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Full text of "Clef absolue de la science occulte : Le Tarot des bohémiens, le plus ancien livre du monde, á l'usage exclusif des initiés"

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LA SCIENCE OCCULTE 



ET A TOUS SES DISCIPLES 



3DTJ nVEEUVCIE ^.TJTETJie 

Traité élémentaire de la Science occulte, mettant chacun à même 
de comprendre et d'expliquer les théories et les symboles employés par 
les anciens, par les alchimistes, les Francs-Maçons, etc., etc. 

Six planches hors texte et nombreuses figures — 4 e édition 3 fr. 50 

L'Occultisme contemporain, exposé et bibliographie du mouvement 
de l'occultisme à notre époque 1 fr. » 

ÉTUDES SUR LA KABBALE 

Les Classiques de la Kabbale. 

Le Sepher Jesirah. Les cinquante portes de l'Intelligence, les trente- 
deux voies de la Sagesse 
Traduction inédite avec une planche kabbalistique 1 fr. » 



ETUDES SUR L ALCHIMIE 

La Pierre philosophale, preuves irréfutables de son existence. 

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ÉTUDES SUR LA SCIENCE OCCULTE 

Les Disciples de la Science occulte. 
Fabre d'Olivet et Saint-Yves d'Alveydre 

Grande brochure in-8° . fr. 75 



ÉTUDES SUR LA FRANC MAÇONNERIE 



La Légende d Hiram. 

Francs-Maçons et Théosophes. 

Le Symbolisme dans la Franc-Maçonnerie. 

Qu'est-ce qu'un initié? 








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CLEF ABSOLUE DE LA SCIENCE OCCULTE 



LE TAROT 



DES BOHÉMIENS 



LE PLUS ANCIEN LIVRE DU MONDE 



l'usage exclusif des inities 



a,r PAPUS 



Toute lumière intellectuelle rnmtne 
toute lumière physique vient d'Orient 
et c'est aussi d'Orient que je viens 
avec elle. 

Xarau, le Bohémien. 



-^^—^s^e^ 




PARIS 
ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR 

26, RUE RACINE, PRES L'ODÉON 
Tous droits réservés 



I 



* 






A tous nos lecteurs. 



PRÉFACE 



Le jeu de Tarots, transmis pur les Bohémiens de génération 
en génération, est le livre primitif de l'antique initiation, 
ainsi que l ont montré Guillaume Postel, Court de Gébelin, 
Etteila, Eliphas Lévi et .T.- A. Vaillant. 

La clef de sa construction et de ses applications n'a pas 
été, que je sache, découverte jusqu'ici. J'ai voulu combler 
cette lucane en fournissant uu.r initiés, c'est-à-dire éi ceux 
//ai connaissent les éléments de la science occulte, un instru- 
ment rigoureux grâce auquel ils paissent pousser plus avant 
leurs études. 

Le lecteur prof me y trouvera l'exposé d'une philosophie 
et d'une science des plus élevées^ celles d'Egypte, et les dames 
elles-mêmes seront mises eu mesure, par le chapitre XX, de 
s'exercer au maniement, rendu facile, du Tarot divinatoire. 

Le livre est établi de telle sorte que chaque partie forme 



un tout complet qui peut , à la rigueur, être étudié séparé- 
ment. J'ai tenu, de plus, à rendre hommage à tous ceux qui 
participent à la renaissance de la science occulte, en leur 
dédiant à chacun un des vingt et un chapitres de ce traité. 
J'ai fait tous mes efforts pour être aussi clair que possible, 
le public, qui a bien voulu faire un chaleureux accueil à mes 
précédents ouvrages, voudra bien pardonner les imperfection 
inhérentes à un travail de ce genre. 

Paris, 2 murs ISSO. 

PAPUS. 



\s 



A Vavtenr du « Seuil du Mystère », 

Le Kabbalisle Stanislas de Guaita 



INTRODUCTION A L'ÉTUDE DU TAROT 



Mort prochaine du matérialisme. — La synthèse. — La science occulte. — 
Les sociétés secrètes. -- Les cultes. — Le Peuple, organe de transmission 
de L'Ésotérisme. — Les Bohémien-. — La parole sacrée de la Franc-Maçon- 
nerie. — Notre travail. 



INTRODUCTION A. L'ÉTUDE DU TAROT 



l'.HUMTUK PREMIER 



C'est pourquoi Fâult ouvrif le livre et soi- 
gneusement peser ce qui y est déduit. Lors 
connaîtrez que la drogue dedans contenue 
est bien d'autre valeur que ne promettait la 
boite, c'est-à-dire que les matières ici traitées 
ne sont tant folâtres comme le titre au-dessus 

prétendait. 

Raiîelais. 



INous sommes à la veille d'une transformation totale de 
nos méthodes scientifiques. Le matérialisme a donné tout 
ce qu'on pouvait attendre de lui, et les chercheurs, désa- 
busés pour la plupart, attendent beaucoup de l'avenir, sans 
vouloir s'attarder plus longtemps sur les errements du pré- 
sent. L'analyse a été poussée, dans toutes les branches de 
nos connaissances, aussi loin que possible et n'a fait que 
creuser davantage les fossés qui séparent les sciences. 

La synthèse est nécessaire ; mais comment la réaliser? 

Si nous daignons un moment ne plus croire au progrès 
indéfini et à la supériorité fatale des générations nouvelles 
sur les anciennes, nous découvrirons sans peine que les 
civilisations colossales d'autrefois ont possédé une Science, 
des Universités et des Écoles. 



— 10 - 

L'Inde et l'Egypte sont encore jonchées de débris pré- 
cieux qui révèlent aux archéologues l'existence de cette 
science antique. 

Nous sommes en mesure aujourd'hui d'affirmer que le 
caractère dominant de cet enseignement était la synthèse, 
réunissant dans quelques lois fort simples la somme des 
connaissances acquises. 

Si nous avons presque totalement perdu cette Synthèse 
cela tient à plusieurs causes qu'il est important d'énumérer. 

La science n'était transmise dans l'antiquité qu'à des 
hommes éprouvés par une série d'épreuves. Cette trans- 
mission se faisait dans les temples, sous le nom de mystères, 
et le savant prenait le titre de prêtre ou initié'. La science 
était donc secrète ou occulte; de là le nom de Science 
occulte donné par les contemporains à la synthèse antique. 

Une autre cause du peu de diffusion des hauts enseigne- 
ments, c'était la longueur et la difficulté des voyages qu'il 
fallait entreprendre pour se rendre aux centres les plus 
importants d'initiation . 

Cependant, quand les initiés sentirent approcher le 
moment où toutes ces connaissances pouvaient être perdues 
pour l'humanité, ils firent tous les efforts imaginahles pour 
sauver la synthèse de la destruction. Trois grands moyens 
furent employés à cet effel : 

1° Les sociétés secrètes, continuation directe des mystères; 

±" Les cultes, traduction symbolique des hauts enseigne- 
ments, pour le vulgaire; 

3° Enfin le peuple lui-même devenu le dépositaire incons- 
cient de la science. 

Voyons ce que chacun de ces groupes a fait de sou 

dépôt. 

!. Voy. Jamblique, Porphyre H Apulée. 



LES SOCIÉTÉS SECRETES 

L'école d'Alexandrie fut la source principale d'où prirent 
naissance les sociétés secrètes occidentales. 

Les initiés s'étaient pour la plupart réfugiés en Orient et, 
tout récemment (en 1884), l'Occident apprit l'existence dans 
l'Inde et surtout au Tbibet d'une fraternité occulte possédant 
intégralement la synthèse antique. La société Théosopbique 
fut fondée dans le but de renouer l'initiation occidentale à 
l'initiation orientale. 

Mais l'existence de cette science en Orient nous intéresse 
moins que l'histoire du développement des sociétés d'ini- 
tiation en Occident. 

Les sectes Gnostiques, les Arabes, les Alchimistes, les 
Templiers, les Rose-Croix et enfin les Francs-Maçons forment 
la chaîne occidentale de transmission de la science occulte. 

Il suffit de jeter un rapide coup d'oeil sur les enseigne- 
ments de toutes ces associations pour constater que la 
Franc-Maçonnerie actuelle a perdu presque totalement le 
sens des symboles traditionnels, constituant le dépôt qu'elle 
devait transmettre d'âge en âge. 

Toutes les cérémonies du rituel paraissent ridicules au 
gros bon sens de l'avocat ou de l'épicier, vivant représentant 
à l'heure actuelle <h>* profonds enseignements de l'anti- 
quité. 

Nous devons cependant faire quelques exceptions en 
faveur de grands penseurs comme Ragon et certains autres. 

En somme la Franc-Maçonnerie a laissé perdre le dépôt 
qui lui était confié et ne peut nous fournir, seule, celle loi 
synthétique que nous recherchons. 



42 



LES CULTES 



Les sociétés secrètes devaient transmettre dans leur sym- 
bolisme surtout le côté scientifique de l'initiation primitive, 
les sectes religieuses devaient développer principalement 
le côté philosophique et métaphysique de renseignement. 

Tout prêtre d'un culte ancien était un initie c'est-à-dire 
qu'il savait parfaitement qu'il n'existait qu'une seule religion 
et que les cultes ne servaient qu'à traduire cette religion aux 
différents peuples suivant leur tempérament particulier. De 
là découlait une importante conséquence, c'était qu'un prêtre 
de quelque dieu que ce fût était reçu avec honneur dans 
tous les temples de tous les dieux et admis à leur offrir un 
sacrifice. Qu'on ne pense pas cependant que cela tenait au 
polythéisme. Le grand prêtre juif à Jérusalem reçoit dans le 
temple un initié, Alexandre le Grand, et le conduit dans le 
saint des saints offrir le sacrifice. 

Nos querelles religieuses pour la suprématie d'un culte sur 
un autre auraient fait beaucoup rire un ancien prêtre initié, 
incapable de penser que des hommes intelligents puissent 
ignorer l'unité de tous les cultes dans une même religion. 

Ce sectarisme soutenu surtout par deux cultes aveugles 
dans leurs errements, le chrétien et le musulman, fut la 
cause de la perle totale de l'enseignement, secret qui 
donnait la def de l'Unité synthétique. 

11 faut un travail encore pins grand pour retrouver la 
synthèse dans nos religions occidentales; que pour la trouver 
dans la Franc-Maçonnerie. 

Les JuiiS seuls possèdent, non plus l'esprit, mais la lettre 
de leur tradition orale ou kabbale. La bible écrite en hébreu 

est, à ce point de vue, une merveille. Elle contient toutes 



— 13 — 

les traditions occultes ; mais le véritable sens delà Bible n'a 
jamais été dévoilé. Seuls les travaux de Fabre d'Olivet ont 
commencé ce prodigieux travail. Les ignorants descendants 
de l'Inquisition qui siègent à liomt 1 ' ont mis ces éludes à 
l'index. L'avenir les jugera. 

Chaque culte a cependant sa tradition, son livre, sa bible 
qui enseigne, à ceux qui savent comprendre, l'unité de ce 
culte avec tous les autres. 

La Speker Bereschit de Moïse est la bible juive., Y Apoca- 
lypse et YEvqngile ésotérique forment la bible chrétienne, 
la Léf/ende d'Hiram est la bible franc-maçonnique, YOdyssée 
la bible du prétendu polythéisme grec, YEnéide celle de 
Home, enfin les Védas indous, le Coran musulman, sont trop 
connus pour en parler autrement. 

Toutes ces bibles quand on eu possède la clef révèlent 
une même doctrine. Cette clef, qui peut ouvrir l'Esotérisme, 
est perdue par les sectateurs de nos cultes occidentaux. 
Inutile donc de la chercher davantage parmi eux. 



LE PEUPLE 

Les Sages ne s'étaient pas fait illusion sur l'avenir pos- 
sible de cette tradition confiée à l'intelligence et à la vertu 
des générations futures. 

Moïse avait choisi un peuple pour porter à travers les 
âges le livre qui résumait toute la science de l'Egypte;; 
mais avant Moïse, les initiés indous a\ aïeul choisi nu peuple 
pour porter aux générations de l'avenir, le primitif ensei- 
gnement des grandioses civilisations de l'Atlantide. 

Le peuple n'a jamais trompé l'atteute de ceux qui ont eu 

I. Voy. Kahro d'QTive, la Langue hébraïque restituée'. 



— 14 — 

foi en lui. Ne comprenant rien aux vérités qu'il possède, il 
n'a garde d'y changer quoi que ce soit et considère comme 
un sacrilège la moindre atteinte portée à son dépôt. 

C'est ainsi que les Juifs nous ont transmises intactes 
toutes les lettres qui forment le Seplierde Moïse. xMais Moïse 
n'a pas résolu le problème aussi magistralement que les 
Thibétains. 

Donner h un peuple un livre qu'il adorera respectueuse- 
ment et gardera toujours intact, c'est bien ; mais donner à un 
peuple un livre qui lui permette de vivre, est en même 
temps encore mieux. 

Le peuple chargé de transmettre dès la plus haute 
antiquité l'enseignement occulte, c'est le peuple bohémien. 

LES BOHÉMIENS 

Les Bohémiens possèdent une bible ; celle bible les fait 
vivre; car elle leur permet de tirer la bonne aventure ; cette 
bible est une cause perpétuelle de distraction ; car elle leur 
permet de jouer. 

Oui, ce jeu de cartes nommé Tarot que possèdent les 
Bohémiens est la bible des bibles. C'est le livre de Toi 
Hermès Trismégisto, c'est le livre d'Adam, c'est le livre de 
la Révélation primitive des anciennes civilisations. 

Alors «pie le franc-maçon, homme intelligent et vertueux 
a perdu la tradition, alors que le prêtre, homme intelligent 
et vertueux, a perdu son ésotérisme, le Bohémien, homme 
ignorant cl. vicieux, nous donne la clef qui nous permettra 
d'expliquer tous les symbolismes sans difficulté. 

Comment ne pas admirer la sagesse «le ces initiés qui 
oui utilisé le vice et lui ont fait produire plus de résultats, 
au point de vue d\\ bien, qu'à la vertu. 

Ce jeu de cartes des Bohémiens esl un livre merveilleux 



1.") 



ainsi que l'a vu Court de Gébelin 1 et surtout Vaillant 2 . Ce 
jeu sous les noms de Tarot 3 Tiiora 4 Rota ' a formé succes- 
sivement la base de l'enseignement synthétique de tous les 
peuples anciens °. 

Là, où l'homme du peuple ne voit qu'un moyen d'amuse- 
ment, le penseur retrouve la ciel de cette tradition si obs- 
cure ; Raymond Lulle base sur le Tarot son Ars Magna et 
parvient à remplacer le cerveau humain par le Tarot en 
marche, Jérôme Cardan écrit sur les clefs du Tarot un 
traité de la subtilité 7 , Guillaume Postel retrouve dans ce 
Tarot la clef des choses cachées, alors que Louis-Claude 
de Saint-Martin, le philosophe inconnu, y voit décrits les 
liens mystérieux qui unissent Dieu, l'Univers et l'Homme ! 

C'est grâce au Tarot que nous allons pouvoir retrouver et 
développer cette loi synthétique cachée dans tous les sym- 
bolismes. 

L'heure approche où la parole perdue sera retrouvée : 
Maîtres, Rose-Croix, et Kadosch, vous qui formez le triangle 
sacré de l'initiation maçonnique souveuez-vous! 

30 e 
— Chevalier Kadosch — 




le 



Maître " Rose-Croix 

3 e 18 e 

1. Court de Gébelin. — Le Monde primitif. 

2. Vaillant. — Les Rôims, histoire des Bohémiens. 

3. Eliphas Levi. — Rituel de Haute Magie. 

4. Vaillant. — Op. cit. 
o. Guillaume Postel. — Clavîs. 

6. Vaillant. — Loe. cil. 

7. Voy. Eliphas Levi. — Op. cit. 



Souviens-toi, Maître, de cel homme illustre, tué parla 
plus lâche des conjurations, souviens-toi à'Hiram dont tu 
attends avec foi la résurrection promise par la Branche 
d'Acacia ! 

Souviens-toi, Rose-Croix, de cette parole mystérieuse que 
tu as si longtemps cherchée ; mais dont le sens t'échappe 



encore 



! 



Souviens-toi, Kadosch, du symbole magnifique qui rayon- 
nait au centre du triangle lumineux alors que la véritable 
signitication de la lettre G te fut dévoilée ! 

HÏRAM — INRI — IOD-HÉ-VAU-HÉ ! indiquent le même 
mystère sous différents aspects. 

Celui qui a compris Tune de ces paroles possède la clef 
qui ouvre le tombeau d'Hiram, symbole de la science syn- 
thétique des anciens, il peut ouvrir ce tombeau et s'em- 
parer sans crainte du cœur du Maître vénéré, symbole 
de l'enseignement ésotérique. 

Le Tarot tout entier est construit sur cette parole ainsi 
disposée en roue, HOTA. 




A hé (N 



iod 

(I) 



R) 

rau. 

Et 



I hé n 



— 17 — 

[NR1! c'est la parole qui vous indique l'Unité de votre 
origine, ô Francs-Maçons, ô Catholiques! 

Igné Natura Renovatur Integra. 

Iesus Nazareus Rex Iudeorum sont les pôles opposés, 
scientifique et religieux, physique et métaphysique d'une 
même doctrine. 

IOD-HÉ-VAU-HÉ ! i.mrVj c'est la parole qui vous indique 
l'Unité de votre origine, ô Francs-Maçons, ô Kabbalistes. 
TAROT, THORA, ROTA sont les paroles qui vous indi- 
quent à tous, Orientaux et Occidentaux, l'unité de vos be- 
soins et de vos aspirations en l'éternel Adam-Ève, source 
de toutes nos connaissances et de toutes nos croyances! 

Salut donc au Bohémien nomade à qui nous sommes 
redevables de la conservation de ce merveilleux instrument, 
résumé synthétique de renseignement de l'antiquité tout 
entière. 



NOTRE TRAVAIL 



Nous débuterons par une étude préliminaire sur les élé- 
ments de la kabbale et sur les nombres. 

Muni de ces données nous exposerons dans tous ses 
détails la construction du Tarot, étudiant séparément cha- 
cune des pièces qui composent notre machine, puis étudiant 
l'action de ces pièces les unes sur les autres. Sur ce point, 
nous serons aussi explicite que possible. 

Nous aborderons ensuite quelques applications de la 
machine, mais quelques-unes seulement, laissant au véri- 
table chercheur le soin de découvrir les autres. Nous devons 
borner notre travail personnel à donner une clef constitué.' 
par une formule synthétique; nous fournissons seulement 



— 18 - 

l'outil de travail, que ceux qui veulent savoir en usent à leur 
gré et nous sommes assuré qu'ils comprendront l'utilité 
de nos efforts et des leurs. 

Enfin nous exposerons de notre mieux les éléments de 
la divination par le Tarot, que pratiquent les Bohémiens. 

Que ceux qui pensent qu'il *ie faut pas révéler la science 
occulte ne nous en veuillent pas trop. L'expérience nous a 
montré qu'on peut tout dire sans crainte ; ceux là seuls 
comprennent qui doivent comprendre, les autres accusenl 
nos écrits d'être obscurs et incompréhensibles. 

Nous avons prévenu ceux-là en mettant en télé de notre 
travail : 

A l'usage exclusif des 'mi tirs. 

('/est le propre des études de véritable science occulte 
de pouvoir être librement exposées devant tous. Semblables 
aux paraboles, si chères aux anciens, elles paraissent à 
beaucoup n'être que l'expression des envolées d'une imagi- 
nation très hardie ; aussi ne faut-il jamais craindre de trop 
ouvertement parler : le Verbe ne frappera que ceux qui 
doivent être frappés. 

C'est à vous tous, philos» iphes de l'Unité, ennemis du 
sectarisme scientifique, social et religieux, que je m'adresse 
c'esl à nous que je dédie le prix de plusieurs années d'etlorls 
Puissé-je contribuer par là à l'édification du temple que 
vous allez élever en l'honneur du dieu inconnu d'où tous les 
autres émanent dans l'Eternité ! 



i 

s. 



.1 l'auteur <ï « Initiation 

Y. Ch. Barlet. 



PREMIÈRE PARTIE 



CLEF GÉNÉRALE DU TAROT 

DONNANT LÀ CLEF ABSOLUE DE LA SCIENCE OCCULTE 



Au rédacteur de « V Initiation ». 
L'Économiste Julien Lejay. 



CHAPITRE II 

LE MOT SACRÉ IOD-HÉ-VAU-HÉ 



La Kabbale et le mot sacré. — Le iod. — Le hé. — Le van. — Le 2« lié. 

Synthèse du mot sacré. 



LE MOT KABBALISTIQUE niiV (iod-hé-vau-ké). 

Si Ton en croit l'antique tradition orale des Hébreux ou 
Kabbale 1 , il existe un mot sacré qui donne, au mortel qui 
en découvre la véritable prononciation, la clef de toutes 
les sciences divines et humaines. Ce mot que les Israélites 
ne prononcent jamais et que le grand prêtre disait une fois 

1. « 11 paraît, au dire des plus fameux rabbins, que Moyse lui-même, 
prévoyant le sort que son livre devait subir et les fausses interprétations 
qu'on devait lui donner par la suite des temps, eut recours à une loi 
orale, qu'il donna de vive voix à des hommes sûrs dont il avait éprouvé 
la fidélité, et qu'il chargea de transmettre dans le secret du sanctuaire à 
d'autres hommes qui, la transmettant à leur tour d âge en âge, la lissent 
ainsi parvenir à la postérité la plus reculée. Cette loi orale, que les Juifs 
modernes se flattent encore de posséder, se nomme Kabbale, d'un mot 
hébreu qui signifie ce qui est reçu, ce qui vient d'ailleurs, ce qui se passe 
de main en main ». 

Fabre d'Olivet, la Langue hébraïque restituée, p. "29. 



99 



l'an au milieu des cris du peuple profane, est celui qu'on 
trouve au sommet de toutes les initiations, celui qui rayonne 
au centre du triangle flamboyant au 33 e degré franc-ma- 
çonnique de l'PÎcossisme, celui qui s'étale au-dessus du 
portail de nos vieilles cathédrales, il est formé de quatre 
lettres hébraïques et se lit iod-hé-vaù-héTV\TX> . 

Il sert dans le Sepher Bereschit ou Genèse de Moïse à 
désigner la divinité, et sa construction grammaticale est 
(elle qu'il rappelle par sa constitution même * les attributs 
que les hommes se sont toujours plu à donner à Dieu. 

Or, nous allons voir que les pouvoirs attribués à ce mot 
sont, jusqu'à un certain point, réels, attendu qu'il ouvre 
facilement la porte symbolique de l'arche qui contient 
l'exposé de toute la science antique. Aussi nous est-il indis- 
pensable d'entrer dans quelques détails à son sujet. 

Ce mot est formé de quatre lettres, iod (*) hé (H) vau (1) 
hé (H). Cette dernière lettre /?<?est répétée deux fois. 

À chaque lettre de l'alphabet hébraïque est attribué un 
nombre. Voyons ceux des lettres qui nous occupent en ce 
moment. 

* Le iod = 10 
H Le hé = 5 

1 Le vau = 



1. a Ce nom oilVc d'abord le signe indicateur de la vie, doublé, et for- 
mant la racine essentiellement vivante EË (ni"!)- Cette racine n'est jamais 
employée comme nom et c'est la seule qui jouisse de cette prérogative. 
Elle est, dès sa formation, non seulement un verbe, mais un verbe unique 
dont tous les autres ne sonl que des dérivés : en un mot le verbe (""lin 
[ÊVÉ) être-étant. Ici, comme on le voit, et comme j'ai eu soin de l'expli- 
quer dans ma grammaire, le si^ne de la lumière intelligible 1 (Vô) est. au 
milieu de la racine de vie. Moïse, prenant ce verbe par excellence pour en 
former le nom propre de l'Être des Êtres, y ajoute le signe de la manifes- 
•ation potentielle et de l'éternité f (1) et il obtient mrp (IEVE) dans lequel 
Le facultatif étant se trouve placé entre un passé sans origine et un futur 
sans terme. Ce nom admirable signifie donc exactement l'Ètre-qui-est-qui- 
fut-et-qui-sera. » (Fabre d'Olivet, la Langue hébraïque restituée.) 



— 23 — 
La valeur numérique totale du mot niïT est clone 
[0+5+6 + 5 = 26 

Considérons séparément chacune des lettres. 

LE loi) 

Le iod, figuré par une virgule ou bien par un point, 
représente le principe des choses. 

Toutes les lettres de l'alphabet hébraïque ne sont que des 
combinaisons résultant de différents assemblages de la lettre 
iod 1 . L'étude synthétique de la nature avait conduit les 
anciens à penser qu'il n'existait quinte seule loi dirigeant 
les productions naturelles. Cette loi, base de l'analogie, 
posait l'unité-principe à l'origine des choses et ne considé- 
rait celles-ci que comme des reflets à degrés divers de cette 
unité-principe. Aussi le iod, formant à lui seul toutes les. 
lettres et par suite tous les mots et toutes les phrases de 
l'alphabet, était-il justement l'image et la représentation 
de cette Unité-Principe dont la connaissance était voilée 
aux profanes. 

Ainsi la loi qui a présidé à la création de la langue des 
Hébreux est la même que celle qui a présidé à la création 
de l'univers, et connaître l'une c'est connaître implicilemeiil 
l'autre. Voilà ce que tend à démontrer un des plus anciens 
livres de la Kabbale : le Sepher Jesirah*. 

Avant d'aller plus loin, éclairons par un exemple cette 
définition que nous venons de donner du iod. La première 
lettre de l'alphabet hébreux l'aleph (tf) est formée de quatre 

1. Voy. la Kabbala Benudata. 

2. Traduit en français récemment pour la première fois. (Se trouve chez 
l'éditeur Carré.) 



— 24 — 



iocl opposés deux à deux (tf). Il eu est de même pour toutes 
les autres 1 . 

La valeur numérique du iod conduit à d'autres considé- 
rations. L'Unité-Principe, d'après la doctrine des kabba- 
listes, est aussi I'Unité-Fin des êtres et dos choses et 
l'éternité n'est, à ce point de vue, qu'un éternel présent. 
Aussi les anciens symbolistes ont-ils figuré cette idée par 
un point au centre d'un cercle, représentation de F Unité- 
Principe (le point) au centre de l'éternité (le cercle ligne 
sans commencement ni fin * 2 j. 




D'après ces données, l'Unité est considérée comme la 
somme dont tous les êtres créés ne sont que les parties 
constituantes ; de même que l'Unité-homme est formée de 
la somme de millions de cellules qui constituent cet être. 

A l'origine de toutes choses, la Kabbale pose donc l'af- 
firmation absolue de l'être par lui-même, du Moi-Unité 
dont la représentation est le iod symboliquement, et le 
nombre 10 numériquement. Ce nombre 10 représentant le 
Principe-Tout, I, s'alliant au Néant-Rien, <>. répond bien 
aux conditions demandées 3 . 



1. Voy. la Kabbalu Denudata. 

2. Voy. Kircher, GEdipus Mgyptiacus; 

Lenain, la S< it nce kabbalislique : 
.1. Dée, Monas hieroglyphica. 
:{. Voy. Saint-Martin, Des rapports qui existent entre Dieu, l'Homme et 
l'Univers. 
Lacuria, Harmonies de l'Èli - cprimêes parles nombres. 



— 255 



LE HÉ 1 

Mais le Moi ne peut se concevoir que par son opposition 
avec le Non-Moi. A peine l'affirmation du Moi est-elle établie, 
qu'il faut concevoir à l'instant une réaction du Moi-Absolu 
sur lui-même, d'où sera tirée la notion de son existence, 
par une sorte de division de l'Unité. Telle est l'origine de la 
dualité, de l'opposition, du Binaire, image de la féménéité 
comme l'unité est l'image de la masculinité. Dix se divisant 

pour s opposer a lui-même égale donc — zz 5, cinq, nom- 
bre exact de la lettre Hé, seconde lettre du grand nom 
sacré. 

Le Hé représentera donc le passif par rapport au iod qui 
symbolisera l'actif, le non-moi par rapport au moi, la femme 
par rapport à l'homme; la substance par rapport à F essence ; 
la vie par rapport à Fume, etc., etc. 



LE VAU" 



Mais l'opposition du Moi et du Son-Moi donne iinmédia- 
ment naissance a un autre facteur, c'est le Rapport existant 
entre ce Moi et ce Non-Moi. 

Or, le Y au, 0° lettre de l'alphabet hébraïque, produite 
par 10 (iod) -{- 5 (hé) zz 15 zz 6 (ou 1 -\- 5), signifie bien 
crochet, rapport. (Test le croche! qui relie les antagonistes 



i . Voy. Eliphas Levi, Dogme etRiluel de haute munir; la Clef desgrands 

mystères; — Lacuria, op. cit. 
2. Voy. Fabre d'Olivet, lu Langue hébraïque restituée. 



— 26 — 

dans la nature entière, constituant le 3° terme de cette 
mystérieuse trinitë. 

Moi — Non-Moi. 

Rapport du Moi avec Non-Moi. 



le 2 e HÉ 



Au delà de la Trinité considérée comme loi, rien 
n'existe plus. 

La Trinité est la formule synthétique et absolue à laquelle 
aboutissent toutes les sciences et cette formule, oubliée 
quant à sa valeur scientifique, nous a été intégralement 
transmise par toutes les religions, dépositaires inconscients 
de la Science Sagesse des primitives civilisations 1 . 

Aussi trois lettres seulement constituent-elles le grand 
nom sacré. Le quatrième terme de ce nom est formé par 
la seconde lettre, le Hé, répétée de nouveau. 

Cette répétition indique le passage de la loi Trinitaire 
dans une nouvelle application, c'est à proprement parler 
une transition du inonde métaphysique au monde physique 
ou, en général, d'un monde quelconque au monde immé- 
diatement suivant 2 . 

La connaissance de cette propriété du second Hé est la 



I. Voy. Louis Lucas, />< Ho/mm alchimique. 

Prseter hwc tria numera non est alia magnitudo, guod tria su ut omnia, et 
1er undecunque, ut pythagorici dicunt; omne et omnia tribus determinata sunt- 
A.ristote) cité par Ostrowski, page 24 de sa Mathèse. 

l. Ostrowski a parfaitement vu cela: « Le passage de :i dans 4 corres- 
pond à celui de la Trimurti dans Maïa ël comme cette dernière ouvre le 
deuxième ternaire de la décade prégénésétique, de même le chiffre 4 
ouvre celle du deuxième Lernaire de notre dWinuilr i;é mV-i'iiqiM'. ■< 

(Mathèse, |>. 25. 



27 — 



clef du nom divin tout entier, dans toutes les applications 
dont il est susceptible. Nous en verrons clairement la praire 
dans la st/itr. 



RESUME SUR LE MOT IOD-HÉ-YAU-HÉ 

Connaissant séparément chacun des termes composant 
le nom sacré, faisons la synthèse et totalisons les résultats 
obtenus. 

Le mot iod-ké-vau-hé est formé de quatre lettres signi- 
fiant chacune : 

Le lod Le principe actif par excellence 
Le Moi = 10 

Le Hé Le principe passif par excellence 
Le Non-Moi = 6 

Le Vau Le terme médian, le crochet reliant l'actif au 
passif. 
Le Rapport du Moi au Non-Moi = (!. 

Ces trois termes expriment la loi trinitaire de l'absolu. 

Le 2° Hé Le second Hé marque le passage d'un inonde 
dans un autre. La Transition. 

Ce second i/t/ réprésente l'Etre complet renfermant dans 
une Unité absolue les trois termes qui le constituent Moi- 
Non Moi-Rapport. 

Il indique le passage du noumène au phénomène ou la 
réciproque, il sert à monter d'une gamme dans une autre. 



28 — 



FIGURATION DU MOT SACRÉ 



Le mot iod-hê-vau-hé peut se représenter de diverses 
manières, qui toutes ont leur utilité. 

On peut le figurer en cercle de cette façon : 



iod 

1 



I e hé 

n 



2 e hé 

n 



vau 
1 

Mais comme le second Hé, terme de transition, devient 
l'entité active de la gamme suivante, c'est-à-dire comme ce 
Hé ne représente en somme qu'un iod en germe l , on peut 
représenter le mot sacré en mettant le second Hé sous le 
premier iod ainsi : 

1 e hé 



iod 
2 e hé 



vau 



Enfin une troisième façon de représenter ce mot consiste 
à envelopper la trinité iod hé vau du terme tonal isateur ou 
second hé, ainsi : 



2 U hé 



2° hé 



iini 



hé 



Yilll 



2 e lié 



2° hé 



I. Ce 2 e Hé, sur lequel nous insistons volontairement si longtemps, peut 
être comparé au grain de blé par rapporl à l'épi. L'épi, trinité manifestée 



— 29 — 

Maintenant laissons-là ces données sur lesquelles nous 
aurons à revenir plus tard et parlons de la conception 
occulte ou pythagoricienne des nombres. 

ou iod hé vau, résout toute son activité dans la production du grain 
de blé ou 2 e Hé. Mais ce grain de blé n'est que la transition entre l'épi qui 
lui a donné naissance et l'épi auquel il donnera lui-même naissance dans la 
génération suivante. C'est la transition entre une génération et une autre 
qu'il contient en germe, c'est pourquoi le deuxième Hé est un iod en germe. 



Alix auteurs de la « Théorie des Tempéraments 

Polti et Gary. 



CHAPITRE II [ 

L'ÉSOTÉRISME DES NOMBRES 

Les nombre- et les opérations tûéosophiques. — Signification des nombres. 

LES NOMBRES 

L'antiquité avait des nombres une conception presque 
totalement perdue de nos jours. 

L'idée de l'Unité dans toutes ses manifestations faisait 
considérer les nombres comme l'expression des lois abso- 
lues. De là cette vénération, incompréhensible pour nos 
mathématiciens, du 3 ou du 4 dans l'antiquité. 

Il est évident toutefois que si les anciens n'avaient su faire 
sur les nombres d'autres opérations que celles que nous 
employons aujourd'hui, rien n'aurait pu les porter à ces 
idées en cours dans toutes les Universités indoues, égyp- 
tiennes ou grecques '. 

Quelles sont donc ces opérations, inconnues de nos 
savants? 

I. Vov. Fabre d'OKvel, /« lanyue hébraïque restituée el Saint- Yves d'AI- 
veydre, Mixnimi île* Juifs. 



— 32 — 

Elles sont au nombre de deux : la réduction et l'addition 
théosophiques. 

Ces opérations sont théosophiques parce qu'elles font 
pénétrer dans le monde des lois essentielles de la nature et 
ne peuvent être comprises de la science des phénomènes 
qu'elles dominent de toute la hauteur de l'intelleclualité 
pure. 

Aussi leur enseignement formait-il la base de l'instruction 
secrète et orale donnée à quelques-uns sous le nom cYEso- 
térisme. 

1° Réduction théosophique. 

La réduction théosophique consiste à réduire tous les 
nombres formés de deux ou plusieurs chiffres, en nombre 
d'un seul chiffre et cela en additionnant les chiffres qui 
composent le nombre jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un. 

exemple : 
10 = 1 + 0=1 

îi = i 4-i = 2 

12=14-2=3 

126= 14-2-L-6 = 9 
2488 =2-}- 4 -|- 8 4- 8 '= 22 = 2 -f- 2 = 4 

Cette opération correspond à ce ([n'en appelle aujour- 
d'hui la preuve par 9. 

2° Addition théosophique. 

L'addition théosophique consiste, pour connaître la valeur 
théosophique d'un uombre, à additionner arithmétique- 
nienl tous les chiffres depuis l'unité jusqu'à lui, inclusive- 
ment. 

Ainsi le chiffre \ égale, en addition théosophique, tous 



m 




cu/ta> nuncuxcj 



^Oa/o/tJ 



— 33 — 

les chiffres additionnés de 1 à 4 inclusivement, c'est-à-dire 
1 +2 + 3 +4= 10. 
Le chiffre 7 égale : 

1+2 + 3 + 4 + 3 + 6 + 7 = 28 = 2 + 8 = iO 



Réduction et addition théosophiques, telles sont les deux 
opérations indispensables à connaître pour comprendre 
l'antiquité \ 

Appliquons maintenant ces données à tous les nombres 
pour chercher la loi qui dirige leur progression. 

La réduction théosophique nous montre tout d'abord 
que tous les nombres, quels qu'ils soient, se réduisent aux 
neuf premiers, puisqu'on les ramène tous en nombres d'un 
seul chiffre. 

Mais cette considération ne suffit pas et l'addition t/iéoso- 
plûque va nous fournir de nouvelles lumières. 

Nous voyons en effet par là que 1, 4, 7, 10 sont égaux 
à 1. 

car : 1 = 1 

4 = 1+2 + 3 + 4 = 10=1 
7 = 1 + 2 + 3 + 4+ g_^6 + 7. = 28 = 10=l 
10=1 

De telle sorte que le chiffre 1 revient en série tous les 
trois nombres ainsi : 

1. ±. 3 i. 5 G 

4=10=] 7 = 28 = 10=1 

1. Voy. pour plus de détails Truite élémentaire de acienee occulte, par 
Papus, chap. II. 



On pourrait écrire 



34 



1. 2. 3 

(1) 

4. 5. 6 

(1), etc. 



Il résulte de cette considération : l°Que tous les nombres 
reproduisent dans leur évolution celle des 4 premiers ; 

2° Que le dernier de ces 4 premiers, le chiffre 4, repré- 
sente l'unité à une octave différente. 

La série des nombres peut donc s'écrire ainsi : 



1. 


9 


3 


4. 


5. 


G 


7. 


8. 


9 


10. 


11. 


12 


13. 


14. 


15 


10. 


17. 


18 


19. 







En remarquant que 4, 7, 10, 13, 16, 19, etc., ne sont que 
des conceptions différentes de l'unité ainsi que le prouve 
l'application de l'addition et de la réduction théosophique 
ainsi : 

1= 1 

4= 1 + 2+ 3 + 4=10= 1 

7 _ i_j- 2 -f 3 + 4 + o-f 6 + 7 —28 = 10=1 

10= 1 

13= 4 = 10 = I 

16^= 7 = 28= 10=1 
19 = 10= 1, etc., etc. 

On voit que, tous les trois nombres, la série revient 
brusquement à l'unité, tandis qu'elle y revient progressive- 
ment dans les deux nombres intermédiaires. 

Répétons que le connaissance des lois et l'étude des nom- 



— 35 - 

bres faite comme nous l'indiquons ici donnent la clef de 
toutes les sciences occultes. 

Résumons tout ce qui précède en disant que nous sommes 
arrivés à cette conclusion : que tous les nombres se rédui- 
saient, en dernière analyse, à la série des 4 premiers ainsi 
disposés. 

1. 2. a 
i 



SIGNIFICATION DES NOMBRES 



Mais là ne s'arrêtaient par les données de la science 
antique sur les nombres. Elle attribuait à chacun d'eux un 
sens. 

Comme nous avons réduit la série de tous les nombres 
aux 4 premiers, il nous suffira de connaître le sens attribué 
à ces 4 premiers. 

L'Unité représente le principe créateur des nombres 
puisque G'est d'elle que tout émane, c'est le principe actif 
par excellence . 

Mais l'Unité seule ne peut rien produire qu'en s'opposant 

à elle-même ainsi —, de là naît ta dualité, principe de 

l'opposition représenté par le deux, principe passif par ex- 
cellence. 

De l'union de l'Unité et de la Dualité, naît le troisième 
principe qui unit les deux opposés dans une commune neu- 
tralité, 1 '-f- 2 — 3. Trois est le principe neutre par excel- 
lence , 

Mais ces trois principes se réduisent tous dans le qua- 



- 36 



trième qui ne représente qu'une nouvelle acception de 
l'unité en principe actif. 

La loi de ces principes est donc la suivante : 



Unité 
ou retour à l'unité. 








Opposition 
antagonisme. 




Action de l'opposition, 
sur l'unité. 


Actif 
1 






Passif 
2 




Neutre 
3 


Actif 

4 








Etc 

Actif 
1 








P 


assif 
2 






Passif- 
4 


Actif 


















4 


itre 
3 







1. Voy. pour éclaircissements complémentaires le Traité élémentaire de 
science occulte, p. 49 et suiv. 



Aux occultistes : George Montière et Paule Agur. 



CHAPITRE IV 

RAPPORTS DU MOT SACRÉ ET DES NOMBRES 



La série kabbalistique et la série des nombres. — Explication de la Tétractya de 
Pythagore. — Figuration de la loi générale. 



LES NOMBRES ET LE MOT KABBALISTIQUE 

Cette série des nombres 1 2 3 et 4 représentant l'actif, 
le passif, le neutre et un nouvel actif répond en tous points 
à la série des lettres du nom sacré, de telle sorte qu'on 
peut écrire ce dernier ainsi : 

Iod — Hé — Vau 
2° Hé = Iod, etc. 

ce qui montre que, analogiquement : 

\ représente Iod 

2 Hé 

3 Vau 

4 Le 2 e Hé. 

Remarquons la vérité de ces rapports par l'identité d'ac- 
tion du chiffre 4 qui devient une unité (4 = 10 = 1) et du 
second lié qui représente le iod de la série suivante. 



— 38 — 



Rapprochant les deux séries identiques nous obtenons 
les figures suivantes : 



Série kabbalistique 

iod 



Série des nombres 
1 



hé 



2 e h 



vau 



Identité de deux séries 

1 

iod 

1 



2 hé n 



H 2 e hé A 



1 

vau 
3 



Nous sommes maintenant à même de comprendre pour- 
quoi Pythagore, initié en Egypte aux secrets du mot sacré 
iod-hê-vau-hê remplaça ce mot, dans son enseignement éso- 
térique, parla série des 4 premiers nombres ou tv tract y s. 

Cette série des nombres est identique en tous points à la 
série des lettres du nom sacré et la tétractys de Pythagore 
1 2, 3, 4, égale et représente absolument iod-hê-vau-hé. 

La série des nombres ou la série des lettres se réduit donc 
définitivement dans les données suivantes : 

1 Terme positif et générateur. 

Le Iod ou le 1 

1 Terme négatif et générant. 

Le Hé ou le 2 



— 39 — 

1 Terme neutre ou généré résultant des deux précédents. 
Le Vau ou le 3 

i Terme de transition s'i individualisant dans la série suivante. 
Le 2 e Hé ou le 4. 

Munis de ces données préliminaires absolument indispen- 
sables, prenons notre jeu de cartes ou Tarot et voyons si 
nous ne retrouvons pas en lui, la loi universelle : 

io d 



hé 



hé 



nui 



symbolisée dans l'antiquité par la Croix. 



Au Théosophe fondateur de « Vlsis ». 

Le Docteur Goyaro. 



CHAPITRE V 

LA CLEF DES ARCANES MINEURS 



Constitution du Tarot. — Étude d'une couleur. — Les quatre figures. — Les 
dix nombres. — Rapports des figures et des nombres. — Étude des quatre 
couleurs. — Figuration générale des arcanes mineurs. 



LA CLEF DES ARCANES MINEURS 

Le Tarot est composé de 78 lames qui se répartissent 
comme suit : 

06 lames appelées arcanes mineurs. 
22 lames appelées arcanes majeurs. 

Les 56 arcanes mineurs sont formés de 4 séries de cha- 
cune 14 lames. 

Les 22 arcanes majeurs sont formés de 21 lames numé- 
rotées et d'une lame ne portant pas de nombre. 

Pour étudier convenablement le Tarot il nous faudra donc 
faire les paquets suivants : 

i paquets de 14 lames. 

14 + 144-14-J-14 56 

1 paquet de 21 lames 21 

I paquet de l lame 1 

Total 78 



— 42 — 

Nous reviendrons dans la suite sur l'origine de cette 
merveilleuse conception de l'esprit humain. Nous devons 
pour l'instant nous borner à disséquer la machine et à en 
montrer le mystérieux agencement. 

Partant d'un principe fixe et immuable : la constitution du 
tétragramme sacré, iod lié vau hé, le Tarot développe les 
combinaisons les plus diverses sans jamais s'écarter de sa 
base. C'est cette étonnante construction, affirmant en appli- 
cation l'universelle loi des analogies, que nous allons dé- 
voiler. 

Les développements qui vont suivre paraîtront peut-être 
arides à quelques-uns; qu'ils songent que c'est une clef 
presque infaillible de la science antique ou science occulte 
que nous donnons là, et alors ils comprendront qu'ils doi- 
vent eux-mêmes ouvrir la porte de l'arche sainte. 



ETUDE D UNE COULEUR 

Prenons un des paquets de 1 4 lames et analysons sa cons- 
truction. 

Ce paquet, pris dans son ensemble, correspond à une des 
couleurs de notre jeu de cartes. Les 4 paquets représentent 
respectivement des bâtons correspondant à nos trèfles, des 
coupes correspondant à nos cœurs, des épêes correspondant 
à nos piques et des deniers correspondant à nos carreaux. 

C'est un de ces paquets, par exemple celui de bâtons, 
que nous étudions en ce moment. 

Ce paquet est formé de 4 figures : le roi, la dame, le 
cavalier, le valet, plus dix lames portant simplement des 
nombres. 

L'as, le deux, le trois, le quatre, le cinq, le six, le sept, 
le huit, le neuf et le dix. 



43 



LES QUATRE FIGURES 

Voyons d'abord les quatre ligures. 
Le roi représente l'actif, l'homme, le mâle. 
La clame représente le passif, la femme, la femelle. 
Le cavalier représente le neutre, l'adolescent. 
Enfin le valet figure le 4 e terme de cette série que nous 
pouvons écrire ainsi : 

Roi 

Dame 4- Valel 

Cavalier 

Cette série n'est qu'une application de la loi générale 
iod hé vau hé que nous connaissons bien et les rapports 
sont faciles à établir : 



Roi 




ou 




lod 




Dame 


Valet 


ou 


ou 


1 er Hé 


2 e Hé 


Cavalier 




ou 




Vau 





Le Valet correspond donc au second Hê, c'est-à-dire qu'il 
n'est qu'un terme de transition; mais transition entre quoi? 
Entre les quatre figures et les dix nombres suivants. 



14 



LES DIX NOMBRES 

Occupons-nous donc maintenant de ces nombres. Nous 
connaissons la Loi des nombres ou loi des séries que nous 
avons énoncée antérieurement en ces termes : 

1 — 2. .3 
4 — 5. 6 

7 — etc. 

Les dix lames ne sauraient échapper à cette loi et nous 
pouvons les ranger de suite en série. 

La première série sera formée de l'As ou 1 figurant l'ac- 
tif, du 2 figurant le passif, du 3 figurant le neutre et enfin 
du 4 figurant la transition d'une série à l'autre. 

1, 2, 3, 4 correspondent donc aussi h iod hé vau hé et 
se formulent ainsi : 

As 
ou 
iod 



Deux ou I e hé 



2 e hé Quatre 



van 

ou 

Trois 



11 en est exactement de même pour les autres séries des 
nombres, le second Hé de la série précédente devenant le 
iod de la série suivante : ainsi 4, quatrième terme de la 
première série devient premier terme de la seconde, 7, 
quatrième terme de la seconde, devienl premier terme de 
la troisième comme suit : 



45 



LES SERIES DES NOMBRES 



H + n 




s : n + n 10 



9 



On voit que la même loi, iod lié vau hé, s'applique à ces 
séries. Comme cette loi s'applique également aux quatre 
figures on peut faire un rapprochement basé sur la propo- 
sition suivante : 

Deux termes (les nombres et les ligures) égaux à un 
même troisième (la loi iod hé vau hé) sont égaux entre eux. 



LA SÉRIE DANS UNE COULEUR 



Roi 



Dame 



Valet 



Cavalier 



2 



4 



6 



S 



9 



10 



Si maintenant nous groupons tous les nombres des séries 



— 46 — 

d'après la lettre du tétragraûime à laquelle ils se rattachent 
nous trouverons : 

Représentant Iod 1 — i — 7 

Représentant le 1 er Hé 2 — 5 — 8 

Représentant le Vau .'{ — 6 — 9 

Représentant le 2 e Hé 10 

(1. A. 7) 
iod 



(2. o. 8j i c hé 



2 e hé (10) 



vau 
;3. 6. 9) 



Le nombre 1 û est donc pour les nombres ce que le valet 
est pour les figures, c'est-à-dire qu'il sert de transition. 
Entre quoi? 

Entre une couleur et une autre. 



RAPPORT DES FIGURES ET DES NOMBRES 



Nous avons considère les figures seules, puis les nombres 
seuls, voyons maintenant le rapport existant entre les 



ligures et les nombres. 



Si nous groupons les termes semblables d'après la Loi 
identique qui les régit, nous trouverons ce qui suit : 



Le Roi est le Iod de 1. h. "i 

La Dame Hé de 2. 5. H 

Le Cavalier — Vau de 3. 6. !> 

Le Valet Hé de 10 



La série des ligures est reproduite trois fois dans la série 
des nombres, c'est-à-dire que chaque série; de nombres re- 



— 47 — 

présente une conception des figures dans chacun des trois 
mondes kabbalistiques. 

La série 1, 2, 3, 4 [figure l'émanation de la série roi, 
dame, cavalier, valet, dans le inonde divin. 

La série 4, 5, 6, 7 figure cette évolution dans le monde 
humain. 

La série 7, 8, 9, 10 figure l'évolution dans le monde 
matériel. 

Chaque couleur est un tout complet formé à la manière 
des êtres. 

D'un corps matériel : 

(Cavalier — 7.8.9; 

D'une force vitale : 

(Dame — 4.5.6) 

D'une intellectualité : 

(Roi — 1.2.31 

D'organes reproducteurs : 

(Valet — 10) 

Chacune de ces parties se subdivise elle-même en trois 
autres, comme les nombres l'indiquent '. 

Revenons cependant à notre déduction et totalisant les 
résultats obtenus nous trouverons : 

Représentations de Iod : 

Le Roi 

Le 1 ou As 

Le 4 

Le 7. 

1. Nous avons voulu faire cette première application du Tarot pour mon- 
trer aux initiés quels résultats ils peuvent attendre des lois mises au jour 
par son étude. 



— 48 - 

Représentations de Hé : 

La Dame 
Le 2 
Le o 
Le 8. 

Représentations de Vau : 

Le cavalier 
Le 3 
* Le 6 
Le 9. 

Représentations du 2 e Hé : 

Le valet 
Le 10. 




•JiqfivzoUi&n. cL'cuic coLi£ecur. 




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l'M LE t 









50 — 



ÉTUDE DES QUATRE COULEURS 



Munis de ces données continuons notre étude et appli- 
quons les mêmes principes aux autres lames. 

Les lois que nous venons de déterminer pour la constitu- 
tion d'une couleur s'appliquent de même aux trois autres 
couleurs. 

Mais si nous considérons les quatre couleurs du Tarot, 
de nouvelles déductions vont en résulter. Rappelons que 
ces quatre couleurs sont : le Bâton, la Coupe, l'Epée el le 
Denier. 

Le Bâton représente le Mâle ou l'Actif. 
La Coupe est l'image du Passif ou de la Féménéité. 
L'Épée représente l'union des deux dans sa forme cruciale 
Enfin le Denier représente le second hé. 

Tous les auteurs qui ont étudié philosophiquement le 
Tarot sont unanimes pour affirmer les correspondances entre 
le tétragramme et les quatre couleurs. Guillaume Postel 1 
et surtout Eliphas Levi 2 ont développé ces études avec fruit 
et nous montrent les quatre lettres du tétragramme appli- 
quées dans le symbolisme de tous les cultes. 

Citons en passant la correspondance de ces lettres et des 
symboles de la religion chrétienne. 

Le In'l ou bâton du Tarot est représenté par la crosse épisco- 
|ialo. 

Le I er Hé ou coupe est représenté par Je calice. 

1j Vau on Épéc par la Croix qui affecte la même forme. 

Le 2 e Hé ou Denier par l'hostie; transition <lu monde naturel 
au monde surnaturel. 



1. Clavis abscunditarum rerum. 

2. Eliphas Levi, Dogme et Rituel de la haute magie. 



— 51 — 



La série que nous avons étudiée dans une seule couleur, 
se détermine donc aussi rigoureusement dans les quatre 
couleurs considérées dans leur ensemble, ainsi : 



Bâton 
ou 
iod 



Coupe ou hé 



2 e hé ou Denier 



eau 

ou 

Epée 



coup d'œil d'ensemble sur les arcanes mineurs 



Si nous jetons un regard en arrière nous allons pouvoir 
juger aisément de la route parcourue. 

Les quatre couleurs considérées ingtobonous, ont montré 
l'application de la loi iod hé vau hé. 

Mais dans chacune des couleurs prise séparément, la 
même loi s'est reproduite. 

Les quatre figures représentent iod hé vau hé; 

Les quatre séries des nombres aussi. 

Réunissons donc toutes les lames d'après leurs rapports 
et nous obtiendrons les résultats suivants : 



Les 4 Rois 
Les 4 As 
Les 4 Quatre 
Les 4 Sept. 

Les 4 Dames 
Les 4 Deux 
Les 4 Cinq 
Les 4 Huit 



= Iod 



Hé 



— 52 — 



Lus i Cavaliers 
Les I Trois 
Les \ Six 
Les i Neuf 

Les i Valets 
Les i Dix 



Vaù 



= Hé 



Si nous voulons représenter tout cela par une figure syn- 
thétique nous placerons le nom sacré au centre d'un cercle 
divisé en quatre parties correspondant respectivement à 
chacune des lettres iod hé vau hé. Dans chacune de ces par- 
ties s'irradieront les correspondances du tétragramme dans 
toutes les lames. Voici cette figure : 




FIGURATION GÉNÉRALE DES ARCANES MINEURS. — Disposition par séri< 



Les figures sont aux couleurs ce que les nombres son! 
aux ligures. 

La série des figures est reproduite dans les trois mondes 
par les nombres; de même la série des couleurs : Bâton, 
«loupe, Épée, Denier est reproduite dans les figures. 

Le Bâton est le Iod des I Rois 
La Coupe est le Hé des \ Dames 
L'Épée est le Vau des ï Cavaliers 
Le Denier est le Hé des \ Valets. 

De même que chaque couleur était' un tout complet formé 
d'un corps, d'une àme et d'un esprit ou force vitale, de 
même, les quatre couleurs forment un tout complet ainsi 
formé : 

Corps matériel des arcanes mineurs : 

Les 4 Cavaliers 
Les 4 Sept 
Les 4 Huit 
Les 4 Neuf. 

Corps vital des arcanes mineurs: 

Les 4 Dames 
Les 4 Quatre 
Les i Cin [ 
Les \ Six. 



Corps intellectuel : 



Les i l{(»i< 
Les 4 As 
Les \ Deux 



Organes reproducteurs : 



Les 4 Valois 
Les 1 Dix. 



Têlc, Spiritualité 




Roi n |H Hoi 

1. 2. 3. 1 1. 2. 3. 

Roi 

1. 2. 3. 



Monde Divin 



COUPES 

Dame 
4. 5. 0. 

> 

Poitrine, Vitalité Dame H 4- H Dame Monde Humain 

„ I 
4. 5. 6. 1 4. o. G. 

Dame 
4. 5. 6. 



EPEES 




Corps matérialité Cavalier H -|- H Cavalier Monde Matériel 

7. 8. 9. 1 7.8. 9. 

Cavalier 
7. 8. 9. 



Transition 

d'unêl re à l'autre 

Génération 




Transition 

d'un monde 

à l'autre 



DENIERS 






Nous ne pouvons qu'indiquer ici ces rapports fort ins- 
tructifs qui peuvent être mènes très loin. 

Nous donnons ces indications pour bien montrer le 
maniement de Y analogie, méthode de la science occulte, 
dont nous avons beaucoup parlé dans nos précédents 

ouvrages. 

11 suffît de comparer ce dernier tableau, figuratif des quatre 
couleurs, avec le premier qui n'en représentait qu'une seule. 
On verra que la loi sur laquelle ces deux tableaux sont cons- 
truits est la même, les applications seules varient. 

C'est ainsi que les cellules formant l'être humain se grou- 
pent pour constituer des organe*, les organes se groupent 
pour constituer des appareils et le groupement de ces der- 
niers produit l'individu '. 

De tout ce qui précède nous avons déduit la conclusion 

suivante: 

Le denier répondant au deuxième hé indique une transition . 

Entre quoi? 

Entre les arcanes mineurs et le* arcanes ma /cars. 

I. Vov. Traité élémentaire de science occulte, chap. m. 



56 — 




-5L3 33-^ 



LtkP ae/i&ux£L dnà Jl^ccaicâ JfÙjiciu 



J . 



.1 V auteur de la. <> lie candie des Bêles » 
Le poète Emile Goudkau 



CHAPITRE VI 

LA CLEF DES ARCANES MAJEURS 



Arcanes majeurs. 1 er ternaire. — 2 e ternaire. — 1 er septénaire. 

2 e septénaire. -- Les trois septénaires et le ternaire de transition. 



DES ARCANES MAJEURS 

La différence fondamentale qui existe entre les arcanes 
mineurs et les arcanes majeurs c'est que dans ceux-ci les 
figures et les nombres sont réunis tandis que dans ceux-là 
ils étaient distincts. 

Les arcanes majeurs sont au nombre de 22, mais l'un 
d'entre eux porte le chiffre 0, ce qui fait qu'il y a en réalité 
21 grands arcanes ou arcanes majeurs. 

La plupart des auteurs qui se sont occupés du Tarot n'ont 
considéré que ces 22 lames, sans tenir compte des autres 
qui cependant donnent la clef générale du système. 

Mais laissons là ces digressions et abordons l'application 
de la loi iod hé y«^ hé à cette partie du Tarot. 

La simple réflexion nous suggère l'idée qu'il doil exister 
des séries dans les arcanes majeurs de même que dans les 
arcanes mineurs. Mais comment déterminer l'étendue de 
ces séries ? 



— 58 — 

Chaque lame de nos arcanes mineurs portait un symbole 
facile à rattacher à l'ensemble (Bâton, Coupe, Épée ou 
Denier) ; il n'en est pas de même ici. Chaque lame représente 
un symbole différent. Ce n'est donc pas le symbolisme qui 
peut nous guider, pour le moment du moins. 

Outre le symbole, chaque lame exprime une idée. L'idée 
est déjà un guide meilleur, étant plus facile à classer que le 
symbole ; mais ce guide n'offre pas encore toutes les garan- 
ties désirables, pouvant être compris différemment par 
différentes personnes. De plus l'idée résulte de l'action du 
symbole sur l'autre terme exprimé par la lame : le 
nombre. 

Le nombre, voilà certes l'élément le plus positif, le plus 
facile à suivre dans ses évolutions ; c'est donc le nombre 
qui va nous guider ; c'est grâce à lui que nous découvrirons 
les deux autres termes . 

Reportons-nous à notre exposé des nombres et nous 
allons facilement déterminer les séries dans les arcanes 
majeurs. 

Faisons toutefois une grande réserve dès le début. Les 
séries que nous allons énumérer sont les plus générales ; 
mais ce ne sont pas les se ni es. 

Ceci dit, considérons les quatre premiers arcanes ma- 
jeurs. 

Les nombres 1 . ±, 'A, 4, indiquent de suite la classification 
à adopter et la nature des termes. 

1 correspond à fod el est actif 

2 à Hé — passif 
.'{ h l'an — neutre 

i au :2 e ' lie et indique la transition. 

Cel arcane 4 correspond au valel el au 10 des arcanes 
mineurs el deviendra iod dans une série suivante. 



59 — 



Si nous voulons figurer en premier ternaire 1, 2, 3, nous 
le ferons ainsi : 

l 



/\ 




(H) 2 ^ ^— — ^ 3 (1) 

Le terme actif 1 est au sommet du triangle, les deux 

autres termes sont aux autres angles. 

Ce ternaire peut aussi se figurer dans ses rapports avec 

iod hê vau lu'- : 

I 
iod 



2 hé 



%* hé 4 



vav 

3 



Deuxième terniare. -— Nous avons dit que le 4 devenait 
le iod ou terme actif de la série suivante. 
Ceci se réalise dans le rapport ci-dessous : 



4 

iod 



5 hé 



2 e hé 7 



vau 
6 



Le 4 figurant le iod agit donc vis-à-vis de 5 et 6 comme 
1 agis: 
ternaire. 



le 1 agissait vis-à-vis de 2 et 3 et nous obtenons un autre 



(il) 

4 




L<> 7 agit ici comme le 4 agissait tout à l'heure il en 
sera de même pour toute la série des arcanes. 

Premier septénaire. — L'application d'une même loi à 
des termes fort différents nous a conduits jusqu'ici : n'aban- 
donnons donc pas ce procédé et disons : 

Si, dans un ternaire, il existe un terme actif — iod, un 
terme passif = hé et un terme neutre ,= vau résultant des 
deux premiers, pourquoi n'en serait-il pas de même des 
ternaires pris en bloc ? 

Le premier ternaire est actif et correspond à iod, le 
deuxième ternaire est passif et correspond à hé; la réac- 
tion d'un ternaire sur l'autre donne naissance au troisième 
ternaire ou vau. 

Représentons cela : 
1 



ii 



+ 






(il 



Le 7 forme donc l'élément de transition cuire un septé- 
naire ei un autre. 

Si nous établissons les rapports de ce premier septé- 
naire au iod hé rua hé nous obtiendrons : 



1-4 

f 
iod 



â— o) n hi 



±- hé n t 



rr/u 

(3-6) 



Une déduction peut être faite en passant dont on pourra 
tirer beaucoup si l'on veut bien y prendre garde : le i n'est 
que le 1 considéré négativement, le .'i n'est que le 1 
considéré négativement ainsi que le (i qui est le négatif 
du 3. C'est toujours un même nombre sous différents as- 
pects. 

Nous avons donc déterminé un premier septénaire 
formé de deux ternaires opposés. 

Nous avons vu ce septénaire reproduire aussi iod hé vau 
hé. 



Deuxième septénaire. — Ce qui est vrai pour les premiers 
ternaires est aussi vrai pour les autres et, suivanl les mêmes 
procédés, nous obtiendrons mi second septénaire ainsi 
formé : 



— 62 — 

Ternaire positif. Ternaire négatif. 

7 10 




11 




12 



Les deux ternaires positifs et négatifs vont s'équilibrer 
l'un l'autre pour donner naissance au second septénaire et 
à son terme de transition 13. Ainsi : 




XI 



63 — 



Figuration générale : 




Mais si deux ternaires agissent respectivement comme 

positif et négatif pourquoi n'en serait-il pas de même des 

deux septénaires? 

Le premier septénaire pris en bloc sera donc positif par 
rapport au deuxième septénaire qui sera négatif. 

Le premier septénaire correspond à iod, Le second a hé. 



- 64 — 



Troisième septénaire. 
ainsi formé : 

(13-16! 



Le troisième septénaire est 



iod 



f 14-171 hc 



hé (19j 




vau 
'15-18] 



Si le premier septénaire est positif et le second négatif, 
le troisième sera neutre et correspondra au vau. 
Nous aurons donc en définitive : 

1° Ux SEPTENAIRE POSITIF = Iod 
2° UN SEPTENAIRE NÉGATIF = Hé 
3° Un SEPTENAIRE NEUTRE = Van. 

Cependant chaque septénaire nous présente un terme 
commun au septénaire précédent et commun au septénaire 
suivant. 

Ainsi le 7 est le 7 e terme du premier septénaire et 
le 1" ternie du second. 13 est le dernier terme du 
deuxième septénaire et le I er du troisième, etc. 

De cela résulte qu'il existe trois termes à classer ce sont : 

19 __ 20 — 21 

Ces trois termes forment le dernier ternaire, ternaire de 

■ 

transition entre les arcanes majeurs et les arcanes mineur*, 
ternaire correspondant au deuxième hé, et qu'on peut 
limiter ainsi : 



•2i) 




2\ 




V ; r.r//^.< //ii/ic/t ; té 

<*. 'àiytJCIJ 



- 65 

11); 

iod 



20) hé 



hé (0 



V) 



vau 

(21) 

La dernière lame chiffrée qui devrait exactement porter 
le numéro 22 (ou sa correspondance hébraïque) clôt le Ta- 
rot par une merveilleuse figure représentant sa constitution 
pour qui sait la comprendre. Nous en reparlerons. 

En définitive, daus les arcanes majeurs, la grande loi est 
ainsi représentée : 





co 



D 



1 



n * "" m 



-\ 





— 60 — 

Le premier septénaire correspond au Monde divin, à 
Dieu, 

Le second à l'Homme, 

Le troisième à la Nature. 

Enfin le dernier ternaire indique le passage du monde 
créateur et providentiel au monde créé et fatal. 

Ce ternaire établit le rapport entre les aveanes majeurs et 
les arcanes mineurs 



A Vautour de « Dieu et ta Création 

René Caillik. 



CHAPITRE VII 

RAPPORTS DES ARCANES MAJEURS ET MINEURS 
RAPPORTS GÉNÉRAUX 

CLEF DU TAROT 



Domination du l rr septénaire. — Rapport? du 2 e septénaire dans le Tarot, 
lame par lame. — Id° du 3 e septénaire. — Rapports généraux. — Rapports 
de iod, de hé, de vau, du 2 e hé. 

Figure générale donnant la clef du Tarot. 



RAPPORTS DES ARCANES MAJEURS ET MINEURS 

Les Deniers d'un côté, le Ternaire de transition de l'autre 
établissent le rapport entre les arcanes majeurs et les 
arcanes mineurs. 

Ce rapport se résume dans les rapports généraux des 
quatre lettres du tétragramme. 

Le l or septénaire, correspondant à iod, gouverne tous 
les correspondants de iod dans la série mineure, c'est-à- 
dire : 

Les i Rois 

Los 4 As 

Les 4 Quatre 

Les 4 Sept. 



— 68 — 

Chacun des éléments du septénaire gouverne des termes 
différents, ainsi : 

I er septénaire . 

Les arcanes i et 4 gouvernent Roi-) .4.7 de Bâton 

2 et o — de Coupe 

3 et () d'Épée 
L'arcane 7 de Deniers. 



En outre : 
L'arcane 1 gouverne plus particulièrement les termes 
positifs de la série, c'est-à-dire : 



Arcane 

1 (+) 



Le Roi de tod ou de Bâton (-}-) 
Le Roi de Vau ou d'Epée { — ) . 



L'arcane 4 gouverne plus particulièrement les termes 
négatifs de la série : 



Arcane 



Le Roi de Hé - - Coupe (-)-) 
Le Roi du 2 e Hé - • Denier ( — ) 



En appliquant la même loi aux autres arcanes on Irouve 



As de lod (-J-) Bâton, 
As de Vau ( — ) Lpée. 

As de Hé (-}-) Coupe. 
As de Hé ( — ) Denier. 

4 de BAI on (-J-), 
\ d'Épée (— ). 

\ de Coupe (-(-), 
\ de Denier ( — ). 

Tons les termes transitifs, 

7 (x). 



Arcane 


(+) 2 


Arcane 


(-) s 


Arcane 3 


(+) 


Arcane (i 


(-) 


Arcane 7 


(oo ) 



l. Les signes -j-, — , y- indiquent : le signe --) les termes positifs, le 
signe - les termes négatifs, le signe ce les ternies neutres. 



— 69 — 

Second septénaire. — Le second septénaire correspon- 
dant à hé gouverne tous les correspondants du prem ier Ht' 
dans la série mineure, c'est-à-dire : 

Les 1 Dames 

Les 1 Deux 

Les ï Cinq 

Les \ Huit. 

Chaque élément de ce second septénaire a les domina- 
tions suivantes : 



Dame de Bâton, 

Arcane 7 \ (4~) 

(-]_) ) Dame d'Épée. 



Dame de Coupe, 

Arcane 10 ) (-h) 

) Dame de Denier. 

(-) 



Deux de Bâton. 

Arcane 8 ) (+) 

(_|_) ) Deux d'Épée. 



/ Deux de Coupe, 

Arcane 11 ) (+) 

( — ) ) Deux de Denier. 

( (-) 



Cinq de bâton, 

Arcane 9 ) (+) 

(_|_) ) Cinq d'Epée. 



Cinq de Coupe, 

Arcane 12 \ (•{") 

f j j Cinq de Denier 



Arcane 1.3 ) Tous les 8 

(.00) ' (oo ) 



Troisième septénaire. — Le troisième septénaire corres- 
pond à Y du et domine : 

Les \ Cavaliers, 
Les 4 Trois, 
Les 4 Six. 
Les \ Neuf. 



— 70 — 

Chaque élémenl de ce septénaire domine ainsi : 
Cavalier de Bâton, 



Arcane 13 1 (-B 

/_|_) j Cavalier d'Épée. 

! Trois de Bâton. 
Trois d'Epée. 

I Six de Bâton, 

Arcane 15 \ r (~H 

(_|_) ] Six d'Épée. 



'avalier de Coupe, 

Arcane 16 \ (-}-) 

( ) ) Cavalier de Denier. 

(-) 

Trois de Coupe, 

Arcane 17 ) (+) 

( ) ) Trois de Denier 



Six de Coupe. 

xane 18 ) (+) 

) Six de Denier. 



Arcane 19 \ Tous les 9, 

(<X>) ) (96), 



Ternaire de transition. - 

domine : 

Les 4 Valets, 
Les 4 Dix. 



Chacun de ses éléments domine ainsi : 



Le ternaire de transition 



Arcane 19 

(oo) 
(+) 



Valel de Bâton, 

Valel d'Épée. 

(-) 



Arcane i20 

( œ 
(— ) 



V;tlet de Coupe, 

(+) _ 
Valel de Denier. 

(-) 



Arcane 21 \ Tous les 10 
(+) / ( ») 



— 71 — 

Valeur des signes -\-, — , et go . 

Les signes qui suivent chaque laine clans les énoncés ci- 
dessus déterminent exactement la valeur de cette lame. 
Un exemple suffira à bien faire comprendre ceci. 

Chaque terme peut être pris dans deux acceptions prin- 
cipales en positif (-{-) ou en négatif ( — ). 11 en est de même 
des subdivisions de ces termes. 

Ainsi les correspondants de iod dans le premier septé- 
naire sont 1 et 4. 

1 est le positif (-J-) 
\ est le négatif ( — ) 

I domine deux arcanes mineurs : Roi de Bâton et Hoi 

d'Épée. 

Roi de Bâton est positif 
Roi d'Épée est négatif 

La valeur définitive de ces termes sera donc : 
1° Roi de Bâton. 

Positif (-f ) du positif (-f ) 

ou 

Roi de Bâton 

+ + 

2° Boi d'Épée. 

Négatif (— ) du Positif (-f) 

mi plus simplement 

Roi d'Epéi 

+ - 

II en est de même pour les autres termes en combinant 
le signe qui suit Varcane majeur avec celui qui suit le 
terme considéré. 

On détermine ainsi la valeur de chacune des 78 lames 
de Tarot. 



— 72 — 



RAPPORTS GÉNÉRAUX 



RAPPORTS DE /0(/. 





/ Positif. 


Arcanes 


\ Arcane 1 


majeurs 


j 7 




— 13 




/ Roi de Bâton 




As _ 




l 4 


Arcanes 


17 — 


mineurs 


\ Roi d'Épée 




1 As 




' \ ~ 




1 — 



Négatif. 
Arcanes \ 
10 
16 

Roi de Coupe 
As — 



Roi de Deniers 

As 

4 — 



RAPPORTS DU 1 er Hé. 



Arcanes 
majeurs 



Arcanes 
mineur. 



Positif. 
Arcane 2 
8 
M 



Dame de Bâton 
Deux — 
Cinq — 
Huit _ 
Dame d'Épée 

Deux 

Cinq 
Huit 



Négatif. 
Arcane 5 
M 
17 

Dame de Coupe 
Deux — 
Cinq — 
Huit — 
Dame de Denier 
Deux 

Cinq — 

Huit _ 



Arcanes 
majeurs 



Rapports de Vau. 



Positif. 

Arcane 3 

!» 



Négatif. 

Arcane 6 

12 

• l,s 



— 73 





Cavalier 


le Raton 


Cavalier de Coupe 




Trois 


— 


Trois 




1 Six 


— 


Six — 


Arcanes 


) Neuf 


— 


Neuf 


mineurs 


\ Cavalier 


i'Épée 


Cavalier de Deniers 




f Trois 


— 


Trois 




Six 


— 


Six 




Neuf 


— 


Neuf 



RAPPORTS DU 2° Hé. 



Positif. 
Arcane 19 

Valet de Bâton 
— d'Épée. 



Négatif. 
Arcane 20 

Valet de Coupe 
— de Deniers. 



Equilibre. 



Arcanes 21 — 22 



Dix de Bâton 

— d'Épée 

— de Coupe 

— de Deniers. 



FIGURE GÉNÉRALE DE LA. CONSTRUCTION DU TAROT RÉSUMANT 

TOUS LES RAPPORTS. 

La loi absolue. 

Iod Hr Vau Ih 
est au centre de la figure. 

Chacune des lettres du tétragramme domine sur un quart 
de cercle contenant ses rapports. 

Les couleurs différentes indiquent les dominations parti- 
culières de chaque arcane. 



— 74 




A l'auteur de la Mission des Juifs, 

Le marquis de Saint-Yves d'Alvkydre. 



DEUXIÈME PARTIE 



LE SYMBOLISME DANS LE TAROT 



APPLICATION DE LA CLEF GÉNÉRALE AU SYMBOLISME 



A l'auteur de la Décadence latine 
Le Kabbaliste Joséphin Péladan. 



CHAPITRE VIII 



INTRODUCTION A L'ÉTUDE DU SYMBOLISME 



Les symboles. — Les ternies primitifs. — Clef du symbolisme. — Détermination 
immédiate du sens d'un des symboles. — Loi générale du symbolisme. 



INTRODUCTION A L'IÎTUDE DU SYMBOLISME 
DANS LE TAROT 

L'étude que nous avons faite sur le Tarot dans ses dis- 
positions numériques nous a donné la clef générale qui doit 
s'appliquer à tous les développements ultérieurs dont notre 
jeu peut être susceptible. 

Les symboles doivent donc suivre exactement révolution 
des nombres et nous verrons qu'il en est ainsi. Cependant 
comme nous allons étudier successivement chacune des 
lames de Tarot, il se pourrait que l'attention du lecteur fût 
quelque peu fatiguée par ces développements; aussi avons- 
nous pris le parti de faire* une petite introduction à l'étude 
du symbolisme du Tarot, introduction dans laquelle nous 
dirons quelques mots du groupement de ces symboles. 

Ce point connu, nous pourrons passer au développement 
que nous terminerons encore par un coup d'œil synthé- 



— 78 — 



tique. Nous espérons ainsi obtenir la plus grande clarté 
possible dans des sujets aussi ardus. 

L'analyse du mot iod hé vœu hé, nous a donné la loi 
générale sur laquelle fut construit tout le Tarot. Cette loi 



est ainsi figurée. 



1 

iod 



2 ht 



2° hé 



\ 



va a 

a 

Nous devons donc déterminer tout d'abord dans nos 
symboles quatre termes primitifs constituant la loi qui s'ap- 
pliquera exactement au symbolisme tout entier. 

Nous retrouverons, en effet, ces quatre termes dans nos 
quatre premières lames et le sens général de ces termes 
sera : 

1 — Créateur ou Divin. 

2 — Conservateur ou Astral. 

3 - Transformateur ou Physique et Ditl'useur. 

4 — Générateur ou Transiteur devenant Créateur. 

Cette loi répond en tous points à notre mot sacré ainsi : 







Créateur 








(Ml 








Divin 








1 








iod 




Conservateur 


//'• 




9 e /)/'■ 


Transition 


ou 




— fi' 


< m 


Astral 








Génération 






nui 






Transformateur 








ou 








Phy 


sique 





— 70 — 

Nous verrons que cette loi s'applique exactement à 
chacune des lames qui possède trois sens. 

Un sens superlatif ou Divin. ■ 

Un sens comparatif ou Magique-Astral. 

Un sens positif ou Physique et répondant à une transition. 



coup-d'œil général sur les quatre premières lames 

Clef du symbolisme dans le Ta roi . 

Les quatre premières lames des arcanes majeurs forment, 
aussi bien symboliquement que numériquement, une série 
complète répondant au mot sacré iod hé van lié. 

En effet, la première lame exprime V actif absolu et cor- 
respond à iod. 

La seconde lame désigne le reflétas la première, le passif 
absolu et correspond au premier Hé. 

La troisième indique le terme médian, le terme conver- 
tible et transformateur et correspond à vau. 

Enfin la quatrième lame est un terme, de transition entre 
la série précédente et la série suivante. 

La série symbolique du Tarot est donc complètement 
représentée parles quatre premières lames, comme la série 
numérique Test par les quatre premiers nombres. De là 
découle une considération très importante, c'est que tous les 
symboles du Tarot ne sont que des transformations des 
trois premiers et que ceux-ci nous fournissent la loi 
générale du symbolisme, loi qui nous permettra de dé- 
terminer mathématiquement le sens de chaque lame sui- 
vante . 

Mais nous pouvons encore aller plus loin. 



— HO — 

Comme la seconde lame est le reflet de la première, ei 
est formée par la première considérée négativement, el 
comme la troisième lame résulte des deux autres il suffit 
de connaître parfaitement la première lame du Tarot 
pour déterminer mathématiquement le sens de toutes les 
autres. 

Quelques détails sont nécessaires à ce sujet. 

La loi générale des quatre premières lames est la sui- 
vante : 

1 — Positif. Créateur. 

2 — Négatif. Reflet de la première. Conservateur. 

'.) - - Neutre. Enveloppement des deux autres. Transforma- 
teur. 
\ — - Passage d'une série à l'autre. 

Nous pouvons figurer ainsi cette série : 



Positif 



Négatif 




Neutre 



Ce qui est vrai pour chacun des termes d'un ternaire, 
l'est aussi pour ce ternaire pris en bloc ce qui nous conduit 
à de nouvelles considérations. 

En effet le premier ternaire sera positif et correspondra à 
iod à l'actif, au créateur. 

Le deuxième lernaire sera négatif et correspondra au 
premier ké, c'est-à-dire que tous les termes de ce ternaire 
seront les reflets des ternies du premier, connue la deuxième 
lame était le relief de la première. 



i 





W * 



'lÈËÉp- 



j&>*mf 

*L3 







— 81 
Ce qui nous donnera : 



o 



(6) 



Reflet de 2 (7) Reflet de 3 

Reflet de 4 



(4) 
Reflet de 1 

Nous pouvons ainsi déterminer le sens des arcanes 4, 5, 
6, 7, dans les trois mondes, connaissant le sens des arcanes 

12 3 4 

i , «j, o, ^. 

Il suffît de se reporter à l'étude du Tarol par les nombres 
pour voir les symboles correspondant respectivement à iod, 
à hé, à vau et au deuxième hé. 

Mais si le second ternaire est le reflet du premier il en 
sera de même pour les septénaires. 

Toutes les cartes du second septénaire seront doue le 
reilel de celles du premier symboliquement. 

Toutes les cartes du troisième septénaire sont représen- 
tatives de la troisième lame ou de la transformation. 

Nous aurons donc comme sens : 

Le 1 er septénaire, 

Représentera la Création active. Le Divin Urisis-Rrahma oi 
le Père. 

Le 2 e septénaire. 

Représentera la Conservation. L'Astral. Isis. Vichnou. Le 

Fils. 

Le '.V septénaire , 

Représentera la Transformation. Le Physique. Horus. Siva. 
Le Saint-Espril . 

<> 



m — 



En résumé les trois premiers arcanes donnent le sens 
de tous les autres d'après le tableau suivant : 





TABLEAU 






INDIQUANT LES SENS DE CHACUN DES 22 ARCANES MAJEURS 


iod 
















série positive 
ou 


1. 


4. 


i . 


10. 


13. 


16. 


I!>. 


créatrice 
















1er hé 
















série négative 
ou 


2, 


5. 


8. 


M. 


14. 


17. 


L>0. 


conservatrice 

nui 





























série neutre 
ou transformatrice 


o. 


e. 


9. 


13. 


15., 


1S. 


21. 


équilibrante 
2e hé 
















4 = 


= (t) 






















série de tran- 
sition 


+ 

positif 


négatif 


+ 


— 


+ 


— 


oc 


iod 

série positive 

ou 

créatrice 


hé 

série négative 

ou 
conservatrice 


Vil II 

série neutre 
OU 

transformatrice 
équilibrante 


2 e hé 
série de tran- I 
sition 










1 



Ce tableau est très important, car il permet de déterminer 
immédiatement la valeur symbolique d'une lame quelconque 
de Tarol en opérant ainsi : 

DÉTERMINATION A PRIORI DE LA VALEUR SYMBOLIQUE 



D UNE LAME DU TAROT 



On regarde : 



1° Quelle est In lettre hébraïque écrite à gauche dans la 
colonne horizontale <jni contient la lame considérée ; 



- 83 — 

2° Quelle est la lettre hébraïque écrite au bas de la colonne 
verticale qui contient la lame considérée; 

3° Quelle est le signe (+ ou — ) que gouverne la colonne 
secondaire verticale qui contient la lame considérée. 

Exemple : 

Soit à trouver le sens de l'arcane 5. 

Je regarde à gauche et je trouve comme lettre hébraïque hé. 

Gela m'indique que l'arcane 5 est le hé, de quoi? 

Pour le savoir je regarde la colonne verticale et je trouve 

iod. 

L'arcane o est le hé de iod, mais cela ne nous suffit pas et je 
regarde la colonne secondaire qui contient le signe ( — ) 
négatif. 

J'obtiens ainsi une formule définitive de l'arcane 5. 

La cinquième lame de Tarot est : 

Le hé de iod considéré négativement. 

C'est là une formule synthétique qui n'est compréhen- 
sible que pour celui qui est habitué au maniement du sens 
du mot iod hé van hé. 

Aussi est-il nécessaire de développer celte explication. 

Hé représente le reflet. 

Nous pouvons donc dire pour être plus clair : 

L'arcane o est : 

Le reflet de iod considéré négativement. Mais qu'est-ce que 
c'est que iod considéré négativement? 

Pour le savoir je cherche dans ma colonne de gauche la lettré 
iod, je cherche dans la colonne verticale secondaire le signe 
(_) négatif, et a l'intersection de ces deux lignes je trouve far- 
cane i. 

Le iod considéré négativement c'est l'arcane 4. 

Ce qui me conduit à dire : 

L'arcane o est le reflet de Varcane L 



— 84 



Ainsi s'expliquent tous les arcanes les uns par les autres 
suivant ce que nous avons dit plus haut. 

Ce tableau est la clef de l'Ars Magna de Raymond Lulle. 



Correspondance des lames du Tarot entre elles. 

Pour obtenir l'origine et la dérivée d'une lame quelconque 
du Tarot il suffît de prendre la troisième lame avant et la 
troisième lame après. 

Ainsi l'arcane 8 dérive de l'arcane 5 et donne naissance 
à l'arcane 1 1 . 

5 8 1 1 

Vie universelle Existence Vie réfléchie 

élémentaire. et passagère. 






De là s'ensuit que, quand deux lames additionnées 
donnent un nombre pair, il suffit de prendre la moitié de ce 
nombre pour trouver la lame qui sert à relier les lames con- 
sidérées entre elles. 

Ainsi, soit à. trouver le lien qui unit l'arcane 4 à l'arcane 6, 
c'est-à-dire, le fluide animateur universel à l'amour univer- 
sel; j'additionne \ 6 zz 10 et je prends la moitié du 

nombre obtenu — — .>. 

L'arcane 5 (vie universelle) réunitd oncles deux opposés i. 



I. L'alphabel hébraïque établit rigoureusement celle filiation pour les 
étires correspondant à ces .'5 nombres. (Voy. l'arcane 8.) 



85 — 



Le passage du fluide animateur (4) dans l'amour (6) 
s'opère par l'intermédiaire de la vie universelle (5). 

Chaque lame du Tarot ayant trois sens, on voit comme il 
est facile de philosopher sans se donner beaucoup de peine 
au moyen de notre jeu. 



* 



Une autre conséquence de tout cela c'est que chaque 
carte du Tarot a pour complémentaire celle dont le nombre 
additionné avec le sien donne comme total 22. 

Ainsi quelle est la carte complémentaire de l'arcane 1 ? 

C'est l'arcane 21 puisque 21 -\- 1 zz 22. Quel est la 

transition de 1 h 21? 

22 
D'après ce que nous venons dire c'est 21 -f- 1 =— - ~11. 

L'arcane 11 (vie réfléchie et passagère] établit donc la 
transition entre l'arcane 1 (principe créateur) et l'arcane 21 
(la génération universelle). 

Pour trouver la carte complémentaire d'une autre il 
suffit donc de soustraire le nombre de la carte considérée 
de 22. 

Ainsi soit à trouver la carte complémentaire de 14. 

22 — 14 = 8. 

L'arcane 8 est donc complémentaire de l'arcane 14. 

Toutes ces données nous seront fort utiles dans la suite, 
c'est pourquoi nous avons fait cette digression. Nous pou- 
vons maintenant revenir à l'élude de nos arcanes ma- 
jeurs. 

Rappelons encore la manière dont les quatre premiers 
arcanes nous ont donné la clef du symbolisme de tous les 



— 86 



autres, d'après leurs rapports avec le mot sacré, ainsi qu'il 
suit : 



LOI GÉNÉRALE DU SYMBOLISME DU TAROT 

Positif 

(1) 

iod 



Négatif 

Reflet de 

iod 



(2) hr 



Transition 
± hé (4) iod de la série 
suivante 



vau 

(3) 
Neutre 

Union d'iod et de hé 



A l'auteur « des Grands Inities ». 

M. SCHURÉ. 



CHAPITRE X 

HISTOIRE DU SYMBOLISME DU TAROT 

RECHERCHE DE SON ORIGINE 



Le Tarot est un livre égyptien. — Ses Transformations. — Jeu de Mantegna- 

— Tarot vénitien. — Tarot de Florence. — De Bologne. — Tarol indon. 

— Tarot chinois. — Tarots actuels. — Etteila. - Marseille. — Besançon. — 
Watillaux. — Oswald-Wirth. — Tarots italien et allemand. — Constitution 
du symbolisme du Tarot. — Les 16 signes hiéroglyphiques primilifs. — Les 
22 lettres hébraïques. 



ORIGINE DU SYMBOLISME DU TAROT 

Chaque lame de Tarot représente, nous l'avons dit, un 
symbole, un nombre et une idée. 

Nous avons voulu, dans le cours de cette exposition, évi- 
ter autant que possible l'empirisme; c'est pourquoi nous 
avons d'abord étudié l'élément le plus fixe, le plus inva- 
riable dans ses combinaisons, le nombre. 

Solidement appuyés sur la base que nous avons ainsi cons- 
truite, nous pouvons maintenant aborder avec plus de sûreté 
l'étude du symbole. 

Pour cela nous supposons que vous vous êtes procuré un 



— 88 — 

Tarot ' dans le commerce et surtout le Tarot.de Marseille, 
qui est le plus exact comme symbolisme, ou bien les vingt- 
deux clefs dessinées par Oswald Wirth; même, ce qui est 
presque indispensable, les deux à la fois. 

îl suffit alors d'étaler les lames sur une table pour remar- 
quer dès le premier coup d'oeil que les personnages ont des 
costumes renaissance. 

Et quoi, me direz-vous, voilà ce jeu d'origine si ancienne ? 
il n'y parait guère. 

Considérez plus attentivement vos figures et vous ne 
larderez pas à voir des symboles égyptiens [croix ansée 
(n°5) ibis (n° 17)| mêlés à ces costumes renaissance. 

Cela nous indique du premier coup que le Tarot de Mar- 
seille est bien la représentation exacte du Tarot égyptien 
primitif légèrement transformé à l'époque indiquée par les 
costumes. Les Bohémiens seuls possèdent intact le jeu 
primitif. 

Les études des érudits qui se sont occupés du Tarot prou- 
vent tout cela avec la dernière évidence. Ainsi si nous par- 
courons les ouvrages de Chatto 2 de Boiteau 3 et surtout, de 
Merlin *, nous verrons l'histoire répondre à notre assertion. 

Merlin conduit ses recherches très scientifiquement et 
parvient à retrouver l'origine de notre Tarot de Marseille 
dans un Tarot italien de Venise, père de tous les jeux pos- 
térieurs. 

Il croit, également retrouver l'origine de ce Tarot de 
Venise dans le jeu philosophique de Mantegna. 

1. Voy. plus loin l'indication des prix de ces tarots et les endroits où l'on 
peut se 1rs procurer. 

2. Ghatto, Valets and spéculation of the origin and history% of paying 
caris in Europe. Londres, 1848, in-8. 

■\. Boiteau, Les cartes à jouer et la cartomancie, Paris, in-4°, 1854. 

4. Merlin, Origine '1rs cartes à jouer, recherches nouvelles sur les naïbis, 
les tarots et sur les autres espèces de cartes. Ouvrage orné de 70 planches. 
Paris, in-; , ISti9< 



— 89 — 

Mais il ne peut déterminer l'origine de ce jeu lui-même 
et pour cause. En effet, ce que Merlin croit être le créateur 
du Tarot en est une production, au contraire, faite par un 
initié. C'est exactement ce qui s'est produit pour l'A rs 
magna, de Raymond Lulle, tiré tout entier du Tarot. 

Nous donnons à titre de renseignement le jeu de Mante- 
gna connu par les marchands sous le nom de cartes de Bal- 
dini, ainsi que les jeux de tarots italiens, d'où sont dérivés 
la plupart des nôtres. 

Le tableau placé le dernier, qui indique les rapports des 
tarots au jeu de Mantegna, doit être retourné et représente 
au contraire les cartes de Mantegna dérivées du Tarot 
ainsi que nous venons de le dire. 

Voici tous ces tableaux : 



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— 91 



Mincliiate de Florence 

97 cartes 

dont 40 Tarots 

Le Fou 

Le Bateleur 

Le Grand-Duc 

L'Empereur d'Occident . 
L'Empereur d'Orient. . 

L'Amour 

La Tempérance . . . . 
La Force 

8 La Justice 

9 La Roue de Fortune. . 

10 Le Char 

1 1 Le Vieillard (au sablier. 

12 Le Pendu 

13 La Mort 

14 Le Diable 

15 L'Enter 

16 L'Espérance 

17 La Prudence 

18 La Foi 

19 La Charité 

20 Le Feu 

21 L'Eau 

22 La Terre 

23 L'Air 

24 La Balance 

25 La Vierge 

26 Le Scorpion 

27 Le Bélier 

28 Le Capricorne. . . 

29 Le Sagittaire . . . 

30 Le Cancer 

31 Los Poissons 

32 Le Verseau 

33 Le Lion 

34 Taureau 

3-"> Les Jumeaux 

36 L'Étoile 

37 La Lune 

38 Le Soleil 

39 Le Monde 

40 La Renommée. . . . , 



ORIGINE DES AUTRES 

Tarot Vénitien Tarotchino de Bologne 

78 cartes 62 cartes 

dont 21 Tarots ■ dont 21 Tarots 

Le Fou Le Fou. 

1 Le Bateleur 1 Le Bateleur. 

2 La Papesse 2 La Papesse. 

3 L'Impératrice 3 L'Impératrice. 

4 L'Empereur 4 L'Empereur. 

."> Le Pape 5 Le I'ape. 

6 L'Amoureux 6 L'Amour. 

7 Le Chariot 7 Le Chariot. 

8 La Justice 8 La Tempérance. 

9 L'Ermite ■ . 9 La Justice. 

10 La Boue de Fortune. . 10 La Force. 

11 La Force 11 La Fortune. 

12 Le Pendu 12 Le Vieillard. 

13 La Mort 13 Le Pendu. 

14 La Tempérance .... 14 La Mort. 

15 Le Diable t.", Le Diable. 

16 La Maison Dieu. ... 16 f a Foudre. 



17 L'Étoile 17 L'Etoile. 

18 La Lune 18 La Lune. 

19 Le Soleil 19 Le Soleil. 

20 Le Jugement 20 Le Monde/ 

21 Le Monde 21 L'Ange. 



— 9-2 — 

Correspondance des Jeux italiens, primitifs et du Tarot actuel 

Tarot actuel Manlegna.. 

Le Roi Re 

Le Cavalier Gavaliero 

Le Valet Famero 

L'Empereur 1 des T 

Le Pape 5 
La Tempérance 14 

La Force 1 1 

La Justice 8 

La Lune 18 

Le Soleil 19 

Le Fou (sans N°) 
L'Étoile 17 

Le Chariot 7 

L'Ermite !> 



Le Monde 



21 







N° 8 de Mantegna 







6 






2 


arots est le IX 


série E de Mantegna 


— 


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— 


34 


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36 


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37 


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Misero 




N° 1 de Mantegna 


Vénus 




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Mars 




10 


Saturne 




47 


Jupiter 




46 


Prima causa 


50 



Si, cependant, l'existence des symboles purement égyp- 
tiens dans ces tarols soi-disant italiens ne suffisait pas au 
lecteur, quelques mots sur les transformations du Tarot en 
Orient et dans les contrées d'Europe autres que l'Italie 
lY'diiieronl complètement à ce sujet. 



TAROTS INDOUS. 



Le Tarot représente bien, quoi qu'en dise Merlin, le 
résumé des connaissances scientifiques de l'antiquité. C'est 
ce que nous prouvent sans conteste les recherches faites à 
ce sujet chez les Orientaux, par Chatto. 

En effet les Indiens possèdent un jeu d'échecs le Tchatu- 
ranga qui dérive du Tarot, ainsi que le montre la disposition 
de ses pièces en quatre séries. 

Eléphants, chariots, chevaux, fantassins. 

Les musulmans de l'Inde possèdenl également un jeu 
dérivé directement des vieux symboles du Tarot: le Gun- 
geifu ou Ghendgifeh. 



93 — 



Ce jeu se compose de huit séries de douze cartes se divi- 
sant ainsi : 



Section supérieure 
ou Bishbur : 
Couronnes 
Lunes 
Sabres 
Esclaves. 



Section inférieure 
uu Kunbnr : 
Harpes 
Soleils 

Diplômes royaux 
Ballots de marchandise. 



TAROT CHINOIS. 

Mais un œil inexpérimenté pourrait hésiter à reconnaître 
dans ces jeux le Tarot ; aussi la Chine nous fournit-elle un 
argument irréfutable dans la disposition de son Tarot, repré- 
senté par la figure suivante : 

ARCANES MINEURS ARCANES MAJEURS 

iod hé vau hé 



1 


15 


29 


43 


57 


71 


3 


16 


30 


44 


58 


72 


3 


17 


31 


43 


59 


73 


4 


18 


32 


46 


60 


7 4 


5 


19 


33 


47 


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34 


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62 


76 


7 


21 


35 


49 


63 


77 


8 


22 


36 


50 


64 




9 


23 


37 


51 


65 




10 


2-4 


38 


52 


66 




11 


25 


39 


53 


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54 


68 




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27 


41 


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69 




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28 


42 


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70 





— £H — 

Nous avons placé en haut de ce tableau les correspon- 
dances des arcanes mineurs et majeurs et des quatre lettres 
du tétrasramme. 

On trouvera la description de, ce monument chinois 
dans Court de Gébelin (Monde primitif) et dans l'ouvrage 
de J.-A. Vaillant. 

Quant aux tarots étrangers nous les possédons presque 
tous actuellement et cela nous conduit à nommer les dif- 
férentes éditions de Tarot que nous sommes à même de 
consulter aujourd'hui. 

TAROTS ACTUELS. 

Nous possédons de nos jours une foule de tarots dont 
voici les principaux : 

Le Tarot d'Etteila 

Le Tarot italien 

Le Tarot de Marseille 

Le Tarot de Besançon 

Le Tarot de Besançon à deux têtes 

Le Tarot de Watillaux 

Le Tarot allemand 

Le Tarot d'Osvald Wirth. 

.JEUX DE TAROTS FRANÇAIS. 

Le Tarot d'Etteila ne possède aucune valeur symbolique, 
c'est une mauvaise mutilation du Tarot véritable. 

C'est ee jeu qu'emploieni toutes nos tireuses de cartes. 
11 n'a d'intérêt (pw pour l'étrangeté de ses figures. On le 
trouve au prix de o à S francs chez tous les granits mar- 
chands do jeux à Paris. 

Le Tarot de Watillaux ou jeu ^W la princesse Tarot repro- 
duit 1res exactement les arcanes mineurs. C'est à ce point 
de vue qu'il vaut la peine d'être considéré. 



95 — 



Le Tarot italien , celui de Besançon , celui de Marseille ' 
sont les meilleurs sans contredit que nous possédions 
aujourd'hui, surtout le dernier, qui reproduit assez bien le 
Tarot symbolique primitif. 

.1EUX DE TAROTS ÉTRANGERS. 

Outre l'italien, nous devons citer le Tarot allemand on 
les symboles des arcanes mineurs sont différents. 
En effet. 

Les Coupes sont représentées par Des Cœurs 
Les Deniers Des Grelots 

Les Épées Des Feuilles 

Les Bâtons Des Glands. 

Ce Tarot est du reste très mauvais. 

TAROT O'OSWALD WTRTII. 

Il était important d'avoir un jeu de Tarot où le symbo- 
lisme fût définitivement établi. Ce travail demandé par 
Eliphas Levi, qui en posa les principes, vient d'être réalisé 
par M. 0. Wirth. 

Cet occultiste de talent a dessiné, en suivant les conseils 
de Stanislas de Guaita, la série des vingt-deux arcanes ma- 
jeurs. Les dessins reproduisent le Tarot de Marseille avec 
les modifications symboliques déterminées par les beaux 
travaux d'JEliphas Levi sur cette importante question. 

Grâce à l'obligeance de M. Poirel, qui a bien voulu prêter 
son concours à celte œuvre en reproduisant industrielle- 
ment ces dessins, nous possédons aujourd'hui un merveil- 
leux monument symbolique dans le Tarot d'Oswald Wirth. 

\. On trouve ces tarots à Paris, 20, rue de la Banque, chez Pussey, au 
prix de 4 francs. 



— 96 — 

Ainsi que nous l'avons dit, il est très utile, pour ceux qui 
veulent approfondir l'étude Tarot, de se procurer le Tarot 
de Marseille et celui d'Oswald Wirth. 

Ce sont ceux sur lesquels nous allons nous baser plus 
loin pour développer le sens symbolique de chaque lame. 

Mais avant de passer à cette étude du symbole, lame pur 
lame, il nous faut voir s'il n'existerait pas un moyen d'as- 
seoir définitivement le symbolisme du Tarot. 



COMMENT PEUT-ON ESPÉRER CONSTITUER DÉFINITIVEMENT LE 

SYMBOLISME DU TAROT ? 

Le Tarot représente la science antique ou science occulle 
dans tous ses développements possibles, c'est ce que nous 
avons suffisamment affirmé. 

Si nous voulons donc trouver une base solide pour l'étude 
des symboles figurés dans les 22 arcanes majeurs, il nous 
faut laisser un instant de côté notre Tarot pour nous 
adresser à cette science antique. C'est elle seule qui peu! 
nous donner le moyen d'atteindre notre but, non pas en 
I rentrant l'explication des symboles, mais bien en nous 
conduisant à les créer un h un en les déduisant de prin- 
cipes fixes et généraux. 

Nous allons ainsi faire un travail d'un genre tout nouveau. 
tout en évitant autant que possible de tomber dans les 
erreurs qui résultent de l'idée de vouloir expliquer les sym- 
boles du Tarot par eux-mêmes, au lieu d'en chercher la 
raison d'être dans leur source originelle. 

La recherche de ces symboles particuliers nous conduit, 
dés le premier pas, à discuter le grave problème de l'ori- 
gine ,du symbolisme toul entier. 

Nous ne pouvons, par nos seules forces, aborder cette 





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97 — 



question, ni surtout la résoudre ; aussi allons-nous exposer 
successivement l'avis de plusieurs auteurs à ce sujet. La 
Vérité ayant pour critérium I'Unité, la concordance des di- 
verses conclusions en un point nous sera un précieux indice. 

Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu, dit, 
dans son Livre des Rapports, que l'alphabet primitif se 
composait de seize signes. Il tient ces données, autant 
qu'on peut en juger, delà révélation intuitive unie aux en- 
seignements de rilluminisme dont il était un des membres. 

Lacour, dans son livre des Eloim ou dieux de Moïse, 
arrive à déterminer inductivement l'existence d'un alphabet 
primitif également composé de seize signes. Un autre 
auteur, poursuivant des recherches absolument diffé- 
rentes, Barrois, arrive également à cette conclusion de 
l'existence de seize signes primitifs dans son système de 
Dactylologie. 

Mais les travaux de Court de Gébelin et surtout deFabre 
d'Olivet sont remarquables à ce sujet. Dans sa Langue 
hébraïque restituée, ce savant initié établit l'existence de 
signes hiéroglyphiques primitifs d'où sont dérivées les 
lettres hébraïques. 

Tous ces auteurs, partis de sources fort différentes, 
concordent dans leurs conclusions, ce qui donne de 
fortes raisons en faveur de la vérité de leurs recherches. 

Que ces seize signes primitifs aient donné plus spéciale- 
ment naissance aux signes alphabétiques hébreux, sans- 
crits, chinois ou grecs, peu nous importe. L'identité de 
source conduira forcément à l'identité de conséquence et 
l'un quelconque des alphabets dérivés nous suffira. 

L'alphabet hébreux composé de 22 lettres nous semble 
préférable à cause de la concordance du nombre de ses 
lettres avec celui des arcanes de notre Tarot. 

Nous adoptons donc, comme point de départ de notre 



— 08 — 

étude, l'alphabet hébraïque de 22 lettres, dérivé des î 6 signes 
hiéroglyphiques primitifs. 

Cette conclusion est à peine posée que de nouvelles 
lumières surgissent de tous côtés. 

Guillaume PosteP nous révèle le rapport des lettres 
hébraïques et du Tarot, Van Helmont fils, - Claude de 
Saint-Martin 3 , Fabre d'Olivet 1 viennent fortifier notre opi- 
nion; enfin EU plias Ler'r apporte aussi le poids de sa mer- 
veilleuse érudition dans cet te question. 

Mais, ce qui nous surprendra davantage, c'est de cons- 
tater qu' u n vieux livre de kabbale , le Sepher Jesirah ° , étudiant 
la constitution de l'alphabet hébraïque, arrive à des divisions 
de lettres se rapportant exactement aux données de l'as- 
trologie, telles que les montre un vieux manuscrit du Vatican 
sur lequel Christian' a basé ses travaux horoscopiques. 

De tous ces points do vue différents une seule et même 
conséquence surgit : la valeur de la lettre hébraïque en tant 
que symbole. 

Nous possédons en elle un symbole véritable dont nous 
pouvons connaître non seulement les conséquences, mais 
encore les origines. 

Nous pourrions donc faire un Tarot composé uniquement 
de lettres hébraïques et de nombres ; mais là n'est pas 
notre but ; nous allons chercher comment on peut tirer du 
symbolisme du caractère hébreux, le symbolisme du Tarot, 
et nous réaliserons ainsi mitre dessein: déterminer déducti- 

ment la valeur des figures du Tarot et leur raison d'être. 



1. Clavis. 

1. < )rigine du langage (latin . 

:\. Tableaux naturels des rapports qui existent entre Lieu, l'homme et 
VUnivers. 
4. La Langue ht braïqut restituée. 
:;. Rituel de l<> haute magie 
i). Traduit en français par Papus, Carré éditeur. 
: . Histoire de la \lagie. 



— 99 — 
LES LETTRES HÉBRAÏQUES BASE DU TAROT SYMBOLIQUE. 

Nous allons étudier les lettres hébraïques une à une en 
déterminant successivement : 

1° La valeur hiéroglyphique de chacune d'elle d'après 
son origine (Fabre d'Olivel, Barrois) ; 

2° Sa valeur symbolique dérivée de cet hiéroglyphe 
Fabre d'Olivét, Eliphas Levi, Christian); 

3° Sa valeur astronomique (Christian et Sepher Jesirah). 

Connaissant ces données il nous sera facile d'en déduire 
l'application aux symboles du Tarot. 

Mais, avant d'aborder celte étude, il est indispensable de 
dire quelques mots de l'alphabet hébraïque en général et 
de sa constitution. 

L'alphabet des Hébreux est composé de 22 lettres; les 
lettres ne sont pas cependant placées au hasard les unes à 
la suite des autres. Chacune d'elles correspond à un nombre 
d'après son rang, à un hiéroglyphe d'après sa forme, à un 
symbole d'après ses rapports avec les autres lettres. 

Toutes les lettres dérivent d'une d'entre elles le iod, ainsi 
que nous l'avons déjà dit 1 . Le iod les a générées de la façon 
suivante (Voy. Sepher Jesirah). 

1° Trois mères : 

L'A Aleph) tf 

L'.M (LeMem) *2 

Le Sh (Le Schin) V? 

2° Sept doubles (doubles parce qu'elles expriment deux 
sons, l'un positif fort, l'autre négatif doux) : 

Le B. (Beth) 3 

Le G (Ghimel) Jl 

I. Voy. L'étude sur le mot iod — hé van -- hé. (Page 23 ci-dessus). 



— 100 



Le D 


(Daleth) 


1 


Le Ch 


(Caph) 


D 


Le Pli 


(Phé) 


S 


L'R 


(Resch) 


1 


Le T 


(Thau) 


n 



3° Enfin douze simples formées par les autres lettres. 
Pour rendre tout cela plus clair donnons l'alphabet 
hébreux en indiquant la qualité de chaque lettre ainsi que 



son rang. 



Nos 

d'ordre 


HIÉROGLYPHE 


NOMS 


VALEURS 

EN LETTRES 

romaines 


VALEURS 

DANS L'ALPHABET 




1 


k s 


aleph 


A 


mère 




2 


n 


beth 


B 


double 




3 


a 


ghimel 


G 


double 




4 


i 


daleth 


D 


double 




5 


n 


hé 


E 


simple 




6 


1 


vau 


V 


simple 




7 


«» 

i 


zaïn 


Z 


simple 




8 


n 


heth 


H 


simple 




9 


12 


teth 


T 


simple 




10 


> 


iod 


I 


simple et principe 




11 


n 


caph 


CH 


double 




12 


S 


lamed 


L 


simple 




13 


a 


me m 


M 


mère 




14 


: 


noun 


N 


simple 




15 


D 


samech 


S 


simple 




10 


J 


haïn 


GH 


simple 




17 


l 


phé 


PH 


double 




18 


ï 


tsadé 


TS 


simple 




19 


P 


coph 


K 


simple 




20 


1 


resch 


R 


double 




21 


ir 


shin 


su 


mère 




22 


n 


thau 


TB 


double 





101 



Nous avons déterminé un principe fixe pour le symbo- 
lisme dans la lettre hébraïque. 

Nous n'avons plus à craindre maintenant d'être trompés 
par la mauvaise interprétation d'un costume ou dune figure 
inexacte. La lettre hébraïque sera là pour nous éclairer 
toujours sur les points obscurs ou difficiles à étudier. 

Nous pouvons donc revenir en toute sûreté au Tarot que 
nous avions un instant quitté pour faire cette digression. 



.1 l'auteur du « Monde Nouveau ». 

L'ahh'' iïoi.A. 



CHAPITRE XI 

LE TAROT SYMBOLIQUE 

PREMIER SEPTENAIRE. - A.RCANE I À 7. - - THÉOGONIE 



Pian du travail. — Clef du 1 er septénaire. — La l re lame du Tarot origine de 
toutes les autres. — Les trois principes de l'absolu. — La Trinité. — Tableau 
résumé de la première lame. — La Papesse et le Beth. — ■ Le Ghimel et l'Im- 
pératrice. — Le Daleth et l'Empereur. — Le Hé et le Pape. - - Le Vau, 
l'Amoureux. — Résumé du 1 er septénaire. — Constitution de Dieu. 



ÉTUDE DE CHACUN DES 22 ARCANES MAJEURS 

Plan dit travail. 

Nous allons appliquer celte loi générale du symbolisme 
du Tarot à chacun des vingt-deux arcanes majeurs. 

Nous demandons ici toute l'attention du lecteur vu la 
longueur du sujet traité. Nous ferons tous nos efforts pour 
être aussi clair que possible et, pour cela, nous allons d'abord 
exposer le plan que nous suivons dans l'étude de chacune 
des lames du Tarot. 

1° Nous partons toujours du signe hiéroglyphique qui a 
donné naissance à la lettre hébraïque. Court de Gébelin esl 
surtout l'auteur dont nous nous servons à ce sujet. 



— 104 — 

2° Nous lirons du caractère hiéroglyphique les idées qui 
s'en déduisent progressivement et qui caractérisent la lettre 
hébraïque considérée comme signe. Kircher et Fabre d'Oli- 
vet sont nos autorités en cette occasion. 

3° Une fois que nous avons déterminé les idées signifiées 
par la lettre hébraïque nous cherchons l'application de ces 
idées dans la figure symbolique du Tarot. 

Eliphas Levi 1 , Christian 2 et Barrois 3 , nous aident dans 
nos recherches. 

4° Enfin nous déterminons le sens qu'il faut attribuer à la 
lame du Tarot d'après ses rapports numériques et symbo- 
liques avec toutes les autres, en appliquant la loi générale 
du symbolisme. Cette partie de notre travail nous est per- 
sonnelle. 

5° Nous terminons l'étude de chacune des lames par un 
tableau résumant ce que nous venons de dire. 

Nous prévenons le lecteur que la lecture de ces seuls 
résumés n'est d'aucune utilité pour comprendre la lame du 
Tarot et que la meilleure route consiste à suivre progres- 
sivement les développements de chaque lame en ayant 
un Tarot devant soi. 

Nous ne voulons pas terminer cette entrée en matière 
sans dire un mot de la base sur laquelle nous avons établi 
le rapport astronomique de chaque lame du Tarot. 

Un des plus vieux livres de kabbale que nous possédions : 
le Sepher Jesirah \ dit que les trois lettres mères de l'alphabet 
hébraïque correspondent aux trois mondes, les sept dou- 
bles aux sept planètes et les douze simples aux douze signes 
du zodiaque". 

i. Rituel de Haute Magie, 
i. Histoire de (a Manie. 

3. Dactylologie ou langage primitif. 

4. Sepher Jesirah (traduction Papus). 

'. Vnv. Franck. La Kabbale, Paris, in-8. , 



— 105 — 

Or, en parcourant le manuscrit astrologique publié par 
Christian, nous avons découvert que les nombres attribués 
par Fauteur du manuscrit aux planètes, correspondaient 
exactement aux nombres des lettres hébraïques doubles. Les 
nombres attribués aux douze signes de zodiaque correspon- 
dent aussi exactement aux lettres simples. 

Nous avons pensé que cette concordance absolue entre 
deux documents d'origine si différente méritait d'être prise 
en sérieuse considération et nous avons indiqué à propos 
de chaque lettre sa correspondance astronomique. 



10G — 



CLEF DU PREMIER SEPTENAIRE 



DISPOSITION DES FIGURES POUR L ETUDE 



Bateleur 
I 



Empereur 



Impératrice 3 ( A 



,e chariot 



\ (i Amoureux 



Papesse 



5 

Pape 



CARACTÈRES DES FIGURES 



Origine du Tarot 



Reflet de \ 



Neutralisation . 



de 1 et 2 



3 : i 



Equilibre 
de 3 et de 6 

passage 
d'un monde 

à l'autre 



Reflet de 3 
C» Equilibre 
de 4 et 5 



<? 



Reflet de 1 Reflet de 2 



107 



LA PHEMIÈ1Œ LAME 01- TAROT 

ORIGINE DE LA SIGNIFICATION DE TOUTES LES AUTRES 

D'après ce qui précède on voit qu'il suffit de connaître 
le sens exact de la première lame du Tarot pour pouvoir 
rigoureusement déterminer la signification de toutes les 

autres. 

Aussi n'est-ce pas sans une grande hésitation que nous 
abordons ce sujet. L'espoir d'atteindre à la vérité est, en 
effet, ébranlé par la possibilité d'une erreur qui aurait de 
très funestes conséquences. 

Les travaux qui nous ont conduit jusqu'ici nous permet- 
tent toutefois d'arriver presque mathématiquement au sens 
du symbolisme de la première lame du Tarot; mais au sens 
général seulement, et nous savons que chaque lame doit 
avoir non pas un, mais trois sens. 

Il faut que nous trouvions trois principes assez géné- 
raux pour s'appliquer à tous les ordres des connaissances 
humaines; car tel doit être le but du Tarot. 

Dans ce cas, comme toujours, nous allons recourir aux 
auteurs éminents qui ont traité ces questions à des points 
de vue différents, et la concordance de leurs enseignements 
va nous fournir des lumières nouvelles, susceptibles d'éclairer 

au mieux notre route. 

Le Polonais Hœné Wronski \ mort de faim aux environs 
de Paris, est peut-être un des cerveaux les plus puissants 
qu'ait produit le xix° siècle. 11 prétendait avoir découvert la 
formule de l'absolu et ses ouvrages sont incontestablement 
le résumé d'une des synthèses les plus élevées que nous 
ayons jamais été à même de connaître. Nous n'avons pas à 

i. Voyez YOccultisme contemporain (chez Carré). 



— 108 — 

discuter les doctrines de Wronski, nous voulons simplement 
dire un mot des trois éléments primitifs qui entrent dans sa 
loi de création. 

Wronski place à l'origine de toute création trois élé- 
ments qu'il désigne par les noms : 

d'Élément Neutre (E. N.) 
d'Élément Être (E. E.) 
d'Élément Savoir (E. S.) 

L'élément Neutre représente l'Absolu, la Réalité résul- 
tant de la neutralisation totale des deux autres éléments 
l'un par l'autre. 

L'élément Savoir représente la faculté créatrice avec 
ses caractéristiques spéciales : l'autogénie et la sponta- 
néité. 

L'élément Etre représente la faculté permanente avec 
ses caractéristiques : l'autolhésie et l'inertie. 

Principe de la Création ou Élément Savoir 
Principe de la Conservation ou Élément Etre 
Principe de la Neutralisation ou Élément Neutre. 

Tels sont les trois termes sur lesquels Wronski établit les 
fondements de la Réalité, et, par suite, de tous les systèmes 
de création. Retenons bien ces conclusions. 

Fabre d'Olivet, dans ses recherches sur les principes 
premiers qui dirigent tout \ détermine l'existence des trois 
termes qu'il nomme Providence, Destin et Volonté humaine. 

La Providence est le principe de la liberté absolue, de la 
création des êtres et des choses. 

Le Destin est le principe de la nécessité absolue, de la 
conservation des êtres et des choses. 



I. Voy. Les Vers dorés de Pylha^'orp H VHistoire philosophique du genre 
humain. 



— 109 — 

Enfin la Volonté humaine est un principe neutre inter- 
médiaire entre les deux : le principe de la mobilité et du 
changement sous toutes leurs formes. Or il n'est pas 
nécessaire d'être grand clerc pour apercevoir la concor- 
dance absolue qui existe entre ces deux auteurs, l'un, 
Wronski, arrivé à ses conclusions par les mathématiques, 
l'autre d'Olivet, parvenu aux siennes par l'étude appro- 
fondie de l'antiquité et de ses mystères. En effet, les mots 
seuls varient, l'idée est la môme au fond. 

L'élément Savoir (E S) de Wronski, principe de la créa- 
tion, est-il autre chose que la Providence de d'Olivet, qui la 
conçoit aussi comme principe de la création ? 

L'élément Être (E E) de Wronski, principe de la faculté 
permanente, ne représente-t-il pas exactement ce que d'Oli- 
vet appelle le Destin et ce qu'il conçoit comme principe de 
la conservation ? 

Enfin la Volonté humaine de d'Olivet répond en tous 
points à l'élément Neutre de Wronski. 

Voilà donc deux systèmes bien différents ramenés à une 
même signification. Mais là ne s'arrêtent pas nos conclu- 
sions. 

Si nous considérons, en effet, plus attentivement ces trois 
principes primitifs nous retrouvons dans le premier : la 
Providence ou l'élément Savoir, ce que l'on représente 
philosophiquement parle mot Dieu. 

Le Destin ou l'Etre nous montre son identité avec les 
lois fatales qui gouvernent l'Univers. 

Enfin la volonté humaine répond à l'Homme et n'a pas 
besoin d'être longuement étudiée pour arriver à cette con- 
clusion. 



no 



Dieu, l'Homme et l'Univers. 



Telle est la base de foute la philosophie ésotérique des 
anciens et maintenant ce ne sont plus seulement Wronski 
et Fabre d'Olivet qui viennent concorder par leurs conclu- 
sions dans ce mystérieux ternaire ; c'est la science occulte 
tout entière qui nous annonce son identité avec ces prin- 
cipes par la bouche de tous ses disciples. Hermès Trismé- 
giste, La Kabbale sainte, le Néo-platônicisme et les 
Alchimistes en passant par Pythagore et toute la philosophie 
grecque viennent affirmer la division du Grand Tout en 

TROIS ENTITÉS OU MONDES. 

Dans les temps moins reculés Guillaume Pastel 1 donne 
la clef du Tarot sans vouloir l'expliquer et la base de cette 
clef est formée par cette mystérieuse entité : 

Deus, Homo, Rota. 

Trithème et son élève Cornélius Agrippa : énoncent 
également dans tous leurs tableaux analogiques cette 
féconde et sublime trinité. 

Le jésuite Kircher 3 montre cette division dans les trois 
mondes comme formant la base des mystères de l'Egypte. 

Enfin Claude de Saint-Martin fait un livre tout entier 
d'après les clefs du Tarot et sou livre se nomme : 

Tableau naturel des rapports qui unissent Dieu, l'Homme 
et l'Univers. 

Interrogeons l'Inde sur la loi de l'absolu, elle nous 
répond : 

Trimurti: Bbahma, Siva, Wichnod. 



1. Clavis. 

2. La Philosophie occulte. La Haye. 

3. Edipus Mgyptiacus. 



— 111 — 

Demandons à la Chine vénérable le dernier secret de sa 
philosophie et les Tri-grammes de Fo-Hi nous seront 
donnés. 

Adressons-nous au vieil initié d'Egypte qui nous 
répondra : 

Osmis, Isis, Horus. 

Le fondateur de la Cosmogonie grecque, disciple de la 
science de l'Egypte : Hésiode nous transmet encore cette 
loi et tous donnent raison à Louis Lucas qui disait ' : « Je 
sens que sous cette formule mystique de la Trinité se 
cache une des lois scientifiques les plus importantes que 
l'homme soit jamais parvenu à trouver. » 

Dieu, l'Homme et l'Univers, tels sont les principes les 
plus généraux que nous puissions atteindre, tels sont ceux 
qui vont constituer les trois sens de la première lame de 
notre Tarot. 

11 nous reste à voir d'abord si ces sens répondent bien à 
l'hiéroglyphe primitif, ensuite à déterminer leur extension 
dans le Tarot tout entier. 

1. Vov. le Roman alchimique 



- 11:2 





Tt^BÀTELEUR 



tf 



l re lettre hébraïque Aleph) 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA PREMIÈRE LAME DU TAROT 



L'aleph exprime hiéroglyphiquement V Homme lui-même 
comme unité collective, principe maître et dominateur de 

la terre. 

De ce sens hiéroglyphique sont dérivées les idées de 
l'Unité et du principe qui la détermine, idées qui donnent à 
l'aleph sa valeur comme signe de la Puissance et de la 
Stabilité. 

L'Homme ou le Microcosme, l'Unité et le Principe dans 
tous les mondes, tel est le sens de l'hiéroglyphe primitif 
qui, comme on le voit, rend exactement les idées générales 
que nous avions déterminées. 

.Mais une considération attentive de La première lame du 
Tarot va nous éclairer encore davantage. 



113 



Symbolisme de la première lame du Tarot : 
LE BATELEUR 

Si vous prenez la première lame du Tarot et que vous 
la regardiez un peu attentivement, vous ne tarderez pas 
à voir que la forme du Bateleur qui s'y trouve représenté 
répond en tous points à celle de la lettre aleph. Si maintenant 
nous appliquons à l'étude de cette lame les principes de la 
détermination du symbolisme d'après le Traité élémentaire 
de Science occulte, de nouveaux enseignements nous sont 
aussitôt fournis. 

Le haut de la figure est occupé parle signe divin de la 
Vie universelle co placé sur la tète du Bateleur. 

Le bas de la figure représente la Terre ornée de ses pro- 
ductions, symbole de la Nature. 

Enfin le milieu est occupé par l' Homme lui-même placé 
derrière une table portant divers objets. 

La droite et la gauche de la figure sont occupées par les 
mains du Bateleur dont l'une est abaissée vers la Terre, 
l'autre élevée vers le ciel. 

La position de ces mains figure les deux principes actif 
et passif du Grand Tout et répond aux deux colonnes 
Jakinei Bohas du temple de Salon.onetde la Franc-Maçon- 
nerie. 

L'Homme va d'une main chercher Dieu dans le ciel, de 
l'autre il plonge dans les inférieurs pour faire monter le 
démon jusqu'à lui et réunit, dans l'humain, le divin et le 
diabolique. Telle est la façon dont le Tarot nous montre le 
rôle d'universel médiateur accordé à l'Adam-Radmon. 
Si nous voulions résumer les sens du symbole (pie nous 



— 1B — 

avons déterminé jusqu'ici nous pourrions le représenter 

ainsi : 

Haut Divin Tête 

Droite Gauche 

(Bras baisse) Milieu Humain Corps (Bras levé) 
Nécessité Liberté 

Mal Bas Naturel Pieds Bien 

Cependant le symbolisme de cette première lame du 
Tarot ne s'arrête pas là. 

Le Bateleur tient en elt'et de la main qu'il lève la baguette 
du Mage et, devant lui, sonl placés les quatre grands sym- 
boles du Tarot. 

La Coupe, l'Épée, les Deniers ou Talismans, qui corres- 
pondent exactement aux lettres des tétragrammes ainsi que 
nous l'avons déjà dit : 

Bâton ou Iod, symbole du Principe actif par excellence et de 

Dieu. 

Coupe ou Hé, symbole de Principe passif par excellence ou de 

l'Univers. 

Épée, Croix ou Vau, symbole de Principe équilibrant par 
excellence ou de l'Homme. 

Deniers ou 2 e Hé, symbole cyclique de l'Éternité qui unit les 
trois Principes premiers dans un même Tout. 

Au point de vue humain ces symboles correspondent aux 
quatre grandes castes humaines. 

Les hommes île Iod ou les Inventeurs, les Producteurs. La 

Noblesse d'intelligence. 

Les hommes de Hé ouïes dépositaires des grandes vérités trou- 
vées par les hommes de Iod : les Savants, les Juges, la Noblesse 
de robe. 

Les hommes de Vau ou les gardiens cl défenseurs des précé- 
dents : les Guerriers. — Noblesse d'épée. 

Les hommes du 2 e //<•, multitude où viennent se recruter a 
Ions moments les autres castes : le Peuple. 



— 1 15 — 

Les quatre grands symboles sont placés au hasard surin 
table et l'Homme les domine et doit les ordonner, au vingt 
et unième arcane nous verrons ces symboles ordonnés en 
croix. 

Nous savons en effet que la première lame du Tarot se 
complète par la vingt et unième (21 -j- 1 zz22) et nous 
voyons pourquoi si celte première lame représente le 
Microcosme , la dernière représentera le Macrocosme, et la 
onzième lame qui sert de lien universel à toutes les complé- 
mentaires du Tarot représentera le Courant citai réfléchi qui 
sert de lien entre les mondes. 

.Mais n'anticipons pas et revenons à notre premier 
arcane. 

Ce symbole est le premier du Tarot 1 tout entier et a 
comme nombre caractéristique : l'Unité. 

L' Unité-principe, dont l'origine est impénétrable aux con- 
ceptions humaines, est placée au commencement de toutes 
choses. Nous ne pouvons saisir l'origine de cette cause 
première que nous nous contentons d'affirmer d'après la 
loi absolue des analogies ainsi que le montre si bien Eliphas 
Levi : 

Je crois à l'inconnu que Dieu personnifie. 
Prouvé par l'être même et par l'immensité, 
Idéal surhumain de la philosophie, 
Parfaite Intelligence et Suprême Bonté. 

Si nous ne pouvons pas suivre cet Inconnu dans sou 
principe, du moins nous est-il facile de le suivre dans ses 
conséquences, aussi notre étude ne sera-t-elle que le déve- 



i. Il est curieux de conslater en examinant la position des mains des 
personnages dans le Tarot de Marseille, que cette position reproduit très 
souvent les lettres alphabétiques correspondantes d'après Barrois (système 
de dacLylologie ou langage primitif). Les arcanes 1, 2 et 5 sont particuliè- 
rement remarquables à ce sujet. 



— 116 — 

loppement de l' Unité-principe dans la création, racontée 
d'après la Cosmogonie de l'antique initiation. 

Dieu, F Homme et F Univers sont donc les trois sens de 
notre première lame et nous allons dire quelques mots de 
l'application de ces données à toutes les autres lames du 
Tarot : 

Extension des trois grands principes dans le Tu rot . 

Les trois sens de la première lame représentent respec- 
tivement : 

Le Créateur ou Iod 

Le Récepteur ou Ha 

Le Transformateur ou Vau. 

Enfin la transition au deuxième hé que nous ne considé- 
rons pas. 

Mais la première lame du Tarot prise en bloc représente 
le Créateur ou iod, la deuxième lame prise en bloc repré- 
tera donc le Récepteur ou hé et la troisième le Transformateur 
ou vau. Chacune d'entre elles montrera de plus les quatre 
aspects en iod hé vau hé de l'idée qu'elle exprime. 

Mais ce qui est vrai pour le ternaire est aussi vrai pour 
le septénaire, si bien que le premier septénaire pris en bloc 
représentera le Créateur. 

Le deuxième septénaire représentera le Récepteur. 

Le troisième le Transformateur. 

Enfin le ternaire de transition représentera le retour 
des effets dans les causes et d^* conséquences dans le 
principe. 

Résumons tout cela en disant : 

1 er septénaire représente Dieu 

"2 e septénaire — L'Homme 

:{ c septénaire L'Univers. 



— 117 — 



. De plus, chacun de ces éléments est contenu dans les deux 
autres à tous les points de leurs manifestations. 



RÉSUMÉ GENERAL 



Il nous reste à résumer toutes les acceptions de la pre- 
mière lame dans un tableau général. Comme chacune des 
lames du Tarot aura de même son résumé, nous pensons 
utile d'indiquer le plan suivi dans cette exposition. 

Au haut du tableau se trouvent le nombre et la lettre 
hébraïque de la lame. Au-dessous le nom vulgaire de cette 
lame dans le Tarot. 

A droite du tableau sont les significations dans les Trois 
Mondes : Divin, Humain et Naturel. 

Au-dessous de ces trois significations se trouve pour 
chacune des lames sa clef absolue d'après le tableau des 
révolutions du mot iod hé vau hé. Les lettres hébraïques 
placées sur la ligne supérieure de cette clef indiquent 
l'origine de la lame considérée, les lettres hébraïques 
placées au-dessus indiquent le sens exact de la lame. 



— ! ! S - - 

!. — 8 
Le Bateleur. 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 




Clef 
delà 
Lame 


iod 
iod 


Hiéroglyphe primitif L'Homme 


Le créateur divin ou 


Kabbale Kether 


DIEU 




le père 


Astronomie (pas de rapports! 




OSIRIS 




iod de iod 






iod-iod 






Le conservateur divin 




L'HOMME 




ADAM 




hé de iod 




iod-iod 


OBSERVATIONS 


Le transformateur divin 




L'UNIVERS ACTIF 




LA NATURE NATURANTE 




ran de iod 




iod-iod 




:>° hé d,' iod 




iod- 


iod 





11!) 




LA PAPESSE I i 




±. 3 



2 e lettre hébraïque (Beth) 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DEUXIÈME LAME DU TAROT 

Le Beth exprime hiéroglyphique ment la bouche de 
l'homme comme organe de la parole. La parole est une pro- 
duction sortie de l'intérieur même de l'être. Aussi le Beth 
sigiiifïe-t-il tout ce qui est intérieur, central comme une 
habitation où l'on peut se retirer seul sans être dérangé. 
De là les idées de Sanctuaire, demeure inviolable de l'homme 
et de Dieu. Mais le Beth exprime aussi toute production 
émanée de cette mystérieuse retraite, toute action intérieure 
et active, de là les idées d'Enseignement, de Science très 
élevée, de Loi, de Gnose, de Science occulte ou Kabbale. 

Le Beth répond au nombre 2 et astronomiquement à la 
lune. Ce nombre a donné naissance à toute les significa- 
tions passives émanées du Binaire, d'où les idées de reflet, de 
Femme appliquées à la Lune par rapport au Soleil et à la 
Femme par rapport à l'Homme. 



— 120 — 
LA DEUXIÈME LAME DC TAROT 

La Papesse. 

Dieu lui-même ou Dieu le Père va se refléter et donner 
naissance à Dieu l'homme ou Dion le fils, négatif par rapport 
à son créateur. L'homme esl le récepteur divin comme nous 
l'avons vu, aussi cette seconde lame du tarot exprimera- 
t-elle toutes les idées de la première conçues négativement. 

La première lame représentait un homme debout ; 
celle-ci représente le contraire : une femme assise. 

(Première idée de passivité) par la femme et par sa position. 

L'homme était doué de tous les attributs du Pouvoir et 
placé au milieu de la nature. 

La femme est ornée des attributs de l'Autorité et de la 

persuasion et placée sous le portique du temple d'Isis entre 

deux colonnes. 

Idée de demeure sacrée, de récepteur divin. 
Les deux colonnes expriment le Positif et le Négatif comme 
les bras du Bateleur. 

La femme est couronnée d'une tiare surmontée du crois- 
sant lunaire et enveloppée d'un voile transparent dont les 
plis tombent sur sa face. Elle porte sur la poitrine la croix 
solaire et sur ses genoux un livre ouvert qu'elle couvre à 
demi de son manteau . 

Telle est l'image d'Isis, de la Nature dont il ne faut pas sou- 
lever le voile devant les profanes. Les enseignements d'Isis 
sont cachés comme l'indique le livre; c'est elle qui enseigne 
au mage les secrets de la véritable kabbale et de la science 
occulte. Ce symbole profond mérite toute notre admiration. 

La première lame exprimait Osiris dans les trois mondes, 
cette seconde nous donnera la signification d'Isis com- 
pagne d'Osiris : 



— 1:21 — 



En Dieu, «''est le reflel d'Osiris le reflel de Dieu le Père 
Isis ou Dieu le Fils. 

En l'Homme c'est le reflet d'Adam de l'homme absolu 
Eve, la femme, la vie (ni PI). 

Dans F Univers c'est le reflet de la Nature naturante 
c'est la nature nalurée. 

2. — n 

La Papesse. 



RAPPORTS 



„. . . , La Bouche de 

Hiéroglyphe : l'Homme 

Kabbale Chocmah 

Astronomie La Lune ) 

Jour delà semaine Lundi 
Lettre hébraïque Beth (Double) 



SIGNIFICATIONS 



Reflet de Dieu le Père ou Osiris 



DIEU 
le fils 



ISIS 



iod de hé 
hé hé 



OBSERVATIONS 



Reflet d'Adam 

EVE 
la femme 



hé de lié 
hé hé 



Reflet de la Nature naturante 
LA NATURE NATURÉE 



vau de- hé 
hé hé 



/,<■- de hé 
hé hé 



\±2 




5> L' IMPERATRI CE] ^ 




:? j 



3 e lettre hébraïque (Ghimel). 



ORIGINE D(< SYMBOLISME DE LA TROISIEME LAME DU TAROT 



Le ghimel exprime hiéroglyphiquement la gorge, la 
main de l'homme à demi fermée et dans Faction de prendre. 
De là tout ce qui renferme, tout ce qui est creux, un canal, 
une enceinte. La gorge est l'endroit où se forme, où se cor- 
porifie, j'oserai dire, la parole conçue dans le cerveau ; 
aussi le ghimel esl-il le symbole de l'enveloppement maté- 
riel des formes spirituelles, de la génération organique sous 
toutes ses formes, de Imites les idées dérivaul des organes 
corporels ou de leur action. 

La génération est le mystère par lequel l'espril s'unit à la 
matière, par lequel le Divin devient Humain. 



123 — 



Aussi comprend-on facilement avec ces données ce que 
représentait Vénus-Uranie à laquelle correspond cette 
lame. 



LA TROISIÈME LAME DU TAROT 

L'Impératrice. 

Le symbole doit exprimer les idées de génération, de cor- 
porification dans tous les mondes. 

Une femme vue de face. 

C'est dans les flancs de la femme que l'être humain revêt son 
corps, se corporifie. 

Cette femme est représentée ailée ou bien au centre 
dïin soleil rayonnant. 

Idée de la spiritualité du Principe animateur des êtres. 

Elle tient un aigle de la main droite. 

L'aigle est le symbole de l'àme et de la vie (Saint-Esprit j. 

Dans la main gauche elle porte un sceptre formant le 
signe astrologique de Vénus. 

Le sceptre est tenu de la main gauche pour indiquer l'influence 
passive qu'exerce la Nature, Vénus-Uranie, ou la femme dans la 
génération des êtres. 



!"< 



Elle est couronnée d'une couronne à douze pointes ou 
hien de douze étoiles. 

Signe de la diffusion du Principe animateur ;ï travers tous les 
mondes et du soleil à travers le Zodiaque. 



— 12'< — 

La troisième lame de Tarot montre le résultat dé l'action 
réciproque des deux premiers termes se neutralisant dans 
un même principe. C'est là l'élément Neutre de Wronski, 
hase de tout système de réalité. 

La force créatrice absolue ou Osiris et la force conserva- 
trice absolue ou Isis se neutralisent dans la force équili- 
brante qui résume en elle les propriétés si différentes des 
deux premières formes. 

En Dieu ce sera l'équilibre du Père et du Fils uu : 

Dieu le Saint-Espril 
Horus 
La force animatrice universelle. 

En l'Homme ce sera l'équilibre d'Adam-Eve : 
Adam-Eve 

OU l'HUMANITÉ. 



En l'Univers ce sera l'équilibre de la Nature naturante et de 
la Nature naturée : 

Le Monde 
Conçu comme un être. 



- 125 — 



3 2 
L'Impératrice 



RAPPORTS 



La main 



TT - . ! , L,a main 

• e ••,?n dans 1 action 

primitif , , 

1 ( de prendre 



Kabbale 

Astronomie 

Jour 



BlNAH 

Vénus -j- 
Vendredi 



Lett. hébraïque Ghimel (double; 



ORSERVATIONS 



SIGNIFICATIONS 



vau 
vau 



Dieu le Saint-Esprit Horus 

LA FORGE ANIMATRICE 
UNIVERSELLE 

iod de vau 
vau-vau 



Adam Eve 



L'HUMANITÉ 



hé de vau 
vau-vau 



LE MONDE 



vau de vau 
vau-vau 



hé* de vau 
vau-vau 



— 12<Î 

Le principe créateur et le principe récepteur, ayant par 
leur action réciproque donné naissance au principe trans- 
formateur, une entité complète se trouve créée. 

Le terme qui va maintenant prendre naissance correspon- 
dra au deuxième hé du mut sacré et par suite indiquera le 
passage d'une série à une autre. 




Mil ~L 







L'EMPEREUR 



i i 



4 e lettre hébraïque Daleth 



ORIGINE DU SYMROLISME DE LA QUATRIÈME LAME DU TAROT 

Le daleth exprime hiéroglyphiquement le sein. De là 
idée d'un objet donnant a\ec abondance nue forte nourri- 



— 127 — 

ture, source d'un accroissement futur. L'enfant est le lien 
vivant qui réunit clans sa neutralité l'antagonisme des sexes, 
aussi le Daleth marque-t-il l'abondance née de la division. 

C'est comme le 1, un signe de création active; mais 
cette création est le résultat d'actions antérieures facilement 
déterminables, tandis que l'origine de l'Unité est inabor- 
dable aux conceptions humaines. Le Daleth exprime une 
création, faite d'après les lois divines par un être créé 1 . 

Le Daleth, sera .l'image du principe animateur actif de 
l'univers, Jupiter, reflet de la cause première. 



LA QUATRIÈME LAME DU TAKOT 

L'Empereur. 

Le symbole doit exprimer en actif tout ce que la carte 
précédente exprimait en passif. 
Un homme est assis de profil. 

L'homme indique l'actif; sa position indique cependant que 
cet actif est engendré par un terme supérieur. L'arcane 1 le 
Bateleur, actif absolu, était représenté debout et de face, l'ar- 
cane 4, actif relatif, est représenté assis et de profil. 

Cet homme tient de la main droite le sceptre symbolique 
de la génération ou de Vénus £. 

Le sceptre est tenu de lamain droite pour indiquer l'influence 
• active qu'exerce le principe animateur dans la nature par oppo- 
sition au principe formateur (arc. 3). 

L'homme est barbu et coiffé d'un casque à douze pointes 
six de chaque côté). Il est assis sur une pierre cubique, qui 
porte la figure d'un aigle. 

I. Voy. le deuxième hé el l'étude sur le nombre 4. 



— 128 

Le casque indique la domination de la Volonté divine dans 
l'Univers et son action universelle dans la création de la Vie 
(aigle). 

La situation sur la pierre cubique indique la réalisation dans 
tous les mondes. 

•1° Réalisation du Verbe divin par la création. 
2° Réalisation des idées de l'Être contingent par le quadruple 
travail de l'Esprit : 

Affirmation, — Négation, 
Discussion, 
Solution. 
:}° Réalisation des actes conçus par la Volonté. 

L'homme a les jambes en croix, son corps forme un 
triangle 4- 

Domination de l'Esprit sur la Matière. 

Considérée plus attentivement, la figure reproduit le sym- 
bole de Jupiter 2-l. que représente la quatrième lame du 
Tarot. 

La quatrième lame du Tarot correspond au second hé et 
prend par suite deux ordres d'aspects bien distincts : 

Elle exprime d'abord un terme de transition réunissant 
la première série (force active, force passive, lien des deux 
forces) à la série suivante ; le passage d'un monde à l'autre. 

Ensuite elle représente ce terme de transition devenu lui- 
même premier terme de la série suivante. Comme la série 
suivante prise en bloc est négative par rapport à la pre- 
mière, le quatrième symbole représente l'influence active 
de la première série 1, 2, 3, dans la seconde série 4, 5, G. 

Le 4 exprime donc partout les reflets de la première 
lame. 11 se conduit vis-à-vis de la première série comme la 
deuxième lame se conduisait vis-à-vis de la première. 

De là ses sens : 

En Divin. Reflet de Dieu le Père : 
La Volonté. 



— 129 

En Humain. Reflet d'Adam : 
Le Pouvoir. 

En Naturel Reflet de la Nature naturante 
Le Fluide universel créateur. 
L'a me de l'Univers. 



4 1 



L'Empereur 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe ( Le gein 
primitif ( 

Kabbale Ghesed 


Reflet de Dieu le père 
LA VOLONTÉ 


Astronomie Jupiter 

Jour Jeudi 

Lett. hébraïque Daleth (double) 


Reflet d'Adam 
LE POUVOIR 


OBSERVATIONS 


Reflet de la Nature naturante 




Le fluide universel créateur 
L'AME DE L'UNIVERS 



130 — 





5 n 



5 e lettre hébraïque (hé) 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA CINQUIÈME LAME DU TAROT 



Le hé exprime hiéroglyphiquement l'aspiration, l'haleine. 
C'est par l'aspiration que s'entretient et que se crée inces- 
samment la vie. De là l'idée de tout ce qui anime attribué 
an hé. 

.Mais la vie spécialise l'être en le différenciant de tous les 
autres ; de là l'idée de l'être lui-même attribuée à cette 
lettre. 

Là ne s'arrête pas cependant l'action delà vie. Elle est 
aussi le principe médian, qui rattache le corps matériel à 
'esprit divin de même que l'homme unissait Dieu et J;i 
Naturej la vie esl pour l'homme (aleph) ce que l'homme 
esl pour l'univers, le principe médiateur par excellence. De 



m 



là toutes les idées de lien, de réunion des principes opposés, 
de religion, attribuées au hé. 

Cette lettre est une lettre simple ; elle correspond astro- 
nomiquement au signe igné du Bélier, qu'elle explique. 



LA CINQUIEME LAME DU TAROT 



Le Pape. 

Ce symbole doit exprimer les idées suivantes: 

1° Idée de Vie, d'animation 
2° Idée de l'Être 
3° Idée de réunion. 

L'Initiateur aux mystères d'Isis est assis; entre les deux co- 
lonnes du sanctuaire. Il s'appuie sur une croix à trois tra- 
verses et trace avec sa main droite le signe de l'Esotérisme. 

La Croix à trois traverses figure le triple Lingham de la théo- 
gonie indienne, c'est-à-dire la pénétration de la puissance 
créatrice à travers le Monde Divin, le Monde Intellectuel et le 
Monde Physique pour y faire éclore toutes les manifestations de 
la vie universelle (première idée). 

Les deux colonnes symbolisent, celle de droite : la Loi, celle 
de gauche : la Liberté d'obéir et de désobéir, essence de l'Etre 
(deuxième idée;. 

L'Initiateur est coiffé d'une tiare. A ses pieds sont pros- 
ternés deux hommes couronnés, l'un vêtu de rouge, l'autre 
vêtu de noir. 

Ici nous retrouvons en actif 'le symbolisme exprimé en passif 
par la deuxième lame. En effet la même idée d'Ksotérisme, 
d'Enseignement secret reparait; mais l'Intuition est maintenant 
pratique et orale, il n'y ;i plus besoin de livre (troisième idée). 

Comme on le voit, cette lame est le complément de la 



— 132 — 

deuxième : il en est ainsi de toutes les lames dont la somme 
des chiffres donne 7. Ainsi: 



L'Impératrice est complétée par 

4 + 3=7 

7 = 28 = 10 = 1 



4 
L'Empereur 



La Papesse 



1 
Le Bateleur 



est complétée par 
2- -f 5 = 7 

est complété par 
1+6 = 7. 



Le Pape 



L'amoureux. 



La cinquième lame de Tarot correspond à la lettre hé du 
mot sacré. C'est le reflet direct de Farcane 4 et le reflet 
indirect de Farcane 2. De là ses significations : 

/:'// Divin. Reflet de la volonté : 

L'Intelligence 

(caractéristique de Dieu le lils). 

En Humain. Reflet du Pouvoir : 

1 /Autorité 
(caractéristique de la Femme). 
La Religion. La Foi. 

En Naturel. Reflet de l'Ame du Monde ou du fluide Universel 
créateur : 

La Vie Universelle 
(caractéristique de la Nature naturée). 



33 



5 n 

Le Pape. 



RAPPORTS 



Hiéroglyphe primitif L'haleine 
Kabhale Peciiad 

Astronomie Le Bélier 

Mois Mars 

Lett. hébraïque Hé (simple) 



OBSERVATIONS 



SIGNIFICATIONS 



Reflet de la Volonté, 



L'INTELLIGKNGE 



Reflet du Pouvoir, 

L'AUTORITÉ 

LA RELIGION— LA FOI 



Reflet de l'âme du monde. 



LA VIE UNIVERSELLE 



La Vie universelle est la partie négative du fluide ani- 
mateur universel. Leur action réciproque va donner nais- 
sance à Y attraction universelle on Amour universel que 
représente l'arcane 6. 



— 134 - 





6 * 



6 e lettre hébraïque (le Vau). 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA SIXIÈME LAME DU TAROT 



Le Vau représente hiéroglyphiquement l'œil, tout ce qui 
se rapporte à la lumière et à l'éclat. L'œil établit le lien 
entre le monde extérieur et nous ; c'est par lui que la lu- 
mière et les formes se révèlent à notre conscience. L'idée 
dominante exprimée par cette lettre sera donc celle d'un 
rapport, d'un lien entre des antagonistes. Nous avons déjà 
beaucoup insisté précédemment sur le Va//, mais nous 
croyons utile de donner in extenso l'étude de Fabre d'O- 
livet sur cette lettre : 

« Ce caractère offre l'image du mystère le plus profond 
et le plus inconcevable, l'image du nœud qui réunit, ou du 



— 135 - 

point qui sépare le néant et l'être. C'est le signe convertible 
universel, le signe qui fait passer d'une nature à l'autre; 
communiquant d'un côté avec le signe de la lumière et du 
sens spirituel 1 (Yau pointé), qui n'est que lui-même plus 
élevé, et se liant de l'autre côté, dans sa dégénérescence, 
avec le signe des ténèbres et de sens matériel Ain p), qui 
n'est encore que lui-même plus abaissé. » 

Le Yau est la deuxième lettre simple représentant astro- 
nomiquement le deuxième signe zodiacal : le Taureau. 



LA SIXIEME LAME 1)1 TAROT 

L'Amoureux. 

Ce symbole doit représenter les idées de réunion, d'an- 
tagonisme dans toutes leurs conséquences. 

Un jeune homme imberbe (notre Bateleur de l'arcane 1) 
sans coiffure, est debout, immobile à l'angle où s'unissent 
deux routes. Ses bras se croisent sur sa poitrine en forme 
de croix diagonale. 

Répétition sous une autre forme de l'arcane 1. L'homme n'est 
pas un initié ici. Il ne sait pas diriger les courants magnétiques 
de la lumière astrale; aussi est-il plongé dans V antagonisme des 
idées différentes qu'il ne peut maîtriser. 

Deux femmes, l'une à sa droite, l'autre à sa gauche, lui 
posent une main sur l'épaule et de l'autre lui montrent une 
des deux routes. La femme, placée à droite, a le front ceint 
d'un cercle d'or, celle placée à gauche est échevelée et 
couronnée de pampres. 

Les deux bras du bateleur exprimant le positif et le négatif, 
les deux colonnes du temple d'Isis exprimant la nécessité et la 
liberté, sont ici personnifiés par les deux femmes représentant 
respectivement le Vice et la Vertu. 



— 136 — 

Suivant la route que le jeune homme va choisir il deviendra 
le Mage initié de l'arcane 1 (le 1 spirituel) ou l'Imprudent fou- 
droyé de l'arcane 16 (le *J). 

Au-dessus de ce groupe le génie de la Justice planant 
dans une auréole fulgurante, tend son arc et dirige vers 
la personnification du Vice la flèche du Châtiment. 

Symbolisme profond indiquant que si l'homme choisit la route 
de la Vertu, il ne sera pas abandonné à ses seules forces et que 
la Providence saura s'allier à sa volonté pour terrasser le Mal. 

En somme l'ensemble de cet hiéroglyphe exprime la 
lutte entre les passions et la conscience, l'antagonisme des 
idées. 

Mais cet antagonisme est aussi le producteur naturel le 
plus puissant qui soit au monde quand il se résout dans 
l'Amour qui attire et unit à jamais les opposés. 

Cette sixième lame du Tarot doit être considérée sous 
deux aspects qui conduisent à la même signification. 

1° Comme 3 du 4, c'est-à-dire comme représentant l'ar- 
cane 4 ou reflet de 1 considéré dans ses rapports d'union. 

2° Comme équilibrant 4 et 5 ainsi que le montre le 
triangle formé par le deuxième ternaire. 




Chaque carte équilibre les doux nulles. 

Le \ équilibre le . v > el le 6 
Le o le ï el le G 

Le U le 1 et le 

Dr là ses sens. 



— 137 — 

En Divin. Équilibre de la Volonté et de L'Intelligence : 

La Beauté 
(caractéristique du Saint-Esprit). 

En Humain. Équilibre du Pouvoir et de l'Autorité : 

L'Amour 

(caractéristique de l'Humanité). 

La charité. 

En Naturel. Équilibre de l'Ame universelle et de la Vie uni- 
verselle : 

L'Attraction Universelle 

L'Amour universel. 

6 1 
V Amoureux. 



RAPPORTS 



Hiéroglyphe j i; œiI _ L < oreille 
pnmitit ( 



Kabbale 



Astronomie 



TlPHERETIl 



Le Taureau 



Mois 



Avril 



Lelt. hébraïque Van (simple) 



OBSERVATIONS 



SIGNIFICATIONS 



Equilibre de la volonté et de 
l'intelligence 



LA BEAUTE 



Equilibre du pouvoir et de 
l'autorité 



L'AMOUR, 
LA CHAR lit: 



Équilibre de l'âme universelle 

et de la vie universelle 



L'ATTRACTION UNIVERSELLE 

un 

L'AMOUR UNIVERSEL 



I er SEPTENAIRE 



Constitution de DIEU 



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ç^ 


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j rr 



Au -président de la Société Thêosophique Kermès, 

M. Arthur Arnould. 



CHAPITRE XI 



2 e SEPTENAIRE. - ARCANES 7 A 13. 



ANDROf.ONTE 



Clef du deuxième septénaire. - Le Zaln et le Chariot. - *^J* * J ;«J£- 
_ Le Teth et l'Ermite. - Le iod et la Roue de Fortune. - Le caph et la borce. 
— Le Lamed et le Pendu. 

Résumé du deuxième septénaire. - Constitution de 1 Homme. 



CLEF DU DEUXIÈME SEPTENAIRE 



DISPOSITION DES FIGURES POUR L ÉTUDE 



Char 
7 



H ermite 9 ( 10 ; 



8 

Justice 



Roi e de Fortune 
10 



13 

La mort 



13 :• 12 Pendu 



11 

Force 



— 140 — 



CARACTERE DES FIGURES 



Influence du 1 er septénaire 

dans le 2 e Reflet de 7 

7 10 



Equilibre () 
de 7 et 8 J N 



10 



13 

Équilibre 
de 9 et de 12 

passage 
d'un monde 



i 13 



à l'autre. 



8 



11 

Reflet de 8 



Reflet de 9 
12 Equilibre 
de 10 et 11 



Reflet de 7 

Le premier septénaire nous a montré le Monde des prin- 
cipes ou de la Création sous tous ses aspects ; nous allons 
maintenant étudier le Monde des lois ou delà Conservation. 




**f | LE CHARIOT 




1 \ 

7 e lettre hébraïque le Zain . 

ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA SEPTIÈME LAME DU TAROT 

Le Zaïn exprime biéroglyphiquemenl une flèche. De là 
toute idér d'arme, d'instrumeni que l'homme emploie pour 
dominer et vaincre et pour réaliser son but. 



— 141 — 

Le Zaïn exprime la victoire dans tous les mondes. Il 
répond astronomiquement comme lettre simple au signe 
zodiacal des Gémeaux. 

SEPTIÈME LAME DU TAROT 

Le Chariot. 

Le symbolisme de cette lame répond en tous points aux 
idées qu'elle doit exprimer. 

Sur un char de forme cubique, surmonté d'un dais d'azur 
étoile que supportent quatre colonnes, s'avance un triom- 
phateur couronné d'un cercle sur lequel s'élèvent et 
ravonnent trois Pentagrammes d'or. 

Ce symbole reproduit dans un autre ordre d'idées l'arcane 1 
et l'arcane 21. Les quatre colonnes représentent les quatre 
animaux de l'arcane 21 et les quatre symboles de l'arcane 1 . 
symboles du quaternaire dans toutes ses acceptions. 

Le triomphateur qui occupe le centre des quatre éléments, 
c'est l'homme qui a vaincu et qui dirige les forces élémentaires; 
cette victoire est encore affirmée par la forme cubique du char, 
et les Pentagrammes qui couronnent l'initié. 

Le triomphateur a sur sa cuirasse trois équerres super- 
posées. Il a sur les épaules l'urim et le tlmmim de la souve- 
raine sacritïcature, figurés par les deux croissants de la 
lune à droite et à gauche, il tient à la main un sceptre 
surmonté d'un globe, d'un carré et d'un triangle. Sur la 
face carrée qui l'orme le devant du char, on voit le lingham 
indien surmonté delà sphère volante des Égyptiens. 

Deux sphinx, l'un blanc, l'autre noir, sont attelés au 

char. 

Telle est la représentation du septénaire sacré dans toutes ses 
manifestations. Le mot iodhé vau hé est figuré sur le devant du 
char par le globe ailé pour indiquer que le septénaire donne la clef 
du tarot tout entier. Les deux sphinx correspondent aux deux 
principes actif et passif. Le triomphateur correspond surtout a 
VEpée et au Vau du nom sacré. 



142 



La 7 e lame du tarot montre l'influence de la création 
dans la conservation, du Divin dans l'Humain. Elle repré- 
sente le iod ou le Dieu du 2 e septénaire. 

le dieu du 2" septénaire. 

L'homme faisant fonction du Dieu créateur. 

Le Père. 
La Loi du 2 e septénaire. 

La Réalisation. 

(reflet du Pouvoir ) 

L'Homme du 2° septénaire. 

La Nature faisant fonction d'Adam. 

La Lumière astrale. 

7 7 
Le Char. 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe j F]èche 

Kabbale Hod 
Astronomie Les Gémeaux 


L'homme faisant fonction de 
Dieu créateur 

LE PÈRE 

Le Réalisateur 


Mois Mai 

Lett. hébraïque Le Zaïn (simple) 


Loi 
LA RÉALISATION 


OBSERVATIONS 






La Nature faisant fonction 
d'Adam 

LA LUMIÈRE ASTRALE 



— 143 — 

Le passage d'un monde h l'autre est à peine opéré que 
nous voyons agir la même loi que dans le premier septé- 
naire. Le second terme de eette série sera le reflet du pre- 
mier comme le second terme de la première série reflétait 
également le premier. Cependant ce deuxième septénaire 
étant le médian, nous trouverons, au fond de tous ses 
arcanes constituants, l'idée de médiation ou d'équilibre. 
C'est ce que nous montre la huitième lame. 




LA JUSTICE 



n 




8 n 



8 e lettre hébraïque (Heth). 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA HUITIÈME LAME DU TAROT 



Le heth exprime hiéroglypliiquement un champ. De là 
l'idée de tout ce qui exige un travail, une peine, un effort. 



— 144 — 

L'effort continu a pour résultat d'établir un équilibre 
entre la destruction des ouvrages de l'homme par la nature 
livrée à elle-même, et la conservation de ces ouvrages. De 
là l'idée du pouvoir équilibrant et par suite de Justice don- 
née à cette lettre \ 

Le heth répond astronomiquement au signe zodiacal du 
Cancer . 

LA HUITIÈME LAME DU TAROT 

La Justice. 

Les idées que doit exprimer ce symbole sont celles de 
r Equilibre sous toutes ses formes. 

Une femme vue de face est assise sur un trône, le front 
ceint d'une couronne de fer. Elle est placée entre les deux 
colonnes du temple. La croix solaire est tracée sur sa 
poitrine. 

Nous retrouvons là la suite du symbolisme des arcanes 2 
et o. La femme assise occupe Je milieu des colonnes, première 
idée de l'équilibre entre le Bien et le Mal. 

Elle tient de la main droite un glaive, la pointe élevée, 
de la gauche une balance. 

La Science occulte (2) d'abord théorique est devenue prati- 
que (5) et a été enseignée oralement. Maintenant elle apparaît 
dans toute la rigueur de ses conséquences, terrible pour le faux 
Mage (Glaive); mais juste pour l'initié véritable (Balance). Cet 
arcane tient le milieu comme signification entre les arcanes S 
l'rihé) et 11 (D caph), 

i. Ce earaclère intermédiaire cuire H (hé) et 3 (caph) qui désignent l'un 
la vie, l'existence absolue, L'autre la vie relative, l'existence assimilée, est 
le signe de l'existence élémentaire; il offre l'image d'une sorte d'équilibre 
el s'attache aux idées d'effort, de travail et d'action normale et législative 
(Fabre d'Olivet). 



— 145 — 

Cette lame est complémentaire de la onzième comme la 
cinquième l'était de la deuxième. Dans le premier septé- 
naire toutes les lames formant le nombre 7 par addition 
s'expliquaient réciproquement, dans le second septénaire, 
ce sont toutes les lames formant le nombre 19 qui agissent 
ainsi. 



7 




12 


Le Chariot 


est complété par 
7 _|_ 12 — 19 

19 = 10 = ! 


Le Pendu 


8 




11 


La Justice 


est complétée par 
8 + 11 = 19 


La Forci' 


9 




10 


L'Ermite 


est complété par 
9 -f 10 = 19. 


Le roue de Fortune 



La huitième lame du Tarot représente la conception en 
conservateur de la deuxième lame. Elle synthétise en elle le 
sens de la deuxième et de la cinquième lame du Tarot et 
représente le rellet de la septième. Elle signifie : 

1° En Divin. Dieu le (ils du deuxième septénaire. La 
femme faisant fonction de Dieu le fils. 

La Mère. 
Reflet du Père. Conservateur de Dieu le tils dans l'Humanité j 

±" Lui passive du deuxième septénaire 

L.\ Justice. 
Reflet de Ja Réalisation et de L'Autorité. 

3° La femme du deuxième septénaire. La Nature faisant 
fonction d'Eve. 

L'Existence élémentaire. 

Reflel de la Lumière astrale. Conservation de la .Nature natu- 
rée dans le Monde. 

m 



— 146 



8 n 

La Justice. 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe l 
primitif ( 


Un champ 


La femme faisant fonction de 
Dieu le fils 


Kabbale 


NlZAH 


LA MÈRE 


astronomie 


Le cancer 
Juin 




Mois 




Lett. hébraïque 


L'Heth (simple) 


Loi 
LÀ JUSTICE 


OBSERVATIONS 






La Mature faisant fonction d'Eve 






L'EXISTENCE ÉLÉMENTAIRE 



L'existence élémentaire est le moyen par lequel le tluicle 
animateur astral ou lumière astrale (7) se manifeste à travers 
l'éther <>u matière astrale ( ( J). C'est ce que va nous montrer 
l'arcane suivant. 



— 141 




L'ERMITE £f) 




9 ta 

9 e lettre hébraïque (Teth). 

ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA NEUVIÈME LAME DU TAROT 

. Le Teth représente hiéroglyphiquement une toiture. 
De là l'idée d'un lieu de sûreté, d'une protection. Toutes 
les idées rendues par cette lettre dérivent de l'alliance 
de la sûreté et de la protection données par la sagesse. 

Le Teth correspond astronomiquement au signe zodiacal 
du Lion, 

NEUVIÈME LAME DU TAROT 

U H ermite. 
Les idées à rendre sont les suivantes : 



1° Protection 

2° Sagesse, circonspection. 



— 148 — 

Un vieillard marche appuyé sur nu bâton. 11 porte devant 
lui une lampe allumée cachée à demi sous un grand man- 
teau dans lequel il est enveloppé. 

Ce symbole tient le milieu entre le sixième et le douzième. 

La Protection est indiquée par le manteau dont s'enveloppe 
le vieillard. 

La Sagesse par la lampe à demi cachée. 

Le Bâton indique que le Sage est toujours armé pour lutter 
contre l'Injustice ou l'Erreur. 

Si l'on compare cette lame aux deux autres, la sixième et 
la douzième, on verra que le jeune homme imberbe de tout 
à l'heure (6 G lame) a pris la bonne voie. L'expérience con- 
quise dans le travail de la vie a fait 'de lui un vieillard pru- 
dent, et la prudence unie à la sagesse le conduisant sûre- 
ment au but élevé qu'il veut atteindre (12° lame). La llèche 
du génie du sixième arcane est devenue son bâton, et 
l'auréole fulgurante dans laquelle planait ce génie est 
maintenant enfermée dans la lampe qui guide l'initié. Tel 
est le résultat de ses longs efforts. 

La neuvième lame du Tarot représente la troisième conçue 
comme conservatrice et réceptrice. Elle équilibre de plus la 
septième et la huitième. 

1° L'Humanité faisant fonction de Dieu le Saint-Esprit. 
La force créatrice humaine. 

L'Amouk m main. 

Puissance conservatrice de l'Humanité. Équilibre du Père et 

de la Mère. 

2" Équilibre de la Réalisation et de la Justice. 

La Prudence. 
Se laire." 



4< 



i\) 



3° La Nature faisant fonction d'humanité. Équilibre de la 
Lumière astrale et de l'Existence élémentaire. 



La Force conservatrice naturelle. 
Le fluide astral. 

9 tû 
L'Ermite. 



rapports 



Hiéroglyphe ) T t^ ... 

• "V \ Lne toiture 

primitit ) 

Kabbale Iesod 



Astronomie 



Mois 



Le Lion 



Juillet 



Lett. hébraïque Teth (simple) 



OBSERVATIONS 



SIGNIFICATIONS 



L'Humanité faisant fonction 
de Dieu le St-Esprit 

L'AMOUR HUMAIN 



LA PRUDENCE 

Se taire 



La force . conservatrice naturelle 



LE FLUIDE ASTRAL 



— 150 — 

Ainsi le fluide astral représente la conservation univer- 
selle des forces en action dans la nature. Là se termine le 
premier ternaire du septénaire de la Conservation. Nous 
allons maintenant voir les reflets de tous ces termes dans le 
ternaire suivant. 





10 » 
10 e lettre hébraïque Iod). 

ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIXIÈME LAME DU TAROT 

Le iod représente hiéroglyphiquement le doigt de 
l'homme, l'index étendu en signe de commandement. De là 
cette lettre est devenue l'image delà manifestation poten- 
tielle, de la durée spirituelle, enfin de l'éternité des temps 
el de toutes les idées qui s'y rapportent 1 . 

L'iodest une lettre simple correspondant astronomique- 
ineiit au signe zodiacal de la Vierge. 



1. Voir l'étude sur le mol iod hé vau hé. 



— loi — 

DIXIÈME LAME DU TAROT 

La Roue de Fortune. 

Deux idées principales doivent être exprimées par ce 
symbole : 

1° L'idée de Commandement, de Suprématie. 

2° L'idée de la Durée, de l'action éternelle du Temps. 

La roue de fortune suspendue sur son axe. A droite 
Hermanubis, génie du bien ascendant, à gauche Typhon, 
génie du mal descendant, au-dessus et au milieu le Sphinx 
en équilibre tenant une épée entre ses griffes de lion. 

La première idée est exprimée par le ternaire, Hermanubis ou 
positif, Typhon ou négatif, le Sphinx équilibré dominateur. 

La deuxième idée est exprimée par la roue, ligne sans com- 
mencement ni fin, symbole de l'éternité. 

L'arcane 10 tient le milieu entre les arcanes 7 et 13, 

20 
7 -f 13 = 20 — = 10. 

Il exprime l'équilibre incessant qui tempère les réalisa- 
tions créatrices du septénaire, par les destructions néces- 
saires de la Mort (arc. 13). Les trois arcanes 7, 10, 13 cor- 
respondent exactement à la trinité indoue ou Trimurtù 

Brahma = Créateur = Arcane 7 

Siva = Destructeur = Arcane L'5 

Vichnou = Conservateur = Arcane 10. 

C'est la représentation du cours des choses d'après la loi 
ternaire qui dirige toutes les manifestations divines. 

La dixième lame du Tarot commence la portion négative 
du deuxième septénaire. Elle va donc exprimer la concep- 
tion du septénaire considéré dans ses reflets. 



— 152 — 
Elle représentera donc : 

1 . Reflet de la volonté (Voy, arc. 4). 

La Nécessité. 
Le Karma des Indous. 

2. Reflet du pouvoir et de la réalisation. 

La Puissance magique. 

La fortune. 

(Vouloir) 

.'{. Reflet de l'âme universelle. 

La Force en puissance de manifestation. 

10 > 
La Roue de la Fortune. 



rapports 



Hiéroglyphe ( |;[n(]px 
pnmitil f 



Kabbale 



Astronomie 



Malcduï 



La Vierge 



Mois 



Août 



Lett. hébraïque Iod simpb 



significations 



LA NECESSITE 
La Karma des Indous 

LA PUISSANCE MAGIQUE 
La Fortune 

Vouloir 



Reflet de l'âme universelle 

LA FORCE EN PUISSANCE 
DE MANIFESTATION 



La force créatrice absolue s'est successivement différen- 
ciée dans le Fluide animateur universel (4), la Lumière 
astrale (7) maintenant elle est représentée par la force 
en puissance de manifestation. Nous allons voir cette force 
se manifester dans l'arcane suivant. 





Il 2 



11 e lettre hébraïque (le Caphj 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA ONZIEME LAME DU TAROT 



Le caph exprime hiéroglyphiquemenl la main de l'homme 
à demi fermée et dans l'action de prendre ; comme le ghi- 



— 151 — 

mel.Maisle caph est un renforcement du ghimel ce qui fait 
qu'on peut dire qu'il désigne la main de l'homme dans 
l'action de sevrer fortement. De là toutes les idées de force 
appliquées à cette lettre. 

Le nombre 11, premier après la décade, donne une autre 
valeur au caph qui désigne une vie réfléchie et passagère, 
une sorte de moule qui reçoit et rend toutes les formes. 

11 dérive du caractère heth T\ (8) qui dérive lui-même du 
signe de la vie absolue hé H (5). Ainsi, tenant d'un côté à la 
vie élémentaire (Yoy. l'arcane 8) il joint à la signification du 
caractère heth n celle du signe organique 2 (ghimel) 
(arc. 3) dont il n'est au reste qu'une espèce de renforcement. 

Le caph, lettre double, répond astronomiquement à Mars 
et au Mardi. 

ONZIÈME LAME DU TAROT 

La Force. 

Les idées que doit exprimer cet arcanè sont au nombre 

de deux : 

1° L'idée de force. 
2° L'idée de vitalité. 

Une jeune fdle fermant avec ses mains, sans effort, la 

gueule d'un lion. 

(Première idée). 

Cette jeune fdle est coiffée du signe vital oo . 

(Deuxième idée). 

L'arcane 1 I tient le milieu entre les arcanes 8 et 14. On 
retrouve eu lui le symbolisme de l'arcane 8 transformé sur 
le plan physique. C'est en effet l'image de la puissance que 
donne la science sacrée (arc. 2) appliquée avec justice. (8). 

La onzième lame du Tarot nous montre toutes les signi- 



'!.>.> 



iications négatives ou réfléchies de la cinquième, c'est-à- 
dire: 

1. Reflet de l'intelligence (5). 

La Liberté. 

2. Reflet de l'autorité, de la foi. 

Le Courage. 

(Oser) 

3. Reflet de la vie universelle. — Manifestation de la 
force de l'arcane précédent. 

La Vie réfléchie et passagère 



11 2 
La Force. 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe j 

primitif ( 


La main dans 
l'action de serrer 


Reflet de l'intelligence 


Astronomie 


Mars q/ 


LÀ LIBERTÉ 


Jour 


Mardi 

Capb (double) 




Lctt. hébraïque 


Reflet de l'Autorité, de la Foi 






LE COURAGE 






(Oser) 


OBSERVATIONS 








Reflet de la Vie universelle 






La Vie réfléchie et passagère 



— L5G - 



La force qui était tout à l'heure en puissance de mani- 
festation s'est manifestée dans l'arcane 11 ; elle va s'équili- 
brer dans l'arcane suivant. 




XH 1 




LE PENDU 



12 1 



12 e lettre hébraïque Lamedj 



ORIGINE Dl" SYMBOLISME DE LA DOUZIEME LAME DU TAROT 

Le Lamed désigne hiéroglyphiquemenl le bras. De là 
l'idée de toute chose qui s'étend, s'élève, se déploie comme 
le bras; aussi cette lettre esl-clle devenue le signe du mou- 
vement expansif. Le signe s'applique à toutes les idées 
d'extension, d'occupation, de possession. Comme signe 



— 157 — 

final il est l'image de la puissance qui dérive de l'éléva- 
tion. 

L'expansion divine dans l'humanité se fait par les pro- 
phètes et la révélation. De là l'idée de loi révéler. Mais la 
loi révélée entraîne le châtiment pour celui qui la viole ou 
l'élévation pour celui qui la comprend, de là les idées de 
châtiment, de mort violente, volontaire ou non. 

Le Lamed, lettre simple, correspond astronomique ment 
au signe zodiacal de la Balance. 



DOUZIÈME LAME DU TAROT 



Le Pendu. 



Un homme pendu par un pied à une potence qui repose 
sur deux arbres ayant chacun six branches coupées. 

Les mains de cet homme sont liées derrière le dos, et 
le pli de ses bras forme la base d'un triangle renversé dont 
sa tête est le sommet. Les yeux du pendu sont ouverts, sa 
chevelure blonde flotte au vent. Sa jambe droite se croise 
sur sa jambe gauche pour former une croix. 

Ce jeune homme est toujours notre Bateleur dont nous avons 
suivi les transformations à travers le- arcanes 1, (5 et 7. 

Semblable au soleil placé au milieu des signes du Zodiaque 
six de chaque coté, les six branches coupées) notre jeune auda- 
cieux est encore suspendu entre deux décisions d'où naîtra non 
plus son avenir physique comme dans l'arcane 6; mais bien son 
avenir spirituel. 

L'arcane 12 occupe en effet le milieu entre les arcanes 
9 (la Sagesse) et 15 (la Fatalité). Ces arcanes représentent 
les deux femmes de l'arcane 6 considérées au plan spirituel. 



— 158 — 

Ce Pendu sert d'exemple aux audacieux et sa position 
indique la discipline, la soumission absolue que doit avoir 
l'humain devant le divin. 

Considéré alchimiquement le Pendu montre le signe de 
la personnalité. 



/ 



Au grade hermétique de la Rose-Croix (18 e degré Franc- 
Maçonnique de l'Ecossisme) un des signes de reconnaissance 
consiste à placer ses jambes en croix, comme celle du Pendu 
hermétique. Inutile dédire que les Francs-Maçons ignorent 
absolument l'origine et le sens de ce signe. 

La douzième lame de Tarot représente la Puissance 
équilibrante par excellence. Elle neutralise en elle les op- 
positions de la dixième et de la onzième lame. 

1. Equilibre de la Nécessité et de la Liberté : 

La Charité. — La Grâce. 
(Puissance conservatrice de l'Amour). 

2. Équilibre de la Puissance et du Courage. ReuVl i ! s 
Prudence : 

L'Expérience acquise. 

i Savoir. 

2. Équilibre de la Manifestation potentielle (10), et de 
la Vio réfléchie (14). Reflet de fluide astral : 

La Force équilibrante. 



— 159 — 



12 "3 
Le Pendu. 



RAPPORTS 



Hiéroglyphe 

primitif 



Astronomie 



Le Bras 

^e déployant 



La Balance 



SIGNIFICATIONS 



Mois Septembre 

Lett. hébraïque Lamed (simple) 



LA CHARITE 

La Grâce 



L'EXPÉRIENCE ACQUISE 

(Savoir) 



LA FORCE EQUILIBRANTE 



La force tempérante est le dernier terme du second sep- 
ténaire. C'est par elle que l'Astral va se réaliser pour passer 
dans le physique, pour passer du monde de la conservation 
et de la réception (2 e septénaire) dans le monde de la 
transformation (3° septénaire). 



— Nil) 



Constitution de l'Homme 




ce 



LoJ 



O 

X 






O 

X 

i 

LiJ 



O 

X 



A l'auteur de l'histoire du Diable 
M. Jules Baissac. 



CHAPITRE XII 



o° o 



SEPTENAIRE — ARCANES 13 A 19 



COSMOGONIE 



Clef du troisième septénaire. — Le Mein el la Mort. — Le Noua et la Tempé- 
rance. — Le Samedi et le Diable. — Le Gnaïn et la.Maisou-Dieu. — Le Tsadé 
et la Lune. 

Résumé du troisième septénaire. — Constitution de l'Univers. 



CLEF DU TROISIEME SEPTKNAIRE 



DISPOSITION DES F1GUKES POUR L ETUDE 

Morl Maison-Dieu 

1:5 16 



19 ! 

Diable lo < . c , ., > 18 La Lune 

Le Soleil 



14 1 7 

Tempérance Etoile 

h 



— 162 — 



CARACTÈRE DES FIGURES 

Influence du 2 e septénaire 

dans le 3e Reflet de 13 

13 16 



Équilibre , ^ 
de 13 et 14 10 ' 



19 

Équilibre 
de 15 et 18 

retour 

au monde 

des principes 



14 

Reflet de 13 



Reflet de 15 
18 Équilibre 
de 16 et 17 



17 

Reflet de 14 



Le premier septénaire nous a montré le Monde des prin- 
cipes ou de la Création. 

Le second nous a développé le Monde des lois ou de la 
Conservation. 

Le troisième va nous montrer le Monde des faits ou de 
la Transformation. Nous allons voir comment la circulation 
s'établit entre les forces des deux premiers septénaires. 



163 





13 



13 e lettre hébraïque (le Mem 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA TREIZIÈME LAME DU TAROT 

Le mem désigne hiéroglyphiquement la femme, com- 
pagne de l'homme. De là l'idée de tout ce qui est fécond et 
formateur. C'est le signe maternel et femelle par excellence, 
le signe local et plastique, image de l'action extérieure et 
passive. Employé à la fin des mots ce caractère devient le 
signe collectif D (mem final). En cet étal il développe 
l'être dans l'espace indéfini. 

La création nécessitant une destruction égale et de sens 
contraire le mem a désigné toutes les régénérations nées de 
destructions antérieures, toutes les transtormations et par 



— 164 — 

suite la mort conçue comme passage d'un monde à 1 autre. 
Le mem est une des trois Mères. 



TREIZIÈME LAME DL' TAROT 

La Mort ou le Squelette faucheur. 

Les idées que doit exprimer cet arcane sont celles de la 
destruction précédant ou suivant la régénération. 

Un squelette fauche des tètes dans un champ d'où sortent 
de tous côtés des mains et des pieds d'hommes à mesure 
que la faux poursuit son œuvre. 

Les œuvres de la tête (conception) deviennent immortelles dès 
qu'elles sont réalisées ''mains et pieds). 

L'arcane 13 s'explique par les arcanes 10 (la Fortune) et 
16 (la Destruction) dont il occupe le milieu. 

10 -}- 16 = 26 — = 13. 

13 est donc le milieu entre le iod (Principe de la création) 
et le haïn (16) Principe de la destruction. 

L'arcane 13 se complète par l'arcane 18 qui est son com- 
plémentaire comme le cinquième l'était du deuxième et le 
douzième du septième. (Voy. l'arc. 8 et l'arc. 5). 

13 18 

La morl est complétée par La Lune 

13 _|_ 18 = 31 

31 = 4 = 10 = 1 

I \ I " 

La Tempérance est complétée par Les Lloiles 

U _j_ 17 = 31 

IS L6 

Le Diable est complété par La Destruction 

i:> -f 16 — :îi 



[C»o 



La treizième lame <1u Tarol est placée entre le monde 
invisible et le monde visible. C'est le lien universel de la 
nature, le moyen par lequel toutes 1rs influences agissent 
d'un monde à l'autre. Elle signifie : 

1 . Dieu le transforma leur : 

Le Principe transformateur universel. 
Destructeur et créateur. 

2. Le négatif de la réalisation : 

La Mort. 

3. La lumière astrale faisant fonction du Créateur : 

La Force plastique universelle. 
équilibrant la mort et la force transformatrice). 

13 p 
La Mort. 



rapports 



Hiéroglyphe j La Femme 

primitit i 

Lett. hébraïque Mem (une des 

.'{ mères) 



observations 



significations 

LE PRINCIPE 

TRANSFORMATEUR 

UNIVERSEL 

Destructeur et Créateur 



LA MORT 



LA FORGE PLASTIQUE 
UNIVERSELLE 



166 




I* 



LA TEMPERANCE 




1 4 



14 e lettre hébraïque (le Noun 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA QUATORZIEME LAME DU TAROT 



Le noun exprime hiéroglyphiquejment la production de la 
femme; un fils, un fruit quelconque, tout être produit. Aussi 
cette lettre est-elle devenue l'image de l'être produit où 
réfléchi, le signe de l'existence individuelle et corporelle. 

Comme caractère final il esi le signe augmentatif] (noun 
final) el domïeau mol qui le reçoit toute l'extension indivi- 
duelle «lotit l;i chose exprimée esl susceptible. 

Le noun répond astronomiquemenl au signe zodiacal du 
Scorpion. 



H>7 — 



En somme le noun exprime le produit de toute combi- 
naison, le résultat de l'action des forces ascendantes ou 
créatrices et des forces descendantes ou destructrices figu- 
rées par l'étoile de Salomon. 



QUATORZIEME LAME DE TAROT 

La Tempérance. 

Les idées que ce symbole doit exprimer sont les sui- 
vi m tes : 

1° Combinaison de fluides différents. 

2° Individualisation de l'existence. 

Le génie du Soleil verse d'une urne d'or dans une urne 
d'argent les essences fluidiques de la vie. 

(Première idée). 

Ces essences passent d'un vase dans l'autre sans que lo 
moindre parcelle en soit répandue au dehors. 

(Deuxième idée). 

La quatorzième lame représente cette jeune tille que 
nous avons vue figurée à l'arcane 1 1 et que nous retrouve- 
rons à l'arcane 17. 

Le courant vital situé sur sa tête à l'arcane 11 passe ici 
d'une urne dans l'autre et s'épandra en 17. 

La quatorzième lame du Tarot nous montre les fluides na- 
guère conservés, maintenant en pleine circulation dans la 
nature. 



— II1S — 

1. Combinaison des fluides actif cl passif. Entrée de 
l'esprit dans la matière et réaction de la matière sur l'Es- 
prit ; 

Involution. 

2. Reflet de la Justice dans le monde matériel; 

La Tempérance. 

3. Fixation de la Vie réfléchie. Incarnation de la vie; 

La Vie individuelle et corporelle. 



14 3 

La Tempérance. 



RAPPORTS 



OBSERVATIONS 



Hiéroglyphe / T ^ •. 

primitif \ T n Frm < 

Astronomie Le Scorpion 

Mois Octobre 

Lcll. hébraïque Noun (simple' 



SIGNIFICATIONS 



L'INVOLUTION 

(L'Esprit descend vers la matière) 



LA TEMPÉRANCE 



LA VIE INDIVIDUELLE 
ET CORPORELLE 



— US!) — 





15 U 



15 e lettre hébraïque (Samech). 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA QUINZIEME LAME DL TAROT 



Le samedi exprime comme signe hiéroglyphique la 
même idée que le zaïn (are. 7), c'est-à-dire une flèche, 
une arme quelconque ; mais à cette idée s'ajoute ici celle de 
la flèche faisant un mouvement circulaire et par suite celle 
de tout mouvement circulaire, de tout cercle délimitant une 
circonscription et en fixant les bornes. 

Cette idée d'un cercle infranchissable a donné naissance 
à celle du Destin, de la Fatalité circonscrivant la circonfé- 
rence dans l'intérieur de laquelle agit libremenl la volonté 
humaine ; aussi le Serpent replié sur lui-même en cercle el 



— 170 

se mordant la queue, a-l-il toujours été le symbole de cette 
Fatalité, de ce Destin enserrant le monde dans son étreinte. 
C'est l'image de l'année (anneau) et des révolutions fatales 
et déterminées des temps. 

Comme lettre, le samedi est le lien (zaïn) renforcé et 
replié sur lui-même. Il correspond comme lettre simple au 
signe zodiacal du Sagittaire. 



QUINZIEME LAME DU TAROT 

Le Diable. 

Le Diable représente, dans toute les cosmogonies, cette 
mystérieuse force astrale dont l'hiéroglyphe de samedi 
dévoile l'origine. 

Mais une considération un peu attentive du symbole per- 
met d'y retrouver les mêmes données que dans plusieurs 
autres figures du Tarot considérées d'une nouvelle façon. 

En effet, placez le Bateleur à côté du Diable et vous ne 
tarderez pas à voir que les liras de deux personnages font 
un même geste, mais d'une manière intervertie. Le Bateleur 
dirige sa main droite vers l'Univers, sa main gauche vers 
Dieu, le Diable fait le contraire : c'est la main gauche qu'il 
tend vers la terre, la main droite qu'il élève en l'air. Au lieu 
de la baguette magique et initiatrice du Bateleur, le Diable 
tient la torche allumée, symbole de la Magie noire et de la 
Destruction. 

A côté du Diable et équilibrés par lui sont deux person- 
nages reproduisant le même symbolisme que l'on trouve 
ligure pur les deux femmes de l'Amoureux (au 6) et par les 
deux montants de la potence du Pendu (au 12). 

La force animatrice universelle représentée par l'arcane :?, 



— 171 — 

est ici devenue la force destructrice universelle. Le 
sceptre de Vénus-Uranie est devenu la torche du Démon, 
les ailes de l'Ange sont devenues les ailerons hideux du 

Dieu du mal. 

L'arcane 3 symbolise le Saint-Esprit ou la Providence 

de Fabre d'Olivet. 

L'arcane 15 symbolise le Faux Esprit ou le Destin de 

Fabre d'Olivet. 

13 + 3 = f = 9. ' 

L'arcane 9, qui tient le milieu entre ces deux figures, 
symbolise la Prudence ou la Volonté humaine de Fabre 

d'Olivet. 

Le Diable a matérialisé sur sa tète le fluide universel qui 
entourait la tête du Bateleur ainsi que l'indiquent les deux 
cornes aux douze pointes (6 chacune) qui la décorent. 

Il est monté sur un cube placé sur une boule pour indi- 
quer la domination de la Matière (le cube) sur l'Esprit (la 

re). 
La quinzième lame du Tarot tire ses significations de son 

symbolisme même : 



1. Le Destin (le hasard). 

2. La Fatalité résultat de la chute d'Adam- Eve. 

3. Le fluide astral qui individualise 

Naiiasii le Dragon du seuil 



172 — 



15 D 
Le Diable. 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe ( g 
primitif \ l 


hE DESTIN 




Astronomie Sagittaire 


Le Hasard 




Mois Novembre 






Lett. hébraïque Samech (simple) 


LA FATALITÉ 

Résultat de la Chute 
d'Adam-Ève 




OBSERVATIONS 


NAHASH 










Le Dragon du seuil 





— 173 — 




% 



LEFEll DU CIEL 



V 




A MAISON» PI EV> 



io v 

16 e lettre hébraïque (le Gnaïn). 

ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA SEIZIÈME LAME DU TAROT 

Le Gnaïn exprime le même hiéroglyphe que le vau (6) ; 
mais matérialisé. C'est le signe du Sens matériel. Dégénéré 
encore, ce signe exprime tout ce qui est courbe, faux, per- 
vers et mauvais. 

Cette lettre correspond astronomiquement au signe 
zodiacal du Capricorne. 



SEIZIÈME LAME DU TAROT 

La Maison Dieu. 

Une tour dont les créneaux sont brisés par le l'eu du ciel. 
Un homme couronné et un autre sans couronne sont pré- 



— 174 — 

cipités de sa hauteur avec les débris de l'écroulement. Un 
des deux hommes reproduit en tombant la forme de la lettre 
Gnaïn. 

Dans cette figure nous voyons apparaître pour la pre- 
mière fois l'image d'une construction matérielle. Nous 
allons retrouver ce symbole dans les arcanes 18 et 19. 

C'est qu'il s'agit ici du monde visible et matériel dans 
lequel s'incarne le monde invisible ou spirituel. 

La seizième lame figure la chute d'Adam dans la 
matière, il va se matérialiser de plus en plus jusqu'à Far- 
cane 18 où il atteindra le maximum de la matérialisation. 

Les sens de cette figure dérivent tous de cette idée de 
chute, de matérialisation de la lettre spirituelle 7 {Van). 

1. Matérialisation de Dieu le Saint-Esprit. (Yoy. l'arc. 3.) 
Entrée du Saint-Esprit dans le Monde visible. Le Saint- 
Esprit agissant comme Dieu de la matière. 

Destruction divine. 

2. xMatérialisation d'Adam-Ève jusque-Là spiritualisé. 
Entrée d'Adam-Ève dans le Monde visible: 

La Chute. 
Reflet de la Mort. 

3. Matérialisation de l'Univers-principe : 

Le Monde visible. 



175 — 



16 ? 



La Maison Dieu. 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe \ Lien (vau 
primitif J matéralisë 

Astronomie Le Capricorne 


DESTRUCTION DIVINE 


Mois Décembre 

Lettre ) n .. , ■ , 
hébraïque 1 Gnain (simple 


LA CHUTE 


OBSERVATIONS 






LE MONDE VISIBLE 



— 176 



O WW ^ 








A^j LES ETOILES 



XVII ■ J9 







17 £ 



17 e lettre hébraïque Phé . 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIX-SEI'TIEME LAME DU TAROT 



Le plié exprime liiéroglyphiquement les mêmes idées 
([ne le beth (2 e lame), mais dans un sens plus expansif. 
Aussi le beth signifiant plus particulièrement la bouche de 
l'homme comme organe de la parole, le plié représente la 
production même de l'organe : la Parole. 

C'est le signe de la Parole et de tout ce qui s'y rapporte . 
C'est le Verbe en action dans la nature avec toutes ses 
conséquences. 

Aussi cette lettre se rapporte-l-elle asti'ononiiquenienl à 
Mercure, bien de la Parole el de la diffusion scientifique 



i / 



ou commerciale, Dieu des échanges universels entre tous 
les êtres de tous les mondes. 
Le plié est une lettre double. 



DIX-SEPTIÈME LAME DU TAROT 



L'Etoile. 

Les idées que doit exprimer ce symbole sont celles : 

1° De l'expansion des fluides; 

"2° De leur renouvellement éternel. 

Une jeune fille nue épanche sur la terre les fluides de la 
Vie universelle par deux coupes. 

Le génie du Soleil (arc. 1 i) est maintenant descendu jusqu'à 
nous, sous la figure de cette jeune fille, image de la Jeunesse 
éternelle. Les fluides qu'elle faisait passer tout à l'heure d'un 
vase à l'autre, elle les répand maintenant à flots sur la terre, 
(première idée). 

Cette jeune fille est couronnée de sept étoiles au milieu 
desquelles en est une très brillante et très grande. Près de 
la jeune fille un ibis (ou bien, dans d'autres tarots, un papil- 
lon) se pose sur une fleur. 

Nous retrouvons ici le symbole de l'immortalité. L'àme (ibis ou 
papillon) doit survivre au corps qui n'est qu'un lieu d'épreuves 
(fleur éphémère). Le courage, pour supporter les épreuves, 
viendra d'en haut (astres). 

La chute du Divin et de l'Humain dans le Matériel est à 
peine opérée qu'une voix mystérieuse vient redonner cou- 
rage au Pécheur en lui laissant entrevoir le relèvement futur 
par l'épreuve. 

Cette lame vient balancer exactement tous les mauvais 
effets de la précédente. De là sa signification. 



12 



— 178 — 

1. Opposition à la destruction. Aucune destruction n'est 
définitive. Tout est éternel et immortel en Dieu : 

Immortalité. 
Création de l'âme humaine. 

2. La chute n'est pas irréparable nous dit ce sentiment 
intuitif intime que nous nommons : 

L'Espérance. 

3. L'Univers visible contient en lui la source de sa Divi- 
nisation c'est : 

La Forge dispensatrice des fluides qui lui donne le 
moyen de renouveler éternellement ses créations après la 
destruction. 

17 S 
L'Étoile. 



RAPPORTS 



. . I La Parole 

Hiéroglyphe 1 (la bo uche et 1; 
primitif | 



langue) 



Astronomie 



Mercure 



Jour Mercredi 

Lett. hébraïque Le Phé (double) 



OBSERVATIONS 



SIGNIFICATIONS 



L'IMMORTALITE 



L'ESPÉRANCE 



LA FORCE DISPENSATRICE 

DES FLUIDES 



17!» 





LA-LUNE 



18 *J 

18 e lettre hébraïque (Tsadé . 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIX-HUITIÈME LAME DU TAROT 

Le tzadé exprime hiéroglyphiquement la même idée que 
le Teth (9 e lame); mais surtout l'idée de terme, cle but, de 
fin. Aussi est-ce un signe final et terminatif se rapportant à 
toutes les idées de terme, de scission, de solution, de 
but '. 

Le tzadé, lettre simple, correspond au signe zodiacal du 
Verseau. 

1. Placé au commencehieul des mots, il indique le mouvement qui 
porte vers le terme, dont il est le signe; placé à la lin il marque le ternie 
même où il a tendu; alors il reçoit cette forme "J . Il dérive du caractère 
samedi D (15) et du caractère zaïn * (7) et il marque le scission de l'un 
ou de l'autre. 



ittl! 



DIX-HUITIEME LAME DU TAROT 



La Lune. 

Nous venons de parcourir les échelons que descend l'es- 
prit dans sa chute de plus en plus complète vers la matière. 
Tout est fini maintenant : l'esprit est totalement matérialisé 
c'est ce que nous indique la dix-huitième lame. 

Un champ faiblement éclairé par la lune. 

La lumière, symbole de l'âme, n'arrive plus directement. Ce 
n'est que par reflet qu'est éclairé ce monde matériel. 

De chaque côté est une tour limitant le champ, en guise 
de borne. De la lune tombent des gouttes de sang. 

Le monde matériel est le point Final auquel atteint L'esprit. 
Au delà rien ne peut descendre, c'est ce que figurent les bornes. 
Les gouttes de sang représentent la descente de l'Esprit dans la 
matière. 

Un sentier parsemé de gouttes de sang se perd à l'hori- 
zon. Au milieu un chien et un loup hurlent à la lune, une 
écrevisse sort de l'eau et rampe au milieu de ces animaux. 

L'entrée de l'Esprit dans la Matière est une chute d'autan 1 
plus grande que tout conspire pour l'augmenter encore. 

Les esprits serviles (Chien) les larves féroces (Loup)et les élé- 
mentaux rampants (Écrevisse) sont là qui guettent la chute de 
l'âme dans la matière pour essayer de l'opprimer davantage. 

I. Terme de la Matérialisation divine. Point ultime do 
l'involution : 

Le Chaos. 

±. Terme de la Matérialisation adamique : 
Le Corps matériel et ses passions. 



LSI 



3. Terme de la Matérialisation physique 

La Matière. 



«S V 



Lu Lune 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe \ T _-, 
primitit / 

Astronomie Le Verseau 


LE CHAOS 


Mois Janvier 

Lett. hébraïque Le Tsadé (simple) 


LE CORPS MATÉRIEL ET 
SES PASSIONS 







LA MATIÈRE 



Avec le troisième septénaire finit Vinvolution, c'est-à-dire 
la descente de l'esprit dans la matière. 

Les trois dernières cartes du Tarol vont mais montrer 
comment toutes les forces (''maures progressivement 
retournent à leur principe commun par dévolution. 



3° SEPTENAIRE 



Constitution de l'UNIVERS 




4 

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; -3 







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es: 3 








"5 







Au philosophe Louis Weber. 



CHAPITRE XIII 

TRANSITION GÉNÉRALE 

ARCANES 19 à 21 



Le Coph et le Soleil. — Le Resch et le Jugement. - Le Sbin et le Fou. — Le 

Thau et le Soleil. 
Le ternaire de transition. 



18 i - 




LE SOLEI 



9 



XVIII 




LE SOLEIL 



19 P 



19 e lettre hébraïque (Coph 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA DIX-NEUVIEME LAME DU TAROT 

Le coph exprime hiéroglyphiquemeut une arme tran- 
chante, tout ce qui sert à l'homme, le défend; fait effort 
pour lui. 

Aussi le coph csl-il le signe éminemmenl compressif, 
astringent et tranchant, c'esl l'image de la forme agglomé- 
rante el réprimante, <lr là l'idée <lo l'existence matérielle. 

Cette lettre représente le caractère D (caph, lli entière- 



- 18S — 

ment matérialisé et s'appliquant aux objets purement 
physiques. Car voici la progression du signe : 

H (hé 5). La Vie universelle. 

H (heth 8). L'existence élémentaire. L'effort, de la nature 
3 (caph 11). La vie assimilée tenant aux formes naturelles. 
P fcoph 19). L'existence matérielle devenant le moyen des 

formes. 
Cette lettre est simple et répond au signe zodiacal des Pois- 
sons. 

DIX-NEUVIÈME LAME DU TAROT 

Le Soleil. 

Deux enfants nus sont enfermés dans une enceinte de 
murailles. Au-dessus d'eux le soleil darde ses rayons et des 
gouttelettes d'or s'échappent de lui et tombent sur la terre. 

L'esprit prend le dessus. Ce n'est plus la lumière réfléchie 
comme dans l'arcane précédent qui éclaire notre figure, 
c'est la lumière créatrice directe, la lumière du Dieu de notre 
Univers qui se répand à flots. 

L'enceinte de murailles indique que nous sommes tou- 
jours dans le monde visible ou matériel. Les deux enfants 
symbolisent les deux fluides créateurs positif et négatif de 
l'être naissant. 

1. Réveil de l'Esprit. Transition du monde matériel au 
inonde divin. La matière faisant fonction de Dion, 

Les Éléments. 

2. Le corps de l'homme se renouvelle. 

La Nutrition. La Digestion. 

3° La matière du monde commence son ascension vers 
Dieu. 

Le Règne minéral. 



- 186 — 

19 p 
Le Soleil. 



RAPPORTS 



Hiéroglyphe ( Hache 

primitif ( arme tranchante 



Astronomie 



Mois 



Les Poissons 



Février 



Lett. hébraïque Goph (simple) 



SIGNIFICATIONS 



LES ELEMENTS 



LA NUTRITION 



La Digestion 



LE RÈGNE MINÉRAL 



— 187 




MME, 



_je 



20 Ile jugement I ^ 




20 1 



20 e lettre hébraïque (le Resh) 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA VINGTIÈME LAME DU TAROT 

Le resch exprime hiéroglyphiquement la tête de l'homme. 
De là l'idée de tout ce qui possède en soi un mouvemenl 
propre et déterminant. C'est le signe (\\\ Mouvement propre, 
bon ou mauvais; il exprime le renouvellement des choses 
quant à leur mouvement. 

Le resch est une lettre double et répond astronomique- 
mnnt à Saturne. 



188 



VINGTIÈME LAME DU TAROT 

Le Jugement. 

Un ange aux ailes de l'eu, placé dans une auréole de gloire 
fulgurante, sonne la trompette du jugement dernier. Une 
croix le décore. 

Un tombeau s'ouvre sur la terre et un homme, une femme 
et un enfant en sortent, joignant les mains en signe d'ado- 
ration. 

Comment exprimer plus magnifiquement le réveil de la 
nature sous l'influence du Verbe? Comment ne pas être 
rempli d'admiration en voyant la façon dont le symbole 
répond a l'hiéroglyphe hébraïque correspondant? 

1. Retour au monde Divin. — L'Esprit reprend enfin 
possession de lui-même : 

Le Mouvement propre et déterminant. 

2. La vie se renouvelle par son propre mouvement : 

La Vie végétative, 
La Respiration. 

3. La matière du monde progresse d'un do^v^ ('ans son 
ascension vers Dieu : 

Le Règne végétal, 



189 



20 1 
Le Jugement . 



RAPPORTS 



Hiéroglyphe / La Tète 

primitif ( de l'Homme 



Astronomie 



Jour 



Saturne 



Samedi 



Lett. hébraïque Le resch (double) 



OBSERVATIONS 



SIGNIFICATIONS 



LE MOUVEMENT PROPRE 



et déterminant 



LÀ RESPIRATION 



La Vie végétative 



LE RÈGNE VÉGÉTAL 



— !K8 — 



VINGTIEME LAME DE TAROT 



Le Jugement. 

Un ange aux ailes de feu, placé dans une auréole de gloire 
fulgurante, sonne la trompette du jugement dernier. Une 
croix le décore. 

Un tombeau s'ouvre sur la terre et un homme, une femme 
et un enfant en sortent, joignant les mains en signe d'ado- 
ration. 

Comment exprimer plus magnifiquement le réveil de la 
nature sous l'influence du Verbe? Comment ne pas être 
rempli d'admiration en voyant la façon dont le symbole 
répond à l'hiéroglyphe hébraïque correspondant? 

1. Retour au monde Divin. — L'Espril reprend enfin 
possession de lui-même : 

Le Mouvement propre et déterminant. 

2. La vie se renouvelle par son propre mouvement : 

La Vie végétative, 
La Respiration. 

ii. La matière du monde progresse d'un degré dans son 
ascension vers Dieu : 

Le Règne végétal, 



189 



±0 1 
Le Jugement. 



RAPPORTS 


SIGNIFICATIONS 


Hiéroglyphe / La Tète 
primitif \ de l'Homme 

Astronomie Saturne 


LE MOUVEMENT PROPRE 
et déterminant 


Jour Samedi 

Lett. hébraïque Le resch (double) 


LA RESPIRATION 

La Vie végétative 


OBSERVATIONS 






LE RÈGNE VÉGÉTAL 



100 




LE FOU 



& 




21 e lettre hébraïque (le Schin). 

ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA LAME DU TAROT NE PORTANT PAS 

DE NOMBRE 

Le sliin ' exprime hiéroglyphiquement la même chose 
que Je zaïn (Voy. arc. 7) et le samedi (15) c'est une 
flèche, un objet allant à un but. Mais le mouvement qui étail 
direct dans le zaïn (") eL qui était devenu circulaire dans 
le samedi (D) prend ici la forme du balancement d'un pôle 



1. Ce caractère dérive du son vocal, 1 (iod) passé à L'état de consonne : et il 
joint à son expression originelle les significations respectives des caractères 
7 (zaïn) et £ (samedi). 

(Fabre D'Olivkt.) 



— 191 — 

à l'autre avec un point d'équilibre instable au milieu. Aussi 
le shin est-il le signe de la Durée relative et du mouvement 
qui s'y rapporte, tandis que le samedi exprimait le mouve- 
ment cyclique et par suite la durée absolue. 
Le shin est une des trois lettres mères. 



VINGT-ET-UNIËME LAME DU TAROT SANS NOMBRE 

Le Mat, 

Un homme à l'air insouciant et coiffé d'un bonnet de fou, 
la besace sur l'épaule et les habits déchirés, marche 
sans paraître s'inquiéter outre mesure d'un chien qui lui 
mord les jambes. Il se dirige sans regarder vers un préci- 
pice où se trouve un crocodile prêt à le dévorer. 

C'est l'image de l'état où les passions mènent l'homme 
qui ne sait pas leur résister. C'est le symbole de la Chair 
et de ses satisfactions. Au point de vue moral les quatre vers 
suivants d'Eliphas Levi expliquent à merveille ce symbole : 

Souffrir c'est travailler, c'est accomplir sa tâche. 
Malheur au paresseux qui dort sur le chemin ; 
La douleur, comme un chien, mord les talons du lâche 
Qui, d'un seul jour perdu, surcharge un lendemain. 

1 . Retour plus actif au Monde divin. La personnalité 
s'affirme : 

Le Mouvement de durée relative. 

2. L'intellectualité s'ébauche sous l'influence de l'évo- 
lution : 

L'Innervation, — L'Instinct. 

3. La matière du monde arrive au maximum de sa pro- 
gression matérielle : 

Le Règne animal. 



— 192 — 
Le Mat. 



RAPPORTS 



Hiéroglyphe j plèche 
primitif \ 



, i ., - S Le schin 
Lett.hebraiqueJ (unedes3mères 



OBSERVATIONS 



SIGNIFICATIONS 



LE MOUVEMENT 

de 

Durée relative 



L'INNERVATION 



L'Instinct 



LE HÈGNE ANIMAL 



— 19:j — 




21 



LE MONDE 



n 




±± n 



22 e lettre hébraïque (le Thau). 



ORIGINE DU SYMBOLISME DE LA VINGT ET UNIÈME LAME DU TAROT 



Le thau exprime hiéroglyphiquement le sein, de même que 
ledaleth (quatrième lame); mais c'est surtout le signe de la 
réciprocité, l'image de tout ce qui est mutuel et réciproque. 
C'est le signe des signes, car à l'abondance du caractère 
daleth (1 quatrième lame), et à la force de résistance et de 
protection du caractère t3 (teth neuvième lame), il joint 
l'idée de perfection dont il est est lui-même le symbole. 

Dans les alphabets hébraïques primitifs, le teth était 
ligure par une croix (-[-). Cette lettre est double et repré- 
sente astronomiquement le Soleil. 



13 



— 194 — 
VINGT-DEUXIÈME LAME DU TAROT 

Le Monde. 

Une jeune fille nue tenant une baguette dans chacune de 
ses mains et les jambes croisées l'une sur l'autre (comme le 
Pendu de la douzième lame) est placée au milieu d'une 
ellipse. Aux quatre coins de celle-ci sont figurés les quatre 
animaux des Évangélistes et les quatre formes du Sphinx : 
L'Homme, le Lion, le Taureau et l'Aigle. 

Ce symbole représente le Macrocosme et le Microcosme, 

c'est-à-dire Dieu et la Création ou la Loi de l'absolu. Les 

quatre figures placées aux quatre coins représentent les 

quatre lettres du nom sacré ou les quatre grands symboles 

du Tarot. 

Le Bâton ou iod — Feu 

La Coupe ou hé — Eau 

Le Glaive ou vau — Terre 

Le Cercle ou 2 e hé — Air. 

On peut figurer ainsi ces rapports : 

Bâton Denier 



/ 

Coupe Epée 

Entre le mol sacré figurant Dieu et le centre de la figure 
se trouve un cercle ou une ellipse représentant la Nature 
et son cours régulier et fatal, de là le nom de Rota, roue, 
que lui donne Guillaume Postel. 

Enfin, le centre de l;i figure représente l'humanité Adam 



— 195 — 



Eve, troisième terme de la grande série de l'Absolu qui est 
ainsi constitué : 

L'Absolu impénétrable, En Soph des Kabbalistes, Parabraiim 
des Indous: 

L'Esprit de l'Absolu ou Dieu [** septénaire 

L'Ame de l'Absolu ou l'Homme 2 e septénaire 
Le corps de l'Absolu ou l'Univers 3 e septénaire. 

Cette vingt et unième lame du Tarot nous montre donc 
en elle le résumé de tout notre travail et nous prouve 
rigoureusement la vérité de nos déductions. 

Une figure simple résume tout cela. 



\v A A 

U , Hu >f Ni f 






l/CUL 



Ce symbole nous donne aussi exactement la ligure de la 
construction du Tarot lui-même si nous remarquons que la 
figure du centre reproduit un triangle (tête et deux bras 
étendus) surmontant une croix (jambe), c'est-à-dire la ligure 
du septénaire ainsi formé A . 

Les quatre coins reproduisent alors les quatre grands 
symboles du Tarot. Le milieu représente l'action de ces 
symboles entre eux figurée parles dix nombres des arcanes 
mineurs et les vingt-deux lettres des arcanes majeurs. 
Enfin le centre reproduit la loi septénaire des arcanes ma- 
jeurs eux-mêmes. 



— 196 — 

Comme ce septénaire est au centre de trois cercles 
représentant les trois mondes, on voit que le sens des 
vingt et un arcanes se trouve encore une fois déterminé 
(3X7 = 21). : 

La figure suivante indique l'application de la vingt et 
unième lame au Tarot lui-même. 




Nous verrons de même que cette lame du Tarot donne la 
clef de toutes les applications de notre jeu à l'Année, à la 
Philosophie, à la Kabbale, etc., etc. 



197 



LE TERNAIRE DE TRANSITION 



Eps Eléments 



Le Mouvemenl 

propre et 

déterminant 




Le Mouvement 

de 
Durée relative 



Reproduction- Divine 



La Nutrition 



Le Règne minéral 



La Respiration 

La Vie 

végétative 




19 




L'Imiervali 
L'instinci 



Réuni' végétal 




19 




Règne animal 



Reproduction de l'Homme Reproduction de l'Univers 



il 



L'Absolu 

renfermant en lui 

Dieu 

l'Homme 

l'Univers. 



A l'auteur « des Grands Mystères 

Le philosophe Eugène Nus. 



CHAPITRE XIV 

RÉSUMÉ GÉNÉRAL DU TAROT SYMBOLIQUE 

THEOGONIE - \NDRQG0N1E - COSMOGONIE 

Iavolution et évolution. - - Théogonie. L'absolu d'après WronjU Lacuria 
et le Tarot- Théogonies des diverses religions identiques a celle du iarot. 
— Résumé. Audrogonie. — Cosmogonie. _ 

Tableau résumant le symbolisme de tous les arcanes majeurs et permettant de 
déterminer immédiatement la définition du sens de l'un quelconque de ces 



arcanes. 



RÉSUME GÉNÉRAL DU SYMBOLISME 
DES ARCANES MAJEURS 

THÉOGONIE — ANDROGONIE — COSMOGONIE 

Après avoir terminé notre étude de chacun des vingt- 
deux arcanes majeurs considérés séparément, il nous faut 
résumer le mieux possible les enseignements qui peuvent 
découler de cette longue exposition. 

Ainsi que nous l'avons déterminé lors de l'étude de la 
première lame, trois principes premiers sont considérés 
dans leur évolution, ce sont : l'Univers, l'Homme et Dieu. 



— 200 — 

Il suffit de se rappeler grosso modo le sens de chacune des 
lames du Tarot pour constater l'existence d'une progres- 
sion fort bien établie qui part de Dieu le Saint-Esprit pour 
aboutir à la Matière en passant par une foule de modalités 
diverses. De la Matière il existe une autre progression qui 
évolue vers le point d'origine primitif : Dieu. 

Ce double courant de Matérialisation progressive du 
Divin, ou Involution, et de Divinisation progressive du Maté- 
riel ou Évolution, a été trop bien étudié par notre éminent 
ami Ch. Barlet pour que nous voulions y changer quoi que 
ce soit; aussi donnons-nous plus loin in extenso ce travail 
si intéressant qui mettra le lecteur à même de voir la con- 
cordance absolue qui existe entre nos conclusions ame- 
nées par des points de départ différents. 

Ce que nous voulons faire ici c'est résumer le plus claire- 
ment possible les sens des arcanes majeurs du Tarot consi- 
dérés sous un point de vue synthétique. D'après ce qui 
précède, on voit qu'il ne s'agit de rien moins que d'une 
véritable Cosmogonie ou étude de la création de Y Univers, 
couronnée par une Androgonie ou étude de la création de 
Y Homme et même par un essai de Théogonie ou élude de la 
création propre de Dieu. 

THÉOGONIE 

A l'origine, le Tarot place F Absolu indéterminé et indé- 
terminable, I'Un à la fois conscient et inconscient, affirmatif 
el négatif, force Jet matière, innomable, incompréhensible 
pour l'homme '. 

L'Unité se manifeste à elle-même par trois termes, termes 
les plus élevés et les plus généraux auxquels puisse atteindre 

1. Ch. Barlet, Initiation, |>. 10. 



— 201 — 

la compréhension humaine, termes formant la base de 
toutes les théogonies et désignant sous une foule de noms 
des principes identiques. 

1° Le premier de ces termes symbolise Y Activité absolue 
dans toutes ses acceptions, l'origine de tout mouvement, 
de toute force masculine et créatrice. 

Dieu le Père — Osiris — Braiima — Jupiter. 

2° Le second de ces termes symbolise la Passivité absolue 
dans toutes ses acceptions, l'origine de tout repos, de toute 
force féminine et conservatrice. C'est le principe humide de 
la nature comme le premier en était le principe igné. 

Dieu le Fils — Isis — Yichnou — Junon. 

3° Le troisième de ces termes est le plus important à 
considérer. C'est lui qui synthétise dans une Unité les termes 
précédents; c'est par lui que nous devrions commencer 
toute étude, car aucun être n'est concevable que considéré 
synthétiquement et le troisième terme est l'origine de toute 
synthèse. C'est Y Union absolue dans butes ses acceptions, 
l'origine de toute réalité, de tout équilibre, de toute force 
équilibrante et transformatrice. C'est le principe mercuriel 
de la nature équilibrant les deux premiers. 

Dieu le Saint-Esprit — Horus — Siva — Vulcain. 



* 



Il est nécessaire d'entrer ici dans quelques détails sous 
peine de rendre incompréhensibles toutes les déductions 
postérieures. 

Nous avons dit qu'aucun être n'est concevable que con- 
sidéré synthétiquement, il nous faut expliquer notre pensée. 
Prenons pour exemple l'homme afin d'être clair, suivant ce 



— 202 — 

mot de Claude de Saint-Martin : « Il faut, expliquer la nature 
par l'homme et non pas l'homme par la nature. » 

L'homme, considéré synthétiquement, se compose à 1 un 
corps animé et agissant. 

Si nous voulons concevoir ce corps sans tenir compte de 
son animation ou de sa faculté d'agir, immédiatement la 
réalité disparaît, ce n'est plus un homme que nous avons 
devant nous, c'est un fantôme créé par notre esprit, fantôme 
que nous pouvons analyser, étudier dans ses subdivisions; 
mais qui, n'offrant aucune idée de synthèse, n'existe pas en 
réalité. 

Si, de même, nous voulons concevoir séparément le prin- 
cipe qui anime ce corps, qui le fait vivre, immédiatement la 
réalité disparait. 11 nous est impossible de séparer la vie de 
l'idée de corps, de concevoir ce que pourrait bien être 
cette chose qu'on appelle la Vie humaine si nous voulions y 
voir une espèce d'être métaphysique. C'est sur ce point que 
les savants matérialistes ont le plus de prise contre les 
idéalistes exclusifs. 

La difficulté devient encore plus considérable s'il s'agit 
du principe qui fait agir ce corps, de la Volonté, de l'Ame. - 
L'analyse, ici comme partout, pourra s'introduire, mais il 
nous sera presque impossible de concevoir ce que peut bien 
êtrel'âmenon revêtue d'une forme, c'est-à-dire d'un principe 
autre qu'elle-même. Nous nous figurons une petite boule, 
une tête ailée, enfin tout ce qu'on voudra, mais jamais l'âme 
considérée individuellement . 

Au contraire, disons-nous un homme, instantanément ces 
trois termes ainsi synthétisés prennent une consistance, 
deviennent l'expression d'une réalité el un être formé d'un 
corps, d'une vie et d'une volonté se définit très clairement. 

Cette action synthétique, source de toute existence et de 
toute réalité, est le propre du troisième terme de notre 



— 203 — 

trinité de principes. Voilà pourquoi il faudrait commencer 
l'étude de quelque réalité que ce fût par ce troisième terme. 
C'est ce que fait toujours Hœné Wronski qui nomme ce 
principe Elément neutre et le place à l'origine de toutes ses 
études. 



* 



Il résulte de tout cela que la trinité formée par les trois 
termes que nous avons spécifiés doit être considérée sous 
deux aspects : 

1° Ou doit tout d'abord voir la synthèse de cette trinité, 
synthèse qui est la raison d'être de sa réalité. Le troisième 
terme (Dieu le Saint-Esprit) résume en lui ces conditions ; 

2° On doit ensuite analyser cette synthèse en la décom- 
posant en ses trois termes constituants et en déterminant 
Inexistence des deux termes opposés, actif et passif, positif 
et négatif. Tl faut ne pas oublier que pendant cette analyse 
on détruit la réalité de l'être ainsi fractionné. 

Trois termes constituent donc toute réalité de quelque 
ordre que ce soit et ces trois termes se résument dans un 
seul tout. Cette vérité s'applique aussi bien en physique 
qu'en métaphysique; les travaux de Louis Lucas sur la 
physique et la chimie l ceux de Wronski sur les mathéma- 
tiques 2 sont un argument irrésistible à opposer à ceux 
qui pensent qu'un principe philosophique est une sornette 
sans portée pratique. 

Le troisième terme de notre série théogonique ou Dieu 
le Saint-Esprit représente donc le corps total de Dieu qui 
peut s'analyser ainsi : 

1. Louis Lucas, la Chimie nouvelle, Paris, 18J>4, in-18. 

2. Wronski, Messianisme 182o, in-fol., et Surtout ApodictiqUe tneSSiCMiQUe 
1876, in-fol. 



— 20ï — 

Dieu le Saint-Esprit 

Synthèse 

3 

Dieu le Fils Dieu le Père 

Antithèse Thèse 

2 1 

Pour résumer tout ce que nous avons étudié jusqu'ici, 
nous dirons que nous avons découvert tout d'abord : 

l°Un principe indéterminable et innomable que nous 
nous contenions d'affirmer. 

2° Ce principe synthétique analysé se présente sous la 
forme d'une trinité ainsi constituée : 

Neutre 
ce 

PRINCIPE SYNTHÉTIQUE 




Négatif Positif 

+ 

PRINCIPE PRINCIPE 

NÉGATIF POSITIF 

2 1 

Si nous voulions employer une image vulgaire, mais 
très suggestive nous dirions : 

Dieu est ainsi défini par le Tarot quant à sa constitution : 

L'Esprit de Dieu ou Dieu le Père. 

L'âme de Dieu ou Dieu le Fils. 

Le Corps de Dieu ou Dieu le Saint-Esprit 1 . 



* 



11 nous reste à montrer maintenant que les conclusions 
du Tarot sont identiques avec celles de tous les auteurs qui 

1. Esprit est pris ici dans le sens de principe èupérieur et créateur, Ame 
dans le sens de principe médian et animateur. Beaucoup d'auteurs prenant 
ces mots dans un sens différent, il est utile de faire connaître son avis 
à ce sujet. 



— 205 — 

ont traité d'une façon élevée la question et avec toutes les 
théogonies supérieures de l'antiquité. 

1° AUTEURS PRINCIPAUX QUI SE SONT OCCUPÉS DE LA QUESTION 

Nous allons prendre parmi les auteurs qui ont étudié 
cette question des principes premiers, deux écrivains partis 
de points de vue différents et qui viennent appuyer les con- 
clusions du Tarot : Lacuria etWronski. 



F. -G. Lac ai 



M. 



Dans son livre des Harmonies de l'Être exprimées par 
les nombres, cet auteur éminentpart, dans ses déductions, 
de trois mots de saint Jean : Vita, Verbum, Lux. 11 analyse 
chacun de ces termes, établit leur rapport avec la trinité des 
chrétiens et détermine chacun des éléments de cette 
trinité : 

« Voilà donc la Trinité : le Père, qui est vie ou immen- 
sité; le Fils qui est verbe ou forme et distinction ou 
variété ; le Saint-Esprit qui est lumière et amour ou unité. 
Et ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu, et leur 
unité est non seulement dans le fait éternel de leur exis- 
tence, mais dans l'essence des choses, car elles sont insépa- 
bles dans la pensée ; on ne peut les concevoir l'un sans 
l'autre. » (p. 43.) 

Au commencement est l'être, l'être n'est pas indéter- 
miné, mais il se distingue du non-ètre; il voit qu'il est 
l'être, et ces deux points de vue, participant à l'unité de la 
substance qu'ils affectent, produisent par leur union la 
Conscience qui est aussi la lumière ou l'harmonie (p. 333, 
2 e vol.) 





— 206 — 




+ 




— 


L'Être 




Le Non-Ètre 


Le Père 




Le Fils 


La Yie 


oc 
La Conscience 
Le Saint-Esprit 
La Lumière. 


Le Verbe 



Principes premiers de Lacuria. 



Hœnê Wrçmshi. 



Cet auteur nous intéresse d'autant plus que ses conclu- 
sions non seulement concordent avec les données du Tarot, 
mais encore les éclairent d'un jour magnifique. Ecoutons- 
le donc (Apodictique, p. 5) : 

Ainsi la réalité de l'absolu, la Réalité en elle-même, ou 
la réalité en général, est incontestablement la première 
détermination de l'essence même de l'absolu, et par consé- 
quent le principe premier de la raison, sans lequei comme 
condition indispensable, ainsi que nous venons de le recon- 
naître, toutes ses assertions quelconques n'auraient aucune 
valeur. Et c'est sur ce principe fondamental de la raison, 
sur celte condition indestructible et indispensable à tous 
égards, que nous allons établir, avec la même infaillibilité, 
la philosophie absolue elle-même. 

D'abord, cette réalité de l'absolu que nous venons de 
reconnaître si profondément, se produit ou se crée elle- 
même; car, comme nous l'avons déjà arrêté irrévocablement, 
l'absolu, ce terme indispensable de la raison, est ce qui est 
par soi-même. Ainsi cette génération propre, cetle aulogé- 
nie de la réalité de L'absolu, celle création par soi-même, 



— 207 — 

est manifestement une deuxième détermination de ï essence 
même de l'absolu; et la condition par laquelle seule peut 
avoir lieu cette détermination constitue, tout aussi manifes- 
tement, et dans toute sa pureté primitive, la faculté que 
l'on désigne du nom de savoir (Xo-yoç, das Wissen.) 

Nous découvrons donc, comme deuxième attribut essen- 
tiel de l'absolu, le Savoir, cette faculté primordiale qui est 
la condition de toute création, ou plutôt qui est la faculté 
créatrice elle-même, et qui, dans sa plus haute puissance, 
où nous venons de la reconnaître, est, si on peut le dire 
ainsi, l'instrument de V autogénie c'est-à-dire la faculté de 
la création par soi-même. Et par conséquent nous dé- 
couvrons, dans le savoir, porté à cette plus haute puissance 
créatrice, le deuxième principe de la raison, tout aussi 
infaillible que l'absolu lui-même dont nous venons de le 
déduire. 

Ensuite, considérant que, dans la réalité de l'absolu, le 
résultat nécessaire de son savoir ou de sa création propre 
est une Fixité permanente, parce que, précisément à cause 
qu'il est par soi-même, l'absolu ne saurait être autrement 
qu'il est, on concevra que cette fixité permanente dans la 
réalité de l'absolu, qui est proprement son autothésie, cons- 
titue une troisième détermination de l'essence même de 
l'absolu, et l'on reconnaîtra facilement que cette fixité, 
cette permanente invariabilité, cette inaltérabilité propre, 
n'est rien autre que cette condition de la réalité que nous 
désignons du nom d'être (fi>v, das Seyn). 

Ainsi nous découvrons, comme troisième attribut essen- 
tiel de l'absolu, l'Etre, cette condition de la fixité dans la 
réalité, et par conséquent de sa force ou de son inaltéra- 
bilité propre, laquelle, dans l'absolu, constitue son autothé- 
sie elle-même. Et par conséquent, nous découvrons dans 
l'être, considéré presque dans son origine autothétique le 



— 208 — 

troisième principe de la raison, tout aussi infaillible que 
l'absolu lui-même, dont nous l'avons déduit. 

Nous possédons ainsi déjà les trois principes premiers 
de la raison, qui, comme nous venons do le voir, sont les 
trois premières déterminations de l'essence même de l'ab- 
solu. De plus, si l'on remarque, d'une part, que le savoir et 
Fêtrc, en les prenant dans toute leur généralité, sont oppo- 
sés, l'un à l'autre, comme sont opposées Tautogénie et 
l'aulothésie, dont ils constituent les conditions, ou comme 
le sont la spontanéité et l'inertie, qui forment leurs ca- 
ractères, et, si l'on remarque d'autre part, que le savoir 
et l'être, ces conditions opposées, se trouvent neutralisés 
dans toute Réalité en général, qui, d'après la déduction 
que nous en avons donnée, est le principe fondamental de 
la raison, sa base primitive, on concevra que ces trois prin- 
cipes que nous venons de découvrir dans les déterminations 
de l'essence même de l'absolu, sont proprement les trois 
principes primitifs du Savoir Suprême ou de la Philo- 
sophie. 

+ - 

Le Savoir L'Être 

L'Autogénie L'Autothésie 

Principe du Mouvement Principe de la fixité 

oo 
La Réalité 

Principe de l'existence. 
PRINCIPES PREMIERS DE WRONSKI 

±" Théogonies des diverses relu /ions 

Nous avons voulu montrer les trois principes premiers 
du Tarot dans leur identité avec les découvertes philoso- 
phiques de quelques auteurs modernes. 11 suffit de se 



— 209 



reporter à l'étude du premier arcane pour voir les conclu- 
sions de Fabre d'Olivet et de Claude de Saint-Martin sur le 
même sujet; aussi voulons-nous maintenant dire quelques 
mots de l'identité des déductions du Tarot avec les données 
religieuses de plusieurs peuples. 



THEOGONIE ÉGYPTIENNE 

Osiris est une émanation du Grand Être, il se révèle en 
trois personnes : 

Ammon qui met au jour les modèles non révélés des choses : 
c'est la Puissance. 

Phta le démiurge, éternel ouvrier réalisant les idées primi- 
tives : c'est la Sagesse. 

Osiris l'auteur du bien, la source de toute la vie : c'est la 
Bonté. 

« Le dieu égyptien, quand il est considéré comme cette 
force cachée qui amène les choses à la lumière, s'appelle 
Ammon; quand il est celui qui accomplit toute chose avec 
art et vérité il s'appelle Phta; enfin quand il est le dieu bon 
et bienfaisant on le nomme Osiris ». 

(Jamblique.) 

Principe indéterminable 
Ra 

Trinité divine : 

Ammon Phta 

x 
Osiris 



14 



— 210 — 

THÉOGONIE INDOUE 
Principe indéterminable 





Parabrahm 




+ 




— 


Braiima 




VlCHNOU 


Créateur 


GO 

Si VA 

Transformateur. 


Conservateur 



Voici de plus une analyse de cette conception appliquée 
à la Cosmogonie : 

COSMOGONIE INDOUE PRIMITIVE D'APRÈS LE RIG-VEDA 

Il n'y avait ni être ni non-être, ni éther ni cette tente du 
ciel; rien d'enveloppant ni d'enveloppé. Il n'y avait ni mort 
ni immortalité; rien ne séparait la nuit obscure du jour 
lumineux. 

Mais celui-là, lui, respirait seul avec elle dont il soutient 
la vie dans son sein. Autre que lui rien n'existait qui depuis 
ait existé. Les ténèbres le couvraient semblable à un océan 
que rien n'éclaire. Cet univers était indistinct, comme les 
fluides mêlés dans les eaux; mais cette masse, qui était 
couverte d'une croûte, fut à la fin organisée par le pouvoir 
delà contemplation. 

Le premier désir fut formé dans son intelligence ; et il 
devint la semence productive originaire. Cette semence 
productive devint Providence ou âmes sensibles; et Matière 
ou Eléments, elle qui est soutenue par lui dans son sein fut 
la partie inférieure, et lui qui observe fut la partie supé- 
rieure. Qui connaît exactement et qui pourra affirmer dans 
ce monde, d'où et comment cette création a eu lieu? Les 
dieux sont postérieurs à cette création du monde. 



— 211 — 



THÉOGONIE KABBALISTIQUE 

Principe indéterminable 
EN. SOPH 
L'Absolu 

Trinité divine : 

+ 
Ghocmah BlNAII 

La Sagesse absolue L'Intelligence absolue 

oc 

Kether 

La Puissance équilibrante absolue. 

Nous pourrions pousser plus loin ces comparaisons; mais 
il est inutile d'allonger notre étude outre mesure. Le lecteur- 
curieux pourra consulter lui-même les résumés des théo- 
génies antiques 1 et voir la concordance universelle des 
principes primitifs dans toutes les religions. 

Il nous suffit d'avoir déterminé l'universalité de nos trois 
premiers principes que nous nommerons, avec les chrétiens, 
pour être mieux compris : 

+ 
Dieu le Père Dieu le Fils 

oo 

Dieu le Saint-Esprit 



* 



Ces principes une fois déterminés, nous allons les voir en 
action dans la suite de la création. 

Le premier principe s'était manifesté à lui-même son 

1. Voyez surtout P. Renaud, Nouvelle symbolique, Paris, 1877, in-8. 



— 212 — 

existence dans le second principe nommé par les chrétiens : 
le Fils. Enfin ces deux principes s'étaient réalisés dans le 
troisième qui leur donne corps. Voilà pourquoi nous avons 
nommé tout à l'heure le Saint-Esprit, corps de Dieu. 

Or, la même loi de création agissant dans les rapports du 
premier principe avec le second va se manifester dans 
l'action du premier ternaire sur lui-même pour donner 
naissance à la Trinité suivante. 

Dieu le Père, principe de la Volonté, se réfléchit tout 
entier dans le rude Adam, principe du Pouvoir; Dieu le Fils 
principe de Y Intelligence se réfléchit dans la gracieuse Eve, 
principe de Y Autorité. Enfin Dieu total ou Dieu le Saint- 
Esprit donne corps à ces deux unités mystiques et en fait 
une réalité dans la création équilibrée d'Adam-Ève ou de 
1 'Humanité. 

h' Humanité, image de l'Amour, contient aussi en elle un 
principe rude et astringent (dirait Jacob Boëhm 1 ) et un 
principe doux et insinuant (Jacob Boëhm). Le premier de 
ces principes symbolisé par Adam est l'origine de la Force 
brutale, du Pouvoir dans toutes ses manifestations. Le se- 
cond, symbolisé par Eve, est l'origine de la Grâce féminine, 
de l'Autorité. Nous avons vu que le Pouvoir et l'Autorité 
s'équilibraient dans l'Amour. 

Chaque homme, molécule réfléchie de l'humanité et fait à 
son image, contient en lui un Adam, source de la Volonté; 
c'est le Cerveau; une Eve, source de l'intelligence, c'est le 
Cœur; et il doit équilibrer le cœur par le cerveau, et le 
cerveau par le cœur pour devenir un centre d'amour divin. 

11 en est de même de l'homme et de la femme, repré- 
sentant également Adam et Eve (nin Eve, la vie). 

Mais de même que le Père et le Fils sont devenus réalités 

I. Jacoh Boëhm. Les Trois principes. 



— ^13 - 



dans le Saint-Esprit, de même qu'Adam et Eve ont pris 
corps dans l'Humanité, de même le troisième ternaire va 
prendre naissance de l'action réciproque des deux autres. 

La Nature naturante ou créatrice va prendre naissance 
sous l'action et la réaction réciproque de Dieu le Père et 
d'Adam, les deux principes créateurs actif et passif. C'est 
ainsi que naît le Fluide universel créateur équilibrant et réa- 
lisant en lui la volonté et le pouvoir. 

De même encore la Nature naturée ou conservatrice va 
naître, réalisant l'union de Dieu le Fils et d'Eve, en même 
temps que naîtra le Fluide universel conservateur ou la Vie 
universelle équilibrant et réalisant l'Intelligence etl'Autorité 
qui définissent ses qualités propres. 

Enfin le Saint-Esprit et l'Humanité, le corps divin et le 
corps humain vont s'unir et se manifester éternellement 
dans l'Univers vivant source de l'Attraction universelle. 

De même que le Saint-Esprit était le corps de Dieu, le 
Fils son âme et le Père son Esprit, de même que l'Humanité 
était le corps d'Adam, Eve sa vie, ou son âme et Adam son 
Esprit ; de même : 

L Univers <>st le corps de Dieu, 
L'Humanité est l'âme de Dieu, 
Dieu lui-même est F esprit de Dieu. 

Par là nous voyons la vérité de l'opinion des Panthéistes 
qui conçoivent Dieu comme l'ensemble de l'Univers; mais 
nous voyons aussi leur erreur quand ils lui refusent toute 
conscience propre. De même que la conscience de l'homme 
est indépendante des millions de cellules qui constituent 
son corps, de même la conscience de Dieu est indépendante 
des molécules de l'unwers et de l'homme qui forment son 
corps et son âme. On pourrait détruire l'univers en partie, 
sans amoindrir en rien la Personnalité Divine, de même 



— 214 — 

qu'on peut couper les quatre membres à un homme sans 
qu'il cesse d'avoir conscience de l'intégrité de sa person- 
nalité. Voilà pourquoi les conclusions de Schopenhauer et 
d'Hartmann sont en partie erronées. 

Avant de quitter cette étude admirons une fois encore 
ce livre merveilleux, ce Tarot symbolique qui définit ainsi 
Dieu : ' 

Dieu est l'Absolu, dont l'essence est impénétrable, cons- 
titué par l'Univers comme corps, par l'Humanité comme 
âme et par lui-même comme Esprit. 



L'Esprit 
de Dieu 



L'Ame 

de Dieu 



Le Corps 
de Dieu 



- 215 



THÉOGONIE 



DIEU INCONNU 



Dieu le Père 



Dieu le Fils 



Adam 



La Nature 
Naturante 



Dieu le Si-Esprit 



Adam-Eve 
L'humanité 



L'Univers 



Eve 



La Nature 
Naturée 



Volonté 



Pouvoir 



Fluide universel 
créateur 



Beauté 



Amour 



Intelligence 
ou Intuition 



Auto ri lé 



Fluide universel 
conservateur 
Attraction ou y j e universelle 
u n iversclle 



— 216 — 



ANDROGONIE 

Chaque homme contient en lui un Adam source de la 
Volonté, c'est le Cerveau; une Eve source de l'Intelligence l , 
c'est le Cœur, et il doit équilibrer le cœur par le cerveau et 
le cerveau par le cœur pour devenir un centre d'amour 
divin. 

Dans l'Humanité, principe Réalisateur passif de Dieu lui- 
même, le Père et le Fils Divin sont représentés par l'Homme. 

L'homme faisant fonction de Dieu le créateur, c'est le 
Père, la femme faisant fonction de Dieu le conservateur 
c'est la Mère, enfin l'Amour humain réalise la Divinité 
totale dans l'Humanité. 

La famille humaine est donc la représentation sur la terre 
de la Divinité, c'est ce que le Tarot nous enseigne par ses 
arcanes mineurs (roi ou père, dame ou mère, cavalier ou 
jeune homme, valet ou enfant); c'est ce que la science 
antique avait si bien compris quand elle basait son organi- 
sation sociale tout entière sur la famille, au lieu de la baser 
sur F individu comme nous le faisons à notre époque 2 . Si 
nous voyons encore la Chine vénérable maintenir depuis 
de longs siècles son organisation sociale, c'est encore au 
principe de tout établir sur la famille qu'il faut rapporter 
cette durée 3 . 

Le Ternaire humain a pour caractéristiques : Adam, la 
nécessité, image et reflet de la Volonté et du Pouvoir ; Eve, la 
Liberté, image et reflet de l'Intelligence et de l'Autorité et 



1. Intelligence est fuis ici dans le sens d'Intuition et imn dans le sens 
que lui attribue généralement la Philosophie Universitaire. 

2. Voy. Saint- Yves d'Alveydre, Mission des Juifs, 1884. 

3. Voy. Simon, ta Cite chinoise, 1886, in-8. 



— 217 — 

Adam et Eve, la Charité, image et reflet de l'Amour et de 
la Beauté qui en donnent les termes constituants. 

La Réalisation, la Justice équilibrée par la Prudence, 
indiquent la constitution morale de l'Homme tandis que la 
Lumière astrale positive (ou OD), la Lumière astrale né- 
gative (ou OB) et le Fluide astral équilibré (ou AOUR), 
montrent l'origine de sa constitution physique. 

La Puissance magique, le Courage et l'Espérance mani- 
festent les qualités morales de l'homme, tandis que la Force 
en puissance de manifestation, l« Vie réfléchie et la Force 
équilibrant les deux précédentes indiquent l'influence de 
l'Univers en lui. 

Ainsi la loi qui gouverne toutes ces manifestations de 
Dieu dans la série de ses créations c'est [Emanation. 

Du centre unique mais insondable émane tout d'abord 
une Trinité de principes absolus qui va servir de modèle à 
toutes les émanations postérieures de l'Être principe lui- 
même. Chacun des éléments de cette trinité se manifeste 
dans deux grandes émanations dont il est la source ; 
le premier principe ou le Père émane successivement 
Adam et la Nature créatrice, naturante, suivant Spinoza; le 
deuxième principe ou le Fils émane de môme Eve et la 
Nature naturée ou réceptrice ; enfin le troisième principe 
ou l'Esprit-Saint sert de modèle à la constitution identique 
d'Adam-Ève ou l'Humanité et de l'Univers. 

C'est ainsi que le Ternaire émané de l'Unité mystérieuse se 
trouve constituer bientôt un Septénaire formé par les éma- 
nations diverses de ces trois Principes, comme les Sept 
couleurs de la gamme lumineuses formées des combi- 
naisons de trois couleurs simples émanées elles-mêmes de 
l'unique lumière, comme les sept notes de la gamme 
musicales constituées par la trinité fondamentale des 
sons. 



— 218 — 

Le Septénaire « formé de deux Ternaires au milieu des- 
quels se tient l'Unité 1 » est donc l'expression d'un être com- 
plètement constitué, c'est ce que viennent confirmer les 
récentes données de la Théosophie indoue sur les sept prin- 
cipes de l'Homme et sur les sept principes de l'Univers' 1 . 

On pourrait appliquer le Tarot à l'explication de ces 
données; mais nous ne doutons pas que ce ne soit bientôt 
fait et nous jugeons inutile d'allonger démesurément notre 
travail trop volumineux. 

Nous conclurons donc notre étude sur l'homme en signa- 
lant sa constitution donnée par le Tarot qui enseigne que 
son corps vient de l'Univers, que son âme vient du plan 
astral et que son Esprit est une émanation directe de 
Dieu 3 . 



1. Sepher Jesirah (Irad. Papus),chap. VI. 

2. Voy. Sinnet, Esoteric Buddhism, H. P. Blavalsky, Secret doctrine; et 
toutes les publications de la Société théosophique. 

3. Voyez pour plus de développement les œuvres de Paracelse et de 
van Helmont. 



219 



ANDROGONIE 



L'esprit 
de l'homme 

(intellectuel) 



L'Âme 

de l'homme 

(moral) 



Adam créateur 
le père 



Réalisation 



Le Corps Lumière astrale 
de l'homme nu- 

non matérialisé 
(physique) 



L'amour 



Prudence 



Eve conservatrice 
la mère 



Fluide astrale 
(aour) 



Justice 



Existence 
élémentaire 

(OB) 



Nécessité 



Puissance magique 

(vouloir) 



Manifestation 
potentielle 



Charité 



Espérance 



Force équilibrante 



Liberté 



Courage 

(oser) 



Vie réfléchie 
et passagère 



— 220 — 



COSMOGONIE 



A mesure que nous descendons l'échelle des émanations 
de l'Être absolu les principes deviennent plus matériels et, 
partant, moins métaphysiques. Le Tarot nous enseigne que 
l'Univers résulte de la participation de l'Humain aux actes 
créateurs du Divin, profond mystère qui peut jeter de vives 
lumières sur les théories théologiques de la Chute. Jacob 
Boëhm, le sublime cordonnier visionnaire, et Claude de 
Saint-Martin son admirateur et son disciple, donnent sur ce 
point des éclaircissements faciles à comprendre avec le 
Tarot et auxquels nous renvoyons les chercheurs curieux. 

Dieu se manifeste dans l'Univers par sa troisième émana- 
tion irinitaire: la Nature /t(//t// , unte,réîùisée dans le Principe 
transformateur universel, la Nature naturée réalisée dans 
l'Involution et enfin dans cette mystérieuse force cyclique 
que nous avons analysée à propos de l'arcane 15 et que 
nous nommerons : la Force fatale du Destin. C'est là le 
Dieu adoré par la science matérialiste et l'on voit, qu'à son 
insu, elle offre ses hommages à la Divinité elle-même sous 
sa forme le plus matérielle, tout en se vantant sottement 
d'Athéisme. 

La Mort, La Vie corporelle et la Destinée qui règle 
leur rapport réciproque vont constituer les principes conser- 
vateurs de l'Univers; enfin la Force plastique, la Vie indi- 
viduelle et la Lumière astrale en circulation vont nous 
montrer les moyens de Transformation et de Réalisation 
dont use le Kosmos. 

Mais ce sont là des principes abstraits ; si nous voulons 
les voir en action considérons le ternaire suivant. Le Prin- 
cipe transformateur universel marque son existence par la 
Instruction des êtres et des choses ; mais aussitôt leprin- 



— 221 — 

cipe opposé, l'Involution, immortalise la Destruction par l'in- 
flux de nouveaux courants divins dans le Chaos. 

De même Adam se matérialise par la chute de son esprit 
dans la matière source de la Mort ; mais la Vie corporelle, 
source de l'Espérance, prend naissance et donne le 
moyen du rachat de la faute par la souffrance dans le 
Corps matériel. 

Enfin apparaît la Matière elle-même, terme ultime de 
l'involution après laquelle va commencer, la grandiose Évo- 
lution vers le centre primitif. 

Il est inutile de dire que nous n'avons voulu que décrire 
rapidement les données du Tarot sur la Théogonie, l'Andro- 
gonie et la Cosmogonie sans entrer dans aucun détail. Ce 
sont là en effet questions fort graves qui demandent à elles 
seules des volumes et nous n'avons jamais eu l'intention de 
les aborder sérieusement en quelques pages. 



222 

COSMOGONIE 

L'Esprit Nature naturante 
de l'Univers en action 

Le Principe 
transformateur 
universel \ 

\ /' 

L'Univers 
en action 

La force fatale 
du Destin 



Nature naturée 
en action 

L'Involution 



L'Ame 
de l'Univers 



La Mort 



La Vie corporelle 



La Destinée 



Le Corps 
de l'Univers 



La Force plastique 



La Vie individuelle 



La Lumière astrale 
en circulation 

Nahash 



La Destruction 



L'Immortalité 



Le Chaos 



LaChuteadamique 



L'Espérance 



Le Corps matériel 



Le Monde visible 



Les Forces 
physiques 



La matière 



— 223 



Résumons donc pour terminer définitivement l'involution 
des trois grands principes : 

de Dieu le Père sont émanés successivement : 



Adam 
La Nature Naturantc 
puis leur forme. 



La Volonté 

Le Pouvoir 

Le Fluide Universel créateur 



Adam réalisé dans le Père a produit la Réalisation et la 
Lumière astrale, tandis que la Volonté se réalisait dans la 
Nécessité, le Pouvoir dans la Puissance magique si le Fluide 
universel créateur dans la Force en puissance de manifes- 
tation. 

La Nature naturante réalisée dans le Principe transfor- 
mateur universel a produit la Mort et la Force plastique 
universelle avec leurs formes : la Destruction, la Chute Ada- 
m/que et le Monde visible. 

Voilà tous les principes émanés successivement du Père 
et qui le réprésentent. Résumons-les en un tableau : 

DIEU LE PÈRE 



Émanations positives 



ADAM 
Le Père 



NATURE NATURANTE 





liéalisalion Lumière 
astrale 



Mort Force 

plastique 



Émanations négatives 



VOLONTÉ POUVOIR FLUIDE CRÉATEUR 




Nécessite\ Puissance 
magique 




Force 
manifestible 



Destruction Chute Monde 

adamique visible 



Les deux tableaux suivants, construits sur le même plan 
que celui-ci, donnent l'émanation des deux autres principes 
du premier ternaire. 



EVE 

La Mère 



— 224 



DIEU LE FILS 



LA NATURE NATURÉE INTELLIGENCE AUTORITÉ VIE UNIVERSELLE 
Iticolution 



Justice Existence Vie 

élémentaire corporelle 



Vin 
individuelle 



Courage , 

Liberté Immortalité / Vie réfléchie 

et passagère 

Espérance Forces 

physiques 



DIEU LE SAINT-ESPRIT 



ADAM — EVE 

L'humanité 

Amour 



LE COSMOS 
Destin 



BEAUTE 



AMOUR ATTRACTION UNIVERSELLE 




La Destinée Charité 

Prudence Fluide astral Xahash Chaos 

(aoub) 



Espérance 



Force 
équilibrante 



Corps 
matériel 



La matière 



Nous avons donné dans l'Introduction à l'étude du sym- 
bolisme un tableau chiffré permettant de déterminer immé- 
diatement le sens d'une lame quelconque du Tarot. 

Appliquons tout ce que nous avons dit du symbolisme de 
chacune de nos lames à ce sujet et nous construirons le 
résumé général du symbolisme des arcanes majeurs. 

Le nouveau tableau ainsi formé nous donne le sens de 
tous nos principes quel que soit leur rang et voici comment 
on obtient ce sens : 



USAGE DU TABLEAU 

1° Cherchez dans la colonne horizontale à gauche du principe 
considéré, le sens qui s'y trouve écrit. 



22o — 



2" Le sens connu, revenez à votre principe et cherchez dans la 
colonne verticale en bas, le grand principe (Dieu, Homme ou Uni- 
vers), qui s'y trouve inscrit. 

V Combinez le sens obtenu tout d'abord avec le nom situé dan. 
la colonne verticale en ajoutant à la suite le mot (lui-même ou mani- 
feste) écrit dans la colonne verticale qui contient le principe dont 
vous cherchez le sens. 

Un exemple éclairera mieux tout cela. 

Soit à déterminer le sens de la Mère : 

Premier terme de l'arcane 8. 

1° Je cherche dans la colonne horizontale contenant le mot Mère, 
et je trouve tout au bout à gauche le sens suivant : 

Principe conservateur actif. 

La Mère est le principe conservateur actif. De quoi? 

^ Pour le savoir, je cherche dans la colonne verticale contenant 
le mot Mère, et tout au bas je trouve Homme ou Humanité. 

La Mère est le Principe conservateur actif de V Humanité. 

3° J'ajoute au mot humanité le mot situé dans la petite colonne 
verticale qui contient le mot Mère. Ce mot c'est Lui-même, se rap- 
portant a l'Homme ou elle-même si nous prenons le sens d'Huma- 
nité. Nous devons dire : 

La Mère est le principe conservateur actif de l'Homme lui-même 
ou de l'Humanité elle-même. 

Cet exemple indique clairement comment on doit faire 
usage de ce tableau. 



TAE 



résumant le Symbolisme de tous les Arcanes majeurs e 

du sens de l'un quelconque de ce 



PRINCIPE CREATEUR 

Actif 



(' 



PRINCIPE CRÉATEUR 
Passiï H 

PRINCIPE CRÉATEUR 
Équilibrant 



PRINCIPE CONSERVATEUR 

(n i Actif 

PRINCIPE CONSERVATEUR 
Passif (H 



PRINCIPE CONSERVATEUR 
équilibrant 



PRINCIPE RÉALISATEUR 

(1) Actif 

PRINCIPE RÉALISATEUR 
l'assif H 

PRINCIPE RÉALISATEUR 

équilibrai 



Dieu le l'ère 



Adam 



La Nature naturante 



Volonté 



Pouvoir 



4 



Dieu le Fils 



Eve 



La .Nature naturée 



Fluide universel 
créateur 



Intelligence 



Autorité 



La Vie universelle 



Le Père 



Réalisation 



Lumière astrale 



Dieu le Saint-Esprit 

3 

Adam-Ève,l'Humanité 
Le Cosmos 



Beauté 



Amolli' 



6 



La Mère 



Justice 



8 



Existence èlémentain 



Amoui' 



Attraction universelle 



Lui-même Manifesté 



+ 



D I K r 2\ 



9 



Prudence (se taire 



Fluide astral \"i n 



Lui-même (" 

+ 

L' H O A 

L'HUM 



LEAU 

permettant de déterminer immédiatement la définition 
Arcanes. [Voir son emploi ci-contre. 



.Nécessité 


Principe transformateur 

universel 


La Destruction 


Les Éléments 




10 


13 


16 


19 




Puissance magique 


La Mort 


La Chute adamique 


La Nutrition 




La Force on puissance 
de manifestation 


La Force plastique 
universelle 


Le Monde visible 


Le Règne minéral 




La liberté 


L'Involution 


L'Immortalité 


Le Mouvement propre 




11 


14 


17 


20 




Le Courage (osf.r 


La Vie corporelle 


L'Espérance 


La Respiration 




La Vie réfléchie 












La Vie individuelle 


Les Forces physiques. 


Le Règne végétal 




et passagère 










Chante 


Le Destin 


Le Chaos 


Le Mouvement 
de durée relative 




12 


15 


18 







Espérance (savoir) 

i 


La Destinée 

Nahash 


Le Corps matériel 


L'Innervation 




Force équilibrante 


Lumière astrale 
en circulation 


La Matiel ! 


Le Règne animal 




Manifesté 


Lui-même (1) Manifesté 


Retour (n) 




•— 


+ - 


à 




ME (21) 


L' UNI Y ERS (21) 


l'Unité 




X I T É 









- 228 



Tableau indiquant en chiffres les révolutions iod hé va i ht 
arcane positif) — (iod = 1 hé = 2 vau = .'> 2 e hé = 
Clef du tableau précédent). 



4) 



1 



3 



I 1 



i 



de 1 
en 



VI] 



3 V 



en XIII 



, > en 



XIX 



de 1 

en 

r 

i 



Il 1 



1 ' 
3 



d< 


3 2 




i 


•Il 


VIII 




1 





3 de2 

M 



en XIV 



de 2 



9 
1 



en XX 



I de 2 

en 



III 3 



de 3 
en 
1 



IX 



2 
3 

4 
1 



de 3 
e;i 



XV 



i 



le :{ 
i 

3 



de 

en XXI 



J de 3 

en 



IV 4 



de i 



en 



X 



3 
4 
I 



de i 
en XVI 

9 



3 1 
1 

I 
9 



de 4 
en XXII 
3 



de 4 
en 



Au président de la Société Théosophique d'Adyar 

Le colone Oi.cott. 



TROISIÈME PARTIE 



APPLICATIONS DU TAROT 



Au Thêosophe. 

Amarayella. 



CHAPITRE XV 



CLEF GÉNÉRALE DES APPLICATIONS DU TAROT 

Le principe et les formes. - La vingt et unième lame du Tarot est une figure- 
principe. - Le Tarot. L'année. - Le Mois. - La Journée. - La \ le 
humaine. 



CLEF GÉNÉRALE DES APPLICATIONS DU TAROT 

Nous avons vu que la vingt ei unième lame donnait la 
clef de la construction du Tarot. L'utilité de cet arcane 
ne s'arrête pas là ; nous allons voir, en effet, qu'il constitue 
la clef de toutes les applications du Tarot. 

Quelques mots d'explication sont ici nécessaires pour 
montrer comment une figure symbolique peut s'appliquer, 
sans subir la moindre transformation, h des conceptions 
d'ordres très différents. 

Prenons un exemple très simple, choisi dans le domaine 
de la science expérimentale, en appliquant à son étude la 
méthode analogique. Soit à représenter le phénomène bien 
connu de la décomposition de la lumière blanche par le 

prisme . 

Au centre nous dessinons le prisme, indiqué par une figure 



. _ 23:2 — 

triangulaire, d'un côté de ce prisme arrive la lumière 
blanche figurée par un faisceau parallèle, de l'autre côté 
sortent les couleurs figurées par des faisceaux réfractés et 
plus ou moins obliques. 

Les mots Prisme, Lumière blanche et Couleurs indiquent 
toutes les phases du phénomène. 




Si cependant nous réfléchissons, qu'après tout, il ne 
s'agit là que d'une force générale (lumière blanche) qui 
subit des changements divers suivant la quantité de matière 
vers laquelle elle se trouve en contact (différentes épaisseurs 
du prisme) 1 , il nous sera facile d'arriver à une autre 
conception de la figure. 

En effet les travaux de Louis Lucas, repris inconsciem- 
ment par les savants contemporains, démontrent avec évi- 
dence l'unité de la force en action dans la Nature. Les 
différentes forces physiques, chaleur, lumière ou électricité, 
ne sont que les représentations de celle force unique modi- 
fiée différemment suivant la quantité de matière avec 
laquelle elle se trouve en contact. 

Ainsi la lumière blanche, en contact avec beaucoup de 
matière à la base du prisme, eu sort violette, de même, la 
force unique, en contact avec beaucoup de matière, en sort 
chaleur, en contael avec peu de matière elle en sorl lumière 
ou électricité. 



1. Voy. Louis Luca* 3 , Chimie nouvelle, chap. de Vangulaison , 



233 



Nous pouvons donc représenter ce nouveau phénomène 
sans changer quoi que ce soit à la forme de notre figure, 
les mots seuls changeront: 




Ainsi les différentes quantités de matière sont représen- 
tées par les différentes épaisseurs du prisme, la force 
unique correspondant à la lumière blanche par le faisceau 
parallèle, les forces physiques diverses, répondant aux 
diverses couleurs par les faisceaux réfractés. 

Si l'on objecte que ces deux exemples sont du domaine 
do la physique et que cela ne suffit pas pour généraliser un 
phénomème à ce point, nous répondrons à cette objection 
parce dernier point de vue tiré de la physiologie. 

La physiologie nous enseigne que tous les organes agis- 
sent sur l'influence du sang dans l'homme. Ainsi le sang 
agissant sur la glande salivaire donnera naissance à de la 
salive, agissant sur les glandes de l'estomac, il donnera 
naissance à du suc gastrique, agissant sur le foie il produira 
dans certains cas la bile, etc., etc. 

En somme, ce phénomène physiologique se réduit à un 
agent unique (le sang) agissant sur des organes différents 
(glande salivaire, estomac, foie) et donnant naissance à des 
productions d'ordres également différents (salive, suc gas- 
trique, bile). 

Ne pouvons-nous pas représenter exactement les différents 
organes par les différentes épaisseurs du prisme? 



— 234 — 

Les différentes transformations de la force unique par 
les rayons réfractés, et cette force unique elle-même par le 
faisceau parallèle? 

La correspondance est absolue et notre même figure 
s'applique encore ici exactement : 




Ainsi la figure n'a jamais changé ; les mots seuls 
appliqués aux différentes parties de cette figure ont varié. 
Telle est la base de la science occulte tout entière et 
de la méthode analogique : un principe tixe et invariable 
toujours le même (Ex. : la figure! sur lequel viennent s'ap- 
pliquer successivement différents ordres de phénomènes. 

La vingt et unième lame du Tarot est une figure-principe 
dans le genre de celle du prisme que nous venons d'étudier 
et quelques exemples de ses applications vont nous éclairer 
amplemenl à ce sujet. 

Cette vingt et unième lame <\u Tarol représente, nous 
l'avons vu, les quatre animaux des Évangélistes pinces aux 
quatre coins de la carte. Au centre esl représentée une 
femme, image de l'Humanité, et, entre les deux symboles, 
une couronne de forme elliptique. 

Ceci nous indique qu'il y aura toujours dans toutes les 
application- de cette lame quatre principes fixes (puisque 
les symboles placés aux quatre coins du carré ne peuvent 



— 233 — 

tourner) et un certain nombre de principes mobiles figurés 
par la roue, rota qui occupe le milieu des symboles. 

Cette figure ne doit jamais changer, puisque c'est une 
figure-principe, les mois appliqués au symbole doivent seuls 
varier. 

Ainsi nous avons vu les quatre symboles suivants : 



Devenir 



Homme 



Aigle 



Couronm 




Bœuf- 



Lion 



Deniers 



lia Ion 



Epée 




Coupe 



Comme on le voit aucun symbole n'a changé, les mois 
seuls ont varié. 
11 en est de même dans toutes les applications du Tarot, 



236 



Ainsi, si nous prenons l'astronomie, les quatre figures seront 
les quatre saisons, la couronne sera le zodiaque et la femme 
nue (Eve) le système animateur du zodiaque: les planètes, 
ainsi : 



Hiver 



Automne 




Printemps 



Eté 



Qui nous indiquera la marche du soleil pour donner nais- 
sance à l'année. Voulons-nous savoir celle de lu lune pour 
donner naissance au mois, les quatre saisons deviendront 
les quatre phases lunaires, le zodiaque sera les vingt-huit 
maisons de la lune et le centre, le soleil animateur de la 
lune, ainsi : 



Nouvelle Lune 



Dernier Quartier 




Premier Quartier 



Pleine Lune 



Voulons-nous voir l'horoscope ou la marche ïïun seul 
/'ow% la figure suivante \;i nous le donner. 



-j;;t 



N'uil 



Aurore 



Soir 




Midi 



C'est /« te/re qui joue ici le rôle que joiuiil la lune dans le 
mois et le soleil dans Tannée. 

Ces données astronomiques nous fatiguent-elles, étudions 
le cercle de la Vie humaine et la figure prendra ce nouvel 
aspect. 

Vieillesse 



Age mûr 



Fatalité 




Enfance 



Jeunesse 



Symbole profond qui nous indique que la Volonté humaine 
est la créatrice de la fatalité dans laquelle se meut l'homme 
sous l'influence du cycle providentiel des quatre âges de la 
vie humaine. Si l'on sait que la Providence (cercle extérieur) 
agit surY Avenir, la Fatalité (cercle médian), sur le Passé et 
la Volonté humaine (cercle intérieur) sur le Présent, on 
verra la base du Tarot divinatoire. 



— 238 — 



Nous pensons ces exemples assez clairs pour ne pas 
insister davantage et nous allons étudier quelques-unes des 
applications du Tarot laissant au chercheur le soin d'en déter- 
miner un plus grand nombre. 



.1 V auteur des Mystères de l'Horoscope. 

Ely Star. 



CHAPITRE XVI 

LE TAROT ASTRONOMIQUE 



Astronomie égytieuae. -- Les quatre saisons. -- Les douze mois. — Les trente- 
six Decans. — Les Planètes. — Rapports absolus avec le Tarot. — Figure 
résumant l'application du Tarot à l'Astronomie. — Clef des travaux astrolo- 
giques de Chris' ian. — Le Tarot astronomique d'Oswald Wirth. 



LE TAROT ASTRONOMIQUE 

Afin de montrer l'exactitude des principes de la construc- 
tion du Tarot que nous avons donnés jusqu'ici, nous allons 
prendre comme exemple de la première application la 
constitution même de l'univers enseignée par l'Astronomie, 

On sait que les Égyptiens divisaient l'année en quatre 
saisons, composée chacune de trois mois. Chaque mois était 
composé de trois décatis ou périodes de dix jours, ce qui 
donnait trois cent soixante jours pour l'année. Ils ajoutaient, 
pour compléter, une période de cinq jours ou Epagomènes 
placés après le 30 e degré du Lion (août). 

Nous devons donc retrouver dans notre Tarot : 

1° Les quatre saisons; 



— 240 — 

2° Les douze mois ou mieux les douze signes du 
zodiaque ; 

T Les trente-six décans. 

De plus chaque mois ou mieux chaque signe zodiacal est 
régi par une planète ainsi que chaque décan. 

1" Les Quatre Saisons. 

Les quatre figures du Tarot répondent absolument aux 
quatre saisons de l'année. 

Ainsi, si nous considérons la vingt et unième lame du 
Tarot, origine, comme nous l'avons vu, de toutes ses appli- 
cations, nous verrons que les quatre figures des coins 
représentent les quatre couleurs du Tarot et ici les quatre 
saisons de l'année. 

La partie elliptique placée entre ces quatre figures et le 
centre répond au zodiaque et à ses divisions. 

Enfin la partie centrale répond aux planètes qui intluent 
sur tout le système. 



doi-vâon 



J.OU<>OfL 




^ctcôo/u 



JcCc^iQIL 



2° Les 12 Signes du Zodiaque. 

Chaque couleur représente une saison. Chaque saison 
est composée do trois mois, comment seront donc repré- 
sentés tes mois dans notre couleur? 



— Mi — 

Les mois seront représentés par les figures et les corres- 
pondances s'établissent ainsi : 

r 0I- |er Mois ou Mois Actif de la Saison. Mois Créateur, 

lod. 

Dame. 2= Mois ou Mois Passif de la Saison. Mois Conser- 

vateur. Hé. 

CAVALIER. 3 e Mois ou Mois Réalisateur, Équilibrant de la 
Saison. Vau. 

Valet. Transition d'une saison précédente à la saison sui- 

vante. Epagomène 1 . 

(Voyez, pour plus de détails. La première partie de notre étude 
sur le Tarot j. 

.Nous trouvons donc douze ligures répondant aux douze 
signes du zodiaque ainsi qu il suit : 

Roi de Bâton Le Bélier \ 

Bâton Dame Le Taureau printemps 

Cavalier Les Gémeaux 

Valet Transition Epagomène 

Roi de Coupe Le Cancer ^ 

Coupe Dame Le Lion ( été 

Cavalier La Vierge 

Valet Transi/ion Epagomène 

Roi d'Épée La Balance 

Épée Dame Le Scorpion 

Cavalier Le Sagittaire 

Valet Transition Epagomène 

Roi de Deniers Le Capricorne \ 

Deniers Dame Le Verseau , hiver 

Cavalier Les Poissons ) 

Valet Transition. Epagomène 

I. Ainsi le Tarot place un epagomène, ou jour complémentaire, après 
chaque saison. 



— i4i 

3° Les 36 Décans. 

(Iliaque saison se divise en trois mois; mais chaque mois 
se divise en trois décans ou période de dix jours. 

Pour déterminer quelles sont les lames du Tarot repré- 
sentant ces nouvelles divisions, il nous suffit de nous sou- 
venir des rapports existant entre les figures et les nombres 
dans les arcanes mineurs. 

Si nous prenons l'une des figures, le Roi, par exemple, 
nous savons que ce roi gouverne les lames : As, deux et 
trois et le premier ternaire . 

Nous aurons donc les rapports suivants. 

Roi de Raton, signe zodiacal du Rélier. 

As. 1 er Décan ou Décan actif du Mois Décan créateur, 

lod. 

Deux. :2 e Décan ou Décan passif du Mois. Décan forma- 

teur, conservateur. Hé. 

Trois. 3 e Décan ou Décan équilibrant. Vau. 

Quatre. Transition du troisième Décan de la série actuelle 

au premier Décan de la série suivante qu'il cons- 
titue. 

Voilà donc comment les trente-six décans se trouvent 
représentés dans le Ta roi : 





' As de Bâton 


À cr 


Décan 


) 


Roi • 


- 


— 


2 e 


— 


> du Bélier 




1 3 


— 


3« 




) 




' 4 


— 


I er 


Décan 


\ 


Dame 


1 : ' 


— 


2 e 


— 


[ du Taureau 




1 6 


T" 


3 e 




! 




7 


— 


1er 


Décan 


i 


Cavalier ■ 


1 H 




9e 


— 


des Gémeaux 




, 9 


— 


3' 


— 


) 



Valrt lu Transition. Epagomène 



— 243 



Roi 



Dame 



As de Coupe 



6 



Cavalier ' S 
9 

Valet 10 Transit 'mu. 

IAs d'Épée 
2 
3 

4 

Dame î 5 

6 

| 7 

Cavalier \ 8 

( !» 

Fa/e* 10 Transition. 

1 As de Deniers 
Roi ! -1 
(3 



Dame j ■ > 
6 



Cavalier { «S 
9 



1 er Décan 
3 e — 



1 er Décan 

Ç>e 

«ri 

3 e — 
I er Déci n 

3 e 
Epagomène 

1 er Décan 

9c 

3 e — 

1 er Décan 



3 e — 
1 er Décan 

3 e — 
Epagomène 

1 er Décan 

2 e 

3 e — 

1 er Décan 

90 

3 e — 

le 1 Décan 

2 e 

3- — 



du Cancer 



du Lion 



de la Vierge 



de la Ralance 



' du Scorpion 



de Sagittaire 



du Capricorne 



du Verseau 



des Poissons 



Valet 10 Transition. Epagomène 



Chaque décan, gouvernant dix degrés du cercle zodiacal, 
répond à un certain nombre de jours du mois. Il s'ensuit 
que chacune des cartes des arcanes mineurs répondant à 



— 1M — 

un clécan représente une certaine fraction de l'année ainsi 

qu'il suit : 

As de Bâton lï au .30 mars 

-1 31 mars au 9 avril 

3 10 au 19 avril, etc. 

pour voir quels sont les jours auxquels répond chaque 
clécan il suffit de consulter le tableau placé à la fin de cette 
étude sur le Tarot astronomique. 

C'est là la base du Tarai astrologique, qui permet de 
dresser un horoscope avec les lames du Tarot; mais comme 
cette application sortirait du cadre purement scientifique 
que nous nous sommes assignés, nous n'en dirons pas plus 
long pour le moment à ce sujet. 

Eu résumé, nos arcanes mineurs sont intégralement 
représentés dans le Tarot astronomique et déterminent 
exactement le champ dans lequel vont se mouvoir les pla- 
nètes qu'il nous reste maintenant à considérer. 



2*5 



Dp* Planètes. 

Les Arcanes majeurs sont représentés clans cette appli- 
cation du Tarot par le septénaire des planètes agissant sur 
les trois mondes (3x7= 21). 

Chaque signe zodiacal et chaque décan est gouverné par 
une planète et le rapport des planètes avec ces différents 
signes est indiqué par le tableau ci-joint. 

Ce tableau permet de comprendre tous les travaux de 
Christian 1 et d'Ely Star 2 sur l'Astrologie. 11 indique de plus 
les correspondances astronomiques de toutes les lames du 
Tarot. Voici sa construction : 

Les quatre figures de la vingt et unième lame du Tarot 
sont ici devenues représentatives des quatre saisons de 
l'année et des quatre couleurs du Tarot. 

Le centre de la vingt et unième lame répond aux sept 
planètes animatrices du système de l'année. 

Enfin entre ces deux termes roule I'Ellipse zodiacale, 
ellipse qui contient la clef des influences des arcanes ma- 
jeurs (planètes) sur les arcanes mineurs (signes et décans). 
Ainsi ce tableau est, en même temps qu'une preuve de 
la sûreté de notre système d'explication du Tarot, une clef 
magnifique de ce Tarot lui-même. 
(Voyez, ce tableau page 258). 

1. Christian, Histoire île la Magie, Paris, 1834, in-8. 

2. Ely Star, Les Mystères de l'Horoscope, Paris, Dentu, 1888. in-18 (3 fr. :*»(• . 



— 246 — 

Afin de montrer la concordance de nos déductions avec 
les données des Bohémiens eux-mêmes, nous donnons les 
deux extraits suivants lires de Vaillant (Les Rômes, Histoire 
des Bohémiens). 

QUELQUES DONNÉES DES BOHÉMIENS 

SUR LE TAROT ASTRONOMIQUE 

La carte 21 intitulée le Monde ou le Temps, est, en effet, 
le temps du temple et le temple du temps. 

Elle représente une couronne de fleurs de forme ovale, 
divisée en quatre parties par quatre fleurs de lotus, et 
soutenue par les quatre têtes symboliques que saint Jean a 
empruntées à Ézéchiel, et celui-ci aux chérubins H aux 
séraphins d'Assyrie et d'Egypte. 

Ces quatre têtes sont celles : 

De l'Aigle symbole de l'orient, du matin, de l'équinoxe du prin- 
temps. 

Du Lion du Midi et du solstice d'été. 

Du Bœuf du Soir de l'Occident et de l'équinoxe d'au- 

tomne. 

De l'Homme — de la Nuit, du Septentrion et du solstice 

d'hiver. 

Au milieu de cette couronne, symbole de l'œuf du monde, 
est une femme nue, symbole d'Eve; elle a un pied en 1 air, 
symbole du temps qui court; et tient dans sa main deux 
bâtons égaux, symboles de la balance el de l'équilibre du 
temps, de la justice -'I de l'équité des hommes, de l'égalité 
des jours et des nuits, de l'homme et de la femme. 

Cette Eve esl la grand'mère (Ava ou Ebe) qui verse aux 
astres, dieux-hommes du ciel, el aux hommes, astres-dieux 
(je la terre, le nectar el l'ambroisie de l'immortalité, 
l'ombre el la lumière de l'éternité (Aon) dont la couronne 



24' 



qui l'entoure est la mer ou l'océan, l'enceinte ou le vase, 
l'arche ou le vaisseau. 

Ce symbole n'est pas nouveau, il est l'expression, dans 
toute l'antiquité, de la nature du monde, la synthèse des 
arcs du cercle, l'alliance des arches de la sphère dont les 
Hébreux ont fait l'arche d'alliance, la modification de cette 
antique monnaie de la Crète qui avait pris celte arche du 
monde, alliance des arcs du ciel, pour le principe de la 
justice qui fait son nom. Et, en effet, le nom de Kudas de 
cette Ebée de Crète exprime clairement la justice, saduk, 
qui fait de ce Melchi sedek l'esprit du Seigneur et de ce( 
esprit (Bon) du soleil la justice du temps des astres et de la 
vie des hommes; de là suit queiVoé qui lui-même n'est autre 
que l'esprit (Bon) de l'éternité (Aon) des siècles (Aïon) a été 
qualifié de prseco-justitiœ, dévélateur de justice. 



* 



Le Tarot est une déduction du livre sidéral d'Henoc/i qui 
est Henochia; il est modelé sur la roue astrale d'Atkor, 
qui est As-tarotk, semblable à Vot-tara indien, ours po- 
laire ou arc-tura du septentrion ; il estla force majeure (tarie) 
sur laquelle s'appuient la solidité (ferrale) du monde et le 
firmament sidéral de la terre; conséquemment, comme 
l'ours polaire dont on a fait le char du soleil, le chariot 
de David et d'ARTHUR, il est, l'heur grec (tuché), le destin 
chinois (tiko), le hasard égyptien (tiki), le sort (tika) des 
Rômes ; et qu'en tournant sans cesse autour de l'ours du 
pôle, les a sires déroulent à la (erre le faste et le néfaste, la 
lumière et l'ombre, le chaud et le froid, d'où découlent le 
bien et le mal, l'amour et la haine qui font le bonheur (ev- 
tuchié) et le malheur (dis-tuchié) des hommes. 



-_>'(« 



En effet, Sephora est une des harmonies de cette triade 
s. f. r. dont l'unité fait de la Sphère du monde, la lumière 
(Sapher) le chiffre (Sipher) et la parole {Sephora) des Hé- 
breux; aussi est-ce de cette sphère 

dont ht lumière est la vérité 

dont le zodiaque est le livre qui la contient et dont les étoiles 
sont les chiffres et les lettres qui la nomment, que les 
Anaks ont puisé leur Tara, les Bohémiens leur Tarot, les 
Phéniciens leur As-tharot, les Égyptiens leur Athor, et 
les Hébreux leur Thorah. 

Enfin nous ne pouvons terminer cette étude sur le Tarot 
astronomique sans parler des travaux d'Oswald Wirth sur 
ce sujet. Les conclusions de cet auteur diffèrent quelque 
peu des nôtres ; mais nous tenons à donner son travail en 
entier pour mettre chaque lecteur à même de juger en 
toute connaissance de cause. 



TRAVAUX D'OSWALD WIRTH SI R LE TAROT 
ASTRONOMIQUE 

Selon Christian les vingt-deux arcanes majeurs du Tarot 
représentent les peintures hiéroglyphiques qui se trou- 
vaient peintes surles entre-colonnements d'une galerie que 
devait traverser le néophyte dans les initiations égyptiennes. 
Il y avait de la sorte douze colonnes au Nord et autant au 
Midi, si»it onze tracés symboliques de chaque côté. Ceux- 
ci étaient expliqués successivement aux aspirants à l'initia- 
tion dont ils contenaient les règles et les principes. 



— 249 



Les arcanes correspondant aux vingt-deux lettres de 
l'alphabet hébreux devaient être disposés sur les parois 
des cryptes secrètes des temples d'Osiris dans l'ordre qu'in- 
dique la figure suivante : 



N <> RI" 



H 

y. 

K 


1 

Bateleur 


2 
Papesse 


3 
3 

Impér. 


1 

4 
Emper, 


n 

ô 

Pape 


1 

ii 

Amoureux 


7 
Chariot 


n 

8 
Justice 


ta 


Ermite 


> 

lu 

Roue 
de fortune 


n 

Force 


H 

K 


— 1 






U 


Fou 


n 

21 

llonde 


1 

20 

Jugement 


F 
10 

Soleil 


18 
Lune 


2 

17 

Etoiles 


10 

Maison 
de Dieu 


D 

i:> 

Diable 


14 
Tempér" 


13 

Mort 


s 

12 

Pendu 


X 



M I I) I 



Ce qui confirme celte opinion ce sont les correspon- 
dances que l'on constate entre les arcanes ainsi mis en 
regard les uns des autres. 

Il est évident au premier abord que les arcanes 2, 3, 4 
et 5 forment un groupe complet par lui-même. Ce groupe 
correspond à celui que constituent les arcanes 21, 20, 19 
et 18. Or. dans l'interprétation des symboles chaque 
arcane doit être étudié dans ses rapports avec les arcanes 
voisins et surtout avec ceux qui lui font pendant dans le 
groupement qui vient d'être indiqué. Ainsi l'arcane 2 "2 la 
Papesse, ne doit pas être comparée uniquement a l'A. 1 tf, 
le Bateleur et 3, 41, l'Impératrice; mais encore à l'A. 5 H. 
le Pape, à l'A 21, n, le Monde et même à l'A. 18, ï la 
Lune. En procédant de la sorte pour chacun des vingt-deux 
arcanes ou constate entre eux une étroite solidarité de 
signification et l'on acquiert des lumières absolument inat- 
tendues sur le plus ancien des livres sacrés que nous 
possédions. 

Il est à remarquer que les arcanes 7, 8, 9 et 10 repré- 



— 250 — 

sentent un nouveau quaternaire auquel en correspond un 
dernier composé des arcanes 16, 15, 14 et 13. Nous avons 
de la sorte seize pantacles divisés en quatre quaternaires 
présentant un sens général déterminé. Restent six autres 
pantacles placés par deux au commencement, au milieu et 
à la fin de la double série des arcanesdu Tarot. Ces six arcanes 
paraissent encadrer les autres et tirer de ce fait une impor- 
tance d'autant plus grande. Leur signification se découvre 
aisément par leur comparaison mutuelle et l'application 
judicieuse des lois de l'analogie qui fournissent les clefs du 
Livre de Thot aussi bien que celles du Livre Eternel tenu 
entr'ouvert par la Nature symbolisée sous la figure d'Isis 
sous l'arcane 2 3 la Papesse. 

Mais il convient dans ces recherches de procéder avec 
méthode par le moyen d'une analyse progressive partant 
de l'ensemble pour arriver à 1'arcane isolé, lequel demande 
lui-même à être examiné sous les aspects multiples qu'il 
présente. Ce travail de dissection une fois effectué, il s'unit 
de revenir sur ses pas en recomposant synthétiquemenl le 
tout par une opération inverse de la première. 

Pour appliquer ici ces principes, répétons d'abord que le 
Tarot considéré dans son ensemble est le Livre Sacré par 
excellence de l'initiation. Or, on arrive à celle-ci par deux 
voies différentes selon que l'on épanouit jusqu'à leur maxi • 
mum, les puissances qui sont en nous-mêmes, ou que nous 
nous mettons en étal de subir l'action des forces cos- 
miques qui nous sont extérieures. D'une façon comme de 
l'autre, bien que par des moyens opposés, on peut par- 
venir à l'accomplissement du Grand-OEuvre. (l'est ce que 
signifie le précepte hermétique disanl que la pierre philo- 
sophais peut se préparer par la voie sèche et par la voie 
humide, par la teinture rouge, comme par la teinture 
blanche. L'Initiation, androgyne dans sou ensemble, se 






subdivise donc en mâle et femelle. Elle est masculine depuis 
les arcanes 1, tf àll D et devient féminine clans les arca- 
nes 21 , H à 1 2, S. — Quant à l'arcane 0, W, qui ne porte pas 
de numéro dans le Tarot, bien qu'il soit éminemment passif 
en essence, il convient de le laisser en dehors de la série 
féminine, pour des raisons que l'on découvrira en étudiant 
la signification propre de chaque arcane, puis séparément. 

Contentons-nous donc de constater pour le moment que 
l'initiation masculine ou dorienne part d'tf pour aboutir à 
D; tandis que l'initiation féminine ou ionienne part de W 
pour aboutir à S. Les deux s'unissent et se complètent dans 
l'initiation androgyne qui peut partir d'tf pour aboutir àttfoù 
partir de 'W pour y revenir après avoir parcouru toute la série 
des arcanes clans l'ordre inverse des nombres qu'ils portent. 

Mais l'initiation ne se présente pas seulement sous le 
double aspect d'activité et de passivité représenté par le 
Nord et le Midi; elle peut encore être envisagée au point 
de vue de la lumière et de la vie, c'est-à-dire de l'instruc- 
tion intellectuelle de l'initié et de son éducation morale. 
Sous ce rapport le Tarot est divisé par les arcanes 6 7, 
l'Amoureux et 17 S, les Étoiles, en doux parties figurant 
l'Occident et l'Orient. 

Cette double division engendre les quatre quaternaires 
dont nous avons parlé. Chacun représente une région spé- 
ciale dont l'orientation nous indique le sens général. Le 
Norcl-Ouest correspond de la sorte à l'activité intellectuelle; 
le Nord-Est à l'activité morale; le Sud-Ouest à la passivité 
intellectuelle, et le Sud-Est à la passivité morale. Ces quatre 
tendances se résument en outre dans les arcanes 1 tf, le 
Bateleur; - - 11 3, la Force ; — 12 \ le Pendu ; — el W. 
le Fou. 

L'arcane 6 1, l'Amoureux indique le passage de l'intel- 
lectualité active h son application morale ; l'arcane 1 7 S. Les 



2o2 



Étoiles, forme la transition outre l'intellectualité passive 
et sa mise en œuvre par la pratique dos pouvoirs occultes. 

Nous croyons en avoir dit assez pour mettre maintenant 
chacun à même de trouver par lui-même la signification 
complexe de chacun des arcanes du Tarot. Nous termine- 
rons donc cette esquisse par quelques rapprochements des- 
tinés à prouver que l'ordre d'après lequel nous disposons 
les arcanes du Tarot ne constitue pas un système purement 
arbitraire. 

On reconnaîtra facilement, en effet, qu'une parenté d'op- 
position relie entre eux les arcanes groupés en quatre qua- 
ternaires autrement disposés que les quatre premiers déjà 
examinés. 



n 




n 




5 


r 


1 


2 




5 




3 




4 


Papesse 




Pape 




Impératrice 




Empereur 


n 




ï 




1 




P 


21 




18 




20 




19 


Monde 




Lune 




Jugement 




Soleil 


i 




y 




n 




ta 


7 




10 




8 




9 


Ghariol 




Roue de Fortune 




Justice 




Ermite 


* 




D 




D 




3 


16 




13 




15 




li 


Maison de Dieu 




Mort 

. — 




Diable 




Tempérance 



— 253 

L'analogie des sens est frappante surtout entre les ar- 
canes 7 et 16, 10, et 13; lesquels présentent un sens anta- 
goniste dès que Fou compare 7 avec 16 et 10 avec 13. — Il 
en est de même pour les trois autres quaternaires figurés 
ci-dessus, bien que la chose soit moins visible au premier 
aspect. Laissons, sous ce rapport, le champ libre à l'inves- 
tigation individuelle et passons à l'étude du Tarot à un 
autre point de vue. 

Les 22 arcanes majeurs du Tarot comparés aux figures 
représentant les constellations sur la sphère céleste d'après 
les planisphères grecs et égyptiens. 

Le Tarot que nous possédons représente une série 
d'images symboliques adaptées à l'idéologie du xiv e siècle 
et fixées par l'invention de la xylographie. Il nous est impos- 
sible de remonter à travers la nuit du moyen âge jusqu'à 
l'origine des vingt-deux figures significatives connues sous 
le nom d' « atouts » dans le jeu de soixante-dix-huit cartes 
au moyen duquel les Bohémiens prétendent révéler les 
secrets de la destinée. 

On a reconnu néanmoins que ces arcanes majeurs du 
Tarot sont les reproductions défigurées d'un modèle primi- 
tif remontant à la plus haute antiquité. Retrouver ce modèle 
dans sa pureté originelle n'est pas chose facile, et s'il est 
possible de parvenir à ce résultat, ce ne peut être que par 
une étude judicieuse de toutes les manifestations du symbo- 
lisme à travers l'histoire des mythologies orientales. Celles- 
ci nous ont légué un monument hiéroglyphique d'une 
immense importance dans les figures représentatives des 
signes du zodiaque et des autres constellations delà Sphère 
céleste. Or, il est intéressant au plus haut point de cons- 
tater que ces figures allégoriques correspondent absolument 



254 



à celles que nous retracent les vingt-deux arcanes majeurs 
du Tarot. De ce rapprochement peut jaillir une lumière 
intense sur la genèse des connaissances humaines. Caria 
parenté d'origine qui relie manifestement les feuillets du 
livre de Thot aux subdivisions des planisphères grecs et 
égyptiens, porte à supposer que de part et d'autre on se 
trouve en présence d'une adaptation spéciale, faite d'après 
des données dont les documents nous manquent encore 
jusqu'à présent, mais que nous fourniront peut-être des 
recherches compétentes sur l'Inde primitive. 

Quoi qu'il en soit, les arcanes du Tarot expliquent de 
nombreuses anomalies de la mythologie grecque. Ne pou- 
vant entrer à ce sujet dans des détails minutieux, ce qui 
nous entraînerait hors du cadre de la présente notice, nous 
nous contenterons d'offrir au lecteur un tableau indiquant 
les constellations qui paraissent correspondre aux vingt- 
deux arcanes majeurs du Tarot et par suite aux vingt-deux 
lettres de l'alphabet hébraïque, bien que cette dernière 
correspondance soit beaucoup moins rigoureusement éta- 
blie. Nous tracerons ensuite un planisphère en groupant les 
arcanes du Tarot selon l'ordre des constellations, et nous 
terminerons enfin par un panlacle eu forme de double 
hexagramme, (huis lequel les lettres de l'alphabet hébraïque 
figurent les signes du zodiaque et les constellations circum- 
polaires auxquelles elles correspondent d'après notre pre- 
mier tableau. 



2oo — 



Tableau d'Oswald Wirth 



ce 

w 

Z 


AIQUE 

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' 


2 2 

PS — 


- 3 


DENOMINATION 






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ce « 

H ° 

r U 

w 


DES ARCANES 


CONSTELLATIONS 




, 


tf 


Le Bateleur 


(Mon — Le Taureau 




2 


n 


La Papesse 


Cassiopée 




3 


; 


L'Impératrice 


La Vierge 




4 


" 


L'Empereur 


Hercule, Lyre et Couronne boréale 




o 


n 


Le Pape 


Bélier 




6 


i 


L'Amoureux 


Aigle, Antinous et Sagittaire 




7 




Le Chariot 


Grande Ourse 




S 


n 


La Justice 


Balance 




9 


tû 


L'Ermite 


Bouvier 




10 


«r 


La Roue de fortune 


Capricorne (opposé à Sirius) 




11 


•** 
J 


La Force 


Lion (et Vierge) 




12 


1 


Le Pendu 


Persée 




13 


£ 


La Mort 


Dragon du Pôle 




14 


: 


La Tempérance 


Verseau 




15 


D 


Le Diable 


Chèvre et Cocher 




16 


J 


La Maison de Dieu 


Scorpion, Ophiucus 




17 




Les Etoiles 


Andromède, les Poissons 




18 


«h 

3 


La Lune 


Cancer, Sirius et Procyon 




19 


F 


Le Soleil 


Les Gémeaux 




20 


-1 


Le Jugement 


Le Cygne 




21 


n 


Le Monde 


Petite Ourse et Polaire 




22 


w 


Le Fou 


Céphée 





— 256 — 
PLANISPHÈRE 

SELON LES DONNÉES DU TABLEAU PRÉCÉDENT 

par OSWALD W1RTH 



ii 

Tempérance 



Verseau 



10 

Houe de 
Fortune 



Capricorne 



L'Amoureux 



Sagittaire 



17 


2 





20 


16 


Etoiles 


La Papesse 


Le Fou 


Le Jugement 


Maison de Dieu 


Poissons 


Cassiopée 


Cépliée 


Le Cygne 


Scorpion 



5 


12 


21 


13 


A 


8 


Pape 


Le Pendu 


Le Monde 


La Mort 


L'Empereur 


Justice 


Bélier 


Persée 


Polaire 


Dragon 


Hercule 


lia lance 



1 


15 


7 


9 


3 


Bateleur 


Diable 


Le Chariot 


L'Ermite 


[nipératri 


Taureau 


Le Cocher 


(li ande Ourse 


Le Bou\ ier 


\ iei ge 



Ii) 


18 


M 


Soleil 


Lune 


Force 


i iéniau \ 


1 ,iur<T 


Lion 




Pantacle d'Oswald Wirtii 
nés du Zodiaque et constellations circumpolaires 
Rapports avec le Tarot. 



Au F.'. Bertrand, vrn. . 



CHAHTM-: XVII 



LE TAROT INITIATIQUE 



Le travail de Cl). Barlet sur ce sujet. — Involhtion ci évolution. — Les heure? 
d'Apollonius de Thyane. — Les phases de l'initiation figurées par le Tarot. 



LE TAROT INITIATIQUE 

APPLICATION DU TAROT AUX DOCTRINES THÉORIQUES ET 
PRATIQUES DE L INITIATION 

Notre frère et ami F.-Ch. Barlet a fait, sur ce sujet, un 
travail fort intéressant que nous donnons in extenso. Nos lec- 
teurs y verront la concordance étroite qui existe entre ses 
conclusions et les nôtres. 



INITIATION 



Dans l'antiquité les savants étaient aussi des sages, 
témoins Pythagore, Platon, Aristote; de nos temps, au 
contraire, la science et la sagesse se cherchent sans réus- 
sir à se rencontrer, ou se heurtent en un conflit mortel : 
la question religieuse. On peut voir cependant combien une 
telle séparation est contre nature par l'étude de ces philo- 
sophes positivistes à qui leur science étendue et leurs admi- 
rables efforts pour édifier une synthèse de sagesse scienti- 
fique méritent avec raison le premier rang dans le monde 
intellectuel moderne. Tandis que leur aphorisme fonda- 
mental est que rien n'est abordable à l'homme au delà du 
monde des phénomènes, leurs ouvrages témoignent de ten- 
dances toujours croissantes à franchir en dépit d'eux-mêmes 
les limites qu'ils voudraient s'imposer; entraînés qu'ils sont 
par celle Nature qu'ils aiment et qu'ils connaissent mieux 
que qui que ce soit dans ses manifestations ultimes. On 
peut les comparer à des insectes enfermés derrière la 
vitre d'une fenêtre; ils s'y heurtent en désespérés, distin- 
guant clairement Je rayon qui doit les conduire à la source 
de toute lumière sans pouvoir le suivre au delà de leur 
prison. Lesspiritualistes, au contraire, libres au dehors et 
comme perdus dans l'océan lumineux, \ voguenl sansbous- 



— 263 — 

sole, incapables de trouver ce rayon conducteur, deses- 
poir des positivistes. 

Il est cependant une école qui promet de guider les uns, 
de délivrer les autres, de diriger chacun vers le foyer si 
désiré de la Vérité; école méconnue, peu fréquentée, 
comme tout degré transcendant, mais dont les maîtres ont 
toujours fait preuve d'une science considérable : c'est celle 
de la Tkéosophie, spiritualisme positif conservé longtemps 
dans les mystères antiques, transmis avec plus ou moins 
de pureté parles Cabalistes, les Mystiques, les Templiers, 
les Rose-Croix et les Francs-Maçons, dégénéré souvent 
comme toute doctrine qui se divulgue prématurément, mais 
caché toujours au fond de toute religion et soigneusement 
entretenu en tous temps dans quelques sanctuaires géné- 
ralement ignorés dont l'Inde est encore le foyer principal. 

Le secret de la Théosophie, pour concilier la science 
avec la métaphysique, est dans un certain développement 
pratique des facultés humaines propre à étendre les 
limites de la certitude. Essayons d'en comprendre d'abord 
la possibilité. 

L'examen attentif de toute méthode scientifique, si posi- 
tive qu'elle soit, prouve qu'il n'y a d'évidence, de certitude 
que dans les axiomes, et que l'échafaudage fragile et chan- 
geant de nos sciences, édifié sur cette base inébranlable, est 
dû tout entier à Xintuition dont l'observation et l'expérience 
ne sont que les instruments. 

D'un autre coté, le champ de la perception directe où 
l'intuition s'exerce est susceptible d'extension ; c'est ce que 
démontrent particulièrement les phénomènes d'hypnotisme 
ou de magnétisme, tourment de nos sciences modernes, où 
les limites de la matière opaque, de l'espace et du temps 
sont supprimées dans une mesure variable mais incontes- 
table. 



— 2G4 — 

Enfin, dans ce champ des f acuités transcendantes, la per- 
ception ne se rapproche pas toujours également de cette 
certitude invincible qui caractérise l'axiome, car, parmi les 
sujets hypnotisantes ou magnétisables, la lucidité matérielle 
offre une foule de nuances qui se répètent, dans l'ordre 
intellectuel, entre les fantaisies d'une imagination déréglée 
et les révélations sublimes du génie sainement inspiré. 

On ne sort donc pas des données positives de l'observa- 
tion et de l'expérience en affirmant que la perception phy- 
sique ou intellectuelle de l'être humain est capable de 
s'étendre au delà des sensations et des jugements ordi- 
naires, et que, dans les régions transcendantes qu'elle peut 
atteindre, elle est susceptible déplus ou moins de certitude. 
Cette affirmation offre à la connaissance humaine des hori- 
zons nouveaux, une hiérarchie de nouvelles causes immé- 
diates, et la perspective d'une progression indéfinie dans 
la science. 

Or, la Théosophie enseigne à l'homme l'entraînement 
qui lui permet d'aborder ces régions transcendantes de la 
perception, en le préservant de l'illusion à travers les forces 
et les êtres nouveaux qu'il y rencontrera, c'est cet ensei- 
gnement qui constitue Y Initiation. 

La légère esquisse qui va être donnée et dont le lecteur 
ne devra attribuer la grossièreté qu'à l'impéritie de l'étu- 
diant qui l'entreprend, pourra du moins donner une idée 
des principes par lesquels la Religion et la Philosophie, 
la Sagesse et la Science se trouvent unies dans la Théoso- 
phie. 



L'Initiation comprend deux parties différentes mais soli- 
daires : la Théorie des ressources et des nécessités d<> son 



-- 26o — 

entreprise, que le néophyte reçoit toujours sous bénéfice 
d'inventaire, avec la réserve absolue de sa liberté de pensée 
— et la pratique, où il s'exerce, sous la direction de ses 
maîtres, à l'entraînement physique, intellectuel et moral 
qui doit faire de lui un Initié. 

La Théorie, enseignement primaire de la Théosophie, 
en est comme la définition préalable; c'est elle qui fournit 
à peu près exclusivement la matière des publications théo- 
sophiques: il faut donc se garder de se croire initié parce 
que l'on possède ces ouvrages publics ; leur connaissance 
estime préparation excellente, mais rien de plus. 

Cette théorie se trouve disséminée dans une foule d'ou- 
vrages plus ou moins connus, d'accès plus ou moins facile 
aussi ; mais il en est bien peu qui l'exposent assez simple- 
ment et assez méthodiquement dans son ensemble pour 
satisfaire tout débutant. Cette première difficulté, due surtout 
à l'état actuel des esprits qui ne permet pas d'enseignement 
régulier, correspond aussi à la diversité des intelligences. 
Les unes, tout ouvertes d'avance aux doctrines théosophi- 
ques, en abordent avec un égal profit quelque détail que ce 
soit; d'autres, au contraire, qui ne pourraient les accepter 
a priori dans leur ensemble, y pénètrent volontiers par quel- 
que porte secondaire qui leur convient spécialement, mais 
qui souvent les oblige à d'énormes détours à travers nos 
sciences et nos philosophies. Ainsi les débuts doivent être 
fort variables et demandent à être dirigés par quelque con- 
frère déjà plus avancé, capable de discerner l'état intellec- 
tuel et moral de l'aspirant. 

C'est pourquoi aucun ouvrage ne pourrait être spéciale- 
ment recommandé ici sans inconvénient. On trouvera une 
excellente bibliographie des ouvrages théosophiques dans 
le Traité élémentaire de science occulte, par Papus. Voici 

en outre, indiquée dans son ensemble, une suite d'études, 

** 



— i66 — 

longue mais sûre, pouvant former une transition ménagée 
du positivisme à la Théosophie : 

Les faits : Étudiez : Richet, — d'Assier, — Liebault, — 
Philipps, — Dupotet, — Reichenbach, — Mesmer, etc... 
Les hypothèses d'ensemble : Comte,,— Stuart Mill, — 
Bain, — Ribot, — Spencer, — Taine, etc. 

Les philosophes : Du Prel, — Hartmann, — Scho- 
penhauer, — Hegel. — On trouvera alors grand profit dans 
les plus anciens : Spinosa, — Leibnitz, et jusqu'à l'anti- 
quité, Aristote, — Platon, — les Néoplatoniciens, — les 
Pythagoriciens, — puis les savants modernes mystiques : 
Wronsky, — Fabre d'Olivet, — Lucas, etc. 
On est alors en pleine Théosophie. 
Cette série demande cependant encore bien des modifi- 
cations selon le caractère, les aptitudes scientifiques de 
l'étudiant. Il faut cependant indiquer quelques traits de 
cette théorie nécessaire à l'intelligence de notre sujet prin- 
cipal; le lecteur voudra bien se souvenir seulement que le 
procédé de leur exposition est tout personnel à l'auteur de 
cet article, et n'en imputera pas les erreurs à la Théoso- 
phie elle-même. 



* 



Nos sciences positives donnent pour dernière formule du 
inonde sensible : 

Pas de matière sans force; pas de force sans matière. 

Formule incontestable,, mais incomplète si l'on n'y 
ajoute le commentaire suivant : 

1° La combinaison de ce que nous nommons Force et 
Matière se présente en toutes proportions depuis ce que 
l'on pourrait appeler la Force matérialisée (la roche, le 
minéral, le corps chimique simple) jusqu'à la Matière sub-* 



- 267 — 

tilisée ou Matière Force (le grain de pollen, le spermato- 
zoïde, l'atome électrique); la Matière et la Force bien que 
nous ne puissions les isoler s'offrent donc comme les 
limites mathématiques extrêmes et opposées (ou de signes 
contraires) d'une série dont nous ne voyons que quelques 
termes moyens; limites abstraites mais indubitables. 

2° Les termes de cette série, c'est-à-dire les individus 
de la nature, ne sont jamais stables; la Force, dont la mobi- 
lité infinie est le caractère, entraine comme à travers un* 
courant continuel d'un pôle à l'autre, la matière essen- 
tiellement inerte qui s'accuse par un contre-courant de 
retour. C'est ainsi, par exemple, qu'un atome de phosphon; 
emprunté par le végétal aux phosphates minéraux de- 
viendra l'élément d'une cellule cérébrale humaine (ma- 
tière subtilisée) pour retomber par désintégration dans le 
règne minéral inerte. 

3° Le mouvement, résultat de cet équilibre instable, 
n'est pas désordonné; il offre une série d'harmonies en- 
chaînées que nous appelons Lois et qui se synthétisent à 
nos yeux dans la loi suprême de Y Evolution. 

La conclusion s'impose : Cette synthèse harmonieuse de 
phénomènes est la manifestation évidente de ce que nous 
nommons une volonté. 

Donc, d'après la science positive, le monde sensible est 
l'expression d'une volonté qui se manifeste par l'équilibre 
instable, mais progressif de la Force et de la .Matière. 

11 se traduit par ce quaternaire : 

I. Volonté (source simple) 

III. Force (Éléments de la Volonté polarisés) - II. Matière 

IV. Le Monde Sensible 

(Résultat de leur équilibre instable, dynamique) 

La méthode positive ne nous permet pas de nous arrêter 
là : 11 faut analyser la Volonté ;i son tour. Abrégeons ici 



— 268 — 

cette analyse que le lecteur fera sans peine avec tous les 
traités de psychologie; elle conduit, à travers les deux 
termes opposés de Y affirmation et de la négation, h une 
nouvelle cause supérieure, d'apparence simple, Vidée que 
l'analyse décomposera encore en conscience et inconscience 
pour remonter sans pouvoir aller plus loin à ce terme 
absolu Y Un h la fois conscient et inconscient, affirmatif et 
négatif, force et matière, innomable, incompréhensible 
pour l'homme. 

Désignons ce terme suprême par A, et l'atome matériel 
par Q, nous aurons, d'après notre analyse, pour représenta- 
tion de l'Univers, la série suivante de quaternaires hiérar- 
chisés : 



■f (*)A 

(3) Conscience (2) Inconscience 

(4) Idée 
(6) Affirmation (5) Négation 

(7) Volonté 

(9) Force (8) Matière 

(10) le Cosmos 



Monde Divin 
(Le Transcendant) 

Monde Intelligible 
(La Logique) 

Monde Sensible 
i La Science positive) 



Les termes extrêmes, % et <->, Esprit et Matière, égale- 
ment inaccessibles à l'intelligence humaine dans leur infi- 
nie grandeur et leur petitesse infinie 1 , ne sont pas seule- 
ment reliés par des chaînons intermédiaires invariables; il 
se fait aussi de l'un à l'autre un mouvement incessant de 
descente dans lequel l'Esprit devient Matière par les 
désintégrations successives qu'expriment l'Idée, la Volonté 
et le Cosmos. C'est ce qui constitue la création. 



l. Le premier a, Un et infiniment grand; intégration d'il — Le second u. 
multiple composé «l'un nombre infini d'éléments infiniment petits ; ana- 
lyse d'à. 



— 269 — 

Mais, puisque le Cosmos lui-même est eu mouvement 
évolutif comme nous le prouvent nos sciences et puisque, 
d'après elles, ce mouvement s'accuse clairement vers une 
synthèse progressive qui spiritualise l'être vivant en le com- 
posant de plus en plus, le schéma précédent n'exprime que 
la moitié de l'Univers, celle descendante, il y faut joindre une 
autre moitié qui ramène l'atome, w, à son principe opposé % 
h travers les synthèses progressives des vies individuelles. 
C'est le 'Progrès, suite de la Création. 

Ainsi l'Univers nous paraît comme un courant circulaire 
dont le sens est nécessairement inverse dans les deux arcs 
opposés : du pôle positif a au pôle négatif w, le courant des- 
cend : c'est rinvolution, la descente de l'Esprit dans la 
matière ; du pôle négatif <o au pôle positif a, le courant 
remonte : c'est /'Zw'o/^/Vv^la spiritualisation de la matière ; 
nous arriverons tout h l'heure à sa description. 



* 



Concluons pour l'homme : 

Nos sciences nous le montrent avec évidence sur l'arc 
ascendant et loin déjà du pôle négatif, puisqu'il est à la 
tête des trois règnes du monde terrestre. Il appartient 
ainsi au monde sensible de l'Univers; le monument impo- 
sant de la science témoigne de la place qu'il occupe encore 
dans le monde intellect nef; mais en même temps, ses erreurs, 
ses incertitudes, les lacunes énormes de son savoir, ses 
passions aussi, montrent assez qu'ici il n'est plus maître 
comme dans le monde inférieur. — Quant au monde divin, 
il le conçoit, il le pressent, mais c'est à peine s'il peut l'at- 
teindre, parla foi plutôt que par la science. 

L'homme ost doue un être qui, dans sa, réascension est 



— 270 — 

parvenu à la région moyenne et vers le centre de cette 
région : sa place est au milieu de l'arc ascendant entre les 
êtres supérieurs et ceux inférieurs de la création, dominant 
les uns, dominé par les autres, entre l'Ange et la Bête. 
Situation nécessairement pénible à cause de l'égalité des 
deux forces contraires qui y ralentissent l'ascension, véri- 
table point mort qu'il faut vaincre par un effort spécial. 

L'Initiation est renseignement qui facilite à ce moment 
Féclosion du papillon humain. Nous allons pouvoir com- 
prendre maintenant en quoi elle consiste. 



* 



Les Anciens, avec la puissance ordinaire de leur génie 
synthétique, avaient symbolisé l'ensemble de l'Involution 
et de l'Évolution par une suite de vingt-deux figures pleines 
de significations, qui constituent ce que les occultistes nom- 
ment les vingt-deux Grands Arcanes. 

En prenant les dix premiers comme description de l'In- 
volution, on trouve dans les autres les phases successives 
de l'Initiation, telles que les décrivent les douze heures (ou 
sentences) qui constituent le Nuctemeron attribué à Apol- 
lonius de Thyane, et que nous allons énumérer. 

11 faut d'abord, et pour plus de clarté, revenir un instant 
encore sur l'évolution : 

Lu fait, son analyse n'est pas complète avec les dix 
termes qui nous ont conduits au Cosmos, équilibre dyna- 
mique de la Force et de la Matière. Ce Cosmos peut s'ana- 
lyser à son tour en deux principes que toutes nos sciences 
montrent en conflit dans huit mouvement de la matière, 
savoir: Y Actif et le Passif (mêle et femelle des organis- 
mes, acide cl base de la chimie, pôles opposés de l'éleclii- 



- 271 — 

cité, etc.). C'est seulement dans leur équilibre absolu que 
réside la matière complètement inerte, le pôle insaisissable 
exactement opposé à l'a ; l'w de l'Univers. 

Les occultistes ont représenté cette 4 e tétraktis, dont le 
Cosmos est le premier terme (la tétraktis du monde inférieur, 
in fera. Iles enfers), par les onzième, douzième et treizième 
arcanes. Le dernier, celui qui porterie chiffre 13, si généra- 
lement redouté, mérite d'être signalé. Il se nomme la Mort 
et la Résurrection : c'est là, en effet, qu'est l'Inertie abso- 
lue, mais c'est là aussi que l'Involution s'arrête, et que 
l'Évolution commence, car l'équilibre des deux principes 
actif et passif ne persiste jamais. 

Cela semble en contradiction avec la remarque précé- 
dente que la description de l'initiation, c'est-à-dire de la 
réascension, débute par l'arcane 10 et non par le quator- 
zième. 11 n'en est rien, cependant, et voici pourquoi : dans 
l'Évolution, l'être doit reprendre en sens inverse, pour en 
faire la synthèse, tous les étages à travers lesquels l'a s'est 
désintégré dans le cours de l'Involution. L'homme est le ré- 
sultat actuel d'un travail de ce genre antérieur à son état 
présent, mais ce travail, qui Fa élevé depuis l'w jusqu'à 
l'étage de la Volonté, il n'en a pas conscience ; il l'a subi 
seulement sous la pression fatale de la Force pure d'abord, 
puis de l'instinct, des désirs, des passions ; il ne connaît donc 
pas son évolution antérieure et cependant comment pourra- 
t-il se rendre maître de quelqu'un de ces mondes sans les 
connaître tous? Sa première opération dans l'Initiation doit 
donc être de redescendre jusqu'à ses débuts dans l'Evolu- 
tion, de prendre connaissance de tous ses degrés, de toutes 
les forces, de tous les êtres qu'il y a traversés, de plonger, 
pour ainsi dire, jusqu'aux racines de la vie, jusqu'à la Mort, 
et d'apprendre à la dominer. 

Ce n'est point là, comme on va le voir, une tigure ; h; 



— :>7:2 — 

Néophyte ne peut arriver à l'exercice certain, volontaire, 
des facultés transcendantes sans se rendre maître des 
forces qui y produisent l'illusion, qui menaceraient sa vie 
même ; sans atteindre Y Inertie et la vaincre. 11 faut que, 
comme le Christ, modèle de l'homme régénéré il expire 
sur la croix et ressuscite le troisième jour, c'est-à-dire après 
être descendu à travers les trois derniers degrés repré- 
sentés par les arcanes H, 12 et 13, jusqu'au fond des en- 
fers, pour y trouver la Mort et la dominer. 

Cela compris, décrivons les douze heures un phases de 
Y Initiation. 



L'arcane 10, première heure de la série, correspond à 
l'étage où l'homme se trouve clans son état actuel. Le sym- 
bole de cet arcane est ce Sphinx qui gardait l'entrée du 
monde égyptien; le Néophyte descendait entre ses pattes 
dans le souterrain qui devait le conduire au sanctuaire, à 
travers une série d'épreuves, image et noviciat de la des- 
cente dont nous venons de parler. 

Cette heure est donc celle des préparations ; elle sépare 
la vie commune de la vie transcendante ; on y apprend quels 
travaux doivent être entrepris et l'on s'y dispose. Voyons 
comment : 

La tète humaine du Sphinx, foyer de l'intelligence, dit 
au Néophyte : « Acquiers d'abord la Science qui montre 
le but et éclaire le chemin. » — C'est l'enseignement 
théorique indiqué plus haut. 

Ses flancs de taureau, image du labeur rude el persévé- 
rai de la culture, lui (lisent : « Sois fort et patient dans l< i 
travail. » 



— 273 — 

Ses pattes de lion lui disent : « Il faut oser et te défendre 
contre toute force inférieure. » 

Ses ailes d'aigles lui disent : « Et vouloir t'élever vers les 
régions transcendantes où ton âme touche déjà. » 

La question attribuée au Sphinx: grec et la réponse qu'il 
y fallait faire offrent une image non moins expressive de 
Ykomme et de son but. — C'est lui l'animal qui le matin 
(c'est-à-dire à l'enfance de l'humanité) porté sur 4 pieds (4 
étant le nombre de la réalisation exprime la matière et et ses 
instincts, le monde sensible) à midi (c'est-à-dire dans l'âge 
viril de son humanité) marche sur 2 pieds (2, nombre d'op- 
position, image de la science, de ses contradictions, de ses 
doutes, du monde intelligible) — et le soir (quand sa journée 
s'achève) marche sur 3 pieds (3, nombre du monde divin, où 
la Trinité donne la solution de toutes les oppositions, de 
toutes les antinomies par le terme supérieur, synthèse har- 
monique des deux termes contraires). 

Apollonius décrit cette même heure par ces mots : « Ici 
le Néophyte loue Dieu, ne profère pas d'injures, n'in- 
flige plus de souffrances » — autrement dit, apprend à 
connaître la Création théoriquement et s'exerce à dominer 
ses passions. Arrêtons-nous un instant à la concordance de 
ces prescriptions diverses. 

Nous avons vu l'homme arrivé sur l'arc ascendant, 
disputé entre les forces d'inertie, inférieures, qu'il vient 
de traverser sous l'impulsion de l'instinct, et celles actives 
qui l'attirent vers le haut : nous avons remarqué qu'il faut 
maintenant décider de la lutte par l'intervention de la 
Volonté, développée suffisamment par l'Évolution, et suffi- 
samment libre pour se ranger d'une ou d'autre part : il peut 
donc se décider ou pour les forces inférieures, de désin- 
tégration, ou pour celles supérieures, de synthèse; c'est ce 
qu'il nomme le Mal et le Bien : Mal en effet pour lui parce 

18 



— 274 — 

qu'en redescendant il retrouvera les affres de la décompo- 
sition, de la Mort. — ■ Bien, au contraire, s'il remonte, 
parce qu'il jouira de la réalisation de ses aspirations natu- 
relles, la connaissance et la domination de la Création. 

Or, où est dans l'organisation humaine l'indice des forces 
d'inertie? — Dans l'instinct, les passions. Où est, au con- 
traire, l'indice des forces actives? — Dans l'énergie 
morale, la Vertu. 

Où est dans l'organisation humaine l'indice des forces de 
désintégration qui ramènent à l'inertie? — Dans la ten- 
dance à l'isolement, dans Végoïsme. Où est, au contraire, 
l'indice des forces intégrantes? — Dans la tendance à la 
solidarité, à l'altruisme, dans la Fraternité. 

Donc, le monde transcendant est ouvert à quiconque aura 
la Volonté (ou même l'impulsion artificielle) suffisante pour 
triompher des forces qui le gardent, mais malheur à qui 
l'abordera avec un cœur passionné et égoïste : celui-là se 
replongera tête baissée dans le courant de décomposition 
pour s'y dissoudre : la Nature détruit le Mal; c'est la loi de 

sélection! 

Celui-là seul dont le cœur sera plein de charité pourra 
s'élever selon la destination véritable de l'être humain dans 
la région des Principes. 

C'est pourquoi le Sphinx prescrit avec la volonté persé- 
vérante du Taureau, le courage du Lion contre les forces 
passionnelles ; c'est pourquoi Apollonius prescrit la réserve 
et la fraternité, avec l'Évangile qui y met la source de la 
Loi. 

Telle est donc, avec la science, la préparation à l'Initia- 
tion : nous verrons bientôt la sanction de ces préceptes. 



* 



2/o 



Le Néophyte suffisamment exercé à ces préliminaires de 
la première heure descend les trois degrés inférieurs comme 
voici : 

Arcane XI : La Force. 

Deuxième heure d'Apollonius : «Les abîmes du feiï, 

les vertus des astres se ferment en couronne à travers les 
dragons et le feu » (la chaîne magnétique). 

Le Néophyte apprend à connaître dans son propre orga- 
nisme la Force universelle et son double courant positif et 
négatif. Cette connaissance va trouver son application dans 
les deux heures suivantes : 

Arcane XII : Le Grand- Œuvre. 

Troisième heure d'Apollonius : « Les serpents, les chiens 
et le feu. » 

Première manipulation de la force appliquée extérieure- 
ment à la matière inerte pour y opérer les transmutations : 
c'est V Alchimie. Arrivé à ce degré pratique, le Néophyte 
doit, au moral, être prêt au sacrifice complet de sa person- 
nalité ; il doit, en langage alchimique, avoir détruit par le 
feu sa nature fixe pour la volatiliser. 

Arcane XIII : La Mort. 

Quatrième heure d'Apollonius : « Le Néophyte erre dans 
les sépulcres et il lui sera nui ; il éprouvera l'horreur et la 
crainte des visions; il devra se livrer à la magie et à toute 
pratique de qéotie. 

C'est la Nécromancie, application de la Force à la domi- 



— 27G — 

nation des êtres vivants inférieurs : Élémentaux, ou orga- 
nismes prêts à se synthétiser, et Elémentaires, restes des 
défunts, en voie de désorganisation. 

Au moral, le Néophyte doit mourir à la vie ordinaire 
pour entrer dans la vie spirituelle; l'homme céleste va naî- 
tre du cadavre de l'homme terrestre. 

Les bas-fonds de l'univers sont atteints; le néophyte, 
touche à l'extrémité de l'aura terrestre, atmosphère sub- 
lunaire qui entoure toute planète, comme le réservoir des 
éléments de sa vie ; le voici au moment terrible où il faut 
perdre terre pour se lancer dans l'océan des espaces ; crise 
redoutable à laquelle deux périodes sont consacrées. 

La première est transitoire. 

Arcaxe XIV : Les deux Urnes (les fluides terrestres et 

célestes). 

Cinquième heure d'Apollonius : « Les eaux supérieures 
du ciel. » 

On v prend connaissance de l'afflux des courants astraux 
dans l'aura planétaire, comme dans la deuxième heure, on 
a pris une connaissance préliminaire de la Force avant de 
s'y exposer dans l'heure suivante. 

Arcane XV : Typhon (l'ouragan électrique). 

Sixième heure d'Apollonius : « Ce qu'il faut ici est de se 
tenir coi, immobile, à cause de la crainte. » 

Le Néophyte s'expose à découvert au double et formida- 
ble courant fluidique des espaces célestes, qui emporte sans 
merci l'ignorant ou l'imprudent, mais élève le fort suffi- 
samment purifié. Silence, prudence, courage ! 



^77 — 



Selon vos mérites, vous serez ravi comme saint Paul, ou 
vous vous exposerez soit à la folie, soit même à la spiritua- 
lisation du mal, à la sorcellerie. C'est le Sabbat ou l'Extase! 

L'attention du lecteur ne peut trop s'arrêter sur ce mo- 
ment solennel de l'occultisme pratique si bien figuré dans 
le roman de Lytton (Zanoni) sous le nom de Dragon du 
seuil ; c'est l'écueil redoutable qui nécessite tant de secrets; 
on y arrive, à ce seuil, par bien des voies artificielles : le 
hascliich, les narcotiques, les hypnotisants de tous genres, 
les pratiques de la médiumnité spirite; mais malheur à qui 
s'y présente sans avoir triomphé dans la longue et laborieuse 
préparation préliminaire ! Son sort nous est dépeint par 
l'arcane suivant : 

Arcane XVI : La Tour foudroyée. 

Septième heure d'Apollonius : « (Le feu) réconforte tous 
les êtres vivants, et si cjuelque prêtre, homme pur, le dé- 
robe et le projette, s'il le mêle à l'Huile sainte et qu'il la 
consacre, et qu'il en enduise quelque partie malade, elle 
sera délivrée de la maladie. » 

Le courant irrésistible a touché celui qui s'expose à son 
tourbillon sur les sommets terrestres : si l'audacieux est 
impur, la désorganisation le menace, plus ou moins com- 
plète selon son indignité intellectuelle ou morale et son 
énergie (mysticisme incohérent, folie, mort ou désintégra- 
tion complète figurée par le génie du mal, le Diable) ! 

Est-il digne, au contraire, des régions supérieures, ce 
baptême du feu le fait Mage ; les sources de la vie terrestre 
sont à sa disposition ; il devient Thérapeute. 

Arrivé à ce point, il va apprendre à connaître progressi- 
vement les espaces célestes comme il connaît la sphère ter- 



— 278 — 

restre, et à y dominer : trois heures sont consacrées à cette 
exploration : 

Arcane XVII : L'Étoile des Mages. 

Huitième heure d'Apollonius : « Les vertus astrales des 
éléments, des semences de toute sorte. » 

C'est la région des principes du système solaire : la vie y 
devient claire ; sa distribution du centre solaire à toutes les 
planètes et leurs influences réciproques sont compris dans 
tous leurs détails, dans ce que les occultistes nomment les 
Correspondances. L'Initié possède alors Y Astrologie prise 
dans toute l'étendue de son acception. 

Arcane XYIII : Le Crépuscule. 
Neuvième heure d'Apollonius. « Ici rien de fini. » 

L'Initié étend maintenant sa perception au delà de notre 
système solaire, « au delà du Zodiaque » ; il arrive en vue 
de l'Infini ; il touche aux limites du monde intelligible ; la 
lumière divine commence à se montrer, objet de terreurs et 
de dangers nouveaux. 

Arcane XIX : La Lumière resplendissante. 

Dixième heure d'Apollonius : « Les portes du ciel sont 
ouvertes et l 'homme' renaît docile, dans le sommeil léthar- 
gique. » 

Vidée apparaît à l'âme régénérée de l'Initié, on, dans 
le langage de l'occultiste : le soleil spirituel va se lever pour 
lui ; il va, par une renaissance nouvelle, entrer dans le 
Momie Divin, où Fonne memi plus. 



— 279 — 

Deux pas y restent à faire pour accomplir les plus hautes 
destinées humaines : 

Arcane XX : Le Réveil des morts. 

Onzième heure d'Apollonius : « Les Anges, les Chéru- 
bins, les Séraphins volent avec des bruissements d'ailes; il 
y a de la joie dans le ciel, et la terre se lève, et le soleil 
qui sort d'Adam. » 

C'est la hiérarchie du monde Divin qui apparaît sur des 
terres et dans des cieux nouveaux. L'Initié n'aura plus à tra- 
verser la mort ; il vivra désormais sans interruption. 

Arcane XXII : La Couronne des Mages. 

Douzième heure d'Apollonius : « Les cohortes du feu se 
reposent. » 

Nirvana ! Le retour complet à Vx. 



* 



— 280 — 



Résumons en un tableau ces douze heures de l'initiation. 



0._ Études et Épreuves préliminaires. 
t. — Étude transcendante du Monde 
Sensible. 
Manifestations inférieures : 
1° Étude préliminai- 
re de la Force. 
2° Application au 

monde inerte. 
3° Application au 
monde animé 
élémentaire. 



(Magnétisme) 
{Alchimie) 



Nécromancie) 
(Magie) 
Phase transitoire : 

1° Aperçu des forces 
supérieures. 

2° Entrée dans le 
monde ultra- 
terrestre. (Extase) 

Le Dragon du Seuil! 

Régions supérieures 

1° Application des 
forces supérieu- 
res à la vie ter- 
restre. 

2° Les forces dans 
le système so- 
laire. 

3° Les forces de 
l'Univers entier 

IL — Etude du Monde Intelligible : 
Au bord de l'Infini. 

III. — Étude du Monde Divin : 
Hiérarchies divines. 
Nirvana! 



[Thérapeutique 



(Astrologie) 



Arcane X 



l re heure 



Arcane XI 



Arcane XII 



2e heure 



3 e heure 



Arcane XIII 4 e heure 

(La Mort) 



Arcane XIV 5" heure 



Arcane XV 



6 e heure 



(Typhon) 



Arcane XVI 

Arcane XVII 
Arcane XVIII 

Arcane XIX 

Arcane XX 
Arcane XXII 



7" heure 

8 e heure 
9 e heure 

10" heure 

11° heure 
12° heure 



— 281 



Est-il nécessaire d'ajouter combien chacune de ces //cures 
exige d'efforts et de temps (d'années, de vies, de siècles 
souvent), combien sont rares ceux qui franchissent même 
les premiers degrés ! 

Ce que nous pouvons attendre de leur connaissance, c'est, 
avec l'espoir d'un progrès indéfini vers la réalisation de nos 
plus radieuses espérances, le désir d'atteindre au moins aux 
premières réalisations pour y puiser l'assurance des autres; 
c'est la confiance dans les enseignements de ceux que nous 
pouvons reconnaître comme des maîtres avancés déjà, c'est, 
enfin, la certitude que, dans ces enseignements féconds, 
nous pouvons trouver le salut de nos sociétés en souffrance 
aussi bien que les joies individuelles les plus désirées. Et 
ces désirs, cette confiance on les ressent dès les premières 
études préliminaires. 

Pour y réussir, nous n'avons tout d'abord qu'un travail à 
entreprendre, celui que nous dépeint le Sphinx : les pré- 
parations intellectuelles et morales. Mais celui-là seul qui 
les a sérieusement entreprises sait quels efforts considéra- 
bles et persévérants elles exigent! Puisse ce grossier aperçu 
inspirer au lecteur le désir et le courage de s'y livrer avec 
toute l'ardeur de l'Espérance ! 

F.-Cu. Baulet. 



282 



LE NOM DIVIN DANS LE TAROT 

Par Cn. Barlkt 



L'ensemble des symboles qui constituent le Tarot, au 
lieu d'être présenté en une seule figure, est distribué en 
une série de 78 lames ou cartes; la raison en est que la 
signification de cet ensemble est très multiple ; à la fois 
théologique, cosmologique, psychologique et divinatoire et 
que cette variété résulte de celle des combinaisons diverses 
que l'on peut produire par le rapprochement et la compa- 
raison des 78 lames. Cette disposition n'est pas une des 
moindres beautés de ce chef-d'œuvre unique, en ce sens 
qu'elle ajoute le mouvement, la vie par conséquent, à l'im- 
mobilité ordinaire de toute représentation graphique ; sans 
compter la variété de ses moyens qui comprennent le 
nombre, la parole, la forme et la couleur. 

On peut donc faire parler le Tarot quand on a trouvé 
quelqu'une de ses innombrables combinaisons, c'est-à-dire 
quand on sait disposer sur la table une partie ou la totalité 
de ses lames dans tel ou tel ordre qu'il s'agit de trouver. 

Nous allons lui demander notamment, ce qu'est la Créa- 
tion au point de vue de l'homme, c'est-à-dire ce qu'est la 
vie du Grand Tout cl comment l'homme peut ou doit y par- 
ticiper. C'est le Tarot pris dans son ensemble de 22 grands 
arcanes et de .*><> arcanes mineurs, qui va nous répondre, 
comme nous niions le montrer en citant quelques-unes 
seulement des profondes interprétations qu'il fournit. 



— 283 — 

Pour en tirer cet enseignement, nous nous rappellerons 
d'abord que ses trois premières lames qui expriment la Tri- 
nité, forment en même temps la clef des 22 grands arcanes 
lesquels, abstraction faite du 0, ne sont que sept répéti- 
tions de cette Trinité. Nous remarquerons aussi que la 
lame IV, quatrième terme de la tetraktis divine, est, à la 
fois la réalisation de la Trinité ramenée à l'unité et le pre- 
mier terme de la Trinité suivante. Les quatre premières 
lames représentent ainsi le nom divin de 4 lettres, IÈVÉ 
(mrv), de sorte que, si nous répétons sept fois la Trinité 
pour avoir la série des 21 grands arcanes, les nombres 
correspondront comme il suit aux quatre lettres : 

Nombres 1. 2. 3 — \. 5. 6 — 7. 8. 9 — etc. 

i*m— n>n— in* — etc. 

jl ÈV — ÉIÈ— VÉI— etc. 

Nous supposerons ces lettres ainsi attachées aux arcanes 
correspondants, cette remarque sera la première clef de la 
distribution que nous cherchons. 

Pour en trouver une seconde, nous allons répartir nos 
lames dans l'espace, d'abord, leur place sur le plan en 
résultera, ensuite, clairement. Nous savons que le Cosmos 
se conçoit comme une expansion finie du point mathéma- 
tique, c'est-à-dire de l'Absolu, qui, avant cette expansion 
renferme dans son néant toute force ou potentialité. 
Figurons cette sphère (Voir figure l r "). Le centre en sera 
représenté par une de nos lames, celle 0, le Fou ou Cro- 
codile, qui est le pivot de tout le reste en même temps qu'il 
participe de toutes les autres lames, renfermant toutes les 
propriétés de notre univers. D'un point quelconque de la 
sphère, point qui deviendra pour nous son pôle Nord, va 
partir le mouvement par lequel nous allons voir la création 
apparaître à sa surface. 



— 285 — 

Autour de ce point, reflet du centre, nous poserons sur 
la sphère les lames de nos 3 premiers arcanes : ï (le Mage , 
l'Esprit 1); II (la Science, la Substance, H); III (l'Amour, la 
Puissance féconde, l'Être ]) ; et pour que cette Trinité se 
répète dans tout le septénaire de notre distribution nous 
en ferons la racine de 3 grands fuseaux représentant les 
3 termes de la Trinité qui partageront par 3 méridiens la 
surface de notre sphère. 

Nous pourrons ensuite continuer comme voici la distri- 
bution de nos lames sur cette surface : tout chef de trinité 
partielle sera dans le fuseau 1 ; tout second terme sera 
dans le fuseau 2; tout troisième terme clans le fuseau 3. 
Par conséquent notre lame IV (l'Empereur, H, viendra 
sous celle I; la lame V (le Pape 1) viendra sous celle II; la 
la lame VI (la Liberté H), viendra sous celle III, et cette 
seconde série constituera sur notre sphère une nouvelle 
zone. Une troisième plus inférieure sera formée par les 
lames VII, VIII et IX, les lames XI, X, XII, occuperont 
l'Equateur, et les 9 lames, de XIII à XXI se distribueront 
comme les 9 premières en 3 bandes superposées sur l'hé- 
misphère inférieur, ainsi qu'on le voit sur la figure 1 . 

Voilà placés nos 22 grands arcanes; arrêtons-nous un 
peu à leur signification : Au-dessus de l'équateur nous 
voyons une expansion toujours croissante du pôle Nord, 
représentée par les 3 triangles supérieurs puis par les 6 tra- 
pèzes suivants de plus en plus grands. Voilà les 3 plans de 
la création : Le Divin, métaphysique (I, II, III), l'Intelli- 
gible, moral (IV. V. VI) et le physique, celui des attributs 
générateurs ou éléments (VII, VIII et IX). 

La création se réalise sur la ligne équatoriale (X, XI, XII) 
dont le premier terme représente avec les lames précé- 
dentes, les 10 sephiroth de la Cabbale. 

Au-dessous de l'Equateur, monde de la réalisation maté- 



— 286 — 

rielle qui se quitte par la Mort (XIII), l'expansion se res- 
serre, se synthétise par un mouvement inverse et symé 
trique du précédent. Les arcanes qui suivent vont repré- 
senter l'Initiation poussée jusqu'à ses limites extrêmes, la 
voie par laquelle la créature (X) retourne de sa multiplicité 
à l'unité de l'esprit, revient au point, au pôle méridional, 
nouveau reflet de l'Absolu vers lequel elle remontera par 
l'axe vertical de la sphère l . 

Le Néophyte après les préparations (science positive, 
magnétisme et alchimie, X, Xî, XII) parcourt le monde 
sublunaire (XIII, XIY, XV), puis le système solaire (XVI, 
XVII et XVIII) et s'échappe par le soleil dans les abîmes 
de l'Infini (XIX, XX et XXI). 

Nous pouvons conclure de cet exposé rapide à la distri- 
bution pratique de nos 21 arcanes sur un plan (le lecteur 
aura profit à l'effectuer sur sa table au moyen d'un jeu de 
Tarot). 11 suffit de se représenter notre sphère vue d'une 
distance considérable, sur la verticale de son axe; par 
exemple à la distance de la terre au soleil: l'hémisphère 
supérieur apparaîtra seul ; l'autre n'étant vu qu'en transpa- 
rence, et il sera vu comme un cercle dont l'équateur est la 
circonférence. Les limites des 3 zones superposées se 
montrent comme 3 cercles concentriques; les plans méri- 
diens, vus par leurs tranches ne sont plus que 3 rayons 
également espacés, faisant des 3 secteurs, autant d'arcs 
égaux. Cette représentation, que les géomètres nomment 
projection sur le plan de l'équateur, donne la figure 
deuxième (les 4 cercles du milieu seuls) ; on y a ajouté pour 
la clarté des symboles, un triangle équilatéral inscrit dans 
le cercle intérieur, avec les sommets posés sur les 3 méri- 



1. On trouve les détails justificatifs de cette assertion dans la première 
partie de ce chapitre. 



— 287 



diens. Les chiffres romains inscrits dans les cercles repré- 
sentent les numéros des lames placées comme il a été dit, 
et par suite, indiquent aussi leur place sur la table : les 
arcanes de l'hémisphère inférieur sont indiqués sur la figure 
en chiffres pointillés, dans les mêmes cercles que les précé- 
dents puisque les zones inférieures vues par transparence 
se confondent avec les supérieures, à cause de leur symétrie 
réciproque. 

Voilà déjà dans ses grands traits la réponse à la ques- 
tion posée : l'Esprit descend par trois trinités de l'Absolu 
dans la matière (hémisphère supérieur). 11 se réalise par 
la trinité X (Malchut), XI et XII (l'équateur), et il re- 
tourne à l'Absolu par une Trinité de synthèses crois- 
sautes qui constituent le progrès humain (hémisphère infé- 
rieur). 

Nous dirons plus loin quelques-unes des interprétations 
philosophiques que fournit cette distribution ; achevons-la 
d'abord pour nos 55 arcanes mineurs. Ils représentent spé- 
cialement notre monde solaire. 

Comme nous sommes ici dans le monde de la réalisation 
4 est son nombre, sa base fondamentale; c'est la Trinité 
effectuée, le nom divin de 4 lettres IÈVË (niïT). Nos lames 
s'y partageront en 4 sections; les 4 couleurs du jeu de 
cartes, pique, cœur, trèfle, carreau, dont les noms hiéro- 
glyphiques bien plus significatifs, sont : le Sceptre, la Coupe 
YEpée et le Denier. 

Tout est dualistique aussi dans ce monde, où l'équilibre 
est instable, ne devant trouver son repos que dans le retour 
à la Trinité dont il provient. Aussi ces 4 divisions fonda- 
mentales vont-elles se partager en 2 duades ; l'une spiri- 
tuelle, l'autre matérielle, composées chacune d'un principe 
masculin et d'un féminin, savoir : 

Duade spirituelle, le Sceptre (pique, triangle plein, mas- 



— 288 — 

culin); la Coupe (cœur, triangle ouvert, féminin); attributs 
religieux ; 

Duade matérielle : YEpée (trèfle, triangle lobé) et le 
Denier (carreau, triangle double) ; attributs du guerrier et 
de l'artisan. 

A ces 4 divisions des couleurs en correspondent 4 autres, 
celles des figures, formant aussi 2 cluades; savoir: 

Roi et Dame ; 

Cavalier ou combattant, et Valet. 

Quant aux nombres qui suivent ces figures, ils nous 
amènent à une autre considération essentielle encore pour 
la distribution de nos lames : 

Si 4 est le chiffre fondamental de ces arcanes mineurs, 
symboles de notre monde, il ne faut pas oublier qu'il se 
rattache aussi à la Trinité d'où il émane; qu'il la réalise, et 
qu'il y retourne. 11 faut donc aussi que nous y retrouvions 
l'élément ternaire : après les couleurs et les figures, qui 
ont fourni la base de notre monde, les nombres, qui en 
sont comme l'essence, vont y refléter les sephiroth et par 
eux l'acte de la création; ils s'arrêtent, en effet, à 10, com- 
prenant 3 trinités outre la dizaine, Malchut, qui les résume. 

11 faut aussi que notre distribution tienne compte de ces 
2 nombres, 3 et 4, en les combinant de manière cà utiliser 
tous les éléments que nous venons d'énumérer. Voici 
comment nous y pouvons arriver (suivre figure 1" sur le 
plan de l'Equateur étendu en anneau en dehors de li 
sphère): 

.Nous mettons d'abord à pari deux sortes de lames: le 
Valet de chacune des 4 couleurs (H), qui, réalisation de la 
Trinité Roi (*), Dame (il), Cavalier (1), est comme la tran- 
sition du quaternaire au ternaire; cl d'autre part, le lOde 
chaque couleur qui est l'unité de réalisation complète, 
l'unité multiple 1 et <> — Malchut. 



— 280 — 

Les valets, par leur participation au quaternaire et au ter- 
naire, et leur retour à l'Unité par la Trinité, ont un caractère 
d'universalité qui les rapproche de la lame des grands 
arcanes; nous les mettrons donc en croix autour de cette 
lame, et au centre de notre cercle équatorial. De cette façon, 
le centre exprimera : par la lame l'unité originaire, source 
et but de la création; par son triangle la Trinité primitive, 
par ses 4 couleurs, le quaternaire dans lequel elle se réa- 
lise ; par le caractère des 4 valets, le retour de ce quater- 
naire au ternaire; c'est-à-dire, en somme, toute la création 
rassemblée en un point, en potentialité ; ce qui est le propre 
de l'Esprit. 

Nos 10, au contraire, auront leur place aux extrémités de 
la croix formée par les valets, en dehors de tous nos cer- 
cles, comme l'expression de l'Unité multiple à son der- 
nier terme de différentiation . 

Quant aux autres lames, elles renferment d'abord 3 sortes 
défigures correspondant aux 3 termes de la Trinité; il est 
tout simple de les distribuer dans les 3 parties de notre 
plan équatorial extérieur, correspond aux 3 divisions de la 
sphère : 

Les Rois en face de la division I (*), 
Les Dames en face de celle E (î~|), 
Les Cavaliers en face de celle V (1) ; 

et, puisqu'il y a 4 couleurs pour chacun d'eux, il se 
produira naturellement 4 subdivisions dans chacune de nos 
3 divisions principales; ces 4 subdivisions correspondant au 
Sceptre (\) ; à la Coupe (H), à l'Épée (1), au Denier (H) disent 
encore le nom Divin de 4 lettres 1EYE (niîT) et forment le 
passage du ternaire au quaternaire. 

Il reste à placer les nombres; il n'y a qu'à les faire cor- 
respondre aux termes de la Trinité : 

19 



— 290 — 

Les quatre 1, en arrière des Rois ; 
les quatre 2 en arrière des Dames ; 
les quatre 3 en arrière des Cavaliers ; 

puis, dans un cercle plus extérieur encore : 

Les quatre /& derrière les Rois et les 1 ; 
Les quatre 5 derrière les Dames et les 2 ; 
Les quatre G derrière les Cavaliers et les 3; 

Ëiiiiu un dernier cercle comprendra clans le môme ordre 
Jes 7, les 8 et les 9 Quant aux 10 ils sont placés en dehors 
comme on l'a dit tout à l'heure. 

On obtient ainsi la distribution représentée par les ligures 
1 et 2. 

Voyons-en la signification : 

L'atome vivant descendu sur la sphère est arrivé au point 
représenté par l'arcane X; la roue (TEzéchiel qui élève 
F homme et abaisse l'élémental, de là cet atome va s'étaler 
pour ainsi dire, clans le monde matériel qu'il vient d'abor- 
der : il y descend d'abord à travers la décade spirituelle 
(Sceptre et Coupe) (Voir la ligure) en parcourant des nombres 
de plus en plus complexes ; Roi, 1 , '/, 7, puis 10, Par ce 10, 
unité multiple, limite de matérialisation qui rassemble 1rs 
deux parties de la décade Sceptre-Coupe, il reprend en 
sens inverse, comme par un arc réascendant le chemin qui 
la ramènera à la lame X, en remontant les 4, 1, I el Roi 
de Coupe et d'Épée,duade substantielle. 

Ce n'est là que le tiers du voyage que l'atome vivanl doil 
accomplir dans le inonde réel; eu effet, dans cette première 
excursion à travers Ja matière, il a conservé sou caractère 
encore spirituel, qu'il tientdu iod (>), caractéristique de la 
liiuie X; il faut maintenant qu'il perde ce caractère pour 
celui de l'È (il) suivant. A cet effet, de la laine X où il vieul 
de rentrer, il passe à la lame XI (H) Y Ermite, la Lampe 



— 391 — 

voilée y pour parcourir comme précédemment la série dua- 
listique Sceptre-Coupe, à travers les Dames, les 2, les 5 et 
les 8, passer par le 10 de Coupe, et remonter de là par la 
seconde série Épée-Deniers, jusqu'à l'arcane XI point de 
départ de cette deuxième excursion. 

Enfin de ce dernier arcane, il passe à celui XII (1), le 
Sacrifice, descend la série neutre Cavalier, 3, G, 9 de Sceptre 
et de Coupe, traverse le 10 d'Épée et le 10 de Denier, et 
remonte par la dualité Épée et Deniers jusqu'au monde 
intelligible. 

Son voyage à travers le monde matériel est achevé; il a 
parcouru tout le zodiaque ; il va maintenant mourir; l'arcane 
XIII l'attend et lui donne accès au inonde spirituel, à la 
Rédemption. 

Pénétrons dans quelques nouveaux détails de cette dis- 
tribution : 

Elle partage le cercle extérieur de l'équateur en .'{ arcs 
subdivisés en 4 parties; au total 12 divisions de carac- 
tères différents. Voilà les 12 signes du Zodiaque; le 
premier se place naturellement avec la première lame 
de l'arcane mineur dans le secteur spirituel, c'est-à-dire 
le Roi de Sceptre (pique); le deuxième coïncide avec le 
Roi de Coupe, et ainsi de suite jusqu'au douzième. 

Une observation va suffire pour justifier cette concor- 
dance du zodiaque avec nos lames : annotons les 12 divi- 
sions du cercle des 4 lettres du nom Sacré répétées 3 fois ; 
opération qui se légitime par la remarque déjà faite que tes 
4 couleurs correspondent à ces lettres (Voir ligure 2° dans 
le cercle intermédiaire où sont inscrits les signes du 
Zodiaque). Aussitôt nous .reconnaissons les i trigones du 
Zodiaque correspondant aux éléments dont les 4 couleurs 
sont aussi les représentations, et ces trigones sont carac- 
térisés en même temps que désignés. 



— 292 — 

Trigone de feu (Y, SI, »+) correspondant au Sceptre et 
aux lettres (>?) l'élément spirituel y domine. 

Trigone de terre (y, irp, W) correspondant à la CW/?e et 
aux lettres nnn, savoir : deux K, du nom de 3 lettres, et 
l'É final du nom de i lettres — caractère essentiellement 
féminin, substantiel, mais d'ordre supérieur. 

Trigone d'air (tf , i»*, — ) correspondant à l'idée et aux 
lettres 1HH, où domine l'élément masculin de second 

ordre. 

Trigone d'eau (<5, «l, )(), correspondant au Demer et 
aux lettres T\7\7\ comprenant, cette fois, deux fois l'È final 
du nom de 4 lettres et l'É du nom de 3 lettres — caractère 
dominant, le féminin inférieur. 

Mais laissons les arcanes mineurs aux investigations du 
lecteur ; ils nous entraîneraient trop loin ; revenons à 
quelques remarques encore sur les grands arcanes. 

Remarquons d'abord comment les trois secteurs princi- 
paux conservent et reproduisent dans toutes leurs parties 
le caractère qui leur est propre. 

Au premier, celui de la lettre iod [») l'Esprit, se trouvent 
les nombres d'unité : l, IV, VII, X (répétés dans les petits 
arcanes); — comme figure, les Rois ; — comme couleur, le 
Sceptre ; — dans le Zodiaque, les lignes d'ascension du soleil 
au-dessus de l'Equateur, du printemps jusqu'au solstice. 

Dans le second secteur (H), le principe substantiel, sont 
les nombre* féminins II, V, VIII, XI (répétés dans les petits 
arcanes) — comme figure, les Daines, — comme couleur, 
la Coupr, — ([saisie Zodiaque, les quatre signes de descente 
du soleil vers l'équateur; saison des moissons el dos ven- 
danges, fécondité sous toutes ses formes. 

Dans le troisième secteur (ï), le Fils, l'Élément, sont les 
nombres sacrés qui participent des deux ordres précédents 
III, VI, IX; - comme figure, le Cavalier, —comme COU- 



293 



leur le Denier du monde pratique el l'Épée aussi, qui 
termine le secteur précédent; dans le Zodiaque, ïes signes 



Cuintc i 




que le soleil parcourt dans l'hémisphère sud ; notre hiver, 
temps de consommation des produits, de rénovation du 
cycle suivant : Noël est au milieu; la renaissance dans les 



— 294 — 

frimas de la morl ; ce temps où le Fils naît dans un monde 
inférieur pour ranimer ce monde. 

Le nom divin niîT ne se trouve pas écrit seulement dans 
la série des cercles concentriques; il se lit aussi sur les 
rayons communs à ces cercles, soit en descendant, soit en 
remontant. 

Le premier secteur le donne sans transposition, comme 
on le voit sur la figure 2. 

Dans le second secteur, le INom divin est précédé de la 
lettre féminine È, la Mère, et s'arrête ensuite à elle: È, IÈVÉ, 
ÏÈ. (Voir la figure.) 

Dans le troisième, il commence parla lettre du Fils et 
finit par celle du Père à qui celui-ci revient : VF, IEVE, I. 

En parlant de celle remarque, nous allons demander aux 
symboles des lames de nous dire les différentes manières de 
■prononcer le Nom divin et aussi les différentes manifesta- 
tions, dans le Cosmos, de chacune de ces quatre lettres. 
Interrogeons l'esprit même de ces symboles, au lieu de leur 
nombre, de leur couleur ou de leur forme qui nous a plutôt 
occupés jusqu'ici : 

Eu suivant d'abord Tordre même de notre distribution 
nous trouvons : 

Dans le monde divin : arcanes I, 11,111, IV, la Tetraktis 
divine, comprenant : 1° Y Être absolu, 2 : ' la Conscience de 
l'absolu; T Y Amour ou puissance de fécondité; 4° et la 
réalisation des virtualités de V Absolu. 

Dans le monde des lois : arcanes V la loi de relation du 
Créé avec l'Incréé (Y lniti iteur , la Crainte aussi'). VI (la 
Liberté, la Beauté). Science du bien el du mal; conscience 
de la Loi. VII (la Gloire); domination de l'Espril sur la ma- 

1. Voir sur l'a génération et La signification dos nombres le Traité élé- 
mentaire de sciences occultes de Papus, savant auteur do qui les bons 
conseils ont produil la meilleure part dans le présent article, 



— 295 — 

tière; puissance féconde de la Loi el VIII (Justice absolue. 
Vie foire) réalisation de la Loi. 

Dans le monde physique : arcanes IX (la Lampe voilée), la 
lumière éteinte dans les ténèbres de la substance, l'esprit 
emprisonné dans le monde matériel, Jésod. X la (Roue 
de fortune) qui relève l'esprit déchu pour le ramener, avec 
la. matière spiritualisée par lui, à sa toute-puissance, par 
ila Force), arcane XI, et par le Sacrifice (arcane XII). 

Viennent ensuite les phases de la spiritualisation. XIII 
Première phase : (la Mort) au monde physique. XIV (les deux 
Urnes) combinaison des mouvements de la vie. XV (Ty- 
phon), la Magie; — XVI (la Tour foudroyée) ; la force inter- 
planétaire. 

Seconde phase : XVII (Étoile flamboyante), la lumière 
intérieure; XVIII (le Crépuscule), l'aurore du soleil divin. 
XIX (le Soleil) central. Et XX (le Jugement) après lequel 
s'obtient la réalisation suprême, la Couronne des Mages. 

Le nom divin s'énonce encore, avons-nous dit, en suivant 
les trois secteurs. 

Dans ce premier sont les arcanes I, IV, VII, X. L'absolu, 
la réalisation de ses virtualités, la domination de l'esprit sur 
la matière, et le principe vivifiant des êtres. Puis, en retour,. 
XIII, XVI, XIX et I. La Mort (l'Inertie) la lumière astrale, 
le soleil central, et l'Indicible lui-même. 

C'est le récit, par les principes, de la différentiation et do 
l'intégration de l'Absolu. 

Dans le second secteur, celui qui correspond à la cons- 
cience de l'Absolu, ou la foi, nous avons la série : V, VIII, 
XI, XIV : le Hiérophante, ou la religion : la Justice, la Force 
el la combinaison dos mouvements de la vie; image des 



1. La signification des lames est emprunt à Fabre (l'Olive!, Wronski, 
E. Levv, Christian, et le Sepher Zezirah (traduction Pnpus). 



— 296 — 

Saints mystiques de toutes religions qui, par la Foi et la 
Justice absolue, vertus réceptives, féminines, acquièrent 
sans les chercher la puissance d'accomplir des prodiges. 

Enfin dans le troisième secteur, celui de l'Amour, ou puis- 
sance de fécondité, nous avons la série : IX, Sagesse et 
Prudence. XII, le Sacrifice. XV, l'abandon aux forces 
astrales et XVIII l'arrivée à l'Infini. C'est l'essence de cette 
série d'efforts actifs et passifs qui constitue l'Initiation, la 
Rédemption. 

Cherchons-nous encore le nom divin à travers les trois 
fuseaux à la fois, nous trouvons, par exemple, les arcanes I, 
II, III, YI qui montrent la Trinité divine se manifestant par 
la Beauté et la Liberté dans le monde Intellectuel : c'est le 
passage du Père (>) au Fils (1). 

Ou encore, I, VI, IX, X : La descente du Père (>) dans 
le monde physique (X) par le Fils (VI) et par Jesod (IX) ; 
le verbe fait chair. — C'est la Rédemption, la série qui, 
dans le Sepher Zezirah représente la Colonne des Scphiroth 
(Kether — Tiphereth — Jesod et Malchut); 

Mais il faut borner là ces exemples que le lecteur multi- 
pliera aisément. Ajoutons seulement deux mots rapides 
encore sur notre second problème: les différentes manifes- 
tations de chacune des trois personnes de la Trinité divine. 

LTod se trouve dans les arcanes I, V, IX, XII et XIII ; 
en Reter, dans l'Hiérophante, chez le Sage vieillard; puis 
il préside à la Mort qui l'amènera le monde du fond de 
l'Inertie obscure à la couronne resplendissante des Mages, 
parla lumière, intérieure. 

On remarquera en même temps que l'iod est la seule des 
quatre lettres dont les diverses situations forment une spi- 
rale complète sur la sphère, du pôle nord au pôle sud ; sym- 
bole qui peut paraître bien remarquable à qui connaît les 
mystères de la vie d'une planète. 



— 2 ( .)7 — 



Le premier È, la Mère céleste (arcane II), se retrouve 
dans les arcanes VI, X,X1V et XVÏÏÏ, c'est-à-dire la Beauté, 
la Forme, l'Ange de la Tempérance, qui équilibre les mouve- 
ments de la vie, et l'aurore du soleil divin ; Diane la Lune. 

Le Y, le Fils, est caractérisé sur les divers plans par les 
a rcanes IIÏ, VII, XI, XV et XIX ; l'Amour, puissance féconde ; 
le Dominateur de la Matière, La Force, puis Typhon, le 
Baphomet mystérieux des Templiers, qui rassemble les 
forces supérieures pour les répandre sur la Terre, et enfin 
le Soleil central. En un mot le Christ de l'Évangile esprit 
d'amour, Maître des Éléments, Verbe fait chair pour spiri- 
tualiser la chair; Ange du soleil, reflet divin du Soleil Uni- 
versel. 

Enfin le second É, la Mère terrestre, se voit dans les 
arcanes IV, VIII, XII, XVI et XX. Béalisation des virtualités 
divines, et aussi Miséricorde ; — Justice absolue — Sacri- 
fice — Esprit foudroyé et souffrant — et enfin Résurrec- 
tion ; la tête du serpent écrasée sous le talon de la femme 
par la force de l'abnégation et de la foi résignée. 

11 suffit de suivre ces divers arcanes sur la sphère pour 
voir encore que le iod a 3 arcanes supérieurs (hémisphère 
nord) et 2 inférieurs ; 

Que le V (1) en a 2 supérieurs seulement, outre 1 moyen 
(sur l'équateur); 

Et que le E (H) en a 4 supérieurs, 2 inférieurs et 2 moyens. 

Terminons ces observations déjà trop longues par une 
simple remarque sur l'ensemble de notre assemblage. 

Les trois mondes, Divin, Intelligible et Physique ne s'y 
trouvent pas seulement dans les trois zones de la sphère ; 
ils se reproduisent encore dans la disposition totale ; le 
Divin est au centre, par le Fou du Tarot et la croix des 
quatre couleurs, comme nous l'avons déjà remarqué. 

L'Intelligible est fourni dans ses développements par la 



— 298 — 

sphère (fig. 1) ou la distribution circulaire des 21 grands 
arcanes (fîg. 2). 

Le physique se voit dans le plan extérieur de l'Equateur 
(fig. 1) avec la distribution des 56 arcanes mineurs, figurant 
le Zodiaque et les divers degrés de multiplicité de la Force 
à travers la substance jusqu'au pôle extrême, l'unité néga- 
tive, 10. 

En outre l'ensemble (fig. 1) reproduit la forme de la 
planète Saturne, avec son anneau, forme qui, elle-même, 
d'après les théories de nos sciences positives, est la manifes- 
tation la plus claire, la démonstration des grandes lois de 
formation de l'univers. A savoir : la concentration de la 
substance à l'état radiant, autour d'un point d'attraction, 
produisant avec une condensation progressive un mouve- 
ment de rotation particulièrement accentué à l'équaleur, et 
donnant naissance aux étoiles, aux planètes, aux satellites, 
descendant ainsi de la nébuleuse éthérée à l'atome, à l'ulli- 
mat solide; du néant vivant au néant inerte, de l'un à 
l'infinie multiplicité. 

C'est ainsi que le Tarot, fruit séculaire du génie de nos 
aïeux, peut représenter non seulement la création dans 
son état actuel, mais son histoire même jusque dans les 
détails, et son avenir avec celui de la créature humaine, 
jusque dans leurs principes, tout en évitant, parla combi- 
naison do ses symboles analogiques empruntés à la vie 
naturelle, l'écueil où toute philosophie vient échouer, à 
savoir la définition des mots, l'expression nette et entière 
du Verbe dans le monde sublunaire. 



A Voccultiste. 

C.H. DE SlVRY. 



CHAPITRE XVIII 



LE TAROT KABBALISTIQUE 



Déduction d'Etteila sur le livre de Tlioth. — Exemple d'application du Tarot à 
la Kabbale, l'Hiérogramnie d'Adam par Stanislas de Guaita. 



DÉDUCTIONS D'ETTEILA SUR LE LIVRE DE THOTH 

Nous allons résumer quelques-unes des conclusions 
auxquelles était arrivé Etteila à la suite de ses travaux sur 
le Livre de Tlioth (le Tarot). 

Le Livre de Thoth Hermès indique par son nom même 
que notre auteur avait découvert son origine égyptienne. Il 
est composé de 78 feuillets formant 4 volumes. 

Le 1er volume comprend 12 feuillets 
Le 2e — 5 — 

Le .*> 5 — 

Le 4 e — 06 — 

Ainsi les 22 arcanes majeurs formenl W volumes et les 
50 arcanes mineurs forment le dernier. 

Les 56 feuillets du dernier volume se divisent de la manière 



— 300 — 

suivante d'après l'opération indiquée dans Le premier coup 
du tirage de cartes. 

26 -f 17 4- 14 -f 2 = 50 

Les 4 divisions de ces 56 feuillets (les 4 couleurs) repré- 
sentent respectivement : 



1. 


Agriculture 




2. 


Sacerdoce 




3. 


Noblesse 


/ Magistrat 
/ Militaire 


4. 


Peuple 


/ Art 

' Commerce. 



Le Livre de Thoth a trois parties qui sont : 

i'2 Atouts majeurs. 

1G Atouts mineurs (les figures). 

40 Basses lames. 

Il est composé comme un être vivant, car : 

78 est son corps. 
.'} sou esprit ou médiateur. 
1 son âme. 

Si l'on additionne en effet les 12 premiers feuillets du 
livre on trouvera le nombre de son lotal : 

l_|_2-f3 + 4 + 5+6 + 7-f8-f9-fl0 + H + 12==78 

Si maintenant nous nous reportons à la première opération 
du tirage des caries d'après notre auteur, de nom elles déduc- 
tions vont prendre naissance. 

Le nombre 7S représente en effet le Sel où l'Esprit incor- 
ruptible. 

Le nombre 1 un livre) représente l'Unité, la Divinité; 



301 



enfin le nombre 26 qui partage le Tarot en trois partie; 
est justement celui de Jehovah («Tin»). 



Iod 10 

Hé 5 

Vau = 6 

Hé = o 



Total 26 

Dans la première opération ' sur les paquets de 26 caries 
il ne reste rien. — 0. 

Dans la seconde opération sur les paquets de 17 cartes il 
reste 1 qui représente le point du centre du cercle zéro. 

Enfin dans la troisième opération sur les paquets de 
1 1 cartes il reste 2 qui représente l'Homme. 

Pour résumer : 

0. Circonférence de l'Univers. 

1. Le Point du Centre-Dieu. 

ï. Le Mâle et la Femelle. L'Homme. 

Dieu, l'Homme et l'Univers obtenus par les procédés 
mystiques d'Etteila! 

Nous n'en finirions pas si nous voulions poursuivre notre 
auteur dans toutes les déductions qu'il lire de là ; contentons- 
nous, pour terminer, de montrer le sens qu'il donne aux 
nombres des paquets qu'on a mis successivement de côté 1 . 

26. _ C'est VAme. 
17. — L Esprit. 
11. — Le Corps. 

Enfin le reste des cartes 11+11+2=24 c'est la Vie. 
Ces quelques pages suffiront pour donner un aperçu de 
la manière de procéder d'Etteila et encore nous avons 

1. Voyez pour explication de ces paquets el de la manière de les 
obtenir le chapitre XX (6 e leçon). 



— 302 — 

considérablement éclairci ses déductions en les présentant 
aussi méthodiquement que possible. Les curieux pourront 
consulter à ce sujet ses ouvrages. 

Collection sur les Hautes Sciences ou traite théorique et pratique 
de la sage magie des anciens peuples, absolument complet en douze 
livres, lesquels contiennent tout ce qu'E tteila a écrit sur la philo- 
sophie hermétique, l'art de tirer les cartes et notamment le su- 
blime Livre de Thoth. 

2 vol. in-8°, reliés, 1780. 



EXEMPLE D'APPLICATION DU TAROT A LA KABBALE 

L'HIÉROGRAMME D'ADAM 

par 

Stanislas de Guaita 

En affirmant que l'hiérogramme d'Adam recèle les plus 
profonds arcanes de l'Univers vivant, nous n'étonnerons 
pas ceux qui ont fait du Sepher Bereschit une élude 
sérieuse. En confrontant l'admirable traduction de Fabre 
d'Olivet et les révélations pantaculaires du Livre deThoth, il 
n'est pas impossible de faire jaillir les suprêmes étincelles 
du vrai. Voici quelques données qui aideront à y parvenir. 

Adam p"tf s'écrit en hébreux, Aleph, Daleth, Mon. 

^ (l 1 " clef du Tarot. Le Rateleur). Dieu et l'homme; le Principe 
et la fin; l'Unité équilibrante. 

1 (4 e clef du Tarot. L'Empereur). La Puissance et le Règne; le 
Quaternaire verbal; la Multiplication du cube. 

12 (13 e clef. La Mort). Destruction et Restauration; Nuit et Jour 
moraux et physiques; l'Éternité ci l'Éphémère ; la Passivité féminine, 
à la fois gouffre du passé cl matrice de l'Avenir. 

Analyse ternaire (\u principe insondable que tod mani- 
feste on son inaccessible «'I synthétique unité, Adam est, 



— 303 — 

au fond, très analogue àl'hiérogramme A^m si fameux dans 
les sanctuaires de l'Inde. 

En p~tf Aleph correspond au Père, source de la Trinité; 
Daleth au fils (que la Kabbale nomme aussi le Roi) et Mon 
au Saint-Esprit dont le corps éthéré, dévorateur et fécon- 
dateur à la fois des formes transitoires, fait fleurir la vie, 
(intarissable et inaltérable dans son essence), sur le fumier 
changeant du Devenir. 

J'ai dit que pi tf est l'analyse cyclique du principe dont 
* (iod) est la synthèse inaccessible. 

Un simple calcul de kabbale numérique va confirmer 
mon affirmation: Traduisons les lettres en chilfres (Méthode 
tarotique). 

tf 1 1 ï D 13 
t _|_ 4 _|_ 13 = 18 En 18, 1 -f- 8 = 9. 

En Kabbale numérique absolue le chiffre analytique 
d'Adam est donc 9. Or, nous obtenons 10 en ajoutant à 9 
l'unité spécifique qui ramène le cycle à son point de départ 
et clôt l'analyse dans la synthèse, et 10 est le chiffre corres- 
pondant à la lettre iod: ce qu'il fallait établir. 

Le vocable hiérograuimatiqiie pis (Adam) représente 
donc révolution nonaire du cycle émanée de * (iod) et qui 
se clôt en 10, en retournant à son point de départ. Principe 
et fin de tout, Iod éternel, révélé dans sa forme d'expansion 
tertriune. 

Allons plus loin. 

Nous avons donc le droit (en notant d'ailleurs qu'Adam 
diffère de Iod ou de Wodh comme l'ensemble des sous- 
m ultiplesdiffèrent de l'Unité) nous avons le droit de dire, 
po ursuivant nos analogies. 

Si Adam est égal à J . 



— 304 — 

Adam-ah zz I-ah: et Adam Eve zz I-êvê. Hé (H) repré- 
sente la Vie universelle, la Nature naturante; TV représente 
donc (iod) uni à la Vie et Hpltf (Adamah) Adam uni à la 
Vie. C'est à deux degrés différents (en tenant toujours 
compte de la distinction notée plus haut) l'union de Y Esprit 
et de Y Ame universels. 

Enfin en miT (1EVE) comme en mnp"îtf (Adam-Eve) 
Vau (ï) figure la fécondité de cette union et le dernier hé 
(H) symbolise la Nature naturée (issue de la Nature natu- 
rante engrossie par le principe mixte). 

Ces quatre lettres mrv (IEVE) symbolisent le quaternaire 
de Mercavah, les six lettres d'Adam Eve mn~p"îtf le senaire 
de Bereschith. 

(Fragment du Serpent de la Genèse, publié dans le Lotus de 
mars 1888, p. 327 et 328, note.) 



A T occultiste. 

E. POIRKI.. 



CHAPITRE XIX 

NOTICES SUR LES AUTEURS QUI SE SONT OCCUPÉS 

DU TAROT 



Raymond Lulle. — Cardan. — Postel. — Les Rose-Croix. — Court de Gébeliu. 

— Etteila. — Claude de Saint-Martin. — J.-A. Vaillant. — Christian. — 
Éliphas Levi. —Stanislas de Guaita. — Joséphin Péhdan. — Tbe Platouist. 

— Theosopkical publications. — F. Ch. Barlet. — Oswald Wirth. — Poirel. 

— Ely Star. — H.-P. Blavatsky. — Ch. de Sivry. — Mathers. 



NOTICE 

SUR LES AUTEURS QUI SC SONT SPÉCIALEMENT OCCUPÉS DU TAROT 

'Rang de date.) 

Raymond Lulle 1233-1315), savant éminent, fondateur d'un sys- 
tème de philosophie, mais surtout de logique, basé entièrement 
sur l'application du Tarot ; c'est YArs Magna. 

Cardan (Jérôme). Né à Paris en 1501, mort en 1576. Professeur de 
mathématiques et de médecine à Milan et à Bologne. Voyagea 
en Ecosse, en Angleterre, en France, opérant des cures merveil- 
leuses. 

Son traité de lu Subtilité (1550) est entièrement basé sur les clefs du 
Tarot. 

Postel (Guillaume;. Né en 1510 à Dolerie (diocèse d'Avranches). 
Knvovt" par François I er en Orient, il en rapporta des manuscrits 

20 



— 306 

précieux et fut. nommé professeur de mathématiques et de langues 
orientales au Collège de France. .Mort au couvent de Saint-Martin 
des Champs en 1581. 
Un des plus grands initiés du xvi c siècle. A retrouvé la clef du Tarot; 
mais n'en a pas livré le secret ainsi que le montre son ouvrage. 
La Clef des choses cachées (1580). Tous ses ouvrages sont à 
l'index. 

La Mystérieuse Fraternité des Rose-Croix (1604). La Fama fra- 

ternitatis Rosse Cruels (1613) montre aux Initiés que les Rose-Croix 

possédaient le Tarot qui est ainsi décrit : 
Ils ont un livre dans lequel ils peuvent apprendre tout ce qui est dans 

les autres livres faits et à faire. 
N'oublions pas que ces Rose-Croix sont les initiateurs de Leibnitz et 

les fondateurs de la Franc-Maçonnerie actuelle par Asmhole. 

Court de Gébelin. Né à Nîmes en 1725, mort à Paris en 1784. 
Savant illustre. A retrouvé l'origine égyptienne du Tarot. Voyez 
son Monde Primitif' 1773-1783). 

Etteïla (1783). Nous avons donné un résumé de ses travaux sur 
l'Art de tirer les cartes avec le Tarot et sur l'application de ce 
jeu à la Kabbale. 

Claude de Saint-Martin. Le philosophe inconnu. Né en I7i3 à Ani- 
boise, mort en 1803. - Disciple de Martinez Pasqualis et de Jacob 
Bœhm, fondateur des ordres dits Martinistes. Son livre Tableau 
naturel des Rapports qui existent entre Dieu, l'Homme et l'Uni- 
vers est basé strictement sur le Tarot. 

J.-A. Vaillant. A vécu de longues années avec les Bohémiens et a 
reçu oralement une grande partie de leurs traditions qu'il résume 
dans ses ouvrages : 

les Rômes, histoire vraie des vrais Bohémiens (vers is:>:{ . 

La Bible des Bohémiens I 1860 . 

Clef Magique de la Fiction et du /-'ait 1863]. 

Christian. Bibliothécaire de l'Arsenal. A publié un manuscrit occulte 
sur le Tarot en y mêlanl ses rêveries personnelles au sujet de L'as- 
trologie dans : 

L'Homme Rouge des Tuileries 1854). 

Élipeas Levi. Celui des Maîtres contemporains en Occultisme quia 
le mieux possédé le Tarot. Son ouvrage Dogme et Rituel de Haute 
Magie 1861, 2 vol. in-8) esl basé ^w les clefs <\n Tarot. 



— 307 — 

iphas Levi a eu une vie des plus romanesques; il est mort en 1870 
laissant, je crois, un fils. 

Stanislas de Gcaita. Savant kabbaliste contemporain. A fait plu- 
sieurs applications du Tarot à la Kabbale. Nous en donnons un 
extrait ci-dessus. Voir, de plus, Au seuil du Mystère (1886 et le 
Serpent de la Genèse (sous presse). 

Joséphin Péladan. Romancier de grand talent et Kabbaliste émi- 
nent. Traite souvent du Tarot dans ses ouvrages (1885-1889). 

Tue Plaïônist (1888). Revue d'Occultisme américaine. A donne une 
étude assez mauvaise sur l'application du Tarot à l'horoscopie. 
Cette étude a été reproduite sans indication de source par la : 

Theosophical Publications. Petite plaquette, n° H Londres, 1888). 
(7, Duke street). 

F.-Cn. Barlet. Un des écrivains les plus savants et les plus estimés 
que possède l'Occultisme français. On trouvera ci-dessus in 
extenso le résumé d'un de ses travaux sur le Tarot initiati- 
que I 1889). 

Oswali» Wirth a étudié le Tarot astronomique (Voy. ce chapitre et, 
surtout a redessiné les vingt-deux figures symboliques d'après les 
plus récentes données du symbolisme f!889). 

E. Poirel. Occultiste. Editeur du Tarot d'Oswald Wirth (188!)). 

Ély Star. Auteur connu par ses intéressants travaux sur l'Astrolo- 
gie. Les Mystères fie l'horoscope (Dentu, 188S) contiennent un 
chapitre sur le Tarot. 

H. -P. Bxavatsky. Cet auteur éminent par ses travaux sur la Théo- 
sophie parle du Tarot dans ses ouvrages (Isis Unveiled et the 
Secret Doctrine), mais- d'une manière très superficielle et sans 
aucune base synthétique. 

Lu. de Sivry. Occultiste de grand talent, connu surtout par ses tra- 
vaux sur la musique. Nous devons ù son obligeance la communi- 
cation île ce résumé d'un Tarot bohémien ainsi intitulé : 

Extrait du Livre sacré de la tribu Opâchti, de la famille primitive 
qui adorait Otchâvâtri représentant le dieu unique Otchawatra. 
La tribu habitait autour de l'Hymalaya. 

Ce livre décrit le symbolisme des vingt-deux arcanes d'après les 
Bohémiens avec d'intéressantes déductions sur l'ésotérisme. 

Mathers, auteur anglais, a publié récemment un petit traité de 
00 pages sur le Tarot dans lequel il n'y a rien d'original, c'est un 



— 308 — 

simple résumé des auteurs principaux qui se sont occupés de Ja 
question. Ce traité est surtout fait en vue du tirage des cartes. 

Tels sont les ailleurs dont les travaux sont venus à noire 
connaissance et qui ont parlé du Tarot oit se sont servi 
de ses clefs. Il se peut que nous en omettions quelques- 
uns. Nous leur en Taisons nos excuses d'avance. 



A nos lectrices. 



.CHAPITRE XX 

LE TAROT DIVINATOIRE 

EN SEPT LEÇONS 



Introduction. — A nos lectrices. — L'Astronomie et l'Astrologie. — L'intuition. 

— Le Tirage des sorts par le Tarot en sept leçons. 
1' Leçon. — Simplification des règles des Tarots. 

2 e Leçon. — Arcanes mineurs. — Significations. — Inutilité de beaucoup de 
mémoire pour les retenir. — Clef du Tarot divinatoire. — Bâtons. — Coupes. 

— Épées. — Deniers. 

3 e Leçon. — Arcanes majeurs. - Significations au point do vue divinatoire. 
\ r Leçon. — Base de l'application de ces données. - Etablissement du Sort. 
'p 1 Leron. — Tirage du Tarot. — Procédé rapide. — Procédé développé. 
6 e Leçon. — Méthode originale et inédite d'Etteila pour le tirage des Tarots, 
d'après un ses plus rares ouvrages). — 1er coup, 2 e coup, 3 e coup, 4 e coup. 
7 e Leçon. — Conclusion. — Bibliographie. 



LU TAROT DIVINATOIRE 

INTRODUCTION 

A nos lectrices. — L'Astronomie et V Astrologie. — 
L'Intuition. — Le Tirage des sorts par le Tarot en sept 
leçons. 

La première partie de notre étude sur le Tarot, pleine de 
chiffres, de lettres hébraïques et de déductions abstraites 
n'est certes pas faite pour mériter l'attention de nos lec- 



— 310 — 

triées. C'est que, si la nature féminine, curieuse de mystère 
et d'idéal, aime et sait excuser toutes les envolées de l'ima- 
gination, les hommes recherchent avant tout la précision et 
la méthode dans ces sortes d'études. Pour eux j'ai dressé 
cet arsenal d'arguments techniques, j'ai garrotté la « folle 
du Logis » dans les liens étroits de la déduction et ce n'est 
qu'à grand'peine et malgré moi qu'elle a pu s'échapper 
quelquefois et venir semer ses brillantes graines d'illusion 
dans le cours de mon travail. 11 est de tradition cependant 
que le Tarot doit servir à connaître l'avenir et toutes nos 
lectrices m'en voudraient beaucoup si je ne sacrifiais pas à 
la tradition. 

Voilà pourquoi je me suis décidé à aborder cette délicate 
question; j'ose espérer que le plaisir des consultantes 
saura faire équilibre au scepticisme des esprits rigoureux. 
11 est vrai que je puis m'appuyer sur l'avis de tous les vieux- 
auteurs qui prétendent que les Égyptiens employaient le 
Tarot pour prédire l'avenir et que les Juifs se sont servis de 
du même moyen pour établir leurs prophéties. 11 faut à ce 
sujet faire une importante distinction, à mon avis. 

Les Égyptiens prédisaient l'avenir au moyen du Tarot, 
c'est incontestable; mais en utilisant exclusivement ses 
applications astronomiques. Rien n'était livré au hasard. 
Ainsi, sachant que la plupart des événements importants 
qui arrivent sur terre sont déterminés par les courants 
magnétiques créés par la position des astres au moment 
où l'événement se produit, ces savants établissaient loul 
d'abord les relations existant entre cette position d*^ astres 
dans le ciel et les événements créés par là sur terre. Comme 
les astres accomplissent des révolutions tixes, c'est-à- 
dire connue ils reprennent la même position au bout d'un 
certain nombre d'années mathématiquement délermi- 
nahle, les Égyptiens pensaient que les mêmes événements 



— 311 — 

se reproduisaient aussi à périodes fixes. 11 suffisait donc de 
connaître la marche des astres pour prédire les événements, 
voilà pourquoi l'astronomie n'était que le début de l'astro- 
logie. 

Comme le Tarot reproduisait sur une table la marche des 
astres dans le ciel, on voit comment pouvaient s'y prendre 
les anciens pour prophétiser avec le Tarot. Ils dressaient 
l'Horoscope de l'année à venir, d'après la position qu'occu- 
peraient alors les astres et pouvaient ainsi prédire à coup 
sur deux tiers des événements. Les travaux de Fabre d'Oli- 
vet montrent en effet qu'un tiers des événements sont Déter- 
minés, un autre tiers dépend de la Volonté humaine, enfin lr 
dernier tiers est soumis à la Providence. Comme la Fatalité 
déterminante et la Volonté humaine s'unissent presque 
toujours inconsciemment, on voit que l'Horoscope astrolo- 

2 
gique peut prédire - des événements. 

Plus tard les données précises se perdirent et l'on com- 
mença à tirer les sorts au hasard sans méthode scientifique. 
Ainsi les méthodes astrologiques, dites onomantiques, c'est-à- 
dire qui emploient les nombres formés par les lettres du nom 
ou du prénom de l'individu sont, pour la plupart du temps, 
fausses et stériles en résultats pratiques. Voilà pourquoi 
tout le système astrologique de Christian ne peut être consi- 
déré que comme une rêverie trompeuse et mensongère. 
La vérité des prédictions dépend alors de l'intuition du 
prophète et ceci nous amène à dire un mot des différences 
qu'on observe dans les prédictions des tireuses de cartes. 

L'intuition joue le plus grand rôle quand la méthode 
rigoureuse disparait, voilà la raison pour laquelle la nature 
féminine essentiellement intuitive est très apte à ces divi- 
nations. 

La discussion du 'pourquoi de tout cela nous entraînerait 



— 312 — 

beaucoup trop loin el nous ferait sortir du sujet. Nous ne 
pouvons non plus faire en quelques pages Y astrologie par le 
Tarot ; un volume est nécessaire à cet effet et le temps 
nous manque pour traiter ces questions trop spéciales. 
Peut-être un jour nous déciderons-nous à l'entreprendre. 

Quoi qu'il en soit nous voyons que le hasard et l'intuition 
dirigent la divination parle Tarot, telle qu'elle est ordinai- 
rement faite aujourd'hui. 11 nous faut donc mettre nos lec- 
Irices en mesure de la pratiquer de leur mieux; aussi 
allons-nous exposer les principes les plus simples de cet art 
et, pour être aussi clair qu'il le faut, nous les diviserons en 
une série de leçons. 

.Nous ferons en sorte de donner là un tout complet, 
de telle façon qu'il soit inutile de lire toutes les études 
abstraites qui précèdent pour se servir du Tarot à ce point 
de vue. Enfin nous exposerons les principales méthodes des 
maîtres dans l'art de tirer les cartes de manière à rendre 
nos lectrices aussi fortes que possible dans la prédiction de 
l'avenir. Nous rappelons toutefois que la science a peu 
d'empire sur ce sujet et que l'imagination et l'intuition 
régnent en maîtresses dans ce charmant domaine. 



Respectueusement dédié au littérateur, 

M ml ' Manoel de Grandfort. 



PREMIÈRE LEÇON 

SIMPLIFICATION DES RÈGLES DU TIRAGE DES TAROTS 

La grande difficulté que rencontre la débutante dans 
l'élude de la divination par le Tarot c'est le nombre de 
sens à retenir pour la lecture des cartes. 

Ouvrez en effet un traité quelconque sur ce sujet et vous 
constaterez qu'il faut tout d'abord apprendre les signifi- 
cations différentes des 78 cartes du Tarot debout. Ensuite 
il faut savoir encore la signification de ces 78 cartes ren- 
versées sans compter les rencontres et autres complications, 
ce qui porte à environ 200 le nombre des sens différents 
qu'il faut avoir présents à la mémoire, si Ton veut être 
bonne tireuse de caries. L'habitude seule permet d'arriver à 
ce résultat et dans ce cas c*est Y intuition qui joue le rôle 
prépondérant sur la mémoire. 

Or cette complication indique toujours une méthode 
imparfaite. La Nature est synthétique dans ses manifestations 
et la simplicité se rencontre toujours au fond des phéno- 
mènes en apparence les plus compliqués. En admettant que 
nos travaux sur le Tarot soient erronés on ne peut toujours 
nier la simplicité absolue des principes constituants. C'est 
pourquoi nous allons appliquer la même méthode au Tarot 
divinatoire et nous efforcer d'établir un système qui per- 



— 314 — 

mette de se passer presque entièrement de mémoire ou au 
moins de réduire considérablement son utilité. Nous accor- 
derons ainsi une certaine place aux méthodes scientifiques, 
sans du reste vouloir préjuger de cette influence, vu le sujet 
traité. 

Le premier point à retenir, dès le début de cette étude, 
est donc la nécessité de règles simples et claires pour ma- 
nœuvrer le Tarot divinatoire. Ces règles, nous allons les 
exposer dans les leçons suivantes. 



Respectueusement dédié au compositeur 

AUGUSTA Holmes. 



DEUXIÈME LEÇON 

ARCANES MINEURS 
SIGNIFICATION AU POINT DE VUE DIVINATOIRE 

Le jeu de Tarot se compose de 78 caries ou lames. 
22 de ces cartes portent des noms symboliques (Bateleur, 
Soleil, Lune, Pendu, etc.), il faut les séparer des 5G autres 
divisées en quatre grandes séries: Bâtons, Coupes, Epées, 

Deniers. 

Ces quatre séries de chacune 14 cartes (Roi, Dame, Cava- 
lier, Valet, As, 2, 3, 4, 5, <>, 7, 8, 9, et 10) — correspon- 
dent aux quatre séries de nos cartes à jouer ordinaires (trèfle, 
cœur, pique, carreaux) et prennent le nom de Bâtons, Cou- 
pes, Épées, Deniers. Ce sont les arcanes mineurs. 

Les 22 cartes symboliques, au contraire, sont les arcanes 
majeurs ou grands arcanes. 

1" Arcanes mixeurs formés de quatre séries de chacune 
14 cartes, ce qui fait 50 cartes en tout. 

2 Arcanes majeurs formés de 22 cartes. 

Telles sont les deux grandes divisions qu'il faut retenir 
tout d'abord. 

Nous avons dit que les arcanes mineurs étaient divisés en 
quatre séries : Bâtons, Coupes, Épées, Deniers. Chacune 



— 316 — 

de ces séries représente un des quatre grands principes sui- 
vants : 

Les Bâtons représentent Les Entreprises et la G loin' 

Les Coupes L 'Amour et le Bonheur 

Les Epées La Haine et le Malheur 

Les Deniers L'Argent et V Intérêt. 

Entreprise, Amour, Haine, Fortune, tels sont les quatre 
grands principes qu'il faut tout d'abord connaître. 



* 



Si maintenant vous prenez un des paquets de 14 cartes, 
vous constaterez qu'il est formé de quatre tigures et de 
10 autres cartes portant simplement des nombres et des 
symboles pareils. 

Voyons d'abord ces 4 ligures : 

Le Roi représente L'Homme 

La Dame La Femme 

Le Cavalier Le Jeune homme 

Le Valet — L'Enfant. 

L'homme représente le créateur, edui qui l'ait les entre- 
prises ; la femme caractérise l'amour; le jeune homme, les 
combats, les luttes, les rivalités, la haine; l'enfant symbolise 
le neutre absolu, le second hé, ce qui prend toutes les va- 
leurs suivant le cas, l'aident qui s'adresse à tous et s'ap- 
plique à tout, la transition universelle. Homme, Femme, 
Jeune homme, Enfant sont donc les mêmes symboles appli- 
qués à la famille que les quatre grands principes appliqués 
à l'humanité et connaître les mis c'est connaître implicite- 
ment les autres. 

Pour résumer tout cela nous dirons que le premier élé- 



— 317 — 

ment représente le positif, le second le négatif le troisième 
l'opposition entre les deux, enfin le dernier le neutre absolu, 
et ces éléments sont symbolisés par les quatre figures de 
chacun des arcanes mineurs. 

Mais de même que les cartes se divisent eu deux grandes 
couleurs rouge et noire, de même l'humanité se divise en 
bruns et blonds. 

Les quatre figures de Bâton et d'Épée représenteront 
donc des bruns, les quatre ligures de Coupe et de Deniers 
des blonds. 

De même les figures de Bâton et de Coupe seront des bons, 
les figures d'Épées et de Deniers des mauvais. 

Nous allons répéter cela à propos de chaque couleur ; 
pour l'instant résumons définitivement le sens de nos 
quatre figures de Bâton. 

Roi de Bâton. — Homme bran. — Boa. — Ami. 
Reiae de Bùton. — Femme brune. — Bonne. 
Cavalier de Bâtoa. — Jeuae homaie braa. — Boa. 
Valet de Bâtoa. — Eafaat oa messager braa. — Boa. 



Outre nos quatre figures nous avons à considérer encore 
les 10 cartes portant des nombres. Comment trouver le sens 
de ces 10 cartes et surtout comment nous rappeller facile- 
ment le sens de quatre séries de 10 cartes? Bien n'est plus 
facile. 

Nous n'avons rien de nouveau à apprendre, il nous suffit 
d'appliquer ce que nous savons déjà. Nous divisons nos 
10 cartes en quatre paquets, trois paquets de 3 cartes et un 
paquet formé d'une seule carte, la dixième. Cela fait nous 
disons : 



— 318 — . 

Le premier paquet de 3 cartes formé des lames as, 
1 et 3 aura le même sens que Yhomme il signifiera l'en- 
treprise, le commencement, la création d'une affaire quel- 
conque (entreprise, amour, haine ou argent). 

Le second paquet composé de 3 cartes 4,5,6 ligure ta 
femme et toutes les idées de négatif, de retlet qui en déri- 
vent, c'est-à-dire le contraire de l'homme, l'antagonisme, 
l'opposition dans une affaire quelconque. 

Le troisième paquet signilie l'équilibre qui résulte de 
l'action des deux opposés l'un sur l'autre, figuré par le Jeune 
homme. 

Enfin l'Enfant, le neutre absolu, sera représenté par la 
dixième carte. 

Chacune des 3 cartes de ces paquets aura le même sens. 

La première carte des paquets indiquera commencement ; 
la deuxième opposition, antagonisme; la troisième équilibre, 
ce qui nous donne pour nos 10 cartes la série suivante au 
sens général. 

CLEF DU TAROT DIVINATOIRE 



1. Commencement 

2. Opposition 
.'{. Equilibre 

\. Commencement 
5. Opposition 
(i. Equilibre 

7. Commencement 
S. Opposition 
11. Équilibre 

10. Indéterminé. — La carte suivante seule l'expliquera. 



du Commencement 



de l'Opposition 



de l'Equilibre 



\iusi los trois mots. Commencement, Opposition, Équi- 
libre, synonymes delThèse, Antithèse, Synthèse, ou'dë 



— 319 — 

Brahma, Siva,Vic/mou, etc., suffisent pour connaître le sens 
de tous les arcanes mineurs du Tarot. Il suffira d'ajouter à 
chacune de ces séries les mots amour, haine, entreprise ou 
fortune, pour déterminer le sens de chaque carte sans fati- 
guer en rien la mémoire. C'est ce que nous allons faire. 



* 



SIGNIFICATION DES 4 SÉRIES d' ARCANES MINEURS 
DANS LE TAROT DIVINATOIRE 

BATON 

Création. — Entreprise. — Agriculture. 

Roi. Le Roi de Bâton symbolise un homme brun, ami. Il repré- 

sente généralement un homme marié et surtout un père 
de famille. 
Dame. Femme brune, amie. Représente une femme sérieuse, de 

très bon conseil, souvent une mère de famille. 
Cavalier. Jeune homme brun, ami. 
Valet. Enfant brun, ami. Représente aussi un envoyé d'un 1res 

proche parent. 
As de Bâton. Commencement d'une Entreprise. 
Deux. Opposition au commencement de V Entreprise. 

L'Entreprise est commencée lorsqu'un obstacle im- 
prévu vient s'opposer tout à coup à son exécution. 
Trois. Réalisation du commencement de V Entreprise. 

Les bases sont enfin définitivement établies. On peut 
sans crainte aborder la suite de cette création. 
Quatre. Obstacles à V Entreprise. 

Rien ne peut s'exécuter sans obstacles. Aussi les voyons- 
nous apparaître maintenant et devons-nous être 
prêts à les rendre impuissants. 
Cinq. Opposition aux obstacles. Victoire après avoir sur- 

monté les difficultés. 



— 320 — 

Six. Réalisation de l'opposition. 

Les obstacles triomphent définitivement. Chute de 

V Entreprise au milieu de son exécution. 
Sept. Succès assuré de l'Entreprise. 

Huit. Opposition an succès. L'Entreprise ne réussit que par 

partie. 
Neuf. Réalisation du succès. Le succès se maintient. 

Dix. Incertitude dans la conduite de l'Entreprise. 



COUPES 

Conservation . — Amour. — Enseignement. 

Connaissant le sens d'une série on connaît a priori le sens 
de trois autres. Nous les donnons cependant toutes pour 
faciliter le travail. 

Roi de Coupe. Homme blond, ami. Cette carte représente aussi 

un homme de robe, Juge ou Ecclésiastique 
Elle symbolise un célibataire. 

Dame de Coupe. Femme blonde, amie. Femme aimée. Maîtresse. 

Cavalier de Coupe. Jeune homme blond, ami. Jeune homme aimé. 

Amant. 

Valet de Coupe. Enfant blond. Envoyé. Naissance. 

As de Coupe. Commencement d'un amour. 

Deux. Opposition à ce commencement. Obstacles peu 

importants venant d'une des parties. 

Trois. Réalisât ion de ce commencement. L'amour est 

agréé des deux côtés. 

Quatre. Obstacles sérieux à l'amour. Ils viennent d'o li- 

tres personnes que des amoureux. 

Cinq. Opposition aux obstacles. Victoire sur les obsta- 

cles après la lutte. 

Six. Les obstacles triomphent. Amour détruit au mi- 

lieu de son éclosion. Veuvage. 

Sept. Succès assuré de l'amour. 

Huit. Insuccès partiel de l'Amour. L'amour ne réussit 

qu'en partie. 

Neuf. Grossesse. 

Dix. Incertitude dans la conduite de l'amour. 



FRONTISPICE 




• Clé absolue des sciences occultes 
donnûy/frai Guillaume roniei ci complétée pur EJijpiiasLèvi. 



— :m — 

ÉPÉES 

Transformation. — Haine. — Guerre. 

Roi d'Epée. Homme brun, méchant. (Test un homme de guerre, un 
ennemi puissant dont il faut se défier. 

Dame d'Epée. Femme brune, méchante. Elle indique aussi l'action de 
cette femme insupportable, les caquets, les calom- 
nies. 

Cavalier. Jeune homme brun, ennemi. C'est aussi un Espion. 

Valet. Enfant ennemi. Mauvaise nouvelle. Retard. 

En général ces figures indiquent l'opposition qui vient 
d'une source extérieure à la maison. 

As d'Epée. Commencement d'une inimitié. 

Deux. Opposition à ce commencement. L'inimitié ne dure pas. 

Trois. Réalisation de l'Inimitié. Haine. 

Quatre. Opposition à la haine. Succès contre l'ennemi. 

Cinq. Opposition à cette opposition. L'ennemi triomphe au 

moment où l'on pensait avoir soi-même le dessus. 

Siv. Equilibre de l'opposition. L'ennemi est enfin rendu im- 

puissant. 

Sept. Succès assuré de l'Ennemi. 

Huit. Opposition partielle a ce succès. L'Ennemi ne triomphe 

qu'en partie. 

Neuf. /Jurée assurée de la Haine. 

Dix. Incertitude dans l'inimitié. 

DENIERS 

Développement. — - Argent. — Commerce. 

Roi de Deniers. Homme blond, ennemi ou indifférent. 

Dame de Deniers. Dame blonde, indifférente ou ennemie. 

Cavalier. Jeune homme blond. Étranger. Arrivée. 

Valet. Enfant blond. Envoyé. Lettre. 

Les figures des Deniers à l'inverse de celles <le Bâtons et 

21 



— 3±2 — 

des Coupes indiquent tout ce qui vient de l'extérieur, de la 
campagne et de l'étranger. 

As de Deniers. Commencement de Fortune. Héritage. Dons. Eco- 
nomie, etc., etc. 

Deux. Opposition à ce commencement . Difficulté de bien 

établir les premiers jalons de sa fortune. 

Tunis. Réalisation de ee commencement de fortune. Petite 

somme. 

Quatre. Opposition de Fortune. Perte d'argent'. 

Cinq. Opposition à cette opposition. Gain venant équili- 

brer lu périr. 

Six. Réalisation de l'opposition. Ruine. 

Sept. Succès assuré. Grosse fortune. 

Mm-. Succès partiel, Grande perte d'argent au moment 

de faire définitivement fortune. 

Neuf. Équilibre de l'Équilibre. Fortune durable. 

Dix. Incertitude dans la Fortune. Grands succès et grands 

revers. 

On voit qu'en somme c'est la même série qui revient tou- 
jours. Il suffit donc de peu de temps pour connaître à fond 
le sens des arcanes mineurs, même sans grande mémoire. 
Nous conseillons aux lectrices qui auraient peur d'oublier, 
d'écrire tout simplement le sens sur les cartes. Cependant ' 
les cartomanciennes de profession se garderitlbien <h le 
taire, car l'intuition lès conduit souvent à une interprétation 
nu peu différente du sens fixe de la carte. 



Respectueusement dédié, au peintre 

Louise Abbéma. 



TROISIÈME LEÇON 

ARCANES MAJEURS 
SIGNIFICATION AU POINT DE VUE DIVINATOIRE 

Nous connaissons bien maintenant la signification des 
arcanes mineurs, il nous reste à voir celle des arcanes 
majeurs. 

Comme nous l'avons dit déjà, les arcanes majeurs sont 
constitués par 22 lames symboliques. Nous ne les avons pas 
encore étudiées au point de vue du Tarot divinatoire. 

Leur sens est assez facile à retenir si l'on veut bien 
prendre la peine de les considérer une à une à mesure que 
leur signification est décrite. 

Une règle générale va, du reste, aider encore la mémoire 
à ce sujet; c'est que les sept premières cartes indiquent 
surtout le côté intellectuel de l'homme, les sept suivantes 
son côté moral et enfin les sept dernières les divers événe- 
ments de sa vie matérielle. 

Ceci dit établissons le sens des 22 lames de notre Tarot : 

1. Le Bateleur signifie Le Consultant. 

2. La Papesse La Consultante. 
:j. L'Impératrice Action. Initiative. 

4. L'Empereur Volonté. 

5. Ze Pape — Inspiration. 



324 — 



6. 


L Amoureux 


signifie 


Amour. 


7. 


Le Chariot 


— 


Triomphe. Protection proytden 
tielle. 


8. 


La Justice 


— 


Justice. 


il. 


L'Ermite 


— 


Prudence. 


10. 


La Houe de Fortune 


— 


Fortune. Destinée. 


II. 


La Force 


— 


Force. 


12. 


Le Pendu 


— 


Epreuve. Sacrifice. 


13. 


La Mort 


— ■ 


Mort. 


H. 


La Tempérance 


— 


Tempérance. Economie. 


15. 


Le Diable 


— 


Force majeure. Maladie. 


16. 


L,a Maison Dieu 


— 


Ruine. Déception. 


17. 


Les Etoiles 


— 


Espérance. 


18. 


La Lune 


— 


Ennemis cachés. Danger. 


1!). 


Le Soleil 


— 


Bonheur matériel, Mariage fé 
cond. 


20. 


L.e Jw/ement 


— 


Changement de position. 


21. 


Le Mat 


— 


Coup de tête. Folie. 


21. 


Le Monde 


— 


Réussite assurée. 



Respectueusement dédié 

A M mc VEUVE G.VILL.VRD. 



QUATRIÈME LEÇON 

BASE DE LAPPLIGATION DE CES DONNÉES 
ÉTABLISSEMENT DU SORT 

Nous sommes à même dès maintenant de manier notre 
Tarot au point de vue divinatoire. 

Cependant, avant d'aborder ce sujet, il est de toute néces- 
sité d'établir le plan qu'on suivra dans la disposition des 
cartes. 

Connaître le sens des lames n'est, en effet, que la première 
partie de l'art de la cartomancie, mais savoir les placer est 
encore plus important. Ainsi que nous l'avons déjà dit, on 
ne devrait pas sortir des données astronomiques et le Tarot 
ne devrait être employé que pour figurer les révolutions 
des astres, source des événements futurs ; mais c'est là le 
domaine de l'Astrologie et nous devons nous cantonner 
dans celui du tirage des Tarots gouverné par le Hasard. 

Nous allons toutefois donner le plus grand nombre pos- 
sible d'éléments positifs dans cette étude. Il suffit de se 
reporter, au commencement de celte troisième partie (clef 
des applications du Tarot), pour voir que la vie humaine évo- 
lue à travers quatre grandes périodes désignées sous 1rs 

noms de : 

Enfance. 
Jeunesse. 
Age mûr. 
Vieillesse. 



— 321) — 

Si Ion ue s'occupe pas de la Vie humaine et qu'on veuille 
simplement voir l'évolution d'un événement, celui-ci passera 
également par les quatre grandes phases évolutives de : 

Commencement. 
Apogée. 
Déclin. 
Chute. 

Nous aurons donc tout d'ahord à bien déterminer dans 
les places que vont occuper les cartes quatre points opposés 
deux à deux, sur lesquels nous placerons plus lard les lames 
qui vont nous révéler l'inconnu. 

Voilà donc notre premier point bien établi : détermination 
des quatre places qu'occuperont les cartes. 





\ 


^ 




Apogée. 




« 


Jeunesse. 




1 




3 


Commencement. 




Déclin. 


Enfance 


Chute. 
Vieillesse. 


Age mûr 



On remarquera que la disposition des points va de gauche 
à droite ainsi que l'indique l'ordre des nombres, tandis que 
les symboles se lisent de dnùle à gauche. 

La Yie humaine on 'l'Evénement se meut dans trois pé- 
riodes bien distinctes: 

Le Passé. 

Le Présent. 
L'Avenir. 

Ce qui nous donne la nouvelle figure suivante : 



— 3-27 — 




\u centre de laquelle se trouve le Consultant. La disposi- 
tion du triangle suit la marche des chiffres et non celle des 

symboles. 

Cependant comme quatre points ne suffisent pas pour 
reproduire exactement la marche du soleil dans le ciel, 
nous prendrons pour les grands tirages du Tarot ÛÙMé 
points correspondant au douze mois de l'année. La ligure 
que nous avons obtenue là nous servira toutefois a con- 
sulter le Tarot sur les petits événements. En résumé nous 
obtiendrons la figure suivante que nous devons bien retenir 
pour la disposition de nos cartes au sujet des grands évé- 
nements et de toute une vie. 



\2 



l 



Commencement 



1 




8 

III 

Déclin 



3 



5 



— 328 — 

Cette ligure, très importante à bien étudier, est composée 
de trois cercles. 

I n Un cercle extérieur formé de douze cases qui seront 
remplies par les arcanes mineurs. Les cases sont disposées, 
ainsi que l'indiquent les nombres de gauche à droite. 

2° Un second cercle intermédiaire composé de quatre 
cases disposées de droite à gauche. 

3° Enfin un cercle central formé par le triangle et conte- 
nant une case à chaque pointe du triangle, ce qui donne 
trois cases comme total. 

Ces trois dernières cases et les quatre précédentes seront 
l'emplies par les arcanes majeurs. 

Au centre de la figure sera le Consultant ou la Consul- 
tante suivant les cas. 



A l'organisatrice du Congrès international des œuvres 

et institutions féminines : 

M mc Emilie de Morsier. 



CINQUIÈME LEÇON 

TIRAGE DU TAROT 
I. — PROCÉDÉ RAPIDE : 

Supposons qu'il s'agisse de tirer l'horoscope pour une 
affaire quelconque. Comment faut-il s'y prendre? 

1° Vous prenez les arcanes mineurs et vous sépare/ du 
tout la couleur qui se rapporte au genre de la consultation 
demandée. 

S'il s'agit d'une affaire qu'on va entreprendre vous prenez 
les Bâtons. 

S'il s'agit d'une affaire d'autour vous prenez les Coupes. 

D'une affaire de procès, de lutte quelconque, vous prenez 
les Épées. 

D'une affaire d'argent, les Deniers. 

2° Vous baltez les cartes choisies, puis vous faites couper 
la personne qui consulte. 

T Alors vous prenez les quatre premières cartes qui sont 
sur le jeu et vous les disposez sans les regarder en croix de 
la manière suivante et de gauche à droite ainsi que l'indi- 
quent les nombres. 

i 3 



— 330 — 

4° Vous prenez alors vos arcanes majeurs (qui doivent 
toujours être séparés des arcanes mineurs) vous les battez 
et vous faites couper. 

5° Cela fait, vous faites choisir au hasard sept cartes de 
ces arcanes majeurs par le consultant qui vous les donne 
sans les regarder. 

0° Vous battez ces sept cartes, vous les faites couper et 
vous prenez les trois premières cartes qui sont sur le jeu et 
vous les disposez sans les regarder en triangle dans l'ordre 
suivant : 

I II 

III 

Vous obtenez ainsi la figure suivante : 

4 

Arc majeurs 

I . II 

3 
lit 



I 



4 



«* 






7° Alors vous relevez vos cartes de façon à les voir et 
vous lisez le sens des oracles en remarquant que la carte 
placée au n° I indique le commencement. 

Celle placée au n° 2 indique l'apogée, celle placée au n° ',\ 
indique les obstacles, enfin celle placée au n" \ indique lu 

chute. 

L'arcane majeur placé au 1 indique ce qui a influé sur A' 
Passé de l'affaire. 

L'arcane majeur en II indique ce qui influe sur le Pré- 
sent de cette affaire. 



— 331 — 

Enfin celui placé en llï indique ce qui influera sur F Avenir 
et le déterminera. 

Toutes ces choses se font très vite quand on en a pris 
l'habitude. Un point important à noter c'est que, quand on 
tire le procédé rapide, les figures ne représentent plus exclu- 
sivement des personnes d'une couleur de cheveux particu- 
lière. Le Roi représente un homme sans autre distinction, 
la Dame une femme, le Cavalier un jeune homme et le 
Valet un enfant. 



II. PROCÉDÉ DÉVELOPPÉ I 

1° Vous mêlez les arcanes mineurs tous ensemble et vous 
faites couper. 

2° Vous prenez les douze premières cartes sur le jeu et 
vous les placez en cercle ainsi qu'il suit : 

10 
Il 9 

12 8 

1 7 

2 6 



4 



3° Vous mêlez les arcanes majeurs et vous faites couper. 
Puis vous faites choisir sept cartes par la personne qui con- 
sulte. 

4° Vous prenez les quatre premières de ces cartes sur le 
jeu et vous les disposez en face des lames placées aux n os 1 , 
10,7,4, ainsi : 

II 
I III 

IV 



- 33i> — 



o° Enfin vous placez les trois dernières en triangle au 
centre de la figure ainsi : 

V VI 

VII 

Vous obtenez ainsi la figure générale suivante déjà donnée 
plus haut : 

10 

il 9 

II 
12 8 

V VI 



1 I \j-/ III 7 

VII 

û 6 

IV 

3 5 

4 

Au centre de cette figure vous placez le Consultant s'il 
n'est pas sorti dans les cartes tirées. Si le Consultant ou la 
Consultante sont sortis vous les placez au centre et vous les 
remplacez par une nouvelle carte des arcanes majeurs 
choisie par la personne qui vient vous consulter. 

Les 12 arcanes mineurs indiquent les différentes phases 
par lesquelles passe la vie de l'individu ou l'évolution de 
l'événement pendant les quatre grandes périodes : — Com- 
mencement indiqué par l'arcane majeur I qui en montre le 
caractère. Apogée (arc. 11). Déclin ou obstacle (arc. III) 
Chute (arc. IV . 

Enfin les 3 arcanes majeurs placés au centre indiquent 
le caractère spécial de l'horoscope dans le Passé (V), dans 
le Présent (VI) et dans V Avenir (VII). 

L'avenir est indiqué dans les arcanes mineurs par les 
laines placées de 7 à 12. 



— :{33 — 



Le passé par celles placées de 1 à 4 el le présent par 
celles placées de A à 7. 

Tous ces chiffres indiquent les numéros des place* 
occupées parles arcanes el jamais les numéros des arcanes 
eux-mêmes. Ceci est important à noter pour ne pas croire 
(pie c'est toujours l'arcane VII qui doit revenir à la place 
numérotée VII. Nos lectrices sont du reste assez intelli- 
gentes pour qu'il me soit inutile d'insister davantage. 

L'explication du sens des arcanes ne saurait offrir aucune 
difficulté après qu'on aura lu les leçons 2 et 3. 

La pratique enseignera du reste mieux tous ces détails 
que toutes les théories du monde. 



Respectueusement dédié 
A la fondatrice de la Bibliothèque des, femmes: 

M llB A. DE WOI.SKA. 



SIXIEME LEÇON 

Méthode originale et inédite (TEtteila pour le tirage des 
tarots (d'après un de ses plus rares ouvrages). 



Nous venons d'exposer une méthode en grande partie 
personnelle; aussi, comme nous n'avons jamais eu l'inten- 
tion d'accaparer le monopole de l'art de la Cartomancienne, 
nous allons dire quelques mots de la méthode du Grand- 
maître en cette partie de l'occultisme. 

Etteila ! 

Etteila, de son vrai nom Aliette, était un garçon coiffeur 
qui vécut à l'époque de la Révolution. Etant tombé par 
hasard sur un jeu de Tarot, il fut intrigué par sa bizarrerie 
et se mit à l'étudier. Sou étude dura trente ans au boni des- 
quels, il crut avoir retrouvé le secret de ce livre égyptien. 
Elteiîa ne possédait malheureusement aucune donnée syn- 
thétique, ce qui le conduisit à écrire des rêveries pitoyables 
à côté des résultats d'intuition vraiment merveilleux. On 
a trop de tendances à calomnier cet ardent travailleur; il 
faut reconnaître la pari réelle de vérité contenue dans ses 
œuvres, sans prendre trop garde aux naïvetés qui les dépa- 
rent 

Quoi qu'il en soit, Etteila appliqua toutes ses connais- 



— 33.i — 

sances à dire la bonne aventure et, si l'on en croit ses con- 
temporains, il s'acquitta merveilleusement de sou emploi. 
Aussi devint-il le Dieu des tireuses de cartes futures qui 
ne jurent plus que par lui. 

Voilà pourquoi nous nous contenterons de donner sa 
méthode en détail, jugeant inutile de parler de celles de ses 
successeurs en jupons qui n'ont fait que le travestir sans 
le comprendre. 



Il faut quatre coups pour tirer complètement les Tarots 
suivant cette méthode ; nous allons les énumérer un à un. 

premier coup. — Mêlez toutes les cartes du Tarot sans 
vous occuper des arcanes majeurs et des mineurs. Cela 
fait coupez et partagez votre jeu en trois paquets de cha- 
cun 26 cartes 1 ainsi : 

26 i>li 26 

Prenez le paquet du milieu et mettez-le de côté à votre 
droite. Ainsi: 

"2i\ 26 26 de côté. 

11 vous reste deux paquets de 26 cartes. Vous les prenez, 
vous mêlez les cartes, vous coupez et vous partagez en trois 
paquets de chacun 17 cartes. 

17 17 17 

l 



1. ELteila a parfaitement vu que le nombre 26 correspondait au nom 
divin ("lin* dont la somme donne 10 -\- S -f- 6 -f- 5 == 26. 

îod hé vau hé 



— 33G — 

11 vous reste une carie dont vous ne vous inquiète/ pas 
autrement. Vous prenez alors le paquet du milieu et vous le 
mettez à votre droite à côté de celui de 26 cartes qui y est 
déjà, ainsi : 

17 ¥ 17 17 26 de côté. 

I 

Vous prenez ensuite les 3o cartes qui ne sont pas mises 
de côté, vous les mêlez bien, vous faites couper et vous les 
partagez en trois tas de chacun 1 1 cartes, ainsi : 

il il il 

Il reste écartes dont vous ne vous inquiétez pas; cela fait, 
vous prenez comme avant le paquet du milieu et vous le 
placez à droite à côté des deux autres qui y sont déjà, ainsi : 

il * il il 17 26 



Cela fait, vous réunissez en un paquet les cartes que vous 
n'avez pas mises de côté et vous voilà prêt à expliquer les 
oracles. 



* 



Pour cela vous prenez d'abord le paquet de 20 cartes qui 
csl de côté et vous l'étalez sur la table, carte par carte, en 
allant de droite à gauche ainsi : 



26. 



Vous prenez le paquet de 17 caries que vous étalez de 
même sous le premier, ainsi que I< i paquet de 11 que vous 



ftye Jif 



«'. *•• »*' 




/m^ iemeraer.Pari) 



k- 



La clé du grand ar'cane 



— 337 — 

étalez sous les deux autres. Vous obtenez en définitive la dis- 
position suivante : 

Ame 26 1 

Esprit I" I 

Corps 11 1 

Paquet de Rebut 
24 

Vous expliquez alors le sens de ces cartes en faisant 
attention que le tas inférieur de 11 cartes s'adresse au corps, 
le tas moyen de 17 cartes à l'esprit et enfin le tas supérieur 
de 20 cartes à l'âme du consultant. 

Etteila déduit de cette manière de tirer les caries des 
considérations subtiles sur la création du Monde, la Kabbale 
et la Pierre pliilosophale. Il est inutile pour l'instant de nous 
y attarder. Passons plutôt à l'étude de la suite du tirage du 
Tarot. 

deuxième cour. — Uemèlez toutes vos lames (les 78) et 
faites couper. 
Prenez alors sur le jeu les 17 premières cartes que vous 

disposerez ainsi : 

17 l 

Regardez vivement la dix-huitième lame (Elle se trouve 
sous votre main après que vous avez placé les 17 premières) 
et la soixante-dix-huitième qui, elle, se trouve sous le jeu. 

Ces deux lames vous indiquent par leur sens si la com- 
munication tluidique et sympathique est établie entre le con- 
sultant et vous. 

Vous pouvez ensuite lire les oracles de la ligne ainsi formée 
en commençant, comme toujours, parla droite. 

Une lois que votre ligue est lue, vous passez la dix-sep- 
tième carte à votre droite et la première à voire gauche, 



— 338 - 

puis la seizième et la deuxième la même chose jusqu'à la 
fin où il ne vous reste plus qu'une seule carie au milieu. 
Cette carte tombe à l'écart 1 . 

troisième coup. — Vous reprenez toutes vos cartes, vous 
les battez et les faites couper, puis vous les disposez comme 
le montre la figure suivante, d'après les numéros d'ordre. 




C'esl ainsi que vous obtenez la grande figure d'Etteila qui 
donne la clef du Passé, du Présent, et de l'Avenir de la per- 
sonne qui consulte. Pour se servir avec fruit de celte 
méthode, il faut donc avoir toujours celle ligure présente à 
la mémoire. Le mieux est de la dessiner avec tous les 
numéros sur une table ou un grand carton et de disposer 
ensuite les caries suivant l'ordre des nombres. 



i. Peut-être avons nous mal c impris Etteila qui est 1res obscur dans ses 
livres el que nous tâchons de faire comprendre; mais celte dernière opé- 
ration nous semble parfaitement inutile. 



— 339 — 

Pour lire les résultais de cette figure il faut relever les 
cartes deux par deux, la l re avec la 34°, la 2° avec 35 e , etc. 
pour le Passé. 

La 23 e avec la 45% la 24 e avec la 46 e la 33 e avec la 

55 e pour le Présent. 

La 1 2 e avec la 66 e , la 1 3° avec la 65" la 22° avec la 56 e 

pour l'Avenir. 

Une étude du tableau permettra de comprendre facile- 
ment tout cela. 

quatrième coup. — Le quatrième coup n'est plus que 
subsidiaire. Il sert à obtenir des réponses aux questions 
qu'on peut faire. Pour y arriver on mêle toutes ses cartes, 
on fait couper et on tire les 7 qui viennent sur le jeu ainsi : 



et on lit la réponse. 

Telle est la manière de tirer les cartes d'après la 
méthode originale d'Etteila. Nous avons résumé dans ces 
quelques pages une brochure obscure par plusieurs points, 
de cet auteur : le Livre de Thoth. Cette brochure, qui con- 
tient un portrait d'Etteila, est fort rare, ainsi que tous les 
ouvrages de cet auteur. Ajoutons que sa méthode n'a été 
sérieusement élucidée par aucun de ses nombreux disciples ; 
nous croyons être l'un des premiers à l'exposer sur des 
principes aussi simples. 



Respectueusement dédié 
A la directrice de la Revue théosophique 

LA COMTESSE GASTON d'ADHÉMAR. 



SEPTIÈME LEÇON 



CONCLUSION 



Nous avons appris la nécessité de l'intuition et de la pra- 
tique dans Fart de tirer les cartes, depuis que cet art a 
perdu ses principes scientifiques (l'Astronomie) pour se lan- 
cer dans l'empirisme. Nos réserves faites à ce point de vue, 
nous avons étudié la meilleure façon dont on peut se servir 
du Tarot appliqué à ce singulier usage et pour cela nous 
avons appris successivement le sens des arcanes mineurs, 
des arcanes majeurs et enfin la disposition des caries pour 
la lecture. A coté de celte méthode, tirée en parlie de nos 
études antérieures, nous avons voulu en donner une plus 
ancienne et nous avons choisi celle du fondateur de la Car- 
tomancie : Etteila. 

Nos lectrices sont ainsi mises à même de choisir celle 
qui leur plaira davantage el qui leur donnera les meilleurs 
résultats. Nous leur répétons que l'intuition est le grand 
secret de tous ces arts divinatoires et que lire dans les 
cartes, dans l'eau, dans la terre on dans le café c'est absolu- 
ment la même chose. 

Nous avons voulu parler du Tarot divinatoire contempo- 
rain pour que notre travail fût complet. Les esprits rigou- 



— ui — 



reux le comprendront, nos lectrices nous sauront gré de ne 
pas les avoir oubliées dans ces digressions abstraites. 



BIBLIOGRAPHIE 

Mademoiselle Lemarchand, Récréation de la Cartomancie. 
Paris, 1867, in-12. R. 

Julia Orsini, Le Grand Etteila ou l'Art de tirer les cartes. 
1853, in-8. V. 

Madame Clément, Le Corbeau Sanglant ou V Avenir dévoilé. 
R. 

Plus les ouvrages d'Etteila déjà cités. 



Au défenseur du magnétisme 

ROUXEL. 



CHAPITRE XXI 

APPLICATION DU TAROT AU JEU 

Le Jeu royal de la Vie humaine suivant les Égyptiens. 
L'Unité des jeux par le Tarots 

JEU ROYAL DE LA VIE HUMAINE 

SUIVANT LES ÉGYPTIENS 

1 . Lorsque les joueurs ont élu entre eux leur mage^ ils 
choisissent de môme, dans les personnes qui ne jouent 
pas, un homme et une femme qu'ils nomment Osiris et 

Tsis. 

2. En se mettant à table pour jouer, le mage avant la 
place dominante, on convient du prix de la principale 
amende (qu'on suppose ici être d'un sou), et pour perce- 
voir les amendeson met une corbeille au milieu de la table. 

3. Tous les joueurs s'étant assis, le mage prend le livre de 
Thoth, mélange les feuillets, ayant soin de les mettre à tête 
bêche sans les regarder, fait couper sur sa gauche et dis- 
tribue les caries sur sa droite, en telle division qu'il lui 
plaît, jusqu'au nombre de sept à tous les joueurs et à lui- 
même. 



— 344 — 

4. Chaque joueur doit remarquer que le haut des cartes 
es! (lorsque le mage donne) à l'opposite de sa poitrine ; 
c'est donc dans ce sens-là et suivant l'ordre progressif de 
la sortie des cartes que les joueurs doivent lire les oracles 
qui y sont tracés, et qu'ils annoncent à qui bon leur semble 
de toutes les personnes qui sont dans la maison. 

5. Lorsqu'un des joueurs prononce un oracle il prend la 
qualité d'interprète, et si la personne à qui il rend l'oracle 
ne lui fait pas un présent, il est obligé de payer la moitié de 
l'amende. 

(i. Lorsqu'une personne a eu trois oracles véridiques sur 
!c passé, le présent ou, selon les probabilités, l'avenir, et 
qu'elle refuse de récompenser l'interprète, les joueurs tien- 
nent comité et jugent, à la pluralité des voix, si le refus de 
la personne est fondé ou non. Dans ce dernier cas le 
mage prononce ce mot Pamenes, ce qui prévient toute la 
maison qu'il y a dans l'assemblée une personne qui ne 
prend pas part au jeu royal de la Vie Humaine, et alors, 
Osiris et Isis sont obligés de payer pour elle parce qu'ils se 
sont engagés, par le titre qu'ils ont accepté, de répandre 
toujours la paix et l'abondance sur les héros qui sont les 
joueurs. 

7. Lorsqu'un des spectateurs demande la main d'un 
joueur, le mage en fixe le prix, qui est divisé en trois : le 
premier tiers à la caisse des amendes ; le second au mage, 
et le troisième au joueur ; le joueur peut se refuser au 
sacrifice en payant de sa main les deux premiers tiers du 
prix fixé ci-dessus. 

S. Si un des spectacteurs a acquis la main d'un joueur, 
il court toutes les chances du joueur, les amendes et les 
présents. 

!l. Lorsqu'un joueur ne peut rendre des oracles, il met 
ses sept cartes sur le talon etpaye un quart de l'amende. 



— 34:; — 

10. Si, pouvant lire un oracle il ne voit pas à qui l'adres- 
ser, il pose ses cartes à découvert sur la table, prononce 
juste le discours qu'il voit et ne paie rien. Si, au contraire, 
il lit mal, ce que doivent juger les joueurs, le mage le con- 
damne à la moitié de l'amende. 

1 1. Lorsque l'interprète a rendu un oracle, haut ou bas, 
et qu'il en a reçu un présent, il peut faire rebattre ses sept 
cartes par le mage qui les donne à couper, et enfin, si les 
mêmes cartes produisent trois présents de la même ou de 
plusieurs personnes à qui les trois oracles sont rendus, 
tous les joueurs, excepté le mage, donnent à l'interprète la 
valeur de trois fois l'amende. C'est la couronne civique. 

12. C'est le mage qui ordonne et dirige tout à son gré; 
il prononce amende suivant la nature des fautes, telles sont: 
montrer son jeu aux joueurs, le cacher aux spectateurs, 
être indiscret dans la prononciation des oracles, rendre des 
oracles qui ne sont pas tracés, etc. 

13. Les spectateurs peuvent entrer au jeu jusqu'au mo- 
ment où le mage indique la fin du jeu en disant; supposé ; 
dans un quart d'heure, ou demi-heure, nous quittons. 

1 4. Si le mage avait oublié d'annoncer la fin du jeu, tout 
spectateur quelconque aurait droit au partage des amendes, 
qui se divisent en égales parts entre tous les joueurs, les 
frais prélevés. 



L'UNITE DES JEUX 



N'est-il point vrai que l'homme n'a jamais été plus inventif 

que lorsqu'il s'est agi de satisfaire ses vices ? Il suffirait, 



— 346 - 

pour s'en convaincre, de voir les inventions innombrables 
destinées à faire perdre ce temps si parcimonieusement 
distribué à chacun de nous. 

Le cerveau humain fonctionne toutefois d'après un très petit 
nombre de lois et l'inventeur n'échappe pas à cette règle. 
Je n'en veux prendre pour preuve que l'unité de la plupart 
des jeux en apparence si divers. Est-il possible, me direz- 
vous, qu'on puisse trouver un jeu unique d'où dériveraient 
une grande partie des autres ? Quel est-il donc ? 

Suivez moi, cher lecteur, par la pensée, sur une de ces 
grandes routes d'Espagne ou d'Italie et demandons à cette 
vieille bohémienne de se détacher un instant de sa troupe 
pour nous tirer la bonne aventure. Voyez quelles étranges 
Cartes elle sort de ce sac crasseux: le Monde, le Soleil, 
les Astres, la Mort, la Fortune, l'Amour tels sont quelques- 
uns des noms de ces bizarres figures qui peignent avec 
tant de simplicité les phases de notre vie quotidienne. 
Quel est ce jeu? Le Tarot des Bohémiens. 

Il se compose de nos cartes plus quatre figures appelées 
cavaliers qui se placent entre la dame et le valet. Mais toute 
son originalité réside dans vingt-deux figures supplémen- 
taires toutes symboliques. Chacune d'elles représente une 
image, un nombre et une idée. Court de Gébelin, savant 
du xviii siècle, nous a démontré que ce jeu, tel que 
le possèdent les Bohémiens, était d'origine égyptienne ; 
niiiis il existe aussi en Chine el dans l'Inde dès la plus haute 
antiquité, et nous allons voir qu'il est le père de la plupart 
desjeux actuellement connus. 

Il se compose, nous l'avons dit, de nombres et de ligures 
agissant respectivemenl les nus sur les autres pour donner 
un sens. Mais séparons ees ligures en les fixant en roue sur 
un papier el faisons rouler sur elles les nombres sous forme 
de dés, nous donnons naissance au Jeu d'oie, auquel s'exer- 



347 



cait à tricher Ulysse sous les murs de Troie, si l'on en 
croit le vieil Homère. 

Fixons-nous ces nombres sur des casiers alternativement 
noirs et blancs et faisons-nous rouler sur eux les figures 
inférieures de notre jeu ; le roi, la dame, le cavalier, le fou 
ou valet, la tour ou as? Le Jeu tf échecs prend naissance. 
Nous savons en effet que les échiquiers primitifs portaient 
«les nombres et que c'est grâce à eux que les philosophes 
pouvaient résoudre des problèmes de logique. 

Si, laissant là les figures, nous employons seulement les 
nombres, le Jeu de dés nous suffira et, si nous voulons éviter 
l'ennui de rouler les dés, marquons-en les caractères sur 
de petites lames horizontales et le jeu dp dominos sera 

créé. 

Ces figures symboliques nous gênent-elles? Remplaçons-; 
les par des cases ou des pions noirs et blancs et, en faisant 
agir sur eux les nombres aux moyens des dés, nous inven- 
terons le Jeu de trictrac , autre combinaison du jeu d'oie. 

Les échecs dégénérés donnent, de la même manière, 
naissance au Jeu de dames. 

Enfin notre Jeu de cartes est loin d'être né sous 
Charles VI, comme on le dit vulgairement. Des ordon- 
nances espagnoles bien antérieures à ce règne défendent 
aux nobles de jouer aux cartes et le Tarot est encore là pour 
nous indiquer son antique origine. 

Les bâtons du Tarot sont devenus nos trèfles, les coupes 
nos cœurs, les épées nos piques et les deniers nos carreaux. 
Nous avons en outre perdu les vingt-deux figures symbo- 
liques et les quatre cavaliers. 

Mais si tous ces jeux dérivent du Tarot quelle est donc 
son origine à lui-même et quelle était sa destination primi- 
tive ? 

Ce sont là graves questions dont la solution entraîne l'es- 



— 348 — 

prit en de périlleuses recherches. Laissez-moi donc vous 
conter à ce sujet certaine confidence que me fît naguère 
un vieux manuscrit tout poudreux oublié dans un coin de 
bibliothèque. Prenez cela comme roman ou comme 
histoire, qu'importe, pourvu que votre curiosité soit satis- 
faite. 

Or donc, transportons-nous par la pensée à trois mille 
ans de distance, au milieu de cette étonnante et grandiose 
civilisation égyptienne révélée chaque jour davantage à 
notre siècle par les travaux des archéologues. 

Entrons dans une de ces villes dont notre Paris forme- 
rait un quartier, franchissons l'enceinte de défense gardée 
par un peuple de soldats bien équipés, et glissons-nous au 
milieu des habitants aussi nombreux et aussi affairés que 
ceux de nos plus grandes cités. 

Partout s'élèvent à de prodigieuses hauteurs des monu- 
ments d'une architecture étrange ; les terrasses des mai- 
sons riches indiquent la première marche d'un gigantesque 
escalier formé par les palais et les temples et dominé par 
l'habitation silencieuse du chef suprême de l'Empire, 

Les grandes villes sont partout fortifiées, le Nil est endi- 
gué et d'énormes réservoirs sont prêts à recevoir le surplus 
des eaux, transformant ainsi de terribles inondations en 
rosées bienfaisantes. 

Tout cela suppose une science et des savants , mais où 
sont-ils renfermés ? 

A cette époque la science et la religion sont confondues 
en une seule étude, et tous les savants, ingénieurs, méde- 
cins, architectes, officiers supérieurs, scribes, etc., se 
nomment prêtres ou initiés. Gardons-nous bien de confondre 
le prêtre dans l'antiquité avec ce mot pris dans le sens que 
leur attribuent les contemporains, sous peine des plus 
grossières erreurs entre autres celle de croire que l'Egypte 



— 349 — 

était livrée au despotisme clérical dans sa plus mauvaise 
acception. 

C'est dans le temple qu'est donnée l'instruction à tous les 
degrés d'après des méthodes parfaitement établies et imitées 
dans tous les pays du monde à cette époque. 

L'instruction la plus élevée que l'homme puisse acquérir 
est donnée surtout dans le grand temple d'Egypte et c'est 
là que viennent étudier les futurs grands réformateurs : 
Orphée, Lycurgue. Pythagore, Moïse, entre autres. 

Tue des sciences sur lesquelles se portent les plus cons- 
tantes investigations ; c'est l'astronomie. Nous savons 
aujourd'hui par Pythagore, reflet des connaissances des 
savants égyptiens, qu'on connaissait alors le mouvement de 
la terre par rapport au soleil, ainsi que la position de celui-ci 
respectivement à ses planètes satellites. Une grande partie 
des contes mythologiques se rapportent à ces mystères et 
les savants de l'époque, c'est-à-dire les prêtres, enseignaient 
à leurs disciples l'astronomie au moyen de petites lames qui 
représentaient les mois, les saisons, les signes du zodiaque, 
les planètes, le soleil, etc., etc. C'est ainsi qu'ils fixaient 
dans l'imagination des étudiants les données qu'ils allaient 
plus tard vérifier sur nature. 

Il vint un temps où l'Egypte, ne pouvant plus lutter contre 
ses envahisseurs, dut se préparer à mourir dignement. 
C'est alors que les savants égyptiens £dit toujours mon mys- 
térieux confident) tinrent une grande assemblée pour sa- 
voir comment on sauverait de la destruction la science, 
réservée jusque-là aux hommes jugés dignes de la posséder. 

Ou discuta, paraît-il, d'abord pour savoir si Ton confierait 
les secrets à des hommes vertueux recrutés secrètement les 
uns par les autres pour transmettre ces sublimes vérités 
de génération en génération. Mais un piètre ayant fait 
observer que la vertu est chose fragile entre toutes et diffi- 



— 350 — 

cile à trouver, au moins d'une manière continue, proposa de 
confier la tradition scientifique au vice. 

Celui-là, dit-il, ne s'affaiblit jamais complètement et nous 
sommes assurés d'une longue et durable conservation de 
nos principes grâce à lui. 

Cet avis fut, paraît-il, adopté et le jeu choisi comme vice 
préféré. C'est alors qu'on grava sur de petites lames les 
mystérieuses figures qui enseignaient jadis les plus grands 
secrets de la science et, depuis, les joueurs transmettent 
de génération en génération ce Tarot, bien mieux que ne 
l'auraient iait les hommes les plus vertueux de la terre. 

Tel est le conte ou l'histoire que m'a narré ce vieux ma- 
nuscrit sur l'origine du père de nos grands jeux et je suis 
heureux qu'il m'ait fourni le moyen de me tirer de mon as- 
sertion, peut-être paradoxale, de leur originelle unité. 



A V auteur de « A Brûler 

Jules Lermina. 



CHAPITRE XXII 



'( INCLUSION 



Parvenu au terme .de notre carrière il nous faul jeter 
un rapide coup d'œil sur le chemin poursuivi afin de nous 
rendre compte de la portée possible de notre travail. 

Voyant la Science matérialiste s'effondrer, malgré les 
efforts désespérés de ses partisans, sous l'irrésistible impul- 
sion de l'ère nouvelle, nous fumes amené à constater l'im- 
puissance des méthodes purement analytiques et à recher- 
cher les bases possibles d'une synthèse, chaque jour plus 
indispensable. 

C'est alors qui la science antique s'est révélée à notre 
investigation, comme possédant essentiellement cette mé- 
thode synthétique, base immuable de toutes ses découvertes 
scientifiques, religieuses et sociales. 

Les sociétés secrètes chargées de transmettre ce dépôt 
sacré en ont perdu la clef, de même que les cultes; seuls 
les Bohémiens nomades et les Juifs ont (ravisé les généra- 
tions, porteurs de leurs bibles, ceux-ci le Sepher de Moïse, 



— 332 — 

ceux-là le Tarot attribué à Toi Hermès Trismégiste, l'Uni- 
versité triplement hiérarchique de la sage Egypte '. 

Le Tarot nous est apparu comme la traduction égytienne 
du livre de l'initiation et partant, comme cette clef, main- 
tenant perdue, de la Franc-Maçonnerie et de toute la science 

occulte. 

Comment déchiffrer cette série d'hiéroglyphes? Comment 
découvrir le groupement mystérieux de ces lames devenues 
l'apanage des joueurs? 

La faculté de concevoir annonce implicitement la faculté 
d'exécuter, nous enseigne Wronski. Fort de cette vérité, 
nous avons interrogé l'antiquité vénérable. Ses Sphinx, 
muets pour le profane, ont parlé, ses vieux temples ont 
dévoilé leurs mystères, ses Initiés se sont relevés à notre 
appel : quatre lettres mystérieuses nous ont été révélées. 

y n 1 n 

lod Hé Va ii Hé 

Parole sacrée, rayonnant au sommet de toutes les initia- 
tions, objet de la vénération et du respect de tous les sages! 

Le Tarot n'exprime que les combinaisons de IÉVÉ, c'est 
ce que nous a montré son étude, cependant comme il faut 
se garder par-dessus tout, dans ces questions, de laisser 
trop de champ à l'imagination, nous avons choisi comme 
point de départ de notre étude un principe lixe, aux combi- 
naisons immuables, seule garantie contre toute erreur 
possible : le nombre. 

Alors nous avons abordé le symbole, et là encore nous 
avons eu à vaincre de nouvelles difficultés. L'histoire du 
Tarot nous à montré le symbole changeant suivantles divers 

{. Voy. Saint-Yves d'Alveydre, Mission des Juifs. 



333 — 

peuples et les diverses époques, bien que le sens ait toujours 
et partout été conservé. 

11 fallait donc trouver pour le symbole un principe aussi 
fixe, aussi immuable dans ses combinaisons que le nombre, 
c'est ce que nous avons recherché. L'étude de l'origine 
des caractères des langues humaines nous fit remonter 
jusqu'à la détermination de seize signes hiéroglyphiques 
primitifs, source des premiers alphabets. Les 22 lettres 
hébraïques dérivées directement de ces signes nous four- 
nirent enfin cette base indispensable à toute recherche 
sérieuse, aussi fixe pour le symbole que le nombre l'était 
pour le Tarot tout entier. Nous avions ainsi un guide sûr qui 
rendait l'erreur d'autant plus difficile. 

Grâce à l'application de ces principes, des données précises, 
quoique fort générales, nous furent fournies sur la Théogonie, 
/'Androgonie, et la Cosmogonie, et nous pûmes enfin résumer 
le symbolisme du Tarot dans un tableau fort intéressant. 

C'est alors (pie nous avons voulu montrer que le Tarot 
était bien la clef générale que nous avions annoncée. 
Quelques applications en donnèrent la preuve. L'Astronomie 
est sans contredit la plus importante d'entre elles à cause 
de ses principes fixes. Alors qu'on veut découvrir comment 
une évolution pourrait marcher et qu'on erre dans les laby- 
rinthes de l'inexactitude, l'Astronomie vient nous montrer 
comment l'évolution du soleil marche et par là donner la 
clef de toutes les évolutions possibles. 

C'est pour n'avoir pas compris que le Mythe solaire n'était 
que la représentation de cette loi générale d'évolution et non 
celle de l'évolution spéciale du soleil, que les gigantesques 
travaux de Dupuis sont restés sans résultats pratiques. La 
méthode de la science occulte ce u'esl ni l'induction ni t;i 
déduction: c'est l'analogie, méthode aujourd'hui inconnue 
que le Tarot nous révèle dans toute sa splendeur. 



— 354 — 

Nous avons ensuite fait d'autres applications ; nous aurions 
pu en faire davantage, montrer la clef de la Philosophie, 
de la Kabbale sainte, de la Théosophie, de la Physiologie 
de l'Homme et de l'Univers dans le Tarot; mais nous avions 
pris le parti de donner la clef, de montrer la façon de l'em- 
ployer par quelques exemples et de nous en tenir là. 

Nous n'avons pas voulu dépasser les limites strictes de 
notre engagement. 

Tel qu'il est notre travail contient encore des imper- 
fections que nous aurions voulu éviter. Nous ne nous faisons 
aucune illusion à cet égard. Le temps saura y remédier. 
De son ensemble se détache pourtant une tendance 
que nous tenons à faire remarquer : c'est l'application 
à la science occulte de méthodes aussi précises que pos- 
sible. 

C'est par la science exacte contemporaine que nous 
sommes arrivé à l'élude de l'occultisme, c'est en partant 
nous-même du matérialisme dont nous étions un des plus 
ardents disciples, que nous avons senti la nécessité d'aller 
plus loin. Toutefois de nos premières amours, quelque 
chose est resté : le goût de la méthode. Ce qui perd la 
science occulte, c'est l'absence de méthode. Louis Lucas 
avait bien vu que toujours il faut faire marcher la physique 
à côté de la métaphysique pour lui servir de point d'appui ; 
de même nous avons toujours cherché à faire marcher 
des principes fixes, comme les nombres ouïes lettres hébraï- 
ques, parallèlement à des données métaphysiques, comme 
les symboles ou les concepts abstraits. 

Ce qui perdles occultistes en général, c'est celte absence 
de précision. Nous avons fait nos efforts pour éviter cet 
écueil s;m< pouvoir affirmer que nous ayons réussi. L'auteur 
• •si inapte a juger son œuvre. 

Quoi qu'il en soit, nous avons été foiré de parler sou- 



3 V, *-• 



vent de la Science occulte, sans avoir le loisir d'entrer dans 
des détails explicatifs ; voilà pourquoi nous adressons ce 
livre 



Aux Initiés 



L'initié est celui qui possède les éléments de l'occultisme 
et qui, par suite, est familiarisé avec toute une terminologie 
qui n'est pas sans effrayer l'homme du monde. Tel est la 
raison d'être de ces mots qui paraîtront peut-être préten- 
tieux à certains esprits. Voilà pourquoi nous tenons à bien 
expliquer notre pensée. 

Toutefois, comme il est d'usage que le Tarot serve à tirer 
les cartes, nous avons voulu aborder ce sujet et le rendre 
aussi attrayant que possible. Nous avons cherché à simpli- 
fier les méthodes employées, de telle sorte qu'une femme, 
quelque peu intelligente, puisse, très vite et sans grande 
mémoire, s'exercer à cet art. 

Mais, comme nos méthodes pourraient n'être pas goûtées 
par toutes les amies de la Cartomancie, nous avons résumé 
les procédés du maître réputé, Etteila. Ainsi, même dans 
cet ordre purement empirique, nous avons cherché à intro- 
duire le plus de rigueur scientifique possible. 

Nous espérons que ce résumé des efforts de plusieurs 
années pourra être de quelque utilité à l'occultisme et à sa 
renaissance qui s'affirme chaque jour davantage. C'est là 
le but que nous avons poursuivi. Puissent les bouleverse- 
ments sociaux qui se préparent, donner naissance à une 
ère de paix et d'harmonie entre les peuples actuellement 
si divisés, puisse la connaissance des mystères terrasser 



— 356 — 



enfin le césarisme européen, sous toutes ses formes, c'est là 
votre but, Kabbalistes, Théosophes , Martinistes, Rose-Croix 
et Francs-Maçons, croyez en l'humble disciple cle vos doc- 
trines, trop heureux si son œuvre a pu conserver quelque 
faible rayon de l'Eternelle et Sainte Vérité. 







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LE TAROT 
PAPUS 



TABLE DES MATIÈRES 



PREMIERE PARTIE 



« CLEF GÉNÉRALE DU TAROT » DONNANT LA CLEF ABSOLUE 
DE LA SCIENCE OCCULTE 

Chap. I. — Introduction a l'étude du Tarot : Mort prochaine du 
matérialisme. — La Synthèse. — La science occulte. 
— Les sociétés secrètes. — Les cultes. — Le peuple 
transmetteur de l'Esotérisme. — Les Bohémiens. — 
La parole sacrée de la Franc-Maçonnerie. — Notre 
travail 



■ 



II. — Le mot sacré iod — hk — vau — hé : La Kabbale et le mot 
sacré. — Le iod. — Le hé. — Le Vau. — Le 2 e Hé. — 
Synthèse du mot sacré 2\ 

III. — L'esotérisme des nombres : Les nombres et les opérations 

théosophiques. — Signification des nombres 31 

IV. — Rapports du mot sacré et des nombres : La série kabba- 

listique et la série des nombres. — Explication de la 
Tetractys de Pythagore, — Figuration de la loi géné- 
rale :i7 

V. — La clef des arcanes mineurs : Constitution du Tarot. 

— Étude d'une couleur. — Les 4 figures. — Les 
10 nombres. — Rapports des figures et des nombres. 

— Étude des 4 couleurs. — Figuration générale 

des arcanes mineurs i î 



— 360 — 

VI. — La clef des arcanes majeurs : Arcanes majeurs. 

1 er ternaire. — 2 e ternaire. — 1 er septénaire. — 
2 e septénaire. — Les 3 septénaires et le ternaire de 
transition 57 

VIL — Rapports des arcanes majeurs et mineurs : Domination 
du 1 er septénaire. — Rapports du 2 e septénaire dans 
le Tarot lame par lame. — Idem du 3 e septénaire. 
— Rapports généraux.— Rapports de iod, de hé, de 

vau du 2 e ht- 07 

Figure générale donnant la clef du Tarot ... 74 



DEUXIEME PARTIE 



APPLICATION DE LA CLEF GÉNÉRALE AU SYMBOLISME. 
LE SYMBOLISME DANS LE TAROT 

VIII. — Introduction a l'étude du symbolisme : Les symboles. — 
Les termes primitifs. — Clef du symbolisme. — Déter- 
mination immédiate du sens d'un des symboles. — 
Loi générale du symbolisme. 77 

IX. — Histoire du symbolisme du Tarot. Recherche de son 
origine : Le Tarot est un livre égyptien. — Ses trans- 
formations. — Jeu de Mantigno. - Tarot vénitien. 
- Tarot de Florence. — Tarot de Rologne. — Tarots 
indous. — Tarot chinois. — Tarots actuels. — Etleila. 
Marseille. - - Resançon. — Watillana. - - (). Wirtb. 
■ Tarots italiens et allemands. — Constitution du 
symbolisme du Tarot. — Les 16 signes hiéroglyphiques 
primitifs. — Les 22 lettres hébraïques X7 

X. — Le Tarot symbolique. 1 er Septénaire. Théogonie : 
Plan du travail. — (de! du I er septénaire. — La 
l ro lame du Tarot origine de toutes les autres. -- Les 
trois principes de l'absolu. — La Trinité. — Tableau 

résumé de la t' e lame 103 

2 e Lame. — La Papesse (Beth) 119 



361 — 

3 e Lame. - - L'Impératrice (Ghimel) 1 J2 

4 e Lame. — L'Empereur (Daleth). 126 

5 e Lame. — Le Pape (Hé) 130 

6 e Lame. — L'Amoureux (Vau). 134 

Résumé. — Constitution de Dieu 138 

XL — 2 e Septénaire. Andhogonie : Clef du 2 e septénaire 130 

7 e Lame. — Le Chariot (Zaïn) 140 

8 e Lame. -- La Justice (Helli) 143 

9 e Lame. - - L'Ermite (Teth) 147 

10 e Lame. — La Roue de Fortune (lod) i.'iO 

11 e Lame. — La Force (Caph) 153 

12 e Lame. — Le Pendu (Lamed) lof» 

Résumé. — Constitution de l'Homme 160 

XII. — 3° Septénaire. Cosmogonie : Clef du 3 e septénaire 161 

13 e Lame. — La Mort (Mena) 163 

14'' Lame. — La Tempérance (Noun) 166 

lo e Lame. — Le Diable (Samech) 1G9 

10 e Lame. — La Maison-Dieu (Gnaïn) 173 

17 e Lame. — L'Étoile (Le Plié) 176 

18 e Lame. — La Lune (Tsadé) 179 

Résumé. — Constitution de l'Univers. 182 

Mil . — Transition générale 183 

19 e Lame. — Le Soleil (Coph) 184 

20 e Lame. - - Le Jugement (Resh) 187 

21 e Lame. — Le Mat (Schin). 190 

22 e Lame. — Le Monde (Thau) 193 

Résumé 197 

XIV. — Résumé général du Tarot symbolique : Involution et 

évolution 

théogonie. — L'absolu, d'après Wronski ; Lacuria 
et le Tarot. — Tuéogcînies des diverses religions 

identiques à celle du Tarot. -- Résumé 199 

Androgonie. — Tableau résumé 216 

Cosmogonie . — Tableau résumé 220 

Tableau résumant le symbolisme de tous les arcanes 
majeurs et permettant de déterminer immédiatement 
la définition du sens de l'un quelconque de ces 

arcanes -"-*' 



302 — 



TROISIEME PARTIE 



APPLICATIONS DU TAROT 

XV. — Clef générale des applications du Tarot : Le principe 
et les formes. — La 21 e lame est une figure principe. 

— Le Tarot. — L'année. — Le mois. — La journée. 

— La vie humaine 231 

XVI. — Le Tarot astronomique : Astronomie des Égyptiens. — 
Les quatre saisons. — Les douze mois. — Les trente- 
six décans. — Les planètes. — Rapports absolus avec 
le Tarot. — Figure résumant l'application du Tarot à 
l'astronomie, clef des travaux astrologiques de 
Christian. — Le Tarot astronomique d'Oswald Wirth. 239 

XVII. — Le Tarot initiatique : Le travail de Ch. Barlet sur ce 

sujet. — Involution et évolution. — Les heures 
d'Apollonius de Thyane. — Les phases de l'initiation 

figurées par le Tarot 201 

Travaux de Ch. Barlet sur le Tarot cosmogonique. 

XVIII. — ■ Le Tarot kaisbalistique : Déduction d'Etteila sur le 

livre de Thoth. -- Exemple d'application du Tarot à 
la Kabbale, l'hiérogramme d'Adam par Stanislas de 
Guaita 209 

XIX. — Auteurs qui se sont occupés du Tarot : Cardan. — Pos- 
tel. — Les Rose-Croix. — Court de Gébelin. — Etteila. 

— Claude de Saint-Martin. — J.-A. Vaillant. — 
Christian. — Eliphas Levi. — . St. de Guaita. — Jose- 
phin Peladan. — The Plalonist. — Theosophienl 
publications.— F.-Ch. Barlet. — 0. Wirth. — Poirel. 

- Ely Star. — Il.-P. Blavatsky. — Ch. de Sivry. . . . 305 

XX. — Le Tarot divinatoire en sept leçons : Introduction. — 
A nos lectrices. — L'astronomie et l'astrologie. — 
L'intuition. — Le tirage des sorts par le Tarot en 
sept leçons 309 

I rc Leçon. — Simplification des règles du tirage des 
Tarots 313 



— 36.3 — 

2 e Leçon. — Arcanes mineurs. — Signification. — 
Inutilité de beaucoup de mémoire pour les 
retenir. — Clef du Tarot divinatoire 315 

3 e Leçon. — Arcanes majeurs. — Signification au 
point de vue divinatoire 323 

4 e Leçon. — Base de l'application de ces données. 

— Etablissement du sort 325 

3 e Leçon. — Tirage du Tarot. — Procédé rapide. 

— Procédé développé 329 

6 e Leçon. — Méthode originale et inédite d'Etteila 

pour le tirage des Tarots (d'après un de ses plus 
rares ouvrages). 1 er coup. — 2 e coup. — 3 e coup. 

— 4 e coup 334 

7 e Leçon. — Conclusion. — Bibliographie 340 

XXI. — Application du Tarot au jeu : Le jeu royal de la vie 

humaine suivant les Egyptiens. — L'unité des jeux 

par le Tarot 343 

XXII. — Conclusion de l'ouvrage 351 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



DKS 



MATIÈRES 



Adam 118 

Addition théosophique 32 

Air (L') 194 

Alchimistes .... 11 

Allemand (Tarol) 9b 

Alphabet hébreux 100 

Aleph 112 

Ammon 209 

Ame de l'Univers 129 

Androgonie 217 

Amour 136, 149 

Amoureux (L')... 135 

Année 170, 230 

Animal 192 

Arabes Il 

Arcanes mineurs 41 

— majeurs ol 

Astronomique (Tarot) 239 

Atlantide 13 

Attraction universelle 137 

Autorité (L") 132 

Auteurs qui ont parlé du Tarot. 30b 

Balance (signe zodiacal) I 57 

Bâtons 42, 30, 113 

Bateleur (Le).. 107, 113 

Barlet (Ch) 261 

Beauté (La) 137 

Belh.... I19 







13 






n 


— franc-maçonnique. 




13 
13 






13 






13 




123, 


211 




1 16 




14, 


243 




91 


Brahma 81, 131. 


201. 


210 

42 






43 






39 






i:i:i 


Caries ( Tirage desi 


' "•• 3 " 


309 

181 






140 




137, 


i 58 




m 






93 




121. 


211 
1 74 






33 1 




NO, 


nt; 




184 


Corps matériel 


17. 


(SI 
125 



366 



Cosmogonie . 220 

Cœurs 42 

Coupes 42, 50, 114 

Couleurs 50 

Courage (Le) 155 

Croix (La) (symbole) .... 39, 50 

Crosse épiscop.ale: ' 50 

Créateur , 80, 116 

Cultes 12 

Daleth 126 

Dame 43 

Décan 2 i-2 

Destin 108 

Deux 35, 44 

Deniers 42,50, 114 

Destin (Le) 171 

Diable (Le) 170 

Dieu 109, 118 

Dix 40 

Divin (Monde) 47, 54 

Divinatoire (Tarot) 309 

Éléments (Les).. . 186 

Élément Être 108 

— Neutre.... 108 

— Savoir Mis 

Empereur (L') 1 27 

En Sopb 211 

Epagomènes 242 

Épées 42, 50, 114 

Espérance 178 

Étoile (L') (17 e lame 177 

Esotérisme 32 

Étoile de Salomon 167 

ELleila...., 94,299, 334 

Eve 121 

Existence élémentaire I î-5 

expérience (L') Lis 

Fatalité La) 171 

Feu (Le) L94 

Figuration du mol sacré 28 

Figures • . . i ; î, t6 

Fils (Le) 81 

Force La 158, 165 

Forces physiques (Les) 233 

Fo-IIi (trigrammcs de) 111 

Foi (La) 132 



Fortune (Roue de) 

Franc-Maçons 

Génération 

Ghimel 

Gnaïn (Le) 

Gnostiques 

Gorf<e (La) hiéroglyphe 

Guaila (Stanilas de) (Le Tarot 

kabbalistique) 

Guerriers (Les) 

Hacbe (hiéroglypbe) 

Hé 25, 72, 

Hé (2 e ) .26, 28 (note) 

Hésiode 93, 

Hermile 

Hiéroglypbes 97, 

Hiram (Légende d') . . . . 13, 

— (Tombeau d'i 

— (Cœurd') 

Homme 109, 112, 

Horus Si, 124, 

Hostie 

Humain (Monde).. ... 17, 54, 

Immortalité ..... 

Impératrice (L') 

Indous (Tarots) 

Innervation .... 

Initiatique (Tarot). . 

Initié 10, 

Inri 

Instinct 

lod 23,72, 

Intellectualité 

Intelligence . ..... 

Inventeurs (Les) 

Isis : NI, 120, 

Juki n 

Jamier , . 

Jeu royal de la Vie humaine. . . 

Jeux (Unité des) 

Jour (Le) 

Jugement (Le) 

.binon. 

Jupiter 127, 128, 

Justice (La) 

Kabbale 221. 37, 



151 
14 

122 

122 

173 

11 

122 

302 
114 

186 
130 

44 

111 

148 

103 

16 

16 

16 

118 

201 

50 

125 

178 

123 

02 

11)2 

261 

12 

16 

192 

in:; 

47 

132 

lli 

201 

113 

INI 

343 
345 
237 
189 

201 
201 
1 i i 
149 



— 367 — 



Kadosch 

Karma des Indous 

Kether 118, 

Lamed 

Liberté (La) 

Lingham 

Lumière astrale 

Lune (La) 119, 

Lundi 

Mat (Le) 

Matérialisme (fin prochaine).. 

Matériel (Monde) 47, 

Maison-Dieu (La) 

Mantegna (Jeu de) , 

Macrocosme 

Mardi 

Matière (La) '. 

Mem (Le) 

Mère (La) 

Mercure 

Microcosme 112, 

Minéral (Règne) 

Monde visible 



Mois 

Moïse. , 

Mot sacré 

Mort (La) 

Mouvement propre (Le) 

— de durée relative 

Mystères 

Nahash 

Nature naturante 

■ — naturée 

— équilibrée 

Nizah 

Nombres 

— f Loi d'Évolution des). . . 

— (Signification des) 

— (Rapports des) 

Nombres (des arcanes mineurs. 

Noun 

Nutrition (La). 

Occulte (Science) 

Œil.. 

Opérations sur les nombres . . . 



13 

1.12 
211 
156 
153 
131 
142 
180 
191 
191 
9 
54 
173 
90 
LIS 
154 
161 
163 
143 
178 
113 
186 
174 
110 
236 
13 
37 
164 
189 
192 
10 
171 
118 
121 
123 
143 
31 
34 
33 
37 
46 
166 
186 
10 
133 
23 



Osiris 81, 120, 201, 

Parabrahm 

Parole (La) 119,.. 

Papesse (La 

Pape (Le) 

Pechad 

Père (Le) ni, 

Peuple (Le 13, 

Pendu (Le 1 

Plié (Le) 

Pbta 

Piques 

Planètes 

Pouvoir 

Prisme 

Providence. 

Prudence 

Puissance magique 

Pythagore (sa tetractys) 

Quatre 37, 

Ra 

Règnes (animal - végétal - miné- 
ral. 

Réduction Théosophique. ..... 

Reproduction 

Religion (La) 

Resh (Le) 

Respiration (La) 

Roi 

Rose-Croix Il, 

Rota 

Saniech. 

Sang 

Saint-Esprit 81. 

Savants (Les).. 

Saturne 

Sein (hiéroglyphe 

Sepher Berescliil. 

Septénaires ()<>, 68, 

Schin (Le) 

Signes primitifs. 

Siva NI, 131, 2iil. 

Sociétés secrètes 

Soleil (Le) 

S\ mboles 17, 

Synthèse 



209 
210 
170 
120 
131 
133 
142 
114 
137 
17!) 
209 
i2 
244 
129 
232 
108 
149 
132 
38 
44 
209 

197 
32 
47 
132 
187 
189 
43 
16 
16 
169 
234 
123 
114 
1 89 
126 
13 
106 
190 
97 
210 
11 
183 
96 
10 



368 



Tableau des 12 heures de l'Ini- 
tiation par Barlet 280 

Tableau indiquant le sens des 

22 arcanes majeurs. .. . 82, 226 

Tarot de Florence 91 

Tempérance (La) 167 

Templiers 11 

Tetractys de Pythagore 38 

Ternaires 38 

Terre (La) 19 

Teth . 147 

Thau 193 

Théogonie 200 

Théosophique (Société i Il 

Thoth (livre de) 14, 299 

Thumim 141 

Tiphereth 136 

Toit (hiéroglyphe) 181 

Transformateur 80, 116 

Trèfles 42 



Trois 3o, 44 

Tsadé 179 

Urim 141 

Unité (L") 3.» , 44 

Univers 109. 118, 183 

Valet 43 

Vau 23, 72, 134 

Végétal (règne) 189 

Vendredi 123 

Vénitien (Tarot) { .U 

Venus Uranie 179 

Vie 130, 132, 133, 168, 183, 237 

Vichnou 81, 131, 201, 210 

Vitale (force | 47 

Vierge 131 

Volonté 109, 112 

Vulcain 201 

Watillaux 94 

Wirth 94, 93, 248 

Zain 140 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



DES 



AUTEURS ET DES PRINCIPAUX OUVRAGES CITÉS 



Agrippa. — La Philosophie occulte, La Haye, 1727. 2 vol. in-8. (Bib. 

Nat., Z 1983, A 2 ) 

Apocalypse (L').. 13 

Amaravella. — Ecrivain théosophique connu par ses beaux travaux 

dans le Lotus, puis dans la Revue théosophique 231 

Apollonius de tbyane. — Grand initié et thaumaturge contemporain 

du Christ 273 

Arnould (Arthur). — Président de la Société théosophique Hermès, 

branche française de la Société théosophique d'Adyar (Madras). 139 

Abbéma (Louise) 325 

Adam (M e Juliette) 353 

Adbémar (D') (Comtesse Gaston) 342 

Barroi?. — Dactylologie ou Langage primitif , Paris, 1850. in-4° (Bib. 

Nat, X. 4,679) 

— Éléments carlovingiens, Paris, 1854 in-4",Bib. Nat., Z) 

Blavatsky (H. -P.). — Isis Unveiled. New-York, 1884 

Boiteau. — Les Cartes à jouer et la Cartomancie, Paris, 1854 in-4°. . 

Boehme (Jacob) — Les Trois Principes, traduit par Claude de Saint- 
Martin 

Bertrand (le L.-.). — Vénérable de la 1..-. La Renaissance, conféren- 
cier défenseur du symbolisme occulle dans la F. - . M. - 

Barlet (Ch.). — Bédacleur de l'Initiation. Auteur des plus savants 

travaux que possède la France sur la Science occulle 19 

Court de Gébelin. — Le Monde Primitif, '.) vol. in.-i", 1773-1783. . . 

Coran (Le) 

2i 



— 370 — 

Cmllié (René). — Dieu et la Création, Paris (Carré), 3 vol. in-8°, 1886. 67 
Chatto. — Faicts and Spéculations of the Origin and History offlaying 
Carts in Europe, Londres, 1848, in-8° 

Dée (Jean). — Monas hieroglyphica (in Theatrum chemimum) 1560. 

Ely Stab. — Les Mystères de l'Horoscope in-18, Dentu, 1884 239 

Etteila. — Œuvres 

Franck (A.). — La Kabbale, Paris, Hachette, 1889, in-8° 

Fabre D'olivet. — Les Vers dorés de Pythagore, Paris, in-8°, 1816. . 
— La Langue hébraïque restituée, 1825 in-4°, Paris (Ouvrages fon- 
damentaux d'un des plus grands maîtres contemporains en occul- 
tisme) 

Guaita [Stanislas de). — Au seuil du Mystère, Paris, 1886, in-8°. 2 e édi- 
tion augmentée, 1889. 

Gary (Voy. Polti) 

Goyard (D r ) — Ancien président de la Société végétarienne. Auteur 

de plusieurs travaux sur l'occultisme ■ - ■ 41 

Goudeau (Emile) • • ■ 57 

Hartmann. — Œuvres 

Hermès Trismégiste 14 

Holmes (Augusta) 317 

Homère. — Y Odyssée • 13 

Hésiode. — Les Travaux et les Jours. 1 H 

Kircher (le H. P. jésuite). — OEdipus Mgyptiacus, 3 vol. in-fol.. 

Rome, 1622 

Kabbala Denudata. —Francfort, 1764. 2 vol. in-4° (Bib. Nat., A. 969). 

Levi (Eliphas) [Pseudonyme de l'abbé Constant). - - Dogme et Rituel 
de la Haute Magie, Paris. 2 vol. in-8 .— Histoire de la Magie, 
in-8°, Paris. —LaClef des grands Mystères in-8°, Paris (Ouvrages 
fondamentaux) 

Lenain. —La Science Kabbalistique, Amiens, 1823 in-8° (Bon résumé). 

Lacuria (P.-F.-G.) — Harmonies de l'Être exprimées par les nombres, 
Paris, 1847, in-8°. 2 vol. (Ouvrage fondamental). 

Lejay (Julien). —Rédacteur de l'Initiation. A fait une application de 

la synthèse occulte à la Sociologie. . 21 

Lacour. —Les (Eloîm ou dieux de Moïse, Paris, 1825, in-8°. 2 vol 

Louis Lucas. — La Chimie Nouvelle, 1854, in-8 .— La Médecine Nouvelle, 
1863, 2 vol. in-8°. —Le Roman alchimique, 1853, in-8° (Ouvrages 
fondamentaux) 

Moisi:. — Le Sepher Bereschit (La Genèse) 

Montière (George). -- Rédacteur en chef de la Revue l'Initiation 37 

Merlin. — Origine des cartes à jouer, recherches nouvelles sur les 
naïbis, les tarots et sur les autres espèces de cartes, Paris, in-4°, 
1869' •••• 



— :J71 — 

Manoel de Grandfort 315 

Morsier (Emilie de) 331 

Nus (Eugène). — Philosophe, auteur de plusieurs ouvrages sur le 
Spiritualisme. Les grands Mystères, Paris, librairie des Sciences 
psychologiques, in-8° 199 

Olcott (Le colonel). — Président de la Société théosophique d'Adyar 
(Madras) qui compte aujourd'hui plus de 175 branches répandues 
dans le monde entier £29 

Papus. — Traité élémentaire de Science occidte, Paris, 1887, in-18 

(4° édit.). 

Paracelse . — Œuvres 

Postel (Guillaume). — La Clef des Choses cachées (latin), in-12 

Polti et Gary. — La Théorie des Tempéraments, 1889, in-18 (Carré, 

éditeur) 

Péladan (Joséphin). — La décadence Latine, Ethopée en 7 volumes 

(Edinger, Paris ) 

Poirel (G). — Occultiste. Éditeur du Tarot de Wirth et de plusieurs 

autres reproductions tirées de la Science occulte 307 

Rabelais (épigraphe) 9 

Ragon. — Orthodoxie Maçonnique suivie de la Maçonnerie occulte et 
de l'Initiation hermétique. Paris, s. d. in-8° 

— Maçonnerie occulte, avec un Traité sur les Planètes, in-8°. . . . 

— La Messe et ses Mystères, in-18, Paris, 1863. 

Roca (Abbé). — Le Monde Nouveau, 1889, in-8°, Paris. 103 

Rouxel. — Auteur d'importants travaux sur le magnétisme, publiés 

dans r Initiation 345 

Saint-Martin (Louis-Claude de). — Tableau naturel des Rapports qui 
existent entre Dieu, l'Homme etl'Univers. 2 vol. in-8°, Edimbourg, 
1782 

Sepher Jesirah (Le) (traduction Papus). -- Paris, 1888, in-8° (Carré). 

Schopenhauer. — Premier principes 

Schuré. — Rédacteur de la Revue dés Deux Mondes, Vient de publier 
une étude de toute beauté sur l'ésotérisme; titre : Les Grands 
Initiés (Perrin, éditeur 1 * 87 

Simon. — La cité chinoise, in-18, 1884 

Sivry (Ch. de) 309 

Sinnet. — Esoteric Buddhism, 1884, in-18. 

Trithèmes (1462-1516). — Savant remarquable, maître de Corneille 
Agrippa , 

Vaillant (J.-A.). — Les Iiômes, histoire vraie <les vrais Bohémiens, 

Paris, 18o0, in-8° 

Virgile. — l'Enéide • • • . . 13 



— :a-2 — 

Védas (Les) 

Van Helmont (Mercure). — Principia philosophie antiquissimx et re- 
centissimse (Amsterdam, 1690). Mercure Van Helmont passe pour 
avoir été l'initiateur de Leibnitz 

Wéber (Louis Zenon). — Auteur d'importants travaux philosophiques 

publiés dans V Initiation 1 83 

Wirth (Oswald). — Le Tarot astronomique (dans le cours de l'ou- 
vrage) , 

Wronsri (Hoené). — Le Messianisme ou Réforme absolue du Savoir 
humain, Paris, 1825, 3 vol. pet. in-fol. Voy. la liste complémen- 
taire de ses ouvrages très nombreux dans l'Occultisme contempo- 
rain par Papus 

Wolska (A . de) 336 

Yves d'Alveydre (Saint-) — La Mission des Juifs, Paris 1884. (îr. in-8° 
de plus de 1000 pages. Alcan Lévy éditeur (Ouvrage fondamental). 



^Lchevè d' 'imprimer' le 15 ^Juillet 18SS, pw 3ïïo • 3%ouillot, 
13-1 5, •Quai "Voltaire, dessin de ,MM. c §. ^Vigneul, °C/;, IZarlet, 
HJswald Wirtl). 

■'ÎÇljototypies de la ^laison C Ç. ^oirel, 38, rue de la %our d' <ylu~ 
ver -g ne, ^aris. 



PARIS. — IMP. P. MOUILLOT, 13-15, QUAI VOLTA.IRK. — 36502. 



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