' Arnoul M, comte de Cliiny, était couluniier de ce genre d'exploits. En 1080, il s'était emparé de 
la personne d'Henri 1", évêque de Liège, en roule pour Rome, et l'avait rançonné outrageusement, ce 
qui lui avait valu une admonestation sévère de Grégoire VM (voyez Martène et Dlrand, Amplissivta 30 
Collectio, t. I, col, 6K5, cl Jaffé, Monumenta Gregoriana, p. 597). Giselbert de Mons {MGU. SS., 
t. XXI, p. bOi), veut que l'hcroïnc de cet épisode soit non pas Riehiide, mais sa bru Ida; c'est une 
erreur. Voyez GoffimKt, Les comtes de Chiny (A^^ÂLEs de l'Iastitut archéologique du Luxembourg, 
I. VIII, p. 5iK). 

• C'est apparemment le comte Albert III de Namur. 3S 



— 5U - 

B. Vita Theoderici abbaHf, c. 28 {JUG/f. SS., t. XII, p. 54). Vers 1084. 

1084. 

Quod vero Calviniacum fiscuni aniplum salis ciopimum, aiixilio ipsius epis- 

copi Henrici a Balduino Moniensi coniile cornparaveril refugio pcr orilinern cnarrare. 

C. Giselberl de Mons [MGU. SS., t. XXI, p. SOt). 

5 Cet auteur, h vrai dire, se trompe en substituant à Richildc la comtesse Ida, sa bru; mais cette 
erreur au sujet des personnes n'enlève rien à rnuthenticitc du fait qu'il nous apprend. 

In hononim autem illonim collaiione conslitiitnm fuit iiiler ipsam ecclesiam et 
quoscumque dominos comités llanonienses ul quicumque abbas Sancli Huberli maneat 
capellaniis comitis Ilaiioniensis, i(a qtiidcm quod ad moiiiiioncm ipsiiis comitis ter in 
10 anno debeat ad comitcm accedere in Ilanoniam pro divinis colebrandis in magnis 
sollenipnitatibus, scilicet in naiali Domini et in pascha et in peiitecosten, et afTerre 
duo vasa plena viiio Leasiire •, que vasa barilii vulgariicr dicunlur. 



XLVIII. 

(iodefroi de Bouillon donne à l'abbaye l'église de Baisy 
et lui restitue celle de Sensenruth. 

15 Bouillou, i08(. 

Original disparu. Copie fac-similé sur papier, paraissant vouloir reproJuire avec une exactitude 
minutieuse un original détériore du XI' ou XII* siècle. Archives de l'État à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
10, A. 4 (A). — Copie de cette copie, authentiquée le 5 janvier 1705 par les notaires Dandoy 
et Ambrosy. Ibidem, sans indication de classement. — Trois copies simples du XVI* siècle, dont l'une 

?0 porte cette note ad catcem : « Copie d'une vielle lettre de quatre cens à cinq cens ans de Saint-Hubert, 
que Monseigneur de Saint-Hubert a envoyé à .Monseigneur noire prince, laquelle vouloit notre prince 
que par loisir la fissiez par quelque prostré mettre en langaige pour entendre. » 

Fragment publié par Miraeis, Codex Donalionum piarum, p. 2î20. Ce texte est une copie défec- 
tueuse de A. = Idem, Notitia ecclesiarum Belçjii, p. 243. = Miraeis et Foppens, Opcra Diplomatica, 

25 t. I, p. 76. = Don Calubt, Histoire de Lorraine, 2« édition, t. III, col. XXXI. = Bertholkt, Histoire 

' Lieser sur la .Moselle, au confluent de la rivière de ce nom, dont les vignobles appartenaient à 
l'abbaye comme on l'a vu ri-dessus, n» IV. 



— t)0 — 

10X4. du duché de Luxembourg, t. III, p. xli. =: Mignb, Patrologic latine, l. CLV, col. 594. — Texte 

complet dans Ozeray, llùtoire du duché de Bouillon, \" édition, p. 320, d'après une copie 
disparue sur laquelle on lisait : « Hacc copia concordai cum registro et antiquis cartulis servatis in 
archivis nionastcriiSancti Ilubcrti in Arducnna. (Signe) L. Bouillon, notarius apostolicus et grcfliarius 
curiac fcudalis de llatrival ». Di rive, comme les préccder)(s, de A. =■- Idku, Même ouvrage, 5 
2* édition, p. 2S'J. = Jea.ntin, Les Chroniques de V .-ir donne el des Woépvres, t. I, p. 401. 

Ce diplôme est un apocryphe qui doit avoir été fabriqué dès le Xll« siècle, comme on le voit par le 
fac-similé, et dont l'authenticité ne parait pas avoir inspiré le moindre doute, ni aux moines de 
Saint-Ilubert, ni aux divers éditeurs. En 1253, il eût dû élre remis aux religieuses d'Aywicres, lorsque 
l'abbaye échangea avec celles-ci la terre de Baisy contre le patronage d'Abce et la dimc de llanefTe 10 
(voyez ci-dessous). Mais Saint-Hubert déclara alors que, comme il contenait encore d'autres attes- 
tations sans utilité pour Aywièrcs, et dont les moines avaient besoin, ils le garderaient, s'enga- 
geant d'ailleurs formellement à garantir Aywières contre toute réclamation à la(|uclle pourrait 
donner lieu l'absence du diplôme. Le signalement qui est fait de celui-ci, joint aux caractères paléo- 
graphiques de notre manuscrit, nous permet d'admettre l'identité des deux textes. L'oŒcial de Liège, 15 
Nicolas (le Madière, déclare à cette occasion avoir eu ce diplôme sous les yeux : • Notum esse 
volumus cartam illustris viri Godefridi duels de Bullon suo sigillo signatam non cancellatam non 
abolitam nec aliqua parte sui viciatam nos vidisse. o La fausseté du document résulte d'une 
multitude de preuves ou d'indices. La date de 1084 est absurde; même si on la corrige en 1094 
pour la mettre d'accord avec l'indiction II, elle reste fausse, car ce n'est pas en 1094 que Godefroi 20 
pouvait penser à la croisade non encore prêchéc, et la Chronique de Saint-IJubcrt (Robaulx, c. 103, 
p. 504; M G II. SS., t. VIII, c. 82, p. Cl 5), nous dit formellement qu'il ne s'y prépara qu'après 
l'appel du pape Urbain, ce qui n'avait pas même besoin de démonstration. On est étonné de voir 
Godefroi donner déjà à son grand-père le surnom de <> barbatus »; dans le seul diplôme authentique 
de lui, donné pour Stenay en 1093, il se borne à le nommer « dux Godefridus avus meus ». On ne -25 
l'est pas moins de le voir parler de son successeur au duché, alors qu'il ne partait pas sans espoir de 
retour, et classer ses frères Baudouin et Eustachc, non pas dans l'ordre de leur naissance, mais 
dans celui de l'importance que leur ont donnée plus tard les événements historiques. La formule de 
récognition est absolument insolite, et trahit un auteur peu au courant des usages de la chancellerie 
du Xl« siècle. Au surplus, notre texte est contredit sur plus d'un point par l'analyse que la Chro- 30 
nique de Saint-Hubert (loco ubi supra), donne du diplôme authentique, que l'auteur a vu. Voyez 
ci-dessous, n" LXII, sous l'année 1096. 11 faut particulièrement remarquer que, d'après la Chronique, 
c'est Ida et non son fils Godefroi qui fait la donation de Baisy. L'existence de l'apocryphe doit 
s'expliquer par cette circonstance que, l'original ayant péri avec toutes les chartes de Suint-Hubert 
dans le grand incendie de 1150, on aura imaginé de le refaire de mémoire pendant le cours de ce siècle. 35 

(C.) In nomine Patris et Filu et SpiniTis Sancti. Ego dux Godefridus, legitimus 
successor el hères ducis Godefridi cognomento Barbali filiique eius, poleniissimi et 
jusiissimi ducis Godjefridi avunculi mei, repulans ntecum bénéficia que divina niichi 
gratia donaverat, de eisdeni donis suis ad augenduin serviiium eius desiina\i 
reddere aliqua. Et quia prefalus avus meus Godefridus apud ecclesiam beaii 40 
Poiri apostolorum principis, que site est ante castrum Bulon, religiosos fralrcs 



— f)4 - 

ex cenobio bcati Huberti ponlificis, conccdrntc vcnerabili Thcodorico abbale, pro <0M. 
reniedio anime sue consliiuerat, cl eandcm constilutionem snam, denominaiis 
ibidem reditibus, auctorilale cl privilegio Alexandri pape confirmari fecerat, 
michi quoque visum csl justum ex affoctu divine inspiralionis, ul qui eram heres 
5 eius honoris, essem ei particeps devotionis. liane meam intenlionem enm roiu- 
lisscm matri mee Ide, prcdicii ducis nalurali filio, cl fralribus meis Balduino ei 
Euslacbio, eorum deinde et eonsilio el consensu voliintario ccclesiam nostri proprii et 
hercditarii imis de Bashcio deslinavimus cl dcnominavimus ad augmenliim prcdicle 
eicmosine avi mei Godefridi donandam perpctualiicr bcato Peiro cl beaio Iliiberto. 

10 Qiiod donum ul ratum el firnium essel, eandcm nialrem meam ei fratrcs mcos mecum 
Bulonium duxi, et in prcscnlia optimalum mcorum et subscriptorum lestium vesliluram 
prcdicle eccicsic in Basheio sine ulla calumnia el conlradiclione simul dcposuimus 
super aliare bcati Pclri, eandcmque donationem ego ipse, qui eram legalis advocalus 
ecclesie, abbale Theodcrico secundo ibidem présente, iure luendam rccepi(a). Quod ut 

15 nolum sit lam poslcris quam prescnlibus, ad confirmalionem huius eicmosine nostre 
prcdicla Ida mater mea el ego et fratrcs mei presentem cartam inde ficri jussimus, 
imprecanles juJicium el justiciam omnipoleniis Dei merilumque sanctorum Petfi 
aposloii el Huberli confessoris ad vindictam eomminalionis ne aliquis lyrannus aul 
pervasor injuslus vcl quis parcntele nostre propinquus inde aliquam torluram aul 

20 damnum ecclesie facial vcl per suam cupiditatem cl injusliciam vcl pcr alterius 
consilium el maliciam, quod quidem me vivcntc el présente nemo audcrct facere. Sed 
quia Jhcrusalem ire disposui, dcfcnsionem hujus mee advocacionis commillo in manti 
omnipoleniis Dci, pro cuius amore potestalem el lionorem meum relinquere deliberavi, 
commillo el in dcfcnsione ecclesie Lcodicnsis, que per divinum jus ceclesiasticam jusii- 

25 tiam débet lueri, eommitlo cliam in manu vcnluri meo loco ducis, quem Dcus in rcgno 
suo ad dcfcnsionem sancle Ecclesie constiluel. Aclum publiée Buloni, anno dominice 
inearnationis millesimo octogesimo quarto, indiclione seeunda. 

Ego dux Godcfridus relcctum michi recognovi el signavi. Signum Balduini; S. Eusla- 
chii fratrum mcorum; S. Hugonis comilis el filiorum ejus cl Balduini; S. Ileribrandi 

30 caslellani; S. Arnulphi comilis Chisniacensis; S. Ramboldi; S. Roderici; S. Godefridi 
Maceriensis; S. Cononis comitis el S. Hugonis el filii eius Gualleri; S. Ticlbaldi cl 
filiorum eius Rodulphi et Johannis; S. Amalrici; S. Ileribcrli cl filii eius Laniberli. 

Hisdem lestibus, volente maire mea, recognovi cl resiilui malricem ccclesiam de 
Salceiaco Rivo cum liliabus suis el elcricalibus prcdicle eicmosine avi mei Godefridi, ut 

S5 sint in potestalc abbatis Saneti Pétri et Sancii Huberli, casque ad ulilitatem fratrum 
anle Bulonium donel et atque disponal, divinumque offîcium in caslro et parochia 

(o) Ici se termine le texte de Miraevs, qui de tout le reste ne donne plus que la formule de date. 



— 62 — 

1084. coiivenienttT agendum provideat. Capellam quo(|ue castri que est in honore sancii 

Vers 1085. Joliannis Baptiste, cuni omnibus que in ca suni in rébus eeclesiasticis cl ornamentis, 

iilem abbas assignat (Meli pcrsone et probale, facta sibi prius et [abba] li fidelitate, ila 

tamen ut nichil inde removeatur vel disirahatiir nisi ad tempus apud cellam sancii Pétri 

fratribus commodenlur et expleto sacrificio loeo sue reponantur. 5 



XLIX. 



Henri I", étèque de Liège, donne à l'abbaye un emplacement situé à Huy 

pour y bâtir un troisième moulin. 

Vers 108r>. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 65, p. 271 ; MGU. SS., t. VHI, c. 50, p. 595). 



10 



Postea ' remandatus abbas ab episcopo Iloium venit, ibique gratia dileclionis aliquam- 
diu ab eo retentus, eum regredi desiinarct suggessit episcopo, apud (a) ipsum oppidum 
eccirsiam beati Hubcrti duos molendinos habere; ejus gratiae convenire, ut sedem 
itTtii conslruendi monasterio concederet. Quod episcopus libenter concedens, evocatis 
minisiris et judicibus ejusdem oppidi, equum ascendit, elad placitum abbatis optimam 15 
sedem molendini super Hoioluni difirmavil, quam legali donc ecclesjae in perpetuum 
possidendam confirmavil. Eral eo tempore Boso archidiaconus abbas Hoiensis ecclesiae 
Sanctae Mariae, Lambertus nepos ejus publici juris provisor et judex. Dodo dispensator 
episcopalis mensae ^. 



(a) anle MGH. à tort. 20 

' C'est-à-dire après l'acquisition de Chevigny en lOSi, mentionnée au a" XLVIÏ. 
* Il n'est pas douteux^que la mention de ces trois personnages ne soit empruntée à l'acte même, dont 
ils auront été les témoins. 



- 63 



L. 

Henri I", évêque de Liège, restitue à l'abbaye ses droits 
sur l'église de Nassogne. 

Avant le 25 août 1086. 
Charte disparue. 
8 Chronique de Sahd-Ilubcrt (Robailx, c. 67, p. 27i; MGU. SS., t. VIII, c. î)2, p. 89K). 

Ce qui permet de dater cet acte, c'est que nous savons qu'il fut rendu à la demande de l'abbc 
Thierry I", mort le 25 août 108G. 

Mater ecclesia bcali Mononis niarljris Nasaniac a Gualcando episcopo data fuerat 
cum omnibus quae ad cam pertinent ab anliquo ecclesiae beati Ilubcrti in potestaliva 

10 ditionc. Ejus elerici acceplis ab abbale praebendis, tamon consensu et laude fratrum, 
condicto eis et soluto servitio debili honoris, jam ex tune detrectabanl per insolcntiam 
subesse justitiae abbalis, nisi in elericalibus conciliis sub districtione episeopaii. Hanc 
quoque insolentiam, pclente abbate, episcopus iiberum eonstituens altare ejusdem 
ecclesiae absolvit, et omnes exactiones et justifias episcopales et arebidiaconales, prae- 

lo sente ibi et secum condonante Bosone arebidiacono, ecclesiae beati Pétri et beati Hubcrii 
in perpetuum reniisit, eandemque remissionem legali facto privilegio auctorizavit. 



1086. 



LI. 

Le concile de Soissons décide, contrairement aux réclamations de l'abbé de 
Mouzon, que les biens tenus par l'abbaye de la donation de Roger de 
Mézieres dans l'archidiocèse de Reims ne peuvent lui être disputés que 
20 dans un synode liégeois '. 

1086. 

Les actes du concile de Soissons ont disparu. 

Chronique de Saint-fJubert (Roballx, c. 77, p. 278; MGH. SS., t. VIII, c. 64, p. 600). 

Posl quadricnnium hujus donationis Rodulfus abbas Mosomensis suggessit 

25 Kaginoldo, Remorum pontifie!, eunideni Rogerum praediclani elemosinam promisisse 

* Il ne peut s'agir ici du concile de Soissons tenu en 1092. La charte suivante montre que celui dont 
il est question a dû se tenir au plus tard en 1086, et l'on peut inférer de la Chronique de Saint-Hubert 
qu'il ne s'est pas tenu plus tard. 



— 64 — 

1086. oliin t'cclesiac Mosomensi, ejusqiie convenirc jusiiiiae el honori, ul promissam aiira- 
hirel abhaliae sui jmis. Crcdidil pomifex abbati el quidtiuiil iii lerritorio Romensi 
suum eral ccclesiae bcati Iluberli ei violenter inlcrdixit, nisi sibi recognosccrcl quod 
reclamabat ecclesia Mosoiiiensis. Tah' coiDpuIsus necessilate abbas ad archiepiscopum 
venit assiimpiO(juc Laniberlo priore ab ecclesia Saricti Remigii, ab co requisivir cur sua 5 

beato Uuberio sic interdixii. Ilaginoldiis hujiis disceptalionis jiidicium decrevit 

référendum ad conciliuni cpiscoporum, quod in proximo praefixcral Suessionis civilate 
agendum. Abbas ad concilium venit, deducens secum Godefridua» filium praedicli 
Rogeri paraium sibi disrationaro legaliter elemosinam palris sui. Et cuni inier cèlera 
res quoque abbatis ventilarelur in concilio, baec deinde (a) senlenlia publiée determinata lo 
est episcoporuni judicio : de aliaiibus Remensis ccclesiae quae acquisiverat ecclesia 
beat! Huberii, Reniorum poniiGcem posse licenttr im|)licitare abbaieni; de fundis 
vero abbatiae non ei cuiquam (6) respondendum nisi in audienlia Leodiensis ccclesiae, 
ad quani eadeni abbalia periineret, cum ex canonum decrelo (c) constel nemini licere in 
alienam mcssem manum miitere. Sic res abbatis absolula est judicio cpiscoporum. 15 



LU. 



Renaud, archevêque de Reims, donne à l'abbaye l'autel de Bodiliis et 
lui confirme la possession de ceux de Nouvion-sur- Meuse et de Saint- 
Hilaire. 

1086. 



Original aux Archives de l'Elat à Arlon, fonds Saint-Hubert, 106, A. 1, en mauvais état de conscr- 20 
valion; sceau disparu, reste une double queue de chanvre. — Copie aux Archives du Royaume à 
Bruxelles, Cartulairc 112''", fol. 147 verso. 

Martène et DiinA.ND, Amplisiima CoUeclio, L I, col. 519. — Bbrtholbt, Histoire du duché de 
Luxembourg, t. III, p. 245 note (fragment). 

Dans les notes chronologiques de cette charte, il faut corriger l'indiclion VIIl en IX, qui est celle 25 
de 1086, Trompé par l'édition de Marténk et Dubano, qui porte X, M. Walters, Table chrono- 
logique des chartes el diplômes, t. I, p. lxiii, avait cru devoir proposer pour notre document la date de 

#" 

(a) Ainsi /. inde /' et f", suivis par tous les précédents éditeurs. — (6) Ainsi les manuscrits suivis par 
Ro'.aulx. quicquam Marlène et Durand et MGH. — (c) Ainsi /. decrelo canonum /* et /**, suivis par tous 
les précédents éditeurs. 50 



- 65 - 

1087; le rétablissement du Icxtc authentique rend cette correction inutile. C'est aussi sur la foi de lu 108C 
fausse leçon de Martènb et Drm.voquc Bethmann et Wattenbacii, dans le MGI!., loc. cit. (cfr ibidem, 
p. fi95, note ôO), ont adopte la dite de 1087 j)Our le diplôme, et se sont même vus amenés à placer la 
mort de l'abbé Thierry I" en 1087, contrairement au témoignage formel de la Chronique de Saint- 
5 l/ubcrl (RoBAtLx, c. 68, p. t272; MGIl. SS., t. VIII, c. 53, p. tJOK), qui la place en 1086. Ils invoquent, 
il est vrai, le témoignage du Vita sancli Theodcrici, e. 32 {MGIJ. SS,, t. XM, p. b7), et celui des /innalcs 
Lauhienscs (MGIJ. SS., t. IV, p. 21), qui ne fait qu'un avec le précédent, mais notre diplôme ne laisse 
place à aucun doute; Thierry II est abbé de Sainl-IIubcrt en lOSG, cl dès lors il est impossible de faire 
mourir Thierry I" après celle date. 

10 ((].) In NOMINE SANCTR ET INDIVIDUK TrINITATIS, PaTRIS ET FiLll ET SPIRITUS 

Sancti. Ego Rainoldus, licet indignus, gralia Dei Remorum archiepiscopus, 
ad poslerorum memoriam protrahere (a) curavi domnuin Theodericuin 
secundum, Sancli Iluberti abbalem, Remis presenliam nostraiii expetiisse, 
et ut ejus aecclesiam aliqua nostrç carilatis porlione donarcmus implo- 

15 rasse (6). Itaque, quoniam preces ejus aversari indignum inhumanumqiie 
duximiis,evangelica [pr|eccptione instrucli,ait enim: Quod uni ex minimis 
meis fecistis michi fecistis, altare de Bodillis ' pro adipis[cen]da salule 
anime tam mee quam antecessorum succcssorumque meoruin dominique 
mei régis, çcclesie Sancli Huberti [a]bsque persona perpetuah'ter tenendum 

20 [conljradidimus. 

[Preterea instanli nos precej adorsus est ut altare de Noviannis et allare 

(a) perlrahere Marlène et Durand. — (h) Manque dans Marlène et Durand. 

' On pourrait croire que Bodillis est identique au Bedols dont la donation à Saint- Hubert par le 
même Renaud est racontée en ces termes par la Chronique de Saint-IJubert (IIobaulx, c. 77, p. 101; 

25 MGU. SS., t. VIII, c. Gi, p. GOI ) : « Benc autem conscius (abbas) infensum sibi Raginoldum, eo quod 
indc sperabat nullum sibi provenirc commodum, adeo eum placavit convcnicnlibus xeniis, ut altare 
de Bedols firmalo privilégie et exclusa in perpctuum jjcrsona obtineret donatum ecclcsiae Pirensi ». 
La chose parait d'autant plus probable que la Chronique ne mentionne pas d'autre donation qui aurait 
été faite à Saint- Hubert par Renaud, et qu'on n'a pas davantage de diplôme relatant la donation de 

30 Bedols. En réalité toutefois, ces deux localités sont différentes; dès 1 183, on les distinguait à l'abbaye* 
comme on le voit par la bulle de Lucius III qui énumère, parmi ses biens, d'abord: a altare sancli 
Remigii de Bcdolf », et un peu plus loin : o altare de Bodill o. Bodillis pourrait être Boult-aux-Bois, 
canton de Chcsne, arrondissement de Vouzicrs, département des Ardenncs. Quant à Sainl-Remi de 
Bedols, il semble qu'il faille le chercher au.x environs de Bclval, canton de Jlézièrcs, où le signale 

3îi encore au XVIII" siècle l'Inventaire des Archives de Sainl-IIubcrt, Dom Albrrt Noël (A^o/ice histo- 
rique sur le canton de Mèzières, Reims, 1879, p. 110 note), admet même l'identité de Bedols et de 
Belval. 



— GG — 

1080. de Sanclo llilario, quo ulraque supradicte aecclesie (a) domniis M{anasses)* 
qui poslca a Remensi arcluepiscopatii {b) dcpositus est, nostra roboraremns 
auclorilale, ut (c) donum, quod ex c|jiils deposilione juxla aliquid infirmari 
posse vicicbaliir, aucloritalis nosire firmanicnlo diuturnius solidiiisque 
fiilcirclur. Concessis ii^itur sibi his allaribiis absque peisonis, banc cum s 
eo babuimus conrlitionem ut quolicns Ilemensis synodus celebranda redi- 
bil, toticns loci ilb'us abbas vel in se, vel, si in se non b'cucrit, in suis, 
lleniensi arcbicpiscopo in synodo prescntiam suam exbibcal, et juxla 
ceterorum coabbalum (d) suorum consuetudinem, synodales si incide- 
rint ^e) causas quoslionesque in commune diss|oivatJ, convenlusque iili[us lo 
leges etj ju|diciaj, si quid {f) quod de allaribus suis deliqucril ei inten- 
dalur, et subcat et custodiat. 

Que nostre largitionis auctoritas, ut in tempera rata inconvulsaque 
protendalur, eam et (g) subscriplione nostra et clarorum virorum tesli- 
moniis teslamenlali astipulatione firmavimus. 15 

f Signum domni Rainoldi arcbiepiscopi; f S. domni Henrici abbatis 
Sancti Hemigii; -f S. domni Ricberi ^ancti Tlieoderici abbatis ; "j" 8. domni 
Lcvini dccani; f S. domni Ricberi cantoris: 1 Odonis; -\ Uugonis; 
f Mainardi; f Leudonis; f Frederi presbyterorum; f Herimanni came- 
rarii; j Frederi [h)-^ f Alberti; -f Fulconis^ j Isembardi^ f Godefridi; 20 
f Odalrici '. 

Actum Remis anno incarnali V^erbi millesimo LXXXVl", indictione 
viii' (1), régnante gloriosissimo Francorum rege Phylippo anno XXVI, 
arcliiepiscopatus autem domni Rainoldi anno III^ 

Godefridus [cancellarius] scripsit et subscripsit {k}. 25 



(a) // est manifeste que le scribe a sauté ici un mot comme dédit ou iradidit. — (b) episcopatu Marié. le 
et Durand. — (c) et Marlène et Durand. — (d) abbalum Marténe et Durand. — (e) inciilereni Marléne et 

Durand — (f) quis Mariène et Durand. — {g) manque dans Marlène et Durand. — (h) presbyterorum 

Frederi manque dans Marlène et Durand. — (t) X Marlène et Durand. — {k) et subscripsil manque dans 50 
Marlène et Durand. 

' Voyez la donatior âje Menasses, ci-dessus n<> XLI. 

* Dans toutes ces signatures, la croix est placée au-dessus du doid. 



— 67 — 

Après le 



LUI. 



io août 1086. 



IFulfram, abbé de Prûm, cède à l'abbaye la dime de Chevigny, en échange 
de celle de Maissin et d'un manse situé près de f^illance. 

Après le 25 aoùl 1086. 

Charte disparue. 
!J Chronique de Saint-Uubcrt (Robaulx, c. 74-76, pp. 276-'277; MGIJ. SS., t. VIM, c. 59-63, pp. 598- 
600). 

La Chronique de Saint- Hubert donne à cet acte la date de 1083, mais par une erreur manifeste, qui 

semble duc à une faute du copiste, à moins que la date ne soit, comme dans plusieurs autres passages 

de cet écrit, une interpolation. Il appert par la Chronique elle-même que Taccord a eu lieu sous 

10 l'abbé Thierry II (donc poslérieuremcnt à 1086). Notre extrait commence avec les négociations des 

deux envoyés de l'abbaye de Saint-Hubert, Lambert le Vieux et Lambert le Jeune. 

At illi aperueriinl qiiod habebanl in niandalis : consilium cpiscopl el ducis, exposlu- 
lationem quoque ecclesiae beaii Ilubcrli pro inulnanda sibi ecclesia Caviniacensi. 
Requirenle vero abbaie quam vicisisiiudinein liiijus mutuationis (a) confcirenl, 

15 respondcruiit illi ecelesiam videlicet Molsineiisem cuni uno manso lerrae in confinio 

Vilaniiae ' Condicla est dies qua utriusque abbales cum advocalis suis 

convenirent. Sialuta die, dux Godefiidus cum Theoderico abbaie Prumiam venil et 
evocaïus ab abbale WulIVanno cornes Beriboldus"^ adfuit, sicque in publica praeseniia 
ei comumni consensu fratrurn niultorunique regui optiiualum cum praedictis princi- 

20 pibus colleclorum, Iraducta et manumissa sed et adstipulata est legaliter pcr manus 
abbalum et advoealorum condilio inter ulramque ecelesiam praediclae eommulationis 
anno MLXXXIIF. 



(a) Jinsi les manuscrits ; mulalionis Martène et Durand, suivi par iîGH, 

' Pour bien comprendre cet échange, il faut savoir que l'abbaye de Prûm possédait depuis 842, dans 

23 le voisinage de Saint-Hubert, le vaste domaine de Villance, dont faisait partie Maissin; elle arrondissait 

ce domaine en acquérant la dime de cette dernière localité. On trouve un fort intéressant état de celte 

terre et de ses revenus à la date de 893 dans Beybr, Urkundenbuch der mittelrheiuischen Territoricn, 

t. I, pp. 166 et suivantes. 

* Bcrlhold de Hamm, avoué de l'abbaye de Priim. 



— 68 — 

A|iiès le 
25 août 108(5. LIV. 

Sige/'roi, homme noble, et sa femme donnent a l'abbaye 

l'alleu de Morhez. 

Après le 23 août 1U86. 

Charte disparue. 

Chronique de Sainl-I/ubert (Robaulx, c. 71, p. 274 ; 3IGII. SS., t. VIII, c. 56, p. 597). 5 

Cet acte cl le suivant sont placés immédiatement après la mort de l'abbé Thierry l"j c'est la 
raison pour laquelle on leur assigne cette date, sans la garantir. 

Quidam nobilis Sigifiidus cum uxore sua condixcrunl sibi invisere ecclesiam 
beati Hubert! gratia oratioiiis. Qui ab abbate lionesie suscepli, ibidemque per Iriduum 
retenti, pro impensa sibi benevolentia iiiducli, allodium de Moroldihcis quod erat lO 
eorum ccclesiae oblulerunt, parlim gratis donandum parlim ab eis emeiidum. Gavisus 
abbas se invenisse opportunilatcm hujus acquisilionis duodecim marchas argenti viro 
ei uxori ejus aniequani recédèrent appendit et praedictam possessioncm cum famib'a et 
omnibus ejus appenditiis ecclesiac in perpeluum legaliter donalam obtinuit. 



LV. 

L'abbé Thierry 11 rachète à Etienne, châtelain de Montaigu, is 

un fief qu'il tenait de l'abbaye. 

Après le 25 août 1086. 

Charte disparue. 

Chronique de Saint -Hubert (Rodaulx, c. 72, p. 275; MGIL SS., t. VIII, c. 57, p. 597). 

Pour la date, voyez ci-dessus, w LIV. 20 

Slephanus, castellsnus Moniis Aculi, casalus erat ecclesiae, quantum ad fib'os etfilias 
iiullum habens hcrcdcm. Cujus baeredilati cum nepotcs illius inbiarent, abbas casa- 
menlum quod erat 'ccclesiae ab eodem Siepiiano redemit, et ante quinquennium 
morlis ejus reddilum sibi infirmorum usibus deputavit. 



69 — 



LVI. 



1082 et 1087. 



Henri I", évêque de Liéye, donne à l'abbaye son alleu de Bras, 
et plus tard celui de Grupont. 

1082 cl 1087. 

Original disparu. Il existait encore dans les Archives de Saint- Hubert au XVIII' siècle, et il 
5 est mentionne dans V Inventaire. Copie aux Archives de l'Etat, à Arlon, fonds Saint- Hubert C3. A. 3. 
suivie de cette double formule d'aulhenlication : o Collation faicle a ladicte copie autheiitief|uc 
par nous commissaire et adjoinct soubsignez a este trouvée concorder. Le xix d'aougst 1581), 
saulf que les mots subvirgulez n'estoicnt lisables ' ains le papier mangé et rompu en cestuy 
cndroict. (Signe) Genduille, Deckius. s Et plus bas : a Collation faictc de la dicte copie de 

10 donation à une aultre de lettres velles et anchicnnes en parchemin, avecq quelque decopure 
du coslé des signatures, et une place large laissée au blancq, estant le tout escript d'une 
mesme main tant cndroict les noms de ceulx qui se dient avoir signez que du narre desdictes 
lettres, et trouve concorder par nous commissaire et adjoinct soubsignez le 5« de juing 1GI8. (Signé) 
L. GouLEZ, G. Van IIooff » (A). Cette copie a été transcrite .dans le carlulaire H^*"', fol. H, aux 

15 Archives du Royaume (A*). — Ibidem, une autre copie dans le cartulaire 1 1 5, foi. 1 1 5, suivie de celte 
note : » Concordat cuni suo originali. Dominus Dionysius de Rendeux prior monasterii Sancti Ilubcrti, 
14 septcmbris 11)80. » (Les mots p. m. s. H. ont été effacés (B). — Une troisième copie aux Archives de 
l'État à Arlon, fonds Saint-llubcrt, du X Vil' siècle, sur papier, layettée 22. A. I.avcc cette note : « Con- 
cordat cum suo originali. (Signé) Lallemannus (C). — Une quatrième copie, qui a servi de base à 

20 rédition de Louvrex, et qui a disparu depuis, portait : a Collationnée à l'original, qui est une viese 
» lettre en parchemin, laquelle semble autrefois avoir été scellée d'ung séel en placart, et combien y 
» soit fait mention des seings de plusieurs, toutes fois, il n'y a nul seing, mais tout escript d'une main 
» et trouvé accordant de mot à mot. (Signé) J. de IIuyet, L. Jolt » (D). — Une cinquième copie 
aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 22. A. 1. avec cette note : « Pour copie de copie 

25 reposante es Chartres du conseil provincial de Luxembourg par moy sousigné secrétaire de Sa Majesté 
Impérial et C. et greffier au Conseil susdit. (Signé) J.-B. Mangin ». Les mots locus sigilli qu'on lit à 
la fin attestent que la copie sur laquelle cette copie était tirée a été prise sur l'original (E). 

Maatène cl Durand, Amplissima CoUtctio, 1. 1, col. 517 : o ex carlario Andaginensi S. lîuberti ». = 
Bërtiiolet, Histoire du duché de Luxembourg , t. IH, p. xxxix : a extrait des Archives de l'abbaye de 

30 Saint-Hubert. » = Miraeus et Foppens, Opéra diplomatica, t. IV, p. 351 : « ex archivis abbatiae 
S. Hubcrli », — Loivrex, Recueil contenant les édits et règlements faits pour le pays de Liège, t. IV, 
p. 206. 

Bertholet, au sujet de notre diplôme, écrit ces paroles bizarres : « Je dois remarquer qu'on en 
conteste l'authenticité, ce qui n'est nullement de mon ressort » (Op. cit., t. iil, p. 2*7). Je ne sais de 

85 * Ces mots non c lisables » figurent entre [ ] dans notre édition. 



- 70 — 

1082 et li)87. (|ui vfut parler Berlhok-t, mais la rédaction insolite de Taete éveille dos soupçons. Ce qui est cortaiii 
c'est qu'un acte de donation en règle de Braz et de Gruj)ont par Tévcquc Henri I" existait an com- 
menconient du XII' siècle, aux Archives de Saint-Hubert. Cette donation ayant été contestée, l'acte 
fut exhibé dans un synode à Liège, en 1103, et plusieurs de ceux qui étaient présents lénioi- 
gnèrenl de son authenticité, ayant été présents, disaient-ils, lorsqu'il fut rendu : « cuin verilate ï 
teniporis atlestarentur qui pracsentes erant veruin illud esse, se legitimae donationi Ilenrici 
ponlificis interfuisse, seque cara vidisse et audisse. » Chronique de Suint - Hubert (Robailx, 
c. l'23, p. 524. MGII., t. VIII, c. 93, p. C26). Nous apprenons en outre, par cet épisode, I» que 
l'acte contenait la double donation de Braz et de GruponI; 2"> ru'il se terminait par une menace 
d'excommunication contre ceux qui troubleraient l'abbaye dans sa possession. Or le texte que nous 10 
possédons présente cette double particularité. Il est vrai qu'on pourrait soutenir qu'il a été confection- 
ner d'après le passage en question de la Chronique, mais cela n'expliquerait guère pourquoi il assigne 
deux dates diffcrcnles à la donation de Braz et à celle de Grupont, alors qu'en deux passages différents, 
la Chronique (Bodallx. c. 56, p. 2Gi et c. CC, p. 271; MCI!., c. 43, p. K91 et c. 51, p. S9S), semble 
admettre que les deux villages ont été donnés en une fois. Mais la Chronique a l'habitude de ramasser 15 
ainsi, en un seul bloc, des faits qui s'échelonnent sur plusieurs dates différentes (cfr. ci-dessus 
n" XXXI). Dans tous les cas, le diplôme était conservé à titre d'original à Saint-Hubert, comme le 
prouvent les notes de nos quatre copies. En 1625, des troubles dans l'abbaye ayant amené une 
enquête de la part de révè(iue de Liège, « les principaux chefs d'accusation contre l'abbé (M. de 

Fanson) furent d'avoir enlevé des archives le litre de la concession du village de Grupont faite 20 

à i'abbaye par i'évcque Henri. » (Archives du royaume, Conseil privé, carton 1470. Rapport sur Us 
réformes de l'abbé M. Fanson.) 

In noinine sancle et individue Trinitalis, Patris et Filii et Spirilus Sancli. 
Kgo Henricus gralia l)ei Leodiensiuni episcopus, e.x ipso dcbito pasioralis 
cure solliciliis, pro augmcnlalione commisse nobis ecclesie, tum eliam pro '^s 
obliiiendo remedio salutis anime mce, probata apud me honesla conversa- 
lione fratrum ecclesie beali Pelri et bcali Huberli in Arduenna site, tractus 
tam ejusdem reh'gionis amore quam et ipsius loci solitiidine, cepi eis 
familiariter cohabitare. Ordina(a,vero mensa prediclorum fratrum a Theo- 
derico rch'gioso abbale, pro ejusdem loci possibilitate, cum didicissem .et 30 
indoluissem eis cenam déesse, [allodium Braz de meo proprio] redditu 
emplum a Montensi comitissa Richilde, fihi sui Balduini conscnsu et laude, 
deslinavi (a) eis legaliter delegandum et perpelualitcr babendum ad 
augmentum ccne. Igilur sub oblenlu bujus mee intenlionis cum egissem 
ibidem sollemnitalem dominici Nalalis, quinlo{^6) die procedens ad majus 35 
altare ipsius ecclesie sancti Pelri in sollemni presentia (c) clericorum et 

(a) existimavi D. — (b) primo Marlène et Durand, Miraeus et Foppens, Berlholet. — (c) ecclesia Bertho'el. 



— 71 — 

oblinialuni meoriim pastoralcm virgam cidcni superposui (a}, confirmans I082eii087. 
Doo (6) et sancto Huborlo pcr manus Codcfridi ducis et cjusdem ecclesie 
advocali legaleni donalionem prcfali allodii cum [fami!ia](c) et (d) omnibus 
ejiis ulih'lalibus et appcndiliis, scibcet terris cullis et incullis, pralis, silvis, 

5 aquis aquariimve docursibiis el pisca(ura.[banno,lalrone,foralibiis etplacitis 
absque] vcnatione, quam solummodo usibus meis propriis rclinui. Hoc 
dono (e) facto et confirmalo [anno incarnali Verbi M" LXXX° II°j, ordina- 
Honis autem mee viir, ea conditionc ul, dum adviverem, memoria mei 
sollemniler fieret (f) in duodecim niensium kalendis el posl morlem meam 

10 tam pro me quam et (</) pro cunctis fidclibus clefunclis {h). 

[ProcedenliJ (/) tempore. anno ilidem M" LXXX° VII' (;) suggerente 
Spiritu Sancto. allodium de Grupont eidem ecclesie legaliter in perpetuum 
[habendum] tradidi, cum familia et omnibus utilitalibus et appendiliis suis, 
terris cultis et [incultis], pralis, silvis, aquis. piscaluris el tolo banno, lalrone, 

lo et placitis absque [venationej. Si qua autem persona vel noslrorum succès-;- 
sorum vel qualiumcumque secularium poleslatum huic nostre elemo- 
sine obviarc volueril vel invadere vel transmulare vel minuere aut [k) 
novis consuetudinibus violenter eam infringere vel ecclesie beali Pelri el 
beali Huberli subtrahere presumpscrit, ex aucloritale Dei omnipolentis (/) 

20 Palris et Filii et Spirilus Sancli el ab ipso nobis concesse ligandi et (m) 
solvendi poteslalis excommunicatus eterno Dei judicio subjaceal, et («) nisi 
resipuerit et predicle ecclesie digne satisfecerit, in exlremo vile sue a 
communione corporis et sanguinis Domini privalus cum diabolo el angelis 
ejus in eternum pereal. Ut autem hec noslra publica donatio permaneat 

25 legaliter, prcsenlis privilegii paginam (o) sub assignalis leslibus sigilli 
noslri confirmamus impressione. 

Signum Godefridi ducis; S. Alberti comilis; S. Henricî fralris ejus: 
S. Cunonis comilis; S. Wuidonis [p) fralris ejus; S. Hugonis de Bullon 
S. Thiebaldi advocali; S. Rodulfi filii ejus; S. Gilleberli; S. Godescaici (q): 

30 (a) supposui D, E. — (6) Domino D. — (c) « Ce mol faïuilia n'est pas legible en loriginel pour estre 
démangé de vielesse. » Note marginale de A. — (d) cum C. — (e) hoc modo dono B. — (/") sicut Bertholet. 
— (g) Manque C. — (/i) d. fieret Bertholet. — (/) P. autem Martène et Durand. — (;) On avait d'abord 
écrit niillesimo nonagesimo scptimo A. — (A) vel Martène et Durand, Miracus et Foppens, Bertholet. — 
(/) omnipolentis manque B. — [m) alque Martène et Durand, Miraeus et Foppens, Bertholet. — (n) Manque 

Sr; B. ~~ (o) pagina B. — (p) Vundonis D. — {q) Godefridi Bertholet. 



— 72 — 

1082 et 1087. S. LambeHi de Foron; S. Alberici; S. Anselmi: S. Cunonis (a): S. (iode- 
fridi fralris cjus. 



Lvn. 

Roger, comte de Porcien, fonde le prieuré de Château-Porcien, 
le dote et le donne à l'abbaye. 

1087. 5 

Original sur parchemin aux Archives de l'État à Arlon, fonds Saint-Hubert, 20, A. 1. Sceau 
disparu; reste une double queue de parchemin. Au dos on lit : « Enregistré au second registre, 
fol. 41. » — Une version française ibidem. 

MabilloiN, Annales Bcnedictini, t. V, p. 662. M. Wautbrs [Table chronologique des chartes et 
diplômes, t. VU, p. 166) se trompe en indiquant aussi Huco, Annales Pracmonstratenses, t. I, preuves, 10 
col. CCCXL, comme éditeur de notre chartcj cette indication n'est vraie que pour le n» LVIIF. 

La Chronique de Sainl-llubert (Robaulx, c. 78, pp. 278-279; MGII. SS., i. VIII, c. 68, p. 601) 
commente notre diplôme de la manière suivante : « Rogerus quoquc Porcensium cornes antc ipsum 
Porcense castrum trans fluvium Axonam occlesiam in honore beati Tietboldi acdificare coopérât, ibique 
deputatis quibusdam rerum suarum posscssionibus, quae in privilcgio ejusdem ecclesiac rcnumcrantur, 13 
coenobium alicujis magni nominis, ut crat magnanimus, cxtrucrc meditabatur. Sed a suis proditus, et 
in captione dehoncstatus, cum se non posse prosequi quod nimis distulcrat viderct, taedio quoque 
nimio affectus dchonestationis suae, filiam suara Sibyllam Godefrido fiiio Albcrti comitis Namuccnsis 
uxoreni dédit, ipsumque Porcensem comitatum, cum omnibus quae erant sui juris, patri et filio, 
maxima prelii ab eis accepta surama, vendidit. Quorum consensu unanimi et dono legali ccliam prae- 20 
diclam beati Tietboldi Theodericus abbas ecclesiac beati Huberti et beati Pétri perpetuo habendam 
oblinuit, suosquc monachos ibi conslituif, fîrniato inde publiée privilegio in archivo ponlificali ecclesiac 
Roinensis, recognoscente illud et signante arcbiepiscopo Raginoldo cum clericiS beatae Mariae semper 
virginis. » 

In nomine sancte et individue Trinitatis amen. Notum sil omnibus saiicte 25 
ecclesie filiis presenlibus et fuluris quod ego Rogerus, cornes Porcensis 
terrilorii ', recogilans ex animo de bonis a summo et omnipolenti Dec 

(a) Cinionis B. 

' Le comté de Porjeien s'était formé dans le territoire du pagus Porcensis, ici appelé terrilorium 
Porcense, qui s'étendait au sud du comté de Castricc, le long de la Meuse, et qui eut Chàteau-Porcien 30 
pour chef-lieu. Sur ce comté et sur ses comtes, voyez Marlot, Melropolis liemensis hisloria, t. il, 
p. 538, suivi par Lelong, Histoire ecclésiastique du diocèse de Laon, p. 473, et par J. Hubert, Géogra- 
phie historique du département des Ardenncs, p. 252. 



- 73 - 

acceptis, fui inspiratus ul in suburbio urbis Caslri Porcensis ecclesiam Deo 1087. 
edificarem sub invocalione sancli confessorisTlieobaldi,pro remedio anime 
mee el Ermengardis uxoris mee et (ilie mee Sibilie et omnium progeni- 
torum meorum. Quapropler, de conscnsu comilisse uxoris mee el annuente 

s (ilia mea cliarissima, vocalis ex monaslerio Sancli Huberli in Ardenna reli- 
giosis viris ejusdem monasierii monaclïis, ecclesiam et cellam anle Caslrum 
Porcense construxi, quarum proprielalem,disposilionem. rcgimen, nomina- 
iionem seu provisionem trado et tradidi in perpeluum reh'giosissimo 
abbati Theodorico et ejus succcssoril)us predicli monasierii abbalibus, 

10 nichil juris in dicla cella miclii reservans nec successoribus meis. Et ut 
dicti religiosi Deo alacriorem reddanl servilulem, pro dicle celle funda- 
tione do abbati el convenlui Sancli Huberli quicquid juris michi competit 
in burgo seu suburbio urbis, in quo ecclesiam cons[lru|xi,illud computando 
a Ponte Magno usque ad poulem Aque Morlue versus orienlem, cum banno 

15 ipsius suburbii, cum omnibus appendiciis suis, cum terris cullis el incuitis 
quas tenebat villicus GoLleslaru[s], cum molendinis iuxla i^ontem Magniurt 
sitis, cum pralis, silvis et vineis eidem Godeslaro in censum dalis, cum furno 
bannali, cum omni censu et universo jure de telonio nundinarum que fiunt 
et fient singulis annis in diclo banno in feslo sancli Tbeobaldi, incipiendo 

20 a vigilia fesli usque ad meridiem diei sequenlis. Do preterea sextilagium 
et minagium ' omnium granorum que vendunlur in diclo banno quolibet 
anni et liebdomadis die cum domo sextilagii que micbi compelil in diclo 
burgo, que omnia vocabunlur feudum abbalis; quod eril el volo ut sit ab 
omni subjeclione onere et servitule liberum, nisi quod propler omnem 

25 jusliciam, quam trado et tradidi ecclesie Sancli Huberli in diclo banno, 
quivis abbas Sancli Huberli aul commissus ejus lenebilur semel michi et 
successoribus meis prestare juramenlum fidelitatis in recognilionem dona- 
tionis. TeiK'bunlur insuper religiosi in dicta cella commissi singulis diebus 
dominicis tantum suFiimo mane sacrum dicere, dum conlinget venatores ire 

30 ad venalionem et a nobis requisili fuerinl, et non alias. Et ob hoc lenebun- 
tur comités pro tempore exislentes singulis annis dare predictis leligiosis 

' Le sexlildyium cl le minagium étaient deux droits prcicvcs sur la vente des grains : « Scxta- 
riaticum jus illud vocant ubi scxtario metiuiitur, minagium ubi mina, modialicum ubi modio ». Voyez 
Dlcakge, s. V. Sexlarialicum. 

10 



— 74- — 

1087. (loliuni vini et (a) mensure Remensis. Quod si que hona î^I) eisdem religiosis 
acqnirenlur, volo iil sinl libéra ah ointii decinia, t<Mra^io, iinposilione et 
onere que mfclii <lel)enlur. Denique in recognicionem pro l)onis a l)eo 
datis comilîituin l^orcensem censui anruio deeem solidoium Parisiensiuni 
siil)jicio dicte eccle^ie tanuiuani Deo. Qiiain doiiationein ila liberam. asianle s 
et appiobanto liaginoldo Keinensi a^elliepi^copo. aslan(il)us quoque nobi- 
libus et igiiubilibus feci, ut nemini successoruin vel fi)ii)istroruiii nieoi-um 
reclaiiiare quicquam liceal. Iluius donationis testes fuerunt quorum nomina 
snbscrij)la sunt. S. Uogeri coniitis: S. Kaginoldi archiepiscopi Kemensis; 
S. Albei li comitis iNaniurccnsis; S. Ermengardis comitisse; S. Sibilie filie; lO 
S. Hugonis Scotli; S. Punchardi: S. Odardi (ilii eius; S. Ernoldi prepositi 
et aliorum imiltorum. Actum publiée anno incarnati Verbi M" LXXX» VU" 
indictione X" régnante rege Francorum Philippe XX" VI 11° anno. 



LVIII. 



Roger j comte de Porcien, donne sa terre de Remauconrl aux églises 
Suint-Thibaut de Château- Porcien et Saint- lierthould de Chaumont- i» 
Porcien. 

1087. 

« 

Original sur parchemin, collé sur toile, aux Archives de l'Élat à Arlon, fonds Saint-Hubert, 27, D. 1. 
Sceau disparu. Sur la chemise de papier contenant ce document, on lit : a Enregistre au second 
registre, fol. 79. La copte de ce titre a été donnée à Dom Colloz, religieux de Saint-Vanne, o "20 

DiCHESNE, Histoire généalogique des maisons de Luxembourg et de Limbourg, preuves, p. oG. — 
lliGo, Annales Praemonstraletises, t. I, col. CCCXL. 

(C.) In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus 
Sancti, AMEN. Notum sit omnibus sancte ecclesie filiis presentibus et futuris 
quod ego Rogerus, comes Porcensis territorii, villam mei juris dictam 23 

(a) Ce mot est dû tans doute à une inadvertance du scribe. 



75 — 



Humoldi ciirlem et Curetuin', curn omnibus suis appendiliis, cum culluris 
el céleris adjucenlibus lerris, cuin silvis, pralis, ;jquis, acjuarumque decur- 
sibus, cuni inolendiMu, cum baïuio et omni juslicia, cum omnibus inculis 
in eadem villa manenlibus et miclii subjectis, cum tota familia Iradidi 

5 habendam el possidendam cominuniler per omnia ecclesie sancli confes- 
soris Tlieobaldi * et ecclesie sancli Berllioldi de Caivomonle, pro remédie 
ani[mjç mee el Ermengardis uxoris mee el filie mee Sibiliç omniumcjue 
progenitorum nu-orum, Quam ila liberam aslanlibus nobilibus el ignobi- 
iibus feci, ut nemini su[ccesso]ium meorum vel minislrorum iiceat quic- 

10 quam reclamare. Nomina aulem v[i]r[o]rum ac mulierum quorum capilacia 
ad me sol[u|m respeclabanl i»ec s[untj : F[u]lmarus et filii ejus Rainoldus 
iElinus el Ermensendis, Ermengardis et filii ejus Fulco, Uainoldus, 
Radulphus cum suis sororibus, Ermenlrudis el filii ejus Everardus, Con- 
stancius, Anselmus, LMela; Fulco villicus et uxor ejus Berlrada, Rodiil- 

15 phus, HuMesendis cum filiabus. Conslancius Joslenl, Herberlus Calvus cum 
filiis, Balduinus, Uainoldus, Olda soror eorum, Burgundis, Harduinus filius 
ejus cum sororibus, Hersendis uxorTheoldi. Hec aulem sunt nomina eoium 
quorum servicia el advocationem sive in villa sive exlra villam michi 
vendicabam : Johannes et filii ejus Rainerus, Adelardus.vElinus, Durannus, 

20 filii Ermensendis Aibricus, i^linus, Rainoldus miles cum familia, Anselmus 
qui el Ronellus cum uxore, Radulphus filius Ermengardis, Thiebertus cum 
uxore, Erburga cum filiis, Theoldus, Harduinus, filii H[o]ldiardis yElinus, 
Radulphus, Holdiardis, Udcla uxor Guarneri cum filiis, yElinus cum familia 
lune temporis villicus, Everardus cum familia, Alber[lusJ cum familia. 

25 Sane nec hoc pretereundum est quod si qua deinceps in eadem villa et 
allodio acquir[i pojlerunl, ab ulraque ecclesia pariter acquirentur et 
acquisila communiler parcientur. Iluius donationis testes [fue]runt quorum 
nomina subscripla sunl. Signum Rogeri comitis; S. Alberli comilis Namu- 



1087. 



' Il parait bien que Curelum désigne seulement un lieu dit de Remaucourt et n'a jamais eu 
30 d'existence distincte; c'est ce qui résulte des termes de notre charte même, qui ne parle que d'une 
seule localité. 

* Saint Thibaut, ermite, né à Provins, en Champagne, mort en 1066, et canonisé peu après par le 
pape Alexandre II (entre 1066 et 1075), fut l'objet d'une des dévotions les plus populaires du moyen 



— 7G — 



1087. censis; S. (iodefridi (ilii e|j]us'; S. Krmengardis comilisse; S. Sibilie^ 
Après 1087. S. Hugoiiis ^colli ; S. (iuiderici filii (iiialcheri: S. Haroldi: S. Alemanni; 
S. Rainaldi; S. (iualleri; S. Gerardi; S. Hicheri; S. Hainoldi; S. Ddonis; 
S. Gillebeiti fratris ejus; S. Punchardi; S. Odardi filii ejiis; S. Erurenni; 
S. Herberti; S. Bernard! duri ferri; S. Rohardi iniilionis; S. Hernoldi 5 
preposili et alioriim mullorum. Aclum publiée aniio inearoali Verbi 
M" L\\X° Vil» indiclione x' régnante rege Fraiicorum Phili[)po XX" 
VIII" anno. 



H 



ùiy 



LIX. 
Henri l", évêque de Liège, donne à l'abbaye sa part rf'Arsia. 

Après 1087. |0 

Charte disparue. 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 66, p. 271; MGH. SS., t. VIH, c. 51, p. 59S). 

Celle doiialion se place après 1087, puisqu'elle vient après celle de Grupont qui est de celle dcriiicrc 
date. Les paroles de la Chronique {olim donaverat) pourraient faire croire à première vue qu'un laps 
de temps assez considérable s'est écoulé entre les deux actes, mais il est vraisemblable que dans la 15 
pensée du chroniqueur, olim se rapportait seulement à Bras, donne en 108"2, et ne se trouve en 
rapport avec Grupont que par un vice de construction grammaticale. 

Bniz quoqiie et Gruisponti, (|iiae olim ecclesiao perpetualilcr donaverat, Arsiae (o) ' 
pai tom qiiae sui juris erat ex allodiis quae fueranl comilissae Richildis addidil. Et ne 
quis eadem dona sua amodo vel immntarel vel retnoveret aeterno analhemate damoavit. 20 
Hanc partem Arsiae (rt) Cono de Flamerina lollit ecclesiae vi el injuste. 

(a) Arsie /, assez difficile à lire dans le premier cas, pourrait être pris aussi pour Arne, mais le second cas, 
ou Arsie est écrit au-dessus de la ligne mais de la même main, ne laisse pas de doute sur la vraie lecture. 
Aiwaiiie /" après correction, suivi par Robaulx. Arsiae /", Marléne el Durand et MGH. 

' La présence du comte Albert III de Namur et de son fils Godefroi nous autorise à croire avec dk 25 
MlR^E, Histoire du comté de Namur, p. 135, que l'acte fut passé à l'occasion des fiançailles de Godefroi 
avec Sibylle, fille du comte Roger. Cette union, qui portait le comté de Château-Porcien dans la famille 
de Namur, fut rompue quelques années plus tard. 

* Arsia est une localité Inconnue. C'est sans doute le désir de la retrouver qui a poussé Robaulx à 
lire ici Arwaniac et à traduire par Awennc. On pourrait penser à Aehy, dépendance de la commune 30 
d'Oisy (province de Namur), si l'endroit en question ne devait pas, selon toute apparence, être chcrclic 
dans le voisinage de Hamerinne, dépendance de la commune de Champion (province de Luxembourg), 
où demeurait le seigneur qui dépouilla l'abbaye de la terre d'Arsia. 



— 11 — 



LX. 



Baudouin de liions et sa femme Ida cèdent à l'abbaye tout ce qui leur restait 

dans le fisc de Chevigny. 

ThuiD 1088. 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, Carlulaire US*"'', fol. 219 verso. 
S Voici ce que nous apprenons au sujet de cet acte dans la Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 7i, 
p. 276; MGH. SS., t. VIII, c. 59, p. 598), qui nous permet de mesurer la distance qu'il y a souvent 
entre les formules très libérales d'un diplôme et la vraie nature de celui-ci : « Apud Caviniacum 
fiscum curialis faniilia habcbatur, quac olim ccclesiac acquisita cum ceteris popularibus domiiiium 
ecclesiae quasi novum detreclans, servire ei dedignabatur. Unde Balduinum cumitem Montenscm, 

10 filium Richildis abbas Lamberto majore comitatus adiit, et ne insolentiam eorum adversus ecclesiam 
tueretur, ei rationabilitcr suggessit. Comes relato consiiio ad (dam uxorem suam aliosque fidèles suos 
qui interfuerant geslis de Caviniaco superius mcmoralis, eorum testimonio juslam quidem causera 
abbatis recognovil, sed mandavit ei se velle honorari gralia cjusdcm a se confirniandae recognitionis. 
Abbas illi decem marchas argent! condixit eumque secum Tudiniacum castrum, quo tune episcopus 

15 cum Godefridoduce morabatur, adduxit. In eorum praesenlia Balduinus praediclam familiam curialem 
ecclesiae beati Huberti suam esse recognovit, et a se respectum eorum omnino removit, omnesquc qui 
videbantur esse hujus contradictionis, cum servis eorum et allodiis, facto ibi privilegio ei confirmavit, 
cui etiam cum sigillo episcopi suum quoque imprimi fecit. n 

In nomine sancle et individue Trinifalis, Patris et Filii et Spiritus Sancti. 

20 Ego comes Balduinus et uxor mea Ida, divine gratie que nobis omnia dédit 
quantulamcumqiie vicem rependere cupidi, voluntarie et unanimi consensu 
elemosine nostre priori alteram addidimus. et quicquid in Caviniaco in nos- 
tra manu retinueranius, sive in allodiosive in feodo (a), ecclesie beati Pétri et 
beati Huberti omnino deliberamus Quod ut notum sit tam presenlibus quam 

2b futuris, per paginam hujus nostri rati et fîrmali (6) decreti addimus ad fis- 
cum totîus familie et allodii quod prius legaliter firmaveramus ecclesie jam 
dicte beati Pétri et beati Huberti, que sita est in Arduenna, totum allo- 
dium et feodum (c) cum familia Guarneri Belmontensis et Stephani Cavi- 
niacensis et Theoderici, ea conditione ut si quis ejusdem familie alterius 

30 ecclesie vel potestatis uxorem duxerit, vel femina alteri nupserit, legalem et 



1088. 



(a) fiedo la copie. — (6) firmiti la copie. — (c) fiedum la copie. 



— 78 — 

1088. libiTcim poteslateni habeat abbas ipsius loci eos exheredilare et heredilalem 
Vers 1088. goruiii vel sibi relinero vel cuicumque voluerit dare. Aclum publiée apud 
'J'udiniacuin castrum, anno Verbi incarnati millesimo octogesinio oclavo, 
indiclione uiuleeiina, présente domino etvenerabili Heinrico Leodiensium 
episcopo, régnante rege Heinrico anno regni sui XXXII. imperii auleni 5 
secundo. Signum domini nostri Heinrici Leodiensium episcopi; Signum 
Heinrici arcbidiaconi; S. Balduini comitis Montensis; S. Gualteri Munz; 
S. Guigeri et filii ejus Guigeri; S. Guiderici Bucelli et filii ejus Anselmi; 
S. Guidonis; S. Ingobrandi et Beringeri de Tier; S. Gualteri Fossensis; 
S. Kigeri de Suneias. lo 



LXI. 



Robert et ff^éry, frères, Hugues, Louis et Rodrigue, frères, tous seigneurs 
à Sancy, fondent le prieuré de ce lieu et le donnent à V abbaye. 

Vers 1088. 

Charte disparue. 

Romuald Hancart, au chapitre XIV de la vie de Thierry I", écrit que le prieuré de Sancy fut foadé 15 
peu après 1087, date de la fondation de celui d'Evergnicourt, 

A. Bulle du pape Innocent II en 1 159 (voyez le texte ci-dessous, n" LXXXVI) : 

Confirma mus praefato beaii Huberti monaslerio cellam de Sancey cum 

perlinemiis suis. 

B. Bulle du pape Lucius III en 1 184 (voyez le texte ci-dessous) : 20 

Item cellam ante Sanctiacum casirum sitam, a Roberlo milite * et fratre ejus 
Widerico alque Hiigone cl Ludovico et Rurico fraire ejus vobis datam, cum omnibus 

* Un Robert de Sancy signe en H 09 la charte de donation de Bornai à l'abbaye par Raimbaud de 
Mussy; c'est manifeslemenl notre Robertus miles. Son frère Wéry n'est pas connu. Quant aux 
trois frères Hugues, Louis et Rodrigue, qui paraissent être également de la famille de Sancy, mais issus 23 
d'un autre auteur que les deux précédents, il semble bien qu'ils se retrouvent dans le passage sui- 



— 79 — 

pertinentiis suis, lerris [ci] pralis et silvis et fiirno bannali, ccclesiam sancti Bricii in Vers 1088. 
eadem villa. 



vant de la Chronique de Saint-Hubert (Rodallx, c. 24, p. 236; MGH. SS., t. VIII, c. 16, p. 578) : 
• Erant prai'tcrea quatuor fralres, videlicct llugo et Ludovicuï*, Rodericus et Ricuiuus, filii Riclicroiiis 
K ex Lirgardc amila Aniulfi cuuiitiS. Iluruiii unus Ricuinns, ab llcribrandu Bulloniensi inicrfectus, ad 
caput pracdictac Adcladis est scpullus. llinc crga locuiu facti devotiores et Aniulfus et ni-potcs ejus, 
nepoles quidem pro fratrc suo, dedcrunt ecclesiae quidquid habcbaiit apud Linaium et Carnelun), et 
quartam partem pontis quac erat eorum apud Gabelium. » (Cfr. ci-dessus, n° XXVll). La libéralité 
que les trois frères firent à l'abbaye en lui donnant le prieuré de Sancy se rattacberait-ellc à la 

10 même intention pieuse? L'absence du nom de Ricuin dans notre texte semble prouver tout au moins 
qu'elle fut faite après sa mort. Lui-même, de son vivant, avait fait don d'une partie de l'alk-u de 
Sancy à l'abbaye : o Ricuinus miles, dit le Aomina bentfacloriim, dédit nobis partem allodii sui de Sancy 
cum omnibus appenditiis suis in pratis in silvis campis et fumilia. » Au reste, nous retrouvons nos 
trois frères dans d'autres documents. Hugues parait être identique à Hugues de Mussy, père de Raim- 

15 baud de Mussy qui reparaîtra plus loin, n» LXXVII; il est constant d'ailleurs que la famille de Mussy 
était apparentée à celle de Sancy. Berthe, femme de Hugues, est mentionnée en ces termes dans le 
Nomina benefaclorum : « Bertha uxor Hugonis dédit nobis tertiam partem ecclesiae Staulcnsis et ter- 
tiam partem ecclesiae de Sancy et quidquid habebat in allodio Ottenges. « Rodrigue signe également'Ia 
charte de Raimbaud de Mussy en 1109, C'est de lui que le Nomina benefaclorum dit : « Ruricus miles 

20 concessit nobis apud Gabelium exactionem mercedis nauticae quae erat sui juris. » Louis, enfin, est 
bien ce Ludovictis de Sanceio qui signe en lO'JG la charte de fondation du prieuré de Mont-Saint- 
Martin, en compagnie de Raimbaud de Mussy (Bertuolet, Histoire du duché de Luxembourg, t. III, 
p. XLv). Ainsi serait reconstituée la chaîne qui, vers le milieu du XI" siècle, rattachait la famille 
comtale de Chiny aux maisons seigneuriales de Sancy et de Mussy-le-Château La seule chose qu'on 

25 puisse opposer à cette série d'inductions, c'est que si la fondation de Sancy se rattache au meurtre de 
Ricuin, il serait étonnant que la Chronique de Saint-Hubert, qui relate le don de Linay et de Charnoy 
fait à cette occasion à l'abbaye, ne mentionne pas également celui de Sancy. Mais cette objection 
disparaît si l'on veut remarquer que la Chronique ne parle de cette donation qu'à cause qu'Arnoul de 
Chiny y participe, et que Sancy fut fondé sans lui. Au surplus, il résulte de la Chronique elle même 

30 (RoBAULX, c. 117, p. 318; MGH. SS., t. VIII, c. 90, p, 622), que le prieuré de Sancy appartenait déjà 
à l'abbaye en 1098, sans qu'elle ait parlé auparavant de sa fondation. 



— 80 — 

ATaut le 
28 avril 1089. LXll. 

ÀTaQll091. 

La famille de Boson, abbé de Saint-Airy à Ferdun, lègue à l'abbaye 
deux maisons sur le marché de Huy. 

Avant le 28 avril 1089. 
Charte disparue. 

Chronique de Saint-Uubert (Robaulx, c. 80, p. 279; MGH. SS., t. VIII, c. 67, p. 601). 3 

L'acte fut émis, comme on le voit ci-dessous, du vivant de révoque Thierry de Verdun, qui 
mourut le 28 avril 1089. 

Boso, abbas Sancli Agerici, vir adniodum optimae religionis, morabalur Jupilae cum 
episcopo suo Theoderico Virdunensi. Ibi iiifirnialus, cum se praesenlirei moriturum, 
oinniinodis precibus cxegit a suis ad Sanclum Iliiberlum se référendum ibique sepe- 10 
liendum. Prosequenlibus auiem quibusdam nobilioribus castri Hoyensis — fuerat 
enini inde benc nalus, nepos videlicel Bosonis archidiaconi longe supra memorati — 
sepullus est in ecclcsia honorifice, ad dexlram altaris proloinarlyris Slephani, deser- 
vienie ejus exsequiis qui lune morabatur ibidem domno Henrico ponlifice Leodiensi. 
Ex ejus parenlum jure haeredilario provencrunl buic ecclesiae duae mansiones viginli 13 
librarum in Hoyensi foro. 



LXIIl. 

Gautier de Cons, Dudon son frère et Hedwige de Chiny, femme de Dudon, 
donnent le prieuré de Saint-Michel de Cons à l'abbé Thierry II, qui y 
établit des moines. 

Avant 1091. 20 

Charte disparue. 

Pour ne pas scinder les renseiguemeots sur la fondation du prieuré de Cons, nous donnons ici tous 
les textes où il en est parlé, sans en omettre la partie relative à des libéralités ultérieures. 

La date approximative de la fondation est fournie par un passage de la Chronique de Saint-Hubert 
(Robaulx, c. 83. p. 282; MGH. SS., t. VIII, c. 70, pp 603-604). 25 

A. Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 79, p. 279; MGH. SS., t. VIII, c. 66, p. 60i). 

Cellam etiam Cunensem, quae est in bonore beali Miebaelis arcbangeli, cum omnibus 
appenditiis suis, scilicel denominatis in privilégie ejusdem ecclesiae, subjeciis illi 



— s\ - 

ccclcsiis, drcimis, familia, terris ciiliis cl incullis, praiis, silvis, vineis, aquis, molendinis, A\-aDt 1091, 
piscjiluris, furnis, Icgali Galtori vl fralris ojus Dodonis dono et nxoris cjus Ilawidis, filiae 
Arnnifi comilis, ccclesiac bcali Pctri ei bcati Hubcrii perpctiio habendam acquisivit. Ubi 
consensu Engelberti arcbicpiscopi Trevircnsis (a) localis nionacbis Uoberlum mona- 
5 ( Iiiini optiniae babiliidinis, oliin aiitcm clcricum inajoris ccclesiac Virduiiensis, piaepo- 
siliini consliiuit, ciijiis indusiiia cunidcm locuni possessionibus et aedificiis ampliavii. 

B. Hibliothcqiic nalioiialc de Paris, collection Moreuu, t. XXV, p. 1 i7, avi'c celte n)Ciilion ni tête : 
« Extractuni ex niartyrologio mona.^tcrii Sancli IIiiLcrli iti Ardcnna, in que noniina fundatorum et 
boneractoruni dicti nionaslerii una cum bcnefuclis desciipta liabcntur, el singulis dicbus in clioro post 

10 primani jnxia ordincni obitus ipsoruni, cum specialibus ad id precibus rccitantur. » L'extrait est 
authentique dans les termes suivants : Coilalum de verbo ad verbum cum diclo maityrologio, et 
coMCordare invcnluni per me notarium infrascripluni sigiiatum Thomas Wyscharl. » I). Michel Colloz 
ajoute : • L'extrait dont on donne ici la copie est le seul litre du prieuré de Sainl-Michcl, situe à 
Cons-la-Grandville, qui ait quelque rclalion au but du ministère, et je l'ai copie d'autant plus 

15 volontiers qu'on m'a assuré que c'était le seul litre subsistant qui faisait mention de la fondation et 
donation de ce prieuré à l'aiibayc de Saint-Hubert on Ardennc, à la différence des prieurés de 
Bouillon, de Prix cl d'EvernicourI, dont les titres de fondation sont en originaux dans cette abbayç, 
et imprimes entre les preuves de V/Jisloirc du Luxembourg, par le P. Bertiiolet, jésuite, t. MF, 
pp xxxii, XXXVI cl XLi. Outre ces quatre prieurés, l'abbaye de Saint-Hubert en Ardcnne en a encore 

20 deux autres, situés également en France, l'un à Chàteau-Porcien, l'autre à Sancy. Cet auteur jésuite 
n'en fait aucune mention; peut-être en Irouverai-je quelque jour les titres de fondation dans celte 
abbaye, qui fait partie du duché de Luxembour^ï. » 

Une autre copie du même extrait se trouve aux Archives de l'Etat à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
feuille volante; clic est précédée de cette notice : « De pracscripto Dodone commemoralionem rccenset 

ari nccrologium nosirum die 4 decembris in hacc verba. • 

Deccmbiis die quarla, commemoralio Dodonis filii Adelonis el Hadvidis de Cons- 
castro, qui ccclosiae noslrae cellam Sancli Micliaelis anle ipsum caslrum sitam cum 
niullis appendiliis dcdit, videlicct in viHis et ecclcsiis, cum indominicala cullura cl 
s\lva, et piscalura cl bannali furno cl diiobus molendinis. Ad ullimum moriuirus de 

30 castre se cxporiari fccit ad ccclcsiam, cl tradiio ipsi ccclesiac allodio suo de Viller la 
Lcux inier manus fratrum in spe bona obiii. 

Seplembris.Die vigesima, commemoralio Hadwidis filiae comilis Arnulpbi de Chisnei, 
quae cum viro suo Dodone Cunensi ab Hierosolimis reversa, super altarc sancli Huberli 
posuil casulam nigri pailii preliosi, cum maniili, corporali, manuteigio el stola ex auro 

35 frigio, et calice novem unciarum auri, preliosis lapidibus ornato. Posl eujus viri sui 
decessum, quidquid sibi jure dotalilio retinuerat in duobus molendinis cl furno bannali 
ccllae noslrae Sancli Michaelis conlulit. 



(a) Ainsi les manuscrits. Trevircnsis archiepiscopi Marlène et Durand suivi par MGR. 



il 



— 82 — 

Avaut lOiil. C Archives d'Ârlon, fonds Saint-Hubert, copie simple, layette 57. 
Vers lOUi. C'est une autre rédaction du deuxième paragrupbe de B. 

Die 20 septembris. ('onimemoralio Iladvidis (iliae Arnulphi comitis de Chisny, quae 
cum viro suo Dodone Cunensi diii supcrslos, cclla Sancli Micliaelis anic suiim caslrum 
cum multis appendiliis nobis tradiia, quod ibi propriiim jure dotabiio videbalur reti- 5 
nuisse, videlicet duo inolendina et furnum bannalem eidern cellae contulit. Poslea cum 
viro suo ab Hierosolymis reversa, super aliare sancli Iluberii posuil casulam nigri 
pallii predosi, cum maniili, corporali, manutergio el slola ex auro frigio el calice novem 
unciarum auri preiiosis lapidibus ornato, 

D. Nomina bcnefaclorum (de Reufemberc, Monuments pour servir à l'hùtoire des provinces de 10 
Natnur, de I/ainaut el de Luxembourg , t. VIII, p. 61). 

Uadvidis filia comilis de Cbiny dédit nobis quidquid sibi jure dotalilio relinueral in 
duobus molendinis el furno bannali ad ceilam nosirani Sancti Michaelis. 

E* Bulle du pape Honorius II en li20 (voyez ci-dessous, n" LXXXII), conGrmant les biens de 
Saint-Hubert. 15 

^ Ecclesiam de Conso caslello, allodia, molas cl fur[nos que Dodo] ejusdem loci 

dominus praediclo Sancti liuberli monaslerio contulit. 



LXIV. 

Eble, comte de Roucy, donne au prieuré d'Evergnicourt le'tiers de la dîme 
de ce lieu, ainsi qu'une prairie dite du. Roi. 

Vers 1092, 20 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 85, p. 285; MGH. SS., t. VIII, c. 70, p. 604). 

La donation d'Eble de Roucy fut faite pendant l'exil à Evergnicourt da Bércnger, abbé de Saint- 
Laurent de Liège, qui s'y était réfugié pour fuir la colère de l'évéque Otbert dès les premiers temps 
de l'avènement de celui-ci en 1091. 

Cornes Ebalus suggerenle uxore sua Sibylla, lertiam parlem decimaeEbernei- 25 

cortis ecelesiae dedil cl pratum quod dicilur Rcgis legali auctoritale eidem loco 
habendum perpeluo confirmavit. 



— 83 — 



LXV. 

Godefroi de Bouillon restitue à l'abbaye l'église de Senseni^uth pour 
le prieuré de Bouillon, et sa mère Ida lui fait don de l'église de Baisy. 

1096. 

Charte disparue. On a vu ci-dessus ii* XLVIII que pendant le XII< siècle clic fut refaite de mémoire. 

5 A. Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. lOô, p. ôO-l; MGH. SS., t. VIII, c. 82, p. 615). Les 
tenues de la Chronique ne permettent pas de reconnaître si celte double donation s'est faite par un ou 
par deux documents. Dans tous les cas, l'un et l'autre doivent avoir péri dans l'incendie qui consuma 
l'abbaye en H50. 

Ea tempeslate horlanle papa Urbano una eademque inlcnlio toiius occidentis 

10 cliiistianos exciverai populos, videlicei armalos Jerosolimani adiré Huic expedi- 

lioni non solum diversae aelatis popularcs sed eliam ipsi provinciaruni consenseranl 

principes. Cum his Godefridtis dux ire disposuerat el causa parandi commeaius 

Buloniense castrum Oberto vénale cxposuerat. Causa liujus negotil exequendi Ida 
mater duels cjusdem Bulonium venit. Quae videns dépérisse elemosinam palris sui 

13 majoris Godefridi, el monachos decessisse (a) ab eccicsia bcati Pelri consensu fijii sui 
Godefridi, qui, remissis fralribus ad malreni ecclesiam beati Huberli, hortatu domirii 
Henrici ponlificis iterata donalionc legali quicquid deerat elemosinae predicti avi sui in 
rcbus mobilibus vel immobilibus bcato Petro el beato Huberlo iradiderat coram 
leslibus idoneis, graviter lulit et abbalem Theodericum ad se venire mandavit. A quo 

20 dum quaererel cum moerore cur vei quomodo memoria patris sui in loco illodefecisset, 
rcspondit abbas id fralri suo et fdio suo imputandum, qui subiractis redilibus adniclii- 
lassenl locum, omncsque desiruclores ejus nosset excommunicatos sectindum Alexandri 
pap;u> privilcgium. At femina virtutis, sollicita pro pâtre salvando itemque pio IValre el 
(ilio absolvcndo, abbatem cum lacrimis adorsa est orare ut curam ecclesiae beali Pelri 

2.") resumeret, el reposiiis ibi fralribus periculum eorum qui in Deum et patrem suiim 
pcccaverunl absolveret. Ad haec abbas cum negarel se posse quod cogebalur vclle, 
maier filium (b) impulil porrigerc illi liumililer vadium satisfactionis, ulque veniam 
txcommunicaiionis oblincret ecclesiam niatrem de Salliaco Rivo cum capellis illi 
subjectis itemque capella sancli Johannis cl praebcndis ibi deservientium clericornm 

30 (a) Ainsi les manuscrits; discessisse Martène el Durand el MGR. — (6) suum ajouté par MGH. 



1096. 



— 84 — 

iOP6. omnibiisqiie ejiisdeni coixllac rnobilihus ( t immobilihus, ita lamen lit decedenlibus 
cloricis qui eranl lune teniporis, oninia sMl)jaccîini mouacJiis, procurautc abbate capel- 
lanuni qui dcsirvitl caslro el populuri parocbic, sicul avus suus Godcfiidus major 
bealo Peiro doiiavcrat lej;aliier, ipse quoquc fralribus ibi rcponendis publiée reco- 
gnoscercl. Quoil cuin Godelridus in audicuiia nobiliiim suorum sine ulla retraclalioiu 8 
vel coniradieliotie sollenniiter feeisseJ, ipsa Ida conjiiissa matrem ccelcsiam in Bascio 
villa, quae propria ab aniiquo sui padinionii in Brnebanle erat sita juxta Nivigcllam, 
eeclesiae bcali Pétri et beati Iluberli Iradidit babcndani pro anima patris sui Godefridi 
Barbati itemciue fralris sui Godefiidi filiique sui ibi praesentis, eamdomque donationcm 
iegali privikgio et legilimis tesiibiis eonfirniaii, fratrcs etiam in sui prcsenlia ab abbale 10 
reponi («) obtinuit apud ecclcsiani beau Pclri. 

B. Bulle (lu pape Lucius III en 1 18i (voyez le texte ci-dessous.) 

Eeclesiani de Baseio, iiuam Ida praedicli God«'friili ducis (ilia, Boloniensis comitis^a, 
pro anima pairis sui eum omnibus periinentiis suis in servis cl ancillis el aliis reddiiibus 
vobis contulil. 15 

C. Nominn benefactorum (de Reiffenbkrg, Monuments pour servir à l'histoire des provinces de 
Kamur, de Ilainaut et de Luxembourg , t. VIII, p. 57). 

Ida, filia ducis Godefridi, dédit nobis ecclesiam île Baseye '. 

D* Charte d'Albcron I, évcquc de Liège en 1126 (voyez le texte ci-dessous, n« LXXIX). 

Notum sit omnibus sanctç matris ecelesie filiis ducem Godefridum tradidisse in -20 
manns Tbcodcrici abbatis de Sanclo Huberto ecclesiam beaii Pétri anle Bulon sitam, 
ut expositis canonicis monacbos ibi locarel ibique in prçbendam eorum coniulisse 
çcclesiam de Sancenriu cum omnibus appenditiis suis ob anime suç remedium. 

(a) roponi /. 

' On voit d'ailleurs par la bulle d'Innocent II, en 1159 (ci-dessous, n» LXXXVI), que Saint-Hubert 25 
possédait déjà Baisy en 1139. D'autre part, on lit dans la bulle d'Alexandre III, en 1178 (ci-dessous) : 
« Ecclesiam de B[ay]siu cum periinentiis suis, quam episcopus diocesanus de assensu fundatoris, scili- 
cct bone memorie Raineri comitis, qui a principio fundavit ecclesiam, monaslerio vestro tradidit. » 



85 



10λG. 



LXVI. 

Olbertj evéqve de Liège, achète au duc Godefroi 

son château de Bouillon. I /"^ x, 

1090. 

Charte disparue, 
î) Trace conservée dans Rbi.nerus, Triumpfialc /htlonicum (MG/I. SS., L XX, p. 584). 

Cet auteur est le seul qui ait donne un résume exact et assez complet de cet acte célèbre. Tous 
les autres auteurs qui en ont parlé sont ou incomplets, ou inexacts, ou dépendants de lui. Voyez 
Triumphus sancti Lambcrii de Castro Bullonio {AIGU. SS., t. XX, p. 4-!)!)). — Gexta abhatum Trudo- 
nensium (Hiidcm, t. X, p. 387). — Gcsta cpi'scopornm Virduncnsiuyn (Ibidem, t. X, p. i98). — Chronkon 
iO Sancti I/ubcrti [Ibidem, t. VIII, p. G15). — Albéric de Troisfo.vtaines {Ibidem, t. XXIII, p, 804). — 
Gilles d'Ouval (Ibidem, t. XXV, p. 91). — Gislerkht de Mo.ns (Ibidem, t. XXI, p. 505). — Gesta 
abbattim Lobbiensium (Ibidem, t, XXI, p. 318). — Vita sancti Mochullei (Ibidem, t. XX, p. 513). ■ 

Lotharingiac dnx celebris Godefridus, qui liercdilario a majoribiis juie Buloniuni 
possidebal,cnm Jlierosolimam peregrinari volum habuisseï _ pro mille ac Irecentis 

V6 argenti et tribus auri niarcis Oberlo Leodiensi episcopo idem caslrum contradidil, 
vadii lamcn nomitie, alieruirum scilicel tali condilioiie firinata : quatirius si repalriasset 
dux, ipso facullaicm haberel redimcndi, sin vero minime reverli contigisset, eadem 
ad rclinendum facullas fralri ejus Eusiachio Bonoiiiensi cederet comiti; qui redemp- 
tione si superscdissel, lum vero in jus ac diiionem sanctae Mariac sanclique Lamberli 

20 aelerna haeredilale libéra el râla possessione iransirel '. 

' Le narrateur continue en ces termes : « Igitur duce Jherosolimis postmodum diem obcuntc et 
Balduino fratrc in regem sublimato, cornes Eustachius a dominico repalrians scpuichro, Lotharingiam 
venit, divertit Lcodium. Mulla ibi lionorificentia in die doniinici Nalalis ab episcopo cicro ac populo 
exceptus et obsequiis aniplissime habitus est. Quidquid itaquc in praedicto castre habebat juris, corain 
25 teslibus idoneis penitus abdicavit, tamque pro sua quam pro fratrum suorum atque majorum sainte 
sanctae Wariae et saneto Lamberlo eum omnibus pertinentiis in postera possidcndum sccula conccssil, 
ad majus altare cclcbrata donatione. Quam legali etiani per omnia tecore scriptoque firmandam 
censuit, omni prorsus reciamationc cujusquam sui aut fratrum haercdis vel consanguinei perpétue 
interdictu. » 



KMHî. 



80 



LXVII. 



Lambert le Fieux achète pour l'abbaye, à Conon de Montaigu, 
l'alleu de Felc, près de Nassogne, avec diverses dépendances. 



109C. 



A. Chronique de Satnt-//ubiri (Kobaulx. c. 104, p. 305; MGll. SS., t. VIII, c. 83, p, 615). 

Lamberius unam oiarcani el dimidiam aiiri collegit, et allodiiim de Fclc • quod est 8 
prope Nasaniani a Conone coiuite, (jui cuni duce Jerosolimam ibat, prai-sente Bosone 
de Waliarl cl Walioro de Aniblnz donaiiini ecclesiae coinparavit. 

B. Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 130, p. 333; MGH. SS., t. VIII, c.flS, p. 630;. 

Piidic aulcm caleiidas niaii apnd castrum Dolhain (a) sub Leodio obiil cornes 
Cono, indcque, se pctenlc, rclatiis, sepultus est Dinanli (6), sibi diu loco eleclo. Qui lO 
anle decem annos ilurus Jerosolimam cum duce Godefrido decem uncias nostri auri, 
ut praedictum est, super Felc acceperat, ipsum quoque allodium lotum cum partibus 
etiam quae eranl sui juris in Monz et Heis, cl Cella, omnemque familiam ad eam 
perlinentem, ubicumque esset per manus fidejussorum, scilicet Bovonis (c?e)W(aAarf) (c) 
el Bosonis post decessum suum beaio lîuberio perpetuo babendum, facla indc legali 15 
charla deslinaverat. l^sl cujus cxequias Lamberius filius ejus eandcm elemosinani a 
fidejussoribus sibi reddilam legaliler ecclesiae iradidit, praeseiitibus ibi fratre suo 
Ilenrico archidiacono {d) patruoque suo Henrico (e) ecclesiae beati Lamberli dccano, 
nndlorumque optimalum suorum legiiimae donalionis lestimonio. 

(a) Dol...n /. Dolhein /• et /", Marléne el Durand, liobaulx. Dolheni MGH. — (b) Dinan 1. Dinanli /* et 20 
/'*. — (c) Dovonis W. les manuscrits. — (d) H. arch. /. IJenrico arcliidiaco /*. — (e) H. archidiacono /**. 

' Robaulx de Soumoy, suivi par MGll., traduit Feh jiar Felon-Busin. C'est une erreur. Dès 1184, 
Felc apparaît dans la buWc de Lucius III sous ia forme Fcauc, mais on ne retrouve pas ce nom dans 
les environs de Nassogne. 



87 — 



LXVIII. 

Le pape Urbain II autorise les moines de Saint-Hubert à vivre selon leur 
règle dans tout autre monastère, jusqu'à ce que le leur soit rétabli dans 
son ancien état. 

l" novembre 1098. 

8 Original disparu. — Copie dans les manuscrils de la Chronique de Saint-Hubert. 

MAnTÈ^E cl DtRAND, Jmplissima CoUeclio, t. IV, eol. 1015. = Boiqiet, liccucil des historiens des 
' Gaules et de la France, t. XIV, p. 755. — Migne, Palrologie latine, t. CLI, col. 511. — Rodaulx db 
SouMOY, Chronique de Saint-Hubert, c. 120, p. 522. — Monumenta Germaniae historica, Scriptores. 
t. VIII, c. 91, p. 624. 
10 Le texte est tronqué vers la fin, et la date y manque, mais on peut la rétablir d'après la Chronique 
loc. cit., disant que l'excommunication de Wircdc fut prononcée p;)r le pape le jour de la Toussaint, 
et qu'à cette occasion lecture fut donnée de la lettre ci-dessous, qui la notifiait. 

Urbanus episcopus, scrvus servoruni De'i^ Arduennensîs moiiasterii beali 
Huberli calholicis fratribus salulem et apostolicam benediclionem. Audi- 

15 vimus et audfliim non dolere non possumus, quia Obcrti pseudoepiscopi 
violenlia venerabilis filius nosler Theodericus, vester abbas, pro calholicae 
fidei gralia de veslro sit monasierio expuisus, et Wiredus pseudonionachus 
per ejusdem Oberti violentiam super capila vesfra sit ingestus. Quod 
omnino nobis displicerc scialis. Unde vos lilleris praescnlibus salutanles, 

20 ut veslrae fidei constantiam conservetis hortamur, et licentiam indulgeo. 
ut si in monasterio veslro secundum regulam beati Benedicti et aposto- 
licam verilalcm vivere non valetis, ad quodcumque religiosum voluerilis 
monaslcrium secedatis, donec omnipofens Deus locum veslrum respicial, 
et secundum beneplacitum suuni in pristino statu reforniet. Ilium autem 

25 Wiredum monaslerii veslri invasorem cum suis omnibus subditis, quam- 
diu ab ipsius monaslerii invasione non deslileril, a sancla Romana ecclesia 
excommunicatum esse, scriplis vobis praesenlibus innotescimus. Dat. . . 



10118. 



lOt'8 



— 88 — 



LXIX. 

Le pape Urbain II recommande au peuple du diocèse de Liège de repousser 
le pseudo-évêqtœ Olbert et le pseudo-abbé Hirèdc, tous deux excom- 
muniés. 

Novoinbic 1098. 

Original disparu. — Copie dans les manuscrits de la Chronique de Saint- Uitùcrl. 5 

Martène et Di'RANO, .Jmplissima CoUcctio, t. IV, coi. 1012. = D. Bouquet, Recueil des historiens des 

Gaules et de la France, t. XIV, p. 73. = Migne, Patrologie lutine, t. CLI, coi. Kl I. — Hodaulx de 

SoiMOY, Chronique de Saint-Hubert, c. 120, p. Ô25. — Monumenta Germaniae hislorica, Scriptorcs, 

t. VIII, c. 9I,p. G-24. 

La formule de date a disparu de ce docunieiit coninic du précèdent, mais on voit par le contexte de 10 

la Chronique de Saint- UuLirt qu'il doit avoir été lance aussitôt après rcxconunuiiication. 

Urbanus cpisco|)us, servus servorum Dei, calliolicis omnibus in clero 
Lcodiensi et populo salulem cl aposloiicam benediclionem. Dolemus pro 
vobis graviter, filii in (^hristo dilectissimi, quia iam lanlo lempore vestrain 
ecclesiam erroruin lenebrae conlegtinl, et a verilate sedis aposlolicae alie- is 
nant. Unde vos lanquani visceruni nieoruni iilios palerna dileclione corri- 
pinius, ammonenlcs et obsecranlcs, ut ad merae verilalis lumen nienlium 
vestraruni oculos clevetis. Auferte maluin ex vobis ipsis, lupuni illum dico 
et fureni, qui non ad salutem veslram per ostiuni introivit, sed aliunde 
ascendil, ut mactet el manducet cl perdal. Aul igitur ecclesiae invasorem 20 
et occujialoreni, Oberlum dicimus, Henrici compliceni ,el Guiberli, ex 
vobis, si quo modo possibile, pellile; aul ei lanquam a sancla Koinana 
ccclesia ah'eno el excommunicato obedientiam veslram consorliumque 
vcslrum subtrahitc. Hoc ipsum de Wiredo pseudoabbale praecipimus, qui 
per ejusdem pscudoepiscopi violenliam Ardennense monaslerium beali ~2S 
Huberli occupavil. Si quis aulem deinceps cis communicare praesumpseril, 
donec ccclesiaruni quibus incubant opprcssione déserta, l)eo et sedi apos- 
lolicae salisfaciant, sciai se ejusdem excommunicalionis vinculo innodalum. 
Vobis sane el ce<en's omnibus nolum sil, quia reb'gioso abbali Theoderico 
h'centiam dedimus, ut a schismalicis convcrsos, qui ad ipsum confugerint, 00 
a vinculo excommunicalionis absolval. Dalum ... 



— 89 - 



LXX. 



Vers 1100. 



Dudon de Cons, après son retour de la croisade, donne au prieuré 
Saint-Michel de Cons son alleu de Fillers-L'Allou. 



Vers ItOO. 



Voyez le n» LXIII, B. 



LXXI. 

» Hedwige de Chinij, veuve de Dudon de Cons, fait des libéralités 

au prieuré Saint-Michel de Cons. 



Vers 1100. 



Voyez le n» LXIII, B., C. et D. 



LXXII. 

a, L'abbé IVirkde aliène diverses terres de l'abbaye. 

10 Vers 1100. 

Charte disparue. 
Chronique de Saint- Hubert (Robaulx, c. 122, p. 324; MGH. SS., t. VIII, c. 92, p. 62S). 

Wiredijs elaborabat adversanlibus sibi praeslabilis fieri In maximum 

ccclesiae damnum liberos cl militares casalos coepil sibi affeclare Causa hujus 

15 vaniialis dcdil Jobanni advocato Caviniacensem advocalionem, qua occasione ille 
conlraxil sibi lolius Caviniaci uiilitaiem. Dédit Waltero de Ampliz (a) ' allodium de 



(o) Ânipliz 1 et i'. Ambliz /". Robaulx imprime Ambliz. 

' Ce Wallcrus de Âmpliz est appelé plus haut (Robaulx, c. 101, p. 305; MGH. SS., c. 83, p. 615), 
Walterus de Ambluz, d'où la preuve que Anibluz et Ampliz sont bien la même localité. Partant la 
20 conjecture de 1*' et de Robaulx de Soumoy est fondée, et notre localité doit être identifiée avec Ambly, 
commune de la province de Namur, canton de Rochcfort. 

12 



— 90 — 

Ver« 1100. Sciiel (a) ', quod ab anliquo eral adilictiim el conscriptum praebendae fialrtim cum 
^'Oî^- irihus solidis. Dedil Bovoiii de \\'ahart molendinuni ad lacum el cambam de Gruis- 
pont '. Reddidil Roduifo Vilantiensi quasi siio parenli solidalas lerrae quas ipscmet 
legali judioio reao(|uisierat ecclesiac. Lambcrto de Huvenia lierediiaieni ejus quac 
asscripta erat praebendae frairurn in casatnemum vendidil. Vendidil Goderanno de 5 
Buts niiriuiani deciniain ejusdeni villae el Uuraiino quiequid leiiebal lerrae. 



LXXIII. 

A la demande de lahbé fFirèdc, l'archevêque de Reims, Manassès, 
restitue à l'abbaye l'église de Soulpy et lui donne celle de Noyers. 

nos. 

Charte disparue. tO 

Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 126, p. 329 ; MGH. SS., t. VIN, c. 95, p. 627). 
La date du fait nous est fournie par celle des conciles du légat de Richard d'Albano (il05), qui 
précèdent immédiatement la restitution faite par Manassès. > 

Wiredus Rlanassem Remorun) poiilificem adiit el altare de Sulpio, quod ecclesiae 
per annos septem sublraxerat, reddendum sibi reclamavit. Manassès non solum quod 15 

(a) Semel /*. Marlène el Durand el MGH. impriment à tort Sériel; ce dernier toutefois reconnaît qu'on 
peut tire aussi Senel. 

' Scnel semble cire, comme Ampliz, une mauvaise lecture de l, et il est probable qu'il faut cette 
fois lire Seniel avec i*. Scmel, dépendance de la commune de Longlier, canton de Neufchâteau, était 
le siège d'une maison noble dont plusieurs membres apparaissent au XIII« siècle dans le Cartulaire de 20 
l'abbaye d'Orval, publié par le R. P. Gokfinet. Le Nomina bcnefactorum, de son côté, contient la 
notice suivante : « Arnulphus miles de Semelle dédit nobis annuatim duodecim denarios Pari- 
sienscs. « (de Reiffendeho, Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Hninaut 
et de Luxembourg, t. VllI, p. 28). Mais cette donation, qui ne parait pas antérieure au XIII" siècle, 
n'est pas l'origine des droits de Saint-Hubert sur l'alleu de Scmcl, que l'abbaye dut apparemment à 25 
une libéralité dont l'aclÈ est perdu comme tant d'autres. 

* C'est ce Bovon ou Beuves de Waha qui, châtelain de Mirwart et avoué de Saint-Hubert, se mit peu 
après à grever l'abbaye de toutes manières, et fut même finalement excommunié par l'abbé Wirède. 
celui-ci tenant du pape, au dire de la Chronique, le droit de frapper de celte peine les déprédateurs de 
biens de l'abbaye. 30 



— 91 — 

snbduxeral restittiii, sed et altare de Nogarias, rrmola persona et facta piiblica ei leg.ili nos. 

donatione, consensii Gervasii archidiacnni cl lotius cleri sui, firmalo et signalo privi- Avant le 

legio, ecclesiae beali ïluberli pro anniversario siio ex ejus redilu solemniler agendo ^^ *^'' ***^^' 
pcrpetuo liabendum iradidit. 



LXXIV. 

8 Arnold II, comte de Cliiny, sur le point de mourir, prend des dispositions 
pour assurer à l'abbaye la possession de Flohimont ' et celle de la dime 
de Feschaux. 

Avant le IC avril 1106. 

Charte disparue. 
10 Chronique de Saint-Hubert (Robaulx, c. 130, p. 332; MGU. SS., t. VIII, c. 98, p. 629). 

Eodem anno Arnulfus cornes Chisniaconsis in hoc loco kalendis aprilis monachiis 
factus XVI kalendis maii obiit. Ipse anle annos quadraginta ceilam Pirensem ut prae- 
dictum est beato Hubcrto Icgalitcr in perpetimm habendam contuleral, tuncque mori- 
turns pretium decem lil)rarum dedil ecclesiae in elemosinam. Et quia filius ejus Otto 
15 tune cum Henrico Coloniae morabaltir, nullumque donum bereditarii juris facere 
poterai sine ejus consensu, per obsequentes fidèles mandavit absenti ul per fidern 
dcbilam patri pro anima sua deliberaret deciniam de Fescals et Montcm Floheri. 

• C'est Flohimont, dépendance de la coinmunc de Fromelcnncs, canton et arrondissement de Givet, 
département des Ardcnncs, situé à proximité de Feschaux, et non Flohimont, dépendance de la 

20 commune de Saint- Pierre-Chevigny, arrondissement de Neufchâleau, province de Luxembourg, 
comme Va cru Robaulx de Soumov, Chronique de Saint-Hubert, c. 2i, p. i8. Tout le contexte montre 
une localité du pays de Givet. Au surplus, le passage est assez obscur. A la date où mourut 
Ârnoul II, il y avait plus d'une génération que l'abbaye était en possession de la dime de Feschaux, 
et qu'elle avait obtenu gain de cause au tribunal de l'évéque de Liège, contre le curé du lieu, 

25 qni s'était avisé de se réserver la dîme des cssarts (Chronique de Saint-Hubert, Robaulx, c. 24, 
p. 237; MGU. SS., c. 16, p. 576). Quant à Flohimont, le comte Arnoul II l'avait donné à 
l'abbaye vers 1070, et pour mieux lui en assurer la possession, il avait fait confirmer sa donation par 
son fils Olton (Voyez ci-dessus, n" XXIX). 11 faut donc croire qu'il y avait eu depuis lors de 
nouvelles difficrltés au sujet des deux terres en question, et qu'Arnoul II a voulu empêcher de la part 

30 de son fils des revendications qu'il prévoyait. 



- 92 - 



1106-1147. 



LXXV. 



fVandri, évêque de Laon, donne à l'abbaye, pour le prieuré d'Evenjnicourt, 

l'aulel de Fronleny. 

1106-1112. 

Charte disparue. 

Voyez ci-dessous n» LXXXVIl la charte de Barthélémy de Laon adressée à Warnier, prieur d'Éver- 5 
gnicourt. 

Altare quoque de Fronteni, quocl ccclesia (iia ex tlono reverenlissimi predecessoris 
nostri Waldiici bone memorie presulis jamdudum oblinuit, qui etiam in ea anniversa- 
rium siuim quolannis memoriler teneri suis precibus impetravil. 



LXXVI. 

Lambert, comte de Montaigu, donne à l'abbaye trois manses lo 

à IFembay {Erneuville) avec douze familles serves. 

1106-1147. 

Charte disparue. 

Aomina benefactorum (db Reiffenberg, Monuinenls pour servir à l'histoire des provinces de Namur, 
de Uainaut et de Luxembourg, t. VIII, p. f56). 'îJ 

Lambert, fils aine de Conon de Montaigu, vécut jusqu'en 1147. 

Lamberius cornes de Monte Aculo dédit nobis très man^os in Winbay et duodecim 
familias. 



— 93 — 



LXXVIl. 



1109. 



Raimhaud de Mussy el sa femme Coniza donnent à Vabbaye 

leur alleu de Homal. 

Mussy-le-Chàleau, 1109. 

Original disparu de 1res bonne heure. 
5 Copie du XII' siècle en mauvais état de conservation, au revers du premier folio du Manuscrit 53 
de la bibliothèque de Namur, qui provient de l'abbaye de Saint-Hubert. Cette copie faite mani- 
festement d'après l'original, dès lors détérioré (probablement par l'incendie de 1 130), a servi de base 
à toutes les autres copies existantes, comme on le voit manifestement p;ir la coïncidence des lacunes et 
par les mentions accompagnant les copies du XVI« et du XVFM* siècle. — Copie authentique du 
10 XVI» siècle aux Archives de l'État à Arlon, fonds Saint-Hubert, 21, Cl. — Antre copie authentique 
du XVII' siècle, ibidem. L'une et l'autre d'après o un ancien fragment conservé ez archives de l'abbaye 
de Saint- Hubert >>. — Copie anlhcnlique du XVIFh siècle, ibidem (dans le Premier Registre, p. 182). 
— Simple copie du XVIII' siècle, ibidem. 

MiRABi/'s et FoppBNs, Opéra diplomatica, t. IV, p. 510. 
15 Un fragment du nécrologe de Saint-Hubert contient au sujet de Raimbaud de Mussy la notice 
suivante : • Commcmoratio Rambaldi mililis de Oltengcs, qui dédit nobis allodium de Boumale cum 
omnibus appenditiis suis, anno millesimo centesimo nono. > 

In nomine sancle el individue Trinitatis, Palris et Filii et Spirilus 
Sancli. Licel juxta prophète Da\id teslimoniuni celum celi Domino, 

20 terrani autein dederit filiis hominum, clemeiitissime tamen pietatis sue 
providit morlalibus mirabile commercium, ut quotieiis impenditur ab eis 
in lempore terrenum comnioduni, sine fine concédât eis céleste cum 

remissione peccaminum aulem iuter reddentem, scilicet hominetn, 

et recipientem mclius intelligimus quam quorum portio ipse Deus 

25 est in terra viveiitium, quique sui suorumque conteniptores effeeti expe- 

ditius jam assistant ciiltui divino pro sainte sua vel omnium 

Raimboldus miles de Mucei Huffonis de Sancei et Er. . . ' nobiiissime 
filius* et uxor mea (Coniza hujus rei xeniolum reddimus largitori omnium 



' On a vu plus haut (n" LXVII, note I) que la femme de Hugues de Mussy s'appelait Bertha. Il est 
30 possible que ce nom ait été altéré dans notre copie, ou encore que Hugues ait été marié deux fois. 

' Sur la famille de Raimbaud de Mussy, voyez ci-dessus le n» LXI. Raimbaud lui même, qualiflé 
de comte de Mussy, figure dans un acte de 1081, ci-dessus n» XLII. En 10D6, il signe la charte de 
fondation du prieuré de Mont-Saint-Martin, près de Longwy, par Albert de Moha (Bkrtholet, 
Histoire du duché de Luxembourg, t. III, p. xLv). 



— 94 — 

110^-1124. de suis donis ad usus monacliorum in ecclesia sancli Pelri sanclique 
Huberti in Arduenna commorantiuin allodium nostrum Bomellaii) diclum 
situiii in Faimania liberum et absolulum, cuin toto banno et familia 
contingente et pertinente, et cum omnibus appenditiis in culturis irido- 
niinicatis campis pratis silvis aquis camba niolendino wadriscampis et 5 
cçteris utililalibus intra vel extra ad illud respicientibus, ea lamen condi- 
tione ut nulli potestali liceat illud vel aliquid ejus vendere vel alienare vel 
in beneticium dare. Et ne liuic traditioni refragetur poslerilas. cartam hanc 
corroboramus nobilissimorum alque [illustrium] virorum testimonio qui 
interfuere apnd Cas[trum iVIuceJi ubi facta est donatio. *0 

Signum Guilelmi [comitis lucem]burgensis; S. Godefridi comitis ISamu- 
censis; S. [OttonisJ comitis Chiniacensis; S. Rurici et filiorum ejus Gui- 
lelmi et Ludovici; S. Roberti de Sancei; S. Fetri de .... isodenges ; 
Signum Rodulphi; Signum Richardi de K. . . na; Signum [GuiPJdonis de 
Falei. . 15 

Facta est bec carta anno M[CIXJ dominice incarnationis indictione ii 
concurrente un, epacta xxiii, imperante Henrico V anno m filio Henrici qui 
puisus regno, Leodii morluus, Spire sepultus est, présidente Colonie archi- 
presule Frederico, Treveri Brunone, Leodio pontifice Oberto. 



LXXVIIL 



L'abbé Robert et le prieuré d'Evergnicourl cèdent à Saint-Nicaise de Reims 20 
la moitié de l'alleu de Hairimoreit pour un cens de dix-huit deniers. 

1109-1124. 

Charte disparue. 

Charte de l'archevêque Sanson de Reims pour l'abbaj'e de Saint-Nicaise en ^ 160, conservée dans un 
cartulaire de cette abbaye, du XIII* siècle, à la bibliothèque de Reims, n» 14:24 (ancien N 863 (854) (A). 23 
— Copie authentique de la charte de Sanson aux Archives de l'État à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
archives non classées (B). 

Les années H0D-lI2'4(2i mars) sont celles du gouvernement de l'abbé Robert. 

Proplerea, dilecte fili in Clirislo Guido abbas Sancli Niehasii, justis luis 

pelitionibus annuenles quecumque nionaslerium a Domino tibi commissum juste ac 30 



Il 



— 95 - 

canonice possidere dinoscitur eidem firmiter et intègre in perpetiuim manere sancimns. H09-1I24. 

[De] quibus Iicc nominibus suis duximus exprinienda Quarlam partem allodii Avant le 

Hairimure (a) ' quod jasel inter aquain Sancti Qiiinlini cl Bettenam curtem (6). 13 septembre 
Hujus allodii partem unam dédit Rodiilfus junior de Turro (c) et Hubertus (rf) **26- 
5 Bordellus et liberi ejus Sanele Marie de Beiaiiaciirte (e) in eicmosinam. Alteram 
partem lenent monachi Saiicti Nichasii de monachis de (/") Evernicurt, concessu 
Roberti abbatis Sancti Huberti toliusque capituli, ad censura dccem (g) et oclo dena- 
riorum . 



LXXIX. 

Àlbéron I", évêque de Liège, confirme la donation faite à l'abbaye, par 
10 Godefroi de Bouillon, du prieuré de Saint - Pierre et de l'église de 
Sensenruth. 

(Avaul le 15 septembre) 1126. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Élat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 20, C. 1. Sceau disparu; 
reste une double queue de parchemin. — Copie authenliquc ibidem, Premier Registre, p. 259. 
15 Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, t. VIII (1894j, p. 349. 

In nomine sancte et individue trinitatis. Notum sit omnibus sancte malris 

f c c 

ecclesie filiis ducem Godefridum tradidisse in manus ïheoderici abbatis 

c c 

de Sancto Huberto ecclesiam beati Petri ante Bulon sitam, ut expositis 
canonicis monachos ibi locaret ibique in prebenda eorum contulisse 

20 (a) Harrimurre D. — (6) aquam scilicet et quam et Betaua currem B. — (c) Curro B. — {d) Heberlus B. 
— {e) Bellenacurle B. — (f) manque B. — (g) ducentorum B. 

• L'endroit désigne ici sous le nom de Hairimure, dont on ne retrouve pas trace dans la nomen- 
clature des noms de lieux actuels, et que M. L. Demaison a vainement cherché dans un arpentage des 
terres de Bctiancourt fait au siècle passé, peut cependant être localisé avec précision d'après les 

25 données de notre document. 11 était situé près de Bctiancourt (dépendance de la commune de Le Thour, 
canton d'AsfcId, arrondissement de Rclliel), entre ce village et le ruisseau de Saint-Quentin-lc-Pelit 
(commune du canton de Châtcau-Porcien, arrondissement de Réthcl, Ardennes). Dans une charte de 
1225 émise par J. de Roucy (voyez ci-dessous) on lit : o Terra quae fuit Hairici Moret quam 
habebat contra dominum sive heredem de Turno. ». il faudrait supposer d'après cela que nous sommes 

30 ici en présence d'un nom d'homme, et nullement d'un nom de lieu. 



— 96 — 

ATant le occlesiam de Sancenriii cum omnibus appendiliis suis ob anime suç 
13 septeuibre pp,j^(.^|iu,j^ Quam tiadilionem ego Albero, gratia Dei Leodiensis episcopus, 
roboravi el legaliter confirmavi et concilio fidebum ineoruin clericoruin et 
iaicoruin sic ordiiiavi.iterni consideratione prernii. Lnurn laiiluin petsonam 
conciliis responsalem abbas presentabit, que eum et monachos Deo ibi s 
servienles expediet de omni jure et servitio episcopali archidiaconali et 
parrochiali. Propler qiiod et abbas dabit ei terciam parlem décime pre- 
dicle paiTOchiç et lerciam parlem nummorum manui eius, dum sacra 
célébrât, oblalorum, lerciam quoque parlem oblalionum in nuptiis et puri- 
ficationibus muiierum et omnes oblaliones confessionuni. In eleinosinis lo 
morientium quod ei a rnoriente vel eius consanguineis denominalum 
fueril babebit, nisi forte ad suam meliorandam eleinosinam monacborum 
minorari fecerit. Quod si deprohensum fuerit, in arbitrio monacborum 
erit, si ulrasque elemosinas communes faciant ut inde duas partes reti- 
neant el illi lerciam tribuanl. Si quis allodium aut famiiiam ecclesie dimi- <s 
serit, monacliorum erit. His itaque supradictis persona responsah's contenta 
sit. Reliqua omnia ad viclum et veslitum monacborum constitui, astante 
et laudante Sleppone arcbidiacono ejusdem loci, canonicis eliam iaudan- 
tibus adhuc tune ibi Deo servientibus, in presentia domini Andrée prepositi 
et Alexandri archidiaconi, et multorum clericorum et laicorum. Hanc 20 
âutem constitutionem nostram ne quis temerarius deinceps audeat infrin- 
gere, placuil nobis presenti scripto et sigillo confirmare et insolubdis 
anatbematis interpositione et eorum qui inlerfuerinl subscriplione. 8. An- 
drée prepositi; S. Stepponis archidiaconi ; S. Alexandri archidiaconi; 
S, Johannis arcbidiaconi; S. Dodonis arcbidiaconi; S. Reimbaldi prepositi 25 
Sancti Pauii; S. Guilelmi de Melin. Actum anno ab incarnatione Doniini 
M" G. XX. VI. indictione iiii, anno primo Lotbarii tercii. 



— 97 - 



■ 



LXXX. 

Alhéron I", évèque de Liège, confirme à l'abbaye la possession 

de l'église de Jehonville. 

Liège, 1126. 

Original (prétendu) aux Arcliives de l'État à \rlon, fonds Saint-Hubert, 79, C. 
5 Rulhlin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, t. VIII (1894), p. 350. 

Cette charte se trahit à première vue comme une fabrication des plus grossières. Le prétendu 
original a été tout au plus écrit au XVI« siècle; à la même date appartient le sceau en cire rouge dont 
il reste un fragment. Le texte fourmille de preuves de supposition; les formules de chancellerie 
jurent avec celles qu'on trouve dans les treize diplômes connus d'Albéron V', où l'invocation in 

^^ nominc sanclae et individuac Trinitatis ne figure jamais, non plus que la formule de date anno qratiac, 
a la place de laquelle on lit réi^ulièrcment anno dominicac incarnationis ou l'équivalent. Les noms de 
lieux revêtent des formes beaucoup plus modernes que le XII' siècle, par exemple Jonvilla au lieu de 
Jusunvilla qu'on lit encore en H39, et Palisolum pour Palisiolum. Enfin, l'abbé Thierry II de 
Saint-Hubert, à qui l'évéque fait don de Jehonville, est mort dès il09. — Romuald Hancart, qui 

^'^ ne doute pas de l'authenticité du diplôme, a été obligé de faire des prodiges de bonne volonté 
pour le mettre d'accord avec les faits. Il dit avoir cru d'abord, sur la foi de ce document, que 
l'abbé Thierry avait gouverné jusqu'en H26. Puis, voyant dans un autre diplôme d'.AIbéron I", 
du 17 mai 1 12i (BEnrnoLBr, Histoire du duchi' de Lnxcmhoury, t. III, p. \\ { ), qu'en celle année l'abbé 
de Saint-Hubert était Robert, il s'est dit qu'il n'y avait ici que la confirmation d'une libéralité faite 

20 antérieurement par Alhéron à Thierry II. Malheureusement, Albéron \" n'a clé cvcque de Liège 
que depuis Pâques H23, et il faut faire vivre Thierry M jusqu'au delà de celte date, contrairement 
aux faits historiques, pour donner une ombre de possibilité à ces calculs. 

In nomine sancte et individue Trinilalis. IVovcrint omnes présentes et futuri quod 
rgo Albero, Dei gratis Leodiensis episcoptis, presbyteratum et ecclesiam Sancii Maxi- 

25 mini de Jonvilla prope Palisolum ciim omnibus appendiliis suis et bonis Theodorico, 
abbati de Sancto Huberlo, suisque successoribus in perpetuum commis!, et présent! 
scripto confirmavi ; ea ralione ut que episcopalis juris sunt abbas per se expédiât, 
que vcro arcbidiaconalis, et ad euram pcrlinent animarum, per vicarium suum ad hoc 
instituendiim expleat. Actum Lcodii astaniibns et consentientibus Sleppone archidia- 

50 cono loci, et fidelibiis mcis, anno gratie millesimo ccntesimo vigesimo sexto, indic- 
tione IV, anno primo Lotharii tertii. 

Signatura Alberonis episcopi; signaiura VVilhclm! Mellin; signalura Stepponis 
archidiaconi *. 



1126. 







c|^l 



' On remarquera que les noms de Wilhelmus MclIin fpour de Mellin) et de l'archidiacre Steppon 
38 sont empruntés au diplôme précédent, que le faussaire avait donc sous les yeux lorsqu'il fabriqua son 
apocryphe. 

i3 



— 98 — 

ll-2»-1135. 

1129. LXXXI. 

Alexandre I", évèqiie de Liège, confirme à l'abbaye la possession 

du prieuré de Bouillon. 

1128-1135. 
Charte disparue. 

Mention dans la bulle du pape Lucius 111, du 23 mars H 84. (Voyez ci-dessous.) 5 

On pourrait, il est vrai, attribuer aussi Tacte à l'cvéquc Alexandre II, mais celui-ci a peu régné 
(1166-1167). 

Ccllam anie caslrum Buloiiitnse, quam dux Godefridiis et Bealrix uxor ejiis 

vobis conlulenint, ab Alexandre quondam episcopo Leodiensi cum omnibus pertinen- 
tiis suis vobis conlirmalam 10 



LXXXIl. 

Le pape Honorius II confirme les possessions de l'abbaye. 

Latran, le 19 avril 1129. 

Original aux Archives du Gouvernement à Luxembourg, provenant de 103, C. 2, avec bulle de 
plomb rattachée à des lacs de soie jaune. Ce document est dans un état désespéré, grâce à la chute du 
groison qui a déjà emporté un bon tiers du texte. — Deux copies authentiques de 1705. Ibidem. 15 

HOKORIUS KPISCOPUS, SERVES SERVORUM DeI, DILECTO IN ChRISTO FILIO RoBERTO 
ABBATI MONASTERII Î5ANCTI HuBERTl AnDAGINENSIS IN ArDENNA EJUSQUE SUCCeSSO- 

ribus regiilariter substituendis in perpetuuni. Ad hoc nobis a Deo pasto- 
lalis onicii cura commissa est ut et bene placentem Deo religionem 
laboreiiius slatuere et stabilitam exacladiligenlia custodire. Ideoque, dilecle 20 
in Domino iili Roberle abbas, tuis ralionabilibus poslulalionibus assensum 
prebenles, monaslerium beali Huberli Andaginensis, cui Deo auctore 
preesse dinosceris, sub beali Pétri tutelam et apostoh'ce sedis proteclionem 
suscipimus, et scripti nostri pagina roboramus, statuentes ut quascumque 
possessiones, quecumque bona idem monaslerium in pres^ntiarum juste 25 
[et légitime possidet], firma tibi luisqiie successoribus cl illibala perma- 



— 99 — 



néant. In quibus hec propriis nominibus duximus expriinenda : ecclesiam 
videlicet sancle i\Iarie super Axonain ', ecclesiam sancli Sulpicii super 
Mosam *, ecclesiam sancti Pauli de Arvilla, ecclesiam sancti Martini de 
Wahelis cruce'. ecclesiam sancti Aegidii do Prato *, ecclesiam sancti |Hus]- 

5 marii de Atreivilla ', ecclesiam sancte Marie de Episcopi villa, ecclesiam 
de B[ritiis " (a), ecclesiam de S} lvistri[curtej, ecclesiam de Freiore \ eccle- 
siam de Hoimonte, ecclesiam de lîoseriis, ecclesiam de Hardelenges, 
[ecclesiam) <ie Hermeivilla, (ecclesiam] de Salcenru, allodium de Mirvaldo 
casleMo ab Heinrico Leodiensi episcopo inonasterio tuo collalum, [eccle- 

10 siamj de JNaxonia, ecclesiam de Conso castello, allodia, molas et fur[nos 



1129. 



(fl) Ce mot, di-veim illisible dans l'original, est écrit dans une copie Briliis, dans tine autre Bihen. 



' A Évcrgnicourt. 

' A Prix. 

' Toutes les églises dont il est question ici, sauf les deux premières qui sont des prieurés, se trouvent 

15 situées dans le voisinage de Saint-Hubert, et même les premières, parmi lesquelles Wahelis Cruce, dans 
ses environs immédiats. Il semble donc qu'il faille chercher là aussi celle église Saint-Martin de 
Wahelis Cruce, à laquelle licn ne correspond dans notre géographie actuelle. Le ruisseau de Vahel 
mentionné dans une charte de 1174 (voyez ci-dessous) et qui paraît être l'actuel ruisseau de Vaus, 
affluent de l'Aisne, en amont de Chàteau-Porcicn, n'a sans doute qu'une analogie de nom avec 

20 Wahelis Crux. Un document non classé du XVIII' siècle, que j'ai trouvé dans la layette 67, et qui met 
en regard des noms anciens de notre diplôme leurs noms modernes, identifie Saint-iMarlin de Wahelis 
Cruce avec l'église Saint-Martin de Waha. Mais, outre que la forme primitive du nom de Waha est 
Wahart, depuis 950 (Ritz, Urkundcn sur Geschichte des Niederrlœins, n" 18), je ferai remarquer que 
l'abbaye n'a possédé à Waha que l'église Saint-Etienne, tandis qu'une église Saint-Martin qui s'y 

25 trouvait aussi appartenait primitivement aux Prémontrés de Floreffc, comme on le voit par une bulle 
du pape Ccleslin IH en H 99. 

* C'est l'église Saint-Gillcs-au-Pré, située à Saint-Hubert, et qui était la paroisse de cette bourgade. 
Elle fut fondée vers 10(U par l'abbé Thierry I", au rapport de la Chronique de Saint- Hubert (Robaulx, 
c. 27, p. 240; MGH. SS., t. VHI, c. 18, p. 578) « Sub codera tcmpore coepta est fîeri quae in 

30 prato est in honore sancti Aegidii ecclesia ». 

* Atreivilla, aujourd'hui Hatrival, dont l'église a pour patron saint Ursmar. 

* Il n'y a pas à hésiter entre les leçons Bihen et Britiis. La forme Bihcn est beaucoup trop moderne 
pour figurer dans un acte de 1129. Au surplus, j'ai encore pu lire Britiis dans l'original, la première 
fois qu'il a passé sous mes yeux. Après beaucoup de recherches, je suis enfin arrivé à pouvoir affirmer 

35 que Britiis est identique à Bertrix, comme il résulte d'un catalogue des cures à la collation de l'abbaye 
dressé en 1375, et que je publie dans l'appendice de ce volume. 

' Freiore, que la Chronique de Saint- Hubert (Robaulx, c. 100, p. 301; MGII. SS., t. VHI, c. 80, 
p. Cl 3), écrit encore Frcdegorium, est aujourd'hui Freux, commune du canton de Saint-Hubert. 



— m) — 

1120. que DodoJ ejusdcm loci [dominus, predicto Sancli] lliiberli monasierio 
coiilulil; ecclesiain de Bux'. Quecuinque prelerca in posleruni. concessione 
ponlificiim, [libi'ralilalibus] regiirn, largilione principum, oblalîone (ide- 
liiim, [seu abisj juslis modis prefalum monasterium polerit adipisci, firnia 
libi luisque siiccessoribus el inlcgra conservcnlur. salva dyocesanoniiii 8 
[epi>C()poruin juslilia elj reverentia. 

Dccerniinus erco ut nulli omnino hominum b'ceat idem monasterium 
teniere peiUubare aut ejus possessiones auferre vel ablalas relinere, 
njinuere vel temerariis fatigalionibus molestare. sed omnia intégra conser- 
venlur eorum, pro quorum suslentalione et gubernatione concessa sunl, lO 
usibus omiiimodis profutura. Si qua igilur in futurum aecclesiastica secu- 
laribve persona, hanc veslre conslilulionis p[aginamj sciens, contra eam 
lemere venire teniplaverit, secundo terliove commonita, si non satisfac- 
[tionej congrua emendavcrit, polcsîalis honorisque sui dignitate careal, 
reamquc se divino judicio exislere de peipetrata iniquitate cognoscal, is 
[el a sacralis^inio corpjore [et sanguine] l)ei et Doniini Redemptoris nostri 
Jhesu Chrisli aliéna fiât, atque in extremo examine distiicte ultioni subja- 
ccat. Cuncl[is aulem eidcm loco jusla scrvan]libus sit pax Domini nostri 
Jhesu Chrisli, qiialinus et Iiic fructum bonç aclionis percipiant et apud 
dislriclum judicem premia eterne pacis[inveniant]. Amen. 20 

(K ) Ego llonorius calholicae aecclesiae episcopus ss. (B. V.) ; f Ego 
Johanncs Oi.liensis episcopus ss.; 7 Ego Conradus Sabinensis episcopus ss.; 
■j- Ego Gregorius cardinaiis presbyler Aposlolorum ss.; f Ego Eberlus, 
presb} 1er cardinaiis tiluli sancti démentis ss. 

Dalum Laterani [per] manum Aimerici, sancte Romane ecclesie diaconi 25 
cardinaiis et canccllarii, Xlll kal. madii, indictione septima, anno incarna- 
lionis dominice i>i° C" XXVIlll", pontificatus autem domini Honorii pape 
secundi anno quinto, 

' Il faul 1res probablement lire Durs, c'est-à-dire Bure-cn-Famenne. On sait que l'abbaye possédait 
l'église de Bure depuis 804, comme l'atteste en 1079 l'évcque Henri 1". Voyez ci-dessus les n<" III 30 
et XL, et plus loin, la bulle de 1159. 




— iOI - 



LXXXIII. 



Adalbéron, archevêque de Trêves, confirme et détermine les droits de 
Vabhaije sur Véglise du prieuré de Cons-la-Grandville et fixe le revenu 
du chapelain, 

(1151-115-2). 

5 Charte disparue. 

Bulle du pape Lucius III, du 18 mars 1 184 (voyez ci-dessous). 

Les dates marquées sont celles du commencement et de la fin du règne de rarchevêquc Adalbéron. 

Posscssiones cellule vestre que appcllatur Sancli IMichaelis deCons vobis 

confirmamus Peisonatum cccicsie rjusdcm loci cum prcsentalione capellani 

10 qui a diocesano cpiscopo curam recipiat, et de icmporalibus vobis debeat secundum 
qiiod slaiulum esl in cadcm ecclesia, et ab Alberone bone memorie quondam Treve- 
rensi archiepiscopo vobis conCrmalum. 



(1131-1152.) 
1134. 



LXXXIV. 



Thibaut, prieur de Saint - Martin - des - Champs, cède à l'abbaye 
l'alleu de Brienne sur la Retourne, près de Neufchâlel. 

15 1151. 

Original sur parchemin aux irchives de rÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, C. 1. Charte partie; 
sceaux disparus. 

In nomine sancte et individue Trinitatis. Res acte ve! agendç necessario 

litteris inseruntur ut ad memoriam poslerorum revocentur. Quocirca ego 

20 frater Theobaldus, prior Sancti >Jarlini de Campis ', notam fier! volo tam 

* Saint-Martin-des-Champs, dans un faubourg de Laon, abbaye de l'ordre de Prcmontré, fondée 
en 1124. Voyez Gallia Cliristiana, t. IX, col. 662. 



— 102 — 

iiM. presetïtibus quam fiiluris convenlionem que facla est inltM- occlesiam 
noslram et occlesiam Sancli Hul)erti iii Arduenna silaiii. communi consilio 
et assensu lotius capiluli uoslri loliusque capiluli Sancli Huberti Arduen- 
nensis. Alodium igilur noslrum quod vocatiir Briania, in pago Laudunensi 
supiT llelonain silum ante ^oviim Castrum, amodo et in posleruin conces- s 
siniiis prcfalis moriacliis Sancli Huberli jure perpeluo possidenduin. cum 
omnibus appcndiliis suis, lab' videlicel convenlione ut singulis succcden- 
tibus annis ab abbale vel convenlu prefali Sancli Huberti apud Sanclam 
Geminam ' in manus prioris ipsius loci per manus prioris Sancte Marie 
E\erneicurtis due niarce puri argenli el hustini («)* ponderis ecclesie nostre lO 
persolvantur, una in festivilale Sancli Dionisii, altéra in o[clavis Pasc]he. 
Episcopus aulem universumque capilulum Laudunensis ecclesiç sepedicli 
abbatis Sancli Huberli conventusque sui precibus submoniti confirmant 
el manu lenenl convenlionem i^lam, tali scilicet tenore quod si denominate 
marce prefatis (b) terminis ex inlegro reddile non fuerint, audito clamore 13 
episcopus, si infra diocesim fueril, universa allaria et ecclesias quas Sancli 
Huberti ecclesia in episcopalu Laudunensi possidet sine ulla dilalione 
[s]esiel divinumque officium in ipsis cessare faciet, donec marca illa. que 
prcscriplo [l]ermino suo reddita non fuit, cum lege decem solidoruni 
Remensium nobis reslilualur. Si vero infra diocesim episcopus non fueril, 20 
arcliidiacoui ilii qui prefalis ecclesiis et allaribus Sancti Huberti prefiierinl 
hanc eandem jusliciam prosequenlur. Quod ut ralum inconvulsumque 
permaneat. ulriusque ecclesie convenluum consilio présent! pagine anno- 
ta\imus el impressione sigilli Sancti Martini Sanctique Huberli Arduen- 
nensis et abbatis ejusdtm loci Gisleberli domnique Bartliolomei Laudu- -S* 
nensis episcopi roboravimus, assignatis ex ulraque parte idoneis lestibus. 

(o) Le scribe avait crabord écrit usliui, puis il a ajouté une h devant le mot au-dessus de la ligne. Toutes 
les copies portent jusli. — (6) On avait d'abord écrit praefales. 

* Sainte-Gemme est un village du département de la Marne, arrondissement de Reims, canton de 
Châlillon-sur-Marne. 30 

* On appelait husling, à Londres, un tribunal dont il est déjà parlé dans les lois d'Edouard le 
Coiilesseur (et qui semble être le GuilJhall d'aujourd'hui). Il paraît qu'on y conservait l'étalon des 
poids et mesures; de là l'expression ad pondus huslingiae Lotidoniensis, qu'on trouve dans une très 
vieille charte conservée par Spelman. Par la suite, on a dit hustinum pondus pour désigner un bon 
poids. Voyez Dl'cangb, s. v. husling. 3S 



— 103 — 



Ex parle Sancti Martini iiignum Odonis custodis ordinis; S. Guoduini; 
S. Andrée; S. Gislemari; S. liurici; S. Manasses; S. Richardi; S. Odonis; 
S. Hugonis; 8. Simonis; S. VVillelmi; S. Ginoldi; S. Uoscelini. Ex parte 
Sancti Huberti Signum Gisleberli abbatis; S. Warnerii prioris; S. Isemanni 
5 prioris Evi-rneicurtis ; S. Everhardi; S. Walterii; S. Werici; S. Widonis 
et Huniberti. 

Actum anno ab incarnalione Domini M» C° XXXI 111» indictione Xil^, 
Ludovico rcge Francorum anno XXVI, Kanaido Remorum archiepiscopo, 
Bartholomeo Laudunensium episcopo. 



H3i-H38. 



LXXXV. 

10 L'abbaye d'Orval s'engage à payer tous les ans dix sous au prieuré de Cons 
pour la dime de Blanchampagne, qui appartient à son église de f^illy. 

1138. 

Celle charle n'existe plus au cliariricr de Sainl- Hubert. Une copie s'en trouve dans le Cartulaire de 
l'abbaye d'Orval, d'après lequel elle a été publiçe par le P. Goffinet, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, 
15 p. 12. Nous la donnons d'après cet cdileur. 



In nomine sanclae et individuae Trinitatis, Patris, Filii, Spirilus Sancti. 
Laborandum est cuique fidelium filios ecclesiae in vinculo pacis et dilec- 
tionis adunare. Quapropter ego Gislebertus, gratia Dei abbas de Sancto 
Huberto, notam facio tam futuris quam praesentibus concordiam qiiae 

20 facla est inler ecclesiam nostram quae est Cunis in honore Sancti Michac- 
h's, et ecclesiam Sanctae Mariae in Aureavalle.de omni décima sivebesliarum 
sive segetis vel cujusiibct rei in Bellonis campania, quae compelit ecclesiae 
suae de Vilei : quotannis solvat ecclesia AureaevaMis decem solidos eccle- 
siae Cunensi, in festo aposlolorum Pelri et Pauli. 

25 Actum anno ab incarnatione Domini i\l° C" XXXVIII", indictione prima. 
Signum domni Alberonis, Trevirensis archiepiscopi; S. Gisleberli, abba- 



- 104 - 

1188-1189. lis Sancli Hubcrti et lolius convenlus; S. domni Constantin! Aureaevallis 
et totiiis ejus convenlus; S. Guidonis (une temporis praepositi Cunensis, et 
Bononis decani. 



LXXXVI. 



Le pape Innocent II confirme à Vabbaye la possession de ses biens 

et lui accorde des privilèges, 5 



Latraii, 17 avril 1139. 



Original disparu. — Copie sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint Hubert, 103, 
A. i, lians un vidimus du X1V« siècle, autrefois scelle du sceau aux causes du chapitre de Liège, 
dont il reste la double queue de parchemin. Ce vidimus est ainsi conçu : « Univcrsis prescntis 
pagine seriem visaris et audituris capitulura Leodicnse salulem in Christo sempitcrnam. iVoveritis 10 
quod anno dominice nativitalis millcsimo trcccnlcsimo scxagesimo tertio, mcnsis maii die vicesima 
scptima, rcccpimus, Icnuimus et Icgimus Miteras sanctissimi in Christo patris et domini nostri 
Domini Innoccnlii, sacrosancte Ilomanc ecclesie ac universalis pape secundi, vera bulla plombca 
cum filis sericeis sîgillalas et signis certis signalas, quorum unum, a sinistra parte bulle in fine 
scriptum, rotundum ad modum diiorum circulorum crat et est, et in co qucdam scriplura que 15 
inferius annotatur, et a dcxtra parle diele bulle aliud crat et est signum propc ullimam lincam 
scripture dicte bulle intcr bec duo verba Amen amen, (quod quidcm signum talis est forme 
quod vix disignari polcst nisi vidcalur) omni vicio notabiii in maleria Vel forjna earcntcs, ut 
intucnlibus cas videri potcrat, prcterquam vclustatc earum in aliqua parte pargameni perforate 
crant et sunt, de quibus ad rogatum eorum quorum intercrat Icnorcm fccimus hic inseri in hune 20 
modum. » (A) — Autre copie fac-similé sur parchemin aux Archives de l'Élat à Arlon, fonds 
Saint-Hubert, 103, A. 1, précédée de celle formule de vidimalion : « I.n iNomink domim amen. Univcrsis 
et singulis prcscntom copiam seu hoc Iranssumptum visuris, lecturis et audituris, Wallerus de 
Corswaremmc, archidiaconus Ardenne in cccicsia Lcodicnsi, saliitcm in Christo sinccram et prcsentibus 
fidem indubiam adhibere. iVoveritis nos litlcras apostolicas fclicis recordalionis domini Innocentii 25 
hujusnominis pape secundi, ejus vera bulla plumbca in coriula scricea, cujus color, ipsius causante 
vetuslate, licet rubcus, ut adhuc paulo in ejus nodo videri polcst, fuerit, vix in presentiarum a cernen- 
tibus cam prima fronle rccognoscitur, impcndcnte bullalas, subscriptionibus dicti domini Innocentii 
pape secundi ac trium doniinorum cardinalium eerlisque carrccteribus subscriplas et signalas, (quarum 
lilterarum apostolicarum et earum subscriptionum tcnores et dictorum carrecterum forme inferius 30 
descripti sunt et cxemplati) non vitiatas, non canccllatas, non abolitas, non abrasas nec in aliqua sui 



105 — 



parte susccptas (<i), sed uinnibus prorsus vitio et suspilione carenics, nobis rcalîtcr in presentia 
notnrii public! et lestium subscriptoruiii in cnrum original! forma prcscntatas et exibitas rccepissc, 
tcnuissc, vidisso, palpasse, inspcxissc et tliligcnlcr perlogissc. In quarinn visionis, tentionis, palpationis, 
inspcctionis et perlectionis tcstinionium, quia prcsentem copiam scu hoc transsumplum repperimus 
5 omnino cum diclis originalibus, nil addito, variato, mutalo, vcl substracto quod scnsuin imniutet in 
aliquo aut variet iatellectuin, concordarc, nos Waltcrus, archidiaconus aiitedictus, liujusmodi copiam 
scu transsumplum per Gilbcrtum notarium cl scribani nostrum subscriplum cxinde fieri, subscribi 
et signari mandavimus, sigilliquc majoris curie nostrc archidiaconalis fecirnus appcnsione communiri. 
Dalum et actum in eadem nostra curia sita in domo nostra claustrali, quam in claustre predictc 

10 ccclesie Leodiensis inhabitamus, sub anno a nalivitatc Domini millesiino quadringentesimo qninqua- 
gesimo quarto, indiclionc secunda, menais aprilis die dcciina sexta, hora primarum vel circitcr, 
pontificatus sanclissimi in Chrislo palris et domini nosiri domini Nicolai divina providcntia pape 
quiiiti anno oclavo, prescnlibus ibidem bonorabiiibus ac providis viris domino Gadifcro de Stcclanl, 
canonico et custode ccclesie Saiicti Runioldi Mechliniensis, Camcraeensis dyocesis, Martino Walstaerts 

15 et Ulixc Savarys, notariis publicis dicte Camcraeensis dyocesis et eivitatis Tornaccnsis, testibus ad 
premissu vocatis pariter et rogalis. Tcnores vero liltcrarun) aposlolicarum et earum subscriptiontim 

cum formis carraclerum de qui bus jircferlur scquunlur et sunt talcs : .Et quia ego Gilbcrtus 

de Folonia, clcricus Leodiensis, publions sacra im|)criali aucloritate et venerabilis curie Leodiensis 
dictique domini archydiaconi notarius et eoram co seriba, premissis visioni, lenlioni, palpalioni, 

20 inspcctioni,et pcrieclioni, dum sicut piemillilur, per cundem dominum archidiaconum fièrent et agcrea- 
lur, una cum prenominatis testibus prcmissa ascultantibus et audiealibus interfui, idcirco prcsentem 
copiam seu hoc transsumptum manu alterius, me aliis praepcdito negotiis, fidclitcr scriptam seu 
scriptum exindc de mandalo domini archidiaconi confeci et in banc publicam formam redegî 
signoque et nominc meis publicis et eonsuetis una cum ipsius domini archidiaconi sigilli appen- 

m sione signavi in (idem et tcstinionium prcmissorum rogatus cl requisitus. (B) — Troisième 
copie ibidem, du XVII' siècle, sur papier, autlienliqucc par le notaire Bouillon, et une seconde 
fois par Genray, vicaîre de Saint-Gilles, à Saint-Hubert. (C) — Quatrième copie ibidem, dans 
le vidimus fait le 16 mars lb09, par l'oflicial de Paris, de la bulle d'Urbain V de 1365 confirmant 
et reproduisant celle d'Innocent II. (D) 

30 MiRAEL's et FoppENS, O/tcru diplomaticu, t. IV, p. 170. = Robaulx db Soumov, Chronique de Vabbuye 
de Saint I/uberl, p. 355. = Mignb, Palroloijia Latinn, t. (ILXXIX, col. i-lS. 



1139. 



Innocenlius episcopus, servus servorum Dei, dileclo in Cliristo filio 
Gilleberto abbali inonasterii Sancti Huberti in Ardenna siti [b] ejusque (c) 
successoribus regulariter ibidem substiluendis in perpeliuiin. Apostoh'cae 
55 sedis clemenliae convenit rebgiosos viros diligere eosque maleriiae pie- 
tatis gremio confovere. IIujus rei gralia, dilecte in Domino Hli (d) Gille- 
berle abba (e), tuis desideriis cicmenter annuimus el monasteriuni Sancti 



{n) H faut sans doute lire suspectas. — (6) sibi iliraeus. — (c; suisque //. 
- (e) abbas Miraeus. 



(d) Manque dans Miraeus. 



14 



— 106 — 

*130. Iluberti. cui Dco auclore praesides, in lulela heali Petri et nostra susci- 
pimus cl praescnlis scripti pagina roboramiis, staluenlcs ut quascumque 
possessiones, qnaccumque bona idem monaslcrium inpraesentiarum juste 
et cauonice possidet aut in futuruin largilionc (ideliuin scu quibusiibet 
niodis, praeslanle Domino, polerit adipisci, firma libi tuisque succcsso- 5 
ribus et illibala permancant. Et quia idem monasterium, sicut ipsc nobis 
suggessisli, diversas fréquenter a divcrsis raploribus patitur injurias, 
auctorilate hujus scdis apostolicae damus tibi et successoribus luis polesta- 
tem b'gandi et solvendi, et contirmamus praefato beati Huberli monaslerio 
quicquid suum est, quatuordecim videlicet capellas ab omni exaclione lo 
episcopali libéras, sed et (a) cellam Eberneicurlis cum perlinentiis suis, 
cellam Sancli Theobaldi in Porcino Castro sitam cum perlinentiis suis, 
cellam (6) Pirensem cum perlinentiis suis, cellam de iMolins ' cum perti- 
nenliis suis, cellam Cunensem (c) cum perlinentiis suis, cellam de Sancey 
cum perlinentiis suis, cellam Sancli Petri cum capella Sancli Joannis i» 
in Castro Bulon {d) et céleris perlinentiis suis, ecclesiam de Palatiolo cum 
capellis et decimis suis, ecclesiam de Hortou (e) cum capella de Kupe * et 
céleris perlinentiis suis, ecclesiam Sancli Michaelis et montem et tolum 
allodium de Miruolt, ecclesiam Sancli Mononis de Nasania [f) cum omni- 
bus perlinentiis suis, capellam Sancli Huberli in Leoxlio *, ecclesiam de 20 

(a) scilicet B, seil et corrigé en scilicct D. — (6) Manque dans Miraeus. — (c) Curiensem Miraeus. — 
((/j Bullouiensi Miraeus. — (e) Horlo Miraeus. — (f) Nassonia Miraeus. 

' Voici la première mention du prieure de Moulins. Il était situe dans le département de la Meuse, 
arrondissement de Monlmédy, canton de Stcnay. On ne sait par qui ni quand il «a été fondé. Jeami>, 
Manuel de la Meuse, t. H, p. 1482, croit savoir que le fief de Sart, sur le ban de Mouzon, était l'ancien 25 
château-fort des voués locaux de Tabbayc. Ce prieuré ne paraît jamais avoir été très florissant. Vers 
i!257, selon Jea.ntin, loc. cit., p. 1484, Tabbaye céda à Thibaut de Bar la haute et moyenne justice 
du lieu, y compris une moitié de la justice basse dont l'autre moitié appartenait au voué. Le 4 no- 
venibre 1669, par acte en forme, l'abbaye fit don de l'église du prieuré au village de Moulins. 
.\ la fin du siècle dernier, on voyait encore des parties des bâtiments claustraux. 30 

' La Roche, ici appelé Rupes, et ci-dessus Rupes Scremanni (n* XIII), n'était dans l'origine qu'un 
chàleau situé dans la paroisse d'Ortho, dont il continua de dépendre jusque vers le milieu du 
XVll» siècle. 

• L'église Saint-Hubert de Liège, à ce qu'on prétend, avait été fondée par l'évcque Otbcrt en 
l'an 1100. Nous voyons, par V Inventaire de l'abbaye et par les archives de l'église en question, que 35 
l'abbé de Saint-Hubert y garda le droit de collation jusqu'à la fin de l'ancien régime. Ce sanctuaire 
fui démoli en 1815. Cfr. L. Dubois, L'ancienne église paroissiale de Saint-Hubert, à Liège [Conférences 
de la Société d'art et d'histoire, 4« série (1891), pp. 91 et suivantes). 



— 107 - 

Slavules '. ecclesiam de JNirues (a), ecclesiaiii de Burs * cuni pcrtineiitiis its». 
suis, ecclesiam de Aluenlio cum perliiienliis suis, ecclesiam de Baseyo (6;* 
ciim perlinenliis suis et alias mullas quas possidel, salva diocesanorum 
episcoporum juslilia et reveienlia. Praeterea confîrmamus praefato monas- 

» tcrio oblationes fîdelium quae vulgo cruces bannales * dicunlur de Iribus 
decaniis : de decania Gradensi ' oboialam (c) cerae sive ipsum oboium 
i.eodiensis monelae el cascos de lolo lacle vaccarum, ovium et caprarum 
unius dioi de singulis domibus viilarum subscriptarum {d\ videlicel 
Viianliae (e), Measin {f)^ Kuduit (g). Vusceye (h), Jiisunvile, Ochaii (i), 

10 Palalioli, Offenges (^*j, Saicenrivi, Graydes, Gidines, Loilres, item Loi- 
Ires (/;, Borsines, item Borsines (m), Uiennes (w). Wilerzeis (o), Harneye, 
Allifageti, Oyseis, Gembres, Buires, (îivel(p)*. Idem de decania Bobaniensi 
de singuiis domibus viilarum subscriptarum (q) Wellin, Ham, Herpruvie, 



(«I Rurves D. — {b) Par correction dans A el B. Uaiio D. — (c) ubiatuni Miraeus — (d) suprascripla- 

15 rum D. — (e) Vilcnne D. — (f) Maisiu AJii-aeus. — (g) Ruiduit fi liarduit D. — {h) Vuisceie A. — (i) Gusan- 

villae Ocliam Miraeus. — (A) Offagne Miraeus. — (/) i. L. manque dans D. — (m) ileni B. manque dans 

Miraeus. — (n) Ruenncs D. — (o) Vuilerzeys A. Vuiler Roys D. — (p) lîiovrc Givet Miraeus. — {q) supra- 

scriplaruin D. 

' La moitié de l'église d'Élalle avait clé cédée à Tabbayc en 1066 par le comte Ârnoul 11 de Chiny, 
tO et Berlha, femme d'un Hu(;ucs de Sancy qui parait avoir élc le père de Raiiiibaud de Mussy (voyez 
ci dessus, n» LXI), en avait donné un tiers vers la fin du XI* siècle, comme on le voit par une notice 
du Aowima Denrfaclorum reproduite ci-dessus, page 79, note. 

* Sur la donation de l'église de Bure, cfr ci-dessus, n« III. 

* Celte mention garantit raulhenticité de la donation de Baisy à l'abbaye par Godefroi de Bouillon, 
Î5 dont il est question ci-dessus, n» LXV. 

* D'après le Aliracula Sancli Hnbcrti, I. I, c. 6 {Acta Sanctorum, l, 1 de novembre, p. 820) et la 
Chronique de Saint-Hubert (Bobaulx, c. 31, p. 243; MGH. SS., c. 22, p. K80), ces croix banales 
devraient leur origine à un vœu fait en 857, sous le règne de Louis le Débonnaire, par le clergé cl 
par les populations. Au X\II' siècle, selon 11. Hancart, les fromages n'étaient plus apportés par les 

50 processions « mais un député du monastère va les lever annuellement avec un chariot par tous les 
lieux qui sont chargés de cette obligation ». 

* Sur le doyenné de Graidc, voyez Roland, Étude historique sur le village et le doyenne de Graide 
{/annales de la Société archéologique de Aamur, t. XVI, p. 425, cl l. XVII, pp. 75 el 143). 

* C'est à savoir : Villancc, Maissin, Bedu, N..., Jehonville, Ochamps, Paliseul, Offagne, Senscnrutli, 
35 Graide, Gcdinnc, Louelle-Sainl-Pierre, Louelte-Sainl-Denis, Bourseigne-Vieille, Bourseigne- Neuve, 

Kicnnc, NVillerzics, Hargnies, Uaulfays, Oisy, Gcmbcs, Bièvrc, Givet. Le seul nom qui reste douteux 
est Vusccya, que Roland cherche près de Maissin (Annales de ta Sociclc archéologique de Namur, 
l. XVI, p. 458;. 



— 108 — 

1139. Bohunnio, Ginielle, Marlide, Asc {a). Haveiine (6), Licevrie, Masbor (c), 
Burs, Telins, VVavrelie, Tevins, Sernun (rf), Vileirs (e). Jambline. Wanliens. 
Freelou, Ave (/*), iMontis Sancli Pétri. Huiniarlin (g), Kevonie, Monlis 
Walclieri [II) *. Idem de omnibus villis decaniae Bastoniensis, addilo pane 
uno de doiiiibus singtilis V Praediclo autem monasterio nullus abbas 5 
lemere ordinelur aul conlra sacros canones constitualur, sed is quem sibi 
concors congregalio libéra eleclione secundum limoren) Dei assumpserit. 
Decernimus ergo ut nulii omnino hominum liceal idem monasterium 
temere perlurbare aut ejus possessiones infringere, auferre vel abiutas 
retinere, minuere vel tenierariis fatigationibus moleslare, sed omnia intégra lO 
conservenlur eorum usibus omnimodis profulura pro quorum suslenta- 
lione et gubernalione sunl concessa. Si qua igilur in fuliirum ecclesiaslica 
saecularisve persona hanc noslrae conslitulionis paginam sciens contra 
eam lemere venire temptaverit, secundo lertiove commonita si non satis- 
faclione congrua emendaveril, polestalis honorisque sui dignitale careat is 
reamque se divino judicio existere de perpetrala iniquitate cognoscal, 
et a sacralissimo corpore et sanguine Dei et Domini noslri Jesu Ciiristi 
aliéna fiât, alque in exlremo examine dislrictae ultioni subjaceal, Cunctis 
autem eidem loco justa servantibus sit pax Domini nostri Jesu Chrisli, 
quatenus et hic fructum bonne actionis percipiant et apud districlum 20 
judicem praemia aelernae pacis inveniant. Amen Amen Amen (î). 



la) Asc A et B. Asc D. Aye C et Miraeun. — (b) Havercnne Miraeus. — (c) Masbour Miraeus. — 
(t/) Serniiu B. — (e) Villers Miraeus — (/") \Vai)liu Frelou Colue Miraeus. — {g) Kuimartin par correction 
pour lîuimarliu A. Uuiinarliii par correrlion pour Luumartiu B Urumarlin D et Miraeus. ■ — (/i) ValcHeri 
Miraeus. — («) Amen une seule fois Miraeus. 85 

• Le doyenné de Bchogne, c'esl-à-dirc de Rochcforl, comprend ici Wellin, Han-sur-Lesse, Éprave, 
Beho"nc (Rochcforl), Jemelle, Marioie, Aye, Havrenne, Lessive, Masbouig, Bure, Tellin, Wavreille, 
Tevin, Ciergnon, Vjllerssur-Lcsse, Jamblinne, Waniin, Froidiieu, Ave-cl- AulTe, Sainl-Pierremont, 
/iuimartin, Revogne, Montgaulhier. Le nom en italique esl le seul qui rcsle à identifier. Deux des 
localités comprises dans celle énumération sont détruites : ce sont Tevin, près de Rcsleigne (cf. Annales 30 
de la Société archéoluyique de Aamur, t. VII, p. 502) et Saint-Picrremonl, près d'Avc-ct-AufTc 
mentionne en 10G6 dans une cliartc de l'évéque Théoduin (C. /?. de la Commission royale d'histoire, 

i« sér , t. I, p. 90). 

• Sur le doyenné de Baslogne, autrement dit d'Ardcnnc, qui, selon R. Hancart, venait en pro- 
cession à Saint-liuberl le premier dimanche de juillet, voyez la Chronique de Sainl-Iiaberl (Rob.\vlx, 35 
c. 125, p. 528; M G H. SS., c. 94, p. 627). 



- 409 — 

(H). Ego Innocentius calholicae ecclesiae epis€Opus (B. V.). 

Ego Lucas presbiter cardinalis tituli sanctorum Johannis et Pauli. 

Ego Crisogonus cardinalis tituli sanctae Praxedis. 

Data Lalerani per iiianus Aimcrici sanctae Konianae ecclesiae diaconi 
B cardinalis et cancellarii, W kal. niaii^ indictione II, incarnationis Domi- 
nicac M» C"» \XX" IX», pontificatus vero domini Innocenlii 11 papae anno 
decimo. 



LXXXVII. 

Barthélémy, évéque de Laon, fait une donation au prieuré d'hJvergnicourt. 

Laon, tl41. 

10 Original sur parchemin aux Archives du Gouvernement à Luxembourg, provenant de 41, C. i. 
Reste une qncuc de sceau en parchemin. — Une copie du XVII* siècle, authentiquée par le notaire 
apostolique Wyschart, ibidem, mentionne encore le sceau de révcque Barthélémy. 



iiS9-ll41 



In NOMINE SANCTE ET INDIVIDUE TrINITATIS. EgO BaRTHOLOMEUS, DeI GRATIA LaU- Diplôme 

DUNENsis ECCLESiE MiNisTER iNDiGNus. Pastoralitatis Hostre officio commonemur <^'^''"<""' 

. ' deLaon.iSoc- 

15 precedentium patnini vitam et mores aillgenter intlieri, quorum erga çcclesiam Dei tanla uevole tobre 108». 

liberaiiiaiis cxtilisse dinoscitur plenitudo, ui pro sua suorunique salute varia 

conlulerinl dona, et quç minus suppelcre Vldebanlur ex proprio suppleveriot stipendia, allen- 

dentes quanto quis anime periculo présumai preesse, nisi per omnia 
studeat prodesse. Quorum exemplo aliquantisper informati, fraler vene- 

îo rabilis Warnere, prior Béate iMarie de Evrcniaco, tibi et ecclesie tue luisque 
successoribus regulariter in perpeluum substituendis concedimus preben- 
dam Sancti Pauli de Novo Caslello perpetuo jure habendam, illam scilicet 
quam temporibus Ebali Roceiensis comitis ecclesie luç subtractarn fuisse 
cognovimus, altare quoque de Fronteni quod ecclesia tua ex dono reveren- 

J5 lissimi predecessoris noslri Waldrici bone memorie presulis jamdudum 
obtinuit, qui etiam in ea anniversarium suum quotannis memoriter teneri 
suis precibus impelravit, tibi et ecclesie lue cum dono supradiclo elerno 
jure possidendum concedimus et presenti scriplo ac sigilli noslri impres- 



— 440 — 

nii. sione et Icstium subscriptione conUmiamus. domina vero lestimîi hçc 
1144-1151. j^jjiii . SigiiuiH (jiîidonis decani; 8 Richardi et Barlholomci archidiaco- 
noruin; S. Wilonis canloris; S. Anseirni abhatis; S. Vincenlii; S. Balduini 
abhatis Sancti Joliannis; S. (îiiallori abbalis Sancti Martini; S. (jlilleberti 
abbatis Sancti INicholai. I\e igitur aliqua persona deinccps présent: scripto s 
nostro ausu lemerario obviare présumai sub anatheniate prohibemus. 
Datum Laudiini, anno incarnalionis Doniinice M^C^XLI", indictione 1111% 
epaeta XI'*, concurrente II. 

Kgo Bartholomeus cancellarius relegi. 



Lxxxvm. 



L'abbé Jean l" de, IVaha, avec l'assentiment de deux prieurs successifs la 
d'Evergnicourt, cède à l'abbaye de f^auclair l'autel de Fronteny contre 
une redevance annuelle en froment. 

li44-llol. 

Copie à la Bibliolhcque Nationale de Paris, fonds latin 11073, dans le Cartulaire de Vauclair, 
fol. 570:2. En tète : « Johanncs abbas Sancti lluberti de altari de Fronteni et de Hegali Curte. » 15 

Jean 1" de Waba a gouverne l'abbaye du" Saint-Hubert de H44 à H67. D'autre part, Bartbélemy 
de Laon, qui intervient dans la charte, a occupé le siège épiscopal de 1113 à 1151. C'est donc entre 
1 144 et 1 151 qu'il faut placer cet acte, qui ne porte pas d'indication chronologique. 

Notuin sit cunctis ecclesie fidelibus tam presenlibus quain futuris quod 
ego Jobannes, abbas Sancti Huberti, nostri annuente cetu capituii, et 20 
assensu Garnerii et subsequentis ejus Rod(M/^.^), prioris Sancle Marie de 
Eberneficurte et fralrum ejus, concessinius ecclesie de Vallcclara ', per 
nianum Bartbolomei Laudunensis episcopi et per manum Kicbardi archi- 
diaconi, pro pace tenenda et caritate conservanda, altare de Fronteneto 
cum omnibus que ad illud pertinebant et quicquid babebamus in terri- 25 
torio de Fronteneto, vel in elemosina vel in dote allaris, hoc tantum 

' Vauclair, abbaye cistercienne du diocèse de Laon, fondée en 1134. L'endroit s'appelle aujourd'hui 
Vauclerc-el-laVallée-Foullon, département de l'Aisne, arrondissement de Laon, canton de Craonne. 



— m — 

exceplo qiiod quicquid propriis noslris carnicis sive coiwluclis, vel accom- nu-nsi. 
modalis ad usus noslros lucrari polerimus in tcrritorio de Rralciir et ^°^" 
Harpcinuni nobis in decimalum remancbit. De eodem autem territorio de ^****^^**^'- 
Realcur campum unum, qui csl intcr nenuis quod exlirpari non licebil et 

5 Fronleni, cum prefato altari conccssimus, et nemoris paruin terreque 
quam anle Koberli campum habebamus. Quicquid autem de dote prefati 
aitaris in territorio de Avaus continetur, assensu ecclesiç Valh'sclare in 
manus' nostras retinuimus . L't igitur hcc rata et inconcussa in cviim omne 
permaneant, prefata eccicsia nobis caiilativç recompensationis gratia 

10 per singulos annos sex frumenti dabit sextarios melioris in eadem terra 
crescentis ad mensuram Novi CasteMi, ductos usque Evringicurtem, infra 
oclavas Saneti Remigii annuatim pcrsolvendos . Hujus itaque compactionis 
lestis est Waldricus abbas Saneti Theoderici; (iirardus prior Sancli 
Erminii; Symon monaclius Saneti Theoderici; Gillebertus prepositus 

15 Saneti iMartini; Gunterus canonicus Sancte Marie Laudunensis et sacer- 
doles de INovo Castello, Ysaac, Dei amicus, Haydericus, et milites ejusdem 
castelli, Ysembardus magister, Odardus filius Alemanni, Gillebertus de* 
Oriniaco . Ut igitur omni perturbationis occasione remota hec in çternum 
rata permaneant^ statuimus utriusque çcclesie sigilli auctoritate firmari et 

so per cyrographum dividi. 



LXXXIX. 

L'abbé Jean /"■ de IFaha atteste diverses donations faites au prieuré 
de Saint-Thibaut à Château- Porcien. 

Entre 11 -U et 1167. 

Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 26, A. 4, en mauvais état, collé sur 
55 une feuille de papier. Aucune trace de sceau. Au dos : « Enregistre au deuxième registre, fol. 39 • 

Les lacunes que présente ce document y existaient déjà en 1650, comme le prouve une copie 
authentiquée par les notaires Jean de Jupillc et Pierre Sampsonnet, ibidem. 

La seule date approximative qu'on puisse attribuer à cette charte dépourvue d'indications chrono- 
logiques est fournie par le commencement et la 6n de l'administration de l'abbé Jean I" de Waha. 

50 In nomine Sancte et Individue Trinitatis. Ego J(oAannes), Dei gratia abbas 
Saneti Huberti, notum facio omnibus tam presentibus quam futuris quos 



— H:2 - 

B«ire reditus que predia Gerardiis de (^ondeto ecclesie Sancti Teohiildi de fdjas- 
1144«! 1107. jgji^ p^^j reinedio anime sue dederi!, scilicel Ueunomiam molcndini de 
Cantu Itane ', ciillurarn jiixta ipsum molendinj um) sitam, et cuiturum ad 
vineam dictam et terrani quam Liezelinus et Azo el Valcurrannus tenehanl, 
solventem très solidos. el quiiiqne mancipia de familia sua cum posteris 5 
eorum, videlicet i^unziam de Barbeio et sororein ejus Beliot el Punziam de 
Koseio et Bonain cum sorore sua de Sancto Lupo. Hec acta sunt presenli- 
hus et concedentibus uxore cum filiis suis Keinrialdo Gerardo Heinrico . . . 
suis et altestanlibus canonicis ecclesie Sanctc Marie Hui^one decano el 

Keinmundo pre>bitero et llerberlo el Bernero milil[ibus ]cia el (iliis lo 

ejus VVidone et Ebalo el Raduido Biga cognominalo et burgensibus Osiello, 
G[enJeberlo filio, Bogero villico cum aliis mullis. (^oram islis Oeum 
l)enedicentibus eadem hora faclus est m|onachus|. 

Postea ipsius prefali [GJerardi fih'us eodem nomine vocatus dedil 
Sancto Teobaido qualuordecim denarios census et sex diurnalas lerrae el i» 
foragia[que] tenebal in prefalo caslro. 

Hoc qiioque notum facimus, quod Wido cognomine Palardus, infir- 
mitale oppressus, ecclesiae S{ancli) T{/ieobaldi) (a) minagium de Burgo Sancli 
Jacobi. annuentibus Heinrico el Clarenbaldo comilibus, prefato quoque 
Gerardo, a quibus illud in feodum lenebal, pro remedio anime sue donavit 20 
et ibiden) conversus monachus obiit. Hujus rei testes sunt supradicti 
ecclesie Sancle iMarie canonici. prefalus eliam Rigoldus cum duobus filiis 
el Willelmus de iMonte Cornulo et Radulphus de Turri et Dudo cum filio 
lleinaldo, Badulpho quoque Biga cognominalo. 

Eodem tempore vulneralus Alemannus, filius Pétri Azopardi, cum in îs 
agone jacerel, predicle ecclesie Sancti Teobaldi quicquid apud Sanctum 
Ferreolum possidebal lam in servis quam in ancillis, terris cultis et incultis, 
pro salule anime sue tribuit, videnlibus Hugone arcliidiacono et Stephano 

(a) Ce nom est écrit de trois minières dans le texte : tantôt T. comme ici. tantôt Teobtldus, tantôt 
Theobaldus. Notre édition reproduit fidèlement ces variantes. 30 

' Le moulin doCanlus Ranac est celui de Cliantcrainc, près de La Romagnc, canton de Ghauniont- 
Porcien, arrondissement de Rélhel, Nous voyons qu'il était situe dans les environs du prieure de Châ- 
Icau-Porcien. Il est fort probable qu'il faut, comme l'a fait un des archivistes de Saint-Hubert, 
l'identifier avec le moulin de Chelerneis que nous voyons céder à Saint-Martin de Laon par la charte 
de H 45. (Voyez ci-dessous, u» XC.) 85 



— H3 — 

cjus avunciilis cl domino Clarenbaido cuin lixore ipsiiis et filiis (iodescalco Koire 
et Walberlo de Hoseio et canom'cis Sancli l>aiirentii ' curn mullis aliis. i^^ei**^^* 
Postea vero qiiedain inairona Domine (]andida^ cum infirmarelur, quarlam 
parlem profati allodii qiiam ciamabal Sanclo Theobaido concessil, anniien- 

5 libiis filiis ejiis Puncardo et liernardo cum filiabus Bertha et Falca. Hiijus 

lei lestes sunl Kbalus. Hu<<;o decanus, Heinmundus. /Vdelardus et alii multi. 

Tlieodcricus cognominalus iMalum vestigium (a), elTeclus monaclius, 

Sanclo 'l'beobaido pro anima sua salvanda dédit parlem quam in ortis 

ultra Axonam liabebal. soUenlem duos solidos et 1res denarios et quiduor 

10 sexiaria vini in anno. 

Haiberlus (6) quoque. faclus monaclnis, S(anclo) TÇIieobaldo) quicquid 
liabt'bal apud Sanclum Ferreolum per manus nii[i s]ui Geraidi de Condelo 
doiiavil et praUim quod possidebat ^ub Finaldi monte, annuentibus filiis 
suis Helli[no et] W ultero. 

15 Hugo Slrabo allodium quod apud Prunnei et llarbinei et sub Einaldi 
[monjte [hjabebat prefali Sancti [Theobaldij ecclesie pro sui remédie 
donavil et quandam ancillam nomine Bertam cum filiis [suis et] pratum 
quod dicilur ad Sparnamaele' et terram arabilem jacenlem inter idem 
pratum et Einaldi nion([em quam hajbebat in feodum a Haiberto [b ipso et 

2'J filiis ejus. llellino scilicel et Waltero laudanlibus Islas ergo donaliones 
presenli sigillo confirmamus et karla^ ut quisquis de bis omnibus aliquid 
ecclesie sublraxeril episcopali auclorilate sil analhema. 

(a) Malum vcsligiuin ecril au-dessus de In ligne, dans l'espace laissé vide par ta ligne précéilente, 

semble dans l'original faire partie de cette dernière; toutes les copies s'y sont trompées et ont lu : tl alii 

25 niulli inaluni veslij^ium. Cependant l'altribution des deux mois m. v. à Thcotiericus est manifeste, comme 

te montrent les lettres a, b, placées par l'écrivaiii de l'original à côté des mots m. v. et cognominalus pour 

indiquer l'ordre dans le juel Us doivent se suivre. — ('/) Correction pour Heriberlus. 

' Sainl Laurent clail une église collégiale qui avait été fondée à Rozoy-sur-Scrre en 1018. N'oyez 
Matton, Dictiontiaire topographique du département de l'Aisne, article Rozoysur- Serre. 
30 * Ce nom est sans doute l'équivalent d'Hpargneinaille, sobriquet qui après avoir désigné un iioiume 
sera passe à une terre. 






1145. 



— H4 ^ 



XC. 



L'abbé Jean l" de fFaha cède le moulin dit Chelerncrs aux religieux 
de Sainl-I\Iarlin de Laon pour une rente annuelle. 



H4o, 



Original sur parclirniin aux Arcliivcs ilc TÊlaf, à Arlon, fonds Saint- Hubert, 27, II. I. Sceau 
disparu; reste un fragment d'une double queue de parchemin. Charte partie |/orlanl dans la marge de S 
gauche le mol cyrograpiiuiu prcccdé d'une croix. Une copie authentique de IGGS marque qu'à cette 
date le sceau existait encore. 

(C.) In nomine sanctk et individue Tuimtatis. Ego Johannes, Dei gralia abbas 
Sancti Hiiberli de Arduenna. Notum fieri volumus tam fuluris quam pre- 
senlibus quia molendinum nomine Cheferners, quod est super rivum de lO 
Linisuns it ad ecclesiam bcali Theobaldi de Castello pcrlinet, assensu 
capiluli noslii. Hubcrli f rioris ^ancli Theobaldi ejusque capiluli, eccicsie 
beali Marlini Laudunensis perpelu[o] possidendurn concessimus pro oclo 
sextariis annonç quam annuatim persolvcnt fratres ecclesie bcali Marlini 
infra oclabas bcali Remigii ad mcnsuram (laslelli de Porcins suaque is 
propria vcctura ad ecclcsian» bcali Theobaldi perducenl. De qua annona 
quatuor sexiarii erunl de bono frumento cl alii quatuor de Iremois, quam- 
diu molerulinuni non molet. Cuni autcm moh-re ceperit. illi quatuor 
sextaiii de treniois de mixta mullura ejusdem niolcndini persoivenlur. IS'e 
igilur personarum mulalione aut alicujus prava machinalione isla elli- 20 
cîentia mulari possil, cyrographum islud inler ecclesiam Sancli Theobaldi 
et ecclesiam bcali Marlini dividi fecimus lesliumque subscriplione robo- 
rari et sigilli no^lri imprcssione partcm quam hal)cbit ecclesia beali 
Marlini cl eam que rcmancbit in ecclesia bcali Theobaldi sigillo Sancli 
Marlini firmari consliluimus. Aclum anno incarnali Verbi M» C" XL" V", 25 
indiclione vin', epacla xxv, concurrente vu, présidente venerabili Sansone 
in archiepiscopalu Remensi, principauté comité Henrico in comitatu Porci- 
nensi. Signum Johannis abbalis î?ancti Hubcrli de Arduenna; S. VValtcri 
prioris; S. Huberli prioris: Signum Godescaici, S. Odardi, monachorum 



— H5 — 

iîaticli TheoljalJi; SS . VValleri abbalis Sancli Marliiii l^audunensis ; ii45-ii5i. 
S. Geraldi prions ; S. Slcphani subprioris ; 8. Gilleberli preposili ; 
S. Gumberli Ihesaurarii. 



XCI. 



Henri, comte de Laroche, donne à l'abbaye une chapelle 
située dans ta forêt de Freyr pour y faire un hospice. 



1152. 



Original disparu. Il cxistail encore au XV'lil' siècle dans les Archives de Sainl-Hubert, 33, .\. 1; 

V/nventaire le mentionne en ces termes : « Litterae donalionis capellae sanctac Catharinac et dcpen- 

dunliarum cjus in silva dicta Frcdicr cxlantis, alias La Convencric, anno 1 152, et la carte. » — Copie 

10 aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlùlaire 1 1 i^", fol. 50, avec ce tilre : » Lettres de donation 

de la Convcrscrie. • 

In nomine Sancte Thimtatis. Ego Heinricus, cornes de Kupe ', considerans 
illud : Uedeniplio anime viri proprie divilie, volui et ipse ecclesie Oei 
pro remedio anime mee cl parentum meorum ah'quid de hiis Iransiloriis 
15 rébus impendere, quo el Ueo inibi famiilanles valcant stistenlari et nos 
proiiide in elerna tabernacula meieamur rccipi. Quapropler seculus dona- 
tioncm malris mee Malhildis comitisse et Godefridi fralris mei, capellam 
que sila est in silva Fredier * in manu donini Johannis abbalis et ecclesie 



' Celte charte nous apporte quelques renseignements nouveaux sur le comte Henri de La Roche. 
20 (Voyez Er.nst, Des comtes de Durbuij cl de Lnro:he aux XI' et XII' siècles. Liège, 1836, pp. 18 el 
suivantes, et Dkleuzb, Annales de l'Inslilul archéologique d'Arloii, t. XI, p. 23). Elle mentionne sa 
mère Alathilde^ sa femme Elisabeth, son frère Godefroi qui avait possédé le comté avant lui, et sa 
sœur, Bcatrix, qui eut pour fils Godefroi de Brcda. Nos historiens lui connaissent encore une autre 
sœur Malhilde, femme de Thicn-y de Walcourt. Il mourut sans laisser de poslcrilé et eut pour suc- 
2b cesseur son cousin Henri rAvciigIc, comte de Namur. Nous voyons, en outre, qu'à la date de 1152, 
Bastognc, .Amberloux, Oriho, Rendeux et la Convcrscrie étaient compris dans le comté de Laroche. 

• II s'agit ici de la fondation d'un hosj)icc à l'usage des voyageurs qui traversaient la vaste forêt de 

Freyr. La tradition locale se souvient que les cloches de la chapelle sonnaient plusieurs fois par nuit 

pour rallier ceux qui s'étaient égares dans ces solitudes boisées. Nous savons par d'autres témoignages 

30 que cette chapelle était déjà en ruines en 1533. En défrichant pour faire un jardin potager, on a 



— IIG — 

H52. Sancti Huhcrll regendain conltadidi, ul ipse elsucccssorcs sui ad celobranda 
divina oflicia et ad susceplioncm peregrinorurn vcl paupernm duos ibi vel 
monachos vel clericos deservire in obedicntia et subjeclione sua disponanl, 
quorum unutn, sicut et ego aiterurn^ in viclu et veslilu sustentent et pro- 
videant. Tradidi namque ad hoc hospitale niolendinuin ville de Uondu s 
omnino liberuni sicut illud possidebani, et apud Amberlus XVI modios 
avene Chanlerenses '. Prelerea ob ampliandam hujus inslilutionis noslre 
gralium. insolentiain ministerialiuin et forestariorum meoruui, qua domus 
Sancli Huberli in dies gravabatur, recidendam necessarium duxi, et, sicut in 
annalibus ecclesie invenlum est constitulum fuisse tempore Pipini ducis *, fo 
ila, eo tamen numéro eodemque modo eos pasci constitui, id est XVI fores- 
larios et censorarium et cellararium et piscalorem, et semel in anno, die 
qua abbati et majori foreslario convenenl, a festo sancli Michaelis usque 
ad festum sancti démentis martiris ^. Hiis amplius cognosco nihil cis 
deberi. Et ne per succedenlia lempora aliquis hanc noslram remissionem I5 
vel (lonationem aliquo modo velit infringere, hoc super ea scriptum fieri 
precepimus, quod sigilli nostri impressione corroboravimus testesque 
jdoneos tam ex liberis quam ex familic nostre hominibus qui affuerunt 
subscribi fecimus, videlicet Elizabeth comilissa, conjux mea, Bealrix soror 
mea et Godefridus filius cjus de Brida, Gerardus de Baslonia, Henricus et 20 
Vigerus de iMaves *, Adelardus et Gualter us de Moirines, Gillebertus pres- 

dccouvcrt rcccmmcnl o reniplaccmcnl de la chapelle, avec son pavé parfaitement conservé et sa balus- 
trade. » (Tandel, Les communes luxembourgeoises , t. VI, p. 572j. Cette fondation, desservie par des 
convcrs, prit par la suite le nom de Converscrie , et c'est le nom que porte e'ncore -aujourd'hui la ferme 
qui s'cicve sur ses ruines, à une demi-lieue du hameau de Laneuvilie, commune de Tcnncvillc. Plus 25 
tard, ne comprenant plus la signification de ce nom monastique, on a imagine de faire de la Convcrserie 
le théâtre de la prétendue conversion de Sainl-Hubrrt à la chasse : fausse étymologie reposant sur 
une fausse Iradilion. Il faut remarquer que Convcrserie n'est pas un vocable toponymique isole; c'est 
ainsi que dans l'Aisne, il y a dans la commune de La Bouteille une ferme du même nom, de laquelle 
on nous apprend qu'il est « dit la Convcrserie au subject de la demeure ordinaire de quelques frères 30 
convcrs. » Voyez Mattom, Dictionnaire topograpfiique du département de l'Aisne, article Convcrserie. 

• Wodii Clianlcrenses. Je ne sais de quelle niesure il est question ; je ne vois d'autre nom à rappro- 
cher que celui dc,Chanly, commune du canton de VVellin, mais cette localité s'appelait Cansicum en 
922, et on ne voit nulle part qu'elle ait donné son nom à un systcnc de mesures. 

* Voyez mon élude sur Les premiers siècles de Cahbaye de Saint- Hubert. 35 

• C'est-à-dire du 29 octobre au 25 novembre. 

* Jlaves, que certaines copies écrivent à tort Mânes, est Maffe. Un Godcscalc de Maves, qualifie de 
liber liomo, figure en 1 125 dans une charte de l'abbaye de Stavelot. (Archives de Dusscldorf.) 



— 117 — 

biter Ambnrlacensis, LamberUis de Oilo, (juidericus capcllanus '. Griinoal- H52-M54. 
dus medicus. Gerardus foreslarius, Seyfridus, Hobeilus, Joliannes miles, 
Ârnulphus, Gerardus. Benediclus, ï^elrus. Acia sunt liée anno Dominice 
incarnalionis millesinio centesimo LU". Indiclione \\\ regrianle Frederico 
» Uonianorum imperaloro, Heinrico Leodiensibus pontificânle. 



XCII. 

HugveSy comte de Roucy, donne à l'église d' Evergniconrl tout ce qu'il possède 
en celle localité, plus une rente à Pugnicourt. 

1151. 

Original sur parchemin aux Archives du gouvernement à Luxembourg, provenant de 45, B. 8. 
10 Sceau ovale (0™,0S0 X O^OôO) en cire blanche, suspendu à une double queue de cuir, représentant 
un cavalier au galop, armé de la cotte de mailles, brandissant Tépée de la main gauche et tenant l'ccu 
au bras droit, avec la légende : ^ HIJG Sur le dos on lit : < Enregistré au 5< registre, fol. 5. ■ 

In nomine sancte et individue Trinitatis. Ego Hugo, cornes Roceiensis '. 
memor vile mee el niorlis et terribilis judicii Dei eterni, decrevi eidem 

15 Deo de donis suis aliquid reddere, et pro remedio anime mee et uxoris 
Richildis ' pie memorie, filiorum el parcntum, cerlam elemosinam ad 
çcclesiam bealç Dei genelricis Marie in Eberneicurle legaliler Iradere. Do 
igitur eidem çcclesie volunlario consensu filiorum meorum Roberli Wis- 
cardi et uxoris ejus Elisabelli, Ebali et Hugonis el filiaruni meorum 

20 démentie, Sibille et Sarç que cognominalur Agnes quicquid michi com- 
petil heredilario jure in Eberneicurle in dominicato manso, terris cullis et 

' Si Ton se rappelle que la chapelle de Laroche était une dépendance de Téglise d'Orlho (cfr. ci- 
dessus, n» LXXXVl, p. 106), on n'aura pas de peine à reconnaître dans ce Guidericus ou Wéry, le 
chapelain de Laroche. 
2S • Hugues, comte de Roucy, contribua à la fondation des abbayes de Vauclair en 1 lil et de Vairoi 
en 1148. (Voyez Gallia Christianu nova, t. X, Instrumenta, p. 46.) 
* Elle est appelée Richcnza dans le diplôme cité ci-dessus de 1 148. 



— Ii8 — 

«154 incultis, in servis et ancillis, in jiisliciis, in placitis, in reditibus. in Iribulis, 
et piscalores dnos in aqua que est supra molen linum prefalo ville et in 
omnibus appendiliis el ulililatibiis. El insuper preJiclam villam deinceps 
ab omnibus b'beram exactionibus rcildo. nichilque ponilus in minu my<\ 
relineo, sed omnia ecclesiç l)ei genilricis Mariç libère et absolute possi- 5 
denda relinquo, prêter silvam de Perles (a) in qaa ad ligandos manipulos 
tileam et coruium et alia vimina, prêter quercum et faguin, fralribus 
quantum voluerinl concedo, et exceptis fioJis mililum. Si quis tanien de 
ipsis liodis aliquid in elemosinam prefatç doderil ^cclesie, boc ipsum 
pariler liberum et absolulum esse concedo. Addo eliain supradiclis di)nis lo 
quinque solidos census in Puneicurte, ea conditione ut inde emaluroleuin 
quod singulis noclibus ardeal ante sepulcbrum predicte Ricbildis. 

Ilujus donalionis testes sunl AIdricus abbas Sancli Peoderici, Wllelmus 
abljas Sancli î\Iarlini, l^ucas abbas de Cusseio, Odo abbas Vallis Clare, 
Herbertus abbas Vallis Kogis; canonici sanclç Marie Kemensis ecclesiç is 
Léo decanus, Rogerus, Segardus et VVido^ canonici Laudunensis çcciesie 
Lisiardus et Kainerus; sacerdoles Sanson decanus, Isaac, Rogerus, Lamber- 
lus, Deiamicus, Jobannes, Ubardus, Reinaldus; milites de Novo Castro 
Iscmbardus magisler, qui pro remedio animç sue et predicle comitissç 
dedil eidein ecclesie lerrani suam juxta Fontem, el Isenibardus Bordellus -o 
cum filiis suis, qui dedil 1res dielas terre in vallibus Avauz pro remedio 
anime sue el predicle Ricbildis, Stepbanus Slrabo cum filiis, Egidius et 
Bernardus fraler ejus; Poncardus preposilus et Rodulphus fraler ejus. 
Odo et Rainerus, Milo Furnensis, Milo malus vicinus, Milo Proveslellus, 
Wido et Savaricus, Rainaldus Glabeilus el filius ejus, Heinrfcus Aleman- 23 
nus el filii ejus, I bomas filius Rogeri, Balduinus signifer, Wiardus et 
filii ejus de Monte Aculo, (!ilarenbahlus et Rogerus de Guinicurt, Gerardus 
el Gervasius de Roceio. Droaro del Saucil et filii eius. 

Aclum anno Doniinice incarnalionis M" C° quinquagesimo quarto, 
régnante Ludovico rege Francorum et Sansone Remorum archiepiscopo, 50 
el Guallero Laudunensi episcopo, et Johanne abbale Sancli Huberti. 

»' 

(a) Ptes dans l'original. 



— H9 



XClll. 



Gautier, abbé de Saint- Vincent de Laon, cède à l'abbaye de Saint-Hubert 
tout ce que Saint-/ incent possède au territoire de Sainte-Geneviève. 



1155«. 



Original sur parchemin aux Archives de l'Étal, .'i Arlon, fonds Saint-Huberl, H, G. I, en mauvais 
5 état de conservation et cousu sur une feuille de papier. C'est une charte-partie avec le mot cyrogra- 
phum écrit perpendiculairement dans la marge de gauche. Aucune trace de sceau. 

In NOMiNK Sancte et iNDiviDiE Trimtatis. Kgo (itialleius. Dei gralia Sancli 
Vincentii Laudune[nsis abbasj. Quia fragilitalis hiimaiie mobilitas in 
tanto seculi lubrico firmum niemorie lenere nequit vestigium, iccirco 

10 lideris niandamus ca que ad noliciam pervenire volumus tarti moder- 
norum quam modernis succedentium. iN'olum sil igitur tam presenlibus 
quam presentiuni successoribus ecclesiani Sancli \incenlii concessisse 
ecclt'sie Sancli Hucberli de Arduenna quicquid sui juris liabebat in lerri- 
torio Sancte Genovefe et in décima ex utraque parle aque sub annuo censu 

ii> duodecim sextariorum, quatuor siliginis et quatuor tremissis, ad nieusuram 
de Amia ' in festo sancti Reniigii apud Kaulicurtein persolvendorum. Quod 
si curtis delecerit, pretaxalani census quantitatem ecclesia de Evrenicurlc 
persolvat. Hoc iit nulla per succedenles étales oblivio deleat, sigilli utrius- 
que ecclesie impressio et tesliuni subscriplio firmum leneat. SS. Gualteri 

20 episcopi Laudunensis; S. Kichardi abbatis Sancti INicliolai; S. Teoderici 
abbalis :Michaelis; S. Nicholai abbatis Fidemensis; S. Balduini archidiaconi; 
S. jGujteri prcsbileri; S. (iualleri capellani; S. Gerardi subthesaurarii ; 
S. Ernaldi prioris; S. Hainaldi subprioris; S. Herberli; S. Henrici. Actum 
anno incarnati Verbi M** CLIX". 



II5P. 



25 ' Amia, nom d'un ruisseau appelé par la suite l'Amietle cl aujourd'hui La Miette, et qui a donné 
son nom au village d'Amifontaine, où il prend sa source. La Miette se jette dans l'Aisne à Pontavcrt 
(Aisne), canton de Nenfchâtcl. Amia était le siège d'un vieomlé. 



— i20 — 

Avant H 60. 

"«• XCIV. 

L'abbaye cède aux reliifieux d'AjJiighem l'église de /iaisij et toutes 
ses dépendances pour une redevance annuelle de deux marcs. 

Avant ilGO. 

Charlc de Godcfroi III, duc de Brabant en 1 160, pour l'abbaye d'AfBighem, publiée par A. Waiitbrs, 
De l'origine et des premiers développements des libertés communales, preuves, p. 23, d'après le Cartu- 5 
laire de l'abbaye d'Afflighem, t. Il, p. 81, et le Cartulaire du prieuré de Dasse-Wavre, p. 278. 

Abbas namque HalTîigcniensis prefaiam ecclesiam de Basiu cum omnibus 

pt'rlinentiis suis pro pacto duarum marcarum perpcluo singulis annis persolvendarum 
ab ecclesia Sancli Huberti légitime cl canonice snsceperai. 



xcv. 

Henri l'Aveugle, comte de Namur, donne à l'abbaye le quart de son alleu lo 
d'Herlinval et l'affranchit du droit qui lui était dû. 

1161. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 65. Il n'en reste 
qu'une moitié, celle de droite, et elle est cousue, on ne sait pourquoi, à un autre document de 1554, 
sur parchemin, qui est relatif à une donation faite à l'église de Natoye, de biens situés à Houstéc. Sur 15 
la chemise de papier de ces documents, où Ton a résumé ces deux actes selon l'habitude, on a écrit 
pour celui de 1554: « Houstée nihil. Non competit monasterio. » Et celui qui nous occupe est signalé 

en ces termes : a Hericnval nihil Res incognita adcoque nihil. • — Copie aux Archives du 

royaume à Bruxelles, Cartulaire ii2'''', fol. 92 v». 

[In nomine 'Sancte et individue Trinitatis. Ego Heinjricus cornes Nanimu- 20 
censis et Liizeburgensis conside[rans quod mundus transit et concupis- 
cenlia ejus, cogit]avi apiid me de his Iransitoriis rebus omnium [bonorum 
largitori Deo aliquid reponere, unde et apudj ipsiim eterne salutis (iduciam 



— «21 - 



et apud servos ejiis [inauenlem inei niemoriam spero consliliiere. Qua- H6i-ii63. 
propterj (radidi ad altare [sancjlorum Pelri atquc lluberti | vadiiiionium 
cenlum solidorum Leodiensis inonele] quod liabebam super quartam 
parlcm allodii de Herlan|valt, ut donec redimatur ipsum ecclesia liberum 

5 tencatj et quielum possideat. Sed et ceram et caseos qui apud ( Prenlin- 
burc (a) ' pro conductu plausirorum vinum fralrum adveb {entium annua- 
tim debebantur, perpétue ego cum [posloris meis in elomosina ecclesie 
Sancti Huberti remisi. Puellajni quoque de familia mea fih'am, (î. uxorem 
B. de Morjheys ibidem conlradidi. I^^t ne banc meam Iraditionem] quis- 

10 quam posteronini meorum vel beredum audeatf infringere, presenli scripto 
et sigiHi mei impressione co|rain uxore mea Laurentia et teslibus muUis 
idoneis [et iiberis et servis volui confirmare. Signum domni Joban|nis 
abbatis; S. Pétri prioris; 8. Slepbani cnslodis [et aliorum fralrum ecclesie; 
S. Bovonis advocali; S. (iuiirneri de] Durbuy; S. Koberti de Baslonia; 

15 S. Gerardi forcstarii [et ab'orum mullorum. Aclum anno incarnationis 
Dominice iVIICLXl", ix indiclione, ii kal. junii, régnante Prede|_rico Konia- 
norum impcratore]. 



XCVI. 



L'abbé Jean l" de IVaha cède à l'abbaye de f^auclair tout ce que Saint- 
Hubert possédait à Royaucourt, à Harpemonl et à Warinbus, pour un 
20 cens annuel de six seliers de seigle. 

1163. 

Original disparu. — Copie à la Bibliothèque nationale à Paris, cartulaire de Vauclair, fonds latin, 
n» 11073, fol. 38 v. 

Quoniam omnium fîliorum .Adam et substantia fragilis est et memoria 
25 labilis et vita brevis, opère precium est ea que digna sunt recordalione 



(a) Les lettres in ont subi un remaniement qui ne laisie pas voir ce qu'on lisait auparavant. 

' Prcntenburg est totalement inconnu. Pcut-dlrc faut-il chercher cette localité dans le voisinage 
des vignobles que l'abbaye possédait à Liescr sur la Moselle. 

16 



_ 122 — 

111(5-1164. nieinorabllibus iitteris mancipari. iN'olum i^itur sil tam prcsenlibus quam 
futuris quod ego Johannes^ abbas Sancli lliiberli et lotuin çcclesie noslre 
capiUilum dedirnus ecclesiç sajicle iMarie VaMisclare el in perpeluum 
possidendam concessimus lotam terraiii planam, et que antiquilus fuit 
arabilis, quain pussidebamus in Koialcurtet in Harpeinunt et in \\ arinbus, s 
sub Irecensu sextariorum sex siliginis. ad niensuram de Movo Castello, que 
nunc currit anuuatim, persolvendoruni in festo sancti Reniigii fralribus 
nostris apud tberneicurleni niorantibus. Firniuni vero nemus ad ulriusque 
çcclesiç commune reservabitur. Hujus donalionis et convenlioiiis testes 
sunt Lambertus de Bayri presbiler et decanus^ Ysaac et Wiardus presbileri 10 
de iNovo Castello, Lambertus, presbiter de Briannia, Ysembardus magister, 
Theodericus Alomannus. Lit autem liée ipsa conventio rata in poiterum et 
ineonvujsa permaneal, presenli c^rographo el impressione sigillorum 
ulriusque ecclesiç el pcrsonarum aimolatione roboravimus. SIgnum 
Johannis, abbatis Sancli Huberli; S. Cononis prioris; S. Guidonis, prions 15 
de Eberneicurle; 8. Cononis cantoris; item S. Haduifi, abbatis Vallisclare; 
S. Haymonis prioris; S. Lolherii subprioris; S. Bartholomei ceilararii. 
Acluin anno incarnalionis Dominice M". (>. LX". 111°, sub domno Gualtero 
Laudunensi pontifice. 



XCVII. 

L'abbé Jean /" de fVaha cède aux religieux de Saint-Martin de Laon, jo 
pour une rente annuelle, les terres que son abbaye possédait à Pruny. 

Laon, 1164. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 27, H. 3. Charte 
partie avec le mot cyrograpbum précédé d'une croix, écrit dans la marge de droite. Sceau disparu; 
reste une double queue de parchemin. — Sur la chemise : • Enregistré fol. 85. » ÎÎJ 

In nomine sancte et individue Trinitatis, amen. Ego Johannes, Dei gratia 
abbas ecclesie Sancti Huberti de Arduenna. Notum fieri volumus tam fulu- 
ris quam presentibus quod assensu capituli nostri et assensu Henrici prioris 



- 123 — 

et capituli de Sanclo Theobaldo tolam lerram quam ecclesia Sancli Tlieo- 
baldi de Castello Porciensi. quç nostri juris est, possidehat de lerritorio de 
Pnini inler rivum de Vahel et lerritorium Caslelli Porciensis, pro Irecensu 
decem sextarforum friimenli et duoriim fabç ad mensuram (]astelli Por- 

5 ciensis çcclesiç beali Martini Laudunensis perpetuo possidendain conces- 
simus. Hune autcm trecensiim fralres de Thorencb infra octavas sancti 
Martini sua vectura ad çcclesiam Sancti Theobaldi annualim perducent. 
Quod ut ratum permaneat, presenti cyrographo et sigillis ulriusque 
çcclesie ac lestium subscriptione corroborari fecimus. S. Johannis, 

10 abbatis çcclesie Sancti Huberli; S. Cononis prioris; S. Guidonis, prioris 
de Evernicurle; S. Henrici, prioris de Sancto Theobaldo; S. Joliannis, 
S. Herinianni. S. Balduini, S Alemi (a), monachoruin; S. Garini, abbatis 
ecclesie Sancti Martini Laudunensis; S. Machelmi prioris; S. AIrici 
subprioris; S. Pelri canloris; S. Drogonis, prepositi Heinensis çcclesiç ; 

15 S. Leonis decani; S. magistri Fulconis; S. Rogeri de Porta Carceris; 
S. Rogeri viMici; S. Thome prepositi; S. Alenii (a) de Castello Porciensi. 
Actum Laudiini in abbatia beati Martini anno incarnati Verbi 
Mo C» Lo X" IIIK 



ilM. 



XCVIII. 

l/abbé Jean I" de fVaha cède en arrenlement perpétuel à Saint-Martin 
^ de Laon, des biens situés à Maqnivillers, à Plesnoy et à Ecrij. 

Laon, 11C4. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Élat, à Arlon, fonds Sainl-Hubcrt, il, B. 3. Charte 

jiarlic avec le mot craocRAPiiLu écrit dans la marge de gauche. Deux sceaux ronds, suspendus à 

doubles queues de parchemin, le premier, en cire blanche (O'o.OSS), à moitié fruste, représentant le 

2.°( buste d'un saint auréole et tenant la crosse de la main droite. La légende est devenue illisible. Le 

second, iin cire rouge (O'o.OlS), est en partie détruit; il représente un prélat debout, tête nue, la 

crosse dans la main gauche. Légende : ►J< TINI L.AUOUNENSIS. — Au dos : « Enregistré 

au b» registre, fol. 7. • 

In NO.MINE SANCTE ET iNDiviDUE Trinitatis, AMEN. Ego Johanncs, Dei gratia 



50 (a) Alenms les deux fois avec un signe d'abrénalion au-dessus de l'e. 



- in - 

iiR4-ii6S. abbas ecclesiç Sancti lluberti de Arduenna. Motuin fieri voliimus tam 
futuris qoiiin presend'bus qiiod as^ensu capituli nostri et asscnsu Guidonis 
prioris et capiluli de Everniciirle concessimus çcclesiç Sancli Martini 
Lauduiiensis paiUm neinoiis quani liabebumus rétro ciirtein de Uenii- 
curte, ^icul métis divisum est, el parliiinculani nenioris juxta curteni de s 
Wangivileir, iiisiiper et parteni nenioris ad ruam de Fageto el quatuor 
campos in dislricto de Planeto el praluni apud Kcchri pro trecensu 
1111 sexlariorum frumcnti et duoruni pisç ad niensuram Hemensem annua- 
lini ab auguslo usque ad fesluni beati Diunisii apud Evernicurtem persol- 
vendo. Pro prediclo vero pialo ecclesia Sancli Martini eliam sex nummos iO 
sanclimonialibus beati Pelri Kemensis solvel. Quod ut ralum permaneat 
presenli c} rographo el sigillis utriusque ecclesie ac testiuin subscriptione 
conoborari iecimus. Signum Johannis, abbalis ecclesie bancti Huberti de 
Arduenna; S. Cononis prioris; S. Cononis canloris; S. Ciarini, abbatis 
çcclesiç bancli Martini Lau<lunensis; S. Machelnii prioris; S. Pelri 15 
canloris; 8. Guiardi, S. Isaac, S. Rogeri, sacerdolum de Novo Castro; 
S. Guicliardi, coniilis de Uosci ; S. Isenbardi magislri; S. Theoderici 
Alenianni; 8. Egidii, miiilum de JNovo Castro. Actum Lauduni in abbatia 
beati Martini anno incarnali Verbi M" C» L" X" llll. 



XCIX. 

Hillin, archevêque de Trêves, confirme à l'abbaye la possession 20 

de ses biens de Lieser. 

Coblence, 1165. 

Original sur parciicmin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Huberl, sans indication de 
classement. Sceau disparu. 

Lieser ayant éijé aliéné par l'abbaye en 1575, les documents y relatifs auraient du être cédés au 25 
nouvel acquéreur. Cette charte paraît avoir été conservée dans la layette 44, qui est désignée d'une 
manière très sommaire par Y Inventaire comme contenant des actes de biens aliénés. 

(C.) In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et FiLii ET Spiritus 



— 123 — 



Sancti. Helliniis, Dei gralia Trevirorum humrlis niinister et servus, dilecto 
in Christo Johanni ahhati çcclesie Sancti Huherti graliam suam et saliileiii 
in pcrpeluiim. Quum ad honorem ecclesiasliciim nos tiivina promovil 
clernentia. que ab elerna sui operis gubernalione non fleclitur, decet nos 
s diligere et nianulenere divinç cultnin jush'ciç ac liieri ef arnpiccti cjiritatis 
visceribiis cçliim fidcliuni. Unde, dilecte fraler Johannes, abba cçnobii 
8ancti Huberli, luis pelilionibus clementer annuirnus el volumus ut sciât 
presens etas el postera quod quicquid ecclesia tua légitima el qiiieta 
possessione hactenus tenuil el lenel in villa nostra Lessura ', in çcclesia 

10 et decimis ejus^ vineis et agris, cainpis cullis el incullis, pralis, aquis aqua- 
rumve deciirsibus, secundum terminos anliquos vel in quocunque loco 
noslri episcopalus in présent! die possessiones iiabere ecclesia libi com- 
missa videlur vel futuro tempore habitura est ex donalione fidelium, 
auctorilate beali Pétri aposloloruin principis et nostra libi luisque posteris 

15 in perpetuum conlinnamus el sub nostra protectione defendenda susci- 
pimus^ et si qua persona secularis vel çcclosiastica de his omnibus ecclesiç 
beali Huberli injuste violentiam intulerit el semel ac secundo commonila 
resipiscere noluerit, donec resipiscal perpetuo anathemate condempnamus. 
Prelerea ex ampliori nostre dileclionis abundantia ecclesie beali Huberli 

20 perhenniter concedinms ut siquis liber vel agricola in predicta villa nostra 
Lessura, vel in quocumque nostre dilionis loco, de jure proprii allodii pro 
anime sue remedio ecclesie ipsi volunlaria donalione conferre voluerit, 
nostra liberali benivolentia et concessione libéra, salvo jure nostro 
conl'erat possidenda in perpetuum. Et ut hec nostrç aucloritalis pagina 

25 rata habeatur, noslri sigilli impressione sigillari jussimus. Testes qui 
inlerfuerunt liuic actioni sunt hi : i^Jagister (îerardus, preposilus Palalioli; 
Teodericus et Teodericus. capellani; Alberlus, canonicus 8ancti Castoris. 
Laici qui inlerfuerunt : Willelmus mariscalcus^ Ludowicus dapifer, 
Lupoldus castellanus. 

50 Actum Confluentie, vu» idus augusli, anno Dominice incarnationis 
MCLXV, indiclione xiii", epacla vi', concurrente iiii. 



H0O. 



' Sur les propriétés de Tabbaye à Lieser voyez ci-dessus les n<" Il et IV. 



126 



HM. 



c. 



L'abbé Jean I" de H^aha notifie l'accord intervenu entre le prieuré de Cons 
et l'abbaye d'Orval au sujet de la dime d'un pré situé à Margut. 



1166. 



Celte charte, qui manque au chartricr de Saint-Hubert, a été publiée d'après une copie d'Orval par 
le P. GoFFiNBT, dans le Carlulaire de l'abbaye d'Orval, p. 40. Nous adoptons, dans notre reproduction, 5 
les variantes du manuscrit Caso, publiées par A. Delbsclusb, Charles inédites de l'abbaye d'Orval, 
p. 41. 



Ego Joliannes, Dei gralia abbas ecclesiae Sancli Huberti, notam facio 
praesentibus et fuluris, filiis et fralribus nostris, compositîonem quae ex 
consilio lolius capituli nostri facta est inler fratres nostros Cunenses et »o 
abbatem Theodericum et fratres ecclesiae beatae Mariae Aureaevallis, de 
décima prali quod vulgo dicitur Caritas, quae perlinet ad ecclesiam de 
Margnyl. Singulis annis pro eadein décima persolvat ecclesia Aureaevallis 
ecclesiae Cunensi oclo denarios, et quatuor presbitero vestito ecclesiae, in 
feslo apostolorum Pelri et Pauh'. Hanc compositionem ratam esse volumus is 
et praescnti scripto, sigillo Sancli Huberti confirmato^ posterorum memo- 
riae commendamus. Actum anno incarnationis Domini M" C« LXIV°, coram 
his testibus : S. Johannis abbatis; S. Theoderici abbatis; S. Cononis 
prioris; Tezeh'ni (a), Anselmi, Herberti, Cononis, Gerardi, Stephani, 
Ligeri (6), monachorum, et Alexandri tune praepositi Gunensis. M 

(a) Jezeliiii Goffinet. — (6) Eigerl Gofjxnel. 



— i!27 — 



Cl. 



Entre 
1107 et 1170 
1168 



L'abbé FAberl, avec le consentement de Raoul de Zàhringen, évêque de 
Liège, vend à l'abbaye de Justemont, pour une redevance annuelle de 
soixante sous de Châlons, les biens que Saint-Hubert possédait à Gan- 
drange, à Marange-Silvange et à (J change '. 

Euire IIGT cl 1170. 

Mention dans la charte de juillet 1224 reproduite plus loin. Romuald Hancart, qui écrivait au 
XV 1!« siècle, ne connaissait Pacte que par cette mention. (Voyez son article Elbert.) 

La date approximative est comprise entre Pavèncment de Raoul de Zàhringen comme évéque de 
Liège (1167) et la mort de Tabbé Elbert, le 14 août 1170. 



Cil. 



10 Gui, abbé de Mouzon, cède en arrentement perpétuel au prieuré 
de Château- Porcien des terres situées près de Herbigny. 

\ MonzoD, 1168. 

Original sur parchemin aux archives de PÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 27, H. 2. Fragment 
tout fruste d'un sceau en cire jaune pendant à une double queue de parchemin. 

18 (C.) In nomine sancte et ikdividdr Trimtatis. Ego Guido, Dei gralia 
abbas çcclesie sanclç Marie Mosomi. notum facio presenlibus et futuris 
quod assensu capituli nostri, per manum Hain'ci, prioris çcclesie nostrç de 
Tin, concessi çcclesie sancti Theobaldi perpetuo possidere quidquid ipsa 



* Gandrange-sur-Orne et Uckange, tous deux dans le canton de Thionville (Âlsacc-Lorraine) et 
20 Marange-Silvange, dans le canton de Metz [ibidem) formaient un groupe territorial assez compact, à 
peu de distance de Justemont. Il ne faut pas oublier qu'à partir du XI« siècle on voit les établissements 
religieux se préoccuper d'aliéner celles de leurs propriétés qui sont situées à une distance trop consi- 
dérable, et concentrer autant que possible leurs domaines. 



— 128 — 

1168-1170. çcclesia nostra de Tin tenebat in Kriehan. ad ponlem scilicet Diiranni 
juxla Harhiney, in silva et pralo, sicul via velus vadit a rivo qui dicilur 
Moyscun usque ad alium rivuuj qui dicilur Gyveruii et concursus prçdic- 
torum fluvioruM) includit, pro tribus solidis Uernensis monetç, prêter 
mapagium uriuni quod tenet Pelrus de Harbiney. Hos autem denarios ^ 
sohet çccicsia Sancti Teobaldi in feslivitate predicli sancli aul viliico 
noslro de Harbiney aul nuncio ecclesiç. Quod ul ratum inconvulsumque 
permaneat, placuil nobis prçseriti scriplo corroborare uc sigilli nostri 
iinpressione ac leslium veracium qui inlerfuerunl subscriptione. Signum 
(iualleri prioris; Siguum Hicardi preposili; S. Hairici^ prioris de Tin; •<> 
S. Johannis cellerarii; S. Guarneri decani; S. Albrici decani; S. Rodulfi 
de Ponte Fabricalo; 8. Johannis de Dozey el aliorum mullorum. Actum 
publiée Mosomi, anno incarnali Verbi [Vl° C" L<» XVIII», sub domino Hein- 
rico, Ueniorum arcliiepiscopo. 



cm. 

Raoul de Zàhringen, évêque de Liège, confirme une donation faite au 13 
prieuré de Bouillon par deux frères dont la mère avait été converse de 
ce prieuré. 

«170. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 20, A. 5. Sceau disparu; 
reste une double queue de parchemin. iO 

l^ NOMINE SANCTE ET INDIVIDUE TrINITAIIS, PaTRIS ET FiLlI ET SpIRITUS SaNCTI. 

Ego Rodulphus, Dei gralia Leodiensis episcopus, niemor illius apostolici : 

Qui preesl in solh'ciludine et qui miserelur in hylaritale, destinavi Deo 

volenlibus servire compati et collaborare. Huic devotioni meç obtulit se 

t ^ lohannes cognomento Morellus de Buy Ion el Helyas presbiter frater ejus, i5 

V ^ quorum malpr Haduidis medietatem prati quod dicilur Copeyseauis ' 

• Ce pré Copeyseauis, ou Copcseau comme l'appelle un scribe du XVIII» siècle, c'est, comme on le 
voit par les archives de Saint-Hubert, le pré des Moines, situé à Dohan, et qu'en 1635 l'abbaye 
admodia pour un terme de cinq années. 



- 129 



çcclesiç Sancti Pelri in prediclo caslro contulerat, annuente domino ino-iiTi 
Heinrico predecessore meo, in qua se conversam reddidil et ibi obiit. Cujus 
devolionem filii jam dicti sequentes alteram medietatem ejusdem prali pro 
vil libris in vadimonium et posl in elemosinam fralribiis çcclesiç jam 

5 dicle tradiderunt^ multis apud me agenles precibus ut |)ro anime mee 
remedio huic traditioni el elemosinç annuerem et eam presenlis scripti 
testimonio et sigillo meo ad successorum memoriam confirmarem. Quod 
el foci el concessi anno incarnationis Dominice IVI" C" LXX, indictionc m, 
epacla i, concurrente iii^ coram multis testibus idoneis, clericis et laicis, 

iO quorum nomina hec sunl. Balduinus archidiaconus: Hubertus decanus; 
magisler Benedictus; Manasses de Hyrges; Teodericus de Turri et filii ejus 
Teodericus, Heribrandus; Poncardus de Remania; Rainerus de Bulon cl 
Richerus frater ejus; Everardus de Astinelo; Otto prepositus; Hescelinus, 
Godescalcus fralres et multi alii. 



oj M' v/ 



CIV. 



15 L'abbé Conon cède à l'abbaye de Saint-Nicaise de Reims, en arrentemenl 
perpétuel, des biens que Saint-Huberl possédait à Brimont, à Saint-Ger- 
main mont et à Betlancourt. 

1174. 



Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, B. 1. Charle 
10 partie avec le mot cvrographum entre deux croix, écrit dans la marge de droite. Traces de deux 
sceaux disparus. 

I> NOMiNE Patris ET FiLii ET SpiRiTus Sancti, AMEN. Prcscntium noticie 
Iradere et sancle successure posteritatis memorie transmiltere dignum 
duximus quod ego Cono, abbas Sancti Huberti, assensu capiluli mei el 
îs assensu VVidonis, prioris Evernecurlis, et fratrum ibi moranlium conces- 
sinnis domino VVidoni, abbatibeati N}'chasii,et successoribus ejus perpetuo 
jure possidendum quicquid apud Burinimontem et apud Sancti Germani 
monlem habebamus in sede molendini, in allodio et décima et omnibus 

i7 



— 150 — 

Ii74-ii7h. conimodis, sub trecensu sex sexiarioruin frumenti Hemensis mensure. 
Confirmunius eliam quicquid habebaiiius apud Betaiiain curtem in sede 
iiiolendiiii, cum terra eidem moiendino adjacente et vivario et ailodio 
Hairinioreit trans aquam versus Betariam eurtcm, pro trecensu tn'um 
sextariorum frumenti Remensis uiensure, a festo sancti Remigii usque ad 3 
INativitatem ad Evernam curtem sua veclura perferendorum. Ad hçc igitur 
tuenda contra omnes qui canonicam justitiam non refutaverint, monachi 
y de Kvernacurte legitimam garendiam ecclesiç beali iN}chasii portare debe- 

bunt. Et ut rata et inconvulsa permaneant, presenti cyrogiapho munimus 
et utriusque ecclesie sigillo roboranda decrevinius. Isti sunt testes : Elgerus, to 
prior Sancti Huberli; Johannes thesaurarius; Henricus, prior Sancti 
Theobaldi. Ex parte Sancti INycliasii : Hadulfus prior; Pontius thesaurarius; 
Haimo. Actum anno M° C" LXX" llll", indictione vu. 



cv. 



Guichard, comte de Roifcy, cède son hospice d' Evergnicourt à celui de Laon 

pour une somme de quatre-vingt livres et des anniversaires. t» 

Neufchàtel-sur- Aisne, 1178. 

Original disparu. 

Copie simple du XV 1« siècle sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
43, A. C'est un rouleau forme de plusieurs pièces de parchemin cousues ensemble, sur lesquelles on 
a copié un certain nombre de documents relatifs à Evergnicourt. Au dos on lit : « Compùlsoir de 20 
plusieurs lillres d'Évcrgnicourt. Ensemble un procès-verbal des bornes qui séparent le terroir d'Éver- 
gnicourt avec celui d'Avaulx. » — Autre copie simple du XVII' siècle, sans indication de classement, 
aux Archives du Gouvernement à Luxembourg. 

(C.) In komine SAiNCTE ET iNDiviDUE Trinitatis, AMEN. Ea siquidcui litteris 
annolari que hiemorie commendanda sunt, ne oblivione deleantur, antiquo- 25 
rum consuevit discrecio. Eapropter ego Wischardus, cornes Roceiensis, 
notuni facio tam presentibus quam futuris quod ego, consenciente uxore 
niea et approbante, et Radulfo fib'o meo et uxore sua et ceteris liberis 



— r3i - 



meis. hospitalem dornum de Kvreinicurte cum appeiidiciis suis doniui 
hospilalis Laudunénsis ecclesie liberam et absolutam concessi, salvo jure 
ecclesie de Evreinicurlo et sacerdotis ac salvo jure alforum et elemosinis, 
ita tamen quod sub allrrius domini potestate domus predicla poni non 

5 poleritnecab hospitali ecclesie Laudunonsis alienari. Concessi eliam quod 
nuliain exaclionem, nullum gravamen predicle domui vel appendiciis ejus 
vel fratribus ipsius domus aliquo modo inferam nec infcrri permillam. 
Hec autem bona fide me observaluium juravi. Ecclesia vero Laudunen>is 
in rccompensatione istius concessionis nobis quater viginli libras Rtmensis 

10 monetc donavil et annivorsarium palris et matris mec et meum et uxoris 
mee Ehsabel celebrare promis! t. Ut autem hoc firmum et inconcussum 
permaneat, sii^illi nostri impressione confirmavimus et teslium subscrip- 
lîone corroboravimus. Signum Oberli presbilcri; S. Hannonis de Maria, 
S. Henrici de Castel, S. Pétri de Erpeio, S. Ebali fîlii comilis, canoni- 

18 corum; S. Lamberti de Guignicurl, S. Sansonis, S. Guidonis, S. Egidii, 
8. Gilleberti, presbiterorum ; S. Kainaldi de Romanis, 8. Henrici de Avax, 
mililum. Actum apud INovum Castellum, anno Dominice incarnalionis 
M» C« LXX» VHI», Heinrico de Castel hospitolario. 



1178. 



CVI. 



^0 



Le pape Alexandre III confirme à l'abbaye la possession de ses biens, 
et spécialement de l'église de Baisy. 



Auagui, 15 février 1178. 

Original sur parclicinin avec bulle de plomb aux Archives du Gouvernement à Luxembourg, pro- 
venant de 103, B. l. 

On sait qu'Alexandre III, comme tous ses prédécesseurs à partir d'Eugène III, a employé le style 
2o florentin, qui était celui de l'Annonciation. 



^VlEXANDKR EPISGOPUS, SEHVUS SERVORUM DeI, DILECTIS FILIIS CONONI, ABBATI MONASTERil 

Sancti Humberti de Ardennia, ejusque fratribus tam presentibus quam futuris regu- 
LAREM viTAM PROFESSES IN PEiu>ETuuM. Quoticns illud a nobis petitur quod reii- 




— 432 — 

1178. gioni et honeslali convenire dinoscitur, animo nos deeel libenti concedere 
et petenliuin desideriis congruuni iinperliri consensum. Eapropter, dilecti 
in Domino (ilii, vestris justis postulationibus cienienter annuimus et 
prefâluin monasteriuni, in quo divino mancipati estis obsequio, sub bcali 
Pelri et nostra proleclione suscipiinus, et presenlis scripti privilegio com- a 
munimus, statueiites ut quascunque possessiones, quecunque bona idem 
monasierium in presentiarum juste et canonice possidet aut in fulurum 
concessjone pontificum, largilione regum vel principum, oblatione fîdelium 
seu aliis justis modis, preslante Domino, poleril adipisci, firma vobis 
veslrisque successoribus et illibata permaneant. In quibus hec propriis lo 
(luxiiDus exprimenda vocabuiis : 

Kcclesiam de B[ayjsiu cum pertinentiis suis, quam episcopus diocesanus 
de assensu fundaloris, scilicel bone memorie Raineri comitis, qui a princi- 
pio fundavit ecclesiam, monasierio vestro tradidit '^ décimas de Tangier- 
sart, décimas de Henochart, décimas de Hatain, décimas de Tybersarl, is 
décimas de Lambersat (a), décimas de Berniersart et de pertinentiis ejus, 
décimas de Haduart angulo, décimas de Silva et de pertinentiis suis, 
décimas de Pontehles, décimas de Chrimont, décimas de Gimbersart, déci- 
mas de liantelleir, décimas de Jodulsart, décimas de Hodiersart, décimas 
de Pyrunchroz, décimas de Pirunsart usque in Bosut, décimas de Ger- 20 
mengontrau cum pertinentiis suis, décimas de Torlhouze, décimas de 
Aveihynpreit, décimas de Sartopetriponte, décimas lerrarum de Herriot, 
niolendinum et triginta bonarias terre, scilicet Hyrebertval * et decem 
orlorum et ceteras possessiones prescriple ecclesie de Baysiu in dotem 

{(i) Probablemenl pour Lanibersarl. 2S 

' Nous avons déjà fait remarquer la contradiclion forniellc qu'il y a entre ce passage et celui de la 
Chronique de Saint- Hubert (voyez ci-dessus, n» LXV, page 85), confirmée par la bulle de Lucius l!l 
du 25 mars H84 (voyez le texte plus loin). Le moyen de l'ccarter, ce serait de supposer que Régnier 

j et Ida de Boulogne ont cliacun donné à l'abbaye une partie de l'église de Baisy. Il faut probable- 
ment penser ici à Régnier V, comte de Ilainaut (mort en 1036) et père de la célèbre comtesse Richilde, 30 

i et, dans ce cas, l'évcquc diocésain, qui est celui de Cambrai, sera probablement Gérard 1«', qui gou- 

' verna le diocèse de 1015 à 1048. 

* Tous ces noms désignent autant de lieux dits du territoire de Baisy, dont plusieurs sont men- 
tionnés ici pour la première fois; en voir un relevé dans Tariibr et Wauters, Géographie et histoire 
des communes belges. Canton de Genappe, pp. 32-33. 35 



— 153 



concessas, et dimidiam partem omnium reJdiluum que pertinent ad fran- 
cam viilam el serves et anciilas ejusdem ecclesie scilicet béate Marie. 

Sane novalium veslrorum. que proj)riis manibus aut snmplibus colitis. 
sive de nutrimentis veslrorum animalium nullus a vobis décimas présumât 
5 exigere. Liceal quoque vobis clericos vel laicos liberos et absoliilos e seculo 
fugientes ad conversionem veslram recipere el eos absquc ullius conlra- 
dictione in vestro collegio relinere. Prohibemus insuper ut nulli fratrum 
veslrorum post faclam in eodem loco professionem sine licentia al)balis 
sni fas sit de claustro discedere, discedenlem vero sine communium lille- 

10 rarum cautione nuiius audeat relinere, nisi ad arctiorem vilam volucrit 
Iransmigrare. Obeunte vero le, nunc ejusdem loci abbate vel luorum 
quoh'bet successorum, nullus ibi qualibet subreptionis astutia seu vio- 
lenlia preponalur, nisi quem fratres communi consensu vel fratrum pars 
consilii sanioris secundum Dei timorem et beali Benedicli regulam provi- 

15 derinl eligendum. Sepulturam quoque ipsius loci liberam esse decernimus. 

ut eorum devolioni et exlreme voluntali, qui se illic sepeliri deliberaverint. 

nisi forte excommunicati vel interdicli sint, nullus obsistat, salva tamen 

justiliâ illarum ecclesiarum a quibus morluorum corpora assumuntur. 

Decernimus ergo ut nulli omnino hominum liceal prefatum inonasle- 

20 rium lemere peiiurbare aut ejus possessiones auferre vel ablatas relinere. 
minuere seu quibusiibet vexationibus fatigare, sed illibata omnia el intégra 
conservenlur eorum, pro quorum gubernalione el suslentatione concessa 
sunt, usibus omnimodis profulura, salva sedis apostolice auctoritate el 
diocesani episcopi canonica juslilia. Si qua igilur in futurum ecclesiaslic^- 

25 secularisve persona, hanc nostre constilutionis paginam sciens, contra eam 
lemere venire lemptaverit, secundo terliove commonila nisi presump- 
tionem suam digna salisfactione correxcrit, poleslalis honorisque sui digni- 
lale careat reamque se divino judicio existere de perpetrala iniquitate 
cognoscat, el a sacralissimo corpore ac sanguine Dei el Domini Redemp- 

30 loris noslri Jhesu Chrisli aliéna fiai, alque in extremo examine districle 
uUioni subjaceat. Cunclis autem eidem loco sua jura servantibus sit pax 
Domini noslri Jhesu Chrisli, quatinus el hic fruclum bone aclionis perci- 
piant et apud dislrictum judicem premia elerne pacis inveniant. Amen 
Amen. ^ 

35 (il.) Ego Alexander kalholice ecclesie episcopus s?. (B. V.) ; 



1178. 



— 134 — 

1178. -j- Ego Hubaldus Hosliensis episcopus ss.; 

Après 1178. j. j.gQ Joliannes presbyler cardinalis sanclorum Johannis et Pauli tiluli 
Pamacliii ss ; 

f tgo Boso presbyler cardinalis sancto Pudenliane liluli Pasloris ss. ; 

f Ego Joliannes presbjter cardinalis tituli sancli x\farci ss.; 5 

f Ego Pelrus presbyler cardinalis liluli sancle Susanne ss. ; 

f Ego Jac[inlhus], diaconus cardinalis sancle Marie in Cosmidyn ss. ; 

f Ego Ardecio, diaconus cardinalis sancli Theodori ss.; 

f Ego C[inlh]ius, diaconus cardinalis sancli Adriani ss.; 

f Ego Hugo, diaconus cardinalis sancli Angeli ss.; «0 

f Ego Laborans, diaconus cardinalis sancle Marie in Porlicu ss.; 

f Ego Rainerius, diaconus cardinalis sancli Georgii ad Vélum Aureum ss. 

Dalum Anagnie per manum Alberli, sancle Romane ecclesie presbyteri 
cardinalis el cancellarii, xv kal. mari., indiclione xi, incarnationis Dominice 
anno MoOLXXVll", ponlificalus vero domni Alexandri pape lli anno is 
nono decimo. 



CVII. 

Le pape Alexandre III confirme la transaction conclue entre l'abbaye de 
Fillers, d'une part, et l'abbaye de Saint-Hubert et Olivier, curé de Baisy, 
d'autre part, au sujet des dîmes de Gemiontrou et de 'Bernissart. 

Après 1178. 20 

Original disparu. 

Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, dans un cartulairc de l'abbaye de Villcrs, Carlu- 
laire 181, fol. 43. 

Alexander episcopus, servus seivorum Dei, dilectis filiis abbati et fra- 
Iribus monaslerii de Villari salulem et apostolicam benediclionem. Ea que 2b 
concordia vel judicio slaluunlur in sua debenl firmitale consislere et, ne 
alicujus valeant presumplione turbari, robur firmilalis convenit oblinere. 
Eapropler, dilecli in Domino filii, veslris justis poslulalionibus benignius 
annuentes. compositionem quam cum abbate Sancli Huberli et Olivero 



— 135 — 

presbitero super décimas de (îerminelo et Sarto Bernèrii fecistis. sicut de Après ii78. 
comnuini assensu et bene[)lacito utriiisque partis sine pravilate facta est, *'"'• 
aucloritale vobis aposlolica confirmamus et presenlis scripli patrocinio 
communiinus, slatueiiles ut nulli omnino hominum liceat hanc paginarn 
» nosire confinnationis infringere vel ei aliquatenus contraire. Si quis 
autem hoc altemptare presumpserit, indignalionem omnipotentis Dei et 
bealorum Pétri et Pauli apostoloruui ejus se noverit incursurum. 
Datum, etc. 



CVIIl. 



L'abbé Jean II cède à perpétuité toute la dime de Filly à l'abbaye d'Orval 
10 pour un cens annuel de soixante-dix sous de Cliâlons-sur- Marne. 

H8i. 

Original sur parchemin très endommage aux Archives de l'Etat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 37, 
I. i. Charte partie avec le mot ctrocrapiium en tcle. — Deux copies simples sur papier, dont l'une 
est antérieure à la dégradation de l'original et contient le texte entier. 
15 GoFFiNET, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, p. 82, d'après une copie authentique de l'exemplaire 
original d'Orval. 

In nomine sancle et individue Trinitalis. Ego Johannes, ecclesie beati 
Hugberli minister humiiis. [dilecto patr]i |Sl]ephano, Auree Vallis abbati et 
ipsius çcclesiç fralribus eorumque successoribus in perpetuum subslituen 

20 dis. Humanç memorie defectui, qui veritali ignoranliam inducere solel et 
justicie derogare, presenlis scripli remedium opponentes, notum facimus 
lam presenlibus quam posleris quod vobis et successoribus veslris cano- 
nica donalione donavimus et aucloritale sigill[i ecclesiej nostre sub testi- 
monio et benivolo assensu personarum lolius capituli noslri in perpetuum 

25 confirmavimus omnem decimam segelum et animalium et omnium que 
decimari soient et quicquid ju[ris et pr]oprielatis ecclesia noslra Cunensis 
hactenus in parrochia de Villey lenuit sub trecensu sepluaginta solidorum 



— 136 - 

"^**- Calhalaunensis monele annualim in feslo sancli Michaelis fralribus [de 
Cujnis solvendorum. Qui ceusus si die delermiiiala non solvilur, nulla 
occasione inde sunip[la usquej ad festum omnium sanclorum a fratribus 
in pace recipielur; si vero [accident Calhalaunensem nionetam caderej, 
ejus que lune apud Yvodium et apud Verlun erit laudabilis [solvelur 5 
predicli trecensus] numerus, et si quispiam super hiis vos infesta[verit, 
legitimam et pacificam warendiam vobis defejremus et posleri noslri posle- 
rilati veslre. INolum quoque [volumus fieri, quod sub prçnominato] Ire- 
ceiisu non includunlur x solidi anti[que conventionis a prçdeccssoribus 
vestris nobis confirmatç] quam in perpetuum ratam volumus baberi '. [De 10 
roparanda ecclesia, de solvendo ejusjdem ecclesie censu, de providendis 
hiis que a[d divinum spectant obsequium id agent fratres Aureçvallis] 
qiiod ex consuetudine tenetur fieri in aliis Yvo[diensis decanie ecclesiis], 
Quod si ex nutu Dei acciderit paslorem predicte ecclesiç viam universe 
c[arnis ingredi, eligel abbas Aureçvallis personam] et electam per se vel 15 
per nuncium suum nobis presentabil, nos [vero], omni occasione et 
calumpnia postposita, absque contradiclione eam investiemus dono fundi 
cum ipso abbate. Producta aulem persona abbati Aureçvallis fidelilalem de 
servando suo jure faciet et nobis de nostro. Hçc, inquam, omnia non solum 
sigillo sed et cyrographo propter majus confirmationis et pacis erga 20 
nostros et veslros successores indeficienlis robur et sigillo domini A[rnulti] 
venerabilis Treverensis archiepiscopi auctorizari volumus. Et ne per 
aliquam secularem ecclesiasticamve personam diss[oI]vatur in futurum 
quod ad communem ecclesiaruni nostrarum profectum et pacis incremen- 
tum actum est, sub divina attestalione et anathematis vincuîo prohibemus. 25 
Signum domini Koduipbi arcbidiaconi; S. Wilelmi prioris Sancli Huberli; 
8. Rozelini prioris de Cuns; S. Cononis prioris de Bulon; S. Cononis de 
Fer; S. Oltonis prioris Sancli Theobaldi; S. Alexandri cellerarii; S. Alberli 
cuslodis; S. Rofridi; S. Herberli; S. totius conventus; S. Conslanlini prio- 
ris Auree Vallis; S. Theoderici ; S. Hervei cellerarii; S. Johannis supprioris; 30 
S. Rogeri; S. Johannis Grossi; S. totius conventus; S. Juliani pastoris 
ejusdom çccipsie ; S. Folconis Yvodiensis decani ; S. Geraldi clerici; 

* Il s'agit ici de la dime de Blaiicbampagne, dépendant de Viily, que l'abbé Gisicbert avait cédée 
en 1158 à Tabbayc d'Orval contre une redevance annuelle de dix sous. Voyez ci-dessus, n» LXXXV, 
page 103. 3S 



— \51 



S. mat»istri Peiri; S. Gilonis (iotniiiî de Cuns; S. Tlieobaldi; S. (iiiilolmi U8i. 
<ie Mezuns: S. Berlraiini; S. Dodonis; S. Alanli. Actum anno Dotninicç ^"^""^ 
iiicarnulionis M» C<» LXXXI". 



n«i K 1189. 



jCIX. 



L'abbé Jean II accense à (Guillaume de Brienne une terre que le prieuré 
5 d'Evergntcourt possédait en cet endroit. 

Enlre 1181 el 1189. 



Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, C. 9. Sceau 
disparu. Charte partie avec le mot cirograpiiuu écrit au-dessous du texte. Au dos, d'une main 
contemporaine : « Carta de terra quam tcnet Guiielinus fîlius Lcudonis ». 
10 Les dates ci-dessus sont, jusqu'à preuve du contraire, les deux dates extrêmes de la prélature de 
Jean II. On pourrait aussi, il est vrai, attribuer Tacte à Jean I" ((145-1164), mais la mention faite 
ici du prieur Guillaume de Saint-Hubert, que nous voyons succéder en 1200 à Jean II, tranche la 
question en faveur de ce dernier. 

Ego Johannes, gralia Dei abbas ecclesie sanclorimi Pétri atque Huberti, 

15 notum facio presenlibus et futtiris fratribus nostris et amicis quod ecclesia 

sancle Marie Everneicurlis, que ad n[osliaJm speclat jurisdicionem. terram 

arabilem apud villain que liriania diciliir possidebat, que ex elemosina 

matrone oujusdain Sophie noniine dudum iili provenerat. Hanc ilaque 

terram, que in novem mapagiis et dimidio concluditur, ex consilio Wilelmi, 

20 prioris predicte ecclesie simulque locius capiluli nostri voluntate et assensu, 

Guileimo filio Leudonis de Briania et iieredibus ejus perpetuo habendam 

concessimus, ea videlicet conditione quod de eadem terra singulis annis ad 

mensuram INovi Castelli solvet apud Brianiam priori jamdicle ecclesie vel 

ministeriali ejus in festivitate sancti Hemigii novem sexiarios annone, 

25 medielatem videlicet sillyrinis et medielatem avene. Lit autem hoc nulla 

deinceps obh'vione deleatur vel aliqua successorum nostrorum occasione 

immutetur, placuit nobis presens inde cyrographum fieri et sygiilo ecclesiç 

nostre confirmari, subscriptis teslibus idoneis qui interfuerunt huic nostre 

<8 



— 158 - 

Enire concessioni. Signum domini Heinrici filii domine comitissç: S. Egidii, 
1181 H 11851 j^ Guidonis. S. Alardi sacerdoliim Novi Castelli; S. Isembardi. S. Jofridi 
(HH-t.) Haparl, mililum cjusdem caslelli. Et de Hriania S. (iiiallheri presbileri; 
S. Kogeri militis: S. Rogeri clerici et aliorum mullorum. 



cx. 

Le pape Lncius 111 prend l'abbaye sous la protection du Saint-Siège. s 

Aiiagni, (> mars (1181). 

Original sur parchemin, fort dclériorc, aux Archives de l'Élat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 103, 
K. 7, avec la bulle de plomb du pape Lucius III, pendant à des lacs de soie jaune. Sur le pli : 
« octava ". Au dos : « E. Quinte visa. Th. Bergis ». — Copie moderne simple,.i6i(icjn. 

La date de Tacte se déduit de Tindicalion de la résidence du souverain pontife, qui régna de 11^1 10 
à 1185, et qui passa les mois de mars 1182 et 1185 à Vellctri, et le mois de mars 1185 à Vérone. En 
1 184, au contraire, ses actes le montrent séjournant à Anagni depuis le l" janvier jusqu'au 23 mars. 
(Voyez JAFfÉ, Jiegesta Ponlificum Romanorum.) 

Lucius episcopus, serviis servorum Dei. dileclis [(îliis Johanni) abbati et 
coiivenlui Sancli Hunberli salulem et aposlolicam benedictionem. Ex 15 
injuncto nobis apostolalus oRicio religiosa loca et personas in eis Domino 
servienles sincera [lenemur carijlalc diligere e[t conlraj pravorum in[cjur- 
sus apostolice protectionis [munimine confovere. Eapropter], dilecti [in 
DoniinoJ Clii, [veslris justis pos]tulationibus [annuentes, monasterium 
Ipsum et personas veslras, cum om]nibus [quae in praesenti]arum jus[te ac 20 
sine conlrove]rsia possidelis, aut in posl[erum pre]slante Domino [justis 
modis poterilis adipisci, sub beali Peiri] et nostra prol[ectione] suscipimus 
et presentis scripti patrocinio commu[nimus], statuenles ut nulli omnino 
[hominum] liceat personas vestras vel monasterium lemere [perlurbare seu] 
hanc paginam noslre protectionis infringere [vel] ei ausu tem[erario] 25 
conl[raire. i?i quis autem] hoc al[tenip]tare [presumps]erit, indigoationem 
Lomni]p[ote]ntis [Dei et] b[ea]torum [Pétri et] Pa[uli apostol]oruni se 
noveril [incursurum]. Datum Anagni, 11 Idus Martii. 



159 — 



CXI. 

Le pape Lucius lll confirme les biens du prieuré de Cons et les dispositions 
relatives à la portion congrue du chapelain. 

Auagni, IS mars (1184). 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, ;i Arlon, fonds Saint-Hubert, 37, A. 1, avec la bulle 
5 de plomb du pape Lucius lll pendant à lies lacs de soie jaune. Sur le pli : « Seplima ». Au dos : 
<« Visa. Th. protbon. de Bergis ». 

Lucius episcopus, serviis servorum Dei, dilectis filiis Johaiini abbati et 
(îonventui Sancli Huberli salutem et apostolicam benedictionem. Juslis 
petentium desideriis dignum est nos facilem prebere conscnsum et vota que 

10 a rationis trainite non discordant effectu prosequente complere. Eaprop- 
ter, dilecti in Domino filii, vestris justis postulationibus grato concur- 
rentes assensu, possessiones cellule vestre que appellatur Sancti Michaelis 
de Cons, sicut rationabiliter et sine controversia possidetis, vobis et succes- 
soribus vestris auctoritate apostoh'ca confirmamus et presentis scripti 

15 patrocinio communimus. In quibus hec propriis duximus exprimenda 
vocabulis : personatuin ecclesie ejusdeni loci cum presenlatione capellani, 
qui a diocesano episcopo curam recipiat et de temporalibus vobis debeat 
secundum quod statutum est in eadem ecclesia, et ab Alberone bone 
memorie quondam Treverensi archiepiscopo vobis confirmatum, scilicet 

20 ut idem capellanus lerliam partem totius parrochie, decimam et dolem 
aitaris, decimam etiam de culturis domini ville illius totam libère et abso- 
lute percipiat, et in obitti cujusiibet parrochiani sui, tam in elemosina 
quam in tricenario seu oblationibus, présente corpore priore missa a 
quocumque celebrata, mediam recipiat portionem. Si vero aliquis de aliéna 

"25 parrochia apud locum veslrum sepulluram elegerit, si fuerit de familia, de 
oblationibus que tient in missa priori présente corpore celebrata similiter 
recipiat. In precipuis vero festivitalibus, sciiicet Natali Domini, in Kamis 
palmarum, Pascha, Penthecoste, Ascensione domini et in dedicatione 
ecclesie, primo tamen die, per quemcumque celebrentur misse medielatem 

30 recipiet, et in aliis festivitalibus seu diebus ferialibus in quibus vel per se 



(1184.) 



— 140 — 

iH84). vel per capellanum aliquem missam volueril celebrare, reliquis prescriple 
iiH4(ii si), parrochie provenlibus fratriim usibus comuniter reservatis. sicut in pie- 
dicli archiepiscopi scriplo autenlico conlinetur. Terciam pàrlem décime 
de iVIileio, ecclesiam de i>Ja.rgol, ecciesiam de Viler cum perliiieiiliis suis, 
ecclesiam de Euneio cum pertinentiis suis, ecclesiam de Gunsiviila, eccle- » 
siam que dicitur ad Sanctum .^lauricium, medietalem ecclesie de Toune. 
medielatem ecclesie de Koclielenges, Ires partes allodii de Viler cum lercia 
parte décime ecclesie ejusdem, cum molendino et toto banno, in villa etiam 
de Cons culturain indominicata {sic) cum silva, piscatura, furno bannali et 
duobus molendinis bannalibus, medietatem décime de Ruate, medietatcm lo 
décime de Pracurt, cum medietatem (sic) allodii ejusdem ville, medietatem 
décime de Farasmont, quartam parlem allodii de Custrei, in Mervas et 
Liuns quinque quartarios terre, in Toenna septem, quartam partem allodii 
de Doncort, partem allodii de Sumei, medietatem allodii de Toloncurt, 
partem allodii de iMorcurt et Jusuncurt, in Sivrei quatuor quartarios terre, is 
decem et septem quartarios terre in Collenmunl, in Wandelein villa vineam 
unam. INulli ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostre confirma- 
tionis infringere vel ei ausu lemerario contraire. Si quis autem hoc 
attemptare presumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beatorum 
Pétri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursurum. Datum Anagni 20 
XV kalend. april. 



CXII. 



Le pape Lncius III confirme, en les énuméranl, les biens de V abbaye 

et lui accorde divers privilèges. 

Anagni, 23 mars 1184 (n. st.). 

Original ^r parchemin, en niauvais état de conservation, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds a.*» 
Saint-Hubert, 103, B. 2, avec la bulle en plomb du pape Lucius III pendant à des lacs de soie rouge. 
Sur le pli : « Nona ». Dans la marge de gauche : » Première et dernière ». Au dos : « Presentatum 
in consislorio archiepiscopali Treveris die 2[0] aprilis 1746. (Signé) : J. (iilisible) ». Et plus loin : 
« Pièce unique, déposée le 26 juin 1764 au greffe du (illisible) ». 



— 141 — 

LUCIUS EPISCOPUS, SÉRVUS SERVORLM DeI, DILECTIS FILMS JOHANNI, ABBATI SaNCTI PeTRI llSKn. st). 
SANCTIQUE Hl'BERTI DE ArDKNNIA EJUSQUE IKATIUBUS TAM PUESENTIBLS QUAM FUTL'KIS 
REGULAREM VITAM PUOFESSIS IN PEHPKTLLM. QuOCicilS a Iiobis fJOlilUP qilOtl Fcli- 

gioni et honeslali convenire dinoscitur, animo nos ilccel libenli coiicedere 
5 et pelend'um dcsideriis congruum suffriigium iiiiperliri. Eaf)ro()ter, dilecli 
in Domino filii, veslris juslis poslulalionibus clementer annuiinus et monas- 
terium vcstriim, in quo divino maiicipali eslis obscquio, sub beati Pelri et 
noslra proteclione suscipimus et presenh's scripti privilégie commiinimus. 
In primis siquidem slatuentes ut ordo inonaslicus, qui seciindum Deum et 

10 beali Bencdicti regulani in eodem loco institulus esse dinoscitur, perpetuis 
ibidem lemporibus inviolabiliter observelur. Prelerea quascumque posses- 
siones, quecumque bona idem monaslerium in presenliarum juste et cano- 
nice possidet aut in futurum, concessione pontiBcum, largilione regum vel 
principum, oblatione fidelium seu aliis justis njodis prestante Domino 

iB polerit adipisci, firma vobis vestrisque successoribus et iilibata perma- 
neant. In quibus hec propriis duximus exprimenda vocabuiis : Locum 
ipsum, in quo prescriptum monaslerium situm est, cum omnibus perti- 
nentiis suis; burgum Sancti Huberti ' cum omnibus pertinenliis suis, terris, 
pratis, silvis et villulis, scilicet villam de Braz, viilam que dicitur Episcopi 

20 villa, vilIam de Freur, villam Silvestricurlis, villam que dicitur Chiviniacus, 
villam de Humont, villam de Wybrant, villam de Chemplos et de llalelis, 
villam de Orto, villam de Ardelenges, villam de Moreceis, que omnes ad 
burgum vestrum pertinent cum omni juditio sanguinis et banni, villam de 
Bandres cum appenditiis suis tam in banno quam in aquis, pratis et silvis, 

25 partem allodii de Braus ' juxla Sanclum Romaclum cum hominibus, 

' C'est la plus ancienne mention qui soit faite dans nos chartes du bourg de Saint-Hubert. Toutefois 
celui-ci devait avoir une certaine importance dès le IX« siècle, puisque la fête du saint y était l'occa- 
sion d'une foire qui durait plusieurs jours, et qui attirait un grand concours de monde {Miraculu 
Sancti I/itberti, I, 5 et II, 12). L'importance de la localité au XI* siècle s'induit de ce que nous lisons 

30 dans la Chronique de Saint-Hubert (Rodailx dk Soumov, c. 08, p. fli ; MGII. Script., t. VIII, c. 53, 
p. 595), que l'ubbé Thierry I" rentra la nuit dans son monastère « ne quis ficret pro co popularis 
planctus aut tumuUualio », et encore (Rodallx, c. 83, p. 282; MGH. SS., t. VIII, c. 70, p. 603) que 
la population de Saint-Hubert menace de se mutiner si l'abbaye ne fait la paix avec Otbert. 

* Bras-sur-Lienne, dans la province de Liège, qu'il ne faut pas confondre avec Bras-sur-Lomme, 

33 dans la province de Luxembourg. La première de ces localités appartenait à l'abbaye de Stavelot, comme 
nous voyons par des diplômes de 746 et de 882, qui l'appellent Brastis, Bratis, Brattis (Mabtène 



— 14-2 — 

ii84(ii. >i.;. molendino et [prjatis, lerrani de Somere cum hominibus el censu, terrain 
de IkMTeinaisnil cum hominibus et censu, terram de Hubermont cum honn- 
nibus el censu, allodium de ilerlenval cum nemoribus, pratis et molen- 
dino, piscatura el agris, villam de Mons, villam de Heis cum omnibus per- 
linenliis suis, villam de (lella cum pertinenliis suis, villam de Feauc cum 5 
perlinenliis suis, villam de Morceis cum perlinenliis suis, villam de iiomalo 
cum ecclesia et perlinenliis suis, partem ecclesie de Witre, partem etiam 
ejusdem ville, villam de iVIinulo fonte cum perlinenliis suis, partem allodii 
de Faviler, villam de Perler cum perlinenliis suis, partem allodii de 
Boclendivilla cum perlinenliis suis. In Laudunensi episcopatu cellani 10 
Heberneicurlis, quam habetis cum capellis !Novi Caslri ex dono bone 
memorie Pliilippi quondam régis Francorum ', cum cimiterio majoris 
ecclesie et altaribus, que Helimannus * episcopus vobis contulit de assensu 
capituli sui, allare scilicet béate [Majrie cum personatu, allare de Briania, 
allare de Puneicurle, allare de iMedianavilla, allare de Guneicurte. duo 15 
allaria in Juvenicurte, duo ailaria in Provasio el Provisiolo cum sepulturis 
et aliis dotibus suis, allodium quoque in INisiaco cum terris, pratis, silvis 
et a(|uis ad ipsum perlinentibus. In archiepiscopatu Kemensi cellam 
Sancti Theobaldi anle Caslrum Porcense cum universis appenditiis suis, 
molendinis, pratis, silvis et cum ipso suburbio et banno ipsius suburbii el 20 
furno bannali et censu el universo jure el lelonio nundinarum que ibi 
liunt in ipso feslo sancti Theobaldi, quod contulit ecclesie vestre cornes 
Roijerus, et medietatem Kumoldicurlis el medielatem Cureti et curtem 
unam que vocalur Follia, aliam que dicitur Guns cum universis appen- 
ditiis earum, cellam Pirensem super Mosam cum tota* villa et hominibus, -25 
servis et ancillis, quam Arnulfus cornes et Ollo filius ejus vobis dédit, cum 



et Durand, Jmplissima Collectio, t. Il, col. 19 et 32; cfr. Grandgacnagb, Mémoire sur les noms de lieux 
de lu Belgique orientale, pp. i20 et 2(5). Toutefois, l'abbaye de Saint-Hubert y possédait une part de 
l'alleu, comme nous l'caïcigiie notre diplôme, où le village figure sous la forme de Braus. Par 
contre, dans le Bras luxembourgeois, que nos documents appellent Bractis, comme ici (cfr. ci-dessus, ^0 
n^ IV, p. G), el qui appartenait à Saint-Hubert, Stavclot avait aussi quelques biens, comme le montre 
un ilipiôme de cette abbaye, daté de 862 (in Braetis mansum dimidium, Martènb et Durand, op. cif., 
t. II, col. 2(5). 

' Voyez ci-dessus, n" XXXllI, page 38. 

* Pour Helinandus ou Elinaudus, voyez ci-dessus, n» XXXl, page 3C. ôo 



— 145 — 

omni jure qiioH idem cornes liahebat. inler rivuluni qui clicilnr Marhaias iis4(ii st) 
et alium qui dicilur Fanium, in terris, silvis, pratis. aquis et piscalura. 
allodiun» qiiod dedil vobis Olto filius predicli comitis cum pralis. terris el 
warema, cum décima ipsius cl hanno. altare * malricis ecclesie sancti 
.'i Hylarii in (iilliaco cum cupella sancli Johannis Baptiste in castro War- 
censi, altare sancli Kemigii de liedolf et capellam de Bellavalle, altare 
sancti Martini de Wamberce (a) cum capeila de l'^stimn, altare de Noviant. 
altare de Surpeia. altare de INoers. a (iuidone archiepiscopo vobis collala. 
altare de Bodilh's. allare de INoviannis, altare de sancto Hylario. altare 

10 de Suppeio, altare de INoers cum personatu eorum a bone mcmoric 
Hainaldo. quondam Bemensi archiepiscopo vobis collala et usibus mona- 
chorum dcp[uta]ta. In archiepiscopatu Treverensi ' cellani Cunensem, a 
Dodone et uxore ejus Hadvida el fratre suo Galtero vobis datam cum 
molendinis, cultura et silva que est anle ipsuni castrum. cum piscatura et 

ir; bannali furno et aliis circumjacenlibus, ecclesiam scilicet de Walessart, 
ecclesiam de Rohelences. ecclesiam de Wieis, ecclesiam de Gossivilla, eccle- 
siam de Auleis, ecclesiam de Roata, ecclesiam de V^illeis, ecclesiam de 
iVIargol, ecclesiam de Thoneis, eccleiiain de Villari cum loto allodio et 
omnibus ejus ville appenditiis, item cellani ante Sanctiacum castrum 

20 sitam, a Roberlo milite et fratre ejus Widerico atque Hugone et Ludovico 
et Rurico fratre ejus vobis datam cum omnibus pcrlincntiis suis, terris 
[el] pratis et silvis et furno l)annali. ecclesiam sancli Bricii in eadem villa, 
ecclesiam de Fredonis villa et parlem quam hal)uit Robertus in vico qui 
dicilur Almaus, ecclesiam de Olengias, ecclesiam de l\londelaia, ecclesiam 

25 de Erninvilla (b). ecclesiam de lN[o]eiscasis ('c), allodium qiiod dicilur Villaje 
Sancti Bricii. Jn episcopatu Leodiensi cellani anle castrum Bulonicnse. 
(|uam dux Godefridus et Bealrix uxor ejus vobis contiilerunt, ab Alexan- 
dro quondam episcopo Leodiensi cum omnibus perlinenliis suis vobis 
co[nfi]rmatam, allodium de Chavogns cum appenditiis suis, allodium de 



:ïO [a) Wambcc l'original. — (b) Ormonville copie. — (c) Movis Casis copie. 

• Le mot archiepiscopatus désigne ici loiite la province ecclésiastique de Trêves, dont dcpcndaicnl 
les diocèses de Metz. Toul et Verdun, cl non pas le diocèse de Trêves seulement. En effet, les églises 
de Rossclange (Rohelengcs) et de Ncufclicf (Noeiscasis), ici mentionnées, faisaient partie du diocc;c de 
Metz, et celle de Gussainville (Gossivilla), de celui de Verdun. 



— iU — 

't***^"''' '• A[l . . . .j . ,'a) cum appenditiis suis, item celîam de Mirvolh quam Honri- 
cus cpiscopus in eodeni post castri [dejeclionemj ibidem constriixit. cum 
duol)us allodiis scilicet Parvum Tel/m et Gr[upontJ, que fratrum usibus 
de bonis ecclesie sue proprie deputavil. ipsum quoque [monlem] cum 
ediliciis et co[mitatu]^ piscalura et niolendinis. pratis et terris et aliis ~) 
appenditiis suis, que idem episcopus de assensu capituli sui monaslerio 
vestro conlulil, et ne aliquis de cetero in loco illo munitionem facerel 
sub analhemate interdixit; ecclesiam de Baseio, quam Ida predicli (jode- 
fridi ducis filia^ lioloniensis comitissa. pro anima patris sui cum omnibus 
pertinenliis suis in censu. servis et ancillis et aliis redditibus vol)is con- 'O 
lulit. Sane novalium vestrorum que propriis manibus aut [sumptibusj 
colilis, sive de [nu]trimenlis animalium vestrorum nullus a vobis décimas 
exigere vel extorquere présumât. Liceat quoque vobis clericos vel laicos 
e seculo fugientes liberos et absolulos ad conversionem recipere et eos 
absque conlradiclione aliqua retinere. Frohibemus insuper ut nulli fra- i3 
Irum vestrorum post faclam in eodem loco professiônem, nisi arclioris 
religionis obtentu, absque abbatis sui licentia fas sit de eodem discedere, 
discedentem vero absque communium lilterarum cautione nullus [aujdeat 
retinere Cum autem générale interdiclum terre fuerit, liceat vobis, clausis 
januis. exclusis excommunicalis et inlerdictis, non pulsatis campanis, ^o 
suppressa voce divina ollicia celebrare. bepulturam quoque ipsius loci 
liberam esse decernimus, ut eorum quoque devolioni et extrême voluntati, 
qui se illic sepeliri deliberaverint, nisi forte excommunicati vel interdicti 
sint, nullus obsistat., salva tamen justicia illarum ecclesiarum a quibus 
mortuorum [cor]pora assumuntur. Paci quoque et trariquillitati veslre -^ 
palerna solliciludine providere volenles, aucloritate apostolica prohibemus 
ne infra ambitum locorum vestrorum nullus violentiam yel rapinam fur- 
tum committere, ignem apponere, hominem capereaut interGcere aud[eal]. 
Obeuntc vero te, nunc ejusdem loci abbate. vel luorum quolibet successo- 
runi. nullus ibi qualibel surreplionis astutia seu violentia preponatur, 00 
[nijsi quem fratres conmiuni consensu vel iratrum p[ars] consilii sanioris 
secundum Dei timorem et beali Benedicti regulam providerint eligen- 
dum. Decernimus ergo ut nulli omnino hominum fas sit prefaluin 

(a) \sonlmelis copie. 



— U5 — 

inonnslerium leinere perturbare [aul ejiis] possessiones auferre vel ablatas ii84(n. si). 
retine[re]. minuere seu quibuslibet vex[ati]onibus fatigare. sed omnia 
intégra conserventur, eoriim pro quorum [conserv]atione ac sustentalione 
concessa sunt usibus oniniinodis profulura, salva sedis apostolice [aucjto- 
^ ritale et diocesani episcopi canonica justicia. S[i qua autem] in futurum 
ecclesiastica secularisve persona, hanc nostre conslilutionis paginam sciens, 
corïtra eani leinore venire leinplavcrit, secundo lerciove cominonila nisi 
rea[tum] suum digna salisfactione correxerit, potestatis honorisque sui 
dig[nita]te careat reamque se divino judilio existera de perpelrata iniqui- 
10 taie cognoscal alque a sacralissimo corpore ac sanguine Dei et Domini 
Kedemptoris nostri Jliesu Ghristi ah'ena fiât [atjque [in] exlremo exa- 
mine disiricto ultioni subjaceat Cunclis autem eidem loco sua jura servan- 
tibus sit pax Domini nostri Jhesu Chrisli, qua[tenus] et liic fructum bone 
actionis percipiant et apud districtum judicem premia eterne pacis inve- 
15 niant. Amen. Amen. 

(R ) Kgo Lucius catholice ecclesie episcopus ss. (R. V.). 

f Ego Theoduinus Portuensis e 

•j- Ego Johannes presbiter cardinalis lituli sancti Marci ss. 

f Ego Vivianus lituli sancti Stephani in Celio monte presbiter car- 
20 dinah's ss. 

f Ego Laborans presbiter cardinalis sancte Marie trans Tiberim tituli 
Calixti ss. 

f Ego Pand[ulfus] presbiter cardinalis tiluli basilice XII apostolorum ss. 

f Ego Jacinclus diaconus cardinalis s[anctej .\Iar[ie in Cosmijdyn ... 
-2a -f Ego Robo diaconus cardinalis . . . 

f Ego Ger[ar](lus diaconus .... 

f Ego Sofredus [diaconus] cardinalis sancte Marie in via lata . . . 

Datum Anagn[ie] par manum Alberti, sancte Romane ecclesie [presbiteri] 
cardinalis et canceliarii, x kalendas aprilis, indictione n^, incarnalionis 
50 Dominice anno M"GoL''XXX° lli, ponlilicalus vero [dojmini Lucii pape 111 
anno tercio. 



19 



(11H4.) 



__ i4b _ 



CXIII. 

Le pape Lucivs IJI confirme au prieuré de Prix 
la possession de tous ses biens '. 

Ycroli, 51 mars (1184). 

Original disparu. — Copie du XV« siècle sur parcheniin aux Archives de Plilal, à Arlon, fonds 
Saint- Muborf, 106, D. 5, suivie de cette note : « Collalio facta est per me Andréas le Brasseur do S 
Waceriis, presbiterum ac notarium foraneum curie Remepsis, de verbe ad verbum super originali, ni! 
addito nil renioto quod rei substantiam mutât. Teste siguo meo manuali hic apposito anno Domini 
MCCCCLXXX decimo, die ultima augusti. (Signé) Brasseur » (A). — Copie simple du XV* siècle, 
sur papier, aux Archives des Ardennes, à Alézièrcs, H. 46 (B). 

Liicius episcopus, servus servorum Dei, dileclis filiis abbali et fratribus lo 
Sancli Huberli saliitcm et aposlolicam benedictionem. Justis petentium 
desideiiis dfgnum est nos facilem prebere consensum. et vola que a rationis 
tiamile non discordant eflFectu prosequente complere. Eapropter. diiecti in 
Domino filii, vestris justis poslulalionibus grato concurrentes assensu, 
possessiones cellule Pirensis vobis subdite, videlicet ecclesiam Sancti Sul- i3 
pilii (a) cum villa Pirensi, censu, furno, molendinis bannaiibus, servis, 
anciilis, sylvis, pratis, décima et aliis perlinentiis suis, grangiam que est in 

(a) Supplicii A. 

• Dès le XVIM siècle, la plupart de ces biens de Prix étaient inconnus.* Un questionnaire de cette 
date, joint à notre bulle et émané probablement de l'abbé de Saint-Hubert, pose à ce sujet diverses 20 
questions, auxquelles il est répondu en marge, souvent de travers, par un contemporain qui est sans 
doute un moine de Prix. Le questionneur voudrait savoir notamment ce que c'est que Saint-Ililaire 
in Gilliaco (pas de réponse) (cfr. ci-dessus, n» XLI, p. 49), Saint-Remy de Bedolf (réponse : » nous 
n'avons encore sceu recognoistre ni sçavoir; ou ce peut eslre Bodellis »), Saint-Martin de VVambercée 
(pas (le réponse suffisante), Noviant (réponse : Nouvion-sur-Meuse), Surpcta (réponse : a je crois 23 
que c'est notre église de Pax? «), Bouillis (réponse : k l'on ne scay ici ou cest ce Bodlllis » ), Altare de 
Noviannis, si c'est un autre que Noviant ci-dessus (réponse : « c'est Nouvion-sur-Mcuse »), etc. Je suis 
parvenu, avec le bienveillant concours de Dom Albert Noël, à résoudre un certain nombre de ces 
petits problèmes géographiques; toutefois, les défectueuses copies qui nous restent du texte de notre 
diplôme ont trop altéré plusieurs noms pour qu'il ait été possible de les identifier. Le diplôme est 30 
d'ailleurs très difficile à ponctuer d'une manière rationnelle, peut-être parce qu'il s'y trouve des 
lacunes; je n'ose pas garantir l'exactitude absolue de celle que j'ai adoptée. 



— U7 — 

Waranna cum lerritorio sancli Sulpitii (a), décima et novem falcalis prali (1184.) 
in Insula, piscaturam vestram (6) liberam in Mosa, in rivnlo qui dicitur 
!Vlarbais(c) usque ad sanctum Hylarium, capellam sancli Johannis Baptiste 
in oppido Warc et nonam parlem tolius annone Arnulphi comilis rf), 

5 nonam partem etiam de terrai^iis Hadulphi et Goberli militum, nonam 
insuper parlem terragiorum, pralorum et universe culture comitis in 
oppiiJo de Givello (e), ac nonam partem pannagii nemorum ejusdem comitis 
in caslellania de Warc, ab Arnulpho comité et Ottone filio ejus cenobio 
vestro collatam {f\ altare sancli llarii, allare (9) sancte Marie de Noviant, 

10 altare sancli liemîgii de Bodilh's cum pertinenliis suis et cum personalu., 
capellam Bellevallis, altare sancli Martini de Wauberseis et capellam de 
Esliun {h, cum appendiliis suis, quartam partem décime de Modennis (i), 
G, franci de Roueto, allodium et alia que in eodem loco titulo justo possi- 
detis, quatuor solidos census in domo Septemfonlium pro allodio de 

15 Cavencello {j\ novem quartarios terre apud Novient cum omni jure reddi- 
tuum, apud Vivarium quinque solidos census et quinque jugera terre que 
appellantur Coma, in ncmore quod est inter Foreslum et Kagirsart (/:), 
terrani sancti Sulpitii (/), apud Mambretam duodecim denarios census, 
apud Moncei quartarium terre cum pralo et nemore, apud Fiiicerias duos 

20 solidos, apud de Moseis duodecim denarios, apud Tourne (m) quinque 
denarios, quarlam partem allodii de Runeis, apud Trôna quatuor jugera 
terre cum fonte, Querculum sancti Hylarii, medietatem insuie que est ante 
Warc, allodium de Monlenei, terrain de Albericicampis cum nemore, terram 
Warnecourl cum nemore, pratis et censu, apud Sergias molendinum unum, 

-2'i in oppido de Maisieres (/t) hoinines sancti Sulpitii (0), ultra Fanum {p) 
duas parles decimarum et oblationum in capella de Warc et in ecclesia 
sancti Hilarii et in capella sancti INicolai de Bellavalle, apud Piros {q) 
duas parles oblationum et duas partes elemosine defunctorum qui fuerunt 
de ipsa paiochia, sicul ea juste ac sine conlroversia possidelis, vobis et 

ôo monasterio vestro, auctorilale aposlolica, confirmamus et presentis scripli 
palrocinio communimus. iNulli ergo omnino hoiuinum liceat hanc paginam 

(a) Sapplicii A. — (6) Manque B. — (c) Marabais J. — (rf) et comitis manque B. — (e) Gruello A 

et B. — (/■) collala A. — {g) saucli allare manque B. — (h) Esliuis .4, Esluriis B. — (i) Modemis B. 

— (;■) Gancello .4. — (fc) Hagisarl J. — (/) Supplicii J. — (m) Tome B. — (n) Masieris B. — (o) Supplicii J. 
33 — (p) Fatum B. — (q) Priosci .4. 



— 148 — 

(11«-*). nostrc confirmationis infringere vel ei ausii lemerario contraire. Si quis 
aulcm hoc atteiitare presuinpserit, indignalionem omnipotentis Dei et 
beatoruin Pelri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursuruni. 
Datum Veruiis^ ii kal. apriiis. 



CXIV. 

Le pape Lucitis III ordonne que l'élection des abbés de Saint-Hubert 5 
ne se fasse que conformément aux règles canoniques. 

Veroli, 1" avril (1184). 

Original sur parchemin aux Archives du Gouvernement à Luxembourg, provenant de 103, E. I. 
Bulle de plomb suspendue à des lacs de soie jaune. 

Lucius episcopus, servus servorum Dei, dileclis filiis Johanni abbati et lo 
convenlui Sancli Huberti salutem et apostolicam benedictionem. Contra 
nova vulnera nova débet quantocius remédia ecclesiaslica providentia inve- 
nire, ne in immensum excrescant. si salubri auxilio eis non ftierit cito 
subventum. Accepimus autem quod cum in monasierio vestro abbatis 
eleclio celebralur, sepius perversonim lualitia se immiscet, nitens interve- 13 
niente munere promovere quos stalula canonica demonstrant indignos. 
IJnde presenlis scripli pagina duximus staluendum ul, obeùnte te nunc fili 
ejusdem loci abbate vel luorum quolibet successorum. nullus ibi qualibet 
subreplionis astulia seu violentia preponatur. nisi quem fralres de ipso 
collegio vel eliam aliunde commun! consensu vel parle consilii sanioris. 20 
secundum Dei timorem et beati Benedicli regulam providerint eligendum, 
qui a diocesano episcopo confirmationem et munus benedictionis accipiat. 
siquidem catholicus fueril et graliam apostolice sedis habuerit. atque 
gratis et sine pravitate voluerit impertiri. Si vero, secundo et tertio humi- 
liter requisitus, hoc facere malitiose dislulerit, liceat vobis qiiem malueiitis -25 
vicinorum episcoporum adiré qui, nostra fultus authoritate. quod postu- 
lalur impendat. Nulli ergo omnino hominum liceat hanc paginam noslre 



— 149 — 

conslitutionis infringere vel ei ausu temerario contraire. 8i quis aulcm (ii84.) 
hoc allentare presuinpserit. indignalioneni omnipolenlis Dei et beatorum 
Pétri et Pauli aposlolorum ejus se noverit incurstirum. Datum Verulis, 
kal. aprilis. 



cxv. 

5 Le pape Lucius III confirme les droits spirituels de l'abbaye sur les cures 

qui sont à sa nomination. 

Veroli, 1" avril (1184). 

Ori{;inal sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 103, B. 5, avec la 
bulle de plomb du pape Lucius 111, suspendue à des lacs de soie jaune. Très mauvais état de conser- 
10 valion. Certains passages entre crochets ont pu être rétablis grâce à une analyse de notre document, 
qui reproduit textuellement une partie de la teneur. 

Lucius episcopus, serviis servorum Dei, dileclis filiis Johanni abbali et 
fralribus Saneti Huberti salutem et apostoheam benedictionem. Cum ea 
p[etuntur] a nobis que rationi et honeslati conveniunl, anime nos decet 

lo iibenti concedere et ea eflFectu prosequente complere. Eapropter, dilecli in 
Domino filii. vestris juslis postulationibus grato concurrentes assensu. pre- 
sentis scripti pagina duximus inhibendum ne in ecclesiis, in qnibtis jus 
presentationis vos habere nos[cimini]. salva La[leranelnsis constitulione 
concilii, absque assensu vestro aliquis statuatur ut rector, neve is qui a 

20 vobis fuerit presentalus sine rationabili causa [re]pell[alur]. 

Prole[rea nemini] liceat infra ter[minos] parrochi[arum], salvis privilegiis 
Romane ecclesie, oralorium [aliquod fabricare. Liberlates] eliam et immu- 
nilates ecclesie vestre pia devotione indiiltas et antiquas et [ratio]na[biles] 
consuetudines hactenus conser[vatas] intégras et ill[ibatas] manere jube- 

25 mus. jNulli ergo omni[no] hominum liceat banc paginam noslre prohibi- 
lionis infringere vel ei ausu [temerario] con[traire]. Si q[uis] autem hoc 
altentare [presu]mpserit, indignationem omnipolentis Dei et beatorum 
Pétri et Pauli apostolorum se noverit incursurum. Datum Verulis kal. 
aprilis. 



— 150 — 



HM CXVI. 

Vers 1185. 

Le pape Lucius III défend à l'abbé de Saint-Hubert de vendre ou d'engager 

les biens du monastère. 

1184. 

Charte disparue. — Analyse aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire H5, page 316. 

Lucius III, auclito quod in quibiisdam ecclesiis valde repreliensibilis consueludo 5 
inolevissel, ut pasiores earum praebcndas, de quibus debereiit sustonlaii fralres qui 
diu nocluque ser\iunl Crcatori, muliciculis, fooneraloribus vel quibusiibel laicis 
vendcre vel alio quolibet obligare titulo non formidarenl, ideo, quoniam id dissimulare 
sana conscientia non valebal, ne consueludo ipsa lioncslati et justiliae penitus inimica 
in ecclesia Sancti Huberti servetur, abbali ei conventui ejusdem nionaslerii sub poena 10 
oilieii districtius aucioritate aposlolica proiiibuit. 



CXVII. 

Agnès, comtesse de Chiny, donne à l'église de Moulins une partie 
de la forêt de Blanchampagne. 

Vers 1185. 

Original disparu. — Copie du XIII* siècle sur parchemin aux Archives de TÉtât, à Arlon, fonds 15 
Saint-Hubert, 91, A. {. Fragments de deux sceaux en eirc brune suspendu? à simples queues. 
Ce document est précédé de cette mention : o Datum per copiam sub sigillo domni prioris de 
Munou et sub sigillo prioris fralrum sanctc Crucis ordinis sancti Auguslini du Iwodyo, anno Domini 
M» XL (a), fcria tertia post « Misericordias (6) Donaini », et suivie de celle-ci : a Similem traditionem 
ut ante eidem ecclesie de parte sua feccrat Elysabet, nobilis matrona de La Fcrté, per manum fîliorum -20 
suorum Ileinrici et Simonis (c) (A). — Autre copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartu- 

(a) La lecture de ce chiffre est difficile dans /4. Il a été remanié, probablement par la main qui a écrit 
le texte; un point a été mis au-dessus de l'\, et il semble qu'on ait voulu convertir l'L en D. B. et D. 
donnent 1040; C. 1140. — {b) A. parle nids; B. mia; C. et D. misericordias. — (c) Les copies lisent 
Annonis, parce que les premières lettres du nom sont rendues presque illisibles par la simple queue à 25 
laquelle est suspendu le sceau, et qui coupe le parchemin <'n cet endroit; toutefois, avec un peu d'attention, 
il est facile de lire Simonis. 



— m — 

laiic M2'''', fol. i2S (B). — Copie authentique du XVII' siècle aux Archives de l'Klat, à Arlon (C). — v>rs 1183. 
Copie simple de même date, avec celle iiienlion au bas : o Enregistré dedans le grand registre aux 
titres reposant dans les Archives, fol. 128 » (D). 

Contrairement au témoignage formel du texte, la date de cette charte est postérieure ô 1 I 43. Klle 

5 a été émise après la mort du comte Albert de Chiny, qui a vécu jusqu'en H()2, et elle paraît à peu 

près de la même date que celle de Lambert d'ElalIc rn il85, qui fait une libéralité semblable à la 

même abbaye dans la même forêt. On est donc fonde à la placer vers H 85. Quant à la bizarre erreur 

de la formule de copie, voyez la charte suivante. 

Ego Ancds, comitissa de Chinei '. Notum esse volo tiliis et amicis et 

10 omnibus successoribus et heredibus meis quod ecclesie Dei et sanctorum 

Jacobi apostoli et Hubcrli confcssoris apud Molins * in cleniosinam donavi 

partem in silva de Bellumcampania ', ut exinde ligna cedendi in usus 

suos, quotiens necessarium erit ad sustentationem donius sue, h'beram 

potestatem habeant et fratres ibi manenies memoriam mei et anime domini 

15 Alberti comitis et fratrum el parentum meorum in beneficiis et orationi- 

bus suis perpeluo non omitlant. Proinde hoc scriptum sigillo meo bulla- 

tum ad posterorum memoriam transmitto, obsecrans propter Deum fib"os 

meos heredes, maxime Ludovicum et Teodericum, ut hanc elemosinam 

meam et in vita mea et post morlem meam conservent et delineant, ut et 

20 ipsi et posteri eorum divine retiibutionis participes existant. Aclum anno 

Dominice incarnationis M» C" XLIII". 



' Agnès de Bar (cfr. Goffinet, Les comtes de Chiny, pp. 151 et 132), femme d'Albert, comte de 
Chiny, qui régna de 1125 à 1162, vivait encore en 1185, car en cette année elle pendait son sceau à 
une charte de son fils Louis. (Voyez Goffinet, Cartulaire de l'ubbnye d'Orval, p. 95.) 
25 * Moulins (Meuse), canton de Stcnay. L'abbaye y possédait un prieuré dont l'origine est inconnue, 
et qui est mentionne pour la première fois dans la bulle d'Innocent II en 1159. (Voyez ci-dessus, 
n» LXXXVI, p. 106.) 

' Blanchampagne, ferme el forél entre La Ferté el Mouzon, à l'extrémité orientale du département 
des Ardenncs. 



1185. 



— 152 — 



CXVIII. 



Lambert d'Etalle, dit Chesier, donne au prieuré de Mtndins la moitié 

de la forêt de /ilanchampagne. 

1185. 

Original disparu. — Copie du XIII' siècle sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds 
Saint-Huberl, 91, A. 2. Kilo est précédée de ces mots : a Datum pcr coj)iam sub sigillo doniini prioris 5 
de Muiiou et sub sigillu prioris fratrum sanctc Crucis ordinis sancti Augustini domus de Iwodio, aniiu 
Domiui M" XL", feria tcriia post ^< Misericordias Domini ». Fragments de deux sceaux pendus à simples 
queues. Celte copie est la source de toutes les suivantes (A). — Autre copie aux Archives du 
Royaume, à Bruxelles, Cartulaire HS""'', fol. 1128 v» (A'). — Copie aux Archives de TÉtat, à 
Arlon, fonds Sainl-Hubcrt, 91, A. '2, authentiquée par le notaire Bouillon (A*). — Copie simple du lU 
XVI» siècle, ibidem (A'). 

La copie A est de la même date et de la même main que A du numéro précédent; toutes deux 
présentent les mêmes particularités de rédaction et contiennent la même bizarre faute de date (104-0 
dans la formule de copie) que A' corrige à tort en 1140. En réalité, la copie a été tirée au Xllh siècle, 
comme le prouvent les caractères paléograpbiqucs. On sait que l'ordre des Croisiers, auquel appar- 13 
tient la maison d'Ivoix dont il est question ici, n'a été fondé que vers 1236. 

Ego Lamberlus, cognonienlo Chesiers, de Slavies ', iiolum facio presen- 
tibiis et futuris clericis et laicis quod animante et donanle nie, cuin filio 
nieo Fulchone et uxore mea Aaliz, cum ceteris heredibus meis pro remedio 
anitnarum nostrarum, ad domum sanclorum Jaeobi aposloli et Huberli 20 
conf'essoris de Moulins tradidi in elemosinam usuariuin de parte nostra, id 
est niedielatem silve de Berloncampania, ut quotiens necessarium fuerit ad 
susientalionem ipsius domus exinde hbere accipiant perpeluo et hàbeaiit, 

' Lambert Chesier I" d'Étalic, que nous rencontrons dans les chartes d'Orval de 1173 à 1188, 
était un vassal du comte de Chiny. Sur le point de mourir, il prit l'habit monastique à Orval, et fit :25 
diverses donations à cette abbaye. (Voyez Goffinet, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, passim.) Il était 
mari d'Alix, et il eut plusieurs fils parmi lesquels Jacques, dit Pestai ou Pescal d'Etalle, qui fut père 
de Lambert Chesier 11, Lambert, et Ponsard, qui fut curé d'Etalle. La libéralité que Lambert 
Chesier I" fait ici à l'abbaye de Saint- Hubert est le pendant de celle qu'il fil la même année à 
l'abbaye d'Orval (Goffinet, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, p. 94), de commun accord avec Conon de 39 
Villers et Simon de La Ferle. On voit par nos trois documents qu'à cette date la forêt de Blancham- 
pagne était partagée entre un bon nombre de propriétaires. 



(vers 118G). 



— io3 — 

et ipsi nichiioininus fraires memoriain nosiri et parentum noslrorum in 1*83. 
oralionibus suis et missarum celebratione non omiltant. Hanc inlenlionem ^*"^ ^*^® 
meam domino meo Ludovico comiti de Chiney sut^gessi, qui et ipse, 
devolionem seculus nobilis malris sue Agnelis cornilisse, que jain antea, 

5 prebente et tradente securn Simone de la Ferlé, eidem domui alteram par- 
tem similiter donaveral, hanc quoque donationem meam bénigne laudavit 
et approbavit. Et ne in poslerum hanc elemosinam aliqua perturbet 
oblivio, proinde hanc carlulam conscriptam et sigillo suo apposilo confir- 
matam in leslimonium genoralioni vesire commendavit. Actum anno 

10 incarnationis Dominice M" C*» L\XX« V", coram domino Stephano, abbate 
Aureevallis, qui et ipse in teslimonium veritatis cartule sigillum suum 
apposuit. Pieterea huic Iraditioni testes interfuerunt Fioberlus Florinensis 
abbas. abbas Sancli Huberti, Ludovicus cornes et Theodoricus frater ejus, 
Folco decanus et Stephanus sacerdos de Eullei, Richerus de Vilbe, Constan- 

15 cius et Gerardus clerici. Hi laici : Cono de Villei, Willelmus advocatus de 
Chisnei, Dudo de Malendrei, Teodericus de Chantemerle. Item Evrardus et 
fdius ejus Theodericus forestarii et alii plures. 



CXIX. 

Renaud de Rozoy reslilue au prieuré de Château-Porcien une terre 
de Remaucourt qu'il lui avait enlevée. 

20 Sans date (vers 1186). 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, sans indication 
de classement. Sceau disparu, fragment d'une double queue de parchemin. 
Pour la date, voyez la charte suivante. 

Ego Rainaldus de Roselo notum facio tam fuluris quam presentibus 

25 quod in villa de Komaucurt occupaveram carrucalam terre sancti Theo- 

baldi, et licet monachi qualitercumque sustinuissent, ego tamen, cognoscens 

gravamen ecclesie, lotam prefatam terram in manu magistri Hernaidi Ble- 

20 



— iU — 

Sans date seiisis. qui in loco doniini archiepiscopi presens erat, perpeluo sine oinrii 
(vers 1186). retentione rcnunliavi et per ipsius nianuin priori et monachis, assensii 
H86. Juliane uxoris mee, eandem reslilui. [Se vero lieredi vel cuilibet successori 
meo aliquicl in eadem terra de cetero presumere iiceat. restitutionem hanc 
scripto presenti et sigilli niei muniinine confirmavi et domino archie- 5 
piscopo, ut hoc ip!»um confirinnret. per magistruin Hernaldum supplicavi 
et testes qui inlerfuerunt feci subnotari. S. Poncardi capellani ; S. Hugonis 
clerici magistri Herwa/rfi ; S. Henrici militis de Spinoil; S. Kainardi 
prepositi de Calvonion[le; S.J Balduini cantaloris. 



cxx. 

Guillaume aux Blanches- Mains, archevêque de Reims, lo 

confirme l'acte précédent. 

1186. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Ârion, fonds Saint-Hubert, sans indication de 
classement. Trou au centre de la charte. Sceau disparu, fragment d'une queue de parchemin. 

• 

Willelmus, Dei gratia Kemorum archiepiscopus, sancte Komane ecclesie 15 
sancte Sabine cardinalis, omnibus ad quos liltere isle pervenerint in 
Domino salutem. Notum fieri volumus universitati vestre qUod cum dilectus 
filius noster, nobilis vir Rainaldus de Roseto, carrucatam terre Sancti Theo- 
baldi in villa de Romaucurt occupasset et monachi qualitercumque susti- 
nuissent. ipse postmoduni, cognoscens gravamen ecclesie, totam prefatam 20 
terram in manu magistri Ërnaldi Blesensis, qui in loco nostro tune presens 
erat, perpetuo sine omni retentione renuntiavit [et per] ipsius manum 
priori et monachis, assensu Juliane uxoris sue, eandem terram restiluil. 
[Ne vero] hcredi vel cuilibet successori suo aliquid in eadem terra de 
cetero presumere Iiceat, restilution[em h]anc scripto suo et sigilli sui 23 
munimine confirmavit et nobis per magistrum Ernaldum supplicavit ut 
hoc ipsum confirmaremus. Quod igitur ad preces ejusdem Ernaldi sigilli 



— 155 — 

nostri auclorilate fecimus confirmari. Actiiin anno Ooniinice incarnalionis use. 
millesimo centesiriio oclogesimo sexto. Daluin per manum Lamhini can- ii89(n. si). 
cellarii nostri. 



CXXI. 

Des arbitres tranchent un différend entre le prieuré de Saint-Thibaud de 
5 Château- Porcien et l'abbaye de Saint- lier thould de Chaumont-Porcien, au 
sujet des terres de Remaucourl appartenant à Saint- IV icaise de Reims '. 

Janvier !189 (u. si.). 

Original disparu, — Très dcfcclueusc copie authentique du XVII« siècle sur papier, aux Archives 
de l'Étal, à .\rlon, fonds Saint-Hubert, 27, D. 7. A la suite de cette copie, on lit : « Les coppies cy 
10 dessus onl esté extraictes du feuillet 104 dung vieil registre couvert en veau, escript en lettres fort 
anticques contenant la coppie des Chartres, acords, concessions, jugements et droicts appartenant à 
l'abbaye Saint-Berlbauld de Chaulmont et se sont trouvées conformes à leurs originaux par les notaires 
royaulx subsignez résidant au Chàteau-Porcien, le dernier jour de may mil six cent trente trois. 
(Signé) De Benoistmonl «>. 

\b Nolum sit omnibus tain praesentibus quam futuris quod ego Drogo, cel- 
lerarius Sinnyaci, et ego magister Ernoldus Blesensis, coinmissa nobis 
controversia quae vertebatur inter ecclesiam Sancti Bertholdi et monachos 
Sancti Theobaldi de Caslello spectantes ad ecclesiam Sancti Huberti de 
Ardenna. super quodam videlicet vivario et sede molendini et super bannis 

20 et justitia de terra Sancti INichasii quae apud Rumoldicurtem sita est, quam 
videlicet monachi Sancti ïheobaldi in praefata terra se habere contra 
canonicos contendebant, auditis igitur hinc et inde rationibus et diligen- 
ter cognitis susceptisque litteris ecclesiae Sancti Huberti et ecclesiae beati 
Bertholdi de confirmatione sententiae nostrae, cum praesentia et assensu 

25 ' Les églises de Chaumont et de Châtcau-Porcien avaient reçu le village de Remaucourl d'une 
libéralité de Roger de Chàteau-Porcien en 1087; aucune d'elles n'y devait rien acquérir en fait d'alleu 
sans le partager avec l'autre. Lorsque Chaumont reçut en fief, de Saint-Nicaise de Reims, des terres à 
Remaucourl, il est probable que Chàteau-Porcien réclama ; alors intervint cette sentence, fondée sur 
ce que les terres contestées sont fief et non alleu. 



— 156 — 

1189 (u. st.). partium, sententiam difTinitivam in hune modiim judicando protulimus 
quia super banno et justilia, quae in terra Sancti Michasii a monaciiis Sancti 
'1 heobaldi de Castello petebatur, instrucli fuimus per sententiam Vhilippi 
Belvacensis episcopi et Gervasium Allivillarienseni et Orbacensem olim 
abbalein (a), item per testimonium archidiaconorum Kemensis ecclesiae N. s 
et L. et canonicorum ejusdem ecclesiae magistri Alberici (6), item < per > 
testimonium personarum Laudunensis ecclesiae G. ihesaurarii et G. cantoris 
et etiam per testimonium et sigillum domini Radulphi, quondam Remensis 
archiepiscopi, in iis neminem quicquam habere juris praeler monachos 
fcancti INichasii. Idcirco canonicis Sancti Bertholdi, qui terram et ejusdem io 
terrae bannum et justiliam a monachis Sancti INichasii sub trecensu tene- 
bant, adjudicavimus et lam ecclesiae Sancti Huberti quam monachis Sancti 
Theobaldi silentium imposuimus. Huic facto interfuerunt et hujus testes 
sunt Alelmus abbas Calvimonlis, Theodoricus. Achilles, Lambertus, Odo, 
\N allcrus saccrdolcs et canonici ejusdem ecclesiae, Philippus prior Sancti »5 
Theobaldi, Wallerus monachus, Romaldus, Onisinas (c), frater Rainerus de 
Chauldicn, Ingelramus clericus magislri Ernaldi, Rainerus praepositus de 

Calmonl et Radulphus Mossinus, Lerdunus Poncardus de Fonte et 

mulli alii de villa de Rumoldicurtc. Kt ut praefatum judicium magis sit 
autenticum, ego Ernaldus praesenli scripto sigillum meum apposui, domi- 20 
nus vero Drogo, quia sigillo carebat, abbalis sui sigillo, qui et hujus facti 
testis est, ipsum muniri fecit. Actum aniio incarnationis Dominicae M" C" 
LXXXVIII" mense januario. 

llem super vivario autem et sede molendini per circa manentes hinc et 
inde electos cognovimus quod tam exclusa quam aqua vivarii terram 2a 
utrique parti communem occupabat ex uno latere, cum autem sedes 
molendini et maxima pars tam exclusae quam vivarii in proprio ecclesiae 
Calvimonlis sit posita. Ideo per sententiam judicando diflinivimus quod, 

(o) On lit dans le texte, très corrompu à cet endroit : per senlenliam Pelii Belvacensis episcopi et S. 
Altivilla Oensem et Orhacensem olim abbatem. J'ai corrigé AUivilla Oensem en Altiviilariensem, S. en G. 30 
et Pétri en P., puis j'ai rétabli les noms que me fournil l'histoire : Philippe de Dreux fut évêque de 
Beauvais de 1175 à 1247 ; quant à l'abbé Gervais, il avait été en effet moine de Haulvilliers avant de 
devenir abbé d'Orbais; voijez le Gallia Chrisliana, t. IX, col. 425, dont il faut toutefois corriger les dates. 
— (6) Au-dessus de m. A. il y a un renvoi marquant que ces deux mots sont déplacés; peut-être doivent-ils 
venir après N. et L. — (c) C'est sans doute un nom corrompu, comme beaucoup d'autres de ce document 35 
que j'ai corriges laolement là où j'ai pu. 



1 



CXXII. 

Thibaut ïll, évêqve d'Amiens, ratifie la sentence arbitrale en cause 
du prieuré de Saint-Thibaud de Château-Porcien et de l'abbaye Saint- 
Berthauld de Chaumont. 

18 Sans date (1189). 

Original disparu. — Copie authenlique du XVII' siècle sur papier, aux Archives de l'État, à Arlon, 
fonds Saint-Hubert, 27, D. 7, sur le même feuillet que la copie de l'acte précédent, et authentiquée 
avec elle par la même formule. 

Theobaldus, Dei gratia Anibianensis dictus episcopus, et Wyllemus de 
20 Fresmonl ' et Petrus * Sancti Justi abbales omnibus in perpeluum. Nolum 
fieri volumus omnibus tam futuris quam praosenlibus quod causant, quae 
vertebatur inter abbatem et conventum Calvimonlensem et priorem Sancti 
Theobaldi super quadam nova constitulione in terra Sancti Nichasii, quam 
ecclesia Calvimontensis tcnet sub trecensu annuo, nobis authoritate apos- 

25 • Ficsmont, abbaye de l'ordre de Cltcaux, au diocèse de Beauvais. Guillaume en fut abbé de { 182- 
1193, années connues. {GaUia Christiana, t. IX, col. 831.) 

* Pierre, abbé de l'abbaye de Saint-Juste de l'ordre des Prémontrés, au diocèse de Beauvais, à 
partir de 1184, devint abbé de Prémontré en 1196. (Gallia Christiana, t. IX, col. 851.) 



(1185t). 



— 157 -> 

consummalo opère tam molendini quam \ivarii et exclusac, mensurabilur ii89(ii st.). 
quanlilas vivarii quae terram communem occupabit et per médium par- Sans date 
tielur et secundum partem illam, quae monachis Sancti Theobaldi contin- 
gel, tolum vivarium mensurabilur talisque pars monachis de praedicto 

5 molendino et vivario remanebil qualis eorum de communi parlicione 
fuerit. Et sciendum quod in molendino et exclusa et vivario. quoliens et 
quantum opus fueril, secundum partem suant monachi sumplus confèrent; 
quos si conferre tardaverint cum necesse fuerit, canonici partem mona- 
chorum sine forefaclo retinebiuit, donec ad plénum expensas suas recepe- 

to rint. Huic facto interfuerunt et hujus facti testes sunt supradicti. Actum 
anno et mense supradicto. 



1189. 



— 158 — 

saosiiaie tolica (lelegafam, viris venerabilibus magistro Kadulpbo, Ileinensis eccle- 
(1189). 3Jag (jecano, et Balduino caiionico de assensu partis utriusque et fide bine 
et inde praestita et receptis litteris abbatis Sancli Huberli quod eorum 
starelur judicio, commisimus terminandaiii. Qui veritale diligenter inqui- 
sita et per testes jiiratos intentionein abbatis (]alviinontensis veritate 5 
subnixani esse cognoscenles, eundeni abbatein ab impelitione prioris 
Sancti Tbeobaldi quantum ad novain constitutioneni in terra Sancli ISicba- 
sii in perpetuum absolverunt et jarn diclo priori super hac causa perpe-. 
luum silentium iniposuerunt. Nos vero, ne per oblivionem aliquam in 
posteruni eadem querela suborialur, quod praedictorum virorum consilio lo 
judicio constat esse confirmatum sigiiiis nostris dignum duximus confir- 
inandum. 



CXXIII. 

Herhrand, châtelain de Bouillon, sur le point de partir pour la croisade, 
donne à l'abbaye, pour le prieuré de Bouillon, son alleu de Noyers et lui 
confirme la donation du bois de La Marfêe et de l'orlleu de Hollogne. is 

'^ Saint-Huberl et Bouillon, 25 mai 1189. 

Original disparu. — Copie de 10Î50, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 81, A. 1, 
authentiquée par les notaires Jean de Jupillc et Pierre Sampsonnet, suivie «de ces mots : o Et erat 
appcnsum sigillum funiculis sériels grisei coloris ». 

In noinine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Ego Herbrannus, Buloniensis 20 
castellanus, notum facio praesentibus et futuris Iradidisse me ad altare 
sanctorum Pétri atque Huberti pro reniedio peccatorum meorum in elee- 
mosinam, quicquid hereditarii juris habebam in allodio de I^oers, medie- 
tatem videlicet ipsius allodii in ecclesia, in villa, in niolendino, in silvis, 
in pralis, in teçris cultis et incultis, et omnibus pertinentiis suis, reservata 2b 
mihi et heredibus nieis advocatia ejusdem allodii, si tamen ecclesia a nobis 
expetierit. Et quoniam incolae ejusdem allodii exterae sunt dominationis. 
tailam mihi super eos retinui, quam tamen ecclesiae pro octo libris in 



— 159 — 



vadio deposui; si auteiu, iinmulalione generalionum per succedentia leni- 
pora, praedictae villae incolae in servos et anciilas ecclesiae transierint, al) 
omni exaclione inea el liercdiim ineorum liberi erunt. 

Kt quoniam ante 1res annos ad idem altare pro peccalis meis et remedio 

5 animae Margarelae, priniae nieae conjugis, (radideram quicquid in Lam- 
berti Fai^elo ' liabeham heredilarii juris, exceplo prato praedicto ncniori 
subjecto, ipsam traditionein deiuio renovavi per manus Joliannis abbatis vi 
Henrici nepotis niei, advocati praefati altaris, astantibus et laudantibus 
Iraditionem utriusque allodii Theodotico fratre meo de Turri et Arniilpho 

10 sororio meo de iMonte Sancti iMartini. Renovavimus etiam pariter ego et 
praedictus frater meus traditionem patris nostri Theoderici et matris 
nostrae Malhildis allodii de Holionia ', quod et confirmavimus praedictae 
ecclesiae pro parentum nostrorum et nostri memoria. Actum publiée in 
ecclesia Sancti Huberli, anno 1189 ab incarnatione Domini, in festo sancti 

15 Urbani, régnante et tendente Jerosolimam Frederico, Uomanorum impera- 
tore, et Rodulpho, Leodiensium ponlifice. Ut autem traditiones istae ratae 
permaneant et inconvulsae, praesentem chartam fecimus Bulonium depor- 
lari et ibi confirmari in presentia Idae uxoris meae et fratris ejus Nicolai de 
Ham, generi mei * et Hliarum mearum Caeciliae et Agnelis, adstantibus et 

20 laudantibus mullis nobilibus et ignobilibus qui convenerant ad valedicen- 
dum mihi llierosolimam lendenti. Bullata est autem sigilio meo per manuni 
Balduini, prioris ecclesiae sancti Pétri. Signum Oltonis prioris; S. Gulielmi 
cellerarii^ S, Anselmi; S. Alberti custodis; S. Johannis, S. Henrici mona- 
choruni; S. Garsilii sacerdotis; S. Micolai de Turri; S. Engonis de Rau- 



118». 



25 ' Le bois de Lambcrti Fagetum s'appelle aujourd'hui le bois de La Marfée, entre Clieveuges el 
Noyers-et-Thélonnc. Un Narratif pour les bois de Lamerfce (Archives de l'Étal, à Arlon, fonds Saiiit- 
Huberl, 81, A. 1), écrit à ce sujet : « Il est à croire que ce châtelain de Bouillon ne possédait que 
la moitié dudit bois, puisque le seigneur de Coucy-Chemery, etc., se plaint en 1^61 et IKCi que sa 
parte dudit bois ne se trouve égale à celle du monastère joignant à ces terres. L'arpentage de la totalité 

30 dudit bois qu'il en avait fait faire en 1561 portait 376 arpents, 10 verges, alléguant n'en avoir en sa 
parte que 136 arpents, 10 verges, et que la parte du monastère contenait 258 arpents ». 

" Il ne peut pas être question ici ni de Hollogne-aux-Pierrcs ni de Hollognc-sur-Gecr, tous deux 
dans la province de Liège j il est probable qu'il faut penser à Hollogne, dépendance de Waha, dans la 
province de Luxembourg. 

55 . • Nous voyons par ce diplôme que Uerbrand avait été marié deux fois, et il est probable qu'il 
avait donné une de ses filles du premier lit au frère de sa seconde femme. 



o 



- im — 

U8P- court; S Johannis Morelli, S. Adae, S. Alberli mililum; S. Joliannis Villici, 
Sans date g Rodulphi, S. Everardi laicorum. 

(11811). 



CXXIV. 

fFéry de fValcourt, comte de Montaigu, donne à l'abbaye tous ses droits 
sur l'église de Melreux, en échange de l'alleu de fiande qu'elle lui 
restitue. a 

SaDS date (après le 25 mai 1189). 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Garlulaire 112'''', fol. 129 (A). 
— Copie authentique du XVllI* siècle sur papier, d'après une copie antérieure sur parchemin, aux 
Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 87, G. 1 (B). 

Annales de la Société archéologique de Naviur, t. XX (1894), p. 342. 10 

Notre diplôme est postérieur au 25 mai 1 189, puisqu'on y voit figurer comme châtelain de Bouillon 
Nicolas de Han-sur-Lcsse, successeur de Herbrand, qui occupait encore celte dignité à celte date 
(voyez la charte précédente). On pourrait préciser davantage, si les dates de l'abbé Jean II étaient 
connues avec quelque certitude. Adolphe ilappart (fol. 67 v, in/ra), qui fait commencer son admi- 
nistration en 1183, dit quMl mourut le 15 octobre, après six ans de prélature, ce qui nous donnerait 15 
1189. Malheureusement, nous avons vu plus haut, n» CVIII, page 155, que Jean II était déjà abbé 
en 1181, et cela prouve que les six années de prélature qui lui sont attribuées par Happart reposent 
sur un calcul non moins inexact, autrement il faudrait admettre que cet abbé était mort dès 1187, 
alors qu'il résulte de notre diplôme qu'il vivait encore en 1189. 

In nomine sanctae et individuae Trinilalis. Rgo Guiderîcus, gratia Dei 20 
cornes de Monte Aculo, scire volo praesentes et futiiros fidèles nobis et 
amicos quod ecclesia sanctorum Pelri atque Huberti allodium de Bandres, 
quod eis provenerat ex elemosina antecessorum nostrorum, videlicel Gode- 
fridi comîtis et filiorum ejus Egidii et Cononis, nobis solempniter resi- 
gnavit per manum Johannis abbatis. Nos aulem, ne in aliquo videamur 25 
elemosinam antecessorum nostrorum imininuisse, consilio et assensu 
fih'orum et fiideh'um nostrorum, pro praedicta villa reddidimus ei quicquid 
juris habebamus in ecclesia de Meiroit, cum capellis ad eam pertinentibus 
tam in dono quam decimis et dotibus et omnibus pertinentiis suis, 
nec inde quicquam nobis relinuimus praeter advocaliam hominum ad 30 



— 161 — 

ailare praedictae ecclesiae de Melleroit pertinentium. Ut aulem haec noslra sans date 
(radilio omni tempore râla pcrnianeat, praesenli eam scripto et sigilli (n»»)- 
nostri impressione confirmamus, testesque idoneos qui inlerfuerunl sub- 
notari fecimus. Signum Lamberli clorici de Waliart; S. [Nicholui caslel- 
5 lani Buloniensis; S. Henrici advocati ecclesiae Sancli lluherli; S. Godefridi 
de Waharl; S. Walteri de Dinant; S, Rigoldi de Kocheforl, et aliorum 
niuilorum. 



Entre 
1189 et 1191 



cxxv. 

Deux archidiacres de Liège noli/ienf la cession faite par l'abbé Jean II, 
à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, des droits de son abbaye sur 
10 l'église de Uaisy. 

(Liège), entre les l" avril-ll mai 1189 et le 8 septembre 1191. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, A. Deux sceaux 
fragmentés, ronds (d'environ 0",050 chacun) en cire rouge, à peu près frustes, où se reconnaissent 
vaguement des bustes de personnages ecclésiastiques; tous deux suspendus à doubles queues de 

15 parchemin; le troisième a disparu. Ce document, en bon état de conservation sauf quelques trous peu 
considérables, et qui n'est pas repris dans Vltwcnlaire, se trouve charge, dans les interlignes, au bas 
et au dos, d'un commentaire datant au plus tard du commencement du XIII' siècle et écrit en carac- 
tères microscopiques avec beaucoup d'abréviations, ce qui en rend la lecture fort malaisée. 

Ce diplôme, non daté, est certainement postérieur au printemps de HH9 (I" avril-ll mai) date 

ÎO à laquelle l'évcquc de Liège, Raoul de Zâhringcn, partant pour la croisade, confia radminislration dn 
diocèse au grand prévôt Albert de Retbel. (Voyez Schoolmeesters, Les liegcsta de Raoul de Zâhrin- 
gcn, dans le Bulletin de la Socictc d'art et d'histoire du diocèse de l.icgc, t. 1, p. 198.) Il n'est pas anté- 
rieur au 8 septembre 1191, qui mit fin à l'interrègne de Liège par l'élection d'Albert de Louvain 
comme successeur de Raoul de Zâhringen. 

S5 In NOMINE SAKCTE et INDIVIDUE TriNITATIS. Ego AlberlUS (hoc notandum quod hoc 
deberet scribere episcopiis djocesanus, eliam si licilus essel coutraclus; sec! consensus episcopi iiequaquam 

affuit), gralia Dei prepositus ', Simon decanus *. archidiaconi et tolus ecclesie 

* Albert de Rethcl, archidiacre et grand prévôt de Liège de 1192 à 1213. (Voyez Dr Thkux, Le 
chapitre de l'église Saint- Lambert, à Liège, t. I, p. 199.) 
50 ' L'archidiacre Simon apparaît avec la fonction de doven de 1171 à 1192. 

^21 



— 162 — 

Kntre beali Lamberti convenlus notas facimus presenlibus et futuris Christi 

<i80eiii»i. fidelibus convcntiones que facle sunl inter fralres ccclesiç beati Johannis 

Baptiste Hospitalis Jlicrosoiimitani et fratres nionasterii Sanctorum Pelri 

atque Ilubeiti in Ardenna siti. Joliannes, abbas predicti monasterii, consilio 

et aSSenSU totius monasterii et Capiluli Sui (hoc notandum quia omnes conlraclixerum 5 

et hoc prohavimus per lestes legiiime), dédit fratribus prcfali hospitalis per manum 
Johannis, magislri domus IMontis Gaudii, pro annuo censu (hoc notandum quia 

enormiler Icdilur ecclcsia el hoc probavimus per testes légitime) Septem marcharum monete 
LeodienSIS (hoc notandum quia jus patroiialus vendilur, quod est symoniacuni), (JUICqUld'JUnS 

prefalum nionasterium Sanctorum Pétri atque Huberti habebat in eccle- lo 
sia de Basyu, addita etiam marclia quani eis debenl annuatim monachi 
Villaris '. Has igitur septem marchas fratres Montis Gaudii ferent el 
persolvent fratribus in monasterio Sanctorum Pétri atque Huberti qua- 
cumque die fratribus Montis Gaudii placuerit, a die Penlecostes usque in 
diem nativilatis beali Baptiste Johannis. Quod si infra hos dies prefatum <5 
censum negglexerint solvere, fratres predicti monasterii ad possessioneni 
suam de Basyu récurrent libère, si non usque ad satisfactionem fratres 
Hospitalis eis festinaverinl emendare. Si persona inveslita ecclesie de Basyu 
obierit (iioc notandum quia persona vivebai), fratres Monlis Gaudii personam sibi 

placitam presentabunt (hoc notandum quia ad ipsos jus patronalus transit) manui pre- ^0 

dicti abbatis, et ipse absque omni contradictione (hoc notandum quia oWigatur 
ahbaspro conditione pccunie) confercl ci douum predictc ecclesie. Investitus autem 
abbati et fratribus ejus fidelitatem faciet, et in signum caritatis amam 
vini ad refeclionem fratribus conferet. De cetero auteni fratres Hospitalis 
et fratres sepedicti monasterii et in temporalibus et spirilualibus unum i^ 
erunt, et ante omnem judicem causas suas et negolia absque simuiatione 
ad invicem taniquam proprias procurabunt. Ut autem hoc ralum et incon- 
vulsum permaneat, presenti scripto et tam nostro quam illorum sigillo 
robt)ravinius, et testes idoneos de nostro et illorum capitulo adhibuimus. 
Testes de nostris : domnus Albertus de Cuc \ domnus ïheodericus, dom- 30 



' Nous ne connaissons pas l'origine de celle redevance, el il n'en est parlé nulle part, à moins 
toutefois qu'il n'y soil fait allusion ci-dessus dans la charte n» CVII, p. 13i. 

* Albert de Cuyck, qui devint plus lard évêque de Liège, fut archidiacre de cette église de il83 à 
1 192. (Voyez De Tbeijx, Le chapitre df l'église Saint- Lambert, à Liéye, t. F, p i99.) 



— ir>3 — 

nus Otto, Petrus de Mosmale, Heinricus cantor, Balduinus abbas et Entre 
convenlus Sancli Laurentii. De capitulo Hospitalis : Ogerus, Jacobiis '«^^««i»*»» 
presbiter et ceteri fralres. De capilulo Sancti Huberti : Willelmus prior, 
Otto, Albertus, Willelmus, Cono, Heinricus, et céleri fralres. 



lJIO-1254. 



s U7i moine de Saint-Hubert commente la pièce précédente 

et conclut que l'acte est illicite. 

1210-1234. 

Des deux commentaires que je dcsignc ici par les lettres A. et B., le premier se trouve au bas de 
l'acte, le second au verso. Tous deux sont écrils en caractères très menus, avec une multitude 

10 d'abréviations, et ont souffert par endroits, le second notamment, mutilé par deux trous du parche- 
min. 

L'auteur est manifestement un moine de Saint-Hubert, à peu près contemporain, qui a écrit entre 
lt210 et 1234. En effet, d'une part, il ne cite pas le droit canon d'après les Décrétâmes de Grégoire IX, 
qui sont de 1254, mais d'après des recueils antérieurs à celui de ce pape. D'autre part, il a trouvé 

15 ses principales références dans Bernard de Pavic, dont le /ireviarium Extravaganlium a été composé 
entre H87 et M92 (Friedberg, Quinque compilaliones antiquae, Leipzig, 1882) et dans la Compilalio 
Tertio, de Pierre de Benivcne (I'hiedgerg, op. cit.), qui a été rédigée en 1210 '. 

A. Coniractus ille illicitus, quia enormiier Irdiiur ccclesia et quia capitulum contra- 

(lixil, quod probatum est per testes. Quia jus patronauis purum et simplex sine alia 

20 iiniversitale vcnditur eum portione lanlum levitica (nihil aliud liahel ecclesia SanetI 

Huberti in ecclesia de Basyu), et vendere hoc esi manifesia symonia, sicul dicil 

deereialis de jure patroiiatus Pervenit ad aures ^. 

Quod autem ita sii, si quod jus patronalus vendalur, probatur per hoc quod in 

' Je liens à témoigner ici ma reconnaissance à M. Paul Fournicr, réminent canonistc de la Faculté 
fS de Grenoble, qui m'a aidé à rétablir le texte en plusieurs endroits, et qui ni'n fourni toutes les réfé- 
rences dont j'ai accompagné ce double commentaire. RI. Fournicr m'écrit : o Le mémoire canonique 
me semble bien fait. L'argumentation est sérieuse, et je ne m'élonne pas qu'elle ait conduit à la 
rescision de l'acte ». (Voyez plus loin.) 

' Voyez c. 49, Compilation de Bernard de Pavic, 111, titre iS3, de jure patronalus. (Frikdbebc, 
30 Quinque compilationcs antiquae, p. 41.) 



— iU — 

1S10-I334. cnrtn ilicitur : • Taleinonastcrium dcdil talibus fratribiis pro lali pocunia (etiarii aonua 
l'i iii porpctuum, qiiod pcjus esl) quicqiiid jiiris habebat in ecclesia de Basyu ». ÎNiliil 
aliud hnbobal dIsî jus palronalus cnm poriione Icvilica, sine univcrsitate lerritorii vcl 
leodi vel ville, sine silvis, sine praiis, sine riislicis, sine eensu, sine caponibus, (|ue 
oninia dicuntur univcrsitas, et talis universitas polesl vcndi et jus palronalus transit S 
cun» lali universitaie ncc v«'ndi potesi. Sed bic datur pro pecunia laie jus palronalus 
siinplex. Ergo pcrpelralur sjmonia. Quid enim aliud csi dare pro pecunia quani 
venderc? 

Quod auleni Iranseai ad illos fralres Hospilalis laie jus palronalus < probatur> pcr 
lioc quod in caria subscquilui' : « prcsentabtinl abbali personam sibi placilam ». Pre- lO 
seniare auiem personam patronorum est; de boc nullus dubilal. Sed dicil adversa- 
rius : Immo jus palronalus remanei penos abbateni, quia conferl donum ecclesie 
pcrsone sibi lalitcr presenlate. Quod sic fiel major synionia. Quod probo. In caria 
subsequilur : « absquc omni contradictione conferl ei donum ecclesie ». In poleslaie 
habebat prius abbas coniiadicere vcl non coniradicere; modo non polesl, quia exclusa ib 
esl omnis coniradictio; ergo obligalur abbas, et de libéra volunlalc fit [obligalio?] ad 
<'oncpdendam isii eccicsiani. Sed isla obligalio non surgit nisi ex hoc pacto et scriplo, 
et ex condicione pecunic sibi persolvende singulis annis, propler quod isle oblinel 
donum ecclesie, ergo non gratis, ergo symnniace. 

Item manifesta apparet symonia per hoc quod in caria sequilur : « inveslitus in iO 
signum carilalis amam vini conferet ». Conslringilur aulem isle ad boc dandum per 
eondicionem bnjus scripli et pacii, licet ad pallian[dam] symoniam adjungalur : « in 
signum carilalis ». Ergo boc non dai gratis, ergo symoniace. 

Propler islas manifestas raiiones conlraclus isle esl rescindendus, quia illicitus, (juia 
viciosus, quia symoniacus. Subsuni et alic mulle raiiones. Quia prêter consensum 25 
episcopi conirahilur, quod fieri non débet Exlrav. de jure palronalus Super eo ' et 
Quod aulem consuUs ^ ; quia vivente persona boc factum est Exlrav. de jure palronalus 
Quamvis simus ' et de suc[cessione ?] prébende non vacantis nulla *. Quia extra 
ecclesiam Sancti Fluberli boc factum esl, Lcodii videlicel, quod probatur per hoc 
quod abbas convenlus Sancli Laurenlii in Leodio et convcnlus Sancii Lamberii 50 
inscribnnlur lesies, sicul qui interfuerunt et apud quos caria facla [est]. Falsa prehen- 

' C. 28, Compilation de Bernard de Pavie, IU, 33. (Friedberg, op, cit., p. 42.) 

• C. 7, Contpilafion de Bernard de Pavie, 111, 53. (Friedbekg, op. cit., p. 41.) Ce texte a passé dans 
]es Décret aies de Qrégoire IX, 1. III, titre XXXVIII, c. 5. 

' C. 10, Comfilalion de Bernard de Pavie, III, 33. (Friedberg, op. cit., p. 41.) Sur ce même sujet, 3b 
cfr. Décrétâtes de Grégoire IX, \. III, titre XXXVIII, c. 8. 

* C. 2, Compilation de Bernard de Pavie, III, 8. (Friedberg, op. cit., p. 29.) Cfr. Décrétâtes de Gré- È 
goire IX, 1. III, titre VIII, c. 2. Notre texte porte bien suc (= successione) et non concessione. 



— 165 — 

dilur caria qnia nomina absentitim fratrum Sancti Hnhcrli inscribuiitur Exliat. 1210-1234. 
de his que fiunl prêter conseusutn capituli quarto '. Itein quia ab irregnlari nbltair cl 

symoniaco factiim qiiod probatur per littcras capimii. Qiiocl aulem ab 

eo fil vel datnr qui de jure facere vcl dare non poiesf, pro inferto vcl non dalo 

5 habctur Extrav. de jure patronatua Ex diligenli -. Ad Tiliimnm qnia de radi[ce ] 

dicatque ntrobique laie facliini [pro conditione?] unquam non esseï symonia, tameii 
speciem [babct. Sed] ab omni specie mala abstincndum est Extrav. de symonia . Ea 
que de avaricie et cupiditatis rndice procédant et in speciem symoniace prnvita[lis] 
erumpunt petiitus sunt extirpanda, et que de spinis et tribuUs prodeunt, falce aposto- 
10 Hci modcraminis sunt resecanda ". 

B. [Sonl( ni]ia contra Icgcm canonicam q apprllalione suspensa non lenei 

Extrav. de sententia et re ju[dicata] ♦. 

Ilem sfnlentia conlra jus consliuilionis lata non tenel 

et de re judicfla. duo. 

15 Item rovocetur sententia per rationes non legi[iimas lata] Extrav. de testibus ^ ex 
parte. Quas non esse recipiendas reus voluit probare et non admissus appellavit. 

Item sententia domni pape in meliiis potest comniutari cum etiam secundum jura 

civilia principes etiam conlra res bis judicatas in auditorio suc statuant 

Extrav. in tu ex lilteris, ty[tulo] de indempnitate ecclesie ^. 

'io Item Quod dixit slaluii ne pretor contrario mandate lolli possil ff. de re judicata , 
Quod dixit '. 

Licel uirimque sil in causa conclusum, si lamen ulraque ecclesia necessariam pro- 
baiionem omiserit, ne propter boc graviter ledatur, ulraque restiiuelur et audietur 
contra alteram Extrav. de indempnitate ecclesie Auditis * i« nomine ^. 

ÎK ' C. 4, Compilalion de Bernard de Pavie, III, 9. (Fribdberg, op. cit., p. 50.) Cfr. Décrétâtes de Gré- 
goire IX, I. III, tilre X, c. i. 

• C. 6, Compilation de Bernard de Pavie, III, 55. (Fribdberg, op. cil., p. iO.) 

• C. l!i, Compilalion de Bernard df Pavie, \, 2. (Friedbehg, op. cit., p. 5i.) Cfr. Décrélales de 
Grégoire IX, 1. V, titre III, c. 16. 

30 * C. 2, Compilalion de Bernard de Pavie, II, 19, de sententia. (Fribdberg, op. cit., p. 19.) Cfr. Décré- 
tâtes de Grégoire IX, I. Il, titre XVVII. 

* C. 23, Compilation de Bernard de Pavie, II, 14, de testibtis. (Fribdberg, op. cit., p. 17.) 
Cfr. Décrétâtes de Grégoire IX, I. II, titre XX, c. 7. 

• C. i, Compilatio tertia, II, ii, de in integrum restitut. Cfr. Décrétâtes de Grégoire IX, I. I, 
35 litre XLI, c. 5. 

' Digeste, XLII. I. 14. 

* C. 2, Compilatio tertia, II, 24, de in integrum restitutione. Cfr. Décrétâtes de Grégoire IX, I. I, 
titre XLIII, c. 3. 

* Ne se retrouve pas. 



- 466 — 

1110-1254. Ilein Extrav. cum veuissent • ibi dicilur : Si procuralor jus rnonasierii proteslatiM 
1189-1190. negligenier omiseril exhibere privilegium vel «lia cause necessaria, coram judice 

resiiliialur rnonasierium ad audientiam, ne ipsius procuratoris negligcnria in dainpriuiii 

ecclesie redundel. 



CXXVF. 
Gode f roi lll, duc de Brahanl et de Lothier, ratifie la cession précédente, s 

1189-1190. 

Kcproduit d'après Archives de l'Empire; Inventaires et documents; Monuments historiques, par 
Jules Tardif. Paris, 1866, pp. 311-312 (K. 25, n» 5'», original scellé). 

Tardif place à tort ce document vers 1170; nous voyons qu'il est postérieur à la bulle d'Alexan- 
dre m, de H78, qui montre Saint-Hubert encore en possession de Baisy, à l'avènement de l'abbé 10 
Jean 11, qui eut liuu vers 1181, et enfin à l'acte précédent, dont il est la confirmation. D'autre part, 
nous savons que le duc Godefroi 111 et l'abbé Jean II sont morts l'un et l'autre vers H90. 

In noinîne sancte et individue Trinilatis, Ego Godefridus, dux Lotha- 
ringie, nolurn facio universis lam presenlibus quam fuluris, quod cum 
abbas et monaclii ecclesie Sancli Huberli in Ardenna ecclesiam de Baisiu 15 
fralribus Hospilalis Jherosolimilani per manum domni Raulfi ' Leodiensis 
episcopi post mortemOIiveri, ejusdem ecclesie inveslili, pro annuo Irecensu 
cum omnibus bonis et possessionibus suis in perpetuum concessissent, 
fralres Hospitalis, atlendentes quod predecessores mei pro salute animarum 
suarum prefatani ecclesiam ipsis monachis ab antiquo conlulissent, adduc- 20 
tis coram me abbate et monachis, concessionem sibi factam innovari fece- 
runl, ac deinde meum assensum et testimonium super eadeni instanter 
qiiesierunt. Ad hec etiam adjecerunt quod eis in hoc et in omnibus aliis 
negoliis assislerc deberem, cum ego frater Hospitalis et particeps omnium 
bonorum, que in eo cilra mare et ultra cotidie Cunt, ascriptus exislerem. 25 

'Cl, Compilatio terlia, II, 24, Cfr. Décrétalcs de Grégoire IX, 1. I, titre XLI, c. 2. 
Il s'agit de l'acte précédent, émis au nom de l'évéque Raoul de Zàhringcn par ses deux archi- 
diacres. 



— 167 - 

Hec ego audiens et revocans ad memoriam honores et obsequia que ii8fi-ii90. 
michi paiilo ante confratres eorum Jherosolimis fecerant ', predicte con- ''^ 
cession! non solum assensum prcbui, verum eliam sepedictam ecclesiam 
ex parte Hospi(aIis et omnes alias eccicsias quas ipsum Hospilale in terra 
» mea possidet, vel in fulurum possidebit, cum omnibus possessionibus suis 
sub mea et successorum meorum proteclione diligenter suscepi, quatenus 
adjuli ipsius oralionibus et beneficiis tandem suscipi mereamur in et^i- 
nam beatitudinem paradisi. Quapropter omnes amicos meos familiares et 
subditos diligenter et afTectuose precor et ammoneo quatinus ipsi, causa 

10 mei et ordinis sui, cui totns mundus maximam débet exliibere reverenliam. 
sepedictos fratres in omni loco omni honore et obsoquio preveniani, 
ecclesias, domos, possessioncs ac famih'as eorum cum omnibus rébus suis 
in pace et quiète cusiodiant, scientes proculdubio quod quicquid eis fece- 
rint sive bonum sive nialuni, hoc totum michi ipsi factum reputabo, 

is dignam pro meritis relribntionem oportuno tempore reddilurus. Ut autem 
hoc ratum et inviolabile permancal, scripti presentis altestacionem et 
sigilli mei impressione roborare decrevimus. Testes hujus rei sunt : 
Johannes, abbas ecclesie Sancli Hubert! de Ardenna, cum quibusdam mo- 
nachis suis, et quamplures nobiles viri quos memorare longum est. 



CXXVll. 

2« Gui d'Avaux donne à l'abbaye, pour le prieuré de Château- P or cien, sa part 
de la dime de Condé-sur-Suippey à charge d'un anniversaire après sa 
mort et d'une redevance pendant sa vie. 

1190U 

Original sur parcbeniiii avec une queue de sceau du même, aux Archives de l'Étnt, à Arlon, fonds 

!» Saint-Hubert, 27, G. i. Sur la chemise : « Enregistré au 2» registre, fol. 80 » (A). — Copie récente 

sur parchemin, ibidem, affectant le caractère d'un original, et où l'on a interpolé une liaine (A'). Une 

' Godefroi III de Brab-mt a fait deux pèlerinages à Jérusalem, le premier en H62, l'autre en 1183. 



- 168 — 

1100. rupic de cette copie, déclarée confornic à l'original par D. Laurcntius Thysse, purte cii tctc ces 
mots : • Hoc inslrumentiin] videtur rccciis fabricatum, cum copia fidc di<;na ■ (A'*). 

Hugo ' prepositus, Wadulf'us decanus ', T. cantor celerique Hemensis 
ecclesie fratres omnibus ad quos liltere iste pervenerint in Domino salu- 
tem. Noverit universités veslra quod Guido, cicricus de Avaus, divinitus » 
iiispiralus, monasterio Sancli Huberti atque Theobaldi parlem décime de 
Condeio (a), que eum conlini!;ebat, in elemosinam misericorditer conlulit. 
Ne ergo abbas et fratres predicti monasterii tam pie donationi viderenlur 
esse ingrali, ci pari volo et communi assensu concesserunt quod tam ipsius 
quum parentum et predecessorum suorum anniversarium singulis annis lo 
sollempniter facerent et ei modium et dimidium laudabilis frumenti et 
totidem laudabilis avene in granario suo apul Castrum Porcense ad 
mensuram loci ilh'us annualim, sicut venditur et emitur, quamdiu vixerit 
persolvent, et insuper sextarium pisorum vel sextarium frumenti, si pisa 
defuerint. Servientes etiam, qui pro eis abducendis venerint, sicut proprios is 
servienles procurabunt. Predicto autem G[uidoni] predictam aiinonam 
et pisa invadiare vel distrahere aut uUo modo aiienare non licebit. Ut 
autem hujus pagine ténor débita gaudeat (îrmitate, ipsam probabilium 
virorum subsciiplione et sigilli nostri aucloritate necessarium duximus 
communire. S. Stephani, S. Pétri, S. Remigii presbiteroruni; S. Nicholai, 20 
S. Theobaldi, S. Balduini diachonorum; S. Johannis, S. Guidonis^ S. Gal- 
theri subdiaconorum. Aclum anno Verbi incarnati M" C" LXXXX». 



(a) Au lieu de parteni decimae de Coudeio que ei contingebat, A^ porte : partes décime de Condeio taai 
grosse quam minute duas nouas que cum contingebant. 

' Le Gallia Christiana, t. IX, col. 167, ne rencontrait Hugues comme prévôt que de H81 à 118!i. 2» 
* Sur le doyen Raduli, voyez le Gallia Christiana, t. IX, col. 472. 



— 169 — 



CXXVIII. 

Le pape Célestin III confirnie les possessions 
du prieuré de Chdleau-Porcien. 

Latrau, 21 avril 119-2. 

Original sur parcliciniii aux Arciiives de l'État, à Arlon, fonds Sainl-Huberl, 26, A. 3, en grande 
î) partie efface, avec la bulle de plomb du pape Célesliii III, pendue à des lacs de soie jaune et rouge. — 
Trois copies authentiques, l'une du Wl"" siècle, l'autre du XVI1«, la dernière du XVIII". 

Celestinus episcopus, servus servorum Dei. dilectis filiis priori et [fra- 
tribus Sancti] Theo|baldi salulem] et apostolicam benedictionem. Justis 
petentium dcsideriis dignuni est nos facilem prebere consensum et vota 

10 [que] a ralionis trainite non discordant effectu prosequente complere. 
Eapropler, dilecli in Domino filii. veslris justis poslulationibus grato con- 
currentes assensu. domos [veslras] de Runiocurte et de Gons alque aliam 
que dicitur Folia, fur[num] (a), molendinum et bur[gum] Sancti Theobaldi 
et sextilagium, sicut ea juste ac sine conlroversia possidelis, vobis el[iani 

15 nos] cenobio vestro aucloritate apostolica (confirmajmus et presentis scripti 
[patro]cinio communi[musJ, statuentes ut de novalibus que [propriis majni- 
bus vel [sumplibus colitis], sive de n[utrim]entis aniinalium vestrorum 
ortorum vel poniorum fruclibus nullus [aj vobis de|cimas ex]torquere 
présumât. INuili ergo omnino hominum liceat hanc paginant [nostre] 

io conGrmationis in[fringe]re vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem 
hoc atlemplare presumpserit, indignationem omnipotenlis Dei et beatorum 
Pétri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursurum. Datum Laterani, 
viiii kai. maii, pontificatus nostri anno secundo. 

(a) Vobis eliam nos les trois copies. 



!lȔ. 



22 



1194. 



— 170 - 



CXXIX. 

Gérard, comte de Looz, du consenlemenl de sa femme Aleide, donne à 
l'abbaye une rente annuelle de quinze livres de Liège, à percevoir à Hern- 
Saint- Hubert. 

115)4. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 6, H. i. — Copie aux s 
Arciiives du Royaume à Bruxelles, Cartulaire 112'''", fol. 85 v». 

In nomine Sancte et lndividue Trinitatis. Ego Gerardus, Dei gratia cornes 
de Los, omnibus ad quos litterç istç pervenerint in perpetuum. Ea que 
pro salulis çlerne remedio desideranlur ac juslç fiunt merenlur accipere 
robur confirmalionis, ne etas secutura illa infirmare présumât que ratione lo 
consulenle facla sunt et confirmata. INoverit itaque tam prçsens etas quam 
futura posleritas quod consensu uxoris nostre et heredum nosirorum 
XV solidos Leodiensis monete in curte nostra de Herdene ' ecciesie beati 

' Dans V Inventaire, Herdinis est interprété par Hardenis (Ardenne), près d'Anseremme, où l'abbaye 
avait des propriétés depuis l'origine (cfr. ci-dessus, n" IV, p. 5), et notre document a été en consé- l.ï 
quencc compris dans la layette 6, qui renferme les archives relatives à Anseremme. C'est là une 
erreur. A la date de 1194, les comtes de Looz ne possédaient pas un pouce de territoire dans le pays 
de Dinant, et il est bien manifeste qu'il faut chercher notre localité dans le comté de Looz, comme 
le montre d'ailleurs une charte de 121 i, par laquelle le comte Louis de Looz, fils de Gérard, déclare 
confirmer à l'abbaye la libéralité de son père en même temps que la donation faite par ses ancêtres à 20 
la même abbaye, près de Brée : • cum elemosina alla in Bride ab anlecessoribus meis similiter eidem 
ecciesie concessam ». (Voyez ce document plus loin.) Grandgagnage, Vocabulaire des anciens noms de 
lieux de la Belgique orientale, p. 132, croit pouvoir, à la suite de ER^ST, Histoire du Limbourg, iden- 
tifier Herdinis avec Hcrderen, ce qui n'est guère admissible. En réalité, je crois qu'il s'agit ici de Hern- 
Saint-Hubert, dont le nom même, tout comme celui de Lille-Saint-Hubert, cité plus haut, atteste son 25 
lien de dépendance vis-à-vis de l'abbaye, et qui «st ainsi appelé par opposition à Vry-Hern ou 
Hern-le- Franc. 

Notre diplôme nous permet de compléter et de rectifier en partie les données qu'on trouve sur 
Gérard, comte de.Looz, dans Daris, Histoire de la bonne ville, de l'église et des comtes de Looz, t. L 
p. i20. Nous voyons que Gérard doit avoir été marié deux fois, que sa seconde femme a porté le nom 30 
d'Aleide, et qu'outre ses quatre sœurs Aleide, Ismène, Laurette et Agnès, il en a eu une cinquième 
Guda, épouse d'un seigneur de Grimberghe. Voyez Van dbn Bra.nden de Reeth, Recherches sur l'ori- 
gine de la famille des Berthont (Mémoires couronnés de l'Académie royale de Belgique, collection 



— 171 — 

Huberti in Ardenna singulis annis in festo sanctoruni omnium divine pie- 1194. 
tatis intuitu libère dari constituimus. Ne vero hujus rationabilis facti felix 
memoria in oblivionem veniat posterorum, eam in scriptum redigi fecimus 
et ob felicem tam prçsentium quam futurorum recordatioiiem sigilii nosiri 

5 inipressione ipsam consignavimus. Faclum autem est hoc sub idoneis 
testibus, quorum nomina inferius annotari fecimus, anno incarnationis 
Dominicç M° C°XC° 1111°, indiclione xii*. Testes Aleidis, uxor noslra, comi- 
lissa de Los, Ludovicus filius noster, Guda soror noslra de Grymberglie, 
Ysmena, soror nostra, quandoque Lotharingiae ducissa, Gerardus capella- 

10 nus noster, Ygrammus dapifer, Gysbertus et Hogerus de Brème, Gysle- 
bertus advocatus de Bovek, Werricus de Diepeke, Willelmus de Evenes- 
bergiie et alii multi. 



iii-4", t. XVII, p. 61$ du tiré à part, d'après Butkbns, Trophées de BraOant, t. Il, p. 65). Nous voyons 
qu'à cette date les comtes de Looz avaient déjà leur sénéchal et leur chapelain, ce qui atteste une 

15 certaine organisation de la cour comtale. Enfin, nous constatons qu'en 1194 Gérard était encore dans 
son pays, qu'il devait quitter immédiatement après pour assister à la croisade, dont il ne revint pas. La 
donation qu'il fait à l'abbaye de Saint-Hubert a lieu manifestement en vue de son voyage. 

Le passage relatif à Guda est important pour l'histoire généalogique des Berthout de Malines. Déjà 
Van dkn Berch, Généalogie des /ierlhout, p. 10, cité par Van dkn Brandek de Rbetb, op. cit., p. 75 

20 du tiré à part, note 1, savait qu'un Gaulhier Berthout avait eu pour femme une dame de Looz, dont 
il ignorait le nom, et qu'il disait sœur du comte Louis; d'autre part, dans un diplôme de l'abbaye 
d'Averbode, daté de 1200 et émané de Gautier de Grimberghe, celui-ci donnait à sa femme le nom de 
Guda; il avait pour fils Gauthier et pour fille Sophie. Notre diplôme nous montre que les deux men- 
tions se rapportent à la même personne, c'est-à-dire à Guda de Looz, fille (et non sœur comme 

28 disait Van den Berch) du comte Louis I de Looz, et femme d'un Gautier de Grimberghe, troisième 
du nom, qui eut lui-même pour fils un autre Gauthier, quatrième du nom, dont la femme portait le 
nqm de Sophie. Les historiens qui ont confondu les deux Gauthier ont été amenés à confondre aussi 
leurs femmes, et c'est ainsi qu'on raconte à la fois de Guda et de Sophie qu'elles sont mortes en 
Syrie l'an 1209, et qu'elles sont enterrées à Saint-Jean d'Acre (Van den Bbrcb, lac. cit., et ButkbnS) 

30 Trophées de Brabant, t. Il, p. 68). Si, comme le dit Gramayb, Histoire de Malines, Gauthier III de 
Grimberghe mourut dès 1201, c'est Sophie, et non Guda, qui a accompagné son mari à la croisade, e^ 
qui y est morte. Dans tous les cas, il faut maintenir la distinction de Gauthier III, époux de Guda de 
Looz, et de son fils Gauthier IV, époux de Sophie. 



— 17!2 — 



nw»-iis>6 



cxxx. 



Henri l'Aveugle, comte de l\a)mtr et de Luxembourg, atteste deux donations 
faites à l'abbaye, l'une par Henri d'hier, chevalier, sur son alleu de 
Maboge, l'autre par les /ils d'une dame noble de Laroche, sur leur terre 
de Roumont. 

tl89 (après le 25 mai)-119(;. 



Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 100, A. C, en très 
mauvais état de conservation. Fragment de sceau en cire blanche, pendu à une double queue de par- 
chemin; on y découvre encore le tronc du corps d'un chev.Tl portant un cavalier (A). — Copie aux 
Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlulairc US"*'', fol. 95 (A'). Autre copie authentiquée par le 
notaire Dandoy, aux Archives d'Arlon, toco ubi supra (A*). 10 

(.'ette charte n'est pus datée, mais Nicolas, châtelain de Bouillon, qui y figure, n'ayant succédé dans 
ses fonctions à Hcrbrand qu'après le 25 mai 1189 (voyez ci-dessus, n* CXXllI, page 188), elle ne 
peut être antérieure à celle date; la seconde est celle de la mort du comte Henri. 

In nomine Sancte et individue Trinitatis. Ego Heinricus, gralia Dei cornes 
Namucensis el Liizeleburgensis, scire volo présentes et futuros, fidèles is 
nobis et amicos, quod Heinricus miles, filius Anselmi de Ysers ', assensu 
sororum suariim dédit in elemosinam ecclesie Sanctorum Pétri atque 
Huberti vadium xnii riiarcharum quas habebat super allodium de Mabere *. 
quod situm est in terrilorio de Orlou, i(a tamen quod dum redimatur, 
predicta ecclesia duas partes redituum accipiat, et ecciesia Rupensis, ubi -20 
mater ejus condita est, tertiam partem, in redemplione autem ecciesia 



' Sur Anselme d'Izier, on lit dans le Motnina benefactorum (de Rekfenberg, Monuments pour servir 
à l'histoire des provinces de Namur, de llainaut et de Luxembottrg , t. VIII, p. 58) : « Anselmus, miles 
d'Isier, dédit nobis allodium suuni de Amarlar, sicut illud tcnebat in terris cultis et incultis, agris, 
pratis, silvis, decynis, banno, etc. > . Dans V Inventaire, ainsi que dans le résumé écrit ou dos de 1^ 
l'original, c'est le comte Henri lui-même qui est faussement cité comme ayant ce gage et comme en 
faisant don à l'abbaye. 

' Mabere semble devoir être identifié avec Maboge, dépendance de la commune de Samrée, contiguë 
à celle d'Ortho, dont il faisait partie au XII* siècle. 



'à 



— 173 - 

^ancti Muberti novem marchas accipiet, Rupensis quinqiie. Preterea soro- iiKi»-ii06. 
res ipsius posl sepulturam corporis ejus dederiint ad altare beati Huberti 
V solidos Leodiensis monele primi census de Hirves ad refeclionem fralnim 
in anniversario ejus. Hec autem Iraditio sororuin el amicorum ejus, cum 
h ibi presens essem, per manum meam data et dcposila est super altare 
saiictorum Pétri atque Huberti, advocatis in testimonium multis nobilibiis 
cum mib'tibus meis. S. Godefridi de Ham et Geluidis uxoris ejus; S. INico- 
lai castellani de Bulh'on; S. Theodorici junioris de Faiii; S. Johannis de 
Jodiun; S. Godefridi fratris ejus; S. Valini de Bomala. 

H) Eodem tempore obiit Ermengardis, matrona nobilis de Rupe, et sepulta 
est in claustro predicte ecclesie, pro cujus anime remedio (îlii ejus Kodul- 
fus et Eb'nandus dederunt in elemosinam ad altare beati Huberti quatuor 
solidos Leodiensis monete in primo censu de Rodulfi monte ' et servum 
unum et duas ancillas. Ut autem traditiones iste inconvulse permaneant, 

io placuit nobis presenti scripto confirmare et sigilli nostri impressione et 
testium qui inlerfuerunt subscriptione. S. Andrée, S. Heinrici, S. Frederici 
militum de i>laves, S. Lamberli et Wilelmi de Chenpiuns, S. Pétri de 
Icuelh (a), S. Widerici villici, 8. Johannis de INasania, S. Arnulfi decani 
Bastoniensis, S. Lamberti investiti de Ortou, S. Gerardi vicarii Rupensis et 

20 aliorum multorum clericorum et laicorum. 



(a) Leçon très douteuse dans A, plusieurs parties de lettres paraissant avoir disparu par la chute du 
groison. Pétri A' et A^. 

' On lit dans le Nomina benefactorum, pj». 54 et 5S, les deux notices suivantes ; 

« Ermengardis, matrona nobilis, dédit nobis in Reumont quatuor solidos Lcodicnscs. <> 
2î) • Rasendis dédit nobis Radulphi Montem per manns fîliorum Cuiionis et Godefridi. • 

L'identité de Reumont (mauvaise lecture pour lloumont) et de Rodulfi Mons étant prouvée par le 
texte même de noire diplôme, il en résulte qu'il faut admettre une double donation de Roumont, faite 
Tune par les fils d'Ermengarde, et l'autre par ceux de Rascndc, qui étaient peut-être deux sœurs. 
Rasende a donné sa partie de la terre, et Ermengarde, ou ses fils, une renie sur la leur. 



\\m 



— 174 



CXXXI. 

Jeav, comte de Roucy, de concert avec sa mère Elisabeth, confirme les 
fondations pieuses faites à Neufchâtel-sur- Aisne par ses frères Henri et 
Raoul, et par son père Robert Guichard. 

nm. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arion, fonds Saint-Hubert, 4t, C. 2. hceau 5 
disparu; reste une double courroie. Le document a pàti; le commencement des six dernières lignes 
a disparu. Au bas de la première page de Panalyse on lit : « Enregistre au Registre, fol. 9 <> . 

In nomine Domini. Ego Johannes, cornes Roceii, et mater mea Elysabeth 
coniitissa notum fieri voIu[mus tam] futuris quam presentibus quod Henri- 
cus frater meus, recepto viatico in extremis, gratia Dei inspiratus, ad lo 
celebranda divina pro sua et antecessorum suorum animabus in ecclesia 
beati Pauli de Novo Castro capellanum unum sibi providit et jussit apponî 
et ad procurationem victus et vestimenti sibi et successoribus suis de 
redditu suo sufïicienter administrari. JNos vero. suis diligenter obedientes 
preceptis, assensu et consilio uxoris nostre Beatricis et aniicorum et homi- is 
num nostrorum, et capellanum apposuimus et ut inde vivere possit sibi et 
successoribus suis apud Aumenencurt de redditu ville illius frumenti 
sestaria xx ad mensuram INovi Castri singulis annis habenda et avene 
sestaria x apud INovum Caslrum de redditu nemoris, ^quod dicitur Siiva 
Sancti Martini, annuatim recipienda et de redditu winagiorum Pontis 20 
Guiardi solides lxx Remensis monele de anno in annum habendos con- 
cessimus et donavimus. Si vero de redditu illo ex toto soivi non poterinl, 
de winagiis campanie vel Pontis Sancti Masmini persolvenlur. Capellanus 
autem predictus vel alius pro eo in prefata ecclesia vel alibi, si villa inter- 
dicta fuerit, de die in diem, exceptis diebus quibus non [licebit. pro -25 
anima] predicti Henrici et antecessorum suorum animabus divina celebra- 
bit. Dominus ^^ero INovi Castri, quicumque fuerit, mortuo capellano alium 
apponet; set nisi infra dies xl alium apposuerit, dominus Laudunensis 
episcopus sine [mora alium] apponere poterit. Capellanus siquidem in 
ecclesia illa ad servicium majoris misse et horarum presens erit, nisi com- 00 



— 475 — 

|)e(enti impedilus fueril negocio. Jus vero et poteslatem apponendi capel- ii9h. 
lanurn, si dominus Novi Caslri in elemosinain dare voluerit, aiii quam 
ecclesie Hehernicurtis dare non polerit. Nolum sit etiam universis quod 
paler meus, cornes Wischardus, quatuor preshiteris de Novo Castro soli- 
5 dos x\ Remensis monete de winagiis Novi Caslri in quadragcsima sernper 
habendos donavit et concessit. Prcsbiteri vero ad invicem unus post alium 
vel alius pro eis in predicta ecclesia vel alibi, si caslruni illud interdictum 
fuerit. pro anima predicli comitis et omnium fidelium Dei defunctorum 
per omnes quadragesimas divinum celebrabit oilicium. Donavit etiam 

io predictus paler meus prefale ecclesie beati Pauli solidos xm Remensis 
monete de theloneo Novi Caslri annuatim habendos ad emendum oleum 
pro lampade una ante altare bealorum aposlolorum Pétri et Pauli semper 
ardente. Insuper et fraler meus Radulfus, cornes Roceii, donavit eidem 
ecclesie solidos xv prefale monete ad comparationem olei ibidem ante 

15 altare béate Marie in una lampade ignem nutrientis, de redditu winagio- 
rum Bairiaci singulis annis [habendos] similiter. Et ego pro anima fralris 
mei Henrici solidos xiii ejusdem monete de winagiis Bairiaci de anno in 
annum habendos, ut inde ematur oleum quod sudtcere [possit uni lam- 
padijante altare beati Stephani in eodem loco semper ignem habenti, pre- 

20 nominale ecclesie concessi et donavi. Hec autem omnia ut firma et incon- 
vulsa perma[neant, sigillorum] noslrorum impressione confirmavimus. 
Rogavimus etiam patrem nostrum Rogerj/m^ Dei gratia Laudunensem 
episcopum, ut et predicta omnia scripto et sigillo suo confirma[ret. 
et ut eum] vel eos qui prediclarum elemosinarum institutionibus aliquid 

25 detraxerint, donec ad satisfactionem redierint, excommunicalioni subjice- 
ret. [Statutum est autem] quod capellanus predictus, quamcito apposilus 
fuerit, in ecclesia predicta jusjurandum prestabit quod de beneficiis ecclesie 
sepedicte, nisi ei gratis datum [sit ab eo qui debuerit dare. nihil] retinebit, 
set omnia illa (a) reddet cujus vel quorum esse noverit. Actum anno inc^r- 

80 nali (6) Verbi M". C". nonagesimo VK 

[a) Jinsi Poriginal sans doute pour illis. — (b) Incarti l'origitial. 



im\ 



- M^ 



CXXXil. 

Thierry de Vellier donne à l'abbaye une renie de deux muids de qrain 
à prendre sur son moulin de Spineuse, près de Neufchâleau. 

IIIK). 

Original disparu. — Copie sur papier aux ArcLivi-s de l'État, ;i Arlon, fonds Saiiit-Hubcrl, sans 
indication de classement. Au dos on lit : • Neuvechateau 5' armoire » et le chiffre 1154. 5 

Cette pièce parait avoir été produite en 1612, » l'occiision d'un procès que l'abbaye soutint à 
Luxembourg contre les receveurs de Neufehâteau. 

Ego Theodoricus de Malliers, vir nobilis, audiens diclum a Domino : date 
eiemosinam et ecce omnia munda sunt vobis, decrevi de rebus meis tran- 
sitoriis ab'quid conferre monaslerio Sanctorum Pelri atque Huberti de 10 
Ardenna, ut niemoria mea et uxoris nieae Eb'sabeth et heredum meorum 
perpetuo ibidem conservetur. Scire itaque voie praesentes et fuluros. fidèles 
et amicos meos. quod assensu filiorum meorum Hugonis et Arnulphi et 
filiae meae Hawidis tradidi in eiemosinam praefatae ecclesiae singulis 
annis duos modios molturae ad meiisuram Vilacensem in molendino meo 13 
quod est ante Novum Castellum ', ordinans atque constituens ut a feslo 
sancti Remigii nullus in eodem molendino quicquam accipere praesumat 
usque dum praefata ecclesia ipsam molturam nudi grani, id est siliginis 
et frumenti, recipiat intègre sine aliqua contradictione vel impedimento 
eorum qui et ejusdem molendini et terrae meae per successiones tempo- -20 
rum futuri sunt heredes. Hanc igitur donationem solemniter factam ne 
aliquis perturbare possit in posterum praesenti cartulae annotari et.sigillo 
meo confirmari feci, aslantibus et simul tradentibus filiis meis coram 
multis testibus idoneis, clericis et laicis, quorum haec sunt nomina : Ludo- 
vicus, comes Chisniaci, Henriciis de Mirvalt, Willelmus, advocatus Chis- -23 
niaci, Henricus de Vans, milites; Geroldus, decanus Yvodii, Constantinus, 
investitus de Longario (a). Stephanus praesbiter et alii multi. Actum anno 

(o) Satis doute pour Longolario. 

' Un acte du mois d'août 1240, que nous publions plus loin, nous apprend que ce moulin est celui 
de Spineuse. 30 



— 177 — 

incarnationis Doniini niiliesimo cenlosimo nohasresimo nono, astantu el ii99-i2oo. 
Iau(iante Ludovico comile Chisniaci, de cujus manu ipsuin molendinum 
in (iodi beneficium possideo. 



CXXXIll. 



L'abbé Guillaume fail connailre l'accord qu'il a conclu avec Hugues, comte 
5 de Relhel et avoué de l'abbaye à Cheveuges, au sujet de leurs droits 
respectifs dans cette localité. 

1200. 

Original sur parchemin aux Archives du palais de Monaco, T. 25. Deux sceaux suspendus à de 
doubles lacs de soie. 

10 Willelmus, Dei permissione diclus abbas ecclesie Sanclorum Petri atque 
Huberti, el tolus cjiisdem ecclesie convenlus universis présentes litleras 
inspecturis in perpetmim. Universitali vestre notuni facimus quod cum 
inler nos ex una parle, et illustrem viruni Hugonem, Rei^jtestis comitem, 
ex altéra, grandis et diulina veisaretiir controversia super banno el justi- 

13 lia el furno et aqua de Chavogiaco, tandem eliminata lotius contentionis 
materia, unanimi partium assensu, in banc pacis formam dib'genter con- 
venimus. In supradictis omnibus que de jure noslro procedebant, el de 
omnibus que in eisdem pretaxatis predicto comiti de jure ce(iebanl advo- 
calionis^ lam nos quam ipse commune in perpetuum obtinebimus parti- 

"^0 cipium. Tolum marrinum quod sufficiens et idoneum videbitur ad reedifi- 
candam parlem quam in molen(b'no babemus comes sumptibus suis in 
nemore scindi el ad molendini situm faciet adduci; postmodum autem 
universorum sumptuum medietatem ex ejusdem partis reedificalione 
procedentem comes apponet. nos vero alteram apponemus. universorum- 

25 que proventuum medietatem exinde provenienlem nos percipiemus, 
comes vero alteram porcipiet. Infra predicte ville bannum comes aliquid 
de cetero acquestare non poteril in quo medietatem non oblineamus, si 



— 178 — 

1200. tainen rei acqueslate (a) sumpluiim iiiedietalem persolvere voluerinius. 
QuicuiiKjue in perpeluuni Uegiteslense obtinebit dominium, advocalionem 
Chavogiaci possidebil. nec ei aliquo modo a manu sua eam aiienare licebit, 
excepto quod nobis eain in eiemosinam polerit delegare si volueril. Ut 
âutem Iiaec rata permancaiil et in perpeluum inconcussa, presenlem pagi- 5 
nam sigillorum noslrorum impressionibus communimus. Aclum anno 
incarnationis Dominice miilesimo ducentesimo. 



CXXXIV. 



Guillaume, archevêque de Reims, confirme une donation faite à charge 
d'anniversaire, par Raoul de , à Sainte^ Marie d'Evergnicourt. 

Mai 1200. 10 

Original en mauvais état aux Archives du Gouvernement à Luxembourg, provenant de la layette 45, 
A. 2. Sceau disparu j restent les lacs en soie rouge et verte. — Copie authentique de 1673, ibidem, 
suivie de cette note : « Et erat appcnsum sigillum in serico rubro et vîridi, impressum in cera viridi. 
Hoc excmplar coIlatDm cum suo originali dilaccrato in aliquibus sui partibus, ubi legi non potuerunt 
verba in albo hujus copiac omiss:i, repcrtum est de cetcro concordare de verbo ad verbum ». On voit 15 
par cette copie qu'en 1675 l'original était déjà dans son état actuel, et notamment que le nom du 
donateur avait disparu dès lors. 

Willelmus, Dei gratia Remensis archiepiscopus, sancte Romane ecclesie 
tiluli sancte Sabine cardinah's, om[nibus ad quos h'iterje iste pervenerint in 
Domino salutem. INoverit universitas vestra quod dilectus et fidelis noster 20 

Radulfus de miles, de salute anime sue sollicitus, in nostra consli- 

tutus presentia, dédit in eiemosinam ecclesie béate Marie de Evrenicurte 
et presbitero ejusdem ville omnibusque presbileris in Novo Castro commo- 
rantibus cum presbitero de Briaigne duas culturas terre arabilis viginti 
quatuor jornfiales continentes, quarum altéra est ad terminum, altéra ad 25 
Arzillieres, ita tamen quod memorata ecclesia et dicti presbiteri anniver- 

(a) Je lis acqueslare dans la copie qui m'est envoyée de Monaco. 



— 179 — 

sarium suuin et uxoris sue Elisabeth annualim ceiebrabunl. Hanc dona- i^o. 
tîonem Guido fih'us ejus in noslra presencia concessit. El sicut ex testi- 
monio [dilectorum] G. decani Movi Castri, G. capellani comilisse loci 
ejusdem et Galleri presbiteri de Briaigne didici[mus, Eh'sajbelh ''uxor 

5 ipsius Wadulfi cum Odone Haterel et Haduifo et ïsabel liberis suis eandem 
donationein [confirma jverunt. Nos etiam, qui feodum predicte terre acqui- 
sieramus, donationein ipsam Iauda[vimus predicteque ecclesie cum] presbi- 
leris elemosinam hanc nomine allodii perpetuo libère possidendam conces- 
simus. Sepefata vero ecclesia et presbiteri prescripti supradictas culturas 

iO ipsi Kadutfo militi concesserunt habendas sub annuo censu octo soli- 
dorum Kemensium ad nativitalem béate Marie vira;inis reddendorum, reti- 
nentes sibi justiciam ipsius terre usque ad vu solidos et dimidium cum 

vendilionibus et (a). Sciendum auteiii quod ecclesia ipsa medietatem 

[census sibi retinebit. re]liquam medietatem prefati presbiteri inter se divi- 

15 dent. Quod ut ratum et inconcussum perman[eat ] seri fecimus 

et sigilio nostro muniri. Actum anno Verbi incarnali M" CC". Dat[ .] 

per manum Mathei, cancellarii nostri, mense maio. 



cxxxv. 

Etienne, dit Judas, de Neufchâtel reconnaît une donation 
faite au prieuré d' Evergnicourt. 

20 23 décembre 1200. 

Charte disparue. 

Résumé conservé aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, sur la première page d'une 
feuille de papier qui a servi de chemise au document, et qui ne porte pas de marque de classement. 

Anno t200, mense decembri, sabbatho anle nativitatem Domini, Ste- 

-25 phanus, dictus Judas, de JNovo Castro, maritus Avelinae, neptis quondam 

Waltheri domini Manselers, recognovit sex denarios annui census et unum 

(o) Je lis essienes, mais le passage semble avoir souffert. 



— 180 - 

1200-uoi. sextarium siliginis olim legatos prioralui de Everneicourt per dictum Wal- 
theiurn et Aelidem de INovo Castro, ejusdetn sororem. quondam uxorem 
Hadulphi dicti Hougeboursc, pro remcdio animarum suaruin super qui- 
biisdam terris quae fuerunt dicti Wallheri, sitis in territorio de Evernei- 
curto, quas diclus Stephanus et uxor ejiis Avelina tanquam haeredes dicti 5 
avuiiculi sui tenent, dictos census tam sex denariorum quam uniiis sextarii 
siliginis singulis annis in perpeluiim dicto prioralui de Everneicurte in 
festo sancli Kemigii in capite oclobris persolvendos. 



CXXXVI. 

Thibaut de liar, comte de Luxembourg, atteste que fVery de Frandeux 

a donné à l'église de Leffe ce qu'il possédait à fi aha. io 

Février 1201. 

Original disparu. — Copie du XVI* siècle sur papier aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint- 
Hubert, 122, avec cette note : « Coppie collationnéc de mol à aultrc par moy, Nicolas Roussions, 
sur unne aultre coppie faictc par ung nomez Philippus Cavillionus, notarius appostolicus et impérial, 
en atestant par sa fidélité que ladictc coppie s'accorde avec les lettres originelles, scellées d'un grand 15 
rond seaux en cire jaulne ayant comme ung homme a cheval, item unnc espce en sa main, en la 
circumference duquelle Ion pcult lyre aussi de vieux caracter cngrauvez ou en praincte : Sigillum 
Theobaldi. Et depuis ladicte coppie at estez recoppiée et subsignée de messire Henri Leprince de 
Marche, nottarie appostolicque. Et je Nycolas dessus escript, en tesmoingnage de Veritez d'avoir icelle 
collationné sur ladicte copie, aye subsignez ccst présente de mon signe manuel par ordonnance de 20 
messeigneurs de la court Saint-Martin. (Signé) Nicolas Roussions (avec signe manuel), clercqz jurez à 
ladicte court ». Au dos : » Coppie pour monseigneur le mayeur de Waha » '. 

Le style de notre charte est celui de l'Annonciation (25 mars), c'est-à-dire celui de la province 
ecclésiastique de Trêves, dont Bar-le-Duc faisait partie, et auquel le Barrois mouvant renonça pour 
celui de Pâques à partir de 1302. Cfr. Giry, Manuel de diplomatique, p. 1 18. 25 

Ego Theobaidus, cornes Barri et Luxemburgensis, omnibus ad quos 
présentes lillerae pervenerint notum facio quod VVerricus de Frandue, 

• Cette formule et la charte elle-même sont défigurées par un grand nombre de fautes dues à un 
copiste ignare ; je les ai corrigées tacitement. 



- 181 - 

homo noster, laudc et assensii fralrum et lieredum siiorum, omnem lerram isoi 
suam, qiiam ipse et fratres sui apud Wahart possidebant, ecclesiae Lefllensi 
per manum meam in elemosinam conlulit et concessit in perpcliium. 
Quia vero meritorium est novellas plantare et edificare ecclesias et verilali 
5 teslimonium perhibere, ego Theobaldus, conies Barri et Luxeniburgensis, 
a quo terra illa per feodnm derivatnr. donum illud per manum meam 
factum laudavi et approbavi, et prcscntem paginam in testimonium hujus 
rei sigillo meo confirmavi. Actum anno incarnationis Dominicae millesimo 
ducentesimo mense februario. 



CXXXVII. 

10 Roger, évêqiie de Laon, préside à une transaction entre les abbayes de Saint- 
Hubert et de rauclair, au sujet de leurs droits respectifs sur l'église de 
la Malmaison, dépendant de Fronteny. 

1-201. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, A. i. Trace d'un 
15 sceau en cire verte suspendu à des lacs de soie de la même couleur. Charte partie avec le mot ctro- 
GRAPHUM dans la marge de gauche. 

Ego Kogerus, Dei gratia Laudunensis ef)iscopus, notum facimus presen- 
tibus et futuris quod cum bone memoiie Johannes, quondam abbas Sancti 
Huberti, laudante capitulo suc, concessisset ecclesie VaUis Clare per manum 
20 pie recordationis Bartholomei, predecessoris nostri quondam Laudunensis 
episcopi, altare de Fronteneto ' cum omnibus que ad illud pertinebant et 
quicquid habebant in eodem territorio vel in elemosina vel in dote 
altaris sub annuo censu sex frumenti sextariorum, sicut in ejus autentico, 
quod nos fideliter inspeximus, plenius continetur, tandem de métis et 

25 * L'église de Fronteny, donnée à l'abbaye par révêque Waudri de Laon (1106-1112), avait été cédée 
entre 1 ^^^ et 1151 par elle à l'abbaye de Vauciair. Voyez ci-dessus les numéros LXXV et LXXXVII. 



— 182 — 

1401. terininis ejusdem leiTito[rii et] prccipu[e] de ccclesia et allari de Mala 
Doino inter eos et fratres Vallis Clare ortum esl liligiurn et querela. Tan- 
dem vero, de consilio virornm prudentium et precipue testium qui rem 
noverant ab antique, paci et quieti utriusque ecclesie provisum est in 
hune modurn. Ecclesiam siquidem et allare de Mala Domo, quam ex dono 5 
et concessione Herberti et liadulfi militum ejusdem loci, qui eam funda- 
verant, et per manum nostram ipsis conlulerant, fratribus Vallis Clare, 
qui eandem ecclesiam de territorio Fronteneti esse adirmabant, reddide- 
runt cum omnibus que ad ipsam pertinent tam in decimatione quam aliis 
oblutionibus jure perpetuo possidendam. Ipsi vero propter hoc singulis iO 
annis solvent monachis de Evrenicurte in festo [sancti Rejmigii sex 
sexta[ria siliginis ad me]nsuram Novi Castrî, propriis vecturis usque ad 
Evrenicurlem deducenda, predicto trecensu sex sextariorum frumenti in 
statu suo permanente. Quod ut ratum et inconvulsum permaneat, presentî 
cyrographo et sigilli nostri impressione fecimus roborari. Actum anno 15 
incarnalionis Dominice millesimo ducentesimo primo. Ego Willelmus 
caricellarius scripsi. 



CXXXVIII. 

L'abbé Guillaume accense à un chanoine de Reims, pour la durée de sa 
vie, la maison que Saint-Huberl possédait à Ranicourt avec toutes ses 
dépendances. • . 20 

1201. 

Original aux Archives de l'Etat, à Arlon, fonds Saint-Hubert,41, G. 2. Sceau oblong (0"090 x O-nOee) 
en cire verte, mutilé à l'extrémité inférieure, suspendu à des lacs de soie jaune. Type : Vierge nim- 
bée, assise dans un fauteuil, et tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus, qui lève la main droite comme 
pour bénir, et qui semble tenir un livre de la main gauche. La Vierge tient l'Enfant Jésus de la main 25 
gauche et porte dans la droite un sceptre fleurdelisé. Légende : *i* SIGILLU SCE MARI[E REMjEIV- 

SIS LIS. Contre-scel : Aigle au vol abaissé. Légende : CONFIRMA HOC DEUS. Au dos, 

d'une écriture contemporaine : « Hii sunt plegii : Milo de Lagercio, Blihardus de Eccreio, Guido 
Pes Lupi et Milo de Stancolin, canonici Remenses ». En tête de la charte on lit, d'une écriture 
moderne : « Enregistré au 5« registre, fol. 15 ». 50 

Balduinus prepositus, Léo decanus, H. cantor ceterique Remensis école- 



— 183 — 

sie fratres omnibus ad quos liltere iste pervenerint in Domino salutcm. isoi 
Woveiit universitas vestra quofi c\ parte Willelmi abbatis et totiiis capiliili 
Sanctorum Pétri atque Huberti accepimus quod unanimi fratrum ipsorum 
assensu et pari volunlatc Ingelranno, concanonico nostro, concesserunt 
R habendam. quamdiu vixcrit. domum suam de Ranlicurte cum omnibus 
appenditiis suis, terris videlicel cultis et incultis, molendiiio et dimidio, 
piscaria, censu et décima et aisantia nemoris quod Transletum appelatur, 
quamdiu ibi nemus extiterit, sub annuo trecensu sex librarum Remensis 
monete in pascha persolvendarum. De annona eliam, quam prefata domus 

10 débet, singulis annis eam expediet, terras quas autumpnali satione cultas 
accepit simili modo aut melius restituet, quicquid edificii vel meliora- 
tionis domibus vel molendinis superaddiderit ecclesie liberum relinquet. 
Quando vero prefatum Ingeirannum cedere vel decedere contigerit, carru- 
cam, sicut ibi inventa est, inlegram domui resignabit. Si vero due ibidem 

15 invente fuerint, melior in domo remanebit, de reliquo mobili dômus, 
exceptis palea, stramine et farragine que ad annum reliquentur (a), in 
beneplacito suo disponet. De omnibus vero supradictis prior de Evreni- 
curte sumptibus prenominati Ingeiranni legitimam ei ferre tenetur garan- 
diam. Sepedictus etiam Ingelrannus domum prenominatam bberam et 

20 immunem ab omni debito acceptam iiberam ecclesie restituet. Et sciendum 
quod idem Ingelrannus fidem dédit quod memoratam domum cum appen- 
ditiis suis fideliter retinebit et pro posse suo manutenebit. Insuper etiam 
suflficientes plegios in solidum constituit quod memoratus trecensus sex 
librarum statuto termino persolvetur. Quorum si aliquem decedere conti- 

25 gerit, alium substituet, et sic de singulis. Et quia hec conventio coram 
nobis ex utraque parte facta est et approbata, eam litterarum nostrarum 
testimonio et sigilli nostri patrocinio ad preces eorumdem fecimus roborari. 
Actum anno Verbi incarnati M" CC" primo. 

{a) Sic. 



1201 



184 — 



CXXXIX. 

L'abbé Guillaume vend à Elisabeth de Neufchâtel les droits de son abbaye 
sur des places à moulin sur l'Aisne, près d'Évergnicourt. 

1201. 

Cartulaire de l'abbaye de Valroy, fol. 103 à lOi, à la Bibliothèque nationale de Paris, nouvelles 
acquisitions latines, n" 1289. S 

Guillelmus, Dei patientia abbas el tolum capitulum Sancli Petri et Sancti 
Huberti in Ardennia omnibus ad quos lilterae islae pervenerint in Domino 
salutem. JNoverint universi praesenlem paginam inspecturi quod nos, 
comniuni assensu, ego scilicel Willelmus abbas et capitulum noslrum 
quicquid juris habebanius in sede molendinorum super Axonam juxta lo 
Evregnicourt nobili mulieri Elizabeth, dominae de Novo Castro, concessi- 
mus et quiclum clamavimus, ita quod eadem Elizabeth sedem praedicto- 
rum molendinorum assensu nostro cuicumque voluerit ecclesiae in elemo- 
sinarn conferre poterit, el ecclesia illa de praedicta sede pro volunlate sua 
sine omni conlradiclione poterit ordinare, tali tamen conditione quod qui- i» 
cumque, sive praedicta domina sive ecclesia, molendinorum supra sedem 
factorum procurator vel possessor extiterit, septem sextaria annonae per 
singiilas hebdomadas ad opus ecclesiae de Evregnicourt libère et absque 
pretio et molilura molere lenebitur, tali pacto quod ecclesia de Evregni- 
court, quando annonam suam millet molere, statim, omni remota occasione, 20 
molet posl ilium quem molenlem reperiet, et si ecclesiam de Evregnicourt 
in una hebdomada plusquam septem sextaria molere contigerit, quantum 
plus molet, tantum cadet de numéro sequenlis hebdomadae, ila quod 
licet una hebdomada plus, alia minus molat, nunquam tamen numerum 
septem sextariorum poterit excedere, verum si forte molendina illa pro 2S 
qualicumque'causa molere non polerint, quamdiu molendina ipsa cessare 
contigerit, molendinorum possessor a molendis septem sextariis supradictis 
immunis remanebil, et statim molentibus molendinis supradicta septem 
sextaria molere tenebitur. Quod ut ralum permaneat et notuni posteris, 



.V- 



— i85 — 

ulroque sigillo, abbalis scilicet et capiluli digniim duximus roborari. Actiim 1201-1202. 
anno incarnati Verbi millesimo ducenlesimo primo '. 



CXL. 

L'nhhé Guillaume concède aux religieux de Falroy les droits de son abbaye 
sur des places à moulin sur l'Aisne, près d'Evergnicourt. 

5 1202. 

Cartulairc de l'abbaye de Vairoy, fol. 100 v», à la Bibliothèque nationale de Paris, nouvelles acqui- 
sitions latines, n° 1289. 

Guillelmiis, I)ei palienlia abbas, et lotum capituluin Sancti Pétri et 
Sancti Huberti in Ardennia omnibus ad quos litterae istae pervenerint in 

10 Domino sahitem. Noverint universi presentem paginam inspecturi quod 
nos, communi assensu, ogo Willelmus scilicet et capituluin nostrum con- 
cessimus monasterio beatae Mariae Vallis Re^is et fratribus ibidem Deo 
servientibus omnia jura et usuaria carpcnlariae in sede quorumdam 
molendinorum super Axonam juxta Fî^vreignicourt et quicquid juris in 

15 ipsis molendinis habebamus, ea lamen conditione quod praedicli fratres 
septem sexlaria annonae lanlum ad mensuram Novi Castri, qua nunc in usu 
habebalur. per singulas hebdomadas ad usus ecclesiae de Evreignicourt 
absque prelio et molilura molere tenebuntur. Et quando annonam suam 
millet molere, slalim post illum moiet, omni occasione remota, quem 

20 molentem reperiet. Et si ecclesiam île Ëvregnicourt in una hebdomada 

' A cet acte s'en rattachinl plusieurs autres que voici : 

1201. Elisabeth de Neufchàtel, veuve du comte de Roucy, donne en aumône à l'abbaye de Vairoy 
ses moulins près d'Evergnicourt. (Copie aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 48, H. {.) 

1201. Enguerrand de Coucy, comte de Roucy, abandonne à l'abbaye de Vairoy ses droits sur les 
25 places à moulin près d'Evergnicourt, qui lui ont été codes par Elisabeth de Neufchàtel. (Cartulairc 

de Vairoy, fol. iOO, à la Bibliothèque nationale de Paris, nouvelles acquisitions latines, n» 1289.) 

1202. Renaud de Monldiviel et sa femme Elisabeth, veuve du comte de Roucy, donnent à l'abbaye 
de Vairoy le tiers des places à moulin qu'ils possédaient à Evergnicourt, acquis par Elisabeth pen- 
dant son veuvage. (Copie aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 45, H. 1.) 

24 



— 180 — 

i^Oâ. plusquain septeiii sextaria inolere contigerit, quantum plus molet, tanluni 
cadet de numéro sequenlis hebdomadae, et e contra, ita quod licet una 
hebdoniada plus, alia minus molat. nunquam tamen numerum septem 
sextariorum poterit excedere, verum si forte niolendina illa pro quali- 
cumque causa molere non [)oterunl, quandiu molendina cessare contigerit, f> 
praedicti fratres a molendis septem supradictis sexlariis < immunes> (a) 
remanebunt et statim molentibus molendinis ipsa molere tenebuutur. 
Praeterea concessimus praediclis fratribus ad omnes usus suae (6) plaleam 
molendino adjacentem inter aquam et falisiam perpetuo possidendam, sicut 
metae ibi positae déterminant (c\ sub annuo censu duorum solidorum lO 
Remensis monelae solvendornm infra oclavas sancti Kemigii. Concessimus 
etiam praedictis fratribus licentiam acquirendi et perpetuo possidendi in 
manso nostro indominicato (rf) de Evreignicourt ununi jornaie terrae sive 
prati ad horlum faciendum, sive ad alios usus fratrum ibidem manentiunj, 
salvo jure debiti census, et de caelero in manso ejusdem villae nihil 15 
poterunt acquirere nisi ex ecclesiae uostrae permissione. Concessimus 
quoque aisantias falisiae et quarreriae ad omnes usus molendinorum et 
aedificiorum suorum. Pepigimus autem praedictis fratribus quod super 
his omnibus legilimam garandiam adversus omnes qui justitia stare 
voluerint portabimus. Quod ut ralum permaneat, utroque sigillo, abbatiae 20 
scilicet et capituli dignum duximus roborari. Actum anno ab incarnationc 
Domini millesimo ducentesimo secundo. 



CXLI. 

L'abbé Guillaume et Gilles^ sire de Cons, attestent la donation du moulin 
de Torgny faite au prieuré de Cons par Hugues de Chauvency, dit 
le Poitevin. 25 

3 mai 1202. 

Original aux Archives de i'Élat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 37, I. 2. Le sceau de l'abbé Guil- 
laume a disparu ; pesle celui de Gilles de Cons, rond (0"065) en cire jaune, suspendu à une double queue 

(a) Voyez la pièce précédente : possessor a molendis septem sextariis supradictis immunis remanebit. — 
(b) Il y a peut-être ici une lacune, à moins qu'il ne faille lire suos. — (c) determicavi ma copie. — (d) in 30 
dominicalu ma copie. 



- 187 - 

(le parchemin, et défini comme suit dans une copie authentique : « Deux demi bras en leurs manches, 1202. 
l'un empoignant l'aulro, et l'autre tenant une rose en main », On le (Icflnirait plus exactement : un 
scnestrochèrc tenant en main une fleur à six pétales, dont la tige est munie en bas d'un anneau, et 
garni d'une aumùnière. Légende : SIGI Au dos : « Donatio molendini in Tonc ». 

ti Modernorum facla leniporibus ne lahente tempore a posterorum lah.m- 
lur iiienioria majoruin auclorilas lilterarum apicibus t^docet annotare. 
INotuin igilur sit omnibus lam fuluris quam presentibiis quod bonc 
memorie lingo, nobih's vir de (^hauvancy, Piclavinus cognomine, niolendi- 
niim suuin de Torny deassensu nohilis femine Aelidis, uxoris sue, filiorum 

10 suoruni et filiarum, de assensu eliain Aelidis, sororis sue, el Richardi, filii 
ejusdem A[elidis], Willelmi, advocali de Chiny el Willelmi. filii ejusdem 
advocali.qui qiiicquid juris in prefato molondino habebant abslipulaverunt 
pro anima sua et antecessorum suorum, ecclesie sancii Miaclielis (a) Cunen- 
sis in elemosinam concessit et, ut in paucis mulla concludamus, singuli 

15 ejusdem molendini heredes, preterquam Emengardis (a), soror ejusdem 
Hugonis, que decimarn habet in eodem molendino portionem, prenominn- 
tam ecclesiam ab omni impelitione, quantum ad molendinum altinet, nbsol- 
verunt. Jam diclus eli;im Kichardus, nepos prelibati Hugonis, promisit, si 
fratres sui contra prescriptam ecclesiam super molendinum aliquam move- 

20 rint questionem, ipse eam ab omni eorum impelitione absolveret. Frnaiidus 
vero, filios Gervasii, militis Cunensis et Nicolaus, filius DoHonis, burgensis 
Cunensis. qui super jam nominato molendino heredes impelebant, ab 
omni impelitione sepediclam ecclesiam relaxavernnt. Prior aulem et eccie- 
sia Cunensis omnibus tam fratribus ejusdem Pictavini quam sororibus, 

2.> filiis et nepotibus in sepedicta ecclesia, si requisierint, sepulturam conces- 
serunt. Et ut in peipetuum sua gaudeat ecclesia possessions non licebit 
priori vel ejus successoribus idem molendinum vendere vel alienare. vel 
eliam pignori obligare. Quofi ut ratum sit et ad posleros transeat incon- 
vulsum, ego Willelmus, ecclesie Sancii Huberli dictus abbas, et ego 

30 Egidius, dominus Cunensis, sigillorum nostrorum impressione signamus et 
prosenti scripli palrocinio cominunimus. Hiijus rei lestes sunt Roscelinus, 
ejusdem ecclesie prior, (iodefridus, Rainardus monaclii : magisler Petrus.^ 
vicarius, Theodericus, pastor Cunensis »'cclesie; subdiaconus Punchardus. 

[a] Sic. 



188 



1202. Pelrus. clerici; Willelinus, advocatiis de Chiny, Clarambahlus de Burgo, 
Sansdaie Simon de Liiia, Drogo, milites. Dalum ab incarnalione Domini anno 
(vers 1202). |^jo Qç^u \{o^ (jig festo invenlionis Sancle Crucis. 



CXLII. 

Elisabeth de ISeufchâlel déclare que son mayeur a investi le prêtre Alard 
de la moitié d'une maison qui lui a été vendue par les héritiers de Payen 
de Mareuil, 

Sans date (vers 1202). 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, C. 3. Toute trace 
de sceau a disparu. 

Ce document n'est pas daté. Mais Elisabeth de Neufchâtel était dès H78 la femme de Robert Gui- 10 
chard, comte de Houcy, et la mère d'un fils en âge de participer à un contrat (voyez ci-dessus, 
n» CV);cn 1202, elle apparaît remariée à Renaud de Montdiviel, et les actes que nous avons d'elle 
sont de 1196, 1201, 1202. D'autre part, la moitié de maison dont est investi ici le prêtre Alard 
avait changé d'occupant dès 1219, comme on le voit ci-dessous dans un acte daté du mois de juin de 
celte année. Il y a donc lieu de placer notre diplôme vers le temps auquel appartiennent tous les actes 15 
du même personnage, et de ne pas le faire descendre plus bas. 

Ego comilissa Elisabet INovicastri omnibus presenlia conspecturis salu- 
tem. L'niversitati vestre noluni facio quod Nicolaus de Maruel ' et Herberlus 
de Briagne pro se et pro omnibus aliis, qui cum eis sunt Renaldi filii 
Pagani de Maruel coheredes, medietatem donms que est in introitu fori, 20 
et cujus medielas eis jure hereditario acciderat, Alardo presbitero Sancle 
Crucis vendiderunt et nos per manum Radulfi Ru fi, majoris nostri, pre- 
senlibus Dumsardo de Briagne et Rathero Rufo, scabinis, ipsum ex ea 
iecimus invesliri, fide data ab Nicolao et Herberto quod ipsi super eadem 
adversus onines, qui per justiciam ipsum Alardum inquielarent, ferent 23 

i 

* Parmi les nombreuses localités françaises du nom de Mareuil, il semble qu'il faille penser de 
préférence aux deux du département de l'Aisne : Mareuil, arrondissement de Soissons, canton de 
Vic-sur-Aisne, commune d'Epagny, ou Mareuil-en-Dôle, arrondissement de Château-Thierry, canton 
de Fère-en-Tardcnois. 



Sans date 
(1 202-1 J06). 



— 189 - 

garcndiam. super quo ipse H. furnarius de Brîagne faclus est plegius. In Sans date 
cujus rei testiiiionio quod coram nohis factiim fuerit prosentes litteras <'®" ^^02) 
einisimus sii*illi noslri nuiiiimine rohoralas. Et ne eliam earum parva 
videielur auctorilas, placiiit quorumdani qui inleifuorunt nomina suh- 
5 scril)endo per lillerarum duiabilitatem labilem hominum inemoriarn pre- 
munire, ut si necesse fuerit valeanl recolero qui super liiis in testimonium 
sint vocandi. Ilii qui interfuerunt sunt isti : Magister Gillebertus, Odo, 
presbiteri; Raduiphus de IVledia villa, Gallerus li Boee, milites; Aulardus 
sutor et plures alii. 



CXLIII. 

io Trois chanoines de Reims, en vertu d'une délégation apostolique, ordonnent 
à Hugues de Pierreponl, évêque de Liège, de faire respecter par Henri l", 
duc de Brabant, l'accord qu'il a fait avec l'abbaye au sujet de l'église de 
Buisy. 

Sans date (1202-1206). 

15 Original sur parclicmin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, A. 5. Le sceau a 
disparu, la partie centrale du document est entièrement détruite. — Copie simple du XVII* siècle sur 
papier, antérieure à la détérioration, ibidem. 

Bien que cette charte ne soit pas dafcc, la mention du chanoine rémois Peslupi, qui est signalé 
sous la date de 1202 par la charte de 1201 (voyez ci-dessus, n" CXXXVIU), montre qu'il faut la 

20 reporter aux premières années du XI11« siècle. Toutes les autres données concordent avec celte date : 
révêque de Liège H. est Hugues de Picrrcpont (1 200-1 22S)), le duc de Brabant H. est Henri 1"(U90- 
1235), le doyen rémois B. est Baudouin, qui a, en effet, occupé les fonctions de doyen de 1202 à 
1206, et le magister scolarum G. est Garnerius, devenu ccolâtre de Reims en 1192, au témoignage 
du Gallia Chrisliana, t. X, Instrumenta, c. 51. 

25 Reverendo patri ac domino in Christo karissimo Wugoni, Dei gratia 
Leodiensi episcopo, Balduinus decanus, G. magister scolarum et Guido 
Peslupi, canonici Remenses, salulem et tam promptam quam debitam in 
Domino reverentiam. Cum nos virum nobiiem Uenricum, ducem Lovanie 
et magistrum R., ejus notarium, auctorilale aposlolica pluries citari feceri- 

30 mus, sicul vestra novit discrelio. pro causa que vertitur inter ipsos ex una 
parte et abbatem et conventum Sancti Huberti ex altéra, dicti dux et 



1203. 



— 190 — 

sausdaiL- |{. nunquaiii ad dieiii corain iiobis prcfixam coinparuerunl, sed semper 
(120-2-1201)). ppo se responsaloin minus sufïicienlem nobis Iransmillenles mandaverunt 
ut dictuni abbalem |ad se] niitleremus et ipsi de pace super ecclesia de 
Baseio inter se ad invieem ita Iraclarent quod abbatem et convenlum jure 
suo dimitlerent gaudere pacifiée. [Abbas igitur. juxla] admonilionis nostre s 
consilium et hoilamen, ad partes illas accedens cum magistro K., procura- 
tore ducis, de pace traclavit, que quia dux presens non [fuit, pax sine 
coFîJsensu ducis rata non potuit manere nec firma. Unde quia dux de pace 
non fecit quod promisit, nec ad diem sibi assignalam suflicienteni misit 
responsalem, [in ipsum ducem cl] ejus clericum, si velleinus, rigorem juris lo 
exercere, sentenciam e.xcomniunicationis potuissemus promulgare; sed ei 
ulpote viro illustri quantum potuimus [igno]vimus. Quia vero adverse 
piirli in jure suo déesse non possumus nec debemus, palernitati vestre 
auctorltate premissa mandamus atque injungimus quatinus dictos [ducem 
et magist]rum H. conveniatis et ad hoc inducatis elficaciter ut pacem, de i3 
que jam dictus abbas et magister R. inter se tractaverunt, teneant et 
observent. [Si vero a]d mandatum vestrum et exhortationem id facere 
noiuerint, tum nos, de prudentum virorum consih'o, abbatem et convenlum 
in possessio[nem prefate ecclesie inducemus, attento] quod dies ex parte 
ducis fuit indefeusa. Vobis mandamus ut dictos abbatem et convenlum ^o 
possessione sua [pacifiée frui faciatis. contradiclores auctorijtate supradicta 
compescere procurantes. 



CXLIV. 

Hugues de Pierrepont, évêque de Liège, notifie que le chevalier Gautier de 
Dinant, ainsi que les siens, renoncent à la dime des vignes d' Anserenime 
appartenant à l'abbaye, et confirme cet accord. 25 

(Liège?), 1203. 

Original sur parclj«tnin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert» 5, B. 1. Aucune trace 
(le sceau. Mauvais état de conservation; une partie du diplôme emportée. — Copie aux Archives du 
Royaume, à Bruxelles, Cartulaire US*"'*, fol. 38. 

Hugo, Dei gratia Leodiensis episcopus, omnibus Christi fidelibus salu- sa 



— 191 — 

lem in perpetiium. ('um univcrsis sub nosira gubcrnalioiie constitiilis 120:5 
palernain [teneamur exhibere] sollicitudinem, circa illos procipue qui reli- 
gionis titulo sunt insigniti nosira débet invigilare discrolio et ad [pa]cem 
eorum [et profeclum] fcrvenliori studio [excijlari. Notum igilur esse volu- 
5 mus universitati vestre inter W illelnuini, abbatem nionasterii Sancloruiu 
Pétri alque lluberti de Ardenna et Walteruni niilitem de [Dionajnio oppido 
exortam fuisse contentionem super decimam vini, quani idem Gualtherus 
de vinea predieti monasterii. que est apud Ansoromiam villam ecclesiaslice 
possessionis, importune exigebal, cum econtra jam diclus abbas nichil 

10 [juris in eam decimam] iNi;m habere adirmaret. Sed viris bonis et honestis 
mediantibus, inter eos sedala est discordia diutine conlentionis, [ila scilicet 
quod Guallerus] omni juri suo, quod in eadem décima se habere testa - 
batur, in presentia nostra penitus abrenunciavit et predicto monasterio 
libère [eam habere concessit et quiltam chimavit], aslanle et simul abre- 

15 nunciante ïhoma, filio ejus primogenito, sed et cunclis filiis ejus et 
filiabus facto patris [et vobintati prebenlibus assensum. Nos] itaque, pacein 
et concordiam utriusque partis plurimum acceptantes, predictam decimam 
monasterio Sanctorum Pelri atque [Huberti per presenlis privilegii pagi- 
nam legiti]me confirmamus, auctoritale Omnipotentis et nobis ab ip>o 

20 concessç potestalis sub pena district[e excommunicationis teriibih'ler 
interdicentes nequis] de cetero de prefala vinea sive ah'is quas in parro- 
chia Ansoromie prefatus abbas et successores ejus poterunt [vel acquirere 
vel plantare decimam exigere pre]sumat aut violenter auferre seu occasione 
illius sepedicto monasterio quodlibet inferre detrimentum. Si quis [contra 

25 hujus nostre confirmationis privilegium prefa]tam decimam reclamare vel 
invadere aliquando presumpserit, perpétue subjaceat excommunicalioni, 
nisi ecclesiç Sanctorum Pétri [atque lluberti ablata restituât et congr]uam 
exhibeat satisfactionem. Actum anno Dominice incarnationis M" CC" 111° 
coram capitulo Leodiensis ecclesie majoris, [sed et capitulo Sanctç Marie 

30 Dionantens]is. 



1SÛ3 



- 192 — 



CXLV. 

Nicolas de H an-sur- Lesse, châtelain de liouillon, fait connaître la donation 
faite à l'abbaye de la dime de Malien (Eprave) par sa mère Geluide, el 
confirmée par son père Godefroi. 

1203. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arion, fonds Saint- Hubert, iO, D. i. Sceau rond 5 
(rnviron 0"050)en cire jaune, aux deux tiers conserve, suspendu à une double queue de parchemin. 

Type : un écu bombe, à deux bandes et quatre pals, en chef. Légende : iMCH .. AUS . DE . IIAM 

— Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire 112'"'', fol. 108. 

Le nom patronymique de ce châtelain de Bouillon, qu'on a déjà rencontré ci-dessus, n<> CXXIII, 
page 159, nous est fourni : 1° par la légende de son sceau, dont le fragment principal est heureu- 10 
sèment conserve; 2° par l'analyse de cette donation dans le Nomina benefactornm (db Rbiffbnbebg, 
Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de IJainaut et de Luxembourg , t. VIII, 
p. 55) : tt Godefridus et Geluidis, domini de Ham, dedcrunt nobis decimam de Malen apud Eprave, 
anno MCIII ». 

Ego Nicholaus, castellanus Buloniensis, considerans labilem esse homi- lo 
num memoriam, dignum duxi per hujus scripli paginam ad presenlium 
et futurorum noticiani Iransferre quod mater mea Geluidis moriens dédit 
in elemosinam ecclesie Saiiclorum Pelri alque Huberli tolam decimam de 
iVIaiien, exceptis duabus parlibus, oclava scilicel el nona, que non specta- 
banl ad illius lieredilariam possessionem. Facla est autem hec elemosina 20 
prius apud Ham caslellum, deinde renovata in predicla ecclesia sub testi- 
moniomuItorum,astanleet iterum donanle ipsam decimam pâtre meo.Gode- 
frido, me simih'ter présente cum fratribus et sororibus meis, qui omnes 
pariter consenserunt et manum apposuerunt ad ejusdem décime donatio- 
nem. Felenlibus ilaque nobis una cum prediclo pâtre nostro, constitutum 2;i 
est ut singulis annis, die anniversario matris mee, de ipsa décima denlur 
fratribus monasterii quinque solidi Leodiensis monetead preparandam iUis 
refectionem. Quicquid vero residuum fuerit pauperibus erogetur in cena 
Domini, iliis videlicel qui in mandate collecti fuerint et recepli secundum 
ecclesie consuetudinem anliquam. Accepte aulem bénéficie abbas vel 30 
quiiibet de fratribus commoneat eos orare pro absolulione sepedicte matris 



— 193 - 

meç, quatinus apud Dominum veniam consequatur per eorum interces- 1203. 
sionem. Kt ne forte liée ordinalio leriiporis oblivione deleatur val ipsa 
dt;ciina quoiumlibet heredum meoniin violentia ecclesie sublrahatur, 
placuit michi et presenli scriplo et impressione sigilli mei eam confirmare 
5 et nomina testiuin qui affuerunt suhnotare. Henricus advocatus, Gerardus 
de Bearenc. Syinon de Ham, Gerardus de Hammerine, Lambertus de 
(^hempluns, Balduinus de VVellin. milites, et muiti alii, Actum anno 
incarnationis Dominice millesimo ducentesimo \\\°. 



CXLVl. 

Henri de Mirwarl, pour réparer ses ioris envers l'abbaye, lui donne 
«0 son alleu de Gembes et des droits à ^Faha. 

1-200. 

Orifçifi.il disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire 1 <2, fol. 494 v» (A). 
— Autn- copie du XVIII' siècle sur papier, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 

fol. K^-n m. 

15 Bertiiolbt, Histoire du duché de Luxembourg, t. NI, p. i : » tire des archives «le Mirouart » (C). 

Ego Henricus de Mirvalt, advocatus ecclesiae Sanctoruui Pétri atqiie 
Huberti, sciens et recognoscens me ipsam ecclesiam saepius offendisse. ad 
satisfâciendum Dec et sanctis ejus dedi praediclae ecclesiae in elemosinam 
totum allodium meum de Jembres ', sicut illud libère et intègre possi- 
20 debam in campis. pratis, silva, venalione, banno et justitia, in capella quae 
libéra est, et tota décima ejusdem allodii ad ipsam pertinente, in omnibus 
commodis et utilitatibus quae e\ eodem allodio proveniunt, ita ut nulli 

• « Il ne peut s'agir ici du village de Gembos, puisqu'il coltc époque il appartenait à l'abbaye de 
Mouzon et était doté d'une église paroissiale. On pourrait y voir soit Laloux, aujourd'hui hameau de 
25 la commune de Porcheresse, mais qui ancicnnemeiil était un allcu situé dans la paroisse de Gembes, 
soll plutôt un allcu se composant de bois et prairies, situés sur la commune d'Awenne et connus 
sous le nom de Bois de Gembes, Prairies de Gembes ». Hol&nd, dans Tandel, Les communes Luxim- 
bourgeoises, t. VI, p. i282. 

â5 



— lU — 

i-203-ii(i4. (leinct'pii hereduin meoruin liceat illud reclsunare vel invadere vel advo- 
câtiaiii sibi usurpare, sed fraires praedicli monasteiii libère et inlegre 
iliud liabeanl. teneant et pussideanl in peipetuuin. l'raelerea dedi eideiii 
ecciesiae iiiedietateiii donationuri) qiiain hereditario jure possidebarii in 
praebendis canonicorum de W aharl, ut abbas praedicli inonasterii libéra- s 
iiler eas deinceps conférât idoneis persunis quae ibidem Oeo serviant per 
varias temporuni successiones. Kl (a) quia pater meus Iheobaldus jamdu- 
duni eidem ecciesiae dederal in elemosinam unum quartarium terrae apud 
Wahart quinque solides Leodiensis monetae solveiilem, hanc elemosinam 
recognovi et approbavi, adjiciens eidem elemosinae alium quartarium in lo 
eadtu) villa, quatinus apud Iralres praedicli monasterii memoria mea de 
celero in bonum habealur. Facla est autem haec elemosina prius tempore 
Joannis abbatis \ cum nondum uxorem aut libères haberem, postea reno- 
vata el sigillé mee cenfirmala, tempère Willelmi abbatis, Hadvide uxere 
mea eidem (6) elemosinae pracbcnte assensum. Aclum anno Dominicae 13 
incarnationis millésime ducentesime tertio *. 



CXLVII-CXLVlll. 

En présence de Ho(jer, évèffne de Laon, un personnage du nom de Jean 
fait une donation à sa femme Ermengarde. 

1-204. 

Original aux Archives de TÉlat, à Arloii, fonds Sainl-llubcrt, 27, C \. Reslc tout le fragment 20 
central d'un sceau oblong (environ O^Oyo de longueur) en cire brune, d'une rare finesse, suspendu à 
une double queue de parchemin cl représentant un cvèque debout, coiffé de la mitre, vêtu de la 
chabuble. et tenant la crosse de la main gauche, la droite ayant disparu Le contre-sceau représente un 
buste qui ressemble à un camée antique, avec la légende : R . LAVD .... EPI . 

Celle charte est de l'an 1204, que le commencement de l'année à Laon ait été, à cette époque, la 25 

(a) Manque dans A. — (6) ecclesie ajouté par A. 

» 
' L'abbé Jean II mourut un 14 octobre après l'année 1189. Son successeur Guillaume fut élu 

en 1198. Entre ces deux abbés il s'en place cinq autres sur lesquels voyez notre Introduction, 

deuxième partie, § 2. 

* L'avouerie de Mirwart avait été donnée, vers la fin du Xl« siècle, à Beuves de Waha, dont les 30 



- 195 — 



PAqucs ou II* 2S mars, t Ce terme du 2S murs était du reste usité au XI 11« siècle dans Téglisc de 
Reims, et il n'y a rien d'étunnant à ce qu'il se soit projjagé dans toute la province ecclésiastique n. 
(G\t^\\ Manuel de diplomatique, p, 114.) 



ii04. 



Inconveniens viderelur si femine non haherent premia nuptiaruni, si 

» migrantibus ad inaritos preciiim pudicicie negarelur. Idcirco ego Johan- 

nes, karissima sponsa Ermengardis. subscriptam tibi donationein propter 

nuptias ordinavi. Dedi libi eo nominc mansionem meain de la Folie totam 

et niedietalem omnium que teneo in commodis universis et medietatem 



descendants la gardèrent jusqu'à la fin du XIII» siècle, que la faraillc s'éteignit dans les màles. Il a 
10 p:iru utile do donner ici, d'après les chartes, Jean d'Oulremeusc et les Manuscrils généalogiques de 
Lcfort, un aperçu de sa descendance directe, pour compléter et en partie corriger les rcnseignc- 
luents inexacts de Robaulx de Soumoy (Chronique de Saint-Hubert, pp. 20S-2I8). Trompé par Ozcray, 
cet auteur a notamment introduit dans la lignée des sires de Mirwart un Simon qui est en réalité 
.«eigneur de Mirvaut, près de Bar-le-Duc. 



15 



Beuves de Waha, premier châtelain de Mirwart. 

i \ i i ~^| 

Engon de Mirwart Julien de Waha, Beuves de Waha, Simon de Waha, Jean I"- de Waha 

(1125,1127). ép. Mahaut de chanoine de Saint- chanoine de Saint- abbé de Saint- 
I de Froiiville. Lambert de Liège. Lambert de Liège Hubert. 

et doyen de Metz. 



I I I I 

20 Lambert de Waha, Tuidaut de Mirwart. Simon de Waha, Pétronille de Waha, 



chanoine de Saint- 
Lambert de Liège. 



chanoine de Saint- 
Lambert de Lié^e. 



ép. Gilles de 
Lerine. 



35 



I I I 

Henri I de Mirmart, Thierry III de Waha, Wéry de Waha, 

épouse Hadwide abbé de Saint- abbé de Leffe. 

(1189-1224). Hubert. 



ÂRNOUL DE Mirwart, 
1247. 



Henri II de Mirwart, épouse Béatrix d'Houffalize. 
(1240-1271). 



30 



I I I 

Thierry de Mirwart, Isabelle, Marie, 

ép. Henriette de Han ép. Jean de Cons. ép. Godefroi 
(1285-1288). de Perwez. 



I 
Marguerite, 

épouse : 

1. Thierry d'Arael, 

2. Robert de Villers, 

5. Gaucher de Quarnay. 



— 19b — 

iio5. oiniiiuin que acquirani. (Jt ij^itur (ionurn islud in pace possideas^ feci illud 
tideliter hic inscribi et auclorilale ac leslimonio reverendi domini nostri 
rRo]£»ei'i, Laudunensis episcopi, confirmari. Acluin anno incarnationis 
Dominice miliesimo ducenlesimo teicio, menso januario. Ei^o Willelinus 
cancellaiius scripsi. 



CXLIX. 

L'abbé Guillaume fait un accord avec Nicolas de I\izy-le-Comte au sujet 
de leurs droits respectifs sur le bois de Trembloy. 

1-205. 

» 

Original sur parclicuiin, aux Archives de l'Etal, à Arlon, fonds Saint-llubcrt, H, A. 3. Sceau 
disparu; rcsic une double queue de parchemin. Le document est Irouc en deux endroits. — Copie 10 
authentique de 4 075, attestant que dès celte date l'original était détérioré : • in quo quaedam non 
sunt Icgibilia proptor aliquus dilaccrationcs ». 

Ii]«50 ^'itlebnus, Dei perniissione Sancli Huberti de Ardenna dictus abbas 
lotusque ejusdem ecclesie convenlus |notumJ facimus universis tam futu- 
ris quam presenlibus quod cum inter nos et dominum [INicolaum de ^^ 
JNi]siaco super bosco de Trambloil querela haberelur, tandem de assensu 
[et voliinta]te utriusque parlis eadem querela fuit ita terminata quod nos, 
communi assensu, de predicto bosco sexdecim jornalia terre seorsum divisa 
eidein INicholao et heredibus suis in perpeluum concessimus obtinenda. 
Ipse vero si quid juris iiabebal in residuo, totum illud ecclesie nostre in '^^ 
perpetuain contulit elemosinam |de assensu | et voluntate Juliane uxoris 
sue et liberorum suorum, laude etiam et assen[su domini Milojnis de 

Sissonia, a quo lerram illam in feodo lenere dicebattir super 

ejusdem IMilonis, de laude et assensu suo, sepedictus INicholaus nobis [pro- 
misit quod tam] ipse quam heredes ejus legitimam adversus omnes de 2» 
predicta te[rra porlare] nobis tenentur garandiam. In cujus rei testimo- 
nium et confirmationem présentes litteras sigilli nostri appensione muniri 
fecimus. Actum anno Domini M" CC" quinto. 



197 — 



CL. 



Gui Paré, archevêque de Reims, met fin à un difjérend entre l'abbaye de 
^auclair et trois personnes de brieune au sujet d'une certaine rede- 
vance. 

1205. 

K Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, ronds Saint-Hubert, i2, C. 5. Sceau 
disparu; reste une double queue de parchemin. Sur le pli : • Enregistré au 5' registre, fol. 17 ». 

Guido, Dei gratia Remensis archiepiscopus, sancte Romane ecclesie 
cardinalis. apostolice sedis legalus. omnibus ad quos littere présentes per- 
venerint in Domino salutem. JNoveril universilas veslra quod cum fratres 

«0 Vallisclare Oyiardum, Albergam et Eremburgem de Briegna in curia 
nostra impelerenl, petebant ab eis xii denarios annualis census [et quan- 
dam] procurationem annualem super très mansiones et dimidiam sitas 
apud Briegnam, quas predicti Oylardus [Alberga] et Eremburgis tenebant. 
Tandem, partibus in curia nostra constitutis, talis inter eos cotnpositio 

15 facla est quod predicli Oylardus, Alberga et Eremburgis eisdem fratribus 
duos solidos Remensis monete de predictis mansionibus singulis annis in 
kaiendis octobris apud Roberli Campum de cetero solvere tenebunlur. 
Prefati vero fratres eis procurationem piediclam quitam clamaverunt. 
Aclum anno Dominice incarnalionis M" (^C'' quinto. 



CLI. 

20 Nicolas, seigneur de Sept fontaines, intervient pour arranger un différend 
entre l'abbaye et des particuliers au sujet des dimes de Tintange. 

1205. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 109, E. 2. Sceau 
rond (O^^OGO) en cire blanche, suspendu à une queue de parchemin. Type : un cavalier au galop passant 



1205 



— 198 — 

» 

li05. à senpstre, vêtu de la coltc de maille, époroniié, portinf l'écu devant lui an bras gaucise el brandissant 

l'épée de sa main droite; la tète du cavalitr a disparu. Légende : . . . . NICOLAI DE — Copie 

aux Archives du Rojauaic, à Bruxelles, Carlulaire 112'''', fol. 167 v«. 

Ego Micholaus. dominus Septfmfonliuni, notuni facio omnibus carinle 
presenlis inspectoribus quod, conquerente Guilehîio abbale et fralribus ^) 
moiiaslerii Saricli Nuberli. cognovi quod Erfo de Tiiulenges cum filiis suis 
terrant ipsorum, que est in Tunlenges, et partein «lecime ipsius ville pro 
centum solidis in pignus habebant, unde pensionern ecclesie débitant 
longo tempore solvere neglexerant. Lcclesia igitur quod sui juris erat 
sepius reciamantç, diu inler eos super hac re habita est conlencio, qtiam lO 
ego. licel homines prefali frequenli mihi obsequio adhérèrent, non passus, 
médium me iilis opposui el pacem inter eos sub tali pactione studui 
reforniare. Veniens itaque apud Sanctum Huberlum post exibitam a jam- 
diclis hominibus ecclesie satisfaclionem, mcmoratus abbas, annuentibus 
fratribus capituii^ contulit eis quicquid habebat in decinia et te^ra de is 
Tunteges (a) perpetuo habenduni et possidendum sub trecensu quinquc 
solidorum Cathalaunensis monete, salvo tamen jure Itoniinum qui ejusdem 
terre niansionarii esse dinoscuntur et heredes. Sciendum preterea quod si 
idem homines ab omnium sanctorum sollempnitate usque in festo sancti 
Andrée apostoli trecensum hune apud Sanctum Huberlum annuatim non 20 
persolverinl, ecclesia in crastinum festivitatis beati Andrée ab omni pre- 
missa pactione jam libéra in possessionem prefate terre et décime de 
Tunlenges sine aliqua restitutione pecunie et sine contradictionis obstaculo 
redibit et in pace possidebit. Hujus pactionis testis sufn l'go fSicholaus et 
Gualtherus, sacerdos Septem fontium, necnon et Lambertus et Ruricus -25 
milites, qui mecum ibi aderant. Affuerunt etiam ibi Albertus forestarius 
et Gualtherus de Lothviila, milites, et £ngelmannus, prepositus de Rupe. 
Actum anno incarnationis Dominice miliesimo ducentesimo quinto. 

(a) Sic. 



— 199 



CLII. 

Gilles, sire de Cons, s'accorde arec le prieuré de Saint- Uichel 
au sujet de deux familles serres. 

i2o:j. 

Original 51, A. i, aux Archives du Gouvernement à I.uxembourg. Sceau en cire rouge au sénestro- 
5 clière avec auniônièrc, suspendu à une double queue de parchemin. I.égendc : . . . . CUNEN .... Une 
copie authentique du XV'lh siècle, ibidem, décrit ainsi le sceau : o Plus bas estoit un grand seel pen- 
dant à double queue rejirésenlant deux demi-bras en leurs manches, l'un empoignant l'autre et raulrc 
tenant cumnie une branche de rose en main ». (Voyez ci-dessus, le n» CXLl.) 

In nomine sancte et individue Trinitatis. Kgo Gilo, doniinits Cunensis, lam 

10 prescnlibus quam fuluris in perpeluum. INolum facio querelas omnes. que 
inter me et ecclesiam beati Wichaelis super cominunilatibus nostris emer- 
seranl, ftindilus expirasse. Que ne. quod absil! amplius suscilenlur, 
quoniam habundavit iniquitas, refriguit auteni karitas niultorum, placuit 
foimam pacis hujus presenli pagine commendari. Communilatem ergo 

15 conjugiorum hominum no.slroruni de Tone ac de Viliari, quam a prede- 
cessoribus meis faclani esse non dubium., permulalionemque duarum 
feminarum, id est Hawidis, uxoris Milonis et Laurentie Jacobi cum proie 
sua, a nobis pridem légitime factam, excepto quod Elizabelh, filiam pre- 
dicte Hawidis, in partem peculii mei placuit retineri, lerrarumque de 

îo Cossenmonte prêter Chaisnelum quidem factam communitatem, assensu 
conjugis mee Ide et filiorum meorum ratam esse confirmo. Quod ul 
inconvuisuin permaneat. sigilli mei appensione et idoneorum testiiim sub- 
scriptione volui roboiare. S. Kusccii prioris, Godefridi et Renardi mona- 
chorum; S. Ponchardi clerici ; S. Willelmi, Gérard! militum; 8. Bertranni 

25 laici, S. Kicheldis matris mee et Ide uxoris mee. Actum anno Domini 
millesimo ducentesimo quinto IScriptum manu magistri Eustachii. 



1205. 



liOT 



200 



CLIll. 



Gin Paré, archevêque de Reims, met fin à un différend survenu entre le 
prieuré d' Evergnicourl et trois particuliers de Brienne, au sujet des 
seigneuries de la Terre JSoire et de la Terre Blanche. 

1207. 

Original disparu. La chemise qui contient la cojie porte celte note : « Les originaux de ces deux 5 
litres ne se retrouvent point ■>. — Copie du X\ll« siècle sur papier, 42, D. % avec cette formule 
d'authcntication : « Collation faict de présente en l'original en latin cl en parchemin, par nous 
nottaire royaulx héréditaire au baiilage de Vermandois demeurant à IVeurchaslel soubsignc, laquelle 
j'ai trouvé concordes et semblable en cesl présente sains et entier d'écriture, sans rature ce requérant 
vénérable religieux dom Jean Crisostheme Hernolte prieur et administrateur du venc ... du prieuré 10 
dudit Evergnicourl pour luy jouis et valloir ce que de raison. îcelluy original celle de deux seaux, ce 
treizième jour de juin rail six cent soixante neuf. El a le dit sieur prieur signé avec nous. Le dit 
original rendu. (Signé :) D.-J. CnRYSosToinE Ernotte, (signé :) C. Millet » (A). En tête on lit : 
• Enregistré au grand registre, fol. 18 ». — Traduction française du même acte, sur la même 
feuille (B). 15 

Guido, Dei gratia Remensis arcliiepiscopus, sanclae Uomanae ecclesiae 
cardinalis, apostolicae sedis legaltis, omnibus ad quos présentes lilterae 
pervenerint in (a) Domino salulem. Noverit universitas vestra quod cum 
inler Oyiardum, Albergam el Eremburgem de Briegna ex una et abbatem 
priorem Evernicurlensem monachosque Sancti Huberti in Ardenna ex 20 
altéra parte litigium ortum esset pro (inibus et jurisdictione ad eos in 
Briegna pertinentibus, lalis inter eos in curia nostra existentes compositio 
facta est ad pacem fovendam muluam, quod praedicti abbas sive prior 
Evernicurtensis monachive Sancti Huberti omnem justitiam^ altam scilicet 
mediam et bassam cum omnibus juribus ad eam perlinentibus, utpole 23 
venlis, vestituris, muictis et aliis consuetis in cives, dominia, terras et 
haereditagia sui districtus de Briegna vulgo Terra JNigra nuncupati de 
pago Laudunénsi existentis exercebunt tam per se quam per suos ofïiciarios 
prout ab antiquo exercuerunt cum jure census, piscationis venationis, etc. 

(a) a A. 30 



— 201 — 

Quae Terra INigra sive districtus, ul a prohatis testibus ad hoc specialiter *^0' 
vocalis a parlibus et audilis in presenlia nosira comperimiis, protendiliir 
a ponte sito inter Briegnam et territorium Novi Casiri ad cruccm quae 
sila est inter Radouey et ecclesiam loci paululum obliquando, sic ut in 

5 spalio illo comprehendatur ipsa ecclesia Briegnae, presbyteriiim et tota 
platea^ textoruni dicta, cum aliquot mansionibus vergentibus ad caslrum 
prioris in Maresijs (a) ad meridioin. Prolenditur insuper a dicto ponte quasi 
recfa linea ad limites iNovi Casiri ad ripam Axonae. Denique a dicta cruce 
recta linea protenditiir ad vineas loci. pedem montium Desbreciorum (6' ad 

10 ripam ejusdem Axonae. sic ut districtus ille Terrae INigrae comprehendat 
totum illud spatium quod est inter pontem, crucem, plaleam textorum, 
Axonam. montes et fines terrilorii Novi Casiri ad ripam dicli fluminis cum 
mansionibus praefatis versus meridiem. Praedicti aulem Oyiardus, Alberga 
et Eremburgis omnem justitiam allam, mediam et bassam cum omnibus 

*5 juribus ad eam pertinenlibus exercebunt in cives, dominia, terras haeredi- 
tagiaque de Briegna quae non sunt comprehensa in praefatis b'mitibus et 
vulgo Terra Alba nuncupalur. Insuper pro bono pacis inviolabiiiler ser- 
vando composuerunt quod domus, horli, prata, sylvae et petiae terrae sive 
cultae sive incultae, quae de presenli sunt de possessione et perlinentiis 

20 praedictorum dominorum componenlium, ubilibet sint sitae in territorio 
de Briegna, sive sint intra limites diclos Terrae Albae sive inlra fines Terrae 
INigrae sortientur conditionem domini ea possidentis, sicut in posterum 
censebuntur de Terra Nigra si ad praedictos abbatem seu priorem et 
monachos pertineant, de Terra vero Alba, si ad praefatos dominos Oylar- 

25 dum. Albergam et Eremburgem, etiam respective, prout hue usque ab 
antiquo haereditagia illa censita sunt (c). Quod lamen nullo modo locum 
oblinebit pro illis possessionibus quae a praediclis dominis respective in 
futurum acquirentur. Actum anno incarnationis Dominicae millésime 
ducentesimo seplimo. S. Hugonis, S. Hidulphi. 

30 (a) >.' Le chisteau du prieur des Mareslz » R. — (6) t Au pied des Monts de Bressy » B. — (c) Ce passage 
assez obscur et peut-être mutilé est plus intelligible dans la traduction française : El ce qui appartiCDl 
re^peclivemenl auxdiis seigneurs Oyiard, Alberge et Erembruge sera aussy censé de la Terre Blanche, aiusy 
(|ue les héritages susdits ont esté censez de tout temps immémorial jusqu'à présent. B. 



26 



1S09. 



— 202 — . 



CLIV. 

Conon de Mussy approuve la donation de la dime de Ruth faite à l'abbaye 

par son vassal Jacques de Failly. 

1209. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 109, B. 1. Des trois 
sceaux suspendus à doubles queues de parchemin, il ne reste qu'un fragment en cire gris verdâlre du 5 
premier, qui est celui du sire de Cens, déjà décrit. (Voyez ci-dessus, les n" CXLI et CLII.) — Copie 
aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire US*"'*, fol. 157. 

Ego Cono de Mucei, vir nobilis^ notum facio presenlibus et fuluris, here- 
dibus, hominibus, cognatis meis et amicis quod Jacobus, miles de Fallei, 
decimam suam de Kut, quam de manu mea iii beneficium fiodi possidebat, lo 
ecclesiç î^anctorum Felri alque Huberli de Ardenna in elemosinam est 
largilus. Lnde, ne aliqua, procedente tempore, inler eandem ecclesiam et 
heredes meos vel etiam Jacobi heredes pro ipsa décima oriatur contencio 
sive discordia, rogante Wilelmo abbale praedicli monasterii. ego et Pontia, 
uxor mea et filii mei, sed et uxor Jacobi et fîlii eorum elemosinam apro- is 
bantes manum aposuimus et omnes unanimiter facte donationi prebuimus 
assensum, Abbas autem predictam decimam pecunia sexaginta iibrarum 
Cathalaunensis redemit ab hiis qui eam in pignus detinebant et insuper 
predicio Jacobo contulit quadraginta libras ejusdem .monete, ne accepti 
beneficii videretur esse ingratus. Ut eri2;o hujus elemosine largilio et con- 20 
sensus mei aprobatio nulla oblivione deleantur, placuit michi presenti 
scripto et sigilli mei apensione predictam decimam jamdicto monasterio 
conlirmare, qualinus apud fratres ejusdem loci memoria mea deinceps 
habealur in bonum. Hujus rei testes sunl : vir nobilis Egidius de Cons, qui 
etiam sigillum suum huic scripto in teslimonium aposuil; Walterus. filius 2î» 
ejus; Drogo miles, avunculus ejusdem Jacobi; Wilelmus de Wuro, Johannes 
de Mucei, Johannes Abuinus, Teodericus, milites. Testis est etiam decanus 
de Longuion Nicholaus, qui similiter presenti cartule sigillum suum in 
lestimonium curavit aponere. Actum anno Dominice incarnationis mille- 
simo ducentesimo VIIII, in nomine Patris et Filii et Spirilus Sancli, amen, so 



— 203 



CLV. 

Des arbitres décident que les manants de Prouvais sont tenus de payer 
la dime des laines au prieuré d'Evergnicourt. 

Seplembre 1210. 

Original sur parchemin aux Archives de PÉtat, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, 42, £. 6. Fragment 
S d'une double queue de parchemin. En tête une main moderne a écrit : « Enregistré au 5* registre, 
fol. 89 •. 

H. de Porta Martis, canonicus Remensis et magister J. Laudunensis, 
olTiciales domini Remensis, omnibus ad quos littere iste pervcnerint in 
Domino salutem. Noverint universi quod cum inler priorem de Evreni- 

10 curte et homines de Provaiz coram judicibus a domino papa delegatis 
super decimis lane queslio verterelur, partes de communi consensu in nos 
compromiserunt. Postmodum vero partibus in presentia nostra constitutis 
caulionem ab eisdem recepimus sub pena quadraginta librarum Remen- 
sium quod nostro starent arbilrio. Tandem vero de prudentium virorum 

15 consilio arbitrati sumus quod predicli homines dictam decimam reddere 
tenebantur priori memorato. In cujus rei testimonium présentes litteras 
sigillo Remensis curie fecimus consignari. Actum anno gracie M° CC® 
dccimo mense septembri. 



CLVI. 

L'abbé Guillaume accense à Thierry, prieur d'Evergnicourt, les biens que 
20 l'abbaye possède à Noyers, pour le récompenser des services qu'il a 
rendus par sa bonne gestion. 

1210. 
Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire H2'''', fol. 148. 

Wilelmus, Dei permissione dictus abbas et capitulum ecclesiae Sancto- 
rum Pétri atque Huberti omnibus ad quos litterae istae pervenerint 



1210. 



— 204 — 

1210 1211. salutem et orationes in Domino, ('um Dominus diligenlibus se regnuin 
Palris promillal el eosdem approbet et diligal, quia vineam ipsius diligeriUr 
excolunt el procurant, ex praedicti exemplo ad hoc debemus ellicaciter 
induci quod (ilios ecclesiae nostrae diligamus, illos lamen specialiler 
qui patrimonium Crucitixi nobis commissum fideliter dispensant et per 5 
quos bona ecclesiae quotlidie suscipiunt incrementuni. Eapropter uni- 
versis ad quos litterae islae pervenerint significamus quod Theoderico, 
fideli priori noslro de EverneycoMW, quicquid habemus apud INowiers 
cum suis appendiliis quoad vixerit concedimus possidenduni, sub annua 
pensions scptem librarum Kemensis monelae in festo sancti Johannis lo 
Baptistae solvendarum. Volumus enim, ne ingralitudinis possinius argui, 
quia praediclas possessiones malri tanquam pius filius restituit, eas ab 
usura vorace retrahens sapieiiter, quod acquisitorum existât sicut praedixi- 
mus dispensator. Ut autem hoc factum nostrum vigoris habeat munimen- 
tuHj et permaneat inconcussum, praesentem cartam ad testimonium prae- is 
dieti facli jamdiclo priori Iraditam sigillorum nostrorum appensione 
fecimus roborari. Actum anno gratiae M» CC° decimo. 



CLVII. 

Bérenger, abbé d'Orval, el Guillaume, abbé de Saint- Hubert, apaisent un 
différend entre les deux maisons au sujet de leurs droits respectifs sur 
les dîmes de Filly et de Margut, et sur des prés à Ugny et à ConSi 20 

1211. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint- Hubert, 87, D. 1. Fragment 
d'un petit sceau oblong (environ O^OSO de longueur) en cire verte suspendu à une double queue de 
parchemin. Type ! un abbé debout, vêtu de la chasuble, tenant la crosse de la main droite et un 

livre de la main gauche. Légende : SIGILL . ABBAT ALL . . Charte partie avec le mot 23 

CTROGRAPHUM dans la marge de droite. 

L'exemplaire de cet acte pour Orval a été publié par Goffinkt, Carlulaire de l'abbaye d'Orval, 
p. 165. 



- 205 — 

Ego frater Berengerus *, Aureevallis dictus àbbas, per presentis patçinc 12H, 
verilateni omnibus noUim facio quod cum ecclesia Sancli Huberli super 
decimis de Willeio et décima pralorum de Marguel in causam nos traheret. 
anle litis ingressum seu conleslationem lali pacis paclo convenimns, quod 
5 domnus Wilelmus, abbas Sancti Hul)erli, de consensu prioris sui Balduini 
et Walteri preposili Cunensis et tocius capiluli sui dédit nobis lerram 
suam apud Eugnei, grangiam culture noslre conliguam et totum pratiim ad 
ipsam teriam perliiiens inler prata noslra ibidem situm. Kemiscrunl etiam 
et prorsus absolverunt nos a censu viii denariorum quos solvebamus prepo- 

10 sitoCunensi pro pratoCarilalis et quicquid habere vel reclamare polerant in 
decimis pralorum non terrarum parrochie (a) de Marguel, quam modo 
ibidem possidemus vei postmodum sumus possessuri. Pro his omnibus 
solvemus annis singulis Cunensi ecclesie infra oclo dies nalivitalis beati 
Johannis Baplistae xv solidos Calhalaunensis monete, superaddila condi- 

13 lione tâii quod nec nos census bujus pensiouem minuere nec possessionem 
reddere polerimus, nec ipsi de cetero quicquam in decimis vel composilione 
ecclesie de Willeio poterunt reclamare, ratum semper habiluri quicquid 
de illa predecessores eorum et nostri antiquitus statuerunt. De liis vero 
que dicta sunt legitimam nobis défèrent gaurandiam, Actum anno Domi- 

20 nice incarnationis M» CC*» XI». Testes monachi : Andréas prior, Jacobus 
subprior, Hichardus, Henricus et Thomas cellararii, Garnerus et Giraldus 
decanus et plures alii. 

(a) Je lis dans l'original : pralorum u terrarum. Une copie authentique de notre document porte : 
pralorum nostrae parochiae. Et la contre-partie de ce chirographe pour Orval, dont il ne reste qu'une 
25 copie moderne (voyez Goffinet, Cartulaire de l'abbatje d'Orval, p. l6o), lit : pralorum vel terrarum 
parochiae. // n'est pas douteux qu'il faille garder la leçon de l'original, seule justifiée au double point de 
vue paléographique et historique. En effet, fabbaye d'Orval ne possédait pas autre chose à Margul que 
tes prés, comme on le voit par trois bulles du pape Alexandre /// portant confirmation de ses biens en 
1178 et 1180. (Voyez Goffinet, Cartulaire de l'abbaye d'Orval. pp. 10, 76 et 80) 

30 ' Le nom de l'abbé Bcrenger était resté inconnu jusqu'ici, et son existence nous est révélée par 
notre document. Bérenger doit être intercalé dans la liste des abbés d'Orval entre Gautier de Virton, 
qui vivait encore le 25 avril 1209, et Pierre de Liège, qui figure déjà avec la qualité d'abbé dans un 
acte du mois de juillet 12i2. 



1111. 



206 — 



CLVIII. 

L'abbé Guillaume compose à l'amiable avec les frères de l'hôpital de 
Sainte-Marie de Laon au sujet de divers droits du prieuré d'Ever- 
gnicourt. 

1211. 

Original disparu. — Copie du XVI* siècle sur un rouleau de parchemin aux Archives de l'État, à 5 
Arlon, fonds Saint-Hubert, 45, A. Une note du XVII« siècle au verso de la chemise de cette copie 
dit : « L'originel se relreuve en la caisse des cens et surcens d'Evernicourt ». 

Ego Willermus, Dei permissione dictus abbas et conventus humilis 
Sanctorum Pelri atque Huberti omnibus présentes litleras visuris notum 
facimus imperpeiuum quod cum inter nos ex una parte et fratres hospi- to 
lalis béate Marie Laudunensis ex altéra questio verteretur super decimis 
lane et feni domus hospitalis de Evrignicurt et super una annua refectione 
fralrum prioratus de Evrignicurt et super candela longitudinis unius 
pedis singulis diebus a predicta domo hospitali ecclesie de Evrignicurt 
reddenda et censu terrarum eidem ecclesie ab eadem domo annuatim 15 
solvendo et super eo quod quasdam terras adquisierant predicti fratres in 
lerritorio nostro apud Evrignicurt, tamdem amicabili compositione contro- 
versia nostra sopita est in hune modum quod dictis fratribus hospitalis 
beale iVlarie Laudunensis décimas lani et feni et refectionem fratrum 
dictorum de Evrignicurt et candelam predictam et censum terrarum sua- -20 
rum in territorio de Evrignicurt adjacentium superius memorata sub 
annuo trecensu quadraginta solidorum Remensium et decem et novem 
denariorum Remensium, quos decem et novem denarios miles débet habere, 
in festo sancti Remigii nobis annuatim apud Evrignicurt solvendorum, 
imperpetuum salvo jure parlicipum nostrorum concessimus obtinenda, ita -25 
tamen quod sepedictis fratribus terram aiiquam in territorio de Evrigni- 
curt ad nostram justiciam spectantem de celero non licebit adquirere nisi 
de assensu et licentia nostra, terras autem quas ante ibidem adquisierant 
in pace perpétue possidebunt. Ipsi vero sub assignata forma pacis quem- 
dam censum quem eisdem debebamus, videlicet quatuor denarios et ôo 



— 207 — 

obolum quitum nobis imperpeluum clamaverunt De jiisticia autem domus <2ii 
hospilalis de Evrignicurt îta est ordinalum quod nos justiciam facere vel 
manum miltere non poleriinus in fratres vel sorores vel servienles con- 
ducticios ejusdem domus pro forisfacio aliqiio. nisi taie fuerit forisfactuni 
b pro quo penam morlis promeruerint juxta scntentiam legum seculariiim, 
si tamen de forisfacio consliterit. Si autem serviens domus homo noster 
aut mansionarius fuerit, de forisfacto suo omiiem justiciam habebimus. Si 
vero extraneus forisfecerit in domo vel serviens domus extra domum vel 
intra domum forisfecerit in extraneum, de tali forisfacto plenariam justi- 
10 ciam juxta forisfactuni, dum tamen de ipso forisfacto constiterit, retinemus. 
In cujus rei testimonium et firma stubiiitate presens scriptum fieri et 
sigillorum nostrorum carectere decrevimus communiri. Actum anno Verbi 
incarnati M» CC« XK 



CLIX. 

Diplôme du chapitre de Sainte- Marie de Laon sur le même sujet. 

iS 1211. 

Original sur parchemin aux Archives du Gouvernement à Luxembourg, provenant de la layette 4K, 
B. 3. Sceau disparu; reste un double cordon de soie verte. Sur la chemise on lit : « Enregistré au 
K* registre, fol. 20 » . 

Ego Adam decanus et capilulum ecclesie Laudunensis notum facimus 
20 in perpetuum quod cum inter fratres hospitalis ecclesie nostre ex una 
parte et conventum Sanclorum Pétri atque Huberti ex altéra questio ver- 
leretur super decimis lane et feni domus hospitalis de Evrignicurt et super 
una annua refectione fratrum prioratus de Evrignicurt, super candela 
longitudinis unius pedis singulis diebus a predicta domo hospitali ecclesie 
23 de Evrignicurt reddenda et censu ternarum eidem ecclesie ab eadem 
domo annuatim solvendo et super eo quod quasdam terras adquisierant 



— 208 — 

mi. predicli fratres in lerritorio de Evrignicuri, tandem aniicabili composicione 
controversia noslra sopita est in hune nioduni. Quod memorali abbas et 
convenlus diclis fralribus hospilalis ecclesie nostre décimas lane et feni et 
refectionem eorumdein fralrum de Iwerignicurt et candelam predictam 
et censum lerrarum fralrum hospitalis ecclesie nostre in terrilorio de :> 
Evrignicurt adjacenlium superius meniorala sub annuo Irecensu quadia- 
ginla solidoruui Kemensium et decem et novem denariorum Reniensium 
(quos decem et novem denarios miles débet liabere) in feslo sancti liemigii 
priori de Evrignicurt apud Evrignicurt solvendorum, salvo jure participum 
prediclorum abbalis et convenlus, concesserunt in perpetuum obtinenda. »o 
lia tamen quod sepediclis fralribus terram aliquam in lerritorio de Evrigni- 
curt ad justiciam prenominalorum abbalis et convenlus spectantem de 
cetero adquirere non licebil nisi de assensu et licenlia ipsorum abbalis et 
convenlus. Terras aulem quas pretaxati fratres anlea ibidem adquisierant 
in pace perpeluo possidebunt. Ipsi vero fratres sub assignala forma pacis lo 
quemdam censum, videlicet quatuor denarios et obolum, quem sepedicti 
abbas et convenlus eis debebant, quitum eisdem abbati et convenlui in 
perpetuum clamaverunt. De justicia aulem domus hospitalis de Evrigni- 
curt ita est ordinatum, quod sepe nominati abbas et convenlus et prior de 
Evrignicurt justiciam facere vel manum mittere non poterunt in fratres 20 
vel sorores, vel servientes conducticios ejusdem domus hospitalis pro 
forisfacto aliquo, nisi taie fuerit forisfactum pro quo penam mortis pro- 
meruerint juxla sententiam legum secularium,si tamen de forisfacto consti- 
terit. Si aulem serviens domus hospilalis fuerit homo eorumdem abbalis 
et convenlus, aut mansîonarius, sepedictus prior de forisfacto suo omnem :25 
justiciam habebit. Si vero extraneus forisfecerit in domo, vel serviens 
domus extra domum vel intra domum forisfecerit in extraneum, sepe 
nolalus prior plenariam justiciam juxla forisfactum, dum tamen de ipso 
forisfacto constiterit, in manu sua retinet. In cujus rei testimonium et 
firma stabilitate presens scriptum fieri et sigilli nostri caractère decrevi- >o 
mus communiri. Actum anno Verbi incarnati M** CC° XI**. 



209 — 



CLX. 

Les abbayes de Saint-Hubert et de Stavelot fondent entre elles 

une association de charité. 

1211. 

A« Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Ârlon, fonds Saint-IIubcrt, sans indication 
S de classement. Fragment de sceau oblong en cire blanche, suspendu à une double queue de parche- 
min. Type : un saint monastique debout, avec la tonsure en couronne, tenant de la m;iin droite une 

crosse et de la gauche un livre ouvert. Légende : 4* ÂB AS. Coatre-sccl avec légende, 

mais fragmente et indéchiffrable. 

L'original porte M» CC» I", mais l'état actuel du parchemin permet de croire qu'un X a disparu 

iO entre CC" et l". Cela mettrait l'accord entre ce document et le suivant, et cela est plus raisonnable 

que de supposer avec R. Hancart, page 356, qui sans doute a lu <20i, que « l'an 12M, Guillaume 

renouvela la confraternité qui avait par avant esté entre les monastères de Saint-Hubert, du Stavelot 

et de Malmédy *. 

Venerabili domino et patri Guilelmo, Dei gralia abbali Sancli Huberti 

15 el reverendo conven[tui] ejusdem cenobii \delardus, divina dispensalione 
humilis abbas Slabiilensis ecclesie el fralres ejusdem loci salutem. Karilas, 
que unitalem parit mentium, non dissolvilur inlerpolatione diversorum 
locorum. Nos igîtur, communicato consilio tocius nostri capittili, ordinavi- 
mus, decrevimus dilectionis viiiclum înter nos et vos firmare et firinalum 

20 corroborare et hec forma placuit fraternitatis. Si abbalem alterulrius cccle- 
siç conligerit de medio fîeri, idem habebit officium quod abbas ejusdem 
loci, et nomen ejus scribelur in régula. Nomina autem fralrum ut delata 
fuerint, bajulo omnis exibebitur humanitas, el fiel commendalio et trice- 
narium pro singulis consequenter, et scribentur in régula. Insuper autem, 

25 si quis de fratribus vestris ad nos voluerit Iransirc cum h'ileris al)batis 
el ecclesie, veniat et tamquam filius recipielur. Similiter si quis de noslris 
fratribus ad vos transite voluerit, recipialur. Si autem émergente culpa 
quisquam de fratribus ulriusque loci aliquid in conlrarium com!ni.sserit(a), 
ad alteram ecclesiam veniat et ibi sit donec satisfaclione, miscrîcordia 

50 mediante, purgetur quod maie commissum est. Petiinus igitur sanclitatem 
vestram et fratrum ecclesie vestre universilatem quatinus hanc formam, 

(a) Sic. 

27 



1211. 



— 210 — 

un. (juani oxpressimus, recipiatis et acceptelis, et si quis est artior no(lu> inuliie 

(Avant karilittis, vos in iitteris vestris exprimalis, et nos nichiloniiims lilteris 

février 1212.) ^ostris iuseremus. Idem enini velle et idem noile, ut ait quidcm sapiens, 

firma amicitia est *. Igilur ut rata et inconvulsa maneat hec unitalis expres- 

sio, sigillum nostrum et sigillum ecclcsie apposuimus. Aclum est hoc anno s 

Verbi incarnati M". CC". I". féliciter. 

O. Original sur parchemin aux Archives de l'Etat, à Arion, fonds Saint-Hubert, sans indication de 
classement. Sceaux disparus. 

Venerabili domino et patri Adelardo, Dei gratia abbati Slabulensis 
ecclesie et revereiido convenlui ejusdem monasterii Wilelmus, Uei permis- lû 
sione diclus abbas et capituhim ecclesie Sanclorum Pétri atque Huberti 
salutem et devolas orationes in Domino. Karilas, que unitatem paril men- 
tium, non dissolvitur diversorum locorum interpolatione. ÎSos igitiir, com- 
municalo consilio tocius noslri capituli, ordinavimus, decrevimus dilectionis 
vinculuni inler nos et vos firmare, etc., etc. Suit le texte de l'acte précédent 15 
jusqu'à la phrase suivante : Igitur ut rata et inconvulsa maneat hec unitatis 
expressio, presens scriptum inde fieri et sigilloium noslrorum appensione 
fecimus roborari. Actum a[rmo . . .] ÎM". CC". undecimo féliciter. Amen, 



CLXI. 

« 

Les canonistes de Cologne répondent à la question qui leur a été posée 
par iabbé Guillaume, touchant la validité de la vente de Baisy.. 20 

(Avant février 1-212.) 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, A. 6. Sept sceaux 
disparus; restent cinq doubles queues de parchemin. La partie centrale du document a été entière- 
ment efifacée par riiumidité. 

Conradus, Dei gratia major decanus et archidiaconus, ceterique magistri 25 
in Colonia quorum hic [sigilla sunt appensa, omnibus ad quos praesens 

' Salluste, Catilina, 20. 



— 24i — 

scripluni perveneril salulem in Domino], (^onsuluit nos abbas Sanclî (Avam 
Hiiberli. Leodierisis diocesis, secunduin formam litlerarum subscriplarum. ^^''^^^^ iHi.) 

Venerabilibus viris et in Chrislo revercndis doininis ilonrado, l)ei içratia 
majo[ris ecclesiae in (^olonia decano et caeleris inagisiris ad quos présentes 

» btlerae pervencrint] Wilebnus, Dei perniissione dictus abbas Sanclorum 
Pelri alque Huberli fidèles orationes et obsequiurn in Domino, (lonlraclus 
quidcm inter Johannem,quondam abbatem ecclesie noslre. [et fralres hospi- 
tabs Jerosolymilani cek'bratus luit in liaec verba : In nomine] saiicle et 
individue Trirn'talis etc usquc ad nairationem que lalis est : Joliannes, 

10 abbas monaslerii Sancli lluberti, consensu capituli sui dédit fralribus 
Hospilalis pro annuo censu seplom marcbarum [nionete Leodiensis quid- 
quid juris habebal prefatum monasterium in ecclesia de Baisiu etc. | et 
infra : Si persona invcsiila ecclesie de Baisiu obierit, fratres Hospilalis 
personam sibi placitani presenlabunt manui predicti abbatis^ et ipse absque 

18 omni contradictione confeiel ei donum [predicle ecclesie: investitus aulem 
abbati et fratribus ejus (idelitalem fa]ciet et in signum caritatis amam 
vini ad refectioneni fralribus conferet etc. Testes etc. Quia igitur vestre 
sagacitatis discrelio minus perilis tenetur fralerne consulere, max[ime 
ubi niultoruni anime piopler rudil^tem imperilie periculum damuationis 

20 possentj incurrere, prudentie veslre subplicamus et obsecramus in Domino 
quatinus super contractu lali, in quo jus palronatus purum etsimplex cuni 
decimis et oblalionibus lantum. sine universilale [lerritorii vel ville pro 
annuo censu pecunie in perpeluum venundatur|, in quo elia/n jus eligendi 
personam vel presentandi paclo lali a nobis in perpeluum venditur, in quo 

25 etiam per condicionem liujus predicle carie spiriluale donum ecclesie, 
annui census pecunia [intervenienle, absque omni contradictione conferre 
cogimur, in] quo prelerea ama vini per boc scriptum et pactum, licet in 
signum caritatis, condicionalitcr promittitur, in quo denique consensus 
episcopi non habetur et vivente persona contrabitur, per responsum 

30 [prudentie vestre utrum sit licitus vel illicitus nos certi]orare velitis et 
litteris cum sigillis veslris nobis rescribere. 

Nos igitur, inquisitioni abbatis breviter et sine dubitatione respondentes, 
de conlraclu lali illud idem dilïinimus quod dominus papa [extrav. De jure 
palronatuSj aliisque] multis in locis determinatum a sanclis patribus repe- 

35 rilur. Quia, quod semel bene diflinitum est, in récidive contenlionis 



— 21:2 — 

(Atant scrupiilum revocari non débet. Insuper de ama vîni dicimus quod modicum 
fénier 1212.) femienli totam massam corrumpil [ideoque prcdictum conlraclum] illici- 
tum expresse judicamus. 



CLXH. 

Les canonistes de Liège répondent à la question qui leur a été posée 
par l'abbé Guillaume^ touchant la validité de la vente de Baisy. 5 

(Avant février 1212.) 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, A. 6. Il y avait 
douze sceaux, desquels deux en cire blanche, conserves par fragments; restent en outre sept doubles 
queues de parchemin. Au dos de la charte, au-dessus de la queue de chaque sceau, sont écrits les noms 
et les titres des personnages auxquels ils appartiennent. Ce sont : 10 

Sigillum magistri Theodorici, majoris ccclcsie decani in Lcodio et prepositi in Sancti Andrée in 
Col., jurisperiti. 

Sigillum magistri Pétri de Dînant, majoris eeclesic canonici, jurisperiti. 

— — Adae de IS'amuco, majoris ecclesie canonici, jurisperiti. 

— — Gallheri de Sancto Paulo, decani et abbalis Tudinicnsis, jurisperiti. 15 

— — Warneri, decani Sancti Johannis in Leodio, jurisperiti. 

— — (nom illisible). 

— — Roberti de Sancto Johanne in Leodio, jurisperiti. 

— — Wienandi, Aquensis decani, Trajcctensis scholastici, jurisperiti. 

— — (nom illisible). 20 

— — (nom illisible). 

— — Pétri Burgundi, jurisperiti. 

— — Johannis de Nivella, jurisperiti et boni viri. 

TheorfencMS, Dei gratia major in Leodio decanus et magistri quorum 
hic sigilla sunt appensa omnibus ad quos presens scriptum pervenerit 23 

salutem in Domino, Consuluit nos abbas Sancti Huberti Suit le 

texte de l'acte précédent avec quelques légères variantes sans importance, 
et avec le changement de C decaixus en Th. decanus, jusqu'au passage 
qui suit : 

JNos igitur. inquisitioni abbatis breviler et sine dubifatione respondentes, so 
contraclum talem omnino illicitum esse et contra canones inilum judica- 



— 2i3 — 

mus, propter manifestas et vivas raliones que in premissis assignantur. (Avant 
Prelcrea duo ibi consideramus que ita dislinguimus. Si jus paironalus, février 1212.) 
quod non nisi ciim universitate lerrilorii vel ville transit, pro annuo censu 
pccunie in perpelunm transferlur ad fratres Hospilalis. hoc esse non polost, 
5 sicut habcmus in extravagantibus lytulo De jure palronaius, capile Per- 
VPfut'. Item, si jus patronatus pênes abbalem remanet, quod videlur per lioc 
qiiod persona fratribus Hospitalis placila sibi prescntatur, ex quo ad minus 
jure eligondi personam et presentandi privatur. et ipse abbas propter 
condiciones annui census donum ecclesie, quod ex mera bbcrlate et libe- 

10 ralitate aîii forte magis ydonee persone conferre liabeJ)at, iiuic forte minus 
ydonee conferet ex necessitale condicionis pro pacto annue pecunie per- 
solvendc surgentis. Quod iterum esse non potest propter manifeslam simo- 
niam, sicut habemus in < causa > prima, qucstione II Quam pio % ubi 
dicitur : « Cesset omnis pactio, omnis cedat condicio. » Et in exlrav. De 

13 simonia ' per totum. Item de ama vini que ctiam ex pacto hujus scripti sub 
signo caritatis promittitur, dicimus quod hoc fieri ex pacto non débet, 
sicut iterum habemus in prima q. I. c. Si quis neque pastum neque 
pastillum *. et ex ceteris mullis. Preterea quamvis non esset simonia, tamen 
videtur esse et abomni specie mala abstinendum, sicut habemus c. Emen- 

20 dari placuit ' de illis qui miserunt nummos in concham temporc bapti- 
zandi. 



' c. 19, Compilation de Bernard de Parme, III, 55, de jure patronatus. (Friedberg, Quinque compi- 
tationcs antiquœ, p. il.) 

* Dccreli secunda pars, causa l, quacslio II, c. 2. 
25 " Compilation de Bernard de Parme, V, 2, p. 54. 

* Le canon Si quis doit être le C. I, Q» 1, c. H3, Si quis neque. — Au sujet de ce passage M. Paul 

Fournicr m'écrit : « Le mot pastus se trouve employé dans des textes relatifs à la prohibition de la j 

simonie; cfr. Gratien, c. 1, q. 5, c. 15, texte évidemment connu des jurisconsultes de Licge. De même 
le mol paslillus figure dans un texte analogue d'Urbain M, qui a trouve place dans Gratien, c. 1, q. 2, 
30 c. 5, immédiatement nprcs le c. quam pio, expressément cité par les auteurs de la consultation ». 

* Dccrcti secunda pars, causa I, quaestio I, c. 104. 



i 



I21i (n. st.). 



214 ~ 



CLXIII. 

Par-devanl arbitres, l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem 
restitue à l'abbaye ses droits sur l'église de Baisy, en échange de certains 
dédommagements. 

Février 1212 (n. st.). 

Original sur parclicniin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, A. 6. Deux sceaux g 
disparus; reste une double queue de parchemin. 

Les deux arbitres étant du clergé de Cambrai, il y a lieu de croire qu'ils ont suivi le style de leur 
église, qui était invariablement celui de Pâques, appelé, parfois, pour celte raison, itylus curiac 
Camcracensis (Gihv, Manuel de diplomatique, p. 114.) 

Bartholomaeus, Sancli Auberli Cameracensis abbas et \dam decanus lo 
Camcracensis ecclesie. universis (idelibus quibus inspiciendum occurrerit 
scriptum presens saluleni in omnium Salvalore. Ad morbum liligii com- 
pescendum nulla est efficacior medicina quam sciij)torum memoralium 
cerlitudo, que dum rerum gestarum vivam semper ac novam exhibet verita- 
tem, conficlas excludil calumpnias et omnia jurgiorum fomenta proscribit. lo 
Ideo per noticiam scripti hujus cerlum esse volumiis universis quod cum 
frater Adam, magisler domorum Hospitalis Jerosolimensis que in Camera- 
ccnsi diocesi et Leodiensi consislunl, abbatem et convenlum Sancti Huberli 
de Ardenna sub nostro examine per litteras apostob'cas convenisset super 
quodam contractu. quem inler prelalam ecclesiam et f;'atres Hospitab's de 20 
ecclesia de Baisiu a tempore relroacto sollempniler celebratum et scriptis 
firmaluin aulenlicis asserebat, diuque durasset contentio super hoc inter 
eos, tandem, nobis operam adhibentibus et aliis bonis viris, in amicabi- 
lem coniposilionein taliler convenerunt quod prediclus A. questioni quam 
moverat et aclioni quam contra ecclesiam antedictam habuerat renuntiavil 25 
|)enilus coram nobis et tam litteras apostolicas, quarum auctorilale moverat 
querelam prescriptam, quam et alia instrumenta que facere videbanlur 
ad commoduin cause sue nobis libère resignavil, firmiter repromitlens 
quod ecclesiam deinceps super hiis non vexaret. Verum ecclesia, bonum 
pacis amplectens, ipsi A. reddidit xx libras alborum pro expensis quas 30 
fecerat liligando et preterea concessit eidem quod circiter duo bonaria 



— 245 - 

terre que fratres Hospitalis de ecclesia de Haisiu dudiim siib censii niodico iai2(D. su). 
leniierant et tenebant pacifiée. quanUim in se est, tenere permillet, sub (1212.) 
censu videlicet consueto. nec presbilero de Baisiu vel alii qui querelam 
movere voluerit super hoc contra eos auclorilalem |)restabit, iinnio eos ad 

5 desisleudum precibus inducet et monilis quantum poterit bona fide 
insuperque promisit quod occasione appellationis. quaui super hoc pro- 
curalor ipsius pridem feceral corani nobis, fralres HospiUdis de celero non 
vexabit nec aiiquas repelet ab eisdom litis hujus expensas. De hiis vero 
que dicta sunt firmilcr observandis magister Gregorius, prefate ecclesie 

10 procuralor, in animam abbalis, qui aderat et capituli. cujus vices agebat, 
in nostra presentia fidem dédit et eandem sepedictus A. ex parte Hospilah's 
exhibuit caulionem. Fuit et ab utroque sub prestita cautionc promissum 
quod ecclesia litteras testimoniales daret super hiis prefato magislro, idem 
vero magister ex parle prioris et capituli sui litteras traderet ecclesie sepe- 

15 dicte. Ut igitur de premissis nulla possit in posterum calumpnia renovari, 
litteras présentes, que fideliter rei geste continent verilatcm, nostrorum 
munivimus testimonio sigillorum. Aclum anno Domini M*. CC ". undecimo, 
mense februario. 



CLXIV. 

Des délégués pontificaux notifient l'accord provisoire intervenu entre 
20 Thierry, prieur d'Evergnicourt, et les manants de Brienne, au sujet de 
la dîme des laines dans cette dernière localité. 

(1212, avant le remplacemeni de l'abbé Guillaume, mort le l" février.) 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, D. 1, Fragment 
d'un sceau en cire jaune pendu à une queue de parchemin et représentant un moine. Légende : 

25 GILLUM AB .... L'autre sceau a disparu. Au-dessus du texte une main moderne a 

écrit : « Enregistré au 5« registre, foi. 70 ». 

Une copie authentique sur parchemin, datée de 1493, a induit en erreur l'archiviste de l'abbaye et 

à sa suite l'auteur de Vlnvcnlaire, qui tous deux ont pris celte date pour celle de la charte. Celle-ci n'est 

pas datée, mais l'année peut être rétablie avec certitude grâce à ce double fait que : 1° en 1212, la 

30 question de la dime des biens à payer à Évergnicourt fut examinée et tranchée par des délégués 



— 216 - 

(121:2.) pontificaux pour d'autres villages, comme on le voit par l'aclc ci-dessous, n* CLXVI, cl comme 
1212. l'indique d'une manière plus générale uotrc présent diplôme; "i" qu'il est parlé dans l'acte de Th., 

prieur d'Évcrgnicourl. Or, nous savons que Thierry, prieur d'Évcrgnicourl, succéda comme abbé de 

Saint-Hubcrl à Guillaume, qui mourut le 1" février 1212. 

^icardus, abbas de Septem Fontibus et prior ejusdeni ecclesie et deçà- s 
nus de Maceriis omnibus ad quos liltere isle pervenerint in Domino salu- 
lem. INoverint lam présentes quam fuluri quod Theodericus, prior ecclesie 
sancte iMarie de Evernicurl, homines de Briania permisit in pace permancre 
super causa que verlebatur inter eos et priorem prefalum de decimis 
lanarum, coram nobis qui judices eramus a domino papa delegati, doncc lo 
âlie parrocliie ad eandem domum appenditie décimas predictas universa- 
b'ter reddiderint. Cum autem ita conligerit, predicli homines ipsas décimas 
omni appellalione et contradiclione cessante solvere tenebuntur. Ut igilur 
hoc ratum habeatur, placuit nobis presens scriptum inde fieri et sigilh* 
nostri impressione roborari. is 



CLXV. 

Les abbayes de Saint-Hubert et de Malmédy fondent entre elles 

une association de prières \ 

1212. ♦ . 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 56. Sceaux disparus. 

Venerabili domino et palri Willelmo, Dei gratia abbati ecclesie Sanclo- 20 
rum Pelri atque Huberli et sacro conven[tuij ejusdem monasterii Adelar- 
dus, Dei permissione dictus abbas, et tolum Malmundariensis ecclesie 
capilulum salutem ab eo, cujus potestas super humerum ejus. Quia tem- 

' Au sujet de cette association de prières, Rohuild Ha.ncart écrit, page 356 : « Outre ces deux 
nionaslcres, il y en cul plusieurs autres confédérés avec le nôtre, scavoir : Sainct-Remy de Reims, 25 
Lobbcs, Sainct- Laurent et Sainct- Jacques de Liège, Sainct-Pantaléon de Cologne, Altwiller, Prùm, 
Florenncs, Waulsort, Echternach, Orval, Sainct-Remy près de Rochefort et autres ». 



— 217 — 

porum diuturnilas et negligenlia et incuriosilas fralernilalis unionem iiiter 1212. 
ecclesiam noslram et vestram quasi in oblivionem Iraxerunt, ad |)erpcluam 
succedenlium memoriam fralernilalis socielalem imagine prt'scnlis scripli 
renovarestuduimus. Forma vero fralernilalis liée est. Si abbalem allcrulrius 

5 ecclesie conligeril de niedio fieri, idem hahebil olTicium qiiod abbas ejus- 
dem loci, et nomen ejus scribolur in régula. JNomina aulein fralrum ut 
delala fuerint, bajulo omnis cxibebilur luimanitas el (iel Iricenaiium pro 
[singulis] consequenler et scribenlur in régula. Insuper aulein si (juis de 
fralribus veslris ad nos volueril transire, Icum lilteris] abbalis et ecclesie 

10 venial, et lanquam fiiius recipielur. Siinililer si quis de noslris fralribus 
ad vos transire volueril, recipialur. Si anlem, émergente culpa, quisquam 
de fralribus utriusque loci aliquid in conlrarium commiscril, ad allcram 
ecclesiam veniat, et ibi sil donec salisfaclione, misericordia mcdianle, 
purgetur quod maie commissum est. Ut aulem iiec socielas diligenler in 

15 utraque ecclesia sicut res memorie digna conservetur, presens scriplum 
sigillorum nostrorum munimine roboravimus. Actum anno gralic M'. CG". 
duodecimo '. 



CLXVI. 

Raoul, abbé de Fauclair, et Pierre, abbé de Sigmj, tranchent par sentence 
arbitrale un différend entre le prieuré d'Evergnicourt et les habitants de 
20 Guignicourt, au sujet des dîmes de celte localité. 

1212. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Élal, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, B. 8. Sceaux 
disparus; restent deux doubles queues de parchemin. Sur la chemise : » Enregistre au ÎJ« registre 
fol. 22 .. 

25 Ego frater Kadulpbus Vallis Clare et frater Petrus Syngniaci abbates 
nolum facimus omnibus bec visuris quod cum a Tbeoderico, abbalc Sancli 

' Le dispositif de cette charte se retrouve textuellement dans la charte ci -dessus, n» CLX. 

28 



— Î2I8 — 

1212. Huberh", coram nohis a domino papa super hoc judicibus delegatis, de lana- 
riiin. scgelum. animalium et allillum deciinis contra honiincs de Gungnicort 
queslio nioveretur, predicli 1 heodericiis (a) abbas Sancli Huberti. ciim 
litten's capituli sui de ratihabitione el homines de Gungnicort fide inter- 
posila in nos sub pena centuin libranim Parisiensium coinpromiserunl, 5 
Abbas si([uideni lanarum décimas sibi non redditas causabatur el quod 
idem homines fruges suas indecimalas in propria horrea consueverant 
asportare et posl earum excussionem pro volunlate sua ipsas vei decimare 
vel scplimare, palearum atque forragii sibi décimas retinentes. (Montra 
predictos etiam homines idem abbas de animalium et altilium decimis lo 
allegabal quod ipsas satis congrue non reddebant, cum eas minus ydoneo 
temporc et modo minus redderent competenli. ÎNec enim, ut asserebat • 
(lictus abbas, fétus tam animabum quam allib'um reservabant quousque 
suflicienter possent sine malribus educari. Item fere nun(|uam femellas, 
fréquenter aulem masculos exsolvebant, eo quod in fetibus minoris estima- is 
tionis sit masculus quam femella. Porro homines de Gungnicort, antiquis 
suis consuetiidinibus innilentes, e contrario proponebant se a suis anteces- 
soribus didicisse quod tam ipsorum quam ipsius abbalis predecessores 
statueraut ab anliquo ut homines de Gungnicort et eorum sequaces décimas 
seijetum ad villam suis vecturis deducerenl et hac de causa a lanarum 20 
decimationibus erant penitus absoluti. Adjecerunt etiam ad premissa quod 
idem abl)as, cum adhuc esset prior d'Evregnecort et dominus Macharius 
miles de Gungnicort de redditibus suis de Gungnicort conferentes adinvi- 
cem, ab utraque parte fide interposila, statuerunt quod ipsius ville 
consuetudines nullatenus immutarent. Verum cum dicti homines consue- 23 
tudinem de lanarum decimis non solvendis el segetum decimis propter hoc 
per vecturas suas deducendis et fidem interpositam inter ipsum abbatem 
Sancli Huberti, cum adhuc prior esset d'Evregnicort, el dominum Macha- 
rium de ville consuetudinîbus observandis nec per lestes ydoneos nec per 
iittcras abbatis suique capituli comprobarent, assignavimus diem partibus 30 
in quo de premissis dillinilivam sentenliam reportarent. PSos itaque, 
allegalionibus et rationibus parlium audilis et cognitis, de consilio pru- 
denlum virordm, cum quibus diligenter universa discussimus, aslanlibus 



(a) On lit dans le texte : Theoderici, à la suite d'une correction à ce qu'il parait. 



— 219 - 

eliam viris prudentihus et discrelis, per diflinitivam senlcntiam adjudica- 1212-1214. 
vimus quod homines de Gungnicort monachis Sancti Huberli apud 
Evregnecorl commanentibus lanarum suaruni décimas de celero cum omni 
inlegritate persolvenl. Décimas etiarn segelum in agris suis dimillenl per 

5 vecluras diclorum monachonim doducendas. Diclum est etiam et slalulum 
quod décime animalium et allilium, donec possint vivere sine maire, a 
jamdiclis hominibus servabunlur, hoc addito quod sopita a modo deci- 
mandi versulia, pro femelh's masculos non persolvenl. Suscepliim igilur 
arbitrium, prout dib'gens verilalis inquisilio et juslicie dictavil equilas, 

10 fideliter proseculi ejusdem arbitrii transgressores pena cenlum librarum 
Parisiensium,quas adverse parti persolvendas decrevimus,condempnamus. 
Quod ut ralum et stabile permancat, presens scriplum sigillis nostris 
fecimus roborari. Actum anno incarnalionis Dominice millesimo ducente- 
simo duodecimo. 



CLXVII. 

15 Simon de Mortenai, chevalier, s'engage envers l'abbé de Saint-Hubert 
et le prieuré d'Evergnicourt à ne rien réclamer sur le quart de la dîme 
des laines à Evergnicourt, 

Septembre 1214. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Etat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, B. 1. Sceau 
20 disparu; fragment d'une queue de parchemin. Sur le pli : u Enregistré au 5' registre, fol. 24 a. 

I., capellanus domini Laudunensis oiïiciab's, omnibus présentes lilteras 
visuris salulem in Domino. INovepint universi quod conslilulis in nostra 
presenlia abbate Sancti Huberti et Symone milite de Morlenai, idem 
Symon eidem abbali et ecclesie de Evrignicort quarlam partem décime 
25 lanarum de Guignicort in perpeluum penilus quitam clamavit, fidem 
interponens corporalem quod nec per se nec per alium de celero recla- 
mabit, fide etiam interposila proiniltens se dictis abbati et ecclesie legili- 
mam portaturum garandiam super dicta quarta parte dicte décime adver- 
sus omnes qui eam ex parte sua reclamaverint et juri et juslicie parère 



— 220 



1214. volucrint. El diclus Symon in manu noslra se de dicta quarla parle dicte 
décime, si quid juris in ca habebal, devcstivil. Et nos, ipso Simone présente 
et consenlienle, de eadem diclum abbalem pro se et pro dicta ecclesia de 
Evrignicourlsollempniler investivimus. Aclum anno domini I\1°.C(>. Xllll", 
niense scplcmbri. 8 



LXVIII. 

GilleSj seigneur de Uierges, notifie un accord intervenu entre lui et l'abbaye 
au sujet de l'avouerie de f^aucelles et de Doische. 

1214. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-IIubcrl, 122, G. 1. Sceau rond 
et bombe en cire jaune pendu à une double queue de parchemin, offrant dans un écu garni d'une bor- 10 

dure deux bars affrontes en pal, les têtes en haut. Légende : . . . . EGI Contre-sceau : Un trcs- 

cheur ccarlclc en sautoir, avec une espèce de fleur de lis dans chaque quartier. Légende : VERITAS. 

Ego Egidius, dominus de Hyrgia ', notum facio universis tam presen- 
tibus quam futuris ad quos littere isle pervenerint quod querela que 
auclorilale aposlolica inter me èx una parte et llieodericum abbatem et 15 
fratres ecclesie Sancli Huberli vertebatur ex altéra, cum me diutius traxis- 
sent in causam, tandem, mcdianle consilio bonorum^ virorum, in hune 
moduni sopita est quod ego de assensu abbatis et fratrum dicte ecclesie 
rectam advocaliam retinui in villis iliorum, scilicet in Vacellis et in Doesche, 
ita quod leddilus et forisfacta villarum prcdiclarum eis reddi faciam et 20 
persolvi, si necesse fuerit ut super hoc me requirant. In quibus forisfactis 
ipsi duas partes habebunl et ego lerciam. Salva insuper et quitta eis 
rémanent omnia indominicata ipsorum, tam in villis quam in nemoribus, 

* Hiergcs (Ardcijnes), arrondissement de Rocroy, canton de Givet. Hierges « était autrefois le chef- 
lieu d'une baronnic dont la juridiction s'étendait sur huit villages : Han, Auberivcs, VauccUes, 25 
Foisches, Doische, Gimenée, Niverlée, Ailoy. Un Manasscs, seigneur d'Hierges, accompagna Godefroi 
de Bouillon à la croisade; il fut chancelier du royaume de Jérusalem ». (J. Hubert, Géographie 
historique du département des Ardcnnes, ô' édition, 1856, p. 552.) 



— 221 — 

et banniim et juslicia villariiru siiprudiclarum prêter molendinum de 1214. 
Vacellis, quod milii in perpeluum quillum clamaveriint, hoc salvo quod Sans date 
villicus in eo jus suum habebit cl mansionaiiis eorum (anlum spelte sue ^^" ^' 
in eo sine mullura singubs annis parare licebit que ad solulionem reddi- 
5 tuum illoiuni possit suiïicere. Ipsi aulcm niansionarii. prout fiebat anti- 
quitus, ad refaclionem escluse adjuvabuni Pro molendino etiam meniorato 
in recompcnsationcin conlub* prenominatis fralribus et abbati jus palro- 
natus et dominium fundi ecclesie de (iysunviie et quicquid juris ibidem 
habcbam in decimis tam niagnis quam niinulis. Terram vero mansiona- 

10 riorum, quam meum vivarium inlerceperat, Sanclo Huberto tam in quan- 
titale quam in valore rcslilui apud (îymiqlii, cum ea subjeclione et sub 
banno et justilia monachorum, sicut prius exlileral terra a vivario meo 
intercepta. Hec omnia ego Egidius, juramcnto prestito, me observalurum 
promisi, que etiam laudaverunt et apj)robaverunt Gobertus sororius meus 

15 et D. soror mea de Byul. Ut autem hec rata in perpeluum permaneant, pré- 
sentes b'iteras siijilli mei munimine roboralas emisi. Actum anno Dominicë 
incarnationis millcsimo duccntesimo X". 11 IK 



CLXIX. 

Hugues de Pierrepont, évêque de Liège, confirme la convention intervenue 
entre l'abbaye et Gilles de IJierges, au sujet de Vavouerie de Faucelles 
20 et de Doische. 

Sans date (vers 1214). 

Original disparu. — Copie aux Arcliivcs de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 122, G. 2, dans 
un vidimus de rofTicial d3 Licge du 29 juin 1585, sur parchemin scelle d'un sceau oblong en cire 
brune reprcscnlant une église à trois leurs. Contrc-scel : un aigle aux ailes cployccs. Le vidimus est 
25 ainsi conçu : a OlTicialis Lcodicnsis datum pcr copiam sub sigillé oflicialitatis curie nostrc de litteris 
infrascriptis sanis et intcgris sigillalis sigillo quo sigillale esse dicuntur, ut prima facic apparebat ». 
Suit le texte de la charte après lequel viennent ces mots : a Arnoldus S. visis litteris ». 

Ego Hugo, Dei gratia Leodiensis episcopus, notum facio universis tam 
presentibus quam futuris ad quos Httere iste pervenerint quod querela, que 



222 — 



Sans date intor Theodeiicuin abbatem et fralres ecclesie Sancli Huberli vertebalur 
(vers 1214). ^j^ y^j^ parte et Ej^itlium de llierge ex altéra, in liunc inodum sopita est 
quod dictus Egidiiis de consensu abbalis et fratrum dicte ecclesie reclam 
advocaliam reliiiiiit in villis illorum, videlicet in Vacellis et in Doesclie. ila 
quod redditus et forisfacta villanim predictarum eis reddi faciet et persoivi, s 
si necesse fujcrjit ut super hoc euni requiranl. In quibus forisfaclis abbas 
et ecclesia duas partes habebunt et dictus Egidius terliam. Salva insuper et 
quiela dicte ecclesie renianeanl oninia indoininicata ipsorum, tam in villis 
quam in nemoribus, et bannum et justicia villarum supradiclarum prêter 
molondinum de Vacellis. quod dicte Egidio in perpetuum quitlum clama- lo 
verunt, hoc salvo quod villicus in eo jus suum habebit et mansionariis 
ecclesie lantum spelle sue in eo sine multura singulis annis parare licebit 
que ad solutioneni illorum possit suflîcere. Ipsi aulem mansionarii, 
prout fiebat anliquitus. ad refeclionem excluse adjuvabunt. Pro molendino 
etiam memorato in recompensalionem contulit dictus Egidius prenolatis 15 
fratribus et abbati jus patronatus et dominium fundi ecclesie de Jusonvilhe 
et quicquid juris ibidem habebat tam in decimis magnis quam universis. 
Terrain vero mansionariorum, quam vivarium sepedicti Egidii interceperat, 
Sancto Huberlo tam in quanlitate quam in valore restituit apud Gymighi 
cum ea subjectione et sub banno et justicia dicte ecclesie, sicut prius 20 
extiteral terra a vivario suo intercepta. Hec omnia Egidius juramento pres- 
tito se observaturum promisit, que etiam laudaverunt et approbaverunt 
sororius ejus et D. soror sua de Byoul. Ut autem hec rata in perpetuum 
pernianeant, présentes litleras sigilli mei munimine roborari decrevi. Actum 
anno gratie millésime ducentesinio decimo quarto. Cum ergo hec a Théo- 25 
derico, abbate dicte ecclesie et Egidio coram nobis sint approbata, nos hec 
confirmamus sub anathematis periculo, inhibentes ne quis ea ullo in 
posterum casu perturbare présumât. 



— 223 — 



CLXX. 



Louis, comte de Looz, confirme les donations faites à l'abbaye de Saint-Hubert 
par son père le comte Gérard et par son oncle le comte Hugues. 

1214. 

Original disparu. — Copie sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 6, 

S H. 1, dans un vidirnus du XIV« siècle, ainsi conçu : « OiTiciaiis Leodiensis datum per copiam de iilteris 

infrascriptis sanis et intcgris, sigillatis, ut prima fronte apparebat, sigillo quo sigillatc esse dicc- 

bantur, sub anno Dominice nativitalis millesimo trccentcsimo ocluagesimo quinto, mensis junii die 

pcnultima ». — Autre copie aux Arcliivcs du Royaume, à Bruxelles, Carlulaire H'i'"'', fol. 86. 

In nomine Doniini ego Ludovicus, Dei gratia cornes de Lon, notum facio 
10 omnibus presenlibus et fuluris quod elemosinam quindecim solidorum 
Leodiensiuni a paire tneo Gerardo et palruo Hugone comilibus ' ob reme- 
dium animarum suaruin ecclesie Sancti Hiiberti in Ardenna collalam et 
de priniis redditibus nostris apud Herdene singulis annis hbere et inlegra- 
liler persolvendam in perpetuum cum elemosina aba in Bride ab anteces- 
15 soribus meis simililer eideni ecclesie concessa jam duduni spontanée et 
libère recognovi et recognosco et in pace possidendas presenli scripto et 
sigilb mei munimine confîrmo. Actuni anno Domini M». CC°. XIIII». 

* Sur Hugues de Looz, voyez la Chronique de Saint-Troni, Contimiatio H, liv. IV, c. 2'2, qui le 
fait mourir fere intrn pubcrtatis annos, après qu'il avait enlevé et épousé la fiancée de son frère. En 

20 H75, il avait, avec ce dernier, donné à la commune de Bruslhem sa célèbre charte de liberté. (Voyez 
PiOT, Carlulaire de l'abbaye de Saint-Trotid, t. I, p. 122). Le Nomina benefaclorum, p. Ki, lui 
consacre la mention suivante : « Hugo junior, comerdc Looz, dcdit nobis quinque solides Leodiensis 
monctae apud Rode in Campania ». C'est celte donation que le comte Louis de Looz, son neveu, 
confirma en 1214 par la charte déjà citée (la voir plus loin); c'est à elle aussi que fait allusion 

25 encore le Nomina benefaclorum, écrivant page CO : • Ludovicus cornes de Looz legavit nobis quinque 
solidos Leodiensis monctae apud Rode in Campania «. Il s'agit probablement de Gruitrode ou de 
Kinroyc, situés l'un et l'autre à proximité de Brce. 



1214. 



1215. 



— 224 — 



CLXXI. 

fraleran, duc de Limboiirij et comte de Luxembourg, atteste que l'abbaye 
a acheté la dime de lyUry à Thierry de Sart. 

1215. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 117, D. 1. Sceau 
disparu. Reste une double queue de parchemin. Ce document est devenu à peu près illisible par la 5 
chute totale du groison. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire H^""'', fol. 212. 

Ego W[alcrannusj, dux de Lemborg, cornes Luccmb[urgensis] et 
marcI)[io] Arl[unensis], omnibus présentes lilleras inspecluris noluni facio 
quod abl)as Sancii Huberli émit decimam de Witery erga Theodericum de 
Sarto, preposilum Luc[emburgensem], bona et légitima emptione pro lo 
xxiiii libi is Metensibus, de consensu heredum dicli Theoderici qui eandem 
decimam guerpierunt. INe ergo aliqua inde oriri possit in posterum 
calumpnia vel reclamatio, ad preces sepedicti Theoderici presentem pagi- 
nam sigillo nostro in leslimonium roboravi. Dalum Luc[emburgi] anno 
Domini M". CC«. XV°. 15 



CLXXII. 

* 

Nicolas, sire de Sept fontaines, fait connaître la fin des difficultés 
entre l'abbaye et les héritiers d'Erfo de Tintange. 

1215. 



Original disparu. — Copie simple sur papier aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint- 
Hubert, 101), E. 2. 20 

Cet acte est une reproduction littérale de celui du même Nicolas de Scplfontaines en 120S (voyez 
ci-dessus, n" CLIIIJT, auquel s'ajoute sans transition le texte que nous reproduisons ci-dessous. 

Igilur cum postmodum, temporibus Theoderici abbalis Sancti 

Huberli, prœfati Guilelmi abbalis successoris, Guillelmus de Tunlenges 



— 225 — 

laycus, prœnominali Krfonis haeres. ciini cœleris cohgeredibiis suis contra I2i5-iiiti. 
conventiones hujiis carliihie lemerarie et injuste venissent, prtediotuni (re- 
censuni in loco et in termine conslitiito ecclesise Sancli Huberti neglii^endo 
persolvere, praepositus,abbasTlieodericus et ecclesia ipsos, tum propter hoc. 

^ lum quia ecclesia laesa enonniter apparebat. coram judicibus preeposilo 

et Gilleberlo Amaniensis ecclesiœ, aiicloritate domini 

papae Innocenlii delegatis Iraxit in causain. Cum quibus ad petitioncin 
noslram, misericordia ecclesiae inlorvenienle, quœ ad possessionern suam 
libère potuissel reaccedere, ita tandem amicabiliter est compositum quod 

10 praedictus Guillelmus laycus et sui cohiercdes augmentationem trecensus, 
septem videlicel solidoruin annuatim ecclesire Sancti Huberti in perpetuum 
in loco et in lermino superius assignalo sine contradictione solvendoriim, 
prselibala bona in Tunlenges secundutn (juod ecclesiae Sancti Huberti 
attinere dinoscuntur, quiète et pacifiée possidebtint, observatis omnibus 

15 et per omnia cartulse priecedentis condilionibus et articulis et denomi- 
natione monetœ Cathalaunensium, débita eliam pœna non observantes 
manente. Actum est hoc anno Dominicee incarnationis millesimo ducente- 
simo quinto decimo. 



CLXXIH. 

Huques de Pierreponf, érêque de Lipcje, siégeant au tribunal de la paix 
20 à la demande de l'abbé Thierrfj ///, déferniine les droits que Thierry de 
Comblain exercera à Terwagne en qualité d'avoué. 

(Liège), le iS mars 1216. 
Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire H^*"'', fol. 168. 

Hîigfo, Dei gratia Leodiensis episcopus, Johannes prepositus. TheorfencM« 

2S decanus, archidiaconi, et totum capitnium majoris ecclesie I>.eodiensis 

universis présentes litleras inspecturis salulem in Domino. Noverit univer- 

sitas vestra quod cum Theodericus, abbas Sancli Huberti, pro ecclesia sua 

traxisset in causam in pace Leodiensi Theodericum, militem de Comblain, 

29 



— "2^2^ — 

iii6. super indoininicatis suis apud Terrvainhe adjacentibus, et super quibus- 
dam aizentiis quas inansuarios ville asserebal habiluros in quibusdain 
neiiioribiis ecclesie memorate, et super lalliis et exaclionibus inunoderalis 
quas, sicul idem abbas dicebal Th., a mansuaiiis ejusdem ville frequedter 
exlorquebat, tandem, medianle consilio et composilione proborum viro- s 
rum, videlicet '\\\.. archidiaconi Leodiensis, Faslradi do Hemmericuit, 
Andrée de Comblain, (Jodefridi de Housemont, Cononis de Feriers, mili- 
tun), conlroversia inter eos habita de assensu nostro sopita est in hune 
modum. 8ane memoralus Th. miles, partibus in pace Leodiensi coiam 
nobis constitutis, omnia indominicata ecclesie Sancti Huberti quita cla- iO 
mavit in perpetuum, ita quod si quid de eis in bosco, in campo sive 
in villa de Terruhane interceperat vel intercepturus erat, illud memorate 
ecclesie per judicium ^cabinorum loci libère et sine conlradiclione amodo 
reslituet et in pace possidendum in perpetuum dimittet. In emendatio- 
nibus vero foristactorum que infra bannum predicte ville evenient, secun- is 
dunj scabinorum judicium qui exinde judicare debuerinl, ecclesia partent 
suam, Theodericus vero talem qualem advocatus habere debueril habebit 
in perpeluum. Freterea ordinatum est de communi assensu partium quod 
mansuarii de Terruange in eadem vel in alia villa commoranles prefato 
milili duodecim marcas Leodiensis monete et viginli modios avene ad 20 
mensuram ville nuiic currentem usque ad sex annos annuatim persolvent. 
Ita quod de hominibus ville quatuor singulis annis communiler eligenlur 
usque ad predictum terminum sex annorum, qui sub juramento prestito 
bona fide, secundum facultatem et substanliam uniuscujusque, prout 
melius polerit, ordinabunt quantum unusquisque mansuariorum ibi vel 25 
alibi commorantium de predictis decem marcis et viginti modiis avene 
solvere debuerit. iSimiliter sepefatus Th. totidem annis de qualibet domo 
ville preassignale unam gallinam vel unum caponem in fSatali Domini 
quolibet anno habebit, predicta vero summa pccunie et avene in festo 
sancti Remigii in capite octobris persolvetur. Si vero aliquis mansuariorum 3u 
partem suam. prout fueril ordinatum de supradictis, foreslario ville pir- 
solvere voluerjt, advocatus, si exinde fuerit requisitus, ipsum ad solvendum 
compellel, hiis autem conlentus nichil ullerius poterit exigere vel extor- 
quere, nisi per judicium scabinorum ab hominibus ville infra terminum 
pretaxalum. Elapso vero termino sex annorum totiens dictus Th. in tali 35 



— 227 — 

jure advocalie sue remanehil in quali ejus antecessores exlilorunt, salvis I216-1219. 
nichilominus indominicalis omnibus el omni jure ecclesie superius assi- 
gnare (a) quibus, sicut superius expressum est, in perpetuum abrenun- 
ciavil. Statutum est insuper quod si jdein Tli. contra pacem et compo- 
5 sitionem islam veniendo eam infregerit, forifaclum suum per se vel por 
composilores suos superius expressos infra mensem poslquam ab ecclesia 
el a compositoribus fiierit requisilus vel convenlus corrigere poterit. El si 
aliquis compositorum decesserit, alius loco ejus subsliluelur. Et si per se 
vel per coFTiposilores infra mensem posl eorum ammonilionem non corre- 

io xeril, elapso luonse homines pacis de forifacto judicabunt et idem Th. per 
eorum judicium ipsum tenebunlur emendare. Hec autem prout acla sunl 
coram nobis et sub testiinonio bominum pacis a partibus recognita, appro- 
bata et concessa solempniter in pace Leodiensi, dib'genter annotari fecimus 
el conscribi,et ne levitate vel occasione seu presumptione qualibet valeant 

15 immutari. presentem paginam sigillorum noslrorum appensione duximus 
roborandam. Actum de assensu partium anno gratie M". CC°. XV°. mense 
martio, quinlo kalendas aprilis. 



CLXXIV. 

Le curé d'Erergnicourt, en qualité d'arbitre, partage par moitié entre 
deux litigants une maison située auprès de l'église Sainte-Croix à 
20 Neufchâtel-sur- Aisne. 

Juin 1-219. 

Original sur parchonain aux Archives de l'État, h Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, C. 3. Le sceau, 
disparu, était suspendu à une simple queue. 

Th. presbiter de Ebergnicurt, decanus christianitatis, omnibus pre- 

25 sentes litteras visuris salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod 

cum Ferriciis furnarius Vaironem clericum in jure coram nobis impeteret 

(a) // faut sans doute lire assignate. 



— T2b — 



iHQ-liii 



super ilomo juxla ecclesiam Sancte (irucis sila, landem de commun! 
asseiisu super eadem in noslrum arbilriurn coniproiniserunl. ab ulroque 
fide dala quod illud Krmiter et in perpeluum observabunl arbitrium. itaque 
proferenles diximus quod eoruni uterque domus ilbus haberet mediela- 
lem, ita quod utrique licerel de parte sua suam facere voluntatem. In s 
eujus rei teslimojiiuui présentes litteras emisimus. Actum anno Domini 
IVJ". ducenlesimo nono decimo, meiise junio. 



CLXXV. 



L'abbé Thierry III cède aux habitants de Proviseux, contre une rente 
annuelle, des terres et un droit d'usage. 



Kverguicoart, mai 1221. 



iO 



Original disparu. — Copie contemporaine conservée dans le vidimus ci-dessous, n» CLXXVI. 
Ccl acte étant vidiraé en février 12-21 par Anselme de Laon, dont l'église suivait le style de 
TAnnonciation, il en résulte qu'il est daté selon le style de iNoël. 

Theodericus, Sancli Huberli dictus abbas totusque ejusdem loci con- 
ventus universis presentem paginam visuris vel audituris salutem in per- 15 
petuum. rSoverint universi quod nos conlulimus centum jornalia terre et 
uniim communitati hominum ville de Provisues et heredibus eorum 
in perpetuum excoleiida, de quibus sexagiiita sunt de nranso. indominicato 
de Eberneycurte, residua vero quadraginta et unum de terra béate iVlarie 
sita in territorio de Eberneycurte. Sexaginta autem de manso sita sunt as 20 
Keus, pars autem residuorum quadraginta et unius sita est ad costas de 
Martinval, alia as Pumurues (a), alia ad cheniinum de INisiaco, alia vero in 
Valle béate i\larie Predicti vero homines et eorum heredes qui dictas terras 
tenebunl reddent singulis annis pro singulis jornalibus unam minam 
sigali et unam avene ad mensuram JNovi Castri et duos denarios census, et 26 
predicta reddi 'debent ad festuin beati Remigii in capile oclobris villico 



(a) Dans notre texte, la première lettre de ce mot est détruite, mais le jambage inférieur subsiste, et 
l'on pourrait lire aussi bien j que p. Une copie du XVII' siècle porte pumurues. 



— 229 — 

bealc iMarie de Kberneyciirle ad villain de Provisues. et dicli hominos 1221. 
dictas terras lali pactionc receperunl quod si termino slatiilo predicta non <222(n. st.). 
redderent, ecclesia beale Marie de Kberneycurle terras illas. quas dicli 
homines de dicta ecclesia tonent sub annuo censu, posset saisire. Si vero 
B aiiquis supradictorum honiinum in solutione predictoruiii defecerit. com- 
munitas ville predicta plene redderet et ecclesia de Kberneycurte juvarel 
dictos homines quantum deberel adversiis dcficientem et ipsi tenerent 
terram deficientis. Insuper concessimns predictis hominibus et heredibus 
eorum pascua territorii nostri a villa de Provisues per viam de Parles in 

10 vailibus usque ad cheminum de Nysiaco usque ad Eberneycurlem ad opus 
bestiarum suaruin, ita videh'cet quod si homines de Kberneycurte damna 
aliqua incurrerent, per dictas bestias supradicli homines de Provisues, 
quorum essent bestie, danipna restituèrent et forisfactum emendarenl 
secundum legem ville de Eberneycui te et dicti homines juraverurît pro se 

15 et heredibus suis predicta inviolabiiiter observare. In cujus rei tesli- 
monium presentem paginam sigillorum nostrorum munimine robora- 
vimus. Aclum apud Eberneycurlem anno Domini M" CC" vicesimo primo, 
mense maio. 



CLXXVI. 

Anselme, évêque de Laon, vidime l'acte précédent. 

JO Février 1222 (d. si). 

Original sur parchemin aux Archives de i'Élat, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, 45, E. 1. Sceau 
oblong fragmenté (0">068 x O^OIO environ), en cire verte, suspendu à des lacs de soie verte et repré- 
sentant un évêque debout, vêtu de la chasuble, coiffé d'une mitre élevée et tenant de la main gauche 

la crosse. Légende : SIGILL . ANSE I . E CNENSIS. Contre-scel : une main 

25 dressée, dont le pouce et les deux premiers doigts sont ouverts. Légende : "i* SE[CRE]TUM MEUM. 

knselmus^ Dei gratia Laudunensis episcopus. omnibus présentes litieras 
visuris in Domino salulem. Noverit universitas veslra nos tenorem qua- 



ita (II. st 
an. 



- 230 — 

rumdain litlerarum sub sigillis Theoderici. abbatis Sancli Huberti et ejus- 
dem loci conventus inspexisse sub hac forma. 

(Suit l'acte précédent.) 

Nos v«ro ad pelitionem parlium lenorem litlerarum predictarum prout 
in presenti scripto continetur, sigilb' nosiri munimine roboravimus et » 
confirniavimus. Actum anno Domini millesimo ducentesimo vicesimo 
primo, mense februario. 



CLXXVII. 



j4nsehne, évêque de Laon, atteste que Gervais de Condé, chevalier, a résigné 
entre ses mains la part de dime que le prêtre Odon de Neufchâtel tenait 
de lui en fief à Guignicourt. \o 

2â juillet 1222. 



Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, B. 4. Le sceau, 
qui est disparu, était suspendu à des lacs de soie verte. — Au-dessus : » Enregistré au 5* registre, 
fol. 27 . . 



\nseimHS. Dei gratia Laudunensis episcopus, universis présentes litteras is 
inspecluris in Domino salutem. JNoverit universitas vestra quod dominus*. 
Gervasius de Conde, miles, in manu nostra resignavit feodum illius décime 
quam Odo, presbiter de Novo Castro, ab eodem Gervasio lenebat apud 
Guignicort. Et nos dicto Odoni presbitero illam decimain nomine ecciesie 
libère babendam concessimus et tenendam. In cujus rei testimonium pre- 20 
sentes litteras fecimus sigilli nostri munimine roborari. Actum anno 
Domini M° CC" tricesimo, secundo die iVIagdalene. 



231 — 



CLXXVIII. 

Roger, doyen de Guignicourt, atteinte qu'Elisabeth, femme de Gautier Agrès, 
renonce à toute prétention sur le vingt-guatrième de la dime de Guigni- 
court, tenue par le prêtre Odon. 

Décembre 1222. 

5 Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, B. 3. Fragment 
d'un petit sceau obiong (O'"035 x 0">022 environ) en cire brune, suspendu à une double queue de 
parchemin et représentant un poisson en pal. 

Rogerus, decanus tie Giignicorf, universis présentes litleras inspecluris 
saiulem in Domino. INoveril universitas veslia quod uxor Walteri Agrès, 

10 Helizabet, in manu noslra resignavil quicquid juris habebat in vicesinia 
quarta parle tocius décime de (iuignicourt, quam Odo presbiler lenebat, 
hdem corporalem inlerponens. Quod si quis per justiciam in eadem décima 
de celero l'eodum reclamaverit, Odoni predicto vel ejus successori in hoc 
porlabil garendiam, hoc tamen excepto quod adversus heredes Gervasii, 

is domini de Condei, nullani portabit garendiam. Hanc resignalionem lauda- 
verunl et approbaverunt liberi predictorum Walteri et Helizabet. In cujus 
rei lestimonium présentes litleras conluiimus sigilli nostri munimine 
roboratas. Actum anno gralie miilesimo ducentesimo vicesimo secundo, 
mense decembris. 



12-22-1223 



CLXXIX. 

20 L'abbé Thierry 111 accense à deux personnages nobles de Grumissy 
les biens que son abbaye possède dans cette localité. 

1223. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉlat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 59, G. Sceau disparu. 
Charte-partie avec le mot ctrogbaphum dans la marge de droite. Ce document est très abimé ; la partie 
2b centrale, qui tombe en morceaux, est devenue illisible; on a essayé, sans succès, de rafraîchir certains 
mots. 

Theodericus, Dei permissione abbas etcollegium fratrum ecclesie Sancti 



— 23i2 — 

ii23. Hnberti omnibus presens scriplum inspecluris saluleiii in Domino. INoveril 
universilas vesira quod nos Henrico et [Waltero de?] Grumissi et heredibus 

eorum dedimiis possidendam lerram noslram de Grumissi ad soli- 

dorum Melensis monele infra oclavas beali Andrée apud Sanctum Huber- 
tum [peisolvendorum. ea condi]lione a|)posila quod singulis annis duo » 

Iiospilia equis et eoium sessoribus cum suis . . . expensis honestis 

pitalilatis receplionem dimidium sextarium vini boni ac 

liberaliler receplis. Si autem infra oclavani beali Andrée suprascriptum 
censuni non reddiderint in ... octavarum, prêter censum dabunt nobis pro 
emenda octo solidorum monele memorale. Sciendum vero quod ab hoc lo 
eorum Irecensu excipimus pralum quod jam dudum . . . Wez declaramus 
ad Irecensum. In hujus rei testimonium presens scriplum sii^illis nostris 
et domini de Wez sigillo roboralum emisimus. Aclum anno gralie M" ducen- 
tesimo vicesimo tercio. 



CLXXX. 

Gilles, sire de Roche fort, approuve la donation faite à l'abbaye, par son »5 
vassal Conon de Jamodinnes, avec le consentement de Herbrand de Han, 
du patronage de l'église d'Aye et des biens de cette église. 

\'2'27,. 

« 

Original sur parchemin aux Archives do l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, G. i. Sceau 
disparu; reste un double cordon de soie jaune. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, -0 
Carlulaire H2''", fol. 38 v». 

Roland, Les seigneurs cl comtes de Rochcfort, t. XX, p. 362, d'après la copie. 

Universis présentes lilteras visuris ego Egidius, dominus de Rupeforti, 
salulem in perpetuum. Noverit universilas vesira quod Cono, miles de 
Jamodines, uxor et liberi ejus, in presenlia mea conslituli, conlulerunl in 25 
perpeluam elemosinam ecciesie beali Huberli de Ardenna jus palronalus 
et dominium fundi ecciesie de Ays in Famenna, cum universis ad eadem 
spectanlibus, de assensu et concessione Herbrandi, domini de Ham, de quo 



— !233 — 

premissus Coiio premissa lenehal in feodurn inmediate. Cum eri^o preflicUis 12«. 
Cono, (ie assensu lixoris sue et liberorum suorum. premissa reportasse! in 
manu Herbrandi.dornini de Ham, ad opus memorate ecclesio beati Huherti, 
et idem Herbrandus premissa eadem. que ipse de me tenebat. in manu mea 

5 reportasset, ego pro salule anime mee et antecessorum meorum donationem 
et concessionem a Conone et Herbramio sepefate ecclesie factam laudavi 
liberaliler alque approbavi. concedens el conferens eidem ecclesie in perpe- 
tuam elemosinam quicquid juris habebam in omnibus premissis, sive 
ratione feodi sive ab'o quocurique modo. Sciendum est quod in antedictis 

10 onmibus predictus Cono sibi solummodo relinuit advocaliam in hominibus 
et feminabus qui ecclesie béate i\farie de Ais capitagia vel censum debent 
capilalem, in quorum forismaritagiis et morluis manibus ecclesia sepedicta 
duas partes habebit. predictus vero Cono lertia parte erit conlentus. Ut 
igitur hec rata permaneant in poslerutn et inconcussa, présentes btteras 

^^ emisi sigillo meo roboratas. Aclum anno Verbi incarnati M° CC" vicesimo 
tercîo. 



CLXXXI. 



Lambert de fVaha, chanoine tré foncier de Liège, lègue à l'abbaye 
de Saint-Hubert tous ses biens de fVaha. 

(Jjnvier-inars) 1223. 

20 Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlulairc il:2'''*, fol. 195 (A). — 
.\utrc copie faite sur le cartulaire : « cxtraclum ex antiquo documentorum registro in archiviis 
monastorii Sancti liubcrli asscrvalo et concordare inventum per me notarium subsignatum (signe) 
Oandoy, notarius apostolicus » (A*). 

La date approximative de cet acte se déduit de celle de sa confirmatiou (voyez la charte suivante), 

25 qui est mars {'■l'l'5. 

Ego Lambertus de Waharl, Sancti Lamberti canonicus, Sancti Pétri et 
Sanctae Crucis Leo(b'ensis praepositus, omnibus praesentem paginam 
inspecturis notum facio quod ego in infirmitale positus, divinae pietatis 
intuitu^ ob remedium animae meae et omnium praedecessorum meorum 

30 



— 23i — 

1123. dedi ecclesiae Sancti Huherli, sive vivam sive iiioriar, quicquid juris 
habebam apud Wahart itj allodiis, injure patronalus. in banno. in justicia. 
terris, pralis et aqua, censibus et hominibus, et concessi in per[)etiiunj ab 
eadem ecclesia quiele et pacilice possidendum. et me de omnium jure quod 
ibi habeban) devestiens, virum venerabilem Theodericum (a) ', nepolein s 
meum, ejusdem ecclesiae abbalem. loco saepe dictae ecclesiae inveslivi. 
Datum anno Verbi (6) millesimo ducenlesimo vicesimo tertio. Durent in 
perpétue. 



CLXXXII. 

Le chapitre de l'église Saint- Lambert à Liège atteste la donation qui précède. 

Mars 12'2ô. 10 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire US*"'', fol. i95 v». — 
Copie authentique de cette copie aux Archives de TEtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 122, D. 1. 

iohannes^ Dei gratiae praepositus. Theoc/eWc?/5, decanus, archidiaconus 
totiisque ecclesiae beali Lamberli conventus omnibus praesentem paginam 
inspecturis nolum facimus quod Lambertus, canonicus beati Lamberti et iS- 
praepositus Sanclae Crucis et Sancti Pétri Leodiensis. in infirmitate posi- 
tus, divinae pietaiis intuitu ob remedium animae suae et praedecessorum 
suorum dédit ecclesiae Sancti Huberti, sive vivat sive mori.atur, quicquid 
juris habebat apud Waliart in allodiis, in jure patronalus, in banno. in 
justicia, terris, pralis et aqua, censibus et hominibus, et concessit in per- 20 
peluum ab eadem ecclesia possideri, et se de omni jure quod ibi habebat 
devestivit et virum venerabilem Iheodericum , nepolem suum, ejusdem 
ecclesie abbatem, loco saepe dictae ecclesiae investivit. Datum anno Verbi (c) 
M" CC^XXIil". mense martii. 

(a) Theobaldum .4*. — (6) Verbi gratiae la copie, par une évidente distraction du scribe. — (c) Même 25 
observation que ci-dessus. 

• Le nom de l'abbé Thierry lil figure généralement par les simples initiales Th. dans les origi- 
naux qui nous sont conservés. Dans les copies, il arrive parfois qu'on traduit ce Th. par Theobaldus. 



233 — 



CLXXXIII. 

L'abbé Thierry III fait savoir que Thomas de DinanI, chevalier, a engagé 
à l'abbaye ses dîmes d'Anseremme et lieux voisins pour la somme de 
cent quarante livres et soixante sols de blanc. 

Sainl-Hubert, \" mai 1224. 

S Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-FIubcrt, 5, B. 2. Sceau 
disparu; reste un fragment d'une double queue de parchemin. — Copie aux Archives du Royaume, à 
Bruxelles, Cartulairc H:2'''', fol. 37 v. 

Ego Theodericus^ Dei permissîone abbas et collegium fralrum capitiili 
ecclesie beatoriim Pétri atque Huberti omnibus ad quos iste b'ttere perve- 

10 nerint in Domino salutem. Quia faclum nostrum periculum noiumus incurr 
rere oblivionis, universitati vestre dignum duximus significare quod 
Thomas ' miles, filius domini Walteri de Dynant, veniens ad nos, laudante 
et assensum prebenle fratre suo et pâtre, in presentia hominum nostrorum 
omnes décimas villarum videlicet de Ansoromia, de Wais, de Lecce et de 

15 Hardines et alias quas in earundem banno décimas villarum habebat, cum 
de supradictis annuam pensionem quadraginta solidorum alborum nobis 
reddere teneretur, apud nos pro centum et quadraginta libris atque sexa- 
ginla solidis alborum legalium pignori obligavit décimas easdem, accipiens 
de manu nostra dictam pecuniam sub tali pactione quod de eisdem decimis 

20 legitimam nobis porlabit garandiam, nec per partes a nobis eas poterit 
redimere, sed integraliter et ad terminum. de anno scilicet in annum, ad 
beati Remigii in vindemiis festivitatem. Sciendum est autem quod aut 
alborum Valecinensium aut equipollentem de suo proprio nobis débet 
restituero monetam, neque alium pro se poterit hujus vadii constituera 

25 redemptorem, nisi semet ipsum vel suum legitimum heredem. Quod ne 

' Dans une charte originale d'octobre 1225 confirmant ces donations, Thomas est appelé Theode- 
ricus, et il est dit qu'il se fit moine à Saint-Hubert. Le Nomina benefactontm (db Rbiffenberg, 
Monuments pour servir à l'hixtoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, t. VIM, 
l'appelle Thomas à la page 57, et Theodericus à la page (51). 



1223-1224 



— 23() — 

1224. aliqua valeat malignitate violari, presens inde scriplum sigillis nosiris 
miinilum voluimiis fieri. appositis noininibus niultorum qui huic pactioni 
interfiioriint. videlicel : Nicholaus. decanus concilii Baslonj'e/jsts^ Micolaus, 
decanus de Hupeforli, Bonellus, preshiler de Caviniaco, Gerardus. vicarius 
de Sanclo Huberto, clerici ; Heiiricus, advocatus de i^anclo Hiiberto. 5 
Goberlus de VVelh'n, Hugo de Braz. Balduinus de Welin, milites; Henricus. 
villicus de Sanclo Huberto et Theodericus, fraler ejus, Wallerus de 
Halerival, Alardus de Telins et alii mulli. Actum publiée in facie hominuni 
curie beati Huberti, anno Domini M" CC° vicesimo quarto, in kalendis maii. 



CLXXXIV. 



Une sentence arbitrale confirme l'abbaye de Justemonl dans la possession 10 
de l'alleu de Gondrange et de ses dépendances^ à l'encontre des prétentions 
de Saint-Hubert. 

Juillet au. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉlat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, W'i, B. 1. Charte 
partie avec le mot cyrograpbum dans la marge de gauche. Deux sceaux disparus; double queue d'un i5 
autre en poussière. Reste un fragment du premier, oblong en cire blanche, suspendu à une double 
queue de parchemin, et représentant un personnage monastique tête nue, avec la tonsure en cou- 
ronne. Légende: .... SSO RIE IV 

Ego Lodowicus, Dei miseratione beale Marie Juslinionlis humilis 
minister totunique ejusdem loci capitulum notum facimus presentibus et 20 
futuris quod ctim olim ecclesia Sancti Huberti allodium haberet apud 
(jianderenges super Ornam fluvium, quod adeo vastatum fuerat et in soli- 
tudinem redactum ut exinde vel parvum vel nulluni omnino commodum 
eidein proveniret, propter quod Elbertus, tune abbas Sancti Huberti, de 
consensu tocius capituli sui, domino Kadulpho, tune episcopo Leodiensi, 25 
approbante, predictum allodium de Ganderenges cum banno et familia et 
cum omnibus appenditiis suis et quicquid juris habebat ecclesia Sancti 
Huberti apud iMarenges et apud Ckenges ecclesie Sancte Marie Justimoiilis 
in perpeluum tradidit et concessit possidendum. ea conditione quod pro- 



— 257 — 

inde singulis annis apud SancUim Hnherfum veniret dicla ecclesia Jusli- 1224 
montis et expedite solveret sexaginta solidos Cialhalaiinensis monete die 
nativitatis béate Marie Virg;inis in septembri, Ac si predichim trecensum 
infra oclo dies post prefatuni terminum non solverel, deinceps ecclesia 
5 beali Huberti dicliim allodium cum predictis possessionibus resaisire 
liberam poteslatem haberet, et quamdiii prech'clas possessiones Irneret, 
omnes fruclus suos faceret, donec persolveretiir prediclum debiliim cum 
pena triginta soh'dorum Cathalaiinensium. Quoi iit ratum pennarierel 
utriusque ecclesie sigillo fuit confinnatiim. (^iiin igilur dicta ecclesia Justi- 

10 montis memoratas possessiones per quinquaginta annos et ampb'us quiète 
et pacifiée possedissel, tandem prelata ecclesia Sancli Huberti moviteidem 
ecclesie Justimontis super hiis questionem, et post mullas allercaliones 
domino H., cantore Mettensi et suis conjudicibus super eadem questione a 
sede apostolica delegalis, el pluribus aliis bonis viris mediantibus, per 

15 magistrum Wiardum et ingrannum clericum, in qiios super hiis fuit con- 
promissum a partibus, ordinatum est dictas possessiones pênes memoratam 
ecclesiam Justimontis in perpetuum debere remanere, ita quod pro dictis 
possessionibus cenlum solidos provenienles nomine census ecclesie beati 
Huberti ea conditione et ea lege qua predicli sexaginta solidi solvebantur, 

20 eadem ecclesia Justimontis tenelur persolvere et ulraque pars omnibus 
instrumentis et privilegiis, que contra banc ordinalionem faciebanl, ab- 
renunciavit, juramenlo interposito quod altéra pars alleri nullam de cetero 
super hiis movebit vel nioveri faciet questionem, insuper pena cenlum 
librarum provenientium adjecla, quam pars que huic obviabit compositioni, 

î5 vel |)rocurabit quod dicta compositio infirmetur, persolvere tenebitur alleri 
parti. Penam autem prediclam triginta solidorum Calhalaunensium inteili- 
gimus annualem. In hiijus autem rei lestinionium compositionem présentent 
ab episcopo Hugone Leodiensi confirmatam tain sigillorum noslrorum 
quam sigillorum predictorum judicum super hoc a sede apostolica delega- 

30 torum iinpressione corroboravimus. Actum anno Verbi incarnali millesimo 
CC" \X* quarto, mense julio. 



lSi4. 



— t23S — 



CLXXXV. 

Jean, évèque de Metz, approuve et notifie la convention précédente. 

(Juillet?) 1-224. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Sainl-Iiubcrt, 1 12, B. 3. Fragments 
d'un sceau en cire blanche suspendu à une double queue de parchemin, représentant le buste d'un 
personnage religieux nu-tête. Légende :. HH . . • . M . ME S 

l:!lgo Joliannes, Dei gratia Mettensis episcopus, omnibus présentes litteras 
inspecturis notum (a) facio compositionem,que facta est diebus nostris inter 
ecclesiaiii Sancli Huberti et ecclesiam Sancte Marie Justimontis super allo- 
dio de Ganderenffens diutius altercantes. Cum enim ecclesia Sancti Huberti 
dictum allodium olim possideret, quod multimodis direptionibus vastatum lo 
pêne et in solitudinem redactuni fuerat, adeo ut exinde vel parvum omnino 
vel nulluni pêne commoduni eidein ecclesie proveniret, petentibus et lau- 
danlibus fratribus et filiis dicte ecclesie ipsum allodium de Ganderengens 
cum banno et familia et cum omnibus appenditiis suis et quicquid juris 
habebat apud Maranges et apud Hukanges predictè ecclesie et fratribus i3 
Sancte Marie Justimontis in perpetuum tradidit et concessit possidendum, 
ea conditione quod proinde singulis annis ad Sanctum Hubertum venirent 
et expedile sexaginla solidos Calhalanensis monete in septembri, die nativi- 
talis Sancte Marie virginis persolverent, que omnia cum ecclesia Justimontis 
per quinquaginta annos et amplius quiète et pacifice possedisset, tandem 20 
movit eidem ecclesie dicta ecclesia Sancti Huberti super hiis questionem 
et prenominatum contractum, pro eo quod se in hoc lesam asserebat. conata 
est rescindere. Tandem post multas altercationes et multorum parium 
litterarum ' apostolicarum super hoc impetrationes, domino H , Mettensi 
cantore et suis conjudicibus super eadem questione a sede apostolica rà 
delegalis, et pluribus aliis bonis viris mediantibus, ordinatum est et a par- 

(a) Sic. 

' • Par litterarum, Gallis, une paire de lettres. lia unicani epistolani vocabant, quod compiicata 
quasi binas cfficcre videatur. » Ducangb, éd. Didot, V, page 70. 



— 259 - 

tibus conccssiim dictas posseï»sioncs pênes memoratam ecclesiam Jusli- 1224. 
monlis in perpeliium debere reinanero, et pro omnibus eis que possidebant '-^^(n- *•)• 
centuni solidos provenienles nomine census ecclesie Sancti Hul)erti ea 
conditione et sub ea lege, qua predicti sexaginta solidi solvebanlur, eadeni 
5 ecclesia Justimontis tenelur piTSolvere. INos igilur, dictani compositioiion» 
ab utiaque ecclesia ordinatani gratani habentes, approbamus et sy£;iili 
nostri inipressione corroljoramus. Acluni anno gralie )\" CC" XX° quarto. 



CLXXXVI. 

/inselme, evêque de Laon, fait savoir que Renaud Ligo (?\ seigneur de 
Juvincourl, a engagé au prieuré d' Evergnicourt le tiers du quart de la 
10 dime grosse et menue de Juvincourt. 

21 mars 12-25 (n. st.). 

Original sur parchemin, très détérioré par la chute du groison, aux Archives de rÉtat, à Arlon, fonds 
Saint-Hubert, 42, F. 1. Sceau disparu. 

La formule de la date de ce diplôme montre qu'on y a suivi le style de l'Annonciation, générale-- 
15 ment employé dans la province ecclésiastique de Reims. En effet, le vendredi avant Rameaux 
coïncide en i:2!24 avec le 5 avril, ce qui écarte à la fois les styles de Noël et de Pâques; en 1225, il 
tombe le 21 mars, ce qui s'accorde avec notre diplôme. 

\nselmus, Dei gratia Laudunensis episcopus, omnibus présentes litteras 
visuris salutem in Domino. Noverint universi quod constitutus in presentia 

20 nostra Renaldus Ligo ... miles de Juvincurt, recognovit quod ipse ecclesie 
de Evrignicourt tertiam partem quarte partis décime de Juvincort tam 
grosse quam minute, quam idem Henaldus de eadem décima dicebal se 
habere, pignori obligavit pro centum viginti libris Parisiensibus, de quibus 
dictus R. coram nobis recognovit se plenarie percepisse solutionem. Pre- 

25 dictus Renaldus vel heredes sui eam redimere poterunt quandocumque 
voluerint de anno in annum, ita quod si ante Pascha eam redemerint, idem 
Renaldus vel heredes sui fructus augusti sequentis habebunt: si autem 
post Pascha eam redemerint, dicta ecclesia fructus augusti sequentis habe- 



— Mi) - 

iii5{ii. si.; l)il iiec iliclus l{. vel ejus heredes eain aliqualeiius rehabehunl. iiisi eam de 
Mib. d'ici'd siimma pecuiiie redeiiierinl ah ecciesia inemorala. (^oncessit etiam 
eidem ecclesie in eiemos}nam omnes fruclus quos eadem ipsa ecclesia de 
eadem décima pcrcipiel usque ad lempus ledemplioiiis. Sibilla etiam, uxor 
ejusdem Kenaldi, coram uobis dictam recoi2;nitionem laudavil et approbavil h 
et omne jus quod habebat in dicta teilia parle quarte partis décime sive 
nomiiie dolis, sive alio modo, eidem ecclesie quitlavit usque dum fuerit 
redempta, fidem interponens de non reclamando per se vel per alium. 
Promisit etiam memoralus Ronaldus quod eidem ecclesie super premissis 
lei;itimani porlabit garandiam contra omnes qui juri et justitie parère lo 
voiuerint, fidem interponens corporalem quod omnia infradicta inviolabi- 
liter observabit et quod in nullo per se vel per alium contraibit. Similiter 

et uxor ejus Sibilla Joliannes vero et Berirannus et Maria, liberi 

sepedicii Benaldi, hec omnia coram nobis laudaverunt et Hdem dederunt 
de non reclamando per se vel per alium et quod nullatenus contraibunt. <s 
In cujus rei testimonium présentes lilteras ad petitionem partiuni emisi- 
mus sigilli nostri munimine roboratas. Actum anno Domini M° CC* vice- 
simo quarto, mense niartis, feria sexla ante Ramos palmarum. 



CLXXXVII. 



Jacques, sii'e de Cous, et sa femme, s'accordent avec l'abbaye axi sujet 

de leurs droits respectifs à Fillers-l'Allou. io 

Avril 1-225. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Etat, à Arloii, fonds Saint-Hubert, 12i, A. 1. Restent 
deux sceaux, le premier, rond {0"'0T2) en cire verte, suspendu à des lacs de soie verte, porte une espèce 

de créquier à cinq branches, chacune terminée par un quintefcuillc. Légende : 4* SIG COBI , 

DE . CONS. Le second, oblong (0"075 x 0'"0I4) en cire verte, suspendu à des lacs de soie bleue, :25 
représente une dame à habits tiès collants, vêtue d'un manteau rejeté sur le dos et coiffée d'un béret 
plat; de la main droite elle tient sur son épaule le bord de son manteau et sur le poing gauche elle 
porte un faucon qu'elle regarde. Légende : SIGI . . . . E . . HAiVCE . S . . . 

Kgo Jacobus, dominus de Cons, omnibus ad quos presens pagina perve- 
nerit salutem in perpetuum. IN'overint universi quod cum controversia 30 



— m - 

verlerelur inler me ex una parte et ecclesiam Sancti Huberli ex altéra I2i5. 
super honiinibus prioralus de Cons qui sunt apiul Vilerlaluel et iibique 
in terra mea et in omnibus ahis qui ad me in predicta villa et iii liomini- 
l)us predictis de jure spectabant. tandem, mediantibus bonis viris, ob reme- 

o dium anime mee et predecessorum meorumque successorum quitlavi 
omnino ecclesie Sancti Huberti et domui de Cons quicquid in predicta villa 
♦'( honn'nibus jamdictis liabebam, exceplo Philippine, Haduide uxore 
Huardi cum familia ipsius et Alyde uxore Colini cum ejus familia, ita quod 
in jamdicta villa de Vilerlaluet nichil adquirere potero, hoc excepto quod 

10 a quolibet foco unum franchardum avene ad mensuram de Vervin et 
uiiam gallinam habobo annualim, mihi el meis successoribus in craslino 
nativitatis Domini apiid Cons persolvenda, et si prediclum bladum vel 
galline ad jamdiclum terminum miiii non essent soluta, prior de Cons ea 
mihi persolvcre tencrclur, née ad prcdiclos homines aliquem propler hoc 

15 haberem recursum, hoc mihi retenio quod ecclesia Sancti Huberti et prior 
de (]ons aliquem advocatum non poterunt ad vim repellendam vel facien- 
dam in predicta villa et hominibus predictis nisi dominum de Cons 
advocare. IS'eque aliquid ullo modo in predicta villa et hominibus predictis 
dominus de Cons polerit facere aut aliquid juris sibi vendicarc, nisi a 

20 predicta ecclesia fucrit evocatus, et si vocatus fuerit, auxiiium suum 
mediante predicto redditu non polerit denegare. Predictis aulem homi- 
nibus aisentias concessi quas habere solebant in nemoribus, pascuis, aquis 
et in aliis rébus meis, et e converso ecclesia Sancti Huberti aisentias solitas 
in nemoribus. pascuis et in aliis rébus suis hominibus meis concessit, salvo 

25 honiinum de 'l'onelaiun el hominum de Vilerlaluel maritali intercursu tam 
nunc quam el ab antiquo. Ceterum homines mei in banno eccle>ie Sancti 
Huberti vel domus de Cons commoranles predicle ecclesie persolvent illud 
quod propler bannum de jure debetur prêter taillas et exacliones. 
K contrario homines ecclesie Sancli Huberti vel domus de Cons in banno 

30 Mïeo commoranles mihi persolvent illud quod ralione banni debetur prêter 
lallias et exacliones. Sciendum vero quod abbas memorate ecclesie et 
fratres Heluidis uxorom Johannis Furnarii de Cons cum familia ejus mihi 
el meis heredibus pro bono pacis contulerunt. Ego aulem et uxor mea 
Maria, laudantibus et consentientibus heredibus meis, de hujusmodi pace 

35 el quitlationc servandis corporaliter prestitimus juramentum. In cujus rej 

31 



- 242 - 

1S2Î). leslimonium ego et uxor mea presentem paginam sigillorum noslrorum 
niuniiiiine roboravimus. Aclum anno gralie M* CC" XXV», niense aprili. 



CLXXXVIII. 



Jean II, comte de Roucy et seigneur de Pierrepont, échange avec l'abbaye 
cinq pièces de terre, sises près O'Étergnicourl, contre le domaine de 
Hairimoret. 5 

Septembre 12:2Sb 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 48, B. i. Sceau 
disparu. En tête, d'une main moderne : • Enregistré au K* registre, fol. 28 ». 

Johannes, conies Rocey et dominus Pelraponlis, universis presens scrip- 
tuni visuris salutem in perpeluum. Noverint universi quod nos fecimus lo 
commulalioneni cum abbate et conventu Sancli Huberli in Ardenna de 
parle sua in terra que fuit quondam Hairici iMoret, quan» habebant contra 
dominum sive heredeni de Turno, in lerragiis, in censu et in omnibus aliis 
apud [Sisiacum adjacentibus, que ad ipsos speclabant ratione sue partis 
predicte, salvjs tamen cartis et convcntionibus inter ipsos et ecclesiam beati 15 
Nichasii Kemensis confeclis et contractis, que omnia supradicta concesse- 
runt et contulerunt nobis et nostris successoribus doininis de INisiaco in 
perpetuum possidenda pro quinque petiis terre arabilis que propinqua est 
domui de Eberneycurihe. Harum petiarum una sita est super montem, aiia 
ad puteum leprosorum secus chiminuni INovi Castri et Provasii, alie très site 20 
sunt ab alia parte ejusdem chimini versus Medianam villam prope Album 
Fossatuni, quas quinque petias prefatis abbati et convenlui concessimus et 
conlulimus ratione hujus conimulationis in perpetuum tenendas et haben- 
das, omnino in>uper libéras ab omni onere et exaclione, promittentes quod 
ipsis de premigsis legitimam porlabimus garandiam. Ipsi vero nobis pro- 25 
miserunt quod, si necesse fuerit et inde requisili fuerint, consilium et auxi- 
lium suum de predicla commulatione sine suo ponendo nobis apponent. 
In cujus rei testimonium presens scriptum emisimus sigilli nostri muni- 



— 243 ~ 

mine roboratum. Acliim ;mn(» Verbi incarnati M" (iC" vicesimo qiiinto, i*i»- 
inense seplemhri. 



CLXXXIX. 

ff aleran, duc de Limboury el comte de Luxembourg, reconnail que Gérard 
d'Arlon est le plus proche héritier de fVéry d'Arlon dans l'alleu de 
5 Remagne. 

Octobre liiS. 
Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire 112'''', fol. 1K6 v*. 

Ego ^alerannus, dux de Limborc, cornes de Lucemborc (a) el marchio 
\rlune/jsts,universis ad quos presens scriptum pervenerit facio manifestum 

10 quod, verilale dih'genter et fideliter inquisila a viris discretis et a Gerardi 
militis de Arluno participibus in alloih'o de i^omania^ pro vero didici 
(■erarduin praefatum esse verioreni et propinqniorem heredem Widerici *, 
filii Erfonis, militis Arlunensis, et ipsum Gerardum a praediclo \V. recta 
propaginis linea descendisse. Verunitamen si aliquis ecclesiae Sancti 

15 Huberti moveret qnaeslionem super redemptione allodii de Romania^ quod 
saepe dictus Gerardus ab ecclesia Sancli Huberti redemit, eumdem Gerar- 
dum talem habebo quod praenominatae ecclesiae garandiam feret et defen- 
sionem. In cujus rei testimonium praesentem paginam sigilli nostri appen- 
sione roboravi. Aclum anno Domini M"" CC» XW», mense octobri. 



20 {a) Le manuscrit porte : Ego W. dnx de Lucêborc cornes de Lu« et roarchio Arluo. C'est manifestement 
une distraction du copiste. 

' Un Widericus d'Arlon, frère de Paganus d'Arlon, est mentionné dans Prat, Histoire d'Arlon, 
t. I, p. 495. 



— 244 



1S25. 



cxc. 



/faleran, fils du duc de Limbourg, approuve et garanlil la donation 
faite à l'abbaye par Thierry (alias Thomas de Ditianl. 

Oclohre l!â:2ri. 



Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 5, B. 5. Fragmonl 
d'un grand sceau rond en cire verte, suspendu à une double queue de parchemin et représentant un 5 
cavalier au pas. 



Ego Walerannus, filius cloniini ducis de Lemborch, omnibus ad quos 
présentes littere pcrvenerint notum facio quod ego grata.m et ratam habeo 
eleniosinam quam fecit ecclesie beati Huberti Iheodericus, filius Walteri 
militis de Dinanto, in libéra voluntate constilutus. qui poslmodum in eadem lo 
ecclesia lamquam monachus fuit receplus, super omnibus que dictum 
Theodericum jure hereditario contingebant, sitis in coinilalu et potestate 
mea tani apud Dinant quam in aliis locis, que de me et de pâtre meo et 
ecclesia beati Huberti, sive in feodum, sive censualiter, sive alio quocumque 
modo tenentur, et etiam super aliis universis que sepcdiclum Th. jure 15 
hereditario et libère contingebant. Quia igitur extremis voluntatibus homi- 
num pium est consentire, iccirco ego predicte elemosine consentiens 
legittimam guarandiam super eadem elemosina prefale ecclesie adversus 
dominiim patrem meum et quoscumque alios portabo in perpetuum, quam- 
diu ecclesia sepedicta et abbas ejusdem loci juri volent stare super eadem 20 
elemosina ubi de jure tenebuntur. in cujus rei lestimonium présentes 
litteras emisi sigilli mei appensione roboratas. Dalum anno Domini M° CC" 
vicesimo quinto. mense octobri. 



245 — 



CXCI. 



bevanl Roger, doyen de Gttignicourl, le prieuré d'h^vergnicourt s'accorde 
avec les habitants d'Amifontaine ou sujet du mode de payement de leurs 
dîmes et de leurs amendes 

1-225. 

S Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint- Hubert, 41, G. 3. Sceau 
disparu; reste une double courroie. 

Universis présentes lilteras inspecturis Rogerus, decaniis de Gugni- 
court, in Domino saluleni. ISoveril universilas veslra quod cum inler 
ecclesiam de Ébergnicowrt ex una parte et homines de Ammia ex altéra 
io discordia, sicut a partibus inlelloxi, verteretur super modo solvendi 
btadum quem idem homines eidem ecclesie debent annuatim, et super 
quibusdam forifactis et eorum emendis et rébus aliis, tandem, ralione 
oflicii inei partibus coram me positis, predicti homines, de communi 
partium et eliam dominorum ipsius ville consensu, pro bono pacis promi- 
15 serunt quod de cetero biadum, quem sub annuo redditu memorate 
ecclesie debent, in granaria, que villicus ipsius ecclesie manens apud 
Ammiam dicet eandem ecclesiam liabere in villa de Ammia, défèrent 
diebus statutis ad solvendum. Quotiens etiam communis custos jamdicte 
ville alicujus vadium sun^.pserit pro forifaclo contra bannum faclum pio 
20 communi utilitate ville sepedicte perpetralo in terra spectante ad bannum 
et justiciam supradicle ecclesie, deferet illud ad jamdiclum villicum ipsius 
ecclesie, qui pro voluntate sua loco ejusdem ecclesie vadium detinebit, 
donec super emenda assignata forifacto ei satisfactum l'ueril. Si vero 
custos vaditmi forifactoris forte habere non poterit vel noiuerit, nomen 
25 illius et forifacti qualitatem pro posse suo ad eundein villicum referet, ut 
idem juxla modum aliorum villicorum ville et jus levandi emendam 
habeat et levet eandem a forifaclore. prout ei visum fueril faciendum. 
Hujusmodi vero sumpte emende res erunt tociens dicte ecclesie. et hujiis- 
modi justicie cèdent in jus ipsius in perpetuum. Custos etiam per fidéli- 
se tatem illam, quam facict pro communi utilitate locius ville et dominorum, 



I22.S 



— 24t) — 

ttis-iti6. in (antuiii tM-it obligalus erga ecclesiam de Kber^ne(C0(/r/ in quantum 
obiigabitur erga villani et ipsius dominos. In cujus rei tesliinonium pré- 
sentes litteras contuli nieo sigiilo consignalas. Actum anno gratie millesimo 
ducenlesimo vicesimo quinto. 



CXCll. 

Jacques, sire d'Orchimont, et son fils attestent qu'Ivette de Hohan et ses s 
héritiers ont vendu et donné à l'abbaye la moitié d'Oisy, de (Jiairière, 
de Grosfays, etc. 

Avril 1226. 

Fragment de Toriginal sur parchemin, avec lacs de soie verte, auxquels était suspendu le sceau ; 
le reste a été consumé par le feu (A). — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlu- 10 
laire ^^'i'^\ fol. 148 v (A'). 

Roland, Orchimonl et ses fiefs, p. 376 (d'après A*). 

Kgo Jacobus, dominus de Orchimonte ' et ego lialduinus, filius ejus, 
omnibus notum facimus quod nobilis mulier Iveta, domina de Bouhang 
et haeredes ejus, videlicet Jacobus. (iodefridus et Beatrix vendiderunt et i5 
dederunt in elemosinam perpetuam vire venerabili Theoderico, Dei per- 
missione abbati Sancti Hnberli, niedietatem totius decimae tam grossae 
quam minutae de potestate de Oisey, de Cherriers et de Graveloitfait et 
de alibi, quam dicta Iveta, amitta mei Jacobi, de me tenebat in feodum, 
sub fidei reb'gione promitlenles dicta Iveta et heredes ipsius quod de 20 
celero adversus dictum abbatem et ecclesiam suam, nomine cujus idem 
abbas dictam decimam aquestavit, nuliatenus reciamabunt. INos vero dicto 
abbati et ecclesie sue, juramento nostro interposito super predicta vendi- 
tione et donatione, iaudantibus et super hoc fidem suam prestanlibus 
muiieribus no^tris, scilicet Claricia et Clementia, legitimam tenemur ferre 2S 



' Sur Jacques d'Orchimont et sur son fils, Daudouiii H J'Orchinioiil, ainsi que sur cet acte voyez 
KoLAND, Orchimonl et ses fiefs, pp. 4S-74. 



— 247 — 

garandiam. In cujus rei testimonîuiii présentes lilteras sigillonim noslro- 122(1-1227 
rum munimino digniim diiximiis roborari. Actum anno gralie miilesimo 
ducentesimo vicesimo sexto, mense aprili. 



CXCIII. 

Jean I /, comte de Roucy et sire de Pierrepont, donne aux habitants de Brienne 
5 une lettre de non-préjudice à l'occasion d'un don qu'ils lui ont fait. 

Septembre 1226. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, 41, A. 12. Sceau 
disparu; reste une queue de parchemin. 

Ego Johannes. cornes Rocei, dominus de Petreponte, notum facio pre- 
10 sentibus et fuluris quod homines de Briegne non ex debito neque ex 
consuetudine, sed ex spontanea volunlale michi decem et octo libras 
forcium donaveninl, quas decem et octo libras non possum in usum sive 
consuetudinem converlere. In cujus rei testimonium présentes lilteras feci 
sigillo meo sigillari. Actum anno Doniini miilesimo ducentesimo vicesimo 
15 sexto, mense septembri. 



CXCIV. 

Jean de Busency, officiai de Laon, atteste que Pierre de Juvincourt, cheva- 
lier, et Gui, son frère, ont fait don au prieuré d'Évergnicourt du tiei^s 
du manse seigneurial d'Lvergnicourt. 

1227. 

20 Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 45, B. 6. Sceau oblong (O^OiS x O'nOôO) 
en cire verte, suspendu à des lacs de soie verte, en très bon état de conservation. Type : une tour 
ronde percée d'une porte au milieu et surmontée d'un haut toit à créneaux, par-dessus lequel s'en 



— us — 

Iii7. clage un second également crénelé. Légende : SIGILLU.M . CUKIE . LAUUUMENSIS. Contre-scel : une 
marguerite à sept pétales. Légende : Ht* CUI\IÂ LAUD. Au-dessus, d'une main moderne : • Enregistré 
au 5* registre, fol. 31 • . 

Lniversis présentes litteras visuris inagister Johannes de Hiisenceio, 
canonicus MeUlensis el oHicialis Laudiinonsis in Domino salulein. Noverit 5 
universilas veslra qiiod Pelrus miles et (iuido fralres de Juvincori in 
presentia noslra constitnti conlulerunt et concesserunl in elemosinam 
ecclesie beale Marie de Ebernicoile lerciam parlem mansi indominicati 
de Ebernicorle cum banno el justicia, ventis, vestituris, terris, redditibus et 
omnibus commodis el perlinentiis. siciit ipsi Petrus miles et (inido fratres lO 
et eorum anlecessores eadem lenuerunt et habuerunt., nichil penitus in 
predicla villa sibi vel heredibus seu successoribiis suis retinenles, preler- 
quam homagium heredumTherrici.monachi bone memorie de Novo Castro. 
Predicta autem omnia et allodium suum liberum prefate ecclesie conces- 
serunl in perpetuum tenenda et habenda libère, fide inlerposita promit- 15 
tentes quod in omnibus anledictis nichil per se vel pcr alium de celero 
reclamabunt, sed de ipsis, sicut superius est expressum. memorale ecclesie 
legilimam portabunl garandiam, el ad idem successores suos conslituerunt 
obligatos quantum de jure poluerunt. Hec autem laudavit et approbavit 
uxor predicti Pétri mililis, spontanea volunlate in manu noslra fidem 20 
prestando corporaiem quod contra predictam concessionem a Petro milite, 
marilo ejus, el (iuidone fratribns ecclesie de Ebernicorle factam nullatenus 
véniel per se vel per alium, ralione dotis vel ex alia quacumque causa. 
Omnia autem supradicla laudaverunl Heluidis, Fauca el Maria, sorores 
predictorum Pétri mililis et Guidonis fralrum, quitantes ecclesie totiens 25 
dicte in perpetuum quicquid habuerant vel habuisse videbantur, fide 
similiter corporali preslila quod in premissis de celero nec per se nec per 
alios reclamabunt. In cujus rei testimonium présentes litteras patentes 
enu'simus sigillo curie Laudunensis roboratas, salvo jure domini Laudu- 
nensis et alieno in omnibus. Aclum anno Domini M» C(> vicesimo septimo. 30 



• — 249 — 



cxcv. 



I»f7. 
1*27 (n, 8t.) 



Lambert de IVaha, prévôt de Saint-Pierre et de Sainte-Croix, à Liéqe, 
révoque la collation injuste qu'il avait faite d'une prébende de l'éqlise de 
ff^'aha et restitue celle-ci à l'abbaye. 

Février 1-227. 

8 Original disparu — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlulairc l {"2*"', fol. 193 (A). — 
(^opie de celte copie aux Archives de l'Etat, à Arloii, fonds Saint-Hubert, l-2'2, D. { (A"). 

Lanibertus de Waliart, Sancli Pelri el Sanclae Crucis in Leodio (a) prae- 
positus, omnibus praesentes litleras inspicienlibus salutem. Scire volumus 
tam praesentes quam fuluros quod praebendam de Wahart, post decessiiin 

10 Keneri, investit! de Ays vacantem, quam injuste Theoderico clerico nostro 
contuleramus, in manum Tli. (6) ', venerabilis abbatis Sancti Huberti, 
in multorum praesentia ab eodem reportari fccimus. Et quicquid in 
allodio de Wahart et praebendis ejusdem ecclesiae habebamus, secundum 
pristinam quam eidem feceramus donationem, honestis viris presentibus 

15 recognovimus. Et ut hoc ratum et inconvulsum permaneat, praesenteni 
paginam sigilli nostri munimine roboravimus. Datum anno gratiae mille- 
simo ducentesimo vicesimo seplimo, mense februario. 



CXCVI. 

Jean de Husenct/, officiai de Laon, atteste que Henri Li fVaqes de Neufchâtel 
a donné nu prieuré d'Évergnicourt la dime qu'il possédait dans ce lieu. 

20 l" mars 1-227 (n. sL). 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 45, B. 5. Fragment de 
sceau en cire verte, suspendu à des lacs de soie rouge. Au-dessus : » Enresistré au 8« registre, 
fol. 50». 

Universis présentes litteras visuris magister Johannes de Busenceio, 

25 (a) Leodiensis .4*. — [b] Theobaldi yi*. 

' L'abbé Thierry II! (I"2l'2-12i3). Sur la confusion faite dans les copies entre son nom et celui de 
Theobaldus, voyez ci-dessus, n» CLXXXI, page 233. 

32 



— 250 - 

1227 (D. bi). canonicus Mehlensis et ollicialis Lautlunensis, in Oominu saiulein. Moveril 
i2i8. universitas vestra quod Henricus li Wages de Novo Castro, in nostra 
presenlia conslilutus, recognovit se in elemusinain perpetuaiii eonlulisse 
pio reint'dio anime sue et aniinaruni antecessoruni suui um eccle^ie béate 
Mario de Ebernicorte quicquid habebat apud Ebernicortem in manso s 
dominicato, in censu, in redditu., in terris, in vesturis et in omnibus abis 
proventibus et commodis. fide interposita promittens quod in premissis 
niliil de cetero per se vel per alium reclamabit, sed de ipsis dicte ecclesie 
legitimam portabit garandiam adversus omnes qui juri et juslicie parère 
voluerint, exceplo viro nobili comité de lioceio. In cujus rei testimonium lo 
présentes litteras patentes emisimus sigillo curie Laudunensis roboratas, 
salvo jure doniini Laudunensis et alieno in omnibus. Actum anno Domini 
M" ce® vicesimo sexto, niense marlio. feria secunda post dominicam qua 
canlatur Invocavit me. 



CXCVII. 

Le pape Grégoire IX permet à l'abbé de Sainl-Huberl de corriger is 
les moines délinquants nonobstant appel. 

Pérouse, 27 janvier 1228. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, h Arlon, fonds Saint-Hubert, {03, E. 8. Bulle en 
plomb du pape Grégoire IX, suspendue à des lacs de soie rouge et jaune. Sur le pli c Décima •. Au 
dos : « 0. 14'". Visa Th. de Bergis prothonotarius manu propria ». Et plus bas : « Visa anno 20 
Dni liTT"» de mandato S. D. N. pape Sixti ». 

Gregorius episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio abbati monasterii 
Sancti Huberti in Ardenna salutem et apostolicam benedictionem. Ex 
parte tua fuit nostris auribus intimatum quod cum tuorum vis excessus 
corrigere moniachorum, idem, ut sic saltem regularem possint effugere 2S 
disciplinam. frivole appellationis obstaculum interponunt, propter quod 
et illorum excessus rémanent impuniti et ipsorum impunitas tribuit aliis 
audaciam deliquendi. Cum igitur appellationis remedium non in peccan- 



— 254 — 

liiim diflfugiuin sed in opprcssoruin subsidiuin sil invenlum, auctoritale '2iK. 
(ibi presentium duximus concedenduin ut, non obslante fruslatorie appel- 
lalionis objeclu, tuoruni secundum beali Benedicli regulam excessus 
corrigere valeas monacliorum. INulli ergo omnino hominum liceal hanc 
5 paginam nostre concessionis infringere vel ei ausu temerario contraire. 
Si quis atitem hoc altemplare presunipserit, indignalionem oiiinipotenlis 
l)ei et beatorum Pétri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursurum. 
Datum Perusii VI kal. februarii, pontificatus noslri anno secundo. 



CXCVlll. 



L'abbé Thierry III informe maître Jean de ISivelles el dame Marguerite de 
10 Glymes qu'il consent à échanger avec Gilles de Rochefort l'église de i)Iar- 
couray contre celle de Saint-lîemy, si ladite Marguerite vient s'établir à 
Saint-Remy avec ses religieuses. 

Février 1228. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 87, B. Sceaux dispa- 
iS rus; ils étaient suspendus à de simples queues. Au dos : <> Li lettre del discange del patronnage de 
S. Remy al esglize de Marcourt ». — Copie dans un vidimus sur parchemin du 3 juillet 1484, qu'on 
trouvera plus loin. 

Revue bénédictine, t. IX (1892), p. 423 = Roland, 4nnalcs de la Société archéologique de Namur, 
t. XX, p. 365. 
20 Ce n'est pas avant 1230, sous le règne de Jean d'Eppes, que le style de Pâques remplaça pour 
plus d'un siècle à Liège le style de Noël. Notre diplôme, antérieur à celte année, est donc daté selon 
le style de Noël. 

'ïheodericus, abbas el totus conventus ecclesie Saneti Huberti magistro 

Johanni de Nivelle et domine Mar^arele de Gh'mes salutem et orationes in 

25 Domino. Significamus dilectioni veslre quod vir nobilis dominus Flgidius 

de Kupeforti a nobis quesivil qualinus donum ecclesie de Sancto Kemigio 

sibi in commutationem ecclesie de Wargerey (a) perempniter duraturum 

(a) Margrey avec un e au-dessus du g. Les deux premiers éditeurs ont lu Marcurey. 



— io^i — 

1Î28-Uλ. conferreinus, si tanien vos. domina IMargarela, cum vestris consodalibus ad 
eandem ecclesiam Sancli Remigii elej^eritis facere mansionem. INos igiliir 
tam piain devolionein vestram considérantes, donum sive investituram 
memorale eccicsie. sicut aclenus confi-rre solebamus, sic de cetero haben- 
dum vice mului domino de Hupeforli concessimus, salvo sane omni jure 5 
qiiod in territorio predicte eccicsie iam in decimis quam omnibus proventi- 
bus possidemus, ita tamen quod ab omni jure episcopali, archidiaconaii sive 
parrochiali et ecclesie reparatione in perpetuum coiigregatio ibidem consti- 
tula nos liberabil. Preterea ne in posterum inter ecclesiam noslram et vos 
conlroversia super re aliqua movealur, volumus ut cum ad locum mémo- lo 
ratum venire volueritis, jura noslra sive vestra in presentia domini 
Leodiensis episcopi recitentur, quatinus hec secundum ejus ordinationem 
fiant et abprobationem. Actum anno Domini JV!» CCXXVI1I°, mense 
februario. 



CXCIX. 

Hvgyes de Pierreponl, évêque de Liège, atteste ime donation faite is 
par le chevalier Eustache et par ,sa femme à l'abbaye d'Aywières. 

Avaul le 12 avril 1229. 

Original disparu. — Copie authentique aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
\" registre, page 72. — Autre copie, ibidem, 10, A. 1, authentiquée par le notaire Wyschaert. 

Cette charte de l'évêque Hugues de Liège n'est pas datée, et on pourrait hésiter à première vue 20 
entre Hugues de Pierrepont (1200-1229), et Hugues de Chàlons (1296-1501). Mais il y a tout lieu de 
croire que notre acte n'a pu entrer dans les Archives de Saint-Hubert qu'à l'occasion de la convention 
de 12S3 entre l'abbaye et les religieuses d'Aywières (voyez plus loin), et qu'il lui est par conséquent 
antérieur. 

Hugo. Dei gratia Leodiensis episcopus, universis praesens scriptum 2» 
inspecturis aelernam in Domino salutem, ISotum sit tam praesentibus quam 
fuiuris quod Ëustacius miles et Berta, uxor ejus, Daniele filio ejus praesente 
et consentiente. decimam quam habebant in Haneffe et in Abée cum ejus 



— 255 - 

pertinenliis in manus nosiras ad opus sororum de Awiria >ub testimonio Mi9. 
muitorum reportaverunl et in ecclesiam libère conlulerunt, nos autem 
eandcm deciniam prediclis sororibus assignantes, ne quis eas super eadeni 
décima injuste at(ente(, praesenti scripto sub poena excommunicalionis 
5 prohibemus. 



ce. 



Gilles, sire de Hochef'ort, repond pour son neveu H., encore mineur, 
qui a fait don de l'alleu de H^aha à l'abbaye. 

Seplembre 122it, 

Original sur parcbemin aux Archive:! du l'Etat, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, 1:22, D. 1. Sceau 
10 disparu; reste une double queue de parchemin. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Car- 
tulairc 112i>", fol. 194. 

Ego Egidius^ dominus de Rupeforti, notum facio omnibus futuris et 
presentibus quod erga virum venerabilem Theodericum, abbaleni Sancti 
Huberti, taies fide data habeo coiiventiones, quod H. nepos meus, filius 

15 Domini A. de Loppey, allodium de Wahart, quod diclo abbati vendidit, in 
manum meam, in cujus comitatu silum est ipsum allodium, ad opus ipsius 
abbatis reposuit. Et quia predictus H. non habet etatem hoc faciendi. fide 
data sum plegius quod quando idem H. ad etatem pervenerit. nisi vendi- 
tionem ut predictum est teneat, ego ad voluntatem dicti abbatis et admo- 

îo nitionem fidejussionem tenebo de novem xx libris Mettensibus infra 
annum sequentem ipsi abbali vel ecclesie Sancti Huberti reddendis et 
custus et dampna, que propter hoc incurrerit, ipsi et ecclesie tenerer refun- 
dere. Actum anno Domini millesimo ducentesimo vicesimo nono, mense 
septembri. 



1850-1231. 



254 — 



CCI. 

Roger, doyen de Guignicourt, atteste que Raoul de Cambrai et sa sœur 
Suzanne ont donné tout ce qu'ils possèdent sur le territoire de Proviseux 
à Michel de ( j ha u dardes. 

Juin 1230. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, ;i Arlon, fonds Saint-Hubert, sans indication de 5 
classement. Sceau disparu, reste une simple queue de parchemin. 

Rogerus^ decanus de Guinhicurte, omnibus présentes lilteras inspecluris 
sâlutem in Domino. Noverinl univers! quod Radulfus de Cambrai et 
Sussanna, soror ejus, in presentia noslra constituti quicquid juris habebant 
vel habere poterant in doniibus et terris sitis in territorio de Pruvesieul (a), iO 
que quondam fuerunt parentum suorum Kenaldi de Cambrai et uxoris 
ejus, domino Michaeli de Chaudardre et heredibus ejus in perpetuum 
quitaverunt, fidem interponentes corporalem quod nec per se nec per alios 
diclum Michaelem miiitem nec heredes ejus de cetero inquietabunt. In 
cujus rei testimonium présentes litteias sigilii noslri munimine fecimus is 
roborari. Datum anno Domini M» CC" XXX", mense junio. 



CCI!. 

Roger, doyen de Guignicourt, fait connaître le testament fait en sa présence 
par maître Jean de Jogniville, curé de Juvincourl. 

Juin 1231. 

Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, F. 3. Sceau disparu; reste une 20 
double queue de parchemin. 

Universis présentes litteras visuris Kogerus, decanus de Guignecort, 
saluteni in Domino. INoverit universitas vestra quod in presentia nostra 

(aj s. I. l. d. P. écrit au-dessus de la ligne. 



— 255 - 

constitutus mngister Joh^nnes de Jognivilla, tune temporis curatus de li^^ 
Jevinicort, suum condidit lestamenlum proiit inferius annofatur. videlicel 
duabus ecclesiis de Jevinicort centnm solidos Parisienses ad emendiin) 
niissale coninitine eisdem, presbilerio quatuor leclos plumeos et deceni 
h libras Parisienses ad einendos reddilus pro anniversario suo in eisdem 
ecclesiis quolibet anno faciendo, pauperibus de Jevinicort lii^na sua et 
viginti sextarios siliginis et quadraginla Parisienses, socnluni (a) et decem 
tunicas dividenda paupcrioribus dicte ville, ecclesie Vallis (]lare quatuor 
libras Parisienses. confralernie decanalus de Guinecort viginti solidos 

10 Parisienses, Huino parochiano suo xl solidos Parisienses, unicuique nepo- 
tum suorum, qui cum ipso fuerinl cum decedel, quadraginta solidos 
Parisienses. V^oluit etiam et concessit quod venditis omnibus rébus suis, 
lam mobilibus quam immobilibus, primo omnia débita que ipse debebat, 
que continentur in quadaui scedula suo proprio sigillo sigillata, persol- 

15 vantur et de residuo premissa legata preterea per^olvantur. cum trîginta 
solidis Parisiensibus quos Johanni (iliolo suo, filio Constantii dicti Régis, ■ 
legavit. Et si res ipsius plenarie non sufficerent ad tam ipsius débita quam 
premissa legata persolvenda, execulores dicti teslamenli, debitis primo 
persolutis. de legalis subtraherent secundum quod vidèrent expedire. Et 

20 si forte, ultra solutionem intègre factam tam debitorum quam legatorum. 
res ipsius habundarent, de hoc quod superhabundaret dicti testamenti 
executores disponerent secundum quod eis viderelur expedire, illud pau- 
peribus parochie de Jevinicort erogando. Constiluit autem dicti testamenti 
executores istos quorum nomina subsecuunlur, videlicet magistrum Letar- 

25 dum, canonicum Laudunensem, dominum Odonem, presbiterum de ÏNovo 
Castro et magistrum Petrum Menonem, clericum venerabilis viri Iteri, 
thesaurarii Laudunensis. Actum anno Domini AI*» ducentesiuio tricesimo 
primo, mense junio. 

(a) Le texte porte socul ou sotul avec une barre dans l'\. Deux copies authentiques lisent sociis. 



1151. 



— 256 — 



CCIll. 



Jean du Temple, officiai de Laon, fait savoir que Gérard de la Malmaison 
a en partie vendu et en partie donné au prieuré d'Evergnicourt une rente 
assise sur des terres à Evergnicourt et à Avaux. 

Octobre 1231. 

Original >ur parchemin aux Arcliives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 45, B. 7. Sceau 5 
identique à celui qui a été décrit ci-dessus, n» CXCIV, suspendu à des lacs de soie rouge. — Sur le 
pli : « Enregistré au ÎJ* registre, fol. Sa ». 

Universis présentes litteras visuns magister Johannes de Templo, ofTi- 
cialis Laudnnensis, in Domino salulem. INoverit universitas veslra quod 
conslitiitus in presenlia nostra Geratdus de Mala Domo recognovit se lo 
ecclesie de Kvregnicorte viginli solidos Parisienscs, quatuor denariis 
minus, annui redditus, singulis annis in perpeluum in festo beali Remigii 
in capite octobris dicte ecclesie de Evregnicorte persolvendos, tam in 
elemosinam perpetuam contulisse quam precio viginti duarum librarum 
Parisiensium, de quibus recognovit sibi a dicla ecclesia esse satisfaclum, 15 
vendidisse, assignatos super totam lerram que de eodem Gerardo tenebatur 
in manso dominico de Evregnicorte et de Avaus. Ida etiam, uxor dicti 
Gerardi, tam dictam elemosinam qtiam venditionem coram nobis laudavit 
et approbavit et quicquid juris habebal vel habere poteral, sive nomine 
dotis sive alio modo, tam in dictis viginti solidis, quatuor denariis minus, 20 
annuis quam in eorum assignamento prefate ecclesie spontanea et non 
coacta, sicut eadem dicebat, penitus in perpeluum quittavit. condigna 
re( ompensatione dotis sibi facta a dicto G. marilo suo, sicut eadem dicebat, 
ad annuum redditum suum de Pruvais. El tam dictus Gerardus quam 
eadem Ida fidem interposuerunt corporalem quod contra predîcta nullo ^5 
tempore per se vel per alium venire présument, nichil juris vel dominii in 
prediclis vigi-nti solidis annuis, quatuor denariis minus, née in eorum 
assignatione sibi retinentes, et ad majorera securitatem, fide corporali pres- 
tita, promisit dictus Gerardus legilimam se portaturum garandiam ecclesie 
meniorate super premissis contra omnes juri et justicie parère volentes, so 



— 257 — 

promlt(ens (ide inlerposila quod omnia antedicta a pueris suis, ciim ad I23i-ià3i. 
aiinos pervenerint discretionis, faciel laudari et approhari, si super hoc 
fuerit requisilus. El de hoc faciendo lidejussores constiluit. videlicet 
Wiardum, fralreni ejus, et Colardum de Oi^nies, qui coram nobis eandein 
s fidejussionein intraveruiit (a) uterquc iii soliduin. In cujus rei teslimonium 
présentes lilteras patentes emisinius sigillo curie Laudunensis salvo jure 
doniini Laudunensis et alieno roboralas. Aclurn anno IJoniini >I" CC» 
tricesimo primo, niense octobri. 



CCIV. 

Hoger, doyen de Guignicoiirt, notifie l'accensement de la moitié d'une maison 
10 sise à Neufchâtel -sur -Aisne fait par l'abbaye à (iérard, fils de Thomas 
le Sec de Neufchâtel. 

Mai 1232. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Étal, à Arlon, fonds Saint-Hubcrl, il, C. 5. Sceau 
disparu; reste une double queue de parchemin. 

15 Universis sancte nialris Ecclesie filiis présentes lilteras visuris vel audi- 
luris Rogerus, decanus de Guignicort, salufem in eo qui est salus. iNoverit 
universitas vestra quod conslitulus in presentia nostra Gerardus, filius 
Thome Sicci de Novo Castro, recognovit se récépissé a venerabili viro 
abbate Sancli Huberli niedietatem domus que fuit Adevini et Clemencie 

20 u\oris sue de Novo Castro sub annuo trecensu tredecim solidoruin, quos 
idem Gerardus tenetur singulis annis reddere ecclesie béate Marie de Evri- 
gnicort. medietatem in festo beati Remigii quod est in capite octobris, et 
àliam medietatem in pascha sequenti. Si vero dictus G. in solutione dicti 
trecensus deficeret, dicta ecclesia haberet recursuin ad dictam. medietatem 

25 domus predicte et ad quandam petiam terre silam in territorio de Provais, 
juxta terrain Huardi nujoris prope viam de Amie, quam recognovit se 

(a) Une copie simple qui accompagne l'originil lit juraveruut. 

55 



— 258 — 

liôi erga dictani ecclesiam in contravadium posuisse. Actum anno Domini 
saus date millesimo CC« XXX" secumio. mense maio. 



ccv. 



Roger, sire du Thour, déclare que ses prétentions à Vavouerie de Harpemont 
et de Raucourt et celles des habitants du Thour au droit d'aisance dons 
les bois de ces mêmes localités sont dénuées de fondement. 5 

SaDS (laie (1232?). 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, -ib, B. 10. Sceau 
disparu ; reste une double queue de parchemin. 

Ego Rogerus, dominus de Turro, nolum facio omnibus ad quos liltere 
présentes pervenerinl. Cum quedam controversia verleretur inter me et lO 
ecclesiam béate Marie de Everneicurte super quadam advocalia sive 
custodia quam in silvis et allodiis de Harpemont et Raoucourt ad me 
constanter asserebam pertinere, et quibusdam aisantiis quas burgenses 
predicli castri ibidem se proponebant habere. inquisita veritate diiigenter 
super predictis a burgensibus etiam predicli castri, qui ecclesiam prefàtam, 15 
sicut expressum est. impètebant, manifeste didici et sulTicienter instructus 
fui frivolam, immo nullam meam et burgensium predictorum adversus 
prediclam ecclesiam esse aclionem, Cum aulem viderem grave et inho- 
nestum esse obviare veritali, ecclesie quod suum erat absolute recognovi, 
et quitlam iliam advocatiam quam injuste petebam penitus clamavi. In hoc 20 
insuper sepe fate ecclesie curans providere, quod eidem, quamdiu supra 
nominati castri dominus exlilero, de omnibus hominibus meis legitimam 
exhibebo wî^andiam. Ut autem hoc factum meum ratum habeatur et 
inconcussum, in hujus rei testimonium Th. priori et ecclesie sepedicte 
litteras présentes tradidi, quas, ut fidem facerent meliorem, sigillo meo 2b 
feci insigniri. 



- 259 



CCVI. 

Thierry, archevêque de Trêves, confirme les accords conclus en 1 i81 et 
l^i i entre les abbayes d'Orval et de Saint-Hubert, au sujet de f^illy 
et de Mary ut. 

(Juin 1-232.) 

5 Original et copies manquant au chartrier de Saint-Hubert. 

Texte reproduit d'après un cartulairc d'Orval par Goffinbt, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, p. 226. 

Ego Tlieodericus, Dei gralia Treviroruin archiepiscopus. notum facio 
tani praesenlibus quam futuris ad quos lilterae praesentes pervenerint 
quod, cum anno Dominicaii incarnalionis M''C"LXXXI°, Johannes^ ecclesiae 

10 Sancli Hubei'li abbas, donino Stéphane, abbati Aureaevallis. et ipsius 
occlesiae fralribus eoruinque successoribus in perpeluum substituendis, 
canunica donalione donaverit et auctoritale sigilli ecclesiae suae. sub 
testimonio et benivolo assensu personarum totius capituii siii.in perpetuum 
confirmaverit oinnem decimam segetum et animalium et omnium quae 

15 decimari soient, et quidquid juris et proprietatis ecclesia sua Cunensis ex 
tune in parochia de Villei tenueral, sub trecensu septuaginta solidorum 
Cathalaunensium anniiatim in festo sancti iMichaelis fratribus de Cunis 
solvendorum. Qui census, si die determinata non solvitur, nulla inde 
sumptâ occasione usque ad feslum Omnium Sanctorum a fratribus in 

20 pace recipietur. 

Si vero acciderit Cathalaunensium monetam cadere, ejus quae tune apud 
Yvodium et apud Verton erit laudabiliter solvetur praedicti trecensus 
numerus. Kt si quispiam super hiis fratres Aureaevallis infestaret, abbas et 
convenlus Sancli Huberti garandiam déferre débet, et posteritas Sancti 

25 Huberti Aureaevallis posleritati. Et quod de reparanda ecclesia de Villei, 
de solvendo censu ejusdem ecclesiae. de providendis hiis quae ad divinum 
spectant ollicium id agere debent fralres Aureaevallis quod ex consuetu- 
dine tenelur (ieri in aliis ecclesiis Yvodiensis decaniae. Et si ex nutu Dei 
acciderit paslorem dictae ecclesiae viam universae carnis ingredi. eligere 

30 débet abbas Aureaevallis personam, et electam per se vel per nuntium 
suum. abbati Sancti Huberti praesenlare, et abbas Sancti Huberti, omni 



1232. 



— 260 — 

115». occasione et caliimpnia postposita, absque contradiclione eam tlebel inves- 
lire (lono fundi cuni ipso Aureaevallis abbale. Producla aiilem persona 
utrisqiie abbalibus débet fidebtalein lacère de servando suo jure. 

Cum igilur haec ila se habeant et abbas et conventus Sancli Huberti non 
solum suo, sed et praedecessoris noslri piae menioriae venerabilis Arnoldi 5 
Treviroruui arcliiepiscopi sigillo et auctoritate confirmaii voluerint, sicul 
in eorum scriplis super Iïoc confeclis conlineri perspcximus, nisi isdem 
venerabilis pater Arnoldus morte praeventus tuuc rébus decessisset huma- 
nis, nos, quos non tanluni pari sed et cadem cathedra divina dignalio 
subliniavil, defecluni ipsius in hac parte saniori consiho supplere cupientcs lo 
et paci mutiiaeque carilati utriusque ecclesiae providerc. donum decimae. 
segelum et animalium et eorum omnium quae decimari soient in parrociiia 
de Villei, prout superius scriplum est, décimas eliam pratorum lotius paro- 
chiae de Merguel, quae ibidem possident et postmodum possidebunt 
l'ralres Aureaevallis; terram quoque Sancli Huberti apud Euignei gran- is 
giam Aureaevallis silam, et lolum pralum ad ipsam terram pertinens inter 
prala ejusdem giangiae siluu), quae omnia sub Irecensu conslituto abbas 
et conventus Sancti Huberti contuleral ecclesiae Aureaevallis, quia res 
praenominatae sub noslrae potestatis prolectione consistunt, et tanquam 
res spéciales de nostrae dyoecesis ordinario jure dépendent, ipsas, prout âo 
superius expressae sunt. ecclesiae Aureaevallis in perpeluum auctoritate 
metropolitana confirmamus. 

Praeterea diloctis filiis fratribus Aureaevallis tandem confirmamus eccle- 
siam de Gyversei, cum appenditia sua capella de Trembloit, cujus palro- 
natum contulit eisdem Ludowicus junior, comes de Chinei, quem eisdem 25 
donavit et conlirmavit auctoritate metropolitana bonae memoriae praede- 
cessor noster venerabilis Johannes, Trevirorum archiepiscopus, capituli 
majoris ecclesiae Trevirensis accedente consensu '. Vicarius aulem dictée 
ecclesiae de Giversei, in onuii blado ejusdem ecclesiae. deducta prius mer- 
cede decinialoi'is, nonan» gerbam débet accipere, in lola minuta dccinia 30 
lerliam partem habere, in omnibus oblalionibus cotidianis et festivis, de 
pane et blado' de denariis et de aliis quibuscumque, quandocumque offe- 
runlur, accipere mediam partem et denarios singulares. Vicario igilur 

' Voyez cet acte dans Goffinet, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, p. 143. 



— 261 — 

viam universao carnis ingresso, digère tiehel abbas Aureaevallis personam. 1-252 
et eleclam < archi > diaeono pracscntare. Archidiaconiis autom. omni occa- 
sione, postquaiii ei persona fueril praesentala, et omni dilatione et conlra- 
dictione poslposilis, invesliet eam dono vicariae sub stipendie praenomi- 

5 nalo, eique cmam injunget aniniarum. Prodncla vero persona fîdelitatem 
faciet abbali de servando jure siio. De reparanda ecclesia. de solvendo censu 
ejusdem ecclesiae, de providendis hiis qiiae ad divinum speclant oflficiiirn, 
id agere debenl fratres ecclesiae Aureaevallis qnod ex consiietudine teneliir 
fieri in aliis ecclesiis Yvodiensis decaniae 

10 Praenominatas ilaque ecclesias. de Villei scilicet et de Giversey. et res 
supra scriptas ecclesiae Aureaevallis sigillo nosiro tenendas in perpeUium 
confirniamus. et eos qui huic noslrae contirinationi praesumpserint con- 
traire excomniunicationis vinculo, donec resipiscant et condigne salisfa- 
cianl, innodamus. Dalum Confluenliae. anno Dominicae incarnationis 

15 M* ce- XXX II", mense junii 



CCVII. 

Pierre, prêtre de Fîmes, donne à l'abbaye de Falroy la somme de (rois cents 
livres parisis à la condition que le vin de certains vignobles sera réservé 
pour le réfectoire et pour Vinfirmerie des moines. 

Juin 1-232. 

20 Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, il, A. 12. Des deux 
sceaux l'un a disparu; reste le second, oblong (0'"040 x 0°022) en cire verte, et suspendu à une 
double queue de parchemin. Type : un abbé debout, vêtu de la chasuble et portant la crosse de la main 
droite et un livre de la main gauche. Légende : ►{• SIGILLUM . ABBATIS . VALLEREGIS. Sur la che- 
mise : « Haec non concernunt monasterium Sancti Huberli ncc prioratum de Evernicourt, ideo nihil ». 

2b Ego fraler )\obertus, Vallis Régis dictus abbas et ejusdem loci conventus 
notum facimus universis présentes litteras inspecturis quod dominusPetrus 
de Fimes, presbiter, contulit ecclesie noslre in perpetuam elemosinam 
trecentas libras Parisienses, ea videlicet intentione et eliam conditione quod 



— 262 — 

i-i3i. fructus vinee nostre silo extra sepla inonaslerii noslri versus Sevigdi et 
allerius vinee site infra muros juxta ponieriuin nostriiin in proprios nsus 
conventus nostri specialiter cédèrent et inlegraliter in perpetuum conscrva- 
rentiir. Hoc adjunclo in ipsa condilione quod nulli un(|uam licebit vinum 
dictaruni vinearum inutare, vendere, nisi soiinnniodo pro vinea retinonda 5 
vel aliqiio modo ulicubi dislribuere, preterquam in refecloriis et iiifirmi- 
toriis tani monachorum quain conversoruni nostrorum. ubi ipsuni vinum 
ad mensuratn compelenlem distribuendum erit. Si vero vinum diclarum 
vinearum ad usus conventus in refecloriis et infirmitoriis predictis per 
tolum anouni plenarie non sufTecerit, vel si etiam dictas vineas vel aliquam lu 
parlem ipsarum pro pejoratione earumdem evelli vel omnimodis dimitti 
aliquando in poslerum oportunum fuerit, abbas lune lemporis dicte ecclesie 
nostre lanlum de terra adjacenli vineis predictis vel etiam dealia terra sua 
alibi ad plantationem vinee faciendam competenli conventui predicto 
tradere lenebilur. ut vinum predictarum vinearum tam modo plantatarum 15 
quam in poslerum plantandarum usui convenlus in dictis refecloriis et 
intirmiloriis per tolum annum plenarie sufîiciat. Sciendum etiam quod pre- 
dicla conditio modificalur in hoc ut si abbatem proprium ecclesie nostre 
in hospicio aliquo die comedere vel ad proprias grangias seu domos 
proficisci contigerit, de vino dictarum vinearum tam pro ipso quam pro 20 
commensalibus suis eidem amminislrabilur, si tamen ipso die in refecloriis 
convenluum nostrorum vinum de eisdem vineis fuerit dislributum vel etiam 
distribuendum. Hoc adjunclo quod idem abbas de vino dictarum vinearum 
nusquam asportare vel distribuerez nec pro mensa sua vel commensalibus 
suis, nec pro aliqua alia causa percipere polerit, nisi laie vinum quale eadem 25 
diedislribulum vel distribuendum fuerit in diclis refecloriis et infirmitoriis. 
Nos igitur predicli domini F. beneficam voluntatem et erga ecclesiam 
noslram profusam devolionem allendenles, considérantes etiam emolumen- 
tum ecclesie noslre in hoc scilicct quod lam nos quam posteri noslri ab 
annua empliotie xxv modiorum avene, quam pro polu conventus nostri 30 
annualim nos emere oporlerel et a quampluribus expensis, que pro cervisia 
facienda fieri soient, liberi in perpetuum permanebimus, habita nobiscum 
diligenti et matura deliberalione, pelitionem ipsius dicti Domini P. in 
omnibus habemus acceplam et ad conditionem premissam firmiter in 
perpetuum observandam ecclesiam noslram dignum duximus obligandam. 35 



_ 263 — 

(]eleruin pro tanlo beneficio iiobis u dicto domino P. collato fructus décime I23i. 
nosire tam minute quam grosse de Jiivincort el aiterius décime quos 
habemus apiid villam de Sancto Liipo et unum dolium quinque modiorum 
albi vini de eisdem vineis collecli eidom qiioad vixcril percipienda con- 
5 cessimus. Posl decessiim vero i()sius premissa omnia ad nos quitte et 
absolute revertentur. Sciendum vero quod bladum décime de Sancto l.upo 
el prefalum dolium vini propriis vecturis apud Evrci^nicorl. si iden) domi- 
nas P. volueril, ducere tenebimur annuatim. Vendidimus insuper eidem 
domino P. et domino G., canonico Sancti Juh'ani Laudunensis. duas 

10 modiatas nemoris, quarum unam emimus a domino iMiione de Sissonia^ 
aiteram vero a domino VVallero Rulo, receptis ab eisdem P. el G. xl libris 
Parisiensibus. Ipsi vero easdem modiatas iiustro conventui in eiemosinam 
concesserunt pro prefalis vineis in per|)eluum fulciendis. Ut hec autem 
omnia memorata rata permaneanl, présentes litteras sigillo venerabilis 

15 patris nostri domini Nic/to/ai^ abbalis Igniaci, et noslro fecimus roborari. 
Aclum anno Domini millesimo CC» tricesimo secundo, mense junio. 



CCVIII. 



Le chapitre de l'église Saint-Lambert à Liège approuve la vente que les 
chanoines de la Petite Table ont faite de leurs droits sur IFitry et Chelon 
à Gautier de Longchamps. 

20 Liège, 22 août 1232. 

Original aux ÂrchiTcs de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-IIubcrt, 117, A. 1. Sceau disparu; reste une 
double queue de parchemin. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire H2'''', 
fol. 211. 

iohanneSf Dei gratia prepositus. iohannes, decanus, archidiaconi, tolum- 

25 que majoris ecclesie in Leotlio capitulum universis ad quos presens 

scriptum pervenerit noscere veritatem. Scire vos volumus quod canonici 

minoris mense refectorii nostri omnem censum quem habebant in duabus 



— 264 — 

liôi. viiiis. scilicet u|)ud W itri et Ciielon, ad ca|jeliam Sancti iMcholai ante ^colas 
noslias pertinenlein, W allero de l^oiiclian pio sexaginla solidis Metensium 
propler reinolioneiii locorum de consensu nostro vendiderunt, diclo W . 
et suis lieredibus jure heredilario possidendum, ila tamen quod dicti 
canonici de dictis denariis censuni aiiuiii vei redditus alios emere teneiilur. 5 
£t ut dicta venditio rata et firma ab uinnibus habeatur^ presenti pagine 
capituli nostri sigillum cuiu sigillu Doniini J. decani noslri, ad cujus 
presentationem dicti canonici recipiuntur, fecimus apponi. Datum Leodii, 
anno Doniini iM» CC*^ Iricesimo secundo, in octava assumptionis béate 
Virginis. lo 



CCIX. 

Jean d'Eppes, évêque de Liège, approuve la vente que les chanoines de la 
Petite Table ont faite de leurs biens de fVitry et de Chelon à Gautier de 
Longcliamps. 

17 septembre 125:2. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlou, fonds Saint-Hubert, 117, A. 1. — Copie 15 
aux Archives du Royaume à Bruxelles, Cartulaire H2'''', fol. 212 v». 

Johannes, Dei gratia Leodiensis episcopus, universis ad quos presens 
scriptum pervenerit noscere veritatein. Scire vos volumus quod nos vendi- 
tionem cujusdam census, qui-m habebant canonici minoris mense refectorii 
majoris ecclesie Leodiensis in duabus vilIis, scilicet apud Witri et Clialon, 20 
ad capellam Saiicti Nicholai ante scolas majoris ecclesie pertinentis, a dictis 
canonicis factani VValtero de Lonchan et suis heredibus de consensu 
majoris ecclesie Leodiensis, sicut in litteris ipsius ecclesie super hoc con- 
foclis conlinetur, ratam habenius et approbamus, et ut firma [in] omnibus 
liabeatur hec venditio. presenlem paginam sigilli nostri munimine robora- 25 
vimus. Dalumr anno Domini iM». CC°. XXX" secundo, in die beati Lam- 
berli marliris. 



— 265 — 



ccx. 

Les deux o/pciaux de Reims notifient la vente d'une terre à Evergnicourt, 
faite par une veuve du nom de Helvide et par son fils Guiel à Raulel 
Rougebourse. 

Novembre 1233. 

5 Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubcri, iS, B. 12. Sceau réduit en poussière, 
suspendu à une double queue de parcliemiii. Au-dessus, d'une main moderne : » Enregistré an 
S» registre, fol. 28Î5 n. 

Symon Pes Lupi, canonictis et magister Johannes de Blesis, oiïicialis 
Keinensis, omnibus présentes lilteras visuris salutein in Domino. INoveritis 

10 quod Helnidis, relicta Therrici dicti monachi de [Novo Castro et Guielus, 
fîlius dicte Heluidis, coram nobis recoa;noverunt se vendidisse Kauleto 
Rougebourse tria jornalia terre site, ut dicitur, in terrilorio de Evrignicort, 
in loco qui dicitur Cappa presbiteri, inter terram dicti Rauleti ex una parte 
et lerram Roherti Beraut ex altéra, pretio duodecim librarum et dimidiae 

15 Paiisiensium, de quibus dicti Heluidis et Guielus recognoverunt sibi ple- 
nius fuisse salisfactum, tide data firmiter promittentes quod in dicta terra 
per se vel per alium, ratione dolis vel aliqua alia ralione, nichil de cetero 
reclamabunt, sel adversus omnes juri parère volentes legitimam exinde 
dicto Rauleto portabunt garandiam. Actum anno Domini M» CC» tricesimo 

20 tertio, mense novembri. 



1235. 



CCXI. 



L'official de Laon fait savoir que Gérard de Malmaison, du consentement 
de sa femme Ida, a en partie vendu, en partie donné au prieuré d'Ever- 
gnicourt une rente de huit sous parisis sur des terres situées à 
Evergnicourt, à Brienne et à Guignicourt. 

Novembre 1253. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, E. 24. Fragment 
d'un sceau obiong en cire verte, suspendu à des lacs de soie de même couleur, représentant le toit 

34 



— -266 — 

1233. crénelé d'une tour. Légende : . . . . UM . . . LAUD. Au-dessus, d'une main moderne : * Knre{,istré au 
5« registre, fol. 34 ». 

Universis présentes litleras visuris olïîcialis Laudunensis in Domino 
saliitem. [Noveril universilas vestra quod conslitutus in nostra presenlia 
Gerardus, miles de iMala Domo, recognovil se partim in elemosinam contu- s 
lisse et partim vendidisse ecclesie de Evrignicort octo solidos Parisienses 
censuales precio novem librarum Parisiensium, de quibus confessus fuit 
coram nobis sibi plenarie fuisse satisfactum, assignâtes super quasdam 
terras sitas in territoriis de Evrignicort, de Briagne et de Guignecort, asse- 
rens quod tam ipse quam predecessores sui dictum censum tenuerant in lo 
allodium liberum ab omni dominio superiori et absque onere servitii et 
servilutis. Promisit etiam coram nobis se iegilimam portaturum garandiam 
dicte ecclesie super dicto censu contra omnesjuri et justicie parère volentes, 
et assignavit dictam ecclesiam ad tria jugera terre arabilis que dicebat se 
dictus G. miles habere in territorio de Evrignicort. De dampnis que incur- is 
reret dicta ecclesia, si qua incurreret, per defectum garandie memorate et 
de hiis omnibus tenendis et firmiter observandis tidem prestitit corporalem 
miles memoratus, se et successores suos cum universis bonis suis eidem 
ecclesie ad hec obligando, si dicta terra non sulliceret ad dictorum damp- 
norum restitutionem. Ida eliam, uxor dicti G. militis, predictam venditio- 20 
nem et concessionem census coram decano de Guignecort ad hoc a domino 
Laudunensi episcopo specialiter deslinato laudavit et approbavit et quic- 
quid juris habebat vel habere poterat in dicto censu, sive ratione dotis sive 
alio quocumque modo, eidem ecclesie penitus in perpeluum quiltavit. fidem 
interponens corporalem quod in dicio censu nichil de cetero per se vel per 25 
alium reclamabit, sed de ipso sepedicte ecclesie legitimam portabit garan- 
diam contra omnes juri et juslicie parère volentes. In cujus rei testimo- 
nium présentes litteras patentes emisimus sigillo curie Laudunensis salvo 
jure domini Laudunensis et alieno roboratas. Actum anno Domini mille- 
simo ducentesimo tricesimo tertio, mense novembri. 30 



- 267 - 



CCXII. 

L'abbé Thierry 111, du consentement des moines du prieuré de Chdteau- 
Porcieii, cède une terre aux lépreux de ce lieu pour un cens annuel d'un 
setier de froment. 

19 octobre 1-254. 

8 Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, !28. Sceau disparu. 
Au dos : « De terra pro quà debcmus Sancto Theobaldo < sexlarium ]> frumenti in festo sancti 
Rcmigii in octobri ». 

Universis présentes litteras inspecturis Theodericus, Dei permissione 
Sancti Huberti in Ardenna minisler humilis., salutem in Uomino. Noverit 

«0 universitas vestra quod nos, de assensu prioris et fratrum nostrorum apud 
Sanctum Theobaldum in Castro Porluensi conimorantium, concessimus 
fratribus domus leprosorum ejusdem castri unam petiam terre, continen- 
teni circiler jornale et dimidium, site inter ecclesiam Sancti Martini et La 
Huece '. que fuit quondam Alberici INicart(a}, militis de Castro Portuensi, 

15 in perpetuum tenendam stib annuo trecensu unius sextarii frumenti ad 
mensuram predicti castri nunc currenlem, in festo sancti Remigii in vinde- 
miis persolvendi a fratribus domus leprosorum priori Sancti Theobaldi in 
domo sua apud Sanctum Theobaldum. sive eadem terra fuerit culla sive 
remaneat inculta. Quod si in die statula in solulione predicti sextarii fru- 

20 njenti defecerint, b'cebit ex lune priori Sancti Theobaldi dictam lerram et 
quandam aliam peciam terre dictorum fratrum domus leprosorum preno- 
minate lerre contiguam saisira et detinere et ex utraque petia terre fructus 

(a) Toutes les copies de ce document, ainsi qu'une pièce ci-dessous où il en est parle, lisent erronémenl 
Mfarl. 

25 ' Le 24 aoîit 1572, à l'occasion d'une difficulté à laquelle donna lieu le payement de cette dime, 
une transaction fut conclue entre l'abbaye de Saint-Hubert et le bénéficier de la chapelle des Lépreux; 
on lit dans l'acte : « une certaine pièce de terre provenante d'Albericque Meart (voyez ci-dessus, 
» note [a]}, escuyer de Chatcau-Porcicn, scituez en lieu dict La Huece ou Motelle royez les esbudières 
» d'une part et La Haulle d'autre, contiguë d'un bout à la dicte Motelle et d'autre au terroir de ladicte 

30 » Maladrie ». (Fonds Saint-Hubert, layette 28.) 



1234. 



— 268 — 

1234-1235. suos facere, donec de prediclo sextai io frumenti el eineiida cuni sumptibus 
et (laii)pnis exinde habitis sibi et ecclesie Sancti Theobaldi satisfactum 
fuerit coiupeteiiler. In cujus rei testimonium lilteras présentes conlulimus 
sigilli nostri muniniine consignalas. Datum anno Doinini ^bCC^XXX" 
quarto, in crastino beati Luce Rwangeliste. s 



CCXIII. 

Les ofpciovx de lieims font connaître que Malhilde d'Ymécourt, veuve du 
chevalier Pierre de Termes, avec le consentement de ses enfants et de ses 
suzerains, a vendu au prieuré d' Evergnicourt toute sa dirne de Prouvais. 

(Avant le 25) mars 12ôS. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, E. i. L'extrémité io 
de trois lignes est détruite. Sceau oblong (O^'OTO x O^OSO) en cire brune, suspendu à des lacs de 
soie rouge et jaune. Type : une enceinte de murailles crénelée, percée sur le devant d'une porte 
également crénelée, et dominée à l'extrémité opposée par une tour massive flanquée de deux tours 
grêles. Légende : [RjEMlS . CIVIT .... ME[TRO]POLIS. Contre-sceau : un cerf. — Copie authentique 
ibidem, d'après laquelle ont été restitués les passages détruits dans l'original. I5 

Symon Pes Lupi et magisler Johannes de Blesis, canonici et ofliciales 
Remenses, omnibus présentes litteras inspecluris salutem in Domino. 
iNoverint universi quod domina Malhildis de Ymecourt, relicta domini Pétri 
de Termes mibtis, in viduitate constilula, coram clerico Cun[oneJ Kemensi, 
ad hoc sfjecialiter destinato, recognovit se vendidisse ecclesie de Evrigni- 20 
court totam decimam (am grossam quam minutam quam dicebatse habere 
apud Prouvais, prelio ducenlarum b'brariim !*arisiensium, de quibus reco- 
gnovit sibi esse satisfactum plenissime ab ecclesia me[morata, fide] data 
firniiter promittens quod in dicta venditione per se vel per alios nichil de 
cetero reclamabit aut faciet reclamari.sed adverstis omnes juri parère volen- 25 
les legitiinam exinde portabit garandiam ecclesie memorale. Dominus etiam 
Kenaudus de Spineto miles, a quo dicta iMathildis dictam decimam reco- 



— 269 — 

gnovit se tenere in feodum, omne dominiiim et servitium, que ei in dicta 
décima competebanl vel compelere poterant, ecclesie quillavil memoralc, et 
de predictis lenendis et tirmiter ol)servandis lam ipse R. quam Sibilla uxor 
sua fidem intcrposuerunt corporalem, Dominus l'tiam Symon de Gugni- 
» court miles, a quo dictus Renaudus dictum feodum recognovit se tenere. 
feodum, servitium, doininium [et omne] jus, que ei ratione dicte décime 
vel alio quocumque modo in dicto feodo compelere poterant. dicte ecclesie 
quitavit et remisit. [Hancetiam] vendilionem laudaverunl el approbaverunt 
Havidis, Odierna et Margareta, de consensu maritonim suorum, îîiguina, 
10 Sesilia et IVlaria, liberi dicte IVIalhildis, fide prestita corporali quod contra 
dictam vendilionem per se vel per alios nichii de cetero reclamabunt vel 
facient reclamari. In cujus rei teslimonium présentes litteras sigillo curie 
Remensis fecimus sigillari. Actum anno Domini M" CC° tricesimo quinto, 
mense martio. 



CCXIV. 

15 Anselme, évêque de Laon, fait connaître que Renaud de Spinois, frère de 
Mathilde d' Ymécourt el son suzerain pour Prouvais, ainsi que Simon de 
Guignicourl, approuvent la vente notifiée dans la charte précédente. 

(Avant le 25) mars 1235. 

Original sir parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 4:2, E. I. Sceau 
20 disparu. En tête, d'une main moderne : « Enregistré au 5« registre, fol. 55 ». 



123^. 



Anselmus, Dei gralia Laudunensis episcopus, omnibus présentes litteras 
visuris salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod constitutus in 
presentia nostra lienaldus. miles de Spineto. recognovit se lolalem decimam 
tam grossam quam minutam quam Mathildis de Ymecort, soror ipsius H., 
25 relicta domini Pétri qiiondam militis de Termis, tenebat el possidebat apud 
Pruvais et in territorio ejusdem ville, tam jure hereditario quam quocum- 
que alio modo pro eadem iMalhilde et nomine ipsius IVIalhildis ecclesie de 
Evrignicor vendidisse secundum formam ejusdem venditionis subscriptam. 



— 270 — 

ii35 al) eadein Malhilde ecclesie anledicle factam super décima meinorala. El 
quia eadeni Mathiidis corain nobis personaliter non comparuit pro eadein 
décima vendenda et recognilione venditionis ejusdem décime facienda, 
eadem iMalhildis coram dileclo el iideli noslro Odone, presbilero de Novo 
Castro ad hoc a nobis specialiler destinalo, in viduilate conslituta reco- n 
gnovit se totaiem decimam aiitedictam lam grossam quam minutam,quam 
eadem Mathiidis tenebat et possidebat apud Pruvais el in terrilorio ejusdem 
ville tam jure heiedilario quam quocumque alio modo, predicle ecclesie de 
Kvrignicort vendidisse precio ducenlarum librarum Parisiensium, de qui- 
bus recognovil sibi a dicta ecclesia pienius esse salisfactum, de qua etiam lo 
décima eadem iMalhiidis in manu dicti Odonis presbiteri se deveslivit, fide 
data promiltens quod in dicta décima nichil in posterum per se vel per 
alium reclamabit et quod adversus omnes juri parère volentes exinde por- 
tabit garandiam ecclesie memorate. Diclus etiam dominus Kenaldus de 
Spineto, nnies, fraler ipsius M., a quo eadem M. diclam decimam recognovit i5 
se in feodum lenere, omne dominium et servilium, que sibi in dicta décima 
competebant vel compelere polerant, eidem ecclesie quittavit in perpetuum 
el de predictis tenendis et firmiter observandis tam ipse K. quam Sibilia 
uxor sua fidem interposuerunt corf)Oralem, firmiter promittens diclus R. 
sub religione fidei prestite quod de diclo feodo ecclesie memorate legili- 20 
niam porlabit garandiam. Dominus etiam Symon de Gugnicort miles, a quo 
dictus R.dictum feodum recognovit se tenere, feodum, servilium et domi- 
nium el omne jus, que ei ralione dicte décime vel alio quocumque modo 
in diclo feodo compelere polerant, dicte ecclesie in perpetuum quiltavit et 
rcmisit. Hanc autem venditionem laudaverunt el approbaverunt Hawidis, :2S 
Hodierna et Margareta, de consensu niarilorum suorum, Siguiiia, Cecilia et 
Maria, filie et heredes supradicte domine .\lalhildis, fide prestila corpoiali 
promillenles quod contra diclam venditioneni per se vel per alium de cetero 
venire non présument. INos vero, eidem venditioni et omnibus supradictis 
nostrum prebenles assensum, priorem de Evrignicort nomine ecclesie de 30 
Evrignicort de décima memorala bénigne inveslivimus, salvo in omnibus 
jure noslro et alieno, et in omnium predictorum leslimonium présentes 
litleras patentes emisimus sigilli nostri munimine roboratas. Actum anno 
Domioi millesimo ducentesimo tricesimo quinlo. mense niartio. 



271 - 



ccxv. 

Guillaume, abbé de f^nl-Dieu, consenl à la majoration d'une rente annuelle 
due par son abbaye au prieuré de iiouillon pour l'alleu de Thilay. 

Novembre 1235. 

Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 20, A. 3. Sceaux disparus; restrnt 
5 deux doubles cordons. 



Ii35. 



Fraler VV illelinus, l)ei perniissione abbas V^illis Dei lotusque ejiisdem 
loci convenlus omnibus présentes lilleras inspecluris in Domino sahitem. 
INoverit universitas vestra quod cum pie memorie Johannes, quondam 
abbas Sancli Hubert!, quicquid jure hereditario possidebat in allodio de 

10 Tyelait concessisset fratribus ecclesie VaMis Dei perpetuo possidendum sub 
annuo trecensu decem solidorum Calhalaunensis monete. et de hoc cartam 
suam predicte ecclesie contulisset, tandem ecclesia beati Huberti, sentiens 
se in bac parte fuisse deceptam, predictum trecensum revocavit, ecclesiam 
Vallis Dei super hoc molestare et inquietare non desistens. INos vero, cum 

15 super hoc diu fuisset liligatum, habito bonorum virorum consilio. atten- 
dentes etiam et considérantes utih'talem ecclesie nostre. quicquid dicta 
ecclesia Sancti Huberti in dicto allodio de Tyelait possidebat sub annuo 
trecensu quindecim solidorum Parisiensium recepimus perpetuo possiden- 
dum, quos singulis annis lenemus persolvere priori et fratribus beati Pétri 

20 de Bullon in feslo beati Johannis Baptiste, sive infra oclavas ejusdem festi- 
vitatis. Si vero predictum ceusum infra dictas octavas non persolvemus, nos 
in quinque solidis Parisiensium pro emenda puniremur et de hoc tenendo 
et firmiter observando nos et ecclesiam nostram sub testimonio iitterarum 
nostrarum obligamus, renuntiamus etiam omnibus carlis el iiistruinentis 

25 que super premisso trecensu habebamus, volentes el concedenles ut si 
que instrumenta super hoc de cetero fuerint reperta, nullius oblineant 
valoris firmitatem In cujus rei lestimonium présentes lilteras ^igiilorum 
nostrorum munimine fecimus roborari. Actum anno gratie millesimo 
ce» XXX° quinto^ mense novembri. 



Ii35-1236 



- 272 - 



CCXVI. 

Par-devant les officiaux de Reims, un personnage du nom de Francon 
vend à son frère Jean des biens situés à /É mi fontaine. 

Décembre 1235. 

Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saiiit-Hubert, 41, A. 1. Sceau disparu; reste une 
double queue de parchemin. S 

Symon Pes Lupi et magister Joharinos de Blesis, canonici et oiliciales 
•Kenienses. universis présentes litleras visuris in Domino salutem. INoverit 
universitas veslra quod in noslra coiistitutus presentia Franco recognovit se 
vendidisse Johaniii, fralri suo, medielalem cujusdam mansi et appendicio- 
riim sili apud Ainicam juxta domuin Clarembaudi, filii Doe, et quandam to 
peliani terre silam in loco qui dicilur Fay juxta lerram Anselmi, videlicet 
parleni suam. et hoc pretio undecim librarum Parisiensîum, de quibus 
recognovit sibi satisfaclum fuisse, fide ab ipso preslita de non reclamando 
et de légitima garandia ferenda adversus omnes juri parère volentes. Diclus 
autem Johannes Havydi, uxori sue, prefatam medietatem dicti mansi is 
appendiciorumque et terram in recompensalionem terre ipsi Havydi ex 
parte nialris ejus provenientis, quani vendiderat sicut idem Johannes coram 
nobis asserebat, ipsi Havydi corani nobis assignavit. Actum anno Domini 
niillesimo ducentesimo trecesimo quinto, mense decembri. 



CCXVII. 

Par 'devant les ofjîciaux de Reims, l'abbaye accense aux habitants 20 
d'Amifontaine soixante journaux de terre dépendant du prieuré d' Ever- 
gnicourt. 

Juin 1236. 

Original aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint- Hubert, 41, G. 3. Fragment d'un sceau en 
cire brune, suspendu à une double queue de parchemin, identique à celui qui a été décrit ci-dessus, 25 
n" CCXIII. Au-dessus, d'une main moderne : » Enregistré au 5« registre, fol. 38 ». 

Magister Joliannes de Blesis, canonicus et oillcialis Remensis, omnibus 



— 273 — 



présentes lilleras visuris saluteni in Domino. Noverinl nniversi quod 
lioniines de Ammia coram clerico curie Kemensis ad hoc specialiter 
destinato recognoverunt se récépissé a viro venerabili TUeoderico, abbate 
Sancli Huberti in Ardenna, nomine ecclesie sue, sexaginla joriiah'a terre 

î> sub certis métis divisa ab aliis terris eorum in lerritorio corum de Rainli- 
curte, et viam suflicientem in eodem territorio ad eundum et redeundum, 
in perpetuuin jure heredilario possidenda sub annuo censu, taii videlicet 
[radone] et tali modo quod quicunique de prediclis jornah'bus terre 
lenueril. de quobbet jornali unum denarium Parisiensem et unum sexla- 

10 rium sigah ad mensurain de Ammia mine currenlem in feslo sancli Remigii 
in capite oclobris priori vel majori ecclesie de Evrignicurle in domo ejus- 
dem majoris apud Aminiam annuutim persolvet, et quicumque in solutio- 
ncm (a) dicti censns dicta die deficeret lenebitur priori vel ejus majori 
dictum censum reddeie cum emenda septem solidorum et dimidii Farisien- 

13 sium tam de censu quam de emendis. Tenebilur ille qui deficeret ad 
submonitionem prioris vel ejus majoris in domum eorum apud Hainlicourt 
venire super defectu et emenda secuiidum consuetudinem terre juri paritu- 
rus. Et sciendum quod ipsi et ecclesia eorum de Evregnicourt cum predicto 
censu ventas et vesteuras de predictis sexaginla jornalibus habebunt. et 

^ similiter omnem jusliciam altam et bassam in ipsis predicli abbas et prior 
retinuerunt. Communis autem messarius sive garda de Ammia in hoc 
priori sive majori suo de Ammia fidelitatem faciet ut si forte hominem 
vel feminam vel animal aliquod inlra predicta jornalia ad forefactum 
ceperit. vadium vel animal ejus qui in lorefaclo deprehensus fuerit in 

^5 domum predicli majoris portabit vel ducet, et ibi delinebitur quousque de 
forefacto secundum communem institutionem ville de Ammia fuerit salis- 
factum. Et si de caplione illa placitum moveatur^ in domum (a) eorum de 
Hainlicourt tenebilur exinde placitum. Celerum de sepedictis sexaginla 
jornalibus et de querelis descendentibus tenentur singuli eorum, qui ea 

30 tenuerint, ad submonitionem dicti prioris ratione fundi terre in domum 
eorum de Kainlicourt venire et juri parère, el quamdiu hoc facere voluerint 
non possunt eos ad aliam curiam trahere de premissis. Et si quis predicto 
modo coram priore vel ejus majore juri starc noiuerit, tune demum, si prior 



123tJ. 



(a) Sic. 



35 



— 274 — 

1W6. voluerit, poteril eum convenire coram judice ecclesiaslico Laudunensi vel 
Reniensi, nec ad reniotiorem judicem trahi poleril nisi prius a curia eorum 
de Hainlicourt vel a judice Laudunensi vel Hemensi appellaverit. Et de 
omnibus premissis lenendis et firmiter observandis in perpetuum se et sua 
predicli homines de Ammia jurisdiclioni curie Kemensis supposuerunt. In 5 
cujus rei lestimoniiim présentes lilleras siî^iilo curie Kemensis fecimus 
sigillari. Datum anno Domini millesinio CC° tricesimo sexto, mense junio. 



CCXVIli. 



L'abbé Thierry lll approuve la vente d'un moulin situé à Château- Porcien. 

Saint-Hubert, 6 décembre 1256. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 27, A. Deux sceaux lo 
suspendus à doubles cordons de soie rouge et jaune. L'un, en cire verte, est à peu près totalement 
détruit. L'autre, en cire blanche, rond (O^OCK), représente les bustes de Sainl-Pierre et de Saint- 
Hubert tournés l'un vers l'autre; le premier, la tête nue et entourée de l'auréole, tient de la main 
gauche deux clefs et lève la droite comme pour bénir; le second est coiffé de la mitre et lient en main 
la crosse. Légende : 4« SI[GllLLUM . EC[CL]E . SCI . PETRI . [EJT .SCI . HUBERTI. Le contre- 15 
sceau est devenu indéchiffrable. 

'ïheodericus , miseratione divina Sancti Huberti in Ardenna minister 
hnmilis tolusque ejusdem loci conventus universis présentes litteras 
inspecturis cognoscere veritatem. JNoverint universi quod Hugo clericus, 
filius Adede Brueriis. vendidit Johanni Pain de Soile de Castro Porluensi. 20 
sicut per litteras Guidonis de Aurengneio, officialis domini H. de Sarqueus, 
archidiaconi Remensis. nobis conslitit evidenter, quoddam moiendinum 
cum aquis et piscatura eidem moiendino appendentibus in Castro Por- 
tuensi. quod moiendinum vulgariler appellalur Juise. quam vendilionem 
ad peticionem predicli Johannis laudavimus et approbavimus, salvo jure 25 
nostro in omnibus. Sciendum est autem quod predictus Johannes Pain de 
Soile pro eo qùod habebamus in predicto moiendino de Juise et ejus here- 
des sive successores tenenlur nobis solvere et déferre in domum nostram 
apud Sanctum Theobaldum in Castro Portuensi annuatim in perpetuum 
très modios bladi. duos videlicet frumenli et unum sigali legalis ad men- 30 



275 — 



suraiii loci fiunc currentem^ iiiler festuin heati Koini<^ii in capite octobris 
et natale I)oniim\ et si très predicti niodii in simul non solvantur. unus 
ad minus una vice, sicul predictuni est, débet persolvi. In predicto quoque 
molendino retinuimus qiiod in ipso, sine inultura aliqua exigenda vel 

i» persolvenda a nobis, oinnimodo libère et quiète, quantum oportuerit et 
necesse fuerit ad usum prefate domus Sancti Tlieobaldi et aliarum domo- 
rum ejusdem appenditiarum^ nobis molere licebit. Insuper in delinendo 
eodem molendino vel de novo reedifîcando nicliil omnino lenemur 
appooere, sed hec omnia memoratus Johanties et ejus successores ad sucs 

10 sumptus proprios qiiotienscumque necesse fuerit facere tenentur. Si vero 
per negligentiam dicloruin Johannis vel ejus successorum vel per quem- 
cumque casum evcnerit ut trecensus noster, sicul predictum est, nobis 
persolutus non fuerit, nos, per assensum et abandonnum sepefati Johannis 
et Sarre uxoris ejus. sub religione fidei utriusque nobis concessum est ab 

15 eis saisire et delinere quicquid a se vel a nobis habent in presenti vel habere 
poterunt in fuluro in molendino sepefato. et priusquam ista omnia saisie- 
rimus, ab eorum proventibus pro defectu solutionis primo recipiemus 
viginti solidos Remensium loco emende, deinde proventus rémanentes 
computabuntur et cèdent in solutionem nostram usque ad très modios pro 

-20 trecensu nostro. Et si nobis melius placuerit, eorum precium in denariis 
habebimus secundum valentiam bladi tempore quo recipietur vel tempore 
quo debetur.scilicet inter predictum feslum beati Remigii et natale Domini. 
Kt ila cum super emenda et trecensu nobis fuerit satisfactum, predictum 
molendinum cum ejus appenditiis. sicut ea in contragagio tenebimus. suo 

« restituemus possessori. Et scienclum quod quicumqne sepefata molendinum 
vel ejus appenditia teneat, ea nullo modo alienare potest sine concessione 
noslra et assensu nostro et salvo jure nostro. Hec omnia laudavit et appro- 
bavit Sarra, uxor Johannis Pain de Soile tocieiis nominati, (ide interposita 
et sine coactione aliqua promittens (irmiter quod ratione dotis nec alia de 

30 causa per se vel per alium contra ea de cetero reclamabit, sed omnia supra- 
dicta bona fide observabit penitus et tenebit. In cujus rei testimonium 
prosentem paginam sigillorum nostrorum munimine fecimus roborari. 
Datum apud Sanclum Hubertum in festo beati iNicholai. anno Domini 
M° (X° tricesimo sexto, mense decembri. 



JM6. 



27G — 



IÎ3- 



(XXIX. 



Hubert de Saint-Quentin, officiai de Hugues de Sarqueus, archidiacre de 
Heims, notifie la vente du moulin de Château- Porcien. 

Avri) 1237. 

Original sur parchemin aux Archives de l*État, à Arlon, fonds Saint-Huberl, 27, A. Fragment indc- 
chifTrable d'un sceau en cire verle, suspendu à des lacs de soie rouge. 5 

Robertus de Sanclo Quinlino, ofTicialis domini Hugonis de Sarqueus, 
Remensis archidiaconus, omnibus présentes litteras visuris in Domino 
salutern. Noverint universi quod cuni Hugo clericus, filius Ade de 
Brueriis, vendideril Johanni Pain de Soile de Castro Portuensi, sicut per 
litteras Guidonis de Avergneio, ofliciaiis domini Hugonis de Sarqueus, \o 
archidiaconi Remensis. nobis constitit evidenter, quoddam molendinum 
cum aquis et piscaria eidem molendino appendentibus in Castro Portuensi, 
quod molendinum vulgariter (a) appellatur Juise, et abbas et conventus 
Sancti Huberti in Ardenna venditionem laudaverunt et approbaverunt, 
sicut per litteras diclorum abbatis et conventus nobis apparuit, dictus 15 
Johannes Pain de Soile, in presentia mea constitutus, recognovit quod 
ipse pro eo quod dicti abbas et conventus habebant in predicto molen- 
dino de Juise et ejus heredes sive successores tenentur eisdem abbati et 
conventui solvere et déferre in domum eorum apud Sanctum Theobaldum 
in Castro Portuensi annuatim in perpetuum très modios bladi, duos 20 
videlicet, etc. {Suit l'acte précédent avec de légères variantes.) in cujus rei 
leslimonium présentes litteras sigiilo curie domini mei feci communiri. 
Aclum anno Domini M" CC° tricesimo septimo, mense aprili. 

(a) Le texte porte vurgaliler. 



- 277 - 



ccxx. 



Jean d'Eppes, évèque de Liège, atteste que Gilon de Tellin renonce à ses 
prétentions sur l'avouerie de Bure et sur d'aulres biens ou droits de 
l'abbaye. 

Mars I2ÔK (n. st.). 

^ Original disparu. — Copie simple du XV« siècle sur parchemin, aux Archives de TÉtat, à Arloii, 
fonds Saint-Huberl, ^^^y D. 13. Eu tête : • Copie faite après une autre > (A). — Autre copie simple 
du XVII* siècle sur papier, ibidem (B). 



I238(n.«t.) 



Johaii. par le grâce de Dieu evesque de Liège, à lous ceuls qui poronl 
veir ces présentes lettres salut en INostre Seigneur. Sacent tous que sur les 

10 discors et controversions qui estoient entre Tieri abeit et le covent de 
Saint-Hubert d'une part et Gilo de Telin d'autre, par le conseil de bonnes 
gens traitie a este fait en ceste manière que Gilo a remis et laissie les 
terres de quartiers de le court Saint-Hubert de Bure, qu'il avoit entrepris 
ou rechut en wagiere, tellement que le mayeur de ledite court en avoit 

15 avestit niasuiers desdites terres, qui ont fait aux seigneurs etavoeit d'icelles 
ce qu'ilz dévoient, et a reconu ledit Gilo que esditez terres il ne ses 
sucesseurs ne puellent avoir quelque droit, alendu que l'avoeit en maison 
dominica/e dont il est avoeit riens ne puet aquerir. Item a ledit Gilo reco- 
gnut que es bois de Saint-Hubert ne en leur appartenance n'avoient 

20 quelque droit, se dont n'avenoit aucuns forfaits es dis bois, car en celi for- 
fait comme es autres doit avoir se part comme avoet. Item at recognut 
ledit Gilo que les liges fiefs doient demorer a l'abe de Saint-Hubert et 
samblament les feodalez si avant que aux fief appartiennent, et des morte- 
mains et fermetaiges et de remarience des hommes qui se transportent 

35 dele dite court a autre lieu pour y demorer, ledit Gilo ne pueit les mains 
mettre, mais lez doit lever quant ilz esqueront le maire dele dite court, et 
en doit rendre d'icelles les deux parts et le tierce a l'avoeit et ni doit point 
venir sil n'est avoiet, et se paravenlure l'avoeit estoit appelle au lever les 
choses susdites, se ne deveroit pour ce recevoir plus que le tierce part. 

30 Item jasoit ce que ledit Gilo aucune fois a forcommande aux hommes que 



— !278 — 

ii38(n.si.) point ne se Iransportaissenl de ledile court de Saint-Hubert pour cause d'y 
deniorer ou marier, icelui Gilo a confesset que point ne les devoil forcoin- 
mander, ne dores en avant ne les forconimanderoit. L'avoeit aussi ne autre 
de par lui ne puist seoir au plait de le court VA moyennant ce trailie, ledit 
Gilo touteffois a quitel et remis toutes violences, exactions et injures qu'il s 
faisoit ou pooit faire en temps futur auxdis abe et covent ou hoinmez de 
le dite court, reserve deux corwees, l'une de char en marce, et l'autre de le 
fau quant on soie les preis, assavoir neuf hommes qui ont char ou faulz, 
lesquelles coruweez cognul qu'il ne les pooit niener hors du ban et sans 
aucune assise, lesquelz corwees et assise le père de Gilo et ledit Gilo ont »0 
alleveit en préjudice et grevance de l'église de Saint-Hubert et desdits 
hommes, comme ledite église proteste. Sur coy ledite église, quant elle 
vora, arainier pora ledit Gilo et en ce reclamer son droit, ensi que plus 
expédient li semblera. 

En outre, le terre que Tiry de bonne memore, predicesseur de celui 15 
abeit, avoit aquis a messire Jaque de Cons, qui s'appelle le terre de 
Saint Remacle, en lequelle Gilo avoit entrepris et clamer avoerie en icelle, 
ledit Gilo l'a quitel et remis francement a l'église de Saint-Hubert, reco- 
gnissant quil n'avoit eu ou n'avoit nuls drois en ledite terre ne en ses 
appartenances pour cause de fiefs ou de l'avoerie ou autrement, et a promis 20 
par se foy crantée que d'icelle terre portera légitime garan a l'église 
Saint-Hubert envers ses frères. En aprez, les tailles ou assises de l'église 
Saint-Hubert, esquelles tant de fois ledit Gilo sur les damaiges et injures 
avoit blechie ledite église et les hommes d'icelle jusqu'ale somme de 
LX lib. Paresis, ont este réduites, jasoi ce que lesdittes tailles ou gabelles 25 
deuissent grandement excéder ladite somme, tellement qu'il est traitie entre 
lesdites parties que ledite église en ses suflFerens a mis solution dudit 
argent, tant et si longhement que Gilo tenra ledite composition et les 
articles en icelle contenus; mais s'il avenoit qu'il feist au contraire, et que 
dedens quarante jours après ce qu'il seroit amonesties ou requis de par so 
loditte église sub tesmoignaige compétent ne desistoit par le consent 
soiiventez fois Ijedit Gilo, nous porons a li requesle de l'église saisir et 
détenir le fief de Bure qui est deschendant de nous, tant et si longhement 
que ledit Gilo ara satisfait a ledite église de ledite somme de lx lib. Paresis, 
telement que ledit Gilo ce nonobstant soit retourné aie observation de 55 



— 279 — 

ledile paix, et ce non obslanl nous le poons el devons a ce contraindre par ii38(n. st.) 
assent de cescune partie. Icelle forme, ensi que chi deseure est expriinel. '^'• 
ledit Gilo a loet et aprouvet par devant nous, promettant par se foy crantée 
que contre icelle par li ne par autrui doresenavant ne veiira, mais icelle 
5 observera et pour icelle tenir a constitucit ohligies a tousjours ses succes- 
seurs si avant qu'il puel de droit. En tesmoignage de vérité desquelx choses, 
avons fait ces présentes lettres sceller de nostre scel. Donne Tan Nostre 
Seigneur mil CC XXXVli, en mois de marce. 



CCXXI. 



Les offlciaux de Reims font savoir que Colard de Château-Porcien et sa 
10 femme Sibylle engagent au prieuré d' Évergnicourt le quart de la dime 
de Proviseux. 

Juin 1-257. 



Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, F. 1. Sceau disparu; restent des 
lacs de soie rouge. En tête : « Enregistré au 5« registre, fol. 40 ». Ce document est assez endommage; 
15 les passages entre crochets ont été rétablis d'après la charte suivante. 



Magistri Johannes et Johannes de Blesis. canonici et ofTiciales Remenses, 
omnibus présentes litteras inspecturis in Domino salutem. Noverint uni- 
versi quod constituti in presentia nostra Colardus de Castello Portuensi et 
Sybilla, uxor ejus, recognoverunt se pignori obligasse ecclesie de Evreni- 

20 curte quartam partem décime grosse et minute de Provisiolo pro quadra- 
ginta libris Parisiensium. de quibus recognoverunt suum habuisse 
creantum a dicta ecclesia, ita quod dicti C. et S., ejus uxor, vel eorum 
heredes, quandocumque voluerint. eam redimere polerunt de dicta summa 
pecunie, hoc modo quod si eam ante pascha redemerint, fructus augusti 

"25 sequentis redemptores habebunt; si vero post pascha fuerit redempta, 
dicta ecclesia fructus augusli sequentis percipiet, augusto vero transaclo 



- 280 — 

««7. (licla décima ad redemplores reverletur Concesserunl eliarii dicli C. et S., 
ejus uxor, eidem ecclesie in cieinosinam oinnes fruclus quos ipsa eccle.sia 
de dicta décima percipiel usque ad lempus redemptionis. Recognoverunt 
etiam quod predicta décima ah ipsis predicle ecclesie pro aliis quadraginta 
libris eral ad presens supradicto modo pignori obligata per liUeras 5 
venerabilis patris episcopi Laudunensis. (iOncesserunl eliam dicli C. et S., 
uxor ejus, ul si forte processu temporis conlingeret nt per dominum de 
[cujus feodo] dicta décima movet vel per lieredes eorumdem C et S., 
uxoris ejus, sive per sententiam sive per violentiam aliquam [sepediclaj 
ecclesia de prediclis fructihus dicte décime gaudere non possit, ul venera- lo 
bilis pater Laudunensis episcopus, in cujus dyocesi [dicta] deci[ma] exislit, 
sicut dicitur, sepediclam ecclesiam de Evrenicurtede lercia parle memorale 
decjme h'bere et sine contradictione [ulla invjesliat, quam lerciam partem 
ipsi ecclesie, si premissa evenerint, predicti C. et S., uxor ejus, in elemo- 
sinam perpetuam [confejrunt et concedunt pro remedio animarum suarum 15 
et recompensatione dictaruni quadraginta librarum et dampnorum dicte 
ecclesie propter hoc habilorum, fide corporali preslita quod contra predicta 
de celero non venienl, nec dictam ecclesiam super hoc moleslabunt vel 
moleslare présument, sed adversus omnes juri [parère] volentes legilimam 
exinde portabunt garandiam ecclesie memorale. Premissa omnia laudave- 20 
runt et approbaverunt coram nobis Evrardus et Eiizabeth, liberi dictorum 
C. et S., ejus uxoris, se super hoc jujrisdicti]oni curie Remensis suppo- 
nenles. In cujus rei testimonium présentes litteras sigillo Remensis cu[rie 
fjecimus communiri. Aclum anno Domini M» CC° Iricesirpo septimo, niense 
Junio. % 



— -281 — 

Ii37. 
(iCXXll. li5«oulM9. 

Anselme, évèque de Laon, notifie l'engagère précédente. 

Juillet liôT. 

Original sur parchemin, assez endommage, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hnbert. 

Sceau gothique, fragmenté (0™OGB x OroOSO), en cire verte, suspendu à des lacs de soie rouge, et repré- 

5 sentant un cvéque debout, vctu de la chasuble, levant la main droite avec le geste de bénir, et tenant 

la crosse de la main gauche. Quatre étoiles à huit rais chacune sont semées dans le champ. Légende : 

SI[GILL]UM PI . LAUDU Contre-sceiu : Une main levée, le pouce et les doux 

premiers doigts ouverts. 

Xnsehnus, Dei gratia Laudiinensis episcopus, omnibus présentes lilleras 
10 inspectiiris in Domino salutem. Noverit universilas veslra quod sicut a 
dilecto filio nostro in (^lirislo ol fideli Rogero, decano de Guignecort, ad 
hoc a nobis specialiter misso, cui fidem adhibemus. intelleximus, Colardus 
de Caslello Porluensi et Sybilla, uxor ejiis, recognoverunt se pignori obli- 
gasse ecclesie de Evrenicurte quarlam partem décime grosse et minute de 
*s Provisiolo pro quadraginta libris ParisiensiuFn, de quibus recognoverunt 
suum habuisse creantum a dicta ecclesia, ita quod dicti C. et S., ejus uxor, 
vel eorum heredes quandocumque voluerint, eam redimere poterunt de 
dicta summa pecunie etc. (Suit l'acte précédent avec de légères variantes.) 
Datum anno Domini millesimo ducentesimo tricesimo septimo. mense julio. 



CCXXIII. 

io Par-devant les officiaux de Reims, Gérard de Proviseux consent, moyen- 
nant certaines conditions, à la double engagère du quart de la dime 
de Proviseux, faite au prieuré d'Evergnicourl par Colard de Château- 
Porcien et par sa femme Sibylle. 

Mars t-238 ou 12ô$>. 

i'6 Original aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, F. 2. Fragment du sceau en cire 
\erte de l'offîcialité de Reims, plusieurs fois décrit ci-dessus. 

Magislri Johannes et iohannes de Blesis, canonici ut odiciales Remenses, 

3(5 



- 282 - 

i238ouii3i>. omnibus présentes litteras inspecturis in Domino salutem. iNoverit univer- 
sitas vestra quod cum ecclesia de Evrignicort dudum in pignus recepisstt 
a Colardo de Porta et Sebilya, uxore ejus, quartam parteni magne et 
minute décime de Provisiolo, ut dicitur, pro quadraginta libris Parisien- 
sium de assensu domini Gerardi de Provisiolo militis, de cujus feodo dicta 5 
quarta pars décime movet. sicut dicitur, sicut in lilteris venerabilis patris 
Laudunensis episcopi dicitur conlineri et poslmodum dicli Colardus et 
8., uxor ejus, eandem quartam partem décime pro aliis quadraginta 
b'bris Parisiensium eidem ecclesie, ut dicitur, obligassent, sicut in litteris 
curie Kemensis et prefati episcopi dicitur contineri, sine assensu et volun- to 
taie dicti Gerardi militis, super quo inter predictain ecclesiam et dictum 
militem, ut dicitur, questio vertebalur, tandem, habito prudenlum virorum 
consilio, idem miles, in nostra constitutus presentia, hujusmodi secundam 
impignorationem et omnes articulos in predictis lilteris conientos super 
dicta impignoratione, ut dicitur, laudavit et plenius approbavit. Recognovit 15 
etiam idem miles se mutuo accepisse a dicta ecclesia decem libras Pari- 
siensium in pecunia numerata in utilitatem suam conversas, pro quibus 
eidem ecclesie dominium feodi, quod in dicta décima habere dicitur, 
spontaneus obligavit et etiam ventas quas habere deberet, si forte dicta 
décima venderetur, ila quod dictum dominium et ventas alienare non w 
potest nec alicui remittere, donec eidem ecclesie de predicta summa 
plenarie fuerit satisfactum, et hec omnia prout superius sunt expressa 
promisit idem miles se fideliler ac firmiter fide prestita servaturum et ad 
ea tenenda et firmiter observanda suos coram nobis obljgavit heredes. In 
cujus rei testimonium présentes litteras confici fecimus et sigillo curie -25 
Remensis roborari. Actum anno Domini M" CC" tricesimo octavo, mense 
martio. 



— 283 — 



CCXXIV. 

Le pape Grégoire IX autorise l'abbaye à lever les dîmes des navales qui 
sont libres encore dans les paroisses où elle perçoit les autres dîmes, et ce 
dans la même proportion que ces dernières. 

LatraD, 11 novembre 12-38. 

5 Original sur parchuniiii aux Archives de l'Etat, à Arloii, fonds Saint-Hubert, 103, G. ^. La bulle 
de plomb, qui était attachée à des lacs de soie rouge cl jaune, a disparu. 

Gregorius episcopus, servus servorum Dei, dileclis filiis abbati cl conven- 
tui Sancli Huberti, ordinis sancti Beiiedicli, Leodiensis diocesis, salulem 
et apostoh'cam benedictionem. Cum a nobis petitur quod justum esl et 

10 honestum, lain vigor equilatis quam ordo exigit rationis ut id per sollici- 
ludinem oflicii noslri ad debitum perJucalur effeelum. Eapropter, dilecti 
in Domino filii, veslris jiistis poslulalionibus gralo concurrentes assensu, 
auctoritate presenlium vobis duximus concedenduin ut in parrochiis 
vestris, pro ea portione qua veteres juste babetis et quiète percipitis, décimas 

is novalium, de quibus aliquis haclenus non percepit, percipere valeatis sine 
juris prejudicio alieni. Nuili ergo omnino hominum b'ceat hanc paginam 
nostre conccssionis infringere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem 
hoc attemptare presumpseril, indignationem omnipotentis Dei et beatorum 
Pétri et Pauli apostolorum ejus se noverit incuisurum. Datum Laterani, 

20 III idus novembris. pontificatus nostri anno duodecimo. 



Ii38. 



ccxxv. 

Pierre de Thynes, avoué de l'abbaye à !\lontgaulhier, reconnaît n'avoir 
aucun droit à prélever sur les bois de l'abbaye dans cette localité. 

Dînant, 15 novembre 1-238. 
Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulairc 112'''', fol. 151. 

25 Ego Petrus, miles de Tienes in Condrusto (a), universis nolum facio quod 

(a) Couduslo le texte. 



— 284 — 

H3«. cuni conlroversia verlerelur inler me. atlvocaluin Monlis Walcheri ex una 
parte, et abbatem et ecclesiam Sancli Huberli in Ardenna ex altéra, super 
nenioribus et proventibus eorumdeni, de quibus lertiam parlem volebam 
mihi usurpare ut advocalus, dictis tamen abbate et ecclesia conlradicenle 
et me coram judicibus a Domino papa delegatis conveniendo, tandem de 5 
bonorum virorum consilio et de meoconsensu et partis adversae, in probuin 
virum Gobertun), militem de Wellin in Famenna, ego et pars adversa in 
universum [comjpromisimus, ita quod dictus G. miles bona fide et de 
piano inquireret a curia Montis Walcheri et a quibus videret inquirendum 
quale jus et quantum ego tanquam advocalus haberem vel habuerint anlt- 10 
cessores illorum, qui advocati loci illius extiterant anle me, in eisdem 
nenioribus videlicet vel proventibus eorumdem. Quo facto idem G. miles, 
légitima et fideli l'acta inquisitione, tam a curia praedicta quam ab eis a 
quibus vidit inquirendum, partibus praesentibus, die ad hoc assignata pro- 
nunciavit solempniter me nicliil juiis habere in dictis nenioribus Montis 15 
Walcheri seu in quibuscumque proventibus eorumdem spectantibus ad 
ecclesiam beali Huberti, immo oninia nemora Montis Walcheri de tenuria 
beati Huberti et omnes proventus eorumdeni esse ipsius ecclesiae a rétro 
longis temporibus, nec anlecessores meos, qui advocati extiterant ante me, 
aliquod juris habere [nec] unquam habuisse vel aliquid in eisdem per- 20 
cepisse, excepto quod si contingat forefactum aliquod in ipsis commitli vel 
casu aliquo contingente evenerit ad quod emendandum vocatus fuerim, ut 
advocatus tertiam partem ejusdem forefacti tantumniodo debeo percipere. 
In cujus rei teslimonium cum dictum arbitrium, foriiia compromissi 
observata, rite sit prolalum, reproniitto me per praesentes litteras patentes 25 
ipsum observaturum inviolabiliter et eidem perpetuo pariturum. Et quia 
proprium sigillum nec auctenticum habeo, sigillis capituli ecclesiae Leflen- 
sis, ordinis Premonstratensis, et capituli bealae Mariae Dionensis ipsas 
literas feci roborari. ISos vero, diclaruni ecclesiarum capitula, plane profite- 
mur ad requisitionem memorati Pétri militis sigilla nostra praesentibus 00 
litteris apposuisse. Datum Dionanti. anno gratiae millesimo ducentesimo 
tricesimo octavo.,fnense novembri, feria secunda post festum beati Martini 
hienialis. 



— 285 — 

CCXXVI. ^*'» 

(liarmer, évêqite de Laon, confirme un jugement arbitral intervenu entre le 
clergé de Neufchâtel-sur- Aisne et le prieuré d'Etergnicourt au sujet des 
navales du bois de Pertes. 

25 mai ISôU. 

5 Original sur parchctiiin aux Archiycs de l'Iitat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, iS, Â. 6. Sceau 
disparu; reste une double queue de parchemin. En tête : • Enregistré an B* registre, fol. 4-2 •. 

Garnerius, Dei gralia Laudunensis cpiscopus, omnibus présentes lilleras 
visuris salutem in Domino, llniversitali veslre nolum facimus quod cum 
discordia verteretur inter presbiteros de Novo Castro ex una parte et 

10 eeclesiam de Evergnicourt ex altéra super décima novalium ioci qui dicitur 
Perles, tandem dicte parles de communi assensu in magistrum Johannem 
de Busencio, thesaurarium Sancli Johannis in burgo Laudunensi, compro- 
miserunl. qui Johannes suum sic prolulit arbitrium quod dicti presbiteri 
in dicta décima de cetero in perpetuum duas partes percipient et habebuni, 

15 ecclesia vero de Evrignicort terciam partem, ita quod sepedicta décima 
adducetur in commune horreum aliud quam sil horreum monachorum, et 
ibi dividetur secundum formam supradictam. Cui arbilrio dicte partes 
suum coram nobis prebuerunt assensum. Et nos hujusmodi compositionem 
pro bono pacis laudamus et confirmamus. Datum anno Domini M*" CC» 

20 Iricesimo nono, mense maio, feria quarta post Trinitatem. 



CCXXVI I. 



Un officiai de Reims atteste que Colard de la Porte et sa femme Sibylle 
ont donné à l'abbaye une rente annuelle de dix setiers de blé à prendre 
sur leurs dîmes de Proviseux. 

Novembre I25it. 

25 Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, il, A. 12. Fragment 
d'un sceau gothique en cire verte, qui est celui de l'officialité de Reims, décrit précédemment, suspendu 
à un double cordon de soie verte, rouge et jaune. Contre-sceau : un cerf avec la légende : CERVVS . 
REMENSIS . Sur la chemise : • Néant et préjudiciable ». 

Magisler Johannes de Blesis, canonicus et oiïicialis domini Remensis, 



— 28b - 

H39-1240. omnibus présentes litteras inspecturis saliileni in Domino. INoverint uni- 
vers! quod Colardus de Porta et Sibilla, uxor ejus, corain clerico (ideli curie 
Kemensis ad hoc a nohis specialiler misse recognoverunl se in puram et 
perpetuam elemosinam coiitulisse ecclesie Guissiaci, Premonstratensis ordi- 
nis, Laudunensis diocesis, decem sextarios bladi ad mensuram de Novo 5 
Castro, videlicet quinque sextarios siliginis et quinque avene, accipiendos 
annuatim in poitione quam dicebant se habere in décima de Provesey, et 
hoc in recompensalionem quorumdam dampnorum et injuriarum ab ipsis, 
ut dicebant, jam dicte ecclesie illatorum, (idem interponentes corporalem 
quod de cetero contra dictam elemosinam nullatenus venient nec in eadem lo 
elemosina aiiquid in futurum per se vel per alios ratione dolis seu jure 
hereditario sive alia aliqua ratione reclamabunt vel facient reclamari, set 
exinde legitimam portabunt garandiam prefate ecclesie contra omnes 
juri parère volentes. Hanc autem elemosinam Everardus et Elisabet, liberi 
predictorum Nicholai et Sibile, laudaverunt et approbaverunt et fidem 15 
dederunl de non reclamando coram clerico supradiclo. In cujus rei 
testimonium présentes litteras sigillo curie Remensis fecimus roborari. 
Actum anno Domini millesimo ducentesimo tricesimo nono, mense 
novembri. 



CCXXVlll. 

Gilles de fValcourl, comte de iMotitaiyu el seigneur de Rschefort, confirme 20 
la donation de Bande et de la dime de l\Jelreux faite à l'abbaye par 
son ancêtre G ode f roi de Jodoigne. 

1240. 

Charte disparue. 

Ch. Jamotte, Le Montaiyu de Saint- Thibaut, nouvelle édition. Marche, 1843, p. 83. 2b 

Godcfroid, comte de Montaigu, donna à ce monastère (Saint-Hubert) son bien de Bande avec tout 

ce qui en dépendait. ^ L'an 1240, Gilles de Rochefort, fils de Thierry, comte de Montaigu 

et seigneur de Rochefort, ratifia cette donation de la seigneurie de Bande et de la dîme de Melreux 
dans la seigneurie de Hotton, faite par ses ancêtres. Tout ceci est tiré des archives du monastère de 
Saint-Hubert. » 30 



- 287 — 



CCXXIX. 

Garnier, évêque de Laon, fait savoir que Colard Davadas de Château- 
Porcien et sa femme Sibylle ont vendu au prieuré d'Èvergnicourt, pour 
une somme de cent vingt livres parisis, le quart de la dîme de Proviseux 
qu'ils lui avaient engagée précédemment. 

5 Juin 1240. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Élat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 42, F. 5. Fragments 
d'un sceau gothique en cire verte, suspendu à des lacs de soie rouge et représentant un évéque debout, 

vêtu de la chasuble et tenant la crosse de la main droite. Légende : SIGIL PISCO 

En tête : • Enregistré au 5' registre, fol. 15 ». 

io Garnerius, Dei gralia Laudunensis episcopus, omnibus présentes litteras 
inspecturis salutem in Domino. Noverit universilas vestra quod constilutus 
in presentia nostra Colardus Davadas de Castro Portuensi et Sibilia, uxor 
ejus, coram fideli clerico noslro ad hoc a nobis specialiter destinato 
recognoverunt se, mediante precio septies viginti librarum Parisiensium, de 

15 quibus erat eis, ut dicebant, satisfactum, vendidisse ecclesie beale î\Iarie de 
Ebernicurte quartam partem totius décime lam grosse quam minute de 
Provisex, quam dicebant ad dictam Sibiliam jure hereditario pertinere, 
fidem interponentes corporalem quod in dicta décima per se vel per alios 
jure hereditario, ratione dotis seu quocumque alio modo nichil de cetero 

20 reclamabunt nec dictam ecclesiam super eadem décima vel occasione 
ejusdem décime in posterum molestabunt vel inquietabunt, sed eidem 
ecclesie super dicta décima légitimant portabunt garandiam adversus 
omnes juri et justicie parère volentes. Et sciendum quod prefalus Colardus 
de predicta décima ad opus dicte ecclesie se in manibus nostris devestivit 

2b et nos ad ejus instanliam priorem dicte ecclesie nomine ipsius ecclesie 
investivimus de eadem. Preterea Everardus filius et Elisabeth filia dicto- 
rum Colardi et Sibilie et Maria, filia eorundem et Jofridus, maritus ejus, 
predictam venditionem coram predicto clerico nostro laudaverunt et 
approbaverunt, sicut nobis retulit clericus memoratus, et quicquid juris 

30 habebant et habere poterant in dicta décima predicte ecclesie penitus 



1240. 



— 288 - 

1240. quilavermit et fideni interposueruiil corporaleni quoi! in dicla décima 
nichil (le celero reclamabunl. nec diclaiii ecclesiam super eadem per se 
vel per alios de celero molestabuiit vel inquielabunl. Insuper Radulfus de 
Alba Kipa, a quo dicta décima in feodum tenebatur. ut dicebalur. sepe- 
dictam venditionem coram nobis laudavit et approbavit et de dicta décima 5 
se in manibus nostris tamquant dominus feodi devestivit, fidem inler- 
ponens corporalem de non reclamando et quod de celero contra dictam 
venditionem per se vel per alium venire non presumet. In cujus rei 
lestimonium présentes litteras patentes emisimus sigilli nostri munimine 
roboralas. salvo jure nostro et alieno. Actum anno Oomini rnillesimo 10 
ducentesimo quadragesimo, mense junio. 



ccxxx. 

Robert de Torote, évèque de Liège, notifie et approuve l'échange des patro' 
nages des églises de Saint-Remy et de Marcourl, fait précédemment entre 
l'abbaye et Gilles de Rochefort. 

Juillet t-240. ib 

Original ilispani. — Copie aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 87, B., dans un 
vidimus sur parchemin du 23 juillet 1241, annexe à la charte de février 1228 (voyez ci-dessus, le 
n» CXCVIII), et ainsi conçu : 

In nominc Domini Amen. Universis et singulis presenteni copiam seu hoc transsumptuni visuris, 
lecluris et audituris Hubertus de Rupe, dccanus christianitatis concilii Rupefortensis, Leodiensis 20 
dioeesis, salutem in Christo sinceram cl prcscntibus fidem indubiam adhibere. Noverit [universitas 
veslra] nos certas litteras dominorum abbatis Theoderici cl conventus ecclesic seu monaslerii Sancti 
Huberti in Ardenna, neenon nobilis et generosi viri domini Egidii de Rupeforli jus palronalus eccle- 
siarum de Sancto Remigio et de Marcucrt concernentes, duobus sigillis cere veteris et antique cum 
candis pergameneis una cum quadam littera confirniacionis dictarum litlerarum a domino Roberto, Dei 25 
gratia episcopo Leocjiensi, cum eadem cauda dependenli in cera viridi, quarum litterarum tcnorcs 
seu copias subscriptas, non vicialas, non cancellatas, non abolitas, non abrasas nec in aliqua sui parte 
suspectas, sed omnibus prorsus vicio et suspicione carentes nos realiter in presentia notarii public! et 
testium subscriptorum in carum originali forma presentatas et exhibitas récépissé, tenuisse, vidissc, 
palpasse, inspexisse et diligenter perlegisse, in quarum visionis, tentionis, palpationis, inspectionis et 30 



— 289 — 

pcrlcctionis tcstimonium, quia prcsentcm copiam seu hoc tnmssumplum rrporimus umnino ctiin dirtis 1240. 
uriginalibus nil addito, variato, mutato vel substracto quod scnsurn iniiiiulct in nliqiio aul varict 
intcllcctuin roncoidari. Nos Hubertus, dccanus anicdictus, hujusniodi copiam scu transsumplum per 
nolariiira subscriplum cxindc fieri, subscribi et sigriari mandavimus, sigilli quoque majoris dicti nostri 
^ dccauatus fccimus appensionc commuiiiri. Datum et nctuiii Nassonic in dnmo nostra ciausirali, qnani 
in cluuslro cccicsie Sancli Mononis Nassoniensis, Lrndiensis diocesis, iniiabilamus, sub anno a Nali vi- 
tale Doniini miilcsimo quadringcntesimo ocluagesimu quarto, mcnsis julii die viccsinia Icrtia, hora 
vespcroruin vcl circiter, pontificatus Sanctissimi in Christo pains el domini nostri domini Sixti, divîna 
providentia pape quarti anno dccimo tertio, indictionc prima, prescntibus ibidem honorabilihus viris 

to dominis Johannc de Buerc, canonico eccicsic collegiate Sancti Mononis Nassoniensis antcdiclc, Gcrardo 
le Pilhar et Johannc Francisci, plebanis presbileris I.codicnsis diocesis lestibus al prcmissa vocatis 
pariter et rogatis. Tenores vero predictarum iilterarum de quibus prcfertur scquuntur et sunt talcs. 
{Suivent i» la charte n" CXCVI II, 1" la présente, après lerqucllcs le vidimvs continue) : Et quia ego 
Wilhelmus <îerardi, presbiter Leodiensis diocesis, aposlolica auctoritate notarius publicus, premissis 

15 visioni, tentioni, palpalioni, inspcctioni et perlectioni, dum, sicut premittitur, per eundeni dominum 
decanum fieront et agerentur, una cum prenoniinalis t(.stibns prcmissa auscultantibiis et audienlibus 
interfui, idcirco présentera copiam scu hoc transsumptum manu propria fideliler .^erip'am scu scrip- 
tum exinde de mandalo domini decani confeci et in banc publicam formani redegi signoque el nomine 
mois publicis et consuetis, una cum ipsius domini decani sigilii appensionc, signavi in tidem el 

20 tcstimonium preraissorum rogatus et requisilus ». 

Robertus, Dei gratia Leodiensis episcopus. universis présentes litteras 
inspecturis salutem in Domino. Noveril universitas veslra quod cum 
ecclesia beali Huberli in Ardenna haberel jus pati onatus ecclesie de 8anclo 
Remigio el partem décime in eadem, nobilis veto vir et tideiis noster 

25 Egidius de Rupeforti haberet jus palronatus in ecclesia de iVIarkiire cum 
décima ejusdem ecclesie, dicta ecclesia beali Huberli et idem Egidius in 
presenlia nostra constiluti, muluo ipsorum assensu et noslro interveniente, 
recognoveruut pro utilitale dicte ecclesie beali Huberli et monasterii de 
Sancto Remigio Cysterciensis ordinis ila inler eos conveuisse quod ecclesia 

30 beali Huberli jus palronatus ecclesie de IVlarkure, ecclesia vero de Sancto 
Remigio jus palronatus ecclesie de Sancto Remigio titulo permulalionis in 
perpeluum possidebunl. hoc adjeclo (a) quod ecclesia beali Huberli partem 
décime, quam habebat in ecclesia Sancli Hemigii, et ecclesia de Sancto 
Remigio decimam, quam idem Egidius habebal in ecclesia de Markure, 

55 sibi in perpeluum possidendas relinei)unt. Et sciendum quod idem Egidius 
allodium de Bandez el decimam de iMelleroit a Jheoderico, paire ipsius 

(a) abjecto le texte. 

37 



— 290 — 

\uo. Egidii et ah anlecessoribus ejus collala sponlance approbavil et rata se 
liabidiniin promisit. Kepromisil ctiain idem E. quod ab omnibus eis, qui 
possunt el debeiil ista laudare, laudari piocural)il. Ul aulem predicla raia 
et inconcussa pernianeanl, eadem auclorilate noslra conlirniantes pré- 
sentes blteras ad petitionem partiuni sigiiii noslri inuniinine fecinius s 
roborari. Datum anno Doniini millesimo ducentesimo quadragesinio, 
mense julii. 



CCXXXI. 



Thibaud, sire de Neufchâfeau, fait à l'abbaye une donation en augmentation 

de celle de son aïeul Thierry de Mellier. 

Août 1240. 10 

Original cl copie disparus. 

Bbrtiiolet, Histoire du duché de Luxembourr/, t. V, p. xiv : » Extrait des archives de l'abbaye de 
Saint-Iluberl ». — Wauters, Table chronologique des chartes et diplômes imprimes. 



Sur la foi des deux auteurs cités, j'a\ais reproduit cette charte à celte place; or, elle 
est en réalité d'août 1260, et on la trouvera plus loin, p. 364. * 13 



— î2yl — 



CCXXXIl. 

Des arbitres règlent un différend entre l'abbaye et les Hospitaliers de 
Saint-Jean de Jérusalem au sitjet du droit d'aisance dans les bois 
de Strée. 

4 décembre 1240. 

5 Original disparu. — Copie du XVII» siècle aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
HZ, Strée, 1, dans la copie d'un record de la haute cour de Terwagne du 18 octobre 1589, authen> 
tiquée par le notaire Jean de Jupille (A). — Autre copie, authentiquée par le notaire Dandoy (B). 

Maistre Hugue, chantre de l'église Sainl-Jean en Liège, maistre Pierre 
de Bourghinon, chanoine de Sainl-Pierre, Guilheame, chanoine de 

10 Saint-I^lartin, Nicolas de Maisier comme chanoine dudit chantre, a tous 
ceulx qui ces présentes lettres veront, salut en Dieu. Sçachent tous que 
comme cause et procès fuissent esmeu de l'authorite apostolicque devant 
l'abbe et le prieur de Saint-Pierre en Odenborch entre Frère Gérard, pro- 
viseur et maistre de Thospital Saint-Jean en Hespangne, d'une part, et 

i» Monsieur l'abbe et convent de Saint-Hubert d'Ardenne d'autre, sur aucune 
aysemence que demandoit et disoit avoir ledit proviseur et maistre aux 
masuirs de Stree et aussi aux masuirs de l'église de Huy demeurant au dit 
Stree ou bois de Stree, dont le treffon est à l'abbe et convent susdit, fina- 
blement, par conseil de gens de bien, ledit frère Gérard et Monsieur l'abbe 

îo et convent susdit entre nous sur ce meilleurement conseille, d'un comun 
accorde sur tout ce que nous dirons, ordonnant et composant ils le tien- 
dront ferme et perpétuellement l'observeront. 

Et nous, par le consentement des parties, avons pronunce que les susdis 
massuirs au devant dit bois, où que aussi ceulx de Terwangne ont leurs 

25 usances, recepvront ligement et auront perpétuellement tels droict et 
usance que s'ensuyte. C'est qu'ils prendront audit bois des paux ou des 
verges, de la lengne pour brusier et aussy pour edifïier, sans faire audit 
bois quelque vendition ne aussy donnation et aussy aliénation quel- 
concques, pour lesquels droits et usance seront et sont redevable les 

30 massuyrs susdis de payer chascun an au jour saint Remy, chief d'octobre, 
au susdit abbe et a son église chacun deux stiers d'avoine mesure de Huy, 



1240. 



— 292 — 

1140. ung poulet et deux deniers monnoie Liégeoise, et doit l'abbe devantdit par 
son messagier et commis a certain terme de la Saint-Kemy aux lieux 
de Stree demander ausdis massuirs ladite rente, et si quelque faulte y avoit 
sur le defaillans et sur l'amende chascun par faulte de payer audit terme 
comme elle serat jugée par les eschevins de Terwangne, ledit proviseur 5 
et maistre de l'hospitaul susdit debverat soigner et procurer que Tabbe et 
église devanldits soyent plainement contentez et salisfaict. Aussy deverat 
ledit abbe garder ledit bois devantdit par son forestier, et si lesdis massuirs 
prenoient et faisoient plus que cy-dessus n'est specifiet et conditionne, 
le forestier en deverat faire plaincle a la court de Terwangne, et, selon que «o 
par laditte court serat jugée, ledit proviseur et maistre ferat payer l'amende 
jusques à la grâce de l'abbe devantdit ou de son commis; ou s'il advenoit 
que le susdit bois fuist par lesdis masuirs en partie ou totallement 
decouppe, la rente devantdite et nonobstant demeurerai ferme et perpé- 
tuelle audit abbe à son église, reserve et retenu tousjours l'aisemence et is 
usance ausdis massuirs et paschis qui seront au lieu ou ledit bois aura este 
decouppe. Aussy ledit abbe et son église ne prendront et ne feront rien 
prendre pourquoy la susdite usance pouidroit estre empeschie, sauf que 
tous les fois que le souventdit abbe ou aucun de ses religieux viendront a 
Terwangne, ils prendront audit bois les lengnes que leur seront nécessaires -20 
pour brusier, et aussy toutesfois que ledit abbe viendra en propre personne 
a Huy, il prendra aussy audit bois du bois pour brusler tant qu'il en aura 
affaire et leur serat nécessaire, sauve qu'il n'en pourat donner ne vendre ne 
aucunement aliéner, et doit ledit abbe et son egliese garandir ledit droict 
et usance du bois devantdit au susdite maison et massuirs jusques a droict 25 
en la court temporelle Monsieur l'evesque de Liège, ou devant quelque 
autre compettent juge spirituel contre tous qui voudront venir a droit, 
toutes les fois que meslier sera. A este excepter et mis hors dudit droict et 
usance tout le forestreaulx dudit abbe et couvent. Et aufin que cest pays 
soit plus ferme au temps advenir perpétuellement, nous avons fait 50 
appendre a ces présentes lettres les seaulx de susdit abbe, couvent, et 
proviseur et niaîstre de l'hospitaul devant dit avec les nostres. Donne l'an 
mille deux cens quarante, le mardy devant le Saint-lNicolas, présent le 
prieur de Mirwart, maistre Henry, clercque audit abbe, Giele, cloustre de 
Saint- Lambert et Anthoinne, clercq de Liège. 55 



— 293 — 



CCXXXIII. 

Les officiaux de Reims notifient un accord relatif aux droits de l'abbaye 
et de l'avoue de Chauvency sur les bois et la localité de Chauvency. 

Octobre 1-242. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 5t, A. i. Fragment 
5 d'un sceau en cire verte, suspendu à des lacs de soie rouge et verte. L'avers n'est plus déchiffrable; 
au contre-sceau on distingue une porte s'ouvrant dans un mur flanqué de deux tourelles. Légende : 
+ N0 CLIE. 

Magislri Drogo de Allovillari et Johannes de Perona, canonici et. ofïi- 
ciales Remenses, universis présentes litteras visuris in Domino salutem. 

«0 Noverint universi quod inter Renaudum monachum, procuratorem abbatis 
et conventus 8ancti Huberti, habentem ad hoc spéciale mandatum ex una 
parte, et dominum Willelmum de Vonco, militem, advocatum de Chauvenci 
et Johannam, uxorem ejus ex altéra, coram clerico fideli curie Remensis ad 
hoc specialiter misso, super discordiis motis inter ipsos super villa de 

^^ Chauvenci et aquis, nemoribus et terris et pertinentibus ad ea secundum 
quod inferius continetur, talis pax et compositio intercessit sicut ipsi 
coram dicto clerico recognoverunl quod treffundus nemorum et aquarum 
ville de Chauvenci est ecclesie Sancti Huberti predicte, et quod abbas ejus- 
dem ecclesie potest et débet ponere forestarium ad nemoris custodiam et 

20 custodem ad aquas et deponere pro sue voluntatis arbitrio, et forestarius et 
custos aquarum debenl facere fidelitatem ecclesie predicte et Willelmo et 
advocato loci de juribus ipsorum custodiendis que talia sunt ut dicebant. 
De foresfactis provenientibus de nemoribus et aquis ecclesia Sancti Huberti 
habebit duas partes et advocatus terciam. Si contingat ecclesiam vendere 

2!s de nemore predicto, due partes precii erunt ecclesie predicte et tertia pars 
advocati, et poterit dicta ecclesia vendere quocienscumque voluerit nemus 
predictum. Sed ecclesia predicta de dicto nemore nichil dare poterit sine 
licentia advocati nec advocatus similiter sine licentia ecclesie. Similiter 
ecclesia poterit vendere aquas vel dare ad servitia et in precio venditionis 

30 et servitiis ecclesia habebit duas partes et advocatus terciam. Si vero aque 



iUi 



— 294 — 

lUi. vendite non fuerini nec date ad servitia, abbas poterit ibi piscari, si venerit 
in villa, pro suo esu et advocatus siniiliter, ita tamen quod idem advocalus 
nichil habebil in piscaria molendinorum, sed habebil unam nassam ad 
summum calceie que eril sua propria. Ecclesia poterit ponere et amovere 
majorem et scabinos in villa de Cliauvenci, et ipsi maior et scabini fideli- 5 
tatem facient ecclesie et advocalo de juribus suis custodiendis. Advocatus 
etiam non poterit manum apponere nec vim inferre alicui viro vel mulieri 
de Cliauvenci nisi quantum jus portabit et per legem ville, nisi tamen ab 
ecclesia fuerit evocatus. Advocatus etiam non poterit habere ceppum in 
domo sua. In hoc etiam convenerunt predicte partes quod quarteria terra- 10 
rum mansionariorum de Cliauvenci cordantur et remansurantur de novo, 
tali modo quod si mansionarius non habeat suum quarterium fornitum 
perficietur ei in nemore. Et si inveniantur terre ultra quarteria, advocatus 
in hoc consensit quod abbas eas possit dare ad terragia hominibus dicte 
ville, et quod terragia sint ecclesie predicte proprie. Si vero aliquis mansio- 15 
narius ejusdem ville contra premissa vellet venire in aliquo, advocatus ad 
hoc suam débet vim apponere. Si autem aliquis hominum de Chauvency 
recesserit a villa predicta vel de cetero recederet, terre sue rémanentes 
erunt ecclesie solius nec ibi partiretur advocatus, hoc salvo tamen quod 
abbas eos tenetur dare ad terragia et terragia erunt solius abbatis. âo 
Illos vero qui recesserunt et recèdent de cetero a dicta villa ecclesia et 
advocalus debent bona fide revocare et reducere. item in hoc convenerunt 
partes quod in villa predicta fiât furnus bannalis ita quod de proventibus 
ejusdem furni ecclesia habeat duas partes et advocatus terciam, et ad deten- 
tionem furni predicti ecclesia ministrabit duas partes et advocatus terciam 23 
sumptuum et expensarum. Si vero aliquis mansionariorum dicte ville non 
vellet coquere ad furnuni predictum, advocatus eum ad hoc compellere 
teneretur. Hec autem omnia promiserunt fide interposita coram dicto cle- 
rico se observaturos predicti Willelmus advocatus et Johanna, uxor ejus, 
promittentes sub ejusdem fidei interpositione quod contra premissa ratione so 
dotis vel alio modo non venient. Hec etiam omnia laudaverunt fide data 
Johannes et Ammelina, liberi dictorum Willelmi et Johanne; procurator 
etiam predictus pro dictis abbate et conventu promisit in verbo veritatis se 
omnia premissa observaturos, et de premissis omnibus inviolabiliter obser- 
vandis omnes prenominati jurisdictioni curie Remensis se supposuerunt. 35 



— 295 — 

In cujus rei (estimonium présentes litteras sigilio curie Remensis sede i?4i-i243. 
vacante ' fecimus communiri. Actum anno Domini inillesimo CC'» quadra- 
gesinio secundo, mense octobri. 



CCXXXIV. 

Jean de Juvincourl, chevalier, et son frère Bertrand de Juvincourt, aussi 
5 chevalier, vendent au prieuré d'Everynicourt le tiers du quart de la 
dime de Juvincourt. 

Avril 124Ô. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, il, P. 1. Il y avait 

deux sceaux. Le premier, rond (0"040) en cire verte, suspendu à une double queue de parchemin, 

10 est en grande partie conservé. Type : un écu burelé de treize pièces, à un chevron brochant sur le 

tout. Légende : 4' S . lOHA OURT. L'autre sceau a disparu; il reste un fragment de la 

double queue de parchemin. En tête : « Enregistré au 5« registre, foi. 45 ». 



1 



Universis présentes litteras visuris nos Johannes et Bertrannus, fratres et 

milites de Gevincort, notum facimus quod nos vendidimus et quitavimus 
15 priori et ecclesie béate iMarie de Evrignicourt terciam partem quarte partis ^ 

totius décime tam grosse quam minute de Gevincourt. Quam pater noster * 

bone memorie Renaudus li Gouge, miles, tenuerat medianle precio duodecies | 

viginti librarum Parisiensium, de quibus ad plénum a diclo priore nobis 

est satisfactum. Promisimus etiam dicto priori fide interposita quod contra 
20 predictam venditionem et quitationem per nos vel per alium nullatenus de 

cetero veniemus, sed de dicta tercia parle grosse et minute décime priori et 

ecclesie supradiclis legitimam portabimus garandiam adversus omnes juri 

parère volentes. In cujus rei testimonium présentes litteras sigillis nostris 

fecimus sigillari. Âctum anno Domini M" CC<» quadragesimo tercio, mense 
is aprili. 

* Après la mort de l'archevêque Henri II (•{■ 6 juillet 1242), le siège de Reims resta vacant 
jusqu'en 1244. 



1M5 



296 - 



ccxxxv. 

Garnier, évèque de Laon, notifie el confirme la vente 
relatée dans la charte précédente. 

Juiu l'2ir>. 

Original sur parchemin, assez cndoniniagc, aux Archives de l'Etat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
42, F. 1. Sceau gothique {0'"075 x O'^OA'2) en cire verte, suspendu à une double queue de parchemin. 5 
Type : un évêque debout, barbu, coiffé de la mitre, vêtu de la chasuble, bénissant de la main droite 
et tenant la crosse de la main gauche. Légende : * S . GARNEHl . DEI . GRA . EPISCOPI . LAUDU- 
NENSIS. Contre-sceau : une main dressée, le pouce et les deux premiers doigts levés. Légende : 
SECRETUM . MEUM . MIC[H]I. 

Garnerus, Dei gratia Laudunensis episcopus, omnibus présentes litteras lo 
visuris in Domino salutem. Noverit universitas vestra quod in nostra 
presentia constituli Johannes el Bertrannus, milites, fratres et quondam 
fiiii Kenaldi le Gouge, militis de Juvincourt, recognoverunt se vendidisse et 
quittasse priori et ecclesie béate Marie de Evrignicort tertiam partem 
quarte partis totius décime tam grosse quam minute de Juvincourt, quam is 
dictus Renaldus, pater predictorum fratrum,olim tenuerat in villa predicta, 
inediante precio duodecies viginti librarum Parisiensium, de quibus reco- 
gnoverunt sibi satisfactum esse ad plénum a dicto priore, et se de dicta 
tercia parte dicte quarte partis totius décime memorate in manu [nostra] 
devestiverunt. El nos ad pelitionem dictorum [fratrum, dictum] prioreni io 
nomine ejusdem ecclesie de Evrignicourt investivimus de eadem. Promise- 
runt etiam firmiter, fide [corporali interposita], dicti fratres quod contra 
predictas venditionem et quittationem per se vel per alium nullatenus de 
cetero venire [présument et quod] priori et ecclesie supradictis legitimam 
portabunt garandiam adversus omnes juri parère volentes. [Quas etiam :2a 
venditionem] el quitalionem Sybilia, relicta supradicti Renaldi le Gouge, 

noverca fratruijri predictorum et Heluidis, uxor dicti Johannis, 

[spon]tanea voluntate laudaverunt et approbaverunl coram fideli clerico 
curie nostre Johanne de Creceio, ad hoc a nobis specialiter destinato, fide 
corporali prestita firmantes quod contra venditionem et quittationem ïo 



— 297 — 

supradictas per se vcl pcr alium nulla ralione deinceps venirc prcsiiment^ hàz. 
nec in dicla (erlia parle i^rosse cl miniile décime, ralione dotis sive qua- 
cuinque alia de causa, aliqiiid amodo reciamahunl vel facienl reclamari. In 
cujus rei leslimonium el perpeluam memoriam présentes liUeras pat nies 
8 emisimus, sigilli noslri inuniinine salvo jure noslro el alieno roboralas. 
Acluni anno Doniini millesimo ducenlesimo quadragesimo lercio, mense 
junio. 



CCXXXVI. 



(iérard, abbé de Saint-Thierri/ du Monl d'Or, charge des arbitres de 
trancher un différend entre son monastère et l'abbaye de Saint- Hubert, 
10 au sujet de leurs droits respectifs à Amifontaine et à Juvincourl. 

30 novembre 1243. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, funds Saint-Hubert, 41, A. 2. Deux 
sceaux qui étaient suspendus à de simples queues ont disparu. 

Gerardus, Dei permissione Sancli Theoderici minisler humiiis lotusque 

15 ejusdeni loci convenUis omnibus présentes lilleras visuris in Domino 

salutem. Noverinl universi quod cum conlrovcrsia vcrlerelur inler nos el 

ecclesiam noslram Sancli Theoderici ex una |)arle el viros religiosos abba- 

Icni el convenlum Sancli Huberli in Ardania el ipsorum ecclesiam ex alia 

parle, videlicol super piscariis, aquis, pasluris cl molendino que nos el ipsi 

îo communiler possidemus a villa de Amica usque ad villam de Joviscurle, 

tandem, consilio bonorum medianle, super diclis controversiis el querelis 

fecimus compromissionem in nobiles viros dominos Joliannem de Aguisi 

el Henricum Le Bec de iN'ovo Castro, milites, qui milites dictas pasturas. pis- 

carias, aquas cl molendinum parlire tenenlur bene el légitime, bona fide et 

25 fide [)reslila corporali, el ulrique ecclesie parlem suam dividere et assignare 

proul melius potuerinl el eisdem ecclesiis viderinl expedire, el dicte ecclesie 

debcbunl esse contente parlibus sibi assignalis a diclis militibus eldivisis. 

Kt si forte conligeril quod nos vel abbas et convenlus Sancli Huberli veni- 

38 



— 29H — 

1543. remiis conlra parlitionem son divisionern super premissis a diclis mililibiis 
faclam, ille qui conlra venirci redderc (cncrclur parli obscrvanli diclain 
parlitionem seu divisionern a diclis mililibus, ut diclum est, faclâm.quadra- 
ginla libras Parisicnsium de pena et nomine pcne. In cujus rei leslinionium 
présentes blleras sigiilorum nostrorum munimine fecimus roborari. Dalurn 5 
anno Domini .>I"(X>XL" tertio, in die sancti Andrée apostoii. 



CCXXXVII. 



L'official de Reims fait connaître la vente de certains biens situés à 
Damery, faite par Arnoul de Pomesson et sa femme au chevalier Henri 
dit Le IVecjue, d'Lvergnicourt. 

Décembre 1243. \Q 

Original sur parchemin aux Arcliives de l'Elat, à Arlon, fonds SainUllubcrt, 41, A. 8. Sceau rond 
(0'"04îij en cire jaune, suspendu à une double queue de parchemin. Tj'pc : une cathédrale qui présente 
aux yeux son portail et son côté nord. Le pignon triangulaire et surmonté de la croix est flanqué de 
deux tours à flèche; devant, s'ouvre un portail percé d'une large porte; une troisième tour à flcchr. 
égale en hauteur aux deux autres, surmonte le transept*; le côte nord; perce de plusieurs baies cintrées, 15 

est muni d'un bas-côte perce aussi d'une porte sous un portique. Légende : ECCLIE 

Contre-sceau : une porte de ville, s'ouvrant dans une muraille crénelée et flanquée de deux tours 
demi-circulaires tronquées. Légende : ^OTA . REM . ECCLIE . 

Maj^islcr iMicliae/ de 8anclo Dyonisio, canonicus et olliciabs Remensis, 
omnibus présentes lilteras inspecturis salutem in Domino. Novcrint universi 20 
quotl in nostra presenlia constituli dominus Arnulphusde Pomesson. miles 
et domina Jacoba, ejus uxor, recognoverunl se vendidisse domino Hen- 
rico. diclo Bec de Kvrcgnicort, militi, quandam vineam quam Iiabebant. 
ut dicebant, sitam apud Dameri in loco qui dicilur Kuysseloi, moventem. 
ut dicebant, de licredilale domini Pclri quondani palris dicte Jacobe, que 25 
vinea ad ipsam Jacobam de dicta hereditatc diccbatur devenisse et erat 
sita juxta (a) vmeam domini Anselmi. Item recognoverunt se vendidisse 
iidem Arnulpbtts et Jacoba prefalo Henrico totum censum et omnes 

{a\ ( e mot répété dans le texte. 



— 299 — 

galinas que habebaiil et habere polerant usque ad dieu» hodiernurn lam i243-ii44. 
apud diclain villaru de Dameri quam cilra Marnam in parles Uemenses de 
anouo reddilu, que omnia predicla vendila eisdem Aruulpho et Jacobe in 
parleni de dicta liercditate predicli Pelri dicebantur devenisse, et lioc 
5 precio Iriginla sex librarum P;trisieiisium. de quibus dicli Arnulphus et 
Jacoba recognoverunt sibi esse satisfacluni ad plénum a dicto II. in pecunia 
numerala, promiltenles fide prestita corporali quod contra dictam ven- 
ditionem per se vel per ah'os ralione dotis seu aliqua alia ratione non 
venient in fuluruni, nec in prediclis rébus vendilis aliquid de cetero recla- 
10 mabunt nec facient reclamari, sed adversus omnes juri parère volentes 
legitiinani exinde portabunt garendiam secunduin loci consuetudinein 
emptori supradicto. Hanc auteni venditioneni Milo et Gilo, liberi diclorum 
Arnulplii et Jacobe, laudaverunt et approbaverunt et de non contrave- 
niendo fideni prestiterunt corporalem, supponentes se quantum ad prê- 
ts inissa jurisdiclioni curie Kemensis. In cujus rei lestinionium présentes 
litteras sygillo metropolilane sedis Kemensis vacanlis fecimus roborari. 
Actum anno Domini \h CC" quadragesimo tercio, mense decembri. 



CCXXXVIII. 



Le pape Innocent IF déclare que l'abbaye a droit aux dîmes des novales 
partout où elle lève les dîmes ordinaires, et cela dans la proportion 
20 de celles-ci. 

Latran, -21 janvier 124i. 

Original sur parchemin, ca fort mauvais état, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
103, G. 2. La bulle de plomb a disparu; restent des lacs de soie rouge et jaune. Sur le pli : • Duode- 
cima •. Sur le dos : o La cour, vcu les présentes et sur ce ouy le procureur général de Son Altesse 

25 Sércnissimc, a icclles réalisées et omologuécs pour cstre exécutées selon la forme et teneure aux termes 
de l'ordonnance de Sadite Altesse Sércnissjme cejourdhuy regislrée, sauf le bon droit d'un chacun, et 
ont lesdites présentes esté rcgistrccs sur copie collalionnée signée Dandov, notaire apostolique, para- 
phée du greffier de la cour et qui restera jointe au présent original, attendu qu'en icely se trouvent 
plusieurs mots effaces. Donné à Bouillon en la cour souveraine le vingt six juin mil sept cens trente 

30 six. Pour la cour. (Signé) : Spomtin ». A gauche : « Décret XXX», reg. X» ». La copie sur papier du 
notaire Dandoy, dont il est question, est cousue à l'original; on a rétabli d'après elle plusieurs 
passages effacés. 

Innocentius episcopus, servus servorum Dei, dilectis tiliis abbati et con- 



— 300 — 

•*^^- venlui Sancii Humbfrti de Ardcna. ordinis [Sancli Bonedicii], Lcodiensis 
dioccsis, salulem et aposlolicam benodiclioncm. i?olet [annuere] sedes apos- 
lolica piis volis cl honfi.tis poteriliun) prccibus favoren] benivolurn impat- 
!iri liaproptcr, dilecli in Domino (ilii, ves liis| jusiis postulafionibus t^ralo 
concurrentt's a^scnsu, auctorilate vobis prcsenlium indiilj^enius ut lin locis 3 
ilbs). in quibus vobis dccimae sunl conccssae. pro ca [porlione], que vefe- 
res jusie percipilis, novahiim [quoque] décimas, de quibus ab'(|uis baclenns 
non percepit, cnm [cui] majus conccdilur minus denegari non debeat, per- 
cipcre valealis ^'ulli ergo omnino hominum liceat [banc paginam nostre 
conccs'sionis infringere vel ei ausuj leniprario contraire. Si quis [autem 10 
hoc altcmplare pre]sumpserit, indignalioiieni omnipolontis Dei et beatorum 
Pétri et Pauli apostolorum ejus [se noverit] incursurun» Datum Laterani, 
VI kal. febr.. ponlificatus iiosiri anno primo. 



(XXXXIX. 



Gobert, chevalier de IFeUin, de concert avec son frère Lambert, donne à 
l'abbaye un muid, moitié seigle moitié avoine, à prendre annuellement 13 
sur leur part de la dîme de Masbourq. 

.Saint-Hubert, !•■■ féviifr l-24i (ii. si.). 
4» ' ^ 

Original sur parchemin, de très petites dimensions, aux Archives de l'État, à Arion, fonds Saint- 
Hubert, sans indication de classement, il y avait une ou deux simples queues qui ont clé arraehccs. 
Le document, fort mal conservé, est devenu en partie illisible. Au dos : » Masscbourch. Charla dona- 20 
tionis unius modii cujus mcdietas silige [sic) et altéra avenc, décime de Masburgh, per Gobcrtum 
militcm (!c Wclin et Lanibcrlum fratrcm ejus ». — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Car- 
tulaire lia»"', fol. 150. 

DovEN Cl RoLA.ND, Lc cantoTi de Wellin, p. 250 (d'après la copie). 

Ego Gobcrlu^, miles de Webn, universis presens scripttim inspecluris 25 
notum facio quod cum frater meus l.amberlus parlem décime de Maisboir 
de me tencret in feodum. in boc parifer convenimus quod unum modium 
ejusdem décime, qui in perpetuum primo solvelur, cujus medietas siliginis, 



— 501 — 

altéra eril avene, in manu mea reporlavil. Kt ego de ipsius voliintario iUÀ. 
consensu ipsum modium contiili cliaritalive in eietiiosinarn fratribus mona- 
cliis de Sanclo Huberlo in pietanciam el sue prébende augmcntationeni, 
qualcnus los pro me apud Deum assiduos [inveniam] in(ercessores. In 
6 cujus rci leslimoniuni sigillum INicliolai decani de [Uupejforli cum moo 
sigillo fcci apponi. Aclum soleinpniler apud Sanclum Huberlum, kalendis 
februarii, anno Domini MoCC°[XL) tercio. 



CCXL. 

Albert III, abbé de Saint- Hubert, et Jean de Laferlé, abbé d'Orval, chargent 
des arbitres de trancher le débat de leurs maisons au sujet des préten- 
10 tions du prieuré de Cous. 

Longuyon, ^0 juin MIK 

Celte charte manque au chartricr et au cartulaire de Saint-Hubert. Nous la reproduisons d'après 
GoFFiNET, Cartulaire de l'abbaye d'Orval, p. 283. 

Ego Mbertus, Dei palienlia abbas Sancti Huberti in Ardenna, totusque 

15 ejusdem loci conventus, et nos fiater iohannes, diclus abbas Aureaevallis 

et conventus notum facimus universis quod nos, de communi assensu. de 

omnibus quereiis et coniroversiis quas babemus ad invicem, usque ad 

hanc dicm compromissionis, ralione domus Cunensis, conlra grangiam 

de Kugnei et grangiam de Nordrecamp, compromisimus in dominuni 

20 Pelrum, canonicum de (jonguion. et dominum Theodoricum, mililem de 

Eugnei, ila quod quidquid inde dicent et ordinabunt, sive per jus sive per 

amorem, nos sine omni conlradiclione firmiler Icnebimus; et quia dicti 

arbitri sigiila non liabenl, dictum suum sive ordinalionem suam sigillo 

domini Cunensis roborari facient. Igilur, ut ista compromissio immulabi- 

25 liter Icneatur, sigiila noslra apponi Cecimus buic scriplo. Aclum anno 

Domini M» CC" XLIIII", feria socunda ante feslum Sancli Johannis 

Baptistae. 



1144 



302 - 



CCXLI. 



L'o/jîcial de lieitns atteste plusieurs affranchissements faits à Reims 
par Perrot de Lilliers, écuyer, et par sa femme Emmeline. 

Novembre 1244. 

Original sur parcheniia aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 4i, A. 11. Sceau 
disparu. 5 

Magister Michae/ de Sancto Dyonisio, canonicus et oITicialis Remensis, 
omnibus prescnles lilleras inspecluris salulem in Domino. INoverint uni- 
versi quod corani magistro IMarlino, Remensis curie sigillatore ad hoc 
specialiler deputalo constiluti Perrotus de Liliers, armiger, dominas de 
Hadoe et domicella Emelina, ejus uxor, recognoverunt se manumisisse et ab lO 
omni jugo servitulis in perpeluuni libérasse Marotam, uxorem Acelini de 
Radoe, omnes filios et filias dicte Marote lotamque famih'am quani habebat 
ad presens et liabere poterat in futurum tam a defuncto Johanne, quondam 
marilo dicte Marote, quam a prediclo Acelino. Item Borelam, Gerardum 
fib'um dicte Borete, Hersandim uxorem dicti Gerardi et omnes filios et 15 
fibas dictorum Gerardi et Hersandis, quos vel quas ad presens habere pote- 
rant et habebunt (a) in futurum Gerardus et Hersandis supradicli. Rem 
Walterum, nepotem dicte Warote, cum omnibus rébus omnium personarum 
prediclarum, salvis reddilibus et justiciis prediclorum Perroti. et Kmeliiie, 
uxoris Perroti superius nominati, concedenles prefati Perrotus et domicella 20 
l'^melina, uxor ejus, predictis personis et eorum heredibus meram et perpe- 
luam libertalem, volentes eliam iidem Perrotus et Emelitia, ejus uxor, quod 
predicle persone et heredes earundem sub quocunque domino ipse persone 
et dicti lieredes voluerint de cetero commorentur. Et hec predicla facta et 
concessa fuerunt mediante precio viginti et septem librarum Parisiensium, 25 
de quibus prefati Perrotus et uxor ejus recognoverunt sibi esse satisfaclum 
ad plénum a préfatis personis in pecunia numerata. Promillentes iidem 
Perrotus et Emelina, Gde prestita corporali, quod contra dictas manumis- 

\a) habebaut le texte. 



— 305 — 

sionem et scrvitulis manumissionem et libératîonem ralionc dolis scu 124* 
aliqua alla ralione non vcnient in fulunim, ncc in prediclis persnnis 
liercdibus et rcbiis earunulcm ralionc dolis servilufis vel aliqua alia ralionc 
perse vel per alios nicliil de cclero reclariiabiinl née facicnl rcclamari, sed 

» adversus omnes juri parère volentes legiliniam exindc porlal)unl garen- 
(h'am, personis el beredibus eariindem supradictis supponenles se quanlurn 
ad prcdicla dicli Pcrrolus et I>mebna, ejus uxor, jurisdiclioni curie 
Kemensis. In cujus rci leslimonium presenles lilteras sigillo nielropolilane 
sedis Uemensis vacanlis fecimus roborari. Aclum anno Domini .M"CC"XL° 

10 quarto, niense novembri. 



CCXLII. 

Des arbitres tranchent un débat entre les abbayes de Saint-Hubert et d'Orval 
relativement aux prétentions du prieuré de Cous sur certains biens 
d'Orval. 

Longuyon, 26 novembre 1244. 

15 Cette charte manque au charlricr et au cartulairc de Saint-IIubcrl, Nous la reproduisons d'après 
GoFFiNET, Cartulairc de l'abbaye d'Orval, p. 285. 

Je Pieres, cbanoines de Longuion, et je Tierris, chevaliers de Euigni, 
faisons savoir à los cheus ki ces ielrcs verront que de la mise ki fut sor 
nos entre la maison de Cons d'une part, et les granges de Euigni et de 

20 iNordrochamp d'aulre, par le conscnlcmcnt des abbcs et des covens de 
Saint Humbert et d'Orval, des bcslcns ki esloient enlr'eus a chou jor que 
cislc mise fu faile, si com des dimes des Perchcles et de ^ainl Koweil, ke 
li devant dite maisons de Cons rcclamoit envers les devant diles granges, 
nos avons esquis (a) loiaumcnf, cl lrov(M*t que li devanldiles granges furent 

25 tenans des Irefons, dont li devanldiles dimes mevent, devant le gênerai 
concile. Et com nos aienz veut el regardeit les privilèges et les charlres de 
la maison d'Orval, par le consel de proudomes, reportons et disons ke li 

(a) enqais ? 



— 304 — 

iU4. maisons de Cons n'at nul droit en desordites dimes, ains sont totes 
paisuieles à devantdiles granges. Et por chou que cis dis et cis rapors soit 
ferme et estables, avons nos, par lassenlemenl et par la requeste des parties, 
projet monsignor Jakemon de Cons k'il metist son seel à cest escrit, et il 
ri a mis. s 

Cis dis et cis rapors fu faiz à Longuion, l'endemain de la Sainte Kathe- 
rine, en la présence le devant dit Jakemon, signor de Cons, Arnout le 
signor de Louppi, et le chastelain de Sethenai, et pluisors autres, en l'an 
INostre Signor quant li miliaires corroit par mil et deus cens et quarante 
quatre ans. lo 



CCXLIll. 

Garnier, évêque de Laon, fait savoir qu'Odon de Neufchâtel a donné 
au prieuré d' Evergnicourt une partie de la dime de Guignicourt. 

Décembre 1244. 
Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlun, fonds Saint-Hubert, 42. Sceau disparu. 

Universis présentes litleras visuris Garnerus, Dei gratia Laudunensis i5 
episcopus, in Domino salutem. Moverit universitas vestra quod in nostra 
presenlia constitutus Odo, presbiter de Novo Castro, recognovit se contu- 
lisse in perpetuam elemosinam ecclesie Béate Marie de Evrignicort scxtam 
partem quarte partis tolius décime tam grosse quam minute de Guignicort, 
provenientem eidem 0., ut dicilur, ex quadam elemosina sibi facta ab io 
Ermengarde, quondam avia ipsius 0., et quicquid juris habebat vel habere 
poterat in tola décima supradicla quoquomodo, de qua se in manu nostra 
devestivit ad opus ecclesie supradicte, supplicans humiliter et dévote 
ut de ipsa décima prefalam ecclesiam investiremus. JNos vero, devotionem 
ipsius presbiteri attendantes, qui profectum dicte ecclesie béate Marie quan- 2» 
tum cum Deo possumus diligimus, de predicta sexta parte dicte décime et 
de omni jure quod predictus Odo presbiter habebat vel habere poterat in 
eadem priorem loci nomine ecclesie de Evrignicort sollempniter investivi- 



— 505 - 

mus. salvu jure noslro et onini alieno. in ciijus rei testimoniuni présentes itu. 
iitteras patentes emisimus sigiili nostri munimine rohoratas. Actuni anno 
Domini M» ducenlesimo quadragesimo quarto, mense decenibri. 



CCXLIV. 



Nicolas, sire de Rumigmj, donne à l'abbaye une rente de douze deniers 
b parisis à percevoir sur ses renies de Geroumont. 

Décembre 1244. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-tlubert, 58, H. Sceau disparu. 
— Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire H2'''', fol. 79 v. 

Je ^^icoles, sires de Hugminy ', fas savoir a tous ceus qui sunt et qui a 
10 venier sunt que ju ai deneit en amone a leglise Sain Hubert d'Ardenne 
douse deniers Parisis a penre par an a toujours a la rente de Geroumont 
pour moi et pour ma femme et pour mes enfants et pour ma maingnien, 
que Dieux en soit waurde par la prière Sain Hubert. El por ce que soit 
ferme chose nos avons ce lettres celées de no ceal. Ce fu fait en l'an de 
18 incarnation [Nostre Segneur mil ans deus cens ans et quarante quatre ans, 
en mois de décembre. 



' Maigre la bizarrerie de cette orthographe, ou ne peut hésiter à reconnaître ici Nicolas V de 
Kumigny en Thiérache, dont la carrière est savamment exposée par M. Roland, dans son étude inti- 
tulée : Histoire généalogique de la tnaison de liumigny-Fhrennes , pp. 148-169. (.innales de la Société 
20 archéologique de Namur, t. XIX.) 



39 



Ii4h. 



306 — 



CCXLV. 



Les officiavx de Heims notifient un affranchissemeni fait par Perreqvin 
dit de Lillel (alias Perrot de Lilliers, voyez le n" (]CXLI\ écuyer, et par 
sa femme Emmeline. 

8 juillet 1-245. 

Original sur parclieiniii aux Archives de rËlal, à Arlon, fonds Saint-Hubert, il, A. 11. Fragment de 5 
sceau en cire brune, de Pofficialité de Reims. 

ÎMagisIri Johannes de Blesis, canonicus et (ierardus de Menesio. ofTiciales 
Remenses, omnibus présentes lilleras inspecturis in Domino salulem. Nove- 
rint universi quod coram Theoderico. clerico fideli curie Remensis. a<l hoc 
spccialiter misso consliluti Perrequinus diclus de Lillel, armiger et domi- lo 
cella Kmmelina, uxor sua, iMainnolam, uxorem Arnulphi de Radewez et 
heredes proprii corporis dicte Mainnote, quos dicti Perrequinus armiger et 
domicella Flmmelina dicebantesse suos homines de corpore, in perpetuum 
manumiserunt et ab omni jugo homagii et honere servilutis quilaverunt, 
medianlibus (a) vinginti duabus libris Parisiensium, de quibus dicti Perre- i5 
quinus et limelina recognoverunt coram dicto clerico a dictis Mainnota 
et ejus proprii corporis heredibus creantum suum ad plénum récépissé in 
pecunia numerata, conferentes dicti P. et E. et restituentes dictis M. et 
heredibus sui proprii corporis omnimodam libertalem quam possunt eis 
conferre, promiltentes eliam dicti P. et E., fide prestita corporali, quod 20 
contra dictam manumissionem perse vel per alios non venient in futurum 
et quod in ipsis ratione homagii nichil de cetero reclamabunt vel facienl 
reclamari, sed legitimam exinde porlabunt garandiam dictis M. et heredibus 
sui proprii corporis erga omnes juri et justicie parère volentes, renun- 
ciantes omnibus et singulis exceplionibus que sibi nunc competunt et '25 
quibus renuntiare possunt ad veniendum contra manumissionem supra- 
dictau), supponentes se dicti P. et E. super premissis juridictioni curie 
Remensis. Acl'um anno Domini lVI»C(>XL° quinto, sabbato post octavas 
beatorum Pelri et Pauli. 

(a) medientjbus le lextt. 50 



— 307 



CCXLVI. 

lioberl de Torole, évèque de Liège, alteslc que Pierre de Hitbinne, cheva- 
lier, a garanti sur sa terre de Malihoux une rente de douze sous liéqeois 
qu'il reconnaît devoir à l'abbaye pour les ferres d'Odet. 

Février 1:24(5. 

K Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 98. Odct. 3. Le 
sceau, qui a disparu, était suspendu à une simple queue, dont on a fait ensuite une queue double en 
la détachant et en l'insérant dans une incision du parchemin. 

Roberlus, Dei gralia Leodiensis episcopus, universis présentes lilleras 
inspecturis in Domino salulem. INoverit universilas veslra quod dilectus in 

10 Clirislo filius el fidelis nosler Pelrus de Hubines, miles, in presentia nostra 
recognovit se teneri abbali et ecclesie Sancti Huberti de Ardenna in decem 
solidos Leodienses anniialim nomine census persolvendos in perpeluum in 
curia de Oudain. in die Epiphanie Domini. et de hoc tenendo et firmiter 
observando assignavit idem miles jamdiclis abbati et ecclesie tolum tene- 

15 mentum suum quod habet apud Malisuel \ tam in terris arabilibus, pratis, 
ortis, quam nemoribus, quod tenementum fuit quondam Lieberti dicti Le 
Hongre. Et ad id faciendum el in perpetuuin observandum prefatus miles 
se et heredes suos obligavit. Actum anno Domini M'^CC^XL" quinto, 
mense februario. 



124^. 



CCXLVIl. 

20 habeau, dame de Monjoie et de Méraude, s'accorde avec l'abbaye 

quant à leurs droits respectifs à Nassogne. 

(Du 1" au 7) avril 1-246. 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire Hâ""'', fol. 141 v», dans 
un vidinius ainsi conçu : » In nomine Domini amen. A tous ceulx qui cest présente coppie vierront 

55 • Malihoux, dépendance de la commune de Havelange, province de Namur. L'archiviste de Saint- 
Hubert avait inscrit sur la chemise de notre document, à la suite du résumé de celui-ci : • N. B. Je 
crois que ce Malisuel est Marloix, où un seigneur de Hubinnes a prétendu droit de vouerie ». 



— 508 — 

1346. lyiTonl fl orront, Collarl de Vervo, par la divine Providence abhe de l'egliese ou monastère Saint- 
iiulicrt en Ardenne, diocèse de Liège, salut en Dieu pcrnianabic. Sachics que nous certaines lettres ou 
cartez de noble dame Ysabialz, dame de Montjoic cl de Meraude, saiellcs de son seele'de chire bluiic 
pour l'anchienetcit délie comme il opparoit pendant a cordealz de filial moitié blanc et noir, non 
vicieuse, non abrasec ne en aulcunc partie suspect a nous reaiment en présence de notaire publicquc 5 
cl des tesmoins subscrips en leur formes originelles présentées et exhibuecs, avons rccheut, tenue, 
weyut, tanslecs, regardées et diligemment periisucz, ens queils regardemenls, tanslement et perlisc- 
nienl, pourtant que cest présente coppie avons Irovec en tout avccq les dites originelles sens riens 
adjouster, varieir, mucir en substance qui le sens ou rentcndcmens d'icclle muwez ou variez concor- 
dant. Nous Colar de Vervo, abbe desseur nomeit, ccsl coppie par sire Bernart notre notaire el 10 
escripvens en ce cas dcsoubs cscrips de chu faire subcscripre et (?) signeir avons mandeit et de notre 
scelle de notre abbacialitcit saillet. Donneit et fait à Saint llubiert en notre monastère sur l'an de 
grâce milhe quatrcscens cl sixliante et trois, tndiction xi°, de mois de jullct le quinsieme jour, a heure 
de nonc ou environ, délie pontificalion notre trcssainl pcreen Dieux et s*"^ s*' Plus, par la divine Pro- 
vidence de celz nom pape seconde en son siseme ans, presens ad ce saigcs et discreis hommes Gerart 15 
Jamot de i^ainl Hubert et Johan Monamy de Masbor, tesmons ad ce spécialement bûchiez, priics, 
requis et appeileis. Les teneurs des lettres devantditles s'cnsuyvenl el sunt telles. (Suit la charte, après 
laquelle le vidimus continue.) Ainsy subsigne. Et je Biernart Anthoine, prcbstre del diocèse de Licge, 
puble del auctoriteil impériale notaire, pourtant que j'ay este presens avecque les dessus nommeis 
tesmoins la [où] ces dittes lettres ou chartes ont csteit presenteez, recheuttez, tenuez, tansteez, regar- iO 
(leez cl par my mcismes perlisuez ensi que chi descur est escrips, en ai je ceste présente coppie de mu 
propre main escripte et en celle puble forme par le commandement dcdil monseigneur ly abbe de 
Saint-Hubert reduictc et mon signe et nom publcs et accoustumeit avecque le seel de dessusdit 
seigneur a ces présents appcndu, signe en lesmoingnage des choses devantdiltcs, sur ce pries el requis ». 

En 1246, la fêle de Pâques tomba le 8 avril ; notre diplôme, s'il est date d'après le style gallican, 25 
est donc antérieur à cette date, sinon il porterait celle de 1247. On ne peut pas supposer qu'il appar- 
tiendrait au mois d'avril de 1247 n. st., car en 1247, le renouvellement de l'année selon le style 
gallican eut lieu le 1" mars. 

Je Ysabiauz ', dame de Monjoie et de Meraude *, fais scavoir.a tous ceulx 
qui cest letlre vieront que de descors quy asloient entre moy d'une part 50 
et l'abeit et le couvent de Saint-Hubert d'aullre part de la vilhe et de ban 

' Isabeau, fille de Thibaut de Bar et d'Ermesinde de Luxembourg, épousa vers 1218 (voyez Wûrth- 
Paquet, Publications de la Société historique du Grand-Duché de Luxembourg , t. XIV, p. 70j Waleran 
le Long, seigneur de Fauqucmont et de Monjoie, et fils du second mari de sa mère. Elle reçut en dol 
Marville, Arancy et Meraude (voyez Labave, dans les Annales de la Société archéologique de Namur, 35 
t. XXII). Elle signe encore des diplômes de 1285 à 1262. En mai 1263, son fîls Waleran parle d'elle 
comme d'une morte (voyez Wurth-Paqlet, loc. cit., t. 'S.y, passim). 

* Meraude, dont l'étymologie populaire avait fait dès le XI1I« siècle Emcraude, est le nom primitif 
du château de Poilvache, et nous en possédons ici la plus ancienne mention diplomatique. Sur ce nom, 
voyez G. KtriTH, La frontière linguistique en Belgique et dans le nord de la France, t. I, p. 375. 40 



— 509 — 

de Nassoigne el des forez et des appendices, par conseilh de bonnes gens ii4B. 
sununes accordeis en telle manière que ly abbe et ly couvens devantdit en 
la vilhe de Nassoingne doient avoir leurs anchiennes rentes el leur cens, 
et doient mettre mayeur et esquevins et forestier et oslere, el cil esquevins 
^ par devant le niaieur jugeront de lor cens et de lor rentes et des amendes 
et des forfais qui en deveronl yssir, et s'il nen sçavoient jugier ils s'en 
deveroienl radrechier à la court de Saint-Hubert. Et nous summes assenty 
que la borgesie et la franchise qui astoit à Nassoingne remaint por lor lois, 
et l'assise que ly borgois doyent sierat nostre et a ceaux qui siéront voiet 

10 do lieux, et cil meismes eschevins devant dit jugeront de la borgoisie el de 
la franchise et de l'asisse devant ce maieur meisme, et s'il ne sçavoient jugier 
il s'en radrecheroient à la court de Meraude, et de tous les meffais et des 
amendes qui en isceroienl et des cens et des rentes l'abeit et le couvent 
devantdit et de le franchise et de l'assise devant dilte et de tous aultres 

15 meiTais il auront la moitié et je el li voeit l'autre, et ly maire et ly eschevins 
et ly forestier seront aussy bien en ma faiteit comme en la faille l'abbeit et 
le couvens devans dis. Des forest et des bois summes nous assenty en teille 
manière que de tous les prens qui en ischeront ly abbes et ly couvens en 
aront les deux parte et je et my hoirs le tiers. Et tous li vendaiges qui 

20 siéront fait des paissons et des bois doient estre fait ensemble par communs 
assens de moy d'une part et l'abbeit et le couvent d'aultre part, et cil qui 
achetteront doient finere et faiere créant a chacun de sa partie. Et je et my 
hoirs devons conduire les marchans allans et venans sens costange et sens 
lowier devant, et pour chu que ce soit ferme chose et estable permanable- 

25 ment, je ay fait ses lettres saielleit de mon seille. Et ces lettres furent 
données l'an del incarnation milhe et deux cens ans et quarante siex, el 
moys d'avril. 



1246. 



340 — 



CCXLVIII. 

Leè officiaux de Heims attestent qu'Arnoul de Pomesson et sa femme 
Jacqueline vendent à Henri Le Bec d'Evergnicourt, chevalier, deux pièces 
de vigne situées sur le territoire de Damery. 

Avril 124B. 

Original sur parciiemin aux Archives de l'Ëtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, A. P. Deux frag- S 
ments du sceau de l'offîcialité de Reims, suspendus à une double queue de parchemin. Sur la 
chemise : • Nihil » . 

Wagister Johannes de Blesis canonicus et Gerardus de Menesio, ofllciales 
Kemenses, omnibus présentes lilteras visuris in Domino salutem. Noverint 
universi quod dominus Arnulphus de Ponmaisson, miles, domina Jaka, lo 
ejus uxor, iMiletus, Giletus et Agnetis, liberi ipsorum A. et J., coram 
Henaldo de Remis, fideli clerico curie Remensis ad hoc misso constitutif 
recognoverunt se vendidisse domino Henrico Le Bech de Evregnicurte. 
militi, duas pecias vinee silas in territorio de Damereio, una loco qui 
dicitur Coullardain, inter vineam domini Anselmi ex una parte et caminum 15 
ex altéra, et alia loco qui dicitur Pierre Wivre, que fuit domini Pétri, 
patris dicte J., et medietatem domus que fuit dicti Pétri, site apud Dameri. 
cum torculari et cum appenditiis earundem, et hoc precio quadraginta 
librarum Parisiensium, de quibus dicti venditores recognoverunt creantum 
suum habuisse a dicto H. in pecunia numerata. Promittentes dicti vendi- :2() 
tores, fide prestita corporali. quod contra venditionem istam ratione dotis 
vel alia quacumque ratione por se vel per alios non venient in futurum, 
sed adversus omnes juri parère volentes legitimam exinde portabunt 
garandiam Henrico memorato, renuntiantes expresse exceptioni non numé- 
rote et non soluté pecunie, omni juris auxilio tam canonici quam civilis, et 25 
omnibus aliis exceptionibus que sibi nunc competunt et quibus renuntiare 
possunt ad elidéndam venditionem supradictam, et quantum ad hoc se 
supposuerunt jurisdictioni curie Remensis. In cujus rei testimonium pré- 
sentes litleras sigillo curie Remensis fecimus communiri. Actum anno 
Domini millesimo ducentesimo quadragesimo sexto, mense aprili. 30 



511 - 



CCXLIX. 

Gui, chanoine de Reims, vend à Henri Le Bègue, d'Evergnicimrt, 

certains vinages à Damery. 

20 septembre 1240. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 41, A. 10. Sin)pl(- 
b queue de parchemin sans aucune trace de sceau. Sur la chemise : « IVihil «. 

Dominus Guido^ canonicus Remensis, dictus Higes. omnibus présentes 
litleras visuris in Domino salulem. Noverilis quod dominus Henricus miles, 
dictus Li Bes de Evregnicorte, evicit sive resensit a me vinagia que dominus 
Aoselmus, miles, dictus de Lescliiele, habuerat apud Damereium et que 

10 vendiderat domino Thome de Villari, militi, a quo Thoma ego Guido dicta 
vinagia eviceram tamquam hères, et bas présentes litteras visuris signifi- 
cavi. Datum anno domini iVl« CC^'XL sexto, ferla quinta post exaltationem 
Sancte Crucis. Insuper ego dictus Guido recognovi creantum meum 
habuisse ad plénum a dicto Henrico de vinginti quinque libris Parisien- 

15 sium fortium pro evictione dictorum vinagiorum. Datum ut supra eadem 
die et eodem anno. 



124«. 



CCL. 

L'abbaye de Fauclair donne à celle de Saint-Hubert vingt setiers de seigle 

sur ses dîmes de Prouvais pour rachat de ce qu'elle lui doit à lUontchery 

et à Frontigny, et convient de faire trancher par des arbitres leur diffé- 

20 rend relatif aux terrages et aux gelines revendiqués par Saint-Hubert 

à Montchery.. 

18 octobre 1246. 

Original perdu. Sur la chemise qui renferme ce document, ainsi que celui de 1207 (ci-dessus, 

n* CCLIII), on lit : • Les originaux de ces deux titres ne se retreuvent point ». — Copie authentique 

2h des notaires royaux au bailliage de Vermandois, Rebuy et Millet, du 26 mai 1665, revêtue aussi de la 



— 3i2 — 

1446. signature de Doiii Eiiiilian Bclleville, administrateur d'Kvergiiicourt. Ku tèli- : « Enregistré au 
h' registre, fol. 46 ». — Copie authentique de cette copie, signée le 2U février 1069 par Doin Jean 
Chrysostome Emette, administrateur du prieuré d'Évergnicourt, par Claude Uaumont « lieutenant 
d'Évergoicourt, et par Jean Lcsoubz, demeurant audit lieu i. 

Universis présentes lilleras visuris frater IV/rws, diclusabbas VallisClarae. "> 
lotusque ejusdem loci convenlus saluleni in Domino. ÏNoverit universitas 
vestra quod cum ecclesia nostra lenerelur viris venerabilibus et religiosis 
abbati el convenlui S. Huberli in sex sextariis siliginis ad mensuram Novi 
Castri in grangia noslra de Montchery et in sex sextariis siliginis et sex 
frumenti ad candem mensuram in grangia nostra de Frontigny, deducendis »o 
a nobis in propriis vecluris apud domum eorum de Evrignicort. nos, pro 
evidenti ulilitale domus nostrae, taie cum praedictis abbate el conventu 
fecimus eschambium, quod ipsi pro praedictis duodecim sextariis sih*ginis 
et sex frumenti percipienl annuatim in décima nostra de Provisies viginti 
sextarios siliginis ad mensuram supradictam, et sic grangiae nostrae is 
immunes erunt a debito supradicto. Dedimus etiam ipsis in recompensa- 
tionem dicti eschambii decem solidos Parisienses quos annuos censuales 
habebamus apud Prouvais, ventas et vesturas portantes et duos solidos 
Parisienses quos annuos censuales habebamus apud Briegne, eo modo 
quo nobis debentur. Si vero in dictis decem solidis et duobus etiam duo vel 20 
très denarii inventi plus fuerint, sui erunt: si autem minus, nihil eis refun- 
dere teneremur. Insuper el notum fieri volumus quod nos pro evidenti 
utilitate domus nostrae ex parte una et praedicti abbas et conventus ex 
altéra compromisimus in dilectos nosiros dominum Johannem capella- 
num de Guignicourl, magistrum Henricum curatum de Gugnicort, Hen- 25 
ricum militem de Evrignicort et Radulphum clericum de Provaix, super 
eschangio faciendo super parte quam dicti abbas et conventus habent 
contra nos in terragio sartorum de Montchery et gallinarum quae debentur 
ratione sartorum dictorum, ita quod dicti viri debent bona fide sub 
juramento praestito intègre valorem dictae partis dictorum abbatis et >o 
convenlus in diclis terragiis et gallinis, et super hoc verilate inquisita nos 
in recompensa'lionem praedictorum debemus valorem ipsorum ipsis resti- 
luere ad dictum et aeslimationem hominum praedictorum in residuo 
decimae nostrae de Proviseux. Quod si forte ipsum residuum tantum non 
>aleret. quicquid supercreverit debemus eis assignare in décima nostra de 55 



— 513 — 

(îuignicorl. Si vero aliquis praediclorum arbilrorum infra Pascha, infra i-24's. 
quod (licluni eoruin débet proferri,decesserit vel aliquod liabeal lalionabile 
iinpedimentum, quaelibet pars pro suo libitu alium eligere poteril Hde 
dignum, nolandurn vero quod praeth'cti abbas et convenlus quicquid in 

s diclis decimis de Provisues et de Guignicort ralione sexiarioruin sihginis 
et frumenli et etiam ralione sartorum praediclorum accipienl in vecturis 
propriis deduci facient, ita quod ecclesia noslra ab omni deductione libéra 
eril cl imtniinis. Omnia autem instrumenta quae super praediclis sexlariis 
siliginis et frumenli, sarlis et gallinis speciab'ler confecla sunl, restituet 

10 pars altéra parti alteri bona fide et resignabit. In cujus rei teslimoniuni 
présentes littcras emisimus sigilli nostri muniminc roboratas. Actum 
anno Domini millesimo (X quadragesimo sexto, in die beati Lucac Evaii- 
^elistae. 



CCLI. 



Gilles, sire de Rocheforl, et Thibaut, sire de Mellier, déclarent que la paix 

is est rétablie entre l'abbaye et l'avoué de Saint-Hubert, au sujet d'une tnaison 

construite par le grand-père de ce dernier dans le bourg de Saint-Hubert. 

M novembre 1:246. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 74, C. 12 (priniilivc- 
nicnt 119, A. 1.). Sceaux disparus. Sur la chemise on lit celte note : t Ces pièces ont servy dans le 
20 procès entre Sa Majesté Catholique et le prince de Liège pour la souveraineté de Saint-Hubert, comme 
appert par les copies qui sont en la layette H9, A. 1. Vesqueville ». 

Une analyse de celle pièce, d'après une copie extraite d'un registre reposant à la Bibliothèque 
royale de Paris au XVIII« siècle, a été publiée dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, 
t. VH, p. 511. 

23 Je Gilles, sires de Hochefort et je Tiebaus, sires de iMalliers, a tous ceas ki 
cest escrit verront et orront faisons conoissanl ke nos avons fait pais de 
l'abc et do covent de Saint-Hubert d'une part et dou signour Henri la 

40 



— 314 — 

i-24t;. advoel de 8air)l-Huberl d'autre, en tele manière ke de la maison ke mes 
sires Henris, ses taons, li vies advoes advoil faite a Saint-Hubert sour le 
contredit label et le covent, ke il l'a aquitee a tout le Irefons, se nul droit 
i avoit, a devant dit abet et a covent, ne maison ne puet faire en la ville ne 
ou pourpris de Saint-Hubert ne allours en la terre Saint-Hubert la ou tort s 
les en face, et de cbe les en doit-il donrjer les lettres de leglise de 
Saint-Lanbert de Liège et les sees et tesmonnage de vérité. Et pour tel 
aquitance l'en a donne l'abes et li covens devant dis soissante lib. de pari- 
sis, et des bestens et entrepreseures ki sunt faites et avenues en la terre 
Saint-Hubert, dont il est voes puis que messires Henri ses taons fu mor, il lo 
ont pris disours de conimunne assens mon signour Lanbert de Wellin et 
mon signour Jaque de Givel, likuel les doient accorder par droit ou par 
amours. Et se cil doi se discordoient, nos doi sommes soveraine; et se li uns 
de nos defalloit, li aulrez sofiroit a parties. Et de la venue de Chivignhi et 
de Saint-Hubert il en est pais par (a) nos dis, et se noveles entrepreseres i is 
avenoienl, li devant dit disour L. et J, les apaiseroient ensi comme des 
autres. Et de che .... (6) je Gilles de Rochefort ai pris pièges de chascune 
partie de cent mars, ke renderoit a nos ki la mise ne warderoit. Li plege 
l'abe et le covent sont cist : de Bastongnhe et de Rochefort li doine mes 
sires Hues de Bras et sires Jacque de Givel et Thomas de Wellin; li plege 20 
le voel sont cist : messires Lanbers de Wellin, messires Henris de Wellin, 
messires Tiebaus de Malliers et messires Watiers de Nueville. Et pour che 
ke ce soit ferme chose et estaule, nos avons mis nos sees a ces présentes 
letres en tesmoisnaje de veritet. Ces lettres furent faites, en Tan ki li mil- 
liaires coroit par mille et CC et quarante six, l'endemain de feste Sainte 25 
Katherine. 



(a) pas l'original. — (6) Il y a ici dans l'original un mot déjà illisible au XVI' siècle pour le copiste 
de cette date. 



— 318 — 

ccLii. '-;;'!■"' 

Jacques, sire de Cous, et N., doyen de Longuijon, attestent que Nicolas 
Bernardoie, de Cous, a vendu au prieuré de Cons sa pari de la grosse 
et de la menue dime de f^illers-l'Allou. 

Janvier 1:247 (n. st.). 

5 Original sur parchemin aux Arcliivcs de i'Ktal, à Arlon, fonds Saint-Hubert, I12J, H. Sceau 
disparu; reste une double queue de parchemin. 

Cons et Viilers rAllou él:iient compris dans rarchidiacoiic de Longuyon au diocèse de Trêves; il y 
.1 Jonc toute apparence qu'on a suivi pour ce diplôme le style de Trêves, qui commençait l'année le 
^5 mars. 

10 Jacobus, Dominus de Cons, N., decaiius cliristianilalis de Longuion, 
omnibus presentibiis et fuluris notum fieri volurnus quod INicholaiis, 
diclus Bernardoie, laiciis de Cons, de laude el assensii Keclildis (a), uxoris 
sue el liberorum suoriim, vendidil quicquid habebat et liabere polerat in 
décima de Villari L'Aluet cum appendiciis suis, grossa et minuta, priori de 

15 Cons, qui prior émit eandem deoimam nomine ecclesie sue de Cons, et de 
emptione feeit legiliinam et integram solutioncm. Nos aulem, quia nobis 
de venditione et emptione conslabat, et de assensu uxoris et bberorum, ad 
petitionem partium présentes htteras sigillorum nostrorum appensione 
fecimus roborari. Datum anno Domini iM° CC" XL" sexto, mense januario. 



CCLIII. 

îo Pierre, abbé de Fauclair, ratifie la cession faite à l'abbaye de Saint-Hubert, 
par son prédécesseur Rodolphe, d'une partie de la dime de Sainte- 
Geneviève. 

Avril 1217. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Huberl, 41, G. 1. Sceau 
disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire 1 H^", fol. G3. 

m Universis présentes iilleras inspecturis frater ^etrus, dictus abbas Valh's 

[a) Sic. Une copie authentique lit Rechildis. 



— 316 — 

'-^T Clare tolusque cjusdem loci convenlus salulem in Domino. Moverit univer- 
silas vestia quod cuin predecessoros noslri, videlicet bone inemorie dominus 
Kadulfus.quondam abbas, et convenlus donius nostre concessissenl ecclesie 
Sancli Hubert! in Ardenna habere decimam in quarta parte territorii 
Sancle Genovefe, quod lenemus saluis nobis privilegiis Komanorum ponti- 3 
ficuni, cum eliarn predicta ecclesia Sancti Hubert! de assensu predecesso- 
runi noslrorum s!b! retinuerit quicquid de dote altaris de Fronteigni !n 
terrilorio de Avaus continetur, sicut in antiquis carlis dictorum predeces- 
sorum noslrorum vidimus contineri, nos, prediclas concessionem et reten- 
tionem gratas in perpetuum habentes et acceptas, promillimus quod contra lo 
ipsas per nos vel per alium de cetero nullatenus veniemus. In cujus rei 
testimonium presentem paginam emisimus sigilli noslri munimine robo- 
ralam. Aclum anno Domini millesimo ducenlesimo quadragesimo seplimo, 
mense aprili. 



CCLIV. 

Thierry, sire de Latour, et son beau-frère Jean, sire de Sept fontaines, «a 
attestent la cession faite à l'abbaye, par l^kéry de Sept fontaines, d'une 
partie de la dime de IVitry. 

Avril 1247. 

♦ 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, H7, D. 2. — Copie 
aux Archives du Royaume à Bruxelles, Cartulaire US*"'', fol. 215. " 20 

Les deux parties étant l'une et l'autre du diocèse de Trêves, on a cru pouvoir supposer que ce 
diplôme était date selon le style de Trêves. 

Ego Theodericus, dominus de Turr! et ego Joliannes, dominus Septem- 
fontium, nolum facimus omnibus tam presentibus quam posleris présentes 
lilteras visuris 'quod W erricus de Septemfontibus illam parlem que eimi 25 
contingebat in décima de Witeri et !n appendiliis ejus, in presenlia nostra 
de consensu et spontanea voluntale Gertrudis, uxoris ejus, et liberorum 
suorum ecclesie Sancti Hubert! in Ardenna libère contulit et quittavit et 



— 517 — 

coram multis aliis bonis quittasse recognovil. Ut autem res ista magis 1247. 
firma manerci et magis stabilis, nos ad requisilionem ipsius W. litteras 
présentes sigiilorum nostrorum munimine duximus roborari. Et quia ego 
Johannes sigiliuin ad presens non habeo^ sigillo domini mei ac soceri Th. 
ti supradicti usus siim hac vice. Actum anno Domini iM° CC" XL" septimo, 
mense aprili. 



CCLV. 

Henri, sire de Mirwart et avoué de Saint-Hubert, renonce à une maison 
que son grand-père avait construite à Saint-Hubert. 

Août 12i7. 

10 Original sur parchemin, en mauvais état de conservation, aux Archives de l'État, à Ârlon, fonds 
Saint-Hubert, 7i, C. 12. Sceaux disparus. Les copies de ce document, auquel on a attaché celui du 
26 novembre i2i6, ont été déposées dans la liasse 119, Â. 1. L'une de celles-ci est suivie de cette 
note : « La présente copie est extraicte hors des actes et procès pendant indécis entre Sa Majesté 
imperialle et catholicque et l'evesque de Liège pour le faict de la souveraineté de la terre de Saint- 

18 Hubert en Ardcnne et est accordante avec celle esdits actes cscript. Ce que j'atteste. (Signé) : Gilles 
Deleus, notaire apostolicque et impériale et de la court de Liège juré ». — Une seconde collation de la 
même copie à l'original, faite le 20 juin IGOl par les notaires Jacques de Froidmont et S. des Mares, 
nous apprend qu'il était • en plusieurs endroicts mal ligcable a cause de l'anchieneté, n'y ayant a 
icelle aucun seel iippendant, saulf un petit morcheau de cuir cousu attaché à icelle avecq du filict, 

20 auquel cuyr sont aulcunes pièces de vielle cyre et aultres ordures ». 

Une analyse de cette pièce, faite d'après une copie simple extraite d'un registre reposant au 
XVni* siècle dans la Bibliothèque royale de Paris, a été publiée dans le Bulletin de l'Institut archéo- 
logique liégeois, t. VII, p. 511. 

Je Henris, sire de Miroaut et voeit de Saint Hubert, faz conissant a tos 
25 [ceaux qui ces lettres] verront ke comme [bestans] eust este entre mi d'une 
[part et l'abbe et le covent de] Saint-Hubert d'aultre, de la maison ke me 
sires Henris [mes taions] fist a Saint [Hubert et del treffont(a) et] del por- 
pris de celé maison, nos, par conseil de bonnes gens, somes accorde en telle 
manière ke se [mes taions ne je aviensj aucun droit en celé maison ne el 

50 (a) La copie porte effon ; le mot a totalement disparu dans Voriginal. 



— 518 — 

1447. Ireffons, je le doing et le quil [enliereinent] a l'église Saint-IIuherl et se 
entrepris i aviens de rien ne fait lorl. je m'en reconois et li relais, et par 
[ensi que li abes] ne li covens ne le piieent donner en fiez ne autre 
manière faire lor preu fors ke a masuiers ki soient a la loi commune de la 
vile, et je ne mes oirs ne poons jamais faire ne avoir maison en ce liv ne 3 
en la vile de Saint-Hubert, ne en autre liv dedens le sart Saint-Hubert, se 
ce n'est par le los et par l'assentement del devant dit abe et le covent, et 
c'est à savoir ke cesle devise ne ces letres ne grievent ne aïvent ne a mi ne 
a la devant dite église ke de l'autre terre ne soit en auteil point comme 
devant, et ceste devise doi-ge reconoistre devant le chapitle de Sainl-Lam- lo 
bert ou devant le veske de Liège kant veske i ara, et prier ke lettres en 
doinsent a la devantdite église. Et pour ce ke ceste choese soit ferme et 
estable ai-ge mis a ces lettres mon seel et le seel le conte de Los et de 

Chisni et le monsegneur Gilon de Kochefort et le monsegneur 

Tiebaut de Masiiers et le monsegneur Henri de Hufalise et le monsegneur la 
Ernoul mon père. Ceste chose fut faite en l'an de la incarnation Jhesu 
Crist mil H cent XLVII, emmi le mois d'aoust. 



CCLVL 

L'abbaye de Saint-Hubert fait une association de droits et de prières 
avec l'abbaye de Saint-Remi de Reims '. • 

Août 1247. 20 

Original aux Archives départementales de la Marne, à Heiins, fonds de l'abbaye de Saint-Remi, 
liasse 10, n» 5. Les deux sceaux ont disparu; restent les doubles queues de parchemin. 

Albertus, Dei permissione Sancti Huberti in Ardennia dictus abbas, 
totusque ejusdem loci convenlus omnibus présentes litteras inspecluris 
salutem in Domîno. INolum facimus universitati vestre nos viris venerabi- 25 

* Je dois la communication de cette pièce à Tobligeance de M. L. Demaison, archiviste de la ville 
lie Reims. 



— 319 — 

libus et religiosis. abbati et conventiii Sancli Remigli Rcmensis^ taleiii in iUi. 
ecclesia nostra societatem concessisse. qiiod quotienscumque abbatem 
dicte ecclesie Sancti ilemif^ii ad ecclesiam nostram devenire contigerit. 
ipse, si voluerit^ capitulum in ecclesia nostra tenere poterit, et h'gatos 

5 sententia absolvere ; et si aliquem monachum de predicta ecclesia ad 
nostram ecclesiam venire contigerit, locum proprium in monasterio, in 
refectorio et in capitulo, nisi de secretis ecclesie Iractari debeat, observabit, 
et ipsum relinere tenebimur, nisi fueril excomunicatus, vel proprio vitio 
fuerit ejectus ab ecclesia. Quando aiitem brève eorum ad nos devenerit, 

10 fiel inde tricennarius, et dabitur prebenda in refectorio triginta diebus, et 
ab unoquoque sacerdote una missa cantabitur, a diaconibus et subdiaco- 
nibus unum psalterium, a conversis centies Miserere vel centies Pater 
noster; et annotabitur nomen eorum in martyrologio nostro: abbatibus 
tricennarius cum triginta prebendis persolvetur. Ipsi vero hoc idem intégra 

15 vicissiludine nobis reconpensare, et litteras consimiles, humililatis nostre 
precibus inclinati^ Iradere tenebuntur. Et ut ratum et firmum permaneàt 
in futuruni, presentem paginam sigillorum nostrorum niunimine eisdeni 
mittimus roboratam. Datum anno Domini millesimo ducentesimo quadra- 
gesimo septimo, mense augusto. 



CCLVII. 

20 Jeanj sire de Cons, et sa femme Ponce font savoir que l'abbaye affranchit 
à la neuve ville de Cons ses terres de Cons et des environs, sauf certaines 
réserves. 

Septembre 1247. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 39, A. 2. Les deux 
25 sceaux ont disparu; restent deux doubles queues de parchemin. 

Je Jehans, sires de Cons et je Ponche, sa femme, faisons connissant a tous 
chias ki ces lettres veront et oront que Abers, abbes de Saint-Hubert et li 
covens de ce meimes liu ont mis a la nueve vile de Cons les terres arables 



— 3-20 - 

1147. lesquels il avoient el ban de Cons et de Gouchainniont arres la crowee 
derrière lor maison, el si retienent lor près en lor main et le bos deseur et 
lor partie del bos de Couchainmont, et si retienent lor usage en l'avve et les 
cens des deniers et de gelines des maisons et des cortis ki sient sor le leur, 
el si retienent le niolin et le four banal en tel manière que nos ne nostre 5 
oer ne autre (a) molin ne autre four n'i poons faire ne dessaisir nés en 
poons. et si retienent les dimes, la grosse et la menue et la foire le jor de 
Saint i\lichiel, et nos retenons le marchiel, el, si otroient que lor homme de 
Cons soient en la francise de la vile, et por cho que ce soit ferme chose et 
estable nos avons pendus a ces presens letres nos saiaus en tesmongnage lo 
de vérité. Ces letres furent faites l'an del incarnation Nostre Signor mil el 
deus cens et quarante set, el mois de septembre. 



CCLVIII. 

Jacques, sire de Cons, et Ponce, sa femme, font savoir qu'Albert, abbé de 
Saint- Hubert, et ses religieux exceptent de l'affranchissement de Cons-la- 
Grandville un gagnage que leur avait légué feu Jacques de Cons. is 

Septembre 1247. 

Original aux Archives de l'État, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, 39, Â. 5. Du premier sceau il ne 
reste que la queue de parchemin; du second, un fragment en cire blanche où l'on voit encore le bas 
d'un corps de femme. Légende : POINCE . MA 

Je Jehans, sires de Cons et je Ponche, sa feme, faisons conissant a tous -20 
chias ki ces lettres verront et oront que Abers, li abbes de Saint Hubert et 
li covens de ce meimes liu ne mêlent pas a la franche vile de Cons la 
reconnissance que mesire Jakes, ki ja fu sires de Cons, reconnut a la mort 
del gaangnage de Couchainmont de sa charue, et por cho que ce soit ferme 
chose et eslabje nos avons pendus nos saiaus a ces presens letres en 25 
tesmongnage de vérité Ces letres furent faites l'an del incarnation Nostre 
Signor M et CC et XL et VII, el mois de septembre. 

(a) Autre répété dans le texte. 



— 5-21 - 



CCLIX. 



I.e pape Inuocenf If^" déclare que l'abbaye ne peut être contrainte par une 
lettre apostolique à la réception ni à la provision de quelqu'un, à moins 
(ju'il n'en soit fait expressément mention dans le document pontifical. 

Lyon, 20 décembre 12i^ 

a Original sur pnrchcmin, en mauvais élal de conservation, aux Archives de l'Élaf, à Arlon, fonds 
Saint-Hubert, sans indication de classement. La bulle de plomb a disparu; clic était suspendue à des 
cordelettes de soie jaune et rouge. 

Jnnocenlius episcopus, servus servoriim Dei, dilectis filiis abbali et 
conventui monasterii Sancti Huherli in Ardenna, ordinis Sancti Benedicli, 

10 Leodiensis diocesis, salulem et apostolicam benedictionem. Paci et 
Iranqiiiilitati vesire ac monasterii veslri palerna volenles in posterum 
solliciliidine providere, aucloritate vobis presentiiini indulgemus ut ad 
receptionem vel provisionem alicujus compelli per litteras apostolicas vel 
legalorum apostolice sedis minime valeatis, nisi littere ipse plenam fecerint 

15 de hac indulgentia mentionem. [N'ulli ergo omnino hominum liceal hanc 
paginam nostre concessionis infringere vel ei aiisu lemerario contraire. Si 
quis aulem hoc attemptare presumpserit, indignalionem omnipotentis Dei 
et bealorum Pétri et Pauli aposlolorum ejus se noverit incursurum. Datum 
Liigduni, XIII kal. januarii. pontificatiis nostri anno quarto. 



CCLX. 

«0 Le pape Innocent If^ charge le chantre de l'église de Liège 

de veiller à l'exécution de la bulle précédente. 

Lyon, 20 décembre 1247. 

Original sur parchemin aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint- Hubert, 105, avec la bulle 
de plomb d'Innocent IV, suspendue à un double cordon de chanvre. 

2.^ Innocentius episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio cantori 
Leodiensi salutem et apostoh'cam benedictionem. Paci et tranquiliitati 

41 



1*47. 



— 322 — 

iî47»ii48. (lilecloriJiii filiorum abbalis et convtnlus iiionasterii Sancli Hubcrli in 
Ardenna. ordinis Sancli Benedicli. Leodiensis dioccsis, ac ipsius njonaslerii 
palerna volentes in poslerum sollicitudine providere, eisdeni diiximus 
indnigendum ut ad receptionem vel provisioncni aliciijus compelli per 
lilU'ras aposlulicas vel iegatorum aposlolice sedis minime valeunt. nisi s 
litière ipse plenam fecerinl de indulgentia hujusmodi meiilionem. jldeoque 
diserelioni lue per aposlolica scripta mandamus qualinus dictos abbatem 
et convenlum non permitlas super premissis contra concessionis noslre 
tenorem ab aliquibus jinjusjte molestari, molestalores hujusmodi per cen- 
suram ecciesiaslicam appellalione poslposila compescendo. Dalum Lug- lo 
duni. xiii kal. januarii. pontifîcalus nostri anno quarto. 



CCLXI. 

Des arbitres tranchent un difjérend entre V abbaye et les Templiers de 
Strée, au sujet du droit d'aisance que ceux-ci prétendaient exercer dans 
le bois de cette localité. 

28 avril 1248. IS 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlulairc US*"", fol. 160 v», 
dans une ampliation de rofïicialité de Liège dont voici le texte : a Officialis Leodiensis datum per 
copiam sub sigillo oflicialitatis curie nostre de li^teris infrascriplis, sanis et iniegris, sigillatis, ut in 
eisdem narratur, sigillis quibus sigillate esse dicuntur, anno Domini millesimo CGC» LXXXV», 

mensis junii die quarta Arnoldus visislilteris originalibus sigillatis sigillis, ut in eisdem narra- 20 

tur, quibus sigillate esse dicunlur » (A). — Autre copie aux Archives de l'État, à Arlon, fonds 
Saint-Hubert, 1 15. Strée, 2, authentiquée par le notaire Dandoy, « ex antiquo documentorum registro 
in archivis monasterii Sancti Huberti asscrvato » (B). 

Universis praesentes litteras inspecturis magisler Anselmus Sancti Lam- 
berti et Villelmus, canonicus Sancti Marlini, diclus Borgundus,'Leodiensis, 25 
salutem in eo qui salus est omnium. Cum controversia essel inter fratrem 
Wallerum, praeceplorem domorum balliviae militiae Templi in Hasbania 
ex una parte et abbatem et conventum Sancli Huberti in Ardenna ex 
altéra, super aizentiis quas dictus praeceptor petebat pro domo sua de 



— 525 — 

Kstrcez in nemore de Kslreez, ciijus fundus est abbalis praeJicli el ecclesiae lus. 
Sancli Huherli. dicens quod fralres ejiisdem domus de Kslreez poletant et 
debcbant haberc aizentias suas in dicto nemore quantum ad domum snam 
el ad omnia (a^ ejusiiem domus necessaria el ad brasinam suam in dicta 
5 villa faclam et ad ducendum el ferendum li<j;iia de dicto nemore extra 
doiiium el viilam de l']stteez ubicumque velleiit. bac ratione quia mansio- 
narii eranl ccclesiae bealae Mariae Hoyensis. cum alii praediclae ecclesiae 
mansionarii in eadem villa commorantes iiujusmodi liabercnt in dicto 
nemore aisenlias, praediclo abbale pro se el eliam sua jecclesia?] respon- 

II (lente quod praedicta non licebant ei nec fralribus suis, ea ratione quod 
nec in caria quad.im cujusdam compromissi et arbitrii prolati de volunlale 
ipsorum suj)er praediclis aizentiis memorati nemoris,sigillis virorutn discre- 
lorum bonae memoriae magislri P. Burgondiensis, magislri H. de Boscbeir, 
cantoris Sancli Johannis. magislri (iillani, canonici Sancli Martini Leodien- 

IK sis et Picolai de Maceriis, canonici Sancli Jobannis Leodiensis siijrillata 
conlinenlur, quod illae aisenliae non cedebanl nisi mansionariis ecclesiae 
praediclae Hoyensis el aliis mansionariis commorantibus in villa de Estreez, 
nec in caria praedicta liebal aliqua menlio de aisenlia débita alicui brasi- 
nae seu eliam diclae doinui de Estreez, tandem de bonorum virorum can- 

20 silio utraque pars, sub poena cenlum librarum Parisiensium reJdendarum 
parti servanli arbitrium a parle non servante, in nos super praedicta con- 
Iroversia assensu unanimi compromisit sub hac forma quod qiiicquid nos 
de consilio G., cantoris Sancli Martini et iN. de Maceriis, canonici (6) Sancti 
Jobannis Leodiensis, arbitrando seu ordinando decerneremus, inviolabililer 

23 observabit, caria supradicta in suo robore per omnia permanente. iVos 
vero, auditis super praediclis quae partes proposuerunl el responderunt 
bine inde coram nobis. de praediclorum cantoris Sancli Martini et N. 
canonici Sancti Jobannis et alioruin l)onorum virorum consilio ordinamus 
et ordinando decernimus quod praedicli fralres domus antedictae de. 

50 Estreez praediclis aizentiis amplius non utentur quantum ad brasinam 
aliquam extra domum suam in villa sitam nec praediclum ncmus extra 
vilIam vel bannum ipsius villae ad aliquem alium locum défèrent, sed 



{a) Les deux copies portent al j un, ce qui n\i pas de sens ; la formule reparait page 324, ligne I. 
(b) cantoris />'. 



— 021 — 

11*8. eisdeii) aisentiis ulenlur libère in domo sua propria de Ebtreez et ad oniniu 
ejusdeni donius iiecessaria.Quia vero niajoribus aisentiis liujusnvodi indigel 
praedicla donius de Eslreez quam alii niansionarii diclae villae, in reconi- 
pensutioneni dicti usus ordinanius et decernimus quod fralres saepedictae 
donius de Kstreez redditus trium niansionarioruni cum redditu unius nian- 5 
sionarii eisdeni abbati et conventui sin^^ulis annis persolvant et sit in 
suinnia redditus quatuor mansionarioruin solventium qui in tolum ad 
unum modium avenae, quatuor gelinas et octo deiiarios Leodienses ascen- 
dunt. Et hanc ordinationem l'ecimus salvis omnibus hiis quae continentur 
in caria praedicla de niansionariis conf'ecla. Huic vero dictae ordinationi lo 
nostrae. parlibus praesentibus et canlore Sancti Martini et iM. canonico 
Sancti Joliannis et aliis piuriniis bonis viris factae. consentiunt partes 
prat'diclae, et dictum nostrum et nostram ordinationem super praediclis 
expresse approbaverunt. Et in hujus rei testimonium praesentibus litleris 
praedicti praeceplor domus antedictae de Estreez, abbas et conventus i» 
Sancti Huberli sigiiia sua cum nostris sigiilis necnon et sigiilo odicialilatis 
Leodiensis apposucrunt. Actum et dalum anrio Domini millesimo ducente- 
simo quadragesimo octavo, feria tertia post Quasimodo, mensis aprilis. 



CCLXII. 

Arnoul IIJ, comte de Looz et de Chiny, et Alexandre de Delus, avoué 
de Chauvency, con/irment l'accord fait entre l'abbaye et l'ancien awué îo 
Guillaume de Foncq. ^ 

25 mai 1248. 

Original sur parchemin aux Archives de l'Etat, à Arion, fonds SainNlIubert, 5i, A. 1. Fragments 
d'un sceau en cire blanche, suspendus à des cordelettes de soie verte. 

•" 

Arnulphus, comes de Los et de Chisneio, universis présentes visuris âs 
notum facimus quod Alexander, miles de Dulus, advocatus de Chavenchi, 
in presentia noslra constilutus, fide prestita laudavit et approbavit pacem 
et compositionem factam nnter abbatem et conventum Sancti Huberti ex 



— 525 — 

uiia parle et (lominum Willelinuin de Vonco militem, quonJam advocatum i*^^- 
de Chavenclii, et Joliannani, uxorein ejus, ex altéra, cujus cumpositionis et '-*^ ("•»*•) 
pacis ienorein nos in caria sigillo curie Rcmensis sigillata vidimus in hec 
verba. {Suit l'acle d'oclobre ^242, reproduit ci-dessus sous te n°CCAAÂ/U.) 
5 Kt nos ad petitiouem parliuni prediclaruni, lanquarn dominus feodi dicte 
advocatie de Chavenclii, predictani pacem et coinpositioneni approbanius 
et presenli scriplo confirmanius. In quorum omnium premissorum tesli- 
monium et memoriam, et ut prcmissa in perpeluum flrma et slabilia persé- 
vèrent, présentes litteras sigilli nostri inunimine fecimus roborari. Aclum 
10 et datum anno Domini millesimo COXL" oclavo. die sabbati ante ascen- 
sionem Domini. 



CCLXIII. 



Aruoul m, comte de Looz et de Chiny, et Jeanne, sa femme, tiennent quitte 
JJelorin de Bareo d'une redevance annuelle de trois deniers sur un pré 
situé à la Sauvenière. 

15 Février 124» (n, si.). 

Original disparu. — Copie simple aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 37, J. ô. 
Sur la chemise : u ISon vidclur competcre monastcrio *. 

Ce document figure dans Tinventaire, loc. cit., sous la rubrique : « Permutata et deperdita *. 

Universis praesentes litteras inspecluris Arnulphus, cornes de Lois et de 

20 Chiny, Jehenna, uxor ejus, in Domino salutem. Universitali vestrae notum 

facimus quod nos Belorino de Bareo ' 1res denarios annui census, in 

quibus nobis tenebatur pro prato quod situm est in loco qui dicitur a la 

Savenire *, inter pratum Ramonni ex una parte et insulam ex altéra quic- 

' Bclorinus et Bareo semblent être des noms altérés par le copiste. 
25 ' Le grand nombre de localités correspondant au nom de Sauvenière ne permet pas d'identifier 
cette désignation géographique. Dans V Inventaire, notre diplôme figure sous le littcra J, intitulé : 
Villy. Permutata et deperdita, mais sur les documents y analysés, le premier seul est relatif à Villy, 
le second concerne Torgny, et un quatrième, Muysen lez-Montenaeken. 11 est donc peu probable que 
le troisième, que voici, doive être attribue à Villy. 



— 5:2() — 

itiO(D. si. lavimus. In cujus rei lesliinonium praesenles lilleras sii^illormn noslronim 
124«. inuniniine cMiiisiiiius rohoralas. Dalum aiino Doiiiini M" (X> XI^" oclavo, 
inense februario. 



CCLXIV. 



Jean, sire de Cons, atteste que Gautier de Flabeville, son vassal, a juré de 
ne rien exiger des habitants de Flabeville, qui sont vassaux de l'abbaye, s 
sauf ce qui sera fixé par la justice. 

Avril 1-2W. 

Originul sur parchemin aux Archives de l'Etat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 47, A. Deux sceaux 
attaches à de doubles queues de parchemin; le premier, en cire blanche, dont il reste le fragment 
central, représente un cavalier au galop, brandissant Tépéc de la main droite et protégeant sa poitrine iO 
avec l'écu en pointe. Le second, réduit en poussière, est renfermé dans un sachet rempli de chanvre. 

Je Jehans, sires de Cons, fas conissant a tos ké messire Wautiers de 
Flabevile, chevalier, mes hom, par mon los et par loti los ma dame 
Poince, ma famé, a créante par lou los sa famé et par son créant et l'a jurei 
sor sains k'il tenra les homes Saint-Hubert ki demorent a Flabevile em pais i"» 
parmi lor droite assise, ne riens ne lor puet demander ci après for ke ce ke 
maior et eschevin jugeront k'il devara avoir par droit, et ceste chose a il et 
sa famé encovenla tosjorset fait asavoir ke se li sire Wautiers ne sa fatne 
aloent encontre cest covenances, je lor feroie tenir et si en sui tenus. Et por 
ce ke ce soit ferme chose, saie (a) mis mon seel a ces presens lelres par la 20 
proire des parties, et l'abes de Chaslillon lou sien en tesmognage de vérité. 
Ce fu fait en l'an quant li miliaires corroit par mil et CC. et XLIX ans, el 
mois de avril. 

(a) Hic. 



— 327 — 



CCLXV. 

Le pape Innocent IV charge des ecclésiasfiques de Laon de juger une cause 
gui lui a été déférée par l'abbé de Sainl-lluberl. 

Lyon, 17 décembre 1249, 

Original sur parchemin, très détérioré, aux Archives de l'État, à Àrlon, fonds Saint-Hubert, sans 
5 indication de classement. Provient de la layette 103. — Copie simple sur papier, antérieure à plu- 
sieurs détériorations récentes, aux Archives de rÉlat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 103, C. 1. 

Iiinocenlius episcopiis, servus servorum Dei, dileclis filiis dccano 
ecclesie Sancti Johannis in Burgo (o) el Sancli Pelri in Foro, Ihesaurariis 
Laudunensibus, salutem et apostolicam benediclionem. Dilecti filii abbas 

10 el convenlus monaslerii Sancti Huberti [in Ardenna] nobis [conquerendo] 
monstraruiit quod abbas nionasterii Seplem fonlium, Prenionstralensis 
ordinis, nobilis vir Egidius, dominus de Hierge, et quidam alii clerici et 
laici Reniensis, Laudunensis [et Leodiensis civitatum et diocesium] super 
terris, possessionibus, debitis et rébus aliis injurianlur eisdem. [Ideoquej 

15 discretioni vestre per aposlohca scripta mandamus quatinus, paitibus 
convocalis, audiatis causam, et app[ellatione remota] fine debito [ler]- 
minetis, facientes quod dccreverilis per ceiisuram ecclesiasticam . firniiter 

observari] in lerram dicti nobilis excominunicalionis vel interdicti 

sententiani profer a nobis receperilis spéciale. Testes autem hujus 

20 Iquij fuerunt noniinali, si se [gratia, odio vei aniore] sub[traxe]xerint, 
per censuram eandeni, appellalione cessante, cogatis verilati testimonium 
perhibere. Ad si non onines hiis exequendis potueritis interesse, duo 
veslrum ea nihiloininus exequantur. Datum Lugduni, xvi kal. januarii, 
pontiticatus nostri anno septimo. 

25 (a) S. J. i. B. écrit deux fois dans l'original. 



1349. 



13S1 (n. st.) 



— 5-2S 



CCLXVI. 

Les abbayes de Saint-Hubert et d'Orval nomment des arbitres pour tran- 
cher leur débat au sujet de terres sises aux lieux c/<7s Wibauprel et 
La Caure. 

U) avril 1-251 (n. st.). 

Cette charte ne figure pas au chartrier de Saiiit-IIubert. Nous la publions d'après le P. Goffinrt, 5 
Carlulairc de l'abbaye d'Orval, p. 520, avec les corrections de Delescllse, Chartes inédites de l'abbaye 
d'Orval, p. 44. 

En ce qui concorne la date, nous admettons, jusqu'à preuve du contraire, qu'elle doit se régler 
d'après le style du diocèse de Liège, dont faisait partie l'abbaye de Saint-Hubert. Cfr. Goffi.net, loco 
citato. 10 

Universis praesenles lilleras inspecluris \lbertus, Dei palienlia abhas, 
et convenlus Sancli Huberti in Ardenna aeternam in Domino salulem. 
Noverit universilas veslra quod cumdiscordia verterelur inler nos ex iina 
parte et vires relii>iosos abbalein et conventum Aureaevallis ex altéra 
super prato de Wibaupret et fructibus dicti prati et quindecim quartariis 13 
terrae arabilis silae in territorio de (a) Corre, et super deciniis quoriimdam 
pratorum et terrarum sitoruni in eodem territorio, et de totali fundo in quo 
sita est domus de Corre, tandem de bonoriim virorum consilio, pro bono 
pacis et de communi assensu, in virum venerabilem et religiosum abbatem 
de Castellione et virum discretum ac decanum de Arencei compromisimus 20 
de praemissis, sub poena viginli librarum Parisiensium parti arbitrium 
observanti a parte ab arbitrio resib'ente persolvendarum, sub qua poena 
promisimus tam nos quatn dictus abbas nos firmiter obscrvaturos quid- 
quid dicti arbitri compositione vel arbitrio duxerint ordinandum vel 
statuendum. In cujus rei lestimonium praesentes h'tteras sigillorum nos- -23 
trorum munimine roboratas emisimus. Datum feria secunda post Ramos 
palmarum, anno Domini M" CC° quinquagesimo. 

[a] fructibus territorio do manque chez Gofjinetk 



— 329 — 



ii:»i 



CCLXVII. 

L'o/pcial de ^eHtt^ notifie que Jean de Jucincourl, chevalier, et Helvide, sa M *^^^^^"^ 
femme, ont cédé au prieuré d' Evergnicouri leur droit de pèche à Rani- 
court, en échange de la remise d'une rente que l'abbaye levait dans cette 
localité. 

s 20 avril 1251. 

Original sur parchemin aux Arcliivcs de l'État, à Arlon, fonds Saint-Huhcrl, 41, (i. 3. Sceau 
disparu; reste uuc double queue de parchemin. 

Universis présentes lilleras visuris magisler (iuillelmus de Vivario, ofli- 
cialis Laudunensis, in Domino salutem. Noverinl universi quod cum, sicut 

10 dicebatur, dominus Johannes. miles de Jevincort et domina Helvitlis, lixor 
ejus. haberenl aisentiam quandam et piseariam in aqua et vivario quod 
est sublus domum cl curtem de Raulicort, quam aisentiam insimul acqui- 
sierant, ut dicebant, scilicet a moiendino quod dicitur Cavel usque ad uliud 
molendinum sublus Raulicort, et abbas ecclesie Saneti Huberli et dicta 

15 ecclesia sive prior de Evrignicort annualim perciperent et haberenl per 
Johannem, majorem ipsorum abbatis et prioris apud Jevincort, quemdam 
censum annuum, tandem predicli Johannes miles et Heividis, uxor ejus, 
coram Thoma, clerico curie Laudunensis jurato, ad hoc a nobis specialiter 
misso. recognoverunt se dédisse et concessisse et quittasse penitus in per- 

20 peluum predictis abbati et priori et ecclesie de Evrignicort, in permuta- 
tionem et nomine permutationis. prediclam aisentiam aque et vivarii 
predicli, sicut se extendunl undique in longitudine et laliludine, et omnc 
jus quod habebanl et habere poterunt in illis quocumque modo vei litulo, 
pro illo annuo ccnsu quem percipiebat nomine diclorum abbatis et prioris 

25 diclus Johannes major, tamquam eorum serviens apud Jevincort, exceplo 
lamen censu quatuor denariorum et oboli Parisiensis presbyîeri dicte ville 
de Jevincort, qnem débet dictis abbati et priori et ecclesie sue annuatim 
diclus presbyler, ut dicebant, pro domo sua et quibusdam aliis terris, 
quem censum predicli Johannes miles et H., uxor ejus, quitaverunl dicto 

30 presbytero de Jevincort et ejus successoribus in perpetuum, et pro decem 
libris Parisiensibus, quas dicti Johannes miles et H., uxor ejus, reco- 

42 



— 330 — 

12;.!. i;noverirnl se habuisse in sortes dicte permutatiuiiis et pro joello dicte 
domine H. a dictis abbate et priore in pecunia numerata. Proniise- 
runt etiatn predicti Johannes miles et domina Helvidis, uxor ejus, fide data 
in manu dicti Th. clerici., quod super dicta aisentia et piscaria. tam- 
quam de rebus liberis predictis, abbati et priori et ecclesie de Evrignicort 5 
legitimam porlabunt garandiam contra omnes qui juri el justitie parère 
voluerinl. El nihilominus dicta domina llelvidis, fide data in manu dicti 
clerici, sponlanea et non coacla, ut dicebal, de assensu et auctoritate pre- 
dicti J. militis, mariii sui, promisit quod nec ratione dotaiicii nec alio 
modo véniel contra predicta per se nec per alium in fulurum, sicut hec lo 
omnia nobis retulit idem Th. clericus, cui super hoc fidem duximus 
adhibendam. In cujus rei testimonium présentes litteras patentes emisimus 
sigillo curie Lauduncnsis, salvo jure domini Laudunensis et alieno, robo- 
' * râlas. Aclum anno Domini millesimo ducenlesimo quinquagesimo primo, 
die Jovis post Pascha. 15 



CCLXVIll. 

Martin, abbé de Sigiiy, reconuail les droits de l'abbaye de Saint-Hubert 

sur le moulin de Juisse '. 

Août 1251. 

* 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Sainl-Uubcrt, 41, A. Fragment d'un 
sceau en cire rouge, suspendu à une double queue de parchemin. Type : un abbé debuut, tenant la 20 
crosse de la main droite el un livre dans la main gauche. Légende : UM ABBA 

Universis présentes litteras inspecturis fraler Martinus '', Signiacensis 
(iictus abbas et ejusdem loci conventus saiutçm. fNoverit universitas vestra 

' Voyez ci-dessifs le n» CCXXIM. 

' L'abbé Martin de Signy est peu connu. Marlot donnait à son administration une durée de 25 
iiuit ans, compris entre 1230 et 1238. Le Gallia Chriitiaita nova, t. IX, p. 308, rectifie cette erreur 
«I établit par une charte de Wouzon que cet abbé vivait encore en 1248. Notre document étend celte 
indication. 



— 7)31 — 

quod nos, pro eo quod abbas et coiivenlus Sancli Huberti in Ardenna Mm. 
habebant in molendino de Juisse el ejiis appcnditiis, quod moiendinutn 
situm est in Castro Porluensi juxla ponlem, tenemur eisdem abbati et con- 
venlui soivere et déferre in vecluris noslris, in domuin eoruni apud Saric- 

5 lu») Theobalduin in Castro Porluensi, singulis annis in perpeluum 1res 
modios bladi, duos videlicel frumenli et unum sigali legalis, ad niensuram 
loci nunc currenle<m> inler festum Sancti Kcmigii in capite oclobris et 
natale Domini. Et si très predicli modii insimui non solvunlur, unus ad 
minus una vice,sicut predicluin est, débet persolvi.Cognoscimys etiam quod 

10 dicli abbas el conventus Sancli Huberti in prediclo molendino retinuerunt 
quod in ipso molendino sine prccio de blado suo purgando ad venlilabrum 
in molendino prediclo, el sine mullura aliqua exigenda vel persolvenda ab 
eis, omnimodo libère et quiète, quantum oporluerit et necesse fuerit, ad 
usum prefale domus Sancli Theobaldi et aliarum domorum ejusdem 

15 appendenliarum eisdem molere licebit. Insuper recognoscimus quod in 
delinendo eodem molendino vel de novo reedificando nichil omnino 
lenentur apponere sepedicli abbas el convenlus Sancli Huberli, sed hec 
omnia ad noslros sumptus proprios, quocienscumque necesse fueril, facere 
tenemur, et si par noslram negligenliam vel per quemcuinque casum eve- 

20 neril ul Irecensus, sicut predictum est, prefalis abbati et convenlui perso- 
lutus non fueril, ipsi per assensum et abandomnuni abbali Sancli Huberti 
cl convenlui concessimus saisire et delinere quicquid habemiis vel liabere 
possumus in futuro in molendino sepefato a sepediclis abbate Sancli 
Huberli et convenlu. Rt poslquam isia omnia saisierint et dctinuerint dicli 

25 abbas et conventus Sancli Huberti, a noslris provenlibus pro defeclu solu- 
tionis primo récipient viginli solidos Remenses loco emende. Deinde pro- 
venlus remanenles compulabunlur el cèdent in solutionem corum usque 
ad 1res modios pro Irecensu ipsorum. Et si ipsis abbali et convenlui Sancli 
Huberli melius placueril, precium Irium modiorum in denariis habebunt 

50 secundum valentiam bladi tempore quo recipilur, vel tempore quo debe- 
tur, scilicet inler predictum feslum beati Remigii el natale Domini, el ila 
cum super emenda et Irecensu abbati el convenlui Sancti Huberli fuerit 
satisfactum, predictum molendinum cum ejus appendentiis, sicut in contra- 
gagio tenebant, nobis restituent. Nos vero dictum molendinum vendere 

33 poterimus cuicumque voluerimus, exceptis dominis ville de Castro Portu- 



— 332 — 

tt>5i. ensi el suis successoribus, salvis in omnibus juribus el usibus abbatis el 
conventus Sancti Huberli. Sed quicunique post nos sepefata molendinuni 
el ejus appendentia tenuerit, nulloniodo alienare poterit sine consensu et 
assensu dicli abbalis et conventus Sancti Huberti in Ardenna. Hec omnia 
firmiter lenere promitlimus nec in postcrum veniemus contra conventiones » 
supradictas. In cujus rei testimonium présentes litleras sigilli nostri muni- 
mine fecimus roborari. Datum anno Domini M" CC*» quinquagesimo primo,, 
mense auguslo. 



CCLXIX. 



Le pape Innocent ly charge te prévôt de l'église de Dinant de protéger 
l'abbaije de Saint-Hubert contre les exactions usuraires de divers par- lo 
ticuliers. 

Pérouse, ôl décembre 1251. 

Fragment de l'original sur parchemin aux Archives de TÉtat, n Arlon, fonds Saint-HubtTt, 10^, 
CI. — Copie simple sur papier, ibidem. 

Innocentius episcopus.servus servorum Dei.preposito ecclesie Dionensis, 15 
Leodiensis diocesis., salutem et aposloh'cam benedictionem. Gonquestus est 
nobis dilectus fiiius abbas monasterii Sancti Huberti in Ardenna fquod] 
l\larlinus de Staim. civis Virdunensis et quidam alii -laici Virdunensis. 
Leodiensis et Remensis civitatum et diocesium multa extorserunt el adhuc 
exlorquere nituntur ab eo nomine usurarum. Preterea abbas Walciodo- 20 
rensis^ decanus christianitatis Virdunensis, Alexander de Delus, miles, et 
quidam alii earumdem civitatum et diocesium super decimis, terris, debitis, 
possessionibus et rébus aliis injurianlur eidem. Ideoque discretioni tue 
per apostolica scripta mandamus qualenus. si de hujusmodi usura et extor- 

sione tibi constiterit (a), dictos usnrarios, ut sua sic extorla 25 

restituantur conquerenti, et ab usurarum exactione désistant, sub poena 
in Lateranensi concilio contra usurarios édita, appellatione remota com- 

[a\ Ici finit le fragment de l'oiiyinal. La copie e.st m partie inintelHijible. 



— 535 — 

pelia[s attenti authoritale nostra in negotio procédas eodem nisi i-'si-i2:»: 

conquerenles reslilueril vcl adhuc restituas si quas aliquaiuio ex iisuris, 
cuni frustra legis auxilium invocal qui committit in iegem^ super aiiis vero^ 
partibus convocalis, audias causam et appellatione remota. usuris cessan- 
5 libus, debilo fine décidas, faciens quod decreveris per censuram ecclesiasti- 
cam firmiler observari. Testes auteni qui fuerint nominati, si se gratia, 
odio vel amore subtraxerint, censura simili, appellatione cessante, compellas 
veritati testiinoniurn perhibere. Datum Perusii (a) ' ii kai. januarii, ponti- 
ticatus nostri anno nono. 



CCLXX. 



10 Henri II, duc de Brabant, donne à l'abbaye son droit de patronage 

sur l'église de Baisy. 

Tervaeren, :23 août 1252. 

Celte pièrc manque au charfricr de Saiiil-Ilubert. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, 
dans le Cartulaire d'Aywières, Cariulaires et Manuscrits 78, fol. 1 19. 

15 Henricus, Dei gratiu dux Lotharingiae et Brabantiae, omnibus praesentes 
litleras inspecturis salutem et scire veritatem. Quae geruntur in tempore, 
cum tempore ne labantur, scripturarum memoria et ydoneorum virorum 
tostimonio soient perhennari. Noverint igitur tam praesentes quam posteri 
quod zelo divine subnixi quicquid juris babebamus in palronatu de Basiu 

20 ecclesiae seu collatione ejusdem palronatus cum omnibus attinentiis ob 
salutem nostrorum et meorum praedecessorum et successorum animarum 
contulimus viris religiosis abbati et convenlui Sancti Huberti in Ardenna, 
tali interjecta conditione quod nos et dicti praedecessores et successores 

(a) Le copiste avait d'abord écrit Peculii, 7«'»/ ci ensuite corrigé en Verulii. 

X> ' C'est bien Pérouse qui a été le séjour d'Innocent IV depuis novembre 1251 jusqu'en avril 1S55. 
Si le copiste s'est décidé à corriger en Veruli, c^cst apparemment parce qu'il avait lu les diverses 
bulles de Lucius III pour Saint-Hubert, qui sont datées de cette localité. 



— oa4 — 

lioâ. nostri uinniuiii orationuni et bcnencioruri) praescripli coenobii perpeluo 
participes efliciamur. Ut aiitem praedicta coilatio de nobis et nostris suc- 
cessoribiis inviolabilis et inconcussa conservetur, praesenti scripto nostrum 
sigillum duximus apponendum. Datiim apud Furam, in vigilin beat! 
Bartboloinei aposloli, anno Domini M" CC" quadragesiino secundo. 



CCLXXI. 

Henri II, comte de Luxembourg, approuve une donation faite à l'abbaye 
par Cunégonde de Rondu, par sa fille Aubourg et par son gendre 
Godineau. 

\'l octobre lio2. 

Origiiiul sur parchemin aux Archives «le l'Etal, à Arlon, fonds Saint-Hubert, sans indication de tO 
clusscment. Le sceau, qui était suspendu à une simple queue, a disparu. — Copie aux Archives du 
Royaume, à Bruxelles, Cartulairc 112'"''', fol. 15(5 v». 

Nos Henricus, cornes Lucebiirgensis, Rupensis et marchio Arlunensis, 
omnibus ad quos présentes littere pervenerint tam presentibus quam 
futuris cognoscere veritatem. Ad notitiam omnium voiumus pervenire is 
quod nos elemosinam quam fecerunt ecclesie Beati Huberti Kenigondis de 
Hondu et Alburgis, ejus filia, et Godinellus, maritus predicte A. adhuc 
vivenles et in bona memoria, in mobilibus et hereditate et aquestis, 
approbamus et istud esse factum de nostro assensu et voluntate per pré- 
sentes litteras protestamur. Promitlimus eliam et tenemur dictam ecclesiam 20 
super hoc in suo jure confovere, et de violentia inferenda, si qua fuerit, 
in posterum defensare. In cujus rei testimonium présentes litteras sigilli 
nostri munimine fecimus roborari. Datum anno Domini M^CC" L" secundo, 
mense octobri.^sabbato proximo post festum beati Dionisii. 



— 335 — 



CCLXXII. 

Gautier de ISeufchâtel et le prêtre Henri tranchent par jugement arbitral 
un différend au sujet de la dîme de (hiignicourt entre le prieur d'fjver- 
gnicourt et Moret, dit le Sarrazin, de Neufchdtel. 

2-2 octobre 1252. 

K Original sur piirchciiiiii aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Sainl-llubcrt, 42, B. i. Fraj^mciit 
d'un sceau en cire brune, suspendu à une double queue de parchemin. Type : une tour crénelée surmon- 
tée d'un toit. Légende : . . . . GII^LU .... Contre-sceau : un seplfeuillo. Légende : •!" CIJRI.\ . LAUD . 
En léte, d'une main moderne : « Enregistré au K' registre, fol. 48 ». 

Universis présentes lilteras visuris magister Guilhelmus de Vivario, 

10 canonicus et ofïiciulis Laudunensis., in Domino salutem. INoverit univer- 
sitas vestra quod cnm, sicut dicebalur, discordia verteretur inler virum 
venerabilem et religiosum priorem de Ebernicurte, Laudunensis dyocesis, 
ex una [)arte, et Morrelum, diclum Sarrazin, de Novo Castro, ex altéra, 
super sexta parte unius quarterii décime de Guignicort. quam dictus prior 

15 raiione prioratus de Ebernicurte acquisierat, ut dicilur. a domino Odone 
quondam presbilero de Ebernicurte, quondam avunculo dicti iMoreti. 
quam sextam partem décime dicti quarterii idem Moretus reclamabat 
contra priorem predictum. et quam sextam partem décime dicti quarterii 
dicebat idem Moretus jure hereditario ad se ex parte avuncuh' sui supra - 

20 dicti pertinere, tandem dictus Moretus, propler hoc coram nobis in jure 
constitutus, recognovit quod ipse M. ex una parte et dictus prior pro 
se et ecclesia sua ex altéra super dicta discordia, fide corporali interposita, 
in arbitras, videlicet in magistrum Galterum de INovo Castro et Henricum 
presbiterimi de Guignicort compromiserunt. Recognovit etiam dictus M. 

23 quod in dictos arbitros de piano fuit ab ipsis parlibus super dicta 
discordia compromissum et quod dicti arbitri in dicto compromisso de 
piano procedere debuerunt. Preterea recognovit dictus M. coram nobis 
quod dicti arbitri, onere dicti arbitrii in se suscepto, arbitrando dictis 
partibus presentibus ad diem eis ad hoc ab ipsis arbitris assignatam 

30 pronunciaverunt quod ipse Moretus nullum jus habebat in sexta parte 



i'j.%2. 



— 536 — 

i-j.'>:i-tjr>r). quarlerii décime supradicte, dielum priorcin noiniiie dicti priorutus al> 
irnpetitione dicli Moreti arhitrando penitiis absolventes, eidem iM. silentium 
perpeluum super hoc imponendo. Diclus vero \Iorelus, coram nobis propter 
hoc in jure constilulus, dictum arbilrium modo prediclo a dictis arbitris 
super predictis prolatum ratum habuit et habet et gratum^ promittens fîde 5 
média dictus M. quod ipse contra dictum arbitrium nullo tempore per se 
vel per alinm venire présumât, quitans idem Morelus coram nobis siib fide 
piedicta ex habundanti coram nobis dicto priori pro se et prioratu suo 
predicto dictam sextam partem dicti quarterii décime supradicte. promit- 
tens idem iVI. sub eadem fide quod in dicta décima nichil per se vel per lo 
alium reclamabit in futurum, et ad omnia et singula supradicta tenenda 
firmiter et inviolabiliter observanda se et suos (a) heredes et successores 
suos obligavit dictus ^1. et constituit obligatos. In cujus rei testimonium 
présentes litteras patentes emisimus sigiilo curie Laudunensis salvo jure 
domini Laudunensis episcopi et ah'eno roboratas. Datum anno Domini i» 
miliesimo ducentesimo quinquagesimo secundo, feria tertia post festum 
beati Luce evangehste, mense octobri. 



CCLXXIll. 

Jean, sire de Cons, el Ponce, sa femme, attestent que dame Helvide de Cons 
a donné au prieuré de Saint- Michel, dans la même localité, un muid 
annuel pour le repos de l'âme de son fils Fescanl. ^ 

Avril 1233. 

Original sur parcbeniin aux Archives de TÉtat, à Arloii, fonds Saint-Hubert, 37, C. i. Des deux 
sceaux, suspendus à des doubles queues de parchemin, le second a disparu; du premier, rond en cire 
verte, il reste des fragments qui permettent de reconnaître un cavalier au galop, brandissant l'cpée. 
Sur la chemise : • Enregistré au 5* registre, fol. 312 ». — Copie du XIV« siècle sur parchemin, ibidem, ia 
permettant de reconstituer plusieurs mots disparus dans l'original assez endommagé. Cette copie se 
trouve dans un vidimus ainsi conçu : « In nomine Domini amen. Connute chose soit a tous et à 

(a) sua l'original. 



— 337 — 

cliascun par la veue de ce présent public inslrumenl qu'en Tan de le nalivitct de Nostre Signcur 1253. 
Jliesu Crist nnil CCCLXF, l'indiclion xiiii*, al xiv» jour dou mois de novembre, à heure de prime ou 
environ, conslituel en la présence de moi puble lahellion et des tesmoins thiens subscris pour ce faire 
que ci aprcs s'ensuit, personnellement appelles cl requis, venorabicz bons et religieux monseigneur 
S Henri de Viele, prieur de le prieure de Cons, tenans en sa main une lettres sains et entières saelleez 
de 41 saels, requist a moi notaire avoir copie sur mon seing des dictes lettres dont la teneur est tele 

Et je Hue d'Attigny sur Ayne, clore, de l'auctorilet impérial notaire it Saint-Hubert en 

Ardcnne, dcmourant ... a dis lieu ou mois, jour, beure et indiclion, avec les tesmoins dessusnommes. 
et ai escript ce propre instrument de ma propre main et de mon seing scngniez, sur ce requis et 
10 apellces ». 

Je Joflians''. sires de Cons et je Ponce, sa famé, faesons conoissant a tous 
que dame Heluis, la famé Ruelin de Cons qui fu, at done[it] por Deu en 
amoene par le créant de Renaldin Cocherel, son fil, et [d]e Gerlrut, sa 
faine, a la mayson de Sent Mychiel de Cons, por i'erme Fescant, son fil. 

1^ un mui de froment a paier chascun an a la feste Sent Rémi en vendenges. 
et a penre a sa partie de terrages de Grant Failli qui tienent de nos en fies, 
et ce devant dit mui de froment qtii quiunkes port les terrages desormaieis 
il le renderat chascun an a priur de Cons u a son message de la partie dame 
Helui et son fil et sa famé desor nomeis et par nostre los. Et c'il avenoet 

20 par aventure que dame Meluis ne se fis ne sa famé ne leur oer defalissent de 
paement de ce mue de froment, nos en ferions ce ke nos deveriens comme 
segnor. Et por ce que ce soit ferme chose et estable, avons nos mis nos seas 
a ces letres pandans en tesmngnage de vérité. Ce fut fait en l'an que li 
milliares corroit par mil et CC. et LUI ans, on mois d'avril. 



CCLXXIV. 



23 T)es visiteurs commissionnés par le légat apostolique procèdent à la réforme 
du chapitre de Nassogne, dépendant de l'abbaye. 

29 août 1235. 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire US""'*, fol. \H (A). 
MiRAEUs el FoppKNS, Opéra diplomalica, t. IV, p. 556 : « ex archivis abbatiac S. Iluberli ad no* 
30 trans<lmis>sum » (B). 

In nomine Domini amen. Nos magister Godefridus de Trajeclo. Dei 

A5 



— 338 — 

1253. gratia Leodiensis arcliidiaconus, prociiralor in spirilualibus venerabilis 
patris Henrici, Dei gralia Leodiensis elecli, et magister Uenenis. canonicus 
Tungrensis, exercenles visitalionis et refoiniationis ofïicium per Leodicn- 
sem diocesim, auctorilale venerabilis patris fralris Hugonis. miseratione 
(livina tiluh" sanctae Sabinae presbiteri cardinalis, aposlolicae sedis legali, 5 
accedente et (a) auctorilate predicti doniini nostri Leodiensis electi, notum 
esse volumus universis et singuh's praesentia visuris quod die ad hoc assi- 
gnala in visilatione ecclesiae Nassoniensis invenimus praediclam ecclesiam 
prae caeleris ecclesiis conventualibus Leodiensis diocesis debito servilio 
miserabililer destitutain. Cujus defectus a iongo temporc ab iniqua radiée lo 
processit, videlicet quod sex praebendae quae sunt in praedicla ecclesia non 
veniebant ad manum communem, sed divisae erant per loca nec erant 
aequales. et eral in potestate cujusiibet canonici statim, messe collecta, 
Iructus congregatos in horrea recipere et deinceps negligere debitum servî- 
tium in ecclesia antedicla, unde (6) conlingebat quod piaepositus ejusdem lo 
ecclesiae idemque decanus canonicoruni per substractionem beneficii 
teniporalis eos non polerat cohercere ad residenliam faciendam. Igitur ad 
reformandum slatum praedictae ecclesiae die sollempniter apud Leodium 
assignala, videlicet feria secunda post oclavas assumptionis beatae Virginis 
et(c)conlinuala ad dies sequenles, habito prudentum et peritorum consilio, 20 
statuimus et ordinamus ut a festo instanti beati Johannis Baptistae in antea 
praedictae praebendae Nassonienses sint aequales omnino. nec aliquis 
canonicorum niagis possit sibi jus dicere in uno loco quam in alio, et 
regantur canonici per pracpositum eumdemque decanum et capitulum, 
sicut regunlur in aliis convenlualibus ecclesiis Leodiensis diocesis, bona 23 
quoque omnia ad ecclesiam pertinentia veniant ad manum communis 
portionarii et distribuantur secundum ordinationem quam super hoc eis 
trademus (d) in scriptis infra praedictum festum beati Johannis. Item sta- 
tuimus et ordinamus ut (e) de caetero praedicta ecclesia praepositum 
habeat eundemque decanum ecclesiae, qui vacante praepositura a capitulo ôo 
eligalur, et curam gerat tam canonicorum quanj totius parrochiae, sicut 
alii praepositi.in similibus ecclesiis. Et quia vagi et quasi incerti erant 



(a) legali accedenle, ei B. — (6) veruni B. — (c) Manque B. — {d) tradimus B. — (e) o. de cetero 
quod B. 



»• 



— 339 — 

reddilus praoposîti ejusdeinque decani, statuimus et ordinamus ni de 1253. 
caelero quiciinque cril praeposilus pro tempore habeat singulis annis de 
commiinibiis et promptioribus bonis capituli vi^inti inodios ad mensuram 
Nassoniensem, quindecim avenae et quinqiie siliginis, medietatein in Natali 

5 Domini, ah'am medietaleni in Pascha. Insiiper habebit justitiam suam et 
commodum jusliciae in rcquisitionibus, relevationibus et emendis et aliis, 
sicut observatur in aliis simih'bus ecclesiis. Cetera aulem omnia tam in 
silvis quam decimis et aliis (a) ad commune capituli perlinebunt. Ordi- 
namus etiam et volumus ut magister Henricus, qui nunc est praeposilus, 

10 maneat praeposilus et decanus quamdiu ei placebit. Item statuimus et 
volumus ut abbas Sancli Huberli. qui est palronus ecclesiae Nassoniensis, 
conférai scholaslriam Nassoniensem cum suis provenlibus personae ydo- 
neae non canonico, quae per se vel per alium sufTicienlem régal scholas et 
chorum frequenlet. Ideo aulem noiumus eain conferri canonico, ul nume- 

15 rus in ecclesia servienlium augealur. Quod si scholasticus non facerçt, 
praeposilus de provenlibus ipsius scliolastriae suppléât defectum ipsius. 
Ordinamus etiam et statuimus ut Aegidius de Kupe, nunc canonicus et 
cuslos Nassoniensis. qui antea recipiebat decem modios de fruclibus 
scolastriae, de celero recipial eos in augmenlum custodiae de manu 

20 portionarii, de communibus bonis ecclesiae, terliam partem in siligine et 
duas partes in avena, ut compelenlius possit facere debilum luminare et 
matriculariumydoneiim ibi ponal, sicut céleri custodes. Quae si non facerel, 
praeposilus de bonis custodiae suppléai defectum ipsius. Si quid aulem 
amplius pro bono ecclesiae circa slatum ipsius crediderimus statuendum, 

25 vel etiam ordinandum, aul circa ea quae statuimus vel ordinavimus (h) 
âliquid declarandum, super hiis omnibus nobis reservamus poteslatem. 
Acla sunt haec feria sexta post festum beati Barlholomaei aposloli. anno 
Domini l\l« CC« L'' tertio. 

(a) et a. manque B. — (6) ordinamus H. 



— 540 — 

MSS. 
1-254 (n. si) CCLXXV. 

Henri;, sire de Hoii/f alizé, déclare tenir la vouerie de IVibrin en fief 

de l'abbaye de Saint- Hubert. 

Septembre 1253. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, 12i, D. 8. Sceau 
disparu; reste une double queue de parchemin. 5 

Je Hanris, sires de Huphalise. l'as conoissant a tous ces qui ces ieltres 
verront et ourront que je sui hom al abbei de Saint-Hubert de la voerie de 
Wibren, en teil meniere que tant come je viverai et je serai sires de 
Huphalise, que je ne la puis ne [nje doi osteir fors de ma main. Et après 
mon dcces nus de mes oirs ne doit ne si ne puet tenir la dite voerie se cil lo 
non qui sera sires de Huphalise. Et cil en devera faire homage al abbei 
de Sainl-Hubert aussi come je ai fait. Et por ce que ce soit estable chose, si 
ai je mis mon sael a ces presens lettres en tesmoignage de veritei, lesquels 
fuient faites en l'an del incarnation Nostre Signor de mil et deus cent et 
cinquante et trois ans, ou mois de septembre. 15 



CCLXXVl. 

Béatrix, abbesse d'AywièreSj et ses religieuses cèdent à l'abbaye de Saint- 
Hubert leurs dîmes d'Abée, de Haneffe, de Stiers et de Genefje contre les 
biens que Saint-Hubert possédait à Baisy. 

21 janvier 1254 (u. st.). 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, A. \. Fragment 20 
d'un sceau en cire bi^unc, suspendu à des lacs de soie verte et rouge. — Copie ibidem, premier registre, 
page 71. 

La date de ce diplôme n'est pas douteuse; à l'époque où il fut émis, les diocèses de Liège et de 
Cambrai suivaient l'un et l'autre le style gallican, qui fait commencer l'année à Pâques. 

L'exemplaire pour Aywièrcs se trouve en copie dans le cartulaire d'Aywières, aux Archives du 25 



- 341 — 

Royaume, à Bruxelles, Carlulaircs et Munuscrits 78, fol. 1:20; il commence par ces mois : « Alberlus, I3:)4(d. st.) 
Dei pcrmissione nbbas Sancti Hubcrti in Ardenna, etc. ». 

Universis présentes litteras inspecturis sorror Bcalrix, dicta abbaliss» 
de Awiria totnsque ejusdeni conveotus loci, ordinis (jsterciensis, salutem 
5 et cognoscere veritatem. INoverint iiniversi quod cum diu tractatum fuisset 
de pennulalione facienda de bonis que habemus et liabere possumus in 
villa de Abee et ejus appenditiis in grossis mifiulis decirnis, et qiiibus- 
cumque rébus aliis cum jure patronatus, necnon et quicquid habemus vel 
habere possumus in grossa et minuta décima de Haneffe cum ejus appen- 

10 ditiis, excepta grossa décima tantuinmodo de Stiers et de Geneffe, et de 
bonis que habent apud Baziu prope INivellam in Brabantia et habere 
possunt in grossis decimis minulis et quibuscumque rébus aliis cum 
jure patronatus, abbas beati Huberti in Ardenna tolusque ejusdem loci 
conventus cum una marcha Leodiensi quam abbas et convenlus de Villari, 

15 Cysterciensis ordinis, eisdem singuh's annis reddere tenebaiilur, tandem 
lia convenit inter nos et placuit, pensata utilitate ecclesie noslre, quod 
bona nostra supradicta ab liac die inantea erunt pleno jure et irrevo- 
cabililer abbatis et conventus memorali de Sancto Huberto, bona vero 
supradicta abbatis et convenlus supradicti erunt nostra modo supradicto. 

20 Omnia autem instrumenta que habemus a quibuscumque personis con- 
fecta super bonis prelibatis bona fide reddidimus et exibuimus memoralis 
abbati et conventui de Sancto Huberto, et dicti abbas et conventus 
sua nobis e converso reddiderunt et exibuerunt. Et sciendum quod si 
qua instrumenta super premissis obh'vione seu negligentia vel quo- 

55 cumque casu apud nos contigerit remanere, nos eisdem quantun» ad 
negotium hoc penitus renuntiamus. Ceterum tria bonuaria terre arabilis 
vel circiler, que habemus in predicta villa de Abee.> sepedictis abbati et 
conventui de Sancto Huberto in perpeluam elemosinam contulimus. Onmia 
premissa acta sunt et quitata et promissa firmiter in perpetuum observari 

30 a nobis et conventu nostro et premissis abbate et conventu suo, necnon 
et interveniente expresso consensu viri religiosi domini âohannis, abbatis 
Alnensis, patris nostri. Acta sunt hec, ut premissum est, anno Domini 
M® CC" quinquagesimo tertio, in die béate Agnetis, presentibus dicto abbate 
Ainensi, fratre Lamberto, fratre Johanne, monachis de Alna,. Gonsellino. 



- 342 - 

ii54(u. ât.) Godesclaco el fratre Gerardo, conversis nostris de Awiria, Johanne priore, 
ii54. Gerardo cellario, Renaido capellano, nionnachis Sancti Huberti; ^icolao, 
odiciaii Leodiensi, Johanne, investito de Hutaing, magistro Henrico, pre- 
posito Nassoniensi et magislro Henaido, canonico Amaniensi, clericis secu- 
iaribus In ciijus rei lestimonium présentes litteras sigilli nostri appensione 3 
una cuin sigilio dicii abbatis de Alna eisdeni abbati et conventui Sancti 
Huberli contulimus roboratas '. 



CCLXXVII. 

En exécution du contrat d'échange ci-dessus, V abbaye cède à celle d'Aywières 
six marcs liégeois que lui payait annuellement Daniel, châtelain de 
Genappe, fermier de la moitié de ses biens de Baisy. *o 

22 janvier 1254. 

Original sur parchemin, avec fragments de deux sceaux en cire brune, à Tabbaye de Maredsous. 
Je dois la communication de l'original de celle pièce, ainsi que des trois suivantes, à Tobligeance de 
Dom Ursmer Berlière. 

Albertus, Dei permissione Sancti Huberli in Ardenna dictus abbas i» 
totusque ejusdem loci conventus, universis présentes litteras inspecturis 

* A roccasion de cette acquisition, Aywières aura remis aux religieux de Saint-Hubert la charte 
suivante, dont il ne reste plus qu'une copie moderne, sur papier, authentiquée par le notaire Thomas 
Wyschaert, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 10, A. 1 : 

Hugues de Pierrepont, évéque de Liège, confirme la donation de la dime de Haneffe et d'Abèe 20 
à l'abbaye d'Aywières par Euslache, chevalier, et par sa femme. 

1200-1229. 

Hugo, Dei gratia Leodiensis episcopus, universis praesens scriplum inspecturis aeternam in Domino 
salutem. Notum sit lata praesentibus quam futuris quod Eustacius miles et Berta, uxor ejus, Daniele 
filio ejus praesente et consentiente, decimam quam habebant in Haneffe et in Abee cum ejus perli- 25 
nentiis in manus nostras ad opus sororum de Awiria sub testimonio multorura reporlaverunt et in 
ecclesiam libère contulerunt. Nos autem candem decimam praedictis sororibus assignantes, ne quis 
eas super eadem décima injuste altentet, praesenti scriplo sub poena excommunicationis prohibemus. 



— 543 — 

saluteni et cognoscere verilatcrn. Cum nos. perisata eccicsie nostre iitilitate. «2o4. 
perniulationem quandam de bonis que liabebamus apud Baiziu prope 
(Sivellam in Brabantia ex una parte fecerimus, et abbalissa et conventus 
de Awiria de bonis que habebant in villis de Abee et de HanefTe ex ;dtera, 

5 prout in lilleris super hoc confeclis plenius conlinetur, ad universilalis 
vesire noticiam volumus pcrvenire quod nos sex marchas Leodienses, 
quas Daniel, i))iles quondam casteilanus de Ginappe. nobis annis siriguh's 
quoad viveret lenebatur reddere per manum Nicolai de ^laceriis. ofïiciah's 
Leodiensis, pro medietate bonorum predictorum de Baiziu, prout in litteris 

n inde confectis, sigillalis sigillis reverendi patris Hetirici, Dei gratia 
Leodiensis electi, viri venerabilis magistri Godefridi, eadem gratia l^eo- 
diensis archidiaconi, predicti oQicialis, necnon et Danielis antedicti plenius 
continetur, eisdem abbatisse et conventui quittamus, volentes quod dicti 
abbatissa et conventus easdem sex marchas ab ipso Daniole, quoad vixeiil, 

18 recipiant, quemadmodum eas ab eodem percipere solebamus. In cujus rei 
testimoniunj présentes litteras dictis abbatisse et conventui de Awirra 
sigillorum noslrorum appensione contulimus roboratas Datum in crastino 
béate Agnetis, anno Domini millesimo ducentesimo quinquagesimo tercio. 



CCLXXVIII. 



Nicolas de Mézières, officiai de Liège, cède à V abbaye d'/iywièt^es ses droits 
20 sur la moitié des biens de Saint-Hubert à Baisy. 

22 janvier 1254. 

Original sur parchemin à l'abbaye de Maredsous. Sceau appendu à deux cordons de soie rouge 
et Terte. 

Wico/uMS de ^laceriis, canonicus Sancti Johannis et ofïlcialis Leodiensis, 

25 universis présentes litteras inspccturis salutem et cognoscere veritalem. 

Cum ego et Daniel, miles quondam casteilanus de Ginappe, a viris religiosis 

abbate et conventu Sancti Huberti in Ardenna bona que habebant apud 



— 344 — 

ii54. liaiziu cum appendiciis suis ad firmam acceperimus ad vilas iiostras^ pro 
I254(n. 8t.) g^j^ marchis al) utroque nostrum aiinualim pro sua medietate reddendis, 
ita videlicct (juod si eundem Danielem ante obituin meum sponte cedere, 
religionem intrare seu mori contingeret, ei exlunc in sua medietate 
succederem. noverit universitas veslra quod ego, occasione permutationis 5 
facte a prediclis abbate et conventu cum religiosis dominabus abbatissa et 
conventu Awiriensi super bonis prenotatis, quicquid juris habebam vel 
habere poteram in premissis eisdem abbatisse et conventui de Awiria 
imperpetuum cessi et per prosentes litteras certa interveniente ralione 
quittavi. In cujus rei testimonium sepedictis abbatisse et conventui Awi- lo 
riensi présentes btteras sigillo meo conluli roboratas. Datum in crastino 
béate Agnetis virginis, anno Domini millesimo ducentesimo quinquage- 
simo tercio. 



CCLXXIX. 



L'abbé Albert notifie aux religieux de Fillers d'avoir à payer désormais 
au couvent d' Aywières le marc liégeois que leur maison devait à l'abbaye ib 
de Saint- Hubert, 

!"• février 1234 (n. st.). 

Original sur parchemin, avec fragmcnt5 de deux sceaux en cire brune, aux Archives de l'abbaye 
de Marcdsous. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, dans le Ca^rtulaire d'Aywières, Car- 
tulaires et Manuscrits 78, fol. 122 v". 20 

Viris reh'giosis et honestis abbati totique conventui de Villari, Cister- 
ciensis ordinis, Mbertus, Dei permissione abbas totusque conventus Sancti 
Huberti in Ardenna salutem et oraciones in Domino. Cum nos marcam 
unam Leodiensem, quam nobis singulis annis reddere tenebamini, cum 
bonis que habebamus apud Baisiu cum ejus apendiciis permulaverimus 25 
abbatisse et oonventui de Awiris, Cisterciensis ordinis, pro bonis que 
habebantin Abeie et ejus apendiciis, in grossa et minuta décima de HanefFe 
et de ejus apendiciis, excepta grossa décima de Stirs et de Gineffe, sicut in 
lilleris super hoc confectis plenius conlinetur, volumus, consentimus et 



— 345 — 

sub (eslimoriio presenlium nostraruii) lilterariiin vobis niandanuis quatinus i254(D.8t.) 
eisdem abbalisse el coiiventui de Awiris ex nunc in anlea de predicta 
marca respondeatis et eain solvatis et reddalis eisdem, sicut nobis solvere 
et reddere lenel)amini. Volumus enim el conscntimiis quod quicquid juris 
» habebamus in dicta marca in eas transferatis, et vos super boc in perpe- 
tuiiin quitlamus et absolvimus. Datum anno Domini miliesimo ducentcsimo 
quinqnagcsimo tercio, in vigilia purificationis béate Marie virginis. 



CCLXXX. 



L'abbé Albert notifie au curé et aux paroissiens de Baisy l'échange 
que l'abbaye a fait de ses biens dans cette localité avec l'abbaye 
'0 d'Aywières. 

l»"- février 1254 (n. st.). 

Original sur parchemin aux Arcliivcs de l'abbaye de Maredsous. Fragments de deux sceaux en cire 
brune. 

klbertus, Dei pacienlia abbas totusque conventus Saiicti Huberti in 

15 Ardenna, investito et paroebianis de Baizii ac etiam omnibus aliis quorum 

inlerest salulem et oracionos in Domino. Cum nos boiia omnia que 

babebamus apud Baizu cum ejus appendiciis cuin marca una Leodiensi, 

quam nobis singulis annis reddere tenebanlur abbas et con^enlus de 

Villari, permulaverimus abbatisse et convenlui de Awiris, Cislerciensis 

20 ordinis, pro bonis que babebant in Abee et ejus apendiciis, in grossa et 

minuta décima de Haneffe et ejus apendiciis, excepta grossa décima de 

Slirs et de (îineflFe, sicut in iitteris super boc confeclis plenius continetur, 

volumus^ consenlimus el sub lestimonio presenlium noslrarum lillerarum 

vobis maudamus quatinus eisdem abbalisse et convenlui de Awieres 

25 ex nunc in anlea de bonis omnibus prediclis, lam in grossis et minulis 

decimis quam quibuscumque rébus a[d no]s pertinentibus, respondeatis 

el ea reddalis eisdem, sicut nobis reddere lenebamini. Volumus enim 

et consenlimus quod quicquid juris babebamus in prediclis bonis 



— 346 — 

4î54(d. 8t.) omnibus in eas conferalis, et vos super hoc in perpeluum quillamus et 
absoivinius. Datum anno Domini miliesimo ducentesimo quinquagesimo 
tercio^ in vigiiia purificationis béate c^larie virginis. 



CCLXXXI. 



Henri de Gueldre, élu de Liège, approuve et confirme l'échange précédent. 

i février 12o4 (n. st.). 5 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, dans le Cartulaire d'Aywières, 
('artulaircs et Manuscrits 78, fol. 421, avec ce titre : « De permutalione decimae de Basiwe et de 
inarca de Vilers ». 

Henricus, Dei gratia Leodiensis electus, universis praesenles litteras 
inspecluris salutem in Domino sempilernam. Cum a nobis petilur quod lo 
jiistum est et honestum, tam vigor aequitalis quam ordo exigit ratioiiis ut 
id ex olTicio nostro ad debitum perducatur eflFeclum. Cum igitur dilecti in 
Chrislo filii abbas totusque conventus Sai)cli Huberti in Ardenna nostrae 
diocesis, evidenter utiiitatem monasterii sui considérantes, unanimiter 
permulationem fecerint, et concordiler de bonis quae habebant et habere is 
polerant apud Baziu prope JNivels in Brabantia in grossis decimis et 
minutis, et quibuscumque rébus aliis cum jure patronalus, necnon et 
marcha una Leodiensi, quam abbas et convenlus de Villari, Cisterciensis 
ordinis, singulis annis reddere tenebantur, et de bonis quae abbalissa et 
convenlus de Awires, Cisterciensis ordinis, habebant et habere polerant in 20 
villa de Abee et ejus appenditiis, in grossis decimis et minutis., et quibus- 
cumque rébus ah'is cum jure patronalus de Scriw et de Abee, necnon et 
quicquid habebant et habere polerant in grossa et minuta décima de 
Haneffe et ejus àppendiciis, excepta grossa décima lanlummodo de Sliers 
et de GenefFe, nobis abbas et conventus dictus necnon abbalissa et ejus 25 
convenlus praedicli humih'ter supplicarunt ut hujusmodi facto ac permu- 
tntioni dignaremur consenlire, INos igitur, ipsorum piis in hac parte 



— 347 — 

precibus inclinati\ |)râe(licta omnia et singiila saepius expresse, prout ii54(a. st.) 
provide facta sunl, approbamus et confirmainus. Si quis vero nostrae in 
hac parte confirinationi ausu temerario cotitraire praesumserit, indin;na- 
tionem Oei, benlae Mariae, beali L^mberti marlyris et nostram, uecnon et 
5 sentenliam excornmiinicalionis se noverit «jraviter incursurum. Oatum 
Leodii arjno Doinini M" (X® quinf|uaiçesiino tertio, feria qiiarta post 
purificationem beatae Virginis. 



CCLXXXII. 

Règlement pour les chanoines de Nassogne, fait en exécution des mesures 

de réforme du 29 août 1 2S3 '. 

10 Le 11 mars 1234 (u si). 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlulaire 112'''', fol. 143 (A). 
MiRAKUS et FopPENS, Opéra diplomatica, t. IV, p. 557 (B). 

Universis praesentes litteras visuris magistri Godefridus, Dei gratia Leo- 
diensis arcliidiaconus, procurator venerabih's palris Henrici, Dei gratia 

18 Leodiensis electi, in spiritualibus et Renerus, canonicus Tungrensis, salu- 
tem in Domino. Auctoritate venerabilis patris fralris Hugonis, ordinis 
praedicatorum^tituli Sanctae Sabinae presbileri cardinalis, apostolicae sedis 
legati., cujus vices geriiiius in hac parle, et ex speciali niandato venerabilis 
patris H., Dei gratia Leodiensis electi (a), ecclesiam Nassoniensem a multis 

80 retroactis temporibus divino servilio defraudatam tah'ter ordinamus, quod 
a proximo venluro festo Sancti Johannls inanlea canonicus qui intererit 
matutinis per manum portionarii recipiet unum denarium Leodiensem et 
in magna missa oboliim et in vesperis obolum, ad primam in quadragesima 

(a) clerici yi. 

35 ' Dans l'acte daté de ce jour, les commissaires disaient que tous les biens de Péglise de Nassogne 
devaient être remis « ad manum commuais portionarii et distribuantur secundum ordinationem quam 
super hoc eis trademus in scriptis infra predictum festum beati Jobannis •. 



— 348 — 

i!»4(D.8i.) obolum, ita qiiod si canoniciis non fiieiil in clioro ad dictas horas prius- 
quam secundus psalinus inchoelur^ el in magna missa anlequani cpistola 
lecta fuerit, nichil percipiat. Et in anniversariis qui non intraveiil chorum 
antequant Mai^nificat lotuin cantatiini fuerit in vigiliis et epistola lecta in 
missa, nichil percipiat. Licebit autem canonico residenli pro suis agendis 5 
abesse per duos menses sive continuos sive inlerpolatos, in quibus nichil 
perdet, el per aliucn mensem in quo non perdet nisi denarios cotidianos. 
Sed si per très menses praediclos absens fuerit, qualibel die absentiae suae 
in qua per totum diem absens fuerit, praeter poenam praedictam reddel 
dimidium modium similis bladi, médium speltae médium avenae, et si per lo 
totam septimanam absens fuerit, reddet distiibulori unum dosinum bladi 
ad mensuram loci, nisi missus sil ad negotia ecclesiae, etdonec distribulori 
de poena praedicta satisfecerit, semper habebitur pro absente nec chorum 
intrare polerit. Verum quia per frequentem absenliam canonici (a) posset 
conlingere quod ipse neque per se deserviret neque vicarium haberet, sit in is 
dispositione praepositi qualiter puniatur et ecclesia suo servilio non frau- 
detur. Ordinamus etiam quod quilibet canonicus foraneushabeat in ecclesia 
suum vicarium, et perlineat ad dispositionem praepositi et canonicorum 
residentium institulio vicarforuni, el qualiter et ubi deserviant tam in 
majori ecclesia qnam in appcndiliii. l'^l si aliqua missarum celebranda 20 
remanseril prop'.er negligenliam vel absentiam alicujus canonici vel vicarii 
in ecclesia Nassoniensi, reddet dimidium modium similis bladi cujus 
medietas cedet residenli bus, alia fabricae ecclesiae. Et si canonicus vel 
vicarius habuerit manifeste focariam sive suspectam personam in domo 
sua, quamdiu eam habuerit nichil percipiat de beneficio suo, sed (6) fructus 25 
beneficii sui pro illo tempore cédant in usus residentium. Distributio autem 
praebendae per tempora fiât tam foraneis quam residentibus canonicis ac 
et (c) vicariis secundum dispositionem praepositi et capituli, taliter quod 
ecclesia debito servilio non fraudelur. Quolibet anno intra médium maii 
canonicus qui voluerit esse residens anno sequenli qui incipiet conse- 50 
quenter in festo sancli Johannis, per se vel per certum nuntium significet 
publiée in ectlesia JNassoniensi praeposito et canonicis seu vicariis ibi 
praesentibus se velle residere in praebenda sua illo anno, el sic pro 

(a) canonico B. — (b) Manque B. — (c) j4insi les deux textes. 



— 349 — 

residenti habebitur, alioquin non, sed pro foraneo. Quia a medio maio i2»4(n.»t.) 
iisque ad festuni sancti Johannis quaerondi eruntvicarii illorum qui futuri 
résidentes non erunt, is auleni qui prolestatus fuerit se velle esse fora- 
neum toto iilo anno rcsidens esse non poterit, itaque habeat praebendam 
s residentis. El si prolestatus fuerit se velle esse residenlem, non poterit 
voiuntatem suam mutare, scilieet ut pro foraneo habealur illo anno, et 
ideo neque residentis neque foranei praebendam accipiet. Foraneus cano- 
nicus tanlum percipiet de manu porlionarii duodecim modiosbiadi ad men- 
suram loci illius, médium spellae et médium avenae, et duodecim solidos 

10 Leodienses et nichil amplius quamdiu eril foraneus, exceplo illo canonico 
qui erit canonicus in majori quam sit Nassoniensis ecclesia. Illi enim licebit 
ibi (a) constituere vicarium qui suppléai vices ejus, et sic libère percipere 
residuum praebendae suae, que (6) de Iota universitate bonorum perlinebit 
ad ipsum^ et in omnibus proventibus et pascuis et aliis quae soient habere 

15 canonici. Item capitulum de cetero non recij)iet aliquem in canonicum. 
nisi praeter alias sollempnitates consuetas juraveril se observalurum con- 
stitulionem praedictam et aliam quam fecimus de aequalitate praebenda- 
rum, prout in aliis nostris litteris continetur. Illi autem qui contra bas 
nostras ordinationes propria voluntate venerint, possinl aucloritale prae- 

'20 dicta a praeposilo percensuram ecclesiasticam coherceri. Relinemus aulem 
nobis potestatem in bac nostra ordinatione, quam pro bono ecclesiae 
Nassoniensis tacimus (c). addendi, detrahendi, mutandi et declarandi secun- 
dum quod res exegerit, quia rerum evenlus declarare poterit in cotidianis 
aclibus, secundum antiqui status mutalionem, quid ad utilitalem ecclesiae 

25 Nassoniensis fuerit observandum. Actum et datum feria quarla post domi- 
nicam qua canlalur « Invocavil me », anno Domini millesimo ducentesimo 
quinquagesimo tertio. 

(a) Manque B. — (6) quia B. — (c) fecimus B. 



Ii54. 



350 



CCLXXXIII. 

# 

L'abbé /ilbert s'engage vis-à-vis des religieuses d'Aywières, au nom de son 
abbaye, à leur exhiber la charte de donalion de Godefroi de Rouillou 
pour Raisij chaque fois quelles le jugeront utile. 

17 mars 1254. 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, dans le Cartuiaire d'Aywières, 5 
Cartulaires et Manuscrits 78, fol. 122. 

L»cliartc de Godefroi de Bouillon pour Baisy, dont il est ici question, est celle que nous avons 
publiée ci-dessus, n" XLVIII. 

Albeitus, Dei gralia abbas Sancli Huberli in Ardenna. ordinis sancti 
Benedicli, totusque ejusdem loci conventus universis praesentes lilteras lo 
inspecluris in Uoniino salutem et cognoscere veritatem. Cum nos cartarn 
illusti'is viri Godefridi, ducis de Bulhon, quam religiosis dominabus abba- 
tissae et conventui de Awiria, (iisterciensis ordinis, tradere tenebamur, 
ratione comiiiutalionis cujusdam lactae, videlicet de bonis de Baziu, et de 
bonis de Abee ac de Haneffe. proul in litleris tam noslris quam dictarum 15 
dominaruni super hoc confectis plenius continetur, conferre non possumus, 
eo quod niulta aiia eisdem minime necessaria in carta praemissa sint inserta 
aut expressa, ut omnis quaestio ac malignandi occasio ratione hujus 
detentionis in poslerum amoveatur, ad haec tam nos quam noslros succes- 
sores sub testimonio praesenlium obh'gamus, quod copiam dictae cartae 2C 
praedictis dominabus de Awiria ad videndum faciemus qUotiescutjque 
necesso fuerit ac sibi viderint expedire./Si autem facere noilemus, quod 
absit! prout praemissum est volumus quod episcopus Leodiensis vel ejus 
oQicialis, qui pro lempore fuerit, poteslatem habeat compellendi per censu- 
ram ecclesiasticam lam nos quam nostros successores ad praemissa facienda, :25 
nos et nostros successores in perpetuum, quantum ad hoc, juridiclioni 
eorum supponentes. In cujus rei testimonium praesentes lilteras sigillo- 
rum noslrorum ^.munimine praedictis abbalissae et conventui de Awiria 
contulimus roboratas,transcriptum etiam praediclae cartae eisdem dedimus 
sub sigillo curiae Leodiensis. Datum feria tertia post Reminiscere, anno 30 
Domini M". CC° quinquagesimo tertio. 



- 351 - 



CCLXXXIV. 

Nicolas de Mézières, officiai de Liège, prend acte 
de l'engagement qui précède. 

(Après le 17) mars 12r>4. 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, dans le Cartulairc d'Aywières, 
5 Carlulaires et manuscrits 78, fol. 1 17 v». 

ISicolaus de I\lacerlis (a), canonicus Sancli Johannis et ofllcialis Leo- 
(iiensis, universis praesenles lilleras inspecluris in Domino salutem et 
cognoscere veritatem. Universitati vesirae notum esse volumus carlam illus- 
tris viri Godefridi, ducis de Bullon^ suo sigillo signatam, non canceilatam 

10 non abolitam, nec aliquà parte sui viciatam nos vidisse in haec verba. {Suit 
la charte de 1 084, reproduite ci-dessus sous le w XLFIU.) 

Cum igilur abbas et conventus Sancti Huberti in Ardenna ordinis sancti 
henedictidictam cartam^quam reh'giosisdominabus abbatissaeet conventui 
de Awiria, Cislercieiisis ordinis, Iradere lenebantur latione commutationis 

15 inier ipsos faclae de bonis de Baseyo in Brabantia prope Nivellam et de 
bonis de Aubeies et de Haneffe, prout in lilteris tam ipsarum partiuni 
quani reverendi palris doinini Henrici Leodiensis electi, qui dictam com- 
mulationeni confirmavit, plenius conlinelur, conferre non possint, eo quod 
quaedam alia in fine ipsius cartae dictis Aquiriensibus minime necessaria 

io sint insetta sive expressa, ul omnis quaeslio ac malignandi occasio ratione 
hujus detentionis in posleriim amoveatur. ad hoc tam se quam suos siicces- 
sores per suas litleras patentes dicti abbas et co.nventus Sancti Huberti 
obligaverunt quod copiam dictae cartae praeinissis Awiriensibus ad viden- 
dum facient, quotiescumque necesse fuerit ac sibi viderint expedire. Si 

23 autem facere nollenf, prout praemissum est, quod absit! volunl (et ad hoc se 
et suos, ut dictum est, obligaverunt"» quod episcopus Leodiensis vel ejus 
odiciab's qui fuerit pro tempore per censuram ecclesiasficam tam ipsos 



(a) Le manuscrit porte Maderiis, mais les originaux où apparaît ce nom (ci-dessus n" CCLXXVII et 
CCLXXVIII), portent Maceriis. 



1254. 



— 352 - 

1154. quam successores eorum compcllat ad praemissa facienda, se et suos 
successores eorum jurisdictioiii quantum ad hoc in perpeluum suppo- 
nentes. In quorum omnium praemissorum testimonium et munimen prae- 
sentes litteras sigiili curiae Leodiensis appensione dictis abhatissae et 
conventui de Awiria contulimus roboratas. Datum anno Domini M» CC" s 
quinquagesimo tertio, mense marlio. 



CCLXXXV. 



Le chapitre de l'église Saint- Pierre [de Metz] refuse d'accepter la donation 
d'un muid de blé à Nouvion, que lui propose le curé du lieu. 

Août 1234. 

Original en très mauvais état aux Archives de l'Etat, à Àrlon, fonds Saint-Hubert, sans indication 10 
de classement, 97. Sceau disparu; reste une double queue de parchemin. 

Universis présentes litteras inspecturis P., decanus Sancti Pétri 

salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod cum magister 0., pres- 

hiter Novian canonicus ecclesie nostre de ôda modio siliginis 

quem ipse acquisierat, ut dicebat, super terris arabih'bus apud Novian . . . 15 
sitis prel)endam suam . . . reare voluisset et super hoc litteris viri vènera- 
bih's magislri Luce de Giffo, quondam oflicialis Remensis archidiaconi, 
capitulum nostrum diclum modium bladi notuit acceptare, quia diclus 

presbiter curavit alias emendo redditus erala . . . 

Idem G de dicto modio bladi voliintatem prout 20 

voluerit et sibi viderit expedire. Actum anno Domini millesimo ducente- 
simo quinquagesimo quarto, mense augusto. 



— 353 ~ 



CCLXXXVI. 

L'abbaye de Sainf-Hnbert s'accorde avec celle de Chaumont-Porcien 
au sujet de leurs droits respectifs à Remaucourl. 

Cbàloau-PorcieD, mai 12a5. 

Original sur parclicmin, ronge sur les bords, aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 
5 27, D. 2. Sceaux disparus; reste une double queue de parchemin. — Copie authentiquée par le notaire 
Dandoy en iTQb, d'après laquelle ont été restitués les passades détruits dans Toriginal. 

Universis présentes lilteras inspecluris abbas et conventus eeclesie 
Calvimontis salutem in Domino. Noverinl iiniversi quod cum abbas et con- 
ventus Sancti Hubert! in Ardennia, occasione prioratus Sancti Theobaldi 

10 in Castro Porluensi ad ipsos spectanlis, nos auctoritato apostolica attraxls- 
sent in causam coram abbate, priore et preposito Novi Monasterii Hoiensis, 
super eo quod dicli abbas et conventus Sancti Huberti dicebant quod vir 
nobih's Rogerus, quondam cornes Porluensis terrilorii, Sancti Theobaldi de 
Castro Portuensi et Sancti Berthaldi de Calvomonte ecclesiis dederat com- 

15 muniter in elemosinani perpetuam viliam de Houniaucort ' et Curetum cum 
appenditiis suis omnibus, cum culturis et ceteris adjacentibus terris, cum 
silvis, pratis, aquis aquarumque decursibus, cum molendino. banno et omni 
justicia, cum omnibus incohs in eadeui villa manentibus et sibi subjectis, 
cum tota faniilia, ila quod dicte eeclesie debebant omnia predicta habere 

20 ot possidere communiter, prout hec omnia dicti abbas et conventus Sancti 
Hiiberli dicebant in carta dicti R. plenius contineri; et etiam dicti abbas 
et conventus Sancti Huberti et prior Sancti Theobaldi dicerent nos reci- 
pere ultra uiedietatem in premissis; dicerent etiam quod cum dictus R. 
cornes dedisset prefatis ecclesiis omnia supradicta. ita quod si qua in ea 

55 villa vel allodio acquirerentur, hoc ab utraque ecclesia fierel et commu- 
niter parliretur, et cum nos sine assensu et voluntate dictorum abbatis 
et conventus Sancti Huberti et prioris Sancti Theobaldi multa in eadem 
villa acquisissemus et in eodem allodio, sicut hiidem abbas et conventus 

' Voyez ci-dessus, n» LVIII, ta charte de Roger, comte de Porcîen (1087). 

45 



lita 



— 554 — 

lirirs. Sancli Huherti et prior Sancti Tlieobaldi dicebant. el pelèrent dicii abbas et 
conventus Sancli Hiiberti et prior Sancti Theobaldi a nobis quod omnia 
supradicta simul partirentur, maxime cum i()si dicerent se paratos refun- 
dere pro râla sumplus el expensas factas occasione dicloriim acqiiisitoriim; 
item cum proponerent dicli abbas et conventus Sancli Huberti et prior s 
Sancli Theobaldi se habere querelas contra ecclesiam noslram super terris 
et rébus aliis ad curlem de Fleirs et ad villam de Houmaucort perlinen- 
tibus, que dicli abbas et conventus Sancti Huberti el prior Sancli 1 heo- 
baldi dicebant nos ab ecclesia Sancti Nichasii Remensis et quibusdam ah'is 
acquisisse; item cum nos diclos abbatem et conventum Sancti Huberti lo 
impeteremus auctoritatc apostolica coram priore Sancli Mauritii Kemensis 
super décima cujusdam prati ecclesie Sancti Huberti sili inlra fines paro- 
cbie de Homaucort et super quibusdam aliis arliculis, el cum super pre- 
missis et aliis ad premissa pertinentibus inler diclos abbatem et conventum 
Sancti Huberti el priorem Sancli Theobaldi ex una par te et nos ex alia diu i5 
fuisset litigatum. tandem de bonorum virorum consilio inter nos ex una 
parte et diclos abbatem et conventum Sancti Huberti el priorem Sancti 
Theobaldi ex alia amicabili composilione convenimus quod omnes querele, 
que mole erant inter nos ex una parle et diclos abbatem et conventum 
Sancti Huberti et priorem Sancti Theobaldi ex alia, super quibuscumque 20 
rébus, vel que moveri polerant usque ad hodiernam diem, quacumque 
causa sive quacumque ratione. super omnibus premissis et omnibus ad ea 
pertinentibus, imperpetuum sopile sunt et remisse, ita quod omnia que 
nos possedimus et in presenti possidemus infra fines dicli territorii et in 
dicta curli de Fleirs et circa eadem usque ad hanc diem, imperpetuum 23 
quite et pacifiée possidebimus, et ex adverse ecclesia Sancti Theobaldi 
similiter omnia que in dicto territorio et circa dictam curtim de Fleirs 
usque ad liane diem possedit et in presenti possidet, quile et pacifiée 
imperpetuum possidebit el maxime pratum silum subtus Fleirs immune a 
prestalione decimarum, secundum portionem quam dicta ecclesia Sancli 50 
Theobaldi habet in dicto prato, possidebit, excepta parle illa dicli prati 
que sita est vetsus culturas suas, quam de novo de agricullura ad pratum 
redegerunt. Si vero nos acquisierimus de cetero vel dicli abbas et conven- 
tus Sancti Huberti vel prior Sancti Theobaldi de cetero acquisierint 
aliquid infra fines dicli territorii de Romaucort, [illa debent communiter 35 



- 355 - 

parliri, si ecclcsia que non acquisie{rit velit in acf|uisito partem habere, liss. 
refùso tamen prius precio pro rala ah ecclesia que non acquisierit ecclesie 
que acquisierit infra annum postquam ecclesia que acquisierit denuncia- 
verit ecclesie |que non acquisivit] se acquisivisse, et ilia denuntialio débet 

5 fieri bona (ide et coram bonis viris ad hoc convocatis. Quod si infra 
diclnm annuin post dictarn denunliationem ecclesia cui denuntiaturn 
[fuerit prelium| pro rala, sicut dictiim est, non reddideril ecclesie que 
acquisierit, extunc ecclesia que acquisierit el modo predicto denunciaverit 
illud quod acquisiverit imperpetuum sola quile et libère pos[sidebit. 

10 Prejterea si terra, donius, fundus vel orlus infra diclos fines dicti territorii 
de Romaucort in elemosinani ecclesie nostre Calvimontis vel curato 
presbytero parochie de Homaucort |vel dicte ecclesie| Sancti Theobaldi 
sive Sancti Huberti a quocumque collatus fuerit, ecclesia vel curatus cui 
collatio facta fuerit dehebit infra annum et diem post collationem sibi 

15 factam illud quod sibi coilalum [fuerit extra manum] suani ponere, si ab 
alia ecclesia sive curato fuerit ei denuntiaturn ut illud extra manum suam 
ponat, ita tamen. quod pars sive ecclesia cui collatio facta fuerit alteri 
ecclesie |denuntiaverit infra annum] et a die dicte denuntiationis incipiet 
currere annus, et postquam pars, cui dicta collatio facta fuerit, extra 

w manum suam posuerit quod sibi collatum fuerif, terragium [sive census 
communiter partietur inter nos] et ecclesiam Sancti Theobaldi. Si ante 
dictam collationem erat commune nobis et ecclesie Sancti Theobaldi 
predicte, nisi pars cui collatio facta fuerit [de consensu alterius partis 
pejnes se retinu[erit rem] collatam. et mediante dicta compositione ecclesia 

25 nostra Calvimontis tenetur reddere singulis anriis imperpetuum ecclesie 
Sancti Theobaldi de Castro Portuensi in festo beati [Martini hyemalis] 
quatuordecim sestarios frumenti ad mensuram Castriportuensem in 
grangia de Fleirs, que est ecclesie nostre Calvimontis, persolvendos de 
meliori frumento terra[giorum de Rou]maucort, et cum postmodum iterum 

50 super premissis et quibusdam aliis inter nos ex una parte et dictos abbatem 
et conventum Sancti Huberti [et priorem Sancti Theobaldi) controversia 
[moverelur, nos], pensata utilitate ecclesie nostre, pro bono pacis conve- 
nimus in hec, quod terragia omnia totius territorii de Romaucort, videlicet 
de Sarto Kenuardi et de terra quam tenet Pon[cardus faber] de Sancto 

35 Ferreolo, necnon et omnium terrarum que sunt in territorio dicto de 



♦ \ 



- 356 — 

12SK. Komaucorl, communia erunt inler nos et ecclesiam prediclam Sancti 
Huherli, |nec altéra ecclesiarum plus] poleril quam alia reclamare in 
terragiis supradictis imperpetuum. lia tamen quod nos annuatim lenemur 
reddeie dicte ecclesie vel procuralori ipsorum in craslino Walhalis Domini 
[xl] solidus Turo[nenscs ad manus] ipsorum in pecunia numerata apud s 
Houmaucorl imperpetuum, et nos, predictis mediantibus. absoluti et 
quilati sumus a dictis abbate et conventu Sancti [Huberli a quatuor]decim 
sestariis frumenti supradictis, quos ipsi in grangia nostra apud Fleirs 
annuatim percipiebant Quelibet eliain ecclesia tam nostra quam [ipsorum 
abbatis et conventus terras] quas habet in torritorio predicto tenebil to 
libéras et quitas ab onini terragio imperpetuum. In hoc etiam convenimus 
quod presbitero curato [de Uoumaucort poterit a quocumque] legari super 
Icnas sitas infra dictum territorium usque ad dimidiuuï modium bladi 
annui redditus pro anniversariis faciendis, [in dicto] dimitlio [modio 
compulatis legalis] jam sibi factis in blado pro anniversariis faciendis, ts 
sicut dictum est. Et si aiiquid ultra dictum dimidium modium modo 
supradicto [eidem fuerit legalum vei forte edituali, illud infraj annum, 
sicut supradictuin est, de aliis acquisitis extra manum suam ponere 
lenebilur, cum propter hujusmodi legata terre honerarentur et sic minue- 
rentiir [décime terrarum predictarum]. Et hiis [mediantibus omnes 20 
querele que inter nos et ipsos abbatem et conventum Sancti Huberti et 
priorem Sancti Theobaldi Castri Porluensis usque ad hanc diem occasions 
piemiss[orum mote fuerani] sunt sopite. Volumus et concedimus quod si 
que instrumenta quibuscumque sigillis sigillata pênes nos vel pencs quos- 
cumque [alios] remanserint [que presenlibus lilteris videanlur] obviare 25 
seu obviant, nullius sint valoris. In cujus rei testimonium présentes litteras 
[sigiilorum nostrorum munimine jussimus roborari. Acta hec] autem sunt 
de consensu nostro et abbatis et conventus Sancti Huberti et prions 
Sancti Theobaldi [in Castro Portuensi, anno Domini millesimo ducente- 
simo quin]quagesimo quinto, mense maio. 30 



0)1 — 



CCLXXXVII. 

L'official de Liège fait savoir que maître IMcolas de Mat, chanoine de 
l'église Saint- Lambert, a cédé à l'abbaye l'accense d'Abée, Scry et 
Hanefje, qu'il tenait d'elle. 

H mars 1257. 

5 Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Huhcrt, 10, B. 5. Sceau 
disparu j reste une queue de parchemin. 

H., canonicus et odicialis Leodiensls, universis présentes litteras inspec- 
turis saluteii) in Domino JNoverint universi et singuii quod constituas 
in nostra presentia viro discreto magistro JNicholao de Mat, canonico 

10 majoris ecclesie in Leodio ex una parte, et fratre Theobaido, nionacho 
Sancti Huberti in Ardenna, priore de Cunis, procuratore abbatis et 
conventus Sancti Huberti predicli ac custode ejusdern ecclesie, ex altéra, 
dictus magister Nicliolaus pro remedio anime sue et antecessorum suorum, 
pio ductus consilio accensam de Abees et de Secrii et de Honeffe, cjuam 

15 tenebat ab abbate et conventu predictis, libère et absolule in manus 
nostras reportavit et resignavit ad opus abbatis et conventus premisso- 
rum, et quiequid juris habebat vel habere poterat in memorata accensa et 
eisdem totaliter quittavit. Et nos eandem accensam et bona predicla fratri 
Theobaido, prescripto procuralori et receptori bonorum abbatis et con- 

20 ventus eorundem in villis de HoneflTe et de Abees et de Secrii constituto in 
nomine ecclesie Sancti Huberti, reddidimus et reportavimus per magistrum 
Simonem, canonicum Scladinensem (a) vices nostras gerentem, et in 
possessionem corporalem eorumdem bonorum induximus eundem, de 
voluntate et consensu magistri Nicholai prescripti, in cujus rei teslimonium 

25 presentibus litteris sigillum curie oflicialis Leodiensis ad petitionem tam 
ipsius magistri INicholai quam prioris prenotati duximus apponendum. 
Datum anno Domini M" CC' L» sexto, teria quinta post dominicam qua 
cantatur Reminiscere. 

(o) Correction supraliuêaire de l'original pour Andanensem, qui a été effacé. 



1287. 



— 358 — 



i«a7. 



CCLXXXVIII. 



Godefroi le Batteur de Dînant reconnaît, par-devant le prévôt et le doyen 
de l'église de cette ville, qu'il a reçu de l'abbaye le prix de sa part 
de droit sur le four banal de Saint-Hubert. 

6 juillet 1237. 

Original sur parchemin aux Archives de TEtat, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, sans indication de 5 
classement. 

Des doux sceaux, qui étaient suspendus à de simples queues, il reste un fragment de l'un, gothique 
(0"03"2 X 0°020), en cire blanche, représentant un prêtre en chasuble qui officie devant un autel sur 
lequel est placé un calice. Sur la chemise : <> Enregistré dedans le grand registre aux titres reposant 
dans les archives, fol. 9 ». — Copie aux Archives du Royaume à Bruxelles, Cartulaire 112'"'', fol. 9. lo 

Universis présentes lilteras inspecturis L., prepositus et H., decanus 
ecclesîe beale Marie Dyonensis, salutem cum testimonio veritatis. Uni- 
versitati vestre notum fieri volumus quod Godefridus Malleator, civis 
Dyonensis, dictus de Sancto Huberto, constitutus coram nobis, sanus et 
incolumis, recognovit se récépissé solutionem viginti sex librarum aiborum i» 
inlegraliler a fratre Johanne, priore de Sancto Huberto, pro quarta parte 
furni bannalis de Sancto Huberto, quam idem G. vendiderat dicto priori 
ad opus elemosine ecclesie Sancli Huberti. In ista vero peciinia non sunt 
inclusa breivirigia et alie expense quas dictus prior fecit in foro furni 
prenominati, quas paralus est ostendere dictus prior si necesse fuerit. 20 
In cujus rei testimonium présentes litteras ad petitionem dicti G. prefato 
priori sigillorum nostrorum munimine dedimus roboratas. Datum anno 
Domini M" CC° L'^ septimo, in octavis apostolorum Pétri et Pauli. 



- 559 - 

Vers 1287. 

CCLXXXIX. iK« 

Vers 1257. 

a I/abbayc céda à Thibaut II, comte de Stcnay et de Bar, la haute et moyenne justice de Molins, 
ensemble dr la justice basse ou foncière, dont Tuutrc moitié appartenait aux voués. * Jbantin, Manuel 
de la Meuse, t. Il, p. U84. 



ccxc. 

5 Arnoul III, comte de Looz el de Chiny, et Jeanne, sa femme, 

affranchissent le village de Prix. 

Juin 1258. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 106, D. 2. Trace de 
trois sceaux disparus ; restent les lacs de soie jaune auxquels étaient suspendus le premier et le 
10 troisième. — Copie ibidem, quatrième registre, page 17. — Traduction latine aux Archives de l'État, 
à Arlon, fonds Saint-Hubert, 106, D. 2, authentiquée par le notaire Joseph Collet au mois d'août 1568, 
avec cette mention : <> Scellée en irois lacs de soie jaune, les deux de cire verte et l'aullre de cire 
blanche », et encore le 3 mai 1640 et le 30 juillet 1792. (Une copie de cette traduction est conservée 
aux Archives de Mézières, H. 36.) 

15 Je Arnous, cuens de Los et de Chysnei, et je Jehaiine, sa fanime, con- 
lesse de ices meismes leus, faisons savoir et conissant a tous cels qui ices 
présentes lettres voiront et oiront que les charrois, les os, et les chevau- 
chiees que nous clamiens et aviens tenus et nianiiees, fust a tort fust a droit, 
envers les hommes dou ban et de la vile de Periers que siet seur Muese 

20 entre Maisieres et Warc, laquels vile est l'église propre de mensigneur 
Saint Hubert en Ardenne, et le giste que nous prendiens ausi chascun an 
une foie a Periers as hommes de la vile, des quels choses l'église devant 
dite estoit deplagnans de nous, et disoil que nous l'en aviens fait tort jusque 
ci et faisiens encore, nous, par le consel de bonnes gens, pour bien de pais, 

25 pour le salut de nos armes, de nos devantriens et de cels qui après nous 



— 360 — 

USH, venrrons, relassons et avons quiteit et quitons entièrement a tons jours a 
l'église de Saint Hubert et as devant dis hommes, par ensi que li abbes de 
Saint Hubert devant dit ou ci! qui de part lui sera, par sen maeur ou par 
sen serjant a nous et a nos hoirs qui après nous le chasteal de Warc 
tenrront. doit faire avoir a Periers de chascuri feu de celé vile deuz quar- 3 
leiz d'avaine a la mesure de Warc qui or court et une geline chascun an 
l'andemain de feste Saint Martin en yver, fors que de la maison l'abbeit de 
Periers et des ore mais en avant ne nous ne nostre hoir ne porrons 
semonrre ne meneir les hommes de Periers ne en ost ne en chevauchiee, 
ne loing ne près, ne pour nous ne pour autrui, ne envers els clameir, ne to 
requerre gisle ne charrois ne autre droiture ne servitute nule, fors l'avainne 
et la geline si com il est devant dit, ne envers la maison l'abbeit devant dit 
sauf ce que se leirres ou mourdreires ou autres de mauvais rat ' sera 
aresteis ne pris ou ban ne en la vile de Periers, et il sera condempneis par 
le jugement des eschevins dou lieu, on le devera livreir a Periers a nous »5 
ou a nostre serjant pour faire justice. Et quant il i aura plait de tour de 
batalle et il sera déduis en la court l'abbeit devant dit jusques a la batalle, 
et batalle i convient faire, ou nous ou nostre serjant i devera on lors 
apeleir pour le champ wardeir et pour la force osteir et pour la justice 
faire, ce mestiers est, à la requeste l'abbeit devant dit ou sen serjant, et 20 
jusques alors ne nous i apelera l'abbez ne ses serjans se il ne vuelt. Et 
toutes les foiees que il en cest cas ne en autre pour force osteir nous 
apelera, nous ou nostre serjans i devons aleir et la vile wardeir de force, 
et lui ausi ne autre il n'i porra apeleir que le signeur de Warc. Et parmi 
la rente devant dite, nous ou cis qui Warc tenrra après nous devons la 23 
maison l'abbeit a Periers et ce qui i apent, toute la vile, les hommes et lor 
choses entièrement wardeir et tenseir encontre tous hommes, a la requeste 
l'abeil ou celui qui de par lui sera a liu. Ne l'abbes ne li couvens de l'église 
mensigneur Saint Hubert ne porront autre voeit ne autre warde apeleir 
que nous a la vile de Periers ne a lor maison que il ont en celé vile, jusques 30 
a tant que nous lor serons defalant et il aront summeit envers nous tant 
com raisons portera. Et ices choses devant dites chascune par li et toutes 



* La traduclion latine rend ainsi ce passage : « latro, tiumicida vel alius aliquis damnandus pro 
malo raptu >>. 



— 3(H — 

emsamhie nous avons convenl en houe foit a wardeir ol promelens loial- iî»8. 
menl et fermement a tenir et que par nous ne par autre nous ne venrrons 
encontre, et a ce obligens nous et nos hoirs tous et tous autres succes- 
seurs qui après nous tenront le chasteal de Warc et qui la devant dite 

s rente en queil manière que ce soit porront et deveront tenir et avoir. 
Kl pour ce que ce soit ferme chose et eslauble, en tesmongnage et seurtei 
de toutes ices choses nous en avons ices présentes lelres saelees de nos 
saeals, donees a la devant dite église de Saint Hubert Kt je Henris, cheva- 
liers, sires de Murvaut en Ardenne, qui a ces choses toutes fui presens, en 

10 tesmognage de ices choses ai pendu men saeal a ices lelres, a la requesle 
de mensigneur le conte et de ma dame la contesse devant dis. Ce fu fait et 
donneit en l'an del incarnation Nostro Signeur mil et CC et LVIII, el mois 
de junet. 



CCXCI. 

Deux chanoines d'Ivois décident en qualité d'arbitres que le droit de patro- 
is nage de l'église d'Etalle appartient à l'abbaye de Saint-Hubert et non à 
Jacques Pestai, chevalier. 

» 

5 septembre 1258. 

Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 40, B. i ; sceaux 
disparus. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, Cartulaire HS*"'', fol. 163. 

20 Universis présentes litteras visuris Guido, Yvodiensis ecclesie, Hugo, 
chrislianitatis de Bello Monte decani, Yvodienses canonici, eternam in 
Domino salutem. Cum olim super jure patronatus parrochialis ecclesie de 
Stabulis inter virum venerabilem et reli^iosum abbatem Sancti Huberli 

r/ 

in Ardenna ex una parte et dominum Jacobum, dictum Pestai quondam 
25 de Stabulis, militem, ex altéra, controversia verterelur, tandem dicti abbas 
et J. in nos tanquam in arbitros super controversiam jam dictam compro- 
miserunt, promittentes dictus abbas in verbo veritatis et dictus Jacohus 
sub fide preslila corporali se inviolabiliter servaturos quicquid super 
premissis duceremus arbitrandum. INos igitur, onere arbilrii in nos 

46 



— 562 — 

lias. suseepto. auditis rationibus hinc inde propositis. vcritatc etiain diligenter 
inqiiisita ac plenius intellecta, parlibus dcmum die préfixa ad audiendum 
arhilrium coram nobis comparentibus et dictiini arbitriuin instanter ferri 
a nobis postulanlibus, de bonorum virorum ac prudenlum consilio jus 
patronatus ipsius ecclesie de Slabulis ad sepediclum abbalem Sancli 3 
Hiiberli seiilenlialiler arbitrando proniinciavimus perlinere. dicto Jacobo 
super jure patronatus ipsius ecclesie perpetuunj silentium imponentes. 
Cum autem hujusmodi arbilralis sententia tempore prolalionis ipsius 
arbitrii parlibus in scriptis tradita non fuerit, nos dictam senlentiam ad 
mandatum reverendi patris Th., Dei gratia archidiaconi Treverensis. infra lO 
archidiaconatum cujus sita est dicta parrochialis ecclesia, nobis super hoc 
directum, in hanc scripturam publicam redegimus, et partibus sigiMis 
noslris dedimus communitam. In cujus rei lestimonium et munimen 
présentes lilteras sigillorum nostrorum munimine tradidimus roboratas. 
Datum anno Domini M» CC° L<* oclavo, feria quinta ante nativitatem béate »5 
Virerinis. 



CCXCII. 

Le pape Alexandre IF confirme pour un terme de cinq ans le privilège 
d'Innocent IF pour l'abbaye, en date du 20 décembre i247 '. 

Ânagoi, 28 novembre 12o8. 

Original sur parchemin, très abîmé, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Hubert, ^03. 20 

Bulle de plomb du pape Alexandre IV, suspendue à des lacs de soie jaune et rouge. C'est l'exem- 
plaire fait pour Saint-Hubert. Un second exemplaire, destiné à Evergnicourt, bulle de plomb disparue, 
est conservé également en original aux Archives de TÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 103. Un 
Iroisicme exemplaire original, ibidem, bulle de plomb disparue, est trop altéré pour qu'on puisse 
reconnaître à qui il est adressé. Sur le dos du second et du troisième, on lit d'une main contempo- 25 
raine : « Sancta Oda *. 

Bulle Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis abbati et conventni monasterii Sancti Hubert! 

d'Innocent IV. j„ Ardenna. ordiuis Sancti Beuedicti, Leodiensis diocesis, salulem et aposlolicam benediclionem. Paci et 

iranquillitali vestre palerna volentes in poslerum sollicitudine providere, auctoritate vobis presenlium indul- 

' Reproduit ci-dessus, n» CCLIX. 50 



— 363 — 

«émus ul ad receplioneni vel piovisionem alicujus in pensionihus vel bcneficiis eccle- lâS8-1559. 

siasticis non teneamini neque compeiii possitis per liiieias sedis apostoiice seu legaiomm 

ejusdem, nisi dicte lilteic aposlolice plcnam et exprCSSam fecerint de hac induljjentia mcnlio- 

uem. Nulli ergo omnino bominuin liceal banc pagiiiam noslre coiicessionis iiifringere vel ei ausu lemerario 

S ronlraire. Si quis aulein hoc allemplare presumpscril, indlRiialionem oninipnlpiiiis Dei et boatorum Peiri et 

Pauii itposioiorum cjus se noverii iocursurum, prcsentihus post quinquennium minime 
vaiituris. Dalum Anaiçnie, nii kal. decembris, ponlificatus nostri anno 
quarto. 



CCXCIII. 

L'official de Laon fait savoir que le clerc Robert Aion de Neufchâlel 

10 assigne au prieuré d'Évergîiicourf une rente annuelle de deux deniers 

parisis sur sa terre située à Evergnicourt, au lieu dit « en Beauniont ». 

Mai 1-259. 

Original sur parchemin aux Archives de rÉtat, à Arlon, fonds Saint-Hubert, 45, B. 9. Sceau 
gothique {0"04S x 0°>030), en cire verte, de la curie de Laon, décrit ci-dessus n" CXCIV, suspendu à 
15 une double queue de parchemin. 

Universis présentes litteras visuris oflîcialis Laudunensis saliilom in 
Domino. Moverint universi quod in nostia presencia propter hoc specialiler 
conslilutus Robertus. diclus Aions de INovo Castro, clericus, coram nobis 
recognovit quod ipse tenel et possidet quamdam petiam terre arubilis site 

20 in territorio de Evrigiiicort, loco qui dicitur en Biaumonl, inter viam de 
Provais et viam de Provisuel, contiguam terre Radulphi filii Thierrici de 
Rertricorl ex una parle et terre Gerardi de Provisuel ex altéra. Que petia 
terre predicta tenelur singulis annis in perpetuum obligala priori et 
ecclesie de Evrignicorl in duobus denariis Parisiensibus annui et recti 

25 census ventas portantis et investiluras, ut dicebat, in festo etiam beati 
Remigii in capite oclobris singulis annis in perpetuunî persolvendas, se 
et heredes ac successores suos ad dictam solutionem dicti annui census in 
diclo termine faciendam obligans idem Robertus erga dictum priorem 



— 364 — 

1459-1260, et (iictam ecclesîaiii de Evrignicori et constituens in perpetuum corain 
nobis obligatos. in cujus rei testimonium présentes litteras patentes 
eniisinius, sigillo curie Laudunensis salvo jure doniini Lauduncnsis epis- 
copi et aiieno ad instanciam dicti Kobcrli clerici sigilialas. Datum anno 
Doniini millesinio ducentesimo quinquagesimo nono, mense maio. 5 



CCXCIV. 

Thibaut, seigneur de Neufchâleau, augmente la donation faite par son àietd 

Thierry à Vaumônerie de Saint- Hubert. 

Août 1260. 

Original disparu. — Copie aux Archives du Royaume, à Bruxelles, fonds Saint-Hubert, Cartu- 
laire 112'''', fol. 158 (A). — Aulre copie, simple, aux Archives de l'État, à Arlon, fonds Saint-Huberl, 10 
sur la même feuille que Tacte de Thierry de Mellicr en 1 199 (B). 

Theobaldus (a), dominus de INovo Castro in Ardenna, universis présentes 
h'ileras visuris saluteni et agnitionem veritatis. Cum avus meus domnus 
Theodericus quondam dominus de Novo Castro jamdudum legaverit ob 
remedium anime sue elemosine in ecclesia beati (6) Huberti pauperibus 15 
depulate quatiiordecim inensuras multure, appellatas quarinos, ad mensu- 
rani de Novo Castro, recipiendas in molendino de Spiffeuse ac solveiidas 
sini;ulis annis infra feslum beati Andrée aposloli, ego similiter Theobaldus, 
dominus de JNovo Castro, volens anime mee saluti providere. confero et 
leoo ob remedium anime mee et amicorum meorum dicte elemosine 20 
Sancti Huberti decem mensuras consimiles predictis, recipiendas in per- 
petuum singulis annis in predicto molendino de meliori ac promptiori 
multura dicti molendini, ac persolvendas infra festum memoratum. Et ut 
ista roboris firmitatem obtineant, ego présentes litteras sigillo meo feci 
roborari (c} in testimonium veritatis. Datum et actum anno Domini 23 
M° CC« LX% mense augusto {d\ 



(a) Ego B. — {b) saDCli B. — (c) robari ^. — (d) augusli B. 



— 365 — 



ccxcv. 



1262 (n. si.) 



Henri de Gueldre, evêque de Liège, notifie une sentence arbitrale relative 
à Vavouerie de Tilleur, que Jean des Awirs, chevalier, disputait à 
l'abbaye. 

Février 1262 (n. st.). 

S Original sur parchemin aux Archives de l'État, à Ârlon, fonds Saint-Hubert, 53, A. ^. Deux sceaux 
en cire brune, suspendus à de doubles rubans de soie verte. Le premier, qui est celui d'Henri de 
Gueldre, conservé en partie, est gothique (O^OÎiTj x (("OÎO) et repiéscnte un personnage ecclésiastique 
assis, tenant de la main droite un livre appuyé sur son genou, et de la gaucho la crosse; deux étoiles 
dans le champ à droite et à gaucho; légende disparue. Contre-sceau : un évcquc milré, agenouillé 
10 en prière, la tête baissée, la crosse passée sous le bras. Légende :* SMSEKEHE . M[EI DE] US. Le 
second, qui est rond {O'^Oi'2), est celui du chapitre de la cathédrale, il représente le buste d'un évêquc 
debout, mitre en tête et vêtu de la chasuble, tenant la crosse de la niuiii droite, et levant la main 

gauche avec deux doigts ouverts pour bénir. Légende : lENSIS . PATRONUS. — (."opie aux 

Archives du Royaume, à Bruxelles, Carlulairc 11 i*"'*, fol. 172 v», 

15 Henricus. Dei gratia Leodiensis episcopus. universis présentes Miteras 
inspecturis salulem in Domino. INoverit univcrsitas vestra quod cum inler 
virum religiosum abbalem Sancii Hiiberli in Ardennia. ordinis Sancli 
Benedicli, nomine monasterii sni ex una parle, et Johannem de Awiria, 
miliiem, ex altéra, super jure advocatie, banni et ville de Tylour et super 

20 omnibus aliis proventibus seu taillis., exaclionibus et juribus que dictus 
Johannes dicebat se habere vel habere poterat quocumque jure in diclis 
banno et villa de Tylour seu lerrilorio ejusdcm ville, orta esset materia 
questionis, tandem dicte partes post mullas altercationes in nosira propler 
hoc presentia constitule super premissis omnibus et singulis in Henricum 

25 de Myrvarl et Wallrekiniim délie Wege, milites, unaniniiler tanquam in 
arbitros compromiserunt de alto et basso, fide hinc inde prestita corporali 
sub periculo cause et pena cenlum marcharum Leodiensium, ila videlicet 
quod quicquid dicti arbitri ordinando, componendo inter parles seu 
sentenliando pronunliarent, partes ipse irrefragabiliter observare teneren- 

50 tur, alioquin pars que ab eorundern arbitrorum ordinatione, compositione 
seu sententia resiliret, lapsum fidei. periculum cause et penam incurrerct 
memoratam. Cumque dicti arbitri bonus arbitrandi ad petitionem et 



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ii62(n. si.> instantiain purlium in se suscepissenl. laiidem iidem arbitri, in nostra 
propler hoc ac parliuni presunlia consliluti, die de consensu partium ad 
hoc specialiter préfixa, coraiu noljis arbilrium suum super premissis, sub 
pena que supeiius esl expressa, presenlibus dileclis filiis Engelberlo de 
Yseinbruec. Gerardo et Johanne Iratribus de Nassow, arcliidiaconis Léo- 5 
dicnsibus, iiobilil)us viris Barrensi et Losensi comilibiis, Henrico de 
Hufalisia, domino Sigero de Wavera, Johanne de Bello Foili, Fastrardo 
de Ferme, militibus. el multis ahis hominibus noslris feodalis, protulerunt 
in hune modum quod diclus Johaiines débet quiltare in perpeluum memo- 
rato abbati el ecclesie sue et inlcgraliler reportare in manus ipsius abbalis, lo 
pro se et ecclesia sua, tanquam in manus domini feodi, quicquid idem 
Johannes habcbal vel habere polcrat quociimque jure in villa antedicta 
seu terrilorio ejusdem ville de T} lour, in advocalia, in banno el justicia et 
in onmibus aliis juribus seu exaclionibus, el ila affectare judicio hominum 
ipsius abbalis feodalorum quod diclus abbas el ecclesia sua de premissis lo 
omnibus in perpeluum gaudere possint inconcusse, et nunquam ipse 
Johannes vel sui heredes in futurum polerunl aliquid reclamare in 
premissis. INec ibidem polerunt aliquid de premissis de celero relinere seu 
de novo cujuscumque contraclus vol quasi ' seu acquisitionis titulo vel 
ultime voluntalis eulegio aliquid in dicta villa vel ejus terrilorio acquirere, 20 
habere, lenere, possidere vel etiam acquisitum relinere, exceptis tribus 
homagiis decem et scplem solidorum Leodiensium capiendorum, ubi et 
(juantum el a quibus annualim capiuntur et usque nunc capi consueverant. 
Que homagia diclus Johannes polest sibi relinere vel eadem in Balduinum, 
castell