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Full text of "Essai sur le système silurien de l'Amérique septentrionale"

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COMPARATIVE ZOÛLOGY, 

AT HARVARD COUEGE, CAMBRIDGE, JIASS. 
jFounScîr tj, jm'lratc suliscrfjtfoii, m 1861. 



DR. L. de KONINCK'S LIBRARY. 

No.JSJ^'. 



ESSAI 



SUR LE SYSTÈME SILURIEN 



DE 1/UllililQl IE SEPTENTRIONALE. 



• 



STRASBOURG. IMPRIMERIE DE Y. BERCER LEVKAULT. 



ESSAI 



SUR LE SYSTÈME SILURIEN 



DE L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE. 



PAR 



F. DE CASTELNAU, 



CONSUL GENERAL DES ETATS-UNIS A LIMA, MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIETES SAVANTES. 



AVEC VINGT-SEPT PLANCHES. 



PARIS, 

Chez P. BERTRAND, rue Saint -André -des -Arcs, n.° 38. 

STRASBOURG, 

Chez V." LEVRAULT, libraire, rue des Juifs, 33. 
M 1843. 



MCZ LIBRARY 
HARVARD UNIVERSITY 
CAMBRIDGE. MA USft 



INSTITUT DE FRANCE. 



ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES 



(Extrait des Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, séance du 6 mars 1843.) 



RAPPORT 



MEMOIRE DE M. F. DE CASTELNAU , 



i SYSTÈME SILII1 DI L'HUME SEPTENTRIONALE 



Commissaires : il .H. Alexantlrc Kroii^miari. llilne Edivarils, 
Dufrénoy, Élie «Se IScanmont, rapporteur. 



« L'Académie nous a chargés, MM. Alexandre Brongniart, Milne Edwards, Du- 
frénoy et moi , de lui faire un Ptapport sur un Mémoire que M. de Castelnau lui a 
présenté dans la séance du 25 août dernier. Ce Mémoire, consacré principalement 
à la description du système silurien de l'Amérique septentrionale, est accompagné 
de vingt-sept planches, sur lesquelles sont figurés un grand nombre de corps orga- 
nisés fossiles. 

« M. de Castelnau a cru devoir, à l'exemple de plusieurs géologues américains , rap- 
porter au système silurien de l'Angleterre, un grand système de couches calcaires 
et dolomitiques qui forme en partie les rivages des grands lacs de l'Amérique du 
nord , et couvre une partie considérable de ce continent. 

„ L'auteur, qui a sillonné ces contrées dans un grand nombre de directions, a 
particulièrement exploré la région des lacs, et notamment les bords du lac Supé- 



VI 

rieur, qui devait lui servir de point de départ pour un voyage plus étendu encore, 
que les circonstances ne lui ont pas permis de réaliser. 

« Le lac Supérieur, le plus vaste et le plus reculé des grands lacs tributaires du 
Saint-Laurent, est aussi le plus sauvage : séparé des autres par les rapides de la 
rivière de Sainte-Marie, c'est le seul qui ne soit pas encore devenu le domaine de 
la navigation à la vapeur. On y navigue toujours, comme dans les siècles précé- 
dents , dans des canots d'écorce , frêles et légères embarcations que les sauvages , 
dont les bords de cette mer d'eau douce sont encore peuplés , construisent et manœu- 
vrent avec beaucoup d'adresse. Le lac Supérieur est bordé, surtout vers le nord, 
par des plateaux ondulés de granité, qui sont coupés à pic, le long de ses bords, 
sur des hauteurs de 500 mètres , et qui conservent leur verticalité au-dessous de ses 
eaux jusqu'à une très-grande profondeur. Le plus souvent il n'existe aucune berge 
sur laquelle on puisse aborder, en sorte qu'il est très -difficile de débarquer, et 
que , même pour de minces canaux d'écorce , il n'y a qu'un petit nombre de ports. 

« Comme l'avait déjà annoncé M. le docteur Bigsby 1 , le granité, associé à d'autres 
roches cristallines d'espèces assez variées , forme aussi les rives septentrionales du lac 
Huron; le reste des contours des grands lacs est occupé par le système de couches 
calcaires et dolomitiques, théâtre spécial des excursions de M. de Castelnau, qui en 
a particulièrement exploré, au sud-ouest des grands lacs, les parties peu connues, 
situées dans les territoires du Ouisconsin, du MiçMgan et des Illinois, après avoir 
étudié celles qui se montrent sur les bords mêmes des grands lacs. 

« Le lac Huron , dont les rives septentrionales sont formées , ainsi que nous 
venons de le dire, par les roches primitives, est divisé transversalement, à peu de 
distance de ces mêmes rives, par une chaîne d'îles formant un arc d'environ qua- 
rante-cinq lieues de développement, et dont la corde en aurait trente-trois. Ce petit 
archipel a reçu le nom d'îles Manitoulines ; il se compose principalement de 
Y île Drummond, de la. petite et de la grande Manitouline, et de Y île du Manitou, 
auxquelles il faut ajouter une infinité de petites îles et d'îlots. L'attention des 
géologues a été fixée depuis longtemps sur cet archipel, par les descriptions du 
docteur Bigsby, et par les nombreuses figures qu'il a publiées des fossiles qu'il y a 
recueillis 2 . Les descriptions et les collections de M. de Castelnau contribueront à 
nous le faire mieux connaître. 

« JJîle Drummond, qui est la plus occidentale de ces îles , et l'une des plus remar- 
quables, a environ sept lieues de long sur un peu plus de deux de largeur : on y 
trouve de grandes masses d'une dolomie compacte, à cassure terreuse, d'une blan- 
cheur extrême et d'un aspect assez analogue à celui de la craie. Il y existe égale- 



1 Notes on the Gepgraphy and Geology of laite Huron. — Transactions of the Geological Society 
ofLondon; 2. e série, tome I. er , p. 175. 
2. Voyez Mémoire déjà cité. 



ment des dolomies grisâtres plus ou moins cristallines. La dolomie blanche est quel- 
quefois traversée par des systèmes de petits filons de spath calcaire qui résistent 
plus facilement aux intempéries de l'atmosphère : de là résultent des surfaces ru- 
gueuses et des contours déchiquetés, donnant naissance à des formes fantastiques qui 
surprennent et étonnent le voyageur. 

. « La grande Manitoutine est également formée par le système magnésifère : on 
y trouve diverses variétés de dolomies compactes, grisâtres, à cassure terreuse, 
renfermant çà et là divers fossiles, notamment des Huronia et des Evomphales , 
très -voisins d'une espèce de ce genre, trouvée en Russie par M. de Verneuil. Ces 
Evomphales, de l'île Manitouline, avaient été pris, à tort, pour des Ammonites. 

« Ce même système forme aussi la partie septentrionale du Michigan } et sur 
la rive orientale du lac de ce nom, le territoire de Ouisconsin; on y trouve 
souvent des fossiles. 

«L'île de Michilimakimac ou de Makinau, à l'entrée du lac Michigan, est 
formée d'une dolomie blanche très-poreuse, remplie de cavités irrégulières plus 
ou moins grandes, et ayant souvent l'aspect d'une éponge. En grand, ces dolo- 
mies terreuses forment des roches bizarrement découpées , tels cpie des ponts 
naturels. L'Atlas pittoresque , publié par M. de Castelnau , en donne une idée 
précise. 

„ Cette formation magnésifère , que l'auteur a également observée sur les rives 
occidentales du lac Michigan, s'étend à une distance immense vers l'ouest, cou- 
vrant le haut Mississipi et le Missouri supérieur, et embrassant la région métallifère 
située en-deça des montagnes rocheuses. Dans cette dernière région , qui rappelle 
sur une plus grande échelle les environs de Tarnowitz en Silésie, on trouve des 
masses de galène à fleur de terre dans la dolomie compacte à cassure terreuse des 
bords du Mississipi et du Missouri. 

« Ce même système s'étend aussi vers l'est; il entoure le lac Érie, et on doit lui 
rapporter les couches horizontales de schiste, de calcaire et de dolomie sur lesquelles 
se précipite la fameuse cascade de Niagara. 

« M. de Castelnau l'a poursuivi dans le nord de l'Etat de New -York, et il y a 
recueilli de nombreux fossiles. Nous citerons entre autres des fragments d'une ortho- 
cératite de 15 centimètres de diamètre, et qui probablement n'avait pas moins de 
deux mètres de longueur, renfermée dans la dolomie; des sphœronites qui rappel- 
lent ceux des environs de Saint-Pétersbourg; à Schoharie et à Trenton, dans le 
même Etat, des tentaculites extrêmement nombreux, d'une espèce voisine de celle 
de Suède; une goniatite trouvée aux chutes de la rivière Montmorency, près de 
Québec, dans un calcaire compacte d'un brun noirâtre, appartenant toujours à la 
prolongation de ce même système, etc. 

« Ce système magnésifère, qui, par la nature des roches qui le composent, rap- 
pelle souvent, ainsi cpie l'avait remarqué à juste titre le docteur Bigsby, le calcaire 



VJlj 

magnésien de l'Angleterre, se recommande particulièrement à l'intérêt des géologues 
par l'étendue qu'il occupe. Ainsi qu'on vient de le voir, il couvre la plus grande 
partie de l'Etat de New- York et des Etats voisins, une portion de la Pensylvanie, 
la presque-totalité de l'Ohio, de l'Indiana, des Illinois, du Michigan, du Ouisconsin, 
s'étendant à l'ouest jusqu'aux montagnes rocheuses, et au sud, le long du Mississipi, 
jusqu'au Ténessée, tandis qu'au nord il forme la rive méridionale des lacs Winepeg 
et Supérieur, et borde presque en entier le lac Huron. Suivant ensuite le Saint- 
Laurent, ce système s'étend sur une grande partie du Canada. On doit aussi lui 
rapporter d'immenses zones séparées, comme en Suède, par des zones de roches 
primitives, dans cette région, plus grande que l'Europe, qui est gouvernée par la 
Compagnie des fourrures ; peut-être même comprend-il encore les couches à ortho- 
cératites, observées dans les expéditions des capitaines Parry et Ross, sur les rivages 
des mers polaires , notamment à Ingloolik. Enfin , toute la partie centrale de la 
Nouvelle-Ecosse paraît aussi lui appartenir. 

« On doit savoir gré à M. de Castelnau , d'avoir complété l'étude de la partie 
centrale et la mieux exposée de ce vaste système sur les bords des grands lacs, dans 
l'Etat de New -York et le Canada; il a surtout mérité la reconnaissance des géolo- 
gues français, en recueillant une collection considérable, qu'il a déposée dans les 
galeries du Muséum d'histoire naturelle. Cette collection a permis à vos Commis- 
saires de vérifier la nature des roches décrites; on y trouve surtout de nombreux 
fossiles, que M. de Castelnau a figurés dans les 27 planches qui accompagnent son 
Mémoire, et qu'il a décrits avec soin en se livrant même à des discussions et des 
recherches étendues sur les espèces qui paraissaient nouvelles ou qui présentaient quel- 
ques particularités remarquables. 

« En décrivant les nombreux fossiles recueillis pendant son voyage, M. de Cas- 
telnau a été conduit à traiter une question qui intéresse les zoologistes aussi bien 
que les géologues : celle de l'existence de pattes chez les Trilobites. 

« Ces crustacés fossiles, comme on le sait, ressemblent beaucoup, par la forme 
générale de leur corps , aux Cymothoés et surtout aux Séroles ; mais ceux-ci portent 
a la face inférieure du thorax une longue série de pattes ambulatoires, analogues 
à celles des Cloportes, et si les Trilobites avaient eu des appendices locomoteurs 
rigides et articulés, comme les Isopodes auxquels on les comparait, on devrait en 
apercevoir des traces; or, il n'en a pas été ainsi, bien que les naturalistes aient 
examiné des milliers de ces animaux, dont la conservation est souvent si parfaite 
qu'on distingue jusqu'aux facettes de leurs yeux. La plupart des auteurs en ont 
conclu que les Trilobites étaient des animaux privés de pattes ambulatoires , et cette 
conclusion aurait été légitime, si en effet ces crustacés appartenaient au même type 
que les Cymothoés, les Lygies et les Séroles dont on les avait rapprochés; mais, 
dans ces dernières années, on a reconnu que les Trilobites ont plus d'aflinité avec 
les Apus et les Branchippes qu'avec les Isopodes; et si le plan général de leur orga- 



irisation était le même que chez les Branchiopodes , l'absence apparente de pattes 
dans les fossiles n'aurait rien de surprenant et n'impliquerait pas l'absence de ces 
organes chez ces animaux lorsqu'ils vivaient; car, chez les Branchippes et les Apus, 
les pattes ont la forme de rames foliacées et membraneuses, dont la conformation 
est appropriée à leurs usages dans la natation et dans la respiration, et dont le 
tissu est si mou et si délicat que leur destruction est facile , et que dans le travail 
lent de la fossilisation elles ne pourraient guère laisser de traces de leur existence. 
On pouvait donc, malgré toutes les observations négatives dont il vient d'être ques- 
tion, supposer que les Trilobites avaient été pourvues de nageoires ou pattes mem- 
braneuses , semblables à celles des crustacés branchiopodes. Cette opinion était adop- 
tée par plusieurs carcinologistes , et s'accorde parfaitement bien avec les résultats 
fournis à M. de Castelnau par l'examen de quelques Calymènes de l'Amérique 
septentrionale. 

« Effectivement, sur une section transversale du thorax de l'un des échantillons 
de Calymène trouvés par ce voyageur, on aperçoit une tache ferrugineuse qui 
occupe la place où devait se trouver le tronc cylindroïde de l'animal, et un peu 
plus bas, du côté droit, on distingue une autre tache de même nature, mais de 
forme différente, qui ressemble assez à la marque qu'aurait pu produire la présence 
d'une patte foliacée analogue à celle d'un Branchiopode. Dans un autre échantillon , 
on remarque sur une fracture longitudinale deux taches de même couleur, mais 
étroites et allongées , qui semblent correspondre à deux anneaux distincts du thorax , 
et qui pourraient bien être des sections de marques analogues à celles vues de face 
dans l'échantillon précédent. 

« M. de Castelnau considère ces taches comme des empreintes de pattes bran- 
chiales. Yos Commissaires ne croient pas pouvoir se prononcer à cet égard; mais 
ils reconnaissent que ces marques ont effectivement la position et à peu près la forme 
que devraient avoir les empreintes que produiraient les pattes foliacées des Trilobites 
dans l'hypothèse de l'analogie de structure entre ces fossiles et les Apus de la période 
actuelle, analogie qui, nous le répétons, avait déjà été admise par l'un de vos Com- 
missaires. Les observations de M. de Castelnau , bien qu'elles ne nous semblent pas 
suffisantes pour trancher la question, tendent par conséquent à confirmer cette 
manière de voir, et offrent de l'intérêt pour l'histoire des Trilobites. 

« La Zoologie profitera aussi d'un autre fait constaté par M. de Castelnau. Un 
géologue américain, M. Dekay, avait établi, sous le nom de Bilobite, un genre 
nouveau d'après un corps fossile qu'il considérait comme appartenant à la famille 
des Trilobites. Or, notre voyageur s'est assuré que ce prétendu crustacé n'est autre 
chose que le moule de la coquille de quelque mollusque, probablement d'un Car- 
dium ou d'un Spirifer. 

« Nous ajouterons encore que M. de Castelnau a décrit sommairement plusieurs 
Trilobites, mollusques et polypiers nouveaux ou mal connus, et qu'il a préparé 

b 



ainsi des matériaux dont on pourra tirer parti pour l'histoire de la faune du grand 
système magnésifère de l'Amérique du nord. 

« Ainsi que l'indique le titre même de son Mémoire, M. de Castelnau pense que 
ce système doit être une dépendance du système silurien , décrit récemment par 
M. Murchison; cependant, à cause de la position de ses couches, relativement à 
celle des autres formations américaines, et à cause de la forme généralement très- 
compliquée de ses fossiles , l'auteur croit qu'il doit être considéré comme formant 
l'étage supérieur du système silurien, et qu'il serait peut-être mieux encore de le 
considérer comme constituant une formation particulière qui viendrait se placer 
entre celui-ci et le système carbonifère. C'est la place assignée récemment en Europe 
au système dévonien. 

«Vos Commissaires ont vu, dans les fossiles rapportés par M. de Castelnau, la 
preuve évidente que son système magnésifère appartient aux terrains paléozoïques , 
à ceux qu'on nomme depuis longtemps terrains de transition ; quant à l'étage de ces 
terrains auquel on devra le rapporter, ils pensent que les données manquent encore 
pour se décider complètement, et qu'il sera prudent d'attendre, pour l'intercaler 
dans la série des formations dont la Grande-Bretagne a fourni les types , les résultats 
du voyage que l'un des géologues les plus distingués de l'Angleterre, M. Lyell , vient 
d'exécuter sur les grands lacs de l'Amérique. 

« Les bassins de ces grands lacs, loin d'être placés au hasard sur le continent 
américain, sont placés, ainsi que nous l'avons vu ci -dessus, près de la ligne de 
jonction des roches primitives en couches redressées, et du grand système magné- 
sifère en couches le plus souvent horizontales ; position analogue à celle d'une partie 
de la mer Baltique et des grands lacs de la Russie et de la Suède, sur les confins 
des roches primitives et siluriennes. 

« On savait déjà que les bords des grands lacs américains présentent, comme ceux 
de la mer Baltique , les traces les plus évidentes d'un grand phénomène erratique 
■venu de la région du nord. Ces traces s'étendent même sur une partie considérable 
du territoire des Etats-Unis, car le groupe des blocs erratiques s'y trouve représenté 
presque partout. Des blocs énormes, tantôt primitifs, et le plus souvent de roches 
de transition , se voient dans presque toutes les régions de ce continent : les masses 
sont généralement anguleuses ; beaucoup doivent peser de 1 000 à \ 500 kilogrammes , 
et quelques-uns ont jusqu'à 5 mètres sur chaque face. Sur les bords du lac Supé- 
rieur M. de Castelnau a trouvé en blocs erratiques un poudingue quarzeux blanc 
à noyaux rouges, qui vient de la contrée au nord des lacs. Sur les îles Manitou- 
Unes, où le docteur Bigsby avait déjà signalé ce phénomène, on trouve un grand 
nombre de blocs erratiques de roches cristallines venant aussi de la région primitive 
du nord, telles que granités, diorites, amygdaloïdes , etc. M. de Castelnau y a par- 
ticulièrement observé un granité rougeâtre très-quarzeux et très-micacé, contenant 
des cristaux d'albite blancs parfaitement caractérisés par une multitude de zones 



alternatives , miroitant dans deux plans différents, il provient de la partie nord-est 
des côtes du lac Supérieur. De pareils blocs sont aussi répandus dans une grande 
partie du Bas -Canada, comme l'avaient déjà constaté les recherches de plusieurs 
géologues. M. de Castelnau a de même vérifié les observations des géologues amé- 
ricains, tels que 3131. Hitchkock, Jackson, et plusieurs autres, qui avaient constaté 
la dissémination de pareils blocs dans les contrées situées plus au sud; il en a vu 
d'énormes aux environs des villages de Wippenay et d'Hoboken, dans le Connecticut, 
sur l'île Longue, dans le New-Jersey, etc. La direction générale du transport paraît 
toujours avoir été du nord au sud. 

« Indépendamment des blocs, le nombre des cailloux roulés de moindre dimen- 
sion est aussi fort considérable , et dans certaines parties , M. de Castelnau a vu 
des milliers d'acres rendus impropres à la culture par les amas de ces fragments 
erratiques. Il en cite particulièrement d'immenses dépôts entre Columbus et Augusta , 
dans la Géorgie. 

« D'après les observations bien connues de 3131. Jackson , Hitchkock et de plu- 
sieurs autres géologues américains , le phénomène des surfaces polies et striées existe 
aussi dans toute la partie septentrionale des Etats-Unis, ainsi que dans le Canada. 
Il est à regretter que 31. de Castelnau n'ait pas été conduit à diriger sur cet objet 
important une attention plus spéciale; mais, en revanche, ce voyageur a suivi le 
grand dépôt erratique dans la partie occidentale des Etats-Unis. Dans cette région, 
il a vu les blocs erratiques de roches primitives diminuer de grosseur en s'avançant 
de la région des grands lacs vers l'extrémité occidentale des Alleghanys; mais il les 
a rencontrés jusque dans l'Àlabama, où ils ne sont plus très-gros, quoique encore 
reconnaissables. 11 paraît que c'est là leur limite méridionale, car il a remarqué 
qu'on n'en trouve plus aucun vestige dans l'intérieur de la Eloride. On peut même 
voyager pendant des journées et des semaines entières, dans ce dernier pays, sans 
y rencontrer un seul caillou. 

« Le comté de Léon , dit 31. de Castelnau , dans son essai sur la Floride du 
milieu l , est le plus riche et plus peuplé de toute la Floride. Son sol est générale- 
ment formé d'une argile rouge très-ferrugineuse, qui, dans les Etats du sud, dénote 
constamment les bonnes terres à coton. Cette couche, qui varie en profondeur de 
7 à 65 mètres, est placée au-dessus du calcaire; elle forme ici l'extrémité sud d'une 
bande très-étendue , qui commence clans le New- Jersey et s'étend à travers les Caro- 
lines et la Géorgie, en suivant toujours le versant oriental des Alleghanys. Peut- 
être serait-ce ici le lieu de remarquer que cette bande de limon fertile occupe, par 
rapport au grand dépôt erratique du nord de l'Amérique, une position analogue à 



1 Voyez, dans les Comptes rendus des séances de l'Académie, t. XV, p. 1045, séance du 5 décembre 
1842, le Rapport lu à l'Académie sur ce travail par M. Isidore Geoffroy-Sainl-Hilaire. 



Xlj 

celle qu'occupe, par rapport au dépôt erratique Scandinave, la zone de terres limo- 
neuses fertiles qui traverse l'Europe , de la Picardie à l'Ukraine. ' 

« On pourrait peut-être voir encore un trait de ressemblance entre les terrains 
erratiques du nord de l'Amérique et du nord de l'Europe, dans les dépôts sablonneux 
qu'on observe sur les bords des grands lacs américains. M. de Castelnau a , en effet , 
rencontré d'immenses dépôts de sable blanc et très-pur qui, dans certaines parties, 
forment des monticules et des dunes ayant de 52 à 80 mètres de hauteur. II cite 
particulièrement ceux qui forment une grande partie de la côte occidentale du Mi- 
chigan, sur le lac du même nom, et entre autres celui qui est connu sous le nom 
de l'Ours endormi (sleeping Bear), par allusion à sa forme. Telles sont encore, sur 
le même lac , les îles du Castor et du Manitou. Nous ne devons cependant pas omettre 
de rappeler que M. Scboolcraft regarde ces dépôts de sable comme de simples dunes 
entassées par le vent. Ils semblent néanmoins avoir quelques connexions avec les 
blocs erratiques, à l'extrémité orientale du lac Huron, où l'établissement anglais de 
Palequantachine, au bord de la baie de Glocester, est situé sur des collines de sable 
et au milieu des blocs erratiques; cette question reste donc à éclaircir. 

« Quoi qu'il en soit, on peut remarquer que si la situation des grands lacs amé- 
ricains vers les limites des roches cristallines et sédimentaires , rappelle celles de la 
mer Baltique et des grands lacs de la Russie et de la Suède, la direction si remar- 
quable de ces derniers lacs trouve des termes de comparaison dans certains traits 
de la configuration des premiers. Le lac Huron, comme la baie d'Hudson, s'allonge 
en pointe vers le sud, et le lac Michigan est dirigé presque du nord au sud, avec 
une légère déviation vers le S.-O. Cette dernière direction est d'autant plus remar- 
quable qu'elle est prolongée par les vastes prairies des Illinois, qui vont rejoindre 
l'Ohio et le Mississipi près de leurs confluents. Leur immense étendue est entière- 
ment formée d'un sol alluvial et profond, recouvrant des calcaires magnésifères. 
Une section dans ces prairies nous a présenté, dit l'auteur, la coupe suivante : 

Sol végétal de couleur noire ..... ra ,45 

Argile jaune 1 ,22 

Sable noir ,30 

Argile d'un bleu obscur 3 ,20 

On rencontre au-dessous le calcaire magnésien rempli de crevasses et de fissures, 
dans lesquelles s'infiltre l'argile supérieure. 

« Leur surface privée d'arbres, mais présentant une végétation de graminées qui 
se distingue par son uniformité, est un des traits physiques les plus remarquables 
que nous offrent les parties centrales de l'Amérique du nord. L'uniformité du sol 



1 Voyez le Rapport sur le Mémoire de M. Durocher, Comptes Tendus des séances de l'Académie, lom. XIV, 
page 98. 



Xllj 

n'est relevée que par la présence, dans quelques endroits, de blocs erratiques nom- 
breux appartenant aux roches primitives. 

« L'origine énigmatique de ces prairies se rattache, dans les idées de l'auteur, à 
des faits qui établissent entre ces contrées et le nord de l'Europe un nouveau genre 
de rapprochements non moins digne d'attention que ceux signalés ci-dessus. 

« Il m'a été impossible, dit M. de Castelnau, de parcourir cette région sans 
éprouver la conviction qu'elle a dû, à une époque quelconque, avoir été recouverte 
par les eaux; en un mot, qu'elle a été le bassin d'un lac infiniment plus considérable 
que ceux encore si étendus qui existent dans les mêmes contrées. En s'approchant 
du Mississipi, les preuves de ce phénomène deviennent, ajoute-t-il, encore plus 
frappantes. „ A une ancienne époque, a déjà dit un voyageur célèbre (M. School- 
« craft), il y eut quelque obstacle au cours du Mississipi, près du grand tower, qui 
« produisit une stagnation des eaux et les porta à une élévation d'environ 40 mètres 
« au-dessus de leur ligne ordinaire. " Il est en effet certain , d'après M. de Castelnau , 
que partout où les roches présentent, dans cette partie du Mississipi, un front 
abrupte sur le fleuve, elles laissent voir, à une trentaine de mètres d'élévation, une 
série de lignes d'eau parallèles et horizontales ou allant légèrement en s'inclinant 
vers le nord. 

« Ces anciennes lignes de niveau marqueraient, suivant l'auteur, la rive occiden- 
tale de l'ancien et immense lac dont nous avons parlé, et la hauteur des lignes au- 
dessus du niveau actuel montrerait la profondeur des eaux qui en baignaient la 
base. 

« La profondeur successivement de moins en moins grande de ces mêmes eaux 
aurait laissé des traces analogues sur les bords des lacs actuels. La partie S. E. de 
l'extrémité du lac Michigan a offert , en effet , à M. de Castelnau , une série de plages 
soulevées, analogues à celles des rivages du N.-O. de l'Europe, mais beaucoup plus 
nombreuses. Ces plages sont placées en amphithéâtre, les unes au-dessus des autres, 
et l'auteur en a compté, dans certains endroits, jusqu'à quarante- deux ainsi dis- 
posées. 

« Nous ajouterons que des faits analogues avaient déjà été signalés sur les rives 
des grands lacs américains. 

« Un voyageur plein de sagacité (Mackensie) a remarqué, dit Playfer, que les 
« bords du lac Supérieur présentent des traces de la diminution de ses eaux, et 
„ qu'on peut y observer des marques de leur ancien niveau à 2 mètres au-dessus 
« de leur niveau actuel. Dans des lacs moins étendus , cet abaissement est encore 
„ plus visible. ' '" 

«M. Lyell ajoute que, d'après les observations du capitaine Bayfield, il existe, 
sur les bords du lac Supérieur, aussi bien que sur ceux des autres lacs du Canada, 

1. Mackensie s Voyages, p. 34 et 42, cité dans Paifair's Illustrations ofthe huttonian iheory, p. 360. 



XIV 

ri 

des traces qui conduisent à inférer que les eaux y ont occupé, à une époque anté- 
rieure, un niveau beaucoup plus élevé que celui auquel elles se tiennent aujourd'hui. 
À une distance assez considérable des rivages actuels, on observe des lignes de cail- 
loux roidés et de coquilles s'élevant l'une au-dessus de l'autre comme les gradins 
d'un amphithéâtre. Ces anciennes lignes de galets sont exactement semblables à 
celles que présente aujourd'hui le rivage, dans la plupart des baies, et elles attei- 
gnent souvent une hauteur de 1 2 ou 1 5 mètres au-dessus du niveau actuel. Comme 
les vents les plus violents n'élèvent pas les eaux de plus de \ mètre à 1 m ,30, ces 
rivages élevés doivent être attribués, suivant M. Lyell, soit à l'abaissement du lac 
à des époques anciennes, par suite de la dégradation de ses barrières, soit à l'éléva- 
tion de ses rivages par l'effet des tremblements de terre, comme il en existe des 
exemples sur les côtes du Chili. ' 

„ C'est à une hypothèse de ce dernier genre, mais formulée en termes précis, que 
s'arrête M. de Castelnau. Suivant lui , le lac Supérieur aurait autrefois versé ses eaux 
dans le lac Michigan, qui lui-même aboutissait à un immense bassin, indiqué, sur 
la carte jointe à son Mémoire, sous le nom de grand lac silurien. Ce grand lac 
aurait jeté son trop-plein dans la mer mexicaine, qui, à cette époque, devait couvrir 
toute la partie occupée par les formations tertiaires et d'alluvion de la partie méri- 
dionale des Etats-Unis. Puis serait survenu un événement qui arrêta le passage des 
eaux dans l'endroit qui forme aujourd'hui l'extrémité sud du lac Michigan. Cet évé- 
nement aurait été le soulèvement de l'espace occupé par le grand lac silurien, et 
connu aujourd'hui sous le nom d'Etat des Illinois. 

«Dans mon hypothèse, dit l'auteur, le soulèvement des Illinois aurait été autrefois 
beaucoup plus considérable qu'il ne l'est aujourd'hui, et il ne serait pas même impos- 
sible que l'abaissement progressif de cette partie du sol américain se continue de 
nos jours. 

«Vos Commissaires ne croient pas devoir émettre d'opinion sur cette hypothèse, 
qui, malgré ce qu'elle a de plausible par son accord avec les faits observés, aurait 
peut-être besoin d'être appuyée sur des observations encore plus nombreuses. Ils 
ont cru cependant devoir la citer, parce qu'elle leur paraît ingénieuse et propre à 
fixer l'attention sur un ordre de faits curieux, dont l'investigation ne pourra que 
contribuer à jeter du jour sur l'origine du continent américain. 

«En résumé, le Mémoire de M. de Castelnau a offert à vos Commissaires un 
grand nombre de faits qui étendent ou éclaircissent les observations déjà publiées 
par les géologues anglais et américains. Ce voyageur a, en outre, contribué à nous 
faire mieux connaître la géologie des vastes contrées qu'il a parcourues, par les 
collections nombreuses qu'il a recueillies dans des localités dont plusieurs sont peu 



1 Lyell's, Pvinciples of Geology; t. I, p. 427. 



XV 

accessibles et rarement visitées. Nous avons en conséquence l'honneur de proposer 
à l'Académie de le remercier de sa communication et de l'engager à continuer avec 
la même activité, le même soin d'investigation, de semblables recherches dans les 
voyages qu'il pourrait se trouver encore dans le cas d'entreprendre. " 
Les conclusions de ce rapport ont été adoptées. 



ESSAI 
SUR LE SYSTÈME SILURIEN 

DE L'AIIÉRIOUE SEPTENTRIONALE. 



De toutes les parties des sciences naturelles, la géologie est celle qui exige le plus 
impérieusement des études comparatives, faites en des régions diverses du globe, et 
qui, sous ce rapport, doit particulièrement fixer l'attention du voyageur; car si dans 
la plupart des autres branches de ces sciences un fait peut être partout bien étudié, 
dans celle-ci, au contraire, pour asseoir son histoire sur des bases solides, il faut 
l'avoir observé sur des points éloignés les uns des autres , et dans lesquels il se 
présentera souvent sous des aspects très-différents. Ce sont ces réflexions qui m'en- 
hardissent à soumettre aujourd'hui à l'Institut quelques observations recueillies , 
pendant près de cinq années de voyages dans l'Amérique septentrionale. 

L'Europe, et quelques régions seulement encore de cette partie du monde, ont été 
jusqu'ici soumises à des investigations suivies sous le point de vue géologique; dans 
le reste du globe nous ne trouvons cpie quelques points clair-semés qui aient été 
observés avec plus ou moins de soin, et qui sont répandus à de si grandes distances 
sur la surface du globe, qu'ils semblent être des oasis dans le désert. ■ 

Cependant, s'il est important de recueillir les animaux et les plantes qui existent 
de nos jours dans des climats lointains, ne l'est-il pas aussi de réunir de tous les 
points ceux qui les habitèrent dans les âges passés , d'autant plus que la zoologie et la 
botanique sont aujourd'hui assises sur des bases assez solides pour que l'on soit à 
peu près certain que des objets nouveaux n'auront d'intérêt qu'en augmentant le 
catalogue des êtres, tandis que la géologie, science d'hier, bien que les siècles ne 
forment que des espaces imperceptibles dans ses sublimes archives antédiluviennes, 
la géologie, dis-je, n'est encore, malgré de nombreux et beaux travaux, qu'une 
science incomplète, basée sur une collection encore bien peu nombreuse de faits 
bien constatés. 

Quoique mon intention ne soit ici que d'étudier le système silurien, cependant 
j'ai pensé qu'il était utile, pour parvenir à ce but, d'indiquer rapidement la géogra- 
phie des autres formations, telles qu'elles se rencontrent dans l'Amérique du nord. 

\ 



2 

Le Groupe des blocs erratiques de M. de la Bêche se trouve représenté presque 
partout; des blocs immenses, tantôt primitifs et plus souvent secondaires, se voient 
dans presque toutes les régions du continent: les masses sont généralement carrées, 
beaucoxq) doivent peser de deux à trois mille livres, et quelques-uns ont jusqu'à 
cinq mètres sur chaque face \ L'on en voit d'énormes dans le New-Jersey, aux envi- 
rons des villages de Wippenay et d'Hobaken, dans le Connecticut, sur l'île longue, etc.; 
leur direction générale m'a toujours semblé être du nord au sud. 

Le nombre des cailloux roulés est aussi fort considérable, et, dans certaines parties, 
je vis des milliers d'acres rendus impropres à la culture par les amas de ces fragments 
erratiques ; j'en citerai particulièrement d'immenses dépôts entre Columbus et Au- 
gusta, dans la Géorgie; il en est de même des îles Manitoulines, qui en sont entiè- 
rement recouvertes , ainsi qu'une grande partie du Bas-Canada ; mais ici ils semblent 
ne couvrir que la surface du sol. 

Dans l'intérieur de la Floride l'on n'en trouve aucun vestige , et l'on peut 'voyager 
pendant des jours et même des semaines sans rencontrer un seul caillou. Il faut aussi 
mentionner ici les immenses dépôts de sable blanc et très -pur qui, dans certaines 
parties, forment des monticules et des dunes de cent à deux cent cinquante pieds de 
haut : je citerai notamment ceux qui forment une grande partie de la côte occiden- 
tale du Michigan, sur le lac du même nom, et celui qui est connu sous le nom de 
l'Ours endormi (sleeping Bear), par allusion à sa forme, qui rappelle un peu et de 
loin la forme d'un gigantesque ours blanc couché (voir une figure de ce banc dans 
mes Yues et Souvenirs de l'Amérique du nord). Telles sont encore les îles du Castor 
et du Manitou sur le même lac. 

La Formation tertiaire ou supercrétacée de M. de la Bêche a été étudiée par le 
géologue américain Conrad , qui la divise en trois groupes : 

'1.° Le tertiaire supérieur (upper tertiary), dans lequel la plupart des fossiles 
sont analogues aux espèces vivantes dans les mers des environs. Ce groupe est lié 
au suivant dans le Maryland, la Virginie et la Caroline du nord, et je crois que l'on 
doit aussi y rapporter une grande partie de la Floride du milieu : mais ici les fossiles 
sont généralement passés à l'état de silice. 

Cette formation correspond probablement au nouveau Pliocène de M. Lyell. 

2.° Le tertiaire moyen {inedial tertiary) ; formation étendue de sable et d'argile 
contenant des coquilles en abondance: sur cent soixante-dix espèces, M. Conrad en 
a reconnu vingt-trois comme identiques avec celles qui habitent de nos jours le golfe 
du Mexique ou l'Atlantique. Cette formation s'étend le long de la côte, depuis le 

1 Je dois aussi mentionner ici le bloc granitique du comté d'Halifax (Nouvelle-Ecosse) qui est semblable 
au rocher d'Harpasa dont parle Pline, « lorsqu'on le touchait avec le doigt, il remuait, mais aucune force 
ne pouvait le déplacer.» Le bloc dont nous parlons a vingt pieds de long, quatorze de large et neuf 
d'épaisseur, et doit peser plus de soixante tonneaux; son centre forme un pivot qui s'appuie sur un autre 
bloc, et un enfant peut, au moyen d'une baguette, lui donner une forte impulsion. 



3 

New-Jersey jusqu'à la rivière de Santée, dans la Caroline du sud : ce groupe semble 
se rapporter à l'ancien Pliocène de M.- Lyell. 

5.° Le tertiaire inférieur (lower tertiary), que l'on rencontre principalement 
en Alabama, en Floride, en Géorgie et au fort Washington sur le Potomac. Parmi 
les espèces semblables à celles de l'Europe, M. Conrad cite les suivantes : Cardita 
planicosta, Corbis lamellosa, Cytherea erycinoides, Bulimus terebellatus, Pjrula 
tricarinata, Solarium patulum, etc. 

Ce groupe correspond à la formation Eocène. L'on voit que, suivant M. Conrad, 
le Miocène de M. Lyell manquerait jusqu'ici à la Géologie américaine. 

J'ai oublié de dire que M. Conrad a cru reconnaître le groupe post-tertiaire 
{post tertiary) de M. Lyell sur le Saint -Laurent et le lac Champlain, et que ces 
formations y offrent des fossiles presque entièrement identiques avec ceux du même 
groupe de l'Ecosse, du Danemarck, de la Norwége et de la Suède; il ajoute que, 
parmi elles , il en existe au plus un pour cent d'espèces inconnues à l'état vivant. 

Le Système crétacé couvre un espace considérable, et son étude est particulière- 
ment due à 3131. 3Iorton et Vanuxem : ce dernier le divise en trois groupes : 

Le supérieur est composé d'un calcaire crayeux, et semble former un passage 
entre les dépôts tertiaires et secondaires. Les espèces que l'on y rencontre sont in- 
connues à l'état vivant ; mais tous les genres , à l'exception de celui de Plagiostome, 
y ont des représentants; cette formation est surtout intéressante, en ce qu'elle con- 
tient le Basilausaure de Harlan (Zenglodon, Owen). Ce système est très-répandu 
en Alabama et en Floride, et se montre aussi en Géorgie et dans la Caroline du sud. 

Le moyen occupe une portion de la formation du grès vert du sud du New- 
Jersey, et a été retrouvé à Wilmington, dans la Caroline du nord, par 31. Conrad : 
il est formé d'une marne grisâtre alternant avec un calcaire d'apparence oolitique : 
l'on y trouve beaucoup de fossiles de la division inférieure avec d'autres qui lui sont 
propres. 

La formation inférieure s'étend sur le New-Jersey, le Delaware , le 3Iaryland , 
la Caroline du sud et la Géorgie. Dans les premiers de ces Etats il se présente sous 
l'apparence du grès vert; mais dans les autres il passe le plus souvent à un calcaire 
grossier, tout en conservant le même caractère de fossiles: on y trouve des baculites, 
des hamites, des criocératites , des scaphites , etc. 

31. Conrad donne la liste suivante de fossiles comme identiques avec des espèces 
européennes: Pecten quinquecostatus, Ostrea vesicularis, Ostrea falcata {O.larva, 
Nilsson), Gryphœa vomer {Ostrea lateralis, Nilsson), Trigonia aliformis {T. tho- 
racica, 3Iorton); j'y ajouterai le Belemnites muer ona tus ; et pour les vertébrés : le 
Mesasaurus, le Galeus pristodontus, le Lamna acuminata et le Lamna Mantelli, 
tous de la craie. 

Le Système oolitique a longtemps été considéré comme manquant à l'Amérique 
septentrionale ; mais dans ces derniers temps son existence a été annoncée par 



M. Conrad, qui l'a rencontré dans l'État de l'Ohio ; il est particulièrement caractérisé 
par la Trigonia costata, et l'on commence à y trouver des ammonites. 1 

Le groupe du Nouveau grès rouge a été particulièrement étudié par le professeur 
Hitchcock : il existe dans le Massachusetts, le Connecticut et le New-Jersey ; il con- 
tient des restes de poissons et des empreintes singulières, considérées par ce savant 
comme des empreintes de pattes d'oiseaux. L'on n'a pas observé de sources ni de 
couches salifères dans cette formation en Amérique. Les poissons fossiles nombreux 
dans ce groupe, ont été étudiés avec soin par M. Redfield, de New-York; il y a trouvé 
plusieurs espèces de Palœoniscus, de Catopterus, etc. 

Le Système carbonifère se présente dans de très-nombreuses localités : à la mon- 
tagne de Catskill, en Pensylvanie, dans l'Ohio, l'Indiana, les Illinois, sur le haut 
Missouri , dans le Rentucky , le Ténessée , etc. 

M. Conrad cite parmi les fossiles de ce groupe les espèces suivantes comme iden- 
tiques avec celles de l'Europe : Delthjris trigonalis , duplicicosta , cuspidata, 
Productus punctatus, scabriculus, scoticus, hemisphcericus et sulcatus; Gonia- 
tites Henslowl, minuta et Y Amplexus coralloides. 

J'ai trouvé dans les calcaires du lac Huron le Productus antiquatus de Sowerby, 
qui passe pour être propre au terrain carbonifère : des restes de végétaux abondent 
dans ce groupe. 

Le Système du vieux grès rouge ou dévonien, a été reconnu sur plusieurs points 
du lac Huron, à la rivière Sainte-Marie du lac supérieur et sur ce lac lui-même; dans 
l'endroit appelé les roches peintes (pictured rocks) , il forme des falaises de trois 
cents pieds de haut; à Granitpoint il s'étend sur d'immenses masses primitives; il 
existe aussi dans les États de New- York et de Pensylvanie. On y a trouvé les restes 
de Y Holoptjchus nobilissimus , YAvicula pectinoides, la Terebra nexilis, Atrypa 
decussata, desquamata et squamosa. 

Dans le nord de l'État de New- York cette formation est très-étendue , et particu- 
lièrement caractérisée par des corps que les géologues américains rapportent au 
Règne végétal sous le nom de Fucoides et que nous avons rapprochés des Crinoides. 

Cette formation est souvent composée de couches arénacées , associées à des bandes 
de calcaires, et se présente aussi quelquefois sous la forme de grès micacé. Elle 
semble être représentée dans le Ténessée par un immense dépôt de grès de cou- 
leur grise qui forme des côtes et des montagnes, et qui n'a pas jusqu'à présent 
offert de fossiles. 

A^ient actuellement le Système silurien, qui doit former ici l'objet spécial de notre 
étude. 

1 Je n'ai jamais, quant à moi, vu d'ammonites dans l'Amérique du nord. M. Sheppard en cite dans le 
calcaire magnésien des Illinois (Jm.Journ. of science, t. 34, p. 140), et le D. r Bigsby dit que M. Delafield 
en a trouvé à l'île Drummond. J'ai eu occasion de voir ces derniers, et de m'assurer que ce sont des 
Evomphales (E. Ferneuillei) , et je ne doute pas qu'il n'en soit de même de ceux de M. Sheppard. 



5 

Ce groupe, qui porte dans les ouvrages de plusieurs géologues, et particulièrement 
dans ceux de M. de la Bêche, le nom de Grauwacke, et auquel M. d'Aubuisson a 
donné celui de Traumate, doit la dénomination sous laquelle nous le désignons ici 
au savant géologue anglais , M. Murcliison , qui le lui imposa en souvenir de l'ancien 
royaume des Silures, qui couvrait en Angleterre une grande partie de la région qui 
se rapporte à cette formation. C'est particulièrement aux recherches du géologiste que 
nous venons de citer et à celles de M. le professeur Sedgwick que l'on doit la con- 
naissance de ce groupe, qui, dans beaucoup d'ouvrages, se trouve encore désigné sous 
le nom de roches de transition. 

M. Buckland, dans son bel ouvrage faisant partie des Traités de Bridgewater, a 
inclus dans ce groupe, à l'exemple de plusieurs géologistes du continent, le vieux grès 
rouge et la formation houillère, qui certes, en sont bien rapprochés, et qui, dans 
bien des cas, présentent des passages de l'un à l'autre tels, qu'il est bien difficile de 
les distinguer. Tous ces groupes qui, lorsqu'on les établit, semblent offrir des carac- 
tères bien tranchés, se lient bientôt au moyen de nouvelles découvertes; car ici, pas 
plus qu'ailleurs, la nature n'a procédé par des sauts brusques, et des temps d'arrêts : 
partout, au contraire, l'on reconnaît une marche suivie qui, commençant au jour de 
la création, se continuera, sans doute, jusqu'à celui de la dissolution de la matière. 
Quoi qu'il en soit, nous restreignons ici ce groupe à son étendue la plus ordinaire, 
c'est-à-dire aux strates sédimentaires placées au-dessous du vieux grès rouge, il reste 
ainsi encore réuni au Système cambrien des Anglais, qui est principalement carac- 
térisé par l'absence presque totale de débris organiques : du reste ce groupe aurait 
besoin, pour être adopté, d'une étude approfondie qui, bien probablement , le ferait 
définitivement considérer comme l'étage inférieur du système cpii nous occupe. 

Parcourons actuellement les divisions qui ont été proposées dans ce groupe. 

M. Murcliison divise le Système silurien en quatre groupes , qui se partagent 
en roches siluriennes supérieures et en inférieures : dans les premières nous avons, 
\.° la formation de Lucllow , qui a environ deux mille pieds d'épaisseur et contient 
des débris d'animaux vertébrés cpie l'on ne rencontre pas dans les divisions infé- 
rieures; ils se rapportent à la classe des poissons: ce sont des dents, des mâchoires, 
des écailles, des coprolites, etc. Les autres corps organisés, sont principalement des 
trilobites, des leptenes, des avicules, des ortliis, des térébratules, des bellerophons, 
des orthocératites , des trochus, des coraux, des serpules, quelques végétaux, etc. 
Cette formation se subdivise elle-même de la manière suivante : \ ." le Lucllow supé- 
rieur, formé principalement d'un grès micacé gris ; le calcaire d'Aymestry, composé 
d'un calcaire argileux , et le Ludlow inférieur, qui se présente sous l'aspect d'une 
argile schisteuse avec des concrétions calcaires. 

2.° Formation de Wenlock d'environ dix-huit cents pieds d'épaisseur, très-riche 
en fossiles, mais ne présentant pas de débris de vertébrés: on y trouve beaucoup de 
mollusques, tels que des evomphales, des atrypa, des productus , etc.; plusieurs 



6 

trilobites et des caténipores. M. Murchison partage cette formation en calcaire de 
Wenlock, qui est concrétionné , et en argile de Wenlock, formé d'un schiste argileux. 

Viennent ensuite les roches siluriennes inférieures, qui se partagent également 
en deux: 

3.° Formation de Caradoc d'environ deux mille cinq cents pieds d'épaisseur, et 
formée de grès de diverses couleurs et de lits dé calcaire coquillier : l'on y trouve 
des trilobites, des mollusques et principalement des brachiopodes , des crinoïdes, 
des coraux, etc. 

4.° Formation de Llandeilo, composée de schistes calcaires obscurs, quelquefois 
un peu micacés , et ayant à peu près douze pieds d'épaisseur : on y trouve de 
grands trilobites, des orthocératites, des productus, des spirifers et aussi des mol- 
lusques appartenant à des genres encore existants , tels que des turritelles, des nau- 
tiles, des turbos, des buccins, etc. Ce fait est très -remarquable, et tendrait à faire 
douter de la place que ces roches doivent occuper dans la série des âges. 

M. Conrad , dans son dernier rapport géologique au gouverneur de l'Etat de New- 
York (1 84 1 ) , a essayé de rapporter les formations siluriennes de cet Etat à celles 
établies par M. Murchison ; mais en suivant les mêmes bases , il a été amené à former 
vingt-six groupes; en procédant de même sur la surface entière du globe, le nombre 
de ces subdivisions atteindrait plusieurs milliers, et je doute que la science y gagne- 
rait dans la même proportion. Voici, du reste, sa classification : les numéros d'ordre 
partent des terrains les plus anciens : 

1 .° Séries siluriennes supérieures, contenant six groupes et correspondant au cal- 
caire d'Àymestry : 26, groupe d'Oneonta ,- 25, groupe de Cazenovia; 24, calcaire 
de Tully; 23, groupe de Sherburne; 22, schistes près d'Apulica; 21 , ardoises noires. 

11 cite comme fossiles caractéristiques les crustacés des genres Grjphœa et Dipleura. 

2.° Séries moyennes) comprenant onze groupes, dont les n. os 16, 17, 18 corres- 
pondraient aux roches inférieures du Ludlow; les n. os 12, 13, 14, 15 au calcaire 
de Wenlock , et le 1 0. e au schiste du même nom. Les éléments de cette série sont : 
20, calcaire d'Onondaga; 19, calcaire cornifère; 18, grit slate (Eaton); 17, grès 
a fucoïdes; 16, grès d'Oriskany; 15, grès à crinoïdes; 14, calcaire et ardoises ; 
15, calcaire à Pentamerus galeatus; 12, calcaire hydraulique; 11, schistes gyp- 
seux; 10, schistes de Rochester. 

Les genres de fossiles caractéristiques de cette formation sont en crustacés : Odon- 
tocephalus, Acidapsis , Acanthotoma , Platynotus , Eurypterus ; en crinoïdes : As- 
trocrinites , Lepocrinites , Carïocrinites , et en testacés : Phragmoceras. 

3.° Séries inférieures, dont les trois premiers numéros se rapporteraient au grès 
de Caradoc, de même que les cinq derniers; 9, calcaire du Pentamerus oblongus 1 ; 



1 Je ne crois pas que le vrai Pentamerus oblongus se trouve en Amérique, ce doit être celui que j'ai 
nommé Pentamerus Beaumonli. 



8, fer et ardoises vertes; 7, grès rouge; 6, schistes de la rivière des Saumons; 
5, calcaire de Trenton; 4, Brèche; 5, calcaire à Spar; 2, grès calcifère ; 1, grè.y 
de Potsdam. 

Fossiles caractéristiques : en crustacés : Triarthrus, Isoletus, Ceraunus, Crypto- 
lithus, Illœnus; en testacés : Orthostoma , Cyrtolites , Phragmolites, Lyrodesma. 

Le groupe silurien couvre une étendue considérable des deux continents, mais 
jusqu'ici il semble être relégué, au moins en Europe et dans l'Amérique septentrio- 
nale, vers les parties froides ou au plus tempérées. Il couvre une grande partie du 
sud de l'Ecosse, d'où il s'étend par l'ouest de l'Angleterre jusqu'en Bretagne et en 
Normandie; il est très-répandu dans la Norwége, en Suède et surtout en Russie; 
il abonde en Irlande, et on le retrouve dans les Ardennes, le Taunus et l'Eifel, au 
nord de Magdebourg, et dans les montagnes du Hartz, et il semble très- développé 
dans l'Amérique méridionale; mais sa formation la plus étendue est sans contredit 
celle qu'il nous présente dans l'Amérique du nord, où il occupe au moins trente- 
six degrés de longitude sur plus de dix de latitude. Effectivement , il couvre la plus 
grande partie de l'Etat de New-York et des États voisins , une partie de la Pensyl- 
vanie, la presque -totalité de l'Obio, de l'Indiana, des Illinois, du Michigan, du 
Ouisconsin, s'étendant vers l'ouest jusque vers les montagnes rocbeuses, et au sud, 
le long du Mississipi jusqu'au Ténessée, tandis qu'au nord il forme la rive sud des 
lacs Winnepeg et supérieur 1 , et couvre presque en entier celui de Huron; suivant 
ensuite le Saint-Laurent, il s'étend sur une grande partie du Canada. On doit aussi 
lui rapporter d'immenses zones , alternant avec le terrain primitif dans cette région , 
plus vaste que l'Europe, qui s'étend depuis le Canada jusqu'à la mer polaire, et 
qui est gouvernée par la Compagnie anglaise des fourrures; enfin, toute la partie 
centrale de la Nouvelle Ecosse lui appartient encore. 

Des divers points sur lesquels j'ai pu observer moi-même cette immense forma- 
tion, celui sur lequel je désire actuellement porter l'attention du lecteur, est la 
région des grands lacs supérieurs ( upper lacs ) , qui embrasse l'Ouisconsin , le Mi- 
chigan et les Illinois. 

Le lac Huron est, ainsi qu'on le sait, divisé transversalement et vers sa partie 
septentrionale, par une chaîne d'iles formant un arc d'environ quarante-cinq lieues 
de long, dont la corde serait de près de trente-trois; ce petit archipel a reçu le nom 
de Manitoulines : il se compose principalement de l'île Drummond, de la petite et 
de la grande Manitouline, et de l'île du Manitou, auxquels il faut ajouter une infi- 
nité de petites îles et d'îlots. 

Drummond, qui est la plus occidentale, a environ sept lieues de long sur un peu 
plus de deux de large. C'était autrefois le centre de l'Autorité anglaise dans ces 

1 II est à remarquer que la plupart des grands lacs de ces régions semblent s'être formés au point de 
jonction des formations primitives et de transition. 



8 
régions écartées, et ils y avaient construit un fort dont on ne voit plus que les 
ruines; car il fut incendié par les Indiens Ottowas, aussitôt après la cession qu'ils 
firent de cette île aux Etats-Unis, par suite du traité de paix de 1815. Le sol en 
est stérile, couvert d'arbres verts, et dans beaucoup d'endroits inondé. L'on y trouve 
de grandes masses d'un calcaire d'une blancheur remarquable , et en s'avançant dans 
l'intérieur, l'on rencontre beaucoup de blocs primitifs. 

A l'ouest de cette île se présente l'entrée de la rivière Sainte -Marie, qui forme 
la seule communication possible avec le lac supérieur; en remontant cette rivière, 
l'on trouve, au nord de Drummond, l'île Saint-Joseph ou Thessalon, qui peut avoir 
vingt lieues de circonférence : elle est de forme un peu triangulaire et bien boisée; 
sa surface est traversée par une chaîne de collines de quatre à cinq cents pieds de 
haut. Les Anglais avaient autrefois établi, sur la pointe sud, un petit fort aujour- 
d'hui abandonné; l'île est entièrement déserte: la longitude de ce point est, suivant 
les observations des officiers anglais, de 84°, et la latitude de 46° 18'. 

Sur la rive canadienne, l'on voit presque partout d'immenses roches s'enfoncer 
sous l'eau en forme de mamelons arrondis ; elles sont couvertes de petits cèdres ; l'on 
arrive ensuite au lac de la Boue , qui est formé au sud par un groupe d'îles , et se 
trouve barré au nord par la Pointe aux herbes; puis l'on passe le long du Sailor's 
encampment , et l'on distingue l'île du Sucre, nommée ainsi en souvenir des éra- 
bles qui la couvrent; bientôt l'on entre dans le détroit de Sainte - Marie , et l'on 
parvient aux chutes où les Américains ont construit le fort Brady. (Voir mes Vues 
et Souvenirs de l'Amérique du nord.) 

Si , revenant au lac Huron , nous longeons sa rive septentrionale , nous la trou- 
verons presque entièrement formée de roches primitives ; puis , nous transportant au 
fond de l'angle oriental de la baie que forme la ligne des Manitoulines , nous arri- 
verons à l'établissement de Pelequantachine (long. 79° 55', lat. 44° 57'), où les An- 
glais se sont retirés après l'abandon de l'île Drummond : il est situé sur des collines 
de sable et au milieu de blocs erratiques, sur la baie de Glocester. 

A la rivière Sainte -Claire, par laquelle le lac Huron se lie au lac Erié, l'on ne 
trouve qu'un sol alluvial très-riche ; le courant a en ce point une rapidité d'environ 
deux tiers de lieue à l'heure, à l'exception de l'entrée, où il est d'environ une lieue 
et demie. 

La partie septentrionale du Michigan est généralement formée de calcaire magné- 
sien ; mais cette région est basse , humide , couverte de lacs et d'étangs , autour des- 
quels se presse une végétation d'arbres verts rabougris. 

Les petits groupes d'îles du Tonnerre et du Milieu, situés vers la baie de Saganau, 
sont basses, boisées et formées de calcaire magnésien. 

Arrivant actuellement à l'angle sud-ouest du lac Huron, nous y trouvons un 
petit groupe d'îles qui forment l'entrée du lac Michigan ; il est composé de trois îlots , 
dont le plus grand est celui de Bois-blanc, qui est bas, allongé et bien boisé; l'île 



9 

Ronde vient ensuite comme position, et son nom indique sa forme; enfin, nous 
trouvons l'île de Michilimakinac ou de Makinau, qui me semble devoir mériter, 
d'une manière particulière, l'attention du géologiste : elle est située à quatorze lieues 
à l'ouest de Drummond; sa forme est ovale et allongée, et sa circonférence d'environ 
trois lieues: sa surface est élevée, très-inégale, profondément déchirée, couverte de 
forêts de cèdres et d'érables , offrant beaucoup de parties marécageuses ; elle est 
formée d'un calcaire blanc très-poreux, rempli de cavités, et ayant souvent l'appa- 
rence d'une éponge; beaucoup de blocs ont l'aspect le plus singulier, étant entiè- 
rement couverts de cavités demi-spbériques , placées les unes à côté des autres; mais 
on trouve plus souvent des morceaux entièrement formés de loges ou de cellules , 
se coupant à angle droit, et dont les parois sont garnies de cristaux de carbonate 
de chaux; dans d'autres l'on aperçoit une infinité d'impressions triangulaires, qui 
semblent , au premier abord , avoir contenu des corps organisés , mais qui , selon 
moi, ne doivent leur forme qu'à une révolution qu'a éprouvée l'ensemble de cette 
formation, qui paraît avoir été minée par une action dissolvante et cristallisée de 
nouveau. Au fond du lac, à une grande distance de l'île et à des profondeurs très- 
considérables , l'on trouve des blocs énormes de ce calcaire spongieux , et la grande 
limpidité des eaux de ces parages permet souvent de les apercevoir. 

Ainsi que nous l'avons déjà dit, le sol de cette île a éprouvé de violentes révo- 
lutions; il semble avoir été soulevé à une hauteur de cent cinquante à deux cents 
pieds , puis labouré par l'action des eaux , qui n'ont laissé subsister que quelques 
pics de forme très-remarquable , tels que la roche appelée le Pain de sucre, et dont 
on trouvera la figure dans mes Vues et Souvenirs de l'Amérique du nord. C'est 
une roche très-élevée, coupée à pic; tantôt les lignes de stratification sont verticales, 
tantôt elles sont inclinées ou bien deviennent horizontales; telle encore est la Roche 
arquée, sorte de pont naturel fort remarquable, et dont on peut voir aussi la figure 
dans l'ouvrage précité. 

Dans cette formation je n'ai jamais trouvé de fossiles 1 quelconques, tandis que 
les calcaires des autres îles en abondent ; j'ai quelquefois pensé que l'on devait la 
rapporter au système cambrien. 

Pénétrant dans le lac Michigan, nous trouvons, sur la côte orientale, qui est la 
côte occidentale de l'Etat de ce nom, des dunes de sable que j'ai représentées dans 
mon ouvrage (voir la fig. du banc de sable dit l'ours endormi, sleeping bear). 
Les îles du Castor et du Manitou présentent des formations semblables. La rive 
occidentale du lac, formant le territoire du Ouisconsin, offre au contraire la con- 
tinuation du grand système magnésien avec ses fossiles caractéristiques. On peut 
particulièrement l'étudier dans la grande baie Verte, soit près de l'établissement 

1 M. Schoolcraft, qui habitait cette lie lorsque j'y fus, me dit y avoir trouvé des débris de Trilobites , 
mais ne put me dire si c'était dans des blocs erratiques ou sur place. 

2 



10 

de ce nom, soit à la baie des Esturgeons, soit enfin à la rivière des Ménoménies: 
cette formation s'étend ensuite vers le sud, couvre presque en entier le Ouisconsin 
et les Illinois, puis remonte vers le Michigan. 

Dans beaucoup d'endroits l'on trouve la formation carbonifère, qui m'a toujours 
paru supérieure au calcaire magnésien, qui, ainsi que nous l'avons déjà vu, se pro- 
longe aussi au sud , le long du Mississipi jusqu'à l'Etat de Ténessée. 

Cette formation de calcaire magnésien s'étend à une énorme distance vers l'ouest , 
couvrant le haut Mississipi et le Missouri supérieur, ainsi que toute la région métal- 
lifère, où M. Nicollet l'a observée (Association des géologues américains, avril 1 842). 
Il la décrit comme renfermant des Trilobites et des Caténipores ,• la roche qui la 
sépare de la formation houillère serait caractérisée par la présence du Pentamerus 
o.blongus (probablement mon P. Beaiunonti); il ajoute que l'on y trouve les ver- 
tèbres d'un squale et celles d'un crocodile inédit, ainsi que les débris d'un animal 
qu'on peut, suivant M. Harlan, rapporter à l'ordre des Enalio-sauriens de Cony- 
beare, et qui ont paru faire partie du squelette du Saurocephalus lanciformis 
(Harlan). En jetant les yeux sur une carte de l'Amérique du nord et en y cher- 
chant les points que nous venons d'indiquer, l'on se convaincra de l'immense étendue 
de cette formation du calcaire magnésien, que nous proposons d'appeler système 
Huronien, pour des raisons que nous développerons bientôt. Effectivement, elle 
s'étend depuis environ le 86° jusqu'aux montagnes rocheuses, et probablement beau- 
coup plus à l'ouest. 

Etudions actuellement avec plus de détails cette formation : tout le monde sait 
que les grands lacs du Canada forment une série qui s'étend de l'ouest à l'est, en 
présentant dans cette direction une chaîne de vastes nappes d'eau, dont la hauteur 
va constamment en décroissant, et qu'il en est de même de leur étendue 1 . Le lac 

1 J'ai pensé que les détails suivants sur les grands lacs aideraient à faire comprendre mes idées sur leur 
formation. 

Noms des lacs. Longueur. Largeur. Surface eu milles carrées. 

Supérieur 400 80 32,000. 

Michigan 220 70 22,000. 

Huron 240 .. . 80 20,000. 

Grande baie Verte 100 20 2,000. 

Érié 240 40 9,600. 

Ontario 180 35 6,300. 

Saint-Clair 20 14 360. 

90,060. 



Moyenne de la profondeur- Hauteur au-dessus de la surface de la mer Atl. 

Supérieur 900 596. 

Michigan 1000 578. 

Huron 1000 578. 

Saint-Clair 20 570. 

Érié . 84 565. 

Ontario. . 500 232. 

Ainsi les lacs contiennent plus de quatorze mille milles cubes d'eau , ce qui forme probablement plus 
de la moitié de la masse d'eau douce répandue sur la surface du globe. 



Michigan seul fait une exception à cette règle, sa direction étant presque du nord au 
sud, avec une légère déviation vers l'ouest, ce qui est à peu près la ligne que nous 
présentent les chaînes des montagnes de l'Amérique du nord et la plupart de ses 
rivières. Au sud de la pointe méridionale du lac dont nous venons de parler, s'éten- 
dent les vastes prairies des Illinois, qui vont rejoindre l'Oliio d'une part et le Mis- 
sissipi de l'autre. L'origine et la formation de ces prairies a été jusqu'ici une énigme; 
leur immense étendue, entièrement formée d'un sol alluvial et profond, recouvrant 
des calcaires magnésiens 1 ; leur surface privée d'arbres, mais offrant une végétation 
de graminées frappante par son uniformité , est un des caractères physiques les 
plus remarquables que nous présentent les parties centrales de l'Amérique du nord. 
L'uniformité du sol n'est relevée que par la présence, dans quelques endroits, de 
blocs erratiques nombreux et appartenant aux roches primitives. 

Il m'a été impossible de parcourir cette région sans éprouver la conviction qu'elle 
a dû, à une époque quelconque, avoir été recouverte par les eaux, et avoir formé 
le bassin d'un lac infiniment plus considérable que ceux déjà si étendus qui existent 
encore dans les mêmes contrées. En s'approchant du Mississipi, les preuves de ce 
phénomène deviennent encore plus frappantes : « A une ancienne époque, dit le 
« célèbre voyageur Schoolcraft, il y eut quelque obstacle au cours du Mississipi 
« près de Grandtower, qui produisit une stagnation des eaux et les porta à une 
« élévation d'environ cent trente pieds au-dessus de leur ligne ordinaire. * Il est certain 
que partout où les roches présentent, dans cette partie du Mississipi, un front ab- 
riqjte sur le fleuve, elles laissent voir, à une centaine de pieds d'élévation, une 
série de lignes d'eau parallèles ou allant légèrement en s'inclinant vers le nord. 

Si, actuellement, nous portons nos regards sur la formation géologique des parties 
septentrionales et occidentales du lac Huron, nous verrons qu'elles présentent géné- 
ralement le caractère d'une vaste formation silurienne , mais avec des caractères 
particuliers, qui, ainsi que je l'ai déjà dit, m'engagent à proposer, pour ces cou- 
ches, le nom de formation huronienne : sous le rapport minéralogique , elle est 
généralement composée de calcaire magnésien, ayant souvent l'apparence de grès; 
et sous le point de vue géologique, elle se distingue par ses fossiles, qui, pour la 
plupart, constituent des groupes très -remarquables : tels sont, entre autres, les 
actinoceras , de Stokes {conotubulaires , de Troost), sortes d'orthocératites à orga- 



1 Une section dans les prairies nous a présenté : 

Sol végétal de couleur noire 1 pied '/ a . 

Argile jaune et sablonneuse 4 — 

Sable noir 1 — 

Argile d'un bleu obscur 10 — '/,. 

Au-dessous, le calcaire magnésien rempli de crevasses et de fissures dans lesquelles s'infiltre l'argile 
supérieure. 



12 

nisation très-compliquée; les Huronia, du premier de ces naturalistes, et qu'il rap- 
porte aux: zoophytes , mais qui me semblent être mieux placés dans le voisinage des 
corps que nous venons de mentionner : là aussi abondent les singuliers polypiers du 
genre Catenipora; mais les Trilohites y paraissent au contraire très-rares, tandis 
qu'ils pullulent dans la plupart des autres formations siluriennes de l'Amérique du 
nord, à Trenton et à Scboharie, par exemple. Ces couches, que l'on commence à 
trouver dans les îles de la rivière Sainte-Marie du lac supérieur, s'étendent sur la 
chaîne des Manitoulines , couvrent le Michigan , le Ouisconsin , les Illinois , et se pro- 
longent à l'ouest jusqu'aux montagnes rocheuses, et au sud jusqu'au Ténessée. 

Je vais actuellement exposer ma théorie sur les changements géologiques que 
cette région me semble avoir éprouvés, et je proposerai de donner à l'ensemble de 
ces phénomènes le nom de Soulèvement des Illinois. 

Dans mon hypothèse le lac supérieur déversait autrefois ses eaux dans celui de 
3Iichigan , qui lui-même aboutissait à un immense bassin , indiqué sur ma carte sous 
le nom de grand lac Silurien, et dont le trop plein se jetait probablement dans 
la mer mexicaine, qui, à cette époque, devait couvrir toute la partie occupée par 
les formations tertiaires et d'alluvion; mais un événement survint qui arrêta le 
passage des eaux dans l'endroit qui forme aujourd'hui l'extrémité sud du lac Michi- 
gan : cet événement fut le soulèvement de l'espace occupé par le grand lac Silurien , 
et connu ajourd'hui sous le nom d'Etat des Illinois. Ce soulèvement me semble facile 
à prouver par la succession de plages soulevées que présente la partie sud -est de 
l'extrémité du lac Michigan ; ces plages sont disposées en amphithéâtre , les unes 
au-dessus des autres; et j'en ai compté, dans certains points, jusqu'à quarante-deux 
ainsi disposées. 

Les lignes d'eau placées à une grande élévation sur les collines du Mississipi, et 
dont nous avons parlé, seraient aussi expliquées; car ces roches formaient proba- 
blement la rive occidentale du lac, et la hauteur des lignes au-dessus du niveau 
actuel , montrerait la profondeur des eaux qui baignaient leur base. Voyons actuelle- 
ment quel fut le résultat naturel de ce soulèvement. Les eaux du lac supérieur cher- 
chèrent pendant quelque temps à suivre leur cours accoutumé vers le sud ; mais leur 
passage étant obstrué, elles s'étendirent partout où elles le purent, et formèrent la 
baie Verte; alors, ne trouvant pas d'issue, elles durent s'accumuler à une élévation 
considérable, et déposèrent probablement ces immenses amas de sable que l'on re- 
marque en tant d'endroits sur la côte du Michigan et qui forment souvent des dunes 
de plus de cent pieds d'élévation: puis les eaux revinrent sur elles-mêmes, déchi- 
rèrent l'île de Makinau, telle que nous la voyons, se creusèrent un passage vers 
l'est et s'étendirent dans le lit du lac Huron ; ici , elles furent encore arrêtées , et cher- 
chèrent successivement à passer par la baie de Glocester et par celle de Saganau , 
enfin, elles réussirent à se creuser un passage par les rivières Saint-Clair et du Dé- 
troit, et s'étendirent dans le bassin qui forme aujourd'hui le lac Érié. Ici, arrêtées 



13 

de nouveau, elles se creusèrent avec une force incroyable une route à travers les 
roches gigantesques qui forment aujourd'hui les rives escarpées de la rivière de 
Niagara, se précipitèrent du haut des rocs en formant la célèbre cataracte de ce nom, 
et s'étendirent tranquillement dans le bassin du lac Ontario , jusqu'au moment où, 
encore une fois trop resserrées dans ce lit, elles cherchèrent enfin une issue vers la 
mer par le Saint -Laurent. Il est aisé de s'assurer de l'étendue du pays qui fut 
inondé par les eaux avant leur écoulement, par l'inspection des roches qui les en- 
tourent , et particulièrement par celles qui forment la partie nord-ouest de l'Etat de 
New-York, et qui, généralement, appartiennent au système dévonien : là, dans 
cent endroits, l'on voit les lignes concentriques formées par les courants : ce fait 
est surtout remarquable à Piochester, à Médina, etc. 

Dans mon hypothèse le soulèvement des Illinois aurait été autrefois beaucoup 
plus considérable qu'il ne l'est aujourd'hui, et il ne serait pas même impossible que 
rabaissement progressif ne se continuât de nos jours. Il est très-probable aussi que 
la masse énorme d'eau formant le grand lac Silurien, ainsi soulevée, dût s'étendre à 
de giandes distances et couvrir tout le centre de cette partie du continent. 

Quant à l'époque géologique à laquelle appartient notre système huronien, nous 
croyons, tant à cause de la position respective de ses couches, qu'à cause de la 
forme généralement très-compliquée de ses fossiles, qu'il doit être considéré comme 
formant l'étage supérieur du silurien, ou peut-être même serait-il mieux de le con- 
sidérer comme constituant une formation particulière qui viendrait se placer entre 
celui-ci et le carbonifère. Quant à l'époque réelle à laquelle eut lieu cette grande 
révolution, on conçoit qu'il est très-difficile de la déterminer; car elle est certaine- 
ment très-ancienne et bien antérieure aux âges historiques : l'on pourrait seulement 
s'en former une idée, s'il était possible d'établir approximativement l'époque à la- 
quelle s'est formée la chute du Niagara. MM. Bakewell, Hall, Fairholme, Forsyth, 
Conybeare, Lyell, de la Bêche, et beaucoup d'autres se sont occupés de ce sujet : 
le premier cherche à établir que ce grand phénomène eut lieu il y a un peu moins 
de dix mille ans {Londons jnagazin of Nat. history, n.° 12); mais tous ces savants 
ont pris pour base de leurs théories un point qui ne me semble pas encore bien 
établi : l'usure des roches qui forment la cascade par le mouvement des eaux et par 
conséquent sa rétrocession vers le lac Erié. 

Nous allons passer à la description des fossiles que nous avons rencontrés dans les 
formations siluriennes de l'Amérique du nord, en y ajoutant les espèces répandues 
dans les collections ou citées dans les ouvrages; nous aurions pu augmenter de beau- 
coup leur nombre, mais il nous semble que cet avantage eût été plus que contreba- 
lancé par l'incertitude des localités et des formations. Les trilobites seulement ayant été 
l'objet de l'étude particulière des naturalistes américains, et ayant nous -même dé- 
posé au Muséum d'histoire naturelle une collection complète des moules des espèces 
existant dans les collections de ce pays , nous avons pensé qu'un catalogue de toutes 



u 

les espèces trouvées jusqu'ici dans ces régions aurait quelque intérêt sans présenter 
les mêmes inconvénients. 

Le nombre total des espèces de fossiles décrits ou mentionnés ici se monte à cent 
quatre-vingt-sept espèces, dont cinquante appartiennent à la classe des crustacés; 
vingt-six aux mollusques univalves et trente-neuf aux concliifères. Les polypiers sont 
au nombre de quarante-sept; les crinoïdes, de dix-huit; sept enfin ne présentent que 
des débris et appartiennent à des classes incertaines et probablement en partie à celle 
des poissons. 

Dans ce nombre deux espèces de crustacés, le cafymene Blumenbachii et ïasa- 
phus caudatus, ont été indiquées comme identiques dans les deux continents , mais 
le premier a été reconnu par M. Conrad comme devant former une espèce distincte , 
et le second m'a aussi semblé différer notablement de celui d'Europe. 

Parmi les univalves aucun ne se retrouve en Europe, si ce n'est le Bellerophon 
striatits, encore est-il un peu différent. Dans les bivalves la proportion est beaucoup 
plus forte; car les espèces suivantes ont paru identiques : Orthis parva, Michelini? 
Flabellulum, Panderi, Terebratula mesogona, Stricklandii, imbricata, prisca, 
Produàtus antiquatus; mais il est possible que ce dernier appartienne aux terrains 
carbonifères. 

Pour les polypiers le nombre d'espèces identiques semble être encore plus consi- 
dérable ; mais l'on sait combien il est difficile de distinguer dans cette classe les 
espèces voisines les unes des autres, surtout lorsqu'elles sont à l'état fossile, et par 
conséquent sans leurs animaux, et presque toujours en fragments incomplets. Quoi 
qu'il en soit, les espèces que je crois avoir reconnues, sont au nombre de douze : 
Lithodendron irregulare, Gorgonia ripisteria, Eschara scapellum, Strombodes 
pentagonus , Calamopora basaltica, Gothlandica , injlata etjîbrosa, Cyatho- 
phyïïum hexagonum, Ceratites, Columnaria sulcata et Astrea mamillaris. 

L'on voit combien était fausse l'ancienne théorie, qui établissait à priori que, dans 
les formations anciennes , les espèces étaient partout les mêmes. Il y a certainement 
des rapports très-grands entre les fossiles siluriens de l'Amérique septentrionale et 
ceux de la Suède , et surtout de la Russie ; cependant la proportion d'espèces iden- 
tiques ne semble pas excéder une sur huit. 

Sous le rapport de la division générique , nous trouvons que les fossiles que nous 
énumérons ici offrent les résultats suivants : ils se répartissent en quarante - cinq 
genres, dont quatorze offrent encore des espèces vivantes, et trente et un semblent 
avoir disparu de la surface du globe ; mais il faudrait probablement ne pas compter 
comme siluriens trois des genres de mollusques, et alors nous aurions encore onze 
genres existants, trente et un éteints, ou un peu plus d'un tiers. Nous présentons 
ici la liste de ces genres , en faisant précéder d'un astérisque ceux qui sont éteints : 



Crustacés. 



* Calymene. 

* Homalonotus. 

* Arcturus. 

* Asaphus. 



Mollusques. 



* Actinoceras. 

* Huronia. 

* Cyrtoceras. 

* Orthoceras. 
*Sidemina. 

* Nelimenia. 

* Tentaculites. 

* Evomphalus. 

* Bellerophon. 
Pileopsis. 

* Goniatites. 



15 




Suite des Mollusques. 


Suite des Polypiers. 


Turritella. 


* Columnaria. 


Trochus. 


* Cyathophyllum. 


"Spirifer. 


Lithodendron. 


Terebratula. 


Gorgonia. 


* Productus. 


* Axinura. 


* Pentamerus. 


Astrea. 


* Orthis. 


Syringopora. 


*Atrjpa. 


* Strombodes. 


* Leptaena. 


Eschara. 


Araphidesma ? 
Venus ? 


Encrinites. 


Perna ? 
Cardium. 


* Caryocrinites. 

* Pentremites. 


Polypiers. 


* Cyathocrinites. 





Pentacrinites. 


* Catenipora. 


* Apiocrinites. 


* Calamopora. 


* Crinosoma. 



* CLASSE DES CRUSTACES. 

De même que dans les couches siluriennes de l'ancien monde, cette classe est, 
dans celles d'Amérique, représentée par les espèces du groupe des Trilobites. Elles 
sont nombreuses, mais bien que très -voisines de celles de l'ancien continent, elles 
doivent presque toujours former des espèces distinctes, et je crois que c'est par 
erreur que quelques-unes d'entre elles, telles que le calymene Blumenbachii et 
Y asaphus caudatus, ont été indiquées comme propres aux deux continents. 

Sur les onze espèces que j'ai rapportées d'Amérique, une, Y asaphus caudatus, est 
regardée comme se retrouvant en Europe; cependant la comparaison des individus 
me fait beaucoup douter de leur identité. Cinq de ces espèces étaient décrites par 
les auteurs, et les six autres sont nouvelles. 

Les Trilobites ont été particulièrement trouvés jusqu'ici dans deux localités qui, 
toutes les deux, font partie de l'État de New- York, bien que quelques espèces isolées 
se rencontrent dans d'autres parties : je veux parler de Trenton et de Lockport : dans 
le premier de ces endroits ils sont toujours incomplets, les boucliers étant séparés 
des abdomens; dans le second, au contraire, ils sont généralement réunis et souvent 
entiers : il semble donc probable que les dépôts qui les contiennent ont dû se former 
sous des circonstances différentes. 

L'examen de quelques Calymènes trouvés dans une montagne près du Potomac 
en Yirginie , et appartenant à l'espèce nommée Bufo par le professeur Green , m'a 
conduit à quelques observations dignes d'intérêt sur l'organisation de ces êtres sin- 
guliers qui, pendant si longtemps et sous le nom d'Entomolytes , furent ballottés 



16 

d'une classe à l'autre, jusqu'à ce qu'un de nos savants les plus illustres, M. Alexandre 
Brongniart, leur assigna leur place naturelle dans la série des êtres; ce qui n'empê- 
cha pas M. Tilesius de les rapporter, quelque temps après, aux oscabrions, opinion 
que M. Latreille avait du reste précédemment émise et développée dans les Mémoires 
du Muséum et les Annales des sciences physiques de Bruxelles (t. G, p. 550). Les 
raisons principales sur lesquelles s'appuyèrent les naturalistes qui soutinrent cette 
dernière opinion, consistent particulièrement dans l'absence des pattes chez ces ani- 
maux ; fait qui semblait si bien établi , qu'un savant estimable , dont la science porte 
encore le deuil , chercha à prouver que d'après leur organisation ils ne pouvaient pas 
en avoir; effectivement, M. Audouin s'exprime ainsi, dans les Annales des sciences 
physiques de Bruxelles, t. 8, p. 254 : «Tous les observateurs sont d'avis que les 
« Trilobites étaient dépourvus de pattes ; ils fondent leur manière de penser sur ce 
« que, dans les individus complets et dans les débris nombreux qui ont été étudiés, 
« on n'a jamais rencontré aucune partie comparable à ces apjtendices. 

«En me rangeant entièrement à cette opinion, j'insisterai tant soit peu sur ce 
«sujet, parce que je crois pouvoir déduire l'absence des pattes de l'organisation même 
«du squelette des trilobites, et donner ainsi un plus grand poids à ce caractère jus- 
« qu'ici négatif." 

Et plus loin, page 256, «Nous avons fait sentir d'une part, qu'il est aussi invrai- 

« semblable de supposer des pattes très-courtes , que d'en admettre de très-longues. " 

Enfin, page 258, «et o. e , que l'absence des véritables pattes, bien qu'elle ne soit 

«pas un caractère auquel on puisse s'arrêter, semble être un résultat nécessaire de 

„ l'organisation du squelette de ces animaux. " 

Du reste , malgré cette opinion , ce naturaliste suit avec raison la classification de 
M. Brongniart, et laisse les trilobites entre les ligies et les cjmathoés. L'espèce 
qu'il avait particulièrement étudiée, semble avoir été le caljmene Blumenbachii. 
En 1828, M. Goldfuss publia dans le tome XY. e des Annales des sciences natu- 
relles une note sur ces animaux, et en figura, pi. II, quelques portions qu'il crut re- 
connaître pour des pattes. Cependant ce fait était encore des plus obscurs ; les espèces 
qu'il cite à cet égard sont les caljmene macrophtalma et Hausmanni. 

Enfin, M. Milne Edwards, dans son excellente Histoire naturelle des Crustacés, 
faisant suite au Buffon de Ptoret, forme avec ce groupe une légion qu'il place entre 
les edriophtalmus et les branchiopodes, et s'exprime ainsi (t. III, pag. 289) à l'égard 
des appendices en question : « Jusqu'ici on n'est parvenu à découvrir des traces bien 
«certaines de pattes chez aucun trilobite, et tout porte à croire que ces appendices 
«étaient membraneux et lamelleux comme chez les apus; car, sans cela, il serait diffi- 
„ cile de s'expliquer leur destruction si constante et si complète. * 

Les observations que j'ai été à même de faire récemment, viennent parfaitement 
coïncider avec l'opinion de ce savant zoologiste. 

Dans la figure l. re de la pi. II, l'on voit une section transversale du caljmene 



, 17 
Bufo , l'on voit une des pattes encore attachée au tronc; dans la figure A , qui repré- 
sente une section longitudinale et un peu oblique du même, il est aisé d'apercevoir 
une patte entière et une partie de celle du segment suivant. 

L'on voit, ainsi que l'avait fort bien prévu M. Milne Edwards , qu'elles étaient 
minces, lamelleuses, ce qui devait les rendre très -faciles à enlever au milieu des 
formations schisteuses dans lesquelles ces animaux se trouvent si souvent; c'est donc 
presque uniquement dans les espèces qui avaient la propriété de se rouler en boule , 
que l'on doit espérer les trouver ; car là elles ont été protégées par le corps contre 
les circonstances extérieures. 

La figure .5 est destinée à montrer un autre point de l'organisation de ces êtres sin- 
guliers ; c'est que le lobe frontal, au moyen de la tête, pouvait , à la volonté de l'ani- 
mal, s'abaisser ou se relever : cette dernière position est représentée par la figure 5. 

Ces observations peuvent changer considérablement l'idée que nous nous for- 
mons des trilobites; effectivement, sont-ils toujours des êtres à corps discotdal, beau- 
coup plus élargi que la tête et divisé en trois lobes, ou celui-ci doit-il être décrit 
comme allongé , plus étroit que la portion céphalique et muni de chaque côté d'ap- 
pendices mobiles, tentaculaires , supportés par des arcs et recouverts en partie ou en 
totalité par une sorte de membrane ou de manteau? peut-être même ces appendices 
n'étaient - ils destinés qu'à porter des organes respiratoires ayant la forme d'arbus- 
cules; ce qui les rapprocherait encore des oscabrions, dont ils formeraient le passage 
aux crustacés; mais, dans tous les cas, ils doivent rester dans cette classe. Je serais 
d'autant plus porté à admettre cette dernière manière de voir , que , dans quelques 
échantillons , l'on voit sur la roche ambiante une sorte d'expansion ressemblant assez 
à la trace de petits vaisseaux arborescents. 

Je dois faire remarquer que la présence des pattes que je viens de mentionner, 
est surtout représentée par la coideur rouge de ces parties; mais la régularité de la 
forme de ces taches , et leur situation à la place où l'on devait s'attendre logique- 
ment à rencontrer les pattes, ne me permettent pas de douter de leur nature. 

Je ferai observer ici que le fossile singulier, décrit par M. le docteur Dekay sous le 
nom de Bilobite et rapporté par lui à la famille qui nous occupe, ne peut nullement 
rester dans cette classe, et appartient évidemment aux mollusques, et probablement 
aux cardium l ou aux spirifer (voir pi. XIV, fig. 4 5). J'ai été à même de m'assurer de 
ce fait, ayant obtenu un plâtre de l'échantillon du docteur, et, de plus, ayant rap- 
porté un échantillon absolument semblable au sien et provenant de la même localité. 

Quant aux corps singuliers auxquels M. d'Orbigny a appliqué le même nom, ils 
sont en tout différents du précédent. 

1 Les échantillons que M. de Castelnau nous a communiqués sous le nom de Bilobiles (Dekay) , ne 

sont que des Cardium déformés, appartenant à cette section , à laquelle MM. Bronn et Phillips ont donné 

successivement les noms de Conocardium et de Pleurorynchus. 

Ed. de Yerneuil. 

5 



18 

J'entre actuellement dans la description des espèces que j'ai rapportées d'Amé- 
rique : ainsi que je l'ai déjà dit, elles sont au nombre de onze, dont six rentrent 
dans le genre Asaphus, trois dans celui ft Homolonotus , une dans celui de Cafy- 
tnene, et la dernière, enfin, doit constituer une coupe nouvelle. 

\ . Asaphus micrurus. 

Green, Monogr. ofthe Trilobites ofNorth America , p. 56. — Milne Edwards, 
Crust., t. 5 , p. 507. 

L'on n'en connaît encore que l'abdomen, et c'est aussi à cette partie que se rap- 
porte mon fragment, qui vient de Trenton, dans l'Etat de New-^ork. 

2. Asaphus limulurus, pi. 4, fig. \. 

Green, Monogr., 48. — Mine Edwards, Crust., t. 5, p. 307. 

J'ai rencontré cette espèce en très-grand nombre à Lockport , et j'en ai des indi- 
vidus parfaitement entiers. Cette espèce n'étant encore connue que par la descrip- 
tion assez défectueuse de M. Green, faite sur un individu incomplet, et celle de 
M. Edwards, qui n'a eu à sa disposition qu'un moule que j'avais envoyé au Muséum, 
je pense qu'il ne sera pas inutile d'en redonner une nouvelle et plus étendue. 

La longueur, depuis l'extrémité antérieure de la tête jusqu'à la base de la partie 
styliforme de la queue, est de six centimètres, et la plus grande largeur du corps, de 
trois cent huit millimètres; la tête est large, anguleuse en avant, fortement rebordée 
dans tout son contour antérieur, et ayant les angles prolongés postérieurement en 
forme de lanières jusque passé le niveau du milieu du thorax ; lobe médian de la 
tête, grand, convexe, presque arrondi en avant, borné latéralement et en arrière 
par des sillons arrondis; la partie médiane postérieure offrant trois sillons transver- 
saux, dont les deux antérieurs sont interrompus au milieu; les lobes latéraux sont 
grands et portent les yeux ; thorax formé de douze segments ; le lobe médian occu- 
pant dans sa grande largeur le tiers de l'étendue totale; celui du premier segment 
est élevé et bombé : ils offrent tous une sorte de petit tubercule lisse à chaque extré- 
mité latérale , et en arrière une côte transversale circulaire ; les lobes latéraux par- 
tagés par un profond sillon, qui ne s'étend pas jusqu'au bord; abdomen composé 
d'une douzaine de segments semblables à ceux du thorax, le dernier se prolongeant 
en un appendice styliforme. 

Localité : Lockport ; elle y est assez commune. 

5. Asaphus Cordieri, pi. 4, fig. 2. 

Cette espèce nouvelle, que nous dédions à notre savant géologue, est remarquable 
par sa forme très-élargie et arrondie; elle est assez voisine du Longicaudatus de 
Murchison , mais cependant bien distincte. 

Longueur jusqu'à la base de l'appendice styliforme, cinq centimètres; largeur du 
corps, quatre un tiers; tête peu distincte dans mon échantillon; l'on voit cependant 
qu'elle était très-large et devait se prolonger sur les côtés ; le thorax est formé d'une 



19 

douzaine de segments; le lobe médian est large; chacun de ses segments présente 
aux extrémités latérales un petit tubercule lisse et une côte transversale arquée, 
placée un peu en arrière. Les flancs sont très-larges, avec les segments divisés en 
deux, mais le sillon ne se prolongeant pas jusqu'à la base vers le corps; abdomen 
formé de segments assez semblables à ceux du corps, mais coupés plus droits sur 
le lobe médian, et avec le sillon des flancs non interrompu; le dernier segment 
terminé en arrière par un appendice styliforme très-long. 
Localité : Lockport; je n'en ai vu qu'un seul échantillon. 

4. AsAPHUS CAUDATOS. 

Green , Monogr., p. 50. — ? Parkinson , Organic remains, t. 3 , pi. \ 7, fig. \ 7. 
— ? Brongniart , Crust. fossiles , p. 22 , fig. 4. Trouvé à Trenton. 

Nota. Ainsi que je le pense, cette espèce est différente de celle des auteurs européens : je propose de 
changer son nom en celui de Greenii. 

5. ÀSAPHUS EdWARDSII. 

Cette espèce, que je me fais un plaisir de dédier à M. Milne Edwards, est très- 
voisine du caudatus de Green; mais cette dernière est entourée d'une petite mem- 
brane qui manque entièrement ici. 

Je n'ai vu que deux échantillons de cette espèce, qui tous deux appartiennent 
à la partie postérieure; l'un est le corps lui-même, l'autre n'est que l'empreinte 
qu'il a laissée dans la roche. La largeur est de quinze millimètres, et la longueur de 
la portion que je possède, et qui comprend une douzaine de segments, de dix-huit 
millimètres. Le lobe médian est étroit et ne forme au plus que le quart de la lar- 
geur; il est conique, et va, en se rétrécissant, jusqu'à l'extrémité; la surface est 
ponctuée , et les segments des flancs semblent se réunir deux à deux sur les côtés , 
qui sont légèrement rebordés. 

Localité : Trenton. 

6. AsAPHUS MuRCHISONI, pi. 4, fig. 5. 

Cette espèce, dont je ne possède également que la partie postérieure, est voisine 
du vulcani de Murchison et de Yobsoletus de Phillips , mais cependant me semble 
bien distincte des deux , et doit rentrer dans la seconde division de M. Milne Edwards. 

La largeur de cette partie est de 19 millimètres, et la longueur du fragment, 
qui se compose de douze segments, de 47 millimètres. 

Le lobe médian est au moins aussi large que les latéraux ; les segments sont 
Insinués et un peu avancés au milieu ; les lignes de démarcation entre les lobes 
sont de profonds sillons, qui se prolongent presque jusqu'au bord postérieur, où ils 
se réunissent en s'arrondissant ; les segments des côtés sont entiers, sans sillons, mais 
avec les bords latéraux fortement rebordés; l'extrémité postérieure est entièrement 
arrondie et rebordée. 

Localité : Trenton. 



20 

HoMALONOTUS, Ron. 

Les espèces que j'ai rapportées d'Amérique se placent d'une manière naturelle dans 
ce genre, mais cependant obligent à en modifier les caractères; car leur abdomen 
ne se termine pas en pointe. 

I. Homalonotus giganteus , pi. 5, fig. \. 

Longueur dix-neuf centimètres, largeur environ sept. 

Cette espèce est tellement voisine du Delphinocephalus de M. Murchison , Silur. 
sjst., pi. 7 b '% fig. \ , qu'elle ne m'en semble différer que par son abdomen arrondi 
ou un peu anguleux en arrière, mais non terminé en petite queue pointue; du 
reste, ce caractère ne serait-il pas sexuel? le nombre des segments de l'abdomen est 
de douze. 

r 

Localité : Lockport, Etat de New-York. 

Nota. Cette espèce est aussi très-voisine de la Dipleura Dekayi, de Green , mais en diffère par les divisions 
des segments, qui sont inégales. 

2. Homalonotus Herculeanus, pi. 4, fig. 5. 

Très-voisin du précédent, mais beaucoup plus grand, si j'en juge par le fragment 
qui est en ma possession, et qui forme l'abdomen et une partie du thorax; cette 
dernière comprend sept segments. Ce fragment a près de neuf centimètres de long 
sur cinq de large, près de l'extrémité. Les segments sont divisés sur leurs côtés par 
un sillon qui leur est parallèle, mais qui, dans la plupart, ne se prolonge pas sur 
le lobe médian; les segments de l'abdomen sont fortement ponctués sur les côtés, 
mais non sensiblement au milieu; l'abdomen n'est formé que de dix segments. 

Localité : Lockport. 

5. Homalonotus Atlas, pi. 4, fig. 4. 

Je ne possède que l'abdomen de cette espèce. Sa longueur est de six centimètres 
et sa largeur d'environ sept et demi; abdomen de douze segments entièrement cou- 
vert de très-gros points enfoncés. Cette espèce est la plus grande de celles connues 
jusqu'ici; car si l'on juge de ses dimensions comparativement à celles du gigas, elle 
n'a pas dû avoir moins de 24 à 25 centimètres. 

Localité : Lockport. 

Nota. Le genre Homalonotus, qui est le même que ceux de Dipleura et de Trimerus, de Green , me 
semble contenir aujourd'hui neuf espèces. 

\. H. Delphinocephalus , Murch., pi. 7 bis , fig. \. — Green, Monogr., p. 82. 

2. H. Herchelii, Murch., pi. T'% fig. 2. 

5. H. Ludensis, Murch., pi. 7"", fig. 3. 

4. H. Knightii, Ronig, Icon. sectiles , n.° 85. 

5. H. giganteus, Castelnau, sup. 

6. H. Herculeanus, Castelnau, sup. 

7. H. Atlas-, id. id. 



21 

8. H. Dekayi, Green (genre Dipleura), Monogr., p. 79. 

9. H. sparsus? Nuttainia sparsa Eaton, Green, p. 89.' 

Arctinurus. 

Nous proposons d'ériger en genre et sous ce nom , le Paradoxides Boltoni, de 
Bigsby, cpii, ainsi que l'observe fort bien M. Milne Edwards, ne saurait rester dans 
le genre auquel ce naturaliste le rapporte ; il est évidemment voisin des Asaphus. 

M. Conrad, dans son rapport sur la géologie de l'Etat de New-York pour l'année 
1858, propose de former, sur le même animal, une nouvelle coupe générique, 
qu'il nomme Platynotus; mais cette dénomination étant depuis longtemps appliquée 
à un genre d'insectes, je n'ai pu l'adopter; les caractères qu'il lui donne consistent 
à avoir un corps déprimé, qui ne semble pas contractile ; un bouclier avec des 
tubercules oculifères sur le front ou lobe moyen; un abdomen formé d'environ 
douze segments ; les lobes moyens et latéraux déprimés; les côtés avec des sil- 
lons obliques. 

M. Milne Edwards s'exprime ainsi à son égard (Crust. , t. 5, p. 544) : , Lé 
Paradoxides Boltoni, de Green, ne me paraît pas devoir rester dans ce genre, 
car on y aperçoit, de chaque côté du lobe médian de la tête, une éminence réni- 
forme, qui semble formée par un œil analogue à celui des Asaphus, etc. La tête 
est très-large, mais fort courte, et n'encaisse pas le thorax; le tronc est composé 
d'environ quatorze anneaux, dont les lobes latéraux sont foliacés; enfin, l'abdomen 
paraît être terminé par un prolongement caudal. * Bien que l'individu de cette 
espèce que j'ai rapporté ne soit pas entier, il montre cependant que l'un des carac- 
tères ci-dessus indiqués n'est pas exact; car le bouclier céphalique se prolonge évi- 
demment sur les côtés, au moins jusqu'au niveau du quatrième segment thoracique; 
mais tous les autres me semblent être de la plus parfaite exactitude. 

1. Arctinurus Boltoni, pi. 5, fig. 2. 

Paradoxides Boltoni, Bigsby, Journ. acad. se. nat. de Philadelphie, t. 4, 1825; 
p. 565, pi. 25. — Green, Monogr., p. 60, fig. 5. — Mine Edwards, Crust., t. 5, 
p. 544. — Platynotus Boltoni, Conrad, Report on the geology of the state of 
New -York, 1858. 

Au moyen de l'individu que nous avons rapporté et de la figure du D. r Bigsby, 
nous avons essayé de reconstruire cette espèce. Tout ce qui n'est marqué sur notre 
figure qu'au pointillé, manque à notre individu. 

Cette magnifique espèce , longue d'environ douze centimètres , vient de Lockport. 

Calymene Bufo. 

1. Il faut encore ajouter à cette liste les trois espèces nouvelles que M. Rômer vient de publier dans 
son ouvrage sur les pétrifications du Harz , sous les noms de H. Âhrendi, H. punctalus et H. gigas. 

Ed. de Verneuil. 



22 

Green, Monogr., p. 41. — Milne Edwards, Crust., t. 3, p. 327. 

Nos individus viennent du montCa-Capon, près du Potomac en Virginie. M. Green 
l'indique comme se trouvant sur les bords du lac Sénéca (Etat de New-York). 

Nous allons terminer cette notice sur les Trilobites que nous avons rapportés, par 
la liste générale des espèces indiquées par les auteurs, comme se trouvant dans 
l'Amérique du nord. 

1. Isotelus gigas, Dekay, Ann. Lyc. New-York. — Brongniartia Isotela, 

Eaton, Geol. text book. — Asaphus gigas, Dalman, Paleoden, p. 276. ■ — 
? Asaph. platycephalus, Stokes, Transgeol. soc. new séries, t. 1. 
Localité : Trenton et Cincinnati. 

2. Isotelus stegops, Green, Monogr., p. 71. 

3. Isotelus Megalops, Green, Monogr., p. 70; de Trenton. 

4. Isotelus Cjclops , Green , Monogr. , p. 69. 

5. Isotelus Rasoumowski , Green (genre Hemicrypturus). 

6. Asaphus caudatus, Parkinson, Organ. remains, t. 3, pi. 1 7, fig. 1 7; de l'Ohio. 

7. Asaphus Edwardsii , mihi sup.; de Lockport. 

8. Asaphus Cordieri, mihi sup.; de Lockport. 

9. Asaphus laticostatus , Green, Monogr., p. 45; montagnes de Hedelberg. 

1 0. Asaphus limulurus, Green , Monogr. , p. 48 ; de Lockport. 

11. Asaphus rnicrurus, Green, Monogr., p. 56; de Trenton. 

12. Asaphus Pleurophya, Green, Monogr., p. 55; Hedelberg. 

13. Asaphus myrmecophorus , Green, Suppl. Monogr. , p. 46; État de New -York. 

14. Asaphus TVetherilli , Green, Monogr., p. 57; Rochester. 

15. Asaphus Astragalotes , Green, suppl., p. 11, Haut-Canada. 

1 6. Asaphus crypturus, Green , suppl. , p. 4 8 ; Nouvelle-Ecosse. 

17. Asaphus Murchisoni , mihi sup.; de Trenton. 

18. Asaphus nasutus, Conrad, Rapport géolog., 1841, p. 49; de Schoharie. 

19. Asaphus aspectans, Conrad, — — — — id. 

20. Asaphus Halii, Conrad, Rapp. géol. , 1840, p. 204, York Etat; de N. York. 

21. Asaphus? acantholeurus , Conrad, Rapp. géol., 1841, p. 48; de Schoharie. 

22. Asaphus? denticulatus , > — — — — — id. 

23. Asaphus? megalophihalmus , Troost, Mém. de la société géolog. de France, 

t. 3, p. 94, pi. 11 , fig. 1 ; du Ténessée. 

24. Homalonotus Delphinocephalus , Green, Monogr., p. 82. — PMurch. , p. 651 , 

pi. 7-, fig. 1. 

25. Homalonotus giganteus, mihi sup.; de Lockport. 

26. Homalonotus Herculeanus, — id. 

27. Homalonotus Atlas, — id. 

28. Homalonotus Dekay i, Green (Dipleura), Mon., p. 79, fig. 8, 9; de Lockport- 



25 
29. Homalonotus? sparsus, Eaton (Nuttainia), Geol. text book. — Green, 

Monogr. , p. 89. 
50. Cafymene callicephala , Green, Monogr., p. 50; Ohio. 

54. Cafymene selenecephala, Green, p. 51 ; New-York. 
52. Cafymene platy s , Green, Monogr., p. 52; Hedelberg. 

55. Cafymene diops, Green, Monogr., p. 57, fig. 2; Oliio. 

54. Cafymene anchiops, Green, Monogr., p. 55. — Albany (New-York). 

55. Cafymene microps , Green, Monogr., p. 54; Ohio. 

56. Cafymene Bufo, Green, Monogr., p. 44; lac Sénéca et Virginie. 

57. Cafymene senaria, Conrad , Rapport géol., 1844, p. 49. Confondu par tous 

les auteurs avec le C. Blumenbachii , qui ne se trouve pas en Amérique. 

58. Odontocephalus selenurus , Conrad, rapport, 4840, p. 204. 

Nota. M. Conrad a reconnu que la tête de VJsaphus selenurus, de Green, appartient à l'abdomen du 
Calymene odontocephalus du même auteur. — Aubura (New- York). 

59. Pleuracanthus tetracephalus , Green, suppl. , p. 45; New-York. 

40. Tiinucleus tesselatus, Green, Monogr., p. 75, fig. 4 (genre ciyptolithus). 

44. Acidapsis tuberculatus , Conrad, rapport géol., 1840, p. 205. — D' Albany 

(État de New-York). 
42. Acantholoma Conradi, mihi — Conrad, Rapp., 1840, p. 205; Clarkeville. 

45. Arctinurus Boltoni, Bigsby (Paradox-ides), Journ. académ. des se. nat. de 

Philadelphie, t. 4, p. 565; Lockport. 

44. Paradoxides Harlani, Green, Monogr., p. 44. 

45. Peltoura triavthrus, Harlan (Paradoxides) , Médical and phjsical resear- 

ches, p. 401, fig. 5; d'Utica (État de New-York). 

46. Peltoura arcuata, Harlan (Paradoxides); id., p. 402, fig. 1 — 5. 

47. Ceraurus Pleur ex anthemus , Green, Monogr., p. 84, fig. 12. 

48. Brongniartia platycephala, Eaton, Geol. text book. — Green, Mon., p. 91. 
49? Dicranurus, N. sp. , Conrad, Rapport, 4 844, p. 48; d'Albany. 

Les rapports géologiques annuels de M. Conrad étant adressés à l'assemblée de 
l'Etat de New-York, et confondus par conséquent au milieu de monceaux de papiers 
parlementaires, sont à peu près inconnus en Europe, et nous croyons qu'il n'est 
pas inutile de donner ici les caractères qu'il assigne aux genres nouveaux que je 
viens de mentionner. 

Odontocephalus. Ainsi que nous l'avons déjà vu, ce genre est formé sur deux 
fragments, rapportés l'un au genre Asaphe et l'autre à celui de Cafymene. 

Acantholoma. Fragment de bouclier d'une espèce très-singulière : il est allongé en 
forme d'épine courbe avec une rangée d'épines le long du front, et trois autres 
épines du côté opposé du prolongement. 

Assez commun dans le calcaire feuilleté de Clarkeville. 



24 

Aspidoutes. Bouclier? trigone, un peu en rostre, non lobé, mais avec une dépres- 
sion le long du bord ; au lieu d'yeux il y a deux impressions assez profondes , au- 
dessus desquelles le sinus marginal continue à travers le disque; surface tuberculée. 

Il est possible que ces corps soient entiers; on n'y voit pas d'articulations. 

Dicranurus. Pas d'articulations; corps court, sans lobes; pygidium formé de deux 
longues épines combes. 

Je terminerai en observant que la distinction des genres Asaphus et Caljmene 
me semble peu naturelle, du moins telle qu'elle est aujourd'hui connue; je crois que 
l'on devrait rapporter au second tous les asaphus à abdomen large, arrondi, re- 
bordé, et manifestement destinés à s'enrouler, tels, entre autres, que le vulcaniis, 
Yobsoletus et mon Murchisoni. L'étude des trilobites est encore fort difficile; cepen- 
dant je crois avoir contribué à ses progrès, en rapportant en Europe la collection 
de moules de toutes les espèces décrites en Amérique par le professeur Green, d'au- 
tant plus que cette collection, que j'ai déposée au Muséum d'histoire naturelle, a 
servi de base, pour ce qui concerne les espèces de cette partie du inonde, au beau 
travail de M. Milne Edwards. 

CLASSE DES MOLLUSQUES. 

Genre orthoceras. 

Les coquilles qui appartiennent à ce genre ou plutôt à ce groupe, sont très- 
nombreuses dans le système huronien : parmi les espèces que j'ai rapportées de l'île 
Drummond et des autres îles de l'archipel des Manitoulines, plusieurs ont des formes 
très -remarquables, et avant que d'entreprendre leur description, il s'agit de bien 
établir les caractères des véritables Orthoceras ; les voici tels qu'ils sont posés par 
M. Deshayes dans sa description des coquilles caractéristiques des terrains, p. 245: 
Coquille droite, allongée, conique, à test mince, cloisonnée du sommet jusque vers 
la base , qui est occupée par une grande cloison engainante ; cloisons simples , trans- 
verses, percées par un siphon central, quelquefois latéral, mais non visible en de- 
hors; et page suivante : les Orthocérates font partie de la famille des nautiles, ce 
sont des nautiles droits, comme les baculites sont des ammonites droites : elles 
sont allongées, coniques, droites, à test mince dans toute son étendue, quelquefois 
pointues, quelquefois obtuses au sommet, qui n'est pas épaissi, ni radié et fibreux, 
comme dans les bélemnites. Ce test mince est rempli du sommet jusque vers la base 
de cloisons plus ou moins nombreuses, simples, concaves d'un côté, convexes de 
l'autre, et percées, soit au centre, soit vers le bord, par un siphon qui paraît con- 
tinu; la base de la coquille, au-dessous de la dernière cloison, offre une grande 
cavité engainante, dans laquelle il est présumable que l'animal pouvait être contenu, 
si ce n'est complètement, du moins en très -grande partie. Celles des espèces qui 
ont le siphon placé vers le bord des cloisons, se distinguent facilement des piles 



25 

d'alvéoles des Bélemnites, en ce que, dans celles-ci, lorsqu'elles sont détachées de 
la coquille, le siphon est visihle en dehors dans toute sa longueur, tandis que dans 
les orthocérates ce siphon est placé entre le bord et le centre, et n'est jamais visible 
au dehors sans une mutilation. 

En examinant les orthocérates d'Amérique, je fus frappé de leur singulière appa- 
rence, et je ne tardai pas à reconnaître qu'ils appartenaient en grande partie à des 
genres séparés, formés par des naturalistes modernes aux dépens de ce groupe; en 
un mot, que c'étaient les actinocères et les ormocères des Anglais, et les conotubu- 
laires des Américains. Je vais essayer d'esquisser l'histoire de ce groupe. Plusieurs 
des espèces qui y rentrent, avaient été figurées par le D. r Bigshy, dans un mémoire 
sur la géologie du lac Huron, publié dans les Transactions de la Société géologique 
de Londres , sous le nom générique Sorthoceras, et sans dénominations spécifiques , 
et c'est sur elles que M. Bronn établit ensuite le genre Actinoceras , dans sa Lethea 
geognostica. Bientôt après M. Charles Stokes, dans un mémoire sur des espèces 
nouvelles d' orthocérates , donna d'intéressants détails sur cette coupe, qu'il caracté- 
risa ainsi : Un grand siphon très-dilaté dans chaque chambre, et contracté dans les 
parties où sont attachées les septœ. Dans le siphon, un tube continu, qui semble 
avoir été capable d'expansion (au moins dans quelques cas), muni de rayons en 
verticillations , qui réunissent le tube avec les côtés du siphon. 

M. Lyell, dans son excellent ouvrage, intitulé : Nouveaux éléments de géologie 
(1858), s'exprime ainsi: «Les calcaires du lac Michigan, dans l'Amérique du nord, 
renferment , ainsi que diverses autres régions avoisinant les grands lacs du Canada , 
des coraux, etc. : ils contiennent aussi certains orthocerata, dont la structure est 
réellement singulière. Le siphon de ces mollusques, qui est très-grand, renferme, dans 
toute sa longueur un tube, de l'extérieur duquel s'échappent des rayons qui s'étendent 
en formant des verticillations jusqu'à la paroi intérieure du siphon : le nombre de 
ces verticillations correspond à celui des loges de la coquille. M. Stokes, qui a décrit ce 
genre d'Orthocératites , en a formé un genre distinct, pour lequel il a adopté le nom 
$ actinoceras , proposé par le professeur Bronn. L'actinoceras ne figurait pas parmi 
les fossiles britanniques avant d'avoir été récemment découvert à Caske-Espie, dans 
le comté de Down en Irlande. * M. Lyell donne aussi des figures de cette espèce 
(pag.281, 282). 

Enfin, le tome III des Mémoires de la société géologique de France (1838) con- 
tient également un mémoire du professeur Troost sur le même genre, mais établi 
sous le nom de conotubularia. Après avoir énuméré les caractères des orthocérates, 
il en distingue son genre de la manière suivante : « Dans les conotubulaires l'on voit 
qu'en effet un tube perce toutes les cloisons , mais on ne peut pas dire que cela ait 
lieu comme dans les nautiles; ce tube, au lieu d'être simple, se trouve, au contraire, 
composé d'anneaux circulaires et saillants, distants les uns des autres d'environ un 
cinquième de pouce. Le test, dont l'épaisseur est presque celle d'une feuille de pa- 

4 



26 

pier, doit avoir été vide, et, autant qu'il est possible d'en juger, il n'avait pas de 
communications avec les cavités formées par les cloisons : ce tulie est tantôt au centre, 
et tantôt touche, par ses parties saillantes, aux parois de la coquille, qui sont aussi 
fort minces. La forme de la coquille est généralement conique, allongée, à ouverture, 
quelquefois ovale et quelquefois circulaire : quant au tube annulaire, les figures 
montrent qu'il est absolument le même que dans Y Orthocerates annulatus du 
Dictionnaire des sciences naturelles." 

Or , en comparant les caractères ci-dessus avec ceux de M. Stokes , l'on verra qu'ils 
n'en diffèrent que par les noms que l'on a donnés aux diverses parties , et que ce que 
le premier nomme siphon, est le tube de M. Troost; ainsi le genre Conotubularia 
étant le même que celui dt Actinoceras , ce dernier nom doit être adopté, puisqu'il 
a l'antériorité de publication. 

L'on trouve encore dans les auteurs anglais deux autres coupes, qui nous semblent 
devoir, l'une se rapporter à celle-ci, et l'autre en être au moins très-voisine; je veux 
parler des ormoceras et des huronia : toutes les deux établies par M. Stokes dans 
les Transactions de la société géologique de Londres. Les ormoceras sont, suivant 
lui, caractérisés par leur siphon, dont l'intérieur n'est pas continu, mais, au con- 
traire , divisé en parties séparées et correspondant en nombre avec les chambres ; la 
coquille externe du siphon est extrêmement mince , et se trouvant généralement en- 
levée et usée là où elle a été exposée aux intempéries de l'air, elle laisse à découvert 
les parties internes du siphon. Une profonde indentation dans le milieu de chacune 
de ces parties correspond aux septce de la coquille, de sorte que de chacune de ces 
portions internes du siphon une moitié est placée dans une chambre, et l'autre 
moitié dans la chambre de dessous. Une section longitudinale montre un arran- 
gement très-curieux : l'ouverture ou passage intérieur du siphon est comparative- 
ment petite, et les lignes internes et externes de chaque partie renflée, sont arquées 
d'une manière très - remarquable ; l'espace entre les parois internes et externes de 
ces parties est considérable , et rien n'indique qu'il ait été rempli par une substance 
quelconque. 

En analysant avec soin ces caractères, l'on verra que ces corps ne diffèrent des 
actinoceras qu'en ce que le tube ou siphon interne de ces derniers serait formé 
d'articles, tandis qu'il serait continu dans les ormoceras : je dois avancer, qu'après 
des recherches approfondies et faites sur un grand nombre d'échantillons, je n'ai 
pu reconnaître nulle part de tube continu , que je l'ai trouvé partout formé de 
segments, et qu'il est souvent très-difficile de s'assurer s'il portait ou non des rayons, 
ou plutôt, si les cloisons de la coquille y étaient attachées: je crois donc que l'on 
doit, au moins provisoirement , réunir ces deux coupes ; car je suis persuadé que 
celle dont il s'agit, n'est établie que sur des tubes internes de l'autre. 

Quant aux Huronia du même naturaliste, ce sont des corps fort singuliers qu'il 
avait d'abord , dans le Mémoire du docteur Bigsby, placés parmi les polypiers , mais 



27 
qu'il soupçonna depuis pouvoir se rapprocher des orthoceras; je crois effectivement 
que c'est là leur véritable place, et il ne serait pas même impossible que, lorsqu'ils 
seront mieux étudiés, ils ne soient reconnus pour être des tubes internes, ou plutôt 
des siphons, de quelques espèces gigantesques voisines des orthoceras. 

Pour ce qui est des actinoceras eux-mêmes, j'ai longtemps hésité pour savoir si 
je devais les séparer des orthocerates ou les réunir à ce groupe; car, bien que très- 
différents au premier abord, ils se rapprochent de quelques espèces de ce genre, et 
même y passent insensiblement; je crois, du reste, que ce dernier genre a aussi 
besoin d'une révision approfondie, et qu'alors les actinoceras y rentreront comme 
formant une section particulière. Quoi qu'il en soit, les actinoceras, tels que je les 
connais, sont des coquilles allongées, droites, plus ou moins coniques, à test géné- 
ralement très -mince, renfermant un tube interne annelé qui, le plus souvent, en 
remplit toute la cavité ; ce tube contenant lui - même un siphon divisé en segments 
correspondant au nombre des anneaux du tube et émettant chacun un rayon trans- 
versal ou cloison interne cpii s'étend jusqu'à la paroi intérieure du tube. 

Avant que de passer à la description des espèces de chacune de ces divisions que 
j'ai rapportées d'Amérique, jetons un coup d'ceil sur quelques-unes de celles qui 
sont décrites dans les auteurs : 

Orthoceras. Je m'étendrai peu sur les espèces de ce genre, qui sont très-nom- 
breuses; elles sont généralement droites, coniques, arrondies, ou un peu aplaties 
aux extrémités, à siphon interne, placé, tantôt au milieu, tantôt sur le côté. 

On en a séparé [Cyrthoceras, Goldf.) des espèces à forme arquée, et on pourrait 
en faire autant de quelques autres qui sont triangulaires (trigonodema , milii). 

Ainsi que nous l'avons déjà dit, le nombre des orthoceras décrits dans les auteurs 
est très -considérable; Munster, Sowerby, Wahlenberg, Dalmann, Murchison, etc., 
en ont fait connaître beaucoup d'espèces. 

Parmi celles de Sowerby {Minerai conchologj) quelques-unes semblent se rappro- 
cher des actinoceras, telles sont ses jlexuosa, Steinhaueri, gigantea, cordiformis, 
annulata, etc. 

Il en est de même des espèces de Murchison ( SU. sjst. ) : son O. excentricum , 
pi. 15, fig. 16, auquel il manque une partie du test, laisse voir une portion du 
tube annelé; son nummularius, pi. 15, fig. 24, me semble aussi très -voisin des 
actinoceras. 

Son Orthoceras Brightii, pi. 1 2 , fig. 21 , qu'il suppose être peut-être un ormoceras, 
.montre un siphon interne divisé en articles, mais sans rayons transversaux. 

Yl Orthoceras gregarium, pi. 8, fig. 16, est un tube interne divisé en segments. 

Le dimidiatum, pi. 8, fig. 18, représente aussi probablement un tube interne 
divisé en anneaux ; mais comme dans ce cas on n'y A'errait pas de siphon interne, 
c'est peut- être comme tel que l'on doit le considérer, et alors ce serait un ormo- 
ceras pour M. Stokes : la coquille a dû être d'une grande épaisseur. 



28 

Les Orthoceras ludense, imbiicatum, filosum, virgatum et annulatum de la 
planche 9 du même auteur, me semblent avoir perdu leur test et n'être par con- 
se'quent que des tubes internes : j'en dirai autant des Orthoceras ibex et articula- 
tion de la planche 5. 

\J Orthoceras buïïatum, pi. 5, fig. 29, est très-remarquable: le test, en grande 
partie enlevé, laisse à découvert le tube, et, de plus, une fracture de la coquille 
montre le siphon interne, qui est long, grêle et articulé; ce qui en ferait probablement 
un ormoceras pour M. Stokes : l'on n'y voit pas de cloisons transversales. 

L 'Orthoceras conicum, pi. 24 , fig. 21, est un véritable actinoceras , ou plutôt 
l'empreinte interne d'un tube avec le siphon interne, les cloisons, etc. 

\2 Orthoceras approximation, pi. 21 , fig. 22, est aussi un moule interne mon- 
trant des cloisons, mais en tout bien peu reconnaissable. 

\J Orthoceras bisiphonatum, pi. 21 , fig. 23, est bien remarquable : c'est un très- 
gros tube externe annelé, montrant deux siphons, dont l'un est central et l'autre 
latéral : ce dernier n'aurait-il pas été, pour ainsi dire, incrusté dans l'autre? Dans 
le cas du contraire, cette coquille devrait foi-mer une nouvelle coupe générique. 

Le beau Mémoire de M. Bigsby, inséré, ainsi que nous l'avons déjà dit, dans les 
Transactions de la société géologique de Londres, tome I, 2. e série, renferme les 
figures de plusieurs espèces qu'il nous importe d'étudier ; les figures 1 , 2 et 3 de la 
pi. 25 sont des actinoceras. Dans la planche 26 la figure 1 représente un ortho- 
ceras avec le siphon latéral; la figure 2 me semble se rapporter à Y Actinoceras 
Ljonii, de Stokes; les figures 3 à 11 sont des orthoceras, à l'exception de celle 
n. c 5 , qui est probablement un siphon interne. 

La planche 28 contient des Huronia; la planche 30 représente des siphons internes 
sous le nom de fossiles non déterminés : M. Stokes en a depuis fait ses ormoceras. 

L'intéressant Mémoire d M. Stokes est celui qui a le mieux fait connaître les 
corps qui nous occupent. Il décrit quatre espèces $ actinoceras : 

1. A. Ljonii, pi. 59, fig. 1, d'Igloolik et d'Ooglit; 

2. A. Bigsbji, espèce formée sur l'une de celles figurées pi. 25 du Mémoire pré- 
cédent, de l'île de Saint-Joseph ou Tessalon, rivière Sainte-Marie; 

5. A. Richardsoni, pi. 59, fig. 2, 3, du lac Winipeg; 

4. A. Simmsii, pi. 59, fig. 4, d'Irlande, et cpie nous avons déjà dit avoir été 
figuré par M. Lyell. 

M. Stokes mentionne aussi trois espèces Sormoceras, venant toutes de l'île Drum- 
mond (lac Huron) : 

1. L 'Ormoceras Bajjieldi, pi. 60, fig. 1 ; 

2. — Backii, figuré dans le Mémoire de M. Bigsby, Geol. Trans., 

2. e série, vol. I, pi. 50, fig. 1 ; 

5. — Whitei, ibid., pi. 50, fig. 2. 



29 

Enfin, M. Troost, dans son Mémoire déjà cité parmi ceux de la société géologique 
de France, tom. III, 1. re partie, décrit trois conotubùlaires du Rentucky : 

'l.° Conotubularia Cuvieri, pag. 88, pi. 9, fig. \ ; 

%° — Brongriiarti, pag. 89, pi. 9, fig. 2; et 

5.° — Goldfiissii, pag. 90, pi. 9, fig. 5. 

De plus il figure, pi. \ , un fossile qui , dit-il , est de 9 % pouces ; le sommet n'existe 
pas, mais la base est plus ou moins entière, ce qui offre une section verticale imi- 
tant une cavité en entonnoir; les marques des cloisons sont visibles et arrangées de 
la même manière que dans la coquille précédente; elle offre aussi à la partie supé- 
rieure des indices d'un tube qui est complètement cliangé en silex. 

Cette figure nous donne la connaissance d'une autre portion des actinoceras dont 
la base formait une très-grande cavité conique qui, probablement, renfermait l'ani- 
mal : une de nos plancbes (8 , fig. \ ) , représente aussi une partie semblable. 

Enfin, la figure 5 de la planche 40 du même mémoire représente ce que je con- 
sidère comme le moule interne de l'extrémité d'un tube annulaire : ce serait certaine- 
ment un Ormoceras pour M. Stokes. 

Après cet examen des caractères de ces groupes et des espèces que les auteurs y 
rapportent, nous allons passer à la description de celles que j'ai rapportées de mon 
voyage dans l'Amérique du nord. 

1. Orthoceras Hercules. 

Cette coquille, dont nous n'avons rapporté qu'un segment, avait environ deux 
mètres de long; le diamètre était de plus de quinze centimètres. 

Le segment qui est devant nous est partagé par six cloisons espacées chacune de 
douze millimètres; les cloisons sont très-obliques par rapport aux parois de la coquille, 
ce qui indique assez qu'elles devaient être très-concaves. L'échantillon est dépourvu 
de test , et ne présente guère que la moitié du contour de la coquille. 

Localité : Ce géant de la conchyliologie vient de l'île Drummond. 

2. Orthoceras conicum, pi. 10, fig. 3. ' 

Mon échantillon n'est complet ni vers la base ni au sommet. 

La longueur est de vingt et un centimètres , et la largeur à la base de dix centi- 
mètres, et celle de l'extrémité de quatre. La forme est très-aplatie , ce qui peut fort 
bien être accidentel, mais ce qui se rencontre cependant chez beaucoup d'espèces de ces 
régions. Les anneaux sont nombreux , arqués et écartés l'un de l'autre d'environ qua- 
torze millimètres; l'on aperçoit à la fracture du sommet une ligne circulaire et assez 
large qui représente probablement le siphon. 

Localité : Ile Drummond. 

1 Comme il existe déjà deux Orl/wcéres différents sous les noms de conicus et conicum, l'un de M. Hisinger, 
Lelluca Suecica, pi. 9, fig. S, et l'autre de M. Murchison, SU. syst., pi. 21, fig. 21; comme il y a de plus une 
troisième espèce , nommé conoideus par M. de Munster (Beitr. zur Petref. , 3les Hefi, 1 840 , pi. 1 8, fig. 4 et 5) , 
nous croyons devoir proposer pour celle d'Amérique le nom d'O. Castelnaui. Ed. de Verneuil. 



50 

5. Orthoceras filiforme, pi. 10, fig. 2. 

Tronqué aux deux extrémités; coquille longue, grêle, presque filiforme ou très- 
peu renflée à la base, mais un peu étranglée au milieu, ce qui, du reste, doit être 
accidentel. 

Longueur, dix-sept centimètres; largeur à la base, quatre; à l'extrémité, trois. 

Les segments sont très-nombreux , très-arqués , écartés d'environ huit millimètres ; 
la coquille est comprimée ; les extrémités ne montrent pas de traces de siphon , mais 
font voir que la coquille était très-épaisse, surtout sur les côtés. 

Localité : Ile Drummond. 

1. Cyrtoceras Markœi, pi. 9, fig. 3. 

Nous avons déjà vu que les cyrtoceras avaient été séparés des orthocerates par 
Goldfuss à cause de leur forme arquée. 

L'espèce dont il est ici question a douze centimètres de long sur trois de diamètre ; 
la coquille est assez épaisse, très-arquée, divisée en segments transversaux ou cloi- 
sons très-nombreuses et d'environ cinq millimètres de large; l'extrémité est arrondie et 
garnie d'une sorte de côte, ce qui la rend très-semblable au bout du fourreau d'un 
sabre de cavalerie. 

J'ai dédié cette espèce à mon savant ami, M. Francis Markce, secrétaire de l'In- 
stitut national des Etats-Unis : elle vient des chutes de la rivière de Montmorency, 
au Canada. 

\. Actinoceras Richards oni? (Stokes, Trans. de la soc. géol. de Londres, tom. I, 
pi. 59, fig. 2-5.) PI. 7, fig. \ et 2; pi. 8, fig. 2 a et b. 

J'avoue que ce n'est qu'avec doute que je rapporte cette espèce à celle de M. Stokes ; 
cependant, comme je crois qu'en cas d'erreur il est encore moins préjudiciable de 
réunir deux espèces distinctes que d'encombrer le catalogue des êtres de prétendues 
espèces, je me décide à le faire. 

Je réunis ici plusieurs individus , tous trouvés sur la petite Manitouline (lac Huron), 
les uns par moi-même, et les autres par mon excellent et savant ami le major De- 
lafield, de New-York : le premier échantillon (pi. 7, fig. 2) représente deux indi- 
vidus , dont un des fragments a seize centimètres de long sur cinq de large; ils laissent 
manifestement voir les segments transversaux , et ainsi ils doivent probablement être 
considérés comme des tubes privés du test. Le supérieur, ayant été usé par le temps, 
laisse à découvert le siphon interne et les cloisons transversales. J'ai cassé le fragment 
inférieur, et j'ai mis également à découvert une partie de l'organisation intérieure. 
Cette coquille a dû être très-peu coniforme. 

La figure \ de la même planche représente un magnifique échantillon entière- 
ment rempli & 'actinoceras. 

En a, nous en voyons un, ou plutôt un tube interne assez semblable à celui figuré 
n.° 2, mais un peu plus conique, ce qui me fait penser qu'il provient d'une section 
plus rapprochée de la base. 



51 

En b nous en voyons ce que je considère comme l'extrémité supérieure du siphon, 
montrant qu'il se terminait d'une manière obtuse et arrondie ; les segments transver- 
saux, ou plutôt les cloisons, sont beaucoup plus fortement marqués que dans le reste 
de la longueur : ce n'est peut-être, du reste, qu'un moule interne. 

La figure 2 , a et b de la planche 8 , représente sur ses deux faces une portion 
détachée du siphon interne, et qui a la plus grande ressemblance avec une vertèbre. 

2. Actinoceras Blaiwillei, pi. 5, fig. \ ; pi. 8, fig. 1. 

L'échantillon de cette espèce, figuré planche 5, ligure 1, donne une idée assez 
complète de ces êtres singuliers. L'on voit en a la coquille entière , munie de son test , 
sans lignes transversales. 

En b nous voyons une partie du test enlevée et laissant à découvert le tube divisé 
par de fortes cloisons transverses, écartées l'une de l'autre d'environ cinq millimètres : 
le test paraît avoir été assez mince. 

En c nous voyons des siphons internes, longs, grêles, étroits, articulés, montrant 
encore la base des cloisons, ce qui leur donne assez l'apparence de millepieds, ou 
plutôt encore de certaines annélides, telles que les néréides, etc. Le plus souvent ils 
sont placés en long , dans le sens des coquilles ; mais un des individus l'est en travers. 

Nous ne pouvons pas juger par le fragment de la longueur de la coquille; mais 
son diamètre est d'environ deux centimètres. 

La figure \ de la planche 8, que nous rapportons aussi à la même espèce, est 
fort intéressante , en ce qu'elle nous montre la grande cloison qui formait probable- 
ment la base de la coquille et devait contenir l'animal. 

Localité : Tous ces échantillons viennent de la petite Manitouline. 

5. Actinoceras Cordieri, pi. 5, fig. 2. 

Cette espèce, figurée pi. 5, fig. 2, a quelques rapports avec le conotubularia 
Cuvieri du professeur Troost, mais s'en distingue particulièrement par ses cloisons 
beaucoup plus écartées; car dans le même espace où il en représente dix-huit, mon 
espèce n'en a que dix. 

L'échantillon a dix -neuf centimètres de long, et l'individu cinq de large; le test 
semble avoir été épais et très-conique ; le tube interne est grand , ainsi que le siphon ; 
les cloisons, placées très-obliquement, s'abaissent depuis le siphon jusquà leur jonc- 
tion avec le tube interne. 

Localité : De la grande Manitouline. 

4. Actinoceras Beudanti, pi. 6, fig. 2. 

La figure 2 de la planche 6 représente cette espèce. Nous voyons en a la coquille 
entière, dont la forme est allongée et un peu conique; une fracture nous laisse aper- 
cevoir qu'elle était assez épaisse et que le tube interne n'en remplissait pas toute la 
cavité. En b nous voyons ces tubes , ayant assez la forme de turritelles. Ils me sem- 



32 

blent se rapprocher beaucoup de ceux figurés par M. Troost , pi. \ , fig. 5 , et que 
nous avons déjà cités. 

Localité : Ile Drummond. 

5. Actinoceras Beaumonti, pi. 6 , fig. \ . 

Il ressemble au Conotubularia Brongniarti de Troost, sous le rapport de la 
taille, de la forme et de la distance des cloisons; mais il s'en distingue par la 
présence d'un sillon au tube interne dans l'intervalle de chaque cloison. 

Cette espèce a une forme très-allongée : le test semble avoir été très-épais ; le tube 
n'est pas renflé en bourrelet entre les sillons, mais est au contraire très-plane, pré- 
sentant cependant un fort sillon dans chacun des intervalles. 

L'échantillon figuré pi. 6, fig. \, a vingt centimètres de long, et le diamètre du 
tube est de deux. 

Localité : Ile Drummond. 

6. Actinoceras Ljonii? (Stokes, Mém. précité, pi. 59, fig. 1), pi. 9, fig. 4. 
Cette coquille est très -conique, lisse; elle a cinq centimètres de diamètre, et le 

fragment douze de long; les cloisons étaient arquées, et les restes du siphon ont 
la forme de festons. 

Localité : Du lac des Bois, donné par le major Delafield. 

7. Actinoceras Dufresnoyi , pi. 8, fig. 3. 

Cette espèce a les plus grands rapports avec f Actinoceras Blainvillei , et en ne 
regardant l'échantillon qu'en dessous, on les confondrait certainement; mais sur 
l'autre face, qui est celle que nous avons représentée, on le voit divisé en nombreux 
segments qui, tous, forment un bourrelet à leur base, et l'on est frappé de sa ressem- 
blance avec certaines encrines : c'est peut-être un tube interne. 

Cet échantillon est d'autant plus remarquable, que nous en voyons à côté en a 
un autre, en tout semblable en dessous au précédent, et qui, en dessus, est lisse, 
comme dans X Actinoceras Blainvillei. 

Localité : Ile Drummond. 

8. Actinoceras! Deshayesii, pi. 8, fig. 4. 

Cette figure représente, à ce cpie nous pensons, un tube interne; il est annelé, 
mais n'offre pas de bourrelets renflés. 
Localité : De la baie Verte. 

Nous avons dédié cette espèce au savant conchyliologïste M. Deshayes. 

'I . Huronia obliqua, pi. 9 , fig. 9. 

Cette espèce, bien cpie ressemblant beaucoup à plusieurs de celles figurées par 
M. Bigsby, me semble en différer par les segments transversaux, qui, au lieu d'être 



droits, sont très -sensiblement obliques: ils sont tous rétrécis à la base et très-forte- 
ment élargis et renflés en bourrelets vers le sommet. 

Ces corps singuliers ont la plus grande ressemblance avec la colonne vertébrale 
de certains poissons. Par la fracture de l'extrémité, l'on voit parfaitement le siphon 
interne. 

Localité : île Drummond. 

2. Huronia Stokesii, pi. 9, fig. 2. 

Cocpiille formée de segments transverses , renflés à leur partie supérieure en forme 
de bourrelet. 

Localité : calcaires schisteux de Schoharie (Etat de New-York). 

Sidemina , pi. 1 , fig. \ . 

Je place ici sous ce nom un corps organisé, qui s'éloigne de toutes les formes 
connues jusqu'ici, mais qui pourrait cependant avoir été la grande chambre d'une 
orthocérate du genre voisin. Ce corps remarquable est long de quinze centimètres, 
large de douze à son sommet, et d'un peu moins de six à sa base : cette dernière est 
étranglée et très-rétrécie en forme de pédicule, puis il s'enfle tout à coup en forme 
de coupe, et continue de s'élargir jusqu'au sommet, cpii est tronqué transversalement. 

L'on n'aperçoit aucun indice de segments transversaux, ce qui m'avait fait sup- 
poser que c'était peut-être un moule interne; mais, en examinant avec soin les extré- 
mités, l'on distingue une ligne qui indique l'épaisseur du corps et rend cette opinion 
inadmissible. 

La forme est très-comprimée, et offre une convexité vers les deux tiers de la longueur. 

Ce corps vient de la petite Manitouline, et je propose de lui donner le nom de 
Sidemina infundibuliforme. 

Nelimenia, pi. 10, fig. 4. 

Corps singulier, se rapportant probablement à la classe des mollusques ou peut- 
être à celle des crihoïdes \ Ce fragment est un peu comprimé latéralement, et plus 
convexe sur l'un des côtés que sur l'autre : il est partagé en segments transversaux, 
courts et nombreux, qui sont plus visibles dans la partie où le test a été enlevé 
que dans l'autre : ce dernier est mince. 

Nous donnons provisoirement à ce corps le nom de Nelimenia incognita : il a 
été trouvé près des chutes de la rivière de Montmorency, au Canada. 

Tentacuutes. 

Corps singuliers, que nous ne plaçons qu'avec bien du doute dans le voisinage 
des ortliocérates , et qui ne sont peut-être que des épines d'oursins. 

1 Ce fragment nous parait avoir appartenu plutôt à quelque orthocère voisine de \'0. pyriformis 

dont M. Murchison a proposé de faire le genre Gomphoceras. 

Ed. de Verneuil. 

5 



34 

Nous en avons rapporté d'Amérique deux espèces qui, toutes les deux, nous sem- 
blent différer de celles d'Angleterre et de Suède, bien qu'elles en soient très-voisines. 

1. Tentaculites irregularis, pi". 40, fig. 5. 

Longueur , neuf millimètres ; largeur un. C'est un petit cône allongé et se terminant 
en pointe aiguë, entouré de carènes transversales très-saillantes placées peu réguliè- 
ment; la première est toujours plus écartée que les autres : entre elles la surface 
paraît striée en travers. 

2. Tentaculites regularis, pi. 10, fig. 6, 

ressemble beaucoup à la précédente , et n'en est peut-être qu'une variété : le tube est 
plus petit et plus cylindrique; les carènes transversales sont moins fortes, plus serrées 
et régulières. 

Ces deux espèces se trouvent ensemble dans le calcaire de transition de Trenton 
(État de New-York). 

4. Bellerophon striatiis? (Férussac) pi. 14 , fig. 2. 

Les individus que j'ai rapportés d'Amérique ressemblent tellement à ceux décrits 
par M. de Férussac, que je me suis décidé à les réunir, bien que les stries soient un 
peu plus fines et plus inflécbies dans les miens , qui ont aussi l'ombilic un peu plus 
grand. 

M. d'Orbigny rapporte, je crois à tort, à cette espèce Yundulatus de Goldfuss. 

Localité . des bords du lac Frié. 

4 . Goniatites canadensis , pi. 4 4, fig. 7. 

Ce n'est qu'avec quelques doutes que je rapporte cette coquille aux goniatites; 
cependant elle est symétrique, et ne pourrait par conséquent être confondue qu'avec 
les bellérophons ; mais la ligne d'arrêt bisinuée et très-marquée de cette espèce me la fait 
rapporter aux goniatites. Le diamètre longitudinal est de deux centimètres ; le transver- 
sal d'un et demi; la hauteur de la bouche d'un; sa largeur, de plus d'un et demi. 

La coquille que nous avons figurée, a la bouche irrégulière, probablement par 
accident. 

Localité : cette espèce se trouve aux chutes de la rivière de Montmorency, près 
de Québec (Canada). 

Evomphalus, Sow. (Macluria , Lesueur). 

1 . Evomphalus Verneuili, pi. 4 4, fig. 4 , a et b. 

Hauteur , sept centimètres et demi; largeur six; épaisseur de la bouche trois. 
Coquille subsymétrique , à bouche comprimée d'un côté et convexe de l'autre. 
Lorsque le test a été enlevé, cette coquille paraît lisse, ainsi que nous l'avons repré- 



55 

sentée figure a; mais, lorsqu'il existe, l'on aperçoit très -distinctement une série de 
forts tubercules formant une sorte de carène : la coquille est épaisse et entièrement 
couverte de stries assez fortes. 

Localité : rive septentrionale du lac fluron. 

Nota. Cette espèce est voisine de \' Evomphaliis Goldfussi (d'Archiac et de Verneuil, Trans. geol. soc. 
Lond., 2. e série, vol. 6, part. 2, pi. 34, fig. 1 et 2), qui vient des bords du Pdiin, près de Cologne; mais 
elle est subsymétrique, tandis que cette dernière ne l'est pas, et de plus, l'ouverture de YE. Goldfussi 
est plus arrondie. 

2. Evomphalus? minutissimus , pi. \-\ , fig. 9. 

Hauteur, un millimètre et demi; largeur, un peu plus d'un millimètre. 

Cette coquille a assez l'apparence d'un évomphale microscopique, mais à spire 
déroulée. Elle paraît, à la taille près, avoir assez d'analogie avec YEv. serpula (de 
Roninck), d'Arch. et de Vern., loc. cit., pi. 55, fig. 9 : elle vient de Trenton 
(État de New -York) et se trouve dans le calcaire schisteux. 

Un échantillon m'en a été donné sous le nom de Gyrtoceràs Matheri; mais je 
ne sais à qui l'attribuer. 

\. Trochus huroniensis , 
ressemble par la forme aux évomphales : pas d'ombilic ; une carène très-forte et très- 
tranchante dans toute sa longueur; environ deux centimètres de hauteur, et un centi- 
mètre huit millimètres de large. 

Les individus de cette espèce se trouvent agglomérés dans un calcaire bitumineux 
contenant des fragments de trilobites de la rivière d'Ottowas dans le Haut-Canada. 

Cette espèce est voisine du trochus helicites de Murchison , pi. III , fig. \ et 5. 

\ . Turritella schohariensis , pi. 1 1 , fig. 8. 

Longueur, quinze millimètres; largeur sept. 

Coquille allongée, conique, contournée régulièrement en -spires. 

Localité: Schoharie (Etat de New- York). 

\ . Pileopsis naticoides, pi. \ \ , fig. 5. 

Ce n'est qu'avec quelque doute que je place cette coquille dans le genre Pileopsis; 
elle serait peut-être tout aussi convenablement placée parmi les natices. 

Dans tous les cas elle est assez voisine du P. neritoides de Philijjps, et encore plus 
du P. vetustus ; mais dans mon espèce il y a trois enroulements à la spire et la 
coquille est plus finement striée ; l'on observe aussi sur quelques parties du test 
restées intactes, de très -légères stries longitudinales. 

Je rapporte à cette espèce des individus cpii varient singulièrement par la taille ; 
le plus petit ayant trois centimètres et demi de diamètre longitudinal, et deux un tiers 
de diamètre transversal, et environ autant de largeur à la bouche, tandis que le plus 



36 
gros a huit centimètres dans la première de ces dimensions et six dans la troisième : 
quant au diamètre transversal, il ne peut être jugé, à cause du mauvais état de 
l'échantillon. Plusieurs autres forment le passage entre ces extrêmes : ils viennent 
tous de Schoharie dans l'Etat de New- York. 

2. Pileopsis rotundata, pi. \ \ , fig. 4. 

Cette espèce est très-voisine de la précédente, mais elle s'en distingue par sa forme 
plus arrondie; la spire est aussi, en proportion, un peu plus saillante. 

Tout le test étant enlevé, l'on ne peut savoir s'il était lisse, ridé ou strié. 

Le diamètre en hauteur est de deux centimètres , et en largeur de près d'un centi- 
mètre sept millimètres. 

Localité : Schoharie, où elle se trouve avec le précédent. 

5. Pileopsis spiralis, pi. \ I , fig. 5. 

Coquille allongée, très-déprimée, plus ou moins contournée en spirale vers le som- 
met, ayant assez la forme d'un bonnet de liberté. 

Elle varie considérablement pour la taille , le plus grand individu ayant près de 
quatre centimètres de hauteur sur deux un tiers de large, et le plus petit n'ayant 
que deux centimètres et un quart dans le premier sens, et un quart dans le second. 

Localité : Schoharie. 

4. Pileopsis conoides, pi. \\ , fig. 6. 

Je n'ai qu'un individu mutilé de cette espèce : sa hauteur est d'un peu plus de 
quatre centimètres, et le diamètre transversal de trois environ : sa forme est celle 
d'un cône à peine infléchi vers le' sommet. 

Cette coquille, par sa forme presque droite, se rapproche un peu des metoptoma. 

1. Ortlns schohariensis , pi. 14, fig. 5. 

Longueur , cinq centimètres et demi ; largeur , quatre et demi ; surface assez plane , 
entièrement couverte de petites stries très-serrées, ponctuées et granuleuses. 
Localité . Schoharie. 

Nota. Bien que dans beaucoup d'espèces de ce genre la surface de la coquille offre des points lorsqu'elle 
est dépouillée du test, je crois cependant que celle-ci, par son apparence très -granuleuse, doit former 
une espèce distincte. 

Cette coquille serait un strophomena pour Rafinesque. 

2. Orthis Michelini ? 

Léveillé, Mémoires de la société géologique de France, vol. 2, pi. 2, fig. 44, 
15 et 16. 

Localité : Schoharie (État de New- York). 



57 

3. Orthis flabelluhun Murchison (SU. syst., pi. 21 , fig. 8). 
Localité : Saint-Régis sur le fleuve Saint-Laurent. 

4. Orthis Panderi? 

De Bucb ; Mém. de la société géolog. de France , t. 4 , p. 21 6, pi. 4 2 -, fig. 17,1 7*. 
Localité : État de New-York. 

5. Orthis huroniensis , pi. 44, fig. 6. 
Longueur, trois centimètres; largeur, quatre. 

Cette espèce est voisine du Plectambonites imbrex de Pander, dont elle diffère 
par sa forme plus large, plus déprimée et plus régulièrement voûtée: si, comme 
cela est assez probable , la valve ventrale est concave , elle devrait , selon M. de Ver- 
neuil, être rangée parmi les leptena, et appartiendrait au groupe d'espèces qu'il 
appelle rajonnées , dans lesquelles des stries en forme de rayons s'élèvent au-dessus 
des autres. En effet, les fortes stries en ont chacune entre elles trois ou quatre 
petites; on les aperçoit particulièrement vers le bord, le test ayant été enlevé sur 
le' reste de la coquille. 

Localité : îles situées vers le nord du lac ïluron. ' 

6. Orthis Conradi, pi. 15, fig. 4. 

Longueur, sept centimètres; largeur, sept et demi. 

Cette espèce a assez la forme de Xungidfomnis ; comme elle, elle est orbiculaire 
convexe; mais elle n'est pas prolongée en pointe au-dessus de la charnière; du reste, 
le seul individu que j'aie rapporté est en fort mauvais état; toute la surface présente 
des stries assez écartées, mais plus nombreuses et plus rapprochées vers les bords. 

Localité: Schoharie (Etat de New -York). 

J'ai dédié cette espèce à M. Conrad, savant géologue américain. 

7. Orthis unguiformis , pi. 15, fig. 5. 

Longueur, sept centimètres; largeur, huit. 

Coquille très-singulière, de forme presque orbiculaire, à surface convexe et striée, 
se prolongeant au-dessus de la charnière en deux longues dents coniques et pointues, 
séparées par un profond sillon; de chaque côté les bords s'arrondissent en forme d'ailes. 

Je ne connais qu'une valve de cette espèce, et je lui conserve le nom sous lequel 
elle m'a été donnée, sans savoir à qui il est dû. 

Localité : Schoharie (État de New-York). 

La coquille que M. Emraons vient de publier sous le nom de Slropk. allernala (Geol. of New-York, 1 842 , 

part. 2, page 39ô, fig. 3), et qu'il regarde peut-être comme l'identique de \'0. allernala (Murch., SU. syst.), 

nous parait être la même que \'0. huroniensis : c'est une espèce très-commune aux Etats-Unis et que nous 

avons reçue de plusieurs personnes. 

Ed. de Vcrneuil. 



58 

8. Orthis plana , pft 14, fig. I. (Gonambonites plana, Pander, pi. 16 a, fig. 3.) 
Localité : bords du lac Huron. 

9. Orthis incwvata, Sheppard (producta), Am. journ. of science, tom. 54, 
pag. 144 et planche. 

Localité : très-commun dans le calcaire magnésien de la baie Verte. 

•10. Orthis altemans, pi. 14, fig. 2. 

Longueur, deux centimètres et demi; largeur, trois centimètres; surface peu con- 
vexe, couverte de stries longitudinales, entre chacune desquelles l'on en voit une 
autre beaucoup plus courte vers le bord. 

Localité: lac des Bois; extraite d'un bloc erratique. 

Nota. II faut aussi ajouter à cette liste une espèce rapprochée de l'umbraculum, qui provient de Cals- 
kill, État de New-York, mais la grande valve manquant, on ne peut la déterminer. 

1. Pentamerus Deshajesii , pi. 4 5, fig. 1, 2. 

Longueur, six centimètres et demi; largeur, quatre centimètres. 

Cette coquille est très-remarquable; vue en dessus, sa forme est oblongue, con- 
vexe , renflée en arrière , élevée au milieu ; en cette partie est une carène sur laquelle 
l'on voit un fort sillon : dans les deux tiers de la surface rapprochée du bord mar- 
ginal l'on voit des stries longitudinales nombreuses et un peu arquées. 

La figure 2 représente un individu plus court et plus déprimé, mais que je crois 
n'être qu'une variété de cette espèce , bien qu'en dessus il soit plus finement strié : 
la figure le représente vu en dessous. 

Localité : cette belle espèce vient de Schoharie dans l'Etat de New -York. 

2. Pentamerus Beaumonti, pi. 15, fig. 9. 
Longueur, six centimètres; largeur, cinq et demi. 

Cette espèce est très- voisine de Yoblongus de Murchison; elle est un peu plus longue 
que large, couverte de petites lignes arquées, transversales et concentriques : elle 
présente vers le bord externe du côté droit, en tournant le bord marginal vers 
l'observateur, deux dépressions allongées, qui donnent naissance entre elles à une 
sorte de côte longitudinale. Il n'y a aucune apparence de stries longitudinales ; la 
grande valve dépasse l'autre au-dessus de la charnière et se prolonge en forme de bec. 

Localité : bords du lac Erié. 

Cette espèce, bien que très-voisine de Yoblongus, avec laquelle les géologues amé- 
ricains la confondent, nous a semblé, à M. de Verneuil et à moi, pouvoir en être 
réellement distinguée : je l'ai dédiée à M. Elie de Beaumont, professeur à l'école des 
mines , et l'un de nos savants les plus illustres. 

1. On a écrit par erreur sur la planche parra, au lieu de plana. 






39 

1. Atrypa? nuslella, pi. 14, fig. 5. 

Cette petite espèce, qui doit probablement être rangée dans le genre Orthis , m'a 
été communiquée aux Etats-Unis sous le nom que je lui conserve ici : elle est renflée, 
convexe, presque orbiculaire, couverte de stries très-fines et très-peu visibles; la sur- 
face inférieure est convexe et remonte au milieu du sinus. 

Localité : Schobarie (Etat de New -York). 

2. Atrypa galeata (Daim.), pi. 14, fig. 4. ' 

Mon individu ressemble presque entièrement à ceux d'Europe, mais me semble 
avoir les côtes un peu plus étroites. 
Localité : État de New -York. 

I . Productus ? sulcatus l , pi. 13, fig. 7. 
» Cette espèce n'est , ainsi qu'on peut le voir par la figure , établie que sur un frag- 
ment. La coquille présente quatre ou cinq sillons concentriques, larges et profonds, 
entre chacun desquels l'on voit une côte élevée. La largeur est d'environ trois centi- 
mètres, sur près de quatre de long : elle a conservé une couleur lie de vin obscur. 
Localité : Schobarie. 

Nota. Cette espèce m'a été communiquée comme une Slrophomena de Rafinesque. 

2. Productus antiquatus Sowerby, Min. conch. , pi. 517, fig. 1 , 5, C. 

Cette coquille étant partout considérée comme caractéristique des terrains carbo- 
nifères, je ne la place ici qu'avec doute : je l'ai rapportée des bords du lac Iiuron, 
et ne me souviens pas bien des circonstances dans lesquelles je l'ai trouvée; je ne puis 
donc assurer si en Amérique elle appartient au terrain carbonifère ou silurien. Dans 
tous les cas, elle est entièrement semblable aux individus d'Europe. 

1. Leptœna vicina, pi. 14, fig. 9. 

Longueur, sept millimètres; largeur, huit. 

Cette espèce est très-voisine de la sarcinulata de Schlotheim , mais elle est plus 
renflée : elle est du reste, comme elle, entièrement couverte de stries fines et serrées. 
Localité : comté d'Ontario, dans l'État de New -York. 

1. Terebratula Valenciennei , pi. 13, fig. 6. 

Longueur, trois centimètres et demi; largeur quatre. 

Espèce très-voisine de la terebratula concentrica , mais qui s'en distingue par son 
bec beaucoup plus fortement prononcé; la coquille est aussi beaucoup plus renflée 
et l'angle cardinal plus petit. 

1 L 'Atrypa galeata est à nos yeux un véritable Pentamère. 

2 Le nom de sulcatus ayant déjà été appliqué à un productus par Sow. (Min. conch., pi. 319, fig. 2), 

nous proposons celui de sulcifer. 

Ed. de Veineuil. 



40 

Cette coquille, qui semble faire le passage des térébratules aux spirifers, vient 
de Schoharie, dans l'Etat de New-York:je l'ai dédiée à M. Yalenciennes , professeur 
au Muséum d'histoire naturelle. 

2. Terebratula mesogona (Philipps), pi. 13, fig. 5. 
Localité : Des environs de Québec, au Canada. 

5. Terebratula Stricklandii (Murchison, SU. sjst., pi. 15, fig. 19). 
Localité : montagne de Catskill (Etat de New -York). 

4. Terebratula imbricata (Murchison, SU. sjst., pi. 13, fig. 27). 
Localité : bords du lac Huron. 

5. Terebratula prisca (Schloth.), pi. 15, fig. 8. 
Localité : Schoharie (Etat de New -York). 

6. Terebratula borealis 1 , pi. 14, fig. 14. 

Longueur, deux centimètres; largeur, deux et demi; coquille plus large que longue, 
arrondie de chaque côté, couverte de stries longitudinales, fines et serrées. 
Localité : calcaire magnésien de la grande baie Yerte ou Ouisconsin. 

7. Terebratula acuminatissima , pi. 14, fig. 17. 

Longueur de la sinuosité du milieu, quatre centimètres; du sommet des ailes, cinq 
et demi; largeur, six. 

Cette espèce, très-voisine de ïacuminata, s'en distingue, par ses plis plus nom- 
breux et plus fins. Elle semble établir le passage entre la T. acuminata et la téré- 
bratule à stries fines et profondes, désignée sous le nom de Meyendorfii dans l'ou- 
vrage que MM. de Yerneuil et Murchison préparent en ce moment sur la géologie 
de la Russie. 

Je n'en ai rapporté qu'un individu, qui probablement avait été roulé par les eaux, 
ce qui avait usé les grandes surfaces de manière à lui donner entièrement la forme 
d'un cœur. 

r 

Localité : des environs de la ville d'Hudson, dans l'Etat de New -York. 

1 . Spirifer inœquivalvis, pi. 14, fig. 8. 

Longueur , douze millimètres ; largeur , quatorze. 

Cette petite espèce est très-voisine de la T. cuneata de Dalmann et de Murchison : 
la valve ventrale est très-renflée, très-convexe, avec sept fortes stries de chaque côté 
et quatre côtes longitudinales sur la partie saillante; l'autre valve a sept ou huit côtes 
de chaque côté et deux sur le sinus; elle présente plusieurs fortes lignes transversales, 

1 Le nom de borealis ayant déjà été employé par Schlotheim pour une espèce différente, je propose 
pour celle-ci le nom de T. lui pis. 

Éd. de Verneuil. 



41 
et toute la partie voisine du bord marginal est couverte de fortes lignes en forme 
de zigzag. 

Localité . cette espèce vient du calcaire magnésien de l'île Drummond. 

2. Spirifer Murchisoni, pi. 12, fig. 1 et 2. 

Longueur, trois et demi centimètres; largeur, six. 

Coquille à peu près deux fois plus large que longue; le sinus lisse; six côtes de 
chaque côté. 

Localité: Schoharie, New -York. 

5. Spirifer huroniensis , pi. 12, fig. 6. 

Longueur, quatre centimètres et demi; largeur, cinq et un quart. 

Coquille presque orbiculaire, un peu plus large que longue, très -granuleuse, à 
sinus couvert d'ondulations ; côtes serrées les unes contre les autres au nombre d'en- 
viron dix-huit de chaque côté; toute la moitié de la coquille rapprochée du bord 
marginal, couverte de petites ondulations; valve inférieure, avec un renflement 
longitudinal dans toute sa longueur; côtés très-granuleux. 

Localité : bords du lac Huron. 

4. Spirifer Troostii, pi. 12, fig. 5. 

Il ressemble beaucoup au précédent pour la taille et la forme, mais il s'en dis- 
tingue parles côtes, qui ne sont qu'au nombre de sept ou huit de chaque côté. 
Localité . Kentucky. 

Nota. Ces deux espèces sont voisines de Vosliolatus de Schlotheim, mais la première s'en distingue par sa 
surface granuleuse et le nombre des côtes, qui n'est que de treize dans l'espèce de cet auteur: ce dernier 
caractère sert aussi à en distinguer la seconde. 

5. Spirifer costalis, pi. 1 4 , fig. 7. 

Longueur, sept millimètres; largeur, huit. 

Cette petite espèce, qui est assez voisine du S. cristatus, Schl. , est un peu plus 
large que longue, et remarquable par huit ou dix très -fortes côtes longitudinales 
séparées par de profonds sillons. 

Localité : Schoharie, Etat de New-York. 

6. Spirifer macropleurus , pi. 13, fig. 5. 

Longueur, quatre centimètres; largeur, cinq et un quart. 

Cette jolie espèce rentre parmi celles qui ont des côtes et des stries, et se place 
près du S. interlineatus, Murchison, et du S. cjrtena, Dalman, qui est le radia- 
tics du premier de ces auteurs. Elle présente trois très-fortes côtes longitudinales, 
et toute la surface est couverte de petites stries semblables, très-fines et très-serrées. 

Localité : Schoharie. 

6 



42 

7. Spirifer Fischeri, pi. 15, lig. 4. 
Longueur, cinq centimètres; largeur, sept. 

Ressemble beaucoup au Macropleurus , dont elle n'est peut-être même qu'une 
variété; elle est plus grande, et ne semble pas avoir été couverte de petites stries 
longitudinales ; cependant comme presque tout le test a été enlevé , on ne peut rien 
dire de positif à cet égard. 

Localité : Kentucky. 

Cette espèce est dédiée au savant M. Fischer, naturaliste russe , non moins célèbre 
par ses travaux entomologiques que par ceux qu'il a publiés sur la paléontologie. 

8. Spirifer alatus 1 , pi. 42, fig. 4. 
Longueur, six centimètres; largeur, huit. 

Assez grande espèce, prolongée de chaque côté en forme d'ailes arrondies; coquille 
couverte de côtes longitudinales au nombre d'environ quinze de chaque côté ; surface 
un peu granuleuse. 

Localité : Schoharie, Etat de New- York. 

9. Spirifer multicostatus , pi. 12, fig. 5. 
Longueur, quatre centimètres et demi; largeur, huit. 

Espèce très-transversale , presque deux fois aussi large que longue ; le sinus n'est 
pas limité par une carène, et il est couvert de stries longitudinales de même que 
le reste de la surface ; celles - ci forment entre elles , de chaque côté , une vingtaine 
de petites côtes élevées. 

Cette espèce doit se placer entre le S. striatus, dont elle se distingue par ses 
côtes simples , et le Verneuili, qui n'en diffère que par des côtes plus fines et plus 
nombreuses. 

Localité : Schoharie. 

10. Spirifer Sheppardi, pi. 44, fig. 45. 

Longueur, deux centimètres; largeur, trois un quart; hauteur, dix-sept millimètres. 

Coquille épaisse, transversale , couverte de stries longitudinales, fortes et nom- 
breuses , se prolongeant en avant en forme d'ailes , se terminant d'une manière aiguë 
aux angles antérieurs ; sinus très -profond, couvert de sillons, ainsi que le reste de 
la surface. 

Cette espèce est commune dans le calcaire magnésien de la rivière des Méno- 
ménies , près de son embouchure dans la grande baie Verte. 2 

1 Le nom à'alalus a déjà été employé par Schlotheim et par Murchison ; nous proposons pour cette 
espèce le nom à'alœformis. Ed. de Verneuil. 

2 Ce spirifer, identique au Sp. lynx, Eichw., est très-caractéristique des terrains siluriens du nord de 
la Russie, et surtout de l'étage inférieur. Il paraît que c'est une des espèces les plus répandues en Amé- 
rique; car elle nous a été envoyée du Tennessee par M. Troosl, de Springfield (Ohio) par M. Forster, et 
nous l'avons vue dans la collection de M. Lesueur, qui nous a dit l'avoir trouvée sur les bords du lac Erié. 

Éd. de Verneuil. 



14. Spirifer Sowerbji, pi. 4 5, fig. I. 1 

1 . Cardium ? nautiloides , pi. 15, fig. 5 et 6. 

Longueur, sept centimètres et demi; largeur, trois centimètres; épaisseur, quatre. 

Ce n'est cpi'avec les plus grands doutes que je rapporte cette espèce au genre 
Cardium; je n'y ai même été décidé que par ses rapports avec le Cardium lorica- 
tum de Goldfuss : elle devrait très -probablement former un genre distinct, dans 
lequel pourrait peut-être rentrer cette dernière espèce, et je proposerais, si on adopte 
par la suite cette manière de voir, de lui donner le nom de Goldfussia. 

Chaque valve ressemble beaucoup à un nautile comprimé latéralement, caréné 
de chaque côté, contourné en spirale près de la charnière, plane en dessus, 
offrant de chaque côté de profonds sillons divergents; les deux côtés de chaque 
valve ne sont pas semblables, l'un étant beaucoup plus convexe que l'autre, 
et offrant des côtes, tandis que l'autre n'a que des stries. La spirale de l'une des 
valves au-dessus de la charnière se prolonge aussi plus que dans l'autre. Je rapporte 
à cette espèce, comme individu déformé, celui qui est figuré pi. 45, fig. 6. 

Localité : lac des Sénécas, dans l'Etat de New -York. 

Bilobite, pi. 44, fig. 46. 

C'est aussi parmi les Cardium 1 ou peut-être parmi les Spirifers que doit se 
placer, suivant moi, le fossile singulier sur lequel M. le D. r Dekay a formé son genre 
Bilobite, dans les Annales du lycéum d'histoire naturelle de New -York, et qu'il 
place dans la classe des crustacés près des Trilobites. 

L'individu que j'ai rapporté, et que je dois à la générosité de M. Delafield, est 
en tout semblable à celui de M. Dekay, ainsi que l'on peut s'en assurer par un moule 
en plâtre de ce dernier, que j'ai déposé, ainsi que mon individu, dans la collection 
du Muséum d'histoire naturelle. 

1 Cette espèce, figurée dans les planches de M. de Castelnau, ne se trouvant pas décrite dans le 
manuscrit qu'il nous a remis en partant pour l'Amérique du sud , nous croyons devoir donner la descrip- 
tion suivante, faite sur un échantillon qui nous a été envoyé d'Amérique. 

Coquille très -transverse, déprimée, finement plissée longitudinalement; valve dorsale beaucoup plus 
gibbeuse que la ventrale; sinus lisse, divisé seulement par une très-légère côte, sur laquelle se relèvent 
les stries d'accroissement; quinze à dix-huit plis de chaque côté du sinus; aréa très-basse, presque 
linéaire; crochet peu saillant; valve ventrale déprimée; bourrelet lisse, ayant au milieu un sillon peu 
marqué, qui correspond au pli médian du sinus de l'autre valve; la surface est ornée de stries d'ac- 
croissement qui se relèvent en écailles à leur passage sur les plis longitudinaux. Le caractère le plus 
saillant de cette coquille consiste sans contredit dans l'étroitesse de l'aréa , qui rappelle assez le Sp. Bouchardi. 
M. de Castelnau, en faisant dessiner cette espèce, lui avait donné le nom de S. Sowerbyi, nom déjà 
employé par M. Fischer , de Moscou, pour une autre espèce. Nous proposons de la dédier au célèbre géologue 
anglais qui vient de parcourir l'Amérique du nord, et de la nommer Sp. Lyelli. 

Localité : Pensylvanie. Éd. de Verneuil. 

2 Nous avons dit plus haut à quelle division des Cardium appartient ce corps souvent ainsi déformé. 

Éd. de Verneuil. 



Le naturaliste américain que nous venons de citer, nous semble avoir été induit 
en erreur par l'apparence bien singulière de ce fossile, qui n'est qu'une coquille 
mutilée; mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que plusieurs individus, 
entièrement semblables, ont été trouvés dans la même localité, la montagne de 
Catskill, sur la rivière d'Hudson (Etat de New -York). 

Quant aux Bilobites de M. Alcide d'Orbigny, ce sont des corps entièrement diffé- 
rents de celui de M. Dekay, et qui n'auraient pu rester avec lui; mais celui-ci devant 
être rayé du catalogue zoologique, ils peuvent conserver le nom de Bilobite, jus- 
qu'à ce que l'on parvienne à les rapporter aussi à leur véritable place dans la série 
des êtres. 

1. Amphidesma Delafieldii , pi. 14, fig. 10. 

Longueur, trois centimètres et demi; largeur, sept et demi. 

Ce n'est qu'avec le plus grand doute que je rapporte cette espèce à la formation 
silurienne ; elle m'a été donnée comme venant de l'Etat de New-York , mais j'ai tout 
lieu de croire qu'elle provient des terrains tertiaires des bords du Potomac; quoi 
qu'il en soit, l'espèce m'en semble nouvelle; elle est plus de deux fois aussi large 
que longue, et offre sur sa surface des lignes concentriques. 

\. Perna chactas, pi. 14, fig. 12. 

Ce débris a dû faire partie d'une très-grande espèce; il contient la Venus Mohegan. 

Cette coquille m'a été donnée comme provenant de l'État de New- York, et ayant 
été trouvée dans la formation silurienne; mais je crois que c'est une erreur et qu'elle 
appartient aux terrains tertiaires. 

1. Venus Mohegan, pi. 14, fig. 11. 
Longueur, trois centimètres; largeur, environ cinq. 

Coquille transversale, offrant des lignes concentriques et couverte de stries longi- 
tudinales fines et serrées. Même observation que pour les deux précédentes. 

CLASSE DES POLYPIERS. 

1. Columnaria sulcata (Goldf.), pi. 24, fig. 9. 
Localité : État de New- York. 

2. Columnaria Troostii, pi. 19, fig. 2. 

Tubes prismatiques gros et à six faces; légèrement striés en long, ainsi que dans 
le sens transversal; ces dernières lignes arquées; loges stelliformes multiradiées. 
Localité : Rentucky. 

3. Columnaria multiradiata, pi. 19, fig. 1. 

Tubes à six faces , petits , très-serrés les uns contre les autres , formant à l'extrémité 



45 
un rebord entourant les loges stelliformes, qui se composent de douze à quinze 
rayons. 

Localité : île Drummond , dans le lac Huron. 

4. Columnaria mamillaris , pi. 19, fig. 5. 

Cette espèce a un aspect très-différent de celui de la plupart des autres espèces, 
et je ne la l'apporte à ce genre qu'avec quelque doute; il est du reste probable que 
l'individu n'est qu'un moule : il se compose d'un assemblage de prismes peu régu- 
liers, mais dont la plupart ont six faces; ils sont arrondis à l'extrémité sans appa- 
rence de loges stelliformes. 

Localité : des bords du lac Huron. 

5. Columnaria alveolata (Goldf.), pi. 24, fig. 7. 
Localité : île Drummond. 

1. Catenipora labjrinthica, pi. 17, lig. 2. 

Goldf., Petref., p. 75, pi. 25, fig. 5. 

Localités : île Drummond et bords du lac Supérieur. 

2. Catenipora escharoides, pi. 47, fig. 5. 

Lam., Anim. sans vert, 2, p. 207. — Goldf., p. 74, pi. 25, fig. 4. 
Localité : îles situées dans la partie septentrionale du lac Huron. 

5. Catenipora Michelini, pi. 17, fig. 1. 

Cette espèce diffère de la première par ses loges tubuleuses plus petites et dispo- 
sées de manière à former des figures plus allongées et moins disposées en carré; 
elle se distingue, au contraire, de X Escharoides par ces mêmes tubes beaucoup plus 
gros , et des deux précédentes enfin , par ses côtes plus nombreuses et beaucoup plus 
serrées. 

Localité . île Drummond, lac Huron. 

Nota. L'on trouve souvent des débris du genre Catenipora parmi les galets roulés de la baie Verte. 

1. Syringopora, Goldf. {Calamités , Guett), verticillata (Goldf.), pi. 25, fig. 6. 
Magnifiques échantillons venant de l'île Drummond. On en trouve aussi de nom- 
breux débris parmi les galets du lac Micliigan, et principalement aux îles du Castor. 

1. Astrœa mamillaris (Fischer), pi. 24, fig. 5. 
Localité • rive droite de l'Ohio , dans l'Etat d'Ulinois. 

1. Strombodes pentagonus (Goldf.), pi. 21 , fig. 2. 
Localité : du lac Huron. 



46 

\. Calamopora favosa (Goldf.), pi. 26, fig. 2. 
Localité : îles Manitoulines. 

2. Calamopora minutissima , pi. '18, fig. 2. 

Espèce remarquable par l'extrême petitesse des alvéoles, qui ont six faces, et 
dont les côtes sont excessivement serrées. 
Localité : île Drummond. 

3. Calamopora minuta. 

Cette espèce est intermédiaire entre les deux précédentes; les alvéoles sont beau- 
coup plus petits que dans la favosa, mais moins que dans la minutissima ; on 
la trouve quelquefois en très-gros blocs. 

Localités : pointe Latour; île de Drummond dans le lac Huron; bords du lac 
Erié, dans le nord de l'État de New -York. 

4. Calamopora radians, pi. 18, fig. 1. 

Pvessemble assez au précédent quant à la forme et la grosseur des alvéoles; mais 
les tubes sont disposés d'une manière rayonnée, de manière à ce que, dans un 
échantillon de deux pouces d'épaisseur, ils se rejoindraient presque tous à la base, 
tandis qu'au sommet ils seraient écartés de deux ou trois. Les tubes ont des côtes 
bien marquées. 

Ce polypier vient de Buffalo , dans l'État de New-York , et m'a été donné par le 
major Delafield. 

5. Calamopora cellulata. 

Alvéoles à six pans, rayonnes dans leur intérieur; tubes divisés dans leur lon- 
gueur par une très-grande quantité de petites cloisons lamelleuses , transversales , peu 
régulières, mais très-serrées. 

Ce n'est qu'avec quelque doute que je rapporte ce polypier au genre Calamo- 
pora ,• il vient de la pointe Latour, au nord-ouest du lac Huron. 

6. Calamopora basaltica, pi. 18, fig. 3. 

Goldf., Petref., pi. 26, fig. 4. 

Localité : des bords du lac Erié. 

Je crois, du reste, que c'est avec raison que M. de Blainville place cette espèce 
parmi les Favorites; l'individu que j'ai figuré, affecte singulièrement la forme d'une 
coquille bivalve. 

7. Calamopora polymorpha (Goldf.), pi. 27, fig. %• — 5. 
Localité : baie Verte , au Ouisconsin. 

8. Calamopora gothlandica, Lamk., 2, p. 206, n.° 2. — Goldf., pi. 26, fig. 5. 
Localité : Buffalo , État de New- York. 



47 

9. Calamopora in/lata, de Koninck, pi. A, ilg. 7 
Localité : baie Verte. 

1 0. Calamopora Goldfiissii. 

Polypier formé de très-gros tubes arrondis et placés sans ordre. Cette espèce est 
très-voisine de Yinflata , mais m'en semble bien distincte. 

Localités : trouvée en place aux îles Manitoulines du lac Huron et à la baie Yerte , 
et roulée en grand nombre à la baie des Esturgeons , qui donne dans cette dernière 
(Ouisconsin). 

11. Calamopora? fibrosa, pi. 19, fig. 4. 

Goldf., pi. 64, fig. 9. — Favosites petropolitanum , Pander; Favos. Ijcopodites , 
Emmons, Geol. of New-York, p. 589, fig. 5. 

Ce polypier paraît avoir eu l'habitude de se fixer sur d'autres espèces de la même 
classe. 

12. Calamopora Verneuili, pi. 25, fig. 2. 

Cette espèce est voisine de Yinflata ; elle a la forme rameuse du corail ; sa surface 
est entièrement couverte de petits points enfoncés, arrondis et très-serrés. 

Cette espèce est assez commune dans les calcaires bitumineux des marches natu- 
relles près de Québec (Canada). 

Nota. L'on trouve souvent, parmi les galets roulés des grands lacs, des débris de différentes espèces de 
ce genre; les endroits où l'on en trouve le plus, sont la grande baie Verte et la presqu'île sur la côte 
orientale du Michigan sur le lac Huron. 

1. Cjathophjllum hexagonum (Goldf.), pi. 19, fig. 5. 
Localité : pointe Latour, rive nord-ouest du lac Huron. 

2. Cjatliophjllum Goliath, pi. 20, fig. 1. 

Ce grand polypier est très-voisin de la Caninia gigantea de M. Michelin; il y a 
un enfoncement ou tube au centre, d'où partent de nombreux rayons qui se ren- 
dent à la surface; celle-ci présente de grandes loges en carrés oblongs. 

Localité . île Drummond. 

Nota. Ce polypier m'a été donné à l'île de Makinau par M. Sehoolcraft. 

5. Cjathophjllum atlas, pi. 20 , fig. % 

Piessemble au précédent , également de très-grande taille , arqué ; des rayons allant 
du centre à la surface; celle-ci avec des stries transverses; loges assez petites, très- 
serrées, presque arrondies et formées de lignes concentriques. 

Localité : île Drummond. 

4. Cjathophjllum Goldfussii, pi. 21 , fig. 2. 

Très-voisin du vesiculosum de Goldfuss ; à tubes aglomérés en groupes ; formé de 
cellules presque carrées; surface extérieure striée longitudinalement. 
Localité : Buffalo , dans l'Etat de New- York. . 



48 

5. Cyatophyllum plicatum? (Goldf.), pi. 15, iig. 12. 
Localité : île de Makinau, lac Huron. 

6. Cyathophyllum ceratites (Goldf.), pi. 17, fig. 2. 
Localité : île Drummond, lac Huron. 

7. Cyathophyllum Ammonis, pi. 21 , fig. 1 . 

Voisin du Turbinolia fungites , de Philipps, Geol. of Yorksh, pi. 2, fig. 23. 
Grande espèce, recourbée en forme de corne, faiblement striée en long avec des 
rides transversales. 

Localité : Etat de New-York. 

8. Cyathophyllum vicinum, pi. 22, fig. 6. 

Très-voisin du précédent, mais plus allongé et beaucoup plus droit. 
Localité : assez commun dans le nord de l'Etat de New- York. 

9. Cyathophyllum conicum, pi. 21 , fig. 4. 

Piessemble aux précédents, mais allongé, conique, légèrement recourbé à l'extré- 
mité, couvert de petites stries longitudinales assez serrées. 
Localité : bords de l'Ohio , dans l'État d'Illinois. 

10. Cyathophyllum plicatulum, pi. 22, fig. 4. 

Cette espèce est remarquable par ses stries beaucoup plus fortement marquées 
vers le haut qu'à la base. 

Les individus que j'en possède ne me semblent être que des moules internes. 
Localité : île Drummond. 

11. Cyathophyllum dilatatum, pi. 21 , fig. 5. 

Espèce courte, arquée, striée en long et ridée en travers, à base élargie. 
Localité : bords du lac Huron. 

12. Cyathophyllum striatulum, pi. 22, fig. 1. 

Forme conique, à peine arquée, couvert de stries assez fortes. 
Localités : bords des lacs Huron et Érié. 

1 5. Cyathophyllum Michelini , pi. 22 , fig. 5. 

Cette petite espèce est une Caninia pour M. Michelin; elle est perforée dans son 
milieu; elle a la forme d'une dentale assez courbe, à surface striée en long et ridée 
en travers. 

J'ai trouvé le seul individu que j'ai rapporté de cette espèce à l'île Drummond ; 
il est fixé sur un groupe composé de polypiers de divers genres, et principalement 
de Calamopora. 



49 

1 4. Cyathophyllum arborescens , pi. 22 , fig. 2. 

Espèce rameuse, à cloisons presque carrées et à surface striée longitudinalement. 
Localité : rive septentrionale du lac Hnron. 

Nota. Cette espèce est voisine du Cyathophyllum plicalum de Goldfuss, pi. 15, fig. 12. 

1 5. Cyathophyllum d'Orbignyi, pi. 22 , fig. 7. 

Assez voisine du précédent, fortement striée avec des rides en travers. 

Localité : Batavia , dans l'Etat de New -York. 

16. Cyathophyllum Rollinii, pi. 22, fig. 5. 

Ce petit fossile a la forme d'un entonnoir très -évasé par le haut; surface assez 
fortement striée. 

Nota. Cette espèce, qui me semble cependant appartenir à ce genre, ressemble beaucoup au Strom- 
bode.s plicalum, Murcb., SU. syst., pi. t6, fig. 4. 

Localité : île Drummond. 

17. Cyathophyllum distinctum, pi. 22, fig. 8. 
Moule interné. 

Localité : îles Manitoulines. 

18. Cyathophyllum agglomeratum , pi. 21 , fig. 5. 
Espèce agglomérée en groupes. 

Les figures en représentent les détails. 
Localité : îles Manitoulines. 

Nota. Les débris de ce genre sont répandus en très- grand nombre sur les bords des lacs Michigan 
et Huron, et principalement à la baie Verte, aux Manitoulines, à la presqu'île, etc. 

1. Lithodendron irregulare (Phillips), pi. 25, fig. 1. 

Ce polypier est composé de tubes rameux, finement striés en long et offrant des 
renflements transversaux. 

Localité : rive septentrionale du lac Huron. 

Àxinura, genre nouveau. 

Ce genre est voisin des Lithodendrons , mais s'en distingue par la présence d'un 
tube interne qui s'étend dans toute la longueur; la surface extérieure offre quelques 
vestiges de stries longitudinales. 

La seule espèce que nous en connaissions vient des bords du lac Sainte - Claire ; 
nous proposons de lui donner le nom spécifique de Canadensis; elle" est représentée 
sur notre planche 24, fig. 4. 

L'échantillon a une couleur d'un orangé rougeàtre très-prononcée. 

7 



50 

GoRCONIA. 

Nous plaçons provisoirement ici trois espèces, qui devront probablement, lors- 
qu'elles seront mieux connues, constituer un genre nouveau, que nous proposerions 
alors de nommer Zarinura; elles participent des Gorgones et des Flustres. 

1. Gorgonia ripisteria (Goldf.), pi. 24, fig. 5. 

Dans cbacune des cellules l'on voit un petit tubercule. 
Localité : Schoharie, Etat de New -York. 

2. Gorgonia anticorum, pi. 24, fig. \. 

En forme de réseau, disposé en éventail; les cellules sont allongées, oblongues et 
peu régulières. 

Localité : environs du lac Huron. 

3. Gorgonia siluriana. 

Ressemble un peu à la précédente, quant à la texture, mais les cellules beau- 
coup plus petites et plus profondes sont très -serrées et oblongues. 

Nota. Cette espèce est dispersée, par parcelles de forme allongée, dans un calcaire rempli à'Encrinus 
et de Calamopora inflala, qui vient des bords du lac Huron. 

\. Eschara, scapellum (Murchison, pi. 45, fig. 25). 
Localité : îles Manitoulines. 

Crinoïdes. 

Ainsi que nous l'avons déjà dit, notre collection renferme seize espèces de crinoïdes, 
dont on trouvera des figures sur nos planches; mais de la plupart d'entre elles nous 
ne possédons que des fragments de tiges, et après nous être longtemps demandé 
s'il était à propos d'établir des espèces et de donner des noms à de semblables dé- 
bris, nous nous sommes décidé à ne pas le faire; 1.° parce que, sur un échantillon 
de ce genre, l'on ne peut nullement se faire une idée du corps que l'on décrit; 2.° 
parce que la même tige, piûse dans les différentes portions de sa longueur, offre des 
segments tellement différents les uns des autres, que, si on les trouve séparés, il est 
à peu près impossible de les rapporter à une même espèce, et qu'ainsi on multiplie 
le nombre des mauvaises espèces, qui est déjà beaucoup trop considérable. 

4. Crinosoma antiqua, pi. 25, fig. 4. 

Ce corps est tellement différent de tous les crinoïdes connus , que , malgré le mau- 
vais état de conservation de l'échantillon, j'ai cru qu'il était nécessaire d'en former 
un genre distinct. 

Localité : de la rivière de Genesée, dans l'Etat de New -York. 



51 

2. Cariocrinites omatus, pi. 25, fig. 2. 

Say, P/ttZ. j'ourn. acad. of sciences. 
Localité: Lockport, New -York. ' 

5. Pent remites florealis , pi. 25, fig. 5. 

Say, Philad. acad. of. nat. se. 

Goldf., Petref., pi. 50, fig. 2. — Scliloth., Fer^., 5. 359. — Asterial 
fossil, Park., Org. rem., t. 2, p. 235; pi. 15, fig. 36, 37. 
Localités : Rentucky; Alabama. 

4. Encrinites, pi. 25, fig. 4, très-voisine de la Pentacrinites subangularis, de 

Miller. — Goldf. , pi. 52 , fig. 2 , d. Lac des Sénécas , État de New-York. 

5. Encrinites , pi. 25, fig. 5; lac des Sénécas. 

6. Encrinites, pi. 25, fig. 6 (Cjathocrinites) ; lac des Sénécas. 

7. Encrinites, pi.' 25, fig. 3 (Pentacrinites); lac des Sénécas. 

8. Encrinites, pi. 25, fig. 8; lac Huron. 

9. Encrinites, pi. 25, fig. 9; lac Hnron. 

10. Encrinites, pi. 25, fig. 10; lac Huron. 

11. Encrinites, pi. 25, fig. 11 (Apioc?inites); Sclioharie, New -York. 

12. Apiocrinites rosaceus , pi. 25, fig. 12. — Schloth., Nachtr., 2, p. 90, pi. 23, 

fig. 4. — Rnorr, pi. 26, fig. 12 — 6. — Schmid, \ , c, pi. 6, fig. 1 — 3. 
— Goldf. , pi. \ 6 , fig. 5 ; lac des Sénécas. 

1 3. Encrinites , pi. 26 , fig. 1 ; Chenny -Valley, Etat de New- York. 

14. Encrinites, pi. 26, fig. 2; lac Huron. 

15. Encrinites, pi. 26, fig. 5 (Apiociinites?); de Sclioharie. 

16. Encrinites, pi. 26, fig. 4. — Nous croyons que l'on doit placer dans cette 
classe les corps que nous figurons ici , et que les naturalistes américains rapportent 
au règne végétal sous le nom de Fucoïdes. 

Objets de classe inconnue. 

\ . Pioche de couleur obscure et presque noire du calcaire bitumineux de la rivière 
des Ottowas (haut Canada), contenant des débris de couleur rouge, qui doivent 
peut-être être rapportés aux encrinites; cependant leur forme bizarre ne m'a pas 
autorisé à le faire. PI. 27, fig. 1. 

2. Roche de calcaire obscure du lac Huron, contenant un corps en forme de 
pince, formé de deux parties qui, chacune, a la forme d'une dentale; elles sont 
opposées l'une à l'autre, et semblent avoir été jointes par une articulation ou char- 

1 Le Cariocrinites omatus est extrêmement voisin de XHemicosmiles ppiformis (von Buch), et l'un 
de ces deux genres doit être supprimé. 

Ed. de Verneuil. 



52 

nière : leur surface est légèrement granuleuse. Le même échantillon contient beau- 
coup de débris de YOrthis plana, Pander, et de polypiers voisins des Flustres, 
etc. — PI. 27, fig. 2. 

3. Corps allongé, presque conique, légèrement arqué, arrondi à l'extrémité. 
Ce corps a l'aspect d'une dent. PI. 27, fig. 5. 

Localité : Trenton, New -York. 

4. Calcaire magnésien de la baie Verte , contenant un débris en forme de cône , 
qui se termine en pointe très-acérée; la portion brisée laisse une empreinte qui me 
fait supposer que ce corps a appartenu à la classe des poissons. PI. 27, fig. 4. 

5. Corps allongé, presque conique, arqué, terminé par une pointe aiguë; la sur- 
face est lisse, couverte de petites lignes longitudinales interrompues : il offre, vers 
le bord antérieur, une petite carène denticulée, de chaque côté de laquelle l'on voit 
une rangée de tubercules. Ce corps a la forme d'une dentale, mais je crois qu'il 
appartient à la classe des poissons. 

Localité : lac des Bois, dans un bloc calcaire erratique, qui contient aussi la 
Terebratula prisca et notre Orthis alternons. PI. 27, fig. 5. 

6. Corps singulier, ayant la forme d'une feuille allongée, mince, presque arrondie, 
un peu anguleux à l'extrémité. Elle présente de nombreuses nervures longitudinales. 

Dans le calcaire magnésien de la baie Verte, accompagné de notre Terebratula 
borealis. Je ne doute pas que ce ne soit un débris végétal. PI. 27, fig. 6. 

7. Très-grands corps de quatorze centimètres et plus de long, dans le calcaire 
magnésien de la baie Verte et dans celui de la baie des Esturgeons (Ouisconsin). 
Ils ont la forme de carènes élevées, généralement au nombre de trois, dont celui 
du milieu est le plus grand et le plus élevé; leur saillie au-dessus de la roche est 
d'environ un centimètre. Je crois que les naturalistes américains regarderaient ces 
corps comme l'empreinte, ou plutôt, probablement, la contre-empreinte de pas d'oi- 
seaux : ils pourraient, au plus, en être des moules. Les corps de ce genre, trouvés 
jusqu'ici, appartenaient, je crois, au grès rouge. 

Il m'est impossible de leur assigner une place quelconque : ils appartenaient peut- 
être à la classe des Zoophytes. PI. 27, fig. 7. 

8. Corps singulier, ou plutôt peut-être empreinte d'un corps dans le calcaire des 
bords du lac Huron : c'est peut-être un crinoïde. PL 4 6, fig. 6. 

Nota. Dans quelques endroits, près de Schoharie, l'on trouve, à la surface des couches siluriennes, 
mais quelquefois aussi alternant avec elles, une sorte de brèche à apparence très-moderne et remplie 
de grandes feuilles de végétaux : je pense que cette formation doit être rapportée à l'époque tertiaire. 



53 



TABLE 

DES FOSSILES DÉCRITS DANS CE MÉMOIRE. 



$■ . GENRES ET ESPECES. Planch. 

d ord. 

CRUSTACEA. 

1. Asaphus micrurus , Grcen . . . 

2. A. Umulurus , Green 4 

3. A. Gordien , Casteln 4 

4. A. caudatus, Brongn 

5. A. Edtvardiis, Casteln 

6. A. Murchisoni , idem 4 

î. Homalonolus giganteus, Casteln. 3 

2. H. Herculaneus, idem .... 4 

3. H. Atlas, idem 4 

Arctinurus , Castelnau .... 

1. Arctinurus Boltoni , Bigsby. . . 3 



OBSERVATIONS. 



1. Caly mena Bufo, Green. 



Odontocephalus , Conrad . . . 

Acantholoma , idem 

Aspidolites, idem ...... 

Dicramjrus, idem 

CEPHALOPODA. 

1. Orthoceras Hercules, Casteln. . 

2. O. conicum, idem 10 

3. O. filiformis, idem 10 

1. Cyrloceras Marhœi, idem. . . 9 

1. Aclinoceras Ricliardsoni? Stokes 7 

Idem. . . . • 

2. A. Blainvillei, Casteln S 

Idem 8 

3. A. Cordieri, Casteln 5 

4. A. Beudanli, idem 6 

5. A. Beaumonli, idem 6 

6. A. LyoniiP Stokes 9 

7. A. Dufresnoyi, Casteln. ... 8 

8. A.P Deshayesii 8 

1. Huronia obliqua, Casteln.. . . 9 

2. H. Stokesii 9 

Sideuina, Castelnau 

1. Sidemina infundibulif., Caslcln. 10 

Neumenia, Castelnau 10 

1. IV. incognila, Casteln 10 



18 
18 
18 
19 
19 
19 
20 

20 
20 
21 
21 



ïrenton. 
Lockport. 
Ibidem. 
Trenton. 

Ibidem. 

Ibidem. 

Lockport. 

Ibidem. 

Ibidem. 

Lockport. 



Probablement difTerente de YH. gigas, Ri}' 
mer, Versl. des Harz.,\%i3, pi. 11, fis. 10. 



Genre nouveau. 

= Paradoxidcs Boltoni ( Bigsby ) ; afjînis 
Nutlainia Hibernica , Portlock, 1843, Report 
on Londonderry, pi. 4, fig. 1. 



2 1,2,3,4 21 Ca-CaponprèsduPo- 



3 

2 

3 

let2 



23 
23 
24 
24 

29 
29 

30 
30 
30 



8 2a, b 30 



31 
31 
31 
31 

32 
32 
32 
32 
32 
33 
33 
33 
33 
33 



tomac en Virginie. 



Clarkeville. 



Ile Drummond. 
Ibidem. 

Ibidem. 
Montmorency falls. 
Ile Manitouline (lac 

Huron). 
Ibidem. 
Ibidem. 
Ibidem. 
Ibidem. 

Ile Drummond. 
Ibidem. 
Lac des Bois, 
lie Drummond. 
Baie Verte. 
Ile Dummond. 
Schoharie. 

Ile Manitouline. 

Montmorency falls. 



On propose de substituer à ce nom déjà 
employé , celui ti'O. Castelnaui. 



Artln. A. Blainvillei. 



Genre nouveau. 



Genre nouveau. 



54 



^•"j. GENRES ET ESPÈCES. Planch. 

1. Tentaculit. irregularis , Castel. 10 

2. T. regularis , idem 10 

1. Goniatiles canadensis, idem . 11 

HETEROPODÂ. 
1. Bellerophon slriatus? Férussac. 11 

GASTEROPODA. 

Evomphalus, Sow. ( Macluria, Les.') 

1. Evomphalus Verneuili, Casteln. 11 

2. E.P minutissimus , idem ... 11 
1. Trochus huroniensis , idem . . 

1. Turrilella schohariensis , idem. 11 

1. Pileopsis naticoides, idem . . 11 

2. P. rolundata, idem 11 

3. P. spiralis, idem 11 

4. P. conoides, idem 11 

BRACHIOPODA. 

1 . Orthis schohariensis, Casteln. . 1 4 

2. 0. Michelini? Léveillé. . . . 

3. 0. flabellulum , Murch. . . . 

4. O. PanderiP • 

5. O. huroniensis, Casteln.. . .14 

6. O. Conradi, idem 1S 

7. O. unguiformis, idem. ... 15 

8. O. plana, Pander 14 

9. O. incurvata, Sheppard . . . 

10. O. allernans, Casteln 14 

1. Pentamerus Deshayesii, idem . 15 

2. P. Beaumonli, idem .... 13 

1. Atrypa? nustella, idem ... 14 

2. Â. galeata, Daim 14 

1. Produclus? sulcatus, Casteln. 13 

2. P. antiqualus, Sow 

1. Leptœna vicina, Casteln.- . .14 

1 . Terebratula Valenciennei , idem. 1 3 

2. T. mesogona, Phil 13 

3. T. SlricMandii , Murch. . . . 

4. T. imbricala, idem 

5. T. prisea, Schl 13 

6. T. borealis, Casteln 14 

7. T. acuminalissima , idem. . .14 

1 . Spirifer inœquivahis, Casteln. . 1 4 

2. Spirifer Murchisoni, Casteln. . 12 

3. S. huroniensis , idem .... 12 

4. S. Troostii, idem 12 



Fig. 


Pas- 


Localités. 


5 


34 


Trenton. 


6 


34 


Ibidem. 


7 


34 


Montmorency falls. 



OBSERVATIONS. 



Errata sur la planche, au lieu de Gonialis, 
lisez Goniatiles. 



34 Lac Érïé. 



\a,b 


34 


Lac Huron. 


Aflin. E. Goldfussi (d'Arch. et de Vern.). 


9 


35 


Trenton. 






35 


Riv.Ottowas(H.'Can.) 


i Voisine du Trochus helicites, Murch. 


8 


35 


Schoharie. 




3 


35 


Ibidem. 




4 


36 


Ibidem. 




5 


36 


Ibidem. 




6 


36 


Ibidem. 




5 


36 


Scboharie. 


Strophomena de Raflnesque. 




36 


Ibidem. 






37 


S' Régis (r. S' Laurent) 






37 


New -York. 




6 


37 


Lac Huron. 


Probablement identiqueavec la Strophomena 
allernalal.Emmons , Geol. ot IV '.-York ,1842). 


4 


37 


Schoharie. 




3 


37 


Ibidem. 




1 


38 


Lac Huron. 


Errata sur la planche, au lieu de parra, 
lisez plana. 




38 


Baie Verte. 


( Producta id . ) 


2 


38 


Lac des Bois. 




1,2 


38 


Schoharie. 




9 


38 


Lac Erié. 


Aîfin. P. oblongus , Murch. 


3 


39 


Schoharie. 


Errata sur la planche, au lieu Vorthis , lisez 
alrypa. 


4 


39 


État de New-York. 


C'est un véritable pentamère. 


7 


39 


Schoharie. 


Pour éviter un double emploi du même nom , 
on propose d'appeler cette espèce P. sulcifer. 




39 


Lac Huron. 




9 


39 


Comté d'Ontario. 


Atfin. L. sarcinulata, Schl. 


6 


39 


Schoharie. 




3 


40 


Québec. 






40 


Catskill, 






40 


Lac Huron. 




8 


40 


Schoharie. 




14 

17 


40 
40 


Grande baie Verte. 
Hudson(É.deNew-Y. 


Cette espèce étant différente de la T. borea- 
lis , Schl., on propose de l'appeler T. turpis. 

) 


8 


40 


Ile Drummond. 




let2 41 
6 41 


Schoharie. 
Lac Huron. 


Espèce très-distincte du S. Murchisonianut 
de Kon. (Précis élém.de géol. d'Omalius tl'Hal- 
loy, 1843, p. 523). 


5 


41 


Kentucky. 





55 



dVd. GENRES ET ESPECES. Plancu. Fig. Pag. 

5. S. costalis, Gasteln t'4 7 41 

6. 5. macropleurus , ideni. ... 13 5 41 

7. S. Fucheri, idem 13 4 42 

8. 5. «fatas, idem 12 4 42 

9. S. mullicoslalus,idem. ... 12 3 42 

10. S. Sheppardi, idem 14 15 42 

11. S. Sowerbyi , idem 13 1 

CONCHYFERA. 

1. Cardium ? nauliloides, Casteln. 15 5,6 

1. Mobile, Dekay 14 16 

1. Jmphidesma Delafieldii, Cast. 14 10 

1. Perna chaclas, idem 14 12 

1. Venus Mohegan, idem ... 14 11 

POLYPARIA. 

1. Columnaria sulcata, Goldf. . . 

2. C. Troostii, Casteln 19 2 

3. C. multirudiata , idem. ... 19 1 

4. C. mamillaris, idem .... 19 3 

5. C. alveolata, Goldf. 

1. Catenipora labyrinlhica, Goldf. 17 2 



2. C. escharoides, Lam 17 

3. C. Michelini, Casteln 17 

1. Syringopora verlicillata, Goldf. 

1. Âslrœa mamillaris, Fischer. . 24 
1. Strombodes penlagonus , Goldf. 

1. Calamopora favosa, idem . . 

2. C. minutissima, Casteln.. . . 19 

3. C. minuta, idem 

4. C. radians, idem 18 

5. C. cellulala, idem 

6. C. basallica, Goldf. 18 

7. C. polymorpha, idem. . ■ ■ 

8. C. gothlandica, Lam 

9. C. injlata, de Koninck. . . . 

10. C. Goldf ussii, Casteln. . . . 

11. C. fibrosa, Goldf. 19 

12. C. Vemeuili, Casteln 23 

1. Cyatopbyllum hexagonum, Gf. 

2. C. Goliath, Casteln 20 

3. C. atlas, idem 20 

4. C. Goldfussii 21 

5. C. plicatumP Goldf. .... 

6. C. cer alites, idem 



Schoharie. 

Ibidem. 
Kentucky. 

Schoharie. 



OBSERVATIONS. 



Très-différent du S.FiiClierianus ,deKon. , 
1843(Descr. (les foss. ileBelg., pl.14, lis. 3). 

Pour ne pas confondre cette espèce avec 
Valalus , Sclil., on propose de l'appeler A', 
alœformis. 



Ibidem. 

Nashville; grande baie identique avec le s. lynx, Eicun. 
Verte ; N. de la Russie. 



43 Pensylvanie. 



Pour ne pas confondre cette espèce avec le 
S. Sowerbyi, Fischer, on propose de l'appeler 
S. Lyelli. 



43 Lac de Sénécas. 

43 Catskill. Pleurorynchus déformé. 

44 T. tert. du Potomac? 
44 Ibidem. 
44 Ibidem. 



44 New -York. 

44 Kentucky. 

44 Ile Drumraond. 

45 Bords du lac Huron. 
45 Drummond. 
45 Drummond, et bords 

du lac supérieur. 

45 Lac Huron. 

45 Ile Drummond. 

45 Drumm.,îledu Castor. 

45 Rives de l'Ohio. 

45 Lac Huron. 

46 Iles Manitoulines. 
46 Ile Drummond. 

46 Id. , bords du lac Eric. 

46 Buffalo. 

46 Lac Huron. 

46 Bords du lac Erié. 

46 Baie Verte. 

46 Buffalo. 

47 Baie Verte. 

47 Lac Huron, baie Verte. 

47 Trenlon. 

47 Québec (Canada). 

47 Lac Huron. 

47 Ile Drummond. 

47 Ile Drummond. 

47 Buffalo. 

48 IleMakinau(I.Huron). 
48 Ile Drummond. 



AlTm. C. inflata. 

= Favos. petropolitanum , 



dffln. Caninia giganlea, Midi. 



«Tord. 



9. 
10. 
11. 
12. 
13. 
14. 
1S. 
16. 
17. 
18. 

1. 

1. 
1. 
2, 
3, 
1, 



GENRES ET ESPECES. Planco. 

C. Ammonis, Casteln 21 

C. vicinum, idem 22 

C. conicum, idem 21 

C. plicatulum, idem .... 22 

C. dilalalum, idem 21 

C. slriatulum, idem 22 

C. Michelini, idem 22 

C. arborescens , idem .... 22 
C. d'Orbignyi, idem .... 22 

C, Rollinii, idem 22 

C. distinction, , idem 22 

C. agglomeralum , idem. . .21 
Lithodendron irregulare , Phill. 23 

Axinura, Castelnau 

Axhium canadensis , idem . . 24 
Gorgonia ripisteria, Goldf. . . 24 
G. anlicorum, Casteln. ... 24 

G. silariana, idem 

Eschara scapellum, Murch. . . 

CR1N0IDEA. 
Crisonoma, Castelnau .... 
Crisonoma anliqua, Casteln. . 25 
Cariocriniles ornalus, Say ., . 25 

Pentremites Jlorealis , idem. . 25 

Encrinites 25 

Apiocriniles rosaceus , Schl. . 25 

Encrinites 26 

INCERTJÏ SEDIS. 
Corps inconnus 27 



Fig. 
1 

6 
4 
4 
3 
1 
3 
2 
7 
5 
8 
5 
1 

4 
3 
1 



5t) 

Pag. Localités. 

48 État de New-York. 
48 Ibidem. 
48 Bords de l'Ohio. 
48 Ile Drummond. 
48 Lac Huron. 

Lacs Huron et Erié. 

Ile Drummond. 

Lac Huron. 

Batavia (É. deNew-Y.) 

Ile Drummond. 

Iles Manitoulines. 

Ibidem. 

Lac Huron. 

Lac Sainte-Claire. 

Schoharie. 

Lac Huron. 

Ibidem. 

Iles Manitoulines. 



OBSERVATIONS. 
riffin. Turbinotia /Ungites , Phill. 



48 
48 
49 
49 
49 
49 
49 
49 
49 
49 
50 
50 
50 
50 

50 

1 50 Genesée(É. deNew-Y.) 

2 51 Lockport. 

3 51 Kentucky; Alabama. 
4-11 L.Huronjl.d.Sénécas. 
12 51 Lac des Sénécas. 

1-4 51 New-York; lac Huron. 

1-7 52 Trenton;!. Huron, etc. 



Atfin. C. plicatum. 



Genre nouvean. 



Genre i 



Voisin de Y Hemicosmiles pj-riformîs , von 
Buch. 



RECAPITULATION DES GENRES ET ESPECES DECRITS DANS CE MEMOIRE. 

CLASSES ET ORDRES. 

Crustacea 

Cephaiopoda 

Heteropoda 

Gasteropoda 

Brachiopoda 

CoNCHYFERA • 

POLYPARIA 12 

Crinoidea 

Corps inconnus 



enres. 


Total des espèces. 


8 


11 


8 


19 


1 


1 


4 


8 


7 


35 


4 


5 


12 


47 


4 


4 


= 


8 



Totaux. 



138 



FIN. 




I