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Full text of "Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècle : actes d'inhumation et scellés"

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DOCUMENTS 



JUIFS A PARIS 

AU XVIIP SIÈCLE 



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DOCUMENTS 



SUR LES 



JUIFS A PARIS 

AU XVIir SIÈCLE 

ACTES D'INHUMATION ET SCELLÉS 

RECUEILLIS PAR 

P. HILDENFINGER 




Exercice 1913 



A PARIS 
Chez E. CHAMPION 

Libraire de la Société de l'Histoire de Paris 
Quai Malaquais, 5 (Vie) 

1913 



BIBLIOTHECA 



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AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR. 



Le Destin veut que ce recueil d'actes mortuaires des Israélites 
qui vécurent à Paris au xviii« siècle, s'ouvre par la plus imprévue 
et la plus attristante des nécrologies. 

L'érudit distingué qui consacra de longs mois à la difficile enquête 
dont le présent volume offre le résultat, Paul Hildenfinger, est 
décédé le 23 juin 1912. 

Né à Reims le 14 mars 1874, Hildenfinger, après de brillantes 
études poursuivies au Lycée de sa ville natale, était entré à l'École 
des Chartes, d'où il sortit en 1899 avec le diplôme d'archiviste- 
paléographe. Ses devoirs militaires accomplis, il fut nommé attaché 
à la Bibliothèque Nationale, au temps de l'administration de 
Léopold Delisle. Une intelligente collaboration à la publication du 
Catalogue général des livres imprimés lui valut de conquérir rapi- 
dement le grade de Bibliothécaire. Conciliant l'accomplissement 
ponctuel de ses devoirs professionnels avec son goût pour l'éru- 
dition, il consacra ses loisirs à des travaux historiques touchant soit 
les Léproseries de Reims, soit Strasbourg, son pays d'origine, soit 
les Juifs. L'histoire des malheureux, celle de sa chère Alsace et 
celle de ses coreligionnaires tenaient dans son esprit la même place 
que la pitié, le culte du souvenir et les liens religieux occupaient 
dans son cœur. 

A remplir ses devoirs d'homme et de savant tels qu'il les 
concevait, Hildenfinger dépensa sans compter et épuisa ses forces. 
Aussi est-ce un juste hommage qu'au jour de ses obsèques 
M. Ch. de La Roncière et M. L. Lazard ', et, plus récemment, 
M. Henry Martin ^ et M. Eug. Morel 3, ont rendu à la mémoire de 
celui qui nous fut sitôt ravi. 

L'une des dernières joies d'Hildenfinger fut de tenir en ses 
mains défaillantes quelques placards de ce recueil de documents ; 
il n'en devait pas voir davantage. 



1. Bihliothcque de l'Ecole des Chartes, t. LXXIII, 1912, p. 390. 

2. Bulletin delà Société de Vhistoire de Paris, assemblée générale de 191 3 < 

3. Bibliothèque de Levallois-Perret. Catalogue (191 3), p. xvii. 



VIII AVERTISSEMENT DE L EDITEUR 

Le seci'ctiiire du Comité de publication de la Société de l'histoire 
de Paris et de l'Ile de France a dû assumer la mission délicate de 
surveiller l'impression du volume et d'en établir la table. Quelque 
soin qu'il ait apporté dans l'accomplissement de cette tâche, quelque 
désir qu'il ait eu de bien servir la renommée d'un confrère très 
estimé et d'un ami très cher, il n'a pu, éditeur improvisé, prétendre 
résoudre toutes les difficultés résultant de l'onomastique imprécise 
des familles Israélites au xviiie siècle, avec la même compétence 
qu'eût apportée l'auteur s'il avait lui-même mené son oeuvre à 
bonne fin. Les juges indulgents voudront bien excuser les imper- 
fections qu'ils constateront ici, en raison des circonstances excep- 
tionnellement pénibles dans lesquelles le dernier livre d'Hildcn- 
hnger voit le jour. 

A. ViDIER. 

Août 191 3. 



DOCUMENTS 



SUR 



LES JUIFS A PARIS 

AU XVIIIe SIÈCLE 
ACTES D'INHUMATION ET SCELLÉS. 



INTRODUCTION. 

Au xviii^ siècle, comme on sait, l'état civil de chaque sujet 
coïncide avec son état religieux. C'est le curé qui continue à 
tenir registre, et ce qu'il inscrit c'est non pas tant la naissance, 
le mariage ou le décès des individus que le baptême, l'union 
religieuse ou la sépulture. Sans doute l'ordonnance de 1667 ' 
et h déclaration de 1736 ^ « laïcisent » ce qu'on appelle alors 
l'état des hommes et organisent de façon plus efficace le con- 
trôle de l'Etat'. Mais l'état civil n'existe toujours, pourrait-on 
dire, qu'en fonction de l'état religieux. 

Quelle est, dans ces conditions, la situation des non-catho- 



1. Titre XX, art. 7, sqq, dans Isambcrt, Recueil général des anciennes lois 
françaises, XVIII, p. 137. 

2. Isambert, XXI, p. 405. 

3. Le curé est obligé de tenir deux registres, dont l'un est ensuite 
déposé au greffe du juge royal, et il est loisible d'en demander un extrait 
soit au curé, soit à l'agent civil. Sur la résistance du clergé à l'application 
de l'édit de 1736, voy. L. Cahen, La Question de l'étal civil à Paris au 
XVIII^ suclc, dans la Rcvolnliou française, t. LVII (1909), p. 193. 



2 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

liques ? Si à la rigueur la question pouvait ne pas être posée 
pour les naissances ou les mariages ', il était impossible à la 
police de se désintéresser du décès de ces habitants^. Aussi la 
déclaration rovale du 9 avril 1736 «concernant la forme de 
tenir les registres des baptêmes, mariages, sépultures, novi- 
ciats et professions » prévoyait-elle des mesures spéciales. 
L'article xiii est ainsi conçu: « Ne seront... inhumés ceux 
auxquels la sépulture ecclésiastique ne sera pas accordée qu'en 
vertu d'une ordonnance du Juge de Police des lieux rendue 
sur les conclusions de notre Procureur ou de celui des hauts- 
justiciers, dans laquelle ordonnance sera fait mention du jour 
du décès et du nom et qualité de la personne décédée '... » 

Par application de cette déclaration, le Lieutenant général de 
police de Paris arrête, le 20 octobre 1736 +, que « ceux aux- 
quels la sépulture ecclésiastique ne sera pas accordée, qui 
viendront à décéder dans la ville, fauxbourgs et banlieue de 
Paris, ne pourront être inhumés qu'en vertu de « son « ordon- 
nance rendue sur les conclusions dudit Procureur du Roi » ; 
et une sentence du même magistrat à la date du 22 décembre 
de la même année complète ainsi ces prescriptions : « Lors- 
qu'il viendra à décéder des personnes auxquelles la sépulture 
ecclésiastique ne sera pas accordée, les commissaires du Châ- 
telct se transporteront chacun dans leur quartier dans les 
maisons où les personnes seront décédées, lorsqu'ils en seront 
requis, ou sur l'avis qui leur en aura été donné, à l'effet de 
dresser leurs procès-verbaux qu'ils seront tenus de commu- 
niquer aussitôt audit Procureur du Roi, pour être par lui requis 
ce qu'il appartiendra, et de Nous en référer ensuite, pour être 
par Nous sur iceux ordonné ce que de raison ; lesquels com- 



1. Cf. sur toutes ces questions, G. Baudry-Lacantinerie et Houques- 
Fourcade, Traité théorique et pratique de droit civil : des personnes, t. II 
(1907, 5e éd.), pp. 9 sqq. 

2. Voyez par exemple une délibération relative à l'inhumation des étran- 
gers et particulièrement des Protestants dans une assemblée de police de 
1727 (Bib. Nat. Ms. fr. 11 356, fos 93 et 115). 

3. Isamben, XXI, p. 409. 

4. E. de La Poix de Fréminville, Dictionnaire eu traite de la police géné- 
rale, (Paris, 175S; in-40), p. 539. 



AU XVIII= SIÈCLE 3 

missaires, chacun dans leur quartier, tiendront la main à 
l'exécution de notre ordonnance qui interviendra sur lesdits 
procès-verbaux, conclusions et ordonnances qu'ils remettront 
dans vingt-quatre heures au plus tard des expéditions {sic) en 
forme au greffe dudit M^ Caillet [l'ancien des greffiers de la 
Chambre civile et de celle de police du Châtelet de Paris], 
pour être enregistrées sur le registre qui sera par lui tenu à 
cet effet... ' » 

Ces textes visent nettement les Réformés et ils ont en effet 
régi les inhumations protestantes - jusqu'à l'édit de novem- 
bre 1787 5. Malesherbes, dans son Second uiévwirc sur le. mariage 
dés Protestajits +, affirme que les rédacteurs de la déclaration de 
1736 ne pensèrent pas aux Juifs, rentrés cependant à Paris 
vers la fin du règne de Louis XIV 5. Mais elle devait leur être 
appliquée, par une assimilation toute naturelle, comme aux 
Catholiques grecs ''. L'Assemblée du clergé de 1788, par 



1. E. de La Poix de Freminville, p. 5^10. 

2. Voyez par exemple [Taillandier'!, Procès-verbal d'inhumation d'une dame 
protestante à Paris au XVII 1° siècle, dans Bulletin de la Société d'histoire du 
Protestantisme, I (1853), P- 4^3 5 Inhumation de Protestants d Paris au 
XVIII^ siècle, ibid., II (1854), p. 118 ; C. Read, Les Sépultures des Protes- 
tants étrangers et rcgnicoles à Paris au XVIII^ siècle, ibid., XXXVI fiSSy), 
p. 34 ; H. Vial, Le Cimetière des Protestants étrangers à la Porte Saint-Mar- 
tin, ibid., LI, p. 259. 

3. Isambert, XXVIII, p. 472. 

4. Londres, 1787, in-S" [Bibl. Nat. 8° Ld ^~^. 697], p. 152. 

5. En 1709 déjà Moyse et Ruben Schwabe frères, de Metz, sollicitent du 
Contrôleur des finances l'autorisation, au moins pour l'un d'eux avec un 
commis, de séjourner à Paris pendant six mois pour le règlement de leurs 
affaires. (Arch. Nat. G7. 11 19 : lettre du 5 mars 1709). — Le 14 février 
171 5, Joseph Lévy le jeune, banquier à Paris, demeurant rue Quincam- 
poix à la ville de Bruxelles, porte plainte contre Pierron fils qui lui a 
emprunté, sans la lui rendre, sa tabatière d'or. (Arch. Nat. Y. 12344). — 
Cf. P. Viollet, Histoire du droit civil français (2' éd ; Paris, 1893), p. 359. 

6. A l'occasion de la mort du P. Gervais Sgourskv, aumônier de l'am- 
bassade de Russie, Sartine écrit au commissaire Duchesne (9 mars 1767) : 
« Il est nécessaire de remplir à son égard les formalités ordinaires et de le 
faire enterrer cette nuit dans le cimetière des Protestants ». (Y. 15275). — 
Voir de même les inhumations de Pierre Tcherepnine, chantre de la' 
chapelle de Russie, i^r juin 1768 ; Pierre Grignauff, peintre, 17 novembre 
1768 (Y. 15276), etc. 



4 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

exemple, s'élevant précisément contre cet édit de 17S7, ne 
manque pas de ranger « sous le titre de non-catholiques » 
non seulement les religionnaires, mais « les hommes de toute 
secte tant nationale qu'étrangère, même... les ennemis du 
nom chrétien... ' » Et de fait l'ordonnance du Lieutenant de 
police du 7 mars 1780, autorisant l'établissement d'un cime- 
tière Israélite à la Villette^, se réfère de façon expresse à l'ar- 
ticle XIII de la déclaration de 1736. 

Il était donc intéressant de vérifier si — à défaut des registres 
spéciaux tenus par les greffiers de la Chambre civile du Châ- 
telet, et aujourd'hui disparus ' — on ne retrouverait pas de 
ces procès-verbaux parmi les papiers des commissaires du Chà- 
telet conservés aux Archives Nationales dans la série Y ■*, et 



1. Remontrances du Clergé de France assemblé en ijSS au Roi sur ledit du 
mois de noi'enihre lySj concernant les non-catholiques (Paris, 1788 ; in-S" 
[Bibl. Nat. 80 Ld^. 601]), p. 12. 

2. Léon Kahn, Histoire de la ccnnnnuautc israèlite de Paris. Le Comité de 
bienfaisance, Thcpital, les cimetières (Paris, 1886; in-i8), p. 168. — Nous 
citerons cet ouvrage sous la forme abrégée de : Cinietitres. 

5. La sentence du 22 décembre 1756 citée ci-dessus confie la tenue de 
ce registre au greffier Caillet ; une note de VAlmanacb royd indique à partir 
de 1774 que « C'est M. Moreau [l'un des greffiers des chambres civile et 
de police au Châtelet] qui est chargé de la garde des registres de bap- 
têmes, mariages, etc. , conformément à la Déclaration du Roi, du 9 avril 1736». 
Mais le procès-verbal d'apposition de scellés et inventaire des papiers du 
greffe du Châtelet rédigé en 1791 (Arch. Nat. U. 1009) ne relève pour les 
Protestants que les registres du xvu^ siècle et, pour le xviiie, mentionne seu- 
lement (f° 204) un « carton renfermant des procès-verbaux de sépultures 
de personnes de la R. P. R. faits par le commissaire Defacq et autres com- 
missaires depuis... 1747 jusques et compris... 1755 »; il est vrai que cet 
inventaire signale à différentes reprises (f<^s 186, 250) un certain nombre 
d'articles en masse, sans en préciser le contenu. — Les registres dépo- 
sés avant 1871 aux Archives de la Seine, brûlés à cette date (cf. E. Wel- 
vert, Etat sommaire des Archives anciennes de la Seine brûlées en iSji, dans 
Archives historiques, artistiques et littéraires, I, p. 475) et que l'on connaît 
seulement par quelques notes de Ch. Read prises avant l'incendie (op. cit., 
dans Bulletin de la Société du Protestantisme français, XXXVI, p. 25 et sqq.) 
avaient peut-être — au moins pour quelques-uns, une autre origine. Voir 
plus loin p. 14, n. 2. 

4. Cf. l'état numérique de cette série, rédigé par M. H. Steiu, Ministère 
de l'Instniction publique et des Beaux-Arts. Archives nationales. Répertoirs 
numérique des archives du Châtelet de Paris. Série Y. (Paris, 1898 ; in-40). 



AU XVIII'^ SIECLE 5 

s'il n'y aurait pas là — à côté des cahiers de péritomistes ', 
des pierres tombales ^ ou des états dressés à Paris par les ins- 
pecteurs de police ' — une source de renseignements utiles 
pour l'histoire des Juifs au xviii^ siècle. C'est le résultat de 
cette recherche que nous publions ici. 



1. Le péritomiste, en hébreu, Moheî, est l'opérateur chargé de la circon- 
cision. 

2. Sur les registres de naissance, mariage et décès des Juifs Portugais de 
Bordeaux, voir L. Cardozo de Bethencourt, Le Trésor des Juifs Sephardivi , 
dans Revue des études juives, XXVI, p. 246, et G. Cirot, Recherches sur les 
Juifs Espagnols et Portugais à Bordeaux, dans Bulletin hispanique, t. VIII 
(1906), p. 281. Pour Metz, la Lorraine et Paris, M. Lambert, Liste des 
circoncis opérés par le viohcl Isaac Sclnueich (1775-1801), dans Revue des études 
juives, t. II, p. 282. Pour les pierres tombales, voir L. Kahn, Cimetières, 
p. 170 (pour Paris); G. Cirot, op. cit., d-Mis Bulletin hispanique, t. X 
(1908), p. 68 et 157 (pour Bordeaux); N. Netter, Les anciens cimetiaes 
israélites de Met-, dans Revue des études juives, LI, p. 280 et LU, p. 98, et 
M. Ginsburger, Les anciens cinieticres israélites de Met:^^, ihid., LU, p. 272 ; 
M. Ginsburger, Der israelitische Friedhof in Junghol^ (Gebweiler, 1904, 
in-80 ; A. Nordmann, Der israelitische Friedhof in Hegenheim (Basel, 1910, 
in-80), etc., et d'une manière générale, M. Schwab, Rapport sur les inscrip- 
tions hébraïques deJa France (Pans, Impr. nationale, 1904; in-80), avec un 
chapitre sur l'étranger. — La Société pour l'histoire des Juifs d'Alsace- 
Lorraine possède un certain nombre de registres de péritomistes et de 
registres d'inhumations, sans compter les mappoth et les contrats de 
mariage, déposés au Musée alsacien de Strasbourg (Les tnappoth sont des 
bandelettes destinées à tenir serrés les rouleaux de la Loi : chaque enfant mâle 
doit en offrir une au temple, portant son nom et la date de sa naissance). 
Il faut noter aussi les indications biographiques fournies par les Memorbiï- 
cher : cf. par exemple pour le moyen âge, A. Neubauer, Le Meniorhuch de 
Mayence, dans Revue des études juives, IV, p. 1-50; et plus particulièrement 
pour l'époque moderne, M. Ginsburger, Les Mémoriaux alsaciens, ibid., XL, 
p. 231-247 et XLI, p. 118-143. Sur la valeur testimoniale de ces diffé- 
rentes sources, voir M. Thibeaud, De la mancipation en droit romain. His- 
toire des actes de l'état civil en droit français (thèse) (Bordeaux, 1891 ; in-80), 
p. 174. 

5. Voir l'état de 1721 dans L. Kahn, Les Juifs de Paris au XVI 11^ sikh, 
p. 6 ; les états de I7SS-I7S9 d^ns L. Kahn, Les Juifs de Paris de i-]SS 
Il ijjç) dans Revue des études juives, XLIX, p. 121. 



DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 



I. 



On sait qu'en 1702 ' Paris avec ses faubourgs avait été 
divisé en vingt quartiers, où se trouvaient répartis quarante- 
huit commissaires, portant le titre officiel de commissaires- 
enquêteurs-examinateurs au Châtelet et placés sous l'autorité 
du Lieutenant général de police. Cette subdivision, qui sub- 
sista durant tout le siècle, n'était pas en fait toujours étroite- 
ment respectée : le commissaire de tel quartier pouvait, le cas 
échéant, aller exercer dans tout autre quartier ^, et quand il 
s'agissait d'une opération particulièrement lucrative comme 
un scellé, il ne se faisait pas faute de « se transporter » jusqu'à 
la campagne >. D'autre part, en dehors de leurs attributions 
locales, les commissaires pouvaient être chargés par le Lieu- 
tenant de police, pour toute la circonscription parisienne, d'un 
département administratif : approvisionnement, jeux, théâtres, 
Bourse, etc. ^ ; un mémoire rédigé en 1770 par ordre du Lieu- 
tenant de Sartine 5 établit que l'inhumation des Protestants 
étrangers constitue précisément un de ces services généraux. 



1. Déclaration du 12 décembre 1702. Cf. Peuchet Encyclopédie métho- 
dique. Jurisprudence. T. IX contenant la police et les municipalités (Paris, 1789), 
p. 567-568. 

2. Au sujet des empiétements des commissaires d'un quartier sur l'autre, 
voir le précis des règlements du i^r mai 1688, art. X-XI, publié par 
Desmsizes, Le Chdfelet de Paris, 2^ édition (Paris, 1870; in- 18), p. 179 
sqq., et une lettre de Lenoir aux syndics des commissaires (19 janvier 1780) 
où le lieutenant de police se plaint de ce que certains d'entre eux se 
chargent des affaires « sans égard à la division des départemens ». (Arch. 
Nat. Y. 12830.) 

3. Sur les « mauvaises voves... pratiquées » pour parvenir à apposer les 
scellés, voir une série de délibérations de la Chambre des commissaires du 
Châtelet, à la Bib. Nat., ms. Joly de Fleury, 2383, fos 2 sqq. 

4. Le Lieutenant de police charge par exemple le commissaire Grimprel 
de la rédaction de l'état général les baptêmes, mariages et décès pour 1763 
et 1773 ; Mutel, pour 1775, 1776, 1778; Joron, pour 1781, 1782, 1785, 
1788, etc. 

5. Rédigé par Le Maire, publié par Gazier, La Police de Paris en ijjo, 
dzns Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, V, p. 43. 



AU XVIII* SIÈCLE 7 

« Un autre ', écrit le rédacteur, est chargé de donner des 
ordres nécessaires pour l'inhumation des protestants [et des] 
étrangers^ qui viennent mourir à Paris et il en tient 
registre afin qu'on puisse avoir un acte authentique de 
leur décès. » « Tous ces différents départements, ajoute le 
mémoire, sont donnés autant que possible, aux commissaires 
des quartiers dont la situation les met le plus à portée de rem- 
plir ces différentes branches d'inspection \ » 

C'est le seul renseignement que nous avions sur l'attribution 
de ces divers services. On ne trouve aucune indication de cet 
ordre dans VAhnanach royal, qui donne les noms des com- 
missaires en fonction groupés par quartiers, et la Liste de mes- 
sieurs les conseillers du Roi, commissaires enquêteurs examinateurs 
au Châtelet de Paris, publiée chaque année, n'est pas plus utile 
à consulter sur ce point ^. Il ne semble pas que les archives 
subsistantes, après l'incendie de la Préfecture de police en 187 1, 
et en l'absence des archives de la Chambre de la communauté 
des commissaires, permettent de retrouver un état général de 
la répartition de ces départements 5. Et ce n'est que par l'exa- 
men des papiers mêmes de chaque commissaire en particulier 
(ju'il sera possible de savoir s'il était chargé d'un service de ce 
genre, et duquel. 

On est dès lors conduit à se poser cette question : Quel est, 
à une date donnée, le commissaire chargé, le cas échéant, de 
l'inhumation d'un Juit? Y a-t-il un commissaire spécial ? Et 



1. Commissaire. 

2. L'addition [et des] est de l'éditeur. Mais si l'on se reporte à la traduc- 
tion allemande du mémoire dé Le Maire, Abhandhung von der Poli:(eyver- 
fassung in Frankreich (Wien, Rehm, 1790; in-8° [B. N. 8° Lu*. 55]), p. 103, 
il semble que l'inhumation des Protestants étrangers seule forme un dépar- 
tement spécial de la police : « Ein Anderer, dit ce texte, hat den Auftrag 
die nothigen Verordnungen wegen die Beerdigung der zu Paris sterhenden 
fremden Protestanten zu ertheilen. » Les régnicoles sont soumis à un 
autre régime. Voir plus loin, p. 13. 

3. Gazier, loc. cit., p. 60-61. 

4. Il existe un certain nombre de ces listes imprimées aux Arch. Nat. 
(U. 990 ; A Du. 9) et à la Bibliothèque Nat. (4° Lin. 45). 

5. Quelques « sondages » dans les papiers de ceux des commissaires qui 
ont été « syndics » de la communauté n'ont rien donné. 



8 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

quel est-il ? Intervient-il à la fois pour la reconnaissance 
du cadavre et pour la mise en terre ? Ou n'est-ce pas le com- 
missaire du quartier, et les subdivisions sont-elles dans ce cas 
respectées ? 

Au milieu du siècle, Salle \ dans son Traité des fondions des 
commissaires, précise que, si pour l'inhumation des Protestants 
étrangers — en laveur desquels a été établi en 1720 le cime- 
tière de la Porte Saint-Martin - — c'est au commissaire 
« ancien » de ce quartier qu'il faut s'adresser, pour les Protes- 
tants régnicoles et « autres qui n'ont point droit à la sépulture 
ecclésiastique », c'est le commissaire du quartier qui dresse le 
procès-verbal. Denisart ' observe de même qu'à Paris, les com- 
missaires doivent « chacun dans leur quartier » se transporter 
au domicile du défunt, quand la sépulture ecclésiastique est 
refusée aux Protestants « ou autres personnes décédées. » C'est 
donc à cette catégorie qu'appartiennent les Juifs, comme les 
condamnés, les duellistes ou les suicidés ■*. 



1 . Traité des fonctions, droits et privilèges des commissaires an Chdtelet (Paris, 
impr. de Le Prieur, 1759; in-40), t. II. p. 68-85. 

2. Sur ce cimetière et celui qui l'a remplacé en 1762, cf. F. Wadding- 
ton, Influence de l'ambassade de Hollande à Paris sur les aflaires des Protes- 
tants de France au XVIII^ siècle, dans Bulletin de la Société de l'histoire du 
protestantisme français, III, p. 595 ; Ch. Read, Les Sépultures des Protestants 
étrangers et régnicoles à Paris au XVIII^ siècle, ibid., XXXVI, p. 25, 87, 
133, 203 ; H. Vial, Le Cimetière des Protestants étrangers à la Porte Saint-Mar- 
tin , ibid, LI, p. 259 ; A. Vuaflart et N. Weiss, Le Cimetière parisien des 
Protestants étrangers et la sépulture de fohn Paul fones, ibid, LIV, p. 457 ; et 
les communications relatives à la découverte et à l'identification des restes 
de l'amiral Paul Jones, dans Ville de Paris. Commission municipale du vieux 
Paris, année 190^. Procès-verbaux, p. 137 sqq. 

3. Actes de notoriété donnés au Chdtelet de Paris (Paris, 1759, in-4°) 
[B. N. F. 12573], p. 326, note C — Guyot, Répertoire universel et raisonné 
de jurisprudence, t. LUI (Paris, 1782 ; in-8"), v° Religionnaires, p. 313, se 
réfère de même à l'ordonnance de 1736. 

4. On sait qu'il existe en droit canon deux espèces d'interdits de la sépul- 
ture ecclésiastique, qui privent, l'un de l'accompagnement et des cérémonies 
de l'enterrement, l'autre de l'inhumation en terre sainte. Voir par exemple 
abbé André, Cours alphabétique et méthodique de droit canon, II, col. 1060. 
— L'inhumation nocturne d'Adrienne Le Couvreur est célèbre. Cf. \'ol- 
taire, La mort de Mademoiselle Lecouvreur et l'épitre dédicatoire de Zaïre, 
dans Œuvres complètes, éd. Garnier, t. IX, p. 369 et II, p. 544. — Pour 



AU XVIII'' SIECLE 



Mais CCS principes étaient-ils toujours appliqués ? Le 
dépouillement des répertoires des commissaires ', malheu- 
reusement conservés en trop petit nombre et souvent rédigés 



l'application de l'art. 12 de la Déclaration du 9 avril 1736 à l'inhumation 
d'une femme qui s'était pendue à la Salpétrière, voir Bib. Nat., ms. Joly 
de Fleur\', 479, fo 6. Cf. Mercier, Tiihicau île Paris, (Amsterdam, 1782) 
ch. CCLVIII, t. III, 195-196. 

j. Les Commissaires devaient tenir un répertoire de leurs minutes sur- 
tout en vue des prélèvements faits sur leurs émoluments pour la Bourse 
commune des commissaires. Cf. notamment un arrêt du Parlement du 
18 août 1740 homologuant une délibération de la Chambre des commis- 
saires du 29 mai [Bib. Nat. F. 23673 (76)] ; une liste des commissaires qui, 
conformément à cet arrêt, ont fait parapfier leur répertoire se trouve Bib. 
Nat., Dép. des mss. Fr. nouv. acq. 3247, (" 210. — Mais on est loin 
d'avoir conservé les répertoires de tous les commissaires du xyiii^ siècle. 
Nous croyons devoir donner ici la liste de ces registres que nous avons 
parcourus : Aubert, quartier Saint-Denis, 1709-1741 (Y. 14126); Auret de 
La Grave, quartier S. Antoine, 1 749-1 770 (Y. 16020) ; Blanchard, qu. 
S. Martin, 1717-1748 (Y. 14590); Boullanger, qu. Cité, 1760-1780 
(Y. 12701); Bourgeois, qu. S. Jacques de la Boucherie, 1749-1785 
(Y. 11989); Bouquigni, qu. Luxembourg, 1737-1760 (Y. 14368); J. J. 
Camuset, qu. Grève, puis S. Paul, 1697-1748 (Y. 12089); Courcy, qu. 
S. Benoît, S. Eustache, Les Halles, 1723-1776 (Y. 11288) ; Crespy, Luxem- 
bourg, I74i-I749(Y. 14126); Daminois, Palais-Royal, I743-I752(Y. 11745 • 
registre spécial des plaintes) et 1691-1752 (Y. 11746 : registre spécial des 
scellés et comptes); Defacq, S. Denis, S. Martin, 1711-1719 (Y. 12496); 
Delafosse, Cité, 1733-1760 (Y. 12700) ; Delaporte, S. Denis, 1764-1791 
(Y. 12225-12226): Delavergée, Palais-Royal, 1723-1755 (Y. 13830); 
Demortain, Les Halles, Louvre, 1 728-1 741 (Y. 13164) ; Dorival, Cité, 
1756-1790 (Y. 12497); H. -P. Duchesne, S. Denis, S. Martin, 1752- 
1772 (Y. 15310); Dudoigt, S. Martin, S. Jacques de la Boucherie, 1738- 
1766 (Y. 14701); Duruisseau, place Maubert, Halles, S. André des Arts, 
I75i-I777(Y. 15025); Fontaine, Montmartre, S. Eustache, S. Avoye, 
(1758-1770 (Y. 13165) ; Gallyot, Temple, 1678-1737 (Y. 14367) ; Glou, 
Temple, 1724-1753 (Y. 15685); Guyot, Les Halles, S. Germain des Prés, 
Luxembourg, S. Germain des Près, 1756-1789 (Y. 13631); J. Hubert, 
S. Jacques de la Boucherie, S. Germain des Prés, 1707-1772 (Y. 14042) ; 
M. Hubert, 1703-1707 (Y. 14042); Joron, Temple, S. Antoine, 1765-1790 
(Y. 13997); Landelle, Luxembourg, 1772-1788 (Y. 14042); Leclair, Cité, 
S. Martin, 1734-1765 (Y. 15996); Le Droit, place Maubert, 1729-1738 (Y. 
14700) ; Léger, Luxembourg, 1 760-1 792 (Y. 14369); Leseigneur, S. Ger- 
main des Prés, i775-i788(Y. 14591-14592) ; Marrier, S. Eustache, 1680- 
17 19 (Y. 15024) ; Michel, S. Jacques de la Boucherie, S. Eustache, 1766- 
1791 (Y. 14701 bis) ; Monnaie, S. Germain des Prés, I775-I775(Y. 14591); 



10 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

de façon fort insuffisante \ l'examen des minutes mêmes 
pour les quartiers où les Juifs habitaient de préférence, c'est-à- 
dire les quartiers Saint-Martin et Saint-André des Arts ^, des 
« sondages » dans les archives des commissaires des autres 
quartiers 5 fournissent sur ce point quelques conclusions. Si 



Mouricault, S. Martin, la Grève, 1737-1781 (Y. 14859); Parent, Luxem- 
bourg, S. Germain des Prés, i723-i75o(Y. 13296) ; Premontval, S. Paul, 
S. Jacques de la Boucherie, 1720-1750 (Y. 15025); L.-P. Regnard, 
S. Benoît, Maubert, 1711-1752 (Y. 10936-10937) ; P. Regnard jeune, 
S. Eustache, 1712-1751 (Y. 15 3 10); Regnaudet, Grève, S. André des Arts, 
1741-1760 (Y. 1 5404) ; Sirebeau, S.Paul, Palais-Royal, 1753-1791 (Y. 
15686) ;Thierion, Palais-Royal, 175 5-1762 (Y. 10941); Thilloi, S. Germain 
des Prés, 1755-1762 (Y. 14591) ; Thiot, S. André des Arts, S. Germain des 
Prés, i755-i77o(Y. 13831) ; Touvenot, S. Germain des Prés, 1762-1773 
(Y. 14591); Tourton, Louvre, 1701-1731 (Y. 12224); Trudon, S. Paul, 
S. Antoine, Palais-Royal, i73i-i766(Y. 15119); Vanglenne, Le Temple, 
1770 (Y. 16020). 

1. Les articles y sont parfois rédigés de façon très vague : ainsi, réper- 
toire Tourton (Y. 12224), fol- 106 : 22 novembre 1721 : « information de 
14 témoins contre des gardes du Roy » ; répertoire Courcy (Y. 11288) : 
12 janvier 1726 : « proced verbal et information à la requeste de M"" le Pro- 
cureur du Roy; 12 janvier : information à la requeste de M. le Procu- 
cureur du Roy »... — Ils ne sont d'ailleurs pas toujours complets : ou bien 
ils sont interrompus avant la mort ou la retraite du commissaire ; ainsi le 
répertoire (Y, 153 10) de H. P. Duchesne, commissaire jusqu'en 1781, finit 
en 1772 ; — ou bien ils ne renferment pas tous les actes ; ainsi le commis- 
saire Defacq signale en bloc à la fin de chaque année (Y. 12496) les pro- 
cès-verbaux d'enfants trouvés ; ainsi le commissaire Blanchard ne relève 
pas dans son répertoire (Y. 14590) des procès-verbaux d'inhumation qui 
figurent dans ses minutes. 

2. L. Kahn, Histoire de la communauté israclite de Paris. Les Juifs de 
Paris sous Louis XV, p. 52-53. Cf. Du Hautchamp, Histoire du système des 
finances sous la minorité de Louis XV (La. Haye, 1739), t. L p. 184 : « Elle 

[la rue Quinquempoix] a été de tout tems occupée par des banquiers... il 
s'y trouve même beaucoup de Juifs. » — Coquebert de Montbret (Notice 
sur l'état des Israélites en France [Paris, 1821 ; in-80]), note (p. 16) qu'a- 
vant la Révolution presque tous les Juifs Avignonais demeuraient dans 
l'enclos de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, à cause des franchises dont 
jouissait ce local et qui leur permettaient de se livrer au commerce de 
soierie et de mercerie sans être molestés par les corps de marchands de 
Paris. 

3. Nous croyons devoir donner la liste des commissaires dont nous 
avons vu ainsi les papiers, pour le^cas où un chercheur souhaiterait reprendre 



AU XVIII'^ SIECLE II 

l'on s'étonnait de les voir si provisoires, il faudrait se rappeler 
le petit nombre des Juifs et leur inexistence légale, qui expli- 
queraient l'absence de mesures générales et expresses à leur 
égard. 

L'ordonnance de 1736 semble généralement observée. C'est 
le commissaire du quartier qui se rend au domicile du défunt, 
constate le décès et remplit les formalités nécessaires auprès 
du Procureur du Roi au Châtelet et du Lieutenant de police, 
et c'est dans les papiers de ce commissaire qu'il faut chercher 
le procès-verbal. Blanchard, du quartier Saint-Martin, appelé 
dans une maison de la rue de la Corroyerie, note que cette 
rue dépend de sa circonscription ' ; et pour un décès survenu 
rue Mazarine ^, les témoins spécifient qu'ils ont d'abord 
« donné avis aux commissaires de leur quartier » ; ce n'est que 



ce travail : les années sont celles pour lesquelles nous avons parcouru les 
minutes : les noms en italique indiquent les commissaires dans les papiers 
desquels nous avons relevé des actes d'inhumation de Juifs, nous ne notons 
le quartier que pour ceux qui ne figurent pas à la note i de la p. 9 ; 
Aubert, 1738; Blanchard, 1717-1747 ; Boin, quartier Montmartre, puis 
S. André des Arts, 1 784-1 789; Chenu, S. Germain des Prés, Luxembourg, 
1760, 1764, 1767, 1780-1789; Coquelin, S. Martin, 1764-1767 ; Dami- 
nois, 1750; Dassonvillez, le Temple, 1786-1788 ; Defacq, 1747-175 5 
(pour le 2e semestre 1754 tous les actes sont de Roiisselot) ; 
Demontcrif, S.Martin, 1715, 1720-1737 ; Dorival, 1757-1759 et 1780; 
Doublon, S. André des Arts, S. Benoît, 1750-1751, 1754-1760, F. Dubois, 
S. André, 1722-1728 : iï.-P. Ditchesne, 1758, 1762-1764, 1769, 1773- 
1781 ; Duruisseau, 1766 ; Fontaine, 1771, I775> 1780, 1785; Formel, 
S. André, 1761-1781 ; Foucault, S. André 1782; Gall3'ot, 1730 ; Graillard 
de Graville, S. André, 1769 -1780; Guyot, 1780- 1781; J. Hubert, 
S. Jacques de la Boucherie, 1720-1727;/. F. Hugues, Montmartre, 
1 777-1 779 ; Joron, ijSj-ijôS ; Langlois, S. Jacques de la Boucherie, 
1715-1721 ; Lebas, S. Paul, 1787; Le Blanc, S. André, 1766; Leblond, 
S. Denis, 1782-1784; Leclair, 1756-1765 ; Lerat, S. Antoine, 1779; 
Levié, S. André, Montmartre, 1740, 1749- 1760 ; Lucotte, S. Opportune, 
1783-1791 ; Maillot, le Temple, 1769-1772 ; Michel, 1780 ; Mutel, Palais- 
Royal, 1752 ; Odent, S. André, 1780-1788; L.-P. Regnard, 1723, 1725 ; 
P. Regnard jeune, 1735-1745 ; Regnaudet, 1743-1746 ; Serreau, S. Martin, 
i']66-i']6'] ; Sivwnneau, S. Jacques de la Boucherie, S. Martin, 1 769-1 791 ; 
Vanglenne, 1784. 

1. Pièce n° II. 

2. Pièce no 13. 



12 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

par ce que ceux-ci ne se sont pas dérangés qu'ils requièrent 
leur confrère de Saint-Martin, 

Il y a lieu cependant de tenir compte de certaines obser- 
vations. Ces papiers de la série Y sont d'ordinaire classés 
chronologiquement pour chaque commissaire, chaque année 
ou semestre formant une liasse spéciale. Mais il arrive que des 
commissaires ont, pour leur commodité personnelle, groupé 
certains de leurs actes en dossiers spéciaux, comprenant des 
documents de plusieurs années, et qui se trouvent aujour- 
d'hui insérés dans une liasse quelconque. C'est ainsi que 
la liasse Y. 14843 comprend un ensemble de procès-verbaux 
d'inhumations d'étrangers de 172 5-1 737 '. C'est ainsi que 
les papiers du commissaire Blanchard pour 1739 ^ contiennent 
un dossier d'inhumations juives et protestantes datant de 1737, 
1738 et 1739; et ceux de 1740^ un dossier semblable pour 
1 740-1 746. Le commissaire Graillard de Graville rédige 
même tous les procès-verbaux de ce genre sur un cahier 
particulier, et c'est dans ce cahier joint aujourd'hui aux papiers 
de 1778-t qu'il faudra chercher un acte du 17 décembre 1779 ^ 
ou du 8 mars 1780 ''. 

Il convient aussi de ne pas oublier que les commissaires, 
changeant parfois de quartier durant leur carrière, emportent 
leurs archives avec eux, — et d'autre part que les empiétements 
ne sont pas rares. Le commissaire Formel, du quartier 
Saint-André des Arts, ira ainsi instrumenter rue de la Ver- 
rerie "', rue Saint-Honoré '\ rue de l'Etoile (quartier Saint- 
Paul ^), rue de Seine '°, ou rue des Fossés Saint-Germain " 



1. Cf. H. Vial, art. cité, àzns Bulletin de la Société' du Pi otestautisme fran- 
çais, LI, p. 259. 

2. Y. 14555. 

3. Y. 14536. 

4. Y. 10796. 

5. Pièce n° 139. 

6. Pièce n" 143. 

7. Pièce n° 43. 

8. Pièce n» 45. 

9. Pièce no 57. 

10. Pièces n"^ 50, 52. 

1 1. Pièce n° 54. 



AU XVIII'= SIECLE 13 

(quartier du Luxembourg), et même rue des Vieilles-Etuves- 
Saint-Martin '. En se reportant aux procès-verbaux que nous 
avons retrouvés pour les années 1775 à 1780, on verra qu'ils 
sont signés de quatre commissaires : Duchesne, du quartier 
Saint-Martin, Hugues, du quartier Montmartre, Formel et 
Graillard de Graville, du quartier Saint-André des Arts, et 
l'on pourra vérifier que Hugues se transporte rue du Paon -, 
quartier Saint-André, tandis que Formel exerce rue Neuve- 
Saint-Eustache ' ou rue de la Platrière +, Graillard de Gra- 
ville à l'hôpital de la Charité, quartier Saint-Germain > et 
Duchesne rue Saint-Honoré ^ ou rue Dauphine ". 

On peut enfin fiicilement supposer que ce régime n'a pas été 
immuable pendant tout le siècle. Quand il est décidé, en 1777, 
que les Protestants regnicoles seront désormais enterrés dans 
la cour du Cimetière des étrangers, c'est le commissaire 
Duchesne qui est chargé de « cette partie de la police » ^ 
Quand par ordonnance du 7 mars 1780, le lieutenant Lenoir 
autorise l'établissement d'un cimetière particulier pour les Juifs 
Portugais, il désigne le même commissaire pour « veiller aux 
inhumations » ^. Duchesne est 1' « ancien » du quartier Saint- 
Martin. En 1788, Simonneau déclare avoir « seul l'inspection du 
cimetière des étrangers et Juifs » '°, Simonneau est le successeur 
de Duchesne ". — D'autre part, en parcourant les pièces publiées 



1. Pièce no 53. 

2. Pièce n" 1 37. 

3. Pièce 11° 93. 

4. Pièces nos 100, 103. 

5. Pièce no 159. 

ô. Pièces no5 103, 120. 

7. Pièce n° 130. 

8. Cil. Rcad, art. cité, dans Bulletin de la Sociéle Je l'histoire du protestan- 
iisfiie, XXXVI, p. 89. 

9. L. Kahn, Ciineticres, p. 168. 

10. Pièce no 174. 

11. « M. le commissaire Simonneau, ci-devant rue Aubry le Boucher, 
demeure actuellement rue Saint-Martin, vis-à-vis celle Grenier Saint-Lazare, 
même maison qu'occupoit M. Duchesne, qu'il a remplacé dans l'inspection 
du cimetière des Protestans » (Journal de Paris, 22 août 1782). — En 
1792 encore, Simonneau réclame contre tout autre le privilège d'enterrer 



14 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

plus loin, on remarquera qu'à certains actes de décès sont 
joints les procès-verbaux de l'inhumation même, actes et 
procès-verbaux étant rédigés par les mêmes commissaires'. 
Puis vers 1746 cet usage ne se constate plus. Très probable- 
ment ces procès-verbaux sont désormais transcrits sur un 
registre spécial, analogue à celui que prévoit l'arrêt du Con- 
seil du 20 juillet 1720 pour les Réformés étrangers, — et 
pareillement disparu \ Ce registre des inhumations protes- 
tantes devait être tenu en double par le concierge du Cime- 



au cimetière des Protestans. Une contestation se produit à ce sujet entre 
lui et le juge de paix de la section Henri IV. Cf. procès-verbal du 25 jan- 
vier 1 792 aux Archiv. de la Préfecture de police, sections de Paris, procès- 
verbaux des commissaires, Bondy. C'est lui en effet qui préside à l'inhu- 
mation de l'amiral Paul Jones. Cf. le rapport de l'ambassadeur H. Porter 
dans Fille de Pans. Commission iminicipale du vieux Paris. Anuée ipoj. Pro- 
cès-verbaux, p. 140. 

1. Voir pièces, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 13, etc. 

2. Ce registre des inhumations protestantes, comprenant en réalité deux 
parties : 1721-1779 et 1779-1792, estun des quatre qui avaient été remis le 
ic janvier 1793 par le concierge du cimetière entre les mains du commissaire 
de la section de Bondy et déposés par celui-ci le 2 à la Maison commune 
(Archives de la Préfecture de police, sections de Paris, procès-verbaux des 
commissaires, Bondy). Il fut plus tard déposé aux Archives de la Seine, 
où Read y a pris quelques notes (op. cit., dans Bulletin de la Société de 
l'histoire du protestantisvie, XXXVI, p. 135). Un autre des cinq registres 
vus par Read était celui de Moreau, propriétaire du chantier où se faisaient 
généralement les inhumations des Réformés régnicoles (ihid, p. 134). Un 
autre enfin avait été remis par Sartine en 1769 au commissaire chargé de 
l'inhumation des Protestants étrangers pour y inscrire les inhumations des 
Protestants français. Ce ne sont donc pas là les registres dont l'ordonnance 
de 1736 prescrivait la tenue par les greffiers du Chàtelet (Cf. ci-dessus p. 4 
n. 3). — Mais il faut noter que l'inventaire publié par E. Welvert (voir 
ibid.) ne mentionne pas de registre relatif aux Juifs : n'avait-il pas été 
déposé ? A-t-il été remis par le commissaire Simonneau qui en était 
chargé ? A-t-il été égaré ? Lors de la remise faite par Simonneau au dépôt 
des Archives judiciaires, en exécution de la loi du 5 germinal an V, il est 
constaté (28 messidor an VI) que ses papiers étaient « dans un grennier non 
fermé à clef, placé à côté des privés et qu'il existe des lacunes considérables ». 
(Liste par ordre alphabétique de 48 ex-commissaires au ci-devant Chàtelet 
de Paris qui ont en exécution de la loi du 5 germinal an 5 déposé leurs 
minutes aux Archives judiciaires et état sommaire desdites minutes. 
Arch. Nat. Y*, registre non coté). 



AU XVIir SIECLE 15 

tière et par les bureaux du Lieutenant de police. Or Salle ' 
spécifie que l'exemplaire qui devait rester aux mains du Magis- 
trat était dans le fait confié au commissaire ancien du quartier 
Saint-Martin, inspecteur du cimetière des Protestants étran- 
gers. Et c'est en effet Simonneau qui délivre un extrait « du 
registre des inhumations faites au cimetière des Juifs alle- 
mands » constatant le décès du graveur Heckscher^ Il semble 
donc de ces observations, de la fréquence des actes rédigés 
après 1780 par Duchesne, puis par Simonneau dans tous les 
quartiers, de l'absence de procès-verbaux rédigés par les autres 
commissaires, qu'on puisse conclure, à partir d'une certaine 
date, à un privilège de l'un des commissaires du quartier 
Saint-Martin, non seulement pour les Juifs Portugais, mais 
pour les Juifs de toutes origines, et cette sorte de préémi- 
nence s'expliquerait soit par une analogie naturelle avec les 
Protestants, soit par la densité de la population Israélite dans 
ce quartier, soit par la proximité du lieu d'inhumation, 
établi, on va le voir, non plus dans la région de la Sorbonne, 
comme au moyen âge ', mais à la Villette. 

1. Traité des fonctions, droits et privilèges des commissaires au Chdtelet, 
II, p. 68. 

2. Pièce n" 174. 

3. On sait que, selon De La Mare (Traité de la police, v éd. [Paris, 1722 ; 
in -fol.], I, 301), il existait au xiii^ siècle deux cimetières juifs rue de la Harpe 
et rue Galande. Voir aussi Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de la 
ville de Paris, I, 20. Un certain nombre d'épitaphes, retrouvées en 1849 
lors de la reconstruction d'une maison de la rue Pierre Sarrazin et aujour- 
d'hui déposées au Musée de Cluny, ont été successivement étudiées par 
Ph. Luzzatto, Notice sur quelques inscriptions hébraïques du XIII^ siècle, dans 
Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. XXII (185^), p. 60 ; A. 
de Lougpérier, Œuvres complètes, éd. G. Schlumberger, t. VI, p. 103 ; et 
M. Schwab, Rapport sur les inscriptions hébraïques de la France (Paris, 1904), 
p. 237. Il existe en outre au département des mss. de la Bibliothèque 
nationale une copie faite par Baluze d'une série de pierres tombales subsis- 
tant encore au xviie siècle et aujourd'hui disparues. Ce document, signalé 
par M. L. Lazard dans sa thèse (non imprimée) de l'Ecole des Chartes, 
Essai sur les Juifs dans le domaine royal au xiii^ siècle (1885), a été exa- 
miné par M. Schvv^ab dans le même Rapport, p. 270. — Le même auteur 
a depuis décrit Une épitaphe juive trouvée à Paris, dans Bulletin de la Société 
de l histoire de Paris, 36e année (1909), p. X13, et Une nouvelle épitaphe 
hébraïque médiévale à Paris, dans Revue des études juives, LXIII, p. 298. 



l6 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 



IL 



A la fin de l'ancien Régime, les Israélites parisiens possé- 
daient deux cimetières, l'un à la Villette et l'autre à 
Montrouge. Un précieux article des Archives israélites ' et un 
chapitre de l'ouvrage de Léon Kahn ^ nous renseignent sur les 
conditions dans lesquelles ces enclos avaient été créés. Le 3 mars 
1780, Jacob Rodrigues Pereire^, agent de la nation juive 
portugaise à Paris, achetait, avec l'assentiment du Lieutenant 
général de police et après visite des lieux par le commissaire 
Duchesne '^, deux petits jardins situés derrière la maison 
des frères Bonnet, grande rue de la Villette, à l'effet d'y 
établir un lieu d'inhumation pour les Juifs Portugais. Cerf 
Berr, S3'ndic des Juifs d'Alsace, acquérait de son côté le 22 avril 



I. II (1841), p. 602-606 : Des cimetières israélisies de Paris [signé : R.]. 
Il utilise en effet des documents consultés aux Archives de la Préfecture de 
police et incendiés depuis. 

2 Cimetières, p. 98 sqq. 

3. Cf. E. La Rochelle, Jacob Rodrigues Pereire, premier instituteur des 
sGurds-miiets en France, sa vie et ses travaux, p. 452. 

4. Y. 15288. Le 16 février, le Lieutenant de police envoyait au commis- 
saire Duchesne un mémoire de Pereire relatif au cimetière et lui demandait 
« d'examiner le local pour savoir si la situation n'exciteroit pas des plaintes 
et des réclamations de la part des domiciliés les plus voisins » et de lui 
donner son avis en lui renvoyant ce mémoire. La visite eut lieu le 25 février 
à 8 heures du matin. Voici un extrait du rapport : « Nous avons observé 
1° que la maison desdits sieurs Bonnet a son entrée par la grande rue dudit 
lieu par une porte charretière d'environ huit pieds de large et qu'elle est 
élevée d'un rez de chaussée, d'un premier étage et de greniers au dessus 
couverts de thuilles, 2° que la cour de laditte maison a cinq toises de lar- 
geur et huit toises ou environ de longueur... 3° qu'au fond de laditte cour 
il y a une grange couverte en paille dans laquelle l'on passe pour aller au 
jardin dépendant de laditte maison ; 4" que ledit jardin... a vingt huit toises 
ou environ de longueur... 5° que le mur de closture du coté du septentrion 
depuis la grange jusqu'au pignon de l'écurie du sieur Matar est bon et élevé 
d'environ trente pieds, que depuis ce pignon il y a une continuation de 
mur d'environ dix toises de longueur et de cinq à six pieds de hauteur jus- 
qu'au mur qui fait coude, le mur en retours jusqu'à celuy qui fait closture 
du coté de l'orient et des champs a huit toises de longueur, ces derniers 



AU XVUr SIECLE I7 

1785 pour les Allemands ' un terrain au Petit Vanves sur la 
route de Châtillon à Montrouge. Ces deux cimetières exis- 
tent encore, 44, rue de Flandre et 94, Grande Rue à Montrouge ; 
on en trouvera les plans et les vues dans l'ouvrage de Léon 
Kahn ^, avec la liste des tombes subsistantes ; et une photo- 
praphie du cimetière de la Villette en son état actuel figure 
dans les Dix promenades dans Paris, de A. Mousset et G. Maze- 
ran'. 

Après 1780, c'est l'un ou l'autre de ces enclos que désignent 
les procès-verbaux de décès, en spécifiant que l'inhumation se 
fera « dans le cimetière des Juifs » ^. C'est d'ailleurs dans cette 
région du Nord-Est parisien que dès le début du xviii= siècle, 
ou peut-être la fin du xv!!"" >', étaient ensevelis les Israélites qui 
pouvaient mourir à Paris. L'inhumation ordonnée par un 



murs sont défectueux et tombés en partie de sorte qu'on peut passer facile- 
ment dans le jardin du sieur Matar qui sert depuis longtemps de cimetière 
commun à tous les Juifs. La grange et le jardin que le S. Pereire est dans 
l'intention d'acquérir paroissent suffisants pour remplir ses vues au moyen 
de ce que les vendeurs s'obligeront par le contrat de vente de donner 
la liberté de la porte charretière de laditte maison et de la cour. Mais il sera 
nécessaire de rétablir et mettre en bon état les murs qui sont actuellement 
défectueux. Lesdits vendeurs et lesdits sieurs Matar et Laurent, proprié- 
taires des maisons voisines, nous ont déclaré qu'ils ne s'opposoient point à 
l'établissement dudit cimetière et même ledit sieur Matar au rétablissement 
des murs défectueux qui séparent son jardin d'avec celui dont s'agit... » 

1. On sait que les Juifs originaires de Lorraine, d'Alsace, d'Allemagne 
(ou Askeiiaiim) se distinguent par leur prononciation de l'hébreu et 
quelques particularités liturgiques des Juifs Espagnols et Portugais 
(Scfarâiiii). 

2. D'après les plans figurés conservés dans les archives du Consistoire 
Israélite. 

3. Paris, 1909, in- 18 ; p. 77 et 78. 

4. Ils précisent même parfois : cimetière des Portugais ou des Allemands. 

5. Lettre de Calmer fils à Pereire, 19 juin 1775 : « Le ministre et toute 
la justice n'ont pas ignoré depuis qiiatre-viiigl-dix atis qu'il (le jardin Cameau) 
est pour cet usage. » Je dois communication d'un extrait de cette lettre 
(qui fait partie des archives de la famille Pereire) à la bonne obligeance de 
M. Alfred Pereire que je suis heureux de remercier ici. L'agitation des 
Juifs signalée en 1724 dans un rapport au Lieutenant de police « à cause 
du changement de leurs sépultures » (L. Kahn, Les Juifs de Paris au 
xviiie siècle, p. 129) peut-elle se rapporter à un déplacement ? 



l8 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

acte de 1720' dans un jardin de Clignancourt paraît être 
exceptionnelle et faite en raison de circonstances particulières. 
Sauf ce cas, tous les permis d'inhumer indiquent comme lieu 
de sépulture « le chantier de la Villette », « le jardin du 
sieur Camot^, aubergiste à la Villette », et à partir de 1765. 
environ, « le cimetière des Juifs ». Quelques documents 
nouveaux permettront de préciser cette brève indication offi- 
cielle. 

Cette auberge de Cameau — qui correspond aujourd'hui 
au 46 de la rue de Flandre — fliisait partie, comme la pro- 
priété Bonnet à laquelle elle était contiguë, de ces maisons 
placées en bordure sur la droite de la grande route de Paris 
au Bourget^ et qui, avec les constructions de Sainte-Périne 
situées sur la gauche, formaient au xviii'= siècle l'entrée de la 
Villette-Saint-Lazare 4. On les aperçoit nettement sur le plan 
de Roussel (1730), groupées au Sud d'une voie qui allait de la 
Chapelle à Belleville sous les noms de rue des Tournelles 
et rue Notre-Dame '. Cette maison appartenait à la fin du 
xvii= siècle aux époux Boucaut, — qui l'avaient eux-mêmes 
achetée des époux Vilon par acte du 17 mars 1630, — quand 
par une série de contrats signés successivement les 30 sep- 
tembre 1691, 10 octobre 1693, ^7 ^^^^^ ^^99> 24 février 1702 
et 25 août 1707, elle avait passé aux mains de Germain 
Camot et Catherine Durand, sa femme. Un plan cavalier 
manuscrit, conservé aux Archives Nationales ^, permet d'aper- 
cevoir l'aspect général de cette propriété et celle des maisons 
attenantes en 1722. Il suffirait pour se rendre compte de ce 
qu'était l'auberge Cameau à cette date. Mais il se trouve que 

1. Pièce n" 2. 

2. Les fonctionnaires chargés de ce service semblent n'avoir pas tou- 
jours été très sûrs eux-mêmes du lieu des inhumations. Voir dans la 
pièce 48 les conclusions du Procureur du Roi, où le nom de Camot est 
laissé en blanc. 

3. Route nationale n" 2, qui dans cette partie prend le nom de rue de 
Flandre. 

4. F. Bouruon, La Chapelle-Saiiit-Dcnis et La Villette (Paris, 1896; 
in-80). p. lO-Il. 

5. Aujourd'hui rue Riquct et rue de Crimée. 

6. S. 6643, plan côté 4, et Saint-Lazare, 54. 



p. Hildenfinger. Les Juifs à Paris, p. iç. 



Soc. de l'Hist. de Paris. 



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Maison Cameau, faubourg Saint-Martix (1725) 



AU XVIII'^ SIECLE 19 

nous en avons vers la même époque une description complète 
et officielle, faite à l'occasion du « procez verbal et recensement 
de toutes les maisons à porte cochère estant hors de l'enceinte 
de la ville... et dans les faubourgs d'icelle », établi en vertu de 
la déclaration royale du 18 juillet 1724'. Parmi les immeubles 
ainsi toisés par les soins de Jean et Jean-Baptiste-Augustin 
Beausire, commis à ces opérations ^, figure en effet la maison 
Cameau. 11 a paru intéressant de reproduire le plan dressé en 
cette circonstance, et, pour plus de précision, de donner le rap- 
port des commissaires', à la date du 15 décembre 1725 : 

N" 656 à droite. — Nous sommes entrés dans une maison à droite dans 
lad. rue du fauxbourg S. Martin apartenante au S. Cameau, marchand de 
vin, occupée par luy, la porte de laquelle est numérottée 65e, dont le 
point milieu est à huit toises quatre pieds six pouces de distance au delà du 
point milieu de la précédente porte numérottée 64e. 

Lad. maison tenante d'un côté à droite à la Ve Bonnet, de l'autre aux 
héritiers Charpentier, aboutissante aux mêmes et par le devant ayant face 
sur lad. rue du fauxbourg S. Martin. 

A nous représenté par lesd. Beausire père et fils le plan particulier de 
lad. maison qu'ils en ont conjointement levé avec leurs aydes, nous avons 
reconnu que led. terrain et emplacement général de lad. maison contenoit 
en superficie six cent quatre vingt six toises et demie six pieds, partie duquel 
terrain est apliquée à diff'érens édifices consistans : 

en une écurie cottée A sur led. plan ayant vint toises un quart un pied 
en superficie et onze pieds de haut ; 

un poulailler cotté B, id., ayant une toise trois quarts trois pieds en 
superficie et quatre pieds six pouces de haut ; 

une autre écurie cottée C, id., ayant vint quatre toises en superficie et sept 
pieds six pouces de haut ; 

une autre écurie cottée D, id., ayant quatorze toises trois quarts quatre 
pieds en superficie et onze pieds de haut ; 

une autre écurie cottée E, id., aiant dix huit toises huit pieds en super- 
ficie et dix pieds de haut ; 



1. Peuchet, CoUection des lois, ordotuiaiices et règlements de police, 2^ série, 

m, p. 258. 

2. Par le Parlement le 23 août 1724. 

3. Le résultat de ce travail est consei-\-é en 13 vol. gr. in-folio et 4 pet. 
in-fol. au Département des Estampes de la Bibliothèque Nationale (Ve. 46- 
46 p.) ; il en existe un autre exemplaire aux Archives Nationales Zif. 
948-953. Le procès-verbal reproduit ici se trouve dans les vol. Ve. 46. e 
i" 24 et Z' f. 949, fo 26 vo. 



20 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

une autre écurie cottée F, id., aïant quinze toises et demie cinq pieds en 
superficie et sept pieds six pouces de haut ; 

un escalier cotté G, id., ayant deux toises et demie deux pieds en super- 
ficie et douze pieds trois pouces de haut ; 

un corps de logis cotté H, id., ayant dix toises et demie cinq pieds en 
superficie et dix sept pieds de haut ; 

un autre corps de logis cotté I, id., a^-ant dix sept toises et demie en 
superficie et vint pieds six pouces de haut ; 

• un autre corps de logis cotté L, id., aïant vint une toises et demie trois 
pieds en superficie et quatorze pieds neuf pouces de haut ; 

lesd. hauteurs prises depuis le rez de chaussée jusques sous l'égoùt des 
couvertures. 

Tous lesd. hatimens contenant ensemble en superficie cent quarante sept 
toises quatre pieds dont déduction faite sur le total dud. terrain et empla- 
cement général montant à la susd. quantité de six cent quatre vingt six 
toises et demie six pieds ou environ, reste cinq cent trente neuf toises et 
demie deux pieds en superficie de cour et jardin ■ ». 

On apercevra sans peine sous la précision de ces détails, la 
petite auberge de faubourg ; on devinera les constructions 
basses, le porche encombré, la cour sale par où les pauvres 
Juifs, entre des écuries, des hangars et des poulaillers, gagnaient 
l'humble lieu de leur dernier repos. 

Par une complication singulière, la propriété laissée en 
héritage par les époux Cameau à leur fils devait, quelques 
années plus tard, être rachetée par leur bru. En effet, Jean- 
Baptiste Cameau, inspecteur des chasses du Roi en la capitai- 
nerie de la Varenne des Tuileries, en faisait le 8 mai 1756 
donation à André Héguin, aubergiste à Vauderlan, et à sa 
femme, née Marie-Madeleine Vaillant, et ceux-ci, par acte du 
16 juin 1759 passé devant M'' Maquer -, notaire cà Paris, reven- 
daient à Marie-Catherine Pigeon, veuve dud. Jean-Baptiste 
Cameau, moyennant le prix de 6000 1., la maison avec 
« d'un costé par bas, une cuisine, une salle et un petit cabinet, 
et deux chambres et deux greniers au-dessus, de l'autre costé 



1. Une description analogue se trouve dans le même registre au 1° 23 \-° 
pour la propriété occupée par la V^ Bonnet et dont une partie servira en 
1780 de cimetière. 

2. Cet acte est aujourd'liui déposé chez M<= Dccloux à qui nous en devons 
la communication. C'est de ce contrat que sont tirés les renseignements 
relatifs à l'origine de propriété donnés ci-dessus. 



AU XVIII'^ SIHCLE 21 

une cave, scellier, au-dessus petite salle, à costé une petite 
chambre et grenier au-dessus, huit écuries avec greniers au- 
dessus et une chambre aussi sur l'une desd. écuries avec gre- 
nier, le tout couvert de thuilles, cour, puits en icelle, avec 
un jardin derrière clos de murs... » La vente était faite à 
charge de deux rentes payables à des tiers et aussi des cens 
qui pouvaient être dus pour la maison et le jardin soit aux 
prêtres de Saint-Lazare soit au Chapitre Notre-Dame, sans 
que les parties pussent dire quels étaient exactement ces 
redevances, droits et devoirs. 

C'est qu'en effet la propriété Cameau se trouvait située dans la 
zone du Cens-Commun, ensemble de biens ayant primitive- 
ment appartenu en commun au Chapitre de la Cathédrale et 
aux religieux de Saint-Lazare, et dont, malgré l'accord de 
1482, la circonscription restait contestée et la répartition des 
droits litigieuse encore au milieu du xviii'' siècle '. L'arrêt du 
Conseil du 10 juin 1768^, homologuant une transaction des 
parties, plaçait nettement dans le domaine du Chapitre 
l'immeuble numéroté 65 de la grande rue du faubourg de la 
Villette : aussi, par sentence du 16 décembre 1769, le bailli 
laïc du bailliage de la barre du Chapitre condamnait-il la 
veuve Cameau à justifier de ses titres de propriété pour l'éta- 
blissement du terrier du Cens-Commun ' et à payer 29 années 
d'arriéré de cens -*. 



1. J. Meuret, Le Chapitre Notre-Dame en I/90, ne mentionne pas ce 
procès, dont certaines pièces se trouvent aux Archives Nationales, S. 220 A. 

2. Arch. Nat., S. 220 A. Cet arrêt fixe aux deux seigneuries les limites 
marquées par un plan qui se trouve également aux Arch. Nat., N. III. 
277 (Seine). — Il est curieux de noter que le cens, sous lequel a été aliéné 
à la ville de Paris le terrain du cimetière des Protestants étrangers, est 
attribué au Chapitre, la maison de Saint-Lazare gardant la rente de 50 1. 
à elle constituée pour la valeur dud. terrain. — Le i^r mai 171 1, la veuve 
Germain Camo avait été ensaisinée par le Chapitre Notre-Dame pour une 
partie du jardin sis derrière sa maison (Arch. Nat., S. 222). 

3. Le Chapitre avait obtenu le 26 mars 1768 des « lettres de terrier » 
(Paris, impr. deC. Hérissant, in-fol. piano [Arch. Nat., S. 216]) et chargé 
le notaire Antoine Rouveau, de Belleville, de la rédaction de ce terrier 
(contrat du 13 septembre 1756, aux Arch. Nat., S. 217). 

4. Arch. Nat., S. 217. 



22 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Mais elle n'avait encore rien acquitté ' quand elle mourut le 
30 novembre 1773. Elle était même loin d'avoir acquitté le prix 
d'achat de sa maison. Sur un total de 6.000 1., 1000 avaient 
été versées comptant, le reste devant être réglé en 5 annuités avec 
intérêts à 5 °/'o : au bout de quatorze ans et demi elle restait devoir 
5 .000 1. et les intérêts. La propriété revint donc aux vendeurs, qui 
se hâtèrent de faire apposer les scellés ^, et le 8 janvier 1776 ils 
la revendaient par acte sous seing privé à François-Alexandre 
Matard et à Marie-Marguerite Duval, sa femme. C'est dans 
la famille de ces derniers qu'elle allait désormais rester jus- 
qu'au 23 novembre 1833, date à laquelle elle passait entre les 
mains du comte Auguste-Jean-Benoît de Ribes, auteur des 
propriétaires actuels 5. 

Au moment de son décès, la veuve Caraeau habitait la 
maison, mais elle en avait loué une partie à destination 
d'auberge à un nommé Marie, et celui-ci au cours de la procé- 
dure des scellés apposés par le commissaire Bourgeois, déclarait 
avoir par devers lui une somme de 48 1. « reçeues pour 
l'enterrement d'un Juif-* ». Matard devait utiliser de la même 
manière le terrain placé derrière sa maison pour en tirer les 
mêmes bénéfices, et de graves difficultés devaient surgir entre 
les Juifs et lui. 



1. La propriété figure en eflfet dans un « État de la situation du terrier 
du fief du Cens-Commun pour les art. à reconnoistre «, c'est-à-dire des 
propriétés qui ne sont pas enregistrées aud. terrier, avec ces deux notes : 
« Appartenoit à la Ve Cameau, il y a sentence ; mais cette maison est 
nouvellement vendue : sçavoir à qui ». « C'est la maison de l'Etoille ». Ces 
notes renvoient au n° 27 de la carte 15 correspondante. 

2. Minutes du commissaire François Bourgeois, ler décembre 1775, 
Y. 11961. 

3. Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. le comte de 
Ribes. François- Alexandre Matar était mort à 40 ans, le 5 janvier 1783 
(Archives de la Seine, Reconstitution de l'Etat-Civil : copie annexée à un 
acte de notoriété reçu le le"" mars 1836 par Me Ferrière, notaire). La vente 
de 1855 fut faite par sa fille, Marie-Josephe-Emilie, veuve de Louis-Joseph- 
Simon Bevicrre. Les époux Bevierre n'avaient eu quittance définitive de 
Heguin fils que le 27 octobre 1822. Notons que ce sont ces mêmes époux 
Bevierre qui en 181 3 rachetèrent une partie du terrain du 44 acquis par 
Pereire (L. Kahn, Cimetières, p. 109, n. 3). 

4. Y. 11961, fo 10 v°. 



AU XVIir SIECLE 23 

« Vers 1775, selon L. Kahn ', on apprit que Matard 
faisait écorcher des chevaux et des bœufs sur le terrain destiné 
aux inhumations. » Par un mémoire — rédigé en 1778, si nous 
comprenons bien l'article déjà signalé des Archives israéliies^ 
— l'aubergiste demandait une indemnité de 4.000 francs pour 
ne disposer de souterrain « que dans six ans à partir de la contes- 
tation survenue entre lui et les Juifs, qui cessèrent d'enterrer 
chez lui 5. » 

C'est pour parer à ces difficultés que Pereire acquit le 
terrain voisin. Cet enclos était en principe réservé aux seuls 
Portugais, et les permis d'inhumer de 1780 distinguent bien 
un cimetière portugais et un cimetière allemand. En réalité il 
fut également utilisé un certain temps par les Allemands. Le 
24 mai 1781, Silveyra, syndic delà communautéde Rayonne, 
protestait contre cet usage ^. Les Allemands essayèrent à nou- 
veau de s'entendre avec Matard, qui répondit en menaçant 
d'exhumer les corps ensevelis dans son jardin, et il fallut 
l'intervention du lieutenant de police pour l'empêcher de 
donner suite à cette menace. C'est vers la même époque qu'une 
autre personnalité du temps, Liefmann Calmer, tentait 
de faire adopter comme cimetière aux Askenazim le terrain 
qu'il avait acheté également à la Villette au nom de sa 
femme K Mais de ce côté non plus les pourparlers n'abou- 

1. Cimetières, p. 98. 

2. II, p. 604. 

3. Ils y enterraient encore en février 1780 selon une lettre de Pereire à 
Lenoir (Kahn, Civietières, p. 106) et ces difficultés n'empêchaient pas la 
famille d'Israël Valabrègue de faire poser une tombe sur sa fosse vers la 
même époque (Pièce no 138). 

4. Archives israêlites, II (1841), p. 604. — De même vers la fin de 
1809, après la fermeture du cimetière de Montrouge et avant la mise en 
service de la partie du cimetière du Mont-Louis attribuée à la Commu- 
nauté de Paris par l'arrêté préfectoral du 15 juin 1809, un certain nombre 
de Juifs allemands furent inhumés au cimetière de la Villette. L'adminis- 
tration de la synagogue portugaise de la rue Saint-André des Arts essaya 
même de s'opposer à ces inhumations. Voy. aux archives du Consistoire 
israélite une lettre du 14 janvier 18 10 au préfet de la Seine. Cf. L. Kahn, 
Cimetières, p. 120. 

5. Cl. I. Locb, Un baron juif français au XVIII^ siècle, Liefmann Calmer, 
dans Annuaire des Archives israêlites pour l'an du monde 5646 (i885-i{ 



24 DOCUMEXTS SUR LES JUIFS A PARIS 

tirent pas et les difficultés n'avaient pas cessé en septembre 
1784 '. Les Portugais durent donc continuer à donner l'hospi- 
talité aux Allemands. Au moins voyons-nous en juin et juil- 
let 1781 porter au cimetière de Percire les enfants d'un Alsa- 
cien, d'un Polonais, d'un Wurtembergeois -, et l'on peut 
supposer qu'il en fut ainsi, malgré l'observation de Silveyra, 
jusqu'au moment où fut prêt le terrain de Montrouge. 



m. 



Si les procès-verbaux publiés ici ne contiennent que des 
indications assez brèves sur le lieu de la sépulture, ils fournissent 
des renseignements plus nombreux sur les formalités qui accom- 
pagnent l'inhumation. D'une manière générale le texte de ces 



p. 25 et L. Kahn. Ciineiicres, p. 100. — Ce terrain était-il contigu à la 
maison qu'il possédait Chaussée de la Villette et dont le gérant porte 
plainte le 15 juillet 1779 devant le prévôt du Cens-Commun contre un 
locataire ? (Arch. Nat., Z^. 4658, pièce isolée). — Il n'est peut-être pas 
sans intérêt de noter que sa bru, Marie-Dorothée Metzger, femme de 
Isaac- Antoine-Louis Calmer, avait aussi acheté le 6 juillet 1779 une mai- 
son avec jardin Chaussée de la Villette, qu'elle revendit le 29 mai 1789 
(Archives de la Seine, Lettres de ratifications, 9826* et 40560 "). Voir 
aussi pour cette maison Arch. Nat., Z^. 46)^-4660 (14, 21 et 31 octobre 
1782). — Au décès de Dorothée Metzger, la veuve Pussin, veuve en pre- 
mières noces du vendeur de l'immeuble, requiert, pour la conservation des 
droits qu'elle peut encore avoir, l'apposition des scellés au domicile de la 
défunte, 24, rue de Bondy au 2^ étage. Le mari fait opposition et demande 
un référé devant le Lieutenant civil, offrant de placer comme gardien 
Frédéric Metzger, négociant, demeurant dans la même maison. Le Lieute- 
nant civil (10 septembre 1789) renvoie les parties à l'audience et ordonne 
que le gardien sera tenu de se retirer (Y. 15685). 

1. A cette date en effet la dame Calmer adresse au ministre des Affaires 
Étrangères un mémoire où elle se plaint qu'ayant acheté un terrain du 
consentement de Goldschmidt et autres Juifs Allemands, ceux-ci refusent 
de contribuer à cette dépense. Le mémoire fut simplement transmis à 
Lenoir et celui-ci dans son accusé de réception du 16 septembre (Archives 
du ministère des affaires étrangères, dossier Calmer) constate que cette 
affaire intéresse la justice ordinaire et qu'il y renverra !a pétitionnaire. — 
Cf. Archives Israélites, II (1841), p. 605. 

2. Pièces nos 158, 161^ 162. 



AU XYIII*^ SIÈCLE 25 

pièces répond aux prescriptions des arrêtés de police qui ont 
été signalés. Il comprend essentiellement : 

1° La déclaration du décès faite, soit en l'hôtel du com- 
missaire, soit à domicile, par les témoins, voisins ou amis, 
Chrétiens ou Juits, avec leurs noms et prénoms, leur lieu 
d'origine et leur domicile à Paris, parfois leur profession et 
leur degré de parenté avec le mort : cette partie de l'acte est 
signée ' par les déclarants, d'ordinaire en français, quelquefois 
en hébreu, et assez souvent d'une double signature française 
et hébraïque -. 

2° Le constat du décès et la reconnaissance du cadavre ', 
contenant les noms, prénoms, âge, domicile du défunt, attes- 
tation de sa religion, et le plus souvent son lieu d'origine, 
avec cette réserve que ces mentions n'ont pas et ne peuvent 
pas avoir la rigueur des documents de notre état civil et qu'il 
faut tenir compte d'une double déformation des noms géogra- 
phiques du fait de l'accent du témoin et du fait de l'ignorance 
du commissaire ou de son secrétaire : cette partie est signée 
des témoins et du commissaire. 

3° A partir de i737, les conclusions du Procureur général 
du Roi au Châtelet-^, à qui le procès-verbal était soumis et 
qui spécifie le nom du défunt et le lieu de la sépulture. 

4° L'ordonnance du Lieutenant général de police qui auto- 
rise l'inhumation >'. 

1 . Quelquefois les témoins refusent de signer par respect de la coutume 
religieuse qui interdit d'écrire le samedi. 

2. Pour plus de simplicité, ces signatures hébraïques n'ont pas été repro- 
duites: les noms des témoins figurent dans cette publication avec la graphie 
que leur attribue le commissaire ou son représentant. Il y a lieu cependant 
de rappeler que ces signatures peuvent comporter certains éléments que 
n'indique pas le nom interprété en français, par exemple le nom du père ou 
le lieu d'origine du signataire. 

3. Le cadavre est généralement étendu à terre conformément à la cou- 
tume Israélite. 

4. Cette charge a été occupée au wiiK siècle par Moreau père, Claude- 
Bernard-François Moreau fils (5 avril 1740) et De Flandre de Brunvilie 
(5 mai 1780). 

5. Voir la liste des lieutenants de police de 1720 à 1789 dans F. Funck- 
Brentano, Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal, t. IX, 
p. 2. — Sur leur rôle et leurs attributions, cf. la préface de A. de Boislisle 



26 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Il peut arriver que ces conclusions et ordonnance, préparées 
soit par les bureaux, soit parle secrétaire du commissaire, ne 
portent pas la signature des magistrats ' . Ces formules font d'ail- 
leurs complètement défaut aux trois derniers procès-verbaux 
publiés ^ : le commissaire ordonne directement l'inhumation ^ ; 
c'est peut-être l'introduction d'une pratique régularisée par l'édit 
de novembre 1787 '^, qui ne mentionne plus ce double visa. 

Quelques-uns de ces actes comportent en outre certaines 
indications complémentaires, telles que la déclaration du refus 
d'inhumer opposé par le curé ^, la profession du défunt et la 
cause de sa mort. Fréquemment on notera un constat d'indi- 
gence fait soit par attestation des témoins, soit par certificat 
du syndic de la communauté. La proportion des pauvres est 
considérable : aussi très souvent le procès-verbal est-il rédigé 
gratuitement. 35 actes sur 160 portent en marge : « Charité », 
ou « Nihil », ou « Gratis » ; 97 ne portent pas mention d'ho- 
noraires touchés, sur lesquels 57 sont accompagnés de déclara- 
tions ou de certificats d'indigence et 4 concernent des malades 
morts à l'hôpital ^ ou des prisonniers '. De là vient sans doute 

à son édition des Lettres de Marville (Paris, Société de l'Histoire de Paris, 
1896), t. I. — Les lieutenants n'avaient d'autre résidence que leur hôtel 
particulier ; ce n'est qu'en 1780 qu'un hôtel spécial fût attribué à la Police 
(Jhid., p. xviii). 

1. Voir les pièces n" 123, 124, 139, etc. 

2. Pièces n°s 165, 166 et 170. 

3. L'intervention du Lieutenant de police est cependant nécessaire 
pour l'enterrement de Jacques Cardoso, 18 avril 1785 (pièce no 170), 
peut-être parce que le défunt était « détenu d'ordre du Roy ». 

4. Isambert, XXVIII, p. 479-480. Cet édit ne vise du reste que les Pro- 
testants. 

5. Voir par ex. pièces nos <^^ 6, 7. — Cf. l'acte de décès de Catherine 
Bourgeois, femme de Pierre Liana, Protestante (7 octcbre 1733), où il est 
dit que les témoins « s'estant retirez par devant le Sr. curé de la paroisse 
de Saint Benoît pour avoir la sépulture ecclésiastique, elle leur a été par 
luy refusée.... » ; le certificat du refus est annexé au procès-verbal 
(Y. 10845). 

6. Voir de même pour des Protestants décédés à l'Hôtel-Dieu ou à la 
Charité, C. Read, op. cit. dans Bulletin de la Société du Protestantisme fran- 
çais, XXXVI, p. 375, et C. Kobler, Les Actes religieux des Protestants à 
Paris pendant le XVII^ et h XVIIh siècles, p. 21. 

7. Pièces nos 16 et 19. Ce sont les deux seuls exemples de ce cas que 



AU XVIII^ SIECLE 27 

que ces actes manquent aux répertoires des commissaires, ces 
registres étant établis surtout en vue du contrôle de la Bourse 
commune ', caisse centrale à laquelle le commissaire doit 
verser pour certaines catégories d'opérations une part de ses 
honoraires-. Cependant, en marge de 29 au moins de ces 
procès-verbaux on trouvera indiqué que le commissaire a ainsi 
« rapporté » 3 1. à la Bourse commune 5. 

Ce ne sont d'ailleurs pas là les seuls frais — même en 
dehors du prix du terrain ^ — qui incombent aux familles. 
Peut-être pourrait-on tirer une indication complémentaire de 
la taxe des frais d'inhumation des Protestants fixée en 1746 
par Maurepas à 120 1. au total >', et dont les articles semblent 

nous ayons trouvés. Du moins n'y a-t-il pas de Juifs dans le dossier des 
décès constatés en prison de 1776 à 1791 (Y. 10551). 

1. Sur l'organisation de la Bourse commune, voir le règlement de 1688, 
dans C. Desmaze, Le ChdteJet de Paris (Paris, 1870, 2e éd.), p. 186 sqq., 
et les arrêts du 18 août 1740 [Bibl.Nat., F. 25673 (76)] et du 21 mars 1745 
(Salle, Traité des fonctions des commissaires, II, 556), ainsi que les mémoires 
et notes conservés dans les papiers de Delamare (Bibl. Nat., Dép. des mss. 
Fr. 21582). Voir aussi le curieux procès intenté par quelques commissaires 
à l'occasion de la gestion de leur confrère Joron, receveur de la Bourse 
pour 1787 (Y. 16092 bis). 

2. Sur les droits perçus parles commissaires, cf. la préface de A. de Bois- 
lisle aux Lettres de M. de Marville (Paris, Société de l'Histoire de Paris, 
1896), I, p. XV. 

3 . Le plus grand nombre de ces rapports ont été faits par le commissaire 
Formel en une fois au mois d'avril 1781, même pour les actes remontant à 
1766 et 1767. 

4. Selon L. Kahn, Cimetières, p. 98, il était payé de ce chef, avant 1780, 
50 fr. pour le corps d'une grande personne, et 20 ou 30 pour celui d'un 
enfant. On a vu plus haut un versement de 48 1. en 1773 (Y. 11961, fo 10 
vo), et on trouvera plus loin un autre de 1 5 francs pour le corps d'un 
enfant en 1781 (pièce no 162). — Tous ceux qui contribuèrent à l'achat du 
cimetière établi en 1780 par Pereire (voir ci-dessus p. 16) acquirent ainsi 
le droit de sépulture gratuit ; pour les autres, selon le projet de Pereire, 
les riches devaient payer 100 écus et les pauvres devaient être enterrés 
gratuitement (cf. L. Kahn, Cimetières, p. 100, 102 et 107). 

5. Kous donnons ici ce tarif d'après une copie transmise par Lenoir au 
procureur Joly de Fleury en juillet 1781 (Bibl. Nat., Dép. des mss. Joly de 
Fleury, 525, fo 182) : 

LiJiumations des Protestans à Paris 

Les frais de ces inhumations pour les personnes qui sont en état de paier 



28 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

pour la plupart pouvoir s'appliquer aux inhumations juives. 
Certains des documents publiés plus loin fourniront du 
reste quelques chiffres précis : les frais d'inhumation de Mon- 
tant ' s'élevèrent à 207 1. ; ceux de Moyse Dalpuget - à 600 1. 
Le total des frais faits à l'occasion de la mort de Jacob Lévy, 
y compris l'apposition et la levée des scellés, se monte à 
1018 1. 17 s., et le mémoire du commissaire Maillot com- 
mence ainsi 5 : 

« Premièrement pour l'apposition dud. scellé, cv 30 1. 

Plus pour le procès verbal, transports chez M"", le Procureur du 
Roy et chez M. le Lieutenant général de police pour avoir leur 
conclusion et ordonnance afin de faire enterrer led. S. Lévy dans 
le cimetière des Juifs à la Villette, et deux expéditions dud. procès- 
verbal, cv. . . * 50 » 

Plus pavé au secrétaire de M^. le Procureur du Rov pour ses 



ont été réglés en 1746 par M"" de Maurepas à 120 1. 

Mais les trois quarts au moins se font gratuitement. 

Il est paie pour le procès verbal qui constate le décès ... 12 1. 

Pour deux référés chez les magistrats, l'un pour les conclu- 
sions, et l'autre pour obtenir l'ordonnance qui permet l'inhuma- 
tion, 6 1. chacun 12 1. 

Pour les conclusions 20 1. 

Pour le second transport avec le commissaire fait la nuit à la 
maison mortuaire et au cimetière et pour l'acte d'inhumation sur 
les deux registres 24 1. 

Pour le cercueil, une calèche dans laquelle est le cadavre, un 
carosse qui suit, le chantre de la chapelle, le concierge, le clerc 
du commissaire, le fossoyeur et ses aydes qui se transportent à la 

maison mortuaire et au cimetière 52 1. 

120 1. 

Cette copie accompagne une lettre de Lenoir à Jo!y de Fleury (25 juil- 
let 1781) où le Lieutenant de police proteste contre les démarches de 
M. Baer, aumônier du roi de Suède et desservant de la chapelle de l'am- 
bassade, pour faire appliquer à Paris l'arrêt du 29 mai 1781 (cf. p. 29, 
et n. i) et montre que la plus forte partie de ces frais est « employée à des 
objets étrangers aux vaccationsdu commissaire... » — Cf. un arrêt du Parle- 
ment de Rouen du 14 juillet 1769 (Rouen, imp. de Duminil, 1769; in-4°) 
confirmant un arrêt du 2 mai 1765 qui avait taxé les trais des constats 
de décès des Protestants (Bibl. Nat., Joly de Fleury, 525, dossier 6766). 

1. Pièce no 74. 

2. Pièce n° 171. 

3. Y 14466, annexe au scellé de Lévy (pièce 60). 



AU XVIII^ SIECLE 29 

honoraires à cause de ses conclusions pour l'enterrement dud. 

S. Lévy àlaVillette 20 1. 



Et en effet on trouve en marge de certains procès-verbaux le 
reçu délivré parle secrétaire du Procureur du Roi '. 

Un arrêt du Parlement en date du 29 mai 1781, relatif aux 
personnes à qui la sépulture ecclésiastique était refusée, déci- 
dait qu'à la requête des parents un commissaire de police ou un 
huissier assisterait.! l'inhumation et fixait même les honoraires 
de cet ofïïcier à 6 1., y compris le coût du procès-verbal - ; l'édit 
de novembre 1787 ' rendait la présence du commissaire 
obligatoire, et c'est ainsi que quelques-uns des documents que 
nous publions sont — • comme il a été dit — complétés par 
des procès-verbaux spéciaux-^ mentionnant la mise en bière au 
domicile du défunt ^, le transport du corps ^, l'heure, le lieu 
et les témoins de la sépulture. 

Les conclusions du Procureur et l'ordonnance du Lieutenant 
de police précisent d'ailleurs les conditions de l'inhumation. 
L'enterrement doit être fiiit — suivant la formule commune 
aux Protestants et aux Juifs — « sans bruit, scandale ni appa- 
reil » ; ce qui frappe le plus, c'est qu'il est fait de nuit. Et si on 
ne connaissait par ailleurs l'indifférence des hommes du 
xviii^ siècle pour ce que nous appelons le pittoresque, on 
s'étonnerait de ce qu'aucun artiste, aucun voyageur, semble- 



1. Cf. piiccs n°' 43,44, 45, 48, 52, 68. — L'ordonnance du Lieutenant 
était rendue gratuitement, et Joly de Fleury fit prendre au Parlement un 
arrêt (29 mai 1781) enjoignant à tous officiers de police de rendre ces 
ordonnances gratuitement. (Cf. Bibl. Nat. Dép. des mss. Joly de Fleury, 
525, fo 189, et Isambert, Recueil ginicral des anciennes lois, XXVII, p. 52. 
Mais il ne semble pas que cet arrêt ait été appliqué à Paris : voy. ci-dessus 
p. 28, n.). 

2. Voir la note précédente. 

3. Isambert, XXVIII, p. 40. 

4. Cf. pièces nos 5, 6, 7, 8. etc. 

5. Voir ci-dessus p. 25, n. 3. 

6. Ce transport se faisait en voiture. Voir les pièces nos 2 et 11 (« le 
cadavre... que nous avons fait conduire... ») Parmi les frais d'établissement 
du cimetière de 1780, Pereire prévoit « un corbillard ou voiture à trans- 
porter les morts » (L. Kahn, Cimetières, p. 107). Cf. ci-dessus p. 28, n. 



30 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

t-il, n'ait songé à peindre ou à décrire un spectacle aussi 
curieux — et aussi émouvant ^ 

Ces restrictions durent au reste s'atténuer vers la fin du règne 
de Louis XVI. Très souvent les rédacteurs des actes mor- 
tuaires emploient une formule atténuée et disent simplement 
que l'inhumation se fera « à la manière accoutumée ». L'en- 



I . Ainsi Mildmay qui décrit si minutieusement l'organisation de la police 
à Paris (The Police of France, or an account of the latus and régulations esta- 
hlished in that Mngdom for the préservation oj peace and preventing of rohheries, 
to ii'hich is added a particiilar description of the police and governnient of the 
city of Paris. London, printed by E. Owen and T. Harrisson, 1763 ; 
in-40, 138 p. [Bibl. Nat., 4° F. 939(1)]) et fournit des renseignements 
détaillés sur le pavage et l'éclairage des rues, semble se désintéresser de la 
situation non seulement des Juifs, mais de ses compatriotes. — Ni Wal- 
pole (Lettres de Horace Walpole écrites à ses amis pendant ses voyages en 
France, l'jj^-iy/^, traduites et prcccdces d'une introduction par le C*e de 
Bâillon. Paris, 1875 ; 2' éd.), ni T. SmoUett (Travels through France and 
Italy. London, 1766, 2e éd. [Bibl. Nat., 8° 1^9. 58]), ni Heinrich Storch 
(Ski~:^en, S:;;^enen and Bcmerkungen auf einer Reise durch Frankreich. Heidel- 
berg, 1787 ; [Bibl. Carnavalet, 12448]) ne semblent s'être préoccupés de 
cette question. H. Sander, qui fournit cependant quelques détails sur les 
Juifs (Beschreibuvg seiner Reisen durch Frankreich, die Xiederlande, Holland, 
Deutschland und Italien. Leipzig, 1783 ; in-80, 1, p. 212), fait visite a l'au- 
mônier de l'ambassade de Suède et va même l'entendre prêcher (ibid., 
pp. 44 et 65 ; Nemeitz, qui de son côté renseigne ses lecteurs sur les trois 
assemblées des Protestants étrangers {Séjour de Paris, c'est-à-dire Instruc- 
tions fidèles pour les voiageurs de condition. Leide, 1727 ; in-80) ne font pas 
mention des formalités ou cérémonies funéraires. Ph. Thicknesse, dans ses 
Usefull Hints to those u'ho viake the tour of France (Xondon, 1768; Bibl. 
Nat., 8° L29. 3), mentionne seulement l'inhumation de Protestants enterrés 
sans cercueil dans la forêt de Saint-Germain (p. 145), et dans ses Obser- 
vations on the custonts and manners of the French nation (Dublin, 1767 ; 
bibliothèque de M. P. Lacombe), se contente de noter (Lettre XVII, 
p. 88, 10 septembre 1766): « It is much to be wondered at, that so 
politic a nation should not remove every objection and give every encou- 
ragement to strangers to settle among them. I suppose their refusing 
Christian burial to ail such who do not die in the faith of the Church 
of Rome, has deterr'd and does continually deterr thousands from 
living for fear of dying hère... The Germans hâve a particular spot of 
Ground at Paris for burying their dead under ; and so might the English, 
if any English ambassador should ever think it worth while to make 
such a request ; and it is, in some measure necessary, to prevent 
the e.xpence of sending the dead bodies... over to England for inter- 



AU XVIII'' SIECLE 31 

terrement de Jacob Rodrigues Pereire a eu lieu à 4 heures 1/2 
un après-midi de septembre % — peut-être, il est vrai, à cause de 
la situation du défunt - ; et l'article 30 de l'édit de novembre 
1787 5, concernant ceux qui ne font pas profession de religion 
catholique, autorise les parents et amis à « accompagner le 
convoi, sans qu'il leur soit permis de chanter ni de réciter des 
prières à haute voix », mais sans qu'il soit prescrit que la 
cérémonie doive se faire de nuit 4. Ces défenses ne devaient 
du reste apporter que peu de gêne aux enterrements juifs^ pour 
lesquels le rite prescrit seulement la récitation de prières dites 
au cimetière par n'importe qui en présence d'un nombre quel- 
conque d'assistants ; et peut être à voir le procès-verbal de l'inhu- 
mation de Golschemik >, faite, il est vrai, dans des conditions 
un peu exceptionnelles ^, — et à examiner de près les ratures qui 
surchargent le permis d'inhumer d'Hélène Benjamin Salomon ', 

ment... ». — C'est sans doute que les hommes du xviii« siècle n'atta- 
chaient pas le même caractère que nous à ces enterrements nocturnes. En 
1764, Sartine et Moreau (procureur du roi au Châtelet), donnant leur avis 
sur la création de cimetières hors Paris, ajoutent que les cérémonies se 
feront comme par le passé ; mais les corps resteront tout le jour dans une 
cave spécialement préparée dans chaque paroisse ; « puis la nuit venue, un 
charrier... attelle de deux chevaux conduit par un ou plusieurs fossoyeurs... 
accompagné d'un ecclésiastique choisi à cet eft'et et d'un luminaire suffisant 
ira dans les paroisses de l'arrondissement... enlever les corps et les trans- 
porter au cimetière désigné. (Y. 5500 : avis du 30 mai 1764). — • Tous les 
matins à 4 heures, un charriot «roulant dans le silence de la nuit » empor- 
tait à Clamart les morts décédés à THôtel-Dieu. Cf. Mercier, Tableau de 
Paris, t. III, (Amsterdam, 1782), 232. 

1. Pièce no 152. 

2. Le commissaire n'assiste pas à l'enterrement ; c'est le syndic juif qui 
certifie l'inhumation. 

3. Isambert, XXVIII, p. 480. 

4. Dans sa protestation contre cet édit, l'Assemblée du clergé demande 
même qu'on fasse revivre les « anciennes défenses à l'égard du temps et de 
la forme des enterremens... » Voir Remontrances du Clergé de France assevi- 
blé en lySS au Roi sur l'édit du mois de novembre lySj, p. 26. 

5. Pièce 2. 

6. C'est la seule inhumation connue faite à Clignancourt ; il est aussi 
exceptionnel que la mise en bière ait lieu sur le terrain d'inhumation. 

7. Pièce no 12. — Le Procureur du Roi y supprime de sa main la for- 
mule « sans aucune cérémonie ny culte de religion » et se contente de la 
formule habituelle « sans bruit, scandale, ni appareil. » 



32 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

conclura-t-on que ces prières pouvaient être, le cas éciiéant, 
tolérées '. 

IV. 



Une publication d'état-civil comme celle qui fait l'objet de 
ce travail ne comporte guère de commentaires ni même d'an- 
notations. Il ne serait cependant pas difficile d'illustrer ces 
textes d'anecdotes nombreuses. Les renseignements ne man- 
quent pas sur les Juifs parisiens du xviii'= siècle. On connaît 
par exemple les précieux dossiers des Archives de la Bastille, 
utilisés par Paul d'Estrées ^ et Léon Kahn % et dont M. Funck- 
Brentano a dressé la table alphabétique •♦. On trouverait aussi 
de curieuses indications sur la situation commerciale des Juifs 
dans la série des registres de marchands aujourd'hui déposés 
aux Archives de la Seine >. Enfin les procès-verbaux relatifs 
aux affaires les plus variées, plaintes, enquêtes, informations. 



1. De même aux inhumations protestantes, Baer, aumônier de l'ambas- 
sade de Suède, pasteur de 1742 à 1784, finit par dire les prières en 
français et même prononcer une allocution (C. Kobler, Les Actes religieux 
des Protestants à Paris pendant tes XVII^ et XVIII^ siècles, p. 23). 

2. Les Juifs à Paris sous le règne de Louis XV (ij2i-i'/6o), dans Revue 
mensuelle du monde latin, XXV (1891), p. 44-65 et 137-174. Cf. du même 
auteur, Un policier homme de lettres : l'inspecteur Meunier, dans Revue 
rétrospective, XVI (1892), p. 257-265. 

3. Histoire de la communauté israèlite de Paris : les Juijs de Paris sous 
Louis XV {i'j2i-i'j6o) (Paris, 1892 ; in-i8 ; extrait des Archives israélites) ; 
Histoire de la communauté israèlite de Paris : les Juifs de Paris au XVHI^ 
siècle (Paris, 1894; in-i8) ; et les Juifs de Paris de ij^y à ij)^, dans Revue 
des études juives, XLIX, p. 121-145. 

4. Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de V Arsenal. Tome IX. 
Table générale des Archives de la Bastille (Paris, 1894 ; in-S"). 

5. Parmi ces registres, on peut signaler ceux de Cahen, marchand 
forain, 1772 [3695] : Cerf Levi, bijoutier, 1776-1777 [5320] ; Dalpuget, 
enclos du Temple, 176 3- 1767 [5575] (peut être à identifier avec l'un des 
suivants); Isaac Dalpuget, mercier, 1767-1768 [5942] ; Jacob Dalpuget, 
marchand de soieries, 1763-1767 t)7i8]; Samuel Dalpuget, commission- 
naire eu marchandises, 1766-1773 [1490J ; Emanucl jeune (Juif ?), mar- 
chand forain, 1 769-1 774 [5020] ; Heymann (registre hébreu) [4376J ; 
Lange de Paul, marchand de dentelles, 1769-1784 [3240 et 3284] ; Léon 
de Paul, marchand de dentelles, 1775-1777 [3204]; Lion d'Hambourg 



AU XVIir SIECLE 33 

se rencontrent fréquemment dans les papiers de certains com- 
missaires du Châtelet. Ces pièces feront l'objet d'un travail 
spécial. Il y a cependant une série de ces documents qui, par 
leur nature, serapprochent des actes de décès et dont il a semblé 
qu'il y avait intérêt à donner dès maintenant une analyse : ce 
sont les procès-verbaux d'apposition et de levée des scellés. 

« Le scellé, selon la définition d'un commissaire du 
xviii^ siècle ', est l'apposition du sceau de la justice sur des 
meubles et effets en cas de décès, absence ou autre cas, afin 
d'empêcher qu'ils ne soient soustraits et divertis au préjudice 
des héritiers ou des créanciers. Il n'y a que le juge, ajoute-t-il, 
qui ait le droit d'apposer les scellés, et c'est en conséquence 
et comme faisant fonction de juge que les commissaires au 
Châtelet ont de toute ancienneté... le droit de sceller privati- 
vement à tous les officiers de cette juridiction. » Le scellé est 
donc à la fois moins complet et plus complet que l'acte de décès. 
Il n'a pas le caractère d'un acte d'état civil, mais en fait le 
commissaire y constate la présence du cadavre et y mentionne 
l'heure et le lieu du décès. D'autre part les renseignements y 
sont plus abondants sur la famille et la situation du défunt. 
On y voit figurer les parents qui revendiquent l'héritage, les 
personnes qui ont assisté le mourant et qui doivent prêter ser- 
ment de n'avoir rien détourné, les créanciers qui font opposition 
à la levée des scellés jusqu'à recouvrement de leur dû ; et une 
publication comme celle de M. Guiffrey "" a suffisamment 
montré quelle source d'information constituaient ces docu- 
ments tant sur la fortune et la condition sociale du mort que 
sur la liquidation de la succession. 

(registre hébreu), 1720 [1660] ; May, marchand de grains, 1768 [3245] ; 
Moses, passementier, 1788-1789 [1803] ; Salomon, revendeur, 1785 
[4195] ; Salomon, orfèvre, 1783 I6157] ; Wolff-May, orfèvre, 1784-1785 
[5190]. Il en existe en outre un certain nombre pour la période révolu- 
tionnaire. On en trouverait de même dans les papiers de la Bastille, 
par exemple, celui de Samuel Levi, 1724-1726 [Bibl. de l'Arsenal, 
ms. 10863]. 

1. Salle, Traite des fonctions, droits et privilèges des commissaires, 
I, p. 281. 

2. Scellés et inventaires d'artistes (Nouvelles Archives de l'Art français, 
X-XII). 

î 



54 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

C'est ainsi qu'en parcourant ces analyses on remarquera 
sans doute les curieux litiges auxquels ont donné lieu plusieurs 
de ces scellés. Au nombre des oppositions apparaît celle du 
Procureur du Roi en la Chambre du Domaine, réclamant la 
succession en raison du droit d'aubaine ou de déshérence. 
Quelques mots d'explication sont peut-être ici nécessaires. 

On sait qu'en vertu des règles de l'ancien droit les étran- 
gers établis en France étaient frappés d'un certain nombre d'in- 
capacités dont la plus grave était celle qui les empêchait de 
transmettre ou d'acquérir à cause de mort. En principe, à 
défaut d'héritiers légitimes et régnicoles, les bi£ns meubles et 
immeubles laissés par un aubain dans le Royaume revenaient 
au Roi ' ; mais tant par accords diplomatiques ^ que par actes 
royaux ' ou lettres de naturalité + individuelles, des atténua- 

1. Sur le droit d'aubaine et ses exemptions, voir E. Glasson, Histoire du 
droit et des institutions de h France, t. VIII, p. 281 sgq. 

2. Cf. dans Locré, La Législation civile, commerciale et criminelle de la 
France, la liste, présentée par Roederer au Conseil d'Etat, des puissances 
qui avaient obtenu la dispense du droit d'aubaine pour leurs nationaux. 

3. Voyez en ce qui concerne les Juifs des lettres de 1550 (Isambert, 
Recueil général des anciennes lots françaises, XIII, p. 173), de 1656, de 1723, 
de 1776 et les autres actes réunis dans Privilèges dont les Juifs Portugais 
iouissent en France depuis i;jo (Paris, impr. de Stoupc, 1777; in-12 
[B. Nat. F. 26239]). 

4. Ainsi sont naturalisés : Moïse Dalpuget en mai 1759 (Extrait des 
registres du Conseil d'Etat du 2] mai 777/ [Paris; impr. de Gueffier, in-40], 
p. I. [Bib. Nat., ms. Joly de Fleury, 472, f° 9]); Liefmann Calmer en 
1769 (Léon Kahn, Les Juifs de Paris pendant la Révolution, p. 267) ; Israël 
de Valabrègue, en septembre 1770 (Arch. Nat. O'. 234, f» 246); Josué 
Gabriel de Pichaud, natif d'Avignon, en mars 1772 (ihid., O'. 23 >, fo 20) ; 
Cerf Berr en mars 1775 ([Lewlier] Notes et documents concernant la famille 
Cerjherr, I, p. 49) ; Lion, Gerson et Eiiezer Homberg et Joseph Lallemant, 
par les Lettres-patentes du Roi qui accordent aux sieurs Homberg frères et Lalle- 
mant, négocians du Havre-de-Gracc, les droits de régnicoles et naturels français, 
du mois de septemh'e l'/yj (Paris, impr. de Stoupe, 1776 ; in-40 [Bib. Nat. 
Ms. Joly de Fleury, 472, fo 15]) ; Jacob de Perpignan et sa famille par les 
Lettres patentes du Roi qui accordent aux sieurs Jacob de Perpignan, Juif, négo- 
ciant de Bordeaux, à sa femme, ses enfans et postérité les droits de régnicoles 
et naturels français, données à Versailles au nuns de mars JJjS, enregistrées au 
Parlement de Bordeaux le 2 mai de la même iï«;/(V (Paris, P. G. Simon, 1776 ; 
111-4° [ibid., 472, fo II]) ; Moïse Castro Solar, Juif de Rayonne, en avril 1 776 
(Arch. Nat. O'. 236) ; Ruben et Israël Moïse, de Lyon, en 1786 (Bib. Nat. 



AU XVII1'= SIECLE 35 

tions multiples avaient été apportées à ce principe, et, en fait, 
de nombreuses catégories de personnes se trouvaient au 
xviiJ" siècle exemptées de ce droit singulier, — « insensé », disait 
déjà Montesquieu en 1748 '. L'histoire de l'aubaine est l'his- 
toire de sa lente disparition. Il est d'autant plus curieux de 
constater un mouvement opposé dirigé contre des Juifs fran- 
çais établis à Paris. 

La doctrine est nettement présentée dans les Mémoires sur les 
matières domaniales^ , œuvre posthume de Lefèvre de La Planche, 
où l'auteur, avocat du Roi en la Chambre du Domaine de 1693 
à 1732, semble satisfaire du même coup à son devoir profes- 
sionnel et à son animosité contre les Juifs. Pour lui la matière 
repose sur la déclaration du 23 avril 1615 ' non révoquée : les 
Juifs sont bannis de France, ils ne peuvent y rentrer que sous 
peine de confiscation ; le modus vivendi adopté par exemple à 
Metz n'éteint pas le droit d'aubaine. D'ailleurs historiquement 
les Juifs sont « propriété « du Roi, et de l'édit de 161 5 on peut 
déduire qu'ils sont exclus des actes du droit des gens. Ainsi ce 
juriste semble ne tenir compte ni des lettres patentes de 1550 ^, 



Ms. Joly de Fleury, 2494, fo 155). Certaines de ces lettres ne sont pas 
strictement des lettres de naturalité, mais elles en ont tous les effets (ibid., 
2494, f" 154)- Ces lettres spécifient que le bénéficiaire pourra « avoir, tenir 
et posséder tous les biens meubles et immeubles qu'il pourra... acquérir ou 
qui lui seront donnés, légués ou délaissés de quelque manière que ce 
puisse être... et qu'après son décès ses enfans... héritiers ou autres en 
faveur desquels il aura disposé desd. biens puissent lui succéder pourvu 
qu'ils soient... regnicoles... » (collation des lettres d'Israël de Valabrègue, 
ibid., 472, fo 8). On peut aussi considérer comme naturalisation les 
Lettres patentes eu faveur des Juifs on Nouveaux Chrétiens Avignonois établis 
à Bordeaux, données à Versailles au mois de mai l'j)') (Bordeaux, J. B. La- 
cornée ; in-4'' [Bib. Nat. F. 25626 (644)]), rendues à la requête des sieurs 
Jacob et Emmanuel Dalpuget, Ve Natan Astruc, Lion et Vidal Lange, 
Salon Dalpuget, Lion Petit, David Petit et leurs enfants, frères, etc., com- 
posant ensemble six familles. 

1. Esprit des lois, 1. XXI, ch. 17. 

2. Mémoires sur les matières domaniales ou Traité du domaine (Paris, 
Desaint et Saillant, 1765 ; 3 vol. in-40), t. II, pp. 102-109. 

3. A. -E. Halphen, /^«■fw// des lois,' décrets, ordonnances concernant les 
Israélites, p. xxxii. 

4. Isambert, Recueil général des anciennes lois françaises, XIII, p. 175. 



36 DOCUMENTS SUR LES JUll'S A PARIS 

pourtant enregistrées au Parlement de Paris, qui naturalisent 
les « Nouveaux Chrétiens » de Bordeaux et de Bayonne, ni des 
confirmations de 1574 et de 1656 ', ni surtout des lettres de 
juin 1723 ^, qui spécifient en termes exprès que les Juifs des 
généralités de Bordeaux et d'Auch « connus et établis... sous 
le titre de Portugais, autrement Nouveaux Chrétiens » jouiront 
de tous les privilèges antérieurement accordés et notamment 
de celui de « disposer de leurs biens entre vifs et à 
cause de mort >. » Au fond la pensée directrice de Lefèvre est 
que si les peuples européens « quoique sous la loi du christia- 
nisme sont... sujets au droit d'aubaine, il faut en conclure que 
les ennemis du nom chrétien, comme les Turcs et les Juifs, 
doivent à plus forte raison être assujettis à la même règle •*. » 
Mais cette thèse paraissait déjà surannée à certains contem- 
porains de Lefèvre, et l'éditeur même de son ouvrage, l'avocat 
Lorry ', s'élève dans une longue note contre cette « déclama- 
tion » ^. Au reste une jurisprudence plus libérale tendait à 



1. Recueil de lettres patentes et autres pièces en faveur des Juifs Portugais 
contenant leurs privilèges en France (Paris, Moreau, 1765 ; in-40) [B. N. 
Fp. 1103], p. 9 et 13. 

2. Ibid., p. 16. 

3. Il considère sans doute ces actes comme se référant non aux Juils, 
mais aux Portugais. Bosquet, Dictionnaire raisonné des domaines et droits 
domaniaux (2^ éd.; Rennes, 1782- 1784; 4 vol. in-4''), n'a pas d'article 
juifs et sous le mot Portugais (t. III, p. 479) il cite à la fois l'édit de 1550 
et les lettres du 8 novembre 1778 relatives à l'abolition réciproque de 
l'aubaine consentie pour leurs sujets par le roi de France et la reine de 
Portugal. La re édition (Rouen, 1762 ; 3 vol. in-40) notait (t. III, 
p. 146, \° Portugais) que les privilèges de 1550 « n'aïant point été renou- 
velles, les Portugais ne peuvent actuellement les invoquer ». 

4. Lefèvre de La Planche, loc. cit., t. II, p. 102. 

5. Sur Lorry, voir Gallerie française ou Portraits des honinics et des femmes 
ciltbres qui ont paru en France, gravi's en taille douce par les meilleurs artistes 
sous la conduite de M. Restout, avec un abrégé de leur vie (Paris, 1771 ; 
8 livraisons in-1".) [Bib. Nat. Fol. Ln'. 14], n" v. 

6. T. II, p. 108. Cette note est trop caractéristique et elle donne trop nette- 
ment l'opinion d'un libéral ou d'un demi-libéral du milieu du xviu<= siècle 
pour que nous ne la reproduisions pas ici en partie : « Cette espèce de 
déclamation contre les Juifs, qui, en effet, dans les écrits des auteurs les 
moins disposés à l'enthousiasme, ne sont point nommés sans quelque note 
d'indignation, est peut-être une des manières dont s'exécute la proscrip- 



AU XVIII'^ SIÈCLE 37 

s'introduire, au moins au Parlement de Bordeaux. En 1729, la 
donation entre vifs faite à une Juive Portugaise par un Chré- 
tien, en 1738, le testament d'un avocat en faveur d'un Juit 
avaient posé la question de savoir si les Juifs pouvaient suc- 
céder aux biens des Chrétiens, et la question avait été résolue 



tion prononcce contre cette nation ; et à ce titre, nous ne pouvons que la 
respecter ; mais il est ditîicile de faire entrer ces vues dans les principes de 
l'ordre public. Si les Juifs sont coupables des horreurs dont on les accuse, 
il faut les juger, les condamner, les punir personnellement. Si on juge que 
ce sont leurs principes qui forment en eux la racine de ces désordres, racine 
qui ne peut être arrachée, il faut les bannir réellement, et n'écouter aucun 
intérêt qui puisse solliciter de leur rouvrir les portes. Mais, au surplus, si 
on les tolère, ou bien il faut faire pour eux un Code particulier, ou bien il 
faut les placer dans quelques-unes des classes reconnues, soit comme étran- 
gers, soit comme citoyens. Nous ne sommes plus dans ces tems, où les 
hommes étoient à leur seigneur, comme une portion de son patrimoine. 
Dans ce tems, le Roi pouvoit dire que les Juifs étoient à lui, à titre de servi- 
tude. Nous ne connoissons plus que des servitudes réelles, qui leur sont 
assez étrangères, parce qu'ils n'ont jamais de possessions, ni même d'habi- 
tations bien déterminées. En tout cas, ils seront, à cet égard, dans la loi com- 
mune. S'ils sont nés en pays étrangers ils ne sont pas, sans doute, d'une 
condition plus favorable que les autres : dans ce cas même, comment faire 
pour leur interdire ce qui est du droit des gens ? et n'est-ce pas une chose 
qui implique contradiction, que de leur permettre d'exister en France et de pas 
reconnoître la protection du droit des gens sur eux ? En tout cas, ce seroit 
une distinction pernicieuse au commerce et au repos de l'Etat. S'ils sont nés 
dans le Royaume, nous n'avons pas différens ordres de citoyens, et une 
espèce d'hiérarchie dans le droit de cité, comme les Romains. La même 
loi régie d'une manière uniforme l'état de ceux qui sont nés dans le 
Royaume. Qu'ils soient, par exemple, exclus des droits de la noblesse ; qu'ils 
soient, sur-tout, exclus de toute charge et de toute participation à l'adminis- 
tration publique, c'est une exclusion à laquelle doivent se soumettre même 
ceux qu'une différence de culte sépare de nous... Que dans les privilèges 
accordés aux nations avec lesquelles nous avons des alliances, on excepte les 
Juifs de l'application de ces privilèges, encore semble-t-il que ce soit un 
conseil à donner au législateur plutôt qu'une instruction du ministère du 
juge : et l'intérêt de ce conseil est-il important ? Nous ne pouvons mettre 
au rang des devoirs politiques du Prince le désir d'exécuter, par son auto- 
rité, les mystérieuses proscriptions prononcées contre ce peuple, jusques aux 
tems que Dieu s'est réservés à lui-même. Que les Princes prennent garde 
d'être injustes, c'est-là leur devoir : Dieu est assez puissant pour accomplir 
par lui-même ses oracles, sans que les hommes lui offrent un secours indis- 
cret... Cette observation peut donner des vues sur d'autres questions du 



38 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

affirmativement ' . Mais de manière plus précise, la question 
même de la successibilité des Juifs s'était posée au décès de 
Rayonnais ou de Bordelais morts aux Colonies. Au décès 
d'Abraham Gradis survenu en 1738 à la Martinique % au décès 
de Del Campo survenu en 1757 à Saint Domingue 5^ l'Admi- 
nistration, s'appuyant sur l'art, i du Code Noir, qui excluait 
les Juifs des Colonies, avait revendiqué l'héritage. Mais ces 
affaires avaient finalement été tranchées à l'avantage des héri- 
tiers naturels, et à propos de l'une des causes, le Procureur 
général du Parlement de Bordeaux déclarait ne pas admettre 
que « les Juifs qui ont un domicile fixe en France puissent 
être considérés comme aubains •*. » 

« Le Domaine n'a jamais réclamé la succession d'aucun 
d'eux : ils ont par conséquent joui à cet égard des droits qui 
sont communs à tous les citoyens, » C'est ainsi que vers sep- 
tembre 1781 s'exprime, à propos des Juifs, M. de Neville, 
maître de requêtes, chargé de rapporter au Conseil de chan- 
cellerie une certaine affaire Peixotto K II ne semble pas que ce 
magistrat fût parfaitement renseigné. Cette année même, lors 
du décès de Salomon Perpignan, survenu à Paris le 22 fé- 
vrier, le Procureur du Roi en la Chambre du Domaine avait 
mis opposition à la levée des scellés, et s'il n'avait pas persévéré, 
c'est que la famille avait excipé de lettres de naturalité en 

droit public de la France, qu'il n'est pas de notre plan de traiter ici. Mais, 
par rapport aux Juifs, nous ne pouvons nous empêcher de regarder les 
variations sans nombre des loix, à cet égard, dans les différentes époques, 
comme un jeu de finance trop juste, par rapport à eux, puisque de leur côté 
ils se permettent toute infidélité et toute infraction des loix dans le com- 
merce. Mais ce n'est que cela, et la preuve en est dans le fait, en ce que si 
une indignation légitime, excitée par des sentiments, qui, sans doute, viennent 
d'en-haut, a suggéré ces loix, les tems suivans, c'est-à-dire la Justice, et 
Dieu lui-même satisfait des sentimens dont elles faisoient le témoignage en 
a énervé l'exécution. » 

1. Th. Malvezin, Histoire des Juifs à Bordeaux, pp. 228-229. 

2. A. Cahen, Les Juifs dans les colonies françaises au XVIII^ siècle, dans 
Revue des études juives, IV, 133. 

3. Th. Malvezin, loc. cit., p. 228. Voir dans cet ouvrage et dans les 
articles de A. Cahen d'autres affaires analogues. 

4. Ibid. : lettre du Ministre de la Marine, 28 mars 1758. 

5. Bibl. Nat. Ms. Joly de Fleury, 525, fo 130. 



AU XVIII^ SIÈCLE 39 

règle '. Déjà deux ans auparavant après la mort d'Israël Ber- 
nard de Valabrègue (15 novembre 1779), il avait réclamé la 
succession -. Il allait de même se faire envoyer en possession 
de l'héritage de la dame Peixotto par sentence de la Chambre 
du Domaine du 3 mai 1783% et par une sentence semblable 
du 23 décembre de la même année, la succession d'Abraham 
Vidal était dévolue au Roi •^. Mais le Parlement, saisi de ces 
affaires, rejetait ces prétentions et par trois arrêts successifs, le 
3 février 1780 % le 20 août 1783 ^ et le 18 février 1784 ", re- 
mettait en possession les familles de Valabrègue, de la dame 
Peixotto et d'Abraham Vidal. 

Il semble donc que le Parlement de Paris se range à la ju- 
risprudence libérale de la Cour de Bordeaux. Mais les tenants 
du droit d'aubaine ne manquent pas de tirer parti des faits de 
la cause pour interprêter ces arrêts : Peixotto est baptisé et 
naturalisé en Espagne ^ ; Valabrègue, marchand privilégié, a 
de par son brevet privilège de transmettre sa succession 9. Et 

1. Pièce no 156. 

2. Pièce n" 138. — Sur Valabrègue, cf. P. Hildenfinger, La Bibliothèque 
d'Israël Bernard de Valabrègue (Paris, 191 1, in-80, extr. du Bulletin du 
bibliophile^. 

3. Arch. Nat., Z' f. 842. 

4. Arch. Nat. Z' f. 842. — Sur Vidal, cf. M. Liber, Un rabbin à Paris 
et à Versailles en i^yS, dans Bulletin de la Société d'histoire de Paris, 
XXXVIII, p. 240. 

5. Pièce no 138. 

6. Mémoire pour les héritiers d'Abraham Vidal, Juif Portugais, négociant 
à Paris, contre M. le Procureur général (Vix'is, P. G. Simon et H. Nyon, 
1784 ; in-40) [Bib. Nat. 4° Ldi84. 22], p. 26. 

7. Arrêt imprimé, sans titre (Paris, P. G. Simon, 1784; in-4° [Bib. Nat. 
F. 23676(502)]. 

8. Mémoire de Guichard, substitut du Procureur du Roi en la Chambre 
du Domaine remis à Séguier (Bibl. Nat. Ms. Joly de Fleury, 472, f" 5I). 
— Le nom de Peixotto n'était pas inconnu aux Parisiens de l'époque. Ses 
démêlés avec sa femme et sa tentative de divorce avaient défrayé la chro- 
nique. Voir par exemple Pidansat de Mairobert, L'Espion anglais, t. IX 
(Londres, J. Adamson, 1784), p. 192. M. M. Liber a analysé cette 
affaire. Vu rabbin à Paris et à Versailles en lyjS, dans Bulletin de la Société 
de l'histoire de Paris, XXXVIII, p. 244-247. — Cf. pour les pièces de ce pro- 
cès A. Corda, Bibliothèque Xaticuale, Département des imprimés. Catalogue 
des factunis, t. IV, pp. 385-386. 

9. Pièce n° 138. 



40 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

dans l'affaire Vidal ', le représentant du Fisc ^ continue à sou- 
tenir que les Juifs sont étrangers en France ; ce n'est qu'excep- 
tionnellement dans le ressort de Bordeaux qu'ils peuvent être 
considérés comme régnicoles; c'est la seule Cour en effet qui 
ait enregistré les lettres données de règne en règne en confir- 
mation de celles de 1550 ; les patentes de 1556 notamment ont 
restreint ces privilèges à ce seul ressort, et en tout état de 
cause, Vidal ne s'étant pas, comme il y était tenu par les 
lettres de 1776, fait immatriculer devant le juge du lieu, ne 
pouvait invoquer les privilèges accordés à sa nation K 

Ce n'est point ici le lieu de discuter ce problème, où la ques- 
tion d'état et la question de religion se compliquent l'une 
l'autre. Le lecteur curieux de ce point de droit pourra se re- 
porter au mémoire de Guichard, substitut du Procureur du Roi 
en la Chambre du Domaine ^, et aux réponses rédigées pour 
les héritiers Vidal par l'avocat Martineau et le procureur Ja- 
ladon 5. 

Mais il y a une considération qui aujourd'hui nous semble 
dominer le débat : c'est l'étrangeté de cette situation qui faisait 
d'un même homme un Français ou un aubain suivant qu'il 
avait son domicile sur un point ou un autre du même 
Royaume. Aussi le litige dépassait-il de beaucoup la succession 

1. Cette affaire est sommairement analysée par L. Cardozo de Bethen- 
court, Le Trésor des Juifs Sepharâim, dans Revue des études juives, XX, 
p. 294. 

2. Voir le mémoire ms. de Guichard (Bibl. Nat. Dép. des Mss. Joly de 
Fleury, 472, i° 46 sqq.) et Mémoire pour les héritiers d'Abraimui Vidal, 
p. 14-15. 

3. En réalité, sans parents, venu à Paris trop jeune pour « sentir l'inté- 
rêt qu'il avoit à remplir les formalités à constater son état », il avait 
attendu 45 ans pour se faire enregistrer ; sur le refus du syndic Silveyra, 
chargé de ce soin, il s'était pourvu devant le Lieutenant de police, qui, 
après en avoir référé au ministre Amelot, avait écrit à Silveyra et lui 
avait fait obtenir le certificat. Voir à ce sujet une note du procureur Jala- 
don, Bib. Nat. Ms. Joly de Fleury, 472, fo 82. Le certificat est reproduit 
à la fin du Mémoire pour les héritiers d'Abraham Vidal, p. 30. 

4. Mémoire ms. adressé à l'avocat général Séguier (Bib. Nat. Ms. Joly 
de Fleury, 472, fos 46 sqq.)- 

5. Conclusions mss. ibid., 472, fo 67 et Mémoire pour les héritiers 
d'Abraham P^idal. 



AU XVIIl'^ SIÈCLE /jl 

Vidal OU Valabrègue. Il intéresse, disait l'avocat Martineau ', 
« toute la nation juive portugaise, une multitude de familles, 
utiles au commerce, utiles à l'Etat et qui s'alarment justement 
des nuages que l'on essaie de répandre sur leur existence ». 
Il intéressait même les Juifs allemands ou avignonais, dont 
l'avocat pour la fiicilité de sa thèse sacrifiait les intérêts de 
propos délibéré -. Il posait la question du statut des Juifs à 
Paris, et l'on comprend que Silveyra ait songé à tirer parti de 
ces arrêts successifs — tous favorables aux Juifs, malgré les atté- 
nuations que les partisans du droit strict essaient d'y apporter — 
pour tenter de faire régulariser la situation de ses coreligion- 
naires, en sollicitant la reconnaissance de leurs « privilèges » 
par le Parlement de Paris. 

Déjà en 1776, au moment de la confirmation par Louis XVI 
des lettres de Henri II, les Portugais avaient demandé que ces 
patentes nouvelles fussent adressées non seulement à la 
Cour de Bordeaux, mais à celle de Paris, dans le ressort de la- 
quelle « quelques-uns des plus considérables » des Juifs Borde- 
lais s'étaient établis depuis peu. Mais leurs démarches auprès 
du ministre Bertin étaient demeurées sans résultat \ Ils renou- 
vellent leur effort en 1783 '^, en 1784, en 1785, intéressant 
même Vergennes cà leur cause 5. Mais à tous ces essais le Procu- 

1. Mémoire pour les héritiers d'Abraham Vidal, p. 2. 

2. Ibid., p. 23-24. Pour établir que les privilèges des Portugais ne sont 
pas restreints aux généralités d'Auch, Bordeaux et Bayonne, il établit que 
les arrêts rendus depuis 1723 par le Conseil ou par divers Parlements 
s'appliquent seulement à des Avignonais ou à des Allemands. — De même 
en insistant pour l'enregistrement des lettres de 1776 au Parlement de 
Paris, Jaladon sacrifie « le reste des Juifs » (1783) (Bibl. Nat. Ms. Joly de 
Fleury, 472, fos 29-30). 

3. Cf. sur cette tentative les lettres de Bertin des 5 août et 13 sep- 
tembre 1776 à Joly de Fleury et les réponses du Procureur général des 
9 et 13 septembre (Bib. Nat., Ms. Joly de Fleury, 472, fos 12, 19, 87). 
Voir aussi pour les efforts parallèles des Portugais (1776) en vue de faire 
étendre leurs privilèges aux colonies, A. Cahen, Les Juifs dans les colonies 
françaises au XVIII' siècle, dans Kei'iie des études juives, V, p. 180. 

4. Bib. Nat. Ms. Joly de Fleury, 472, fo 32 : lettre de Jaladon, procu- 
reur au Parlement, chargé des intérêts de Silveyra, au secrétaire de Joly de 
Fleury. 

5. Ibid., fo^ 85-86 : lettres de Vergennes à Joly de Fleury (21 mars 1784 
et 30 mars 1785). 



42 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

reur général oppose la résistance la plus inébranlable. Pour 
lui il n'abandonne rien de la doctrine deLefèvre de La Planche ', 
qui travaillait sous les yeux du chancelier d'Aguesseau et du 
premier Joly de Fleury- ; il maintient « qu'il y aurait de l'in- 
convénient d'accorder aux Juits Portugais, qui ont pu des gé- 
néralités d'Ausch et de Bordeaux s'étendre et passer dans quel- 
ques autres villes considérables du Royaume, une confir- 
mation qui s'étendît au ressort du Parlement de Paris, où on 
tient pour maxime qu'il ne faut rien changer à l'état de cette 
nation en général » ' ; et à ses yeux les arrêts mêmes des 
20 avril 1783 et 8 février 1784 « n'ont point jugé leur exis- 
tence légale dans le ressort du Parlement et que le Parlement 
ne se prêtera jamais à leur accorder... » +. C'est l'opinion du 
conseiller d'Ammecourt, du premier président d'Aligre^. Et 
jusqu'au bout l'Administration du Domaine affirmera ses 
droits. En 1787, elle interviendra dans la succession de Samuel 
Hirsch ^, et en novembre 1789 encore, à la sœur du graveur 
Heckscher, qui revendique — et finit par recouvrer — son hé- 
ritage ■', l'avocat Doulcet répondra que « les Juifs sont incapa- 
bles d'aucuns effets civils en France » ^. 

De tels exemples ? précisent non seulement l'état juridique, 



1. Ibid., f°. 88 vo : lettre de Joly de Fleury à Bertin (9 septembre 1776). 

2. La charge de Procureur général au Parlement a été successivement 
occupée par trois magistrats de ce nom : François (1717-1746), son fils 
Guillaume-François-Louis (1746-1775) et un neveu de celui-ci (1775- 
1789). (A. Molinier, Inventaire sommaire de la collection Joly de Fleury, 

p. VII-VIIl). 

3. Bib. Nat. Ms. Joly de Fleury 472, f» 105. Cette lettre est suivie dans 
le dossier de notes et extraits qui semblent avoir été utilisés en mars 1790 
(voir le fo 107). 

4. Ibid., {" 37. 

5. Ibid., {" 37. 

6. Pièce n" 172. 

7. Pièce n* 174. 

8. A. N., Z' f. 846. 

9. Le Procureur général au Bureau du Domaine de Lyon suit l'exemple 
venu de Paris. Il se fait de même envoyer en possession de l'héritage 
d'Abraham de Perpignan, décédé à Lyon. Myriam de Perpignan, femme 
de David Nacquct, marchand mercier à Bordeaux, et sœur du défunt, 
porte appel au Parlement de Paris. Son mari était en effet naturalisé en 



AU XVllI^ SIECLE 43 

mais la situation morale des Israélites à cette époque. Ils ex- 
pliquent — et c'est pourquoi on a cru devoir y insister — leur 
condition exceptionnelle, et ils font en même temps sentir 
comment se forme la conception du Juif citoyen, comment 
certains esprits éclairés en arrivent à accepter les conclusions 
du défenseur des héritiers de Vidal : « En vain objecterait-on 
qu'il était Juif pour en conclure, qu'il n'était point François. 
En France comme ailleurs ce n'est point la religion, mais l'ori- 
gine, la naissance qui font que l'on est François ou de toute 
autre nation ; athée ou déiste, juive ou catholique, protestant 
ou mahométan peu importe : si l'on est [né] en France de 
père et mère françois, si l'on n'est point expatrié, on est 
naturel François et l'on jouit de tous les droits du ci- 
toyen... » '. 

V. 

Au total, les actes publiés ici sont au nombre de 176. Ils 
portent, tant procès-verbaux que scellés, sur 171 décès, et se 
distribuent ainsi en un tableau, qu'on nous permettra d'autant 
plus de donner que ni V Estât général des baptesmes, des mariages 
et de mortuaires de la ville et faiixbourgs de Paris, ni les Petites 
affiches ni le Journal de Paris % qui à partir de 1745 mention- 
nent les enterrements à la fin de chaque numéro, ne fournissent 
de renseignement analogue sur les Juifs. 

vertu des lettres de mars 1776 accordées à Jacob de Perpignan et à sa 
famille, enregistrées à Bordeaux le 2 mars 1777 et à la Chambre du Domaine 
de Paris le 11 décembre 1779. La Grand Chambre du Parlement de Paris 
reçoit l'appel et par arrêt du 23 mars 1784 ordonne par provision la levée 
des scellés et la vente des meubles et eftets de la succession pour tous les 
deniers en provenant être remis aux mains du receveur des consignations 
de la Cour jusqu'après jugement définitif. (B. N. Ms. Joly de Fleury, 472, 
f» 76). 

1. B. N., Ms. Joly de Fleury, 472, f" 69 vo : conclusion ms. du procu- 
reur Jaladon (16 janvier 1784). — Voyez de même le Mémoire pour les 
liéritiers d'Abraham Vidal, p. 16 : « Considérés comme Juifs, ils sont une 
portion de ce grand peuple qui subsiste... malgré sa dispersion. Considérés 
comme nés ou établis en France, ils sont sujets du Roi... ; ils sont nos con- 
citoyens... •>■>. 

2. Voir sur ces publications M. Barroux, Sources de l'ancien état civil 
parisien, pp. 39 et 94. 



ANNEES 



7^7 

720 

730 

735 

736 

737 

738 

739 

741 

742 

743 

745 

746 

749 

750 

752 

753 

754 

756 

757 

761 

762 

765 

766 

767 

768 

769 

770 

771 

772 

773 

774 

775 

776 

777 

778 

779 

780 

781 

782 

783 

784 

785 

787 

788 

789 

Totaux 





DÉCÈS 


tons 


ûh par pracôs-verli 








Enfants 


3 à IS 


B 


i.3ans 


ans 


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7 


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8 
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4 

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2 


3 


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4 


5 




I 


6 




7 


8 


I 


6 


6 
I 


I 
I 


I 
I 


77 


14 


50 



DECES 
consl. par scellés 



2 
6 

9 
4 
5 

8 

14 

4 

10 

10 

14 
16 
8 
2 
2 
I 



AU XVI 11"= SIECLE 45 

Si l'on tient compte du lieu d'origine des défunts indiqué aux 
procès-verbaux, on trouve les éléments d'une autre statistique. 
On constate ainsi que sur 171 décédés, 5 sont des Alsaciens, 
15 des Messins ou Lorrains et 29 des Méridionaux de Bor- 
deaux ■, Bayonne ou Avignon. Quant aux étrangers, ils se 
repartissent ainsi : 14 Allemands, 2 Autrichiensou Bohémiens, 
12 Hollandais, 2 Anglais, i Danois, 7 Italiens, i Polonais et 
I Syrien. A ces chiffres il y aurait lieu d'ajouter celui des 
enfants, mais il serait délicat d'indiquer sans des recherches 
assez hypothétiques si tel enfant est né à l'étranger ou en 
France. Du moins peut-on affirmer que 3 5 de ces enfants étaient 
Parisiens -. 

Dans une lettre du 27 novembre 1783 adressée au secrétaire 
de Joly de Fleurv-, Jaladon, procureur au Parlement, chargé 
des affaires des Portugais, déclare qu'il y avait de quatre à cinq 
mille Juifs à Paris ^ ; il faut donc sans doute lire de quatre à 
cinq cents : Coquebert de Montbret n'en comptait que 2.700 
en 1808 -. Les états dressés parles inspecteurs de police > com- 
portent 25 noms en 1721, 109 en juin 1755 et 92 en juil- 
let 1759. Au dire de l'avocat Godard, ils étaient environ 500 
au début de la Révolution^. Quel qu'ait été le chiffre exact de 



1. Un des Bordelais est un Alsacien ou un Allemand établi à Bordeaux. 

— Sur l'opposition des Portugais et des « Tudesques » à Bordeaux, voy., 
par exemple, G. Cirot, op. cit., dans Bulletin hispanique, t. IX, p. 57. 

2. En 1809, la communauté de Paris comptait 2733 Israélites, dont 1324 
étaient nés à Paris même. (L. Kahn, Histoire de la comniuiiciiitc israélite de 
Paris, i^ partie. Les Juifs à Paris depuis le w." siècle. [Paris, 1889], p. 100.) 

— L'état des rues habitées par les décédés est fourni par la table qui 
accompagne ce travail. 

3. Bib. Nat., Ms. Joly de Fleury, 472, f° 31. Au dire de Silveyra, il y 
avait 25 Portugais « en famille ou autrement » (Ibid., f" 42 vo). La nation 
portugaise formait peut être le cinquième de la population israélite 
(L. Kahn, Cinietiires, p. 104). 

4. Notice sur l'état des Israélites en France en réponse à des questions posées 
par un savant étranger (Paris, 1821 ; in-8°), p. 3. 

5. L. Kahn, Les Juifs de Paris au XVIlh siècle, p. 6 (c'est un état des 
Juifs trouvés « sans passeports » : y en avait-il d'autres, en règle ?) et Les 
Juifs de Paris sous Louis XV, p. 27. 

6. L. Kahn, Les Juifs de Paris pendant la Révolution, p. 163. 



4^ DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

cette population juive ' — et bien qu'il faille tenir compte de 
ceux qui n'étaient à Paris que de passage, — il n'est que trop 
certain que notre liste est incomplète. Les papiers du commis- 
saire Simonneau, chargé, on l'a vu, des inhumations Israélites 
à partir de 1782, ne nous fournissent que 3 procès-verbaux % 
et à ce relevé manquent les actes mortuaires d'un Fonseca % 
d'un Calmer ^ ou d'un Mardochée Venture >. Sans doute eut-il 
été possible de l'enrichir sans la difficulté matérielle et morale 
d'une recherche qui, pour être définitive, devrait épuiser plus de 
5.000 liasses''. Tels quels ces documents constituent une 
source qu'on ne saurait négliger. Tandis que de l'Etat civil 
parisien il ne reste qu'une reconstitution souvent imparfaite ", 
le régime d'exception auquel étaient soumis les Juifs ^ a sauvé 
des textes d'une authenticité sinon légale, du moins histo- 
rique bien supérieure 9. Et cet intérêt apparaît plus vif encore. 



1. I. Loeb (Biographie d'Albert Cohii, p. 27) en tablant sur une dou- 
zaine ou une quinzaine de décès annuels vers 1 780 arrivait au chiffre de 
700 à 800 personnes. 

2. On a vu ci-dessus p. 14 n. 2 que les archives de ce commissaire 
étaient loin d'être dans un ordre parfait. 

5. Daniel de Fonseca, médecin, né en Portugal, lié avec Voltaire, mort 
à Paris, selon Carmoly, Histoire des médecins juifs, I, 199. 

4. Voir pièce no 169 et ci-dessus, p. 23 et 34. 

5. Rabbin de la nation juive espagnole et portugaise, secrétaire-inter- 
prète à la Bibliothèque du Roi (cf. Prières faites pour l'heureuse délivrance de 
la Reine, récitées en hébreu depuis le ij février ijS^ [Paris, 1785 ; in-4''. 
Bibl. Nat. 4° Lb39. 6288], p. i), mort le 12 mars 1789 (cf. H. Maïstre, 
Valentin Haily et ses fonctions d'interprète [Paris, 1901 ; in-80], p. II). 

6. Les archives des commissaires sont comprises entre les nos 10719 et 
16022 quater de la série Y. 

7. Sur l'incendie et la reconstitution de l'Etat civil parisien, cf. M. Du 
Camp, Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie (Paris, 1898 ; 8^ éd.), t. VI, 
p. 66 et M. Barroux. Les Sources de l'ancien état civil parisien, p. i, 26-31, 
87-89, etc. 

8. La situation des Protestants se trouve donc la même à ce point de 
vue. 

9. L'acte authentique, d'après la définition du Code Civil, art. 15 17, est 
l'acte reçu par un officier public ayant le droit d'instrumenter dans le lieu 
où l'acte a été rédigé et avec les solennités requises ; il fait foi jusqu'à 
inscription de faux, c'est-à-dire que pour le contester il y a lieu d'instituer 
une procédure spéciale, l'inscription en faux (art. 13 19). Mais à la suite de 



AU XVIII=. SIECLE 47 

quand on se souvient de la définition juridique de Denisart : 
« Un Juif n'a proprement point de domicile ; il n'a point 
d'état dans le Royaume ' . » 

Il me sera permis, en terminant ces quelques notes d'intro- 
duction, de dire — quelque incomplet que soit ce travail — 
ce qu'il doit à ceux dont il n'a pas dépendu qu'il ne fût moins 
imparfait. Je me sens particulièrement obligé envers MM" Au- 
bron, Decloux et Vingtain qui m'ont libéralement ouvert 
leurs archives notariales, M. le comte de Ribes qui m'a fourni 
d'utiles renseignements, MM. Stein et Mirot qui m'ont con- 
fraternellement facilité les recherches aux Archives Nationales, 
M. M. Schwab qui m'a fait bénéficier de sa grande expérience 
des choses juives. Je dois également de vifs remerciements à 
M. M. Fagniez, Lacombe et Vidier, qui ont bien voulu se faire 
les parrains de cette publication devant la Société de l'Histoire 
de Paris. Mais ma gratitude va surtout à M. Vuaflart, qui, en 
appelant il y a cinq ans mon attention sur l'intérêt de ces actes 
mortuaires, et à M. Lucien Lazard, qui, en me prêtant un 
appui précieux dans une tâche souvent décourageante, m'ont 
permis de reconstituer ce morceau d'état-civil et d'élever ce 
modeste monument à d'obscurs habitants du vieux Paris. 



l'incendie de 1871 et de la Reconstitution qui en est résultée, cette force 
probante n'est plus reconnue qu'à une catégorie de pièces de l'Etat civil 
parisien, et l'art. 3 de la loi du 12 février 1872 ne donne aux actes « rétablis » 
qu'une force probante moindre. D'ailleurs la question au point du vue légal 
ne se pose pas pour les procès-verbaux publiés ici. La Reconstitution n'a 
fait que remettre sur pied les actes que la loi du 20 septembre 1792 avait 
sécularisés ; elle ne pouvait donner valeur d'acte d'Etat civil à des titres qui 
n'avaient pas ce caractère avant la Révolution. 

3. J. B. Denisart. Collection de décisions nouvelles (Paris, 1775), t. III, 
p. 423. 



ERRATUiM. 



p. 59. Hagncnau, lise^ : Haguenau. 

P. 142. Habni, lise^ : Habui. 

P. 2^9 et 260. Marix, list'i : Mark. 



DOCUMENTS. 



I. 

i^ avril 171 7. — Scelle de Louis Kaiser. 

Y I 400 I . 

Scelle après décès de Louis Kaiser, Juif de La Haye, décédé dans 
la nuit du 13 au 14. 

Commissaire : Hubert. 

Requérante : femme Michel Guedet, aubergiste, rue Vieille du 
Temple, paroisse Saint Jean en Grève. 

Kaiser était mort chez Jacob Wormes, au Chariot d'or, rue Dar- 
netal, au moment où il faisait visite à ce dernier. Le commissaire se 
rend d'abord chez Wormes pour constater le décès, et après qu'il 
lui est « apparu du corps mort gissant sur un lit garn}' de rideaux 
verts », il se transporte « pour la conservation des droits du Roy », et 
à la requête du Procureur du Roy, au domicile du défunt et pose 
les scellés en présence du Maver Coblentz, Juif. L'inventaire est 
fait très rapidement : « Dans lad. armoire s'est trouvée pour toute 
chose de la viande crue infectée ; et dans la chambre quelques 
papiers écrits en hébreux qui paroissent estre des mémoires de 
dépenses, le tout de nulle valleur, et trois livres aussy en hébreux, 
quatre cravattes de mousselines, deux serviettes ouvrées, deux plats, 
deux assiettes, deux cuillers, deux fourchettes, deux goblets et une 
sallière, le tout d'étain, qui est tout ce qui s'est trouvé dans lad. 
chambre appartenir aud. deffunt... » 

Suivant une note du répertoire du commissaire (Y 14042 B), ce 
scellé n'a pas été levé. 

2. 

5 décembre 1720. — Procès-verhald' iHhiiiiiatioH d\laron Goldscbiiiidl. 

Y 14517. 

L'an mil sept cens vingt, le cinquième jour du mois de décembre, 
dix heures du matin, en nostre hostel et pardevant nous, Louis 
Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de 
Paris, est comparu sieur Ruben d'Altrof, Juif de Metz, de présent 
à Paris, logé rue des Arcis, au RoyArtus. 

4 



50 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Lequel nous a dit qu'en vertu de l'ordonnance de Monsieur le 
Lieutenant criminel en datte du jour d'hier estant au bas d'une 
requête à luy présentée dont il nous a mis ez mains la coppie, signé 
Brussel, à luy à l'instant rendue, il a fait enlever le cadavre du 
nommé Aaron Golchemik, aussj Juif, quy a esté assassiné par 
Joseph Lamy et ses complices, que pour esviter le scandai quy 
pouroit arriver au sujet de l'enlèvement dud. cadavre et pour 
pourvoir à la seureté de l'enterrement d'icelluy, il nous requiert 
que nous ayons à nous transporter heure présente avec luy au vil- 
lage de Clignancourt, près Paris, pour par un procèz verbal cons- 
tater l'endroit où led. cadavre sera enterré. Et a signé : 

RuBEN d'Altrof. '. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte aud. sieur Ruben d'Altrof de sa comparution, dire et 
réquisition pour luy servir et valloir ce que de raison, et, en consé- 
quence, sommes transportez avec luy au village dit Clignan- 
court près Paris, dépendant de la prevosté de Monmarte {sic), et 
estans entrez dans une maison seize à l'entrée dud. village, dont 
est propriétaire le sieur Michel Frère, maitre boucher à Paris, après 
que le cadavre dud. Aaron Golschemik v est arrivé dans un carrosse 
et, après déclaration faite par led. sieur Altrof au procureur fiscal 
de lad. prevosté de Monmarte et approbation d'iceluy, ainsy qu'il 
nous est apparu au bas du procèz verbal qu'il en a dressé, signé 
Le Moine (.wV) avons fait fouiller la terre au costé senestre 

du jardin de lad. maison et la fosse ayant esté faite, y avons fait 
mettre le cadavre dud. Aaron Golschemik, mis auparavant dans un 
cercuil de bois de sapin, et après que toutes les cérémonies quy se 
pratiquent entre les Juifs ont estez faites ^, avons fait couvrir de 
terre led. cadavre et combler la fosse. Ensuite de quov nous sommes 
retirez avec led. Sieur Ruben Altrof, quy a signé : 

Blanchard, Ruben d'Altrof 3. 

3- 

Novembre-décembre 1720. — Scellé de Joseph Lamy. 
Y14517. 

Scellé après arrestation et exécution de Joseph Lamy. 
Commissaire : L.-P. Blanchard. 

1. Avec une seconde signature de D'Altrof en hébreu. 

2. Sur les particularités de cette inhumation, voir ci-dessus p. 17-18. 

3. Avec une seconde signature de D'Ahrof en hébreu. 



AU XVIII= SIECLE 51 

Ce scellé tait partie d'un dossier relatif à la pénible affaire qui 
eut cette exécution pour sanction. Le 28 novembre dans l'après- 
midi, Lamy avait assassiné à l'auberge du Soleil d'Or, rue Poupée, 
un Juif Hollandais du nom d'Aaron Goldschmidt (cf. pièce n° 2). On 
ne découvrit le cadavre que le 4 suivant : il portait encore sur lui 
une perle de peu de valeur et un petit reliquaire d'or émaillé gari 
de diamants. Quelques instants après ce premier crime, Lamy se 
présentait, avec un complice nommé Nicolas Duménil, au domicile 
de sa victime, chez Husson, maître tailleur, rue Geoffroy Langevin ; 
reçus par la femme de Goldschmidt, Marie Anne Alcan, d'Amster- 
dam, âgée de 26 ans, ils l'avaient assaillie à coups de marteau. 
Arrêté chez un vitrier, grand cul de sac de la rue Beaubourg, Lamy 
avait déclaré être âgé de quarante ans, natif d'Amsterdam, et établi 
depuis dix-huit mois à Paris, où il faisait commerce de toutes sortes 
de marchandises, notamment de thé. Il disait ne pas connaître les 
époux Goldschmidt. Juif de naissance, il faisait profession de religion 
catholique, mais n'avait pas encore reçu le baptême. Il devait être 
présenté le lendemain de son arrestation a « Monsieur le Cardinal » 
par l'abbé de Vallois, demeurant rue Lévêque : il portait en effet 
sur lui un billet par lequel cet abbé s'engageait à lui payer 1 37 1. — 
Condamné par sentence du Châtelet du 4 décembre ' à être rompu 
vif, il fut exécuté avant le 26. Duménil, qui n'avait pas été retrouvé, 
fut condamné à être rompu en effigie par jugement du 28 fé- 
vrier 1721 ^. — duant à la malheureuse, qui confrontée avec son 
assassin l'avait reconnu?, elle mourut quelques jours après. (Voir 
pièce n° 4). 

Parmi les témoins de l'enquête figurent : la petite fille des vic- 
times, nommée Marguerite ; Elise Levy, femme d'Oulry Alcan, 
belle-sœur de Marie Anne, 23 ans, habitant chez la veuve Bertin, 
rue Quincampoix ; Catherine Goutcheau, femme de Mayer ou 
Moyse Franc, Juif de Metz ; Isaac Bernard, d'Amsterdam, 54 ans, 
habitant chez Rousseau, rue du Poirier ; Paris ou Baric Levy, de 



1. Cf. Sentence de mort. Extrait des registres du Greffe criminel du 
Chastelet de Paris (S. 1. n. d. ; in- 4° piano) [Bibl. Nat., F. 21087 (119)]. 

2. Arrêté avec sa femme en 1732, il nia avoir pris part à cet assassinat. 
L'enquête fut recommencée sans aboutir. C'est cette information qui 
donne la date des jugements (Arch. Nat., Y. 14527, 18 avril 1752). Les 
papiers et registres de la Chambre criminelle du Châtelet manquent 
pour 1720. 

3. « Grâce à Dieu, s'était-elle écriée, le voila le chien de bourreau quy 
m'a donné les coups de marteau... » 



52 DOCUMENTS SUR LES JUIIS A PARIS 

Metz, 26 ans, demeurant même maison que les époux Goldschmit ; 
Salomon Veyl, de Francfort, 39 ans, demeurant rue Pierre-au-Lard, 
chez Dubuc, à l'enseigne du Ciseau d'or, où il a pour voisin Jacob, 
Juif de Hambourg ; Elie Prac ou Prag, de Metz, 45 ans, rue de la 
Poterie, à la Tour d'Argent ; Charles Philippe Caïn, « bourgeois de 
Paris », 34 ans, rue Saint-Sauveur. 

4- 
12 décembre 1720. — Scellé de Marie Anne Goldschmidt.. 

Y 14517. 

Scellé après le décès de Marie Anne Alcan, femme d'Aaron 
Golschmidt, demeurant avec son mari chez Husson, maître tailleur, 
au Ciseau d'or, rue Geoifroy Langevin, à la requête dud. logeur, 
créancier d'une somme de 155 1. 18 s. pour lover et fournitures 
diverses (cf. pièces n^^ 2 et 3). 

Commissaire : L.-P. Blanchard. 

Parmi les créanciers de la succession figurent : René Gagné, chi- 
rurgien (300 1. pour soins) ; Rolland Paul Arnaud et Dominique 
de Lissai, chirurgiens (195 1. chacun, pour treize consultations, 
opération et assistance aux pansements) ; Louis Alexandre Du Bois, 
chirurgien ; Bastonneau, apothicaire ; Salomon Bernard, Juif de 
Metz (10 1. pour 2 bouteilles d'eau de vie fournies à la malade). 

5- 

20 décembre 1730. — Acte de décès de Rachel Schwab. 

Y 1452e. 

L'an mil sept cent trente, le mercredy vingtième jour de 
décembre, huit heures du matin, en l'hostel de nous, Louis Pierre 
Blanchard, conseiller du Rov, commissaire au Chatelet de Paris, 
est comparu le S'' Ruben Chouabbe, Juif, natif de Metz, demeurant 
en cette ville de Paris, rue S' Martin, paroisse S' Laurent. 

Lequel nous a dit et déclaré que cette nuit environ les trois 
heures du matin, Rachelle Chouabbe, aussy Juif, sa fille ', âgé de 
dix huit mois, est déceddé, que luy comparant s'est présenté au 
S'' curé de l'église paroissialle de S' Laurent, lequel a refusé d'en- 

I . Le rédacteur avait d'abord écrit « son fils ». De là les formes masculines 
de tout le procès-verbal. 



AU XVIIl^ SIECLE 53 

terer led. Rachelle Chouabbc, attendu qu'il csîoit de la religion 
juif, et comme il est nécessaire de pourvoir à l'inhumation du 
cadavre dud. Rachelle Chouabbe, il se retire par devant nous pour 
estre ordonné ce qu'il appartiendra. Et a signé : 

Blanchard, Ruben Schwab '. 

Sur quoy, nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
aud. S'' Ruben Chouabbe donné acte de sa comparution ou dire et 
réquisition, et, en conséquence, sommes à l'instant transportez en 
l'hostel et pardevant Monsieur le Lieutenant général de police, et 
ayant référé de ce que dessus, mondit sieur le Lieutenant général 
de police a ordonné qu'attendu le refus dud. S"" curé de l'église 
S' Laurent d'enterer le cadavre de lad. Rachelle Chouabbe, veû la 
religion juifve dans laquelle elle est née et élevée, que led. cadavre 
sera enteré au licli ordinaire à cette religion, et v sera porté à heure 
de nuit, sans bruit et sans scandai, en observant les précautions 
ordinaires. Et a mondit S"" le Lieutenant général de police signé : 

Hérault. 



30 mai 1735. — Acte de décès et procès-verbal d'inhumation 
de Jacob IVornis. 
Y 14530. 

L'an mil sept cent trente cinq, le lundy trentième jour de may, à 
huit heures du matin, pardevant nous, Louis Pierre Blanchard, 
conseiller du R03', commissaire au Châtelet de Paris, en notre hôtel, 
est comparue 13*= Sara Levie, épouse du S. Jacob Vormes, Juif, 
négotiant à Metz. 

Laquelle nous a dit que led. Jacob Vorms, Juif de Metz, son 
mary, est décédé ce jourd'huy matin entre trois et quatre heures 
dans une maison, riie du Haut Moulin, portant le nom de l'hôtel 
de la Magdelaine, chez le S"" Vougny, et comme elle a intérêt de 
constater ledit décès, attendu que l'on luy refuse la sépulture 
ecclésiastique parce qu'il étoit Juif de nation et vivoit selon leur 
loy, elle nous a requis de nous transporter présentement avec elle 
pour constater led. décès en lad. maison susdésignée. Et a signé : 

Sarah Levy '. 



1. Avec une seconde signature de Schwab en hébreu. 

2. Avec une seconde sisrnature en liébreu de la même main. 



54 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte à lad, D^ Sara Levie, V^ dud. S. Wormes, de sa compa- 
rution, dire et réquisition, et y faisant droit sommes à l'instant 
transporté avec elle susd. rue du Haut Moulin en lad. maison et 
hôtel susdésignée, ou estant arrivé et monté au premier estage 
d'icelle et entré en [une] chambre ayant vue sur la court, où il nous 
est apparu du cadavre dud. Jacob Vormes, estendu sur une pail- 
lasse, le tout à nous exhibé par lad. D^ Sara Levie, laquelle nous a 
requis en outre de refferer de ce que dessus à. Monsieur le Lieute- 
nant général de police pour en estre par luy ordonné ce qu'il 
appartient. Et a signé : 

Sarah Levvi. 

Et à l'instant nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, fai- 
sant droit et adhérant au réquisitou-e de ladite Sara Levie, nous 
nous sommes transporté en l'hôtel de mondit sieur le Lieutenant 
général de police, auquel ayant fait raport du contenu en notre pré- 
sent procès verbal, mondit sieur le Lieutenant général de police a 
ordonné que le corps dudit Jacob Vormes seroit en notre présence 
enlevé sans scandai, avec les mesures ordinaires, et ensuite inhumé. 
Et a mondit sieur le Lieutenant général de police signé : 

Hérault. 

Et ledit jour, onze heures du soir, nous, commissaire susdit, 
en exécution de l'ordonnance de mondit sieur le Lieutenant géné- 
ral de police, sommes transporté rue du Haut Moulin, à l'hôtel de 
la Magdelaine, où estant arrivé et monté au premier étage d'iceluy 
et entré en une chambre ayant vue sur lad. court, ou y avons trouvé 
ladite Sara Levie, en présence de laquelle avons fait transporter le 
corps dud. Jacob Vormes dans le jardin du nommé 
{sic) à la Villette où il a été enterré en la manière ordinaire et 
accoutumée. 

Blanchard. 
7- 

22 janvier 1736. — Acte de décès et procès-verbal d'inhumation 
de Moyse Sclrwabe. 
Y 14530. 

L'an mil sept cent trente six, le dimanche vingt deuxième jour 
de janvier, huit heures du matin, pardevant nous, Louis Pierre 

I. Avec une seconde signature en hébreu de la même maiu. 



AU XVIII' SIECLE 55 

Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, 
en notre hôtel, est comparu Rubin Schuvabe, Juif de Metz, de 
présent à Paris, logé rue Beaubourg. 

Lequel nous a dit que Moyse Schuvabe, Juif de Metz aussy, son 
frère, est décédé le jour d'hier sur les onze heures et demy, rue de 
Venise, à l'hôtel de France, chez le S"" Parmentier en une chambre 
au ler étage, ayant vue sur la rue, et attendu qu'il a intérêt de cons- 
tater led. décès et que l'on luy refuse la sépulture ecclésiastique, 
parce qu'il persistoit dans leur ancienne méthode de vivre, il nous 
a requis de nous transporter présentement avec luy pour constater 
led. décès en lad. maison. Et a signé : 

RUBEN SCHWABE '. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte aud. Rubin Schuvabe de sa comparution, dire et réqui- 
sition, et y faisant droit sommes à l'instant transporté rue de \'enise, 
à l'hôtel de France, occupé par le S"" Parmentier, où estant arrivé et 
monté au premier estage d'iceluy et entré en une chambre ayant 
vue sur lad. rue, nous est apparu du cadavre dud. Moyse Schuvabe 
étendu sur une paillasse, le tout à nous exhibé par led. Rubin 
Schuvabe, lequel nous a requis eu outre de refférer de ce que dessus 
à Monsieur le Lieutenant général de police pour .en estre par luy 
ordonné ce qu'il appartient au sujet de ladite inhumation. Et a 
signé : 

RUBEN SCHWABE ^. 

FZt à l'instant nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, fai- 
sant droit et adhérant au réquisitoire dud Rubin Schuvabe, nous 
nous sommes à l'instant transporté en l'hôtel de mondit sieur le 
Lieutenant général de police, auquel ayant fait rapport du contenu 
en notre présent procès verbal, mondit sieur le Lieutenant général 
de police a ordonné que le corps dud. Moyse Schuvabe seroit en 
notre présence enlevé sans scandai, avec les mesures ordinaires, et 
ensuite inhumé. Et a mondit sieur le Lieutenant général de police 
signé : 

Hérault. 

Et lesd. jour et an que dessus nous, conseiller du Roy, commis- 
saire susd., six heures de relevée, sommes transporté susd. rue de 



1-2, Avec une seconde signature de Schwabe en hébreu. 



5é DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Venise aud. hôtel de France occupé parle S"" Parmentier, où estant 
arrivé et monté en une chambre au premier estage d'icelle ayant 
vue sur lad. rue, où il nous est apparu du cadavre dud. Moyse 
Schuvabe, que nous avons fait enlever et enterrer en notre présence 
et dud. Rubin Schuvabe, Lyon et autres Juifs dans le jardin du 
S"" Camot, hôtelier àla Villettc, à l'Étoile, et ce en la manière ordi- 
naire et accoustumée. Et ont... {sic) 

Blanchard. 
8. 

17 novembre 1737. — Scellé, acte de décès etproch-verhnJ d'inhiinmtion 
de Ruben Schouabe. 
Y 1455 I. 

L'an mil sept cent trente sept, le dimanche dix sept novembre, 
huit heures du matin, en notre hôtel et par devant nous, Louis 
Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de 
Paris, sont comparus Samuel Cahain, Juif de Mets, et Ruben Dal- 
troff, Juif de Mets, demeurants à Paris, rue Saint Martin. 

Lesquels nous ont dit que, sur l'avis à eux donné par la nommée 
Carra, tenant chambres garnies, rue Saint Martin, chez le S''Chalée, 
perruquier, que le nommé Ruben Schouabe, Juif de Metz, étoit 
tombé le jour d'hier dangereusement malade d'une oppression de 
poitrine ; que s'y étant transportés sur les minuit, ils auroient effec- 
tivement trouvé ledit Schouabe dans son lit, très malade, lequel 
leur auroit dit qu'il ne pouroit pas revenir de ladittc maladie et 
qu'il les prioient (5/f) très instament de vouloir bien avoir soin du 
peu d'effets qui luy restoit, affin de pourvoir aux frais de son inhu- 
mation ; que pour cet eifet, en la présence de lad. Carra et d'une 
autre particulière qui s'est trouvée présente, ils auroient pris plu- 
sieurs petites nippes qui étoient épars dans lad. chambre, entr'autre 
la culotte dud. Schouabe, dans laquelle led. Ruben Schouabe en 
auroit tiré la clef d'une armoire pour le tout y enfermer, et laquelle 
clef il auroit remis sur le champ èz mains dud. Samuel Cahin, à la 
charge par luv d'y prendre ce qu'il conviendra pour son inhuma- 
tion, en cas qu'il vint à décéder, et luv a dit en hébreu qu'il ne 
croyoit pas avoir assez d'argent dans lad. armoire pour faire son 
dit enterrement ; que led. Ruben Schouabe étant tombé dans le 
même moment à l'agonie et menaçant d'une mort prochaine, ledit 
Samuel Cahin, attendu sa qualité de saccrdoty ', s'est retiré avec 

I. Les descendants ou pseudo-descendants de la famille sacerdotale 
fondée par Aaron, frère de Moïse, (en hébreu, cohatiitn) ont dans la 



AU XVIII'-' SIÈCLE 57 

la clef de lad. armoire, dont il est en possession ; et comme led. 
Schouabe est décédé sur les une heure après minuit, il nous 
requiert de présentement nous transporter avec led. S'' Daltrof 
dans la chambre où est le corps dud. Schouabe à l'effet par nous 
d'apposer nos scellez et cachets sur lad. armoire, de laquelle il 
nous a remis la clef, et de prendre dans icelle néantmoins la somme 
qu'il conviendra pour taire les frais de lad. inhumation, ainsy que 
l'a ordonné led. S"" Schouabe avant son décez, et que le tout soit 
laissé, ainsy que ce que nous retirerons de lad. armoire, en la 
garde et possession dud. S"" Rubin Daltrof. Et ont signé : 

RuBEN Daltrof', Samul Cahen. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte auxd. sieurs Cahin et Daltroffe de leurs comparutions, 
dires et réquisitions, et en conséquence sommes transportez susditte 
rue Saint Martin en une maison occupée par bas par le S"" Chalée, 
perruquier, et étant monté au troisième étage et entré en une 
chambre avant vue sur la rue, y avons trouvé et est comparue par 
devant nous Louise Hamelle, veuve de Pierre Carra, tenant 
chambres garnies dans la maison où nous sommes, à laquelle avons 
fait entendre le sujet de notre transport, nous a dit qu'elle n'em- 
pêche l'apposition de nos scellez, même requiert à la conservation 
de ses droits. Et a signé : 

Blanxhard, Louise Hamel Duamel (sic). 

Et après qu'il nous est apparu du cadavre dud. Ruben Schouabe 
gissant sur une paillasse, étant dans le milieu de lad. chambre, et 
après serment fait par lad. femme Gara et par Marguerite Pehu, 
fille majeure, étant dans lad. chambre, ne n'avoir rien détourné, 
veu ny fait détourner aucuns effets de la succession dud. Schouabe, 
soit avant ny depuis son décez, directement ny indirectement, 
avons avec la clef qui a été remise en nos mains par led. S"" Cahin 
fait ouverture d'une armoire à quatre guichets fermées (sic) et en 
avons tiré la culotte dud. deffunt à la réquisition dud. S'' Daltrof, 
où nous avons trouvé dans les poches trois louis de vingt quatres 
livres pièces (.wV), trois demy louis de douze livres chacun, sept 

célébration du culte certains privilèges ou certaines préséances. Le 
Lévitique, XXI, i sqq., leur interdit de rester sous le même toit qu'un 
mort. 

I . Dans cette pièce la signature de Daltrof est chaque fois accompagnée 
de sa seconde signature en hébreu. 



58 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

écus de six livres et un de trois livres, faisant le tout ensemble la 
somme de cent cinquante trois livres, avons aussv tiré de lad. 
armoire trois timballes, un étuv et une tabatière d'argent, le tout 
poinçon de Paris, pesant ensemble un marc trois onces deux 
gros, après quov avons remis dans lad. armoire plusieurs 
habits et effets à l'usage dud. deffunt étant dans lad. chambre, et 
avant refermé les quatre battans de lad. armoire avec leur clef 
restée en nos mains, avons sur les serrure, ouverture et fermeture 
d'iceux mis et apposé nosd. scellé (sic) dud. sceau et cachet de nos 
armes sur les bouts de trois bandes de papier ; item avons apposé 
nos scellez dud. sceau et cachet de nos armes sur les bouts de quatre 
bandes de papier posées sur les quatre tiroirs, serrure, ouverture 
et fermeture d'une commode de bois de noyer, après avoir refer- 
mée (^/c) lesd. tiroirs avec leur clef restée en nos mains. 

Ce fait et ne s'étant plus rien trouvé à sceller ny à décrire dans 
lad. chambre, tous nos scellez sains et entiers sont restez en la 
garde et possession de lad. V^ Carra, laquelle s'en est volontaire- 
ment chargée et promis les représenter touttes fois et quantes elle 
en sera requise comme dépositaire de biens de justice, et à l'égard 
de lad. somme de cent cinquante trois livres cy dessus décrite, 
desd. trois timballes, ctuv et tabatière d'argent cassée, ainsy que de 
deux boutons de manche d'or à grains qui se sont trouvez à une 
chemise salle, ont été laissez en la garde et possession dud. $■■ Ru- 
ben Daltrof, qui s'en est aussy chargé comme dépositaire de biens 
de justice, le tout pour parvenir aux frais qu'il convient faire pour 
l'inhumation dud. deffunt, à la charge de compter du tout quant et 
à qui il appartiendra. Et pour être statué sur lad. inhumation dudit 
Ruben Schouabe avons ordonné qu'il en seroit communiqué à 
Monsieur le Procureur du Rov pour être par Monsieur le Lieute- 
nant général de police [ordonnéj ce qu'il appartiendra. Rayé (sic) 
mots comme nuls au présent procez verbal. 

MARGUERnT(^/V) Pehue, Louise Hamel, Ruben- Daltrof, 

Bl.AKCHARD. 

Veu le présent procès verbal, je requiers pour le Roy le cadavre 
dud. Ruben Schouabe estre inhumé dans le chantier de la Villette, 
nuitament, sans bruit, scandale ny apareil, et estre enjoint aux 
officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est. 
Fait ce 17 9^''^ I737- 

MOREAU. 

Veu le procès verbal de l'autre part et les conclusions cy dessus 



AU XVIIl' SIÈCLE 59 

du Procureur du Roy, nous ordonnons que le cadavre dudit Ruben 
Schouabe sera inhumé de nuit et sans scandai dans le chantier de la 
Villette. Fait ce 17^ 9'"-e 1737. 

Hérault. 

Et lesd. jour et an que dessus, sept heures du soir, nous, con- 
seiller du Roy, commissaire susdit, sommes transportez au village 
de la Villette, au chantier du S'' Camot, à l'enseigne de l'Étoille, où 
étant et en présence des S"'^ Ruben Daltrof et Moyse Spire Levy, 
Juifs de Metz, le cadavre dud. Ruben Schouabe a été inhumé en la 
manière accoustumée. Et ont signé avec led. S'' Camot: 

Camo, Ruben Daltrof, Moyse Spir Levi, Blanchard. 

* [La suite de l'acte comprend les différentes oppositions à la 
levée des scellés. La V^ Carra demande 60 1. pour 5 mois de loyer 
dûs par Schouabe et 39 1. 3 s. pour débours durant sa maladie. Le 
substitut du Procureur du Roi comparait « pour l'absence » d'Anne 
Levy, femme du défunt, Judiq Le\T, son fils, et autres, héritiers 
présomptifs ; ceux ci sont ensuite représentés par un fondé de pro- 
curation, Louis Lévv, négociant à Paris, rue Grenier Saint-Lazire. 
Elie Schouabe Raby, de Hagnenau, de présent à Paris, rue Saint- 
Martin, à la Cloche, réclame le paiement de 20287 1. 10 s. adjugés 
par arrêt des commmissaires du Conseil, députés pour juger les 
contestations concernant les vivres, fourrages et étapes. Les hono- 
raires de Sauveur de Hauga, chirurgien, sont de 33 1. 10 s. Olry 
Spir Levy, banquier à Metz, fait opposition comme tiers porteur 
de 3 billets montant à 3000 1. signés par Gaud à Schouabe et con- 
testés par le débiteur. La vente des bardes devant être insuffisante 
pour couvrir les frais de scellé et autres, un billet de 475 1. signé 
au défunt par un sieur Nivert sera mis en recouvrement. 

L'inventaire est dressé par Jacques Gillet, notaire.] 



7 juin 1738. — Acte de décès et procès-verbaî d'inhumation 
de Rachel Tohar. 
Y 14535, dossier spécial, n° 24. 

L'an mil sept cent trente huit, le vendredy sept juin, neuf heures 
du matin, par devant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du 
Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, en notre hôtel, est com- 
paru Ribca de Léon, femme de Isac Tobar, marchand juif d'Hol- 



60 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

lande, demeurante à présent à Paris, rue Saint Denis, vis à vis la 
rue Thevenot. 

Laquelle nous a dit et déclaré que le jour d'hier sur les huit 
heures du soir Rachel Tobar, sa fille, âgée de dix mois, est décédée. 
Pourquoy elle vient nous en faire la présente déclaration et être 
par nous pourvu à son inhumation en la manière accoustumée. Et 
a déclarée ne sçavoir écrire ny signer, de ce interpellée suivant 
l'ordonnance. 

Sur quoy, nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, nous 
avons donné acte à lad. femme Tobar de sa comparution, dire, 
déclaration et réquisition. En conséquence, nous avons ordonné 
que le présent procèz verbal seroit communiqué à Monsieur le 
Procureur du Roy du Châtelet (i'/V) pour avoir ses conclusions sur 
laditte inhumation et être par Monsieur le Lieutenant général de 
police ordonné ce que de raison. Dont et de quov nous avons 
dressé le présent procèz verbal. 

Bl.ANXHARD. 

\'eu le procès verbal, je n'empesche pour le Rov le cadavre de 
laditte Rachel Tobar estre inhumé nuitament, sans bruit nv 
scandai, en la manière accoutumée, dans le lieu à ce destiné et 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est. Fait ce 7 juin 1738. 

MOREAU. 

Vu le procès verbal du commissaire Blanchard de l'autre 
part, ensemble les conclusions cy dessus du Procureur du Roy, 
nous ordonnons que le corps de lad. Rachel Tobar sera inhumé de 
nuit, sans bruit nv scandale, en la manière accoutumée, dans le lieu 
à ce destiné. Fait ce 7 juin 1758. Raves cinq mots nuls '. 

Hérault. 

Et lesd. jour et an que dessus, dix heures du soir, nous, con- 
seiller du Roy, commissaire susdit, pour l'exécution de l'ordon- 
nance de Monsieur le Lieutenant général de police cy dessus, nous 
nous sommes transportez au village de la Villette, en la maison du 
S"" Camot, à l'Etoille, où, en présence du S"" Emanuel de Léon et du 
S"" Ruben Daltrof, Juifs de Bordeaux ^ le cadavre de lad. Rachel 



1. Il avait été précédemment écrit : Ribca de Léon femme de Isac. 

2. Le second témoin est en réalité de Metz. 



AU XVII1= SIÈCLE él 

Tobar a ctc inhume en hi manière accoustumée. Ht ont signé avec 
le S"" Camot : 

Blanchard, Ruben Daltrof, Camo, Emanuel de Leok. 
(if;/ marge :) Charité. 



10. 

22 mai 1739. — Acte de décès et procès-verbal d'iuhumalion 
d'Esther Bernard. 

Y 14555, dossier spécial, n° 52. 

L'an mil sept cent trente neuf, le vendredy vingt deux may, 
huit heures du matin, par devant nous, Louis Pierre Blanchard, 
conseiller du Roy, commissaire au Chàtclet de Paris, en notre 
hôtel est comparu Bernard Hollandois, Juif d'Amsterdam, colpor- 
teur de marchandises, demeurant à Paris, rue Maubuée, chez le 
nommé Maubuisson, fruitier. 

Lequel nous a dit queEsthcr Bernard, sa tille, âgée de trois mois, 
est décédée le jour d'hier sur les huit heures du soir, dans les sen- 
timents de la religion judaïque. Pourquoy il nous requiert de 
pourvoir à son inhumation au lieu à ce destiné et à cet effet de 
nous transporter avec luy en sa demeure à l'effet de constater l'état 
du cadavre de lad. Esther Bernard, sa fille. Et a signé : 

Bernard de Hollandois. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, nous 
avons donné acte aud. Bernard Hollandois de sa comparution, dire 
et réquisition. En conséquence nous nous sommes à l'instant trans- 
porté avec luy susd. rue Maubuée, en une maison occupée par bas 
par un menuisier, et étant monté au deuxième étage et entré dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, nous est apparu d'un cadavre 
téminin, gissant sur un lit, qui nous a paru âgé d'environ deux mois 
et demy. Pourquoy étant nécessaire de pourvoir à son inhumation, 
que led. Bernard et Caton Cerf, sa femme, étant dans lad. chambre, 
nous ont déclarez que led. cadavre est celuy de lad. Esther Bernard, 
leur fille, nous avons ordonné que le présent procèz verbal seroit 
communiqué à Monsieur le Procureur du Roy pour avoir ses 
conclusions, pour sur icelles être ordonné par Monsieur le Lieu- 
tenant général de police ce qu'il appartiendra sur lad. inhumation. 
Et ont signé : 

Judit Hartogh, Bernard de Hollandois, Blanchard. 



62 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre de 
lad. Esther Bernard estre inhumé sans bruit, scandale ny apareil, 
dans le lieu à ce destiné, à la Villette, et enjoint aux officiers du guet 
et de police de prester main forte, si besoin est. Fait ce 
22 may 1739. 

MOREAU. 

\'eu le procèz verbal et les conclusions du Procureur du Roy, 
nous ordonnons que le corps d'Esther Bernard sera inhumé sans 
bruit, scandai nv appareil, dans le lieu à ce destiné à la Villette, 
et enjoignons aux^ officiers du guet et de police de prester main 
forte si besoin est. Fait ce 22 mai 1739. 

Hérault. 

Et lesdits jour et an, dix heures du soir, pour l'exécution de 
l'ordonnance ci dessus, nous, conseiller du Roy commissaire susdit, 
nous sommes transporté susditte rue Maubuée, en la maison et 
chambre ci devant désignée, où nous avons fait mettre le cadavre 
de lad. Esther Bernard dans une bière et l'avons fait transporter au 
chantier du S"" Camot scis audit lieu de la Villette, oîi ledit 
cadavre a été inhumé en la manière accoutumée. 

Blanchard, Camo'. 

(£;/ viarge :) Charité. 



II. 

16 août 1739. — Acte de décès et procès-verbal d'inhumation 
de Cerf Vestphalie. 
Y 14335, dossier spécial, n° 55. 

L'an mil sept cent trente neuf, le dimanche seize aoust, huit heures 
du soir, par devant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du 
Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ancien préposé pour la 
police au quartier Saint Martin, en notre hôtel sont comparus 
Orry Cahin et Ruben Daltroff, Juifs de Metz, demeurants à Paris, 
sçavoir led. Orr}- Cahin, rue Geoffroy Langevin et led. Ruben 
Daltroff, rue Saint Martin. 

Lesquels nous ont dit qu'il va environ une demie heure Cerf de 
Vestphalie, Juif d'Allemagne, âgé d'environ trente huit ans, est 



I. Une note indique: « A faire signer au S"" Camot ». 



AU XVIII' SIÈCLE 63 

décédé de maladie qu'il avoit depuis quatre ou cinq jours, dans les 
sentiments de la relii^ion judaïque, et ce dans une petite chambre 
garnie où il demeurait rue de la Corroyrie, dépendante de 
notre quartier, et comme il est nécessaire de pourvoir à son 
inhumation dans le lieu à ce destiné, ils sont venus par devant 
nous pour nous faire la présente déclaration et requérir notre trans- 
port en lad. chambre pour constater l'état dud. Cerf de Vesphalie 
et être par nous sur le tout pourvu. Et ont signé : 

RuBEK Daltrof, Orry Cahin (hehr.). 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, nous 
avons donné acte auxd. comparants de leurs comparutions, dires, 
réquisitions et déclarations. En conséquence nous nous sommes à 
l'instant transportez avec eux susditte rue de la Corroyrie, en 
une maison occupée par bas par le nommé Damoy, fruitier, et 
étant monté au premier étage et entré dans une chambre ayant vue 
sur la rue, nous est apparu d'un cadavre masculin, gissant sur la 
paillasse d'un lit, paroissant âgé d'environ trente cinq à quarente 
ans, que lesd. Cahm et Daltroff nous ont déclaré être le corps dud. 
Cerf Vespthalie (sic). Pourquoy avons ordonné que le présent 
procèz verbal seroit communiqué à Monsieur le Procureur du Roy 
pour donner ses conclusions et sur icelles être ordonné par Mon- 
sieur le Lieutenant général de police ce qu'il appartiendra sur lad. 
inhumation. Dont et de quoy avons fait et dressé le présent procez 
verbal. Et ont signé : 

Blanchard, Rubex d'Altrof, Orry Cahik {hebr.). 

\'eu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Cerf Vesptalie estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai ny 
apareil, dans l'endroit à ce destiné, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police de prester main forte si besoin est. Fait ce 17 aoust 
1739. 

MOREAU. 

Veu le procèz verbal et les conclusions du Procureur du Roy, 
nous ordonnons que le corps dudit Cerf Vespthalie sera inhumé de 
nuit, sans bruit, scandai nv appareil, dans le lieu à ce destiné, et 
enjoignons aux officiers du guet et de police de prester main 
forte si besoin est. Fait ce 17 aoust 1739. 

Hérault. 

Et lesd. jour et an que dessus, unze heures du soir, nous, con- 



64 DOCUMENTS SUR LES JUllS A PARIS 

seillcr du Roy, commissaire susd., suivant et pour l'exécution de 
l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général de police cy des- 
sus, nous nous sommes transportez susd. rue de la Corroyrie en la 
maison susdésignée, de laquelle avons fait enlever le cadavre dudit 
Cerf de \'estphalie, que nous avons fait conduire au village de 
la Villette, en la maison où pend pour enseigne l'Étoille, occupée 
par le S"^ Camot, où étant led. cadavre a été inhumé en la manière 
ordinaire et accoustumée, en présence desd. Ruben Daltroff et 
d'Elie Cahin, Juifs de Metz. Et ont signé avec led. S"" Camot : 
Blanchard, Camo, Eue Cahk ', Rubkx Dai.trof. 
{El! marge .) Charité. 



12. 

22 septembre 1759. — Acte de décès d'Hcicne Benjamin Salomon. 
Y 15246. 

L'an mil sept cens trente neuf, le mardv vingt deux septembre, 
neuf heures du matin, en l'hôtel de nous, Pierre Regnard, conseiller 
du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, est comparu S"" Benja- 
min Salomon, Juif d'Hollande, de présent à Paris, travaillant à la 
manufacture de tabac seize rue du Boulloy, logé rue de la Jussienne, 
chez la dame veuve Guérard, où il est en chambre garnie. 

Lequel nous a dit que Heleine Benjamin Salomon, sa fille, âgée 
d'environ trois ans, est décédée le jour d'iiier de la petite verrole, 
née (françoise) ^ à Paris et de la mesme religion, et que comme il 
s'agist présentement de la faire inhumer et qu'il souhaitte faire faire 
cette inhumation au lieu de la Villette, dans la maison d'un cabare- 
tier qui a pour enseigne l'Etoille, qu'il ne le peut faire sans autho- 
rité de justice, luv comparant a recour (de) à nous pour que nous 
puissions nous transporter heure présente chez lad. veuve Guérard, 
où estant transporté (sic) et montés au second étage et entrés dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé un jeune 
cadavre étendu sur le plancher et enveloppé dans des linges, nous 
avons remarqué que c'étoit une fille âgée d'environ trois ans et 
morte de la petite verrole, et attendu qu'elle est de la religion dud. 
comparant, il demande qu'il luy soit accordé de faire faire lad. 
inhumation au lieu susdésigné. Et a signé : 

Benjamin Salomon (behr.), Regnaru. 

1 . Avec une deuxième signature en licbrcu. 

2. Ce mot a été barré. 



AU XV111'= SIÈCLE 65 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte aud. Benjamin Salomon de sa comparution, dire et 
réquisition, et pour être fait droit nous requière qu'il en soit par 
nous fait rapport à M'' le Lieutenant général de police en son hôtel, 
dont et de ce que dessus avons fait et dressé le présent procès ver- 
bal et avons signé : 

Regnard. 

Ed led. jour, nous étant transporté en l'hôtel de M"" le Lieute- 
nant général de police, auquel ayant fait rapport de ce que dessus, 
il a ordonné que le présent procès verbal sera communiquée (sic) 
au Procureur du Roy pour être ensuite ordonné ce qu'il appar- 
tiendra, et a moud, s'' le Lieutenant général de police signé ' : 

Et led. jour et an que dessus, sommes transportés en l'hôtel de 
M"" le Procureur du Roy, lequel, ayant pris communication dud. 
procès verbal, a dit qu'il n'empêche pour le Roy que le cadavre de 
lad. Heleine Benjamin Salomon soit inhumé iiuiftarneiit, sans bruit, 
scaudale ni appareil^ dans la maison dud. cabaretier, où pend pour 
enseigne l'Etoille, aud. lieu de la Villette, (sans aucune cérémonie 
ny culte de religion et sans aucun scandai), et enjoint aux officiers 
de police et du guet de prêter main forte (en cas de scandale) si 
besoin est. Et a mondit sieur le Procureur du Rov signé : 

MOKEAU. 

Vingt et un mot rayés nuls. 

iM. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Lesd. jour et an que dessus 5, 
(En viarge :) Rapporté 18 1. 



8 novembre 1739. — Acte de décès et procès-verbal d'iithuinalion 
d'Esther Towar. 
Y 14536, dossier spécial, n° 60. 

L'an mil sept cent trente neuf, le dimanche huit novembre, deux 
heures de relevée, par devant nous, Louis Pierre Blanchard, con- 



1. La signature fait défaut. 

2. Les mots en italique sont ajoutés de la main du Procureur du Rov en 
remplacement des mots entre parcntlicscs qu'il a barrés. 

3. La signature manque. 

S 



66 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

seillcr du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, en notre hôtel 
sont comparus Emanuel Léon et Salomon Bernard, Juifs demeu- 
rants à Paris, sçavoir led. Léon, rue Ma^^arine, et led, Bernard, rue 
Neuve Saint Merry. 

Lesquels nous ont dit et déclarez que Esther Towar, fille âgée de 
six mois, fille d'Isac Towar et de Ricca Towar, ses père et mère, 
Juifs d'Hollande, est décédée le jour d'hier de maladie, et comme il 
est nécessaire de pour\"oir à son inhumation dans le lieu à ce destiné, 
ils nous requièrent de présentement nous transporter avec eux rue 
Mazarine en la demeure dud. Léon, ou lad. Esther Towar est décé- 
dée, à l'effet d'être par nous pour\'eu à son inhumation, nous décla- 
rant en outre que le père de lad. deffunte est absent et que la mère 
est dans la dernière misère, qu'ils ont donné avis de cette mort aux 
commissaires dud. quartier qui jusqu'à présent ne s'y sont point 
transportez. Et ont signé : 

Emanuel de Léon, Salomon Bernard. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, nous 
avons donné acte auxd. comparants de leurs comparutions, dires, 
réquisitions. En conséquence et attendu le fait dont il s'agit, nous 
nous sommes à l'instant transporté rue Mazarine, en une maison à 
porte quarrée occupée par bas, et étant monté au premier étage et 
entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, nous est apparu 
d'un cadavre féminin paroissant âgé d'environ six mois, que lesd. 
Léon et Salomon nous ont dit être le corps de lad. Esther Touwar. 
Pourquoy avons ordonné que le présent procèz verbal seroit commu- 
niqué à Monsieur le Procureur du Roy pour donner ses conclusions 
et être sur icelles ordonné par Monsieur le Lieutenant général de 
police ce qu'il appartiendra sur lad. inhumation. Dont et de quoy 
avons fait et dressé le présent procèz verbal. Et ont signé : 

Salomon Bernard, Emanuel de Léon, Blanchard. 

\'eu le procèz verbal, je m'empesche pour le Roy le cadavre de 
lad. Esther Thowar estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai 
ny appareil, dans la maison et chantier du S"" Camot à la Vil- 
lette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester 
main forte si besoin est. Fait ce huit novembre 1739. 

MOREAU. 

Veu le procèz verbal et les conclusions du Procureur du Roy, 
nous ordonnons que le corps de lad. Esther Thowar sera inhumé 
de nuit, sans bruit, scandai ny appareil, dans le chantier du S'^ Camo 



AU XVIII' SIÈCLE 67 

à ce destine, scis à la Villette, et enjoignons aux officiers du guet 
et de police de prcster main forte si besoin est. Fait ce 8 no- 
vembre 1739. 

Hérault. 

Et lesdits jour et an que dessus, unze heures du soir, pour 
l'exécution de l'ordonnance ci dessus, nous, conseiller du Roy, 
commissaire susdit, nous sommes transporté susditte rue Mazarine 
en lad. maison et chambre ci devant désignée, où estant avons 
fait mettre le cadavre de lad. Esther Thowar dans une bière et 
l'avons fait transporter en la maison et chantier dud. S''Camot, à la 
Villette, où ledit cadavre a esté inhumé en la manière accoutumée. 

(Signé :) Blanchard, Camo '. 

(En marge :) Charité. 



14. 

9 mai 1741. — yicte de décès et procès-verhal d'inhumation 
de Jacques La tour. 
Y 1453e, dossier spécial, n° 165. 

L'an mil sept cent quarente un, le mardy neuf may dix heures 
du matin, pardevant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du 
Roy, commissaire au Chastelet de Paris, en notre hôtel sont com- 
parus Salomon Bernard, Juif de Metz, demeurant à Paris, rue Neuve 
Saint Merry, et Isac Fernand, Juif Portugais, demeurant à Paris, 
rue du Poivin. 

Lesquels nous ont dit et déclarez que la nuit du dimanche au 
lundy dernier, Jacques Latour, Juif de Portugal, demeurant à Paris 
riie du Cœur Volant, en une chambre garnie, âgé de quarente ans, 
est décédé dans la religion judaïque, dans la dernière des misères, 
que comme depuis ledit tems il n'a point été pourveu à son inhu- 
mation, que le cadavre sent une très mauvaise odeur ce qui pouroit 
occasionner la contagion dans lad. maison, ils sont venus par 
devant nous pour nous faire la présente déclaration, dont ils nous 
requièrent acte et être sur le tout par nous pourvu. Et ont signé : 
Salomok Bernard, Yshac Fernandez. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, nous 
avons donné acte auxd. comparants de leurs comparutions, dires, 

I . Une note indique : « A faire signer au S"' Camot » . 



68 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

réquisitions, et en conséquence et attendu le fait dont il s'agit, nous 
nous sommes à l'instant transporté avec lesd. Bernard et Fernand 
susd. rue du Cœur Volant, en une maison tenue garnie, et étant 
monté au premier étage et entré dans une petite chambre ayant vue 
sur la rue, nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur la 
paillasse d'un lit, que lesd. susnomméz nous ont déclarez être le 
corps dud. Jacques Latour, paroissant âgé d'environ quarente ans, 
et pour être statué sur l'inhumation dud. Latour, avons ordonné 
que le présent procèz verbal seroit communiqué à Monsieur le Pro- 
cureur du Roy, pour sur ses conclusions être ordonné par Mon- 
sieur le Lieutenant général de police ce qu'il appartiendra. Dont et 
de quoy avons fait et dressé le présent procèz verbal et avons 
signé : 

Blaxchard. 

Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Jacques Latour estre inhumé nuitament, sans bruit, scandale ny 
apareil, dans le jardin du nommé Camot, au village de la Villette, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte 
si besoin est. Fait ce 9 may 1741. 

MOREAU. 

Veu le procèz verbal et les conclusions du Procureur du Roy, 
nous ordonnons que le corps dud. Jacques Latour sera inhumé 
dans le cimetière des étrangers scis Porte Saint Martin (sic), de 
nuit, sans bruit ny scandai et enjoignons aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est. Fait ce neuf may 1741. 

Feydeau. 

Et lesd. jour et an que dessus, dix heures du soir, nous, conseiller 
du Roy, commissaire susdit, pour l'exécution de l'ordonnance de 
Monsieur le Lieutenant général de police, nous nous sommes 
transportez susd. rue du Cœur Volant en la maison susdésignée, 
où étant, avons fait conduire le corps dud. Jacques Latour dans 
une bierre au village de la Villette, dans le jardin du S'' Camot, où 
en présence desd. Bernard et Fernand, led. Jacques Latour a été 
inhumé en la manière accoustumée. Et ont signé avec led. 
S"^ Camot. 

Salomon Bernard, Yshac Fernaxdhz, Bi.axchaud, Camo". 

(En marge :) Charité. 

I. La minute porte au dos : « A faire signer par le S"" Camot ». 



AU XVlir SIÈCLE 69 

15- 

17 avril 1742. — Acte de décès et procès-verhal d'iiibuiiiation 
de Lion Benjamin. 

Y 1453e, dossier spécial, n" 156. 

L'an mil sept cent quarente deux, le mardy dix sept avril, 
huit heures du soir, par devant nous, Louis Pierre Blanchard, con- 
seiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, en notre hôtel est 
comparu Benjamin Prisac, Juif d'Hollande, demeurant à Paris, rue 
Saint Martin. 

Lequel nous a dit que la nuit dernière Lion Benjamin, son fils, 
âgé de treize mois, est décédé de maladie, et comme il est néces- 
saire de pourvoir à son inhumation, il est venu nous faire la pré- 
sente déclaration dont il requiert acte. Et a signé en hébreu : 

Benjamin Prisac (behr.). 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte aud. Benjamin Prisac de ses comparution, dire et réqui- 
sition. En conséquence sommes à l'instant avec luy transportez 
susd. rue Saint Martin, en une maison occupée par le sieur Del- 
beuf, maitre chirurgien, et étant monté au premier étage et entré 
dans une chambre ayant vue sur lad. rue, nous est apparu d'un 
cadavre masculin, que led. Prisac nous a dit être le corps de son 
fils. Pourquoy et pour être f;iit droit et ordonné sur lad. inhuma- 
tion ce qu'il appartiendra, avons ordonné que le présent procèz 
verbal sera communiqué à Monsieur le Procureur du Rov, pour 
être ensuite ordonné par Monsieur le Lieutenant général de police 
ce que de raison. 

Blanchard. 

Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roi le cadavre 
dudit Lion Benjamin être inhumé nuitament, sans bruit, scandai ni 
appareil, dans la maison et chantier du S"" Camot à la Villette, 
et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester main 
forte si besoin est. Fait ce dix huit avril 1742. 

MOREAU. 

Veu le procès verbal et les conclusions du Procureur du Roy, 
nous ordonnons que le corps dudit Lion Benjamin sera inhumé de 
nuit, sans bruit, scandai ni appareil dans le chantier du S"" Camot 



yO DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

à ce destiné, scis à la Villette, et enjoignons aux officiers du guet et 
de police de prêter main forte si besoin est. Fait ce i8 avril 1742. 

Feydeau. 

Et lesd. jour et an que dessus, nous nous sommes transportez au 
village delà MUette, en la maison dud. Caniot, où nous avons fait 
transporter le corps dud. Lion Benjamin, et en présence dud. Ben- 
jamin Prisac et de Bernard Salomon, Juif de Metz, le corps dud. 
Lion Benjamin a été inhumé en la manière accoustumée. Et ont 
signé avec le S"" Camot : 

Camo, Salomon Berkard, Benjamin Fris\c (hebr.) 

(En marge :) Juif. Charité. 

lé. 

20 juin 1743. — Actes de décès et procès-verhal d'inhumation 
de Salomon Bernard Levy. 

Y 15339- 

L'an mil sept cent quarente trois, le jeudy vingt juin, une heure 
de relevée, nous, Thomas Joseph Jean Regnaudet, conseiller du 
Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, sommes transporté es 
prisons du Petit Chàtelet, où étant dans l'intérieur desd. prisons 
monté avec le S"" François Calixte Dangers, consierge desd. prisons, 
dans une cliambre ayant vue sur la cour desd. prisons, nous y 
avons trouvé le S"" Rubens Daltrof, Juif de nation, négociant à 
Paris, demeurant rue Qiiinquempois, au Lys d'or. 

Lequel nous a dit que Salomon Bernard Levv, aussy Juif de 
nation, natif de de (sic) Metz, âgé de cinquante cinq ans ou environ, 
est décédé ce jourd'huy entre unze heures et midy dans la chambre 
où nous sommes, dans les sentimens de la religion judaïque et 
dans une extrême pauvreté, et comme il est nécessaire de pourvoir 
à son inhumation, il a requis notre transport à cet effet et a eslcu 
domicilie en sa denieure susditte. Et a signé avec nous et led. 
S"" Dangers (sic) mots raves nuls. 

Dangers, Ruben D'Altrof. 

Sur quoy, nous, conseiller, commissaire susd., avons donné 
acte aud. S"" Rubens Daltrof et aud. S"" Danger de leur comparution, 
dire et réquisition, et en conséquence nous étant apparu d'un 
cadavre masculin, gissant sur la paille et étendu sur lad. paille dans 
lad. chambre où nous sommes, que led. S"' Rubens Daltrof et led. 



AU XVIII* SIECLE 71 

S"" Dangers nous ont déclaré estre le corps dud. Salomon Bernard 
Levy, décédé ce jourd'huy d'une maladie suitte de descente, avons 
dit que pour estre statué sur l'inhumation dud. Salomon Bernard 
Levy dans le lieu à ce destiné, le présent procès verbal seroit com- 
muniqué à Monsieur le Procureur du Roy pour donner ses conclu- 
sions et sur le tout estre par Monsieur le Lieutenant général de 
police ordonné ce que de raison. Et ont lesd. S"" Rubens Daltrof et 
led. S"^ Dangers signé avec nous, (sic) mots rayés comme nuls. 
Dangers, Ruben D'Altrof, Regxaudet. 

Veu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Bernard Salomon Levy être inhumé nuitamment, sans bruit, 
scandale ny apareil, dans un jardin au village de la Chapelle, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main torte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce 21 juin 1743. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce 21 juin 1743. 

Feydeau. 

Et ledit jour et an que dessus, unze heures du soir, nous, con- 
seiller du Roy, commissaire susd., sommes transporté pour l'exécu- 
tionde l'ordonnance de M"" le Lieutenant général de police cv devant 
dattée, dans les susd. prisons au Petit Châtelet, et en présence 
dud. S'' Rubin Daltrotï, et de Raphaël Ory, Juif de Metz, demeurant 
rue Saint Martin chez le S'' Régnier, maître grenetier, le cadavre 
dud. Salomon Bernard Levy a esté transporté dans le jardin du 
S"" Cameau, à l'enseigne de l'Etoille, au village de la \'illette près 
la Chapelle, où il a esté inhumé en la manière accoutumée. Et ont 
signé avec nous : 

Rapehel Orry, Ruben Daltrof. 

(En marge): Charité. 



17- 

16 novembre 1745. — Acte de décès et procès-verbal d'inhumation de 
l'enfant nouveau-né de Joseph Valabrèque. 
Y 14536, dossier spécial, n" 126. 

L'an mil sept cent quarente cinq, le mardi seize novembre, dix 
heures du matin, en l'hôtel de nous, Louis Pierre Blanchard, con- 
seiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, est comparu 



72 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Joseph Valabrèque, Juif, ncgotiant de Bourdeaux, de présent en 
cette ville de Paris, demeurant rue et près Saint-André des Arcs, 
dans la maison du S'' Rosier, épicier, au premier étage sur le devant. 
Lequel nous a dit que Nertegarde, sa femme, est accouchée ce 
jourd'huy quatre heures du matin d'un enfant mâle et qui est venu 
mort. Pourquov il nous en vient faire la présente déclaration 
pour être par nous pourvu à l'inhumation dudit enfant en la 
manière accoutumée. Et a signé en lettres hébraïques, ne sçachant 
le faire autrement : 

JosKPH (J)chr'). 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
audit \'alabrèque donné acte de ses comparution, déclaration et 
réquisition ci-dessus. En conséquence, nous sommes transporté en 
sa demeure susditte et dans led. apartement nous a été représenté le 
cadavre d'un enfant nouvellement né, que ledit Valabrèque nous a 
dit être son fils et dont lad. femme est accouchée ce jourd'huy 
matin, lequel enfant est resté dans ledit appartement en la 
garde dudit Valabrèque, son père, jusques à ce qu'il ait este 
ordonné sur l'inhumation dont il s'agit par Monsieur le Lieutenant 
général de Police sur les conclusions de Monsieur le Procureur 
du Rov, après que le présent procès verbal luy aura été commu- 
niqué. Et a ledit \'alabrèque signé comme dessus : 

Blanxhard, Joseph (bcbr). 

Vu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre du 
fils dudit Joseph Valabrèque estre inhumé nuitamment, sans bruit, 
ni scandai, en la manière accoutumée, dans le lieu à ce destiné, et 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est. Fait ce i6 novembre 1745. 

MOREAU. 

Wi le procès verbal du commissaire Blanchard ci dessus, 
ensemble les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons 
que le corps du fils dudit Joseph \'alabrèque sera inhumé de nuit, 
sans bruit ni scandai, en la manière accoutumée, dans le lieu à ce 
destiné, l'ait ce 17 novembre 1745. 

Fevdeau. 

Et lesdits jour et an que dessus, nous, conseiller du Roy, 
commissaire susdit, pour l'exécution de l'ordonnance de Monsieur le 
Lieutenant général de police ci dessus, nous sommes transporté en 



AU XVIII^ SIÈCLE 73 

la maison du S"" Camot, à la Villette, où en présence dudit Vala- 
brèque père et du S"" Isaac Fernandes Henriqs, Juif, négotiant 
d'Espagne et Portugal, demeurant rue Mazarine, le corps de l'enfant 
nouveau né en question a été inhumé dans le jardin dudit Camot, 
en la manière accoutumée. Ht ont signé : 

Joseph (behr.), Yshac Ferxaxdez Henriques, Blanxhakd, Camo. 
(£// iiKirî^c) : Charité. 

i8. 

10 mai 1746. — Acte de décès et procès-vcrhal d'inhv.malion 
de Salomou Benjamin 

Y 14 541, dossier spécial. 

L'an mil sept cent quarente six, le mardi dix may, cinq heures 
du soir, nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, sommes transporté rue 
Beaubourg vis à vis le cù de sacq de l'Anglois, en une maison apar- 
tenantc à maitre Gillct, notaire, où estant et monté dans une pièce 
avant vue sur la rué au premier étage, sont comparus devant nous 
Benjamin Jonas, Juif employé à la manufacture du tabac à Paris, v 
demeurant rue et à l'hôtel de Montmorency, en chambres garnies, 
père du delïunct cy après nommé. Rosette Salomon, native 
de Vcelback ', veuve dudit deiïunct, Abraham Isaac, Juif de Lou- 
terbourg - en Alsace, demeurant susdite rue et à l'hôtel de Mont- 
morency, et Cerf Israël, Juif négotiant de Metz, négotiant (sic), 
demeurant rue Quincampoix, au Lvs d'or. 

Lesquels nous ont dit que Salomon Benjamin, Juif, aussi ouvrier 
à la manufacture du tabac à Paris, âgé de vingt six ans, natif 
d'Amsterdam, fils dudit Benjamin Jonas et époux de lad. Rosette 
Salomon, est décédé ce jourd'huy d'un abcès qui s'estoit formé dans 
sa gorge et dont il estoit malade depuis trois semaines ou environ, 
et comme il s'agit de pourvoir à son inhumation, ils ont requis 
notre transport pour être, par nous, sur ce, fait ce qu'il apartiendra, 
nous requérant acte. Et ont signé et aprouvé la rature de 
(.f/V) mots comme nuls : 

Abraham Isaac, Juif de Lauterbourg ; 

Rosette Salomon (hebr.) ; Cerf Israël {behr.) '. 

1. Walbeck, canton de Geldern, distr. de Dùsseldorf, Province rhénane, 
Prusse. 

2. Aujourd'hui Lauterbourg, cercle de Wissembourg. 

3. Les éléments de ces signatures hébraïques peuvent se lire : Rosele 



74 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, 
avons aux susnommés donné acte de leurs dires et réquisitions ci 
dessus et en conséquence, après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
masculin, gissant dans un lit, qui nous a paru âgé de vingt six ans 
ou environ, ayant le tour de la bouche ensanglanté, ce que les 
susnommés nous ont affirmé provenir de l'abcès, quand il avoit 
abouti, ayant rendu quantité de sang par la bouche, nous avons 
ordonné que le présent procès verbal sera communiqué à Mon- 
sieur le Procureur du Roy aud. Châtelet pour sur ses conclusions 
être par Monsieur le Lieutenant général de police ordonné ce qu'il 
apartiendra. Et est ledit cadavre resté en la garde des susnommés 
qui ont signé : 

Abraham Isaac, Juif de Lauterbourg ; 
Rosette Salomon {hehr) ; Cerf Israël {hehr.) ; Blaxchard. 

Vu le procès verbal, je n'cmpesche pour le R05' le cadavre dudit 
Salomon Benjamin estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai, ni 
apareil, dans l'endroit à ce destiné, et estre enjoint aux officiers du 
guet et de police de prester main fort (^sic) si besoin est et s'ils en 
sont requis. Fait ce 10 may 1746. 

MOREAU. 

Vu le procès verbal et les conclusions du Procureur du Roy, 
nous ordonnons que le corps dud. Salomon sera inhumé de nuit, 
sans bruit, scandai ni apareil dans le lieu à ce destiné, et enjoignons 
aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin 
est et s'ils en sont requis. Fait ce 10 may 1746. 

Feydeau. 

Et le mercredi unze may, trois heures du matin, aud. an, nous, 
conseiller du Roy, commissaire susdit, transporté en lad. maison 
ci devant designée et dans led. apartement au premier étage 
sur le devant, en exécution de l'ordonnance de Monsieur le 
Lieutenant général de police ci-dessus en datte du jour d'hier, avons 
fait transporter à la réquisition que dessus au jardin du S"" Camot, 
hostellier, scis à la Villette, led. cadavre, où en notre présence et 
de celle dudit Benjamin, père dud. deifunct, et en celle desd. 
Abraham Isaac et Cerf Israël, ledit cadavre a été inhumé en la 



femme de Benjamin Preisig, et Nephtali (équivalent de Cerf en hébreu) 
ben lezechiel. 



AU XVIII' SIÈCLE 75 

manière accoutumée. Et ont signé avec le S"" Camot présent et 
aprouvé la rature de Çsic) mots comme nuls : 

Blanchard ; Abraham Isaac, Juif de Lauterbourg ; 

Camo ; RosetteSalomox (^hebr.) ; Cerf Israël {hehr.). 



19. 

i^"" octobre 1746. — Acte de décès et procès-verbal d'inhumation 
de Mahyer Lion 

Y 15342. 

L'an mil sept cent quarante six, le samedy premier octobre, six 
heures du matin, nous, Thomas Joseph Jean Regnaudet, conseiller 
du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, requis, sommes trans- 
porté dans les prisons du Petit Châtelet, et étant dans l'intérieur 
desd. prisons monté avec le S"^ François Calixte Dangers, concierge 
desdits prisons, dans une petite chambre ayant vue sur la cour 
d'icelles prisons, occupée par Mahyer Lion, Juif, nous y avons 
trouvé le S"" Ruben D'Altrof, aussy Juif, négotiant à Paris, demeu- 
rant rueMaubuée. 

Lequel nous a dit que ledit Mahyer Lion, Juif de nation, natif de 
Trêves, demeurant ordinairement en la ville de Metz, âgé de 
soixante trois ans, et détenu prisonnier pour dettes dans lesd. pri- 
sons depuis l'année mil sept cent trente six, est décédé le jour d'hier 
sur les six heures du soir, dans la chambre où nous sommes, dans 
les sentiments de la religion hébraïque et dans une extrême pau- 
vreté ; et comme il est nécessaire de pourvoir à son inhumation, il 
a requis notre transport à cet effet, et a eslû domicile en sa demeure 
susdite, et a signé avec nous et ledit S'' Dangers : 

Ruben D'Altrof, Dangers. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte audit 
S"^ Ruben D'Altrof de ses comparution, dire, réquisition, et, en 
conséquence, nous estant apparu d'un cadavre masculin étendu de 
son long sur de la paille dans lad. chambre où nous sommes, que 
ledit S"" Ruben D'Altrof et ledit S"' Dangers nous ont déclaré estre 
le corps mort dudit Mahyer Lion, décédé ledit jour d'hier, d'une 
rétention d'urine avec inflammation dans le bas ventre, avons 
ordonné que pour estre statué sur son inhumation dans le lieu à ce 
destiné le présent procès verbal seroit communiqué à Monsieur le 
Procureur du Roy pour donner ses conclusions et estre sur le tout 
par Monsieur le Lieutenant général de police ordonné ce que de 



76 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

raison. Et ont lesd. S''^ Dangers et Ruhen D'Altrof signés avec 
nous : 

RuBEN D'Altrof, Daxgkrs, Regnaudet. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre dudit 
Mahyer Lion estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai ny 
appareil, dans le jardin du nommé Cameau, à la \^illette, à l'en- 
seigne de l'Étoille, et estre enjoint aux officiers du guet et de police 
de prêter main forte si besoin est. Fait ce i"^'' octobre 1746. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce i^"" octobre 1746 '. 

Et ledit jour et an que dessus, unze heures du soir, nous, com- 
missaire susd., sommes transporté pour l'exécution de l'ordonnance 
de Monsieur le Lieutenant général de police cy devant dattée dans 
les susd. prisons du Petit Châtelet et en présense des S''^ Bernard 
de Mayencc, demeurant du (.v/V) Temple, et de Jacob Gition, 
demeurant rue Neuve S' Mery, tous deux Juif (5/V) de nation, le 
cadavre dudit Mahver Lion a esté inhumé dans le jardin dud. 
S"^ Cameau, au village de la Villette, à l'enseigne à l'Etoille. Et ont 
lesd. S''^ Bernard de Mavence et Jacob Gition signés avec nous : 
Berxard de Mayenxe, Jacob Gitiox (hchr.), Regkaudet. 

(£// marge) : Charité. Maver Lion, i^'' octobre. 

20. 

7 avril 1749. — Acte de décès d'Isiuic J'iiluhrèi/iie. 
Y 1241 I. 

L'an mil sept cens quarante neuf, le lundy septième jour d'avril, 
huit heures du matin, nous, André Defacq, conseiller du Roy, 
commissaire au Châtelet, ayant été requis, nous nous sommes trans- 
porté rue Saint André des Arcs en une maison à petite porte carrée, 
dont le sieur Tignon, marchand épicier, est principal locataire, et 
estant monté à un appartement au premier étage de laditte maison 
sur le devant, composé de deux chambres, avons été introduit dans 
la chambre ayant vue sur la rue, où avons trouvé Joseph Vala- 
brèque et Nertegarde, sa femme, l'un et l'autre Juif (sic) de nation, 
et marchand négociant demeurant audit appartement. 

I. Les signatures du Procureur du Roi et du Lieutenant de Police 
manquent. 



AU XVllI'^ SIECLE 77 

Lesquels nous ont dit que Isaac Valabrèque, leur fils, âgé de 
quatorze mois seulement, est décédé hier au soir sur les neuf heures, 
après avoir été malade depuis quelques jours et avoir été attaqué de 
convultions, et comme il souhaite !e faire inhumer dans l'endroit 
où ils ont coutume de fiiire inhumer ordinairement ceux de la relli- 
gion chez le nommé (sic), au lieu de la Villette, ils ont 

requis notre transport à l'effet de nous faire la présente déclaration 
et qu'il soit pourvu à laditte inhumation. Et a ledit Valabrèque signé 
et sa femme déclaré ne sçavoir écrire ny signer, de ce faire inter- 
pellée suivant l'ordonnance. Q_uatre mots rayés nuls de l'autre 
part. 

Joseph {bebr.). 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte aud. Valabrèque et sa femme de leurs comparutions, 
dires et réquisitions et de la représentation qui nous a été faitte du 
corps mort dud. Isaac Valabrèque, et pour estre fait droit sur le 
présent procès verbal avons ordonné qu'il sera communiqué à Mon- 
sieur le Procureur du Roy ; et néantmoins le corps mort dud. 
Isaac Valabrèque est demeuré en la garde et possession de son père, 
avec défense de le faire inhumer jusque à ce qu'il en ait autrement 
été ordonné par justice. Et a led. Valabrèque signé : 

Joseph (bcbr.), Defacq. 

Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Isaac \'alabrèque estre inhumé nuitament, sans bruit, scandale ny 
apareil dans le jardin du nommé (sic), demeurant à la 

Villette, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 7 avril 1749. 

Moreau. 

Soit fiutainsv qu'il est requis. Ce sept avril 1749. 

Berrver. 

(En marge :) Charité. 

(An dos, avec la cote :) Rapporté 5 1. en octobre 1750. 

21. 

29 juin 1749. — Acic tic licccs d'JinieDaipujef, femme de Josué Petit. 
Y 1241 I. 

L'an mil sept cens quarante neuf, le dimanche vingt neutvième 
jour de juin, entre onze heures et minuit, en l'hôtel de nous. 



78 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

André Defacq, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, 
sont comparus Israël Ravel, Juif de nation, marchand de soirie, 
demeurant ordinairement à Avignon, estant de présent à Paris, logé 
rue Hautefeuille, paroisse Saint André des Arcs, à l'hôtel de Beau- 
jeu, Israël Bernard de \'alabrègue, aussv Juif de nation, secrétaire 
interprette du Roy, demeurant rue de Tourraine, au coin de la rue 
des Fossés Monsieur le Prince, paroisse Saint Sulpice, et Abraham 
Vidal, aussy Juif de nation et négociant, demeurant à Paris rue et 
paroisse Saint André des Arts, chez le S"" Rozicr épicier. 

Lesquels nous ont dit que damoiselle Anne Dalpujet, femme du 
sieur Josué Petit, auss}' négociant, l'un et l'autre Juifs de nation, 
demeurans ordinairement à Bordeaux et de présent logés en cette 
ville de Paris, demeurant même rue et paroisse Saint André des 
Arcs, chez le S"^ Boullanger, épicier, est décédée il y a environ une 
heure en sa demeure susdite, après quinze jours de maladie, et 
comme elle ne peut estre inhumée en terre ecclésiastique, eux com- 
parants comme leurs plus proches parens et au nom dudit Josué 
Petit, son mar)% et de Jacob Dalpujet, son père, aussy Juif de nation 
et demeurant même maison que led. Petit, lesquels suivant les prin- 
cipes de leur relligion ne peuvent sortir la maison (sic), sont venus 
nous faire la présente déclaration à l'eifet qu'il leur soit permis de 
la faire inhumer en l'endroit ordinaire au lieu de la \'illette, chez 
Jean Baptiste Caraot, en la manière accoutumée. Et ont signé : 
(sic) mots rayés nuls au présent procès verbal. 

Israël Ravel, Israël Bernard de Valabregue, Abraham Vidal. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte au dessus dit (sic) de leurs comparutions, dires et réqui- 
sitions, et nous estant transporté le lundy trente dudit mois, neuf 
heures du matin, en la maison du sieur Boullanger, épicier, rue et 
paroisse Saint André des Arcs, et estant monté à un appartement 
au premier étage de laditte maison et ayant été introduit dans 
une chambre ayant vue sur la cour, nous y est apparu du corps 
mort d'une femme, qui nous a été dit estre celuy de ladite Anne 
Dalpujet, lequel avons laissé en la garde dud. Ravel avec défense 
de l'inhumer ou faire inhumer jusqu'à ce qu'il en ait été autrement 
par justice ordonné, lequel Ravel s'en est chargé aux fins que dessus. 
Fait lesdits jour et an. 

Defacq. 

Veu le procès verbal, je n'empeschc pour le Roy le cadavre de 
lad. Anne Dalpuget estre inhumé nuitamcnt, sans bruit, scandale 



AU XVIII' SIÈCLE 79 

ny apareil, dans le jardin de Jean Baptiste Camot, à la Villette, et 
estre enjoint aux officiers du guet et de police de prestcr main forte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce 30 juin 1749. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce trente juin 1749. 

Berryer '. 
(Au dos avec la cote :) Rapporté 3 1. en février 1751. 



22. 

14 août 1750. — Acte de décès de Para, fille d'Israël Bernard de 
Valabrègue. 
Y 12414. 

L'an mil sept cent cinquante, le vendred}' quatorzième jour 
d'aoust, deux heures de relevée, en l'hôtel de nous, André Defacq, 
conseiller du Roy, commissaire au Châtelet, est comparu Israël 
Bernard de \'alahrègue, Juif de nation et de relligion, secrétaire 
interprète du Roy pour les langues orientales, demeurant rue 
Mignon, paroisse Saint Cosmes. 

Lequel nous a dit que Esther d'Alpuget, sa ^ femme, est accou- 
chée le dix-huit juillet dernier d'une fille qui a été nommée Para, 
laquelle petite fille est décédée le jour d'huy à une heure après 
mid}', et comme elle ne peut estre inhumée suivant le rit de la rel- 
ligion chrestienne, a été conseillé de se retirer par devers nous afin 
qu'elle puisse estre inhumée dans le jardin de Jean Baptiste Camot, 
hôtellier à la Villette. Et a signé : 

I. Bfrxard Devalabregue. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte aud. sieur De Valabrègue de ses comparutions, dires et 
réquisitions, et il s'est chargé du corps mort de lad. Para sa fille 
jusqu'à ce qu'il ait été autrement statué par Monsieur le Lieutenant 
général de police sur son inhumation, en conséquence des conclu- 
sions de Monsieur le Procureur du Rov, sur la communication qui 
luy sera donnée du présent procès verbal. Et a signé : 

J. Bernard Devalabregue, Defacq.. 



1 . La pièce porte en outre la signature de Defacq. 

2. La fin de cet alinéa depuis ce mot et l'alinéa suivant semblent de la 
main de Valabrègue. 



8o DOCUMENTS SUR LES JUllS A PARIS 

Vcii le procès verbal, je n'empcsche pour le Roy le cadavre de lad. 
Para de \'alabrègue estre inhumé nuitament, sans bruit, scandale 
ny apareil, dans le jardin du nommé Camot, hôtellier à la \'illettc, 
et estre enjoint aux ofliciers du guet et de police de prester main 
forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 14 aoust 1750. 

More AU. 
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce quatorze aoust 1750. 

Berrver '. 
(Eu marge :) Gratis. 



8 mai 1752. — Acle de décès d'AhigaU, fcnuiie d' Eut m an ne l de Lion. 
Y 124 19. 

L'an mil sept cent cinquante deux, le lundy huitième jour de 
may, sept heures du matin, en l'hôtel de nous, André Defiicq, con- 
seiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ancien du quar- 
tier Saint Martin, sont comparus Joanan Hain dit Vidal, Juif de 
nation, demeurant ordinairement à Avignon, étant de présent à 
Paris, logé chés le nommé Poupardin, maître cordonnier, rue Saint 
André des Arts, et Israël Bernard de Valabrègue, aussy Juif de 
nation, d'Avignon, et interprète du Roy pour les langues orien- 
talles, demeurant rue Mignon vis a vis le Collège de Gramont, et 
Abraham \'idal, aussy Juif de Bordeaux, demeurant à Paris, rue 
Saint André des Arts, chés le S"" Rosier, épicier. 

Lesquels nous ont dit que la nommée Abigail, femme de Emma- 
nuel de Lion, aussy Juif de nation. Portugais, demeurant rue 
Mazarine, vis à vis le collège des Quatre Nations, chés un potier de 
terre, âgé (sic) de soixante cinq ans ou environ, est décédée en sa 
maison susd., ce jour d'huv matin sur les trois heures et un quart, 
et comme elle ne peut estre inhumée dans les cimetières ordinaires, 
ils sont venus nous faire la présente déclaration à l'eifet qu'elle 
puisse estre inhumé (sic) dans le jardin du sieur Camot, à la Y'^l- 
lette. Et ont signés : 

J. Bern'ard di: \'ai.abui-gui:, Johanax Havx dit \'idal-, 
Abraham Vidai.. 



1. La pièce porte en outre encore ici la signature de Dcfacq. 

2. La signature de Vidal est ici et plus bas accompagnée d'une seconde 
signature en hébreu. 



AU XVIII' SIÈCLE 8l 

Sur quoy nous, conseiller du Rov, commissaire susdit, avons 
donne acte aux dessusd. de leurs comparutions, dires et réquisi- 
tions, et pour V cstre fiait droit, le présent procès verbal sera com- 
muniqué à Monsieur le Procureur du Roy pour, sur ses conclusions, 
estre ordonné par Monsieur le Lieutenant général de police ce qu'il 
appartiendra. Et jusqu'à ce le corps mort de lad. Abicaille est 
demeuré en leur garde et possession. Et ont signés : 

J. Bkkn'ard i)h Valabregue, Johaxak Havn dit Vidal, 
Abraham Viual, Defacq.. 

Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy, le cadavre de 
laditte Abigail, femme d'Emmanuel de Léon, estre inhumé nuita- 
ment, sans bruit, scandai ny apareil, dans le jardin du nommé Ca- 
mot, au village de la \'illette, et estre enjoint aux otHciers du guet 
et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce 8 may 1752. 

Mo RE au. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce huit may 1752. 

Berrver ■• 

(Au dos avec la cote :) Rapporté 3 1. en septembre 1752. 



24. 

I" octobre 1752. — Acte de décès d'Abraham Oppeiiatil. 
Y 12420. 

L'an mil sept cent cinquante deux, le dimanche premier octobre, 
huit heures du matin, nous, André Deficq, conseiller du Roy, 
commissaire au Châtelet de Paris, avant été requis, nous sommes 
transportés rue Maubuée, paroisse Saint Nicolas des Champs, en 
une maison à petitte porte ronde occupée par Jean François Coû- 
teux, maître fondeur à Paris, et donnant à loger en lad. maison, et 
étant monté en une chambre au premier étage de lad. maison occu- 
pée par Abraham Oppcnant-, Juif de nation, originaire de Mets, y 
avons trouvé ledit S>' Coûteux et Hayem \\' omis, Juif aussv de nation, 
originaire de Saarlouis, lequel nous a dit que ledit Abraham Oppe- 
nant est mort ce jour d'huy, il y a environ une heure, dans 
le lit étant dans la chambre où nous sommes, et dont le corps est 
gissant sur la paillasse dudit lit, et comme il convient de le faire 

1. La pièce porte en outre au bas la signature de Defacq. 

2. Le rédacteur avait d'abord écrit Oppenhem. 



82 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

inhumer au cimetierre ordinaire des Juifs, chés le nommé Camot à 
la Villctte, ils ont requis notre transport pour nous faire la présente 
déclaration et requièrent en conséquence qu'il soit permis de f;\ire 
inhumer ledit Oppenant audit cimetière. Et ont signés : 

Coûteux, Hayem Worms '. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte aux dessus dits de leurs comparutions, dires et réquisi- 
tions, et pour y estre fait droit, avons ordonné que le présent procès 
verbal sera communiqué à Monsieur le Procureur du Roy pour sur 
ses conclusions estre ordonné par Monsieur le Lieutenant général 
de police ce qu'il appartiendra, et jusqu'à ce le corps mort dudit 
Oppenant est demeuré dans laditte chambre en la garde dudit Le 
Coûteux. Fait lesdits jour et an. 

Defacq.. 

\'^eu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Abraham Oppenan estre inhumé nuitament sans bruit, scandai ny 
apareil, dans le jardin du nommé Camot, à la Villette, et estre 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce i^"" octobre 1752. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce premier octobre 1752. 

Berryer2. 
(En marge :) Charité. 

25. 

8 août 1753. — Acte de décès de Pora, fille d'Israël Bernard 
de Valabrègiie. 
Y 12423. 

L'an mil sept cent cinquante trois, le mercredv huitième jour 
d'aoust, cinq heures de relevée, en l'hôtel de nous, André Defacq, 
conseiller du Rov, commissaire au Châtelet, sont comparu Lange 
de Paul, Juif de religion, natif de Bordeaux, demeurantà Paris, rue 
de Touraine, paroisse Saint Sulpice, et David Léon, aussy Juif de 
religion, originaire de Bordeaux, demeurant rue de l'Irondelle, à 
l'hôtel de Reims, paroisse Saint André des Arcs. 

1. Signature accompagnée d'une seconde signature en hébreu. 

2. La pièce porte en outre une nouvelle signature de Defacq. 



AU XVIIl' SIÈCLE 83 

Lesquels nous ont dit et déclaré que Pora Valahrègue, fille de 
Bernard de Valabrègue, aussy Juif de religion, interprette du Roy 
pour les langues orientalles, demeurant à présent rue Mazarine, vis 
à vis la rue Guénégaud, âgée seullement de sept mois, est décédée 
ce jour d'huy il y a une heure rue Mignon, chés Marie Kerlot, sa 
nourrice ; pourquoy ils nous requièrent de nous transporter susd. 
rue Mignon, chez lad. Kerlot, à l'effet qu'icelle Pora Valabrègue 
soit inhumée dans le jardin du S"' Camot, à la Villette. Et ont 
signé : 

David Léon, Lange de Paule. 

Sur quov nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte ausd. de Paul et Léon de leurs comparutions, dires et 
réquisitions. Et, en conséquence, nous nous sommes à l'instant trans- 
portés avec eux susd. rue Mignon en une maison à grande porte 
cochère ronde, occupée par bas par le S"" de Saint Amand, mous- 
quetaire, et étant monté au troisième étage de lad. maison, avons 
été introduit dans une chambre ayant vue sur la cour de lad. mai- 
son et occupée par lad. Kerlot, femme Dinant Dumoustoir, bour- 
geois, V avons trouvé icclle femme Dumoustoir, laquelle nous a fait 
apparoir du corps mort de lad. Pora Valabrègue, étendu sur la 
paillasse de son berceau étant en lad. chambre. Et pour estre fait 
droit sur le présent procès verbal, avons ordonné qu'il sera com- 
muniqué à Monsieur le Procureur du Rov pour, sur ses conclusions, 
estre ordonné par Monsieur le Lieutenant général de police ce qu'il 
appartiendra, et jusqu'à ce avons laissé led. corps mort de lad. 
Valabrègue en la garde de lad. femme Dumoustoir. Et ont signés : 
Mari Kerlau, David Léon, Lange de Paule, DEFAca- 

Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre de 
lad. Pora Valabrègue estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai ny 
apareil, dans le jardin du nommé Camot, à la Villette, et estre 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 8 aoust 1753. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce huit aoust 1753. 

Berryer '. 
(En marge) : Nihil. 



I. La signature de Defacq est en outre apposée au bas de l'acte. 



84 DOCUMENTS SUR LES JUIIS A PARIS 

26. 

29 janvier 1754. — Jcle de décès de Moyse Fonsèque. 
Y 12425, 

L'an mil sept cent cinquante quatre, le mardy vingt neuf'^ jour de 
janvier, quatre heures de relevée, nous, André Defacq, conseiller 
du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ancien du quartier 
Saint Martin, ayant été requis, nous nous sommes transportés rue 
Gist le Cœur, paroisse Saint André des Arts, en une maison à petitte 
porte carrée, tenue en chambre garnye par la dame veuve Dorangue, 
et étant monté au premier étage de lad. maison, avons été intro- 
duit dans une chambre avant vue sur lad. rue Gist le Cœur, et y 
étans avons trouvé S"" David Léon, négociant Juif, demeurant en 
lad. maison. 

Lequel nous a dit que Moyse Fonsèque, son beau frère, Juif 
natif de Bordeaux, âgé de quarante six ans, est décédé cette nuit 
dernière trois heures du matin en la chambre oij nous sommes ; 
pourquoy il a requis notre transport à l'effet de nous faire la pré- 
sente déclaration et que led. Moyse Fonsèque puisse estre inhumé 
dans le jardin du S"' Camo, à la \'illette. Et a signé : 

David Léon. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte aud. Léon desd. comparutions, dire et réquisitions et 
de la représentation qu'il nous a faitte du corps mort dudit Moyse 
Fonsèque, étendu sur la paillasse du lit étant en lad. chambre. Et 
pour estre fait droit sur le présent procès verbal, avons ordonné 
qu'il soit communiqué à Monsieur le Procureur du Roy pour, sur 
ses conclusions, estre par Monsieur le Lieutenant général de police 
ordonné ce qu'il appartiendra ; et jusqu'à ce led. corps mort dud. 
Moyse Fonsèque est demeuré en la garde dud. Léon qui s'en est 
chargé aux fins que dessus. Et a signé : 

David Léon, Defacq.. 

Vu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Moyse Fonsèque estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai ny 
apareil, dans le jardin du nommé Camo, à la V'illettc, et estre 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 2Çf janvier 1754. 

Morhau. 



AU XVIII'= SIÈCLE 85 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce 29 janvier 1754. 

Berryer '. 
(En marge :) Nihil. 

27. 

13 mai 1754. — ^cte de décès de Michel Franck. 
Y 12425. 

L'an mil sept cent cinquante quatre, le lundy treizième jour de 
may, huit heures du matin, en l'hôtel de nous, André Defacq, con- 
seiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ancien du quar- 
tier Saint Martin, sont comparus Mayere Franck, Juif orriginaire 
de Mets, fils de deffunt Michel Franck, aussy Juif de Mets, 
chez le nommé Clément, perruquier, et Joseph Worms, aussy 
Juif de Mets, et Isai Souabe, aussy Juif de Mayence, demeurant 
led. Worms chez le sieur Conflans, vinaigrier, rue Beaubourg, et 
led. Souabe, rue de Meslée, chez le sieur Bernaon, vernisseur du 
Dauphin. 

Lesquels nous ont dit que ledit Michel Franck, père dud. Mayer 
Franck, est décédé le jour d'hier sur les sept heures, de son 
âge d'environ quarante trois ans, qu'il étoit venu à Paris dès le 
vingt un janvier dernier pour v recueillir différentes sommes qui 
luy sont dues pour fourniture de viande faitte à l'armée de France 
en Bavière, et comme il est décédé dans les sentiments et exercice 
de la religion judaïque et qu'ils souhaittoient le faire inhumer dans 
le jardin du sieur Camo, à la Villette, ils sont venu nous faire la 
présente déclaration à l'effet de le faire transporter chez led. Camo 
aud. lieu de la Villette et le faire inhumer dans son jardin. Et ont 
signé : 

^L\VER Franck Ç.jehr.), Joseph Worms 2, Isai Chawabe. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd,, avons 
donné acte aux dessusd. de leurs comparutions, dires et réquisi- 
tions, et pour y être fait droit, avons ordonné que le présent procès 
verbal sera communiqué à Monsieur le Procureur du Roy pour 

1 . La signature de De Facq est en outre une fois encore apposée au bas 
de cet acte qui porte en haut de la 2^ page comme cote : 29 janvier 1754. 
Procès- verbal, conclusions de M"" le Procureur du Rov et ordonnance de 
M"" le Lieutenant général de Police. Au sujet de Movse Fonsèque, Juif de 
Bordeaux, inhumé dans le jardin du sieur Camo, à la Villette. 

2. Avec seconde signature hébraïque du même témoin. 



86 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

être ordonné par Monsieur le Lieutenant général de police sur ses 
conclusions ce qu'il appartiendra. Et jusqu'à ce le corps mort dudit 
Michel Franck est demeuré en la garde et possession dud. Mayer 
Franck, son fils, qui s'en est chargé. Et a signé : 

Mayer Franck (behr.), Defacq. 

Vu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Michel Franck estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai ny 
apareil dans le jardin du nommé Camo, à la Villette, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait [ce] 13 may 1754. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce 13 may 1754. 

Berryer I. 
(£■« marge :) Gratis. 

28. 

19 mai 1756. — Acte de décès de Samuel Cohen. 
Y13947B. 

L'an mil sept cent cinquante six, le dix neuf may, heure de midy, 
en notre hôtel et pardevant nous, André François Leclair, avocat 
en Parlement, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, 
est comparu S'' Jacob Goldschmit, banquier à Paris, y demeurant 
rue Beaubourg, paroisse S' Mery. 

Lequel nous a dit que Aaron Samuel Cohen, Juif d'Attenna en 
Dannemark ^, âgé de cinquante deux ans et qui étoit logé à Paris 
en chambres garnies, rue Maubué, chés le nomme Crosnier, maître 
menuisier et logeur en chambre garnie, est décédé ce jourd'hui envi- 
ron le minuit, et comme il est nécessaire de pourvoir à son inhu- 
mation, il nous requiert de présentement nous transporter en lad. 
maison à l'effet de constater le décès pour estre ensuitte ordonné 
ce qu'il appartiendra. Et a signé le dire cy dessus, où il y a sept 
mots rayés comme nuls. 

J. Goldschmit. 



1. La signature de Defacq est encore apposée à la fin de cet acte qui est 
accompagné d'un extrait de cette minute daté du 30 juin 1754 constatant 
qu'il a été ordonne que le corps de Michel Franck sera inhumé dans le jar- 
din de Camo, led. extrait n'a\'ant sans doute pas été utilisé est resté aux 
mains du commissaire. 

2. Altona, Schleswig-Holstein. 



AU XVIII' SIÈCLE 87 

A l'instant nous, commissaire susd., sommes transportés susd. 
rue Maubuéc, en la maison dud. Cronier, où estant monté en une 
chambre au deuxième étage de lad. maison ayant vue sur lad. rue 
Maubué, y avons trouvé sur la paille un corps mort d'un homme 
âgé d'environ cinquante ans, et avons aussy trouvé dans lad. 
chambre deux particuliers qui nous ont dit s'appeler l'un Alexandre 
Lion, Juif de nation, d'Hambourg, demeurant en la maison où nous 
sommes, et l'autre Cerf Israël, aussy Juif de nation, de la ville de 
Mets, demeurant;! Paris, en chambre garnie, chcs le nommé Le Coû- 
teux, maître fondeur, au Signe de la croix, susd. rue Maubué, les- 
quels nous ont certiffié et attesté que le corps cy présent est celuv 
de Aaron Samuel Cohen, Juif d' Atténua en Dannemark, âgé 
d'environ cinquante deux ans, décédé le jour (5/c) environ le 
minuit et ce dans la religion judaïque. Laquelle déclaration ils font 
pour rendre justice à la vérité, et ont signé : 

Alexandre Liox, Cerff Israël. 

Dont et de tout ce que dessus avons fait et dressé le présent pro- 
cès verbal pour servir et valoir en tems et lieu ce que de raison. 

Leclair. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud, 
Aaron Samuel Cohen estre inhumé nuitament, sans bruit, scandale 
ny appareil dans le jardin du nommé Camoî, aubergiste à la Vil- 
lette, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 19 may 1756. 

Moreau. 
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce 19 may 1756. 

Berryer. 

(En marge :) 19 may 1756. Charité. Procès verbal d'état du corps 
mort du nommé Samuel Cohen, Juif. 



29. 

30 janvier 1757. — Acte de décès de Josué Naquet. 
Y 13948. 

L'an mil sept cent cinquante sept, le trente janvier, dix heures 
du matin, en notre hôtel et pardevant nous, André François 
Leclair, commissaire au Châtelet de Paris, est comparu Raphaël de 
Léon, Juif de nation, Espagnol, de présent à Paris, logé à l'hôtel 



88 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

d'Auvergne, quay des Grands Augustins, chez le S'' Alexandre, 
officier du guet. 

Lequel nous a dit et déclaré que Josué Naquet, aussy Juif de 
nation, d'Avignon, logé en chambre garnie, rue Poupée, à l'hôtel 
de Poitiers, âgé d'environ cinquante deux ans, est décédé ce jour 
d'huy quatre heures du matin en la chambre qu'il occupoit dans 
led. hôtel, et comme il est nécessaire de pourvoir à son inhuma- 
tion, il a requis notre transport à l'effet de constater son décès pour 
le faire inhumer en la manière accoutumée. Et a signé : 

Raphaël de leon. 

A l'instant nous, commissaire susd., en conséquence du réquisi- 
toire, sommes transporté aud. hôtel de Poitiers, susd. rue Poupée, 
où étant monté dans une chambre au premier étage ayant vue sur 
la cour, V avons trouvé le corps mort d'un homme paroissant âgé 
d'environ cinquante à cinquante cinq ans, et avons trouvé dans lad. 
chambre Benjamin Naquet, fils dud. Naquet, demeurant avec son 
père dans lad. chambre, Jacob de Paul fils, négociant, aussy Juif de 
nation, de Bordeaux, demeurant à Paris chez son père, auss)' négo- 
ciant, rue Saint André des Arts, Jean Guillaume Louis Achintre, 
perruquier, à Paris, principal locataire de la maison où nous 
sommes et qu'il loue en chambre (^/V) garnies, lesquels nous ont 
certiffié et attesté que le corps mort cy présent est celuv dud. Josué 
Naquet, Juif d'Avignon, âgé d'environ cinquante deux ans, décédé 
ce jour d'huy environ les quatre heures du matin, en la chambre où 
nous sommes, de maladie dont il a été attaqué depuis quelques 
jours, laquelle déclaration ils font pour rendre justice à la vérité et 
pour servir et valoir en temps et lieu ce que de raison. Et ont signé 
en la présente déclaration où il y a cinq mots rayés comme nuls : 
AcHAiN'TRE, Jacob de Paul fils, Bexjamik Naquet, Leclair. 

Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Josué Naquet estre inhumé nuitament, sans bruit, scandai ni 
apareil, dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la Mllette, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce 30 janvier 1757. 

MOREAU. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce 30 janvier 1757. 

Berryer. 
(£■« marge ;) Charité. Procès verbal d'inhumation du corps de 
Josué Naquet, Juif de nation. 



AU XVIII^ SIÈCLE 89 

30. 

30 )anvier-24 mars 1757. — Scellé de Jouiê Naquet '. 
Y 13948. 

Scellé de Josué Xaquct, décédé hôtel de Poitiers tenu garni par 
Jean-Louis-Guillaume Achaintre, perruquier, rue Poupée au coin 
celle Hautefeuille, 

Commissaire : Leclair. 

Requérant : Benjamin Xaquet, seul fils du défunt et seul habile à 
recueillir sa succession mobilière, âgé de 17 à 18 ans, domicilié 
susdit hôtel ^. 

Naquet n'avant avec lui que ses habits et effets dans un porte- 
manteau, le Lieutenant de police ordonne la levée des scellés sans 
description, après mainlevée donnée sous seing privé par l'unique 
opposant, Antoine-Charles Didier, mercier au Pont au Change. 

Comparait pour consentir à la levée des scellés Jacob de Paul 
fils, Juif, de Bordeaux, négociant à Paris, rue Saint André des 
Arts, chez Lecomte, serrurier, en vertu d'une procuration datée 
d'Avignon, 15 février, à lui donnée par Pora Ravel, Juive, veuve 
dudit Josué Naquet, tant comme créancière de la succession à rai- 
son de ses reprises matrimoniales, que comme mère et représen- 
tant de Régine et Berthe Naquet, ses filles. 

31- 

21 février 1761. — Adc de décès de David Léon dit Emanucl. 

V 13953- 

L'an mil sept cent soixante un, le vingt unième jour de février, 
heure de midv, en notre hôtel et par devant nous, André François 
Leclair, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, ont 
comparu Jacob Depaul fils, Juif, négociant, demeurant à Paris, 
rue et paroisse Saint André des Arts, vis à vis la rue Mâcon. 

Lequel nous a dit que David Léon dit Emanuel, aussy Juif Por- 
tugais, âgé de quatre vingt deux ans, brocanteur, est décédé 
ce jourd'huy sur les trois heures du matin dans une chambre au 

1. Cf. la pièce précédente. 

2. Avant la levée des scellés, il déménage pour s'installer hôtel du 
Bœuf Couronné, rue de la Huchette. 



90 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

premier étage dépendante d'une maison ocupée par bas par un po- 
tier de terre, scise rue Mazarine fauxbourg S' Germain, paroisse 
Saint Sulpice, et ce dans les sentimcns de la religion juive, et, 
comme il est nécessaire de pourvoir à son inhumation, il est venu 
nous faire la présente déclaration. Et a signé le présent procès ver- 
bal où il y a cinq mots rayés comme nuls : 

Jacob de Paul fils. 

A l'instant nous, commissaire susdit, sommes transporté susd. 
rue Mazarine en une chambre au premier étage dépendante d'une 
maison occupée par bas par le nommé Lafineur, pottier de terre, 
où estant y avons trouvé un corps mort et plusieurs particuliers, un 
desquels a dit se nommer Josué Petit, Juif de nation, né et négo- 
tiant à Bordeaux, demeurant à Paris, rue des Poitevins, hôtel de 
La Marche, et un autre a dit s'appeler Jacob Rodrigue Peraire, Juif 
et agent de la nation et pentionnaire du Rov, demeurant à Paris 
rue Saint André des Arcs, et un troisième David Peraire, aussy 
Juif de nation, négotiant à Bordeaux, de présent à Paris, logé susd. 
rue S^ André des Arcs, lesquels trois particuliers présents nous 
ont dit et déclaré que le corps cy présent est celuy de David Léon 
dit Emanuel, Juif Portugais et négotiant à Paris, âgé de quatre vingt 
deux ans, déceddé ce jourd'huy sur les dix heures du matin en la 
chambre où nous sommes, dans les sentiments de la religion 
judaïque. Laquelle déclaration ils font pour servir et valloir en 
tems et lieu ce que de raison. Et ont signé : 

JosuÉ Petit, J'' Rodrigues Pereire, D. Pereire, Leclair. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
David Léon dit Emanuel être inhumé nuitament, sans bruit, scan- 
dale ni appareil, dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la 
Villette, et être enjoint aux ofhciers du guet et de police de prêter 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 21 février 1761. 

More AU. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 21 février 1761. 

De Sartine. 

32. 

13 mai 1761. — Acte de décès de Benjamin Ourha dit Lange. 
Y 13953 

L'an mil sept cens soixante un, le mercredy treize may, six heures 
du soir, en nôtre hôtel, pardevant nous, André François Leclair, 



AU XVIIl* SIECLE 91 

conseiller du Roy, commissaire enquesteur et examinateur au 
Châtelet de Paris, est comparu S"" Josué Petit, négociant de la ville 
de Bordeaux, Juif de nation, demeurant à Paris, rue des Potdevins, 
à l'hôtel de La Marche. 

Lequel nous a dit que Benjamin Ourba, Juif de nation, et (sic) 
décédé ce jourd'huy sur le midy, dans une petite chambre au 
quatrième étage dépendant d'une maison scise à Paris, rue des Bou- 
cheries, quartier S' Germain des Préz, occupée par la nommée 
Prin, débitante de tabac et de billets de lotterie, et, comme il est 
nécessaire de pourvoir à son inhumation en la manière accoutumée, 
il nous requiert de présentement nous transporter en lad. chambre 
à l'effet de constater son décès aux fins de ce que dessus. Et a 
signé : 

Josué Petit. 

A l'instant nous, commissaire susd., sommes transportés susd. 
rue des Boucheries en lad. maison en question, où étant monté 
dans une petite chambre au quatrième étage, y avons trouvé sur le 
plancher un cadavre masculin et avons trouvé dans lad. chambre 
quatre particuliers, dont l'un a dit s'apeller Samuel Ourba, Juif de 
nation, demeurant en la chambre où nous sommes, lequel nous a 
dit que le corps cy présent est celui de Benjamin Ourba surnommé 
Lange, Juif de nation et rabin de Saphat ', anciennement Jerico ^ 
en la Judée, âgé de cinquante ans, venu en France depuis environ 
deux ans et à Paris depuis environ dix huit mois et demeurant en 
la chambre où nous sommes depuis environ trois mois, lequel 
Ourba, son père, est décédé ce jourd'huy en la chambre où nous 
sommes. Laquelle déclaration il nous fait pour servir ce que de 
raison ; a déclaré ne sçavoir écrire ny signer en françois, mais a 
signé en hébreu : 

Samuel Ourba (hehr.). 

Les trois autres particuliers ont dit s'appeller Pierre Claude Fla- 
mant, sculpteur modeleur à Paris et principal locataire de lad. 
chambre où nous sommes, Guilin Joseph Wouarier, maître tailleur 
d'habits à Paris, et Gilbert Maille, aussy maître tailleur à Paris, 
tous trois demeurants en la maison où nous sommes, lesquel 
nous ont certifiés et attestés que le corps mort cy présent est celui 
dud. Benjamin Ourba dit Lange, lequel est venu dans la maison 

1. Saphed, district de Saint-Jean-d'Acre, province de Bevrout, Syrie. 

2. Identification fantaisiste. 



92 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

où nous sommes depuis environ trois mois, et qu'il est décédé ce- 
jourd'huy environ le midy. Laquelle déclaration il font pour rendre 
justice à la vérité et servir et valoir ce que de raison. Et ont signé : 
Rayé dix mots dans la présente déclaration comme nuls. 

Flamand, G. Maille, Warnier, Leclair. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de Ben- 
jamin Ourba dit Lange être inhumé nuitament, sans bruit, scandale 
ni apareil dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la Vil- 
lette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 13 may 1761. 

More AU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 13 mav 1761. 

De Sartine. 

(En marge :) Charité. Procès verbal d'inhumation de Benjamin 
Ourba dit Lange, Juif de nation. 



5 juin 1761. — Acte de décès de Jdcoh Dalpiiget le jeune. 
Y 13953. 

L'an mil sept cens soixante un, le cinq juin, huit heures du 
matin, en notre hôtel et pardevant nous, André François Leclair, 
avocat en Parlement, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet 
de Paris et ancien préposé pour la police au quartier S' Martin, est 
comparu S'' Israël D'Alpuget, Juif de nation, négociant de Bour- 
deaux, v demeurant ordinairement, étant de présent à Paris, logé 
rue de la Vieille Bouderie, en une maison dont est principal loca- 
taire le nommé Marye, marchand laictier. 

Lequel nous a dit que Jacob D'Alpuget le jeune, âgé d'environ 
quarente cinq ans, aussy Juif de nation, négociant à Bordeaux, est 
décédé cejourd'huy sur les six heures du matin, en une maison 
appellée l'hôtel de La Marche, scis à Paris, rue des Potdevins, 
paroisse S' André des Arts, où il logeoit, et comme il est néces- 
saire de pourvoir à son inhumation, il nous requiert de nous trans- 
porter aud. hôtel de La Marche à l'effet de constater sa mort aux 
fins de ce que dessus. Et a signé : 

Israël Dalpugkt. 

A l'instant, nous commissaire susd. et soussigné, sommes trans- 
portés susd. rue des Potdevins, dans led. hôtel de La Marche, où 



AU XVIll'^ SIECLE 93 

étant monté dans une petite chambre au premier étage ayant vue 
sur lad. rue, y avons trouvés un corps mort et avons aussy trouvé 
dans lad. chambre deux particuliers, qui nous ont dit s'appeller, 
l'un, Jacob Dalpuget père, oncle dud. Jacob Dalpuget le jeune, 
et l'autre Josué Petit, cousin issu de germain dud. Jacob Dalpuget 
le jeune, lesd. Jacob Dalpuget père et Petit, tous deux Juifs de 
nation, négocians en la ville de Bordeaux, y demeurant ordinaire- 
ment et étans de présent à Paris logé Çsic) en l'hôtel où nous 
sommes, lesquel nous ont certiffié et attesté que le corps mort cy 
présent est celuv dud. Jacob Dalpuget le jeune, âgé d'environ qua- 
rente cinq ans, aussy négociant à Bordeaux, décédé cejourd'huy en 
la chambre où nous sommes. Laquelle déclaration ils font pour 
rendre justice à la vérité et servir ce que de raison. Et ont signé : 
Jacob Dalpuget père, Josué Petit, Leclair. 

Vu le procès verbal je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Jacob Delpuget le jeune être inhumé nuitament, sans bruit, scan- 
dale ni apareil, dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la 
Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller 
et tenir la main si besoin est et en sont requis. Fait ce 5 juin 1761. 

More AU. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 5 juin 1761. 

De Sartixe. 

34- 

23 janvier 1762. — Acte de décès de Jacob de Soiievat et information 
relative à sa mort. 
Y 11078. 

L'an mil sept cens soixante deux, le samcdv vingt trois janvier, 
quatre heures de relevée, sur l'avis donné à nous, Louis François For- 
mel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Chà- 
telet de Paris, par M'' le curé de la paroisse Saint Séverin qu'un 
particulier à luy inconnu venoit de mourir dans les sentimens de la 
religion juive, chez la veuve Sirjan, logeuse, demeurant rue Za- 
charie, dépendante de sa paroisse et de nostre de nostre (m") 
département, nous nous sommes à l'instant transporté susd rue 
Zacharie, chez lad. veuve Sirjan, et étant entré dans une chambre 
au premier étage ayant vue sur la cour d'une maison de laquelle 
elle dépend, scituée dans lad. rue, et dont le principal locataire est 
le S"^ Flon, bourgeois de Paris, nous y avons trouvé et est comparue 
pardevant nous Marie Regnault, veuve de François Sirjan, remou- 



94 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

leur, elle logeuse, demeurante à Paris en la maison où nous sommes 
présentement, paroisse Saint Séverin. 

Laquelle nous a dit et déclaré que le vingt huit décembre dernier 
un particulier qui s'est dénoncé nommer Jacob de Soucvat, Juif du 
Bourg de Saint Esprit près Bagniol ', est venu loger chez elle, sui- 
vant laquelle dénomination il est inscrit sur ses registres qu'elle 
nous a représenté et que nous luy avons rendu, que depuis ce 
tems jusqu'à présent qu'il n'a point discontinué de demeurer chez 
elle, elle luy a toujours entendu dire qu'il vouloit se faire baptiser 
et n'a point remarqué quels exercices de religion il professoit, mais 
a obser\-é qu'il a toujours eu une toux considérable dont il se plai- 
gnoit et qui luy occasionnoit même de fréquens crachemens de 
sang, qu'hier, sur les cinq heures du soir, rentrant chez la compa- 
rante, il s'est assis près du feu de cette dernière et a poussé plu- 
sieurs gémissemens comme provenant d'un asmatique, qu'environ 
une demie heure après ayant récité ses prières, il est allé se coucher 
dans la chambre où nous sommes, qu'il avoit coutume d'habiter et 
où se retirent plusieurs autres particuliers logeant chez la compa- 
rante, que ses douleurs avant continué, elle a esté obligée de le 
veiller et faire soigner pendant toute la nuit et le matin, que sur les 
dix heures un particulier, dont elle ignore le nom, la profession et 
la demeure, mais qu'elle croit estre Juif, est venu dans lad. chambre 
voir led. Souevat, pour lequel il a fait apporter du vin, et s'est 
retiré en luy disant de ne pas manger de viande dans la journée 
parce que c'estoit le jour de sabat ^, qu'il y a plus d'une heure led. 
Souevat est décédé sans expliquer aucuns scntimens nv volonté. 
Pourquoy et attendu et que dessus, elle nous fait la présente décla- 
ration et requiert qu'il soit présentement par nous dressé procès 
verbal du décès dud. Souevat, de constater Testât de son 
cadavre et de nous transporter ensuitte ez hôtels de Messieurs les 
magistrats pour estre par eux requis et ordonné ce qu'il appartien- 
dra à ce sujet, nous déclarant qu'il n'a apporté chez elle et n'y 
possède que les vétcmens qui le couvroient, consistans en habit de 
draps, une veste de camelot, le tout gris blanc doublé de laine de 
pareille couleur, l'habit à boutons de piersete et la veste de poils 
de chèvre, une culotte de draps noir, une paire de bas de laine de 
même couleur, une chemise non garnye, à laquelle sont attachés 

1. Bayonne. 

2. Le 23 janvier 1762 n'étnit ni jour de jeûne ni jour de fête. Peut-être 
a-t-il été question entre les deux Israélites du lendemain dimanche, veille 
de la Néoménie du mois de Schevat, jour de demi-jeune. 



AU XVIII= SIÈCLE 95 

des boutons de plomb, dans les poches desquels vêtemens il ne 
s'est trouvé qu'un mouchoir de toilcàcarraux, une cuillière de bois 
et des morceaux de pain ; plus consistent lesd. vêtemens en un 
chapeau, une perruque et une paire de souliers auxquels est atta- 
chée une paire de boucles de cuivre, le tout très vieux et défec- 
tueux. Dont et de quoy elle nous fait la présente déclaration, dont 
elle nous a requis acte, et a déclaré ne sçavoir écrire ny signer, de 
ce enquise suivant l'Ordonnance. Rayez en ces présentes trois mots 
comme nuls. Formel. 

Sur quoy nous, commissaire, avons donné acte à ladite veuve Sir- 
jan de sa comparution, dire et déclaration cy dessus, et, en consé- 
quence, pour satisfaire à son réquisitoire, nous avons procédé ainsy 
qu'il suit : 

Premièrement nous avons remarqué étendu sur un lit, sous un 
draps et sous la couverture, le cadavre d'un particulier paroissant 
âgé de plus de soixante ans, étendu sur le dos, ayant la teste 
découverte et nuë, ainsy que le corps, où nous n'avons trouvé au- 
cunes blessures ny signes extérieurs de mort violente, lequel 
cadavre la d. veuve Sirjan nous a déclaré en son âme et conscience 
estre celuy dud, Soucvat, ce qui à nous a esté pareillement attesté 
par Jean Baptiste Grandchamp, manœuvre à maçon, François 
Guillot, gagne denier, et Jean Roger, dit Saint Jean, aussy gagne 
deniers, logeans tous trois chez lad. veuve Sirjan dans lad. 
maison où nous sommes et couchans dans lad. chambre ouest 
décédé led. Souevat, lesquels Grandchamp, Guillot et Roger nous 
ont encorre affirmé en leur âme et conscience et après serment par 
eux fait de dire vérité avoir une parfaite connoissance des faits 
énoncez en la 'déclaration de ladite veuve Sirjan, en la garde de 
laquelle nous avons laissé le cadave dud. Souevat, duquel elle se 
charge ainsy que de sesd. vêtemens comme de propres et biens 
de justice jusqu'à ce qu'autrement il en ayt esté ordonné. Et pour 
faire ordonner l'inhumation du cadavre dud. Souevat, nous nous 
transporterons es hôtels et pardevant Messieurs les magistrats pour 
estre par eux requis et statué ce qu'il appartiendra, après qu'il aura 
esté par nous fait information d'office en un cahier séparé des 
présentes. Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès ver- 
bal pour sei-vir et valloir ce que de raison et ont ladite veuve Sirjan, 
lesd. Grandchamp, Guillot et Roger déclaré ne sçavoir écrire ny 
signer, de ce enquis suivant l'ordonnance. 

Rayez au présent procès verbal treize mots comme nuls. 

Formel. 



96 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

*[Suit le texte de l'information d'office faite led. samedi 23 jan- 
vier à cinq heures de relevée : elle comprend outre, les dépositions 
de la logeuse et des trois témoins déjà cités, celle de Jacob de Paul 
père, Juif, rue Saint André des Arts, 70 ans, qui déclare connaître 
depuis dix ans « Soyva », lequel vivait des aumônes de charité de la 
nation juive et être venu visiter le défunt, et celle de Salomon Hade- 
mard, négociant, rue des Noyers, hôtel Saint Malo, paroisse Saint 
Séverin, 43 ans. 

L'acte continue ainsi :] 

Vu le procès verbal et l'information, je requiers pour le Roy, 
avant prendre conclusions, le cadavre dud. Jacob de Soyva, être 
vu et visité par les médecins et chirurgiens du Chàtclet affin de 
constater la cause de sa mort, pour, leur raport à moi communiqué, 
requérir ce que de raison. Fait ce 23 janvier 1762. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 23 janvier 1762. 

Lekoir. 

* [Le permis d'inhumer du chirurgien du Chàtelet, Dupuis, est 
annexé au procès verbal]. 

Et depuis, vu le raport des médecins et chirurgiens du Chàtelet, je 
n'empêche pour le Rov le cadavre dud. Jacob de Soyva être inhumé 
nuitament, sans bruit, scandale ni apareil, dans le jardin du nommé 
Camot, aubergiste à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police d'y veiller et tenir la main si besoin est et en sont 
requis. Fait ce 23 janvier 171 2. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 25 janvier 1762. 

Lenoir. 

35- 

21 février 1762. - — Acte de décès de Jacob Dacosla. 

V 13954. 

L'an mil sept cens soixante deux, le vingt un février, en notre 
hôtel et pardevant nous, André François Leclair, avocat au 
Parlement, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, 
est comparu David Dacosta, Juif de nation, fabriquant de chocolat 
à Bourdeaux, demeurant à Paris, rue des Grands Augustins, chez le 
nommé Girou, loueur de carosse, quartier S' Germain des Préz. 

Lequel nous a dit que Jacob Dacosta, né il y a environ sept 
semaines, enfant de luv et de Sara Thauvart, sa femme, est décédé 
cejourd'huy sur les six heures du matin, en la chambre que luy 



AU XVIII'^ SIECLE 97 

comparant occupe, et comme luv comparant fait profession de la 
religion judaïque et qu'il est nécessaire de faire inhumer le cadavre 
de cet enfant en la manière accoutumée, il est venu nous faire la 
présente déclaration et nous requiert de nous transporter en sa 
demeure à l'effet de constater led. déceds. Et a signé la présente 
comparution où il v a cinq mots rayés comme nuls : 

David Dacosta. 

A l'instant nous, commissaire susd., sommes transportés susd. 
rue des Grands Augustins dans la maison dud. Girou, loueur de 
caresse, ou étant monté en une chainbre au premier étage ayant 
vue sur la cour, occupée par led. Dacosta, y avons trouvé le cadavre 
d'un jeune enfant ; et avons trouvé dans lad. chambre deux parti- 
culiers qui nous ont dit s'appeller, le premier Samuel Léon, Juif de 
nation, négociant de Bourdeaux, demeurant à Paris, rue des Fosséz 
M. le Prince en la maison où pend pour enseigne le Riche Labou- 
reur, et l'autre IsaacCampos, aussi Juif de nation, natif de Bayonne, 
demeurant à Paris, rue des Mauvais Garçons, chez le nommé Peri- 
chon, doreur, paroisse S' Sulpice, lesquels nous ont certifiés et 
attestés que le cadavre cy présent est celuv de Jacob Dacosta, né il 
y a environ sept semaines, fils de David Dacosta et de Sara Thau- 
vart, sa femme, tous deux faisant profession de religion judaïque, 
décédé cejourd'huy sur les six heures du matin en la chambre où 
nous sommes. Laquelle déclaration, ils font pour rendre justice à la 
vérité. Et ont signé : 

Samuel Llok, Isac Campos, Leclair. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Jacob Dacosta être inhumé nuitament, sans bruit, scandai ni apa- 
reil, dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la Villette, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce 21 février 1762. 

MOKEAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 21 février 1762. 

De Sartine. 

36. 

18 mars 1762. — Acte de décès de Lyon Ravel. 
Y. 11078. 

L'an mil sept cent soixante deux, le jeudy dix huit mars, une 
heure de relevée, nous, Louis François Formel, commissaire au 



98 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Châtelet de Paris, avant été requis, nous sommes transporté rue 
des Poitevins, dans une maison dont le S'' Moreau est principal 
locataire, et estant monté dans un appartement au premier étage, 
occupé par le S'' Ravel fils, nous y avons trouvé et par devant nous 
sont comparus S"" Jacob de Paul père, Juif, négociant, demeurant 
à Paris, rue et paroisse Saint André des Arcs, S'' Jacob de Paul fils, 
aussy Juif, négociant, demeurant à Paris, rue Poupée paroisse 
Saint Séverin, et S'' Abraham de Montau, Juif, négotiant, demeu- 
rant à Paris rue Saint André des Arcs, paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit et déclaré que le décès du S"^ Lyon Ravel 
père, Juif, négotiant, âgé d'environ soixante dix ans, originaire 
d'Avignon, est arrivé ce matin sur les unze heures, dans une 
chambre sur la rue dépendante dud. appartement, et comme il 
professoit la religion judaïque, ils nous requièrent de constater à 
l'instant son décès et de faire ensuitte ordonner son inhumation 
par M. Le Lieutenant général de police sur les conclusions de M. le 
Procureur du Roy. Et ont signés : 

Jacob de Paul fils, de Moxtau, Jacob de PAUL(/;t;^r.) 
Formel. 

Sur quov nous, commisssaire susd., avons donné acte auxd. S*^* 
de Paul père et fils et aud. S"" Demontau de leurs comparutions, dires 
et réquisitions cy dessus, et en conséquence nous étant approché 
d'un lit garnv de rideaux de siamoise à rayes flambées blanches et 
jaunes et placé dans lad. chambre sur la rue, nous avons veu exposé 
sur iceluv le corps d'un particulier, paroissant âge de plus de 
soixante dix ans, et quelesd. S^comparans nous ont afiîrmé en leur 
âme et conscience estre celuv dud. S"" Ravel père ; dont nous leur 
avons donné acte. 

Et pour voir ordonner lad. inhumation, nous nous transporte- 
rons en l'hôtel de Monsieur le Procureur du Roy pour luy commu- 
niquer le présent procès verbal et ensuitte en l'hôtel de Monsieur le 
Lieutenant général de police pour sur les conclusions de Monsieur 
le Procureur du Roy ordonner ce qu'il appartiendra. 

Dont et de quov nous avons dressé le présent procès verbal pour 
sers-ir et valloir ce que de raison. Et ont lesd. S^^ comparans signés 
avec nous commissaire : 

Jacob de P.\ul fils, De Montau, Jacob de Paul (Jjehr.), 
Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Lyon Ravel être inhumé nuitament, sans bruit, scandale, ni apareil, 



AU XVIII= SIÈCLE 99 

dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la ViUette, et estre 
enjoint aux officiers du guet et de la police d'y veiller et prêter 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce i8 mars 1762. 

More AU. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 18 mars 1762. 

De Sartine. 
(En marge :) Police. 
Rapporté en juillet 1780. Trois livres. 
Délivré expédition le 24 décembre 18 18. 



37- 
8 octobre 1762. — Acte de décès de Josiié de Paul. 
Y 11078. 

L'an mil sept cens soixante deux, le vendredy huit octobre, neuf 
heures du matin, en l'hôtel et pardevant nous, Louis François For- 
mel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au 
Châtelet de Paris, sont comparus S'' Jacob de Paul père, négotiant 
juif. S' Moyse Perpignan et S"" Israël Delpuget, tous deux aussy 
Juifs, négotians et dcmeurans à Paris, sçavoir led S'^ de Paul, rue et 
paroisse Saint André des Arcs, led. S'' Perpignan, rue Dauphine 
susd. paroisse et led. S"^ Delpuget, rue de la Vieille Bouderie 
paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit et déclaré que Josué de Paul, âgé d'environ 
quinze mois, fils de Lange de Paul, négotiant juif, et de Anna de 
Perpignan, sa femme, vient de décéder chez le S"" son père, demeu- 
rant susd. rue de la Vieille Bouderie, et comme il est mort dans 
les sentimens de la religion judaïque, ils nous requièrent de nous 
transporter présentement avec eux susd. rue de la Vieille Bouderie 
dans la demeure dud. S'' Lange de Paul, à l'effet de constater le 
décès dud. Josué de Paul et de faire ordonner ensuitte son inhuma- 
tion conformément aux Déclarations du Roy rendues à ce sujet. Et 
ont signez : 

Jacob de Paul Çjehr.), Israël Dalpuget, Moïse de Perpignan. 

Sur quoy, nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
Sieurs comparans de leurs comparutions, dire et réquisitions cy 
dessus, et en conséquence pour y faire droit nous nous sommes à 
l'instant avec eux transporté susd. rue de la Vieille Bouderie, dans 
une maison dont le bas est occupé par un layetier, et étant monté 
dans un appartement au deuxième étage en dépendant ayant vue 



' BIBUOTHECA J 



(bib 



lOO DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

sur lad. rue, nous y avons trouvé led. S"" Lange de Paul, demeurant 
en la maison où nous sommes, et étant entré dans une chambre sur 
le derrière nous y avons veu exposé le cadavre d'un jeune enfant 
masculin, paroissant âgé de plus d'un an, couché dans un {sic) 
manne d'ozier, lequel cadavre ledit S"^ Lange de Paul et lesd. Sieurs 
comparans nous ont déclaré et affirmé en leur âme et conscience 
estre celuy dud. Josué de Paul. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Josué de Paul, nous 
nous transporterons en l'hôtel de Monsieur le Procureur du Roy 
pour avoir ses conclusions, et ensuitte en celuy de M. le Lieutenant 
général de police pour avoir son ordonnance à cet effet. Dont et de 
quoy avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valloir 
ce que de raison. Et ont signez avec nous commissaire : 

Israël Dalpuget, Jacob de Paul Çhebr.), Moïse de Perpignan, 
Lange de Paul, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Josué de Paul être inhumé nuitament, sans bruit, scandale ni apa- 
reil, dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la Villette, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 8 8''^^ 1762. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. A Paris le 8 octobre 1762. 

De Sartine. 
(£;/ tnarge ;) Gratis. 

38. 

29 janvier 1765. — Acte de décès de David Dacosta, 
Y 11081. 

L'an mil sept cent soixante cinq, le mardy vingt neuf janvier, 
unze heures du matin, en l'hôtel et pardevant nous, Louis François 
Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au 
Chàtelet de Paris, sont comparus S""^ Jacob de Paul père, Jacob de 
Paul fils et Abraham Dacosta, tous trois Juifs, négocians demeu- 
rans à Paris, led. S"" de Paul père, rue Saint André des Arcs, paroisse 
Saint Séverin, led. S'' de Paul fils, rue des Grands Augustins, 
paroisse Saint André des Arcs, et led. S"^ Dacosta, rue de la Hu- 
chette, susd. paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit et déclaré que David Dacosta, âgé d'environ 
trente trois ans, ouvrier en chocolat, vient de décedder dans les 



AU XVIII^ SIECLE lOI 

lieux qu'il occupoit au second étage sur le derrière d'une maison 
size en cette ville, rue Coquillière, à porte cochère, dont le rez de 
chaussée est occupé par le S'' Hébert, maître tapissier, et comme 
il est mort dans les sentimens de la religion judaïque, ils 
requierrent que nous nous transportions présentement avec eux 
susd. rue Coquillière dans les lieux cv dessus annoncez, où demeu- 
roit led. David Dacosta, à l'effet de constater son décès et de faire 
ordonner ensuitte son inhumation conformément aux Déclarations 
du Roy rendues à ce sujet. Et ont signé : 

Jacob de Paul {hehr.), Abraham Dacosta, Jacob de Paul fils. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
Sieurs comparans de leurs comparutions, dires et réquisitoire cv 
dessus, et en conséquence pour faire droit aud. réquisitoire, nous 
nous sommes transporté avec eux susd. rue Coquillère, en la 
maison cv devant désignée, et étant monté au second étage d'icelle 
sur le derrière, où il nous a été indiqué que demeuroit ledit David 
Dacosta, nous sommes entré en une chambre avant vue sur la cour 
de ladite maison, où nous avons vu un cadavre masculin, que lesd. 
S""^ comparans nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et cons- 
ciences être celuv dud. deffunt David Dacosta, exposé sur une cou- 
chette à bas pilliers, garnie d'une paillasse, un matelas, un lit et un 
traversin de coutil remplis de plume et une courte pointe de damas 
d'Abbeville fonds bleu à fleurs jaunes et la housse et baldaquin à 
rideaux jaunes de serge et pentes semblables à la courte pointe. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. David Dacosta, nous 
nous transporterons en l'hôtel de Monsieur le Procureur du Rov 
pour avoir ses conclusions et ensuitte en celuy de Monsieur le 
Lieutenant général de police pour avoir son ordonnance à cet 
effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire : 

Jacob de Paul (/.u-Zt.), Abraham Dacosta, Jacob de Paul fils, 
Formel. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
David Dacosta être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans le 
cimetière des Juifs sis à la Villette, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police d'v veiller et prêter main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce 29 janvier 1765. 

More AU. 



102 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 29 janvier 1765. 

De Sartine. 
(£"» marge ;) Police. 
Rapporté en juillet 1780. Trois livres. 



39. 

13 avril 1765. — Acte de décès de Josuè Petit. 
Y 11081. 

L'an mil sept cent soixante cinq, le samedy treize avril, neuf 
heures du soir, en l'hôtel et pardevant nous, Louis François Formel, 
conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châte- 
let de Paris sont comparus S''^ Jacob de Paul fils, Isaac Petit et 
Israël Dalpuget, tous trois Juifs, négocians, demeurans à Paris, le 
premier, rue Pavée, quartier et paroisse Saint André des Arcs, et les 
deux autres, rue de la Vieille Bouderie, paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit et déclaré que Josué Petit, âgé de neuf 
mois ou environ, fils de Joseph Petit, Juif, négociant, et d'Esther 
Petit, sa femme, demeurans à Paris, rue et paroisse Saint Séverin, 
au coin de lad. rue de la Vieille Bouderie, vient de décéder dans 
une salle au rez de chaussée ayant vue sur une cour et dépendante 
des lieux qu'occupent ses père et mère en une maison à porte 
cochère faisant l'encoigneure dcsd. rues Saint Séverin et de la Vieille 
Bouderie, et comme led. Josué Petit est mort dans les sentimens 
de la religion judaïque, ils requierrent que nous nous transportions 
présentement avec eux dans lad. salle où est gissant le corps dud. 
enfant à l'effet de constater son décès et en faire ordonner ensuitte 
son inhumation conformément aux Déclarations de Sa Majesté 
rendues à ce sujet. Et ont signé : 

Jacob de Paul fils, Isaac Petit, Israël Dalpuget. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. S"^* 
comparans de leurs comparution, dire et réquisitoire cy dessus, et 
en conséquence pour faire droit audit réquisitoire, nous nous 
sommes à l'instant transporté avec eux en lad. maison faisant l'en- 
coigneure des rues S. Séverin et de la Vieille Bouderie, et ayant 
été introduit en la salle au rez de chaussée cy dessus désignée, nous 
avons trouvé et vu le cadavre d'un jeune enfant masle, que lesd. 
S''^ comparans nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et cons- 
ciences être celuy dud. deffunt Josué Petit, exposé sur un petit lit 
en berceau, garny d'une paillasse remplie de paille d'avoine et un 



AU XVIll^ SIECLE 103 

matelas et couvert d'un rideau de siamoise à rayes bleues et blanches. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Josué Petit nous nous 
transporterons en l'hôtel de Monsieur le Procureur du Roy pour 
avoir ses conclusions et ensuitte en celuy de Monsieur le Lieutenant 
général de police pour obtenir son ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire : 

IsAAC Petit, Israël Dalpuget, Jacob de Paul fils, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
enfant, nommé Josué Petit, être inhume sans bruit, scandale ni 
apareil, au cimetière des Juifs, sis à la Villette, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 13 avril 1765. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 13 avril 1765. 

De Sartin'e. 
ÇEn marge :) Police. 
Rapporté en juillet 1780. Trois livres. 

40. 

15 juillet 1765. — Acte de décès de Keila, femme de Samuel Simon. 
Y 13958. 

L'an mil sept cent soixante cinq, le quinze juillet, en notre hôtel 
et pardevant nous, André François Leclair, conseiller du Rov, com- 
missaire au Chàtelet de Paris, est comparu Samuel Simon, Juif de 
nation, natif de Trêve, de présent à Paris, logé rue des Petits 
Champs S' Martin, chez le nommé Gougeon, orphèvre. 

Lequel nous a dit que Kejla, sa femme, âgée d'environ vingt sept 
à vingt huit ans, aussi Juive, est décédée cejourd'huy entre minuit et 
une heure, en la chambre oi^i il demeure, et comme elle est étrangère 
et de la nation Juive et qu'il est nécessaire d'inhumer son corps en 
la manière accoutumée, il est venu nous faire la présente déclara- 
tion de l'effet de constater son décès pour ensuitte faire inhumer son 
dit corps où il sera ordonné. Et a signé en ébreux, aiant déclaré ne 
savoir signer en françois, de ce interpellé suivant l'ordonnance : 

Samuel Simon (bebr.). 

A l'instant nous, commissaire susdit et soussigné, sommes trans- 



104 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

portés susd. rue des Petits Champs S' Martin en la maison dud. 
Gougeon, où étant monté au premier étage en une chambre aiant 
vue sur la rue, v avons trouvé un corps mort et avons trouvé 
dans laditte chambre deux particuliers : l'un a dit s'appeller 
Salomon Hademard, aussi Juif de nation, de la ville de Metz, et 
l'autre a dit s'appeller Cerf Abraham Spire Levy, aussi Juif de 
nation, de Sarrelouis, lesquels nous ont certiftié et attesté que le 
corps mort cy présent est celuy de la nommée Kevla, femme dud. 
Samuel Simon, âgée d'environ vingt sept à vingt huit ans, née dans 
les États de Trêve et décédée la nuit dernière entre minuit et une 
heure, et ce dans les sentimens de la religion juive. Laquelle décla- 
ration ils font pour rendre justice à la vérité. Et ont signé : 

Salomon" Hademar ', Cerf Abraham Spire Levv, Leclair. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
laditte Kejla, femme de Samuel Simon, être inhumé nuitament, 
sans bruit, scandai ni appareil, dans le jardin du nommé Camot, 
aubergiste à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police d'y veiller et tenir la main si besoin est et en sont requis. 
Fait ce quinze juillet 1765. 

MOREAU. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Fait ce 15 juillet 1765. 

De Sartin'E. 
(£";/ marge ;) Charité. 

41. 

28 août 1765. — Acte de âée'es de Simon Samuel. 
Y 13958. 

L'an mil sept cent soixante cinq, le vingt huitième jour d'août, 
en notre hôtel et pardevant nous, Hugues Philippes Duchesne, con- 
seiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, comme substi- 
tuant M^ André François Leclair, commissaire aud. Chàtelet de 
Paris, est comparu Samuel Simon, Juif de nation, natif de Trêve, 
de présent à Paris, logé rue Geoffrov Langevin chez les D"«^ Juce- 
lin -, logeurs. 

Lequel nous a dit que Simon Samuel son fils, âgé d'environ 
deux mois, qui a été circonci 5, est décédé ce jourd'huy entre 

1 . Avec une 2^ signature en hébreu. 

2. Ou Incelin. 

5. Ces 4 mots sont en marge avec appel de note, signature en hébreu et 
paraphe de Duchesne. 



AU XVIIl'' SIECLE 10) 

huit à neuf heures du matin, dans une maison où demeure le 
nommé Alexandre, Juif, scise rue Maubuée, paroisse S' Merry, et 
comme luy comparant est étranger et qu'il désire que le corps de 
son dit fils soit inhumé en la manière accoutumée, il est venu nous 
faire la présente déclaration à l'effet de constater son décès pour 
ensuite faire inhumer le corps de son dit fils où il sera ordonné. Et 
a signé en ébreux, aiant déclaré ne savoir signer en françois, de ce 
interpellé suivant l'ordonnance. 

Samuel Simon (/;c/'r.), Duchesne. 

A l'instant nous, commissaire susd. et soussigné, sommes trans- 
portés susdite rue Maubuée en la maison où demeure le nommé 
Alexandre, où étant monté dans une chambre au premier étage 
aiant vue sur la rue, y avons trouvé le cadavre d'un enfant mal 
{sic), et dans lad. chambre deux particuliers, dont un a dit s'appeler 
Cerf Abraham Spire Lévy, Juif de nation, de Sarrelouis, de présent 
à Paris, logé rue Geoffroy Langevin [et l'autre], Daniel David, 
aussi Juif de nation, natif de Bezonville ', de présent à Paris, logé 
en la maison où nous sommes. 

Lesquels ont certiffié et attesté que le corps mort cy présent est 
celuy de Simon Samuel, fils de Samuel Simon, Juif, âgé d'environ 
{sic) deux mois, décédé ce jourd'huy sur les huit à neuf heures du 
matin, et que ledit Samuel Simon, son père, fait profession de 
la religion juive. Laquelle déclaration ils font pour rendre justice à 
la vérité. Et ont signé : Rayé de l'autre part quatre mots nuls. 
Cerf Abraham Spir Levy, Danielle David -, Duchesne. 

Vu le présent procès verbal, je n'empêche pour le Roy, attendu 
que led. Simon Samuel circoncis est mort dans les sentimens de la 
Religion prétendue reformée {sic)^, que son cadavre soit inhumé 
nuitament, sans bruit, scandai ni appareil, dans le jardin du nommé 
Camot, aubergiste à la \'illctte, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police d'y veiller et tenir la main, si besoin est et en sont 
requis. Fait ce vingt huit août mil sept cent soixante cinq. 

More au. 

Soit fait ainsi qui est requis. Fait ce 28 aoust 1765. 

De Sartine. 

{En marge :) Charité. 

1. Bouzonville, aujourd'hui Busendorf, cercle de Boulay (Lorraine). 

2. Avec une seconde signature du même en hébreu. 

3. Ces dix derniers mots forment une addition en marge, avec appel de 
note. 



I06 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

42. 

12 janvier 1766. — Acte de décès de CerfEnselmc. 
Y 15274. 

Du dimanche douze janvier mil sept cent soixante six, dix heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Geoffrov Langevin, dans une maison occupée par le 
S. Der\', maître doreur, où étant monté au deuxième étage et entré 
dans une chambre sur le derrière, par devant nous sont comparus 
Asser Salomon, Juif de Hichbourg en Franconie, et Joseph Lip- 
man, Juif d'Alsace, demeurants tous deux à Paris rue S' Jullien des 
Ménestriers, chez la V^^ Dominé, au Cheval rouge. 

Lesquels nous ont dit que Cerf Enselme, âgé d'environ trois ans, 
fils d'Enselme Mathis, Juif de Landau en Alsace, et d'Anne Samp- 
son, sa femme, professant la religion juive, est décédé ce jourdhuy 
quatre heures du matin, dans la chambre oià nous sommes, occupée 
par led. Enselme Mathis et sa femme, ses père et mère. Pourquoy 
ils requièrent qu'il soit pour\'U à l'inhumation dud. Cerf Enselme 
en la manière accoutumée. Desquels comparutions, dire et réqui- 
sition avons donné acte aux comparants. Et après qu'il nous est 
apparu d'un corps mort masculin, gissant sur un lit étant dans lad. 
chambre, lesd. comparans et led. Enselme Mathis à ce présent 
nous ont déclaré, certifié et attesté que led. corps mort est celuy 
dud. Cerf Enselme, décédé comme dit est ce matin, lequel corps 
mort a été par nous laissé en la garde dudit Enselme Mathis, qui a 
promis de ne le point faire inhumer jusqu'à ce que par Monsieur le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur le présent pro- 
cès-verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de 
raison. Et ont signé avec nous, lesd. Enselme Mathis et Joseph 
Lipman en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir point écrire en langue 
françoise : 

Es'SELME Mathis {hebr.), Joseph Lipm.vx (hebr.), Asser Solomox S 
Duchesne. 

Vu le présent procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre 
dudit Enselme Mathis être inhumé sans bruit, scandai ni apareil, 

I. Avec seconde signature hébraïque. 



AU XVIII' SIÈCLE 107 

dans le lieu destiné à la sépulture des Juifs, et être enjoint aux offi- 
ciers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce douze janvier mil sept cent soixante six. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce douze janvier 1766. 

De Sartine. 
(En marge :) Charité. 

43- 

28 septembre 1766. — Acte de décès d'Emmanuel Dalpuget. 
Y 11082. 

L'an mil sept cent soixante six, le dimanche vingt huit septembre, 
onze heures du soir, en l'hôtel et pardevant nous, Louis Formel, 
conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châ- 
telet de Paris, sont comparus Sieurs Joseph Petit, Jacob Petit et 
Mardoché Ravel, tous trois Juifs, négociants, demeurans à Paris, 
Les deux premiers, rue Saint Martin, paroisse Saint Méry, et le troi- 
sième, rue de Montmorency, paroisse S* Nicolas des Champs. 

Lesquels nous ont dit que S"" Emmanuel Dalpuget, âgé d'environ 
cinquante ans, aussy Juif, négociant, demeurant à Paris rue de la 
Verrerie, vis à vis celle du Cloitre Saint Méry, en une maison à 
porte cochère dont le rez de chaussée sur la rue est occupé par le 
S"" Therouenne, marchand mercier, vient de décéder il y a environ 
cinq heures en une salle au rez de chaussée au fond de la première 
cour de laditte maison avant vue sur un passage qui conduit au 
fonds d'icelle et faisant partie des lieux qu'il y occupoit, et comme 
led. S"" Emmanuel Dalpuget est mort dans les sentimens de la reli- 
gion judaïque, ils requièrent que nous nous transportions présente- 
ment avec eux dans la ditte salle, où est gissant le corps dud. 
S'' Dapulget, à effet de constater son décès et de faire ensuitte 
ordonner son inhumation conformément aux Déclarations de 
Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé la présente comparu- 
tion, où il a été rayé six mots nuls : 

Joseph Petit, Jacob Petit, Ravel. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
S" Petit et Ravel de leurs comparutions, dires et réquisitoire cy des- 
dus, et, en conséquence, pour faire droit aud. réquisitoire, nous 
nous sommes à l'instant transporté avec eux susd. rue de la Verre- 
rie en lad. maison à porte cochère cy devant désignée, et ayant été 
introduit en une salle au rez de chaussée au fonds de la première 



I08 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

cour de lad. maison ayant vue sur un passage qui conduit au fonds 
d'icelle et précédée d'une petite antichambre, nous y avons trouvé 
et veu, enveloppé d'un drap et étendu sur le carreau, un cadavre 
masculin, qui nous a paru de l'âge d'environ cinquante ans, que 
lesd. S"^^ Petit et Ravel nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et 
consciences estre celui dud. deffunt S"" Emmanuel Dalpuget. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. S"" Emmanuel Dalpuget, 
nous nous transporterons es hôtels de Monsieur le Procureur du 
Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir 
leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire : 

EoRMEL, Joseph Petit, Jacob Petit, Ravel. 

Wi le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Emmanuel Dalpuget être inhumé sans bruit, scandale ni appareil, 
dans la maison du nommé Cabot', à la Villette, et être enjoint 
aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 28 septembre 1766. 

More AU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce 28 septembre 1766. 

De Sartixe. 

(/:» marge ;) Police. 

Rapporté en avril 1781. Trois livres. 

Habui 10 1. De Joigxv. 

44. 
27 novembre 1766. — Acte de décès de Sara de Paul. 
Y II 082. 

L'an mil sept cent soixante six, le jeudy vingt sept novembre, 
neuf heures et demie du matin, en l'hôtel et par devant nous, Louis 
François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur exami- 
nateur au Châtelet de Paris, est comparu S-^ Jacob de Paul père, 
Juif, négociant, demeurant à Paris, rue et paroisse Saint André des 
Arcs. 

Lequel nous a dit que Sara de Paul, âgée de seize mois et demy 



I . Mot écrit postérieurement dans un blanc laissé à cette intention . 



AU XVIIl^ SIECLE 109 

OU ciniron, fille de S' Ange de Paul, aussi Juif, négociant, et de 
demoiselle Anna de Perpignan, vient de décéder il y a environ une 
heure en une pièce servant de cuisine ayant vue sur une cour et 
faisant partie des lieux qu'occupent lesd. père et mère, au premier 
étage sur le devant d'une maison seize en cette rue de la Harpe, 
presque vis à vis la rue Poupée, dont le rez de chaussée est 
occupé par le S'' Merlin, libraire, et comme lad. Sara de Paul est 
morte dans les sentimens de la religion judaïque, led. S"" de Paul 
comparant, son ayeul paternel, requiert que nous nous transportions 
présentement avec luy dans lad. pièce où est gissant le corps de lad. 
Sarra de Paul, à l'effet de constater son décès et de faire ensuitte 
ordonner son inhumation conformément aux Déclarations de 
Sa Majesté rendues à ce sujet. Et a signé en caractères hébraïques : 

Jacob de Paul. (Jjchr.). 

Sur quoy nous, commissaire susdit, avons donné acte aud. S' de 
Paul, comparant, de sa comparution, dire et réquisitoire cy dessus, 
et, en conséquence, pour faire droit à sond. réquisitoire, nous nous 
sommes à l'instant transporté avec luv susd. rue de la Harpe en 
lad. maison cy devant désignée et ayant été introduit en lad. pièce 
servant de cuisine au premier étage, faisant partie des lieux qu'occu- 
pent led. S"" Ange de Paul et sa femme etaussy désignés cy devant, 
nous y avons trouvé exposé sur un berceau d'enfant un cadavre 
féminin d'un enfant qui nous a paru de l'âge d'environ seize mois, 
que led. S»^ Jacob de Paul et led. ?>' Ange de Paul, demeurant dans 
lesd. lieux où nous sommes, à ce présent, nous ont déclaré et 
affirmé en leurs âmes et consciences estre celuy de lad. defiunte 
Sarra de Paul, fille dud. S"" Ange de Paul etpetitte fîlle dud. S'' Jacob 
de Paul. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. Sarra de Paul, nous 
nous transporterons es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy et 
de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs 
conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal 
pour servir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous 
commissaire, à l'égard dud. S'' Jacob de Paul en caractères 
hébraïques : 

Jacob dh Paul (bcbr.). Lange de Paul, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy la cadavre de lad. 
Sara de Paul être inhumé sans bruit, scandale ni apareil dans le 
cimetière des Juifs à la Villette, et être enjoint aux officiers du 



no DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce 27 novembre 1766. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce 27 novembre 1766. 

De Sartine. 
(^En marge ;) Police. 
Rapporté en avril 1781. Trois livres. 
Habui 10 1. De Joigky. 

45- 
13 mars 1767. — Acte de décès de Rebecca Cosie, 
femme d'Isaac Estèves 
Y 11083. 

L'an mil sept cent soixante sept, le vendredy treize mars, unze 
heures et demie du soir, nous, Louis François Formel, conseiller 
du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Chàtelet de Paris, 
ayant été requis, nous sommes transporté rue Saint Honoré, du 
même costé et près l'églize Saint Roch, en une maison dont le 
rez de chaussée est occupé par le S"" Regnault, maitre rôtisseur, et 
ayant été introduit en un appartement au premier étage au dessus 
de l'entresole ayant vue sur lad. rue Saint Honoré, nous y avons 
trouvé et par devant nous sont comparus Sieur Jacob de Paul fils, 
Juif, négociant, demeurant à Paris, rue Poupée, paroisse Saint 
Séverin, S"" David Raphaël, négociant, demeurant à Paris, rue du 
BouUois, à l'hôtel de Grenoble, paroisse Saint Eustache, et 
S"" Salomon Sylva, aussy négociant, demeurant à Paris, rue de la 
Croix des Petits Champs, à l'hôtel de la Couronne, susd. paroisse 
Saint Eustache, ces deux derniers aussy Juifs. 

Lesquels nous ont dit que demoiselle Rebecca Coste, épouse de 
S"" Isaac Esteves, pareillement Juif, négociant, demeurant dans les 
lieux où nous sommes, vient d'y décéder ce jourd'huy vers les six 
heures du soir, âgée d'environ trente neuf ans, dans les sentimens 
de la religion judaïque, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet 
de constater son décès et de faire ensuitte ordonner son 
inhumation conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues 
à ce sujet. Et ont déclaré ne pouvoir ce jourd'huy, heure pré- 
sente, attendu le soleil couché, écrire ny signer eu égard aux 
rits et usages de lad. religion judaïque • dans les sentimens de 



I. Les pratiquants n'écrivent pas le jour du sabbat, qui commence le 
vendredi soir au coucher du soleil. 



AU XVIII' SIECLE 1 1 1 

laquelle ils vivent, de ce interpellés suivant l'ordonnance. 
Sur quoy nous, commissaire susd., avons donne acte auxd. 
S""* susnommés de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, 
et, en conséquence, ayant été introduit en une chambre à coucher 
faisant partie dud. appartement cy dessus désigné, laquelle a vue 
sur la rue, nous y avons trouvé, exposé sur un lit à housse et 
baldaquin de toille de coton bleue et blanche, un cadavre féminin, 
qui nous a paru de l'âge de près de quarante ans, que lesd. S. de 
Paul, Raphaël et Sylva nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et 
consciences estre celuy de lad. feue demoiselle Rebecca Coste, 
épouse dud. S. Esteves. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. demoiselle Rebecca 
Coste, épouse dudit. S"" Esteves, nous nous transporterons inces- 
samcnt es hôtels de M. le Procureur du Roy et de Monsieur le 
Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et 
ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal 
pour servir et valloir ce que de raison. Nous, commissaire, avons 
signé ; à l'égard desd. S''^ de Paul, Raphaël et Sylva, ils ont déclaré 
ne pouvoir ce jourd'huy, heure présente, attendu le soleil couché 
écrire ny signer eu égard aux rits et usages de lad. religion 
judaïque qu'ils exercent, de ce interpellés suivant l'ordonnance. 

Formel. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de la 
demoiselle Rebecca Coste, femme Esteves, être inhumé sans bruit, 
scandai ni apareil, au cimetière des juifs à la Villette, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 13 mars 1767. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 13 mars 1767. 

De Sartine. 
(fn marge) : Doit. 
Rapporté en avril 1781. Trois livres. 
Habui 10 1. De JoiGNY. 

46. 

1 1 avril 1767. — ■ Acte de décès de Raphaël Bachi 
Y 11584. 

L'an mil sept cent soixante sept, le samedy unze avril, cinq 
heures du matin, nous, Amable Pierre Touvenot, écuyer, conseiller 



112 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

du Rov, commissaire au Chàtelet de Paris, substituant M^ Gilles 
Pierre Chenu, notre confrère, ayant été requis, sommes trans- 
portés quay Conti, en la maison dont le S"" Lemaignen est principal 
locataire, oij étant montés en l'appartement du deuxième étage et 
entrés dans une chambre à coucher avant vue sur Icd. quay, y est 
comparu par devant nous Pierre Michalot, dit Saint Pierre, laquais 
au service du S"" Bachi, demeurant en l'appartement où nous 
sommes. 

Lequel nous a dit que le S'' Raphaël Bachi, peintre en miniature, 
juif de nation, natif de Turin, âgé de cinquante un ans, demeurant 
dans Icd. appartement, vient d'y décéder il y a une demie heure 
dans les sentimens de sa religion ; et comme il est nécessaire de 
pourvoir à son inhumation, il a à cet eifet requis notre transport 
pour estre statué ce que de raison. Et a signé : 

Michalot. 

Et à Tinstant comparut par devant nous Si^ Pierre Jacques 
Guesdon, bourgeois de Paris, demeurant rue de la Chanverrerie, 
lequel nous a dit qu'il a connoissance que led. sieur Raphaël 
Bachi, Juif de nation, peintre en miniature, natif de Turin, âgé de 
cinquante un ans, est décédé il y a une demi heure dans la 
chambre à coucher où nous sommes d'une catare à la tète, dont il 
a été attaqué il y a environ deux mois, dans les sentimens de la 
religion juive. Pourquoi requièrent qu'il soit pourvu à son inhu- 
mation. Et a signé : 

Michalot, Gulsdok. 

Sur quoy nous, conseiller commissaire susd., avons donné acte 
des comparution, dires, déclarations et réquisitoire cy-dessus, et, 
en conséquence, pour être statué lad. inhumation nous avons 
ordonné qu'il en sera par nous référé à Monsieur le Lieutenant 
général de police pour être par lui, sur les conclusions de Monsieur 
le Procureur du Roy, ordonné ce qu'il appartiendra, et jusqu'à ce 
nous avons laissé le cadavre dud. Raphaël Bachi en la garde dud. 
Michalot qui s'en s'est chargé pour en faire la représentation 
toutes fois et quand il en sera requis. A l'eftet de quoi il a élu son 
domicile en sa demeure susd. ¥a a signé avec nous. Raie dix mots 
nuls ci-dessus. 

TouvEKOT, Michalot. 

Vu le procès verbal cv dessus, je n'empêche pour le Roy le 
cadavre dud. Raphaël Bachi être inhumé nuitament, sans bruit, 



AU XVI 11'' SIECLE 113 

scandale ni appareil, dans le jardin de la maison où pend pour 
enseigne l'Htoille, occupe^e par la veuve Cameau à la \'illette, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce 1 1 avril 1767. 

MOREAU. 

Soit tait ainsi qu'il est consenti. Fait ce 11 avril 1767. 

De Saktixe. 

(L» iiiaroc) : Rapporté'. 

47- 
II avril-25 juin 1767. — Scellé de Raphacl Bachi -. 
Y 1158^. 

Scellé de Raphaël Bachi, peintre en miniature, 51 ans, quai 
Conti, maison du S"" Avet de Loyzerolle, avocat au Parlement. 

Commissaire : Touvenot, remplaçant Chenu. 

Déclarant : Pierre Michalot, domestique du défunt. 

La présence du cadavre est constatée, le corps étendu sur un lit 
en niche à housse de camelot rayé vert et gris. Outre Michalot, 
figurent à l'acte, sa femme, Madeleine AUuine, cuisinière de 
Bachi ; la veuve Jean Charpentier, garde-malade ; Lange de Paul, 
Juif, négociant, rue de la Harpe, paroisse Saint Séverin, exécuteur 
testamentaire du défunt en vertu du testament reçu par J. B. P. 
Bevière, notaire ; la sœur et le frère du défunt : Abigaïl Juste 
Bachi, femme de GratiaDioBazcri, banquier à Turin, présentement 
à Paris, hôtel du Saint Esprit, rue de l'Hirondelle, paroisse 
Saint André des Arts, légataire universelle ; — Samuel Jacob Bachi, 
de Turin, représenté, vu son absence, parle substitut du Procureur 
du Roi au Châtelet. L'ambassadeur de Sardaigne qui avait com- 
mencé par demander la mise sous scellé, se désiste « attendu qu'il 
se trouve avoir nommé un exécuteur testamentaire ». Parmi les 
oppositions, celles de François Dupuis, bourgeois, rue Saint-Honoré, 
auquel Bachi avait prêté huit louis d'or contre nantissement d'ar- 
genterie ; et le comte de Maillé, le prince de Condé, le comte de 
Tessé, le chevalier d'Arc pour divers portraits confiés ou commandés 
au défunt. 

L'inventaire est dressé par les notaires Jean-Baptistc-Pierrc 

1 . Ce procès-verbal a déjà été publié, de même que les parties intéres- 
santes au point de vue artistique du scellé suivant, par J. Guiffrey, Xoii- 
velles Archives ih l'Art fiançiiis, 2* série, t. V (1884), p. 396-403. 

2. Voir la pièce précédente. 

8 



114 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Bevière et Jacques Mathon et l'estimation des portraits et études 
faite par Jean-Baptiste-Joseph Le Tillier, peintre en miniature. 
Lange de Paul est chargé de la restitution de ces différents objets 
d'art. 

48. 
29 septembre 1767. — Acte de décès d'Abraham Pereire 
Y 11083. 

L'an mil sept cent soixante sept, le mardy vingt neuf septembre, 
unze heures et demie du matin, nous, François Formel, conseiller 
du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châteletde Paris, 
avant été requis, nous sommes transporté rue Plâtrière, en une 
maison à porte cochère attenant une boutique occupée par un 
marchand limonadier et joignant Thôtel de la Ferme généralle des 
postes, et ayant été introduit dans une chambre au premier étage 
avant vue sur lad. rue Plâtrière, nous y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus Jacob Pereire, Juif, interprète du Roy, 
demeurant dans les lieux où nous sommes, paroisse Saint Eustache, 
S''^ Joseph et Josué Petit, frères, Juifs négociants, demeurans 
ensemble rue Saint Martin, paroisse Saint-Jacques de la Boucherie, 
et S. Salomon Silva, aussy Juif, négociant, demeurant à Paris, rue 
de la Croix des Petits Champs susd. paroisse Saint Eustache. 

Lesquels nous ont dit qu'Abraham Pereire, âgé de dix huit jours, 
fils dudit S. Jacob Pereire, et de demoiselle Marie Anne 
Lopcz Dias, aussy Juive, est déccddé ce jourd'hui dans les 
lieux où nous sommes, sous l'empire de la religion judaïque sous 
lequel il étoit né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de 
constater son déceds et de faire ensuitte ordonner son inhumation 
conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. 
Et ont signé : 

Pereire, Josué Petit, Joseph Petit, Salomon de Silva. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
S""* susnommés de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, 
et en conséquence nous étant approché du côté de la cheminée de 
lad. chambre où nous avons été introduit, comme dit est, nous 
y avons trouvé, enveloppé dans des langes et étendu sur le carreau, 
avant deux lumières, l'une à la teste et l'autre aux pieds, un 
cadavre masculin, qui nous a paru en très bas âge et que lesd. 
S" Pereire, Petit et Sylva nous ont déclaré et affirmé en leurs 
âmes et consciences être celuy dud. Abraham Pereire fils. 



AU XVIII' SIÈCLE 115 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Abraham Pereire 
enfant, nous nous transporterons incessamment es hôtels de Mon- 
sieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général 
de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous 
commissaire : 

Pereire, Josué Petit, Joseph Petit, Salomon de Silva, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Abraham Pereire être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans 
la maison du nommé... (sic), sise à la Villette, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 29 septembre 1767. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 29 septembre 1767. 

De Sartine. 
(En marge) : P. 1/2 d'. 
Rapporté en avril 1781. Trois livres. 



49. 

20 février 1768. — Acte de décès de Maria Aiitia de Paul. 
Y 11084. 

L'an mil sept cent soixante huit, le samedy vingt février, six 
heures du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Chàtelet de Paris, ayant 
été requis, nous sommes transporté rue de la Harpe, vis à vis la rue 
Poupée, en une maison dont la boutique est occupée par le 
S"" Merlin, libraire, et ayant été introduit en une pièce servant de 
cuisine au premier étage sur le derrière, nous y avons trouvé et par 
devant nous sont comparus S'' Jacob de Paul père, S'' Lange de Paul 
fils et S"' Jacob de Paul fils, tous trois Juifs, négociants, demeurans 
à Paris, savoir le premier, rue et paroisse Saint André des Arcs, le 
second, susd. rue de la Harpe vis à vis la rue Poupée, maison en 
laquelle nous sommes, paroisse Saint Séverin, et le troisième susd. 
rue Poupée et paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit que Maria Anna de Paul, âgée de dix neut 
à vingt mois, fille dud. S. Lange de Paul et de dame Anna de 
Perpignan, sa femme, petitte fille dud. S. Jacob de Paul père, et 
nièce dud. S. Jacob de Paul fils, est déceddée ce jourd'huy entre 



Îl6 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

une et deux heures de l'après midv, dans la pièce où nous sommes, 
chez sesd. père et mère sous l'empire de la religion judaïque sous 
lequel elle étoit née, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de 
constater son déceds et de faire ensuitte ordonner son inhumation 
conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. 
Et ont signé, led. S"' Jacob de Paul père en caractères hébraïques, 
dans lesquels il a déclaré signer ordinairement et ne savoir signer 
autrement, de ce enquis suivant l'ordonnance. Rayé au présent 
réquisitoire cinq mots nuls. 

Jacob de Paul Çbebr.), Lakge de Paul, Jacob de Paul fils. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. S" de Paul de leurs comparutions, dire et réqui- 
sitoire cy dessus, et en conséquence nous étant approché d'un 
petit lit formé par un matelat placé sur deux fauteuils foncés de 
canne mis en regard dans lad. pièce où nous sommes, nous avons 
trouvé exposé sur led. matelat le cadavre d'une jeune fille, qui 
nous a paru en effet de l'âge d'environ vingt mois et que lesd. S"^^ de 
Paul nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences être 
celuy de lad. Maria Anna de Paul. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. Maria Anna de Paul 
nous nous transporterons au plustot es hôtels de Monsieur le Pro- 
cureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour 
obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoi nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire, led. S"^ Jacob de Paul père en caractères hébraïques, sa 
signature ordinaire, ayant déclaré ne savoir signer autrement, de 
ce enquis suivant l'ordonnance : 

Jacob DE PAUL(/;i'/'r.), Laxge de Paul, Formel, Jacob de Paul. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre de 
lad. Marie Aune de Paul être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, 
au cimetière des Juifs à la \'illette, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce 20 février 1768. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 20 février 1768. 

De Sartike. 



AU XVI 11'= SIECLE 117 

50. 

II juillet 1768. — Acfe de licccs de Marie Anne Bernard de Valahrègue 
Y II 084. 

L'an mil sept cent soixante huit, le lundy unze juillet, une 
heure de relevée, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été 
requis, nous sommes transporté rue de Seine, quartier Saint 
Germain des Préz, en une maison située presque vis à vis celle du 
Colombier et dont le rez de chaussée est occupé par un pâtissier, 
et ayant été introduit dans un appartement au premier étage ayant 
vue sur lad. rue de Seine, nous y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus S. Israël Salon et S. Israël Ravel, tous 
deux Juifs, négocians, demeurans le premier, rue de la Vieille 
Bouderie, paroisse Saint Sévcrin, et le second, susd. rue de Seine, 
paroisse Saint Sulpice. 

Lesquels nous ont dit que demoiselle Marie Anne Bernard de 
Valahrègue, âgée de dix sept ans, fille de Sieur Israël Bernard de 
Valahrègue, interprête du Roy, et de demoiselle Esther Salon, son 
épouse, demeurans dans l'appartement où nous sommes, est 
déceddée ce jourd'huy vers les cinq heures du matin chez sesd. 
père et mère, avec lesquels elle demeuroit, dans une chambre 
dépendante dud. appartement, avant vue sur la cour de lad. maison, 
après avoir essuyé une maladie de cinq à six jours, dans les senti- 
mens de la religion judaïque, dans lesquels vivent lesd. S. et D"'= 
ses père et mère, qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater 
le décès de lad. D"« Marie Anne Bernard de Valahrègue et de faire 
ensuitte ordonner son inhumation conformément aux Déclarations 
de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé : 

Israël Ravel, Israël Salom. 

Sur quov nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. S^'^ Salon et Ravel de leurs comparutions, dire et 
réquisitoire cy-dessus, et en conséquence étant entré dans lad. 
chambre ayant vue sur la cour de lad. maison, nous avons trouvé 
exposé sur de la paille sur le carreau, et enveloppé d'un linceul, un 
cadavre féminin, qui nous a paru en effet de l'âge d'environ dix 
sept ans et que lesd. S'^ Salon et Ravel nous ont déclaré et affirmé 
en leurs âmes et consciences être celuy de lad. D"^ Marie Anne 
Bernard de Valabrèa^ue. 



Il8 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. D"« Marie Anne 
Bernard de Valabrègue, nous nous transporterons au plus tôt es 
hôtels de Monsieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieute- 
nant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance 
à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire : 

Formel, Israël Salom, Israël Ravel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de la 
D"« Marie Anne Bernard de Vallebrèque être inhumé sans bruit, 
scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs à la Villette, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police d'v veiller et prêter 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce ii juillet 1768. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 1 1 juillet 1768. 

De Sartine. 
ÇEn marge) : Rapporté en avril 1781. Trois livres. 



51- 

27 décembre 1768. — Acte de décès d'Anne de Perpignan 
épouse de Lange de Paul 
Y 11084. 

L'an mil sept cent soixante huit, le mardy vingt sept décembre, 
quatre heures de relevée, en l'hôtel et par devant nous, Louis Fran- 
çois Formel, conseiller du Rov, commissaire enquesteur examinateur 
au Châtelet de Paris, sont comparus S. Jacob de Paul fils, S. Israël 
Salon et S. Josué Petit, tous trois Juifs, négociants, demeurants à 
Paris, sçavoir led. S. de Paul rue Poupée, quartier Saint André des 
Arcs, paroisse Saint Séverin, led. S. Salon, rue de la Vieille 
Bouderie, même paroisse, et led. S. Petit rue Saint Martin, 
paroisse Saint Jacques de la Boucherie. 

Lesquels nous ont dit que D"^ Anna de Perpignan, âgée de trente 
ans ou environ, épouse du S"" Lange de Paul, aussy Juif, négociant, 
demeurant rue de la Harpe, vis à vis la rue Poupée, est décédée ce 
jour d'huy vers le midy, à la suitte d'une maladie de couche dans 
les lieux occupés par led. S'' son marv et elle, au premier étage 
d'une maison seize susd. rue de la Harpe, vis à vis lad. rue Poupée, 
dont le sieur Merlin, libraire, occupe le rez de chaussée, qu'elle 



AU XVIII' SIÈCLE 119 

est décédée dans les sentimcns de la religion judaïque qu'elle 
professoit, et qu'ils requièrent que nous nous transportions présen- 
tement avec eux danslesd. lieux à l'effet de constater le décès de 
lad. dame de Paul et de faire ensuitte ordonner son inhumation 
conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet 
Et ont signé : 

JosuÉ Petit, Israël Salom, Jacob de Paul fils. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
S''* de Paul, Salom et Petit de leurs comparutions, dires et réqui- 
sitoire cy dessus, et en conséquence pour satisfaire à leurd. réqui- 
sitoire nous nous sommes à l'instant transporté avec eux susd. 
rue de la Harpe en la maison cy devant désignée, et avant été 
introduit dans une chambre au premier étage sur la rue, faisant 
partie des lieux qui nous ont été déclarés être occupés par led. 
S"" Lange de Paul, uous y avons trouve une bierre posée sur des 
chaises ; ayant fait lever les planches du dessus d'icelle, nous y 
avons vu enveloppé dans un linceul un corps mort féminin, qui 
nous a paru de l'âge d'environ trente ans, et qui nous a été déclaré 
estre celuy de lad. D"^ Anna de Perpignan, femme dud. S. Lange 
de Paul, ce que lesd. S""^ Jacob de Paul, Salom et Petit nous ont 
affirmé en leurs âmes et consciences. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. D"<^ épouse dud. 
S'' Lange de Paul nous nous transporterons au plutost es hôtels de 
Monsieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant 
général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à 
cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal 
pour servir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous 
commissaires, approuvé en ces présentes, le nom De Paul comme 
bon ' : 

JosuÉ Petit, Israël Salom, Formel, Jacob de Paul. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Anna de Perpignan femme Lange de Paule être inhumé 
sans bruit, scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs à la 
Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller 
et de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
27 décembre 1768. 

MOREAU. 

I. Le scribe avait primitivement écrit Paule, IV final a été ensuite partout 
effacé. 



120 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A TARIS 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 27 Xbre 1768. 

De Sartine. 
ÇEn marge ;) Rapporté en avril 1781. Trois livres. 



52. 
3 avril 1769. — Acte de décès de Moxsc Bernard de J'alahrègiic. 
Y. 11085 

L'an mil sept cent soixante neuf, le lundy trois avril, une heure 
de relevée, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, com- 
missaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été 
requis, nous sommes transporté rue de Seine, quartier Saint Ger- 
main des Préz, en une maison située presque vis à vis celle du 
Colombier et dont le rez de chaussée est occupé par un pâtissier, 
et ayant été introduit dans un appartement au premier étage ayant 
vue sur lad. rue de Seine, nous v avons trouvé et par devant nous 
sont comparus S" Josué Petit et Jacob de Paul fils, tous deux 
Juifs, négociants demeurant à Paris, le premier rue Saint Martin, 
paroisse Saint Jacques de la Boucheiie, et le second, rue Poupée, 
quartier et paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit que S"" Moyse Bernard de Valabrègue, âgé 
de quinze ans ou environ, fils de S"" Israël Bernard de Valabrègue, 
interprète du Roy, et de demoiselle Esther Salon, son épouse, 
demeurants dans l'appartement où nous sommes, est décédé ce 
jourd'huy vers les sept heures du matin, chez sesd. père et mère, 
avec lesquels il demeuroit, dans une chambre dépendante dudit 
appartement ayant vue sur la cour de lad. maison, après avoir 
essuyé une maladie de fièvre putride depuis quatre à cinq jours, 
dans les sentimens de la religion judaïque dans lesquels il vivoit 
et vivent lesd. S"" et demoiselle ses père et mère, et qu'ils ont requis 
notre transport à l'effet de constater le décès dud. S"" Moyse Ber- 
nard de \^alabrègue et de faire ordonner son inhumation conformé- 
ment aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont 
signé : 

JosuH PmiT, Jacob de Paui. fii.s. 

Sur quov nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. Si"^ Petit et de Paul de leurs comparutions, dire 
et réquisitoire cv dessus, et en conséquence étant entré dans lad. 
chambre ayant vue sur la cour de lad. maison, nous avons trouvé 
étendu sur le carreau et enveloppé de linceuls un cadavre mas- 



AU XVm'^ SIECLE 121 

culin qui nous a paru en effet de l'âge d'environ quinze ans et que 
les dits S" Petit et de Paul nous ont déclaré et et affirmé en leurs 
âmes et consciences estre celuy dud. S"" Moyse Bernard de Vala- 
brègue. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. S"" Moyse Bernard de 
Valabrègue, nous nous transporterons au plutost es hôtels de Mon- 
sieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de 
police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
sen'ir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire : 

JosuÉ Petit, Jacob de Paul fils, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Moyse Bernard de \'alabrègue être inhumé au cimetière des Juifs 
à la \'illette, et être enjoint aux officiers du guet et de police, d'y 
veiller et prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
3 avril 1769. 

Mo RE AU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 3 avril 1769. 

De Sartin'e. 
(El! nnirgc ;) Habui 1/2 duri. de Joigny. 
Rapporté en avril 1781. Trois livres. 

53- 
27 août 1769. — Acte de décès de BeUic Louis Aaron 
Y 11085. 

L'an mil sept cent soixante neuf, le dimanche vingt sept aoust, 
six heures du soir, nous, Louis François Formel, commissaire 
enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, 
nous sommes transporté rue des Vieilles Étuves, quartier Saint 
Martin, en une maison tenue garnie par le S'' Roullct de Latour, 
et ayant été introduit en une salle au rez de chaussée ayant vue 
sur le derrière, nous y avons trouvé et par devant nous sont com- 
parus Louis Aaron, Juif, négociant de la ville d'Amsterdam en 
Hollande, arrivé à Paris le dix huit du présent mois et logé depuis 
son arrivée en la maison où nous sommes, paroisse Saint Nicolas 
des Champs, Si'Mayer Hadamar, Juif, négociant de la ville de Metz, 
logé à Paris chez Antoine, débitant de bierre et logeur, rue Beau- 
bourg, paroisse Saint Mery, et S"" Lion Zacharie, aussy Juif, négo- 



122 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

ciant de la ville de Rotterdam en Hollande, loge à Paris, rue 
Geoifroy Langevin, chez Godin, cordonnier et logeur, susd. 
paroisse Saint Mer^'. 

Lesquels nous ont dit que Bellie Louis Aaron, âgée de deux ans 
passés, fille dud. Louis Aaron et de Abigaïl Lion, sa femme, laquelle 
enfant est arrivé («c) avec luy à Paris led. jour dix huit du présent 
mois d'aoust, y est décédé dans la salle où nous sommes, hier 
samedy vers les cinq heures du matin, sous l'empire de la religion 
judaïque, sous lequel vivent ses père et mère et sous lequel elle est 
née, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater le 
décès de lad. Bellie Louis iVaron et de faire ordonner son inhumation 
conformément aux déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. 
Et ont signé, à l'égard dud. Aaron en caractères hébraïques. 

M. Hadamar ■, Louis Aarom (hebr.), Lion Zacharie. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte aux com- 
parants de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, et en 
conséquence ayant apparu dans lad. salle une bierre en bois de 
sapin posée sur deux chaises et dont le dessus n'étoit point arrêté, 
ayant fait lever led. dessus, nous avons trouvé étendu dans lad. 
bierre et enveloppé de linceuls un corps mort féminin, qui nous 
a paru en effet de l'âge d'environ deux ans, et que lesd. comparants 
nous ont déclaré et afhrmé en leurs âmes et consciences estre celuy 
de lad. Bellie Louis Aaron. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. Bellie Louis Aaron, 
nous nous transporterons au plutost es hôtels de Monsieur le Pro- 
cureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour 
obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet eftet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal 
pour ser\ir et valoir ce que de raison. Et ont signé, à l'égard dud. 
Aaron en caractères hébraïques : 

M. Hadamar, Louis Aaron {hehr.), Lion Zacharie, Formel. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
Bellie Louise (sic) Aaron être inhumé à la \'illette, au cimetière des 
Juifs, sans bruit, scandale ni apareil, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce 27 aoust 1769. 

MOREAU. 



I. La signature d'Hadamar est — dans cette pièce et dans celles qui 
suivent — généralement accompagnée d'une seconde signature hébraïque. 



AU XVIII* SIÈCLE 123 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 27 aoust 1769. 

De Sartine. 
(En marge) : Pauvre. 



54- 
i«r janvier 1770. — Acle de décès de Noé Vidal 
Y 11086. 

L'an mil sept cent soixante dix, le lundy premier janvier, huit 
heures du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant 
été requis, nous sommes transporté rue des Fossez Saint Germain 
des Préz, autrement ditte de la Comédie françoise, en une maison 
neuve, près la rue des Cordeliers, occupée au rez de chaussée par 
un marchand bonnetier, et ayant été introduit en un appartement 
au second étage au dessus de l'entresolle ayant vue sur la rue, nous 
y avons trouvé et par devant nous sont comparus S"^ Salomon 
Ravel, Juif négociant, demeurant à Paris, rue Gallande, à l'hôtel de 
Lesseville, paroisse Saint Séverin, S"" Aaron Ravel, aussi Juif, 
négociant, demeurant à Paris, rue de Seine, quartier Saint Germain 
des Préz, paroisse Saint Sulpice, à l'hôtel d'Espagne, et S"" Jacob de 
Paul fils, pareillement Juif, négociant, demeurant à Paris, rue 
Percée, même paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit que S"" Noé Vidal, âgé de cinquante huit 
ans ou environ, aussi Juif, négociant, lequel demeuroit dans l'ap- 
partement où nous sommes, y est décédé cejourd'huy il y a environ 
une heure et demie, à la suitte d'une longue maladie, en une 
chambre à coucher dépendante dud. appartement et ayant vue sur 
le derrière, dans les sentiments de la religion judaïque, sous 
l'empire de laquelle il vivoit et qu'il exerçoit, et qu'ils ont requis 
notre transport à l'effet de constater led. déceds et de faire ordonner 
l'inhumation dud. S"" Noé Vidal conformément aux Déclarations de 
Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé : 

Salomon Ravel, Aaron Ravel, Jacob de Paul fils. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
S"" Ravel et S'' De Paul de leurs comparutions, dires et réquisitoire 
cy dessus et, en conséquence, nous étant fait introduire dans lad. 
chambre, nous avons trouvé en icelle étendu sur le carreau et enve- 
loppé dans des linges un corps mort masculin, qui nous a paru en 
effet de l'âge de cinquante huit ans ou environ et que lesd. S''^ com- 



124 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

parants nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et conscience 
estre celui dud. S.Noé \'idal. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. S'' Noé \'idal nous 
nous transporterons au plutost es hôtels de Monsieur le Procureur 
du Rov et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir 
leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès-verbal 
pour servir et valoir, ce que de raison. Et ont signé : 

Sai.omox Ravel, Arok Ravel, Formel, Jacor de Paul fils. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre dud. 
Noé Vidal être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, au cimetière 
des Juifs scis à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police d'v veiller et prêter main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce premier janvier 1770. Deux mots rayés nuls. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce premier janvier 1770. 

De Sartine. 
(£;/ mar^c) : Rapporté en avril 1781. Trois livres. 

55- 

27 mars 1770. — Acte de dccès de Johanan l'idal de MiUihaii 
Y 110S6. 

L'an mil sept cent soixante dix, le mardy vingt sept mars, sept 
heures et demie du matin, nous, Louis François Formel, conseiller 
du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, 
ayant été requis, nous sommes transporté rue Saint André des Arts 
à l'entrée de lad. rue, du coté de la place du Pont Saint Michel, à 
gauche en v entrant par lad. place, maison dont le rez de chaussée 
est occupé par un débitant de billets de lotterie, et ayant été intro- 
duit en un appartement au second étage ayant vue sur lad. rue 
Saint André des Arts, nous y avons trouvé et par devant nous 
sont comparus S"" Jacob de Paul père. S"" Israël Moyse et S-" Abraham 
de Montaux, tous trois Juifs, négocians, demeurants à Paris, led. 
S"" de Paul, susd. rue Saint André des Arts, paroisse Saint Séverin, 
et lesd. S''^ Movse et de Montaux, même rue et paroisse Saint André 
des Arts. 

Lesquels nous ont dit que S-^ Johanan Vidal de Millihau, 
âgé de quatre vingts ans passés, aussi Juif, négociant, lequel 
demeuroit dans l'appartement où nous sommes, y est déceddé ce 



AU XVIII= SIECLE 125 

jourd'liui vers les quatre heures du matin, à la suitte d'une maladie 
de dévoyement occasionnée par une indigestion qui lui est survenue 
il y a environ trois semaines, en une chambre à coucher dépendante 
dud. appartement et ayant vue sur la rue, dans les sentimens de la 
religion judaïque, sous l'empire de laquelle il vivoit et qu'il 
exerçoit, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater 
led. déceds et défaire ordonner l'inhumation dud. S"" Joanan Vidal 
de Millihau conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues 
à ce sujet. Et ont signé, à l'égard dud. S'' de Paul père en caractères 
hébraïques, sa signature ordinaire, ainsi qu'il nous a déclaré. Rayé 
cy dessus six mots nuls. 

Jacob de Paul (bcbr.), Israël Moysk, Moxtaux. 

Sur quoy nous, comtnissaire susd., avons donné acte auxd. S'^ de 
Paul, Moyse et de Montaux de leurs comparutions, dire et réqui- 
sitoire cy dessus, et en conséquence nous étant fait introduire dans 
lad. chambre, nous avons trouvé en icelle, étendu sur le carreau et 
enveloppé dans des linges, un corps mort masculin, qui nous a paru 
en effet de l'âge de quatre vingt ans ou environ et que lesd. S''^ com- 
parants nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences 
estre celui dud. S'' Johanan Vidal de Millihau. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. S'' Johanan \'idal de 
Millihau, nous nous transporterons au plutost es hôtels de Mon- 
sieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de 
police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé, à l'égard dud. 
S'' De Paul en caractères hébraïques, sa signature ordinaire ainsi 
qu'il l'a déclaré. 

Jacob de Paul Çhebr.), Israël Moyse, Moxtaux, Formel. 

Vu le procès verbal je n'empêche pour le Rov le cadavre dud. 
Johanan Vidal de Millihau être inhumé sans bruit, scandale ni 
apareil, au cimetière des Juifs à la Villette, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police d'y veiller .et prêter main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 27 mars 1770. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 27 mars 1770. 

De Sartine. 
(En marge .) Rapporté en avril 17S1. Trois livres. 



I2é DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

56. 

15 mai 1770. — Acte de décès de Marie Simon 
Y 15278. 

Du mardy quinze may mil sept cent soixante dix, huit heures du 
matin. 

Nous, Hugues PhiHppes Duchesne^ conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Saint Martin, dans une maison dont la boutique est occupée 
par le S. Bergerot, maitre fayencier, monté au troisième étage 
d'icelle et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons 
trouvé et par devant nous sont comparus Anselme Mathis, négo- 
tiant, Juif de Landau en Alsace, demeurant à Paris, rue des Vieilles 
Étuves Saint Martin, maison de Colin, blanchisseur, et Joseph 
Lév\, Juif de Cracovie, boucher, demeurant à Paris, rue Geoffroy 
Langevin, maison de la veuve Boursier, tenant chambres garnies. 

Lesquels nous ont dit que Marie Simon, âgée d'environ deux ans 
et demie, fille de Jacob Simon, Juif de Bruxelles, graveur en 
pierres, et de Sara Simon sa femme, professant l'un et l'autre la 
religion juive, est décédée ce jôurd'huv environ une heure du 
matin, de maladie, dans la chambre où nous sommes. Pourquoy 
ils requièrent que le cadavre de lad. Marie Simon, que led. Jacob 
Simon et sa femme avoient intention d'élever dans leur religion, 
soit inhumé dans le lieu destiné à la sépulture des Juifs. Desquels 
comparution, dire et réquisition avons donné acte aux comparans. 
Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre féminin gissant dans 
lad. chambre, lesd. comparans et Jacob Simon à ce présent nous 
ont déclaré, certiffié et attesté que c'est celuy de lad. Marie Simon, 
lequel cadavre a été par nous laissé en la garde dud. Jacob Simon, 
son père, qui a promis de ne point le faire inhumer qu'au préalable il 
n'ait été statué par AL le Lieutenant général de police sur le 
présent procès verbal que nous avons fait et dressé pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, led. Anselme 
Mathis en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir point signer en 
françois. Rayé en ces présentes quatre mots nuls et approuvé les 
les mots Jacob surchargés '. 

Joseph Lévv, Anselme AL\THis(/;f /'/-.), Jacob Simox, Duchesxe. 

I . Le rédacteur avait d'abord écrit : Charles, au lieu de Jacob. 



AU XVIir SIECLE 127 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
laditte Marie Simon être inhumé dans le lieu destiné à la sépul- 
ture des Juifs, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de 
prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce quinze 
may 1770. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce quinze may 1770. 

De Sartine. 
{En marge) : Charité. 

57- 

30 août 1770. — Acte de décès de Jacob Coste. 
Y iio8é. 

L'an mil sept cent soixante dix, le jeudy trente aoust, six heures 
du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commis- 
saire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, 
nous sommes transporté rue de l'Étoille, quartier Saint Paul, en 
une maison ayant pour enseigne le Cheval noir, occupée par le 
S"" Brunier, marchand fripier, qui y tient chambres garnies, et ayant 
été introduit en une chambre au premier étage ayant vue sur lad. 
rue de l'Étoille, nous y avons trouvé et par devant nous sont com- 
parus Abraham Coste, Juif, négociant, demeurant ordinairement 
en la ville de Bordeaux, étant de présent à Paris logé en la maison 
où nous sommes, paroisse Saint-Paul, S"" Jacob de Paul père et 
S'' Abraham de Montaux, tous deux aussy Juifs, négocians, demeu- 
rants à Paris, rue et paroisse Saint-André des Arcs. 

Lesquels nous ont dit que Jacob Coste, âgé de deux ans et demy 
passez ou environ, fils dud. Abraham Coste et de Esther Albarez 
Cardos, sa femme, aussy Juive, est déceddé ce jourd'huy vers une 
heure de relevée, dans la chambre où nous sommes, à la suitte 
d'une maladie de fluxion de poitrine, sous l'empire de la religion 
judaïque que professent sesd. père et mère et sous lequel il est né, 
et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater led. déceds 
et de faire ordonner l'inhumation dud. Jacob Coste conformément 
aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé, à 
l'égard du S. de Paul père, en caractères hébraïques, sa signature 
ordinaire, ainsy qu'il nous a déclaré : 

Abram Coste, Jacob de Paul (hebr.), Montaux. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte aud. Coste 
et auxd. S''^ de Paul et de Montaux de leurs compamtions, dire et 



128 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

réquisitoire cv-dessus. Et en conséquence, après qu'il nous est 
apparu dans lad. chambre du cadavre d'un jeune garçon, qui nous 
a paru en effet de l'âge de deux ans et demv ou environ, enveloppé 
d'un drap et exposé sur une table, lesd. comparans nous ont déclaré 
et affirmé en leurs âmes et consciences led. cadavre être celuy dud. 
Jacob Coste. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Jacob Coste nous nous 
transporterons au plus tôt es hôtels de Monsieur le Procureur du 
Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir 
leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quov nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire, à l'égard dud. S. de Paul en caractères hébraïques, sa signa- 
ture ordinaire, ainsy qu'il l'a déclaré : 

Jacob de Paul (hchr.), Montaux, Ahkam Coste, Formel. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Jacob Coste être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, au cime- 
tière des Juifs à la \'illette, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce 50 aoust 1770. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 30 aoust 1770. 

De Sartixe. 
(Eu marge) : Rapporté en juillet 1781, Trois livres. 

58. 

3 septembre 1770. — Acte de dëccs d'Isaac de Paul. 
Y 11086. 

L'an mil sept cent soixante dix, le lundy trois septembre, une 
heure de relevée, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Chàtelet de Paris, ayant été 
requis, nous sommes transporté rue de la Harpe, vis à vis celle 
Poupée, en une maison occupée au rez de chaussée par le S'' Mer- 
lin, libraire, et ayant été introduit en un appartement au premier 
étage ayant vue sur la rue, occupé par le S"^ Lange de Paul, Juit, 
négociant, nous y avons trouvé et par devant nous sont comparus : 
S""^ Jacob de Paul fils et Abraham de Montaux, tous deux Juifs, 
négociants, demeurants en cette ville, le premier, rue Poupée, pa- 
roisse Saint Séverin, et l'autre, rue et paroisse Saint-André des Ar;s. 



AU XVIII'= SIÈCLE 129 

Lesquels nous ont dit que Isaac de Paul, âgé de deux ans et demy 
ou environ, neveu dud. Jacob de Paul, comparant, et fils dud. 
S"" Lange de Paul et de demoiselle Anna Perpignan, est déceddé il 
y a environ quatre heures, par suitte d'une maladie de convulsions, 
sous l'empire de la religion judaïque sous lequel il étoit né et que 
professent sesd. père et mère, dans une chambre à coucher dépen- 
dante de l'appartement où nous sommes et ayant vue sur le derrière, 
et qu'ils ont requis notre transport à l'eflet de constater led. décès 
et de fiiire ordonner l'inhumation dud. Isaacde Paul conformément 
aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé. 
Approuve cy dessus le nom Anna comme bon quoyque surchargé 
en partie". 

Jacob de Paui. fils, Moxtaux. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd.S'^de 
Paul et Montaux de leurs comparution, dire et réquisitoire cy- 
dessus, et, en conséquence, nous étant fait introduire dans lad. 
chambre, nous avons trouvé couché dans un lit d'enfant y étant un 
corps mort masculin, qui nous a paru en effet de l'âge d'environ 
deux ans et demy, et que lesd. S"^^ comparants nous ont déclaré et 
affirmé en leurs âmes et consciences être celuy dud. Isaac de Paul. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Isaac de Paul nous 
nous transporterons au plutost es hôtels de M. le Procureur du Roy 
et de M. le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclu- 
sions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé : 

Jacob de Paul fils, Moxtaux, Formel. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Isaac de Paul être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, au cime- 
tière des Juifs à la \'illette, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce 3 septembre 1770. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce trois septembre 1770. 

De Sartixe. 
(^En marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres. 



I. On avait primitivement écrit Annatte. 



130 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

59- 
6 octobre 1770. — Acte de décès d'Aaron Grotwol. 
Y 15278. 

Du samedv six octobre mil sept cent soixante dix, trois heures de 
relevée, nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, 
commissaire au Châtelet de Paris, avant été requis, nous sommes 
transporté rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est 
occupée par un menuisier, où estant et monté au deuxième étage et 
et entré dans une chambre ayant \-ue sur la rue, par devant nous sont 
comparus Jacob Traisnel, Juif de Metz, demeurant à Paris, rue aux 
Ours, maison du S"" Bereux, pâtissier, et Israël Isaac, Juif de Stras- 
bourg, demeurant à Paris, rue Saint Martin, maison du S'' Rivière, 
maître perruquier, près Saint Jullien des Ménestriers. 

Lesquels nous ont dit que Aaron Grotwol, aussy Juif de Metz, 
âgé d'environ quatre vingts ans, est décédé le jour d'hier, dix heures 
du soir, dans la chambre où nous sommes, professant la religion 
judaïque. Pourquov ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhuma- 
tion dans le cimetière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels 
comparution, dire et réquisition, nous avons donné acte, et après 
qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur un lit étant 
dans la dite chambre, que les sieurs comparants nous ont déclaré, 
certiffié et attesté estre celuv dudit Aaron Grotwol, nous l'avons 
laissé en leur garde, sans par eux pouvoir le faire inhumer qu'au 
préalable il n'ait été statué par Monsieur le Lieutenant général de 
police sur le contenu au présent procès verbal, que nous avons 
dressé pour ser\-ir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. comparans 
signé avec nous : 

Trexelle ', Dl'Chesxe, Israël Isaac. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Aaron Grotwol estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du 
guet et de police de prestcr main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait le six octobre 1770. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce six octobre 1770. 

De Sartine. 
(En marge) : Charité. 

I. Avec seconde signature hébraïque. 



AU XVIII" SIECLE 131 

(Une note jointe au procès-verbal porte) : 

Monsieur le commissaire Duchesne aura la bonté de faire inhu- 
mer le cadavre du nommé Aaron Grot Wol, Juif, dans le cimetière 
des Juifs, pauvre, et dont on ne peut satisfaire aux droits d'inhuma- 
tion. J'ay l'honneur d'être très parfaitement. Monsieur, votre très 
humble et très obéissant serviteur. 

Merelle de Joigny '. 

Ce 6 octobre 1770. 

(D'une autre main) : 80 ans. De Metz. Au 2^ étage d'une maison 
dont la boutique est occupée par un menuisier. Mort hier à 10 h. 
du soir. 

(Au dos) : Monsieur le Commissaire Duchesne, rue Saint Martin. 

60. 

2 juin- 5 août 1771 . — Scellé de Jacob Lêvy. 
Y 14466. 

Scellé de Jacob Lévy, dit de Drancée, banquier à Paris, décédé le 
2 juin à 6 heures de l'après-midi dans un appartement, au 
deuxième étage d'une maison sise rue du Temple, près la rue des 
Gravilliers, appartenant à Croiset, maître maçon. 

Commissaire : Maillot. 

Requérant : Pierre Jabineau de La Voûte, ancien avocat au Par-^ 
lement, rue de la Harpe, paroisse de Saint Côme, légataire uni- 
versel du défunt en vertu d'un testament olographe du 21 mai 
insinué au Châtelet le 8 juin et déposé chez Dondcv, notaire. 

Comparaissant : Jean Antoine Petit, dit Saint-Jean, laquais du 
défunt; Michel Lévy, son père, banquier à Bischheim, de présenta 
Paris, rue Saint Martin chez Delarivierre, perruquier, etc. — L'in- 
ventaire est dressé par Nicolas Dondey, notaire. Le défunt ne tenant 
pas ménage n'a ni cave ni cuisine : dans l'antichambre, le matériel 
du banquier ; dans l'écurie, une jument et deux cabriolets. L'argent 
liquide se monte à 722 1. ; par suite d'une instance au criminel, le 
24 janvier 1771, 28.115 1. avaient été consignées au greffe du For 
Levêque. — Parmi les oppositions, celles de Jean Guillaume 
Breithaupt Druffel, étudiant en médecine, rue du Temple, hôtel 



I. Claude Théodore Merelle Je Joign}-, avocat en Parlement, bailli 
général de Saint-Lazare à la Villette. Cf. Arch. Nat., Z^ 4692. 



132 DOCUMENTS SUR LES JUllS A PARIS 

Montbar ; banque Tourton et Bour ; les mineurs Desrieux, pour 
unesomme de 20.000I. restant dus suivantacte du 22 janvier 1771 ; 
Jacob Auguste Tabor, négociant à Francfort, pour 24.000 1. à lui 
dues par obligation du 12 août 1775; Fronteau, bijoutier, place 
Dauphine, comme étant aux droits de Prié, créancier de Cerf Lévy, 
frère du défunt ; Raphaël Lévv, père et fils, négociants à Stras- 
bourg, pour divers titres et effets par eux confiés au défunt, sommes 
dues, etc. 

En fin d'inventaire Jabineau reste chargé des papiers et valeurs. 



61. 

3 juin 1771. — Acfe de décès de Jacob Lévy '. 
Y 14466. 

L'an mil sept cent soixante unze, le lundv trois juin, onze heures 
du matin, sont comparus en l'hôtel et par devant nous, Nicolas 
Maillot, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, 
S""* Jacob Goldschmit, Juif de nation, demeurant rue des Lom- 
bards, au Sauvage d'or, et Philippes Heckscher, graveur en pierres 
fines, demeurant quay de l'Horloge du Palais, maison du S"" Robert, 
géographe du Rov. 

Lesquels nous ont déclaré et dit qu'ayant appris que le S"" Jacob 
Lévy, natif de Bitchene ^, près de Strasbourg, âgé de trente huit 
ans, Juif de nation, banquier à Paris, demeurant rue du Temple 
près la rue des Gravilliers, étoit déceddé hier chés lui sur les cinq 
à six heures du soir, après quatre à cinq jours de maladie, dans la 
loi et proffessant la loi judaïque, et que comme tel l'inhumation 
catholique lui est déniée, et qu'il est question de le faire inhumer 
en la manière accoutumée des Juifs, qui est pour ceux demeurants 
et mourants à Paris à la \'illette, à l'enseigne de l'ttoille d'argent, 
ils sont venus nous faire la présente déclaration pour être statué sur 
lad. inhumation. Et ont signé : 

J. Goldschmit, P. Hkckschere. 

Sur quov nous, commissaire susd., avons donné acte aux com- 
parants de leur comparution, déclaration, dire et réquisition. Et 
attendu que nous n'avons constaté le jour d'hier, sur les onze 



1. Ct. la pièce précédente. 

2. Bischheii.. 



AU XVIir SIECLE 133 

heures du soir que nous nous sommes transportés chez led. 
S"^ Jacob Lcvy, que son déceds et l'existance de son cadavre sur un 
Ht dans sa chambre à coucher, en v apposant nos scellés, n'ayant 
pas appris pour lors qu'il étoit Juif de nation, nous nous sommes 
retiré après l'apposition de nosd. scellés sans autres formalités : 
mais ce jourd'huy ayant appris par lad. déclaration de l'autre part 
que non seulement led. Jacob Lévy étoit Juif de nation, et encore 
qui est déceddé dans la loi judaïque, pourquoy la sépulture catho- 
lique lui est déniée de droit, nous nous réservons de faire sta- 
tuer à l'instant sur son inhumation en la manière accoutumée 
des Juifs, de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général de 
police, sur les conclusions de Monsieur le Procureur du Rov. Dont 
et de quoy nous avons fait et dressé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. 

Maillot. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre dud. 
Jacob Lévy être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans le 
cimetière des Juifs à la Villette, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police d'v veiller et prêter main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce 3 juin 1771. 

More AU. 
Soit fiiit ainsi qu'il est requis. Fait ce 3 juin 1771. 

De Sartixe. 



62. 

10 juin 1771. — Acle de décès de Jacob Perpignan. 
Y 11087. 

L'an mil sept cent soixante unze, le lundy dix juin, quatre heures 
de relevée, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, com- 
missaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été 
requis, nous sommes transporté rue Dauphine, quartier Saint 
André des Arts, en une maison occupée au rez de chaussée par le 
S"" Dijon, maître coffretier, et ayant été introduit en une chambre 
au second étage ayant vue sur la rue, dépendante de l'appartement 
dud. second étage sur le devant, occupé par le S'' Moyse Perpi- 
gnan, Juif, négociant, nous v avons trouvé et par devant nous sont 
comparus S" Salomon Perpignan, Jacob de Paul père et Léon de 
Paul fils, tous trois Juifs, négocians, demeurants à Paris, le premier 
quav de Contv, paroisse Saint André des Arts, le second rue et 



134 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

paroisse Saint André des Arts et le troisiesme rue de la Harpe, 
paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit que Jacob Perpignan, âgé de dix huit mois 
ou environ, fils dud. S"" Moyse Perpignan et de demoiselle Rachel 
Salon, son épouse, aussy Juive, est déceddé ce jourd'huy entre une 
et deux heures de relevée, dans la chambre oii nous sommes, à la 
suitte d'une maladie provenant de dents qui vouloient percer, sous 
l'empire de la religion judaïque que professent sesd. père et mère 
et sous l'empire duquel il est né, et qu'ils ont requis notre transport 
à l'effet de constater led. déceds et de faire ordonner l'inhumation 
dud. Jacob Perpignan conformément aux Déclarations de Sa 
Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé, à l'égard dud. S"" de Paul 
père en caractères hébraïques, sa signature ordinaire, ainsy qu'il 
nous a déclaré : 

S. Perpignan, Jacob de Paul (hehr.), Léon de Paul. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. S''^ Salomon Perpignan et De Paul père et fils de 
leurs comparution, dire et réquisitoire cy dessus. Et en consé- 
quence, après qu'il nous est apparu dans lad. chambre du cadavre 
d'un jeune garçon, qui nous a paru en effet de l'âge de dix huit mois 
ou environ, enveloppé d'un drap et exposé sur le carreau, lesd. 
S"^ comparans nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et 
consciences led. cadavre être celuy dud. Jacob Perpignan. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Jacob Perpignan nous 
nous transporterons au plus tôt es hôtels de Monsieur le Procureur 
du Rov et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir 
leurs conclusion et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire, à l'égard dud. S"" de Paul père en caractères hébraïques, sa 
signature ordinaire, ains}' qu'il l'a déclaré : 

S. Perpignan, Jacob de Paul (hehr.), Léon de Paul, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre dud. 
Jacob Perpignan être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans 
dans le cimetière des Juifs à la \'illette, et être enjoint aux officiers 
du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce lo juin 1771. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 10 juin 1 771. 

De Sartine. 
(£« marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres. 



AU XVIII^ SIECLE 135 

63. 

27 juin 1771. — Acte de décès de Fabre Cerf. 
Y 15279. 

Du jeudy vingt sept juin mil sept cent soixante unze, trois heures 
de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Étuves Saint Martin, dans une maison 
occupée par le nommé Delatour, tenant chambres garnies, où 
estant monté au premier étage et entré dans une chambre occupée 
par différents particuliers, y avons trouvé et par devant nous sont 
comparus Mayer Hadamar, Juif de Metz, demeurant susd. rue 
des Vieilles Étuves, chez le nommé Fournier, et Lion Zacharie, Juif 
d'Hollande, demeurant rue Geoffroy Langevin, chez le S'' Godin, 
tenant chambres garnies. 

Lesquels nous ont dit que Favre Cerf, Juif d'Allemagne, âgé 
d'environ vingt neuf ans, natif de Carlzroux S est décédé ce jour 
d'huy matin dans la chambre où nous sommes, professant la reli- 
gion judaïque. Pourquoi ils requièrent qu'il soit pourvu à son 
inhumation dans le cimetière des Juifs en la manière accoutumée. 
Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. 
Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur un 
des lits étants dans lad. chambre, que les comparans nous ont 
déclaré, certifîié et attesté estre celuy dud. Fabre Cerf, nous l'avons 
laissé en leur garde sans par eux pouvoir le faire inhumer qu'il 
n'eut été au préalable statué par M. le Lieutenant général de police 
sur le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé 
avec nous : 

Lion Zacharie, M. Hadamar, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Fabre Cerf estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait 
ce vingt sept juin 1771. Moreau. 



I. Carlsruhe (Bade). 



136 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce vingt sept juin 1771. 

De Sartive. 
(£« marge ) : Charité. 

64. 

17 juillet 1771 . — ^f/^ de décès de Sahwou, fils de Lazard Jacoh. 
Y 15279. 

Du mercredy dix sept juillet mil sept cent soixante unze, trois 
heures de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Brisemiche dans une maison dont le sieur Dimanche, 
huissier, est principal locataire, où étant monté au deuxième 
étage et entré dans une chambre ayant vue sur une cour, y 
avons trouvé et pardevant nous sont comparus Mayer Hada- 
mar, Juif de Metz, demeurant rue des Vieilles Étuves Saint Martin, 
chez le nommé Fournier, tenant chambres garnies, et Lion Zacha- 
rie, Juif d'Hollande, demeurant rue Geoffroy Langevin, chez le S"" 
Godin, aussv tenant chambres garnies. 

Lesquels nous ont dit que le nommé Salomon, âgé d'environ six 
à sept mois, fils de Lazard Jacob, Juif de Velange ' près de Sarre- 
louis, et de sa femme, dont ils ignorent le nom, est décédé ce jour 
d'huy dans la matinée, dans lad. chambre, que, comme il auroit 
été élevé dans la religion judaïque, ils requièrent qu'il soit pourvu 
à son inhumation dans le cimetière des Juifs en la manière accou- 
tumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons 
donné acte: Et après qu'il nous est apparu du cadavre dud. enfant 
gissant sur un lit étant dans lad. chambre, que les comparans nous 
ont déclaré et attesté être celuy dudit Salomon, fils dudit Lazare 
Jacob, nous l'avons laissé en la garde des comparants, sans pou- 
voir par eux le faire inhumer qu'il n'ait été au préalable statué par 
M. le Lieutenant général de police sur le contenu au présent procès 
verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de 
raison. Ht ont les comparans signé avec nous : 

Liox Zacharie M. Hadamar Duchesne. 



I. Welling, sur la gauche de la Sarre, bailluge de Mertzick ; aujourd'hui 
WellinireD, cercle de Boulav. 



AU XVIII'^ SIECLE 137 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Salomon être inhumé à la Mllette, dans le cimetière des Juifs, en la 
manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police 
de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce dix 
sept juillet MVII'= soixante unze. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait le 17 juillet 1771. 

De Sartine. 



(£;; marge) : Charité. 



65. 



7 septembre 1771. — Acte de décès d'Alcan Israël. 
Y 15279 

Du samedy sept septembre mil sept cent soixante unze, sept 
heures du soir. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Étuves Saint Martin, dans une maison tenue 
garnie par le nommé Delatour, où étant monté au deuxième étage 
et entré dans une chambre avant vue sur lad. rue, y avons trouvé 
et pardevant nous sont comparus Lion Zacharie, Juif d'Hollande, 
demeurant rue Geoffroy Langevin, chez le S'' Godin, tenant 
chambres garnies, et Nathan Grodwal, Juif de Metz, demeurant 
rue Saint Martin, chez le S"" Anginot, marchant boursier. 

Lesquels nous ont dit que le nommé Alcan Israël, Juif de Furtc ■ 
proche Nuremberg en Allemagne, âgé d'environ trente ans, est 
décédé ce jour d'huy vers l'heure de midy, de suitte de maladie, 
dans la chambre où nous sommes, professant la religion judaïque. 
Pourquov requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le 
cimetière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels comparu- 
tion, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous 
est apparu d'un cadavre masculin gissant sur un lit étant dans lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy 
dud. Alcan Israël, nous l'avons laissé en leur garde, sans pouvoir 
par eux le faire inhumer qu'il n'ait été au préalable statué par 
M. le Lieutenant général de police sur le contenu au présent procès- 



I . Fùrth (Bavitre). 



138 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. 
Et ont les comparans signé avec nous : 

Nathan Gradul, Duchesne, Lion Zacharie. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Alcan Israël être inhumé à la Villette, dans la cimetière des Juifs, en 
la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
sept septembre MMl^ soixante et unze. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait le 7 septembre 1771. 

De Sartine. 
(fn marge) : Charité. 



66. 

24 septembre 1771 . — Acte de décès de Manon Aaron. 
Y 15279. 

Du mardy vingt quatre septembre mil sept cent soixante unze, 
trois heures de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue des Vieilles Etuves Saint Martin, dans une maison tenue garnie 
parle nommé Simonnct, où étant monté au quatrième étage et entré 
dans un cabinet ayant vue sur la cour, y avons trouvé et pardevant 
nous sont comparus Jonas Nathan, Juif de Verspold ' en Alle- 
magne, demeurant rue Geoffroy Langevin, chez le nommé Man- 
geot, tenant chambres garnies, et Mayer Tresfus, Juif d'Alsace, 
demeurant rue Beaubourg, chez le nommé Antoine, marchand de 
bierre. 

Lesquels nous ont dit que Manon Aaron, âgée d'environ un an, 
fille d' Aaron Moyse, Juif de Francfort en Allemagne, et de Frade 
Samuel, sa femme, professant la religion judaïque, est décédée la 
nuit dernière entre minuit et une heure, de suite de maladie, dans le 
cabinet où nous sommes. Pourquoi requièrent qu'il soit pourvu à 
son inhumation dans le cimetière des Juifs en la manière accoutu- 
mée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu d'un enfant paroissant âgé 



I. Versmold, cercle de Halle, présidence de Minden, Westphalie? 



AU XVIII'^ SIECLE 139 

d'environ un an, gissant sur un lit étant dans ledit cabinet, que les 
comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy de lad. Manon 
Aaron, nous l'avons laissé en leur garde, sans pouvoir par eux 
le faire inhumer qu'il n'ait été au préalable statué par M. le Lieute- 
nant général de police sur le contenu au présent procès verbal, que 
nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les 
comparans signé en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir écrire en 
françois, de ce interpellés. Rayé en ces présentes trois mots comme 
nuls. 
DucHESNE, JoNAS Nathan f/jc'/'r.j, Mayer Tresfus fMr.j 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
Manon Aaron être inhumé dans le cimetière des Juifs en la manière 
accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de 
prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce vingt 
quatre septembre MVII*^ soixante unze. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 24 septembre 1771. 

De Sartine. 
(£;; marge) : Charité. 

67. 

26 septembre 1771. — Acte de décès de Charlotte Aaron. 
Y 15279. 

Du jeudy vingt six septembre mil sept cent soixante unze, dix 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Étuves Saint Martin, dans une maison tenue 
garnye par le nommé Simonnet, où étant monté au quatrième 
étage et entré dans un cabinet ayant vue sur la cour, y avons trouvé 
et pardevant nous sont comparus Jonas Nathan, Juif de Verspold ' 
en Allemagne, demeurant rue Geotfroy Langevin, chez le nommé 
Mangeot, tenant chambres garnies, et Mayer Tresfus, Juif d'Alsace, 
demeurant rue Beaubourg, chez le nommé Antoine, marchand de 
bierre. 

Lesquels nous ont dit que Charlotte Aaron, agêe d'environ cinq 



Versmold, cercle de Halle, présidence de Minden, Westphalie ? 



140 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

ans, fille d'Aaron Moyse, Juif de Francfort en Allemagne, et de 
Frade Samuel, sa femme, professant la religion judaïque, est décédée 
de suite de maladie ce jourdhuy vers les quatre heures du matin, 
dans le cabinet où nous sommes. Pourquov requièrent qu'il soit 
pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons 
donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un 
entant, paroissant âgé d'environ cinq ans, gissant sur un lit étant 
dans ledit cabinet, que les comparans nous ont déclaré et attesté 
estre celuy de laditte Charlotte Aaron, nous l'avons laissé en leur 
garde, sans pouvoir par eux le faire inhumer qu'il n'ait été au 
préalable statué par Monsieur le Lieutenant général de police sur le 
contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé en 
hébreux, ayant déclaré ne sçavoir écrire en françois, de ce inter- 
pellés. 

DucHESN'H, JoxAs Nathax (hchr.), Mayer Tresfus (hehr.). 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre de lad. 
Charlotte Aaron être inhumé à la \'illette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce vingt six septembre 1771. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 26 septembre 1771. 

De Sartixe. 
(E;/ marae) : Charité. 

68. 

27 septembre 1771. — ■ Acte de (Jcccs de Sara Racbe! Lopes Snasso. 
Y 11087. 

L'an mil sept cent soixante unze, le vendredv vingt sept sep- 
tembre, unze heures et demie du matin, nous, Louis François For- 
mel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au 
Châtelet de Paris, avant été requis, nous sommes transporté rue de 
Tournon, au coin de la rue du Petit Bourbon, faubourg Saint Ger- 
main, en l'hotcl garny de Chàtillon, et avant été introduit en une 
chambre au premier étage ayant vue sur la rue du Petit Bourbon, 
faisant partie dud. hôtel garny, nous y avons trouvé et pardevant 
nous sont comparus S"" Daniel Cardozo junior, Juif Portugais, 



AU XVIII- SIÈCLE 141 

demeurant ordinairement en hi ville d'Amsterdam en Hollande, 
étant de présent à Paris, logé en l'hôtel garni où nous sommes, 
paroisse Saint Sulpice, S"" Jacob de Paul père, Juif, négociant, 
demeurant à Paris rue Saint André des Arts, paroisse Saint Séverin, 
S"" Jacob de Paul fils, Juif, négociant, demeurant à Paris, rue 
Poupée susd. paroisse Saint Séverin, et S"^ Abraham de Montault, 
Juif, négociant, demeurant à Paris, rue et paroisse Saint André des 
Arts. 

Lesquels nous on dit que dame Sara Rachel Lopes Suasso, âgée 
de trente un ans ou environ, épouze de M. Moïse Van Jeronimo 
Lopes Suasso, tous deux Juifs Portugais, demeurant ordinairement 
à la Haye, en Hollande, et arrivés à Paris depuis le deux du présent 
mois, à raison du rétablissement de la santé de lad. dame Lopes 
Suasso, laquelle était attaquée de maladie de poulmons, est décédée 
ce jour d'huy entre deux et trois heures du matin, à la suitte de 
lad. maladie, dans la chambre où nous sommes, faisant partie de 
l'appartement qu'ils occupoient et que led. S. Lopes Suasso occupe 
encore aud. hôtel garny de Châtillon, sous l'empire et dans les 
sentimens de la religion judaïque, dans laquelle ils sont néz et qu'ils 
ont toujours professée, et que lesd. S""^ comparants ont requis notre 
transport à l'effet de constater led. décès et de faire ordonner 
l'inhumation de lad. dame Lopes Suasso conformément aux Décla- 
rations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé, à l'égard 
dud. S'' de Paul père en caractères hébraïques, sa signature ordi- 
naire, ainsi qu'il nous a déclaré. Rayé cy dessus... (sic) mots nuls. 
Damel Cardozo junior, Jacob de Paul (bcbr.j, 
Jacob de Paul fils, Moxtaux. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. sieurs comparants de leurs comparution, dire et 
réquisitoire cy dessus. Ht en conséquence, après qu'il nous est apparu 
dans lad. chambre d'un corps mort féminin, qui nous a paru en 
effet de l'âge d'environ trente ans, enveloppé d'un linceul, couvert 
d'un drap et exposé sur le carreau, lesd. S""^ comparants nous ont 
déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences led. corps mort estre 
celui de lad. dame Lopes Suasso. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. dame Lopes Suasso 
nous nous transporterons au plutost es hôtels de M. le Procureur 
du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir 
leurs conclusions et ordonnance à ce sujet. 

Dont et de quoi nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 



142 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

saire, à l'égard dud. S"" de Paul père en caractères hébraïques, sa 
signature ordinaire, ainsi qu'il nous l'a déclaré : 

Daniel Cardozo junior, Jacob de Paul (hehr.), 
MoNTAUx, Jacob de Paul fils, Formel. 

'Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Sara Rachel Lopes Suasso, épouse dud. Moyse Van Jeronimo 
Lopes Suasso être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans le 
cimetière des Juifs à la Villette, et être enjoint aux oiîiciers du guet 
et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce 27 septembre 1771. 

More AU. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 27 septembre 1771. 

De Sartike. 
(En marge) : Habni 20 1. De Joigay. 
Rapporté en juillet 1781. Trois livres. 

69. 

21 novembre 1771 . — Jcic de décès de Pala Naphtali Lazare. 
Y 15279. 

Du jeudy vingt un novembre mil sept cent soixante unze, 
trois heures de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue du Poirier, dans une maison occupée parle nommé Ratte, 
cordonnier, et tenant chambres garnies, où étant monté au premier 
étage et entré dans une chambre ayant vue sur la cour, y avons 
trouvé et pardevant nous sont comparus Salomon Bernard Cahin, 
Juif de Metz, logeant à Paris rue des Vieilles Etuves, chez le nommé 
Roulet, et Pasquin Monem, aussv Juif de Metz, logeant à Paris rue 
Saint Martin, chez le S"" Rivière, maitre perruquier. 

Lesquels nous ont dit que Pala Naphtali Lazare, âgée de huit ans, 
fille de Naphtali Lazare, Juif Anglois, et de Petsi sa femme, est 
décédée ce jourdhuv une heure du matin, de suitte de maladie, dans 
la chambre 011 nous sommes, professant la religion judaïque. Pour- 
quoy requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cime- 
tière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels comparution, 
dire et réquisition avons dounné acte. Et après qu'il nous est 
apparu d'un cadavre féminin gissant dans un lit étant en lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré et attesté être celui 



AU XVIII"= SIÈCLE 143 

de lad. Pala Nephtali Lazare, iceluy cadavre a été par nous laissé 
en leur garde, sans par eux pouvoir le faire inhumer qu'au préalable 
il n'ait été statué par M. le Lieutenant général de police sur le con- 
tenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir 
et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

P. MONNHEIM, SaLOMON BeRKARD CaHEN ', DUCHESNE. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
(sic) Pala Nephtali Lazare être inhumé à la Villette, dans le cime- 
tière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux offi- 
ciers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce vingt un novembre 1771. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce 21 novembre 1771. 

De Sartine. 
(En mar^e :) Charité. 



70. 

6 février 1772. — Acte de décès de Devaurc, fille de Jacob Moyse. 
^ Y 15280. 

Du jeudy six février mil sept cent soixante douze, neuf heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Étuves Saint Martin, chez le nommé Four- 
nier, tenant chambres garnies, où étant et entré dans une chambre 
au rez de chaussée, pardevant nous sont comparus S'' Mayer Hada- 
mar, agent des Juifs de Metz, demeurant susdite rue, maison dud. 
Fournier, et Moyse Benjamin, Juif de Prague, demeurant rue 
Geoffroy Langevin, maison de la veuve Boursier, tenant chambres 
garnies. 

Lesquels nous ont dit que Devauré, fille de Jacob Moyse, Juif 
de Metz, âgée d'environ quatre mois, est décédée hier vers les sept 
heures du soir, dans lad. chambre. Pourquoy il requièrent qu'il 
soit pourvu à son inhumation au cimetière des Juits en la manière 
accoutumée, attendu que ledit Jacob Moyse l'auroit élevée dans la 



I. Chacun des deux témoins fait suivre sa signature d'une seconde 
signature hébraïque. 



144 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

religion judaïque. Desquels comparution, dire et réquisition nous 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un 
enfant gissant dans un berceau étant dans lad. chambre, que les 
comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy de lad. Devauré, 
lequel cadavre nous avons laissé en leur garde et ils ont promis 
ne point le faire inhumer qu'au préalable il n'ait été statué par 
M. le Lieutenant général de police sur le contenu au présent pro- 
cès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de 
raison. Et ont les comparans signé avec nous : 

Mois Bekjamix de Prag, M. Hadamar", Duchesxe. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Devauré être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
six février MMK- soixante douze. 

MOREAU. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce six février MVII"^ soixante 
douze. 

De Sartike. 
(Eu iiiaroc :j Charité. # 



28 février 1772. — Acte de ilàcs d' Abraham Jacob, fis de Jacob Aaroii. 
Y 15280. 

Du vendredy vingt huit février mil sept cent soixante douze, 
neuf heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Rov, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, avant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Geoffroy Langevin, dans une maison dont la boutique est 
occupée par le nommé Bernard, fruitier et tenant chambres gar- 
nies, où étant monté au premier étage et entré dans une chambre 
ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et par devant nous sont 
comparus, Michel Amsbac, Juif d'Amsbac- en Allemagne, logeant 
à Paris, rue Beaubourg, chez le nommé Antoine, et Maver Cassel, 



:. Chacun des deux témoins fait suivre sa signature d'une seconde 
signature en hébreu. 
2. Ansbach (Bavière). 



AU XVIII'^ SIECLE 145 

Juif de Berlin, logeant à Paris, rue Saint Martin, chez la veuve 
Boullot, fourbisseuse. 

Lesquels nous ont dit que le nommé Abraham Jacob, âgé d'en- 
viron un ans (sic), fils de Jacob Aaron, Juif de Prague, et de 
Debora Lévy, sa femme, est décédé hier vers les cinq heures du 
soir, dnns la chambre où nous sommes, tenue garnie depuis quatre 
à cinq mois par led. Jacob Aaron et sa femme, tous deux profes- 
sans la religion judaïque. Pourquoy requièrent qu'il soit pourvu à 
l'inhumation dudit Abraham Jacob, au cimetière des Juifs en la 
manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition 
nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre 
d'un enfant de sexe masculin gissant dans lad. chambre sur de la 
paille, que les comparans nous ont déclaré être celuydud. Abraham 
Jacob, nous l'avons laissé en leur garde, sans par eux pouvoir le 
faire inhumer qu'au préalable il n'ait été statué par M. le Lieute- 
nant général de police sur le contenu au présent procès verbal, que 
nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
signé : 

DucHESNE, Mayer Cassel DE Berlix, Michel Anspac. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Abraham Jacob être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce vingt huit février 1772. 

Mo RE AU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis, le vingt huit février mil sept cent 
soixante douze. 

De Sartine. 

{En marge. .■) Charité. 

72. 

17 mai 1772. — Acte de décès de Lazare Pbilippes. 
Y 15280. 

Du dimanche dix sept may mil sept cent soixante douze, 
dix heures du matin. Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller 
du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, 
sommes transporté rue des \'ieilles Étuves Saint Martin dans une 
maison tenue garnie par le nommé Roulet et sa femme, où étant 
monté au premier étage et entré dans une chambre sur le derrière, 



146 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

y avons trouvé et par devant nous sont comparus Abraham 
Coblcince, Juif de Metz, y demeurant, de présent à Paris, logé rue 
Quincampoix, à la Ville de Cobleince, et Pasquin Monnheim, 
aussy Juif de Metz, v demeurant, de présent à Paris, logé rue Saint 
Martin, chez le S"" Rivière, maître perruquier. 

Lesquels nous ont dit que Lazare Philippes, âgé d'environ 
quinze mois, fils du nommé Philippes, Juif de Rindorf ' proche 
Bonn en Allemagne, et de la nommée Hendelin, sa femme, tous 
deux professans la religion judaïque, est décédé hier dans la mati- 
née des suittes de la petite vérole, dans la chambre où nous 
sommes. Pourquoy requièrent qu'il soit pour\'u à son inhumation 
au cimetière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels compa- 
rutions, dire et réquisitions avons donné acte. Et après qu'il nous 
est apparu du cadavre d'un enfant gissant dans un berceau 
étant dans lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré et 
attesté estre celuy dud. Lazare Philippes, nous l'avons laissé en 
leur garde, sans par eux pouvoir le faire inhumer qu'au préalable 
il n'ait été statué par M. le Lieutenant général de police sur le con- 
tenu au présent procès verbal que nous avons dressé pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

DucHESNE, Abraham Coblekce, P. Monnheim 2, 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Lazare Philippes être inhumé à la Villette, au cimetière des Juifs en 
la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
dix sept may MML soixante douze. 

Moreau. 
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce dix sept may 1772. 

De Sartike, 
ÇEn marge ;) Charité. 

73- 
30 décembre 1772. — Acte de décès de Montant et information 
d'ojjicc relative à sa mort. 
Y 1078e. 

L'an mil sept cent soixante douze, le mercredy trente décembre, 



1. Graurheindorf, faubourg de Bonn? 

2. Les te^moins font suivre leur signature française d'une signature 
hébraïque. 



AU XVIII= SIÈCLE 147 

neuf heures et demie du matin, nous, Jean Graillard de Graville, 
avocat en Parlement, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet 
de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Saint André 
des Arts, en une maison où demeure et dont est principale loca- 
taire la dame Courtihout, marchande limonadière, et étant monté 
en un appartement au second étage au-dessus de l'entresol ayant 
vue sur lad. rue Saint André des Arts, nous y avons trouvé et est 
comparue devant nous demoiselle Jeanne Catherine Cadeau, veuve 
du S"" Claude Courtihout, marchand limonadier, demeurante en la 
maison où nous sommes, paroisse Saint André des Arts. 

Laquelle nous a dit que la femme Billette vient de dire à la fille 
de la dame comparante que le nommé Montault, Juif de nation, 
occupant l'appartement où nous sommes, étoit mort subitement 
dans son lit, que l'on a envoyé chercher le S"" Robin, chirurgien, 
pour constater sa mort ou lui procurer du secours s'il en est encore 
tems, et comme il lui est intéressant de faire constater lad. mort, 
elle a requis notre transport à cet effet, élisant domicilie en sa de- 
meure susd. Et a signé : Cadeau. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte à lad. 
V^« Courtihout de ses comparution, dire et réquisition, en consé- 
quence, nous avons remarqué dans une chambre dud. appartement 
ayant vue sur la rue, un particulier étendu dans un lit, qu'on nous 
a dit être led. Montault, et plusieurs personnes dans lad. chambre. 

Ce fait, avons ordonné qu'il sera par nous à l'instant informé 
d'office à la requête de Monsieur le Procureur du Roy des causes 
de lad. mort subite sur une feuille séparée des présentes. Et avons 
signé : De Graville. 

Après laquelle information nous avons laissé le cadavre dud. 
Montault en la garde du S"" Jacob Castille, Juif de nacion, négociant, 
trouvé dans lad. chambre et demeurant rue Mâcon, maison du 
S"" Fourgault, pour en fiiire la représentation lors de la visite qui en 
sera incessamment faite parles médecins et chirurgiens du Châtelet, 
et a signé avec nous : 

De Graville, Jacob Castille. 

Vu le procès verbal cy dessus, je requiers pour le Roy le cadavre 
dudit Montant être vu et visité par les médecins et chirurgiens du 
Châtelet, pour, sur leur rapport, être par nous requis ce que de 
raison. Fait ce trente décembre mil sept cent soixante douze. 

MOREAU. 



148 DOCUMENTS SUR LES JUIIS A PARIS 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce trente décembre mil sept 
cent soixante douze. De Sartixe. 

Vu le raport des médecins et chirurgiens du Chàtelet, je n'em- 
pêche pour le Roy le cadavre dud. Montaut être inhumé nuitam- 
ment, sans bruit, scandale ny apareil dans le cimetière des Juifs à 
la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prê- 
ter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce trente décembre 
mil sept cent soixante douze. 

MOREAU. 

Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que 
le corps dud. Montaut sera nuitamment inhumé sans bruit, scan- 
dale ny appareil, dans le cimetière des Juifs à la Villette, en la 
manière accoutumée, et sera notre présente ordonnance exécutée 
nonobstant opposition ou appellation quelconques et sans y préju- 
dicier. Fait ce trente décembre mil sept cent soixante douze. 

De Sartine. 

* [Au procès verbal sont joints : i" le certificat de visite médicale 
et permis d'inhumer signé : Dupuis ; 

2" L'information d'office faite par le commissaire : contenant 
entre autres les dépositions de Jean Charles Cailleux, garçon tapis- 
sier, qui a couché avec le défunt et l'a trouvé mort le matin en se 
réveillant ; — Jacques Leroux, garçon du S"" Robin, chirurgien, qui, 
venu en l'absence de son maître, a essayé paj des scarifications aux 
pieds, de sauver le défunt, mort d'une « compression au cerveau » : 
le défunt avait environ 36 ans; — Jacob Naquet, Juif, 45 ans, 
demeurant chez le S"" Vidal, son cousin, rue et paroisse Saint 
André des Arts, qui a couché par hasard dans une chambre voisine 
et ayant appris le matin l'accident a fait chercher un chirurgien]. 



74- 
30 décembre 1772-17 février 1773. — Scellé de Moutaul '. 
Y. 107S6. 

Scellé de Montaut, décédé rue Saint André des Arts. 
Commissaire : Jean Graillard de Graville. 

I. Cf. la pièce précédente. 



AU XVIII" SIECLE 149 

Requérants : Jeanne Catherine Cadeau, veuve Claude Courti- 
bout, principale locataire de la maison, à raison des lovers redùs, 
et Israël Salon, Juif, syndic de la nation juive de Bordeaux, 
demeurant rue de la Vieille Bouderie, maison de la susd. 
X"-^ Courtibout, à raison des droits d'Anne Naquet, veuve Joseph 
Montaux (ou iMontault), demeurant à Carpentras, mère et héritière 
du défunt, laquelle est par la suite représentée, vue son absence, par 
le substitut du Procureur du Roi au Châtelet. 

Parmi les opposants figurent : Domageon, sellier carrossier; 
Coerville, fourbisseur ; Fabert, ceinturonnier ; Coteau, peintre 
éniailleur; Baubry, doreur argenteur, etc., et Israël Salon, pour le 
remboursement de 207 1., montant des frais d'enterrement dud. 
Montault, créance déclarée par ordonnance du Lieutenant civil du 
16 février privilégiée et venant aussitôt après celle de la Y"^ Cour- 
tibout et des frais de scellé et vente. 

L'inventaire est dressé par Charles Boutet jeune, notaire; Aron 
Hananel Vidal de Milliaud, négociant, rue Saint André des Arts 
reste chargé des papiers de la succession, dont il fait d'ailleurs 
remise au commissaire le 28 juillet 1774. 

Au dossier est jointe une quittance de la capitation acquittée au 
nom de Monteau, négociant, pour lui et une servante, et s'élevant 
pour les années 1771-1772 à 31 1. 4 s., compris les 4 s. pour livre 
(19 février 1773). 

75. 
12 mars 1773. — Acte de décès de BesselJe Cerf. 
Y 15281. 

Du vendredy douze mars mil sept cent soixante treize, onze 
heures du matin, nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du 
Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous 
sommes transporté rue des Vieilles Etuves Saint Martin, dans une 
maison tenue garnie par le nommé Roullet, flicteur de la poste 
de Paris, où étant monté au deuxième étage et entré dans une 
chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus Cerf Joseph, Juif de Nidewisse ' en Lor- 
raine, tenant garny lad. chambre où nous sommes, et Moyse 
Samuel, Juif de Courcelle ^ près de Metz, logé à Paris rue des 



1. Aujourd'hui Xiederwicse, canton et cercle de Boulay. 

2. Courcelles, canton de Fange, cercle de Metz, eu Kurzel, mêmes can- 
ton et cercle. 



150 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Vieilles Étuves, à l'hôtel de la Marche, chez le nommé Simonnet. 
Lesquels nous ont dit que Besselle Cerf, âgé d'environ cinq mois, 
fils dud. Cerf Joseph et de Madelon Besselle, sa femme, tous d'eux 
professant la religion judaïque, est décédé ce jour d'huy six heures 
du matin, de suitte de maladie, dans la chambre où nous sommes. 
Pour quoy requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le 
cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparu- 
tion, dire et réquisition avons donné acte, et après qu'il nous est 
apparu du cadavre d'un enfant gissant sur de la paille étendue sur 
le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré et 
attesté estre celuy dudit Besselle Cerf, nous l'avons laissé en leur 
garde, sans par eux pouvoir le faire inhumer qu'au préalable il 
n'ait été statué par M. le Lieutenant général de police sur le con- 
tenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé en langue 
hébraïque, ayant déclaré ne le sçavoir faire en langue françoise, de 
ce interpellés. Et nous commissaire avons signé. Rayé en ces pré- 
sentes deux mots nuls. 

Cerf Joseph (/;^/'/-.), Moyse Samuel (ki'r.), Ducheske. 

Vu le procès verbal je n'empêche pour le Roy, le cadavre dud. 
Besselle Cerf être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
douze mars 1773. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce douze mars 1773. 

De Sartine. 

*[A cette pièce est joint un certificat signé M. Hadamar, agent 
de la communauté des Juifs de Metz, constatant que Cerf Joseph 
est dans l'indigence et hors d'état de pourvoir aux frais d'inhuma- 
tion de son fils. (12 mars 1772.)] 



76. 

II mai 1773. — Acte de décès de l'enfant nouveau-né de 

Salomon Abraham. 
Y 15281. 

Du mardy onze may mil sept cent soixante treize, trois heures 
de relevée, nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, 



AU XVIII^ SIECLE 151 

commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes 
transporté rue des Vieilles Etuves Saint Martin, dans une maison 
occupée par le S"" René Denis Fournier, maitre perruquier, où 
étant et entré dans une chambre par bas, ayant vue sur lad. rue, y 
avons trouvé et pardevant nous sont comparus S"" Abraham 
Coblence, Juif de Metz, demeurant rue Frepillon, et Cerf Israël, 
aussy Juifde Metz, demeurant susd. rue des Vieilles Étuves, mai- 
son du nommé RouUet. 

Lesquels nous ont dit que Colombe Cerf, femme de Salomon 
Abraham, Juif de Limbourg, logeans dans lad. chambre qu'ils 
tiennent dud. Fournier, est accouchée ce jour d'huy il y a environ 
deux heures d'un enfant mort du sexe féminin, qu'étant question 
de faire procéder à l'inhumation du cadavre dudit enfant dans le 
cimetière des Juifs en la manière accoutumée, ils ont à cet effet 
requis notre transport. Desquels comparution, dire et réquisition 
nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
féminin gissant dans lad. chambre, que les comparans nous ont 
déclaré et attesté estre celuy de l'enfant dont la femme dud. Salo- 
mon Abraham est accouchée ce jourd'huy, il a été laissé en leur 
garde, sans par eux le pouvoir faire inhumer qu'au préalable il 
n'ait été statué par M. le Lieutenant général de police sur le con- 
tenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et 
valoir ce que de raison. Lesd. Coblence et Cerf nous ont en outre 
déclaré que led. Salomon Abraham est hors d'état de pouvoir 
frayer aux frais d'inhumation de son enfant. Et ont signé avec nous : 
DucHESNE, Abraham Coblence, Cerff Israël. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov que led. cadavre 
soit inhumé dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et 
estre enjoint aux olHciers du guet et de police de prester main forte 
si besoin est et en sont req.uis. Fait ce onze may 1773. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce onze may 1773. 

De Sartike, 

77- 

6 septembre 1773. — Acte de décès de l'enfant nouveau-né de 
Samuel Rodrigues Brandam. 
Y 15281. 

Du lundy six septembre mil sept cent soixante treize, sept heures 
et demie du soir. 



152 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Plastrière, dans une maison ditte le Saint Esprit, tenue 
garnie par la veuve Bellegarde, où étant monté au deuxième étage 
et entré dans une chambre n° six sur le derrière de lad. maison, y 
avons trouvé et pardevant nous sont comparus S"" Jacob Rodriguès 
Perreire, secrétaire interprète du Roy, de la Société royale de 
Londres, demeurant susd. rue, et Joseph Lévy, Juif de Pologne, 
logé en cette ville, rue Geoffroy Langevin, chez la veuve Boursier, 
tenant chambres garnies. 

Lesquels nous ont dit que Rachel Crastro ', femme de Samuel 
Rodriguès Brandam, Juif de Bayonne, qui loge avec son mary 
dans lad. maison depuis le treize aoust dernier est accouchée ce 
jourd'huy entre sept et huit heures du matin d'un enfant de sexe 
masculin, qui n'a donné aucun signe de vie lors de l'accouchement 
fait par le sieur Vermond, chirurgien accoucheur, demeurant rue 
Beaurepaire, qu'il est question de pourvoir à l'inhumation de cet 
enfant au cimetière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels 
comparution et déclaration nous avons donné acte. Et après qu'il 
nous est apparu du cadavre gissant sur une table étant dans lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy 
de l'enfant dont lad. femme Brandam est accouchée ce matin et est 
venu mort au monde, led. cadavre a été laissé dans laditte chambre 
en la garde dud. Brandam, qui a promis de ne point le faire inhu- 
mer qu'au préalable il n'ait été statué par M. le Lieutenant géné- 
ral de police sur le contenu au présent procès verbal, que nous 
avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et led. Bran- 
dam nous a déclaré ainsy que les comparans que ses facultés ne luy 
permettoient pas de frayer aux frais de lad. inhumation. Et ont 
signé : 

Joseph Levv, Brandam, Pereire, Ducheske. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov que le cadavre de 
l'enfant dont lad. femme Brandam est accouchée ce jourd'huy soit 
inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de 
prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce six sep- 
tembre 1773. 

MOREAU. 



I. Pour Castro. 



AU XVIir SlhXLE 153 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce six septembre 1773. 

De Sartine. 



1 1 novembre 1773. • — ^cie de décès de Léa Dalpus^et, femme de 
Bén édite de Carcassonne . 

Y 11089. 

L'an mil sept cent soixante treize, le jeudy unze novembre, huit 
heures du matin, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant 
été requis, nous sommes transporté rue Saint Jacques, presque vis 
à vis la rue de la Parcheminerie, maison à porte cochère occupée 
au rez de chaussée par le S'' Lattre, graveur d'estampes, et ayant été 
introduit en un appartement au second étage du corps de logis de 
derrière de lad. maison, nous y avons trouvé et par devant nous 
sont comparu S*" Israël Ravel, Juif, négociant, marchand privilégié 
de la Cour, demeurant rue du Petit Lyon, faubourg Saint Germain 
paroisse Saint Sulpice, et S'' Jacob de Paul fils, Juif, négociant, 
demeurant à Paris, rue Poupée, quartier Saint André des Arts, 
paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit que Léa Dalpuget, âgée de trente six ans 
ou environ, épouze de S'' Bénédite de Carcassonne, aussi Juif 
négociant, est décédée ce jour d'hui entre une et deux heures du 
matin, dans une chambre à coucher dépendante de l'appartement 
où nous sommes, à la suitte d'une maladie de couche dans laquelle 
elle a lundy dernier mis au monde deux enfans avant termes, sous 
l'empire de la religion judaïque qu'elle professoit, et qu'ils ont 
requis notre transport à l'effet de constater led. décès et de faire 
ordonner l'inhumation de lad. demoiselle épouze dud. S"" De Car- 
cassonne conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à 
ce sujet. Et ont signé : 

I. Ravel, Jacob de Paul fils. 

Sur quoy, nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. S" Ravel et de Paul fils de leurs comparution, 
dire et réquisitoire cy dessus. Et, en conséquence, après qu'il nous 
est apparu dans lad. chambre à coucher cy dessus désignée, ayant 
vue sur une petite cour de derrière de lad. maison, d'un corps 
mort féminin couché dans un lit placé dans lad. chambre, à housse 
de damas jaune avec rideau de serge de pareille couleur, lesd. S""* 
Ravel et de De Paul fils nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes 



154 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

et consciences led. corps mort être celui de lad. D^ Léa Dalpuget, 
épouze dudit sieur Bénédite de Carcassonne. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. feue D*^ épouze dud. 
S"" de Carcassonne, nous nous transporterons au plutôt es hôtels de 
M. le Procureur du Rov et de Monsieur le Lieutenant général de 
police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoi nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire : 

J. Ravel, Jacob de Paul fils, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
deffunte Léa Dalpuget, femme de Bénédicte de Carcassone, être 
inhumé sans bruit, scandale ni apareil dans le cimetière des Juifs, à 
la Villette, et être enjoint aux oficiers du guet et de police d'y 
veiller et prêter main forte si besoin est, en sont requis. Fait ce 
onze novembre 1773. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. A Paris, ce 11 novembre 1773. 

De Sartin'e. 
(£■;; tnarge :) Rapporté en juillet 1781. Trois livres. 

79- 
1 5 novembre 1773. — Acte de décès du fils de Bénédite de Carcassonne. 
Y 11089. 

L'an mil sept cent soixante treize, le lundy quinze novembre, 
huit heures du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du 
Roy, commissaire enquesteur e.xaminateur au Chàtelet de Paris 
ayant été requis, nous sommes transporté rue.Saint Jacques, presque 
vis à vis la rue de laParcheminerie, maison à porte cochère occupée 
au rez de chaussée par le S"^ Lattre, graveur d'estampes, et ayant 
été introduit en une chambre au second étage du corps de logis de 
derrière de lad. maison ayant vue sur la cour d'icelle, dépendante 
de l'appartement dud. second étage occupé par le S'' Bénédite de 
Carcassonne, Juif, négociant, nous y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus S"" Abraham Sasia, Juif, négociant, demeu- 
rant ci devant à Bordeaux, étant de présent à Paris logé chez le 
S^ Robart, pâtissier et tenant chambres garnies rue de la Harpe, 
paroisse Saint Séverin, et S"" Jacob de Paul fils, aussi Juif, négociant, 
demeurant à Paris, rue Poupée, susd. paroisse. 



AU XVIII' SIECLE 155 

Lesquels nous ont dit qu'anonime de Carcassonne, âgé de huit 
jours, non encore circoncis et le dernier venu de deux enfans 
niasles jemeaux dud. S"" Bénédite de Carcassonne et de demoiselle 
Léa Dalpuget, sa femme, accouchée entre minuit et une heure du 
matin la nuit du dimanche sept au lundy huit du présent mois, 
dans les lieux oià nous sommes, oii elle est décédée jeudy dernier 
unze dud. présent mois, est décédé ce jourd'hui sur les quatre 
heures du matin, par suittcde maladie d'enfant non arrivé à terme, 
dans la chambre où nous sommes, sous l'empire de la religion 
judaïque, que professe led. S'' de Carcassonne, son père, et que 
professoit lad. demoiselle Léa Dalpuget, son épouze, mère dud. 
enfant, sous lequel la mère vivoit et est décédée, et sous lequel led. 
enfant est né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de consta- 
ter led. décès et de faire ordonner l'inhumation dud. anonime de 
Carcassonne conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues 
à ce sujet. Et ont signé : 

Sasia, Jacob de Paul fils. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd. avons 
donné acte auxd. S''^ Sasia et de Paul fils de leurs comparution, 
dire et rquéisitoire cy dessus. Et, en conséquence, nous étant apparu 
dans lad. chambre du cadavre d'un enfant masle, qui nous a paru 
en eflet n'avoir eu naissance que depuis quelques jours, enveloppé 
dans des langes et exposé sur un lit d'enfant, lesd. S" Sasia et De 
Paul fils nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences 
led. cadavre être celui dud. anonime de Carcassonne, le dernier 
venu de deux enfans masles jemeaux dud. S'^ Bénédite de Carcas- 
sonne et de lad. demoiselle Léa Dalpuget, sa femme, accouchée 
entre minuit et une heure du matin la nuit du dimanche sept au 
lundy huit du présent mois, dans les lieux où nous sommes et où 
elle est décédée jeudy dernier, onze du présent mois, led. enfant 
non encore circoncis. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. anonime de Carcas- 
sonne nous nous transporterons au plutôt es hôtels de Monsieur le 
Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police 
pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire : 

Sasia, Jacob de Paul, Formel. 

\^u le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Carcassonne, enfant âgé de huit jours, être inhumé sans bruit, 



156 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs de la Villette, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et de prêter 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait fait (sic) ce 15 no- 
vembre 1773. 

MOREAU. 

Soit fait ce ainsi qu'il est requis. Fait ce 15 novembre 1773. 

De Sartin'e. 
(En marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres. 



80. 

17 mars 1774. — Acfc de décès des enfants jumeaux de Lévy Jacoh. 
Y 15282. 

Du jeudy dix sept mars mil sept cent soixante quatorze, trois 
heures de relevée. En l'hôtel, pardevant nous, Hugues Philippe 
Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, est 
comparue D"<= Marie Madeleine Boquet, veuve du sieur Charles 
Bremart, maitrc tonnellier à Paris, elle maitrcsse sage femme, de- 
meurante rue S* Martin, paroisse S* Nicolas des Champs. 

Laquelle nous a déclaré que hier unze heures du matin, elle a 
accouché la femme de Lévy Jacob, Juif d'Hollande, chez Ancelle 
Mathis, Juif de Landeau, demeurant susd. rue S- Martin au premier 
étage sur le derrière de la maison en laquelle demeure le S"" Rebillot, 
marchand de vin, de deux enfans venus au monde mort {sic), 
garçon et fille, de laquelle déclaration elle a requis acte. Et a 
signé : 

(Signé) : Boquet. 

Est aussy comparu led. Ancelle Mathis, lequel nous a dit que la 
femme de Lévy Jacob, nommée Sara, logeant en chambres garnies 
rue Quinquempoix, est venue voir sa femme hier dix heures du 
matin, qu'une heure après elle est accouchée chez luy de deux 
enfans morts, garçon et fille, que comme il est question de pourvoir 
à leur inhumation, il requiert que nous constations le décès de 
ses (sic) deux enfans, déclare que ledit Lévy Jacob et sa femme sont 
dans une extrême misère, le mars' étant sorti aujourd'hui de prison, 
sa femme n'étant venue en cette [ville] que pour remener son mar\' 
à Maestrick en Hollande, et a signé en hébreux, ne sçachant point 
écrire le françois, ainsy qu'il l'a déclaré. 

Ancel Mathis (hehr.) 



AU XVIII" SIECLE 157 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons de ce que dessus donné 
acte. Et, en conséquence, nous nous sommes à l'instant transporté 
dans la maison du S'' Rebillot, où estant monté au premier étage 
sur le derrière et entré dans la chambre dud. Ancelle Mathis, il 
nous est apparu du cadavre de deux enfans, étans chacun dans une 
boîte de bois blanc, que led. Ancelle Mathis nous a déclaré estrc 
les deux enfans dont lad. Sara, femme Lévy Jacob, est accouchée 
hier unze heures du matin et venus morts au monde, lesquels deux 
cadavres ont été laissés dans lad. chambre et led. Ancelle Mathis a 
promis de ne point les faire inhumer qu'il n'ait été statué par 
M. le Lieutenant général de police sur lad. inhumation. 

Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Ledit Mathis a signé en 
hébreux, ne sçachant écrire le français, ainsi qu'il l'a déclaré. Rayé 
cy dessus deux mots nuls. 

DucHESXE, An'chl Mathis (hcbr). 

Vu le procès verbal je m'empêche pour le Roy que le cadavre 
des deux enfans dont lad. Sara, femme de Jacob Lévy, est accouchée 
soient inhumés à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la ma- 
nière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et de police 
de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 17 mars 
1774- 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce dix sept mars 1774. 

De Sartine. 

(Une pièce annexe porte :) 

Nous, conseiller chirurgien ordinaire du Roy en son Châtelet de 
Paris, sur l'avis à nous donné par M<^ Duchesne, commissaire au 
Châtelet, que la nommée Sara, femme de Lévy Jacob, Juif de 
Mastreck, étoit accouchée hier matin de deux enfants morts, en la 
chambre du nommé Ancelle Mathis, Juif de Landau, demeurant rue 
Saint Martin, presque vis à vis la rue du Cimetière Saint Nicolas, au 
premier étage sur le derière de la maison du S"" Rebillot, m'^ de 
vins, à l'enseigne des Bons Enfants, où à l'instant nous nous 
sommes transportés, y avons effectivement trouvé lad. femme dans 
un lit, et les deux dits enfants nous ayant été représentés, nous 
avons observé que l'un étoit du sexe masculin et l'autre du sexe 
féminin, au terme de six mois ou environ de conception ; les ayant 
examinés extérieurement, nous ne leur avons trouvé aucune 
contusion, mais bien qu'ils étoient morts il y avoit plusieurs jours 



158 DOCUMENTS SUR LES JUIFS a'^PARIS 

avant le part, l'épiderme étant déjà enlevé. Fait à Paris le dix sept 
mars mil sept cent soixante quatorze, six heures du soir. 

Deleurvh. 
(Une seconde pièce porte :) 

Monsieur, 

La visite des deux enfans morts, dont Sara, femme de Lévy 
Jacob, Juif, est accouchée, maison du S-" Rebillot, marchand de 
vins, rue Saint Martin, a été faite par moy Deleurve, chirurgien 
du Chàtelet, et n'aye trouvé aucune marque extérieure de mort 
violente, pourquoy vous pouvés en permettre l'inhumation, 

J'ay l'honneur d'être très parfaitement, monsieur, votre très 
humble et très obéissant serviteur. 

Ce 17 mars 1774. 

Deleurye. 



;i. 



19 mars 1774. — Acte de décès de Marie Anne, fille de Jacob Aaron. 
Y 15282. 

Du samedy dix neuf mars mil sept cent soixante quatorze. 

Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Geoifroy Langevin, dans une maison tenue garnie par 
la V^ Boursier, où étant et entré dans une salle par bas sur le devant 
de lad. maison, y avons trouvé et par devant nous sont comparus 
Mayer Hademar, agent de la communauté des Juifs de Metz, de- 
meurant à Paris, rue des Vielles Étuves Saint Martin, à l'hôtel de 
Nantes, et Simon Salomon Halphen, Juif, demeurant à l'hôtel 
Baillet, rue des Blancs Manteaux. 

Lesquels nous ont dit que Marie Anne, fille de Jacob Aaron, Juif 
de Pragues, et d'Eve Lévy, sa femme, occupant lad. salle, âgée de 
quinze mois, est décédée ce jourd'huy deux heures du matin, et 
comme ses père et mère professent la religion judaïque, les com- 
parans requièrent qu'il soit pourv'u à son inhumation dans le cime- 
tière de Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparutions, 
dire et réquisitions nous avons donné acte. Et après qu'il nous est 
aparu d'un cadavre d'enfant gissant sur de la paille étendue sur le 
plancher de lad. salle, que les comparans nous ont déclaré être 
celuy de lad. Marie Anne, fille dud. Jacob Aaron et de lad. Eve 
Lévy, iceluy a été laissé dans lad. salle pour y rester jusqu'à ce 
qu'il ait été statué sur son inhumation par M. le Lieutenant gêné- 



AU XVIII* SIÈCLE 159 

rai de police, ainsi qu'il aparticndni. Dont et de quoy nous avons 
dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de 
raison. Lesd. comparans nous ont en outre déclaré que les père et 
mère de lad. Marie Anne sont dans l'indigence et dans l'impossi- 
bilité de la faire inhumer autrement que par charité, et ont signé 
avec nous. 

DucHESNE, M. Hadamar, Simon Salomon Halphen '. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
Marie Anne, fille de Jacob Aaron, Juif, et d'Eve Lévy, être inhumé 
à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée 
et être enjoint aux oflâciers du guet et de police de prester main 
forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 19 mars 1774. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce dix neuf mars 1774- 

De Sartine. 

82. 

26 mars 1774. — Acte de décès d'Abraham Mayer, fils de Mayer Jacob. 
Y 15282. 

Du samedy vingt six mars mil sept cent soixante quatorze, trois 
heures de relevée. 

Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Geoffroy Langevin, dans une maison tenue garnie par la 
veuve Boursier, où étant monté au deuxième estage et entré dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et pardevant 
nous sont comparus S-" Claude Nicolas Mettereau, maître cordon- 
nier à Paris, y demeurant susditte rue, paroisse S' Merry, et S"" Jean 
Baptiste Pommeret, aussy maistre cordonnier à Paris, y demeu- 
rant, susdittes rue et paroisse. Lesquels nous ont dit que Abraham 
Mayer, âgé d'environ huit mois, fils de Mayer Jacob, Juif de 
Fresney " près Mets, et de Sara Abraham, sa femme, occupant lad. 
chambre, est décédé hier vers les cinq heures du soir, que comme 
ses père et mère professent la religion judaïque, il est question de 
pourvoira l'inhumation du cadavre dud. enfant à la Villette, dans 



I . Une seconde signature hébraïque accompagne la signature française 
de chacun des témoins. 

I . Frenois, commune de Bazoncourt. 



l6o DOCUMENTS SUR LES JUllS A PARIS 

le cimetière des Juifs. Desquels comparution et dire nous avons 
donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Abraham 
Mayer, il a été laissé dans ladite chambre pour y rester jusqu'à ce 
qu'il ait été statué sur lad. inhumation par Monsieur le Lieutenant 
général de police, ce qu'il appartiendra. Les comparans nous ont 
en outre déclaré que led. Maver Jacob et sa femme sont dans l'in- 
digence et hors d'état de frayer aux frais d'inhumation de leur 
enfant. 

Dont et de quov nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesdits comparants 
signé avec nous : 

Mettereau, Pommeret, Duchesxe. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Abraham Mayer estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du 
guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Eait ce vingt six mars 1774. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt six mars 1774. 

De Sartike. 



83. 

24 juin 1774. — ^-ictc (le décès de Samuel, fils de Marcus. 
Y 15282. 

Du vendredy vingt quatre juin mil sept cent soixante quatorze, 
neuf heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Etuves, dans une maison tenue garnie par le 
nommé Roulet, facteur de la poste de Paris, où étant et entré dans 
une petite chambre au rez-de-chaussée, y avons trouvé et pardevant 
nous sont comparus S' Mayer Hadamar, agent de la communauté 
des Juifs de Metz, demeurant susd. rue des Vieilles Jituves, à 
l'hôtel de Nantes, et S"" Nathan Grodvol, Juif de Metz, demeurant 
rue Saint Martin, maison du S"" Anginot, marchand boursier. 

Lesquels nous ont dit que Samuel, lils de Marcus, Juif de 



AU XVIII'^ SIÈCLE l6l 

Millfeld ■ en Allemagne, âge d'environ dix sept ans, est décédé 
hier dix heures du soir, de pulmonie, professant la religion 
judaïque. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhu- 
mation, en la manière accoutumée, dans le cimetière des Juifs. 
Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. 
Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gisant sur de la paille 
sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont 
déclaré estre celuy dudit Samuel, iceluy cadavre a été laissé dans 
lad. chambre pour y rester jusqu'à ce que il ait été statué par M. le 
Lieutenant général de police sur lad. inhumation. Dont et de quoy 
nous avons dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce 
que de raison. Et ont les comparans signé avec nous. 

DucHEsxE, Nathan Grodvol, M. Hadamar ^. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Samuel être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la 
manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
vingt quatre juin M^'II>■■ soixante quatorze. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt quatre juin mil sept 
cent soixante quatorze. 

De Sartike. 
84. 

30 juin 1774. — Acte de décès de Lioi!,Jîls de Paquin Moiiiibciiii. 
Y 15282. 

Du jeudy trente juin mil sept cent soixante quatorze, heure de 
midy. 

Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue saint Martin, près celle des Ménestriers,dans une maison dont 
la boutique est occupée par le s"" Debussy, marchand de vin, où 
étant monté au quatrième étage et entré dans une chambre ayant 
vue sur lad. rue, y avons trouvé et par devant nous y ont comparus 
Cerf Israël, Juif de Metz, logeant à Paris, rue des Vieilles-btuves, 



1. Mûhlfcld, nom de deux localités, l'une de Prusse Rhénane (cercle 
et présidence de Trêves), l'autre en Franconie (Bavière). 

2. Les témoins font suivre leur signature française d'une seconde signa- 
ture héhr.iïque. 

II 



102 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

chez le nommé Roulet, et Aaron Moyse, Juif de Francfort, logeant 
rue Beaubourg, chez le nommé De Preslc. 

Lesquels nous ont dit que le nommé Lion, âgé de quatorze 
mois, fils de Paquin Monnheim et de Madelon Verde, sa femme, 
tous deux Juifs de Metz, proffessans la religion judaïque, est décédé 
hier environ sept heures du soir de suitte de maladie. Pourquoy 
requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cimetière 
des Juifs, en la manière accoutumée. 

Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant gissant 
sur de la paille, sur le plancher de lad. chambre, que les comparans 
nous ont déclaré estre celuy dudit Lion, iceluy cadavre a été laissé 
dans lad. chambre pour y rester jusqu'à ce qu'il ait été statué par 
AL le Lieutenant général de police sur lad. inhumation. Dont et 
de quoy nous avons ratifié le présent procès verbal pour ser\'ir et 
valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec nous : 
DucHESNE, Cerff Israel, Aarox Moyse (hchr.). 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Lion être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la 
manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
trente juin 1774. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce trente juin mil sept cent 
soixante quatorze. 

De Sartike. 
85. 

19 septembre 1774. — Acte de accès de Jacob de Carcassoiiuc. 
Y 11090. 

L'an mil sept cent soixante quatorze, le lundy dix neuf septembre, 
huit heures et demie du matin, nous, Louis François Formel, 
conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, ayant été 
requis, nous sommes transporté rue de la Harpe, près la rue Poupée, 
maison occupée au rez de chaussée par le S"" Richard, marchand 
tapissier, et ayant été introduit en un appartement au premier étage 
sur le devant, nous y avons trouvé et par devant nous sont com- 
parus s" Joseph Vidal de Carcassonne, Juif, négociant, demeurant 
maison où nous sommes, paroisse Saint Séverin, et S'^ Jacob de 
Paul fils, aussi Juif, négociant, demeurant à Paris, rue Poupée, 



AU XVIII'^ SIÈCLE 163 

quartier Saint André des Arts, susd. paroisse Saint Scvcrin. 
Lesquels nous ont dit que Jacob de Carcassonne, âgé de près de 
deux ans et demy, neveu dud. S"^ de Carcassonne comparant, et fils 
de s"" Bénédite de Carcassonne, aussi Juif, négociant, et de demoi- 
selle Léa Dalpuget, pareillement juive, décédée, son épouse, est 
décédé ce jourdhuy vers quatre heures et demie du matin, dans 
un cabinet dépendant de l'appartement où nous sommes, occupé 
par led. S"" Bénédite de Carcassonne et par led. S"^ de Carcassonne 
comparant, de suitte d'une maladie de fièvre putride dont il a été 
attaqué il y a environ huit jours, sous l'empire de la religion 
judaïque, que professe led. S'' son père et que professoit la d. D™^ 
sa mère, et sous l'empire de laquelle religion led. enfant est né, et 
qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater led. décès et 
de faire ordonner l'inhumation dud. Jacob de Carcassonne confor- 
mément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont 
signé : 

Joseph Vidal de Carcassonne, Jacob de Paul fils. 

Sur quoy nous. Conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. S''^ de Carcassonne et de Paul comparants de 
leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, et de ce qu'il 
nous est apparu dans une chambre sans cheminée à alcôve, au 
premier étage, ayant vue sur la rue de la Harpe, et dépendant de 
l'appartement où nous sommes, d'un corps mort d'un enfant mâle 
étendu sur le carreau et enveloppé d'une couverture de laine 
blanche, lequel corps lesd. S''^ comparants nous ont déclaré et 
affirmé en leurs âmes et consciences être celui dud. Jacob de 
Carcassonne fils. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Jacob de Carcassonne 
fils, nous nous transporterons au plutost es hôtels de Monsieur le 
Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police 
pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
serv'ir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous Commis- 
saire : 

Joseph Vidal de Carcassonne, Jacob de Paul fils. Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Jacob de Carcassonne être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, 
au cimetière des Juifs, à la Villctte, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce 19 septembre 1774. Moreau. 



164 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Soit fiiit ainsi qu'il est requis. Fait ce 19 septembre 

(En marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres. 



86. 

8 octobre 1774. — Acte de décès de Mindel, fille de Hirche Abraham. 
Y 15282. 

Du samedy huit octobre mil sept cent soixante quatorze, sept 
heures du soir. 

Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Maubuée, dans une maison appartenante au S"" Gautier, bour- 
geois de Paris, dont la boutique est occupée par un fruitier, où 
étant, et introduit dans une chambre au troisième étage ayant vue 
sur lad. rue, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Lion 
Zacharie, Juif Polonais, demeurant à Paris, rue Saint Martin, près 
Saint Merry, et Lambert Lambert, Juif de Metz, demeurant rue des 
Vieilles Étuves Saint Martin. 

Lesquels nous ont dit que la nommée Mindel, âgée de seize 
mois, fille de Hirche Abraham, Juif Polonais, et de Fratier, sa 
femme, proffessant la religion judaïque, est décédée ce jour d'huy 
quatre heures du matin dans lad. chambre, de suitte de maladie, et 
comme ses père et mère étoient dans l'intention de l'élever dans 
lad. religion, les comparans requièrent qu'il soit pourvu à son 
inhumation à la Villette, dans le cimetière des Juifs. Desquels 
comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après 
qu'il nous est apparu d'un cadavre d'cnf;int gissant sur de la paille 
étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous 
ont déclaré estre celuy de lad. Mindel, il a été laissé dans lad. 
chambre pour v demeurer jusqu'à ce qu'il ait été par M. le Lieute- 
nant général de police statué sur lad. inhumation et sur le contenu 
au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec nous : 
DucHKSXE, Lion Zacharie, Lamber Lamber. 

Wi le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Mindel estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et 



AU XVII^ SIÈCLE 165 

de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait 
ce huit octobre 1774. 

MORI-AU, 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce liuit octobre 1774. 

Lekoir. 

87. 

19 mars 1775. — Acte de décès d'haie fils de Paqiiin Moiiini. 
Y 15283. 

Du dimanche dix neuf mars mil sept cent soixante quinze, 
environ huit heures du matin. 

Nous Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commissaire 
au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue 
Saint Martin, près celle des Ménestriers, dans une maison en face 
du Bureau des tapissiers, où étant monté au troisième étage sur le 
devant, et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue Saint 
Martin, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Abraham 
Spire, Juif de Metz, logeant à Paris, rue Geoffroy Langevin, chez 
la dame Inselin, et Aaron Moyse, Juif de Francfort, logeant à 
Paris, rue Beaubourg, chez le nommé De Presle, tenant chambres 
garnies. 

Lesquels nous ont dit que le nommé Isaïe, âgé d'environ quatre 
mois, fils de Paquin Monin, Juif de Metz, et de la nommée Made- 
linc, sa femme, qui sont très pauvres, et proffessent la religion 
judaïque, est décédé de suitte de maladie hier deux heures du 
matin dans lad. chambre. Pourquoy requièrent qu'il soit pourvu à 
son inhumation dans le cimetière des Juifs, en la manière accou- 
tumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant gissant 
sur de la paille étant dans la ditte chambre, que les comparans 
nous ont déclaré estre celuy dudit Isaïe, nous l'avons laissé dans 
lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation 
et le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec 
nous, ledit Aaron Moyse en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir 
signer en françois, de ce interpellé. 

Abraham Spir, Aaron Moyse, (hebr.), Duchesxe. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Isaïe être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la 



l66 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
dix neuf mars 1775. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce dix neuf mars 1775. 

Lenoir. 

88. 

30 mars 1775. — Acte de décès d'Ester De Lyon, veuve 

d'Isaac Castille. 
Y 11091. 

L'an mil sept cent soixante quinze, le jeudy trente mars, une 
heure de relevée, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes 
transporté rue Mâcon, maison à l'entrée à gauche par la rue Saint 
André des Arts, ayant entrée par une porte ronde sur la rue et par 
une allée vis à vis une fruitière, et ayant été introduit en un appar- 
tement de trois pièces au second étage sur le derrière de lad. 
maison, nous y avons trouvé et par devant nous [sont comparus] 
S"" Jacob de Paul père, Juif, négociant, demeurant maison où nous 
sommes, paroisse Saint Séverin, et S"" Jacob Dacosta, aussy Juif, 
négociant, demeurant rue Hautefeuille, paroisse Saint Séverin. 

Lesquels ont dit qu'Esther De Lyon, juive, âgée de soixante dix 
ans ou environ, veuve de Isaac Castille, aussi Juif, négociant, est 
décédée ce jour d'hui vers dix heures du matin, à la suitte d'une 
maladie d'asthme dont elle était attaquée depuis longtems, en une 
chambre à coucher dépendante de l'appartement o\x nous sommes 
qu'elle occupait, dans les sentimens de la religion judaïque qu'elle 
professoit, et qu'ils ont requis notre transport à l'elfet de constater 
led. décès et de faire ordonner l'inhumation de lad. Esther De 
Lyon, veuve Castille, conformément aux Déclarations de Sa 
Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé, à l'égard dud. S'' De Paul 
père en caractères hébraïques, sa signature ordinaire. Rayé cy 
dessus dix mots nuls. 

Jacob de Paul (hchr.,) Jacob Dacosta. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
S""^ De Paul père et Dacosta de leurs comparutions, dire et réqui- 
sitoire cy dessus, et de ce qu'il nous est apparu dans lad. chambre 
à coucher dépendante dud. appartement où nous sommes, éclairée 
par une croisée donnant sur des maisons voisines, d'un corps mort 



AU XVIII'^ SIÈCLE 167 

féminin, qui nous a paru en eft'ct de l'âge d'environ soixante dix 
ans, étendu sur le carreau et enveloppé de linges et d'une couver- 
ture de laine blanche, lequel corps lesd. comparants nous ont 
déclaré et affirmé en leurs âmes et conscience être celui de lad. 
Esther De Lyon, veuve Castille. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. Esther De Lyon, 
veuve Castille, nous nous transporterons au plutost es hôtels de 
Monsieur le Procureur du Rov aud. Châtelet et de Monsieur le 
Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et 
ordonnances à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire, à l'égard dud. S"" De Paul père en caractères hébraïques, sa 
signature ordinaire. 

Jacob de Paul (hchr.), Jacob Dacosta, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Esther De Lyon, veuve Castille, être inhumé sans bruit, scandale 
ni apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être enjoint 
aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce 30 mars 1775. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. A Paris le 30 mars 1775. 

Lenoir. 
(Eu marge) : Rapporté en décembre 1775. Trois livres. 

89. 

7 mai 1775. — Acte de décès de David, fils de Jacoh Moyse. 
Y 15283. 

Du Dimanche sept may mil sept cent soixante quinze, six heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Petits Champs Saint Martin, au coin de celle 
Beaubourg, dans une maison dont le S'' Rousson, maître cor- 
donnier, occupe la boutique, où étant monté au deuxième étage, 
et entré dans une chambre occupée par Jacob Moyse, Juif d'Har- 
bourg ' en Allemagne, et Heleine Jacob, sa femme, y avons trouvé 

I. Harburg, C. Donauworth, Souabe, royaume de Bavière. 



168 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

et par devant nous est comparu Lambert Lambert, Juif de Metz, 
demeurant rue des Ménestriers, maison du sieur Lallemant, et 
Jacob Lansberg, Juif de Worms en Allemagne, demeurant à Paris, 
rue Beaubourg, maison de la fille Lendormy. 

Lesquels nous ont dit que David, âgé de vingt-deux mois, fils 
dud. Jacob Moysc et d'Heleinc Jacob, sa femme, proffessant la 
religion judaïque, est décédé ce jourd'huy six heures du matin, 
dans lad. chambre, de suitte de maladie. Pourquoy ils requièrent 
qu'il soit pourvu à l'inhumation dud. David au cimetière des Juifs 
en la manière accoutumée. Déclarent que lesd. Moyse et sa femme 
sont hors d'état de frayer aux frais de lad. inhumation. Desquelz 
comparution, dire, déclaration et réquisition nous avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant sur de la 
paille étant sur le plancher de lad. chambre, que les comparans 
nous ont déclaré être celuy dud. David, il est resté en icelle pour 
y demeurer jusqu'à ce qu'il ait été statué par M. le Lieutenant 
général de police sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous avons 
dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de 
raison. Et ont signé : 

Lamber Lambek, Jacob Laxspekg, Duchesxe. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
David estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la 
manière accoutumée, et estre enjoint aux ofliciers du guet et 
de police prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
sept mav i775- 

MOREAU. 

Soit f;ut ainsy qu'il est requis. Ce sept may 1775. 

Albert. 

90. 

1" juin 1775. — ^cte de iJêcès de l'enfant de Jaeoh Saloiiion. 
Y 15283. 

Du jeudy premier juin mil sept cent soixante quinze, huit 
heures du soir. 

Nous, Hugiies Philippes Duchesnc, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est occupée 
par le nommé Honnoré, maître menuisier, oij étant, et introduit 
dans une chambre au troisième étage ayant vue sur lad. rue, par 
devant nous sont comparus Pasquin Monem, Juif de Metz, et 



AU XV1I1'= SIÈCLE 169 

Michel Limbourg, aussy Juif de Metz, demeurants tous deux rue 
Saint Martin, maison du S"" Bussy, marchand de vin. 

Lesquels nous ont dit que Sara, femme de Jacob Salomon, Juif 
de Prosnitz ■ en Moravie, dans le cercle d'Olmutz, est accouchée 
ce jour d'huy, sur les deux heures après midy, d'un enfant mort, 
sexe masculin, par le ministère de la dame Jannelle, maîtresse 
sage femme, demeurante rue Aumaire. Pourquoy ils requièrent 
qu'il soit pourvu à l'inhumation du cadavre dudit enfant au cime- 
tière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparution, 
dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est 
apparu dudit cadavre, que les comparants nous ont déclaré et 
attesté estre celuv dont lad. femme Salomon est accouchée ce 
jourd'huy, gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. 
chambre, dans laquelle il est resté pour y demeurer jusqu'à ce que 
par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur le 
contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

MicHEi, Limbourg, P. Monnheim, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le fœtus masculin 
dont lad. Sara, femme de Jacob Salomon, est accouchée être 
inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de 
prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait le premier 
juin MVIP soixante quinze. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce i" juin 1775. 

Albert. 
(Une pièce annexe porte :) 

Monsieur, 

La visite d'un fœtus masculin au terme de sept mois de concep- 
tion, dont la femme du nommé Jacob Salomon, Juife, elle s'appel- 
lant Sara, est accouchée hier, a été faite par les médecin et 
chirurgien du Châtelet. Ainsy, Monsieur, vous pouvez en permettre 
l'inhumation. 

J'ay l'honneur, Monsieur, d'être avec respects votre très humble 
serviteur. 

Deleurve. 

A Paris, ce 2 juin 1775. 

A Monsieur, Monsieur le commissaire Duchesne, rue S' Martin. 

I. Prossnltz, Moravie (Autriche-Hongrie). 



lyO DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

91. 

19 juin 1775. — Acte de décès de Nathan, fils de Maycr. 
Y 15283. 

Du lundy dix neuf juin mil sept cent soixante quinze, neuf 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Aubr}' le Boucher, dans une maison dont la boutique est 
occupée par un receveur de lotteries, où étant monté au deuxième 
étage et entré dans une chambre ayant vue sur la cour, y avons 
trouvé et pardevant nous sont comparus S'' Mayer Hademar, agent 
de la communauté des Juifs de Metz, demeurant rue Saint Martin, 
maison du S"" Anginot, marchand boursier, et Abraham Moyse, 
Juif de Harbourg ' en Bavière, demeurant à Paris, rue Beaubourg, 
chez le nommé Richard, limonadier. 

Lesquels nous ont dit que Nathan, âgé d'environ trois mois, fils 
de Mayer, Juif de Framing en Lorraine allemande, et de Sara 
Abraham, sa femme, qui sont très pauvres et proffessent la religion 
judaïque, est décédé de suitte de maladie ce jourd'huy il }• a 
environ une heure dans lad. chambre. Pourquoy requièrent qu'il 
soit pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs, en la 
manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition 
nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre 
d'un enfant gissant sur de la paille étant dans lad. chambre, que les 
comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Nathan, nous l'avons 
laissé dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par 
Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. 
inhumation et sur le contenu au présent procès verbal, que nous 
avons dressé pour ser\'ir et valoir ce que de raison. Et ont les 
comparans signé avec nous, led. Abraham Movse a signé en 
hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce inter- 
pellé r 

MM. Hademar, Duchesne, Abraham Moyse (hehr.) 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Nathan être inhumé à la \'illettc, dans le cimetière des Juifs, en la 



I. Harburg, c. Donauworth, Souabe, royaume de Bavière. 



AU XVITI'^ SIÈCLE I7I 

manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
dix neuf juin 1775. Moreau. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce dix neuf juin 1775. 

Albert. 

92. 

13 août 1775. — ^cte de décès de Charlotte, fille de Daniel Schivah. 
Y 15283. 

Du dimanche treize aoust mil sept cent soixante quinze, trois 
heures de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Maubuéc, dans une maison dont la boutique est occupée 
par un tourneur, où étant monté au deuxième étage et entré dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus 
Jonas Nathan, Juif de Franconie, et Liebman Nathan, Juif 
d'Armstadt', demeurans tous deux susditte rue Maubuée, même 
maison que Daniel Suabe dont va être parlé. 

Lesquels nous ont dit que Charlotte, fille de Daniel Suabe, Juif 
de Colmar en Alsace, et de Brunette Nathan, sa femme, âgée 
d'environ dix huit mois, est décédée ce jourd'huy dix heures du 
matin dans lad. chambre, que led. Daniel Suabe et sa femme sont 
très pauvres et professent la religion judaïque, qu'ils étoient dans 
l'intention de élever leur fille dans la même religion. Pourquoy les 
comparants requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation de lad. 
Charlotte dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. 
Desquels comparution, dire et déclaration nous avons donné acte. 
Et après qu'il nous est aparu d'un cadavre gissant sur de la paille 
étendue dans lad. chambre, que les comparants nous ont déclaré et 
aftirmé être celuy de lad. Charlotte, fille dud. Daniel Suabe et de 
lad. Brunette Nathan, sa femme, il a été laissé dans lad. chambre 
pour y demeurer jusqu'à ce que par M"" le Lieutenant général de 
police, il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu au 
présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir 
ce que de raison. Et ont les comparants signé en allemands, ayant 
déclaré ne sçavoir le françois : 

Liebman Nathan ^, Jonas Nathan (hehr.) ; Duchesne. 

1. Darmstadt (Hesse). 

2. En caractères allemands. 



172 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
Charlotte être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en 
la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce treize aoust mil sept cent soixante quinze. 

MOREAU. 

Soit tait ainsy qu'il est requis. Ce treize aoust 1775. 

Albert. 

93- 

4 septembre 1775. — Jcte de ilàès d'Ak~^ar Vidal, 

fils d'Israël Vidal, 
Y II 09 I . 

L'an mil sept cent soixante quinze, le lundy quatre septembre, 
quatre heures et demie de rellevée, nous, Louis François Formel, 
conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châ- 
telet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Neuve 
Saint Eustache, maison à porte cochère, au dessus de laquelle un 
tableau portant : « Vidal l'aîné, privillegié du Rov, tient magasin 
d'étotfes de soye », et étant monté en un appartement composé de 
trois pièces sur le devant, au quatrième étage de lad. maison, nous 
y avons trouvé et par devant nous sont comparus S"" Jacob de Paul 
père, Juif, négotiant, demeurant à Paris, rue Màcon, paroisse Saint 
Séverin, et S"" Jacob de Castille, aussi Juif, négotiant, demeurant 
au coin des rues Dauphine et Mazarine, paroisse Saint Sulpice. 

Lesquels nous ont dit que Alezar Vidal, âgé d'environs (sic) six 
ans, fils du S"" Israël \"idal l'ainé, Juif, négotiant, et de demoiselle 
Sara Alegre, aussi juive, son épouse, demeurans maison où nous 
sommes, est décédé ce jour d'huy entre neuf et dix heures du 
matin, à la suite d'une maladie de fièvre maligne dont il étoit 
attaqué depuis neuf jours, en une chambre à coucher dépendante 
de l'appartement où nous venons d'être introduit, dépendant des 
lieux occupés dans lad. maison par sesd. père et mère, dans les 
sentimens de la religion judaïque, sous l'empire de laquelle il est né, 
et que professent sesd. père et mère, et qu'ils ont requis notre 
transport à l'effet de constater led. déceds et de faire ordonner 
l'inhumation dud. Alezar Vidal, conformément aux déclarations de 
Sa Majesté à ce sujet. Et ont signé, à l'égard dud. S"" de Paul père 
en caractères hébraïques, sa signature ordinaire : 

Jacob de Paul (bcbr.), J.\cob Castille. 



AU XVII1'= SIECLE 173 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donne acte auxd. 
S'"' De Paul et De Castillc de leurs comparutions, dire et réquisi- 
toire cy dessus, et de ce qu'il nous est apparu, dans lad. chambre à 
coucher dépendant dud. appartement où nous sommes, éclairé par 
une croisée donnant sur la rue, d'un corps mort masculin, qui nous 
a paru de l'âge d'environs six ans, étendu sur le carreau, enveloppé 
de linges et d'une couverture de laine blanche, lequel corps lesd. 
comparans nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences 
être celui dud. Alezar Vidal. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Alezar Vidal, nous 
nous transporterons au plus tôt es hôtels de Monsieur le Procureur 
du Roy audit Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de 
police, pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire, à l'égard dud. S"^ De Paul père en caractères hébraïques, sa 
signature ordinaire : 

Jacob de Paul (hehr.), Jacob Castille, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Alzar {sic) Vidal être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans 
le cimetière des Juifs, à la Villettc, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce 4 septembre 1775. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 4 septembre 177). 

Albert. 
{En marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres. 



9^. 

II septembre 1775. — Jctc de décès de Giiîloii, fille 

de Mardochce Jacob. 
Y 15283. 

Du lundy unze septembre mil sept cent soixante quinze, neuf 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchcsnc, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Ménestriers, dans une maison tenue garnie par le 
nommé La Thélyze, chaudronnier, oià étant monté au deuxième 
étage, et entré dans une chambre avant vue sur lad. rue, occupée 



174 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

par Mardochce Jacob, Juif de Velin ', près Sarelouis, et la nommée 
Naffier, sa femme, y avons trouvé et par devant nous sont 
comparus Lazare Jacob, Juif dudit Velin, demeurant à Paris, rue 
Brisemiche, à l'hôtel Saint Pierre, et Salomon Salomon, Juif 
d'Amsterdam, demeurant rue des Petits Champs Saint Martin, 
maison du S'' Roger, tabletier. 

Lesquels nous ont dit que la nommée Guiton, âgée d'environ 
huit ans, fille desd. Mardochée Jacob, et Naffir, sa femme, est 
décédée hier dix heures du soir, de la petitte vérolle, proffessant la 
religion judaïque. Pourquoy ils requièrent que le cadavre de lad. 
Guiton soit inhumé dans le cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons 
donné acte, et encore de ce que les comparants nous ont déclaré 
que lesd. Mardochée Jacob et sa femme ne sont point en état de 
pourvoir aux frais ordinaires de l'inhumation de leur enfant. Et 
après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant sur de la paille 
étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous 
ont déclaré être celuy de lad. Guiton, iceluy cadavre est resté dans 
laditte chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieu- 
tenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation et sur 
le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé en hébreux, ayant 
déclaré ne pouvoir signer en françois : 

Lazare Jacob (behr.j, Salomon Salomok (hehr.), Ducheske. 

Vu le procès verbal, je n'enpéche pour le Roy le cadavre de 
lad. Guiton être inhumé à la Vilette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait 
ce unze septembre 1775 : 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce unze septembre 1775. 

Albert. 



1. Aujourd'hui Wellingen, coni. de Dentlngen, cercle de Boulay (Lor- 
raine). 



AU XVIII= SIÈCLE 175 



95. 



19 septembre 1775. — Acte de décès de Mardochéc Aaron, 
fils d' Aaron Moyse. 
Y 15283. 

Du mardy dix neuf septembre mil sept cent soixiinte quinze, 
neuf heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Grenier Saint Lazare, dans une maison dont la boutique 
est occupée par le S"^ Dumange, marchand de vin, où étant monté 
au premier étage, et entré dans une chambre ayant vue sur lad. 
rue, occupée par Aaron Moyse, Juif d'Alsace, et Layer Franque, sa 
femme, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Goude- 
choux Franque, Juif d'Apfic ' proche Schelestat en Alsace, logeant 
à Paris, rue Beaubourg, chez la demoiselle Lendormi, et Abraham 
Grinstad, Juif de Grinstad ^ en Allemagne, demeurant enclos de 
Saint Martin des Champs. 

Lesquels nous ont dit que Mardochée Aaron, âgé d'environ huit 
ans, fils desd. Aaron Moyse et Layer Franque, est décédé hier 
neuf heures du soir de suitte de maladie, profFessant la religion 
judaïque. Pourquoy ils requièrent que son cadavre soit inhumé 
dans le cimetière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels 
comparution, dire et réquisition nous avons donné acte, et encore 
de ce que les comparants nous ont déclaré que lesd. Aaron Moyse 
et sa femme ne sont point en état de pourvoir aux frais ordinaires 
de l'inhumation de leur enfant. Et après qu'il nous est apparu d'un 
cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. 
chambre, que les comparants nous ont certiffié et attesté estre celuy 
dud. Mardochée Aaron, iceluy cadavre est resté dans lad. chambre 
pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de 
police il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu au 
présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir 
ce que de raison. Et ont signé sçavoir led. S'' Abraham Grinstad en 
françois, et led. Franque en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir 
signer en françois. 

Duchesne, Abraham Gruxstad, Goudechoux pRAxauE (hchr.). 



1. Epfig, aujourd'hui cant. de Barr, cercle de Schlettstadt. 

2. Grùnstadt, Palatinat bavarois. 



176 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

\u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Mardochée Aaron être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce 19 septembre 1775. 

More AU. 
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce dix neuf septembre mil sept 
cent soixante quinze. 

Albert. 

96. 

12 octobre 1775. — Acte de décès d'Enoch Simon, fils de Jacob Simon. 
Y 15283. 

Du jeudy douze octobre mil sept cent soixante quinze, heure 
de midy. 

Nous, Hugues Philippes Duchesnc, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Grenier Saint Lazare, dans une niaison dont la dame 
Remy, marchande de modes, occupe la boutique, où étant monté 
au deuxième étage sur le derrière, et entré dans une chambre y 
avons trouvé et pardevant nous sont comparus Lambert Lambert, 
Juif de Metz, demeurant à Paris, rue des Ménestriers, maison du 
S"" Lallemant, cavalier du guet, et Salomon Salomon, Juif d'Am- 
sterdam, demeurant à Paris, rue des Petits Champs Sirtnt Martin, 
maison du S"" Royer, tabletier. 

Lesquels nous ont dit que Enoch Simon, âgé de unzc ans et 
demv, fils de deffunt Jacob Simon, Juif de Bruxelles et de Sara 
Simon, sa femme, est décédé ce matin à huit heures, dans lad. 
chambre, d'une fièvre maligne, proffessant la religion judaïque. 
Pourquoy ils requièrent que son cadavre soit inhumé à la Villette, 
dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels 
comparution, dire et réquisition nous avons donné acte aux com- 
parans qui nous ont déclaré que la veuve Jacob Simon est dans 
l'indigence, chargée encore de sept cnfims et hors d'état de pour- 
voir à aucun frais pour faire inhumer led. Enoch Simon, son fils. 
Et après qu'il nous est apparu du cadavre gissant sur de la paille 
étendue sur le plancher de lad. chambre, queles comparans nous ont 
déclaré être celuy dud. Enoch Simon, il est resté dans lad. cham- 
bre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général 
de police il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu au 
présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir 



AU XVIII= SIÈCLE 177 

ce que de raison. Lcd. S'^ Lambert a signé en françois et led. 
S'' Simon en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois. 
Lamber Lambkr, Duchesxe, Sai.omox Sai.omok (bchr.). 

\'u le procès verbal, je n'empêche par le Roy le cadavre dud. 
Enoc Simon être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait 
ce douze octobre 1775. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce douze octobre 1775. 

Albert. 

97- 
21 octobre 1775. — Acic de dcccsâe Toiiicllc^ fillc de Saloiiion Movsc'. 
Y 15283. 

Du samedy vingt un octobre mil sept cent soixante quinze, ncui 
heures du soir. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, avant été requis, nous sommes trans- 
porté des \'ieilles )-.tuves, dans une maison dont le nommé Roulet, 
facteur de la poste de Paris, est principal locataire, où étant monté 
au troisième étage et entré dans une chambre ayant vue sur 
la rue de la Corroyerie, y avons trouvé et par devant nous sont 
compaiTis Mayer Braque, Juif de Xedeviche en Lorraine, demeu- 
rant à Paris, rue Brisemiche, près Saint Merrs-, et Salomon Samuel, 
Juif de Francfort, demeurant à Paris, rue Grenier Saint Lazare. 

Lesquels nous ont dit que Toinette, âgée de dix-huit mois, 
fille de Salomon Moyse, Juif de Hesse Casscl, et de Lena Moyse, 
sa femme, est décédée hier dans l'après dinée, de la petite vérole, 
et, comme ses père et mère professent la religion judaïque, ils 
requièrent que le cadavre de lad. Toinette soit inhumé à la 
Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. 
Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte 
aux comparans, qui nous ont déclaré que les père et mère de lad. 
Toinette sont dans l'indigence et hors d'état de pourvoir aux frais 
d'inhumation de leur fille. Et après qu'il nous est apparu d'un 
cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré être celuy de lad. 
Toinette, il est resté dans lad. chambre pour v demeurer jusqu'à 
ce que par Monsieur le Lieutenant général de police ait été statué sur 



lyS DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

lad. inhumation et sur le contenu au présent procès verbal que 
nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
signé avec nous, led. Samuel en langue hébraïque, ayant déclaré 
ne savoir signer en langue françoise. 

DucHESNE, MayerBrac, Salomon Samuel (hcbr.). 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Toinette, fille dud. Salomon Moyse et de Lena, sa femme, 
être inhumé à laVillette, dans le cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de 
prcstcr main forte si besoin est et en sont requis. Fait le vingt un 
octobre mil sept cent soixante quinze. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce vingt un octobre 1775. 

Albert. 

98. 

25 octobre 1775. — j4cte de décès de Michel, fils de Lipmaii Nathan. 
Y 15283. 

Du mercredy vingt cinq octobre mil sept cent soixante quinze, 
trois heures de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Maubuée, dans une maison tenue garnie par le nommé 
Gautier, oià étant monté au troisième étage et entré dans une 
chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et pardevant nous 
sont comparus Emmanuel l'aîné, Juif de la Silésie, h^gcant rue du 
Hurpoix, à l'hôtel des Trois Maures, et Abraham Grinstat, Juif de 
Grinstat ' en Allemagne, demeurant enclos du Prieuré Saint Martin 
des Champs. 

Lesquels nous ont dit que Michel Lipman, âgé de deux ans et 
demy, fils de Lipman Nathan, Juif d'Armstadt^ en Allemagne, et 
de Hinth Lipman, sa femme, est décédé ce jourd'huy, de la petittc 
vérolle, ce matin à unze heures, et, comme ses père et mère pro- 
fessent la religion judaïque, ils requièrent que le cadavre dud. 
Michel Lipman soit inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et 



1. Grunstadt, Palatiuat bavarois. 

2. Darmstadt, Hcsse. 



AU XVIII'^ SIECLE 179 

réquisition, nous avons donné acte aux comparans qui nous ont 
déclaré que les père et mère dud. Michel Lipman sont dans l'indi- 
gence et hors d'état de pourvoir aux frais d'inhumation de leur fils. 
Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant sur de la paille 
étendu sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous 
ont déclaré être celuy dud. Michel Lipman, il est resté dans lad. 
chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant gé- 
néral de police il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu 
au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

DucHESNE, Emanuel l'ainé, Abraham Grunstad. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre 
dud. Michel Lipman être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce vingt cinq octobre MVIL soixante quinze. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt cinq octobre mil sept 
cent soixante quinze. 

Albert. 
99. 

31 octobre 1775. — Acte de décès de Goutle, femme de Lazare Jacob. 
Y 15283. 

Du mardy trente un octobre mil sept cent soixante quinze, cinq 
heures du soir. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Brisemiche, dans une maison dite l'hôtel Saint Pierre, 
où étant monté au deuxième étage, et entré dans une chambre 
ayant vue sur une cour, y avons trouvé et pardevant nous sont 
comparus Lion Zacharie, Juif d'Hollande, demeurant rue Saint 
Martin, et Salomon Samuel, Juif de Bamberg ■ en Allemagne, 
demeurant rue Grenier Saint Lazare. 

Lesquels nous ont dit que Goutle, âgée d'environ quarante ans, 
temme de Lazare Jacob, Juif de Valange^ près Sarelouis en Lor- 



1. Bamberg (Bavière). 

2. Aujourd'hui Wcllingen, corn, de Dcntingcn, cercle de Boulay (Lor- 
raine). 



l80 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

raine, est décédée ce jourd'huvil y a environ une heure, de suite de 
maladie, dans la chambre sus désignée, professant la religion judaï- 
que. Pourquoi ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation 
dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels 
comparutions, dire et réquisition nous avons donné acte aux com- 
parans qui nous ont déclaré que led. Jacob est hors d'état de payer 
aux frais d'inhumation de sa femme. Et après qu'il nous est aparu 
d'un cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de 
lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré être ccluy de lad. 
Goutle, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce 
que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur 
lad. inhumation et sur le contenu au présent procès verbal, que 
nous avons dressé pour sersir et valoir ce que de raison. Et ont 
signé avec nous led. Salomon Samuel en hébreu, ayant déclaré ne 
sçavoir écrire nv signer en langue françoise. 

DucHEsxE, Lion Zacharie, Saiomox Samuel (/.v/t.). 

Vu le procès verbal je n'empêche pour le Roy, le cadavre de 
lad. Goutle être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
trente un octobre 1775. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce trente un octobre 1775. 

Albert. 



100. 

7 décembre 1775. — Acte de dccèsdc David Pcircrc. 
Y I I 09 I . 

L'an mil sept cent soixante quinze, le jeudy sept décembre, sept 
heures du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Chàtelet de Paris, ayant 
été requis, nous sommes transporté rue Platrière, maison à porte 
cochère joignant un catié, attenant Fhotel de la Ferme générallc 
des postes, et étant monté en un appartement au premier étage 
sur la rue, et introduit en une grande pièce à cheminée ayant vue 
sur lad. rue et dépendante dud. appartement, nous y avons trouvé 
et par devant nous sont comparus S"^ Jacob de Paul fils, Juif, négo- 
ciant, demeurant à Paris, rue Poupée, paroisse Saint Sévcrin, et 
S"" Jacob Scaramela, aussi Juif, négociant, demeurant ordinaire- 



AU XVII I'^ SIÈCLE l8l 

ment à Bordeaux, étant de présent à Paris, logé à l'hôtel d'Anjou 
rue Mâcon, susd. paroisse. 

Lesquels nous ont dit que David Peirere, âgé d'environ dix huit 
mois, tils de S' Jacob Peirere, secrétaire interprette et pensionnaire 
du Roy, et de demoiselle Marianne Lopez, son épouse, tous deux 
Juifs, demeurants dans l'appartement où nous sommes, est décédé 
ce jourd'hui sur le midy, à la suitte d'une maladie de convulsions 
de dents dont il étoit attaqué depuis près d'un mois, dans la 
chambre à cheminée en laquelle nous avons été introduit, dans les 
sentiments de la religion judaïque, sous l'empire de laquelle il est 
né et que professent sesd. père et mère, et qu'ils ont requis notre 
transport à l'effet de constater led. décès et de faire ordonner 
l'inhumation dud. David Peirere conformément aux Déclarations 
de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé : 

Jacob de Paul fils, Jacob Scaramei.la '. 

Sur quoy, nous, commissaire susd., avons donné acte 
auxd. S'^ de Paul et Scaramcla de leurs comparutions, dire 
et réquisitoire, et de ce qu'il nous est apparu dans lad. chambre 
sus désignée d'un corps mort masculin qui nous a paru de 
l'âge d'environ dix huit mois, enveloppé de linges et d'une vieille 
couverture de laine blanche et posé sur une table, lequel corps 
lesd. comparans nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et 
consciences être celui dud. David Peirere. 

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. David Peirere, nous 
nous transporterons au plus tôt es hôtels de Monsieur le Procureur 
du Roy aud. Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de 
police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de quoi nous avons rédigé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commis- 
saire. Rayé au présent procès-verbal un mot nul. 

J.\coB DE Paul fils, Jacob Scaramella, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy que le cadavre 
dud. David Pereire être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, 
au cimetière des Juifs, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce sept décembre 1775. 

Moreau. 



I. Une première signature porte : Jacob Scamella. 



l82 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Soit f;ùt ainsi qu'il est requis. Ce sept décembre 1775. 

Albert. 
ÇEn marge) : Rapporté en décembre 1775. Trois livres. 

lOI. 

19 février 1776. — Acte de décès d'Aaron David. 
Y 15284. 

Du lundy dix neuf février mil sept cent soixante seize, unze 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Étuves Saint Martin, dans une maison cy 
devant occupée par le nommé Roulet, facteur de la poste de Paris, 
où étant monté au troisième étage et entré dans une chambre ayant 
vue sur la rue de la Corroyerie, pardevant nous sont comparus 
Salomon Samuel, Juif de Versbourg ' en Allemagne, demeurant à 
Paris, rue Grenier Saint Lazare, à laPetitte Poste, et Doder Ayman, 
Juif d'Alsace, demeurant rue Beaubourg, chez le Si'Lafrance, vinai- 
grier. 

Lesquels nous ont dit que Aaron David, Juif de Metz, âgé de 
cinquante quatre ans, est décédé hier sept heures du soir d'une 
maladie de poitrine, dans lad. chambre, proffessant la religion 
judaïque. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation 
dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels 
comparution, dire et réquisition, et déclaration faitte par les com- 
parans que led. Aaron David est mort dans l'indigence, nous leur 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que 
que les comparans nous ont déclaré être celuy dud. Aaron 
David, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce 
que par Monsieur le Lieutenant général de police ait été statué sur 
lad. inhumation et sur le contenu au présent procès verbal, que 
nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
les comparans signé en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer 
en langue françoise, de ce interpellés. 

Salomon Samuel (hchr.), Doder Ayman (hehr.), Duchesne. 



I . Wûrzburg (Bavière) ? 



AU XVIII'^ SIECLE 183 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Aaron David être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
dix neuf février 1776. Moreau. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce dix neuf février mil sept cent 
soixante seize. Albert. 

102. 

21 mai 1776. — Acte de décès de Cerf Fribourg. 
Y 15284. 

Du mardy vingt un may mil sept cent soixante seize, huit 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Beaubourg, vis à vis celle des Vieilles Étuves, dans une maison 
dont la boutique est occupée par le S'' Roy, pâtissier, où étant et 
introduit dans une salle au rez de chaussée au fond de la cour de 
lad. dépendante des lieux, que le nommé De Presle tient garnis, 
y avons trouvé et pardevant nous sont comparus S'' Mayer Hade- 
mar, agent de la communauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, 
rue Saint Martin, chez le S"" Anginot, marchand boursier, et Mayer 
Brac Juif de Nidrevisse proche Boullay en Lorraine, demeurant rue 
Grenier Saint Lazare, maison du S"" Demay, éventailliste. 

Lesquels nous ont dit que Cerf Fribourg, Juif de Nidrevisse, 
âgé d'environ trente trois ans, est décédé de suitte de maladie, hier 
unze heures du soir, dans lad. salle, où il logeait depuis environ 
douze jours, proffessant la religion judaïque. Pourquoy les com- 
parans requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le 
cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière accoutumée. Des- 
quels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après 
qu'il nous est apparu d'un corps mort gissant sur de la paille 
étendue sur le plancher de lad. salle, 'que les comparans nous ont 
déclaré être celuy dud. Cerf Fribourg, il est resté dans lad. salle 
pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de 
police il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu au 
présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir 
ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

M. Hadamar, Mayer Brac % Duchesne. 

I. La signature est accompagnée d'une seconde signature hébraïque. 



184 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Cerf Fribourg être inhumé à la \'illette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce vingt un may 1776. 

More AU. 
Soit fiiit ainsi qu'il est requis. Ce 21 mav 1776. 

Albert. 
103. 

5 septembre 1776. — Acte de décès d'Aiiroii, fils de Joseph Petit. 
Y 15284. 

Du jeudy cinq septembre mil sept cent soixante seize, huit 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, com- 
missaire au Châtelet de Paris, ayant été requis nous sommes trans- 
porté rue Saint Honnoré, vis à vis les pilliers des Halles, dans une 
maison dont le S'' Laplanche, marchand miroitier, occupe la bouti- 
que, où étant et entre dans une chambre au deuxième étage sur 
le devant, y avons trouvé et pardevant nous sont comparus Ysrael 
Petit, Juif de Bordeaux et négotiant, demeurant à Paris rue Saint 
Martin, au coin de celle des Petits Champs, maison du S'' Perault 
Perrault, et Aaron Levy, Juif de Breslau, demeurant rue Geoffrov 
Langevin, maison de la V" Boursier. 

Lesquels nous ont dit que Aaron Petit, âgé d'environ six ans, 
fils de Joseph Petit, Juif de Bordeaux, commerçant, et de Ester 
Petit, sa femme, est décédé ce matin à six heures, de suitte de 
maladie, dans la chambre où nous sommes, que ses père et mère, 
protîessant la religion judaïque, estoient dans l'intention d'élever 
leur fils dans la même religion. Pourquoy ils requièrent qu'il soit 
pourvu à l'inhumation dud. Aaron Petit au cimetière des Juifs, en 
la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition 
nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un corps 
mort gissant sur de la paille étendue sur le plancher dans lad. 
chambre, que les comparants nous ont déclaré estre celuy dudit 
Aaron Petit, nous l'avons laissé dans lad. chambre pour y rester 
jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de police il ait été 
statué sur lad. inhumation et sur le contenu au présent procès 
verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de 
raison. Et ont les comparans signé, led. Lévv en hébreux, ayant 
déclaré ne sçavoir signer en langue françoise. 

Israël Petit, Aaron Lévy {hehr.), Duchesne. 



AU XVI 11"^ SIÈCLE 185 

\'u le procès verbal, je n'empcsche pour le Roy le cadavre dud. 
Aaron Petit être inhumé à la Villeltc, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce cinq septembre mil sept cent soixante seize. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce cinq septembre 1776. 

Lenoir. 

104. 

16 septembre 1776. — Acfc de décès du fils de Car/ Joseph. 
Y 15284. 

Du lundv seize septembre mil sept cent soixante seize, du 

matin. 

Nous, Hugues Philippcs Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelct de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est 
occupée par un tourneur, où étant monté au deuxième étage et 
entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, tenue garnie du 
nommé Vautier par Cerf Joseph, Juif de Francfort, et Sara Aaron, 
sa femme, par devant nous sont comparus S"' Mayer Hadamar, agent 
de la communauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue Saint 
Martin, chez le S'' Anginot, marchand boursier, et Lion Isaac, Juif 
de Vesscmbourg ' en Alsace, demeurant à Paris, rue Maubuée, 
chez le S'' Colignon, limonadier. 

Lesquels nous ont dit qu'un enfant desd. Cerf Joseph et Sara 
Aaron, sexe masculin, âgé de six jours et non circoncis, est décédé 
la nuit dernière à minuit, et comme ses père et mère proffessent la 
religion judaïque et qu'ils étoient dans l'intention d'élever leur tils 
dans la même religion, les comparans requièrent qu'il soit pourvu 
à l'inhumation dudit enfant au cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumée (sic), déclarant que ledit Cerf Joseph et sa femme sont 
pauvres et hors d'état de fournir aux frais de lad. inhumation. 
Desquels comparution, dire, réquisition et déclaration nous 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un corps mort 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparans nous ont déclaré être celuy de l'enfant desd. 
Cerf Joseph et sa femme, nous l'avons laissé dans lad. chambre 



I. Wissembourg. 



l86 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

pour y rester jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police 
il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu au présent pro- 
cès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de 
raison. Et ont les comparans signé avec nous, ledit Lion Ysaac en 
langue hébraïque, ayant déclaré ne sçavoir signer en langue fran- 
çoise. 

DucHESNE, Lion \sk\c (hcbr.)^, M. Hadamar. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
enfant sexe masculin être inhumé à la Villette, dans le cimetière 
des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers 
du guet et de police de prester main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce seize septembre MVII<^ soixante seize. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce seize septembre 1776. 

Lenoir. 

105. 

7 janvier 1777. — ^de de décès d'Abraham, fils de Jacob Peyrere. 
Y 11093. 

L'an mil sept cent soixante dix sept, le mardy sept janvier, heure 
de midy et demie, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été 
requis,^ nous sommes transporté rue Platrière, maison à porte 
cochère, joignant un caffé, et ayant été introduit en une chambre 
au premier étage ayant vue sur lad. rue, nous y avons trouvé et 
par devant nous sont comparus S"^ David Peyrere, Juif, négociant, 
demeurant maison où nous sommes, paroisse Saint Eustache, et 
S'' Jacob de Paul fils, aussi Juif, négociant, demeurant rue Poupée, 
paroisse Saint Séverin. 

Lesquels nous ont dit que Abraham Peyrere, âgé de deux ans 
huit mois, fils de S'' Jacob Peyrere, aussi Juif, interprette pension- 
naire du Roy et de dame Mavrian Lopez, son épouse, pareillement 
Juive, occupant l'appartement au premier étage, duquel dépend la 
chambre 011 nous venons d'être introduit, est déceddé ce jourd'hui 
sur les cinq heures du matin, en lad. chambre, à la suitte d'une 
maladie de langueur, sous l'empire de la religion judaïque, que 
professe (i/c) ses père et mère et sous lequel empire de la religion 



I . Cette signature se lit littéralement : Leïb Weisscmborg. 



AU XVIII'^ SIÈCLE 187 

il étoit né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de cons- 
tater led. décès et de faire ordonner Tinhumation dud. Abraham 
Peyrere, conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à 
ce sujet. Et ont signé. Rayé cy dessus un mot nul. 

Jacob de Paul fils, D** Pereyre. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
sus nommés de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, 
et de ce qu'il nous est apparu dans lad. chambre d'un corps mort 
masculin, qui nous a paru en effet de l'âge de deux à trois ans, 
exposé dans une manne d'osier revêtue d'indienne, placée sur une 
table à quatre pilliers, enveloppé dans ses vétemens d'indienne et 
coeffé d'un bonnet de coton, lequel corps lesd. S''^ susnommez 
nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences être celuy 
dud. Abraham Peyrere enfant. 

Et pour faire ordonner Tinhumation dud. enfant nous nous trans- 
porterons au plutost es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy 
au Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de police pour 
obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de ce que dessus nous avons rédigé le présent pro- 
cès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. 
Srs Peyrere et De Paul signé avec nous commissaire : 

D** Pereyre, Jacob de Paul fils. Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Abraham Pereyre être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, au 
cimetière des Juifs, à la \"illette, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police d'v veiller et prêter main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce 7 janvier 1777. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce sept janvier 1777. 

Lenoir. 
(£« marge :) Rapporté en janvier 1777. Trois livres. 

106. 

3 février 1777. — Acte de décès de Wolf Joseph. 
Y 15285. 

Du lundy trois février mil sept cent soixante dix sept, ... du matin. 
Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 



l88 DOCUV.ENTS SUR LES JUIl S A PARIS 

porte rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est occupée 
par le nommé \'autier, maître tourneur et tenant chambres garnies, 
où étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre 
ayant vue sur laditte rue, y avons trouvé et par devant nous sont 
comparus Salomon Bernard Cahin, Juif de Metz, logeant à Paris, 
rue Geoffroy Langevin chez le S' Lollier, marchand de vin, et 
Samuel Moyse, Juif de Francfort, logeant à Paris chez le S"" Richard, 
limonadier, rue Beaubourg. 

Lesquels nous ont dit que Wolf Joseph, Juif de Francfort, âgé 
de trente huit ans, est décédé de suite de maladie hier entre quatre 
à cinq heures après-midv, dans laditte chambre, proffessant la reli- 
gion judaïque, qu'il étoit pauvre et laisse sa femme et un enfant 
âgé de quatre ans dans une grande nécessité, qu'ils requièrent qu'il 
soit pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs, en la 
manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un corps mort 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Wolf Joseph, 
il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que 
par Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur 
lad. inhumation, et sur le contenu au présent procès verbal, que 
nous avons dressé pour servu' et valoir ce que de raison. 

Et ont signé avec nous : 

Samuel Moyese, Duchesxe, Salomon Bernard Cahen '. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre 
dud. Wolf Joseph, Juif, être inhumé à la \'illette, dans le cime- 
tière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce trois février MVII'' soixante dix sept. Rayé 
cv dessus un mot nul. 

Moreau. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Fait ce trois février 1777. 

Lenoir. 

* [.\u procès verbal est annexé un certificat signé M. Hadamar, 
constant que Wolf Joseph meurt pauvre et laissant femme et enfant 
dans la nécessité.] 



I. Avec une seconde signature en hébreu. 



AU XVIll'^ SIÈCLE 189 



107. 

7 mars 1777. — Acte de décès de Guciidelc, Jeiiiiiic d'Ollcry 
Alexandre Cahcn 
Y 15285. 

Du vendrcdv sept mars mil sept cent soixante dix sept, de relevée. 

Nous, Hugues Philippcs Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue des Vieilles Etuves Saint Martin, dans une maison occupée par 
le nommé Delmotte, aubergiste, où étant monté au deuxième 
étage, et entré dans une chambre a3'ant vue sur la rue de la Cor- 
royerie, y avons trouvé et pardevant nous est comparu Salomon 
Cahin, Juif de Metz, demeurant rue Geoffroy Langevin, et Salomon 
Salomon, Juif hollandois, demeurant rue des Petits Champs Saint 
Martin. 

Lesquels nous ont dit que Guendele, femme d'Ollerv Alexandre 
Cahin, Juif de Metz, âgée d'environ trente ans, est décédée la nuit 
dernière dans la chambre où nous sommes, proffessant la religion 
judaïque, que son marv est pauvre et chargé d'enfans et hors d'état 
de pourvoir aux frais de l'inhumation de sa femme, à laquelle ils 
requièrent qu'il soit pourvu en la manière accoutumée dans le 
cimetière des Juifs, à la \'illctte. Desquels comparutions, dire et 
réquisitions nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu 
d'un corps mort gissant sur de la paille étendue sur le plancher de 
lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré estre celuy de 
lad. Guendclle, femme dud. Cahin, lequel corps mort est resté dans 
lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant 
général de police, il ait été statué sur lad. inhumation. 

Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

DUCHESXE, S.\LOMON' lÎEUX.VKD CaHEK ', 

Salomon Salomon (hehr.) 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy, le cadavre de 
lad. Guendele, femme dudit Cahin, être inhumé à la \'illctte, dans 
le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint 
aux officiers du guet et de police de prcstcr main forte si besoin 
est et en sont requis. l'ait ce sept mars 1777. 

MOREAU. 



I. Avec seconde sigriature ..ja liélreu. 



190 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce sept mars mil sept cent 
soixante dix sept. 

Lenoir. 

* [Au procès verbal est joint un certificat de Mayer Hadamar, 
syndic de la Communauté, constatant le décès de la femme de 
Olry Alexandre Cahin, nommée Gouton, de Paupertte ', près 
Coblence, et l'indigence de la famille.] 

io8. 

2 avril 1777. ■ — Acte de décès de la fille de Jacob Soloinon. 
Y 15285. 

Du mercredy deux avril mil sept cent soixante dix sept, huit heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est occupée 
par le S'' Lenoir, maître menuisier, où étant monté au deuxième 
étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y 
avons trouvé et pardevant nous sont comparus Benjamin Polonois, 
Juif de Lublin 2, en Pologne, logeant à Paris chez led. S"" Lenoir, 
susd. rue Maubuée, et Lyon Isaac, Juif de Wissembourg en 
Alsace, demeurant susd. rue Maubuée, chez le S"' Colignon, limo- 
nadier. 

Lesquels nous ont dit que l'enfant sexe féminin du nommé Jacob 
Salomon, Juif de Mora 3 en Silésie, et de Sara Charlote, sa femme, 
âgé de quinze jours, est décédé, ne portant encore aucun nom, ce 
jourd'huy trois heures du matin, dans laditte chambre, et comme 
ses père et mère proffessent la religion judaïque et qu'ils étoient 
dans l'intention d'élever ledit enfant dans la même religion, les 
comparans requièrent qu'il soit inhumé dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réqui- 
sition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du 
cadavre d'un enfant sexe féminin étendu sur de la paille dans lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré estre ccluy de l'en- 



1. Boppard, cercle de Sankt Goar, prés. Coblenz, Prusse rhénane. 

2. Lublin, en polonais Lubelsk, en russe Lioubin (Pologne Russe). 

3. Mohrau, cercle de Ncissc, présidence d'Oppcln ou Morawa, cercle de 
Kattowitz, prés. d'Oppeln (Silésie prussienne) ? 



AU XVIir SIECLE 191 

faut dud. Jacob Salomon et de Sara Charlote, nous l'avons laissé 
dans lad. chambre pour v demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieu- 
tenant général de police il ait été statué sur laditte inhumation et 
sur le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé 
pour sen-ir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. comparans signé 
en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce inter- 
pellés. Rayé cy-dessus un mot nul. 

DucHESNE, Lyon Isaac (hehr.), Benjamin Polonois (hehr.)K 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
l'enfant sexe féminin du nommé Jacob Salomon et de Sara Char- 
lotte, sa femme, ne portant encore aucun nom, être inhumé à la 
Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et 
être enjoint aux officiers du guet (sic)à.t prester main forte si besoin 
est et en sont requis. Fait ce deux avril M VII'^ soixante dix sept. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce deux avril mil sept cent 
soixante dix sept. 

Lenoir. 

* [Au procès verbal est joint un certificat d'indigence délivré 
par M. Hadamar.] 

109. 

20 avril 1777. — Acte de décès de David Quint. 
Y 15285. 

Du dimanche vingt avril mil sept cent soixante dix sept, de 
relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtclet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Beaubourg, vis a vis celle Geoffroy Langevin, dans une 
maison occupée par le S"" Felizo, marchand limonadier, et tenant 
chambres garnies, où étant monté au deuxième étage et introduit 
dans une chambre ayant vue sur la cour, y avons trouvé et parde- 
vant nous sont comparus Samuel Moyse, Juif de Francfort sur le 
Mein, logeant à Paris, rue Maubuée, chez le S"" Vautier, tourneur, 
et Joseph Levy, Juif de Paulvy - en Alsace, logeant à Paris, maison 
oi^i nous sommes. 



1. La signature hébraïque porte : Benjamin de Lublin. 

2. Bolhviller, aujourd'hui Bolhvcilcr, canton de Sulz, cercle de Geb- 
weiler (H'e Alsace). 



192 DOCUMENTS SUR LES JUIPS A PARIS 

Lesquels nous ont dit que David Quint, Juif de Francfort sur 
Oudre ', âgé d'environ soixante sept à soixante huit ans, qui étoit 
attaqué de paralisie et dans l'indigence, est décédée (sic) de suittc de 
maladie dans lad. chambre, ce jour d'huy neuf heures du matin, 
proft'essant la religion judaïque. Pourquoy requièrent qu'il soit 
pourvu à son inhumation au cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu d'un corps mort gissant sur 
de la paille étendue sur le plancher de ladite chambre, que les 
comparans nous ont déclaré estre celuv dudit David Quint, il est 
resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. 
Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparants signé 
avec nous. 

Rayé un mot comme nul, 

Joseph Levy -, Samuel Movse, Ducheske. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
David Ouint être inhumé à la Villette, dans le cimetière des juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
vingt avril mil sept cent soixante dix sept. 

MOREAU. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Fait ce vingt avril mil sept cent 
soixante dix sept. 

Lenoiu. 

* [Au procès verbal est joint un certificat d"indigcnce délivré par 
Hadamar.] 

1 10. 

1 1 mai 1777. • — Acte de décès de Saloimm Einiiiaiiiiel 
Y 15285. 

Du dimanche unze may mil sept cent soixante dix sept, huit 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchcsne, conseiller du Rov, commis- 
saire au Châtelet de Paris, avant été requis, nous sommes trans- 



1. Francfort sur l'C^dcr (Brandebourg). 

2. Signe en car.ictcrc;. allcm;nid:>. 



AU XVIH^ SIECLE 193 

porte rue Beaubourg, dans une maison dont la boutique est occupée 
par le nommé Lathclizc, maître chaudronnier et tenant cliambres 
garnies, où étant monté au deuxième étage sur le derrière, et intro- 
duit dans une chambre ayant vue sur la cour, y avons trouvé et 
par devant nous sont comparus, Mayer Hadamar, agent de la 
Communauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue Saint Martin, 
chez le S"^ Anginot, marcliand boursier, et Abraham Moyse, Juif 
d'Harbourg ', pays de Souabe, logeant à Paris, susditte rue Beau- 
bourg, chez le S"" Richard, marchand limonadier. 

Lesquels nous ontditque Salomon Emmanuel, Juif de Franconie 
en Almagne, âgé d'environ soixante cinq à soixante six ans, qui 
logeoit dans la chambre où nous sommes, y est décédé de suite 
de maladie hier, environ une heure du matin, professant la religion 
judaïque, qu'il étoit dans la plus grande indigence, qu'ils requièrent 
qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs, en 
la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisitions 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un corps mort 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Salomon 
Emmanuel, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à 
ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur 
lad. inhumation et sur le contenu au présent procès verbal, que 
nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
signé avec nous, ledit Abraham Moyse en hébreux, aj-ant déclaré 
ne sçavoir signer en françois, de ce interpellé. 

DucHESXR, Abraham Moyse (hchr.), AL Hadamar. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Salomon Emmanuel être inhumé à la Villette, dans le cimetière 
des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce unzc may 1777. 

Mo Ri; AU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis, l'ait ce unze mav mil sept cent 
soixante dix sept. 

Lexoir. 



I. Harburg, c. de Donauworth, Soiiabc, royaume de Bavière. 



194 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 



III. 

20 mai 1777. — Acte de décès de Joseph Lévy 
Y 15285. 

Du mardy vingt ma}' mil sept cent soixante dix sept, de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Beaubourg, vis à vis la rue Geoffroy Langevin, dans une 
maison dont la boutique est occupée par le S''Felizo, limonadier et 
tenant c\ïzmbxQ,(sic) garnies, où étant monté au cinquième étage et 
introduit dans un cabinet sur le derrière, ayant vue sur la cour, y 
avons trouvé et par devant nous sont comparus Mayer Hademar, 
agent de la communauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue 
Saint Martin, chez le S"" Anginot, marchand boursier, et Abraham 
Grinstat, Juif de Grinstat ' en Almagne, demeurant enclos Saint 
Martin des Champs. 

Lesquels nous ont dit que Joseph Lévy, Juif de Bolvel ^ en 
Alsace, âgé d'environ soixante ans, qui occupoit ledit cabinet y est 
décédé de suitte de maladie, ce jourd'huy deux heures du mâtin, 
professant la religion judaïque, qu'il étoit dans une extrême pau- 
vreté, que les comparans requièrent qu'il soit pourvu à son inhuma- 
tion dans le cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu d'un corps mort gissant sur de 
la paille étendue sur le plancher dud. cabinet, que les comparants 
nous ont déclaré estre celuy dudit Joseph Lévy, il est resté dans 
led. cabinet pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant 
général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout 
ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec 
nous : 

Duchesne, Abraham Gru.n'stad5, M. Hadamar 3, 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Joseph Lévy être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 



1. Grunstadt (Palatinat bavarois). 

2. Bollwiller, aujourd'hui BolKveiler, canton de Sulz, cercle de Gebweiler 
(Hte Alsace). 

3. Avec seconde signature hébraïque. 



AU XVIII'^ SIÈCLE 195 

en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
police de prcster main forte, si besoin est et en sont requis. Fait ce 
vingt may MVII'^ soixante dix sept. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce vingt may mil sept cent 
soixante dix sept. 

Lenoir. 
112. 

20 juillet 1777. — Acte de décès de Salomon,jihde Jonas. 
Y 15285. 

Du dimanche vingt juillet mil sept cent soixante dix sept, de 
relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Beaubourg, dans une maison occupée par le S'' Felizo, limo- 
nadier et tenant chambres garnies, où étant monté au quatrième 
étage et entré dans une chambre ayant vue sur la cour, y avons 
trouvé et par devant nous sont comparus Bernard Salomon, Juif de 
Berlin en Prusse, demeurant rue Beaubourg, chez le nommé La 
France, marchand de vin, et Louis Moiea, Juif d'Armstad ', 
demeurant même rue chez le nommé Dessery, hôtel des Quatre 
Provinces. 

Lesquels nous ont dit que Salomon, âgé de trois ans et demy, 
fils de Jonas, Juif de Terquhaim^, près Manhem 3, et de Anna Jonas, 
sa femme, est décédé hier six heures du matin, dans lad. chambre, 
des suittes d'une brûlure qui lui étoit arrivée le jeudy précédent au 
soir pendant que sa mère étoit allée acheter quelques denrées pour 
son souper et comme ses père et mère étoient dans l'intention de 
l'élever dans la religion judaïque, ils requièrent que son cadavre soit 
inhumé à la Villettc, dans le cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, direct réquisition avons donné 
acte aux comparans. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que 
les comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Salomon, il y est 
resté pour y demeurer jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné. 
Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès verbal pour 



1 . Darmstadt (H esse). 

2. Dùrkheim (Palatinat bavarois). 
:}. Mannheim (Bade). 



196 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

servir et valoir ce que de raison. Lcd. Movca a signe en françois cl 
led. Salomon en hébreu, avant déclaré ne sçavoir signer en françois. 
Dl'chiîske, Bhknaud Saiomok (bchr.), Louis Moiea. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre 
dud. Salomon être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait 
le vingt juillet MVII"^ soixante dix sept. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Cevingt juillet mil sept cent soixante 
dix sept. 

Lenoir. 

A celle pièce sont joints un certificat d'cnâi^ence signé de Hadamar, 
et le rapport suivant de Delcurye, médecin au Châtelet, concluant à 
Vinhumation : 

Monsieur, la visite du cadavre du nommé Salomon, fils Jonas, 
Juif de Torquheim près Manhem, âgé de trois ans et demy, gissant 
rue Beaubourg, chez Felizo, limonadier, a été faite par les chirur- 
giens et médecins du Châtelet. Ainsi, Monsieur, vous pouvez en 
permettre l'inhumation 

J'az l'honneur, d'être. Monsieur, vôtre très humble serviteur, 

Deleurye. 

le 20 juillet 1777. 

(Au dos :) à Monsieur Du Chesne, commisssaire rue S' Martin. 



115. 

23 juillet 1777. — Acte de décès de Sara, fille de Mark Lévy. 
Y 152S5. 

Du mercrcdv vingt trois juillet mil sept cent soixante dix sept, 
neuf heures du matin. 

Nous, Hugues Philippcs Duchcsnc, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, avant été requis, nous sonunes trans- 
porté rue des Petits Champs Saint Martin, dans une maison occupée 
par le S"" Touniaux, peintre-doreur, où étant monté au premier 
étao^e et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons 
trouvé et par devant nous sont comparus Aaron Moyse, Juif de 
Francfort, demeurant rue Beaubourg, près le cul de sac Berthault, 



AU XVIir" SIECLE 197 

et Salomon Baër, juif de Four' en Allemagne, demeurant susd. 
rue Beaubourg, chez le nommé Richard. 

Lesquels nous ont dit que Sara, âgée de deux ans passés, fille de 
Mark Lévy, juif de Wirtembcrg, et de Riquette Lévy, sa femme, 
est décédée dans lad. chambre, ce jourd'huy six heures du matin, 
de suitte de maladie, et comme ses père et mère proffessent la 
religion judaïque, qu'ils sont pauvres et hors d'état de frayer aux 
frais funéraires de leur enfant, les comparans requièrent qu'il soit 
pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs, à la Villette, 
en la manière accoutumée. 

Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et 
après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant gissant sur de 
la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les compa- 
rans nous ont déclaré estre celuy de lad. Sara, fille desd. Mark 
Lévy et Riquette Lévy, il est resté dans lad. chambre pour y 
demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de 
police, il ait été statué sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous 
avons dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que 
déraison. Et ont signé avec nous, led. Moysc en hébreu, ayant 
déclaré ne sçavoir signer en françois. 

Salomon Baers, Duchesxe, Aarom Moyse (J)chr). 

Vu le procès-verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Sara, être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en 
la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
vingt trois juillet 1777. Moreau. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce vingt trois juillet mil sept cent 
soixante dix-sept. 

Lenoir. 

* [Au procès-verbal est joint un certificat d'indigence délivré par 
M. Hadamar]. 

114. 

1 1 décembre 1777. — Acte de décès de Judith, femme de 

Philippe^ Simon. 
Y 15285. 

Du jeudy unze décembre mil sept cent soixante dix sept, dix 
heures du matin. 

I . Le secrétaire, qui avait d'abord écrit Fouit, semble avoir corrigé en 
Fourt il faudrait donc lire soit Fulda (Hesse Nassau), soit Fùnh (Bavière). 



198 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, com- 
missaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Geoffroy Langevia, dans une maison tenue garnie par la 
veuve Boursier, où étant et introduit dans une salle au rez de 
chaussée de lad. maison sur le derrière, y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus Mayer Hadamar, agent de la communauté des 
Juifs de Metz, demeurant rue Saint Martin, maison du S"^ Anginot, 
marchand boursier, et Abraham Grinschtat, juif allemand, demeu- 
rant à Paris, cour et prieuré de Saint Martin des Champs. 

Lesquels nous ont dit que Judith, femme de Philippes Simon, 
Juif d'Amsterdam, âgé Çsic) de quarante ans, est décédée de suitte 
de maladie ce jour d'huy cinq heures du matin, dans la ditte salle, 
professant lareligion judaïque. Pourquoy requièrent qu'il soit pourvu 
à son inhumation au cimetière des Juifs en la manière accoutumée. 
Déclarent qu'il est à leur connoissance que led. Philippes Simon 
est pauvre, chargé de deux enfants et hors d'état de fournir les frais 
d'inhumation de sad. femme. Desquels comparution, dire et réqui- 
sition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. salle, que 
les comparants nous ont déclaré estre celuy de lad. Judith, femme 
Simon, nous l'avons laissé dans lad. salle pour y demeurer jusqu'à 
ce que M. le Lieutenant général de police, il ait été statué sur lad. 
inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent 
procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé 
avec nous. Rayé en les présentes trois mots nuls. 

Duchesne, Abraham Grunstadt ', M. Hadamar '. 

Vu le procès-verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
Judith, femme de Philippes Simon, être inhumée (^/c) à la Villette, 
dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce unze décembre 1777. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce unze décembre mil sept cent 
soixante dix sept. 

Lenoir. 



I. Avec seconde signature en hébreu. 



AU XVIII'^ SIECLE 199 

115. 

24 avril 1778. — Acte de décès de la fille de Salomon Jacob 
Y 15286. 

Du vendredi vingt quatre avril mil sept cent soixante dix huit, 
dix heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelct de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est occupée 
par le S'' Le Noret, menuisier, où étant monté au deuxième étage 
et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé 
et par devant nous sont comparus Salomon Bernard Cahen, Juif de 
Metz, demeurant rue Geoffroy Langevin, chez le S'' Lottier, mar- 
chand devin, et Lion Isaac, Juif de Wisembourg, en Alsace, demeu- 
rant à Paris, rue Maubuée, chez le S"" Colignon, marchand limo- 
nadier. 

Lesquels nous ont dit que Sara, Juive d'Alsace, femme de Salo- 
mon Jacob, Juif de Silésie, est accouchée, il y a environ trois 
semaines, d'un enfant sexe féminin, qui est décédé ce matin dans la 
chambre où nous sommes, que ledit Salomon Jacob et sa femme 
sont pauvres et proftessent la religion judaïque, et comme ils 
l'auroient élevé dans la même religion, ils requièrent qu'il soit 
pourvu à son inhumation en la manière accoutumée dans le cime- 
tière des Juifs, àlaVillette. Desquels comparution, dire et réquisition 
nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
gissant sur de la paille étendue dans lad. chambre, que les comparans 
nous ont déclaré estre celuy de l'enfant dont lad. femme Salomon 
Jacob est accouchée il y a environ trois semaines, il est resté dans 
lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant 
général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce 
que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir 
et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, led. Lion Isaac, 
en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce inter- 
pellé : 

Lion Isaac (hebr.), Salomon Bernard Cahen', Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
I. Avec seconde signature en hébreu. 



200 DOCUMENTS SUR LES JUllS A PARIS 

l'enfant sexe féminin dont lad. Sara, femme de Salomon Jacob, est 
accouchée il y a environ trois semaines, être inhumé [nuitament] ' à 
la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, 
et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main 
forte si Ix'soin est et en sont requis. Fait ce vingt quatre avril 1778. 
Rayé un mot nul. Moreau. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce vingt quatre avril 1778. 

Lenoir. 

116. 

3 mai 1778. — Acte de décès de Félicité, femme d'Adam Lion Cahen. 
Y. 15286. 

Du dimanche trois mav mil sept cent soixante dix huit, une 
heure de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, com- 
missaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté en la maison du S"" Fontaine, peintre, demeurant sur le bou- 
levard, vis à vis le Pont aux Choux, où étant, et introduit dans une 
chambre ayant vue sur ledit boulevard, y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus Salomon Bernard Cahen, Juif de Metz, demeu- 
rant rue Geotïroy Langevin, et Pesman Jacob, aussy Juif de Metz, 
logeant rue Saint Martin, chez la veuve Berton, à la Croix de Lor- 
raine. 

Lesquels nous ont dit que Félicité, femme d'Adam Lion Cahen, 
aussi Juif de Metz, âgée de vingt ans, est décédée ce jour d'huy à 
unze heures du matin, de pulmonie, dans la chambre où nous som- 
mes, professant la religion judaïque. Pourquoy requièrent qu'il soit 
pourvu à son inhumation à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réqui- 
sition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un 
cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy 
de ladite Félicité, femme d'Adam Lion Cahen, il est resté dans lad. 
chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant gé- 
néral de police il ait été statué sur ladite inhumation et sur le con- 
tenu au présent procès-verbal, que nous avons dressé pour servir 
et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

Pesman J.^cgb, Salomon Bernard Cahen S Dl'CHEsne. 

1. Ce mot a été ray(i ensuite. 

2. Avec seconde signature en hébreu. 



AU XVIIl'^ SIECLE 20I 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Félicité, femme Cahcn, être inhumé, en la manière accoutu- 
mée, à la Villette, dans le cimetière des Juifs, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et 
en seront requis. Fait ce trois may M\'II' soixante dix huit. 

MûREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce trois may 1778. 

Lexoir. 

117. 

13 mai 1778. — Acte de ilécès d'Anne Lêv\, femme de Jean Lacoste. 
Y 10796, cahier spécial intitulé : « Procès-verbaux pour les 
Juifs », pièce i. 

L'an mil sept cent soixante dix huit, le mercredy treize may, 
huit heures du matin, en l'hôtel et par devant nous Jean Graillard 
de Graville, avocat en Parlement, conseiller du Roy, commissaire 
enquesteur et examinateur au Châtelet de Paris, est comparu Jacob 
Lacoste, marchand, Juif, demeurant à Paris, rue du Foin, paroisse 
Saint Séverin, chez la 0*= Lahaye, logeuse. 

Lequel nous a dit que Anne Lévy Lacoste, sa femme, est décédée 
il y a environ une heure, à la suitte de maladie. Pourquoy nous 
requiert de nous transporter en sa demeure susd. à l'effet de 
constater lad, mort, recevoir les déclarations de qui il appartiendra, 
et ordonner son inhumation au cimetière des Juifs, à la Villette, en 
la manière ordinaire. Et a déclaré ne sçavoir écrire ny signer, de 
ce par nous interpellé suivant l'Ordonnance. 

Sur quoi nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte audit Jacob Lacoste de ses comparutions, dires et réqui- 
sitions ; en conséquence sommes transporté avec lui rue du Foin, 
en une maison tenue garnie par la D" Lahaye, et monté en une 
chambre au premier étage ayant vue sur lad. rue, avons remarqué 
étendu sur un lit un cadavre féminin,- que l'on nous a déclaré être 
celui de Anne Lévi Lacoste, et avons trouvé dans lad. chambre 
différentes personnes, l'une desquelles a dit se nommer Aaron 
Vidal, Juif, négociant et sindic de la nation juif, demeurant rue et 
paroisse Saint André des Arts, et David Léon, négociant, Juif 
demeurant susd. rue du Foin, lesquels nous ont attestés que ladite 
Anne Lévi Lacoste est décédée ce jour d'huy à sept heures du 
du matin, à la suite de maladie. De laquelle déclaration ils nous 
ont requis acte, que leur avons octroyé, et avons ordonné qu'il en 
sera par nous communiqué à Monsieur le Procureur du Rov, pour 



202 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

être par lui requis ce qu'il appartiendra, et ensuite il en sera aussi 
par nous référé par devant Monsieur le Lieutenant général de police 
pour être ordonné ce qu'il avisera, et jusqu'à ce, le corps de lad. 
femme Lacoste est resté en la garde et possession de son mary, qui 
s'en est chargé pour en faire la représentation quant et à qui il 
appartiendra. Et a ledit Lacoste réitéré sa déclaration de ne sçavoir 
écrire ny signer, de ce interpellé suivant l'ordonnance ; à l'égard 
desd. S" Léon et Vidal, ils ont signé avec nous ces présentes, où 
cinq mots sont raies comme nuls. 

Aaron Vidal, Sindic ; David de Léox, De Graville. 

Vu le procès verbal cy-dessus, je n'empêche pour le Roy le 
cadavre de lad. Anne de Lévi Lacoste, femme Jacob Lacoste, être 
inhumé nuitament, sans bruit, scandale ni apareil, dans le 
cimetière des Juifs, à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. 
Fais ce treize may mil sept cent soixante dix huit. 

MOREAU. 

Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que 
le corps de lad. femme Lacoste sera nuitament inhumé, sans 
bruit, scandale ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, 
en la manière acoutumée, et enjoignons aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est, et sera notre présente 
ordonnance exécutée nonobstant opposition ou appellation quel- 
conques et sans y préjudicier. 

Fait ce treize may mil sept cent soixante dix huit '. 

Non signé. 

ii8. 

24 mai 1778. — Acte de décès d'Anne, femme d'Emmanuel Simon. 
Y 1528e. 

Du dimanche vingt quatre may mil sept cent soixante dix huit, 
entre midy et une heure. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 



I. La signature du Lieutenant de police manque ici comme aux autres 
pièces du même cahier, le commissaire s'étant sans doute réservé de les 
faire toutes signer d'un coup. 



AU XVIII'- SIECLE 203 

porté rue aux Ours, maison du S'' Fontaine, teinturier, où étant 
monté au premier étage et entré dans une chambre sur le derrière, 
par devant nous sont comparus Mayer Hadamar, agent de la Com- 
munauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue Saint Martin, 
cliez le S"" Anginot, marchand boursier, et Cerf Spir, Juif de Sar- 
relouis, demeurant rue Geoffroy Langevin, maison de la demoiselle 
Juvelin, fruitière. 

Lesquels nous ont dit que Anne Simon, femme d'Emmanuel, 
Juif de Dort ' en Hollande, âgée de vingt sept ans, est décédée 
vendredi dernier à six heures et demie du soir, d'une fièvre putride, 
dans lad. chambre, proffessant la religion judaïque. Pourquoi ils 
requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation à la Villette, dans le 
cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, sans frais, attendu 
leur pauvreté. Desquels comparution, dire et réquisition, nous 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de laditte chambre, 
que les comparans nous ont déclaré estre celuy de laditte Anne 
Simon, femme Emmanuel, et est resté dans lad. chambre pour y 
demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il 
ait été statué sur laditte inhumation et sur le contenu au présent 
procès-verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que 
de raison. 

Cerf Spir, Duchesne, M. Hadamar ^. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Anne Simon, femme Emmanuel, être inhumé à la Villette, 
dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée et être enjoint 
aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin 
est et en sont requis. Fait ce vingt quatre may 1778. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce vingt quatre may 1778. 

Lekoir. 

* [Au procès-verbal est joint un certificat d'indigence donné par 
Hadamar, au nom de Nanette Simon. — - Au dos du certificat une 
note d'une autre main porte : « Le concierge des Juifs demeure à 
la Villette, à l'Etoille ; c'est un aubergiste »]. 



1. Dordrecht (Hollande). 

2. Avec une seconde signature en hébreu. 



204 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

119. 

5 juin 1778. — Acte de décès de Jacob Gosel. 
Y 15286. 

Du vendredv cinq juin mil sept cent soixante dix huit, heure de 
niidv. 

Nous, Hugues Philippcs Duchesnc, conseiller du Rov, commis- 
saire au Chàtelct de Paris, avant été requis, nous sommes transporté 
rue de la Corroyerie, dans une maison dont le S'' Delaporte, maître 
batteur d'or, est propriétaire, où estant monté au premier étage et 
introduit dans une chambre sur le derrière, y avons trouvé et par 
devant nous sont comparus S"" Mayer Hadamart, agent de la com- 
munauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue Saint Martin, 
chez le S. Anginot, marchand boursier, et Todcr Isman, Juif de 
Schelestat en Alsace, demeurant rue Beaubourg, chez le nommé La 
France, marchand de vin. 

Lesquels nous ont dit que Jacob Gosel, Juif Polonois, âgé d'en- 
viron cinquante ans, est décédé de suitte de maladie ce matin à 
trois heures, dans lad. chambre, professant la religion judaïque. 
Pourquov requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation, à la Vil- 
lette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels 
comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il 
nous est apparu d'un corps mort gissant sur de la paille étendue 
sur le plancher de laditte chambre, qu'on nous a déclaré estre celuv 
dudit Jacob Gosel, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer 
jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de police il ait 
été statué sur lad. inhumation, déclarant les comparants que ledit 
Jacob Gosel était dans une grande pauvreté et qu'il no laisse pas de 
quoy subvenir aux frais de son inhumation. Et estant ce que dessus, 
nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce 
que de raison. Et ont signé avec nous, ledit Toder Isman, en 
hébreux, avant déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce inter- 
pellé. 

MM. Hadamar ', Toder Isman (bebr).-, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre dudit 
Joseph Gosel être inhumé à la \'illette, dans le cimetière des Juifs, 



1. Avec une autre signature en hébreu. 

2. La signature hébraïque porte : Todros bon Haïm. 



AU XV11I<= SIECLE 205 

en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de piester main forte si besoin est et en sont requis. Fait 
ce cinq juin 1778. Moreau. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Fait ce cinq juin 1778. 

Lexoir. 
* [Au procès-verbal est joint un certificat de M. Hadamar, cons- 
tatant que le défunt était un « pauvre garçon Juif», âgé de soi.vante 
ans]. 

120. 

28 juin 1778. — j4iie de décès d'Anne fille de Joseph Petit. 
Y 15286. 

Du dimanche vingt huit juin mil sept cent soixante dix huit, 
de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, com- 
missaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes 
transporté rue Saint Honnoré, dans une maison dont le S"" Le 
Planche, marchand miroitier, occupe la boutique, où étant monté 
au deuxième étage et introduit dans une chambre sur le devant, par 
devant nous sont comparus Cerf Israël, Juif de Metz, demeurant 
rue des Petits Champs Saint Martin, et Ayman Jonas, Juif Hollan- 
dois, demeurant rue Beaubourg, chez le nommé Richard, limo- 
nadier. 

Lesquels nous ont dit qu'Anne Petit, âgée de quatorze mois, 
fille de Joseph Petit, Juif de Bordeaux, et d'Ester Petit, sa femme, est 
décédée ce jourd'huy de maladie vers les quatre heures du matin, 
dans la chambre où nous sommes. Et comme les père et mère de 
lad. Anne Petit l'élevoicnt dans la religion judaïque, ils requièrent 
qu'il soit pourvu à son inhumation à la Villette, dans le cimetière 
des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et 
réquisition nous avons donné acte. El après qu'il nous est apparu 
d'un cadavre gissant sur de la paille étendu sur le plancher de lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré cstre celuy de laditte 
Anne Petit, il est resté dans laditte chambre pour y demeurer 
jusqu'à ce que Monsieur le Lieutenant général de police il ait été 
statué sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous avons dressé le pré- 
sent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les 
comparans signé avec nous, led. Avman Jonas en langue hollan- 
doise, avant déclaré ne sçavoir écrire nv signer en langue fran- 
çoise. 

Ceki- IsKAKi.i , Havman" oi: lt")xr,i' Mf.vku/', DrcHKSXK. 



206 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Anne Petit être inhumé à la \'illette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police, de prester main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce vingt huit juin mil sept cent soixante dix huit. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce vingt juin 1778. 

Lenoir. 



4 août 1778. — Acte de décès de la fiUe de Benjamin Cahen. 
Y 1528e. 

Du mardy quatre aoust mil sept cent soixante dix huit, neuf 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Étuves Saint Martin, dans une maison tenue 
garnie par la nommée Delmotte, aubergiste, où étant monté au 
deuxième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur laditte 
rue, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Mayer 
Hadamar, agent de la communauté des Juifs de Metz, demeurant à 
Paris, rue Saint Martin, chez le S"" Anginot, marchand boursier, 
et Samuel Jacob, Juif Allemand, demeurant rue Aubr}- Le Boucher, 
au petit hôtel de Montpellier. 

Lesquels nous ont dit qu'un enfant, sexe féminin, âgé de douze 
jours, fille de Benjamin Cahen, Juif de Groningue en Hollande et de 
Gitle Cahen, sa femme, logeant dans lad. chambre, y est décédé de 
maladie ce jourd'huy matin, à deux heures. Comme ses père et 
mère proffessent la religion judaïque et qu'ils étoient dans l'inten- 
tion d'élever cet enfant dans la même religion, les comparants 
requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cimetière 
des Juifs, en la manière accoutumée, déclarant que led. Benjamin 
Cahen et sa femme sont dans l'indigence et hors d'état de subvenir 
aux frais de l'inhumation de cet enfant. Desquels comparution, 
dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu 
du corps mort d'un enfant sexe féminin, paroissant âgé d'environ 
douze jours, étendu sur de la paille sur le plancher de lad. cham- 
bre, que les comparans nous ont déclaré estre celuy de l'enfant 
desd. Benjamin Cahen et sa femme, il est resté dans lad. chambre 
pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de 
police il ait été statué sur lad: inhumation. Dont et de quoi nous 



AU XVIII'^ SIÈCLE 207 

avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que 
de raison. Et ont signé avec nous : 

M. Hadamar, Samuel Jacob Dessau '. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
l'enfant sexe féminin, âgé de douze jours, être inhumé à la Villette, 
dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce quatre aoust 1778. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce quatre aoust mil sept cent 
soixante dix huit. 

Lenoir. 
122. 

20 novembre 1778. — Acte de décès de Madelon, 
fille de Nathan Israël. 
Y 15286. 

Du vendredy vingt novembre mil sept cent soixante dix huit, 
dix heures du matin. 

Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Taillepain près le cloistre Saint Merry, dans une maison 
tenue garnie par le nommé Isoard, où étant monté au deuxième 
étage et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons 
trouvé et par devant nous sont comparus Salomon Isaac, Juif de 
Metz, demeurant à Paris rue Geoffroy Langevin, chez le S"" Accard, 
limonadier, et Bernard Lion, Juif aussy de Metz, demeurant rue de 
la Calandre près le Palais, chez le S'' Antoine, limonadier. 

Lesquels nous ont dit que Madelon, âgée de deux mois et .six 
jours, fille de Nathan Israël, Juif de Grinstat ^, près Manhem 3, et 
de Petitte Nathan, sa femme, tous deux proffessant la religion 
judaïque, est décédée de maladie ce jourd'huy six heures du matin, 
dans lad. chambre, et comme ses père et mère, étoient dans l'in- 
tention de l'élever dans la religion qu'ils proffessent, ils requiè- 
rent qu'il soit pourvu à l'inhumation du corps de cet enfant dans 
le cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière accoutumée, 



1. La signature de Duchesne manque. 

2. Grunstadt (Talatinut bavarois). 

3. Mannheim (Bade). 



208 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

déclarant que led. Nathan Israël est pauvre et hors d'état de 
subvenir aux frais de lad. inhumation. Desquels comparution, 
dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est 
apparu du cadavre d'un enfant gissant sur de la paille étendue sur 
le plancher delad. chambre, que les comparants nous ont déclaré, 
estre ccluy de lad. Madelon, fille dud. Nathan Israël et sa femme, 
il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que 
par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. 
inhumation. Et nous de ce. que dessus nous avons dressé le- 
présent procès-verbal, pour servir et valoir ce que de raison. 
Et ont signé avec nous. Un mot rayé nul. 

Dl'chksxe, Salomon Isaac, Bernard Liok. 

Vu le présent procès verbal, je n'empêche pour le Roy le 
cadavre de lad. Madelon, fille de Nathan Israël, être inhumé à la 
Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main 
forte si besoin est et en sont requis. Fait ce vingt novembre 
MX'II*^ soixante dix huit. 

Mo RE AU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce vingt neuf novembre mil sept 
cent soixante dix huit. 

Lexoir. 

* [Au procès-verbal est joint un certificat d'indigence signé 
M. Hadamar.] 

123. 

26 novembre 1778. — Adc de dcccs de l'cnfaiil invnrau-iic 
de David Rodrigue. 
Y 10796, cahier spécial, pièce 2 '. 

L'an mil sept cent soixante dix huit, le jeudv vingt six 
novembre, dix heures du matin, en l'hôtel et par devant nous, Jean 
Graillard de Graville, avocat au Parlement, conseiller du Roy, 
commissaire au Châtclet de Paris, est comparu Abraham Léon, 
négociant, marchand Juif de nation, demeurant à Paris rue du Foin, 
paroisse Saint Séverin, maison du S"" Savanne, traiteur. 

Lequel nous a dit que Sara Rodrigue, femme du S"" Da\id 
Rodrigue, de la nation juive, demeurant susd. rue du Foin, chez 



I. Suite du r." I !■ 



AU XVIII'^ SIECLE 209 

led. S"^ Saranne est accouchée ce matin à cinq heures d'un enfant 
mort du sexe masculin, qu'il s'agit de faire l'inhumation du corps 
de cet enfant. Pourquoi requiert notre transport en la demeure de 
lad. femme Rodrigue à l'effet de constater la mort dud. enfant qui 
est venu à terme de sept mois et demi, recevoir les déclaration (sic) 
de qui il appartiendra et ordonner son inhumation en la manière 
ordinaire au cimetière des Juifs, à la Vilcttc, nous déclarant que la 
sage femme se nomme Huberlant et demeure susd. rue du Foin. 
Et a signe : 

Abraham Léok. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd. avons 
donné acte auxd. S"" Abraham Léon de sa comparution, déclara- 
tion et réquisition ; en conséquence sommes transporté avec lui 
dans une chambre au premier étage d'une maison tenue garni Çsic) 
par Savanne, où étant, avons remarqué une particulière couchée 
dans son lit, qui nous a été déclarée être la femme Rodrigue, et 
nous a été représenté un enfant mort de sexe masculin, qui nous a été 
déclaré être celui dont la femme Rodrigue est accouchée ce matin 
à cinq heures. Et à l'instant est comparu Anne Lamirault, femme 
de Nicolas Huberlant, maîtresse sage femme, demeurant rue du 
Foin. Laquelle nous a dit que ce matin à cinq heures elle a 
acouchc lad. femme Rodrigue d'un enfant masle, qui nous est 
représenté, qu'elle présume avoir sept mois et demi. Et a signé : 

Lamirault femme Huberi.axd. 

Desquelles déclarations et représentation avons donné acte. Et 
ordonne qu'il en sera par nous communiqué à Monsieur le Procu- 
reur du Roy et référé à Monsieur le Lieutenant général de police pour 
être requis et ordonné ce que de droit. Et jusqu'à ce, le corps dud. 
enfant est resté en la garde dud. S'' Rodrigue, à ce présent et inter- 
venant, pour en faire la représentation à qui il appartiendra. Et 
ont signé avec nous : 

Abraham Léok, David Rodrigue/, De Graville. 

Vu le procès verbal cy dessus, je n'empêche pour le Roy le 
cadavre de l'entant dud. Rodrigue être inhumé nuitamcnt, sans 
bruit, scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs, à la \'illette, 
et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main 
forte si besoin est et en sont requis. Fait ce vingt six novembre mil 
sept cent soixante dix huit. 

MOREAU. 

14 



:2I0 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Vu les conclusions du Procureur du Rov, nous ordonnons que 
le corps de l'enfant dud. Rodrigue sera nuitament inhumé, sans 
bruit, scandale ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Vilette, 
en la manière acoutumée, enjoignons aux officiers du guet et de 
police de prêter main forte si besoin est, et sera notre présente 
ordonnance exécutée nonobstant opposition ou appellation quel- 
conques et sans y préjudicier. Fait ce vingt six novembre mil sept 
cent soixante dix huit. Rayé un mot nul. 

Non sisné. 



124. 

8 décembre 1778. - — Acte de décès de Sara, 
femme de David Rodrigue. 

Y 10796, cahier spécal, pièce 3 '. 

Et le mardy huit décembre, aud. an mil sept cent soixante dix 
huit, dix heures du matin nous, commissaire susdit, sommes trans- 
porté rue du Foin, et dans une chambre au premier étage sur le 
devant, dépendant d'une maison dite l'hôtel de Provence, tenu 
garni (sic') par le S'' Savanne, et où demeure le S"^ Rodrigue, où 
étant y avons trouvé et par devant ■ nous est comparu David 
Rodrigue, négociant, Juif de nation, demeurant dans la chambre où 
nous sommes. 

Lequel nous a dit que Sara Rodrigue, sa femme, âgée de trente 
sept ans, native du faubourg Saint Esprit de Bayonne, est décédée 
ce matin à huit heures et demie, à la suite de maladie de suite de 
couche, que s'agissant de faire inhumer lad. femme Rodrigue, il 
nous requiert de lui délivrer notre ordonnance sur ce nécessaire. 
Et a signé ces présentes, où quatre mots sont rayés comme nuls. 

David Rodriguez. 

Sur quoi nous, commissaire susd., avons donné acte aud. S"' Ro- 
drigue de sa comparution, déclaration et réquisition ; en consé- 
quence après qu'il nous est aparu d'un cadavre féminin, gissant sur 
une couchette à bas pillicrs placée dans une alcôve, lequel nous a 
été déclaré être celui de lad. Sara Rodrigue, et que nous a été attesté 
par Jacob Fonsequa AUegria, négociant, Juif de nation, demeurant 



I. Suite du n° précédent. 



AU XVIIl'^ SIECLE 211 

en la maison où nous sommes, et Samuel Roger Çsic), marchand 
Juif, demeurant rue de l'I rondelle, hôtel de Sens, que le cadavre 
qui nous est représenté est celui de lad. Sara Rodrigue, et qu'elle est 
déccdéc ce matin à huit heures et demie de maladie à la suite de 
couche et qu'elle a été traitée par le S'' Levacher, médecin, demeu- 
rant rue Saint Antoine et Ravet, chirurgien, rue des Mauvais Gar- 
çons, avons ordonné qu'il en seraparnous à l'instant communiqué 
à Monsieur le Procureur du Roy et référé à M. le Lieutenant 
général de police, pour être requis et ordonné ce que de droit, et 
jusqu'à ce, le corps de lad. femme Rodrigue est resté en la posses- 
sion dud. David Rodrigue pour en faire la représentation quant et 
à qui il appartiendra. Et ont signé : 

David Rodriguez, J'' Fonsequa Alegria, Samuel Roget, 
De Graville. 

Vu le procès verbal cy dessus , je n'empêche pour le Roy le cada- 
vre de lad. Sara Rodrigue être inhumé nuitament, sans bruit, scan- 
dai ny apareil dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce huit décembre mil sept cent 
soixante dix huit. 

MOREAU. 

Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que le 
corps de lad. Sara Rodrigue sera inhumé nuitament, sans bruit, 
scandai ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, en la 
manière acoutumée, enjoignons aux officiers du guet et de police 
de prêter main forte si besoin est, et sera notre présente ordon- 
nance exécutée nonobstant opposition ou appellation quelconques 
et sans y préjudicier. Fait ce huit X^'-^ 1778. 

Non signé. 

125. 

12 janvier. 1779. — Acte de décès d'Isaac Herche. 
Y. 15287 

Du mardy douze janvier mil sept cent soixante dix neuf, de 
relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châteldt de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue des Cinq Diamants dans une maison dont le S"' le Bègue, mar- 
chand limonadier, occupe la boutique, où étant monté au deuxième 



212 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

étage et introduit dans une chambre avant vue sur laditte rue, y 
avons trouvé et pardevant nous sont comparus Mayer Hadamar, 
agent de la communauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris rue 
Saint Martin chez le S"" Anginot, marchand boursiei, et Lipman 
Nathan, Juif de Grandzimrenn ' en Allemagne, demeurant rue 
Maubuée, chez un limonadier. 

Lesquels nous ont dit qu'Isaac Herche, juif anglois, âgé d'environ 
trente deux ans, est décédé de maladie ce jourd'huy six heures du 
matin, dans lad. chambre, proffessant la religion judaïque. Pourquoy 
requièrent qu'il soit pourrai à son inhumation dans le cimetière des 
Juifs en la manière accoutumée, déclarant que ledit Isaac Herche 
étoit pauvre et qu'il ne laisse aucun bien pour frayer au frais de 
son inhumation. Desquels comparution dire et réquisition avons 
donné acte. Et après qu'ils nous est apparu d'un corps mort gissant 
sur de la paille étendu sur le plancher de laditte chambre, que les 
comparans nous ont déclaré estre celuv dud. Isaac Herche, il est 
resté dans lad. chambre pour v demeurer jusqu'à ce que par M. le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. 
Dont et de quov nous avons dressé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

LiPMAX Xatan" -, XLNL Hadamar, Duchesxe. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre 
dud. Isaac Herche être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux ofticiers de 
guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce douze janvier MML soixante dix neuf. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce douze janvier mil sept cent 
soixante dix neufj. Aprouvé le mot neuf surchargé. 

Lexoir. 

126. 

17 janvier 1779. — Acte de (lêcès de Jiida Lopes La^una. 
Y 1 1095. 

L'an mil sept cent soixante dix neuf, le dimanche dix sept janvier, 
neuf heures du matin, nous, Louis François Formel, conseiller du 



1. Gross-Zimmern, cercle de Dicburg. province de Starckenburg (Hesse). 

2. Avec seconde signature en hébreu. 

3. On avait d"abord écrit : huit. 



AU XVII l'^ SIECLE 213 

Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, 
ayant été requis, nous sommes transporté rue de l'Hirondelle quar- 
tier Saint André des Arts, maison à porte cochère tenue par le 
S"" Marissal, sous le titre de l'hôtel du Saint Esprit, garni, et avant 
été introduit en une chambre au second étage du corps de logis 
donnant à l'entrée de la seconde cour, éclairée sur la première cour 
de lad. maison, nous y avons trouvé et par devant nous sont 
comparus S'' Jacob de Paul père, Juif, négociant, demeurant rue et 
paroisse Saint Séverin, et S"" Jacob Scaramella, Juif, négociant, logé 
en la maison où nous sommes, chez led. S'' Marissal, paroisse 
Saint André des Arts. 

Lesquels nous ont dit que S'' Juda Lopes Laguna, Juit, 
négociant, âgé de soixante deux ans, est décéddé hier sur les huit 
heures du soir, à la suitte d'une maladie de poitrine dont il étoit 
attaqué depuis longtems,en la chambre où nous sommes, qui se 
tenoit à loyer garnie dud. S'' Marissal, dans les sentimens de la 
religion judaïque qu'il professoit et sous l'empire de laquelle il 
étoit né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constatter 
led. décès et de faire ordonner l'inhumation dud. S'' Juda Lopez 
Laguna conformément aux Déclarations (i/Vj de Sa Majesté rendues 
à ce sujet. Et ont signé à l'égard dud. Si^ de Paul père en caractères 
hébraïques, sa signature ordinaire : 

Jacob dk Paul (Jh'hr), Jacob Escamaramela. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
S"" de Paul et Scaramclla de leurs comparutions, dire et réquisitoire 
cy dessus, et de ce qu'il nous est apparu dans lad. chambre d'un 
corps mort masculin, qui nous a paru en effet de l'âge de soixante 
deux ans ou environ, étendu sur le carreau, enveloppé de linges et 
d'une couverture de laine blanche, lequel corps lesd. S''^ de Paul 
et Scraiîiella nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences 
être celui dud. S'', Juda Lopes Laguna. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de ce dernier nous nous 
transporterons au plutôt es hôtels de Monsieur le Procureur du 
Roy aud. Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de police 
pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet. 

Dont et de ce que dessus nous avons rédigé le présent pro- 
cès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. 
S« de Paul et Scaramella signé avec nous commissaire, à l'égard 
dud. S"" de Paul père, en caractères hébraïques, sa signature ordi- 
naire : 

Jacob de Paul (behr.), Jacob Escaramella, Formel. 



214 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Judan Lopes Laguna être inhumé sans bruit, scandale ni aparcil, au 
cimetière des Juifs, àla Villette, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce 17 janvier 1779. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 17 janvier 1779. 

Lenoir. 
(Au dos :) Rapporté en août 1781. Trois livres. 

127. 

28 janvier 1779. — ■ Acte de décès d' Aarou , fils de Louis Moyse. 
Y 15287. 

Du jeudy vingt huit janvier mil sept cent soixante dix neuf, du 
matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Beaubourg dans une maison appellée l'hôtel des Quatre Pro- 
vinces, tenue garnie par le nommé Dessery, où étant monté au 
premier étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, 
pardevant nous sont comparus Mayer Bénédix, Juif de Pamberg ■ 
en Allemagne, demeurant susd. rue Beaubourg chez la nommée 
Buisson (?), fruitière, et Cerf Isaac, Juif d'Alsace, demeurant même 
rue Beaubourg chez le nommé La France. 

Lesquels nous ont dit que Aaron Moyse, âgé d'environ sept mois, 
fils de Louis Moyse, Juif d'Armstadt -, et de Pecia sa femme. Juive 
de Padoue en Italie, est décédé hier cinq heures et demie après 
midy, dans laditte chambre, de suitte de maladie, et comme ses 
père et mère proffessent la religion judaïque, ils requièrent que 
led. enfant soit inhumé à la Villette, au cimetière des Juifs, en la 
manière accoutumée, déclarant que lesd. Louis Moyse et sa femme 
sont pauvres et hors d'état de pourvoir aux frais de l'inhumation 
dud. Aaron Moyse. Desquels comparution, dire, réquisition et 
déclaration nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu 
du cadavre d'un enfant sexe masculin gissant sur de la paille étendu 
sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont 



1. Bambcrg (Bavière). 

2. Darmstadt (Hesse). 



AU XVIH'^ SIECLE 21) 

déclaré et attesté être ccluy dud. Aaron Moyse, il est resté dans 
lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant 
général de police il ait était statué sur lad. inhumation. Et de tout 
ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Les comparans ont signé en 
hébreux, ayant déclaré ne sçavoir écrire ny signer en françois, de 
ce interpellés : 

DucHESNE, Mayer Benedix Çhchr.), Cerf Isaac {hebr.). 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Aaron Movse être inhumé nuitamment, sans bruit, scandale ni 
apareil, à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière 
accoutumé, et être enjoint aux officiers du guet et de police de 
prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce vingt huit janvier 1779. 

Moreau. 
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt huit janvier MVIL soixante 
dix neuf. 

Lenoir. 
128. 

8 février 1779. — Acte de décès de Zalda Liou , fiUJc de Lion Jacob 
Y 15287. 

Du lundy huit février mil sept cent soixante dix neuf, dix heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Michel Le Comte, au coin de celle du Temple, dans une 
maison dont la boutique est occupée par le S'' Bourguignon, mar- 
chand parfumeur, où étant monté au deuxième étage et entré dans 
une chambre avant vue sur lad. rue Micliel Le Comte, pardevant 
nous sont comparus Cerf Israël, Juif de Metz, demeurant rue des 
Petits Champs Saint Martin, et Philippes Lazare, Juif d'Hambourg, 
demeurant rue Maubuée. 

Lesquels nous ont dit que Zalda Lion, âgée de dix sept mois et 
demy, fille de Lion Jacob, Juif de Bigne", électoral de Mayence, 
et de Quinelle Lipmann, sa femme. Juive de Raishauven ^ en 



1 . Bingen (Hesse). 

2. Rcichshofen, aujourd'hui canton de Niederbronn, cercle de Hague- 
nau (Basse-Alsace). 



2l6 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Alsace, est décédée de maladie, la nuit dernière à minuit, dans lad. 
chambre, et comme ces père et mère qui proftessent la religion 
judaïque étoient dans l'intention de l'élever dans la même religion, 
ils requièrent qu'ils soit pourvu à l'inhumation de lad. Zalda Lion 
au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels com- 
parution, dire et réquisition, avons donné acte. Et après qu'il nous 
est apparu du cadavre d'un enf;int gissant sur de la paille étendue 
sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré 
et attesté estre celuy de lad. Zalda Lion, que ses père et mère sont 
pauvres et hors d'état de frayer aux frais de son inhumation et est 
resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. 
Et de ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, ledit 
Philippes Lazar en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en fran- 
çois, de ce interpellé 

Cerff IisRAEL, DucHESN'i-, Philippes Lazare Çjchr.) '. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre 
(sic) Zalda Lion être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée et être enjoint aux officiers du guet 
et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce huit février 1779. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce huit février MVIL" soixante 
dix neuf. 

Lenoir. 
129. 

9 mai 1779. — Acte de décès d'Alexandre Jacoh 
Y 15287. 

Du dimanche neuf mai mil sept cent soixante dix neuf, du 
matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Maubuée, dans une maison dont la veuve Moreau, maîtresse 
chandelière est principale locataire, où étant monté au premier 
étage et introduit dans un petit cabinet ayant vue sur la cour, par- 
devant nous sont comparus Mayer Hadamar, agent de la commu- 



I. La signature hébraïque porte : Fcibclfils de l'honoré rabbi Mcnahem. 



AU XVIII^ SIECLE 217 

nautc des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue Saint Martin, chez 
le S'' Anginot, marcliand boursier, et Maycr Brac, Juif de Nidre- 
visse ' en Lorraine, demeurant rue Grenier Saint Lazare, maison du 
S"" Demay, marchand évcntaillistc. 

Lesquels nous ont dit qu'Alexandre Jacob, Juif d'Haptrotte ^ en 
Hessois, âgé d'environ quatre vingt ans, est décédé de maladie, dans 
led. cabinet, la nuit dernière vers trois à quatre heures, proffessant 
la religion judaïque. Pourquoy requièrent qu'il soit pourvu à son 
inhumation au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, 
déclarant qu'il étoit très pauvre et ne laisse pas à beaucoup près de 
quoy suffire aux frais de son inhumation. Desquels comparution, dire 
et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un 
cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher dud. cabi- 
net, que les comparans nous ont déclaré et attesté être celuy dud. 
Alexandre Jacob, il est resté dans led. cabinet pour y demeurer 
jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué 
sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le 
présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
lesd. comparans signé avec nous : 

M. Hadamau', Maver Brac >, Duchesxe. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Alexandre Jacob être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police et de prestcr main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce neuf may 1779. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce neuf may 1779. 

Lenoir. 

130. 

2 juin 1779. — Acte de dccès de Seligman Bcrc 
Y 15287. 

Du mcrcredy deux juin mil sept cent soixante dix neuf, du 
matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 



1. Aujourd'hui Niederwiese, canton et cercle de Boula}' (Lorraine). 

2. Hattcrode, cercle Ziegenhain, présidence de Cassel (Hesse-Nassau) ? 

3. Avec seconde signature en hébreu. 



2l8 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

saire au Châtelet de Paris, avant été requis, nous sommes transporté 
rue Dauphine, dans une maison appellée hôtel d'Anjou, où étant 
monté au premier étage et introduit dans une chambre sur le der- 
rière, ayant vue sur la cour, y avons trouvé et par devant nous sont 
comparus Mayer Hademar, agent de la communauté des Juifs de 
Metz, demeurant à Paris, rue Saint Martin chez le S, Anginot, 
marchand boursier, et Lazare Jacob, Juif de Valin % près Sarelouis, 
demeurant rue Brisemiche, à l'hôtel Saint Pierre. 

Lesquels nous ont dit que Seligman Bère, Juif de Rausseme ^ en 
Alsace, âgé d'environ trente sept ans, est décédé de maladie ce jour 
d'huy matin à huit heures, proffessant la religion judaïque, dans la 
chambre où nous sommes. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu 
à son inhumation au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. 
Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et 
après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur de la 
paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants 
nous ont déclaré et attesté estre celuy dud. Seligman Bère, il est resté 
dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le 
Lieutenant général de police, il ait été statué sur lad. inhumation. 
Et de ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, ledit 
Lazare Jacob en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir signer en fran- 
çois. 

M. Hadamar 3, Lazare ((kt/-.), Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le-Roy le cadavre dud, 
Seligman Bère être inhumé à laVillette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et 
de police de prcster main forte si besoin est et en sont requis. Fait 
ce deux juin MVII'^ soixante dix neuf. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce deux juin 1779. 

Lenoir. 



1 . Aujourd'hui Wellingen, cercle de Boulay (Lorraine). 

2. Rosheim, cercle de Molsheim (Basse-Alsace). 

3. Avec une seconde signature en hébreu. 



AU XVII^' SIÈCLE 219 



131. 

3 juin 1779. — Acte de décès de Sara, fille de Joseph. 
Y 15287. 

Du Jeudy trois juin mil sept cent soixante dix neuf, de relevé. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transportés 
rue Sainte Avoye, près la rue des Blancs Manteaux, dans une 
maison dont la boutique est occupée par le nommé Godefroy, 
aubergiste, où étant introduit dans une chambre au premier étage 
sur le devant, ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus 
Isaac Wimphen, Juif de Metz, demeurant rue du Temple, maison 
du nommé Nicolas, aubergiste, et Lyon Elcan, Juif de Manem', 
demeurant rue Saint Martin près Saint JuUien. 

Lesquels nous ont dit que Sara, fille de Joseph, Juif Pollonnois, 
âgée d'environ deux ans, est décédée ce jourd'hui entre midi et une 
heure, dans la chambre où nous sommes, que ses père et mère 
l'élevoient dans la religion judaïque. Pourquoi les comparans 
requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cimetière des 
Juifs en la manière accoutumée, déclarant que sesd. père et mère 
ne sont point en état de frayer aux frais de son inhumation. 
Desquelles comparutions, déclarations et réquisitions les comparans 
ont requis acte, à eux octroyé. Et après qu'il nous est apparu un 
cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. 
chambre, qu'ils nous ont déclaré être celui de lad. Sara, il est resté 
dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieu- 
renant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Dont 
et de quoy nous avons dressé le présent procès-verbal pour servir 
et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous. Rayé trois mots 
comme nuls. 

Duchesne, Isaac Wimphen ^, Lyon Elcan. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Sara être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en 
la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 



1. Mannheim (Bade). 

2. Avec seconde signature hébraïque. 



220 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
trois juin 1779. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce 3 juin 1779. 

Les'oir. 

132. 

27 juillet 1779. — -4cte de décès de Rebeca, fille d'Aaron Bargate. 
Y 15287. 

Du mardy vingt sept juillet mil sept cent soixante dix neuf, dix 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue QjLiincampoix, dans une maison dont la boutique est occupée 
par un marchand de vin, où étant monté au troisième étage et 
introduit dans une chambre ayant vue sur une cour, tenue garnie 
de la veuve Viollet par Aaron Bargate, Juif de Zillze ' en Silésic, 
y avons trouvé et pardevant nous sont comparus Lipman Nathan, 
Juif allemand, demeurant rue Maubuée, chez le nommé Dutoyard, 
marchand limonadier, et Cerf Israël, Juif de Metz, demeurant rue 
des Petits Champs Saint Martin, chez le S'' Tripier, à l'hôtel 
Notre-Dame. 

Lesquels nous ont dit que Rebeca, âgée d'environ quinze mois, 
fille dud. Aaron Bargate, et de Sara Michel, sa femme, est décédée 
de maladie dans lad. chambre, hier unze heures du soir, que ses 
père et mère, qui proffessent la religion judaïque, étoient dans l'in- 
tention de l'élever dans la même religion, qu'ils sont pauvres et 
hors d'état de pourvoir par eux-mêmes aux frais de l'inhumation de 
lad. Rebeca, leur fille, qu'ils requièrent que lad. inhumation soit 
faitte à la Villette, au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. 
Desquels comparution, dire et réquisition, avons donné acte. Et 
après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant gissant sur de 
la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les compa- 
rants nous ont déclaré et attesté estre celuy de lad. Rebeca, il est 
resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. 
Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 
Duchesne, Lipman Natan, Cerff Israël. 

I. Zùlz, cercle de Neustadt, présidence d'Oppeln (Silésie prussienne). 



AU XVllI^ SIECLE 221 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
Rehcca, être inhumé à la Villettc, dans le cimetière des Juifs, en 
la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
vingt sept juillet MMT soixante dix neuf. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce vingt sept juillet 1779. 

Lenoir. 
* [Au procès verbal est joint un certificat de M. Hadamar, attes- 
tant que « Aaron Zillzc » est au nombre des pauvres]. 



135- 

27 août 1779. — Acte de décès à' Aaron Jacob 
Y 15287. 

Du vendredy vingt sept aoust mil sept cent soixante dix neuf, 
heure de midy. 

En l'hôtel et pardevant nous, Hugues Philippes Duchcsne, con- 
seiller du Roy, commissaire au Châtelct de Paris, sont comparus 
Mayer Hademar, agent de la communauté des Juifs de Metz, 
demeurant rue Saint Martin chez le S"" Anginot, marchand boursier, 
et sieur Aaron \'idal, Juif d'Avignon, demeurant rue Saint André 
des Arts. 

Lesquels nous ont dit que Aaron Jacob, Juif de Prague, en 
Bohème, âgé d'environ vingt neuf à trente ans, étoit entré à l'Hôtel 
Dieu de cette ville il y a environ quinze jours et mis dans un lit, 
n° 45, salle du Rosaire, pour se faire traitter d'une hidropisie dont 
il étoit attaqué, qu'il est décédé des suittes de cette maladie ce 
matin à huit heures, proffessant la religion judaïque. Pourquoy les 
comparants requièrent qu'il soit inhumé à la \' illcttc, au cimetière 
des Juifs, en la manière accoutumée, à l'eftet de quoy ils requièrent 
aussy que nous nous transportions à l'Hôtel Dieu, dans lad. salle 
du Rosaire, pour constater led. décès. Desquels comparution, dire 
et réquisitions, avons donné acte aux susnommés. Et en consé- 
quence nous nous sommes à l'instant transporté avec eux aud. 
Hôtel Dieu, salle du Rosaire, au devant d'un lit n° 43, où étant, il 
nous est apparu d'un corps mort gissant dans ledit lit, que les com- 
parants nous ont déclaré être celuy dud. Aaron Jacob, lequel y a 
été laissé pour v demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieute- 
nant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de 



222 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 
M. Hadamar >, Aaron Vidal', Duchesne. 

Vu le procès-verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Aaron Jacob être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, 
en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers di^guet et de 
police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 
vingt sept août 1779. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce vingt sept aoust 1779. 

Lenoir. 

134. 

13 septembre 1779. — Acte de décès de Belatie, femme de 
Samuel Moyse. 
Y 15287. 

Du lundy treize septembre sept cent soixante dix neuf, neuf 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Saint Martin, au coin de celle Aubry le Boucher, dans 
une maison dont la boutique est occupée par le S''le Pesteur, limo- 
nadier, où étant monté au troisième étage et entré dans une 
chambre ayant vue sur lesd. rues Aubr\' le Boucher et Saint Martin, 
pardevant nous sommes comparus SalomonSamuel, Juif de Franc- 
fort, demeurant à Paris, rue Neuve Saint Merrv et Isaac Mora, Juif 
de Prague, demeurant aussy rue Neuve Saint Merry. 

Lesquels nous ont dit que Belatte, femme de Samuel Moyse, 
Juif de Francfort, âgée de vingt trois ans passés, est décédée de 
suitte de couche dans lad. chambre, samedv dernier unze heures 
du soir, proffessant la religion judaïque. Pourquoi requièrent qu'il 
soit pourvu à son inhumation au cimetière des Juifs, en la manière ac- 
coutumée, déclarant les comparants que led. Samuel Moyse est pau- 
vre et hors d'état de frayer aux frais de l'inhumation de sa femme. Des- 
quels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après 
qu'il nous est apparu d'un cadavre féminin gissant sur de la paille 
étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous 



I. Avec seconde signature hébraïque. 



AU XVII 1*^ SIÈCLE 223 

ont déclare et attesté être celuy de lad. Belattc, femme dud. Samuel 
Moyse, il est resté dans la ditte chambre pour y demeurer jusqu'à 
ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur 
lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le 
présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
signe avec nous, led. Salomon en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir 
signé en François, de ce interpellé : 

IsAAC MoRA ', Salomon Samuel Qiehr.'). 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
laditte Belatte, femme Samuel Moyse, être inhumé à la Villette, 
dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint 
aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin 
est et en sont requis. Fait ce treize septembre 1779. 

More AU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce 13 septembre 1779. 

Lenoir. 

{Au procès-vcrhal est joiiife la lettre suivante qui porte en tête l'an- 
notation : C4 Certifficat de pauvreté) : 

Monsieur, l'absance depuis quelque temps à ma maison de cam- 
pagne m'a privé le plaisir d'avoir l'honneur de vous voir. Comme 
ont vient de me dire qu'un pauvre femme de la nation juvive vient 
de mourire en couche et dont ont vient de faire une quette pour 
l'enterez, j'ausse vous prié de vouloir bien en délivré un certifficat 
aux porteur de la présante pour n'est pas retardé l'enterrement, dont 
le cas exige la promptitude. 

Je n'est manqueroi d'avoir l'honneur de vous voir un de ses jours 
par témoignier ma reconnoissance, avec laquelle j'ai l'honneur 
d'être, Monsieur, voitre très humble et très obéissant serviteur. 

Ce 15 septembre 1779. 

L. Calmer. 

135- 

2 octobre 1779. — Acte de décès de l'enfant nouveau-né de 
Benjamin Michel. 
Y. 15287. 

Du samedy deux octobre mil sept cent soixante dix neuf, heure 
de midy. 



I. La signature comporte en outre un mot illisible. 



224 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Nous, Hugues Philippes Duchcsne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Vieilles Etuves, dans une maison dont le nommé 
Delmotte, aubergiste et tenant chambres garnies, est principal loc- 
cataire, où étant monté au deuxième étage et introduit dans une 
chambre ayant vue sur lad. rue, par devant nous sont comparus 
S"" Xavier Pierron, négotiant à Paris, et S"" Charles Mabille, menui- 
sier à Paris, demeurants tous deux susd. rue des Vieilles Etuves 
Saint Martin, paroisse Saint Nicolas des Champs. 

Lesquels nous ont déclaré que Judith, femme de Benjamin 
Michel, Juif d'Amsterdam, locataires en garnie de lad. chambre, 
est accouchée mardy dernier au soir, au terme d'environ sept mois, 
d'un enfant sexe masculin, qui est décédé hier entre dix et unze 
heures du soir, qu'il n'avoit point encore de nom, n'ayant point 
été circoncis, et comme ses père et mère proft'essent la religion 
judaïque, ils désirent qu'il soit inhumé à la Villette, dans le cime- 
tière des Juifs. Pourquoy les comparans requièrent qu'il soit pourvu 
à lad. inhumation dans ledit cimetière en la manière accoutumée. 
Déclarent en outre qu'il est à leur connoissance que ledit Benjamin 
Michel et sa femme sont pauvres et chargés de quatre enfans en 
bas âge. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant sexe 
masculin gissant sur de la paille étendu sur le plancher de lad. 
chambre, que les comparans nous ont déclaré et attesté être celuy 
de l'enfant dont lad. femme Benjamin Michel est accouchée mardy 
dernier, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce 
que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. 
inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent 
procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
signé avec nous. Rayé en ces présentes un mot comme nul : 

Mabille, Duchksxe, Pierrok. 

Vu le procès-verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
l'enfant sexe masculin, dont lad. Judith, femme de Benjamin 
Michel, Juif, est accouchée et qui est décédé trois jours après, soit 
inhumé au cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière accou- 
tumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester 
main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce deux oc- 
tobre 1779. 

More AU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce deux octobre 1779. 

Lenoir. 



AU XVIII'^ SIECLE 22) 



136. 



15 octobre 1779. — Acfe de décès de Bernard Nathan, 

fils de Nathan Israël. 
Y 13287. 

Du vendredy quinze octobre mil sept cent soixante dix neuf, 
au matin. 

Nous, Hugues Philippcs Duchcsne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Taillepain, dans une maison dont le S'' Isoard, tailleur, est 
principal locataire, où monté au deuxième étage et introduit dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus Nathan Cahen, Juif de Metz, demeurant rue 
Beaubourg chez le S'' Felize, limonadier, et Isaac Léon, Juif de 
Scandhrehen ' en Allemagne, demeurant rue Saint Martin, chez 
le S"" Anginot, marchand boursier. 

Lesquels nous ont dit que Bernard Nathan, âgé de deux ans et 
demv, fils de Nathan Israël, Juif de Grinschtat ^, près Manhem, 
et de Cadassan, sa femme, est décédé de maladie, ce jourd'huy huit 
heures du matin, dans lad. chambre, que ses père et mère sont 
pauvres et hors d'état de frayer aux frais de l'inhumation dud. Ber- 
nard Nathan, lequel ils auroient élevé dans la religion judaïque, 
qu'ils professent. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à lad. 
inhumation au cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons 
donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant 
sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les 
comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy dud. Bernard 
Nathan, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce 
que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. 
inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent 
procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. 
comparans signé en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer 
en françois, de ce interpellé. Et nous commissaire avons aussy 
signé : 

Nathan Cahen (hcbr.), Isaac Léon Çhcbr.), Duchesne. 



1. Stockstadl am Rhcin (Hesscj ? 

2. Griinstadt (Palatinat bavarois). 



22 é DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Vu le procès verbal, je* n'empêche par le Roy le cadavre dud. 
Bernard Nathan être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet 
et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce quinze octobre MVII'^ soixante dix neuf. 

Mo RE AU. 
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce quinze octobre 1779. 

Lenoir. 

137- 
15 novembre 1779. — Acte de décès d'Israël Bernard de Valabrègue. 
Y 11020. 

L'an mil sept cent soixante dix neuf, le lundy quinze novembre, 
cinq heures un quart de relevée, en notre hôtel et pardevant nous, 
Jean François Hugues, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet 
de Paris, est comparue Demoiselle Esther Salon, veuve du S"^ Israël 
Bernard de Valabrèque, marchand privilégié et interprète du Roy 
pour les langues orientales, demeurante à Paris rue du Paon, au 
coin de celle des Cordeliers. 

Laquelle nous a dit que led. S"" Bernard de Valabrèque, son mari, 
lequel étoit âgé d'environ soixante cinq ans et natif d'Avignon, 
vient de décéder par suite d'une maladie dont il était alité depuis 
environ quatre mois, dans les sentimens de la religion juive, dont 
il faisoit profession de son vivant, et comme il est maintenant 
question de pours'oir à son inhumation en la forme usitée en pareil 
cas, elle s'est retirée par devers nous pour en obtenir la permis- 
sion. Et pour d'autant plus constater la vérité de ce que dessus 
lad. \'" Bernard de Valabrèque a amené avec elle en notre hôtel et 
sont comparus pardevant nous S"" Israël Vidal l'aîné, marchand privi- 
légié du Rov, demeurant à Paris, rue Neuve et paroisse Saint Eus- 
tache, et S"" Moyse Perpignan, négociant, demeurant à Paris rue 
Dauphine. 

Lesquels nous ont certiffié et attesté connoître led. S"" Israël Ber- 
nard de Valabrèque, qu'il étoit âgé d'environ soixante cinq ans et 
est effectivement décédé ce jourd'hui sur les cinq heures après 
midy, par suite de maladie, dans l'appartement qu'il occupoit avec 
lad. Esther Salon, actuellement sa veuve, susd. rue du Paon, fai- 
sant de son vivant et jusqu'à sa mort profession de religion juive. 

Dont et de quoy lad. veuve Bernard de Valabrèque nous a requis 
acte et a signé avec lesd. Vidal et Perpignan. 

Ester Salox, Moïse Perpignan, J. Vidal l'aîné. 



AU XVIII'^ SIECLE 227 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acie à lad. V" De Valabrèque des comparutions, dire et 
déclaration Qic) cy dessus, et, en conséquence, pour constater par 
nous même le décès dud. S"" Bernard de Valabrèque, nous nous 
sommes à l'instant transporté avec sad. veuve susd. rue du Paon, 
au coin de celle des Cordeliers, en la maison oi^i il demeuroit, 
monté en un appartement au deuxième étage et entré en une 
chambre à coucher ayant vue sur la cour, lad. V"" Bernard de Vala- 
brèque nous a représenté le corps mort de son mari que nous 
avons remarqué estre étendu dans son lit. 

Apres quoy nous avons déclaré à lad. veuve Bernard de Vala- 
brèque que nous irions de ce que dessus référer à Monsieur le Lieu- 
tenant général de police, pour, sur son ordonnance et les conclu- 
sions de Monsieur le Procureur du Roy, estre ensuite fait ce qu'il 
appartiendra. Dont et de quoy et de tout ce que dessus avons fait 
et dressé le présent procès verbal pour sei'vir et valoir ce que de 
droit et justice. Et a lad. veuve Bernard signé avec nous. 

Ester Salon, Hugues. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Israël 
Bernard Valabrèque être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, 
dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si 
besoin est et en sontrequis. Fait ce 16 novembre 1779. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce lé 9^. 1779. 

Lenoir. 

138. 

15 novembre 1779-23 mai 1780. — Scellé d'Israël 
Bernard de Valahrègue ' . 
Y 11020. 

Scellé de Israël Bernard de Valabrègue, marchand privilégié, 
interprète du Roi pour les langues orientales, décédé dans son 
appartement rue du Paon, au coin de la rue des Cordeliers, au 
deuxième étage. 

Commissaire : Hugues. 

Requérants : Israël de Valabrègue, dit Vidal l'aîné, marchand 
mercier privilégié, rue Neuve Saint Eustache, comme ayant pou- 
voirs de Manassès de Béziers, demeurant à Avignon, et Gentille de 

I. Cf. la pièce précédente. 



228 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Valabrègue, sa femme, beau frère et sœur du défunt ; — et Ester 
Salon Dalpuget, veuve dudit défunt. En même temps que les 
corequérants comparaissent : Jean Paris, tailleur, qui a gardé Vala- 
brègue durant les quatre mois de sa maladie ; Isaac Castro, mar- 
chand Juif, rue de l'Hirondelle, qui a veillé le défunt, et Geneviève 
Fournier, femme Parisi, domestique de Valabrègue. Avant l'appo- 
sition des scellés 1200 1. sont prélevées et remises à la veuve pour 
frais d'inhumation et frais d'entretien. 

Diverses oppositions à la levée des scellés sont faites par des four- 
nisseurs, et le 22 mars par Lion Fernandes pour remboursement de 
75 1. par lui avancées « pour le coût de la tombe mise sur la fosse 
du défunt ». Il faut surtout signaler celle du Procureur du Roi au 
au Bureau des finances et Chambre du Domaine, à Paris, qui par 
sentence de ladite Chambre du 4 décembre, se fait envoyer en pos- 
session de la succession à titre d'aubaine. Mais cette sentence est 
aussitôt portée par appel au Parlement. Devant le commissaire 
délégué par la Chambre du Domaine, la veuve de Valabrègue fait 
toutes réserves sur cette intervention. Elle se déclare « Juive régni- 
cole françoise et habilitée par lettres patentes » du mois de mai 
1759 enregistrées au Parlement et au Bureau des finances de Bor- 
deaux, commune en biens avec le défunt, et sa donataire en 
usufruit, en vertu de leur contrat de mariage passé à Bordeaux le 
14 octobre 1749, et en tout cas habile à se porter héritière en 
vertu de la loi iiiide vir et iixor. De son côté Vidal fait valoir le 
« brevet obtenu par led. dcftunt qui lui accordoit le privilège de 
transmettre sa succession » et se portant comme héritier, à titre de 
cousin de Valabrègue, au cas où « la cour ne se détermineroit pas 
à accorder l'hérédité dud. de Valabrègue à lad. femme Manassès 
de Beziers, soit parce qu'elle ne demeureroit pas en cette ville de 
Paris soit à raison de tous autres motifs », excipe de ses lettres de 
naturalité enregistrées au Parlement « qui lui permettent quoique 
Juif de recueillir les successions de ses parens Juifs». Dans ces 
conditions le Procureur du Domaine consent par sa requête du 
22 janvier 1780 à la main levée de son opposition, et par arrêt du 
3 février la Cour fait par provision main levée de cette opposition 
« sans préjudicier aux droits des parties qui demeurent ... ré- 
servés... », et « en delfinitif ordonne qu'à la requête de Gentille de 
Valabrègue et de Vidal il sera procédé à la levée des scellés en 
présence de la veuve de Valabrègue '. Mais cet arrêt même va faire 

I. Une copie de l'arrêt est jointe au scellé. Un certain nombre d'indica- 
tions reproduites ici en sont tirées. 



I 



AU XVIII'^ SIÈCLE 229 

naître de nouvelles difficultés entre les héritiers. La veuve refuse 
d'accepter le notaire choisi par Vidal, et il faut une intervention du 
conseiller rapporteur. Le matin du décès, elle avait remis, à la 
demande même du mourant, quelques objets d'orfèvrerie à titre de 
souvenir à Moyse Perpignan, négociant Juif et « regnicole », rue 
Dauphine. Vidal menace de déposer une plainte en divertissement 
et recel, et Perpignan vient rapporter ces objets. Il se retrouve une 
malle dont les scellés sont brisés : nouvel incident ; vérification 
faite, on n'y découvre que des « galettes » reconnues comme étant 
le « pain de Pasques ' », 

Enfin dans la vacation du 25 avril, au moment où Vidal requiert 
la vente des objets mobiliers du défunt, et la remise entre ses mains 
des papiers de la succession, le procureur d'Esther Salon 
précise ses droits ; déclarant qu'elle seule a autorité pour requérir 
cette vente et détenir des papiers, protestant que ses qualités de 
femme légitime, d'associée en biens, de donataire entre vifs en 
usufruit tant par son qiiêtouha ou acte de célébration du 
mariage suivant la loy de Moyse, qui contient sa dot, son 
augment de dot et son douaire, passé à Bordeaux le vingt un sep- 
tembre mil sept cent quarante neuf, que par son contrat de mariage, 
qui contient en outre son agencement et ses bagues et bijoux avec 
le don mutuel de l'usufruit et jouissance de la totalité des acquêts » à 
la date du 14 octobre 1749; et réclamant sa dot, augment et 
bijoux, soit 3400 1. à prélever avant toutes choses, et la moitié des 
acquêts et l'usufruit de l'autre moitié, — mais une transaction 
intervient le 19 mai devant M'= Claude La Roche, par laquelle 
la veuve se désiste de tous ses droits moyennant une somme de 
6600 livres et sous réserve d'un certain nombre d'objets mobiliers - 
qui demeurent sa propriété, et consent à ce que Vidal, au nom et 
comme mandataire de Gentille de Valabrègue, sœur du défunt, 
entre en possession de l'héritage. 

Le notaire chargé de l'inventaire est Claude La Roche. L'exper- 
tise de l'argenterie est faite par Louis-Etienne Duhamel, orfèvre, 



1 . Il faut noter un autre détail caractéristique. A la vacatiou du 2 mars 
la V"' Valabrègue ne se présente pas en personne « attendu qu'elle en est 
empêchée par la mort du s"" son frère dont elle a reçu la nouvelle hier et 
duquel elle a pris le deuil ce matin, que par sa loi toute affaire lui est inter- 
dite pendant une semaine, que même elle ne peut pas sortir ni signer 
aucuns actes ». La suite des opérations est en conséquence remise à 
huitaine. 

2. Art. 26, 57, 38, 39 et I, 18, 44 de l'inventaire. 



230 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

et celle des livres par Guillaume de Bure, assisté pour les livres 
hébreux par Mardochée Venture, interprète du Roi pour les lan- 
gues orientales, rue Galande'. 



139. 

17 décembre 1779. — Acle de décès de Mardochée Lévi. 
Y 10796, cahier spécial, pièce 4^. 

L'an mil sept cent soixante dix neuf, le vendredy dix sept 
décembre, trois heures et demie de relevée, en l'hôtel et par devant 
nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, sont comparus 
S"" Aaron Vidal et Benjamin Mindes, tous deux négotians, demeu- 
rant rue Saint André des Arts, et sindic (sic) de la nation portugaise 
juive. 

Lesquels nous ont dit que Mardoché Lévi, aussi Juif de nation, 
natif de Bordeaux, nation allemande 3, négotiant, est décédé aujour- 
d'huy à deux heures du matin à l'hôpital de la Charité de cette 
ville, rue des Saints Pères. Pourquoi requièrent notre transport à 
l'effet de constater la mort dud. Mardoché Lévi et d'ordonner 
son inhumation en la manière ordinaire, au cimetière des Juifs, à la 
Villette. Et ont signé. Rayés trois mots nuls : 

En. Mendez, Aaron Vidal. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte auxd. S''^ Vidal et Mendès de leurs comparutions, décla- 
rations et réquisitions ; en conséquence sommes transporté avec 
eux à l'hôpital de la Charité, rue des Saints Pères, et entré dans la 
salle Saint Jean n° dix, y avons trouvé R. P. Ildephonse Fontaine, 
prieur du couvent de Saint Jean Batiste et hôpital de la Charité de 
Paris, y demeurant, qui nous a dit que led. Mardoché Lévy est 
décédé hier à minuit, à la suite de maladie, qu'il consent l'enlève- 



1 . Cet inventaire fait aujourd'hui partie des minutes de Me Vingtain, de 
même que la transaction du 19 mai. Je dois à l'obligeance de Me Vingtain 
d'avoir pu prendre connaissance de ces pièces et publier la partie de l'esti- 
mation relative à la bibliothèque P. Hildenfinger. La hibliothèque de Ber- 
nard Valahrègue. (Paris, 191 1, in-80, 16 p. ; extr. du Bulletin du Biblio- 
phile). 

2. Suite du no 124. 

3. Sur l'opposition des Juifs Portugais et des Juifs Allemands établis à 
Bordeaux, cf. Cirot, op. cit., dans Bulletin hispanique, t. VIIL 



AU XVIII^ SIECLE 231 

ment dud. cadavre pour être enteré en la forme et manière usitée 
dans leur religion, à l'effet de quoi offre de nous représenter et 
remetre ledit corps. Et a signé avec nous. Rayé huit mots nuls. 
De Graville, F. Ildephonse Fontaine. 

Desquels dire, déclarations, offre et représentation à l'instant 
faite d'un cadavre masculin, que l'on nous a déclaré être celui dudit 
Mardoché Lévi, avons donné acte; en conséquence disons qu'il en 
sera par nous à l'instant communiqué à Monsieur le Procureur du 
Roy et référé à Monsieur le Lieutenant général de police pour être 
requis et ordonné ce que de droit, et jusqu'à ce, le corps dudit 
Mardoché Lévi est resté en la possession dud. Révérend Père Fon- 
taine, prieur, pour en faire la représentation quant et à qui il 
appartiendra. Et a signé avec lesd. Vidal, Mendès et nous : 
Aaron Vidal, F. Ildephonse Fontaine, De Graville, Bn. Mendez. 

Vu le procès verbal cy dessus, je n'empêche pour le Roy le 
cadavre dudit Mardoché Lévi être inhumé nuitament, sans bruit, 
scandai ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce dix sept décembre mil sept 
cent soixante dix neuf. Rayé deux mots nuls. 

Moreau. 

Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que 
le corps dudit Mardoché Lévi sera inhumé nuitament, sans bruit, 
scandai ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, en la 
manière acoutumée, enjoignons aux officiers du guet et de police de 
prêter main forte si besoin est, et sera notre présente ordonnance 
exécutée nonobstant opposition ou appellation quelconque et sans 
y préjudicier. Fait ce dix sept X'"'^ i779- 

Non signé. 

140. 

5 février 1780. — Acte de décès de Jacoh de Paul père 
Y 11096, 

L'an mil sept cent quatre vingt, le samedy cinq février, six heures 
et demie du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, 
commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été 
requis, nous sommes transporté rue Saint Séverin, près la rue de 
la Vieille Bouderie, maison ayant entrée par une allée entre un 



232 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

perruquier et une fruitière, et ayant été introduit au second étage 
d'icelle dans un petit appartement de deux pièces ayant vue sur la 
rue Saint Séverin, nous avons trouvé dans la première desd. deux 
pièces et pardevant nous sont comparus S"" Benjamin Mendez, Juif, 
négociant, demeurant rue et paroisse Saint André des Arts, au 
caffé du Prophète Élie, et S'' Jacob Raphaël Aguilar, aussi Juif, 
négociant, demeurant rue et paroisse Saint Séverin, hôtel de Pro- 
vence. 

Lesquels nous ont dit que S"" Jacob de Paul père, Juif, négociant, 
occuppant l'appartement où nous sommes, est déceddé dans sa 
chambre à coucher, qui est la seconde des deux pièces composant 
led. appartement, le jour d'hier, entre cinq et six heures du soir, 
âgé de quatre vingt dix sept ans passé , à la suitte d'une attaque de 
paralysie dont il avoit été frappé deux jours auparavant, qu'il est 
mort dans les sentimens de la religion judaïque, qu'il professoit 
et sous l'empire de laquelle il étoit né, et qu'ils ont requis notre 
transport à l'etïet de constater led. déceds et de faire ordonner l'inhu- 
mation dud. S'' Jacob de Paul père et conformément aux Déclarations 
de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé : 

Mendez, Aguilar. 

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. 
Si's Mendez et Aguilar de leur comparution, dire et réquisitoire cy 
dessus, et de ce qu'il nous est apparu dans lad chambre à coucher 
cy dessus désignée d'un corps mort masculin, qui nous a paru en 
en effet de l'âge de quatre vingt dix sept ans environ, étendu sur le 
carreau, enveloppé de linges et revêtu d'un drap mortuaire, lequel 
corps lesd. S-'s Mendez et Aguilar nous ont déclaré et affirmé en 
leurs âmes et consciences être celui dud. Si" Jacob de Paul père. 

Et pour faire ordonner l'inhumation de ce dernier nous nous 
transporterons au plutôt à l'hôtel de Monsieur le Procureur du 
Roy aud. Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de police 
pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à ce sujet. 

Dont et de ce que dessus nous avons rédigé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. S"'^ Mendez et 
Aguilar signé avec nous commissaire : 

Mekdez, Aguilar, Formel. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy, le cadavre dudit 
Jacob de Paul, Juif, être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, 
dans le cimetière des Juifs, â la Villette, et être enjoint aux officiers 



AU XVIir" SIECLE 233 

du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est 
et en sont requis. Fait ce 5 février 1780. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 5 février 1780. 

Lexûir. 
(En marge :) Rapporté en février 1780. Trois livres. 

141. 

28 février 1780. — Acte de décès d'haac, fils de Nathan Israël 
Y 15288. 

Du lundy vingt huit février mil sept cent quatre vingt, neuf heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châteletde Paris, avant été requis, nous sommes transporté 
rue Taillepain, dans une maison dont le S'' Isoard, tailleur, occupe 
la boutique, où étant monté au deuxième étage et introduit dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus 
Michel Laemsberg, Juif allemand, demeurant à Paris susd. rue 
Taillepain, au coin de celle Saint Merry, et Baruc Salomon, Juif de 
Berlin, demeurant rue Beaubourg, chez le S"" Chevillot, maître 
boulanger. 

Lesquels nous ont déclaré qu'Isaac, âgé de quatre mois, fils de 
Nathan Israël, Juif de Grinstat ■ en Allemagne, est décédé de 
maladie dans lad. chambre, hier dix heures du soir, et comme ses 
père et mère professent la religion judaïque et qu'ils étoient dans 
l'intention de l'élever dans cette même religion, les comparants 
requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation dudit Isaac Israël au 
cimetière des Juifs, en la manière accoutumée ; déclarent en outre 
que ledit Nathan Israël et sa femme sont pauvres et hors d'état de 
frayer aux frais d'inhumation de leur fils. Desquels comparution, 
dire, déclarations et réquisition avons donné acte. Et après qu'il 
nous est apparu du cadavre d'un enfant, paroissant âgé d'environ 
quatre mois, gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. 
chambre, que les comparants nous ont déclaré et attesté être celuy 
dud Isaac Israël, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer 
jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué 
sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le 



I. Grunstadt (Palatinat bavarois). 



234 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

présent procès verbal, pour servir et valoir ce que de raison. Et 
ont signé avec nous, lesd. Laemsberg et Salomon en hébreu, ayant 
déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce interpellés : 

Baruc Salomon (hebr.), Michel Laemsberg {bebr.), Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Isaac, fils de Nathan Israël, être inhumé à la Villette, dans le cime- 
tière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers 
du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont 
requis. Fait ce vingt huit février 1780. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt huit février mil sept cent 
quatre vingt. 

Lenoir. 

* [Au procès verbal est joint un certificat d'indigence signé 
M. Hadamar.J 

142. 

2 mars 1780. — Acte de décès de Beîon, fille de Samuel Moyse. 
Y 15288. 

Du jeudy deux mars mil sept cent quatre vingt, onze heures du 
matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Taillepain dans une maison dont la boutique est occupée par le 
S'' Isoard, tailleur d'habits, où étant monté au deuxième étage et 
introduit dans une chambre ayant vue sur lad, rue, pardevant nous 
sont comparus Gœfre Gœfre, Juif de Brestinfort ' en Wesphalie, 
demeurant rue Maubuée, chez le S"^ Colignon, limonadier, et Isaac 
Wimphen, Juif de Metz, demeurant rue du Temple, chez le nommé 
Colin, aubergiste. 

Lesquels nous ont dit que Bclon, âgée d'envion six mois, fille de 
Samuel Moyse, Juif de Francfort sur le Mein, et de feue Belon 
Moyse, sa femme, est décédée de la petite vérolle, ce matin iVsix heu- 
res dans lad. chambre, et comme ledit Samuel Moyse, qui prolfesse 
la religion judaïque, étoit dans l'intention de l'élever dans la même 
religion, les comparants requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation 
de lad. Belon Moyse au cimetière des Juifs, en la manière accoutu- 



I. Burgsteinfurt, cercle de Stciofurt, prcs. Munster, Westphalie. 



AU XVIII^ SIÈCLE 235 

mée ; déclarent en outre que ledit Samuel Moyse est pauvre 
et hors d'état de pourvoir aux frais d'inhumation de sad. fille. 
Desquels comparution, dire, déclaration et réquisition avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant étendu 
sur de la paille mise sur le plancher de lad. chambre, que les com- 
parants nous ont déclaré être celuy de lad. Belon Moyse, il est resté 
dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M"" le Lieute- 
nant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de 
tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, ledit 
Gœfre Gœfre en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en tran- 
çois de ce interpellé : 

DUCHESNE, ISAAC WiMPHEN', GoEFRE GoEFRE (Jjchr.'). 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
laditte Belon, fille de 'Samuel Moyse, être inhumé à la Villette, au 
cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait le deux mars 1780. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce deux mars mil sept cent quatre 
vingt. 

Lenoir. 
143. 

8 mars 1780. — Acte de décès de Daniel Lopès La Gotina. 
Y 10796, cahier spécial, pièce 5 ^. 

L'an mil sept cent quatre vingt, le mercredy huit mars, huit heures 
du matin en l'hôtel et pardevant nous, Jean Graillard de Graville, 
avocat en Parlement, conseiller du Roy, commissaire enquesteur et 
examinateur au Châtelet de Paris, sont comparus S""^ Aaron Vidal et 
Benjamin Mendez, négotiants, Juifs, demeurants en cette ville, rue 
Saint André des Arts, ancien sindic et sindic en place de la nation 
juive portugaise. 

Lesquels nous ont dit que Daniel Lopès La Gouna, négotiant Juif, 
natif de Bordeaux, âgé de près de vingt trois ans, est décédé hier 
au soir à huit heures, à la suitte de maladie, en une chambre qu'il 



1. Avec seconde signature en hébreu. 

2. Suite du no 139. — Cardozo de Bethcncourt, rtr/. cit., Revue des études 
juives, XXVI, p. 243, donne un extrait de cette pièce d'après les papiers de 
kl famille Pereire. 



236 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

occupoit avec la V^^ La Gouna, sa mère, au premier étage sur le 
devant d'une maison ditte le Colège d'Autun, size rue Saint André 
des Arts. Pourquoy requièrent notre transport en lad. chambre à 
l'effet de constater la mort et d'ordonner l'inhumation dud. La 
Gouna au cimetière des Juifs, à la la Villette, en la manière ordi- 
naire. Et ont signés : Aron Vidal, Bn, Mendez. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons 
donné acte auxd. S''^ Vidal et Mendez de leurs comparutions, dires, 
déclaration et et réquisition. En conséquence nous sommes trans- 
portez avec eux en lad. chambre, où étant, avons remarqué un corps 
mort, étendu par terre, et qui nous a été déclare être celuy dud. 
Daniel Lopès La Gouna, et aussy après qu'il nous a été attesté qu'il 
étoit décédé à la suitte de maladie tant par lesd. S''^ \'idal et Mendez 
que par Jacob Dacosta, marchand Juif, trouvé dans lad. chambre, 
demeurant rue de l'Hirondelle, hôtel de Rheims, disons qu'il va en 
être communiqué à Monsieur le Procureur du Roy, et ensuite référé 
à Monsieur le Lieutenant général de Police, pour être requis et 
ordonné ce que de droit, et jusqu'à ce, le corps dud. La Gouna est 
resté en la garde dud. Dacosta pour en faire la représentation quant 
et à qui il appartiendra. Et ont signés avec nous : 

Aaron Vidal, J. Dacosta, De Graville, Bx. Mekdez. 

Vu le procès verbal cy dessus, je n'empêche pour le Roy, le 
corps dud. Daniel Lopès La Gouna être inhumé sans bruit, scandai 
ny apareil et nuitament, dans le cimetière des Juifs de la Villette, 
et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main 
forte si besoin est et en sont requis. Fait ce huit mars mil sept 
cent quatre vingt. Mokeau. 

Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que 
le corps dud. La Gouna sera inhumé nuitament, sans bruit, scandai 
ny apareil, dans le cimetière de Juifs, à la Villette, en la manière 
accoutumée, enjoingnons aux officiers du guet et de police de 
prêter main forte si beson est et en sont requis, et sera notre pré- 
sente ordonnance exécutée nonobstant oppositions ou appellations 
quelconques. Fait ce huit mars mil sept cent quatre vingt '. 

Non sio^né. 



I. Ce procès-verbal est signalé par L. Kahn, Cituetures, p. 109 (sans nom 
de commissaire), qui indique que c'est le premier Juit" inhumé au nouveau 
cimetière. 



AU XVIII" SIÈCLE 237 

144. 
16 mars 1780. — Acte de décès de Félicité, fille de David Naquct. 
Y 10796, cahier spécial, pièce 6 '. 

Et le jeudy seize mars dudit an mil sept cent quatre vingt, 
six heures et demie du soir, en notre hôtel et pardevant nous 
commissaire susdit sont comparus Samuel Roget, négociant à Paris, 
y demeurant, rue de l'Hirondelle, hôtel de Sens, et S'' Abraham 
Garcia, marchand chocolatier, demeurant hôtel Sainte Geneviève, 
rue Poupée, tous deux Juifs de nation. 

Lesquels nous ont dit et déclaré qu'une petite fille, née d'avant 
hier dans l'après midi, enfant de David Naquet, "négotiant, et de 
Marie Anne Perpignan, sa femme, tous deux Juifs de nation, 
demeurants rue Màcon, paroisse Saint Séverin, et qui avoit été par 
ces derniers mis en nourrice chez la femme du nommé Loire, im- 
primeur, demeurante rue et montagne Sainte Geneviève, chez le 
pâtissier vis à vis le collège de Navarre, vient de décéder aujourd'hui 
sur les quatre heures de cet après midy, à la suite d'un abcès dont 
clic étoit attaquée, que dans ce moment ledit Naquet, oncle dud. 
S"" Roget comparant, ne pouvant vacquer lui môme pour faire 
faire l'inhumation de son enfant, ils nous requièrent pour lui de 
présentement nous transporter avec eux chez lad. D« Loire à l'effet 
de constater lad. mort et d'ordonner l'inhumation de cet enfant 
en la manière accoutumée. VA ont signé. Rayé douze mots comme 
nuls. 

S. Roget, Abraham Garcia. 

Sur quoy nous, commissaires susdit, avons donné acte auxd. 
S''^ Roget et Garcia de leurs comparution, dires et réquisition. En 
conséquence nous nous sommes à l'instant avec eux transportés en 
une maison, rue et montagne Sainte Geneviève, dont le S'' Claire, 
pâtissier, est principal locataire, où étant monté au quatrième étage 
d'icelle et entré dans une chambre ayant vue sur lad. montagne 
Sainte Geneviève, nous y avons trouvé Catherine Henry, femme 
de Jean Pierre Loire, garçon imprimeur, et elle ouvrière, demeu- 
rante en la chambre où nous sommes, laquelle nous a dit qu'elle a 
eu la petite fille dud. S"" Naquet, Juif, aujourd'hui à l'etfet de la 



I. Suite du n" précédent. 



238 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

nourrir, qu'il lui avoit dit de la nommer Félicité, que cette petite 
fille vient de décéder sur les quatre heures après midy, à la suitte 
d'un abcès qui a percé par la bouche et le nez, et à l'instant nous 
l'a représenté couchée dans un petit berceau d'osier, et après avoir 
remarqué le corps mort d'un enfant nouvellement née, du sexe fémi- 
nin, nous ordonnons qu'il va être communiqué de sa mort à 
Monsieur le Procureur du Roy et ensuitte référé à Monsieur le 
Lieutenant général de police, pour être requis et ordonné ce que de 
droit, et jusqu'à ce, le corps de lad. fille Félicité Naquet est demeuré 
en la garde de lad. femme Loire, qui le reconnaît et s'en [est] 
chargée pour en faire la représentation quand et à qui il appartien- 
dra. Et avons signé avec lad. femme Loire : 

De Graville, C. Henry. 

Vu le procès verbal cy dessus, je n'empêche pour le Roy le corps 
de lad. D. Félicité Naquet être inhumé sans bruit, scandai ny appa- 
reil et nuitamment, dans le cimetière des Juifs de la Villette, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce seize mars mil sept cent quatre 
vingt. 

More AU. 

Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que 
le corps de lad. Félicité Naquet sera inhumé nuitamment et sans 
bruit, sans scandai, ni appareil, dans le cimetière des Juifs, à la 
Villette, en la manière accoutumée, enjoignons aux officiers du 
guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis, 
et sera notre présente ordonnance exécutée nonobstant oppositions 
ou appellations quelconques. Fait ce seize mars mil sept cent 
quatre vingt. 

Non signé. 
145. 

6 mai 1780. — Acte de décès de Samuel, fils de Jacob Rodrigue Pereire. 
Y 15288'. 

Du samedy six may mil sept cent quatre vingt, entre huit et neuf 
heures du soir. 



I. Cardozo de Bétliencourt, Revue des études juives, XXVI, p. 244, publie 
d'après les papiers de la famille Pereire un extrait de ce procès- verbal signé 
Duchesne. 



AU XVIII'= SIECLE 239 

Nous, Hugues Philippes Duchcsnc, conseiller du Roy, commis- 
saire enquestcur, examinateur au Châtelet de Paris, ayant été 
requis, nous sommes transporté rue Plastrière, près l'hôtel des 
Postes, dans une maison en laquelle demeure le S"" Jacob Rodrigues 
Pereire, agent de la nation juive portugaise, où étant monté au 
premier étage et entré dans une chambre ayant vue sur ladite rue, 
pardevant nous sont comparus S'' Hananel Rodrigues Pereire, 
marchand portugais ; et S'' David Silveyra, aussi marchand portu- 
gais, demeurants tous deux susditte rue Plastrière, paroisse Saint 
Eustache. 

Lesquels nous ont dit que Samuel Pereire, âgé de huit ans, 
fils dudit Sieur Jacob Rodrigue Pereire et de Mirian ', sa 
femme, est décédé ce jourdhuy, une heure après midy, dans la 
chambre où nous sommes, de maladie, professant la religion 
judaïque. Pourquoi ils requièrent qu'il soit poun^u à son inhumation 
dans le cimetière des Juifs Portugais, à la Villette, en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons 
donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparans nous ont déclaré et certiffié être celui dud. 
Samuel Pereire, il est resté en icelle pour y demeurer jusqu'à ce 
que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. 
inhumation. Dont et de quoi nous avons dressé le présent procès 
verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec 
nous. Rayé deux mots nuls. 

Hananel Rodrigues Pereire, D. Silveyra, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Samuel Pereire être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs de la nation portugaise, en la manière accoutumée, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce six mai mil sept cent quatre 
vingt. 

Moreau. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce six may mil sept cent 
quatre vingt. 

Lenoir. 

(En marge) : Gratis. 



I. Miriam Lopès Dias, qu'il avait épousé le 5 novembre 1766 (E. La Ro- 
chtlïe, Jacob Rodrii^uics Pereire, p. 281). 



240 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

14e. 

15 niai 1780. — Aclc de décès de Fayllet, fille d'Isaac Naymark. 
Y 15288. 

Du lundy quinze may mil sept cent quatre vingt, unze heures du 
matin. 

Nous, François Bourgeois, conseiller du Roy, commissaire au 
Châtelet de Paris, comme substituant M*^ Duchesne, notre confrère, 
qui avoit été requis, sommes transporté rue du Poirier dans une 
maison dont le S"" Cellier, fripier, occupe la boutique, où étant 
monté au premier étage et introduit dans un cabinet sur le derrière, 
ayant vue sur une cour, y avons trouvé et pardevant nous sont 
comparus Baron Salomon, Juif de Berlin, en Prusse, demeurant à 
Paris, rue Beaubourg, chez le S"" Chevillot, maître boulanger, et 
Louis Moïa, Juif de Darmstadt, demeurant susd. rue Beaubourg, 
chez le S''Touprier, maître menuisier. 

Lesquels nous ont déclaré que Fayllet, âgée d^reu^mois, fille 
d'Isaac Naymark ■, Juif de Pompiere ^ près Me^^^H^Édingle, sa 
femme, est décédée de maladie, dans led. cabiner^^uBpt heures 
du soir, que ses père et mère sont pauvres et horsd'étafde pourvoir 
par eux-mêmes aux frais de l'inhumation de lad. Fayllet, leur fille, 
laquelle ils auroient élevée dans la religion judaïque, qu'ils proffes- 
sent. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation de lad . 
Fayllet, au cimetière des Juifs allemands en la manière accoutumée. 
Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et 
après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, paroissant de 
l'âge d'environ treize mois, gissant sur de la paille étendue sur le 
plancher dud. cabinet, que les comparants nous ont certiffié et 
attesté être celuy de lad. Fayllet, fille dud. Isaac Naymark, il est 
resté dans led. cabinet pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. 
Et de tout ce que dessus nous avons dressé le procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, led. 
Baron Salomon, en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir signer en 
françois, de ce interpellé. Rayé en les présentes un mot comme nul. 
Bourgeois, Baron Salomon (bchr.), Louis Movea. 



1. On pourrait peut-être lire Nœymark. 

2. Ponpierrc, baillage de Ncufchatcau ; aujourd'hui Stciubiedcrsdorf, 
caut. Falkenberg, cercle de Boulay. 



AU XVIII'^ SIECLE 241 

Vu le procès verbiil, je n'cmpesche pour le Roy le cadavre de 
lad. Fayllet être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs de 
la nation allemande, en la manière accoutumée, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police de prestcr main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce quinze may mil sept cent quatre vingt. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce quinze may 1780. 

Lekoir. 
* [A ce procès verbal est joint un certificat d'indigence, signé 
M. Hadamar]. 

147. 

2 juin 1780. — Acte de (Icccs li'Abigail, fille de David Dacougue. 
Y 15288. 

Du vcndredv deux juin mil sept cent quatre vingt, cinq heures 
du soir. 

Nous, Hugues Philippcs Duchcsne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
dans une mais^i'î'tli^'Saint André des Arts vis à vis celle Hautefeuile, 
où étant ct.-introdujr dans une chambre au troisième étage, avant 
vue sur Icsdiiftcs'mes, pardcvant nous sont comparus Abraham 
Lopes Laguna, Juif de Bordeaux, demeurant à Paris, susd. rue 
Saint André des Arts, et Léon Fernandès, aussyjuif de Bordeaux, 
demeurant à Paris, rue du Foin Saint Jacques, dans une maison 
dont la boutique est occupée par un perruquier. 

Lesquels nous ont dit qu'Abigail Dacougne, âgée de vingt huit 
mois, fille de David Dacougne et d'Ester Lopes Dacougne, sa 
femme, Juifs Portugais, est décédée ce jourd'huy il y a environ 
une heure, de maladie, dans la chambre où nous sommes, que ses 
père et mère proffessant la religion judaïque ils l'élevoient dans la 
même religion. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à l'inhu- 
mation de lad. Abigail Dacougne à la \'illctte, dans le cimetière 
des Juifs portugais. Desquels comparution, dire et réquisition nous 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
féminin gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. 
chambre, que les comparaiîts nous ont déclaré estre celuy de lad. 
Abigail Dacougne, est resté dans lad. chambre pour y demeurer 
jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de police il ait 
été statué sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous avons dressé 
le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et 
ont signé : 

Léon Fernexdes, Abraham Lopes Laguna, Duchesne. 

16 



242 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
Abigail Dacougne être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs portugais, en la manière accoutumée, et être enjoint aux offi- 
ciers du guet et de police de prester mam forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce deux juin 1780. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce deux juin mil sept cent quatre 
vingt. 

Lekoir. 
148. 

23 juillet 1780. — Acte de décès du fil de Cerf Bar ah. 
Y 15288. 

Du dimanche vingt trois juillet mil sept cent quatre vingt, neuf 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Geoffroy Langevin, dans une maison appartenant au 
S"" Galot, maître maçon, où étant monté au deuxième étage et in- 
troduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous 
sont comparus Lipmann Nathan, Juif de Groziman ' en Allemagne, 
demeurant à Paris, rue Maubuée, chez le S"" Dudoiart, limonadier, 
et Cerf Israël, Juif de Metz, demeurant à Paris, rue des Petits 
Champs Saint Martin, à l'hôtel Notre Dame. 

Lesquels nous ont dit que le nommé Barah, âgé d'environ 
huit mois, fils de Cerf Barah, Juif d'Alsace, est décédé 
hier de maladie, entre dix et unze heures du matin, dans la 
chambre où nous sommes, que ledit Cerf Barah, qui proffesse la 
religion judaïque, étoit dans l'intention d'élever son fils dans la 
même religion, qu'il est pauvre et hors d'état de frayer par luy 
même aux frais de l'inhumation de sondit fils, à laquelle les com- 
parants requièrent qu'il soit pourvu au cimetière de la nation juive 
allemande, en la manière accoutumée. Desquels comparution, 
dire et réquisition, avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu 
du cadavre d'un enfant, se.xe masculin, gissant sur de la paille 
étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous 
ont déclaré et attesté estre celuy dud. Barah, fils dud. Cerf Barah, 
il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par 
Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. 



Gross-Zinimern, cercle de Dieburg, province de Starckenburg(Hesse). 



AU XVIll^ SIECLE 243 

inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent 
procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé 
avec nous. 

LiPMAN Matan (sic), Cerff Israël, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Barah, fils de Cerf Barah être inhumé à la Villette, au cimetière des 
Juifs allemands, en la manière accoutumée, et être enjoint aux offi- 
ciers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en 
sont requis. Fait ce vingt trois juillet 1780. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt trois juillet 1780. 

Lenoir. 
* [Au procès-verbal est joint un certificat d'indigence signé 
M. Hadamar]. 

149. 

28 juillet 1780. — Acte de décès de Barah Jacob Lévy. 
Y 15288. 

Du vendredi vingt huit juillet mil sept cent quatre vingt, huit 
heures du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue des Petits Champs Saint-Martin, dans une maison garnie 
appelée l'hôtel Notre Dame, où étant monté au premier étage et 
introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous 
sont comparus Mayer Hademart, agent des Juifs de Metz, demeurant 
à Paris, rue Saint Martin, chez le S'' Anginot, marchand boursier, 
et Joseph Cahin, Juif de Metz, demeurant susd. rue Saint Martin, 
chez led. Anginot. 

Lesquels nous ont dit que Barah Jacob Lévy, Juif de Metz, âgé 
d'environ quarante un ans, est décédé de maladie ce matin vers 
cinq heures dans lad. chambre en laquelle il logeoit, professant la 
religion judaïque. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son 
inhumation au cimetière des Juifs allemands, en la manière accou- 
tumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. 
Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur de 
la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les compa- 
rants nous ont déclaré et attesté estre celuy dud. Barah Jacob Lévy, 
il est resté dans laditte chambre pour y demeurer jusqu'à ce que 
par Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur 



244 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le 
présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont 
signé avec nous : 

M. Hadamar', Dl'chesxe, Joseph Joseph Cahix'. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Barah Jacob Lévy être inhumé en la manière accoutumée dans le 
cimetière des Juifs allemands, à la \'illette, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce 28 juillet 1780. 

MOREAU. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce vingt huit juillet mil sept cent 
quatre vingt. 

Lenoik. 
150. 

16 août 1780. — Acic de décès de Lca, femme d'Aaron Mayer. 
Y 15288. 

Du mercredv seize août mil sept cent quatre vingt, onze heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Geoffroy Langevin, dans une maison appartenant au S"" Galot, 
maître maçon, où étant monté au deuxième étage et introduit dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont com- 
parus Cerf Israël, Juif de Metz, demeurant à Paris, rue des Petits 
Champs Saint Martin, à l'hôtel Notre Dame, et Lipman Nathan, 
Juif allemand, demeurant rue Maubuée, maison d'un épicier. 

Lesquels nous ont déclaré que Léa Mayer, femme d'Aaron 
Mayer, Juif de Treibiche ^ en Marovie (5/V), âgée d'environ trente 
huit ans, est décédée de suite d'une longue maladie, ce jourd'huy 
une heure du matin, dans lad. chambre, proffessant la religion 
judaïque. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhu- 
mation au cimetière de la nation juive allemande, àlaVillette, en la 
manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition 
avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre 
(Tissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparants nous ont certifié et attesté être celuy de lad. 



1. Avec seconde signature en hébreu. 

2. Trebitscht, Moravie (Autriche-Hongrie). 



AU XVIII'^ SIECLE 245 

Léa Maycr, femme d'Aaron Mayer, il est resté dans lad. chambre 
pour y demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général 
de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que 
dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

Cerff Israël, Lipmax Natan, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. 
Léa Mayer être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs de 
la nation allemande, en la manière accoutumée, et être enjoint aux 
ofliciers du guet et de police de prester main forte si besoin est 
et en sont requis. Fait ce seize aoust 1780. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce seize aoust mil sept cent quatre 
vingt. 

Lekoir. 

(Au procès-verhal est joint le certifieat suivant ;) 

Je soussigné, sindic et préposé par M. le Lieutenant général de 
police pour la nation juive allemande, à Paris, certifie qne la 
femme Aaron, maître d'école de la ville de Treibiche en Marovie, 
nommée Léa est morte cette nuit à une heure après minuit, dans 
la rue Geofïrolangvin {sic\ maison du S"" Galou, au second étage, 
sur la rue, âgée de 38 ans, et quelle sera enterée des deniers de la 
charité. A Paris, ce 16 août 1780. 

J. GOLDSCHMIT. 

151. 

3 septembre 1780. — Acte de décès de Jacoh Laiidsherg. 
Y 15288. 

Du dimanche trois septembre mil sept cent quatre vingt, de 
relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Brisemiche, dans une maison occupée par le S"" Lazou, 
marchand tapissier, où étant monté au deuxième étage et introduit 
dans une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont 
comparus Mayer Brac, Juif de Nidevrisse ', demeurant à Paris, rue 
Grenier Saint Lazare, maison du S"" Dema}', éventaillistc, et Lipman 



Niederwiese, aujourd'hui canton et cercle de Boulay (Lorraine). 



24e DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Natan, Juif allemand, demeurant rue Maubuce, chez le S'' Dudoiart, 
limonadier. 

Lesquels nous ont dit que Jacob Landsberg, Juif de Kerchen 
Beaulande ', en Allemagne, âgé d'environ quarante six ans, est 
décédé de maladie, ce jourd'huy deux heures après midy, dans lad. 
chambre, proffessant la religion judaïque. Pourquoy ils requièrent 
qu'il soit pourvu à son inhumation au cimetière des Juifs allemands, 
à la Villette, en la manière accoutumée, déclarant qu'il ne laisse 
aucun bien Çsic) et qui (.wV) sera inhumé des deniers de charité. 
Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et 
après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur de la 
paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants 
nous ont attesté estre celuy dud. Jacob Landsberg, il est resté dans 
lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant 
général de police, il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce 
que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir 
et valoir ce que de raison. Et ont signé : 

DucHESNE, Mayer Brac, Lipman Natan ^. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Jacob Landsberg être inhumé à la Villette, dans le cimetière de la 
nation juif (^/V) allemande, en la manière accoutumée, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce trois septembre mil ^pt cent 
quatre vingt. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce trois septembre mil sept cent 
quatre vingt. 

Lenoir. 

Au procès verbal est annexé le certificat ci-joint : Je, soussigné, 
sindic et presposé par M. le Lieutenant général de police pour la 
nation juive allemande à Paris, certifie que le nommé Jacob Lands- 
berg, de Kerchen Beaulande, en Allemagne, est décédé en cette 
ville, ce jourd'hui à deux heures après midi, en la maison du sieur 
Lazou, tapissier, rue Brisemiche, âgé de quarante six ans, demeu- 
rant au second sur la rue, et qui sera inhumé à la Villette de diniers 
{sic') de la charité. A Paris, ce trois septembre 1780. 

J. GOLDSCHMIT. 



1. Kirchheimbolanden (Palatinat bavarois). 

2. Cette dernicrc signature est en caractères allemands. 



AU XVIII^ SIÈCLE 247 



152. 

15 septembre 1780, — Acte de décès de Jacob Rodrigue Pereire. 
Y 15288. 

Du vendredy quinze septembre mil sept cent quatre vingt, de 
relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Montmartre, vis à vis la rue de la Jussienne, dans une 
maison dont la boutique est occupée par un marchand mercier, où 
étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre à 
coucher, pardevant nous sont comparus S'' Hananel Rodrigue 
Pereire, Juif Portugais, et S"" David Silveyra, marchand portugais, 
demeurant tous deux susditte rue Montmartre, paroisse Saint 
Eustache. 

Lesquels nous ont dit que Jacob Rodrigue Pereire, pensionnaire 
du Roy et agent de la nation juive portugaise, âgé d'environ 
soixante six ans, est décédé la nuit dernière vers minuit, de 
maladie, dans ladittc chambre, professant la religion judaïque. 
Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans 
le cimetière des Juifs Portugais, à la Villette, en la manière 
accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons 
donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparants nous ont déclaré et certiffié estre celuy dud. 
Jacob Rodrigue Pereire, il est resté en icelle pour y demeurer 
jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de police il ait 
été statué sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous avons dressé 
le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et 
ont signé avec nous : 

Hananel Rodrigues Pereire, D. Silveyra, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. 
Jacob Rodrigue Pereire être inhumé à la Villette, dans le cimetière 
des Juifs de la nation portugaise, en la manière accoutumée, et 
être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte 
si besoin est et en sont requis. Fait ce quinze septembre mil sept 
cent quatre vingt. 

MOREAU. 



248 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce quinze septembre mil sept 
cent quatre vingt. 

Lexoir. 

Et ledit jour quinze septembre aud. an cinq heures de relevée, 
est comparu led. S'' David Silveyra, lequel nous a déclaré que 
led. S"" Pereire a été inhumé le jourd'huy, il y a environ une 
demie heure en exécution de l'ordonnance cy dessus. Et a signé 
:\XQC nous : 

DucHESNE, D. Silveyra. 

(Eu marge) : Rapporté en 7'' 1780. Trois livres. 

153- 

3 octobre 1780. — Acte de décès de Jeantieite, plie d'Isaac Lêvy. 
Y 15288. 

Du mardy trois octobre mil sept cent quatre vingt, du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté enclos du Prieuré de Saint Martin des Champs, rue Payelle, 
dans une maison dont la boutique est occupée par un limonadier, 
où étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre 
ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus Baron Salo- 
mon, Juif de Berlin, demeurant rue Beaubourg, maison du 
S"" Julliard, boulanger, et Lipman Nathan, Juif allemand, demeu- 
rant rue Maubuée, chez le S"" Dudoiart, limonadier. 

Lesquels nous ont dit que Jannette, âgée d'environ dix sept mois, 
fille d'Isaac Lévy, Juif de Vesthoven ' en Alsace, et de la nommée 
Racail, sa femme, est décédée de maladie, la nuit dernière vers 
minuit, dans lad. chambre, que ses père et mère, qui professent la 
religion judaïque, étoient dans l'intention de l'élever dans la même 
religion. Pourquoy les comparans requièrent que son cadavre soit 
inhumé au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels 
comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il 
nous est apparu du cadavre d'un enfant, sexe féminin, gissant sur 
de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les com- 
parants nous ont déclaré et attesté estre celuy de laditte Jeannette, 
fille dud. Isaac Lévy et sa femme, il est resté dans lad. chambre 



I. Westhafen, aujourd'hui canton do Wassclnhcim, cercle de Molslieim. 



AU XVIII^ SIÈCLE 249 

pour y demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant géné- 
ral de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que 
dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous led. Baron Salo- 
mon en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en François. 

DucHKSXE, Barox (hchr.), ', Lipmax Natak ^. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
lad. Jeannette être inhumé à la Villctte,dans le cimetière des Juits 
de la nation allemande, en la manière accoutumée, et être enjoint 
aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est 
et en sont requis. Fait ce trois S^re mil sept cent quatre vingt. 

MOREAU. 

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce trois octobre mil sept cent 
quatre vingt. 

Lexoir. 

154. 

2 novembre 1780. — Acte de décès de Lion Isaae. 
Y 15288. 

Du jeudy deux novembre mil sept cent quatre vingt, dix heures 
du matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est occupée 
par le S"' Collignon, maître limonadier, où étant monté au 
deuxième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. 
rue, par devant nous est comparue Marie SouUieux, tcmmc de 
Joseph Trépas, compagnon teinturier en soye, travaillant actuelle- 
ment à Lille en Flandres, elle occupant la chambre où nous 
sommes depuis douze ans, laquelle nous a dit que Lion Isaac, Juif 
de Wissembourg en Alsace, âgé d'environ cinquante ans, qui étoit 
en pension chez elle et qui occupoit depuis dix ans une petite 
chambre à coté de celle où nous sommes, est décédé ce matin 
subitement, sur les six heures, dans la chambre où nous sommes, 
que hier ils ont soupe ensemble entre six et sept heures, qu'après 
le souper ils sont descendus chez led. S"" Collignon, où ils ont bu 
un demy poisson d'eau de fleurs d'orange, qu'ils sont remontés sur 



1. La signature hébraïque porte simplement : Ber. 

2. Cette dernière signature est en caractères allemands. 



250 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

le champ et s'est couché tout de suitte dans le lit étant dans la 
chambre où nous sommes, et dans lequel et à lad. heure de six elle 
l'a trouve mort dans led. lit, et que tous les effets qui garnissent et 
qui sont dans lesd. deux chambres luv appartiennent : pour en jus- 
tifîier, elle nous a présenté une quittance du douze octobre dernier 
signée dud. S"" Collignon, par laquelle il reconnoit avoir reçu de 
Mad^ Trépas la somme de seize livres pour le terme dernier, 
laquelle quittance qui est sur un petit registre et en suitte de précé- 
dentes est restée en sa possession. Et a déclaré ne sçaoir écrire ny 
signer, de ce interpellée, suivant l'Ordonnance. Rayé cinq mots 
nuls y compris celuy au second postile '. 

Sont aussy comparus Maver Coblans, Juif de Metz, demeurant 
rue Geoffroy Langevin, chez la veuve Boursier, logeuse, et Isaac 
Wimphen, aussy Juif de Metz, demeurant chez lad. veuve Bour- 
sier, lesquels nous ont dit que ledit Lion Isaac, de Wissembourg, 
Juif, est décédé subitement ce jour d'huy dans la chambre oià nous 
sommes, âgé d'environ cinquante ans, proffessant la religion judaï- 
que. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation à 
la Villette, dans le cimetière de la nation juive allemande, en la 
manière accoutumée. Desquels comparutions, dire et réquisitions, 
ainsy que de ceux faits par lad. femme Trépas, nous avons donné 
acte. Et après qu'il nous est apparu d'un corps gissant dans un lit 
étant dans la chambre où nous sommes, que les comparants nous 
ont certifié et attesté estre celuy dudit Lion Isaac, de Wissembourg, 
il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par 
Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. 
inhumation. Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès 
verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans 
signé avec nous, led. Coblans en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir 
signer en françois quoiqu'il le parle. 

Mayer Coblans (hehr.), Isaac Wimphen % Duchesne. 

( U}ic première pièce annexe porte :) 

Je soussigné, sindic préposé par M. le Lieutenant général de 
police pour la nation juive allemande à Paris, certifie que le nommé 
Lion Isaac, de Visembourg en Alsace, est mort subitement, âgé 
de (.wV) ans, logé rue Maubuée, chez le sieur Colignon, limona- 



1 , Un certain nombre de mots sont en effet en marge, groupes en deux 
renvois. 

2. Avec seconde signature hébraïque de la même main. 



AU XVIII'^ SIÈCLE 251 

dier, et qu'il sera inhumé des deniers de la charité. A Paris, ce 

2e c>bre 1780. 

J. GOLDSCHMIT. 

(Uiw dcuxicnic annexe porte :) 

Monsieur, la visite du cadavre du sieur Lion, Juif, gissant au 
caflé de l'Étoille, rue Maubuée, a été fait par le médecin et chirur- 
gien du Chàtelet de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant cri- 
minel, conformément aux conclusions de Monsieur le Procureur 
du Roy. 

J'ay l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble ettrèsohéisant 
serviteur, 

Dupuis. 

Ce 2 9'"'e 1780. 

155. 

2 novembre 1780. — Acte de décès d'Eve, fille de David Aaron. 
Y 15288. 

Du Jeudy deux novembre mil sept cent quatre vingt, une heure 
de relevée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Chàtelet de Paris, avant été requis, nous sommes trans- 
porté rue Beaubourg, dans une maison dont la boutique est 
occupée par le S'' Mossé, dit La France, marchand de vin, où étant 
monté au troisième étage sur le derrière et introduit dans une 
chambre ayant vue sur une cour, pardevant nous sont comparus 
Louis Moeyea, Juit d'Amstat ' en Allemagne, demeurant susd. rue 
Beaubourg, maison où nous sommes, et Lipman Nathan, Juif 
allemand, demeurant rue Maubuée, maison d'un épicier. 

Lesquels nous ont dit que Eve, âgée de quinze mois, fille de 
David Aaron, Juif d'Italie et de Madeleine Aaron sa femme, est 
décédée ce matin à dix heures de maladie dans lad. chambre. Et 
comme ses père et mère étoient dans l'intention de l'élever dans la 
religion judaïque qu'ils proffessent, les comparans requièrent qu'il 
soit pourvu à son inhumation au cimetière de la nation juive alle- 
mande, à la \'illette, en la manière accoutumée. 

Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et 
après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, sexe féminin, 
gissant sur de la paille étendu sur le plancher de lad. chambre, que 
les comparants nous ont déclaré et attesté être celuy de lad. Eve 



I. Darmstadt (Hesse). 



252 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

fille dud. David Aaron et [de] sa femme, il est resté dans lad. 
chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieute- 
nant général de police il ait été statué sur lad. inhumation, ht de 
tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 
LiPMAx N.\TAX, Louis Moïjea, Ducheske. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre de lad. 
Eve être inhumé à la Villette, dans le cimetière de la nation 
Juive allemande, en la manière accoutumée, et être enjoint aux 
officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce deux novembre mil sept cent quatre vingt. 

MOREAU. 

Soit tait ainsy qu'il est requis. Ce deux novembre 1780. 

Lenoir. 

( Um pièce annexée porte:) 

Je soussigné, sindic préposé par M. le Lieutenant général de 
police pour la nation juive allemande à Paris, certifie que Eve fille 
du nommé David Aron Çsic), âgée de 15 mois, est décédée en 
cette ville, dans la maison du S"" Le France, marchand de vin, rue 
Beaubourg, qu'elle doit estre inhumée à la \'illette, dans le cime- 
tière des Juifs allemand et des diniers de charité. A Paris, ce 2 (^^"^ 
1780. 

J. GOLDSCHMIT. 
156. 

22 févricr-4 avril 1781. — Scellé de Saloinoii Perpignan. 
Y I 1604. 

Scellé de Salomon Perpignan, négociant, Juif, décédé vers 
6 heures du soir, en son domicile rue de Seine, appartement du 
second, donnant sur la rue. 

Commissaire : Chenu. 

Déclarant : Élie Perpignan, négociant Juif, rue Pavée Saint 
André des Arts, frère du défunt. Les membres de la famille cités 
au scellé sont en outre : la veuve du défunt, Nerthe Pichaud, rési- 
dant habituellement à Avignon, présentement à Paris, donataire 
entre vifs de son mari par contrat de mariage notarié passé à Avi- 
gnon le 18 avril 1770; leurs enfants, Josué et Régine, mineurs; et 
un autre frère, Abraham Perpignan, négociant à Lyon, de présent 
à Paris, rue Dauphine, tuteur de ses neveu et nièce. 

Comparaissent : Marin Segret et Jean François Leclerc, chirur- 



AU Wm" SIÈCLE 253 

giens, Louis Mousset, dit Saint Louis, domestique du défunt et 
Catherine Toille, sa cuisinière. 

L'inventaire est dressé par le notaire Charles Boutet, et les mar- 
chandises du magasin estimées par Auberteau, maitre drapier. Les 
frères se font remettre à deux reprises, à fin de recouvrement, des 
effets commerciaux, dont l'un endossé par Salomon Astruc. 

Au scellé sont annexés : 

1°) un exemplaire imprimé des Lettres patentes de mars 1776 
accordant à Jacob de Perpignan, de Bordeaux, sa femme et ses 
enfants les droits de régnicoles et naturels français, portant en 
marge main levée donnée par Guichard, avocat du Roi à la 
Chambre du Domaine, de soii opposition à la levée des scellés. 

2°) une information d'office faite par le commissaire Chenu sur 
la mort de Salomon Perpignan. Il en ressort qu'il est décédé dans 
des conditions particulièrement dramatiques. Au moment où le 
chirurgien Segret, qui le soignait depuis plusieurs jours pour 
« hypocondriacisme » et divers amis cherchaient à « lui remettre la 
tête » et à le déterminer à se laisser saigner, il ouvrit la fenêtre et 
se précipita dans la rue : d'où « playe considérable au tégument de 
la partie supérieure de la tête et fracture à la partie supérieure de l'os 
occipital ». Parmi les témoins interrogés : David Naquet, négociant 
Juif, rue Màcon, paroisse Saint Séverin, 48 ans, mari de la demoi- 
selle Perpignan, sœur du défunt, et Moïse Salom, Juif, négociant, 
rue de la Monnaie, paroisse Saint Germain r.\uxerrois, 48 ans, 
déposent « après avoir mis la main sur la Bible et promis de dire 
la vérité ». A la suite de l'information, figurent les conclusions du 
Procureur du Roi qui n'empêche « vu le raport des médecins et 
chirurgiens du Châtelet... le cadavre dudit Salomon Perpignan être 
inliumé en la manière ordinaire et accoutumée », et l'ordonnance 
du Lieutenant criminel. 

157- 
23 février 1781. — Acte de décès de Salomon Perpignan ■. 
Y II 604. 

L'an mil sept cent quatre vingt un, le vendredi vingt trois 
février, du matin, en l'hôtel et pardevant nous Gilles Pierre Chenu, 
commissaire au Châtelet de Paris et censeur royal, est comparu 
S'' Hélie Perpignan, négotiant Juif, demeurant rue Pavée, paroisse 



I. Ci. la pièce précédente. 



254 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Saint André des Arts, et S"" Moyse Perpignan, négotiant Juif, 
demeurant rue Dauphine. 

Lesquels nous ont dit que Salomon Perpignan, négotiant, natif 
de Bordeaux, âgé de quarante ans, demeurant rue de Seine fau- 
bourg Saint Germain, paroisse Saint Sulpice, leur frère, dont nous 
avons constaté la mort violente occasionnée par le dérangement de 
la tête à la suitte de maladie, suivant notre procès verbal du jour 
d'hier, étoit de la relligion juive, et comme il est nécessaire de le 
faire inhumer, ils sont venus nous faire la présente déclaration, 
requérant qu'il nous plaise pourvoir à lad. inhumation en la 
manière ordinaire. Et ont signé : Rayé ci dessus (sic) mots 
comme nuls. 

Moïse Perpignan, Élie Perpignan. 

Desquels comparutions, dires et réquisitoires nous, conseiller 
commissaire susd., avons donné acte aux susnommés, et en consé- 
quence nous avons ordonné qu'il en sera par nous référé à Mon- 
sieur le Lieutenant général de police, pour être par lui sur les 
conclusions de M. le Procureur du Roy statué ce qu'il appar- 
tiendra. Dont et de quoi nous avons fait et dressé le présent procès 
verbal pour servir et valloir ce que de raison. 

Chenu. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Salomon Perpignan être inhumé sans bruit, scandale ni apareil 
dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être enjoint aux officiers 
du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce 23 février 1781. 

Moreau. 
Soit fait ainsi qu'il est consenti. Ce 23 février 1781. 

Lenoir. 
{En marge ;) Rapporté. 

158. 

3 mars 1781 . — Acte de décès du fils de Jacob Salomon. 
Y 15289. 

Du samedy trois mars mil sept cent quatre vingt un, sept heures 
du soir. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis nous sommes transporté 
rue Maubuée, dans une maison occupée par la D«= Honnorée, où 



AU XVIII'^ SIÈCLE 25$ 

étant monté au deuxième étage sur le derrière, et entré dans une 
chambre ayant vue sur la cour, tenue garnie de lad. D= Honnorée 
par Jacob Salomon, Juif de Mora ' en Silésie, où étant, y avons 
trouvé et pardevant nous sont comparus Isaac Lévy, Juif de Bich^ 
en Alsace, demeurant rue Saint Denis, chez le S'' Chauffetet, maître 
chandelier, et Aaron Moyse, Juif de Francfort, demeurant rue 
Maubuée, chez le S'' Colignon, limonadier. 

Lesquels nous ont dit que Sara Veil, femme dudit Jacob Salo- 
mon, tous deux Juifs, est accouchée il y a seize jours d'un enfant 
sexe masculin, qui n'a pu estre circonci à cause de la foiblesse de 
sa santé, que ce jourd'huy matin à trois heures il est décédé dans 
lad. chambre, que ses père et mère l'auroient élevé dans la religion 
judaïque qu'ils proffessent, qu'il s'agit de pourvoir à l'inhumation 
de cet enfant. Pourquoy les comparants requièrent qu'il y soit 
pourvu au cimetière des Juifs allemans, situé à la Villette, en la 
manière accoutumée, déclarant que ledit Jacob Salomon est pauvre 
et hors d'état de frayer aux frais de laditte inhumation. Desquels 
comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il 
nous est apparu du cadavre d'un enfant, sexe masculin, gissant 
sur de la paille étendue sur le plancher de laditte chambre, 
que les comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy de l'enfant 
dud. Jacob Salomon et de lad. Sara Veil, sa femme, il est resté dans 
laditte chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieute- 
nant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de 
tout ce que dessus avons dressé le présent procès verbal pour servir 
et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, led. Aaron Moyse 
en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce inter- 
pellé : 

Isaac Levy, Duchesne, Aaron Moyse (Jjchr.'). 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
l'enfant sexe masculin, dont lad. Sara Veil, femme de Jacob Salo- 
mon, est accouchée il y a environ seize jours, estre inhumé au 
cimetière des Juifs Allemans, à la Villette, en la manière accoutumée, 
et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester main 
forte si besoin est et en sont requis. Fait ce trois mars 1781. 

MOREAU. 



1. Mohrau, cercle de Neisse, présidence d'Oppcln (Silésie prussienne) 
ou Klcin-Mohrau, près Frendenthal (Silésie autrichienne). 

2. Bischheim, aujourd'hui canton do Schiltighcim, cercle de Strasbourg. 



256 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce trois mars 1781. 

Lenoir. 

(Une pièce annexée au procès verbal porte :) 

Je soussigné, sindic préposé par M. le Lieutenant général 
de police pour la nation juive allemande à Paris, certifie 
que le fils de Jacob Salomon, âgé de seize jours, est décédé rue 
Maubuée, maison d'un menuisier, ledit enfant n'a pas pu estre cir- 
conciz ni nommé à cause de sa foiblesse, et son père n'est en estât 
de faire les frais de son inhumation. A Paris ce trois mars 1781. 

J. GOLDSCHMIT. 
139- 

29 mai 1781. • — Acte de décès du fils d'Abraham Garcy. 
Y 15289. 

Du mardy vingt neuf may mil sept cent quatre vingt un, environ 
cinq heures et demie de relevée. 

Nous, François Bourgeois, conseiller du Rov, commissaire cn- 
questeur examinateur au Châtelet de Paris, pour l'empêchement de 
M'^ Duchesnc, notre confrère, qui avoit été requis, nous sommes 
transporté rue des Deux Portes Saint Sauveur, dans une maison 
garnie appelée l'hôtel d'Orléans, où étant monté au troisième 
étage et introduit dans un petit cabinet avant vue sur la cour de 
laditte maison, pardevant nous sont comparus S'' David Silvevra, 
svndic et agent des Juifs Portugais, demeurant à Paris, rue Tic- 
quetonne, hôtel des Quatre Provinces, et S"" Jacob Lévv, aussy Juif 
Portugais, demeurant à Paris, rue de Montmorencv, vis à vis 
l'hôtel \'illain. 

Lesquels nous ont dit que Garcv, âgé de trois ans passés, fils 
d'Abraham Garcy, Juif de Bordeaux, et d'Ester Garcv, sa femme, 
est décédé de maladie ce jour d'huy unze heures du matin dans 
ledit cabinet, que ses père et mère sont pauvres et hors d'état de 
pourvoir eux mêmes aux frais de l'inhumation de leur fils, qu'ils 
professent l'un et l'autre k religion judaïque et étoicnt dans l'inten- 
tion d'élever leur fils dans la même religion. Pourquov les compa- 
rants requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation dudit Garcv, à la 
\'illette, dans le cimetière des Juifs Portugais, conformément aux 
intentions de M. le Lieutenant général de police. Desquels compa- 
rution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est 
apparu du cadavre d'un enfant, sexe masculin, gissant sur de la 
paille étendue sur le plancher dud. cabinet, que les comparants 
nous ont déclaré et attesté estre celuy dudit Garcy fils, il est resté 



AU XVIII'= SIECLE 257 

dans ledit cabinet pour y demeurer jusqu'à ce que par mondit 
sieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur laditte 
inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent 
procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé 
avec nous : 

Jacob Levy, D. Silveyra, Bourgeois. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Garcy être inhumé au cimetière des Juifs Portugais, à la Villette, 
en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et 
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce vingt neuf may 1781. 

MOREAU. 

Soit fliit ainsi qu'il est requis. Ce vingt neuf ma}' 1781. 

Lenoir. 

léo. 

15 juin 1781. — Acte de dcccs d'Abraham, fis de Joseph Vaylle. 
Y 15289. 

Du vendredy quinze juin mil sept cent quatre vingt un, quatre 
heures de relevée. 

Nous, François Bourgeois, conseiller du Roy, commissaire en- 
questeur examinateur au Châtelet de Paris, pour l'empêchement de 
M<^ Duchesne, notre confrère, qui avoit été requis, nous sommes 
transporté rue Brisemichc, dans une maison occupée par la veuve 
Massié, où étant monté au premier étage et introduit dans une 
chambre ayant vue sur laditte rue, y avons trouvé et par devant 
nous sont comparus S"" David Silveyra, syndic et agent des Juifs 
Portugais, demeurant à Paris, rue Ticquetonne, hôtel des Quatre 
Province, et Jacob Lévy, aussy Juif Portugais, demeurant à Paris, 
rue de Montmorency, vis à vis l'hôtel Villain. 

Lesquels nous ont dit qu'Abraham, âgé de quatorze mois, fils de 
Joseph Vaylle, Juif de Viche' en Alsace, est décédé de maladie, dans 
laditte chambre, ce jour d'huy entre unze heures et midy, que son 
père qui est très pauvre profFesse la religion judaïque et étoit dans 
l'intention d'élever son fils dans la même religion. Pourquoy les 



I . Bischheim, aujourd'hui canton de Schiltighcim, cercle de Strasbourg. 
II n'y avait pas de Juifs à WischI, aujourd'hui canton de Schrameck, cercle 
de Molsheini. 

17 



258 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

comparants requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation dudit 
Abraham, à la Villette, dans le cimetière des Juifs Portugais, confor- 
mément aux intentions de Monsieur le Lieutenant général de police. 
Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. 
Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, sexe mascu- 
lin, gissant sur de la paille étendue sur le plancher de laditte 
chambre, que les comparants nous ont déclaré et attesté être celuy 
dud. Abraham, fils dud. Joseph Vaylle, il est resté dans lad. chambre 
pour y demeurer jusqu'à ce que par niond. sieur le Lieutenant 
général de police il ait été statué sur laditte inhumation.. Et de tout 
ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour 
sers'ir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

Jacob Lévy, D. Silveyra, F. Bourgeois. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Abraham, fils de Joseph Vaylle, estre inhumé à la Villette, dans le 
cimetière des Juifs Portugais, en la manière accoutumée, et estre 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce quinze juin 1781. 

MOREAU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce quinze juin 1781. 

Lenoir. 

léi. 

17 juin 1781. — Acte de décès du fils de Nochan. 
Y 15289. 

Du dimanche dix sept juin mil sept cent quatie vingt un, 
deux heures de relevée. 

Nous, François Bourgeois, conseiller du Roy, commissaire en- 
questeur examinateur au Châtelet de Paris, pour l'empêchement 
de M<^ Duchesne, notre confrère, qui avoitété requis, nous sommes 
transporté rue de la Vieille Tixerandrie, dans une maison dont 
la boutique est occupée par un cordonnier, le premier à gauche en 
entrant par la rue Jean Pam Mollet, où étant monté au troisième 
étage sur le derrière de lad. maison et introduit dans une chambre 
ayant vue sur la cour, y avons trouvé et pardevant nous sont com- 
parus S'' David Silveyra, syndic et agent des Juifs Portugais, 
demeurant à Paris, rue Ticquetonnc, hôtel des Quatre Provinces, 
et Jacob Lévy, aussy Juif Portugais, demeurant à Paris, rue de 
Montmorency, vis à vis l'hôtel Villain. 

Lesquels nous ont dit que le fils non circonciz, âgé de neuf jours, 



AU XVIII'^ SIÈCLE 259 

du nommé Nochan, Juif Polonnois, et de Sarah Nocham, sa 
femme, est décédé de maladie ce jour d'huy unze heures du matin 
dans lad. chambre, que ses père et mère sont très pauvres, qu'ils 
professent la religion judaïque et étoient dans l'intention d'élever 
leur fils dans la même religion. Pourquoy les comparants requièrent 
qu'il soit pourvu à l'inhumation dudit enfant à la Villette, dans le 
cimetière des Juifs Portugais, conformément aux intentions de 
Monsieur le Lieutenant général de police. Desquels comparution, 
dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu 
du cadavre d'un enfant sexe masculin, que les comparants nous 
ont déclaré et attesté estre celuy du fils desd. Nocham et sa femme, 
gissant sur de la paille étendue sur le plancher de la ditte chambre, 
il y est resté pour y demeurer jusqu'à ce que par mondit sieur le 
Lieutenant général de police il ait été statué sur laditte inhumation. 
Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal 
pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 
F. Bourgeois, D. Silveyra, Jacob Levy. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de 
l'enfant non circonci du nommé Nocham et de Sara Nocham, sa 
femme, être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs Por- 
tugais, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du 
guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce dix sept juin 1781. 

More AU. 
Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce dix sept juin mil sept cent 
quatre vingt un. 

Lenoir. 
162. 

ifif juillet 1781. — Acte décès de Barach, fils de Marix Lévy. 
Y 15289. 

Du dimanche premier juillet mil sept cent quatre vingt un, 
neuf heures du soir. 

Nous, François Bourgeois, conseiller du Roy, commissaire en- 
questeur examinateur au Châtclct de Paris, pour l'empêchement de 
M<= Duchesne, notre confrère, qui avoit été requis, nous sommes 
transporté rue des Vieilles Etuves, Saint Martin, dans une maison 
dont la boutique est occupée par un limonadier et dont le S"" Renard 
est principal locataire, où étant monté au premier étage et entré 
dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et parde- 



260 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

vaut nous sont comparus Mnrix Lcvv, Juif de Vurtcmbcrg en 
Allemagne, locataire de lad. chambre, en laquelle il demeure, et 
Moyse Epimenté, Juif Portugais, demeurant à Paris, rue de la 
Parcheminerie, chez le S"" Chevalier, maître perruquier. 

Lesquels nous ont dit que Barach, âgé de dix mois, fils dudit 
Marix Lévy et de Rica Isaac, sa femme, est décédé de maladie 
vendredy vingt neuf juin dernier, dix heures du soir, dans lad. 
chambre, que luy Marix Lévy et sa femme qui professent la religion 
judaïque étoient dans l'intention d'élever leur fils dans la même 
religion. Pourquoy les comparants requièrent qu'il soit pourvu à 
l'inhumation dudit Barach Lévy, à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs Portugais, conformément aux intentions de Monsieur le 
Lieutenant général de police, déclarant que les frais de lad. inhu- 
mation seront payés des deniers de la charité des Juifs allemands. 
Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et 
après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, sexe masculin, 
gissans sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, 
que les comparants nous ont déclaré et attesté estre celuy dud. 
Barach Lévv, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à 
ce que par mond. sieur le Lieutenant général de police il ait été 
statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus avons dressé 
le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. 

Et ont signé avec nous, led. Marix Lévy en hébreu, ayant déclaré 
ne sçavoir signer en françois, de ce interpellé : 

Moïse Pimextel, Marix Levy Ç.h'hr.), F. Bourgeois. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Barach Lévy être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs 
Portugais, en la manière accoutumée, et être enjoint auxoftîcicrs du 
guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. 
Fait ce premier juillet 1781. 

More AU. 

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce premier juillet mil sept cent 
quatre vingt un. 

Lexoir. 

ÇUii certificat annexe porte :) 

Je soussigné, sindic de la nation juive allemande, certifie que 
Barach, fils de Marix Lévy de Vurtemberg en Allemagne, est décédé 
en cette ville vendredi dernier au soir rue des Vieilles Étuves Saint 
Martin, maison du S^" Renard, qu'il doit estre inhumé à la \'illettc, 
au cimetière des Juifs Portugais, suivant l'ordennance de M"" le 
Lieutenant général de police, et qu'il sera payé des deniers de la 



AU XVIII'-" SIÈCLE 261 

charité des Juifs allcmagnes(^/V)la somme de quinze livres. A Paris, 
ce premier juillet 178 1. 

J. GOLDSCHMIT. 

163. 

31 juillet 1781. — Acte de décès d'Abraham, fih de David Naqiicl. 
Y 15289. 

Du mardv trente un juillet mil sept cent quatre vingt un, du 
matin. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commis- 
saire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue Mâcon, près Saint André des Arts, dans une maison occupée 
par le S"" Osmon, où étant monté au premier étage et introduit dans 
une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus 
S'' David Silveyra, sindic des Juifs Portugais, demeurant à Paris, 
rue Ticquetonne, hôtel des Qiiatre Provinces, et Moyse Silveyra, 
Juif de Bayonne, demeurant à Paris, rue Percée, quartier Saint 
André des Arts. 

Lesquels nous ont dit qu'Abraham Naquel, âgé de deux ans, fils 
de David Naquel, Juif Avignonnois, et de Merian Perpignan, sa 
femme, aussy Juive, est décédé de maladie, dans lad. chambre, 
hier six heures du soir, et comme ses père et mère étoient dans 
l'intention de l'élever dans la religion judaïque qu'ils proifessent, 
les comparants requièrent qu'il soit pour^'u à son inhumation dans 
le cimetière des Juifs Portugais, à la Villette, en la manière accou- 
tumée, conformément à l'intention de Monsieur le Lieutenant 
général de police. Desquels comparution, dire et réquisition, avons 
donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, 
sexe masculin, gissant sur de la paille étendue sur le plancher de 
laditte chambre, que les comparants nous ont déclaré et attesté être 
celuy dudit Abraham Naquel, il est resté dans lad. chambre pour y 
demeurer jusqu'à ce que par mond. S"" le Lieutenant général de 
police il ait été statué sur laditte inhumation. Et de tout ce que 
dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et 
valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

MovzE Silveyra, D. Silveyra, Duchesne. 

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. 
Abraham Naquel être inhumé à la Villette, dans le cimetière des 
Juifs Portugais, en la manière accoutumée, et être enjoint aux 



262 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et 
en sont requis. Fait ce trente un juillet 1781. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce trente un juillet 1781. 

Lenoir. 

164. 

13 août 1781. — Acte de décès de Salomon, fils de Cerf Abraham. 
Y 15289. 

Du lundv treize aoust mil sept cent quatre vingt un, de re- 
levée. 

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du R03', commis- 
saire au Chàlelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté 
rue de la Tixeranderie, dans une maison appelée l'hôtel de la Pro- 
vidence, occupée par le sieur Beauregard, où étant monté au 
troisième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. 
rue, pardevant nous sont comparus S"" David Silveyra, sindic des 
Juifs Portugais, demeurant à Paris, rue Tiquetonne, hôtel des 
Quatre Provinces, et Moyse Silveyra, Juif de Rayonne, demeurant 
à Paris, rue Percée, quartier Saint André des Arts. 

Lesquels nous ont dit que Salomon, âgé d'environ deux ans, fils 
de Cerf Abraham, Juif de Bordeaux, est décédé de maladie, ce 
jourd'hui dans la matinée, dans la chambre où nous sommes, que 
ledit Cerf Abraham qui proffesse la religion judaïque étoit dans 
l'intention d'élever son fils dans la même religion. Pourquoy les 
comparans requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le 
cimetière des Juifs Portugais, à la Villette, en la manière accou- 
tumée, conformément à l'intention de Monsieur le Lieutenant 
général de police. Desquels comparution, direct réquisition, avons 
donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, 
sexe masculin, gissant sur de la paille étendue sur le plancher de 
laditte chambre, que les comparants nous ont déclaré et attesté 
estre celuy dudit Salomon Abraham, il est resté dans lad. chambre 
pour y demeurer jusqu'à ce que par mondit sieur le Lieutenant 
général de police il ait été statué sur laditte inhumation. Et de tout 
ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour 
servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : 

iMoYZE Silveyra, D. Silveyra, Duchesne. 

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit 
Salomon, fils de Cerf Abraham, être inhumé à la Villette, dans le 



AU XVIII* SIÈCLE 263 

cimetière des Juifs Portugais, en la manière accoutumée, et être 
enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si 
besoin est et en sont requis. Fait ce treize aoust 1781. 

MOREAU. 

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce treize aoust 1781. 

Lenoir. 

Au procès verbal est annexée la pièce ci-jointe : Je soussigné, sindic 
de la nation juife allemande, certifie que Salomon, fils de Cerf 
Abraham, de Bordeau, âgé de deux ans, est décédé ce matin chez 
le sieur Beauregard, rue de la Tixeranderie, à l'hôtel de la Provi- 
dence, qu'il doit être inhumé à la Villette, au cimetierre des Juifs 
Portugais, suivant l'ordonnance de M. le Lieutenant général de 
police, pour laquelle inhumation il a été payé au proposé (sic^ 
desdits Portugais la somme de quinze francs. 

Paris, ce 13 aoust 1781. 

J. GOLDSCHMIT. 

165. 

30 janvier 1782. — Acte de décès de Benjamin Zacarie. 
Y 15481. 

L'an mil sept cent quatre vingt deux, le trente janvier à dix 
heures du matin, nous, Pierre François Simonneau, conseiller du 
Roy, commissaire enquêteur examinateur au Chàtelet de Paris, 
ayant été requis, nous sommes transporté rue Saint Martin, au coin 
de celle Saint Merry, en une maison occupée par bas par le 
S"" Hubert, marchand papetier, 011 étant montés au deuxième étage 
et entrés dans un appartement ayant vue sur laditte rue, nous y 
avons trouvé et par devant nous est comparu Lion Zacharie, négo- 
tiant, demeurant appartement où nous sommes. 

Lequel nous a dit que Benjamin Zacarie, son fils, âgé de dix huit 
ans, natif de Roterdam, en Hollande, est décédé ce matin de la 
poulmonie. Pour quoi requiert être autorisé à pourvoir à son inhu- 
mation. Et a signé : 

Lion Zacharie. 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte dud. réquisitoire. Et après qu'il nous est apparu dans 
lad. chambre d'un cadavre masculin, qu'on nous a dit être celui 
dudit Benjamin Zacharie, ce qui nous a été attesté par Philippes 
Moyse, négociant, Juif de Metz, demeurant rué Brisemiche, et 



264 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Samuel Moysc, aussi négociant, Juif, demeurant rue Saint Martin, 
chez un marchand de tabac, près Saint Julien des Ménestriers, il a 
été par nous laissé en la garde dud. Zacarie père, qui s'en est chargé 
et auxquel (sic) nous avons permis de le faire inhumer au cimetière 
de la \'illette, en la manière ordinaire et accoutumée. Et ont lesd. 
Zacharie et témoins signé avec nous : 

Lion Zacharie, Samuel Movse, Philip Mozes. 

166. 

I" février 1782. — Acte de décès d'Abraham, fils de Nathan Israël. 
Y 15481. 

L'an mil sept cent quatre vingt deux, le vendredy premier février, 
à dix heures du matin, nous', Pierre François Simonneau, con- 
seiller du Roy, commissaire enquêteur examinateur au Châtelet de 
Paris, ayant été requis, nous sommes transportés rue du Poirier, 
en une maison dont la boutique est occupée par le S"^ Mouche, 
maître boullanger, oià étant montés au troisième étage et entrés 
dans un appartement ayant vue sur lad. rue, nous y avons trouvé 
et par devant nous est comparu Nathan Israël, négociant, Juif, 
demeurant appartement où nous sommes. 

Lequel nous a dit que Abraham, son fils, âgé de neuf mois, natif 
de Paris, fils de lui et de Anne Bernard, sa femme, est décédé ce 
matin à quatre heures d'une poulmonie. Pourquoi requiert être 
autorisé à pourvoir à son inhumation et a signé : 

N.\THAX Israël Çhebr.). 

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons 
donné acte des comparution, dire et réquisition cy-dessus. Et après 
qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin, qu'on nous a dit être 
celui dudit Abraham, ce qui nous a été attesté par Lipman Nathan, 
Juif, demeurant rue Saint Martin, à la Croix de fer, et Jonas Lévy, 
demeurant rue des Petits Champs Saint Martin, il a été par nous 
laissé en la garde dud. Nathan Israël, qui s'en est chargé et auquel 
nous avons permis de le faire inhumer au cimetière de la Villette, en 
la manière ordinaire et accoutumée. Et ont^ lesd. Nathan Israël et 
témoins signé avec nous : 

Nathax Israël (hehr.), Lip.makk Natak '. 



I . La signature Jonas Lévy manque, 



AU xviir' SIÈCLE 265 



167. 

I9avril-ii septembre 1783. — Scellé de Sarah Meiidcs d'Acosia, 
femme de Samuel Peixotio. 
Y 13691. 

Scellé de Sarah Mendès d'Acosta, épouse de Samuel Peixotto, 
banquier, décédée de maladie vers quatre heures du matin, rue 
Saint André des Arts, au premier étage de la maison de Cuisinier, 
limonadier, principal locataire. 

Commissaire : N. L. Gillet, substituant Foucault. 

Requérant : Salomon Astruc, négociant, chez lequel habitait la 
défunte '. 

Notaire chargé de l'inventaire : Rouen. 

Parmi les oppositions, celle de Charles Joseph Paul Peixotto de 
Beaulieu, chef de la maison de Lévi, catholique, demeurant à Bor- 
deaux, de présent à Paris, hôtel du Parlement d'Angleterre, rue du 
Coq Héron, mari de la défunte, inters'enant tant en son nom que 
comme administrateur des biens de Paul et Daniel Peixotto, leurs 
enfants mineurs ; celle du Procureur du Roi au Bureau des finances 
et Chambre du Domaine de la généralité de Paris, envoyé en pos- 
session de la succession par sentence de lad. chambre du 3 mai 
1783 2 : opposition levée par arrêt au Parlement du 20 août. 

Astruc réclame à la succession différentes sommes : 300 1. pour 
3 mois II jours de « ses honoraires » suivant convention entre la 
dame Peixotto et lui ; — 300 1. pour 3 mois de la pension de lad. 
dame ; — ■ deux termes de loyer à raison de 384 1. par an, à compter 
du 15 juillet dernier ; — frais de nourriture de différentes gardes 
pendant la maladie de la défunte. L'inventaire établit d'autre part 
que la dame Peixotto a remis à Astruc une somme de 4.000 1. ; il 
refuse d'en justifier l'emploi, déclarant les avoir utilisés selon les 
intentions de lad. dame ; Peixotto, assisté du procureur Taladon, 
se réserve toutes voies de droit contre Astruc tant pour ces 4.000 
1. que pour 600 1. à lui remis lors de l'apposition des scellés. 



1. Se présentant le matin à 6 heures chez le commissaire, il refuse de 
signer sa déclaration « attendu la solennité de la fcte du sabat. » 

2. Cf. Arch. nat. Z'f, 842. 



266 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

l68. 

20 décembre 1783-22 avril 1784. — Scellé d'Ahrahram Vidal. 
Y 15482. 

Scellé de Abraham Vidal,- banquier, décédé, rue des Fossés 
Saint Germain des Prés, maison du S'' Debr}', au 3^ étage. 

Commissaire : Simonneau. 

Requérants : David Silveyra, syndic de la communauté de Juifs, 
rue Tiquetonne, Israël Vidal l'aîné, marchand privilégié du Roi, rue 
Neuve Saint Eustache, et Élie Perpignan, négociant rue Pavée 
Saint André des Arts. 

Les scellés sont apposés tant à l'appartement qu'en la boutique 
tenue par le défunt, à l'abbaye Saint Germain, cour des Princes '. 

La famille du défunt comprend : Sa sœur Miriam Vidal, femme 
de Moyse Gard, d'Avignon, séparée de son mari ; — son neveu, 
Jean-Charles Bomarin, Juif converti, sous le nom de Anne Jules 
Bomarin et deRachel Vidal, décédée : il est mari de Judith Salvador ; 
— sa nièce, Marie Gabrielle Bomarin, sœur de Jean Charles, 
mariée à Gabriel Dodin, luthier, rue Saint Yon, à la Rochelle. 

Miriam se fait représenter par Manassés de Béziers, négociant à 
Lyon, de présent à Paris, chez Vidal, marchand privilégié rue 
Neuve Saint Eustache, et Moyse Gard, par Aaron Ravel, son 
gendre, négociant à Amiens, de présent à Paris, chez Chàtenet, 
rue des Deux Portes Saint Sauveur. 

Parmi les oppositions, celles de Mardochée Ravel frères, de 
Rouen, comme créanciers, et du Procureur général de la Chambre 
du Domaine, réclamant l'héritage à titre d'aubaine : le Parlement 
par arrêt 18 février 1874 2 annulle cette opposition et maintient 
les héritiers dans la jouissance î. 



1. Le cardinal de Furstemberg, évcquc de Strasbourg et abbé de Saint- 
Germain, avait l'ait construire des boutiques dans l'enceinte du palais abba- 
tial. Cf. R. d'Argenson. Raphorts inédits, p. 90. 

2. Une copie de cet arrêt est annexée au scellé. Il a été imprimé sans 
titre. Paris, P. G. Simon, 1784 ; in-4° [B. N. F. 23676 (502)]. 

3. Voir cette affaire ci-dessus, p. 39. 



AU XVIII= SIÈCLE 267 

169. 
7-1 1 décembre 1784. — Scellé de Liefman Calmer. 

Y 14234. 

Scellé Liefteman Calmer, vidame d'Amiens, 70 ans, rue Sainte 
Barbe, paroisse Bonne Nouvelle, maison occupée par Calmer Cal- 
mer, négociant-privilégié du Roy. 

Commissaire : Leblond. 

Déclarant : Calmer Calmer, fils du défunt, locataire de cette 
maison en vertu d'un bail signé devant Rousseau, notaire, le 
9 février 1780. 

Le défunt était en pension chez son fils, ainsi que sa femme, 
Rachel Mosès Isaac, et sa fille Sara. Comparaissent en outre à 
l'acte : Isaac Antoine Louis Calmer, ancien négociant, rue Meslée ; 
Louis Benjamin Calmer, courtier de change, boulevard et bâtiment 
de la Comédie italienne ; Mayer Calmer, demeurant dans la maison 
du défunt ; Elias Meyer, de Hanovre, gendre de Liefman, mari de 
Mitil Calmer, de présent à Paris avec sa femme ; et la femme de 
chambre et le domestique de Liefman. 7 oppositions diverses. Le 
II, les scellés sont levés « sans description » en vertu d'un arrêt de 
la Cour du môme jour. 

170. 

18 avril 1785. — Acte de décès de Jacques Cardoso. 

Y 15485. 

L'an mil sept cent quatre vingt cinq, le dix huitième jour d'avril 
à unze heures du matin, nous, Pierre François Simonneau, con- 
seiller du Roy, commissaire enquêteur examinateur au Châtelet de 
Paris, ayant été requis, sommes transportés au Grand Montrouge, 
en la demeure du S'' Massé, maître de pension, où étant, est com- 
paru S"" Urbain Pallu, bourgeois de Montrouge. 

Lequel nous a dit que le S"" Jacques Cardoso, natif d'Amsterdam, 
âgé d'environ cinquante ans, professant la religion judaïque, détenu 
en la maison 011 nous sommes d'ordre du Roy, est déceddé ce 
matin dans les sentiments de lad. religion, que led. S"" Massé sur le 
champ nous a instruit de son déceds, qu'il a été chargé de sa part, 
attendu qu'il avoit été nécessité de s'absenter, de nous faire la pré- 
sente déclaration et de nous requérir de constater led. déceds 
survenu aud. Cardoso à la suitte de maladie, ce qu'il nous aflirmé. 



268 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

comme aussy de faire procédder à l'inhumation de son cadavre. Et 
a signé : 

Fallu. 

Est aussi comparu S-- David Silveyra, agent des Juifs de la nation 
portugaise, lequel nous a pareillement affirmé que ledit S"" Cardoso 
proifessoit la religion judaïque et qu'il est déceddé ce jourd'huy en 
la maison où nous sommes. Et a signé : 

D. Silveyra: 

Sur quoy nous, conseiller du Rov, commissaire susdit, avons 
donné acte des comparutions, dires et réquisitions cy dessus et, en 
conséquence d'iceux, sommes montés au deuxième étage de lad. 
maison et, entrés dans une chambre éclairée, par une croisée sur le 
jardin, avons apperçu un cadavre du sexe masculin, qu'on nous a 
dit être celuy dud. S^ Cardoso, avons laissé ledit cadavre aud. 
S"" Fallu, qui s'en est chargé, jusqu'à ce qu'il ait été statué par 
Monsieur le lieutenant général de police sur son inhumation. Et 
a signé ; 

Fallu. 
171. 

23 mai-29 août 1787. — Scellé de Moyse Dalpugei. 
Y 14602. 

Scellé de Moyse Dalpuget, marchand de soie breveté et Juif natu- 
ralisé, décédé le 23 mai vers 11 heures 1/4 du matin, dans un 
appartement de la maison appartenant à Orsel, bijoutier, au coin 
des rues Boucher et Etienne. 

Commissaire : G. Lucotte, et, par remplacement, C. A. Fer- 
rand. 

Requérante : Marie Jandré, veuve Guillaume Berton, cuisinière 
du défunt. 

Notaire chargé de l'inventaire : Dosfant. 

L'inventaire est fait tant au domicile de Dalpuget qu'en une 
remise de la rue Betizy, où il avait son cabriolet, et au village 
de Massy où il possédait une maison louée à Jean-Marie Saul- 
nier, vigneron, sauf un pavillon réservé à son usage personnel; il 
porte sur les meubles, papiers et particulièrement les marchan- 
dises dont le scellé même donne un état détaillé. 

La famille du défunt comprend : son grand père, Jacob Dalpuget, 
négociant à Bordeaux, habile à se porter héritier des meubles et 



AU XVIII'= SIÈCLE 269 

acquêts en vertu de la coutume de Paris ', représente à la liqui- 
dation par Israël Vidal l'aîné, négociant privilégié du Roi, rue 
Neuve Saint Eustache, et huit frères ou sœurs, savoir : David Semac 
Dalpuget, négociant à Paris, rue Montmartre ; Paul-Athanazc- 
Charles Semac Dalpuget (ci-devant Jacob Dalpuget), âgé de 
24 ans, employé dans les fermes du Roi ; Armand-Emmanuel- 
Antoine Dalpuget Belloni de Villeneuve, (ci-devant Benjamin Dal- 
pugetj, négociant à Paris, rue Neuve des Petits Champs ; Raphaël 
Dalpuget, négociant à Paris, rue Montmartre, paroisse Saint Eus- 
tache ; Marthe-Jeanne (ci-devant Rebecca) Dalpuget, fille majeure, 
demeurant à Paris, rue Mouft'etard, au couvent des Hospitalières ; 
Rachel Dalpuget, mariée à Mardochée Dalpuget, (ou Dalpuget de 
Cassin) négociant à Avignon, domicilié de fait à Lyon, et logé 
successivement, au cours de la liquidation, rue Chariot, hôtel 
d'Artois, et rue d'Orléans-Saint-Honoré, hôtel de Nevers ; Sarah 
Dalpuget, résidant à Avignon, veuve de Élie Rouget, négociant à 
Lyon ; Françoise Dalpuget, veuve en premières noces de Grégoire 
Lafond, remariée à Jacques Romain Perrin {ou Perrens), bijoutier 
à Bordeaux, présentement logé rue et hôtel Ventadour. 

Entre tant d'héritiers des difficultés devaient presque nécessaire- 
ment s'élever, d'autant plus que l'inventaire fait découvrir deux 
testaments successifs : l'un daté de Bordeaux, 10 mai 1785, l'autre 
de Paris, 2 janvier 1787 ; en août, une instance est encore pen- 
dante au Parlement entre Perrens et Jacob. 

Parmi les oppositions, signalons celles de Pierre Goret, archi- 
tecte, et de Sainte-Barbe, couvreur, pour travaux exécutés en la 
maison du défunt rue Saint Denis, près Saint Sauveur ; celle de 
La Croix, logeur, ci-devant hôtel de la Paix, rue Chariot au Marais, 
pour loyers redûs par Marc {sic) Dalpuget, frère du défunt ; celle 
du commissaire Simonneau, peut-être pour ses honoraires de l'in- 
humation ? 

Par référé du 28 août, le notaire Dosfant reste chargé du recou- 
vrement des créances et du paiement des dettes, parmi lesquelles 
une somme de 600 1. pour frais d'enterrement. Le total des frais de 
ce scellé se monte à 3048 1., sur lesquelles le commissaire rapporte 
504 1. 5 s. 



I. Titre XV, art. 311 : «Les ascendans sont héritiers des meubles, 
acquêts et conquêts de leurs desccndans ». (L. de Laurière, Texte des 
Coutumes de la pnvôtè et viavutc de Paris, t. III (Paris, 1777, in-<So), p. 59. 



270 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

1/2. 
12-21 août 1787. — Scellé de Samuel Hirsch. 
Y I 5488. 

Scellé de Samuel Hirsch, pensionnaire du Roi de France et de 
l'impératrice reine de Hongrie ', décédé vers 8 heures du soir, rue 
Geoffroy Langevin, maison du S'' Godin, au Ie^ 

Commissaire : Pierre Clément Dassonvillez, en l'absence de 
Simonneau. 

Requérant : Jacob Traisnel [ou Trenelle], négociant, Juif, rue 
Grenier Saint Lazare, marie de Sophie Hirsch, fille et seule héri- 
tière du défunt. 

Comparaissent : Joseph Lév}', commis, Anne Marie Henriette, 
femme de ménage, et Jeanne Jacob, cuisinière, tous trois au 
service de Hirsch ; et Adelle Abraham, sa veuve, non commune en 
biens. 

L'inventaire est dressé par Jean Petit, notaire. 

Le Procureur du Roi en la Chambre du Domaine fait opposition 
aux scellés pour la conservation des droits du Roi, mais il ne 
semble pas être donné de suitte à cette opposition, et, du consente- 
ment de ses fille et gendre, la veuve reste chargée de tous les 
objets et titres inventoriés. 

173. 

5 aout-15 décembre 1788. — Scellé de CerfLévy. 
Y. 1198e. 

Scellé de Cerf Lévy de Bichen ^, Juif de nation, négociant, 
48 ans, décédé en chambre garnie, chez Mongin, hôtel de France, 
rue Bourg l'Abbé. 

Commissaire : Dassonvillez. 



1. On lit dans les Annonces, affiches et avis divers, n" du 12 y^re 1771, 
p. 759 : « Le sieur Samuel Hirsch, pensionnaire du Roi et de l'impératrice 
Reine de Hongrie, seul possesseur du secret pour la destruction totale des 
rats, souris, mulots et loirs, avertit de nouveau que sa Pâte ne se débite 
point ailleurs que chez lui, rue Geoffroy-l' Angevin, maison du sieur Godin, 
cordonnier. Le prix est toujours de 24 francs la livre. » 

2. Bischheim, canton de Schiltigheim, près Strasbourg. Le défunt est 
appelé à plusieurs reprises M. de Bichen. 



AU XVIII'^ SIÈCLE 271 

Déclarante : Marie Tonnellier d'Avaucourt, rue de Grenelle, 193, 
au Gros Caillou lez Paris, amie du défunt, qui venait souvent passer 
plusieurs jours chez elle. Elle déclare que des titres dépendant de la 
succession se trouvent en particulier chez Colchemite, Juif, rue 
Grenier Saint Lazare, en nantissement d'une somme de 240 1. 
prêtée à Cerf Lévy, et chez Martineau, avocat au Conseil, pour 
une poursuite d'ordre. Nombreuses oppositions de fournisseurs ou 
personnes en relations d'affaires avec le défunt : le logeur, pour 
30 1. de loyer et 10 1. de débours divers; Pierre Beauvais, traiteur 
au Palais Royal, no 68 ; \"' Hayet, ex marchande de vin ; les syndics 
des créanciers de Le Tartre, ex marchand de draps ; une garde 
malade ; Geneviève Legrand, domestique du défunt, pour 3 années 
de ses gages, avances diverses, et prix de ses bijoux par elles remis 
à son maître qui les avait portés au Mont de piété ; soit au total 

877 1. 

Comparait Xavier Collin, tailleur, rue de Richelieu, représen- 
tant Michel Lcvy, Juif de Hoenheim, père du défunt. 

L'inventaire est dressé par le notaire Denis André Rouen, et 
Dassonvillez instrumente tant au domicile de Cerf Lévy que chez la 
Demoiselle d'Avaucourt, et qu'à Noyon, chez le S"" Lefevre, auber- 
giste et commissionnaire en grains, chez lequel le défunt avait un 
dépôt d'avoine, par lui acheté de La Bellonny et C'^ et Doutrelaine, 
en vertu d'un acte passé devant Lherbette, notaire à Paris, le 
25 juin 1787, et dont diverses oppositions de la part de créanciers 
des vendeurs, l'avaient empêché de prendre livraison. 

174. 

17 octobre 1788. — Extrait de Vadc mortuaire de Hekscher. 
Y 15492. 

Au recto d'un papier timbré, dont le verso, après cancellation 
de cette pièce, a servi au procès verbal d'une autre affaire, daté du 
3 mai 1790 : 

Du registre des inhumations faittes au cimetière des Juifs alle- 
mands au Petit Vanvre a été extrait ce qui suit : 

Ce jourd'huy dix sept octobre mil sept cent quatre vingt huit, a 
été inhumé au cimetière des Juifs de la nation allemande, au Petit 
Vanvre, le S"" Philippes Hekscher, graveur, Juif de laditte nation, 
décédé la veille en sa demeure, quai des Morfondus, maison du 
S'' Souillard, marchand de crayons, à l'enseigne de la Mine de 
plomb. 



272 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS 

Ce que dessus extrait et collationné par nous, Pierre François 
Simonneau, conseiller du Roy, commissaire enqucsteur examina- 
teur au Chàtelet de Paris, comme ayant seul l'inspection des 
cimetières des étrangers et Juifs, et délivré à Paris en notre hôtel, 
ce vingt-cinq juin mil sept cent quatre vingt neuf. 

Rayé un mot comme nul. 

SiMOXNEAU '. 

175- 

25 janvier-2i mars 1789. — Scelle de Jacob Samuel Cahcn. 
Y 15491. 

Scellé de Jacob Samuel Cahen, banquier à Paris, domicilié rue 
Bourg l'Abbé, 3, au second étage et décédé le 22 à Metz. 

Commissaire : Simonneau. 

Notaires chargés de l'inventaire : Garnier et Petit. 

Requérant : Jacob Golsschemit, syndic de la nation juive alle- 
mande, rue Grenier Saint Lazare <à Paris, qui déclare avoir reçu 
« à l'instant par exprès une invitation de la part de la communauté 
des Juifs de Metz de faire apposer les scellés ». 

Les héritiers sont : Jacob Silvy Cahen, Juif, négociant à Metz, fils 
du défunt, de présent à Paris, hôtel de Bourgogne, rue Montmo- 
rency, paroisse Saint Nicolas des Champs, et Jatelé (ou Gentile) 
Cahen, fille du défunt, femme de Beco Isaac, représentée par 



I. A la suite de ce décès, la succession de « Escher, dit Philippe, l'un 
des douze lapidaires brevetés du Roi » est, par sentence de la Chambre du 
Domaine du 10 mars 1789, déclarée échue au Roi. Mais les héritiers 
légitimes, Gottschalck Isaac et Scherre Isaac Heckscher, sa femme, sœur 
du défunt, lequel était né à Hambourg, font opposition à cette sentence en 
ce qu'elle a adjugé à Sa Majesté la totalité de la succession, bien qu'aux 
termes des traités, le Roi n'eût droit qu'à un dixième de l'héritage des 
Hambourgcois mourants en France et leurs représentants, l'avocat Mari- 
nier et le procureur Formé, revendiquent la totalité des biens laissés, 
s'oftVant à remettre plus tard le dixième des sommes recouvrées. Une 
enquête du 26 novembre présentée par l'avocat Doulcet et le procureur 
Monnaye au nom de J.-B. Poinsignon, administrateur des domaines du 
Roi, conclut à ce que les demandeurs soient déclarés non recevables 
« attendu que les Juif sont incapables d'aucuns effets civils en France ». 
Mais par sentence du 27 novembre la Chambre du Domaine envoie l'héri- 
tière en possession des neuf dixièmes de la succession. Voir pour cette 
affaire, Arch. Nat. Z-f. 846. 



AU XVIII* SIÈCLE 273 

Michel Lyon Picard, Juif de Metz, de présent à Paris, même hôtel 
de Bourgogne. 

Jean Baptiste Noir Jean, domestique de Cahen, déclare avoir, en 
l'absence de son maître, avancé 1249 1. et emprunté pour divers 
règlements 7500 1. à deux amis du défunt : Granger, rue Trousse- 
vache, et Baltus, rue Gaillon. 

Parmi les oppositions, celles de Jean François Breuer, médecin 
de l'envoyé de Cologne, rue Neuve des Mathurins, 9 ; François 
Arnaud, secrétaire des Ponts et Chaussées ; Jean Edouard Jomard, 
directeur des domaines du Roi à Valenciennes, qui réclame deux 
effets confiés au défunt pour recouvrement (dont l'un souscrit par 
le M'^ de Choiseul), et diverses coreligionnaires, également clients 
ou collègues : Jacob Trenelle, négociant, rue Grenier Saint Lazare, 
Isaac de Prague, négociant à Paris, rue du Renard Saint Merry ; 
facob Mayer Goudchaux, banquier à Metz ; Cerfberr, banquier à 
Paris, rue Neuve Saint Augustin ; Goudchau Mayer Cahen, ban- 
quier à Metz, tant en son nom qu'au nom de Cerf Alexandre Cahen ; 
Hayem Worms, banquier à Sarrelouis; Abraham Schnapper 
(Juif?) ; Mardoché Polonois, négociant rue Saint Martin, à côté du 
café du Commerce. 

Jacob Silvy Cahen reste à la fin chargé de la liquidation. 

176. 
30 avril-22 juin 1789. — Scellé d'Abraham Schreiber. 
Y 15491. 

Scellé Abraham Schreiber, négociant, rue Geofl!"roy Langevin. 

Commissaire : Simmonneau. 

Requérante : Lia Cremnitz, fille Moïse Cremnitz, veuve du défunt. 

Parmi les opposants : Jacob Mayer, Polonais, rue Saint Martin, 
créancier pour 2127 1. 

Le défunt laissant quatre enfants mineurs, savoir trois filles, 
Prendel, 7 ans, Hefele Q), 3 ans, Hindela, 9 mois, et un fils, Moyse, 
5 ans, la mère est nommée tutrice (par sentence du Lieutenant 
particulier au Châtelet du 15 juin), et Lipman Schreiber, subrogé- 
tuteur ; la tutrice ne sachant que l'hébreu, Zaltand Hourrits [ou 
Hourvits], interprète de la Bibliothèque du Roi, rue Saint Denis, 
à la Croix de fer, est désigné comme interprète. 

L'inventaire est dressé par le notaire Nicolas-Toussaint Garnier, 
et l'huissier Vincent reste chargé de la vente des meubles et du 
paiement des frais. 

18 



TABLE. 



Aaron (Abigiil Lion, femme Louis), 

122. 

Aaron (Bellie-Louis). Décès, 122. 

Aaron (Charlotte). Décès, 139. 

Aaron (David), 251. 

Aaron (Deboni Lévy, femme Jacob), 
145. 

Aaron (Eve, fille de Jacob). Décès, 251. 

Aaron (Eve Lévy, femme Jacob), 158. 

Aaron (Jacob), 145, 158. 

Aaron (Louis), 121. 

Aaron (Madeleine, femme David), 251. 

Aaron (Manon). Décès, 158. 

Aaron (Mardochée). Décès, 175. 

Aaron (Marie Anne, fille de Jacob). 
Décès, 158. 

Aaron (Sar.i), femme Cerf Joseph, 185. 

Abraham (le fils de Salomon). Décès, 
151. 

Abraham (Adèle), femme Samuel Hirsch, 
270. 

Abraham (CerQ, 262. 

Abraham (Colombe Cerf, femme Salo- 
mon), I!jl. 

Abraham (Fraticr, femme de Hirche), 

164. 
Abraham ("Hirche), 164. 
Abraham (Mindel, fille de Hirche). 

Décès, 164. 
Abraham (Salomon), 151. 
Abraham (Salomon, fils de Ceri). Décès, 

262. 
Abraham (Sara), femme Mayer Jacob, 

159. 
Abraham (Sara), femme Mayer, 170. 
Accard, limonadier, logeur, 207. 
Achaintre ou Achintre (Jean-Guillaume 

Louis), perruquier, logeur, 88, 89. 
Acosta (D'), voy. Dacosta. 
Aguilar (Jacob Raphaël), 232. 
Albarez Cardos (Esther), femme Abra- 
ham Coste, 127. 
Alcan (Elise Lévy, femme Oulry), 51. 
Alcan (Marie- Anne), femme Aaron 

Goldschmidt, 51. Scellé, 52. 
Alcan (Ouïr)'), 51. 

Alègre (Sara), femme Israël Vidal, 172. 
Alexandre, officier du guet, logeur, 88. 
Alexandre, juif, logeur, 105. 
Allegria (Jacob Fonsequa), 210. 
Alluine (Madeleine), cuisinière, 113. 
Altona (Schleswig-Holstein), 86. 



Altrof (D'), voy. Daltrof. 

Amiens, 266. — Vidame d '.Amiens, 

voy. Calmer (Liefmann). 
Amsbac, voy. Anspac. 
Amsterdam, 51, 61, 75, 121, 141, 174, 

176, 198, 267. 
Anginot, boursier, logeur, 157, 160, 

170, 183, 185, 195, 194, 198, 205, 

204, 206, 212, 217, 218, 221, 225, 

245. 
Ansbach (Bavière), 144. 
Anspac (Michel), 144. 
Antoine, marchand de bière, logeur, 

121, 138, 139, 144. 
Antoine, limonadier, logeur, 207. 
Arc (Ch" d'), 113. 
Arnaud (François), secrétaire des Ponts 

et Chaussées, 273. 
Arnaud (Rolland-Paul), chirurgien, 52. 
Astruc (V" Natan), 35. 
Astruc (Salomon), 255, 265. 
Aubaine (Droit d'), 34 et ss. 
Aubert, commissaire au Chàtelet, 9, ir. 
Auberteau, drapier, 253. 
Auret de La Grave, commissaire au 

Chàtelet, 9. 
Avaucourt (Marie Tonnellicr d"), 271. 
Avet de Loyzerolle, avocat au Parle- 
ment, 113. 
Avignon, 10, 54, 78, 80, 88, 98, 221, 

226, 252, 261, 266, 269. 
Ayman (Dodcr), 182. 

Bachi (.\bigaïl Juste), femme Gratia 

Dio Bazeri, 115. 
Bachi (Raphaël), peintre. Décès, 112. 

Scellé, 115. 
Bachi (Samuel Jacob), 113. 
Baër (Salomon), 197. 
Baltus, 273. 
Bamberg, 179, 214. 
Barah (Le fils de Cerf). Décès, 242. 
Barah (Cerf), 242. 
Bargate (Aaron), 220. 
Bargate (Rebeca). Décès, 220. 
Bargate (Sara Michel, femme Aaron), 

220. 
Baron, voy. Salomon (Baron). 
Bastonneau, apothicaire, 52. 
Baubry, doreur argenteur, 149. 
Bayonne, 34, 36, 94, 97, 152, 210, 261, 

262. 

18* 



276 



TABLE 



Bazeri (Abigaïl Juste Baclii, femme 

Gratio Dio), 115. 
Bazeri (Gratio Dio), 115. 
Beaulieu (Charles-Joseph-Paul Peixotto 

de), 265. 
Beauregard, logeur, 262. 
Beausire (Jean), 19. 

Beausire (Jean-Baptiste-Augustin), 19. 
Beauvais (Pierre), traiteur, 271. 
Bellegarde (V"), logeuse, 152. 
Belloni de Villeneuve (Armand-Emma- 
nuel-Antoine Dalpuget), 269. 
Benedix (Mayer), 214. 
Benjamin (Moyse), 143. 
Benjamin (Salomon). Décès, 73. 
Benjamin Prisac (Lion). Décès, 69. 
Bère (Seligman). Décès, 217. 
Bereux, pâtissier, logeur, 130. 
Bergerot, faïencier, 126. 
Berlin, 145, 195, 253, 240, 248. 
Bernaon, vernisseur, logeur, 85. 
Bernard, fruitier, logeur, 144. 
Bernard (Anne), femme Nathan Israël, 

264. 
Bernard (Esther). Décès, 61. 
Bernard (Isaac), 51. 52. 
Bernard (Salomon), 66, 67. 
Bernard de HoUandois, 61. 
Bernard de HoUandois (Caton Cerf, 

femme), 61. 
Berr (Cerf), syndic des Juifs d'Alsace, 

16, 34, 273. 
Berlin (V"), logeuse, 51. 
Berton (V"), logeuse, 200. 
Berton (Marie Jandré, v" Guillaume), 

cuisinière, 268. 
Besselle (^L^delon), femme Joseph Cerf, 

150. 
Bevière (J.-B.-P.), notaire, 113. 
Bevierre (Marie -Joseph - Emilie V''^ 

Louis-Joseph Simon), 22. 
Béziers (Gentille de Valabrègue, femme 

Manassès de), 228. 
Béziers (Manassès de), 227, 228, 266. 
Bich, voy. Bischheim. 
Billette (D"), 147. 
Bingen (Hesse), 215. 
Bischheim (Alsace). 132, 255, 257, 270. 
Blanchard (Louis-Pierre), commissaire au 

Châtelet, 9-12, 49, 50, 52-54, 56, 59, 

61, 62, 6), 67, 69, 71, 73. 
Boin, commissaire au Châtelet, 11. 
Bollviller (Alsace), 191, 194. 
Bomarin (Anne-Jules), 266. 
Bomarin (Jean-Charles), 266. 
Bomarin (Judith Salvador, femme Jean 

Charles), 266. 
Bomarin (Marie - Gabrielle), femme 

Gabriel Dodin, 266. 
Bonnet (Frères), 16. 



Bonnet (Veuve), 20. 

Boppard (Prusse Rhénane), 190. 

Boquet (Madeleine), veuve Charles 

Brcmart, sage-femme, 156. 
Bordeaux, 5, 36, 60, 72, 78, 80, 82 

84, S8-92, 96, 97, 127, 154, 181 

184, 230, 256, 262, 265, 268. 
Boucaut, 18. 

Boullanger, commissaire au Châtelet, 9 
Boullanger, épicier, logeur, 78. 
Boullot (Veuve), fourbisseuse, logeuse 

145. 
Bouquigni, commissaire au Châtelet, 9 
Bour (Banque), 132. 
Bourg-Saint-Esprit, près Baj'onne, 94 
Bourgeois (Catherine), femme Pierre 

Liana, 26. 
Bourgeois (François), commissaire au 

Châtelet, 9, 240, 256-259. 
Bourguignon, parfumeur, 215. 
Boursier (Veuve), logeuse, 126, 143, 

158, 159, 184, 198, 250. 
Bouteî (Charles), notaire, 253. 
Boutet (Claude), jeune notaire, 149. 
Bouzonville (Lorraine), 105. 
Brac ou Braque (Mayer), 177, 183, 217, 

245. 
Brandam (Le fils de Samuel Rodrigues). 

Décès, 152. 
Brandam (Rachel Castro, femme 

Samuel Rodrigues), 152. 
Brandam (Samuel Rodrigues), 152. 
Braque, voy. Brac. 
Breithaupt DrufFel (Jean - Guillaume), 

étudiant, 131. 
Bremart (Madeleine, veuve Charles), 

sage-femme, 156. 
Breslau, 1S4. 

Breuer (Jean-François), médecin, 273. 
Brusscl, 50. 
Bruxelles, 126, 176. 
Buisson (?) fruitière, logeuse, 214. 
Bure (Guillaume de), libraire, 230. 
Burgsteinfurt (Westphalic), 234. 
Buscndorf, (Lorraine), 105. 
Bussy, marchand de vins, logeur, 169. 

Cadeau (Jeanne Catherine), veuve 
Claude Courtibout, limonadière, lo- 
geuse, 147, 148. 

Cahain, voy. Cahen. 

Cahen, marchand forain, 32. 

Cahen (La fille de Benjamin), décès, 
206. 

Cahen (Adam-Léon), 200. 

Cahen (Benjamin), 206, 

Cahen (Cerf Alexandre), 275. 

Cahen (Elie), 64. 

Cahen (Félicité, femme Adam-Léon), 
Décès, 200, 



TABLE 



277 



Cahen (Gitle, femme Benjamin), 206. 

Cahea (Goudchau Mayer), 275. 

Cahen (Guendele, ou Gouton, femme 

Ollery-Alexandre). Dtccs, 189. 
Cahen (Jacob-Samuel). Scelle, 272. 
Cahen (Jacob-Silvy), 272. 
Cahen (Jatelé ou Gentile), femme Bcco 

Isaac. 272. 
Cahen (Joseph), 243. 
Cahen (Nathan), 225. 
Cahen (Ollerj'-Alexandre), 189. 
Cahen (Orn-), 62. 
Cahen (Salomon), 189. 
Cahen (Salomon-Beruard), 142, 188, 

199, 200. 
Cahen (Samuel), j6. 
Cahin, voy. Cahen. 
Cailleux (Jean-Charles), tapissier, 148. 
Caïn (Charles-Philippe), bourgeois de 

Paris, S 2. 
Calmer (Famille), 46. 
Calmer (Dame), 24. 
Calmer fils, 17. 
Calmer (Calmer), 267. 
Calmer (Isaac-Antoine-Louis), 267. 
Calmer (Liefmann), vidame d'Amiens, 

agent de la nation juive, 25, 54, 225. 

Scellé, 267. 
Calmer (Louis-Benjamin), 267. 
Calmer (Mayer), 267. 
Calmer (Mitil), femme Elias Meyer, 

267. 
Calmer (Rachel Moses Isaac, femme 

Liefman), 267. 
Calmer (Sara). 267. 
Cameau ou Camot, aubergiste, iS et 

ss., passim. Cf. Villette (La). 
Campo (Del), 58. 
Campos (Isaac), 97. 
Camuset (J.-J-), commissaire au Chà- 

telet, 9. 
Carcassonne (Le fils de Benedite de). 

Décès, 154. 
Carcassonne (Benedite de), 155-155, 

163. 
Carcassonne (Jacob de). Décès, 162. 
Carcassonne (Joseph Vidal de), 162. 
Carcassonne (Léa Dalpuget, femme 

Benedite de), 155, 165. Décès, 153. 
Cardoso (Jacques). Décès, 267. 
Cardozo (Daniel), junior, 140. 
Carlsruhe (Bade), 155. 
Carpentras, 149. 
Carra (Louise Hamelle, veuve Pierre), 

logeuse, 56. 
Cassel (M.iycr), 144. 
Cassin (Mardochèe Dalpuget de), 269. 
Castille (Esther de Lyon, veuve Isaac). 

Décès 166. 
Castille (Isaac), 166. 



Castille (Jacob de), 147, 172. 

Castro (Isaac), 228. 

Castro (Rachel), femme Samuel Rodri- 
guès Brandam, 152. 

Castro Solar (Moïse), 34. 

Cellier, fripier, 240. 

Cerf (Besselle). Décès, 149. 

Cerf (Caton), femme Bernard Hollan- 
dois, 61. 

Cerf (Colombe), femme Salomon Abra- 
ham, 151. 

Cerf (Favre). Décès, 135. 

Cerf (Joseph), 150. 

Cerf (Madelon Besselle, femme Joseph), 
150. 

Cerfberr, voy. Berr (Cerf). 

Chalée, perruquier, 56. 

Chapelle (L.i), cimetière, 71. 

Charpentier (V'' Jean), garde-malade, 
113. 

Châtenet, logeur, 266. 

Chauffetet, chandelier, logeur, 255. 

Chenu (Gilles-Pierre), commissaire au 
Chàtelet, 11, 112, 115, 252, 253. 

Chevalier, perruquier, logeur, 260. 

Chevillot, boulanger, logeur, 235, 240. 

Choiseul (M'^ de), 273. 

Chouabbe, voy. Schwab. 

Cimetières juifs, 16. 

Cimetière de la Porte-Saint-Martin, 8. 

Cimetière des Protestants, 14. 

Cimetière de Vanves, 271. 

Cimetière de la Villette, voy. Villette (La). 

Claire, pâtissier, 237. 

Clamart, 31. 

Clément, perruquier, logeur, 85. 

Clignancourt, 18, 50. 

Coblans (Maj-er), 250. 

Coblence (Abraham), 146, 151. 

Coblentz (Mayer), 49. 

Coerville, fourbisseur, 149. 

Cohen (Aaron-Samuel). Décès, 86. 

Colchemite, vov. Goldschmidt. 

Colignon, limonadier, logeur, 185, 190, 
199, 234, 249, 255. 

Colin, blanchisseur, logeur, 126. 

Colin, aubergiste, 234. 

ColHu (Xavier), tailleur, 271. 

Colmar, 171. 

Commissaires au Chatelet, Répertoires 
et archives, 9-1 1. 

Condé (P"" de), 113. 

Conflans, vinaigrier, logeur, 85. 

Coquelin, commissaire au Ch.itelet, 11. 

Coste (Abraham), 127. 

Coste (Esther-Albarez-Cardos, femme 
Abraham), 127. 

Coste (Jacob). Décès, 127. 

Coste (Rebecca), femme Isaac Estèves. 
Décès, iio. 



278 



TABLE 



Coteau, peintre cmailleur, 119. 

Courcellcs (Lorraine), 149. 

Courcy, commissaire au Chàtelet, 9. 

Courtibout (Jeanne-Catherine Cadeau, 
v" Claude), limonadière, logeuse, 147, 
148. 

Coûteux (Jean-François), fondeur, lo- 
geur, 81, 87. 

Cracovie, 126. 

Cremnitz (Léa), v^" Abraham Schreiber, 

275- 
Cremnitz (Moïse), 275. 
Crespj", commissaire au Chàtelet, 9. 
Croiset, maçon, 151. 
Crosnier, menuisier, logeur, 86. 
Cuisinier, limonadier, 265. 

Dacosta (Abraham), 100. 

Dacosta (David), chocolatier, 96, 100. 

Dacosta (Jacob), enfant. Décès, 96. 

Dacosta (Jacob), 166, 256. 

Dacosta (Sarah Mendès), femme Samuel 
Peixotto, 265. 

Dacosta (Sara Thauvart, femme David), 
96. 

Dacougne (Abigaïl). Décès, 241. 

Dacougne (David), 241. 

Dacougne (Esther Lopez), 241. 

Dalpuget, 52. 

Dalpuget (Anne), femme Josuè Petit. 
Décès, 78. 

Dalpuget (David Semac), 269. 

Dalpuget (Emmanuel), 55. Décès, 107. 

Dalpuget (Esther Salon), v" Israël Ber- 
nard de Valabrcgue, 79, 226, 228. 

Dalpuget (Françoise), V^ Grégoire La- 
fond, femme Jacques Romain Perrin 
ou Perrens, 269. 

Dalpuget (Isaac), mercier, 32. 

Dalpuget (Israël), 92, 99, 102. 

Dalpuget (Jacob), 35. 

Dalpuget (Jacob), marchand de soieries, 

Dalpuget (Jacob), père, 78, 95, 268. 

Dalpuget (Jacob), le jeune. Décès, 92. 

Dalpuget (Léa), femme Bénédite de Car- 
cassonne, i,), 165. Décès, 153. 

Dalpuget (Marc), 269. 

Dalpuget (Marthe-Jeanne, ci-dcvaitt Re- 
becca), 269. 

Dalpuget (Moïse), 28, ^4. Scellé, 268. 

Dalpuget (Paul-Athanaze-Charles Se- 
mac), ci-devaiit Jacob Dalpuget, 269. 

Dalpuget (Rachel), femme Mardochée 
Dalpuget de Cassin, 269. 

Dalpuget (Raphaël), 269. 

Dalpuget (Salon), 35. 

Dalpuget (Samuel), marchand de soie- 
ries, 32. 

Dalpuget (Sarah), V-* Elic Rouget, 269. 



Dalpuget Belloni de Villeneuve (Armand 
Emmanuel Antoine), ci-devant Benja- 
min Dalpuget, 269. 

Dalpuget de Cassin (Mardochée), 269. 

Dalpuget de Cassin (Rachel, femme 
Mardochée), 269. 

Daltrof (Ruben), 49, 56, 60, 62, 70, 75. 

Daminois, commissaire au Chàtelet, 9, 
II. 

Damoy, fruitier, logeur, 63. 

Dangers (François-Calixte), geôlier, 70, 

7v 

Darmstadt, 171, 178, 19S, 214,240, 251. 

Dassonvillez (Pierre-Clément), commis- 
saire au Chàtelet, 11, 270. 

David (Aaron). Décès, 182. 

David (D.miel), 105. 

Debry, logeur, 266. 

Debussy, marchand de vins. 161. 

Defacq (André), commissaire au Chàte- 
let, 9, II, 76, 78-82, 84, 85. 

Delafosse, commissaire au Chàtelet, 9. 

Delaporte, batteur d'or, 204. 

Delaporte, commissaire au Chàtelet, 9. 

Delatour, logeur, 135, 137. 

Delavergée, commissaire au Ch.àtelet, 9. 

Delbeuf, chirurgien, logeur, 69. 

Deleurye, chirurgien, 158, 169, 196. 

Delniotte, aubergiste, 189, 206, 224. 

Demay, éventailliste, 183, 217, 245. 

Demontcrif, commissaire au Chàtelet, 11. 

Demortain, commissaire au Chàtelet, 9. 

Depaul, voir Paul (De). 

Dery, doreur, logeur, 106. 

Desrieux (Mineur), 132. 

Dessau (Samuel Jacob), 207. 

Desscry, logeur, 195, 214. 

Dias (Miriam Lopez), femme Jacob 
Rodriguez Pereire, 239. 

Didier (Antoine-Charles), mercier, 89. 

Dijon, coffretier, logeur, 133. 

Dimanche, huissier, 136. 

Dodin (Gabriel), luthier, 266. 

Dodin(Marie-Gabrielle Bomarin, femme 
Gabriel), 266. 

Domangeon, sellier-carrossier, 149. 

Dominé (Veuve), logeuse, 106. 

Dondey (Nicolas), notaire, 131. 

Dorangue (A'euve), logeuse, 84. 

Dordrecht (Hollande), 203. 

Dorival^ commissaire au Chàtelet, 

9. II. 
Dosfant, notaire, 268. 
Doublon, commissaire au Chàtelet, 11. 
Doulcet, avocat, 272. 
Doutrclaine, 271. 
Drancée (Jacob Lévy, dit de), banquier. 

Scellé, 131. 
DrulTel (Jean -Guillaume Breithaupt), 

étudiant, 131. 



TABLE 



279 



Dubois (F.), commissaire au Chàtelet, 

II. 
Du Bois (Louis-Alexandre), chirurgien, 

52- 

Dubuc, logeur, 52. 

Ducliesne (Hugues-Philippe), commis- 
saire au Chàtelet, 9, 11, 13, 104, 106, 
126, i}o, 155-140, i42-i4'5, 149, 
150, 1)2, 156, 158-161, 164, 165, 
167, 168, 170, 171, 175, 175-179, 
182-185, 187, 189-192, 194, 195, 
196, 198-200, 202, 204-207, 211, 
214-217, 219-222, 224, 225, 253, 
234, 239-245, 247-249, 251, 254, 
256, 258, 259, 261, 262. 

Dudoiart, limonadier, logeur, 220, 242, 
246, 248. 

Dudoigt, commissaire au Chàtelet, 9. 

Duhamel (Louis-Etienne), orfèvre, 229. 

Dumange, marchand de vins, logeur, 

Duménil (Nicolas), 51. 

Dumoustoir (Marie Kerlot, femme, 

Dinaut), nourrice, 83. 
Dupuis, chirurgien, 96, 148, 251. 
Dupuis (François), bourgeois, 113. 
Durand (Catherine), 18. 
Diirkheim, 195. 
Duruisseau, commissaire au Chàtelet, 

9. II- 
Dutovard, voy. Dudoiart. 
Duval (Marie-Marguerite), 22. 

Elcan (Lyon), 219. 

Emmanuel, de Dordrecht, 203. 

Emmanuel, l'aîné, 178. 

Emjnuel, jeune, 52. 

Emanuel (David Léon dif). Décès 89. 

Emmanuel (Anne Simon, femme). 

Décès, 203. 
Emmanuel (Salomon). Décès, 193. 
Enselmc (Cerf), Décès, 106. 
Epfîg (Alsace), 175. 
Epimentc, voy. Pimentel. 
Escaramella voy. Scaramella. 
Esteves (Isaac), iio. 
Estcves (Rebecca Coste, femme Isaac). 

Décès, iio. 

Fabert, ceinturonnier, 149. 

Felize ou Felizo, limonadier, logeur, 
191, 194, 195, 225. 

Fernandez (Isaac), 67. 

Fernandez (Léon), 228, 241. 

Fernandez Henriques (Isaac), 73. 

Ferrand (C.-A.), commissaire au Chà- 
telet, 268. 

Flamant (Pierre - Claude), sculpteur, 
logeur, 91. 

Flon, bourgeois de Paris, 93. 



Fonseca (Daniel de), médecin, 46. 

Fonsequa Allegria (Jacob), 210. 

Fonsèque (Moyse). Décès, 84. 

Fontaine, commis:. -.ire au Chàtelet, 
9. II. 

Fontaine, peintre, 200. 

Fontaine, teinturier, 203. 

Fontaine (Le P. Ildephonse), 230. 

Formé, procureur, 272. 

Formel (Louis- François), commissaire 
au Chàtelet, 11-13, 93, 97, 99, 100, 
102, 107, 108, iio, 114. 115, 117, 
118, 120, 121, 123, 124, 127, 128, 
133, 140, 153, 154, 162, 166, 172, 
180, 186, 212, 231. 

Foucault, commissaire au Chàtelet, 11, 
265. 

Fourgault, logeur, 147. 

Fournier (Geneviève), femme Parisi, 
domestique, 228. 

Fournier (René-Denis), perruquier, lo- 
geur, 135, 136, 143, 151. 

Framing (Lorraine), 170. 

Franc (Catherine Goutcheau, femme 
Mayer OK Moyse), 51. 

Franc (Mayere ou Moj'se), 51. 

Francfort, 52, 132, 138, 140, 162, 165, 
177, 188, 191, 196, 222, 255. 

Francfort-sur-Oder, 192. 

Franck (Mayere), 51, 85. 

Franck (Michel). Décès, 85. 

Franque (Goudchoux), 175. 

Franque (Layer), femme Aaron Moyse, 

175- 
Frenois (Lorraine), 159. 
Frère (Michel), boucher, 50. 
Fribourg (Cerf). Décès 183. 
Fronteau, bijoutier, 132. 
Fulda (Hesse Nassau), 197. 
Furstemberg (Cardinal de), 266. 
Fûrth (B.ivière), 137,197. 

Gagné (René), chirurgien, 52. 

Gaïlyot, commissaire au Chàtelet, 9, 11. 

Calot, maçon, 242, 244. 

Garcia (Abraham), chocolatier, 237. 

Garcy (Le fils d'Abraham). Décès, 256. 

Garcy (Abraham), 256. 

Garcy (Ester, femme Abraham, 256. 

Gard (Miriam, fenmie Moyse), 266. 

Gard (Moyse), 266. 

Garnier (Nicolas -Toussaint), notaire, 
272, 273. 

Gaud, 59. 

Gautier, bourgeois de Paris, logeur, 
164, 178. 

Gillet (Jacques), notaire, 59, 73. 

Gillet (N.-L.), commissaire au Chà- 
telet, 265. 

Girou, loueur de caresses, logeur, 96. 



2S0 



TABLE 



Gitioii (Jacob), 76. 

Glou, commissaire au Chàtelet, 9. 

Godefroy, aubergiste, 219. 

Godin, cordonnier, logeur, 122, 13)- 
137, 270. 

Goefre (Gœfre), 254. 

Golchemik, voy. Goldschmidt. 

Goldschmidt (Aaron), 31, 51. Inhuma- 
tion, 49. 

Goldschmitd (Jacob), 132 

Goldschmidt (Jacob), banquier, 86. 

Goldschmidt (Jacob), syndic de la nation 
juive allemande, 24, 245, 246, 250, 
252, 256, 261, 265, 271, 272. 

Goldschmitd (Marguerite), 51. 

Goldschmidt (Marie -Anne, femme 
Aaron, iji. Scellé, 52. 

Goret (Pierre), architecte, 269. 

Goscl (Jacob). Décès, 204. 

Goudchaux (Jacob-Mayer), 273. 

Gougeon, orfèvre, logeur, 103. 

Goutcheau (Catherine), femme Mayer 
ou Moyse Franc, 51. 

Gradis (Abraham), 58. 

Gradul voy. Grodwal. 

Graillard de Graville (Jean), commis- 
saire au Chàtelet, 11-13, 147, 148, 
201,208, 210, 230, 235, 237. 

Grandchamp (Jean-Baptiste), maçon, 

95- 

Grand-Montrouge, 267. 

Granger, 273. 

Graurheindorf (Bonn), 146. 

Graville, voy. Graillard de Graville. 

Grinschtat, voy. Grûnstadt. 

Grodvol, voy. Grodwal. 

Grodwal ou Gradul (Nathan), 137, 160. 

Grotwol (Aaron). Décès, 130. 

Gross-Zimmern (Hesse), 212, 242. 

Grunstad (Abraham), 175, 178, 194, 

198. 
Grûnstadt (Palatinat bavarois), 175, 

178, 194, 207, 225, 233. 
Guedet (Michel), aubergiste, 49. 
Guérard (V"'"'), logeuse, 64. 
Guesdon (Pierre-Jacques), bourgeois de 

Paris, 1X2. 
GuiUot (François), gagne-denier, 95. 
Guyot, commissaire au Chàtelet, 9, 11. 

Hadamar ou Hadeniar (Mayer), agent 
des Juifs de Metz, 121, 135, 156, 145, 
150, 158, 160, 170, 183, 185, 188, 
190-194, 196-198, 203, 204, 206, 
208, 212, 216, 218, 221, 234, 243. 

Hademard (Salomon), 96, 104. 

Hain (Joanan), voy. Vidal (Joanan Hain, 
dit). 

Halphen (Simon-Salomou), 159. 

Hambourg, 52, 87, 215, 272. 



Hambourg (Lion d'), 32. 

Hamelle (Louise), v^" Pierre Carra, 
logeuse, )6. 

Harburg (Bavière), 167, 170, 193. 

Hartogh (Judit), 61. 

Hatterode (Hesse-Nassau), 217. 

Hauga (Sauveur de), chirurgien, ^9. 

Havre (Le), 54. 

Haye (La), 49, 141. 

Hayet (V'"), marchande de vins, 271. 

Hébert, tapissier, loi. 

Heckscher (Gottschalk Isaac), 272. 

Heckscher (Philippe), graveur, 15, 132. 
Décès, 271. 

Heckscher (Scherre Isaac), 272. 

Hegenheim, 5. 

Héguin (André), 20. 

Hendelin, femme Philippes, 146. 

Henriques (Isaac Fernandez), 73. 

Henry (Catherine), femme Jean-Pierre 
Loire, 237. 

Herche (Isaac). Décès, 211. 

Heymann, 32. 

Hichbourg (Franconie), 106. 

Hirsch (Adèle Abraham, femme Sa- 
muel), 270. 

Hirsch (Samuel), juif. Scellé, 270. 

Hirsch (Sophie), femme Jacob Traisnel, 
270. 

Hœnheim, 271. 

Hollandois (Bernard de), 61. 

Hollandois (Caton Cerf, femme Ber- 
nard de), 61. 

Homberg (Eliezer), 34. 

Homberg (Gerson), 34. 

Homberg (Lion), 34. 

Honoré, menuisier, 168. 

Honnorée (D°), logeuse, 254. 

Hournts ou Hourvits (Zaltand), inter- 
prète de la Bibliothèque du Roi, 275. 

Huberland (Anne Lamirault, femme 
Nicolas), sage-femme, 209. 

Hubert, papetier, 263. 

Hubert (J.), commissaire au Chàtelet, 
9, II, 49. 

Hubert (ÀL), commissaire au Chàtelet, 

9- 
Hugues (Jean-François), commissaire au 

Chàtelet, II, 13, 226, 227. 
Husson, tailleur, logeur, 51, 52. 

Incelin, Inselin, voy. Jucelin. 
Inhumations. Formalités, 24 et ss. 

Tarif, 27. 
Isaac (Abraham), 73. 
Isaac (Beco), 272. 
Isaac (Cerf), 214. 
Isaac (Israël), 130. 
Isaac (Jatelé ou Gentile Cahen, femme 

Beco), 272. 



TABLE 



281 



Isaac (Lion), 185, 190, 199. Décès, 249, 
Is.iac (Rachel Moses), femme Liefman 

Calmer, 267. 
Isaac (Rica ou Riquettc), femme Mark 

Lévy, 197, 260. 
Isaac (Salomon), 207. 
Isman (Toder), 204. 
Isoard, tailleur, logeur, 207, 225, 233, 

234. 
Israël (Abraham, fils de Nathan). Décès, 

264. 
Israël (Alcan), 137. 
Israël (Anne Bernard, femme Nathan), 

264. 
Israël (Bernard, fils de Nathan). Décès, 

225. 
Israël (Cadassun, femme Nathan), 225. 
Israël (Cerf), 73, 87, 151, 161, 205, 215, 

220, 242, 244. 
Israël (Isaac, fils de Nathan). Décès, 

233. 
Israël (Madelon, fille de Nathan). Décès, 

207. 
Israël (Nathan), 207, 225, 233, 264. 
Israël (Petitte Nathan, femme Nathan), 

207. 

Jabineau de La Voûte (Pierre), 131. 
Jacob (Enfants de Lévy). Décès, 156. 
Jacob (Fille de Salomon). Décès, 199. 
Jacob, de Hambourg, 52. 
Jacob (Aaron). Décès, 221. 
Jacob (Abraham). Décès, 145. 
Jacob (Alexandre). Décès, 216. 
Jacob (Goutle, femme Lazare). Décès, 

179. 
Jacob (Guiton, fille de Mardochée). 

Décès, 174. 
Jacob (Hélène), femme Jacob Moyse, 167. 
Jacob (Jeanne), servante, 270. 
Jacob (Lazard), 136, 174, 179, 218. 
Jacob (Lévy), 156. 
Jacob (Lion), 215. 
Jacob (Mardochée), 174. 
Jacob (Mayer), 159. 

Jacob (Naffier, femme Mardochée), 174. 
Jacob (Pesman), 200. 
Jacob (Quinette Lipmann, femme Lion), 

215. 
Jacob (Salomon), 199. 
Jacob (Salomon). Décès, 136. 
Jacob (Samuel), 206. 
Jacob (Sara, femme de Lévy), 156. 
Jacob (Sara, femme de Salomon), 199. 
Jacob (Sara Abraham, femme Mayer), 

159. 
Jacob (Zalda, fille de Lion). Décès, 215. 
Jaladon, procureur, 40. 
Jandré (Marie), v" Guillaume Bcrton, 

cuisinière, 268. 



Jannelle, sage-femme, 169. 

Jéricho (Judée), 91. 

Jomard (Jean-Edouard), directeur des 
domaines de Valenciennes, 273. 

Jonas, 195. 

Jonas (Anna, femme), 195. 

Jonas (Ayman de Jonghe on), 205. 

Jonas (Benjamin), 73. 

Jonas (Salomon, fils de). Décès, 195. 

Jones (John-Paul), 8. 

Jonghe (Ayman Jonas ou de), 205. 

Joron, commissaire au Châtelet, 9, 11. 

Joseph, 219. 

Joseph (Enfant de Cerf). Décès, 185. 

Joseph (Cerf), de Francfort, 185. 

Joseph (Cerf), de Nicderwiese, 149. 

Joseph (Sara, fille de). Décès, 219. 

Joseph (WolO; Décès, 188. 

Jucelin, Juvelin ou Inselin (D'""), lo- 
geuses, 104, 165, 203 . 

Juifs. Agents et syndics, voy. Berr 
(Cerf), Calmer (L.), Goldschmidt (J.), 
Hadamar (M.), Mendez (B.), Pereire 
(J.-R.), Salon (L), Silveyra (D.), 
Vidal (Aaron). — Registres de com- 
merce, 32. 

Julliard, boulanger, 248. 

Jungholz, 5. 



Kaiser (Louis). Scellé, 49. 

Kerlot (Alarie), femme Dinant Dumous- 

toir, nourrice, 83. 
Kirchheimbolanden (Palatinat bavarois, 

246. 

La Bellonny, 271. 

Lacoste (Anne Lévy, femme Jacob). 

Décès, 201. 
Lacoste (Jacob), 20r. 
La Croix, logeur, 269. 
Laemsberg (Michel), 233. 
Lafineur, potier de terre, logeur, 90. 
Lafond (Françoise Dalpuget, veuve 

Grégoire), 269. 
Lafond (Grégoire), 269. 
La France (Mossé dif) marchand de vins, 

vinaigrier, logeur, 182, 195, 204, 214, 

251. 
La Gouna (Veuve), 236. 
La Gouna (Abraham Lopes), 241. 
La Gouna (Daniel Lopez). Décès, 235. 
La Gouna (Juda Lopez). Décès, 212. 
La Grave, voy. Auret de La Grave. 
La Guna, voy. La Gouna. 
Lahaye (D''), logeuse, 201. 
Lallemant, chevalier du Guet, logeur, 

168, 176. 
Lallemant (Joseph), 34. 
Lambert (Lambert), 164, 168, 176. 



282 



TABLE 



Lamirault (Anne), femme Nicolas 
Huberland, sage-femme, 209. 

Lamy (Joseph). Scellé 50. 

Landau (Alsace), 106, 126, 156. 

Landelle, commissaire au Châtelet, 9. 

Landsberg (Jacob), de Kirchheimbo- 
landen. Décès, 246. 

Lange (Benjamin Ourba, dit), rabin de 
Saphad. Décès, 90. 

Lange (Lion), 55. 

Lange (Vidal), 35. 

Langlois, commissaire au Châtelet, 11. 

Lansberg (Jacob), de Worms, 168. 

La Planche, miroitier, 184, 205. 

La Roche (Claude), notaire, 229. 

La Thelyze, chaudronnier, logeur, 173, 

193- 
Latour (Jacques). Décès, 67. 
Latour (Roullet de), logeur, 121. 
Lattre, graveur, 155, 154. 
Laurent, 17. 

La Voûte (Pierre Jabineau de), 131. 
Lazare (Naphtali), 142. 
Lazare (Pala-Naphtali). Décès, 142. 
Lazare (Petsi, femme Naphtali), 142. 
Lazare (Philippes), 215. 
Lazou, tapissier, 245. 
Lebas, commissaire au Châtelej, 11. 
Le Bègue, limonadier, 211. 
Le Blanc, commissaire au Châtelet, 11. 
Leblond, commissaire au Châtelet, 11» 

267. 
Leclair (André-François), commissaire 

au Châtelet, 9, 11, 86-90, 92, 96, 

105, 104. 
Leclerc (François), chirurgien, 252. 
Lecomte, serrurier, logeur, 89. 
Le Coûteux, voy. Coûteux. 
Lecouvreur (Adrienne), 8. 
Le Droit, commissaire au Châtelet, 9. 
Lefevre, aubergiste à Noyon, 271. 
Le France, voy. La France. 
Léger, commissaire an Châtelet, 9. 
Legrand (Geneviève), domestique, 271. 
Lemaignen, logeur, 112. 
Le Moine, 50. 

Lendormi (D"") logeuse, 168, 175. 
Lenoir, menuisier, logeur, 190. 
Le Noret, menuisier, 199. 
Léon, cf. Lion. 
Léon (Abraham), 208. 
Léon (David), 82, 84, 201. 
Léon (David), dit Emanuel, 60, 66. 

Décès, 89. 
Léon(Isaac), 225. 
Léon (Raphaël de), 87. 
Léon (Ribca de), femme Isac Tobar, 59. 
Léon (Samuel), 97. 
Le Pesteur, limonadier, 222. 
Le Planche, voy. La Planche. 



Lerat, commissaire au Châtelet, ir. 
Leroux (Jacques), garçon chirurgien, 

148. 
Leseigneur, commissaire au Châtelet, 9. 
Le Tartre, marchand de draps, 271. 
Le Tillier (Jean - Baptiste - Joseph), 

peintre. 114. 
Levacher, médecin, 211. 
Levié, commissaire au Châtelet, 11. 
Lévy (Aaron), 184. 
Lévy (Anne), femme Jacob Lacoste. 

Décès, 201. 
Lévy (Anne), femme Ruben Schwab, 

59- 
Lévy (BarachJ. Décès, 259. 
Lévy (Barah Jacob). Décès, 245. 
Lévy (Cerf), 32,132. Scellé, 270. 
Lévy (Cerf-Abraham-Spire), 104, 105. 
Lévy (Debora), femme Jacob Aaron, 

145. 
Lévy (Elise), femme Oulry Alcan, 51. 
Lévy (Eve), femme Jacob Aaron, 158. 
Lévy (Isaac), de Bischheim, 255. 
Lévy (Ibaac), de Westhafen, 248. 
Lévy (Jacob), juif portugais, 256-258. 
Levy (Jacob), dit de Drancée, banquier, 

28, 132. Scellé, 131. 
Lévy (Jeannette). Décès. 248. 
Lévy (Jonas), 264. 
Lévy (Joseph), 270. 
Lévy (Joseph), de Cracovie, 126, 152. 
Lévy (Joseph), de BolKviller, 191. Décès, 

194. 
Lévy (Judiq), juif, 59. 
Lévy (Louis), négociant, 59. 
Lévy (Mardochée). Décès, 230. 
Lévy (Mark), 197, 260. 
Lévy (Michel), banquier à Bischheim, 

151. 
Lévy (Michel), de Hoenheim, 271. 
Lévy (Moysc-Spire), 59. 
Lévy (Olry-Spir), banquier, 59. 
Lévy (Paris ou Baric), 51. 
Lévy (Racaïl, femme Isaac), 248. 
Lévy (Raphaël), père et fils, de Stras- 
bourg, 152. 
Lcvy (Rica ou Riquette Isaac, femme 

Mark), 197, 260. 
Lévy (Salomon-Bernard). Décès, 70. 
Lévy (Samuel), 53. 
Lévy (Sara), femme Jacob Worms, 

Lévy (Sara). Décès, 196. 
Lherbette, notaire, 271. 
Liana (Catherine Bourgeois, femme), 

26. 
Liana (Pierre), protestant, 26. 
Limbourg (Michel), 169. 
Lion, cf. Léon, Lyon. 
Lion (Abigaïl), femme Louis Aaron, 123. 



TABLE 



283 



Lion (Abigail, femme Emmanuel de). 
Décès, 80. 

Lion (Alexandre), 87. 

Lion (Bernard), 207. 

Lion (Mahyer). Décès, 75. 

Lion (Zalda), lille de Lion Jacob, décès, 
21$. 

Lipman (Hinth), femme Lipman Na- 
than, 178. 

Lipman (Joseph), 106. 

Lipman (Michel). Décès, 178. 

Lipman (duinelle), femme Lion Jacob, 
215. 

Lissai (Dominique de), chirurgien, 52. 

Loire (Catherine Henrj', femme Jean- 
Pierre), 2:57. 

Lollier, marchand de vins, logeur, 188. 

Lopez Dias (Marianne), femme Jacob 
Pereire, 114, 181, 186, 239. 

Lopez Dacougne (Esther), 241. 

Lopez Lagouna (Abraham), 241. 

Lopez Lagouna (Daniel). Décès, 255. 

Lopez Lagouna (Juda). Décès, 212. 

Lopez Suasso (Sara Rachel), femme 
Nloïse van Jeronimo Lopes Suasso. 
Décès, 141. 

Lorry, avocat, 36. 

Lottier, marchand de vins, logeur, 199. 

Loyzerolle (Avet de), avocat au Parle- 
ment, 115. 

Lublin (Pologne), 190. 

Lucotte (G.), commissaire au Chàtelet, 
II, 268. 

Lyon, 34,42, 252, 266, 269. 

Lyon, juif, 56. 

Lyon (Esther de), veuve Isaac Castille. 
Décès, 166. 



Mabille (Charles), menuisier, 224. 
Maestricht, 156. 
Maillé (Comte de), 113. 
Maille (Gilbert), tailleur, 91. 
Maillot (Nicolas), commissaire au Chà- 
telet, II, 151, 132. 
Mangeot, logeur, 138, 139. 
Mannheim, 219. 
Maquer, notaire, 20. 
Marcus, 160. 
Marinier, avocat, 272. 
Marissal, logeur, 215. 
Marrier, commissaire au Chàtelet, 9. 
Martineau, avocat au Conseil, 40, 271. 
Martinique (La), 38. 
Marye, laitier, logeur, 92. 
Massé, maître de pension, 267. 
Massié (Veuve), logeuse, 257. 
Massy, 268. 
Matar, 16, 17. 
Matard (François-Alexandre), 22. 



Mathis (Anne Sampson, femme En- 

selme), 106. 
Mathis (Anselme), 106, 126, 156. 
Mathon (Jacques), notaire, 114. 
Maubuisson, fruitier, logeur, 61. 
May, marchand de grains, 33. 
Mayence, 5, 85. 
Mayence (Bernard de), 76. 
Mayer (Aaron), 244. 
Mayer (Abraham). Décès, 159. 
Mayer (Jacob), 273. 

Mayer (Lea, femme Aaron). Décès, 244. 
Mayer (Nathan, fils de). Décès, 170. 
Mayer (Sara Abraham, femme), 170. 
Mendes Dacosta (Sarah), femme Samuel 

Peixotto. Scellé, 265. 
Mendez (Benjamin), syndic des juifs 

portugais, 250, 232, 235. 
Merelle de Joigny (Claude-Théodore), 

151. 
Merlin, libraire, 109, 115, 118, 128. 
Mettereau (Claude-Nicolas), cordonnier, 

159- 
Metz, 5, 49, 51, 53, 55, 56, 59, 60, 62, 
64, 70, 71, 73, 81, 85, 87, 104, 121, 

130, 155-137. 142. 143' 146, 150, 
151, 158, 160-162, 164, 16), 168, 170, 
176, 183, 185, 188, 189, 193, 194, 
198-200, 203-205, 207, 212, 215, 217- 

219, 221, 225, 254, 242, 243, 2)0, 
263, 272, 273. 

Metzger (Dorothée), 24. 

Meyer (Elias), 267. 

Meyer (Mitil Calmer, femme Elias), 267. 

Michalot (Pierre), dit Saint-Pierre, la- 
quais, 112, 113. 

Michel, commissaire au Chàtelet, 9, 11. 

Michel (Le fils de Benjamin). Décès, 224. 

Michel (Benjamin), 224. 

Michel (Judith, femme Benjamin), 224. 

Michel (Sara), femme Aaron Bargate, 
220. 

Milliaud (Hananel Vidal de), voy. Vidal. 

Millihau(Johanan Vidal de). Décès, 124. 

Mindel, fille de Hirche Abraham. Décès, 
164. 

Moeyea, voy. Moyea. 

Mohrau (Silésie), 190, 255. 

Moïse, voy. Moyse. 

Monem, voy. Monnheim. 

Mongin, logeur, 270. 

Monim, voy. Monnheim. 

Monnaie, commissaire au Chàtelet, 9. 

Monnaye, procureur, 272. 

Monnheim (Isaïe, fils de Paquin). 
Décès, 165. 

Monnheim (Lion, fils de Paquin). Dé- 
cès, 162. 

Monnheim (Madelon Verde, femme Pa- 
quin), 162, 165. 



284 TABLE 



Moniiheim (Pasquin), 142, 146, 162, 

168. 
Montault (Abraham de), 28, 98, 124, 

127, 128, 141. Décès, 147; scellé, 148. 
Montault (Amie Naquet, veuve Josepli), 

149. 
Montault (Joseph), 149. 
Montrouge, cimetière juif, 16 et ss. 

Cf. Grand Montrouge. 
Mcra (Isaac), 222. 
Morawa (Silcsic), 190. 
Morcau, logeur, 98. 
Moreau (Veuve), chandelière, 216. 
Moses, passementier, 33. 
Moses Isaac (Rachel), femme Liefmann 

Calmer, 267. 
Mossé, dil La France. Voy. La France. 
Mouche, boulanger, 264. 
Mouricault, commissaire auChâtelet, 10. 
Mousset (Louis), dit Saint-Louis, domes- 
tique, 255. 
Moyea (Louis), 195, 240, 251. 
Moyse (Aaron), juif d'Alsace, 175. 
Moyse (Aaron), de Fr.-.ncfort^ 138, 140, 

162, 165, 196, 255. 
Moyse (Aaron). Décès, 214. 
Moyse (Abraham), 170, 193. 
Moyse (Belon, femme Samuel), 234. 

Décès, 222. 
Moyse (Belon, fille de Samuel). Décès, 

234. 
Moyse (David, fils de Jacob). Décès, 167. 
Moyse (Devauré, fille de Jacob). Décès, 

143. 
Moyse (Frade Samuel, femme Aaron), 

138, 140. 
Moyse (Hélène Jacob, femme Jacob), 167. 
Moyse (Israël), 34, 124. 
Moyse fjacob), d'Harburg, 167. 
Moyse (Jacob), de Metz, 143. 
Moyse (Layer Franque, femme Aaron), 

175- 

Moyse (Lena, femme Salomon), 177. 

Moyse (Louis), 214. 

Moyse (Pecia, femme Louis), 214. 

Moyse (Philippes), 263. 

Moyse (Ruben), 34. 

Moyse (Salomon), 177, 

Moyse (Samuel), 188, 191, 222, 234, 
264. 

Moyse (Toinctte, fille de Salomon). Dé- 
cès, 177. 

Mutel, commissaire au Chàtelet, 11. 

Naquel, voy. Naquet. 

Naquet (Abraham). Décès, 261. 

Naquet (Anne), veuve Joseph Mentaux, 

149. 
Naquet (Benjamin), 88, 89. 
Naquet (Berthe), 89. 



Naquet (David), 237, 253, 261. 
Naquet (Félicité, fille de JDavid), 237. 
Naquet (Jacob), 148. 
Naquet (Josué). Décès, 87 ; scellé, 89. 
Naquet (Marie-Anne Perpignan, femme 

David), 42, 237, 253, 261. 
Naquet (Pora Ravel, veuve Josué), 89. 
Naquet (Régine), 89. 
Nathan, fils de Mayer. Décès, 170. 
Nathan (Bernard). Décès, 225. 
Nathan (Brunette), femme Daniel 

Schwab, 171. 
Nathan (Hinth Lipman, femme Lip- 

man), 178. 
Nathan (Jonas), 138, 139, 171. 
Nathan (Liebman), 171, 178, 212, 220, 

242, 244, 246, 248, 251, 264. 
Nathan (Petitte), femme Nathan Israël, 

207. 
Naymark (Fayllet). Décès, 240. 
Naymark (Isaac), 240. 
Naymark (Mingle, femme Isaac), 240. 
Nicolas, aubergiste, 219. 
Niederwiese (Lorraine), 149, 177, 183, 

217, 245. 
Nivert, 59. 
Nochan, 259. 

Nochan (Le fils de). Décès, 258. 
Nochan (Sarah), 259. 
Nœymark, voy. Na^'mark. 
Noir Jean (Jean-Baptiste), domestique, 

273. 
Noyon, 271. 

Odent, commissaire au Chàtelet, 11. 

Oppenant (Abraham). Décès, 81. 

Orsel, bijoutier, 268. 

Ory (Raphaël), 71. 

Osmon, logeur, 261. 

Ourba (Benjamin), dit Lange, rabbin de 

Saphed. Décès, 90. 
Ourba (Samuel), 91. 

Padoue (Italie^, 214. 
Pallu (Urbain), de Montrouge, 267. 
Parent, commissaire au Chàtelet, 10. 
Paris. Cens commun, 21. 

— Chàtelet (prisons), 70, 75. 

— Cimetière de la Porte Saint-Martin, 8. 

— Collèges d'Autun, 256; de Gramont, 
80 ; des Quatre-Nations, 80. 

— Comédie italienne, 267. 

— Commissaires au Chàtelet, 9-1 1. 

— Enclos du prieuré Saint-Martin-des- 
Champs, 175, 178, 194, 198, 248 ; de 
S.nnt-Germain-de.s-Près, 10, 266 ; 
du Temple, 32. 

— Hôpital de la Charité, 15, 26, 230. 

— Hospitalières de la rue MoufFetard, 
269. 



TABLE 



285 



Paris. Hôtel-Dieu, 26, 51, 221. 
— • Notre-Dame, 21. 

— Palais Royal, 271. 

— Pont-au-Change, 89. 

— Pont-aux-Choux, 200. 

— Porte Saint-Martin, 68. 

— Saint-Lazare, 21. 

— Maisons et hôtels : Hôtel d'Anjou, 
rue Dauphine, 218 ; hôtel d'Anjou, 
rue Màcon, 181 ; hôtel d'Artois, rue 
Chariot, 26g ; hôtel d'Auvergne, quai 
des Grauds-Augustins, 88 ; hôtel 
Baillet, rue des Blancs-Manteaux, 
158 ; hôtel de Beaujeu, rue Haute- 
feuille, 78 ; hôtel du Bœuf cou- 
ronné, rue de la Huchette, 89 n. 2 ; 
les Bous Enfants, rue Saint-Martin, 
157 ; hôtel de Bourgogne, rue Mont- 
morency, 272 ; Bureau des tapissiers, 
165 ; le Chariot d'or, rue Darnetal, 
49 ; hôtel de Chàtillon, rue de Tour- 
non, 140 ; le Cheval noir, rue de 
l'Etoille, 127 ; le Cheval rouge, rue 
Saint-Julien-dcs-Mcnétriers, 106 ; le 
Ciseau d'Or, rue GeofTroy-Langevin, 
52 ; le Ciseau d'or, rue Pierre-au- 
Lard, 52 ; la Cloche, rue Saint-Mar- 
tin, 59 ; café du Commerce, rue 
Saint-Martin, 273 ; hôtel de la Cou- 
ronne, rue Croix-des-Petits-Champs, 
iio ; la Croix de fer, rue Saint- 
Denis, 275 ; la Croix de fer, rue 
Saint-Martin, 264 ; la Croix de Lor- 
raine, rue Saint-Martin, 200 ; hôtel 
d'Espagne, rue de Seine, 123 ; hôtel 
de la Ferme générale des Postes, 
114, 180, 239 ; hôtel de France, rue 
Bourg-l'Abbé, 270 ; hôtel de France, 
rue de Venise, 55 ; hôtel de Gre- 
noble, rue du Boullois, iio ; hôtel 
de Lesse ville, rue Gallande, 125 ; 
le Lys d'or, rue Q.uinquempois, 70, 
73 ; la Magdeleine, rue du Haut-Mou- 
lin, 55 ; hôtel de la Marche, rue des 
Poitevins, 90-92 ; hôtel de la Marche, 
rue des Vieilles-Etuves, 150 ; la 
Mine de plomb, quai des Morfondus, 
271 ; hôtel Montbar, rue du Temple, 
132 ; hôtel de Montmorency, rue de 
Montmoiency, 73 ; petit hôtel de 
Montpellier, rue Aubry-Ie-Boucher, 
206 ; hôtel de Nantes, rue des Vieilles- 
Etuves-Saint-Martin, 158, 160 ; hôtel 
de Nevers, rue d'Orléans-Saint-Ho- 
noré, 269 ; hôtel Notre-Dame, rue 
des Petits-Champs-Saint-Martin, 220, 
242, 243 ; hôtel d'Orléans, rue des 
Deux-Portes Saint-Sauveur, 256 ; 
hôtel de la Paix, rue Chariot, 269 ; 
hôtel du Parlement d'Angleterre, rue 



Paris. Maisons et hôtels : 
du Coq-Héron, 265 ; Petite Poste, rue 
Grenier-Saint-Lazare, 182 ; hôtel de 
Poitiers, rue Poupée, 88, 89 ; le Pro- 
phète Elie, rue Saint-André-des-Arts, 
232 ; hôtel de Provence, rue du 
Foin, 210 ; hôtel de Provence, rue 
Saint-Séverin, 252 ; hôtel de la Pro- 
vidence, rue de la Tixeranderie, 262 ; 
hôtel des Quatre-Provinces, rue 
Beaubourg, 195, 214 ; hôtel des 
Quatre-Provinces, rue Tiquetonne, 
256-258, 261, 262; hôtel de Reims, 
rue de l'Hirondelle. 82, 256 ; le 
Riche Laboureur, rue des Fossés 
M. le Prince, 97 ; le Roy Artus, rue 
des Arcis, 49 ; hôtel du Saint-Esprit, 
rue de l'Hirondelle, 115, 213 ; le 
Saint-Esprit, rue Plàtrièrc, 152 ; hôtel 
Sainte-Geneviève, rue Poupée, 237 ; 
hôtel Saint-Malo, rue des Noyers, 
96; hôtel Saint-Pierre, rue Brise- 
miche, 174, 179, 218 ; le Sauvage 
d'or, rue des Lombards, 132 ; hôtel de 
Sens, rue de l'Hirondelle, 211, 237 ; 
le Signe de la Croix, rue Maubuée, 
87 ; le Soleil d'or, rue Poupée, 51; 
la Tour d'Argent, rue de la Poterie, 
52 ; hôtel des Trois Maures, rue du 
Hurpoix, 178; hôtel Ventadour, rue 
Ventadour, 269; hôtel Villain, rue de 
Montmorency, 256-25S ; la Ville de 
Coblence, rue Quincampoix, 146. 

— Rues, places, boulevards, etc. : Cul-de- 
sac de l'Anglois, 73 ; rue des Arcis, 
49 ; Aubry-le-Boucher, 13, 170, 206, 
222, 268 ; Aumaire, 169 ; Beaubourg, 
55, 75, 85, 86, 121, 138, 139, 144, 
162, 165, 167, 168, 170, 175, 182, 
183, 188, 191, 195-197, 204, 205, 
214, 225, 233, 240, 248, 251 ; cul- 
de-sac Berthault, 196 ; rue Betizy, 
268; des Blancs-Manteaux, 158, 219; 
des Boucheries, 91 ; du Boulloy, 64, 
110 ; Bourg-l'Abbé, 270, 272; Brise- 
miche, 136, 174, 177, 179, 218, 245, 
257. 265 ; de la Calandre, 207; de la 
Chanvrerie, 112; Chariot, 269; des 
Cinq Diamants, 211 ; du Cloître 
Saint-Merry, 107, 207 ; du Cœur 
Volant, 67; du Colombier, 117, 120; 
de la Comédie-Française, 123 ; bou- 
levard de la Comédie italienne, 267 ; 
quai Conti, 112, 113, 133 ; rue du 
Coq Héron, 265 ; Coquillière, ici ; 
des Cordeliers, 125, 227 î de la Cor- 
royerie, 11, 63, 177, 182, 189, 204 ; 
Croix-des-Petits-Champs, iio, 114 ; 
Darnetal, 49; Dauphine, 15, 99, 133, 
172, 218, 252, 254 ; place Dauphine, 



286 



TABLE 



Paris. Rues, places, houleimrds, etc. : 
132 ;* rue des Deux- Portes Saint- 
Sauveur, 256, 266 ; Etienne, 268 ; 
de l'Etoile, 12, 127; de Flandre, 16 ; 
du Foin, 201, 208, 210, 241 ; des 
Fossés Monsieur le Prince, 78, 97 ; 
des Fossés Saint-Germain, 12, 123, 
266 ; Frepillon, 151 ; Gaillon, 273 ; 
Galande, 15, 123, 230 ; Geoffroy- 
Langevin, 51, 52, 62, 104-106, 122, 
126, 135-159, 143, 144, 152, 158, 
159, 165, 184, 188, 189. 191, 194, 
198-200, 203, 207, 242, 244, 250, 
270, 273 ; Gît-le-Cceur, 84 ; des 
Grands-Augustins, 96, 100 ; quai des 
Grands-Augustins, 88 ; rue des Gra- 
villiers, 131, 132; de Grenelle, 271 ; 
Grenier-Saint-Lazare, 13, 59, 175- 
177, 179, 182, 183, 217, 245, 270- 
272 ; Guénégaud, 83 ; de la Harpe, 
1$, 109,113, 115, 118, 128, 131, 154, 
162 ; Hautefeuille, 78, 89, 166, 241 ; 
du Haut-Mouliu, 55 ; de l'Hirondelle, 
82, 115, 211, 213, 228, 236, 237; 
quai de l'Horloge, 132 ; rue de la 
Huchette, 89, 100 ; du Hurpoix, 178 ; 
Jean-Pain Mollet, 258 ; de la Jus- 
sienne, 64, 247 ; Lévèque, 51 ; des 
Lombards, 132 ; Mâcon, 89, 147, 
166, 172, 181, 237, 253, 261 ; Mau- 
buée, 61, 75, 81, 86, 105, 130, 164, 
168, 171, 178, 185, 188, 190, 191, 
199, 212, 215, 216, 220, 234, 242, 
244, 246, 248, 249, 251, 254, 255 ; 
des Mauvais Garçons, 97, 211 ; 
Mazarine, 11, 66, 73, 80, 83, 90, 
172 ; des Ménestriers, 161, 165, 168, 
175, 176; Meslée, 85, 267; Michel le 
Comte, 215 ; Mignon, 79, 80, 83 ; 
de la Monnaie, 233 ; Montmartre, 
247, 269; de Montmorencv, 73, 107, 
256-258, 272 ; quai des Slorfondus, 
271 ; rue Mouffetard, 269 ; Neuve 
des Mathurins, 273 ; Neuve des 
Petits-Champs, 269 ; Neuve-Saint- 
Augustin, 273 ; Neuve-Saint-Eus- 
tache, 13, 172, 226, 227, 266, 269 ; 
Neuve-Saint-Merr}% 66, 67, 76, 222 ; 
des Noyers, 96 ; d'Orléans-Saint- 
Honoré, 269 ; aux Ours, 130, 203 ; 
du Paon, 13, 227 ; de la Parchemi- 
nerie, 153, 154 260 ; Pavée Saint- 
André-des-Arts, 102, 252, 253, 266 ; 
Payelle, 248 ; Percée, 123, 261, 262 ; 
du Petit Bourbon, 140 ; du Petit 
Lyon, 155 ; des Petits-Champs-Saint- 
Martin, 103, 167, 174, 176, 184, 189, 
196, 205, 215, 220, 242-244, 264 ; 
Pierre-au-Lard, 52 ; Pierre-Sarrazin, 
15 ; de la Plàtrière, 13, 114, 152, 



Paris. Rues, places, boulevards, etc. : 
180, 186, 239 ; du Poirier, 51, 142, 
240, 26I1 ; des Poitevins, 67, 90-92, 
98 ; boulevard vis-à-vis le Pont-aux- 
choux, 200 ; place du Pont-Saint- 
Michel, 124 ; rue de la Poterie, 52 ; 
Poupée, 51, 88, 89, 98, 109, iio, 
115, 118, 120, 128, 141, 153, 154, 
162, 180, 186, 237 ; Quincampoix, 
10, 51, 70,73,146, 156, 220; Renard 
Saint-Merry, 273 ; Richelieu, 271 ; 
Saint-Andrc-des-Arcs, 72, 76, 78, 
80,88-90, 96, 98-100, 108, 115, 124, 
127, 128, 131, 141, 147, 148, 166, 
201, 221, 232, 235, 241, 265 ; Saint- 
Antoine, 211 ; Saiute-Avoye, 219 ; 
Sainte-Barbe, 267 ; Saint-Denis, 60, 
255, 269, 275 ; Sainte-Geneviève, 
237 ; Saint-Honoré, 12, 13, iio, 
115, 184, 205 ; Saint-Jacques, 155, 
154 ; Saint-Julien des Ménétriers, 
106 ; Saint-Martin, 13, 52, 56, 59, 
62, 69, 71, 107, 114, 118, 120, 126, 
130, 137, 142, 145. 146, 156, 160, 
161, 164, 165, 169, 170, 179, 183-185, 
193, 194, 198, 200, 203, 206, 212, 
217-219, 221, 222, 225, 243, 263, 
264, 273 ; Saint-Merry, 233, 263 ; 
des Saints-Péres, 230 ; Saint-Sauveur, 
52 ; Saint-Séverin, 102, 134, 213, 
231 ; de Seine, 12, 117, 120, 123, 
254; Taillepain, 207, 225, 233, 234; 
du Temple, 76, 151, 132, 215, 219, 
234 ; Thevenot, 60 ; Tiquetonne, 
256-258, 261, 262, 266 ; de la Tixe- 
randerie, 262 ; de Touraine, 78, 82 ; 
de Tournon, T40 ; Troussevache, 
273 • de Venise, 55 ; Ventadour, 269; 
de la Verrerie, 12, 107 ; de la 
Vieille-Bouclerie, 92, 99, 102, 117, 
118, 149. 231 ; Vieille du Temple, 
49 ; de la Vieille Tixerandrie, 258 ; 
des Vieilles-Etuves Saint-Martin, 12, 
121, 126, 135-139, 142, 143, 145, 
149, 151, 158, 160, 161, 164, 177, 
182, 183, 189, 206, 224, 259 ; 
Zacharie, 93. 

Paris (Jean), tailleur, 228. 

Parisi (Geneviève Fournier, femme) 
domestique, 228. 

Parmentier, logeur, 55. 

Paul (Anna Perpignan, femme Lange 
de), 99, 109, 115, 118, 129. 

Paul (Isaac de). Décès, 128. 

Paul (Jacob de), père, 96, 98-100, 108, 
115, 124, 127, 133, 141, 166, 172, 
213, 232. 

Paul (Jacob de), fils, 88, 89, 98, 100- 
102, iio, 115, 118, 120, 123, 128, 
141, 153, 154, 162, 180, 186. 



TABLE 



287 



Paul (Josué de"). Décès, 99. 

Paul (Lange de), 52, 82, 99, 109, 115, 
II), 128. 

Paul (Léon de), 32, 155. 

Paul (Maria-Anna de). Décès. 115. 

Paul (Sara de). Décès, 108. 

Pehu (Marguerite), 57. 

Peixotto (Affaire), 38. 

Peixotto (Daniel), 265. 

Peixotto (PaulJ, 265. 

Peixotto (Samuel), banquier, 265. 

Peixotto (SarahMendcs Dacosta, femme 
Samuel), 39. Scellé, 265. 

Peixotto de Beaulieu (Charles-Joseph- 
Paul), 265. 

Pereire (Abraham). Décès, 114. 

Pereire (Abraham). Décès, 186. 

Pereire (David), 90, 186. Décès, 180. 

Pereire (Hananel-Rodrigue) 259, 247. 

Pereire (Jacob-Rodrigue), interprète du 
Roi, agent des juifs portugais, 16, 
51, 90, 114, 152, 181, 186, 259. 
Décès, 247. 

Pereire (Marie- An ne Lopez Dias, fem- 
me Jacob-Rodrigue), 114, iSi, 186, 
259. 

Pereire (Samuel). Décès, 2^9. 

Perichon, doreur, logeur, 97. 

Perpignan (Abraham de), 42, 2j2. 

Perpignan (Anna de), femme Lange de 
Paul, 99, 109, 115, 129. Décès, 118. 

Perpignan (Elie), 252, 253, 266. 

Perpignan (Jacob de), 34, 43, 253. 

Perpignan (Jacob). Décès, 155. 

Perpignan (Josué), 252. 

Perpignan (.Marie-Anne), femme David 
Naquet, 257, 2^3, 261. 

Perpignan (Moyse), 99, 153, 134, 226, 
229, 234. 

Perpignan (Ncrthe Pichaud, lemme 
Salomon), 252. 

Perpignan (Rachel Salon, femme Moyse) 
134. 

Perpignan (Régine), 252. 

Perpignan (Salomou), 58, 135. Scellé, 
2)2 ; décès, 255. 

Perrault (Perault), logeur, 184. 

Perrin ou Perrens (Françoise Dalpuget, 
veuve Grégoire Lafoiid, femme Jac- 
ques Romain), 269. 

Perrin ou Perrens (Jacques-Romain), 
bijoutier, 269. 

Petit (Aaron). Décès, 184. 

Petit (.^nne, fille de Joseph). Décès, 
203. 

Petit (Anne Dalpujet, femme Josué). 
Décès, 78. 

Petit (David), 35. 

Petit (Esther, femme Joseph) 102, 184, 
205. 



Petit (Isaac), 102, 

Petit (Israël), 184. 

Petit (Jean), notaire, 270, 272. 

Petit (Jean-Antoine), dit Saint-Jean, 
laquais, 131. 

Petit (Joseph), 102, 114, 184, 205. 

Petit (Josué), 90, 91, 93, 114, 118, 
120. 

Petit (Josué). Décès, 102. 

Petit (Lion), 33. 

Philippes, père, 146. 

Philippes (Hendelin, femme), 146. 

Philippes (Lazare). Décès, 146. 

Picard (Michel-Lj'on), 273. 

Pichaud (Josué-Gabriel de), 34. 

Pichaud (Xerthe), fenmie Salomon Per- 
pignan, 2)2. 

Pierron (Xavier), 224. 

Pigeon (Marie-Catherine), 20. 

Pimentel (.Moyse), 260. 

Poinsignon (J.-B.), 272. 

Polonais (Mardoché), 273. 

Polonois (Benjamin), 190. 

Pommeret 0ean-Baptiste), cordonnier, 
159. 

Pon pierre (Lorraine), 240. 

Poupardin, cordonnier, logeur, 80. 

Prac ou Prag (Elie), 32. 

Prague, 143, 145, 158, 221, 222. 

Prague (Isaac de), 275. 

Premontval, commissaire au Chàtelet, 
10. 

Presle (De), logeur, 162, 165, 183. 

Prié, 132. 

Prin, débitant de tabac, logeur, 91. 

Prisac (Benjamin), 69. 

Prisac (Léon-Benjamin). Décès, 69. 

Prossnitz (Moravie), 169. 

Protestants. Cimetière, 14 ; tarif d'inhu- 
mation, 27. 

Pussin (Veuve), 24. 

(iuint (David), décès, 191. 

Raby (Elie Schwab), 59. 

Raphaël (David), 110. 

Rats (Destruction des), 270. 

Ratte, cordonnier, logeur, 142. 

Ravel fils, 98. 

Ravel (Aaron), 123, 266. 

Ravel (Israël), 78, 117, 133. 

Ravel (Lyon), père. Décès, 97. 

Ravel (Mardoché), 107, 266. 

Ravel (Pora), veuve Josué Naquet, 89. 

Ravel (Salomon), 125. 

Ravet, chirurgien, 211. 

Rebillot, marchand de vins, logeur, 

156. 
Regnard, commissaire au Chàtelet, 10, 

II, 64. 



288 



TABLE 



Regnaudet (Thomas-Joseph-Jean), com- 
missaire au Chàtcleî, lo, ii. 70, 75. 

Regnault, rôtisseur, iio. 

Regnault (Marie), veuve François Sir- 
jan, logeuse. 93. 

Régnier, grenetier, logeur, 71. 

Reichshoten (Alsace), 215. 

Remy, marchande de modes, logeuse, 
176. 

Renard, logeur, 259. 

Richard, limonadier, logeur, 170, 188, 
193, 197, 205. 

Richard, tapissier, 162. 

Rindorf (Bonn), 146. 

Rivière, perruquier, logeur, 130, 142, 
146. 

Robart, pâtissier, logeur, 154. 

Robert, géographe du Roi, 132. 

Robin, chirurgien, 147. 

Rochelle (L.n), 266. 

Rodriguez (Fils de David), dcccs, 208. 

Rodriguez (David), 208, 210. 

Rodriguez (Sara, femme David), 208. 
Décès, 210. 

Rodriguez Brandam (Enfant de). Décès, 
152. 

Rodriguez Brandam (Rachel Castro, 
femme Samuel), 152. 

Rodriguez Pereire, voy. Pereire. 

Roger eu Royer, tabletier, logeur, 174, 
176. 

Roger (Jean)j dit Saint-Jean, gagne- 
denier, 95. 

Roger eu Roget (Samuel), 211, 237. 

Rosheim (Alsace), 218. 

Rosier, épicier, logeur, 72, 78, 80. 

Rotterdam, 122, 263. 

Rouen, 266. 

Rouen (Deni.s-André), notaire, 265, 271. 

Rouget (Sarah Dalpuget, veuve Elle), 
269. 

Roullet, facteur de la poste, logeur, 
121, 142, 145, 149, 151, 160, 162, 
177, 182. 

Rousseau, logeur, 51. 

Rousseau, notaire, 267. 

Rousson, cordonnier, 167. 

Rouveau (Antoine), notaire, 21. 

Roy, pâtissier, 183. 

Royer, voy. Roger. 

Saint-Amand (De), mousquetaire, 83. 

Saint-Domingue, 58. 

Sainte-Barbe, couvreur, 269. 

Saint-Jean (Jean-Antoine Petit dit), 
laquais, 131. 

Saint-Jean (Jean Roger, dit), gagne- 
denier, 95. 

Saint-Louis (Louis Mousset, dit), domes- 
tique, 253. 



Saint - Pierre (Pierre Michalot, dit) 

laquais, 112, 113. 
Salomon, orfèvre, 55. 
Salomon, revendeur, 33. 
Salomon, fils de Jonas. Décès, 195. 
S.-ilomon (Fille de Jacob). Décès, 190. 
Salomon (Fils de Jacob). Décès, 169, 

2)5- 

Salomon (Asser), 106. 

Salomon (Baron ou Baruc), 233, 240, 
248. 

Salomon (Benjamin), 64. 

Salomon (Bernard), de Berlin, 195. 

Salomon (Bernard), de Metz, 70. 

Salomon (Hélène Benjamin), 31. Dé- 
cès, 64. 

Salomon (Jacob), de Mohrau, 190, 255. 

Salomon (Jacob), de Prosnitz, 169. 

Salomon (Rosette), veuve Salomon Ben- 
jamin, 73. 

Salomon (Salomon), 174, 176, 189. 

Salomon (Sara, femme de Jacob), 169. 

Salomon (Sara-Charlotte Veil, femme 
Jacob), 190, 235. 

Salon (Israël), syndic des juifs de Bor- 
deaux, 117, 118, 149. 

Salon (Moïse), 253. 

Salon (Rachel), femme Moyse Perpi- 
gnan. 154. 

Salon Dalpuget (Esther), veuve Israël 
Bernard de Valabrègue, 117, 120, 226, 
228. 

Salvador (Judith), femme Jean-Charles 
Bomarin, 266. 

Sampson (Anne), femme Euselme Ma- 
this, 106. 

Samuel, fils de Marcus. Décès, 160. 

Samuel (Frade), femme Aaron Moyse, 
138, 140. 

Samuel (Moyse). 149. 

Samuel (Salomon), de Bamberg, 179. 

Samuel (Salomon), de Francfort, 177,222. 

Samuel (Salomon), de Wurzburg, 182. 

Samuel (Simon). Décès, 104. 

Saphed (Syrie), 91. 

Sarrelouis, 81, 104, 105, 203, 275. 

Sasia (Abraham), 154. 

Saulnier (Jean-Marie), vigneron à Massy 
268. 

Savanne, traiteur. 208, 210. 

Scaramella Qacob), 180, 213. 

Scellés, 33 et ss. 

Schlesladt, 204. 

Schnapper (Abraham), 273. 

Schouabe, voir Schwab. 

Schreiber (Abraham). Scellé, 273. 

Schreiber (Hefele), 273. 

Schreiber (Hindela), 273. 

Schreiber (Lia Cremnitz, veuve Abra- 
ham), 275. 



Schreiber (Lipman), 273. 

Sclirciber (Moyse), 273. 

Schreiber ^Preudcl), 273. 

Scliwab (Anne Lévy, femme), 59. 

Scliwab (Brunette Nathan, femme Da- 
niel), 171. 

Scliwab (Charlotte). Décès, 171. 

Schwab (Daniel), 171. 

Schwab (Isaï), 85. 

Schwab (Moyse). Décès, 54. 

Schwab (Rachel), 52. 

Schwab (Rubin), 52, 55. Décès, 56. 

Schwab Raby (Elle), 59. 

Segret (Marin), chirurgien, 252. 

Serreau, commissaire au Châtelet, 11. 

Silva (Salomon), 114. 

Silveyra (David), syndic des Juifs por- 
tugais, 40, 41, 239, 247, 256, 257, 
258, 261, 262, 266, 268. 

Silveyra (Moïse), 261, 262. 

Simon (Anne), femme Emmanuel. Dé- 
cès, 202. 

Simon (Enoch). Décès, 176. 

Simon (Jacob), 126, 176. 

Simon (Judith, femme Philippe). Décès, 
197. 

Simon (Keila, femme Samuel). Décès, 
103. 

Simon (Marie). Décès, 126. 

Simon (Philippes), 198. 

Simon (Samuel), 103, 104. 

Simon (Sara, femme de Jacob), 127, 
176. 

Simonneau (Pierre-François), commis- 
saire au Châtelet, 11, 13-15, 263, 264, 
266, 267, 269, 272, 273. 

Simonnet, logeur, 138, 139, 130. 

Sirebeau, commissaire au Châtelet, 10. 

Sirjan (Marie Regnault, veuve), logeuse, 

. 93- 

Solar (Moïse Castro), 34. 

Souabe, voj'. Schwab. 

Souevat (Jacob de), 93. 

Souillardj marchand de crayons, 271. 

Soullieus (Marie), femme Joseph, Trépas 

249. 
Soyva, voy. Souevat. 
Spir (Abraham), 165. 
Spir (Cerf), 203. 

Steinbiedersdorf, voy. Ponpierre. 
Stockstadt am Rheim (Hesse), 225. 
Strasbourg, 5, 130, 132. 
Suahc, voy. Schwab. 
Suasso (Sara Rachel, femme Van Je- 

romino Moïse Lopes). Décès, 141. 
Sylva (Salomon), iio. 

Tabor (Jacob-Auguste), 132. 
Taladon, procureur, 265. 
Tessé (C" de), 113. 



TABLE 289 

Thauvart, cf. Towar. 

Thauvart (Sara), femme David Dacosta, 



Theroueniie, mercier, 107. 

Thierion, commissaire au Châtelet, 10. 

Thilloi, commissaire au Châtelet, 10. 

Thiot, commissaire au Châtelet, 10. 

Tignon, épicier, logeur, 76. 

Tobar, voy. Towar. 

Toille (Catherine), cuisinière, 253. 

Tonnellier d'Avaucourt (Marie), 271. 

Touprier, menuisier, logeur, 240. 

Tourniaux, peintre-doreur, 196. 

Tourtoa (Banque), 132. 

Tourton, commissaire au Châtelet, 10. 

Touvenot (Amable-Pierre), commissaire 

au Châtelet, 10, m, 113. 
Towar, cf. Thauvart. 
Towar (Esther). Décès, 65. 
Towar (Isaac), 59,66. 
Towar (Rachel). Décès, 59. 
Towar (Ricca de Léon, femme Isaac), 

59, 66. 
Traisnel (Jacob), 130,270, 273. 
Traisnel (Sophie Hirsch, femme Jacob), 

270. 
Trebitsch (Moravie), 244. 
Trenelle, voy. Traisnel. 
Trépas (Marie Soullieux, femme Joseph), 

249. 
Tresfus (Mayer), 158, 139. 
Trêves, 75, 103, 104. 
Tripier, logeur, 220, 
Trudon, commissaire au Châtelet, 10. 
Turin, 112, 113, 

Vaillant (Marie-Madeleine), 20. 

Valabrègue (Le fils de Joseph). Décès, 
72. 

Valabrègue (Esther Salon Dapulget, 
veuve Israël Bernard de), 117, 120, 
226, 228. 

Valabrègue (Gentille de), femme Manas- 
sès de Béziers, 228. 

Valabrègue (Isaac). Décès, 76. 

Valabrègue (Israël de), dit Vidal l'aîné, 
226, 227. 

Valabrègue (Israël Bernard de), inter- 
prète du Roi, 34, 39, 78-80, 83, 117, 
120, 226, 227. 

Valabrègue (Joseph), 72, 76. 

Valabrègue (Marie-Anne Bernard). Dé- 
cès, 117. 

Valabrègue (Moïse Bernard de). Décès, 
120. 

Valabrègue (Nertegarde, femme Joseph), 
72, 76. 

Valabrègue (Para). Décès, 79. 

Valabrègue (Pora). Décès, 82. 

Valabrèque, voy. Valabrègue. 



290 



TABLE 



V.ilenciennes, 273. 

Valin, voy. Wellingen. 

Vallois (Abbé de), 51. 

Vanglenne, commissaire au CliAtclet, 

10, II. 
Van Jeronimo Lopes Suasso (Sara Ra- 

chel). Dccès, 141. 
Vanves (Petit), cimetière juif, 17, 271. 
Vautier, tourneur, logeur, 185, 188, 

191. 
Vaylle (Abraham). Dcces, 257. 
Vaylle (Joseph), 257. 
Veil (Sara), femme Jacob Salomon, 255. 
Venture (Mardochée), interprête du Roi, 

46, 250. 
Verde (Madelon), femme de Paquin 

Monnheim, 162. 
Vermond, chirurgien, 152. 
Versmold (Westphalie), 138, 159. 
Veyl (Salomon), 52. 
Viche, voy. Bischheim. 
Vidal (Aaron Hananel), syndic de la 

nation juive, 148, 149, 201, 221, 

2505 235. 
Vidal (Abraham), 59, 40, 78, 80. Scellé, 

266. 
Vidal (Alezar). Décès, 172. 
Vidal l'ainè, (Israël de Valabrague, ditj, 

172, 226, 227, 266, 269. 
Vidal (Johanan) de Millihau. Décès, 

124- . „ 

Vidal (Joanan Hain, dit), 80. 
Vidal (Miriam), femme Moyse Gard, 

266. 
Vidal (Noë). Décès, 123. 
Vidal (Rachel), 266. 



Vidal (Sara Alegre, femme Israël), 172. 
Vidal de Carcassonne (Joseph), 162. 
Villeneuve (Armand-Emmanuel-Antoine 

Dalpuget Belloni de), 269. 
Villette (La), cimetière juif, 16 et ss., 

54 et ss., passiiii. 
Vilon, i8. 

Vincent, huissier, 27?. 
Viollet (Veuve), logeuse, 220. 
Vormes, voy. Worms. 
Vougny, logeur, 53. 

Walbcck (Prusse rhénane), 73. 
Warnier on Wouarier (Guilin-Joseph), 

tailleur, 91. 
Wellingen (Lorraine), 136, 174, 179, 

218. 
Wesphalie (Cerf). Décès, 62. 
Westhafen (Alsace), 248. 
W'imphen (Isaac), 219, 234, 250. 
Wissembourg, 185, 190, 199, 249. 
W'olfF-May, orfèvre, 53. 
Worms (Hayem), 81, 273. 
Worms (Jacob), 49. Décès, 55. 
Worms (Joseph), 85. 
Worms (Sara Lèvy, femme Jacob), 53. 
Wouarier, voy. Warnier. 
Wûrzburg (Bavière), 182. 

Zacharie (Benjamin). Décès, 263. 
Zacharie (Lion), de Rotterdam, I2i, 

I55-I57' 179' 263. 
Zacharie (Lion), polonais, 164. 
Zillze, voir Zûlz. 

Zillze (Aaron), voy. Bargate (Aaron). 
Zûlz (Silésie), 220. 



ABBEVILLE. 



IMPRIMERIE F. PAILLART 



La Bibliothèque 
Université d'Ottawa 
Echéance 



The L-ibrary 
Urriverslty of Ottawa 
Date Due 



78 fiAf 



OCT 






I ^ 



^ HCM 2^^1 



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•F85P294 1913 
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