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Full text of "Etude générale du groupe des Euphorbiacées"

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ETUDE GENERALE 



DU GROUPE 



DES 



EUPHORBIACÉES 



M. H. BAILLON 

Docteur es sciences. Docteur en médecine 

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris 

et au Lycée Napoléon 



Recherche des types. — Organographîe . 

Organogénie. — Dîstribatlon géographique. — Afliaités. 

ClassîGcatîon. — Description des genres. 



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PARIS 

LIBRAIRIE DE VICTOR MASSON 

PLACE DE l'ÉC0LE-DE-MÉDEC1NE 

1858 



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ETUDE GENERALE 



DU GROUPE 



EUPHORBIACÉES 



Pari-, — Iiiiprimcrie de L. Martjset. rue Mignon, 2. 



ÉTUDE GÉNÉRALE 

DU GROUPE 



DES 



EllPHORBIACÉES 



PAU 



M. H. BAILLON 

ï » ^ 

Docteur es sciences, Docteur en médecine 

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Parii 

et au Lycée Napoléon 



Recherche des types. — Organographlo . 

Organogénie. — Distribiilion géographique. — Affinités. 

Classification. — Description «les genres. 









UWRARY 








NEW YORK 

BOTANfCAL 

QAROBN. 


PARIS 








RAIRIE DE VICTOR 


MASSON 


PLACE DE l'ÉCOLE-DE- 


-MÉDECINE 





1858 



« Si j'ai contredit ((uelques opinions rci;ues ; si ce que 
" je croyais, je l'ai plusieurs fois annoncé comme étant 
)) la vérité même, je n'ai adopte ces formes dogmatiques 
)i que comme plus claires et plus concises. Employées 
)' pour tout autre but, je sens combien elles seraient i^ARY 
j) déplacées dans la bouche d'un jeune homme qui NBW YORK 
» soumet ses premiers essais à ses mailrcs. « BOTANTC '', 

(Ad. DE JussiEU, Cons. sur ;es Êup/i., 1824.) OARDt^^ 



J'entreprends l'étude du groupe considérable des Euphorbiacées. Ce 
qui, outre les conseils d'un maître ainié, m'a déterminé à tenter cette 
œuvre, c'est que le sujet jusqu'ici a été fécond en controverses. 
C'est surtout, en y regardant de près, qu'il ne s'agit pas simplement ici 
d'un certain nombre de plantes à décrire, à classer, à ranger par caté- 
gories. Leur étude soulève à chaque pas des questions qui intéressent 
\^ tous les points capitaux de la science. Aussi le cercle en est tellement 
i vaste, que je ne dois d'abord y jeter qu'un coup d'oeil d'ensemble. 
L'examen des genres, leur analyse, leur discussion, les caractères exté- 
^ rieurs des organes, leur mode de développement, voilà ce qui m'occupera 
■ tout d'abord. L'étude pleine de particularités des tissus, celle des pro- 
^ priétés, la monographie détaillée des espèces, seront ici laissées, autant 
que possible, de côté pour le moment, et remises à un prochain travail. 
^ Plus tard j'entrerai dans l'examen de tous ces détails, et je tâcherai de 
"^ pénétrer jusqu'aux moindres localités du pays que j'explore, 

"' L'illustre Adrien de Jussieu, en entreprenant le premier travail qui ait 

1 



2 

fait connaître ces mêmes plantes, s'est compai'é à un voyageur décrivant 
une contrée déjà visitée. Comme lui, « je trouve dans le nombre de ceux 
» qui m"ont précédé et beaucoup de secours, et aussi quelques désavan- 
» tages » . Ces secours qui viennent de nos maîtres ont été acceptés avec 
le plus reconnaissant empressement, et j'ai tâché d'éviter les désavan- 
tages de la tâche, par les soins minutieux de l'obseiTatiou, toute Texacti- 
tude possible dans Fanalyse et un désir ardent de la précision. 

Pour venir à bout d'un travail de cette nature, j'avais besoin de con- 
sulter sans cesse des collections considérables. J'ai disséqué une à une 
toutes les espèces que contiennent ces collections. Celles du Muséum de 
Paris et de M. Delessert m'ont été ouvertes avec une hbéralité sans 
bornes. Aussi ne puis-je assez eu remercier ici les savants aimables qui 
les dirigent et les conservent. 

Mars 1858. 



MONOGRAPHIE 



DES 



EUPHORBÏACÉES 



EXAMEN DES GENRES ET RECHERCHE DES TYPES. 

Lorsqu'on examine tontes les Euphorbiacées que nous possédons, on 
ne leur trouve à toutes qu'un caractère commun, qui est le suivant : 

Il n'y a clans chaque loge ovarienne qu'un ovule ou que deux ovules 
collatéraux, attachés à l'angle interne de cette loge, et jamais davantage, 
à aucune époque du développement. Ces ovules sont anatropes ou amphi- 
iropes ; leur raphé est tourné contre l'angle interne de la loge ovarienne 
et le micropyle regarde son sommet, ce qui fait que généralement il est 
dirigé en haut et en dehors et qi^e l'ovule est suspendu. 

Ces ovules deviennent une graine occupant une position correspondante 
dans le fruit. Cette graine a trois téguments : un extérieur, celluleux, 
ordinairement caduc, ainsi que le raphé proprement dit qu'il supporte ; 
un moyen , testacé, et un intérieur, membraneux. L'exostome, seule 
portion persistante de la priraine, devient souvent épais et caronculeux. 

Dans l'intérieur de ces trois enveloppes, il y a un embryon à radicule 
aupère, à cotylédons aplatis dirigés en bas. Cet embryon est entouré d'un 
albumen charnu, oléagineux. 

Outre les ovules et les graines qui leur succèdent, il y a dans chaque 
loge ovarienne un chapeau simple ou double, dit de tissu conducteur^ 
qui coiffe les ovules et se met en contact avec leur sommet. Lorsque 
l'ovule est devenu graine, ce corps ne subsiste qu'à l'étal rudimentaire. 



Il EUPHORBIACÉES LMOVULÉES. 

Il n'y a pas d'autres caractères constants cruiie manière absolue. Ce 
sont donc ceux qui appartiennent à l'ordre. Au contraire : 

l^Le péricarpe, dans sa nature, sa consistance, sa déhiscence, le 
nombre de ses parties, varie d'une plante à l'autre. 

'1° Le style est simple ou divisé; ses lobes stigmatiques sont ou super- 
posés aux loges ovariennes, ou alternes. 

3° Le nombre des étamines varie, de même leur direction, leur inser- 
tion , leur mode de déhisceuce, leurs rapports entre elles et avec les autres 
organes floraux. 

k" La corolle existe ou manque; ses pétales sont libres ou soudés; 
leur préfloraison, leur nombre, sont variables; ils sont égaux ou inégaux. 

5° Le calice présente les mêmes variations de nombre, de position par 
rapport à l'axe et à la bractée florale, de soudure ou dindépeudance, de 
préfloraison et de régularité. 

0° Le périantbe est double, ou simple, ou rudimentaire, ou nul. 

7° Le disque existe ou manque dans les fleurs des deux sexes ou d'un 
seul ; ses éléments sont unis entre eux ou indépendants. 

8" L'inflorescence est simple ou composée, ou mixte; tantôt définie, 
tantôt indéfinie. 

9° Les feuilles sont alternes ou opposées, sessiles ou pétiolées, accom- 
pagnées ou dépourvues de stipules, lisses ou velues, etc. 

Tous ces caractères sont donc variables et inconstants. Ce sont, par 
conséquent, ceux qui doivent nous servir à établir des coupes génériques 
et autres dans cet ordre. 



EUPHORBIACEES UNIOVULEES (i). 

SÉRIE A. 

l. Les EupHORBiA sont, selon Linné, des végétaux herbacés, charnus, 
ou ligneux, à fleurs ordinairement situées dans la dichotomie des divi- 
sions de la tige, qui ont un calice monophylle de forme variable, ren- 

(i; Il faudrait à la vigueur dire: â loges uniovulées. J'emploierai aussi quelquefois l'ex- 
pression do monosperincs, comme je dirai dispermcs pour biovulées, quoiqu'il n'y ait pas 
forcément deux graines, quand il y avait deux ovules dans chaque loge. 



KECHERCIIE DES TYPES. 5 

fermant un antlrocée polyandrc et un pistil trimère. Le calice est à cinq 
divisions plus ou moins profondes, dont une postérieure, deux latérales, 
et deux, antérieures; elles sont disposées dans le bouton en préfloraisou 
quinconciale ; le sépale 2 est le postérieur, les sépales 1 et n sont anté- 
rieurs. Dans l'intervalle de ces divisions du calice, il y a cinq glandes 
alternes avec elles, de forme variable et pouvant manquer toutes, sauf 
une seule. L'androcée est composé de cinq faisceaux d'étamines super- 
posés aux divisions du calice; leurs filets, unis dans leur portion infé- 
rieure, sont libres supérieurement et articulés à un point variable de leur 
hauteur : leurs étamiues sont biloculaires, extrorses et s'ouvrent longitu— 
dinalement. Leur pistil se compose d'un ovaire à trois loges superposées 
aux sépales 1 , 2 et 3, surmontées d'un style à trois branches simples ou 
divisées. La fleur possède en outre deux disques: l'un constitué par cinq 
glandes ou par cinq faisceaux de glandes écailleuses alternes avec les 
faisceaux staminaux ; l'autre, non constant, accompagne la base de 
l'ovaire. 

IL Les Pedilanthus {Necker, 1790) sont des Euphorbes dont lepé- 
rianthe est irrégulier et présente une sorte d'éperon obtus ou de gibbosité 
du côté de l'axe. L'androcée est celui d'une Euphorbe, et le pistil est 
également formé d'un ovaire à trois loges dont deux postérieures et une 
antérieure, et d'un style à trois divisions. 

SÉRIE B. 

L Les RiciNUS (7'owrae/brt) (1) sont des Euphorbiacées diclines àéta- 
niines polyadelphes. Le calice a cinq divisions profondes qui deviennent 
valvaires à l'âge adulte, et quelquefois moins. Leur androcée est d'abord 
forméde faisceaux staminaux, dont cinq sont alternes avec les sépales, cinq 
superposés, cinq alternes, et ainsi de suite. Il y en a un nombre variable, 
et chaque faisceau est constitué par une colonne ramifiée en un certain 
nombre de branches ou filets portant chacun une étamine biloculaire 
extrorse à son extrémité. La fleur femelle a un calice comme celui de la 
fleur mâle et un ovaire à trois loges superposées aux sépales 1, 2 et 3. 
Donc on peut considérer le Ricin comme une Euphorbe dicline qui, au 

(1) Quand il s'agit d'un auleuv plus ancien que Tournefort ou Linné, auquel un de ceux-ci 
a emprunté le nom d'un génie, je ne cite cependant qu'eux, sans remonter plus haut. 



G EUPHORBI.VCÉHS UN'IOYULÉES. 

lieu de cinq faisceaux d'étamines. en a un nombre multiple de cinq, et se 
trouve dépourvue de disque dans les fleurs des deux sexes. 

II. Les Spathiostemox (Bliime, 1825) (1), arbustes de l'Inde, sont des 
Ricins dont le calice uiàle est trimère. La fleur fenielle est celle du Ricin, 
sinon que l'ovaire peut y être réduit à deux loges. Mais les fleurs des 
Spathiostemon sont disposées sur des épis ou des grappes distinctes, tandis 
que les fleurs des Ricins forment des cymes réunies sur un axe commun, 
dont les cymes femelles occupent le sommet. 

III. Les CoELODiscus sont des plantes arborescentes de l'Inde dont la 
fleur mâle est polyadelpbe, comme celle des Ricins. Mais il y a cette dif- 
férence entre un Ricin et un Cœlodisciis, que chez celui-ci les faisceaux 
staminaux, au lieu d'être réunis au centre de la fleur, sont rejetés vers la 
périphérie du réceptacle, dont le centre est occupé par un large disque 
circulaire et concave. La fleur femelle n'est pas connue. 

SÉRIE C. 

I. Les Jatrophx sont des plantes ligneuses, à feuilles alternes accom- 
pagnées de deux stipules, et dont l'inflorescence est disposée en cymes. 
Au centre de celles-ci sont les fleurs femelles, à la périphérie les mâles. 
Ces dernières ont un calice à cinq divisions dont la préfloraison est quin- 
conciale ; une corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du calice 
et disposés dans le bouton en préfloraisou tordue ou imbriquée. L'an- 
drocée est composé de dix étamines, dont cinq, plus petites, sont super- 
posées aux pétales et cinq aux divisions du calice. Les anthères sont 
biloculaires et deviennent toutes extrorses lors de l'anthèse ; elles sont 
unies en un faisceau central qu'entoure un disque de cinq glandes super- 
posées aux sépales. 

La fleur femelle a un périanthe et un disque semblables à ceux de la 
fleur mâle ; mais au centre se trouvent, au lieu de dix étamines fertiles, 
dix staminodes et un ovaire à trois loges superposés aux sépales 1, 2 
et 3. 

II. Les Philyr.v {Klolzsch, ISli'ï) sont des arbustes du Rrésil dont les 
fleurs sont de tous points semblables à cefle àesJalropha, mais disposées 

(1) La (laie accorapaguant un nom de genre n'est pas toujours celle de l'année où il a été 
nommé pour la première fois ; souvent je choisis de préférence celle de l'année où il a été plus 
complètement décrit, lorsque toutefois ce retard ne compromet point la question de priorité. 



RECHEUCHE DES TYPES. 1 

en épis et. en grappes composées. Seulement la tleur mâle est dépoiiivue 
de disque glanduleux et celui de la fleur femelle est souvent peu distinct. 

III. Les DiTAxis {Fahl, 1796) sont de petites plantes ordinairement 
ligneuses de l'Amérique tropicale, qui ont des fleurs disposées en cymes, 
soit axillaires, soit groupées en épis, et leurs fleurs sont construites 
absolument comme celle d'un Jatropha, sinon que la préfloraison de leur 
calice est valvaire à l'état adulte. 

lY. Les Caperonia {A . de Samt-Hilaire, 1824) ne diffèrent des Ditaxis 
que par un seul caractère, l'absence du disque dans les fleurs des deux 
sexes. Ils sont donc à peu près aux Ditaxis ce que les Philyra sont aux 
Jatropha. 

V. Un Cnidoscolus {PoIU, 1827) était autrefois un Jatropha dépourvu 
de calicule, c'est-à-dire dont le périanthe était simple. Comme ce pré- 
tendu calicule n'était antre chose qu'un calice, le verticille du périanthe 
qui manque aux Cnidoscolus est une corolle. Donc un Cnidoscolus est un 
Jatropha apétale. 

VI. Un MANmoT {Plumier, 1703) est un Jatropha apétale, comme un 
Cnidoscolus; mais tandis que, dans ce dernier genre, les filets des éta- 
mines sont supportés par une longue colonne centrale chargée elle-même 
le plus souvent à son sommet d'un pistil rudimentaire, les filets staminaux 
d'un Ma?îî7jof sont libres dans leur plus grande étendue, et ne sont unis que 
vers leur base par un corps central qui s'épanche entre ces filets, au milieu 
desquels il forme un disque surbaissé. Dans les Cnidoscolus, au contraire, 
le disque est en dehors de l'androcée, comme dans les Jatropha propre- 
ment dits. 

VIL Les MoNOTAxis {Jd. Brongniart, 1829) sont de petits sous-arbris- 
seaux originaires de la Nouvelle-Hollande, dont la fleur mâle est indiffé- 
remment construite sur le type k ou le type 5. Dans ce dernier cas, elle 
est très analogue à celle d'un Jatropha, car elle a cinq divisions au calice ; 
mais la préfloraison de celles-ci devient valvaire, comme dans les Ditaxis, 
ou leur imbrication est à peine indiquée. 11 y a cinq pétales d'une forme 
spéciale, cinq petites étamines au-dessus d'eux, et cinq, plus grandes 
d'abord, superposées aux divisions du calice. Il y a aussi un disque de 
cinq glandes superposées aux sépales. Mais la fleur femelle ne présente 
point de pétales dans l'intervalle des divisions du calice ; elle représente 
donc celle d'un Manihot, tandis que la fleur mâle répond à celle d'un 
Jatropha ou mieux d'un Ditaxis. 



8 EUPHORBIACÉES UMOVULÉCS. 

VIII. Les Sarcoclixium (/^f'^/^r/i;. 1850' sont de beaux arbres indiens 
dont les fleurs mâles sont en chatons et les fleurs femelles en grappes 
composées, ce qui les distingue des Jalropha. Sinon, les fleurs mâles sont 
tout à fait les mêmes, et il n'y a de différence que la direction des an- 
thères toutes introrses dans le Sarcoclinium. Je ne sais s'il ) a une corolle 
dans la fleur femelle. Dans le cas de la négative, ce serait un genre inter- 
médiaire aux Cnidoscohis et aux Jalropha ; dansle cas contraire, à ceux-ci 
et aux Philyra. 

IX. Les Bexnettlv [R. Broicn. 1828) sont des plantes indiennes à symé- 
trie florale semblable à celle des PhUyi-a, et, comme eux, à inflorescences 
disposées en épis ou en grappes composées ; mais il y a celte différence 
que la préfloraisou de la corolle y est valvaire, au lieu d'être imbriquée, 
(et même induplicative). Leur calice paraît aussi disposé en estivation 
valvaire, et, sous ce rapport, ils se rapprochent davantage des Caperonia, 
mais ceux-ci ont les pétales imbriqués. 

X. Les CuRCAS [Adanson, 1763) ont souvent les fleurs mâles décan- 
dres et, dans ce cas, ils se rapprochent extrêmement des Jalropha dont 
ils diffèrent seuleoient par ceci, qu'ils ont la corolle gamopétale, au lieu 
de l'avoir polypétale. Mais souvent deux de leurs dix étamines ne se 
développent pas, et ce sont les deux latérales du verticille intérieur. 
Ceci arrive surtout dans les espèces de la section Mozinna ; mais l'ab- 
sence des deux étamines latérales n'y étant pas constante, non plus que 
celle d'une des loges ovariennes , on ne peut séparer ces plantes des 
Curcas, et le caractère distinctif du genre ainsi obtenu est l'union des 
pièces de la corolle que les auteurs ont nommée campanulée ou ur- 
céolée. 

XI. Cette absence ou cet avortenient de deux étamines qui rend Tan- 
drocée intermédiaire entre la diplostémonie et l'isostémonie se retrouve 
ici dans quelques genres voisins. Dans les Anda {Pison, 16/i8), elle n'est 
pas plus constante que dans les Mozinna. et il en est de même pour le 
nombre des loges ovariennes, qui est le plus souvent de deux . Mais les A nda 
ont des feuilles composées et les Mozinna des feuilles simples. C'est le 
seul caractère, d'une valeur d'ailleurs minime, qui permette de laisser 
subsister ces deux genres. Remarquons aussi qu'un Anda qui a ses dix 
étamines et ses trois loges ovariennes devient un Jalropha à feuilles com- 
posées. 

XII. Les arbres du Japon auxquels on donne le nom d'ELJEOCoccA 



RECHERCHE DES TYPES. 9 

{Commerson, i^%) (i) sont, comme les Anda, des Jatropha à androcée 
d'ordinaire incomplet. 11 peut bien y avoir cinq étamines au verticille 
intérieur ; mais, le plus souvent, les deux latérales sont réduites à l'état de 
staminodes. Ce qui les distingue surtout àes Jatropha, c'est le petit nombre 
des divisions de leur calice (deux ou trois) et leur préfloraison qui n'est 
pointimbriquée. D'ailleurs, lafleur femelle peut avoir trois logesà l'ovaire, 
mais elle en présente aussi parfois quatre ou cinq. L'inflorescence est 
celle des Jatropha. 

XIII. Avec les mêmes étamines manquant dans l'androcée qui, de 
plus, peut en perdre trois, quatre et môme cinq au verticiUe intérieur, 
les Serophyton {Bentham, \%hh), petites plantes de l'Amérique du Nord, 
ont le calice définitivement valvaire des Ditaxis et des Caperonia, aux- 
quels elles ressemblent beaucoup par le port. Ce sont donc des Ditaxis 
à androcée incomplet, comme les Anda et les Elœococca sont souvent 
des Jatropha, moins quelques étamines du verticille intérieur. 

XIV. Les Crozophora [Necker., 1790) sont également des Ditaxis 
n'ayant le plus souvent que huit étamines au lieu de dix, et ce sont aussi 
les deux étamines latérales qui manquent, dans ce cas, au verticille supé- 
rieur; mais les cinq étamines de l'inférieur sont superposées aux divisions 
du calice, tandis qu'elles le sont aux pétales dans VAphora, et les trois 
étamines intérieures sont {Payer) superposées aux sépales 1, 2 et 3. 

XV. Les Choetocarpus {Thwaithes, 1854) sont des plantes indiennes 
qui, avec un port tout à fait différent, ont les fleurs mâles displostémo- 
nées et apétales des Amperea. Mais les filets staminaux monadelphes à leur 
base y sont accompagnés d'un disque glanduleux. Par la fleur mâle, ce 
sont donc des Monotaxis apétales, et la symétrie de la fleur femefle est 
exactement la même dans les deux genres, malgré les différences consi- 
dérables de forme qu'offre chacun des organes qui constituent les ver- 
ticilles floraux. 

XVI. Les SiPHONiA {Richard, 1785) sont des Cnidoscohis par leur 
périanthe, leurs étamines monadelphes, dont cinq sont superposées aux 
sépales et cinq alternes. Il y a également un disque glanduleux à la base 
de cet androcée, quoiqu'il ne soit pas très marqué. Mais la même incon- 
stance de nombre qui existe dans les Mozinna se reproduit ici ; deux des 



(1) Lorsqu'il s'agit de noms laissés d'abord mamisciiis , la date indiquée est celle de la 
premiÈre impression, fût-ce par un autre auteur. 



10 ELPHORBUCÉES TJXIOVCLÉES . 

étamiDes du verticille supérieur peuvent manquer, et même ce verticille 
tout entier, comme dans le 5. elastica. La fleur femelle a un pistil décril 
jusqu'ici comme nu à sabasC; mais garui en réalité en ce point de petites 
languettes hypogynes qui représentent ou uu disque ou un androcée 
rudimentaire. 

Dans toutes les modifications supposées dans la fleur des Jatropha pour 
constituer celle de tousles genres qui en ont dérivé jusqu'ici, la diploslé- 
monie n'a pas cessé d'exister, en ce sens qu'il y a toujours eu deux ver- 
ticilles d'étamines plus ou moins complets. Dans les genres qui suivent il 
n'y en a plus qu'un. 

\M\. Le TELOGrsE, plante indienne probablement arborescente . a 
donc une fleur de JairopJm : même calice, même corolle, même disque, 
même gynécée, même union des filets stamiuaux: mais il n"y a que cinq 
élamines superposées aux pétales : c'est un Jatropha isostémoné. 

XVill. Les Cluttu. (Aiton, 1789), sont aussi des Ja/ro/j/î« isostémonés, 
à calice quinconcial, à corolle imbriquée, à cinq étamines monadelphes 
supei'posées aux pétales : mais les anthères sont introrses, au lieu d'être 
exti''orses. comme dans les Telogyne. et, dans la fleur femelle, il y a deux 
disques au lieu d'un, Fun formé de cinq lames superposées aux sépales, 
l'autre de cinq languettes superposées aux pétales. 

XTX. Les PoGoxoPHORA iMiers. 185â constituent un genre américain 
ayant des fleui^s mâles dont le périanlhe et le disque sont ceux du genre 
précédent. Mais les cinq étamines, au lieu d'être superposées, comme dans 
les Cluylia. aux pétales, le sont aux divisions du calice. La symétrie delà 
fleur femeUe est la même, mais le disque des Pogonophora est simple. 

XX. Les ]>IiCRANT>BA (Bentham. 1854 : sont des Pogonophora apétales 
et dont les étamines sont, comme celles des Cluytia. alternes avec les 
sépales. Donc, parmi les gem'es isostémonés, le Pogonophora est au Mi- 
crandra ce que le Crosophora est à VApImra. 

XXI. Le genre indien ]\Iiscbodo>" {Thwailhes, 1854) a la fleur mâle 
du Pogonophora, avec autant d'étamines que de divisions calicinales et 
ces étamines supei'posées aux sépales ; mais elle est construite sur le 
type 6, et elle est apétale comme celle du Micrandra. La fleur femelle 
est également hexamère, et il ne paraît pas qu'il y ait de disque dans 
ce genre. 

XXn. Comme le Telogyne est un Jatropha isostémoné, le Chiropeta- 
LPM (Jdrieii de Jussieu, 1832} est un Ditaxis n'ayant plus que les cinq 



RECHERCHE DES TYPES. ii 

étamines superposées aux pétales. Mais ces pétales ont une forme parti- 
culière ; ils ont le limbe découpé en lobes aigus, ce qui distingue les 
fleurs mâles de celles du Cluytia, dont le diagramme est le même, sauf 
ce qui concerne la prétloraison du calice. De plus, la fleur femelle des 
Chiropetalum est apétale. 

XXIII. L'Argythamnia (P. Browne, 1756) est un Chiropetalum dont 
la fleur mâle est construite sur le type quaternaire, et dont la fleur femelle 
pentamère présente dans l'intervalle des sépales de petites languettes qui 
tiennent peut-être lieu de pétales. 

XXIV. Les Ryparia (5/wme, 1825) me paraissent être, car je ne les ai 
pu étudier qu'incomplètement, des iVceococca isostémones. Ils ont, en 
effet, moins de pièces au calice qu'à la corolle, et la fleur femelle, dont le 
périantbe est identique avec celui de la fleur mâle, d'après M. Blume, n'a 
que deux loges à l'ovaire. 

XXV. Les Trigonostemon [Blume, 1825) sont aussi, quant à l'an- 
drocée, des Elœococca, des Jnda, des Mozinna isostémones ; mais c'est 
au verticille intérieur d'étamines qu'est réduite leur fleur mâle. Avec cinq 
sépales, cinq pétales et cinq glandes, ils n'ont plus que trois étamines ; ce 
sont donc des Telogyneirmiàres. La fleur femelle est semblable dans les 
deux genres. 

XXVI. Les SiLViEA {Hooker et Arnott, 1841) sont aussi des Telogyne 
triandres, et ils se distinguent peu des Trigonostemon , sinon que leur 
fleur mâle est tantôt quinaire et tantôt quaternaire, et que leurs fleurs 
femelles, du moinssur les échantillons que nous possédons, sont dépour- 
vues de corolle. 

XXVII. LcsTritaxis sont des arbres indiens dont la fleur mâle est ceUe 
d'un Jatropha qui, au lieu de deux rangées d'étamines, en aurait trois. 
Le verticille inférieur est composé de cinq étamines plus courtes et plus 
extérieures qui sont superposées aux pétales ; le second vqrticille est com- 
posé de cinq étamines plus grandes superposées aux sépales; enfin le troi- 
sième verticille est composé seulement de trois étamines superposées à 
trois de celles qui composent le verticille inférieur. Donc la fleur d'un 
Tritaxisest celle d'un Jatropha, si l'on supprime lé verticifle supérieur 
de l'androcée, et elle devient celle d'un Crozophora octandre, si l'on en- 
lève au contraire les étamines du verticille intérieur. La fleur femelle, 
que je n'ai pu étudier complètement, semble, du moins par le gynécée, 
se rapprocher beaucoup de celle d'un Jatropha. 



12 EUPHORBIACÉES U>fIOVULÉES. 

XXVUI. Les RicixocAKPUS (Des fontaines, 1817) sont des Jalroplia 
australiens à androcée pléiostémoue. Calice . corolle , disque , fleur 
femelle, tout est semblable à ce qu'on observe dans les Jatropha, mais, 
au lieu d'un double verticille d'étamines, il y en a un nombre indéfini ; 
cinq superposées aux pétales, cinq alternes, cinq autres superposées, et 
ainsi de suite. 

XXIX. Les Baloghia [Endlicher, \!ioo; ne diffèrent presque pas des 
Ricinocarpus. Les fleurs mâle et femelle des deux geures sont tout à fait 
semblables en organisation. Le port très différent, les feuilles opposées 
très larges, stipulées, l'inflorescence en cymes, voilà les seuls caractères 
différentiels qu'on observe entre ces deux genres qu'on pourrait peut-être 
fondre en un seul. 

XXX. Les Aleurites Forster, 1786} sont très analogues aux Os'.odes 
et aux Elaieriospermum par leur androcée à étamiues en nombre indé- 
fini, par leur disque et leur corolle imbriquée ou contournée dans la 
préfloraison. Ce sont donc aussi, comme les Ricmocarpiis, des Jalropha 
polyandres ; mais le calice est, comme celui des Ostodes, divisé en un 
moins grand nombre de folioles que la corolle ; la préfloraison de celles-ci 
est valvaire, au lieu d'être imbriquée comme dans le genre précédent, et 
elles se séparent sous forme de panneaux inégaux et irréguliers. La fleur 
femefle, dont l'ovaire est ordinairement biloculaire, offre de plus un disque 
singulier s'élevant autour de l'ovaire, sous forme d'un sac complet qui 
l'entoure totalement et perforé seulement au sommet pour laisser passer 
le style. 

XXXL LesBERTTA [Planchon, 18Û5) sont dessous-arbrisseaux de la 
Nouvelle-Hollande qui ont la fleur mâle d'un Ricinocarpus. avec les éta- 
mines unies en une colonne centrale et en nombre indéfini, mais qui 
manquent et de corolle et de disque. A part les mêmes différences, la 
fleur femelle est aussi celle d'un Ricinocarpus. 

SÉRIE D. 

L Un Crotox est une plante ligneuse ou herbacée, à feuilles presque 
toujours alternes, dont l'inflorescence est portée par un axe principal 
chargé de bractées alternes. Chacune de ces bractées est occupée, dans la 
portion supérieure, par une fleur mâle accompagnée de deux bractéoles la- 
térales, fertiles ou stériles. A l'aisselle des bractées inférieures se trouve une 



p 



RECHERCHE DES TYPES. 13 

fleur femelle également accompagnée de deux bractées latérales plus sou- 
vent stériles, et enfin , entre les fleurs des deux sexes, on trouve souventuno 
ou quelques cymes mixtes, dontla fleur terminale est femelle et les latérales 
mâles Les. fleurs mâles ont nn calice à cinq divisions dont la préfloraison 
est valvairc ou légèrement imbriquée ; une corolle decinq pétales alternes 
avec les divisions du calice et disposés dans le bouton en préfloraison 
imbriquée; nn disque de cinq glandes superposées aux divisions du 
calice, et un androcée de dix étamines. Cinq de celles-ci sont plus petites 
et plus extérieures et se ti'ouvent superposées aux pétales; cinq autres 
plus grandes alternent avec les premières. Dans un grand nombre de 
fleurs, on rencontre, en outre, cinq autres étamines plus intérieures 
encore, et superposées aux cinq premières, ou ce dernier verticiUe est 
réduit à une, deux, trois, quatre pièces; dans quelques-unes enfin, il y a 
plus de quinze étamines, et, en dedans des trois verticiOes dont il vient 
d'être question, il y en a un quatrième complet ou incomplet: de sorte 
qu'un Crolon peut avoir ainsi jusqu'à 20-25 étamines dans certaines 
fleurs et n'en présenter que 10 (ou même moins) dans d'autres situées 
sur le même pied et dans une même inflorescence. Ces étamines ont leurs 
filets insérés sur un réceptacle convexe; leurs filets sont libres, et in- 
fléchis dans la préfloraison. Leurs anthères sont biloculaires et introrses; 
mais, par suite de l'inflexion du filet, leur face regarde en dehors dans 
le bouton. 

La fleur femelle a un calice à cinq divisions comme celui de la fleur 
mâle, et cinq pétales alternes avec ces divisions ; mais ces pétales sont 
seulement représentés par de petites languettes étroites et obtuses et 
peuvent même manquer. Un disque hypogyne à cinq lobes superposés 
aux sépales entoure le pied de l'ovaire, qui a trois loges superposées aux 
sépales 1, 2, et 3 et que surmonte un style à trois divisions découpées 
elles-mêmes en fines lanières stigmatifères au sommet de leur face in- 
terne. 

Il en résulte qu'un Crolon à fleur mâle décandre est diplostémoné 
comme un Jatropha, mais que les filets infléchis de ses étamines sont 
libres au lieu d'être monadelphes, et que la préfloraison de son calice 
devient valvaire à l'âge adulte. De même que nous avons fait dériver du 
Jatrophauu grand nombre de genres à étamines monadelphes, de même 
nous pouvons en tirer un certain nombre du genre Crolon, offrant comme 
lui des étamines à filets indépendants. 



14 EUPHORBLVCÉES UXIOYTJLÉES. 

n. Les Hendec-V5Dea [Eschollz, 1829) sont des Crolonde rAmérique 
équinoxiale construits sur let^-pe précédemment décrit, quant au calice, 
au disque et à Tandrocée ou au gynécée, mais qui sont dépourvus de 
pétales dans les fleurs des deux sexes. 

III. Les Brachtstachts [Klotzsch. 1843) sont des Croton américains 
herbacés qui ont aussi la symétrie des Croton quant au nombre et à la 
position des organes, mais chez lesquelslecahce de laflenr femelle devient 
irréguher, parce que l'un des pétales est beaucoup plus petit que les autres 
ou presque nul. 

J\. Les JuLOCROTox (Martius, 1823) présentent aussi cette inégalité 
des divisions du calice, mais d'une autre façon ; ce sont deux folioles 
postérieurement situées qui sont beaucoup plus petites que les autres. La 
foliole antérieure est. au contraire; très grande et les deux latérales sont 
intermédiaires pour le développement entre cette antérieure et les pos- 
térieures. Le périanthe n'est pas seul ainsi déformé; le disque devient 
inégal et se rejette sous forme d'un croissant du côté des plus grandes 
divisions du calice, tandis qu'il est nul ou à peu près de l'autre côté de 
la fleur. 

Y. Un Pu-txoPHVTUM [Klotzsclu 1841) est aussi un Croton américain à 
périanthe femelle irréguher, mais qui diffère essentiellement d'un J«/o- 
croton. parce qu'il n'a pas son disque hypogyne rejeté ainsi en dehors, et 
surtout parce que le nombre des divisions inégales du cahce, au lieu d'être 
de 5, varie de 7 à 12. 

'SI. Le Gyxasiblosis {Torrey, 1838) est une petite plante herbacée de 
l'Amérique septentrionale, dont le périanthe et le disque sont ceux d'un 
Croton, mais dont l'androcée est réduit à un seul verticille d'étamines 
superposées aux pétales, ce qui rend sa fleur isostéraonée ; et dont le 
gynécée n'a plus que deux loges au heu de trois. 

■Nil. Le Crotoxopsis {L.-C. Richard, 1790) est un Gynamblosis par sa 
fleur mâle, sauf le disque. Mais sa fleur femelle a le calice irrégulier des 
Brachysiachys, est dépourvue de corofle, et sou ovaire est réduit à une 
seule loge. 

"NTIl. L'Eremocarpus {Bentham. 184'j) est un Crotonopsis par sa fleur 
mâle, sauf la coroUe, et il en a l'ovaire uuiloculaire; mais son pistil est 
nu, au lieu d'être enveloppé, comme dans le genre précédent, par un 
périanthe irréguher. 

IX. Quel que soit le nombre, d'ailleurs si variable, des étaminesd'uu 



RECHERCHE DES TYPES. 15 

Croton. 011 en trouve d'abord cinq superposées à la corolle, cinq au calice, 
et ainsi de suite. J'ai cru d(!voir séparer de ce genre les plantes dans 
lesquelles cette symétrie de rapport est détruite, et où se trouvent, par 
exemple, deux étamines au lieu d'une dans un même verticille, en face 
de chaque sépale. Le nombre des étamines devient en môme temps in- 
défini et plus considérable que vingt dans ces Croton polyandres auxquels 
je donnerai le nom de Klotchiphytum. De plus, la fleur femelle, au lieu 
d'avoir de petits pétales rudimentaires, comme dans les vrais Croton, a 
une grande corolle membraneuse, imbriquée dans la préfloraison. 

X. Un CoDioEUM (Rumphius, ITZi'ija, comme un Croton, cinq sépales, 
cinq pétales qui sont fort petits, cinq glandes. Son androcée étant com- 
posé d'un nombre indéfini d'étamines, il se rapproche, sous ce rapport, 
des Klotchiphytum, mais il en diffère en ce que sa fleur femelle n'a pas 
de corolle et en ce que, dans ses fleurs mâles, les anthères extrorses sont 
supportées par des filels toujours dressés et non infléchis dans la préflo- 
raison. 

XI. Le Blachia a une fleur mâle qui est construite sur le type 5 ou le 
type II et dont le calice, la corolle et le disque sont, dans le premier cas, 
semblables à ceux des Codiœum. L' androcée est constitué par trois ver- 
ticilles alternants, de /i-5 étamines, et quelquefois même le nombre en 
devient plus considérable. Semblable, sous ce rapport, aux Croton et aux 
Klotchiphytum, ils en diffèrent en ce que ces étamines ont des filets tou- 
jours dressés et des anthères latéralement situées ; en même temps la 
préfloraison du calice demeure toujours imbriquée. La fleur femeUe a un 
grand calice imbriqué à 6, 5 ou 4 divisions, en dedans duquel se trouvent 
parfois quelques appendices alternes qui semblent représenter une corolle. 
Il y a un disque hypogyue circulaire autour d'un ovaire à quatre loges 
(ou à trois) alternes avec les sépales. L'inflorescence est d'ailleurs carac- 
téristique dans ce genre, car eUe se présente sous forme d'ombelle. 

XII. Le Synaspisma [Endlicher, 1833) est un Codiœum dont la fleur 
mâle est construite sur le type 3 ou 5. Le calice a 3 divisions, et en de- 
dans de celles-ci se trouvent trois petits pétales alternes et très courts, 
comme ceux du Codiœum. L'androcée, le pistil, le fruit, les graines et 
l'inflorescence, sont, ainsi que le port de la plante, semblables de tout 
point à ceux du Codiœum. 

XIII. Le Speranskia est une petite plante de la Chine, dont la fleur 
mâle a cinq pétales, cinq petits sépales alternes et cinq glandes^ avec 



16 EUPHORBUCÉES UMOVULÉES. 

10-15 étainineS; ou plus, à filets dressés, comme dausles6'o(/iœ»7?i, mais 
dont les authères sout iutrorses. La fleur femelle, qui m'est iucouuue, 
semble être à peu près celle duu Crolon. 

Xr\'. Les GivoTiA [Griffilh) sont des arbres indiens dont la fleur 
femelle nous est seule connue et semble se rapprocher beaucoup de celle 
d'un Crolon. Elle a d'ailleurs de grands pétales plus longs ([ue les cinq 
divisions imbriquées de son calice, qui sout imbriquées dans la préflo- 
raisou et qui entourent un ovaire triloculaire ceint d'un disque hypo- 
gyue annulaire. C'est donc là tout à fait une fleur de Klolchiphylum ou 
encore d'un Melanolepis :p. 17) pourvu de pétales. Si nous ne connais- 
sons point la fleur mâle de cette plante, nous sommes du moins assurés 
que, quand même elle la rapprocherait beaucoup des Crotonées que nous 
connaissons déjà, le Givolia s'en distinguerait toujours nettement par 
son fruit charnu uniloculaire qui devient une drupe monosperme. 

XV. Le SuMBAviA est une plante à fleurs mâles seules connues; leur 
calice a cinq divisions valvaires. et en dedans se trouA'ent cinq pétales 
alternes imbriqués. Il y a dans l'audrocée un très grand nombre d'éta- 
mines à filets dressés et à anthères iutrorses. Par là ce genre se distin- 
gue des Codiœum, en même temps que par sa préfloraison et l'absence 
de disque. 

XVI. Les OsTODES (Blwne, 1825) sont, comme les Codiœum, des arbres 
indiens. Ils ont une fleur mâle organisée de même, quant à Fandrocée, 
au disque, à la corolle. Mais le calice a moins de divisions en général que 
celle-ci -, on eu compte de deux à cinq. Ils sout donc aux Codiœum et 
aux Sumbavia ce que ÏAlcurites est aux Ricinocarpus . La fleur femelle 
diffère de celle du Codiœum par l'existence d'une corolle ; elle est donc 
la même que celle d'un Givotia. 

XMI. Le Ceratophoris {Sonder, 1850), arbre de l'Afrique australe 
que je n'ai pu étudier, semble, par la structure de son audrocée à éta- 
mines multiples et par celle de sou pistil à ovaire triloculaire, se rappro- 
cher des genres précédents. Mais il en diffère essentiellement en ce que 
le périanthe dans les fleurs des deux sexes est réduit au nombre deux : 
il n'y a que deux sépales corniculés et deux pétales alternes. On rencon- 
trerait donc ici; dans une Crotoîiée pléiostémonée, un périanthe construit 
sur le type 2, comme on en rencontre un construit sur le type o dans le 
Synaspisma. 

XMII. Chez le GARCik[Rorh, 1796}, arbuste de rAmériqueéquinoxiale, 



REClIliRCili; DiiS TYI'IiS. 17 

c'est par le nombre de ses pétales que se tlistiiigiic la corolle; ils sont 
très développés etformentdeiix rangées: il y on a de huit à dix. D'ailleurs 
le calice est celui d'un Aleuriks, par la manière*irrégulière dont il se 
sépare en deux parties généralement, et l'androcée est composé d'un 
grand nombre d'étamines. D'où l'on voit que le Garcia est un Codiœum 
à double corolle et à calice iVJlevriles. 

XIX. Les Baliospermum (i3/î<»?e, 1825), arbustes indiens, diffèrent de 
tous les genres précédents en ce qu'ils n'ont plus de coi'olle, môme dans 
la fleur mâle. Mais ils ont un disque comme les Croton, et un androcée 
dont les étamines en nombre indéfini ont les filets dressés dans la préflo- 
raison et s'insèrent sur un réceptacle convexe. Ce sont donc des Codiœum 
apétales, et leur femelle (st construite sur le môme plan que dans ces 
derniers. 

XX. Les SuREGADA [Roxburijh, 1798) sont aussi des Codiœum apétales, 
mais il n'y a point de disque autour de l'androcée comme dans les Balio- 
spermum. La surface convexe du réceptacle devient seulement un peu 
glanduleuse. Quant à la femelle, elle possède, au conti'aire, un disque 
hypogyne, et ressemble, par conséquent, tout à fait à celles du genre 
Baliospermum. L'ovaire peut ne contenir que deux loges, au lieu de trois. 

XXJ. Les Elateriospermum [Blume, 1825) sont de beaux arbres in- 
diens, à fleurs monoïques, disposées en cymes. Les fleurs mâles apétales 
ont un disque qui entoure les étamines au nombre de quinze, vingt ou 
plus. Mais quelquefois il peut n'y en avoir plus que dix. C'est donc un 
genre qui tend à revenir souvent à la diplostémonie. A ce titre il se rap- 
proche des véritables 6'ro/oH ; mais, en même temps, il l'eprésenle parmi 
ceux-ci, grâce à ses étamines libres, les 5i/9/ion{a à androcée monadelphe, 
dont il se rapproche par l'inflorescence, le périanthe et tous les carac- 
tères de la fleur femelle. Ce sont donc aussi des Siphonia à étamines 
indépendantes. 

XXIl. Les Melanolepis [Zollinger, 1856) sont des arbres indiens qui, 
par leurs organes de végétation, rappellent les Givotia et les Siimbavia 
dont ils ont l'androcée, mais non la corolle. La fleur femelle est à peu 
près semblable dans les deux genres , mais il n'y a pas non plus ici de 
pétales en dehors du disque hypogyne et l'ovaire n'a le plus souvent que 
deux loges. 

XXIIL Les BouTONiA {Boger, 1837) sont des Melanolepis par leur fleur 
mâle; mais le nombre de leurs sépales varie de trois à cinq. La fleur fe- 

2 



18 ElTHOREUCÉES t^MOVULÉES. 

melle a cinq ou six divisions a son calice et à l'ovaire deux ou trois loges; 
mais ce qui sépare nettement ces plantes de tous les genres précédents, 
c'est qu'il n'y a pas de disque hypogvne antour du pistil,, et désormais 
nous n'en trouverons guère plus dans les genres que comprend cette 
série, non plus que de corolle. Sous ce rapport, la fleur femelle est 
celle d'un Ricinus. genre avec lequel on a longtemps confondu les Bou- 
tonia. qui en diffèrent en ce qu'ils n'ont ni les étamiues polyadelphes, ni 
les filets ramifiés. 

XXn. Les ÂaD0T0N(5irarte, 1788), arbustes des Antilles, ont le même 
nombre de parties dans leurs fleure des deux sexes que les Boulonia. et la 
préfloraison de leur périanthe est aussi valvaire. Mais les nombreuses 
étamines qui constituent Fandrocée. disposées par verlicilles alternes, sont 
insérées sur un réceptacle allongé et conique qui devient glanduleux à 
sa surface, et forme ainsi comme une couche continue qui encadre lepied 
des étamines. Le style qui surmonte l'ovaire triloculaire est à trois divi- 
sions simples, au lieu d'êti'e ramifiées comme celles des Riciiis, et les 
fleurs sont disposées en grappes simples ou composées, suivant les sexes. 

XXY. Les Beteru Miquel. ISââiL arbustes de la Nouvelle -Hollande à 
rameaux visqueux, ont la fleur mâle âesJcidoton, sauf que le réceptacle 
en est plus surbaissé- Mais lesûeui-s femelles solitaires, ou réunies en petit 
nombre, sont portées par un gros pédoncule renflé en massue, et présen- 
tent un style tout à fait caractéristique. Au lieu d'être divisé en autant 
de branches qu'il y a de loges à l'ovaire, il prend la fonoie du chapeau 
d'un champignon, épais, charnu, et légèrement trigone. 

XXM. Les Cleidiox (Blume, 1825). arbres indiens, ont à peu près les 
organes de Tégétation d^ Boulonia et leur fleur mâle. Seulement leur 
calice est à trois divisions. Quant à leur fleur femeUe, supportée par un 
pédicelle semblable à celui des Beyeria. eUea le même nombre de sépales, 
ou seulement quatre, et un ovaire à deux loges qui sout superposées à deux 
des sépales les extérieurs, quand il y en a quatre). Le style est très 
allongé et divisé en deux gi-andes branches, subdivisées eUes-mèmes en 
deux longues lanières. C'est donc à la fois un Boulonia à ovaire bilocu- 
laire et un Alchornea (voy. p. 22) à androcée indéfini. 

XX^TÏ. Les Adhuma Gaudiehaud, 1826} ont la fleur mâle construite 
comme celle des .4c-u/o/oft et autres genres voisins. Leui-s étamines se dis- 
tinguent par un long prolongement du connectif surmontant les anthères. 
U fleur femelle type se distingue de toutes celles qui précèdent, en 



nECHERCIIK J)i;S TYPES. ^ 19 

ce qu'elle a six divisions imbriquées à son calice, lesquelles forment deux 
rangées alternes. L'ovaire a trois loges qui sont superposées aux divisions 
extérieures du périanthe. 

XXVIII. Les Redia {Casarello, 1842) sont des arluistcs du Brésil dont 
la fleur mâle, avec un calice à trois divisions, est polyandre comme celle 
des Acidoton, des Adriania, etc. Mais les étamines ont une disposition 
toute spéciale; elles se superposent de manière à former, comme cela 
arrive dans certaines Renonculacées, des séries parfaitement verticales. 
La fleur femelle a trois divisions au calice et un ovaire à trois loges 
superposées. 

XXÎX. Les Trewia {Willdemw, 1797) sont des arbres de l'Inde à 
fleurs polyandres, comme celles de tous les genres précédents, mais 
construites sur le type quaternaire. Ainsi le calice a quatre sépales, le 
pistil quatre loges ovariennes, et le style quatre branches stigmatiques. 
D'ailleurs la plante repasse quelquefois, dans tous ces organes, au type 3. 

XXX. Les Pycnocoma (BenUtam, iSl\9) sont des Treiuia africains où 
l'ovaire reprend constamment le type ternaire. L'androcée est également 
polyandre; mais le nombre des divisions du calice s'élève à 3 et 5 dans 
les fleurs mâles, à 5 et 6 dans les femelles. 

XXXI. Les Mabea {Aublet, 1775), arbustes sarmenteux de l'Amé- 
rique tropicale, ont un androcée à étamines indéfinies et à anthères 
extrorses, comme toutes les plantes précédentes. Le calice de la fleur 
mâle a cinq ou six divisions ; de même celui de la fleur femelle; dans ce 
dernier cas, les sépales de celle-ci sont disposés sur deux verticilles 
alternes. Le pistil est caractéristique par son ovaire pyriforme atténué en 
style cylindrique, ensuite divisé en trois longues branches stigmatiques 
enroulées. Il en est de même de l'inflorescence. 

XXXII. Chez les Conceveiba [Auhlet, 1775), l'androcée et la fleur 
mâle en général sont construits comme dans les Cleidion, les Pycno- 
coma, les Boutonia. Mais la fleur femelle se distingue immédiatement de 
cellesde tous ces genres polyandres par l'existerce, sur les côtés de chacun 
de ses sépales, de glandes semblables à celles que l'on trouve chez les 
Sapium . 

XXXIII. Les CoELEBOGYNE {Smilh, I8/1I) ont été jusqu'ici rapprochés 
des Sapium. Ils ont exactement le port d'une espèce de ce genre, le 
S. îlicifoUum ; mais ils n'en ont point l'inflorescence. Ils ont au bord de 
leurs sépales des glandes épaisses latérales, mais les Conceveiba. qui en sont 



20 ECPHORBLVCÉES UJflOVOLÉES. 

aussi pourvus, ne sout rapprocliés des Sapiinn par pcreonue. D'ailleurs 
lepérianthe des fleurs femelles a cicq ou six divisions, et dans ce dernier 
cas elles forment deux rangées, ce qui n'a lieu dans aucuue Sapiée. De 
plus, le calice de la fleur mâle des Sapium et de tous les genres voisins 
est imbriqué dans la préfloraison . ici il est, dit-on. valvaire. Il est tri- 
mère dans les Sapium ; ici ou lui attribue quatre divisions. Ce n'est pas 
tout : l'androcée des Cœlebogyne est diplostémoné, il peut avoir un plus 
ou moins grand nombre d'étaraiues, ce qui n'existe pas dans les Sapiées. 
Sans doute, la place que je leur donne ici est très contestable, mais elle 
vaut bien Tautre, qui n'est fondée que sur la forme d'une feuille et la 
présence d'une glande. 

XXXIV. Les Adelia [Linné) ont la fleur mâle d"uu Mabea ou d'un 
llolilera. De même la fleur femelle, mais avec celte différence que son 
ovaire est ceint d'un disque bypogyue circulaire. Sous ce rapport, ils se 
rapprocbeut des Mclanolepis. 

XXXV. Un AxE>TEi.DiA est une plante arborescente indienne qui a 
la fleur mâle d'un Jdelia, avec les anthères exirorses. Ce caractère le 
rapproche beaucoup des C7aoxi//oH, mais il n'en a pas le disque hypo- 
gjne dans la fleur femelle, et s'en distingue sous ce rapport, en même 
temps que de VÂdelia. Il sert d'intermédiaire à ce genre et aux Roulera, 
mais il n'a pas les anthères introrses de ceux-ci, ni l'inflorescence, ni les 
crânes delà végétation. 

XXX^l. Les RoTTLEfiA [Roxhurgh, 1798), plantes indiennes, ont la 
fleur mâle des Adelia. Mais elles n'ont pas de disque bypogyue dans la 
fleur femelle, et lem* ovaire est aussi souvent à deux loges qu'à trois. 

XXXMI. Les MAPPA(.t/.rfe JMiSï'eu, 1825) passent insensiblement aux 
Roulera, dont ils diflereut seulement par le nombre de leurs étamincs 
(3 à 10), et leurs anthères tétragoues, ainsi que par leur pistil constam- 
ment à deux loses. 

XXXYin. Les 3LLCAKANGA Dupclii-Thouars, 1806) sont des Mabea 
pour la fleur mâle; mais leur pistil est réduit à une seule loge ovarienne, 
l'antérieure. En même temps qu'ils représentent le type dégénéré des 
Roulera, et par conséquent des Crolon, ils servent de lien entre les 
Mappa et les Anthostémidées, par l'intermédiaire du Pachyslemon. 



RECHERCHE DES TYPES. 21 



SERIE E. 



Les Përa {Midis, 178/i) sont des arbres de l'Amérique tropicale à fleurs 
dioïiiues. La fleur mâle a un calice à "i-h divisions de taille très variable. 
Au contre est un androcée composé de 2 à 8 étamines alternes avec les 
divisions du calice, quand il y a isomérie des deux verticilles. Toutes ces 
étamines sont soudées inférieurement en une colonne centrale d'étendue 
variable, et les anthères en sont biloculaires et extrorses. 

La fleur femelle a un calice à 2-/i divisions et un ovaire à trois loges 
uniovulées. 

Donc, jusqu'à présent, les Pera sont des Jatrophées apétales, chez les- 
quelles il y a absence complète de disque dans les fleurs des deux sexes ; 
mais ce qui, en outre, les isole complètement de tontes les autres plantes 
à loges monospermes, c'est que les fleurs en sont renfermées dans de 
petits sacs globuleux, coriaces, formant in volucre. et s'ouvrant seulement 
d'un côté par une fente longitudinale. 

SÉRIE F. 

L Le Dysopsis est une petite plante du Chili qui rampe sur le sol et 
porte ses fleurs solitaires ou en cymes pauciflores à l'aisselle des feuilles. 
Sa fleur mâle a un calice à trois divisions profondes, dont une postérieure 
et deux antérieures ; leur préfloraison est valvaire. En dedans du calice 
se trouve un androcée de six étamines insérées au centre de la fleur et 
unies par la base de leurs filets. Trois de ces étanimes sont, dans le jeune 
âge, plus courtes c[ue les antres ; elles sont plus extérieures et alternes 
avec les divisions du calice ; les trois autres plus grandes leur sont super- 
posées. Les anthères sont biloculaires et s'ouvrent longitudinalement. 

Les fleurs femelles ont un calice à trois divisions qui enveloppe un 
ovaire à trois loges superposées aux divisions du cahce. 

IL Les MicRococcA {Benlham, 18/i9) sont des herbes africaines et in- 
diennes dont la fleur mâle est construite comme celle des Dysopsis. Mais 
le réceptacle est, de plus, chargé de petites écailles « souvent plumeuses » . 
La fleur femelle a aussi un ovaire triloculaire et un calice à trois divisions, 
mais il y a en outre trois écailles linéaires (Benth.) c[ui, nées du récep- 
tacle, s'appuient contre l'ovaire. 



■2'2 ECTHORBIACÉES IMOVILÉES. 

m. L'Eryturococca (Benlham, 1849 ., petit arbrisseau africain épi- 
neux, a une fleur mâle construite aussi comme celle du Dysopsis ; mais 
l'insertion de ses étamiues est accompagnée d'une double série de petits 
corps glanduleux. Tune extérieure à randrocée, l'autre interposée à ses 
deux verlicilles. La ileur femelle a (rois divisions calicinales. et l'oyaire 
n'a plus que deux loges. 

IV. Les Tetrokchidium Pœppig et Endlicher. 1845) sont des arbres 
de rAmérique du Sud dont les fleurs mâles sont aussi construites sur le 
t\"pe 3. Leur calice a trois sépales valvaires et leur androcée six étamines, 
comme celui du Dysopsis. Mais les étamines, au lieu d'être, les unes 
alternes, les autres superposées aux divisions du périauthe, leur sont su- 
perposées par paires et se soudent deux à deux : de sorte qu'elles sont 
placées sur une même rangée et triadelphes. La fleur femelle a trois 
sépales, trois loges alternes ; ou deux) et un disque formé de trois lan- 
guettes pélaloïdes superposées aux loges ovariennes. 

V. Les AcALTPHA [Linné sont des Dysopsis construits sur le type qua- 
ternaire, quant à leur fleur mâle. Ainsi les divisions du calice sont au 
nombre de quatre et leur pr-éfloraison est valvaire. Les étamines. insérées 
sur un réceptacle central, sont au nombre de huit, le plus souvent. Il y 
en a quatre plus extérieures et plus courtes qui répondent à l'intervalle 
des sépales, et quatre plus longues qui leur sont superposées. Les anthères 
extrorses ont deux loges vermiformes et contournées. La fleur femelle est 
celle d'un Dysopsis; trois sépales et trois loges ovariennes, mais ces loges, 
au lieu d'être superposées aux sépales, alternent avec eux. 

YI. Les Alchorxea Solander, 118S sont des plantes arborescentes, 
ayant aussi quatie divisions au calice de leur fleur mâle et un androcée 
de huit étamines, dont les rapports avec les sépales sont les mêmes que 
dans le genre précédent. Mais ces étanimes sont unies à la base, et ont 
des anthères ovales introrses. Quant à la fleur femelle, eUe a quatre ou 
cinq sépales et deux loges seulement à l'ovaire. En somme les Akhomea 
sont àesAcahjpha monadelphes. 

VJI. Un LEPmoTrRus [Bojer. 1837; est. quant à la fleur raàie, un 
Âkhornea. mais son ovaire est triloculaire et le nombre des divisions du 
calice varie de trois à cinq dans la fleur femelle. 

Yin. In St!pellar!a Benlham. 185i est aussi un .^Ichornea, quant 
à son androcée : mais le périauthe de la fleur mâle a de deux à quatre 
divisions: celui de la fleur femelle en a de cinqk huit, et le nombre des 



RECHERCHE DES TYPES. 2S 

loges de l'ovaire varie de deux à quatre. A part donc les différences que 
présenterait le périauthe mâle, si un Stipellaria avait l'ovaire triloculaire 
d'un Lepidohirus, il en différerait encore en ce que les divisions de son 
style seraient, comme chez les Alchornea, en môme nombre que celui 
des loges, tandis qu'elles sont doubles dans le Lepidoturus. Ce sont d'ail- 
leurs des genres très voisins l'un de l'autre 

IX. Les Lautembergia., arbustes de Madagascar à fleurs dioïques dis- 
posées en épis composés multiples, ont comme les genres précédents, avec 
quatre divisions calicinales, quatre petites étamines alternes et quatre 
grandes superposées; miais le nombre de sépales etd'étamines y devient 
fréquemment anormal. La fleur femelle a un calice valvaire à six divi- 
sions, et un ovaire triloculaire surmonté d'un style à trois branches bi- 
fides. Ce sont donc des ^ /c/iornea dont le périanthe femelle n'est point 
imbriqué dans la préfloraison, outre qu'il n'a pas le même nombre 
de parties; de plus, les anthères, introrses dans les Alchornea, sont ici 
extrorses. 

X. L'OrfileiV est un arbuste de Madagascar dont la fleur mâle, ayant 
quatre divisions au périanthe, a de 5 à 8 étamines à l'androcée. Mais, 
quand ces étamines sont au nombre de huit, quatre d'entre elles plus 
courtes sont alternes avec les sépales, et quatre plus longues superposées. 
La fleur devient donc alors celle d'un Laulembergia. 

La fleur femelle en diffère constamment par la présence de cinq petits 
appendices glanduleux ou pétaloïd es situés dans l'intervalle des cinq divi- 
sions de son calice. 

XL Un Platygyne {Mercier^ 1830), liane volubile des Antilles, a sou- 
vent les fleurs mâles construites sur le type h, et dans ce cas la symétrie 
en est la même que dans le genre précédent: mais, comme chez les Lau- 
^embergia, le nombre des étamines et des sépales varie souvent d'une 
fleur à l'autre. La fleur femelle a le plus souvent six sépales disposés sur 
deux rangées alternes et un ovaire à trois loges superposées aux sépales 
extérieurs. Mais le style est caractéristique par son volume plus con- 
sidérable que celui de l'ovaire et par sa division en trois grosses masses 
charnues, cunéiformes et réunies au centre de la fleur. 

XIL Les Amperea [Ad. deJussieu, '1824), sous-arbrisseaux de la Nou- 
velle-Hollande dont le port est celui de quelques Spartiéesou Juncées, ont 
des fleurs diplostémones, dans le cas où leurs sépales sont au nombre de 
quatre ; car alors il y a huit étamines à filets libres, dont quatre sont 



Si EUPHORBIACÉES UXlOVULÉhS. 

alternes avec les divisions ilii calice et quatre superposées. Mais il arrive 
très souvent que. des divisions du cîilice, l'une se dédouble, ce qui perle 
leur nombre à cinq, et comme l'andrccée ne change point de structure, 
la symétrie florale semble complètement altérée. D'ailleurs il n'y a dans 
cette fleur ni corolle, ni glandes, et les sépales, légèrement imbriqués 
d'abord, arrivent à être à peu près valvaires. 

XllI. Les ÂDExocLiNE [Turczaninow, ISlili] sont des Dysopsis con- 
struits sur le type 5. Leur calice, d'abord imbriqué, présente cinq divisions 
valvaires à l'âge adulte. L'andrccée est construit sur le même type. Un 
premier verticille d'étamines plus courtes et plus extérieures est alterne 
avec les sépales ; les cinq étamines intérieures sont superposées aux sé- 
pales. Donc YJdenocHne est un Dysopsis quinaire, sauf dans son pistil, 
qui est trimère. D'autre part, on voit à la base de ce pistil trois glandes 
alternes avec les loges qui rappellent, par leur position, sinon par leur 
forme, le disque hypogyne des Merciirialis , genre auquel se rattache 
d'un autre côté YAdenocline qui est une Mercuriale, h étamines en nombre 
défini et à type 5. 

Le type Dysopsis peut dévier par suppression d'un des verticilles de 
l'andrccée ; nous avons alors des fleurs mâles isostémonées. 

XIY. Le CxESMONE (Blume, 1825) est une plante suffrutescente de 
Java, dont les fleurs mâles ont un calice à trois divisions valvaires. Du 
centre de la fleur partent trois étamines qui sont alternes avec les divi- 
sions du calice. Donc la fleur mâle d'un Cnesmone a le même diagramme 
que celles d'un Dysopsis, sinon que les trois étamines intérieures man- 
quent ; donc le Cnesmone est au Dysopsis ce que le Chiropelalum est au 
Dilaxis (p. 8). D'ailleurs la fleur femelle d'un Cnesmone est construite 
sur le même plan absolument que celle du Dysopsis. 

XY. Les Tragu {Plumier. 1703) ont la fleur mâle des Cnesmone, 
trois sépales et trois étamines alternes, à anthères introrses, car je ne 
parle pas ici des cas où l'andrccée se réduit à deux, ou même à une 
étamine. Mais la fleur femelle n'a pas d'ordinaire un périanthe aussi 
simple ; ses divisions sont généralement au nombre de 5. 6, 8. et les 
trois loges ovariennes alternent avec les divisions intérieure du pé- 
rianthe. 

XM. Le Lassia est un arbrisseau volubile de Madagascar dont la fleur 
mâle a trois sépales valvaires, comme celle du Trayia, et trois étamines 
à anthères introrses ; mais ces étamines sent superposées aux divisions 



RECHERCHE DES TYPES. 25 

du calice, au lieu d'être alternes. La fleur femelle est celle d'un Tracjia 
dont le périaiithe aurait 6 ou 7 divisions. 

XVII. Les Seidelia sont de petites Mercuriales africaines réduites à 
l'isostémonie. Elles ont donc un calice à trois divisions valvaires et trois 
étaniines, ou seulement deux, alternes avec les sépales. La fleur femelle 
a trois sépales et un ovaire à deux loges,, à la base duquel se trouve ini 
disque de deux glandes alternes avec les loges ovariennes. A part donc 
la forme de ces glandes hypogynes, les Seidelia ont la fleur femelle d'une 
Mercuriale, avec la fleur niàle d'un Tragia. 

XYllI. Le Sph.erostvlis est un arbrisseau de Madagascar dont le calice 
est celui d'un Tragia ou d'un Seidelia, et, comme dans ces plantes, 
les trois étamines à anthères introrses qui constituent l'androcée sont 
alternes aux sépales. Mais, entre ceux-ci et les étamines, il y a, de plus, 
trois glandes arquées interposées à l'un et à l'autre. D'autre part, la fleur 
femelle, avec son périantheà 5-6 divisions, présente ceci de remarquable, 
que son petit ovaire triloculaire est surmonté d'un énorme style sphérique 
qui rappelle celui de certains Gynoon, mais l'emporte encore davantage 
en volume sur celui de l'ovaire môme. Trois petits sillons stigniatifères . 
se trouvent au sommet de cette niasse charnue. 

XIX. Les Afaristhmium {Endlicher, 1833), arbres des deux continents, 
ont parfois la fleur mâle des Tragia, avec trois sépales valvaires et trois 
étamines; mais souvent aussi leur androcée et leur périanthe sont, l'uti 
ou l'autre, construits sur le type quaternaire. Leur fleur femelle a un 
calice à 3-5 divisions qui ne ressemblent point au périanthe femelle des 
'Tragia (dont les folioles pinnatifldes ou pinnatiséquées sont, vu leur 
nombre, placées sur plus d'une rangée). Mais ce qui, outre, le port, dis- 
tingue facilement les deux genres, c'est que les Aparislhmium sont dioï- 
ques et ont leurs fleurs disposées en grappes ou en épis simples ou rami- 
fiés, tandis que les Tragia ont pour inflorescence un épi de petits glomé- 
rules mâles, à la base desquels se trouvent une ou quelques fleurs femelles. 

XX. Le Cladogynos {Zippel, 1841), arbuste des Moluques, a des 
fleurs mâles construites comme celles des Aparislhmium. Mais ses éta- 
mines sont, dit-on, connées à leur base. La fleur femelle a un calice à 
six divisions et un ovaire triloculaire. 

XXI. Le Centrostylis est un Cladogijnos dont les étamines entourent 
la base d'un pistil rudimentaire central. Elles sont au nombre de quatre 
et superposées aux sépales. 



26 ELTHORBIACÉES U.MOVULÉES. 

XXH. Les Chloradenia ont la fleur mâle des CentrosiyUs. avec uue 
colonue centrale. ^lais les sépales de la fleur ferueUe présentent daus leur 
iutervafle des corps glanduleux verdàtres qu'on a comparés à des pé- 
tales métamorphosés. C'est une plante indienne comme la précédente. 

XXIII. L'AdexochljExa [Boivin. 18Z|8) est une plante de 3Iadagascar 
à fleurs généralement tétrandres. comme celles du Chloradenia et du 
Centrosiylis ; mais les étamines sont alternes avec les divisions du calice, 
au lieu d"ètre superposées. 

XXrS\ Le SviiPHTLLiA. arbuste de l'Inde, est un Adenochlœna coustruit 
sur le type 3. i ou 5. Quand les étamines sont en même nombre que les 
divisions du calice, elles leur sont alternes. La fleur femelle a un calice à 
six divisions (ou 5) disposées sur deux rangées alternes. 

XXY. Les Cephalocroton (Hochstetter. 18il) sont des plantes afri- 
caines construites comme les Centrostylis et les Adenochlœna. avec cette 
différence que les étamines superposées aux divisions du périauthe ont 
été dédoublées ; de sorte qu'il y eu a huit superposées par paires à chacun 
des quatre sépales, ou six, dout deux superposées à deux sépales et quatre 
superposées par paire aux deux autres. Ces étamines sont d'ailleurs insé- 
rées à la base d'un corps central et leurs filets sont deux fois infléchis sur 
eux-mêmes. La fleur femelle est celle d'un Centrostylis. 

XX^l. L'ASTROCOCCDS [Bentham. 185/i'i est un Cnesmone coustruit sur 
le type k ; son calice a quatre divisions et son androcée quatre étamines 
aherues avec ces sépales. Toutefois le nombre de ces étamines peut être 
ou réduit ou augmenté. Le pistil est d'ailleurs extrêmement caractérisé 
par sa forme. Son ovaire est chargé de cornes .singulières et sou stvle 
forme une masse charnue considérable au-dessus des trois loges ova- 
riennes, ce qui rappelle celui du Platygyne. 

XX'NTI. Le Ledcatvdra (ffiotesc/i , ISZil) est aussi un Cnesmone oi\ un 
Tragia consti'uit généralement sur le type quaternaire, quant au calice. Le 
plus souvent aussi il y a quatre étamines alternes avec les sépales : mais 
parfois ces étamines sont sondées deux à deux par leurs filets, de manière 
à devenir diadelphes. La fleur femeUe est tout à fait celle d'un Tragia. 

XXYin. Le Leptobothrts, petite plante de TAmérique septentrionale, 
a un périauthe construit sur le type h, comme celui du Leitcandra; mais 
l'androcée y est réduit à deux étamines monadelphes dont les authères 
sont extrorses. La fleur mâle de ce genre se rapproche donc beau- 
coup de ceUe des StiUingia, dont elle diffère par la préfloraison valvaire 



KECHliRCIIE DES TYPES. 27 

[lu calice, et d'un Tragia diaiidre, dont elle se distingue par la direction 
de ses anthères et leur monadelphie. La fleur femelle a un ovaire à deux 
ou trois loges analogues à celle des Tragia. 

XXIX. Le Chlorocaulon [Klolzsch, \ 830) , sous-arbrisseau du Mexique 
ayant cinq divisions au calice et cinq étaraines, serait un Cnesmone ou un 
Tragia quinaire ; en môme temps son androcée est monadelphe et sa 
fleur i'emelle diffère de celles des genres précédents par la présence de 
3-5 corps pétaloïdes qui doublent le calice et d'un disque hypogyue. D'où 
il semble que le Chlorocaulon est aux Cnesmone ce queVAdenocline est 
au Dysopsis. 

XXX. Les Sajorium {Endiicher, 18^3) peuvent encore avoir des fleurs 
diplostémonées; car avec quatre divisions au calice, on leur trouve par- 
fois huit étamines à l'androcée. dont quatre plus petites alternes avec les 
sépales et quatre plus grandes ; mais, dans d'autres fleurs et sur un 
même pied, il arrivera qu'on en trouvera un troisième verticille et même 
un quatrième. Ce sont donc des plantes intermédiaires entre les genres 
diplostémonés et les pléiostémonés, construites sur le type quaternaire; il 
en est souvent de même de leur fleur femelle, qui a quatre sépales 
et quatre loges alternes avec eux, mais qui peut avoir aussi un ovaire 
triloculaire. 

XXXL Les Dalechampia {Plumier, 1703) ne sont autre chose que 
des Sajorium de la section Anabœna, c'est-à-dire à ovaire trilo- 
culaire, et à étamines multiples; mais tandis que dans les Sajorium une 
cyme femelle tritlore occupe la base d'un épi composé de fleurs mâles, 
c'est-à-dire d'une inflorescence mâle à axe principal indéfini, dans les 
Dalechampia elle est surmontée d'une inflorescence mâle définie, terminée 
par une fleur entourée elle-même de fleurs plus jeunes. D'ailleurs tout est 
semblable, les périanthes, les fleurs des deux sexes, les stipules des 
sépales , les androcées monadelphes à la base, les ovaires , les styles 
et jusqu'aux lobes dits stigmatiques, souvent alternes avec les loges ova- 
riennes. 

XXXIL Le genre Mercurialis [Tourneforl) est également un de ces 
genres de passage, mais construit sur le type 3. Ses fleurs peuvent bien, 
en effet, présenter exactement trois ou quatre fois autant d'étamines 
qu'elles ont de sépales, mais plus souvent il yen a un nombre plus consi- 
tlérable, comme quinze ou vingt. Quant à la fleur femelle, elle a trois 
sépales et parfois trois loges ovariennes superposées, c'est-à-dire une 



28 EUPHORBIACÉES LMOVULÉES. 

postérieure et deux antérieures; mais dans la plupart des espèces, ces 
deux dernières sont ordinairement remplacées par une seule. De plus, 
l'ovaire est accompagné de deux glandes étroites, aiguës, alternes avec 
les deux loges et constituant un disque hypogyne de forme spéciale. 

XXXIII. Les Claoxyloîv {Àd. de .Titssieu, 182/i) sont des Mercuriales 
arborescentes de l'Afrique, de l'Inde et de l'Australie; leur fleur femelle 
a aussi un calice à trois divisions valvaires, et trois loges ovariennes su- 
perposées ou plus rarement deux. Il y a bien aussi trois glandes alternes 
avec les loges et formant un disque hypogyne, mais ici elles sont péta- 
loïdes et parfois unies à leur base. La différence entre les deux genres 
réside surtout dans la fleur mâle, dont les étamines sont tout à fait en 
nombre indéfini, et dans les inflorescences, formant ici des épis simples 
ou ramifiés. 

XXXIV. Comme les (^laoxylon sont des Mercurialis à androcée indé- 
fini, les Ctenomeria (//flï'oei/, 18i2) sont des Tragia polyandres, dont le 
calice est construit, pour la fleur mâle, sur le type quinaire. La fleur 
femelle est, par conséquent, dépourvue de disque hypogyne. 

XXXY. Les Fragariopsis (A. de Saint-Hilaire, 1840) sont des ai'bris- 
seaux volubiles du Brésil ayant la fleur femelle des Sajorium, avec le 
type quaternaire et présentant les mêmes formes singulières du style et 
du stigmate ; mais leur fleur mâle diffère par la structure de sonandrocée. 
Sur un gros réceptacle charnu, semblable à celui d'une fraise, celui-ci 
présente un nombre très variable d'étaminessessiles; il peut n'y eu avoir 
que six ou sept, placées à distance, laissant voir entre elles la surface du 
réceptacle: mais aussi ces interstices peuvent être comblés par un grand 
nombre d'anthères formant alors sur lui des séries continues ; il peut y 
en avoir vingt-cinq ou trente. 

XXXVI. L'Angosttles {Benlham, 1854) a un pistil très analogue à 
celui des Fragariopsis et des »Sa/ortu??2, pour la forme et la taille du style; 
mais il est construit sur le type 3, et le calice sur le type 5. Quant à la 
fleur mâle, elle est polyandre aussi ; mais les étamines ont les filets mo- 
nadelphes à leur base, libres supérieurement, et son périanthe est nor- 
malement construit sur le type 3. L'inflorescence singulière de ce genre 
suflîrait, en outre, pour le caractériser, car ses fleurs mâles solitaires ou 
en cymes pauciflores se développent sur le vieux bois, loin des femelles, 
qui forment des grappes composées terminales ou axillaires situées sur 
les jeunes rameaux. 



lUit'.IlliUCIIlî UKS TYl'liS. ' 29 

XXXYIl. L'ODONïiiiLiîM.v (TurcïrtHîHoto, 18Zi/i}est une plante birsilicmie 
qui est pour les Àcalypha ce que les Clenomcria sont pour les Tragia. 
Avec un calice à trois divisions, randrocée y est, dit-ou, composé d'un 
très grand nombre d'étamines, au lieu d'ôtre défini. Quant ti la ileur 
femelle, elle est exactement celle d'un /tcalypha, sinon que les divisions 
du style sont simples, au lieu d'ôtre ramifiées. 

XXXYIII. Les BiA {Kloizsch, ISùl) ont aussi des étamines en nombre 
indéfini (de 9 à 20). Mais en outre, les sépales, au nombre de trois ou 
quatre, sont accompagnés cà leur face interne de lamelles glanduleuses en 
nombre variable, ce qui n'existe dans aucun des genres voisins, et rap- 
pelle ce qu'on observait dans la fleur mâle des Chlorocaulon. Quant à la 
fleur femelle, elle est colle des Tragiées en général; elle n'a point de 
disque bypogync, comme celle des Mercuriales. 

XXXIX. Le Palissya, arbrisseau de Madagascar, dont le périantbe est 
construit sur le type quinaire, et dont l'androcée est, comme celui des 
lUa, composé d'un nombre indéfini d'étamines, présente aussi cala péri- 
phérie de son réceptacle de petites saillies glanduleuses en nombre varia- 
ble, et dont la vraie nature nous est inconnue. La fleur femelle ne diffère 
toutefois de celle des Bia que par la présence, en dedans de ses li-G 
divisions calicinales, d'une enceinte glanduleuse continue, chargée de 
poils et entourant la base de l'ovaire, qui est aussi triloculaire. 

XL. Après avoir examiné un certain nombre de genres dérivés du 
Seidelia, Mercuriale à type ternaire et androcée isostémoné, nous pou- 
vons faire découler vme autre série de genres confondus autrefois avec les 
Accdypha de ce même genre Seidelia, en prenant d'abord les Tragan- 
Tiius {Klotzsch, 1841) dont la fleur mâle a quatre divisions valvaires et 
quatre étamines. Toutefois il faut remarquer que la fixité du nombre 
n'existe plus ici, comme vers le début de la série ; il y a des fleurs de 
Traganlhus à cinq et à six étamines; leurs filets sont libres. La fleur 
femelle a un nombre variable de divisions au calice, et, sous ce rapport, 
elle rappelle celle des Tragia, mais il y a entre les deux genres cette dif- 
férence que, dans le Traganlhus et tous les genres qui vont suivre, le 
style se partage dès le sommet de l'ovaire en six branches distinctes, 
recourbées en forme de crochet, séparées par un canal central vide. 

XIJ. Les VoLYno^k {Klotzsch, 18û7) sont des Traganlhus h h'ois sé- 
pales, à neuf étamines, et dont l'ovaire est accompagné à sa base d'un 
disque hypogyne membraneux. 



I 



30 ECPHORBIACÉES UNIOVULÉES. 

XLII. Les Ph^dra [Klolzsch, lSh7 sont des Polybœa à fleurs dodé- 
ca Dures. 

XUII. Les Ttrlv Klolzsch. 18i7 sont des Phœdra a calice 3-5 partit 
et à quinze étamiues. 

XLI\". Les pASSiJi, petites plantes juncifoimes du Brésil, sont, par 
leurs fleurs mâles, des Polybœa à 7-18 étamines, et par leure fleurs 
femelles, des Traganihus à six sépales disposés sur deux rangés alternes 
et à disque hypogyne annulaire. 

XLY. Les Alxtu, enfin, sont aux Polybœa ce que les Ctenomeria sont 
aux Dysopsis. Le calice a quatre divisions, et les étamines sont au nombre 
de vingt à quarante. Le réceptacle forme une sorte de disque glandu- 
leux autom* de leur insertion, et leur fleur femelle est celle dun Tyria. 



SERIE G. 

L Les Sttllixgia Garden — L.) sont des arbres ou arbustes des pays 
chauds, à inflorescences composées d'un axe commun chargé de bractées, 
à Faisselle desquelles sctnt, infériem'ement des fleurs femelles, supérieu- 
rement des mâles. Chacune de ces fleurs est accompagnée de bractées 
latérales stériles ou fertiles, et. dans ce dernier cas, l'inflorescence est un 
grand épi composé de petites cymes. 

La fleur mâle a un calice à trois divisions, dont une postérieure et deux 
antérieures, imbriquées, et un androcée de trois étamines, alternes avec 
les divisions du calice. Les filets sont unis à leur base et insérés au centre 
de la fleur; les anthères sont biloculaires et exlrorses. Les divisions du 
cahce peuvent être réduites au nombre de deux, ainsi que les étamines. 
Dans ce cas, ce sont les deux sépales antérieurs qui sont remplacés par 
un seul, et c' est Tétamine antérieure qui est absente. 

La fleur femeUe a un calice à ti"ois divisions imbriquées, dont une pos- 
térieure et deux antérieures, et un ovaire à trois loges uniovulées, al- 
ternes avec les divisions du calice, et sunaontées d'un style à trois divi- 
sions simples, réfléchies, enroulées, stigmatiques à leur face interne. 

n. Le Falcoxeria [Royle, 1S39J est un arbre indieu à fleurs dioîques, 
dont les fleurs mâles sont celles d'un Slillingia diandre, et dont les fleurs 
femelles sont également construites sur le type 2, de sorte qu'elles com- 
portent deux divisions calicinales et deux loges alternes. De plus, les 



RECHERCHE DES TYPES. âl 

glandes qui accompagnent les bractées axillantes forment autour de ces 
fleurs une couronne circulaire. 

III. Les OiiPHALEA {Linné) sont des arbres et arbustes sarmenteux qui 
différent des deux genres précédents par le nombre des folioles de leur 
calice, qui est de quatre ou cinq, disposés en préfloraison imbriquée ; 
mais surtout par la nature de leur androcée. Il y a deux ou trois étamines 
portées sur les bords d'un large conneclif ayant la forme du chapeau 
d'un champignon, et ce chapeau est lui-même supporté par un pied cylin- 
drique étroit. Ces plantes ont eu même temps de grandes affinités avec 
les Tragiées, auprès desquelles il vaudrait peut-être mieux les placer. 

IV. Les Gymnanthes {Swartz, 1797) sont des arbres ou arbustes de 
l'Amérique tropicale dont la fleur femelle est celle d'un Stillingia, mais 
dont les fleurs mâles, tantôt triandres et tantôt diandres, sont réduites 
à un calice fort incomplet. Ainsi, au lieu de trois sépales alternes avec 
les étamines, on ne trouve plus qu'une ou deux petites écailles, ou même 
il n'y eu a plus du tout. Ces fleurs forment de petites cyraes triflores 
situées à l'aisselle de bractées que porte l'axe d'un chaton commun. Donc 
les Gym7ianthes soni des Stillingia h calice mâle incomplet, rudimentaire, 
ou nul. 

V. Les AcTiNOSTEMON [Marlius, iSk'\) sont des Gymnanthes dont la 
fleur femelle a parfois un calice incomplet, et dont la fleur mâle a plus 
de trois étamines accompagnées d'une ou de quelques écailles très peu 
développées qui représentent des sépales, mais qui manquent le plus 
souvent. Donc un Aclinoslemon est un Gymnanthes dont les fleurs mâles 
sont plus que triandres. D'ailleurs ces fleurs sont aussi groupées en 
cymes à l'aisselle d'écaillés portées par l'axe principal du chaton. 

YI. Les Adenopeltis (5er(eTO, 1832) sont des plantes chiliennes qui se 
rapprochent beaucoup des Stillingia, mais qui eu difièrent en ce que 
leurs fleurs sont nues. Ainsi la fleiu- mâle a deux étamines, la fleur femelle 
un ovaire triloculaire, mais le calice n'est plus représenté dans chacune 
d'elles que par deux très petites écailles latérales. 

MI. Les CoLLiGUAjA (Molina, 1782) sont, comme les Adenopeltis, .les 
arbustes de l'Amérique méridionale à fleurs mâles nues ; mais ces fleurs, 
au lieu d'avoir seulement deux étamines, en possèdent un nombre très 
variable, à l'aisselle d'une bractée mère, et sans véritable calice. Celui-ci 
reparaît dans la fleur femelle, où il a trois divisions imbriquées, et 
l'ovaire est triloculaire, comme dans les Stillingia. 



3"2 EUPUORBIACÉES UNIOVULÉES. 

YllI. Les Sennefeldera [Marlius, 1837) sont des arbres du Brésil à 
fleurs monoïi:[i!es. La fleur femelle est celle d'un Stillingia ; mais la fleur 
nulle est devenue polyandre.Le nombre de ses étamines varie de quatre 
à huit, ou plus. C'est donc un CoUigitaja dont les fleurs mâles ne sont pas 
nues. 

IX. Les Omalanthus {^ . de Jussieu, 1826) sont aussi àes Slillinfjia 
par leur gynécée, dont le nombre des loges varie de deux à trois. Mais le 
calice est réduit à deux sépales alternes avec les loges ovariennes. Dans 
la fleur mâle, il n'y a non plus que ces deux sépales auriculés, aplatis, 
appliqués l'un contre l'antre, et, entre eux, un cercle comprimé de quatre 
à dix étamines à insertion centrale. 

X. Les HippoiLVNE (Linné) sont des arbres de l'Amérique équinoxiale 
avant exactement la fleur mâle d'un Stillingia. Mais leur fleur femelle 
en diffère totalement par le nombre de loges ovariennes qui s'élève à six 
ou buit. A cet ovaire succède un fruit à raésocarpe épais et cbarnu et à 
endocarpe osseux, iudébiscent. 

SÉRIE H. 

Les HuRA [Linné) pourraient à la rigueur se rattacher aux plantes de 
la série précédente par le nombre des loges ovariennes, qui s'élève ici à 
dix ou vingt. Mais la fleur femelle elle-même présente une structure tout 
à fait spéciale, et quant à la fleur mâle, elle n'a rien de comparable à 
celle des Sapiées. 

La fleur mâle est composée d'un petit calice monophylle urcéolé; du 
centre, s'élève une colonne cylindrique chargée de petites saillies latérales 
formant un ou plusieurs verticilles superposés, et sur la partie infé- 
rieure de ces saillies s'attachent ou des anthères biloculaires, ou de 
petits cylindres chargés eux-mêmes d'anthères multiples. Ainsi con- 
struites, ces fleurs s'insèrent sur un épi à l'aisselle de bractées qui sont 
soudées par leurs bords et se fendent sur la ligue médiane pour laisser 
sortir la fleur. A la base de cet épi mâle, ou à quelque distance, se trouve 
une fleur femelle composée d'un cahcegamophylle en forme de sac logeant 
un ovaire multiloculaire dans son intérieur, et cet ovaire est surmonté 
d'un gros style cylindrique articulé h sa base et s'épanouissant supérieu- 
rement en forme d'un entonnoir à bords réfléchis et découpés en lanières 
stigmatiques; le tout a l'apparence d'une corolle. Le fruit qui succède à 
cet ovaire est une capsule pluriloculaire a déhiscence élastique. 



UECIIERCIIE DES TYPES. 33 

SÉRIE I. 

I. Les Anthostem.v [A. cleJussieu, i85/i) sont des arbres africains à 
fleurs monoïques disposées en cymes. Chacune de celles-ci se compose 
d'une fleur femelle terminale, mais rejetée latéralement et d'un grand 
nombre de fleurs mâles disposées elles-mêmes en petites cymes unipares 
et biparcs. Les fleurs mâles ont un petit calice monopbylle porté sur un 
pédicelle articulé et dans l'intérieur du calice ou trouve une seule étamine, 
dont l'anthère, supportée par un filet à inseition centrale, est biloculairc 
et à déhiscence longitudinale. 

La fleur femelle, presque sessile, a un calice gamosépale à trois divisions 
inégales et mi ovaire à trois loges surmonté d'un style à trois divisions. 

IL Les Dalembeutlv sont des plantes du Mexique dont la fleur mâle est 
monaudre, coimiie celle des Anihostema, niais le périanthe de cette fleur 
est réduit à une seule bractée latérale, de sorte que, sous ce rapport, le 
Dalemberlia est à V Anihostema ce que le Gymnanthes est au SlilliiKjia. 
Quant à la fleur femelle, son ovaire est triloculaire, et elle n'est pas abso- 
lument nue, car on trouve à sa base trois petits sépales bigianduleux à 
leur base et alternes avec les loges de l'ovaire. D'ailleurs les Dalemberlia, 
au lieu d'avoir des inflorescences définies comme les Anihostema, ont les 
fleurs groupées sur un épi dont les femelles occupent la partie inférieure. 

IIL L'Algernonia est une plante brésilienne à fleurs mâles également 
monandres et disposées comme celles du Dalemberlia sur un axe indéfini. 

Mais ces fleurs ne sont pas nues et chacune d'elles est pourvue d'un petit 
calice à trois ou cinq divisions, au centre desquelles se dresse le filet de 
l'étamine unique. La fleur femelle a un calice monophylle irrégulier et 
un ovaire à trois loges, surmonté d'uu grand style cylindrique qui ne se 
divise que très haut en trois branches stigraatifères. De plus, l'ovaii'e 
présente à sa circonférence un large épanchement ailé et circulaire qui 
devient sinueux et entoure la portion inférieure du gynécée. 

IV. L'Ophtiialmoblapton {Allemâo, 1869), ayant une fleur mâle mo- 
uandre enfermée dans un petit calice monophylle urcéolé, ressemblerait 
beaucoup, sous ce rapport, au genre précédent. Mais son ovaire, dépourvu 
de l'expansion qui vient d'être décrite dans celui-ci, est surmonté d'un 
style épais, arrondi, renflé au sommet, creux dans l'intérieur et offrant 
seulement une petite ouverture stigmatique triangulaire. 

3 



P 



34 

Les fleurs uiàles sont, à ce qu'il paraît, situées à l'aisselle d'une bractée 
qui ne se sépare point de l'axe, mais qui, comme celle des Hwa, s'ouvre 
par une fente, pour laisser sortir les fleurs. 

V. Les CoMMLv {Loureiro, 1793) auraient une fleur femelle analogue 
à celle des genres précédents, mais Vautbère centrale qui surmonterait le 
filet slamiual serait pluriloculaire et la fleur mâle complètement nue. 

YI. Le Tetraplaxdra. arbre américain, avec la fleur femelle des genres 
précédents, sinon que son périanthe esta cinq divisions, présente une fleur 
mâle monandre. dont Tantbère est tétraloculaire. 

Yn. Le Paceystemon (B/i/»ie, 1825, arbre indien, se distingue des 
genres précédents et par sa fleur femelle, dont l'ovaire est pourvu de cinq 
ou six loges, et par sa fleur mâle dont l'étaraine centrale unique possède 
une antbère à déhiscence apicale, composée de trois loges incomplètes. 
C'est eu même temps uu genre qui relie les précédents aux Macaranga 
et aux Mappa, car on a trouvé des fleurs mâles qui pouvaient avoir deux 
étamines. 



EUPHORBIACEES BIOVULEES. 

SÉRIE J. 

I. Le CoLMEiROA [Renier, 18/|2; est uu petit arbuste de l'Europe méri- 
dionale, dont les fleurs dioïques sont disposées en cymes axillaires. Les 
fleurs mâles ont un calice à six divisions profondes, dont trois extérieures 
et trois intérieures alternes avec les précédentes ; leur préfloraison est 
imbriquée. L'audrocée est composé de deux rangées de trois étamines. 
savoir ; trois extérieures superposées aux sépales extérieurs, et trois 
intérieures superposées aux trois autres sépales. Entre les deux rangées 
d'étamines, se trouve un disque glanduleux circulaire, et au centre de la 
fleur uu pistil rudimentaire à trois branches superposées aux trois sépales 
extérieurs. La fleur femelle a un calice et un disque comme ceux de la 
fleur mâle et uu ovaire à trois loges superposées aux trois sépales exté- 
rieurs. 

il. Le Caletia est uu arbuste de la Nouvelle-Hollande dout les fleurs 



UEClIERClIli UKS TVl'ES. 35 

mâles ont, comme celles du Colmeina, trois sépales extérieurs et trois 
sépales intérieurs alternes avec les précédents. L'androcée est constitué 
par six. étamines, dont trois plus petites et plus extérieures, superposées 
aux sépales extérieurs, et trois plus longues, superposées aux intérieurs. 
Au centre de la fleur, il y a un disque à trois lobes superposés aux sépales 
extérieurs. La fleur femelle est celle d'un Colmeiroa dont le Calelia, dif- 
fère, par conséquent, en ce qu'il a un disque central, et non un disque 
annulaire interposé aux deux rangées d'étamines. 

III. Le MiCRANTiiEA (Des fontaines, 1818) est un Calelia dont l'androcée 
est réduit à trois étamines, celles qui sont superposées aux sépales exté- 
rieurs; les trois autres sont remplacées par les lobes d'un corps central 
superposés ici aux sépales intérieurs et non aux extérieurs, comme 
dans le Calelia. 

IV. Le PsEUDANTHus (Sieber, 1827) est un arbrisseau de la Nouvelle- 
Hollande dont les fleurs sont construites comme celles du Calelia. Même 
nombre de sépales, d'étamines, de loges ovariennes et mêmes rapports 
de position. Mais les étamines du Pseudanlhus sont unies en une colonne 
commune centrale, et il n'y a de disque dans les fleurs d'aucun sexe. 

V. Les PiERARDiA {Roxburgh, 1832) sont des arbres indiens, dont le 
périanthe a quatre divisions, et l'androcée « le nombre double d'éta- 
mines. » La fleur femelle a cinq sépales et un ovaire triloculaire. 

SÉRIE K. 

I. Le WiLLiAMiA est un arbuste de Cuba dont les fleurs sont disposées 
en cymes axillaires. Les fleurs mâles ont un calice à cinq divisions, dont 
la préfloraison est quinconciale ; en dedans se trouve un disque de cinq 
glandes alternes avec les sépales, puis un androcée composé de trois ver- 
ticilles d'étamines, ou même d'un plus grand nombre. Ou en trouve 
d'abord cinq plus courtes et plus extérieures, alternes avec les sépales, 
cinq plus longues superposées, cinq plus intérieures encore, superposées 
aux premières, et quelquefois davantage. Les filets sont monadelphes, et 
les anthères sont biloculaires, extrorses, et à déhiscence longitudinale. 
La fleur femelle a cinq sépales, cinq glandes alternes, et un ovaire à trois 
loges. 

On voit par là que ce genre difière des Calelia et des Colmeiroa par 
le nombre de ses verticilles d'étamines. C'est un Calelia pléiostémoné. 



36 EUPHOREUCÉES BIOVULÉES. 

IL Le SiACHTSTEiiox iPlanchon, 1845) est un sous-arbrisseau de la 
iXouvelle-Hollande, qui a la fleur femelle d'un Pseudanihus et Faudrocée 
monadelphe d'un W illiamia , avec cette différence, qu'au lieu de 15 ou 
•20 étamices, \e Stachyslemon eu a un nombre très considérable, et que 
LcBsemble de l'androcée forme une très longue colonne centrale dans la 
fleur mâle. Comme d'ailleure il n'y a de disque, ni dans la fleur mâle, ni 
daus la fleur femelle, le Stachystemon est un Pseudantkus pléiostémoné. 

ni. Les Ctclostemon (B/MWic, 1825) sont des arbres de Llnde dont 
les fleurs mâles sont piéiostémones, comme celles des genres précédents, 
et dont la fleur femelle a quatre ou cinq divisions au calice, un disque 
bypogjne et un ovaire biloculaire. Mais tandis que les étamines du Wil- 
liamia et du Stachystemon sont réunies en une colonne commune au centre 
de la fleury celles du Cyctostemon sont rejetées vers la périphérie du 
réceptacle où elles s'insèrent circulairement, tandis que le centre de la 
fleur est occupé par im grand disque concave glanduleux. 

IV. Les Hejiicycxia JT'ight et Jrmlt, ISco?) ont la fleur à étamines 
nombreuses et à insertion périphérique des Cyclostemon, mais leur pistil 
est réduit à une seule loge biovulée et le fruit derient une drupe 
mouosperme, par avortement. D'ailleurs ces deux genres sont très 
voisins et, comme on le verra plus loin, les Hemicydia sont aux Cyclo- 
stemon ce que les Antidesma sont aux Stilaginella. 

V. Les Daphmphtlhjh [Blume, 1825) sont des arbustes asiatiques, dont 
la fleur femelle a deux loges ovariennes semblables à celles du Cycloste- 
mon et dont le fruit devient semblable, par avortement, a celui des He- 
micyciia. Mais les étamines en nombre indéterminé qui se trouvent dans 
la flem' mâle ne sont, ni comme celles du Cycloslemon, insérées à la pé- 
riphérie d'un réceptacle circulaire, ni comme celles du Stachystemon, 
superposées sur une colonne centrale ; elles rayonnent toutes d'un point 
commun, de manière à représenter parfaitement la disposition d'une 
ombelle. 

M. Le HvjEXAis-CHE {Lambert, 1797), arbre du Cap, a, comme toutes 
les plantes précédentes, un androcée composé d'un nombre indéfini d'é- 
tamines. Mais ce nombre varie de 8 à 30, et elles sont disposées sans 
aucun ordre déterminé sur un réceptacle de forme très changeante. 

Celui-ci porte également à sa périphérie un nombre variable de folioles 
caliciuales. Il eu est de même de celles de la fleur femelle, qui sont au 
nombre de o à 8, et dont l'ovaire est tantôt à trois, tantôt à quatre loges. 



RECHERCHE DES TYPES. 



SERIE L. 



I. Les WiELANDiA sont d'élégants arbnsles de Madagascar, à feuilles 
alternes et à fleurs disposées en cîmes axillaires. 

La fleur mâle a : 

Un calice à cinq divisions dont la préfloraison est qninconciale; 

Une corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du calice et im- 
briqués dans le bouton ; 

Un androcée de cinq étaniines superposées aux divisions du calice; 
leurs tîlets sont nnis par la base, leurs anthères sont bilocnlaires et in- 
trorses ; 

Un disque de cinq glandes superposées aux sépales et aux élamines; 

Un pistil rudimentaire central k cinq branches superposées aux pé- 
tales. 

La fleur femelle a un calice, une corolle et un disque semblables à 
ceux de la fleur mâle, et un pistil à ovaire quinquéloculaire. Les loges 
sont biovulées et superposées aux pétales. 

IL Les Savia [Willdenow, 1797) ont le calice, la corolle, le disque et 
l'androcée des Wielandia. Mais leur pistil, soit fertile, soit rudimentaire, 
est réduit à trois loges superposées aux sépales 1,2 et 3. Chacune de 
ces loges et les ovules qu'elle contient sont d'ailleurs construits comme 
dans le genre précédent. 

IIL Les PoRANTHERA [Budge, 1811) sont de petits végétaux australiens 
dont les fleurs sont conformées de la même façon que celle des Savia, 
avec cette différence que les glandes qui constituent le disque sont super- 
posées aux pétales , au lieu d'alterner avec eux et que leurs anthères sont 
tétraloculaires et porricides, au lieu d'être bilocnlaires, introrses et dé- 
hiscentes par des fentes longitudinales. 

IV. Les Andrachne {Linné) ont, comme les Poranthera, les lobes qui 
composent le disque superposés aux divisions de la corolle. Mais les éta- 
mines, au heu d'être libres, sont soudées en une colonne centrale au 
sommet de laquelle est porté un pistil rudimentaire qui manque dans 
certaines espèces. A part le mode spécial de déhiscence des anthères, un 
Andrachne est donc un Poranthera monadelphe. 

V. Les Amanoa {Aublet, 1775), arbustes des deux continents, ont abso- 
lument le même nombre de parties dans les fleurs des deux sexes que les 



38 EUPHORBI\CÉES EIOVULÉES. 

Andrachne ouïes Savia à corolle complète ; de sorte que leur diagramme 
serait le même que dans ce dernier genre. Mais l'insertion des pélales, 
au lieu d'être hypogynique. devient ici périgynique. 

\[. Les Steno>'ia, plantes africaines, ont aussi le diagramme et l'inser- 
tion périgynique des Amanoa. dont ils ne devraient peut-être pas être 
séparés. Mais,, tandis que les Amanoa ont des inflorescences en cimes 
sessiles formant des grappes axillaires ou des épis composés terminaux, 
les Stenonia ont des inflorescences en grappes simples, latérales ou axil- 
laires, dont les fleurs sont longuement pédicellées. 

"VTT. Les Briedelia {Willdenoiv, 1797), arbustes de l'ancien continent, 
ont les fleurs mâles des 5to!o?!ja, sinon que l'insertion périgynique des 
pétales y est encore plus prononcée. Mais la fleur femelle diffère par l'exis- 
tence d'un ovaire à deux loges, auquel succède un fruit charnu, tandis 
que, dans les amanoa, le fruit est capsulaireettricoque. Déplus, le disque 
des Briedelia. au lieu d'être glanduleux, se compose de cinq lames plates, 
foliacées. Ce sont d'ailleurs des genres très voisins et celui-ci pourrait, à 
la rigueur, être fondu avec les deux précédents. 

Yin. Les DiscocARPus (K/o^rsc/i. 18il) sont des arbres do l'Amérique 
tropicale, dont la fleur femelle a le calice, la corolle, le disque et le pis- 
til d'un Savia. Déplus, on rencontre à la base de ce pistil un audrocée 
rudimentaire composé de cinq staminodes. Mais si la fleur femelle du 
Discocarpus est, sous ce rapport, plus complète, il n'en est pas de même 
de la fleur mâle Elle n"a point de corolle et plusieurs des étamines peu- 
vent manquer. C'est donc un Savia à fleurs mâles apétales et à fleur fe- 
melle pourvue d'un androcée rudimentaire. 

IX. Les Meinecklv, plantes de l'ancien continent, ont la fleur mâle 
apétale des Discocarpus, avec un androcée complet. La fleur femelle a, 
au contraire, une petite corolle de cinq pétales, mais elle ne possède 
point d'androcée rudimentaire. 

X. Le MoAccRRA fioxô»/-^/). 1832) est un arbre indien dont la fleur 
raàle est celle d'un Savia. La fleur femelle est construite sur le type qua- 
ternaire; son calice a quatre divisions imbriquées et, en dedans de celui-ci, 
il y a un disque glanduleux, sans corofle (?). L'ovaire n'a que deux loges 
qui sont d'ailleurs celles d'un 5avîa et qui se trouvent superposées aux 
deux divisions extérieures du calice. 

Désormais, nous ne rencontrons plus, parmi les Eupborbiacées à loges 
biovulées que des fleurs des deux sexes apétales. 



RECHERCHE DES TYPES. 39 

XI. Ainsi le Securineg.v (Jiissieu, 1789) est un «Saum (h'poiirviicle co- 
rolle. Le calice, le disque, raiulrocéc et le gynécée sont de tous points les 
mêmes dans les deux genres. 

Xlï. Les Fluggea [Wilklenow, 1797) ont absolument le même nom- 
bre de parties, dans la fleur mâle, que les Securinega ; mais les anthères 
y sontextrorses, au lieu d'être introrses et, dans la fleur femelle, l'ovaire, 
au lieu d'être constamment triloculaire, peut être réduit à deux loges; 
il devient parfois, dans ce dernier cas, un fruit charnu. 

XIIL Les BiscHOFiA {Bliirne, 1825), arbres de l'Inde, ont les fleurs des 
Fluggea, moins le disque, et se distinguent encore, au premier abord, 
par leurs feuilles composées. 

XIV. Les Uapaca sont des arbres de Madagascar, qui ont la fleur fe- 
melle des Fluggea, avec un disque hypogyne, et dont le fruit triloculaire 
devient charnu ; mais leurs fleurs mâles réunies en boule dans un invo- 
lucre commun sont celles d'un Bischofia, c'est-à-dire qu'elles n'ont point 
de glandes. 

XV. Les Hymenocardia (Wallich, 1858), arbres asiatiques et africains, 
ont la fleur mâle des Bischofia, c'est-à-dire dépourvue de glandes; mais 
les anthères y sont introrses, comme dans les Securinega. La fleur fe- 
melle a un pistil dont l'ovaire est biloculaire, comme celui de certains 
Fluggea, et dont chaque loge contient deux ovules semblablement dis- 
posés; mais ces loges deviennent ailées en grandissant et le fruit constitue 
une saraare. 

XVI. Les Adenocrepis [Blume, 1825) sont des arbres indiens, à fleurs 
de Securinega, construites sur le type h. La fleur mâle a quatre sépales, 
quatre glandes alternes superposées aux sépales et groupées autour d'un 
pistil rudim.entaire. Deuxde ces étamines sont dédoublées dans quelques 
espèces. La fleur femelle a aussi quatre sépales imbriqués ; mais , 
comme son ovaire n'a que deux loges, elle est la même que celle d'un 
Moacurra. 

XVII. Les ANTmESMA [Burmann, 1758) ont la fleur mâle construite 
sur le type quaternaire, et alors, elle est celle d'un Adenocrepis, ou sur 
le type quinaire, et, dans ce cas, elle devient celle d'un Thecacoris. La 
fleur femelle est d'abord celle d'un Thecacoris, avec un pistil triloculaire; 
mais deux des loges biovulées avortent , ainsi qu'un des deux ovules de 
la troisième, et le fruit devient une drupe monosperme, comme celle du 
Cometia, 



ZlO EUPHORBLVCÉES BIOVULÉES. 

XMTI. Les Stilaginella {Tidasne. 1551) sont des Antidesma améri- 
cains, dont Tovaire contient deuxloges.au lieu d'une, et dont les anthères 
sout d'abord introrses , au lieu d'être extrorses, comme celles des 
Antidesma. Ils sont donc aux Fhiggea ce que les Antidesma sont aux 
Thecacoris. 

XIX. Les Thecacoris {J. de Jussieu, 1854) sont des plantes de Mada- 
gascar, très peu différentes parleurs fleurs mâles des Securinega et des 
Fhiggea et tout à fait semblables par leurs fleurs femelles. Seulement 
leurs inflorescences sont des grappes simples et leurs anthères, introrses 
dans le bouton, ont deux loges bien distinctes qui se dressent sur le som- 
met du filet, lors de l'anthèse et deviennent alors extrorses. C'est donc 
un genre fort peu distinct de ceux auquels nous l'ayons comparé. 

XX. Les Drypetes [Vahl. 1790) sout des Antidesma américains, dont 
la fleur mâle a souvent moins d'etamines que de sépales ; ainsi, avec cinq 
divisions calicinales, deux, trois ou quatre étamines; et dont la fleur fe- 
melle aun ovaire tantôt biloculaire, comme celui d'un Stilaginella, tantôt 
uniloculaire, comme celui d'un Antidesma proprement dit. 

SÉRIE M. 

I. Les Mexarda [Commerson. 1824) sont de petits arbustes africains 
à fleurs disposées eu cymes axillaires. La fleur mâle a un calice à cinq 
divisions profondes disposées dans le bouton en préfloraison quiconciale. 
un androcée de cinq étamiues superposées aux divisions du calice, dont 
les filets partent ensemble du centre de la fleur où ils sont unis par la base; 
leur portion supérieure est. au contraire, indépendante et supporte une 
anthère extrorse. à deux loges déhiscentes longitudinalement. La fleur 
femelle a le périauthe et le disque de la fleur mâle, et un ovaire à trois 
loges biovulées, superposées aux sépales 1, 2 et 3. 

On voit par là qu'un Menarda est construit sur le type 5, comme un 
Fhiggea; mais que ses étamines. au lieu d'entourer un pistil rudimen- 
taire, s'insèrent directement au centre de la fleur. 

II. Le Leptoxema (J. f/e J«s5îeH. 182/i), arbuste de Madagascar, a la 
fleur mâle construite exactement comme celle des Menarda ; mais les 
filets des étamines sont libres dans toute leur étendue et la fleur femelle 
en diffère en ce que son ovaire, au lieu d'avoir trois loges, en a cinq 
superposées aux divisions du calice. 



RECHERCHE DES TYPES. 41 

III. L'AsTERANDRA [Klolzscli, ISM) est uii Memrcki dont la fleur est 
construite sur le type 5 ou 6. Le disque, au lieu d'être formé de glandes 
libres, représente une enceinte circulaire élevée autour de l'androcée. 
■Mais c'est celui-ci qui surtout est caractéristique, en ce que ses étaniines, 
en môme nombre que les divisions du calice auxquelles elles sont super- 
posées, ont leurs anthères sessiles, toutes réunies sur une colonne cen- 
trale épaisse. La fleur femelle, sauf la structure du disque qui est sem- 
blable à celui de la fleur mâle, est celle d'un Menarda. 

IV. Le Phyllanthops[s {Scheele, 1852) que je n'ai pas eu occasion 
d'examiner, et dont on ne connaît jusqu'ici que la fleur mâle, me paraît 
être un Menarda k périantbe double. Il a en effet cinq étamines et 
un disque de cinq glandes alternes. Mais ceci ne sera vrai qu'autant 
qu'il sera bien prouvé que la plante n'a point de pistil rudimentaire 
central, car alors elle deviendrait bien voisine des Andrachne ou des 
Meineckia. 

V. Les KiRGANELiA {Jussieu, 1789) sont des arbustes de l'ancien conti- 
nent, dont la fleur mâle est construite sur le même plan que celle des 
Menarda, avec cette différence, que les étamines sont inégales; il y en a 
deux grandes, une moyenne et deux petites. Quant à la fleur femelle, 
elle est tantôt celle d'un Leptonema, tantôt celle d'un Menarda; le nom- 
bre des loges ovariennes peut même s'élever encore davantage. 

VI. Le Pleiostemon [Sonder, 1850), arbuste du Cap, est un Menarda 
sans disque pour la fleur mâle, et dont l'androcée, au lieu d'être constam- 
ment isostémoné, compte de quatre à dix étamines. La fleur femelle est 
construite comme celle du Menarda. 

VIL L'Orbicularia est un Pleiostemon américain, dont la fleur mâle a 
un calice à 5-9 divisions disposées sur deux ou trois rangées, un 
androcée de six à huit étamines, et, de plus, un disque glanduleux. La 
fleur femelle est aussi organisée comme celle des Pleiostemon et des 
Menarda. 

VIII. Les Cicca [Linné) sont des Menarda dont la fleur mâle est con- 
struite sur le type h- Ainsi leur calice a quatre divisions imbriquées; en 
dedans de celles-ci, sont quatre glandes alternes et quatre étamines 
superposées. La fleur femelle est aussi quaternaire et l'on y trouve quatre 
loges ovariennes à la place des étamines de la fleur mâle ; mais le 
pistil peut aussi être Irimère, comme celui d'un Menarda, ou pen- 
amère, comme celui d'un Leptonema. 



42 EUPHOREIACÉES BIOVULÉES. 

rX. Les Zygospermum [Thwailhes, 1855) sont des Cicca indiens, tétra- 
mères, mais qui se distinguent des précédents par l'absence du disque; 
le pistil est triloculaire. 

X. Les Phyllanthus [Linné) sont des Menarda pour la fleur femelle, 
le calice et le disque de la fleur mâle; mais l'audrocée de la fleur mâle 
est réduit à trois étamines, celles qui sont superposées aux sépales 4 et 5 
venant à disparaître. Les filets de ces étamines sont ou libres ou soudés 
dans une étendue variable. 

XL Les Agyneia [Linné] ont trois étamines et un ovaire triloculaire, 
comme celui des Phyllanthus. Mais, au lieu d'avoir les glandes du disque 
alternes avec les divisions du calice, ils ont ces glandes qui deviennent 
très larges, pétaloïdes, superposées aux sépales. 

Xn. Les Melanthesa [Blmne, 1825) sont des Phy liant litis parleur 
gynécée et leur androcée, mais ils sont complètement dépourvus de 
disque. 

XIIL LcsSauropus [Blmne, 1826), plantes indiennes, comme les Me- 
lanthesa, ont leur androcée et leur gynécée, et n'ont pas de véritable 
disque de nature axile; mais les sépales s'épaississent en se réfléchissant 
autour des organes sexuels, de manière à former autour d'eux une cou- 
ronne glanduleuse. 

XJY. Les GLocumiON [Forster, 1786) sont aussi des arbustes de l'an- 
cien continent, ayant l'audrocée triandre des Melanthesa et, comme eux, 
complétemeut dépourvus de disque. Mais le uombre des étamines peut 
s'élever jusqu'à six, et le nombre des loges ovariennes jusqu'à huit, dix 
ou plus. 

XV. Le GLOcmDiONOPSis [Blume, 1 835) est un arbuste de Java très 
voisin des Glochidion, dont il a la fleur raàle ; mais sa fleur femelle s'en 
distingue par le nombre de ses divisions calicinales et de ses loges ova- 
riennes qui n'est plus que de deux ou trois. 

XM. Les Putranjiva [Wallich, 1828) sont des arbres de Flude, ayant 
la fleur mâle d'un Phyllanthus, sauf les glandes. L'audrocée a aussi trois 
étamines ; mais ces étamines sont souvent diadelphes, d'eux d'entre elles 
se trouvant soudées, et la troisième demeurant indépendante. La fleur 
femelle a, comme cefle des Phyllanthus, un ovaire à trois loges biovu- 
lées. Mais deux de ces loges et un des ovules de la troisièuie avortent 
dans le fruit qui devient ainsi une drupe monosperme. 

XVIL Le CoMETiA [Dupetit-Thouars, 1806) a, sauf le disque, la fleur 



RECHERCHE DES TYPES. 46 

mâle d'un Cicca. Mais lo pistil est réduit à une seule loge biovulée, et 
devient charnu, indéhiscent, monosperme par avortement. C'est donc, en 
môme temps qu'un Cicca à ovaire uniloculaire, un Drijpetes à fleur mâle 
dépourvue de pistil rudimentaire et un //emicyc/w à audrocéeisostémone. 

XVIII. Les Aporosa {Bhme, 1825) sont des arbres asiatiques dont le 
calice est composé de quatre folioles, comme celui des Cicca ; mais leur 
androcée est réduit à deux étamines dont les filets libres s'insèrent au 
centre de la fleur. De même, leur ovaire est réduit à deux loges, dont une 
avorte dans le fruit. C'est donc un Cometia diandre et à ovaire bilo- 
culaire. 

XIX. Les HEMiciccAsont des arbustes du Japon dont lafleur mâle, avec 
le périanthe et le disque d'un Cicca, n'a plus que l'androcée diandre des 
ScejM, à filets staminaux libres et insérés au centre de la fleur. La fleur 
femelle est celle d'un Phyllanthus par le périanthe, le disque et le 
pistil. 

XX. Les Epistylium {Sioartz, 1786) ont aussi la fleur femelle d'un 
Phyllanthus, et leur fleur mâle est construite sur le type quatre, comme 
chez les Cicca. On trouve également quatre glandes alternes. aux sépales. 
Mais l'androcée est réduit à deux étamines qui, au lieu d'être libres, 
comme dans les genres précédents, sont soudées dans toute leur étendue, 
de manière à constituer une grosse colonne centrale. 

XXI. Les ScEPASMA [Blwne, 1825) sont des plantes indiennes dont la 
fleur mâle est tout à fait celle des Epistylium. Mais la fleur femelle en 
diffère par son pistil qui, au lieu de trois loges, en compte de cinq à huit. 
Le Scepasma est donc à Y Epistylium ce que le Glochidion est au Phyl- 
lanthus. 

XXn. Le Palenga {Thivailhes, 1856) est un arbre de Ceylan dont la 
fleur mâle serait celle d'un Hemicicca par son androcée, mais dont le 
périanthe est réduit à deux folioles auxquefles les étamines sont super- 
posées. De même, la fleur femeUe n'a que deux loges superposées aux 
deux plus extérieurs de ses quatre sépales. 



SÉRIE N. 

Les Callitriche [Linné) sont de petites plantes aqufitiques, à feuifles 
opposées et à fleurs axillaires. Leur calice a deux folioles latérales imbri- 



[\!X EUPHORBIACÉES BIOVUJ.ÉES. 

quées dans la préfloraison. L'androcée se compose de deux étamines 
alternes avec les sépales. Le gynécée comporte deux loges biovulées super- 
posées aux divisious du calice. A part le dédoublement ultérieur de ces 
deux loges. Topposition des feuilles et les cas nombreux de polvgamie 
qu'on observe dans ces plantes, un CaUHriche a les fleurs femelles d'un 
Palenga, moins deux sépales, et ses fleurs mâles, sinon que les étamines 
sont alternes aux sépales, au lieu de leur être superposées. 



ORGANOGRAPHIE ET ORGANOGÉNIE. 



ORGANES FLORAUX. 



DE LA SEPARATION DES SEXES. 

Cl'esl une opinion généralement reçue, et qu'on aurait presque mau- 
vaise grâce à combattre, que les fleurs des Eupliorbiacées sont toujours 
unisexuées, et il est vrai de dire qu'il en est ainsi du plus grand nombre. 
C'est donc avec raison qu'on regarde comme des anomalies ce que cer- 
tains auteurs ont dit de fleurs de Phyllanthées ou de Crotonées qui pré- 
sentaient les deux sexes réunis. 

Mais, de ce que la plupart des plantes de cet ordre ont des fleurs uni- 
sexuées, faut-il absolument conclure que l'hermaphroditisme ne s'y 
doit jamais rencontrer? Une idée philosophique féconde en heureux ré- 
sultats, mais qui, poussée à l'exagération, peut avoir des conséquences 
dangereuses, a voulu soumettre toutes les plantes de cette famille à une 
loi formulée d'avance. On y a vu une série de dégradations continues, 
dont on a voulu rencontrer les derniers termes; c'est ainsi que la fleur 
des Euphorbes a dû être décomposée en autant de fleurs qu'elle renfer- 
mait d'organes sexuels distincts. Telle n'était pas l'opinion des anciens 
botanistes, et d'ailleurs, nous verrons qu'il n'y avait pas ici besoin, pour 
arriver à l'extrême degré de la simplicité, d'avoir recours à cette 
décomposition artificielle. N'est-il pas tout aussi philosophique de consi- 
dérer les grands ordres naturels des plantes, comme ayant pour point de 
départ des types très élevés en perfection qui, plus loin, vont en se dé- 
gradant peu à peu; avec cette différence que, dans certains cas, le plus 
grand nombre des genres restent voisins de la perfection, et que quelques- 
uns seulement se dégradent vers l'extrémité delà série; tandis qu'ailleurs 



46 HEKMAPHRODITISME DES ELPUOBBES. 

il y a peu de genres sur les hauts degrés de Téchelle, et que la plupart 
s'accumulent, au conti'aire, sur les échelons inférieurs? 

Ainsi la grande alliance des Malvoïdes renferme généralement des 
fleurs parfaites sous tous les rapports, ce qui n'empêche pas qu'on n'y 
rencontre quelques types inférieurs, incomplets, dégradés pour plusieurs 
raisons, comme nous le verrous, mais entre autres, par la séparation des 
sexes. 

D'autre part, les Urticées, les Amentacées. constituent une série de 
plantes à flems dichnes; mais si l'on en rapproche, comme l'ont fait plu- 
sieurs auteurs et pour des motifs qui semblent péremptoires. les Ormes 
et les Micocouhers par exemple, ceux-ci ne constitueront-ils pas. au 
faîte de toute la série, un type parfait, mais presque unique, au miUeu 
dun grand nombre de types dégradés? 

Je crois donc que c'est faire une pétition de principes que de dire : 
telle famille ne renferme que des plantes diclines: donc, quand on rencon- 
trera des genres qui lui appartiennent, il faudra les réduire à l'état de 
diclinie : et. dans le cas spécial qui nous occupe, je suis arrivé h penser, 
non par le raisonnement et les déductions, mais par l'observation des 
laits qui vont être exposés, que les Euphorbiacées peuvent présenter des 
fleurs hermaphrodites. 

DE LHERilAPRODlTIS^lE DES EUPHORBES. 

Pour les pères de la botanique, les Euphorbes avaient des fleurs her- 
maphrodites situées dans l'angle de rameaux divergents : mais les idées de 
Lamarck, d'A.-L. de Jussieu, etc.. vinrent, il y a plus d'un demi-siècle, 
modifier complètement les croyances reçues jusqu'à ce jour, quant à 
l'hermaproditisme des Euphorbes. Une opinion professée par de pareils 
maîtres, fécondée par des observateurs tels que 3tM. R. Brown, Kunth. 
Rœper, étayée d'ailleurs sur des considérations théoriques nombreuses et 
puissantes en apparence, devait facilement être admise sans discussion, 
et telle elle s'est maintenue jusciu'à nos jours. 

Si, en présence d'un tel concert, ou peut oser revenir à la manière de 
voir des anciens botanistes, il faut que ce retour au passé soit appuyé sur 
une série de preuves positives et une ferme conviction, établie eu l'absence 
de théories préconçues. Je puis dire que ni l'une ni l'autre ne m'a manqué. 

Je ne pense pas que la croyance aux fleurs simples, réunies dans une 



IIlîRMAPIlRODlTISMli; DES KUPH0R13ES. I\l 

iiitloresceiicc coinauiue, ait jamais été mieux établie que dans les mé- 
moires spéciaux d'A. de Jussieu et de M. Rirper. Pour eux, il y a clicz 
les Euphorbes une intlorescence terminale accompagnée de deux ou 
plusieurs bractées latérales, à l'aisselle desquelles se développent d'autres 
inflorescences terminales de second degré, et ainsi de suite. 

Cette inflorescence est entourée d'un involucre commun, formé de cinq 
feuilles modifiées, avec lesquelles alternent autant ou un moins grand 
nombre de glandes d'une forme qui varie, suivant les espèces. Puis, au 
delà de cet involucre, le réceptacle commun de l'inflorescence se prolonge 
et porte : 

1° Cinq séries de fleurs mâles réduites à une étamine portée sur un 
réceptacle propre de forme étroite et allongée, au sommet duquel elle est 
articulée. Chacune de ces fleurs mâles a, de plus, une enveloppe, ou 
quelque chose d'analogue, soit calice, soit bractées, représenté par une 
ou plusieurs écailles de dimension et de forme variables et insérées à 
diverses hauteurs sur le réceptacle. 

2° Au centre de ces séries de fleurs mâles monandres, une fleur fe- 
melle réduite à un ovaire triloculaire, accompagné souvent d'un calice ou 
calicule, formé par trois folioles superposées aux loges ovariennes, et 
quelquefois de trois autres écailles alternes avec les précédentes. 

La première chose qui peut porter à croire que ce corps central re- 
présente, en etfet, une fleur femelle, c'est la longueur même du pédicule 
sur lequel il est porté et qui semble le rendre indépendant du reste de 
l'inflorescence. Mais comment les botanistes auxquels cette raison peut 
paraître suffisante, ne font-ils pas une fleur femelle isolée de ces pistils 
longuement pédicellés des Capparidées, des Caryophyllées ou de tant 
d'autres plantes dans lesquelles l'ovaire est porté sur ces gynophores 
d'une longueur exagérée, pour lesquels on a créé le nom de podogyne? 

Un motif qui semble, au premier abord, avoir une bien plus grande 
valeur, c'est qu'à la base de cet ovaire on trouve un calice, absent, il est 
vrai, dans un certain nombre d'espèces, par exemple dans l'Epurge, 
mais ailleurs «membraneux, appliqué contrôla base du péricarpe, per- 
sistant, lisse, vert, tantôt entier et circulaire, tantôt formant un hexa- 
gone à angles obtus, avec trois lobes superposés aux loges ovariennes et 
troisautres alternes. » 

Si nous examinons, entre tant d'autres exemples, celui que nous pré- 
sentent les Xylophijlla {pi. XX.I1), nous y trouvons à la base de l'ovaire 



48 hermjlPhbûdiiisme des euphorbes. 

ce que uoiis pourrons appeler pour un instant un calicule ffiy. 23, 25 , 
formé de sis. lobes soudés à leur pourtour et au moins aussi prononcé 
{fy. 25) que Test celui des espèces d'Euphorbe toujours prises pour types, 
quand il s'agit de cet organe, et, par exemple, de VE. palustris. D'abord, 
nous pouiToos être surpris de rencontrer ce calicule eu dedans du véri-^ 
table périanlhe, qui compte déjà six folioles: mais ce qui nous surprendra 
davantage, c'est de voir ce prétendu calicule n'exister eu aucune façon 
alors que Tovaire est déjà largement développé. L'étude organogéuique 
ftibile à faire de cette fleur, nous montrera quïl n'y a là qu'une appa- 
rence d'organe foliacés, produite par une expansion latérale de l'axe, 
laquelle a tous les caractères d'un véritable disque et dont le propre est 
de se développer seulement après les organes floraux situés au-dessus 
de lui sur l'axe. Ou serait peut-êti'e plus étonné encore d'euîeudre appeler 
calicule dans la flcm* de YJÎeuriies [pi. XII), cette enveloppe membra- 
neuse surajoutée à l'ovaire qui, partant de sa base, vient l'entourer d'un 
sac continu jusqu'à l'origine du style et qui se trouve en dedans du calice 
et de la coroUe [flg. H, d). 

Le prétendu calice de la fleur femelle des Euphorbes n'a pas d'autre 
origine, lorsqu'il existe. En suivant le développement de l'ovaire dans 
l'espèce toujours citée, TE. palustris [pi. I), on voit que cet ovaire est 
déjà complètement fermé, que le style s'est déjà développé, et qu'il n'y 
a aucune trace de calicule. Mais, peu de temps avant l'épanouissement, 
on voitle pédicelle pistillaire présenter àla base de l'ovaire un commen- 
cement de ^iîlie annulaire [fig. 25, dj qui s'épanche et s'étale 
peu à peu, devient concave supérieurement, triangulaire [fig. 26) 
et, plus tai'd encore, chacun des sommet de ce triangle s'est subdivisé en 
deux lobules bien distincts [fig. 27, 28). 

Kous allons voir que ce sont deux raisons du même ordre qui ont con- 
duit les botanistes à regai-der chacune des étamines comme constituant à 
elle seule une fleur mâle mouaudre. Cette étamiue. a-t-on dit, est portée 
sur un réceptacle à elle, base d'une fleur isolée, réceptacle sur lequel elle 
est articulée. M. Rœper qui sest fait le défenseur de cette opinion, a 
donné contre elle quelques excellents arguments, a Comment, dit-il, une 
» fleur constii^iée par une seule étamine peut-elle présenter celte éta- 
■ mine justement à son centre? Cela est aussi incroyable et contraire à 
» toute la nature des plantes, qu'une tige ou un rameau qui se termiue- 
r> rait par une feuille isolée, venant du miheu de son nœud vital. » 



I 



UERMAPHRODITISME DES EUPHORBES. /l9 

Alors, pour expliquer ce fait qu'il trouve étrange, il imagine que les 
fleurs d'Euphorbe sont toujours monstrueuses, et que la fleur normale ne 
se rencontre que clans quelques cas accidentels. Après avoir dit : « La 
» nature des fleurs mâles n'est pas, à ce que je crois, telle qu'elle se 
» montre ordinairement à nous », il ajoute : « Je crois plutôt que, comme 
» jamais un organe foliacé n'émane du centre d'un nœud vital, l'éta- 
» mine qui, chez les Euphorbes, insérée sur le pédicelle mâle, en occupe 
» par sa base tout le sommet, provient [ortum esse) de trois étamines 
» réunies, dont toutes les anthères, sauf une seule, ont disparu. » La 
singularité de l'hypothèse ne montrât-elle pas déjà un peu combien le 
fait est aventuré, l'étude organogénique serait toujours là pour répondre 
à l'illustre botaniste que jamais, à aucune époque du développement d'une 
Euphorbe, on n'a vu un de ses filets porter plus d'un vestige d'étamine. 

On peut, il est vrai, se retrancher dans cette allégation que, quelle 
que soit la position de l'étamine sur son réceptacle, celui-ci n'en est pas 
moins indépendant du reste de l'organe, auquel il sert seulement de sup- 
port, auquel il est seulement contigu, la continuité entre l'un et l'autre 
étant détruite par l'existence d'une articulation. Le filet est articulé sur 
son pédicelle, voilà un argument qui semble concluant. 

A cet argument, l'analogie et bien plus encore l'organogénie répondent 
amplement. D'une manière générale, il est dangereux de faire de deux 
portions d'un même organe, quelcju'il soit, deux organes différents, par 
cela seul qu'une articulation les sépare. Mais, pour ne se borner qu'aux 
organes floraux, qui s'est jamais imaginé, par exemple, de regarder la 
fleur d'une Alchimille comme une inflorescence , ou encore celle d'une 
Caryophyllée, parce tiu'elles contiennent des étamines dont les filets sont 
articulés en ciuelque point de leur étendue? Qui s'avisera également de 
regarder comme des organes indépendants le style et les parois exté- 
rieures de l'ovaire d'un Hura, d'un Bischoffia, et de tant d'autres plantes, 
pour m'en tenir aux seules Euphorbiacées, parce qu'une articulation se 
rencontre à la base du style? L'articulation n'est en somme qu'une mo- 
dification des tissus, c'est un changement dans la direction des éléments 
anatomiques, mais leur nature ne varie pas. Un millimètre au-dessus et 
au-dessous de l'articulation du filet staminalde l'Euphorbe, la structure 
de l'épiderme, des cellules, du faisceau vasculaire central, est tellement 
identique au moment où se produit l'articulation, que nul ne saurait 
distinguer alors l'une de l'autre la portion inférieure et la supérieure, 

4 



50 HERMAPHRODUISME DES ECTHORBES. 

C'est qu'eu effet, elles ne devieuneut articulées qu'à unecertaine époque; 
rétrauglemeut ne se produit qu'à uue période avancée de l'évolution de 
Tétamine. Sur un même faisceau androcéen, il est facile de voir [pi. I, 
fig. 16) les étamines supérieures articulées (e') ; les intermédiaires, si 
Ton peut ainsi pailer, demi-articulées (e*), et les inférieures sans la 
moindre trace d'articulation ie*). 

Que si, de plus, ou admet que le réceptacle qui doit porter un appendice 
se développe avant l'appendice lui-même, ou trouvera cependant que, 
dans la fleur monaudre dont il est ici question, on voit apparaître d'abord 
l'anthère, puis le filet toutentier, et, tant qu'il n'y a pas encore d'articu- 
lation, celui-ci est encore moitié filet et moitié réceptacle, sans qu'on 
sache où finit l'un, où l'autre commence. 

Eu rencontrcOît à la base des étamines des écailles, on en a fait, ou pour 
chacune d'elles un calice, comme ou avait fait pour la fleur femelle, ou les 
bractéesaxillantesd'une inflorescence, etquelques-uusmêmeen ont fait une 
corolle. Mais, d'une part, il y a bien desEuphorbes où, d'après ce caractère, 
la fleur n'aurait pas été monaudre : car il n'y aurait chez elles qu'une écaille 
pour plusieurs étamines, ou beaucoup moius d'écaillés que d'étamiues.et 
l'une de ces écailles aurait servi de périanthe à plusieurs pièces de l'an- 
di'océe; ou bien, s'il s'agit de fleurs nues et seulement de bractéoles, telle 
fleur est à l'aisselle d'une bractée et telle autre n'en est pas pourvue. 

L'étude organogénique, qui seule peut faire connaiti"e la véritable na- 
ture des organes.nous montre sans peine ce que sont ces écaiUes. Pi'enez 
un faisceau staminal d'Euphorbe déjà assez développé, car vous y pourrez 
compter deux, quatre, six étamines, ou même davantage; à sa base, 
vous ne trouverez rien. Ce n'est qu'ultérieurement qu'apparaissent les 
premiers rudiments de ces écaifles. Dans certaines espèces, il est vrai, 
alors même qu'elles sont peu développées, ces lamelles entourent plus ou 
moins complètement la base des étamines, elles affectent déjà une appa- 
rence foliacée ; de sorte que, si vous n'en avez pas suivi tous les dévelop- 
pements, vous pouvez voir là un périanthe, ou quelque chose d'analogue. 
Il y a d'autres espèces où cette en-eur est impossible. 

Dans ces dernières, en effet, les écailles sont, sinon à tous les âges de 
la fleur, du moins pendant une certaine période de son existence, repré- 
sentées par une seule lame alternant avec les faisceaux staminaux et im- 
plantée sur le réceptacle, entre leurs bases. Tels sont l'Épurge, le Poin- 
settia et un gi'aud nombre d'autres. Que voit-on alors (pL I) "? Bien après 



HERMAPHRODITISME DES EUPHORBES. 51 

que les étamiues se sont développées, alors que les anthères de la portion 
supérieure du faisceau sont déjà parfaitement dessinées, vous apercevez 
entre deux faisceaux, en face d'une des glandes caliciriales, un petit ina- 
melou glanduleux [fig. 12, gï) qui peu à peu s'allonge, s'aplatit {jig. l/i); 
qui plus tard pourra se diviser, se lacinier, mais qui à ce moment est 
parfaitement simple {fia. 13, là). Alors même qu'il s'est considérable- 
ment découpé à sou sommet, sa base peut rester unique [fig. 17, gl), et, 
dans ce cas, on peut, même dans la fleur épanouie, l'isoler avec quelque 
précaution des faisceaux d'étamines où s'enchevêtrent ses languettes, et 
s'assurer de sa complète indépendance, sans le secours d'aucun verre 
grossissant. 

Donc ce qu'on a appelé calicule mâle, bractée mâle, etc., est une 
saillie latérale du réceptacle, qui se développe, comme partout les disques, 
après les autres organes floraux. Ce n'est donc qu'un disque, et, si sa 
forme, ses développements ultérieurs, peuvent en imposer, ce n'est pas 
néanmoins un organe de nature appendiculaire. 

Quant au réceptacle lui-même, c'estun argument fréquemment employé 
par ceux des botanistes qui accordent une grande importance à la forme, 
que celle de ce réceptacle des Euphorbes serait tout au moins bien singu- 
lière, et que, dans les cas où le tube en est étroit et allongé, l'insertion 
périgynique des appendices floraux éloignerait considérablement ces 
plantes des Euphorbiacées voisines. Ceux-là n'ont pas observé que , 
même parmi les Euphorbiacées, il y en a, comme les Bnec?e/{a, que l'in- 
sertion périgynique des pétales oblige un classilicateur de séparer des 
Phyllanthées, où la corolle, quand elle existe, est franchement hypogyne. 
Ils n'ont pas surtout examiné la fleur d'une Euphorbe à ses premiers 
âges, alors que l'on voit les sépales naître directement sur un axe central 
convexe, et de même les étamines et le pistil. L'élongation des parties 
n'est que consécutive; c'est un de ces phénomènes de déformation, 
ou de soulèvement ultérieur, avec soudure, comme il s'en présente dans 
toutes les parties des végétaux, et sans la connaissance desquels il faudrait 
admettre que la fleur d'un Helwingia est née réellement sur le milieu 
d'une feuifle, et non à son aisselle ; ou encore, que les étamines de la 
plupart des fleurs gamopétales sont nées de la gorge même de la corolle. 
Si d'aifleurs on admet l'existence d'un involucre commun, ne restera- 
t-il pas également à s'étonner de ce fait que les fleurs naîtraient sur le 
limbe, et non à l'aisselle des bractées qui le constituent? 



5î2 HERMAPHRODITISME DES EUPHORBES. 

Aiusi l'examen organogénique se trouve ici. comme presque partout 
ailleurs, en contradiction avec Tanalogie poussée à rextrème. Sans donc 
nous en rapporter à cette dernière méthode, recherchons quelle espèce 
d'inflorescence pourrait être celle des Euphorbes, si celles-ci n'ont point 
une fleur hennaphrodite. 

Et d'abord un illustre auteur la considère comme une inflorescence 
simple. D se trouve alors placé en présence de ce dilemme : 

Ou c'est une inflorescence centrifuge et définie; les flems mâles s'y 
développent, en effet, du centre à la circonférence. Mais que faire ici de 
la fleur femelle qui devrait se montrer la première, terminant Taxe pri- 
maire de l'inflorescence, et qui n'apparaît en réahté que la dernière ? 

Ou bien c'est une inflorescence indéfinie et centripète : et, en effet, 
la fleur femelle qui est au sommet se développe après les autres. Mais 
alors comment se fait-il que les étamiues présentent un ordre dappaii- 
tion et d'évolution centrifuge? 

M. Rœper, qui a fait à la fois une étude approfondie des Euphorbes et 
les plus hem'euses recherches que nous connaissions sur les inflorescences, 
se gai'de bien d'admettre l'inflorescence comme simple, et il conclut 
qu'elle est d'une nature pai'ticulière qu'il ne définit pas: mais il prouve 
très clairement que ce n'est ni une cyme. ni une ombelle. 

AUous plus avant, et déterminons queUe sorte d'inflorescence ce pour- 
rait être. Ce serait une grappe de cymes. Cette inflorescence mixte serait 
terminée par une fleur, et sur les côtés de son axe principal il y aurait 
cinq cymes latérales scorpioïdes. On ne peut rien admettre ici de moins 
comphqué : mais en même temps il faut noter que ce sera une inflores- 
cence mixte sans aucune espèce de bractées, car nous avons montré que 
ce qu'on a appelé bractées, écaiUes, cahcules. etc., n'est qu'un ensemble 
de productions ultérieures aux prétendues fleurs simples. 

En admettant toutefois cette iutei'prétation, la seule possible, je crois, 
je dis qu'elle est inutile, et j'ajoute même quelle est dangereuse. Quelle 
est la fleur, reconnue comme teUe par tous les botanistes, qu'il ne me sera 
pas permis dorénavant de considérer comme une inflorescence "? Celle 
d'un Micocouber n'est-elle pas une inflorescence centripète simple? Le 
calice qui appai'aît d'abord, j'en puis faire un involucre, les étamines 
seront des fleurs mâles monandres, le pistil une fleur femelle. Et si je 
me décide à accepter cette interprétation bizan'e, ce sem pour les raisons 
qui font rejeter l'hermaphi'oditisme des Euphorbes, parce qu'on ne voit 



IIERMAPIIRODITISME DES EUPHORBES. 53 

pas d'ordinaire de fleurs hermaphrodites dans les plantes voisines. Mais 
les étamines ne sont point articulées dans le Micocoulier comme dans les 
Euphorbes, c'est une dissemblance. Elle n'existe plus dans les Alchimilles, 
qui ne doivent pas être considérées, par conséquent, comme ayant des 
fleurs hermaphrodites. Mais les organes sexuels, dans les Alchimilles, 
sont très rapprochés évidemment sur un réceptacle commun, unique, et 
dans les Euphorbes, au contraire, ils s'éloignent beaucoup les uns des 
autres. Passons donc aux Caryophyllées. Les différents verticilles d'ap- 
pendices floraux sont plus ou moins distants ; le pistil s'écarte des éta- 
mines ; celles-ci ont leurs fdets articulés, et à la base de ces filets il y a 
des saillies glanduleuses : donc la fleur de ces Caryophyllées est une inflo- 
rescence. 

Je n'irai pas plus loin dans ces singulières hypothèses, et cela, parce 
que l'on se rappeUe quelle fut l'énergie de la protestation des botanistes 
contre certaines interprétations introduites à propos de la fleur des Résé- 
dacées et quelques autres. Pourquoi s'étonner que ces fleurs aient été 
regardées comme des inflorescences? En les considérant comme telles, 
on n'avait pas été paradoxal ou audacieux outre mesure, mais bien con- 
séquent dans l'application de principes qui venaient de haut. 

Revenons donc, abstraction faite de toute idée préconçue, à l'étude 
organogénique de la fleur des Euphorbes {PI. I). 

L'inflorescence est disposée en cymes. A l'aisselle d'une feuille ou d'une 
bractée, on trouve une fleur accompagnée de deux ou d'un plus grand 
nombre de bractées latérales fertiles {fig. 1 et 3). 

Le calice apparaît d'abord sur l'axe, dans l'ordre quinconcial. Je crois 
avoir observé cet ordre d'apparition dans YE. Ulyrica; je ne saurais 
pourtant l'affirmer, tant l'observation de ces faits est difficile, et tant est 
rapprochée la production de ces cinq folioles. Elles deviennent eu efTet 
très rapidement connées et ne constituent plus qu'une enveloppe mono- 
phylle(^(7. 4, s). Les cinq divisions se disposent d'ailleurs ultérieurement en 
préfloraison quinconciale ; les sépales 1 et 3 sont antérieurs, et le sépale 2 
postérieur {fig.5). Exceptionnellement, l'imbrication n'est pas quincon- 
ciale ; trois des folioles sont à moitié recouvertes et à moitié enveloppées. 

Ce qui se montre immédiatement, après ces folioles calicinales, c'est 
l'androcée. Il se compose seulement dans son origine de cinq mamelons 
qui paraissent simultanément sur le réceptacle arrondi, et sont super- 
posés aux sépales [fig. h, et). Ils s'allongent rapidement et s'aplatissent 



54 HERM.\PHR0D1T1SME DES EUPHORBES. 

uu peu. puis chacun d'eux se dédouble. Un peu en dehors, à côté, et au- 
dessous du mamelon unique, il se montre une seconde saillie qui semble 
une division latérale de la première {^g. 12). 

Toutes deux sont destinées à devenir des anthères, mais la dernière se 
dédoublera bientôt de la même façon. Si elle s'est produite à droite de la 
première, elle porte bientôt elle-même une saillie latérale à sa gauche, 
rudiment d'une troisième anthère qui sera, par conséquent, justement 
sur une ligne verticale, au-dessous de la première anthère formée, et qui 
en produira une quatrième située au-dessous de la seconde, laquelle sera 
suivie d'une cinquième placée sous la ti'oisième, et ainsi de suite {fig. 13, 
14 et 15). 

Ainsi vont les étamines. se dédoublant pour former cinq faisceaux où 
l'apparition des anthères nouvelles se fait sur une ligne en zigzag, de 
haut en bas. de droite à gauche, puis de gauche à droite, puis encore de 
droite à gauche, etc. Ainsi, il se forme dans un faisceau 6, 10, 20, 30 
anthères, selon les espèces et l'activité de la végétation. Puis, à la suite 
de chaque anthère, se développe son filet qui s'articule plus tard, vers un 
certain point de la hauteur, et dans l'ordre que nous avons dit (p. 50). 

Ce n'est que lorsque plusieurs anthères sont ainsi formées dans chaque 
faisceau, qu'on voit se montrer, dans l'intervalle des divisions du calice, 
les glandes interposées qu'on a regardées quelquefois comme les vrais 
sépales, quelquefois comme des pétales [fig. 21, gr). C'est plus longtemps 
après encore, et quand le pistil contient déjà des ovules rudimentaires, 
qu'on voit, entre deux des faisceaux staminaux, dans l'intervalle de deux 
divisions calicinales, un petit mamelon unique d'abord {fig. 12, 13, gl), 
puis qui. comme nous l'avons dit, se développe ensuite rapidement, 
s'allonge eu lame plus ou moins comprimée bilatéralement {fig. 14), et 
plus tard enfin devient divisé ou lacinié d'une façon très variable, selon 
les espèces [fig. 11). 

Gynécée. — Après l'apparition des cinq mamelons qui constituent 
d'abord l'audrocée. Taxe se prolonge un peu en forme de dôme [fig. h, a). 
C'est sur lui que se développent alors trois mamelons latéraux superposés 
aux sépales 1 , 2 et 3 [fig. 5 et 20, o), et qui ne sont autres que les 
feuilles carpellaires. Ultérieurement l'axe produit au-dessus d'elles les 
ovules {fig. 23), puis, plus haut encore, le chapeau de tissu conducteur ; 
tout ce développement étant identique avec celui du gynécée du Ricin que 
nous étudierons en détail, nous ne nous y arrêterons pas ici. 



HERMAPHRODITISME DES EUPHORBES. 55 

C'est beaucoup plus tard encore, et quand il y a des ovules parfai- 
tement conformés dans l'ovaire, que, dans certaines espèces, comme 
VE. paliistris, le support de cet organe, se renflant peu à peu, au-dessous 
de l'insertion des feuilles carpellaires {fig. 25, 26 et28), commence à for- 
mer l'expansion de l'axe ou disque, que l'on a appelé calice et calicule 
de la fleur femelle. 

J'ai constaté les faits qui précèdent sur plus de trente espèces d'Eu- 
phorbes, et d'ailleurs je les avance avec d'autant plus de confiance, qu'ils 
avaient été déjà analysés avec une extrême précision par mon savant et 
excellent maître, M. Payer, dans sou Traité d'organogénie florale {p. 522 
et p/. 107). 

Si maintenant nous recherchons, dans ce précieux ouvrage, quel est 
le développement de la fleur des Malvacées, et, en particulier, du Lava- 
tera Olbia {pi. VI, /ig. 11), quelle différence trouverons-nous entre ses 
fleurs et celles de l'Euphoriîe ? Le calice ne s'y développe-t-il pas de 
même, et les étamines n'y suivent-elles pas toutes les mêmes évo- 
lutions ? Le gynécée n'apparaît-il pas aussi de la même façon, après 
l'androcée, sur l'axe floral prolongé ? Seulement l'Euphorbe n'a pas de 
véritable corolle et son axe produit des disques. Ce sera donc une fleur 
Malvacée, apétale, et dont les ovules seront tournés en sens inverse; 
mais ce sera une fleur hermaphrodite, et dont le développement n'a rien 
que de très semblable à celui de toutes les fleurs hermaphrodites. 

On peut déjà prévoir que je tirerai parti de ces faits, lorsqu'il s'agira 
de déterminer les affinités des Euphorbes. Pour le moment, j'en crois 
pouvoir conclure, avec la ferme intention d'ailleurs de reconnaître mon 
erreur, si elle m'est démontrée, que : 

L'Euphorbe a une fleur androgyne,polyandre et tricarpellée ; ce qu'on 
a nommé l'involucre est un calice gamosépale à cinq divisions; les pré- 
tendus calices des fleurs mâles et femelles sont des disques, et cette fleur, 
au lieu d'être le type le plus simpliflé et le plus dégradé de l'ordre des 
Euphorbiacées, en est au contraire le plus parfait et le plus relevé, ral- 
liant tous les autres genres aux ordres voisins dont les fleurs sont herma- 
phrodites. 

Les botanistes qui ont admis des fleurs simples groupées en 
inflorescence chez les Euphorbes se sont surtout appuyés sur la structure 
des genres placés auprès de l'Euphorbe par A. de Jussieu, et formant sa 



56 ORGAÎîOGÉNIE DU PEDILiNTHCS. 

section des Euphorbiées. Toutes les plantes qui y sont renfemiées ont ce 
caractère commun, qu'elles présentent « des flem's monoïques placées 
dans un involucre général foliacé ou calicifonne » . Au premier abord, 
l'argument semble péremptoii'e : dans un Jnthoslema, un Dalechampia, 
tout comme dans une Euphorbe ou un Pedilanlhus, il y a. dans un invo- 
lucre commun, des fleurs femelles et des fleurs mâles. Dans l'Euphorbe, 
la fleur femelle est au centre, ainsi que dans le Pedilanthus. De là, dit-on, 
riUusion de Linné, de Tournefort et de tant d'autres. Mais dans les deux 
autres senres de la section, les fleurs femelles sont sur le côté : l'illusion 
n'est plus possible et n'a plus de raison d"être. 

C'est pour ce motif qu'il est utile d'examiner avec soin la uature des 
genres de cette section. Nous verrons par là que celle-ci n'a aucune homo- 
généité, que les genres Anlhostema et Dalechampia ne sauraient être 
réunis aux Euphorbes, et que le Pedilantliusïï est qu'une forme irrégulière 
de celles-ci. 



ORG.\?^'OGEME FLOPu\LE DU PEDILAXTHUS. 

Les Pedilanlhus. séparés des Euphorbes par quelques auteurs, con- 
fondus par d'autres avec elles, sont remarquables en ce qu'ils présentent 
aussi des fleurs hermaphrodites, mais dont le périanthe seul devient 
in"égulier ; à peu près comme est, par exemple, celui des Aconits, parmi 
les Renonculacées. Les organes sexuels, au contraire, conservent une ré- 
gularité presque complète dans leur disposition. 

Ici l'examen organogénique est plus favorable encore que dans les 
Euphorbes à la démon sti'atinn de l'hermaphroditisme. pai'ce que les 
oi-ganes qui, tels que les écailles, simulent chez les Euphorbes un calice, 
ou des bractées pour lesétamines. et peuvent induire en erreur lorsqu'on 
les examine à l'état adulte, ne se présentent plus avec les mêmes formes 
et conservent entièrement l'apparence glanduleuse. 

Le périanthe se développe d'abord d'une manière successive. Trois 
sépales, dont un postérieur et deux antérieurs, apparaissent l'un après 
l'autre et se disposent eu préfloraison imbriquée. Pendant quelque temps, 
ils sont sensiblement égaux entre eux et réguhèrement disposés autour de 
l'axe, qui est jusque-là régulier lui-même. Eu dedans de ces trois grands 
sépales, il s'en développe bientôt deux autres, plus petits, alternes avec 



ORGANOGÉNIE DU PEDILANTHUS. 57 

le sépale postérieur et les deux antérieurs {pi. III, fîg. 7). Ces deux der- 
nières folioles apparaissent l'une après l'autre et se recouvrent du côté 
postérieur de la fleur. C'est alors que l'axe floral commence à se défor- 
mer singulièrement et qu'il se produit sur lui une sorte de gibbosité du 
côté de l'axe {fig. 2, g) ; sur cette saillie réceptaculaire apparaît encore 
une dernière foliole qui est alterne avec les deux avant-dernières, et 
par conséquent superposée au grand sépale postérieur qui s'est développé 
en premier lieu {(îg. 8, et 9, si). 

Ce dernier mamelon produit demeui'e toujours fort petit : je ne sais, 
d'après son apparition tardive, s'il peut être considéré comme un véri- 
table sépale ; il est tout à fait recouvert par les autres dans la préflo- 
raison {(îg. 7 et 8) et demeure toujours très petit. 

On voit par là que le réceptacle déformé, ne proéminant pas du côté 
antérieur de la fleur, ne produit plus d'appendices de ce côté, et qu'ainsi 
les trois dernières folioles dont nous venons de parler se trouvent re- 
jetées en arrière. Mais, à partir de ce moment, la fleur des Pedilanthiis 
va rentrer dans la régularité. Cinq ou six mamelons y apparaissent 
simultanément, qui représentent l'androcée; puis chacun d'eux se dé- 
double de haut en bas et alternativement d'un côté à l'autre, de manière 
à former un faisceau d'étamines tout à fait comparable à celui des 
Euphorbes {fig. 10). Plus tard, chacune de ces étamines a un filet, et 
celui-ci s'articule ultérieurement à quelque distance de son sommet 
{fig. 4) ; puis, au centre de la fleur, sur l'axe convexe et nu, il se dé- 
veloppe simultanément trois feuilles carpellaires {fig. 7, 8, et 10, ov), 
dont deux sont superposées à la portion gibbeuse du périanthe, et la 
troisième tournée de l'autre côté. Ce gynécée devient ultérieurement 
celui d'une Euphorbe, avec trois loges uniovulées et un chapeau cellu- 
leux au-dessus de chaque ovule {fig. 12, 13, et 14, ob). 

Alors seulement que l'ovaire est arrivé à un développement notable, 
dans la fossette réceptaculaire qui existe à la base du sépale gibbeux, on 
voit apparaître quatre petits mamelons glanduleux {fîg. 9, gl), dont deux 
sont situés de chaque côté de la ligne médiane, et deux plus en dehors. 
On voit qu'en somme chacun de ces organes répond à l'intervalle des 
divisions du calice. Du côté antérieur de la fleur il n'y en a pas ; c'est ce 
qui arrive le plus souvent dans les Euphorbes elles-mêmes. On ne voit 
pas ces organes glanduleux se développer considérablement en lames 
membraneuses découpées; ils demeurent à peu près sessiles, globuleux 



58 ORGASOGÉXIE DD DALECHAMPIA, 

OU réuiformes {fig. 6, gl) ; de sorte qu'ici ils ne peuvent jamais prendre 
Tapparence de bractées ou de folioles caliciuales. 

L'ovaire, sessile d'abord {fig. 10), de\ieat bientôt longuement stipité. 
Eu même temps, la partie supérieure de sou podogyue commence à se 
rentier légèrement fig. 5. (/\ et ainsi se forme un disque hypogyue qui 
prend, comme dans les Euphorbes, l'appareuce d"uu calice. 

La fleur ainsi constituée sedéveloppe à l'aisselle d'unefeuilleou bractée ; 
elle est accompagnée de deux bractées latérales ordinairement fertiles. 
L'inflorescence est donc une cyme bipare, régulière [fig. 1). 



ORGANOGENIE DU DALECHAMPIA. 

Le Cremophyllum spatulatum, Scheidwlr., n'est autre chose qu'un 
Dalechampia à feuilles simples, en apparence du moins, comme il s'en 
rencontre plusieurs espèces dans ce genre. Cependant, lorsque le genre 
Cremophyllum fut institué, ce n'est pas auprès des Euphorbes qu'on le 
plaça; on lui donna la véritable position que réclame son organisation, 
et par conséquent celle des Dalechampia; on en fit une Acalyphée. 
Cette plante est cultivée au Muséum ; elle y fleurit toute l'année. On y 
peut donc facilement constater ce qui suit {pi. ni). Un petit rameau 
florifère se développe à l'aisselle d'une feuille. 11 porte lui-même deux 
feuilles un peu modifiées quant à leur forme et à leur coloration : elles 
deviennent en même temps si rapprochées, qu'on les croirait opposées; 
mais, àleur premier âge, elles sont réellement alternes [fig. 16, et 17, bf). 
Bientôt, à l'aisselle de l'une de ces feuiUes ou bractées, apparaît un 
petit mamelon. C'est un réceptacle floral. Cinq ou six folioles calici- 
uales s'y montrent, puis un pistil triloculaire. dont nous suivrons ulté- 
rieurement l'évolution détaillée [fig. 2i;. Outre cette fleur axillaire. il 
s'en produit deux, l'une à sa droite, l'autre à sa gauche, et les trois 
constituent une petite cyme axillaire {fig. 20). En effet, l'axe qui a porté 
latéralement ces fleurs femelles se continue et se termine plus haut par 
une cyme de fleurs mâles accompagnées de bractées dont la forme et les 
dimensions sont variables (^5'. 16 et 18 i. Ainsi il y a eu réahté. dans cette 
plaute, non un involucre commun, mais deux iuvolucres superposés : 
l'un formé par deux feuilles, à l'aisselle de l'une d'elles sont les fleurs 
femelles; l'autre par plusieurs bractées, à l'aisselle desquelles sont les 



ÉTUDE DES ANTHOSTEMA. 59 

fleurs mâles ; mais les premières sont situées au niveau d'un nœud vital 
inférieur du rameau florifère. Quand nous étudierons l'inflorescence des 
Jnabœna, Plukenelia^ etc., nous ojjserverons tout à fait la même dispo- 
sition : une cyme femelle en bas, des cymes mâles eu haut d'un axe 
commun; mais, dans les Dalechampia, la portion de l'inflorescence qui 
porte les fleurs mâles est définie ; voilà toute la difl'érence. 



ETUDE DES ANTHOSTEMA. 

- A. de Jussieu considérait la structure de VAnthostema senegalense 
comme très utile pour expliquer l'inflorescence des Euphorbes. Selon 
lui, dans l'un et l'autre de ces deux genres, un involucre commun ren- 
ferme les fleurs des deux sexes, mais avec cette différence que la fleur 
femelle, au lieu d'occuper, comme dans l'Euphorbe, le centre de l'in- 
florescence, ce qui peut la faire considérer comme le pistil d'une fleur 
unique, est au contraire, dans YAnthostema, située sur un des côtés de 
l'involucre, et ne peut plus être regardée, par conséquent, comme le 
gynécée d'une fleur hermaphrodite. Au premier abord, l'argument 
semble convaincant; mais il faut avouer aussi qu'un examen attentif de 
cette plante conduit à des résultats tout à fait opposés. UJnthostema ne 
prouve pas plus en faveur du morcellement de la fleur des Euphorbes 
que le Dalechampia. C'est une plante qui n'a rien de commun avec les 
Euphorbes et qui n'appartient pas à la même section qu'efles, comme 
d'ailleurs le Dalecham'pia et YAnthostema complètement connus, n'ap- 
partiendraient pas non plus, pour A. de Jussieu, à la même section; 
avec des matériaux plus complets, avec l'étude du développement, il 
aurait classé YAnthostema parmi ses Hippomanées, comme \q Dale- 
champia parmi ses Acalyphées. 

L'étude organogénique, même incomplète, est ici, comme partout, 
d'un grand secours. Ehe n'est guère possible sur les échantillons &'An- 
thostema senegalense que possèdent les herbiers de Paris. Les fleurs y sont 
en elfet trop avancées et presque toutes recueillies lors de l'épanouisse- 
ment. Mais il n'en est pas de même sur ceux d'une seconde espèce de 
ce genre, très beUe et très intéressante, de l'herbier Dupetit-Thouars 
{Sapium, Decsne mss.), et qu'en raison de sa provenance je désignerai 
sous le nom d'A. madagascanense. 



60 ÉTUDE DES i!ÎTH05TEMA. 

LesAnthosleiîia sont des végétairs ligneux à rameaux glabres, à feuilles 
alternes, lisses, entière, à nervures pennées, réticulées ; leur pétiole 
très court est accompagné à sa base de deux petites cicatrices que je 
pense être celles de stipules latéi-ales caduques. Le limbe, dans des 
feuilles de Y^. senegalense, est ovale-aigu; dans XA. madagascariense, 
il est plus alloDgé et \?a en s'atténuant vers la base, tandis que son 
sommet est plus arrondi, plus obtus. Les bords de ce limbe, surtout 
dans la dernière espèce, sont légèrement réfléchis vers la face inférieure. 

Dans VJ. senegalense, il y a des rameaux qui portent des fleurs à 
laisseUe de toutes leurs feuiUes. Dans Y A. madagascariense. les inflo- 
rescences se rencontrent surtout à Taisselle des feuilles extrêmes des 
rameaux, ou même elles semblent terminer ceux-ci. Chacune de ces 
inflorescences a un axe simple d'abord, puis divisé, et chaque division, 
simple ou ramifiée elle-même, naît à Taisselle de petites bractées ou 
écaifles alternes enti'e elles et parfois subopposées. 

Les divisions ultimes de cet axe de l'inflorescence portent à leur ex- 
trémité un petit bouquet de fleurs qu'A, de Jussieu a nommé capitule, 
et dont un seul va nous occuper désormais, puisque tous sont semblables 
enti"e eux. 

A. de Jossien a décrit et représenté dans chacun de ces capitules : 
l' un involucre commun, 2° un involucre propre pom' les fleurs mâles, 
S" les fleurs mâles elles-mêmes terminales, et h° la fleur femeUe latérale. 
Examinons successivement ces diiférentes parties [pi. T;. 

1* Ce qu'A, de Jussieu appelle le capitule est supporté par un axe 
commun qui s'épaissit un peu au niveau de l'insertion des fleurs [fig. \,a). 
Get axe porte d'abord l'involucre commun. Celui-ci c&i, dit le même 
auteur, profondément bilobé, et chacun de ses lobes porte en dedans 
une petite glande à sa base. Si l'on examine les choses de près, il est 
facfle de voir que les deux lobes de cet involucre sont deux bractées 
presque opposées, mais qui ne sont pourtant pas toujoure exactement 
au même niveau ijig. 1, 6). Ces bractées n'entourent pas l'axe com- 
plètement; eUes ne méritent guère le nom d'involucre, et sont sem- 
blables à celles dont sont recouverts plus bas les axes de rinfloresceuce. 
Elles lai^ent les unes et les autres, lorsqu'elles tombent, des cicatrices 
qa'oD anrait tort de prendre pour des articulations. Ce qui prouve d'ail- 
leurs clairement qu'il ne s'agit ici que de feuiUes modifiées portées laté- 
ralement par l'axe, c'est que ce qu'A, de Jussieu appelle une petite glande 



ÉTDDE DES ANTHOSTEMA. " 61 

située en dedans de rinvolucre n'est autre chose qu'un bourgeon axil- 
laire composé de plusieurs écailles {bn). 

2° L'involucre propre des fleurs mâles est, dit-on, multilobé, et ses 
lobes sont environ au nombre de huit et dissemblables. Il y a là erreur 
quant au nombre et quant à la nature des parties. 

L'axe commun porte, quand il est jeune, des bractées latérales à peu 
près également distantes. Il n'y en a en général que quatre ou cinq 
{pg. 1, et 2, b'). Ce sont les bractées mères des inflorescences mcàles, 
c'est-à-dire que les fleurs mâles vont se développer à leur aisselle. Mais 
elles ne sont pas terminales ; elles se produisent sur les côtés de l'axe, et 
celui-ci se continue au-dessus d'elles pour se terminer par une fleur 
femelle {/îg. 1, «). Lorsque cette fleur femelle terminale est un peu 
avancée eu développement, elle s'incline en dehors et vient se placer 
entre deux des bractées mères des inflorescences mâles. Celles-ci récipro- 
quement se développent davantage de l'autre côté {b). Or, cette légère 
inclinaison n'est paslaseule modification que subissent les bractées mâles. 
Leur base s'épaissit latéralement, comme dans les Sapium, les Excœ- 
caria, les Sebastiania, etc., comme dans tous les genres voisins, et 
devenant en même temps glanduleuse, forme de ces appendices qu'on 
pourrait appeler stipulai res. 

Ce sont ces corps qu'on a considérés comme des lobes dissemblables 
de l'involucre [flg. 1, gï). De même que dans les genres que nous venons 
de citer, une bractée peut d'ailleurs ne porter qu'un de ces appendices 
latéraux ; le plus souvent elle en a deux {fig. 2, 6'). 

S° Les fleurs mâles sont disposées en cyraes à l'aisselle des bractées 
dont la description précède. Chaque fleur mâle y est accompagnée de 
bractées latérales; mais, le plus ordinairement, une seule de ces der- 
nières est fertile, et il en résulte que les petites cymes que forment 
les fleurs mâles sont unipares [fig. 1, b''). De là l'âge différent de ces 
diverses fleurs dont l'évolution est centrifuge. 

A son premier âge, chacune de ces fleurs mâles est représentée {fig. 3 
et h) par un petit axe ou pédicelle {ped) qui porte bientôt un calice rapi- 
dement développé [caV). Ce cahce est surmonté d'un petit mamelon 
qu'il enveloppe {fig. h, et), et qui deviendra bientôt une anthère sessile 
d'abord, puis munie d'un filet {fîg. 3, /"). L'opinion de M. Brown, que dans 
une fleur comme celle dont nous parlons, il y a pour supporter l'anthère 
une colonne dont la moitié inférieure est un réceptacle ou un pédicelle, 



62 ÉTUDE DES ANTUOSTEMA. 

se trouve donc ici complètement vérifiée, et le fait ne ressemble en rien, 
comme on le voit, à ce qui arrive pour les Euphorbes. Bientôt les loges 
de l'anthère se dessinent. C'est alors seulement que le pédicelle de la 
fleur s'articule au-dessous de la base du calice {fig. 3, art). Jusqu'alors 
il n'y avait pas trace de cette articulation qui se produit ici, -comme sur 
les pédicelles de beaucoup d'autres fleurs appartenant à cet ordre, 
comme les Siphonia, les Codiœum, le Cremophyllum, etc. Dans VA. ma- 
dagascariense, l'anthère semble à peu près terminale ; dans V^. sene- 
galeuse, elle est d'ordinaire un peu plus latérale et ressemble davantage 
pour sa position à celle du Dalemberlia. 

li° La fleur femefle n'est pas en réalité latérale. Elle termine l'axe 
avant que les inflorescences mâles se soient déjetées d'un côté, et elle de 
l'autre {fig. 1 et 2). Elle a un calice gamosépale campanule à trois divi- 
sions ou plus, souvent inégales. Or, ce calice n'est nullement compa- 
rable au calice des Euphorbes, et en particulier à celui de YE.palustris. 
Il est déjà extrêmement développé {/îg. 5, cal) quand l'ovaire ne com- 
mence qu'à paraître. Ceci est un vrai calice, et non un disque hypogyne. 
L'ovaire compte trois loges qui sont ordinairement superposées aux 
sépales; elles sont uniovulées et sont surmontées d'un gros style ressem- 
blant par sa forme à celui des Actinostemon. Sa partie postérieure se divise 
en trois branches bilobées et stigaiatiques à leur face interne [fig. \,st). 
L'ovule et son obturateur présentent des particularités sur lesquelles 
nous aurons à revenir. 

Les conclusions de ce qui précède sont pour moi les suivantes : 

1° L'axe qui porte un capitule floral dans VAnthoslema ne ressemble 
en rien au réceptacle central de la fleur d'une Euphorbe. 

2° Ce qu'on a appelé l'involucre commun n'est autre chose qu'une 
paire de feuilles modifiées subopposées, ayant chacune un bourgeon à 
leur aisselle. 

3° L'inflorescence de V Anthostema est définie ; la fleur femelle 
la termine , et latéralement il se développe à l'aisselle de brac- 
tées biglanduleuses , des cymes ordinairement scorpioïdes de fleurs 
mâles. 

4° Le calice de la fleur femelle est réellement un calice. Il se dé- 
veloppe avant le pistil, et il n'est pas une expansion discoïde de l'axe, 
comme il s'en produit après l'ovaire dans certaines Euphorbes. Sous ce 
rapport, il n'y a donc pas de comparaison à établir. 



INFLORESCENCE. 63 

5° L'involucre « propre des fleurs mâles » est un ensemble de bractées 
latérales à l'aisselle desquelles se développent les cymes màlès. 

6° Les lobes « dissemblables de l'involucre mâle » sont les appendices 
glanduleux de ces bractées cpii rappellent les stipules et se retrouvent 
chez toutes les Sapiées. 

T Le calice delà fleur mâle est un véritable calice, car il se développe 
avant l'androcée, ce qui est l'inverse de ce qu'on observe chez l'Eu- 
phorbe, où le développement des étamines précède de beaucoup celui 
de leurs bractées basilaires. 

8° La fleur mâle réduite à une anthère est très analogue à celle des 
Pachystemon, des Jlgernonia, des Ophthalmoblapton, etc., etc. 

9° Les Anthostema appartiennent à un groupe très voisin de celui des 
Sapium; leur raonandrie réeUe, leur inflorescence centrifuge et leurs 
cymes mâles unipares leur y créent une place distincte. 



INFLORESCENCE. 

Il est important d'étudier l'inflorescence d'une manière générale, 
surtout dans un groupe de plantes à fleurs diclines, pour faire voir les 
rapports de position qu'aff'ectent les organes des deux sexes. La descrip- 
tion de chaque genre devant comporter des détails particuliers, il ne 
s'agira guère ici que de faits d'ensemble. 

Cette question de la disposition des fleurs sur la plante est générale- 
ment bien connue quant aux faits. Malheureusement, les mots employés 
pour les exprimer sont insuffisants dans bien des cas, parfois même dé- 
fectueux, et, sous ce rapport, on doit considérer comme louables les 
efforts tentés pour épurer le langage botanique. Pour moi, convaincu 
que l'abus des mots ne peut qu'obscurcir notre science, et, parla même, 
la discréditer, je n'en emploierai ici qu'un très petit nombre : celui de 
grappe et celui de cyme, comme les entendent M. Rœper et A. de Saint- 
Hilaire. Quand les fleurs en seront sessiles, j'y substituerai les expres- 
sions à'épi et de glomérule. Toutes les fois qu'il s'agira d'inflorescences 
composées ou mixtes, afin d'éviter toute confusion, je ne leur donnerai 
pas de nom, je les décrirai. 

Si l'on admet que les fleurs du genre Euphorbe sont hermaphrodites, 
leur inflorescence n'est plus une réunion de fleurs mâles monaudres 



64 INFLORESCENCE. 

enveloppées avec une fleur femelle dans un involuere commun ; mais 
elle devient une véritable cyrne. Ainsi, nous trouvons une fleur termi- 
nale à l'extrémité d'un rameau, et. au-dessous d'elle, deux feuilles ou 
bractées généralement opposées, lesquelles sont fertiles ; car à leur ais- 
selle se développe uue fleur plus jeune accompagnée elle-même de deux 
fleurs de troisième génération, et ainsi de suite. Souvent il n'y a pas 
seulement deux bractées au-dessous de chaque fleur, mais un verticifle 
de trois, quatre bractées, ou plus, lesquelles étant toutes ferliles. con- 
stituent une cyme tri-quadripare, etc. Ces bractées verticillées repré- 
sentent ce qu'on a appelé rinvolucelle. Ailleurs une semblable cyme se 
rencontre, non à l'extrémité d'un rameau, mais à l'aisselle d'une feuille ; 
aiUeurs encore, un certain nombre de bractées dans l'involucelle de- 
meurent stériles et rendent l'inflorescence irrégulière ; mais, dans tous ces 
cas, il s'agit toujours d'une cyme, disposition qui est de beaucoup la plus 
fréquente, non-seulement dans l'ordre des Eupborbiacées, mais encore 
dans tout le règne végétal. 11 est même vi'ai de dii'e que, dans uu très 
grand nombre de végétaux, l'inflorescence en grappe ou en épi n'est 
qu'un dérivé de l'inflorescence dite indéfinie. 

Si, en effet, nous observons un Pedilanthus. qui, comme nous l'avons 
vu, n'est qu'un Euphorbe à périanthe in'éguUer, nous y pouvons sou- 
vent trouver une fleur solitaire à l'aisselle d'une bractée. Mais cette fleur 
sera d'ordinaire accompagnée de deux bractées latérales, et souvent 
encore ces deux bractées fertiles porteront à leur aisselle une fleur de 
seconde génération. La véritable inflorescence du Pedilanthus sera donc 
une cyme bipare. 

Si donc, dans le cas qui précède, on crovait, eu voyant plusieurs 
bractées se succéder, ayant chacune une seule fleur à leur aisselle, avoir 
affaire à une véritable grappe simple, on serait dans l'erreur. Ce n'est 
pas que le groupe des Eupborbiacées n'en présente point normalement. 
Il y a des genres dont l'inflorescence est une grappe, mais il y en a peu. 
Chaque fleur y est soUtaire à l'aisselle d'une bractée. Mais chez combien 
aussi ne voit-on pas une petite fleur latérale arrivant parfois à un dé- 
veloppement fort incomplet ou fort tardif, se montrer sur le côté de la 
fleur axillaire principale "? C'est une fleur solitaire qui tend à être rem- 
placée par une petite cyme. 

Le Codiœum est indiqué comme avant ses fleurs femelles disposées en 
épis. Mais les côtés de chaque fleur isolée en un point de l'axe commun 



INFLORESCENCES SIMPLES'. 65 

de rinflorescence portent deux petites bractées latérales stériles {pi. XVI, 
fig.TI, h). Ces bractées deviennent fertiles dans l'inflorescence mâle, 
et alors l'axe, au lieu de porter des fleurs solitaires, est chargé de petites 
cymes. Quoique l'inflorescence doive être désignée, suivant les principes 
reçus, par des dénominations différentes, n'est-elle pas cependant, en 
réalité, la même dans les deux sexes ? 

J'ai dit que les vraies grappes et les vrais épis étaient rares chez les 
Euphorbiacées; on en peut rencontrer des exemples dans les genres 
Jrgylhamnia et Chiropetahim. Ailleurs l'inflorescence indéfinie se ren- 
contre d'une manière aussi certaine, mais avec quelques modifications 
de forme, plus apparentes que réelles. Ainsi \e Crotori umbellalum, W., 
qui n'appartient certes pas aux Croton, et pour lequel je propose d'éta- 
blir le genre Blachia, a tiré son nom spécifique de l'apparence de son 
inflorescence ; à l'âge adulte, elle semble être une ombefle. Toutefois 
l'axe principal n'y est pas entièrement contracté. En l'examinant jeune, 
on le voit porter ses fleurs latérales notablement distantes l'une de 
l'autre ; c'est une véritable grappe. De môme le Poranlhera corymbosa 
aurait, pour les uns, une inflorescence en corymbe ; pour les autres, des 
fleurs solitaires axillaires. Si nous examinons le sommet de ses rameaux, 
nous trouvons d'abord des feuilles alternes assez rapprochées, ayant cha- 
cune une fleur à leur aisselle {pi. XXV, fig. 9) ; la dernière opinion 
émise semble prévaloir. Mais bientôt les feuilles diminuent détaille, elles 
deviennent des bractées, et à l'aisselle de chaque bractée il y a toujours 
une fleur. Mais tout à fait en haut, bractées et fleurs sont tellement rap- 
prochées, qu'il n'y a plus qu'un seul bouquet de fleurs en corymbe, ce qui 
fait que la première des deux opinions l'emporte. Faudra-t-il alors, dans 
l'indication du mode d'inflorescence, distinguer du corymbe général, les 
fleurs axillaires des feuilles qui ne sont pas encore transformées en 
bractées ? Personne n'y songera ; donc la disposition sera ici la même 
que dans certaines Labiées, où le glomérule axillaire est accompagné à 
sa base, ici d'une feuille, plus haut d'une bractée. Que l'on discute aussi 
longuement qu'on voudra sur les termes à employer, le fait est toujours 
le même, la nature de l'inflorescence ne diffère pas au fond de celle du 
Blachia. 

L'inflorescence définie peut être facilement méconnue, dans certains 
cas où le nombre des fleurs y est peu considérable et où l'on n'a pas eu 
occasion d'en suivre l'évolution. Cette erreur est plus facile encore avec 



66 INFLUENCES MIXTES. 

les infloi'escences définies qui deviennent irrégulières, insyuiétriques, et 
parfois même se déforment. Ainsi, dans les Croton, les petites cynies 
axillaires échelonnées sur un rachis commun, bipares d'ordinaire, peu- 
vent devenir scorpioïdes {pi. XMII, fig. 1, 2). Les Crozophora, les 
Micranthea cultivés à Paris, offrent parfois la même particularité. 

On peut d'avance s'attendre à trouver chez uue Euphorbiacée des in- 
florescences mixtes : les cymes régulières ou irrégulières s'échelonnent, 
sur un axe commun, pour former un épi dit composé. Mais cela est sur- 
tout vrai pour les fleurs mâles; les femelles, beaucoup moins abondantes, 
sont bien plus fréquemment solitaires à l'aisselle de leur bractée : rap- 
pelons que, dans ce cas , la présence de deux bractées latérales stériles 
indique la tendance générale vers une inflorescence indéterminée. Ceci est 
même vrai pour des fleurs en apparence solitaires. Tous les Manihot ont des 
fleurs en cymes, et, dans celles-ci, la fleur centrale est d'ordinaire femelle. 
Or il est une espèce du genre qui peut se présenter avec une fleur femelle 
solitaire. Cette fleur représente une cyme; au-dessous d'elle il y a quel- 
ques petites bractées latérales, qui sont stériles dans ce cas particuher, 
et qui, normalement, auraient porté des fleurs plus jeunes à leur aisselle. 
Dans un grand nombre d'Euphorbiacées à loges ovariennes biovulées, 
il est très difficile, sinon impossible, de déterminer, sur une inflorescence 
adulte et desséchée, la véritable disposition des fleurs. Celles-ci, quoique 
d'âge différent, se développent cependant avec assez de rapidité, pour 
être épanouies presque toutes en même temps, et elles forment, à l'aisselle 
d'une bractée ou d'une feuille, une masse dont l'agencement parait très 
incertain. C'est ce que les auteurs appeUent d'ordinaire des fleurs fasci- 
culées ou groupées, sans plus ample indication , confondant sous ces 
noms vagues la grappe ou l'épi et la cyme contractés. Toutes les fois 
qu'on peut étudier le développement des inflorescences chez ces plautes, 
on trouve qu'elles forment des cymes. généralement très régulières, mais 
avec une succession très rapide des fleurs de difl'érentes générations. 
Dans lesXylophylla, les EuphyUanthus,ipa.v exemple, on voit apparaître 
d'abord une fleur, le plus souvent femelle, puis latéralement deux fleurs 
mâles, puis deux autres fleurs mâles aux côtés de celles-ci, et ainsi de 
suite. Cependant il peut y avoir dans une semblable cyme deux ou plu- 
sieurs fleurs femelles: ce sont toujours les premières qui se produisent. 
Cela est uue règle générale parmi les Euphorbiacées : la fleur femelle 
(ou les fleurs femelles), dans celles de ces plantes qui sont monoïques, 



POSITION RELATIVE DES SEXES. 67 

apparaît avant les fleurs mâles, ce qui semble être eu rapport parfait 
avec les nécessités de la fécondation. N'est-il pas d'abord naturel que les 
fleurs femelles préexistent, pour être préparées à recevoir le pollen de la 
fleur mâle, quand celle-ci s'épanouira ? En outre, leur développement 
antérieur leur assigne dans l'inflorescence, quelle que soit celle-ci, une 
position favorable à l'imprégnation. 

Que s'il s'agit, par exemple, d'une inflorescence indéterminée, en épi 
ou en grappe simple, comme dans \esChiropetalum, les Argythamnia, la 
fleur femelle, étant la première développée sur l'axe de l'épi, en occupe la 
base, tandis que les fleurs mâles, développées plus tard sur des points 
plus élevés de cet axe, laisseront facilement tomber le pollen sur les stig- 
mates. De même, en général, et sauf les exceptions qui vont nous occuper 
plus loin, si l'épi est composé de cynies, comme dans les Stillingia, les 
Omalanthus, les Cnemidostachys, etc., la fleur femelle occupe la base de 
l'inflorescence totale. De même encore, quand il s'agit de fleurs solitaires 
à l'aisselle des feuilles, la règle est que les femelles se trouvent à l'aisselle 
des feuilles inférieures, les mâles à l'aisselle des feuilles plus élevées. 

Qu'il s'agisse , au contraire , d'une inflorescence déterminée, d'une 
cyme, comme dans \esJalropha, les Jleuriles, les Phyllanlhus, etc., etc., 
on trouvera la fleur femelle au centre de l'inflorescence, dans la dicho- 
tomie; elle y apparaît la première et elle termine l'axe principal de 
l'inflorescence; autour d'elle, et généralement placées plus haut, s'épa- 
nouissent en couronne les fleurs mâles qui sont de seconde, de troi- 
sième, etc., génération, et là encore la femelle est favorablement située 
au milieu des mâles pour recueillir le pollen qui en émane. Dans les 
Trigonostemon, cette prévoyante disposition se perpétue, pour ainsi dire, 
à tous les échelons d'une longue inflorescence. Sur un rachis commun 
se superposentun grand nombre de petites cymes habituellement triflores. 
La fleur centrale, terminale, est une femelle, flanquée de deux petites 
fleurs mâles latérales. 

L'inflorescence du Ricin et celle de quelques autres genres où l'on 
trouve une fleur femelle terminale au bout d'un épi ou d'une grappe, 
contredisent d'abord, à ce qu'il semble, la disposition générale que pré- 
sente tout cet ordre et qui semble si favorable à l'évolution physiologique. 
Le Ricin, en effet, porte sur un axe commun, à droite et à gauche, infé- 
rieurement des fleurs mâles, et supérieurement des fleurs femelles. Ce- 
pendant l'inflorescence du Ricin n'est pas une grappe simple, et il y a 



68 FLEURS FEMELLES TERMIXALES. 

uu niveau où elle montre entièrement rétablie la loi qu'elle semblait 
violer. Les fleurs sont, en efiet, disposées eu petites cymes insérées sur un 
axe indéfini: cymes mâles en bas. cymes femelles en haut. Mais souvent, 
à l'endroit où se fait sur l'axe le passage d'un sexe à l'autre, il se ren- 
contre une ou quelques cymes mixtes. En examinant celles-ci. on voit 
qu'elles sont teiminees par une fleur femelle centrale et que les fleurs 
latérales sont toutes mâles. 

Les plantes que j'ai citées avec le Ricin, comme présentant une 
fleur femelle au bout de la grappe ou de l'épi qu'elles portent, sont 
principalement le Pycnocoma. X Aslrococcus et le Telogyne. à propos 
desquels il est nécessaire d'entrer ici dans quelques détails orgauogra- 
phiques. 

Lorsque 31 . Beutham établit son genre Pycnocoma, il avait sous les 
yeux une plante dont la longue iuflorescence, composée uniquement de 
fleurs mâles, se terminait par une fleur femeUe. C'est ce qui arrive 
souvent aussi pour les espèces du même genre que j'ai eu occasion 
d'observer. Mais il peut se faire qu'il y ait aussi des fleurs femelles laté- 
rales: ceUes-ci rentrent alors dans la loi commune, elles sont au centre 
de petites cymes dont les fleurs mâles occupent la périphérie. Quant à 
la fleur terminale femelle, ou elle est isolée, et contrevient alors à la loi 
générale, ou bien eUe constitue efle-même le centre d'une petite cyme, 
et rentre dans la règle ordinaire. 

Les Aslrococcus ont aussi pour inflorescences des cvmes pauciflores se 
succédant sur un rachis commun. Les cymes inférieures sont formées 
uniquement de fleurs femelles et souvent réduites à une seule de ces 
fleurs: les cymes supérieures sont entièrement composées de fleurs mâles, 
et, entre les deux, il y a d'ordinaire quelques cymes triflores, dont la 
flem" terminale est femelle, dont les deux latérales sont mâles. Mais ce 
qui rapproche cette inflorescence de celle des Pycnocoma, c'est qu'il peut, 
en outre, exister une fleur terminale femelle au sommet de toute l'inflo- 
rescence. Notons en passant que, dans l'un et l'autre de ces genres, cette 
fleur terminale peut prendre un grand développement et présenter un 
périanthe dont le nombre des divisions atteint jusqu'au double de celui 
des autres fleurs femelles. 

Dans le Telogyne. le fait est encore le même: seulement je n'ai jamais 
vu que des fleurs mâles tout le long de l'inflorescence, et la fleur fe- 
melle terminale était unique. 



INFLORESCENCE RELATIVE. 69 

A ces quelques exceptions près, et souvent elles rentrent, jusqu'à un 
certain point, dans la règle, on pourrait dire, si l'on voulait établir une 
loi ^■énérale, (juant à la disposition relative des fleurs des deux sexes dans 
les inflorescences des Euphorbiacées : 

1° Que dans l'inflorescence déterminée, la fleur femelle est centrale 
et les fleurs mâles périphériques; 

2° Que dans l'inflorescence indéterminée, les femelles sont inférieures 
et les mâles supérieures. 

Constituées sur ce plan général, les inflorescences peuvent affecter 
des positions différentes, par rapport aux tiges sur lesquelles elles sont 
portées ; elles peuvent être ou terminales, ou latérales. 

Je dis latérales, et non axillaires, parce qu'il y a quelques plantes qui 
portent leurs fleurs plus ou moins loin de l'aisselle d'une feuille. Tantôt 
les fleurs situées sur le bois étaient à l'aisselle d'une écaille dont on 
retrouve la cicatrice ; tantôt, au contraire, on n'en peut reconnaître de 
trace; l'inflorescence sort d'un bourgeon adventif. C'est ce qui arrive 
quelquefois pour les Mosinna, pour les Hemicyclia, certains Cicca, le 
Cluijlia semperflorens, Roxb. C'est ce qui caractérise toujours les fleurs 
mâles de VAngostylcs. Tandis que ses fleurs femelles sont placées au 
sommet des jeunes rameaux, les mâles sortent solitaires, ou en petit 
nombre, de l'écorce des branches plus âgées, où l'on a d'abord quelque 
peine à les trouver. Mais ce sont là des faits exceptionnels parmi les 
plantes que nous étudions. 

L'inflorescence axillaire proprement dite est celle qui se rencontre le 
plus souvent. Telle est très fréquemment celle des Euphorbiacées di- 
spenses; telle elle est encore réellement dans plusieurs genres où on l'a 
citée comme terminale. Ainsi pour certains Codiœnm : si l'on observe la 
plante en végétation, on voit que d'abord l'axe de l'inflorescence fort 
développé, semble occuper l'extrémité du rameau ; mais bientôt celui- 
ci s'accroît à son tour et rejette l'inflorescence sur le côté. 

Ce n'est pas qu'il n'y ait fréquemment aussi des inflorescences réelle- 
ment terminales, comme dans certaines Jatrophées et Sapiées. Mais il 
arrive le plus souvent alors qu'une plante porte à la fois des inflores- 
cences terminales et axillaires. Un Jcalypha, par exemple, a d'abord sa 
tige terminée par une inflorescence, puis de l'aisselle des feuilles, situées 
au-dessous, partent plus tard des inflorescences plus jeunes, qui peuvent 
se produire ainsi, en descendant jusqu'aux premières feuilles que la tige 



70 IXFLORESCEXCE MASQUÉE. 

aura produites, même jusqu'aux feuilles cotylédonaires, comme la Mer- 
curiale annuelle nous en offrira un singulier exemple. 

Sans parler ici de toutes les modifications que peuvent présenter ces 
inflorescences, ce qui appartient à la description des genres, je ne puis 
abandonner cette portion du sujet sans montrer comment la nature se 
joue à chaque pas de nos classifications, et comment l'inflorescence ter- 
minale a souvent ici des passages insensibles vers l'inflorescence axil- 
laire, et réciproquement. 

Un Amanoa, par exemple, étant décrit avec raison comme ayant des 
épis terminaux composés, dans lesquels un axe simple ou ramifié est 
chargé de petites cymes ou glomérules alternes, combien de fois n'ar- 
rive-t-il pas que les bractées axillantes de ces glomérules deviennent de 
grandes feuilles, et qu'alors nous n'ayons plus que des cymes qu'il faut 
nécessairement décrire comme asillaires? 

L'inverse n'est pas moins fréquent. Les Briedelia ont pour inflores- 
cences de petites cymes situées à l'aisselle des feuilles. Mais voici tout un 
rameau sur lequel les feuilles s'arrêtent dans leur développement, restent 
de petites bractées, et l'inflorescence alors devient terminale, comme elle 
est normalement dans les Amanoa. Dans le Cleistanthus polyslachyus, 
Hook. f. , qui n'est qu'un Briedelia, le fait se présente constamment, et 
l'inflorescence terminale consiste en un axe ramifié chargé d'un grand 
nombre de glomérules. 

C'est pour la même raison que les Phyllanthiis, dont l'inflorescence 
normale consiste en cymes axillaires, viennent à porter, dans certaines 
espèces, des grappes terminales; et c'est pour cela que l'inflorescence, 
qui passe si facilement dans un même genre de la situation terminale à 
la position axillaire, l'inflorescence relative, comme on l'a appelée, ne 
saurait être considérée que comme étant d'une valeur fort secondaire, 
lorsqu'il s'agit de la déhmitation des genres. Aussi faut-il, à plus forte 
raison, ne point accorder dans la classification une valeur réelle aux 
apparences dues à un inégal développement des parties, ou à une dévia- 
tion qui masque les véritables rapports des inflorescences ou de leurs 
éléments. Au premier abord, par exemple, un Maprounea présente une 
fleur femelle portée par un grand pédicelle sur le côté duquel est un petit 
épi de fleurs mâles : la réalité est que, dans l'origine, un axe commun 
porte sur ses côtés, d'abord une fleur femelle, puis, au-dessus d'elle, des 
glomérules de fleurs mâles; mais ces dernières sont très petites, sessiles, 



FAUSSE dichotomie; 71 

tandis que la fleur femelle devient un gros fruit dont le pédicelle se renfle, 
s'allonge, et, par usurpation, comme on l'a dit, déjette latéralement le 
reste de l'inflorescence commune. Le même fait se présente chez les 
Cephalocroton, les Adenochlœna, etc. Nous avons longuement insisté sur 
un déplacement analogue qui se produit dans les Jnlhostema (p. 22). 

Ailleurs ce n'est pas seulement une portion de l'inflorescence qui est 
ainsi déplacée, c'est l'inflorescence tout entière. Dans ces cas, de ter- 
minale qu'elle était, elle devient latérale et paraît le plus souvent oppo- 
sitifoliée; un bourgeon axillaire situé au-dessous d'efle se développe 
rapidement, forme pseudo-tige et rejette l'axe floral sur le côté : les 
Tragia, les Bia et les genres voisins nous en offriront des exemples assez 
fréquents, mais il faut remarquer qu'ils ne sont pas constants dans un 
même genre, ni même dans une espèce donnée. 

De là à ce que nous appellerons les axes bifurques, il n'y a qu'un pas. 
Il ne s'agit pas ici, en effet, des axes d'inflorescences qui peuvent se 
ramifier, de manière à présenter quelquefois un très grand nombre de 
divisions, mais de quelques genres chez lesquels il y a simple dichotomie 
du rachis commun, de manière qu'il est unique d'abord, puisqu'il se 
partage en deux branches divergentes comme celles d'un Y, sans qu'aucun 
prolongement de la branche basilaire se présente au dehà du point de 
bifurcation. Il semble qu'il y ait là un simple dédoublement. 

Cette disposition se présente, par exemple, de la façon suivante dans 
le Zuckertia cordata [Herb. Mus.). Un axe oppositifolié se divise en 
deux branches à peu près égales en grosseur-, l'une d'elles ne porte que 
des fleurs mâles, l'autre des fleurs femelles seulement. M. Klolzsch a 
décrit quelques genres comme présentant aussi ce caractère. 

On ne saurait trop comment interpréter de semblables faits, si l'on 
n'avait à sa disposition qu'un échantillon sec où les inflorescences sont 
arrivées à leur maximum de développement; il n'en est pas de même 
lorsqu'on peut étudier les inflorescences très jeunes, ce qui est facile sur 
les échantillons nombreux et très bien conservés de Bia que l'on ren- 
contre dans l'herbier d'A. de Saint-Hilaire. 

M. Klotzsch, qui a créé le genre Bia, fait consister son inflorescence 
en un épi profondément dichotome, dont une division porte les fleurs 
mâles, et l'autre les fleurs femelles. Il n'en est en réalité ainsi qu'à une 
certaine époque. Lorsque l'inflorescence est très jeune, elle consiste e'^ 
un axe simple, nu dans sa partie inférieure et chargé dans sa partie su- 



72 . PÉDICELLE. 

périeure de bractées à l'aisselle desquelles sont des fleurs mâles. La bractée 
qui est au-dessous de celles-ci. au lieu de porter à son aisselle une fleur, 
porte uu petit axe secondaire, latéral par rapport à Taxe principal de 
l'inflorescence, et c'est ce petit axe secondaire qui va se charger de fleurs 
femelles constituant un petit épi. D'abord donc, cet épi de fleurs femelles 
est très petit et latéral par rapport à celui des fleurs mâles; mais bientôt 
il s'accroît considérablement, dépasse l'autre de beaucoup et le rejette de 
côté. Si alors la petite écaille à l'aisselle de laquelle il est né vient à 
tomber, on n'a plus qu'un axe dicholome où la branche de fleurs mâles 
parait latérale, où celle des fleurs femelles paraît principale ; mais on 
conçoit très bien qu'il y a une époque intermédiaire où les deux branches 
sont égales en développement et où l'ensemble de l'inflorescence a exac- 
tement la forme d'un Y. Peut-être est-ce là aussi l'origine de l'axe dicho- 
tome des Zuckertia, des Leplorachis, et d'une espèce d'Acalypha de Gua- 
temala, qui existe au Muséum. 

Dans la description, j'emploierai presque toujours le mot pédicelle 
pour désigner le petit axe qui supporte les fleurs non sessiles, et non 
celui de pédoncule^ ce qui pourrait paraître singulier quand les fleurs 
sont solitaires. Mais il ne faut pas perdre de Mie que, comme nous l'avons 
dit plus haut, ces fleurs solitaires, accompagnées de bractées latérales 
stériles, représentent le plus souvent des cymes réduites à une fleur, et 
que non loin, sur la même plante, on peut trouver de petites cymes di-ou 
triflores; que, dans ce dernier cas, c'est le mot de pédicelle qu'il faut 
employer sans aucun doute, et qu'on ne pourrait alors se réduire à ap- 
peler le même organe, en deux endroits, de deux noms différents. D'ail- 
leurs la présence ou l'absence d'un pédicelle ne peut être de quelque 
valeur que lorsqu'il s'agit de fleurs arrivées à leur entier développe- 
ment ; les jeunes fleurs d'une grappe sont d'abord sessiles et peuvent le 
demeurer longtemps, tandis que les anciennes sont très longuement pé- 
dicellées; dans une cyrae triflore, la fleur centrale peut être pédicellée, 
tandis que les deux latérales sont sessiles {pi. XVI, fig. 26). Ce qui est 
généralement de plus d'importance, c'est la différence que présentent, 
sous ce rapport, les fleurs des deux sexes. 

Ainsi, les fleurs femelles du Codiœum sont à peu près sessiles, et leurs 
fleurs mâles ont un pédicelle assez long. L'inverse peut souvent avoir 
lieu. Mais, en outre, l'âge influe sur cette disposition ; car telle plante a 
des fleurs femelles sessiles, dont les fruits sont longuement pédicellés ; 



INVOLUCRE. 73 

ceci arrive surtout dans les Sapiées. Généralement, le pédicelle de la 
fleur femelle est beaucoup plus développé en longueur et en épaisseur 
que celui des fleurs mâles. Ainsi, dans les Cleidion, la fleur mâle est 
presque sessile ; la fleur femelle est supportée par une sorte de grosse 
massue renflée au sommet {pi. IX, fîg. 4). De même, celle des Ricino- 
carpus, des Beyeria [pi. XYIII, ftg. 15, 16). Il suffit, dans la plupartdes 
genres à loges biovulées, de voir la longueur relative des pédicelles, 
pour reconnaître le sexe des fleurs; dans les Wielandia, entre autres 
{pi. XXII, fig. 6), on voit que celui de la fleur femelle est long, épais, 
renflé, tandis que celui de la fleur mâle est court et filiforme. 

Le pédicelle est souvent articulé à une hauteur variable, surtout dans 
les fleurs mâles qui sont caduques; mais nous savons qu'il y a d'autres 
organes qui partagent avec lui cette propriété (p. 49). Après la chute 
de ces fleurs, qui arrive lorsque la fécondation est opérée, la portion 
basilaire du pédicelle subsiste souvent et se durcit; son extrémité pré- 
sente alors un léger renflement {pi. V, fig. l ped). 

Les inflorescences sont généralement nues, mais parfois elles sont en- 
veloppées dans un involucre, et celui-ci peut présenter quelques parti- 
cularités. Je ne reviendrai pas ici sur ce qu'on a appelé involucre dans 
les Euphorbes, les Pedilanthus, les Dalechampia et les Anthostema. Les 
seuls involucres que j'aie à décrire sont ceux des Uapaca, des Pera et des 
Bertya. 

L'inflorescence mâle des Uapaca ressemble, au premier abord, à une 
fleur unique. Un grand nombre de petites fleurs mâles très rapprochées 
constituent un petit chaton en forme de boule, et le tout est porté sur un 
long pédicule. Du sommet de ce pédicule naît l'involucre, que consti- 
tuent quatre, cinq ou six grandes bractées membraneuses, colorées, con- 
caves, imbriquées et enveloppant toute l'inflorescence. De loin, on croi- 
rait avoir affaire au calice imbriqué d'une fleur unique. 

Dans les Pera, et dans les genres qui en ont été démembrés, l'invo- 
lucre aussi ressemble à un bouton. Il constitue une sorte de sac sphé- 
rique, à paroi épaisse, coriace, à la base duquel sont deux petites brac- 
tées opposées, ou à peu près, et imbriquées dans le jeune âge. Si l'on 
examine de près les parois du sac, au-dessus d'une de ces deux petites 
bractées, on aperçoit un sillon vertical, linéaire, qui s'élève jusqu'au 
sommet du sac et s'y arrête brusquement. C'est la ligne de déhiscence de 
l'involucre ; bientôt, les bords épais et valvaires de cette fente s'éloignent 



lli ENTOLUCRE. 

rim de l'autre: une large ouverture yerticale apparaît, par laquelle sor- 
tent, en nombre variable, les fleurs contenues dans rintérieur, et le sac 
lui-même, après s'être étalé en une seule pièce et réfléchi sur lui-même, 
se détache à sa base et laisse à nu les fleurs et les fruits. 

L'involucre des Bertya ressemble beaucoup à un calice ou à un cali- 
cule : cahce. si Ton considère que l'enveloppe qui est en dedans de lui est 
colorée, membraneuse, pétaloïde: calicule. si l'on veut regarder la se- 
conde enveloppe comme un calice coloré. Cette dernière opinion est celle 
de M. Planchon. qui. cependant, a démonti'é qu'on ne pouvait appeler 
la plus extérieure un calicule. parce qu'il a trouvé plus d'une fleur dans 
linterieur, et Ta. en conséquence, regardée comme un véritable invo- 
lucre. 

Voici donc des involucres qui entourent toute une inflorescence. On a 
étendu le même mot à certaines bractées asillantes d'une fleur mâle ou 
femelle qui étaient accrescentes et finissaient par cacher ces fleurs plus 
ou moins complètement. Ainsi, dans les .-icalypha, la bractée à Faisselle 
de laquelle se développe la première fleur femelle produite, devient sou- 
vent une sorte de cornet qui enveloppe non-seulement cette fleur, mais 
encore les deux fleurs latérales qui l'accompagnent. Cela est surtout 
marqué dans les plantes que M. Klotzsch a nommées Calyptrospatha. les- 
quelles ne diffèrent des Acalyplia par aucun caractère essentiel. 

Comme je pense qu'on doit réunir le genre CalUtnche aux Euphor- 
biacées. c'est ici le lieu de parler de ce qu'on a appelé l'involucre dans 
ce genre. A une certaine époque, on voulait absolument rapprocher les 
Callitriche du groupe des Onagraires. et principalement du type dé- 
gradé des Hippuris, ce qui était sans doute motivé par le port, la station 
analogue des deux genres, ou par toute autre raison de la même valeur. 
Comme l.ffip/)urw a manifestement un ovaire infère, il fallut trouver 
un ovaire également infère au CaUUriche. Pour cela, on supposa que son 
ovaire , réeflement supère , était tellement adhérent au calice, qu'il 
devenait complètement impossible de distinguer l'un de l'autre, et l'on 
admit de plus qu'ils avaient exactement la même hauteur, de sorte 
qu'aucune portion libre du périanthe ne pouvait se montrer au-dessus du 
sommet de l'ovaire. Un organe dont l'existence pouvait alors se trouver 
embarrassante était le véritable cahce, composé de deux sépales, qui est 
au-dessous de l'ovaire; on en fit un involucre. Comme le même organe 
se trouve dans la fleur mâle, enveloppant une ou deux etamines, il faut 



INFLORESCENCE DE LA MERCURIALE. 75' 

ici, pour être conséquent avec la description précédente, le donner éga- 
lement comme un involucre renfermant une fleur mâle monandre nue, 
ou, quand il y a deux étamines, deux fleurs monandres nues, sans doute. 
Je décrirai simplement cet organe comme un calice. 

Et si, maintenant que j'ai tiré quelques principes généraux des faits 
que nous venons de passer en revue, relativement à l'inflorescence des 
Euphorbiacées, il pouvait rester quelque doute sur la nécessité qu'il y a, 
dans certains cas, de décrire les choses , plutôt que de chercher à leur 
appliquer des noms, j'examinerais l'inflorescence d'une plante vulgaire, 
la Mercuriale annuelle. 

A l'aisselle d'une même feuille, et cette feuille peut être même un des 
cotylédons, il se développe, d'un côté, un axe floral, de l'autre, un ra- 
meau. Sur le pied femelle {pi. IX, /îg. 19), le rameau, très peu dé- 
veloppé, alors qu'il existe déjà une fleur fort avancée, se charge peu à 
peu de feuilles et d'inflorescences; il se comporte, en un mot, comme 
la tige elle-même. La première fleur épanouie auprès de ce rameau est 
rarement solitaire. Il arrive d'ordinaire, au niveau des feuilles infé- 
rieures, que le pédicelle qui la porte donne naissance à un autre pédi- 
celle latéral portant lui-même une fleur de seconde génération ; celle-ci 
se trouve du côté de la fleur autre que celui qu'occupe le rameau dont 
nous parlions tout à l'heure. Dans ce cas, il n'y aura, en un mot, à 
l'aisselle de la feuiUe qu'un rameau et une petite cyme unipare bornée 
à deux fleurs. 

Quand la plante est plus forte, l'inflorescence va plus loin. Au lieu 
d'une cyme unipare, il se produit une cyme bipare, quelquefois chargée 
de nombreuses générations de fleurs; mais la division binaire ne com- 
mence pas à la première fleur. Peut-être à cause de la présence du 
rameau latéral, il ne se développe pas, du côté de ce rameau, de fleur 
de seconde génération. Il ne s'en produit une que de l'autre côté, et c'est 
le support de cette dernière qui se divise et devient comme l'axe prin- 
cipal d'une cyme régulière. La première fleur produite s'isole alors peu 
à peu du reste de la cyme, et, quoique terminale en réalité, elle semble 
être latérale ; de sorte que, si l'on ne considère que les apparences, lors 
de l'entier développement, on trouve à l'aisselle de la feuille : i°au mi- 
lieu, une fleur isolée plus développée que toutes les autres; 2° d'un côté 
de cette fleur, un rameau ; 3° de l'autre, une cyme. 

Sur les pieds mâles, on trouve aussi ordinairement, à l'aisselle de 



76 PÉBl-VXTHE. 

chaque feuille, uu rameau et une iuflorescence. Celle-ci a un axe qui 
s'allonge très vite et porte des bractées alteraes, quoique les feuilles de 
la plante soient opposées (pi. IX, fîg. i±). Alaisselle de ces bractées se 
montre un petit glomérule à trois ou quatre génératioDS de fleurs, rare- 
ment plus. 

Deux faits enfin se présentent encore souvent qui peuvent compliquer, 
au premier abord, cette disposition. L'un, c'est que la fleur qui se pro- 
duit la première de toutes à Faisselle d^une feuille avorte au bout de 
quelque temps, surtout dans les pieds femelles. L'autre, c'est que le 
rameau asillaire peut être accompagné d'un second rameau plas petit 
qui lui est supei'posé. C'est une observation à ajouter ans nombreux 
exemples connus de bourgeons axillaires multiples. 

Si nous recherchons, dans les ouvrages classiques, la définition de 
l'inflorescence de la Mercuriale, nous trouvons, par exemple pour les 
fleurs femelles, celle-ci : « fleurs en épis fascicules ou solitaires, » ou 
celle-ci : « fleurs femelles, deux ou trois ensemble sur un pédoocole 
commun, » ou encore : « femelles solitaires ou fascicnlées. » La des- 
cription qui précède ces définitions peut, à bon droit, être considérée 
longue et pénible; mais fl faut se demander si les définitions sufiBsent 
réellement à la remplacer. 



PERIAIvTHE. 

H y a des Euphorbiacées dont les fleurs n'ont pas, à proprement par- 
ler, de périanthe. Les étamines du CoUiguaja, par exemple, sont nues, 
implantées en nombre variable à l'aisselle d'une bractée, comme cela 
arrive daus un gr-and nombre de plantes amentacées. Il en est à peu 
près de même chez les AdetiopeUis, qu'on confond toujours, au premier 
abord, avec les Colliguaja. Lear androcée n'est cependant pas tout à 
fait nu ; de chaque côté de sa base, il y a un petit corps glanduleux. 
Chacun d'eux représente un sépale peu développé, il est vrai, mais qui 
existe déjà avec les dimensions qu'il ne dépassera guère, quand les éta- 
mines commencent à se montrer. Dans la fleur femefle, ces sépales sont 
aussi très petits, mais ils s'aplatissent davantage, ont l'apparence foliacée, 
et se décomposent en plusieurs petites languettes étroites (pi. VH, 
fig. 15, c). 



NOMBRE DES PARTIES. 77 

En dehors de ces fleurs à sépales rudimentaires, le calice le plus s'm- 
ple que l'on rencontre, après la bractée unique, est celui de VOmalan- 
thus, qui n'a que deux sépales {pi. VIII, fig. 24). Les Ceratophorus ont 
aussi un calice réduit à deux sépales éperonnés. Presque tous les genres 
qui se groupent autour des Sapium ont un calice à trois divisions: tels 
sont les Spirostachys, les Excœcaria, etc. 

Le Commia n'aurait, d'après Loureiro, ce calice qu'à sa fleur femelle, 
car la fleur mâle est nue. Le nombre 3 appartient aussi au périanthe 
. de quelques Euphorbiacées à loges biovulées. Sous ce rapport, le Glo- 
chidionopsis de M. Blume sert de transition pour passer du type 2 au 
type 3, sa fleur femelle ayant plus souvent deux sépales que trois au 
calice, et nous verrons que c'est, dans ce cas, le sépale antérieur ou in- 
férieur qui tient la place de deux folioles calicinales. 

Le type h se rencontre assez rarement chez les plantes qui nous 
occupent, surtout si l'on en détache les véritables Buxées, qui ont à peu 
près constamment quatre sépales à la fleur mâle. C'est toutefois le 
nombre normal dans celle des Cicca^ des Eriococcus, des Scepasma, qui 
ne diffèrent que par ce caractère des genres voisins à type quinaire. Sou- 
vent aussi, comme il arrive dans presque toutes les plantes, le type 5, 
qui est normal, passe au type 4 dans les rameaux affaiblis ou vers 
l'extrémité des inflorescences, comme cela se voit dans les Poranlhera. 

Les calices à cinq folioles sont de beaucoup les plus nombreux, sur- 
tout dans le vaste groupe des Croton et des Phyllanlhus. Mais, dans ces 
derniers, rien n'est plus fréquent que de trouver indifféremment, sur 
un même pied, des fleurs à cinq ou six sépales. On pourrait, lorsque 
ces fleurs ont six pièces au périanthe, au lieu de cinq, et lorsque les plus 
intérieures présentent quelque différence d'épaisseur, de taille ou de 
coloration, être tenté de leur accorder un calice trimère et une corolle 
de trois pétales alternes avec les sépales. Ce n'est là qu'un calice de 
cinq sépales chez lequel l'évolution a été plus loin que de coutume, et 
qui a produit une foliole de plus. L'étude organogénique montre bien, 
dans les plantes qui vivent sous nos yeux, que tous ces sépales appa- 
raissent l'un après l'autre sur l'axe floral {Xylophylla, Euphyllanthus, 
Colmeiroa). 

Ainsi, il ne faut jamais, à l'exemple de certains auteurs, s'en rapporter 
à l'apparence des parties, et croire que, parce que des folioles sont plus 
largeSj plus pâles, plus minces et recouvertes par d'autres plus exté- 



78 EXISTENCE DE LA COSOIXE. 

rieures, elles constituent une coroOe. Comment donc pourra-t-on ré- 
soudre cette question si souvent agitée : Les Euphorbiacées sont-elles des 
plantes apétales, ou, au conti*aire, ont-elles, dans leurs types les plus 
complets, un calice et mie corolle ? 

A. de Jussieu s est évidemment prononcé en faveur de cette dernière 
opinion. Mais les motifs qui Ty déterminent, puisés uniquement dans 
Tanalogie, dans la forme des pailies, dans leur coloration, ont été 
invoqués en sens contraire dans certaines circonstances où, en effet, ces 
caractères n'existent pas tels qu'on les voudrait pour affirmer l'existence - 
d'une corolle. Dans ces cas cependant, un autre critérium semble démon- 
trer cette existence. 

Les botanistes qui nient la présence d'une corolle s'appuient sur l'hypo- 
thèse d'un double calice, ou d'appendices prenant un aspect pétaloïde. 
Cette dernière supposition est exacte pour les Claoxykm, mais elle est 
exceptionnelle. Dans cette plante, il y a trois lames aplaties, colorées, 
pétaloïdes eu un mot. dans l'intervalle des sépales. On a décidé que ce 
n'était pas une corolle, uniquement par analogie avec les plantes voi- 
sines, et ici l'analogie a conduit à la vérité ; ce qui n'^ certes pas l'or- 
dinaire. Les appendices ont l'aspect des pétales et leur position : ils 
peuvent cependant être des glandes formant un disque hypt^yne. Mais 
qui peut nous l'apprendre avec certitude, sinon l'étude du développement 
et l'époque relative de l'apparition des paities "? 

Pour combattre l'opinion qui admet un double calice, peut-on ré- 
pondre « que l'enveloppe intérieure n'est pas de même nature que 
» l'extérieure, que son tissu est différent, qu'elle tombe séparément, et 
» que la préfloraison de la première n'est pas en rapport avec celle de la 
» seconde ? » De combien d'exemples l'opinion attaquée ne pourrait- 
elle pas se prévaloir pour détruire ces objections, quant à l'apparence des 
parties, l'époque de leur chute, le rapport des prefloimsous ? De même, 
pour refuser de croire à l'existence d'appendices, peut-on invoquer que 
ce serait « les multiplier considérablement, car le plus souvent il en 
» existe intérieurement une autre rangée, quelquefois double, et ceux-là 
1) offrent la stmctm'e ordinaire à ces sortes d' oignes; ils sont ou glan- 
» duleux. ouécailleux. ou membraneux, alternant souvent avec les inser- 
D tious des étamines? » Quoi de plus facile que de répondre en montrant, 
par exemple, une fleur de Passiflorée? Fy verrait-on pas des appendices 
foiTuaut un nombre très variable de verticilles, parfois quatre, cinq, de 



EXISTENCE DE LA COROLLE. 79 

toutes les tailles, de toutes les couleurs, ici charnus, ici écailleux, là 
glanduleux? 

D'autre part, un pareil système de preuves amène à faire des con- 
cessions, à dire : « Remarquons cependant que, dans quelques plantes, 
» l'insertion et la structure membraneuse des pélales justifient l'autre 
» manière de les considérer (celle qui n'admet pas l'apétalie), et que 
» souvent ils manquent dans les fleurs femelles et se trouvent dans les 
» mâles, circonstance qui pourrait servir à expliquer leur formation et 
» leur nature. » Que devient cette méthode, l(jrsqu'il s'agit de fleurs qui 
ont véritablement des pétales, lesquels n'ont pas, si l'on peut ainsi dire, 
l'aspect pétaloïde, et d'autres fleurs que l'on regardait comme dépour- 
vues de ces pétales, parce qu'ils sont fort petits et qu'on ne les avait pas 
aperçus, comme les Crotonées en offrent quelques exemples? 

« Voir venir les choses est le meifleur moyen de les expliquer. » C'est 
là une formule dont chaque pas fait par la science semble davantage tous 
les jours démontrer la vérité. Ici donc, comme partout ailleurs, appli- 
quons aux organes, autant qu'il sera possible, l'étude de leur dévelop- 
pement. 

C'est une règle générale que les pièces qui constituent une corolle 
apparaissent simultanément sur l'axe, à moins qu'elle ne présente deux 
verticilles distincts, ou qu'elle n'offre cette singularité signalée par 
M. Payer dans les Ternstrœmiées, et qui fait qu'on se demande s'il s'agit 
bien là d'une véritable corolle. Au contraire, l'évolution des sépales se fait 
d'une manière successive. Appliquons ces principes aux Euphorbiacées. 

Dans un Jatropha, par exemple, les sépales naissent dans l'ordre 
quinconcial. Les folioles du.verticille suivant, au contraire, apparaissent 
toutes ensemble. D'après cela, celles-ci constituent une corolle, comme 
on est tenté de le croire, au premier abord, en les voyant former une 
enveloppe de lames membraneuses, larges, colorées, disposées en pré- 
floraison tordue ou imbriquée, tout comme celle des Surelles, des Lins, 
des Géraines, avec laquelle elle a la plus grande analogie. 

Que si, au contraire, nous examinons une fleur femelle de Crozophora 
tinctoria, comment pourrons-nous, en comparant les cinq folioles exté- 
rieures du périanthe aux cinq intérieures, dire que les unes sont des sé- 
pales, les autres des pétales? Ne se présentent-elles pas, à l'état parfait, 
les unes comme les autres, sous forme de lames étroites, pubescentes, 
verdâtres, sans éclat ? Leur préfloraison diffère-t-elle beaucoup, et pourra- 



80 EXISTENCE DE LA COROLLE. 

t-on trouver d'autre différence entre elles que la forme des poils qui les 
recouvrent? Cependant l'étude organogénique inoutrera que les cinq 
folioles extérieures naissent successivement dans l'ordre quinconcial, et 
que les cinq intérieures, apparaissant au contraire simultanément, con- 
stituent une véritable corolle, malgré toute apparence de forme et de 
couleur. La même chose a lieu exactement pour le calice et la corolle 
verdàtre du Cluytia pulchella. et cependant A. de Jussieu cite cette fleur 
comme étant de celles qui justifieraient l'opinion contre laquelle il s'est 
élevé avec tant de raison. 

De ce qui précède, concluons qu'il n'est pas besoin d'avoir recours à 
la dénomination de calicule pour les fleurs d'Euphorbiacées à périanthe 
double: qu'elles sont pétalées dans certains c^s, et que la corolle peut 
venir et vient souvent à y manquer. Nous aurons, sous ce rapport, à 
passer en revue les principaux genres. 

Les Euphorbiacées à loges biovulées n'ont pas de corolle. 

Cette règle ne soufïi'e qu'un petit nombre d'exceptions {Andrachne, 
Briedelia, Savia, Amanoa, Wielandia, etc.). 

Nous reviendrons sur les organes qu'on a considérés comme des pétales 
dans les Euphorbes proprement dites. Les Sapiées, les Âcalyphées. les 
Huracées. n'ont point de corolle. Chez les Crotonées, on peut établir : 

■1° Que la corolle peut manquer dans les fleurs des deux sexes : 

2° Que, lorsqu'elle manque dans l'un d'eux, c'est la fleur femelle qui 
en est dépourvue ; 

3° Qu'existant dans les deux sexes, elle peut être beaucoup moins 
développée dans la fleur femelle. 

Ainsi on rencontre une corolle dans les deux sexes, par exemple, chez 
les Cluytia. les Elœococca, les Ricinocarpus , les Aleurites , les Lou- 
reira, etc., etc. Les Argythamnia sont regardés comme ayant des fleurs 
mâles pétalées et des fleurs femelles apétalées. 11 y a dans la fleur femelle 
de petits appendices alternes avec les sépales qui représentent peut-être 
une corolle. 

Les Codiœum et la plupart des genres qu'on a tirés de l'ancien genre 
Croton ont les fleurs femelles apétales. Aucune fleur ne possède de 
corolle chez les /?!C»!î/5, les Manihol , les Cnidoscohts , les Treicia. les 
Beyeria. les Mabea. les Amperea. etc., etc. 



PliRIANTHË, 8 1 



DU NOMBRE ABSOLU OU RELATIF DES PIECES DU PERIANTHE, 

Nous avons vu que le périanthe peut être nul {CoUignaja), ou réduit à 
deux écailles très petites {J denopellis) . De ce nombre si restreint, nous 
pouvons nous élever jusqu'à celui de huit ou dix folioles pour chacun des 
verlicilles du périanthe. Le nombre dix ne se rencontre guère que pour 
la corolle, et c'est le seul genre Garcia qui nous le présente, si toutefois 
on est assuré que les dix lames velues que l'on observe en dedans du 
■calice sont véritablement des pétales; ce que l'étude organogénique 
pourra seule démontrer. Les folioles calicinales sont rarement aussi nom- 
breuses. Ainsi, les Hyœnanche et les Slipellaria en peuvent offrir huit; 
mais ce nombre n'est pas constant, il n'y est pas le plus fréquent, et il y 
peut descendre jusqu'à trois. 

Je ne pense pas que le nombre absolu des pièces qui constituent ainsi 
le périanthe ait, dans ce groupe, une grande valeur au point de vue de 
la classification, et quand il ne sera accompagné d'aucun autre caractère 
différentiel, il ne pourra pas nous suffire pour constituer des genres dis- 
tincts. Si donc je m'y arrête ici, ce n'est pas pour en faire une énumé- 
ration stérile. Mais, comme l'on a fondé sur ce caractère de grandes 
coupes, j'essayerai de montrer que, pris d'une manière absolue, il ne 
peut jamais être invoqué en première ligne, pour deux raisons qui, sans 
doute, paraîtront plausibles. 

La première, c'est que, dans une même espèce, et, je dirai plus, dans 
un même individu, sur une même inflorescence, on peut trouver des 
fleurs, d'ailleurs semblables sous tout autre rapport, dont l'une aura quatre 
folioles au périanthe, l'autre cinq, une troisième six. Tel est le cas des 
Poranthera, des Drypetes, des Thecacoris, des Platygyiie, etc. De même, 
sur un unique rameau de Claoxylon, de Conceveïba, etc., il s'en présen- 
tera indifféremment trois ou quatre ; chez les Phyllantlms, aussi souvent 
cinq que six; chez les Omphalea, tantôt cinq et tantôt quatre, etc. 

Le second motif, c'est que les conditions différentes dans lesquelles se 
trouve une plante font que le nombre des parties augmente ou diminue. 
Ainsi, lorsque M. Klotzsch a établi son genre Geiseleria pour le Crolon 
glandtilosum, il est bien certain qu'il n'avait sous les yeux que des fleurs 
construites sur le type quatre, puisque c'est là le caractère principal par 
lequel ce genre se distingue des autres. Pour moi, lorsque j'étudiai pour 



S2 péru>t:he. 

la première fois ce genre sur des écliantillons autbeutiques, j'en examinai 
tout d'abord une dizaine sans pouvoir trouver autre chose que des fleurs 
construites sur le type quinaire. Les plantes avaient-elles végété dans des 
conditions diverses? C'est ce qu'on peut supposer; toujours est-il qu'on 
ne saurait fonder des coupes génériques sur un caractère aussi fugitif. 

Le même fait se retrouve dan.s le genre Timandra, Kl. Ce qui, d'après 
la description de l'auteur, en distingue les fleurs de celles des Medea, 
c'est qu'elles ont quatre sépales et quati'e pétales. Or, sur les échantillons 
de T. dichotoma que le Muséum doit à Therbier de Berlin, je ne trouve 
que des fleurs construites sur le type 5 : sur ceux du T. serrata. qui a la 
même orisine. le tvpe 5 est également la rèsle: sur dix fleurs analvsées. 
je n'en trouve qu'une qui présente le type quaternaire : celui-ci peut 
donc être considéré comme une exception. D'aiUeurs, quand même le 
y. serrata aurait constamment quatre sépales, on ne pounait pas le 
séparer du T. dichotoma, qui en a presque toujours cinq, tous les carac- 
tères essentiels étant d'ailleurs absolument les mêmes. C'est pour ces 
raisons qu'on pouiTait peut-être réunir le genre ArgylhainniadAX Chiro- 
petalum. ce que j'aurais fait, si la fleur femelle du premier n'ofii'ait des 
appendices alternes avec les sépales, qu'on peut considérer comme une 
corolle: appendices que le second ne possède pas. C'est pour cette raison 
encore que le genre Cicca et le genre Phyllanthus passent insensible- 
ment l'un à l'autre. Si, en eflet, on ne compai^e aux Phyllanthus que les 
Cicca à quatre sépales et à quatre loges, la distinction est bien nette, 
parce que le Cicca a autant de feuilles carpellaires que de feuilles calici- 
nales, et que le Phyllanthus a plus de sépales avec moins de carpelles. 
Mais la différence s'amoindrit beaucoup dans la section du genre Cicca, 
qui possède des ovaires triloculaires; la différence n'existe plus que 
dans le nombre des sépales, et il peut aniver qu'une fleur de vrai Phyl- 
latîihus perde un sépale et semble être un Cicca. Les deux genres se 
confondraient donc alors entièrement, si Ton n'avait comme caractère 
constant l'androcée tétrandre des Cicca. 

D'ailleurs, le type varie singubèrement d'un sexe à l'autre. Ainsi, les 
Acalypha ont constamment quatre divisions au cahce de la fleur mâle, et 
toujours trois ou cinq à celui de la fleur femelle ; il y a trois sépales dans 
la fleur mâle des Angostyles, et cinq dans celui de la fleur femelle. Les 
nombres relatifs sont : pour les Àrgythamnia, i et 5 ; les Bia, 3 et 6; les 
Colliguoja, et 3; lesEremocarpiis. selon M. Bentham, 5 et 0; les Lau- 



NOMBRE DES PARTIES. 83 

tembergia, les Leptobothrys, 3-4 et 5-6 ; les Leucandra, les Tragia, 3-4 
et 6-7; les Stipellana, 2-4 et 5-8. Ces exemples, qu'on pourrait multi- 
plier, prouvent qu'on ne peut dire d'une manière générale que tel genre 
a les fleurs construites sur tel ou tel type ; mais qu'il faut spécifier le 
nombre des parties de la fleur mâle et celui de la fleur femelle. 

Celte inconstance de nombre, qui paraît être un caractère de dégra- 
dation, s' étendant encore plus loin dans quelques genres, il devient im- 
possible de déterminer le type sur lequel est construite leur fleur, d'une 
manière générale, car il y a difierence constante entre le nombre des 
parties du calice et celui de la corolle. Ainsi, les Aleuriles ont un calice 
d'une seule pièce, se déchirant inégalement ; la corolle est de cinq pé- 
tales; les Garcia ont deux sépales et dix pétales; les Elœococca ei les 
Ostodes, cinq pétales, tandis que le calice des premières n'a que 2-3 fo- 
lioles, et celui des secondes, 2, 3 ou 5. Rien ne peut alors indiquer 
d'une manière absolue sur quel type la fleur est construite; ni le nombre 
des loges ovariennes, qui est de trois dans tous ces genres, ni le nombre 
des éf aminés, qui est variable et souvent indéfini. Ici encore il n'y a de 
certitude à attendre que des observations organogéniques, qui peuvent 
montrer combien de mamelons calicinaux il existait au premier âge de la 
fleur, et si ce nombre est altéré, à un certain moment, par des soudures 
ou des avortements consécutifs. 

Il y a des lois à peu près absolues qui régissent, dans les Euphorbiacées, 
le passage d'un type à un autre. Ainsi, dans les Sapium, on trouve ou 
trois divisions au calice, ou deux. Quand il y en a trois, l'une est posté- 
rieure, les deux autres antérieures ; quand il n'y en a que deux, c'est que 
les deux antérieures sont remplacées par une foliole unique. Lorsque les 
Croton ont quatre sépales au lieu de cinq, c'est qu'un seul sépale rem- 
place les deux antérieurs. Je n'ai point retrouvé le même fait dans les 
Argxjihamnia, mais cela tient peut-être à une torsion de l'axe qu'on ne 
peut constater sur des échantillons secs. C'est encore au côté antérieur 
de la fleur que s'opère la modification par laquelle on passe du nombre 
cinq au nombre six, ou réciproquement. Les fleurs femelles du Cremo- 
phyllum {pi. III, fig. 17, 21) constituent une petite cyme triflore. La 
fleur terminale a le plus souvent six sépales, dont trois antérieurs. Dans 
les fleurs latérales où le calice est souvent réduit au nombre cinq, c'est 
la médiane de ces trois bractées antérieures qui vient à manquer. Con- 
trairement donc à ce qu'on a observé dans quelques autres familles, c'est 



S/j DISSEMBLANCE DES SÉPALZ5. 

généralement par le côté antérieur de la fleur que diminue ici le nombre 
des parties du périanthe. 

CALICE. 

J'aurai souvent occasion de parler des sépales ou des folioles calicinales 
des Euphorbiacées. C'est là en réalité une expression inexacte: il fau- 
drait toujours dire les divisions du calice. Celui-ci. en effet, est presque 
toujoui's gamosépale et présente des divisions plus on moins profondes ; 
si j'emploie souvent le mot sépales, lorsqu'il s'agit d'établir les rapports 
de position des parties, c'est pour abréger la description. 

L'union des différentes foUoles peut être complète. Ainsi, il y a telle 
fleur femelle â'Hura où le calice forme un sac complet à ouverture cir- 
culaire supérieure, sans dents, sans découpures. Dans les Jleurites et les 
Garcia, c'est à un certain moment une enveloppe sphérique complète, 
sans trace de divisions ; plus tard, la membrane se déchire irrégulière- 
ment. Le calice est rarement denté : d'ordinaire, ses divisions sont très 
profondes; il mérite plutôt le nom ûe partii que celui de fide; mais il est 
très rare que les divisions soient complètement libres. 

Le plus souvent les sépales sont tous de la même forme; il n'y a de 
dissemblances peu marquées que chez quelques Jtdoerot&n, les Ceraio- 
phorus. où les sépales extérieurs sout corniculés, tandis cpie les antres 
sont simplement convexes en dehors; chezle Glochidirnihirsulum. Roxb., 
où les sépales extérieurs sont auriculés ; chez les Pseudanlhus, les Sta- 
chijstemon, où on les trouve légèrement carénés, et enfin chez les Pedi- 
lanihits, ou encore le périanthe est comme déjeté d'un côté, formant une 
sorte d'éperon court et obtus du côté de l'axe. Nous verrons que l'irrégu- 
larité de la ileur tient ici, non-seulement à la forme gibbeuse d'une por- 
tion du périanthe, mais encore à la forme spéciale du réceptacle qui 
influe sur le mode d'insertion des différentes pièces du calice. 

Dans les fleurs où tous les sépales sont semblables de forme, ils peuvent 
différer de taille. On peut alors être assuré que la préfloraison est imbri- 
quée et que les sépales les plus courts sont les plus extérieurs : tels, dans 
les calices en quinconce, ceux cpii portent les numéros 1, 2 et 3. Cette 
disproportion est très fréquente dans les Euphorbiacées biovulées. Tou- 
tefois elle se rencontre aussi dans les Juhcroton et le Crolonopsis (fleurs 
femelles). Il est alors à remarquer que l'inégalité suit une procession 



DÉCOUPURES DES SÉPALES. 85 

régulière d'un côté vers l'autre de la fleur. Ainsi, dans les Julocroton 
{pi. II, fig. 2â), il y a un grand sépale au côté antérieur, latéralement 
deux moyens, et deux très petits en arrière, si petits même qu'ils peuvent 
facilement échapper à la vue, ou disparaître réellement dans certaines 
fleurs, ainsi queM. Turczaninow l'a établi pour son genre Heterochlamys, 
réuni ici aux Julocroton. Dans le Crotonopsis [pi. XII, fig. 25), c'est au 
contraire du côté antérieur qu'il y a deux grands sépales superposés à la 
bractée mère ; les deux latéraux sont moyens, le postérieur est souvent 
presque nul. Une inégalité analogue, quoique moins prononcée, se ren- 
contre encore dans les fleurs des Pilinophytum {pi. XVII, fig. U). 

Quoique les caractères tirés de la forme des sépales, de la nature de 
leur surface, de leur coloration, de leur durée, n'aient qu'une valeur 
très secondaire, et quoiqu'ils appartiennent surtout à la partie descrip- 
tive de cet ouvrage, je suis cependant obligé de poser ici quelques faits 
généraux qui ne sauraient trouver place dans des descriptions spéciales, 
et montrer qu'on en peut tirer quelquefois, sinon une certitude complète, 
du moins quelques indications utiles. 

Presque toutes les Euphorbiacées biovulées ont les divisions du calice 
entières et lisses; presque toutes celles qui n'ont qu'un ovule dans chaque 
loge les ont couvertes de poils. Mais ces poils sont, comme nous le ver- 
rons plus loin, de plusieurs espèces, les uns simples, les autres étoiles 
les autres peltés. Or, il y a longtemps qu'on sait que les Croton ont sur 
leur calice des poils étoiles ou peltés. Si l'on a décrit de vrais Croton 
comme ayant des poils simples, c'est pour n'avoir point examiné leur 
base avec attention ; là se retrouve toujours l'indice d'une disposition 
étoilée. Voici donc un caractère qui peut l'endre des services pour la 
détermination rapide des genres. De même, les sépales de tous les genres 
qui se groupent autour des Acahjpha sont pubescents, mais les poils 
y sont toujours simples, et ce caractère ne variant pas dans un genre 
donné, j'ai dû le signaler dans les descriptions génériques. Le plus sou- 
vent entières, parfois très finement denticulées, les divisions calicinales 
des Euphorbiacées monospermes sont profondément partagées dans les 
fleurs femelles seules des Cephalocroton, de quelques genres voisins, et 
de tous ceux qui se groupent autour du genre Tragia, avec lequel on les 
confondait autrefois. Elles sont alors pinnatiséquées , pinnatifides , et 
prennent souvent un aspect plumeux, ressemblant de loin à une feuille 
composée pennée (pi. IV, fig. 27, etpL'XVIII, fig. 26). Il arrive même, 



86 SÉPALES STIPCLÉS. 

dans les Julocrolon j//. H. fig. 2oj, que les lobes soient eux-mêmes fine- 
ment découpés : c'est alors une sorte de sépale décomposé. 

Pour quiconque est persuadé que le sépale n"est qu'une feuille modi- 
fiée, il ne sera pas sui'prenant que, de même que les feuilles des 
Euphorbiacées, lem-s folioles calicinales tendent à devenir composées, 
disposition qui n'est d'aiUem's jamais poussée jusqu'à un entier dévelop- 
pement. >'ous verrons que souvent les sépales méritent d'être appelés 
stipulés. 'Soxss saurons que les feuilles composées des Anda sont xme 
exception, mais que, même dans ce genre, toutes les folioles ne se déve- 
loppent pas: que deux, quatre ou même six d'entre elles restent à l'état 
de glandes stipulaires ; nous attribuerons la même origine aux glandes 
dites pétiolaires desEIœoeocea. des Eippomane. des Sapium. etc., etc., 
aux appendices basilaires du limbe que présentent les StipeUaria. Lors- 
qu'on voit des Dalechampia porter des feuilles à cinq ou à trois folioles, 
puis d'autres, tels que le Cremophyllum et certaines espèces américaines, 
n'avoir que des feuilles simples, mais porter de petits appendices à la 
base de leur limbe jj /. III. fig. 30. //\ on reconnaît facilement que ceux- 
ci représentent les folioles latérales aiTêtées dans leur développement. 
Dans le calice du Cremophyllum se retrouvent ces appendices. On Ta 
décrit comme ayant des sépales inégaux, les uns iara:es et membraneux, 
les autres tiès petits et glanduleux; ou les sépales comme étant séparés 
par des glandules digitées interposées. En étudiant l'un d'eux isctlément, 
on voit facilement qu'après que sa portion principale s'est bien déve- 
loppée, il apparaît de chaque côte de sa base un petit lobe, ou deux 
petits lobes qui s'arrêtent vite dans leur évolution et demeurent courts, 
rougeàtres, adéniformes ipl. IH, fig. 21, 28). On conçoit facilement 
alors qu'ils repr-ésentent les \6bes latéraux des feuille, et l'on peut leur 
donner le nom de stipulaires ou de stipellaires : les stipelles, comme les 
stipules, ne sont que des lobes dune feuille composée. 

Réduites dans le cas précédent, comme dans les Siipellaria, certains 
Aparisthmium (pi. XXI, fig. 11, sp), etc.. à la forme de petites lan- 
guettes, Ifâ folioles avortées peuvent devenir un simple mamelon conique 
ou allongé, cylindrique, à surface glanduleuse convexe, plane ou con- 
cave. Si elles affectent ces formes diverses dans les feuilles caulinaires. 
«Iles peuvent bien les présenter dans les lames calicinales. qui se trouvent 
alors accompagnées d'une ou de deux glandes basilaires latérales, comme 
chez les Sapium, les Cœlebogyne, etc. Alors, comme il arrive dans 



I 



CALICULE. 87 

d'autres familles, souvent le bord du sépale qui est recouvert dans l'esti- 
vation, ne porte pas de ces glandes. Leur origine est d'autant plus utile 
à connaître qu'on les a prises parfois pour des organes d'une autre na- 
ture. Dans les Sclerocroton, on les a décrites comme disque hypogyne. 
Ce ne sont là, comme dans les genres cités plus haut, e[ue des glandes 
dépendant du périanthe {pL VllI, fig. 17, gl). 

Si, de plus, les stipules des feuilles calicinales peuvent constituer un 
calicule, comme cela arrive dans les Fraisiers, les Euphorbiacées ont 
quelquefois un calicule de cette origine , comme on le verra dans le 
Caperonia serrata, Hochst, où, plus bas que le calice, et alternes avec ses 
divisions, se montrent cinq petites languettes foliacées qui manquent 
dans les espèces américaines du même genre. 

Il faut bien distinguer cet organe des prétendus calicules àesJatroplia 
que nous savons être des calices. 

Il n'y a pas que les appendices latéraux des sépales qui puissent 
prendre l'apparence d'un disque. Le corps lui-même de ces folioles peut 
s'épaissir extrêmement, et former une sorte de ceinture glanduleuse 
autour de l'androcée et du gynécée. C'est ce qu'on observe dans les 
Sauropiis, qui, sans ce caractère, ne différeraient pas des Melanlhesa, 
et qui, pas plus que ceux-ci, n'ont un véritable disque produit par un 
renflement de l'axe lui-même. Il l'est dans ces plantes par un épaississe- 
ment considérable de la portion centrale réfléchie des sépales [pi. XXVII, 
fig. 19 et 21). 

La couleur du calice est sans aucune importance. Eu tenir compte, 
c'est s'exposer à être induit en erreur. Si l'on s'en rapportait à elle, eu 
effet, le calice des Beriya serait une corolle, ce qui n'est pas exact; celui 
des Manihol et des Çnidoscolus, avec sa teinte violacée ou blanche, pour- 
rait sembler formé de pétales. D'ailleurs les sépales sont presque toujours 
verts dans les Euphorbiacées, et la teinte varie beaucoup dans un 
même genre, passant, dans les Euphorbes, du vert au pourpre ou au 
blanc, dans les Pedilanthus du violet à l'écarlate; c'est un caractère 
d'aussi peu de valeur que la consistance, de moins de valeur peut-être 
que la durée. 

Celle-ci, en effet, tantôt nuit à l'étude des plantes conservées dans les 
collections, tantôt la facilite. Les fleurs femelles sont le plus souvent ré- 
coltées alors qu'elles sont passées à l'état de jeunes fruits : cela n'a guère 
d'inconvénients dans les genres nombreux où le périanthe est persistant; 



88 COROLLES POLTPÉTALES ET GAMOPÉTALES. 

on y peut encore déterminer le rapport des différentes pailies de la 
fleur. îlciis. lorsque les sépales sont très caducs, nous trouvons presque 
toujours le pistil mis à nu. Cest ainsi que, jusqu'à présent, on n'avait 
pas encore déterminé la préfloraison des sépales dans les Ânliâesma. et 
que celle du Microelus est impossible à observer sur tous les échantillons 
que nous possédons. Je ne connais pas d'ailleurs, parmi les Euphor- 
biacées, de calice qui ne demeure toujours parfaitement distinct du fniit 
autour duquel il persiste. 



COROLLE. 

Lorsqu'il a été reconnu que les Euphorbiacees n'étaient point néces- 
sairement des plantes à fleurs apétales, on les a classées parmi les Poly- 
pétales; mais ici, comme à propos des Malvacées qui en sont si voisines, 
une difficulté surgit : la polypétalie est fréquente chez les Euphorbiacées; 
elle est loin d'être constante. La corolle des Curcas est gamopétale, 
campanulée: les divisions n'en sontlibres que dans la moitié de sa hauteur 
environ. L'union est bien plus prononcée dans le Mozinna peltala; sa 
corolle ressemble assez au calice du Muguet. Dans certaines espèces de 
l'ancien genre Jatropha. la soudure, pour être moins étendue, n'en est 
pas moins évidente. Toici donc une famille dans laquelle des plantes, 
très voisines d'ailleurs par tous les caractères, comme les Cureas et les 
Jatropha. les Mozinna et les Anda, ont la corolle ici monopétale, là 
polypétale. On commence d'ailleurs à s'apercevoir qu'il n'y a guère de 
famiDe naturelle où le même fait ne se rencontre. 

Cette diversité n'existe pas parmi les Euphorbiacées biovulées. La 
corolle, dans les cas où elle existe, a toujours ses parties tout à fait indé- 
pendantes: lorsque leur insertion est nettement périgyne, les pétales ont 
toujom's leurs bases très distinctes l'une de l'autre : c'est ce qu'on Toit 
dans les Briedelia. les Jmanoa. Ce dernier genre a été considéré ius- 
qu'ici comme étant apétale. Les pétales, en effet, y sont petits et appU- 
qués exactement contre le gros disque glanduleux qui entoure le pisiil 
ou les étamines; mais leur existence est incontestable: ils ressemblent 
beaucoup à ceux des Briedelia. genre extrêmement voisin des Amanoa; 
ils ont la forme d'un petit triangle qui serait inséré par un de ses som- 
mets sur le réceptacle, et dont la face opposée, tournée en haut, serait 



FORME DES PÉTALES- 89 

finement déchiquetée en petits lobes un peu inégaux ( pi. XXVII, fig. 2 
et 3). Cette forme rappelle beaucoup d'ailleurs ce qu'on observe dans les 
Chiropelalum, dont les espèces tirent de là leur nom de tricuspidatum, 
quinquecuspidaknn. 

La forme de la corolle a d'ailleurs peu d'importance pour la caracté- 
ristique des genres; aussi la décrira-t-on rarement. Il n'y a à noter que 
certaines dispositions particulières. Dans les Bennetlia, ce sont des pétales 
en forme d'écuelles concaves, carénées en dehors, échancrées supérieu- 
rement, et enveloppant à peu près complètement les étamines super- 
posées. Chez les Philyra, les pétales peuvent être légèrement irréguliers ; 
. leurs deux moitiés sont légèrement insymétriques [pL XII, fig. 17), et 
le même fait se présente, quoique à peine marqué, dans la corolle de 
quelques Jatropha. Dans les MonoIaxis, la forme des pétales rappelle 
beaucoup celle des étamines; mais ilest facile de se convaincre que la 
taille des espèces d'appendices réfléchis qui descendent en s'enroulant 
de chaque côté de l'onglet varie beaucoup, ainsi que leur forme, en pas- 
sant d'une espèce à une autre [pi. XVI, fig. 23 et 24). La ressemblance 
qui existe également entre ce qu'on a appelé les pétales chez les Poran- 
ihera et les véritables étamines peut laisser quelque doute sur la nature 
des premiers. Ainsi, au premier âge, ces pétales sont de simples lan- 
guettes étroites, aiguës et dressées [pi. XXV, fig. 2 e< 4); mais, à une 
certaine époque, ces languettes s'allongent et s'infléchissent à la façon 
des filets staminaux , de sorte que , peut-être, elles représentent de 
véritables staminodes , ce que l'observation organogénique pourrait seule 
décider. 

Le même doute peut exister, à propos des Argythamnia, pour les 
petites languettes étroites, pubescentes, qu'on trouve dans l'intervalle 
des divisions du calice de la fleur femelle. Peut-être qu'elles représentent 
des pétales plus petits que ceux de la fleur mâle. Mais il se pourrait bien 
aussi que ce fussent les folioles d'un calicule analogue à celui qu'on trouve 
dans une plante assez voisine de celle-ci, le Caperonia serrata, Hochst. 
Ces organes sont verdâtres, ce qui pourrait suffire à quelques auteurs 
pour trancher la question en faveur de la dernière opinion. La colora- 
tion de la corolle n'est cependant pas un caractère de valeur. Ainsi, dans 
leCliiytia pulcliella,\es pétales sont verdâtres; dans le Crozophora tinc- 
loria (fleur femelle), ils ont absolument la teinte du calice, tandis qu'ils 
sont rouges dans certains Jatropha, les Elœococca, blancs dans le Mo- 



90 c(ttoix£ Donraj:. 

r' , ' -= - rsaisilsn'appartienn^itàlasénecpuiiqoe. Mous avons 
T :- T -rSTariétés de coloration s'observaient parfois dans les 

5- .5 El 7 ™> '^e Vétude ûrganogénique. il ne reste alors, ponr dis- 
t: _ t: 7^ - . -13 la position relatiTe et, s'ilsétaienl isolés, quelques 

- a^>ecl dans la surface dnti^n; car il ne doit pas être ques- 
tion ici de la structure anatomiqoe. Ainsi, àsnsle Cluytia pukheUa,, les 
pétales sont couverts de petites tadies glanduleuses peUucides {pi. XYI. 
fig. 9) qui ne se retrourent pas dans les sépales. Dans les fleurs mâles 
des Crotmi et de qndqnes ^nres Toisûts, les pétales, alors même qn^ils 
affectait une coloration semblable à ceUe du calice, sont d'un ti^u plus 
mon, plus mince^, très fînemt^t décoopés sur les bonk, et nous Terrons 
d'aillears que l^o* préfloraison n'est point la même. Ces pétales d'aspect 
TÎDeas: ne se rencnntr^t guère que dans ce groupe. Âilleois la corolle 
pent bien être garnie de poils, et sonrt^t même oeus-ci prenn^it un 
très grand dévdoppement ; mais ils sont rdéguês sur le milieu de la fece 
intranedespétaks, où ils forment un booquet nes'élevant jamais jusqu'au 
sommet du pétale; c'est ce qu'on voit facilemeit dans cens des Aleuriles 

' XH . "" : 12^: . des Elœoemea. des Laurtira, etc. , et surtout des Pogono- 
j: XIX. ": 2oj p). Ils peuvent donc être portés an^ bimi par 

Ct- — liOûcpctales que poljpétales. Celle des Garcia est tout à fait 

ei " le sons ce rapport; eDe est li^e en dedans, tandis que 

c::-. _ :\ .> ^ recoorerte sur sa face convexe deloi^ poils serrés et 
soyeux (p/. XJV. i'j, 30). Mais ^-41 bien certain qu'il s'agisse là 
d'une véritâî . - : : : It : 

Sic'est unec<;: If. -'.'.- -:-:. :::.\:':-:::.^:\ l :- :: arrive dans tontes 
les Ënphorbiacééâ. t«jtiiuîinrv yai liiic iii5>ti»."ii!r iaijgr-îr uC pctalcs. Dans la 
flwn' mâle il y en a «Sx, cinq extérieurs et cinq intérieurs, alternes avec 
les précédents (p. XB". ■".-.. 2S). Dans la fleur femelle il n'y en aurait, 
le pins souv^t, que huit {fig. a5); ce pourrait bien n'êbe autro diose 
qu'un disque pétaloïde. Si ce sont des pétales, il n'y a pas d'antre 
gaore où ils soient ausâ nombreux. 

Ainsi, les Atiephiîa esa onA dnq et quelquefois six. les fleurs mâles 
d^Arggthaamia quatre : ce sont les nombres ordinaires; ils n^iondeot à 
celui des sépales, et dans les cas où il n'y a pas isomérie entre le calice et 
la coarcAe, c'est cette dernière qui l'emporte, comme les Aleuriles, les 
Ostoies, l^ JgnutiMaehys en fournissait la preuve. Qoand l'inverse 
arrive, ce n'est qu'aecidentenement, et seulement dans quelques fleurs 



PRÉFLORAISON. 91 

d'une même inflorescence, comme cela s'observe clans les vrais Savia et 
les Croloiïopsis; leur fleur; peut devenir même tout à fait apétale; mais 
je n'ai pu constater qu'il existât un ordre régulier dans ces avortements 
plus ou moins complets de la corolle. 

Toutes les fois qu'il m'a été possible de suivre le développement des 
pétales, j'ai observé leur apparition simultanée sur le réceptacle. C'est, 
avec quelques autres, une preuve de plus pour moi que les petites lan- 
guettes glanduleuses, simples ou ramifiées, qui se trouvent dans l'in- 
tervalle des sépales de la fleur femelle des Crolon {pi. XYIII, /îg. Zi, et 
3, c) représentent de véritables pétales. 



PREFLORAISON. 

Toutes les préfloraisons peuvent se rencontrer dans les fleurs de ce 
vaste groupe , mais toutes aussi y passent facilement d'une variété à une 
autre; de sorte que les caractères que l'on en peut tirer pour la classi- 
fication des genres sont ici d'une importance secondaire. 

Il n'est guère possible d'étudier ici l'influence que doit avoir sur le 
mode de préfloraison la régularité ou l'ii-régularité de la fleur : car les 
fleurs irrégulières se rencontrent en nombre fort minime parmi les 
Euphorbiacées. On ne peut guère, sous ce rapport, comparer que les 
Euphorbia aux Pedilanthiis, et les véritables Croton aux lulocroton et 
aux Crotonopsis. 

Les Pedilanllius sont des Euphorbia à périanthe irrégulier, en admet- 
tant toutefois que leurs fleurs sont hermaphrodites, sinon tout ce que 
je vais dire du calice s'appliquerait à un involucre. Les sépales ne sont 
libres dans ces deux genres qu'à leur partie supérieure; mais quoiqu'ils 
forment dans V Euphorbia une enveloppe pj^rfaitement régulière, tandis 
qu'elle est inégale, gibbeuse dans les Pedilanthus, et que les folioles 
calicinales soient inégales dans leur portion libre, la préfloraison imbri- 
quée est très prononcée dans l'un et l'autre genre. Les6Vo/o?^ ont cinq 
sépales égaux qui sont généralement disposés, lors de l'entier développe- 
ment, en préfloraison valvaire. Lorsqu'on examine comparativement les 
Crotonopsis et les lulocroton, chez lesquels les sépales sont très inégaux, 
deux ou trois étant très petits par rapport aux autres, l'un d'eux surtout, 
et ces divisions du calice pouvant même complètement manquer, de 



92 USCOXSTANCE DE LA PBÉFLORAISOS. 

manière que le pistil n'est plus enveloppé que d'an côté par le pê- 
rianthe. on n'eu voit pas moins, à Tàge adulte, la préfloraisoo dereoir 
aussi valvaire. H est d'ailleurs bien évident qu'on ne peut tirer aucune 
conclusion générale d'un aussi petit nombre d'exemples. 

C'est une règle à peu près constante que .rs E jphorbiacées à loges 
biovulées ont le périanthe à préfloraison imbriquée. Pour celles dont les 
loges sont uniovulées. la préfloraison imbriquée esisle fréquemment 
aussi ; mais plœ souvent encore elle est valvaire. Ce qui caractérise ici 
l'estivation imbriquée, c'est son inconstance. A part les cas de préflorai- 
son qninconeiale qui se rencontrent souvent dans le caHce, il est impos- 
sible de préciser, comme cela se fait ailleurs, quelle position occupera 
d'une manière absolue tel ou tel sépale, telle ou telle pièce de la corolle. 
De là aussi l'imposibilité de fixer une fois pour tontes la relation du 
sépale 1 , par exemple, avec le pétale 1 on 5. et ainsi de suite. Quelques 
exemples montreront bien cette impossibilité. 

L'Omaianthus n'a que deux divisions au calice; elles sont imbriquées, 
et généi-alement l'antérieure enveloppe des deux côtés la postériaore 
(pi. Vlll. fig. 29). iUais ceci ne saurait être posé comme rè^e invariable ; 
car dans un genre voisin, le Sapium^ lorsqu'il y a deux divisions au 
calice, dont une antérieure et une postérieure, c'est l'antérieure qui, le 
plus souvent , est enveloppée par l'autre {pL Yl, fig. 15). Lorsque le 
calice a trois divisions, les mêmes variations se présentent. Dans un 
Cnemidostachys. un Maprmmea, etc., de trois sépales imbriqués, le pos- 
térieur sera d'ordinaire tout à fait extérieur {pi: TIIj fig. 23). Dans la 
fleur femelle d'une plante très voi^ne, VHippomane, représentée pi. TI, - 
fig. 17 et 18, des trois divisions du calice, c'est au contraire la posté- 
rieure qui e^ complètement enveloppée. Le fait est le même avec des 
fleurs construites sur le type à. On ne peut presque jamais établir d'une 
manière absolue qu'un calice a une préfloraison imbriquée àltemative, 
avec deux sépales extérieurs et deux antres alternes plus intérieurs: 
car, à côté de la fleur observée, on en trouvera bientôt une autre qui 
aura un sépale tout à fait extérieur, un tout à fait intérieur et dmx antres 
qui seront moitié l'un et moitié Tautre. De même à l'on ne considèreque 
deux sépales opposés, on verra que l'un d'eux sera tantôt recouvert et tan- 
tôt recouvrant. Cette inconstance de po^on paraît être surtout prt^re 
aux types dégradés, comme ceux que nous oflÈre souvent cette famiUe. 

Cette vérité parait pins frappante encore quand on examine des fleurs 



INCONSTANCE DE LA PRliFLOUAISON. 93 

construites sur le type 5, qui est le plus fréquent, et qui d'ailleurs passe, 
comme nous l'avons vu, très facilement au type 6, qui revient même, 
mais plus rarement, au nombre li. A ce propos encore, il me semble 
préférable de décrire ce qui se passe dans quelques fleurs déterminées. 
La fleur femelle du Colmeiroa huxifolia, qui seule est cultivée à Paris, a 
un calice à cinq ou six divisions. S'il y en a cinq, leur préfloraison est 
quinconciale, le sépale 2 étant postérieur, les sépales 1 et 3 antérieurs 
Mais s'il y a six divisions, elles se disposent sur deux rangées alternes ; 
une rangée extérieure, où deux sépales sont antérieurs et l'autre posté- 
rieur, et une rangée intérieure, dont deux divisions sont au contraire 
placées du côté de l'axe. Alors apparaissent, dans la préfloraison relative, 
un grand nombre de modifications. Le sixième sépale surajouté, celui 
de la rangée intérieure qui regarde en avant, est souvent tout à fait re- 
couvert {pi. XXIII, fig. 28), et l'on peut alors penser qu'étant le dernier 
produit sur une spire qui comporte six folioles au lieu de cinq, c'est là 
natureOemeut la position qu'il doit occuper. Ceci n'est cependant pas 
constant; sur une fleur voisine, on trouvera que le sépale le plus inté- 
rieur de tous est un des deux postérieurs, et que cette sixième division 
du périanthe est, au contraire, tout à fait l'ecouvrante par rapport aux 
deux autres du verticille, ou moitié recouvrante et moitié recouverte. 
De même pour le sépale 'i du calice quinconcial; il est tourné du côté 
de Taxe, et, dans le bouton, il recouvre le sépale 3, tandis qu'd est re- 
couvert par le sépale 1. Combien de fois cependant ne voit-on pas que, 
lorsqu'il y a six sépales, c'est celui qui, dans le verticille extérieur, 
regarde l'axe, qui se trouve envelopper tous les autres? Les faits signalés 
ci-dessus se reproduisent constamment chez les Phyllanthus et les 
Xylophylla (1) que l'on cultive dans les serres; ils démontrent que, si 
l'on peut facilement admettre que cinq sépales disposés en quinconce 



(1) Je citerai seulement ici, comme exemple de ces variations, celles que j'observe dans les 
fleurs mâles du Xylophylla speciosa cultivé an Alnséum. Les sépales étant numérotés depuis 
1 jusqu'à 6, seulement quant à la position, de manière que le sépale 1 soit, dans le veriicille 
externe, tourné du côté de l'axe, les sépales 2 et 3 antérieurs, dans ce même verticille, les 
sépales 4 et 5 postérieurs, et le sépale 6 antérieur dans le veriicelle interne, je trouve : 

1° Le sépale 6 tout à fait recouvert; le sépale 1 tout à fait recouvrant; les quatre autres 
moitié l'un, moitié l'autre. 

2° Le sépale 1 tout à fait recouvrant, tandis que c'est le sépale 5 qui est tout à fait recouvert. 

3° Le sépale 6 tout à fait recouvrant, de même que le sépale 1. 

Je n'ai pas besoin d'ajouter que, comme dans beaucoup d'autres fleurs, les spires s'enroulent 
tantôt à droite, tantôt à gauche. 



9i 11N"C0\STA>'CE DE LV PRÉFL0RA1S05. 

forment une spire continue unique, ceci devient beaucoup moins 
croyable, dans un grand nombre de cas, pour un calice à six divisions 
imbriquées et disposées sur deux rangées. 

L'estivation de la corolle est tout aussi variable, dans une même plante, 
que celle du calice. Généralement elle est imbriquée, plus rarement 
tordue; je n'en connais point qui soit Téritablement valvaire ailleurs 
que dans les Bennettia. Mais, d'une part, la disposition contournée passe 
très fréquemment à Timbrication, et celle-ci est elle-même très variable. 
Le mode d'imbrication le plus rare qu'on observe ici dans les corolles 
pentamères. c'est le quinconcial; il n'y a pas un seul genre qu'il puisse 
caractériser d'une manière absolue. 

Les Jatropha et les genres voisins , Aieuriles , Elœococca , Ricino- 
carpus, etc., ont normalement la corolle tordue; mais souvent le pétale 
antérieur perd ses relations primitives. Son bord recouvert s'échappe 
en dehors, ou son bord recouvrant s'échappe en dedans, et la préflo- 
raison devient imbriquée. H en arrive de même, mais plus rarement. 
pour les autres pièces de la corolle. On conçoit dès lors qu'un mode 
d'imbrication quelconque en remplace facilement un autre, pour k 
même cause qu'une corolle quinconciale cesse de l'être, et récipro- 
quement. C'est ce que nous allons constater, par exemple, dans les 
Cluyiia, tout en faisant voir comment ces transformations altèrent les 
rapports mutuels de position des diverses pièces du calice et de la 
coroUe. 

Dans la fleur femelle du Cluytia pulchella, la seule que l'on cultive à 
Paris, le calice est généralement en préfloraison quinconciale. Des cinq 
pétales disposés de même, celui qui alterne avec les sépales â et 5 et 
celui qui alterne avec les sépales l et 4, sont extérieurs ; celui qui altei"ne 
avec les sépales 2 et 4 est moitié recouvert et moitié recouvrant, et les 
pétales tout à fait recouverts sont ceux qui alternent avec les sépales 
1 et 5, et i et 3. Mais il arrive souvent aussi que ce dernier, au lieu 
d'être tout à fait recouvert, devient complètement extérieur (pi. X^l, 
fig.5].LA préfloraison, de quinconciale qu'elle était, devient alors im- 
briquée de la façon qu'on a appelée cochléaire, et les rapports des parties 
deviennent tout différents dans l'estJvation. Voilà pourquoi, dans la des- 
cription des genres, il m'a été impossible presque toujours de donner 
d'une manière absolue cette position relative des pétales et des sépales, 
ce qui est possible dans certaines familles et peut permettre au crayon 



PASSAGE d'une PKÉFLORAISON A UNE AUTRE. 95 

de tracer exactement le diagramme d'une fleur, d'après la description 
d'un auteur précis. 

S'il est peu étonnant, en somme, de voir ainsi l'imbrication passer 
fréquemment d'une modification cà une autre, on s'attendrait moins à 
voir la préfloraison imbriquée devenir facilement la préfloraison valvaire. 
C'est pourtant ce qui s'observe dans certains cas pour le calice. Sou- 
vent la préfloraison des sépales, imbriquée dans le jeune âge, devient 
valvaire, ou, comme disent les descripteurs, subvalvaire dans l'âge 
adulte. 

Dans les Ricinus, \esMercurialis, les Crozophora., il y a un moment où les 
pièces du périanthe sont imbriquées ; cela tient à leur ordre d'apparition, 
qui est consécutif; les dernières folioles qui se montrent sur l'axe se trou- 
vent plus ou moins recouvertes par celles qui les ont précédées ; mais peu 
à peu cette disposition disparaît, en même temps que la différence de 
hauteur des points d'insertion, et la préfloraison devient valvaire. Cela 
est surtout marqué dans les Crolon (pi. XVIII, fig. 1, 2). Les sépales 
apparaissent dans l'ordre quinconcial, et d'abord fls se recouvrent dans 
la préfloraison. A l'âge adulte, celle-ci est valvaire {fig. 7). Il n'y a donc 
point lieu de s'étonner si, dans quelques espèces de Croton, la fleur pos- 
sède encore un calice en préfloraison quinconciale, ici très manifeste, 
ici à peine marquée {pi. XYII). On peut dire que, dans ces plantes, la 
préfloraison valvaire est le lerme; que, dans toutes les espèces, ce terme 
n'est pas atteint, et que la préfloraison imbriquée est un arrêt de dé- 
veloppement de la préfloraison valvaire. Aussi, lorsque dans deux espèces 
de ce grand groupe Croton, d'ailleurs semblables par tous leurs carac- 
tères, je trouverai le calice, ici légèrement imbriqué, et là tout à fait 
valvaire, je me rappellerai que ce dernier offrait, il y a quelques jours 
encore, la disposition imbricative, et je ne reléguerai pas la plante dans 
un genre particulier. Il en sera de môme pour les Amanoa, sur lesquels, 
quoique nous n'ayons à notre disposition que des fleurs sèches, il est pos- 
sible de voir que les divisions du calice tantôt sont valvaires, tantôt se 
recouvrent légèrement l'une l'autre. 

On regarde généralement et, avec raison, la préfloraison induplicative 
comme dérivant de la valvaire. Il n'en est cependant pas toujours ainsi, 
si l'on veut conserver ce nom pour les cas où les bords des divisions du 
calice sont repliés en dedans. En effet, dans le calice du Microelus Rœ- 
perianus, l'estivation est induplicative, si bien que les bords rentrants des 



96 FEÉFLORAtSOX DE LA COROLLE. 

sépales enveloppent, un peu avant lanthèse, Tétamine superposée 
Cependant, si Ton examine ce calice pins jeune, on voit que la préfli:^- 
raison quiuconciale y est extrêmement prononcée pi. XXVI. f,g. 25, 
et 26 V 

Avant de passer à ce qui concerne plus spécialement l'estivation de la 
corolle, on peut se demander s'il y a quelque rapport entre sa préflo- 
raison et celle du calice. La réponse est affirmative pour les quelques 
Eupliorbiacées à loges biovulées qui ont un périanthe double : tels les 
Savia. les Petalodiscus, les U'ielandia. les Discocarpus. Mais ceci cesse 
d'être vi'ai lorsque Tinsertiou des pétales est nettement périgynique: dans 
les Bnedelia, les Amanoa, où le calice finit par devenir valvaire, la 
corolle est imbriquée dans son jeune âge. Je ne parle point ici, bien en- 
tendu, de Tétat avancé de développement où Tintei^alle qui sépare Tin- 
sertion des pétales est devenu beaucoup plus large que leur surface, de 
sorte qu'il n'y a plus entre eux aucun contact. Dans les genres a loges 
uuiovulées, il est au contraire de règle qu'il y ait ditférence de préflo- 
raison entre le calice et la corolle. Les Jleurites ont un calice valvaire, 
une corolle imbriquée ou tordue ; les Crozoplwra et la plupart des Croton 
sont dans le même cas, ainsi que les Chiropetalum à Page adulte, les 
Dilaxis. \esE!œococca, les Garcia. La corolle demeurant à peu près con- 
stamment contournée dans l'estivation, le cabce devient au contraire 
quiucoucial. comme cela arrive chez les Ricinocarpus, Sarcoclimum, 
Philyra, Jalropha, et Curcas. Mais on conçoit d'autant mieirs qu'il pui^e 
y avoir quelques exceptions, que la préfloraison tordue de la corolle 
passe facilement, comme nous l'avons dit, à Timbrication. Ainsi il y a 
similitude de préfloraison pour les deux verticilles du périanthe chez les 
Cluytia, les Pogonophora et les Codiœum. 

Quand les pétales de contouniés deviennent cochléaires. c'est siu*- 
tout l'antérieur qui éprouve des modifications dans sa situation relative, 
devenant tantôt tout à fait extérieur, tantôt tout à fait recouvert. On ne 
peut d'ailleurs absolument prévoir que ce sera lui qui subira ce déplace- 
ment: pas plus qu'on ne peut, dans les cas de torsion, dire que les pétales 
s'enroulent à droite ou à sauche . car lune et l'autre direction se ren- 
contrent parfois sur deux fleurs voisines. Les Philyra sont les seules 
plantes chez lesquefles j'aie remarqué que la préfloraison contournée soit 
accompagnée d'une légère insymétrie des deux moitiés du pétale, comme 
cela se rencontre si fréquemment chez les Apocynées, etc. 



PRÉFLORAISON DANS l'aNDROCÉË. 07 

On sait que les pièces de randrocée représentant, comme celles du 
périanthe, des feuilles transformées, peuvent offrir aussi une préflo- 
raison spéciale ; et celle-ci se distingue en absolue et en relative, suivant 
qu'on considère une étamine isolée, ou en rapport avec les étam in es voi- 
sines. La préfloraison absolue est même considérée par A. de Jussieu 
comme ayant ici une valeur notable pour la détermination de certains 
genres. Il a remarqué que les Roulera ont, à toute époque, les filets sta- 
minaux dressés; tandis que les Croton, qui leur ressemblent beaucoup 
par les caractères extérieurs, ont les filets infléchis dans la préfloraison. 
Grâce à cette inflexion des filets, l'anthère qui devient naturellement 
introrse lors de la floraison, est constamment extrorse dans le boulon. 
Ce n'est pas à dire que les vrais Croton seuls présentent ce caractère; la 
même inflexion existe dans les Crotonopsis, les lulocroton, etc. ; mais on 
peut affirmer que, lorsqu'une fleur mâle n'a pas ses filets staminaux inflé- 
chis dans le bouton, elle n'appartient pas au genre Croton. 

La même inflexion, moins marquée dans les Àdenocrepis, les Astro- 
coccus, les Tragia, se présente avec des caractères particuliers dans le 
Cnesmone {pi. lY, fig. 15). Ce n'est pas sur la portion de l'étamine qui 
répond à l'anthère qu'elle s'exerce; celle-ci est et demeure introrse à 
toutes les époques. Mais au delà d'elle se prolonge le connectif qui se 
coude, de manière à plonger son sommet vers le centre de la fleur et à 
venir passer, par conséquent, en dedans de la face interne de l'anthère. 
Dans d'autres genres, la position est inverse ; la flexion rend introrse 
dans la préfloraison une anthère qui deviendra extrorse quand le filet se 
redressera, comme dans les Sijmphyllia ; ou c'est, au contraire, un filet 
qui, d'abord rectiligne dans le bouton et surmonté d'une anthère extrorse, 
s'allonge et s'infléchit, lors de la floraison, de manière à rendre cette 
anthère introrse et à la renverser, pour que les trous de déhiscence par 
lesquels s'échappe le pollen se trouvent à la partie la plus déclive, et qu'il 
puisse ainsi tomber au dehors, par le seul effet de son poids. C'est ce 
qui se passe dans les Poranthera (pi. XXV, fig. 1 et 3). Dans ces plantes, 
cette inflexion s'accompagne d'un allongement progressif, considérable, 
du filet. Aifleurs, c'est plutôt une sorte de brisure qui se produit à angle 
aigu. Ainsi, dans les /Jdenochlœna, les deux portions du filet coudé vien- 
nent s'appliquer exactement l'une contre l'autre. Dans les Jatropha et 
quelques genres voisins, lesétaminesdu rang inférieur, introrses d'abord, 

deviennent presque subitement extrorses, par un mécanisme analogue. 

7 



98 PRÉFLORAISON DANS l'aNDROCÉE. 

L'extrémité du filet se coude tout près de Tanthère. et celle-ci porte en 
dehors sa face intérieure ; mais ce n'est point à la manière des anthères 
versatiles et oscillantes, qui basculent sur le sommet du filet ; ce n'est 
pas non plus la flétrissure du tissu qui fait qu'elle tombe par son propre 
poids : il y a un mouvement de réflexion tel que l'étamine, une fois 
devenue extoree, ne peut être ramenée à sa direction primitive, sans 
rupture du filet {pi. XR\ fig. 18). Chez les Cephalocroton. d'ailleurs très 
voisins des Adenochlœm, les choses sont poussées plus loin, en ce sens 
qu'il y a deux fois flexion, au lieu dune {pi. WYH, fig. 2i, 25). Il en 
résulte que Tanthère du Cephalocroton, introrse dans la préfloraison, l'est 
encore lors de l'entier déplissement du filet. 

C'est là un intermédiaire entre la flexion simple et le phssement 
du filet, qui ne peut demeurer enveloppé par le périanthe qu'en s'inflé- 
chissant eu zigzag un grand nombre de fois sur lui-même, comme 
cela a lieu chez les Cleidion {pi. IX, fig. o), les Conceveiba [pi. XXI. 
fig. 12) , les Pycnocoma. et même vers le sommet de ceux du Ricin [pl. X, 
fig.io). 

Il ne faut point confondre ces faits, où la flexion existe dans chacun 
des filets staminaux considéré isolément, avec la flexion totale de l'an- 
drocée, ou plutôt de la colonne commune qui le supporte, comme elle 
peut avoir lieu dans les Schismatopera et dans le Dalechampia micrantlia 
{pl. r\'. fig. 2). 11 faut aussi les distinguer des déplacements qu'amène 
l'authèse dans certaines anthères, alors que, d'abord introrses ou extrorses 
dans le bouton, leurs loges se dressent sur le sommet du filet avant de 
s'ouvrir. On a voulu tirer de cette évolution un caractère propre aux 
Antidesmées; mais il ne faut pas le considérer comme spécial à ce 
groupe de plantes, car on le rencontre dans d'autres genres qui par 
tous sont considérés comme appartenant sans contestation aux Euphor- 
biacées, tels que les Thecacoris, les Amperea, les Leptonema. les Mercu- 
rialis. et même souvent les Jcalypha, qui. en outre, présentent, dans la 
préfloraison de leurs longues anthères, un enroulement caractéristique. 

Il n'y a que peu de faits se rapportant à la préfloraisou relative des 
étamines; généralement, en effet, elles ont peu de largeur et ne peuvent 
guère se recouvrir. Toutefois les Alchornea et les Lepidoiurus. dont les 
huit étamines semblent, à l'âge adulte, ne former qu'uue rangée, ont 
leurs filets l'ecouverts les uns par les autres dans leur portion élargie, à 
un âge oii l'on voit ainsi que les étamines sont en réalité disposées sur 



PRÉFLORAISON DANS LE GYNÉCÉE. 99 

deux rangs, et l'imbrication des anthères aplaties des Redia est extrême- 
ment marquée jusqu'au moment de l'anthèse {pi. XXI, fig. 1). 

Il y a aussi quelques faits à noter dans la préfloraison du gynécée ; 
des changements de rapports et de direction s'y manifestent parfois, 
depuis le moment de l'apparition des feuilles carpellaires, jusqu'à celui 
de l'épanouissement. Il y a imbrication des extrémités des jeunes car-r 
pelles dans le jeune âge des Colmeiroa et des Cluytia, avant l'époque où 
se découpent les divisions du style. Celles-ci s'imbriquent aussi dans le 
jeune bouton du Ricin. Dans le large style des Cœlebogyne et des Manihot, 
il y a plissement ou chiffonnement (pr. corriigative). Observées jeunes, 
les deux branches du style de la Mercuriale enchevêtrent réciproque- 
ment leurs dentelures. Les trois branches aplaties et pétaloïdes (Kl.) du 
sly\G des J canthocaiilon sont, au contraire, parfaitement valvaires dans le 
bouton. Quant ta la préfloraison absolue, les Crolon ont les branches du 
style infléchies et fortement enroulées dans le bouton [pi. XVIII, fig. ?>). 
Celles d'un grand nombre de Sapiées sont étalées et rectilignes d'abord, 
puis elles s'enroulent en se réfléchissant {fl. VIII, fîg. 18). Enfin, le style 
entier du Macaranga est d'abord réfléchi, de manière que son sommet 
retombe antérieurement sur la bractée axillante. Lors de l'anthèse, au 
contraire, il est complètement redressé {pi. XXI, fig. 6 et 8). 

Il n'est pas jusqu'au disque qui ne puisse, lorsque les portions en sont 
membraneuses, pétaloïdes, aflecter une préfloraison particulière. Dans 
VAleiiritesoù il forme comme une corolle urcéolée autour de l'ovaire, 
lorsque celui-ci grossissant, le disque vient à se séparer en plusieurs 
lames pétaloïdes, celles-ci se touchent bord à bord. Dans la fleur mâle du 
Petalodisciis plalyrachys, il forme également une seconde corolle à pré- 
floraison valvaire. Dans les Briedelia, les cinq lames aplaties et triangu- 
laires qui le constituent se touchent aussi bord abord, mais elles peuvent, 
en raison de leur grand accroissement, se recouvrir et s'imbriquer légè- 
rement {pi. XXV, fig. 26, 29). Le plus extérieur des disques de certaines 
Euphorbes est, sans contredit, ce qu'il y a de plus marqué sous ce rapport. 
On voit en effet dans YE. Jacquimiflora, que les expansions pétaloïdes 
des glandes interposées aux divisions du calice s'imbriquent fortement 
en dehors du calice qu'elles cachent complètement, et plus souvent encore 
se disposent en préfloraison tordue {pi. I, fig. 6, 9). 



100 BBGCLABITÉ AVEC IXSTMÉTRIE. 



SYMETRIE FLORALE. 



La plupart des fleurs des Euphoi'biaeées sont de celles qu'on appelle 
régulières ; un grand nombre de celles qui sont régulières ne sont point 
symétriques; l'inverse est également xm dans le petit nombre de cas où 
la fleur se trouve être irrégulière. Ici donc, comme partout ailleui's, 
symétrie et régularité sont deux choses bien distinctes. 

La fliear d'une Euphorbe est réguhère : elle n'est point parfaitement 
symétrique quant à son androcée : car, lorsqu'on connaît le mode de 
dédoublement latéral des étamines de chaque faisceau, on sait qu'il est 
impossible qu'un plan vertical partage un de ces faisceaux en deux parties 
symétriques; l'anthère la plus élevée ne sem point coupée par ce plan en 
deas. portions égales, elle pourra même rester tout à fait entière d'un 
côté de ce plan . Les autres verticiUes pouiTont être coupés symétriquement 
par ce plan. Mais quand il y a des appendices pétaloïdes interposés aux 
divisions du calice, comme ces appendices peuvent être irréguliers, à la 
façon des pétales des Vinca, des Nerium. ce vertidlle surajouté pourra 
bien être régulier, quant à la dispctsition de ses éléments, mais il ne 
pourra pas être partagé en deux moitiés symétriques. 

Par contre, la fleur des Pedilanthus, si nous en exceptons l'androcée, 
qni ne difiere pcânt de celui des Euphorbes, aura, quoiqu'elle soit irré- 
guUère, un plan de symétrie ; celui qui passera verticalementpar Taxe et 
le milieu de la bractée partagera s<3n ovaire, les deux rangées de son 
périanthe et sa gibbosité réceptaculaire en deux moitiés symétriques. De 
plus, quoique ce périanthe soit in^égulier à Tâge adulte, si l'on suit son 
développement, on verra que, dans son très jeune âge, la fleur a été, à 
lin moment donné, complètement symétrique et régulière, même dans 
son androcée. 

La fleur mâle d'un Pbilyra est aussi réguhère que celle d'un Curcas: 
le nombre des parties est le même dans l'une et dans l'autre, abstraction 
feile du disque glanduleux : mais la corolle du Curcas est symétrique. 
parce que ses divisions sont r^uUères; la coroUe du Philyra. ayant les 
pétales légèrement irréguhers [p. 89 , n'a plus de plan de symétrie, et 
le même fait existe, quoique à un moindre degré, dans celle de quelques 
Jojtropha. Ce caractère n'a donc pas ici une grande valeur pour la classi- 



FLEURS TVPliS. 10 t 

ficatiou ; il ne saurait empêcher de rapprocher des Curcas les Philyra, 
qui sont des Ja<rojo/ia dépourvus de disque dans la fleur mâle; et d'ailleurs 
il y a des fleurs de PInhjra où les pétales devenant presque réguliers, 
l'insymétrie de la corolle disparaît à peu près complètement. 

A part ces quelques exceptions, il n'y a guère, chez les Euphorbiacées, 
d'irrégularité dans les appendices floraux. Les divisions du calice des 
Sapium et de quelques genres voisins ont souvent une glande basilaire 
latérale, au lieu de deux ; celle qui occuperait le bord recouvert dans 
l'imbrication manque généralement ; les deux moitiés de l'organe sont 
alors insymétriques. 

Mais alors même qu'il y a symétrie, au moins dans un sens, pour tous 
les verticilles d'une même fleur, le nond^re des plans dits de symélrie 
varie considérablement, en passant d'un verticille à l'autre. Cela tient 
surtout à la fréquence du nombre 3 qu'affectent les feuilles carpellaires. 
Comme, dans ce cas, elles sont d'ailleurs régulièrement disposées autour 
de l'axe commun, elles possèdent trois plans de symétrie; mais bien 
souvent alors l'androcée étant régulièrement construit sur les types 4, 5 
ou 6, de même que le disque et le périanthe, ces verticilles offrent uu 
nombre plus considérable de plans de symétrie. Ainsi, dans les Menarda, 
le calice, le disque, l'androcée, ont chacun cinq plans de symétrie ; 
le gynécée n'en a que trois. Il n'en a pas davantage dans VAmanoa, 
et n'en a que deux dans les Briedelia, où l'on en retrouve également 
cinq dans les autres verticilles. Je ne connais guère que le Wielandia 
[pi. XXII, flg. 7, 10), qui offre autant de fois cinq plans de symétrie 
qu'il a de verticilles et où la fleur elle-même possède aussi ces cinq plans. 

Le Wielandia est donc une fleur type, et c'est d'elle que philosophi- 
quement on doit faire découler tous les autres genres qui en dérivent. 
Comment se fera cette dérivation, c'est ce qui a déjà été établi de fait, 
au début de ce travail. Mais nous pouvons ici rechercher quelles causes, 
dans les Euphorbiacées, vont faire peu à peu dévier ce type. En général, 
pour le pistil, c'est, en première ligne, Vavorlement. Au lieu de cinq 
loges, il n'y en a plus que trois dans tous les genres voisins. Au lieu qu'il 
s'en trouve une au-dessus de chaque foliole du périanthe, il n'y en aura 
plus, par exemple, qu'au-dessus des folioles 1, 2 et 3, et elles manqueront 
au-dessus des folioles 4 et 5. 

Le même avorteraent pourra réduire le nombre des pièces de l'an- 
drocée. C'est ainsi qu'il y avait une étamine au-dessus de chaque sépale 



103 CICES^ I» DËTLITIOK. 

dam le Mmardk, et que, dans lePhyllanShus. VEmhliea, il n'y en a plus 
qœ trois, an-dessas des sépales 1, 2 et S. Mais rarortemeot. qui est ici 
la règlej Tcaiant à ne pas se ^odoire, des fleors anormaîes de Phyllan- 
ihus se renoontpwont qui letonraeQt an type (pi. XXIV, j%. 22) et pos- 
sèdent une étamjne an-dessas de diaque sépale. 

Si Fanomalie d'aîDenis ne ramMe ooniplétemeot an type, comme 
dans le cas précédent, ïm^Uté deééeAppement peut produire quelque 
cJiûse d'intennédiaiie. Cest ainsi que dans aoe fleur de Kirganelia. 
à'Jfnmmema. il y a bien (Hïcoie dnq étamines comme dans le Menarda . 
mais deux grandissait beaucoup, dens demenreut très petites, la cin- 
quième aifio pit^aate on dérdoppemeot moyen ; quand ces inégalités 
de déTtÉoppement se produisent dans un semblable androcée, il m'a 
sanblé qne c^âbaient les étamin^ superposées aux sépales les plus inté- 
rieurs qui se dév^ppaient le plus. UinégaUié de dévdappement joue uu 
r^etiès peu con^déiable dans 1(^ Enpborbiacées; à part l'exemple du 
PedSonthMs, je ne r^csntte gnke ici que les Cemioph&rus, quelques 
Iwkerokai, avec les petite éperons on les salDii^ ai forme de carène de 
leurs si^ales estêrieoi^ 

Le dédsvMemad et la imuliijiimSmm î&bssbA, égalemi^t un rôle impor- 
tant dans la dérialiiM] des typi^ enphorbiacés ; mais comme c'est parti- 
culïèrement à Fandrocée qne s'appliquent ces modifications, dous aurons 
à y reri^iîr l{H^oem(ait an sngei aies, éfamiaes ; et pour le moment, nous 
ne nous occopimms plus qne de la symétrie étudiée dans les rapports de 
la fleor avec Faxe qui la porte et ^ bractée mère. 

Quand une fleur mnHMMMamydée d'£kiphorbiacée a daix divisions au 
fmanthe, dans la grande majorité des cas Fnue d'elles est tournée du 
csôté de Faxe, Fatrire du côté de la bractée. Ainsi, dai^ les d&dûdm- 
nspsïs, et souvent daiK 1^ Sapium, il y a no sépale aDtérieur et un pos- 
tMenr, et ce dernier reroovre ordinairemeait l'antre. Quand il y a trois 
diviâons an calice, l'nne est pMérieure et les denx autres autérieures. 

Dans un même genre, eomme les Smpium, les Stittmgia. où l'on 
pa^e ainsi firéqnemment du nombre 2 an nombre o, il est faxMle de voir 
que c''est le sépale antérieur qui se dédouble et qui est remplacé par 
di^tx folioles; dans les genres qne nous Teuons de citer, ainsi que dans 
les MapromBSL, les Spirmiath^t les EœoBùaria, etc., où la prètloraison 
-estimbriqaée, cfôdiais sépale se recouvrait Fun Fautre, et le sépale 
posiâieiir, ne variant point dans sapoâtion et ses rapports^ les enveloppe 



PASSAGE d'un type A l' AUTRE. 103 

tous les deux. Toutefois il ne faut pas voir là une règle absolue, car dans 
VOmalanlhus popidifolius il est à peu pi'ès constant que le sépale anté- 
rieur recouvre le postérieur. Dans les fleurs du Mercurialis annua, le 
sépale postérieur est de même recouvert par les autres dans le jeune 
âge. Il est vrai qu'ici la préfloraison devient ultérieurement valvaire, 
tandis que, dans les Sapiées, elle demeure toujours imbriquée. Néan- 
moins il faut remarquer que ce ne sont ici que des variétés dans la pré- 
floraison ; la position des deux ou des trois sépales relativement à l'axe 
et à la bractée est normalement la même. 

. Quand il y a quatre divisions au calice, une d'elles est antérieure, une 
postérieure, les deux autres latérales. On voit alors, comme dans les 
Poranthera, ou plus rarement les Cicca, que c'est le sépale antérieur 
qui se dédouble, lorsqu'on passe du nombre k au nouibre 5. Loisque, 
comme dans VJrgijthamnia, on trouve qu'il n'y a pas de sépale en 
avant et en arrière, on peut supposer que cette disposition tout à fait 
exceptionnelle est le résultat d'une torsion du pédicelle. 

Quand le calice est pentamère, le sépale 2 se trouve du côté de l'axe; 
les sépales 1 et 3 sont superposés à la bractée. Mais les plantes sèches 
nous offrent à cette règle très générale quelques exceptions. Ainsi j'ai 
observé des Bia avec un sépale antérieur et deux postérieurs; les Julo- 
croton {pL II, pg. 23) sont dans le même cas. Est-ce l'effet d'une torsion 
tardive? C'est ce que l'on ne saurait affirmer. 

Lorsqu'il y a six divisions au périanthe, elles sont généralement dis- 
posées sur deux séries alternes. Dans ce cas, l'extérieure se comporte 
comme s'il n'y avait que trois sépales, et les folioles du verticille inté- 
rieur sont, l'une antérieure, et les deux autres postérieures. La fleur 
irrégulière des Pedilanthus ne rentre pas dans cette loi {pi. III, pg. 2). 
Les trois sépales extérieurs sont bien, l'un postérieur et les deux autres 
antérieurs; mais les petits sépales intérieurs sont rejetés tous les trois du 
côté postérieur de la fleur, et celui que l'on peut regarder comme le 
sixième (voy. p. 57) étant eu dedans des sépales k et 5, avec lesquels il 
alterne, pourrait être considéré comme appartenant à un autre verticille 
plus intérieur. 

. La conséquence la plus générale que l'on puisse tirer de ce qui précède 
quant à la position du calice, par rapport k la bractée et à l'axe, c'est 
qu'ordinairement il y a un sépale postérieur, et que la bractée répond 
à l'intervalle de deux autres sépales. Nous verrons, à propos de la position 



lOÛ NOMBRE DES ÉTAMINES. 

des étaoïines et des loges ovariennes, pai' rapport à Taxe,, qu'on peut éga- 
lement établir quelques principes généraux. Pour le moment il ne nous 
reste qu'une relation à signaler, c'est celle des divisions du périauthe, 
lorsque la fleur est terminale, avec les bractées subjacentes. à l'aisselle 
desquelles se développent les fleurs de seconde génération. Dans les 
MonoIaxis, par exemple pi. XM. fig. 22 . il est facile de voir qu'il y 
a exactement alternance. 



DU .XOMBRE DES PARTIES DE L'ANDROCEE ET DE LEUR SYMETRIE. 

Rien n'est plus variable que le nombre des étamines. D change sou- 
vent d'un genre à l'autre, et d'une espèce à l'autre dans un bon nombre 
de genres. Il est même vrai, dune manière générale, que ce nombre 
varie, dans un même échantillon, d'une fleur à l'autre, avec une grande 
facilité. Ceci n'arrive guère toutefois pour les Euphorbiacées à loges 
biûvulées, si distinctes sous bieu des rapports. 

'LJnthostemaa des fleurs monandres. et de même les genres qui con- 
stituent le petit groupe des Anthostémidées. Mais parmi eux, le Pachy- 
stemon réduit à une étamine peut, d'après M. Wight. en présenter excep- 
tionnellement deux. Le nombre trois est extrêmement répandu dans 
certains groupes où il est normal, comme dans les Excœcaria. les M icro- 
siachys. etc. Il semble eu être de même chez les 5apH/m, les 5fj7/i'7i^îa, et 
cependant il est le plus rare dans ces genres : il se maintient , par 
exemple, dans le S. ligustrinu, Micbx.. mais dans la plupart des autres 
espèces, ainsi que dans \esMaprounea, il n'y a plus que deux étamines. Il 
faut observer alors que les deux qui persistent sont alternes avec le sépale 
postérieur, et que. par conséquent, celle qui vient à manquer occuperait le 
côté antérieur de la fleur. Je cite ici spécialement le Maprounea. parce 
qu'il a été indiqué comme n'ayant qu'une étamine à deux loges séparées. 
Il présente, au contraire, deux étamines dont chacune est biloculaire, 
ce qui détruit tout caractère différentiel de quelque valeur entre lui et 
les Stillingia. 

Les Phylbntlius, \esMelanthesa,e\.c.. ont normalement trois étamines. 
Il faut se garder de compter ces trois étamines pour six. lorsque les deux 
loges de l'anthère sont bien distinctes, erreur qu'on commet facilement 
pour les Glochidion, par exemple: le plus souvent ils paraissent avoir six 



ANDROCIÎE DU'LOSÏÉMONÉ. 105 

anthères, mais celles-ci ne seraient alors qu'uniluculaires : le nombre 
d'espèces de ce genre où il y a en réalité plus de trois anthères est très 
restreint, quoique cela puisse se rencontrer. On passe quelquefois, dans 
les Phyltanllms, du nombre trois au nombre quatre ; cela arrive souvent 
au Muséum pour le P. grandiflonts; il y a alors ordinairement trois 
grandes anthères et une quatrième plus petite, qui est latérale. Quelque- 
fois même, le nombre d'étamines s'élève à cinq dans ces fleurs qui n'en 
ont naturellement que trois. Les Hems de V Emblica {pi. XXIV, fîg. 22) 
m'ont offert cette disposition anormale. Il y a alors nne étamine en face 
de chaque division du calice, tandis que normalement, on n'en trouve 
qu'au-dessus des sépales 1, 2 et 3. Ceci montre quelle étroite affinité il y 
a entre les Menarda, où le nombre cinq est normal, et les vrais Phyllan- 
thus. Quand il y a ainsi cinq étamines, deux cas peuvent se présenter : ou 
elles sont toutes égales en longueur, comme dans les Thecacoris, les Savia, 
les Fluggea, etc.; ou bien elles sont inégales, comme dans les Aniso- 
nema, les Kir gaiielia. Abstraction faite de ces différences de taille, Tisosté- 
monie est un caractère très fréquent des Phyllanthées et d'une portion 
des Crotonées d'A. de Jussieu. Autant il y a de divisions au calice, 
autant il y a d'étamines; et quand nous voyons les Phyllanlhus \)Sisser au 
type quaternaire, comme cela arrive pour les Cicca, les Zygospermum, 
on y observe aussi quatre sépales et quatre étamines, comme chez les 
Palenga, deux étamines et deux sépales. Pour le genre Porantliera, en 
particulier, on voit que la plupart des fleurs ont cinq sépales et cinq éta- 
mines; mais, sur le même pied, un certain nombre auront six étamines 
et six sépales, et quelques-unes avec quatre sépales quatre étamines; 
de sorte que les fleurs sont toujours isostémonées. 

Le type diplostémoné est plus rare parmi les Euphorbiacées ; nous le 
rencontrerons cependant dans certains genres. Alors il est de règle que 
les étamines forment deux verticilles ; s'il y en a dix, comme dans les 
Jatropha, cinq sont plus petites, plus extérieures, superposées aux pé- 
tales; (îinq plus longues sont alternes. C'est une règle très générale qui 
retrouve son application dans les genres Ditaxis, Caperonia, etc., et 
quand il n'y a pas de corolle, larelation ne varie pas; les cinq étamines 
les plus courtes répondent à l'intervafle des sépales {Cnidoscolus, Ma- 
nihol, etc.). 

Assez fréquemment le nombre des étamines, supérieur à celui des 
folioles calicinales, est cependant inférieur au nombre double : ainsi 



106 A>"DEOCEE AMSOSltMOXÉ. 

nous trouvons souvent huit étamines dans les Elœococca, les Mosinna. 
les CrosophoraAes, Amperea ; mais alors les étamines peuvent présenter 
deux modes d'arrangement bien distincts. 

Dans les Elœocoœa, par exemple, le type normal présente un androcée 
décandre . Il y a d'abord (pi. XH cinq petites étamines superposées aux 
pétales et cinq plus grandes alternes [fig. 36). Mais il arrive fréquemment 
que le verticille supérieur est composé d'éléments dissemblables; il y a 
trois étamines, dont une postérieure^t deux antérieiu'es qui sont feiTiles. 
et deux latérales qui sont beaucoup moins développées ou même parfai- 
tement stériles :fig. obj. n anive donc ici pour ce verticille del'androcee 
ce que nous avons pu observer pour l'unique verticille de celui du Phyl- 
lanihus ; il y a tendance à réduction, et ce sont les mêmes étamines. 
les deux latérales, qui disparaissent. Ceci nous explique bien ce qui se 
passe dans leMostnaa pdMa [pi. XIU. fig. lu): nous n\ trouvons que 
huit étamines, ciuq extérieures et trois intérieures : mais il n'y a pas de 
staminodes a la place des deux anthères qui manquent dans la rangée 
supérieure. Il ne faut toutefois pas chercher beaucoup pour rencontrer 
des fleurs de Mozinna à dix étamines. Ce nombre est même le plus fré- 
quent qu'on observe dans les Cureas, qui ne difierent pas autrement des 
Mo-zinna. E y a aussi indifféremment dix ou huit étamines dans les Âphora 
et les Cro%ophora. Mais, dans ces derniers, les cinq étamines du rang 
inférieur, dont aucune ne manque jamais, sont, d'après l'étude qu'en a 
faite M. Payer, superposées aux divisions du cahce, tandis que dans les 
Aphora^ elles sont, comme dans les Ditaxu, au-dessus des pièces de la 
corolle. On comprend que c'est dans de semblables différences de position 
qu'il faut chercher des caractéristiques distinctes de genres: sinon, com- 
ment pourraitHDn distinguer un Jphora octandre d'un Crozophora, puis- 
qu'il y a dans les deux plantes même nombre d' étamines monadelphes, 
même nombre de pétales, de sépales, même inflorescence, même pré- 
iioraison ■? 

Dans les Àmperea. où avec cinq sépales se renœntrent hirit étamines, 
le fait n'est pas de la même nature. H n'y a pas, eu effet, dans ces fleuri, 
trois grandes étamines et ciuq petites, mais bien quatre petites et quatre 
grandes. C'est qu'on peut concevoir comme normal, dans les Amperea. 
le type qu'on rencontre souvent dans la nature : quatre sépales et huit 
étamines, dont quatre petites et quatre grandes {pi. XIV, fy. 6;. Il peut 
airiver alore qu'un des sépales se dédoublant, on en ait cinq au calice; 



ANDROCÉt; PLÉIOSTÉMONÉ 107 

mais alors, l'androcée ne change ni dans le nombre, ni dans les rapports 
de ses parties constituantes. 

Comme on rencontre deux rangées d'étamines, on peut en rencontrer 
trois, ce qui arrive fréquemment chez les Crolon. Alors cinq étamines 
sont superposées aux pétales, cinq plus longues sont alternes, et cinq 
plus longues encore et plus intérieures sont superposées aux premières. 
Mais ce qui arrivait pour le second verticille arrive ici pour le troisième. 
Au lieu de comprendre cinq étamines, il n'en a plus parfois que trois, 
et c'est ainsi qu'on a treize étamines au lieu de quinze, disposition qu'il 
est difficile d'apercevoir dans la plupart des Croton, où le réceptacle est 
contracté sur lui-même, mais qui devient très évidente dans la fleur 
entièrement développée du Tritacnis {pi. XI, fig. 10). Là les verticilles, 
bien espacés, sont au nombre de trois, présentant, le premier cinq éta- 
mines, le second cinq également, et le dernier trois seulement. 

Le nombre des étamines peut ne plus être défini, mais présenter ce- 
pendant un rapport constant avec le nombre des pièces du périanthe. 
Ainsi, dans un certain nombre de Crotonées, il y a autant de séries d'éta- 
mines, ou deux fois autant, que de pièces au périanthe. Dans les Eu- 
phorbes, le nombre absolu des étamines est très variable ; mais elles 
constituent toujours autant de faisceaux qu'il y a de divisions au calice. 
Dans les Ricins, où le nombre des étamines est indéterminé, l'étude 
organogénique démontre qu'il y a un nombre de petits bouquets ou fais- 
ceaux d'étamines multiple de celui des sépales. Enfin, il y a bien des 
genres où le nombre des étamines, très grand et très variable, échappe 
à toute détermination numérique exacte; mais il est probable qu'il n'en 
serait pas de même pour nous, s'il était possible de suivre leur dévelop- 
pement. 

La symétrie de l'androcée, considéré dans ses rapports avec les pièces 
du périanthe, peut se réduire aux quelques faits généraux suivants : 

^. Quand il y a une seule étamine dans la fleur, ou son anthère paraît 
exactement terminale, et alors l'androcée affecte plus d'un plan de 
symétrie, ou elle n'est pas terminale, et il ne possède qu'un seul plan 
de symétrie; ce que nous voyons, par exemple, pour les Dalembertia^ 
.où ce plan est le même qui passe par le milieu de l'axe et de la bractée 

mère {pi. N, fig. l\, iê,). 
B. Quand il y a deux étamines, ou le calice a deux sépales, comme 

dans certaines fleurs de Sapium, et alors les deux sépales étant antérieurs 



108 STMÉTRIE BLELATIVE 

et postérieurs, les deux etamioes alternent avec eux et sont latémles; ou 
le calice a deux sépales latéraux, et les deux étamines sont antérieures et 
postérieures [CaUitriche ; ou encore les étamines sont superposées cha- 
cune à un des deux sépales (Palenga^;. 

C. Quand il y a trois étamines avec un calice à trois sépales, ou les 
étamines sont alternes avec les divisions du calice, et alors l'une d'elles 
est antérieure et les deux autres postérieures (c'est une règle générale 
pour toutes les Sapiées); ou, ce qui est beaucoup plus rare, les étamines 
sont superposées aux sépales {Lassia). 

D. Quand il y a trois étamines avec cinq divisions au calice Phyllan- 
thus, deux de ces étamines sont supei^posées aux sépales 1 et 3. qui sont 
antérieure, et une au sépale 2 ; il n'y en a pas en face des sépales 
4 et 5. 

E. Quaud il y a quatre étamines avec quatre sépales dans une Euphor- 
biacée à loge biovulée, les étamines sont superposées aux sépales 
[Cicca. Prosorus\ 

F. Quand il y a cinq étamines avec autant de sépales dans une Eu- 
phorbiacée à loges biovulées, ces étamines sont superposées aux sépales, 
qu'il V ait uue corolle ou qu'il n'y en ait pas (Andrachne, Fluggea, Brie- 
delia. Amanoa, etc.). Au contraire, quand il s'agit d'une Euphorbiac-ée 
à loges uniovulées, on peut encore rencontrer celte superposition ; mais 
elle est exceptionnelle, et, d'ordinaire, les étamines sont alternes avec les 
divisions du calice [Cluytia, Chiropetalum. Micrandra, Siphonia, etc.\ 

G. H peut y avoir autant d' étamines que de folioles calicinales, et. par 
conséquent, isostémonie, sans que les étamines forment un verticille 
unique. C'est ce que prouve l'exemple du Colmeiroa. Le calice de ses 
fleurs mâles est à six divisions, et l'androcée se trouve également com- 
posé de six étamines. Mais comme le calice a ses folioles disposées sur 
deux verticilles alternes, de même les étamines forment deux rangées; 
il y en a trois qui sont superposées aux sépales extérieurs et trois qui le 
sont aux sépales intérieurs. Ce fait semble démontré par l'existence d'un 
disque glanduleux occupant l'intervalle des deux verticilles staminaux. 
n ne pourra toutefois y avoir de certitude entière que quand on aura 
pu suivre le développement de la fleur, et si l'étude organogénique con- 
firme le fait, il faudra bien distinguer cette fleur de celle des Fluggea, 
par exemple, où il y a autant d'étamines que de sépales, mais où l'on 
Yoit celles-ci apparaître toutes en même temps sur le réceptacle et se 



SYMÉTRIE RELATIVE. 109 

développer simultanément. Quand le disque glanduleux apparaît dans la 
suite, il est tout entier situé entre l'androcée et le périanthe, ce qui n'a 
pas lieu dans le Colmeiroa. 

H. Réciproquement, il peut y avoir un nombre d'étamines double de 
celui des sépales, c'est-à-dire diplostémonie par le nombre, sans que, 
pour cela, les étamines soient placées sur deux verticilles différents, et, 
dans ce cas, il faut supposer un dédoublement latéral pour expliquer la 
diplostémonie. Ainsi, tandis que dans un Lassia il y a trois sépales avec 
trois étamines {pi. IV, fig. 23), dans les Telrorchidium il y a trois sépales 
et six étamines, mais celles-ci ne forment qu'un verticille; elles sont 
placées deux par deux en face de chaque sépale : donc la fleur d'un 
Tetrorchidium peut être considérée comme étant celle d'un Lassia dont 
chaque étamine est remplacée par une paire d'étamines. 

/. Les Adenocrepis (page 39) offrent comme un acheminement vers 
ce dédoublement. Certaines fleurs de ce genre ont quatre sépales et 
quatre étamines superposées; certaines autres ont encore quatre sépales, 
mais six étamines. Deux d'entre celles-ci sont superposées à deux des 
sépales; les quatre autres sont superposées par paire aux autres sépales; 
elles semblent s'être seules dédoublées. 

J . Quand il y a diplostémonie quant au nombre des étamines, et 
que ces organes sont en même temps disposés sur deux verticilles, s'il 
s'agit d'une fleur peutamère, comme celle des Jatropha{pl. XVI, /îg. 19), 
le verticiUe le plus extérieur, composé de cinq étamines plus petites, est 
superposé aux divisions de la corolle, et les cinq grandes étamines sont, 
au contraire, superposées aux divisions du calice. Quand la fleur est 
apétale, les rapports n'y sont point changés; les cinq petites éta- 
mines sont alternes avec les divisions du calice dans les Cnidoscolus, 
et les grandes superposées. Avec le type h on rencontre la même dis- 
position, dans les Acalypha, par exemple, et dans les Dysopsis avec le 
type 3. 

K, Dans les cas qu'on peut appeler de diplostémonie incomplète, 
comme dans les Anda, les Elœococca, c'est le verticille des grandes éta- 
mines qui est incomplet : au lieu de cinq, il n'y en a que trois ; ce sont 
celles qui seraient superposées aux sépales li et 5 qui manquent ou qui, 
du moins, restent rudimentaires. Je parle ici seulement des étamines 
considérées quant à leur taille dans la fleur adulte, car lorsqu'il s'agit 
de l'époque relative de l'apparition, qui n'est pas forcément en rapport 



110 DËnOCBLEMEXT DE l'aSDBOCÈE. 

avec rintensité ou la rapidité du développement, les relatioDs peuvent 
changer, comme nous le verrons à propos de l'organcçénie. 

L. Avec plus de deux veriicillfôd'étamines.la disposition alteraantepeut 
se ciTintinuer au delà du second, avec une grande régularité; Oue Ton 

c f ■■*- 

examine, entre autres, une fleiu- mâle de" Tiglium à quinze étamines, 
comme il s'en rencontre beaucoup, on aura cinq petites étamines super- 
posées aux pétales, cinq plts grandes alternes et cinq plus grandes encore 
superposées aux premières. Si le troisième verticille était incomplet, 
comme dans le Tritaœis (pi. XI. fig. 11 i. il se comporterait par rapport 
aux autres comme fait le second de YElceococca à T^^rd du premier, et 
s'il y en a quatre, dont un incomplet, Q se comporte à Tégard du troi- 
sième comme fait le troisième du Triiaxis à l'égard du second, et ainsi 
de suite. Certaines tleurs du Tiglium offrent aussi des exemples de cette 
symétrie {pi. XATI. %. o). 

J/. Dans les fleurs de quelques genres peu éloignés desCfwton, comme 
les Codiœum. les Gelmium. les Klotchiphylum (pi. XVIÏ. /?§-. 5), etc.. 
l'agencement décrit ci-dessus se complique de dédoublements latéraux, 
car il y a des verliciUes de l'androcée qui présentent non pas une seule 
étamine. mais plus d'une étamine en face de chacune des pièces du 
périanthe. 

M. Ce dédoublement peut s'effectuer de différentes manières. Celui des 
étamines du Ricin nous occupera d'une façon spéciale lorsque nous exa- 
minerons son oiganogénie. ÎXous pouvons dire déjà qu'il y a dans ses 
fleurs autant d'étamines que de sépales et superposées à c-es sépales, puis 
autant d'étamines alternes, puis un nouveau verticille d'étamines super- 
posées, et ainsi de suite, mais que chacune de celles-ci se partage ensuite 
en un paquet d'étamines monadelphes. 

O. Dans les Euphorbes, le dédoublement s" opère an contraire seule- 
ment sur cinq faisceaux qui se décomposent de haut en bas, et alternati- 
vement d'un c-oté à l'autre. D n'y a donc ici que cinq faisceaux d'étamines 
alternes aux sépales, tandis que dans le Ricin il y en a cinq alternes, 
cinq superposés, et ainsi de suite. 

P. La position des étamines afiecte une autre symétrie dans certaines 
fleurs polyandres. Au lieu de verticilles, elles forment des séries verti- 
cales, et cela est manifeste, par exemple, dans le Redia {pi.. XXI, fig. 1 ]. 
En face de chaque sépale il y a tantôt deux, tantôt trois lignes dressées 
formées d'étamines exactement superposées H y a déjà longtemps que 



DÉHISCENCE DE l' ANTHÈRE. lll 

M. Payer a démontré, à propos des Renoiiculacées, qu'une même famille 
naturelle pouvait ainsi présenter dans son androcée, soit des verticilles 
alternatifs, soit des séries verticales. 



ANTHERE. 

Pour ce qui concerne la forme des anthères, je renvoie le lecteur au 
mémoire d'Â. de Jussieu. C'est principalement cà ce point de vue de la 
forme qu'il étudie ces organes, et il considère ce caractère comme ayant 
de l'importance pour la distinction des genres. Nous ne lui attribuons 
pas la même valeur et nous remettons, par conséquent, à la description 
des genres l'indication des formes particulières qui s'y peuvent rencon- 
trer. Leur mode de déhiscence est plus important à étudier, parce qu'il 
a suffi à quelques auteurs pour établir des genres distincts. Ainsi M. Mueller 
[Hooker's Journ., 1857, p 17) a créé le genre Elachocroton qui semble 
être, sous tous les autres rapports, un Cnemidostachys , mais dont les 
anthères sont porricides. C'est aussi ce qu'avait fait Hochstetter pour les 
Sclerocroton, d'ailleurs si voisins des Slillingia. Mais, en examinant de 
près les anthères du S. ellipticns {pi. VTII, fîg. 16), on voit qu'elles ne 
sont point porricides ; elles s'ouvrent par une fente longitudinale dont les 
bords ne s'écartent d'abord que dans leur partie supérieure, et plus tard 
l'écartement peut se prolonger de haut en bas. Il n'y a pas en réalité de 
déhiscence porricide parmi les Euphorbiacées. Les Poranthera offrent 
au sommet de leurs loges, non point un trou, mais une véritable fente 
assez courte et dont les bords s'écartent de bonne heure {pi. XXV, ^5'. 3). 
Seulement, dans cette plante, la cloison qui sépare les deux moitiés d'une 
même loge n'est pas détruite, comme dans les Sclerocroton. C'est ce qui 
fait qu'il y a persistance, même après la déhiscence, de quatre cavités 
qu'on appelle loges, mais qui ne sont en réalité que des demi-loges. 

La persistance d'une partie de cette cloison a fait aussi considérer 
comme tétraloculaire l'anthère des Mappa et celle de quelques genres 
voisins {pi. XX, fig. 3). Cette anthère est quadrilobée avant ladéhiscence^ 
mais elle n'a en réalité que deux loges, et chacune d'elles est divisée en 
deux portions, mais par une cloison incomplète. Je crois également incom- 
plètes les cloisons qui divisent en trois chambres l'anthère dwPachystemon 
{pi. XX, fy. 39). Toujours est-il que lorsqu'elle s'ouvre et se sépare â 



11- DÉHISCEXCE DE LAMHtRE. 

son sommet en trois petits panneaux, la partie supérieure de ces cloisons 
se trouve forcément détruite. 

Uanthère de YEryihrocoeea s'ourre ausi par une fente; mais les bords 
s'en écartent d'abord supérieurement et la séparation gagne de proche en 
proche vers la pailie inférieure ; elle s'arrête toutefois vers le milieu de 
la hauteur des loges. Alors les bords se renversent dans leur partie libre, 
et chaque loge représente nue sorte de cornet dont la partie inférieure 
est entière, dont la supérieure est éehancrée, à bords évasés et réfléchis 

{pi. XXI. fig. m. 

Les loges de la Mercuriale ne s'ouvrent pas dans toute leur longueur 
sur les deux faces. Sur l'extérieure fjrf. IX. fig. 16^ 18), il y a bien uo 
sillon longitudinal qui commence au connectif et qui descend jusqu'en 
bas ; mais sur la face intérieure il ne remonte que fort peu et s'arrête 
subitement ifig. 17). Il en résulte que les parois vidées de la loge ne 
peuvent s'étaler en une lame plane après la déhiscence. ce qui, chez les 
Cniioscolus, lui permet de se débarrasser complètement de son pollen 
d'une manière très rapide. 

Je ne connais pas chez les Eophorbiacées. quoi qu'en disent quelques 
descriptions, d'exemples positif de déhiscence transversale. Il a déjà été 
démontré que les Phyllanihvs et les Xylophylla présentaient des loges 
dont la déhiscence était réellement longitudinale, mais que la fente., eu 
réalité étendue du sommet oiganique de l'anthère à sa base, ne devenait 
horizontale que parce que l'anthère réfléchie en totalité prenait cette 
même direction. Il y a d'ailleurs des espèce du genre Phyllanthus où les 
anthères demeurent verticales et où les l^es de déhiscence le sont 
aussi. La direction horizontale, qui n'est que consécutivCj et le grand 
rapprochement des trois anthères qui se touchent bord à bord, font que, 
dans certains Phyllanthus de lladagascar. la ligne de déhiscence a l'air 
circulaire et continue : il semble que les trois anthères vidées ne repré- 
sentent plus que deux plaques arrondies superposées et s'écartant l'une 
de l'autre par leur bord. Mais, dans le jeune âge. aa aperçoit nettement 
trois étamines distinctes. 

Outre la dépression facile d'ordinaire à apercevoir au point qu'occupe 
la hgne de déhiscence. celle-ci est quelquefois indiquée d'avance par on 
épaississement notable et une coloration foncée. C'est ce qu'on rencontre 
chez les Amperea { pi. XIY, fig. % o) et chez toœ les genres groupés 
autour du Polyhoea />/. XATIl . fig. §2). Une ligne brune ou noirâtre se 



CONNECTIF. 113 

dessine sur la loge et se dédouble dans sa longueur lors de ladéhiscence, 
de manière que chacune de ses moitiés persiste sur un bord de la 
fente. 

Le connectif qui unit les loges au filet et entre elles est ordinairement 
peu développé ; le plus souvent, c'est la continuation du filet qui ne change 
ni de direction, ni de volume; l'anthère est alors immobile. Ailleurs ce 
môme filet se renfle un peu à son sommet pour constituer ce connectif, 
comme dans les Conceveiba {pi. XXI, pg. 12) ou les Pijcnocoma. Beau- 
coup plus rarement l'anthère devient oscillante et versatile sur le som- 
met aigu du connectif, comme dans les Elœococca, les Cnidoscolus 
[pi. XIX, fig. G). 

Le connectif peut se prolonger au delà des loges; alors il est apiculé; 
mais il ne faut pas confondre la saillie qu'il forme dans ce cas, avec les 
prolongements des loges elles-mêmes, comme les petites pointes de celles 
du Zuckerlia {pi. IV, fig. 11, a), de VAcidolon {pi. XVIII, flg. 11, a), 
ou les petits bouquets de poils des Clenomeria. Le connectif lui-même 
ne se prolonge guère qu'en languettes aiguës, comme dans les Conce- 
veiba {pi. XXI, fig.\'2), les Redia {pi. XXI, fig. 2), \esMozinna {pi. XIII, 
fig. 10, 11), les Gynoon {pi. XXVII, flg. 12), et surtout dans les Adria- 
nia {pi. XVIII, fig. 12, c), où il est à la fois ti'ès allongé et élargi, 
comme chez les Violariées. Dans le Cnesmone {pi. IV, fi,g. ili, 15), le 
connectif présente une particularité remarquable. Sa hase se continue 
simplement avec le filet, et sa face interne porte les deux loges de l'an- 
thère. Au delà il se prolonge, mais il cesse bientôt de s'élever; il se coude 
à peu près à angle droit pour se porter vers le centre de la fleur; plus 
loin un nouveau coude à angle droit le rend de nouveau vertical, et le 
sommet aigu qui termine cette dernière portion regarde directement en 
bas. Les coudes, très anguleux, présentent souvent un léger renflement. 

La forme du corps du connectif est très variable : ainsi, dans les Mer- 
curialis, c'est une petite sphère glanduleuse (p/. IX, ^^r. 16, 18); dans 
les Melanolepis, c'est un corps également glanduleux, mais déprimé et 
polyédrique; dans le Scepasma, un cordon étroit et coudé {pi. XXV, 
fig. 11) ; dans le Baliospermum, une large plaque spatulée ou une sorte 
de battoir; dans les Monotaxis {pi. XVI, fig. 25), un grand arc de cercle 
qui éloigne les loges l'une de l'autre, à peu près comme chez les Sauges ; 
âmusi'Agytieia, une large plaque triangulaire {pi. XXIV, fig. 11), et 
dans VOmpItalea, une sorte de chapeau convexe supérieurement, comme 



il4 DIRECTIOX DES iSTHERE?. 

celui d'un champignon, et portant sur ses bords denx ou trois petites 
échancrures dont les côtés sont occupés chacun par une loge d'anthère 
[pi. MI. fig. 2. 3. 6 . 

n faut donc n'avoir pas observé les étamines d'un grand nombre de 
genres dans cet ordre, pour croire qu'elles sc>nt toujours construites sur 
un même type. Il n'y a, par exemple, pas la moindre analogie de forme 
et de disposition entre les étamines vermiformes d'un Jcalypha p/.XX. 
fig. 15), les étamines ovales d'un Croton et celles du Plagianlhera qui 
méritent, à plus d'un titre, une description particulière. Leur filet, étroit 
d'abord, se renfle supérieurement en un large connectif foliiforme 
pi. XI. fig. 15, 16 , dont le prolongement est aiaru, plus ou moins 
dentelé sur les bords {ap). Ters la base de cette lame élargie, on trouve 
de chaque côté un petit corps globuleux qui n'est autre chose qu'une 
\o§Ë {l, Ij de l'anthère; celle-ci est introrse, car les petits globes polUni- 
fères si3nt l'ejetés vers la face interne du large connectif. Ces loges ont 
été décrites comme poricides. mais je crois qu'elles s'ouvrent par une 
fente longitudinale. On voit que la forme de l'étâmine offre ici quelque 
chose de tout à fait spécial. Toutefois je ne considère pas ce caractère 
comme assez important pour faire du Plagianlhera un genre particulier. 
Jele conserve seulement comme section du grand genre iîo«7era, et si Ton 
veut une fois de plus se convaincre du peu de valeur de tout carac - 
tère tiré uniquement de la forme, on n'a qu'à examiner comparative- 
ment les anthères du Roulera australien représenté dans la planche XIX, 
[fig. 29, et o(i . Les loges y s<:int rapprochées l'une de l'autre comme 
dans la plupart des Roulera de l'Inde ; mais le connectif [c] se prolonge 
encore en une lame aiguë au-dessus des loges, de sorte que c'est un in- 
termédiaire entre le Plagianlhera oppositifolia. avec sa lame large et 
élevée, et les espèces qui n'ont plus qu'un connectif obtus, sans saillie, 
ou même n'amvant pas au niveau du sommet des loges. 

La direction des anthères mérite d'être étudiée, parce qu'on lui a 
accordé une grande valeur pc*ur la classification, au point qu'elle a servi 
à caractériser des genres et même des ordres, comme le démontrent les 
quelques exemples qui suivent. 

Un Securinega ne diffère par aucun caractère d'un Fluggea trigvne : 
calice, disque, androcée, pistil, tout est semblable: mais les anthères du 
Securinega sont introrses, celles du Fluggea extrorses. Celui qui suit le 
développement de Tanthère est tenté de n'attribuer que peu de valeur 



NOMBRE DES LOGES. 115 

à un semblable caractère, et peut-être réunirait-il ces deux genres en un 
seul. Néanmoins, comme le caractère paraît constant, j'ai maintenu la 
distinction entre ces deux anciens genres, et j'ai fait de même pour un 
bon nombre d'autres qui l'eposent sur la même diftérence. 

Les Àntidesma qui ont constitué jusqu'ici un ordre distinct, ne diffèrent 
pas d'un Drypeles que l'on regarde partout comme une plante de l'ordre 
des Euphorliiacées. Étamines en nombre variable, superposées aux sé- 
pales, disque dans les fleurs des deux sexes, fruit uniloculaire, mono- 
sperme par avortement et endocarpe fovéolé, tout est semblable de part 
et d'autre. Néanmoins le Drypetes a de petites anthères ovales, dressées, 
immobiles; VJnlidesma a des anthères en bissac, pendantes d'abord, 
puis redressées lors de l'anlhèse, et c'est en réalité un caractère bien 
commode pour reconnaître rapidement sur des échantillons d'herbier les 
plantes de ce genre. Mais je doute que ce seul caractère puisse suflTire 
désoriTais pour distinguer les Antidesmées des Euphorbiacées, surtout 
quand on remarque que la même disposition se rencontre dans les an- 
thères du Thecacoris, du Leptonema, etc., plantes que personne ne songe 
à retirer de l'ordre des Euphorbiacées. 

D'ailleurs, il se peut très bien qu'une anthère soit extrorse d'abord, 
puis devienne introrse, et réciproquement, comme on l'a vu en étudiant 
la préfloraison de celles des Symphyllia, des Jatroplia, des Cnidoscolus, 
des Croton; ou bien dans une fleur diplostémonée, une rangée d'éta- 
mines aura les anthères introrses et l'autre extrorses, comme cela arrive 
dans les Monotaxis. 

L'anthère des Euphorbiacées est presque toujours biloculaire, ainsi 

que le montrera la description des genres. Quelquefois, cependant, il n'y 

a qu'une loge, comme cela se rencontre dans les Stachystemon. Chez les 

Pseudanthus qui s'en rapprochent à tant d'égards, il y a, au contraire, 

deux loges; mais on peut y trouver une anthère qui paraît terminale 

(pi. XXV, fig. 18) et qui ne présente anormalement qu'une seule loge. 

Je ne connais pas ici d'autres exemples de loge unique. J'y trouve un 

grand nombre d'anthères tétraloculaires, mais elles peuvent généralement 

se ramener à quatre demi-loges simples. Peut-être est-ce le cas du 

Tetraplandra [pi. V, fig. 8, 9), qui aurait deux anthères à loge double. 

Toutefois les quatre cavités y sont unies par un connectif unique apiculé ; 

ceci n'a pas d'ailleurs une grande importance. Quant au Tetrorchidium- 

[pi. XXI, fifj. 14), il a en réalité quatre loges portées sur un fdet coni- 



H6 PÛLI.EN". 

nnin: mais ou admet depuis longtemps qu"il s'agit là de deux anthères 
biloculaires soudées ensemble et. par conséquent, rejetées de côté {P^pp- 
et Endl.\ Les Mappa, les Anahœna ont les anthères quadrilobées, mais 
non à quatre loges. Quand la déhiscence s'opère pi. XX. fig. â . il y a 
une ou deux cloisons qui subissent une solution de continuité et rétablis- 
sent la distinction entre les deux loges véritables. Mais la condition in- 
dispensable de ce rétablissement, c'est une déhisceuce longitudinale dans 
toute la hauteur de l'anthère. Quand elle se fait, au contraire, par un 
pore, comme dans les Poranthera, l'intégrité de la cloison est respectée 
dans la partie inférieure, et les quatre loges persistent : mais il faut 
remarquer encore une fois qu'elles ne sont point doubles. 



POLLEN. 

Il se rencontre ici une forme plus fréquente que les autres dans les 
grains polliniques, mais elle n'y est point constante, si bien que. dans 
des genres d'ailleurs très voisins, la configuration en peut être très diffé- 
rente. La forme la plus ordinaire est celle-ci : les grains, quand ils ne 
sont point traités par l'eau, sont ovoïdes: tels sont ceux du Ricm (pi. X, 
fig. 17 , de YJmperea pi. XIY. fîg. 4". du Xylophylla pi. XXH. fig. 36), 
des Euphorbes. A leur surface, ou remarque depuis un jusqu'à trois plis 
longitudinaux qui sont rarement équidistants. D'ailleurs, quand on mouille 
le pollen, les grains deviennent complètement sphériques en quelques 
minutes et les plis s'effacent entièrement [pi. X. fîg. 18';. On voit alors 
que ces sphères sont de grandeur très variable dans les différents genres. 
et leur contenu paraît quelquefois assez homogène ''pi. W.fig. 23 . tan- 
dis que le plus souvent, il s'y trouve deux sphères concentriques dont 
l'extéiieure est transparente, et l'intérieure plus opaque, d'aspect granu- 
leux. C'est ce qu'on observera chez les .liornîjîa pl.XlYl. fig. ï'2 , les 
Jleuriles pi. XII, fig. 6 , les Siplwnia pi. XV. fig. 5' , les Hura {pi. \I, 
fig. 27"J elles Hyœnanche [pi. XXIII. fig. 32}. 

Les Hippomane d'une part, parmi les genres uuiovulés [pl. M. 
fig. ikj et les Microelm. parmi les biovulés [pl. XXYf, fig. 32), ont les 
gi'aius polliniques composés de trois lobes égaux entre eux et séparés 
par des échancrures d'égale profondeur. Chez le Garcia, au contraire 
^pl. Xr\'. fig. 33 . le pollen est trigoue, mais à chacun des angles obtus 



FILETS LIBRES ET SOUDÉS. 117 

du grain, il se trouve une sorte de petite calotte surbaissée. D'ailleurs la 
plupart des pollens que j'ai eu l'occasion d'observer avaient une surface 
lisse, et je n'ai guère rencontré que celui du Caletia {pL XVI, fig. 6) qui 
soit hérissé de petites saillies coniques. 



FILET. 

Il est très rare que les étamines soient sessiles ; onne peut pas dire préci- 
sément qu'il n'y ail pas de lilet dans les SphœrostyUs et quelques genres 
analogues ; seulement il est très peu développé Sa forme, sa longueur 
absolue ne doivent pas nous occuper ici ; ce sont des caractères de fort 
peu de valeur, qui trouveront leur place dans la portion descriptive de 
ce travail. Souvent les filets sont libres dans toute leur étendue et leséta- 
iiiines parfaitement isolées; c'est ce qu'on observe dans les Poranthera, 
les Jmperea, les Mercurialis, etc. Ailleurs ils sont soudés par leur base, 
de manière que les étamines deviennent diadelphes ou monadelphes. Ainsi 
dans les Putranjiva, où il y a Irois étamines, elles peuvent être libres 
toutes trois, ou deux d'entre elles sont soudées et la troisième est indé- 
pendante. Dans les Leucandra, les quatre étamines peuvent être libres ; 
mais leurs filets peuvent être soudés deux à deux dans une étendue variable 
et constituer deux faisceaux égaux. 

Dans la plupart des Phyllanthus, les trois filets staminaux sont unis 
en une colonne centrale. Ce qui semble prouver qu'il ne s'agit ici que 
d'une soudure des filets, c'est que, dans la plupart des espèces de la Nou- 
velle-Hollande, ceux-ciredeviennent libres danstoute leur étendue ou àpeu 
près ; c'est aussi ce qu'on remarque dans les Macrœa. La môme chose se 
présente à peu près chez les Glochidion, les Emblica, etc. Vers le sommet 
d'une colonne commune, on y trouve des anthères sessiles appliquées 
latéralement contre la partie supérieure. Nous verrons, à propos du 
réceptacle et des formes très variées qu'il peut affecter, qu'on ne doit 
peut-être pas considérer comme étant de véritables étamines mona- 
delphes celles des Chiropetdum, des Ditaxis, etc. Ce qu'on a appelé 
la portion libre des filets constitue probableuieut les filets tout entiers; 
ce qu'on a appelé leur portion soudée n'est sans doute que le réceptacle 
étiré, et dans quelques genres peu éloignés, comme les Cluytia, les 



118 LONGUEUR RELATIVE DES FILETS. 

Cnidoscolus, ou voit cette colomie commune supporter un pistil rudi- 
meutaire. 

L'andi'océe des 52^! on m nous laisse dans la même incertitude: une 
colonne centrale porte latéralement des anthères presque sessiles(/)/. XV, 
fig. 3. !i) et se prolonge au delà en une masse ovoïde ou conique; elle 
peut même supporter ainsi deux rangées d'anthères pi. XIY. fig. ÛO ;. Si 
le corps central qui surmonte les étaraines est un pistil rudimentaire, sa 
base ne doit également être regardée que comme un réceptale. Dans la 
fleur mâle des Hura, randrocée affecte une forme tout à fait spéciale 
qu'on ne peut rapprocher qu'avec doute de la précédente {pi. "NI). Au 
centre delà fleur mâle se trouve une grosse colonne cylindrique qui porte 
des saillies latérales en forme de clous, analogues à celles qui s'implantent 
surl'ase de certaines Aro'idées ou Amentacées. C'est sur la face inférieure 
de ces saillies que s'insèrent les anthères sessiles, il y en a amsi une ou 
plusieurs rangées. Mais, dans quelques échantillons qui appartiennent 
peut-être à une espèce distincte, au lieu de simples anthères, les sailhes 
dont nous venons de parler portent de petites colonnes supportant efles- 
mêmes des anthères latérales en nombre variable. Faut-il admettre que 
toujours les étamiues sont sessiles et qu'il y a un réceptacle commun qui, 
dans le premier cas. porte les anthères sur ses divisions principales, dans 
le deuxième sur ses divisions secondaires? 

La hauteur à laquelle les étamines se séparent n'est pas toujours la 
même. Dans \eSiphonia elastica, il y en a cinq qui forment un vrai ver- 
ticiUe: dans le S. Spruceana il y en a dix qui forment deux verticilles 
supeii^osés : mais, dans la plupart des autres espèces de la collection de 
M. Spruce. les 8-10 étamines qu'on rencontre sont échelonnées à diffé- 
rents niveaux sur la colonne commune. Dans les Kirganelia il y a cinq 
étamines inégales {pi. XXTN^, fig. 25). Tous réunis inférieurement en une 
colonne centrale, les filets ne s'en détachent pas, pour devenir libres, à 
une même hauteur : deux plus courts s'en séparent très bas. deux plus 
longs très haut : le cinquième est intermédiaire, quant à sa longueur et 
quant au niveau où il devient indépendant. 

Chez les Cnidoscolus Napœifolia {pi. XIX, fig. 6), toutes les étamines 
sont réunies à la base en une colonne centrale que nous devons considérer 
comme réceptaculaire. Cinq filets staminaux s'en détachent rapide- 
ment, ils sont toujours alternes avec les sépales ; les cinq autres ne se 
séparent en divergeant qu'à un niveau plus élevé. Dans les Jatropha, les 



ORGANOGÉNIE DE l'aNDROCÉE. 119 

cinq étamines qui deviennent d'abord libres sont aussi superposées aux pé- 
tales- mais dans les Crozophora, elles sont au-dessus des sépales (Payer). 

Les filets soudés peuvent former un tube court et élargi ; ils sont alors 
reietés davantage vers la périphérie de la fleur; c'est ce qui arrive dans 
les Omalanihus, et surtout dans les Alchornea, où ils constituent une 
enceinte continue, uue sorte de couronne dont chaque dent est formée 
par le sommet libre d'un filet. 

Les filets peuvent enfin former différents faisceaux, ou réunis au centre 
de la fleur et partiellement soudés entre eux (Spathiostemon), ou rejetés 
vers la périphérie de son réceptacle {Cœlodiscus), ou occupant toute sa 
surface et simulant des rameaux extrêmement divisés (Ricin). 



ORGANOGENIE DE L'ANDROCEE. 

J'ai pu étudier le développement des étamines dans un assez grand 
nombre de genres, pour en tirer quelques conclusions générales. 

k.Fleurs monandres. — L'examen de celles àesJnthostema (p. 61) nous 
a montré comment le calice s'y produisait sur le réceptacle floral, long- 
temps avant qu'on y observât aucune trace d'androcée. Ce n'est que 
lorsque le développement de l'étamine est déjà avancé, que le pédicelle 
de la fleur s'articule au-dessous de la base des sépales. 

B. Fleurs Iriandres. — J'ai pu suivre dans leur entier développement 
plusieurs es'pëcesde Xylophylla, le Phyllanlhusgrandiflorus aile P. Niruri 
cultivés an Muséum, eileCnemidostachys Fahlii, provenant du jardin 
de Caeu. Dans cette dernière plante, après l'apparition des sépales, dont 
deux sont antérieurs et un postérieur, et qui se disposent bientôt en pré- 
floraison imbriquée, on voit apparaître simultanément, sur un réceptacle 
arrondi, trois gros mamelons alternes avec les divisions du calice; ce 
sont trois étamines qui se développent avec une égale rapidité; les an- 
thères globuleuses se divisent bientôt en deux loges peu distinctes qui 
deviennent extrorses, eten même temps leurs filets s'allongent et les sou- 
lèvent ; leur insertion est centrale dans l'âge adulte ; mais, dans une 
période antérieure, le centre du réceptacle se trouve tout à fait libre. 

Dans \esXylophyllaet les Phyllanthus [pi. XXllI), il n'en est pas tout à 
fait de même. Après que l'axe a produit le périanthe, on le voit se pro- 



120 ORGANOGÉ-ME DE L'AKDROCtE. 

longer sous forme d'un dôme convexe. Bientôt il change de forme, en 
ce sens qu'on le voit latéralement présenter trois saillies, dont l'appari- 
tion est simultanée et qui sont superpijsées ans trois sépales estéiieurs, 
s'il y en a sis : aux sépales l, 5 et 3. quand il y en cinq disposés en quin- 
conce. L'axe vu d'en haut a, dans ce moment, la forme d'un triangle à 
s<3mmets obtus fig. 6 . Pendant quelque temps, on ne saurait dire si ces 
mamelons vont être des étamines ou des feuilles carpellaires : mais si ce 
doivent être des étamines. on les voit se gonfler et s'arrondir, sans s'étaler 
transversalement et laisser toujours entre elles un petit intervalle ou 
l'axe est visible fig. 7 . Chacune de ces saillies présente ensuite sur les 
côtés un sillon obliquement dirigé en bas et en dedans: ce seront les 
lignes de déhiscence des Ictges. A mesure que celles-ci se prononcent 
davantage, on voit leur s«3mmet se porter en dehors et en bas: de sorte 
que la face des anthères, d'abord dirigée en dehors, regarde en bas. et 
que le connectif, qui était tourné en dedans, se trouve être supérieur et 
horizontal. Ce connectif est alors très large, terminé par un scimmet aisru. 
et il forme, avec ceux des deux autres anthères, une étoile r^uhère à 
trois branches. 

L'Omphalea Iriandra ne fleurit point dans nos serres, mais, sur des 
échantillons d'herbier en bon état, on peut constater facilement que les 
anthères existent à l'état de mamelons sessiles très rapprochés du centre 
de la fleur, avant le développement du grand chapeau au bord duquel 
elles se trouvent placées plus tard : dans le jeune âge, l'androcéen'a donc 
pas du tout la disp<Dsition caractéristique qu'il affectera dans la suite. 

CL' Adenopellis CoUiguaja a fleuri l'année passée au Muséum. Son an- 
drocée consiste à tonte époque en deux étamines. Ce sont d'abord deux 
mamelons latéraux, par rapport à la bractée mère. Ces mamelons devien- 
nent bientôt des anthères extroi^es et biloculairœ. mais elles sont d'abird 
sessiles: plustard il se développe au-dessous d'elles un filet qui les sou- 
lève et qui est unique à sa base, bifurqué dans sa partie supérieure. 
Plus tard encore, H s'articule à sa partie inférieure. 

D.Le Phyllanthus LeucopyrusVi'a}!.. qui appartient au genre Fluggea, 
présente, au-dessus de chaque sépale, un mamelon qui deviendra une 
étamine. Ily en a donc cinq qui apparaissent ainsi en même temps. Entre 
eux se trouve un lai^e espace vide qui est occupé par le réceptacle obtus. 
Celui-ci se charge bientôt de trois mamelons plus intérieurs, qui sonX des 
feuilles cai'peUaires. Alors les anthères s-jnt rejetées en dehors: au-dess-jus 



ORGANOGÉNIE DE l'aNDROCIiE. 121 

de chacune d'elles se forme un filet court, et tous les filets se confondent 
avec la base du pistil rudimentaire qui occupe le centre de la fleur. 

E. VOmalanlhus populifolius que possédait le Jardin des plantes a 
mis plus d'une année à développer ses fleurs mâles d'une manière incom- 
plète ; puis il est mort, sans que mes observations pussent être conti- 
nuées jusqu'au bout. On sait que cette plante donne des fleurs à 6 et 8 éta- 
miues, ou même plus. Pourtant, sur toutes celles que j'ai eu occasion 
d'examiner, voici ce que j'ai constaté. L'axe floral se prolonge un peu 
après la production des deux sépales, puis il se charge de quatre mame- 
lons dont un postérieur, un antérieur et deuxlatéi'aux, dont l'apparition 
est toujours simultanée. Sont-ce ces mamelons qui se dédoublent ou en 
apparaît-il d'autres ultérieurement? C'est ce que je ne saurais détermi- 
ner; mais, dansle jeune âge, l'axe n'est pas comprimé d'avant en arrière 
et concave à son sommet, comme dans la fleur adulte ; au contraire, il 
forme une saillie très marquée au-dessus des quatre mamelons latéraux 
dont je viens de parler. 

F. — Fleurs diploslémonées. Le Cnlelia {pi. XXVI) aune fleur mâle di- 
plosténionée. Elle produit d'abord deux rangées alternes de trois sépales 
chacune. Trois mamelons apparaissent alors en face des sépales intérieurs 
et plus tard trois autres dans l'intervalle des précédents. Chacun répond 
aune étamine qui devient biloculaire et extrorse; mais au bout d'un 
certain temps, toutes sont soulevées par des filets qui atteignent à peu 
près la môme longueur, de sorte qu'il faut avoir suivi le développement 
pour savoir que les étamines forment originairement deux verticilles dis- 
tincts. Entre ces étamines, on voit le réceptacle présenter ultérieure- 
ment trois saillies qui pénètrent dans l'intervalle des trois plus grandes 
étamines. 

Le Jatropha acumimta [pi. XIV) a également une fleur diplosté- 
monée; mais chacun des verticilles d'étamines en contient cinq. Après 
l'apparition du calice et de la corolle, on voit cinq mamelons se déve- 
lopper sur le réceptacle arrondi [fig. 13, si), au-dessus des pétales et dans 
leur intervalle. Un peu plustard, il en apparaît simultanément cinq autres 
qui alternent avec les précédents [fig. \h, si), et qui, par conséquent, 
sont superposés aux pétales. D'abord globuleux, ces mamelons, dans les 
fleurs mâles, s'allongent rapidem.ent pour former des anthères ovales 
{fig. 15, si); tandis que dans la fleur femelle, ils prennentla forme de lan- 
guettes aplaties qui ne sont autre chose que desstaminodes(/Î5'. 28 et 24). 



122 ORGAXOGÉNIE DE l'aXDROCÉE. 

Sur les palettes ovales qui représentent alors les anthères fertiles, on 
voit se dessiner les deux loges, avec leurs sillons de déhiscence; mais 
tandis que. pour les cinq premières élamines. ces lignes se montrent sur 
la face externe fiq. 17\ pourlesciuq dernières, c'est sur la fac« interne. 
Il y a donc alors cinq anthères extrorses et cinq introrses. A l'époque de 
l'authèse. toutes se trouvent être extrorses. parce que les petites étamines 
coudent leui's anthères à angle très aigu sur le sommet de leur filet 
[fig. 18) et changent ainsi dianu'tralenient de direction. 

Dans le Cnidoscolus napœifolius serres du Muséum], l'androcée se 
développe comme dans la plante précédente, quoiqu'il n'y ait pas de 
corolle. Les cinq mamelons qui apparaissent d'abord sont superposés 
aux sépales pi. XIX fig. k. ei : puis, dans leur intervalle, il s'en déve- 
loppe cinq autres fig. 5, ee) alternant avec les divisions du calice. Ceux- 
ci répondent donc à ceux qui sont, dans le Jalroplia, au-dessus des pé- 
tales, et ceci pourrait servir d'argument pour démontrer que le périanthe 
coloré des Cnidoscolus n'est pas une corolle, mais un calice aux divisions 
duquel sont superposées comme dans leJatropha. genre très voisin, les 
cinq grandes étamines. Après l'apparition des cinq petites, l'axe du Cni- 
doscolus se prolonge et porte trois feuilles carpellaires fig. 5, o] destinées 
à représenter un pistil rudiraentaire. 

Dans VAcalypha rubra. il y a. avec quatre sépales, huit mamelons 
sfaminaux: quatre sont superposés aux sépales et quatre alternes. Leur 
développement est utile à suivre k cause de la forme très singulière que 
prennent les loges des anthères. Cette forme spéciale n'apparaît que 
consécutivement : au début, les loges sont courtes, obtuses et globuleuses. 

G. Les fleurs mâles à\i Mozinna peltata et du Crozophora tindoria sont 
octandres, quoique les étamines soient disposées sur deux rangées; le 
développement paraît s'effectuer à peu près de la même manière dans 
les deux plantes. M. Payer a étudié celui du Crozophora. Il a constaté 
[Organog..Y>. 5'27^ que. dans les fleurs des deux sexes, cinq étamines 
apparaissent d'abord au-dessus des sépales, et que. dans les femelles, 
elles deviennent des staminodes. Puis, dans la tleiir niàle. trois autres 
étamines se montrent au centre de la fleur, superposées aux sépales 1, -2 
et 3. Ces dernières grandissent beaucoup plus dans la suite que les cinq 
extérieures. 

Dans le Mozinna peltata. après l'apparition des cinq pétales, il appa- 
raît cinq mamelons superposés aux divisions de la corolle et occupant la 



ORGANOGÉNIE DE l'aNDROCÉE. 123 

périphérie du réceptacle très surbaissé. Puis, vers le centre de celui-ci, 
il se développe trois autres mamelons dont deux sont antérieurs et l'autre 
postérieur. Ceux-ci s'accroissent alors avec plus de vitesse que les cinq 
premiers ; ils deviennent des anthères biloculaires, extrorses, et leurs 
filets s'unissent inférieurement en une colonne centrale. Il y a bien 
également huit mamelons staminaux qui apparaissent dans la fleur fe- 
melle avant le pistil et qui demeurent stériles, mais je n'ai pu observer 
leur ordre de développement; l'ovaire est encore ouvert qu'ils ont déjà 
tous acquis sensiblement les mêmes dimensions [pi. XIII, fig. 5, 6, 8 
et 17). 

H. Fleurs pohjamlres. — Dans les Euphorbes, il y a, comme nous Tavons 
dit plus haut, cinq mamelons staminaux superposés aux sépales. Ils se 
dédoublent ensuite de haut en bas et d'un côté à l'autre, et les filets des 
étamines qui se produisent après les anthères s'articulent ensuite en un 
point de leur hauteur. Il en est de même pour les Pedilanthus {p. 53 
et 7). 

I. Fleurs polijandres polyadelphes . — Dansle Ricin, après avoir produit 
le calice, le réceptacle floral s'allonge un peu et prend la forme d'un 
dôme sur la surface duquel apparaissent des mamelons obtus. Il s'en 
montre d'abord cinq dans l'intervalle des sépales {pi. \,fig. 19, st), puis 
cinq autres dans l'intervalle des premiers [fig. 20, st'). Chacun de ces dix 
mamelons devient alors le point de départ d'une colonne verticale, com- 
posée d'un nombre vai'iable de saillies superposées, et se produisant de bas 
en haut ifig. 21 . s" et s'") . Ce sont des séries, non d'étamines, mais de fais- 
ceaux staminaux; car chaque mamelon se divise ensuite en quatre parties 
égales, lesquelles se subdivisent aussi crucialement en quatre parties, et 
ainsi de suite ; chacune des divisions ultimes devint une anthère extrorse 
et biloculaire, supportée par un petit filet spécial [fig. 13). 

J. Étamines nues. — Dans les Colligiiaja, où il n'y a pas de périanthe, 
on voit la base de la bractée mâle présenter un épaississement à sa face 
intérieure, et bientôt cette portion épaissie se mamelonné d'une manière 
variable, selon les bractées qu'on examine. Dans les bractées supé- 
rieures on peut bien voir cette masse se segmenter en trois ou quatre 
portions, et chacune d'elles devient un mamelon staminal ; mais, sur les 
bractées inférieures, où le nombre des étamines peut s'élever jusqu'à 20 
ou 30, il y a beaucoup de mamelons {pi. YII, fig. 10, et), et leur posi- 
tion primitive ne m'a pas paru être bien déterminée. 



i24 ST.VMLNODES. 



DE LANDROCEE RUDIMEM.MRE STA.MLNODES) 
ET DE SO.N ORGANOGÉME. 

Les Euphorbiacées ont d'ordinaire les flenrs unisesuées. mais on v 
observe bien plus souvent qu'on ne l'a dit des vestiges dhermaphrodi- 
tisme. Cela ne fait aucun doute pour les fleurs mâles, au centre des- 
quelles on rencontre si fréquemment un pistil rudimentaire. Mais le fait 
n"a été signalé que rarement pour les fleurs femelles, et probablement à 
cause de leur petitesse, ou parco qu'on les a confondus avec d'autres or- 
ganes, l'existence des staminodes n'a pas été remarquée. Ainsi, dans le 
mémoire classique d'A. de Jussieu. elle n'est signalée dans aucun des 
genres qui en possèdent, et elle l'est dans un seul qui n'en possède pas. 
On veiTa cependant que la détermination de ces organes est de quelque 
importance, puisque ce sont les fleurs femelles pourvues naturellement 
d'étamines stériles qui se trouvent dans les meilleures conditions pour 
devenir accidentellement hermaphrodites. 

Les étamines avortées sont rares dans les fleurs mâles. On a cité 
comme telles les corps glanduleux qu'on trouve en dedans du calice des 
Chlorccaulon: mais ceci semble n'être qu'une suppositi en gratuite. Dans 
les Conceveiba, il se peut que quelques étamines n'aient point d'anthères 
développées: elles se trouvent mêlées aux: étamines fertiles [pl. XXI, 
fig. 12. ea\ 

Dans les fleurs femelles, les staminodes se présentent sous forme de 
petites languettes glanduleuses situées à la base de l'ovaire; elles peuvent 
y être en nombre déterminé et occuper une position fixe, comme cela 
se voit dansles Jatropha. les Manihot. les Crozophora. les Micrandra. etc. : 
ou bien leur nombre est indéterminé, et leur position relative n'est guère 
possible à obseifer . surtout dans les échantillons desséchés. 

Ainsi chez le Jatropha acuminala. de même qu'il a dix étamines dans 
la fleur mâle, dont cinq superposées aux pétales et cinq alternes, de 
même il y a dans la fleur femeUe dix staminodes ayant les mêmes 
relations. Dans les Micrandra il y a cinq étamines stériles au pied du 
pistil, alternant avec les divisions du calice, comme les étamines de la 
fleur mâle. Dans le Mozinna peltalu il y a huit staminodes autour de 
l'ovaire pl. XIII. fig. i~), et l'on sait que la fleur mâle est d'ordinaire 
octandre. 



DÉVULOPPEMENT. 'lâS 

/ailleurs le nombre des staiiiinodes est moindre que celui des étamines 
fertiles. Ainsi les Siphonia décandres n'ont que de trois à six languettes 
au pourtour de leur pistil (jo/. XIV, flg. 42). Le S. elastica lui-même 
n'est pas dépourvu de ces appendices rudimentaires, quoiqu'il soit diffi- 
cile de les y apercevoir. Dans \esCrozophora, cinq seulement des étamines 
sont, d'après M. Payer [Organog., p. 527), représentées dans la fleur 
femelle. Le nombre des staminodes est également moindre que celui des 
étamines de la fleur mâle, dans les cas où il y a polyandrie ; cependant, 
dans ces circonstances encore, il est indéterminé. C'est ce qu'on voit dans 
les Gelonium, dans les Garcia {pi. XIV, fig. 37 et 38), où ces organes 
forment une couronne à dents aiguës à la base du pistil et dans les Ela- 
leriospermum [pi. XIX, flg. 26, si). 

Une question bien naturelle se présente ici : puisque les staminodes 
ne sont que de petits corps glanduleux placés à la base de l'ovaire, com- 
ment peut-on reconnaître que ces corps représentent réellement un 
androcée non développé, et ne sont point, par exemple, les éléments d'un 
disque hypogyne, libre et distinct, comme cela arrive si souvent? 

L'étude des développements qui malheureusement ne peut se faire sur 
un grand nombre de plantes, suffit pour trancher cette question. Si l'on 
examine, par exemple, une fleur femelle de Jalropha acuminata [pi. XIV), 
on verra qu'il y a au pied de l'ovaire quinze petits corps glanduleux et 
blanchâtres, entièrement analogues, quant à la forme, au tissu, à la 
coloration, à la taille. Si l'on ne s'en rapporte qu'à ces apparences, il 
faut décrire ici ou un disque à quinze petits lobes glanduleux, ou un 
androcée de quinze étamines rudimentaires. Mais pourquoi y a-t-il quinze 
glandes dans la fleur femelle, tandis qu'il y en a cinq seulement dans la 
fleur mâle? ou pourquoi, lorsque la fleur mâle n'a que dix étamines, la 
fleur femelle en posséderait-elle quinze ? 

Les fleurs femelles, comme les fleurs mâles, ont, à un certain âge, dix 
mamelons staminaux : cinq qui apparaissent les premiers au-dessus des 
sépales, et cinq autres qui se montrent ensuite au-dessus des pétales. 
On voit ensuite se développer le pistil en dedans de cet androcée qui 
demeure rudimentaire dans la fleur femelle, et c'est seulement quand le 
gynécée est tellement développé, qu'il y a déjà des ovules dans l'ovaire, 
qu'au-dessous de chacun des cinq premiers mamelons staminaux on voit 
apparaître cinq petites glandes [pi. XIV, pg. 22 et 23, g) qui constituent 
le disque hypogyne : d'où l'on voit qu'il n'y a que dix languettes, celles 



J26 DISTISCTIOX DES DI5QUES 

qui se développent ayant le pistil, qui appartiennent à l'androcée rudi- 
mentaire. 

C'est absolument aussi ce qui arrive dans la fleur femelle du Moztnna 
peltata [pi. XUT : on y trouve généralement treize appendices au pied 
du pistil, mais huit [st). qui existent avant lui. représentent les huit 
étamines fertiles de la fleur mâle, et les cinq autres, dont le développe- 
ment est postérieui'. constituent un disque hypogyne (g\ 

En l'absence de toute observation organogénique. des faits d'un autre 
ordre peuvent conduire à la détermination des organes qui occupent la 
base de l'ovaire; mais ces faits constituent de rares anomalies. Aiusi. 
en dehors de l'étude du développement, j'aurais considéré les lamelles 
hypogvnes de la fleur femeUe du Crozophora comme des staminodes. à 
partir du moment où j'en ai vu une devenir une véritable étamine fertile 
(pi. XV, fig. 19;. De même les languettes nombreuses qui se rencontrent 
autour de l'ovaire du Gelonium sont pour moi des étamines non déve- 
loppées, depuis que sur deux espèces iCoU. Cuming et herb. Madag.) 
j'en ai ti'ouvé quelques-unes surmontées d'une anthère fertile pleine de 
pollen. 

En dehors de ces moyens de diagnostic, on ne peut qu'invoquer l'ana- 
lode. procédé souvent trompeur, pour connaître de la véritable nature 
de ces organes. Ainsi, quand je vois de fines languettes se dresser autour 
du pied du pistil des Garcia, je leur attribue le nom de staminodes, sans 
savoir positivement si ce n'est pas un disque hypogyne : ceci repose sur 
une analogie de forme avec ce que j'ai vu dans le Gelonium. Dans 
Y Elateriospermum je les rapporte à l'androcée. parce que je les trouve eu 
dedans d'un gros disque glanduleux, et que, dans toutes les plantes voi- 
sinesy je ne trouve qu'un seul disque : j'invoque ici une analogie d'or- 
sanisation entre deux genres voisins. 

Mais pourquoi ne pourrait-il pas y avoir ici deux disques comme dans 
les Cluytia., par exemple? Tant qu'on n'a pas étudié l'organogenie. on 
ne peut rien affirmer, et ceux-là seuls qui se sont livi-és à cette étude 
savent quelle assm'auce. quelle certitude on en peut tirer, et combien, 
en dehors d'elle, tout demeure obscur et incertain. 

L'histoire de la science abonde en preuves de cette vérité. Pour ne 
nous arrêter qu'a ce qui touche les Euphorbiacées, je citerai les glandes 
qu'on a observées, dit-on, chez les Plukneiia. qui constituent pour la 
plupart un disque ; pour les botanistes actuels qui les ont étudiées, des 



ET DES STAMINODES. 127 

staniinodes ; pour Plumier, Desvaux, etc., un pistil rudimentaire. Dans 
la fleur femelle des Mercuriales, on appelle staminodes deux grands 
filets qui sont situés à la base des loges ovariennes, alternant avec elles; 
on donnerait, sans doute, le même nom aux filaments qui se trouvent 
autour du pistil des Tetrorchidium. L'analogie de forme est le seul 
motif invoqué de cette interprétation. Or, nous verrons plus tard que ce 
n'est qu'un disque hypogyne de configuration particulière. Avec cette 
même méthode, il faudrait appeler les lames que l'on trouve au pied du 
pistil des Claoxylon, des staminodes, puisque la position est la niême, 
ou des pétales, puisqu'elles sont aplaties, colorées, alternes avec les divi- 
sions du calice; or nous verrons que ce sont aussi les portions distinctes 
d'un disque hypogyne. C'est encore à l'aide de l'analogie que Desvaux a 
fait des staminodes du disque hypogyne des Phyllanihus. Ces plantes 
n'ont pas d'androcée rudimentaire dans leur fleur femelle, et il en est 
de même de toutes les Euphorbiacées à loges biovulées. Je ne vois 
d'exception que dans les Discocarpus [pi. XXII, fig. 1, s<), et encore ne 
puis-je affirmer positivement, d'après l'examen de fleurs sèches et adultes, 
que telle soit la véritable nature de ces organes. 

Je n'affirmerai pas davantage que les Anda aient cinq staminodes au 
pied de leur ovaire. La situation de ces corps me le fait supposer; mais 
qui peut savoir, sans l'étude du développement, s'il ne s'agit pas là d'un 
disque hypogyne? Qui peut le savoir davantage pour \esGoiighia [pi. XXI, 
fig. 26, g)'1 L'analogie de position et de forme indiquerait des étamines 
avortées ; l'observation des autres Euphorbiacées biovulées, où il n'y a 
guère de staminodes, mais souvent un disque hypogyne, fait penser à cette 
dernière interprétation. Si, dans les Manihot, je crois qu'il y a dix sta- 
minodes, c'est parce que j'en vois dix dans les Jatropha; si, dans les 
Elœococca, je ne donne pas ce nom, malgré leur forme étroite et allongée, 
aux cinq lames qui entourent l'ovaire [pi. XII, fig. 38) , c'est parce que 
j'en vois cinq de même forme dans la fleur mâle, où, d'après la ressem- 
blance avec le genre Jatropha, je les crois des glandes. Mais pourquoi 
ne seraient-ce pas aussi bien des étamines avortées, puisqu'il y a plus de 
dix étamines dans les Akurites, si voisins aussi des Elœococca, qu'on a 
parfois confondu les deux genres en un seul? On voit clairement qu'ici 
il nous manque toujours un critérium indispensable, l'étude organo- 
génique. 
Je n'ai jamais observé de staminodes dans les plantes qui se groupent 



158 LXSERTIOX ÎÎÏTOGTMQUE ET P£R1GT\10CE. 

auioiir des geures StUIingia et Sapium ; il faut remarquer que, comme 
dans les Phvllantliées, les loges ovariemies euvahlsseut toujours la place 
qu'occupent les élamines dans les fleurs mâles. Enfin, je rappelle seule- 
ment ici que les lamelles appelées pétales dans les Poranthera pourraient 
bien u'être que des ëtamines avortées. 

DE L'INSERTION ET DU RÉCEPTACLE. 

L'insertion des appendices qui composent les yerticilles floraux a une 
importance capitale dans la Méthode naturelle. Parmi les caractères de 
valeurs difierentes et subordonnées, elle occupe un rang des plus élevés. 
Mais îc!, comme dans beaucoup d'autres groupes naturels, il faut bien 
reconnaître que celte insertion est variable, et que, de deux plantes 
extrêmement voisines d'ailleurs par l'ensemble de leui"s caractères, l'une 
présentera, par exemple, dans ses fleurs, l'inseiiion bypogynique, l'autre 
la périgynique. 

Ce qui fait l'insertion, c'est, en efiiet, la forme du réceptacle. Or. cette 
forme varie avec le temps, dans une fleur donnée. Quand une fleur d'Eu- 
pborbe est jeune, son axe porte à son sommet un ovaire, au-dessous 
duquel s'insèrent immédiatement cinq étamines qui sont encore simples 
à celle époque pi. I. fig. i et 5\ Alors elles sont bypogyues: mais 
quand on ouvre une fleur adulte, chacuDC de ces élamines dédoublées est 
devenue un faisceau polyandre ; la surface d'insertion de celui-ci n'est 
plus réduite à un petit espace situé sous Fovaire. C'est une longue bande 
verticale appliquée conire ce qu'on appelle la base du périanthe pi. I, 
fy. Il , /). Ou peut donc alors admettre que le sac, de forme variable, qui 
coustrlue le calice d'une Eupborbe, est axile à sa partie inférieure, appen- 
diculaire seulement en haut ; de sorte que le réceptacle, qui était d'abord 
un court cylindre hypogyne, est devenu une sorte de cupule aussi bien 
périgynique qu'bypogyuique. 

11 est vrai que l'Euphorbe ne fournira pas un exemple concluant pour 
tous: puisque, selon la plupart des botanistes, ce que nous appelons 
fleur est une inflorescence. Sans rappeler ici ce que nous avons dit plus 
haut, que ce qui pciurrait paraître étonnant pour un calice, le serait- 
bien autant pour un involucre (p. 51), passons à un autre exemple. 
D'ailleui^ il s'agit, dans l'Euphorbe, de changements qui s'opèrent pen- 



PASSAGE DE l'hYPOGYNIE A LA PÉRIGYNIE. 129 

liant la période organogc'nique, et bien des personnes n'accordent qu'une 
très faible confiance à des faits qu'elles n'ont jamais essayé d'observer. 
Ne nous occupons donc que des changements survenus dans la forme du 
réceptacle, depuis le moment de l'anthèse jusqu'à celui de la maturité 
des fruits. 

Les Chiytia ont un périanthe double, hypogyne comme le périanthe 
simple des Phyllanlhv s, auprès desquels on les avait placés jusqu'ici. Sur 
les nombreuses fleurs des Cluytia conservés dans les herbiers, et mieux 
sur celles du C. pulchella que l'on cultive et qui fleurit abondamment 
dans nos jardins, on voit les pétales insérés sous l'ovaire, au moment de 
l'anthèse {pi. XYI, fig. '2 et 7). Mais ces pétales ne tombent pas après la 
floraison ; ils durcissent en se desséchant, comme les sépales, et persistent 
autour du fruit. On observe alors que, celui-ci étant mûr, les pétales, au 
lieu d'être attachés au-dessous de sa base, le sont à une certaine hauteur 
et l'entourent comme une couronne. L'ovaire étant arraché, on voit que 
le réceptacle court et cylindrique qui était situé sous le pistil est devenu 
une sorte de coupe évasée qui le déborde et a ainsi porté l'insertion de la 
corolle plus haut et plus en dehors. En un mot, l'hypogynie s'est transfor- 
mée en périgynie. 

En passant de ce genre à quelques autres, le même fait se prononce 
davantage. Ainsi, les Briedelia, longtemps confondus, mais bien à tort, 
avec les Cluytia, ont à tout âge des pétales à insertion périgynique bien 
marquée. La portion évasée du réceptacle en haut de laquelle s'insère la 
corolle {pi. XXY, pg. 30) est épaissie, distincte de la portion appendi- 
culaire qui constitue le véritable calice. De même, les Savia et les J7na- 
noa, genres voisins l'un de l'autre, ont les pétales, les premiers à peu 
près hypogynes, les seconds périgynes; si bien que cette insertion, dans 
le dernier genre, a sans doute empêché jusqu'ici les botanistes d'aper- 
cevoir la corolle, car ils ne l'ont pas décrite. Quelle conclusion peut -on 
tirer de ces faits, sinon que, dans deux genres que tous leurs autres carac- 
tères rapprochent considérablement, l'insertion n'est pas la même, parce 
que la forme du réceptacle est légèrement différente ? 

Le réceptacle est un organe essentiellement polymorphe, variable à 
l'infini dans sa configuration, et l'on sait même que souvent il affecte celle 
des organes appendiculaires. Or, comme la forme est un caractère de 
peu de valeur, l'insertion, qui change avec elle, doit elle-même n'avoir 
qu'une importance relative. 



130 RÉCEPTACLE CTLDTDRIQUE. 

Le plus souvent, le réceptacle est conique et très court daus les Eu- 
phorbiacées; mais, comme dans tant d'autres familles, il peut y avoir 
une certaine distance entre les différents yerticilles qu'il supporte. Ainsi, 
dans la fleur femelle des Cnidoscolus. le pistil est sessile; mais, dans la 
fleur mâle, où il demeure rudimentaire, il se trouve élevé à une très 
fin^ande hauteur par une colonne qui porte en même temps les étamines 
[pi. XIX, fig. 6j. Il est bien évident que, dans cette circonstance, le ré- 
ceptacle, tout en conservant la forme cylindro-conique, s'est considéra- 
blement allongé ; car on voit portés à différentes hauteurs par la colonne 
qui le constitue, un premier verticille d'étamines, puis un second, puis 
enfin, tout à fait au sommet, le pistil rudimentaire. De sorte que ce 
réceptacle est tout à fait comparable à celui des Passiflores et des Silène, 
où l'androcée et le gynécée sont insérés beaucoup plus haut que le pé- 
rianthe. C'est donc une inexactitude que de décrire les étamines des 
Cnidoscolus, ou celles des Jatropha, comme ayant la partie inférieure de 
leurs filets soudée en une colonne centrale. Il faudrait dire, en réalité, 
que leurs étamines sont libres, et cjue la portion commune qui se trouve 
inférieurement est réceptaculaii-e. Toutefois je n'ai pas supprimé, dans 
les descriptions, cette es pression d'étamines « monadelphes» , que donnent 
les auteurs, soit parce qu'elle abrège la description, et qu'on saura suf- 
fisamment, à propos des Cnidoscolus, à quoi s'en tenir quant à cette 
inexactitude d'expression ; soit, parce que, dans un grand nombre de cas, 
nous ne pourrions déterminer, sur des fleurs adultes et desséchées, s'il 
s'agit ou d'un réceptacle étiré, ou de filets staminaus soudés par leur base. 
Quand on examine des Jatropha sans pistil rudimentaire, on croit n'avoir 
afiaire qu'à des étamines monadelphes, organes purement appendicu- 
kires. Lorsqu'on étudie, au contraire, la fleur mâle d'un Briedelia, on 
reconnaît bien que l'organe aUongé qui supporte le gynécée incomplète- 
ment développé est réceptaculaire, parce que les étamines ne s'en déta- 
chent qu'au niveau de la base du pistil. Mais, comme il n'y a pas d'ovaire 
rudimentaire au-dessus de l'androcée du Pseudanthus, ou du Stachyste- 
mon, on ne saurait affirmer que la colonne, courte dans les premiers, 
extrêmement longue dans les seconds, qui supporte les étamines, est 
réceptaculaire plutôt qu'appendiculaire. 

L'allongement du réceptacle est rarement aussi prononcé iipie dans les 
cas exceptionnels que nous venons de sigp-^ler. Il est encore étroit et étiré 
dans les Trachycarion, où il forme une sorte de pied au pistil pi. U, 



RÉCEPTACLE IRRÉGtLIEÎl. 431 

fig. 20, jo), et surtout dans les Euphorbes et les PediUmthus, chez lesquels 
ce cju'on p.eut appeler le podogyne est évidemment un organe axile pro- 
duisant souvent un disque. Il est conique et beaucoup plus épais chez les 
Acîdoton {pi. XVIII, fig. 10), les Plalygyne {pi. IV, fig. 18). Beaucoup 
plus souvent il est arrondi, hémisphérique, comme dans les Gelonium, les 
('rolon, etc. Enfin, il est très rarement tout à fait plan, comme dans 
quelques genres à loges biovulées. 

La polymorphie du réceptacle produit encore ce résultat, que l'inser- 
tion d'un verticille est, dans une même fleur, complètement différente, en 
apparence, de celle d'un autre verticille. Ainsi les étamines d'un Cluytia 
sont hypogynes, tandis que la corolle devient périgyne à une certaine 
époque. De même, pour les Briedelia, les pétales sont toujours périgynes, 
les étamines ne le sont jamais. 

Jusqu'ici ces différentes altérations de la forme primitive du récep- 
tacle ne détruisent pas la régularité de la fleur. Dans les Pedilantlms 
{pi. III), au contraire, le réceptacle, d'abord régulier, ne se déforme que 
d'un côté. Il y prend un accroissement relativement considérable, rend 
la fleur gibbeuse de ce côté, et fait qu'elle ne possède plus qu'un seul 
plan de symétrie, tandis que, dans son jeune âge, elle en possédait 
davantage, parce que son réceptacle était parfaitement régulier. Celui-ci 
supporte un disque de quatre glandes, qui se trouvent bientôt soulevées 
sur l'espèce de promontoire ainsi produit au côté postérieur de la fleur. 
On voit donc qu'il se passe ici quelque chose de tout à fait comparable 
à ce que M. Payer a décrit et figuré dans les Melianthus {Organog., pi. XYI), 
et il ne faut pas confondre cette irrégularité de la fleur, conséquence d'une 
déformation de l'axe, avec celle que présentent, au premier aspect, 
les Poinsetlia {pi. II, pg. 15 et 16). Le réceptacle y conserve sa régula- 
rité, et c'est le périanthe seul, c'est-à-dire un ensemble d'organes appen- 
diculaires, c[ui se trouve déformé par le développement excessif d'une 
des glandes interposées aux divisions du calice et l'avortement des 
quatre autres. 

DISQUE. 

Je désignerai ici sous le nom de disque tout renflement de l'axe situé 
dans l'intérieur de la fleur. Ces renflements, en général glanduleux, 
pourront donc occuper des niveaux différents du réceptacle floral, et il 



132 CABACTÉRÎT. DES D15QCES. 

pourra se renoonlrer ici, comme dans tout autre groupe de plautes, 
plusieurs étages, plusieurs Terlicilles de ces expansions. C'est pour ce 
motif qne je u'emploier-ai pas le mot de glande ovarienue, que Desvaux 
a appliqué uolamment aux disques des Euphorbiacées. J'aurai occasion 
de discuter, à ce propjs, les opinions qu'il a émises sur les organes glan- 
duleux qu'on renciODtre dans leurs fleur-s, et nous Terrons combien lana- 
l<^e Fa sooxent induit en erreur sur leur véritable signification. Le plus 
souvent, ii est vrai, il n'y a qu'un cercle glanduleux entourant directe- 
ment la base de l'oTaire; celui-là sera spécialement déàgué .sous le nom 
de disque hypogyne. 

La forme de ces expansions latérales de Taxe est exti'èmement variable. 
Parfois même dles sont laides et aplaties, au point de figurer un organe 
foliacé et appendiculaire. Les principales apparences qu'elles peuvent 
©ffirir vont être passées en revue ; mais il est bon d'abord de prouver 
quelle est leur véritable nature et ce qui la fait reconnaître. 

L'étude organogénjque est le seul moyen d'y parvenir. De celte étude 
nésnlte une loi constante, dans les fleurs d'Euphorbiacées : c'est que le 
disque on les disques, quelles qu'en soient les formes ou les dimensions, 
ne se développent jamais qu'après la naissance du verlicille d'organes 
appendicolaires qui leur est immédiatement superposé. 

Un certaio nombre de genres ne ]X)Ssèdent pas de disque : tels les 
Ricins, les Sapîum, les Hippomane. les Mappa, les Acalypha. etc. Les 
Om-alanihus o&ent, pour ainsi dire, une ébauche de ces productions 
glanduleuses si dévdoppées dans tant d'autres fleurs. Dans un jeune 
bouton d'O. populifolius. on ne trouve d'abord que les deux sépales et 
les étamines nettement implantées sur l'axe : plus tard le point d'insertion 
de ces organes se gonfle et devient irrégulièrement bDsselé pi. MU, 
pg. 24, gl . Toute la portion ainsi tuméfiée du réceptacle est de nature 
^anduleuse. Le réceptacle se gonfle de même tardivement chez les 
Beyeriaj et le pied de l'androcée se trouve cc»mme empâté d'une substance 
diamne. Dans la fleur mâle du Gehnium bifarium. on voit d'abord 
Taxe surbaissé porter des étamines entièrement hbres ; mais, à mesure 
que les filets de celles-ci s'allongent, une nouvelle couche de tissu semble 
se surajouter à l'axe, autour de leur insertion. Si l'on arrache eu ce mo- 
ment une étamine, la cicatrice ne se trouvera plus, comme autrefois, sur 
une surface convexe, mais bien au fond d'un petit puits en entonnoir, 
qui s'esl étevé peu à peu autour de la base du filet qu'il encadre. Les 



CARACTÈRES DES DISQUES. lâo 

Acidoloii oiîrcnt la même disposition. Chaque filet a le pied entouré 
d'un petit rempart glanduleux {pi. XVIII, fig. 10, d), et ce disque 
forme de plus une sorte de bourrelet à sa base, en dedans du pé- 
rianthe. 

Autour de beaucoup d'ovaires, le disque se scinde en autant de lobes 
ou de languettes qu'il y a de portions au calice. Le plus souvent, ce sont 
de petites glandes globuleuses ou aplaties comme dans les Crolon, les 
Kirganelia, \esMozinna, les Jalropha; souvent elles sont bifides ou bilo- 
bées, comme dans les Poranthera {pi. XXV, fig. h, g), ou la fleur femelle 
des Cluylia {pi. XVI, fig. 10, 11), celle des Ândrachne {pi. XXVII, 
fig. 18, d) ; parfois enfin leur extrémité libre est divisée en trois lobes, 
comme dans la fleur mâle des Cluylia. Dans ce genre, on peut facilement 
observer qu'il y a une seule rangée de prolongements glanduleux dans 
la fleur femelle, et deux dans la fleur mâle {pi. XVI, fig. 2 et 5). Desvaux 
a remarqué cette particularité et cherche à l'expliquer dans son travail 
spécial sur les glandes ovariennes. Dans les fleurs femeUes, il regarde les 
glandes comme des staminodes, parce qu'elles « occupent la place des 
» étamines». Pour les fleurs mâles, « ce qui est à remarquer, c'est qu'il 
» y a un double appareil ou, comme on dit, un double nectaire : l'un 
» de cinq parties divisées chacune en trois assez profondes, toutes oppo- 
» sées aux sépales, et un autre plus intérieur, composé de cinq petites 
» parties à deux têtes oblongues, sécrétoires, représentant l'ovaire, sans 
» aucun doute. » Toutes ces interprétations semblent inadmissibles. 
Quant aux cinq glandes bilobées de la fleur femelle, elles constituent un 
vrai disque, et Ton peut suivre facilement sur le Cluylia pulchella, 
cultivé dans les jardins, son développement ultérieur à celui du pistil 
{pi. XVI, fig.i'i, 13). Si c'étaient des staminodes, elles apparaîtraient avant 
lui. Quant à la fleur mâle, elle présente deux cercles de glandes, autour de 
la base de la colonne qui supporte l'androcée. Les cinq glandes bilobées 
qui sont superposées aux pétales constituent un disque; mais comment 
admettre que les glandes trilobées représentent l'ovaire? Cet ovaire 
serait-il donc alors composé de cinq feuilles carpellaires, et surtout ces 
feuilles carpellaires pourraient-elles être placées sur le réceptacle floral 
plus bas que les étamines et en dehors d'elles? Il y a, sans doute, un 
véritable pistil rudimentaire dans les fleurs mâles du Cluytia, mais c'est 
eu dedans des étamines qu'il est placé {pi. XVI, fig. 2, p). 
Dans la fleur des Euphorbes, il y a généralement un disque et quelque- 



lo4 DISQUES DES EUPHORBES. 

fois deux; l'an peut être appelé androcéen. l'autre gynécéen. Étudions 
chacun d'eux isolément. 

Le disque androcéen est ce que les auteurs désignent sous le nom 
« d'écaillés laciniées ou ciliées, accompagnant les fleurs mâles » ou de 
o calicule mâle » . Ainsi, on les considère comme une sorte de périanthe. 
ou comme les bractées de l'inflorescence mâle. Lorsqu'on examine une 
fleur adulte d'Euphorbe, on trouve, en effet, ces écailles découpées on 
languettes qui s'entremêlent avec les faisceaux d'étamines et qui ont sou- 
vent urieapparence foliacée. Toutefois cette forme n'est pas la seule qu'on 
y rencontre. On ne peut guère, par exemple, leur conserver le nom de 
bractées ou d'écaillés, lorsqu'elles ne se présentent plus que sous la forme 
d'une petite masse charnue conique et surbaissée, comme cela a lieu 
chez plusieurs Euphorbes indigènes, et surtout lorsqu'elles affectent la 
forme d'un petit bouton glanduleux aplati, circulaire, ou réniforme. 
comme cela s'observe dans les Pedilanthus pi. m.fig. 6, gi. Nous avons 
déjà montré que ces prétendues bractées n'existent pas avant les étamines. 

Si la forme du disque androcéen est probante dans les Pedilanthus. il 
en est de même de son insertion. Les glandes ne restent point confon- 
dues avec les faisceaux staminaux ; la portion du réceptacle qui forme 
une gibbosité postérieure les entraîne avec lui et les rejette entièrement 
de ce côté de la fleur. 

Ledisque gynécéendes Euphorbes, dont l'existence n'est pas constante, 
est appelé calice ou calicule par les auteurs, et comparé par Ad. de Jus- 
sieu (Monogr., p. ôS] au cahce des Anthoslema. Pour ce dernier genre, 
il n'y a pas de doute: les fleurs mâles et femelles possèdent un vrai cahce 
qui se développe beaucoup avant l'androcée ou le gynécée. Mais dans les 
Euphorbes, il en est tout autrement. Dans l'^. pahistris. par exemple 
[pi. I), où ce prétendu calice est foUacé et lobé, nous avons vu que le pistil 
se développe avant lui. Il est déjà très avancé en âge, lorsqu'au-dessous 
de l'ovaire, l'axe commence à s'épaissir (fig. 25, c? . Dans les Pedilanthus 
et dans la plupart de nos Euphorbes, son développement ne va pas 
au delà; mais dans l'espèce indiquée, il s'étale, devient triangulaire 
[fig. 20), puis ses trois lobes charnus et épais qui répondent aux loges 
ovariennes [fig. 28, d) se divisent eux-mêmes en deux languettes à leur 
extrémité [fig. 27 .Mais, quoi qu'il en soit de ce développement extrême, 
de cette forme et de ces divisions, ce n'en est pas moins un disque hypo- 
gyne qui n'apparaît qu'après le pistil. 



APPARITION TARDIVE DU DISQUK. 135 

Je ne fais cjne l'appeler ici, à ce propos, le curieux enseignement qu'on 
retire de l'étude organogénique des fleurs de Jatropha, où l'on rencontre 
cinq glandes hypogynes avec dix staminodes (p. 125), et je passe à d'autres 
exemples qui prouveront que, si l'on s'en rapporte aux analogies de 
forme et qu'on néglige l'étude organogénique, on arrivera forcément à 
appeler le disque une corolle ou un androcée, parce que ses éléments 
auront la forme d'étamines ou de pétales. 

La fleur femelle des Mercuriales présente, à la base de son ovaire, 
des corps t[ue nous avons dit n'être pas des staminodes, quoiqu'on les 
ait toujours décrits comme tels. Ce sont des filets étroits, celUdeux, qui 
alternent avec les loges, si bien qu'il y en a deux quand l'ovaire est bi- 
loculaire, trois quand il est triloculaire [pi. IX, fig. 21, d). Dans V^de- 
nocline, on n'appelle pas ces corps des staminodes, parce qu'ils sont 
courts, terminés par un bouton glanduleux [pi. IX, fîg. 6, g). Dans la 
Mercuriale, on leur donne ce nom, parce qu'ils sont grêles et très allon- 
gés. Celui qui observe les fleurs de Mercuriale très jeunes, les considérera 
comme les éléments d'un disque, parce qu'il verra l'ovaire déjà formé 
et contenant des ovules, sans qu'il y ait trace de ces organes. A ce mo- 
ment un petit mamelon apparaîtra à la base du sillon qui sépare les loges 
(p/. IV, fig. 25, d); alors il sera semblable à ceux qui naissent entre les 
filets staminaux des Euphorbes; mais bientôt il s'allongera et arrivera à 
dépasser le sommet de l'ovaire. Ces faits étant connus, j'étais assuré, 
quand je trouvai une fleur hermaphrodite de Mercuriale, que les préten- 
dues étamines avortées ne m'offriraient pas d'anthères; c'est ce que 
l'observation a confirmé. 

Dans les Claoxylon, ce disque hypogyne devrait être appelé une co- 
rolle ; car il présente trois lames aplaties, pétaloïdes, blanches ou roses, 
alternes avec les sépales. Dans les espèces indiennes, cette corolle serait 
polypétale ; dans une espèce australienne, elle serait monopétale, car 
les trois appendices sont confondus par leur base. Quoique nous n'ayons 
à notre disposition que des fleurs sèches de Claoxylon, il est possible 
cependant de voir que ces lames pétaloïdes n'apparaissent que tardive- 
ment après le pistil, et qu'elles représentent un disque. 

Le petit anneau glanduleux des 5auîa, des Codiœum [pi. Wl, fig. 29, d) 
est regardé par tout le monde comme un disque hypogyne. Ce nom 
n'est pas davantage contesté à la coupe festonnée qu'on trouve au pied 
de l'ovaire des Xylophylla {pi. XXII, fig. 25, d). Il s'élève encore plus 



1.56 FORMES DU DISQUE. 

dans les fleurs femelles à'Eniblica (pi. XXI\', fig. 23. g), dans le Cera- 
manthus [pi. XXY, fig. 22, 2/i), dans YJslerandra (pi. XX\TI, fig. 6). 
Il peut y avoir, sous ce rapport, de grandes différences entre les deux 
sexes. Ainsi les glandes mâles de A"î//o/)/iî///a sont parfaitement libres, et 
dans YEmblica offîcinaUs. où le disque femelle est si développé, il n'y a 
dans la fleur mâle que cinq points glanduleux, si petits pi. XXIV, 
fig. 20, g), qu'on eu a méconnu l'existence, et, pour cette raison, subdi- 
visé les Emblica en deux genres, qui ne doivent pas subsister. 

C'est en présence des développements considérables du disque, notam- 
ment dans certaines fleurs femelles, qu'on n'hésite pas à reconnaître un 
organe de cette nature dans l'espèce de sac qui enveloppe complète- 
ment l'ovaire des Aleuriles pi. XE, fig. H, d . Ce sac coloré est com- 
parable au nectaire des Pivoines arborescentes, et l'on pourrait croire 
d'abord qu'il forme une des couches des parois ovariennes, si on ne le 
voyait disparaître tout à coup au niveau de la base du style qu'il embrasse 
par son orifice circulaire rétréci. 

En l'absence de toute étude organogénique, il y a bien des disques 
dont la nature peut bien être l'objet de quelque doute. Ainsi j'appeUe 
disque la couronne glanduleuse des Amanoa. et, peut-être à tort, par 
analogie de position, je donne ce nom aux cinq lames triangulaires, 
pubescentes, que j'observe autour de l'androcée ou du gynécée des Brie- 
delia pi. XXY, fig. 30, d] , lames qui s'imbriquent et se recouvrent légè- 
rement par leurs bords 'fig. 26 et 29, d.. Il y a d'ailleurs une autre partie 
qu'on peut rapporter au disque dans ces fleurs, c'est la lame glanduleuse 
qui recouvre la portion concave du réceptacle fig. 30), et qui disparaît 
au niveau de la base des pétales ; lame que nous retrouvons dans les 
coupes réceptaculaires des Cyclostemm [pL XXIII, /îg. 22), du Cœlo- 
discus. des Hemicyclia, et de quelques autres genres. C'est également 
faute d'études organogéniques, que nous n'admettrons point comme 
positive l'existence d'un disque dans les Agyneia lames qui doublent les 
sépales, pi. XXIY, fig. 10, g), dans les iVii'cranfAea fcorps central trilobé, 
pi. XXM, fig. 7, 19), dansles Chloradenia masses sphéro'idales alternes 
avec les pétales, pi. XIX, fig. 25, g], et dans la fleur mâle des Pluknetia, 
des Bia ou des Chlorocaulon. 



Al'rAKlïlOX DES C.VRl'ELLES. 137 



ORGANOr.ENIE DU GYNECEE. 

Après que l'axe de la tleur femelle du Ricinus communis [pi. X) a pro- 
duit le périanthe, il se continue sous forme d'un dôme surbaissé. Bientôt, 
sur cette extrémité de l'axe, on voit apparaître simultanément, et égale- 
ment distantes les unes des autres, trois petites saillies latérales, en forme 
de bourrelet. Alors l'axe, considéré d'en haut, au lieu de la forme circu- 
laire qu'il avait, prend celle d'un triangle à côtés courbes et à sommets 
obtus. Ces sommets répondent aux trois petites saillies, qui ne sont autre 
chose que les feuilles carpellaires et sont superposées aux trois sépales 
qui se sont développés les premiers. La manière dont ces feuilles car ■ 
pellaires s'insèrent sur l'axe est importante cà bien connaître pour l'in- 
telligence des développements ultérieurs. Si l'on isolait une de ces feuilles 
alors qu'elle est très jeune, elle aurait à peu près la forme d'un segment 
de cercle. On lui conçoit, d'après cela, deux bords : l'un formé par l'arc 
de cercle qui limite ce segment en dehors, l'autre par la corde qui sous- 
tend cet arc. Le bord qui répond à la corde n'est pas libre; il est soudé 
transversalement dans toute son étendue au pourtour de l'axe dont il 
occupe un peu moins du tiers. De là une forme courbe que prend toute 
la surface de ce segment, et la présence, entre lui et l'axe, d'une petite 
encoche, d'une cavité qui regarde en haut. C'est le premier rudiment de 
la loge ovarienne. 

Il est difficile de trouver des objets vulgaires de comparaison qui ren- 
dent bien ce premier état de la feuille carpellaire dans ses rapports avec 
l'axe. Les zoologistes y trouveraient quelque ressemblance avec les val- 
vules de Kerkring, dans l'intestin, ou celles des veines. Entre ces valvules, 
en effet, et la paroi intestinale ou veineuse, il y a, dans un sens, une 
cavité plus ou moins profonde qui représente bien notre rudiment de 
loge. La comparaison sera plus juste encore, si l'on suppose la portion 
d'intestin ou de veine observée retournée sur elle-même, les valvules 
tendues, la membrane interne au dehors. Celle-ci offrira alors une surface 
convexe plus comparable à la convexité de l'axe floral. Une vasque de 
fontaine ou de bénitier, incrustée dans un mur, ressemble encore assez à 
la feuille carpellaire à son premier âge, insérée sur l'axe ; mais pour 
avoir aussi quelque chose de convexe comme ce dernier, il faut rempla- 
cer le mur par une colonne arrondie. 



138 FORMATIOX DES LOGES. 

La portiou si étendue de la feuille carpellaire qui s'insère à Taxe n'est 
autre chose que sa base ; c'est donc en ce moment une feuille laidement 
sessile. Les bords et le sommet très obtus du limbe, confondus dans une 
même com*be, l'arc de cercle dont uous venons de parler, sont entière- 
ment libres. 

Alors les feuilles carpellaires grandissent; leur base ne Tarie pas. 
soudée qu'elle est intimement avec Taxe; mais leur limbe s'accroît et 
s'élève. Il se gonfle, se courbe peu à peu, de manière à faire de la k^ 
une cavité de plus en plus complète et fermée enfin, ou à peu près, en 
haut et en dedans. Dans cette évolution, le limbe de la feuille carpellaire 
gi'andit relativement plus que son bord libre, de sorte que celui-ci se 
porte de plus eu plus vers l'axe de la fleur et tend à se fermer davantage: 
comme l'ouverture d'une bourse, d'abord béante, puis se fronçant à 
mesure qu'on serre le cordon et prenant l'appaience d'une petite bouche 
contractée, circulaire ou à peu près. 

Qu'on se figure maintenant l'évolution simultanée des trois feuilles 
carpellaires. symétriquement disposées sur l'axe, on verra que chacune de 
ces trois feuilles vient ainsi apporter vers lui l'ouverture dont nous avons 
parlé. On ne s'étonnera donc pas, plus tard, de voir, à la partie interne 
et supérieure de chaque coque carpellaire détachée de l'axe, une ouver- 
ture qui donne passage au funieule de la graine. Ce ne sera pas une solu- 
tion de continuité produite au moment de la maturité^ c'est un orifice 
formé par les bords mêmes de la feuille carpellaire. orifice qui a tou- 
jours existé. 

Il n'y a que le sommet de la feuille carpellaire qui ait une autre des- 
tination. Quand le bord libre a constitué l'orifice ou la fente dont nous 
Aenons de parler, son sommet continue de sacccroître. se relève et se pro- 
longe peu à peu verticalement pour former le style et ses divisions slig- 
matiques {pi. X. fig. 24. 25 et 28. sQ. 

Pendant tout ce temps, l'axe a fort peu grandi, au delà de l'origine 
des feuilles carpellaires. Au-dessus du lieu d'insertion de celles-ci, le 
réceptacle semble se déprimer et se creuser d'une petite fosselte. D se 
forme donc au pied de l'axe trois petites cavités qui constituent en réa- 
lité la portion basilaire et axile des loges ovariennes. Mais, si l'on com- 
pare pour la rapidité de l'aceroissement l'axe et les feuilles carpellaires, 
on verra que ces dernières l'emportent de beaucoup. La colonne centrale 
du réceptacle, qui ne doit pas même parvenir à la hauteur du sommet 



l'axe porte les ovules. 139 

de l'ovaire {fig. 27, a), ne s'rallonge que fort lentement. Les trois cloisons, 
tenant d'un côté à l'axe, de l'autre aux feuilles carpellaires, aux parois 
ovariennes, s'élèvent comme celles-ci, fort peu en dedans, beaucoup vers 
la périphérie. Aussi leur bord supérieur, d'horizontal qu'il était au début, 
devient bientôt oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Un mo- 
ment même arrive où il est sensiblement vertical. C'est alors que les 
cloisons, comme le bord des feuilles carpellaires auxquehes elles tiennent, 
viennent rencontrer l'axe en bas et au-dessus de lui, là où il cesse d'exis- 
ter, les bords des feuilles carpellaires voisines. Toute la cavité ovarienne 
est alors divisée par ces cloisons en trois loges bien distinctes. 

Revenons à l'axe lui-même. Nous avons à considérer en lui : premiè- 
rement, la colonne centrale, qu'on appelle souvent columelle, et qui nous 
occupera plus loin ; puis sa base, que nous avons dite creusée de trois 
fossettes. Ajoutons que cette expression de creusée n'est pas, à propre- 
ment parler, celle qui convient ici. Ce n'est pas qu'un creux, qu'une fosse 
se soit effectivement produite dans la substance même du réceptacle; 
c'est que la colonne centrale elle-même s'élève, par son accroissement 
naturel, plus haut que la partie où s'insèrent les feuilles carpellaires, 
mais seulement dans l'intervalle de ces feuilles, tandis qu'au niveau de 
leur ligne médiane elle ne s'élève pas du tout, et qu'ainsi, en face de cha- 
cune d'elles il se forme une sorte de puits de plus en plus profond, dont 
l'existence est due à cette inégalité d'accroissement. 11 n'y a pas plus ici 
de cavité réellement creusée dans le réceptacle, qu'il n'y en a dans ce 
qu'on a appelé l'éperon soudé du calice des Pelargonium, ou la fossette 
réceptaculaire des Melianlhus. 

La colonne saillante de l'axe est destinée à porter les ovules. On la voit 
bientôt, au-dessus de chacune des fossettes dont je viens de parler, et, 
par conséquent, en face de chacune des feuilles carpellaires, se charger 
d'un petit mamelon qui n'est autre chose qu'un très jeuneovule [fig. 29, n). 
A cette époque, on ne peut douter que les ovules soient portés par l'axe; 
les feuilles carpellaires n'ont pas avec eux la moindre connection: elles 
en sont éloignées par un intervalle notable, et aucune illusion n'est pos- 
sible à ce sujet. Dans l'ovaire du Ricin, il n'y a aucune violation, même 
apparente, de la loi qui veut qu'une feuille, organe appendiculaire, ne 
porte pas un autre organe ; la feuille carpellaire ne porte point ici les 
ovules et n'a aucun contact avec eux. 

Chacun des mamelons ovulaires s'allonge d'abord, en se dirigeant en 



i!iû ]/a\l; l'iioiiuiT l"ostl"Rateur. 

dehoi-s et un peu eu bas. vers la cavité du puits creusé au-dessous de lui. 
Puis bientôt il remonte et dirige sa pointe en dehoi-s et vers le sommet 
de la loge. Cette série de mouvements anatropiques est très rapide, si 
bien qu'elle a déjà été parcourue en grande partie, alors que le mamelon 
dont j'ai piarlé. devenu un long cylindre à sommet conique, dépassant 
même en cet instant le sommet de l'axe, est encore nu et constitue à lui 
seul l'ovule fig. 30). Il eu formera le uucelle. et ce n'est qu'ultérieure- 
ment qu'il doit se recouvrir de deux enveloppes sur le dévelojipement 
desquelles nous aurons longuement à revenir. 

Ces ovules ne s^nt pas les seuls organes que porte l'axe. Plus haut que 
les ovules, et exactement au-dessus de chacun d'eux, il présentera ulté- 
rieurement une saillie, un petit mamelon qui ressemble, au début, au 
uucelle d'un autre ovule superposé. Ces trois mamelons ne sont autre 
chiise que l'origine des petits chapeaux de tissu conducteur qui existent 
dans toutes les plantes de cette famille et auxquels je consacre plus loin 
un article particulier. 

Après que l'axe a porté ces divers organes, son rôle est achevé; il ne 
s'allnnge plus que d'une très petite quantité et se termine par un sommet 
obtus. C'est alors aussi que l'ovaire cesse d'être béant à son sommet; 
c'est le moment où les trois feuilles carpellaires. portées par leur partie 
supérieure vers la columelle, viennent s'appliquer sur le sommet de 
celle-ci. auquel elles se soudent avant de se prolonger par leur point le 
plus élevé pour constituer le style. La trace de cette union des feuilles 
carpellaires avec l'axe ne disparait jamais complètement ; toujours, au 
sommet de la columelle. au-dessus de l'insertion des funicales. on voit 
dans l'ovaire ou le fruit, quel que soit leur âge. une ligne horizontale et 
iiu changement de coloration qui indiquent une différence dans la nature 
et la direction des tissus. Cette séparation qui avait existé pendant un 
certain temps entre la columelle et les feuilles carpellaires, se rétablit 
généralement à l'époque de la déhiscence du fruit. 



DEVELOPPEMEM DU STYLE ET DU STIGMATE. 

Si nous continuons de suivre les développements du pistil du Ricin, 
nous devons nous rappeler : 

1° Que l'axe de la fleur s'arrête au-dessous du sommet de l'ovaire ; 



DÉVELOJ'^EME^!T DU STVLE. j /( l 

'2° Que les feuilles carpellaires seules se rencontrent contre cet axe, et 
au-dessus de sa t(;iminaison se continuent par leur sommet, pour former 
le style. 

Celui-ci apparaît d'abord sous forme d'une courte colonne à peu près 
cylindri(]ue, mais portant trois sillons longitudinaux, trace de l'union 
des trois feuilles carpellaires. Celles-ci sont donc soudées par leurs bords, 
et nous savons que cette colonne unique est en réalité formée de trois 
portions juxtaposées. On voit toujours la trace de ces trois parties difîé- 
rentes au sommet du style, si jeune qu'il soit. Il est alors divisé en trois 
lobes {fuj. 2i), et chacun des lobes lui-même porte en son milieu {ftg. 28) 
une petite échancrure, indice de la future bifurcation de chacune des 
branches du style. Remarquons en outre que, pendant quelque temps, 
ce style n'est qu'une sorte de tube creux, dont la cavité communique libre- 
ment en haut avec l'air extérieur. 

Peu après, les divisions du style se piononcent et s'allongent davan- 
tage. On lui voit alors trois branches superposées aux loges de l'ovaire, 
et dont chacune devient elle-même bifurquée. La face interne de ces 
divisions se recouvre de papilles sligmaliques, lesquelles empiètent aussi 
peu à peu sur les bords; après quoi, cette face stigmatifère, générale- 
ment d'une couleur rouge foncé, devient convexe en dedans par son 
milieu, tandis que ses bords se réfléchissent de plus en plus en dehors; 
ils arrivent à cacher presque complètement la face extérieure, beaucoup 
plus pâle et entièrement lisse, des lanières du style. 

ORGANOGÉNIE COMPARÉE DU GYNÉCÉE. 

J'ai pu suivre le développement de l'organe femelle, dans un assez 
grand nombre d'autres genres d'Euphorbiacées cultivés à Paris, et 
notamment dans les plantes suivantes, pour lesquelles je noterai surtout 
les diflérences qu'elles présentent avec le type précédent. 

yJ . L'organogénie du gynécée n'offre aucune différence importante 
avec ce qui se passe dans le Ricin, dans toutes les plantes suivantes qui 
ont trois loges uniovulées. Sauf quelques différences de forme et de 
proportions, il y a, dans l'ovaire de leurs fleurs, un axe qui porte succes- 
sivement superposés les uns aux autres trois feuilles carpellaires , trois 
ovules et trois chapeaux de tissu conducteur. Ce sont : les Euphorbes 



142 GT>"ÉCÉE Dr CREMOPHTIXOI. 

{fJi ï). les Pedilanthus {pi. UI . V Adenopeîtis (pi. Yll . le Colligmja 
odorifera. le Jatropha acuminala pi. XIY); le Crosophora tincloria [pi. X^'), 
le Cluytia pukhella [pL\Y\). le Codiœum variegatum [pl. XVI), les 
Crown pl. XYin:,les Cnidoscolus {pl. 'K.\X),VJcalypha rubra, et les 
Cnemidostachys glabraia et corniculata 'pl. \UV . 

B. Il n'y a pas d'autre difiérence organogéuique. eutre le Riciu et la 
Mercuriale, que le nombre des feuilles car|iellaires, qui est de deux au 
lieu de trois. Tous les mêmes phéuomèues successifs s'y produisent doue 
avec le type 2 {pl. IX}. 11 eu est de même pour le Loureira peltata 
{pl. Xllli, qui n'a d'ordiuaû'e que deux loges ovariennes. 

C. Au début; le développement du pistil du Cremophyllum pl. IIIj, 
qu'il convient de rapporter au genre Dakchampia. est semblable à celui 
des Ricins •, mais il y a des modifications impcn-tantes dans le mode d'évo- 
lution du style. Ainsi, d'abord il y a. dans les fleurs femelles du C. spa- 
tulatum, un axe surbaissé qui se cbarge de trois mamelons cai'peUaires : 
un postérieur et deitx antérieurs. Puis l'axe se prolonge au delà, et porte, 
au-dessus de chaque feuille carpellaire, un ovule et un obturateur. Alors 
les feuilles carpeUaires, au lieu de demeurer indépendantes dans leur 
partie supérieure, se soudent bord à bord et constituent une espèce de 
sac fy. '2i. et '2'2). Globuleux au niveau des loges, ce sac se rétrécit un 
peu et devient cylindrique au-dessus des ovules et de leurs chapeaux. Eu 
même temps, les bords soudés de ces feuilles carpellatres proéminent en 
dedans et forment trois cloisons, qui vont rejoindre Taxe et séparent 
les loges Tune de l'autre. Mais tandis que. dans les Euphorbes, les Ri- 
cins, etc., ces cloisons cessent d'exister au-dessus de la portion ovarienne 
du pistU, dans le Cremophyllum, les sailhes des bords cai'pellaires qui les 
constituent se prolongent dans toute la hauteur du style. Si Ton observe 
alors celui-ci d'en haut, on voit qu'il représente une sorte de manchon 
cyhudrique, dont l'ouverture supérieure porte six lobes, savoir : i' trois 
lobes amincis supei'posés aux loges ovarienues et constitués par le som- 
met des feuilles caipellaires : '2' trois lobes plus petits, alternes avec les 
précédents, et par conséquent avec les loges ovariennes, et situés un peu 
plus eu dedans. Ces ti'ois deraiei's lobes qui se couvi'ent de papilles stigma- 
tîques, et qu'on appellerait des stigmates dans les ouvrages descriptifs, 
sont donc alternes avec les loges. Il faut ajouter que plus tard l'orifice du 
tube creux qui représente le style, au lieu d'être parfaitement tenninal, 
devient latéral, pai" suite du développement inégal de ses différents côtés. 



STYLE DE l'hEDRAIOSTYLUS. H3 

Il s'incline ainsi en avant; son ouverture se rétrécit, devient quelquefois, 
comme dans le Dalechampia micranlha, un simple pore latéral [pi. IV, 
ficj. o et û), et l'on a alors quelque chose d'assez semblable au style des 
Yiolariées {pi. 111, A.9- ^3 et 2/i). 

D. Le style des Hcdraioslylus et de quelques genres voisins, se 
développe absolument comme celui des Cremophyllurn. Cependant, lors- 
qu'il a atteint son entier accroissement, il diffère notamment en ce que 
les lobes stigmatiques sont, non point alternes, mais superposés aux loges 
ovariennes. De même, dans le grand genre Dalechampia, qui peut être 
considéré comme très naturel, il y aurait des espèces, comme le Mi- 
crantha, où ces lobes seraient alternes, et d'autres, comme c'est le cas le 
plus fréquent, où ils seraient opposés aux loges de l'ovaire. Ce qui semble 
une si grande dissemblance n'est cependant qu'un résultat d'un même 
mode d'évolution, avec de très petites différences de détail. C'est ce que 
nous montrera l'étude d'un jeune pistil cVHedraiostylus [pi. XXI). 

A son premier âge, le style est également tubuleux et ouvert dans sa 
partie supérieure. Mais bientôt cette ouverture se trouve obturée par 
quatre saillies intérieures qui viennent se rencontrer au centre du pistil 
[fîg. 6, Is'). Il est alors facile de voir que ces quatre saillies sont super- 
posées aux cloisons, qu'elles n'en sont que la continuation, et que, par 
conséquent, elles sont allernes avec les loges. Mais ces quatre lobes qu'on 
aurait appelés stigmatiques dans le Cremophyllurn, une fois qu'ils se sont 
rencontrés, commencent à changer de nature; ils s'épaississent par leurs 
bords, deviennent saillants, glanduleux, et forment bientôt quatre bandes 
superposées aux loges et qu'on décrit comme les stigmates (/s-). Il est 
facile de voir que chacun de ces lobes est formé de deux parties séparées 
par un sillon longitudinal médian, et que ces deux parties ne sont autre 
chose que les bords épaissis des lobes primitifs, qui seuls existaient au 
début. Quoiqu'on ne puisse guère suivre ce développement, dans la plu- 
part des Dalechampia à lobes stigmatiques superposés aux loges, dans les 
Accia, les P/t/A;eHe<m, les Anabœna, etc., que nous ne possédons qu'à l'état 
d'échantillons secs, on peut concevoir, d'après l'inspection des fleurs 
parfaites, que les choses doivent s'y passer absolument de même; ce qui 
doit, pour la classification, enlever à ce caractère une grande partie de 
sa valeur. 

Les Euphorbiacées à loges biovulées présentent aussi quelques parti- 
cularités dans le développement de leur pistil. 



14^ LOGES BIOVCLÉES. 

E. Chez les Phyllanthvs et les Xylophylla. api-ès avoir porté le pé- 
rianthe. Taxe aiTondi de la fleur femelle [pi. XXHl s'allouge peu. et se 
chai"ge de trois petits mamelons carpellaires superposés aux sépales 1 . 5 
et 3 fig. 8 et 9. ce. Ils s'élargissent d'abord, sans beaucoup s'allonger. 
et se rejoignent presque de chaque cùte. L'ase aloi"s se développe un peu 
davantage et atteint à peu près la hauteur des feuilles carpellaires. En 
même temps, le réceplacle se creusant un peu à sa hase de trois fossettes, 
comme dans le Ricin, on a un ovaire à trois cavités, en forme de coupe 
évasée, lai-gement ouverte par en haut {fig. 9-1 i) ; son bord supérieur 
est à peu près plan et horizontal. Dans chaque loge alors, on voit l'axe 
se renfler en face de chaque feuille caipellaire fig. 9;. Ce renflement est 
bientôt divisé en deux lobes par une petite dépression longitudinale. Ces 
deux petits mamelons sont les ovules collatéraux i/^. 10-12 . Us suivent 
pai-allèlement l'un à l'autre les mouvements anatropiques que nous avons 
déjà décrils. et Ton voit au-dessus d'eux se produire une autre saillie, 
également bilobée. qui plus tard constituera un chapeau particulier 
pour chaque ovule. Les feuilles cai-pellaires achèvent alors de fermer la 
cavité ovarienne, puis elles se réunissent et se relèvent, pour former uu 
style unique d'abord dressé. Celui-ci se divise ensuite en trois branches 
bifui'quées qui s'allongent et se réfléchissent sur le sommet de l'ovaire. 
Ainsi, dans ces plantes, il n'y a de différence avec le Ricin que dans la 
présence sur l'axe de deux ovules au lieu d'un, eu face de chaque feuille 
cai'peUaire. 

F. Dans la fleur mâle du Calelia pi. XXM) et du ColmeiroaÇpl. XXlll . 
l'axe ovarien, avant de se terminer, envoie une petite expansion latérale 
vers les bords de chaque feuille carpeUaire. 11 en résulte que la fente 
que présente chaque loge à sa partie interne offre , comme dans beau- 
coup d'autres plantes, une plus grande longueur verticale pi. XXVI, 
fig. 12-15 . C'est alor:s vers la base de cette fente que naissent, de chaque 
côté, les deux ovules collatéraux, et au-dessus d'eus, de petits chapeaux 
de tissu conducteur uettemeut séparés Fun de l'autre pai" la fente elle^ 
même fig. 12, oo et f. Il en résulte, comme dans tant d'autres pistils, 
qu'à une certaine époque, les ovules n'occupent pas tout à fait le centre 
de l'ovaire, et que les placentas qui les portent s'avancent peu à peu de 
la périphérie vei-s le centre. De semblables faits pourraient être invo- 
qués en faveur de la théorie carpellaire. et l'on pourrait penser que ce 
sont les bords des feuilles (.«variennes qui portent ici les ovules, si l'on ne 



AVORTEMEXT DES LOGES, 1/|5 

savait que l'axe n'est pas forcément un organe entier et indivis, mais un 
coi'ps polymorphe qui peut prendi'e des formes et des directions très 
diverses, sans être pour cela confondu avec un organe appendiculaire. 
Après la production des ovules et des chapeaux de tissu conducteur, les 
feuilles carpellaires se rapprochent, pour former un style à trois branches 
distinctes dans presque toute leur (Heodue; la portion basilaire commune 
est très courte dans le Caletia, ainsi que dans le Cohneiroa; mais on peut 
voir, dans ce dernier [pi. XXIII, /î^. ^6), qu'alors même qu'elles se sont 
soudées par leurs bords, les feuilles carpellaires laissent encore assez 
longtemps entre elles un espace creux tubuleux. 

G. Les Antidesma ont d'abord un ovaire formé de trois feuilles car- 
pellaires, et chacune d'elles constitue une loge contenant deux ovules 
collatéraux. Après que les loges sont fermées, les sommets des feuilles 
carpellaires forment un style à trois branches, et chacune de ces branches 
se divise ultérieurement en un cei'tain nombre de lanières. Cependant 
les deux loges antérieures cessent bientôt de s'accroître ; la troisième 
prend au contraire un grand développement, ainsi que les ovules qu'elle 
contient ; elle finit par comprimer les deux autres qui s'atrophient gra- 
duellement, si bien que, dans l'âge adulte, il n'en existe plus de trace, et 
que l'on n'a qu'une loge surmontée de trois branches stigmatifères. Il 
se passe donc ici un phénomène analogue à celui que présentent les 
Rlnis. A un certain âge, le pistil d'un Antidesma est celui d'un Col- 
meiroa. Plus tard, deux loges avortent chez V Antidesma., mais la por- 
tion supérieure du pistil se développe, comme si toutes les loges persis- 
taient. 

DU TYl'E DU GYNÉCÉE ET DE SA SYMÉTRIE. 

Le nombre des loges ovariennes n'a pas grande importance dans cet 
ordre; aussi a-t-on supprimé depuis longtemps le nom de tricoques 
qu'on donnait autrefois aux Euphorbiacées. Ce nombre varie d'ailleurs 
considérablement, en passant du Crotonopsis ou de YEremocarpus, qui 
n'ont qu'une seule loge, à VIJippomane, qui en a six ou huit, et à YHura, 
qui en compte de dix à vingt. Ce nombre peut changer dans les circon- 
stances suivantes : 

1° Dans une même fleur, avec l'âge; 

2° Dans les différentes fleurs d'une même inflorescence j 

10 



1^6 NOMBRE VARIABLE DES LOGES. 

3° Sur les différents pieds d'uue même espèce ; 

4° Dans les diverses espèces d'un même genre. 

I. Les fleurs des Aniidesma ayant plusieurs loges ovariennes dans leur 
jeune âge (p. 1/15), deux de leurs trois loges avortent et rendent leur 
pistil uniloculaire. Les StUaginella, qui ont deux loges dans l'ovaire adulte, 
n'en ont souvent plus qu'une dans le fruit. Les fruits des Pseudanthus 
deviennent iiniloculaires. par destruction des cloisons, et il n'y a guère 
dégroupes d'Euphorbiacées où l'on n'observe cette réduction des parties. 
Or. si Ton accordait une grande valeur au nombre des loges dans la clas- 
sification, comme la plupart des plantes conservées dans les herbiers ne 
nous offrent que des ovaires avancés en âge, et qu'on pourrait plutôt 
appeler de jeunes fruits, la détermination des genres deviendrait souvent 
ainsi impossible. 

n. Il n'est pas rare de voir les portions vigoureuses d'une inflorescence 
donner des fleurs à ovaire triloculaire, tandis que les fleurs portées sur 
des rameaux moins favorisés n'ont que deux loges ovariennes; ou bien 
certains ovaires sont quadriloculaires et lesovairesdes fleure voisines n'ont 
que trois loges. Ainsi un Trewia fpl. XYIlï, fig. 22 et 23) aura tantôt 
trois et tantôt quatre loges. Il n'y a presque pas de genre où l'on ne puisse 
trouver de ces différences de nombre sur un même rameau ; toutes les 
Rottléracées sont principalement sujettes à ces variations. 

m. Il n'y a pas deux échantillons d'fli/ra ou d'Hippomane où l'on soit 
assuré de rencontrer un même nombre de loges. VHyœnanche globosa est 
décrit par Thunberg comme ayant le fruit tricoque: par Lambert, 
comme l'ayant quadricoque. et tous deux avaient raison : je ne sais 
pourquoi, sur un même échantillon, on ne trouve d'ordinaire que l'un ou 
l'autre de ces deux nombres. De combien de genres ne faut-il pas sans 
cesse modifier la caractéristique, parce que l'auteur qui les a décrits le 
premier n'observait que des échantillons chargés d'ovaires biloculaires, 
tandis que ceux qui viennent ensuite les trouvent toujours à trois loges? 
J'ai sous les yeux un rameau de Drypetes, qui n'a que des pistils à deux 
loges, et il en est, dans les collections, dont tous les ovaires sont unilocu- 
laires, etc. 

IV. Ad. de Jussieu représente deux Fluggea dont l'un a deux loges, 
l'autre trois; deux Cteca dont l'un a quatre loges, l'autre cinq; il y en 
a. de plus, qui sont triloculaires. Le Tetrorchidium de Pœppig et Endli- 
cher pouvait avoir deux loges; toutes les espèces que j'ai vues en ont trois. 



SITUATION DES LOGES. 1/|7 

Les Anisonema sont décrits comme ayant de six à dix loges ; j'en ren- 
contre plusieurs espèces qui ont seulement trois loges, de même que les 
Kirganelia. Lg Gynoon n'est pas forcément triloculaire; il y en a telle 
espèce qui, comme tous les Glochidion^ présente quatre, six et huit 
loges. 

Il serait inutile de multiplier ces exemples qui prouvent que le nombre 
des loges ne peut servir qu'en dernier ressort à distinguer les genres. On 
comprend facilement par là que le geni'e Gynoon ait été ramené aux 
Glochidion ; que l'on ait proposé de fondre dans ce dernier genre les 
Glochidionopsis, et que l'on soit tenté de réunir le Scepasma aux Episty- 
Imm, et ainsi d'un grand nombre d'autres. 

Les ovaires triloculaires étant de beaucoup les plus nombreux parmi 
les Enphorbiacées, on peut tout d'abord poser comme principe que : 
dans celles qui ont les loges uniovulées, silepérianthe est un calice quin- 
concial, les loges sont superposées aux sépales 1, 2 et 6; et nous verrons 
que les genres à loges biovulées ne dérogent qu'exceptionnellement à cette 
loi. Je ne parle pas ici de l'Euphorbe, puisque ce que je regarde comme 
son calice n'en est pas un pour tout le monde ; mais dans les Jatropha^ 
les Ricinocarpus, les Curcas, etc., sur la fleur desquels il n'y a pas de 
contestation, on voit que les sépales h et 5 sont les seuls auxquels il n'y 
ait pas de loges superposées. Ceci pourra même nous servir à trancher 
une question depuis longtemps fort discutée, celle de savoir si les Euphor- 
biacées peuvent avoir une corolle. En effet, si nous étudions un Manihot, 
un Cnidoscohis, un Ricin à cinq divisions calicinales, nous verrons qu'une 
loge est superposée à trois de ces divisions. Si nous examinons maintenant 
un Jatropha, un Croton, nous trouverons aussi les loges superposées à 
trois des divisions vertes du verticille qu'on avait appelé calicule. Celui- 
ci représente donc exactement, quant à la symétrie des divers verticilles, 
le calice des premiers genres cités, et les appendices rouges ou blancs, ou 
de toute autre couleur, qu'on trouvera plus intérieurement, n'ayant au- 
cune loge ovarienne qui leur soit superposée, ne peuvent pas être com- 
parés aux lames calicinales des Cnidoscohis ou des Manihol ; il faut donc 
bien admettre, pour cette raison, comme pour beaucoup d'autres, qu'ils 
représentent des pétales. Passons maintenant du type quinaire au type 
quaternaire. 

Lorsque, dans un Hemicicca, nous trouvons quatre divisions au calice, 
avec deux loges à l'ovaire, comme les sépales sont en préfloraison alter- 



lis SITCATIOS D£S LOGES. 

Dative. nous pouvons être à peu près certains d'avance que les losres sont 
superposées aux deux sépales qui sont tout à fait estérieui-s. C'est que 
cette loi. pi-esque sans exception dans les genres biovulés, que les Ic^s se 
superposent aux sépales les plus extérieurs, demeure vraie quand on 
passe du type 5 au type â ou à ses sous-multiples. Cela est vrai pour les 
genres à lc^;es monospermes qui sont dans le même cas. Ainsi, dans les 
Alehqrnea à calice 4-pai1it. dans les Cleidion. les deux Ic^res sont au- 
de^us des deux sépales extérieurs. Je ne fais pas rentrer dans cette règle 
les cas très rares où les Mercmiales présentent quatre sépales avec un 
ovaire bilocuiaire. On conçoit bien qu'en semblable circonstance, Tune 
des loges étant toujours antérieure^t l'autre postérieure, au lieu que Tune 
d'elles soit superposée à un sépale, elle est, comme Fautre, alterne avec 
deux sépales résultantd'une foliole calicinale dédoublée [pi. IX. fig. 23). 
On trouve aussi, avec le type quaternaire, isomérie entre le calice et le 
gynécée. Alors deux dispositions peuvent s'obseiTer: dans rilma(p/.XIII. 
fig. ok], ainsi que dans YHedrai&stylus {pi. XXI. /îg. 4), il y a alter- 
nance des loges avec les sépales. Mais s'il s'agit d'une Euphorbiacée à 
loges biovulées, comme les Euciœa (pi. XSIV, fig. 35). il y a constam- 
ment superposition. 

UOmalantAus et le Calliiriche. où il y a semblable isomérie, mais avec 
la réduction au type % nous ofirent exactement la même différence. Le 
genre uniovulé {-pi. "Vin, fig. 29) a les loges alternes avec les sépales; 
dans le genre biovulé, il y a superposition (pj. XXI, fig. 29) . 

Cette superposition des loges aux sépales est donc un caractère général 
des Euphorbiacées dispermes. Je ne vois à signaler comme exception que 
le TT'ielaiïdia; mais il est fort rare qu'il y ait autant de loges à Vovaire 
que de pièces au périanthe. et, dans le cas où il y en a moins, il s'agit de 
savoir au-dessus de quels sépales se trouveront les Ic^es. On peut égale- 
ment ici invoquer une loi très générale et qoi souffirefort peu d'exceptions : 
les loges ovariennes se trouvent en face des sépales qui sont le plus exté- 
rieurement situés. Dans un PhyUanthus., où l'on a souvent six divisions 
calicinales. trois sont extérieures et trois plus intérieures; c'est aux trois 
premières que sont constamment superposées les loge ovaiiennes, et si, 
sur la même plante, ou sur des plantes différentes, on ne trouve que cinq 
divisions, au lieu de six, au calice, ces divisions étant disposées en pré- 
floraison qninconciale, c'est an-dessus dfô sépales 1, 2 et 3 que se trouvent 
les lo^es ovariennes. Ceci n'arrive pas toujours dans les Hyœnanche 



SITUATION DES LOGES. il\d 

(pi. XXIII, fig. o9) et ([■àns'VEpistijliumaxiUare, S\v.; mais un certain 
nombre de leurs fleurs rentrent dans la loi générale. Celle-ci subsiste 
même dans les fleurs très rares, où il y a plus de loges que de sépales. 
Ainsi, le G lochidionopsis sericea peut n'avoir que deux divisions calici- 
nales, avec trois loges; mais alors un sépale occupe la place de deux, et 
deux loges se trouvent au-dessus de lui {pi. XXVIÏ, fig. 16); chacune de 
ces loges redevient superposée à un sépale, quand il en existe treis, ce 
qui est assez fréquent. Ceci explique également comment, dans un Brie- 
delia ou un Fluggea à ovaire biloculaire, une loge se trouve être alterne 
avec deux sépales ; c'est que cette loge remplace deux loges, qu'on re- 
trouve dans les Jmanoa et certains Fluggea^ et qui se trouvent super- 
posées aux deux sépales antérieurs. 

Ces dédoublements d'organes qui s'opèrent au côté antérieur delà fleur 
se rencontrent très fréquemment, et servent à montrer comment on 
passe, pour le calice, par exemple, du type 5 au type k; mais ils ne 
peuvent pas servir à expliquer, dans tous les cas, les changements de 
type que présentent les carpelles. Ainsi, on peut très bien admettre qu'un 
Cicca à calice quaternaire aura un sépale antérieur qui remplace les deux 
sépales antérieurs d'un Cicca à calice quinaire, et ce sépale antérieur se 
rencontre en effet; mais à ce sépale est superposée une loge de l'ovaire, 
quand il y en a quatre, et, (juand il y en a trois, aucune d'elles ne se trouve 
au dessus de lui. Quand il y en a une, on peut bien supposer qu'elle rem- 
place les deux loges antérieures qu'on rencontre dans quelques espèces, 
telles que le C. Antillana; mais l'ovaire d'un Cicca peut devenir trilo- 
culaire comme celui d'un PInjllanthus. On a alors deux loges antérieures 
et une postérieure. L'organogénie des P%//oîj?/i!(s nous montre que, dans 
ce cas, les deux loges qui manquent dans le gynécée se trouveraient su- 
perposées aux sépales latéraux, et, s'il en est de même dans les Cicca à 
pistil trimère, on ne peut pas admettre que c'est parle côté antérieur du 
gynécée que s'est opérée une réduction dans le nombre de ses éléments. 

Dans les genres à loges uniovulées, la superposition des loges à certains 
sépales est aussi la règle, quand ceux-ci sont au nombre decinq ou de six. 
On peut être à peu près assuré d'avance que les trois loges sont en face 
des sépales \, 2 et 3, s'il y en a cinq ; en face des trois extérieurs, s'il y 
en a six, sur deux rangées. Assez souvent même, il y en a plus de six, et 
leur nombre s'élève à sept, huit ou davantage, comme cela arrive dans 
plusieurs genres voisins des Tragia. Dans ce cas, on remarque encore l'ai- 



J5G SITCATION aHAIÎVE 

teraaHce des loges avec les divisions intérieures du calice. Dans les Crolon 
el tous les genres voisins, les trois loges de Tovaire se trouvent ainsi 
superpcssèes aux sépales 1, 3 et 3; il n'y en a pas au-dessus des sépales 
â el 5. IMns les lid&croiau même, cette constance de rapports l'emporte 
sur celle de la position des i^^es, relativement à l'axe et à la bractée. Je 
ne sais si c'est par suite d'une torsion do pédicelle floral que, dans ce 
genre, Fune des loges devient antérieure; mais elle se trouve toujours 
_^perposée à un des sépales, qui est généralement le plus développé de 
tous, et qui se trouve lui-même superposé à la bractée florale. 

11 y a deux groupes d'Eupliorbiacées uniovulées. où Ton rencontre sou- 
jeot le nombre trois et dans le périantbe et dans Tovaire : ce sont ceux 
qu'on diœignait soos le nom d'Hippomanéesetd'Acalypbées. Dans le pre- 
mier, S! toutefois on fait abstraction du genre Bippomane lui-même. 
on observe une très grande constance de rapport entre les sépales et les 
loges : les trois loges sont alternes avec les divisions du calice. Dans le se- 
cond, elles sont à peu près aussi souvent superposées qu'alternes. Ainsi. 
il y aaitemance dans les Jcalypha. dans les Odonleilema; il y a super- 
position dans les Cnesmone, les Redia.. Une remarque générale se présente 
ici : c'est que dans les cas où il y a alteruance des loges avec les sépales, 
ceux-ci sont imbriqués, sinon toujours, au moins pendant une certaine 
période de leur développement. Chezles Redia elles Cnesimm, dont nous 
n'avons que des écbantîlloEs desséchés, la préfl oraison valvaire est au 
contraire très nettemeot prononcée. 

11 y a peu de faits relatifs à la position des logfô ovariennes par rai>- 
port aux pièces de randrocée, parce que celui-ci ne se rencontrant guère 
qu'à l'état radiraentaire dans les flenrs pistillées, les staminodes sont sou- 
vent, à l'état adulte, déviés de leur véritable position. Ainsi, ce n'est qu'à 
i'étal très jeune qu'on peut voir dans un Jatropha les trois loges ovariennes 
superposées exactement à trois desétamines qui apparaissent eu premier 
lieu. Sfeis, lorsqu'on rencontre dans une fleui' mâle adulte un pistil rudi- 
mentaire dont les divisions ont la même situation que celle du pistil 
fécond, il est ^ile de voir, comme dans les Securinega, les Fluggea, 
qu'une des branches de ce gynécée recouvre constamment l'éiamine qui 
est au côté p^^i^érieur de la fleur. Dans le JT^ieïwwlia. on voit que les 
cinq styles sont superposées, dans la fleur femelle, aux pétales; et dans la 
fleur mâle, où ils sont mdîmentaires, leur pjsition est la même, de sorte 
qu'ils alternent avec les étamines {pi. XXII, fig. 7). Ce n'est point ce 



DU GYNÉCÉE ET DE l'aNDROCÉE. 151 

qu'où observe dans la plupart des Eiiphorbiacées dispermcs ; car la posi- 
tion des carpelles y est toujours la même que celle des étamines dans la 
fleur mâle. Ainsi, lorsqu'on suit le développement d'une fleur de Phyl- 
lanthus {pi. XXIII) , et qu'en face des sépales 1, 5! et 3, on voit 
Taxe présenter trois petits mamelons, la position de ces derniers est tel- 
lement la même dans les fleurs des deux sexes, qu'on ne sait pas, au 
début, s'ils représenteront ou trois étamines (fig. 6), ou trois feuifles car- 
pellaires (%. 8). La même coïncidence se retrouve dans le groupe con- 
sidérable des Sapiées. U y a toujours, avec trois sépales, trois étamines 
alternes, ou trois loges alternes; ce qui rend compte, jusqu'à un certain 
point, de la très grande rareté, dans ces groupes, de l'hermaphroditisme 
accidentel. Les étamines se développent peut-être moins facileuient, 
dans une fleur femelle, où leur place ordinaire est occupée par des car- 
pefles. 

TMais, en dehors des Sapiées, on ne rencontre plus forcément, dans les 
Euphorbiacées uniovulées, la place des étamines occupée par les loges. 
Ainsi; dans les Cnesmone, les loges sont superposées aux sépales, et, au 
contraire, les étamines leur sont alternes. 

Dans les Mozinna et les Crozophora, il est remarquable que les trois 
étamines centrales sont superposées aux sépales 1, 5 et 3, et occu- 
pent, par conséquent, la position qu'occuperaient les feuilles carpellaires 
dans la fleur femelle. 

D'autre part, les Callitriche à fleurs diandres ont les étamines alternes 
avec les sépales, tandis que les loges ovariennes leur sont superposées. 
C'est ainsi que peut-être on pourrait, d'après ce que nous avons dit plus 
haut, expliquer la fréquence de l'hermaphroditisme dans ces plantes, 
comme plusieurs auteurs en ont représenté des exemples remarquables. 
La loi d'alternance existe alors d'une manière continue, en passant du 
calice à Tandrocée, et de l'androcée au gynécée. 

La position des loges ovariennes, par rapport à l'axe et à la bractée, 
varie beaucoup plus que celle des carpelles, par rapport aux sépales. Cela 
tient peut-être souvent à une torsion tardive de la fleur sur son support 
Toutefois cette cause, dont on peut soupçonner l'existence, lorsqu'on a 
affaire à des plantes sèches, n'est pas forcément celle qui amène une dé- 
viation des loges dans toutes les plantes qu'il nous est possible de suivre 
dans leur développement. Ainsi, dans les Euphorbes qui ont un ovaire 
triloculaire, une des loges est tournée du côté de l'axe et les deux autres 



15-2 SITUATION DES LOGES PAR RAPPORT A LAXE. 

sont antérieures (pi. I. fig. 34'. Dans le Pedilanthus. au contraire, la 
relation est inverse, et, dès le jeune âge [pi. 111,^^. 8, 11), nous voyons 
deux loges touruées du côté de l'axe, et une seule superposée à la 
bractée. 

11 est difficile de supposer une torsion du pédicelle épais et charnu de 
certains Alchornea ^pl. XX, fig. 10), et nous voyons que, dans ces plantes, 
l'ovaire présente à l'état adulte deux loges latérales. Toutefois l'exemple 
delà Mercuriale doit nous tenir eu garde contre toute détermination de 
rapports qui ne serait point basée sur l'étude organogénic[ue. Dans les 
fleurs femelles adultes et dans les fruits de Mercuriale, on trouve deux 
coques qui sont latérales, tandis que les loges, au moment de leur ap- 
parition, sont [pL IX, fig. "20 , Tune antérieure, et l'autre postérieure. 
Il y a donc ici torsion consécutive, et c'est ce qui fait que, lorsque nous 
aurons à déterminer la position de loges dans des plantes qui ne crois- 
sent pas sous nos yeux, comme les Alchomea, les Mappa, etc., il ne 
s'agira, bien entendu, que de la direction des loges adultes. Dans les 
fleurs de Jatropha et de tous les genres analogues, une loge étant 
superposée au sépale 2, se trouve comme lui du côté de l'axe. 

Mais il y a des fleurs dans lesquelles le calice cesse d'être quinaire, et 
oîi cependant la position des loges ne varie pas par rapport à la bractée 
et à l'axe. Ainsi,, dans les Eleococca, le calice, au lieu de cinq sépales, 
peut ne plus présenter que deux ou trois folioles inégales. Cepen- 
dant, quand l'ovaire de ces fleurs est triloculaire, deux des loges se 
trouvent, comme celles des Jatropha. tournées du côté antérieur. 

J'observe également deux loges autérieures et une postérieure dans 
des fleurs de Ctenomeria, qui ont cependant six ou sept divisions k leur 
calice. La situation des loges, par rapporta l'axe, devient surtout impor- 
tante à déterminer lorsque leur nombre est réduit à un. Sous ce rapport, il 
n'y a pas de règle constante : car nous avons vu un Antidesma p. 145) 
perdre ses deux loges antérieures et ne plus posséder que celle qui est 
superposée à l'axe. C'est probablement ce qui arrive aussi dans les 
Crotonopsis [pi. XII, fig. 25). Dans les lUaearan^a, au contraire, où l'on 
a, dit-on, eu occasion d'observer plus d'une loge, celle qui subsiste est 
antérieure, car sa ligne de déhiscence est indiquée au-dessus de la 
bractée axillante, et sou placenta, qui, avec plusieurs loges, doit devenir 
axile, se trouve tourne du côté du rachis de l'inflorescence. 



SITUATION DU STYLE. 153 



l»U STYLE ET DU STIGMATE. 



Je ne dois point m'étendi-e ici sur les particularités qui seront signa- 
lées dans chaque description générique ; mais je dois insister sur quel- 
ques faits généraux ou sur quelques détails qui sortent de la règle 
commune. 

Tant qu'on a confondu les véritables Buxées avec les Euphorbiacées, 
on a été obligé de distinguer, dans cet ordre, deux modes bien distincts 
d'implantation du style, par rapport au sommet de l'ovaire. Dans les 
Buis, en effet, les styles sont rejetés vers la périphérie; ils laissent au 
milieu d'eux un espace libre et n'aboutissent à ce sommet que par les 
rigoles qui occupent le milieu de leur face supérieure ou interne. Dans 
toute vraie Euphorbiacée, au contraire, le style part du sommet même 
de l'ovaire, et si courte que soit sa portion basilaire, indivise, c'est tou- 
jours de cette colonne implantée au sommet que divergent les divisions 
ultérieures que l'on désigne à tort sous le nom de stigmates. Le stigmate 
est une portion de l'extrémité de la feuille carpellaire qui se recouvre 
d'un tissu papilleux spécial; mais ce stigmate n'est pas forcément un 
organe limité par une forme bien déterminée et une division nettement 
tranchée des parties. 

Dans le pistil de la Mercuriale, par exemple, on voit l'ovaire surmonté 
d'une colonne centrale très courte, laquelle se divise bientôt, en s'entr'- 
ouvrant, en deux moitiés longitudinales arrondies extérieurement, à 
surface plane, puis légèrement concave en dedans. Ce sont les deux 
feuilles carpellaires qui, unies d'abord au-dessus de l'ovaire, se séparent 
ensuite pour se porter chacune de leur côté. Mais peut-on dire que la 
portion indivise est un style, et appeler la portion bifide les stigmates? 
Je ne le pense pas : le véritable stigmate est seulement la face interne 
de l'extrémité de chacune des feuilies carpellaires qui se recouvre, à un 
moment donné, de tissu papilleux. S'il n'y avait qu'un style provenant 
d'une seule feuille carpellaire et se chargeant, à la face interne de celle- 
ci, de papilles stigmatiques, on dirait fort bien que le stigmate est laté- 
ral, et, par conséquent, on ne prendrait pas pour cet organe tout le 
sommet de la colonne stylaire, mais bien seulement celle de ses portions 
latérales qui s'est couverte de papilles. 

Ce qui arrive pour la Mercuriale s'observe souvent dans les pistils tri^ 



154 DITISIONS DU STTLE. 

OU tétramères. Le style peut envoyer une branche au-dessus de chaque 
loge de Tovaire : chaque branche peut se bifurquer elle-même en Y, et 
chaque bras de TYpeut devenir bifide. Certains Phyllanlhus, les Emilica 
en pai'ticulier, peuvent ainsi présenter à leur style, outre un tronc prin- 
cipal,, des divisions de second, troisième et même quatrième ordre. Dans 
le pistil de VArgythamnia [pi. XY, fig. 33), la ramification peut ainsi 
être poussée jusqu'au cinquième degré. Les auteurs qui appellent stig- 
mates les trois branches du style des Securinega, par exemple, pren- 
dront-ils pour stigmate tout ce qui se trouve au-dessus de la première 
bifurcation ou seulement au-dessus de la dernière ?I1 ne saui^ait y avoir ici 
rien que de très arbitraire, si l'on ne se borne à nommer stigmate ce qui est 
couvert de papilles stigmatiques. La structure des parties pourra donc 
seule déterminer la nature de l'organe. Combien de pistils ne sont-ils pas 
recouverts de poils, de franges, de laciniures. qui ne sont pas stigma- 
tiques? Prenons pour exemple certains Jcalypha. Leur ovaire est tout 
couronné de poils rougeàtres qui s'entrecroisent et se mêlent, présen- 
tant tout à fait vers leur sommet Faspect et la coloration des papilles. 
Mais ici l'examen microscopique montrera que ce qui est un poil enté 
sur l'ovaire n'est qu'une cellule sioiple très allongée, tandis que le style 
aura chacune de ses divisions les plus fines composées d'un gi'aud 
nombre de cellules, présentant dès lors un aspect complètement dif- 
férent. 

Les divisions du style poussées ainsi plus ou moins loin sont très fré- 
quentes dans les Euphorbiacées. Généralement, il y a autant de ces 
divisions qu'il y a de loges à l'ovaire : ainsi deux branches dans le 
style de la Mercuriale, trois divisions principales dans celui du Ricin, 
quatre dans le Pluknelia, six ou huit dans le Mancenillier. Le Drypetes a 
un style simple ou double, suivant qu'il a une ou deux loges ovariennes. 
Le Macaranga a généralement une loge et un style unique. Mais il peut 
arriver que le nombre des divisions du style soit moiîidre que celui de^ 
loges. Ainsi , sans parler des pistils bi- ou trUoculaires dont le stvle est 
dit simple et entier, les Ilura, qui ont douze ou quinze loges à l'ovaire, 
peuvent n'avoir en même temps que huit ou dix divisions au stvle. 

Les Gymon ont leur ovaire surmonté d'un gros corps ovoïde qui 
n'est autre chose que l'ensemble des divisions du style, mais il y a de 
légers sillons [pi. XXMI, fig. 13, 15) qui indiquent un organe composé, 
et les branches sont, en effet, séparables dans une certaine étendue. De 



DIVISIONS DU STYLE. 155 

même, dans les Hedraiostylus, l'ovaire est surmonté d'une grosse pyra- 
mide renversée qui représente quatre branches du style; mais cette 
pyramide est sillonnée, de son sommet à sa base, de quatre lignes qui 
rappellent l'existence de quatre lobes distincts, et les quatre stigmates 
qui occupent la base de la pyramide portent des traces de cette même 
séparation. Le même fait se produit dans le style des Accia [pi. XIII, 
fig. 32). 

Dans le Beyeria, le style unique se termine par une sorte de calotte 
convexe eu haut, qui rappelle le filet staraiual dilaté ou le connectif des 
OmpJialea; mais c'est être incomplètement exact que de décrire ce ren- 
flement comme un dôme à bord circulaire. Le fait est qu'il est légère- 
ment triangulaire, si on le regarde de haut; surtout, si l'on prend une 
fleur femelle jeune encore (pi. XVIII, fig. 17), on voit cette forme trian- 
gulaire plus marquée, et même quelquefois trois petites échaucrures iné- 
gales qui, en somme, divisent ce stigmate en trois lobes superposés aux 
loges de l'ovaire. 

Quant aux Dalechatnpia, Cremophyllum, Hedraiostylus, nous avons 
vu, en étudiant le développement de leur pistil, qu'on ne peut pas les 
considérer comme ayant un style unique dans toute son étendue, et qu'il 
y a en réalité chez eux des lobes stigmatifères tantôt superposés, tantôt 
alternes avec les loges ovariennes (voy. p. 142). 

Il est très rare que les divisions principales du style soient plus nom- 
breuses que les loges : ainsi le Crotonopsis est peut-être le seul exemple 
qu'on pourrait citer d'un style à trois branches bifides surmontant un 
ovaire uniloculaire. Mais quand on compare ce genre aux Croton., on 
comprend très bien qu'il eu soit ainsi. Dans un Croton on aura, par 
exemple, un pistil formé de Irois feuilles carpellaires qui se réuniront 
au-dessus de l'ovaire, puis se sépareront, et alors chacune de ces feuilles 
carpellaires se divisera elle-même en deux, trois, cinq languettes simples 
ou doubles. La feuille carpellaire unique qui subsiste dans le Crotonopsis 
{pi. XII, fig, 25, 26) se comporte de même, mais toutes les divisions de 
cette feuille sont latérales par rapport à l'axe de l'ovaire; celui-ci n'est 
pas surmonté de trois sommets de feuilles carpellaires, mais du sommet 
découpé d'une seule. 

Dans les Callitriche, on n'a qu'un style à deux branches, tandis qu'il 
y a quatre loges à l'ovaire adulte. Comme ce prétendu ovaire quadrilo- 
culaire n'est formé que par deux feuilles carpellaires, et comme celles-ci 



156 FORMES DU STTLE. 

ne se diviseut pas dans leur portion supérieure, ou n'a que deux 
branches an style [pi. XXI, ^. 30, 31). Le Sphœrostylis a un style telle- 
ment plus gros que Tovaire, qu'on ne voit pas celui-ci caché dans Tin- 
térieur du calice. Le style est une énorme boule charnue d'une seule 
pièce; mais, à son sommet, on retrouve facilement trois petits lobes 
sligmatiques (pi. XXI, fig. 21). La forme de celui des Hura pi. YI, 
fi^. 29, 30) est non moins insohte; ou le prendrait facilement pour une 
corolle infundibulifonne. Celui du Platygyne /)/. IV, fig. 20) semble 
formé de trois gros coins triangulaires accolés l'un à l'autre. Celui de 
VJngostyles semble une espèc-e d'urne à parois charnues, à bords pro- 
fondément échancrés 'pi. IX, fig. 9), et celui des Acalyplm, au contraire 
{pi. XX, fig. 17), semble un ai'bre ramifié un très graud nombre de 
fois. Si je cite ici ces quelques exemples de formes extraordinaires, 
c'est pour montrer combien peu d'importance elles ont en réalité pour 
la classification. 

Ainsi ou a décrit quelques genres de cet ordre comme se distinguant 
par ce qu'on a appelé des stigmates sessiles. Les Amanoa américains, par 
exemple, ont leur ovaire surmonté de trois gros lobes charnus auxquels 
on a donné cette désignation. D'abord ces lobes ne sont pas des stigmates; 
ce sont, comme dans les Epîslylium, les branches du stylequi sont courtes, 
épaisses, mais qui dans les Lehidiera., xérilables Amanoa de l'ancien con- 
tinent, cessent de devenir tout à fait sessiles, et peuvent même passer à 
l'état de languettes pins étroites, allongées, dressées, ainsi que dans les 
Eriococcus^ si voisins des Episiylium. Chez les Manikot. l'ovaire est coiffe 
de trois gros corps mamelonnés, irreguhèremeut lobés, qu'on a appelés 
stigmates; mais ce sont, en réahté, des branches du style ainsi épaissies 
et contournées, dont la surface intérieure seule est garnie de papilles. 
Celles-ci sont même séparées eu deux groupes, comme cela arrive dans 
un très grand nombre d'Euphorbiacées, par un sillon longitudinal qui 
partage la face interne de chaque branche du style eu deux moitiés égales, 
un peu inclinées l'une vers l'autre et fonuant une rigole dont la profon- 
deur varie. 

Dans les €'/oc/!!'rf!07î, on trouve les branches du style distinctes et étroites, 
et dans le Gynoon. au contraire, on u'a plus qu'un gros style ovoïde : 
mais on rencontre tous les intermédiaires de forme, de taille et d'indé- 
pendance des branches, entre cette grosse masse charnue des Gynoon 
et les Glochidim à branches styliques élancées, en fonue de cornes plus 



SURFACE DE l'oVAIRE. 157 

OU moins réfléchies; si bien qu'en rie faisant qu'une section des Glochidion 
du genre Gynoon, section caractéris(;e par l'épaisseur du style, on ne sait 
trop, dans le tableau des espèces, fixer où celle-ci doit commencer et 
finir. 

Le Lepidolunis a trois divisions à son style, et souvent elles sont dou- 
bles, de sorte qu'on a alors six grandes lanières à peu près égales au- 
dessus de l'ovaire. Mais parfois on n'en observe que cinq; c'est que deux 
d'entre elles sont demeurées comme soudées dans toutes leur longueur, 
et l'on retrouve d'ailleurs un sillon déprimé qui indique la trace de celte 
union. D'ailleurs celui-ci peut n'occuper qu'une portion des branches 
dont les sommets deviennent libres. On aurait donc lieu d'hésiter beau- 
coup à séparer, d'après le seul caractère du nombre des lanières du style, 
les Lepidoturus des Stipellaria, par exemple. Autant que possible, nous 
nous abstiendrons de faire reposer sur un semblable caractère des divi- 
sions de quelque importance, telles que des coupes génériques. 

SUIlFACt; OVARIENNE. 

Dans leur premier âge, les feuilles carpellaires ont une structure cel- 
luleuse parfaitement homogène. Comment, à un certain moment, se 
partagent-elles en un certain nombre de couches de nature bien distincte; 
c'est ce que nous étudierons à propos du péricarpe. Pour le moment, 
nous ne nous occuperons que des modifications superficielles qui s'opè- 
rent dans l'ovaire, parce que l'état de sa surface est considéré comme 
ayant quelque valeur pour la distinction des espèces et même des genres, 
selon quelques auteurs. 

L'ovaire se présente souvent avec une forme sphéroïdale et ovoïde, et 
sa surface est entièrement lisse. Ceci arrive surtout quand il ne doit con- 
tenir qu'une cavité. Mais ailleurs on voit s'y dessiner des sillons verticaux, 
et, entre ceux-ci, sont des côtes saillantes qui indiquent au dehors le 
nombre des loges. C'est ainsi que beaucoup d'ovaires deviennent trigones 
ou quadrigones, et que, dans ceux des Anisonema, des Glochidion, des 
Hura, on retrouve la forme de certaines courges à côtes nombreuses. 
Dans ces cas, le sommet de l'ovaire est généralement déprimé ; tandis 
que, lorsque les loges en sont peu nombreuses, souvent il s'effile et s'at- 
ténue à son sommet, de manière que celui-ci se confonde graduel- 



158 SAILLIES OVARIENNES. 

lement avec la base du style. Les Agyneia présentent, sous ce rapport, 
une déformation caractéristique de l'ovaire. Celui-ci [pi. XXIV, fig. 12) 
est terminé par une sorte de cupule au fond de laquelle se trouve, en 
réalité, le sommet organique de l'ovaire. De ce point naît le style qui se 
trouve ainsi enfoui dans cette fossette. Sans avoir pu suivre pas à pas le 
développement de l'organe, j'ai vu cependant que cette disposition n'y 
existe pas primitivement. Au début , le sommet de l'ovaire est parfaite- 
ment convexe, comme celui du Phyllanihus, et. par conséquent, les 
styles, au lieu d'être logés dans une dépression, occupent le sommet d'un 
mamelon saillant. 

Les parois ovariennes à surface lisse peuvent être considérées comme 
le résultat d'un arrêt de développement, relativement à celles qui sont 
inégales, rugueuses, hérissées, échinées, etc. En eiîet, toutes les variétés 
du Ricin mériteraient, à une -certaine époque, le nom d'inermis; car 
leurs ovaires sont pendant longtemps parfaitement lisses. Ce n'est qu'à 
un moment donné, qu'on voit apparaître les saillies que porteront les 
coques du Ricmus communis [pi. X) . Cette apparition se fait avec régu- 
larité. Ainsi, d'abord se montrent deux séries verticales de petits mame- 
lons obtus, puis deux autres séries, et ainsi de suite. Ce ne sont pas 
seulement des saillies del'épiderme, mais c'est le tissu sous-jacent, celui 
du mésocarpe, qui de\'ient ainsi inégal. Le nombre de ces élévations es^ 
en raison indirecte de leur développement. Ainsi le Ricin en aura beau- 
coup ;' elles ne seront que peu considérables. Dans le Cnemidostachys 
corniculata, au contraire, il n'y en aura que deux séries pour chaque loge 
et pour chaque série une couple. Le fruit offi'ira alors, à chacune de ses 
extrémités, six cornes qui n'auront pas d'autre origine que les mamelons 
muriqués du Ricin [pi. Mil, fig. 6, 7). 

Il est rare que le mésocarpe ne prenne pas ainsi part à la formation de 
ces saillies. Quand la surface d'un ovaire est pubescente. ou tomenteuse, 
ou hispide, on aurait tort de croire qu'il ne s'agit ici que de productions 
épidermiques. de poils dont la forme varie. Ainsi, lorsqu'à une certaine 
époque l'ovaire d'une Mercuriale se couvre de poils simples, épidermi- 
ques, peu après les couches plus profondes se soulèvent autour de la 
base de ceux-ci et leur forment une gaîne [pi. IX. fg. 29). Si le poil est 
étoile, pelté, au lieu d'être simple, comme cela arrive dans les Crozo- 
phora, sa base est aussi accompagnée d'un soulèvement des tissus sous- 
jacents. On voit bien, dans les Chœtocarpus. que les longues soies roides 



OVAIRES AILÉS. 159 

qui forment à l'ovaire une enveloppe continue sont portées par des sail- 
lies des couches plus profondes, mises à nu quand ces soies tombent. Les 
poils ou papilles qui recouvrent les ovaires sont d'ailleurs très variables 
dans leur forme : tantôt filiformes ou coniques, tantôt étoiles ou en bou- 
cliers, ou ramifiés et plusieurs fois divisés, comme dans certaines Rott- 
léracées, ou enfin terminés par des saillies sphériquesou ovoïdes indiquant 
souvent l'existence d'une sécrétion particulière. (Voy. l'art. Poils.) 

On a surtout, dans les descriptions, attaché de l'importance aux dé- 
formations qui tiennent de toute ou de presque toute l'épaisseur des parois 
ovariennes. Ainsi, au premier abord, rien n'est plus caractéristique, dans 
Y H edraiostylus [pi. XXI, ^^r. o,c), que la grande corne qui se développe 
sur la suture dorsale de chaque loge ovarienne. Cependant on peut voir 
que ce prolongement delamômesuture existe, quoique à un faible degré, 
àansles Pluknetia; leurs loges sont, comme ou dit, simplement carénées, 
et leur ovaire présente ainsi quatre angles saillants formés par toute l'é- 
paisseur des parois ovariennes : c'est cet angle qui s'allonge davantage 
dans V H edraiostylus. 

Dans VAstrococcîis. chaque loge possède un prolongement dont l'ori- 
gine est la même, mais son évolution est différente. Au premier âge, il 
est aplati, un peu concave, muriqué, ramifié, et ressemble assez à une 
corne d'élan. Plus tard, il change de nature et de direction ; son tissu, 
d'abord d'une certaine mollesse, se durcit ; ses divisions disparaissent en 
partie ; il incline son sommet en bas et devient une sorte de corne oblique 
et persistante à la partie inférieure de chaque coque (pi. Wl,fig.'-2h,c). 

Enfin, de véritables ailes peuvent se former à la surface de l'ovaire. 
Telles seraient celles du Peripterygium. Certains Amanoa [pi. XXVI, 
fig. 50 ) offrent déjà un rudiment de ces organes. Mais le genre le plus 
remarquable, sous ce rapport, me paraît être l'/ii/menocarf/m {pi. XXVII, 
fig. 24, 25). Non-seulement du dos des loges ovariennes, mais encore du 
style, partent à droite et à gauche des épanchements de tissu qui font du 
fruit une véritable samare analogue à celle des Ormes. 

Quelques ovaires présentent à leur surface des saillies qui, quoique 
moins bien développées que les précédentes, dépendent de toute l'épais- 
seur de leur paroi, et méritent d'être signalées, parce qu'elles exposent 
l'observateur à des erreurs graves. Ainsi, l'ovaire des Poranthera ne ren- 
ferme que trois loges ; cependant il présente six côtes saillantes, parce 
que, dans l'intervalle des deux ovules collatéraux que renferme une même 



160 PISTIL RCDIMEVrAIBE. 

l<^e. la paixii ioîernede celle-ci exerce une sorte de dépression qui fonne 
ccjinme uu rudimeut de fiiiisse cloison (pi. XXA^, fig. 7,7).Deux sail- 
lies longitudinales répendent alors à chaque loge. Dans les Calliiriche 
{pi. XXI), les choses vont plus loin encore. Dansle très jeune âge, il n'y 
a que deux loges, mais la paroi extérieure de chacune d'elles forme ul- 
lérieurement une saillie intérieure qui s'ayauce entre les deux ovules col- 
latéraux: cette saillie est traduite à l'extérieur par un sillon très profond, 
et. à rintérieur, elle est si prononcée, quelle sépare chaque loge priaii- 
liveeii deux loges secondaires, contenant chacune uu seul ovule. L'examen 
de Tovaire adulte fait nécessaii-emeut cmire à Texistence de quatre loges 
dans ces plantes. 

PISTIL RUDIME.NTAIRE. 

Il existe souvent, au centre des fleurs mâles, uu pistil rudimeutaire, 
et, dans un certain nombre de c-as. la forme que présente ce corps cen- 
tral est le seul caractère qui permette de le considérer comme tel ; car 
il est de règle qu'il ne renfeniie pas de vestige de cavité ovarienne ou 
d^ovule, du moins quand il est parvenu à l'état adulte. 

Et d'abord, TexisteDce même de ce pistil rudimeutaire est importante 
à constater, puisque c'est sur elle que Â. de Jussieu a fondé sa seule di- 
TÎsiou des Euphorbiacées à loges biovulées, en deux groupes. LesBuxées 
ont im corps central entre les étamiues; les Phyllanthées n'eu ont pas. 
Nous n'accorderons pas la même valeur à ce caractère, et nous ne pour- 
rons l'employer que pour établir des groupes plus seoDudaires, parce qu'il 
ne nous paraît pas devoir entraîner dans l'organisation des fleurs des 
différences aussi capitales, parce qu'il est quelquefois difficile à recon- 
naître, parce qu'enfin, il y a des genres qui semblent d'ailleurs bien na- 
turels, où les diverses espècesdiffèreut sous ce rapport, où diffèrent même 
l'une de l'autre les fleurs d'uo même rameau. 

Ainsi, quoique son existence doive suffire, selon Â. de Jussieu, pour 
oonslituer une Buxée, nous le voyons ne pas placer dans sa première 
section les Briedelia, chez lesquels il avait parfaitement reconnu l'exis- 
tence d'un pistil rudimentaire [Monogr.. p. 26 ; il n'y place pas non plus 
les Mkraiithea, quoiqu'il y ait dans leur fleur mâle une saillie centrale 
trilobée (p, flA ). D eu éloigne de mèn:e les Andrachne, chez le^uels il 



SON EXISTENCE n'eST PAS CONSTANTE. IGl 

décrit un pistil abortir(p. 26). ainsi que les Cknjtia (p. 26). C'est que, 
sans doute, il leur reconnaît avec les Phyllanthées des affinités plus impor- 
tantes que l'existence de ce corps central. 

Depuis l'illustre botaniste, l'application de sa classification a conduit 
aussi à quelques erreurs. Ainsi M. Lindley range parmi les Buxées les 
Hijcenanche, les Pulranjiva., qui n'ont pas de pistil rudimentaire, et dans 
les Phyllanthées les fyclostemon, qui peuvent en avoir, ainsi que les An- 
cirachve, \esStylodisciis. les Poranthera. Endlicher fait une Phyllanthée 
du Leptopvs de M. Decaisne, dont la fleur mâle est pourvue de ce corps 
central. 

Je ne pense pas qu'on puisse, après un examen attentif, séparer géné- 
riquement les Sphragùlia des Cyclostemon. Cependant les premiers ont 
un pistil rudimentaire bien marqué dans la fleur mâle, et M. Thwaithes, 
en établissant ce genre, a dû le placer parmi les Buxées. M. Blume, au 
contraire, a mis son genre Cyclostemon auprès des Phyllanthées et avec 
raison, puisque leurs fleurs n'ont pas le plus souvent de pistil rudimen- 
taire. Toutefois on voit celui-ci poindre et se développer plus ou moins 
dans les fleurs mâles de son C. macrophyllum {pi. XXIII, fig. 22, a). 
Quelle pourra être alors la ligne de démarcation entre les genres Sphra- 
gidia et Cyclostemon ? 

De Blême, quelques Andrachne européens pourront bien être rappro- 
chés des Phyllanthus, par cette considération que la colonne qui supporte 
les anthères n'offre au-dessus d'elles qu'une petite saillie obtuse; mais il 
n'en pourra plus être de même des espèces indiennes, qui nous montreront 
un pislil rudimentaire à trois branches bien distinctes : ici, comme par- 
tout ailleurs, il y a entre les différentes formes et les divers degrés de 
développement d'un organe une série non interrompue de transitions. 

Les Hemicyclia peuvent avoir ou n'avoir pas ce rudiment de pistil. De 
même les Elateriospermwn {pi. XIX, fig. 28). Les Cnidoscolus en ont le 
plus souvent ; chez les Jairopha véritables, on ne le rencontre qu'excep- 
tionnellement. Dans le genre MonoIaxis, qui est extrêmement naturel, 
je ne l'ai rencontré que dans une espèce. 

L'aspect de cet organe varie beaucoup. Dans les Mischodon, il repro- 
duit tout à fait en petit, d'après le dessin qu'en donne M. Thwaithes, le 
pistil de la fleur femelle. Le plus souvent, c'est une colonne grêle, entière 
d'abord, puis offrant autant débranches qu'il yen a au style du gynécée 
fécond : ainsi dans les Savia, où il est trifide; dans les Fluggea, où il 

11 



162 STYLES RUDIMEyrAIRES. 

porte tantôt deux branches, tantôt trois. Dans les Cluytia, ce n'est plus 
qu'une saillie trilobée, ou seulement une sorte de cornet creux fpl. XM, 
fig. 2, o, p), ou une boule ovoïde. Je ne sais trop, à cause de sa forme 
spéciale, si l'on peut considérer comme tel le gros corps charnu qu'enca- 
drent les étamines du Drypeles {pi. XXIV", fig. o5, a), ou les colonnes 
étroites, cylindriques, ou à peine renflées, qui surmontent l'androcée des 
Siphonia {pi. XIV, fig. liO), des Chloradenia {pi. XIX, fig. Q), des Sym- 
phyllia {pi. XI, fig. G), etc. 

Dans le Poranihera, je crois qu'on peut considérer comme représen- 
tant un pistil rudimentaire les trois palettes foliiformes, celluleuses, gor- 
gées de matière colorante, qui occupent le centre de la fleur mâle (p/. XXV. 
fig. i et 5j. 

Dans les Anabœna , le pistil rudimentaire serait , d'après le dessin 
d'Ad. de Jussieu (j>L XYj, une sorte de tige surmontée d'une petite boule 
hérissée. Je n'ai jamais pu rencontrer ce corps central; son existence 
n'est donc point constante. Rappelons ici que c'est un organe situé en 
dehors même de l'androcée que Desyaux considère comme le pistil rudi- 
mentaire du Pluknetia p. 127 ;. 

Ce qu'il y a de remarquable, c'est la constance de position des divisions 
de ce style rudimentaire : dans les Savi'a, on les trouve superposées aux 
sépales 1 , 2 et 3 ; dans lesF/u^jfeabiloculaireset les Briedelia, elles occu- 
pent la place des loges. La connaissance de leur nombre sert à fixer 
l'observateur qui ne possède que des fleurs mâles, lorsqu'il s'agit de 
décider entre un Briedelia et un Amanoa de l'ancien continent ; les fleurs 
mâles sont si semblables, quele nombre des loges peut seulètre de quelque 
utilité pour distinguer ces genres. Dans les Wielandia, on remarque que 
le pistil rudimentaire est à cinq branches, comme le pistil fécond, et que 
la position de ces branches répond à ceUe des loges ovariennes [pi. XXII. 
fig. 7 et 8). 

J'ai eu l'occasion d'examiner le développement de ces organes dans 
deux plantes, le Cnidoscolus napœifolius et le Phyllanthus leucopyrusKôu., 
qui est un Fhiggea. L'axe de la fleur se prolonge un peu au-dessus des 
étamines et se charge de trois petites feuilles carpellaires (pi. XIX, 
fig.ôi,o)({m sont d'abord concaves. Leurs sommets demeurent distincts, 
et même dans le Fluggea [pi. XX\1, fig. 43), on peut voir que chacune 
des branches tend à se dédoubler à son sommet. 



OVULE. 163 



DÉVELOPPEMENT DE L'OVULE. 

L'ovule commence par être un petit mamelon celhileux qui naît, dans 
le Ricin, sur l'axe de l'ovaire, exactement au-dessus de la feuille carpel- 
laire. Bientôt ce mamelon s'allonge en cône; il descend d'abord un peu, 
tandis que son sommet se porte en dehors, puis il s'infléchit en haut, et 
pointe alors vers la portion supérieure de la loge. Le développement de 
cette sorte de colonne est si prompt, que son sommet, dans le Ricin 
{pi. X, (ig. 30), dans les Euphorbes {pi. l.fig. 24) et dans les Mercuriales 
{pi. IX, fig. 26), a bientôt dépassé celui de la portion axile. Cet organe 
est déjà considérablement allongé, quand on voit un léger gonflement 
annulaire se produire au pourtour de sa base {pi. I, fîg. 2/i, se). Ce bour- 
relet n'est autre chose que la secondine qui aussitôt s'élève autour du 
nucelle, qu'elle enveloppera bientôt presque entièrement. Plus tard, en 
dehors de celle-ci, la primine apparaît sous forme d'un autre bourrelet 
{pi. X, fig. ol, p); mais, dans la plupart des genres, il est facile d'ob- 
server que ce bourrelet n'est pas complètement circulaire : il est légère- 
ment échancré entre le nucelle et l'angle interne de la loge, si bien que 
la primine encore jeune a l'air plutôt d'une petite cuiller (;}/. XVI, fig. 31 , 
l/i, 15) que d'une enveloppe complète. La primine s'élève d'ailleurs 
autour du nucelle, comme la secondine ; mais tandis que , pendant toute 
une période, elle n'atteint pas le sommet de la secondine, dès qu'elle en 
est arrivée à ce niveau, elle la dépasse rapidement de beaucoup. Il faut 
alors détruire l'exostome pour voir l'endostome, situé plus bas et entou- 
rant le mamelon nucellaire, qui commence déjà à s'étirer, d'une sorte 
de collerette finement festonnée ou presque entière, suivant les époques. 
Mais, à partir de ce moment, l'accroissement de la secondine en hauteur 
est terminé, tandis que la primine va s'épaissir en un collier plus ou 
moins auriculé, premier indice de la caroncule, et que plus tard encore 
le nucelle, s' allongeant souvent outre mesure, arrivera à dépasser la pri- 
mine elle-même. 

Pendant ce temps, le mouvement anatropique de l'ovule s'est efîectué; 
il est pourvu d'un raphé placé contre l'angle interne de la loge; son 
micropyle est tourné en haut et en dehors, et regarde l'obturateur, qui 
marche en même temps à sa rencontre. 



164 



AXATROPIE ET AMPHITROPIE. 



Quand Tovule est à son premier âge. comme dans le Ricin, étant or- 
thotrope. ou à peu près, il n"a pas alors deraphé. et le point qu'occupera 
la chalaze n'est pas difTérent du hile lui-même. Puis, quand le mouve- 
ment anatropique s'accomplit, à mesure que la chalaze s'éloigne de l'om- 
bilic, un raphé se produit, qui va pendant un certain temps toujours en 
s'alloDgeant. Ou cette évolution s'arrête de bonne heure, et Tovule est 
amphitrope : c'est ce qui arrive pour la plupart des Euphorbiacées bio- 
vulées; ou bien, comme dans le Ricin, le mouvement ne s'arrête que 
quand le micropyle est venu rejoindre le hile, et l'ovule est anatrope. 
Ce n'est pas toutefois ce qui a lieu pour toutes les Euphorbiacées mono- 
spermes, mais c'est pour elles le cas le plus fréquent, et il y a d'ailleurs 
des intermédiaires entre l'anatropie complète et l'amphitropie ; celle-ci 
n'est donc, en quelque sorte, qu'un arrêt de développement de la pre- 
mière. Généralement le raphé est bien visible dans les ovules anatropes; 
il est beaucoup moins saillant dans les amphitropes: dans ces derniers 
aussi la chalaze est plus étendue eu largeur. Quelquefois la région qui 
lui correspond devient très saillante dans Tovule : c'est ce qu'on observera 
dans Y Angostyles [pi. IX, fig. 10. 11 ;, où cette base de l'ovule présente 
un éperon saillant, analogue à celui de quelques Trémandrées, quoique 
bien moins développé. 

Pendant la période dont nous nous occupons ici, le nucelle et les en- 
veloppes de l'ovule sont celluleux : nous verrons plus tard comment se 
transforme peu à peu le tissu du raphé et celui des membranes ovulaires, 
et comment un sac embnonnaire étroit et allongé se développe dans 
presque toute la hauteur de l'ovule, contenant bientôt uu embryon qui 
occupe d'abord le sommet de ce sac, et qui s'allouge peu à peu vers sa 
base. 

Au moment de la fécondation, il y a. dans chaque loge ovarienne, ou 
un ovule, ou deux ovules collatéraux. Ils sont attachés près du sommet 
de l'angle interne et pendus; nous avons déjà dit que leur raphé est inté- 
rieur, et que leur micropyle est tourné en haut et en dehors. A aucune 
époque, je n'ai trouve un plus grand nombre d'ovules dans les loges des 
ovaires dont j'ai pu suivre le développement. Lorsque, des deux ovules 
qui se trouvent dans une loge, l'un doit avorter, sou arrêt de développe- 
ment ne commence guère avant l'époque de l'anthèse. 

Le nucelle des Euphorbiacées présente souvent des phénomènes sin- 



PROLONGEMENT NUCELLAIRE. 165 

guliers d'accrGissement temporaire exagéré, et son sommet prend un 
développement excessif, pendant une période passagère qui répond à 
la fécondation. 

Dans la plupart des genres, le nucelle est terminé par un sommet aigu, 
qui s'engage un peu dans le conduit du raicropyle, mais ne dépasse pas 
l'exostome. Tel est celui des Euphorbes (p/. II). 11 n'en est pas de môme 
chez les Phyllanthus et les Xtjlophylla. 

En suivant le développement de cet organe, on voit d'abord un nucelle 
conique, assez allongé, que les membranes ovulaires viennent complète- 
ment recouvrir {pi. XXIII, fig. IS). Alors, son sommet commence à 
s'allonger en un prolongement elfllé, qui sort d'une certaine longueur 
hors de l'exostome {fig. ili ei \5). Plus tard même, ce prolongement 
peut se renfler un peu dans sa partie supérieure et prendre la forme d'une 
petite massue {pl.Wl\,flg. 28). C'est alors le moment de son plus grand 
développement. C'est aussi l'époque de l'anthèse. A partir de cet instant, 
la période de décroissance commence. Quelques jours après, le renfle- 
ment terminal a disparu; il ne reste qu'une pointe conique, semblable à 
celle qui existait quelques jours avant l'épanouissement de lafleur {fîg. 27 
et 29). Si l'on cherche le but de ce prolongement, on voit qu'il sert 
à mettre en contact le nucelle avec le chapeau de tissu cellulaire dont 
l'ovule est surmonté. Ici, en effet, le sommet de cette saillie nucellaire 
s'applique exactement dans la concavité de l'obturateur. 

Chez les Codiœum, le prolongement nucellaire est bien plus considé- 
rable encore. Le nucelle lui même s'effile et s'allonge énormément par 
son sommet, de manière que les membranes ne peuvent plus atteindre 
sa partie supérieure, et se laissent toujours dépasser par lui [pi. XVI, 
.fig. ol-35). Ce grand prolongement conique, s'il allait se portant toujours 
verticalement, finirait par toucher au sommet de la loge, mais on le voit 
bientôt s'incliner, dans sa portion supérieure, vers l'angle interne de la 
loge ovarienne, et alors il affecte les rapports suivants avec l'obturateur. 
Celui-ci offre une masse conique, qu'un sillon médian longitudinal par- 
tage en deux lobes latéraux. C'est dans la longueur de ce sillon que s'ap- 
phque le prolongement nucellaire. Puis, en se courbant dans la direction 
indiquée, il semble abaisser le chapon de tissu conducteur contre l'ovule 
lui-même {fig. 33 et 34). 

Dans les Crotonopsis, les Croton {pi. XVIII, fig. 5 et 6), on observe à 
peu près la même chose, mais le prolongement nucellaire, quoique ayant 



i66 PROLOSGEMEM NUCELLAIRE. 

la même forme,, présente des dimensions bien moins considérables que 
dans le Codiœum. 

Dans les Manihot (pi. XIX), le uucelle émet d'abord hors de l'exos- 
tome une languette qui se porte en haut : puis elle s'infléchit (Jig. 16 
et l~), tout eu s'élargissant un peu eu forme de spatule [fig. 14, n), et, 
par cette extrémité légèrement aplatie, elle vient se souder si sohdement 
avec la face supérieure de l'obturateur ob, que, dans le principe, j'avais 
eu le tort de prendre cette languette pour une émanation de l'obturateur 
lui-même, s'enfonçant danslemicropyle. Ayant eu occasion d'examiner 
des ovaires encore jeunes du M. Grahami, j'ai pu voir qu'à une certaine 
époque, il n'y a pas encore adhérence de cette languette avec l'obtu- 
rateur. 

Le Crozophora (pi. XV) a aussi un nucelle qui se prolonge en s' apla- 
tissant hors du micropyle. Mais il s'élargit tellement, en même temps, à 
droite et à gauche, que, lorsqu'il a atteint tout son développement, il a la 
forme d'une raquette ou d'un petit battoir planté par son manche dans 
le micropyle [fig. 17. n . Son contour est quadrilatéral, régulier, presque 
rectangulaire. Une de ses faces resarde ranale interne de la loge, l'autre 
est tournée en dehors: il y a deux bords latéraux et un supérieur. — En 
présence de la face qui regarde en dedans, se trouve l'obturateur bilobé, 
comme celui du Codiœum. A un certain moment, on voit la palette s'in- 
chner sur son pédicule ou manche, de telle façon que son plan, qui était 
vertical, est devenu horizontal, et que la face qui regardait en dedans 
est tournée maintenant en bas. Mais, dans ce mouvement ( fig. 18 ), cette 
face s'est abaissée sur l'obturateur, et recouvrant l'intervalle de ses deux 
lobes et une portion de leur face supérieure (ob), elle les abaisse peu à 
peu et les applique sur l'ovule. Il semble alors qu'on voie couché sur le 
sommet de celui-ci un corps central avec deux auricules latérales : les 
auricules ne sont autre chose que les portions des lobes de l'obturateur 
qui débordent des deux côtés le petit battoir. Chez les Ditaxis. j'ai trouvé 
une soudure du sommet du nucelle aYecTobturateur qui présente une 
disposition analogue {pi. XV, fig. 29), autant du moins qu'on peut en 
juger sur des échantillons secs. 

On peut donc, d'après les faits qui précèdent, poser ceci comme con- 
clusion générale : que lorsque, dans les ovaires des Euphorbiacées, l'ob- 
turateur ne pénètre pas par l'exostome, au moment de la fécondation, 
jusqu'au sommet du nucelle, le phénomène inverse a heu, et le nucelle 



OBTURATEUR. 167 

se prolonge pour aller se mettre, pendant un certain temps, en contact 
direct avec l'obturateur. 



OBTURATEUR. 

Depuis longtemps, M. de Mirbel a montré que l'ovule des Euphorbes 
était, à l'époque delà fécondation, surmonté d'un corps particulier, nais- 
sant comme lui du placenta, et venant coiffer son sommet. C'est, comme 
l'on sait, dans ces plantes, une sorte de petit chapeau en forme de clo- 
che, qui vient s'appliquer par sa base sur le micropyle ; dont les bords 
saillants coiffent le sommet de l'ovule, et qui, du centre de sa base, en- 
voie un prolongement dans l'exostome. Après la fécondation, ce corps 
s'atrophie graduellement, mais nous verrons qu'il ne disparaît pas toujours 
complètement. 

Comme cet organe n'affecte pas toujours la forme d'un petit chapeau, 
il est impossible de lui conserver la dénomination de chapeau de tissu 
conducteur, d'ailleurs trop longue, pour être reproduite à chaque instant 
dans les descriptions. Nous l'appellerons obturateur, et nous n'acceptons 
pas, pour le désigner, le mot cV hétérovule, qui a été proposé, parce que 
ce dernier laisse supposer que ce corps n'est autre chose qu'un ovule 
avorté et déformé, ce qui n'est rien moins que prouvé. 

Le nombre des genres où on l'observe ne fera qu'augmenter chaque 
jour. Il se rencontre non-seulementdans beaucoup de Dicotylédones, mais 
encore dans certaines Monocotylédones. Il faut bien se garder de le con- 
fondre avec la caroncule, comme le font certains auteurs classiques. Ainsi , 
il n'est pas exact de dire que « sur les parois de la loge se montre, au- 
» dessusde l'ovule, un petit renflement charnu qui, à unecertaine époque, 
» coiffe en quelque sorte son sommet, et s'engage même par une petite 
» pointe dans le canal du micropyle, lié sans doute à l'axe (?) de la fé- 
» condation. C'est l'origine de certaines caroncules qu'on observe plus 
» tard sur certaines graines. » Il n'y a qu'un moyen de connaître la 
véritable nature de cet organe, c'est de suivre toutes les phases de son 
développement, et nous verrons alors : 

1° Que c'est un organe transitoire qui se développe beaucoup plus tôt 
que la caroncule, et qui commence k s'atrophier alors que celle-ci com- 
mence à se développer ; . 



168 VOLUTION DE L OBTURATEUR. 

2° Que cependant il peut en persister un rudiment à la surface de 
l'arillode. 

Suivons, par exemple, l'évolution de cet obturateur dans l'ovaire du 
Ricin. 

On sait que l'axe du Ricin, après avoir porté les ovules, se prolonge 
encore un peu, et qu'au-dessus de chaque ovule il produit bientôt une 
petite saillie celluleuse blanchâtre qui semble d'abord devoir constituer 
dans chaque loge un nouvel ovule superposé au premier. Mais cette 
production forme, non pas un ovule, mais une sorte de coiffe ou de 
couvercle pour l'ovule sous-jacent. Le petit mamelon primitif, s'avan- 
çant vers la périphérie de la loge [pL X, fig. 27, ob] et s'aplatissant en 
même temps de haut eu bas, forme bientôt un véritable auvent au- 
dessus du sommet du nucelle {fig. 26). A mesure que ce sommet dispa- 
raît sous les membranes ovulaires qui l'enveloppent, le petit auvent 
s'applique par sa face inférieure sur le micropyle, dont il entoure le 
sommet par ses bords un peu rabattus 'fig. 32) et finement frangés 
{fig. 34). Déplus, la face inférieure envoie dans l'orifice micropylaire 
un petit prolongement conique {fig. 38, b) qui établit une communication 
directe, par contact, entre le petit chapeau et le sommet du nucelle. 
A l'époque de l'anthèse, ce contact est intime, et l'obturateur, de blan- 
châtre qu'il était d'abord, a pris une couleur rouge foncée. C'est alors 
qu'au-dessous de lui la primine s'épaissit, comme nous le verrons, pour 
former la caroncule. Le petit auvent, cessant de s'accroître, et même 
diminuant de taille, se trouve débordé des deux côtés par les lobes laté- 
raux de la caroncule. Ceux-ci s'élèvent bientôt plus haut que lui et l'en- 
cadrent dans une rigole profonde qui se forme bilatéralement {fig. 39). 
A l'époque de la maturité de la graine, il est facile d'observer les dispo- 
sitions suivantes : 

L'arillode du Ricin est formé par la primine épaissie, laquelle est 
charnue et d'un blanc mat. De plus, ce qui reste de l'obturateur occupe, 
par sa moitié périphérique, le sillon situé entre les deux lobes latéraux 
de la caroncule, tandis que sa moitié basilaire (fig. 39, o') est couchée 
sur la face supérieure du funicule [fig. 39, o), dont elle se distingue 
nettement par son insertion plus élevée sur l'axe et par sa coloration 
rougeàtre. 

Ce que nous venons de voir dans le Ricin existe dans toutes les 
plantes de l'ordre des Euphorbiacées. Chez toutes, l'axe, après avoir 



FOKMES DE l'obturateur. 169 

porté l'ovule, s'épanche au-dessus de lui e)i ce prolongement celluleux 
qui n'est pas la caroncule, et qui, au contraire, disparaît à mesure que 
celle-ci se développe. L'existence passagère de cet organe coïncide avec 
l'accomplissement des phénomènes de la fécondation. Lorsqu'on a ap- 
pelé ce corps héiérovule, on a sans doute eu en vue d'exprimer qu'à un 
certain moment il est tout à fait semblable à un mamelon nucellaire; 
mais, plus tard, il n'a plus de ressemblance avec l'ovule. Les cellules 
qui le constituent s'allongent considérablement, de manière à devenir 
de grands tubes terminés en cul-de-sac à leur extrémité libre et remplis 
de granulations colorées [pi. XXVI, /îg. 16). C'est cette disposition qui 
donne aux bords, et souvent ta la face supérieure de l'organe, une appa- 
rence frangée (p/. X, fîg. 37, et pi. XXVI, fîg. 15). 

Si la situation de l'obturateur et son mode de développement sont 
toujours les mêmes, il n'en est pas ainsi de sa forme, qui est extrême- 
ment variable d'un genre à l'autre, tout en demeurant identique dans 
les différentes espèces d'un même genre. Cette forme pourrait donc être 
utile pour la détermination des genres, s'il était possible de songer un 
seul instant à s'en rapporter, pour la classification, à des caractères 
aussi difficiles à observer et dont l'existence est de si courte durée. 

La forme de l'obturateur des Euphorbes est connue. C'est celle d'une 
cloche qui, suspendue au placenta, regarde d'abord en dehors par son 
ouverture; puis elle s'incline de plus en plus sur son pédicule, et l'ou- 
verture est alors dirigée tout à fait en bas. Son pourtour est légèrement 
découpé, et la saillie centrale qui doit pénétrer dans le micropyle repré- 
sente tout à fait l'extrémité du battant sortant un peu de la cloche elle- 
même. Ce battant prend un allongement considérable dans le Sclero- 
crolon [pi. VIII, fig. 19, p). 

Dans les Sapium [pi. VI, fig. 8 et 9), la forme esta peu près la même, 
sinon que le développement exagéré des bords de la cloche, de chaque 
côté de l'ovule, forme à l'obturateur deux grandes auricules latérales qui 
lui donnent quelque ressemblance avec un bonnet phrygien. Dans les 
Anda [pi. XII, jîg. 30) et les Garcia [pi. XIV, jîg. 36'), il y a de ces 
prolongements moins considérables, il est vrai, qui sont tous découpés 
sur les bords en languettes étroites et aiguës. Il en estcà peu près de même 
A?iX\?,\Q?> Colliguaja [pi. VII, fig. 13). Chez le 6'œ/e6og'j/ne, les auricules 
latérales sont bien prononcées [pi. VIII, fig. 3G), ainsi que chez les 
Crozophora, et surtout les Codiœum et le Spirostachys. Chez ce dernier, 



170 FORMES DE l'oBTURATEUR. 

ces sortes d'ailes de l'obturateur descendent plus bas que l'oTule loi- 
même. Elles sont séparées sur la ligne médiane par une scissure très 
longue qui s'étend en haut presque jusqu'au point d'insertion de l'obtu- 
rateur. Celui-ci ne semble plus alors formé que par deux lobes latéraux 
à peine réunis au sommet ipl. MU. fy. 21. ob). Ce peut être au con- 
traire, mais le cas est plus rare, la portion médiane de l'obturateur qui 
se développe plus que les latérales, de manière à former une saillie 
unique, obtuse en avant [pi. XV, fig. 29). Ce lobe unique devient étroit 
et allongé dans les Angostijhs, de façon quil se couche comme un cimier 
sur le sommet de l'ovule [pi. IX, %. 10 et 11, ob). Dans cette plante. 
comme dans beaucoup d'autres, le nucelle se prolonge pour venir se 
mettre au contact de l'obturateur. 

D'après ce que nous avons vu, c'est ailleurs l'obturateur lui-même qui 
envoie une sorte de prolongement dans le canal du micropyle. Ce prolon- 
gement est étroit, aigu ou épais, obtus, tantôt cylindrique, tantôt aplati. 
Le plus remarquable de tous est, sans contredit, celui de YAnthostema. 
D'abord c'est une sorte de cylindre qui s'enfonce dans le micropyle 
jusqu'au contact du nucelle. Mais, arrivé là, il s'aplatit et s'étale, par 
son sommet, entre le nucelle lui-même et les enveloppes ovulaires 
{pi. V, fig. 6 et 7, 6), de sorte que ce sommet est devenu alors son 
point le plus élai'gi, et qu'il se trouve retenu et comme rivé dans le canal, 
dont on ne peut plus l'extraire sans déchirore de quelque portion des 
membranes ovulaires. 

L'obturateur des Briedelia offre cette particularité, qu'à une portion 
principale, ou corps, à peu près conique, se joint sur le côté un grand 
prolongement en forme de queue, qui descend verticalement le long de 
l'ovule [pi. XXV, fig. 33, p] : et comme cette plante a, dans une loge, 
deux ovules, pour chacun deajuels il y a un obturateur, ces deux espèces 
de queues, rapprochées sur la hgne médiane de la loge, semblent ne for- 
mer qu'une seule lame aiguë qui sépare les deux ovules l'un de l'autre 
{fig. 31). C'est le cas le plus fréquent, lorsque les loges ovariennes sont 
biovulées, que chaque ovule ait son obturateur isolé. Ainsi il arrive 
dans les Caletia (pi. XXM, fig. 12 et 13). mais seulement dans le jeune 
âge, dans les Phyllanthus. etc. Mais dans les Securinega, les Drypetes et 
plusieurs autres genres voisins. quAd. de Jussieu avait placés dans sa 
tribu des Buxées, on verra qu'il n'y a qu'un obturateur pour les deux 
ovules. Il est très gros, conique et charnu daus le Secvirinega(pl. XXM. 



p 



FORMES DE l'oBTURATEUR. 171 

fig. 36, oh), ainsi que dans le Moacurra et dans YHemicyclia, où non- 
seulement il recouvre les ovules, mais encore les déborde latéralement 
et en arrière, et envoie entre eux une sorte de cloison obtuse {pi. XXVII, 
fig. 7 et 8, ob). 

Ad. de Jussieu croyait que ces masses de nature indéterminée étaient 
peut-être le résultat de la soudure des deux arilles, et qu'elles s'interpo- 
saient aux parois de la loge et aux ovules {Monogr., p. 15). Il n'en est 
rien. Sur des boutons peu développés, on voit bien que cette masse n'est 
pas encore arrivée au contact avec le sommet des ovules ; et, d'autre 
part, les graines des plantes dont il est ici question sont dépourvues de 
caroncules proprement dites. Il faudrait pouvoir en suivre tous les déve- 
loppements pour savoir si, dans tous ces genres, les deux obturateurs 
sont confondus dans l'origine ou naissent séparés comme dans le Caletia. 
Lorsque le corps unique est arrivé à son entier développement, on trouve 
à sa partie inférieure trois saillies ; deux latérales, coniques, obtuses, qui 
pénètrent danslesorifices micropylaires {pL XXVII et ja^. XXVI, ^5^. 38, si), 
et une médiane, linéaire, qui forme une sorte de petite cloison entre les 
sommets des deux ovules (sm). 

Chez les Pseudantkus la masse de l'obturateur est unique ; mais 
comme, au bout d'un certain temps, les ovules inégalement développés 
ne se trouvent plus tout à fait à la même hauteur, les deux moitiés du 
chapeau deviennent insymétriques [pi. XXV, fig. 21), et il se déforme 
de manière à ne pas quitter les deux micropyles. Enfin, chez les Hyme- 
nocardia, l'un des ovules, ayant sa chalaze un peu relevée, de manière à 
devenir un peu plus oblique que l'autre, les deux obturateurs, qui sont 
bien distincts (pL XXVII, ^^.25, ob), ne sont pas non plus également 
rapprochés de la direction verticale. 

Quoi qu'il arrive, jamais l'axe floral ne se prolonge au delà de l'obtu- 
rateur. 



FRUIT. 



P ERIC ART E. 

Le péricarpe des Euphorbiacées se compose de deux couches : une 
superficielle, que j'appellerai »nesocar/je, pour me conformer aux dénomi- 
nations des livres classiques, et une plus profonde, que je nommerai 
endocarpe. En dedans du péricarpe et en dehors se trouve ime couche 
d'épideniie. Extérieurement, elle prend souvent le nom à^épicarpe; mais 
je ne lui accorderai pas de désignation pailiculière, pas plus qu'à Fépi- 
derme de Tautre face de la feuille carpeUaire 11 est inutile de dire que 
c'est cet épiderme qui porte les poils dont sont chargés certains fruits et 
qu'il lai^e voir les sillons de déhiscence. répondant au milieu des loges 
ou aux cloisons. Quant à Fendocarpe, il n'est pas une dépendance de 
l'épiderme intériem". C'est le parenchyme même de la feuille qui le con- 
stitue par sa portion profonde ; comme, par sa portion superficielle, il 
forme le mésocarpe. Cette division en deux parties d'un même paren- 
chyme ne tient qu'à un mode diflerent de transformation des cellules, 
d'abord toutes semblables, qui le constituent; et dans le PhyUanthus 
leucopyrus, Wall., qui fructifie auMoséam, comme il n'y a pas de diffé- 
rence, sous ce rapport, entre les cellules profondes et les cellules super- 
ficielles, le fruit, vraiment digue du nom de baie, ne renferme qu'une 
couche charnue interposée entre deux épidermes. Ailleurs il y a deux 
couches, l'une dure, fibreuse, l'autre charnue, ou sèche, membraneuse ; 
nous allons les examiner toutes deux isolément. 

MESOCARPE. 

Le mésocarpe constitue une grande portion du fruit des Euphorbia- 
cées. puisque nous avons vu l'épicarpe réduit à une simple pellicule. Sa 
limite profonde est généralement bien dessinée parla différence des tissus, 
car l'endocarpe est presque toujours beaucoup plus dur et formé de fibres 
dont la direction estspéciale. Parmi les fruits que j'ai eu l'occasion d'exa^- 



MÉSOCARPES SECS ET CHARNUS. 173 

miner à l'état frais, le Fluggea leucopyrus est celui où cette ditrérence 
est le moins sensible ; l'enclocarpe lui-même ne devenant pas très dur, 
et demeurant même charnu dans une portion de son épaisseur : ici donc 
le fruit tend véritablement à devenir bacciforme. 

La consistance du mésocarpe a peu de valeur ici pour la classification, 
et il n'est guère possible d'admetti'e une séparation entre deux genres 
fondés sur ce caractère; car, dans des espèces d'ailleurs très voisines, le 
fruit est charnu, ou sec, ou encore, comme on voit dans les descriptions, 
demi-charnu, ou subéreux. C'est ainsi que A. de Jussieu a réuni dans un 
même genre son Fhiggea leucopyrus et son F. œerocarpa. Les Briedelia 
ont généralement leur fruit biloculaire charnu ; mais le fruit triloculaire 
des Anomospermvni, Dalz., est ordinairement sec. Le fruit des Jmanoa 
américains peut être sec; mais quand on humecte celui de quelques es- 
pèces de nos herbiers, on voit son mésocarpe se gonfler, s'épaissir et pré- 
senter une consistance demi-charnue. Les fruits de VEmblica sont char- 
nus an moment de leur maturité; mais ceux de beaucoup de P/îy/an</ms 
ont un mésocarpe demi-charnu un peu avant cette époque, et ce n'est 
qu'en vieillissant qu'il s'amincit et se dessèche. Nos Euphorbes indigènes 
ont des capsules sèches; maisl'Épurge n'a pas précisément des fruits secs. 
Leur mésocarpe, peu épais d'abord, se gonfle au bout de quelque temps, 
dans tous les points où il n'est pas retenu à l'endocarpe par des adhé- 
rences un peu intimes; il devient alors, au niveau de chaque coqae{pl. IT, 
fîg. \), d'une très grande épaisseur et entièrement constitué par un tissu 
spongieux, mou, rempli de vacuoles très nombreuses. On passe facilement 
de cet état à celui que les descripteurs appellent subéreux. Le mésocarpe 
des Hyœnanche, par exemple, est subéreux. Je ne sais comment il est à 
l'état frais; mais, quand on le mouille, il devient très épais et comme 
charnu. Dans les Uapaca, le mésocarpe est souvent tout à fait charnu ; 
mais, dans une espèce de la collection de Boivin, il n'est plus que subé- 
reux ; ces caractères varient donc considérablement d'une espèce à l'autre, 
et souvent d'ailleurs il nous est impossible, sur des fruits desséchés, de 
constater la véritable nature du mésocarpe. Ainsi, je ne sais trop ce qu'elle 
est chez les CoUignaja et les Adenopeltis, où, en dehors des coques, se 
trouve sur les fruits qui nous parviennent un tissu ligneux, mais peu con- 
sistant, plein de petites cavités, et d'apparence spongieuse. Dans les Su- 
regacla, ce même tissu se rapproche davantage de la consistance charnue, 
et souvent il est coloré en rouge. Certains Uapaca doivent avoir des méso- 



174 CHUTE DU MÉ50CARPE. 

carpes véritablement charnus, puisqu'on rapporte qu'ils se mangent : 
tels aussi les Emblics et les Cherameliers. Les fruits dHippomane sont 
charnus, dit-on, comme une pomme, et l'air appétissant de leur méso- 
carpe succulent et laiteux serait. assure-t-OD, la cause la plus puissante 
des nombreux accidents qu'ils occasionnent. Il faut d'ailleurs queles fruits 
d'Euphorbiacées aient un mésocarpe franchemeut charnu pour qu'ils 
deviennent indéhiscents, sauf toutefois ceux qui sont uniloculaires et 
ne contiennent qu'une graine. 

Le plus souvent, au moment de la maturité, le mésocarpe, quel qu'il 
soit, se détache de l'endocarpe. Chez l'Epurge. en quelques jours, le pre- 
mier se dessèche, s'amincit ; il se divise en plusieurs panneaux, et laisse 
par intervalles les coques à nu. Ceci est très manifeste dans les fruits de 
Xylophylla. et peut être produit artificiellement quelques jours avant l'en- 
tière maturité. 11 suffit d'enlever au fruit une certaine quantité d'humidité, 
pour voir les lignes de déhiscence écarter leurs bords l'un de l'autre. Mais 
bien souvent ce n'est pas dans toute l'épaisseur qu'a lieu cette déhis- 
cence incomplète. Le mésocarpe seul se divise en six valves qui, en se 
desséchant, se rétrécissent et s'écaitent l'uue de l'autre. En slissaut sur 
l'endocarpe, avec lequel eUes n'ont que de faibles adhérences celluleuses, 
eUes laissent, dans leurs intervalles, voir la couleur blanchâtre des cou- 
ches plus profondes du péricarpe. 

Les inégahtés de surface des fruits, dont il a été question, à propos de 
l'ovaire, tiennent, le plus souvent, au mésocarpe lui-même, et dispa- 
raissent avec lui. Dans un très grand nombre de fruits qui nous par- 
viennent des pays lointains, l'endocarpe seul persiste, les couches super- 
ficieUesont disparu. Quand l'endocarpe est réellement à surface rugueuse 
et inégale, comme cela se voit dans les Ilippomane, il y a adhérence in- 
time du Scircocau'pe avec lui. Dans le Vapaca Tkouarsii^ non-seulejiient 
les coques sont ainsi adhérentes avec le mésocarpe . mais le tissu charnu 
pénètre dans leur intervalle jusqu'au centre même du fruit, et les loges 
sont comme des noyaux complètement enfouis dans la substance pulpeuse 
environnante. 

Au miheu du tissu du mésocarpe, quand, sans être précisément charnu, 
il possède une certaine épaisseur et une demi-mollesse, on voit ramper 
des faisceaux vasculaires. plus sohdes que le reste du tissu, qui s'anasto- 
mosent de manière à former un reseau parfois très comphqué (p/.XIX, 
fig. i5.v).eX qui persistent à la smface des coques quand le mésocarpe, 



ENDOCARPE. 175 

qu'ils représenteront seuls désormais, aura été détruit par une sorte de 
macération. Nous verrons plus loin ces vaisseaux pénétrer dansl'intérieur 
môme du fruit. 

ENDOCARPE. 

L'endocarpe est d'ordinaire très nettement dessiné à l'intérieur du 
fruit. La portion à laquelle il répond était d'abord celluleuse ; mais les 
cellules sont remplacées bientôt par des fibres courtes qui s'arrêtent subite- 
ment en dedans et en dehors, et qui sont toutes dirigées de la face profonde 
à la face superficielle des coques. Cette dernière expression ne convient 
pas à toutes lesEuphorbiacées, si on l'emploie seulement, à la rigueur, 
pour désigner des loges à paroi sèche et déhiscente. Si, dans le plus grand 
nombre des cas, les loges sont, en effet, séparables en deux valves nette- 
ment tranchées, dans les Hippomane on ne voit plus que la trace du 
sillon de déhiscence, mais il n'y a pas séparation des valves, et, dans le 
Uapaca, la paroi osseuse de la loge est une sorte de noyau éburné, extrê- 
mement dur, qui ne présente pas de trace d'ouverture. Le noyau est tout 
aussi résistant dans le fruit d'un Putrcmjiva; mais cette dureté pierreuse 
s'y accorde davantage avec l'existence d'une seule loge raonosperme, et 
je ne vois pas pourquoi on n'appellerait pas ce fruit un akène, comme 
on peut nommer celui du Uapaca un nuculaine, à cause de ses trois 
noyaux perdus au milieu d'une masse charnue, et celui du Phyllanthvs 
leucopyrus, Wall. , une baie, parce que toute l'épaisseur du péricarpe y est 
devenue charnue. 11 résulte de ceci que l'on ne peut donner comme 
caractérisant toujours lesEuphorbiacées un fruit capsulaire à coques, ou, 
comme on l'a dit aussi, une élaiérie. La nature ne fait point de classifi- 
cation des fruits et ne les divise pas en secs et en charnus, en indéhiscents 
et déhiscents; de sorte que, lorsque les auteurs veulent décrire fidèle- 
ment le fruit de certaines Euphorbiacées, ils en donnent cette diagnose 
qui peut nous surprendre : « baie déhiscente en trois loges, » ou celle-ci : 
« fruit charnu, fruit demi-charnu, à trois coques loculicides. » 

L'endocarpe est produit par une grande épaisseur delà lame intérieure 
des feuilles carpellaires. C'est donc à celles-ci qu'il faut attribuer cer- 
tains prolongements apiculés qu'on retrouve au sommet de plusieurs 
fruits d'Euphorbiacées dépourvus de leur mésocarpe. Les pointes que 
portent les coques à leur sommet, dans les IHuknetia, certains Cnemido- 



176 TROU NOURRICIER. 

stacliys, etc.. ne dépeiident donc point de l'axe, lequel, comme nous le 
saurons, n'arrive jamais au niveau du sommet des coques elles-mêmes. 
Les bords de ces coques sont parfois aussi saillants et carénés, au niveau 
des lignes dedéhisceuce {Piiik7ielia, etc). Nous avons parlé des inégalités 
de surface que porte l'endocarpe des Hippomane. Souvent ces inégalités 
sont réduites à de petites fovéoles dont toute la paroi est parsemée. Cette 
disposition s'observant dans un assez grand nombre d'Euphorbiacées à 
loges dispermes, on ne saurait la considérer comme caractéristique chez 
les Anùdesma. 

Tout ce qui précède est surtout relatif à la surface extérieure des co- 
ques ; mais, quand celles-ci sont séparées l'une de l'autre, on a encore à 
y étudier les deux plans qui convergent vers l'axe du fruit, pour former 
la paroi latérale de chaque cavité. L'angle d'inclinaison de ces plans est 
variable, selon le nombre de loges que contient un fruit ; or, ce nombre 
étant le plus souvent trois, les plans dont il s'agit viennent alors s'unir 
suivant un angle dièdre de 120 degrés. 

Sur l'arête de l'angle dièdre, et vers sa partie supérieure, on trouve un 
trou. Il est de taille variable, rarement tout à fait circulaire, plus souvent 
triangulaire ou rhomboïdal. Nous pouvons l'appeler trou nourricier, car 
c'est lui qui donne passage au fuiiicule qui lie la graine à l'axe du fruit. 
C'est au bord de ce trou que les parois des coques offrent leur plus grande 
minceur; elles ysont ordinairement très délicates. Reportons-nous à l'ori- 
gine de cet orifice. 

Ce n'est pas un trou qui se forme au moment de la déhiscence du 
fruit; c'est un espace qui n'a jamais été comblé par la feuille carpel- 
laire, alors qu'elle s'incline vers Taxe pour constituer la cavité de chaque 
loge. Elle entoure alors, par ses bords et par son sommet, le funicule 
qui suspend l'ovule et qui s'insère à l'axe m.ême. C'est ainsi que l'ovule 
se trouve complètement enclos dans la cavité ovarienne, et c'est cepen- 
dant par cet orifice qu'il communique encore avec son point d'insertion, 
par lequel lui arrivent les vaisseaux nourriciers. Quand, à l'époque de la 
déhiscence, le funicule se rompt, on ne trouve plus que l'orifice qui l'en- 
cadrait. Plus tard encore, les parois intérieures de chaque coque présen- 
teront d'autres solutions de continuité que nous allons maintenant 
examiner. 

Lorsqu'on sépare une coque de l'axe commun, et que, cependant, 
elle est encore complètement close, on voit, de chaque cùlé du trou 



VAISSEAUX NOURRICIERS. 177 

nourricier, se dessiner sur les cloisons latérales de la loge une légère 
courbe qui sépare de la paroi convexe [pi. XXII, fîg. Zh, r) ces mêmes 
cloisons [pi). Quand la déhiscence commence, il faut que ces fentes 
s'élargissent {fig. 35), d'autant plus que les parois convexes se redres- 
sent davantage. 11 en résulte deux grandes ouvertures (r) qui augmen- 
tent d'autant l'espace par lequel peuvent s'échapper les graines. Si l'on 
examine d'autres plantes cà coques déhiscentes, on trouvera aussi de ces 
fentes sur les cloisons, et les Malvacées à fruit capsulaire nous en pré- 
sentent de semblables. La connaissance de leur direction est très utile, 
parce qu'elle peut tenir lieu de celle du mode d'insertion des graines. 
Quand les ovules sont pendus, comme dans les Euphorbiacées, ces lignes 
de déhiscence forment une courbe à concavité inférieure; quand les 
graines sont dressées, la concavité est dirigée en sens contraire, et le 
sommet de la courbe occupe la partie inférieure de la coque : cette notion 
rend donc des services dans la pratique, lorsqu'on n'a que des fruits où 
les graines détachées flottent librement dans l'intérieur des loges. 

Les parois latérales des coques résultant du dédoublement d'une 
cloison sont généralement parcourues à leur surface par de petites 
stries diversement disposées. Celles-ci sont formées par des faisceaux 
fibro-vasculaires qui traversent l'épaisseur des cloisons et font commu- 
niquer avec l'extérieur des coques le système axile de la columelle. Il 
s'établit, en effet, un lien entre l'axe de l'ovaire et les feuilles carpel- 
laires, et de nombreux vaisseaux nourriciers anastomosés les unissent 
entre eux. Ces vaisseaux se répandent d'abord abondamment sur la 
surface extérieure de l'endocarpe qu'ils tapissent d'un réseau compliqué, 
et où on les voit très bien quand, par la macération, on a fait tomber 
le mésocarpe (pi. XV, fig. 10, v). Puis on les voit s'enfoncer entre deux 
loges dans l'épaisseur d'une cloison, et, dans ce trajet, ils ont deux 
manières de se comporter : ou ils constituent une couche uniforme qui 
double ainsi partout le mésocarpe, ou ils se réunissent en faisceaux, et 
alors il existe un véritable canal dans l'épaisseur de la cloison pour le 
passage de chaque faisceau. Tantôt il n'y a qu'un de ces canaux répon- 
dant à un gros faisceau vasculaire principal, ou du moins l'un seul 
d'entre eux est remarquable par sa taille, comme dans les Hyœnanche 
ou les Siphonia [pi. XV, fig. 10). Ailleurs il y en a plusieurs, trois ou 
quatre, par exemple, qui se superposent dans le sillon interloculaire, et 
l'on voit, de chacun d'eux, sortir un faisceau qui s'épanouit sur la sur- 

i2 



178 OOLUMELLi;. 

face des coques. Tel est le cas du Mcunlua [pi. XJX, fy. 15). En géné- 
ral, le faiscieau unique, ou le plus volumineux quand il y eu a plusieurs. 
se trooïe directement en rapport avec le sommet de Taxe ovarien, et 
c'est du poortoor du trou nourricier qu'on le voit s'épanouir sur les 
doisous. 

ËtodioDS mâiutenant Tase même du £rait, auquel on a donné le nom 
de coluoidle. A son premier âge, nous savons que cet axe est celluleux 
et qu'il porte d'abord les feuilles carpellaires, puis les ovules, puis enfin 
les obturateurs ^ après quoi il cesse constamment de se développer. Son 
sommet devient alors généralement plus large que sa base, et présente 
une sorte de petite plate-forme sur laquelle Tiennent s'appliquer les 
feuiUes carpellaires avant de se couder pciur former le style. Aina, aucun 
prolongement de la oolumelle ue passe dans celui-ci pour contribuer à 
sa formation. Si cela était, on verrait bientôt les deux tissus de l'axe et 
des feuilles carpellaires se sonder est se confondre intimement, tandis 
que, à toute époque, à Jeune ou si âgé que soit le pistil, il y a toujours 
nue ligne transversale de démarcation très nette entre les deux orgaues. 
On voit bien cette ligne dans tous les genres, mais notamment dans le 
finit du Sarûûcimiuiu {pi. XI, figi. 18), dans le pistil du Ccdelia pi. W\I. 
fig. 10), dans ceux du Ricin et de VHevea {pi. XT, fy. 10), du Passœa 
{pi. X\Tn, /%, ok% et dans beaucoup d" autres ; le plus souvent il y a 
dififéreuoe totale de coloration, de consistance, de dii'ection des tissus. 
Dians le fruit de VEippomane, où un dépôt pierreux envahit non-seule- 
ment la columelle, mais encore la partie profonde des faillies carpellaires, 
il est facile de voir que Taxe s'arrête tout court {pi. \l, fig. 19, ax) après 
avoir porté les graines, et qu'il est nettement séparé du tissu à direction 
perpeodieulâiï-e des feuilles carpellaires, par un espace laissé libre pour 
le passage des fnnicules. Cet intervalle n'a jamais dû être obturé et il n'a 
pu évidemment être produit après coup par les cordons uourriciei's de 
la graine, dont le tissu est d'une extrême délicatesse. 

La columelle, formée d'une substance généralement résistante, persiste 
après la chute des feuilles carpellaires. Sa fonne seule peut alors, dans 
la plupart des cas, indiquer le^nombre des Ic^es de l'ovaire. Dans un 
Ibdn, par exemç^e, elle est prismatique, triangulaire; daus une Mercu- 
riale, elle est à quatre faces; deux d'enlre celles-ci, inclinées à angle 
obtus Tune sur l'autre :j>i. IX, fy. 28, co) répondent à chacune des loges. 
Chaque face peut, de plus, ofli-ir une ou deux petites saillies répondant 



k 



FAUSSES CLOISONS. 179 

aux points d'insertion des ovules et, entre ces saillies, d'après lesquelles 
on pourrait compter le nombre des graines de chaque loge, il peut y 
avoir d'autres saillies anguleuses répondant à l'insertion des cloisons. C'est 
ainsi que plusieurs columelles d'Euphorbiacées disperraes portent neuf 
petites crêtes saillantes à leur partie supérieure, trois pour les cloisons et 
six pour les ovules. Le plus souvent, cette columelle est d'une seule pièce 
et partout elle présente la même consistance. Il y a cependant des excep- 
tions. Ainsi, dans la Mercuriale, on voit déjà au sommet de la columelle 
deux petits lobes séparés par un très léger sillon (pi IX, fig. 28). C'est 
que les faisceaux qui parcourent l'axe, en se rendant à chaque graine, 
s'isolent en durcissant peu à peu. Dans le StilUngia sebifera, la même 
distinction apparaît dans les trois groupes de faisceaux, si bien qu'à 
l'époque de la maturité du fruit, la columelle peut se séparer en trois 
branches divergentes, chargées chacune d'une graine {pl.Yl\,fig. 29, ax). 
Dans ce cas, le funicule est devenu lui-même ligneux et la graine se 
sépare difficilement de l'axe, ou encore c'est l'obturateur qui devient 
très dur et persiste au sommet de la columelle {pi. VÏI, fig. 29, etp/. XV, 
fig. 35, ob). Dans les Vapaca, il n'y a pas de columelle proprement dite ; 
l'espace intermédiaire aux trois loges du fruit est formé d'un tissu mou 
et charnu, dans lequel passent les faisceaux fibro-vasculaires destinés à 
chacune des graines. 



FAUSSES CLOISONS. 

Il y a des plantes où, comme dans le Lin , l'endocarpe produit de fausses 
cloisons qui, nées de la périphérie de l'ovaire, s'avancent dans l'intérieur 
des loges. Je ne rencontre un phénomène analogue que chez les Calli- 
triche. L'ovaire a d'abord deux loges uniovulées, mais la paroi externe 
se déprime sur sa ligne médiane et commence peu à peu à s'engager entre 
les deux ovules {pi. XXI, fig. 29); chaque loge se trouve ainsi dédoublée. 
Les Poranthera {pi. XXV, Hg. 7) ne présentent, pour ainsi dire, que le 
premier degré de cette disposition et chacune de leurs loges porte intérieu- 
rement une petite crête verticale médiane, à peine saillante. Dans une 
autre circonstance où il y a ainsi une sorte de fausse cloison entre les 
deux ovules d'une même loge et qui appartient à un Anisomma {Ipl. XXIII, 
fig. 20), c'est de l'angle interne, et comme de l'attache funiculaire, que 



iSO DÉTELOPFZMEXT DE LA GEADCE. 

semble uaître ce prolongement {fig. 18. fc^ qui n'atteint même pas la paroi 
extérieure. >'ous verrous, à propos des poils, qu'il peut y avoir encore 
d'autres productions intérieures du péricai'pe. 

DEVELOPPE.MEXT DE LA GRAL\E. 

Pour arriver à la connaissance exacte de la graine, suivons d'abord 
son développement dans une Euphorbe, et. par exemple, dans l'Épui^e 
{pi. II. fig. 1-9 . 

La fécondation est opérée: l'ovule devient une graine et sa maturation 
va commencer. Quel est son état à ce moment ? L'ovule seul dans sa 
loge, pendu presque au sommet de l'angle interne, est anatrope, à raphé 
intérieur, à micropyle tourné en dehors et en haut. Il se compose d'un 
nucelle. de deux enveloppes, dont nous connaissons la forme et dont nous 
allons examiner la nature, et le micropyle est coifie par l'obturateur 
[fig. o. ob]. qui va cesser dès à présent de s'accroître. 

La primine. qui occupe toute la superficie de la jeune graine, mem- 
brane molle, distendue de plus en plus par les pai'ties contenues, s'accroît 
jusqu'à ce qu'elle rencontre les parois de la loge. Aussi on peut dire 
que, dans tous les cas où il n'y a qu'une graine dans cette loge. <?elle-ci 
sert pour ainsi dire de moule à l'ovule développé qui la remplit de toutes 
pai*ts. De là provient la forme de cet ovule. Sa surface dorsale est con- 
vexe, arrondie : sa face interne ou ventrale est formée de deux plans qui 
convergent suivant un angle dièdre d'environ 120°. et se coupent selon 
une arête verticale occupée par le raphé. Ces deux plans s'appliquent 
exactement sur les parois latérales de la loge, que constituent les 
cloisons. 

Si, au heu d'étudier ime Euphorbe, nous examinions un PhyUanthus, 
nous veiTious qu'au lieu d'une graine, il y eu a deux collatérales et 
qu'elles remphssent exactement aussi la loge ; mais, en même temps, 
elles se compriment l'une l'autre sur la hgne uiédiane de cette loge, et, 
dans ce point, leur paroi devient à peu près plane et verticale, tandis 
qu'elle est moins unie en dehors : il en résulte que ces deux graines col- 
latérales ne sont pas tout à fait régulières. 

Tandis que la primine de l'Épurge a d'abord à peu près partout la même 
épaisseur, et que bientôt même on voit cette épaisseur décroître peu à 



FORMATION DE LA PRIMINE. 181 

peu, parce que la membrane se trouve pressée entre les parois de la loge 
et les portions profondes de la graine, dont les dimensions augmentent ; 
par un phénomène de balancement organique bien fréquent chez les êtres 
vivants, nous la voyons prendre un très grand développement vers la ré- 
gion micropylaire. Telle est l'origine de la caroncule. Mais comme celle- 
ci résulte simplement d'une hypertrophie de t'exostome, ainsi que nous 
le verrons bientôt, il ne faut pas s'étonner que la structure soit à peu près 
la même et dans la caroncule et dans le reste de la primine ; et, quoique 
ce ne soit point ici le lieu d'étudier cette membrane au point de vue histo- 
logique, il est nécessaire, pour bien comprendre les transformations de 
l'organe, d'en connaître sommairement la structure. 

La primine est celluleuse d'abord, mais elle possède aussi une partie 
vasculaire. Soit le cordon ombilical, composé d'un ou plusieurs faisceaux 
vasculaires entourés d'une couche celluleuse. A mesure que l'ovule grandit 
et est emporté dans son mouvement anatropique, on voit que cet ovule, 
composé d'abord du nucelle et de la secondiue, enroule autour de lui- 
même, comme une bobine fait du fil qu'elle porte, ce cordon qui s'al- 
longe et s'étire. Le phénomène d'enroulement s'arrête bientôt dans un 
bon nombre d'Euphorbiacées; le raphé ne couvre alors qu'un tiers, qu'un 
quart du méridien de la graine; alors l'ovule demeure amphitrope. Mais 
ailleurs, et ceci est généralement vrai, quand il n'y a qu'un ovule dans 
la loge, l'enroulement ne s'arrête que quand le micropyle a décrit un 
demi-cercle de révolution, et que, parvenu tout à fait à la partie supé- 
rieure, il touche presque à l'ombilic; alors la graine est franchement ana- 
trope ; le raphé en occupe à peu près toute la hauteur. Ainsi se forme cette 
saillie linéaire, saillie vasculaire au centre, celluleuse à la périphérie, 
dépendance de l'enveloppe extérieure. Sa portion périphérique, margi- 
nale, semble s'étendre au loin sur l'ovule à droite et à gauche, de manière 
à surajouter une enveloppe à celle qu'il possède déjà, à le ceindre peu à 
peu, comme fait, sur certaines graines déjà complètes, l'arille véritable 
qui se développe à partir de la fécondation. Telle semble être l'origine 
de la primine. 

Aussi toute sa portion lamineuse est de même nature que la couche 
superficielle du raphé ; elle est composée de cellules lâches et demi-trans- 
parentes, qui se serrent l'une contre l'autre, en grandissant, et deviennent 
polyédriques. Leur contenu est une masse blanchâtre semi-opaque , 
amorphe et homogène d'abord, mais qui peu à peu subit de singulières 



182 FOBMATION D£ LA PRIMIXE. 

modifications. Dans leRiciO; notamment, et dans les P%//an</iws qu'on 
cultive dans nos serres, on voit se dessiner peu à peu une sorte de ligne 
spirale sur cette masse contenue dans la cellule, et l'on peut faire sortir 
cette spirale déroulée de la cavité qui la contient, si l'on détruit la paroi 
de celle-ci, à l'aide d'un liquide qu'on lui fait absorber jusqu'à ce qu'elle 
se crève. Je ne crois pas d'ailleurs que, sans l'emploi de cet artifice, le 
contenu des cellules s'échappe spontanément. 

Ce développement de la matière contenue dans les cellules de la pri- 
mine a une période ascendante, une période d'état et une troisième de 
décroissance. Alors on peut voir les cellules s'aplatir peu à peu, se des- 
sécher, s'atrophier, et la primine, d'abord molle et charnue, n'est plus, 
sur la graine entièrement mûre, qu'une membrane fine, sèche, se fendil- 
lant facilement et disparaissant par le moindre frottement. Traitée par 
l'eau, cette membrane se gonfle de nouveau; elle donne, en s'imbibant 
d'humidité, une image de ce qu'elle était autrefois. Sinon, elle se dessèche 
de plus en plus et tombe ; tout le tissu seoîble s'être réfugié dans la ca- 
roncule, qui demeure succulente et charnue au sommet de la graine. 

Bsiusles Phyllanthus, où la graine est araphitrope [pi. XXII, fig. 32 ), 
il n'v a qu'un très faible épaississement eïostomique (fig. 33 m) et toute 
la primine persiste. Il n'y a pas en une région donnée de développement 
excessif; mais aussi il n'y a nulle part de destruction complète, et une 
membrane spongieuse, se gonflant par l'humidité, enveloppe de toutes 
parts les graines d'une couche celluleuse continue. Cette enveloppe af- 
fecte souvent dans ces plantes une belle coloration orangée. C'est à elle 
qu'on a souvent donné le nom d'épiderme de la graine ; expression dont 
on comprend facilement l'impropriété. 

- Nous verrons plus loin com-ment, dans les grains où tombe la primine, 
le raphé disparait nécessairement avec elle. Nous n'avons d'aiUeurs con- 
sidéré jusqu'ici, comme s' épanchant pour former la primine. que la 
portion celluleuse du cordon el du raphé. Leur élément fibro-vasculaire 
peut aussi s'étendre autour de l'ovule qui passe à l'état de graine. Arrivé 
à la chalaze, ce faisceau fibro-vasculaire se divise et envoie sur la graine 
un grand nombre de ramifications divergentes qui se comportent comme 
des nervures secondaires, partant de la nervure principale ou du sommet 
du pétiole, dans une feuille digitinerve. C'a toujours été là un argument 
puissant, pour ceux qui comparent la primine au Hmbe d'une feuille, 
dont le raphé serait la queue ou la nervure principale, et nous verrons 



ÉVOLUTION DE LA CHALAZE. 183 

que ces nervures secondaires sont très nettement dessinées sur certaines 
graines d'Euphorbiacées, celles des Cremophyllum et des Dalechampia, 
par exemple. Elles émanent toutes de la chalaze, comme d'un centre 
conanun, et il n'est pas besoin d'ajouter que, lorsque le raphé se détruit; 
toutes ces nervures n'ont plus de connexion qu'avec la chalaze {pi. XV, 
fig. 11, ch); la nervure principale qui les supportait a disparu, tandis 
qu'elles se développaient chaque jour davantage. 

La graine d'Épurge, que nous avons prise pour type, possède à l'état- 
d'ovule, outre la primine, un nucelle enveloppé par la secondine(p/. Il, 
fuj. k). Quand le mouvement anatropique de l'ovule est accompli, le 
nucelle est représenté par nn cône charnu à la base duquel se trouve la 
chalaze, mais à ce moment la chalaze, qui doit nous arrêter un instant, 
est plus large que la base du cône nucellaire qu'elle enveloppe f/î^. "2, c/i);. 
ces rapports de dimensions vont changer peu à peu. Au début, cette 
chalaze étant destinée à unir les membranes ovulaires au nucelle, voyons 
comment se fait, par son intermédiaire, la jonction de celui-ci et de la; 
secondine. Il faut se figurer la chalaze comme une coupe concave, for- 
mée d'un tissu plus dense et plus coloré que le reste de la graine; ce 
qui s'explique par la richesse des éléments vasculaires qui y affluent. 
Les bords de cette coupe sont même légèrement réfléchis en dedans, au 
niveau de son ouverture {fig. 2). Toute sa concavité reçoit l'insertion de 
la base du nucelle ; sa convexité au contraire sert de support a la secon- 
dine, qui est en ce moment une enveloppe d'une extrême épaisseur 
{pg. 2, si). Alors on peut dire que le nucelle est comme noyé au centre 
du sac que forme la secondine; mais, plus tard, celle-ci revient aux 
dimensions qu'elle avait dans le jeune ovule; le nucelle, au contraire, 
s'élargit beaucoup {fig. 1, n). Son insertion chalazique se rapproche de la» 
forme plane, celle de la secondine devient une ligne circulaire de peu 
d'épaisseur, et la coupe, maintenant à peine concave, que forme la cha- 
laze, est largement débordée parla base du corps nucellaire. 

C'est en môme temps que la secondine s'épaissit beaucoup, que son 
tissu subit nue transformation différente, suivant qu'on en examine la 
couche profonde ou la portion superficielle. Dès l'époque de la féconda- 
tion, la secondine est déjà un peu plus épaisse que la primine {(ig. à); 
alors elle est entièrement celluleuse. Elle devient rapidement si considé- 
rable, qu'elle ne ressemble plus à une enveloppe, mais à un véritable 
parenchyme {fig. 2, se et si). Au centre de cette masse spongieuse se 



184 SECONDINE. 

trouve le nucelle. taudis qu'elle est enveloppée parla primiuetrès mince 
[fig. 2, p). Les cellules de la plus grande portion de la secoudine con- 
servent leur nature ; elles grandissent seulement, en se gorgeant d'un suc 
opalin. Celles de la périphérie, au contraire, se transforment en fibres 
étroites, allongées, parallèles entre elles, et dont l'axe se dirige de la pro- 
fondeur de la graine vers sa surface, à laquelle elles sont perpendiculaires 
{fig. 2, 5e). Ces fibres s'incrustent peu à peu de matière dure et cornée; 
elles constituent alors le testa. Celui-ci a donc pour origine la couche 
superficielle de la secondine. 

La couche profonde de la secondine, qui demeure celluleuse, forme 
l'enveloppe interne de la graine. C'est elle surtout que la pression du 
nucelle sans cesse grossissant atrophie peu à peu ; de sorte qu'elle devient 
bientôt mince et membraneuse [fig. 1 , si) et, lors de la maturité, si ténue, 
qu'on voit par transparence le testa derrière elle. Donc la membrane 
que l'on a appelée endoplèvre dépend ici d'une portion de la secondine, 
et elle est toujours facile à distinguer du nucelle, qui est reconnaissable à 
son sommet aigu [fig. \, 2 et 4). Si la plupart des auteurs sont d'accord 
sur la nature de la primiue, il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit de la 
secondine, et beaucoup se fondent, pour contester sa nature foliaire, sur 
l'absence de faisceaux vasculaires dans son intérieur. Or, il est vrai 
qu'il n'y a que des cellules dans cette membrane, lorsqu'elle est jeune; 
mais, avec l'âge, elle peut bien contenir des vaisseaux. Dans le Siphonia, 
par exemple, on ne peut attribuer la formation des enveloppes de la 
graine à la primine, puisque celle-ci disparait complètement partout 
ailleurs que dans la caroncule ; cependant en regardant l'endoplèvre à 
l'état adulte, on y voit [pi. XY, fig. 11) de nombreux vaisseaux s'élever 
de la chalaze [ch) en se ramifiant, et former un lacis très distinct inté- 
rieurement, grâce à sa coloration foncée. 

Nous avons maintenant à examiner la part que prend le nucelle lui- 
même à la formation de la graine. A partir du moment où il a commencé 
à se creuser du sac embryonaire, il s'épaissit en refoulant extérieurement 
la secondine. Son tissu tranche bientôt sur celui de cette membrane, 
en devenant complètement opaque. C'est que ses cellules se gorgent de 
la matière grasse qu'elles contiendront à la maturité. En même temps, 
elles se colorent quelquefois en vert ou en jaune orangé, et, quand l'em- 
bryon a pris tout son développement, elles l'enveloppent complètement 
de très près. Confondues avec les parois mêmes du sac embryonnaire 



EXISTENCE CONSTANTE DE l'aLBUMEN. 185 

{pi. II, fig. 1, 7), elles constituent l'albumen, dont la présence est un 
caractère constant dans toutes les Euphorbiacées, 

ALBUMEN. 

Il n'y a pas de véritable Euphorbiacée sans albumen. Les Jnomosper- 
mum de M. Dalzell sont indiqués par lui comme n'en possédant point. 
Mais les Jmanoa asiatiques, que je crois congénères de ces plantes, en 
ont constamment un. Son existence a été également contestée dans les 
genres que M. Klotzsch comprend dans sa tribu des Prosopidoclinées. 

M. Klotzsch avait donné, mais avec doute, l'absence de l'albumen 
comme un caractère de cette section. Depuis on a tranché la question, 
et l'on considère les Péracées comme dépourvues de périsperme. Si ce 
fait était exact, les Prosopidoclinées ne pourraient être pour nous 
des Euphorbiacées ; car toutes les graines de ce groupe sont périsper- 
mées. 11 faut dire que ce caractère est fort difficile à constater, à cause 
du mauvais état delà plupart des échantillons qui nous arrivent de l'Amé- 
rique tropicale. Le plus souvent les graines recueillies trop tôt sont vides 
et desséchées. Heureusement, parmi les beaux échantillons recueillis par 
M. Weddell, nous avons pu trouver des graines en parfait état de matu- 
rité et de conservation ; elles nous ont été présentées par deux espèces, 
dont l'une semble inédite ; l'autre est le Spixia Leandri. Dans ces graines, 
on observe la structure de toutes celles que portent les autres Euphor- 
biacées. Il y a deux enveloppes, dont une extérieure, épaisse, crustacée, 
noirâtre ;" une intérieure plus pâle, plus mince, moins résistante. Au 
milieu se trouve un gros albumen charnu (p/. Il, pg. Tl, al), dans lequel 
est enveloppé un embryon très large, à radicule supère, à cotylédons 
minces, foliacés, un peu auriculés vers la base et dont la nervation est 
pennée. Les cotylédons regardent l'un en dedans, l'autre en dehors, et 
je dois ajouter que les graines sont caronculées et coiffées d'un obtura- 
teur, comme celles de tous les autres genres. 

L'albumen est composé de cellules lâches d'abord, puis serrées et gor- 
gées de liquides gras. DelÈisa teinte ordinairement blanchâtre et opaline. 
Dans les Hyœnanche, il a l'aspect de la cire vierge et laisse apercevoir 
par transparence la coloration verte de l'embryon. La teinte orangée 
qu'il acquiert dans les Xylophylla et quelques plantes voisines est un 
signe de maturité. 



iS6 FORME DU HILE. 



HILE. 



Presque toutes les graines d'Euphorbiacées, remplissant la totalité delà 
loge qui les renferme, sont sessiles ou suspendues par un funicule qui 
n'a araère plus de longueur que l'épaisseur de la paroi même des loges. 
Cependant, dans YHippomane, le funicule a une longueur un peu plus 
grande, en rapport avec celle du canal ligneux qui lui donne passage 
{pi. Yl, (ig. 18, 19). VOmalanthiis a aussi un funicule assez développé 
{pi. MI. fig.ol. [:. on ne rencontre guère d'autres exceptions que celles-là. 
Bien souvent même, la graine est attachée par une surface très étendue 
à l'ansle interne de la lose. et son bile, au lieu d'être circulaire, comme 
celui des Phyllanthus, des Ricins, des Curcas {pi. XIX, fig. 10, /i\ est 
au contraire linéaire, étiré, comme cela se présente dans un bon nombre 
de genres dispermes et parmi les autres, chez le Macaranga (pi. XXI, 
fig. 7, h , le Pachystemon, etc. Dans ce dernier cas, on peut être à peu 
près assuré d'avance que la graine est amphitrope. Mais le bile, au lieu 
d'être ainsi étendu en longueur, peut l'être en largeur et en profondeur, 
et il en résulte une très singulière conformation des gTaines. D'abord 
c'est celle de l'Agyneia impubes {pi. XXIA", fig. 13, 14). Celle-ci avait 
déjà attiré l'attention de Richard, par la manière dont se sépare, dit-il, 
sa primine en trois portions. Sans avoir pu observer ce fait, je sais que 
les graines de cette plante ont un testa assez dur, présentant un angle 
dièdre saillant du côté de l'axe du fruit. En même temps, l'arête de cet 
angle est comme emportée dans une grande étendue de sa hauteur, de 
manière à constituer une grande fossette étroite et allongée {fig. 13, h). 
Celle-ci n'est autre chose que le hilCj et l'on voit s'attacher dans toute sa 
hauteur un gros funicule (fig. 14, f), ou plutôt une saillie latérale du pla- 
centa lui-même. Toute la graine allongée et étroite forme une courbe 
légèrement arquée qui se moule sur cette saillie. Dans l'intérieur de son 
testa est une cavité, qui contient un albumen peu abondant fig. 14, a) et 
un embryon courbé aussi (e). De ceci il résulte que la graine de cet 
Agyneia est amphitrope. et que. son bile étant très large, la fossette qu'il 
forme est comme enveloppée par une cavité plus extérieure qui est celle- 
là même où sont logées les parties essentielles de la gi'aine. Le bile se 
creuse plus profondément encore et prend une forme un peu plus com- 



CAVITÉ DU HILE. 187 

pliquée dans certains Anisonema{pl. XXIII, fig. 21, h). On voit aussi 
qu'il est notamment éloigné du raicropyle, dans ces graines amphitropes, 
où l'on compte dès lors une cavité ombilicale assez irrégulière et une 
cavité embryonnaire plus vaste. Cette conformation est poussée àl'extrême 
dans quelques Fluggea et dans les Glochidion {pi. XXIV). Gœrtner a 
remarqué le premier que ces plantes ont une graine à deux cavités. Celles- 
ci participent à la déformation considérable que subissent les graines dans 
toutes leurs parties. Néanmoins on peut toujours reconnaître que l'une 
de ces cavités, l'ombilicale, largement ouverte {fig. 4 et 7, h), prend une 
forme très irrégulière et qu'elle se creuse dans presque toute la masse de 
la graine, tandis que la cavité embryonnaire est réduite à une mince loge, 
moulée sur la fosse du hile, doublée de part et d'autre par le testa et, de 
plus, par une membrane celluleuse facile à enlever (primine, (îg. 5, tg). Il 
y a, par conséquent, peu de place pour l'albumen, qui reste très mince, 
et pour l'embryon, qui est obligé de se mouler sur les inégalités de sa 
loge (^^.8 et 9). 

Il est facile de voir que, dans aucune Euphorbiacée, il n'y a envahis- 
sement du hile par une membrane charnue ou glanduleuse de la nature 
de l'arille. Naissant toujours du micropyle, celte production encadre 
l'ombilic et le déborde parfois de toutes parts, mais le respecte toujours. 



RAPHE. 

Nous avons vu comment les ovules des Euphorbiacées devenaient les 
uns anatropes, les autres amphitropes, et comment le raphé, qui se pro- 
duit avec des développements inégaux, dans ces deux cas, dépendait en 
somme de la primine ; tandis que les autres portions de l'ovule n'entrent 
pas dans sa formation. Or, les graines de la plupart des Euphorbiacées 
dispermes sont amphitropes, et déplus, elles conservent leur primine sous 
forme d'une enveloppe continue celluleuse. Chez elles donc le raphé 
persiste. Mais, au contraire, dans les Euphorbiacées uniovulées, dont 
les graines sont le plus souvent anatropes, car je ne m'occupe pas ici de 
celles du Pachystemon, du M acaranga, etc., qui sont amphitropes, la 
primine se détruit à mesure que l'on avance vers la maturité. De légers 
frottements finissent par l'enlever tout entière, et, comme le raphé se 
trouvait dans son épaisseur, il est exact de dire qu'au moment ou l'on 



188 R.\PHÉ PERSISTANT. 

sème une graine de Ricin, qu'au moment où on la considère comme 
parfaite, elle n'a plus de raphé ; le hile et la chalaze ne sont plus reliés 
entre eus par un cordon yasculaire et demeurent isolés, chacun à une 
extrémité de la graine : le raphé a été un organe transitoire qui n'a plus 
aucune raison d'être quand il a joué son rôle de conduit nourricier, et il 
disparaît alors. Son existence constante ne peut donc pas être considé- 
rée comme caractéristique dans les graines anatropes. 

n y en a cependant, parmi les Euphorbiacées monospermes, où le 
raphé persiste ; mais la raison en est simple, c'est que la primine persiste 
aussi : l'un est la conséquence directe de l'autre. Dans le Gluttier, par 
exemple, nous savons que cette primine se gonfle, se remplit de matière 
cireuse et n'est point caduque. De même les faisceaux vasculaires du 
raphé persistent au milieu de ces cellules : il devient de plus en plus dur, 
sa coloration passe au brun foncé. Lors de la maturité de la graine, il 
est devenu tout à fait ligneux : les cellules du reste de la primine, au 
contraire, se gorgent peu à peu de la matière grasse exploitée, jusqu'à ce 
que la graine remplisse toute la cavité de la loge. On voit alors le tissu 
fibro-vasculaire du raphé débordé par ces cellules qui élèvent à droite et 
à gauche de lui une sorte de rigole au fond de laquelle il est enfoui ipl. YQ, 
fig. 29, 30, r). Aussi la solidité du raphé va toujours s'accroissant, ainsi 
que celle du funicule. -et la graine en est si fermement attachée à l'axe 
du fruit, qu'elle ne s'en sépare pas et persiste naturellement sur la colu- 
melle , bien longtemps après que les valves du péricarpe sont tombées 
(A^. 29). 

Sans subir précisément les mêmes modifications que dans le Stillingia 
sebifera, la primine de certaines graines ne disparait pas à la maturité, 
comme cela se rencontre dans le Cremophyllum. La graine de cette plante 
possède à l'état parfait une triple enveloppe : d'abord un eudoplèvre très 
ténu, comme dans l'Euphorbe, et. plus eu dehors, un véritable testa. 
Mais celui-ci est, à son tour, enveloppé par la primine persistante et qui 
devient peu à peu presque aussi résistante que le testa lui-même. Or, tandis 
que cette primine était encore molle, elle s'était modelée sur les parois 
du péricarpe et était devenue, comme elle, chargée de saiUies et de dé- 
pressions {pi. in, fig. 26, 27). Plus tard, quand elle durcit, les saillies 
deviennent autant de pointes proéminentes fort résistantes : mais quand 
on gratte cette membrane et ses aspérités, on trouve au-dessous d'elle le 
testa plus dur encore et dont la surface est presque lisse. 



EMBRYONS DROITS ET COURBES. 189 

Avec une primine ainsi persistante, une pareille graine doit aussi, 
comme celle du StiUingia, conserver son raphé. Celui-ci subsiste en effet, 
et bientôt sa portion vasculaire, augmentant de consistance, et prenant 
une coloration plus intense, ressort sur le fond plus clair de la surface 
séminale. Les divisions de ces faisceaux se dessinent également sur le 
testa, en se ramiliant autour de la base des saillies, où l'on observe un 
réseau assez compliqué [fig. 26 et 27, vc). C'est ce qu'on voit dans la 
graine des divers Dalechampia [fig. 33) et Anabœna; et, quoique je n'aie 
pu en suivre le développement, il est probable que cette disposition a la 
même origine que dans le Cremophyllum, qui, du reste, ne diffère par 
aucun caractère essentiel des Dalechampia. 

On comprend que l'existence de ces ramifications du raphé n'est pas 
sans importance pour ceux qui voient dans la primine une feuille dont 
il serait la nervure principale ; cette feuille aurait également ici ses ner- 
vures secondaires et tertiaires. 



EMBRYON. 

L'embryon est tantôt rectiligne, tantôt courbé ; il y a tous les degrés 
intermédiaires entre les deux directions. Cependant il est très rare que 
laplantule ne soit pas rectiligne dans les genres uniovulés; dans les autres 
genres, elle est au moins aussi souvent courbe que droite. Mais comme ce 
caractère peut varier d'une espèce à l'autre, on ne saurait l'invoquer pour 
distinguer les genres, comme on l'avait fait pour les Xylophylla et les 
Phyllanthus ; la plupart de ces derniers ont, comme l'a reconnu A. de 
Jussieu {Monogr., p. 22), un embryon non rectiligne. 

La courbure de la plantule ne se produit que consécutivement. Dans 
les Xylophylla, tant qu'elle n'a pas atteint le fond de la cavité embryon- 
naire, elle est droite ; lorsqu'elle se plie, c'est généralement suivant le 
plat des cotylédons et non suivant leurs bords (p/. XXII, fig.o2>, e). Dans 
les Glochidion, l'embryon, obligé de se mouler en quelque sorte sur l'é- 
troite cavité que lui laissent les envahissements de la chambre ombilicale, 
prend une forme très irrégulière et qui varie d'une graine à l'autre. Le 
plus souvent, dans les deux graines d'une même loge, l'un des embryons 
est convexe du côté où l'autre est concave [pi. XXIV, fig. 8,9). 
La coloration, qui n'a pas de valeur, varie du blanc au vert intense ; 



190 DIRECTION DES C0TTI.ÉD0?»5. 

cette dernière teinte est manifeste dans un grand nombre de Phyllanihus 
et de genres voisins ; elle est également très marquée dans les Hyœnanche. 
et c'est un des indices qui nous portent à croire que c'est une de leurs 
graines que Ga?rtner a représentées sous le nom de Jatropha globosa. 

La direction des côtés de l'embryon semblerait, d'après l'emploi qu'on 
en a fait pour classer certains genres d'autres ordres naturels, avoir 
quelque imporlance-,iïnenest rien, vu son peu de constance. Et d'abord, 
elle est très souvent la conséquence de la forme même de la graine. Ainsi, 
dans une semence très aplatie de Hwa, il faut bien que le très grcts em- 
bryon qui se moule sur la caArité de la graine présente, comme elle, ses 
deux faces cotylédouaires aux parois delà loge {pi. TI, fig. o5). Quand 
on songe aux différences nombreuses que présente ce genre avec les Sa- 
pium, les Cnemidoskichys, etc., auxquels il est uni. on est tenté de voir, 
au premier abord, dans ce caractère, une dissidence de plus. Mais, pour 
la même raison, l'étroitesse des loges, rz/j/t/jo-mane, qui se rapproche bien 
plus de ï H lira, et qui en a tout à fait la fleur mâle, tourne aussi ses deux 
cotylédons du côté des cloisons i fl. \l. fig. 20, em). Les Sapium pré- 
sentent aussi quelquefois cette direction latérale des cotylédons; mais 
déjà, dans un grand nombre d'espèces, ceux-ci deviennent : l'un antérieur, 
c'est-à-dire dirigé vers la paroi externe de la loge, l'autre postérieur, 
c'est-à-dtre regardant l'angle interne : dans le Gluttier à suif, par exemple, 
les cotylédons ne sont qu'exceptionnellement latéraux. Dans \ Hyœnanche 
{pi. XXni. fig. 38 , les cotylédons sont tantôt dans un sens, tantôt dans 
l'autre, et l'on peut être assuré d'avance qu'ils seront placés à droite et 
à gauche de la graine, quand celle-ci est aplatie d'un cc»té à l'autre. Presque 
tous les embryons des Ricins sont, au contraire, transvei-saux et non 
rayonnants. Mais, dans les Euphorbes, quoiqu'il en soit le pins souvent 
de même, on peut trouver des différences assez nombreuses. >I. Rœper 
les a signalées ; A. de Jussieu. M. Decaisne, en ont figuré des exemples. 
Le fait est que, dans ce genre, la direction varie avec l'âge. Ainsi, très 
souvent, les espèces indigènes ont un embryon qui montre d'abord ses 
cotylédons à gauche et à droite; puis, en grandissant, l'embryon exécute 
une rotation d'un quart de cercle sur son axe, et, à mesure que ses coty- 
lédonss'élaipssent, ils deviennent, l'un antérieur, l'autre postérieur; aux 
époques intermédiaires, il est facile de les trouver obliquement dirigés. 

Quant aux extrémités de l'embryon, la situation de l'une d'elles est 
constante; elle répond au micropyle, ou du moins à l'eDdostome, car 



ORIGINE DE LA CARONCULE. . 191 

l'exostome, comme nous le verrons, se trouve bien plus rapproché du 
funicule; il en résulte que la radicule est supère dans presque tous les 
cas. L'extrémité cotylédonaire varie selon que l'embryon est courbe ou 
rectiligne: rectiligne, elle répond à la chalaze dont elle est plus ou moins 
distante, mais qu'elle regarde toujours; courbe, elle est généralement en 
face du bile, vers lequel elle semble se relever, comme dans le Xylophylla 
{pi. XXII, fig, 33). Dans le Ricin, au contraire, ou le Cureas, c'est la ra- 
dicule qui naturellement regarde le hile (p^. XXII, /?gr. 33). On voit qu'en 
réalité, ces différences de rapports n'ont pas une grande importance ; il 
n'en est pas de même de la situation de la radicule, qui ne varie pas. 

La radicule cylindro-conique, lisse toujours, est plus courte que les 
cotylédons. Ceux-ci sont orbiculaires ou ovales, toujours foliacés, à bords 
entiers, légèrement saillants et comme auriculés à droite et à gauche de 
leur insertion. Leur sommet est ordinairement obtus, ou même un peu 
échancré. Leur nervation est pennée, très visible le plus souvent; mais, 
de plus, presque toujours les deux premières nervures secondaires pren- 
nent un développement relativement considérable, de sorte que ces folioles 
sont triplinerves à leur base {pi. VII, fig. 20, et pL XXII, fîg. 15), ou 
même quintuplinerves. 

La gemmule, très petite, est cachée entre la base des cotylédons 
{pi XI, fig. 3). 

CARONCULE. 

Nous avons vu, en suivant le développement de l'ovule du Ricin et 
des Euphorbes, qu'à l'époque de l'anthèse, le micropyle commence à 
présenter cette modification qui a fait donner aux graines de ces plantes 
l'épithète de caronculées. Suivons pas à pas les accroissements de cette 
production. 

Le micropyle du Ricin {pi. X) présente un épaississement qui com- 
mence à se produire un peu avant l'épanouissement de la fleur. Cet épais- 
sissement n'a son siège que sur l'enveloppe externe de la graine qu'il 
rend semblable, autour du micropyle, à un petit bourrelet circulaire 
{fig. 32 et 33, c). On a donc bien dit que la caroncule «procédait de 
l'exostome» (A. de Saint-Hilaire). Déplus, en ce moment, le sommet 
de l'ovule offre autre chose que cette caroncule proprement dite. 

L'épaississement de l'exostome n'est pas le même sur tout son pour- 



192 DÉ'STLOPPEMEXT DE LA CARONCULE. 

tour. Au lieu d'un simple anneau, il représente en réalité trois légères 
saillies ou mamelons, qui demeurent longtemps distincts l'un de l'autre 
[fig. 35). A quoi est due la production de ces espèces de lobes, dont 
l'un est tourné vers la périphérie de la loge, et dont les deux autres sont 
latéraux? 

Le tissu cellulaire spécial de la primine est l'origine de la caroncule. 
Seulement, les cellules se gorgent de sucs vers l'exostome, tandis que, 
par un balancement remarquable de développement, celles de tout le 
reste de la primine se vident et s'atrophient presque complètement. Au 
moment donc où l'exostome va sliypertrophier. le reste de la primine 
( fig. ai ' deviendra une membrane si ténue, qu'elle disparaîtra, sur la 
graine mûre, sous riuflueuce du plus léger frottement, et que, d'une très 
grande minceur et d'une transparence considérable, elle laissera aper- 
cevoir les couleurs variées du testa, auquel elle donnera, par un jeu par- 
ticulier de la lumière, des reflets légèrement irisés. 

Ainsi, tout le tissu de l'enveloppe extérieure de la graine s'est en quel- 
que sorte réfugié dans l'exostome. et quand le reste de la membraue aura 
été enlevé; la caroncule charnue pourra sembler un organe surajouté à 
la graine, tandis qu'elle n'en sera qu'une portion essentielle hypertrophiée. 
Il n'y a pas ici à invoquer, comme dans beaucoup d'autres plantes, un 
renversement en dehors des bords du micropyle, qui viendraient recou- 
vrir la graine d' une membrane surajoutée, et constituer ce qu'on a appelé 
Yarillode. 

Les deux lobes latéraux de l'épaississement deviennent rapidement 
plus gros que l'antérieur (ou Textérieur). Entre les trois, demeure le mi- 
cropyle. qui ne disparaît jamais complètement. Souvent il y a impossibihtè 
matérielle qu'il s'oblitère, tant qu'il est maintenu dilaté par le prolonge- 
ment qu'envoie l'obturateur dans son intérieur. 

Cet obturateur est. avons-nous dit. un organe transitoire: il va dimi- 
nuant à mesure qu'on s'éloigne du moment de la fécondation. Rien de 
plus facile que de suivre cette décroissance sur la graine du Ricin ; car, 
l'obturateur, teint d'une belle couleur pourprée, se dessine sur le blanc 
mat de la caroncule. Or, cette bande pourpre qui, collée sur le sommet 
de l'ovule, sépare les deux lobes latéraux de l'exostome en arrière (c'est- 
à-dire vers l'angle interne de la loge fig. 39, o' . ne disparait jamais com- 
plètement; elle s'applique à la rigole qui sépare ces lobes latéraux, et. 
quand la caroncule a sou maximum de développement, on voit qu'elle est 



GRAINES SANS CARONCULE. 193 

blanche sur les côtés, rouge eu haut et sur la ligne médiane. Elle est donc 
formée: 1° par l'exostome épaissi; 2° par les restes de l'obturateur. Ce- 
pendant on peut, à l'aide de légères tractions {fig. /|0), séparer ce qui per- 
siste de l'obturateur [ob), de la caroncule (e) et du funicule (/"). 

Ce qui est vrai pour le Ricin, est vrai pour la plupart des autres genres 
d'Euphorbiacées monospermes, dont j'ai pu suivre le développement. 
Mais il y a longtemps qu'on a reconnu et précisé, dans les descriptions 
génériques, que certaines Euphorbiacéesonlunecaroucule, et que d'autres 
n'en ont pas. Ceci n'est, comme nous allons le voir, qu'une difïérence 
de développement, de dimensions; mais toutes les Euphorbiacées pos- 
sèdent en réalité l'organe qui, hypertrophié, s'appelle une caroncule. 

Les Phyllanthus, par exemple, et tous les genres voisins sont décrits 
comme n'ayant pas de caroncule. Prenons un ovule dePhyUantlms, nous 
lui trouverons deux enveloppes [pi. XXIII, fy. 13, \li). Bientôt sa pri- 
mine se gonfle; ses cellules se gorgent de sucs : il en résulte une mem- 
brane assez épaisse, spongieuse, demi-charnue; souvent elle est d'un 
beau jaune orangé, car la couleur varie sans que cela ait aucune impor- 
tance. La différence qu'il y a ici entre le Phyllanihus et le Ricin, c'est 
que, dans le premier, la priraine s'épaissit partout et ne s'atrophie nulle 
part. C'est à peine si, vers l'exostome, il y a un peu plus de gonflement 
que partout ailleurs, et cela ne mérite pas le nom particulier de caron- 
cule. Donc il n'y en a pas, ou plutôt il y en a une qui couvre toute la 
graine d'une couche continue, et à peu près partout égale en épaisseur. 

Parmi les Euphorbiacées à loges uniovulées, cette disposition peut 
se rencontrer : ainsi, dans les graines à'Hippomane, il y a une couche 
celluleuse générale; nous avons parlé de celles du Cremophylhm, des 
StUlingia, d'un grand nombre d'Acalyphées. Chez le Crotonopsis, il m'a 
semblé que l'exostome se prolongeait en un long tube celluleux qui pour- 
rait s'appeler caroncule (p/.XII, fig. 27, c). Mais les genres les plus nom- 
breux sont ceux où la caroncule constitue une saillie charnue autour du 
micropyle. La forme, lors de la maturité de la graine, en est alors très 
variable; mais elle ne change pas dans un même genre, et souvent elle 
est caractéristique; de sorte que cette forme pourrait à la rigueur servir 
à distinguer les genres, comme nous avons vu que cela avait lieu, dans 
certaines limites, pour l'obturateur. 11 est bien entendu que, dans un cas 
comme dans l'autre, il ne saurait être question de fonder des coupes sur 
de pareils caractères, ditficiles toujours, et souvent impossibles à appré- 

13 



194 FORMES ET MIGRATIONS DE lA CAROXCCLE. 

cier: mais ou pourrait s'eu aider daus les cas douteux et difficiles. Pour 
n'en citer qu'un exemple, le 'Tragia corniculai^i, Yahl. et les Sarothro- 
stuchys. Kl., que je ne puis séparer gënériquement. ont tous les deux la 
même forme très particulière de caroncule [pl. Yin. fig. 8V 

On pourra ainsi, entre autres faits, remai-querquela caroncule d'abord 
trilobée du Ricin a deux lobes latéraux qui. l'emportant de beaucoup en 
dimensions sur l'extérieur {pl. X, fig. kO). demeurent seuls facilement 
appréciables: que celle de certains groupes d'Euphorbes forme écuelle; 
que celle àesCluytia est comme palmée ou trilobée vp/. XM. fig. 19. 201, 
que celle des Manihot, àesCurcas (p/.XIX. fig. 10, 11 est biauriculée. 
plissée sur ses bords comme un éventail : que celle des Hyœnanche est en 
forme de languette étroite serrulée sur les bords pl. XXIIT. fig. o~\ 
Celle des lulocroton^ repliée sur elle-même, présente à la coupe la forme 
d'une faucille ipl. II, fig. 2i, ca) : celle des Jcalypha {pl. XX. fig. 19, c) 
est coudée comme le sommet d'un bonnet phrygien ; celle des Microsta- 
chys ^pl. XW.. fig. 8. 9' est un cône dressé, très surbaissé: mais toutes 
ces curieuses singularités de forme appartiennent plutôt a la portion 
descriptive de ce travail. 

La caroncule présente d'ailleurs un trait relatif à sa physiologie qui 
doit être mentionné ici : je veux parler de ses migi^ations, que nous pou- 
vons suivre facilement dans l'Épurge {pl. II). Puisque la caroncule est 
formée par la bouche extérieure du micropyle. elle doit être, au moment 
de son apparition, exactement au-dessus du sommet du nucelle. et. par 
conséquent, au-dessus du sac embiTonnaire et de la radicule. Telle est. 
en effet, sa position : mais nous avons vu, en parlant du micropyle, qu'elle 
ne la conserve pas. Bientôt elle n'est plus au sommet de la graine, mais 
un peu en dedans: puis elle avance graduellement vers l'angle interne de 
la loge [fig. 1 et 2. ca). Enfin le sommet de la gi-aine se trouve tout à 
fait déEcasé: la caroncule est alors tout contre le bile: elle l'entoure, 
l'encadre, le déborde: jamais elle ne l'envahit. Seule elle semble conti- 
nuer le mouvement anatropique de l'ovule que le reste de la graine ne 
suit plus. J'ignore le but de ce déplacement graduel: mais il me semble 
que la caroncule , s'engageant ainsi chaque jour davantage, comme uu 
coin, entre la paroi immuable de la loge et le funicule. dont la déhcatesse 
est si grande, celui-ci doit finir par subh" une solution de continuité. 



GRAINES DESCENDANTES ET ASCENDANTES. 195 



DIRECTION DES GRAINES. 

Ce qui est véritablement important à considérer clans la direction 
d'une graine, ce n'est pas tant sa position ascendante ou descendante, 
que la situation, par rapport à l'axe du fruit et à la paroi extérieure de 
la loge, du raplié, de la clialaze et du micropyle. Ainsi, il est générale- 
ment vrai de dire que la graine d'une Euphorbiacée est pendue ; mais il 
convient d'ajouter que son micropyle regarde en dehors et en haut, et 
que son raphé occupe l'angle interne de la loge. Si, en effet, nous exa- 
minons la graine du Sarcoclinium Hookeri {pi. XI, fig. 18), elle va nous 
offrir à cette loi générale une exception qui n'est qu'apparente. Sa graine, 
en effet, n'est plus pendue, mais horizontale et même un peu ascen- 
dante. Quelle est la cause de ce changement de direction? C'est que la 
loge ovarienne, au lieu de se développer surtout par sa partie inférieure, 
ainsi que cela arrive dans les autres Euphorbiacées, est devenue comme 
gibbeuse et s'est accrue par sa partie supérieure {ftg. 17, 18). Le point 
de la graine qui répond à la chalaze a donc tendu à se relever, et le grand 
diamètre de la graine est devenu à peu près horizontal ; la chalaze a même 
fini par monter plus haut que le hile. Une autre cause a amené cette 
sorte de rotation : c'est que l'axe est demeuré extrêmement court, tandis 
que la feuille carpellaire grandissait par son sommet. Il n'est donc pas 
étonnant de voir une graine pendue devenir, dans un même ordre, dres- 
sée ; mais il faut, pour que la plante ne sorte pas de cet ordre, que le 
raphé, normalement intérieur, soit devenu extérieur, que le micropyle^ 
tourné ordinairement en dehors et en haut, soit devenu intérieur et infé- 
rieur. Si la graine étant ascendante, au lieu d'être suspendue, le micro- 
pyle était demeuré extérieur, et le raphé intérieur, la plante ne serait 
pas une Euphorbiacée, pas plus qu'elle n'en peut être une avec une graine 
descendante, si son raphé est extérieur et son micropyle intérieur. 

S'il m'était permis d'étayer cette opinion d'un exemple emprunté à 
un autre groupe de végétaux, je le choisirais parmi les Renoncules. 
Leur ovule doit être dressé normalement, car il s'insère sur un axe fort 
écourté, et la cavité carpellaire se développe par la partie supérieure. 
Que cependant cette cavité s'élargisse un peu en bas, en même temps que 
le point d'attache de l'ovule s'élèvera légèrement, et l'on verra que la 



196 DÉPLACEMENT DES GRAINES. 

graine devient horizontale, comme on en trouve de nombreux exemples 
dans la nature. De transversale elle redeviendra même verticale, mais 
suspendue, dans des carpelles voisins, si le lieu d'insertion s'élève encore 
davantage. Yoilà donc une Renoncule qui aura l'ovule pendu, ou trans- 
versal, ou dressé, sur un même pied, dans une même fleur. Donc le 
rapport des parties de la graine avec les diverses régions de la loge ne 
sera point constant. Seulement l'ovule descendant aura le raphé extérieur, 
tandis que l'ovule horizontal l'avait supérieur et que l'ovule dressé l'a 
intérieur. 

Ceci, nous fera comprendre le déplacement singulier des graines du 
Glochidion, déjà figuré par Ad. de Jussieu [Monogr,, pi. 3), et qui est tel 
qu'une d'elles est pendue, tandis que l'autre est dressée. Au début, les 
ovules sont au nombre de deux dans chaque loge; ils sont collatéraux et 
tous deux descendants, avec le raphé intérieur et le micropyle tourné 
en haut et en dehors. Mais la loge ovarienne change de forme dans le 
fruit. Son angle interne ne s'allonge presque pas, parce que la columelle 
demeure extrêmement courte, et c'est au contraire la portion carpellaire 
de la loge qui se développe beaucoup par sa paroi supérieure. 11 en ré- 
sulte d'abord une forme spéciale pour l'ensemble du fruit, dont le som- 
met réel est situé dans une dépression plus ou moins profonde. De plus, 
les jeunes graines se déplacent sans quitter leur point d'insertion : l'une se 
porte en bas, l'autre vers la partie supérieure de la loge. Elles ont donc 
bientôt leurs sommets rapprochés; mais leurs bases sont aussi éloignées 
que possible; l'une des graines est pendue, l'autre est dressée, comme 
celle du Sarcoclitnum, dont nous venons de parler {pi. XXIV, fig. Il, 7). 
D'ailleurs ce déplacement suivant la direction verticale se combine aussi 
d'une torsion et d'une déformation produites selon d'autres directions, 
de sorte que le Glochidion et le Glocliidionopsis peuvent très bien arriver 
à n'avoir plus le micropyle situé sur le sommet même de la graine, mais 
en un point variable d'une de ses faces {pi. XXYII, fig. 17, m). 

DÉHISCENCE, 

Les différentes parties du fruit nous étant maintenant connues avec 
quelque détail, nous pouvons nous occuper d'un phénomène commun à 
un très grand nombre d'Euphorbiacées, la déhiscence. Ce phénomène 



FRUITS INDÉHISCENTS. • 197 

très complexe n'existe pas dans toutes les plantes de cet ordre , les prin- 
cipales exceptions sont les suivantes : 

Le Mancenillier a un fruit à mésocarpe charnu, ce qui semble exclure 
tout d'abord la possibilité d'une déhiscence. En effet, l'endocarpe de- 
meure entier, sous forme d'un noyau pluriloculaire, à parois extrême - 
ment dures{pl.\l,fig. i9. end). Si l'on examiné intérieurement les loges, 
nous savons qu'on y remarque un sillon longitudinal médian, qui est un 
vestige de la ligne de séparation, dans les coques déhiscentes. 11 n'y a 
cependant point de déhiscence dans ce fruit. 11 ne faudrait pas en con- 
clure que, lorsque le mésocarpe devient charnu, il n'y aura pas de 
déhiscence ultérieure de l'endocarpe, pour cette seule raison. Les auteurs 
ont cité quelques exemples du contraire. Qu'arrive-t-il alors d'ordinaire? 
C'est que, dans les derniers moments de la maturation, l'endocarpe, qui 
était souvent devenu très épais et en même temps mou, charnu, succu- 
lent, va perdre très rapidement les sucs dont il s'était gorgé. C'est ce qui 
arrive, la plupart du temps, dans les fruits qu'on appelle ici subéreux ; 
les mailles abondantes de tissu cellulaire ou fîbro-cellulaire qui remplis- 
sent le mésocarpe se vident promptement de liquides, se rétractent, et 
peuvent alors se dessécher et tomber en panneaux distincts. Ceux-ci con- 
servent alors généralement une assez grande épaisseur. Comparons, sous 
ce rapport, le Phyllanthus grandiflorus, qui fructifie quelquefois dans nos 
serres, et le P. emblica. 

Le dernier a des fruits charnus et comestibles pour cette raison ; 
cependant, à un certain moment, ces fruits sont tout à fait ceux du 
P. grandiflorus. Celui-ci a, en effet, pendant un temps assez long, un 
mésocarpe qui, au lieu de devenir membraneux, s'épaissit, se gorge de 
sucs, apparaît alors sous forme d'une couche épaisse, charnue, verdàtre, 
et perd seulement cette consistance et cette épaisseur dans les derniers 
jours. 

Le fruit de l'Épurge, jusqu'au moment où il va tomber de la, tige, ne 
peut guère être considéré que comme charnu. Son mésocarpe prend une 
extrême épaisseur; les cellules qui le forment grossissent très vite et 
s'écartent l'une de l'autre ; elles constituent ainsi une sorte de tissu spon- 
gieux dans lequel se trouvent des sucs, peu abondants en réalité. Le 
tout forme cependant une couche très épaisse et molle, qui ne permet 
pas de considérer ce fruit comme sec. Il le devient pourtant comme 
celui des autres Euphorbes, mais seulement aux derniers jours: le 



198 CHUTE DES COQUES. 

mésocarpe perd et son épaisseur et sa nioUesse, et il tombe bientôt en 
plusieui^s valves. 

Ces fruits charnus d'une manière passagère sont, en somme, déhis- 
cents, parce qu'ils ont un endocai'pe fibreux et dont chaque coque peut 
se diviser en deux parties distinctes. Quel que soit le nombre des loges, 
il n'y a pas déhiscence. quand l'endocarpe devient aussi charnu. C'est ce 
que nous voyons très bien dans le Phyllanthus leucopyrus. \Yall.. où l'en- 
docarpe acquiert la consistance du mésocarpe, et où cependant il y a 
jusqu'à six graines dans un huit : il n'y a pas déhiscence. 

Il n'y a point non plus déhiscence dans les fruits des Euphorbiacées, 
aloi-smème que leur endocarpe devient hgneux, lorsqu'ils sont unilocu- 
laires et surtout monospermes. AloR le mésocarpe peut être charnu, 
comme dans quelques Jniidesma. les Drypetes, ou sec, ou à peu près, 
comme dans les Macaranga; le fruit ne s'ouvre pas : c'est, daus les pre- 
miers cas, une sorte de drupe: dans le second, une espèce d'akène. 
Toutefois M. Bentham représente comme déhiscents les fruits secs et 
monospermes de son Eremocarpus. 

Quaud il y a déhiscence. généralement il y a plusieurs loges ; c'est 
daus ce cas que nous les nommerons spécialement coques, selon l'ex- 
pression des auteurs. Or, ces coques sont loculicides : voilà ce qui est la 
règle générale. Ce qui survient, en outre, mais d'uue manière moins 
constante, c'est que chaque coque, avant de s'entr'ouvrir, se détache de 
l'axe commun. Il y a. daus ces derniers cas, deux temps distincts dans 
la déhiscence. 

Premièrement, les coques se détachent de l'axe commun, comme on 
le voit daus le Ricin, et, eu même temps, elles se séparent l'une de l'autre. 
Cette séparation est une conséquence de la nature du tissu du péricarpe. 
A un certain âge, celui-ci est partout celluleux ; puis les cellules se trans- 
forment en fibres allongées, et celles-ci se gorgent peu à peu de ligneux. 
Comment se fait cette transformation? Elle n'a pas lieu partout. D'abord 
elle s'accomplit à la face interne des feuilles carpellaires : telle est l'ori- 
giue de l'endocarpe: plus tard, vers leur face externe : c'est celle du 
mésocarpe, quaud il demem'e fibreux. Toutefois, entre les deux couches, 
il subsiste toujours une couche cellulaire non altérée qui devient très 
mince, il est vrai, mais ne disparaît jamais complètement. Il en persiste 
une autre entre les deux faces des cloisons formées, comme on sait, cha- 
cune par deux lames appartenant à des feuilles différentes. Cette sorte 



RUPTURE DU FUNICULE. 199 

de lame celluleuse, qui permet ensuite le dédoublement des cloisons, est 
surtout marquée en dehors ; là on la voit se confondre longtemps avec 
la coudie celluleuse interposée entre le mésocarpe et l'endocarpe, et, au 
point d'union, il en résulte, sur les coupes transversales, une sorte de 
lunule claire, formée de tissu cellulaire, et dont la configuration varie 
un peu d'un genre à l'autre. On trouve encore de ces lunules à l'extré- 
mité intérieure delà couche celluleuse septale, là où les cloisons rencon- 
trent l'axe. Celui-ci, en effet, se gorge plus vite que le reste du fruit de 
sucs ligneux ; mais ce tissu ne se confond pas avec celui des appendices 
carpellaires : de là l'existence de trois espaces celluleux, aplatis entre 
l'axe et les loges, et ces espaces forment, sur une coupe transversale, une 
sorte d'enceinte polygonale régulière, ayant autant, ou deux fois autant 
de côtés qu'il y a de loges au fruit ; là doit se faire une séparation ana- 
logue à celle qui a lieu entre les deux moitiés d'une cloison. Il en résulte 
même que, dans certains fruits, on peut, par une traction ménagée, 
détruire ces adhérences cellulaires qui unissent l'axe aux coques, sans 
obtenir que celles-ci se séparent l'une de l'autre. 

Dans les conditions ordinaires, les coques se disjoignent en même 
temps qu'elles abandonnent l'axe ; cette disjonction d'une couche cellu- 
leuse qui existe à presque toute leur périphérie s'étend rapidement de 
proche en proche, quand le fruit est mûr et les cellules desséchées. Il est 
un point où ce tissu n'existe pas, et où l'axe et la portion carpellaire du 
fruit sont néanmoins réunis: je veux paiier delà région dufunicule. Dans 
un Ricin, par exemple, nous avons vu celui-ci complètement indépen- 
dant de la feuille carpellaire ; il joint la graine à l'axe ; il est celluleux, 
il est très court ; il est vasculaire, et conduit les sucs nourriciers de l'axe 
à la chalaze, par l'intermédiaire du raphé. Lorsque la graine est par- 
faite, le raphé se détruit comme la primine; les cellules, les vaisseaux de 
cet organe s'aplatissent, se dessèchent, s'atrophient peu à peu ; la des- 
truction s'étend bientôt au funicule lui-même, qui est de la nature du 
raphé, et il devient un petit cordon inutile, aminci, atrophié, puis il se 
détruit ; une solution de continuité se fait, dans la production de laquelle 
la caroncule joue peut-être un rôle(p.l9i). Dès lors l'axe est séparé, en 
ce point, de la loge; la séparation s'étend dans toute la hauteur, elle s'é- 
tend entre les loges elles-mêmes ; elle se propage même, sur la paroi 
extérieure de celles-ci, entre l'endocarpe et le mésocarpe. 

Les coques, détachées, tombent alors par leur propre poids ; notons 



200 CHAQUE LOGE s'oUVRE. 

bien qu'il u'y a jusqu'ici aucun phénomène de projection élastique. 

Celle-ci appartient en effet à la déhiscence loculicide de chacune des 
loges, que nous allons examiner maintenant. >'ous la supposons consé- 
cutive aux phénomènes que nous venons d'examiner, et cela arrive sou- 
vent; mais il est sous-entendu qu'elle peut arriver immédiatement après 
et paraître même, par conséquent, simultanée. 

11 faut d'abord se bien rappeler ce qu'est une coque de Ricin, par 
exemple, détachée de l'axe. Elle a deux faces internes planes qui consti- 
tuaient chacune la moitié d'une cloison en épaisseur, et une face externe 
convexe qui seule est couverte de la portion correspondante du mésocarpe. 
Cette sorte de^boite est séparable en deux demi-coques juxtaposées, 
réunies suivant une ligne verticale en dehors et selon une ligue également 
verticale en dedans, sauf dans un point rapproché du sommet où il y a 
une ouverture. Rappelons que cette ouverture donnait passage au funi- 
cule, autour duquel s'est froncée la feuille earpellaire, sans pouvoir s'y 
fermer complètement, grâce à la présence du cordon; puis, de ce trou, 
nous avons vu naître une double fente courbe, répondant à l'union de la 
paroi extérieure avec les parois latérales. Cette fente va s'élargir désor- 
mais de plus en plus, en même temps que les deux moitiés de la coque 
se sépareront. 

L'élargissement de cette fente et cette séparation dépendent de la 
nature des fibres qui composent la coque. On ne connaît bien celles-ci 
qu'eu les isolant, sous le microscope; ce sont des fibres linéaires, étroites, 
dirigées perpendiculairement aux deux faces de l'endocarpe. On les dit 
élastiques: voici en quoi consiste cette élasticité. 

Si on les place humides sur le porte-objet, elles demeurent rectilignes 
quelque temps, puis elles se recourbent sur elles-mêmes en se desséchant. 
Si elles étaient courbées, étant humides, elles se redressent d'abord par 
la dessiccation, pour se courber ensuite en sens contraire. Si l'on en 
observe plusieurs réunies, elles cessent, grâce à cette propriété, de de- 
meurer parallèles, en perdant leur humidité ; leurs rapports de position 
changent. On comprend qu'un grand nombre de semblables fibres com- 
posant ainsi une lame commune, sa forme totale doit se modifier, quaud 
les rapports de ces fibres entre elles s'altèrent ainsi. La paroi convexe de 
la coque tend, dans ces circonstances, à se rapprocher de la direction 
plane: ailleurs, à augmenter encore de convexité. Toutefois les fibres ne 
se quittent pas facilement Tune l'autre ; ce n'est pas entre elles que se fait 



DÉHISCENCE AVEC PROJECTION. iJOl 

la séparation; c'est sur la ligne médiane, où se trouve le sillon vertical; 
là en effet, une lunule claire, longtemps visible sur les coupes transver- 
sales des loges du Ricin, montre bien que les fibres ne passent pas d'une 
moitié à l'autre de la coque ; c'est là que la résistance à ce redressement 
des fibres est le moins considérable : c'est là qu'il y a solution de conti- 
nuité, et lorsque le redressement longtemps arrêté se fait subitement, 
au moment précis où est vaincue la résistance, la rupture de la ligne 
médiane se fait brusquement, souvent avec projection de la graine à 
quelque distance. Ailleurs la déformation des fibres se fait en sens con- 
traire; la graine n'a pas été chassée lors de la disjonction; la coque se 
replie sur elle, la presse et la chasse peu à peu en s'enroulant, hors de la 
cavité qui la contenait. Parfois la graine est ainsi tellement emprisonnée 
dans cette sorte de cornet, qu'elle ne peut glisser par la fente élargie 
dont nous avons parlé et reste toujours enveloppée. 

Donc les fibres ont des mouvements d'inflexion ou de redressement 
qui dépendent de la soustraction de l'humidité ; il est facile de le prou- 
ver par l'expérience suivante : Prenez des fruits d'Euphorbiacées encore 
verts et séparez-les de la plante. Placez-les dans une pièce sèche et chaude ; 
ils ne vont plus recevoir de sucs de la plante et perdront peu à peu l'hu- 
midité qu'ils contiennent. Aussi, au bout de quelques heures, les fibres 
de l'endocarpe changeront invinciblement leur direction : le fruit écla- 
tera, quoiqu'il ne soit pas complètement mûr. 

Encore faut-il cependant que l'âge des coques soit assez avancé, pour 
que cette propriété existe déjà dans leur tissu fibreux suffisamment dé- 
veloppé. Il en résulte que, si l'on veut conserver un fruit déhiscent, intact, 
il faut le cueillir très jeune; alors il pourra se dessécher sans s'ouvrir. 

L'énergie de la rupture dépendant de l'intensité de cette propriété des 
fibres, on est presque assuré d'avoir une solution de continuité brusque- 
ment produite, et avec grande force de projection, quand les coques sont 
épaisses et riches en faisceaux fibreux. Ainsi une Euphorbe, un Phyl- 
lantlws, à endocarpe peu épais lancent leurs graines à une petite distance, 
avec une légère crépitation. Un Hura éclate avec une forte détonation 
et les fragments des coques et les graines sont dis^minés au loin. On a 
beau entourer un fruit semblable avec des liens métalliques solides, la 
force de déformation est telle que les valves, sans pouvoir être projetées, 
s'écartent souvent l'une de l'autre là où le lien n'existe pas. Un très bon 
moyen de s'opposer à la déhiscence, c'est de maintenir le fruit dans un 



202 COQUES ADHÉRENTES A l'aXE. 

liquide; il demeure alors intact aussi longtemps que ses portions cellu- 
leuses ne se désagrègent pas. D'où Ton voit qu'à une époque voisine de 
la maturité, ou peut, soit produire l'ouverture du fruit, soit la prévenir, 
ou en soustrayant les liquides, ou en les empêchant de s'échapper. 

Il est des Euphorbiacées dont l'examen démontre clairement l'indé- 
pendance des deux temps que nous venons de distinguer dans la déhis- 
cence. Tels sont les Slillingia sebifera, le Melanolepis gland alosa, quelques 
Alchornea^ Claoxylon, RolUera, etc., chez lesquels la déhiscence loculi- 
cide s'opère, sans que les parties se soient d'abord écartées de l'axe. 
Elles ne s'en peuvent pas séparer, ou ne peuvent le faire que tardivement, 
parce que le funiculeneseromptpas. Dans les plantes dont nous venons 
de parler, notamment dans le Gluttier, il pei'siste, parce que subsistant, 
comme la primine elle-même, au lieu de se flétrir, il se gorge de sucs 
abondants et de tissu ligneux faisant suite à celui de l'axe. Alors le raphé 
ne disparait point, et la graine demeure fortement fixée à la columelle 
par ce funicule (pi. Yll, fig. 29). Son extrémité est comme une sorte de 
bouton, plus large que l'ouverture de l'angle interne de la coque, et 
celle-ci se trouve maintenue, jusqu'au moment où ses deux moitiés .se 
séparent l'une de l'autre. Alors, elles peuvent se dégager, et tombent 
l'une à droite, l'autre à gauche ; mais la graine persiste encore long- 
temps. 

Dans le Uapaca, le phénomène inverse se produit; les coques se sé- 
parent l'une de l'autre par la destruction du tissu charnu qui les unit ; 
mais chacune d'elles forme un noyau qui me semble indéhiscent. Dans 
les Hymenocardia, les deux loges du fruit se séparent très facilement de 
la columelle; si elles s'ouvi'ent ensuite, ce ne peut être que beaucoup 
plus tard. 

La déhiscence des Callitriche, qui semble au premier abord tout à 
fait différente, se rattache eu somme aux règles précédentes. On y décrit 
quatre coques monospermes, se séparant l'une de l'autre ; on doit n'y 
voir que quatre demi-loges. On sait en eiîet qu'il n'y a priraitivemeut, 
dans l'ovaire de cette plante, que deux loges biovulées {pi. XXI, fig. 29) 
et deux feuilles carpellaires d'abord entièrement celluleuses. Bientôt une 
dépression verticale se produit sur le dos de la loge, et une légère saillie 
de sa paroi convexe s'avance entre les deux graines collatérales, comme 
dans le Poranthera {pi. XXV, fig. 1). Mais ici les choses vont plus loin 
encore, et bientôt on a une fausse cloison complète entre les deux graines 



INDUVIES. 203 

d'une même loge: cette cloison devient un double feuillet fibreux, et elle 
se dédouble à la maturité, sans élasticité. H en résulte que chaque graine 
est complètement enveloppée alors dans sa demi-loge et qu'elle n'en peut 
sortir, car il n'y a plus sur la paroi de cetle demi-loge aucune ligne de 
déhiscence; chaque quart de fruit devient une espèce d'achaine, et ses 
parois de droite et de gauche n'ont pas la môme composition dans toute 
leur étendue. 

L'examen du péricarpe nous ayant démontré qu'il n'offre point, dans 
l'ordre des Euphorbiacées, un seul caractère qui soit constant, nous al- 
lons voir qu'il en est absolument de même du fait de la déhiscence ; car, 
outre qu'elle est ordinairement loculicide et septicide, ou simplement 
loculicide, elle peut aussi devenir septifrage. C'est ce qu'on observe dans 
les Pera. Leurs coques ne se séparent qu'incomplètement dans leur por- 
tion convexe ; mais il y a solution de continuité entre celle-ci et les cloisons 
qui sont relativement très minces et très fragiles. C'est par un phéno- 
mène à peu près analogue qu'à l'ovaire triloculaire d'un Pseudanthus 
succède un fruit qui devient uniloculaire, et dont le sommet est occupé 
par les graines dont une seule a pris tout son développement. 



INDUVIES. 

Les fruits des Euphorbiacées sont presque toujours accompagnés du 
calice qui persiste à leur base et y prend souvent une grande consistance. 
Souvent son accroissement s'arrête à partir de l'anthèse, et il est alors 
relativement très petit. C'est ce qu'on observe pour ceux des Euphorbes, 
des Hymenocardia qui entourent encore la base du podogyne, lors de la 
maturité du fruit, mais qui sont entièrement remplis par lui et même 
débordés de beaucoup en ce moment, tandis que, dans la fleur, ils étaient 
à une grande distance du périanthe. Ailleurs môme le périanthe se déve- 
loppe en même temps que le fruit et lui forme toujours une enveloppe à 
peu près complète. Tel est le calice frangé des Tragia, des Adenochlœna, 
de quelques Dalechampia, dont les découpures se prononcent davantage 
et deviennent de plus en plus épaisses et fibreuses. Dans les fleurs fe- 
melles pourvues d'une corolle, celle-ci persiste même souvent à la base 
du fruit avec le calice. C'est ce que nous montrent, entre autres, les 
Briedelia,\es Cluyiia. Dans ces dernières plantes, les pétales durcissent 



20i FLEURS INCLUSES. 

au point de devenir ligneux et en même temps, comme nous l'avons déjà 
dit, leur insertion périgynique se prononce chaque jour davantage. 

Dans quelques fruits, en outre, l'induvie est formée, non par le pé- 
rianthe, mais par la bractée axillante. C'est ce qui arrive dans la plupart 
des Jcalypha. et. en particulier, dans les espèces africaines qu'on a 
appelées Calypirospatha; la bractée se développe tant alors, qu'elle peut 
dépasser de beaucoup le sommet des fruits. Chez les Dalechampia. ce n'est 
plus une seule bractée, mais les deux feuilles transformées de l'involucre 
qui persistent autour du fruit et y conservent même souvent leurs couleurs 
éclatantes. Les fruits qui sont complètement nus sont, on peut le dire, 
une exception dans cet ordre; il y a très peu de calices qui soient caducs 
dans les fleurs femelles. 



TERATOLOGIE. 

Je ne m'aiTêterai point ici à tous les faits anormaux ou accidentels 
que de très nombreuses observations m'ont montrés dans les organes de 
la végétation: ils sont en réalité de fort peu d'importance. Mais je m'oc- 
cuperai de quelques-uns qui se rapportent aux fleurs et aux organes 
sexuels. On sait déjà, par les nombreux exemples qu'en a rapportés 
M. Rœper, que les appendices floraux peuvent être considérablement 
métamorphosés dans les Euphorbes, et qu'on y peut rencontrer des 
fleurs incluses. Des faits semblables ont été constatés dans beaucoup 
d'autres familles végétales. J'ai trouvé une fleur de Tiglium incluse, et 
c'est le réceptac4e floral qui, dans ce cas, s'est allongé en un pédicelle 
central supportant la fleur supérieure. 

L'androcée m'a ofl'ert quelques singularités quant au nombre des 
Ic^es. Ainsi une anthère de Mahea m'en a présenté frois : elle occupait, 
il est vrai, le sommet du réceptacle. La forme des loges varie beaucoup, 
comme nous allons voir, dans les anthères qui se présentent aceiden- 
tellement dans les fleurs femelles: le connectif eu est la portion qui se 
déforme le plus. Parmi les anomalies qu'on obsei-ve dans les filets sta- 
minaux, je citerai celle du Ricin assez fréquemment observée, repré- 



MONOECIE ACCIDENTELLE, 205 

sentée par Turpin et reproduite à tort par quelques auteurs comme 
étant la disposition normale. C'est celle où une des divisions des filets ne 
se termine pas par une anthère, mais porte deux anthères latérales ; de 
façon que celles-ci semblent surmontées d'un connectif aigu {pi. X, 
ficj. 10). Les organes femelles peuvent être le siège de quelques anoma- 
lies remarquables. Ainsi j'ai vu des branches stigmatiques de Ricin porter 
des anthères. J'ai vu un jeune fruit de Ricin à trois loges dont deux sont 
uniovulées, et dont la troisième contient deux graines collatérales et bien 
conformées {pi. X, fig. lik, g) . Ce fait pourrait faire supposer que les 
loges du Ricin sont, dans le principe, biovulées; il n'en est rien. 

Je n'ai pas eu occasion de voir des graines poly-embryonées , 
comme celles qu'ont citées M. De Candolle et Dupetit-Thouars, contenant 
l'une deux plantâtes adhérentes par leurs tigelles, l'autre un plus grand 
nombre. J'ai vu quelques cotylédons accidentellement découpés plus ou 
moins profondément. Les faits anormaux les plus importants à constater 
sont ceux qui se rapportent à la monœcie et k l'hermaphroditisrae acci- 
dentels. 

Les Euphorbiacées dioïques deviennent souvent monoïques et poly- 
games, comme cela arrive d'ailleurs dans tous les ordres de plantes 
diclines analogues. 

Les Péracées sont dioïques, et le Schismatopera distichophylla, Kl., 
l'est si bien que, jusqu'à présent, la fleur femelle n'a pu être observée 
et décrite. J'en ai cependant trouvé une au centre d'une inflorescence 
mâle (Herb. Mus.). Les fleurs y forment une petite cyme, et les mâles 
sont périphériques; le tout est renfermé dans un involucre commun. Le 
pistil de la fleur femelle est assez développé pour qu'on puisse voir qu'il 
a trois loges uniovulées. C'est une raison de plus pour moi de ne consi- 
dérer les Schismatopera que comme une section des Pera proprement 
dits. 

Les Mercuriales sont dioïques. Cependant on en rencontre souvent 
des pieds où se trouvent réunis les fleurs des deux sexes. Le M. amhigua^ 
où cette réunion existe si souvent, paraît même n'être pas une espèce, 
mais plutôt une variété monoïque. Le jardin de la Faculté de médecine 
possédait un grand nombre de pieds de M. perennis qui portaient à la 
fois des fruits mûrs et des tleurs mâles épanouies. La relation ordinaire 
des fleurs des deux sexes n'avait pas disparu dans ces plantes exception- 



206 HERMAPHRODITISME ACCIDE\"T£L. 

Belles: la femelle formait le centre d'un petit glomérale. Le Mosinna 
peltata passe pour être dioïque. et cependant les serres du Muséum pos- 
sèdent des pieds mâles qui donnent assez souvent des fleurs femelles 
centrales. C'est là même que j'ai pu observer le développement de leur 
srvoéeée pi. XHI. /?</. 17. 18\ Les ^paristhmium étant reconnus 
comme dioïques. on en trouve dans les coUeclious des échantillons acci- 
dentellement monoïques. De même. M. Weddell a rapporte des échan- 
tillons de YHermesia castaneifoUa, plante reconnue comme dioïque par 
Kunth, qiu', avec de nombreuses fleurs mâles, contiennent quelques 
femelles toujours situées au centre des petites cymes. Je n'ajouterai à 
ces faits qu'une réflexion pratique : c'est qu'il faut les avoir observés 
pour se convaincre de l'estrême difficulté qu'on éprouve à distinguer 
ces fleurs de sexes différents et de si petite taille lorsqu'elles sont mêlées 
sur une inflorescence commune et incomplètement épanouies. 

Les fleurs unisexuées des Euphorhiacées deviennent fréquemment 
hermaphrodites, et il n'y a guère de type qui n'ait présenté un ou 
plusieurs exemples de l'exisience accidentelle d'étamines eu dehors du 
pistil. 

Les fleurs qui possèdent naturellement un androcée rudimentaire 
sont, plus que toutes les autres, prédestinées à l'hermaphrodilisme acci- 
dentel, parce que les staminodes peuvent y acquérir un développement 
inaccoutumé. Telle est la fleur femelle du Crozophora iincloria [pi. XT, 
fig. 19 ! . Une étamine parfaitement développée se tiouve placée à la base 
de l'ovaire, logée dans le sillon de séparation de deux loges. 

Dans les Suregada. il y a à la base de l'ovaire une collerette d'appen- 
dices étroits, dont la signification m'était inconnue, jusqu'au moment 
où, dai]s deux espèces de l'herbier du Muséum, j'ai trouvé ces languettes 
surmontées d'anthères contenant un pollen bien développé. 

Si l'on pouvait s'attendi'e à ce développement excessif d'une étaminé 
ordinairement rudimentaire dans les plantes précédentes, il n'en est pas 
de même pour les fleurs où les corps glanduleux interposés aux verticiUes 
sont des disques, c'est-à-dire le résultat d'une expansion tardive de l'axe. 
Delà le doute qui a pu accueiUir les observations de Jacquin et de Forsler 
avant décrit, l'un son Phyllanthus longifolius., qui est un Cicca, l'autre 
son Breynia. comme ayant parfois des fleurs hermaphi'odites. 

Toutefois le Philyra brasiliensis étant dépourvu ordinairement de 



HERMAPHRODITISME ACCIDENTEL. 207 

staminodes, peut cependant avoir des étamines gorgées de pollen au pied 
de son gynécée (Herb. mus.). La fleur femelle du Ricin, qui n'a aucun 
appendice au pied de son pistil, possède parfois des étamines extrême- 
ment nombreuses, et j'ai vu un très grand nombre de fleurs présenter 
cette organisation sur le même pied. Le Conceveïba macrophylla Kl. m'a 
présenté une étamine fertile à la base de son ovaire (Herb. mus.), et 
pourtant il n'y a pas normalement de staminodes en ce point. Il y a un 
assez grand nombre de fleurs femelles accompagnées aussi d'anthères 
fertiles dans un échantiflon A' Aparùlhmium de l'herbier de Labillardière 
(Coll. Delessert). 

La plante qui porte, dans les collections de Gaudichaud, le nom de 
Cluytia semperflorens Roxb. écrit de la main même de Wallich, et qui 
n'est pas réellement l'espèce de Roxburgh, présente plusieurs fleurs her- 
maphrodites (Herb. mus.). Une Rottléracée de la collection de M. Lei- 
chard (Herb. mus.), qui ne comporte normalement aucun organe entre 
le calice et le pistil, peut avoir celui-ci entouré d'un très grand nombre 
d'étamines parfaitement développées {pi. XIX, fig. 31). Enfin, j'ai une 
fleur de Mercurialis annua, dont l'ovaire contient des ovules bien consti- 
tués et à la base duquel se trouvent plusieurs étamines fertiles. J'ai publié 
ailleurs le détail de ces observations qu'il suffit de rappeler ici (voy. But. 
Soc. bot., i. IV, p. 692). 

L'examen de tous les faits anormaux dont il vient d'être question, 
m'a conduit à une observation que je rappellerai également. C'est que 
les étamines accidentellement développées peuvent être, dans la fleur 
femelle, au point de vue de la forme, de la position par rapport au 
périanthe et de la direction, ce qu'elles seraient dans la fleur mâle; mais 
que, bien plus souvent encore, la position, la direction et la forme ont 
elles-mêmes subi des modifications importantes. Ainsi : 

Dans le Crozophora tincloria, il n'y a pas un staminode qui normale- 
ment se trouve occuper exactement le fond du siUon interloculaire, 
comme cela a lieu pour l'étamine anormalement fertile de la planche XXV 
{fîg. 19 st). Donc la position relative est ici changée. 

Les étamines du Ricin ont des anthères formées de deux loges glo- 
buleuses, et le sommet du connectif n'atteint pas le haut des loges. 
Dans les étamines anormales de la planche XI {fîg. 5), une des anthères 
est uniloculaire, une autre est surmontée d'un long connectif flexueux en 
forme de panache, ayant plus de dix fois la hauteur de l'anthère [ap). 



208 BEBMAPHBODITISME ACCmEKTEX. 

La plante que Wallich a étiquetée Cluytia semperfloreiis possède à sa 
fleur femelle un calice à sis divisions ; dans uue fleur hermaphrodite, 
trois d'euti^ elles, les iulérieures, ont disparu et sont remplacées par des 
êtamines. Dans la fleur figurée [pi. XI i, dans le sillou de séparation des 
deux loges ovariennes, on trouve une petite anthère presque sessile, à 
deux loges extrorses, séparées en haut par une échancrure (fig. 7 et), 
tandis que, dans la fleur mâle {fig. 6), rétamine normale a un loug filet 
sur le sommet duquel est infléchie Tanthère qui regarde, au contraire, le 
centre de la fleur. De plus le coonectif de l'anthère normale est légère- 
ment apiculé et dépasse le sommet des loges. Doue la direction, la forme, 
le mode d'insertion sont ici tout à fait altérés. 

Une des anthères de la fleur hermaphrodite de Mercuriale, citée plus 
haut, est nsiloculaire, réniforme, insérée au sommet du filet, au Ueu 
d'avoir deux Ic^es latéralement situées ; le nombre de celles-ci est donc 
changé, comme dans une des êtamines du Ricin décrites ci-dessus. 

Le Roulera de M. Leichard [pi. XIX) a les anthères naturellement 
Lntrorses {fig. 29 et 30), et leur conuectif apiculé dépasse le sommet des 
loges. Au coDtraire, dans la fleur femelle devenue accidenteUement her- 
maphrodite, on voit {fig. 31} qne toutes les êtamines ont les anthères 
extrcirses et que le conneclif n'arrive pas jusqu'au niveau du sommet des 
loges qui sont supérieurement séparées par uue échancrure. 

Le Cleisianthus pùlyslachyus, qui n'est autre chose qu'un Briedelia, 
présente d'assez nombreux exemples d'hermaphroditisme accidentel, très 
curieux au point de vue de l'insertion différente des pétales et des êta- 
mines. Le réceptacle formant l'espèce de coupe glanduleuse qui se ren- 
contre chez tous les Briedelia. c'est à la périphérie de celle-ci que sont 
portés les pétales; leur insertion est donc nettement périgyuique. Le 
pistil est, au conti-aire, inséré tout à fait au fond de la coupe, c'est à dire 
sur le sommet organique du réceptacle, qui en devient le point le moins 
élevé. C'est au-dessous de l'ovaire qu'on rencontre assez fréquemment 
une, deux ou trois êtamines fertiles, bien développées, à anthères intror- 
ses, pleines de pollen. L'insertion de ces êtamines est donc hypogynique, 
tandis que celle des pétales est périgyuique ; le réceptacle a, par consé- 
quent, une fonne singuhère qui rappelle, en l'exagérant, celle du ré- 
ceptacle du fraisier; d'abord, il se creuse en coupe, puis il se relève en 
colonne cyhndrique, dans sa portion centrale. 



ORGANES DE LA VÉGÉTATION. 



GERMINATION. 



La germination d'une espèce d'Euphorbe, \'E. plalyphyllaa. été suivie 
par M. Rœper, avec une précieuse exactitude, dans sa remarquable mo- 
nographie, et l'on ne peut, je crois, s'en rapporter à un meilleur guide, 
pour constater les états successifs de la jeune plante. J'ai essayé d'étendre 
les résultats qu'il a obtenus au plus grand nombre possible d'espèces du 
même genre et à quelques genres cultivés dans nos jardins et nos serres, 
notamment à ceux qui ont des graines volumineuses, comme le Ricin, 
VAleuriles et le Cremophyllum. 

Dès que l'humidité pénètre la graine, son albumen commence par se 
gonfler énormément. Sa force d'expansion est si grande alors qu'elle fait 
éclater les enveloppes séminales, non-seulement celles des Euphorbes, 
des Ricins qui ne sont pas très résistantes, mais celles de VAleurites qui 
sont très épaisses et dures comme la pierre. A partir de ce moment, il 
deviendrait complètement impossible de loger l'albumen dans les en- 
veloppes qui ne persistent guère autour de lui quand elles n'en ont pas 
été tout d'abord entièrement détachées, comme cela arrive dans VAleu- 
rites. Je ne crois pas que la caroncule joue un rôle quelconque dans ces 
phénomènes; des graines de Ricin ou d'Euphorbe qui en ont été dé- 
pouillées germent aussi vite que celles où elle a été respectée ; dans 
ce dernier cas, elle se ramollit et tombe en détritus. Les débris du 
testa se séparent en plusieurs morceaux qui n'offrent rien de constant 
pour le nombre, l'égalité, la direction des fissures. Celles-ci sont très 
souvent verticales et s'étendent du haut en bas de la graine ; elles en 
occupent le plus souvent les côtés, mais il y a des exceptions; l'Épurge 
peut offrir trois ou quatre fentes, et dans toutes celles-ci la portion su- 
périeure seule est presque toujours verticalement dirigée; en bas elles 
deviennent plus ou moins obliques et irrégulières. Dans VAleuriles, \q 

14 



210 COLÉORHIZE RUDIMENITAIRE. 

plus souvent il n'y a qu'une feute circulaire unique verticale, à peu près 
bilatérale et à parois ti"ès nettes, comme celles d'une cassure de mi- 
néral. , _ 

La surface extériem'e de l'albumen ne demeure pas toujours lisse ; 
dans Y^Ieuriles, on la voit se gonfler inégalement çà et là. Elle peut 
devenir comme bosselée {pi. XI, fy. 19, «/), Bientôt son tissu perd de 
son opacité ; il devient opalin, translucide vers le sommet micropylaire, 
et, un peu plus tard, sur les côtés. Le sommet s'élève comme un petit 
mamelon ; on voit bien qu'une force agissant de bas en haut le soulève 
graduellement : c'est la radicule qui s'allonge et opère ce soulèvement. 
Bientôt même, le sommet de cette saillie est si clair, qu'on peut prévoir 
une prochaine rupture. En effet, ce sommet éclate, et la radicule pointe 
au dehoi's. Si le micropyle est dirigé en haut, cette radicule s'élève 
d'abord, puis à mesure qu'elle s'allonge, elle se coude, et s'inflécliissant 
à peu près comme la crosse aortique, elle dirige son sommet d'abord 
latéralement, puis tout à fait en bas ; à partir de ce moment, la jeune 
racine descend verticalement dans le sol (pL XI, fig. 19 et 20). 

L'existence d'une coléorhize longtemps atti'ibuée aux seules Mono- 
cotyledones a été reconnue maintenant dans un certain nombre de Dico- 
tylédones. H y a chez les Euphorbiacées une sorte d'ébauche de cet 
organe. Pendant longtemps l'albumen, dans sa pailie supérieure, entoure 
la tigelle d'une sorte d'étui complet d'abord, circulaire {pi. XT, fig. 2 
et 3, col), puis plus tard, dans ÏÂleuriles, un peu déchiré dans le sens 
vertical (^5. 19 et 20). 

La couleur de la plantule a déjà été légèrement modifiée. Blanche 
dans les espèces que j'ai examinera, elle commence à prendre une teinte 
jaunâtre, passant chaque jom° davantage au vert. Cette coloration se 
développe smiout dans les cotylédons, dont les nervm'es deviennent de 
plus en plus saillantes {fig. 3 et 20), de sorte que c'est alore le meilleur 
moment pom* étudier leur disposition. En même temps ou voit poindre 
à la base des cotylédons du Ricin les mamelons latéraux qui deviendront 
plus tard des glandes ipl. X, fig. 1, g). 

On ne peut pas fixer la limite précise qui sépare la i-adicule de la 
tigelle. Celle-ci, outre sa foiine coudée, présente un renflement d'autant 
plus marqué qu'on descend davantage; de manière qu'elle est bien plus 
épaisse à sa base qu'au point où elle sort de l'albumen. La radicule, au 
contraire, représente un cône dirigé en sens contraire. Tant qu'elle est 



DÉVELOPPEMENTS DE LA PLANTULE. 211 

réduite à un petit pivot unique, on voit se développer à sa surface un cer- 
tain nombre de petits poils blancs très doux qui apparaissent de haut en 
bas et qui s'atrophient au bout d'un certain temps. Alors la racine com- 
mence à se ramifier; elle n'est pas destinée à devenir pivotante. Les 
mamelons qui sont l'origine des racines secondaires se montrent 
de haut en bas en séries verticales sur la racine principale {pi. III, 
fig. 29). Dans le Ricin, ces séries sont au nombre de quatre {pi. XI, 
fig. 1 et 4, rs), et les racines secondaires y sont exactement superposées. 
Peu à peu la racine principale se détruit par son extrémité, et bientôt 
les racines secondaires se trouvent tellement rapprochées, qu'on ne 
peut plus distinguer leur origine véritable: dans VAleurites, la base de 
la portion persistante du pivot se renfle légèrement en un petit bourre- 
let circulaire {ftg. 19, co) au-dessus de leur insertion. 

A partir de ce moment, l'extrémité cotylédonaire de la tige com- 
mence à se relever {fig. 1) jusqu'à ce qu'elle devienne tout à fait 
verticale {pi. III, fig. 29). Alors les cotylédons remontent au-dessus du 
sol, ou libres déjà, ou coiffés encore des débris de l'albumen. Quand 
ceux-ci sont tombés, ce qui quelquefois n'arrive pas et amène la mort 
de la jeune plante, on voit les cotylédons s'étaler et devenir horizontaux. 
Dans certaines Euphorbes grasses ou ligneuses, leur base est supportée 
par un gros renflement charnu et napiforme de la tigelle qui s'étend 
même à leur portion pétiolaire {pi. II, fig. Ih). A mesure que les coty- 
lédons se déplissent, car leur accroissement plus considérable que celui 
des parties environnantes les avait forcé de se rider {pi. XI, fig. 1, eot), 
on voit la gemmule s'élever ; on distingue ses feuilles équitantes ou im- 
briquées se dégageant l'une de l'autre, et l'on remarque déjà que chez 
celles qui auront des stipules, ces organes sont très grands {pi. HI, 
fig. 30, si); on y voit aussi des stipelles quand il doit y en avoir (//), 
égales d'abord au lobe médian du limbe, mais s'arrètant vite dans leur 
accroissement. 

Les cotylédons sont à peu près opposés; les deux feuilles suivantes le 
sont à peu près, que les autres doivent être ou non alternes ; dans le 
premier cas, l'alternance devient très prononcée pour la paire de feuilles 
suivante. La persistance des cotylédons devenus membraneux peut être 
telle qu'on la retrouve souvent dans les Mercuriales levées au printemps, 
lorsqu'elles meurent à l'époque des gelées. 
Lorsqu'un Ricin commence à lever, on n'a qu'à pincer sa gemmule 



212 TIGES DES EUPHORBES. 

pour faire produire à l'axe un bourgeon dans Taisselle de chai:[ue coîv- 
lédon: chacun de ceuxH?i se développe en un rameau, et la tije est 
hifurquée dès l'origine. Dans la Mercuriale annuelle, cette production 
de bourgeons à l'aisselle des cotylédons est spontanée : eUe se rencontre 
dans un très grand nombre de jeunes plantes, et souvent même il se 
développe en ce point, non des bourgeons à feuilles, mais des bourgeons 
à fleurs qui suivent leur entière évolution. 

DES AXES ASCE>DA?hT ET DESCENDANT. 

Dans l'embryon, les axes descendant et ascendant des Euptiorbiacées 

sont toujours représentés par un petit organe cylindro-conique. Plus 
tard, des modifications considérables y surviennent, qui n'ont guère 
d'importance pour la classification, car elles varient extrêmement chez 
des plantes d'ailleurs très voisines. Aussi n'établirai-je jamais de coupes 
génériques fondées sur ces caractères des axes. 

Sous ce rapport, les Euphorbes sont sans doute ce qu'il y a de plus 
remarquable. A côté d'une petite espèce annuelle, herbacée, qui périt 
après quelques mois de végétation, on en rencontre une autre qui fait 
souche par la partie souterraine de sa tige, et qui ne périt à l'hiver que 
dans sa portion aérienne : la base, au contraire, devient un rhizome 
blanchâtre ou rougeàtre chargé d'écaillés qui représentent les feuilles, et 
à l'aisselle de celles-ci un certain nombre de bourgeons se développent 
qui, au printemps, sortent de terre et forment de grosses pousses demi- 
charnues \^E. palustrisj. Bientôt les écailles deviennent de véritables 
feuilles, et chaque rameau finit par fleimr. puis disparaît pendant que sa 
portion souterraine développe de nouveaux bom'geons pour l'année sui- 
vante. D'autres espèces sont vivaces d'une autre hcon. car une portion 
des rameaux persiste plusieurs années au dehors. Enfin beaucoup de- 
viennent ligneuses : ce sont des arbrisseaux, des arbustes atteignant une 
assez grande taille, comme le Poimettia dans nos serres, ou il acquiert 
une tige et des rameaux parfaitement ligneux. LE. Miiii est dans le 
même cas; mais il a, comme plusieurs espèces voisines, des branches 
couvertes d'épines acérées, souvent dépourvues de feuilles, émettant a 
une certaine époque quelques rosettes d'un vert éclatant et des inflores- 
cences aux bractées colorées. Les rameaux sont plus herbacés dans 



TIGES DES PHYLLANTHUS. 213 

VE. phyllanilioides, mais ligneux clans leurs parties profondes, et aplatis 
comme ceux d'un Epiphyllum. Ailleurs ils s'arrondissent comme chez 
les Rhipsalis, s'échancrent et deviennent anguleux comme dans les 
Cereus, ou se contractent en boule comme ceux des Mamillaria. La 
ressemblance avec ces diverses Cactées apparaîtra mieux encore si 
l'on se figure ces plantes charnues couvertes de nombreuses épines dont 
l'origine est d'ailleurs variable, ainsi que nous aurons lieu de le con- 
stater. 

Les mêmes modifications se retrouvent à peu près dans l'immense 
groupe des Phyllantfms. A côté d'une petite tige herbacée de Niruri ou 
de celle du P. fluctans qui rampe en émettant ses racines adventives 
sur les rivages inondés, nous observons les petites espèces australiennes 
dont le rhizome noueux s'étend horizontalement sous le sol, portant un 
grand nombre de petits rameaux verticaux chargés de feuilles et de 
fleurs. Près d'elles se dresse le tronc arrondi et ligneux d'un P. grandi- 
fîorus assez semblable aux arbustes de nos pays, et plus loin celui des 
Xylophylla qui, ayant les mêmes fleurs que les plantes précédentes, ne 
méritent pas d'en être séparés génériquement, mais qui, depuis long- 
temps, ont frappé tous les yeux par l'apparence foliacée de leurs 
rameaux. 

Telle est cette apparence, que les botanistes n'y ont vu, pendant long- 
temps, que des feuilles se chargeant anormalement de fleurs et de fruits. 
Il est vrai que certaines modifications intermédiaires entre la forme 
arrondie et la forme aplatie avaient de bonne heure montré que les 
rameaux véritables pouvaient ainsi graduellement se déformer, sans 
perdre leur nature axile. Mais la féconde loi qui refuse à tout appendice 
la faculté de porter normalement d'autres appendices, et n'accorde ce 
rôle qu'aux organes de nature axile, n'avait pas encore été formulée dans 
son entière rigueur. Aujourd'hui elle a ramené la nature des rameaux 
aplatis de Xylophylla à celle de tous les rameaux arrondis des autres 
Phyllantlius. 

Les premières portions asiles d'un Xylophyllase rapprochent plus que 
les autres de la forme arrondie ; elles portent de petites feuilles écail- 
leuses, et à l'aisselle de celles-ci se développent des bourgeons. Mais bien- 
tôt ces bourgeons ne sont pas uniques dans l'aisselle de chaque feuille; 
il y en a deux qui sont superposés et beaucoup plus rarement davantage. 
L'un de ces bourgeons, l'inférieur, se développe alors en un rameau aplati ; 



21i TIGES DES XrLOPHTLLA. 

l'autre conserve longtemps sa forme arrondie et, le plus souvent, il s" ar- 
rête très longtemps dans sou développemeut. Ou trouve doue, à partir 
d'une certaine hauteur, sur un pied de Xyhphylla., un rameau aplati, et, 
au-dessus de lui, un bourgeon ; ce qui pourrait le faire prendre pour 
une feuille, si Ton n'observait en même temps, au-dessous de sa base, 
ou une écaille, ou la cicatrice arquée qui eu représente l'insertion. Il ne 
faut pas toutefois croire que la présence de deux bourgeons superposés 
soit la cause de l'aplatissement du rameau ; car, daus les vrais Phyllan- 
thus, on peut rencontrer aussi deux bourgeons qui se superposent, et l'in- 
férieur se développe cependant en un rameau cylindrique. 

H n'est pas constant d'ailleurs que ce soit le bourgeon inférieur qui se 
développe en un rameau aplati. Mais, quelle que soit l'origine de celui-ci, 
il oiïi'e une nervation spéciale qui pourrait aussi tendre à le faire con- 
fondre avec une feuille ; il porte une sorte de nervure médiane, de laquelle 
paiient obliquement, à droite et à gauche, des nervures secondaires pa- 
rallèles (p/. XXII, fig. 15). 11 faut noter que la même disposition des 
faisceaux cauliuaii'es a heu dans les Phylïanihus à rameaux arroudis 
dont les feuilles sont distiques. Ici, de même, les feuilles représentées 
par de petites écailles sont disposées sur deux lignes du rameau, qui 
sont minces, saillantes et représentent les bords de cet organe foliiforme. 
Ce bord , au niveau de Texti'émité de chacun des faisceaux divergents, 
présente une sailhe anguleuse ou coussinet ipl. XXII, fig. 15 et 16 c), et 
c'est de celui-ci que naît une feuille accompagnée de ses deux stipules 
(/■et si), k l'aisseUe de cette feuille qui est représentée par une écaille, 
naît un bourseou, mais c'est normalement un bom'sreon à fleurs. Il en 
est de même dans un Phylïanihus à rameaux aiToudis : à l'aisselle des 
feuilles uaissent des cymes de fleurs sur les rameaux secondaires. Sur la 
tige principale, où se trouvent des bourgeons superposés à l'aisselle des 
appendices, on voit, au contraire, naître des bourgeous à feuilles qui se 
développent en rameaux. 

Tandis que, dans le Xylophylla. c'est un axe aplati qui porte les fleurs, 
et un axe arrondi les rameaux, ou voit les Petahdiscus présenter une 
défoi'matiou analogue au niveau des inflorescences, quoique d'ailleurs 
moins marquée, taudis qu' un peu plus bas, le même rameau était arrondi, 
dans la portion où il ne portait que des feuilles. Ainsi, dans le P. pla- 
iyrachys, un axe est d'abord rend; il porte des feuilles alternes bien dé- 
veloppées à sa base, puis il s'aplatit à sou sommet, et, dans ce point, 



TIGES VOLUBILES, ETC. 215 

il ne porte plus que des bractées. A l'aisselle de celles-ci sont des bour- 
geons floraux qui se développent en petites cymes. 

D'ailleurs ces formes ne constituent parmi les Euphorbiacées que 
d'assez rares exceptions. Généralement les rameaux sont cylindriques, 
lisses, sans caractères spéciaux extérieurs. Leur diamètre n'est pas fré- 
quemment considérable; on ne cite que les Richeria, les Aleurites, les 
Hura, etc., comme constituant de grands arbres ; le nombre des arbris- 
seaux et des sous-arbrisseaux est, au contraire, considérable. Parfois les 
rameaux sont dressés, disposés en faisceaux, très rarement dichotomes, 
ce qui résulte du petit nombre d'espèces à feuilles opposées, en dehors 
du genre Euphorbe. Ailleurs, les tiges sont sarmenteuses, comme dans 
les Mabea, les Fragariopsis, où elles commencent à s'appuyer sur les 
autres arbres. Plus loin, nous avons des tiges grimpantes et tout à fait 
Yolubiles, car je ne connais point d'organes spéciaux tels que les vrilles 
ou les crampons qui attachent jamais ces plantes aux autres végétaux ; 
elles ne se maintiennent que par l'enroulement de leurs tiges. C'est ce qui 
arrive chez la plupart des Tragia et des Dalechampia, mais non dans 
toutes leurs espèces; dans les Bia, les Leptorachys, les Sajor, et dans les 
genres Clenomeria, Lassia, Zuckertia et Plati/gyne. L'écorce est lisse, 
d'ordinaire, rarement fendillée et subéreuse, comme dans le Cascarille 
eile Croton suberosus. Rarement les poils que portent les tiges deviennent 
de rudes aiguillons, comme dans plusieurs Caperonia. Le boisn'a guère 
de qualités spéciales, que sa dureté dans certaines espèces, comme les 
Securinega, les Lithoxylon, et je ne connais qu'un genre où l'on ait si- 
gnalé des tiges à cavité centrale, comme dans les Mabea. Nous voyons 
bien nos Euphorbes présenter quelquefois un retrait de leur moelle dans 
leur portion centrale ; mais on retrouve vers la périphéine le tissu de celle- 
ci, ou circulairement disposée, ou envoyant des expansions en forme de 
croix on d'étoile entre les faisceaux ligneux proprement dits. 

Les racines ne présentent rien de particulier, dans la plupart des gen- 
res, à partir de l'époque où le pivot se détruit pour faire place aux racines 
secondaires et à leurs ramifications. Dans les cas où les tiges ont une 
portion souterraine, celle-ci peut porter des racines adventives ; mais ces 
dernières sont très rares dans les parties aériennes de la plante. Les ra- 
meaux couchés du Dysopsis, de quelques Euphorbes, peuvent cependant 
en présenter de nombreuses. Un Phyllanthus aquatique de la collection 
de M. Spruce ( P. flucians ) en porte également un certain nombre, mais 



216 POSITION DES FECILLES. 

de semblables faits se rencontrent très rarement parmi les Eupborbiacées. 
Les ]\Iauiocs sont remarquables par leurs racines gonflées, feculeutes, si 
employées dans raliraentation des pays cbauds. Quoique malheureuse- 
ment je D"aie pu étudier le développement de ces masses charnues. d"après 
les descriptions et les dessins qu"ou en peut rencontrer, il paraît que les 
racines secondaires se transforment ainsi en réservoirs de matière amv- 
lacée. Quant à la racine principale, ou ne peut affirmer qu'elle participe 
à cette transformation, niais souvent aussi on la représente comme dé- 
truite un peu au-dessous du collet. 

Ce serait au contraire le pivot qui deviendrait charnu dans VE. tube- 
rosa, si. du moins, l'oa s'en rapporte à la forme que nous présentent les 
échantillons d'herbier, d'une masse unique épaisse surmontée d'une tige 
srèle et ressemblant assez a celle d'une carotte. Il faudrait être certain 
que cette portion renflée ne porte pas de feuilles à un certain âge. comme 
les rhizomes de nos Eupborlies vivaee. Le même doute existe pour 
YE. npios L. et sa grosse base napiforme. ainsi qwpnw YE. sphœror- 
/n'raBenth. et YE. rfliïïa?^' Bentb.. qui présentent aussi de ces masses 
renflées. 

FEUILLES. 

-4. Les feuilles des Euph-rbiacées sont presque toujours alternes et. 
d'ailleure, l'examen du seul genre Euphorbe montre combien ce carac- 
tère est de peu d'importance: car elles y sont tantôt alternes, tantôt op- 
posées, tantôt verticillées. En dehors de ce genre, l'opposition est très 
rare; elle se rencontre dans \e Ceratophorus. lePlagianthera. le Baloghia. 
Daas les Mischodon, les feuilles sont très rapprochées l'une de l'autre au 
sommet des rameaux; elles y pai'aissent opposées on même verticillées. 
si elles ne le sont pas réellement. 

Dans YAgyneia impubes, il est bien certain qu'elles sont alternes ; 
cependant les insertions se rapprochent tellement, vers les sommités des 
jeuoes rameaux. qu'i'U les croirait t'ppL'sees. Ad. de Jussieu a décrit le 
M enarda comme avant les feuilles ici oppos^jes. la alternes. 11 en est de 
même dn Blachia: sur tel rameau, on les trouvera complètement oppo- 
sées, sur tel autre, alternes. >"os Mercuriales ont les feuilles opposées, ce 
qui. joint aux cas d'opposition que nous présentent plusieurs de nos 
Euphorbe*; peut porter à croire que cette disposition est la règle. Cela 



FORMES DES FEUILLES. 217 

n'est vrai que pour les Euphorbiacées indigènes; la relation change pour 
les genres exotiques. Il faut aussi remarquer que les feuilles opposées 
ne le sont pas toujours nettement sur les Mercuriales et les Euphorbes, 
lors de leur apparition ; elles ne se montrent pas forcément tout à fait en 
face l'une de l'autre sur l'axe. 

B. Il n'y a guère d'Euphorbiacée vraiment apInjUe. Les Xylophylla 
ont des feuilles bistipulées, si petites qu'elles soient [pL Wlhfig. 15, 16). 
Nous verrons que les Euphorbes à tige charnue sont pourvues d'épines 
qui représentent des rameaux dans certaines espèces, et portent de très 
petites écailles représentant les feuilles {pi. I, fig. 32). Certaines autres 
sont la plupart du temps dépourvues de feuilles, et celles-ci n'apparais- 
sent que pendant une période très courte; mais on retrouve toujours sur 
la tige une cicatrice répondant à leur insertion. Quelquefois mênie une 
portion de la base de cette feuille persiste sur la tige et devient un petit 
mamelon dur et ligneux. Ailleurs encore, c'est un double mamelon qui 
représente cette portion pétiolaire de la feuille; de sorte que, pourvu 
que les stipules persistent et durcissent aussi, on peut alors avoir, en un 
môme point correspondant à une insertion foliaire, quatre petites saillies 
rigides et piquantes, ainsi que nous le verrons en parlant des épines. 

C. Je n'ai pas à décrire ici les formes si variées que peut affecter le 
limbe des feuilles, parce que cette description se rapportera à celle des 
genres ou des espèces. Mais le peu de constance de cette forme, dans la 
plupart des types, se trouve démontrée par les cas nombreux de poly- 
morphisme des feuilles d'un seul genre et même d'une espèce donnée. 
Ainsi, quand on fait germer un Elœococca ou un Jleuriles, on voit ap- 
paraître d'abord, après les cotylédons, de petites feuilles simples, en- 
tières, étroites, aiguës; puis elles s'échancrent latéralement d'un côté 
ou des deux, s'élargissent en même temps, et deviennent bi- ou trilobées; 
chaque lobe peut lui-même se découper ; de sorte qu'il y a tel rameau 
à'Âleurites où il n'y a pas deux feuilles semblables de forme. D'une espèce 
à l'autre, la différence est plus grande encore; il y a des feuilles étroites, 
aciculaires, mucronées, linéaires; d'autres très larges, étalées; d'autres 
sont peltées ; les unes sont entières, les autres plus ou moins profondément 
découpées. Ce sont des caractères sur lesquels nous ne fonderons aucune 
coupe générique. 



218 NERVATION DES FEUILLES. 

D. La nervation des feuilles n'a guère d'importance pour la classifioa- 
tion; parce qu'elle varie d'une espèce à l'autre dans des genres d'ailleurs 
très naturels, et qu'elle est au contraire identique dans des genres très 
différents. Le seul genre Dalechampia nous eu offrirait un exemple con- 
vaincaut. Tantôt ses feuilles sont simplement penuinerves, et les fines 
ramifications des nervures constituent un réseau assez irrégulier; tantôt, 
au contraire, la nervation est de celles qu'on appelle apicilaire, quant 
aux nervures secondaires et la direction des nervures tertiaires est trans- 
versale, ainsi que celles des ordres successifs; de sorte que l'ensemble 
des surfaces parenchymateuses limitées par ces nervures est formé de 
petits carrés ou rectangles {pi. TV. fîg. 1). 

L'étude des nervations a été le sujet d'un travail spécial de M. d'Ettiug- 
hausen (1), qui y reconnaît sept modes d'agencement des nervures 
dans les feuilles qui passent pour simples. 

1° Tantôt les nervures sont, dit-il, perdues dans le tissu, de sorte que 
les secondaires manquent où se montrent à peine {Nervatio hijphodroma)) 

2° La nervation est rayonnée ; deux ou plusieurs nervures basilaires 
partent de la base du limbe et se dirigent vers les sommets des segments 
de la feuille {N. aclinodroma); 

3" La nervation est réticulée, les nervures secondaires passant à un 
réseau délicat après un trajet court et plus ou moins rectiligne (lY. dictyo- 
droma) ; 

II" Les nervures sont entrelacées (.Y. brochidroma):i 

5° Nervation arquée. Les nervures secondaires qui naissent loin l'une 
de l'autre, se courbent en arc lorsqu'elles approchent des bords pour 
s'unir avec la nervure antérieure du même côté (/Y. camptodroma) ; 

6° Deux ou un plus grand nombre de nervures secondaires partent de 
la base de la feuille pour arriver à son sommet, entre les bords et la 
nervure médiane (/Y. acrodroma^ : 

7" Les nervures secondaires rapprochées se portent eu ligue droite 
ou en arcs vers le bord où elles se terminent (lY. craspedodroma). 

D est facile de voir que toutes ces nervations se rapportent à deux seu- 
lement. Dans la première, les nervures secondaires étant penuinerves, 
portent des nervures d'ordres successifs qui se ramifient plus ou moins 
vite; mais, dans tous les cas, les nervures secondaires ont à peu près 

(l) Comptes rendus de V Académie des sciences de Vienne, li54, t. XII, p. 138. 



NERVATION DES FEUILLES. 219 

le même développement à toutes les hauteurs de la nervure principale. 
Dans la seconde, au contraire, les nervures secondaires de la base du 
limbe se développent beaucoup plus que les autres, et la nervation, de 
purement penninerviée qu'elle serait, devient sub-digitinerviée. C'est 
ainsi qu'elle peut être à la base tripli-ou quintuplinerviée, par exemple, 
suivant que deux ou quatre nervures secondaires prennent un grand dé- 
veloppement relatif. Il suffit de se rappeler que la nervation digitée, 
qu'on observe dans ce cas, dérive en somme de lapenninerve, pour expli- 
quer les mots dont je me servirai souvent dans les descriptions de sub- 
tripli-, sub-quintuplinerve, etc. 

Cette modification delà disposition pennée des nervures n'a d'impor- 
tance qu'en ce sens qu'elle influe sur la forme du limbe. Alors qu'une 
feuille est tripli- ou quintuplinerviée à sa base, quand bien même elle 
est entière, on conçoit qu'elle deviendra facilement, suivant les variations 
d'énergie de la végétation, tri- ou quinquélobée à différentes hauteurs d'un 
même rameau ; et c'est ce qui explique la polymorphie de certaines 
feuilles, comme celles des Alewites, des Roulera, des Melanole- 
pis, etc., etc. 

La nervation dite plus haut acrodrome et la camptodrome , qui passent 
d'ailleurs facilement à la brochidrome, donnent à quelques feuilles l'ap- 
parence de celles des Mélastomées ou des Urticées, disposition nervaire 
sur laquelle M. Weddell a insisté dans sa Monographie. Quant à la ner- 
vation actinodronie, qui implique le plus souvent la découpure des feuilles, 
elle est, avec X acrodrome, remarquable par la disposition qu'elle entraîne 
dans les nervures tertiaires, quaternaires, etc., assez caractéristique du 
grand groupe des Rottlérées. C'est elle qu'on retrouve et à laquelle il a 
été fait allusion ci-dessus dans quelques Jcalypha, Dalechampia, etc., 
et où les nervures de troisième, quatrième ordre, etc., forment de petites 
figures rectangulaires, donnant à la physionomie de la feuille quelque 
chose de spécial. 

Dans les feuilles cotylédonaires, c'est la nervation sub-triplinerve qui 
domine. Cependant il y a souvent si peu de différence entre les nervures 
secondaires successives quanta leur développement, que leur disposition 
est souvent aussi purement pennée. Une anomalie assez fréquente dans 
ces feuilles cotylédonaires, c'est que la nervure principale, au lieu de se 
continuer jusqu'à l'extrémité du limbe en émettant des divisions secon- 
daires à droite et à gauche, se partage, avant le sommet de la feuille, en 



220 FEUILLES SEMPLES ET CCmPOSÊSS. 

deux branches égales divergeant comme les bras d'mi V. La conséquence 
en est souvent, dans la Mercuriale par exemple, que le parenchvnie 
manquant dans l'intervalle de ces deux branches, le sommet du cotylé- 
don se trouve plus ou moins profondément échaneré. 

E. LesfeuillesdêsEuphorbiacéessont généralement *ini//Ze«. et lorsqu'on 
rencontre des feuilles composées, on est si peu disposé à songer qu'elles 
peuvent appartenir à ce groupe, que plusieurs genres mal étudiés en ont 
été séparés, jusqu'à ces derniers temps, pour cette seule raison. Ce ca- 
ractère n'a cependant pas grande valeur, car il varie dans un mêmegenre, 
d'une espèce à Tautre; de sorte que c'est tout an plus s'il peut servir à 
instituer des coupes génériques. Les Anda sont connus depuis longtemps 
pour avoir des feuilles composées à un nombre variable de lobes. D'après ce 
çpi'on verra f p. 225) , les Caleiia seraient, selon nous, dans le même cas, 
avec cette différence que les lobes, pédic-eUés dans VAnda, deviendraient 
sessiles dans le Caleiia. En réalité, il y a dans cet ordre, et même dans 
un seul genre de cet ordre, le genre Jatropha, tous les intermédiaires 
entre la feuille simple et la feuille composée. Le J. offSeitialis a.\es feuilles 
simples et presque entières. A peine si leurs bords sont finement ciliés. 
Dans le J. acuminata, les découpures sont plus profondes ; ce sont des 
dents ou des crénelures; mais la nervation en est pennée: elle devient 
digitée dans d'autres espèces, ainsi que nous le verroiK tout à l'heure. 
En même temps, la feuiUe se montre lobée, et les lobes, au nombre de 
trois, de cinq, plus ou moins profonds, nous amènent par tontes les gra- 
dations aux languettes nombreuses, étroites, digitées, que nous rencon- 
trons dans celle du J. multifida. C'est à peine s'il reste, dans certains 
échantillons, un peu de parenchyme au fond des angles profonds qui 
séparent les lobes, et cela nous conduit enfin à la feuille véritablement 
composée-digitée de Y Anda, d'ailleurs si voisin des /«rfrqpAa. partons 
les caractères essentiels tirés de la fleur. 

Ce que nous venons de dire pour les Jatropha est paiement vrai pour 
les Manikof, et il suffit pour s'en convaincre de parcourir la série des 
espèces représentées dans l'ouvrage de Pohl, en y ajoutant la faiille du 
M. strida qui est parfaitement simple et entière. Mais, sons ce rapport, 
il vaut mieux encore recourir à ce qui sera dit tout à l'heure des stipelles 
et de leur véritable origine. Nous verpiins ainsi que certains Croton ont 
des feuilles simples qui pourraient passer pour de vraies feuilles compo- 



FEUILLES INSTMÉTRIQUES. 2âl 

sées, et que le Cremophyllum est un vrai Dalechampia, quoique l'un ait 
des feuilles simples, au premier abord, et que beaucoup d'espèces du 
dernier genre soient connues comme les ayant composées. 

Enfln, en parlant des poils composés et glanduleux qu'on observe sur 
certaines feuilles, nous verrons tout à l'heure qu'ils en représentent par- 
fois les lobes ou les stipules. 

F. V irrégularité des feuilles d'un grand nombre de genres, pour être 
un fait peu prononcé dans la plupart, n'en est pas moins incontestable, 
surtout dans ceux qui ont des loges ovariennes biovulées. Elle consiste en 
ceci : que leurs deux moitiés ne sont pas superposables. La cause de l'ir- 
régularité est une déformation qui suit une marche constante : dans l'une 
des moitiés de la feuille, la base s'accroît beaucoup plus que le sommet 
qui demeure relativement étroit et aigu, tandis que, dans l'autre moitié, 
c'est la base qui est rétrécie et le sommet élargi. Si l'on considère une 
feuille de Scepasma [pi. XXV, fig. 16), on verra que cette déformation 
s'équilibre assez dans les deux moitiés de l'organe, pour que, à défaut 
d'égalité, les deux moitiés soient à peu près symétriques, dans le sens où 
l'entendent les géomètres. Ainsi, le limbe prend à peu près la forme d'un 
parallélogramme. Mais le plus souvent, il y a à la fois inégalité et insy- 
métrie. Beaucoup d'Euphorbes réunies dans la section 74nuojo%//Mm(p/.I, 
fig, 30), des Phyllanthus , Kirganelia, Glochidion, Melanolepis, etc., 
nous en fournissent des exemples. Chez quelques Cyclostemon, la portion 
basilaire d'une des moitiés s'étend tellement, qu'elle forme de ce côté 
une sorte d'auricule. Or, il est assez remarquable que, dans un même 
groupe naturel, cette déformation suive souvent une sorte de loi et ne 
varie pas d'une feuille à l'autre. Le côté de la feuille qui est élargi infé- 
rieurement et rétréci au sommet sera toujours le même, par rapport au 
rameau, dans un ordre donné, et il pourra, au contraire, changer en 
passant d'un ordre à l'autre. M. Weddell l'avait remarqué, à propos de 
ses belles recherches sur les Urticées. Dans les Aurantiacées, on pourra 
voir que ce côté est toujours celui qui est situé entre la nervure médiane 
de la feuille et le rameau; il en sera de même dans les Euphorbiacées, et 
je ne connais pas d'exceptions à cette loi, autres que les déformations de 
nature morbide. Chez les Urticées, M. Weddell a vu qu'au contraire la 
moitié élargie inférieurement n'est pas tournée du côté du rameau, non 
plus que dans les Bégoniacées, etc. 



222 TRANSFORMATION DES FEUILLES. 



BRACTEES. 



Les feuilles se transforment ici, comme ailleurs, en bractées vers le 
sommet des rameaux. Aussi, nous verrons que la plupart des caractères 
des premières se retrouvent dans les dernières. Dans les Poranthera, il 
n'y a d'autre différence entre les feuilles et les bractées que la taille ; vers 
le sommet des branches, les feuilles à l'aisselle desquelles vont se déve- 
lopper des fleurs deviennent simplement plus petites, mais ne changent 
ni de forme, ni de coloration. C'est pourquoi il est assez difficile de dire 
si l'on a ici une inflorescence en grappe ou en corymbe terminal, ou bien 
de petites inflorescences axillaires; le plus souvent les premières fleurs 
sont à l'aisselle de véritables feuilles. Dans la plupart des Euphorbes, les 
transformations sont graduelles; les feuilles découpées, lobées, dans cer- 
taines d'entre elles, notamment dans le Poinsellia, deviennent étroites, 
entières, et, de plus, passent de la teinte verte à une superbe coloration 
écarlate. Ailleurs, comme dans VE. corollata et nombre d'autres espèces, 
ces bractées sont d'un blanc éclatant : ailleurs encore, d'une teinte jau- 
nâtre. C'est ce qu'on voit dans quelques espèces indigènes où, de plus, 
les bractées qui forment ce qu'on a appelé l'involucelle sont parfois plus 
larges que les foholes sous-jacentes qui sont étirées et aiguës. Enfin, la 
forme peut tellement varier, en passant des feuilles aux bractées, qu'on 
aurait bien de la peine, si l'on n'avait qu'une sommité de tige d'un Om- 
phalea, à reconnaître, dans les longues et étroites lanières colorées que 
forment les bractées { ja/. YII, fig. 1 br), les feuilles épaisses, réticulées, 
très larges, arrondies ou ovales. 

La consistance et l'épaisseur ont donc beaucoup changé dans ces brac- 
tées. C'est la seule transformation qu'elles présenteut, dans certains Da- 
lechampia et notamment dans le Cremophyllum , car elles y demeurent 
vertes; mais, dans d'autres espèces, les folioles de ce qu'on appelle l'in- 
volucre off'rent des teintes qui. sur les plantes fraîches, doivent être fort 
vives, rappellent les bractées colorées du Bougainvillea et, de plus, sont 
veinées de nervures plus foncées formant un élégant dessin. Il peut être 
de quelque intérêt de noter qu'ici il ne s'agit pas, comme dans la plupart 
des feuifles colorées, de lames pleines de parenchyme vert, tapissé d'un 
épiderme chargé de la matière colorante ; celle-ci n'est pas seulement 



BRACTÉES ET STIPULES. 223 

superficielle clans les espèces que j'ai eu occasion d'examiner, notamment 
dans le Poinsetlia. 

L'extrême analogie des bractées avec les feuilles nous fait comprendre 
qu'elles puissent porter, comme celles-ci, des poils, des glandes sembla- 
bles, être accompagnées de stipules, de stipelles, et qu'elles puissent per- 
sister autour des inflorescences et des fruits; de là l'origine de certains 
involucresdont nous avons parlé, notamment de ceux qui se développent 
extrêmement après la floraison, comme ceux d'un grand nombre ù'Aca- 
lypha (p. 20Zi). 

Quelques bractées présentent cette particularité, qu'elles sont plus ou 
moins soudées et soulevées avec les organes qui sont situés à leur ais- 
selle ; ainsi celles des Mabea avec l'axe secondaire de l'inflorescence qui 
semble alors les porter {pi. XIH, fig. 19 b); ce phénomène n'existe pas 
cependant dans toutes les espèces ; ainsi encore celles des CoUiguaja, 
qui portent à l'âge adulte sur leur face supérieure, et à une certaine 
dist5.nce du rameau, les fleurs nues qui se sont développées à leur aisselle, 
à peu près comme cela arrive dans les Helwingia {pi. VII, fig. 11). 

STIPULES. 

On ne peut guère accorder de valeur à la présence ou à l'absence des 
stipules, chez les Euphorbiacées, parce qu'elles peuvent tantôt exister, 
tantôt manquer, et cela dans un même genre, d'ailleurs très naturel. 
Ainsi un très grand nombre d'Euphorbes exotiques ont des stipules ; nos 
espèces indigènes en sont presque toutes dépourvues. Quand nous ren- 
controns des stipules, avec des feuilles opposées, nous avons ordinairement 
deux stipules distinctes dans chaque espace interfoliaire {pi. I, fig. 29 si), 
mais on peut observer quelquefois, sur un môme pied, certaines stipules 
qui se sont confondues par paires, pour n'en plus former qu'une seule, 
comme cela arrive chez les Rubiacées et dans tant d'autres plantes 
(fig. 30 si). Cette soudure des stipules se rencontre aussi avec des feuilles 
alternes, et alors ce sont les deux stipules d'une même feuille qui se 
confondent, comme il est facile de l'observer dans les Ricins. Au premier 
abord, ceux-ci semblent n'avoir, autour de chaque feuille^ qu'une seule 
stipule, laquelle forme un grand sac membraneux enveloppant toute la 
portion supérieure du jeune bourgeon. Mais quand on suit le développe- 



224 TRANSFORMATION DES STIPULES. 

ment de Toi^aDe, on Toit qu'au premier âge, il y a deus mamelons sti- 
pulaires, dont un de chaque côté du pétiole, et que ceux-ci ne se réunis- 
sent qu'ultérieurement. H peut même arriver qu'ils demeurent indépen- 
dants l'un de l'autre, sinon dans toute leur étendue [pi. ^. fig. h), du 
moins vers leur sommet et l'on peut obsei^er, sur un très grand nombre 
de ces stipules, deui petites dents terminales qui, avec la nen'ation, 
témoignent assez de leur double origine (fg. o). Tel est aussi le cas des 
Gehnium auxquels on a décrit une seule stipule « interpétiolaire. » 11 y 
a, en réalité, deux stipules latérales qui peuvent demeurer distinctes 
pendant un temps plus ou moins long. 

11 y a fort peu d'Eupborbiacées à loges biovulées qui soient dépour\"ues 
de stipules. Toutes les plantes qu'Âd. de Jussieu réunissait dans sa seconde 
section, autour des Phyllanthvs, en sont constamment pouiTues, et si le 
Clvyiia fait exception, il ne faut pas s'en étonner, puisque ce genre 
n'ayant à aucune époque des loges ovariennes biovulées, ne saurait faire 
partie de ce gi'oupe. H est viai que l'on a décrit jusqu'ici les Zluytia 
comme ayant des stipules, mais dans le C. pulcheUa qu'on cultive dans 
nos jardins botaniques, je n"ai pu les apercevoir. Il n'en est pas de même 
des Briedelia qui ont beaucoup moins d'affinité qu'on ne l'a dit avec les 
Cluylia, qui ont deux ovules dans chaque loge et qui ont des feuilles 
stipulées. 

La forme des stipules est extrêmement variable. Bien souvent ce sont 
de simples lames membraneuses attachées sur les côtés de la base du 
pétiole. Ces lames-sout entières ou finement découpées. Dans plusieurs 
Jairopha ou Croton, ces lames deviennent des languettes étroites glandu- 
leuses à leur sommet. Tantôt ces languettes sont caduques, tantôt, au 
conti-aire, elles persistent- et durcissent. C'est dans ces circonstances que 
les tiges de plusieurs Jatropha, Euphorbia, etc. , présentent des rangées 
veilicales de saillies crénelées qui ne répondent pas à Tiusertiou des 
feuiUes, mais bien à lem" inteiTalle. Ces crêtes saillantes, dures, décou- 
pées de diverses façons, ne sont autre chose que des séries de stipules 
superposées et durcies après la chute des feuilles. De là à la présence 
d'épines véritables, succédant aux stipules, il n'y a qu'un pas ; nous ver- 
rons que telle est parfois l'origine de celles que présentent les liges 
succulentes d'Euphorbes ; dans le Philyra, ce n'est qu'une portion de la 
stipule qui se transforme en épine, l'autre demeure sèche, scarieuse, 
aplatie, comme celle des Pseudanihus qui est, en même temps, décur- 



ORIGINE DES STIPULES. 295 

rente sur les rameaux. Chez les Erythrococca^ c'est la stipule entière que 
nous verrons métamorphosée en épine. 

Quand on observe les stipules de la Mercuriale très jeunes, on voit 
qu'elles ont l'apparence d'un petit mamelon glanduleux ; plus tard elles 
deviennent membraneuses. Mais il y a beaucoup d'autres plantes chez 
lesquelles les stipules demeurent plus longtemps glanduleuses, quoique ce 
mode de transformation affecte plus souvent, comme nous allons le voir, 
les stipelles. 

Les Micranthea sont décrits comme ayant des feuilles stipulées et, 
comme j'ai pu suivre le développement de ce qu'on appelle leur stipules, 
j'entrerai à ce sujet dans quelques détails, parce qu'ils me paraissent 
propres cà faire bien connaître la nature de ces organes. On sait, en effet, 
que l'opinion qui consiste à regarder les stipules comme des lobes latéraux 
de la feuille n'est pas généralement acceptée. Dans les plantes dont il 
s'agit {pi. XXVI), ce qui apparaît tout d'abord, au niveau des nœuds 
d'un rameau, c'est un petit mamelon celluleux médian (flg. 17 /) ; puis, 
sur ses côtés, il s'en montre deux autres, plus jeunes que lui [l' l')- L'évo- 
lution peut, quoique cela arrive rarement, s'arrêter à ce point. Plus 
souvent, il se développe un quatrième et un cinquième mamelon (/") en 
dehors des trois premiers, et parfois même, en dehors de ceux-ci, un 
sixième et un septième [fig. 18 l'"). Souvent le nombre de ces lobes s'ar- 
rête à cinq ; le médian est très développé, les deux latéraux un peu moins, 
les deux extérieurs beaucoup plus petits. Cependant les feuilles des 
Micranthea ont été décrites comme réunies par faisceaux de trois. A ce 
compte, il faut admettre trois feuilles et pour les deux latérales une petite 
stipule basilaire. Mais, quand on aura cinq lames, on aura donc deux 
stipules en dehors de chaque feuille latérale et d'un même côté. 11 faut, 
je pense, tout bonnement admettre que ces feuilles sont composées, pal- 
mées, à 3, 5 ou 7 lobes sessiles et que les plus jeunes lobes sont les plus 
extérieurs. Ils ressemblent beaucoup à des stipules ; mais la ressemblance 
est encore plus grande dans les Xylophylla {pi. XXlî). On y voit naître, 
sur chacun des coussinets du rameau foliiforme, trois lamelles sembla- 
bles de taille, de forme, de coloration, l'une médiane (^f/. 15 et IG /), 
les deux autres latérales {st). La comparaison avec les Plnjllanlhus 
{pi. XXIII, fig. 1 et 17) montre que les Xylophylla en ditîèrent seule- 
ment par le peu de développement de la lame moyenne, à laquelle per- 
sonne ne conteste le nom de feuille, chez les véritables Phyllanthus, 

15 



226 OBffiEXE DBS STIPELLES. 

Cependant, si nous admettions la description qu'on donne des feuilles du 
Mieranthea, il faudrait dire aussi des écailles des XylephyUa, qu'elles 
sont fasciculées par trois i^tematim faseiculataj. 

Les stipules sont donc analogues aux lobes latérauï de la feuille : elles 
grandissent beaucoup plus Tite que la feuille elle-même, comme on le 
Toit dans les Phyllanlhus \pL Wïli ^ fig. 17). parce qu'elles doivent len- 
Telopper dans le bourgeon ; mais il me semble bien qu'elles n'apparaisseiit 
qu'après elle sur le rameau. 

STIPELLES. 

On ne doit appeler Stipelles, à la rigueur, que les petites expansions 
latérales des pétiolules, lesquelles sont aux folioles ce que les stipules sont 
à la feuille. Ce n'est {ms cependant à de semblables organes que je don- 
nerai ce nom, et peut-être à tortj mais j'érite ainsi de (aréer un nouTeau 
nom. 

J'appellerai en effet stipelles les petites expansions, de nature variable, 
que je rencontre ici à la base du limbe de certaines femUes ; elles sont 
très abondantes chez les Euphorbiacées. et l'un des genres de cet ordre a 
même reçu le nom de SHpdlaria, à cause de la présence de ces organes 
(p. 2o . Si l'on observe une feUiUe de StipeUaria. on verra qu'elle a un 
pétiole et un bmbe bien distincts, et. au point d'imion de ces deux or- 
ganes, on remarqmra de petites languettes dont le nombre varie : ce 
sont elles qu'on pourra appeler stipelles. Si la feuille était sessile, et qu'il 
y eût à sa base deux seulement de ces languettes, on les nommerait cer- 
tainement stipules. Ici, dles n'empêchent pas l'existence de véritables 
stipules à la base du pétiole, mais leur nom rappelle qu'il s'agit d'organes 
analogues. Pour nous, les stipules sont des lobes latéraux d'une feuille; 
il en est de même de ces stipelles. 

Si l'on examine un rameau de Dalechampia pentaphylia, on verra que 
la plupart des feuilles ont cinq folioles; quelques-unes, vers le sommet ou 
la base des rameaux, n'en auront que trois. Mais, au point d'union de 
ces trois folioles avec le pétiole, on trouvera deux petites languettes qui 
représenteront les deux foUoles latérales avortées; ce seront des stipelles. 
On comprendra alors facilement que le D. Micrantha puisse, sans différer 
essentiellement des SLi]Xre& Dalechampia ^ avoir des feuilles simples: parce 



STIPELLÉS GLANDULEUSES. 227 

qu'à la base de leur limbe, on trouvera un nombre variable de stipelles, 
et souvent, par exemple, quatre {pi. IV, fig. i si) qui, si elles s'étaient 
développées, auraient rendu cette feuille semblable à celle du D. penla- 
phylla. 

Le Cremophyllum spalulatum n'est également qu'un Dalechampia. 
Quand on suit le développement de sa feuille, on voit qu'elle est dans le 
jeune âge représentée par trois petits mamelons, l'un médian, les deux 
autres latéraux. Ils sont d'abord à peu près égaux. Mais bientôt le médian 
prend un développement considérable ; les deux latéraux cessent de très 
bonne heure de grandir(pl. III, fig. 30). C'est ainsi que les Cremophyllum 
sont décrits comme ayant des feuilles simples; ils ont en réalité les feuilles 
du D. Micrantha, et en réalité aussi, sauf des différences de développe- 
ments et de dimensions, les feuilles du D. penlaphylla. 

C'est pour cette raison que l'on peut regarder comme des stipelles des 
petites languettes latérales qu'on trouve à chaque nœud des rameaux du 
Calelia. 

C'est pour cette raison encore, que l'on doit appeler stipelles les 
languettes que portent à la base de leur limbe certains Aparisthmium 
{pi. XXI, fig. 11 sp), et qu'on peut supposer que la véritable nature de 
ces feuilles est d'être trifoliolées. 

A ce compte, on cesse de s'étonner que les feuilles des Euphorbiacéèâ 
soient quelquefois composées, comme celles des Bischofia, des Anda. 
Quand elles sont simples, comme cela arrive le plus souvent, elles ne le 
sont parfois que par arrêt de développement. Examinons ce qui se passe 
sur celles de XAnda Gomesii. 

Au premier âge, elles sont représentées par un nombre variable de 
mamelons, et ceux-ci sont, comme chez le Caletia, d'aulant plus 
allongés qu'ils sont plus voisins de la ligne médiane. Puis on voit trois, 
cinq, sept, neuf même de ces mamelons se développer en folioles 
élargies, membraneuses ; les deux plus extérieurs, au contraire, gran- 
dissent très peu; ils ne deviennent pas foliacés, ils se transforment en 
glandes pédicellées {pi. \U,fig. 31-34), de sorte qu'on décrit ces plantes, 
comme ayant le point de divergence des folioles muni de deux glandes 
latérales ; on devrait dire de deux stipelles glanduleuses, ce c[iii signifie- 
rait de deux folioles avortées. Mais on peut rencontrer, suivant les con- 
ditions delà végétation, un nombre différent de stipelles. Ainsi, certaines 
feuilles d'Anda en ont quatre, et quelques-unes six ; c'est que le dévelop- 



^38 ËPUJiES. 

pemeut des folioles est ceotrifage, et qu'Q s'est étendu ici moins loin que 
dans les feuilles qui n'ont que deux glandes. 

Les bractées, les sépales. les cotylédons, étant des feuille modifiées, 
nous ne nous étonnerons pas de Toir que ces organes peuvent être, comme 
les feuilles proprement dites, accompagnés de stipelles, de languettes 
laiéraleSj de glandes que nous appellerons souTent, par abréTiation, sti- 
pellaires on stipulaires, parce que lorsque l'organe devient sessile, les 
stipelleSj comme nous l'avons dit, peuvent être à la rigueur regardées 
comme des stipules. L'aspect très variable de ces appendices latéraux ne 
nous étonnera pas, et nous ne nous en référerons qu'à leurs rapports 
pour connaître de leur véritable nature. 

ÉPIHES. 

On rencontre rarement des épines dans les plantes de ce vaste groupe, 
si l'on fait abstraction des espèces nombreuses d'Euphorbes à tiges char- 
nues, chez lesquelles plusieurs des organes de la végétation peuvent subir 
cette transformation. 

Les rameaux effilés à leur extrémité en longues épines dures ne s'ob- 
servent guère, en dehors du genre Euphorbe, que dans quelques 1/t- 
CTOsiachys et Daelylostemon. dans YÂddia aeidobm, les Fluggea et le 
Cdmeiroa. Souvent ces épines sont nues, et, dans la dernière de ces 
plantes, on les voit se dessécher et mourir eu hiver; mais, lorsque la 
végétation est active, elles peuvent se charger de petites feuilles qui 
montrent bien leur nature axile. Le plus souvent, au contraire, ce sont 
des organes appendicnlaires, feuille ou stipule, qui se transforment eu 
épines. 

Dans YEryihrocoeea aeuleata^ les feuilles sont accompagnées de deux 
stipules latérales, longues et étroites qui durcissent peu à peu et perâstent 
même après la chute de la feuille; ou peut retrouver entre elles la cica- 
trice du pétiole. Dans le Philyra, il y a aussi deux épines latérales à la 
base de la feuiUe. Ce ne sont pas, à proprement parler, les sUpales qui 
se sont ainsi transformées. Sur une très jeune feuille, on voit les stipules 
molles et membraneuses ; plus tard elles sont épai^es et scarieuses, et, 
en outre, il y a, de chaque côté de la base du pétiole, une grande épine 
très aiguë, en un mot quatre appendices, deux stipules et deux épines. 



ORIGINE DES ÉPINES. 229 

On a supposé gratuitement que les épines étaient des productions plus 
anciennes d'une saison ou d'une année que les stipules. L'étude organo- 
géuique démontre que c'est l'inverse qui a lieu. Tant que les stipules sont 
encore flexibles, elles existent seules; mais bientôt un point de leur base 
élargie se soulève, de manière à former un petit cône saillant latérale- 
ment; cette saillie grandissant peu à peu devient une épine rougeâtre; 
elle peut ne se développer que sur une des deux stipules qui accompagnent 
la feuille. 

Le même fait se reproduit, sans doute, pour quelques Euphorbes de 
Madagascar qui ont à la fois, de chaque côté de la feuille, une épine et 
une glande stipulaire. D'ailleurs le genre Euphorbe nous offre, à lui seul, 
toutes les origines possibles de l'organe que nous étudions. 

Ainsi, dansl'iî. neriifolia, on trouve sur les grosses tiges charnues de 
larges taches ovales en forme d'écusson qui sont des cicatrices de feuilles. 
Un peu au-dessus, en effet, se trouve mie petite saillie qui n'est autre 
chose que le bourgeon axillaire. Mais au-dessous et sur les côtés, il y a deux 
saillies très dures, piquantes; ce sont les stipules durcies {pl-l, fig. 31). 

La même disposition s'observe dans VE. canariensis ; à peu près au 
même niveau se rencontrent trois saillies épineuses : deux latérales repré- 
sentent les stipules ; l'intermédiaire plus obtuse n'est autre que la portion 
basilaire indurée du pétiole, et au-dessus d'elle se trouve un petit bour- 
geon axillaire. 

VE. mamillaris est également hérissée d'épines très dures, mais leur 
source n'est point la même. Il y a bien sur les tiges de petites saillies 
dures qui répondent aux stipules et à la base de la feuille, mais, au-dessus 
de cette dernière, au lieu d'un petit bourgeon, on trouve une longue 
épine étroite et roide ; ce n'est autre chose qu'un rameau. Dans son jeune 
âge, il est mou, herbacé et porte de petites feuilles alternes ; de plus il 
se termine par un petit bourgeon {pi. I, pg. 32). Plus tard, les petites 
écailles tombent, l'axe persiste, durcit et cela non-seulement dans sa 
partie extérieure, mais encore dans la portion de ses faisceaux fîbro-vas- 
culaires qui est cachée au sein de la substance charnue des tiges; si bien 
qu'alors on peut arracher cette sorte de racine en forme de clou qui laisse 
dans la plante grasse une cavité infundibuliforme profonde [fig. 33). La 
plante ne se ramifie que dans les cas où ces petits rameaux, au lieu de 
durcir et d'avorter, deviennent charnus, succulents et chargés de feuilles 
plus développées. 



230 STIPULES GLAKDULEDSES. 



GLANDES. 

Les Eupborbiacées sont des plantes où le tissu glanduleux apparaît 
dans tous les oi'ganes, avec une grande abondance. Outre les disques 
floraux qui y sont très communs, les poils, les stipules, les stipelles, les 
lobes des feuilles, qui se présentent souvent avec Vapparence glanduleuse, 
on peut dire que, dans tout organe qui avorte, qui se métamorphose, il 
y a tendance à la transformation glanduleuse. C'est ce que nous allons 
observer dans la plupart de ces organes. 

A. Stipules. — Un certain nombre de feuilles ont, au lieu de stipules 
proprement'dites, deux petites masses latérales glanduleuses à la base de 
leur pétiole. Tels sont les Pedilantlms [pi. JE, fig. 15 sli). Si Ton restreint 
le mot de glandes aux organes qui produisent une sécrétion, il faudra 
refuser ce nom à un grand nombre des organes dont nous parlons. Mais 
en laissant de côté, pour le moment, les caractères de structure et de 
fonction, sur lesquels nous aurons à revenir dans un autre lieu, nous 
laisserons le nom de glandes aux organes charnus, succulents, qui repré- 
sentent parfois les stipules. A ce titre, les stipules qui sont , à l'état 
adulte, foliacées, membraneuses, sont d'apparence glanduleuse dans 
leur jeune âge. Ainsi, dans les Mercuriales, ce sont d'abord des manie^ 
Ions charnus, renfermés dans une sorte -de sac celluleux qui s'allonge et 
s'aplatit plus tard, pour prendre rappai'ence foliacée. Pendant un certain 
temps encore, le sommet de ce sac contient une masse succulente et 
chaniue- Dans ceilaiiies Euphorbes, et surtout dans certains Jatropha, les 
stipules se divisent en languettes, dont chacune est terminée par une 
sailUe glanduleuse, au point de vue de la forme, comme sous le rapport 
des fonctions. 

B. Les stipelles sont souvent glanduleuses, comme on le voit dans les 
Slipdhria, les Plucknelia, les Cremophyllum, etc. C'est surtout à la trans- 
formation des stipelles, c'est à dire à celle de lobes avortés d'une feuille 
composée, qu'il faut attribuer l'existence de glandes à la base du limbe 
dans les Sapium {pi. Yl, fig. 1 g), Hippomane, Hura [pi. Yl, fig. 21 g), 
Cnemidoslachys, Anda (p/. XII, fig. ol-âi), Tetrorchidium [pi. XXI, 
fig. 18 g), etc. Dans le principe, ce sont de petits lobes semblables au 
limbe, quant à la forme et à la sti=uclure celluleuse. Mais bientôt, tandis 



GLANDES DES FEUILLES. 251 

ue le limbe s'étale en lame, les stipelles se gonflent en sphérules ou en 
ovoïdes, tantôt sessiles, tantôt pédicnlées. Leur développement en Ion- 
gueiu' peut être môme considérable ; elles représentent alors des espèces 
de cônes ou de cornets {pi. V, fîg. 24). Dans une première période, le 
sommet de ces organes demeure convexe, mais la nature de la surface 
change réellement ; elle est glanduleuse et sécrétante. Dans tous les genres 
où la forme demeure ainsi convexe, on peut supposer un arrêt de déve- 
loppement (pi. VI, fig. 21 ei pi. VIII, fig. â2);car, dans VAnda, par 
exemple {pi. XII, fig. 31 -3i), dans les Sapium {pi. V, fig. 25 et pi. YI, 
fig. 5, 6), la périphérie du sommet de la glande se relève bientôt, de fa- 
çon à entourer celui-ci d'une sorte de rempart. La surface glanduleuse 
est alors profondément déprimée; elle tapisse la concavité d'une sorte de 
cupule {pi. VI, fig. 6). Cette surface peut, ou demeurer lisse et unie, ou 
se rider, se bosseler inégalement {pi. XII, fig. 3Zi). Quoi qu'il eu soit, 
on voit la membrane qui tapisse la surface glanduleuse se soulever bien- 
tôt et se rompre en un point {pi. X, fig.l,d). Une petite quantité de 
matière sécrétée s'échappe, et il semble que le rôle de l'organe est alors 
terminé, car la pellicule déchirée se flétrit, et la glande ne produit 
plus rien. 

C. On trouve sur les feuilles d'autres organes glanduleux, que je ne 
puis rapporter qu'avec doute à la même origine que les précédents; car 
je n'ai pu, la plupart du temps, en observer le développement. Ainsi, l'on 
voit le bord de la feuille des Omphalea se gonfler tout en bas, du côté de 
la face supérieure, et devenir en ce point une petite glande. Cela a la 
plus grande analogie avec ce qu'on observe dans les Sapium., les Aleu- 
rites; mais l'organe ne se détache plus du contour du limbe, comme dans 
les plantes précédentes. Les Hecatea ont bien aussi une glande basilaire 
sur le limbe, mais elle est à la face inférieure et à une certaine distance 
des bords. J'ai observé également dans un Mabea une glande ovalaire qui 
résulte comme d'un épaississement du bord, mais qui est à quelque dis- 
tance du sommet du pétiole. Dans le Passœa, non seulement les deux 
glandes sont, comme dans VUecatea, situées à la face inférieure, mais 
encore elles n'ont pas de connexion avec le pétiole. Elles occupent l'angle 
du parenchyme qui est compris entre la nervure principale et la plus 
développée des nervures secondaires (pL XVIII, fig. 29 g). Ces glandes 
sont volumineuses, par rapport à la taille des feuilles, et ovoïdes. Il y a 
des Aparislhmium et des Mappa, chez lesquels on retrouve, au-dessous 



232 GLAXDE5 DES FEUILLES. 

de la feuille et dans iiue position analogue,, de petits organes glanduleux; 
ils sont relativement fort peu développés, et, de plus, leur surface est 
recouverte d'un petit bouquet de poils. Dans quelques genres, notamment 
dans les Boulonia, ce n'est plus une seule paire de glandes qu'on rencontre 
sur chaque feuille ; il y en a, à la face inférieure, une petite au point de 
séparation de la nervure médiane et de chaque nervure secondaire. Sous 
le rapport de l'abondance des glandes, aucune plante, je pense, ne l'em- 
porte sur le Ricin. D'abord, il y en a deux {pi. X, fîg. k g) k\s. base du 
limbe, de chaque côté de son union avec la face supérieure du pétiole; 
mais, plus bas, on peut en trouver une seconde paire ou plus encore sur 
le pétiole lui-niêrae (/?(/. li], et plusieurs enfin au point où sa base se 
rattache à celle des stipules. Ce qui est digne de remarque, c'est que le 
cotylédon ressemble, sous ce rapport, à la feuiUe caulinaire. Le plus 
souvent il est fort difBcile de voir quelque chose de semblable à des glandes, 
à la base de ce cotylédon renfermé dans la graine. Mais après un ou deux 
jours de germination, on voit se dessiner davantage à droite et à gauche 
de sa base deux très petites saiUies blanchâtres (pi. X, fig. 1 gg) qui ver- 
dissent, se pédicellent, et ont à peu près la Jorme d'un cône renversé. 
Souvent même, la portion pétiolaire du cotylédon développe deux autres 
plus petites glandes placées plus bas, mais également sur les côtés de la 
ligne médiane (fig. 1 g'). 

D. Il arrive même que les extrémités des nervures deviennent glan- 
duleuses sur les bords de la feuille. Ceci n'arrive qu'accidentellement chez 
le Ricin, et notamment à l'arrière-saison. On voit alors les fines dente- 
lures des bords du limbe, au lieu de devenir membraneuses, se gonfler, 
de manière à former de petites masses charnues ovoïdes. À la face supé- 
rieure de ces petits corps, on trouve un sillon longitudinal qui répond à 
la nervure elle-même , au niveau de laquelle le tissu n'a pu se gonfler 
{pi. X, fig. 8) ; à la face dorsale, ces sailhes sont tout à fait convexes et 
lisses (fig. 9). J'ajouterai que la structure de ces masses est tout à fait 
comparable à celle des glandes stipellaires. Il y a des espèces où constam- 
ment les découpures des feuilles sont ainsi glanduleuses; par exemple les 
Colliguaja {pi. MI, fig. 14 d), quelques Mabea [pi. XJII, fig. 28), etc. 
Elles ne le sont pas dans le principe, mais le tissu de chaque dent se 
transforme peu à peu en une sorte de petit cône charnu. Ailleurs, comme 
dans les Jngostyles, les Jstrococcus, ce tissu glanduleux cesse de s'ac- 
croître à une certaine époque et, par conséquent, son peu d'abondance, 



GLANDES DES BRACTÉES ET DES SÉPALES. 2S3 

par rapport au volume de la feuille adulte, fait qu'on ne le remarque que 
sur les limbes très jeunes. 

E. Les feuilles étant pourvues de glandes, il n'est pas étonnant que 
les bractées en portent souvent aussi, et alors les mêmes modifications se 
retrouvent dans la disposition du tissu glanduleux. Tantôt, en effet, c'est 
seulement le bord de la bractée qui s'épaissit plus ou moins et se trans- 
forme en tissu adénoïde {pL V, fîg. 1,91); tantôt la glande est une 
transformation d'une stipule ou d'une stipelle, comme dans les Cnemi- 
doslachys {pi. VIII, fig. lli), les Dalechampia [pi. IV, fig. 5), et alors ces 
glandes stipellaires sont convexes au sommet, ou concaves, ainsi qu'on 
le voit dans les Saphnn et beaucoup d'autres genres voisins {pL VI, fig. 6) ; 
leur développement peut même devenir plus considérable que dans les 
feuilles proprement dites. Chez le Geiseleria {pi. XVI, fig. 37, sp) on voit 
facilement que ce ne sont pas les stipules bractéales qui se transforment 
tout entières en glandes, mais seulement leur sommet ; il semble alors 
que chacune d'elles soit surmontée d'une petite urne portée par un étroit 
pédicelle; ce n'est, en somme, qu'une glande analogue à celle des 
Sapium. 

F. Si les feuilles et les bractées sont glanduleuses, on comprend que 
les sépales le puissent aussi devenir. Ou leur bord s'épaissit seulement et 
le tissu glanduleux se confond peu à peu avec les portions voisines, ou il 
demeure bien distinct. Il s'agit ici de sépales stipulés et glanduleux, 
comme ceux des Cremophyllum {pi. III, fig. 28). Les glandes bien sail- 
lantes, à sommet concave, qu'on rencontre chez les Sapiées, les Cœlebo- 
gyne, semblent se rapporter à la même origine. Il est à remarquer que 
les deux bords d'un même sépale n'en sont pas toujours pourvus, et que 
même certaines folioles calicinales en sont totalement privées. Générale- 
ment les glandes occupent ceux des bords qui ne sont point recouverts 
dans la préfloraison. 

Quelquefois la nature de ces organes a été méconnue : par exemple, 
chez le Sclerocroton {pi. VIII, fig. 17, gl). Ce genre a été décrit comme 
présentant, en dedans du calice, un disque hypogyne à lobes alternes 
avec les sépales. Le fait est que lorsqu'on examine une fleur femelle de 
S. reticulatus {fig. 17), on voit, dans l'intervalle des trois sépales, proé- 
miner trois glandes, en forme de disque boutonneux, et portées par un 
court pédicelle. Mais elles ne naissent pas de la base de l'ovaire; elles 
s'élèvent de la base des sépales, et répondent, par conséquent, aux glandes 



2Sft GLANDES DU CALICE. 

qu'où trouve chez les Cœlebogym et les Sapium. Il y a parfois des fleurs 
qui eu sout dépourvues, comme cela a lieu dans toutes les plantes ana- 
logues. Je ue sais si l'on peut rapporter à la même origine de grosses 
glandes colorées qu'on trouve entre les sépales des C liloradenia [pi. XIX, 
fig. -25. g) ; leur position est analogue, mais leur insertion semble être 
bien plus intérieure. C'est ce qui a porté M. ZoUinger à les considérer, 
quoique avec doute, comme des pétales transformé?. 

L'organe qu'on appelle Tinvolucre commun des Euphorbes, et que je 
suis porté à considérer comme un véritable calice, est chargé de glandes 
dont la forme est très variable et dont la description se rapporte à celles 
des espèces. La nature de ces glandes a ete. de tout temps, un sujet de 
controverse pour ceux-là même qui admettaient chez les Euphorbes 
l'existence d'une fleur hermaphrodite. Ainsi, pour les uns. elles ont 
représenté les folioles calicinales: pour les autres, les divisions de la 
corolle. Cette dernière opinion paraît plus plausible . parce que ces 
organes sont alternes avec les véritables lobes calicinaux et que. dans bien 
des cas, ils se présentent avec la forme et la coloration qui distinguent 
souvent la corolle. Ce ne sont cependant que des glandes: pour s'en c-on- 
vaiucre. il faut examiner leur développement. 

Daus une Euphorbe, on voit d'aboi'd apparaître les cinq sépales qui 
sont bientôt connés à leur base. En dedans, se développent les faisceaux 
starainaux, et plus intérieurement, l'ovaire. Celui-ci a déjà le plus sou- 
vent des ovules dans son intérieur, quand on voit un léger gonflement se 
manifester dans l'angle qui sépare deux sépales {pL I, fig. 21, g). Bientôt 
ce mamelon grossit et devient glanduleux [fig. 8, g). Donc il constitue un 
organe qui alterne avec les sépales, et voilà, sans doute, pourquoi ou l'a 
appelé pétale. 

Il y a deux raisons pour qu'on supprime cette déuomination : la pre- 
mière, c'est que ce n'est pas en dedans du calice, mais bieu en dehors, 
que cet organe apparaît : la seconde, c'est qu'il ue se montre pas après 
le calice et avant Tandrocée. mais après ce dernier et même après le 
gynécée. Si c'était une corolle, elle serait la seule connue qui se présentât 
avec ces caractères. 

Quoiqu'il y ait cinq divisions au calice, il n'y a pas constamment cinq 
de ces corps alternes avec elles. Le plus souvent même il n'y en a que 
quatre: celui qui occuperait le côté antérieur de la fleur ne se développe 
pas, et c'est généralement dans l'espèce d'encoche vide qui en résulte. 



GLANDES DU CALICE. 2S5 

que se loge le podogyne réfléchi, après l'épanouissement de la fleur. Dans 
certains cas, il manque deux de ces glandes et souvent trois ou c[uatre, 
quand les plantes sont délicates ou épuisées. Le Poinsettia, dont on avait 
fait un genre spécial, est remarquable par l'avortement à peu près 
constant de quatre de ces glandes. Il ne s'en développe donc qu'une, qui 
prend un très grand accroissement et couvre le sommet du périanthe 
comme d'une espèce de cimier (pi. II, fig. 15, 16, gl). On ne peut cepen- 
dant considérer ce périanthe comme véritablement irrégulier, pas plus 
que celui d'une Euphorbe indigène qui n'a que quatre glandes au lieu 
de cinq ; pas plus que celui d'une Sapiée qui n'en aurait qu'une, comme 
cela se rencontre si fréquemment. Je crois donc que ce verticille est 
formé d'organes très analogues à ceux que j'ai appelés plus haut glandes 
stipellaires. 

On pourra s'étonner, d'après cette interprétation , qu'on les ren- 
contre dans des espèces non stipulées, aussi bien que dans celles qui 
ont des stipules ; mais quelle que soit la valeur de cette conjecture, il 
n'est pas moins certain que ces glandes naissent après les parties inté- 
rieures de la fleur. 

Quelque fût le nom qu'on leur accordât, on reconnaissait autrefois 
deux verticilles d'appendices dans le périanthe d'une Euphorbe. Beau- 
coup d'espèces eu ont trois en réalité. Prenons, par exemple, la fleur 
d'un E. jacquiniiflora (pi. I). Nous trouverons au périanthe, un peu avant 
l'anthèse : 1° cinq divisions calicinales repliées vers le centre de la fleur 
et disposées en préfloraison quinconciale {ftg. 9') ; 2° cinq glandes alternes 
avec elles, à sommet ovalaire concave [fig. 11, g); 3° cinq grandes lames 
colorées en rouge orangé, alternes aussi avec les divisions du calice, et 
par conséquent superposées aux glandes précédentes, mais plus exté- 
rieures qu'elles et disposées en préfloraison imbriquée ou, plus souvent, 
tordue [fig. 6, p). Malgré leur apparence membraneuse, ces lames ne 
sont pas des pétales, parce qu'elles se développent, comme les glandes, 
en dehors du calice et après l'androcée. Ce sont des dépendances des 
glandes alternes qui, au lieu de demeurer simples, se dédoublent en deux 
lobes, dont l'un est épais, glanduleux, dont l'autre est pétaloïde. Dans 
quelques espèces herbacées d'Euphorbes, ces lames pétaloïdes offrent 
même cette particularité qu'elles sont irrégulières et que leur limbe se 
découpe obliquement comme celui d'un pétale de Nerium ou de Vinca. 
Cependant, pour les motifs que nous avons déjà énoncés, nous ne pou- 



236 POILS SIMPLES. 

Tons considérer une fleur qui. porte de tels appendices comme réellement 
irrégulière. 

Qu'elles soient ainsi simples ou doubles, les lames glanduleuses qui 
alternent avec les divisions calicinales des Euphorbes sont d'une forme 
ti'ès variable- En suivant, par exemple, l'évolution de celles de \'E. palus- 
iris, nous voyons qu'elles sont d'abord des mamelons celluleux qui s'apla- 
tissent au sommet, puis deviennent même concaves (pL H. fig. 10), 
tandis que leur surface devient glanduleuse. Puis il s'y surajoute des 
prolongements de forme très différente, suivant les espèces, qui s'éten- 
dent à droite et à gauche, en languette, en croisant, en massue [fig. 1 1 , 
12. 13\ 

G. Divers oiganes intérieurs de la fleur peuvent devenir glanduleux, 
comme nous l'avons dit à propos du disque, des connectifs, des stami- 
nodes, etc. 

POILS. 

On a noté, dans les Euphorbiacées. l'existence de poils simples, de 
p3ils dits glanduleux, de poils étoiles, de poils peltés ou squaniiforraes 
et de poils composés. Les derniers ne sont point de véritables poils ; les 
autres sont tous des modifications d'un même organe. 

Les poils simples sont de beaucoup les plus abondants ; ils sont souvent 
très eldir-semés, et, sur quelques feuilles, ils n'existent qu'au niveau des 
oeiTures. 11 y a peu d'oi^anes qui en soient totalement dépourvus. Le 
plus souvent, ils sont incolores; ailleurs, leur contenu est une matière 
rougdltre, comme chez les Acalt/pha. Enfîn, ce peut être une matière 
brûlante, corrosive ; le poil, un peu modifié dans sa forme, qui contient 
cette matière, a été alors nommé glanduleux : tels sont ceux de quelques 
Tragia et Cnidoscolus. Ces poiksont rarement composés de plusieurs cel- 
lules agencées bout à bout; le plus souvent ils sont unicellulés. D ne faut 
pas, sous ce rapport, confondre avec le poil lui-même une sorte de gaine 
qui lui est formée par les cellule voisines soulevées autour de lui jusqu'à 
une certaine hauteur, comme nous l'avons vu pour les poils ovariens des 
Acalifpha, des Mercurialis {pi. IX, fig. 29). Sur certains calices et cer- 
taines corolles, ils sont si abondants, comme, par exemple, à la face ex- 
terne des pétales de Garcia (pi. XÎX, fig. 29, SO). qu'ils s'opposent, par 
leur enchevêtrement, àrécartementdesfoholes. D'autres pétales, comme 



POILS ÉTOILES. 237 

ceux des Jatrophées, sont chargés, au milieu et en bas de leur face in- 
terne, d'un petit bouquet de poils simples [Aleiintes, pi. XII, fig. 12; 
Elceococca; Pogonophora, pi. XIX, fig. 23, p; Mozinna, etc.). C'est une 
règle souffrant peu d'exceptions pour les Euphorbiacées à loges biovulées, 
que les pièces de leur périanthe ne portent que des poils simples, et ils y 
sont rarement abondants. 

Quoiqu'on ne puisse accorder à de semblables organes une très grande 
valeur dans la classification, on ne peut s'empêcher de remarquer, avec 
A. de Jussieu, que certains groupes sont ainsi caractérisés par la nature 
de leurs poils. Tels sont les genres qui se réunissent autour des vrais Cro- 
ton; leurs poils sont ordinairement étoiles. Ils le sont presque toujours au 
moins sur les feuilles et les sépales. Il n'en est pas cependant forcément 
ainsi, et l'étude de ce groupe de plantes offre un autre avantage: celui de 
montrer comment on peut passer du poil simple au poil étoile, par 
toutes sortes de transitions. 

Ainsi, les Podostachys^ les Jstrœa, les Tiglium, diffèrent du type Croton 
proprement dit, par l'aspect presque glabre de leurs organes. Ils ont tou- 
tefois des poils étoiles, à proprement parler, mais aussi des poils simples, 
et, très souvent, des poils intermédiaires entre les uns et les autres. 
Ainsi, on a souvent occasion d'observer, dans ces plantes, de très longs 
poils simples au premier abord ; en examinant leur base, on voit cepen- 
dant qu'elle porte quelques petites saillies latérales. Ailleurs, ces bosse- 
lures s' allongeant et se multipliant, la base du grand poil se trouve comme 
entourée d'une petite manchette. Celle-ci est formée par autant de ra- 
mifications du poil principal. Dans les vrais Croton, le calice des Cro«o- 
phora (pi. XV, fig. 21), celui des Aleurites [pi. XII, fig. 8 ), etc., il y a 
un développement plus considérable de ces branches latérales ; elles de- 
viennent aussi longues que la tige principale, et l'on a ainsi un poil étoile 
dont toutes les divisions sont égales entre elles. 

Dans la plupart des vraisCroton, les Crozophora, etc. , lespoils del'ovaire 
ne sont plus étoiles, comme ceux du cahce; ils sont peltés et squami- 
formes, à peu près comme ceux des Élœagnées. Cette forme n'est encore 
qu'une modification de la précédente. En effet, tandis que dans les poils 
simplement étoiles, les branches sont libres dans toute leur étendue, dans 
les poils squamiformes elles sont réunies plus ou moins complètement, 
à partir de leur point de séparation, par une sorte de cuticule mince. 
Souvent, cependant, les extrémités des rayons en sont débarrassées 



238 FAUX POILS. 

(pi. XY. /ig. 22}. Cette sorte de réunion maintientles bi-auchesàpeuprès 
dans un même plan. En outre, la cellule centrale du poil, qu'on peut 
appeler sa cellule mère, ne s" allonge pas. comme dans les poils étoiles 
proprement dits ; elle se gonfle en une sorte de sphère remplie généralement 
de matière colorante verte ou brune, tandis que les rayons sont ordinaire- 
ment incolores. Plus c€tte cellule ( et souvent aussi une autre située au- 
dessous d'elle et qui la supporte, ou qui peut-être u"est qu'une portion 
de la première séparée par un étranglement;, plus cette cellule, dis-je. 
se gorge de sucs et grossit, plus elle soulève l'écussou au-dessus de la sur- 
face d'insertion. Parfois ces écussons sont très nombreux sur les ovaires 
et les autres organes ; la lumière s'y joue, en produisant des effets de cha^ 
toiement et des reflets argentés, comme dans certains Crolon, l'ovaire 
des Crototwpsis {pi. XII, fig. 25\ celui des Crozophora [pi. XV. ,%. 15) , etCi 
Le nombre des rayons varie d'ailleurs d'un poil à un autre^ de même 
que les degi'és d'aplatissement des loges : celles-ci étant le résultat de di^ 
visions successives daus un poil d'abord uniceUulé, moins il se forme de 
chambres, moins elles se compriment mutuellement, et elles peuvent 
alors consei*ver leur forme arrondie, ou à peu près, comme cela a lieu 
dans les Callitriche. 

Les Acalypha ont des poils ordinairement simples et aigus^ mais par- 
fois leur sommet se renfle en massue ou eu bouton, et le liquide contenu 
se colore souvent, dans ce cas. d'une manière particulière. C'est de cette 
manière que se comportent ordinairement, comme nous l'avons dit, les 
poils à sucs irritants ; toutefois il n'est pas nécessaire que le renflement 
existe, pour que le suc contenu acquière cette propriété. !Xous voyons 
par là comment on peut facilement passer d'une forme de poils à une 
autre. Restent les poils glanduleux et rameux à la fois, qui ne sont pas des 
poils, mais des organes bien plus complexes. 

On a admis, chez les Euphorbiacées, l'existence de poils ramifiés glan- 
duleux : ainsi l'on a souvent décrit, dans les Jatropha et dans quelques 
Croton, notamment dans le C. penicillalum. des poils dont chaque rami- 
fication se termine par un renflement glanduleux. Ces prétendus poils 
ne sont autre chose que des feuilles, des foUoles ou des stipules. La tige 
principale de ces poils est la ueiTure médiane duu appendice, les divi- 
sions sont les nervures secondaires, et le renflement une glande qui ter- 
mine les nervures secondaires, ainsi que cela a heu dans les CoUiguaja 



POILS INTRA-OVARIENS. 2â9 

et les Jatropha. C'est ce qu'on voit d'une manière très nette sur certains 
pieds de Jatropha gossypifoiia. Les poils rameux y sont situés, ou à la base 
du limbe de la feuille, ou sur les côtés du pétiole, ou à droite et à gaucbe 
de l'insertion de celui-ci. Ils représenteut : les premiers, des folioles la- 
térales non développées; les derniers, des stipules. Dans un certain nom- 
bre de feuilles, on voit, en effet, les branches de ces poils, non plus libres, 
comme dans l'état normal, mais unies par un parenchyme vert continu 
qui est denté sur les bords, et où le sommet de chaque dent est occupé 
par une petite saillie glanduleuse. C'est ainsi qu'on a alors des feuilles de 
Jatropha à folioles latérales membraneuses et à stipules foliiformes. C'est 
la même chose qui arrive dans le Brachystachys et le Geiseleria [pi. XVI, 
fig. 38). Un limbe terminal fait suite au pétiole; mais celui-ci a sur ses 
côtés deux prolongements [l] qu'on ne peut regarder comme des poils; 
ils en portent eux-mêmes des bouquets. Ce sont des lobes latéraux de la 
feuille, qui sont devenus très étroits et réduits à leur nervure médiane; 
mais cette nervure elle-même se charge de poils étoiles à différents ni- 
veaux. 

Il ne faut pas non plus confondre avec des poils les laciniures très fines 
que présentent les bords des pétales de certaines Crotonées. Outre que ces 
languettes sont aplaties, comme le limbe même des pétales, elles en ont 
la structure, et comportent plusieurs rangs de cellules superposées. 

On peut également rapprocher de ces poils rameux, qui ne sont que 
des lobes de feuilles, les appendices étroits et capillaires qu'on a observés 
dans certaines Mercuriales annuelles, et dont Marchant le premier a donné 
la description {Mém. Je. se, 1719, p. 64 et pi. 6). Ce n'est qu'une dé- 
formation particulière des feuilles. 

POILS INTRA-OVARIENS. 

On a déjà signalé les Conceveiba et les Scepa, comme produisant des 
bouquets de poils dans l'intérieur des loges ovariennes. Cette production 
y est localisée, tandis que, dans certaines Euphorbes, la surface intérieure 
des feuilles carpellaires entière se charge de productions épidermiques 
analogues, malgré leur moindre développement, à celles qui, dans les 
Oranges et les Citrons, forment la pulpe succulente. Ce phénomène s'ob- 
serve facilement dans l'Epurge. Après la fécondation, la paroi interne 
des loges, lisse jusque-là, commence à se surcharger de petits poils blancs, 



âfcO secs PaOPBES. 

d'abord très courts {pl.Tl- ' 5), qui, ea s'aDoi^eant, s'indinait an 
pea Tcrs le haut de la Icge. Ces poils sont lisses, traDsparents. A mesore 
qa^ils grandirent, ils arriTent an contact de la jeone graine, et ils s'op- 
posent peu àpen à l'expansion delapriniine. Celle-ci, moins dure qa'«E, 
se modèle, en s'accroissant, sor lenis saillies. 11 en resolte que la surface 
de la graine est criblée de dépre^ons correspondant à ces saillies des 
poils {fig. 5, te), et, comme ce caracière, d'avoir des graines à téguments 
lires, ou réticulées, pomctuées, a été employé dans la clas^cation des 
e^iêces, il m'a para utile de signaler cette dispo^on et d'en rechercher 
la curieuse origine. 

Un grand nombre d'espèces d'Eophorbiacées monospennes ont les 
organes diargés de granulalifins lê^aises, jaunes ou verdàtres, qai se 
trouTent sur les feuilles, les rameaux, les sépales, les oii'aires. Ceci s'ob- 
serve chez un arez grand nombre â^Acatypha^ de RMera, les Mappa, 
les Maeartmga, les Packipieimm, etc. ; tons geaues d'ailleurs, comme ou 
le Toit, assra voiâns les uns des autn^. B'autres plantes, les Euphorbia, 
les ManikM^ ont les organes foUaeés couverts de la fine pousdère blanche 
et rïânoîde qui les rend ^aucescents. 

SUCS PROPRES. 

Longtemps on a con^déré la présence d'un suc laiteos comme carac- 
térisant les Euphorbiacées. O suc n'existe pas, en général, dans les 
genres biovnlés. Parmi les antres, il manqpiesouv^it, et, quand il existe, 
il n'est pas toiqours laiteux, fl offie ce caractère dans les Enphorbiées, 
les Sapiées, et, dans ces plantes, tous les organes en contienneit : les 
tiges, les racines, les feniDes, les péricarpes. 

Dans la plupart des Crotonées, le suc n'est ^us qu'opalin : tds sont 
ordinair^nent les vrais CrtÉmi, les Anda, les Jaimpha. Maisl^ Siphama, 
les Mierandra^ etc.. Font au contraire très épais et très riche, comme 
Fou sait, en caoutchouc. Bans les Mercuriales, lesnc devient, au contraire, 
fout à &it aqueux. 

Mous n'avons, pour le moment, qu'à rappeler l'existence de ces sucs 
propres, qui seront étudiés avec détail à propos des réservoirs qui les 
coDtieonent et de l'emploi des plantes qui les produisent . 



COULEUR, ODEUR, ETC. 2^il 

On a lieu d'observer, dans cet ordre, qnelques faits relatifs aux colo- 
rations, aux odeurs, à la phosphorescence , qui sont sans grande impor- 
tance, au point de vue delà classification, et qui nous occuperont surtout 
à propos de l'étude des tissus. Rappelons seulement les suivants : 

Coloration. — Un assez grand nombre d'espèces contiennent un prin- 
cipe colorant d'un rouge violacé qui se retrouve dans les divers organes 
de la plante. Ainsi les Chiropetalum, les DUaxis, les ArgxjUiamnia en ont 
leurs cellules imbues dans les feuilles, les pétioles, les sépales, les pistils, 
et même lesétaniines et les ovules. Les Sajorium ont des anthères et des 
ovules d'un rouge intense. Le suc des Crozophora est exploité, on le sait, 
pour la même raison, dans la fabrication du tournesol. Quelques espèces 
indiennes servent à teindre en rouge : tels seraient les Bischoffia; les 
Maprounea, au contraire, en noir. Dans les RoUlera, c'est le tissu cellu- 
laire extérieur des graines qui se pénètre de matière colorante écarlate. 
Chez le Melanolepis, ce sont toutes les parties de la plante qui se gorgent 
de suc rosé. 

Les Mercuriales sont connues comme bleuissant par la dessiccation; 
leurs anthères bleuissent, après avoir semé leur pollen. Enfin quelques 
portions d'autres plantes, les rameaux et les feuilles, prennent une teinte 
automnale jaune ou rouge très prononcée. Telles sont chez nous plusieurs 
Euphorbes, et, dans nos serres, le Suregada bilocularis et le Cluytia 
pidcheUa . 

Phosphorescence. — Une espèce brésilienne, VEuphorbia phosphorea, 
présente, dit-on, ce phénomène la nuit. 

Irisation. — Le testa de certaines graines recouvertes d'une mince 
primine transparente et desséchée offre des reflets irisés, ainsi que la 
tranche de certaines coques fibreuses. 

Odeur. — Les vésicules glanduleuses dont les organes sont semés, 
dans un grand nombre de Crotonées, sont gorgées d'une huile volatile 
odorante. Celle-ci procure parfois un parfum agréable, comme dans les 
Cascarilles, le Crolon gratissimwn et quelques autres espèces, notam- 
ment celles qui entrent dans la confection de Veau de Mantes aux colo- 
nies. Les espèces dites Baumes ont une odeur plus forte et moins agréable, 
comme celle de VEremocarpus. Chez nous, plusieurs Euphorbes et nos 
Mercuriales ont une senteur fétide. Les sucs laiteux des espèces exotiques 
ont souvent aussi une odeur fade et désagréable. 

16 



242 DISTRIBniON DES EUPHOBBES. 



DISTRIBUTION GEOGMPHIOUE. 



On peut estimer à 3000 espèces à peu près le nombre des Euphor- 
biacèes qui ont été décrites par les auteurs, ou qui se trouvent inédites 
dans nos collections. L'herbier du Muséum de Paris et celui de M. De- 
lessert eu contiennent environ JCOO que j'ai toutes analysées, et j'ai 
trouvé ainsi à les répartir entre 510 genres, dont 61 appartiennent aux 
Euphorbiacées dispermes et li9 aux monospermes. Parmi ces dernières, 
deux genres ont les fleui-s hermaphrodites : leurs espèces représentent 
euviron un quart de l'ordre tout entier. 

En effet, avec ce chiffre approximatif de 3000, il faut compter envi- 
ron 700 espèces pour les genres hermaphrodites, 1700 pour les autres 
genres monospermes et 600 pour les dispermes. Cherchons maintenant 
comment les plantes qui forment ces trois grands gi'oupes sont reparties 
à la surface du sol. 

Pour les Euphorbiacées hermaphrodites monospennes, il ne faut guère 
tenir compte que des Euphorbes proprement dites : car le genre Pedilan- 
thus ne compte que peu d'espèces toutes cantonnées dans les deux Amé- 
riques, depuis le Mexique jusqu'au Brésil septentrional. En excluant donc 
ce genre, il nous restera pour le genre Euphorbia le relevé suivant. 

Sur 500 espèces, l'Europe, dont je ne puis sépai'er la portion médi- 
terranéenne de l'Afrique du nord et de l'Asie Mneure, en compte- 
rait 62, c'est-à-dire y^; rAfrique 98, c'est-à-dire 7^, et environ un 
tiers de ce nombre se rapporte à l'Afrique australe. L'Amérique septen- 
ti'ionale surpasse l'Europe, car elle compte pour 98 , c'est-à-dire ■——, 
nombre qu'on eût été loin de soupçonner avant les récentes acquisitions 
faites pai' les flores du Texas et du rsouveau-Mexique. L'Amérique méri- 
dionale est représentée, par 47 espèces approximativement ou -jH^. L'Asie 
nous offrirait 178 espèces, c'est-à-dire la proportion considérable 
de Y^. Mais il faut eu rapporter environ la moitié à la région de la 
Perse, du nord-ouest de l'Inde et aux pays occidentaux qui s'étendent 
jusque vers la région méditerranéenne. L'Inde orientale et méridionale, 
d'une part, et de l'autre, la Chine et le Japon, font à peu près à parties 
égales l'autre moitié. Il ne resterait donc pour l'Océanie qu'environ 
17 espèces ; c'est-à-dire 7!^ : mais il faut noter que Java et les îles voi- 



DISTRIBUTION DES EUPHORBES. 24â 

sines sont ici confondues avec l'Inde méridionale, et que nos collections 
sont fort incomplètes quant à ce qui concerne l'Australie. 

Il faut dire que les espèces de ce genre demandent une étude très 
attentive pour qu'il soit bien déterminé quelles sont les limites des véri- 
tables espèces, et l'on sait assez que les descriptions des auteurs font sou- 
vent double emploi avec les plantes que nous possédons sous d'autres 
noms; ce qui n'étonnera pas, lorsqu'il s'agit d'un genre aussi difficile à 
approfondir et où les variétés sont si nombreuses, qu'il est bien permis 
de les ériger en espèces à l'explorateur d'une localité spéciale. Toutefois 
nous pouvons considérer les espèces européennes comme beaucoup plus 
connues que celles des autres pays, et sans doute nous en possédons rela- 
tivement beaucoup plus de celles qui existent. C'est pour cela qu'il est 
impoiiant d'étudier séparément la distribution des Euphorbes propre- 
ment dites et celle des autres genres. Ainsi en Europe, elles constituent 
environ les -^ de toute la famille, et les autres genres n'en forment que 
les îVo à peu près. La proportion est à peu près la même dans la portion 
occidentale de l'Asie; mais lorsqu'on descend vers le sud, du côté de 
l'Arabie, le nombre des espèces appartenant à d'autres genres augmente 
relativement un peu. 

Dans les contrées chaudes des deux hémisphères, il n'en est plus du 
tout de même. Le nombre des Euphorbiacées hermaphrodites diminue 
considérablement, et celui des genres à fleurs diclines augmente d'autant. 
Ainsi dans l'Amérique tropicale, la proportion est d'à peu près un huitième 
contre sept, en faveur des espèces unisexuées. Elle serait un peu plus 
élevée dans l'Asie méridionale, en faveur des Euphorbes proprement 
dites. 

Donc, à l'exception des régions tout à fait septentrionales de l'Europe 
et de l'Asie, qui ne comptent que quelques espèces, à mesure que l'on 
descend au sud, à partir des zones tempérées, on voit le nombre des 
Euphorbes diminuer graduellement; et lorsque M. R. Brown a montré 
que les Euphorbiacées de la Nouvelle-Hollande allaient en augmentant de 
nombre à mesure qu'on s'approche de l'équateur, il ne parlait que des 
espèces autres que celles du genre Euphorbia. 

On sait d'ailleurs que certaines formes du genre Euphorbe, celles qui 
se présentent avec des tiges de consistance spéciale, caractérisent cer- 
taines régions. Ainsi, l'Afrique australe nous présente un grand nombre 
d'espèces charnues (environ un dixième des espèces connues), et encore 



241 DISTBJBCnON DES GESKES DICLINES. 

il faut bien s'imaginer que nos collections en sont relativement très pau- 
vres, à cause des grandes difBcultés que présente leur préparation. L'Asie 
méridionale possède aussi quelques-unes de ces espèces charnues. L'Amé- 
rique tropicale et subtropicale se distingue au contraire par les espèces 
arborescentes à bractées colorées et à appendices floraux pétaloïdes ou 
avortant en grande partie, comme les Âlectorocionum et les Poinseitia. 
Ailleurs, en Europe, dans l'Asie occidentale, dans l'Amérique du >'ord. 
nous ne voyons plus prédominer que les petites espèces herbacées ou 
vivaces, ou sous -arborescentes. Nous y rencontrons, entre autres, quel- 
ques-unes de ces espèces cosmopolites qui se trouvent partout, qu'elles y 
soient spontanées ou qu'elles s'y soient naturalisées. J'en citerai ici no- 
tamment quatre. Sans rapporter toutes les localités pour lesquelles ou 
indique r£. helioscopia . par exemple, je la vois recueillie au Japon, en 
Espagne et à l'île Sainte-Hélène. LE. thymifolia, L., nous est envoyée de 
rinde, de Java, du Brésil et de Bourbon. UE. piluUfera abonde dans 
l'Inde, en Chine, à Manille, à Java, à Bourbon, au Japon, au Sénégal, au 
Brésil et aux îles Sandwich. L'herbier du Muséum possède YE. hyperici- 
folia. provenant à la fois de l'Arabie, de l'Inde, de l'Australie, du Brésil, 
du Chili, du Pérou et de Saint-Domingue. 

Les autres genres d'Euphorbiacées, dont les feuilles sont diclines, re- 
présentant un peu plus des deux tiers de l'ordre, quant au nombre de 
leurs espèces, doivent être distingués en monospermes et en dispermes. 
Examinons d'abord les premiers. Ils sont les seuls qu'on trouve dans les 
régions septentrionales des deux continents. Ainsi, la première Euphor- 
biacée dispermequi apparaît en Europe est méditerranéenne: en Amé- 
rique, les premières appartiennent au Mexique, au Texas, etc. D'ailleurs, 
en Europe, il n'y a que trois genres dispermes. 

Les genres européens uniovulés sont aussi peu nombreux, si l'on ne 
compte point parmi eux les Euphorbes. L'Amérique duN'ord n'est guère 
plus riche. Il n'y a d'exception à faire que pour le Mexique et les Antilles, 
que nous joindrons dorénavant à l'Amérique équatoriale. 

Pour les genres uniovulés, en en représentant le nombre total par iliQ, 
nombre qui devrait peut-être s'accroître de celui de quelques sections 
bien nettement déhmitées, nous en aurons 86 pour l'ancien continent, 
et 5i pour le nouveau. Mais il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit des 
espèces où, si pauvres que soient nos collections, on en trouve un tiers 
de plus de provenance américaine. Dans l'Amérique elle-même, la 



DISTRIBUTION DES GENRES DICHNES. 2/|.5 

région équinoxiale figure pour les deux tiers environ de la totalité. 
Quant au nombre de genres que possède l'ancien continent, voici com- 
ment il se répartit : 

Europe 2 

Afrique 21 

Asie et archipel indien 5li 

Australie 14 

Dans ce tableau, quelques genres sont comptés qui sont communs à 
quelques-unes de ces régions; en voici des exemples. Les Omalanthus se 
trouvent à Java, à Manille et en même temps dans la Nouvelle-Hollande; 
les Macaranga existent à Boui'bon, à Madagascar et dans l'Inde la plus 
orientale; \es Pltiknetia, les Claoxylon se rencontrent aux îles de la Réu- 
nion et à Ceylan, les derniers même en Australie et au cap de Bonne- 
Espérance. 

Toutefois ce dernier genre ne se rencontre que dans l'ancien conti- 
nent, tandis qu'il y en a quelques-uns que possèdent simultanément les 
deux hémisphères. Ils ne sont pas nombreux parmi les Euphorbiacées 
uniovulées, et je ne puis guère citer que les suivants : Jatropha^ Eœcœ- 
caria, Microstachys, Sapium, Oniphalea, Aparisthmium et Dalechanipia. 
Je ne parle pas ici du grand genre Croton, vu que, pour les auteurs qui 
le veulent démembrer en un très grand nombre de groupes, il n'y en 
aura peut-être point qui soit considéré comme appartenant en commun 
aux deux hémisphères. Pour ne parler de ce genre que tel que je l'admet- 
trai ici, j'en rencontre des représentants en Abyssinie, à Madagascar, 
au Cap, dans l'Inde, à Java, en Australie et dans l'Amérique équinoxiale. 

Les genres à loges dispermes étant jusqu'ici au nombre de 61, leur 
distribution est la suivante : 

Europe 3 

Asie et archipel 32 

Afrique 20 

Océanie 10 

Amérique 17 

Si maintenant nous retranchons de chacune de ces parties du monde 
les genres qui ne lui sont pas spéciaux, nous trouvons au contraire : 

Europe 1 

Asie et archipel 19 

Afrique 10 

Océanie 5 

Amérique 10 



246 AFFEïrrÉs îîatiirelxes. 

De sorte qu'il y a seize genres qui sont communs à au moins deux 
parties du monde. Mais ce qui est le plus digne de remarque, c'est qu'il 
n'y en a presque pas qui ne le soient qu'à deus d'entre elles. Trois ou 
quatre seulement sont, en effet, dans ce cas ; les autres se trouvent pres- 
que partout. Ainsi, les Jndraehne sont européens, asiatiques, africains 
et américains. H en est de même des Amanon. si l'on excepte l'Europe 
des pays où ils se rencontrent: et surtout des Phyllanlhus^ genre presque 
cosmopolite, et dont les espèces constituent à elles seules un tiers environ 
de touiK celles des genres dispennes. Quelques genres de ce groupe 
semblent, par opposition, très bornés dans leur distribution géographique. 
Ainsi, jusqu'à présent, on ne connaît d'Hyœnanche qu'an Cap, de Colmei- 
roa qu'en Espagne, de Thecaeoris qu'à Madagascar, et de Pleioslemen 
qu'au Cap ; mais rien n'est moins définitif que ces faits, puisque l'on 
Tient, par exemple, de trouver en Australie un Leptonema, et qu'on 
n'en connaissait qu'à Madagascar. La localisation des trois quarts des 
genres australiens dans leur pays semble, au contraire, un fait moins 
d^né à varier. 

Si maintenant nous voulons comparer le nombre total des Enphorbiâ- 
cées à celui des végétaux phanéw^mes, si ceux-ci sont représentés par 
le chiffre 120000, on voit que les Euphorbiacées en forment envi- 
ron 1/40= . Si, au contraire, on admet que le nombre des Phanérogames 
est de 200000, la proportion est moindre de la moitié environ, mais il 
est bien permis de croire que Ihypothèse qui élève ainsi le nombre dé 
tous te végétaux multiplierait proportionnellement, ou à peu près, celui 
des Euphorbiacées. 



AFFIMTES >"ATLTlELLES. 

Les points de contact entre le grand groupe des Malvales et celui des 
Euphorbiacées sont si nombreux, qnïls ont frappé la plupart des bota- 
nistes, alors même que l'absence très fréquente des pétales et la sépara- 
lion des sexes tendaient surtout à faire rejeter les Euphorbiacées auprès 
de v^étaux beaucoup moins parfaits. Aussi, tandis que l'auteur de la 
Méthode nalurdle relèsnie les plantes qui nous occupent parmi les 
apétales, M. R. Brow n ne range pas les Euphorbiacées dans l'apétalie. 

La raison la plus puissante pour Ad. L, de Jussien de n'admettre point 



MALVACÉES. 247 

les Eiiphorbiacécs parmi les plantes à fleurs pétalées, est surtout l'im- 
portance qu'il attache à la séparation des sexes. Si cependant on admel., 
avec Limié et Tournefort, que les Euphorbes ont des fleurs hermaphro- 
dites, et non des inflorescences, cette cause d'infériorité disparaît. On 
peut alors se laisser aller plus facilement à rapprocher les Euphorbiacées 
des Malvacées, si l'on considère, en outre, comme le dit M. Lindley 
{Feg. Kingd., p. 275), que «le port des Euphorbiacées et leur aspect 
» général sont, sous certains rapports, si identiques, qu'on pourrait 
» aisément se tromper et prendre certains C?'o;o?î, Jleurites, etc., pour 
» des Malvacées : la structure des poils étoiles, les étamines monadelphes, 
» le nombre défini des ovules et l'union des carpelles sont encore autant 
» de points de ressemblance. » On a souvent encore cité, à l'appui de 
la comparaison, le développement considérable que prend la corolle dans 
certaines Euphorbiacées exotiques, comme les fleurîtes, Anda, Elœo- 
cocca,Jatropha, Philtj7-a, eic. M. Ad. Brongniart, dans son classement de 
l'école de Paris, a, pour ces raisons sans doute, placé les deux groupes 
de plantes tout à côté l'un de l'autre. Pour moi, je considère les Euphor- 
biacées comme si voisines desMalvales, que je les regarde comme consti- 
tuant deux séries parfaitement parallèles. En appliquant aux unes et aux 
autres ce principe si fécond des développements collatéraux, j'arrive, en 
effet, si je ne me fais illusion, à étabhr deux séries où chaque terme est 
représenté, avec toutefois des difîérences de proportions numériques qui 
n'ont ici qu'une importance secondaire. 

Dans la première de ces séries se trouvent les Malvales telles que les 
limite M. Lindley. En y considérant principalement les plantes à loges 
mono- ou dispermes, on trouve les fleurs généralement hermaphrodites, 
plus rarement unisexuées, souvent pétalées, moins souvent apétales, 
l'albumen peu abondant, plus rarement en grande quantité, et l'ovule 
anatrope avec le micropyle inférieur. 

Dans la seconde, qui représente les Euphorbiacées, on rencontre, 
selon nous, des fleurs hermaphrodites seulement dans une couple de 
types, d'ordinaire unisexuées, plus souvent privées que pourvues de 
corolle, le périsperme en quantité toujours notable et l'ovule anatrope 
avec le micropyle tourné en haut. 

Tels sont les grands traits différentiels, mais qu'on compare, pour 
ainsi dire, terme à terme. En se rapportant à l'étude orgauogénique, 
ne voit-on. pas dans une Mauve, comme dans une Euphorbe, un calice 



2i8 ÎLO-VACÉES. 

et uu andi'océe développés absolument d'une manière identique ; les éta- 
mines disposées eu faisceaux et s'unissant parleurs filets en faisceaux ana- 
logues? N'y a-t-il pas, dans beaucoup d'Eupborbiacées, des appendices 
au calice qui se retrouvent à peu près les mêmes dans celui desplalvacées, 
et qui rappelle que la disposition des stipules est le plus souvent iden- 
tique chez les nues et les autres de ces plantes? Il y a bien des Bombacées 
et des HéUctérées qui sont apétales, comme les Ricins ; mais lorsque ces 
plantes ont des corolles, leurs pièces sont en préfloraison tordue, comme 
c«lle des Jatropha, des Ricinocarpus, etc. : et, de même que souvent les 
pétales des Malvacées se soudent ensemble à leur base, de même ils 
s'unissent dans les Mozinna. parmi les Euphorbiacées. de manière à con- 
stituer une corolle gamopétale. 

L'androcée est, dans bien des Crotouées, pareil à celui des Malvacées. 
De part et d'autre, le nombre des étamines est indéfini ; mais elles for- 
ment des faisceaux qui, eux, sont définis et en rapport avec le nombre 
des pièces du périauthe. De plus, les étamines. tout en demeurant sou- 
dées par leurs filets, peuvent être en même nombre que les pétales chez 
certaines Byttnériacées dune part, de l'autre chez les Chiropetalum, les 
Micrandra, etc., où les fleurs sont diplostémonées, comme chez cer- 
taines Bombacées, Hélictérées ou Byttnériées d'une part, et de l'autre, 
chez les Jatropha. Manilwt, Ditaxis. Monotaxis, etc. 

Quant aux ressemblances que présente le gynécée, je n'ai garde d'y 
insister, car elles ontfrappé dès longtemps tous les botanistes. On a surtout 
comparé dans les deux ordres la déhiscence élastique et la séparation 
des coques réunies autour d'un centre commun. Dans les plantes à fleurs 
diclines, les mâles présentent souvent de part et d'autre ce corps centi'al 
qu'on considère comme un pistil rudimentaire La même chose arrive 
souvent chez les Sterculiées. Parmi les Hélictérées, le Plagianthus a 
deux loges ovariennes: la fleur mâle ne présente qu'un ovaire rudimen- 
taire ; celui-ci n'a plus qu'une loge, l'autre ne se développe pas. L'al- 
bumen semblerait d'abord être une cause de dissidence, parce que les 
vraies Malvacées passent pour n'en point avoir; mais ceci n'est point 
complètement exact : il existe, quoiqu'il soit peu abondant, et dans les 
Bombacées ou le voit souvent paraître avec un grand développement, de 
même que chez les Byttnériacées. Ainsi : 

Les Sterculiacées ont souvent les caractères communs aux Euphor- 
biacées de la dicUnie et de l'apétahe. 



GÉRANIA.CÉES. LINACÉES. 249 

Les Byttnériacées, la mouadelphie des Jatrophées avec l'androcée 
isostémone ou diplostémone. 

Les Lasiopétalées peuvent être apétales. 

Les Hernianniées ont cinq étamines superposées aux pétales, comme 
celles des Jatrophées isostémones. 

Les Byttnériacées ont un albumen charnu; de même souvent les 
Bombacées. 

Ces dernières peuvent être apétales. 

Les Hélictérées ont des fleurs diclines par avortement. 

Enfin certaines Malvacées, comme certaines Euphorbiacées, présentent 
des fruits uniloculaireset monospermes. 

La grande différence est donc celle-ci entre les deux ordres, et il faut 
bien qu'il y en ait une constante : les ovules des Malvacées, supposés 
pendus, auraient le raphé tourné en sens contraire de celui des Eu- 
phorbiacées. 

L'alliance des Geraniales, telle que l'a conçue M. Liudley {f^eg. Kingd. , 
p. 184), me paraît, d'autre part, extrêmement rapprochée des Euphorbia- 
cées. Que si l'on compare, par exemple, la fleur d'un Lin et celle d'un 
Jatropha, on trouvera que pour lepérianthe il n'y a aucune dissem blanc; 
de part et d'autre un calice quinconcial, une corolle à cinq pétales onguicu- 
lés et à estivation tordue. L'androcée n'a que cinq étamines dans les Lins, 
et le Jatropha en a dix ; mais le Lin a cinq staminodes à la place des cinq 
étamines superposées aux pétales, et d'ailleurs dans les Oxalis ou les 
Géranium nous retrouvons les dix étamines parfaitement développées. 
J'ajoute qu'elles sont, d'un côté comme de l'autre, plus ou moins soudées 
à leur base, et disposées sur deux rangées. Quant au gynécée, la plupart 
des Lins y comprennent cinq carpelles; mais le Linwm iriginum, qu'on 
n'en sépare même pas comme genre, n'en a que trois, comme le Jatropha. 
La seule difîérence importante qu'il y ait dans le gynécée, c'est la pré- 
sence de deux ovules dans chaque loge ; mais ces ovules sont pendus, ils 
sont auatropes avec leur raphé intérieur, leur micropyle extérieur et 
supérieur, et ce micropyle est coiffé d'un petit chapeau de tissu con- 
ducteur, comme l'a montré M. Payer, et ne diffère, par conséquent, en 
rien de celui du Jatropha. Le fruit est également capsulaire, et la graine 
contient un embryon dont la radicule regarde le sommet de la loge. 
Il n'y aura non plus dans la graine du Jatropha aucune différence essen- 
tielle avec celle des Lins, si l'on pense que chez celles-ci le périsperme 



250 TBOPÉOLÉES. RHAMJfÉES. 

n'est presque jamais nul, mais souvent peu GonsidérablCj ce qui n'est, 
du reste, qu'un caractère ici fort secondaire, car l'albumen reparait plus 
abondant dans les Oxalis. 

Les Gèraniées ont d'autres nombreuses ressemblances avec les Jatro- 
pbées: leurs Ic^es sont aussi monospermes. Leur ovule, comme le dé- 
montre M. Lindley, « apparaît clairement comme ne naissant pas sur la 
feuille carpellaire » f/'e^- Kingd. , p. S93). Il n'y a pas jusqu'aux glaudes du 
disque qui ne se retrouvent dans les Gèraniées et les Oxalis, et-eufin les 
styles et les stigmates de ces derniers offrent une ressemblance frappante 
avec ceus de certaines Crotonées. telles que les i>jfajcj5, Argylhamnia.eic. 
[pï. XV, fig. 28). Une seule différence pourrait nous airêler par consé- 
quent : le Jalropha a un ovule dans chaque loge; le Lin en a deux qui 
sont collatéraux. Mais le Widandia a les deux ovules entièrement dirigés 
et conformés commeceux du Lin, et dans certaines Euphorbiacées à loges 
dispermes Llni^onema, CaWifricAe), nous voyons une fausse cloison s'in- 
terposer entre l^deux ovules d'une même l(^e et remplacer celle-ci par 
deux demi-loges uniovulées. 

LesTropéolées s'éloignent davantage de nos Euphorbiacées par l'irré- 
gularité de leur périanthe. Cependant on ne peut s'empêcher de reconnaître 
une grande analogie dans le développement de leur gynécée, la direc- 
tion de leiu^ ovules, le nombre et la disposition des loges ovarienne. 

C'est avec grande raison qu'on a rapproché les Rhamnées des Euphor- 
biacées. et cela, quoique leurs ovules soient dressés, attendu que ces 
ovules ont leur raphé dirigé dans un sens opposé à celui des Euphorbia- 
^es, et que, d'après ce que nous avons dit (p. 193), cela constitue, 
malgré la différence d'insertion, une extrême analogie. II y a d'ailleurs 
plusieurs ordres de l'alliance des Rhamnales^ telle que la comprend 
M. Lindley. qui se rapprochent beaucoup des Euphorbiacées, je veux 
parler : 1° des lîlmacées, 2* des Rhamnées, 3" des Chailliétiacées. 

Les Ormes ont une très grande analogie avec les H ijmenscardia, qui 
sont^ avons-nous vu, dfô Fluggea par leur fleur mâle, mais dont la fleur 
femelle présente un ovaire ailé donnant naissance à un fruit qui rappelle 
celui des Utmus. Toutefois il y a cette différence que, dans les Ilymeno- 
cardia, il n'y a point d'avortement comme dans les Ormes. Mais quand 
on suit le développement du pistil de ceux-ci et de celui d'une Mercu- 
riale, on voit que pendant longtemps ils sont parfaitement semblables. 

Les Rhamnées propi ement dites sont tellement voisines, par le port, 



AURANTIACÉES. — AMYRIDÉES, 251 

de certains groupes d'Euphorbiacées, qu'il suffit d'avoir manié quelques 
échantillons d'herbier pour se convaincre qu'il y a impossibilité de dis- 
tinguer les unes des autres sans l'analyse des fleurs. M. Brongniart a dès 
longtemps signalé les rapports nombreux qui unissent les deux ordres. 
Trois caractères les écartent cependant l'un de l'autre, selon M. Lindley : 
l°La séparation des sexes. Nous savons à quoi nous en tenir sur la valeur 
de ce caractère. 2° L'insertion hypogynique des étamines des Euphorbia- 
cées. Nous avons vu comment se manifeste, au contraire, dans cet ordre, 
une grande tendance vers l'insertion périgynique, notamment dans les 
genres biovulés. 3° Les ovules suspendus. Nous savons que ce n'est 
point là ce qui est pour nous l'important dans la situation des ovules, et 
nous avons vu une Euphorbiacée qui a les graines dressées, comme celles 
d'une Rhamnée, et cela avec le raphé tourné dans le même sens. 

Mais c'est lorsque nous arrivons aux Chailliétiacées que nous trouvons 
la plus grande ressemblance entre les deux ordres. Je ne parle pas tant 
pour le Tapura, dont les fleurs sont irrégulières, que pour le Chaillelia, 
dont les ovules sont dirigés absolument comme ceux d'une Euphorbiacée, 
et dont le diagramme, quant au périanthe, à l'androcée, au disque, est 
aussi exactement celui d'une Euphorbiacée disperme. Quant au Moacurra, 
c'est une Euphorbiacée proprement dite ; c'est un genre extrêmement 
voisin des Fluggea et des Antidesma par sa fleur femelle, et sa fleur 
mâle est celle de toutes les Euphorbiacées dispermes pourvues d'une 
corolle. Les ovules du Moacurra sont collatéraux, pendus, le raphé en 
dedans, le micropyle en haut et en dehors; l'exostome est épaissi et 
caronculeux, et un obturateur celluleux vient coiffer ces ovules, comme 
ceux d'un Drypetes ou d'un Hemicyclia. 

L'alliance des Rutales de M. Lindley présente quelques affinités avec 
les Euphorbiacées, dans les ordres suivants : 

Auraniiacées. — Les ovules sont dirigés de même, et il y a des genres 
qui n'en ont qu'un ou deux dans chaque loge ; mais il n'y a pas ici d'al- 
bumen ; certains genres ont les loges pluriovulées et le fruit est totale- 
ment différent. 

Amyridées. — L'ovule y est dirigé comme celui des Euphorbiacées, 
et de même celui de Burséridées ; mais il n'y a pas non plus d'albumen 
dans les graines. 

Diosmées. — Les ovules ont aussi la même direction, et la déhiscence 
des fruits offre quelque analogie ; mais ces plantes se rapprochent surtout 



252 DI0SMÉE5. P0LTGALÉE5. AMEXTACÉES. 

des Rutacées proprement dites et des Xanthoxylées, avec leurs eai^pelles 
distincts dans une étendue \ariable de bas en haut, ce qui ne se rencontre 
pas dans les Euphorbiacées. Toutefois l'ovule est tourné dans les Diosma 
et dans les Dictyoloma comme dans les Euphorbes: mais dans ce dernier 
seure. il y en a quatre, ce qui suffit comme cai'actère distiuctif. 

Les Sapindales de M. Lindley ofireut aussi quelques affinités avec les 
Euphorbiacées. Ainsi les Polygala et les Tremandra ont les ovules, et eu 
un mot tout le gynécée absolument construit comme celui des Euphor- 
biacées. Dans les trois groupes, Tovule se gonfle au niveau de Tesostome 
pour former une production carouculeuse. et de plus. Fovule des Jn- 
gostyles possède le singulier appendice cbalazique des Tetratheca. Les 
vrais Polygalées sont éloignées davantage par l'irrégularité de leurs 
fleurs. Les Erythrorylées ont aussi des ovules dirigés comme ceux, des 
Euphorbes, mais à part les Trémandrées. les affinités de toute cette 
alliance sont déjà un peu lointaines, comme celles des Ruiules. 

J'ai hâte de comparer aux Euphorbiacées les deux grands ordres des 
Ameutacées et des Urticées, parce qu'on a de tout temps trouvé de 
grandes analogies entre eux. Ceci date surtout de Tépoque où l'on reje- 
tait ensemble, à la fin des familles naturelles, toutes celles qui passaient 
pour apétales. De même l'inflorescence en chatons a constamment sem 
à rapprocher les Amentacées des Scépacées. Il faut n'accorder, d'après 
ce que nous avons vu, qu'une très petite valeur à ce caractère. Le chaton 
des Euphorbiacées, est, eu somme, un axe chargé de cymes réguUères. et 
nous avons vu des genres qui ont à peu près les mêmes fleui-s, et même 
tout à fait, ne différer que parce qu'ils présentaient ce mode de disposi- 
tion. En réalité, il n'y a pas d'autres caractères de quelque valeur qui 
soient communs aux Euphorbes et aux Amentacées. 

C'est parce qu'on a démontré suffisamment, dans ces derniers temps, 
que les Urticées se rapprochent de certains types polypétales, et en parti- 
culier des Malvacées. par l'intermédiaire des Tiliacées, que j'admettrai 
surtout leurs affinités avec les Euphorbiacées. Mais ces affiinités sont assez 
éloignées. Je ne nie pas la grande ressemblance que le port offre entre 
certaines Acalyphées et les Orties proprement dites, et j'accorde qu'il y 
a du suc laiteux, des cystohthes, etc., dans certain nombre de genres des 
deux ordres. Mais le suc laiteux existe dans des plantes monopétales: et 
quant au port, aux formes des feuilles, M. Weddell. dans sa belle Mono- 
graphie, a montré qu'ils étaient souvent très voisins de ce qu'on observe 



URTICÉES. 253 

dans les Mélastomes, plantes qu'il s'est empressé d'écarter. D'ailleurs je 
ne puis regarder les Euphorbiacées comme représentant un type beau- 
coup moins parfait que celui des Urticées, et cela, parce qu'il y a des 
Euphorbiacées qui, à part la diclinie, sont tout à fait des Mauves ou des 
Lins, ce qui n'arrive jamais pour une Urticée proprement dite. Quelques 
Euphorbiacées tendent, il est vrai, vers les Urticées, mais comment? 
M. Bentham l'a bien montré pour VEremocarpus. C'est un Croton dégé- 
néré; le périanthe y devient simple, le nombre des étaraines diminue, 
le disque disparaît. Le pistil se réduit à une seule loge, le style devient 
unique. Voilà à quelle condition il se rapproche des Urticées. Quant aux 
Scépacées, je veux bien les considérer comme un intermédiaire entre les 
deux ordres : mais les Scépacées ont un gynécée relativement compliqué ; 
il ne diffère pas de celui d'un Fluggea, il a conservé deux loges biovulées. 
Les Antidesmées sont encore intermédiaires, selon moi, aux Scépacées 
et aux Urticées, plus complexes que ces dernières, moins parfaites que 
les premières. Comparons en effet. Les Scépacées conservent deux loges 
dans leur ovaire; les Slilaginella aussi. Les Anlidesma, il est vrai, ont 
une seule loge, comme une Urticée, mais il y a un moment où ils en ont 
trois, et jamais le gynécée des Urticées proprement dites n'est aussi 
complexe. Quant aux fleurs mâles des Antidesmées, elles ont un androcée 
isostémoné, à peu près comme les Urticées, un pistil rudimentaire central, 
comme elles aussi, et de plus des disques dans les fleurs des deux sexes. 
Je ne vois donc rien qui plaide en faveur de l'infériorité des Antidesmées, 
sinon l'inflorescence en chatons, à laquelle je n'accorde pas, d'après ce 
qu'on a vu, grande valeur; d'autant plus que je la trouve, par exemple, 
chez les Bennettia,\es Sarcoclinium,\es Jgrostistachys, etc., qui sont 
presque des Jatropha, c'est-à-dire un type qui, je l'ai dit, est des plus 
élevés parmi les Euphorbiacées et touche aux Lins, dont il ne diffère que 
par la diclinie. 

Ainsi je placerai par ordre de dégradation successive : les Euphorbia- 
cées proprement dites, les Scépacées, les Antidesmées, puis les Urticées, 
et la série serait terminée pour moi par quelques Amentacées, telles, par 
exemple, que les Myricacées. Toutefois il me serait impossible de ne pas 
admettre, avec le savant monographe des Urticées, que celles-ci dérivent 
aussi des Malvacées par l'intermédiaire des Tiliacées, et, pour me servir 
de l'ingénieuse comparaison qu'il a employée, d'une pyramide à plusieurs 
faces convergeant vers un sommet commun, voici, à mon sens, comment 



254 posiTio\ DE l'ordre. 

je devrais l'employer. Je supposerais que cette pyramide a trois faces, et, 
sur l'une d'elles, la plus grande, je placerais à droite les Malvacées ou 
plutôt toute l'alliance des Malvales de M. Lindley, les Tiliacées comprises ; 
tandis que, à gauche, parallèlement, se rangeraient tous les types Euphor- 
biacées; l'Euphorbe à la base tiendrait coteau Malva; plus haut les Bvtt- 
nériacées, les Bombacées. les Sterculiacées, se trouveraient au même ni- 
veau que leurs types euphorbiacés correspondants, dont nous avons parlé 
tout à l'heure. Les Hélictérées arriveraient à peu près au niveau des 
Scépacées et des Ântidesmées, accompagnées de près par VEremocarpus, 
et le sommet du triangle que représente cette face du tétraèdre serait 
occupé parles Urticées. dérivant ainsi des deux types Mauve et Euphorbe. 
Puis, sur les autres faces de la pyramide, je disposerais d'un côté les 
Rhamnalcs, surtout les Chailléliacées, et, vers l'autre bord, les Rutales, 
plus éloignées des Euphorbiacées. La troisième face comprendrait l'al- 
liance Géraniale, et surtout les Lins, à la hauteur à peu près des Jatro- 
phées et des Wielandia. Quant aux types à loges polyspermes de cette 
alliance, ils seraient rejetés davantage vers l'arête qui touche aux Ketmies 
et aux Tiliacées pluriovulées. 



CLASSIFICATION. 



Linné admettait, en 1764, quinze genres dans sa famille des Tricoccœ. 
En y joignant ses Antidcsma, il connaissait donc seize de ceux que nous 
rangeons aujourd'hui parmi les Euphorbiacées. Je ne m'occupe point 
des époques précédentes, où presque toute Euphorbiacée était un Ricin 
ou un Ricinoïde. Tournefort seul avait distingué nettement quelques 
genres, comme les Mercuriales. Des seize genres de Linné, car je ne compte 
pas ici le Buis, trois seulement appartenaient aux Euphorbiacées bio\a]- 
lées: c'étaient les Andrachne^ Phyllanlhus et Àntidesma. Il est vrai que 
les Cluytia et les Crolon contenaient un certain nombre d'espèces di- 
spermes qu'on en a séparées depuis. 

A partir de cette époque, le procédé employé pour classer et nommer 
les Euphorbiacées revient à peu près à ceci : toute espèce à loges dispermes 
est rapportée aux Phyllanlhus ; toute espèce exotique à loges monospermes 
aux Piicinus, à moins qu'elle n'ait des pétales, et alors on en fait de pré- 
férence un Crolon. Aussi ces trois genres, notamment le premier et le 
dernier, s'enrichissent-ils d'un nombre considérable d'espèces; mais il 
faut dire que ces espèces n'ont généralement que très peu d'analogie entre 
elles. D'ailleurs, le plus souvent, leurs fruits sont seuls reconnus comme 
appartenant à des Euphorbiacées; leurs fleurs n'ont pas été étudiées. 

L'auteur delà méthode naturelle ne connaissait qu'un petit nombre de 
genres à ajoutera ceux de Linné. Quelques types d'Adauson, ceux de 
P. Browne, d'Aublet, de Forster, figurent dans le nouveau Gênera plan- 
tarum, qui s'enrichit des genres : Amanoa, Kirganelia., Xylophylla, Argy- 
thamnia, Aleuriles, Mabea, Sapium, Maprouîiea., Omphalea, etc. 

Les Élémenls de Necker, publiés en 1790, nous montrent ce que la 
famille des Euphorbiacées avait acquis depuis Linné. Sans parler des 
genres Crolon et Euphorbia, que l'auteur tente de décomposer, fait sur 
lequel nous allons revenir, nous trouvons que six genres nouveaux ont 



256 HISTORIQUE DE lA CLASSmCATIOIî. 

pris place parmi les plantes qui dods occopent^ à saToir: les StiUingia, 
les Crosophora, les Omphalea, les Ciœa, les Sapium^ les Bromfeldia et 
les Caturus. 

Ce qu'il y a de plus intéressaDtàsoiTredaus Texposé deTfecker, c'est 
sa tentative de dédooblement des grands genres Croion et Euphorbia. 
De ce dernier il tire les Keraselma, les Âlhymaius ; du premier les Lunlia, 
les Cinogasum et lesCrosopAora. Pour ce dernier genre il y avait urgence. 
à n'en pas douter; mais quant anx autres coupes, elles sont déjà Tindice 
d'une tentative renouvelée de nos jours en Allemagne, et qui a abouti à 
un morcellement conâdérable du genre Croiou. 

A.-L. de Ju^en, qui avait plus en vue, sans doute, le soin de limiter la 
famille des Euphorbes et d'en fixer la position, que d'eu étudier en par- 
ticulier les différents genres, légua ce soin à son iDustre fils, et c'est en 
i82o que celui-ci publia ses Considérations générales sur les Euphorhia- 
cées, suivies un an après de la Monographie des genres qui la composent. 
Les herbiers du Muséum, de Ju^eu, de Kunth, de Richard et de M. De- 
le^ert ont fourni les matériaux de ce grand travail, ainsi que les ouvrages 
et les mémoires qui avaient paru sur le même sujet depuis quelques an- 
nées, et dont les principaux portent le nom de Vahl, de Desfontaines, 
de Forster, de Robert Brown, etc. L'herbier des Jussieu, devenu heu- 
reusement la propriété du Musénm de Paris, contient, avec la plupaii 
des types d'A. de Julien, des notes manuscrites sur chaque espèce, 
notes auxquelles nous nous rapporterons toujours dans ce travail, ainsi 
qu'à celles de Vahl, de Richard, de Desvaux, etc., qui s'y trouvent 
conservées. 

A. de Ju^eu, à part les genres douteux, en trouva 62 étabhs dans 
c-ette famille, et il y (M1 ajouta 11, ce qui fait un total de 73. 25 appar- 
tiennent aux dispermes, et hS anx mouospermes: mais, parmi ces 73 
genres, il y en a 4 qui n'appartieimentpas aux Euphorbiac^es proprement 
dites, et que nous en retrandierons : ce sont les Buxus, Pachysandra, 
Hismgera etSlghceras. le&Hisittgera sontdes Flacourtianées. Les Buxus 
et Pachysandra ont les ovules tournés dans le sens opposé à celui des 
Euphorbes (p. 272|, et de même les Stgloeeras (p. 272). 

A. de Jnsâeu fut le premier à séparer des genres anciens un certain 
nombre d'espèces qui n'y avaient été évidemment placées qu'à défaut 
d'une analyse exacte des fleurs. C'est ainsi que le genre Jcalypha lui 
fournit ses Theeaeorïs, Leptoneaia, Claoxyhn, etc. Des Ricins il distingua 



HISTORIQUE DE LA CLASSIFICATION. 257 

les Mappa, et il montra nettement que le genre Crolon n'était qu'un 
assemblage d'éléments très hétérogènes qui en devaient être forcément 
distraits. Quoiqu'il ait laissé à d'autres le soin facile de donner des noms 
nouveaux aux espèces dissemblables, en les distinguant clairement, il 
créa de fait les genres Tracliycarion, Beyeria, Gynamblosis^ Caperonia, 
Baliospermum et C hiropetaliim ; il nomma lui-même ce dernier quelques 
années plus tard. 

Toutefois le genre Croton demeurait encore composé d'éléments fort 
hétérogènes. Desvaux avait entrepris d'en faire une étude spéciale, dont 
les résultats ne nous sont pas parvenus. A partird'A. de Jussieu, un grand 
nombre de botanistes ajoutèrent quelques genres aux siens, mais en les 
faisant toujours rentrer dans sa classification, et en les intercalant parmi 
les plus anciens. M. Blume, à Java, en découvrit un assez grand nombre. 
M. Hasskarl dans le môme pays, Wallich et ses continuateurs dans l'Inde, 
et, de nosjours, MM. Thwaithes et Dalzell, ont encore enrichi cette liste. 
M. Brongniart créa un genre australien, et en fit mieux connaître un 
autre que Rudge avait incomplètement décrit. Gaudichaud nous rappor- 
tait vers le même temps le genre Adriania; mais les Euphorbiacées les 
plus intéressantes de ce pays sont, sans contredit, celles que M. Planchon 
a publiées, les Berlia, lesStachystemon. M. Miiller ajoute en ce moment 
à ce groupe de nouveaux types australiens. D'ailleurs, un grand nombre 
d'auteurs proposaient des genres isolés de nouvelle création, ou, par 
suite d'analyses plus exactes que celles de leurs prédécesseurs, adjoignaient 
aux Euphorbiacées des végétaux qu'on en avait jusque-là séparés, comme 
firent MM. R. Brown pour le Bennettia, Mercier pour le Plalygyne, 
Miquel pour le Beyeria, Decaisne pour les Bischoffm, les Leptopus, les 
Pseudanthus de Sieber, de Martius pour le Senne feldera, les Actinostemon^ 
Tulasne pour le Falconeri, etc. 

Mais les travaux les plus considérables qui aient eu pour sujet la 
famille des Euphorbiacées sont dus à M. Klotzsch. Malheureusement les 
résultats en sont épars çà et là dans un grand nombre de publications. 
L'auteur a donné successivement, et par fragments, des mémoires re- 
latifs à des Euphorbiacées de l'Inde, comme les Trewia {Erichs. Arch.) 
et les Tiglium {PL Mey ); à un grand nombre de celles de l'Amérique 
équatoriale (iinc/is. Jrch., Hook. Journ., Voy. Seem.), et à plusieurs 
genres remarquables de la Nouvelle-Hollande {PI. Preiss). Envisageons 
l'ensemble de ces travaux. 

17 



258 MOaCELLEilEST DC GENBX CROTON. 

Les résultats en sont de deux ordres. Rangeons dans le premier la 
connaissance nouvelle de plus de trente genres australiens ou américains 
créés avec une prodigieuse activité. Quant au second, il (emporte Tap- 
plication la plus étendue qu'on ait observée jusqu'ici du principe du 
morcellement des gemmes légués par Linné et les Jussieu. C'est de cet 
ordre de faits que nous devons surtout ici nous occuper, ce que nous 
ferons dans l'ordre suivant : 

!• Examen des coupes établies par M. Rlotzsch dans le genre Croion, 
tel que l'avaient fait les travaux précédents. 

2' Examen des nouveaux genres ajoutés à la section des Hippomanees 
américaines. 

o» Examen de la nouvelle tribu des Prosopidoclinées de M. Klotzsch. 



MORCELLEMEXT DU GE.NPuE CROTOS. 

Que le genre Croion de Linné ait eu besoin d'être décomposé, chacun 
est d'accord sur ce point. Que même parmi les Croion à étamines libres 
et à filets inflécbis. à organes couverts de poils étoiles, il y ait eu encore 
des coupes nécessaires à établir, c'est ce dont personne ne doute. Mais 
qu'on démembre ce genre à l'infim. c'est ce que je ne saurais admettre, 
pour cette raison qu'avec le parti pris d'établir un grand nombre de 
divisions dans le genre linnéen. il n'y a presque pas d'espèce dont on ne 
puisse faire ujq genre distinct. Mais sans m'arrêter ici à des considéra- 
tions théoriques, j'entrerai immédiatement dans l'examen des faits et 
l'analvse des oi'gaues. Je n'ai pas besoin de dire que toute discussion 
s'établira seulement ici sur des plantes qui sont les types mêmes de 
M. Kiotzsch, et que l'herbier du Muséum doit à sa munificence. Je pas- 
serai entièrement sous silence les genres qui n'ont pas été plac^ à ma 
disposition dans de semblables conditions. 

A. Le genre Aslrœa a pour type le Croion lobatum. L. Son port est 
très particulier: mais peut-on y trouver les caractères voulus pom* con- 
stituer im genrie? 

La préfloraison du calice est quinconciale ; les bords amincis des 
folioles se recouvi"ent nettement, et il en est à peu près de même dans 
toutes les espèces de ce genre; mais il y a d'autres Croion où l'imbrica- 
tion est également marquée. 



MORCELLEMENT DU GENRE CROTON. 259 

La corolle existe chez le Croton lobalum, dans la fleiu' femelle; il y a 
dans l'intervalle des sépales cinq petites languettes étroites, subiilées, 
glanduleuses: dans les autres espèces du même genre qui viennent de 
l'herbier de Berlin, il n'y a plus que de petits mamelons ou rien du tout. 
Si donc on accorde quelque valeur à ce caractère, il faut subdiviser ce 
genre. 

Le nombre des étamines est remarquable dans le C. lobalum, en ce 
que le verticille intérieur de l'androcée est constamment incomplet; il ne 
renferme ordinairement que 2 ou 3 étamines. Mais ce verticille est com- 
plet dans VA. Maniltol, KL, VE. divaricata, KL, et VE. lomenlosa, Kl. 
Ces espèces ont donc l'androcée comme le Crolon Tiglium et d'autres. 
On ne peut guère cependant les séparer de V^ . lobaïa. 

L'inflorescence n'est pas plus caractéristique; elle est celle de beaucoup 
de Croton. La forme des feuilles, le port, ont quelque chose de plus si- 
gnificatif. Mais ce seul caractère subsistant avec toute sa valeur, et avec 
lui, celui qui est tiré de la préfloraison, je ne puis admettre les Aslrœa 
que comme section du genre Crolon. 

B. Le genre Eutropia est séparé des CVoton par M. Klotzsch, en faveur 
du Routera brasiliensis, Sçreug., pour les motifs suivants: la préfloraison 
de son caUce qui est imbriqué ; — l'absence de corolle dans la fleur femelle ; 
— l'absence de disque hypogyne dans cette même fleur et l'inflorescence 
spéciale. Examinons ces caractères sur VE. brasHiensis, Kl., de la collec- 
tion de Sellow (herb. de Berlin). Nous trouverons que : 

La fleur mâle a, en effet, un calice dont la préfloraison est pendant 
longtemps nettement imbriquée; une corolle de cinq pétales et cinq 
glandes, avec un nombre d'étamines qui peut s'élever au delà, mais qui 
est ordinairement de dix. 

La fleur femelle a un calice 5-6-mère; nous n'avons pas à tenir 
compte de ce nombre 6 qui se rencontre quelquefois , pas plus que du 
nombre Ix que nous trouverons aussi quelquefois dans le genre Croton. Il 
y a, en dedans de ce calice, une corolle composée de cinq pétales qui 
sont petits, obtus, glanduleux, mais qui n'en existent pas moins, et qui, 
chez beaucoup de Crolon, n'ont pas d'autre forme, ni de plus grandes 
dimensions. Puis, entre ces languettes, il y a cinq glandes aplaties, 
superposées aux sépales, carrément découpées dans leur portion supé- 
rieure et même quelquefois festonnées ou échancrées en ce point. 
11 reste donc, comme caractères distinctifs des Eulropia, l'imbrication 



260 MORCELLEMENT DU GENRE CROTON. 

persistante de leur calice mâle et le mode de formation des petites cymes 
composant rinflorescence, lesquelles peuvent encore, à une certaine 
hauteur sur Taxe commun, porter une fleur femelle au milieu des fleurs 
mâles. Nous ne pouvons, pour ces motifs, faire un genre spécial des 
Eutropia, mais seulement les considérer comme une section du genre 
Croton. 

C. Les Croton xalapensis, RI., hibiscifolius , Kl., abutiloides , Kl., 
Draco, Schl. , ont servi de types au genre Cyclostigma, auquel M. Klotzsch 
a ajouté ses C. panamense et denticulatiim, et auquel se rapporte encore 
le Palanostigma de M. de Martius. Ce qui distinguerait ce genre, selon son 
auteur, ce serait le mode spécial d'inflorescence, la préfloraison du 
calice, le nombre des divisions du style, etc. Nous pouvons examiner, 
sous le rapport de la floraison et d'une manière comparative, les 
C. hibiscifolius et abutiloides. Nous remarquerons que, dans les échan- 
tillons de l'herbier de Kuntb. il y a imbrication assez manifeste pour le 
premier, et au contraire agencement valvaire pour le second, ce qui ne 
nous étonnera pas, puisque nous savons que l'une des deux dispositions 
passe peu à peu à l'autre avec l'âge. 

Après avoir constaté cette première dissidence entre deux espèces que 
Ton ne saurait séparer, analysons avec détaille Croton hibiscifolius, Kl. Il 
est facile de voir, par l'analyse de cette plante, que le genre Cyclostigma 
ne saurait subsister. La fleur mâle a un calice à cinq divisions; leur 
préfloraison peut être valvaire, mais souvent aussi elle est légèrement 
intriquée, et alors les portions recouvertes des sépales forment des bords 
amincis et dépourvus des poils étoiles que porte le reste de leur surface 
extérieure. Nous avons vu (p. 95) qu'il en est ainsi en réalité des Croton; 
que ce n'est qu'à une certaine époque que l'estivation de leur calice 
devient valvaire, mais qu'elle est d'abord quinconciale. Il y a cinq pétales 
imbriqués et cinq glandes alternes avec eux. Les étamines à filets inflé- 
chis et insérées sur un réceptacle villeux dépassent'souvent le nombre 
de quinze. Tous ces caractères de la fleur mâle sont donc d'un véritable 
Croton. 

Quant à la fleur femelle, elle a cinq sépales, cinq pétales alternes, 
longs, filiformes, subulés, ce que nous rencontrons dans beaucoup de 
Croton, et cinq glandes superposées aux divisions du calice. L'ovaire, à 
trois loges uniovulées, est surmonté d'un style qui se divise aussitôt en 
trois branches, elles-mêmes profondément bifides et enroulées à leur 



MORCELLEMENT DU GENBE CROTON. 261 

extrémité. 11 en résulte six rayons, d'où sans doute le nom du genre. Mais 
combien de Croton ne présentent pas ce caractère, et le nombre des 
divisions des branches du style peut-il servir cà déterminer une seule des 
divisions qu'on a établies dans ce grand genre Croton? 

La nature de l'inflorescence, qui est telle que sur un rachis commun il 
y a un grand nombre de cynies où les fleurs femefles sont mêlées aux 
fleurs mâles, peut-elle être plus utile pour distinguer le genre Cyclostigma? 
Non ; si nous nous rappelons que les Etitropia, dont les fleurs ont, du 
reste, tous les mêmes caractères essentiels, présentent aussi ce mélange 
des fleurs des deux sexes sur la hauteur du rachis. 

Que reste-t-il donc? La longueur du rachis, celle des pédicelles 
floraux, le port de la plante, l'aspect des feuilles. Il n'y a pas là un seul 
motif valable pour créer un genre spécial, et même, sans doute, une 
section. Je ne considérerai donc les Cyclostigma que comme une sous- 
section des Eutropia, à cause du plus grand nombre d'étamines qu'on 
trouve ordinairement dans leur androcée, de la plus grande longueur 
des pédicelles floraux, et de la plus grande hauteur à laqueUe on trouve 
encore des fleurs femelles dans l'inflorescence commune. 

D. Le genre Ocalia est créé pour le Croton perdicipes, A. S. H. 

D'après la description originale, il semble que ce genre doive surtout 
différer des Croton par l'absence d'une corolle dans les fleurs femelles 
et le mode des divisions du style. 

Quant à la fleur mâle, elle a cinq divisions calicinales valvaires à une 
certaine époque, mais qui demeurent pendant longtemps nettement 
imbriquées ; c'est le caractère de tous les calices de Croton. Les étamines 
sont au nombre de dix, au plus, mais il y en a quelquefois deux ou trois 
qui manquent au verticille intérieur. 

Le calice de la fleur femelle a la même préfloraison que celui de la 
fleur mâle. Il y a un moment où il est imbriqué (C. perdicipes!). 

L'existence d'une corolle dans cette planté est incontestable, malgré 
la forme étroite des pétales. Il y a un disque glanduleux aplati et les 
divisions du style sont chacune partagées en plus de deux languettes. 

Les inflorescences sont terminales et les feuilles sont accompagnées de 
deux glandes à la base de leur limbe, de deux stipules à la base de leur 
pétiole. Il en résulte qu'à part quelque différence dans le port, je ne vois 
rien qui puisse distinguer les Ocalia des Podostachys, et que non-seulement 
je ne puis regarder les Ocalia comme genre, mais tout au plus comme 



262 MORCELLEMENT DU GENRE CROTON. 

section, et j'en pourrais faire simplement une sous-section des Podo- 
slachys. 

E. Le genre Barhamia. établi pour le Croton imiltispicatm. Yelloz.. le 
C. hispidus, KL, et quelques autres espèces voisines, présente des fleurs 
mâles à 10-15 étaniines avec un calice valvaire ou à peine imbriqué et 
une corolle de cinq pétales dont la préfloraison est imbriquée. 

Si les Barhamia pouvaient constituer un genre, celui-ci serait composé 
d'espèces assez hétérogènes, quant à la structure de leur fleur femelle. 
En eflet, les uns y ont des pétales (i5. vrlkœfolia) , les autres eu 
ont à peine {B. hispida), d'autres enfin en sont dépourvus {B. essequi- 
boensis). 

Le caractère de l'inflorescence ne s'y présente pas avec plus de 
constance. Le B. vrticœfolia a des axes raïueux, le B. essequiboensis 
les a à peu près simples. Il ne faut pas s'étonner de ces divergences, 
puisqu'elles sont la règle dans le genre Crolon ; mais à quel titre alors 
en séparerait-on les Barhamia comme genre? On peut bien, à la rigueur, 
les admettre à former une section voisine des Ocalia, mais encore pro- 
bablement faudrait-il subdiviser celle-ci et mettre le B. essequiboensis à 
part. 

F.hegemeGeiseleria,doïii\eij\)e?iéié\eCrotongIanduIosiim.h.,3?iC(\., 
se distingue, dit-on, en ce que ses fleurs mâles sont quaternaires, et pré- 
sentent, avec quatre sépales et quatre pétales, deux rangées de quatre 
étaraines. On peut considérer comme exceptiounellesles fleurs construites 
de cette façon. Sur le C. glandulosum de l'herbier de Kunth et sur celui 
de la collection de Lherminier, je trouve constamment : cinq sépales, 
cinq pétales, cinq glandes, cinq petites étamines et cinq grandes, ou 
quelquefois 6-7 grandes. De même, sur le C. scordioides. 

Quant au G. chamœdrifolia, Kl., je n'ai trouvé qu'une fleur mâle qua- 
ternaire sur une dizaine que j'ai analysées. Nous savons combien cette 
déviation de nombre a peu de valeur, et nous ne pouvons conserver ce 
genre. Néanmoins nous pourrons, à la rigueur, maintenir les G eiseleria 
comme section, parce que leur port a quelque chose de particuher, que 
leur calice est parfois un peu inégal dans les fleurs femelles, et à cause de 
la structure particulière des feuilles et des bractées. 

G. Le genre Tigiium représente le Croton Tiglium, L. Son port est assez 
caractérisé ; mais quand on arrive aux signes essentiels, on n'en trouve 
guère qui différencient suffisamment la plante. 



MORCELLEMENT DU GENRE CROTON. 263 

Le calice est nettement quinconcial ; c'est ce qu'on voit clans les Jslrœa 
et clans de wais Crolon, mais rarement avec ce degré d'imbrication. 

Il y a un disque de cinq glandes très distinctes. 

Les étamines sont souvent au nombre de 15, comme dans VAslrœa 
Manihot. Mais souvent aussi il y en a davantage, 16 ou 18. 

La fleur femelle a une corolle de cinq pétales (!) et un disque de cinq 
glandes aplaties. Le style a trois divisions, mais elles ne sont partagées 
chacune qu'en deux lanières. 

Pour ces raisons, je distinguerai les Ticjlium des vrais Croton, 
comme section, à cause de l'imbrication très manifeste du calice; 
mais, pour cette raison encore, je le rapprocherai beaucoup des Aslrœa. 
De ceux-ci cependant, ilsdemeurerontdistincts, parce que le plus souvent 
ils ont au moins quinze étamines. 

H. Le genre Podoslachys a été fondé sur ce que : 

1° Il n'y aurait pas de disque à la fleur mâle. C'est une erreur, car il y 
a cinq petites glandes au-dessus des divisions du calice. Elles sont petites, 
mais bien nettes, de couleur blanche dans le P. serrata. Kl., et bien visi- 
bles, libres, aplaties, dans le P. incana, Kl. 

1° Pas de corolle à la fleur femelle. Il y en a une de cinq petits pétales 
étroits, aigus, subulés, dans le P. incana. Dans le P. serrata, non-seule- 
ment ils existent aussi, mais souvent ils sont rameux, comme dans le 
Croton peninillalum. 

â° Pas de disque à la fleur femelle. Il y en a un, composé de cinq 
glandes aplaties, dans le P. serrata. Dans le P. incana, elles se terminent 
en haut en une pointe conique, et celte portion amincie est seulement 
appliquée contre la base des sépales, dont on peut l'écarter. 

Ainsi, la fleur femelle a une corolle, les fleurs mâles ont un disque, 
comme les femelles. Ces caractères distinctifs étant enlevés, reste 1^ 
nombre des étamines, souvent inférieur à 10, ne le dépassant guère, e; 
l'inflorescence, dans laquelle les femelles sont très rapprochées l'une de 
l'autre et éloignées des cymes mâles. En ne conservant point les Podo- 
slachys comme genre, je pourrai donclesadmettre, d'après ces caractères, 
comme section du genre Croton. 

I. Le genre Timandra a été établi pour le Cr. brachiatus, Mari. Cecjui 
semble le distinguer tout d'abord, c'est que l'on dit ses fleurs construites 
sur le type quaternaire. Cela peut arriver; mais sur les échantillons quo 
j'ai observés, c'est l'exception. Il y a cinq sépales, cinq pétales, cinq éta- 



36& mommisiiEfn db gehube caoroiî. 

mines à chaque rerticflle et piQsraremaiit quatre. Ce dernier nombre ne 
peat donc être considéré comme caractérisaque. 

La fleur mâle n^esl pas dépourvue de glandes : il y en a une très nett e 
an-dessns de chaque sépale dans le T. diehotoma et le T. serrafa . 

Le nombre 8, 10, n'est pas constant non plos pour Tandrocée. H n'y 
a. il est TFai, que deux Tertieillfô d etaniines le pliK souvent dans le 
T. iichtOoma. Mais, dans le T. serrata. il j en a ordinairement trois, et 
rintérieor peut même être complet; alors on trouTC quinze éiamines. 

n reste, pour caractériser les Timoadra^ le port, la petitesse des 
feuilles, etc. Ce n'est pas un genre admissible, et tout au plus une 
section. 

J.G-rv.:-: L::.;^: y^-:i. Jr z ':.: \ : examiner le L. : ■^■:''':i";~:i.K. '"-jfon 
brasUieasis^ Mari., Mss. herb. Munich}^ mais >! <3: :>dbâch ayant ûbsenré 
une antre espèce de ce genre qui est son L : :-noiies {Crolion phlo- 
moiies. Pers.}, je pnisdiscater les caractères Uc vc;;^ plante, ce (jui n'im- 
plique pas d'une manière absolue qnll s'^j^e réellement d'un Lasiogyne, 
car encore fendrait-il savoir si M. K.otzsch considère ce Cftilon comme 
Traie espèce de son genre Lasiogyne. 

Quant à celle-ci, elle ne me paraît pas pouvoir constituer un genre 
distinct. J'y tronre, en effet, ponr la fleur mâle : cinq sépales valvaires, 
cinq pétales imbriqués, cinq glandes et plus de quinze on vingt étamines 
à filets infléchis. Dans la fleur femeUe, le calice a cinq divisions dont les 
intérieures sont souvent un peu plus petite que les autres, et fl y a une 
coroUe de cinq petits pétales droits et linéaires (!). H y a un gros disque 
de cinq glandes et le style a trois longues branche dédoublées en lan- 
guettes étroite. 

Les flenrs femdles formait nn grand nombre de cjmes à la base de 
l'inflorescence. Pour cdte raison, en même temps qu'à cause du grand 
nombre d'étamines, j'admettrai bien cette plante à former une section 
spéciale dans le g^iie Cndan, section qui même pourra servir d'inter- 
médiaire entre Fandrocée défini des Crobm et les étamines en nombre 
indéterminé des Kloichiphytum. Mais si le Crotsm pUontoides est un la- 
siogyiK. celui-ci ne saurait constituer un bon ^nre. 



SAPIÉES. 265 



SAPIEES OU HIPPOMANEES. 

M. Klotzsch a établi ou conservé dans ce groupe, à part les Stillingia 
et les Sapium, qu'il a réunis, et le Gymnanthes de Swartz, les genres 
Cnemidostachys, Mart., Excœcaria, L.,Gussonia, Spreng., Sehastiania, 
Siirmg. , Sarolhroslachys, Kl. , Aclinostemon, Mart., Dactylostemon, Kl., 
Adenogyne, Kl., plus un certain nombre d'autres qui ne sauraient être 
discutés et que chacun s'empressera d'accepter. Nous n'avons donc à 
examiner ici avec quelque détail que ceux qui viennent d'être énumérés. 

A. On donne comme caractère des Gussonia, que « le calice des fleurs 
mâles est réduitcà une écaille» . Cependantl'examen duG. discolor, Spreng. , 
de l'herbier de Berlin, me montre que chaque fleur a un calice circulaire 
{pi. V, (ig. 21) à trois petites divisions profondes, imbriquées, dont une 
postérieure et deux antéro-latérales. Les trois élamines sont alternes 
avec elles. On ne peut donc point regarder comme caractère invariable 
ce calice réduit à une seule bractée. Sous ce rapport, le Gussonia a les 
fleurs du Stillingia liguslrina, Michx., sinon que le calice y est moins 
développé. Ce qui est à peu près constant, c'est que les fleurs mâles du 
Gussonia sont solitaires à l'aisselle de leur bractée [fig. 21), et que les 
fleurs femelles sont portées sur un long pédicelle renflé à son sommet 
en massue {fig. 22). A ce titre, les Gussonia peuvent constituer une sec- 
tion spéciale dans le genre Stillingia. 

B. Les Sebastiania sont indiqués comme ayant « de trois à sept éta- 
miues, munies de bractées étroites et subimbriquées » . Il semblerait par 
là que les Sebastiana n'ont, comme les Gussonia, qu'une fleur solitaire à 
l'aisselle de chaque bractée, mais que cette fleur a un nombre variable 
d'étamines, ce qui ferait, d'autre part, du Sebastiania un genre voisin de 
VActinostemon, dont l'androcée a un nombre indéterminé de parties. 

Cependant, si l'on analyse le S. brasiliensis, Spreng., qui peut être 
considéré comme le type du genre, on y trouve une fleur femelle sessile, 
semblable en tout à celle des Sapium. Quant aux fleurs mâles, elles ne 
sont pas solitaires ; il y en a trois à l'aisselle de chaque bractée. La fleur 
médiane terminale est triandre, et il en est généralement de même des 
deux latérales. Pourtant l'une d'elles, ou toutes deux, peuvent être 
réduites à deux étamines. Chacune de ces fleurs a un calice. Il est vrai 



266 GE-VBXS DU GROUPE DES SAPIÉES. 

qu'il est fort peu développé: mais, avec quelque atteution, on voit qu'il 
se compose de trois sépales très petits et très étroits, parfaitement 
alternes avec les étamiaes et souvent même trilobés. U est bien rare que 
ce calice manque complètement. Ceci me semble trancber cette question 
qu'Ad. de Jussieu avait posée pour les ExxxBcaria : Y a-t-il, à laisselle 
des bractées, une fleur unique, avec des anthères eu nombre indéter- 
miné, portées sur des filets plusieurs fois divisés, ou un assemblage de 
fleui's réduites à 2-3 étamines? La présence d'un calice, même peu 
développé, me pai'ait concluante, autant qu'elle peut l'être d'ailleui-s, en 
l'absence d'études organogéuiques. 

Je pense doue que les Sebastiana ont, à l'aiselle de chaque bractée, 
une cyme triflore : que chacune des fleurs qui la composent a un calice à 
trois divisions et trois étamines alternes: que l'une de ces dernières 
manque souvent dans les fleurs latérales, et que c'est à ce titre seulement 
que les Sebastiana peuvent être considérés comme une section distincte 
dans le genre StiUingia. 

C. Je ne vois pas quels traits essentiels caractérisent un Saroilirostachys. 
et, par exemple, le 5. Luchnaliana.lîX.. ou le 5. muUiramea, Kl. (p^.V, 
fig. 23, et j>/. ^lll, fig. 12-15). La flem' femelle ou les fleurs femelles qui 
occupent la base de l'inflorescence sont sessiles. comme ceUes des vrais 
Sapiujii. Kl. Les fleurs mâles ne sont plus solitaires, mais réunies en 
cvmes triflores. Qiacune d'efles a un calice à trois divisions et trois 
étamines alternes {pi. Y, fig. 23). Dans les fleure latérales, une des 
étamines peut manquer, comme dans le Sebastiana. A part cette diffé- 
rence, je ne vois pas ce qui distingue les fleurs des Saroihrostachys de 
ceUes des Cnemidostachys. du Stillingia ligmirini , Michs. lies Excœ- 
caria. L. Je ne pourrai donc en faire un genre particulier. 

Je ne pense pas qu'on puisse distinguer les Cnemidostachys du genre 
Stillingia. si l'on connaît toutes les espèces de ce dernier. En ne teuaut 
compte, en effet, que de celles qui ont des fleurs mâles diaudres, il n'est 
pas étonnant qu'on les .«épare des Cnemidoslachys. qui sont constamment 
triaudres. Prenons encore pour exemple le S. ligustrina, Michx. Je ne 
crois pas qu'on puisse considérer cette plante comme génériquement 
distincte du 5. sylvaiica du même auteur, qui a le plus souvent des fleurs 
diaudres. Giraparons donc ce 5. ligustrina avec un Cnemidostachys. 
iVous aurons de part et d'autre une fleur femelle à la base d'une 
inflorescence composée de glomérules mâles portés sur un axe commuu. 



GENRES DU GROUPE DES SAPIÉES. 267 

La fleur femelle aura un calice à trois divisions imbriquées et un ovaire 
à trois loges alternes. La fleur mâle aura aussi trois divisions calicinales 
et trois étamiiies alternes, à insertion centrale, à anthères exlrorses; les 
feuilles, glabres, penninerves, bistipulées, pourront être, ainsi que les 
bractées, accompagnées de deux glandes : je ne puis trouver absolument 
aucune différence. Je ne parle point des Cnemidostachys, qui ont les 
coques garnies d'aiguillons, tandis qu'elles sont nues dans les Slillingia, 
parce que c'est un caractère qui n'est pas commun à toutes les espèces 
du genre Cnemidostachys. Rien ne peut donc m'autoriser à séparer les 
deux genres. 

E. On conçoit fort bien qu'Ad. de Jussieu ait considéré les Excœcaria 
comme distincts de son genre Microstachys, parce que la plante qu'il a 
eu occasion d'examiner et de représenter comme type de son genre 
Excœcaria n'est autre chose qu'un Gymnanlhes, plante évidemment bien 
caractérisée au point de vue générique. 

Mais il n'en est pas de même des véritables Excœcaria de Linné, qui 
ont tout à fait l'inflorescence et les fleurs du S. ligustrina. La meilleure 
preuve de ce que ces plantes sont génériquemeut indistinctes, c'est ce 
qui arrive aux différents botanistes qui analysent, dans les herbiers, les 
espèces indiennes. Celui-ci note comme Cnemidosiachys ce qu'un autre 
appelle Sapium ou Slillingia, et ce qu'un autre encore a étiqueté Excœ- 
caria. Le fait est qu'il n'y a point de différence possible. 

F. On ne peut, d'après ce que nous venons de voir, que conserver le 
Gymnanlhes, Sw., comme genre distinct. Ses fleurs mâles sont triandres, 
ou diandres, comme celles des genres précédents, et elles sont disposées 
en cymes triflores à l'aisselle des écailles que porte le chaton commun. 
De ces trois fleurs, la médiane est triandre et les latérales ont tantôt trois 
et tantôt deux étamines. Mais ce qui est caractéristique de ce genre, c'est 
que ces étamines sont nues, que le calice dont les divisions devraient 
alterner avec elles est complètement nul, ou réduit aune petite écaifle 
fort peu développée, rarement davantage. 

G. Les Adenofiyne, KL, ne diffèrent pas des Gymnanlhes. M. Klotzsch, 
considérant leurs fleurs mâles comme à- ou 8- andres, regarde comme 
une seule fleur le bouquet d'étamines qui est à l'aisselle d'une bractée. 
Cependant si l'on analyse V^ . pachystachys, KL, de l'herbier de Berlin, 
on voit qu'il y a à l'aisselle de chaque bractée un pédicelle moyen 
et deux latéraux {pi. V, /iy. 19). Le pédicelle moyen se trifurque et se 



268 PROSOPn>OCLl>TÉES. 

termine par trois anthères. Je pense que c'est là une fleur isolée, car il 
y a, dansTinteiTalle des trois petits filets qui supportent les anthères, une 
ou deux petites écailles alternes avec les étamines et qui représentent 
un calice rudinientaire. Les fleurs latérales ont le plus souvent, dans 
cette espèce, paiement trois étamines et un calice plus ou moins 
incomplet. 

Cette autre différence que l'on indique jwur les Adenogyne. que leurs 
bractées ne seraient pas glanduleuses, n'existe certes pas pour Y A . pa- 
chystachys. qui a normalement deux glandes latérales aux bractées mères 
de ses fleurs, soit mâles, soit femelles. Je ne puis donc, à aucun titre, 
séparer les Adenogyne des G y mnanthes. 

H. Le genre ^cfmostemon.Mart.. est distinct des précédents, pour cette 
raison qu'à l'aisselle de chacune des bractées^ de son inflorescence, on 
trouve des fleurs nues ou accompagnées seulement d'une petite écaille 
{pi. V. fig. 17, 18), qui sont ordinairement plus que triandres. Ainsi, 
dans VJ. acuminaius. il se peut bien que les fleurs n'aient que trois 
étamines. mais on en rencontre qui en possèdent une quatrième, par- 
faite, ou avortée [fig. 17), et il n'y a point d'écaillés du tout au point de 
divergence des filets. Dans VA. grandifolim, KL, non-seulement il v a 
plus de trois étamines à chaque fleur [fig. 18), mais encore il y a plus 
de trois fleurs dans chaque cyme axillaire. Il est toutefois rare, dans 
cette espèce, que les fleui's soient complètement dépourvues d'écaillés. 



ETUDE DES PROSOPIDOCLEvEES. 

La tribu des Prosopidodùiées a été formée par M. Klotzsch , pour les 
genres f'era. Mut., Peridium, Schott, eiSpixia. Leandr., genres auxquels 
il a joiut le Schismatopera. Ce sont toutes plantes de l'Amérique tropi- 
cale, remarquables par un port commun, assez distinctes des autres 
Euphorbiacées par quelques caractères spéciaux, mais possédant d'ail- 
leurs tous leurs caractères essentiels. 

On a critiqué deux choses dans ce groupe de plantes : d'abord le 
uom même de Prosopidoclinées, auquel il vaudrait mieux, sans doute, 
substituer celui de Péracées Beuth.) ; puis l'interprétation même de 
certains oignes qui entrent dans la composition des fleurs. Suivons ici 
encore notre manière ordinaire de procéder, et faisons l'examen appro- 



i 



ANALYSE D UN SPIXIA- 269 

foiuli d'un type, autour duquel il nous sera facile ensuite de grouper les 
genres voisins. 

Le Spixia lucida, par exemple, est un arbre très répandu au Brésil, et 
que Leandro de Sacramento a fait le premier connaître, quoique d'une 
manière incomplète ou inexacte. Cet arbre, très rameux, a une écorce 
d'un brun grisâtre, assez régulièrement fendillée. Les rameaux portent 
de larges feuilles alternes, simples, entières, membraneuses et coriaces, 
à pétiole court, à limbe glabre en dessus, pubescent au contraire à la 
face inférieure, dans le plus grand nombre des cas. 

C'est à Faisselle de ces feuilles que se développent des corps qu'on 
pourrait prendre, au premier abord, pour des boutons. Ils consistent en 
effet en petites masses globuleuses portées sur des pédicelles. Mais 
chacune de ces masses globuleuses, examinée de plus près, présente une 
ligne saillante qui, d'un côté, occupe verticalement toute sa hauteur. En 
face de cette ligne, il se trouve, à la base du prétendu bouton, une petite 
bractée écailleuse en face de laquelle s'en trouve une autre : elles 
s'imbriquent entre elles dans le jeune âge de l'inflorescence. 

A un moment donné, en haut de la ligne verticale dont nous venons 
de parler, il se produit une solution de continuité qui bientôt s'étend 
jusqu'en bas. On voit, dans l'intérieur du sac globuleux ainsi ouvert, 
non- pas simplement des organes sexuels, mais bien une inflorescence 
complète. L'involucre qui la protégeait s'ouvre et s'étale, et souvent 
même tombe tout cà fait. 

Le Spiœia est une plante dioïque, et sur les pieds femelles on ne 
trouve que des fleurs pistillées dans cet involucre. Dans les pieds mâles 
on rencontre non-seulement des fleurs staminées, mais encore des 
femefles rudimentaires. Les fleurs mâles occupent le centre de leur 
involucre. Au sommet s'en trouve une qui est terminale; sa structure 
est assez simple. Elle se compose d'un calice en forme de cupule, dont 
le bord est inégalement découpé, mais qui parfois présente assez de 
régularité pour qu'on y distingue quatre dents principales, peu égales 
entre elles. Du fond de la fleur part l'androcée, ici composé le plus 
souvent de quatre étamines. Leurs filets partent du centre où leurs bases 
sont soudées entre efles, puis ils deviennent libres et s'allongent de façon 
à devenir exserts. Chacun d'eux supporte une grosse anthère ovoïde, 
extrorse, à deux loges qui s'ouvrent par une fente longitudinale et 
sont unies par un épais connectif. Quand le calice porte mani- 



170 AXALTSE d'uîî SPKIA. 

festement quatre dirisions, les étamines répondent à leur interralle. 

L'inflorescence est définie, car sur les côtés de cette fleur mâle termi- 
nale, on en trouve deux latérales qui sont moins développées et dont 
l'organisation peut être plus simple encore. Elles n'ont souvent, en effet, 
que deux étamines partant également dn fond de la fleur et à anthères 
extrorses. La cjme peut se développer davantage, et Ton peut, au lien 
de trois fleurs mâles ainsi groupées, en avoir cinq, sept, par exemple. 

Aux qira.tre coins de l'inflorescence se tionvent, dit-on, les fleurs 
femeUes avortées. EDes se réduisent à nn gynécée bien imparfait. Cesl 
un gros corps charnu qui se compose de deux parties. L'une d'elles, 
baâlaire, représenterait Tovaire; eUe est couverte de poils et ne renferme 
point de vestige de graines. An-de^ns est la seconde portion, beaucoup 
plus épai^Bj articulée sur le sommet de la précédente, charnue, ^an- 
dulense. L'ensemble de Forganei comprimé entre Finvolucre et les fleurs 
mâles, se moule, pour ainsi dire, dans leur intervalle. Il en résulte que 
ce corps est prismatique, triangulaire, à trois arêtes très saiUantes. Ce 
qui me rend un peu incrédule à l'égard de la nature attribuée à ces 
corps, c'est que, lorsque j"ai observé une fleur femelle anormalement 
développée au milieu de l'inflorescence mâle (p. 205). eUe était centrale 
et non périphérique. 

Snrles pieds femefles, les involucres globuleux ont d'abord absfdnment 
la même apparence que ceux des pieds mâles. Les fleurs femeUes y sont 
ordinairement au nombre de quatre. Alors, en regardant l'involucre, 
par la fente verticale qui s^f est produite, on en voit deux placées à 
droite et deux à gauche, deux en avant et deux en arrière. Mais eUes 
n'occupent pas ateolnment le sommet de l'axe, car celui-ci peut se pro- 
longer entre elles, sois forme d'une petite cdonne centrale [pi: H, 
fig. 25, a) qu'on n'aperçoit qu'en les écartant. Chaque fleur auu caUee 
qui lui est propre', petit, membraneux, d'une seule pièce à la base ^ 
divisé supérieurement en deux lobffî inégaux, au moins, et souvent 
davantage. Dans l'intérieur se trouve le pistil. Son ovaire (pi. H, fig. ^) 
est ovoïde, chargé de poils étoiles et imbriqués, et snpérieuremait il se 
continue en s'e£filânt avec un Myle cylindrique très court. Celui-ci 
s'épanche en dehors, et, se dilatant, forme une sorte d evasement infun- 
dibuhforme dont toute la surface concave est stigmatiqne. Les bords sont 
divisés en trois lobes papiUeux et se réfléchissent en dehors. 
La séparation de l'ovaire en jdusieors log«s n'est pas indiquée ao 



ANALYSE d'un SPIXIA. 271 

dehors par de profonds sillons, comme cela arrive chez la plupart des 
Euphorbiacées. Ces loges sont au nombre de trois, et chacune d'elles 
contient un ovule suspendu en haut de l'angle interne. Il est anatrope, à 
raphé intérieur, à micropyle dirigé en dehors et en haut. Au-dessus de 
lui se trouve un petit obturateur qui s'applique sur le micropyle et qui 
est divisé en deux lobes par une scissure verticale médiane; les bords en 
sont finement frangés. 

Après l'épanouissement des fleurs femelles, l'involucre tombe, les 
pistilsdeviennent des fruits capsulaires globuleux; leur paroi extérieure 
est épaisse et dure, leurs cloisons minces et fragiles. De là le mode de 
déhiscence septifrage qu'on y observe {p. 203). Les graines sont, comme 
nous l'avons vu {p. 183), pourvues d'un albumen et d'une caroncule. 
De plus, elles sont généralement coiffées des débris de l'obturateur. 

Je ne pense pas que les Pera et les Peridium soient génériquemeni 
distincts des Spixia. Que si, en effet, on veut séparer les Spixia des 
Peridium, parce que les premiers n'ont que de deux à quatre étamines, 
tandis que les autres en ont jusqu'à quinze, on verra que certaines fleurs 
du dernier genre sont assez réduites, sous ce rapport, pour appartenir au 
premier. Quant aux Pera, les fleurs en sont tellement variables dans 
leur structure, qu'elles peuvent avoir absolument le même nombre d'éla- 
mines que les Peridium. D'ailleurs on a souvent, je pense, considéré une 
masse de fleurs de ces deux derniers genres comme formant une fleur 
unique, car on a regardé les étamines comme accompagnées d'écaillés 
interposées qui semblent représenter des sépales rudimentaires; la seule 
différence serait donc le peu de développement de ces derniers dans 
quelques espèces. 

Le Schismatopera a tous les caractères des Pera, sinon que son androcée 
est porté par une colonne allongée , formée sans doute par la soudure 
des filets. La fleur femelle étant d'ailleurs celle des Pera, ainsi que j'ai 
pu m'en assurer par l'observation d'un cas de monœcie accidentelle 
[p. 205), je ne puis distinguer le Schismatopera qu'à titre de section, 
attendu que, dans les véritables Pera, pareille soudure des filets stami- 
naux existe, mais seulement dans une beaucoup plus petite étendue. 
La monadelphie y est cependant, je pense, incontestable. 

Jusqu'à présent M. Klotzsch a établi de nouveaux genres parmi les 
Euphorbiacées ou dédoublé les anciens; mais il les a toujours fait rentrer 
dans les tribus indiquées par A. de Jussieu, sauf les genres qu'il a réunis 



272 CLASSIFICATION d'a. DE JUSSIEU. 

SOUS le nom de Prosopidoclioées. Nous ue savons pas si, comme résultat 
de ses longues recherches spéciales, M. Klotzsch a été amené à modifier 
ces divisions; mais, dans l'application, elles ont offert aux botanistes de 
nombreuses difficultés , si bien que plusieurs même ont dû proposer de 
les abandonner. 

On sait, en effet, que A. de Jussieu a divisé toutes les Euphorbiacées 
en six sections, que depuis on a baptisées du nom du genre le plus impor- 
tant qui s'y trouve, et que ces sections sont les suivantes : 

I et II. Buxées et Phyllanthées. Elles comprennent toutes les Euphor- 
biacées dispermes : la première, celles qui ont un corps central (pistil 
rudimentaire' dans la fleur mâle ; la seconde, celles qui en étant dépour- 
vues, ont les étamines insérées au centre du réceptacle. 

La première section est composée de genres hétérogènes. Le Buis, 
qui lui a donné son nom, n'est pas une Euphorbiacée pour les raisons 
suivantes : 

Ses organes de végétation ne sont pas ceux des Euphorbiacées. 

Son pistil ne se développe pas de la même manière. Les styles y sont 
périphériques et non centraux; entre eux se trouvent interposés trois 
corps saillants qui ne sont autre chose que les extrémités des placentas. 

Les ovules, au nombre de deux dans chaque loge, ne sont point tour- 
nés dans le même sens ; ils descendent du sommet de la loge, leur mi- 
cropyle est tourné en haut et en dedans, leur raphé en dehors. 

Les graines ne sont point surmontées d'une caroncule dépendant de 
l'exostome ; la masse charnue qui les accompagne dépend de l'ombilic, et 
tient, par conséquent, de la nature des arilles véritables. 

II n'y a de commun avec certaines Euphorbiacées que la déhiscence 
élastique du fruit, mais elle s'opère ici d'une façon spéciale qui ne se 
rencontre point dans cette famille. (Voy. Bull. Soc. Bot. Fr., 1856, 
p. 285.) 

LesPachysandraei les Sarcococca, qu'on a placés parmi les Buxées, ne 
sont pas des Euphorbiacées non plus. Si l'on conserve cette section, il 
faut donc au moins en changer le nom. 

La seconde section est également composée d'éléments très divers. Ainsi 
les Briedelia, qui en font partie, ont un pistil rudimentaire dans la fleur 
mâle; donc ils devraient être placés dans la première section. De même les 
Micmnlhea, les Andrachne. qui ont ou peuvent avoir, d'après Ad. de 
Jussieu lui-même, un corps cential au milieu de l'androcée. Enfin, les 



LES CLUiTlA NE SONT PAS DES PHYLLANTHÉES. 273 

Cluijtia qui n'ont jamais qu'un ovule dans chaque loge, à quelque âge que 
ce soit, y sont placés avec les Phyllanlhus qui eu ont deux et les Briedelia 
qui en sont' bien distincts. 

A une certaine époque les genres Cluylia et Briedelia étaient entière- 
ment confondus l'un avec l'autre. La cause de cette confusion se trou- 
vait, sans doute, dans la ressemblance extérieure que présentent smlout 
les fleurs mâles dans toutes ces plantes. Toutefois, les Cluylia d'origine 
indienne avaient déjà semblé à Ad. de Jussieu s'écarler de ceux du Cap 
et d'Arabie. Se fondant sur les caractères mêmes qu'en donnentLoureiro 
et Roxburgh, l'auteur de la Monographie des Eiiphorbiacées remarque 
chez ces plantes l^absence des glandes séparées, remplacées par un disque 
simple dans les fleurs mâles, par un tube dans les femelles et, ce qui est 
bien plus important, la présence fréquente de deux ovules dans chaque 
loge. 

Ad . de Jussieu aurait pu aller plus loin ; car les différences sont bien 
plus tranchées et l'on peut dire que, s'il y a une ressemblance, elle n'est 
que très superficielle et disparaît devant le plus léger examen. 11 est bien 
vrai que d'un peu loin la fleur mâle présente chez les Cluyiia, comme 
chez les Briedelia, une colonne centrale qui supporte, en forme de 
branches de candélabre, la partie supérieure, libre, des filets staminaux : il 
est vrai encore que l'on rencontre à leur sommet cinq anthères inlrorses, 
biloculaires et à déhisceuce longitudinale. Mais la position de ces éta- 
mines par rapport au calice est tout à fait différente : elles sont super- 
posées aux sépales chez les Briedelia ; dans les Cluylia, elles sont constam- 
ment alternes avec eux. 

Les autres parties de la fleur présentent d'ailleurs d'importantes 
dissemblances. Je ne parle point de la forme spéciale des petits pétales 
des Briedelia; c'est là un caractère de peu d'importance; ce qu'il faut 
avant tout remarquer, c'est que leur insertion est périgyne. Une cupule 
de nature axile, formée d'un tissu glanduleux disco'ide, porte à son pour- 
tour ces pétales, tandis que c'est au fond de sa concavité que se trouve la 
base du pistil. Les pétales des Cluylia sont, au contraire, hypogynes au 
début. Il n'y a pas d'ailleurs la moindre analogie entre le double disque 
glanduleux de la fleur mâle des Cluylia et le disque simple de celle des 
Briedelia. 

C'est surtout à l'examen comparatif des fleurs femelles qu'il faut avoir 
recours pour montrer combien ici, ainsi qu'ailleurs, la seule analogie 

18 



27â AJrflMliS DES AMAXOA ET DES BRIEDELU. 

extérieure, lointaine, a pu causer d'erreurs et faire méconnaître de 
véritables affinités. Les Cluyda ne doivent pas être rapprochés des 
Briedelia. parce qu'ils ne leur ressemblent par aucun caractère essenliel. 
Bien plus les CUiytia ne doivent pas être réunis aux Phyllanthees . car 
ils n'ont aucun de leurs cai^aclères. Je dirai comment, acceptant cette 
analogie sur la foi des auteurs, et m'étonnant de trouver ainsi une plante 
à loges nniovulées, mêlée avec des végétaux dont les l(^es ont toujours 
deux ovules, je me plus longtemps à penser que ces corps étaient au 
nombre de deux d'abord, puis que l'un avortait, s'aiTêtait dans son 
développement. Cette supposition n'est pas fondée. 3'ai pu suivre le 
développement organogénique des Cluytia qui n'ont jamais qu'un 
seul ovule dans chaque loge, à quelque moment qu'on les examine. 
Les BriedeUa ont, aa contraire, constamment deux ovules; ce n'^ 
qu'à un âge très avancé que Tun d'eux peut cesser de se développer et 
qu'uce seule giaice envahit toute la loge. Encore retrouve t-on tou- 
jours un rudiment de l'autre à son côté, au-dessous de Tobturateur 
commun. 

Le nombre des loges et la consistance charnue ou ligneuse du péri- 
carpe u"a pas non plus de valeur. D y a en effet des BriedeUa à trois 
loges pour lesquels on a fait mi genre particulier et qu'on aurait pu 
laisser à l'état de section: je veux parler des J twmospermum Dalz. Tous 
les caractères des BriedeUa â ovaire bilcculaire se retrouvent chez eux. 
Elêu il y a de ces derniers qui ont un pcricarpe peu charnu où à peu 
près sec. 

Au premier abord, on est tenté, malgré l'existence des loges biovulees, 
de séparer les BriedeUa et les Anomospermum des Phyllanthees, à cause 
de l'insertion périgvnique souvent si marquée des pétales. Toutefois, il 
est une observation qui empêchera sans doute de le faire, c'est la sui- 
vante ; il est de règle que l'insertion des etamines réponde à celle de la 
corolle. Ici, les etamines partent du centre de la fleur: les pétales sont 
périgynes, au contraire. C'est que le réceptacle, en s' évasant pour devenir 
cupuliforme. a éloigné plus ou moins la base de la corolle de celle de 
l'andrccée : ce ne peut être qu'un phénomène consécutif, qui ne s'est 
point produit chez les Phyllanthees pétalées comme les Lepiopus, où les 
pétales demeurent hvpcgynes. Mais il est. je pense, une autre preuve 
qui paraîtra plus convaincante, en même temps qu'elle montrera une 
analogie qu'on ne semblait pas avoir jusqu'ici soupçonnée. 



AFFINITÉS DES AMANOA ET DES BRIEDELIA. 275 

Les Jmama étaient placés par Ad. de Jussieu dans sa tribu des 
Buxt'es, c'esl-à-dire avec des plantes qui ne diffèrent des Phyllanlhées 
que par la présence d'un pistil rudimentaire au centre de la fleur mâle. 
J'ai déjà insisté sur le peu de valeur de ce caractère distinctif. A. de Jus- 
sieu lui-même l'a d'ailleurs négligé quand il a classé parmi les Phyllan - 
thées les Cluytia et les Briedelia qu'il a représentés avec ce corps central. 
Étudié de près, un Amanoa n'est autre chose qu'un Briedelia à pistil 
triloculaire, c'est-à-dire un Anomospermum. C'est ce dont on peut se 
convaincre, non en lisant les descriptions des auteurs, mais en comparant 
les unes aux autres les plantes telles que la nature nous les donne. D'après 
les descriptions, en effet, les Amanoa sont apétales. Il est vrai que leur 
corolle est petite -, mais ils en ont une formée de cinq pétales triangulaires, 
ou à peu près, et rappelant beaucoup ceux des Briedelia. J'ajouterai que 
ces pétales ont une insertion périgynique. 

Par là setrouve expliquée, je pense, la surprise des premiers botanistes 
qui observèrent des Jmanoa dans l'ancien monde. Jusque-là on avajt 
cru ces plantes uniquement américaines; mais o]i avait compté sans les 
Briedelia à ovaire triloculaire, c'est-à-dire les Anomos'permum. he.?, Ama- 
noa ont cinq divisions au calice et cinq petits pétales alternes périgynes, 
insérés au pourtour d'un disque glanduleux cupuliforme. Il en est de 
même des Anomospermum. 1^%?, Amanoa ont cinq étamines à anthères 
introrses superposées aux sépales et s'insérant à la base d'un corps cen- 
tral trifide ou tripartit (pistil rudimentaire) ; de môme aussi les Anomosper- 
mum. La fleur femelle a dans les uns et les autres cinq sépales, cinq petits 
pétales alternes péiigynes et un disque glanduleux hypogyne qui entoure 
un ovaire à trois loges biovulées, avec un obturateur commun pour les 
deux ovules et un style à trois branches plus ou moins profondément 
divisées en deux lobes. Il ne reste donc entre ces plantes qu'une légère 
différence dans la longueur du support commun des étamines et de li| 
préfloraison qui peut être valvaire ou subquinconciale, ce qui varie, du 
reste, dans les deux genres. Si l'on ajoute que les organes de la végéta- 
tion sont aussi les mêmes, des feuilles alternes, bistipulées, des inflo- 
rescences en glomérules situés à l'aisselle des feuilles, ou à celle des 
bractées que porte un axe terminal commun, on reconnaîtra que ce sont 
des plantes tout à fait congénères, que les Amanoa ne devraient consti- 
tuer peut-être qu'une section dans le genre Anomospermum, et que la 
première et la seconde tribus des Euphorbiacées de Ad. de Jussieu se 



276 EXCLUSION DES STYLOCERAS. 

trouvent ainsi réunies par les termes extrêmes, comme elles le sont d'ail- 
leurs à chaque pas. 

La troisième section, celle des Crotonées, ne devrait renfermer que 
des genres à loges uniovulées; cependant on y trouve les Hyœnanche qui 
les ont dispermes. 

La quatrième section est celle des Acalyphées. En comparant ses 
caractères généraux et en recherchant quelles difTérences ils présentent 
avec ceux de la section précédente, on voit clairement qu'il n'y en a 
aucune qui soit du moins absolue. L'apétalie des Acalyphées, leur pré- 
floraison généralement valvaire, tels sont les seuls caractères distiuctifs 
qu'on y observe. Mais il y a bien des Crotonées apétales et k calice val- 
vaire et, d'autre part, bien des Acalyphées dont la préfloraison n'est pas 
valvaire. Quelle meilleure preuve peut-on trouver de l'impossibilité 
qu'il y a de distinguer les deux sections, que l'existence du groupe 
Adisca liant indissolublement, comme l'a démontré il y a longtemps 
M. Hasskarl, les Roulera qui sont des Crotonées aux Mappa qui sont des 
Acalyphées? Les faits analogues se sont depuis considérablement multi- 
pliés. 

La cinquième section, celle des Hippomanées, est très naturelle dans 
la plupart des genres qu'elle contient. Cependant les Styloceras qui s'y 
trouvent renfermés n'ont, comme nous allons le voir, aucun des carac- 
tères de cette section et même aucun caractère appartenant aux Euphor- 
biacées. Le Styloceras {pi. XX) a les fleurs mâles nues, à étamines en 
nombre indéterminé {fig. 25). 

Le pistil de sa fleur femelle est à deux ou trois loges et chacune de 
celles-ci est biovulée. Mais, à une certaine époque, une fausse cloison 
part de la périphérie de chaque loge et s'avance entre les deux ovules 
collatéraux, "jusqu'à Taugle interne où l'on trouve encore une ligne de 
séparation indiquée dans le fruit (fig. 34). 

Les deux ovules collatéraux sont suspendus et tournés comme ceux des 
Buis, et non comme ceux des Euphorbes; le raphé est extérieur, le 
micropyle en dedans et en haut {fig. 35). Les styles sont implantés 
comme ceux des Buis. 

Donc cette plante, écartée des Euphorbiacées, doit former un groupe 
spécial des Stylocérées qui doit se placer auprès des Buxacées proprement 
dites, dont la distinguera toujours sa fleur mâle nue, à androcée indéter- 
miné, et la fausse cloison qui, comme dans les Lins, vient y partager 



l 



CONFUSION DliS SECTIONS. 277 

chaque loge en deux parties et a fait penser que le nombre des loges y 
était double de celui des styles. 

La sixième section, celle des Euphorbiées, ne comprend que quatre 
genres. L'un d'eux est l'Euphorbe, le second le Pedilanthus, et, d'après 
ce que nous avons dit (p. 56), ces plantes sont considérées comme 
ayant des fleurs mâles monandres et une fleur femelle centrale ren- 
fermées dans un involucre commun, ici régulier, là irrégulier. 

Les deux autres genres de la section, qui sont le Dalechampia et VAn- 
thoslema, n'ontaucun rapport avec les précédents. Le Dalechampia^ avons- 
nous vu, n'a pas de fleurs monandres et il n'a pas un involucre commun 
pour toutes ses fleurs. Nous avons montré [p. 59), quelles sont ses véri- 
tables affinités à notre avis et comment il n'est qu'un Anabœna ou un 
Pluknetia dont les fleurs mâles sont disposées en inflorescence déterminée 
au lieu de l'être en épi composé. 

VJnthostema, au contraire, est une plante qui doit être placée dans 
un groupe très voisin de celui des Sapium, sa fleur mâle est réeUement 
raonandre, et les fleurs de ses deux sexes ont un véritable calice, ce qui 
ne se rencontre pas dans les Euphorbes (p. 69). Cette section ne peut 
donc subsister, parce que les éléments en sont tout à fait discordants. 

Cette classification a, par conséquent, le grave inconvénient, suivant 
les auteurs qui ont eu à l'employer (voy. Linn. 1856, p. 299), que les 
divisions en deviennent tout à fait indistinctes dans la pratique et que les 
diverses sections passent de l'une à l'autre sans intermédiaire. Il est 
arrivé, en effet, qu'un auteur plaçât, pour de bonnes raisons, un genre 
dans les Crotonées, qu'un autre avait rangé, pour de bonnes raisons 
aussi, et sous un nom différent, parmi les Acalyphées. Nous avons vu que 
l'auteur lui-môme avait mis des Phyllanthées parmi ses Buxacées et réci- 
proquement. Il y a un genre, le Redia, qui a été placé sous deux noms 
distincts dans les Hippomanées et les Acalyphées. Le Dalechampia, sous le 
nom de Cremophyllum, à été tout a tour une Euphorbiée et une Aca- 
lyphée, etc., etc. C'est en présence de semblables difficultés, dont je ne 
veux pas ici multiplier les exemples, que MM. Hasskarl et ZoUinger sont 
arrivés à regarder comme impossible cette classification. Le dernier a 
réuni en deux groupes toutes ces sections confondues. Dans le premier, 
il a placé toutes les plantes à loges ovariennes biovulées; dans le 
second, tous les genres à loges uniovulées. C'est ce que nous ferons 
également. 



278 CAUSES DES DÉVIATIONS. 

Pour les divisions ultérieures, j'ai recherché quelques types faciles à 
étudier, aussi complets que possibles, je les ai analysés avec précision, 
puis j'en ai fait dériver tous les autres genres qui composent cette grande 
famille, en cherchant à montrer comment ilsen découlent graduellement, 
par les modiflcations suivantes : 

Ou le nombre des loges ovariennes va en diminuant peu à peu ; iê 
plus souvent il est de trois au début, il descend à deux, puis à un. 

Ou l'androcée était diplostémoné: un de ses verlicilles disparaît, il 
devient isosténione : mais il y a des intermédiaires : le verticille qui 
disparaît ne le fait d'abord qu'incomplètement. D'autre part, le nombre 
des étamines, au lieu de diminuer, augmente: il y en a trois verticilles, 
puis quatre, puis cinq, puis un nombre indéterminé, ou encore, au lieu 
de former des verticilles alternes, ces étamines constituent des rangées 
superposées. 

Ou les appendices qui constituent les verticilles lloraux étaient 
soudés et ils se désuuissent: ou l'inverse a heu : les étamines libres 
deviennent mocadelphes. polyadelphes : les corolles polypétales de- 
viennent gamopétales, etc. 

Ou la fleur possédait de ces faux verticilles d'organes axiles qu'on 
nomme disque: il v en avait deux; leur nombre diminue, puis ils dis- 
paraissent complètement. 

Ou la préfloraison était imbriquée: elle devient valvaire. Les appen- 
dices floraux se recouvrent toujours l'un l'autre, puis ils ne se louchent 
plus que bord à bord ; ce qui était transitoire dans un genre persiste 
dans un autre jusqu'à l'âge adulte. 

Tous les caractères séparatifs des genres seront donc ainsi tirés de la 
fleur elle-même. Dans un très petit nombre de cas. la fleur ne changeant 
pas. l'inflorescence variant avec les signes tirés du port de la plante, nous 
avons pu recourir à ce dernier caractère, mais plus souvent par le respect 
pour la tradition et l'existence d'un genre émané d'une autorité ancienne 
et respectable, que par le désir de séparer des groupes que nous consen- 
tirions très volontiers à ne considérer que comme des sections d'au même 
genre. 

Tel qu'est ce mode de classification, il est encore essentiellement 
défectueux. Ou sait trop bien que c'est toujours en vain que nous cher- 
cherons dans un arransement linéaire et successif l'idéal d'un arrange- 
ment taxonomique quelconque. 



CLASSIFICATION PARALLÈLE. 279 

Si la Fécondité du principe des classifications parallèles est incon- 
testable, ce doit ^tre surtout pour les botanistes. Et quoiqu'il ne les ait 
pas eus spécialement en vue, il fallait qu'un Geoffroy Saint Ililaire leur 
formulât les lois des affinités multiples, pour les tirer de l'impuissance 
de l'ordination linéaiie. 

Donc les diverses séries que l'on peut faire ainsi dériver de certains 
types ne doivent pas être considérées comme se succédant dans une voie 
unique. Comme les affinités sont multiples, ces séries doivent être sup- 
posées se classant parallèlement et se juxtaposaiit, pour ainsi dire; de 
telle sorte qu'il y a confusion à certains niveaux entre deux termes de 
deux ou de plusieurs séries voisines. Et encore que le parallélisme de ces 
séries soit indispensable à observer, il ne faut pas cependant les classer 
sur une seule surface plane, dételle façon que la série extiême de droite 
soit aussi éloignée que possible de celle qui occupe l'extrême gauche II 
y a entre elles deux des affinités ainsi inobservées, qui seront maintenues, 
si on les suppose toutes descendant sur la surface d'une naontagne ou 
d'un cône,' An sommet duquel elles convergeront vers un type qui sera le 
plus parfait de ceux que nous connaissons dans l'ordre étudié. 

Et, pour prolonger cette comparaison, il en résultera qu'à divers 
niveaux, on pourra trouver des cercles parallèles à la base de ce cône, 
sur lesquels on observera, non plus en descendant ou en montant, mais 
en suivant de droite à gauche leur circonférence, des genres parfaitement 
comparables, et, au lieu de cercles, ce pourront être des courbes 
variables, répondant à la périphérie de différentes sections coniques non 
parallèles à la base. La cause en sera que les diverses séries ne sont 
point égales entre elles et que les termes qui les composent ne sont point 
également espacés. Remarquons toutefois qu'à mesure que la nature nous 
est plus complètement connue, de nouveaux genres s'interposent peu à 
peu aux anciens, qui rendent les séries d'autant plus comparables entre 
efies. 

Si l'on veut observer quelques applications de ce qui précède, enverra 
bien que c'est sur une semblable ligne de conjonction ti'ansversale que 
M. Hasskarl, par exemple, a trouvté qu'un /If/wca servant d'intermédiaire 
incontestable entre un Roulera et un Mappa, s'opposait complètement à 
ce qu'on maintînt la séparation qu'avait posée A. de Jussieu entre ses 
Crotonées et ses Acalyphées. C'est ainsi que, un peu plus tard, 
M. Benlham, interposant aux Roulera, aux Conceveiba et aux Jlchornea, 



280 DÉFAUTS DE LA SÉRIE LLVÉ-URE. 

SOU DCiuveau geure Slipellaria. vint confondre sur uu autre point ces 
deux grandes sections. Ce qui donc devait les rendre d'autant plus dis- 
tinctes dans Tesprit du botaniste illustre qui les avait établies, c'était la 
non-existence de ces intermédiaires dont le nombre augmentera sans 
cesse avec les nouvelles découvertes. 

Les mêmes défauts se retrouveront à chaque pas dans la classification 
que j"ai adoptée, parce que, pour être exposée dans un livre, elle doit 
être linéaire. Les inconvénients sans doute en seraient moindres si elle 
était disposée sur une surface ; mais, en tous cas, je me les dissimule si 
peu que j'en exposerai ici quelques exemples, pris parmi les plus frap- 
pants : 

Un Ricinus, un Boidonia se ressemblent beaucoup : il n'y a de diffé- 
rence entre eux que la polyadelphie ou l'indépendance des étamines. 
Cependant ces deux genres se trouvent ici éloignés l'un de l'autre. 

Un Cleidion ressemble beaucoup à un Alchornea par sa fleur femelle. 
Mais il en diffère essentiellement par sa fleur mâle et, comme celle-ci 
est tellement semblable à celle d'un Bouionia ou d'un Roitlera, que l'on 
ne pourrait, sans être prévenu, les distinguer, je suis forcé de le rappro- 
cher de ces derniers, en le laissant à quelque distance de Y Alchornea. 
qui a bien plus les fleurs femelles d'un Cleidion que celles d'im Boutonia 
ou d^un Roulera. 

Un Hemicyclia et un Drypetes se ressemblent tellement par leur pistil 
que je voudrais ne pas les disjoindre; mais le premier a un grand 
nombre d'étamines,le second possède un androcée tout auplusisostémone, 
et je suis obligé de le laissera côté d'un Flwjgea qui lui est complètement 
identique sous ce rapport. 

Je bornerai là ces exemples. Ils montrent que tons nos efforts sont 
impuissants, en présence des relations multiples qu'afi"ectent de toutes 
parts les êtres qui nous entourent. C'est la lutte, dont parle le grand 
botaniste Goethe, de l'homme contre la nature infinie. On est assuré 
toujours de trouver l'homme surpassé. 



DESCRIPTION DES GENRES. 



EUPHORBIACÉES UNIOVULÉES. 



A. E. UNIOVULEES HERMAPHRODITES (EUPHORRIIDÉES). 

1. Eupliorbiidée à fleurs régulières. 

EUPHORBIA L.-Juss.-Rœp. 

l (1) A thy malus Neck. 

l Keraselma Neck. 

l Anisophyllum Haw. 

g ^/ecto?'odo?îMm Schlechl. 

l Dactylanthus Haw. 

l Esula Haw. 

l Galarhœus Haw. 

l Medusea Haw. 

l Treisia Haw. 

l Euphorbium Isn. 

l Poinsettia Grali. 

Tithymalvs Touni .-Aiiaus.-GsBrtu.-Neck. 
~ Tithymaloides Toiirii. 

{Pl.\eipl.\\,fig.i-\li.) 

FLEURS hermaphrodites (ou polygames, par avortement du gynécée). 

Calice gamosépale, campanule ou turbiné, à cinq divisions généra- 
lement peu profondes, finement découpées sur les bords; laciniées ou 
plus rarement entières; préfloraison quinconciale [pi. I, fig. 34). Dans 

(1) .l'ai employé ce signe pour représenter l'idée de fraclion ; sa valeur change selon la 
position qu'il occupe. Placé après un nom , il représente assez exactement le mot spec. des 
auteurs; ainsi Leptonema A. Juss., suivi de Acalypha °- Poir., représente la même chose que 
Âcalyphœ spec. Poir. — Par contre, ici ^ Athy malus Neck., suivant Euphorbia, indique que 
les Athymalus Neck. doivent, pour moi, faire partie du genre Euphorbia. 



282 E. UMOVCLÉES. 

l'intervalle des sépales, cinq glandes de forme très variable, formant un 
calicule à cinq divisions dont une ijantérieiire"^ ou plusieurs peuvent 
manquer [fig. 5\ Parfois chacune decesglaudes est doublée d'un organe 
foliacé plus extérieur qu'elle, membraneux, coloré, pétaloïde, à deux 
moitiés insymétriques. Ces cinq organes forment autour de toute la fleur 
un second périanthe ifig. 6) à préfloraison tordue ou imbriquée, dont les 
divisions s'insèrent entre celles du calice, mais dont la partie libre est 
rejetée lors de l'anthèse et s'étale en dehors de lui. — Judrocée contitué 
par un nombre indéfini [ficj. \T d'étamines réunies eu cinq faisceaux 
superposés aux sépales. Chaque faisceau est composé d'un nombre 
variable d'étamines échelonnées sur deux rangées 1^3. 34 an.) rayon- 
nantes parallèles. Filets tous soudés à leur base eu une masse unique, 
libres supérieurement dans leur plus grande étendue, arrondis, séparés à 
un certain âge [pg. Î8-19) en deux portions inégales par un articulation 
transversale. Anthères globuleuses, extroises, à deux loges didymes 
{fig. 18) s'ouvrant par une feute longitudinale, devenant souvent oblique 
ou presque transversale, par suite de l'inclinaison de l'anthère sur son 
filet. — Disque constitué par cinq glandes alternes avec les faisceaux 
starainaux, devenant souvent en grandissant des lames bractéiformes 
divisées , laciniées d'une manière variable [pg. 17 gl) et plus ou moins 
soulevées avec le calice; s'éteudant latéralement jusqu'au pied des filets 
slaminaux, sans se confondre avec eux. 

Gynécée. — Ovaire à trois loges uniovulées, superposées aux sépales \ , 
2 et o {fig. 5). Style à portion basilaire unique généralement courte, rapi- 
dement divisée en trois branches bifides, garnies de tissu stigmatique en 
dedans et au sommet parfois épaissi {fig. 28). Pistil supporté par l'axe 
floral allongé de manière à constituer un podogyne dressé d'abord et 
inclus dans le calice, se développant plus tard et se courbant pour se 
coucher dans l'intervalle de deux des divisions du calice, puis se redres- 
sant à l'époque de la maturité du fruit. — Second disque hypogyne, non 
constant, formé au-dessous de l'ovaire par une expansion tardive du 
podogvne {fig. 57, 28 , en un tissu glanduleux à trois lobes obtus, le 
plus souvent inégaux, superposés aux loges de l'ovaire ou à six lobes 
dont trois alternent avec ces loges. 

Ovules pendus, anatropes, à micropyle supérieur et extérieur, à raphé 
intérieur, surmontés d'un chapeau de tissu conducteur (obturateur) 
campanuliforme, souvent frangé sur ses bordsj muni au centre de sa 



EUPHORBIA. 283 

face inférieure d'un proloDgenient conique qui pénètre clans le micropyle 
{pi. II. fig. \6ob). 

Fruit capsulaire tricoque. Coques bivalves et monospernies , à 
déhiscence élastique. Endocarpe ligneux; niésocarpe ordinairement 
membraneux et mince, mais parfois épais, celluleux, spongieux [pi. II, 
fig. 1), donnant au fruit, tant qu'il n'est pas mûr, l'aspect charnu. 
Graines ovoïdes, allongées, à extrémité inférieure obtuse, plus épaisse, 
à extrémité supérieure coupée en biseau, coiffée d'une caroncule entière 
ou découpée sur ses bords. Surface de la graine lisse, unie ou inégale et 
chagrinée par le développement inégal de la primine. Albumen charnu, 
oléagineux, abondant. Embryon presque aussi long que l'albumen ou 
plus court que lui. Radicule arrondie, cotylédons plans, un peu convexes, 
tournés le plus souvent l'un veis l'angle interne, l'autre vers l'extérieur; 
mais parfois aussi latéraux tous les deux {pL II, fig. 7-0). 

Plantes annuelles ou vivaces, herbacées ou sous -ligneuses; ou arbo- 
rescentes, ligneuses, ou grasses et charnues, dont tous les organes sont 
gorgés de sucs laiteux. Tige arrondie, ou anguleuse, ou aplatie, simple 
ou rameuse, feuillée ou non feuillée et recouverte d'aiguillons (pi. I, 
fig. 3-2). 

Feuilles opposées ou alternes, avec ou sans stipules, pétiolées ou 
sessiles, entières ou dentées ou serrulées ; dégénérant au sommet des 
rameaux en bractées quelquefois grandes et colorées. 

Inflorescences terminales ou axillaires. Cynies bipares (ou 3-8 
pares) ; la fleur terminale (inflorescence des auteurs) hermaphrodite (fios 
in dichotomia) , accompagnée de deux ou d'un plus grand nombre de 
bractées formant involucreet à l'aisselle desquelles naissent les fleurs de 
la génération suivante [fig. 1 et 3). 

Obs. — Tout ce qui a rapport aux organes de la végétation des Euphorbes euro- 
péennes a été étudié avec beaucoup de précision par M. Rœper. Les transformations 
des feuilles et des rameaux de celles qui ont des tiges charnues ont été exposées 
page 229. De même on trouve à la page i6 ce qui est relatif à la question contro- 
versée des fleurs polyandres ou de l'intlorescence composée de fleurs monandres, 
et à la page 53 ce qui concerne le développement organogénique des fleurs. M. Payer 
a donné cette étude organogénique pour l'Épurge dans son Traité spécial (p. 521 
et pi. 107). Des considérations étendues sur la nature des glandes du périanthe 
(p. 234), des disques (p. 50 et 55), du fruit (p. 172) et de la graine (p. 180), ont 
d'ailleurs été déjà présentées dans cet ouvrage. 

Des genres nombreux ont été séparés du genre Euphorbia, qui étaient fondés 



2Sâ E. UNIOVTXÉES. 

surtout sur l'examen du port, de la consistance des tiges, des transformations plus 
ou moins considérables des rameaux et des appendices foliaires. Mais le gem-e 
Euphorbia est. comme celui des Croton, tellement naturel si l'on a égard aux 
organes floraux qu'il n'y a pas un de ces genres qui ne se fonde insensiblement avec 
le voisin. Ainâ, l'on passe par tous les intermédiaires d'une tige charnue à une tige 
ligneuse, épineuse, d'une tige ligneuse à une hampe herbacée; de même les bractées 
qui entourent l'inflorescence sont ici vertes et plus étroites, là plus larges et bril- 
lamment colorées, mais combien d'intermédiaires dans des bractées jaunâtres ou 
blanchâtres, plus étalées déjà que les feuilles caulinaires ! La forme des glandes qui 
accompagnent le përianthe, l'avortement de plusieurs d'entre elles n'ofirent pas de 
caractères plus précis. C'est pour ces raisons que l'on ne peut, je pense, admetti-e 
le genre Poimettia Grah. et le genre Aleeloroetonum que M. Schlechtendal a proposé 
pour \E. cotinifolia et quelques espèces voisines, et que tout les genres proposés 
par >'«i;er et Haworth ne peuvent être regardés que comme formant des sections 
pi : f Ici à àvoriser l'étude d'un genre qui compte tant d'espèces. 

Les sections à maintenir dans le genre Euphorbia me paraissent donc devoir être 
les suivantes : 

Sect. A. — Treiîia. Haie. 
Sect. B. — Crepidaria.. Hatc. 
Sect. C. — MEDUs_E.i.. Haie. 
Sect. D. — TrrHT5i.iLus, T. 
Sect. E. — EiTjL-i. Haw. 
Sect. F. — GALAfiH-Eus. Haw. 
Sect. G. — Alectoroctoxoi. Schl. 
Sect. H. — PorssETTU; Grah. 
Sect. I. — kyisovETi.i.rsi. Haw. 

Cf. : .4 dans., Fam., pi. II, p. 355. 

BecL, N. and midd. Amer., p. 311. 
Benth., Snlph., voy. p. i9 et 161. 

— Hook. joum. 1843, p. 32. 

— Florul. Hongk. in HooL Joum. 1854, p. 1. 

— PI. Hartn-..p. 8. 51. lOSet 122. 

— X. Bras, in Hook. Journ. W, p. 321. 
BL Bijdr.,p. 633. 

Bom. Esp. Mer., p. 563 et pi. 159 à 163. 

— PL Or. T, p. 51, YIL p. 87 et Xlî. p. 107. 
Boj. Hort. Maur., p. 288. 
R. B-. St. Helen..p. 308. 

— Congo, p. 25. 

— Fiind. voy., p. 24. 



EUPHORBIA. 285 

È. 5A,Trans. Lin. Soc, 12, p. 70, 
Bung. FI. Russ., p. 490. 
Dah. Hook. journ. 1851, p. 229. 
Becand., FI. Fr. 111, p. 329. 
Decsne. Flor. Sin., p. 19. 

— PI. Palest., p. 7. 

— Herb. Timor , p. 160. 

— V. Jacquem. IV, p. 156 et pi. 157. 
Don, FI. nepal., p. 62. 

iÇ'nfi?/.,Gen. 5766. 

— FI. Norf.,p. 85. 
F. H. B., Syr., p. 21. 
Fries., Sunim. Scand., p. 50. 
Gœrtn. Fruct. II, p. 115 et pi. 107. 
Gra/i., Bot. Mag., pi. 3493. 

A. Gray, Man. (1856), p. 385. 
Gren. et GocL, FI. franc. III, p. 75. 
Gris., Caraïb., p. 18. 

Barv., S.Afr., p. 304. 

ffassL, PI. Jav. rar. (1848), p. 243. 

— Hort. Bogor., p. 233. 

Haw., Synops, I, p. 126, 164 et II, p. 65-67. 

B. B. K. Nov. Gen. et Sp. II, p. 41, 50, 63. 
Hook., Icon. II, pi. 182, IV, pi. 366, V, pi. 600. 

— Niger fl., p. 176. 

— Fl. Bor. Amer. II, p. 140. 

— New Zeal.,p. 227. 

Hook. et Arn., Beecli., voy. p. 44, 69, 95, 159, 213, 310 et 389. 

Isn., Mém. Ac. Se. (1720), p. 384 et pi. 10, 11. 

Jacq., Obs. Bot. II, p. 5 et pi. 31. 

Jaub.etSp., 111 I, pi. 1301. 

Juss., Gen., p. 385. 

A. Juss., Monog., p. 57 et pi. 18. 

Kar. et Kir., Alt. II, p. 41, et lil, p. 178. 

KL, Ap. Seem. , p. 99. 

— PI. Mey., p. 412. 
Koch., Linn., XIX, p. 252. 

— Or., in Linn., XXI, p. 721. 
Kimth., Amer. Equin., I, p. 383. 
Lamk., Encycl. bot., IV, p. 413. 
Ledeb., Fl. Altaic., IV, p. 178. 
Lehm. (éd.), Pl.Preiss., I, p. 174. 
LindL, Veg. Kingd., p. 274. 



286 E. tJOTOTULÉES. 

Lindl. ei Sibt., Grsec, V, p. 47, et pL 460 à klO. 
L. Phil. bot., p. 32. 

— Hùrt. Cliff., p. 196. 

— GeD., 609. 

Lonr., FI- CocMnch-, p. 298. 

Mûye., Barbad.,p. 341. 

Mi€h., Am. Bor., II, p. 209. 

Miq., Maiûp. Bras, in LiHU., XXII, p. 797. 

— Symb. Sur. in Liim., XXI, p. 473. 
MuelL, ?v. Aust. in Hook. Journ., 1856, p. |1. 
MûlL, ]V\ HolL in linn., XXT, p. MO. 
JV«t*., ÉléDi., 1152. 

Nées. Gen., I, pi. 37. 

— PI. Med.,pl. 134 à 157. 
Nm., Goi. (1818), p. 226. 

Oh., Dec-, II, p. 18, etX, p. 127. 

Pa^., Organog., p. 521 et pL 107. 

Pair., PI. Enr., pi. 121. 

Piak., Ann. Mus., XIX, p. 388, et pi. 19. 

£ek:L, Fi. Germ., pL 96 à 102. 

MiiA. [L. C], inMich., Am Bor. II, p. 209. 

Ruà. {A.}, Abps., V, p. 538. 

— in R. S. Cnba, XI, p. 1 96. 
.fijeé. ^ Z.f«s., Astrol., p. 352. 
Reep-, Entim. Enph. 

RnyL^ Himal., pi. 82. 
A. S. H., PL rem. Brés., p. 209 et 243. 
Scheeie, FI. Tei-, iu Lion., XXII, p. 151 ^ 797. 
ScMeek.^ H. Lidï. in linn., IX, p. 250. 

— in Linn., XIX, p 252. 

_ Wagn. Col. in Linn., XXTI, p. 633. 
Sand., Sûdafr. in Linn., XXIU, p- 105. 
SpacL H* V^., U, p. 530, et pi. 76. 
SpuîL, FL Tim. in linn., XV, p. 350. 
Spreng., Cur. post , p. 311. 

— N. Entd., II, p. U5, 232, m, p. 158, 161, |i4- 

— Syst. Teg-, m, p. 786, 
Su-., Ind. Occ-, p. 670. 
Thwib., Fl. cap., p. 402. 
Torr. et Gr., Rep., p. 18. 

Tourn., Insîit., p. 85 et 654, et pi. 18. 
Turp.. Dict. Bût., II. 
Femr., Malm., pi. 30. 



PEDILANTHUS. 287 

Vent. Tabl. III, p. hSl. 

Voight, Hort. Cale, p. 161. 

Walp., A'in. Bot., p. 613-621, et III, p. 927. 

Watsor in Hook. journ. (ISi/i), p. 605. 

Weuj. Spicil., p. 176. 

Webbel Berth., Canar., II, pi. 1, et III, pi. 1, 2 et 5. 

Wight, Icon., V, 1862-6i, et VI, 1993. 

Wydl, InH. in Flor. (1851), p. 425 et 433. 

2. Eupliorbiidée à périanthe irrégulier. 

PEDILANTHUS Neck. 
. Pcdilanthes'&Qn\h. 

mm Evphorbia ^ L. 

Crepidaria Haw. 

Tithymaloïdes \ Tourn. 

[PI. III, fig. 1-15.) 

Fleurs hermaphrodites. 

Périiinlhe caliciiial coloré, irrégulier, à six divisions inégales soudées 
inféiieiirement en un tube continu, gibbeux du côté de l'axe. Devenues 
libres vers leur partie supérieure, les divisions du périanthe sont : un 
premier sépale plus court que les autres, obtus, trilobé vers son sommet, 
tout à fait extérieur et placé du côté de Taxe; c'est lui qui à sa base 
devient gibbeux et tend à former un éperon court et obtus [pi. III, 
fig. 2 g). Deux autres sépales plus grands, antérieurs, superposés à la 
bractée florale, sont recouverts par le sépale précédent et s'imbriquent 
entre eux, de telle façon que l'un est tout à fait intérieur, l'autre moitié 
recouvert et moitié recouvrant (,%. 11). Les trois autres sépales beau- 
coup plus petits, plus intérieurs, sont réduits à trois languettes ; l'une 
superposée au sépale 1 est située par conséquent du côté de l'axe 
[fig. 9 si), tout à fait intérieure et recouverte par deux autres qui 
alternent avec le sépale gibbeux et les sépales 2-3 et sont d'ailleurs 
recouverts l'un par l'autre [fig. 8, \ \). 

Disque constitué par quatre glandes insérées vers la base du sépale 
gibbeux, lisses, arrondies, deux situées de chaque côté de la ligne 
médiane, les deux autres plus latérales encore [fig. 3 et 8 gl). 

Androcée constitué par cinq (ou six) faisceaux d'élamines en nombre 



E. ClflOTDUîS. 

\anaUle, dont nn pa^iàiirar, superposé au sépale 1, deux antérieurs et 
deox latâaus. Ëtamines semblables à celles des Euphorbes, chaque 
faisoean compta de deux rangées d'élamiDes à filets inégaux, d'autant 
[ans courts qu'As approchent plus de k périphérie, articulés Ters le 
milîett de leur hantenr, tious soudés à leur base, non aceompas^és de 
^land^ ou de bractées. Antfems bfloculaires, extrorses, déhiscentes par 
une f^ite Ibogitiidiiiiâle. 

Ovaire àtrcm lioges, :^pîîé; denx des loges sont postérieures, une 
fnâsîteie antérieure. Loges uniovulées. Ovnles coifies d'un obturateur 
eaifinnie de casqne [fy. là, 14). Style OMiique, allongé, à trois branches 
ra^^^vidiées dans le bouton, puis écartées, distinctes, papiUeuses et 
sfematiqnps à l^ir &ce interne. 

Dibqpie hypogyne euTeloppant la base de Tovaire et se développant à 
la partie supimeure de son support podogroiqoe, continu, à bords 
înegaileniieiit. loliés. 

Fkiiir capsuiaire iricoque; coques birakes, monospermes. Graines 
canMiGnlé^. 

âitNiKtes à rameanx arrondis, lisses, chanaos (ayant le port de 
cariaines cactées), à feuilles alteraes simples, ovales-aiguës, sessiles ou 
à pêtitofle eomt, aeeompagoées de deux petites glandes ^pulaires 
cadoqpies llfg. 15) ; Muibe entier, le plus souvent épais, charnu, à faces 
^labr^ paminervfô, légèrement pnbescentes (poils amples) dans le jeune 
âge planes ou à nemire médiane très saillante. 

l3Sfii«E9CESGïs «1 cymcs flxillaires bipares. plus rarement tripares; 
pédicdllifô courts, grêles, articalés. 

Ctes. Les PeiiiBsuthiSBBSimi pas senteniait, des Euphorbes à périanthe irrégulier. 
L'affldifâeée et Se gméeée sffiot samMaMes à oelnî des Euphorbes, mais la poàtion 
des log^ deTovaine par rapprit à Fase n'e^ pas la même, car il y a id mie loge 
aBlérâaiisie et deux. piSliÉzieiiiies, tendis que, dans les Euphorbes, il y ai a une da 
cMé ée l'ase. Les^iandfâ fennaEit on disque à la base des sépales sont au nombre 
de qiiiaine seataiieHi, et c'est dm côte amtérifinr de la fleur qu'il manque un de ces 
«Hganifô-llad^lâérenaarqpiié que ces coips^anduleuxBe présentent id rien daas 
la Sacnae qui f «ûsse les ifeire regarder comme des écailes, des bractées, des sépales. 
L'ëtmde oig^aMiigâîîqiiie à fequdle Q est néeessaire de se reporter pour bien com- 
pieodre font (9S quia irapport à la nature des parbes de cette fleur (p. 56). a d'afl- 
leHTS monlié leor a^arîlîm taiâve. 

Tous les Perfifa9iZ?i!itî, noisnanesûle P. tîtht/maloides Voit, et leP. carinatus'Pctil.. 
qm 9ont cidlïinBS au Muséum, sont des plantes des Antilles, du Mexique, croissant 



RiciNUS, 289 

dans les lieux arides des plages maritimes, M. Bentham en a signalé une espèce 
[P. retma) qui habite les bords du Rio-Negro, où l'a recueillie 5J. Spruce. Ce n'est 
peut-être qu'une forme parliculière du P, tithymaloides. 

Cf. : Benth., N. Bras, in Hook. Journ., 185^1, p. 321. 

— Sulph-, p. ù9, et pi. 23. 
Boj., Hort. Maur., p. 288. 
Endl., Gen., 5765. 

Griseb., Caraïb., p. 18. 
Ilmv., Prodr., p. U'2. 

— Syn., 11, p. 67. 

Hook. et Am., Beech. vov. , p. 310. 
H. B. A"., Nov. gen. et sp. Il, p. 50. 
Jacq.^ Jard. deScliœnb., pi. 270. 
A. Juss., Monog., p. 59. 
Nées et Sch., Sfex. in Linn., XX, p. 727. 
Poit., Ann., 3Ius., XIX, p. 388 et pi. 19. 
Bich., in R. S. Cuba, XI, p. 195. 
SchL, PI. Lieb. in Linn., IX, p. 253. 
Spach, H'Veg., II, p. 538. 
Spreiig., Syst. Veg., III, p. 802. 
Voighl., Hort. Cale, p. 161. 

B. ELTHORBIACÉRS UXIOVULÉES, A EXAMINES POLYADELPHES 

(RICIMDÉES). 

3. Ricinidée à faisc. stam. cenlr, infl. en cymes. 

RICINUS L. 

[PI. X et pi. XI. firj. 1-5.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; prt'- 
floraison valvaire, ti Tàge adulte. Deux de ces sépales sont antérieurs, 
deux latéraux et un postérieur: leur nombre peut être réduit à quatre et 
plus souvent à trois. Étamines formant un faisceau par leurs filets rami- 
fiés, insérés sur un réceptacle convexe. Chaque filet supporte à son 
extrémité une anthère globuleuse, adnée, biloculaire, extrorse, à déhis- 
cence longitudinale [pl.^, fi'j-^h, 15). Ni corolle, ni disque glanduleux. 

Fleur femelle. — Calice comme dans la fleur mâle. Ni corolle, 
ni disque. Ovaire globuleux à trois loges, dont deux antérieures et une 

19 



290 E. l^'IOVULÉES. 

postérieure pg. 2ô). Surface extérieure de l'ovaire protbudémeut creusée 
de trois sillons verticaux répondant aux cloisons; lisse, unie, glabre, ou 
recouverte d'aiguillons ou d'aspérités plus ou moins régulièrement dis- 
posées sur des séries verticales. Style cylindrique surmontant l'ovaire, 
puis rapidement divisé en trois branches aplaties, bipartites, à surface 
extérieure lisse, à surface intérieure et à bords réfléchis stigmatiques, 
papilleux. plun^eux. colorés. Loges de l'ovaire uniovulées. Ovule recou- 
vert d'un obturateur presque plan, à surface supérieure rugueuse, 
papilleuse. colorée en rouge. 

FRurr capsulaire tricoque , lisse ou épineux , coques bivalves et 
monospermes. Graines à testa moucheté et. bigarré, à caroncule subglo- 
buleuse, bilobée, ombiliquée. Embryon à cotylédons larges, minces, 
ovales , subauriculés , tournés vers l'angle interne et vers la paroi inté- 
rieure des loges [fig. 42). 

Arbres ou arbustes réduits à Tétat de plantes herbacées annuelles 
dans les pays froids où on les cultive. Rameaux herbacés, cylindriques, 
lisses, fistuleux, verts ou rougeàtres. Feuilles alternes pétiolées. Pétiole 
muni à sa base de deux stipules latérales soudées en une seule gaine 
membraneuse enveloppant dans leur jeune âge les feuilles situées plus 
haut, puis caduque. Limbe simple, pelte ou non. palmé, à divisions plus 
ou moins profondes, dont les bords sout inégalement dentés. Nervures 
réticulées saillantes inférieuremeut, surfaces glabres. Au point d'union 
du pétiole avec le limbe, deux (ou plus) glandes latérales {pg. k g) qu'on 
retrouve le plus souvent à la base du pétiole lui-même, sur quelque point 
de son étendue, ou même vers le pourtour des feuilles yfig. 8, 9}. 

Inflorescence terminale ou oppositifoliée , consistant en un axe 
commun chargé de petites cymes alternes situées à l'aisselle d'une 
bractée munie de petites glandes stipulaires latérales. Celles de ces cymes 
qui sont à la base de l'inflorescence sont uniquement composées de fleurs 
mâles; celles qui sont en haut de fleurs femelles, quelquefois avec des 
cymes mixtes intermédiaires où la fleur terminale est femelle, les latérales 
mâles. Pédicelles des fleurs mâles plus longs que ceux des femelles, arti- 
culés [fig. 12). 

Oes. — Les véritables espèces du genre Rkirais doivent être réduites à un très 
petit nombre. Beaucoup de celles qu'on a admises ne doivent être considérées que 
comme des variétés du R. communis; telles le R. officinolis H. P.; le R. inermis 
Jacq. : le /?. afn'carms Mill. ; le R. mfdiaisYoTst.. et peut être, les R. r-ugosus et 



RICINUS. !291 

spectabilis Bl. Tous ont les feuilles palmées et aucune des espèces à feuilles entières, 
peiuiinerves, rapportées autrefois à ce genre, n'y ont été maintenues. Ainsi : 

Le H. gloùosus W. [Croton ylol/osus S\v.) paraît appartenir aux Jatrophées (voy. 
Sw. FI. 1181). 

Le B. inlegrifolius W. est "le type du genre Boutonia Boj. 

Le li. tanarius Gmel. et le R mappa L. appartiennent au genre Mappa. 

Le R. dioicits Roxb. (ex Wall.), est le type du genre Cœlodiscus. 

Cf. : BecL, Bot. of N. Amer., p. 311 . 
2î/.,Bijdr.,p. 622. 
Boiss., Esp. mér., p. 63. 
Boj., Hort. Maur., p. 283. 
P. Br., Jam., p. 350. 
R. Br., S. Helen.,p. 320. 
Bung., Fi. Russ., p. UM. 
Gœrtn., Fr. II, p. 116 et pi. 107. 
Harv., S. Afr., p. 303. 
Hassk., PI. Jav. rar., p. 264. 

— Hort. Bog., p. 236. 

Hook. et Arn., Beecli., voy. p. 212. 
Juss,, Gen., p. 388. 
Ad. Juss., Monog., p. 36. 
KL, Ap.Seem., p. 103. 
Koch, Or. in Linn., XXI, p. 732, 
Lamk, Encycl., XXII, p. 792. 
L., Gen., 503, 1805. 
Lour., FI. Coch., p. 584. 
Moyc, Barb., p. 367. 
MV6.,H'pl. 9, p. 378 et pL 42. 
Neck., Élém., 1121. 
Nées, PI. Med., I, pi. 140. 

— Gen., pi. 2, pi. 39. 
Nutt., Gen. (1818), p. 226. 
Pay., Organog.,p. 525 et pi. 110. 
A. Rich., Cuba, XI, p. 2u9. . 

— Abyss., V, p. 250. 
Roxh., FI. Ind., III, p. 689. 
5cM«/ir., pi. 312. 
Sibt., Grœc, X, p. 42 et pi. 952. 
Spach, H" Veg., p. 506 et pi. 76, 
Span., FI. Tim. in Linn., XV, p. 349. 
Spreng., Syst. Veg., III, p. 878. 
Tlwnb., FI. Jap., p. 270- 



292 E. UNIOTCLÉES. 

T., Instit.,p. S07. 
Turp., Dict. Bot., 2' p. 
Voight., Hort. Cale, 2M58. 
TT7/W.,Sp., YIlI.p. 564. 

— Hort. BeroL, pi. 49. 
WydI., Infl. in Flor. (1851), p. hlh. 

k. R. à faisc. slam. gronpés sur une col. cent. — Infl. en grappes. 

SPATfflOSTEMO^' Bl. 

? Hœmatospermum Lindl. 
? Adelia \ Roxb.-Wall. 

Fleurs moDOÏques (ou dioïques?). 

Fleur m.vle. — Calice gamosépale à trois divisions profondes, étalées, 
puis réfléchies, légèrement pubescentes (poils simples) ; préfloraison val- 
vaire. Androcée composé d'un grand nombre d'étamines. Filets confon- 
dus à leur base en une colonne centrale, insérée sur le réceptacle saillant, 
puis s'en détachant à des hauteurs diverses pour devenir libres et rameux. 
Anthères biloculaires. didymes, extrorses, à déhiscence longitudinale. 

Fleur femelle. — Cahce à trois ou cinq divisions: préfloraison val- 
vaire. Ovaire à trois loges uniovulées, dont une postérieure et deux 
antérieures, surmonté d'un style à trois branches profondément divisées, 
stigmatiques, plumeuses à leur face interne (ou à deux loges). 

Fruit capsulaire tricoque, à surface glabre, lisse ou muriquée, échinée. 
Coques bivalves , mouospermes Graines caronculées. 

Arbustes de l'hide, de Java, à feuilles alterues. eiliptiques, ovales, 
acuminées, ou étroites, oblougues, entières, glabres à la face supérieure, 
à nervures réticulées, saillantes à la face inférieure qui est pubescente. 

Inflorescence. — Épis ou grappes axillaires ou latéraux, solitaires ou 
réunis par couples. Fleurs munies de trois bractées, dont deux latérales, 
stériles ou plus rarement fertiles. Fleurs mâles sessiles, fleurs femelles 
portées sur un pédiceUe de longueur variable, parfois presque nul. 

Obs. — Ce genre se rapproclie beaucoup du genre Ricinus. C'est en dehors des 
fleui's qu'il faut en etfet aller chercher des caractères distinctifs tirés du port, des 
feuilles, de l'inflorescence. Landrocée ne diflfêre de celui des Ricms que par im 
plus gi'and allongement de la colonne centrale. Le genre Hœmatospermum, cité 
pour la première fois par M. Lmdley, qui ne Ta pas décrit, comme devant être placé 
entre les BoUospermum et les Addio, doit, à ce qu'il semble, être confondu avec 



Sl'ATUIOSTKMON. 293 

celui-ci. C'est ce qu'ont pensé MM. Zollinger et Moritzi en donnant à l'Adelia nerii- 
folia de Roxb. et Wall, le nom de Spat/iiostemon salicinum. En se conformant à cette 
désignation, on pourra diviser ce genreen deux sections, d'après la nature du fruit, 
sans parler des autres particularités que peuvent offrir les organes de la végétation. 

Sect. A. EusPATHiosTEMON. Friiits à coques muriquées. Le type eu serait 
le S, javensis Bl. (herb. de Leyde). 

Sect. B. H.EMATOSPERMUM. Friiit à coques lisses. S. salicinum ZoU. el 
Mgr. (herb. Mus.) =:: Hœmatospermum salicinum Wall. Cat. et Auctt. 
z:r: Adelia neriifolia Roxb. (ex Wall.) :=:: (?) Croton salicinum Geis. 

Cf:^/.,Bijdr., p. 621. 
£'nrf/.,Gen., 5810. 
Lindl., Introd. (éd. II), p. 116. 
I{oxb.,F\. Ind.,III, p. 849. 
jRoijle, Himal., p. 326. 

Voight., Hort. Cale, p. 157. 

Wall., Cat.,n. 7953. 

Wight,lcon., V, 1868. 

5. U. à faisceaux stain. périphériques. 

COELODISCUS. 

Ricinus ^ Roxb. 

Fleur mâle. — Bouton conique aigu; calice gamosépale à quatre divi- 
sions profondes, chargées de poils étoiles ; préfloraison val vaire. Audrocée 
constitué par un grand nombre d'étamines. Filets insérés sur le récep- 
tacle floral, à la base du pourtour du disque central, dressés dans la pré- 
floraison, soudés en plusieurs (5-9) faisceaux par leur partie inférieure, 
libres dans la partie supérieure, inégaux. Anthères à deux loges courtes, 
introrses, déhiscentes par une fente longitudinale. Disque central en 
forme de plat large, concave, à bords saillants, arrondis, épais, au pour- 
tour duquel sont insérées les étamines ainsi rejetées vers la périphérie de 
la fleur. 

Fleur femelle? 

Arbuste (?) de l'Inde à rameaux, pétioles et axes d'inflorescences 
pubescents (poils étoiles roux). Feuilles opposées; pétiole long, non 
stipulé. Limbe ovale-aigu ou cordiforme, acuminé au sommet, échan- 
cré à la base , denté au pourtour, penninerve , tripli ou quintupli- 



294 E. CNIOVULEES. 

uerxe à la base. Nervures tertiaires proéminentes ti-ausversales. Face 
supérieure foncée, presque glabre ; fac-e inférieure, plus pâle, et plus 
terne, pubescenle. portant une petite touffe de poils étoiles serrés de 
chaque côté de la base de la nervure médiane. 

Inflorescence. — Fleurs mâles disposées en petits glomérules sur un 
rachis commun asillaire . 

Obs. — Genre établi ponr le Jticinus dioîeus de l'iierb. de Roxburgli, d'après 
Wallich (Cat. n. 7828) Sfô feuiltes opposées le rapprochent du Plagiant hera; mais 
il en diffère totalement par ses faisceaux staminaux rappelant ceux des Adisca Bl., 
et surtout par le disque en forme de plat creux qui occupe le centre de la fleur, et 
que je n'ai retrouvé dans aucune Rottléracée. 



C. EUPHORBIACEES OIO^TLEES DICL1>"ES A ÉTAMINES 
MONADELPHES JATRÛPHIDEES i. 

6. Jatrophidée diplostém. décandre. 

JATROPHA. 
J denorhopium Pohl. 

[PL XIV, fig. 10-27.) 

Flem°s monoïques. 

Fleol MALE — Calice gamosépale à cinq dissions profondes; préflo- 
raison quinconciale {fig. 19 . Corolle de cinq pétales alternes avec les 
divisions du calice, plus longues qu'elles: préfloraison tordue. Disque de 
cinq glandes superposées aux divisions du calice. Androcée de dix éta- 
mines dont cinq plus petites, plus extérieures superposées aux pétales et 
cinq plus grandes superposées aux divisions du calice ^^g. 14-17,. Filets 
libres seulement dans leurs partie supérieure, unis inféiieurement en 
une colonne centrale. Anthères k deux loges déhiscentes par une fente 
longitudinale, celles des grandes étaminesextrorses; celles des petites, 
iutrorses dans le bouton, deviennent extrorses lors de Tanthèse, en se 
renversant sur le sommet coudé, réfléchi, du filet fig. \S . Axe parfois 
prolongé au centre de la fleur en un rudiment de pistil? 

Flecr femelle. — Calice quiucoucial et corolle tordue comme dans la 
fleur mâle ou nulle). Di.sque hypogyne de ciuq glandes libres ou soudées 
iuférieurement. superposées aux divisions du calice. .Androcée rudimen- 



I 



.lAïROl'HA. 295 

taire composé de cinq, dix staniiiiodes {fig. 2-2-!24), ou nul. Ovaire à 
surface lisse ou hérissée, à trois loges uniovulées superposées aux 
sépales 1, 'i et 3. Ovule coiffé d'un obturateur à deux lobes latéraux, 
séparés par un sillon dans lequel s'engage le nucelle prolongé. 

Fruit capsulairetricociue. Coques bivalves et monospernies. 

Arbustes, arbrisseaux ou plantes herbacées des deux hémisphères, à 
suc laiteux, dont les organes sont lisses ou couverts de poils glanduleux. 
Feuilles alternes, entières ou lobées, palmées, munies souvent de deux 
glandes à la base de leur limbe, accompagnées de deux stipules latérales 
caduques ou persistantes, simples ou découpées, glanduleuses. 

Inflorescences en cymes terminales ou axillaires, pluripares, ayant les 
fleurs femelles terminales et centrales, les mâles périphériques. 

Obs. — Le genre Jatropha de Linné a été démembré en /a^ro/j/ia, Manihot, 
Cnidoicolus, Curcas, de la façon suivante : 

Les Cnidoscolus et les Maniliot ont des fleurs apétales. 

Les Curcas ont la corolle gamopétale. Si l'on réunit à ceux-ci les Mozinna, il 
résulte de ce qui précède que le nombre des vrais Jatropha devient extrêmement 
restreint et qu'il ne faut plus considérer comme tels que ceux qui ont les fleurs 
polypétales diplostémonées. 

E(l). 1. J. ricimfolia Fenzl. 

2. J.peltataK. — (Corolle chargée de poils intérieurement.) 

3. J. multifida L. 

h . J. capensis {Croton co.pense Thg.). 

5. /. macrorhiza Benth. (Fleur mâle 1 0-8 andre. Fleur femelle apétale ?). 

6. J. Zeyherii Sond. 

7. J. (jossypi folia L. = Adenorhopium JaqiiiniiVohl. 

8. J. acuminata Lamk. = Janipha pandurœfoUa K. 

9. /. lagarinthoides Sond. 

10. /. officinalis Mart. = Adenorhopium integrifolium Pohl. 

Le /. curcas L. et le /. lœmandiœfolia Vent, appartiennent au genre Curcas Ad. 
Les J. manihot L. et /. janipha L. au genre Manihot Plum. 
Les/, iiri'iis L., /. napceifolia Eue. et ./. herbnccn L. au genveCnidoscolmVolû. , 
de même que le J. stimidosa Mich., le J. frayrans K. et le /. neylecta Houst. 
Le J. montana W. est un Trogia. 



(1) Sous celte désignation E sont rangées à la (in de chaque geni-e, non pus tontes les 
espèces qu'il comprend, mais celles que possèdent les collections, et qui, ayant été analysées, 
appartiennent avec certitude ii ce genre. 



296 E. U.VIOVULÉES. 

C£ : Bent/i., PI. Hartw.. p. 8. 

— Yoy. Sulph.. p. 165- 

— Hook. Jouxn. ^lS5i], p. 374. 
^/.,Bijdr.. p. 617. 

Bqj. . Hort. Maur., p. 283. 
P. 5n,Jam.,p. 348. 
Desr., EncycL , FV", p. 7. 
EndL, Gen. 5805. 
Bassk. , PI. Jav. rar. , p. 254. 

— Hort. Bog., p. 236. 
Hook., Bot. Mag., pi. 4376. 

— Niger FI., p. 509. 

— et Am., Beech. voy., p. 212. 
//. B. K. Mot. gen. etsp., IL p. Si. 
Jacq., Select. Stirp., p. 25 et pi. 63. 

— Icon., II, pi. 23. 
Juss., Gen., p. 389. 

.4. /mss.. Monog., p- 37. 

Kl.. Erichs. Arch., MI, p. 192. 

— Ap. Seem., p. 102. 
K., Am. Equin.. I, p. k\k. 

L., Y\. Sar. Am. Ac. , TIH, p. 263. 

— Gen. 1084. 
Haye, Barb., p. 364. 

Miq., Symb. Sur. in Linn . XXI. p. 476. 

J/iV*.,H'pl. 9, p. 383. 

iXecL, Elem., 1142. 

Pokl, Pi. Bras., L p. 12 et pl. 9. 

Prit:., Iconog., p. 577. 

A. Rieh., Abyss., Y, p. 250. 

— R. S. Cuba, XI, p. 206. 
Roxb.,Y\. Ind. III. p. 6SS. 
Sond., Sûdafr. InLinu.. XXIII. p. 117. 
Spach, H= Veg., p. 512. 
Span., FI. Tim. in Linn., XV, p. 349. 
Spreng., Syst. Veg., lU, p. 76, 147 et 833. 
Sw., NoY. gen., p. 98. 

— FI. Ind. Occ., p. 1158. 
FoA/, Symb.,p. 79. 

Vent., Malm , pl. 52. 
Voight., Hort. Cale, p. 158. 
Tl'fl///., Ann. bot., III, p. 368. 
ir., Sp. VIII, p. 557. 



5 



I 



PUIIAHA. 297 

7. J. décandre; neur mâle sans disque. 

PHILYRA K/. 

{PL XII, fig. 16-22.) 

Fleurs monoïques ? 

Fleur mâle. — Calice gaiîiosépale à cinq divisions aiguës {/îg. 16) ; 
préfloraison quinconciale. Corolle de cinq pétales allongés, onguiculés 
{fig. 17), dépassant de beaucoup la longueur du calice; préfloraison im- 
briquée ou tordue. Androcée supportée par une colonne centrale chargée 
de deuxverticillesd'étamines {fig. 20), l'un supérieur, dont les étamines 
plus intérieures, plus développées sont superposées aux sépales (^g'. ISst) 
l'autre inférieur, dont les parties sont superposées aux pétales {fig. 1 8 st' 
Anthères introrses, biloculaires, à déhiscence longitudinale. Le sommet 
de la colonne androcéenne supporte un petit corps renflé à trois ou cinq 
divisions étroites, coniques (pistil rudimentaire? fig. 18). 

Fleur femelle. — Calice et corolle comme dans la fleur mâle. Ovaire 
supporté par un axe cylindrique court, glanduleux qui éloigne sa base 
du périanthe, souvent partagé par cinq siflons verticaux en lobes super- 
posées aux sépales {fig. 21, g). Trois loges uniovulées superposées aux 
sépales 1, 2 et 3 {fig. 22). Style divisé en trois branches divergentes et 
subdivisées, elles-mêmes en plusieurs languettes stigmatifères. 

Fruit capsulaire tricoque; péricarpe épais; coques monospermes. 
Graines caronculées. 

Plante ligneuse du Brésil, à feuifles alternes simples, ovales-aiguës, 
atténuées à la base, glabres, lisses, entières, penninerves, réticulées; 
pétiole court, accompagné de deux stipules latérales persistantes, sèches, 
scarieuses, simples d'abord, puis produisant dans leur portion basilaire 
unesaiflie latérale qui devient une épine roide, dure, lisse, rougeâtre. 

Inflorescence. — Les fleurs mâles sont disposées en épis axillaires 
composés. A l'aisselle de chacune des bractées, de l'axe principal, se 
trouve une cyme contractée où chaque fleur occupe l'aisselle d'une bractée 
aiguë, roide, scarieuse {fig. 16). Les fleurs femelles sont disposées égale- 
ment en grappes axillaires; chacune d'elles est accompagnée de deux 
bractées latérales ordinairement stériles : leur pédicelle est articulé. 

Obs. — Les Phihjra sont des Jatropha dont la fleur mâle est dépourvue de 
disque; on ne peut en dire absolument autant de la fleur^femelle, parce que 



-98 E. UNIOVDLÉES. 

l'entre-nœud assez allongé qui sépare la base du pistil du périanthe de\-ient légè- 
rement glanduleux à sa surface, et que souvent même on y trouve cinq lobes 
glanduleux superposés aux sépales. Un peut rencontrer aussi au pied de l'ovaire 
un ou plusieurs staminodes, et même j'ai vu que l'un de ceux-ci portait une anthère 
fertile. 

E. P. hrasiliensis Kl. (herb. Berl. — Id. Coll. A. S. H. n. 510.) 

Cf. : Endl., Gen. 583Û' (Sup., Il, p. 91). 
KL, Erichs. Arch., VII, p. 199. 

8. J. décandre à cal. valv. 

DITAXIS Vahl. 
[PI. XT, fig. 23-29.) 

Fleurs monoïques ou dioïques. 

Flevr MALE. — Calice gamosépale à cinq divisions piibescentes, très 
profondes : préfloraison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec 
les sépales, à onglet étroit présentant souvent une nervure médiane sail- 
lante, à limbe membraneux, finement frangé sur les bords; préfloraisou 
tordue ou imbriquée {fig. 23) . Androcée de dix étamines, savoir cinq 
plus petites superposées aux pétales, cinq plus grandes, plus intérieures, 
superposées aux divisions du calice. Anthères introrses biloculaires, à 
déhiscence longitudinale. Filets supportés par une colonne cvlindrique 
centrale qui se termine au-dessus d'eux par une extrémité obtuse, arron- 
die, entière ou trilobée ; ces filets se détachent de la colonne commune à 
deux niveaux différents et forment ainsi deux verticilles superposés 
{fig. 25). Autour de la base élargie de la colonne androcéenne, se trouve 
un disque de cinq glandes qui s'épanchent parfois en dehors de la corolle 
et encadrent complètement le pied de l'onglet {fig. 25 g). 

Flecr femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
floraison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec les sépales, étroits, 
aigus, plus courts que les divisions du calice, séparés par cinq glandes 
squamiformes, soudées seulement à leur base, ou entièrement libres 
{fig. 26, 27). Ovaire globuleux, pubescent ou hérissé, à trois loges super- 
posées aux sépales 1 . 2 et 3 ; surmonté d'un style aussitôt divisé en trois 
branches profondément bipartites, et dont chaque division se termine 
par une lame stigmatiqiie élargie, crénelée, réfléchie dans l'anthèse 
{fig. 28). Loges ovariennes uniovulées. Ovules colorés, coiflés d'un obtu- 



DITAXIS. 299 

rateur celluleux qui se soude avec un prolongement du nucelle {fig. 59). 

Fruit. — Garni du périanthe persistant, tricoque. Coques bivalves et 
monospermes. Graines globuleuses, lisses ou finement réticulées. 

Arbustes de l'Amérique tropicale ou subtropicale, ou sous-arbrisseaux 
(ou plantes herbacées?), à feuilles alternes, entières ou finement dentées, 
pubescentes ou velues, accompagnées de deux stipules latérales caduques. 

Inflorescences en cymes axillaires, lesquelles placées à l'aisselle des 
bractées portées par l'axe commun, peuvent constituer des grappes 
axillaires ou terminales. Dans ces grappes les fleurs femelles occupent la 
base, les mâles plus nombreuses le sommet. 

Obs. — Les Ditaxis sont des Chiropetalum diplostémones ; ils se distinguent des 
Croton décandres par leurs étamines monadelphes, des Crozophora et des Aphora, 
parce que les deux verticilles de leur androcée sont complets. 

E. 1. D. fasciculalaYàhX (mss. in h. Juss. — Id. Coll. Riedlé). 

2. D.diœcaE. B. K. (h. Kuntli et h. Bonpland, n. 3604). 

3. />. trineroia Kl. (Coll. Sellow, h. Berl ). 

k- D. illimaniensis ■\ [CoW. Pentland. Bolivie 1839, n. 4). 
5. D. lancifoliaSchU (Coll. Galeotti 1840, n. 7167). 

Cf. : Cas., Dec. X, p. 87. 
FndL, Gen. 58Z2. 

Gardn.,F\. Bras, in Hook, Journ. (1842), p. 532. 
Griseb., Caraïb., p. 23. 

B. B. A'., Nov. gen. et sp., VIF, p. 170 et pi. 639. 
Kuntlt, km. Equin., III, p. 204. 
KL, Ericlis. Arch., VII, p. 199. 
&A/., Wagn. Coll. in Linn., XXVI, p. 635. 
Spreng., Syst. Veg. , III, p. 912. 
VahL, ex A. Juss. Monog., p. 27 et pi. 7. 

10. Ditaxis sans disque . 

CAPERONIA A. S. H. 

Cavanilla FI. fl. 

Croton ° L. 

~ Lepidocroton Presl. 

? f Lepidococca Turcz. 

tScliinza Dennst. 
Fleurs monoïques. 
Fleur mâle. — Périanthe comme dans les Z)(>«a;«. Disque nul. An- 



300 E. UNIOVULÉES. 

drocée de dix étamiues dout cinq plus courtes et plus extérieures super- 
posées aux pétales et cinq autres alternes. Filets unis inférieurement en 
une colonne centrale épaisse et courte. 

Fleur femelle. — Comme chez les Ditaœis, sauf le disque hypogyne 
qui est absent. 

Plantes de l'Amérique méridionale, à tige ligneuse ou herbacée, par- 
fois épaisse et charnue, à feuilles alternes bistipulées, penuinerves, entières 
ou dentées, dont les nervures sont chargées de poils ou d'aiguillons. 

Lvflorescenxe des Di taxis. 

Obs. — En ne décrivant pas longuement ce genre, j'indique suffisamment qu'il 
est très voisin du précédent, et que peut-être on pourrait les réunir tous deux en 
un seul. Ainsi, il y a des Caperonia qui ont un léger épaississement glanduleux de 
la base du gynécée ou de l'androcée, tel le C. palmtris, et ceci semble un achemi- 
nement vers le disque hypogyne très développé du Ditaxis. D'autre part, M. Casa- 
retto indique {Dec. X, p. 87) que son D. Simoniana n'a pas de disque à la fleur 
femelle, ce qui placerait cette espèce comme intermédiaire entre les deux genres. 
Néanmoins, comme A. de Saint-Hilaire, qui connaissait le genre Ditaxis, a jugé 
convenable d'établir celui-ci, je ne saurais mieux faire que de le maintenu'. J'y 
joindrai les Lepidococca pour les motifs que j'indique un peu plus loin, et ainsi ce 
genre comportera trois sections. 

Sect. A. ELTCAPEftO^"IA. 

E. 1. C. cordatak. S. H. (herb. part.). 

2. C. Unearifolia A. S. H. (ibid.). 

3. C castaneifolia A.- S. H. [Croton castaneifolium L.). 
k. C. paltistris A. S. H. [Croton palustre'L.). 

5, C. angustissimal^l. (h. Berl.j. 

6. C.paludosa Kl. fColl. Popp., n. 2817. — Id. Coll. Wedd., n. 3243). 

Cf. : Benth., PI. Hartw., p. 123. 

— Voy. Sulph., p. 165. 

— FI. S. Amer, in Hook. Jouni. (1843,, p. 50. 
Bot. iVag., pi. 2794. 

Dennst., H. Malab., V, p. 7. 

Endl. ,Gen. 5831. 

Fl.FL, V,pl. 102. 

H. B. A'.,Nov. gen. et sp., II, p. 56. 

.4. Juss., Monog., p. 30 et pi. 8, f. 26 B. 

^/., Ap. Seem., p. 103. 

Lamk, ex L. Encycl., II, p. 212. 



CAPERONI\. 301 

l%c.,Barb., p. 363. 

Miq., FI. Sur. in Linii., XXI, p. hll. 

Mirb., H% pi. 10, p. 17. 

A. Rich., R. S. Cuba, XI, p. 213. 

A. S. H., pi. rem., p. 209, 2hh et 2/i6, 

— Mém. Mus., XII, p. 342. 
Spreng., Cur. post., p. 314 et 762. 
W:,Sp., VIII, p. 535. 

Sect. B. Lepidocroton Presl. 

Fleur femelle caliculée. 

Obs. — Le Croton serratum Hochst. doit se rapporter au genre Caperonia. Il en 
a les organes de la végétation, l'inflorescence. Les fleurs mâles ont cinq sépales, 
cinq pétales alternes, imbriqués, dix étamines et une colonne centrale terminée 
par un pistil rudimentaire indivis. Les fleurs femelles situées à la base des inflores- 
cences ont, outre le calice, cinq languettes alternes avec les sépales, plus courtes 
qu'eux. Mais ces languettes sont plus extérieures que les divisions calicinales, elles 
constituent un calicule et doivent représenter les stipules des feuilles caulinaii-es. 
On ne peut donc, il me semble, faire pour cette plante qu'une section dans le genre 
Caperonia, le type en sera : 

C. serrata. =^ Lepidocroton serratus Presl. = Lepidococcaserrata Turcz. ^= Croton 
serratum Hochst. (Herb. Abyss. Coll. Mus.) 

Il parait que plusieurs étamines peuvent avorter dans la fleur mâle (Presl.). Elles 
sont alors réduites à cinq, dont deux sont « extérieures, fertiles, biaristées et trois 
intérieures, disposées sur deux séries » (Presl.). Je n'ai rencontré, sur les échantil- 
lons du Muséum de Paris, que des fleurs 10-andres semblables en tout à celles des 
vi'ais Caperonia. 

Cf. : Prsl. , Epimel. Botan., p. 213. 

Schl.,V\. Lieb. in Linn., IX, p. 240 (note). 
Turcz., Bull. Soc. Mosc.,XXI, part, i, p. 589. 
Walp., Ann. Bot., III, p. 370. 

Sect. C. Lepidococca Turcz. 

Je pense qu'il ne faut également regarder que comme une section du genre Ca- 
peronia les Lepidococca Turcz., dont une espèce détachée constitue le genre Lepi- 
docroton et qui sert à j oindre les vrais Caperonia aux Crozophora, ainsi que l'indique 
la caractéristique suivante. 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice quinquépartit. Corolle de cinq pétales laciniés, 



302 E. UNIOVULÉES. 

alternes avec les sépales et insérés, avec les étaraiues. sur uu réceptacle 
en forme de colonne tridenticulée à sou sommet. Androcée de dix éla- 
mines : anthères latérales, oibiculées. à deux loges s' ouvrant par une 
fente longitudinale. Point de disque. 

Fleur femelle. — Calice à dix divisions, dont cinq plus grandes, et 
cinq alternes plus petites (calicule\ Corolle de cinq pétales caducs, ongui- 
culés, alternes avec les sépales. Ovaire très courtemeut stipité, à trois 
loges uniovulées. Style trois ou quatre-partit. Point de disque. 

Fruit capsulaire tricoque. couvert d'écaillés molles. Coques bivalves 
et monospermes. 

Plante herbacée couverte de poils. Feuilles alternes simples, trinerves. 
à bords découpés eu dents inégales, non glanduleuses; accompagnées de 
deux stipules. 

IiŒLORESCENCE 60 épis axiUaires assez longs. Fleurs subsessiles, accom- 
pagnées d'une bractée; fleurs mâles nombreuses à la partie supérieure 
de l'épi ; une ou deux femelles à sa base. 

Cf. : Tî/rcs., BuU. Soc. Mosc, XXI, part, i, p. 589. 
— in Flora., XXXI, p. 715. 
Walp., Ann. Bot., lU, p. 370. 

11, Jatropha apétale. 

CMDOSCOLUS Pohl. 

5;i'0?îeaRafin. 
Janipha f Poir. 
Jatropha |L. et auctt. 
Jussievia Houst. 

(P/.XIX, ^^. 3-9.) 

Fleurs monoïques. 

Flecr iaàle. — Calice gamosépale tubuleux. campanule ou hvpocra- 
térifonue, souvent chargé d'aiguillons [fig. 3) se colorant d'ordinaire en 
blanc, lors de Tanthèse ; à cinq divisions qui s'étendent jusqu'à la gorge 
du périanthe; préfloraison quinconciale fsubvalvaire dans l'âge adulte). 
Androcée composé de dix étamines ^^^10 à 15, Pohl . disposées sur deux 
rangées, dont cinq plus courtes et plus extérieures sont alternes avec les 
sépales et cinq plus longues superposées {fig. 6). Filets réunis en une 



CNIDOSCOLUS. 303 

colonne centrale, d'où se détachent les cinq extérieurs, puis les cinq 
intérieurs, à deux hauteurs différentes. Leur portion libre se coude à son 
sommet pour aller s'insérer vers le milieu de la hauteur d'un connectif 
long et étroit (fig. 7, 8). L'anthère est plane, subrectangulaire, à deux 
loges qui s'ouvrent par une fente longitudinale et sont séparées par un 
sillon profond. Au fond de ce sillon qui regarde en dehors (et non sur le 
dos du connectif!) , s'insère le filet staminal {fig. 7,8). Pollen globuleux, 
généralement blanc, ainsi que les parois de l'anthère. Celle-ci devient 
oscillante après l'épanouissement {fig. 6). A la base de la colonne cen- 
trale que forme l'androcée se trouve un disque glanduleux circulaire, 
continu, ou à cinq lobes obtus superposés aux divisions du périanthe. 
Plus haut, après un court espace cylindrique nu, cette colonne porte un 
grand nombre de poils serrés qui l'entourent comme d'un manchon 
{fig. 9po). A son sommet, cette même colonne se termine par trois 
appendices étroits, aigus, arqués et réfléchis en dehors, lors del'anthèse, 
dont un antérieur et deux postérieurs (pistil rudimentaire). 

Fleur femelle. — Calice comme dans la fleur mâle. Disque de cinq 
glandes superposées aux sépales, à l'intérieur desquelles se trouvent ordi- 
nairement de cinq à dix staminodes peu développés. Ovaire à trois loges 
superposées aux sépales 1, 2 et 3; surmonté d'un style rapidement divisé 
en trois branches multifîdes; languettes étroites au sommet, terminées 
par une surface stigmatique simple. Loges uniovulées ; obturateur coiffant 
l'ovule et appliqué contre son micropyle par un prolongement étroit, 
allongé, infléchi, spatule du nucelle. 

Fruit capsulaire tricoque. Coques recouvertes de poils roides ou d'ai- 
guillons, bivalves et monospermes. Graines à testa lisse, bigarré, à caron- 
cule charnue, auriculée, finement festonnée' sur les bords. 

Plantes frutescentes, sous-frutescentes ou herbacées, à sucs laiteux; 
portant sur les rameaux, les feuilles, souvent sur les deux faces du 
périanthe {C. impœi folio) des poils roides, longs, dressés ou coudés à leur 
base et terminés par une vésicule glanduleuse à suc brûlant. Feuilles 
alternes, pétiolées, munies de deux stipules latérales caduques. Limbe 
simple, entier, ou lobé, palmatinerve, plus ou moins profondé- 
ment découpé, subpelté; à la base du limbe, et à l'union de sa face 
supérieure avec le pétiole, deux glandes parfois confondues en une 
seule. 

Inflorescence. — Cymes terminales ou axillaires, à fleurs terminales 



oOi E. UMOVULÉES. 

femelles, à fleurs latérales mâles en plus grand nombre; pédicelles 
articulés. 

Obs. — Ce genre est formé de plantes américaines confondues autrefois parmi 
les Jotropha et qui sont intermédiaires à ceux-ci et aux Maniiiot. Elles sont en effet 
apétales comme les derniei's, mais leurs étamines ne sont pas libres et leur disque 
glanduleux, au lieu d'être central, entoure le faisceau staminal . D'ailleurs Vandrocée 
conser\'e dans ses parties les mêmes rapports que les Jotropha oîi les tleurs sont 
pétalées ; les étamines les plus courtes et les plus extérieures sont alternes avec Ifô 
sépales. 

E. 1. C. Michauxii Pohl. = Jatropha slimulosn Micb. = /. urens Walt. = 
Bivonea sHmulosa Raf. [h. Juss. — b. Mus. — h. Deless. . 

2. C. quinquelobus Vohl. ^= Jotropha we7!« Poir.= Janiphaurensh. (Cultivé 

au Muséum). 

3. C. napœifolia ^oh\. =^ Jatropha napœifolia Encycl. (Cuit, au Muséum). 
h. C. fragronsV(A\\. = Jatropha fragram H. B. K. l'Coll. KunthV 

5. C. neglccths Pohl. (herb. Mus.). 

6. C . MaregraciiVo\\\. = J. ne^/erfaHoust. herb. Yent.). 

Cf. : Benth.,Y\.i.\i\\. in Hook. Journ. (1843), p. 47. 
— Yoy. Sulpb., p. 165. 
Boj., Eovi. Maur., p. 283. 
/>?«-. .Encycl., IT, p. 15. 
EndL, Gen. 5807. 
Gray, Man. (1856}, p. ,S89. 
H. B- A'.j Xov. gen. etsp., il, p. 84. 
Eook.et Arn., Beech. voy., p. 443. 
Houst., Reliq., pi. 15. 
Jacq., Hort Vind.,pl. 21, 
.4. Jms., Monog., pi. 11 B. 
KL, Ap. Seem.,p. 103. 
— Erichs. Arch.. VU. p. 250. 
K.. Am. Equbi., I, p. 416. 
Miq., Sj-mb. Sur. in Luin. XXI, p. 476. 
iA'trf/., G€n.(1818), p. 225. 
Pohl, Pi. Bras.. I, p. 56 et pi. 49-52. 
Bafin.,¥l Lud., p. 138. 
Bick. [L, C), Micb. Fl. Am.. IL p. 216. 
Spreng.,^. Entd., Il, p. 116. 
Toi: et Gr., Rep., p. 18. 
Tf'., Sp. VIJl,p. 561. 



MANIHOT, ,S05 

32. Ctndoscotus à disque mâle cenlnil, à élamincs presque cnlièienienl libres. 

WANIHOT Phm.-Adam.-Pohl. 

Aypi C. Bauh. 
Camagnoc Âubl. 
Janipha K. 
Jatrophœ ° L. 
Maiidijba Marcg. 
Mandiocca Link. 

{PL XIX, /(.9. 12-27.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale campanule, à cinq divisions peu 
profondes; préfloraison quinconciale et, plus tard, subvalvaire. Andro- 
cée de dix étamines disposées sur deux rangées : cinq plus courtes, 
alternes avec les divisions du calice ; cinq plus longues, superposées. Filets 
étroits, libres. Anthères introrses, biloculaires, déhiscentes par une fente 
longitudinale, offrant les mêmes particularités ([ue celles des Jatropha. 
Au centre de la fleur, disque charnu circulaire, à cinq lobes plus ou 
moins distincts {fig. 12). Chaque lobe est lui-jnême un peu échaucré au 
milieu de son bord. Les étamines s'insèrent au pourtour de la base de ce 
disque, les cinq plus courtes alternant avec les lobes du disque, les cinq 
plus longues répondant à l'échancrure médiane de chaque lobe. 

Fleur femelle. — Calice comme dans la fleur mâle, souvent caduc. 
Ovaire à trois loges, surmonté d'un style court et trapu, se terminant en 
une masse stigmatique trilobée, dont chaque lobe superposé à une loge 
est plissé, subdivisé en lobules par des sillons irréguliers. Loges ovariennes 
uniovulées. Ovule à exostome épais, charnu, parfois auriculé, coiffé 
d'un obturateur sur lequel vient s'abattre un prolongement aplati , sub- 
spatulé du nucelle {^g. l/i, 16, 17). A la base de l'ovaire, disque hypo- 
gyne glanduleux, présentant à sa circonférence cinq doubles lobes. Dix 
staminodes réduits à une courte languette répondent par paires à chacun 
de ces lobes, en dehors desquels ils sont situés; cinq sont superposés aux 
sépales et cinq alternes; ils deviennent à peu près tous égaux {fig. 13). 

Fruit capsulairetricoque. Mésocarpe souvent caduc; endocarpe recou- 
vert d'un lacis de vaisseaux pénétrant entre les coques {fig. 15). Coques 

20 



306 E. rSIOTTILÉES. 

bivalyes, monospermes. Graioes caroncolées, à primiae cadaqae, à testa 
lisse et bigarré. * '* 

Arbres, arbustes à suc laiteux, à racine souvent tubercaleuse. charnue, 
féculente, à rameaux glabres, arrondis, à feaûles alternes, pétiolées. 
palmées on simples, souvent glauques, comme tons les organes de la 
plante, glabres, lisses supérieurement, accompagnées de deoï stipules 
latérales très caduques. 

INFLORESCENCES axillaires ou terminales en grappes simples on com- 
posées dont les fleurs femelles occupent la base : souvent pauciflores, par- 
fois réduites à une seule fleur. 

Obs. — Confondus autrefois avec les Jatmpba, les Manihst s'ai distn^oent par 
leur apétalie. Ce caractère les rapproche des Cnidostokts ; mais ces danpas ont ks 
étamines monadelphes. Donc ce genre doit eompiendre tons 1^ Jairopha pétales 
à étamines libres dans une grande partie de leur éiendne et à disqœ central.Toniis 

ses espèces ont été décrites dans le superbe onrrage de Pohl. 

E. 1. il. Janipha PoM. = Jatnpha Jan^'pha L. = Jaaâpha Lœflmgni, ^bab. 
Graham. C(*. Deless.j. = }J. Grahami Hook. 

2. M. titilissima Pohl (_CuIt. au Mus. et au Jard. de la Fac. de Hedec]. 

3. Jy. qidngueloba Pohl (Coll. Wedd.). 

i. J/. mgittœfolia Pohl (ColL A. S. H. — ColL Wedd.}. 

5. M. ffraeilis Pohl (CoU. Wedd.}. 

6. M. eroialariœfùTmis Pohl (Coll. A. S. H. — C«dL Wedd.). 

7. M. daiechcmtpiœformk PoM (Coll. A. S. H — CoB. Blaodi.). 

8. M. het&mphylla PoM ^Coll. A. S. H.j. 

9. M. teftuifoliaVoM{Co^. Wedd.}. 

10. jy. tenerrima Pohl .CoU. Wedd.]. 

11. M. cleomœft^ia^oU [Coû. VYedd.]. 

12. 31. stricto j {CM. Gardn., n. o4i2. Heri). Ddess.). 

Cf. : Adms., Fam., H, 356. 

Aubl., Guy., m. Mém. 3, p. 6. 
C.Bauh., Pin. 91. 
Bert. /".. Moz., p. 14. 
.B/.,Bijdr.,p. 616. 
. Bùj., Hort. MauT., p. 283. 

i». .fii'.,Jam.,p. 349. ♦ 

Endl., Gen. 5808. 
ffra*.. Ed. PhiL Joum., 1840. 
Hasik., Hort. Boe., p. 236. 
Barv. S. Afr., p. 303. 



MONOTAXIS. â07 



Hûok., Icon., V, pi. 530. 
— Nigerfl.ip. 509. 
H. B. K., Nov. gen. et sp., II, p. ^k et pi. 109. 
Jacq., Amer., p. 256 et pi. 162. 
A.Juss., Monog., p. 37 et pi. 10. 
^/..Erichs. Arch., VII, p. 192. 
— Ap. Seeni., p. 103. 
Kunth, Am. Equin., I, p. kil. 
Lamk. Encycl., IV, p. 14. 
Zùi/^-, Hancib. , II, 436. 
Z., Gen. 1084. 
Zowr,, FI. Coch., p. 585. 
Mflrc^., Bras., 65 et 293. 
Mmjc, Barb., p. 365. 
Miq., Symb. Sur., in Linn. , XXI, p. 476, 
Mirb., H=, pi. 9, p. 390. 
Piso, Bras., 52 et 55. 
Plum.,C&i. 20 (excl. sp.). 
Pohl, PI. Brés., I, p. 17 et pi. 10-48. 
A. Rich., B. S. Cuba, XI, p. 208. 
SchL, Wagn., Coll. in Linn. XXVI, p. 633. 
^pac/i.,H. Veg., p. 507. 
Span., FI. Tim. in Linn. XV, p. 349. 
Spreng., Syst. Veg., III, p. 77. 
Tourn.,\n&i., p, 438. 
Tmss., Ant. , III, pi. 1. 
Voight., Hort. Cale., p. 158. 
IF.,Sp.,VIlI, p. 562. 



13. Jatropha à 11. fem. apétales; à disque à lames pétaloïdes sup. aux sép. 

MONOTAXIS Ad. Brong. 

{PL XVI, fig. 22-25.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à quatre ou cinq divisions profondes, 
aiguës au sommet ; préfloraison valvaire ou légèrement imbriquée. Corolle 
de quatre ou cinq pétales alternes avec les divisions du calice, ayant un 
onglet étroit et un limbe terminé inférieurement de chaque côté par un 
lobe en forme de corne, plus ou moins hastée, recourbée, enroulée 
{fig. 23, 2i a). Androcée diplostémoné. Étamines disposées sur deux 



SOS E. CXIOVCLÉES. 

rangées alternes, savoir : quatre ou cinq plus extérieures, plus courtes 
avant Tanthèse. superposées aux pétales, à anthères introrses ; et quatre 
ou cinq plus intérieures, plus grandes d'abord, superposées aux divisions 
du calice et dont les anthères sont extrorses. Filets linéaires, un peu 
élai^s à leur base plus ou moins soudée avec celle des filets voisins, libres 
dans le reste de leur étendue, surmontés d'im connectif en forme d'arc 
[fig. 25 , au point le plus convexe duquel s'insère le filet, tandis que ses 
deux extrémités réfléchies portent chacune une loge simple, déhiscente 
par ime fente courbe, dirigée suivant le grand axe de la loge (fig. 25 /■ . 
Disque de quatre ou cinq glandes superposées aux divisions du calice, 
moins larges à leur base qu'à leur sommet souvent bilobé. Corps cen- 
tral 'pistil rudimentaire à trois divisions étroites dont une postérieure et 
deux antérieures non constant; . 

Fleur feîielle. — Calice gamosépale à cinq divisions; préfloraison 
quinconciale souvent subvalvaire^ . Cinq appendices étroits, allongés, 
bidentés ou bifides à leur extrémité libre disque?, superposés aux divi- 
sions du calice. Ovaire triloculaire; loges uniovulées, superposées aux 
sépales 1, 2, 3 (fig. 22). Style simple large, se divisant presque aussitôt 
en trois branches bifides dont les bords sont étroitement laciniés. Ovule 
à exostome caronculeux. aUongé. 

FRtiT capsulaire ovoïde ou conique, à trois loges bivalves et mono- 
spermes. Graines lisses, oblongues, caronculées. 

Petites plantes de la ^"ouvelle-Hollande, à rtimeaux aériens gfèles et 
nombreux, sortant d'une souche hgneuse souten"aine. Feuilles alternes 
ou subopposées, étroites, simples, entières. 

I>TL0RESCE>CES (fig. 22, en cymes composées terminales ou axiUaires. 
Généralement une fleur femelle terminale occupe le centre de l'inflo- 
rescence: des bractées latérales dont le nombre peut atteindre celui des 
sépales, avant ajuvent leur forme el leur coloration, répondent à leurs 
intervalles et portent à leur aisselle une petite cyme de fleurs mâles, ordi- 
nairement bipare et pouvant être réduite à une fleur accompagnée de 
deux bractées latérales stériles. 

Obs- — M- Ad- Brongniart a créé ce genre poar une petite plante recueillie dans 
le vovagede la Coquille {M. Uni folio), qui semble être très voisine des Amperea 
et en même temps des Jalropka. Les fleurs mâles sont indifféremment construites 
sur le tvpe 4-5 ; les fleurs femelles m'ont paru généralement pentamères Ordinai- 
rement l'axe principal de l'inflorescence générale se termine seul par une fleur 



SARCOCLINIUM. 309 

femelle ; cela peut arriver pour les axes secondaires (J/. occidentalis). Les étamines 
sont disposées sur deux rangées alternes ; cela ne peut s'observer que dans les 
boutons encore jeunes où elles demeurent longtemps d'inégale longueur. Le 
M. grandiftora est la seule espèce où j'ai rencontré un pistil rudimentaire dans la 
fleur mâle. 

E. 1. M. occidentalis Endl. = M. cuneifolia Kl. (Coll. Preiss, n. 1222. — Id. 
Coll. Drumm., 18^8, n. 85). 

2. M. grandipora Endl. =#. ericoides Kl. (Coll. Preiss, n. 1218). = Croton 

rosmarinifolium (Coll. Drumm., n. 672). 

3. M. bmeteata^ees (Coll. Preiss, n. 1219). 

Cf. : Ad. Brong., Voy. Coq., pi. U9, lig. B. 

— Euph. in Ann. se. nat., sér. 1, XXIX, p. 386. 

Endl., Gen. 5859. 

— PI. Hug., p. 19. 

— ExLindl. Yeg. Kingd., p. 276,fig. 
Lehm. (éd.), PI. Preiss., l, p. 176, et II, p. 229. 
Walp., Aim. Bot,, m, p. 372. 

lU, }. à infl. mâles amentac, à aiith. iiitr. 

SARCOCLINIUM TViglU. 
(PL XI, fig. 17, 18.) 

Fleurs dioïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes ; préflo- 
raison quinconciale. Corolle de cinq pétales libres, alternes avec les divi- 
sions du calice ; préfloraison imbriquée ou tordue. Disque de cinq glandes 
généralement très développées, superposées aux sépales. Androcée de 
dix étamines, dont cinq plus courtes et plus extérieures, superposées aux 
pétales, et cinq plus longues, alternes. Filets soudés inférieuremeut en 
une colonne centrale, terminée par un corps saillant (pistil rudimentaire) 
à deux ou trois divisions. Anthères toutes introrses, à deux loges déhis- 
centes par une fente longitudinale, unies par un connectif charnu, coloré, 
qui dépasse le sommet des loges. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, réflé- 
chies dans l'anthèse. Corolle?... Disque hypogyue charnu très épais, à 
cinq lobes inégaux superposés aux sépales, souvent indistincts. Ovaire à 
trois loges superposées aux sépales l, 2 et 3. Style à trois divisions réflé- 
chies, bifides, stigmatifères à leur face interne {fig. 17). Loges ovariennes 
uniovulées. Ovule à prolongement nucellaire aigu, pendu ou horizontal 



I 



&10 E. ESIOVCliSS. 

et mtaîe poor^aiitdei'imîr presque dnessé f%. 18 oie. Voy. p. 195), ooîfié 
d'un obtnrafeor diaran- 

Frcit à mésocarpe sobéreax cmi demi-diarau. à endocarpe fonnant 
tmm Goqaes saîllaotes; muni da calice et d'cuae portion du style pei^s- 
tanis, ainâ que du disque '{fig. ï 7, 18 «f ). CkMjues biv^vies et monospermes, 
distinctes, saîDantËS, séparègs par des sifflons profonds. 

Âibres indiiesis, à fieniUes ahemes, rapprodiées Ters restréoiitè des 
rameaox; limbe OTale-a%u, ao«v«îl très déTeloppé, acuminé, atténué 
à la \msË, snbspaiolé, se CKHitinuant ii^ienâblement arec le pétiole muni 
de deux '^pules latérales caduque ; limbe membraneux ou épais, coriace, 
glabre, penninerre. 

IsapuoBisDEJîBCï;. — Meuis mâles en diâtons. Racàisaxillaires c^ommims, 
simpli^ on multiples, chargées de bractées alternes, souvent scarieuses, 
imbriquée dans le Jeune %«- Â raksele de chacune d'elles se troure une 
petite cyme de fli^irs à courts pédioell^, sonirent articula. Fleurs femelles 
portées sar un lostg axe chargé de bractées alieraes ; à i'aisselle de cha- 
cune d'files se troure une fleur femdle accompagnée de deux bractées 
latérale ^riles on fertili^. Le pédiceîle de chaque fleurest épais, dressé, 
articulé vers le mîlien de i^ loEsuenr -'B.ai'. ÎS afy 

Qss. — Les SmKmiimwm se laigsTôcdasM ÎJsaiiûDtip des JatropJtta par leois fleTirs 
et n'en diiiîreait goàe qne par te anthère inîrorses de la fleiar mâle. Le port et 
IlniSkMt^oeDGe soal de plos toot à &it distîiieis. iHoas âTcns Ta ooauDâit, dans nne 
e^èoe dfe ee geoiie^, r©TOife poavait îaîdiTeiftait ^eadiie nue direction telle qu'on 
le trotne t±n^^ dans la Iq^ qaH ooenpa, oa do dméds biHiKGiiitaL, qnoiqa'eQ 
légalité ïl ait dû être pendu dansfejieiiDei^ie. 

E. 1. S. lm§ifdimm \S^t& lîTteA. Perad.. m. 3%. — M. ha*. Graiam, Coll. 

Wallkiar, 1846, m. 5a:). 
« 2. S. Gmmâkàmdi f (Ckdi. Gandidi., n. 66 j. 
3. SiaatàsruTbm. Ilied». Fa-âd., n. S&â9}. 

al : WiigM^ feon ., V, 18S7. 

AGROSHSTÂCHYS -Dah. 

« Rems dioîques. , 

FLEt» ît-iiE. — Calice gamosépale, h\- m Irifide . CoroHe de six pétales. 
Disqne de sis gkodes alterut^ avec les pétales. Ândrocée cûmposé de dix 



BENNETTIA. 311 

étaniines. Filets soudés et réunis à leur base. Anthères à deux loges 
distinctes, appendues au-dessous du sommet du filet. Loges ta valves 
inégales. 

Fleur femelle. — Calice quinquépartit. Corolle de cinq pétales. Disque 
de cinq glandes alternes avec les pétales, entourant la base du pistil. 
Ovaire à trois loges uniovulées. Trois styles courts, bifides, à divisions 
obtuses. 

Fruit capsulaire tricoque. Coques bivalves et monospermes. Graines 
de la grosseur d'un pois. 

Arbuste à feuilles alternes, pétiolées, oblongues, longuement acumi- 
nées de chaque côté, glabres, à bords serrato-dentés. 

Inflorescence. — Fleurs mâles disposées en épissupra-axillaires, petits 
et locusti formes. Fleurs femelles solitaires, portées sur des pédoncules 
garnis à leur base de trois ou cinq bractées squamiformes {A . indica) . 

Obs. — Je n'ai pu étudier ce genre qui semble, par la plupart de ses caractères, 
devoir être placé auprès des Jatrophées ou des Crozophorées diplostémones et qui 
en diffère par le type 6 sur lequel sont construits le périantlie et le disque dans la 
fleur mâle. 

Cf. : Dalz., Contrib.totliebotan. ofW.India, in Hookjourn. andKew.gard. 

mise, 1850, p, kl. 
W^a/^.,Ann. Bot,,III, p. 371. 



16. J. à cal. et cor. val., sans disque. 

BENNETTIA R. Br. (non Gray). 

l Cremostachys Tul. 
Galearia Zoll. et Mor. 
Antidesma - Bl. 

Fleurs dioïques(ou monoïques?). 

Fleur mâle. — Calice à cinq divisions égales, libres ou légèrement 
unies à leur base ; préfloraison valvaire (?) Corolle de cinq pétales, plus 
longs que les sépales, alternes avec eux, concaves, pubescents sur les 
bords, légèrement échancrés au sommet, présentant inférieurement une 
nervure médiane saillante, glanduleuse; préfloraison valvaire, induphca- 



ol-2 E. UMOVULÉES. 

tive. Audi'océe composé de dix étamines, savoir : cinq plus extérieures 
et plus courtes, superposées aux pétales, logées dans leur coucavité, et 
ciuq plus longues, plus intérieures, supei'posées aux divisions du calice. 
Filets libres supérieurement, insérés à leur base sur ceUe d'un corps cen- 
tral (pistil rudimeutaire). dressés dans la préfloraisou. Anthères à deux 
loges unies par un connectif glanduleux, déhiscentes par une fente lon- 
gitudinale, iutrorses. Corps central dressé, oblus. court, épais, un peu 
renflé au sommet, pubescent. 

Flecr femelle. — Calice à ciuq divisions. Corolle 

Androcée Ovaire à deux ou trois loges uuiovulées. Ovules pendus, 

auatropes. Stigmates trois ou cinq, deutiformes, très courts, entière 
ou bipailits. persistants [Ttd.). 

Fruit ^charnu ?i irrégulièrement globuleux, obtus, à deux loges, ou, 
par avortemeut, uniloculaire et mwiosperme. 

Arbustes et arbrisseaux de llude. de Java, etc., à feuilles alternes. 
Pétiole court- muni de deux stipules latérales, caduques, étroites, 
subulées. 

IsFLORESŒxcEen épis ou eu gi'appes terminales très allongées et d" abord 
pendantes; leur axe principal porte des bractées alternes à l'aisselle de 
chacune desquelles est une fleur accompagnée de bractées latérales fer- 
tiles ou stériles. Fleurs mâles portées sur un pédicelle plus grêle et ordi- 
nairement plus long que celui des femelles. 

Obs. — Le genre Bennettia a été établi par M. R. Brown pour des plantes de 
Wallich iCat., n. 8555. A, B, C, D.j. Je ne Tois pas pourquoi Ton pourrait con- 
tester à lauteurla priorité. de ce nom, car le catalogue autograpMé où il a été 
inscrit a été répandu dans le monde botanique Quand au genre Galearia, U ne 
date que de la publication du catalogue de MM. Moritzi et Zollinger. M. Tulasne a 
âabli en 1851 le genre Cremostachys pour VAntidesma filiforme BL, qui est un 
Galearia. J'ai dit avec mi signe de doute que les fleurs pouvaient être mo- 
noïques, parce que, dans l'herbier du Muséum, parmi les plantes rapportées par 
M. Gaudichaud. je crois trouver des échantillons d'un bennettia, sans fleurs 
femelles complètes, il est vrai, mais où les rachis des inflorescences portent 
au-dessous des petites cymes mâles des traces de fimits consistant en un cahce per- 
sistant et unecolumelle [Gaud., Coch., Tourané). En somme, les Bennettia sont des 
Jatrophées diplostémonées. Ils se rapprochent beaucoup des JaJropha proprement 
dits et surtout des Sarcùeliniumpar la fleur mâle, mais Us en difièrent parla forme 
singulière des sépales et celle des pétales, dont résulte sans doute leur préfloraison 
Talvaire. C'est encore dans les avortements de toute espèce que présentent le pistil 
et le fruit qu'on peut rechercher des caractères différentiels tranchés. Il n y a 



CURCAS. 313 

d'ailleurs pas de disque glanduleux dans les fleurs mâles des Bennettia, non plus, 
sans doute, que dans leur fleur lemelle. 

Cf. : R. Br., in Cat. VVafl., n. 8555. 

— in Horsf., PI. Jav. rar., p. 245 et pi. 50. 
EndL, Gen., 5888 5. 

Planch., in Ami. se. nat. (1854), p. 256. 

TuL, Antidesm., in Ann. se. nat. ,. 

l'Fa//j., Ann. Bot., I,p. 633. 
Zoll. et Mo)\, Verzeich., p. 19. 



17. J. à corolle gamop.,à androc. souv. 8-andre. 

CURCAS Adans. 

Bromfieldia Neck. 

Castiglionia Ruiz et Pav. 

Jatropha ^ L. et Auctt. 
j Loureira Cav. 
-J- MozinnaOvleg. 

[PL XIII. fig. 1-18 et pi. XIX, fig. 10-11.) 

Fleurs monoïques oudioïques. 

Fleur MALE. — Calice gamosépale à cinq divisions; préfloraison quin- 
conciale. Corolle gamopétale campanulée ou urcéolée, à cinq divisions 
alternes avec celles du calice qu'elles dépassent de beaucoup; ordinai- 
rement garnies à la base de leur face interne d'un petit bouquet de poils; 
préfloraison imbriquée ou plus souvent tordue {pi. XIII, fig. 13-14). 
Androcée de dix étamines dont cinq plus courtes sont superposées aux 
pétales et cinq plus longues alternes (ce dernier verticille peut être réduit 
à trois étamines dont une antérieure et deux postérieures. Filets réunis 
inférieurementen une colonne centrale commune, libres dans leur por- 
tion supérieure. Anthères à deux loges, déhiscentes par une fente longi- 
tudinale; toutes extrorses lors del'anthèse (les plus courtes peuvent être 
tournées en sens inverse dans la préfloraison). Disque de cinq glandes 
libres entourant le pied de la colonne androcéenne et superposées aux 
divisions du calice [fig. 8, IZi). 

Fleur femelle. — Calice, corolle et disque, comme dans la fleur 



Slft E. CSÎOVCLÉES. 

mâle. Androcée rudimentaire représenté par 5-S-lO slaminodes hvpo- 
gynes; quand il y en a dis, cinq sont superposés auï pétales et cinq sont 
alternes, {fig. 15-1 7\ Ovaire à trois loges supei'posées aux sépales 1. 2 
et 3, ou à deux loges, dont une antérieure et uue postérieure: surmonté 
dun strie a 2-o bmnches généralement élargies à lem' sommet bdobé. 
stigmatique à la face interne. Loges ovarieunes uuiovulées; ovule coiffé 
d'un obturateur bilobé. 

Frot capsulaire di- ou tricoque; coques bivalves et monospermes. 
Grêdnes à testa foncé, épais, parfois rugueux: coiffées d'une caroncule 
charnue, à deux lobes latéraux descendant de chaque côté du hile 
quils encadrent, lobés ou festonnés sur les bords 'pi. XIX, fig. 10-11 ;. 

Arbustes de l'Amérique tropicale, àfeuilles alternes, pétiolées, munies 
de deux stipules latérales caduques. Limbe entier ovale, cordé à la base, 
ou subspatulé, ou découpé en im nombre variable de lobes inégaux, 
ananleux. obtus. 

IL. ' 

IxFLOREscENXES en cvmes axillaires ou terminales, parfois oppositi- 
foliées; fleurs femelles terminales et centi^ales, fleurs mâles périphé- 
riques. 

Obs. — Les Curcas sont très voisins des Jatropha. Ils n'en diflerent en réalité 
qaepar leur corolle gamopétale. D'ailleurs tous les caractères essentiels sont les 
mêmes, et l'on pourrait presque réunir les deux genres. C'est pour la moue raison 
queje Joins ici les ^fo-.inna aux Curcas. Des deux côtés, nous trouvons, en efifet, une 
corolle gamopétale et dix étamines ; le il peltata en présente plus souvent huit, il 
est vrai, mais cela arrive aussi pour le ■/. macrorhUa Benth. , qu'on ne peut cepen- 
dant, pour cette raison, séparer du genre dans lequel il est placé. Le genre 
Mûzinna a souvent été aussi décrit comme n'ayant que deux loges ovariennes, 
mais le M. peUaia en a souvent trois ; il en est de même pour le M. spatulata. De 
sorte que c'est à peine si l'on peut établir, dans le genre tel qu'il est ici constitué, 
les deux sections smvantes : 

Sect. A. EcccRCis. 

Généralement dix étamines à landrocée et trois l<^s à l'ovaire. 

E. 1. C.purgoiu Med. = Jatropha curcas L. = Castiglionia lobata R. et P. = 
Ricinm americanus MUl. 
2. C. portoriceneis j = Rkinus portoricensis herb. Juss.\ = Jatropha her- 
nandiafolia Ventt. Corolle campanulée à cinq divisions ; dis étamines. 
Ovaire triloculaire. Inflorescence en cymes grêles, multipares. 



CURCAS. 



315 



I 



Sect. B. MoziNNA. 
Androcée réduit parfois à huit étaiiiines ; ovaire à 2-3 loges. 

3. C. peltatum f ^= Mozinna peltafa Steud. = Loureira peltata (Hort. Par. 

— Id. herb. Mocinno). ' 

U. C. cuneifolium f = Mozinna spathulata Orteg. = Loureira cuneifolia 

Cav. (Coll. Galeotti, n. 7206. — Id. Coll. Hartw., n. 37. — Id. Coll. 

Gardner, u. 2301. — Id. Herb, Venteii.) 

Cf. : Adans., Fam., pi. 356. 

Benth., Voy. Sulpli., p. 52, 165 et pi. 25. 

— PL Hartw., p. 9. 

— Hook. Journ. (185i), p. 37a. 
5o/.,Hort, Maur.,p. 282. 

Cm., Icon., V, p. 17 et pi. 429-430. 
Endl.,{^m. 5806 et 5814. 
Hassk., Hort. Bog, p. 236. 

— Pi. Jav. rar., p. 259. 
Hook., Icon., IV, pi. 357. 

— et Arn., Beech. Voy., p. 309. 
H. B. A'., Nov. gen. et sp., H, p. 82. 
Jacq.; Hort. Vind., III, pi. 63. 

A. Juss., Monog., p. 35, 37 et pi. 11. 
A7., Erichs. Arch., VH, p. 192. 

— Ap. Seem., p. 102. 
K., Am.Eq., I, p. 415. 
iVecA., Elem., 1143. 

Orteg., Dec., VHI, p. 104 et pi. 13. 
PûA/, Pi. Bras.,I, p. 13. 
iïoa;é., FI. Ind.,in, p. 686. 
B.etPav., Prodr., p. 139 et pi. 37. 
Spach,'R. Veg.,p. 512. 
Spreng., Syst. Veg., III, p. 574. 
TF.,Sp., pi. VHI, p. 866. 



316 E. L.MOVUI^ES. 

18. Ciircas à feuilles composées. 

AXDA 3inrf</.-Piio. 

Aleurites ^ Wall. 

AndiscusFl. tl. 

J ohannesia \e\\oz. (uonPei-s.). 

(PL Xa, fig. 28-34.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur yLKUE. — Calice gamosépale, campanule, k trois ou cinq divi- 
sions profoudes: préflomison quinconciale (ou alternative, imbriquée). 
suhvalvaire a l'àse adulte. Corolle de cinq ou c[uatre pétales libres, alter- 
nant avec les divisions du calice qu'ils dépassent, poiiaut intérieurement 
un bouquet de poils, onguiculés, étalés lors de l'anthèse : préfloraisou 
imbriquée ou tordue. Androcée composé de dix étamines ; et. plus sou- 
vent, buit . dont cinq plus extérieures et plus couiles, superposées aux 
pétales, et cinq plus longues et plus intérieures, supei-posées aux sépales : 
celles qui ropondeut aux sépales 4 et 5 manquent ordinairement. Filets 
enloures d'un disque de cinq glandes très peu développées ou presque 
nulles, superposes aux divisions du calice: soudes à leur base eu une 
colonne centrale. Anthères oscillantes, biloculaires. incombantes, à dé- 
bisceuce longitudinale, introrses d'abord, puis detîuitivement extrorses. 

Flecr femelle. — Calice gamosépale pei-sistaut, à quatre ou cinq di\i- 
sioDs profondes, épaissies a leur base en une soiie de disque bypogyne, 
glanduleux. Appendices hypogynes, au uombre de trois ou six {fig. ^S g, 
slaininodes? entourant le gynécée, superposés aux sépales. Ovaire à deux 
loges ^fg. 28). dont une antérieure et une postérieure 'rarement à trois 
loges" . surmonté d'un style court tri- et plus souvent bLÛde. à surface in- 
térieure dentée, papilleuse, stigmatique. Loges unioTulées ; ovule coiffé 
d'un obturateur biauriculé, lacinié sur son bord libre (fig. 28, 29). 

Fruit charnu, biloculaire (rarement triloculaire), à deux angles sail- 
lants repondant aux loges, entoui'é à sa base du calice persistant, sur- 
monté d'un vestige de la portion basilaire du style et portant au-dessous 
de celui-ci. sur chaque angle saillant, une ouverture qui se continue par 
un canal pénétrant obliquement en bas et eu dedans vers la cavité de 
chaque loge jî^. 28 /". Celle-ci contient une grosse graine à embryon 



AND A. 317 

entouré d'un albumen charnu, oléagineux, abondant. Cotylédons courts, 
arrondis, digitinerviés. 

Arbre du Brésil, à suc laiteux. Feuilles alternes, pétiolées, composées- 
palmées à trois ou sept folioles (ou plus) entières, ovale-aiguës, lisses, 
luisantes, à nervures pennées-réticulées. Au point d'union du limbe et 
du pétiole, celui-ci porte de chaque côté de son sillon médian supérieur 
une glande pédiculée, accompagnée souvent d'une glande plus petite et 
située plus extérieurement [fig. 31-34). 

Inflorescences terminales, en cymes paniculées, réunissant des fleurs 
des deux sexes, les femelles centrales, les mâles périphériques ou isolé- 
ment des fleurs nicàles à pédicelles plus longs chargés de bractées et de 
glandes ou des fleurs femelles presque sessiles. 

Obs. — Ce genre difi'ère des Mozinna par trois caractères, savoir : 

1° Les feuilles composées, qui sont très simples chez les Mozinna. 

2° La corolle gamopétale chez les Mozinna, ici polypétale. 

3" La nature du fruit qui ici est fenêtre au niveau de chaque loge. 

D'ailleurs les Anda sont, comme les Mozimvi, des Jatropha, chez lesquels l'an- 
drocée perd le plus souvent deux de ses étamines, et le gynécée une de ses loges; 
parfois cependant le type s'y trouve rétabli dans son intégrité, et il ne reste plus 
entre les deux genres de caractères distinctifs essentiels. D'autre part, les Anda 
servent d'intermédiaire aux Jatropha et aux Etœococca, dont l'ovaire a plus de 
trois loges.- La seule espèce connue, fréquemment usitée au Brésil, est VA. Gomesii 
A. S. H. conservé au Muséum de Paris dans l'herbier spécial de A. de Saint-Hilaire, 
et cultivée dans les serres du même établissement. 

E, A. Gomesii A. S. E^. = Johannesia p7'inceps YeWoz. ^= Andiscus pentaphyllus 
fl. fl.(Herb. pr. A S. H.) — Id. Coll. Guillem., n" 777.— Id. Coll. Leschen. 
Id. Gaud. herb. imp. Bres.,n. 1158). = Alewites pentapkylla (Hort. Cale. 
Cat. Wall.). 

Cf. : Boj., Hort. Maur., p. 283. 
.Ê'«f//.,Gen. 5801. 

Gom., Mem. Ac. Lisb., III, p. 6 et pi. 1. 
A. Juss., Monog., p. 39 et pi. 12. 
£7., Erichs. Arch., VII, 1, p. 192. 
Marcg., Bras., p. 110. 
Mm^t., Amœn. Monac. , pi. 1. 
Piso, Bras., p. 148. 
A. S. //., PI. us. Brésil, pi. 51-55. 
Spach, H. Veg., p. 515. 



318 E. UNIOVULÉES. 

Spreng., Syst. Veg., III, p. 64. ^ 8^ 

T'e//o;., Alogi-., I, p. 199 et pi. 

_ FI. fl., II, pi. 86. ^ 

Voighi., Hort Cale, p. 159. * ' 

19. Jatropha à 8-12 et. à ovaire 3-loc, on pins. 

EL.EOCOCCA Comm. 

JbasinRe?m]iî. 

Ahurîtes l R. Bv. 

Dryandra ThuDb. (uon R. Br.). 

Eleococcm Spreug.-Hassk. 

Vernicia Leur. 

[PI. Xn, fig. 33-36.) 

Fleurs raouoïques (ou dioïques?) . 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à 2-3 divisions irrégulières, inégales; 
préfloraison Talvaire. Corolle à cinq pétales plus longs que le calice, dont 
deux sont postérieurs, deux latéraux et le cinquièine antérieur ; mem- 
braneux, à nervures distinctes, divergentes, abords entiers ou laciniés, 
portant sur la ligue médiane de leur face interne un petit bouquet de 
poils; préfloraisou tordue (fig. 35), plus raremeut imbriquée. Ândrocée 
compose de 8-10 étamines (12, A. Juss. — 9. Thuub. i, toutes réunies 
inférieurement en une colonne centrale; les filets libres seulement dans 
leur partie supérieure. Antbères biloculaires, à déhiscence longitudinale, 
introrses dans le bouton, mais se renversant, lors de l'anthèse, sur le 
sommet du filet coudé, de manière à devenir extrorses {fig. 36). Un 
premier verticille de cinq étamines à filets plus courts et plus extérieurs, 
existe constamment ; elles sont superposées aux pétales. Le second veiii- 
cille comprend cinq étamines alternes avec les précédentes, dont deux 
latérales sont souvent moins développées que les trois autres, et nême 
peuvent manquer complètement. A la base de l'androcée, disque (?) 
composé de cinq languettes étroites, aiguës, dressées, alternes avec les 
pétales (/î^. 36 g). 

Fleur femelle. — Calice et corolle comme dans la fleur mâle. Disque 
hypogyne (?) constitué par cinq languettes étroites alternes avec les 
pétales. Ovaire à trois loges dont une postériem'e et deux antériem'es, 
ou à i-5 loges uniovulées. Style à autant de divisions qu'il y a de 



EL^OCOCCA. 319 

loges, en forn. de lanières bifides à leur extrémité supérieure {(ig. 38). 

Fruit charnu (fibreux A. Juss.), à 3-5 coques monospermes. Graines 
caronculées, surface verruqueuse ou presque lisse, à périsperme abon- 
dant, huileux, à embryon large, à cotylédons digitinerves à la base, 
subauriculés. 

Arb''es asiauques, à feuilles alternes. Pétioles longs portant deux 
glandes à leur point d'union avec la base de la face supérieure du limbe 
qui est simple, entier ou lobé, polymorphe; les feuilles très jeunes sont 
couvertes d'un fin duvet qui disparaît dans l'âge adulte. 

Inflorescences définies, formant de larges panicules à l'extrémité des 
rameaux. Fleurs à pédicelles articulés. 

Obs. m. R. Brown confond les Blœococca avec les Aleurites. Les deux genres 
diffèrent cependant ; 1° par le nombre des étamines ; 2° par le disque hypogjne de 
la fleur femelle ; 3° par le nombre des loges de l'ovaire. Les ELœococca sont très 
voisins des Jatropha et surtout des Mozinna. Ils ne diffèrent de ces derniers que par 
la corolle et le nombre des loges ovariennes, surtout quand l'androcée est réduit à 
huit étamines. Toutes les plantes de ce genre que nous connaissons paraissent pou- 
voir être ramenées à deux espèces : 

E. 1. E. verrucQsa A. Juss. =z Dryandra cordata Thunb. = D. oleifera Encycl. 
= (?) E. cordata Bl. = Aleurites cordata R. Br. (Herb. Juss. — 
H. Commers. — Coll. Perrotet, Guyan.— Coll. Fortune A. 33-1845-47. 
Id. herb. Vent, ex Lemonnier). 
2. E. vernicia. = Vei'nicia montaria Leur. = Dryandra vernicia Thg. 

Cf. : .S/.,Bijdr.,p. 618. 

H. Br., Prodr.,p. 397. 

Comm., Mss. (ex A. Juss.). 

Correa., Ann. Mus., 69, pi. 32. 

EndL, Gen. 5804. 

Hassk., Pi. Jav. in Flora (1842) Beil., II, p. 40. 

— PI. Jav. rar., p. 252. 
Juss., Gen., p. 389. 
A. Juss., Monogr., p. 38 et pi. 11. 
Kœmpf.,kmœ\i. Exot., 789. 
Lour., FI. Coch. (1790), p. 586. 
MiVô., H%pl., ES, p. 402. 
Spach, H. Veg. , p. 514. 
Spreng., Syst. Veg., III, p. 884. 
Thunb., FI. Jap.,p. 267, pi. 27. 
Voight., Hort. Cale, p. 159. 
W., Sp., VIII, p. 865. 



320 E. tJMOMJLÉES. 



20. Dilasis à androcée diplost. incomplet. 



SEROPHYTON Benîh. 
Jphora IVutt . 

[PL XV, fy. 12.) 

Fleurs monoïques (ou dioïques?) 

Fleur m-^le. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes ; pré- 
flomisou vaKaire ou légèrement imbriquée [fig. 12 1. CoroUe de cinq 
pétales minces, membraneux, alternes ayec les divisions du calice; pré- 
floraison imbriquée ou tordue. Disque de cinq glandes libres superposées 
aux sépales. Âudrocée composée de deux raugées d'étamines insérées 
sur une colonne centrale commune (comme dans les Ditaxis). Filets 
libres dans leur portion supérieure: anthères biloculaires, introrses, 
versatiles, à déhiscence longitudinale. (Au lieu de sou nombre normal 
détamioes, le verticille intérieur peut n'en présenter que i, 3 ou 2. ) 

Fleur femelle. — Calice à cinq divisions profondes; préfloraisou 
légèrement imbriquée d'abord, puis valvaire. Corolle de cinq pétales, 
alternes avec les divisions du calice. Disque glanduleux hypogyne, 
coloré, à cinq lobes superposés aux sépales. Gynécée comme chez les 
Ditaxis. 

Plantes herbacées de l'Amérique du Nord, dont toutes les parties 
sont couvertes de petits pciils blanchâtres roides, dressés, et imbues d'une 
matière colorante rougeâtre. Feuilles alternes, simples, entières, étroites, 
oblongues, peuninerves, bistipulées. 

Inflorescences axillaires ou terminales, en épis ou en grappœ. L'axe 
commun est chai'gé de bractées alternes à l'aisselle desquelles se déve- 
loppent inférieuremeut quelques fleurs femelles, et supérieurement 
un plus grand nombre de fleurs mâles. 

Obs. — Tout, dans ce genre, port, feuilles, inflorescence, fleurs femefles, est 
semblable à ce qui se rencontre cliez les Ditaxis. Le nombre seul des étamines 
présente quelque différence par ses grandes variations. Aussi, il serait pent-ètre 
bon de n'en faire qu'une section des Ditaxis. On peut, d'autre part, admettre le 
genre comme intermédiaire entre l'isostémonie et la diplostéœonie, au même titre 
que les Crotophora. 



CROZOPIIORA. 321 

E. 1. Aphora mercurialina Nutt. (FI. Tex. exs. 18^/i, n. 175, et 18/i6, ii. 518. 
— Id. Coll. FI. Arkans. herb. Mus.). 
2. A. hwnilis Gr. et Eugelin. (Fi. Tex. exs. 18/t6, u. 306. ~ Id. Coll. 
Wright, n. 1797-98). 

Cf. :/?«)M.,Voy.Sulpli.,p. 52. 
Endl., Geu. 5824'. 
Nutt., Am. Ph. trans. N. S. V, 17/i. 

21. Dilaxis ù and. iiicompl. ù c't. iiif. siip. aux sép. 

CROZOPHORA iYed, 

Crolon ^ L. et Auclt. 
Tournesolia Scop. 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profundes char- 
gées de poils étoiles; préfloraison quinconciale d'abord, puis définiti- 
vement valvaire. Corolle de cinq pétales étroits, alternes avec les divi- 
sions du calice; préfloraison imbriquée ou tordue. Disque glanduleux à 
cinq lobes superposés aux divisions du calice. Androcée composé de 
5-10 étamines et plus souvent de huit, disposées sur deux verticilles, 
dont cinq inférieures, plus courtes, superposées aux sépales et trois 
intérieures plus longues, superposées aux sépales 1, 2 et 3 (Payer). 
Filets unis inférieurement en une colonne centrale commune, libres 
dans leur portion supérieure. Anthères ovales, biloculaires, extrorses, 
déhiscentes par une fente longitudinale. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, 
étroites, aiguës, étirées, couvertes de poils étoiles; préfloraison valvaire 
au moment de l'anthèse. Corolle de cinq pétales étroits, allernes avec 
les divisions du calice. Androcée rudimentaire composé de cinq stami- 
nodes superposés aux divisions du calice (Payer), courts, épais, glan- 
duleux, obtus. 

Ovaire globuleux à trois loges, dont une antérieure et deux posté- 
rieures, entièrement recouvert de poils peltés, imbriqués [flg. 15, 22), 
style rapidement divisé en trois branches bifides, réfléchies, à face 
interne papilleuse, stigmatique. Loges ovariennes uniovulées. Nucelle 
émettant un prolongement en forme de palette {fig. 17) qui se réfléchit 

21 



o'2"J E. UHioynLÉES. 

et s'incline du côté de l'angle interne de la loge, en abaissant avec lui 
sur l'oTule l'obturateur composé de deux lobes latéraux aplatis bien 
distincts [fig. 18;. 

FruIt capsulaire tri coque, garni du périanthe persistant. Coques 
bivalves et monospermes. Graines à surface rugueuse, réticulée, à 
sommet incliné, coupé obliquement; les dépressions de la surface 
rugueuse du testa {pg. 20) sont remplies du tissu celluleux blanchâtre de 
la primine plus épaisse en ces points, ainsi qu'autour du micropyle où 
elle constitue un rudiment de caroncule. 

Arbustes ou plantes herbacées vivaces ou annuelles, dont toutes les 
parties sont couvertes de poils étoiles [fig. 21; ou squameux [fig. 22), 
qui leur donnent un aspect tomenleux. velouté. Feuilles alternes, pétio- 
lées. munies de deux stipules latérales caduques. Limbe irrégulièrement 
sinueux ou lobé, à surface inégale, plissée. penninervej épais et mou. 

LvFLOEzscEscEs terminales, axillaires ou latérales, à une certaine dis- 
tance de la feuille sous-jacente ; disposée en grappes dont la partie infé- 
rieure est occupée par une ou quelques fleurs femelles plus longuement 
pédicellées que les mâles. Celles-ci presque fossiles sont accompagnées 
de deux bractées latérales qui sont stériles ou fertiles toutes les deux, ou 
dont une seule est fertile. 

E. 1. C. integrifolia (Coll. Bimge. — Rel. Lehm.). 

2. C. mbulosa Kar et Kir. (herb. K. et K. ISiil Song., n. 1941. — Id. Rd. 

Lehm.». 
S. C. tinctoria A. Juss. 
h. C. senegaknns A. Jnss. (herb. Juss. Coll. Âdans., n. 165 A. — Td. ColL 

Kotsch. 1839, n. 25. — Id. var. B. fid. Desv. h. Jnss.). 
5. C. obliqua A. Juss. herb. Juss. ^ Croton obliqtium Yahl., mss.). 
%P.C.oblongifoliak. Juss. (herb. Mus. —Coll. Bota. — Coll. Bové). 

7. C. verbascifolia {Croton verbaseifblium'W., h. Jnss. — Id- h. Mus. — 

CùU. Balansa, 185i, n. 296. — CoIL Aucher, 1837, n. 2006-2008-5297. 

— Con. Gaudr\-. 1854, n. 254. — Coll. Botta, 1838. — Coll. Hddreich 
lgi5. — CoU. Kotsch. éd. Hoh. 1843. — Coll. Bourg. PI. Esp. 1851, 
n. 1483. —FI. Graec. Orphan. 1849, n. 26. — Coll. Jamain Alg. 1853. 

— CoD. OUv. et Brug. PI. Cand. — Id. herb. VailL Ardiipi). 

8. C.plicataX. Juss. [Croton pi icatinn Vahlinh. Juss. et Gasd., n. lit. — 

Id. h. Mus. CoU. Dill. et Pet. — Id. Coll. Kralik. 1848. — CoU OUv. 
et Brug. Syrie. — Coll. Oliv. Egypte. — Id. Coll. Aucher, 1837, 
n. 2005. — Coll. Kotsch. Ég. inf. 1836, n. 58]. 
5. C. obliquifolin Vis. (Kotsch. It. Nub., n. 473). 



CU^ÏTOCARPUS. 323 



Voy.p. 122, 125, 142, 158, 166 et 
Cf. : Boiss., Esp. Mér., p. 562 
Bimg., Fl.Russ., p. 490, 
Burm.,\xïà., p. 304 et pi. 62, fig. 1. 
Decsne, FI. Sin., p. 20. 
Del.,Y\. Egypt.,pl. 51. 
EndL, Gen. 5829. 
A. Juss., Monog., p. 27 et pi. 7. 
A'ar. eïJÏ^ïV., Alt.,m, p. 177. 
Â'ocli, Or. in Linn., XXI, p. 732. 
Lindl. ctSibth., Grœc., X, p. 40 et pi. 950-951. 
Neck., Elem., 1127. 
iVees jun., Gen., II, pi. 38. 
Pay., Organog., p. 526 et pi. 110. 
Reich., FI. Germ., V, pi. 102. 
A. jRic/i., Abyss., V, p. 252. 
Boxb.,¥\. Ind.,III,p. 681. 
Scop., Intr., n. 1097. 
Spac/i, H. Veg., II, p. 500. 
Spreny.^ Syst. Veg., 111, p. 850. 

Voight., Hort. Cale, p. 156. 

M//rf.,Sp.,VlII, p. 538. 

Willk. ,Eisp. in Flora, 1852, p. 309. 



22. Monotaxis apétale à type quatern. 



CILETOCARPUS Thw. 
? J délia l Roxb. 

Fleurs dioïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à quatre divisions inégales; préflo- 
raison imbriquée, alternative. Androcée de huit étamines, dont quatre 
plus extérieures, plus courtes, alternes avec les sépales, quatre plus 
longues, superposées. Filets monadelphes à leur base, insérés sur un 
réceptacle saillant, villeux, libres dans leur partie supérieure. Anthères 
ovales, à deux loges adnées, inlrorses, à déhiscence longitudinale. Autour 
de l'androcée disque épais, à lobes inégaux, irréguliers, alternes (?) avec 
les divisions du calice. 

Fleur femelle. — Calice comme dans la fleur mâle, persistant. Disque 
hypogyne court, ondulé, crénelé. Ovaire libre, sessile, recouvert de 



Mk E. »J>'IOyULÉES. 

fougues soies élalées, roides, serrées les unes conti'e les autres, caduques. 
à 4rois loges uuioTulées. Ovule Goiffé d'un obturateur conique. Style à 
trois divisions partagées presque jusqu'à leur base en deux languettes. 
stigmatiques à leur face interne. 

Frvit capsulaire tricoque. muriqué. Coques osseuses, épaisses, lociili- 
cides, nionospermes. Graines ovoïdes, brillantes, coiffées d'un corps 
charnu i^arillode? obturateur?) à deux, lobes distincts, latéraux. Albumen 
chaiTiu abondant. Embryon à radicule petite, à cotylédons plans, foliacés. 

Arbres, arbustes de l'Inde, de Ceylan, rameux, à rameaux arrondis, 
pubesceuts. Feuilles alternes, ovales-aiguës, penninerves, réticulées, sou- 
vent pubescentes. tomeuteuses, surtout à la face inférieure. Pétiole 
accompagné de deux stipules latérales caduques. 

INFLORESCENCES cn cvuics axillaircs; fleurs portées par de courts 
pédicelles. 

Obs. — Remai-quaLies surtout par les poils qui enveloppent leur ovaire, les 
C/ieefocarptts sont des plantes apétales, à androcéediplostémone qui se rapprochent 
par là des Monotaxis. M. Thwaites rapproclie avec doule de ce genre VAdelia 
castanocarpa Roxb. Celle-ci s'en rapproche, en effet, par son fruit, mais elle en 
diffère, si j'en juge par réchantillon de l'herbier de Wallich (Ca/., n. 7984), car 
son androcéepi"ésente dix et plus souvent douze étamines. 

E 1. C. coriaceus Thw. (h. Perad., n. 1025). 

2. C.pmtgens Thw. [h. Perad., n. S6il). 

3. C.pubescensThvr. (h. Perad., n. 3013). 

Cf. : Thu'., Hook. Joum. (1854\ p. 300 et pi. X A 
Jatropha apétale 5-10 andr., à anth. snbsess. 

SIPHOMA Ricit. 

Cahuchum Rich. 
Hevea Aubl. 
Jatropha ^ L. fil. 



I Micrandra R. Br. non Benth. 
Siphananthus Schreb. 
{PL XIV, ^g. 39-42, et pi. XV, firj. 1- It.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur îlvle. — Calice gamosépale à cinq divisions finement pubes- 
centes; préfloraison valvaire. Androcée composé ou de cinq étamines 



i 



sii'iioNiA. 3^25 

alternes avec les divisions du calice (p/. XV, fîg. 2;, ou de huit étamines, 
dont cinq inférieures plus courtes, alternes avec les sépales et trois super- 
posées aux sépales 1,2, 3, ou de dix étamines, dont cinq plus courtes 
alternent avec les sépales, cinq plus grandes leur sont superposées (;j/. XIV, 
fig. 41). Filets unis en une colonne centrale cylindrique qui se prolonge 
au-dessus des anthères en un sommet de forme variable, pubescent 
[pi. XIV, fig. liO etpL XV, fig. â, k). Anthères presque sessiles, insérées 
latéralement sur cette colonne centrale, extrorses, à deux loges déhis- 
centes par une fente longitudinale. Au pied de la colonne androcéennc, 
disque glanduleux continu à cinq lobes {pi. XIV, fîg. [\Q d], ou peu mar- 
qué, ou nul. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions égales ou inégales, 
caduques; préfloraison valvaire. Ovaire à trois loges, plus court que le 
périanthe, surmonté d'un style épais et court, aussitôt divisé en trois gros 
lobes charnus, épais, réfléchis, portant un sillon peu marqué sur leur 
face supérieure et obtuséraent bilobés sur leur bord libre (p/. XV, fîg. 8). 
Autour de la base de l'ovaire, le réceptacle est souvent légèrement épaissi, 
glanduleux et porte un nombre variable (5-8) de petites languettes 
courtes, obtuses (staminodes?pL XIV, fîg. 42). Loges ovariennes super- 
posées aux sépales 1, 2 et 3, uniovulées. Ovule surmonté d'un obtura- 
teur bilobé ; dans l'intervalle des lobes, le nucelle envoie un prolonge- 
ment en forme de bandelette étroite. 

Fruit capsulaire tricoque. Mésocarpe se détachant facilement de l'en- 
docarpe qui forme trois coques ligneuses, épaisses, bivalves et monos- 
permes (pi. XV, ftg. 10). Graines à testa bigarré, caronculées. 

Arbres à suc laiteux de l'Amérique tropicale, à feuilles alternes^, pé- 
tiolées, à limbe divisé en un nombre variable de foholes. Celles-ci sont 
entières, glabres, peuninerves, finement réticulées. 

Inflorescences axillaires ou terminales, consistant en un axe simple 
ou ramifié, chargé de petites bractées à l'aisselle desquels sont des fleurs 
mâles, solitaires ou en petites cymes 2-3 flores. Les fleurs femelles ter- 
minent les axes principaux ou secondaires de l'inflorescence. 

Oiîs. — Au premier abord, il semble qu'on ne puisse aucunement ranger dans 
un même genre le S. elastica et le 5. Spimceana, par exemple. En effet, si l'on con- 
sidère le premier, on voit que son androcée est constamment de cinq étamines, 
tandis que l'autre en a dix disposées sur deux verticilles alternes. Toutefois, il y a 
des intermédiaires sous ce rapport dans les S. lutea et discolor qui peuvent n'avoir 



826 E. O'IOVCLÉES. 

plus que huit ou même sept étamines. De plus, le <>. Sprueecaia a, au pied de l'an- 
drocée, un disque bien caractérisé, et il n'y eu a guère de trace dans les flenrs du 
5. elaslica, mais le 5. brasiliemis qui a dix étamines, comme le 5. Sprucewia, a un 
disque à peine dessiné dans certaines fleurs. Toutes les espèces ont la fleur femelle 
semblable ; ce qui varie seulement de Tune à l'autre, c'est le nombre des petits 
appendices insérés autoiu* de la base de l'ova'u^ et que je crois être des staminodes, 
comme il s'en rencontre dans les genres voisins, notamment les Flaferiospennwn 
et les Micrcuidra. C'est de ce dernier genre que se rapprocbent le plus les Siphonia. 
Ceux qui sont isostémonés n'en difl&rent que par leurs étamines monadelphes. 
D'après ce qu'on vient de voir, il est possible de divisa- ce genre en deux sections. 

Sect. A. — Hevea. 
Ândroeée isostémone. Disque nul ou peti marqué. 

E. 1. 5. elastica Pers. = 5. guyaneiuisi. = ffecea guyanetisis Aubl. = Ckihu- 
cAum Ricb. = Siphonia cahuchu Rich. ^=Jatropha elastica L. F. = 5i- 
p/wmnthus elasticus Schreb. (berb. Juss. — b. Mus. ColL Martin. — 
CoU. Mélinon. — berb. Delessert). 

2. .S. lutea Spr. (Coll. Spr., n. 2088j n'a le plus souvent que dnq famines, 

mais non situées au même niveau. 

Sect. B. — BisiPHOsiA. 

Aiidrocée diplostémone (10 ou 8-7 andre' ; disque glauduleux plus ou 
moins développé autour du pied de randrocée. 

3. 5. brasilietuis W. (berb. Yaitenat), dis étamines. 

i. 5. KwUhiana -j- = 5. brasiliensisK. non "W. (Coll. Bonpland, n. 5022). 

5. 5. Spnicemia Bentb (ColL Spruce). Fleurs mâles à dix étamines; disque 

glanduleux à la base de l'androcée. 

6. 5. rfi'sco/or Spr. (CoU Spr., n. 1170 et 256«). = Micrmdra teniataK. Br. 

— Fleurs mâles à 8-10 étamines. 

7. 5. rigiiifolia Spr. (CoU. Spr., n. 2527). Fleurs mâles à d'ix étamines 

surmontées d'un long prolongement étroit de la colonne androcéenne. 

C£ : .4«è/.,Guyan., pi. 325. 

Benth.,'Qù6k. Journ. (185ii), p. 368. 

^.5>-.,Pl. Horsf., p. 238. 

Endl., Gen. 5799. 

H.B.£.,y:ùx. gen. et sp., TE, p. 131. 

A. Jiiss. , Monog. , p. 39 et pi. 12. 

il?., Eriebs. Arcb., TII, p. 192. 

h'iinih. Am. Equin.. 111. p. 205. 



TiiLoovNb:. 3'27 

Lwiik, Encycl., XXIl.p. 790. 
Mirb., H% pi, 9, p. /i02. 
Ate, PI. Med.,I,pl. IM. 
Rich., Journ. Phys., 1785. 
.Spach, H. Veg-., II, p. 516. 
5/)r(?nff.,Syst. Veg., III, p. 78. 
W., Sp., VIII, p. 567. 

2/i. .Siplionla pélale à androcée isoslémone. 

TELOGYNE. 

{PL XI, fig. 13.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes ; préflo- 
raison quinconciale. Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du 
calice, plus longues que lui ; préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes 
libres superposées aux sépales. Androcée decinqétamines superposées aux 
pétales. Filets réunis en une colonne centrale cylindrique, épaisse qui sup- 
porte à son sommet cinq anthères sessiles à deux loges déhiscentes par 
une fente longitudinale, extrorses, surmontées d'un prolongement apical 
de leur connectif [fig. 13). 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
floi'aison quinconciale. Corolle comme dans la fleur mâle, caduque. Disque 
hypogyne circulaire à cinq lobes inégaux, aplatis, obtus. Ovaire à trois 
loges unioYulées superposées aux sépales 1, ^ et 3. Style à trois branches 
dressées, bifides, stigmatiques à leur face interne. 

Arbre (_?) de l'Inde, à rameaux glabres, à feuilles pétiolées alternes. 
Limbe entier, nu, glabre, penninerve, acumiué aux deux extrémités, 
portant deux petites glandes au point d'union de sa face supérieure avec 
le pétiole. , 

Inflorescences occupantle sommet des rameaux, ou l'aisselle des feuilles 
ultimes, consistant en un ou plusieurs axes reclilignes, dressés, terminés 
par une fleur femelle unique, portant d'espace en espace des bractées 
alternes à l'aisselle de chacune desquelles est une fleur mâle pédicellée, 
accompagnée de deux bractées latérales d'ordinaire stériles. 

Obs. — A part l'inflorescence très caractéristique de ce genre, il se rapproche 
par ses fleurs mâles du Siphonia elastica, qui n'a pas de corolle, et du Trigonoste- 



E. UiSlOVlTLÉKs. 



mon, qui'u'a que trois étamiues. La âe«ir femelk est celle don Frigomsiemiom 

pétale. 

El. T. /ftrffcaf (Cat. Wall., n. 7997]. 



25. JatTùpha isoetêmonê à préfi. îmbiiq. 

CLUYTlA \\'. Dryand.) 

Clulia. Ait-L. (Bœrh). 

Cratochicilia Neck. 
Altora Adans. 
\ Briedelia Rosb. 

{PL XYI, fig. 1-21.] 

Fleurs dioïques. 

Fletr siale. — Calice gamosépale à cinq diTiâom; prétloraisou qvun- 
conciale. Corolle de cinq pétales, à onglet étroit, subspalulés, à insertion 
hypogrnique d'abord, plus tard périgynique, alternes avec les sépales; 
préfloraisoQ quinconciale dans ce cas les pétales i et 2 alternent avec 
les sépales 1-i et 2-5 ; le pétale 3 avec les sépales 2-4, fi^. 8 ; on imbri- 
quée ^elle est alors variable, mais le cas le plus finéqnenf est que le pétale 
alterne avec les sépales 1-3 soit tout à fait recouvert, an lieu d'être enve- 
loppant : le pétale alterne avec les sépales 2-5 est tout à fait enveloppé : 
les trois autres sont moitié recouverts, moitié recouvrants). Ândrocêe 
composé de cinq étamines superpesées aux pétales (/%. 2, 5). Filels por- 
tés à un même niveau sur une colonne centrale, laquelle sapporte à son 
sommet un corps obtus ou pjriforme, on plan à sa partie supérieure, o« 
creusé en capsule (pistil rudimentaire, fig. 2, 3]. Anthères introrses, bi- 
loculaires. à déhiscence longitudinale, devenant souvent outillantes lors 
de l'anthèse. Disque ceignant la base de la colonne qui porte randrocée, 
composé de deux vertieilies de glandes p. loo], savoir : cinq plus grandes, 
bi- ou trilobées superposées aux sépales et cinq pliK petites superposées 
aux pétales, entières ou bilobées (^gf. h et 10, ii). 
r FleCr fqielle. — Calice à cinq divisions et corolle de cinq pétales, 
disposés comme dans la fleur mâle (^5". 8). Dis^iue hypogyne constitué 
par cinq glandes bifides, superposées aux sépales. Ovaire à trois loges 
superposées aux sépales 1, 2 et 3, glabre, lisse, ou pubescent, ou glan- 
duleux à sa siuface. à six sillons verticaux, dont tr»3is répondent aux 



CLuniA. 3-29 

cloisons. Style cyliiuli'ique presque aussitôt divisé eu trois branches 
réfléchies, horizales, bifides à leur extrémité, en forme d'Y, parcourues 
par un sillon médian peu profond. Loges de l'ovaire uniovulées. Ovule 
pendu anatrophe, à nucelle large et court, obtus au sommet, comme 
déprimé {fig. 12, 13, 14 et 15). 

Fruit capsulaire tricoque, entouré du calice et même de la corolle 
persistants et devenus subligneux. Coques bivalves et monospermes. 
Graines anatropes, de couleur foncée, à testa épais, lisse, dur, à caron- 
cule bi- ou trilobée, réfléchie sur sa portion basilaire plus étroite et for- 
mant cimier sur le sommet de la graine, de manière à venir cacher en 
partie le hile {fig. 18, 19, 20 et 21). 

Arbustes ou arbrisseaux, à rameaux arrondis glabres ou finement pu- 
bescents, à feuilles alternes, pétiolées, non stipulées [C. pulchella!), à 
limbe simple, ordinairement entier, ovale ou allongé, quelquefois étroit, 
roide, atténué aux extrémités, aciculaire, penninerve, jaunissant ou rou- 
gissant à l'arrière-saison, parfois chargé comme les jeunes rameaux de 
points pellucides glanduleux. 

Inflorescence. — Cymes axillaires ordinairen)ent multiflores, mais 
pouvant être souvent réduits, surtout sur les pieds femelles à deux ou 
même une fleur. Dans ce cas, la fleur unique est accompagnée à la base 
de sou pédoncule par deux ou trois bractées imbriquées, stériles [fig. 17), 
constituant ce qu'on a appelé l'involucre. 

Obs. — Ad. de Jussieu plaçait les Cluytia parmi les Pliyllantliées, mais il n'a 
pas dit pour quelles raisons. Sans cloute, il s'en rapportait surtout à la grande 
analogie du port et à l'aspect des fleurs. La forme de l'ovaire, celle des styles, ont 
peut-être aussi été de quelque valeur dans sa détermination. Il faut dire cependant 
qu'il paraît très étonnant, au premier abord, de trouver une Euphorbiacée mono- 
sperme parmi celles dont les loges contiennent toujours deux ovules. Pour qui- 
conque admet des caractères subordonnés, il est certain que celui-là est ici de 
première valeur et ne doit pas être négligé. C'est pour cela que j'ai recherché si les 
Cluytia n'ont pas primitivement deux ovules, dont l'un ne se développe pas. 11 
n'en est point ainsi sur le C. pulchella que l'on cultive abondamment au Muséum. 
Chacune des loges de son ovaire ne contient à aucun âge plus d'un ovule. Celui-ci 
est d'ailleurs remarquable par sa forme spéciale [fuj. U, 15). Donc le genre Cluytia 
ne doit pas être rangé parmi les Euphorbiacées dispermes. 

Le genre Bi-iedelia a jusqu'ici été placé auprès des Cluytia et même plus d'une 
fois confondu avec eux. C'est ainsi que beaucoup de Briedelia de l'Inde et notam- 
ment de ceux à trois loges et à fruits charnus qui sont maintenant réunis sous le 



SâO E. LXIOTULÉES. 

nom à'Anomospermum (voy. cemot),ont été appdés Cluytia jusqu'à Willdeuow. Or 
les Briedelia sont certainement dispermes: donc les Cluytia, qu'on ne croyait pas 
pouvoir en séparer, devaient aussi être rangés dans le groupe desïuphorbiacées 
dispermes. 

Une ^de attentive montre quïi n'y a entre les deux genres que des analogies 
apparentes et qu'au fond ils sont extrêmement différents l'un de l'autre. Je ne veux 
pas parler ici du nombre des loges et de la consistance du péricarpe, parce que si 
les Briedelia ont des fruits biloculaires et cLamus, les Anomospermum qu'on en a 
séparés ont un fruit sec à trois Ic^es, tout comme celui des Cluytia. Les dissidences 
sont beaucoup plus importantes. 

L'insertion n'est pas la même dans les deux genres pour la corolle. Elle est en 
efifet hypogyne dans les Cluytia et périgyne dans les Briedelia. Ce n'est que 
tardivement, dans la fleur femelle de quelques Cluytia, que l'insertion des pétales 
persistants peut s'élever (comme on le voit à l'article Béceptacle , et d'hypogyue 
devaiir périgyne. Mais dans les Briedelia, il y a un grand disque de natm'e 
glanduleuse qui double le fond de la fleur et qui doit être r^ardé comme une 
portion axUe et qui s'arrête subitement en formant im rebord circulaire au point 
où les sépales deviennent distincts l'un de l'autre. C'est au bord de ce bourrelet 
que s'insèrent lœ pétales, qui dans leur jeunesse s'insèrent, au contraire, beaucoup 
plus bas chezles Cluytia {fig. 2, 7). 

L'androcée des Cluytia rfôsemble beaucoup, au premier abord, à celui des 
Briedelia et des Ariomospermum. En eôét, chez les uns et les autres, on observe 
une colonne œntrale dressée, terminée par un pistil rudimentaire et de cette 
colonne se détachent à ime même hauteur cinq filets qui deviennent libres et sup- 
portent une anthère introse. Mais il y a cette différence capitale que les anthères 
des Briedelia sont superposées aux sépales, comme cela arrive dans les Amanoa, 
les Savia, etc., desquels nous rapprochons les Briedelia, tandis que, dans les 
Cluytia, chaque étamine se trouve au-dessus d'im pétale, comme cela a heu dans 
la plupart des Euphorbiacées à loges monospermes qui sont isostémonées, telles 
que les Chiropetalum, par exemple. 

D'ailleurs, si les Cluytia ont dans le port quelque chose des Phyllanthus, quoique 
ceux-ci n'aient pas de corolle, les Briedelia ne sont pas dans le même cas, et, si l'on 
s'en rapporte aux principes sur lesquels Ad. de Jnssieu divisa ses Euphorbiacées 
dispermes, on voit que les Briedelia ayant à la fleur mâle un pistil rudimentaire 
auraient dû se placer dans sa section des Buxées, auprès des Savia et des Flugyea, 
et non pas dans la même section que les Phyllanthus et leurs analogues. La graine 
des Cluytia n'est pas non plus celle des Phyllanthées. Au heu d'être amphitrope, 
de conserver ime primine œlluleuse sur toute sa surface et de n'avoir pas, par 
conséquent, une caroncule qu'on peut appeler locahsée, ce qui est caractéristique 
des Phyllanthées, les Cluytia ont une graine à enveloppe extérieure dure, épaisse, 
luisante: et la primine détruite sur toute la surface s'est réfugiée, pour ainsi dire, 
dans une caroncule très prononcée 'fig. 18 à 21). Le micropyle et le hile se 
touchent, la gi-aine est complètement anatrope, comme dans la plupai't des 



CLUYÏIA. 331 

Eupliorbiacées monospermes, l'embryon est rectiligne et non courbé, il est blanc, 
ainsi que l'albumen. Tout donc est diflérent en fait de caractères de quelque valeur. 

De ceci, nous concluons que les Cluytia sont, à toute époque, des plantes à loges 
raonospermes ; leurs fleurs ont une très grande ressemblance avec celles des Chiro- 
petalum; des deux côtés, en effet, nous trouvons cinq sépales, cinq pétales, cinq 
étamines superposées aux pétales, les filets soudés en colonne centrale supportant 
un pistil rudimentaire, les anthères introrses, un ovaire à trois loges, un disque 
liypogyne. Seulement il est double dans les fleurs mâles des Cluytia, simple chez 
les Ckiropetaliim. Mais il y a des Crotonées isostémonées qui ont un discjue simple ; 
tels les Micrandra, certains Siphonia; c'est entre ces genres et le Chiropetaluin que 
se trouve la véritable place des Cluytia. 

Ainsi les Cluytia véritables doivent être complètement séparés, à l'aide de ces 
caractères, des BHedelia, et surtout des Anomospermum. Pour les vrais Briedeiia, 
la distinction est d'autant plus facile à établir qu'il n'y a pas de Cluytia à ovaire 
biloculaire. Pour les Anomospermum, la connaissance de la localité où se trouvent 
les plantes suffira ; car, d'après les caractères que nous venons d'énumérer, il n'y 
a pas de vrais Cluytia dans l'Inde; tous ceux que nous connaissons sont africains, 
ou, s'ils appartiennent à l'Asie, c'est à ses régions occidentales. 

E. 1. C. pulchellaL. (Cuit, au Mus.). 

2. C. affinis Sond. = C. hirsuta E. Mey. (Coll. Drège). 

3. C. natalensis Sond. (Coll. Drège, n. 8225). 
U- C. hirsuta L. (Coll. Lehmann). 

5. C.marginataE. M. (Coll. Drège). 

6. C. tomentosa L. (Coll. Drège. — C. Zeyli. — C. Lehm.). 

7. C. imbricatalL. M. (Coll. Drège). 

8. C. brevifolia Sond. (Coll. Drège, n. 8237. — Id. Coll. Zeyh., n. 383Ù). 

9. C. polifolia Jacq. (Coll. Lehm. - Id. Coll. Zeyh., n. 3823). 

10. C. polygonoidesh. (Ç^oW.Yivkge). 

11. C. alaternoides L. et Var. (herb. Mus. et Juss.). 

12. C.curvataY.. M. (CoU. Drège). 

13. C. diosmoides Sond. (Cofl. Drège, n. 8233 a). 

14. C erzco?c?es Thg. (herb. Mus.). 

15. C.daplinoides\^ .Ih.evbAlviS.). 

16. C. abyssinica Jaub. etSp. (Coll. Scliimp. 1854, n. 1056 et 1329). 

17. C myricoîWes Jaub. et Sp. (herb. Mus.). 

18. C. lanceolataFoTsk. (herb. Mus.). 

19. C/iKÔescTOS A. Rich. (herb. Mus.). 

Cf. : Adans., Fam., II, p. 356. 
AïY.,Hort. Kew., III, p. 419. 
Boj., Hort. Maur., p. 280. 
Boer/i., Lu^d. Bat., II, 260. 



00'2 E. CSIOTULÉES. 

B. fi/-., S. He]eii-,p. 303. 
BoL Mag., pL 1321 et 19Ad. 
Bot. Reg.. pi. "79. 
Burm., Afr., p. 116 et pi. i3 et hh. 
£ndl.,Gea.5SU0. 
ForsÂ-.,Arab., p. 170. 
Gœrtn., Fract., II. p. 117 et pi. 107 
Barv., South Afr., p. 302. 
Jaeq., HorL Sdirœnbr. , pi. 50. 
Jusi.,Geïi. 1789). p. 387. 
.4. Juss., Monog., p. 25 et pi. 6. 
Laml\ Encycl., If, p. 54 et pi. 835. 
Z-, Gen., UiO. 
3firb., H^pl., 9, p. 361. 
jV>cA-.,Elem., 112S. 
Pers., Synon., U, p. 551. 
.4. Bich., Abyss , V, p. 253 
fioxi.,Fl. Ind.JIKp. 729. 
SchuL, Eupli. in Linn., XXV, p. 583. 
Sond., Sûdafr. in Linn., XXIII, p. 121. 
Spach, H. \e§., p. 78. 
Spreng., Svst. veg., III, p. 48. 
Voigid. Hort. Cale, p. 155. 
Walp ., Ann.Bot., IH, p. 373. 
irî7W.,Hûrt. Berol., pi. 50-52. 
— Sp., YIII, p. 879. 



26. Jatropha isosléiuone à étanL^sap. aux sép. 

POGO>X»PHÛRA, Miers. 
[PL XIX, /?^. 21-23.) 

Fleui^ dioïques. 

Fleur mâle. — Calice à ciuq sépales 1res inégaux les plus extérieurs 
sont plus courts que les autres : préfloraison quiucouciale très uiarquée 
[fig. 21 , 2'2 . Ccirolle de ciuq pétales alternes avec les sépales, les dépas- 
sant de bonne heure, concares, portant sur la ligne médiane de leur 
face interne, surtout en bas, des poils blanchâtres nombreux (fig. 23) ; 
préfloraison imbriquée 'fg. 22). Androcéedecinq étamines supei'posées 
aux sépales. Filets insérés à la base du corps central, courts, dressés ; 
anthères linéaires, allongées, suttquadrigones, à deux loges étroites, 



VOGONOPHORA . — MICRANDRA. 333 

déhiscentes par une fente longitudinale, introrses, unies par un con- 
nectif glanduleux, foncé, étroit, aigu, apiculé. Disque de cinq glandes 
alternes avec les étaniines, interposées à leurs filets. Corps central (pistil 
rudimentaire) étroit, linéaire, dressé, à sommet bi- ou tritide, pubescent. 

Fleur femelle. — Calice et corolle, comme dans la fleur mâle. 
Disque bypogyne niembi-aneux, à cinq lobes superposés aux pétales. 
Ovaire à troisloges superposées aux sépales 4, 2 et 3, ayant, dans le jeune 
âge, la forme d'un cône. Son sommet constitue les divisions du style, 
en se séparant plus tard en trois branches bifides à leur sommet. Loges 
ovariennes uniovulées. Ovule coiffé d'un gros obturateur bilobé, échan- 
cré inférieurement sur la ligne médiane. 

Fruit capsulaire apiculaire, à péricarpe coriace, à trois coques mono- 
spermes, serai -bifides, déhiscentes par l'angle interne (Benth.). 

Petit arbre ou arbuste de l'Amérique tropicale, dont toutes les parties 
sont glabres, sauf les inflorescences et les jeunes rameaux qui sont blan- 
châtres, couverts de petits poils fins, subglanduleux. Feuilles simples, 
alternes, à pétiole épaissi, accompagné de deux stipules latérales cadu- 
ques. Limbe ovale-aigu, glabre luisant à la face supérieure, coriace, 
finement réticulé, entier. 

Inflorescences en épis simples ou ramifiés, axillaires et terminaux. 
L'axe commun porte des bractées alternes, écailleuses, à l'aisselle des- 
quelles sont les fleurs à peu près sessiles, ou rapprochées les unes des 
autres, ou, au contraire, très écartées, par petits groupes. 

Obs. — Les fleurs inùles de ce genre très voisin des Micrandra étaient connues 
depuis longtemps ; mais on n'en avait point observé les femelles, quand M. Ben- 
tliam les découvrit parmi les plantes recueillies par M. Spruce en 1852. 

E. P. Schomburgkicma Miers (Coll. Spruce, n. 2033. — Id. var., n. 1996. — 
Id.Coll. Martius, herb.Mus.). 

Cf : Benth., Hook. Journ. (1854), p. 372. 
'11. Pogonopliora apétales. 

MICRANDRA Benth. (non R. Br.). 

Fleurs monoïques. 

Fleur MALE. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
floraison quinconciale. Androcée de cinq étamines alterues avec les 



S34 E. CMOrULÉEs. 

sépales. Filets insérés au pourtour de la base d'un cor^ central ; épais 
et laides à leur base, plus étroits et libres en haut, infléchis dans le bc>u- 
ton, de manière à porter l'anthère vers le centre de la fleur Anthère bi- 
loculaire, iutrorse. à loges latérales, déhiscentes par une fente longitodi- 
nale. Disque de cinq glandes alternes avec les étamiues. interposées aux 
pieds des filets. Coi'ps central (pistil rudimentaire "?) ou distinct du 
disque, saillant, pubeseent. ou confondu avec lui, de manière à former 
une sorte de plateau portant cinq échancnires marginales qui laissait 
passer les filets stamiuaus. 

Fleur femelle. — Calice comme dans la fleur mâle, à cinq divisions 
quiucôuciaies. caduque. Disque hypogyne annulaire, souvent pubeseent, 
à bords inégalement lobés, à cinq angles plus ou moins saillants super- 
posés aux divisions du calice. ^indi"oeée rudimentaire repi^aenté par 
cinq staminodes alternes avec les sépales. Ovaire ovoïde ou conique, à 
trois loges uniovnlées, superposées aux sépales 1 , 9 et â, surmonté d'rai 
style court à trois divisions tronquées superpctsées aux loges. 

Arbres à suc laiteux du Brésil ; à feuilles alternes, simples, pétiolées, 
peuniuei"ves. 

Inflorescences axiUaires, ou terminales, en panicules composées de 
cymes, avec les fleurs femelles centrales et les fleurs mâles périphé- 
riques plus nombreuses. Elles ont un pédicelle articulé qui porte de 
petites écailles alteraes, distantes, parfois fertiles. Le pédicelle des fleurs 
femelles est plus épais et plus court que celui des mâles. 

Obs. — Les plantes pour lesquelles M. Bentham a aèè ce genre se rap^odiait 
beaucoup, par leur port et leur infloKsceuce, des Sipkonia, des Eluder k^permum rt 
des Pogonophtira. EUes se dislingnaQl des premiers par Ions anlhèanesniMi seules, 
des seconds par le seul vertidDe androcéen quelles possèdent, des trottâmes par 
l'absence d'une corolie Ce sont donc en réalité dfô Pogomphim apétales. 

M. Robert Brown avait fait un genre ilitrandra qoe M. Lindley a placé dans 
les Sterculiacées. Mais dans l'exemplaire dfô plantes de Horsfield que possède la 
bibliotlièque de M. Delesserî, M. Brown a lui-mâne écrit en 18ù5 \[p. 238) que son 
Micrwfidra est un Bevea. 

E. 1 . M. stphomcîdes Benth. (ColL Spruœ, n. 21i27]. 

2. M. minor Benth. (Coll. Spruœ, n. 2479). 

3. M. major ^ (herb. Lusit.J. 

Le M. (ernata R. Br. appartient au genre Siphoma. 

Cf. : Bentk, Hook. Jonm. (1854), p. 371- 



I 



MISCHODON. 335 

28. Pogonophora apétale à type 6. 

MISCHODON Thw. 

Fleurs dioïques. 

Fleur mâle. — Calice à six divisions; préfloraison imbriquée. An- 
drocée composé de six étamines superposées aux divisions du calice. 
Filets libres, sauf à leur base insérée au pourtour d'un corps central. 
Anthères oblongues, biloculaires, extrorses, à déhiscence longitudinale. 
Corps central' (pistil rudimentaire) subglobuleux, déprimé, à six sillons 
verticaux peu marqués. 

Fleur femelle. — Calice à six divisions. Ovaire subglobuleux, dé- 
primé au sommet, à trois loges. 

Fruit capsulaire tricoque. Coques bivalves et monospermes. Graines 
insérées sur une gi^osse columelle persistante, ligneuse ; oblongues, lisses, 
à testa membraneux. Albumen charnu. Embryon à cotylédons aplatis, 
oblongs, à radicule courte. 

Arbre de l'Inde, de Ceylan, rameux, à écorce scabre. Rameaux 
arrondis, subtétragones et pubescents dans le jeune âge. Feuilles oppo- 
sées ou verticiflées, souvent par quatre, simples, entières, oblongues, 
rétrécies vers la base, penninerves, réticulées, 'glabres, coriaces dans l'âge 
adulte, pubescentes dans leur jeunesse. Pétiole court, renflé au sommet, 
accompagné à sa base de deux stipules latérales caduques. 

Obs. — M. Thwaitlies place ce genre parmi les Crotonées. Je n'ai pu en étudier 
que des fleurs femelles déjà avancées ; à ce moment les loges sont monospermes. Le 
corps central qu'on observe dans la fleur mâle est remarquable par sa forme qui 
rappelle tout à fait celle de l'ovaire dans la fleur femelle. Les Mischodon semblent 
être des Micrandra sans disque et à feuilles opposées ou verticillées. 

E. M. zeylanicus Thw. (mss. H. Perad.,n. 557.— Id. li. Grali. ex Wall. ,n. 96. 
(Coll. Delessert. 

Cf. : TInv., Hook. Journ. (1854), p. 299 et pi. 10 B. 



536 E. I^IOTCLÉES. 

29. Ditaxis isoslémone. 

CHlROPETÀLOr A. Juss. 

Croton I A. Juss. et Âuctt. 
Ditaxis f Bert. 

[PI. XV, fig. 37-41.) 

Fleurs mouoïques. 

Flxcr MALE. — Calice gamosépale à ciuq divisions profondes : préflo- 
raison quinconciale elle peut être presque valvaire et le devenir de bonne 
heore). Corolle de cinq pétales alternes avec les sépales, minces, mem- 
braneux, à onglet aigu, à limbe palmé. lacinié, découpé en lobes aigus, 
dont le nombre variable (o-7) est généralement impair: préfloraisou 
imbriquée fig. 37 . Disque de cinq glandes alternes avec les pétales. 
Androcée supporté par une colonne centrale terminée par une extrémité 
obtuse, renflée, au-desscius de laqueUe se détachent cinq filets staminaux 
libres, superpc>sés aux pétales fi^. 38;. Anthères biloculaires, introrses, 
à déhiscence lonsitudiuale. 

Flecr femelle. — Calice gamosépale semblable à celui de la fleur 
mâle: préfloraison valvaire'? Disque de cinq glandes superposées aux 
sépales [fig. 40). Ovaire à trois loges superposées aux sépales 1. 2 et 3. 
Style aussitôt divisé en trois branches bifurquées en forme d"Y, réfléchies 
après l'anthèse, dressées dans le bouton et dans le jeune fruit fig. 39, 
Jil\ Ix^es ovariennes uniovulées: ovule coloré coiffé d'un obturateur 
conique. 

Frcit capsulaire tricoque; coques bivalves et monospennes. 

Herbes ou sous-arbrisseaux de l'Amérique méridionale dont toutes les par- 
ties sont chargées de petits poils simples et imbues d'une matière colorante 
rouge- violacée. Feuilles alternes, k pétiole court ou nul, accompagné de 
deux stipules latérales caduques. Limbe peuninerve. entier ou denté. 

I>TxoRESCE\CEs axillaires ou terminales, eu grappe dont les fleurs 
femelles occupent la base, les mâles plus nombreuses le sommet: cha- 
que fleur portée pai* un pédicelle court, à l'aisselle d'une petite bractée. 

Oe5 — Les Chiropetalum confondus autrefois avec les Croton, ayant lesétamines 
au nombre de cinq portées sur une colonne centrale, sont des />(7arîsisostémones. 
Bertero avait confondu d'abord les deux genres et fait d'une espèce de celui-ci son 
IHtoxis chiropetala. 



CHIROPETALUM. — ARGYTHAMNIA. 337 

1. C. lanceolatuni A. J. ^= Ditaxis chiropetala Bert. (mss. in Coll. prop., 

11. 226. — Id. Coll. Gay, n. 82et/il6. — Id. Coll. Bertero,li. Guillem., 
n. 958). 

2. C. tricuspidatum A. J. =: Croton Iricuspidolum Lamk. =: (?) Croton lan- 

ceolatum Geis., 96 (Coll. Dombey. — Id. Coll. Gay, n. 1813). 

3. C. iineatum Kl. (Coll. Sellow, h. Beii.). 
l\. C. molle Kl. (Coll. Sellow, h. Berl.). 

5. C. periivianum A. Juss. (mss. coll. Dombey). = Croton quinquecicspidatum 
A. J. Monog. 

Cf.: £'nrf/.,Gen.,5830. 
C. Gay, Chili, V, p. 343. 
Hook, etArn., Becch. Voy., p. 45. 
A. Juss., Monog., p. 30 et pi. 8. 

— Aiin. Se. nat., XXV, p. 19. 
A'L, Erichs. Ârch., Vil, 1, p. 199. 
PMI., PI. Chil. in Linn. (1857), p. 42, 
ScfiL, Wagn. Coll. in Linn., XXVI, p. 637. 



30. Chiropetalum à 11. m. 4-mèie, à fl. fem. pélalée? 

ARGYTHAMNIA P. Br. 

Argothamnia Spreng. 
.'' Ateramnus P. Br, 

( PI. XV, fig. 30-36. ) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosé}3ale à quatre divisions profondes, pii- 
bescentes ; préfloraison valvaire. Corolle de quatre petits pétales alternes 
avec les sépales ; minces, étroits, onguiculés, à bords finement déchi- 
quetés; préfloraison imbriquée? Androcée composé de quatre étamines 
superposées aux pétales. Filets exserts, libres dans leur partie supérieure, 
soudés inférieurement en une colonne centrale. Anthères biloculaires, 
introrses, à déhiscence longitudinale. Disque de quatre glandes superpo- 
sées aux sépales. Corps central (pistil rudimentaire) interposé aux filets 
staminaux, surmontant la colonne centrale que forme la base de l'andro- 
cée (A. Juss.). 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, 
pubescentes ; préfloraison valvaire. Corolle (??) composée de cinq petites 

22 



338 E. UMOVULÊES. 

languettes étroites, pubescentes, alternes avec les di\isioDs du calice 
'{J. candicans! fig. o2). Disque liypogyne constitué par cinq glandes cor- 
diformes superposées aux sépalesyî^. 3'2 g). Ovaire globuleux, pubescent, 
à trois sillons répoudaut à l'intervalle des loges, à trois loges uuiovulées 
superposées aux sépales 1, 2 et 3. Style unique d'abord, puis rapidement 
divisé en trois branches divergentes qui se divisent elles-mêmes succes- 
sivement quatre fois [fig. 33). 

Fruit capsulaire tricoque, garni du calice persistant. Coques bivalves 
et monospermes. Graines sphéroïdales. finement réticulées et ponctuées, 
demeurant attachées à la columelle persistante et terminée par trois lames 
aplaties qui coiffent les graines (obturateurs persistants) {fig. 35). 

Arbrisseaux des Antilles, à rameaux grêles, à feuilles alternes, pétio- 
lées, accompagnées de deux stipules latérales caduques '/^^f. 36). Limbe 
entier ou finement denté, peuniuerve, pubescent, imbu comme la plu- 
part des organes de la plante d'un suc rougeàtre ou violacé. 

IsTLOREScExoE. — Grappcs axillaires, à bractées alternes, uniflores. A 
la base se trouvent une ou quelques fleurs femelles, au-dessus un grand 
nombre de fleurs mâles. 

Obs. — L'Argythamnia est un Chiropetalum à type quaternaire, quant à la fleur 
mâle. D'ailleurs il faut signaler comme différences l'existence des petites languettes 
alternes aux sépales dans la fleur femelle, et qui semblent représenter une corolle 
rudimentaire, et la forme particulière du style subdivisé dicliotomiquement, de 
manière à présenter des branches de cinq ordres successifs. C'est d'après Adanson, 
qu'on regarde comme appartenant à ce genre les Aterammis P. Br. 

E. A. candicans Sw. [Vahl mss. H. Deless. — Id. H. Juss et Mus.) 

Cf. : Broicne (P), Civ. and nat. hist. of Jam., p. 356. 
Endl., Gen. 5834. 
Juss., Gen. (1789), p. 386. 
A. /jws. , Monog. , p. 26 et pi. 7. 
Z^/. , Erichs. Arch., VU, p. 199. 
Mirb., H. pi., 9, p. 346. 
A. Rich., R. S. Cuba, XI, p. 214. 
Schl., Wagn. Coll. in Linn., XXVI, p. 635. 
Sloan., Jam., II, p. 132 et pi. 85, fig. 3. 
5/>re«5i. , Syst. Veg., 111, p. 847. 
Sw., Nov. Gen., p. 3 et 39. 
— FI. Ind. occ, p. 335. 



RYPARIA. 339 



31. Elœococca isostémones? 



RYPARIA Bl. 

Ryparosa RI. 

Fleurs dioïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à trois divisions. Corolle de cinq 
pétales. Androcée de cinq étamines, insérées autour d'un ovaire rudi- 
meutaire central. Anthères à deux loges, aduées , extrorses (d'après 
M. Blume). 

Fleur femelle. — Calice comme dans la fleur mâle. Corolle comme 
dans la fleur mâle, garnie en dedans d'autant d'écaillés qu'elle a de pé- 
tales (BL). Disque hypogyne de cinq glandes pédicellées, persistantes 
[R. cœsial) Ovaire à deux loges uniovulées. Style rapidement divisé en 
deux lobes membraneux, émarginés, à bord réfléchis, finement dentés 
[R. cœsia!) 

Fruit cortiqué (Bl.), à surface pubescente, muni du style persistant et 
des glandes hypogynes pédicellées, à deux loges monospermes ou réduit 
à une seule loge. 

Arbustes de Java, à feuilles alternes, oblongues-lancéolées, entières, 
à nervures saillantes, à face supérieure glabre, tandis que l'inférieure 
est terne, comme enduite d'un fin duvet pulvérulent blanchâtre ou 
glauque. 

Inflorescences axillaires en grappes simples ; chaque fleur située à 
l'aisselle de sa bractée et portée par un court pédicelle finement pubescent. 

Obs. ^ — Je n'ai eu à ma disposition que des fleurs femelles de cegenre qu'Endli- 
cher place auprès des Argythamnia. C'est par eri'eur que l'on a regardé les loges 
de l'ovaire comme biovulées. M. Blume n'y indique qu'un ovule, et, de même dans 
le fruit jeune encore, je n'y vois pas trace d'une seconde gTaine. 

E. 1. ^. cœsw Bl. (Herb. Leyde), 
2. R. dubiahl. (Ibid.). 

Cf. : BL, FI. Jav. prœf.. VIII. 

— Bijdr., p. 600. 
£"««?/., Gen. 5836. 
Hassh., Hort. Bog., p. 239. 

— PI. Jav. rar., p. 267. 



340 E. BisioviriJÉES. 



33. Tdo^ae triandies. 

IRIGONOSTEMO^, BL 

Trigmlemon H. 
l Croim Wafl. 

Fleurs monoïques. 

Flecb. iule. — Calice gamosépale à cinq dnridcns profmides iné- 
gales: les plas intérieures plus larges, pétaloïdes sur les bor^, les 
extérieures plus courtes, portant de petits poib simples; prêfloraiscMiqniD- 
coneiale. Corolle de cinq pétales ahemes avec drfi^ODS du calice ; prêflo- 
raison imbriqnée ou tordue. Disque de cinq glandes libres sopeipiosées 
aux sépales. Androcée de trois étamines, dent une postérieure et deux 
antérieures. Filets réunis à leur base en nne cdtMme centrale dressée, 
pois se séparant dans leur partie supérieure pour porter chacun une 
antbère à deux log^^ déhiscentes par une fente loaigitndinale, diver- 
gentes sopériearement, apicalées, estrorses Ifig. 12). 

Flecb. fejcelle. — Calice et corolle comme dans la fl«ir mâle. 
Disque hypogyne cupuiiforme à einqlobeS; ou ccmslitné par dnq glandes 
libres superposées aux sépales. Ovaire nu on pubescent^ à trois loges 
superposées aux sépales 1, 2 et 3, snrmcMité d'un ^e cjlindrique 
d'abord, puis diArisé en trois branches divergentes, bifides à lair smn- 
met, stigmatifères à leur face interne. Lo^ ovariames uniovnlêes. 

Fruit capsulaire tricoque. Coques bivalves et mmuspames. Arbores 
de rinde, de Java, à feaiîles ahemes,, souvent rapprochés vras te sranm^ 
des rdmeanx, de manière à devenir subopposés ou subverticillées par 
3-5, pétiolées. limbe simple, presque aitier ou denté sur les bords, 
penninerve-réticnlé, glabre ou presque ^abre supériauemaat, pubes- 
cent à la face inférieure. 

IsFLoaESCE^tCES axiUâircs. Sur un axe commun généralement mince et 
alloi^ se trouvent un grand nombre de bractées ah^nes. Â Fai^dte de 
chacune d'elle est une petite epae ordinairement triQore, composée, ou 
de fleurs mâles, ou plus souvent d'une fleur femdle terminate, accom- 
pagnée de deux fleurs mâles latérales. Toutes sont pédic^lées, articulées. 



TRIGONOSTIÎMON. — SILV.EA.. 3H 

Obs. — Les Trigonostemon sont des Siphonia à fleurs pétalées et à trois étamines, 
au lieu de cinq, par conséquent des Telogyne triandres. 

E, l. 2\ sermtum^X. [Trichostema serratumDeanQm?,'!,. H. Leyde). 

2. T. lœtum\ [Croton lœtum Wall. Cal., n. 77^0 B). 

3, 7'. longifolium-f [Croton longifoUum Vf M. Cat,, n. IMl). . 

Cf. : 5/.,Préf. FI. .lav., VIII. 
— Bijdr., p. 600. 
Endt. , Gen. 5835. 
^03;^-.,^. Ind.,ÎII, p. 685. 

11%/;^., Icon., V, 1890, 

33. 

SILV.EA Hook. et Arn. 

Cluytia l Roxb. 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à 4-5 divisions profondes, pubes- 
centes, inégales ; préfloraison imbriquée ou quinconciale. Corolle de 4-5 
pétales, alternes avec les divisions du calice, plus longs qu'elles, mem- 
braneux, colorés; préfloraison imbriquée. Androcée constitué par trois 
étamines, dont deux antérieures et une postérieure. Filets unis en une 
colonne centrale, cylindrique, à la base de laquelle se trouvent /i-5 
glandes superposées aux divisions du calice; anthères sessiles, à un môme 
niveau sur la colonne centrale, à deux loges distinctes (six anthères, 
Roxb.), déhiscentes par une fente longitudinale, exirorses, surmontées 
d'un prolongement apical du connectif, glanduleux et coloré. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à 5-6 divisions profondes, pubes- 
centes; préfloraison imbriquée. Disque hypogyne circulaire, glanduleux, 
inégalement lobé. Ovaire hérissé, à trois loges, surmonté d'un style à 
trois branches bifides, papiOeuses et stigmatiques à leur face interne. 
Loges ovai'iennes uniovulées; ovule coiflé d'un obturateur celluleux. 

Arbuste de l'Inde, à feuilles ovales ou étroites, presque sessiles, penni- 
nerves, réticulées, ordinairement obtuses au sommet ; alternes, mais 
très rapprochées et subverticillées à l'extrémité des rameaux, accompa- 
gnées de deux très petites stipules latérales caduques. 

Inflorescences axillaires ou latéralement situées sur le bord des 
rameaux, disposées en cymes où la fleur femefle est terminale, centrale; 
les fleurs mâles périphériques. 



âââ E. UMOTULÉES. 

Qis. — Cettie lâsote, pour kqoeQe MM. Hooter et Amc4î ont institaé un geare 
msnreaa, seiappnodïeesteêoieDîirat par tousses caractères des TrigonrMemoTi . EQe 
n'en dBftre que par HiilloTesceiice et Fabsoice de la corolle dans les fleur» femelles. 
C^;le Chytm^mperfim^ns de Roîlnirgli qui setronTe dans l'herbier de Wallicli 
^ss^'^mssm.^Â^ajsmimtëtrandra. Roxttursji indique la fleur mâle comme ayant 
aSrs tâamîîiËs; esà œ cas, ^^ seraiaaJ izaMloeaMres ; il est plus probable que ce 
sijotlin^astQiËi^ààeiKlQgfô Mëd âisiiocl^ oMiirae odlaa liea pour catams 

E. 5l SioArimm 7 =. Cluytia semperflorens Bosb. non Wall. = Agyneia 
Mmiȉm'Ws&. (Cat. d. 7951). 

ex : M&bL hAttl. , BeecL Voy., p. 211 . 
Mos^k, m. Ind . m, p. 731. 



as. JcÊTtopM 2l ît^ TerfidDes d'ëammes. 

TRTTAXIS. 

(PLXI,%.8-11-). 

Fmïjb. malë. — Calice gamos^ale à ciuq diviaons profondes, préflo- 
Twam» qoinooiicliile (les sêpalt^ 1, â et 3 légèrement comicuiés supérieu- 
rement, ^. 9). ConAe de dnq pétales altenies avec les divisions du 
caMœ; ftéËmsmm imbriquée ou indue (fy. II). Androoée composé de 
tnâiB étamÎDiffî, âasA doq infériirai^ sup^posées aux pétales [fig. 9 
rt 10 eêj; dnq moyean^ afterafâ avec Ifô précédiKîtes em et trois supé- 
lieiiies, soprapt^ées à în>is du Tertidlle inférieur fe« . Fil^ libres so- 
pàieiirai9€nt, unis inférieenanent en une ooionne oentrale cylindrique, 
courte d''aboid [fy. 9), puis allongée lors de Tanthèse (fig. lOj et dont 
les fil^ se déîadiâit à trois nrveaox différents. Anthères bilocolaires, 
iiibn»^^ dans le bouton, à ddûsoence longitudinale. 

FtEBB. FE3ÊEÎIM. — Càlîoe et corolle, comme dans la ûeai mâle. Oraire 
à tRHS loges, sonnonté d'un Mjle à trois brandies divisée en deux 
lanière. Loges aok>vulées. Ovule |descendant, à rapbé intérieur, à nii- 
(SY^jle dir^ ai ddiois d: e» bant, cmffî d'an obturateur oelloleux. 

Fbcit cafisulaîre tiicoqiK ; ciMpies bivalves et mcHK^permes. 

Aibre (f^ de la Godûndûne, à rameaux arrondis, à feuilles alternes, 
ovâîe-ajgaês, aiimuées aox deox extrémités, acuminées, datées, pen- 



I 



TRITAXIS. — RICINOCAIU'US. 343 

ninerves, à face supérieure foncée, à face inférieure terne, pubescente; 
accompagnées de deux stipules latérales caduques. 
. Inflorescences terminales ou subterminales en cymes disposées sur 
un axe plusieurs fois divisé ; les pédicelles des fleurs mâles plus longs et 
plus grêles que ceux des femelles. 

Obs, — Ce genre curieux possède des fleurs mâles, dont l'androcée est celui 
d'un Jatropha ou d'un Philyra, plus un verticille supérieur surajouté de trois éta- 
mines. Nous avons vu {p. 1 1 ) comment, si l'on supprimait le verticille inférieur de 
celles-ci, la fleur deviendrait celle d'un Mozinna ou d'un Crozophora, 

E. T. Gaudichaudi f (Coll. Bonite. Coch. Tour., n. 278 et 296). 



35. Jatropha polyandres. 

RICINOCARPUS Desf. 

Echinosphœra Sieb. 

Rœperia Spreng. (non A. Juss.) 

(PL XII, fig. 39-/i/i). 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes ; préflo- 
raison quinconciale. Corolle de cinq pétales plus longs que le calice, 
alternes avec ses divisions; préfloraison contournée [fîff. 39, ki, 43). 
Disque de cinq glandes [fîg. kO) superposées aux divisions du calice. 
Androcée composé d'un nombre indéflni d'étamines formant des verti- 
cilles alternes (savoir : un verticille de cinq, superposées aux pétales, 
puis cinq plus longues alternes avec les précédentes, cinq superposées, 
et ainsi de suite, de manière que les anthères forment dix séries verti- 
cales). Filets réunis à leur base en une colonne centrale cylindrique, puis 
s'en séparant à différentes hauteurs et devenant libres dans leur portion 
supérieure {fîg. 40). Anthères à deux loges, extrorses, à déhiscence lon- 
gitudinale; loges unies par le sommet du filet dilaté insensiblement en 
connectif (/ïg'. 42). 

Fleur femelle. — Calice, corolle et disque comme dans la fleur mâle 
[fig. 43). Ovaire à trois* loges uniovulées superposées aux sépales 1, 
2 et 3, à parois extérieures hérissées d'aiguillons; surmonté d'un style 
divisé en trois branches bifides, aplaties, colorées. 



oi'j E. UNIOVULÉES. 

Fruit capsulaire tricoque, échiné. Coques bivalves et monospermes. 
Graines à testa bigarré, surmontées d'une caroncule bilobée. 

Sous-arbrisseaux et arbustes de la Nouvelle-Hollande, à feuilles al- 
ternes, subopposées en haut des rameaux, étroites, hnéaires, mucronées, 
aciculaires, glabres. 

IxFLOREscExcE. — Fleurs mâles portées par un pédicelle grêle, assez 
long, réunies à l'extrémité des rameaux en une grappe (?) paueiflore 
terminée par une fleur. Fleurs femelles supportées par un pédicelle plus 
épais, renflé supérieurement, solitaires ou en petit nombre. 

Obs. — Ce genre a été rapproché jusqu'ici des Ricins, probablement à cause de 
la ressemblance des noms. Les Ricinocarpvs sont des Jatropha qui, au lieu d'avoir 
dis étamines, en ont un nombre indéfini. Tous les caractères de la fleur sont 
d'ailleurs semblables. On voit parla que le Tritaxis sert de passage entre le Jab^o- 
pka et le Ricinocarpus. 

E. 1. B. pinifolhisBesî. ;'mss. inh. Mus. — ColL Baudin. — Id. Coll. Gaudich. 
P. Jacks., n. 26. — Id. Coll. Verreaux 1846, n. 39. — Id. Coll. 
Mossman 1854, n. 109. — Id. := Croton corollatum Soland. mss. in 
h. Juss.). = Rœperia pinifùlia Spreng. 

2. R. glanais Endl. (Coll. Preiss, n. 2017. — Id. ex R. Brown, 1843. — 

Id. Coll. Drummond 1843). 

3. R. sidœfolius^vH. (mss. PL Mûllerianse, 1852), 
U. R. puberulus f (ColL Gaudich. P. Jacks.). 

Cf. : Desf., Mém. Mus., III, p. 159 et pi. 22. 
Endl., Gen., 5812. 

— Iconog., pi. 124. 
A. Juss., Monog , p. 36. 
Lehm. [éd.], PL Preiss, II, p. 229 et 370. 
Spreng. j'&ssX. Yeg., III, p. 147. 
Walp., Ann. Bot., m, p. 369. 



36. Ricinocarpvs à feuilles oppos. stipoL 

BALOGHIÂ Endl. 

Fleurs monoïques. 

Fleoi M.U.E. — Calice gamosépale à cinq divisions glabres: préflo- 
raison quinconciale. Corolle de cinq pétales alternes avec les sépales et 
beaucoup plus longs qu'eux; plissés dans le bouton; préfloraison im- 



I 



liALOGHlA. — ALliURlTliS. 345 

briquée. Disque glanduleux à cinq lobes saillants superposés aux sépales. 
Androcée composé d'un grand nombre d'étamines. Filets tous soudés à 
leur base en une large et courte colonne continue avec le disque glan- 
duleux, libres à la partie supérieure. Anthères biloculaires, extrorses, 
adnées, déhiscentes par une fente longitudinale. 

Fleur femelle. — Calice, corolle et disque hypogyne, comme dans la 
fleur mâle. Ovaire à trois loges, dont une postérieure et deux antérieures, 
uniovulées; surmonté d'un style court divisé en trois branches étroites et 
linéaires, bipartites et contournées à leur sommet. 

Fruit capsulaire, à péricarpe demi-charnu, déhiscent en trois coques 
bivalves et monospermes. 

Arbrisseau de l'île de Norfolk, k feuilles opposées, pétiolées, garnies 
de deux stipules membraneuses et caduques. Limbe entier, ovale-ellip- 
tique, à nervure médiane saillante inférieurement, canaliculée au-dessus 
et d'où partent des nervures secondaires très rapprochées, parallèles, 
perpendiculaires à la nervure principale; surface du hmbe glabre, lisse, 
brillante. 

Inflorescence en cymes terminales. 

E. B. lucida Endl. (h. Mus. Coll. Lindley. — Id.? Coll. Leichard., Nouv.- 
Holl.). 

Cf. -.Endl, Gen. 5811. 

— Iconog., pi. 122 etl23. 

— Prod. FI. Norf.,p. 8i. 

37. Elœococca et Anda polyandre. 

ALEURITES Forst. 

Ambinux Comm. 
Camirium Rumph. 
Carda Noronh. 
Croton l L. 
Telopea Soland. 

{PL XI, fig. 19, 20, etpl. XII, fig. 1-15.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Bouton court et arrondi, à surface parsemée de poils 
étoiles {pi. XII, fig. 1). Calice gamosépale à préfloraison valvaire, s'ou- 



â/|.6 ^- LMOVULEES. 

vrant par une ou plusieurs fentes en divisions uTégulières ou inégales 
ifig. 7). Corolle à cinq pétales poiiant un bouquet de poils à la base de 
leur face interne [fig. 12), membraneux, colorés, plus longs que le calice 
(fig. 7) ; préfloraison contournée (ou imbriquée, de façon qu'il y ait un 
sépale extérieur, un intérieur, trois moitié recouxeils. moitié recou\Tant, 
ou quinconciale. et. dans ce cas. le pétale 2 est antérieur, fig. 2 ;. Disque 
de cinq glandes eu forme d'écaillés, alternes avec les pétales : quelquefois 
cinq autres glandes ? plus petites, alternes avec les premières (fig. 4). 
Audrocée : 15. "20 étamines, ou plus monadelphes. Filets soudés à leur 
base en un faisceau central, inséré sur le réceptacle convexe, puis 
devenant libres vers la partie supérieure, souvent garnis de poils latéraux 
et renflés vers le point où ils vont former le connectif. Anthères dis- 
posées sur dix séries, alternant entre elles, biloculaires, adnées. introrses, 
à dehisceuce longitudinale [fig. 5). 

Fleur femelle. — Bouton conique et allongé [fig. 9). Calice et corolle 
comme dans la fleur mâle {fig. 10). Disque d"une seule pièce, prenant 
un développement considérable, de manière à former à l'ovaire une 
tunique complète qui l'entoure sans lui adhérer, s" élevant jusqu'à la base 
du style où elle présente une ostiole pour le laisser passer. Ovaire à deux 
loges, dont une antérieure et une postérieure {fig. 13), quelquefois à 
trois loges uniovulées. Style à deux ,ou trois) branches di'essées, profon- 
dément divisées chacune en deux lanières aiguës, subulées. dentelées sur 
les bords, papilleuses et stigmatiques à leur face interne (fig. IV. 

Fruit charnu (Comm.), dicoque. Coques bivalves et monospermes. 
Graines globuleuses à enveloppe épaisse, rugueuse, pierreuse, munies 
d'une caroncule. Embryon à cotylédons plats, larges, circulaires, dans 
un albumen huileux abondaiit ^pl. XII, fig. 15 et pi. XI, fig. 19-20). 

Arbres de l'Inde, etc.. cultivés dans toutes les contrées chaudes du 
globe, à feuilles alternes, pubescentes comme toutes les parties de la 
plante, ou entièrement hsses. A la jonction du pétiole et du hmbe. se 
trouvent supérieurement deux glandes rapprochées de la ligne médiane; 
il peut y avoir même des glandes analogues, plus petites, à rorigine des 
nervures secondaires. Limbe simple ou entier, ou bi- tri- et jusqu'à 
7-9 lobé; polymorphe. 

Inflorescences définies, pauiculées. Cymes, ou composées en presque 
totahté de fleurs de l'un ou de l'autre sexe, ou ^beaucoup plus souvent) 
d'une fleur femelle centrale et terminale pour chaque cyme ou chaque 



» 



BERTYA. âZl7 

portion de cyaie et de fleurs mâles périphériques en beaucoup plus 
grand nombre. Pédicelles renflés à leur sommet, surtout dans les fleurs 
femelles. 

E. A. ambinux W. = Croton moluccanum L. (herb. Mus.). = Jugions sp. Lour. 

Cf. :5/., Bijdr., p. 619. 

Boj.,EoTt. Maur., p. 283. 
M. Br., S.-Helen., p. 296. 
Comm., mss. (ex Ad. Juss., p. 38). 
Decsne, Herb. Timor., p. 159. 
EndL, Gen. 5802. 
Forst., Char. Gen., 56. 
Griff,, Icon. postli., p. 484 et pi. 184. 
ffassk., Hort. Bog., p. 236. 
lïook. et Arn., Beecliey's Voy., p. 69 et 95. 
Juss., Gen., p. 389. 
A. Juss., Monog. , p. 38 et pi. 12. 
Lamk, EncycL, XXII, pi. 591. 
Zow\,Fl. Gochinch., p. 583. 
Noronh., A. B., V, p. 65. 
Rumph., FI. Amb., II, p. 181 et pi. 58. 
A. Rich.,mVL. S. Cuba, XI, p. 206. 
^oa;è., Fl. Inrl. ,111, p. 629. 
Soland.,m?,s. (ex Ad. Juss., p. 38). 
Spach, H. Veg., p. 514. 
Span., FI. Timor, in Linn., XV, p. 349. 
Spreng., Syst. Veg., III, p. 147. 
Steud., Nom., p. 49. 
Voight., Eort.Ca\c., p. \ 59. 
Willd. , Grimp. et Schl. , pl. 286. 
- Sp., VIII,p. 551. 

38. fiîcinoco7'pus apétale, sans disque. 

BERTYA, Planch. 
(Pl. XVIII, fig. 8-9.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, sca- 
rieuses, membraneuses, colorées, obtuses; préfloraison imbriquée. 
Androcée composé d'un nombre indéfini d'étamines. Filets réunis eu 



3Û.8 E. U.MOVULÉES. 

uue colouiip centrale exserte qui porte serrées les unes contre les 
autres, imbriquées, les anthères courlement stipitées, oblongues, dres- 
sées, à deux loges extrorses, s'ouvrant par une fente, longitudinales et 
unies par un connectif qui, supérieurement, se bifurque en forme d"Y 
(A^.8-9). 

Fleur femelle. — Calice comme à la fleur mâle. Ovaire oblong à 
trois loges uuiovulées. Style à trois divisions profondes, linéaires, stig- 
matiques à leur face intérieure. 

Fruit capsulaire oblong, sans aiguillons, renfermé dans le calice 
persistant, développé; triloculaire. Loges monospermes, une seule fer- 
tile d'ordinaire. Graine à tégument brillant, crustacé, foncé, à caron- 
cule blanche, en forme de croissant, contiguë au hile. 

Sous-arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande, à rameaux dressés, fascicu- 
les, souvent visqueux, résineux. Feuilles alternes, sans stipules, étalées, 
dressées, serrées les unes sur les autres, épaisses, linéaires, étroites, à 
bords fléchis inférieureraent. 

INFLOREscE^îCE. — Flcurs axillaires, solitaires, les femelles situées 
au-dessous des mâles. Chacune d'elles est sessile, entourée d'un invo- 
lucre caliciforme de 5-6 bradés comprimées qui, accidentellement, ren- 
ferme plus d'une fleur. 

Obs. — Les Bertya sont des Ricinocarpus sans disque. De plus ils sont apétales, 
M. Planclion ayant démontré qu'il n'y a ici qu'un périanthe simple, un calice 
coloré, et que l'enveloppe extérieure est, non pas un calice, mais un involucre, 
dans lequel il a parfois rencontré, dit-il, plus d'ims fleur. 

E. 1. 5. rosmarinifolia Planch. (= Croton rosmarinifolia =z Ricinocarpus ros- 
marinifolia mss. in h. Mus. Coll. Busseuil, Yoy. Tliétis. — Id. Coll. 
Baudin). 
2. B. oleœfolia Planch. (? hevl). Deless. — Id. h. Mus. Coll. Gaudich. 
P. Jacks., n. 157). 

M. Planclion en a décrit, en outre, une troisième espèce. 

Cf. : EndL, Gen. 58202 (Sup., IV, p. 90). 

Planch., Hook. Journ., IV, p. 472 et pi. 16 A. 



CROTON. 349 

D. EUPHORBIACÉES DICLINES UNIOVULÉES A ÉTAiMINES 
INDÉPENDANTES (CROTONIDÉES). 

G. h 6-30 étant, filets infléchis. 

CROTON. 



j Aroton Neck. 
l AstrœaYA. 
I Barhamia Kl, 
~ Brunswia Neck. 

Cascarilla Adans. 
° Cleodora Kl. 

Cinogasum Neck. 

CodonocalyxYA. 

Crotonl, L. 

Crotonanthus Kl. 
j Cyclosligma Kl. 

Eutropia Kl. 
j Fur caria Bvn. 
^ Geiseleria Kl. 
j Lasiogyne Kl. 
j Luniia Neck. 
^ Merfea Kl, 
5 Oc«i(a Kl. 
j Palanosligma Mai't. 
j Ricinocarpos Boerh. 

Ricinoides T. 
^ Tiglium Kl. 
^ Timandra Kl. 

Tridesmis Lour. 



(P/. XVII et p/. XVIII, ^^. 1-7.) 

Fleurs monoïques ou dioïques. 

Fleur malk. — Calice gamosépale à cinq (/i-6) divisions plus ou 



350 E. UNIOTULÉES. 

moius profondes, couvertes de poils étoiles; préfloraison imbriquée 
quincouciale ou valvaire. Corolle de cinq (i-6) pétales alternes arec 
les divisions du calice, libres, onguiculés, à limbe large, membraneux, 
pubesceut, finement déchiqueté sur ses bords : préfloraison imbriquée. 
Disque de 5 glandes distinctes superposées aux divisions du calice. 
Androcée composé de 6 à 25-80 étamines (le plus souvent de 10 à 20), 
dont cinq plus petites et plus extérieures superposées aux pétales, cinq 
plus longues alternes, et ainsi de suite. Filets libres insérés sur un ré- 
ceptacle convexe, lisse ou pubesceut, ou hérissé de poils, ou glanduleux 
et saillant autour de l'insertion des étamines: filets infléchis dans la pré- 
floraison. Anthères biloculaires. ovales, introrses, à déhiscence longitu- 
dinale, extrorses dans le bouton par suite de l'inflexion du filet. 

Fleuk femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions (i-6), plus ou 
moins profondes ; préfloraison quincouciale ou valvaire. Corolle rudi- 
meutaire de cinq pétales aUerues avec les divisions du calice, petits. 
étroits, subulés, glanduleux, simples ou ramifiés, ou réduits à de petits 
mamelons, ou nuls. Disque de cinq glandes superposées aux divisions du 
calice, libres ou soudées en anneau, épaisses, charnues ou plates, appli- 
quées contre la base des sépales. Androcée rudimentaire ordinairement 
nul, ou représenté par de petites languettes hypogynes. Ovaire à trois 
loges uniovulées superposées aux sépales 1, 2 et 3, surmontées d'un 
style à trois branches elles-mêmes profondément divisées en 2-6 bran- 
ches (ou plus) étroites, enroulées, infléchies, stigmatiques au sommet. 
Ovule coiffé d"un obturateur bilobé vers lequel il envoie un prolongement 
nucellaire aigu. 

Fruit capsulaire tricoque muni du calice persistant. Coques bivalves, 
monospermes. Graines testacées, caronculées. 

Plantes ligueuses et herbacées des régions tropicales et subtropicales 
du globe, à feuilles alternes ou rarement opposées, à limbe simple, ou 
composé, denté ou lobé. 

Lstlorescences axillaires et terminales en épis ou en grappes compo- 
sées de glomérules ou de cymes. 



CROTON. 351 

Avant d'entrer dans l'examen des sections du genre Croton, établissons d'abord 
dans quels groupes ont été réparties les principales espèces qui en ont été détachées 
depuis Linné : 

Le C. abnormis Mart. est rapporté au g. Timandra. 

Le C. abutiloides K Cijdostigma. 

Le C. acuminatum Lamk Rottlera. 

Le C. aromaticumlj. Ahurîtes. 

Le C. hi^achiatus Mart Timandra. 

Le C. bracteatum Lamk Andrichnia. 

Le C. brasiliensis Mart. Lasiogyne. 

Le C. capense L. f Jatropha. 

Le C. capitatum Michx Pilinophytum. 

Le C. castaneifolium L. Caperonia. 

Le C. chinense Geis. . Rottlera. 

Le C. coccineum Geis Id. 

Le C. colliguay Mol Colliguaja. 

Le C. corchorifolium Geis Geiseleria. 

Le C. corollatum Soland Ricinocarpus. 

Le C. cyanospermum . Prosorus? 

Le C. denticulatum Geis Euphorbia. 

Le C. digitatum Fisch Jatropha. 

Le C. draco Schlchl Cydostigma, 

Le C. essequiboensis Kl. Barhamia. 

Le C. glandulosum L Geiseleria. 

Le C gracile^ Hendecandra. 

Le C. hastatumh Tragia. 

Le C hastatum Burm. Crozophora. 

Le C. hibiscifolius K Cydostigma. 

Le C. hirtum Hérit Brachystachys. 

Le C hispidus. Barhamia. 

Le C incanuni Bl. . Prœtoria. 

Le C. japonicumThg Rottlera. 

Le C. lacciferum L : Aleurites. 

Le C lœtum Wall Trigonostemon. 

Le C /ana;(»w Lamk. Julocroton 

Le C lancèolatum Cav. . Chiropetalum, 

Le C. lobatum L. . . . Astrœa. 

Le C. lobatum Forsk. . Jatropha. 

Le C. longifolium Wall Trigonostemon. 

Le C. mauritianum Lamk Klotzchiphytum. 

■ Le C. microphyllum Lamk. . i . . . . Andradine. 

Le C mollissijinum Geis Crozophora. 



S52 E. UNIOVULÉBS. 

Le C. moluccaniim L Aleun'tes. 

Le C. moncmthogynum Michx Gynamblosis. 

Le C. multispicatus Velloz Barkamia. 

Le C. nutans Forst Omalanthus? 

Le C. obliquum Vahl Crozopkora. 

Le C. ûblongifoUum Del Id. 

Le C. palanostigmaBenth Palanostigma. 

Le C. palustre L Caperonta. 

Le C. panieulatum Lamk Rot liera. 

Le C pellitum K, Julocroton. 

Le C. perdicipes A. S. H Ocalia. 

Le C phlomoides Pars Lasiogyne. 

Le C. pkilippense Lamk Rottlera. 

Le C. pictum Hort Codiœum. 

Le C plicatum Vahl Crozop.ic 

Le 6'. polymdnim Spreng Eutropui. 

Le C punctatum Lour Rottlera. 

Le C. quadripartitum LabiU Trachycarion. 

Le C. quinquecuspidatum Â. Juss. . . Cfnropetaliau, 

Le C ricinoides Pers Rottlera. 

Le C. Rùttleri Geis Crozophora. 

Le C salicifûliurn Geis Spatkiosiemon. 

Le C sebiferum L . Stillingia, 

Le C sene galeuse Lamk Crozophora. 

Le C sessiliflorum Sw Savia. 

Le C. solanifolius Geis Baliospei'muro 

Le C spinosum Forsk Jatropha. 

Le C. tiglium L •>.... Tiglium. 

Le C tinctorium L Crozophora. 

Le C tricuspidatum LamL Ckiropetalum. 

Le C. /ri'^e/rum Lamk -Julocroton. 

Le C tuberculatum Bge Speranskia. 

Le C. umbellatum W Blachia. 

Le C «rCTsL Tragia. 

Le C. variegaliimh Codiœum. 

Le C. variegatum Forsk .Jatropha. 

Le C venosiim Lamk Leptonema. 

Le C ve>'bascifoliurn W Crozophora. 

Le C r(7/osi<w Forsk Jatropha. 

Le C villosurn Sibt Crozophora. 

Le C viscosum Labill Beyeria. 

Le C. xalapense K Cyclostigma. 



CROTON. 353 



. Bibliographie générale du genre Croion L. 

Cf. : Aubl., Guyan., pi. 338-339. 

' Benth., PI. Hartw., p. 51, 71, 123, 247, 249. 

— Voy. Sulph. , p. 165. 

— S. Amer., in Hook. Journ. (1843), p. 48. 

— Hook. Joui-n. (1854), p. 374. 
^/.,Bijclr.,p. 602. 
iîoy.,Hoi't.Maur., p. 282. 

P. Br., Jam., p. 346. 

Cas., Dec, X, p. 87. 
'^^^dl., Gen., 5827, Sup., IV, p. 91. 

Forst., Prodr., p. 67. 

Gardn., FI. Br., in Hook. Journ. (1842), p. 186. 
■ Gray, Man. (1856), p. 225. 
' ffam., Prodr., 55. 

Fary., SouthAfr.,p. 302. 

Hassk., PI. Jav. rar., p. 265. 

— Hort. Bog.,p. 239. 

Book. et Arn., Beech. Voy., p. 270 et 310. 
H. B. K., Nov. gen. et sp.. H, p. 53 et pi. 104-105. 
Jacq., Stirp. sélect., p. 264. 
■•"■•' Juss., Gen., p. 389. 

Juss. A., Monog., p. 28 et pi. 8. 
KL, Erichs. Arch., VH, p. 251 et 193. 

— Crot. in Hook. Journ., II, p. 48. 

— Ap, Seem., p. 103. 
Kuntk, An]. Equin., I, p. 394. 
Lamk. Encycl., XXII, pi. 790. 
L., Gen. 1083. 

Lour. , FI. Coclî. , p. 576 et 581 . 

Mayc, Barbad., p. 363. 

Miq., Symb. Sur. in Linn., XXI, p. 477. 

.VecA-. , Elem , ni, 1122-24. 

Nées, PI. med., 1, pi. 138-139, et Sup., pi. 22-23. 

— et Schl. , Max , in Linn., XX, p. 729. 
0)i., Dec, IV, p. 51. 

Bich. [L. C), m Midi., Kl. Ani., 11, p. 214. 
fiich. (.1.), in R. S., Cuba, XI, p. 211. 

— Abyss. , V, p. 251. 

23 



OÔ!i E. UNWWLÉES. 

j9oj;è.,Fl. Ind., ULp. 680. 

Scheel., Euph.. in liiin., XXY, p. 580. 

ScAZ., Wagn. Coll. in Linn., XXVI, p, 633- 

— FL S. Thom., in Linn., TI, p. 762. 

— PI. Ldeb., in Linn., IX, p. 237, — p. 729. 
Sond., Sûdafir. in Linn.. XXIII, p. 119. 

Spach, H. Veg.. ç. 501. 

Span^, FI. Tan. in Linn., X^.p. 3à8. 

Sprenffj^ H^ lnt<kck.. -p. 3, 23. 

— Syst. Yeg., lîl. p. 76. U7,-791, 8»5,«48, 850. 866, 877. 

903 et 906. 

— Cnr. Post.. p. 262. 
Sic, Ind. ooc-, p. H 79. 

— Xov gen., p. 100. 
Tburib., FI. Cap., p. 5i6. 

— R Jap., p. 269. 
T>;î/.,Malm., pL 50. 
Foi^A/., Hort. Cale, p. 156. 

Tl'o//»., Ann. bot., I, p. 626-628, rtfll, p. 371. 
Wight., Icon-, 1874-1915. 
mild., Sp., p. 531. 

. Sect. A. — Eccroto:ï. 

Cette section comprendra tous les Croton qui ont ;. 

1° Â la FLECR MALE : le calice définitivement- valyaire; un audroeëe 
composé d'au moins dix étamines donl cinq superposées aux pétales et 
cinq aux sépales, et qui. lorsque le nombre s'élève k 15, '20. ^5 etamines. 
les présentent disposées par verticilles ou fractions de verticUles de 5. 
superposées aux pièces du calice ou de la corolle. -^ Un disque de cinq 
glandes libres. 

2° Â la FLEUR FEMELLE : le caUce définitivement 'valvaire: la corolle 
composée de pétales rudimeutaires. simples ou ramifiés, mais en même 
nombre que les pièces du calice: un disque hypogyne de cinq glandes, 
un ovaire à trois loses. surmonté d'un stvle dont les trois branches ont 

O ' a. 

au moins deux divisions stigmatifères. 

o» Une lATLORESCENCE cousistant en un .axe simple charge de bractées 
alternes, à l'aisselle desquelles s<Mt des glomérules ou des cymes mâles 
eu haut, et en bas, quelques cymes femelles "imi- ou pluripares. pauci*- 
flores, ou réduites à une fleur, Végétaux lisneux. 



CROTON. (MICKAM'HIS) 



SeCÙ. B. — MlCRANTHlS. 



Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes ; préflo- 
raison légèrement imbriquée. Corolle de cinq pétales alternes avec les 
divisions du calice ', préfloraison ind^riquée. Disque de cinq petites glandes 
superposées aux sépales. Androcée composé de 6-9 étamines, savoir 
cinq plus petites et plus extérieures superposées aux pétales, et une, deux 
ou ti'ois plus longues et plus intérieures. Étamines de Croton (1), 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions. Corolle le plus 
souvent nulle, représentée parfois par 1-3 petits mamelons obtus, al- 
ternes avec les sépales. Ovaire triloculaire, surmonté d'un style à trois 
branches, subdivisées en Ix-d lanières étroites, stigmatiques. Disque de 
cinq glandes hypogynes appliquées contre la base des sépales. 

Petite plante sufïrutescente (?) de Cuba, à rameaux grêles, dressés, à 
petites feuilles alternes pétiolées, accompagnées de deux très petites sti- 
pules latérales, subulées, caduques. Limbe orbiculaire, plié suivant la 
nervure médîa'ue, simple, entier, chargé de petits poils étoiles. 

Inflorescence axillaire, subterminale, consistant en un petit axe 
chargé de fleurs alternes, solitaires à l'aisselle de leurs bractées, pédi- 
cellées, accompagnées de deux l^raclées latérales stériles ; la fleur, infé- 
rieure seule est pastilles. 

Obs. ■ — Cette section représente la plus grande réduction que j'aie pu rencon- 
trer dans le nombre des pièces de l'androcée des Croton. Elle se distingue, en outre, 
par ses fleurs solitaires à l'aisselle de leurs bractées, quoique l'existence des brac- 
téoles latérales soit un indice de la disposition en cymes, et surtout par l'absence 
presque constante des appendices qui représentent la corolle dans la fleur femelle. 

E. M. Galeottiana-\ (Coll. ■Galeottd. herb. Mus.). 



(1) Je désignerai ainsi , pour abréger les descriptions , les étamines à filets infléchis, puis 
exserts lors de l'anlhcsc, dont les anilières , introrses en réalité , deviennent de la soric 
extrorses dans le bouton, cl dont il a été parlé pages 13 et 350. 



356 E. UMOVULt'ES. 

Sect. C. — FuRCARi\ Bvn. 
[PL XMI, fig. 9.) 

Fleurs mouoïques"? 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions pvofoudes: preflo- 
raison quiucouciale ou subvalvaire. CoroUe de cinq pétales alternes avec 
les divisions du calice; préfloraisou imbriquée. Disque de cinq glandes 
libres superposées aux divisions du calice. Androcée composé de 7. 8-10 
étamines, dont cinq plus courtes et plus extérieures superposées aux 
pétales. Étamiues de Croton. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions. Corolle uulle 
ou composée d'un nombre variable de mamelons obtus et très courts, 
alternes avec les divisions du calice. Ovaire à trois loges umiovulées. 

Arbustes de Madagascar, à rameaux noirâtres, dichotomes. cyliu- 
driqiies. à feuilles alternes ou subverticillées. ovales-aiguës, entières, 
peuuinerves. Toutes les parties de ces plantes sont ou glabres ou cou- 
vertes de poils squameux à tache centrale brune. 

Intlorescences terminales ou axillaires, en épis très couits. 

Obs. — Les Ftt>'cari« représentent xm tj-pe en quelque sorte dégénéré des Croton, 
dans leui' androcée, qui peut être réduit à 7 étamines, et dans l'absence entière ou 
partielle d'appendices corollins dans la fleur femelle. La brièveté des épis et la 
position subverticiUée des feuilles, en même temps que la coloration des rameaux 
dichotomes, donne à ces plantes un aspect tout particulier. 

E. F. 5oit7nia»ia f (herb. Mus.). 

Cf. : Bvn., mss. in herb. Mus. 

Secl. D. — Gtmnocroton. 

PI. XVIL fig. 10.) 

Fleurs mouoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes: préflo- 
raison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du ca- 
lice : préfloraisou imbriquée. Disque de cinq glandes alternes avec les 



CROTON (eutropia). 357 

pélalos. Androcée de 10 ôtaniines, dont cinq pins courtes superposées 
aux pétales (ou de 11-12) ; élamines de (^rolon. 

Fi.EUR FEMELLE. — Calicc gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
floraison valvaire. Corolle nulle dans la plupart des cas, ou représentée 
par 1-5 petites languettes subulées, le plus souvent absentes. Disque 
hypogyue épais, circulaire, continu, à cinq lobes superposés aux sépales. 
Ovaire triloculaire, surmonté d'un style à trois divisions réfléchies, bi- 
fides. 

Arbrisseau (?) de la Nouvelle-Hollande, à rameaux cylindriques, à 
feuilles alternes, pétiolées, bistipulées. Limbe penninerve, denté, muni 
de deux glandes latérales à sa base. Toutes les parties de la plante sont 
lisses et glabres, semées de taches glanduleuses. 

Inflorescence terminale, consistant en une série de cymes alternes 
pauciflores, composées de 2-3 fleurs mâles, réunies à quelque distance 
sur un axe commun, à la base duquel sont 1-3 fleurs femelles. 

Obs. — Cette plante constitue une section remarquable dans le genre Croion, par 
son port et toutes les parties glabres. De ce côté, elle se rapproche des Eutropia, 
dont elle a les ponctuations glanduleuses. Mais elle se distingue surtout par l'ab- 
sence à peu près constante de tout ou portion de la corojle, dans la fleur femelle, 
et la nature du gros disque continu qu'on trouve à la base de l'ovaire. Elle est 
néanmoins très voisine delà section Eutropia, avec laquelle on pourrait à la rigueur 
la confondre à titre de sous-section. 

E. G. F«Te«wa;«ïf (Coll. Verreaux, n. 59, herb. Mus.). 

Sect. E. — Eutropia Kl. 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, préflo- 
raisou quinconciale. Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du 
calice ; préfloraison imbriquée. Disque composé de cinq glandes super- 
posées aux divisions du calice, libres ou légèrement unies à leur base. 
Androcée de 10 étamines, dont cinq plus extérieures et plus courtes, su- 
perposées aux pétales, et cinq plus longues, superposées aux sépales (ou 
de 12-15, par addition d'un verticille intérieur généralement incomplet). 
Étaraines de Croton. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes (ou à 



o5S E. ISIOVULÉES. 

six divisions). Corolle de cinq pétales, petits, obliis. glanduleux, alternes 
avec les divisions du calice (E. brasiliemis .' . Disque de cinq glandes 
squamiformes , peu épaisses, appliquées contre la base des sépales 
{E. brasiliensis .'^ . Ovaire à trois loges superposées aux sépales 1 . 2 et 3. 
surmonté d'un style à trois branches divariquées planes, subdivisées' en 
deux languettes enroulées au sommet et simples, ou bifurquées elles- 
mêmes à leur extrémité. 

Feot gaiTii da calice persistant, capsulaire, tricoque. Coques bivalves 
et monûspermes. 

Arbres et arbustes du Brésil, h rameaux diehotomes et divariqués, à 
feuilles alternes, glabres ou chargées d'un duvet peu abondant, à pétiole 
court, accompagné de deux stipules latérales. Limbe membraneux, co- 
riace, portant deux glandes latérales à sa base, à bords dentés et crénelés. 
L'écorce, les feuilles, les calices, sont ordinairement semés de points 
glanduleux pellucides. 

Inflorescence en épis terminaux, grêles, allongés. Les fleurs sont 
écartées lune de l'autre, en petites cymes, d'abord femelles, puis formées 
d'une fleur femelle centrale et de mâles latérales, enfin de fleurs mâles 
seulement. Mais il arrive qu'on retrouve, k plusieurs hauteui-s de l'inflo- 
rescence, une fleur femelle au milieu des mâles. Ces dernières sont por* 
tées par un pédicelle court et grêle. 

E. E. krasiliensk H. = Croton pnhjandrum Spreng. = Rottlera brasiliensis 
Spreng. (Herb. Berl.l. 

Voy. p. 259, et 
ce : BentA., Hook. Jôum. (1854), p. S72. 
EndL, Gen. 5828, Sup. H, p. 90. 
A7., Erichs. Ârct., TU, p. 196. 
Spreng., N. Entd.. p. 2. 120. 

Sous^ecf. E . — PalatostiCtMa Mari. 
Cyclosligma Kl. 

Fleurs mouoïques. 

Fleub sule. — Calice gamosépale à ciuq divisions profondes : piv- 

floraisou légèrement imbriquée i /'. Itibiuifolius!) ou subvàlvaire 

l\ abuliloides!) . Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du 



CROTON (GinSlÎLE#A) . 3^9 

oftHce^ préilovanvoto inibrkiuée. Disqi're de oîilq g-l'andtek S'.V[')(^i'i'(hsv%^-,iiix 
sépàtes; ÂiKlrooffed'&lS'étairiineS',- d'ôi'if! éîii'q a'IteVtVés àVéë léV sé'iiSl'éy, 
cinq superposées et. cinq encore alternes, on de 15 à 20 {P. àb'uU- 
loides!)i et quelquefois plus. ÉtariTines de? Ct'àldn. 

Fleur femelle. — Calice gamosépales à cinq ditisio'ns j coMîe de eifiq 
pétales étroits, linéaires^ ou très longs, glaiiduleux au sOftimet, âlfériïés 
avec les sépales. Disque île cinq glatides superposées atix sé'pàle's. 
Ovaire à trois loges superposées aux sépales 1 ^ 2 et 3, stirrHOrité d'iiri 
style à trois branches divisées elles-tnémés ell deux Ittilguëtles stigitla- 
tifères. 

Arbres et arbustes de l'Amériqlie tl-opicalCj à feuilles altéi-nes, pé- 
tiolées, dont toutes les parties sont plibescelités ou toineilteilses. 

Inflorescences en longs épis terminaux Coiiiposés de cyriles foriiiéës 
de fleins niàles seulement ou accompagiiée§ de l-o fleili's fetbcllës CBri- 
trales, pédicellées. 

E. 1. /'. hibiscifolius, = Cyelosligma hibiscifolius Kl. = Groton Inbiscifalim 
K. (lierb. K.). 

2. P. abutiloides. = (,'yclostigma obuliloides Kl. = Croton abuti/oides K. 

(herb. K.). 

3. P. xalnpensis. = Cyclostigma xalapemis Kl. ;= Croton xalapense R, 

(herb. K.). 
h. P. Mo.riiona. = Croton palonostigma Benth. [Coll. iijjruce). 

Voy.p. 260, et 
Cf. : Benth., S. Am., in Hook. .lourn. (185i), p. 37i. 
KL, a^. Seem., p, lO/i. 
K., Nov. gen. et sp., Vil, p. 71 . 



Section F. — Gbiseleria Kk 

[PL XVI, fig. 30-38.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
tloraison quinconciale ou subvalvaire. Corolle de cinq pétales alternes 
avec les divisions du calice; préfloraison imbriquée^ Disque de cinq 
glandes allongées, superposées aux divisions du calice. Androcée com- 
posé de 10 étamines, à savoir : cinq plus petites, superposées aux 



360 E. UMOVULÉES. 

pétales, et cinq plus grandes, alternes (ou de 11-12 étaminesl. Tous ces 
verticilles peuvent être exceptionnellement réduits autj-pe h. Étamines 
de Croton. 

Flecr femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes un 
peu inégales: préfloraison valvaire. Corolle de cinq pétales petits, épais, 
glanduleux, dissemblables [fig. 36), alternes avec les sépales. Disques 
de cinq glandes plates superposées aux sépales. Ovaire à trois loges 
superposées aux sépales 1, 2 et 3. surmonté d'un style à trois branches 
prxjfondéraent partagées eu deux lanières stigmatiques vers leur som- 
met enroulé. 

Plantes herbacées de l'Amérique tropicale ou subtropicale, couvertes 
de poils peu serrés. Feuilles alternes ou subopposées, simples ou com- 
posées, mais dont les lobes latéraux sont plus ou moins avortés {fig. 38) 
et deviennent des glandes situées à la base du hmbe : celui-ci est denté 
ou serrulé. et la hase de son pétiole est accompagnée de deux stipules 
latérales. 

lîJFLOEEsCENCES terminales, puis axillaires, en épis composés, dont les 
fleurs mâles occupent le sommet. 

E. 1. G. glandulosa Kl. = Croton glandulosum L. = C. ncordioidesL. (fid. Kl.). 

2. G. chamœdrifolia El. (herh. Berl.). 

3. G. corchorifolia Kl. = Croton corcAorifolium Geis. (Gaud. herb. imp. 

Bfés., n. 1138). 

Voy. p. 262, et 
Cf. : BentL.'Fl. S. Am., in Hook. Joum. (1843'. p. Ul. 
Endl., Gen. 58272, Sup. III, p. 98. 
Gray, Man. (1856), p. 391. 
Jacq., le. rar., pi. kï. 
Kl., Erichs. Arcli.. Vn, p. 25îi. 

— PI. Meyen, p. ilS. 
K., Am. Equin., I, p. 397. 

— Nov. gen. et sp., Yll, p. 57. 
.l/i'ç., Synib. Sur., in Lina.. XXI, p. 478. 
yutt., Gen. (1618), p. 225. 

Z. C. BicL, FI. Am. Bor., IL p. 214. 
A. Bic/i., Cuba, XI, p. 214. 
ir., Sp.. p. 540. 



CROTO!V (tigi.ium). 361 

Sed. G. — TiGLiUM Kl. 
(PL XVIII, fig. 3.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes ; pré- 
floraison quinconciale! Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions 
du calice; prétloraison imbriquée. Disque de cinq glandes superposées 
aux divisions du calice, libres. Androcée de 15 étamines, savoir: 
cinq plus extérieures et plus courtes superposées aux pétales, cinq plus 
longues, alternes, et cinq plus longues encore, superposées aux cinq 
premières, ou de 17, 18 étamines, par l'adjonction d'un verticille inté- 
rieur de 2-3 {fy. 3). Étamines de Croton. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, 
campanule; préfloraison?... Corolle de cinq pétales alternes avec les 
divisions du calice, petits, étroits, renflés et glanduleux au sommet. 
Disque de cinq glandes plates supei'posées aux sépales. Ovaire à trois 
loges uniovulées, superposées aux sépales, 1, 2 et 3, surmonté d'un 
style à trois branches bifldes, réfléchies et enroulées. 

Arbustes de l'Inde, à fouilles alternes, pétiolées, ovales-aiguës, dentées, 
et dont toutes les parties sont presque glabres ou chargées de poils très 
clair-semés. 

Inflorescences terminales. Fleurs mâles portées sur un pédicelle assez 
long et mince, articulé, en cynies ordinairement triflores à l'aisselle de 
bractées alternes. Fleurs femelles à l'aisselle des bractées inférieures, 
portées sur des pédicelles plus courts, accompagnés de deux bractées 
latérales stériles ou fertiles. 

E, T. officinale Kl. = Croton tiglium L. 

Voy. p. 262, et 
Cf. : BL, Bijdr., p. 602. 

Endl., Gen. 5827', Sup. IIF, p. 98. 
Griff., le. Post., p. 482 et pi. 58i. 
.ff/.,Pl. Mey.,p. 418. 
Lour., FI. Coch.,p. 582. 
^oa;6.,Fl. Ind., m, p. 681. 
Rheed., Horf. Mal., II, pi. 33. 
Rumph., Amb., IV, pi. 42. 
Wight., Icon., 1914. 
W., Sp.,p. 1426. 



â©*! Ê. r*10TFLÉ«5. 



Seci. H. — A?fBaiÈHMA. 

Fixais monoïques. 

Flebb. 9tAL£. — Calice gamosépale à cinq diTisions profondes ; préflo- 
raison subvalvâire. GoroUe de einq pétales alternes avec les diYisions du 
calice; préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes peu marquées. 
superposées aux dividons du calice. Ândrocée de 10 étamines, dont 
dnq plus petites superposées ans pétales et cinq alternes, ou de 12-15. 
Étaminesde CroSan. 

Fleor i^eheule. — Calice gamosépale à cinq divisions. Corolle de 
cinq pétales alternes arec les divisons da calice, étroits^ aigus, subulés. 
Disque de cinq petites glandes superposées ans sépales, peu développées, 
appliquées contre le calice. Âudrocéerudimentaire composé de iO-12-15 
languettes étroites, snbulées, entourant le pied de Fovaire. Ovaire trilo^ 
culaire^ surmonté d'un style à trois branches divisées en 6-^ lanières 
éhviites. filiformes. 

Arbuste de l'Amérique tropicale, à feniUês alternes. 

l!!{FLOB£SiCE!$C£ dont V'àxe commun porte des cpaes alternes de fleurs 
màlt^' pédicellées. 

(M. — ^ Là seole section de ce genre dans lâ^iKHê kt âêdr feilidlè pâHê aulbur 
de sùù ôtaâiê des Màminodël offidàpâîaMËi à cébs des /atrôpkA. 

Ë. A. troeiêafjg. j = Crmm îmidtifatmm Lamk. ifJiBfb. Jass.^. 



Sedt. I — AsTaaofse. 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gami^pale à cinq divisions; pr^omisôn quin- 
condale. Corolle de cinq pétales alternes; préfloraisôn imbriquée. Cinq 
glandes libres, alternes avec les pétales. Androoée eompc^sé de 10 éla- 
mines (on 11-12), dont cinq plus petites et plus estérieures superposées 
aux pétales, et cinq intérieures plus longues, alternes. Fiiels infléchis 
dans la préfloraison, iosérès sur Un réceptacle viUeux êî portant eux- 
mêmes des poils dans leur portion inférieure. Anthères bilocuîaires . 
introrses et eirtrorses dans le boutonpar suite de Tinflexion du filet. 



CROTON. (aSïRVEA). âgé 

Flkur femelle. — Calice gamosépale persistant, à cinq divisions 
profondes, grandes, colorées, lisses, épaisses surtout à leur base, pré- 
lloraison valvaire et, vers la base, légèrement réduplicative, ee qui donne 
à cette portion de la tleur une forme prismatique, cannelée. CofoUe de 
cinq pétales alternes avec les sépales, petits, étroits, tubulés. Point de 
disque hypogyné; seulement la base de l'ovaire unie avec celle du calice 
est épaissie, subcharniie. Ovaire oblong, trigone, à trois loges uniovulées. 
Style divisé aussitôt en trois branches étalées, dont l'extrémité libre se 
partage en quatre languettes irradiées, quelquefois bifides elles-mêmes. 

Fruit capsulaire tricoque, muni du calice persistant; coques bivalves 
monospermes. 

Arbustes des Antilles, à rameaux glabres, à feuilles alternes, simples, 
entières, pétiolé^es, glabres, couvertes de poils glanduleux, pellucides èti 
abondance. 

iNt-LORESCENCEs terminales en grappes. Les fleurs femelles sont à la 
base, nombreuses, charnues à l'aisselle d'inie bractée accompagnée de 
deux bractées latérales stériles. Il en est de même des fleurs mâles, plus 
nombreuses encore en haut de la grappe, colorées, articulées à leur point 
d'insertion sur le rachis, où elles laissent une tache blanche en se dé- 
tachant. 

Obs. — Ces plantes ressemblent par le calice de la fleur femelle à la plupart des 
Astrœa. Elles en diffèrent par leurs feuilles non découpées, non pubescêntes, glan- 
duleuses, par la présence constante d'une corolle dans la fleUr femelle, ainsi que 
par l'absence d'un disque nettement prononcé. Le port et l'aspêct généial sont 
également très caractérisés. 

E. 1, .1 Hookeriana f (Coll. Hook. herb. Mus.). 

Sect. 3. — AsTRiEA Kl. 
[PI. XVJI, fig. 7, eipl. XIX, fig.ï.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; préflo- 
raison quinconciale. Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions 
du calice; préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes superposées 
aux sépales, libres, bien distinctes. Androcée composé de 15 éla- 
mines, savoir : cinq plus courtes superposées aux pétales, cinq plus 



36i!| F. UNIOVULÉES. 

longues alternes, cinq plus longues encore et plus intérieures superposées 
aux cinq premières (.4. tomenlosal — À. divaricata! — J. manihot! 
ifig. 7;. Le dernier verticille d'étamines peut être réduit à deux nu trois 
{A. tobala!). Étamines de Croton iPl. XIX, fîg. 1). 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes. 
Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du calice, petits, 
étroits, subulés [J. lobaia!). ou réduits à de très petits mamelons, ou 
nuls. Disque hypogyne de cinq glandes superposées aux sépales. Ovaire 
oblong, trigone, à trois loges uniovulées, superposées aux sépales 1, 2 
et 3. Style aussitôt divisé en trois branches allongées, subdivisées irré- 
gulièrement en 3-8 branches inégales. 

Fruit capsulaire tricoque, muni ducalice et du style persistants : coques 
bivalves et monospermes. Graines caronculées. 

.\rbrisseaux ou herbes de l'Amérique tropicale et de l'Afrique, à 
feuilles alternes, pétiolées, bistipulées, à limbe simple ou 3-5-7 lobé, 
semé de poils étoiles peu nombreux. 

Intlorescemce terminale ouaxillaire. Axe principal chargé de bractées 
alternes persistantes. A l'aisselle des supérieures, les fleurs mâles en 
petites cymes, portées par de fins pédicelles allongés. Fleurs femelles à 
l'aisselle des bractées inférieures, le plus souvent solitaires, portées par 
un pédicelle court et épais. 

E. 1. -4. divaricata Kl. lierb. Berl.). 
1. A. tomentosa Kl. Jierb. Berl.j. 
3. A. manihot Kl. (herb. Berl.). 
k. A. loho.ta'K[. = Croton lobatus L. (herb. Mus.). 

Voy. p. 258, et 
Cf. : Benth., Voy. Sulpb. , p. 165. 

£'?îrf/. , Gen. 58282. gt Sup. II, p. 90. 
FI. fl.,M, p. 71. 

Gardn.,F\. Bras, in Hook. Journ. (18i2), p. 5h0. 
Boof,-., Mger fl., p. 509. 
H. B. A'., >iov. gen. et sp., VII, p. 71. 
AV., Erichs. Arch., VII, p. \m. 
— ap. Seem., p. 103. 
A'., Am. Eq. , I, p UOl . 
Pal. Beauv., Fl. Ow., p. 59 et pi. 36. 
/?(>/;. A., in R. S. Cuba, XI, p. 214. 
Scf,l.,P\. Lieb., in Linn., IX, p. 2^0. 
\y., Sp.. VIII, p. 555. 



CKOIOX (l'ODOST.VClIVS). 365 



SeCt. K. — PODOSTACHYS Kl. 

Fleui's monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; préflo- 
raison valvaire (P. serrata!), ou légèrement imbriquée {P. incana!). 
Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du calice, pubescents 
ou villeux ; préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes libres ou 
petites, blanchâtres {P. serralal), ou plates [P. incana'.). Androcée de 
10 étamines, savoir : cinq plus petites superposées aux pétales et cinq 
plus grandes alternes — ou 7-9, le verticille intérieur étant réduit à 
2-4. Étamines de Croton. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes 
(P. serrata!), ou six (P, incana!). Corolle de cinq pétales alternes avec 
les divisions du calice, petits, étroits, subulés (P. incana!), ou rameux 
(P. serrata!). Disque de cinq glandes superposées aux sépales, accolées à 
leur base, coniques, aiguës (P. incana! — P. serrata!). Ovaires à trois 
loges superposées aux sépales 1,2 et 3. Style à trois branches bifurquées. 

Plantes herbacées du Brésil, dont toutes les parties sont finement 
pubescentes. Feuilles alternes, simples, crénelées ou dentées. Pétiole 
accompagné de deux stipules latérales ; limbe muni de deux glandes 
latérales à sa base (P. serrata !). 

Inflorescences terminales, en épis composés. Bractées alternes: les 
inférieures, très rapprochées, subopposées, portent à leur aisselle les 
fleurs femelles ; les mâles, pédiceflées, sont à l'aisselle des supérieures, 
accompagnées de deux bractées latérales le plus souvent fertiles. Entre 
les fleurs des deux sexes il y a souvent un intervalle notable de l'axe qui 
est vide. 

E. 1. P. serrataKl. (Herb. Berl.). 
2. P. incana Kl. (Herb. Berl.). 

Voy. p. 262 , et 
Cf. : E7idl.,Gen., .5828', Sup. 11, p. 90. 
A7., Erichs. Arch., VII, p. 193. 
A'., Am. Equiu , I, p. 397. 



366 E. IMOVtaiBS. 

.Seci. L. ^'Q>calik£.I. 
^Pl. \m, fig. 1-2. et />/. XIX. fig. 2.) 

tFleurs. mœoî<jues.ou dioïques. 

Flecr iîALE. — r Calice ganiosépale à ciuq divisions profoudes : ppeflc»- 
raisûu quinconciale d'abord, et. plus tai"d. subvalvaire. Corolle de ciuq 
pétales alternes avec les divisions du calice: préfloraison imbriquée. 
Disque de cinq glandes super^poséesaui sépales, libres, aplaties. Audrocee 
de 10 étamines, savou- : cinq plus petites et plus extérieure^; superpo- 
sées aux pétales, et ciuq plus longues, alternes (jdj^ix ou .trois (Je ces 
dernières peuvent manquer). Etamines de Crotan. 

ïxtrR FEMELLE. — Calice gamosépale. campanule, à cinq divisions; 
préfloraison subvalvaire. Corolle de cinq petits pétales, alternes avec les 
divisions, du calice, étroits, subulés,. glanduleux au sommet , 0.. 5e/to- 
îçiarta.^ . Disquede cinq glandes aplaties superposées aux sepa'es. jûvaire 
globuleux a trois loges superposées aux sépales, l . .2. et 3, sumjonté d'un 
style à trois brandies subdivisées eu deux ou... plusieurs lanières stigma- 
tifères. 

. Sous-arbrisseaux de l'Amérique ti'opicale, berissés. de, poils roides, à 
feuilles alterues. bistipulées. à ueiTures saillantes inferieurement. -et 
dont la base du linibevest iuferiemement occupée par deux, grosseiglaiales 
latérales PI. XIX. fig^ %); bords dentés ou crénelés. 

„ tsFLûBEscExcïs terminales en épis, portant des bractées alternesa l'ais- 
selle desquelles sont supérieurement des cymes jnàles :.pauc.iflores, bi- 
pares. ou unipares par. avmiemeut, et inferieurement les ileurs femelles 
accompagnées de deux bractées latérales stériles ou ferliles. 

E. 1. 0. perdicipes^ CrvtonperdkipesA. S H,»(Tiârb.^pr<^r.,. 
2? 0. Sellovciona Kl. Berb. Berl. . 

Voy. p. 261, et 
Cf. : EndL, Gen. 5828^ et Sup. U, p. 90. 
KL, Ëridis. Ardu, Vil, p;195. 



I 



CROTON ■ (barhamia) . 367 



Sect: M. ■— Barhamia 'fi/. 

Fleurs monoïques.. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions ; pi'éfloraison val- 
vaire ou à peine imbriquée. Corolle de cinq pétales alternes avecles divi- 
sions du calice ; préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes super- 
posées aux divisions du calice. Ândrocée de 10 (ou 12-15). Étaraines 
de Croton. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes: pré- 
floraison valvaire ou légèrement imbriquée (/;?. wrtîccp/b/ïa/^.- Corolle de 
cinq pétales petits, étroits, subulés, infléchis, alternés avec les divisions 
du calice { B. iir licœ folia !) oa obtus et très courts [B. kispida \) ou hu\s 
{B. essequiboensis !). Disque de cinq glandes superposées auk divisions 
du calice, aplaties (B. hispida .')ou épaisses et charnues [B. itrtièdefolia!). 
Ovaire à trois loges uniovulées. Style a trois branches découpées chacune 
en /(- 6 lanières étroites, réfléchies, enroulées au sommet. 

Plantes de 1-Amérique tropicale, à organes pubesceirts ou iiispides, à 
feuilles alternes ou subopposées, verticillées, dentées. 
; ilNF.iiORES(jENCEa terminales ou subteiiminales, consistant eu un axe 
simple ou ramifié, chargé de bractées à l'aisselle'- desquelles sont : en 
haut, des fleurs mâles, accompagnées de'debx-'bi-actéies latérales, ou 
stériles, ou fertiles, et plus bas , plusieurs fleurs femelles superposées, 
oritinairement solitaires à l'aisselle de .chaque. bractée. 

E. 1. B. kispida Kl. := Croton hispidus Kl. (lierb. K.). 

'2. B. urticœfoliaYA. =z CivtoninultispicatusYeWoz. (h. Mus.). 
3. B. essequiboensis Kl>. 's=:f'6v'9^n-essequil}0^se Kl (Coll. Berbice, — lierb. 
Deless.). 

' ., Yoy. p., 262, et 
Ci".,.: Bentk..,.RoQh^ioutn.(l8aU), p. 372. ' 
6m.,.Caraiib., p. 23. 
A'/.,'ap.Seem., p. 10^. 



sG8 E. UîflOTCLÉES. 



Sect. N. — Tlma>"dra A7. 



Fleurs monoïques ou dioïques. 

Fleltr m ai F . — Calice gamosépale à ciuq diTisions profoodes ; préflo- 
raisou quiDCODciale {T. dichotoma! — T. serratal). Corolle de cinq 
pétales alternes avec les divisions du calice : préfloraison imbriquée. 
Disque de ciuq glandes superposées aux divisions du calice, libres 
T. serratal — T. dichotoma!). Androcée de 10 étamines. savoir : cinq 
plus petites supei"posées aux pétales et cinq plus gi^andes alternes, — ou 
de 15, un troisième verticflle étant superposé au premier (T. serratu !). 
Tous les verticilles de cette flem" peuvent être têtramères. Étamines de 
Croton. 

Fleur femelle. — Comme chez les Medea. 

Fruit capsulaire tricoque. Coques bivalves et monospenues. 

Arbustes du Brésil, à feuilles rassemblées vere l'extrémité des rameaux 
ou éparees sur toute la tige, alternes, petites, ovales, bistipulées. entières 
ou sennilées, cbai"gées de petits poils étoiles et de poils glanduleux pel- 
lucides. 

E. 1. T. dickirionmH. (Herb. Berl. = Crotoii brachîatus Mart. (Ha-b. Fi. 
Bras., n. 959). 
2. T. serrofa Kl. {Herb. Berl.). 

Voy. p. 263, et 
C£ : Eiidl.,Gen. 5828^ Sup. II. p yO. 
/î7.,Ericbs. Ardi.. VII. p. 197. 

Sect. 0. — AIedea Kl. 

)' Flem's monoïques. 

Fleur malu — Calice a cmq divisions imbriquées. Corolle à cmq 
pétales imbriqués. Glande 0. Androcée de 10 étamines de Croton. 

Fleur femelle. — Calice à cinq di\isions profondes, pereistantes, 
étroites, très longues. Corolle 0. Disque 0. Ovaire à trois Ic^es. Style à 
trois divisions stigmatiques sessiles, profondes, à lobes dressés, arrondis. 

Fruit capsulaire: globuleux, tricoque. Coques bivalves et mono- 
spermes. 



CUOTON (^cleoduua). oGD 

Arbuste du Brésil, hérissé, à rameaux dressés, dichutoiues. Feuilles 
alterues, serrées, subsessiles, ovales, villeuses, blanchâtres et tachées de 
points pellucides glanduleux, dépourvues de stipules. 

Inflorescences axillaires au sommet des rameaux. Fleurs mâles pédi- 
cellées, femelles sessiles. 

Cf. : KL, Ericlis. Arcli., VII, 1, p. 198. 



Sed? V. — Cleodora Ki. 

» Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice à cinq divisions pubescentes , imbriquées. 
Corolle de cinq pétales imbriqués. Disque 0. Ândrocée de 10 étamines 
de Croton, insérées sur un réceptacle villeux. 

Fleur femelle. — Calice cupuliforme quinquéflde, à divisions per- 
sistantes, larges, obtuses, imbriquées. Ovaire triloculaire. Style à trois 
divisions stigmatiques sessiles, ascendantes, tripartites, à lobes arrondis, 
profondément bifides. 

Fruit capsulaire, globuleux, tricoque. 

Arbre du Brésil, à rameaux et feuilles villeux. Feuilles alternes, pé- 
tiolées, sans stipules, oblongues, émarginées à la base, membraneuses, 
à points pellucides glanduleux, subserrulées. 

Inflorescence. — Épis terminaux. Fleurs femelles inférieures, éparses; 
fleurs mâles supérieures, accompagnées de bractéoles; bractées multi- 
flores. 

Cf. : A7., Ericlis. Arcli., VII, 1, p. 196. 

Sect. Q. — Codonocalyx Kl. 

Fleurs dioïques. 

Fleur MALE. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
floraison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec les sépales ; pré- 
tloraison imbriquée. Disque de cinq glandes libres alternes avec les 
pétales. Androcée de 10 étamines, dont cinq plus petites superposées 
aux pétales, et cinq alternes plus grandes (ou de 9-12-15 étamines). 
Etamines de Croton. 

24 



.'^70 li. UNIOVULÉES. 

Fleur femelle ?... 

Petites plantes hrésilienues pubescentes ou villeuses, à feuilles alternes 
ou subopposées, pétiolées. bistipulées. Limbe ovale, étroit, peuninerve, 
chargé de poils. 

E. 1. C. velleriflonisKï.lheTh.BeTX.). 

2. C. montevideensis ]sl. (ibid.)- 

3. C. lanafusKl. (ibid.). 

U. C. polymorpkus RI. ibid.). 

5. C. divaricatus Kl. (ibid.). 

6. C. longifolius Ivl. (ibid.). 

Cf. : AV., mss. herb. Beii. 



Sectt R. — Crotonanthus RI. 



Cf. : AV. .Sclied. ad pi. Karsten. 

Schl. , Wagu. Coll., in Linu., XXVI, p. 63i. 



Secl. S. — Lasiogtne Kl. 



Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; préflo- 
raison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions du 
calice ; préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes alternes avec les 
divisions du calice glabres, concaves, Kl.). Audrocée de 15-20 étamines. 
Étamiues de Croton. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; cam- 
panulées, à divisions dressées, un peu inégales {L. phloiîioides!). Corolle 
de ciuq pétales étroits, linéaires, alternes avec les divisions du calice 
[L. phlomoides! . Disque glanduleux hypogyue à cinq lobes élargis, 
superposés aux sépales et appliqués contre leur base. Ovaire Iriloculaire. 
surmonté d'uu style à trois divisions elles-mêmes subdivisées (quatre fois 
bifides, Kl.). 

Arbustes de l'Amérique tropicale, à feuilles alternes, entières, cou- 
vertes de poils étoiles ou écailleux. serrés, accompagnées de deux 
stipules latérales subulées. 

Inflorescences en grappes cumposées terminales et axillaires. dont 



HliNDECANDRA. 371 

les cyuies mâles occupent le sommet et dont un assez grand nombre de 
cymes t'einelles occupent la base [L. phlomoides). 

E. L. phlomoides Griseb. = Croton phlomoides Pers. (Herb. Mus. — Herb. 
Juss.). 

Voy. p. 26i, et 
Cf. : Endl., Gen. 5828^ Sup. 111, p. 99. 
Grissb., Caraïb., p. 23. 
AV., PL Mey., p. Ù18. 
SchL, in Linn., VI, p. 762. 



iO. Crolon à fleurs des deux sexes apétales. 



HENDECÀNDRA Eschsch. 

V 

Astrogyne Benth. 
Croton l K. 

Fleurs dioïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, égales; 
préfloraison valvaire (H. gracilis!). Disque de cinq glandes libres super- 
posées aux divisions du calice. Androcée de 10 étamines (ou 6, 8, 12), 
dont cinq plus grandes superposées aux divisions du calice et cinq plus 
petites alternes. Filets libres, insérés sur un réceptacle saillant, infléchis 
dans la préfloraison. Anthères k deux loges aduées, à déhiscence longi- 
tudinale, introrses lors de l'anthèse, et extrorses par suite de l'inflexion 
du filet. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions, comme dans la 
fleur mâle. Ovaire à trois loges uniovulées, dont une postérieure el 
deux antérieures; surmonté d'un style aussitôt divisé en trois branches; 
chacune de celles-ci est à son tour partagée en trois ou quatre languettes 
rayonnantes, à extrémités stigmatiques infléchies dans la préfloraison. 
Fruit capsulaire tricoque. Coques bivalves et monospermes. 
Plantes herbacées ou suffrutescentes du Mexique, de l'Amérique 
équinoxiale, rameuses dès la base, à feuilles alternes simples, ordinaire- 
ment entières, étroites, à nervure médiane saillante sur la face infé- 
rieure, non stipulées. Tous les organes de la plante sont couverts de 
poils squamiformes blanchâtres à centre saillant et coloré. 



'612 E. UNiOVtLÙliS. 

Inflorescences terminales. Les fleurs mâles sont silnées à laisselle 
de bractées alternes portées au sommet des rameaux , solitaires ou en 
cymes paucitlores. sessiles ou brièvement pédicellées. Les femelles sont 
le plus souvent solitaires à Taisselle de leur bractée. L'inflorescence 
terminale peut devenir oppositi foliée par suite de la déviation de sou 
axe. 

Obs. — Les Hendecandra doivent être maintenus comme genre, parce que lem"s 
fleurs sont réellement apétales. Ce n'est pas qu'on ne rencontre quelquefois une 
lame rougeâtre étroite, dans l'intervalle de deux sépales, dans Yff. procumbens, 
mais ceci est une exception. Les étamines sont rarement au nombre de onze, 
conmie semble l'indiquer le nom générique; plus souvent il y en a douze; deux 
alors occupent le centre de la flem-. Ce sont, à part le port qui a cpielque chose de 
spécial, des Croion par tous les autres caractères. M Klotzsch avait d'abord réuni 
à ce gem'e ses Codonocalyx qui doivent en être séparés, puisqu'ils ne sont pas 
dépourvus de corolle. 

E. 1. H. procumbens^nchsch. = Astrogyne a^otonoides Benth. = Cn>/oH ^roctïis 
K. Herb. K. et Coll. Hartw., n. 83). 
2. H. texam'&eQ.Ûi.. ^'Fl. Tes. berb. Mus.). 

L'H. maritima Kl. est un Gynamblosis. 

Les espèces que le même auteur énumère, Erichs., Arcb. (18il), p. 193, 
sont des Codonocalyx. 

Cf. : Beiii/i.,'P\. Hart^\-., p. 14 et 31. 

— Yoy. Sulpb., p. i89 et pi. 91. 
Etidl., Gen. 582û. 

Fschch. ,Mém.. Acad. Pétersb.,X. 

— Linnœa, III, Liter., p. 150. 

Book. et Arn.. Beecb. Yoy., p. 389 et pi. 12. 
H. B. K., Nov. gen. et sp., II, p. 55. 
A7., Erichs. Arch., tSil, p. 193 et 252. 
.ScA;., Wagn. Coll., in Linu., XXYI, p. 633. 

— Liun., XIX, p. 238. 

— Pi. Lieb., in Linn., IX, p. 238. 
Torr. et G'/-. ,Rep., p. 18. 



im\r.iivsTAriivs. ;^7.") 



il. Croton il divisions c.iliciii.ilcs iiu'i;alps. 



BRACHYSTACHYS Kl. 

Croton s Hérit. 







[PI. XVII, fiff. 4.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes égales ; 
préfloraisou valvaire (ou à peine imbriquée). Corolle de cinq pétales 
alternes avec les divisions du calice; préfloraison i:nbriquée. Disque de 
cinq glandes étroites, superposées aux divisions du calice et plus ou 
moins adhérentes avec leur base, soudées ordinairement entre elles 
inférieurement. Androcée composé de 10 étamines , dont cinq plus 
petites et plus extérieures superposées aux pétales, et cinq plus grandes 
alternes. Filets libres insérés sur un réceptacle saillant, chargé de poils, 
infléchis dans la préfloraison. Anthères à deux loges, à déhiscence lon- 
gitudinale, introrses dans l'anthèse, extrorses dans le bouton, par suite 
de l'inflexion des filets. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, 
inégales, dont une surtout beaucoup plus petite que les autres et parfois 
presque nulle {fig. !i); préfloraison valvaire. Corolle de cinq petits 
pétales alternes avec les divisions du calice, courts, étroits, épais, glan- 
duleux. Disque hypogyne très peu marqué, composé de cinq glandes 
aplaties, à peine saillantes, appliquées contre la base des sépales et 
colorées différemment. Ovaire à trois loges uniovulées, surmonté d'un 
style aussitôt divisé en trois branches profondément bifides ou en six 
branches superposées par paires à chaque loge, étroites, filiformes, 
épaissies vers leur sommet stigmatifère réfléchi. 

Fruit capsulaire tricoque. Coques bivalves et monospermes. Graines 
à tégument crustacé, caronculées. 

Plantes herbacées américaines, dont toutes les parties sont abondam- 
ment recouvertes de poils blancs ou jaunâtres. Feuilles alternes, dentées 
ou serrulées, portant deux glandes subglobuleuses latérales, à la base du 
limbe. Pétiole court, accompagné de deux stipules latérales, filiformes, 
cadiuiues. 



o74 E. UXIOVULÉES. 

Inflorescences terminales et axillaires en épis courts : à la base sout 
une ou quelques fleurs femelles ordinairement solitaires ; les fleurs mâles 
solitaires, ou en petit nombre, k l'aisselle de leurs bractées. 

Obs. — Les Brackystachys peuvent former un genre distinct, parce que leur 
périanthe est irrégulier dans la fleur femelle, par inégalité des divisions calicinales. 
Ce genre est donc, par ce fait, très voisiu des Julocroton et des Pilinophytum ) mais 
il se distingue des premiers par la présence des pétales et la régularité de son 
disque, et des derniers par le nombre de ses divisions calicinales, qui est le même 
dans les fleurs des deux sexes. 

E. Brachystachys hirlaEl. = Croton hirltis Lliérit. iHerb. Mus. et Deless.). 

Cf. : Benth., FI. S. Amer.in Hook. Journ. (18i3:, p. 47. 
Endl., Gen. 58273, Sup. III. p. 98. 
Geis., Mon. Crot., p. 62. 
H. B. K., Nov. gen. et sp., VII, p. 57. 
A7., Hook. Journ., II, p. 47. 
iliq.^ FI. Surin., in Linn.. XXI, p. 478. 



42. Croton à disqae et périanthe femelles irregiiliers. 

JULOCROTON Mart 

Croton l Auett. 
I Helerocidamys Tarez. 

{Pl.n, fig. 23-24.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur m.u.e. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, souvent 
inégales ^les divisions l. "2, 3 peuvent être carénées ou corniculées sur 
la ligne médiane); préfloraisou quinconciale. et plus tard, souvent 
valvaire. Corolle de cinq pétales étroits, alternes avec les divisions 
du calice ; préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes superposées 
aus diArisions du calice. Androcée composé de 10 étamiues (ou 9-12) 
disposées sur deux rangées, dont cinq plus courtes et plus exté- 
rieures, superposées aux pétales, et cinq plus lougues, alternes. Filets 
libres, insérés sur un réceptacle saillant, hérissé ou pubescent. le plus 
souvent eux-mêmes chargés de poils dans leur parlie inférieure, infléchis 
dans la prt'Horaisnn. Anthères biloculaires. introrses. à déhiscence Ion- 



JULOCROTOX. 375 

gitudiiialo. extrorses dans la prt4!oraisoii par suite de riiilleximi du lilci. 
Pistil rudinieiitaire central (non constant). 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions 1res profondes, 
dont une antérieure plus grande que toutes les autres, deu.\ latérales 
généralement un peu plus petites, et deux postérieures très petites ou 
presque nulles {fig. 23), à bords finement découpés, pectines; les deux 
postérieures sont ou sinijiles. étroites, déchiqnetées, ou bifides (J. ni- 
(jricam). Disque hypogyne glanduleux, en forme de croissant, dont la 
convexité regarde en avant, plus ou moins lobé ou saillant dans l'inter- 
valle des trois sépales antérieurs, s'atténuant peu à pen et manquant 
complètement du côté de l'axe, ou foi'mé de cinq glandes superposées 
aux sépales, soudées avec eux, sauf à leur sommet; dont les deux pos- 
térieures sont presque nulles {p.g. 23, d). Ovaire à trois loges uuiovulées, 
dont une antérieure et tieux postérieures, superposées aux plus petits 
sépales. Style à trois divisions aussitôt partagées en deux ou trois lanières 
velues, stigmatiques à leur sommet enroulé. 

Fruit capsulaire tricoque, muni du périanthe persistant et accru. 
Coques bivalves et monospermes. Graines caronculées {fig. 24); caron- 
cnle quadrigone, à angles arrondis, échancrée au milieu de son bord 
dorsal, réfléchie supérieurement sur elle-même. 

Sous-arbrisseaux américains, à rameaux souvent anguleux, conqjri- 
més, pubescents ou tomenteux de même que les pétioles et les axes d'in- 
florescence. Feuilles alternes, ovales, denticulées, généralement cordées 
à la base, penninerves, tripli- ou quintuplinerves à la base, chargées de 
poils étoiles nombreux; pétiole accompagné de deux petites stipules 
latérales caduques. 

Inflorescences axillaires et terminales, consistant en un axe chargé 
de bractées alternes, à l'aisselle desquelles se trouvent inférieurement 
les fleurs femelles, supérieurement les mâles, solitaires ou en glomérules 
pauciflores ; la base de l'inflorescence commune est parfois accompagnée 
de feuilles rapprochées, subverticillées. formant une sorte d'involucre. 

Obs. — Les Julocrotùii sont des Crolon à périantlie irrégulier, surtout clans les 
Heurs femelles, chez lesquelles deux sépales sont postérieurs et un antérieur. Quant 
à la fleur mâle, elle serait celle d'un Croton décandre, si les sépales extérieurs ne 
se trouvaient souvent carénés ou corniculés sur leur ligne médiane ; le disque 
hypogyne incomplet de la fleur femelle participe de l'irrégularité du périanthe. 

Les Ileterocfilamys Turcz. ne me paraissent aucunement distincts de ce genre. 



o76 E. UNIOVULÉES. 

Deux des sépales sont si petits dans la fleur femelle, qu'ils ont pu échapper à 
l'observation ; le disque y est plus nettement lobé que chez les autres Crofon , et 
chacune de ses divisions se soude avec le sépale auquel eOe est superposée, sauf à 
son sommet aigu, qui est libre. 

On poun'ait encore rapprocher de ce genre et des deux voisins les Anisophyllum 
Bvn fmss. in h. Mus. non Haw.). Dans l'A. scutelligerum Bvn, on voit, en effet, 
que les deux divisions intérieures du cahce sont, dans la fleur femelle, moins 
développées que les trois autres. La fleur mâle est d'ailleurs, ainsi que celle de 
Y A. acntifoliumByii ^mss. coll. n° 2185;, tout à fait celle d'un Croton,pa.v le 
cahce, la coroUe, le disque de cinq glandes, et l'androcée de 10-15 étamines. ou 
plus. 

E. \. J. phagedenicus Mart. (Il Fi. Bras. n. 161. — Id. coll. Gaud. herb. imp. 
Brés. n. U41. 
Le Croton acntum Tlig. iherb. Pourret) se rapproche beaucoup de cette 
espèce. 

2. J. verbascifoUus Kl. (herb. Berl. — Id. coll. Gaud. herb. imp. Brés. n. 167i). 

3. /. sp. /coll. Clauss. , 18i3, n. 206. — Id. coll. Wedd. n. \kh et 206). 

h. J. montei'ideensis Kl. (herb. Berh] =: Croton o?-gen(eum L. {co\\. Bonpl. , 
n. 1478. — Id. coll. Wedd. Parag., 1845, n. 3138). 

5. J. solanaceus KL (herb. Berl. — Id. coll. Gaud. h. imp. Brés., n. 951). 

6. J. sp. (coll. Gaud. h. imp. Brés. n. 8). 

7. /. rufescens Kl. (herb. Berl. — Id. herb. A. S. H. — Id. coll. Clauss , 

1848, n. 761. — Id. coU. Guillem, 1839, n. 337). 

8. J. lanatus Kl. = Croton nigricans Mart. (h. flor. Bras. n. 847. — Id. coll. 

Gaud. h. imp. Brés. n. 949. — Id. coll. Wedd. n. 117. — Id. coll. 
Leandro, 1819). 

9. J. lanceolatus Kl. = Croton conspurcatus Schl. (coll. Schiede, n. 39). 
10. J. quinquenervium = Heteroc/ilamys quinquenervia Turcz. (coll. Berland. 

herb. Deless.). 

Cf. : EnrU., Gen. 5828 et 5828', Sup. IV, p. 91. 

Gardn., FI. Bras., inHook. Journ. (1842), p. 187. 
KL, Erichs. Arch. , VII, p. 193. 

— PI. Meyen., p. 417. 
Mart., Herb. Bras., p. 119. 
Schlecht , PI. Lieb., in Linn., IX, p. 245. 
7'?/re:., Flora (1844), p. 121. 



PILINOPIIYTUM. . 377 



Zi3. Crotan à calice 7 r2 pailil. clans los fleurs fpmplles. 

PILINOPIIYTUM Kl. 

Croton l L. 

[PL XVII, fig. 8.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
floraison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec les sépales; 
préfloraison imbriquée. Disque de cinq glandes légèrement rétrécies et 
comme pédiculées à leur base, superposées aux divisions du calice. An- 
drocée de 10 étamines (9-12), savoir : cinq plus extérieures, plus petites, 
superposées aux pétales, et cinq plus longues, intérieures, superposées 
aux divisions du calice. Filets libres, insérés sur le réceptacle saillant, 
infléchis dans le bouton; anthères à deux loges déhiscentes par une 
fente longitudinale, introrses, extrorses dans le bouton par suite de 
l'inflexion du filet. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à divisions inégales, en nombre 
variable de 7 à 12, couvertes extérieurement de poils étoiles abondants ; 
préfloraison valvaire. A leur face interne, ces divisions présentent une 
nervure médiane plus ou moins saillante, colorée, qui s'épaissit infé- 
rieurement et forme, à la base de la face interne des sépales, nn disque 
fort mince et peu distinct. Pétales complètement absents, ou représentés 
par 1-3-4 languettes étroites, inégales, glanduleuses, simples, entières 
ou découpées, répondant à l'intervalle des sépales. Ovaire globuleux à 
trois loges, dont une postérieure et deux antérieures; loges surmontées 
d'un style à trois branches deux ou trois fois bifurquées en lanières 
étroites, filiformes, conniventes, persistantes. Loges uniovulées. Ovule 
coiffé d'un obturateur persistant, dur, membraneux, coloré. 

Fruit capsulaire tricoque pubescent, garni à sa base du périanthe 
persistant. Coques bivalves et monospermes. 

Plantes herbacées américaines, dont toutes les parties sont couvertes 
de poils serrés, ordinairement fauves. Feuilles alternes, pétiolées, penni- 
nerves, réticulées, accompagnées de deux stipules latérales, étroites, 
aiguës, ciliées, caduques. 



378 E. UNIOVULÉES. 

IxFj.oREscExcES teriuiuales et axillaiies eu épis chargés crécailles 
alternes puLescentes. À l'aisselle de chacune d'elles se trouve une fleur 
solitaire ou un glomérule triflore. Plusieurs fleurs femeUes occupent la 
base de l'épi, les autres sont mâles. 

Obs. — Le genre Pilinophytum a été établi pour le Crolon capitatum L. Par ses 
tleurs mâles, il n'est pas distinct des Crolon décandres ; mais sa fleur femelle Teii 
distingue suffisamment par le nombre des divisions du calice et le peu d'épaisseur 
de lem- base glanduleuse à laquelle on peut à peine donner le nom de disque liypo- 
gyne. De plus, les \Tais Croton ont autant de pétales, si petits qu'ils soient, que 
de sépales; ici il n'y a pas du tout de corolle [fig. 8j, ou bien elle est représentée 
par quelques petits moignons de pétales, irrégulièrement situés et dissemblables 
entre eux. C'est donc un genre qu'il faut conserver. 

E. [.P. capifatum Kl. [Croton capitatum L. herb. Michx). 

2. P. Lindheimeri Engebn. (Coll. Riebl, n. hl\. — M.. FI. Tex. exs.. 
n. 171). 

Cf. : EndL, Gen. 5829, Sup. III, p. 99. 
6/-ay(_4.), Man. (1856), p. 391. 
KL, Erichs. Arch., I ^18H), p. 255. 
^utt., Gen. (1818), p. 225. 
Rieh. [L.-C), in Mich.. Am., II, p. 211. 



U'a. Chiropetalum à étamlnes libres, à gynécée 2-loc. 

GY>î.\iMBLOSIS Ton: 

Angelandra Endl. 

Engelmannia Kl. -^oùn Torr. et Gr. ' 

Croton I Mich. Nutt. 

(PI. X\lI,/?,7. 11-12.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur m.vle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, cou- 
vertes en dehors de poils étoiles: préfloraison valvaire. Corolle de cinq 
pétales alternes avec les sépales: préfloraison imbriquée /j^f. U . Disque 
de cinq glandes libres, superposées aux divisious du calice, .\ndrocee de 
5 étamines superposées aux pétales. Filets insérés sur im réceptacle 



GYNAMBLOSIS. 379 

convexe, libres, inlléchis dans la préfloraison, puis dressés, exserts; 
anthères biloculaires, introrses, à déhiscence longitudinale. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, 
inégales; préfloraison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec les 
divisions du calice, petits, étroits, snbulés, dissemblables, inégaux. Disque 
de cinq petites glandes supei'posées aux sépales. Ovaire à deux loges 
uniovulées, dont une antérieure et une postérieure [fig. 12); surmonté 
d'un style unique d'abord, puis divisé eu deux branches'superposées aux 
loges, elles-mêmes profondément bifides. 

Fruit capsulaire dicoque. Coques bivalves et monospermes. Graine 
ovoïde, anatrope, tachetée de noir et de gris. 

Plante herbacée de l'Amérique du Nord, dont toutes les parties sont 
recouvertes de petits poils étoiles blanchâtres; à rameaux grêles, à 
feuiUes alternes, subalternantes vers l'extrémité des rameaux, pétiolées. 
Limbe simple, entier, ovale, penninerve, recouvert, surtout inférieure- 
ment, d'un duvet blanchâtre. 

Inflorescences axillaires ou terminales, rassemblées vers la partie 
supérieure des rameaux; épis courts, à la base desquels sont une ou 
([uelques fleurs femelles, les autres mâles. 

Obs. — Ce genre répond, parmi les Croton à étamines libres, aux Chiropetalum^ 
dont il diffère, en outre, par sa corolle et surtout par le nombre des loges de l'ovaire 
réduites ici à deux. 

E. G. elliptica T. et A. Gr. = Angelandra elliptica Endl. = Engeimannia ellip- 
tica Kl, := Croton ellipticum Nutt. = Croton monanthogynwn Michx (herb. 
Michx. = Id. Coll. Fendl, 1848. — Id. Coll. Engelm.). 

Cf. : Endl., Gen. 5826', Sup. III, p. 98 et IV, p. 91. 
Gray (A.), Man. (1856), p. 391. 
Juss.[A.), Monogr., p. 30. 
KL, Erichs. .4rch., I (1841), p. 252. 
Midi., km. Bor., II, p. 214. 
Nutt., Gen. II, p. 225. 



'^^ E. rSlOTCliES. 

A5. Gynamblos'is à oraire lAifloc.. à cal. femelle irrés;ulier. 

CROTOXOPSIS L.'C. Rich. 

Cro(ûn l- W. 

Friesia Spreiig. (nonDC). 

Leplemon Rafîn. 

{PL Xn, fig. 23-27.) 

Fleurs monoïques. 

Fletr iiALE. — Calice à cinq sépales chargés de poils étoiles : préflo- 
raison quinconciale. Corolle de cinq pétales étroits alternes avec les 
sépales i/gr. 2è) : préfloi"aison?... (Un certain nombre de pétales, ou 
tous, peuvent manquer.) Androcée de 5 étamines superposées aux 
sépales. Filets libres, insérés sur le réceptacle saillant, glanduleux: 
exserls lors de Vanthèse, mais coudés et infléchis dans la préfloraison 
{fig. 2â), de manière que l'anthère biloculaire, introree, à déhiscence 
longitudinale que chacun d'eux supporte, parait extrorse dans le bouton. 

Fleur fejielle. — Calice gamosépale à cinq divisions profoudes, 
couvertes de poils étoiles ; inégales, de telle façon que les antérieures 
sont les plus grandes, et que la postérieure, très petite, peut même 
complètement manquer \fig. 25). A la base de la face interne, chaque 
division duealice porte une petite saillie glanduleuse. Ovaire pyriforme, 
allongé, à une seule loge supei*posée f: k l'axe, surmontée d'un style 
unique qui se divise plus tard en deux branches bi- ou trifides; languettes 
enroulées, réfléchies, stigmatifères ^^fig. 26). Loge ovarienne uniovidée. 
Ovule pendu un peu au-dessous du sommet de la loge, anatrope. 

Fruit sec (indéhiscent?), uuiloculaire, apiculé, garni du calice per- 
sistant, renfermant une graine suspendue vers le sommet de la loge, 
mais un peu plus bas. Graine auatrope recouverte de la primine per- 
sistante, celluleuse, formant uue caroncule ou prolongement tubuleux 
ifig. 271 

Plantes herbacées de l'Amérique boréale, à tiges grêles, rectiligues, 
linéaires, et dont pi'esque toutes les parties sont recouvertes de petits 
poils squameux qui les rendent ponctuées, furfuracées, conmie ai-gen- 
tées. Feuilles alternes, étroites, blanchâtres inférieurement. ponctuées. 
plus foncées en dessus, canaliculées. à nervures presque invisibles. 



I 



CUOTONOI'SIS. — lilllîMOCAUl'US. 381 

IiVKLOKiiscliNCES axillaii'es ou terminales, en épis dont les tlcurs t'enielles 
oeciipent la base, serrées d'abord les unes contre les autres, puis s'écar- 
tant par suite de l'élongation de l'axe; placées à l'aisselle d'une bractée 
beaucoup plus large que celle des fleurs mâles. 

Obs. — Ces plantes représentent des Croton à ovaire uniloculaire. Mais celui-ci 
n'est pas surmonté, comme le croyait A. de Jussieu, de trois stigmates. 11 suffit de 
voir un pistil très jeune pour constater qu'il n'y a d'abord qu'un style et que 
celui-ci se divise ensuite en deux branches, elles-mêmes plusieurs fois partagées ; 
les branches répondant aux loges qui manquent n'existent pas ici. 

E. 1. C. lineuris L.-Cj. Rich. (hi Michx. herb. Am. Bor. — Id. herb. Juss.). = 
Croton ellipticum W. (Kl). = Friesia argentea Spreng. 
2. ? C. abnormis f (herb. Mus. Coll. Leconte). Corolle nulle ou incomplète. 
Feuilles plus larges (peut-être n'est-ce qu'une variété de l'espèce pré- 
cédente). 

Cf. : Beck. , Bot. of N. Amer. , p. 310. 
Endl.,€.e\\. 5826. 
Gray [A.), Man. (1856), p. b92. 
Jacq., Stirp. sélect., p. 256 et pi. 162. 
Juss. [A.), Monogr. , p. 31 et pi. 8. 
Kl., Erichs. Arch., Vil, p. 250. 
Rajin., N. York med. Repos., II, V, 350. 
Rich. (L.-C.), in Mich., FI. Am. Bor., II, p. 285 et pi. 1x6. 
Spreng., Syst. Veg. III, p. 850. 



ii6. Crotonopsis apétale à fleur femelle nue. 

EREMOCARPUS lienth. 
? Croton l Hook. 

» Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisions; prétloraison val- 
vaire. Ândrocée composé de 7 à 10 étamines insérées sur un disque 
central recouvert de poils soyeux. Filets libres, dressés, plus longs que 
le calice, exserls. Anthères oblongues, adnées, biloculaires, s'ouvrant 
par une fente longitudinale. 

Fleur femelle. — Pistil nu, à l'aisselle d'une bractée. Ovaire recou- 
vert de poils étoiles, uniloculaire, contenant un seul ovule latéralement 



S8'2 E. UXIO^TLÉES. 

suspendu près du sommet de la Ic^e. Style simple, filiforme, sétacé, à 

sommet unciné, à stigmate apical. 

Frcit capsulaire oblong-obovale, uniloculaire. bivalve, monosperme. 
Gmiue pendue, auatrope. Embrvon asile à radicule supère, entourée 
d'un albumen charnu ; cotylédons plans, orbiculés. 

Plante herbacée cahfornienne. annuelle, à odeur forte, ayaut le port 
d'un Crozophora, couwrte de toutes parts de poils étoiles et hérissée 
daiguiUons diaphanes. Feuilles alternes, longuement petiolées, larges. 
ovales, entières, diminuant d'étendue à mesure que Ion s'élève sur la 
plante et devenant bracteiformes auprès des fleurs. 

bvFLORESCENCES. — FlcuTs fasciculécs dans la dichotomie des tiges : 
fleurs mâles rassemblées plusieurs ensemble et pédiculées: pédicules 
unis à leur base. Fleurs femelles 1-2, subsessiles. 

Ob;. — Genre très Kmarqnable, cxéè par M. Bentham pour une planie qui, 

selon M. lindley. sert d'intermédiaire anxCrticéeset aux Eapborbiacées, pouvant 
éire indifféremment rapportées à ces danià^s ou aux Artocarpées. Elle me semble 
se rapprocber des Cratorwpsis, avec ces diffiraices que la fleur femefle serait nue 
et que te flair mâle apàale aurait plus de dnq famines. 

E. £. setigerus Bmib. (=? Crotonsetigerus Hook.). 

CI. : BentL, Voy. Solfdi., p. 53 et pi. 26. 
Endl.,{^&x. 5862^ Sup. IV, p. 91. 
Hook.,km. Bor., H, p. lit. 
lÀsiâl.^ Yeg. Kingd. edit. IIj, p. 276. 



47. Cniian à Tertidlles staminans pins que pentamères. 

KLOTZSCHIPH\TUM. 
Croton I Lamk. 
PJ. XVII. /i^. 5-6.} 

Fleurs monoïque. 

Flecr MALE. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes, chargées 
de poils étoiles: préQoraison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes 
avec les divisions du calice, chargés de poils blanchâtres abondants: 
préfioraison imbriquée {fig. 5 . Androcée composé d'un très grand 
nombre d'étamines. formant un nombre indéterminé de verticilles [fig. ô . 
Filets libres, insérés sur un réceptacle convexe, villeux , inûéchis dans 



KLOïzscHiPuyiUM. 383 

lu pi'ctloraisou. Anthères biloculaires, introrses, à déhisceiice longitudi- 
nale, extrorses dans le bouton par suite de l'inflexion du filet. 

Fleur femelle. — Calice gamosépale à cinq divisions profondes; pré- 
floraison valvaire. Corolle de cinq pétales alternes avec les divisions 
du calice et plus longues qu'elles, larges, membraneux, pubescents; 
préfloraison iml>riquée [fig. 6). Disque de cinq glandes colorées plates, à 
peine marquées, appliquées contre la base des sépales [fig. 6). Ovaire à 
trois loges uniovulées, superposées aux sépales 1, 2 et 3, surmonté d'un 
style à trois divisions, aussitôt partagées en un grand nombre de branches 
déliées, enroulées au sommet. 

FKurr capsulaire tricoque, garni du périanthe persistant. Coques 
bivalves et monospermes. Graines crustacées, surmontées d'une grosse 
caroncule charnue, bilobée. 

Arbustes (?) de l'Afrique australe, à rameaux cylindriques pubescents, 
à feuilles alternes, pétiolées, accompagnées de deux petites stipules laté- 
rales caduques. Limbe ovale-aigu ou cordiforme, pubescent intérieure- 
ment, penninerve, réticulé, à bords dentés. 

Inflorescences terminales et axillaires, consistant en un axe chargé 
de fleurs mâles solitaires, ou en cymes pauciflores, situées à l'aisselle de 
bractées alternes, longuement pédicellées; à la base de l'inflorescence, 
une ou deux fleurs femelles solitaires, encore plus longuement pédi- 
cellées. 

Obs. — .le propose ici d'établir ce genre dédié à celui des botanistes eui'opéeus 
qui s'est le plus occupé des Euphorbiacées, pour le Croton Maurifiamim Lamk?, 
distinct de toutes les autres espèces du genre Croton par l'existence d'un nombre 
indéterminé d'étamines, disposées de telle sorte qu'elles forment des verticilles 
composés de plus de cinq pièces, ce qui fait supposer qu'il est intervenu dans ces 
plantes quelque fait de dédoublement II en résulte que, dans un verticille donné, 
on aura ici plus d'une étamine en face d'un sépale ou d'un pétale. En second lieu, 
le disque liypogyne de la fleur femelle y est à peu près nul ; c'est une lame très 
mince, semblable à une couche de matière colorante appliquée contre les sépales; 
mais cette fleur femelle se distingue surtout par la présence de i)étales aussi déve- 
loppés, sinon plus, que dans la fleur mâle. Donc un Klotzschiphytum esi un Croton 
à étamines indéfinies et à corolle femelle rudimentaire. J'admettrais toutefois très 
bien qu'à la rigueur on ne voulût faire de ce genre qu'une section particulière du 
genre Croton; mais il sera peut-être utile de le conserver, eu y faisant entrer toutes 
les espèces à étamines multiples, semblant résulter d'un dédoublement latéral. 

E. A . Mauriti<(num f (lierb. Mus. et .luss.). 



28i E. UMUVULÉES. 



î& Cmîmi à fleurs ieméllcs apétales, à androcëe indéi., à filels âamin. dressa 

CODLtUM PMmph. 

Croton i L. 
Godiœum Boj. 
Phyllaurea Lour. 

(i»^ XVI, ^^. 26-35.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à cinq divisious profondes : préflo- 
itdson quincoDciale. Corolle de cicq petits pétales, alternes avec les divi- 
sioDs du calice, arroudis ou cordiformes ; préfloraison imbriquée. Disque 
de cinq glandes libres, superposées aux sépales. Androcée compensé d'un 
grand nombre d'étamines. Filets libres, insérés sur nu réceptacle saillant : 
dressés dans la préfloraison ; anthères à deux loges adnées, insérées 
presque latéralement de chaque côté du sommet élargi du filet, extrorses, 
déhiscentes par une fente longitudinale. 

Fleck pemelle. — Calice gamosépale à cinq divisions épaisses à leur 
base, où elles s'insèrent sur Taxe renflé : préfloraison quiucouciale. Disque 
hypogyne, formant à sa base un anneau glanduleux continu , plus ou 
moins adhérent à la base du calice, ayant son bord libre découpé en 
lobes obtus inégaux, irrégnliers. Ovaire conique à trois loges, superpo- 
sées aux sépales 1, 2 et 3. Style continu avec le sommet de l'ovaire, 
aussitôt divisé en trois branches allongées, étroites, réfléchies supérieure- 
ment. Loges nniovulées. Ovule envoyant un long prolongement annulaire 
entre les deux lobes de robtarateur qui le recouvre (fig. 31-35 . 

Frot capsulaire tricoque muni de calice pereistant, ou subcharuu 
Rumph.". Coques monospermes. 

Arbres et arbustes de Flude. de Java, a suc aqueux, dont toutes les 
I^rties sont glabres. Feuilles alternes, pétiolées, non stipulées. Limbe 
entier, ovale oa étroit, lisse, glabre, penninerve, souvent panaché de 
jaune, de blanc, de pourpre. 

Tnflobescevces axillaires ou terminales, consistant en un axe chai'gc 
de bractées alieroes. A Taisselle de chacune de celles-ci se trouve ou une 
cyoïe pauciflore de fleurs mâles, àpédicelle articulé ïfig. 26 j, ou uue 



CODLKIJM. — BLACHIA. 385 

femello accompagnée tic deux bractées latérales stériles et portée par 
un pédicelle très court et plus épais {fig. 27). Les deux sexes sont tou- 
jours sur des axes d'inflorescence distincts. 

E. 1. (-'. variegatum = Croton variegatumL. = Phyllaurea codiœum Loiir. et 
Var. (Cult.au Mus. et lierb. Mus. Coll. Bonpland. — Id. Lambert, 
lierb. Ind. Or. — Id. Coll. Leschenault. — Id. herb. deLeyde. — Id. 
Coll. Deless., herb. Veutenat). 

2. ('. obovattim ZoW. (Cat., n. 2^35. — Id. herb. Timor.). 

S? C Timorense A. Juss. mss. (lierb. .luss.). 

Cr. : m., Bijdr., p. 605. 

/JûJ., Hort. Maur., p. 282. 
JJot.May., pi. 3051. 
Decsne, Herh. Tiui. , p. 157. 
iiV//.,Geu. 5818. 
/i'ors^, Prodr., p. 67. 
Hassk., Hort. Bog., p. 237. 
Juss. {A.), Monog., p. 33 et pi. 9. 
Lamk, Encycl., Il, p. 203. 
Lour., FI Cooh., p. 705. 
Mirb., H. pi., IX, p. /i08. 
Meede, Hort. Mal., VI, pi. 61. 
/^j:»!'., FI. Ind., III, p. 678. 
• Jlumpk., Amb., IV, p. 65 et pi. 25, 26, fig, 2. 
Spach, H' Veg., p. 505. 
Spreny., Syst. Veg., III, p. 865. 
Voig/it., Hort. Cale, p. 157. 
IK, Sp., VIII, p. 531. 
Zoll., Obs., in Flora (1847), p. 663. 



Ù9. Cuiliœum à lype /i 6, à pisl. o-!i mhvc , h feuill. ail. ou opp. 

BLACHIÂ. 

Crolon l W. 

{PL XIX, /i^. 18-20.) 

Fleurs monoïques. 

Fleur MALE. — Calice gamosépale à cinq divisions; préfloraison quin- 
conciale (ou à quatre; préfloraison imbriquée). Corolle de cinq pétales 
(ou quatre) très courts, sessiles, arrondis, obtus, alternes avec les divi- 

25 



^6 t. '-VIOVULËIS. 

sioDS da calice (fg. 18, p). lJis.>|^e de dnq foc quatre) glandtL super- 
posées ans sépales (Jig. 18, #|. Andixjcêe de 15 (on 12) étamines 
d^iosées sur trais Teitîcîlks alterna', savoir : daq (on qu. e) plus 
inférieures et pins estérieaies, superposées aux sépales; puL cinq (on 
qnatie]) alleriMs avec les premières, et ainâ de suite. Les ét^ "es pey- 
\eat m^ne dépasser ce nombre. Filets aplatis, allant en s''éuiT^âsaDt de 
la base an sommet (%. 19), insénês sur np réceptacle coure^- od- 

tinnant sans ligne de démarcation aTec nn connectif élai. i qoi .pporte 
une antbère à éeusi loges latérales, s'onwaot par une fente ' idinajo 
(fig. 19, a). 

FiïT? TU'rz-jLz. — «ilice coloïê, beaucoup i^nts grand que ' js la 
Tt:: - 5 1 ^^ : s très {HBfond(ffî, disposées sur ' angées 

\r.-:iv^\ - .;:... r^'^'sée (((Miàciiiq;prâBoraisoD - ^-iale 

: _ ;. ^. :^ . T ; ^ ^5.: i r-iiriqnée^. •Âjqi^idices en . . ^. _ie variai . 

non constants (fig. ^, p% occupant l'int^-valle dfô drdsiocs ' . caMce. 
D:s : je hjpogyne ^andnl(»B, drcnlaire ^f . 29, d). Ova-r^ . ' "ileur à 
quatre (on trois loges) nniovnliées, surmontées d'un sty^e ndriqiie 
conrt, divisé en autant de brandies qn'ily ade loges; bianchefi ■" "lâgées 
en d^ix lani^ïs smbulées, aigo^, stigmatiques an soma.o flédii 
(fig. 20, dj. Ovules coiffîs d'un obturateur arrcMidi. 

F&mrcapsQlairetrï-onquadricoqne; coques bivalves et mor^o^rmes. 
Graines à testa épais, b^arrë. 

Arbuste (fjj de llnde, à rameaux Cabres, à £»iiUes ^ ' «r^ies, 
alËr^ies ou opposées, ^mplesi, entier^ ou à contours onénde&tëu inéga- 
lement dictés. Les d^ix &ces »Hit Cabres, la snpérieuxs'îiàt j. . 
rieore à nervure pâmées, réticulées, saiOantfê. L^ dais vaét' 
f&Me sont symétriqoes on inspnétriques. étiole court, acDMupagné de 
d^ix stipules latérales caduque. 

;fcsiixmESCiSiCË snbtenninale. Un pédoncule long et grêle, snrt« it dans 
Ifê inflorescences mâles, dressé et indivis d'abord, porte ensuite ooeiques 
fleurs qui s'en détadient presque d'un m^e point et forment me om- 
li^e on une grappe oiHitraciêe. diaque fleur fôt portée par ~>iii pédioelle 
^r^ pour les mâles, plus long, j^ épais, rmflé de la base an sommet 
pour l^ fandles. Ces pédicdks smit accompagnés à \ear ba-^e tJe deux 
^aodes latérales arrondies. 

Ois. — Cette liante, conease par ssa infloiïsiGGDee et par la pœiiion de ses 
feailks, iô alfen>eSj là o^kos^ ne pi^^sile dans sesSeors anoan caiactêrèqm 



Synaspisma. 387 

la rapproçuie. des Croton. Elle est beaucoup plus voisine des Codiœwn, des Synas- 
pisma et dus Baloghia. 

Ce gt ire est dédié au docteur Blache, en reconnaissance des témoignages 

d'affectueuse bonté que j'ai reçus de lui. 

?' 

,E. B .,y{{i*fpellata -^ = Croton umbellatum W. (Herb. Mus. Coll. Leschen. — Id. 
lje,rb,.|Perad.). 

■a UB \ 'i":CÎ' ■ -Boj., Hort. Maur., p. 281. 
ijg -, : ySpreng., Syst. Veg., p. 871. 
,( jlionâ! iraW-, Sp. pi., p. 545, 



,1 50, Codiœum e\ fleur mâle ordinairement Irimêie. 

— . ; -up, 
9lfi ,;u<(m SYNASPISMA Endl. 



2 ft'i 



Crozophora ^ Labill. 



Fleurhi/o)nbïques. 

FLEUrtjiiwALh. — Calice gamosépale à trois divisions, dont une posté- 
rieure^! >mux antérieures; préfloraison imbriquée (à cinq à[\.1 Endl.). 
Corolle Me trois pétales, alternes avec les divisions du calice, beaucoup 
plus couiHGi qu'elles, arrondis, obtus, ou écbancrés au sommet (5. pel- 
tata!). ' ndrocée composé de 10-15 étamines (ou plus). Filets soudés 
en une(nîr';;'c>i(çe centrale, glanduleuse à sa base; anthères terminales, 
biloculaw» '^xtrorses, à déhiscence longitudinale. 

...... ,E. — Calice peu considérable, à 5 divisions peu pro- 

-1-- • .riquées. Ovaire à trois loges uniovulées, surmonté d'un style 
court , à trois branches simples, entières, aiguës, papilleuses, stigma- 
tiques ' nahculées à leur face interne. 

FRUi'iocapsulaire tricoque. Coques bivalves et monospennes, Graines 
lisses, toichetées. 

Arbr^issoan de la Nouvelle-Calédonie, ayant le port d'un Codiœum, à 
rameaux ar;x)ndis, glabres, à feuilles alternes, pétiolées, accompagnées 
de deux stipules latérales caduques? Limbe entier, subspatulé, acuminé, 
glabre, lis^ penninerve, réticulé, pourvu à sa base de deux très petites 
glandes, épaississant un peu de chaque côté du pétiole, le limbe sub- 
auriculé. • 
Inflorescence. — Fleurs mâles disposées en chatons axlllaires et 



05 



fS8 E. VMOVtLÉtS. 



teriuiuaux. simples ou mullipleS; cylindriques, puis allougés, chargés 
d'écaillés alternes peltées. uniflores. rapprocliées d'abord et imbriquées, 
puis distantes sur un raehis allongé, lâche, pendant, subterrainal: 
pédicellé4?s. 

IJBS. — Rapporté d'abord aa genre Cnizophoia, cette plante n'est autre chose 
quun Codiœvm, dont elle a presque tous les caractères, à périantbe construit sur 
le type ternaire. 

E. 5. peltala Endl. = Crozfifhora peliafa LabilL (Herij. Labill. — Herb. Mus. et 
Delfôs). 

Cf. : Ertdl.. Geu. 5775. 

Labill. , y. Caled. , p. 7& et pi. 75. 
5]prê/?y., Car. post., p. 314. 



6L Coâiteum à fleur mâie 10-15 aDdr. on plos. 

SPERâXSKIâ. 

Fleiii'> dioïques (?) 

Flecs HAix. —Calice gamosépale à i-5 divisions profondes, chaînées 
de poils blancs, courts, simples: préfloraison valvaire. Corolle de 4-5 pé- 
tales, alternes avec les divisions du calice, beaucoup moins longs qu'elles, 
arrondis, cordiformes. à onglet court. Disque de ciuq petites glandes 
superposées aux pétales. Androcée composé de 10-12-15 étamines in- 
sérées sur uu réceptacle glanduleux : ciuq plus extérieures et plus courtes 
sont superposées aux pétales: cinq plus intérieures et plus longues sont 
alternes; enfin 2-5 plus longues encore, occupent le centre de la fleur. 
Filets insères sur un réceptacle saillant . dressés, libres dans leur plus 
grande étendue: anthères globuleuses ou cordiformes. à deux loges 
déhiscentes par une fente longitudinale, introrses. 

Fleur femehe....? — Frot capsulaire tricoque: coques tuberculeuses 
(Bunge' . 

Plante herbacée de la Chine septentrionale, à tige dresée, à rameaux 
simples, arrondis, portant de petits poils simples, peu abondants: feuilles 
alternes, polvmorphes. oblongues. lancéolées, à dents ou crénelures 
inégales, irrégulièrement espacées, dont le s<3mmet est épaissi, glandu- 



Sl'KRANSk'lA. — (ilVOl'lA. 389 

leux. Limbe scssile, penniiierve, subquintuplinerve à sa base, accompa- 
gnée de deux très petits mamelons glanduleux latéraux (stipules?). 

Inflorescence terminale; le sommet du rameau porte une série de 
elomérules mâles latéraux , le plus souvent tritlores. 

Obs. — Le Crolon tuberculatum Bungc, pour lequel j'établis ce genre, n'appar- 
tient pas au groupe des vrais Croton ; il se rapproche à la fois des Acalypliées et 
des Rottlérées. Sur l'écliantillon que possède le Muséum, je n'ai pu observer de 
fleurs femelles et je me borne à rapporter ce qu'en dit M. de Bunge. Peut-être 
occupent-elles la base de l'inflorescence, si la plante est monoïque. J'ai donné à ce 
genre le nom du ministre Spcranski, l'admirable réformateur du gouvernement de 
la Russie asiatique. 

E. S. tuberculuta ^ = Croton tuhemdatum Bge (Coll. Bge). 

Cf. : B(ie. Chin., in Méni. Ac. St-Pétersb. (1831), p. 60. 



62. Crolon à fleur femelle pélalée , à fruit chaîna 1-loc. 

GIYOTIA Grifî. 

Fleurs dioïques? 

Fleur mâle — ? 

» Fleur femelle. — Calice de cinq sépales; préfloraison imbriquée. 
Corolle de cinq pétales arrondis, à onglets courts, dépassant les sépales, 
formant une enveloppe urcéolée (Grifï.). Aucun rudiment d'étamine. 
Disque hypogyne annulaire quinquélobf'. Ovaire sessile, pubescent à 
deux ou trois loges monospermes. Ovules pendus. Style à deux ou trois 
divisions bifides, stigmatiques à leur face interne. 

Fruit charnu, à surface blanchâtre tomenteuse. uniloculaire et mono- 
sperme par avortement. draine pendue, anatrope. Albumen charnu, 
abondant. Embryon à radicule supère, à cotylédons larges, aplatis, 
foliacés, subauriculés. 

Arbre de l'Inde, ayant l'aspect d'un Roulera, à suc aqueux. Feuilles 
alternes, sublobées, blanchâtres cà la face inférieure, où elles sont cou- 
vertes de petits poils étoiles, formant un duvet serré. Pétiole muni de 
deux glandes à son point d'union avec le limbe. 

Inflorescences femelles terminales, en cymes paniculées. 



S9Û E. CXIOVCLÊES. 

Obs. — Je n'ai pu examina' de cette pîaote que les firaits qui i^ndait complé- 
tei^iit à la dfisaiption de Griffith. C'est, à ce qu'A semble, un RMlera on un 
CnOoM à oi»viDe ^ndle très dérdoppée. 

E. G. niOhrifm-mh Griff. [k. Perad.. n. 11S9 . 

Cf. : EfM., G«i. 58021 ^gjjp j^ p. gg^, - 

Griff. [W.], PI Hort. Cale., ih. 
Jack, Cak, Jonm. of. nat. Mst , IV, p. 388 
ÏFf^A?., IcMi., V, 1889. 



S3. Givolia li flenr femelle polrandre? 

SOIBA^X\. 
Heurs monoîqoes. 

Fledr MALE, — Calice gamosépale à cinq divisions profoDdes, chaînées 
de poils étoiles; préioraison valvaire. Corolle de cinq pétales, alternes 
aTecles drrisions dn calice; préfloraison imbriquée. Âadrocée composé 
d'un très grand nombre détamines, insérées sur un réceptacle saillant 
pubescent. Fileb grêles et eoarts: anthères biloculaires, introrses, déhis- 
oentes ^a- nne feote longitudinale . 

Fleck ïîmelle. — Câîice gamosépale à six divisions étroites, aiguës, 
pnbesoenies; préfloraison valvaire. Ovaire à trois loges aniovulées, pn- 
besceot, reposant sir un réceptacle légèrement glanduleux : style à trois 
brandiifô amples, divergentes, réfléchies, enroulées, papilleuses et stig- 
matiqoes à leur fece interne. 

Arkiste indiai, à feaiDes alternes, ovales-cordiformes, petiolées, 
acoompagnée de deux stipules latérales caduques. Limbe à dents obtuses, 
inhales; penninerve, tripiinerve à la base, à nervures tertiaires trans- 
Ter^es; fece sopérienre fonoée, glabre; face inférieure pubescente, 
blandiâtre. 

IsFUJBEsoscïs terminales en grappes: fleurs mâles nombreuses, 
âtaées à laisselle de bractées alternes; pédicelle court. A la base uue 
ou quelques fleors femelles presque sessiles. 

Obî. — Cette j^nte partie^ de Taspect des Rottîera et des Crûton ; dJe doit 
&ïe très voisine des Gimàîa, a\ec lesquels Je l'avais prraqne eonfondoe, avant d'en 
avoir trouTéles ûtws femelles {p. 16). Rapprochée dfô Roltlera par son androcée 
et ses BeuTî femelles, elle s'en écarte par renstence d'une ooroUe. 

E. «S. rMleroides j 'Rotdera Sp.? CoU. Mot. et ZoD., n. 33i! —lie Snmbavra 



OSTODES. 39J 

5^1. Aleurites à filets siaminaux libres. 

OSTODES Bl. 

Fleurs dioïqiies (?). 

Fleur mâle. — Calice gamosépale à 2-5 divisons inégales; préfloraison 
imbriquée. Corolle de cinq pétales inégaux; préfloraison imbriquée ou 
tordue. Androcée constitué par un nombre indéfini d'étamines. Filets 
libres, insérés sur un réceptacle saillant, parfois pubescent ; anthères 
biloculaires, introrses, à déhiscence longitudinale. Loges unies par un 
connectif glanduleux, coloré, épais. Autour des étamines, expansion 
glanduleuse de l'axe, encadrant leurs insertions, ou disque de cinq 
glandes bilobées ou crénelées, concaves. 

Fleur femelle. — Bouton globuleux. Calice gamosépale à cinq divi- 
sions très inégales, caduques; préfloraison quinconciale. Corolle de cinq 
pétales, alternes avec les sépales qu'ils dépassent; préfloraison imbriquée 
ou tordue. Disque hypogyne, en forme de cupule circulaire crénelée à 
lobes allernes avec les pétales. Ovaire à trois loges uniovulées, pubescent 
ou hérissé, surmonté d'un style à trois branches bifurquées, divariquées, 
étalées, diversement découpées. Ovule surmonté d'un obturateur à 
bords dentelés. 

Fruit globuleux (Bl.) ou tricorne, à trois coques osseuses, bivalves et 
monospermes. Graines chinées, subémarginées. 

Arbres de l'Inde, de Java, à feuilles alternes, longuement pétiolées, 
munies à leur base de deux glandes latérales lobées, découpées ; limbe 
entier, ovale-aigu, coriace, lisse, sauf entre l'origine des nervures sail- 
lantes à la face inférieure, où se trouve un léger duvet blanchâtre. 
Inflorescences axillaires en cymes multipares, paniculées. 

Obs. — Ce genre se rapproclie beaucoup des Aleurites, dont il diffère surtout 
par les organes de la végétation, le nombre des folioles calicinales qui ne sont 
point ici couvertes de poils étoiles, leur préfloraison, le nombre 3 des loges 
ovariennes et surtout l'indépendance des filets staminaux. 

E. 1. O.pamcidataBl (herb. Leyd.). Fruits globuleux (BL). 

2. 0. corniculata f (Cat. Zoll. et Mor., n. i7l, z). Diffère de la précédente 
par ses feuilles étroites et surtout par son fruit à coques corniculées, 
très caractéristiques. 

Cf. : Bl, Bijdr., p. 619. 
Endl.,(ie\\. 580.3. 



E9'2 E. tSIOVULÉES. 

M. CriAoniâée? à périajiihâ con>t. sur le tjpe 2. 

CERATOPHORUS Sond. 

■•> Fleurs dioïques. 

Flecr M.u.t. — Calice à deux folioles, ovales, eucuUéfô, eoroiculées. 
CûroUe de deux pétales elliptiques oa suborbicolés. concaves, alternes 
avec les sépales. Androcée composé de 12 à 14 étamines. Filets insérés 
sur un réceptacle central, libres, ^ux : anthères oblongues. biloculaires, 
introrses. 

Flecs pemelle. — Pèrianthe comme à la fleur- mâle. Ovaire sessile