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Full text of "Sainte Cécile et la musique [microforme] : discours prononcé à Notre-Dame de Montréal le dimanche soir, 21 novembre 1915"

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originaux sont fHmés an «omnKnçam par te 
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flbnéa à daa taux da réduetton difl éiai ito . 
Lotaqua te doeumant aat trop grand pour êtra 
raproduH an un saul cHohé. M aat fHmé é parthr 
da rangto s up éria ur gaueha. da gaueha à drolia. 
at da haut an baa. an pranant te nombra 



Muatrant te métliodaa 



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Mr^— . 




^ihé Joaefih-N. DUPUIS 



SAINTE CÉCILE 



ET 



LA MUSIQUE 



Dwcoun pranoncé à 

NOTRE-DAME 

OB MONTREAL 

U<inMticfaeMir.2i noTonbre 1915 



"Rtspeciueuiemeni dédié aux Société» Chorah 
de Montréal 



e» 




ympmé m DEVOIR. 43. nit i^C/m 



ir^ 



Sainte Cécile et la Musique 



DISCOURS DE M. L'ABBÉ DUPUIS. 

VISITEUR I»S ECOLES. 



Monieignear, (1) 



CaHia/e Domitu. 

Chantez pour le Seigneur (Pi. pj). 



Mes Frères, 



L'un des caractères de l'Eglise CatholiqiM à laqoeUe oons avons 
le bonheur d'appartenir, c'est son invincible mémoire. L'Btfise Ca- 
tholique se souvient. Les montagnes du monde peuvent s'écrouler 
les unes sur les autres, si c'est ce Jonr-Ii 1a fête d'une petite btrfàre, 
elle célébrera la petite bergère avec le cahne immuable qui loi vient de 
l'éternité. Quekiue bruit que fassent autour d'elle les peuples et 
les rois, elle n'oublie pas un de ses mendiants, pas un de ses martyrs, 
pas une de ses vierges. Pour eUe, il n'y a que les éhis qui eoimtent. 
les réprouvés sont le déchet de l'humanité. 

Et en cette soirée du 21 novemlure. elle remonte le court des siè- 
cles, pour chanter hi gloire de Gédle, une petite Vierge Romaine, dis- 
parue de ce monde, il y a 1700 ans. 

Et demain matin, Benoit XV, les Cardfaïaux de la Sainte Etfiae. 
laOO évêques, 300,000 prêtres, montercHit i Pautd et «^THront l'nMnrte 
mystère, en l'honneur de Cécile, vierge, apôtre et martyre. 

Cest à Rome surtout— «t c'est Justice—que cette fête ^ le ptas 
poétiquement chtatée. chers sonvenks romains! poorqu^ ètes- 
vons dé;à si loin! Je vois encore la catacombe de S.>Callxte «avaUe 
par les pèlerins et les étudiants des collèges JMtiuMux, ans eostnmes 
pittoresques, et variés. J'entends la vibrante allocirtion de VmMo- 
logœ MarucdiL (2) A bi BasUitpie du Transtevto«, la foula est «ooore 
phu dense. J'aperçois le cardinal-prince Raaqx^a-del-TlBdaro: avte 
qoeUe rdigieuse majesté, U fait son entrée sole . entouré de 

t<Mite sa couri Mais suriout. J'ai encore le ccenr et ic^ ordUes remplis 
de la iMwiière antienne des Vêpres: linooMiaUe et ravisaurt *t:aB- 
tantibus Organls". "Au milieu dM concerts d'instruments, Gédte "fc— - 
tait à Dieu seul, en son coeur, et Assit: Que mon eebnr el i 




(1) s. a Xsr GttllUiaM FMMs, 
(S) I Moi te lie w m» «m ■«Imv à 



<«««M4a 



meomit pan, 6 mon Di«a, et que Je ne wU pas conf<mdn«". Cantanti- 
Iw» orfuis GKcilia Domino decantalurt diceus: Fiat cor mcnm ira- 
nMealatmn ut non con undarl 



Pour bien comprendre le sens de ces paroles, il faut se rniorter 
au siècle et an pays où vivait Cécile. «De la booe pétrie avec du 
«ang": Tel étaU i Rone, au Htow siècle, le fond des moeurs païennes. 
La trait le ^us sicnificatif de cette corruption, c'est qu'elle ne peut 
èbf racontée. On la flétrit, mais on ne la détaUle pas. 

(kmmient va s'y prendre le christianisme pour désinfecter ce 
corpa ganfvené? U suscite une série de types inconnus, destinés é 
transfoner, par leur exemple, la moralité publique. Et en tète de ces 
phalanges régénératrices. Je salue les Vierges. U pureté est teUe- 
ment l'eflTet du chrisUanisme, qu'eUe en devient le signe distinctif. 
Les païens ne s'y méprennent pas. Les tyrans demandent indUTé- 
rcmment à leurs victimes, le sacrifice de leur Dieu, on cehd de leur 
virtfnlté. La fftireté est l'arôme vivifiant de la société nouvelle. Sur 
ce f^imier du vieux monde romain. Je vois germer et s'épanouir des 
Ms. Panni ces lis étincehuU et odoriférants, aucun n'enbaume mieux 
l'Elise et le monde, que Cécile. ' ' 

Mais allons plus avant. Où donc se trouve le secret de cette éton- 
nante sateteté? Un seul mot le résume : l^vangile. (Mif ce livre divin, 
ces quelques feuillets, qui vibreront encore quand la terre aura dis- 
^o-^-tenqn'on les presse et qu'on les analyse, qu'en sort-il donc? 
QiiMqMWpf ?es seulement-mais des. paroles lumineuses et fécondes, 
des parcrtes tombées de lèvres adorables qui ont révohitionné le monde 

Je sttU idefai de respect pour les savants écrivains qui ont vouhi 
ncealn> te vie de lésus, mais qu'est-ce que leurs efforts et leur érudl- 
tfen» en face de la stridime simplicité du livre divin. Or nous chan- 
^s à roOce de Matines, que notre vierge tforiense portait toufoors 
V^yf B» sw ioo cœwr^ViFgo tforiosa seaqier EvangeUnm duirti 
fanM m pMlore<— die en faisait sa nourriture. Elle le lisait emn- 
ne U dott être ta, «i méditant et en ]^nt Ce ftrt PAme de toute sa 
vie, 

_^^M> coraKH **» pandas que l'antiquité n'avait pas même S019- 
CMBèes: «We^eurr . ceux qui ont le coeur piu>, car ib verront 
"MA- EffiHB'a pfais qo^in désir: Vouer sa virginité an Seigneur. Elk 
m vert d'antre époux ^e Jésus, le Roi de son coew. Fiancée conb« 
l»»»^ au païen Valérien, elle hii dit: "Jeune et tendre ami. J'ai un 
•ewet à ta confier. TmL fait à mon Dieu da chastes sermrats, et de- 
pnta, ^ wige vatte sur mon corps, pmir le garder"... Cert hà qu'on 
io» s écrier avee Bossuet: Mystèra de l'Amour divin quil faut être 
pur pour vous coraiHWidret 

^îile a ta qui! faut m-êdier l'Evangile. EUe devient catédiirte, 
apologiste, apôtre. .Elle converUt Valérien et son frtr» Tltairce. an 
christianisme. Et Valérien et Tiburce cueilleront, avant eBe. la 
pvmt du martyre. 



V 



— 3 — 



II 

Dans l'Evangile, un mot revient sans cesse: Priei. Il faot toa- 
jeurs prier et ne jamais cesser. Jour et nuit, noos disait ses .Votes, 
elle continue ses entretiens divins. Voy«i-vous la Jeune paL. '^nne 
sortant de sa splendide demeure, accompapiée de si^ servante. M^ 
traverse les rues de Rome et s'engage sur la voie Ancienne, l^ fas- 
tueux tombeau de Ceciliii MeteUa. son aïeule, n'atUM pas ses regwds. 
Elle prend un petit sentier souterrain i peine visible. La voilik qui 
pénètre dans une longue et étroite galerie qu'éclairent à pdne des 
petites lampes scellées aux parois. Tout à coup, sur son iranagc, 
s'offre une salle plus abondamment éclairée. Une multitude y est 
agenouillée, rangée en deux choeurs. Au fond, sous une voûte, creu- 
sée sous le tuf, se dresse un tombeau enveloppé d'une rippe. Sur 
cette nappe rqmse une coupe d'or. Un vieillard en cheveux Mancs, y 
célèbre une liturgie mystérieuse. Cécile a pris place parmi les fan- 
mes. Elle mêle sa voix à leurs voix. Elle entonne des cantiques 
dune poésie orientale que les chrétiens appeL^>nt des Psaumes... 
Nous sommes aux Catacombes. 

Dcseender. dcMcndes au fond de* Cataeoiiibes 

Aux pina baa lieux. 

Ocwendes. le eoenr monte. Bt dn hnot de cet tanlica 

On yvit lea deux. 

C'est là que l'Evangile est expliqué par l'évéque Urbain. Cest 
la qu'on médite la passion de Jésus, et Jésus a murmuré à l'oreille de 
Cécile qu'il n'y a pas de plus grande marque d'amour que de mourir 
pcw cehil qu'on aime. . . Aussi queUe n'est pas sa joie quant le préfet 
Ahnachius la condamne au martyre. "Mais, se dit le magirtrat ro- 
main, l'on ne peut faire exécuter publiquement tant de jeunesse et tant 
de beauté. Ses grâces surhumaines hii ont gagné tous les coeurs. 
Personne ne la verra mourir. Nous l'enfermerons dans la saUe de 
bains de son palais. Le caldariom sera surchauffé. Elle périra 
a^>'xiée.'* O prodige! Durant un jour et une nuit, une sorte de rosée 
céleste rafraîchit les membres de Cécile. . . A cette nouvelle, le préfet 
dépêche un licteur et lui ordonne de se servir du tf alve. U b«>urreau 
donne les trois coups permis par la loi. O licteur! tu n'as pu acheva 
ta victime. . . Durant trçis Jours encore. Cécile reste là, étendue, le col 
a demi-rompu— semblable à un beau lis dont la fleur est brisée, mais 
non encore séparée de sa tige. Les pauvR^ s'Onpressent autour de 
L!*°" "î^if «^"«"««"rée. L'évéque Urbali vient h bénir. "O mon 
Père, lui dit-elle. Je vous lègue tous mes tr jots" et die hii montre les 
mendianu qui l'entourent. Toute rayonnante de fol et d'entéraaee, 
elle offre à Dieu, pour l'EgUse naissante, pour le peuple romain, pour 
ses boum«ux. le sang virginal qui s'é<thappe de ses plaies béantes. 

m cecile expire pour entrer dans l'immortalité. 

III 

-i— °.f?^ **" ***" """«rtellel Vous êtes vivante daus la splen- 
owr des deux, mais vous vive» encore au milieu de nous. Vous 



— 4 — 

e^ercei ici-bas un souverain empire. Voire corps porté par des vier- 
ges est déposé au cimetière de S.-Calixte, mais votre âme plane ton- 
jours sur Rome et en protège le Pontife. 

En 822, le Pape Paschal I veut faire transporter la dépouille de 
Cécile, en son palais du Transtévère, transformé en BasiUque. H 
la fait exhumer. Nouveau miracle. L'angélique enfant est retrouvée 
dans son coflTre de cyprès, belle et radieuse, comme au jour où elle y 
ftit ensevelie. La terre avait traité ce joyau des Ages héroïques, «mu- 
me les pierres précieuses dont elle n'altère point l'éclat. Le tonps 
avait reqiecté la chair virginale, les vêtements brochés d'or, et jus- 
qu'au bois du cercueil. 

En 1509, au soir de ce XVIième siècle si tourmenté par les tem- 
pêtes de la Renaissance et de l'Hérésie, l'Eglise voulut contempler, 
encore une fois, Cécile. Rome avait besoin de ce réconfortant q>ec- 
tade. Elle venait de voir se détacher de son sein l'Angleterre, l'Alle- 
magne, ia Suède et le Danemark. La glorieuse petite vierge aimarut 
tout à coup pour ra îver l'étincelle du feu sacré, et dire que l'EgUse 
du XVIième siècle était bien la même que l'Eglise primitive, puis- 
qu elle se proclamait la fllle des martyrs des AnœhithéAtres et des 
Catacombes. 

Une fois de plus, Rome et le mqnde s'émurent. L'on ouvrit le 
sarcophage L'on .aurait moins dit une morte qu'une victime qui va 
mourir. 

Regardez Clément VIU. C'est un austère vieiUard. Durant deux 
ans, il a différé h réconciliation de Henri IV triomphant i Paris et 
demandant l'absolution de son hérésie. Ce Pontife, héritier de l'é- 
nergie de Grégoire VH et d'Innocent III, estimera l'un des événements 
les plus considérables de son règne, la transition que ses mains au- 
ront faite du cercueil de Cécile dans une châsse splendide pour la- 
queUe U épuisera le trésor Pontifical. Autour de cette chflsse, vous 
trouverez réuni tout ce que l'EgUse compte de plus vénérable. Voici 
le docte Baronius. U a déposé un instant sa plume hnmorieUe au'il 
reprendra bientôt pour raconter les gloires de Cécile. Voici li car- 
dfaal-prince Paul-Emile Sfondras: U consacrera désormais son lèle 
et ses richesses à orner le triomphe de Cécile. Voyez le cardfaial 
Jésuite Bellarmin, la terreur des hérétiques, Alexandre de Médids qui 
bientôt sera Léon XI, CamUe Borghèse qui plus tard gouvernera l'E- 
glise, sous le nom à jamais célèbre de Paul V. 

Pomlant, qu'est-ce donc après tout, que de contempler les traits 
(TUne Vierge ensevelie d^uis treize siècles? Cependant nous avons 
îi ïîf ,1 ^*^*' '" P*"' exquises et les plus délicates de l'Histoire 
de raguse. Il n'y a rien qui fasse mieux saisir la suprême moralité 
ae cette samte Mère toujours éprise d'un fervent enthousiasme pour 

^^«4 '!L*il''°*' "^ °°* pratiqué l'héroïsme, sans que les siècles 
puissent attiédir cette noble ardeur. 

IV 

h....fi ?*îî *^°""""« «Je f**"»"-- Son nom est devenu synonyme de 
wauié et d harmonie. Elle règne sur l'architecture. Son palaU est 



— 5 — 

oeuvre d art? Elle règne sur la peinture. Son image a tenté le oin- 
ceau de. plu» grands artiste depuis Cimabué. Fra Â^eUw jS"» 
Roma n et Raphaël Jusqu'à Paul Delaroche et HippolyîïnÏÏ^i"^" 
Elle règne surtout sur la musique. Son âme et sa virsontun 
hymne d'wnour. Confidente de la musique des deuK.?lle est 5^^ 

p ï nf «»"» •«.protection de cette céleste musicienne, 
tt d ailleurs Cécile incarne admirablement l'esorit et li> t.mnA.. 
ment de l'Eglise. L'Eglise qui n'a cessé de cUXdeLi, ^^Z 

SI lïf. "^7*°* 'u°*r ''•' ^°'* ** d'espérance. C'est poiS^S 
l^â^ A ^"il„" *=u""** '*'"" '*» catacombes. EUe a chaniéW 
les échafauds. Elle chante sur les berceaux et sur les tombeT Z 
ce moment, sur cet horrible champ de bataille qu'est devewe la 
vieille Europe elle chante des cantiques d'endJance. Z^ZJè 
de confiance et de paix. C'est là l'accent régulier de son T«Ï2S 
et l'une des formes de son culte. «ngage 

EUe appelle à son secours les plus beaux instruments de musique. 
r„ •„ " ■*""* ** *"■** '* P'"» *=°™P'** «^* »« P>»» P"l»»nt de tOM ; 

L>orgue. le teul concert, le muI gémJaMment 

Qui mêle aiu cieoz la terre 
U seule Tdx qui puiue aTcc le flot dormant 

Et lea for«ti bënlea. 
Murmurer Icl^lia* quelque commeneement 

Des dMws infinies. 



Concevei-vous une fête religieuse sans chant, et sans uiusioue? 
Ri^rtei-vous à votre première communion? Pouve.-vous vSi îiil 

SiiSSt"^oTw^ifiml*«*'" •** '?,™"' <=" ^°** '«-aîches et pures sou- 
pirant. «Mon bien-aimé ne parait pas encore" de Fénelon, ou bien en 

core "U ciel a visité la terre" du tendre et pieux Goonod? 

„„,9^rTHr'">if"*,"'"' ^°*' ** ***'*"'» "»» <^»»«»t •' "« musi- 
que? Ces deux fêtes, les plus solenneUes de l'année litnrgiqae. ont, 

du même coup, inspiré les plus beaux chefs-d'œuvre. Noël! Piques! 

îutirr,a'?ri7ui2"tLrr*^ *'^»"'* 

émeSerp^rd^îmrnt^'"^ """'^^ ^' °°»^* »'— «^ »<»» 



— 6 — 

Oh comme ces vieux «In qu'on ehantait à dix ans 
ArrlYM ( droit au coeur, aux Joun de la MUffranea! 

Comme Ut noua font vieillir I Comme on ae wnt loin d'eux I 
Comme lia Mvnil «roquer les Joies des temps v*is8«sl 
Et ddus ensevelir eux qui nous ont bercés) 

Artistes chrétiens tombei à gehoux aux pieds de l'Eglise. Vous 
lui devet votre gloire la plus pure. La musique de Palestrina et de 
Pergolèse. celle de Moiart et d'Haydn, le chant de la Préface et du 
Pater, le "Te l)eum", le "Lauda Sion", le "Stabat Mater" et le "Die» 
Irse", l'«Adeste fidèles" et T'O fllil et flliœ", tous ces chefs-d'oeuvre et 
mille autres sont fils du culte catholique. 



Aussi, c'est une constatation heureuse qu'il est bon de faire, en 
ce Jour de fête. Les grands musiciens, les compositeurs les plus cé- 
lèbres ont eu, pour lu plupart, une âme sincèrement religieuse. 

Pierluigi Palestima meurt dans les bras de S.-Philippe de Néri, 
son confesseur et son ami, en contemplant l'oeuvre grandiose léguée 
ii la postérité. ' ' 

Pergolèse dont la vie ne fut que souffrance, expire A 26 ans, ches 
lès Franciscains de Pouxioles. L'auteur du plus réaliste "Stabat 
Mater" murmure à ses derniers instants, la strophe si suave et pleine 
du désir du ciel: Quando corpus morietur, fac ut animœ donetur para- 
disi gloria. Quand mon corps mourra, donnes le Paradis à mon Ame! 

Quand l'apoplexie foudroyante vient terrasser l'illustre GlOck, il 
tenait dans ses mains, le Rosaire que lui avait donné, dans son enfance, 
le vieux frère Anselme .Beethoven méditait longtemps à genoux avant 
d'écrire es symphonies et ses sonates. 

Haydn, élève comme GlUck, de la maîtrise de Vienne, avait une 
dévotion sans bornes envers Marie. Artiste & dix ans, il n'a composé 
que des oeuvres de génie qui toutes commencent par ces mots: "Que 
le nom de Dieu soit béni" et se terminent par ceux-ci : "Louange à 
Dieu. Laus Oeo". 

Et Moiart, si bien surnommé "le musicien de la prière", c'est en 
entendant l'orgue de Saisbourg touché par son père, qull sentit s'é- 
veiller en lui, ce talent si pur qui dès 1 Age de huit ans, devait susciter 
l'admiration de la Cour d'Autriche. Louis Veuillot, dans son "Parfum 
de Rome" nous montre Moiart entrant dans Saint-Pierre et se diri- 
geant tout droit ver« la statue de bronie dont le pied a été usé par 
la dévotion des à^,-%, et il s'écrie: "Cette auguste statue de Saint-Pierre, 
quand Je la reverrai maintenant, parmi les riches et parmi 1m pau- 
vres. Je verrai Moiart posant sur le pied de bronie, ses lèvres d'or 
d'où se sont envolées de si belles mélodies.'! En vérité, ce Joor-IA, 
Rome reçut dans 1r baiser de Moiart, l'hommage et le Jjn de la mu- 
sique entière. 

Et nos contemporains, me direi-vous, sont-ils aussi religieux que 
lrur> «Bcélres? Mais oui. Ne soyons pas pessimistes. L'on peut dire 



— 7 — 

:iî^:n^ni'r S^^^^^^^ s- .f r u r ;;:? 3; 

«•Egli«. le div^iple dSTu maître en iCi nr*t!'„.*'V"- ^" ~'^"' '»*^ 
"Mon enfant a reçu bien deTwnMklini,^^ '■".""" P*"' «■^"= 
donner la bénédictionu gént "^ S^r^G^^^ maintenant lui 

et vibrante, s'écria- "MatiJ^ihlL, . , Gounod, de sa voix chaude 

de dénouer' L^cLon,T.l^;t»t?^TÏ^^^^ T ""'' »"' «"«"^ 
Et Joignant le «este mv^™.- • i . *** '°' *•"* "°"» béniras". 

devant ce chérubin de dix ans * *°"'^'' * «*»**« 

des nLr^oT cX^érurtunt^r^r . """-^ * «- 
trieuse! Honneur à la "Sa Ca„tomm«MM?w '''' * '" ""»'«»"* «^M- 
teur. par trop tin.idest^ par frop Ses i,/ ^r*" * "°". ^'"P»'*- 
vres et prouvons-leur, d'une ZiiéreTj^JMr';"*"''!' '*"" «*"- 
notre reconnaissance. """"*« tangible, notre admiration et 



VI 

Klle est flile de Dieu ResLrtnn. 'i . ."•**^* "* «** ""•"»« ««n*e. 
mai». EllenousaétédonS^rj^.n'!?™'?' ''^ '« P^'-nonfi»: 
nos douleur., pour éLTnleZe^^T!!' "T '*"'" '» ">«*•• 
terre. Nous serions des sacr iL. îi ,;i^^^^^ des vulgarité, de 1. 
faisions d'elle la voix de nos coiSSti«J .1* """"' * »* '*»• »°«« 
mélociies pour nous anroinr noJlïïf^ T" "°"" ••'^°"» * «" 
pectons-Ia. Ce n'est r.«Mr.AÎmr!^ '* ^ÎT" ~'-«»™P'*- «•»- 
P«l«.nte. U Plu, graTd ^Te^r *TeSi« Tt^I:! ij!"* ,'' " 
f«ll un sympathique éloge. Il en d«7i. «STJ^ÎJ? "f l ^^*^^' «» 
ne toute son oeuvre l'on Dourr^r^ÎL *«"**^ •» "con amore". 
dit de I. musique queUe S délatÏT "?!.*»'»'<»"• "«^le- « 
bénit parce quï les saints "rbrt^^ '1 Qu'elle nou. parlil.. I| j. 
le. pécheur, demandent m Wrico^i.t"J,î!" '^'«"°»«' «»■•*• que 
trouvent en elle leur réconfort c««!„^ •Me. parce que le. «ffUaé. 
et ceux qui combSenT?eur i^"**^* Z* '^'^ '*"' ■"♦•««Sî 
I-. Elle e«t utile et bonne àTou.mi;i.^** !■ murique et cuIUve.- 
nesse. Jeune, geu,. TdL .Z ^tnTs^^^rT' * '• ^• 
»oye. fler. d'offrir vos service, ïî clerïï 1 . '*^""*' «'»'«''«. 
Iwuw l'éclat de. cérémonieTiiîï^ * "'"^ *"""•" »»«' «^ 



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Et vous, chanteurs de Notre-Dame et de Montréal, soyei félicités 
et remerciés. Cette fête collective des chorales de Montréal, (1) en 
ce vieux temple historique de Notre-Dame, est maintenant pour vous 
une pieuse et chère tradition. 

Imitez votre illustre patronne. Soyes toujours fidèles à votre 
noble et apostoliciue mission. Apprenez aux honunes par ces notes 
qui font vibrer les coeurs les plus insensibles, qu'il est des sons meO- 
leurs que ceux de la terre, et que toute âme est un souflne immortel^ 
dans un organisme fragile. Quand vous chantez, faites surtout chan- 
ter votre âme! Puisse votre âme— cette chanteuse exilée — après avoir 
exécuté fidèlement la partie que Dieu lui a confiée dans le concert 
immense des créatures, expirer doucement et monter jusqu'à Dieu 
comme le son qui, à la fin d'une cantate, diminue graduellement, de- 
vient encore plus beau en expirant, et semble nous inviter à le suivre, 
là-haut, dans le ciel bleu, par de-là les étoiles. Ainsi soit-il. 



(1) F«te orgudiée par M. Itibbé René Labelle, p^M. curé de NotM-Damc. et 
rAnoelaUon des Cbonires de Montréal, dont M. FtedUc. Larlvlére est la préaident 



Camtamtitus o> gants, CacUiii, Domino dtcan/abat dictns : 
fiât cor mtnm immacnlalum mt non confundar.