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Full text of "Flore pittoresque et mdicale des Antilles, ou, Histoire naturelle des plantes usuelles des colonies franaises, anglaises, espagnoles et portugaises;"

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Conservation work performed 

with funds from the 1993/94 

NEW YORK STATE 

CONSERVATION/PRESERVATION 

DISCRETIONARY GRANT PROGRAM 



FLORE MEDICALE 

DES ANTILLES, 

TRAIT DES PLANTES USUELLES 

DES COLONIES FRANAISES , ANGLAISES , ESPAGNOLES 

ET portugaises; 
Par m. E. DESGOURTILZ..., 

Docteur en mdeciue de la Facult de Paris, ancien Mdecin 
du Gouvernement St.-Domingue , et Fondateur du Lyce 
colonial, Mdecin de l'Hospice civil de Beaumont et Membre 
de plusieurs Socits savantes ; 

^ettito pair J. C^. UJecouzt'i^xj. 

Le jus exprim de la canne sucre , celui du citron et 
l'eau limpide des ruisseaux qui serpentent dans tous le 
jardins , fournissent l'instant une boisson salutaire, qu'une 
feuille frache et roule du bananier, ou qu'un ptale dtach 
de la popotte , peuvent retenir . . . Partout dans ces climats 
fortuns , le Carabe trouvait sous ses pas les plantes que 
rclamait la maladie d'un pre, d'un parent ou d'un ami ! . 
Ces insulaires ayaieut-ils d'autres moyens curatifs ? . . . . 

(discours prliminaire.) 

Imperilissimx gentes , herbas in auxilium vulnerum , 
morbortim que novenint. C. Cels , ad Praes. 



TOME SECOND. 



PARIS, 

PICHARD, quai Voltaire, no 21 ; 

I CHANSON , Imp.-Libr. , rue des Grands-Augustins, no 10; 
[GARNOT, Libr. , rue Pave-St-Andr-des-Arcs , no 7 ; 
Chez { BOSSANGE pre el ls , rue de Richelieu , n" 60 ; 

I JOHANNEAU, Libr., rue du Coq-St-Honor, no 8 bis. 
I L'AUTEUR, rue du Faubourg-Saint-Denis, u ug j 

Les principaux Libraires de Mdeciue, 

1822. 






'^[ ?:. 



A Al 



FLORE MDICALE 

DES ANTILLES, 

OU 

TRAIT DES PLANTES USUELLES 

DES COLONIES FRANAISES, ANGLAISES^ ESPAGNOLES 

ET PORTUGAISES. 



CLASSE PREMIRE. 

DES PLANTES QUI EXCITENT LA TONICIT DU SYSTiM 

DES VOIES DIGESTIVES. 



CINQUIME DIVISION. 

Plantes Stomachiques Astringentes. 



SOMMAIRE. 

JL'astriction que les plantes de cette classe 
exercent partictilirement sur la contractilit 
inerte des fibres, qui, en se crispant, s'op- 
posent et suppriment Faffluence des liquides 
destines les abreuver, augmentent, par 
leur prsence, la force musculaire. 

iS* Livraison i 



(C ) 

C est cPcapis ce mcanisme que les astrui- 
gens , administrs avec rserve, conviennent 
dans les hmorragies passives et autres flux 
par relchement ou adynamiques , tandis 
que Ton sent tout le danger qull y aurait 
les employer dans les hmorragies actives ou 
dans les dyssenteries , le flux hmorodal , 
les blnorragies, accompagnes d'irritabilit 
inflammatoire, puisque la nature semble in- 
diquer un panchement salutaire. 



/Y.^ 




AXACAKBEM AFEI^ILLES .ONGFE8. 



il) 

ANACARDIER A FEUILLES LONGUES. 

( Stomacliique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. Fve de malac ou noix de marais. Ana- 
cardier orienlal. Anacardiurn longifolium. Lam. 
Anacardiura foliis longis , lanceolatis, utrinque acutis ; 
racemis terminalibus subpaniculatis. Anacardiura alterum, 
S. mdium et legitiraum officinarura. Camell. Raj. Luz. 
suppl. , p. 59. Tagao , S. Balober. Luz. Balader. S. 
Baladur arab. Bilava , maurit. Bibo. ind. Ana- 
cardiura Bauh. Pin. 5ii. Seraecarpus Anacardiura. 
Lin. F. suppl. ^ p. 182 (Encycl. mtb.). Calsuvium Anacar- 
diura officiuarum. Jussieu cl. 14, ord. 12 , trbintaces. 
En espagnol, Anacardo. En anglais, Anacardiura 
malacca-Beau-tre. (FI. du dict. de S. M.) Lin. Pentandrie 
tryginie. 

C.4RA.CTiiRi-s ci^RiQUES. Un seul ovaire, charg de 
trois styles courts stigmates obtus, fruit une seule 
loge monosperme. 

Caractres particuliers. Calice monophyle cam- 
panule, divisions ovodes, corolle cinq ptales ovales, 
stells, rflchis, plus longs que le calice; cinq tamines 
de la longueur des ptales, pourvues d'anthres sub- 
cordiformes; fruit noyau cordiforme, celluleux, mo- 
nosperme , plac en dehors au sommet d'un rceptacle 
charnu. 

Histoire naturelle. Le fruit de l'Anacardier oriental 
ou 5 feuilles longues , qui produit l'Anacarde du com- 



(8) 

merco qu'o envoie de Ceylau , ne doit point cire con- 
fondu avec celui de l'acajou ponjmes , dsign sous 
le nom d'Anacardier occidenlal , par quelques nalura- 
lisies ; ces deux espces diTcrent visiblement l'une de 
l'aulre; caria pomme de l'Anacardier oriental est beau- 
coup plus petite que sa noix d'ailleurs conique en 
forme de cur, tandis que celle de l'Anacardier occi- 
dental, ou acajou h pommes, a le drupe infiniment 
plus gros que la noix grise et rniforme qui se trouve 
fixe au milieu de l'ombilic [Voyez Acajou 5 pommes , 
classe des pispastiques vsicantes , n" 507). Le dessin 
fait par M.Turpin , dans la Flore du dictionnaire des 
sciences mdicales, est juste et parfaitement excut; 
mais le texte appartient plutt l'acajou pommes , 
puisque l'on n^ remarque que cinq tamines, tandis 
que le texte en indique dix, que le fruit est dsign 
rniforme , et qu'il est peint sous la forme d'un cur. 
Feu Chaumclon en rectifia la description , qui ne laisse 
plus rien dsirer. Le mot Anacardier drive de ecva,, 
comme, et de KctpcT/ct, cur, qui est la forme du fruit. 
L'Anacardier oriiiinaire de l'Inde se rencontre fr- 
quemment sur le bord des fleuves aux Antilles , o il 
porte ses fruits en aot et septembre. Le fruit est com- 
pos de deux parties, dont les px^oprits sont diff- 
j entes; la base, turbineen forme de cupule pleine, est 
une espce de placenta charnu , de couleur jaune , 
dont le sommet ombiliqu supporte une noix bruntre, 
cordiforme, aplatie et d'un pouce de longueur. Le suc 
astringent du placenta , susceptible de fermentation , 
produit une liqueur enivrante , tandis que les jeunes 
bourgeons tant cuits, fournissent aux naturels du pays 
un aliment qu'ils joignent leurs calalous. 



( 9) 

Les amandes douces et mulsives que renferment les 
noix ne doivent tre extraites de leurs enveloppes 
qu'avec la plus grande prcaution; car le parenchyme, 
diploque de l'corce igneuse contient, dans les cellules 
intermdiaires de sa double enveloppe, un sucre acre et 
caustique, dont une seule goutte sulfirait pour gter 
l'amande ; aussi , afin d'avoir cette amande dans toute 
sa puret, on fait rlir le noyau sous la cendre pour le 
dtruire et en rciirer l'amande inlacte, qui alors flatle 
agrablement le got. L'huile qu'elles produisent est 
employe pour la peinture, et, selon Red , h dtruire la 
vermine. L'Anacardier fournit aussi un vernis de m- 
diocre qualit. 

On sert sur les tables le fruit pulpeux vert et conHt 
dans du sel , ou mr et candi par le sucre. Le suc 
caustique du noyau ml h la chnux vive imprime sur 
le lin^re des traits ineffaables. Le fruit entier vert et 
concass, le jus de citron et le campche procurent 
une encre indigne de trs-bonne qualit. Il transude 
de toutes les parties de l'Anacardier un suc rsineux, 
rousstre et transparent qui entre dans la composition 
des brais pour le radoubage des vaisseaux. 

Caractres PiiYsiouiis. L'Anacardier est un arbre 

qui s'lve 60 et 80 pieds, d'un beau port, dont le 

tronc est droit, recouvert d'une corce gristre, et 

soutient une cime ample, bien garnie; son bois est 

blanc, sa racine fibreuse, rousstre, inodore, mais 

d'une saveur sale et mucilagineuse :ses jeunes rameaux 
sont pubesccns. 

Les feuilles sont grandes , longues de plus d'un pied, 

lancoles, pointues aux deux bouts, soutenues par 

des ptioles fort courts, vertes, glabres et lisses en 



( 10 ) 

dessus, gristres etpiiLescenles en dessous : elles sont 
rapproches les unes des autres, et forment des espces 
de rosettes vers le sommet des rameaux. 

Les fleurs sont petites, d'une odeur aj^rable, en 
toile, d'un Liane jauntre, disposes en panicules 
lches et terminales. 

Les fruits ovodes, d*un pouce de longueur, sont 
nplatis sur les cts, mousss leur sommet , de la 
forme d'un cur; l'corce est lisse, luisante^ d'abord 
rouge , ensuite d'un violet noirtre ; ils sont ports 
sur la base du calice de la ileur, qui s'est paissie, est 
devenue trs-charnue , et a alors une saveur acerbe , et 
acquiert par le desschement une forme turbine. 
L'corce de la noix que soutient le calice est comme 
double , ceiluleuse, et renferme dans les cavits de sj 
duplicature un suc visqueux, acre, brlant, caustique 
noirtre, et trs-inflammable. Sous cette double corce 
est une amande agrable manger lorsqu'elle est r- 
cente. (Encycl. mth.) 

Analyse chimique. La partie charnue du calice 
laquelle adhre le noyau , donne un suc astringent 
siyptique , compos de tannin et de glatine ; il donne 
par la colle un prcipit. L'amande, comme toutes les 
autres, offre pour principes consiituans une huile douce 
et un mucilage; le suc caustique de l'enveloppe, i" une 
Bltire extractive , noire , soluble dans l'eau; 2 une 
matire jaune miscible l'alcool; 5" un acide sui^ 
generis; 4 enfin , une substance immscible l'eau et 
FalcooL 

Proprits MBiciNAiES.Sans attribuera l'Anacardier 
le rare privilge de donner de la mmoire et de l'esprit 



(II) 

aux sots , comme semblait le promettre la fastueuse 
confection des sages de la composition de Mesu, m- 
decin arabe, elle offre nanmoins, dit Chaumeton , 
un stimulant crbral, qui peut convenir aux individus 
lymphatiques , en portant une excitation utile sur leurs 
organes mous et flasques, tandis qu'elle nuirait aux 
tempramens vifs et nerveux , en les jetant dans une 
faiblesse indirecte dont pourrait rsulter l'idiotisme : 
la confection des sages , dit plaisamment Hoffmann , 
mriterait le titre de confection des sots 

Les proprits caustiques de l'corce de l'amande 
sont mieux constates et appropries pour ronger les 
condylomes et autres excroissances charnues que l'on 
veut consumer, les crouelles, les verrues, certaines 
dartres qu'on veut draciner , et mondifier les ulcres 
de l'homme et des animaux. Ce mme suc caustique ^ 
mis dans une dent carie , en cautrise le nerf et te la 
douleur. 

Le suc du fruit est employ par quelques-uns comme 
cosmtique astringent, et pour les feux volages qu'on 
lave ensuite avec de l'eau de rose. 

Les amandes , qui ont le got de la pistache, sont, 
comme elle , estimes aphrodisiaques ; on les emploie 
quelquefois torrfies, pour calmer la violence des m- 
norrhagies. Le suc astringent de la pulpe entre dans 
les formules que l'on prescrit dans les diarrhes et le 
diabtes. 

Mode d'administration. On ordonnait autrefois 
l'intrieur comme cphalique et stomachique, la con- 
fection d'Anacarde depuis un scrupule jusqu' un gros; 
mais die est bannie de la mdecine philosophique qui 



( '^) 

ne lui recoonat pas les verliis exagres que d'anciens 
pronateurs lui avaient attribues. La dose du suc de la 
pulpe est de 4 6 g'os par livre de vhicule. L'usage 
que l'on fait du suc caustique rend inutile l'indication 
ds doses. 



EXPLICATION I3E LA PLANCHE SOXANTE-NEUVliME. 

JJ Anacardier est reprsent au tiers de sa grandeur 

naturelle. 

1. Fruit entier, 

2. La noix coupe transversalement pour faire voir les 

cellules renfermant Thuile caustique , et qui rem- 
plissent l'intervalle laiss entre les deux enveloppes. 




CAM VVWAX IH^m IFO: 



',r/>/'/'i-/ Jcfi^ . 



( >3) 



% W* %^% /V% -V^^ W* '%'/ 4 



v^\v*vv^ 



CAIMTIER POMMIFORME, 

OU A FRUITS SPHRIQUES. 
( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Chrysopliyllum seu caniiio_, folio -SHbts mrus 
aureo , fructu. maliformi. Poupe-Desportes. Chryso- 
pliyllum canito. Lin. Pentandrie monogynie. Chiyso- 
phyllum foliis ovatis subls tomentoso-nitidis fructu sub- 
rotundo, pommiformi, N. chrysophyllura canito. Jacq. 
amer. 5i^ tab. 87, f. l. 

B. Chrysophyllura jamacense. Jacq. amer. 52. Chryso- 
phyllum fructu globoso majori, foliis subts ferrugeueis, 
Brown. jam. 171. tom. 14, fig. 2. Anona foliis subts 
ferrugineis, fructu rotundo , majore, levi, semiiie nigro 
pariim rugoso, partim glabro. sloan. jam. 206. hist. 2, 
p. 170, tom. 229. Raj. Dend. 78. 

Y. Chrysophyllum caeruleum. Jacq. amer> H. Jussieu, 
famille des sapotiliers. 

Caractres ciNRiQUES. Corolle double , monop- 
tale rgulire, cinq tamines , un style , une baie ou un 
drupe, plusieurs loges , liges ligneuses, fleurs axillaires, 
fascicules. 

Caractres particuliers. Corolle en cloche , dix 
divisions , dont cinq plus paisses, segmens alternes; 
Laie decasperme , feuilles ovales , stries parallle- 
ment, velues en dessous , luisantes. 

Histoire naturelle. Le mot latin ChrysophlUmn 



1* 



( '4 ) 

que porte le Camller vienl de xpvjo ,ov, cl de t^vf^hov, 
feuille, parce que ses feuilles, d'un beau vert luisant 
en dessus, sont d'un jaune rutilant en dessous. Le 
Camilier crot sans culture, et se reproduit de bou- 
tures. C'est Jacquery (le Saint-Domingue), dit 
Moreau de Saint-Mry, que viennent les meilleures 
Camites. Ce fruit , mucilage sucr , exhale une 
odeur de fermentation qui le rend peu agrable aux 
Europens. La Camite , dans ce climat fertile , y par- 
vient la grosseur d'une pomme de calville ou d'une 
grosse orange , et sa peau offre , sur un fond vert , une 
nuance verte qui la glace. Les fruits de cet arbre sont 
recherchs par les croles , et son bois fixe l'attention 
des charpentiers , qui l'emploient avec avantage en le 
prservant du soleil et de l'humidit. 

Cabactres physiques. Le Camitier est un arbre 
fort, branchu, qui s'lve la hauteur de 3o ou 4o 
pieds; sa cime est trs-touffue, son corce rousslreet 
crevasse, son bcis tendre et blanc. 

Les feuilles sont alternes, ptoes , ovales, un peu 
pointues, trs-entires, glabres, lisses, et d'un vert 
fonc en dessus, couvertes en dessous d'un duvet trs- 
lin, soyeux, brillant, et d'une couleur isabelle ou d'or 
ferrugineuse , qui les rend fort agrables voir. Ces 
feuilles ont 2 pouces et demi de largeur sur une lon- 
gueur d'environ 5 pouces , et stries rgulirement 
par des nervures fines et parallles. 

Les fleurs sont petites , axillaires , fascicules et so- 
litaires sur chaque pdoncule , d'une couleur verdtre 
IrS'ple. 

Les fruits sont globuleux , de ia grosseur d'une forlo 



( i5 ) 

pomme, charnus, mous, peau lisse, ordinairement 
de couleur de rose, nuance de jaune, ave d'un peu de 
vert, quelquefois d'un violet pourpr uniforme, comme 
la varit y , ou enfin d'un violet bleutre. Ces fruits 
contiennent une pulpe mollasse, laiteuse, gluante, 
douce et d'une odeur vireuse particulire , qui en- 
veloppe cinq dix noyaux bruns en dehors , aplatis , 
Jisses, ayant un bord rude et comme rouge, de cou- 
leur jauntre. 

Analyse chimique. Les fruits contiennent un prin- 
cipe sucr et un mucilage fort abondant. 

Proprits rdicinales. Les fruits du Camitersont 
rafrachissans , et accords aux malades dans la pneu- 
monie, en raison de leurs principes mucilagneux ; les 
amandes sont mulsives, mais doues d'une lgre 
amertume. Les Mdicastres des Antilles regardent les 
feuilles, appliques sur une plaie du ct vert, comme 
propres diviser, attnuer les humeurs et procurer 
une suppuration abondante, tandis qu'elles en mo- 
drent le flux immodr et crispent les fibres si on les 
applique du ct soyeux. La thrapeutique chirur- 
gicale moderne pense tout autrement de l'application 
des mdicamens pour la gurison des plaies. 

Mode d'administration. La pulpe bienfaisante de la 
Camite ne saurait tre dose, puisqu'elle ne contient 
aucun principe nuisible. On en fait sucer aux malades 



( i6 ) 

tans les alTectons inflammatoires , et dans celles de 
poitrine, o elle agit comme adoucissante. On emploie 
les amandes comme celles d'Europe. 



EXPLICATION DE lA PLANCHE SOIXANTE-DIXIME. 

1 . Fleur entire un peu grossie, 

2. La mme _, ouverte pour montrer l'attache des cinq 

ta mines. 

3. tamine. 

4. Ovaire et style. 

5. Noyau. 

6. 'ruit de a vafjt pourpre. 




Oairi^/ t/cw^. 



( :) 

CAMITIER OLIVAIRE. 

( Stomaclitqu astringent, ) 

Synonymie. Vulg, Camitler marron. Clirysophyllum 
sylvestre follis majis aureis, fructu minimo sub-nigro , 
Poupe-Desportcs. Chrysophyllum oliviforme. Cbryso- 
ptyllum foliis ovato oblongls, subts tomentoso nitidis. 

Fruclu monospermo olivaeformi. N. Canito folio subts 
aureo, fructu olivformi. Plum. vol. 7, p. c^i , gen. 10. 
Burman. amer. , tab. 69. Acomas , Nicolson, liist. nat. 
de Saint-Domingue, 141. Famille des Hiospermes 
(nonv. dict. d'bist. nat.) Pentandrie monogynie^ Lin. 
B. Chrysophyllum argenteum Jacq. amer 53, tom. 38, 
F. t. H. 

Caractres cNiRiQUEs. Corolle double , monop- 
talc rgulire, cinq tamines , un style, une baie ou 
un drupe olivaire; feuilles vertes en dessus , ferrugi- 
neuses en dessous; noyau aplati, comme roDg d'un 
ct. 

CakactIris particuliers. Fleurs petites, axillaires, 
fasciculcs , solitaires sur chaque pdoncule ; stigmate 
h cinq divisions, fruit monosperme. 

Histoire naturelle. Je ne sais pourquoi, dans l'En- 
cyclopdie mthodique , on a donn au Camiter oli- 
vaire le nom d'acomas, qui est un arbre bien diffrent, 
et d'ailleurs indiqu dans le mme ouvrage sous le nom 
latin homallion , qui comprend un arbre lleurs poly- 
ptales. Le Camitier olivaire ou marron, dont il est ici 
question , est un arbre qui crot dans tous les bois sans 



( ) 

culture , et fleurit en octobre et en novembre , mas ses 
fruits ne sont mrs qu'en mai et juin. Ces arbres se 
multiplient de boutures ainsi que ceux de l'espce 
prcdente , qui est bien plus estime. La partis 
niucoso-sucre des fruits les rendant fermentescibles , 
les Ngres en obtiendraient une boisson agrable s'il* 
taient moins insoucians et moins ennemis des inno- 
vations; mais ils prfrent le tafia toute autre 
boisson. 

Caractres physiqui-s. c Cet arbre , dit Plumier , 
est peine plus grand que les pommiers d'Europe ; 
son bois est jaune de buis , et recouvert d'une corce 
rude, ride, rousstre, avec de petites taches blanches; 
ses branches sont tales , et portent des rameaux un 
peu flchis en zig-zag, feuilles , et corce d'un jaune 
rougelre. 

Les feuilles sont alternes, presque semblables celles 
du citronnier, glabres, luisantes , d'un vert fonc en 
dessus, et couvertes en dessous d'un duvet blond, dor. 
Elles sont traverses par une cte longitudinale d'o 
partent latralement des nervures fines et parallles un 
peu courbes. 

Les fleurs sont petites , d'un blanc verdtre , axif- 
laires , solitaires sur chaque pdoncule, fascicules; le 
pdoncule est d'environ 6 lignes , et charg , ainsi que 
le cahce , d'un duvet dor et ferrugineux ; le pistil est 
cinq divisions rougcires. 

Le fruit, ovale, a la forme d'une olive, mais il est une 
fois plus gros. Ce fruit , d'un violet noirtre dans sa 
maturit, a une saveur vineuse assez agrable, et contient 
un noyau d'un brun bleutre, paraijrsant comme rong 



( >9) 

d'un ct, et renfermant une amande tendre, oLIongue 
et pointue. 

On ne peut rien ajouter cette exacte description. 

Analyse chimique. Le fruit du Camilier olivaire 
'contient un principe mucoso sucr , plus une sa- 
veur austre; son corce donne l'analyse une matire 
extractive d'une saveur fortement acerbe. 

PROPRiixis MDICINALES. Lcs vcrtus astringcntcs de 
l'corce en rendent l'emploi utile dans le catharre 
alonique des intestins , et dans certains flux passifs. 
L'corce de l'arbre est lgrement fbrifuge. 

Mode d'administration. La dcoction de l'corce se 
donne la dose de 2 3 gros pour deux verres de 
colature. On en prouve des rsultats plus satisfaisans 
en administrant l'corce en poudre h la dose d'un gros, 
trois fois le jour, pendant l'intermittence ; on l'incor- 
pore avec le sirop de fleurs d'oranger. 



explication de la planche SOIXANTE-ONZiiME. 

Le rameau est reprsent aux deux tiers de sa 

graidear oiaturcUe* 

I. Coupe transversale du fruit* 



(20) 



.vvk 



GOYAVIER PYRIFORME. 

( Stomachique aslrlns^ent. ) 

Synonymie. Psldium pyriferum, Lin.^ ord. class. 12, ico- 
sandrie monogynie. Psidium foliis linealis obtusius- 
culis, pedonculis unlfloris, Lin.^ Jacq. obs. a^ p. 6, mill. 
dict. , n 1. Guajava alba dulcis, Commel. hort. 1, 
p. 121, lom. 63. Merlan, surin. 19, toni. 19. 
Giajava Raj. hist. /,55. ournef'ort 660, tab. 443. 
Guayabo pomifera indica pomis longiuscnlis Bauh. 
Pin. 4^7. Malo punicae affinis pomifera, flore penta- 
petalo albo ^ fructu imllis dissepimentis interstincto, 
ex toto esculento majore albo. Soan. jara. bist. 8, p. i36. 
Pela, Rhed , malab 3 , p. 3i ^ tom. 34- ' Guajavus 
domcstica rumph. amb. i, p. i[\0, tab. 47- Guajava 
trew, ibr. tom. 4^* Guayava Plum. y. 7, p. 108. Juss. 
famille des mvrtes. Goava clusii. H. 

Cabactbes ciNBiQUES. Cace monopiylle , sup- 
rieur , campanule , et partag en cinq dcoupures 
ovales; cinq plales ovales, obtus, concaves et une 
fois plus grands que le calice; un grand nombre d'ta- 
mines dont les fiamens , attachs au calice et un peu 
moins longs que les ptales , portent de petites an- 
thres ovales; un ovaire infrieur turbin, charg iV\n\ 
style simple , tm peu plus long que les lamines , h 
stigmate obtus. (Encycl. mth.) 

Cabact^bes pabtictjliebs. Feuilles opposes , mar- 
ques de lignes un peu obtuses; pdoncules unillores 
(vivace Jolyclerc). Le fruit est une baie ovode, cou- 
ronne par le calice , uniloculaire, et conlenant des 



/V.-::. 




j/teot/ttfi' *\)''i''Off/*/i7A J^/IaV 



/rirue/ oVY/^ - 



GOYAVIER FYRIFOMME . 



( 2, ) 

semences nombreuses , niches dans une pulpe suc- 
culente. 

Histoire naturelle. On cultive avec soin aux An- 
tilles le Goyavier dont on distingue plusieurs varits , 
savoir : i le Goyavier pyriforme ; 2^ le Goyavier 
fruit Liane j Psidium seu guajava , dus. fructu rotundo 
liajori , carne alb. P. D.; 5" le Goyavier gros fruits 
rouges, Psidium fruclu rotundo majori , carne rubr, 
Poupe-Desportes ; 4 e Goyavier amazone ou petits 
fruits verts, framboises, Psidium fruclu minori viridi, 
caina rubr , idi mori sapore, Poupe-Desportes; 
le Goyavier btard, Psidium sylvestre. 

La vgtation du Goyavier est tellement active, que 
sa semence tant mise en terre, produit des fruits 
avant quatre ans, et en donne pendant trente. Le Goya- 
vier fruits jaunes et chair rose est le plus eslim; 
celui fruits rouges devient le plus gros. Ces fruits en 
gnral sont sujets cire piqus par les vers 5 ils sont 
astringens , et ne sont pas trs-sains quand on les 
mange crus et encore un peu verts , avant qu'ils soient 
rongs par les insectes , qui laissent sur leur corce des 
traces de leur passage ou de leur prsence. C'est pour 
viter cet inconvnient qu'on en fait des compotes et 
des marmelades savoureuses , et d'un usage moins indi^ 
geste pour les malades , parce qu'on a extrait de la 
pulpe les ppins qui ne peuvent se digrer. On vante 
avec raison les candis et les ptes que l'on envoie de la 
partie espagnole de Saint-Domingue , o l'on excelle 
dans ce genre de prparation. Les graines de Goyave 
sont si dures , qu'elies n'prouvent aucune altration 
dans les viscres: c'est pourquoi , tant restitues in- 



( 20 

tactes par l'Iiomme et les animaux qu s'en sont nourris, 
n'ayant rien perdu de leur facult v^clalive, elles 
germent et se dveloppent dans les savanes, o les ani- 
maux vont chercher toute l'anne leur pture , en si 
grande quantit , qu'il en nat des forts , et qu'on a 
souvent beaucoup de peine les dtruire. 

Les feuilles, lgrement aromatiques, servent h enfu- 
mer la viande , taille en aiguillettes et frotte de jus 
de citron et de piment vert, dont on fait un grand usage 
dans le pays. On joint souvent aux feuilles du Goyavier 
celles du citronnier. 

L'corce mise en poudre sert a conserver les oiseaux 
et h tanner les cuirs : le bois fait d'excellent charbon. 

Les jeunes Ngres , friands de ces fruits , se les dis- 
putent et les mangent avec gloutonnerie, accroupis au 
pied de l'arbre suivant leur habitude. 

C'est trop peu que des fleurs ; je veux t'ofFrir encore 
Goyave au court duvet que le safran colore. 

CaractIibes physiques. Le Goyavier pyriforme crot 
dans toutes les Antilles, et si on le cultive comme arbre 
fruitier, il vient comme notre amandier d'Europe, dont 
il a la forme, la hauteur de 12 20 pieds; le tronc 
rameux et tortueux est revtu d'une corce unie, lisse, 
verte , rougetre et odorante, fort mince et adhrente 
au bois tant que l'arbre est sur pied , mais se dtachant 
facilement ds que la hache l'a renvers : les fibres irr- 
gulires du cur rendent ce bois difficile mettre en 
uvre. 

Les jeunes rameaux sont quadrangulaires et garnis 
de feuilles opposes, ovales, oblongues, un peu ob- 
tuses avec une poiate courte, trs-entires, lisses et 



(23) 

d'un vert fonc ou brun en dessus, d'une couleur pe , 
et lgrement veloutes en dessous, avec des nervures 
latrales, parallles, un peu saillantes. Ces feuilles sont 
gmines l'extrmit des rameaux, et portes sur des 
ptioles courts j elles ont 3 4 pouces de longueur sur 
une largeur d'environ un pouce et demi. 

Les pdoncules sont axillaires , opposs, solitaires, 
uniflores, plus courts que les feuilles; les fleurs sont de 
la grandeur de celles du coignassier d'Europe, blanches, 
en rose , cinq ptales , les tamines sont trs-nom- 
breuses et leurs anthres d'un jaune citron : elles r- 
pandent une odeur agrable. 

Le fruit est une baie ovode ou en pore , de la gros- 
seur d'un uf de poule ou d'une poire moyenne , 
peau mince , jauntre , piquete de noir en dehors dans 
sa maturit , divise en quatre parties , et contenant un 
grand nombre de semences dures ou osseuses , niches 
dans une pulpe blanche ou couleur de chair, succu- 
lente , aromatique , d'une saveur agrable , douce , et 
comme musque. 

Analyse chimique. Le fruit du Goyavier donne 
l'analyse de l'acide malique; la coction de sa pulpe 
diminuant sa saveur austre fait prdominer le prin- 
cipe sucr; les feuilles etl'corce contiennent beaucoup 
de tannin. Le Goyavier fournit aussi, et en quantit, 
la meilleure potasse. 

pROPBiTs MiDiciNALES. Lorsque les Goyaves sont 
encore vertes , elles sont astringentes ; mais elles sont 
iaxatives dans leur parfaite maturit ; leur conserve est 
chaulFante ; le suc clarifi de ce fruit excite la tonicit 
du canal alimentaire, et est prescrit avec avantage dans 



(24) 

les diarrhes chroniques ou aloniques , dans l'iclro et 
les engorgcmens du msenlre, la fin des gonorrhes 
et des lienteries. Dans ce dernier cas, Poupe-Desportes 
recommande l*usage de la dcoction astringente qui suit: 
R. liuils de Goyavier et de grenadier n" 3, canelle , un 
gros ; tuiles bouillir en eau et vin deuxlivres, jusqu' 
diminution d'un tiers; dulcorez la colature. 

Le suc des bourgeons , selon Minguel , efface les 
laies de la corne , et entre dans les gargarismes ; les 
racines sont estimes galement astringentes , et em- 
ployes dans les dyssenterieset pour fortifier l'estomac. 
Les feuilles ont les mmes proprits , et sont recher- 
ches comme vulnraires et rsolutives ,* on les prescrit 
dans les bains contre les maladies de la peau. JRhed 
confirme ces proprits. 

Mode d'administration. On administre par cuilleres 
le suc dpur des Goyaves , seul ou dans une infusion 
approprie la nature de la maladie. La dose de l'corce 
est de 3 4 gro3, celle des racines ds 2 6. 

EXPLICATIOiN DE LA PLANCHE SOIXANTE-DOUZlIiME. 

Le rameau est reprsent aux deux tiers de set 

grandeur naturelle 

1. Fleur rduite aux deux tiers de sa grandeur* 

2. Fruit de grosseur naturelle, coup verticalement. 



y-/. -3. 




'/'Aeot/i>r<- />ed-coii/'/t/\ J^mr . 



irtr'e/ Ji'u//> 



"AMPETHE 



(25) 



k-VV 



CAMPGHE EPINEUX. 

( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. Bois de sang^ bois sanglant, bois de Ni- 
carague, bois de Campche , bois de la Jamaque. 
Hmatoxylon carapechianum. Linn. Dcandrie mono- 
gynie. Pseudo brasilium. Pluin. Hmatoxylon spi- 
nosum foliis pinnatis, racemis terminalibus. Brwn. Jam.. 
T. p. 221. Lignura campecliianum, species quaedam. 
Sioan. Jam. 2i5. Hist. 2, pag. i85, tab. lo^ f. i, 2,3^4* 
Raj. Dend. 102. Catesb. Carol. 5, p. 66. Seba, 
mus. 1, tab. 56, f. 8. Pseudo brasilium racemosum gla- 
brum ad rubram colorera. P. Desp. , p- 255. Jussieu. 
class. 14. ord. 11. Fam. des lgumineuses. Triam 
pangam. Malabar. En espagnol , pao de sapan. Ea 
anglais, campeachy-tree , logvood. 

Caractres GAtr.iQUES/ Corolle rgulire; gousse 
bivalve une loge; dix tamnes distinctes. 

Caractres particuliers. Galice h cinq divisions 
profondes ; corolle cinq ptales gaux , dix tamines ; 
un style; un stigma; gousse membraneuse, amincie, 
aplatie aux deux extrmits (Lamarck); capsule lan- 
cole uniloculaire , deux valves; valves en nacelle. 
( Jolyclerc.) 

Histoire naturelle. On voit avec plaisir se multi- 
plier , autour des habitations des Antilles , les haies de 
clture formes de Campches , dont les grappes de 
fleurs odorantes ouvrent leur nectaire au larcin des 
colibris, des oiseaux-mouches et des sucriers, qui 
ToaE n. 19' Liv7wiso?2s 2 



( 26 ) 

bourdonnent snns se fixer , comme s'ils craignaienl 
d'tre surpris dans leur rapine. 

Telle on voit au printemps la diligente abeille. 
De Flore avec ardeur butiner la corbeille, 
Et du miel pur dans sa cellule d'or , 
Composer, non pour soi, son liquide trsor. 

( JM. L. Malvalette. ) 

Ces haies pineuses sont impnlrabes et Iri'S-louf- 
fues , si on a soin de les empcher de monter en les 
t'^ilant cinq h six fois chaque anne ; sans cette pr- 
caution, elles s'lvent rapidement et cessent d'tre 
aussi louilYies. Mais les Campches offrent un autre 
avantage , celui de leur hois , dont le cur sert pour 
la teinture et se vend dans les colonies au millier tout 
quarr. ca(j.e(,ro, gnitil'de e.://y.cc sang, el^uKoif , bois, jus- 
tifie la dnomination de bois de san<;- qu'on lui a donne 
dans certains pays. Les graines que les tiges produi- 
sent tablissent autour des ppinires qu'on a souvent 
peine alors h dtruire. Cet arbre pineux crot Cuba, 
Portorico , St.-Domingue , la Jamaque et surtout aux 
environs de Campche , d'o il a t tir pour la pre- 
mire fois, et introduit ensuite aux Antilles. Il ne faut 
pas le confondre avec le bresillat de Fernambouc , 
auquel il ressemble ^ ni avec le bois d'Inde (myrte). 

Le cur du bois du Campche est dur, pesant, 
compact , propre faire de beaux meubles ; il teint 
en rQ.uge ou en violet aprs avoir t spar de l'au- 
bier, qui n'est bon qu'h brider. Il noircit l'air et pro- 
cure une encre d'une Irs-bele qualit , si on lui asso- 
cie des gousses vertes de l'acacie odorante (pi. I. ) , 
et le jus du citron des halliers (pi. y). Ses feuilles 
sont aromatiques, et ses graines en grappe donnent 
une sorte d'pice familire aux Gro!es, aux Ngres 
cuisiniers et aux naturels du pays , qui la mchent sans 
l'd mler aux alimens : on pourrait en faire un objet 
de cargaison. L'corce des gommiers sert h lixer la 



( ^7 ) 
couleur que fournit le Gampche et lui donner un 
plus grand clat. 

Le lecteur me pardonnera la digression suivante sur 
la superstition des Ngres. Aprs TalTreux dbordement 
qui eut lieu en 1809 (voyez mes Voyages d'un natura- 
liste. Paris, 1809) , la nature encore en deuil^ 

Les arbres tendaient , sous un ciel attrist , 
De leurs rameaux ternis, la noire nudit. 

( La Harpe.) 

je visitais des Campches que nos Ngres quarrissaient. 
Quelle fut ma sin^piisc en dcouvrant que des Ngres 
accroupis lui offraient des fruits et du laitage. Plus 
loin, d'autres, d'une caste diffrente, adoraient uno 
norme couleuvre endormie dans les branches d'un 
Campche trs-touffu. 

D'un tronc qui pouiuissait , le ciseau fit un Dieu. 

( Racike , la Religion, ) 

J'tais arm de mon fusil , et sans craindre de trou- 
bler leurs mystres , je m'avanai pour ajouter leur 
idole ma collection de reptiles. En vain , par leurs 
cris et leurs contorsions , ils voulurent m'annoncer que 
j'avais tout craindre en commettant un tel sacrilgr. 
Mon coup partit, et j'tendis mes pieds l'animal 
sans vie. Alors , pour clairer leur ineptie et pour prou- 
ver l'un d'eux que mon fusil n'tait point ensorcel , 
je tuai aussitt de l'autre coup une tourterelle qui 
passait au-dessus de ma tele. Cet vnement gurit 
plusieurs d'entre eux de leur superstitieuse idoltrie. 

Caractres physiques. Cet arbre pineux , toujours 
vert, s'lve en peu de temps trente ou quarante 
pieds de hauteur, et il se reproduit d'une manire 
prodigieuse. Son tronc anguleux s'lve perpendiculai- 
rement , tend ses rameaux dans tous les sens, et a une 
coiHie brune , l'aubier d'un blanc jauntre , et le cur 



( 28 ) 

d'un Lcnii vou^c vif, clanl rcemment coup. Les ra- 
meaux sout rcuil!(''s et onl uik; corce lisse et gristre; 
ils sont munis d'pines axillaircs , solilaircs , non cour- 
bes , et qui n'ont qtie qualrc ou six lignes de lon- 
gueur. 11 suinlc de l'arbre une gomme rougetre. 

Les Teuillcs sont petites, ailes, sans impaire, et 
composes de cpiatrc h buit folioles opposes , cordi- 
formes , gl bres , stries obliquement de cbaque ct, 
luisantes en-dessus, et longues d'environ six lignes. 
Ces feuilles sont alternes sur les jeunes rameaux, et 
fascicules sur les anciens. 

Les fleurs sont petites, jaunes, et disposes en 
grappes simples et axillaircs vers le sommet des 
branches. 

Le calice a cinq divisions ovales, pointues^ glabres 
et d'un pourpre violet. La corolle est compose de cinq 
ptales jaunes, ovales, oblongs , et un peu plus grands 
que le calice. Les tamines, au nombre de dix, sont 
peine plus longues que les ptales; leurs fdels , libres 
et velus, portent des anthres ovales. L^ovaire sup- 
rieur, obong, glabre, surmont d'un style de la lon- 
gueur des tamines , est termin par un stigmate un 
peu pais , tronqu et comme chancr. 

Le fruit est une gousse lancole, trs -plate, 
mince ^ membraneuse j pointue aux deux bouts , glabre, 
longue d'un pouce et demi, et contenant quelques se- 
mences aplaties margines. (Encycl. mth. ) 

Analyse chimique. Le bois de Campche , impri- 
mant la longue un sentiment lger d'aslriclion qui 
perce malgr sa saveur doucetre , tant soumis la 
dissolution de sull'ate de fer, dcouvre de l'acide 
gallique. La partie colorante du bois se transmet aux 
urines et aux excrmens des malades qui en font usage ; 
l'alcool et l'eau s'en emparent galement. 

Proprits mdicinales. Le bois de Campche , en 
raison des saveurs ci-dessus indiques , est recomman- 



(29) 

dable dans la dyssenterie et les diarrhes aprs la p- 
riode inflammatoire. Poupe-Desportes indique l'usage 
de l'corce et de l'aubier comme bois sudorifique. 
La dcoction du bois en lavement avec addition 
d'un peu de canelle est employe avec succs dans les 
cours de ventre o l'on ne peut administrer de forts as- 



tnngens. 



Les graines , distilles avec le fruit du ravend-sara , 
procurent une liqueur propre reclifier les fonctions 
digestives; ses fruits offrent un cataplasme excitant 
dans les douleurs pleurtiques et rhumatismales. 

La gomme friable du Campche remplace celle 
arabique. 

Mode d'administration. On prescrit la dcoction 
du bois de Campche la dose d'une once par livre 
d'eau; celle de l'extrait est d'un gros par jour dans 

quatre onces d'une infusion aromatique de feuilles d'o- 
ranger ou de cascarille. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-TREIZIME. 

Le rameau du Campcke est reprsent de grandeur 

naturelle* 

X. Tronc coup transversalement. 

2. Fleur. 

3. Gousse. 

4. Graine. 



( 3o ) 
CALABA A FRUITS RONDS. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Vulg^. Bois Marie, baume vert. Baume de 
Calaba;Bois Dalmarie. Calopliyllum calaba. Lin.Polyan- 
clrie-moiioj2fynle. Tournof. cl. 21, sect. 7. Adanson, 
fam. des Cistes. Jussieu, famille des guttiers. Calopliyi- 
lum calaba. Jacq. Amer. 267, tab. i65. Inopliyleum 
flore quadrifido. Burni. Zeyl. i5o. Calopliyllum seu 
calaba folio citri splendente. Plum. Fooraba Mada- 
gascar. Palo Maria aux Philippines. Tacamacque, 
aux les de France et de Bourbon. Balsamum del maria 
en espagnol. Ponnaca pequens en portugais. Tsje'- 
cup'unna en malabarois (vivace). 

Caractres gnriques. Calice 4 pliylles , color , 
caduc; corolle de quatre ptales ovales, arrondis, 
concaves, ouverts. Les extrieurs plus petits; tamines 
nombreuses, anthres oblongues, droites; ovaire sup- 
rieur ; style simple stigmate pais et obtus. Une noix 
arrondie , charnue , renfermant un noyau globuleux 
au centre duquel est une amande de mme forme. 

Caractres particuliers. Feuilles ovales obtuses , 
simples, opposes et trs-finement nerves. 

Histoire naturelle. Ce bel arbre rsineux, qui se 
plat aux Antiles , dans les sables du bord de la mer , 
est d'un port majestueux et remarquable par llgance 
de son feuillage diversement nuanc. 

Ce bois tait , dit-on , la funbre retraite 

Des ministres affreux de Tempire des morts. 

La leur art voquait les Dieux des sombres bords. 

(DuLAED, la Fondation de Marseille , cb. II.) 



^^/^^ 




7'jieoi/ofe De^iVTi/'/i/i.J^inji 



l/tto/^e/ Se 



VAhA'^A A F fil 'IT 8 RO]VI>.^ 



(3i ) 

Cet arLre, venant aisment de boutures , on en fait 
les haies d'entourage. D'aprs la remarque de Poupe- 
Desportes , on en tire par incision un suc gommeux, 
d'abord jaune, verdtre , qui, se coagulant, devient 
d'un vert fonc. Cette rsine , jaune lors de sa tran- 
sudation , est liquide au-dessus du 20 de chaleur ; 
mais elle se concrte et devient friable au-dessous de 
ce degr. Elle est d'une odeur suave aromatique , qui 
a du rapport avec celle du citron, ce qui la fait pr- 
frer par les Espagnols au baume de Copahu, et mme 
celui du Prou. Ce suc est rsineux, transparent, 
d'une saveur balsamique lgrement amre; mis sous 
la dent il s'y ramollit et y adhre; jet sur les char- 
bons , il s'y liqufie^ et sa flamme donne une fume 
trs-odorante. Son bois est incorruptible et propre h 
mater les vaisseaux: il est gommeux aromatique, pe- 
sant et flexible; on exprime du fruit une hule abon- 
dante , bonne pour la peinture et' les vernis gras. 

Caracti^res physiques. LeCalaba , remarquable par 
son beau feuillage touffu , s'lve de vingt trentepieds 
de hauteur; son tronc pais est recouvert d'une corce 
noirtre et cailleuse. Il dcoule de la partie cellulaire 
verdtre un suc visqueux, coagulable, et friable dans 
ce dernier tat. L'aubier et le cur sont rouiretres; 
les jeunes rameaux sontttragonesetde couleur brune; 
ils portent des feuilles opposs , ovales , arrondies ou 
ovodes , vertes en-dessus , verdtres en-dessous , lui- 
santes , coriaces, portes sur des ptioles courts , re- 
marquables par leurs nervures latrales, qui sont 
d'une flnesse extrme ;, nombreuses et parallles. Ces 
feuilles, longues de quatre cinq pouces sur une largeur. 



( 32) ^ 

do prs (le trois pouces , ont leur cte postrieure tres- 
saillante. 

Les lleurs sont Llanches^ odorantes, places sur 
les pelils lameaux, et vicnnenl en grappes courtes, 
opposes el axillaires. A ces fleurs succdent des fruits 
sphriqiios , charnus , d'un vert ple ; jauntres dans 
leur maturit, trs-rsineux ou olagineux, de la gros- 
seur d'une petite prune. Leur brou a peu d'paisseur; il 
recouvre un noyau ligneux, qui contient une amande 
un peu amre. 

Analyse chimique. L'corce et les fruits conlien~> 
nent un suc rsineux inflammable insoluble dans l'eau , 
mais qui se dissout dans le miel, les huiles disliiles et 
l'esprit -de-vin. Il communi({ue l'eau par l'bulilion 
une odeur agrable ; distill h sec, il se sublime comme 
le benjoin et le tolu ; il fournit , comme ce dernier , de 
l'acide benzoque,et une espce de tannin, tant trait 
par l'acide nitrique.. 

Proprits mdicinales. On l'administre comme 
expectorant dans les catharres pulmonaires , o il agit 
le plus souvent comme sudorifique. Poupe-Desportes 
en prconise l'emploi la fm des leucorrhes et des 
gonorrhes; alors il agit comme astringent dtersif; 
mais dans ce cas , on se sert particulirement de l'- 
corce qui contient beaucoup de tannin. Ce mme 
praticien vante aussi beaucoup l'corce moyenne du 
Calaba pour les lisannes pectorales, lorsqu'il s'agit de 
stimuler la membrane muqueuse; il la joint, dans ce 
cas, aux fleurs de francliipanier , d'immortel, de cor- 
rossolier , de pois congo; tandis que , dans les flux im- 
modrs , il l'associe aux crces d'oranger acre , de 



<33) 

savonnier, de gommier, de simarouba, deraisinier^ 
d'icaquier , et de monbin btard. 

Mode d'administration. L'corce aromatique s'em- 
ploie , suivant Fart, la dose d'une deux pinces par 
livre de dcoclion : sa teinture alcoolique se prpare 
en ajoutant l'alcool moiti de son poids de suc rsi- 
neux. On prend cette teinture dans un verre d'eau su- 
cre qu'elle rend laiteuse , sans altrer ses parlies cons- 
tituantes. Le sirop se fait en mettant dissoudre quatre 
onces de baume-marie dans dix onces d'alcool , et en 
mlant la dissolution dans dix livres de sirop chaud 
clarifi. On fait des conserves, des pillules et des pas- 
tilles avec ce baume rduit en poudre , en l'incorporant 
avec le sucre et un mucilage de gomme adragant; la 
dose de ce baume est de six grains jusqu' un scrupule. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-QUATORZIME. 

Le rameau est reprsent moiti grandeur naturelle* 

1. Fleur. 

2. Fruit coup transversalement , ainsi que le noyau , 
l'amande seule entire. 



( 34 ) 



l,*^****V%'/W^VV<V*^^V^V**.*%^**^*i,V*W*V^^^W%>W^>^^ 



COULEQUIN BOIS TROMPETTE. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Bois trompelle _, bois canoD , vulg. Cecropia 
peltata Linn. Dicie Diandrie. - Jussieu. Famille des 
Orties. Ordre cl. iS. Tournefort. Fara. 47. les ch- 
taigniers. Adanson. - Cecropia foliis novemlobis , lobis 
obloijgis , oblusissimis , supr Lisi)ido glabris _, subts 
tomentoso-albis Wilden. Spec. Plant. 4> P* ^52. La- 
mark, dict. n 1. Ficus, vel saururus dactylodes major, 
folio subts argenteo. Plane, vol. 7 , p. 1 14* Uraku- 
seba. Bras. Laruraa oviedi. Sloan. Arababa ou cou- 
lequin des Carabes. Arcg. Brasil. G. 1. Pis. Brasil. 
* 97" I^^j" Histi 1570. Ambaba amplissimo folio 
digitalo, caudice et ramis excavatis. Barr. France Equi- 
loxiale, 

CaractiP.es gnriques. Calice monophylle; ta- 
mines dfinies, opposes aux divisions du calice; ovaire 
supre; un deux styles; une graine nue, recouverte 
d'une cocjue , ou renferme dans le calice qui devient 
une baie. 

Caractres particuliers. ( Mle. ) Spalhe caduc ; 
chatons imbriqus d'caills turbines , comme ttra- 
gones ; corolle nulle. 

{Femelle,) Comme dans le mle, ovaires imbriqus, 
un style, un stigmate lacr, baie monosperme. (Jolycl.) 

Histoire naturelle. Le Bois Trompette doit autant 
son nom la forme fislueuse des branches qu'au bruit 
qui s'en chappe lorsque l'air rarfi entre chaque 




^Vifioi/ort' y^e^ft o/t^fi/-: J^mj' 



O'aAffe/ J'ca/. 



r01TX.E0I7N BOS-TI103PETTJ2 



(35) 

nud se fait un passage ^ en cartant avec bruit les 
parois dessches par le soleil. Les anciens Carabes , 
d'ailleurs, aprs avoir trouv , j'ignore comment, le 
moyen de dtruire ces cloisons intermdiaires, se 
servaient des branches creuses du Bois Trompette pour 
appeler le peuple h la prire ou au combat. C'est en- 
core la partie poreuse de ce bois et de celui du coton- 
nier siffleux dont Paul, suivant Bernardin de Saint- 
Pierre, se servit pour allumer promptement un boucan, 
afin de soulager les fatigues de sa tendre Virginie, et 
lui aider supporter la fracheur de la nuit. Pour cela, 
l'aide d'une grosse pine, il praticpia un petit trou 
dans ce bois poreux , et y enfonant un morceau 
de bois dur et pointa qu'il fit tourner avec beaucoup 
de vitesse , celle agitation suffit pour allumer le bois de 
l'ambaba. C'est sa racine qu'on emploie plus particu- 
lirement h cet usage. 

On fait avec les troncs du Coulequin des gouttires 
et des conduits d'acqueducs; on relire des cendres un 
trs-bon alcali propre au blanchissage des toiles, et h la 
clarification du vesou (suc de canne). 

On rencontr cet arbre dans toutes les Antilles, 
mais particulirement au Brsil , o on en distingue 
deux varits , le franc et le btard. 

Caractres physiques. Cet arbre est d'une moyenne 
grandeur; ses racines sont trs-cartes; l'corce du 
tronc ressemble celle du figuier; son bois est poreux, 
. blanc, tendre, rude au toucher, trs-facile fendre ; 
le tronc, divis par des nuds placs de distance en dis- 
tance , est creux dans toute sa longueur, ce qui le rend 
cassant et propre h cder l'elFort d'un vent violent. 



(36) 

II porte quelques girandoles de feuilles au sommet 
de chaque branche , arques uniformment ; ses feuilles 
sont grandes, ombiliques, palmes, larges de plus 
d'un pied, ayant beaucoup de rapport avec celle du 
papayer. Chaque feuille, compose de sept, neuf, ou 
treize lobes carts entre eux, est verte en-dessus, 
d'un blanc argent en-dessous , avec des nervures do- 
res sur cette face. Elle est supporte par un long- 
ptiole verdtre. 

Les fleurs sont dioques , d'un vert glauque, p- 
tales , et disposes sur des chatons redresss qui se 
grouppent le plus communment trois par trois. Les 
chatons femelles cylindriques sortent d'une espce de 
sphate gris de lin , tomenleuse ; le bourgeon terminal 
est rose , nuanc de jaune. Chaque articulation de la 
tige offre des cussons rougelres qui marquent la 
place des anciennes feuilles qui se sont dtaches du 
tronc. Les chatons ont environ sept neuf pouces de 
largeur; il succde aux fleurs des amandes dont les 
jeunes Ngres sont trs-friands. 

Analyse chimique. Le suc laiteux , acre et trs-amer 
de toutes les parties de l'arbre , offre un principe cor- 
rosif et astringent. 

Proprits mdicinales. Les amandes que produisent 
les fruits du Coulequin sont , dfaut d'autres , em- 
ployes cemme musives; le suc qui dcoule du tronc 
par incision est recueilli par les Ngres pour panser 
leurs blessures; ils emploient la pellicule interne du 
tronc comme astringente, et ils lui attribuent la mer- 
veilleuse proprit de gurir en moins de neuf jours les 
chancres qui ne sont pas vnriens, en renouvelant 



son application matin et soir. Toutefois j'ai vn em-y 
ployer avec succs le suc acre et lactlforme du Coue- 
quin l'extrieur dans plusieurs affections cutanes , 
chroniques , et contre les cors et les verrues. Poupe- 
Desportes recommande l'corce du Bois trompette dans 
les tisanes apritives , et ses racines dans celles astrin- 
gentes qu'on prescrit la fin des gonorrhes. 

Les Hatliers ou gardiens d'animaux emploient les 
bourgeons et les feuilles du Coulequin contre la diarrhe 
des bestiaux. 

Mode d'administration. On associe aux corces et 
aux racines du Bois trompette plusieurs espces auxi- 
liaires , d'aprs l'indication remplir. La dose de 
l'corce est d'une once deux par pinte de vhicule ; 
celle des racines est peu prs la mme : on ajoute 
la colature un gros de nitrate de potasse, si l'on veut 
la rendre aprilive , et de l'oxide de fer si on l'emploie 
comme astringente. 

Nota.. Ponpe-Dcsportes dnomme ainsi le Boi trompette b- 
tard : arbor excelsa , caudice naudoso et vacuo , foliis ai-xtatis, 
subts aureis, floribus racemosis ex. viridi albis, fructu ex nigro 
"violaceo j bicocco et coronato. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-QUINZIME. 

Le Coidequin, dont on a conserv une seule feuilUs 
est rduit au quart de sa rand&ur naturelU> 



( 38 ) ^ 

^V% V.^^ W% VVV^ .% ^'V^fc V^'V^ VW^ V>^ '/V%^^%/^' %^.v% .v^^ ^^^ V^^ X v%%% w 

BRUINSFELSE D'AMRIQUE. 

( Stomachique astringent. ) 

STNOMMir.. Vulg. Bois pli btard. Bosc. Brunsfelsia 
americana. Lin. Pentandrie monogynie. Jussieu, fa- 
mille des Solanes. Brunsfelsia flore albo punctato. 
Fructu croceo molli. Plum. Gen.ia. Burm. amor. 65. 
(\ivace.) 

CARACTliRES GNRIQUES. Calice ilcoup , coroIle 
rgulire, cinq divisions , cinq lamines , un style , un 
stigmate , une Laie polysperme , feuilles alternes. 
( Lamarck.) 

CARACTJiRES PARTicuLiES. CaliCe campaniforme, trs- 
pelit, cinq dnis; corolle h. tube Irs-long, limbe 
plane h cinq divisions, quatre lamines , dont deux 
plus courtes; un slyle, une Laie uniloculaire polys- 
perme pldcenla central. 

Histoire naturelle. On admire avec complaisance 
l'lgante composition d'une touffe de Brunsfelse , qui 
crot aux Antilles, et particulirement la Martinique , 
prs du rivage de la mer. Il y fleurit et y fructifie dans 
le mois de mai. Le Brvmsfelse vient en serre. 

Caractres physiques. Cet arbre mdiocre s'lve 

peu , mais son tronc acquiert la grosseur du corps 

humain; son bois est blanc, assez solide, contient un 

peu de moelle qui semble charnue , et est couvert 

, d'une corce Llanchtre , traverse par des rides 

rousstrcs plus ou moins profondes. 




f/iojor'f Jtcvtvuf/f/^ ^rriAV . 



Oa^r/t / Jc//^ 



BMlT^^^SrElHSE 



( 39 ) 

Les rameaux rugueux sont garnis de feuilles alterns, 

ovales, obongues , obtuses, avec une pointe courte, 

trs-entires , rtrcies vers leur base , glabres , et 

portes chacune sur un ptiole court. Ces feuilles sont 

assez semblables celles du citronnier, plus fonces et 

plus troites dans la varit B , mais plus minces et 
plus grandes. 

Les fleurs sont grandes , fort belles , monoptales, 
inumdibuliformes, tube trs-troit et long de trois ou 
quatre pouces , disposes trois ou quatre ensemble au 
sommet des rameaux. Cette fleur , d'abord d'un blanc 
pur, prend bientt une nuance sufurine qui passe au 
jaune citron en peu de temps. Le tube est garni de taches 
violettes, plus intenses lorsque la teinte jaune est d- 
v<doppe. Chaque fleur consiste en un calice vert, petit, 
quinqufide , persistant , une corolle monoptale tube 
grle, limbe plane , divis en cinq angles obtus ^ en 
quatre tamines, dont deux plus longues, laissent aper- 
cevoir leurs anhres l'entre du tube de la corolle; 
en un ovaire suprieur, obrond , petit , surmont d'un 
style de la longueur des tamines, et dont le stigmate 
en tte est saillant hors le tube de la corolle. 

Le fruit est une baie presque sphrique , plus grosse 
qu'une noix , d'un rouge orang, uniloculaire, et con- 
tenant beaucoup de semences rousstres places entre 
l'corce de la baie et un placenta charnu qui en occupe 
le centre. Cette substance charnue , pleine de suc , 

d'abord fort blanche, noircit ensuite et se putrfie. 
{ Encycl. mth.) 

Analyse chimique. Les fruits du Brunsfelse poss- 
dent une saveur acerbe; mais parvenus leur maturit, 
ils offrent une pulpe d'un got vineux et astringent ^ 



( 40 ) 

qui fournt l'analyse de l'acide malique et du 
tannin. 

PjROPRiiTis MDICINALES. On emploie comme aslrin- 
gens les iVuils du Bnnisfelse avant leur parfaite matu- 
rit , et leur suc , estim dans l'atonie intestinale, sert 
dompter les diarrhes chroniques les plus rebelles. 

MoDF. h'administration. La coction le au fruit du 

Brunsfelsesa saveur austre, et dveloppe son principe 

sucr; son suc clarifi , converti en sirop , s'administre 

par cuilleres , seul ou dans une verre d'infusion aro- 
matique. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-SEIZIME. 

Le Brunsfelse est reprsent ati tiers de sa grandeur 

naturelle. 

1. Dtails botaniques de l'appareil de reproduction. 

a. Fruit entier. 

3. Coupe transversale du fruit. 

Ces trois dernires figures sont presque de grandeur. 




Ya^p /^j'iY>//y-/f/i . 



a^f^fi-/ tlfr/^ . 



nAsNimi A CviAl^l^*:.s- 



(4t) 

RAISINIER A GRAPPES. 

{^Stoniachtqae astringent, ) 

Synonymie. Vulg. Raisinier du bord de la mer. Mangle 
rouge. Coccoloba uvifera. Lin. Oclandrie trigynie. -^ 
Jussieu. fam. des Polygonies ord. class. 18. sect. 7. 
Tournefort. fam. 59 , les Persicaires. Adanson. Coccoloba 
foliis cordatissub-rotundisj nitidis. Lin. spec. plant, vol. i. 
p. 523. Lam. illust. gen. tab. 3i6 , f. 2. Coccoloba 
foliis sub-rotundis, integris , nitidis, planis racemis, fruc- 
tuum cernuis. jacq. amer. 112, tab. 73. JMill.Dic!., n i, 
Coccoloba foliis crassis, orbiculatis,sinu aperto. Brwn. 
jam. 208. Polygonum foliis sub-rotundis, caule arboreo, 
fructibus baccatis. Lin. spec. plant. i,pag. 65. Uvifera 
foliis sub-rotundis, amplissimis^bort. clif. 487. Uvifera 
littorea, foliis amplioribus ferorbiculatis, crassis _, ameri- 
cana. Plut, almag. 3945*^^.286, fig. 7. Guajubera ra- 
cemosa, foliis cpriaceis sub-rotundis. Plum. lOjtab, i45. 
Populus americana rotundifolia. Baui. Pin. 43o. -Prunus 
Maritima racemosa , folio sub-rotundo , glabro ; fructu 
minore^ purpureo. Sioan. jam. 182^ liist. 2 ^ pag. 129 ; 
tab. 220 , fig. 3. Raj. Dend. 40. Casleb. carol. 2, pag. 96 ; 
tab. 96. En Carabe Ouliera. Gopey. Coccoloba 
veut dire semence lobe. (Laraarck.J 

Caractres GNRIQUES. Galice ordinairement color; 
5 6 divisions profondes; cprolie 0; tamines dfinies, 
attaches la base du calice ; 1 ou 5 styles ; graines 
ToE IL 20^ Livraison. 3 



( \^ ) 

nues on rccouvoiios par le calice, semence v'cnvcrscc , 
loLi'e ( Lamarck. ) 

CaractIrjs PAnicuLiEiis. Calice persistant 4 ^ ^ 
divisions oblougucs , obtuses , concaves , ouvertes ; 
huit tamines , trois styles ; le calice devient un drupe 
renlermant une noix uniloculaire trigone (Lamarck.) 

Histoire naturelle. Ce grand arbre est remar- 
quable par la forme et la beaut de ses feuilles , dont 
le dessous, d'un vert d'aigue-marine, est travers par 
de grosses nervures pourpres , ce qui offre le plus ri- 
che coup-d'il, lorsque cette partie surtout est en oppo- 
sition avec la partie suprieure qui est d^in beau vert 
luisant. Il se plat aux Antilles sur les rives sabloneuses 
des bords de la mer, et se trouva rarement dans l'int- 
rieur des terres. Son bois , bon brler , est employ 
dans le chaironage et pour la construction. Son cur 
donne une teinture rouge et des planches marbres ; 
celte teinture rouge, obtenue par la dcoction du bois , 
est vive et susceptible d'tre fixe par le sulfate d'alu- 
mine. Ses fruits , quoique peu estims , se servent sur 
certaines tables, et flattent particulirement le got des 
enfans qui aiment leur saveur aigrelette. Les feuilles , 
servaient , dit-on , d'assiettes aux Carabes et aux 

Flibustiers. 



Caractres physiques. Ce Raisinier, dit Nicolson , 
qui l'a trs-bien dcrit , s'lve ordinairement vingt 
pieds ; sa racine est tortueuse ^ traante , cheve- 



(43) 

ue, un peu acre ; son tronc crochu, noueux, bran- 
chu ; son corcc grise , crevasse , divise en plusieurs 
nuds comme le roseau. Le bois rouge , dur , plein , 
massif; on trouve au cenlre une moelle rougetre de 
deux trois lignes de diamtre : de chaque nud sor- 
tent des feuilles alternes trs-paisses, lisses, coriaces, 
arrondies j longues de 7 8 pouces , larges de 9 10, 
d'un vert fonc en dessus ,ple en dessous , trs -enti- 
res, portes sur un ptiole gros, rougetre court, dont le 
prolongement forme une cte saillante qui s'tend jus- 
qu'au sommet de la feuille , et se divise en plusieurs 
nervures rougetres. Des aisselles de la feuille suprieure 
du rameau s'lve une grappe , droite pendant la flo- 
raison , se courbant et devenant pendante la maturit 
des fruits; cette grappe, longue de 7 8 pouces , est 
compose de Go 80 fleurs tamiues ; les fleurs sont 
petites, d'un blanc jauntre , d'une odeur suave ; les 
pdoncules partiels et le pdoncule commun sont d'un 
beau rouge. Les tamines, au nombre de huit, environ- 
nent un ovaire charg de trois styles, qui devient une 
baie de la grosseur d'un grain de raisin , laquelle, dans 
sa maturit, est molle, sphrique, de couleur pourpre, 
couverte de petites gouttes de rose succulente , d'un 
got aigrelet; le milieu est occup par un gros noyau 
dur, ligneux, cannel , ovale, qui renferme une amande 
amre. / 

Analyse ghimiquk. Les baies du Raisinier contien- 



( 44 ) 

^iciit un principe muqucux, et un acide qui rougit le 
j)apier bleu. La semence est acre et huileuse ; sa ra- 
vine est anire et astringente. 

PiiOPRiiTs MKDiciNALES. Lcs Laics du Raisinier 
sont estimes anti-dysentriques , et ses raisins sont 
d'usage dans les tisanes astringentes qu'on prescrit 
dans les diarrhes chroniques, rebelles, et entretenues 
par l'alonie des viscres ; la fui des gonorrlies et de 
certains autres flux qu'il est avantageux de supprimer 
au moyen des rgles de l'art. On assure que les 
graines sont purgatives ; je ne m'en suis pas assur; 
mais on les remplace facilement par des plantes dont 
les proprits sont prouves , et alors on en nglige 
l'usage. 

Mode d'administration. Le syrop, prpar avec les 
Laies du Raisinier , jouit d'une astriction assez forte , 
pour que deux ou trois onces communiquent deux 
livres d'eau une saveur aigrelette. 

Le rob des mmes baies se mle aux juleps astrin- 
gens. La dose de l'corce et des racines est de quatre 
|2;ros une once. 

Nota. I y a plusieurs autres espces de Raisiniers dont les pro- 
prits me sont inconnues; savoir: i le Raisinier de montagne, 
appel par Desportes : arhor sfl^'estris , lilacls facie ,folus ovatls 
Jloribus racemosis , fructu u\^ formi alhicanie. C'est le Raisinier 
4corcc fine. Coccoloba cxcoriata de Lin.; 2Q le Raisiicr 



( 45 ) 

larges feuilles , cocc. latifolia ; 3 le Raisinicr pubesccnt ; 4 lo 
Raisinier feuilles varies ; 5 le Raisiiiier jauntre , etc. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-DIX-SEPTikME. 

Le rameau de Raisinier , en tat d'infloreseenc , est 
rduit au quart de sa grandeur naturelle. 

1. Grappe de fruit approcliant plus ou moins de la 

maturit. 

2. Fruit coup verticalement pour faire voir la place 

qu'occupe le noyau trigone et cannel; ce noyau 
dans certaines baies , offre une grosseur double de 
celle-ci. 

5. Etamine. 

A. Ovaire surmont de trois stvles. 

5. Fleur peu grossie. 

6. Corolle ouverte pour montrer Tinsertion de liuit 

tamines. 



( ; ) 

LAURIER ROUGE. 

[Stomachique astringent.) 

Syisonymie. Vulg. Laurier fruits de glands. Laurusborbo- 
lia. X^in.anandrie monogynie. Tournef. c. lio. Arbres 
inonopcLales , sect. i . Juss. fam. de Lauriers. Laurus 
foiiis nervosis utrinque viridibus, pauiculis cymosls.-Bor- 
boniafructu oblongo nigro, calice coccinco. lMuin.Gen.,4 
et Liirm. amer. toni. 60. Voiritell-Gouri , par les Ca- 
rabes, en espagnol, Laurel, en portugais, Laureiro, 
en anglais , Laurel-Tree. 

Caractres gnriques. Galice nul. Corolle de 6 
ptales , calicinaie. Baie monosperme , ganduics du 
nectaire deux soies. 

Caractres particuliers. Gorolle-Hyaptalc, trois 
tubercules autour de l'ovaire , termins chacun par 
deux soies ; neuf tamines ; anthres attaches sur le 
bord des liiels; deux i^audides la base de chaque filet 
du rang; intrieur; un style, un stigmate, un drupe, tige 
ligneuse ( Lamarck. ) 

Histoire naturelle. La couleur clatante des fruits 
de ce Laurier , IVlgancc de leur forme, et leur teinte 
d'opposilion avec lefe lillagc , tout fait distinguer dans 
les mashils le Laurier fruits de glands. Son bois est 
Irs-poreux ; nanmoins on le dbite en planches , et 
il sert faire des entourages. Les racines fournissent 
une teinture violette. 

Caractres PiisiQUES. Le Laurier rouge des An- 



y'/, -s. 




y /leot/ore ^c/vw/'/i'/'v /^/no' 



a/-:ei Jfft^- 



.AriMrj?-Bor3iiiO;%' 



(47) 

tilles forme , selon Plumier , un grand arbre qui (^gale- 
souvent en hauteur et en tendue nos noyers d'Europe. 
Son bois est blanchtre ^ tendre ; son ccorce est 
glabre , mdiocrement paisse , d'un brun gristre ou 
rousstre ; il s'en dtache des lambeaux en lames 



i 

minces. 



Les feuilles sont alternes, lancoles, ptioles, ner-- 
veuses , particulirement en dessous, veineuses entre 
les nervures, ver tes des deux ctsj moins lisses que celles 
du Laurier rouge de la Caroline , et plus grandes que 
celles du Laurier commun. Les bourgeons sont trs- 
petits , fort aigus et blanchtres. 

Les pdoncules sont axillaires , menus , ramifis su- 
prieurement en grappes lches sur les individus m- 
les , et en cime ou panicule corymbiforme sur les 
individus femelles. Les fleurs sont petites, blanchtres ^ 
odorantes , nombreuses , pourvues d'un calice G d- 
coupures obtuses, oblongues et gales; six tamines 
attaches au calice, et trois tamines plus intrieures , 
dont les fdamens sont munis de deux glandes leur 
base. 

Les fruits sont glandiformes; ce sont des drupes ova- 
les , oblongs , de la grandeur des glands du ch^e , 
d'abord verdtres,puis noirtres dans leur maturit, et 
envelopps chacun infrieurement par un calice tron- 
qu , charnu , rouge de sang , ayant la forme d'une 
cupule. (Encycl. mth.) 

Analyse cuniiQUE. Les glands du Laurier rouge 
son corce et son feuillage fournissent l'analyse 
une matire exlraclive , du tannin , et un principe 
colorant. 



( 48 ) 
Proprits MiniciivALES. J'ai peu de renscignemenj 
h donner sur les proprits de cet arbre , qu'on em- 
ploie rarement en mdecine. Le riche climat des An- 
tilles ofire , chaque pas^ des espces dont les propri- 
ls sont suprieures ; cependant , en cas d'urgence , on 
emploie ses racines et son corce dans les tisanes et 
lotions astringentes. 

Mode d'administration. La dose des racines et de 
l 'corce est d'une once par livre de coature. 

Nota. On trouve aussi aux Antilles, i le Laurier rouge 
fouilles longues ; 2 le Laurier fruit rond , laurns glohosa / 
hovhonia ftuctu globoio , m'gro , calice viridl rubente, Plura. 
gen. 4 5 Mis. , vol. 6 , tab. 99 , dont les racines teignent en violet. 



EXPLICATION Dli LA TLANGHE SOIXANTE-DIX-HUITIME. 



L^hidivdiimle , en efflorescence , est rdiiU moiti 



grandeur natarelle. 

1. Fleur me grossie ; les tamiiies disposes sur deux 

rani?s intraux, 

2. Efamines du centre ayant la base du filet deux 

cailles. ' 

3. Fleur femelle, 

4. Grappe de fruits contenus dans des calices ou 

cupules. 



jfV.-o. 




7'At\h/e*,".^ 7^t\iu\^ffr'/r7\ yWttt* 



(^ff^/'ff/ f X w^ . 



BOMEOX'E 



(49) 
SUMAC METOP. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Vnlg. Borbone fruit de corail (vivace). Rhus 
metopium. Lin. Pentandrie tryginie. Juss. fam. des tr- 
Lintaces. Rhus foliis pinnatis, quinatis^, integerrimis, 
subrotundis, glabris. Lin. amqen. Acad. , vol. 5^ pag. 
295, Wild. spec. Plaut.vol. i, pag. 1480, n 12. Meto- 
pium foliis subrotundis pinnato-quinatis; racemis alari- 
bus. Brown. Jam. 177, lab. iS, fol. 3. Terebinthus 
maxiraa pinnis paucioribus , atquarotundibus fructu ra- 
cemoso Sparso, Sloau jam. 167 , liist. 2, p. 90 _, tab. 199 , 
fol. 3, Raj. Den. 5i. Borbonia fructu coralino, flore 
pentapetalo. Plum. amer, incon. 61. ( Encycl. mth. } 

GarA-CTres gnriques. Calice dcoup en plusieurs 
parties; corolle polyptae , rarement nulle, tamines 
dfinies; ovaire supre; un ou plusieurs styles, autant 
de stigma; une baie ou une capsule uniloculaire ; 
feuilles alternes ordinairement primes, tiges ligneuses. 

Caractres PARTicuLriiRS. Calice cinq divisions 
prolbndes ; corolle pentaptale; cinq lamines , trois 
styles , un drupe oblong , un noyau osseux ( Lain: ) ; 
feuilles primes , quines , trs-cutires , comme ron- 
des , glabres. (Vivace. JoiycL) 

Histoire naturelle. Cet arbrisseau aue Ton ren- 
contre frquemment sur les montagnes des Anlilles , 
,et principalement la Jamaque , fixe les regards 
par l'clat de ses baies , et la forme lgante et 



( 5o) 

peu commune de son feuillage, ses fleurs elson corce 
servent h lanncr les cuirs; mais il y a lanl d'autres 
espces indignes qui lui saut prfrables , qu'on 
n'emploie ce Sumac qu' dfaut d'autres , et dans les 
quartiers de la Colonie o les ressources ne sont pas 
abondant'es. 

CARACTiRES PHYSIQUES. Le Sumac Mtopi a des 
liges droites , rameuses ; les rameaux tals et relevs 
en girandole , garnis de feuilles ptiolcs , alternes , 
ailes , composes assez ordinairement de cinq folioles, 
trs-enliresleurs bords, un peu aigus h la pointe, ob- 
tuses leur insertion , glabres leurs deux faces , plus 
larges que longues , vertes en dessus, jauntres avec 
des reflets rougetres en dessous. 

Les fleurs sont situes latralement dans l'aisselle des 
feuilles vers l'extrmit des rameaux , disposes en 
grappes assez lches , les calices courts et glabres ; la 
corolle cinq ptales troits , forts , petits, jaunes > 
veins de rouge sanguin. 

A l'ovaire surmont de trois styles courts succ- 
dent des baies oblongues acumines d'un beau rouge 
carlate. 

Analyse chimique. L'corce elles feuilles du Sumac 
Mtopi contiennent du tannin , de l'acide gallique ; 
une gomme rsine j et un peu de fcule verte. Les 
fruits renferment un principe mucoso-sucr lgrement 
astringent. Ils sont fermentescibles. 

Proprits mdicinales. On prte complaisammenl 
au Sumac Mlopi des proprits que je n'ai pas t . 
mme d'observer ; les colous l'emploient dans les diar- 



( 01 ) 

files rebelles et atonlcjues , et flans le pansomcnl des 
ulcres de ce genre. J'ai cependant reconnu les bons 
efl'els de la lotion des fleurs , feuilles , et corcc dans 
les allections cutanes, dans le flux hmorrodal excessif, 
et dans les mnorrhagies trop abondantes. La dcoc- 
tion des fruits s'ordonne en gargarismes et contre l'ul- 
cration des gencives chez les scorbutiques. Le suc 
concentr de Tcorce noircit les plaies , et ronge les 
chairs baveuses. 

Mode d'administration. La dose des feuilles et de 
l'corce est d'une once par livre d'eau pour les dcoc- 
tions. On dit que le rob de ses fruits s'administre h 
l'intrieur la dose d'une cuillere caf trois fois 
par jour. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-DIX-NEUVlME. 

Le rameau du Sinnac Mtopi est rduit aux deux tiers 
de sa gra7idear naturelle, 

1. Fleur grossie. 

2. Appareil de reproduction. 

3. Fruit coup transversalement pour faire observer le 

noyau contenu dans une pulpe. 



(52) 

OMPIALIEU NOISETIER. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Oraplialia triandra. Lin. Monocie triandrt^. 
Jnss. fam. des Euphorbes. Omphalea racemis compositis , 
termioalibus , foliis sparsis^ oblongis , glaberrlmi*, caule 
arboreo. Omphalea nucifera. Swarlz. prod. g5. Obs, 
botan. 35 1. Omphalea foliis oblongis. Lin. amn. Acad, 
5, p. 4o8. Omphalendria foliis obovatis, glabris ad basini 
biglandulosis, fioribus triandi is, Brown. jara. tab. 2,2_, fol. 
4. Aublet Guyan , p. 845. Nicoson , histoire de St. 
Dom. ^ p. 376 5 tom. 2. Arbor folio cordiformi ^ fer 
acanlos fioribus racemosis , viridibus , fructu tricocco^ 
iucis jnglandis forma. ( Poupe-Desportes. ) 

Caractres gnriques. Fleur mle , calice cinq 
parties, corolle nulle , tamines ayant leurs filets 
runis en colonne la base. 

Fleur femelle. Calice cinq parties , corolle nulle , 
un style trifide , capsule h. trois coques, trois loges , 
trois semences. 

Caractres particuliers. Fleurs T^lonoques dispo- 
ses en grappes , dont les mles occupent la partie su- 
prieure , et les femelles la partie inrrieure. Un ovaire 
presque rond , surmont d'un style court et charnu , 
termin par un stigmate divis en trois et perfor ; 
capsule trois coques , trois loges ; trois valves , une 



r/.8o. 




jAfo^trrf Jfe,t\i'>rttr^Zi.-/'i7t. 



&a^7^<'7tJ<^/^ 



O^lFILiLER NOISETIER, 



(53) 

semence dans chaque loge ; feuilles cordiformes , tiges 
ligneuses ; trois tamines dans les fleurs mles. 

Histoire naturelle. L'Omphalier Noisetier n'est 
point un arbre trs-rpandu; et, pour jouir de ses pro- 
prits , on le cultive sur les habitations. Dans l'tat de 
nature , il se plat sur les mornes et dans la plaine , 
pench sur les ruisseaux. Ses fruits tant rcents sont 
estims des gourmets et servis sur les meilleures ta- 
bles; on les compare aux avelines de France ; mais 
comme les noisettes d'Amrique rancissent en vieillis- 
sant , on les couvre de sucre pour en faire des dra- 
ges ; et leur huile , tire par expression , est douce et 
trs-utile contre la toux invtre. 

Le genre omphalier, dit M. LoiseleurDeslongchamps^ 
appartient une famille suspecte , et dont nous avons 
une espce trs-rpandue dans nos forts sous le nom 
de bois de soie : la glu , produite par incision faite au 
tronc dans tous les temps , est un suc blanc , laiteux , 
trs-liquide d'abord , s'paississant l'air extrieur , se 
colorant et jouissant d'une sorte de tnacit et d'las- 
ticit analogues aucaoutchou nouvellement obtenu. Le 
suc de citron la solidifie de suite. Les enfans s'en ser- 
vent comme nous faisons de la glu. 

Caractres physiques. Le pre JXicoison qui nous 
a fait connatre l' Omphalier , nous donne sur cet arbre 
des renseignemens exacts que je conserve ici par res- 
pect pour la mmoire de ce clbre voyageur. Sa 



(54) 

racine, dit-il , est fibreuse , pivotante, l'piderme qui la 
couvre est d'un brun sombre, le tronc a 4 ou 5 pieds 
de circonfrence ; il est droit, couvert d'un piderme 
mince, gristre, rempli de tubercules et de callosits. 
L'enveloppe cellulaire est verte , cassante , aqueuse , 
gluante , d'une odeur un peu forte , d'un got acre ; 
le liber jauntre , visqueux, de mme odeur et mme 
saveur que l'enveloppe cellulaire : le bois tendre , fen- 
dant, visqueux et blanc. Le centre des branches et du 
tronc est occup par une moelle tendre , gluante, blan- 
che , qui rougit l'air. Le corps de l'arbre pousse plu- 
sieurs branches son sommet , qui se subdivisent en 

plusieurs autres branches minces , tortueuses et cas- 
santes. 

Les feuilles croissent par bouquets , elles sont alter- 
nes en cur , lgrement sinues dans leur contour , 
sans dentelure, arrondies au sommet, glabres , de huit 
dix pouces de long sur sept de largeur ; d'un vert 
ple , garnies en dessous d'une cte trs-saillante , de 
g^rosses nervures et de fibres disposes en rseau , d'un 
vert fonc en dessus , paisses , gluantes , portes sur 
un ptiole court , arrondi , muni au sommet de deux 
glandes latrales , hmisphriques et luisantes. Ces 
feuilles naissent aprs les fleurs , lorsque les fruits com- 
mencent se former. 

Ces pdoncules sont axillaires , ils sont garnis de 
fleurs disposes en grappes de deux pieds de longueur. 
B'abord cette grappe est droite , peu peu elle s'in- 



(55) 

cline et devient enfin pendante. A la base de chaque 
ramification est une stipule mince , alonge , qui se re- 
plie en plusieurs sens sur les fleurs , et semble desti- 
ne h protger les boutons encore jeunes : la base est 
garnie de deux fortes glandes. 

Les fleurs sont verdatres , sans odeur , composes 
dans les mles d'un calice cinq folioles , dont deux 
plus grandes, rflchies, les autres ovales , concaves , 
colores et membraneuses leurs bords. Il n'y a point 
de corolle. Le rceptacle est garni d'un anneau charnu 
et d'un rouge de sang. Trois anthres trigones pour- 
pres, sessiles sur leurs filets runis en colonne et in- 
srs au centre du rceptacle. 

Dans esdites fleurs femelles , le calice comme 
dans les mles. Un ovaire oblQug trois ctes sans 
style j portant un stigma divis en trois et perfor au 
centre. 

Le fruit est une capsule ou baie charnue, pendante , 
arrondie, trois loges, renfermant des noyaux dont les 
amandes sont blanches , revtues d'une membrane trs- 
fme , jauntre , argentine , et comme soyeuse ; elles 
sont oblongues , trangles par un sillon circulaire ; 
leur intrieur prsente une cavit centrale. 

Analyse chimique. L'amande fournit une huile qui 
a tous les principes de celle du noisetier d'Europe. 

Proprits mdicinales. L'huile des amandes est 
pectorale ? et remplacerait , dans les loochs , celle d'- 



s 



(56) 
mande douce ; si Ton n'avait aux Colonies celle du 
Ssame-Ooli, et beaucoup d'autres infiniment plus esti- 
mes. Cette huile jouit des proprits cosmtiques , et 
est employe dans l'alopcie; on s'en sert galement 
dans l'entrite et les douleurs nphrtiques. 

Les fleurs sont astringentes et diurtiques , ainsi que 
les amandes. 

Mode d'administration. La dose de l'huile est de 
4 gros une once. Celle des fleurs est galement de 
quatre gros une once pour une pinte d'eau. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-TINGTillME. 

Le rameau d'Omplialier est rduit au cinquime de 

sa grandeur naturelle. 

. Fleur mle garnie sa base d'une bracte contourne. 

2. Fleur femelle prsentant, sur l'ovaire trigone, son style 
perfor au centre et garni de ses trois stigmas. 

5. Capsule coupe transversalement, et dpouille d'une 
portion de sa partie corticale verte. 

,4. Amande trangle vers son milieu, et prsentant une 
cavit centrale la base de laquelle est plac l'em- 
bryon. 



J'/.Sj. 




STAf^Kiim' 2fej'{V7irrZi J'ma^ 



^irrf/ Scu^ 



C0R0SS01.IEM AFtITIT HERI 



( 57 ) 

COROSSOLER A FRUIT HRISS. 

Kul^. Sappadille. 

[Stomachique astringent) 

Synonymie. -~ Anona muricata. Linn. , polyandrie poly- 
giiie. Jussieu ^ famille des Anones. Ortl. , class. 21 _, 
sect. 6, Tourncf. Famille /jG, les anones, Adanson. 
Guanabus fruclu Yiridi Intescente, molliter aculeato. 
Plim. 5 V. 6^ p. 112. Anona foliis ovato-Ianceolatis , 
glabris nitidis, planis, pomis muricalis, Linn. Anona 
maxima foliis lalis splendentibus , fructu raaxirao yiridi 
conode; tuberculis. S. spinulis innoccntibus aspero. 
, Soan. Jam.^liisf. 2, p. 166, t. 225. Anona rauricata 
pomis cordato oblongis j'nciirvis. Lam. Anona rauri- 
cata, Jacq. obs. 1 , p. 10, t. 5. Merian, Surin., t. i4 
Anona indica fructu conode viridi , squarais vclnli 
aculeato. Pluk. Alm. , l. i55, f. 2. Alacalyoua^ en 
Carabe. ( vivace, ) 

CARACTiRES GNf:RQnES DES ANONES. Calice Irphyllc , 
corolle 6 ptales , les trois intrieurs plus petits ; la- 
mines trs-nombreuses ; filets courls; style o; un grand 
nombre de stigmas; baie trs-grande; polyspcrme , 
recouverte d'une corce cailleusc uniloculairc (La- 
marck). 

Caractres particuliers. Feuilles ovales, lanco 
les, glabres, luisantes, planes; fruits cordiformes 
muriqus; coroe de trois ptales ; Irois autres ptales 
pour le nectaire blancs' on verts en dehors , et rouges 
ou jaunes en dedans. ( vivace. ) 

Tome H. 21e LivraisoJi, 4 



(58) 

Ijstoirk NATtinEiXE. CiC corossolicr acquiert aux 
Anlillcsla grandeur et la forme d'un poirier ordinaire , 
lorsqu'aucun arbre voisin ne contrarie sa vgtation , 
( ar alors il ne forme plus qu'un arbrisseau : il produit 
des fruits trs-recherchs par les Croles , lorsqu'ils 
sont bien murs, mais dont la saveur doucetre et mu- 
cilagineuse ne convient pas d'abord aux nouveaux 
dbarqus. Lorsqu'on veut en faire usage , on rompt le 
fruit pour sucer la pulpe de chaque segment , o l'en- 
lever la cuiller, ayant soin de jeter la peau qui est 
amre , et porte avec elle une odeur de rsine. On 
permet l'usage de ces fruits aux convalescens. Suivant 
Nicolson , cet arbre tire son nom d'une le hollandaise 
nomme Curao , d'o il a t port dans nos colonies ; 
il se plat partout et s'accommode de tous les terrains. 
Les porcs sont friands de ces fruits. 

CARACTiREs PHYSIQUES. L'corcc du corossolier est 
lisse, d'un gris brun; le bois est mou , blanchtre; 
le bourgeon terminal qui renferme les jeunes feuilles 
est d'une couleur rouge orange ; les feuilles sont 
paisses , ovales , oblongues , pointues , entires , p- 
lioles , glabres , luisantes , attaches par bouquets , 
d'un vert fonc en dessus , d'un vert ple en dessous ; 
elles ont quatre cinq pouces de longueur. 

Les pdoncules sont uniflores , solitaires , pais ; ils 
deviennent ligneux et d'un brun bistre, et naissent la 
plupart sur les vieux rameaux, et mme sur le tronc; 
la fleur est grande , d'un blanc jauntre ; son calice est 
compos de trois folioles , petites et persistantes , et 
six ptales , dont les trois extrieurs sont trs-grands , 
en cur, acumins, pais, coriaces et ouverts, et les 



( 59 ) 

trois intrieurs un peu moins grands et obtus : le centre 
est occup par plusieurs tamines anthres jaunes. 
Le fruit est une baie souvent trs-grosse, et pesant 
parfois jusqu' 8 livres , en cur oblong , un peu cour- 
be, corce d'un vert jauntre , partout hrisse de 
pointes molles ou non piquantes^ recourbes , d'abord 
vertes , et prenant la couleur de rouille mesure que 
le fruit avance vers sa maturit. La chair du corossol 
est blanche, fibreuse, succulente , odorante, compose 
d'ulricules oblongs , qui renferment ces graines aman- 
des , plates aonges , corce noire , luisante et dure. 
Ces fruits dlicats et trs-sains , ont une saveur douce , 
de crme sucre et parfume, au milieu de laquelle se 
dveloppe une lgre acidit. 

xVnalyse chimiqle. L'corce du corossol est trs- 
astringente, et fournit beaucoup de tannin : la pulpe 
contient un principe mucosc-sucr, plus un peu d'acide 
maiquc. 

PnopRiiTis MDICINALES. Lcs graiucs et la pulpe du 
corossol sont employes dans les tisanes astringentes 
qu'on prescrit dans les atonies des intestins : les fleurs , 
les bourgeons et les fruits se prescrivent dans les ca- 
. tarrhes , et les pneumonies. Je n'ai eu qu' me louer du 
syrop bechique compos comme "1 suit. 

X Corossol, n" i , fleurs d'amourette btarde ( so- 
lanura aculeatum) , de franchipanier, herbe char- 
pentier ; de chaque , une once ; sucre , quantit suffi- 
sante pour faire un sirop selon l'art. 

Mode d'administration. La dose du sirop est d'une 
cuillere par verre d'une infusion mucilagineuse ou 



( 6o ) 

aromatiquo, suivant la pih^iode de la maladie. Les 
graines s'emploient h la dose de quatre gros par livre 
de liquide; les bourgeons celle d'une once. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-UNIiME. 

Le Corossoller hriss est rduit aux deux tiers de sa 
grandeur ; on a choisi , pour le peindrey un des plus 
petits sujets, 

1. Graine entire. 

3,; Coupe transversale de la graine, pour faire observer 
en entier l'amande contenue sous une corce dure, 

,.,, \ 



,0.' 



isa c : 



/Y. Sji . 




TAeo</ore ^e^eoitrfit/jf^/^'no! . 



Oari lie 



rOROSSOLIER RETICITI^. 



(6i ) 
COROSSOLIER RTICUL. 

( Stomachique astrnge7it, ) 

Synonymie. Vulg. mamilier, cur de buf, corossol 
sauvage. Anonareticulata, Linn. Polyandrie, polyginie. 
Jussieu, fam. des Anones. Guanabus fructu tuibinato 
minori luteo , Ban. Fr. quinox, p. 53. Anona fructu 
aureo, et non aculeato. Plum. Carpocardium liiteum 
vel purpureum ( Dose. ). Anona foliis lanceolalis , 
fructibus ovatis , reticulato-areolatis , Linn., mil., dict. 
n** I. Areolae angulares sub-pentagonae; anona reti- 
cuata, Jacq. obs. i, p. 14, tab. 6 ^ f. 2. Anona, etc. 
catesb. carol. 2, p. 86. Amb. i ^ p. i36,t. 4^. C'est 
l'alacalyoua des Carabes. 

Caractres GNRIQUES. Calice Iriphyllc ; corolie, 
six ptales, les trois intrieurs plus petits, tamiiies 
trs-nombreuses; filets courts; style o; sligmas trs- 
nombreux. Baie trs-grande , poly sperme , revtue 
d'une corce cailleuse , uniloculaire ( Lamarck.) 

Caractres particuliers. Feuilles lancoles; fruits 
cordiformeSj rticuls, aroles , inermes. 

Histoire naturelle. Sous d'paisses forts, rafra- 
Lhies par le cours des ruisseaux sinueux dont 

Le cristal transparent 

Sur UB lit de gravier serpente en murmurant. 

( Decjaintakge. ) 

Au milieu des lianes grimpantes et de toutes couleurs ^ 
se trouve le mamilier. Fier d'un aussi brillant cortge , 



(G2 ) 

sa couleur d'or le fait remarquer; il y fleurit en no- 
vembre, et donne des fruits en avril. Son fruit, peu 
estim comme aliment n'est recherch que des chas- 
seurs et des ngres marrons; comme remde il devient 
utile dans la dyssenlerie, lorsque prs de sa maturit 
( Ilecqiie ) , on le coupe par rouelles , alors on l'ajoute 
aux tisanes astringentes. Certains colons remplacent 
par son moyen, dans les sauces , les fonds d'artichauts : 
il sert de nourriture aux iiiuanes et autres animaux 



sauvages. 



Caractres physiques. Le mamilier est touffu; il a 
des feuilles plus grandes que celles du corossolier h- 
riss, termines par une pointe recourbe d'un ct, 
lisses et d'un vert triste en dessus; lgrement pubes- 
centes en dessous, et nervures latrales plus droites, 
Lien parallles et plus remarquables. 

Les pdoncules sont uniflores , solitaires et portent 
des fleurs d'un vert jauntre. Ces fleurs ont un calice 
trs-petit trois folioles , en cur, acumines et arron- 
dies ; six ptales , dont trois extrieurs sont oblongs , 
corniculs, pais, verts et convexes sur le dos; munis 
d'un angle h leur face interne, jauntres et convexes h 
leur base; et trois intrieurs plus petits que le calice 
mme. 

Les fruits sont petits, arrondis en cur de buf d'o 
leur vient leur surnom ; d'environ deux pouces et demi 
de diamtre; jaunes dans leur maturit, passant de cette 
couleur au brun et se corrompant en peu de temps. 
Leur corce est glabre , inerme , brillante , rticule 
par des lignes qui , se croisant , forment des aroles 
anguleuses et presque pentagones. 



(63) 

Leur pulpe est blanche ou rougetre , suivant la 
varit, presque insipide et n'est recherche que des 
oiseaux ou par des chasseurs altrs ou affams. 

Analyse chimique. On retire du fruit non mr un 
principe astringent , qui contient beaucoup d'acide 
gallique: et du fruit mur un principe mucoso-sucr et 
ferraentescible. 

Proprits mdicinales. Pour ne pas parler toujours 
d'aprs ma propre exprience, qu'il me soit permis ici 
d'invoquer le tmoignage de prallciens recoraman- 
dables. Le D. Chevalier, docteur rgent et ancien m- 
decin du roi Saint-Domingue, dit en parlant du cur 
de buf: Nous n'avons point en Europe de remde 
si prompt et si assur contre les diarrhes et les dys- 
senteries; aprs les saignes et les purgations conve- 
nables, si elles sont ncessaires, lorsqu'il n'y a point 
de fivre, ni de douleurs dans le ventre; le tencsme 
seul ne doit pas empcher de s'en servir. 

Mode d'administration. On fait bouillir dans une 
livre d'eau deux gros du fruit sch , non mr, coup 
par tranches et rduit en poudre, ou dans une dcoc- 
tion de fleurs de ketmie gombo rduite moiti; on 
donne cette dcoction , avec la poudre , dans un lavi^- 
ment que le malade garde le plus long -temps possible ; 
si le tenesme est violent et frquent, continue notre 
respectable mdecin amricain , il est bon de faire 
bouillir la poudre dans la dcoction d'une tte de pavot 
crase , et de passer la dcoction avant d'y faire 
bouillir la poudre. On ajoutera un gros de tliriaque 
nouvelle, ou quelques gouttes de teinture anodine : 



( <>1 ) 

on rilcre les lavcnicns suivanl le besoin. Dans les 
fliiirilies il Tant user, pour boisson ordinaire, d'une 
tisane j'ailc avec ce fruit, coup par morceaux: on 
en met bouillir un gros dans cinq dcmi-scliers d*eau, 
que Ton fait diminuer environ d'un quart, ou jusqu' 
ce que la teinture soit couleur de rose ou d'un vin 
clairet; on peut dulcorcr cette boisson, si le malade 
a coutume de boire du vin : s'il est faible, ou si la diar- 
rhe est invtre , il peut en mettre un quart sur trois 
quarts de la tisane. 

Des auteurs polypliarmaques annoncent que la ra- 
cine du mamilier mise en poudre est errhine , et mme 
antl'pileptique. Pour cet eifet, ils l'ordonnent avec 
le baume de sucrier. Comment ajouter foi cette assu- 
rance contre une maladie qui jusqu'ici a fait le dses- 
poir du mdecin et l'cueil de la mdecine. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATEE-VINCT-DEUXliME. 

I _ 

Le Mamilier est reprent moiti de sa grandeur 
naturelle : on a galement choisi un petit sujet. 

I. Fruit coup verticalement, pour laisser voir les 
graines renfermes dans des rticules. On voit 
l'extrieur la teinte lie de vin qu'il prend quand 
il commence se corrompre , et qui gagne rapi- 
dement l'intrieur. 



/V.S3. 




/'/to</<tre ej^vur//^x. jfma- 



(tirif^ ifl'u^ . 



i'RO^BOiJCil A Uirr A'AnAMA'^ . 



(65) 
GOROSSOLIER A FRUIT CAILLEUX. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Vulg. Cachiraant, pomme canelle , Hattier 
l'Ile-de-France et de Bourbon, le fruit s'appelle liatte ou 
atte. Anona squamosa. Linn. , polyandrie , polyginie. 
Jussieu y fam. des anones. Guanabus fructu sub-ceruleo, 
Plum. Hist. 6, t. Il 3. Anona fructu purpurascente, 
cinnamomi sapore ^ Plum. Anona tuberosa Rumph, 
amb. ^ p. i38^ tab. 4^. Atamaram. Pvhed. mal. anona 
foliis oblongo-lanceolatis , lvibus^ pedunculis glabris , 
sub mutifloris oppositi-foliis_,fructibusobtuso-squamatis. 
(Lamarck). Anona foliis odoratis minoribus , fructu 
conode squamoso , parvo, dulci. Sloan. Jam. , List. 2, 
p.i68 , t. 227. Anona tuberosa Rumph. amb. i^p. i38, 
t. 4s. Anona squamosa Jacquin, obs. 1 , p. iS, t. 6 , 
f. 1. ( Yivace. ) 

Caractres g^iiiques. Calice triphylle; corolle 
six ptales ; les trois intrieurs plus petits; tamiiies 
trs -nombreuses; filets courts; style o; stigmas nom- 
breux; baie trs -grande; poysperme , recouverte 
d'une corce cailleuse , miiloculaire. ( Lamarck.) 

Caractres particuliers. Feuilles oblongues , 
comme ondules; fruits cailleux en larmes ; fleurs 
ayant les pdoncules le plus souvent groupps. 

Histoire naturelle. Beaucoup d'auteurs ont con- 
fondu les diverses espces de corossoliers , et ont runi 
les caractres du cachimantier avec ceux dumamilier; 
mais la diffrence des fruits est si sensible , r^u'on ne 



( 66 ) 

peut s'y mprendre d'aprs l'cxanicn des planches 
a Haches cet ouvrage qui seront toujours prfrables 
aux meilleures descriptions. 

Le Cachimanlicr vient naturellement aux Antilles 
sur le bord des rivires , mais la saveur dlicieuse de 
ses fruits parfums fait qu'on le cultive sur les habita- 
tions : il fleurit en dcembre , et donne des fruits en 
fvrier et en mars. 

Caractres physiques. Le Cachimantier est un petit 
arbre qui rarement s'lve au-del de douze quinze 
pieds, dont le bois est blanchtre, assez dur; l'corce 
brune ou verdtre , et la cme mdiocrement garnie. 

Les feuilles sont alternes , peu cartes les unes des 
autres; ptioles , oblongues, lancoles, pointues, 
glabres , un peu luisantes et d'un vert fonc en dessus, 
d'une couleur plus claire et bleutre, glauque en dessous, 
surtout dans leur jeunesse; elles sont longues de quatre 
h. six pouces sur deux au plus de largeur. 

Les pdoncules sont glabres latraux, apposs aux 
feuilles; sohtaires ou plus souvent deux ou trois en- 
semble , sur une base commune plus ou moins leve. 
Ils portent chacun une fleur assez petite , verdtre en 
dehors, d'un blanc jauntre l'intrieur et d'une 
odeur un peu dsagrable. Ces fleurs ont un cahce 
extrmement petit, trois divisions arrondies termines 
par une pointe; trois ptales extrieurs , longs presque 
d'un pouce, troits, pais, triangulaires ou prismatiques, 
et concaves leur base ; et trois ptales internes , fort 
petits , peine apparens et ovodes. 

Les fruits sont ovales , oblongs ou obtusement co- 
niques ^ un peu enfoncs comme les pommes l'insor- 



(67) 

lion de leur pdoncule; verts ou noirtres dans leur 
maturit ; recouverts comme a prune d'une matire 
poudreuse et argente. Leur face extrieure est com- 
pose de mamelons obtus, convexes en dehors, em- 
briqus , qui la font parotre jtoule bossele. La chair 
de ces fruits et blanchtre , fondante , fort agrable , 
presque semblable de la bouillie ; d'une saveur 
douce , parfume d'une odeur d'ambre et de cannelle , 
d'o lui vient le nom de ^omme-cannelle. 

Analyse chimique. La pulpe du fruit donne un prin- 
cipemucoso-sucr, plus une pariiearomalique. L'corce 
contient beaucoup de tannin, et la dcoction noircit 
par l'addition du sulfate de fer. 

Proprits mdicinales. On obtient de la pulpe des 
Cachimantiers une liqueur fermente qui a beaucoup 
de rapports avec le cidre, mais qui ne peut se con- 
server: on en nglige l'usage, qui trouble les digestions, 
occasionne des flatuosits et des borborygmes. Ces 
fruits sont trs-rafrachissans , et leur proprit astrin- 
gente se trouve dans les jeunes bourgeons, dans les 
racines , et dans l'corce des fruits ; les graines tant 
concasses et infuses dans de l'esprit de tafia soulagent, 
dit-on , dans les ajDfections calculeuses de la vessie ; on 
' en prend dans le bain une cuillere caf dans une 
dcoction de graines du cotonnier, aiguise d'acide 
muriatique jusqu' agrable acidit. 

. Suivant Rheed , les feuilles crases , avec du sel 
marin , mrissent les tumeurs , tandis que les fruits 
confits avec le gingembre apaisent les vertiges , et 
deviennent, dit-il, laxatifs : c'est ce que je n'ai point 
prouv. 



( 68) 
Mode d'administration. II est le mme que celui, du 
corossolicr h fruit hriss. Voyez cet article, n** 81. 

Nota. Il y a beaucoup d'autres espces de corossolieis , dont on 
trouvera rnuincration dans les ouvrages de botanique , mais que 
je crois inutile de consigner ici , attendu que leurs proprits ne 
me sont point connues . 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-TROISlME. 

Le Cac/ilmentler est rduit moiti de sa grandeur 

7iatureUen 

I. Fruit coup transversalement. 



. J^/.4. 




TAtw/orf yfe^rfow/iKJ't/i' 



Oai'-ie/ Jha^ 



IC'AOITER jrAmAl\i3V^. 



Kl. 



ICAQUIER D'AMRIQUE. 

. ( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. le Prunier icaque , la Prune coton , la 
Prune des Anses. Chrysobalanuslcaco. Linn. class. XII. 
Icosandrie , raonogynie. Jussieu, fam. des rosaces. 
Jacq. Amer. i54, tab. 194? et pict. , pag. 76, tab. i4r. 
Mill. Dict. I. Icaco fructu ex albo-rubescentef<iut fructii 
nigro ^ aut fructu purpureo. Plum. ,vol. 6, pag. i5. - 
Poupe-Desportes. Burn. Amer. , tab, 1 58. Cbrysoba- 
anus fruticosus, foliis orbiculatis alternis , loribus lax 
raraosis. Brwn. , fam. 25o, tom. 17, f. 5. Guajru ^ 
Marg. Bras. 1. 2, c. iZ). (vivace. ) 

Caractres gnriques. Calice quinquefide ; cinq 
ptales, des lamines nombreuses; stigmate latral- 
un drupe suprieur noyau sillonn et comme cinq 
valves. 

CARACTiRES PARTICULIERS. 

Histoire naturelle. L'icaquier est un arbrisseau 
qui crot naturellement aux Antilles dans les endroits 
irais , sur les mornes humides , prs des rivires et des 
a-ises qui avoisinent les rivages de la mer. On l'y trouve 
presque toujours en fleurs , mais c'est dans les mois de 
juin et de septembre, qu'il donne des fruits assez 
agrables mano;er: ils varient dans leur couleur. 

J'ai de ces fruits que l'ambre et la pourpre colore ; 
J'en ai que l'or jaunit , je te les garde encore. 

(DESI>TAftGE.) 



' ( 70 ) 

En effet , il en est des jaunes , ou d'un blanc rou- 
gctre; d'autres sont rouges ou pourprs; d'autrescnfin 
violets ou presque noirtres , ce qui a fait croire h 
plusieurs auteurs qu'il y a voit diverses espces d'ica- 
quier, savoir : i icaquier fruits violets. Chrysobalanus 
fructu violaceo; 2 fruit Liane, chrys. fructu albo; 
5 h fruit noir , chrys. fructu nigro. ( Poupe-Des- 
portes. ) 

La pulpe de l'icaquier est fongueuse , jauntre , ad- 
hrente aux cannelures rugueuses du noyau; elle est 
d'une saveur douce, agrable, mais un peu austre : 
on vend ces fruits dans les marchs; on les mange 
crus et en compotes; on les confit dans l'eau- de-vie; 
l'icaque ressemble nos prunes de Damas. Les ngres 
sont si friands de ces fruits , qu' l'approche de leur 
maturit , ils viennent bivouaquer au pied d'un ica- 
quier qu'ils ont dcouvert, dans la crainte que d'autres 
chasseurs ne s'emparent de ces fruits , dont ils font 
d'amples provisions. On cultive l'icaquier dans les jar- 
dins; les. fruits sont sains lorsqu'ils sont murs. 

Caractees physiques. Peu remarquable par sa 
taille , puisqu'il ne s'lve qu' huit ou dix pieds , l'ica- 
quier est trs-branchu. Ses rameaux sont cylindriques , 
rugueux; l'corce en est chtaine ou rousstrc, par- 
seme de points blanchtres. 

Les feuilles sont alternes, ovodes, obtuses, en- 
tires , glabres (Jes deux cts; coriaces, veineuses, 
et portes sur des ptioles courts; elles sont longues 
d'environ deux pouces sur prs d'un pouce et demi 
de largeur et deviennent brunes ou noirtres par la 
dessication. 



( 70 _ 

Lrs fleurs naissantes qui ont d'abord l'aspect d'un 
boulon vert , sont petites , blanchtres , veloutes ou 
lgrement cotoneuses en dehors ; elles sont disposes 
sur des grappes rameuses axilaires et terminales , un 
peu plus courtes que les feuilles. Les pdoncules sont 
un peu anguleux, comprims, munis sous leurs divisions 
de petites cailles ovales , pointues , veloutes , ca- 
duques. Chaque fleur ofl're , i*" un calice monophylk, 
campanule , petit et partag en cinq dcoupures ou- 
vertes jusqu' moiti; 2 cinq ptales oblongs, ouverts, 
plus grands que le calice, alternes avec ses divisions , 
et qui y sont attachs par leurs onglets; odes tamine* 
nombreuses , dont les fdamens droits de la longueur 
des ptales, rapprochs, applatis, velus infrieure- 
ment, et attachs au calice, portent des anthres petites 
et didymes ; 4 ^^ ovaire suprieur, arrondi , velu , 
muni d'un style de la longueur des tamines , stigma 
obtus. 

Le fruit est un drupe ovale , presque arrondi , de la 
grosseur d'une prune de Damas, ayant un brou charnu , 
succulent , qui recouvre un noyau gros , oval , un peu 
pointu au sommet , obscurment pentagone , rid , 
marqu de cinq sillons longitudinaux, et comme 
cinq valves : ce noyau contient une amande ovale. 
( Encycl. mth. ) 

Analyse chimique. Les icaques fournissent l'analyse 
une matire extractive , sucre; l'infusion des feuilles 
et des racines se colore en noir par la solution de sul- 
fate de fer. L'amande du fruit a les proprits de ses 
congnres. 

Proprits mdicinales. Sous un climat bridant , o 
tout rveille les sensations de la volupt, les luxurieux 
emploient le suc des feuilles et des racines de l'icaquier 
pour composer une huile astringente , qui a la proprit 
de resserrer les sphincters du conduit de la pudeur. 
Des crole? galantes en oigneut aussi leurs appas fltris 



( 70 

par les annes on par l'abus des jouissances immod- 
res, tandis que les hommes rcmdionl, par ce moyen, 
la flaccidil du scrotum. Les multresses qui prostituent 
leurs jeunes filles aux nouveaux dbarqus , pour mettre 
h l'ai)ri leur innocence et prvenir des reproches qu'on 
pourrait leur faire , ne les livrent jamais leur nouvel 
amant, sans pralablement leur avoir fait prendre des 
bains de sige dans une dcoction de feuilles d'icaquier, 
dont l'eiTet promet une conqute difficile au nouveau 
favori de l'amour. Quoi qu'il en soit ou puisse tre, je ne 
signale ici l'icaquier que comme dou de proprits as- 
tringentes incontestables dans le traitement des ulcres 
internes , des leucorrhes, blenorrhagies et autr(;s llux 
chroniques que les prparations de l'icaquier gurissent 
le plus souvent. On y a galement recours dans le ca- 
tarrhe atonique des intestins , et dans certaines hmor- 
rhagies passives ; mais avec toute la circonspection 
qu'exige l'usage des astringens. La semence huileuse du 
fruit sert dans les prparations des onguens. 

Mode d'administration. La dose des feuilles est de 
3 5 gros pour une livre de dcoction ; celle des racines 
d'une once deux. On vante l'usage de la fomentation 
suivante, contre l'atrophie des membres. 

:2f corce de MangUer chandelle. t h 

corce d'Icaquier , % - 

Alun , M 

Eau ferre tb j {5_, rduite ibj*. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-QUATRIME. 

Le rameau d'Icaquier est rduit aux deux tiers de sa 

grandeur naturelle. 

G 

I. Fleur panouie. 

'2o Drupe ouvert transversalement pour laisser voir 
un noyau cannel longitudinalement et stri trans- 
versalement. 



/y..sv 




TAeof^orr /fej^cot</-/t/\ J^i/i.i 



aSri/ ,/fa//> 



C;rA^rMA OBMKAI 



MIAlT. 



(73) 
THOBROME ORMEAU. 

( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. L'orme d'A.mrique , le bois d'orme. 
Niois; St.-Dom., p. 184. Guazuma ulmifolia. Lamarck. 
Theobroma Guazuma. Linn. Polyadelphie pentandrie. 

, - Jussieu_, fam. des malvaces. Guazuma, arbor ulmi- 
folia , fructu ex purpureo nigro. Plura. vol. vi, p. 74. 
Vel, gen. 56, t. 18, et Brum. amer. , t. 1.44, f. i. 
Cenchremidea Jamacensis morifolia , fructu ovali inte- 
gro verrucoso , etc. Pluk, alm. 92 , t. 77_, f. 2. Alni- 
fructu morifolia arbor , flore pentapetalo flavo. Sloan. 
Jam. liist. 2^ p. i5. Raj. Suppl. Dendr. p. II. Theo- 
broma Guazuma. Linn. ( Encycl. mth.) (vivace.) 

Caractres gnriques. Calice 5 Phylle; cinq 
ptales vots , 2 cornes ; nectaire 5 Phylle 
rgulier ; iamines adhrentes au nectaire , chacune 
trois anthres. 

CaractIres particuliers. Feuilles obliques, dentes 
en scie; capsule tuberculeuse, rude, ligneuse , quin- 
queloculaire , perce de pores. 

Histoire naturelle. Le Guazuma , espce de thc- 

brome ( sofj, Dieu, ei^poi/.o, nourriture ) , est bien 

loin dpossder les vertus sanitaires et analeptiques du 

Cacaoyer, auquel on pourrait plutt rapporter l'tymo- 

logie grecque que lui donne le professeur Lamarck. Les 

fruits et les feuilles du premier offrent , il est vrai , une 

trs-bonne nourriture pour les bestiaux, surtout dans 

la saison des secs o le fourrage est trs-rare ; mais 

elle est bien peu substantielle pour l'homme. Faisant 

Tome II. 22^ Livraison, 5 



( 7'i ) 

partie do la masse des Blancs condamns h mort Saint - 
Dominji;iie, par Toiissaint-L'ouvcrlurc , h l'arrive du 
gnral Lccicrc, je fus, ainsi que mes compagnons d'in- 
Ibrlnnc , rduit pendant deux jours , pour tout aliment , 
cette nourriture grossire , lorsque d'impitoyables 
satellites noirs chargs de nous escorter, conduisirent 
()6oo blancs au bourg de la petite rivire , Quartier de 
Larlibonite , pour servir d'otage au ligre africain , et 
ensuite y tre massacrs. Que de veuves en un jour !!! 

Telle sur un ormeau se plaint la tourterelle , 
Quand Tadroit giboyeur a d'une main cruelle 
Fait mourir ses yeux l'objet de ses amours. 

( La FoNTAI^E , Adonis. ) 

Je vois encore ces prisonniers impuissans, accabls de 
faim et de fatigue , se prcipiter en foule sur le bran^ 
chesdes Guazuma qui s'offraient leurs regards, mon- 
der avec prcipitation leur feuillage, se disputer, s'ar- 
racher des mains avec fureur ses baies peu succulentes, 
pour loigner quelques instans les horreurs de la faim 
et d'une mort qu'ils ne pouvaient viter^ tandis qu'au- 
tour d'eux leurs gardiens insensibles se gorgeaient de 
cabrits , de poules, de bananes et de tafia !!! Voyez 
ces tristes dtails dans mes Voyages d'un naturaliste , 
Paris, 1809, lom. III, pag. 290-294. Je pouvais 
m'crier alors ! 

(( Vnrables ormeaux qu'ont plants mes aeux , 

Pour la dernire fois recevez votre matre. 

( Bertin. ) 

Plus heureuse que nous (me disais-je encore ) , 

Ij , sous l'antique ormeau , les palombes heureuses 
Roucouleront autour leurs plaintes langoureuses. 

( Delawgeac , Bucol. JSglog. 1. ) 



( 75 ) 
Au reste , cet arbre crot naturellement dans toutes 
les les Antilles , o il sert h former des alles gra- 
cieuses , au moyen de la pratique que Ton a de l'tter 
10 pieds pour obtenir des pousses une cime touffue. 
On renouvelle cette opration tous les cinq ans dans 
la saison des pluies pour laguer son sommet des bran- 
ches multiplies qui entraneraient le renversement de 
l'arbre lors des ouragans. Le bois du Guazuma est 
souple et pliant, aussi est-il employ faire des douves 
et des tonneaux. On trouve quelquefois des bocages 
forms par la runion de ces arbres. 

Cette paisse foret 

Penche son noir ombrage , et sous sa vote obscure 
Ne laisse d'autre accs qu'une troite ouverture. 

( Delille. ) 

Le Guazuma sert dpurer *Ie sucre. 

Caractres physiques. L'arbre appel Bois d'Orme 
aux Antilles , y crot en peu de temps la hauteur de 
5o 4o pieds ; il ressemble beaucoup aux ormes 
d'Europe petites feuilles, et donne un bel ombrage ; 
mais sa cime est touffue et plus arrondie. Son corce 
est noirtre , crevasse et sillonne ; sa racine est 
fibreuse, traante et noirtre: la tige rameuse, corce 
gristre, offre de petits rameaux feuilles et chargs d'un 
duvet cotonneux fort court; les feuilles sont alternes , 
ptioles, ovales, acumines,et divises par une cte en 
deux portions ingales , dentes en scie , dentelures 
obtuses et ingales ; elles sont vertes , luisantes , lg- 
rement scabres; de grandeurs diffrentes, d'un vert gai 
en-dessus , ples et cotonneuses en-dessous dans leur 
jeunesse, presque trinerves leur base; leurs ptioles 



( 76 ). 

fioiit Courts , cotonneux et un peu plus cf'pais prs de Id 
feuille. Les stipules sont petites , linaires , rappro- 
ches des rameaux; les poils sont fascicules en toiles. 

Les fleurs qui naissent par bouquets aux extrmits 
des branches sont petites , d'un blanc jauntre , dispo- 
ses en grappes corymbiformes axillaires. Les pdon- 
cules sont cotonneux ; chaque fleur offre un calice 
trois folioles concaves , cotonneuses en-dehors , ouver- 
tes ou rflchies ; cinq ptales plus grands que le calice, 
concaves leur base , ayant leur sommet une lan- 
guette bifide , redresse ou roule en-dehors. Dix fila- 
mens conns leur base en un petit tube qui environne 
le pistil, dont cinq striles, ressemblant des folioles 
oblongues, et cinq alternes avec les premiers ^ portant 
chacun leur sommet trois anthres. Un ovaire sup- 
rieur globuleux , hispide , charg d'un style simple de 
la longueur du tube stigmate barbu non divis. 

Le fruit est un drupe arrondi ou ovode, dur, ligneux, 
profondment gerc en-dehors , tuberculeux , et divis 
intrieurement en cinq loges polyspermes; les semences 
sont presque uniformes. * ( Encycl. mth. ) 

Analyse chimique. Les corces du tronc et des ra- 
cines contiennent beaucoup d'acide gallique ; elles ont 
une saveur acerbe et amre. Les drupes donnent un suc 
slyptique inodore et mucilagineux. 

. Proprits mdicinales. Les proprits muclagi- 
neuses et astringentes des fruits de l'ormeau des An- 
tilles , en font choisir la dcoction dans les affections 

* On a observ que ces graines , dont les chevaux sont friands y 
tant difficiles digrer , leur occasionnent des engorgemens des 
glandes dfu msentre. 



dartreuses et syphilitiques de l'organe cutan. A l'ex- 
trieur j'ajoutais, par pinte, six grains de muriate de 
mercure sur-oxid ; et , pour l'intrieur , je joignais 
l'corce et les drupes aux bois sudorifiques que je crois 
non moins eflicaces. Cependant un trs-ancien prati- 
cien de Saint-Domingue en recommande l'usage, et 
s'exprime ainsi dans la correspondance M. Dejean , 
docteur-rgent de la facult de mdecine de Paris : 
De ces bourgeons et de son fruit , dit le docteur 
Chevalier, on fait une boisson agrable et purgative : 
elle maintient ceux qui en boivent gras et frais comme 
s'ils venaient d'Europe. Toute sorte d'animaux s'en 
nourrissent ; sa cendre est bonne pour faire du 
savon. Cet arbre entre dans les tisanes pour gonor- 
rhes et galanteries. 

Mode d'administration. Prenez corce intrieure 
des branches de Guazuma quatre onces ; faites bouillir 
dans deux pintes d'eau jusqu' rduction de moiti ; 
passez, et ajoutez la colature deux onces de sirop de 
salsepareille. La dose est de quatre six onces qu'on 
renouvelle trois fois par jour. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT CINQUIME. 

UOrnicau est reprsent' moiti de sa grandeur 

naturelle, 

1. Fleur ferme ; au sommet des ptales se distinguent les 

appendices. 

2. Fleur ouverte. 

3. Calice triphylle, contenant l'ovaire. 

/|. Nectaire portant dix filamens , dont cinq fertiles por- 
tent chacun trois anthres arrondis, 
5. Fruit mr. 



f 



( 78 ) 

BRESILLOT BATARD. 
( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg.Brsillet d'Amrique. Brasiliastrum ame- 
ricanum. Lam. 5. Pseudo-Brasiliura hirsutuni Plum. 
Mss. an Tariii Guianensis. Aublet. Guian. Supp. p. 37 , 
tab. 590. Tariri , arbor tnctoria , foliis alternis , 
obscure \iolaceis. Barr. fr, equin. 106. a. Br^illot velu. 
B.leBrsillot glabre. Pseudo-Brasilium glabrum. Plum. 
miss. ( Encycl. mth. ) 

Caractjres gnriques et particuliers. Fleurs ter- 
minales trs-pelites , d'un rouge obscur, d'un seul sexe 
sur chaque individu. Fleurs mles inconnues. Fleurs 
femelles ayant un calice cinq dcoupures pointues , 
velu en-dehors; cinq ptales troits, lancols, plus 
longs que le calice ; un ovaire suprieur ovale i glabre , 
dpourvu de style ; un stigmate sessile deux lobes 
planes , ouverts et pubescens. Fruit mou , pulpeux, 
olivaire ; un noyau uniloculaire. 

Histoire naturelle. Le Brsillot est un arbrisseau 
remarquable dans les forts des mornes , par les thyrses 
de fruits rouges qu'il porte au sommet de chaque ra- 
meau. On le trouve communment Saint-Domingue, 
la Jamaque , Cuba et dans la Guiane. Lorsqu'on 
entame son tronc , dit le pre Plumier , il en sort un 
suc qui noircit, et qui, par sa causticit, forme une 
tache presque ineffaable s'il tombe sur quelque partie 
du corps. Son bois teint cooiiiie le Brsillet , mais 



J"/. ^\ 




^^f^firre J^e^tvier6Zi J^ruc 



arif^ Jhti^ . 



II1IESLL.ET BATABB 



( 79 ) 

d'une couleur qui est plus brune que rouge* Aublet dit 
que les feuilles crases toutes vertes et presses dans 
un morceau de coton, lui communiquent une teinture 
verte qui, peu aprs, devient de couleur violette, (vivace.) 
Il porte fleurs et fruits en juin. On en fait des entou- 
rages. Cet arbrisseau , de la famille des Balsamiers , 
a beaucoup de rapports avec le Bruce et le Gomoclade. 

CaractI^res physiques. Le Brsillot s'lve la hau- 
teur de huit dix pieds , sur une tige droite de prs de 
deux pouces de diamtre , recouverte d'une corce 
finement gerce et d'un brun gristre. Cette lige se 
divise son sommet en plusieurs rameaux alternes , 
couronns chacun de grandes feuilles parses , et rap- 
proches en touffes ou en rosettes terminales. Son bois 
est d'un rouge brun , ou au moins prend cette couleur 
quelque temps aprs qu'il a t expos l'air. 

Les feuilles sont longues presque d'un pied et demi , 
ailes avec impaire , et composes de quinze dix-neuf 
folioles , ovales pointues , entires ou lgrement an- 
guleuses , lisses , vertes et luisantes en-dessus , velues 
souvent dans leur contour. Tantt opposes par paires , 
et tanlt disposes alternativement , et soutenues par 
un ptiole commun : ces folioles ont trois pouces de 
longueur ou environ , et sont portes chacune sur un 
ptiole propre fort court ; elles prennent une couleur 
pourpre , noirtre en se desschant. 

Les fleurs trs-petites, d'un rouge obscur, d'un seul 
sexe sur chaque individu , viennent en grappes ra- 
meuses et terminales. Celles mles sont peu connues ; 
les fleurs femelles prsentent , comme je J'ai expos 
dans les caraclcres gnriques, cinq ptales, un cajcc 



( 8o ) 
h cinq divisions , un ovaire couronn d'un stigma scssile 
deux divisions velues. 

Les fruits oliviformes d'un rouge de corail, disposs 
en grappe terminale , renferment dans une pulpe aci- 
dul un noyau une seule semence. 

1 Le Brsillot glabre diffre du premier en ce qu'il 
est plus petit j ne s'lve qu' la hauteur de cinq ou six 
pieds ; 2 en ce que son bois , d'un blanc ple , 
n'est point propre la teinture ; S'* en ce que ses 
feuilles sont tout--fait glabres , et n'ont que onze 
treize folioles , dont les suprieures sont lancoles. Les 
grappes des fleurs sont rameuses , terminales , et lon- 
gues de quatre cinq pouces. Les pdoncules communs 
et particuliers sont un peu pubescens. 

Analyse chimique. Je ne connais rien de particulier 
sur les vertus constituantes du Brsillot. 

PROPRifeis MDICINALES. Lcs praticieis du pays font 
entrer l'corce du Brsillot dans les tisanes astringen- 
tes. Mais j'avais choisir dans tant d'espces dont les 
vertus sont mieux constates que j'ai nglig l'emploi 
de celle-ci. Je laisse ce soin mes successeurs. 

Mode d'administration. La dose de l'corce du 
Brsillot est une once par deux livres d'eau. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-SIXIME. 

Le Brsillot est reprsent au demi-tiers de sa grandeur 

naturelle 



//. s 7 . 




:# 



T'Af<ttlor^ _^<v*v//vA ^ y'tAu: 



aAnf/ Jeu^ttrt. 



CK 



'^j j k. 



( 8. ) 



wv w^vs/vw^vw v%% V VM w 



GENIPAYER. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Genipa americana. Linn. Pentandrie monogynie. 
Tournef. append. Jussieu , fam. des rubiaces. 

, Genipa fructu ovato. Plum. spec. 20. Burm. amer. t. 
i36. Tournefort _, 658 , tab. 456 et 4^7. Janipha* 
Marcg. Bras. 9*2, Janipaba. Pis. Bras.p.i38. Pomifera 
indica tinctoria. Janipaba dicta. Raj. hist. 1666. Ju- 
nipa. Rochef, histoire des Antilles, p. 62. Thevetia, 
seu Genipa , fructu ovato coronato. inst. R. h. Geni- 
payer. Nicolson, St.-Dom. , pag. 238. Xagua des Ca- 
rabes, (vivace.) 

Caractres gnriques. Cal. monophylle ; corolle 
monoptale , cinq divisions , cinq tamines , un style , 
deux stigmates , deux loges renfermant les graines ; 
feuilles opposes , accompagnes de stipules interm- 
diaires et verticilles. ( Lamarck. ) 

Caractres particuliers. Corolle en rosette. Stig- 
mate en massue. Un fruit deux loges polyspermes ; 
semences nidulantes cordiformes ; cinq filets stami- 
nifres. 

Histoire naturelle. Le Genipayer est un arbre 
de la famille des Rubiaces , qui ne diffre des Gar- 
denes , selon Lamarck , que parce que ses fleurs n'ont 



(8. ) 

pas leurs anlhrcs scssilos. Cet arbre, forl commun aux 

Antilles , se plal dans les mornes et sur le bord des 

rivires, o il esl d'un aspecl agrable. Les Ngres font 

avec le suc de ses fruits, celui de pommes d'acajou , 

et celui d'ananas , un vin assez bon , mais qui ne se 
garde pas. 

Le Genipayer fleurit presque toujours en juin, et donne 
ses fruits en aot et en septembre. Il quitte une partie 
de ses feuilles en dcembre , et s'en pare de nouvelles 
plusieurs poques de l'anne. Ses baies ovodes sont 
d'un vert blanchtre, tachetes de brun, couvertes d'um3 
corce charnue , pubescente extrieurement comme le 
brou des amandes d'Europe, contenant une pulpe blan- 
chtre , aigrelette et un suc qui teint en violet fort brun 
ou noirtre tout ce qu'il touche. Les Carabes mangent 
ses baies lorsqu'elles sont mres ; elles sont mme re- 
cherches des chasseurs altrs , qui se trouvent plus 
vigoureux aprs en avoir mang. Ces fruits sont astrin- 
gens comme le coing dont ils ont presque la saveur; ils 
sont fondans. La teinture noire qu'ils procurent est peu 
solide , et s'efface d'elle-mme au bout de dix douze 
jours; les Sauvages , dit Valmont de Bomare, s'en ser- 
vent pour se colorer la peau lorsqu'ils vont la guerre , 
afin de paratre plus effroyables leurs ennemis. Les 
femmes des Carabes peignent aussi avec ce suc leurs 
maris en noir, quand ils sont las de la couleur rouge. 

Le bois du Genipayer est d'un gris de perle ; on en 
fait des montures de fusil, parce qu'il prend bien le poli j 



(83) 

on le recherche aussi par sa souplesse pour faire des 
brancards lorsqu'il a acquis une hauteur convenable. 
Il rsiste difficilement la pluie et l'attaque desther- 
mites ou fourmis de bois. 

Caractrls physiques. Le Genipayer est un 'bel 
arbre ,* il soutient sur un tronc droit et pais une cime 
vaste, tale , garnie de beaucoup de feuilles amples qui 
procurent un ombrage agrable. L'corce de son tronc 
est gristre , ride et raboteuse; ses branches longues , 
horisontales et multiplies , sont garnies par intervalle 
de rameaux comme verticils , diviss dans leur lon- 
gueur , et feuilles leur sommet. 

Les feuilles sont grandes, lancoles, entires, pres- 
que sessiles , opposes , rapproches , et disposes en 
touffe ou en rosette aux extrmits des rameaux ; elles 
ont prs d'un pied de longueur , sur une largeur d'en- 
viron trois pouces , sont glabres , vertes, traverses par 
une cte longitudinale qui est saillante en-dessous. 

Les fleurs naissent en bouquets terminaux sur des 
pdoncules courts , rameux , un peu paniculs : ces 
fleurs d'abord blanches , ensuite d'un blanc jauntre , 
ont environ un pouce et demi de diamtre , et exhalent 
une odeur agrable. 

Chaque fleur consiste en un calice suprieur , mono- 
phylle , entier et comme tronqu en son bord. Une co- 
rolle monoptale presqu'en roue ^ tube court, in- 
fundibuliforme , limbe ample, ouvert, profondment 



( 84 ) 

rivis en cinq dcoupures ovales, pointues, slcllcs ; 
cinq tamincs , dont los fllanicns en alne , un peu 
courts , attaches h l'orifice du tube , rflchis sur le 
limbe , entre ses divisions , portent des anthres oblon- 
gues , nullement conniventes ; un ovaire infrieur , 
ovale , surmont d'un style simple , stigmate ovale , 
oblong ou en massue, saillant liors du tube de la 
corolle. 

Le fruit est une grosse baie charnue , ovale , retrce 
en pointe aux deux bouts, tronque et ombilique sa 
partie suprieure , pubescente, biloculaire , et conte- 
nant dans chaque loge plusieurs semences comprimes, 
angulaires, niches dans une pulpe. (Encycl. mth.) 

Analyse choiique. Le fruit du Genipayer contient 
de l'acide malique et un principe mucoso-sucr , ce qui 
sert convaincre qu'il est astringent. 

Proprits mdicinales. Le fruit est de quelque 
utilit dans les prescriptions mdicales. Perdant par 
la coction son cret, il acquiert un principe sucr qui 
en facilite l'usage. Il excite alors le ton du canal alimen- 
taire , et il est ordonn dans les diarrhes atoniques ; 
on lui associe alors la Canelle ou le Gins^embre. Une 
poigne des racines du Genipayer , dans une pinte 
d'eau rduite chopine, procure une tisane purgative , 
qu'on boit matin et soir pendant huit neuf jours, 
et qui gurit la gonorrhe. Ce moyen est fort en usage 
aux Colonies. 



( 85 ) 

Mode d'administration. Le suc du fruit, converl 
en sirop , s'administre seul , ou tendu dans une ver- 
re d'infusion aromatique ou astringente , suivant le 
cas. La dose des racines est , comme nous l'avons dit 
plus haut , d'une poigne par pinte d'eau rduite 
chopine. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-SEPTIME. 

Le Gentpajer est rduit au tiers de sa grandeur 

naturelle. 

I. Fruit rduit dans les mmes proportions. 



( ^^> ) 

AGOMAS. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Auzuba fructn glutinoso. Phim. vol. 5 , f . 124, 

( Manuscrit. ) ( vivace. ) 

CARACTiRES GNRiQUES. Le genre est inconnu. 

IIiSTOiRi: NATURELLE. L'Acomas dont il est ici ques- 
tion, y^Mwu6a fnictu glutinoso, de Plumier, n'est pas le 
Camilier fruits olivaires, Canito folio subts aureo, 
fructu olii^, du. mme. (Voy. planche 71 du tome II 
de cet ouvrage.) Comme plusieurs auteurs se sont plus 
le dire , faute d'avoir vu par eux-mmes , ou examin 
sur le sec les deux espces t le caractre des baies 
Lieues du Camitier est 1 d'avoir dix loges , dont les 
semences avortent except une ; 2^ des noyaux com- 
prims et luisans , marqus d'une tache ou cicatrice 
latrale ; 5 d'avoir les rameaux couverts d'un duvet 
soyeux , couleur carmlite ; 4 <ies fleurs disposes par 
groupes le long des l^ameaux , galement pubescentes ; 
5 des feuilles vertes en-dessus et carmlites en-des- 
sous, nervures latrales symtriques, etc., tandis que 
l'Acomas , dont je vais donner la description , a pour 
fruit 1 un drupe fauve vert, glutineux, ombiliqu et 
uniloculaire ; 2 un seul noyau ovale semblable celui 
de l'ohve ; 5 des rameaux glabres d'un vert pomme ; 
4^* des feuilles troites lancoles , parses , d'un vert 
sombre en-dessus et simplement ples en-dessous , ner- 
ves obliquement. Le mot Acomas qui se termine par 5, 



JV. ss. 




- Aeo</ore. Jfe<rcoitrli7K.Pm,r 



Cnrrte/ Jcii^xi/ 



S. 



( 87 ) 

ti^estpoJnl V AcoinatyllomaVmm , dont on dislingue deux 
espces : Vllomalium raccmosum ; et 1'//. spicatiun^ 
ou Racombca de la Guyane , que Valmont-Bomare a 
confondu. C'est une erreurquc les dnominations dis- 
^ tincics et prcises de Plumier ne permettaient pas de 
commettre. Quanta la nature de l'Acomas, il se trouve 
communment dans les forts des Antilles , o il fleurit 
de mme en octobre et novembre , et donne ses fruits 
en mai et juin , c'est--dire au commencement de la 
saison des pluies. Suivant M. de Tussac , l'Acomas 
appartiendrait au genre Aciiras ( sapotiller ) : le bois 
d'Acomas sert pour la construction des niaisons et des 
vaisseaux. Il fournit des poutres de dix-huit pouces de 
diamtre , sur soixante pieds de longueur. 

Caractres physiques. L'Acomas est un trs-gros 
arbre dont le tronc est fort lev et assez droit, mais peu 
garni de branches ; les rameaux sont' noueux par les 
vestiges de l'insertion des feuilles , et revtus au som- 
met d'une corce verdtre ; mais plus bas elle change 
de teinte et prend celle cendre; elle est peu paisse ; 
celle du tronc est rugueuse , brune , crevasse sur les 
vieux arbres. Le bois est dur^ compacte , jauntre, et 
son extrme amertume le met l'abri du ravage des in- 
sectes. Les feuilles sont alternes, souvent parses, lan- 
coles, troites, de la forme de celles de l'olivier, quel- 
quefois ondules , mais bords trs-entiers , d'un vert 
bleutre en^dessus, ple et jauntre en-dessous, por- 
tes par un ptiole dont la longueur fait environ le 
tiers de celle de la feuille : ces feuilles, contenant beau- 
coup de tannin , prennent la couleur de caf brl en 
se desschant. 



( 88 ) 

Les fleurs pclilos , hlnnches, h cinq plnlos , el Irrs- 
odorantes , n'ont pas 6l observes avec assez de soin 
pour permettre de placer l'Acomas au rang ([u'il doit 
occuper, d'aprs ses caractres, dans la mthode na- 
turelle. 

Le fruit, de la grosseur et de la forme d'une olive, de 
couleur jauntre, glutineux h l'extrieur , glabre, et 
d'un got amer et astringent , contient un no^au brun , 
ligneux , dur , poli , dont l'amande est galement 
amre. 

Analyse chimique. La pulpe des fruits donne un suc 
astringent qui renferme de l'acide gallique. 

Proprits mdicinales. Les habitans des Colonies, 
et leurs gurisseurs emploient les racines de l'Acomas 
dans la composition des tisanes qui servent terminer 
la gurison des gonorrlies. On l'ordonne l'intrieur 
et en injections. 

Mode d'administration. La dose des racines est 
d'une poigne pour deux livres de dcoction. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-HUITIEME. 

Rameau rduit au tiers de sa grandeur naturelle, 

1. Fruit coup transversalement . afin de laisser voir 
le noyau. 



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(89 ) 
CUPANI D'xlMRIQUE. 

( Stomaclilqu astringent. ) 

Synonymie. Vulg. Chtaignier. Nicolson, Saint-Domingue, 
jiag. 207. Bois de Jaraone. Cupania araericana. Lin. 
monocie monadelpliie. ^Jussieu, famille des Savonniers* 
Lamarck, famille des Balsamiers. Cupania castaneae 
folio, fructu senceo et racemoso. Plum. gett. 54 Burra. 
Amer. , tab. no. Cupania arborea foliis obiongis j^ 
crenato-serratis. Brwn. , fam. 178. Ord. class. 21, 
sect. 10. Tournefort. Les Titliymales, sect. i. Adans. 
(vivace. ) 

Caractres gnriques. Fleurs Hermaphrodites. 
Calice 5 phylle ; corolle de cinq ptales frangs 
lgrement. Cinq tamines , dont les filamens libres, 
plus longs que lesptaeSj portent des anthres obron- 
des et jauntres. Un ovaire suprieur charg d'un 
style Irifide h stigmates obtus. Tiges ligneuses; feuilles 
alternes profondment dentes; fruit consistant en 
une capsule tri valve veloute ^ contenant des semences 
spares par une cloison adhrente aux loges dont 
Touverture a lieu du sommet la base. 

Histoire naturelle. Les fleurs du Cupani , selon 
Plumier , qui l'a observ le premier , sont herma- 
phrodites , et non monoques comme le croyait 
Linn. Cet arbre ayant le mme aspect , les mmes 
proprits , et les mmes facults vgtatives que le 
chtaignier d'Europe ; on peut dire de lui ce que Rosset 
a dit du chtaignier. , 

Sur les coteaux pierreux , dans les terrains arides , 
L'utile chtaignier , loin des'plaines humides , 
Hrisse ses rameaux de ses fruits pineux. 

Tome IL 23^ Livraison* 6 



, ( 9" ) 

En effet, cet arbre crot nnhirellement aux Anlillc 
sur les pelouses et dans les lieux secs; les amandes- 
de ses IVuils ont une saveur de chtaigne ou de ^-land 
doux. Son bois dure ires- long-temps , dit Nicolson," 
s'il est mis h couvert; on l'emploie dans les ouvrages 
de charpenterie. 

Caractres PiiYsiQUiis. C'est an arbre , continue 
Nicolson , dont la tige est droite , courte , grosse et 
trs-branchue ; son corce est unie, d'un vert rousstre; 
son bois flexible , blanchtre et poreux; sa feuille al- 
terne, grande, linguiforme , plus troite son inser- 
tion; ingalement et profondment dente sur les bords, 
arrondie au sommet; de neuf dix pouces de longueur, 
de quatre h cinq de largeur , luisante, lisse , et d'un 
vert fonc en-dessus; ple et veloute en -dessous; 
divise dans toute sa longueur par une cte saillante 
qui n'est que le prolongement du ptiole qui la sou- 
tient ; traverse par plusieurs nervures obliques qui 
aboutissent aux grandes pointes que forment les d- 
coupures. 

La fleur est petite ; la corolle compose de cinq 
ptales blancs, frangs leur lame , contenus dans un 
calice trs-petit de trois folioles; cinq tamines plus, 
longues que la corolle, anthres fauves, arrondies, 
fdets trs- dlis et libres; l'ovaire est surmont d'uii 
pistil conique trifide, stigmates obtus. 

Le fruit est dispos en grappes droites : il consiste 
en une capsule turbne, veloute, rousse; com- 
pose de trois valves s'ouvrant du haut en bas , et 
spares par des cloisons. Chaque loge contient une 
semence arrondie , lisse, luisante, semblable aux lar- 



(9") 

mes de Job ( Coix lacpjma ) , brunes ou noires , omb 
liques de blanc d'une manire trs -remarquable; 
attache, par sa base , une substanc charnue jau- 
ntre , dont elle se dtache facilement. Ces graines 
contiennent des amandes d'un got sucr. 

ANALYSE cniMQUE. J'ai cru devoir classer le Cupan 
parmi les espces astringentes , aprs en avoir retir , 
par la macration des feuilles et des fruits dans l'eau 
froide , une grande quantit de tannin. L'infusum 
aqueux devient noir par l'addition du sulfate de fer. 

Proprits mdicinales. On accorde bnvolement . 
je crois, quelques proprits lithonlriptiques l'extrait 
de Cupani ; on connat , maintenant , assez l'insufll- 
sance de l'action des vgtaux , sur les calculs do 
les composs sont dijQerens , pour pouser une sem ' 
blable erreur. Il n'en est pas de mme de son infusion 
administre dans le catarrhe vsical , et toutes les 
fois qu'il s'agit d'exciter la membrane muqueuse des 
voies urinaires , et des autres membranes frappes 
d'atonie. 

Les amandes que contiennent les capsules , sont 
estimes diurtiques astringentes ; mais je ne les ai 
jamais employes. Ces mmes graines torrfies et 
mises en poudre sont ordonnes en electuaire dans 
l'hmoptysie et la diarrhe. 

Mode d'administration. Lorsqu'on veut ordonner 
en substance la poudre des feuilles ou des fruits des- 
schs du Cupani , la dose en est depuis douze grains 
jusqu' deux scrupules, dans une infusion aromatique 
de Cascarille, de Gingembre ou autre. Si l'on veut 
employer sa dcoction , on fait bouillir lgrement 



( 92 ) 

demi-once des feuilles dans une livre et demie d'eau * 
et on ajoute la colalure une once de sirop d'herbe 
charpentier (justicia pectoralis). La dose de l'lec- 
tuaire, fait avec les graines torrfies, est d'un gros. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-NEUVIME. 

Le Cupani est reprsent moiti de sa grandeur 

naturelle, 

. j. Fleur entire, prsentant cinq ptales, cinq ta- 
mines et un calice triphylle. 

2. Organes sexuels contenus dans le calice. 

3. Ovaire surmont de trois styles. 



g no 



/y. oo 




Jf'eot^ofe ejeourfy/i. /Vna' . 



(Atfie/ Jcu^ 



W .COMMUN 



( 95 ) 
BONDUG COMMUN. 

( Stomachique astringe7it, ) 

Synonymie. Vulg. Poisquniques; Pois Gunic, OEil de chat; 
Cniquier. GuilandinaBonduc. Lin. Decandrie monogy- 
nie. Jussieu ^ famille des lgumineuses. Guilandina 
aculeata^ pinnis ovatis, follolis aculeissolitariis. Lin. mill. 
Dict. n I. Guilandina caule, fructu que aculealis. Hort. 
cliff. i58. Bonduc vulgare majus polypliyllura. Plum. 
gen. 25. Acacia gloriosa , lentisci folio , spinosa , flore 
spicato luteo , siliqu magna rauricat. Pluk. alm. 4 ? 
tab. 2 , f . 2, Lobus ecldnatus , fructu flavo , foliis 
rotundioribus. Sloan. Jam. i44^hist. 2 , p. 4o- Frulex 
globulorum. Rumph. amb.5, p. 89^ tab. 48. (vivace.) 

Caract^res gnriques. Calice monophylle hyppo- 
cratriforme , cinq divisions , cinq ptales concaves 
et lancols , insrs au col du calice, comme gaux; 
lgume ou gousse rhombodale bivalve , une loge ; 
dix tamines distinctes , un style. 

Caractres particuliers. Tige aiguillonne , piu- 
nules ovales; folioles aiguillons solitaires, graines 
grises osseuses , sphriques , comme vernies , rayes 
concentrquement. 

Histoire naturelle. Cet arbrisseau crot naturel- 
lement dans les climats chauds des deux Indes , o on 
le rencontre frquemment auprs des plages maritimes, 
et dans les bois pais. Son feuillage oflVe diverses 
nuances de couleurs , et les jeunes bourgeons d'un 
rouge carmin contrastent lgamment avec le jaune 



( 94 ) 
jonquille des fleurs , le vert tendre du feuillage , le 
Lrun des gousses pineuses ou le hleu turquin des 
graines sphriques , lorsque les gousses sont entr'ou- 
vertes. Dans leur tat de maturit, le moindre vent 
qui les agite les fait rsonner avec bruissement. Le 
Bonduc est si pineux que les propritaires en font 
des haies de clture impntrables aux animaux. 
Les enfans sont curieux de ses graines; les joailliers 
les recherchent pour en faire des breloques. 

Caractres physiques. Les liges du Bonduc sont 
verdtres, canneles, comme sarmenteuses et cassantes; 
celles terminales d'un rouge laque. Les tiges , les ra- 
meaux et les ptioles des feuilles sont munis d'aiguillons 
nombreux , forts petits et en crochets ; ses feuilles sont 
deux fois ailes, pinnules opposes et sans impaire; 
h. folioles ovales, glabres, un peu petioles. 

Les fleurs sont assez petites , jaunes ou rousstres; 
disposes en pis denses ou en nassue terminale; gar- 
nies de longues bractes linguiformes, un peu caduques; 
composes de cinq ptales presqu'gaux , contenant 
dix lamines , dont les filets trs-dlis soutiennent 
des anthres obscurment ttragones. 

Le fruit est une gousse ovale ou rhombodale , 
lgrement comprime, surtout prs des bords; ren- 
fle au milieu , d'un bleu rousstre , large de quinze 
i\ dix huit lignes, longues de trois quatre pouces; 
hrisse d'pines souples et nombreuses. Cette gousse, 
Irs-Iisse l'intrieur , est uniloculaire , et contient , 
sans cloison transversale , deux quatre semences 
ovodes , fort dures , lisses , d'un gris bleutre ou nu 
de vert , grosses comme des avelines ; chaque graine 



(95) 

contient une amande blanchtre , ride , huileuse , 
d'une odeur et d'un got de pois verts , mais amre 
ou peu agrable. Quand la Silique est bien dessche, 
et garnie de ses graines , celles-ci rsonnent quand 
on l'agite. 

Analyse chimique. Les ractifs m'ont fait connatre 
que cette plante avait un feuillage dou de qualits 
astringentes. 

Proprits mdicIx\ales. Quelques Ngres supersti- 
tieux portent mystrieusement , sous leur langa , deux 
graines de Bonduc , une certaine distance l'une 
de l'autre , avec la ferme conviction que cette amu- 
lette les prservera des hernies. Gomment ajouter foi 
des moyens indiqus par la plus profonde ignorance , 
et l'aveugle crdulit du vulgaire ! Encore, dit feu 
Chaumeton (avL Amulette du Dict. des Se. mdic. ) 
si ces sortes de talismans n'taient que superflus , ou 
se bornerait vouer au mpris ceux qui les ordonnent 
et ceux qui les portent; mais leur usage inconsidr 
peut avoir des suites funestes : le malade , pntre 
d'une confiance stupide pour son amulette , nglige 
un traitement mthodique , et reste dans une scu- 
rit trompeuse : les symptmes s'aggravent , et l'in- 
l'ortun reconnat son erreur , lorsque les vrais se- 
cours de l'art sont devenus impuissans ; quelquefois 
mme il expire sans que l'illusion soit dtruite. 

Quoi qu'il en soit , on peut accorder l'amande 
une facult vomitive; certains praticiens l'emploient 
comme hydragogue. On se sert communment des 
racines ci la fin des gonorrhes , et dans tous bs cas 
o les astringens sont indiqus. 



( <) ) 

Mouii d'administration. L'amande rduite en pou- 
dre se donne, dit- on , la dose d'un scrupule; sa 
Icinlure par le tafia celle d'une once tous les malins 
jeun. Quant aux racines , on obtient relTct que 
l'on dsire avec deux onces par pinlc d'eau. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRliVINGT-DIXliME. 

Le rameau est rduit moiti de sa grandeur 

naturelle. 

1. Etamine grossie pour faire observer la base barbue 

du filet. 

2. Calice contenant un ptale, les dix tamines et le 

style. 

3. Bracte aigu et glabre, dont chaque fleur est garni 

sa base. 
C[. Silique dont une portion a t dchire pour faire 
voir que les graines ne sont pas spares par des 
cloisons , mais seulement fixes un placenta mar- 
ginal. 

5. Semence coupe verticalement pour faire voir la, 

situation de l'embryon. 

6. Embryon spar. 




jT/tei/ao/'c ^K\e,-ofir///xJ't/t,r . 



O'uiri^/ iJi K^pu'f'^ 



%-* "**' 



(97) 
MOUREILLER EN PI. 

[Stomachique astri7igc?it.) 

Synonymie. Vulg. Bois dyssentrique; Merisier dor ; Bois 
tan. Malpighia spicata. cav. obs. bot. 8_, pag. 409 , n" 564 9 
tab. 37. Malpighia foliis lanceolatis , desuper ferru- 
gineis spicis terminalibus ; petalis hastatis. Arbor pei- 
sicce facie , Baccis murea margravi mulis , fructu aiireo, 
styptico, dyssenterico : vulgo Bois Dyssentrique. Surian. 
herb. 149 , apud Vaill. cat. Mss. , pag. 1370. Baibaiba 
tertia arbor racemosa persicae facie, frUctu aureo , juni- 
perino , vulg Merisier dor. Surian. herb. no 4r-. Sp- 
cimen ; nnmeris vero 706, 758, 836. Florifer. Mal- 
pighia ( altissima ) , foliis lanceolatis, glabris , integer- 
rimis ; racemis terminalibus erectis. Jacq. obs. i, pag. 4^ ? 
vulg. Bois-Tan, 

CARACTkP.r.s GNRIQUES. Arbrcs ou arbrisseaux 
exotiques, en rapport avec les Banistres , dont plu- 
sieurs sont sarmenleux , et ayant des feuilles sim- 
ples et opposes , et des fleurs axiilaires ou terminales; 
un calice cinq folioles avec des glandes extrieures 
leur base ; cinq ptales arrondies , onglets linaires ; 
une baie globuleuse loge , renfermant trois semences 
osseuses. , 

Caractres particuliers. Fleurs disposes en pi 
dense terminal ; calice cinq folioles droites , per- 
sistantes; chaque foliole pourvue de deux glandes 
la base; corolle h cinq ptales orbiculaires hasts , 
onglets longs et linaires , lames plisses , cilies , 
concaves et ouvertes ; dix tamincs lllamens courts, 



( 98 ) 

rangs autour de l'ovaire , et presque runis h eur 
base ; anlhres ovales eordiformes ; ovaire suprieur 
ovale; trois styles surmonts d'un stiguia globuleux; 
une baie globuleuse j trois semences ; les feuilles 
opposes , lancoles , velues en-dessous dans leur 
jeunesse. 

Histoire naturelle. Ayant perdu le dessin de ce 
Moureiller dans ma fuite de Saint-Domingue, je le 
dois aux bonts obligeantes de M. de Jussieu, qui, 
avec l'indulgence gracieuse dont il accueille tous ceux 
qui aiment l'tude, a bien voulu choisir dans son 
riche herbier, le plus bel chantillon qu'il possdait, 
pour me permettre de le confronter avec le croquis 
que j'avais heureusement dpos la nouvelle Angie- 
lerre , pour parer aux vnemens qui m'ont fait perdre 
et ma fortune et toutes mes collections d'histoire na- 
turelle , ainsi que toutes les planches que j'avais mises 
au net. 

Les jeunes Ngres disputent aux oiseaux les fruits 
de ce Moureiller, dont la saveur acide est peu agrable. 
Son bois est recherch pour tanner les cuirs. On 
rencontre ce bel arbre Saint-Domingue, Portorico, 
h la Guadeloupe , Cuba et dans les autres les An- 
tilles. Il est couvert de fleurs et de fruits en novembre ; 
il se plat dans les forts sombres qui avoisinent les 
rivires. 

Caractres physiques. Le Moureiller en pi s'- 
lve la hauteur de trente pieds et plus; il se divise 
en rameaux couverts , lorsqu'ils sont jeunes , d'un 
duvet rousstre ferrugineux qui disparat avec l'ge ^ 
Son corce est cendre , et son bois rougctre. 



(99) 

Les feuilles sont lgrement ptoles , coriaces , 
trs- entires, luisantes en-dessus, revtues en-dessous 
d'un duvet court , ferrugineux , qui n'existe que sur 
les jeunes feuilles. On remarque , entre le ptiole et 
la tige , une petite caille amplexicaule , qui tient 
lieu de stipules. 

Les fleurs sont disposes en pi dense , terminal ; 
toutes solitaires, dont les pdoncules particuliers ont 
leur base une petite bracte cailleuse. Le calice est 
charg de dix glandes ovales et trs-petites; la corolle 
est jaune , d'une odeur agrable ; chaque ptale est 
chancr la base de la lame , en deux petits lobes 
arrondis; les tamines paraissent runies leur base, 
et termines par des anthres oblongues et droites ; 
l'ovaire est ovale , aigu , sillonn , velu sa base ; il 
est surmont de trois styles droits ; les stigmates , 
d'abord recourbs , se retroussent ensuite. 

Le fruit est une baie jaune , acide , globuleuse , et 
trois renflemens. Il renferme un noyau osseux , trois 
loges et trois semences. 

ANALYSE CHIMIQUE. L'corcc de cet arbre contient 
beaucoup de tannin ,* et ses baies fournissent un peu 
d'acide gallique , plus , un principe mucoso-sucr. 

Proprits mdicinales. La saveur aisrrelette des 
baies du Moureiller en pi les fait recommander 
dans les angines, o l'on en prescrit avec avantage 
la dcoction en gargarisme et en lavemens. Son rob 
est trs -estim dans les dyssenteries dont on veut 
modrer le cours. On le dlaye dans la dcoction de 
son corce astringente, lorsque la maladie touche 
son terme. Ce mme rob ralTermt les gencives deve- 



( 100 ) 

nues spongieuses et fongueuses par l'usage prolong 
du mercure. Les baies prises une certaine dose de- 
viennent laxatives. 

Mode d'adjiiisistration. Le rob des baies se donne 
h la dose de quatre gros une once ; l'ccorce rduite 
en poudre celle d'un gros, et par demi- once pour 
livre de dcoction. On retire aussi froid , de l'corce, 
par l'alcool , une teinture qui se prescrit par un gros 
dans un vhicule appropri. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-ONZIEME. 

Le rameau est rduit moiti de sa grandeur 

naturelle, 

I. Fleur grossie pour faire apercevoir les glandes cali- 
cinales_, dont deux sont places la base de cha- 
cune des divisions. 

a. Ovaire surmont des styles, au nombre de trois. 

3. Grajjpe de fruits. 

4. Coupe transversale du fruit. 



//. 02 




3> BE GALLE *LAliGES FEULLl 



ffa^rze/ Jr/^/^ ' 



i^:s. 



( loi ) 
GRAS DE GALLE A LARGES FEUILLES. 

( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. Bois de lance. Gratgal. Encycl. mtli, 
Randia latifolia. Linn. Pentandrie monogynie. 
Jussieu , fam. des Rubiaces. Randia foliis spatulato- 
ovalibus , spinis foliis brevioribus in apicibus ramulorum. 
Lamarck. rBaccis sub-pedunculatis^ tomentosis et lates- 
centibus anonymos. Plum. Miss. vol. 5, tab. n5. 
Menalacrodryon. Pluk. alm. 124^, tab. 2o5,f. 2. Cacao 
affinis , frutex spinosus , lycii facie , jasmini flore albo. 
Sloan. jam. hist. 2, pag, 18, tab. 161 _, f. i. Raj. 
Dend. 83. An Randia mitis. Linn.? ( Encycl. mth. ) 
( vivace.) 

Caractres gnriques. Arbrisseaux exotiques , 
pineux^ feuilles simples et opposes , pines op- 
poses ; fleurs monoptales , disposes par petits 
bouquets terminaux , auxquels succdent des baies 
uniloculaires et polyspermes. 

Caractres particuliers. Calice monophylle su- 
prieur , dont le bord est cinq dents; corolle mo- 
noptale hyppocratriforme, plus grande que le calice , 
et dont le limbe est cinq dcoupures pointues. Cinq 
tamines situes l'orifice de la fleur , et dont les 
fdamens extrmement courts portent des anthres 
oblongues , un ovaire infrieur, style de la longueur 
du tube de la fleur , bifide son sommet , stigmas 
ingaux; baie arrondie, ombilique ou couronne, 
corce dure ou coriace , uniloulaire , contenant plu- 



( 102 ) 

seiirs semences comprimes , enveloppes dans une 
pulpe. 

Histoire naturelle. Ce Gratgal ciot dans les An- 
tilles , la Jamaque, et la Vera-Grux , o, selon 
Miller, Houston l'a trouv en quantit. La qualit do 
son bois lui a fait donner le nom do Bois de lance , 
parce qu'on fait avec , des hampes de lance , des fl- 
ches , des baguettes de fusil , des douves flexibles et 
des essentes. Ce bois est aussi employ faire des 
chaises , des chelles et autres meubles. 

A Saint-Domingue , le nom du canton du Bois de 
lance , au quartier de Limonade , vient de ce qu'on 
y trouve beaucoup de ces arbres , dont les tiges droites 
et flexibles , dit Moreau de Saint-Mrj, servent 
monter les fers des lances , arme commune autrefois 
aux Antilles , et presque la seule qu'eussent les Es- 
pagnols qui la maniaient arec une grande dextrit. 

CARACTiRES PHYSIQUES. Le Bois de lance est un 
arbrisseau toujours vert , comme les phylaria , mdio- 
crement pineux , et qui s'lve dix ou douze pieds 
de hauteur. Son tronc , selon Sloane , acquiert l'pais- 
seur du bras , et est recouvert d'une corce rou- 
geatre et rugueuse ; les rameaux sont opposs , glabres , 
feuilles dans leur partie suprieure ; les plus petits 
sont garnis d'pines opposes, droites, longues de trois 
ou quatre lignes , situes le plus souvent simplement 
aux sommits , et quelquefois aussi en quelques endroits 
de leur longueur. 

Les feuilles sont opposes , presque spatules, 
entires, retrcies en ptiole leur base; largies 
dans leur partie suprieure , lisses des deux cts , 



( ,o3 ) 

iisaates , et beaucoup plus grandes que les pnes i 
elles ont deux trois pouces de longueur, sur une 
largeur de prs d'un pouce et demi ; les fleurs sont 
terminales, souvent axillaires et un peu pdoncules, 
blanches et odorantes. Il leur succde des baies ovales, 
couronnes par un petit calice lev d'une ligne ; 
blanches ou jauntres en dehors, et contenant, sous 
une peau coriace et cassante , une pulpe bleutre ou 
noirtre dans laquelle sont enveloppes plusieurs se- 
mences aplaties. ( Encycl. mth. ) 

On ne doit point m'accuser de plagiat , si souvent 
je copie presque littralenient les descriptions exactes 
de rEncyclopdie par ordre de matires. Je fais vo- 
lontiers , en ce cas , le sacrifice de mon travail par- 
ticulier pour rendre hommage aux savans Lamarck, 
Desrousseaux et Poiret , collaborateurs du Diction- 
naire de botanique- Les larcins sont permis dans ces 
sortes de recueils, lorsqu'on proclame le nom de 
l'auteur. 

Analyse chimique. Le fruit du Gratgal, Bois de lance, 
est acerbe; il est astringent, et possde les mmes 
proprits que les nfles. Lorsqu'il est mr , il a une 
saveur douce, vineuse et agrable; mais il renferme 
tant de graines qu'il n'estrechercli que par les oiseaux. 
L'corce contient de Tacide gallique , et la pulpe un 
principe mucoso-sucr. 

PROPRiTis MDICINALES. Ainsi que ses congnres , 
dous de vertus astringentes , un aveugle empirisme a 
accord au Bois de lance des proprits chimriques , 
pour dtruire les calculs vsicaux. Je ne m'arrterai 
point cette indication exagre ; il me suflira de 



( 104 ) 

dire quc'souvcnt j'ai adrainislrc son rob dans les cours 
de vcnlre rebelles , et certaines dysscnterics qui pro- 
venaient du relchement de la muqueuse intestinale. 

Mode d'administration. Pour obtenir ce rob , on 
prend quatre livres de fruits , privs de leur corce 
et de leurs graines; on les fait bouillir jusqu' con- 
sistance d'lectuare; et on ajoute, en mlant pour 
trois livres et demie de cette pulpe , une livre et demie 
de sucre; on fait vaporer alors jusqu' consistance 
d'extrait mou. La dose est d'une cuillere bouche 
trois ou quatre fois le jour. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-DOUZlME. 

L& Gratgal Bois de lance est rduit au tiers de sa 

grandeur naturelle* 



I. Fleur entire de grandeur naturelle. 

2.. Corolle spare du calice, et ouverte pour faire voir 

que les tamines sont sessiles et insres prs du 

limbe. 

3. Fruit coup transversalement. 

4. Fruit entier, ayant la base de son pdoncule deux 

pines. 



/y. o3. 







(?,)/> rr't'/ ( lonZja . 



AC^AC" 



r -1 A rf ' a tt^ 



A FEIJiLI.F.8 wvjuyrvY.^ 



\ 



( o5 ) 
ACACIE A FEUILLES TROITES. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonyt.iie. Vul. Tendre caillou franc Tendre caou 
J^icols. Acaciebois dur. Tussac.- Encyc. metli.N'iS. 
Mimosa tenuifolia. Linn. Polygamie mon cie. Tournef. 
cl. 20. Arbre monop. Jussieu, famille des lgumineuses. 
Mimosa angustifolia , Acacia non spinosa. Lam. Mimosa 
Litlioxilon. Richard. 

Caractres gnriques. Calice moaophylle cinq 
dents ; corolle cinq ptales rguliers ; tamines in- 
dfinies; gousse plusieurs loges, monosperme , com- 
munment bivalve ; spare par des cloisons transver- 
sales ,* tamines distinctes. (Lam.). 

Caractres particuliers. Feuilles Lipinnes, les 
partielles dix paires de folioles ; pinnules multiju- 
gues ; fleurs unisexuelles en pis ; filets capillaires 
plus longs que la corolle; un style; un stigmai gousses 
aplaties , noirtres , partages par des cloisons trans- 
versales; semences ovales , brunes au centre et cernes 
de jaune. 

Histoire naturelle. L'auteur des trois rgnes de la 
nature , trouvant des admirateurs dans les deux hmis- 
phres j je dois dire avec Castel : 

o Sous TAcacia lger j'aurais plac Delille . 

Le Tendre caillou, que la tnuit de son feuillage l- 
gant, et ses fleurs blanches en pis font remarquer 
dans les forts des montagnes , se plat aux Antilles, 
dans les terrains sablonneux ou arides, que l'on nomme 
Frdoches Saint-Domingue. Son bois est bon pour la 
construction : on en fait des poteaux et des pieux de 

Tome H. 24' Lh' raison, 7 



( loG ) 

pilolis , (lestint^s h soutenir ccs difices , former des 
viviers et autres enceintes propres ^ renfermer du 
poisson , et qui durent prs d'un sicle, sans prouver 
les ravages du temps. Cet arbre, parvenu ii son accrois- 
sement, mousse les outils les mieux tremps, lorsqu'on 
cherche l'abattre. On l'appelle ainsi cause de son 
cxlrme duret, et on en distingue deux varits, le 
franc et le btard. 

CARACTiiRES PHYSIQUES. Le Tendre h caillou parvient 
h la hauteur de quarante pieds , sur un diamtre de 
quinze seize pouces; son corce est d'un brun clair et 
presque gristre; elle est crevasse et peujadhrente; Tau- 
bierest jauntre; le curdur, incorruptible, rougelre, 
lorsqu'il est rcemment coup, devient gris en se s- 
chant; il a peu de branches et de feuilles, et sa sve, sui- 
vant Nicolson^ se sche bientt aprs avoir t abattu. 

Les feuilles sont deux fois ailes , et composes de 
quatre cinq couples de longues pinnules , qui cha- 
cune soutiennent trente cinquante paires de folioles 
petites , oblongues , un peu troites, vertes , et presque 
luisantes en-dessus , et d'une couleur ple en-dessous. 
Ces folioles n'ont qu'une ligne et demie de longueur sur 
un tiers de ligne de largeur. 

Les fleurs en pis sont blanches; il leur succde des 
gousses longues de quatre six pouces, larges d'un 
pouce, noirtres et fissures, aplaties en dehors ; elles 
renferment environ douze semences , ovales , bor- 
des d'une teinte plus claire. 

Le Tendre caillou btard vient dans les montagne 
et sur les terrains gras , mais son bois ne dure point 
aussi long -temps en terre; son corce est brune et ra- 
boteuse , ses feuilles sont plus grandes que celles du 



( 107 ) 

prcdent; ses siliqiies sont aussi plus longues; elles 
ont sept pouces de longueur sur une largeur de cinq 
lignes, trs-plates, brunes, point lisses, un peu sinucs 
en leur bord , et comme bordes dans leur con- 
tour. Les semences sont noires et trs -aplaties; on 
donne assez gnralement aux Antilles le nom de Ten- 
dre caillou, toutes les espces d'Acacie sans pines. 
Analyse chimique. Les proprits chimiques du Ten- 
dre caillou sont analogues celles des autres plantes 
astringentes; il contient, ainsi qu'elles, du tannin, et 
noircit la dissolution de sulfate de fer. 

PROPRiTis 3IDICINALES. Poupc Dcsportcs recom- 
mande Ics bourgcoiis du Tendre 5 caillou comme astrin- 
gens , ainsi que sa racine; il prescrit l'im et l'autre 
dans le vomissement, la diarrhe, la leucorrhe et les 
hmorragies; il ajoute Teau distille des Heurs aux 
collyres astringens. 

Mode d'administration. La dose des racines et des 
bourgeons est d'une once par livre d'eau , et celle des 
fleurs , d'une pince par livre d'infusion thiforme. 



explication de la planche QUATRE-VINGT-RElZliiiME. 

UAcacie feuilles troites est rdail moiti de 

grandeur naturelle, 

Fig. 1'* Silique 2/3 de grandeur naturelle. 
2. fleuron grossi. 
5. Anthre grossie. 

4. llceptacle sur lequel repose le germe. 

5. Graine grossie. 

6. Graine dont on a enlev un Cotyldon pour faire 

voir rEiiibryon, 
^. Graiiic coupe transver^aleuient, 

7- 



( io8 ) 
BELLOINIE A FEUILLES RUDES. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Bellonia aspera. Linii. Penlandrie monogynie 
Jussieu, fam. des rubiaces. Bellonia frutescens, folio me- 
lisse aspero. Plum. gen. 19. Burin, amn. tab. 47* 

Caractres GNRIQUES. Corolle en rosette; capsule 
une loge , infrieure , polysperme , aiguise en bas 
par les restes du calice. 

CARAGTiRES PARTICULIERS. Eianiiiies en faisceau , 
feuilles ovales, ptiolcs, dnies ingalement et his- 
pides ( Jolycl. ). 

Histoire naturelle. Ce joli arbrisseau crot aux 
Antilles, et c'est Saint-Domingue que le pre Plu- 
mier Fa observ le premier. Le nom qui lui a t im- 
pos rappelle aux amateurs des sciences celui de Bel- 
Ion, un des premiers naturalistes franais. 

Caractres PHYSIQUES. La Bellonie est un arbrisseau 
rameaux cylindriques^ noueux, ferrugineux et al- 
ternes , et qui parat avoir des rapports avec les plantes 
de la famille des pAubiaces. 

Les feuilles sont opposes , ovales, ingalement den- 
tes en leur bord, portes sur des ptioles fort couris , 
et rudes au loucher en leur surface infrieure. 

Les fleurs sont blanches , viennent en corymbe rami- 
H, au sommet des rameaux, et quelques-unes dans 



7^/.^J. 




2yieot/ore J^e^cffnrAi i J^/Tt.i' 



<?a^''t.. / 1 iWfZr 



BELLONIE A l^EFILLE'S RFBES. 



( 109 ) 
les aisselles des feuilles suprieures ; chaque fleur con- 
siste en un calice d'une seule pice , persistant et divis 
en cinq dcoupures troites , lancoles et aigus ; une 
corolle monoptale en roue, tube trs-court, et 
limbe plane, partage en cinq lobes ovales obtus ; cinq 
tamines extrmement courtes , anthres petites , 
droites et conniventes , et un ovaire infrieur, charg 
d'un style en alne , plus long que les tamines , 
stigmate aigu. (Ency. met.) 

Le fruit est une capsule en toupie , couronn par le 
calice dont les divisions alors sont conniventes , une 
seule loge, et qui renferme beaucoup de semences 
arrondies et fort menues. 

Analyse chimique. Toutes les parties de la plante 
sont amres et astringentes , ce qui indique leur pro- 
prit contre la fivre intermittente. Leur dcoction 
prcipite en vert la colle-forte et le sulfate de fer , et 
en brun l'actate de cuivre. 

Propbits mdicihales. On se sert avec un vrai 
succs de la poudre de l'corce, dans les intervalles des 
fivres intermittentes; sa dcoction , celle des feuilles, 
est recommande dans le fluxcliaque, la dissentere, 
les mnorraghies et tous les autres cas o les astringens 
sont indiqu. Son succs le plus marqu a lieu dans 
les leucorrhes constitutionnelles , chroniques et ato- 
niques, produites par le relchement des membranes 
muqueuses. Pour arriver au but qu'on se propose en 
cette occurrence, on met en contact, par le moyen 
des injections , cette colature avec la membrane affec- 
te ; o l'administre en mme temps l'intrieur. 



(MO) 

Mode d'administration. Trois poignes de celle 
corce dans trois pintes de vin que l'on a mis infuser 
vaisseau clos sur des cendres chaudes , procurent un 
mcdicament fbrifuge qui n'est pas sans vertu. La dose 
est de quatre onces toutes les trois heures, pendant 
rintervalie des paroxysmes. 

La dose de la poudre de i'corce de Beilonie est d'un 



gros. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-QUATOR- 
ZIEME. 

Le rameau de Beilonie en inflorescence est rduit 
aux deux tiers de grandeur naturelle 

. Fruit entier. 

2. Fruit coup. 

3, Graines. 



p/.^p. 



'^y ; .-/^VifcJi^^ 




jAeoarf jyedvoif-r/fZn ^/n<c 



(rirJrre/ tJ<t/o- 



VES8E-L01TP rOFMO^TfEE. 



( 1" ) 



^^^^ V^^^V^'VV'V%^-^^'W^-V^'* 



k-^V^^^^V^^^^VW^'V^^'V^^'^-^^VV 



VESSELOUP COURONNEE. 

(Stomacliique astringent. ) 

Synonymib. Vulg. Z'uf diabl' Lycoperdoncoronatum. 
Linn. champignons Tournef. Lycoperdon tiiber. cl. 17 
aptales sans fleurs ni fruils. Sect. i. Jussieu, faalle 
des champignons. Licoperdon coronatum americanum. 
Flum. p. 21 3. 

CARACTkRES GNRIQUES. Subslaiices spoiigeuses , 
aphylles , plus ou moins solides, sub(^reuses, lisses et 
garnies de pores runis en masse; pulvrulentes, enra- 
cines sur la terre. 

Caractres particuliers. Globe ordinairement ses- 
sile , rempli de poussire, s'ouvrant par le sommet. 

HiSTOiaE NATURELLE. Ce' te espce, ainsi (fue srs 
congnres, contient une poussire impalpable qui, 
d'aprs les expriences de M. Palissot d& Beaitvols , 
ne doit point tre regarde comme la semence de la 
plante, mais comme le pollen fcondant ou les aliribnts 
du mle; cette poudre est inllammabe , ainsi que 
celle des Lycopodes , et elle nage sur l'eau. 

Oa trouve aux Antilles cette Yesseloup dans les mor- 
nes boiss, au pied des pins ou des orangers sauvages. 

Caractres physiques. Cette Vesseoup est remar- 
quable par son pricarpe pdicule et par son orifice ni 
stri ni conique; elle est d'une couleur jaune lave de 
bistre; son enveloppe externe se rflchit et se divise 



(lia) 

en sept ou huit rayons, qui soulvent le pricarpe, et 
lui forment en quelque sorte une espce do pidestal 
en vote : ces rayons ont, lorsqu'ils sont tals, de 
trois quatre pouces de diamtre. Le pricarpe est 
globuleux , port sur un pdicule pais ^ long de deux 
trois lignes; son orifice, aprs l'mission du pollen, 
est large , arrondi , bord de cils peine sensibles. 

On ne dcouvre que difficilement cette Vesseloup 
dans sa jeunesse : elle est cache sous les feuilles , en- 
fonce en partie dans la terre ; elle a dans ce premier 
tat l'apparence d'une sphre comprime. 

Analyse chimique. Toutes les parties de cette Vesse- 
loup contiennent beaucoup de tannin. 

Proprits mdicinales. La poudre qui se trouve 
dans l'intrieur de ce champignon , creux quand il 
est mr et sec , est un des astringens les plus efficaces ; 
il a les mmes vertus que 

Le puissant Agaric, qui du sang panch 
Arrte les ruisseaux , et dont le sein fidle 
Au caillou ptillant recueille Ttincelle. 

{L'hotnm des champs , ch, III. ) 

Mode d'administration. On mle le pollen du Lyco- 
perdon avec le blanc d'uf pour arrter prompte- 
ment les hmorragies. 



explication de la planche QUATRE-VlJGT-QUINZiiMfi. 

L Ljcopcrdon reprsent sous divers tats , est rduit 
au tiers de grandeur naturelle 



/V.^'. 








VYn O M O l ET AHI. ATE 



-it^z-ee/ Jt'r/^ . 



U 



( 'i5 ) 
CYiNOMOIR CARLATE. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Vulg/Cbampignon de Malthe. Cinomoriuni 
coccineum. Lin. Moncie monandrie. Amn. Acad. 4* 
p. 35i. t. 2. Jussieu, monocotyledons tamines oxigynes. 
Fungus tlphodes coccineus melitensis. Bocc. Mus. 3. 
p. 6g. sic, ^o. t. 8i. Fungus typhodes liburnensis. 
Till. Pis. 64. t. 25. Fungus mauritanicus verrucosus. 
Auber. Petw. gaz. t. 39. f. 8. Cinomorium purpureum 
officinarum. Mich. gen. p. 17. t. 12. Cynomorium 
erectum, brve cilindricum"nudum , prima tate squam- 
matuin. Brown. jam. 334 Famille des Balanopliores de 
Richard. 

Caractjres gnriques. Chaton cylindrique , cail- 
teux dans la jeunesse , charg de fleurs mles et fe- 
melles runies sur le mme individu^ plantes cailleuses, 
dpourvues de vritables feuilles^ et implantes en pa- 
rasites sur la racine des autres arbres comme les 
Orobanches. Le plus souvent les fleurs mles et les 
fleurs femelles naissent indistinctement mlanges sur 
le mme capitule. ( Obs. Rich. ) 

Fleurs mles. Une tamine unique s'evant d'une 
caille paisse, conique tronque ; le fdament oblong , 
l'aUhre oblongue , arrondie didyme. Trois cj[uatrG 



("4) 

filamcns moins longs que l'ctaminc , l'environnent h sa 
base. 

Fleurs femelles. Ovaire infre , globuleux , unlo- 
culaireet uniovul , surmont de deux quatre cailles 
lancoles. Style cylindrique trois fois plus grand que 
l'ovaire, et termin par un slignia hmisphrique. 

Pour fruits une cariopse globuleuse. Graines pour- 
vues d'endosperme. ( Richard. ) 

Histoire naturelle. Cette plante , dit Lamarck , 
crot dans l'le de Malle , la Sicile , la Mauritanie et 
la Jamaque. La couleur de feu du Gynomoir au milieu 
de la verdure qui l'ombrage , le fait bientt remarquer 
du voyageur et du naturaliste. 

GarA-CT^res thysiques. Le Gynomoir est une plante 
fort singulire , qui a l'aspect d'un champignon , le 
port d'une clavaire eimple ; elle devient solide et comme 
ligneuse lorsqu'elle se dessche , et sa moiti suprieure, 
qui forme une tte oblongue , en massue , presque cy- 
lindrique, est couverte de fleurs distinctes , serres et 
comme imbriques partout comme sur un chaton. 
Cette plante a cinq t^ sept pouces de longueur , 
dont la moiti ou un peu plus , est occupe par le p- 
dicule. 

Le Gynomoir est parasite des racines de plusieurs 
arbres ou arbrisseaux, la manire des Orobranches 

et des Clandestines, etc Il ne pousse aucunes 

feuilles ; mais dans sa jeunesse il est tout couvert d'- 
cailles parses , embriques ^ ovales , pointues- et con- 
vexes en dehors. Lorsque ces cailles bunt tombes en- 



(ii5) 

trement ou en partie, et que la plante a acquis tout 
son dveloppement, on remarque un pdicule pais , 
raboteux , qui soutient une tte ou chaton en massue , 
conique , comme verruqueuse , pourpre ou carlate , 
et charge de fleurs , dont les unes sont mles , les autres 
femelles , et parmi lesquelles s'en rencontrent galement 
d'hermaphrodites. 

Les fleurs mles n'ont d'autre calice que les cailles 
ohlongues et cuniformes , dont le chaton est emhri- 
qu; et chacune d'elles consiste en une seule tamine, 
dont le filament droit et plus long que l'caill cali- 
cinale qui lui est jointe , soutient une anthre grosse 
et didyme. 

Les fleurs femelles , mles parmi les mles , dont 
dont elles sont peine spares , ont un ovaire ( inf- 
rieur , suivant Linn , ) envelopp par la base de plu- 
sieurs cailles calicinales ou du chaton , et surmont 
d'un style simple stigmate obtus. 

Le fruit est une semence nue et arrondie. Boccone 
dit qu'elle est d'un rouge vif, carlate , et que tout le 
chaton en est muni et comme hriss. (Enc. mth.) 

Analyse chimique. Je n'ai point eu l'occasion de 
m'assurer des proprits constituantes du Cynomoir. 

PiiopRiTs 3IDICINALES. Le Cyuomoir passe pour 
un des plus puissans astringens , et il est d'un grand 
secours dans les hmorragies , le flux de sang , la dys- 
senterie. 

Mode d'administration. On le rduit en poudre 
aprs sa dessication , et la dose laquelle on peut 



(uG) 

remployer est depuis un scrupule jusqu' deux , dans 
une verre de bouillon ou de vin. Je ne l'ai point em- 
ploy. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT-SEIZIBIE. 

Le Cynomolr est rduit moiti de sa grandeur na^ 

tureUe 

I. Fleur mle et entoure de ses cailles calicinales 

dentes. 
a. Fleur femelle^ l'ovaire surmont d'un style long et 

obtus. 

3. Le mme ouvert pour faire voir la cariopse. 

4. Une des cailles enleve du chaton et renverse. 

(Ces dtails sont pris dans l'excellent mmoire de 
M. Richard sur la famille des Balanophoresp) 



^ 



y/;'^; 




JVi''ot/or,' Me^'ivar/i/, /'///,). 



/'If />// J'c7f//i 



GOMAIiT B'AMKHrE. 



Vvv* VVVV V* \ VV% V*** V*^^ VV* V*. V* % v**^ -v^^ **-* V*V* V^^* </^ ^/V% vv*^ vv** vv* vvv* 

GOMART D'AMERIQUE. 

[Stomacliique astringent.) 

Synonymie. Vulg. Gommier blanc de montagne ^ . Jussieu , 
famille des trbintaces. Terebinthus minor foliis obs- 
cure virentibiis et acutioribus fructibus racemosis rubris, 
Poup. Desp. Arbor Chibou, Terebinthus. Plum. 
Pistacia. Lin. Burser a gummifera, jacq. Bursera ra- 
cemis axillaribus , floribus albis. Lam. Terebinthus 
amerlcana, pistacise fructunon eduli. Tournef. 58o. Plum. 
Spec. 17 et Mss. vol. 5. t. 119.. Terebinthus major, be- 
tulae cortice,fructu triangulari. Sloan. jam. hist. 3. p. 89. 
tab. 199. Betula arbor americana, seminibus lithos- 
permi frumentacei mulis. Pluk. alin. 67 t ^ iDi Jou- 
lonn, chibou des Carabes. 

Caractres GNRIQUES. Galice trphylle ; corolle de 
trois ptales, tamines dfinies. Ovaire supre ; un style; 
imstigma ; capsule charnue trois valves; un sperme; 
feuilles alternes, ordinairement pinnes; tiges ligneuses. 
Caractres particuliers. Un seul ovaire , fruit 
plusieurs loges , dont quelques - unes avortent quel- 
quefois i^ . 

Histoire naturelle. Le Gommier rouge (Terebin- 
thus americana polypliilla. Plum. Bursera gumm- 
fera, foliis angustioribus.) ne diffre du Gommier blanc, 
que par la couleur rougetrc ponctue de blanc de 
son corce , et par les feuilles qui sont beaucoup plus 
grandes , et les rameaux disposs en croix en partant 
du tronc. Cet arbre est ainsi nomm par la quantit 
de gomme qui transude ds son tronc. C'est le plus 
rand et le plus gros des arbres de nos les , et en 
Tome H. 20* J^ivraison. 8 



?^ 



(1.8) 

m^me lonips Tua des plus utiles. On rencontre Punc 
et l'autre espce partout dans les inornes, dans la plaine. 
j'ai remarqu cpi' Sainl-Doniijjiue on les trouvait de 
prfrence sur les lieux levs , et au bord des che- 
mins. On les emploie pour former des entourages. Ils 
^e reproduisent facilement de boutures. Son bois , 
cjuoiquc dur, est difficile mettre en uvre; on en fait 
des pirogues d'une seule pice. 

Le P. Plumier, ditYalmontde Bomare, prtend que 
ces Gommiers ne diffrent de nos trbintlies que par 
la structure de leurs fleurs, qui ne sont pas a tamines. 

Il est remarquer que les Gommiers du Snga 
donnent pendant l't la gomme qui porte le nom 
de gomme du Sngal , tandis que ceux d'Amri- 
|ue fte dislillent par incision ou ex-sudation qu'une 
'sine blanche et d'une consistance molle tant r- 
cente , mais devenant solide et friable , et jaunissant 
par la dessiccation. Ces derniers fournissent chaque 
anne environ 3o 5o livres d'une rsine visqueuse , 
comme la trbenthine que l'on envoie dans d<?s barils 
ou <lans des fruits du calebassier appels Coids; d'au- 
tres fois, elle parvient en Europe plus condense et 
enveloppe de grandes et larges feuilles du cachibou f 
d'o lui vient le nom de gomme cliibu , rsine ca- 
ehtbou. 

Les Ngres garnissent de ces feuilles les paniers d'a- 
romates, pour empcher le contact de l'air et leur vola- 
tilisation. Ils se servent souvent, pour les clairer , 
des morceaux de ce bois inflammable. Quelques frau- 
deurs sophistiquent avec la gomme rsine du Gomart, 
certaines rsines plus prcieuses. L'union parfaite de 
ces substances pourrait-elle avoir lieu si le omart ne 



produisait qu'une gomme solubie seulement dans l'eau ? 
Le Gomart dfere visiblement du sucrier de montagne 
(Hedwigia balsamifera) , Bois cochon , etc. , en ce 
que les sept folioles de ce dernier , semblables celles 
du pcher, sont lancoles, et non ovales et acumines 
comme dans le Gomart. 

La rsine du Gomart, fondue une douce chaleur , 
est prfrable la rsine colophane pour tous les usages, 
soit en musique ou en chirurgie. Elle remplace l'Elmi 
et le Tacamahaca. 

C/VRACTisEES PHYSIQUES. Le Gomart est un grand 
arbre dont la cime est fort rameuse, le tronc droit, 
quelquefois lev , et perdant ses feuilles tous les ans, 
L'corce extrieure de son tronc est unie , mince , 
brune ou gristre, et se dtache par lambeaux comme 
dans le bouleau d'Europe; l'intrieure, d'un vert-tendre, 
est pleine d'un suc glutineux, balsamique, ayant, suivant 
Sloane , une odeur approchant de celle de la tr- 
benthine , et s'paississant l'air sous la forme d'une 



gomme. 



Les feuilles sont alternes , ailes avec impaire , et 
composes chacune de 5 9 folioles opposes, ptioles, 
ovales, acumines , entires, glabres des deux cts, 
lisses et un peu luisantes en-dessus , divises en deux 
parties ingaies par une cte saillante en-dessous ; elles 
ont environ un pouce et demi ou deux pouces de lar- 
geur sur une longueur de trois pouces , et sont arron- 
dies et presqu'en cur leur base. Celles du Gommier 
rouge ont le double de proportions. 

Les fleurs du Gommier blanc sont petites , blan- 
chtres , inodores , naissent en grappes axiliaires et 
mdiocres aux sommits des rameaux. Los fruits sont 

8. 



f 1S>0 ) 

de la grosseur d'une noiscll;^, voidtres, un peu teints 
de pourpre dans leur mahiril , rsineux, odorans , 
corce charnue , pulpeuse , et qui recouvre un ou 
deux et quelquefois trois osselets ou noyaux trs- 
Lianes > un peu comprims, qui renferment chacun une 
amande. ( Enc. met. ) 

Analyse chimique. La gomme rsine du Gomart est 
en partie soluble dans l'eau , partie dans l'alcool. Elle 
contient beaucoup d'huile volatile de couleur ambre , 
d'une odeur plus suave que la trbenthine , et elle sert 
pour les vernis. 

PiioPRiTis MDICINALES. On prconisc avec raison 
l'usage de cette gomme rsine dans certains momens 
de la dyssenterie et de la nphrite calculeuse. Elle est 
expectorante; applique extrieurement , dit Nicolson, 
elle est nervale. Les feuilles du Gomart sont rputes 
vulnraires. On ajoute une pince de son corce aux 
infusions anlhemintiques et celles astringentes qu'on 
prescrit la fin des gonorrlies. Les bourgeons du Go- 
mart s'emploient dans les onguens ainsi que sa Gomme. 
Son corce entre dans les tisanes lnitives de Poupe- 
Desportes. 

Mode d'administration. Cette gomme rsine s'ad- 
ministre intrieurement comme la trbenthine , en 
bols , la dose d'un scrupule demi-gros. La dose d 
Fcorce est de deux pinces par livre d'eau. 



J]:XI'LICATI0N de la. PLANCHE QUATRE-VINGT-DIX-SEPTiIME. 

Xe rameau est reprsent au tiers de grandeur natu- 
relle , et le tronc au Tjngtieme 
1, Fleur, a. Calice. 3. Fruits groups. 4- Trne de l'arbre > 
dont une partie de J'corce ;^e dtache. 

" * -a .j -i . 



yr. ^/. 




jAeoaore 7),\f)Vii/'fi7~^ ^ma- 



6rairff/ Jc(t^ 



r I.KVAIA E M B K S -AN TLLE S . 



{ >2. ) 



kVV>vw 



CLAVALIER DES ANTILLES- 

( Stomachlq ue astringent. ) 

Synonymie. Vul. Bois pineux jaune. Zantlioxylum caii- 
beum. Lin. Dicie penlandrie, Zanlhoxilou, foliispinnatis- 
foliolis ovato oblongis, acuminatis, grosse crenatis, punc- 
tatis N. Zanllioxylum aculealum fraxini sinuosis etpnnc- 
talls toliis amerlcanum. Pluk. alra. 3y6. tab. 259. f. 4 ^t 
Auiallli. p. 214. Arbor spinosa fiaxini l'acie. Plum. 
M" voL5^t. ii4- Ayonalali arbor indica spinosa odore 
rulae, uhiis folio in auibitu crispato et ubiqu perforalo. 
Vaill. herb. et cat. 1. p. 5 10. Surian. N^ 107. Aya- 
rali quarta arbor Monbey affinitate foliis dentalis, f'ructu 
raceraoso fragranli. Herb. Surian. IN** 2. Juss. Zanllio- 
xylum berb. Surian. No 5oo. Bois pineux jaune. Nicol- 
son St.-Doiu. p. 175. Zanlhoxylon famille des tr- 
binllicS;,Lamarek j . 

Caract1;rks gnriques. Calice dcoup en plu- 
sieurs parlies ; coiollc polyptale rarement nulle. Eta- 
inines dfinies ; ovaire suprieur ; un ou plusieurs 
styles ; autant de slignia ; une baie ou une capsule 
nuilliioculaire ; feuilles alternes , ordinairement pin-^ 
nes j tiges ligneuses. 

CAR.vcTRjis PARTICULIERS. Plusicurs ovaircs ^ autant 
de capsules , Heurs dioques. 

Mles. Corolle cinq divisions profondes , droites, 
corolle nulle ; cinq ou six tamines plus longues que 
le calice , alternes avec ses divisions. 



( 22 ) 

Femelles. Calice h cinq divisions , corolle nulle; 
cinq styles , cinq ovaires , cinq capsules monospermes, 
sphriquos , bivalves. (Lam.) 

Histoire naturi-lle. Zanlhoxylon a poir racine 
grecque 'Bo.vto jaune , et ^v\ov bois , parce que le 
Clavalier est employ comme bois de teinture. Nicolson 
en dislingujc deux varits , dont la plus grande est 
recherche pour la construction , tandis que l'corce 
de la seconde espce sert h teindre en jaune. Cet arbre 
se plat dans les forts sombres et un peu humides , 
o Ton remarque complaisamment le contraste parfait 
du feuillage vert , avec le beau noir luisant des graines 
et la couleur rouge des capsules. 

Caractres physiques. Ce Clavalier est un arbre 
tronc trs-pineux, de moyenne grandeur, dont le feuil- 
lage ressemble h celui du frne d'Europe , mais dontles 
folioles sont plus larges , ponctues et distingues par 
de grosses crnelures. Les pines du tronc sont courtes 
et aigus. Les feuilles alternes sont composes de onze 
treize folioles ovales oblongues , acumines , minces, 
parsemes de points Iransparens glabres, d'un vert-ten- 
dre et bordes de crnelures grossires , quoique peu 
profondes ; leur ptiole comnmn est pourvu d'pines 
aigus , petites et montantes. Ces feuilles viemient par 
paquets ou faisceaux sur les vieux troncs. 

Les fleurs , portes sur des pdoncules rameux et 
paniculs , sont petites et ont peu d'clat. On les ob- 
serve dans la saison des pluies avant le dveloppement 
des feuilles. Chaque (leur femelle produit cinq petites 
capsvdes pdiculcs , vertes d'abord , puis d'un rouge 



( ,23 ) 
clatant lorsqu'elles sont mres, chagrines au-dehors, 
i)ivalves , et contenant chacune une petite semence 
noire , Iont;uement pdicele et trs-luisante. Ces cap- 
sules mrissent au couniiencement de la saison des 
secs (octobre) , et lorsqu'elles s'entrouvrent , leur se- 
juence semble sortir de sa prison fixe et suruiontant 
un placenta membraneux et latral. 

L corcc du Clovalier est d'un bistre noirtre l'cx 
tricur , et jaune la partie interne. 

Analyse cuimiqce. L'ccarce du Clavalier des An- 
tilles fournit un principe colorant , astringent , du tan^ 
nin , dn mucilage et un peu <le rsine. Les feuilles 
contiennent en outre un aronu; d'une odeur assez suave 

pROPRiiiTs MDICINALES. Les fciiilles , grce cette 
odeur aromatique , sont estimes vulnraires , astrin- 
gentes. On ne peut douter de celte dernire proprit 
d'aprs l'impression styptique qu'elles laissent aprs 
leur dgustation. On regarde l'coixe comme fbrifuge. 
Les gurisseurs du pays recommandent dans les go- 
norrhes les feuilles et i'corce de cet arbre en injec- 
tions. Poupe-Desportcs prescrit I'corce du Clavalier 
dans la formule de sa tisanne astringente majeiu'e , et 
lui associe la Prle, les racines de Coccis, I'corce d'xi- 
mandier, les fruits de l'arbrisseau appel Sangtiinc. 

Chevalier assure, d'aprs Minguet , qiie I'corce de 
ce bois est aussi puissante contre les maladies vn- 
riennes que le gayac. 

Mode D'ADMiMSTr.ATio>\ On prescrit les feuilles du 
Clavalier comme vulnraires , la dose d'une pince 



( >*1 ) 

par livre d'enu, el h celle d'une once pour la teinture 
alcoolique faite h froid. 

L'corce est un succdan de celle du quinquina , 
et se formule de la mme manire. 



EXPLICATION 1)K LA PLANCHE QUARE-VINGT- 
DIX-IIUITIME. 

La rameau do Clavaller est reprsent au tior^. 
de sa grandeur naturelle. 




J't-ot/ttre yfeifiVnf/f/\ y'e/i.v 



arfW Sc^/^. 



MA3IOON ISOi^ T^ArAJOIL 



(.25) 

MAHOGON BOIS D'ACAJOU. 

[Stomacltujac astringent, ) 

Syno.vyivie Vulg. Bois d'Acajou planches ; Acajou a meu- 
bles. Swietenia mahogoni Linn. Decandrie monogynie^- 
Juss. famille des orangers. Lamark/am. des Azedaracks. 
Swietenia foliis abrupte pinnatis^ sub quadrijagis fo- 
liolis ovato lanceolatis^ obliquis. Arbor foliis pinnatis^ 
jiullo impari alam claudente, nervo ad latus unura excur- 
rente, fructu anguloso magno , semine alato instar pinus. 
Casteb. carol. 2. pag. 81. tab. 81. Cedrel a foliis pinnatis, 
floribus sparsis, ligno graviori. Brwn. jam. 1 58. Swie- 
lenia mahcgoni. Jacq, amer. 127. Cav. diss. 7. n 029. 
tab. 209. G.Trtra. de fructu. Vol. 2. p. 89. tab. 96. 
Cedrus maliogoni. mill. dict. N 2. Maurepasia, arbor 
cxcelsa lamaiindi foliis rigidis etlatis_, floribus ex \iridi 
albis, fructu turbinato, lignoso et btico. Poup. Des. C'est 
Lid" Ouhoiihcii iXts hommes carabes, et Liacacachi des 
femmes ^ . 

Caractres Gji.\/<RiQUES. Arbre feuilles alternes , 
pinnes; fleurs disposes en panicules axillaires et ter- 
minales ; calice cinq divisions; cinq ptales ; dix ta- 
niines monadephiques; un style; nectaire cylindrique , 
portant les anthres son ouverture. Une capsule 
5-Ioculaire , s'ouvrant par la base en cinq valves , se- 
mences nombreuses ailes , embriques. 

Caractres particuliers. Corolle cinq ptales ou- 
verts concaves ; dix tamines au sommet d'un tube cy- 
lindrique; un slye ; un stigma ; capsule ligneuse; cinq 
valves ; cinq loges ; plusieurs graines planes ailes, 

( Lam. ) 



{ 126) 

Histoire naturel-k. Les iVuils du Mah()2;on ne dit- 
forent (le ceux du Cidrel odorant, que parce qu'ils 
s'ouvrent de bas en haut, et non de haut en bas, et 
que les ailes de h^irs semences sont (h'riges vers le 
haut de la capsule , tandis qu'elles sont tournes vers le 
pdoncule dans le Cdrel. Le Mahogon crot sans cul- 
ture et trs-vile aux Antilles, oii ce bel arbre vit sur 
les montagnes, dans les lieux arides , et parmi les ro- 
chers. Son bois est dur, d^,m brun rougelre , et porto 
dans le commerce le nom (VAcajou mctiblcs. 

L'Acajou , qu' grand Trais l'Anrlque t'envoie. 
En siges lgans s'aiioudit et se ploie. 

{^ChencdoUe.) 

On en voit dont les troncs ont quatre ped et plus 
de dianilre. Je regrellais Saint-Domingue de voir la- 
briquer avec ce beau bois des aflls de canon , et les 
Ngres l'employer la cuisine, tandis qu'il se payait 
en Europe au poids de Tor. L'le de la Tortue en lour- 
nit en quantit. On en voit Cuba et la Jamaque, 
dit M. Desrousseau , de trs-grands, dont on fait des 
planches qui ont quelquefois six pieds de largeur. Les 
semences germent dans les fentes des rochers , et 
quand les fibres de leurs rain<3S trouvent une rsis- 
*) lance insurmontable, elles rampent la surlace de la 
pierre , jusqu' ce qu^elles rencontrent d'autres fentes 
)) dans lesquelles elles puissent pt3ntrer. Ces fibres de- 
viennent si grosses et si fortes que le rocher est forc 
de s'ouvrir pour leur livrer passage. 

L'Acajou meubles est un des meilleurs bois qu'on 
5) puisse trouver pour tous les ouvrages de charpenle , 
^) de menuiserie et de tabletterie, c'est pourquoi il s'en 
fait un trs-grand commerce^ surloul de V Acajou mou- 



( 1^7 ) 

achet, c'est--dire celui dont les planches sont mar- 
hres de noir et de jaune et de blanc clair. Il ne dil- 
fre du premier que parce qu'il s'lve moins haut , 
que SCS feuilles sont plus petites^ et ses fruits moins 
fl gros. Les deux espces sont susceptibles de recevoir 
)) le plus beau poli , comme on peut juger par les meu- 
bls magnifiques que l'on fabrique Paris avoc tant de 
luxe. Ce bois la mode forme de beaux ameublemens, 
et desforl-pianos du plus vif clat. Les Espagnols sa- 
chant apprcier la solidit docc bois ^ inattaquable par 
les versj, et qui pourrit difficilement dans l'eau, l'em- 
ploient pour la construction de leurs vaisseaux, parce 
qu'il rsiste au boulet dont il reoit le choc sans se 
fendre. L'Acajou mouchet est dou dplus que le 
premier d'une odeur suave, qui en carle les insectes , 
et se communique au linge dans les armoires qui en 
jj sont confectionnes. On voit des troncs de l'Acajou h. 
planches fournir des canots d'une seule pice ^ et de 
))25 3o pieds de longueur sur quatre de largeur. Si 
l'on incise le corps de l'arbre, il en Iransude abon- 
damment une gomme transparente qui a les proprits 
de la gomme arabique. 

Caractres physiqui-s. L'Acajou planches vient 
la hauteur de 60 80 pieds, il est d'un beau port, 
lev , et trs-rameux. Son corce , principalement 
celle des rameaux , est cendre et parseme de points 
tuberculeux. Les feuilles sont alternes , pinnes sans 
impaires, et nombreuses, surtout vers les extrmits 
des jeunes rameaux ; elles sonf composes, le plus sou- 
vent, de quatre paires de folioles opposes, ovales ou 
ovales lancoles ,auniinces, trs- entires , obliques. 



( '28 ) . : 

tlivisccs ingalement par la clc qui les traverse dans 
lt3ur lona;uear , portes sur de courts ptioles. Ces l*o- 
lioles sont glabres j luisantes, d'un vert fonc , et lon- 
gues d'environ un pouce et demi. 

Les fleurs sont petites , pdiceles , blanchtres , 
terminales ou axiilaires , en panicules lches, dont les 
ramifications sont alternes. Chaque division des pani- 
cules est accompagne d'une bracte subule , trs- 
courte. Le calice persiste dans les jeunes fruits, et ne 
disparat qu' mesure qu'ils grossissent. La corolle est 
plus grande que le calice. Les fruits sont trs-durs , h 
peu prs de la grosseur du poing, gristres ou de cou- 
leur brune fonce, et ont la forme d'un uf. Lors de 
leur maturit ils s'ouvrent par la base en cinq valves 
qui s'enlvent en manire de calotte, et laissent sur 
l'arbre des rceptacles pentagones , entours de se- 
mences , que les vents agitent, dtachent, et dispersent 
sur la surface de la terre. (Ency. met. ) 

Analyse chimique. J'ai obtenu de l'corce du Maho- 
go un principe amer , du mucilage , une certaine 
quantit de gomme rsine, et une huile aromatique. 

Proprits mdicinales. L'corce gristre , tuber* 
culeuse du Mahogon est souvent substitue dans le 
. commerce celle du quinquina , dont elle est loin de 
possder les vertus. Cependant sa saveur amre et 
styp tique lui faisant reconnatre une vertu tonique , on 
l'emploie , avec quelque succs , dans les livres inter- 
mittentes, peu rebelles, lorsqu'on ne peut se procure* 
du quinquina. Sa principae proprit est d'tre astrin- 
gente , et de servir dans les alcciions des uiembrano 
jnuqueuses. 



( 1^9 ) 

Mode p'arministration. La dose de l'i^corce en 
poudre est depuis un gros jusqu* trois, trois fois le 
jour , pendant l'apyrexie , en opiat ou dans du vin. 
Celle de l'corce en substance est de deux onces par 
livre d'eau. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE-VINGT- 
DIX-NEUVIME. 

Le rameau de Mahogon est rduit au tiers de gran^ 

deur naturelle. 

1. Fleur entire. 

a. Nectaire ou tube de la corolle ouvert, poui' 
faire voir l'insertion des lo tamines. 

3. Calice et ovaire. 

4. Graine aile de demi-grandeur naturelle. 



( 1 JO ) 

BIGNONE EQUINOXfALE. 

{Stomachique astrinpj^entc. ) 

Synonymie. Vulg.Liane corde ; Liane blanclie; Liane jaune; 
Liane crape ou crabes; Liane panier; Liane nubi des 
Ngres. Bignonia eqwinoxialis. Linn. Dydinamie angio- 
spermie. Tournef. cl. Personnes. Sect. Bignonia foliis 
conjngatis cirrhosis , foliolis ovaio-lanceolatis, pedun- 
culis bifloris siliqus linearibus. Linn. MiU. dict. n 6. 
Sabb. hort. 2, t. 85. Bignonia bifolia scandens, siliquis 
latis et longioribus ; semine lato. Pliim. Spec. 5. Burm. 
amer. t. 55. f. i. Bignonia scandens rubens et viminea. 
Barrre. Poup.-Desp. p. a5G. 

Caractres ciisRiQUEs. Calice quinquefule dcoup 
en forme de godet ; corolle gorge campanule ; 
limbe plane quinquefide oblique. Quatre tamines dy- 
dinames ; un style ; un sligma biiob. Une silique 
partage par une cloison parallle , ovale , feuilles 
alternes. 

Caractrs particuliers. Calice vas cinq di- 
visions ; tube renfl ; limbe cinq lobes ingaux ; quatre 
tamines^ dont deux plus courtes; un style; un sligma ; 
- une capsule longue linaire, bivalve; graines membra- 
neuses ailes; feuilles conjugues , vrilles; folioles 
ovales lancoles; pdoncules biflores. 

Histoire naturelle. On voit souvent Cayenne et 
aux Antilles, les Ngres assis prs de leur case, occups 
tresser avec cette Liane souple des paniers qui leur 
servent porter au march les fruits de leurs petits 
jardins particuliers, La gousse conlient, avant sa ma- 



yy. 



JO 




y^eot/ore Jfescofer/iZi ^cn.e . 



a^rte/ Je . 



BIG:^ ONE E C>JIWOXI AI.E . 



( ..If ) 

lUril, un suc jaune et pais, qui servirait h teindre 
les toiles , si on pouvait fixer cette couleur fugitive. La 
Liane h corde est ainsi appele , parce qu'on l'emploie 
pour amarrer les barrires de bambous ou de camp- 
ches, et dans la confection des instrumens de pche. On 
trouve cette Liane sur le bord des rivires, o elle s'en- 
lace autour des arbres qui se plaisent auprs de l'eau* 
L'corce de cette Liane teint en rouge* 

CAr.ACTiuES PHYSIQUES. La tige de celte Bgnone est 
sarmenteuse, rougelrc; elle grimpe et se rpand sur 
les arbres, et s'y attache au moyen des vrilles de ses 
ptioles. Ses feuilles sont opposes , et comme chaque 
ptiole soutient deux folioles ovales lancoles , et se 
termine ensuite en une vrille simple , les folioles sem- 
blent quatre ensemble chaque nud. Elles sont on- 
des sur les bords , d'un vert luisant, et persistantes. 

Les fleurs sont grandes , de couleur incarnate , axit- 
Jaires, et au nombre de deux sur chaque pdoncule. 

Les fruits sont des capsules aplaties fort longues , 
n peu larges et linaires. ( Enc. met. ) 

Analyse cniMioui-. Cette Bgnone est inodore , et 
offre un trs-faible degr d'amertume et de slyplicit 
Elle donne de l'acide gallique. 

Proprits mdicinales. Poupe-Desportes estimait 
cette Liane amre, dtersive,et lgrement astringente; 
c'est pourquoi il prescrivait l'infusion de ses fleurs dans 
les angines muqueuses. Chevalier s'en servait dans les 
affections du foie et de la rate , en lui associant de 
clous rouilles, suivant l'usage du pays^ pour rendre 
celle mixlure plus apritivc. Le mcdicaslre Minguei 



( 5i^ ) 

l'ordonnait, avec le mystre du charlatanisme , conire 
les hmorragies du poumon , de l'utrus et des intes- 
tins. J'ai eu occasion de me louer de son emploi dans 
les gargarismes dtersifs qui conviennent la fui des 
an2:ines. 

MoDjE d'adsiinistration. Les feuilles de cette Liane 
se prescrivent en dcoction , et on en exprime le suc , 
dont on donne deux quatre onces plusieurs fois le 
jour. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENTIME. 

La Bignone est reprsente rduite moiti de grandeur 

naturelle^ 




7'AiV,{o/'^ /)ej>\>ff/-^fA 7'f/i.f 



<r,lAri<'/ . ll-ll//> 



LAFFI^LlIlii SI.^'I'K 



( '33 ) 



h^^**^%/*^^V%^/V^'V^'%'V^%^-*^ **%* ^^^^/VVV^'V* *V^^/V*V*-% 



LAPPULIER SINUE. 

{ Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Vulg. Grand cousin , herbe cousin ^ cousin 
mahot , pou de moine, tte ng^re. Triumfelta lap- 
pula. Linn. Dodcandrie raonogynie. Jussieu, fam. des 
Tiliacs. Or. Class. 6. Tourncf. Fam. 48. Les tilleuls. 
Sect. 1. Adanson. Triumfetla foliis subcordatis iy - 
tundatis , Pentagonis , sinuatis, sublaciniatis , floribus 
ecalycnlatis. Lam. Triumfettafruclu echinato, racemoso. 
Plum. Gen. 40 et Burra. Amer., t. 255. Agrimonia lap- 
pacea,inodora folio subrotundodentato. Sloan Jara. His.i. 
Pag. 211. Raj. Suppl. 2^17. Triumfetta floribus cah^ce 
destitutis. Jacq. Amer. 146. Excluso Pluknetii synonymo. 
Etejusd. Pict. P. j7i. Triumfetta. Surian. Herb. ]N 536 
et 548. Materebe Indorum. Ittibouca , IhaLoura des 
C^arabes (vivace). 

Caractres gnriques. Fleurs polyptales , co- 
rolle de cinq ptales linaires, obtus, trs - minces , 
de la longueur du calice ; calice cinq divisions , 
obloug, caduc; seize tamines de la longueur des p- 
tales anthres ovales arrondies ; capsule globuleuse 
hrisse de toute part , quatre loges , contenant cha- 
cune une ou deux semences; un ovaire suprieur, 
arrondi, velu, surmont d'un style filiforme, stig- 
mate sipaple. 

Caractres particuliers. Feuilles en cur mar- 
gi nes , sinues, lacinies leurs bords. Fleurs axillaiies 
sans calicule. 

ToM II. 36* Lwraisoji, o 



( -34 ) 

Histoire naurellk. Ce Lappulier crot Saint- 
Domingue et dans les Antilles , aux lieux incultes o 
les moutons vont pacager , et d'o ils reviennent ayant 
leur toison charge de ses fruits garnis de pointes ac- 
crochantes, comparables aux fruits de la Bardane. On 
se sert de ses tiges, dit Aublet, pour fabriquer des 
paniers. L'industrie en a retir par la macration , de 
la fdasse qui peut remplacer le chanvre d'Europe, et 
avec laquelle on fait de trs-bon fil : une forte d- 
coction de Lappulier donne un assez beau jaune , si 
Ton cherche fixer la partie colorante avec une solu- 
tion lgre de bismuth, comme Dambourney l'a observ 
pour l'aigremoine. 

Caractres physiques. Cet arbrisseau s'lve la 
hauteur de cinq six pieds ; il est droit , h rameaux ci - 
lindriques et velouts comme la guimauve d'Europe, 
dont il a le port. 

Les feuilles sont alternes, ptioles , larges au moins 
comme la paume de la main^ presqu'en cur , arron- 
dies , acumines , un peu pentagones , sinues latra- 
lement , souvent mme lacinies comme celles des 
mriers , ce qui est particulier cette espce ; ces 
feuilles sont veloutes principalement en-dessous , dou- 
ces au toucher comme celles de la guimauve , et fine- 
ment dentes sur les bords. 

Les fleurs sont trs-petites , oblongues , tubuleuses , 
incompettes , sans calice , ou plutt munies d'un ca- 
lice un peu velu en dehors, mais sans ptales; ces 
fleurs sont disposes par petites ombelles pedicelles , 
latrales et axillaires , formant aux sommits de la 
plante des grappes menues et fouilles : mais lorsque 



( '3:> ) 

ces grappes sont Iructiiies elles sont dpourvues de 
feuilles , comme on le voit par la ligure ci-joiole. 

Les capsules sont petites , sphriques , hrisses de 
pointes accrochantes. Elles s'attachent aux habils des 
passans comme les fruits de i'Aigremoiue et de la 
Barda ne. 

Analyse cnniiQUE. Le Lappulier rcemment coup , 
exhale un arme faible qui se volatilise par la dessica- 
tion. Toute la plante contient une saveur amre et as- 
Iringente : le suc des feuilles du Lappulier rougit 
le papier bleu , et leur infusion noircit la solution de 
sulfate de fer. L'alcool et Teau s'emparent de ses prin- 
cipes constituans gommo-rsineux. 

Proprits mdicinales. La racine de Lappulier 
tant mucilagineuse comme celle de la guimauve 
d'Europe , on la recommande avec raison dans l'ul- 
cration des intestins: et des autres viscres. Poupe 
Desportes ordonnait la lin de la dyssenterie , un lait 
astringent compos d'un gros de l'corce moyenne de 
ce Lappulier, d'Erythal bois chandelle, et de Gingem- 
bre pour deux pintes de lait , jusqu' la diminution du 
quart; il faisait plonger dans la dcoction, trois reprises 
diffrentes un fer rouge , et on en donnait au malade 
une verre d'heure en heure. J'ai employ avec avantage 
en infusion et comme topique le Lappulier dans les h- 
patites ; dans les coulemens de mme nature, les h- 
moragies passives , les engorgemens des amygdales , et 
les ulcres de l'arrire- bouche en gargarisme dtersif. 
Quelques praticiens crasent les jeunes feuilles, ajou- 
tent du sel marin, et font un cataplasme anti- laiteux 
qu'on applique sur le sein. 

9- 



( 36 ) 

Les latliers en utilisent le suc pour dterger les 
ulcres sanieux des bestiaux. 

Mode d'administration. La dose des racines est 
d'une once ^ celle de l'corce d'un gros. Le suc se 
prescrit l'extrieur comme dtersif dose indter- 
mine; et h celle d'une once, deux l'intrieur. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT ET UNIME. 

Le rameau de Lappulier est rduit aux deux tiers 
de sa grandeur naturelle* 

1. Fleur. 

2. Ovaire surmont de son pistil. 

3. Fruit grossi et coup transversalement. 




j7ieoi/ifrH' Z^c.i'iv/t/-/rZx. -/i. 



0!i/'/rW ilru^ 



LAPPULIER IlETERO'liLLE 



( '57 ) 
LAPPULIER HTROPHYLLE. 

[Stomachique astringent.) 

Synonymie. Vul. Petit cousin. Triumfetta heterophilla. Lin, 
Dodcandrie monogynie.-Jussieu, famille des Malvaces. 
Onobrvcllis fructu echinato minor. Triumfetta foliis ba- 
si indivisis : inferiobas inciso-trilobis , superloribus ob- 
longis rpandis floribus ecalrculatis. Lam. Lappula In- 
diana, althese folio, flore parvo ^ tubuloso, purpureo vi- 
ridi. Pluk. Amalht. io3. , t. li'iS, f. 5. Surian. Ilerb. 
N9o5et 924 (vivace). 

Caractres gnriques. Corolle de cinq ptales ; 
calice 5- phylle ; capsule hrisse , se terminant en 
quatre loges. 

Caractres particuliers. Feuilles ovales , les su- 
prieures sessiles , sans divisions , rarement lobes. 
Fleurs sans calicule. 

Histoire naturelle. En confrontant Tespce pr- 
cdente avec celle-ci , il est facile de voir qu'elle ap- 
partient au mme genre , et que le Lappidier htro- 
phylle ne diffre nue par ses feuilles, qui ne sont point 
lobes , et la lige plus lance. On les rencontre dans 
les mmes lieux , et surtout dans les champs ou car- 
reaux de cotoniers. 

Caractres physiques. Cette espce forme un ar- 
brisseau distingu du prcdent , principalement par 



( >5S ) 

son feuillage. Ses rameaux sont menus, allongs, cinis , 
couverts d'un duvet cotonneux trs-court. 

Les feuilles sont ovales, anguleuses antrieurement , 
entires leur base, dentes ou plutt crneles sur 
sur les bords; d'un vert jauntre en dessus , glauques 
en dessous ; les suprieures beaucoup plus petites sont 
presque sessiles , les infrieures pliolcs. 

Les fleurs tubulcuses calycules comme celles de 
la prcdente , axillaircs ou terminales , ramasses trois 
cinq ensemble par petits bouquets presque sessiles. 
Le fruit hriss de pointes est sphrique. 

Analyse chimique. Ce Lappulier nous a produit les 
nimes rsultats que l'espce prcdente. 

Proprits MDiciWALiiS. Comme ce serait fatiguer 
le lecleur que de rpter ici, les proprits du Lap- 
pulier hlrophylle , communes aux deux espces dont 
je donne la description dans cet ouvrage , il me suffira 
d'observer que l'une sert dfaut de l'autre. Cepen- 
dant je dois ajouter que los ngres, aprs l'avoir cra- 
se , l'appliquent comme vulnraire sur leurs blessures. 
Elle arrte le sang; et c'est pour cela que certaines per- 
sonnes ^n font usage dans l'hmoptysie. Dans les c- 
phalagie son pose sur le front des compresses imbibes 
de parties gales de son suc et de vinaigre. Quelques 
Caperlata ( espces de ngres gurisseurs ) en font 
boire le suc ceux qui ont t mordus par des b- 
tes venimeuses ; mais il faut se jnfier de cette scu- 
rit qui peut devenir funeste , et employer de prf- 
rence les moyens avous par l'art. La teinture alcooli- 
que des feuilles de ce Lappulier dans laquelle on a fait 



( '39 ) 

fondre un peu de Baume sucrier ( Hedwigia balsami- 
fera , vol. 3 , n. 209 ) ou de rsine de gayac , procure 
un gargarisme antiscorbutique, trs-utile pour dterger 
les ulcres des gencives. 

Mode d'administration. On l'emploie comme la pr- 
cdente espce , la dose d'une once pour les racines , 
d'un gros pour l'corce , et d'une once deux pour le 
suc. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DEUX. 

i. Fleur incomplte ferme. 

2. Ovaire surmont de son pistil et de ses tamines. 

3. Fruit splicrique entier et garni de ses pointes rccour. 
bes. 



( >'V' ) 

^'^^<^%-%^V%%i^^<ft'V^-^^%^'^%'%^<, ^^-^i^ -^^W^ -V^WV^ %>'V^ ^^V^ fc^VV W^r- V'^ %i*VV ^i^.%-% ^-^.^s v%-^- 

TALAUMA DE JUSSIEU. 

( Stomachique astringent ) 

Synonymie. Magnolia linguifolia. Linn. Polyandrie* Polygi- 
nie. Vulg. Bois Pin la Marlinique_,Bois Cacliiman la Gua- 
deloupe. Jussieu. fanit. des Magnoliers. Magnolia Plu- 
merii Swarlz. Magnolia foliis perennatibus ovato sub- 
otundis^ utrinque glabris. Swartz. Flor. ind. occ. 2. 
Pag. 997 et prod 87. Magrutlia. Plumier. Gen. pag. 58. 
7. Tcon. Not. Burra. p. 161. Talauma. Juss. Gen. 
p. 281, famille des magnoliers ( vivace ). 

Caractres gnriques. Calice 5-phylle ; neuf 
douze ptales ; capsules deux valves imbriques; ra- 
meaux marqus circulairement de l'empreinte des ai>- 
ciennes stipules. Ptioles largis leur insertion , par 
lie interne applatie , calice entour d'une bracte 
membraneuse et fugace , fendue d'un seul ct. 

CARACiRES PARTICULIERS. Feuillcs coHaces lingui- 
forraes ; semences enchsses sur un axe intrieur cloiy- 
sonn en forme de morille. 

Histoire naturelle. Du sein des massifs embaums, 
on voit , dit Chateaubriand , les superbes magnolias le- 
ver avec fiert leurs cnes immobiles. Surmonts de ses 
roses blanches , cet arbre majestueux domine toute la 
fort, et n'a d'autre rival que le palmier , qui balance 
lgrement auprs de lui ses ventails de verdure. 
Quoi de plus beau que celte rose humecte des lar- 



JV. 



yo.) 




-Tne^iu^e J^ej-e^/io'fyTk jPma: 



(^ii/>r/>'/ JruA) - 



TALAl^Ll DE JFSSIEI^. 



( >4" ) 

mes du matin ? La be..^ flenr blanche odorante du Ta- 
Janma entre dans la composition secrte des liqueurs 
de la Martinique. On la trouve Sainte - Lucie , la 
Guadeloupe, et aux autres les Antilles. Le Talauma se 
plat dans les endroits humides, et sur le bord des ruis- 
seaux. On le cultive en Europe, dans l'espoir de Tacclima- 
ter pour en faire l'ornement des jardins paysagistes. On 
en a obtenu des pieds de graines, maisilfautgarantir les 
jeunes sujets du froid. En t on les ombrage et on les 
arrose souvent, mais peu la fois. Ce plant doit tre plac 
demeure dans une terre frache, pare du midi ou du 
couchant par d'autres arbres. Quoique les graines des 
magnoliers, comme l'observe M. Desrousseaux , soient 
trs-amres , on dit que les perroquets de la Louisiane 
en sont trs-friands : cela est d'autant plus singulier , 
qu'on peut regarder comme une rgle gnrale que les 
amandes amres sont pernicieuses aux oiseaux. 

Caractres physiques. Le Talauma vient la hau- 
teur de quatre-vingts pieds, et se rapproche du magnolia 
grandiflora dont il diffre nanmoins par la forme de 
ses feuilles glabres , par le nombre de ses ptales , et 
par ses fruits. Ses rameaux sont bruns , cilindriques , 
couverts de cicatrices ; les feuilles alternes , petoles , 
fort grandes , ovales , arrondies , coriaces , glabres , 
leurs deux faces , veines , rticules, les pdoncules 
terminent chaque rameau ; ils sont pais, solitaires, cy- 
lindriques, entours d'un anneau blanc. 

Les fleurs grandes , blanches , odorantes , solitaires 
et terminales; le calice trois grandes folioles ovales, 
coriaces , concaves , veines , en forme de ptales glau- 
ques, en dehors caduques; dix douze ptales un peu 



( 42 ) 

plus loDgs que les folioles du calice, allongs ^ rtr- 
cis leur base, pais, concaves, obtus; }es filamens 
nombreux, trs - courts ; les anthres linaires ; les 
ovaires nombreux, troits , runis sur un rceptacle en 
massue; les styles courts, recourbs leur sommet. 
Lqs stygmates allongs, blanchtres et pubescens. 

Ce bel arbre de l'Amrique , dit Jussieu ( gen. 
plant. 281 ) ressemble aux magnoliers dont il ne dif- 
fre que par le fruit en cne ou pomme de pin , grand, 
ovale j obtus son sommet, compos l'extrieur 
d'calles paisses , granules , subreuses persistantes, 
son intrieur, ou le placenta qui contient les grains, 
ressemble une morille , et est lui-mme d'une subs- 
tance dure , de couleur fauve marron , d'une odeur 
aromatique rsineuse , ligneuse , perce de plusieurs 
cavits en forme de loges , dans chacune desquelles se 
trouve une semence solitaire. 

Analyse chimique. Il dcoule des fruits du Talauma, 
un suc rsineux luisant , non friable, d'un brun noi- 
rtre comparable pour la teinte , ^ l'extraii aqueux 
d'opium. Ce suc est gluant , visqueux , d'une odeur 
balsamique subtile, et d'une saveur chaude, acre et 
un peu amre. 

Proprits mdicinales. Les feuilles et les ra- 
meaux du Talauma sont aromatiques comme le Ca~ 
iwinus , et employs dans les potions stomachiques 
qu'on veut rendre astringentes. Les bourgeons sont 
recommands contre le scorbut ; on les dit utiles 
contre l'iiydropisic; la goutte vague , la leucophleg- 
matie , les rhumatismes chroniques et la syphilis ; 
les semences et l'corce ont les mmes proprits. 



( .43 ) 

On se sert de la dcoction de celte dernire h l'exl- 
rieur et en lotions contre les affections psoriques 
et autres maladies cutanes, et pour dterger les ul- 
cres atoniques. La rsine du Talauma enflamme ou 
dissoute dans l'ther et vapore lentement j produit 
un air factice , balsamique , utile dans les maladies 
de l'organe pulmonaire , telles que calharre chroui 
que, laryng, etc. On obtient le dgagement de ce 
gaz aromatique , an moyen d'un vase inspiratoire. 
Cette mme rsine est ordonne dans les affections 
catarrhales , la Blenorrhagie , et la leuchorre chro- 
niques; on en forme des pilulles anli-dyssentriques ; 
mais il ne faut l'appliquer que hors de la priode inflam- 
matoire , et lorsqu'il n'y a plus d'irritation. 

Mode d'administration. La dose des feuilles, bour- 
geons et corce du Talauma , est d'une once pour deux 
livres d'eau , de vin ou de petit lait. Celle de la racine , 
de dix grains un scrupule. On prpare une potion bien 
utile contre les catarrhes opinitres , d'aprs le mode 
suivant: Prenez , laudanum liquide , teinture de rsine 
de Talauma , de chaque six gouttes, sirop d'herbe 
charpentier ou d'Agave karatas , dcmi-once ; mlez 
pour une dose qui sera renouvele trois fois par jour. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-TROIS. 

Le rameau est rduit au quart de sa grandeur 

naturelle. 



( 44 ) 



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SAPOTILLIER MARMELADE. 

( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. Leucome^ jaune d'uf; marmelade natu- 
relle. Lucuma. Sapote. Achras mammosa. Linn. Hexan- 
drie monogynie Jussieu. Genre diffrent des Sapotil- 
Hers. Achras floribus solitariis , foliis cunei-formis , lan- 
ceolatis. Linn. Spect. Plaut. vol. t. p. 469. Achras (sa- 
pota major j floribus penlandris. Jacq. Amer. pag. 56. 
Tat. i82.f. 19. Achrasfloribus penlandris foliis, cuneiforrai- 
lanceolatis 5 obtusis _, integerrirais. Doinbey. In. Herb. 
Juss. Lucuraa. Juss. Gen. Plant, p. 162. Sapota 
(mammosa), foliis lanceolatis ; frnctu maximo, ovato^ 
serainibus ovatis, utrinque acutis. Mill. Dict. N" 2. 
Achras fructu maximo, ovato, seminibus paucioribus; ob- 
longis , turgidis. Brwn. Jam. s. p. 201. Malus persica 
maxima, foliis magnis, integris , longis ; fructu maximo, 
oblongo^ scabro ; ossiculopartim rugoso, partim glabro. 
Sloan. Jam. 2. p. 124. Tab. 218. Arbor americana ^ 
pomifera; frondosis ramulis; foliis amplis longioribus, 
obtusis, duris et venosis: margine quali. Pluk. Al- 
mag. p. 89. tab. 268. Fructus oblongus, utrinque acu- 
minatus seu conicus , levis, splendens, spadiceus. Rai. 
Hist. 1800. Arbor laurifolio, flore albo, fructu pruni- 
formi, nucleo ovi vitellum referente. Poup. Desp. Leu- 
coma Monard Lucuma Feuille. 

Caracrks GiivRiQUES. Plante dicotyldone , 
fleurs compltes , monoptales , rgulires , feuilles 
simples, entires , alternes, dont les fleurs sont nom- 
breuses, axillaires; les pdoncules unifores. Calice 



/^/.jo4. 




7'Afotfore /)ej-cotir7'^ yij^ 



(ja/>riel J'cu^t 



8AF0T.LER 



VA a.^ 



( i45 ) 

cinq divisions^ corolle, cainpaiiule , ventrue vers son 
milieu, le limbe a cinq dcoupures, alternant avec cinq 
cailles chancres Torifice de la corolle. Cinq ta- 
mines alternes avec les divisions de la corolle. Une 
pomme globuleuse et charnue dix loges , autant de 
semences renfles , moiti lisses , mioti rugueuses ; 
plusieurs avortent. 

Caractres particuliers, m. de Jussieu a distingu 
ce genre de celui du Sapotillier, en raison de ce qu'il 
existe une partie de moins dans les divisions du calice 
et de la corolle , et dans le nombre des tamines , et 
des loges du fruit. Aussi serait-il de la pentandrie mo- 
nogynie de Linn, au lieu de se trouver dans l'hexandrie,. 
comme l'indique ci - dessus le clbre Botaniste 
Sudois. 

Histoire naturelle. L'tymologie d'Achras est 
Avpctr, qui signifie poirier sauvage. Ce bel arbre crot 
la Jamaque , Cuba , et au Prou , o les Espagnols 
le nomment Lucuma. Le fruit astringent et compa- 
rable la ulle est si nutritif, que deux personnes exi- 
les sur le grand let ( le Saint - Domingue ) , pour 
avoir tram une conspiration , et condamnes y 
mourir de faim, y vcurent de ce seul fruit, et furent 
retrouves bien portantes. Cette anecdote est cite par 
Valmont Bomare. Le fruit du Leucoma est appel 
jaune d'uf , qui est la couleur de la pulpe. Cet arbre 
touffu et sombre se plait sur les mornes arross par 
les fontaines et les torrens o la vgtation est riche 
et vigoureuse. On sert les fruits mrs au dessert. Leur 
chair est douce , mais un peu fade ; les amandes agra- 
bles au got , mais un peu amres. 



f .46 ) 

CARACTtRES riiYSiQUis. Lc tronc de ce bel arbre se 
termine par une cme ample , tendue, ramifie ; 
les jeunes rameaux , pais , cilindriques , lomenteux 
t^ l'insertion des feuilles , chargs de cicatrices 
et d'asprits par la chute des feuilles. L'corce est 
brune , verdtre et sillonne ; il en dcoule en petite 
quantit une liqueur laiteuse. Les racines sont longues 
et profondes. 

Les feuilles sont alternes, ptoles, grandes, oblon- 
gues , lancoles , trs-entires , obtuses y quelquefois 
chancres leur sommet , d'autrefois aigus , les unes 
ftrcies insensiblement en ptiole h leur base, cuni- 
formes , longues de 8 lo pouces; larges de 5 4? 
coriaces glabres h leurs deuxfcvces, luisantes en-dessus, 
marques en-dessous de nervures simples latrales. 
CiCS feuilles sont souvent runies en touffe l'extrmit 
des rameaux , parses et plus ou moins distantes. Elles 
sont d'un vert obscur. Celles du tronc sont isoles , et 
plus longues que les premires. 

Les fleurs sont solitaires, parses, situes l'extr- 
mit des rameaux , pedoncules; le calice est divis en 
cinq folioles concaves , les deux extrieure^ plus gran- 
des. La corolle est monoptale, ovale, cinq dcou- 
pures obtuses, lancoles , presque droites ; garnie in- 
trieurement de cinq cailles subues , qui ressem- 
blent h des filamens striles; cinq tamines attaches 
la corolle , alternes avec les cailles. L'ovaire est 
oval obiong , surmont d'un style eilindrique plus long 
que la corolle , termin par un stigma obtus. 

Le fruit est une pomme trs - grosse, oblongue ou 
ovale, quelquefois un peu arrondie, dont la chair est 



( >4- ) 

ferme et jauntre , divise inlrienreraent en dix loges , 
une semence dans chaque loge , de la grosseur et de la 
forme d'une chtaigne ; la plupart de ces semences 
avortent; il n'en mrit gures dans chaque fruit que 
deux ou quatre. ( Enc. mth. ). 

Analyse chimique. Le suc laiteux qui dcoule de 
l'arhre est caustique, et semblable celui de l'Eu- 
phorbe. Il coagule le lait , et dissout celui qui est caill; 
il est si violent qu'il enlve la peau , ou tout au moins 
il fait des taches infaables. On fait avec une encre 
sympatique dont les caractres ne paraissent qu'au 
feu. Le fruit mr contient du tannin , un acide et un 
principe mucoso-sucr. Il est d'une saveur austre et 
trs -astringente avant sa maturit , et donne en cet tat 
beaucoup d'acide gallique. 

Proprits mdicinales. On attribue au suc laiteux 
du Leucoma des proprits vomitives et anlhelmint- 
ques que je n'ai pas eu occasion d'prouver. On s'en 
sert h l'extrieur pour consommer les verrues. Le fruit , 
avant sa maturit , est dou de qualits astringentes qui 
le rendent propre tre employ dans le cas d'atonie 
intestinale , et l'on peut dompter, par ce moyen , des 
diarrhes rebelles et chroniques , observant toujours 
de ne pas se presser d'arrter ces vacuations lors- 
qu'elles sont critiques et qu'elles peuvent devenir salu- 
taires. Les fruits mrs, un peu styptiques , ressrent 
comme les nfles , et entrent dans les gargarismes qu'on 
ordonne dans les angines muqueuses. Les graines sont 
rputes diurtiques. 

Mode d'administration- La dose du suc laiteux est, 
dit-on j de 5 i5 grains; mais on doit le donner avec 



( ' is ) 

Loaucoup de circonspeclion ; celle du fruit non mr 
la dose d'une deux onces par livre de dcoction; les 
bourgeons et Fcorce se prescrivent par quatre onces 
pour une pinte d'eau ; les graines au nombre de 5 6 
pour une pinte d'mulsion. 



EXPLICATION I)E LA PLANCHE CENT-QUATRE. 

Rameau rduit au quart de grandeur naturelle. 



Pl.ioS. 




Tnei)(/ore //e.i'coii/'tics. jPi/iiV- 



Ottrie/ Jh . 



ii '49 ) 
MYRTHE A FEUILES RONDES. 

( Stomachique astringent. ) 

Synonymie. Yulg. bois deFustt. Myrtns cotinifolia. Linn. 
Myrtus foliis subrotundo - ellipticis ^ coriaceis, pe- 
diinculiscorymbosis. Lam. Myrtus Antillariim,lato, ro- 
tundo folio , seu cotini folio. Plum. vol. 7, p. 83. Ca- 
ryophyllus , aromaticus Indice Occidentalis , foliis et 
fructu rotundis. Pluk. alm. 188, t. i55, fig. 5. Myrtus 
caryophyllatus. Jacq. obs.^ Bot,, part. 2, p- i ( vivace ). 

Caragtbes GNRIQUES. Calice nionophylle, 4-5-fide. 
Ptales dfinis , attachs au somiiciet du calice ; ta- 
miiies nombreuses; ovaire , infrieur; un style simple 
filiforme. Une baie de deux quatre loges , renfer- 
mant dans chaque loge une semence. Tiges ligneuses , 
fleurs opposes sur des pdoncules communs. Feuilles 
opposes. 

Caractres particuliers. Feuilles opposes, arron- 
dies ; une corolle cinq divisions ; les fleurs disposes 
en panicule terminale sur des pdoncules Iricho tomes. 
Un calice quadrifide ; une baie ttraloculairc , ltra- 
sperme. 

Myrtus vient de /^ypro- , qui signifie Parfanij parce 
que les arbrisseaux de ce genre sont presque tous odo- 
ri fera ns. 

Histoire naturelle. Le bois du myrte feuilles 
jaunes , revtu de son corce, donne une couleur 
jaune peu soKie, la vrit, mais qui le devient 
l'aide d'un mordant. On passe dans les cuves indigo 
les toffes qui en sont imprgnes , et l'on obtient , 
dit-on , un assez joli vert. Ce mme bois sert teindre 
en couleur de caf , les draps et les maroquins. 
Tome II. 27"^ Livraison, 10 



( ,5o ) 

Lorsque le bois de ccl arbrisseau est d'im beau jaune 
et bien vein, il est recherch par les bnistes et les 
hithicrs. Il est employ aussi par les corroyeurs. 

Le myrle l'euilles rondes est un arbrisseau lp;ant 
qui dcore parrailementles jardins paysagistes. On l'ex- 
pose sur les collines et sur un sol aride, il s'en exhale 
une odeur de citron qui d:;le sa prsence. Cet ar- 
brisseau aime le soleil. 

CARACTiRES TUYSiQUES. Ce joli myrte cst asscz touffu , 
d'un aspect clatant. Ses tiges sont droites, cylindriques, 
et s'lvent la hauteur de six h dix pieds ; l'corce 
est lisse , le bois jauntre , les rameaux tals et peu 
flexibles , glabres cylindriques ^ violets leur partie 
infrieure , d'un rouge carmin aux sommits. Cette 
couleur teint aussi les pdoncules floraux. 

Les feuilles sont simples , opposes , ptioles courts 
et rouges , trs - entires leurs bords ; coriaces , 
troites la base; arrondies, ou ovodes-cunformes 
au sommet; d'un beau vert luisant en dessus; d'un 
vert glauque en dessous , roules lgrement leur 
circonfrence , nervures saillantes ; les ptioles ar- 
rondis en dessous et formant une grosse nervure qui 
se termine au sommet de la feuille , sont creuss en 
gouttire en dessus. 

Les ieurs sont terminales ou axillaires, disposes 
en panicule lche ou en corymbe , sur des pdoncules 
trichotomes ^ couleur de rose. Les ptales :, au nombre 
de cinq , creuss en cuiller , sont blancs , insrs sur un 
caliee rose , h cinq divisions persistantes. Les tamines 
places au centre sont nombreuses, h. flamens capil- 
laires , de la longueur de la corolle ; insrs sur le 
calice* termins par des anthres arrondies; environ- 



( .5. ) 

nant un style simple filiforme , termin par un stigmate 
obtus. 

Le fruit est une baie brune , couronne par le calice. 

Analyse ciiniiQUE, L'corce et les feuilles du myrte 
feuilles rondes fournissent beaucoup de tannin , une. 
fcule verte , de l'acide gallique , de la gomme et de la 
rsine. 

Proprits mdicinales. Toutes les parties du myrte 
feuilles rondes sont astringentes. Les Ngres , aprs 
les avoir rduites en poudre , s'en servent pour tanner 
les cuirs : plusieurs mlent les fruits leurs calalous , 
comme condiment. Ils jouissent parmi le peuple d'une 
vertu astringente , capable de modrer ou plutt d'ar- 
rter subitement les cours de ventre rbelles, les flux 
excessifs des hmorodes , en vertu de leurs proprits 
an lisptiques; tandis qu' l'extrieur on les emploie pour 
bassiner les plaies. Les fleurs sont estimes rsolutives. 
On croit aussi les graines doues de vertus litbontrip- 
tques ; mais cette prtendue proprit doit tre rel- 
gue au rang des fables , dont les progrs de la 
thrapeutique commencent h faire justice. Je ne puis 
cependant refuser cette plante une influence utile , 
quand on veut oprer la mdication tonique avec as- 
triction. 

Mode d'administration. Les feuilles sont employes 
la dose d'une poigne par pinte d'eau ; les fruits 
celle d'une demi - once ; les fleurs , par pince , pour 
une livre d'eau. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-CINQ, 

Le rameau est reprsente de 'grandeur naturelle. 
i. Bdie. 



( i52 ) 
SCOPAIRE A TROIS FEUILLES. 

( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. Herbe Balai sauvag-e, Escohilla^ au 
Prou. Scoparia foliis ternis, floribus pedunculatis. 
Linn. Tetrandrie monogynie. Jussieu. fam. des Scro- 
plnilaires. Scoparia dulcis. Palissot de Beauvois , t. 2, 
p. 86. Scoparia ternala, foliis lanceolatis , apice ser- 
ralis , ramis ternatis, nectario villoso. Forskh. flor egypt. 
arab. , p. 3i , n. 4 Capraria foliis ternis , corollis 
quadripartitis. Hort Cliff . 520. Samolodes. Boetli. 
Lngd. Bat. 2,pag. 2^5. Veronica fructicosa , erecta, 
dulcis, liexangulari caule. Sloam , Jam. 8l . Hist. 21, 
pag. igS, lab. 108 ^f. 2. 

Caractres GNRIQUES. Calice persistant , divis en 
quatre parties ; corolle monoptale en roue et quatre 
dcoupures; quatre tamines ; un style ; une capsule 
bivalve :, deux loges ; plusieurs semences fixes sur 
un placenta central. 

Caractres PARTICULIERS. Fleurs pdoncules, feuilles 
ternes , verticillces. 

Histoire naturelle. La Scopaire trois feuilles se 
rencontre communment aux Antilles dans les savanes 
sches et arides. Elle est lgrement tomenleuse et d'un 
vert blanchtre: on en fait des balais. Elle sert de refuge 
aux tourterelles et aux cocotzins , ( Colomba parvtda/ 
Linn.) qui y vont roncouler leurs amours. L'herbe 
balai crot galement dans les rues sables de Cayenne 
et de la Jamaque , etc. Cette plante a le port du Gra- 
leron d'Europe ( gallium aparinc. Linn. ) On la ren- 



/"/.JO^, 




y nt'iHutrc ekfcoiirfy'/^ J^t/-i,v 



(nrArrf/ JatAa . 



8COPAHK A TliOS FEUILI.es e 



r 



( '53 ) 

-contre encore en Egypte et au Prou ; sa culture est 
nglige , parce qu'elle ne flatte ni la vue ni l'odorat. 

Caractres physiques. Les tiges de la Scopaire s'lvent 
la hauteur de deux pieds : elles sont droites , partages 
ds la racine en rameaux flexibles ; six angles peu mar- 
qus ; verdtres , glabres , garnies de feuilles verticil- 
les, distantes, runies trois par trois chaque verticillc; 
lancoles , longues de sept lignes sur deux de largeur ; 
pxioncules ; glabres des deux cts; vertes; incises 
'seulement vers le sommet; un peu aigus. Leur ptiole 
de moiti phis court que la feuille , et celle-ci moins 
longue que les entre-nuds. 

Les fleurs sont peu apparentes , places trois par 
trois chaque verticillc , et axillaires ; portes sur un 
pdoncule trs- dli , uniflore , moiti plus court que 
les feuilles. Le calice est glabre , verdtre , quatre 
dcoupures un peu aigus ; la corolle petite , monop- 
talc , en roue , de couleur ordinairement blanche , et 
quelquefois jaune , ponctue de rouge ; le tube est 
court, velu h son oriiice; le linibcdivisen quatre lobes ; 
ovales , obtus ; quatre tamines droites, plus courles 
que la corolle ; un ovaire globuleux; une capsule ovale, 
mdiocrement arrondie, petite, biloculaire, contenant 
une infinit de semences trs-menues. 

ANALYSE CHIMIQUE. Je nc puis parler ici de l'analyse 
de cette plante puisque je n'ai pas eu l'occasion de la 
traiter chimiquement. 

Proprits mdicinales. La dcoction de la racine 
s'ordonne comme astringente anti-syphillitique , la 
a des blnorragies , et contre les cardialgies qui 

10. 



( '54 ) 

proviennent d'un flux immodr des rgles oudesflueurs 
blanches. Poupe Desportes , dans sa pratique h Saint- 
Domingue, fesait souvent usage de l'herbe h Balai. 

On fait avec le suc une pommade contre les hmor- 
roides ; et , pour la chute du, rectum , on se sert de sa 
dcoction ferre. 

Mode d'administration. On donne le suc des feuilles 
et de la tige , depuis deux onces jusqu' quatre : on 
met infuser une petite poigne des racines dans cinq 
onces d'eau , et on aiguise la potion avec quatre six 
gouttes d'acide sulfurique dulcifi : de cette manire 
la potion devient utile dans l'hmoptisie et dans les 
autres hmorragies. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-SIX. 

L'herbe! Balai est reprsente de grandeur 

naturelle, 

1. Corolle ouverte. 

2. Calice contenant l'ovaire, 

3. Ovaire mr. 

/. Capsule ouverte. 




TeotA>ri.- Jtt'.i-cour/>7\ T^c 



AMEl. A FEni..KS VKI.rES 



( '55 ) 
HAMEL A FEUILLES VELUES. 

( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. mort aux rls, Sanguine, Bois Corail. 
Herbe plomb de quelques-uns. Hamelia patens. 
Linn. Pentandrie Monogynie . Jussieu, famille des Ru- 
biaees. Hamelia foliis infern subtomentosis , flo- 
rbus racemoso paniculatis.N. Hamelia racemis paten- 
tibus. Jacq. Amer. 72, t. 5o. Pict. p. 59, t. 72. 
Peryclimenum aliud arborescens , ramulis inflexis, flore 
corallino. Plin. Cat. 17, et Burm. Amer. t. ai8 , f. 2. 
( vivace) . 

Caractres gnriques. Calice monophylle; co- 
rolle monoptale cinq divisions; cinq tamines; uu 
style ; deux stigmates ; une baie couronne, polysperme ; 
feuilles opposes , ternes , garnies souvent de stipules 
intermdiaires. 

CARACTiRES PARTICULIERS. Calicc ciuq deuts ; co- 
rolle tubuleuse ; infundi buliforme ; tube pentagone ; 
limbe cinq divisions ; cinq tamines ; un style ; un 
sligma. Baie couronne polysperme, quinqueloculaire, 
Grappes ouvertes et recourbes. 

Histoire naturelle. La couleur rouge des fleurs 
et des fruits du Hamel feuilles velues, le fuit re- 
marquer au milieu des bocages qui ornent le penchant 
des montagnes et le bord des ravins. Ou mange ses 
fruits , remarquables par une saveur acide et lg- 
rement styptique ; et on obtient par leur fermen- 
tation , une liqueur vineuse assez agrable. Cet ar- 
brisseau se plaisant sur les mornes escarps , on voit 



( i56 ) 

souvent dos chvres sauvages occupes h en brouter 
les soniniil(^s. Les feuilles et les liges sont employes 
par les tanneurs. 

Caractres physiques. C'est un arbrisseau de cinq 
h six pieds, droit, rameux , tiges cylindriques et 
glabres infrieurenient, et rameaux anguleux, velus, 
DU presque cotonneux vers leur sommet. 

Les feuilles sont tefnes ptiols , ovales , pointues 
x 'deux bouts, trs-entires, molles, verdLreset 
presque glabres en dessus , veloutes et cotonneuses 
en dessous., avec des nervutes blanchtres, et quel- 
quefois rougetres. Elles sont longues de trois quatre 
pouces , sur un pouce ou plus de largeur, et ont des 
ptioles velus et un peu longs. Les stipules sont pe- 
tites , pointues , inter-foliaccs. 

Les fleurs sont d'un rouge de corail , viennent sur 
des grappes divergentes et recourbes en queue de 
scorpion. Ces fleurs sont unilatrales sur les ramifi- 
cations de la panicul , et ont des pdoncules propres 
fort courls. Les pdoncules, les calices, et mme les 
Corolles l'extrieur sont velouts ou cotonneux. 

Les Baies, d'abord jaUnes , puis rouges , deviennent 
enfin noires en mrissant , et contiennent dans ce der- 
her tat un suc d'un noir pourpr. 

Analyse cmaiiQUE. Les fruits renferment un prin- 
cipe raucoso-sucr, colorant en noir, et donnant do 
l'acide gallique. 

Proprits mdicinales. On prpare avec le suc ex- 
prim des fruits du Hamel , qu'on laisse rapprocher, 
un rob et un syrop qui , duucs de vertus acides et 



(57) 

rafrachissantes^ sont employs avec beaucoup d'avan- 
tage, surtout dans les dyssenteries bilieuses , le scorbut 
et les affections muqueuses. Ce moyen est simple ; mais 
il est souvent prrrable h un traitement compliqu 
qui peut devenir meurtrier en des mains peu exerces, 
en s'opposant aux efforts critiques de la nature. Suivant 
Chevalier, Docteur-Rgent h St. -Domingue , on fait 
avec les feuilles du Hamel des bains estims pour gurir 
la salle. 



c 



Mode d'administration. Le suc exprim se prend en 
limonade , h la dose de quatre onces par pinte d'eau. 
Le rob celle d'une once ; les fruits desschs et pul- 
vriss se prescrivent , depuis un gros jusqu'5 une once. 
Les Noirs employent frquemment les fruits crass en 
pte et saupoudrs de sel ( Mur latc de Soude ) , comme 
cataplasme anti-lai-eux , qu'ils font appliquer sur le 
sein des femmes qui ne veulent point nourrir leurs 
enfans, ou qui sont dans l'intention de les sevrer. 



EXPLICATION Dt LA PLANCHE CliNT-SEPT. 

Le Hamel est rduit niolli de sa grandeur 

naturelle. 

1. Corolle ouverte. 

2. Calice et pistil. 
5. Baie entire. 

4. La mme, coupe transversalement. 



l 



( '5S ) 

AMAINDIER DE MONTAGNE. 

{Stomachique astringent.) 

Synonymie. Arbor excelsa, lauri facie, cortice amaro, squa- 
moso et botlco , floribus albis circ ramuloriim sriera 
congestis , bacca ex purpuro-nigris. Poup. Desp. An 
armeniaca ingens latifolia de rheed? 

Histoire naturelle. L'on dislingue aux Iles , dit 
Nicolson , deux espces d'amandiers ; savoir : L'A- 
mandier grandes feuilles , dont il sera ici question , 
et l'Amandier feuilles de laurier, dont j'ai donn 
plus haut la dnomination d'aprs Poupe Desportes. 
On trouve les deux espces dans les Mornes , et ils 
jouissent des mmes proprits mdicinales aux yeux 
des praticiens des Colonies , qui les emploient indis- 
tinctement dans leurs prparations pharmaceutiques. 
Leur bois dur et lastique est recherch pour les ou- 
vrages de charonnage , surtout pour faire des roues et 
des brancards de voitures. 

Caractres physiques. L'Amandier de montagne 
larges feuilles , est un arbre trs-lev , dont la tige 
est droite , grosse , trs-branchue , l'piderme bru- 
ntre et couvert d'caills ; l'enveloppe cellulaire , 
blanche, d'un got acre, d'une odeur d'amande amre: 
son bois quoique lger et filandreux est dur; les feuilles 
de la petite espce tont tronques et ont beaucoup de 
rapport avec le laurier ; celles de la grande espce 
sont ovales acumincs , longues de six huit pouces 



yy. jo8. 







Srte/ tPot/jo. 



BE MOXTAUNK 



( '59) 

suivant les terrains, sans dentelures, soutenues par 
un ptiole gros et court ; alternes , ornes de nervures 
trs - lgantes en dessus , et dessous traverses par 
une grosse nervure de couleur rouge. Les fleurs pe- 
tites sont blanches , croissant par bosquets le long des 
rameaux, trs-odoranles; le fruit de la petite espce 
est de la forme d'un gland ; il est d'abord couvert d'une 
pellicule verle ^ ensuite brune et enfin noirtre. Ceux 
de la grande espce sont fixs sur la tige par un p- 
doncule trs-court; ils sont lgrement ombiliqus , 
de la forme d'une prune oblongue , portant la base 
im calice. Ces fruits sont de mme couleur que dans 
l'espce ci-dessus ; l'amande qu'ils contiennent , par- 
faitement semblable celles d'Europe , est de couleur 
rose. 

Analyse chimique. L'odeur d'amandes amres qui 
s'exhale de toutes les parties de l'arbre , principale- 
ment le matin et le soir , prouvent que l'corce con- 
tient de l'acide prussique { hydro -cyanique). J'avais 
commence l'analyser, lorsque des troubles survenus 
dans notre quartier , h Saint-Dominique , me forcrent 
d'abandonner mon travail, 

Proprits MDICINALES. Poupe Desporles, heureux 
dans son exercice mdical , Saint-Domingue, fesaifc 
le plus grand cas de l'corce des amandiers. Il nous a 
transmis des receltes qui sont encore d'usage dans les 
hpitaux des Colonies. On prescrit avec succs cette 
corce astrinerente la fin des sronorrhes. Je n'ai eu 
qu' me louer , dans ces circonstances, d'avoir adopt 
le traitement de mon illustre prdcesseur. 

Mode d'administration, la tisanne astringente que 
prescrit Poupe Desportes contre La gononiie et les 



( 6o ) 
fliieiirs blanches , est ainsi formule dans sapharniaco- 
,j)e anricaine. Prenez , dit-il, des corces de gayac, 
d'amandier, d'icaquier , et des racines de verveine 
]>uanlc , de chacune une pince; faites bouillir dans 
deux pintes d'eau, jusfpi'ii la diminution d'un quart : 
-ajoulez dans la colature un gros d'alun purifi, ou de 
l'esprit de vitriol jusqu' agrable acidit. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CEN-IiriT. 



Le rameau d'ama7fd(cr est rduit inoili de 

grandeur naturelle 




TA^'otUtre Jfej'cOKri?\ J^ina- 



0air7c/ 1 Ihr/Zp . 



FrC'HSIK .A liAPPE S 



( i6i ) 
FUCHSIE A GRAPPES. 

(Stomachique astringent), 

Sytonymie. Fuchsia racemosa. Fuchsia triphylla pediin- 
culis unifloris. Lin. Mill. Dict. Octandiie monogynie 
Jussieu, famille des Onagres. Epilobiennes de Ven- 
tenat. Fuchsia caule herbaceo , simplici , foliis ternis, 
lanceolatis sessilibus , floribus raceraosis. N. Fuchsia 
Iriphylla , flore roccineo. Plin. Gen. \^. Miss. 6 , t. \ij. 
Burm. Amer. tab. i55, f. I. ( vivace ). 

Caractres gnriques. Calice suprieur, mono- 
phyllc iufundibuliforme en massue, color , tubuleux 
infiieuremcnt , largi vers son sommet, quatre d- 
coupures ; quatre ptales droits , insrs l'orifice du 
calice , alternes , avec ses divisions. Huit lamines 
anthres divises par un sillon ; ovaire infrieur ; 
style filiforme aussi long que le calice h stigmnte ; 
pais, lgrement quadrilob ; baie ovode quatre 
loges. 

Caractres particuliers. Pdoncules unillores , 
feuilles simples, ternes. 

Histoire naturelle. Ce genre, selon M. Dclaunay, 
a t consacr par le P. Plumier , la mmoire d'un 
Botaniste allemand du sixime sicle, Lonard Fuchs, 
dont il lui a donn le nom. L'observateur amricain 

Tome H. 28^ Livraison. 11 



( >e2 ) 

a rcncoiilrc; celle espce Sl.-DominguCj dans les 
lieux iiicullcs , en allant du quarlier do la bande dii 
Sud, celui qu'on nomme le Grand-Cul-de-Sac. Je 
l'ai trouve plusieurs fois h St. - Jago de Cuba ; elle 
fleurit et fructifie au mois de septembre. Les naturels 
du pays teignent avec ses fleurs, leurs langas et leurs 
fdets. Lorsqu'on veut cultiver celte plante, il faut l'ar- 
roser frquemment. Elle se multiplie par drageons , 
boutures et semences. 

CARA.CTiRES PHYSIQUES. La racne de ce Fuchsia est 
ligneuse, rameuse et rousslre; elle pousse une tige 
herbace, droite, trs-simple , d'un vert rougetre, 
feuille, et qui s'lve au plus jusqu' la hauteur de 
deux pieds. Ses feuilles sont lancoles, entires, d'un 
vert ple , un peu fermes ou coriaces , sessiies , et 
disposes trois par trois comme par verticilles. 

Les pdoncules sont uniflores, pars, rassembls 
la partie suprieure de la tige, en grappe droite et ter- 
minale. 

Les fleurs sont grandes, fort belles , d'un rouge 
carlate clatant; elles ont un calice suprieur, infun- 
dibuliforme, renfl en massue , vers son sommet co- 
lor, et dont le limbe est partag en quatre dcoupures; 
ovales, pointues; les ptales, au nombre dequatre, sont 
galement ovales, pointus, alternes avec les divisions 
du calice , colors comme elles et de mme grandeur. 
Les tamines au nombre de huit, non saillantes hors 
de la fleur , sont jaunes ; l'ovaire infrieur est charg 
d'un style de la longueur du calice stigmate pais 
et obtus 



( 163 ) 

Le fruit est une baie ovode , un peu plus grande 
qu'une olive , charnue , molle, d'un noir rougetre , 
un peu pubescente , d'un got Irs-agrable, quadri- 
loculaire , contenant des semences menues , brunes 
et ovales. 

Analyse chimique. L'infusion de l'corce et des 
fruits donne un prcipit , lequel tant vapor fournit 
des cristaux d'une saveur acide et slyptique qui rem- 
-place l'acide gallique. L^alcool en bulitiou dissout 
plusieurs parties de cet acide. 

Proprits mdicinales. Toutes les parties de la 
plante servent paissir et coaguler les liquides trop 
diviss. On s'en sert l'extrieur dans les aflections 
de la matrice. Plusieurs mdicastres des colonies "-u- 
rissent avec^ certaines fivres intermittentes. On la 
prconise aussi , comme un puissant remde dans les 
maladies asthniques des systmes lymphatique et cel- 
lulaire. Quelques-uns ont recours ses .prpara ti^jns , 
pour arrter les flux muqueux trop abondans. 

L'alcool ou t-einture de Fuchsie grappes, fournit t 
la mdecine des secours varis. 

Mode d'administration. La dose de l'corce est d'un 
gros ; celle des fleurs en poudre de trente-six grains ; 
la teinture alcoolique de 20 3o gouttes. 



explication de la planche cent-neuf. \ 

La plante est reprse^ite de grandeur naturelle. 

1. Fruit entier rduit aux deux tiers. 
3. Le mme , coup transversalement. 



( '64 ) 

MOUREILLER DE MONTAGNE. 

( Stomachique astringent ). 

Synonymie. Vulg. Bois Quinquina des Savanes. Malpighia 
crassifolia. Linn. Decandrie trigynie. Jussieu, famille 
des Malpigliies. Malpighia foliis ovatis ( obtusis ), in- 
tegerrimis , subtus toraentosis, racemis terminalibus. 
L. Spec. plant. vol 2, p. 271 , n 6. Aublet Guyane, 1. 1, 
p. 4^7? t- ^^' Malpighia latifolia, cortice cinereo. 
Barr. Franc. OEquinoct, 72. Malpighia arborea foliis 
subrotundis , alternis , inferne sublanuginosis , spicis 
crassis, composilis terminalibus. Brnw. Jam. 201, n 7. 
Cav. Diss. Bot. 8_, p. 412 , no 56y , f . 241 (vivace). 

Caractres gnriques. Calice cinq divisions pro- 
fondes , garni extrieurement, la base, de pores mel- 
lifres ; deux glandes la base de chacune ; corolle 
cinq ptales ouverts termins par un onglet; dix ta- 
mines; filets runis la base; trois styles ; baie \ini- 
loculaire. 

Caractres particuliers. Feuilles ovales , trs-en- 
tires , velues en dessous ; grappes terminales. 

Histoire naturelle. Cet arbrisseau indigne la 
Guyanne, se trouve aussi dans les mornes et les sa- 
vannes , St.-Domingue et autres les Antilles, o son 
bois est recherch pour le traitement de plusieurs 
maladies. 

Caractres physiques. Le Moureiller de montagne 




Jne^piUfre /^et^re^i^T^fy/K^ -Ptyj^' 



&ttSrtf/ Jci(j . 



3IOITJ.EE l>E :^fO>:TAG? 



. ( i65 ) 

s'lve de six dix pieds de hauteur sur huit pouces 
environ de diamtre. Il se divise en branches revtues 
d'une corce rousstre , ride et gerce. Le bois est 
rougetre. Les feuilles sont opposes, ovales, obtuses, 
arrondies et larges leur sommet, paisses, trs-en- 
tires , couvertes de poils roides, aigus, couchs et 
chargs en dessus d'un duvet court et rousstre. 
Le ptiole est court , accompagn de deux longues 
stipules roussetres , velues et aigus ; il est convexe 
en dessous, applati en dessus^ et renfl sa base. 

Les fleurs naissent sur de longs pis l'extrmit 
des rameaux : elles sont solitaires, ou deux ou trois en- 
semble, chacune sur un pdoncule particulier qui porte 
sa naissance deux petites cailles velues. Le calice 
est velu, cinq demi-divisions, charg de dix glandes. 
La corolle est d'un jaune de soul're , ayant des ptales 
concaves et crnels. Les tamines sont courtes , ve- 
lues , runies la base , et termines par des anthres 
obiongues. 

Le fruit est une baie verdtre qui renferme trois 
noyaux anguleux, raboteux leur surface extrieure, 
et qui contiennent chacun une amande. (Enc. mth. ) 

Analyse chimique. Ce moureiler fournit beaucoup 
de tannin. 

Proprits mdicinales. Les Colons emploient l'- 
corce du Moureiler de montagne en infusion pour ar- 
rter le dvoiment, contre lequel il supple fort bien 
au Symaiouba. Dans la fivre jaune, oi prise beau- 



( iGG ) 

coup cette corcc salutaire qu'on joiut celle du ci- 
tronnier des Ualliers. (V. Planche a" 7. 5* livraison). 

Mode D'Al)MI^ISTRATION. Dans l'atonie ou le relche- 
ment de la muqueuse intestinale , on prescrit la poudre 
suivante avec avantage. Prenez ; crce de IMoureiller 
de montagne, quatre gros; rhubarbe du pays, torr- 
fie, demi-gros; corce de citronnier, demi-gros : r- 
duisez en poudre subtile , et divisez-en cinq prises 
gales qu'on subdivise en trois parties , pour prendre 
le matin, midi, et le soir, dans de la conserve de 
Goyave. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DIX. 

Le Rameau, est rduit aux deux tiers de grandeur 

naturelle, 

1 . Morceau de rameau dont Pcorce , en partie 

enleve laisse voir la couleur rouge du bois. 

2. tamines dont les filets velus sont runis leurs 
base. 

5. Ovaire surmont de trois styles. 

4. Fruit entier. 

5. Un des 5 osselets qu'environne la pulpe 




J Ae^fvi}/'!' De^ctyiir^ti J^m. 



a/'/'ie/ Ocui. 



M i}VliVJAAM 'FI-OILiN T 



( '6; ) 

i 

MOUREILLER PIQUAINT. 

( Stomachique astringent, ) 

Synonymie. Vulg. Bois de capitaine. Couhaye. Cerisier de 
Courwitli.Lam. ill. gen, lab. 38i. f. i. (encycl. no 4.) Si- 
marouba faux. Malpighia urens. Linn. dcandrie try- 
ginie. Jussieu, famille des Malpigliies. Malpigla fo- 
liis ovato^oblongis , setis decumbenlibus , rigidis, pedon- 
culis unifloris aggregalis. Lin. sepc. Plaut. t. 2 , p. 069. 
Do /j, f. I. Aublet. Giiyan. t. i, p. 462. Cavan. dis- 
sert. Botan. 8_, p. 4^7) t* 235, f. I. Malpighia urens 
foliis cordato lanceolatis , setis decumbenlibus, rigidis, 
racemis lateralibus. Mill. dict. n^ 4 ^t icon, t. 181, f. i. 
Malpighia latifolia, folio subls spinoso, ad nodos 
florida.Plura. miss. 7, t. 126. Id. nov. gen. 4o Nos 
pilus americana , folio lato subtus spinoso, fructu rubro. 
Tournef. inst. r. h. 640. Arbor baccifera folio oblongo, 
subtilissimis spinis subtus oblito, fructu cerasino sulcato, 
polypyreno , ossiculis canaliculalis. Sloan. jam. 172. 
hist. 2, p. 106, t. 207, f. 5. Malpighia virainea, foliis 
oblongis, hispidis, racemis alaribus. Brwn. jam. 229 1. 
(vivace) . 

Caractres gnriques. Calice cinq divisions 
profondes, garni extrieurement la base, de pores 
mellii'res ; deux glandes la base de chacune , corolle 
cinq ptales ouverts , termins par un onglet; filets 
runis la base; trois styles; baie uniloculaire. 

Caractres particuliers. Feuilles oblongucs , 



( ''^ ) 

ovales , Il soies roides par dessous ; pdoncules axil- 
aires uniflores , a";;2;rf!;s. 



"ro" 



HisTOiRK NATURELLE. C'est h tort que l'on a donn 
le nom de Brtn-(C Amour au Moureiller piquant. Les 
fruits de la premire espce sont blancs sphriques , et 
ont la transparence des groseilles , tandis que ceux du 
Bois-captlaine sont rouges et trois angles. Les fruits 
de ce Moureiller passaient pour vnneux. Cependant 
Jacquin rapporle qu'un jour, press par la soif avec 
deux de ses compagnons, il mangea une grande quan- 
tit de ces fruits sans en tre incommod, quoique les 
Naturels regardent ces fruits crus comme dangereux, 
et qu'ils n'en fassent usags que cuits ou confits dans 
du sucre. Celte plante se trouve dans toutes les Antilles. 

Caractres PHYSIQUES. Le Bois-capitaine est un ar- 
brisseau trs-bas, qui se divise en rameaux carts, 
garnis de feuilles presque sessiles , ovales, oblongues, 
de trois h quatre pouces de longueur sur un de lar- 
geur. Elles sont couvertes en dessous de pointes h- 
risses, couches, qui entrent dans la chair quand on 
les manie , et qu'on ne relire qu'avec peine. A la base 
des feuilles , il y a deux petites stypules , courtes et 
aigus. 

Les fleurs sont axillaires le long des rameaux , ru- 
nies au nombre de quatre, cinq, ou six sur des pdon- 
cules uniflores , gniculs dans leur milieu avec de 
trs-petites bractes. Le calice est jusque vers son 
milieu , divis en cinq , ayant deux glandes la base 
de chaque dcoupure. / 



( '69 ) 

La corolle, d'un blanc ros, a le limbe des ptales 
frang; l'ovaire est aigu, presque divis en trois son 
sommet; il est surmont ds trois styles rapprochs, 
dont le stygmate est un peu pais. 

Le fruit est une baie globuleuse, trois ctes, de 
la grosseur et de la couleur d'une cerise, contenant 

trois noyaux ovales, aigus , convexes et anguleux d'un 
ct. 

Analyse chimique. L'corce et les racines du Bois 
capitaine communiquent l'eau , par infusion ou 
bullition ; une couleur rougetre , qui devient plus 
vive par l'addition des alcalis , et s'efface avec les 
acides. Cette dcoction contient beaucoup d'acide 
gallique, et peut fournir une teinture noire ou de 
l'encre, si on la combine avec le sulfate de fer. Son 
prcipit donne une poudre d'un rouge brun inso- 
luble dans l'alcool le mieux rectifi , qui ne peut y 
rencontrer la prsence de rsine. 

Proprits mdicinales. Les baies , ou fruits du 
Moureiller piquant, sontdoues de principes astringens 
tellement nergiques , que leur usage cause quelque- 
fois, avant leur parfaite maturit, des coliques et des 
flatuosits. La nature prvoyante semble proposer ces 
fruits mrs pour arrter les flux diarrhoques , que 
l'abus des fruits laxatifs, tels que pastques, melons, 
figues, raisins, rendent si frquens aux Colonies. Les, 
Croles fortifient leurs gensives et raffermissent leurs 
dents avec la teinture de ce Moureiller. Son usage le 
mieux constat a lieu dans les hmorragies , les m- 



( 170 ) 

norragles et les leucorrhes. Il est aussi d'un puissant 
secours dans les hmaturies, en lui associant les mu- 
crlaginenx. 

Moue d'administration. La racine et l'corce s'em- 
ploient h la dose d'une demi-once pour deux livres 
d'eau , jusqu' rduction de moiti. On passe la d- 
coction, et l'on ajoute le jus d'un citron des Halliers , 
et suffisante quantit de syrop de batterie. L'extrait en 
poudre se fait dissoudre la dose d'un gros dans trois 
onces d'eau chaude dulcore, et qu'on acidul avec 
e suc d'un citron. La teinture se fait avec une demi- 
once d'extrait rduit en poudre , quatre onces de cres- 
son de Savanne commun, et huit onces d'eau distille. 
On fait macrer le tout pendant trois jours au bain- 
marie. La poudre de l'corce , la crme de tartre et le 
miel fournissent un opiat pour les dents. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-ONZE. 

Le rameau est rduit au tiers de sa grandeur na- 
turelle, 

1. Fleur de grandeur naturelle. 

2. Baie entire. 

5. Coupe transversale de la mme. 
4. Un des osselets dtach. 




2 Aeoc^orr ''-,'; v.vv/V/ ^[l/i.i- 



(lairre/ SfliZ/t . 



PMELE GEANTE 



( l?" ) 

PRLE GANTE. 

( Stomachique astringent J. 

SyrOiTfMiE. Vulg. Queue de cLeval; equisetnm giganteum 
Linn. Fougres. Tournefort. clas. i5. Fleurs ta- 
mines. sect. 6. Juss. Famille des fougres. Equlse- 
tum caule striato arborescente; frondibus simplicibus , 
strictis, spiciferis. Linu. syst. plantarum, vol. 4? P* 574* 
no j. Equisetnm altissimura ramosum. Plum. sepc. II. 
Equisetum setis simplicissimis, spiciferis, patentibus, 
nodosis. Plum. Plant, amer. ii5, tab i25. fig, 2. Equi- 
setum Yulgare longius. (Poupe Desportes.) 

Caractres gnriques. Epi fructifications en 
cusson ; s'ouvrant par la base multivalve. Fleur en 
chaton au sommet des tiges. cailles laro-ies, arron- 
dies au sommet, attaches un axe commun; leur 
surface infrieure est garnie de cellules qui renferment 
de petits globules munis chacun de deux, trois ou 
quatre appendices stiformes , articuls, lastiques. (De 
Lam. ) 

Caractres particuliers. Tige strie , arbores - 
cente ; feuilles simples , roides , charges des pis 
(Jolycl). 

Histoire naturelle. Cette plante, qui crot dans les 
lieux marcageux et fangeux, est remarquable par sa 
forme particulire et Todeur agrable de vanille 
qu'elle exhale au moienl de la fcondation de ses 



( 7^ ) 

ovaires. Chaque articulation est munie de filets plus 
ou moins longs, qui lui donnent en quelque sorte la 
iorme d'une queue de cheval ; la tle termine par un 
chaton, est renfle vers le milieu, et forme par un 
grand nombre d'cailles prismatiques, dont le dessous 
est charg d'lamiiies. Les gardiens des Betes Cornes 
ont fait la remarque, aux Antilles, comme en Europe, 
que la Prle donnait aux bestiaux des diarrhes trs- 
rebelles , tandis que les chevaux peuvent s'en nourrir 
sans inconvnient. J'ai peine croire aux influences 
funestes de la Prle sur les bles cornes , puisqu'au 
lieu d'tre purgative elle est trs-astringente. C'est 
plutt l'astriction de cette plante verte qui amaigrit les 
animaux qui la pturent. Certains Ngres mettent les 
sommits tendres de la Prle dans leurs Caalous. Pour 
moi, je trouve ce mlange dsagrable au got. Les 
cannelures de la tige sont tellement rudes qu'on s'en 
sert pour polir les ouvrages de menuiserie; on l'em- 
ploie de concert avec les feuilles de \\]jetra volubilis, 
liane rude, ou de St.~Jean, qui sert aussi orner les ca- 
binets de verdure. 

Caractres physiques. La Prle Gante est fort le- 
ve et trs- rameuse ; ses tiges sont grosses, stries, 
guicules , munies de rameaux trs-longs, simples, 
articuls, trs-ouverts et termins par la fructification. 
Les graines sont cylindriques , entires , denticules . 
leur orifice. 

La fructification des Prles , est-il dit dans l'En- 
cyclopdie Mthodique, est trs-singulire : chaque 
capsule renferme des filets lastiques qui adhrent 



( '7'' ) 

des grains pulvnilens qu'on regarde comme ia pous- 
sire fcondante; ds que ces filets sont sortis des cap- 
sules , ils forment de petits paquets poudreux , lanu- 
gineux et verdtres. J'ai examin^ dit M. Duhamel, 
cette poussire avec de bons microscopes^ elle m'a 
paru forme de grains semlilables ceux du millet, 
couronne ou aigrette par quatre fillets lastiques. 
Cette observation prsente un spectacle assez agrable; 
car , comme ces grains sont placs ple-mle , aussitt 
que leurs aigrettes se trouvent en libert , elles 
cherchent par leurs ressorts se redresser, et cela 
s'excute par un mouvement tel qu'en feraient 
des vers vivans amoncels qui chercheraient se di- 
viser. 

Analyse chimique. La Prle offre l'analyse tous 
les principes des autres plantes astringentes. Sa d- 
coction noircit la dissolution de sulfate de fer. L'eau 
et l'alcool s'emparent aussi de ses proprits astrin- 
gentes. 

Proprits mdicinales. Toutes les parties de la 
Prle d'Amrique sont videmment astringentes. Les 
rameaux piles et appliqus sur les plaies, les conso- 
lident mme lorsque les nerfs sont blesss, dit un cer- 
tain auteur. L'infusion se prescrit avec avantage dans 
l'hmaturie, l'hmopthysie atonique, et dans tous les 
cas o il n'y a pas de plthore ni d'irritabilit , et o 
les astringens sont indiqus. Poupe Desportes recom- 
mande l'infusion de Prle la fin des blnorrhagies. 
Certains praticiens ordonnent un gros de poudre de sa 
racine dans les dyssenteries. Les mdicastres du pays 



( 71 ] 
rinflif[uenl connue capable de consolider les hernies. 
(Quelle absurde assertion ! 

Mode D'ADMiNismATiOiN. Les racines et liges de la 
Prle^ rduites en poudre, se prescrivent^ dit-on , la 
dose d'un scrupule demi-gros en forme d'opiat. Pour 
les infusions , on observe les rgles ordinaires. ^ 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DOUZE. 

La fiante est reprsente au huitime de sa grandeur 

naturelle. 

1. Tronon de la lige principale. 

2. Chiiton de l'extrmit des rameaux en inflores- 
cence. 

3. Filets articuls ^ rouls autour de la capsule. 

4. Capsules et ses filets drouls. 



/y. .-/j. 




TAtio,/ore Me-frotv/z/\ /'ma- 



(nl/'/'/e/ Jcif^ 



lUT.LLIE TUBJ::REUSE 



( ':5 ) 



>^*'V%^^^^^'^^^^V^%>^ %V^^WV%%^% 



CLASSE DEUXIEME. 

PLANTES PURGATIVES 

Qui agissent directement sur (a injottllt ou contrac- 
tilil musculaire des voles dlgestives. 



SOMMAIRE. 

PLANTES PURGATIVES mTIQUES. 

Xj'estomac, laboratoire de rasslmialion , est dou de 
la facult d'expulser les substances contraires h son 
travail; mais, dans l'tat de repos, lorsqu'il s'agit de 
dbarrasser les premires voies , de matires dpraves 
qui y provoquent une turgescence, on doit avoir re- 
cours des moyen? excitans et capables de titiller la 
membrane muqueuse , devenue moins sensible dans 
l'tat de non vacuit de l'estomac , gorg de substances 
liquides ou alimentaires qui en affaiblissent la con- 
traction. Les mdicamens qui ont la proprit de con- 
tracter les diverses tuniques de l'estomac et les organes 
circonvoisins, s'appellent iE'm^t^tte^. 

Le vomissement, en imprimant une secousse gn- 
rale tous les systmes , a lieu par l'rlhisme con- 
vulsif du diaphragme et des muscles de l'abdomen; de 
l , mouvement pristaltique, pression du foie et de la 
ToMB II. afj^ Livraison i% 



( 176) 

vsicule du fiel , dgorgement de bile dans les organes 
gastriques, pour tre rejetepar le vomissement ; bien- 
tt aprs , par un mouvement oppos et excentrique , 
les vomitifs agissent d'une manire particulire sur l'or- 
gane cutan , en relchant ses vaisseaux exhalans. Cette 
assertion est prouve par la transpiration qui a lieu du-^ 
rant l'elTet des vomitifs (i). 

Autant ces mdicamens hroques offrent de res- 
sources la mdecine , lorsqu'ils sont sagement admi- 
nistrs, autant ils deviennent meurtriers dans les mains 
inhabiles de ceux qui ne savent pas calculer leur ac- 
tion. On conoit que l'irritation vive et gnrale qu'ils 
produisent toute l'conomie, peut provoquer des h- 
morragies , des spasmes , des suffocations , des vertiges , 
des phlegmasies et autres accidens , qu'on peut viter 
en ayant gard, avant de les prescrire, l'ge du ma- 
lade, son temprament et sa susceptibilit nerveuse. 
En effet , la mme dose produit , chez les uns , des anxi- 
ts sans vomissemens,* chez d'autres, des vacuations 
alvines; chez ceux-ci, des effets marqus sur les or- 
ganes des reins et de la vessie ; chez ceux-l, une abon- 
dante scrtion des glandes salivaires ou de l'or^q-ane 
cutan. On voit par l combien il est urgent de con- 
sulter l'idiosyncrasie du malade , et de faire administrer 
les mtiques , lorsque l'estomac est en tat de vacuit , 
afin d'irriter plus directement, et d'une manire im- 
mdiate , la membrane muqueuse. 

(i) Consultez les belles expriences du D. Magendie, \ 



( '77 ) 

La plnitude gastrique lant annonce par une c- 
phalalgie, par ramarescence de la bouche, ou Tex- 
crlion des salivaires , par l'lat sabural de la langue 
et du palais , par des rapports nidoreiix , des anorexies , 
des nauses , et mme quelquefois des vomissemens , les 
mtiques sont indiqus ; cependant, d'aprs l'tat des 
saburres de l'estomac , souvent la nature , cette incon- 
cevable mre , en a dcid le transport par les voies in- 
frieures; et ce serait contrarier ses vues que de re- 
courir un vomitif, qu'on doit^ au contraire, remplacer 
par un purgatif, si, au lieu des premiers symptmes, 
on observe tumfaction de l'abdomen , constipation , 
borborygmes, etc., ce qui indique le tube intestinal 
pour sige de l'embarras gastrique. 

L'emploi des mtiques est d'un avantage incontes- 
table , toutes les fois que la muqueuse de l'estomac est 
agace par la prsence des matires saburales , qui sont 
nanmoins plutt l'effet que la cause des fivres con- 
tinues et mningo-gaslriques.En dbarrassant les pre- 
mires voies des sucs dpravs , les vomitifs rtablis- 
sent l'action tonique de l'estomac inerte et languissant. 
C'est pour prvenir une dgnrescence complte et 
une altration vicieuse des saburres de l'estomac , qu'un 
vomitif, administr au dbut d'une maladie, prvient 
le dveloppement de la fivre adynamique , que les 
doux purgatifs peuvent quelquefois dterminer en lais- 
sant altrer toute la surface muqueuse du conduit in- 
testinal par le passage des djections alviues. 



( -78) 

Dans les fivres iiilcriniltcnlcs, par exemple, l'em- 
Larras gaslri(|iio riant dclruit par Taclion dvs ihn- 
liques, les loiiif|ues agissent alors avec nergie et 
surel, et font cesser les paroxismes. Si l'on n'a pas 
recours aux voniilifs, les accs se prolonj^enl et pui- 
sent le malade qui n'a pas voulu aider les eiorls de 
la nature. 

Dans un climat froid ou tempr, on prescrit, sans 
inconvnient, un vomilif sans que le malade y soit pr- 
par; sous le ciel brlant de la zone torridc , au con- 
traire, il est plus prudent d*y disposer le malade avec 
des boissons dlayantes et aciduls. 

Les vomitifs sont le plus souvent indiqus dans les 
diarrhes , si communes aux colonies , parce qu'ils aug- 
mentent l'aclivil vitale de l'estomac , parce qu'ils d- 
tournent l'irritation fixe sur la muqueuse intestinale , 
et appaisent le mouvement pristallique. On a vu des 
mnorrhagies inquitantes, qu'un Iraitement rationel 
n'avait pu modrer, cder l'action d'un vomitif, qui 
dtournait alors le centre d'aclivil. 

Les vomitifs ont des succs marqus dans les affec- 
tions muqueuses des bronches pulmonaires, dans l'aslli- 
nie , les angines, l'hydrolorax, la paralysie et mme 
l'apoplexie , lorsque la pleur du visage , une faible cha- 
leur et un pouls peu apparent, en sont les principaux 
symptmes. Dans ce cas, le systme lymphalique , par- 
ticulirement affect dans cette maladie, reprend se* 



( 79 ) 

fonctions que rtablissent les vacuations produites 
parles secousses ritres. Les vomitifs, d'aprs l'ob- 
servation du D. Portai , sont contraires dans l'asphyxie, 
en ce qu'ils portent le sang vers le cerveau. Ils con- 
viennent dans les cphalalgies chroniques, gastriques, 
et dans les plaies de la tte, en tablissant une rvul- 
sion salutaire. 

Les mtiques sont souvent efficaces , encore bien 
mme qu'ils ne fassent pas vomir. Suivant le cas, on 
les donne h petite dose po-ur titiller la membrane du 
canal intestinal , et y attirer les fluides qui auraient 
propension se porter vers la tte. 

On doit les interdire dans la grossesse, les maladies 
organiques du pylore, quelquefois les hernies ; dans le 
calcul, l'anvrisme^ l'hmoptysie, les phthysies , etc. 

Les mtiques minraux agissent avec plus de vio- 
lence que ceux tirs du rgne vglal ; mais ceux-ci , 
quoiqu'irrguliers dans leur marche, conviennent mieux 
aux femmes, vieillards, enfans, et aux tempramen 
dqus d'une susceptibilit nerveuse trcs-exalle. 



r I I I II ; I I 



aoiLi 



( '8<. ) 






RUELLIE TUBREUSE, 
{ Purgative Emtique. ) 

Stnonymif.. Vulg. Coccis ( grand), fleurs bleues et racines 
d'asphodle; Ipcacuapha btard; Crustolle ; herbe ca- 
rabe, ou chandelier. R. tuberosa. Linn. genre de la 
didynamie angiospermie. Ruellia foliis cuneato-ovatis ^ 
crevalis, pedunculis tripartilis caule sirnplici. Swartz. 
Observ. 245. AVilden. spec. plant., vol. 5, p. 568 , 
n. 19. Genlianella flore caeruleo , integro; "vasculo se- 
mlnali exhumidi contactu impatiente. Sloan , Jam. 52, 
Hist. 1, pag. i/i9, tab. gS, fig. 1. Rai suppl. 370. 
Ruellia polyrrhyza de Jussieu. Crustole de ;cpt;fTH route ^ 
olla marmite. Ruellia hurailis capsulis angulosis. Dill. 

/ Eltham 528. - Ruellia flore caeruleo asphodeli radice. 
Poup. Desp. ICI. Plum. vol. 5, p. i35, gen. 12. 
Ruellia tuberosa-Richard. , ordre des Achantes. Jussieu. 

Caractres cNiRiQUES. Calice dcoup en cinq di- 
visions linaires; corolle campanule , le plus souvent 
anomale, divise son limbe en cinq lobes ingaux; 
deux ou quatre tamines didynames , rapproches deux 
par deux; un style; un ou deux stigmates ; capsule 
deuxloges , deux valves longitudinales , s'ouvrant avec 
iaslicil , l'aide de dnis lastiques ; cloison oppose 



r/.ji4- 











(/arie/ Scu^ 



(i8. ) 

aux valves ; feuilles opposes ; fleurs axlllaires et Fou- 
gitudinales. 

Caractres particuliers. Calice monoptale quin- 
qufide; corolle bleue , tubule , renfle vers le milieu 
de son tube ; quinqufide ; quatre tamines rapproches, 
dont deux plus longues; capsule deux valves , s'ou-* 
vrant avec lasticit. (Mrat.) 

Histoire naturelle. Le genre Ruellia appartenant 
aux dicotyldones , et ayant beaucoup de rapport avec 
les Bareleria , est commun aux Antilles , o j'en ai ob- 
serv , ainsi que Poupe Desportes, trois espces bien 
distinctes : on les y appelle ipecacuanha btard , d'a- 
prs leurs proprits. Ces trois espces , qui se plaisent 
dans les halliers et sur un terrain sec, sont : i" le 
^van Coccis f Ruellia Tuberosa) , dont la racine blan- 
che , bulbeuse , est assez semblable celle de l'aspho- 
dle; ses fleurs sont d'un beau bleu d'outremer, et la 
varit fleurs blanches. La deuxime espce, leCoccis 
moyen , a le port de la mercuriale mle; sa racine est 
fibreuse , et ses fleurs violettes. La troisime espce est 
le petit Coccis (Ruellia Hisplda , Linn. ), qui a le port 
delaPiloselle; la plante est velue;sa racine est fibreuse; 
ses fleurs sont ou petites en pis, et violettes , ou quels- 
quefois de grande dimension , et solitaires. Ces plantes 
aiment l'ombrage des forts , et sont communes la 
Jamaque. 

Les autres racines tires des violettes , des Euphor- 
bies , apocynes et autres Achantes, sont la plupart 
vomitives. Le senre Ruellia porle le nom d'un anciei^^ 
botaniste franais. 



J ( S2 ) 

Caract1-i\e3 physi(>ues. Les racines de cette belfe 
Riiellic ollVenl une griiTe de tubercules na[>il\)rms et 
charnus, qui pnlrent profondment dans la terre. Il 
s'en dveloppe des liges herbaces, quadrangulaires , 
de la hauteur de huit dix pouces , et plus; veTues , 
dont les poils, blanchtres, sont roides vers Iur ex- 
irmit ; peu rameuses , garnies de feuilles opposes , 
ptioles, ovales, crneles leurs bords, rlrces 
en coin leur base , presque glaces ou lgrement ci- 
lies, particulirement sur le ptiole. 

Les fleurs sont portes sur de trs-longs pdoncules , 
qui se divisent , leur extrmit , en deux ou trois 
pdoncules partiels, longs d'un demi-pouce, uniflores 
ou biflores, munis leur base de deux bractes oppo- 
ses , lancoles et aiglies. 

La fleur de celte espce est monoplale , en enton- 
noir , gonfle vers le milieu du tube de la corolle , par- 
fois axillaire , le plus souventen bouquets au haut de la 
tige; elle est d'un bleu clatant. Le limbe en est vas , 
dcoup sur les bords , et rabattu en dehors ; le p- 
rianlhe monophylle est dcoup en cinq pariies poin- 
tues , en forme de lanires ; du fond du calice s'lve 
un pistil qui devient un fruit oblong, pointu , couvert 
d'une membrane qui s'ouvre par en haut en cinq par- 
lies , et rempli de petites semences sphriques , qui 
sont lances avec lasticit une grande distance pour 
peu qu'on touche la capsule. 

Les racines , semblables celles de l'asphodle , 
quoique plus petites, sont mtiques, et remplaccit 
fort bien l'ipcacuanha. 

Analyse chimique. Le^ parties de la racine sont si^ 



( 'S3 ) 
lubies dans Tther et l'alcohol, doitt elles troublent la 
limpidit. Elles contiennent de Tacide gallique , une 
partie extraclive, et une autre gommo-rsineuse. Les 
solutions faites dans l'eau ne reiiennent point la partie 
rsineuse , qui est celle essenliellement vomitive , aussi 
prfre-t-on pour menstrues do ralchool de 20 h 22 
degrs. 

PROPRiTis MDICINALES. Par son analogie avec 
ripcacuanha du Brsil, j'ai appropri la poudre des 
racines de la Ruellia tuberosa , la curation des fivres 
intermittentes , dans lesquelles elle agit en prolongeant 
l'excs leurs paroxismes. Dans ce cas, je la prescrivais 
en poudre. Lorsque j'avais Irriter quelqu'afTeclion 
des membranes muqueuses , telles que coqueluche , 
toux convulsive, prilonile puerprale^ je prfrais 
son usage sous forme de syrop. Dans la passion iliaque 
elle agissait comme antispasmodique; mais comme 
cette plante a des proprits hroques , on l'adminis- 
trera avec prudence. L'acide du citron et du tamaria 
lui servent de correctif, si son action est trop pro- 
nonce. 

Mode d'administration. La dose en poudre est do 
12 24 grains pour trois verres d'infusion de feuilles 
d'oranger ou de iantana camara ( voyez 4' vol. de 
cet ouvrage, n 004 ). On prescrit par quatre gros ou 
une once . le syrop de la plante qui nous occupe; et 
dose fractionne dans les maladies o il est -propos 
de recourir aux incisifs : alors on dulcore un verro 
d'infusion aromatique , avec une cuillere caf du 
syrop de Puiellia. 

Si teinlyr'3 aicoholique se prescrit depuis une once 



la* 



( ,ai ) 

jusqu' deux , cdulcorcc avec du syrop de fleurs- 



d'oiaiij^es. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-TI\EIZli, 

1. Fruir ouvert. 

a. Graine sur le placenta. 

3. Racines. 



p/.jjj. 




y /n'oi/orc D(\eeofi/-fr/'^ Pin.f . 



{fa6^w/ Jvit/p- 



li^ELJK lll-STOO- 



l. 



( i85) 



RUELLIE TALE A FLEURS VIOLETTES. 

( Purgative Emttque, ) 

Synonymie. Vulg. R. port de mercuriale mle ; IpcacuanLa 
btard. Coccis moyen. Ruellia patula. Linn. Jacq. 
Mise. vol. 2 , pag. 358.Juss. fam. des Achantes. Ruel- 
lia fruticosa , villosa, viscosa : foliis ovatis, obtusissimis, 
integerrimis ; floribus axillaribus aggregatis. Jacquin. 
Icon. Rar. i.tab. 119. Ruellia raercurialis maris facie, 
floribus violaceis , radie fibros. Poup. Desp. Ruellia 
foliis petiolatis, ovatis, obtusissimis, integerrimis, pubes- 
centibus ; 'floribus ternis, subsessilibus ; caule ereclo, 
divaricato Willed... Spect. Plant, vol. 5 , p. 364. N 5. 

Caractres gnriques. Calice multifide ; corolle 
monoptale dont le tube est renfl vers son milieu; 
deux ou quatre tamines ; un style ; un ou deux stig- 
mates ; capsule deux loges, deux valves longiludi- 
iiales, s'ouvrant avec lasticit ; cloison oppose aux 
deux valves. 

Caractres particuliers. Calice monoptale quin- 
quefide ; corolle violette monoptale tube renfl 
vers son milieu ;^quinquefide; quatre lamines rappro- 
ches dont deux plus longues; capsule ovale deux 
valves s'ouvrant avec lasticit. 

Histoire naturelle. La vgtation de cette Ruelle 
est trs-active; elle est trs-sensible au froid, et de- 
mande la ^serre chaude ou la bche. Elle se multiplie 



( ^^C' ) 
Incileincnt , ainsi que les deux autres espces , de bou- 
tures faites au priulemps , et lorsfjue la fleur est pas- 
se , soit dans la tanne , soit sur couche chaude. ' 

Car.vctj'Res physiques. Cette jolie plante diire 
de la prcdente par la position de ses fleurs , qui sont 
sessiles et axillaires, et par leur couleur tendre. Ses 
tiges sont frutescentes , droites , divises en rameaux, 
Irs-tals, d'o lui vient l'pithte qui lui a t don- 
ne; ils sont quadrangulaires, velus, visqueux, munis 
de feuilles opposes , p,iolcs , ovales , trs-entires 
leurs bords , obtuses leur sommet, pubescentcs 
dessus et dessous , et visqueuses. 

Les fleurs sont groupes , souvent solitaires , et pla- 
ces dans l'aisselle des feuilles , lgrement pdoncu- 
les , presque toujours runies par bouquets de trois 
sur chaque pdoncule. 

Leur calice est dcoup en cinq lanires aigus , 
velues ou pubescentes. La corolle est grande , ample , 
d'une couleur violette peu fonce aux lobes festonns , 
tandis que le tube est d'une couleur vert-pomme. 

Les racines sont fibreuses , ligneuses , et d'un jaune 
de paiile. C'est la partie de la plante la plus usite en 
mdecine ; on les dpouille de la tunique corticale qui 
contient une rsine vomi -purgative. 

Analyse chimquk. Les racines de la Ruellie tale , 
offrent l'analyse les mmes rsultats que la prc- 
dente; et on les traite par les mmes ractifs. 

Proprits mdicinales. Digne congnre de la 
Ruellie racines tubreuses , le coccs moyen a les 
mmes proprits, et peut, mme dose, remplacer 
la premire espce. Il m'a russi dans les cachexies et 



( '87 ) 

autres maladies chroniques, dans les ictres de ce 
genre, dans les engorgemens msenlriques, et cer- 
taines maladies rebelles : alors je prescrivais le via de 
celle Rucllie la dose d'une cuillere jeun tous les 
malins. 

Moue d'administration. La poudre impalpable des 
racines se donne comme vomilive, depuis huit jusqu' 
vinii:;t grains en trois doses. Le vin se fait avec une 
demi-once de la poudre par pinle de vin d'Espagne. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-QUATORZE, 

1. Fruit. 

2. Graines. 

3. Racines. 



( 'SS ) 
RUELLIE IIISPIDE, 

( Purgative Emtique, ) 

Stnonymie. Yulg. Coccis petit. Velu port de piloselle. 
Ruellia hispida. Linn. Richard. 

Caract-res gnriques. Galice multifide; corolle 
nionoplale, dont le lube est renfl vers son milieu; deux 
ou quatre tamines; un style; un ou deux stif|;males ; 
capsules deux loges , deux valves longitudinales, 
s'ouvrant avec lasticit; cloison oppose aux deux 
valves. 

GaractI^res particuliers. Calice monoptale quin^ 
quefide ; corolle bleutre monoptale tube renfl vers 
son milieu; quinqueflde; quatre lamines rapproches 
dont deux plus longues; capsule ovale deux valves 
s'ottvrant avec lasticit. 

Histoire naturelle. Plus humble que les prc- 
dentes, cette Ruellie se cache sous les toufles d'herbes 
des Savanes, o son odeur suave la fait bientt d- 
couvrir. Elle a le port de la piloselle d'Europe. On la 
trouve en fleurs et en fruits aux mois de novembre et 
de dcembre, sur les rives herbues des ctes maritimes. 

CARACTiRES PHYSIQUES. Il cxste uuc vaHt fleurs 
jaunes. Les tiges de cette Ruellie hispide sont her- 
baces , quadrangulaires , dif'uses , les infrieures unies 
et couches , les suprieures droites et garnies defeuil--^ 
les velues et aigus. 



( -Sg ) 

Les feuilles sont rassembles au sommet des tiges , 
opposes, sessiJes, disposes en croix , d'une forme 
ovale obongue , obtuses, rugueuses et hispides; lon- 
gues de douze vingt-quatre lignes , sur une largeur 
de six dix, couvertes d'un duvet lger qui blanchit 
au moindre tact , et par le souille du plus lger z- 
phyr^ ainsi que la Piloselle. 

Les flsors sont d'un bleu tendre , axillaires , soli- 
taires , et sessiles. Elles ont la forme affecte aux Ruel- 
iies, et indiques plus haut aux caractres gnriques. 

Le calice est monophylle , velu , oblong et troit , 
sur la coroHe , divis en cinq parties, lanires, 
ccur'es et troites vers la pointe, un peu plus larges 
ia base. 

La corolle monopiale rrgulire, le tube lgre- 
ment renfl vers le milieu de sa longueur, est plus 
ple que le limbe, mais ponctu de bleu sa partie 
infrieure qui est lgrement pubescente. 

Quatre tamines didynames , rassembles par paire , 
dont deux plus courtes , les fdamens minces, et pu- 
Lescens; les anthres droites, oblongues en fer de 
lance. 

Le pistil est port sur un disqise cylindrique et pu- 
bescent , le stigmate bifurqu. 

Le fruit est une capsule troite la partie infrieure , 
uniloculaire, s'ouvrant en deux. 

Analyse chimique. Elle offre les mmes rsultats 
que celle des deux espces prcdentes. 

Proprits MDICINALES. On reconnat les bons effets 
de cette plante, utile succdan de l'Ipcacuanha, 
dans les dyssenteries o on l'emploie d'abord comme 
vomitive. Mais lorsque la maladie a t rebelle , ou 



( ^90 ) 

qu'aynnt parcouru ses stados avec trop de rapidit, il 
y a uiccralion de la membrane muqueuse des intestins, 
je prescrivais pour lisannc une infusion de fleurs de 
kelniie Gonibo , acidule avec une demi-once delnma- 
riu , et pour lavement un demi-gros de racines con- 
casses de Ruellie iiispide avec une tte de p;\voi , ou 
une poigne de feuilles de morellc laman. J'ai observ 
qu'en poudre elle agit mieux , comme altrante , aprs 
avoir mang, que lorsque l'estomac est dans un lat 
complet de vacuit. J'en ordonnais de trois quatre 
grains dans la premire cuillere de soupe dans les 
engorgcmens glanduleux et lymphatiques des enfans , 
dans la coqueluche , l'inapptence, la chlorose, mais 
comme vomitive dans la paralysie. . 

Mode d'admimstratiqn. Les prparations pharma* 
ceutiques de cette Ruellie ne diflerant point de celles 
des deux espces prcdentes , j'y renvoie le lecteur. 



EXPLICATION DE LA PLAKCIIE CEx>T-QUIKZJE^ 

1 . Corolle. 

a. Fruit. 

5. Fruit ouvert.^ 



/y, //// 



0^imf 




jAeod) rf lfe.rcotirft/\ /'ina. 



(rtti/te/ Xc> 



ASri.EPAIlE liE ri;liAC'AO 



( '9' ) 
ASCLPIAS DE CURAAO, 

( Purgative mtlque. ) 

Syxonymie. Vulg. Herbe madame Bolvin. Faux ipca- 
cuanha. Asclepias cuiassavica. Linn. Peutandrie dlgy- 
nie. Jussieu , classe des apocynes. Asclepias foliU lan- 
ceolalis peliolatis glabris, iiiliJis, caule simpiici, in bellis 
ereclis, solilaiils laleralibus. Linn. mill. Dict. ,0. \r, 
Apocynum radice fibros , petalis coceineis , cornlculis 
croceis. Dill. EIili. 34 5 t. 00 , f. 55. Apocynum S. 
Araerlcanum , tibros radice, floribus auranllis chamae- 
nerii foliis lalioribus. Mm par.^ t. 36. Tournef. 92. 

Ca.ract^res gariques. Calice monophylle trs- 
pelit , cinq divisions ; corolle rnonopiale , courte, 
rgulire , cinq divisions , cinq cornels auricuis; 
cinq lamines; un style; deux capsules folliculeuses , 
allonges , polyspermes , s'ouvrant longitudinalement 
d'un seul ct. 

Caractres particuliers. Calice cinq dents; co- 
rolle cinq divisions profondes , ayant cinq corps 
charnus, souvent creuss en cornet; un cylindre tron- 
qu au centre de la fleur , entour de cinq cailles tri- 
angulaires , bords relevs et membraneux, creuss 
de deux petites loges; cinq petites anthres fendues 
infrieurement, situes entre les cailles prs de leur 
sommet; de chaque ct de l'anthre nat un filament. 
Deux ovaires ; deux capsules folliculeuses ; graines 
agrettes. 



( 'O*^ ) 

hsiOiUK NATURELLE. Celle jolie plante, classe par 
M. (le Jussicii dans les Apocynos, dont elle a les pro- 
prirls voniillvcs, est reniarcjuable par ses nectaires 
colorias d'un jaune aurore , qui contrastent lgamment 
avec le ronge carmin des plales , et le vert tendre du 
calice. On l'appelle herbe h madame Boivin , nom 
d'une crole qui traitait les nouveaux dbarqus d'Eu- 
rope li Saint-Domingue. Elle tire aussi son nom d'Ascle- 
pias, mdecin grec, qui le premier a fait connatre les 
proprits de la plante. L'Asclepias de Curaao rclame 
la serre chaude o il fleurit pendant l'hiver; ou en 
plein air, du mois de juin au mois de septembre. Il 
mrit ses graines qu'on sme sur couche et qu'on re- 
pique dans des pots qu'il faut replacer sur couche , dit 
Mordant de Launai , jusqu'au moment de les retirer de 
la serre chaude : ils aiment une terre qui laisse passer 
l'eau. L'Asclepias craint l'humidit, surtout pendant 
l'hiver. 

CaractIiRes physiques. L'Asclepias de Curaao ofFre 
l'il un port svelle et lg^ant par les nuances des 
couleurs qui ornent sa tige. La racine en est filiforme 
fibres dlies, o;rise en dehors, d'un blanc jauntre 
en dedans , et ayant l'axe ligneux trs-pais , et l'corce 
trs- mince. La tige d'un vert tendre cylindrique , pu- 
bescente , courbe, et pleine d'un suc laiteux, porto 
des feuilles lancoles, alternes, molles, entires, 
opposes , plioles , glabres et lisses ou luisantes, . 

Les fleurs sont d'un rouge carlate , et les cinq cor- 
nets ovales et auriculs d'un jaune orang. Elles nais- 
sent au sommet des tiges , et sont disposes en om- 
belles droites , solitaires , latrales et terminales. Elles 
sont petites , et ont leur corolle rflchie. Les cinq 



( '93 ) 

cailles ont les filels des tamines chargs chacun 
dans leur face interne d'une anthre qui leur est ap- 
plique dans toute sa loDgueur. Quant aux dix fdets 
qui partent des loges des anthres, et vont aboutir 
latralement aux corpuscules noirs qui sont appliqus 
contre le chapiteau du pistil au dessus de ses fentes 
latrales , ce sont les conducteurs de la vapeur f- 
condante des anthres dans les mmes corpuscules , 
ou rservoirs prolifres, d'o cette mme vapeur p- 
ntre dans les scissures du chapiteau qui fait les fonc- 
tions des stigmates, et se trouve bientt, par cette 
voie , transmise aux styles , et de ceux-ci aux ovaires. 
Les fruits sont chargs de quelques asprits qui les 
rendent comme pineux. 

Analyse chimique. Je ne pus m'en procurer en assez 
grande quantit pour soumettre la plante aux ractifs ; 
mais je lui ai reconnu la prsence d'un suc laiteux qui 
lui donne la proprit vomitive. 

Proprits mdicivales. La tige de la plante rem- 
place le Smilax China dans les maladies' syphillitiques, 
et les affections cutanes chroniques. Sa racine jouit 
d'une proprit mtique dent j'ai souvent prouv les 
heureux rsultats , surtout dans les diarrhes , si com- 
munes aux colonies , et quelquefois si rebelles. Les 
racines qui sont vomitives, ou purgatives, suivant la 
dose , offrent de grandes ressources dans l'asthme hu- 
mide , les affections muqueuses , etc. 

Les polypharraaques des Antilles indiquent la dcoc- 
tion de la plante , mle l'huile et h la cire , en forme 
de crat , comme trs-utile contre la podagre , et contre 
les douleurs arthrodyniques ; pour cet effet , ses feuilles 



( '94 ) 

ont trempes dans l'huile, et appliques chaudement^ 
Sa racine cslimc Alcxilre par les insulaires de la 
]\Iarlini(jiie , (ilVe une grande ressource conlrc la mor- 
sure du scrpenl appel colubra cnpclla. Dans ce cas 
ils la machcnl onlre les dnis, puis ap|)lif|ucnl le marc 
sur la plaie. Celle mme racine est eslime fbrifuge 
et rsolulive des tumeurs qu'ont les femmes aprs 
raccouchement. 

Mode d'adjiinistration. On administre cet Ascl- 
pias en poudre subtile , lorsqu'on veut faire vomir la 
dose de vingt h trente grains et en trois prises. La 
racine n'est -elle que grossirement pilvrise^ elle 
provoque seulement des vacuations alvines. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-SEIZE. 

1 Racines. 

a Fleur grossie pour laisser voir les Nectaires. 




TAeof/nre J)ed-cour/t/\ Pur 



(mne/ ^fcu/t)- 



ErFlOIlBE A FEFIi.LKS lY OMPIX. 



( '9-> ) 



^%'V%.^VV%*.'V'V^%.X'V .^/V^^ 



fc.^^V^-* v-%'V%^-V%'V*.XV'V% W%^-V^ V'VXX.%%-W\.'V%V^^-WV*%^ 



EUPHORBE A FEUILLES D'ORPLN. 

{Purgatif Enillque. ) 

Synoktmie. npiorbia anacarapserodes. Euphorbia inermis 
frullcosa , foliis alternis. Obovalis obtusi subts acnte 
carinatis. Titliymalodes frulescens folio anacampserotis. 
Plum. , tom. IV, pi. I, n 5 , pag. 415. Pedilantus de 
Poiteau. Tournefort 654- Jussicu. Eapliorbiaces. 

Caractres gnriques. Dicotyldones sans ptales ; 
fleurs unisexuelles. Incomplettes monoques; ou dio- 
nues ; quelquefois herniaplirodiles; calice monophylle; 
iamines dfinies ou indfinies; deux styles (rarement 
plus ou moins ) ; capsules h plusieurs loges qui s'ou- 
vrent intrieurement en deux valves avec lasticit. 

, Caractres PARTICULIERS. Fleurs monoques; fleurs 
mles : calice plusieurs divisions en sabot color en 
jaune rebords carlalcs , large la base, et festonn 
en gouttire , l'extrmit qui entoure le faisceau d'- 
tamines. 

Fleurs femelles : Calice en sabot; une capsule lisse 
a trois coques , pdicelle , trs-sperme deux valves 
se dtachant du sabot. Slyle rouge agu. 

Histoire naturelle. Celte belle et singulire Eu- 
phorbie, est herbace, et renferme, ainsi qne ses con- 
gnres , un suc laiteux acre et caustique, qui, la 
moindre dchirure . dcoule de toutes les parties de la 
planle dont l'emploi ne peut tre confi qu' un m- 
decin prudent et exerc. Ce remde hroque, qui se- 
rait un poison dans les mains du vulgaire , ayant subi 
quelque prparation pharmarcutique devient applica- 
ble notre conomie, surtout dan, les affections chro- 
ToMi. U. r>u^ Li\>raisu7i. i5 



( >flfi ) 

nqiirs. Cps nir-iues rtMiIlIis cl lij;('s vi^.diici^o:^ , avnnt 
lotir dessicalion , font partir du domaine do la m(3(le- 
cirie innt dessches , et ne conservent alors que des 
proprits mliques et purgatives , surtout en les 
emj)loyant 5 des doses modres. On ne fait usage que 
de la partie corticale de l'corce, qui seule contient lo 
principe actif, ou mtine de Pelletier , et l'on rejette 
la partie ligneuse comme inutile , laquelle d'ailleurs ne 
peut se rduire en poudre qu'imparfaitement. Le suc 
laiteux des EuphorLies provoque presque toujours le 
vomissement. 

Selon Pline, la dcouverte des proprits de l'Eu- 
phorbe est due 5 Jiiba , roi de Mauritanie^ qui lui 
donna le nom de son mdecin. 

Celte espce d'Euphorbe est commune h Saint- 
Domingue , h la Jamaque , Cuba , et la Martinique, 
o on la rencontre dans les endroits pierreux et ma- 
ritimes. 

Caractres physiques. Sa tige , comme l'observe 
Plumier, est tortueuse, souvent trs-grosse, haute 
d'un pied , cylindrique , frutescente , et recouverte 
d'une corce unie , d'un vert obscur. Cette tige se di- 
vise en plusieurs rameaux de l'paisseur du petit doigt, 
ligneux , cylindriques , glabres , verts , feuilles, et qui 
s'lvent deux ou trois pied? de hauteur. Les feuilles 
sont alternes , situes sur deux rangs opposs , ovales 
arrondies , obtuses, paisses , larges de trois pouces, et 
plus ; vertes, carincs , et n)unies d'une cte tranchante 
sur le dos , et attaches par des ptioles courts. Il nat 
au sommet des rameaux, des fteurs nombreuses , dis- 
poses comme en ombelle d'un jaune verdtre, irr- 
gulires , ayant presque la forme de la chaussure de 



( ' K ) 

l'homme , <onl le dessus est de couleur rouge ; i]r% 
tamines nombreuses , blanches et h anthres brunes , 
naissent au fond de la fleur , et Tout l'orifice resser: ' 
du calice une saiilie lgre sous la forme d'une houpc 
L'ovaire attach par un pdicule qui nat du fond di' 
!a fleur, et aussi saillant h son orifice, est de la gro? 
seur d'une noisette , verdtrc , surmont d'un longstyi^. 
rouge qui en forme le bec. 

Le fruit est une capsule ovode, trgne, presque do. 
la grosseur de l'ovaire , d'un vert bleutre dans sa ma- 
turit , triioculaire , et qui contient dans chaque log,' 
ime semence arrondie ronge, ou d'un rouge brun, cl 
un peu farineuse l'extrieur. Toute la plante contient 
un suc laiteux. L'espce suivante a les feuilles moins 
spatules. 

ANALYSE cnniiQUE. Le suc concret de cet Euphorbe, 
recueilli par les incisions faites la tigo dans toute s.i 
longueur, nous a produit une rsine parfaitement sen-.- 
hlable celle que procure l'Euphorbe du commerce , 
et dont M^A. Crcconnot et Pelletier ont indiqu l'ann- 
Ivve dans les Annales de chimie ( lxviii, 44- ) Suivant 
le dernier, cent parties ont donn : rsine Go-So; c'r.r 
i4-4o malale de chaux 12-20; malate dpotasse 
1-80, matire ligneuse ; id. de bassarine 2 ; eatj 
et huile volatile 8. Perte , 0,80. Total 100 parties. 

PiioPRiTs MDicoALEs. Qiioiquc cc SUC , employ h 
l'extrieur, ne produise point sur la peau d'effet sensible y 
nanmoins en faisant des sacrificalions sur les cors, les 
callosits, les verrues, et les mettant en contact avec 
le suc d'Euphoibe , on parvient les consumer saui 
beaucoup de douleur. Soii action est beaucoup plus 
sensible sur les membraiics muqueuses; une seule. 



( !> ) 
goullo sur la langue de celle rsine, y laisse pour lon"*- 
lemps une sensation brlante, qui se propage hienlot 
dans l'isllime du gosier , mais ([ue neutralise prompte- 
menl un gargarisme fortement acidul. 

On remplace dans beaucoup de cas l'ipcacuanlia du 

Brsil avec les racines de l'Euphorbe a feuilles d'orpin ; 

mais sans en altrer les principes par la macration 

dans le vinaigre ou l'alcool , car alors on ne peut plus 

compter sur un rsultat certain. D'aprs l'observation 

de Chomel , sur l'usage des drastiques violons, j'ai 

voulu faire macrer les racines de cet Euphorbe dans 

du vinaigre, avant de les employer, dans l'intention de 

neutraliser leurs vertus dltres; mais l'action de ce 

mdicament devint languissante , imparfaite et presque 

nulle. 

Mode d'administration. Les racines dessches et 
mises en poudre se donnent la dose de douze dix- 
huit grains', dans trois verres d'infusion de fleurs d'o- 
ranger, demi-heure de distance. Un gros de la lige 
verte produit le mme effet. Les graines se prescrivent 
comme vomitives au nombre de trois , et de deux 
comme simplement purgatives. La rsine concrte est 
prfre parles ngres la dose de quatre sept grains 
en substance ou en solution au moyen du jaune d'uf , 
dans une infusion de poincillade, qui d'ailleurs provo- 
que son action. 

En cas d'vacuations excessives, on doit recourir une 
boisson gommeuse acidule. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-DIX-Si: PT. 

1 . Racine. 

2. Dtails de la fructification , demi-grandeur. 

3. Graine, 



/y. u^. 







(Hairte/ ^iru/fi. 



\. 



(^99) 
EUPHORBE A FEUILLES D]E MYRTHE. 

( Purgatif Emtique. ) 

Synonymie. Vulg. Zerbe bordures. Eupliorba myrlifolia. 
Euphorbia inermis fruticosa , foliis aeternis ovato- 
aculls planis , sublucidis. Encycl. Tithymalodes fru- 
tescens , folio myrli amplissimo. Tourn. 654. Titliyma- 
lus cuiassavicus myrtifolins , flore cocciiieo niellifero. 
Kerin. Parad. 254' Euphorbia tilhymalcdes. Lin. 
Jacq. Amer, i^g, t. 92, et Pict, pag. 74, t. i38. 
Rd. XI. Ben-Pla- 

CaractI^rks gnriques. Fleurs unsexues , mo- 
noques , souvent solitaires ou disposes en ombelle ter- 
minale ; involucre monophylle huit ou dix divisions ; 
les extrieures de forme varie , sont arrondies , obtu- 
ses , ou en croissans; les intrieures alternes et dres- 
ses. Fleurs femelles pdicelles ; ovaire trigne sur- 
mont de trois styles^ quinze vingt lamines autour 
de la fleur femelle. 

CARAGT^Riis PARTICULIERS. Tige lactoscente , sous- 
ligneuse, trs-rameuse, tige redresse en zig-zag ; 
dichotme^ feuilles trs-entires, arrondies, margi- 
nes, blanches en dessous; fleurs solitaires. 

Histoire naturelle. Cette plante originaire de l'A- 
mrique mridionale est assez commune aux Antilles et 
5 Curaao. Elle aime les lieux pierreux, mais en en 
rassemble l'espce pour en faire des bordures de jar- 
dins, o elle remplace lesbuis d'Europe. Elle oiVel'il 
des iormcs bizarres et des toits o le rou2;G vif cl le 



( '200 ) 

jiiinc joiuiuillc des fleurs kc dctaclienl de la verduie 
goinbie du feuillnj^e. On la cultive en Europe dans les 
.verres, o elle lleuril rarement. Cette Euphorbe, ainsi 
que la prcdente, offre un violent vomi-purj^atif, d 
au suc laiteux, acre et trs- abondant qui coule, la 
moindre incision laite la tige, aux feuille ou aux ra- 
cines. L'action acre et vsicante de cet Euphorbe pa- 
rat rsider, comme parmi les congnres, dans un 
j)) incipe subtil combin avec la rsine que renferme le 
suc. Ce lait gommo-rsineuxest d'aulanl plus caustifjue 
qu'il contient plus de cette huile volatile; c'est elle qui 
agit sur les tissus animaux, qu elle ulcre aprs les avoir 
violemment enflamms; del sa vertu vomitive et pur- 
gative. 

Caractues iHYsiQUES. Cet Euphorbe se distingue 
ainsi que le prcdent , par la forme toute particulire 
de ses fleurs. Sa lige cylindrique est droite et frutes- 
cente, haute de deux pieds; elle se divise en plusieurs 
rameaux simples galement cylindriques , d'un vert 
fonc, feuilles et flchis en zig-zag. Les feuilles sont 
alternes, coriaces, opposes, ovales, pointues, en- 
tires, d'un vert fonc, ou quelquefois ondules et jau- 
r.alres sur leurs bords; planes, glabres et un peu lui- 
santes en dessus, lgrement pubescentes dessous dans 
leur jeunesse; et fixes sur la tige par des ptioles trs- 
courts ; elles sont larges d'un deux pouces, et quel- 
qicfois plus. 

Les fleurs sont terminales disposes en bouquets cm- 
brlliformes, portes sur des pdoncules simples, grles, 
un peu courts, munis chacun de deux bractes ovales , 
concaves, colores, caduques, et qui embrassent la 
hase du calice Ces fleurs sont d'un beau rouge bordes 



( 201 ) 
de jaune jonquille; inodores, irrgullces , et resseni 
Lient un soulier pointu. 

Leur calice est vcnilru d'un ct prs de sa base, et 
resserr en pointe vers sa partie suprieure , et il n'a 
aucune de ses divisions rejcles err d^chors. Son bord 
est divis en quatre dcoiipures in^^ales , rapproches 
ou connivenles, et doiit une suprieure est un peu 
chancre. 

On observe (selon M. Jacquin) quatre glandes ar- 
rondies (mellileres) situes dans la partie ventrue de 
la ileur. Dans Ftat parfait de la floraison , le pdicule 
along de l'ovaire permet au pistil de sortir du calice, 
de manire que le long stlle dont l'ovaire est surmonl , 
semble pr.-enler un bec qui termine Torifice resserr 
de la fleur. Le stigmate est trois divisions lgrement 
bifides. (^Enc. met. ) / 

Analyse chimique. L'Euphorbe des bordures offre 
l'analyse cbinnque les mmes rsultats que l'espce 
prcdente. D'aprs la remarque de M. Bonaslre, la rt- 
sine des Euphorbes est d'une exlrcme crel. Elle est 
iiisouble dans les alcalis caustiques, ce qui indique 
qu'elle est d'tme nature assez dillrente des autres. La 
cire que ces plantes donnent l'analyse ne diffre pas 
de celle des abeilles,- 

Proprits mdicales. On lui attribue des vertus 
propres h combattre avec avantage les maladies qui 
rsultent d'un commerce impur ; mais je n'ai point 
prouv ces effets dans ma pratique ^ aussi no puis- je 
me prononcer cet gard. 

On ne pourrait user impunment de cet Euphorbe 
l'tal de fracheur < mais tant sec , les ngres se Tad- 



( :20-;> ) 

wiinislrcnl sans le mointlre inconvnicnl. A rialri(r.:r, 
on utilise son suc pour ronger les callosits , les cors et 
ics verrues. 

Toutefois , pour employer sans danger les Euphorbes 
comme purgalils, on les laisse macrer 24 heures dans 
du vinaigre, ensuite on les fait scher pour les rduire 
en poudre trcs-line. 

BioDE d'admimistratiox. La poudre de cette espce, 
moins active que celle del prcdente se prend depuis 
i5 jusqu' 24 grains, mais de la mme manire. Elle 
agit le plus souvent comme purgative sans provoquer 
de vomissemens. Un habitant de la montagne du Gros- 
Morne Saint-Domiigue, faisait un secret de la soluti(n 
de celte rsine par l'alcool qu'il enjployait avec un cer - 
lain succs dans les affections dmateuses simples , 
cl autres cas o les purgatifs sont indiqus. 11 est h re-. 
ii:arquer que les racines annuelles sont moins actives 
que les vivaces, siulout aprs avoir labor tous leurs 
sucs pour entretenir la vgta lion de toute la plante. 



EXPLICATION Di: LA PLAKCIIK CLN-DIX-UUlT. 



1. Racine. 
tt. Organe 
5. Graiiie. 



tt. Organes scrvanl la frucliiu-atiori. 




'/'Acotio/'e j/CJ-roftr/f/\ . 



{^^/le/ x.fcif/^ 



8f:N^ITiVK KWNEITSE 



"^ e 



( :2{)5 ) 
SENSITIYE PINEUSE. 

( Purgatif Emttque, ) 

Synonymie. Vulg. Herb'mam'zelle fleurs roses. Herbe vive. 
Herbe sensible. Sensiva pudica , Lin. Mimosa 
spinis horridiuscula et sensiliva major. Pliim. , vol. IV, 
pag. i4o. Acacia de Tournefort, cl. 20. Arbres mono- 
ptales^ sect, 2. Jussieu, famille des lgumineuses. 
Ouyltaraoua, Balanabou. Carab. 

Cabact^f.es gnriques. Calice double; l'extrieur 
^ cinq dents, Tintrieur plus grand; monoptae , rc- 
ji;uier et tubuleux; tamines en nombre variable, mo- 
nadelphes, fleurs gnralement petites, disposes ea 
pis ou en ttes globuleuses , vgtaux herbacs ouli- 
gneux, ayant en gnral les feuilles dcomposes. 
( Richard, niimoses ) . 

CARACTiiREs PARTICULIERS. Fleurs sans caicule, rem- 
plac par une simple bracte latrale. Etamines trs- 
nombreuses et moDadelphes. Les fleurs hermaphro- 
dites ont de plus un pistil, qui devient une gousse 
plus ou moins comprime, trangle de distance en 
dislance , el s'ouvrant en deux valves. Toutes les parties 
de la planle sont armes d'aiguillons. Les feuilles sont 
vertes dessus , et d'un louge pourpre dessous; tonrnrnt 
siirlourpuiciilc propre , et se U'ouvani: souvent j^laces 
:r-ui' Ai\^ p[au5 opposs. ( f^ ivdcc. J - 



( . 



2yj\ ) 



Histoire ivATuntLLii. LVxlruie iiritabiiit de celle 
piaille lui a Tait donner le nom de sensillvc. 

Une plante, proiligc ! rclat de ses charmes 
Unit de la pudeur les timides allarmes. 
Si d'un doigt indiscret vous osez la toucher , 
Tout s'agite ; la feuille est prompte se cacher , 
Et sa branche mobile , aux mmes lois (idelie, 
S'incline vers la tige , et se range auprs d'elle, 

( C vsTEL , les Plantes , chant, ir. ) 

En effet, an moindre conlact,Ies feuilles de la sensitive 
se rapprochent, et ses rameaux arliculsflcliissent; mais 
Lientt ils se redressent , et les feuilles reprennent leur 
silualicn. L'espce que nous dcrivons est rampante, et 
offre l'il un riche tapis vert; mais la chvre lgre 
esi-elle poursuivie par son Llier , ou le voyageur vient- 
il fouler celle charmante verdure , leur passage se d- 
cle par des traces d'un rouge de sang, dues h la con- 
traction des folioles dont le dessous est de couleur cla- 
tante. On remarque avec lonnement ce phnomne. 

Sur le gazon , qui de leurs derniers pas 
A conserv les empreintes (idcles. 

( Parky , les Roses-Croix , chap. xii. ) 

On sme en Europe la sensitive en avril sur couche 
et sous chssis , o on la retient jusqu' la maturit des 
graines, qui, selon Mordant de Launay, peuvent con- 
server pendant plus d'un sicle leur vertu germinative. 
Pour les obtenir, il faut encore tailler la sensitive, et 
souvent substituer la tanne au chssis. En Amrique ^ 
elle crot partout; mais particulirement dans les en- 
droits secs et arides, sous les sapins. Par un temps 
frais , les folioles restent cartes et dans une dircciioa 



( .203 ) 

hoiizoulale, mais sous rinluence du soieii , ciics se 
liraient. Aprs le coucher du soleil, si la rose est abon- 
daile, les folioles se renversent et se rapprochent en 
sens contraire. 

Les branches fanes conservent encore cette irritabi- 
lit qui parat rsider, comme l'a observ M. de Jau- 
court , dans les articulations. Ce mme observateur a 
remarqu queje vent et une forte pluie font contracter 
la sensilive , en lui imprimant une forte agitation , tandis 
qu'une pluie fine n'y peut rien. 

L'obscurit , c'est--dire la privation de la lumire , 
les fait contracter subitement. ' 

Caractres physiques. Les tiges de cette jolie plante 
sont longues, couches, diffuses, armes d'aiguillons 
pars et crochus de couleur rose , et garnies de feuilles 
deux fois ailes , pinnules composes d'une vingtaine 
de folioles poses paralllement de chaque ct , vertes 
en dessus , pubescentes et d'un rouge vif en dessous. 

Les fleurs en houppe sphrique sont d'un rose vif. 
Les hermaphrodites produisent des gousses runies au 
nombre de huit douze ; releves en bosses, longues de 
quatre cinq lignes :, larges d'une ligne et demie, bor- 
des de petites pines , distingues par trois articula- 
tions arrondies et peu profondes j les semences sont 
noirtres. 

Analyse cnniiQUE. La sensitive pineuse fournit un 
principe extractif , ou espce de calhartine , plus une 
partie mucilagineuse. Lorsque les gousses sont encore 
vertes , elles donnent beaucoup de tannin d'une saveur 
astringente. L'corce des racines est amre, tonique 
et astringente , et contient aussi ce principe extracto- 
rsincux. 



( Jnf) ) 

PnopRi^/rts MDicAMis. Les ngres (Mnpiocf)!- les 
fc.nillos coniiDC iinslicaloircs on on lomoiUaliori coiUrc 
le lifnibap;c, el dans la nplirile. lis en vantent les 
])ropri('l5 anli-scrophiilcuscs. Quant moi , je ne puis 
qu'indiquer les vertus vomitives de cette plante dont 
j'ai rpl les expriences faites par les docteurs Che- 
valier et Poupe Desportes , tous deux anciens mde- 
cins Saint-Domingue, el'ai t tent de rpter ces ex- 
priences , connaissant la vertu purgative d'une partie 
des lgumineuses. La racine de la sensitive pineuse est 
regarde comme un puissant alexitre, probablement 
parce qu'elle agit comme vomitive. Les ngres en p- 
lent une longueur de quatre travers de doigt , qu'ils 
agitent dans du vin chaud. Ce remde produit son 
effet en excitant le vomissement, ou une transpiration 
excessive. Chevalier recommande l'infusion de la ra- 
cine dans les diarrhes , o elle peut en effet remplacer 
l'ipcacuanha. 

Mode d'administration. La racine se prescrit la 
dose d'un gros par livre d'eau, et les feuilles vertes c^ 
celle d'une once deux. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CKNT-DTX-NlirF. 

1. Houppe dgarnie pour laisser observer le placenla, 

2. Fleuron vu la loupe. 

o Graine de grosseur naturelle. 



/20 . 




Y'oi/o/'e ^e*Fcoierf%, ^rhtv 



(aorte/ kfcut.c 






r-aji 



( 20-^ "^ 

PSYCOTRE MTIQUE. 

( Purgatif Emtiquc. ) 

Synonymie. Vulg. Ipecacuanha stri. Ipc'cacuanlia noir 
du Prou. Psycholhia emetica , Lin. A Richard , 
Hist. ipec. , pag. 27 , tom. 2. Mulis. Psyeliotria her- 
baceca ipecacuanha nigra , procumbens, foliis lanceolalo- 
glabris , stipitis extra - foliaceis , subiilalis ; capilulis 
axillaribus , pedunculalis , panci floris , Lin., suppl. 144* 
Wild.^ spec. , plant. , vol. 1 , pag. 968 , n"^ 5o. Ipeca- 
cuanha , Pis. Brasil , pag. 101. 

Caractres gkriques. Plantes dicotyldones, 
ileurs compleiles, monoptales; de la famille des rii- 
biaces, ayant quelqu'analogie avec les cafeyers; feuil- 
les opposes ; fleurs disposes en grappes , ou panicu- 
les terminales , ou 'auxiliaires. Baie globuleuse cou- 
ronne , se sparant la maturit en deux nacules. 

Caractres particuliers. Calice suprieur persis- 
tant, quinqufide ; corolle tube allong et limbe 
court, cinq divisions , ovales, agiies; baie ovale ou 
arrondie , couronne par le calice , sillonne, deux 
loges et deux semences. Cinq tamines lilamens courts 
et capillaires insrs sur le tube , termins par des an- 
thres linaires rrifermes dans la corolle. Ovaire in- 
frieur surmont d'un slyle filiforme. 

Histoire naturelle. Le^genre psjciiotria se ren- 
contre sous beaucoup d'espces dans l'Amrique mri- 
dionale, qui est sa vritable pairie ; mais la plupart of- 
ircnt peu de ressources la thrapeutique , si ce n'est 



( .,,? ) 

le P.^ycollire sli dont il ost qwcslion ici , el qu'on est 
parvenu il nahiralisor dans plusieurs colonies IVanaises, 
anglaises, esj)agnoles et portugaises. IM. le chevalier, 
Tussac a dcrit la Psycolhrie herbace , dans sa belh; 
flore. Celle planle aime les endroits dcouverts et ex- 
poss l'aclion du soleil. M. Richard , dans son histoire 
naturelle et mdicale des dilTrentes espces d'Ipca - 
cuanha, a jet beaucoup de clart dans leur nomencla- 
ture , et compltement clairci ce point obscur de l'his- 
toire de cette plante intressante. Nous renvoyons le 
lecteur h cet excellent trait. On doit Marcsrrave el 
Pison la dcouverte des proprits de l'ipcacuanha. 

Caractres physiques. Les racines sont peu rameu- 
ses , cylindriques, allonges pivotantes; de la grosseur 
d'une plume crire^ non rugneuses , offrant et l 
des tranglemcns ; l'pidcrme d'un brun lonc , prsente 
des stries longitudinales ; sa cassure est brune , noir- 
tre, sa saveur l'ade ; son odeur niille. Les tiges herba- 
ces et rampantes sont munies de feuilles opposes , 
rapproches, trs-ouvertes, lancoles, acumines , 
entires, lisses, longues de deux trois pouces, mu^ 
nies leur base de slipides courtes, horizonlalcs , roi- 
des , subules, trs-caduques. 

'' "Les fleurs sont blanchtres , petites, axiliaires, runies 
en ttes sessilcs , au non)])re de deux h cinq , sur des 
pdoncules solitaires de la ongueur.des feuilles, garnies 
d'une bracte h peine sensible. Le cahce est court , di- 
vis h son orifice en cinq petites dents un pou rHchies. 
La corolle est infiindibuliforme , le tube cylindriqie , 
un peu vas au sommet. L'orifice ferm par un dnvot; 
le limbe h cinq divisions iancj^oles, pubescentes en de- 
dans , un peu rflchies. Les anthres sont droites. 



( -OD ) 

liin^aires,pn>e!^centesh ieur sommet ; \ii sli^malc pais , 
deux divisions; l'ovaire muni son sommet d'un 
bourrelet pais , cinq angles peu marqus. Le iVnil 
est une baie presque ovale, lisse, renfermant deux 
semences oblongues , rapproches , aigiies h leurs deux 
extrmits , convexes extrieurement. 

Analyse chimique. La dcoction de la partie 
corticale laisse en suspens une matire floconneuse , 
qui se colore h. l'air, et est soluble entirement dans 
l'alcohol , et l'ther; plus un acide vgtal susceptible 
de dcomposition parle calorique ; dift'crens sels h base 
calcaire; c'est -dire que l'analyse fournit de l'acide 
gallique, du mucilage , de l'cxtractif, et de la rsine. 
D*aprs_M. Masson, tous les menstrues aqueux s'empa- 
rent du mucilage , de l'acide gallique , et de l'cxtractif, 
mais retiennent peu de rsine ; c'est pourquoi le moil- 
eur dissolvant de toutes les parties de cette racine est 
l'alcohol 20 degrs. 

1 ROPRi ris Ji^DiciNALES. La partie corticale et la par- 
lie ligneuse ayant peu prs les mmes principes , elles 
ont les mmes proprits , mais plus forte dose que 
V'i\^cacuan\i:i annul, f C ephlls I pcacAianha ,J\ch'dvd, 
CaUlcocca Ipcacuanlia , Brot. ) La poudre d'ipca- 
cuanlia donne - petite dose, agit comme tonique ou 
diaphrotique , tandis qu' une dose plus forte , elle ex- 
cite vivement la membrane mu([ueuse des vois diges- 
tlves, et en dterminant une irritation locale , provoque 
le vomissement. Aussi c'est le plus souvent comme vo- 
mitif que l'on emploie le Psycothre stri, soit qu'il 
agisse comme vacuant ou drivatif, comme dnns les 
affections gastriques, les Pneumonies, les Ophtalmies. 



( u;;) ) 

On ne peul contester sa proprit oniqjic dans 1<* 
diarrhes chronicpics, c'esl--ciiro aprs la lerminaison 
fie I\''lal aii:;ii |)(Mi(l;ml Irqnel son usage pourrait aj:;j;raver 
les accidens ; dans le cailiaire pulmonaire chroiiifjiie , 
le croup cl !a co(jU(^luclie , on le ])rcscrit en paslillos 
ou en sirop. Oii en a vi' de hs-bons ellels dans les p/ 
rioniles bilieuses des Aunines en couches, lorsqu'il y 
a surchary;e des v<!ies di|j,eslives. On relire de celle 
psycolhre une inline moins nausctise, moins d- 
gotanle prendre que la poudre en substance. J'ai 
employ celle racine avec succs dans les fivres r- 
niitlenles de mauvais caractre, et dans les diarrhes , 
si rebelles sous la Zone torridc , et c(ui entrent dans le 

h. 

domaine de la mdecine agissanle. On a reconnu aussi 
des vertus anli- spasmodiques et emmnagogues la 
Psycolhrie Emtique, d'aprs lacorrespondancesympa- 
thique de l'estomac et de l'ulrus. 

Mode d'administration. La dose de cette racine en 
poudre est de vingt Irenle grains diviss en trois 
doses , et suspendus dans douze onces d'eau ou d'une 
infusion de feuilles d'oranger. Dans les maladies chro- 
niques on l'administre plusieurs fois le jour h la dose 
de deux 5 trois grains. Celle du sirop est de quatre 
gros une once pour les enfans. Les pastilles contien- 
nent ordinairement un demi-grain d'ipcacuanha; il 
est h remarquer que plus la poudre est fine, plus elle 
a d'action. 



EXPLICATION Dl LA PLANCHE CENT-VINGT. 

1. Piacinr. 

r. Corolle spare tii calice, 

3. Baie. 



/'/. /'. 




y/icot/o/f /feJ'coriffi/\ PiAa 



Srj-j-lji Sci/> 



\im\ n I i^:: f.m k t i o vm 



( su ) 



V 



W%<\ WW VW v*%'V*'%*^^ VV^^^^^V^^^^^^^^^^^^^'VV^W^V^V* ** W> 1 



lONlDIE METIQUE. 

( Purgative Emtique ) 

-V 

Synonymie. Vulg. ipcacuanha de Cayenne ; Violetles gran- 
des fleurs; Viola ipcacuanha. Linn. Syngnsie-monoga- 
mie. Jussieu, famille des Cistes. Viola grandi -flora veronicce 
folio villoso. Barr. franc. Equinox , page ii3. Viola foliis 
ovalibus margine subtsque pilosis. Wild. spec. plant. 
\ol. I , pag. 1172, no 38. lonidium (ipcacuanha) foliis 
ovalibus^ serratis, glabris ; petalo inferiore piano. Venteii. 
Jard.de la Malmaison, page 27. Pombalia ipcacuanha. 
Vandell. fascic. , pag. 7^tab. 1, Ipcacuanha branca 
des Brsiliens. 

Caractres gnriques. Calice cinq folioles atla- 
ches au pdoncule par leur base. Corolle irrguliro 
h cinq divisions sans perons; cinq tamines; un style; 
un stigmate simple; fruit uniloculaire trois valves ; 
polysperme ; anthres spares, deux semences dans 
chaque valve; tiges ligneuses ou herbaces, feuilles al- 
ternes ou opposes. , ' 

Caractres propres a l'individu. Tige herbace , 
feuilles alternes, souvent par bouquets; calice villeux 
de cinq folioles simples; corolle cinq ptales simples 
et sans perons, presque labie; cinq tamines h an- 
thres non adhrentes; capsule une loge; trois valves 
oblongues , garnies de beaucoup de petites graines 
rondes. 

Histoire naturelle. Cette plante de peu d'clat ne 
se fait remarquer que par la singularit des formes de 
Tome IT. 5i Livraison. . 14 



( 9.\9. ) 

sa fleur incolore , et qui a peu d'ochMir : iikus oi la re- 
chorche pour son ulililc en mdecine. Selon Mordant 
de Launay Viola vient de Fis oUndi , facull de r - 
pandre de l'odeur, ou du mot Ion, par lequel les 
a Grecs dsip:naient cette plante. Ce dernier mot vient 
n lui-mme d'Io, Nymphe change , comme on le sait , 
en Gnisse ,et laquelle , suivant les potes, et comme 
de raison , il ne fallait pour pturer rien moins que de 
la violette. On trouve l'Ionidie mtiquc dans les 
bois, dans les buissons, dans les fosss, et dans tous 
les lieux ombrageux. 

Celte lonldie se multiplie par graines, ou par l'clat 
des pieds, ou par fdets enracins. Elle se plait dans 
une terre lgre , frache et l'abri d'un soleil trop vif. 
Elle est annuelle. 

Le genre lonidium , 5elon Richard , diffre des viola- 
ries par son calice velu et dont les divisions ne sont 
pas prolonges au-dessous de leur point d'attache; par 
sa corolle non tale, ni peronne; par ses anthres 
non rapproches en cne. 

CARACTiRES PHYSIQUES. Lcs raciues sont blanches , 
corce unie, cylindriques, peu chevelues. Elles pro- 
duisent des tiges droites , hautes de deux pieds , cy- 
lindriques, villeuses , rameuses, garnies de feuilles al- 
ternes runies parpaquets, plioles, elliptiques, vertes , 
glabres dessus ; lgrement villeusesen dessous ; finement 
dentes en scie , leurs bords ; soutenues par des ptioles 
trs-courts ; accompagnes \x leur base de deux stypules 
opposes , lancoles , villeuses , releves en carne sur 
leur dos , et termines par une arrte. 

Les fleurs sont solitaires , latrales , axillaires, pt^- 
doncules, inclines j le pdoncule simple, plus court 



( s'3) 
que les feuilles ; muni , vers le milieu , de deux bractes 
trs-courtes, lancoles, pileuses leur sommet. 

Le calice est compos de cinq folioles, garnies de 
petites pointes leurs bords, point proloqges leur 
base. 

La corolle est blanche, forme de cinq ptales on- 
guiculs, dont deux plus longs, rflchis, chancrs h 
leur sommet; trois infrieurs; un trs-grand, largi, 
trs-obtus, pubescent en-dessous, relev en bosse sa 
base , mais sans peron : le fruit est une capsule trois 
valves. 

Analyse chimique. Les racines contiennent un 
principe salin, rsineux, uni beaucoup de mucilage. 
Les racines des violettes sont vivaces et toutes doues 
d'une saveur acre et nauseabonde , possdant par 
consquent une vertu mtique plus ou moins pro- 
nonce. 

Proprits MDICINALES. Touleslespartiesdela plante 
sont doues de vertus purgatives , et selon que le cas le 
requiert on fait usage des racines ou de la tige. Les ra- 
cines sont vomitives, etlatige, dose moyenne, n'estque 
purgative et propre dcider des vacuations alvines. 
On l'emploie dans les affections gastriques, dans les 
fivres bilieuses ;la racine se prescrit dans le Croup. Les 
feuilles entrent dans les clystres molliens et dans les 
dcoctions de mme nature. L'infusion des fleurs dul- 
core avec le sirop l' Herbe Charpentier ( Rivina hu- 
milis , vol. 4 > ) calme la toux , et dissipe l'enrouement. 
Ces mmes fleurs sont lgrement Anli-spasmodiques. La 
poudre des racines dose moyenne agit comme tonique , 
en fortifiant seulement les membranes muqueuses, tan- 



( 2>'. ) 

dis qu'elle devient voiiiiU\c haute dose, parce quVIle 
irrilc vivement ces mmes membranes. 

Mode d'auministra.tion. La racine en poudre se 
donne de quinze h vingt-quatre grains pour un adulte. 
Les tiges s'emploient la dose d'un gros pour quatre 
verres de dcoction rduite trois que l'on prend h 
demi- heure de distance en dulcorant le sirop que l'on 
fait avec ses fleurs , par les mmes procds que celui de 
la violette d'Europe. 



EXPLICATION Dli LA PLANCHE CENT-VINGT-UNJS. 

1. Fleur de grandeur naturelle. 

2. Stipule grossie. 

3. Ovaire environn des lamines. 

4. Fruit ouvert. 

5. Racine. 



( ^'^ ) 

L 

lONIDIE A FEUILLES DE POLYGALA. 

( Purgative Emttque. ) 

Synonymie. Ipcacliuana de Saint-Domingue. Poup. Desp. 
Viola polygala folia, Lin. Viola foliis oppositis lan- 
ceoatis , integerrimis; stipulis petiolo longioribus ; pe- 
dunculis cernuis , longissimis, Veut. Viola verticillata, 
Cavan. Viola parvi-flor veronic maris folio non-Vil- 
loso, floribus ex albo Tiolaceis. Radice alb seu cinere.. 
Poupe Desportes^ 

Caractres gnriques. Calce cinq folioles al- 
taches au pdoncule par leur base. Corolle irrgu- 
lire cinq ptales disposs en deux Lvres; celui du 
milieu, plus long, plus large, et dpourvu d'peron. 
Cinq tamines opposes aux folioles du calice. Un 
ovaire libre, surmont d'un seul style, termin par 
un stygniate simple. Capsule une loge trais valves; 
deux semences dans chaque valve* 

Caractres propres a l^individu. Tige herbace ; 
feuilles verticilles ; calice villeux de cinq folioles sim- 
ples; corolle cinq ptales simples et sans peron; 
presque labie; cinq tamines anthres non adh- 
rentes ; capsule arrondie une loge , trois valves : 
chaque loge contenant deux graines poses oblique- 
ment. 

Histoire naturelle. Cette lonidie est commaine 
Saint-Domingue, o je l'ai souvent employe. On a 
peinu dcouvrir cette humble plante au milieu des^ 



(2.6) 
l.illers qui la reccicnt. Simple comme la violcUc, dont 
elle porte le nom dans plusieurs colonies, elle exhale 
une odeur suave qui fait dsirer de la cueillir. 

Sans fasle , sans admirateur > 
Tu vis obscure , abandonne , 
Ta l'ail encor cherche la fleur 
Quand l'odorat l'a de\'ine. 

( CONSTAM DUBOS. ) 

Caractres particuliers. Les racines de celle lo- 
nidie sonl dureSj cylindriques, ligneuses, d'un jaune 
terne; donnant naissance plusieurs liges sous-li- 
gneuses , divises , ds leur base colore de rose , en 
rameaux droits, roides, lancs, glabres , cylindriques, 
menus , longs d'un pied , et plus ramifis , pars ou 
opposs , garnis de feuilles presque scssiles , opposes , 
distantes, oblongues , lancoles, glabres leurs deux 
faces , entires et rudes leurs bords , vertes en des- 
sus, d'un jaune ple en dessous, garnies de stipules 
opposes lancoles, aigus, de moiti plus courtes 
que les feuilles qui sont rlrcies en pointe leur base, 
longues d'un pouce et plus , larges d'environ trois li- 
gnes; les suprieures plus troites et plus longues, quel- 
quefois alternes; les infrieures une fois plus courtes 
que les entre-nuds. Les pdoncules sont axillaires , 
droits, solitaires, aussi longs que les feuilles , suppor- 
tant h leur sommet une fleur petite, courbe, d'un 
blanc violatre calice rugueux, cinq ptales obtus; 
l'infrieur plus large et plus arrondi que les quatre 
autres ; laquelle succde une capsule courte , ovale , 
trois valves petites , concaves , contenant chacune 
deux semences blanchtres ou noires , globuleuses , et 
ressemblant au fruit de la violette d'Europe. Gel ovaire 



( ^17 ) 

est globuleux, glabre, verdlre, trois angles arron- 
dis; le style filiforme; subsistant; le stygmate simple , 
rflchi, crochu. Les folioles calicinales lancoles, 
aigus , plus courtes que les capsules. 

Analyse cnisiiQUE. Les racines de cette lonide ont 
une cassure peu rsineuse , d'une odeur herbace, et 
nauseuse; sa saveur est amre et un peu acre; elle 
fournit l'analyse une partie amilace , un principe 
exlractif , et un peu de cire , ainsi que la prcdente ; 
car, je le repte , il y a beaucoup d'analogie entre cette 
plante :, celle qui la prcde , et la violette Itoubou , dont 
nous allons parler; ce qui prouve en faveur de la clas- 
sification naturelle. 

PROPRiTisMiDiciNALES.GetteracInene russit jamais 
mieux que lorsqu'elle fait vomir ; aussi dans les pays 
chauds est-elle prfrable au tartrate de potasse anti- 
moni. On doit en recommander l'usage dans l'asthme 
Humoral, dans la Paralysie invtre, dans la coquelu- 
che , dans les dvoiemeos opinitres, dans l'inapp 
lence, dans les ples couleurs; en un mot, toutes les 
fois qu'il s'agit d'exciter la membrane muqueuse ou do 
rectifier les disrestions ; elle convient aussi dans les 
atrophies msentriques des enfans. On lui associe, sui- 
vant les cas, les absorbans ^ les ferrugineux, le dias- 
cordium, ou l'opium. Ce mdicament, donn petite 
dose dans un vhicule tonique , gurit, la longue , les 
Nodus des goteux , et les paralysies des membres 
infrieurs qui se sont dclares la suite des convul' 
sions. 

Mode d'administration. C'est pour ces derniers cas 
qu'on doit recommander l'usage long-tems prolong 



(2l8) 

d'un vin dcMalaga ,dans lequel on a laiss infuser pen- 
dant neuf jours une oncede la poudre de cette racine: 
on en prend lous les malins une cuillere caf. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-VING-DEUX. 

1. Fleur grossie^ 

2. Division des ptales. 
5. Ovaire dans le calice. 

4 . portion du fruit ouvert. 

5. Graines. 



/y. ^23. 




/^f'o//t*J"f' /^fiCroz/j'^t/i y^//t>r . 



^Se*rj*rn Jer^^. 



V O L E r T . I T O VH o :^ 



( '^19 ) 



v% vv w%* %%^ %/** v*^ 



VIOLETTE ITOUBOU. 

( Purgative Emtique, ) 

Synonymie. Vulg, Violette en sbot : Ipcacuanha blanc. 
Viola clceolaria. Lin. Itoubou d'Aublet. Juss. Fam. des 
Cistes. Viola Ipcacuanha de Mrat. Viola Diandra, 
Lin. D'aprs Dcandole. lonidium de Poitea. Viola 
caule simplici^ hirsuto, lierbaceo; foliis lanceolatis, pi- 
losis; floribus solitariis. Lin. Swarlz , obs. botan. p. 
3i8. lonidium ( Calceolaria) hirsutum, foliis lanceola- 
tis, petali infrioris latralibus involutis. Venten. Jard. 
Malm. p. 27. Tab. 27. Viola ( Itouboa ) , foliis et cau- 
libus tomentosis; flore amplo albo. Anblet Guyan. Vol. 
2, p. 808. tab. 3 18. Itoubou par les Galibis^ et Ipe- 
caea par les Garipons. 

Caractres gnriques. Calice cinq folioles, sans 
protubrances sa base; une corolle irrgulire , cinq 
ptales , sans peron , presqu' deux lvres ; anthres 
spares ; capsule une loge , trois valves ; deux se- 
mences dans chaque valve. 

CaractIiRes particuliers. Tige simple, hrisse de 
poils jauntres; herbace; feuilles lancoles , velues ; 
ileurs solitaires. ( /^'^ce). 

Histoire naturelle. Cette plante d'un aspect coto- 
neux et d'une couleur glauque n'est recherche que par 
son utilit en mdecine. Elle crot la Guvane, Saint- 
Domingue et dans plusieurs Isles Antilles. II paratrait, 
d'aprs les observations de MM. Auguste Saint-IIllaire 
et Richard^ que les viola ipccacuaulia cl viola calcco' 



( 220 ) 

lar'ui de Lnn ; el la viola Iloiibou d'Aublet ne for- 
ment qu'une seule elniiue espi^ce ,ou plutt un mme 
genre; car on ne peut confondre ces plantes qui n'ont 
point du tout le mme aspect. La violette Iloubou qui 
nous occupe en ce moment, crot dans le sable des riva- 
ges au Brsil, la Guyane et aux Antilles. On trouve 
souvent en Europe dans les Ipecacuanha du commerce 
des racines du Viola Itoubou , connue sous le nom d'I- 
pcacuanha blanc, qui parat l'il , dit Richnrd , d'un 
blanc sale , rameuse, cylindrique, de la grosseur d'une 
plume crire , un peu tortueuse , offrant quelquefois 
des tranglemens , ou des intersections peu marques. 
L'axe central est plus pais et plus jaune que la couche 
corticale; sa cassure est assez nete^ peu rsineuse; 
son odeur est herbace et nauseuse; sa saveur est 
comme amilace , d'abord peu sapide, mais bientt 
un peu amre , et d'une cret remarquable ; elle fleu- 
rit toute l'anne. 

Caractres physiques. Les racines de l'Itoubou sont 
d'un blanc gris ,un peu jaunes l'intrieur , irrgulire- 
ment crevasses ou tubercuiccs ; longues, branchues 
cylindriques et traantes; de la grosseur d'un tuyau de 
plume crire. Elles poussent plusieurs tiges rameu- 
ses, s'levant environ deux pieds de hauteur; gar- 
nies de feuilles alternes, ovales, aigus, denteles 
leurs bords , et entirement couvertes, de mme que 
les tiges , d'un poil fauve pais. Elles sont presque ses- 
siles , et ont leur naissance, de chaque ct, une sti- 
pule longue, dentele et aigu. 

Les fleurs naissent solitaires, l'aisselle des feuilles, 
le pdoncule a un demi-pouce de longueur , et porte 
deux petites cailles opposes dans la longueur. 



( ^'^'1 ) 

Le calice esl d'une seule pice arrondie , divis trs 
profondment en cinq parties longues, troites, in- 
gales , charges en dehors de poils cendrs. 

La corolle est cinq ptales blancs dont quatre pe- 
tits et rouls en cornet , et un infrieur fort large , ren- 
vers. Son onglet est long et troit, ils sont tous atta- 
chs par leurs onglets au support de l'ovaire. 

Les tamines sont au nombre de cinq. Leur filet est 
court , l'anthre est longue , termine par une mem- 
brane sche, large et arrondie. Ces anthres sont 
deux bourses, spares par un sillon, et souvent en 
deux valves par leur face interne'. Ces tamines sont rap- 
proches et comme runies par leurs anthres qui sont 
appliques sur l'ovaire qu'elles cachent. 

Le pistil est un ovaire arrondi, aigu , trois ctes: 
celte capsule s'ouvre la base en trois valves dont 
le milieu est garni dans sa longueur d'un placenta qui 
porte un grand nombre de petites semences blanches , 
et ovodes. Aublet en a trouv la Guyane une varit 
fleurs bleues. 

Analyse chi3iqui. Les racines contiennent une ma- 
tire huileuse brune et nausabonde; un principe ex- 
Iractif dans lequel rside , ce qu'il parat, la pro- 
prit vomitive; une espce de cire , de l'amidon et des 
traces d'acide gallique. 

Proprits mdicinales. Cette espce a les propri- 
ts de ses congnres , c'est pourquoi on l'emploie avec 
avantage toutes les fois qu'il s'agit de dbarrasser les 
premires voies. Les gurisseurs du pays font un secret 
d'un lixir qu'ils composent avec un gros de la racine 
de cetle piaule, un gros d'oxide de fer par livre de tafia. 



( '21'2 ) 

el qu'ils donnent par cuillere tous les malins h jeun , 
dans les hydropisies , dans les Ilpaliles chroniques, 
dans les splililes rebelles et invres. Sans partager le 
mme enthousiasme , j'ai appliqu avec avantage celte 
prparation , que je leur ai surprise , dans plusieurs cas 
que je viens d'indiquer. 

Mode d'administration. On donne la poudre de cette 
racine la dose de soixante soixante-douze grains, 
ainsi que l'a confirm le clbre Dcandole; la tein- 
ture, depuis deux jusqu' quatre gros. 

On donnait beaucoup d'Ipcacuanha dans les Dy- 
senteries, mais on prfre aujourd'hui recourir aux 
Emoliens, aux Anodins , et aux Anti-phlogistiques ; la 
nature de la maladie tant mieux connue. 

On prescrit avec avantage le syrop Anti-catharral 
suivant; la dose d'une cuillere caf dans une tas- 
se d'infusion molliente : Prenez syrop de Violette 
Itoubou , de Cascarille et d'Ether , de chaque gale 
pa^t^e. 



EXPLICATION DELA PLANCHE CENT CEJNT YINGT-TROKi 

I. Fleur grossie. 

2^ Ovaire au milieu du calice. 



//.y^^ 




Jfor/oTV 7)fiJT4>urti/\ Jhnr . 



/iejuvi il'cit/v . 



AA 



-aS.AM%. ^ 



( 225 ) 

SABLIER LASTIQUE. 

( Purgatif Emllq^iw. ) 

Synonymie. Vulg. Arbre au diable. Pet du dable. Bais 
de sable IN'oyer d'Amrique. Hura crepitans. Lin. , clas. 
XXI. Monoecie monadelphie. Hura. Juss. , famille des 
Euphorbes. Sand-Box-tre des Anglais de la Jamaque. 
Hura foliis ovaro -cordatis , crenatis : petiolis superni 
glandulosis ( L. ) Hippomane arboreum ramulis ternatis , 
foliis cordalis crenatis. Brown Jam. 55i. 

CA.RACTir.ES GxiRiQUES. FIcuFs mono ou dioques , 
quelquefoishermaphrodiles; calice monophille; tami- 
ns dfinies ou indfinies; 2 styles (rarement plus ou 
moins ) ; capsule plusieurs loges qui s'ouvrent intc-. 
rieurement en deux valves avec lasticit. 

CARxiCTiRES PARTICULIERS. FlcuTS monoqucs; fleurs 
mles en chaton; calice trs-court, diphylle ; corolle 
nulle ; tamines nombreuses, filets runis en un cylin- 
dre dilat au sommet, en dessous duquel sont deux ou 
trois rangs de tubercules ; deux anthres sur chacune. 
Fleurs femelles solitaires : calice raonophylle , cylin- 
drique , sillonn , tronqu; corolle nulle ; un style, un 
stigmate infundibuliforme , douze divisions ; capsule 
ligneuse , orbiculaire , comprime aux deux bouts , 
douze sillons , douze loges en demi-cercle ^ qui s'ou- 
vrent avec lasticit. 

' .1 

Histoire naturelle. Au milieu des merveilles de la 
cration; l'homme, toujours infiniment au-dessous de 
son Auteur, devrait mettre toute sa gloire en procla- 
mer l'ineffable bont dans l'inconcevable multiplicit 
de ses ressources. Que de varits dans les modes de la 
reproduction des plantes I Les unes, comme les Apo- 
cius, ont des semences en forme de voians, de pana- 
ches, et plusieurs moyens de s'lever, qui les portent 



( ^A ) 

dos dslance'^ prodigouses. Celles clos Grnmncs , qui 
vont aussi fort loin , ont dos l)allos et des panicules. 
D'autres, coniue celles, du Violier jaune , sonl tailles 
en cailles l^'es, el vont, au moindre vent,s'imi- 
j)lanler dans la plus petite fenle d'un njur. Les graines 
des plus grands arbres des ujonlagnes sont aussi vola- 
tiles , Irlles que celles des Erables, pourvues de deux 
ailerons membraneux semblables aux ales d'une mou- 
che. Celles de l'Orme d'Europe enchsses au milieu 
d'une foliole ovale; celles du Cyprs presqu'impercep- 
tibles; celles du Cdre sont termines par de larges 
et minces feuilles qui forment un cne par leur aggr- 
gation ; les graines sont au centre du cne, et, dans le 
temps de leur maturit, les feuilles o elles sont alla- 
ches se dtachent les unes des autres comme les car- 
tes d'un jeu , et chacune emporte au loin son pignon# 
Les semences qui n'ont ni panaches, ni ales, ni 
ressorts , et semblent condamnes par leur poids res- 
ter au pied du vgtal qui les a produites, ^sont pres- 
que toujours indigestibles , et transportes par les oi- 
seaux dians d'autres climats. C'est par ce moyen qu'un 
oiseau des Moluques , ou l'Aracari de Cayenne repeu- 
ple de muscadiers les les dsertes de l'Archipel , mU 
gr les efforts des Holhmdais , qui dtruisent ces arbres 
dans tous les lieux o ils ne servent pas a leur commerce. 
Enfin les semences des plantes des montagnes , trop 
lourdes pour voler, ont d'autres ressources , celles de 
Cosses , dont les ressorts les lancent, fort loin , et qu!-^ 
quefois avec l'explosion d'un coup de pistolet , ainsi que 
dans le Sablier qui fait le sujet de cet article. Comme 
il crot trs-rapidement, on le choisitaux Antilles pour 
orner les promenades des villes et des habitations. Il 
parat tranger l'Archipel. 



( 225 ) 

Caractres physiql'es. Cet arLro , transpprto des 
Indes dans l'Amrique, o il se plat offrir sa curieuse 
vgtation , a le tronc et les branches revtus de pi- 
quans ,* son corce est gristre ; il s'lve la liauteur 
de nos amandiers d'Europe , et se divise sa cme en 
plusieurs branches couvertes de larges feuilles den- 
lelcspar lesLords. Les feuilles et les jeunes bourgeons 
sont lactescens. Sa fleur est monoplale et infudibuli- 
forme ; et les lymbes lgrement dcoupes en douze 
sagmens. Le mme pied porte les fleurs mles et fe- 
melles ; les premires sont sous la forme de chatons. 

Le fruit du sablier sphrode , comprim sur ses deux 
axes , est divis en douze parties ou ctes qui se sub- 
divisent encore par moiti lorsqu'il est parvenu sa 
maturit , et que dessch par le soleil , il se fend avec 
clat, et lance au loin ses semences. 

Chaque cte renferme une graine plate et ronde qui 
se joue dans sa cloison lors de sa maturit , et qu'on 
en extrait facilement par l'ombilic du fruit, si on le 
destine faire un sablier ou poudrire , d'o lui vient 
le nom de Sablier. Pour cela , il faut , avant la maturit 
du fruit , prvenir son expansion en le cernant d'une 
ficelle, et l'obligeant de mrir ainsi comprim. Sans 
cette prcaution, la chaleur du soleil le fait crever 
avec explosion, et disperser ses graines une grande 
dislance. Il est impossible alors de runir les squames 
qui le composent , car elles ont acquis , par l'explosion , 
un recoquillement qu'on ne peut rprimer. 

Analyse chimique. D'aprs un travail fait avec le ta- 
lent et l'exactitude que M. Bonastre apporte dans ses 
expriences, il rsulte que ce savant chimiste a trouv 
dans cent quatre-vingt parties d'Amandes de Ilura cr- 
pitans , les substances suivantes : 



Ilnilo grasse l^oremcnl acldiflcf , 9*2 

Slurine, 8 

Parcncliymc albuinincux , ^o 

Gomme, a 

Humidit, 4 
Ksidu contenant sel base deChaux et de 

TotassV, 4 



180 
Les cloisons extrieures contiennent beaucoup de 
principe colorant soluble dans Tcau, et uni l'acido 
gallique, puisqu'il prcipite le sulfate de fer en noir ; 
incinres la quantit de deux onces et demie , elles 
donnrent trente-deux grains de cendres composes en 
sels solubles de sulfate de potassse et de chlorure de 
Potassium ; en sels insolubles de carbonate de chaux 
combin primitivement avec un acide vgtal et des 
traces de fer. 

Proprits mdicinales. La semence du Hura cr- 
ptta?is,quelesngresemploientinconsidrment comme 
les paysans d'Europe le font des graines de l'Euphorbe 
purge , est un mtique tellement drastique , qu'on ne 
peut en user sans la plus grande circonspection et 
la rserve la plus svre, car une superpurgalion mor- 
telle peut devenir l'effet de ce mdicament hroque, ad- 
ministr trs-haute dose. Les ngres appliquent les 
feuilles vertes du Sablier , infuses dans l'huile , sur les 
parties affectes de douleurs Chroniques. 

Mode d'administration. La dose est depuis une graine 
jusqu' trois pour obtenir le vomissemenl. Les mdecins 
prudens usent peu de ce mdicament , qui pourtant 
peut offrir quelques secours dans des cas particuliers. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-VINGT-QUATRE. 

- i.Etaminc. 2. Fruit entier du sablier. 

3. Sagment de j!frandenr naturelle du fruit clat et recoffuill. 

4. Graine. 5. Porlion d'une grosse branche. 



( 2^: ) 

PLANTES PUR(VES 

Qui agissent directement sur la inyotilit ou eontrac^ 
tilit inusculaire du canal intestinal. 



SOMMAIRE. 

JLiES Plantes doues de vertns purgatives, propres 
exciter seulement la contraclilit du tube intestinal, 
provoquent j par les voies infrieures , des vacuations 
plus ou moins copieuses. La constipation prolonge peut 
jeter toute l'conomie dans de grands dsordres , 
en suspendant les oprations qui font suite l'assimila- 
tion des alimens dans l'estomac. Le tube intestinal 
est arros de milliers de vaisseaux absorbans et exha- 
lans, de cryptes sans nombre qui scrtent la mucosit 
destine lubrfier sa surface, ainsi que de mamelons 
nerveux qui donnent un aspect velout la tunique in- 
terne du conduit alimentaire^ fournit un chyle rpa- 
rateur et fortifiant. , ^ 
Le Duodnum est particulirement impressionable 
aux purgatifs, par sa courbure favorable au sjour des 
rodicamens , par l'extension facile de son tissu , et 
Tuiriux de deux liquides qui colorent les djections 
aWincs. 

Towa . 5i* Li<>'rafson. i5 



( 228 ) 

Les purj^alifs iigisscnl en sens Inverse tics inlqiirs. 
Les derniers inlerverlissent le iiiouvemeul prislallique, 
que les purgalifs au"H>enlent. 

Les purgalifs, en irritant par leur prsence la mem- 
Lrane muqueuse du conduit intestinal , augmentent la 
scrtion du mucus qui la lubrfie. Cette excitation pro- 
duit bientt un spasme, une constriction des orifices 
vasculaires qui tapissent les intestins; del suspension 
momentane des fonctions des absorbans. 

On divise les purgalifs d'aprs l'eflet plus ou moins 
actif qu'is exercent sur l'conomie. Les drastiques , par 
exemple, les plus violens de tous, occasionnent des co- 
liques violentes par l'excessive conlractiiit que leur 
crct imprime aux muscles inteslinaux; les catharti- 
ques provoquent des tensions douloureuses du ventre. 
Les laxatifs , au contraire , plus bnins dans leurs effets 
et moins perturbateurs, ne font que stimuler et dcider 
le Tiiouv^ement prislallique , sans faire prouver au- 
cune contraction douloureuse. On doit donc tre trs- 
circonspect dans la prescription des purgatifs, et 
consulter l'idiosyncrasie du malade, et le degr de sa 
sensibilit nerveuse. 

Les purgalifs qui agissent spcialement sur l'esto- 
mac et le duodnum, organe en rapport avec le foie , 
excilent des vacuations bilieuses. D'autres , n'im- 
priment aucune action aux intestins grles , mais 
exercent particulirement leurs vertus sur les gros in- 
testins. Les premiers ont une influence aclive sur le lait 



( -2^9 ) 
des nourrices , qui communique leur enfant une fa- 
cult purgative. Il est reconnu que l'action des laxatifi 
est locale , et que celle des drastiques et des calharti- 
ques est la fois locale et gnrale. 

Il ne faut pas abuser de Tusage des purgatifs, et croire, 
comme les humoristes , qu*on ne saurait trop vacuer 
les matires qui obstruent le tube intestinal; une super- 
purgalion peut corroder la membrane muqueuse et en- 
traner les plus grands accidens* 

On reconnat le besoin des purgatifs h un point dou- 
loureux des hypocondres et une pesanteur de l'pl- 
gastre. Les sabures intestinales sont annonces par la 
ftidit de l'haleine, par la langueur des digestions, 
par des vacuations alvines irrgulires, par l'engorge- 
m.ent du foie, de la rate , etc., etc. 

On doit, au contraire, s'en abstenir, et mme viter 
leur exitation quand une maladie est dclare ; dans 
l'tat plthorique et l'irritabilit nerveuse; si l'estomac 
est libre; si les vacuations naturelles ont lieu; si la 
maladie tend se terminer par une autre scrtion; il 
faut aider la nature et non la contrarier dans ses vues. 

En gnral, l'invasion d'une maladie, les nauses 
qu'prouvent les malades, indiquent les mctiques ; 
tandis qu' la fin , les vacuations alvines critiques 
prescrivent les purgatifs. La nature approuve ce pr- 
cepte, puisqu'excitant d'abord le mouvement anli-pc'- 
ristalti^jue , il Ini succde h' niouvoment py'ri'.'la!lic.-uti. 



( ii.lo ) 

Les purgatifs agissent comme drivatifs dans plusieurs 
maladies de l'organe crbral, certaines ophtalmies, 
dans les affections de l'ouie, dans l'apoplexie el l'pi- 
lepsie, par la sympathie des nerfs et du cerveau. Dei 
l'avanlage du dvoiement dans les ophtalmies et dans les 
catharres chroniques , accompagnes de dyspnes, et 
dans les affections cutanes. Mais en principe, on vacue 
d'aprs l'embarras saburral ou de l'estomac , ou des 
intestins; et d'aprs le climat, l'ge , le sexe , les habi- 
tudes, le genre de vie et la constitution rgnante. 

Si les purgatifs conviennent peu aux vieillards, l'A- 
trophie msentrique, les Scrophules et autres maladies 
produites par un engorgement lymphatique, parlent en 
faveur des purgatifs toniques souvent ritrs. 

Enfin , il est des cas o pour prvenir l'allralion 
de certains viscres trop susceptibles l'action irritante 
des purgatifs , on doit leur associer les opiacs pour ea 
modrer l'action. 



J'L ijio. 




J7iee(/ore Darpru/'lii^ J^m.r , 



{laZ/'ee/ i^cuZn. 



TA S S E 81' LVE vS T II K 



il 



( ..-, ) 

CASSE DES AiNTILLES. 

( Purgative Laxatlve. ) 

SvNOnjiE. Casse en btons. Canefcier. Cassia fslula , 
foliis quinque j^iigls , ovalis; acuniinatis^ glabris, petiolis, 
glandulatfs. Lin. class. lo dcandrie. monogyn. Cassia 

^' sylvestrisinsularura AntiliaVum, D. Cassia fistulaAlexan- 
drina; Bauhin. Tournefort^ clas. 21 arbres rosacs. 

Jussieuy cl. 14. ord. i-i Lgumineuses. Carlharto- 
carpus , Poiteau. Cassia minima arborescens, siliquis 
longis et angustis, de Saint-Domingue. Cassia galegse 
foliis, siliquis longissimis et latis , pulp caseum redo- 
lenl ; en espagnole, Canafistola. En anglais, Cassia. 

En carabe^ Keleti. 

CARACTjiRES GNRIQUES. Galice profondment divls; 
corolle de trois cinq ptales presqu'gatrx et rguliers , 
dix tamines^ libres ou soudes, dont quelques-unes 
sont souvent avortes ou rudimentaires (Ricliard). 

CaractiRes PARTICULIERS. Arbre feuilles pinnes, 
i^ans impaire; ileurs en grappes ; fruit cylindrique, in- 
dhiscent, ayant ses loges remplies de pulpe. 

Histoire naturelle. Le canefcier, dont fes siiques 
valent celles d'gyple , d'Arabie, etc., est originaire 
tic l'Egyple et des indes Orientales , mais il a t trans- 
port en Amrique et aux Antilles, o sa culture ne 
laisse rien dsirer. La forme de ses fruits pendans loi 
donne un aspect si singulier, qu'un habitant des bords 
le la Garonne, en mettant le pied terre, et aperce- 
vant iiur le rivage un canficier , s'cria : Oli ' (/uclbaji 



( '''^'^ ') 

pity! Qiidj %>icnt de UouiLlt,i3 sur les ariicsl Quoi- 
([u'il en tjoil , les ^^g^es sont tellement Iriands des b- 
tons de Casse, qu'ils les laissent rarement arriver 
maluiit , et les volent pour les manger presque verts , 
ce qui leur occasionne des coliques et des diarrhe 
sanguinolentes. 

On donne^lans les pharmacies le nom de casse en b- 
tons, aux gousses entires. Fraj)pessur unedeslutures 
avec un maillet, elles se divisent en deux, et laissent 
dcouvert la pulpe , qu'on enlve l'aide d'une spatule 
de fer troite , c'est ce qu'on appelle la Casse en Noyau 
Cette mme pulpe , passe au travers d'un tamis do 
crin , prend le nom de Casse Monde , et se conserva 
quelques jours dans des vases de fayence placs dans 
un lieu frais. 

Les Juifs, dit Valuiont Bomare , avant leur exil de 
l'Amrique , avaient l'art de confuse cette casse encore 
verte, et de la rendre dlicieuse, au got mme des Eu- 
ropens. Soit que celle nalion ail emporl son secret, 
ou que le sol ait dpri, il est certain qu'on n'en pr- 
pare plus gures aujourd'hui. 

Caractres physiques. Le canficier, en Amrique, 
fleurit en avril et en mai, o il donne de belles grappes 
pendantes semblables celles du Robinier, ou faux Aca- 
cia; il est alors enUrement dpouill de ses l'eu illes. C'est 
un bel arbre , dont le port ressemble celui du Noyer 
d'Europe. Il s'lve la hauteur de quarante cin- 
quante pieds. L'corce est lisse et cendre; le bois est 
dur et rousslre. Les leuilles sont alternes, plioles, 
composes de cinq six paires de folioles ovales-poin* 
tues, en fer de flches, longues de trois cinq pouces sur 
^eux de large , et marques de nervures fine?. 



( ^"^^^ ) 

Les fleurs , d'un jaune brillant, sont disposes par 
grappes lgantes de huit dix pouces de longueur et 
pendantes. Chaque fleur, pourvue d'un pdoncule par- 
ticulier assez long , est compose d'un calice de cinq 
pices ovales , concaves , courtes , caduques ; d'une co 
rolle forme de cinq larges ptales obtus vdus ; dix 
tamines' de longueur ingale, dont les anthres sont 
bilobes; un ovaire suprieur, pdicule, surmont d'un 
style court , arqu , et termin par un stigmate simple. 

Le fruit est une gousse noirtre, pendante, cylin- 
drique, droite , plus grosse que le pouce , longue d'un 
pied et demi, divise h l'intrieur, par des cloisons 
minces, transversales et parallles, en beaucoup de 
loges , dont chacune , enduite d'une pulpe noire , con- 
tient une grane en cur , applatie , dure et rousslrc 
Les deux cosses , minces et ligneuses , sont runies 
par deux sutures , dont l'une est plate et lisse , tandis 
que l'autre est saillante et nerveuse. On y voit jusqu' 
douze et vingt gousses runies sur la mme branche par 
pdoncule flexible , ce qui a donn lieu au propos du 
Gascon, cit plus haut. Lorsque le vent agite ces gousses, 
elles font, en se choquant, un bruit ou cliquetis qui 
rompt le silence des forts solitaires qui les reclent.. 
Ces gousses tombent quand elles sont mres. 

Analyse chimique. D'aprs les expriences exactes 
et scrupuleuses du clbre Vauquelin , je me suis con- 
firm que la casse est compose d'une matire paren- 
chymateuse, de glatine, de gluten , d'une partie do 
gomme, d'extrait et de sucre. 

On sait aussi qu'elle produit un suc sucr fermen- 
loscible, rtque de huit onces de casse en btons, ort 
retire quatre onces de noyaux pulpeifx, qui , passs ait 



( >4 ) 

tmDisdcciiUjUt'touriisst'nlpiusquedcu.^oiicebdL'jiujc. 
Une livre de pul])e donne qualre onces d'Exlruit plllu- 
Iairc,un penmon,qui purgesanschauflerla dose d'une 
once; mais qui conltcnl beaucoup de gaz, provenant de la 
disposition qu'a le suc h entrer en fermenlalion , ce qui 
n'arrive pas lorsque le fruit est rcemment cueilli. L'ex- 
Irait de Casse est prfraLle lant spar de sa fcule , et 
ne contenant que le suc sucr. La pulpo est un remde 
magistral qui ne peut se conserver plus d'un jour en 
t , et deux ou trois en hiver. 

Proprits mdicinales. L'eau de casse mtise 
offre un doux purgalif dans les fivres continues et les 
pripneumonies bilieuses. On obtient aussi de ses fleurs 
un sirop qui est un trs-bon laxatif. 

La proprit lgrement acide de la pulpe la fait pr- 
frer dans beaucoup de circonstances. Elles lie con- 
viiudroit cependant point , dit Comparetti , dans les 
affections hypocondriaques, o elle occasionne des fla- 
tuosils, des tranches, en irritant trop sensiblement 
la contractilil fibrilaire de l'estomac et des inlelins; 
mais cette observation n peut regarder que la Gasso 
dtriore du commerce, prpare dans des vaisseaux 
de cuivre, o elle acquiert des proprits dltres, 
vl non celle prise sur les lieux, ou de bonne qualit , 
<jui n'a jamais fait prouver ces accidens. Fourcroy 
avait dj reconnu cette vrit, en afirmant qu'on peut, 
^ans le moindre danger, la presciire dans les mabidies 
<)es femmes enceintes , et des enfans ; dans les maladies 
inflammatoires , les affections goutteuses et rhumalis-.; 
maes, et les maladies de poinne. Les mdecins gyp- 
tiens l'ordonnent dans les maladies des voies urinaires.La 
pulpe de Casse , prise en petite quantit aVant lerop;??. 



( ^^'^ ' 

rcmdiV. aux iiiconvniens de la constipation et d*an& 
digestion pnible; aussi, 

Xa casse prolorigea les vieux jours de Voltaire. 

(delule.) 

MoDj d'administration. Poupe Desportes recom- 
mande l'usage du lavement purgatif suivant : Prenez 
Classe concasse, |demie-livre; faites-la bouillir dans 
parties gales d'eau de mer et d'eau douce , et passez la 
dcoction. On prpare en Europe VElcctuaire de Casse, 
qui se fait en combinant avec de la pulpe de casse, de 
la manne , du tamarin , et du sirop de roses ou de fleurs 
de Pcher. Deux onces de pulpe de casse purgeant trop 
faiblement , on y joint trois gros de sulfate de soude ou 
de magnsie. On applique souvent la pulpe de casse en 
topique dans les hpatites et la goutte. Poupe Desportes 
recommande laasse pour les maladies d'hiver, mais les 
Tamarins pour celles d't. 

Nota. Il y a plusieurs espces de casses : Casse 
feuilles chancres; Cassia Eraarginata, Lin.; Gassia 
luinor hexaphyllafructicosa; Senu foliis; Sloao. Jam. 
clc. 



EXPLICATION DE LA l'LANCIlE CKNT-VINGTClNQUlkME. 

1 . Gousse ou fruit apel Bton, 

2. Grane. 



i5. 



( 23G ) 



'^%^%'%'^v^>^^v%%v^>%'yW%%%^X'Vv^'V w-v<^%-v%-v-%-w%^-v\-v^^x-vw^ '%^v%v%v\^^% %V'V%x'V'% 



TAMARIiMER. 

( Purgatif Laxatif. ) 



Synonymie. Vul. Tamarins. Tamarindusindlca. Lin. trian- 
drie monogyn. Tourn. appendix. Jussieu,Fam. des 
Lgumineuses. Tamarlndusfoliis pinnatis, raullijngis ;Flo- 
ribus racemosis.Linn. Taraarindus occidenlalis; Gst- 
ner. Siliqua arabica quae tamarindus. B. Espagnol, 
Tamarindo. Portugais, Tamarinheiro. -Anglais, Ta- 
marind - tree. Malabarois , Balam. PuUi. Rheed. 
Madcram-Pulli, Hort-Mal (Vivace.). 

Caractres c/nriques. Calice turbin sa base , 
divis suprieurement en quatre lobes un peu ingaux 
et caducs, corolle de trois ptales onduls; trois ta- 
niines monadelphes par leur base. Gousse paisse . 
alonge, pulpeuse intrieurement, et contenant plu- 
sieurs graines. Grands arbres feuilles parapinnes et 
fleurs en grappes (Richard.). 

Histoire naturelle. Rien d'aussi romantique qu'un 
cirque plant de Tamariniers tte ronde, et du plus 
beau vert quand ils vgtent sur un sol gras et fertile 
o leur feuillage touffu les fait bientt remarquer , 

Car souvent le phir agite leur verdure. 
Leur feuillage frmit , se soulve et murmure. 

(St.-Lambert.) 

Le ton du vert qui les dcore parle l'imagination 
de ceux qui aiment la solitude , et qui recherchent le 



P/. 2^^. 




J /leoao/'C jJej'Coiw/i/\ J [n,v 



arie/ Jcu/ii . 



( a:,; ) 
cours des eaux el le Lruissement des fontaines. Il m'en 
souvient encore 

Pholo , ce jour-l, sous un berceau lointain-, 
Se confiait , paisible , la fracheur du bain : 
La , d'pais Tamarins , penchs sur l'onde pure. 
Protgeaient sa pudeur d'un rideau de verdure. 

(Deguerle. ) 

Les Tamarins indiquent aux amans 1 heure du rendez- 
vous de la soire ; Quand les Tamarins fermeront leurs 
feuilles, disait Paul Virginie. Passons l'ulilil de cet 
arbre prcieux. Son bois dur et compacte est propre 
btir; son feuillage est recherch des bestiaux qu'il en- 
graisse, el ses fruits sont utilement employs l'oflice 
et en mdecine. La manire de les prparer pour leur 
faire supporter sans inconvnient un voyage de long 
cours , est de dpouiller le lgume de son enveloppe co- 
riace et des parties fibreuses dont sa pulpe est entre- 
mle, et le mettre confire avec du sucre brut, stra- 
tum super sltatum. Il se conserve bien par ce procd 
qui rassure contre la crainte d'y trouver de l'actate de 
cuivre , enlev par l'acide de la pulpe aux vaisseaux dans 
lesquels on aurait eu la ngligence de laisser sjourne? 
ces fruits. Il y a des espces plus sucres que d'aurtes, et 
par consquent, plus promptement fermentescibles. Les 
Turcs et les Arabes font un grand usag'e des Tamarins 
frais, dans leurs voyages, pour appaiscr leur soif au 
milieu de leurs dserts brlans. Confits au sucre, ils 
sont , bord des vaissaux , aussi agrables que salutaires. 
En Afrique , les Ngres en mlent avec le Riz cl le Gou^ 
eou dont ils se nourissent. 



( '''ii ) 

('AF.ACTiiRiis l'UYsiQLiis. Lc lainarinicra le Ironc rccou* 
verl d'une corcc brune , il est trcs-brancliu vers sa partie 
suprieure. Ses feuilles sont allcrncs , lgamment pin- 
nes, sans impaires, composes de dix h quinze paires 
de foliolesopposes, presque scssiles, petites, elliptiques, 
)b{uses, trs-entires, glabres, inquilatrales leur 
base. 

De l'extrmit des rameaux, pendent des grappes com- 
poses de huit II dix fleurs assez grandes, d'un jaune 
fouett de vert et ray de rouge. Elles paraissent en mai 
et en juin, et se font voir souvent deux fois Tanne. Leur 
calice est turbin sa base, divis suprieurement en 
quatre lobes un peu ingaux et caducs. La corolle se 
compose de trois ptales redresss, onduls sur leurs 
bords, un peu plus longs que le calice. Les tamines sont 
au nombre de trois seulement, dclines vers la partie 
infrieure , soudes et monadalplies par la partie inf- 
rieure de leurs fdets , entre chacun desquels on aper- 
oit une petite dent aigiie. L'ovaire est allong , troit , 
falciforme , un peu velu , termin par un style re- 
courb. 

Le fruit , qui mrit en septembre et mars , est une 
gousse paisse , longue de quatre cinq pouces , un peu 
recourbe, d'une couleur brune rougetre, prsentant 
de dislance en disLance des espces d'tranglemens , 
remplie intrieurement d'une pulpe rougetre acidul, 
contenant des graines brunes et irrgulirement eu- 
bodes. 

Analysj chimique, m. Yauquelin (Ann.de Chimie, 
Unn. V, p. 92) a retir d'une livre sept gros trente-deux 
grains de la pulpe sucre du oommercc , c'esl--dire. 



( ^^"^9 ) 

du Tamarin qu'on envoie confit dans le sucre : i" Tar- 
trate acide de potasse, quatre gros, dix-huit grains; 
gomme, six gros; sucre, deux onces; glatine, une 
once; acide citrique, une once quatre gros; acide tar- 
trique libre, deux gros; acide malique, quarante grains; 
matire fculente, cinq onces; eau , cinq onces six gros 
cinquante-deux grains. Total gal, i^j,r=i:5 vij. g'^. 52. 

Les Tamarins con tiennent une grande quantit de sel 
essentiel qui empche que la substance pulpeuse ne fer- 
mente comme celle de la casse; aussi la pulpe de ta- 
marins se conserve long-temps sans se gter. Elle se 
dessche seulement, et dans cet tat elle est remplie 
d'une grande quantit de petits cristaux de sel essen- 
tiel. 

La pulpe de tamarins est un minoratif; elle rafrachit 
et dsaltre. La dose est depuis deux gros jusqu' une 
once. On fait le sel essentiel de Tamarins, en raettan t bouil- 
lir la pulpe monde de ses graines dans quatre fois sou 
poids d'eau; on passe la dcoction avec expression, ou 
fait bouillir une seconde fois, et on passe. On mle les 
liqueurs, on les clarifie aublanc d'uf , on filtre, et on fait 
vaporer. On obtient par le refroidissement des cris- 
taux trs-acides. Les cristaux sont roux cause de la 
partie extractive colore On pourrait les purifier par 
l'intermde de l'eau, mais alors les cristaux seraient 
blancs. 

Proprits mdicinales. Les parties acides, ami- 
laces , gommeuses et sucres de la pulpe des Tamarins 
lui assignent un des premiers rangs parmi les mdica- 
raens acides rafrachissans et temprans. Une once de 
cette pulpe , bouillie pendant cinq minutes , dans une 



( ^i^^ ) 

])iiile d'eau, et cdulcorc C(>nv( nablcmenl , oiTre une 
3)(>isson rafrachissante, que Ton prescrit dans les fivres 
])ilieuses ou les aulrcs irritations [jjasiriques peu in- 
tenses : elle modre la chaleur de la fivre. On rend 
celle boisson laxalive, en doublant a dose et la faisant 
bouillir pendant une demie-heure dans un vase dejlerre 
vernisse. On emploie cette pulpe comme purgatif dans 
les fivres bilieuses et adynamiques, la fivre jaune et 
le typhus, les embarras gastriques et intestinaux, les 
hernies trangles; dans la dyssentrie'et la pritonite, la 
nphrite aigiie et la blnorrhagie; on en use modr- 
ment dans les maladies de poitrine ,. cet acide provoque 
la toux. On doit viter d'associer la pulpe de tamarins 
aux sels base de potasse , qu'elle dcompose pour en 
former des sels neutres, en sorte que son action devient 
nulle, ainsi que l'a reconnu M. Vauquelin. La tisane de 
tamarins remdie aux inconvnens produits par les pur- 
gatifs acres et trop violons. Il convient que l'acide ci- 
trique y soit peu sensible, et port Ftat savonneux 
par le mlange du sucre. On peut la rendre vineuse si 
l'estomac ne peut la supporter autrement. Elle convient 
aux nouveaux dbarqus comme moyen prophylaciique 
de la fivre jaune , en prenant des bains et des clysties 
en mme temps. 

Mode d'administration. On donne la pulpe la dose 
d'une ou deux onces, suivant l'efTet qu'on veut pro- 
duire ; on la mlange avec le sucre ou avec le miel pour 
en former un lectnaire. Poupe Desporles prescrit la 
formule suivante : Prenez pulpe de tamarins, trois onces; 
Bourgeons, une pince; sucre, quantit suffisante; 
eau , une livre et demie. On fait aussi un petit lait ta- 



( 34i ) . 

marlnd avec une once de pulpe , et une pinte de pelt 
lait. Pour les voyages sur mer, on prend : Sucre de 
lait , deux gros; Sucre , une once ; Gomme Arabiqui , 
demi-gros; eau bouillante j une pinte et demie rduite 
d'un tiers. 



EXPLICATION DE LA. PLANCHE CENT-VINGT-SiXifeME. 

1. Etamines et pistil en position. 

2. Graine. 



( 2-r) 

lUGIN ANNUEL. 

( Purgatif Laxatif . ) 

Synonimie. Vulg. Catapuce. Ricinus vulgaris ; foliis pellatis 
subj)almatis serralis, Linn. Monoecie monadelphie, Juss., 
class. i5^ ord. i _, famille des Euphorbes. llicinus AfrU 
canus maximus, caule geniculato rulilaiite, Tourn.cl. i5, 
sect. i5 y gen. 6. 

En Espagnol et en Portugais, Ricino. En Anglais^ Co7W/?2072, 
Palma-Chrisli-Nambu-Guacu de Pisou. 

CaragtjiRes gnriques. Fleurs monoques disposes 
en grappes; les fleurs mles qui occupent la partie in- 
frieure , se composent d'un calice k cinq divisions trs- 
profondes , et d'un trs- grand nombre d'lamines dont 
les filets sont soudes par la base en plusieurs faisceaux 
distincts. Les fleurs femelles naissent au haut de la 
grappe ; leur calice est trois ou cinq divisions cadu- 
ques ; l'ovaire est h trois loges, monosperme, surmont 
d'un style trs-court et de trois stygmates bifides et li- 
naires. La capsule est tricoque ( Richard ) . En Europe, 
la plante est annuelle et herbace, tandis qu'elle est 
vivace et ligneuse en Amrique. 

Caractres PARTICULIER s. Feuilles en bouclier, 
comme palmes , dentes en scie. 

Histoire naturelle. J'ai dj donn l'histoire du 
Piicin Arborescent ( i*"^ volume, planche 69 , page 2 5o, 
classe des Vermifuges), Celui qui nous occupe en ce 
moment n'a plus le mme port , quoiqu'ayantles mioes 
caractres botaniques et les mmes proprits. On le 



P/. 7^/. 




Tnfre/ore J?&r/vuf/i/i. fmj- 



irafifte/ Jcu/v 



^WVVA. 



f ^43 ) 

rrlrouve, :jii>! (|iic le premier, dans les uenx l.Jes et 
en Anirique, <3 il devient ligneux, et s'lve la hau- 
teur de trente quarante pieds. On retire des graines 
{les deux espces , Thuile fixe de -palma-christl , mais il 
est essentiel que cette prparation soit confie des 
personnes exactes et probes, qui soient incapables d'y 
joindre des graines de Crolon, dont la plus petite quan- 
tit peut produire des superpurgations. Il est du devoir 
iussi des prparateurs ds ne point laisser subsister la 
jlr.nlulc de la graine , qui offre un drastique trs-vio- 
lent. La nature, partout prvoyante , couvre avec pro- 
digalit, en Amrique , le sol de la plupart des cime- 
tires, de Ricins de la plus haute stature, de Bclles- 
tie-nuits, et d'autres plantes propres h fournir beau- 
coup d'oxgne et capables d'attnuer les exhalaisons 
uiphitiques des cadavres inhums. Aucune plante ^ 
j)eut-tre, n'absorbe avec autant de facilit l'humidit 
de l'air que le Ricin, dont les feuilles se fanent sous l'ar- 
deur du soleil pour reverdir pendant la nuit ; 

Apvs les feux du jour , ces plantes inclines, 
Languissent tristement sui' leurs tiges fanes. 

( Castei,. ) 

CauactIues PHYSIQUES. La tige de ce Ricin est dresse, 
ameuse , haute de quatre six pieds , cylindrique , fis- 
luleuse, glabre, purpurescente et glace de blanc. 

Les leuilles sont alternes , portes sur des ptioles 
fort longs, cylindriques et creux. Elles sont peltes, 
palmes, sept ou neuf lobes ovales , lancols, aigus,* 
doublement serrs, glabres, verts des deux cts, et 
diviss par des nervures d'un rouge laque. Chaque 
feuille est accompagne sa liasse d'une stipule ca-" 
duque , opno ft la feuille, presqu'ampexicaule , ovale 
et rncnLi'anci:.^c. 



( -'.-) ) 

Les iluurs soiil inoiiuqiius , rcutiies sur une nicine 
grappe, exlra-axiliaire, coiiune pyramidale , garnie au 
sommet do fleurs lemolles, et sa base de fleurs mles 
en houppe jaune. Les fleurs mles et femelles sont p6- 
doncules , et le pdoncule est articul vers le milieu 
de sa longueur. 

Les fleurs mles se composent d'un calice cinq di- 
visions concaves, ovales, aigiies et rflchies. Les ta- 
mines sont exlrmement nombreuses, polyadelphes; 
aucune trace d'organes femelles. 

Les fleurs femelles ont aussi un calice h cinq divi- 
sions troites et lancoles , caduques , quelquefois sou- 
des ensemble par leurs bords. L'ovaire est libre, glo- 
buleux , trois ctes charges de turbercules charnus , 
termins par une pointe excessivement fine et acre; 
il esta trois loges uniovules. Le style est excessivement 
court et porte trois stygmates allongs, linaires, trs- 
glandulrux; bifides dans leur moiti suprieure. 

Le fruit est une capsule glanduleuse trois ctes 
saillantes, arrondies, glauques et charges d'pines 
(iiichard). 

Analyse chimique. M. Boutrou Charlard (Journal de 
phirmacie, aot 1822) a donn un mmoire fort in- 
tressant sur la sparation de la starine dans l'huile de 
Ricin Europen, par un abaissement de temprature. Je 
renvoie le lecteur cette intressante dissertation. Nous 
croyons pouvoir citer en entier le procd que M. Faguer 
(Journal de pharmacie , octobre 1822) emploie pour 
extraire l'huile de Ricin, moyen qui me parat pr- 
frable. 

Les procds employs jusqu'ici sont 'bulition et 
Tf^xpression. Le premier , dispendieux par les con!)us- 



( ^4^1 ) 

JJMc S iju'il iiccci^sle, doune peu d'iiuilc , e::corc es! - 
'Ile cie , par rimpresslon de la chaleur destine en 
sparer le mucilage. 

Par le second, l'huile est plus douce, mais plus 
dilicile extraire, en raison de sa viscosit et de la 
grande quantit de mucilage qui Taccompagne. 

Le procd de M. Fraguer offre plus d'avantages. 
Il est fond sur la proprit qu'a l'Alcool de dissoudre 
l'huile de Ricin et d'en sparer le mucilage. 11 consiste 
h dlayer froid les Ricins privs de leur enveloppe et 
rduits en pte avec une certaine quantit d'Alcool 
56^ ( quatre onces par livre de ricin). Ce mlange est 
mis la presse dans des coutils; le liquide sort avec 
une trs grande facilit; on le soumet h la distillation , 
et l'on retire toujours la moiti de l'alcool employ. 
Le rsidu de la distillation est lav plusieurs eaux; 
l'huile spare de l'eau est porte sur un feu doux pour 
en vaporer toute l'humidit; on la retire alors du feu 
et on la jte sur des filtres qui sont placs dans une 
tuve chauffe 5G^; elle filtre avec facilit , et on l'ob- 
tienl trs-belle et surtout trs douce. 



'ff.i. 



Si l'on opre avec l'enveloppe de l'amande , Thuile 
est plus colore , quoique de la mme saveur. 

On obtient dix onces d'huile par livre de Ricins 
monds, et sept onces seulement avec les Ricins non 
monds. Par ce procd opratoire , on retire beaucoup 
plus d'huile que par l'ancien . 

Ainsi , comme l'observe judicieusement M. Faguer, 
il y a dans ce procd facilit d'excution , qualit et 
quantit de produit, ce qui doit faire pencher en sa fa- 
veur. 



( v4() ) 

S:ivi;rj{ II. r/on:;:->lre,cenl {torlit^^ (.l'itinnii^lf'S (!(.' Ricii 
crrcccs lui ont donnes : hnie douce, lorsqu'elle est 
rccento, Go; slnrinc crislallisa])le, 6; acide, quantit 
inaprciable, oo ; Albumine solublc, lo; fibre abumi- 
nense non solublc, 18; humidit, 5 ; cendres conte- 
nant du sous-carbonate <le potasse , 5, total, 100 part. 

PnoPRiiT/iS MEDICINALES. L'Iuilc de palma-christi 
oliVe un prcieux laxatif dans la fivre jaune, o on 
l'administre par cuillere de deux heures en deux 
heures, surtout lorsqu'il y a strangulation et engoue- 
ment des bronches. Cependant il est bon d'tre , en g- 
nral, trs-rserv sur l'emploi des huiles sous la zone 
torride, car, outre qu'elles y rancissent trs-facilement, 
leur usage trop prolong nuit aux facults digestives et 
nerve les forces. C'est un mdicament dangereux dans 
l'tat fbrile ; il n'en est pas de mme de ses feuilles 
qu'on emploie extrieurement avec beaucoup d'avan- 
tages. On les trempe dans du vinaigre froid , pour les 
appliquer en topique sur le front et la tle, comme des 
r^frigrans utiles dans les cphalalgies occasionnes 
])ar l'action solaire, ou un afilux de sang vers Fenc- 
j)hale. On a observ qu'elles excitent une transpiration 
trs-abondante de la partie sur laquelle elles sont ap- 
pliques. Chaufiees seulement , on les emploie comme 
niollientes dans la pritonite puerprale. 

L'huile faite froid tant prfrable , et sans danger 
si l'on a enlev la plantule de la graine , se prescrit dans 
les colifjues , et les hernies trangles, pour dtruire les 
Ascarides. On prlendque lave plusieurs reprises dans 
de l'eau sature d'acide sulfurique, elle pourrait servir h 
l'usage de la table. On fait avec des cmbrocations sur 
le bas ventre (les enfans , dans les affections vern)incuses 



( 347 ) 
t dans la gratelle ou autres affeclions cutanes , ainsi 
qu'en frictions dans les scrophules; au dbut de l'en- 
gorgement des glandes. Elledterge les ulcres sordides 
selon Chevalier. On diminue son acrimonie en y ajou- 
tant du sel de tartre, puis l'aromatisant. Suivant Rhced 
la dcoction des racines lve les obstructions, dissipe 
l'enflure des pieds , et les douleursdesreinset du ventre. 
Elle i'ait aussi , dit- il, des merveilles dans la Tympanite, 
l'Asthme, la Podagre. Un bain des feuilles provoque les 
urines, etc. 

Mode d'auministra.tion. Une cuillere de sirop de 
batterie , le suc d'une orange sre', et une d'huile 
de Ricin , forment un excellent lock qui purge lgre^ 
ment; on l'administre aussi en lavement. Poupe Des- 
portes recommande l'embrocation des feuilles et de 
l'huile comme excellent rsolutif employer dans la 
gonorrhe tombe dans les bourses. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT-VINGT-SEPT. 

1. Fleur mle. 

2. Fleur femelle. 
5. Graine. 

4. Fruit trigone dont deux amandes sont coupes. 



( '/.s ) 

BALIIINIE AGUMINK. 

( Purgat if Laxatif, ) 

Svr;oNYMiE. Bauhinia acumiriata scandens. Linn . Dcaiirlrie 
monogynie. Jussleu, Famille des iguinlneuses. Bau- 
Iiinia lolils ovalis ; lobis aciiminalis semi-ovalis, Linn. 
Mill. dicl. nos. Senn spurie S. asjdiallo affinis arbor 
siliquosa foliis bifidis. Sloane. .Tani. hist. i, p. 5i. Ban- 
ginia foliis bilobis, spicis Iaxis lerminalibus. Brwn. Jam. 
Bauliinia foliis oblongo-aculis, iiervosis , flore albo. 
Burm. Ztyl. p/|5. ^Velultamandarn. Rhecd. mal. p. 61. 
t. 54. I^aj Hist. 1751. Naga-mu-valli- (Malab.). fin por- 
tugais, Basia de Jogi. En Belge, Bedal-houd. 

Caractres gknriql'es. Calice irrgulier, quinqu- 
fide, caduc; plales tals, oLloi)gs, onglets; le sup- 
rieur plus disaut, tous iusrs au calice; lgume. 

Caractres particuliers. Feuilles ovales; lobes aigus 
demi-ovales ( vivace). 

Histoire naturelle. Cette jolie fleur polyptalc , et 
de la famille des lgumineuses , a des rapports avec le* 
Casses et le CourLaril. Leur feuillage est aussi trs re- 
marquable en ce que chaque feuille est toujours partage 
en deux lobes plus ou moins profonds. Les Ngres ido- 
ltres emploient les fleurs de celle Bauhioie pour parer 
leurs Fiirhes , cl leurs prtres i^n ceignent le IVont 
dans les grandes crmonies. Ils entourent aussi de guir- 
landes de Bauhinie les cornes des cabrits qu'ils olrent 
en holocauste. 



7'/.j2H. 




ao'tel Jful/> 



%S\'\\y^\\ 



\ 



CARACTkuEa PHYSIQUES. La Bauhliie que je dcris ici 
n'est point un arbrisseau , comme plusieurs auteurs se 
sont plu la qualifier, mais une plante tige sarmen- 
leuse. Ses feuilles sont ptioles, chancres en cur h 
la partie suprieure , et divises en deux lobes par le 
bas, plus larges que longues, trs glabres en-dessus, 
nerveuses , veineuses, et un peu pubescentes en-dessour. 
Les fleurs, d'une forme lgante, sont amples et blai:- 
ches. Elles viennent en grappes terminales et axillaires. 

Elles ont un calice trs-long , qui avant de s'ouvrir , 
ressemble un tube ventru sa base; cinq ptales 
oblongs et obtus; dix tamines plus courtes que les 
ptales et dont les filamens libres et nullement diadel- 
phiques, sont un peu rapprochs leur base autour du 
pistil. Il leur succde des gousses glabres, longues de 
deux trois pouces, dont la pointeest recourbe , droites 
et minces en leur bord infrieur; un peu courbes, 
paisses et double rebord sur leur dos. Elles contien- 
nent des graines noires, rondes, et quelquefois de la 
forme d'une larme. 

Analyse criniiQUE. Toute la plante fournt un extrait 
savoneux; toute la partie dissoute par l'alcool et pr- 
cipite par cet agent est lgrement rsineuse; tandis 
que la partie soluble , dans l'eau , offre des traces de 
sels, tels que le sulfate de potasse, le carbonate de 
chaux, la magnsie, etc. 

Proprits mdicinales. Les fleurs sont laxatives 
comme celles del Casse. La dcoction de la racine e>l 
carminative et vermifuge. Edulcore avec le sirop 
d'Herbe Charpentier, elle offre une tisane pectorale 
et expectorante. 



( 25o ) 

MoDK d'admimstration. La dose dis flurA est d'urirt 
once par pinle d'eau bouillante, sans i/Mlnclioi). Cf.'IN* 
des racines esl d'une demi-once pour une livre el deniie 
d'eau , qu'on fail rduire une livre. 

Nota. Plantes laxativesrapport/es dans d'autim;* 
CLASSES. 1. Suc d'oranges amres; 2. Sjic de cironelle; 
5". Rob de Malpighie ; 4'' Gombo; 5". Begone , eic. 



EXPLICATION 1)K LA PLANCHE CENT-VINGT HUIT. 

1. Gousse ouverte, 

2. Graine. 

3. Vrille qui sert d'attache la plante. 



//./^v. 




7 Vn'ot/ure /;i'iYi//r/i/\ J^iri.r 



aorie/ Jcii/i>, 



1101 oc; illirtAIllIE 



u 



( ^5i ) 

vvS v\^ w^ w w* w> V v^ v\^ v\^ v\^ \\^ vv^ \\> vvx w^ v\> vv vv^ vv^ v\% v\> \\> vv vvS v\> v\^ .\ v^ vv^w^w iw 

ROYOC, RHUBARBE BLANCHE. 

( Purgatif catharliqiie. ) 

Synonymie. Vulg. Ilhubarbe des Carabes. Morinda Royoc. 
Lnn. Pentandrie Monogjnie. Jussieu , famille des Ru- 
biaces. Royoc bumifusum fructu cupressino. Plum. Vol. 
V, p. 17. Morinda procumbens , floribus tetrandris, qua- 
driparltis. Morinda sufFruticosa , foliis oblongis, angus- 
tis, utrinque acutis, radie croce. Brown. Jam. 1659. 
Morinda procumbens. Hort.Cliff. jS. Morinda americana 
humifusa laurifolia. Vaill. Act. 1722. Periclimenum ame- 
ricanum cujiis radie fit atramentuni. Pluken. Alra. 287 ^ 
t. 212 , f. 4 Aublet. Guiane , p. 200. Loureiro. Flor. Co- 
cbin., p. 174. En portugais, Moringo. En anglais, Royoc. 
(Vivace.) 

Caractres gnriques. Fleurs monoptales de la 
famille des Rubiaces , runies et trs-serres ^ le stig- 
mate divis en deux \ baies agrges , anguleuses, quatre 
loges j rceptacle presque rond. 

Caractres particuliers. Tige recourbe et intrieu- 
rement couche ^ baies dispermes -, corolle infundibuli- 
forme , renfermant cinq tamines attaches au haut du 
tube , par desflamens trs-courts, dont les anthres sont 
planes , lancoles et sagittes leur base -, ovaire inf- 
rieur-, baie presque ovale , anguleuse, tronque, compri- 
me , aplatie et ombilique i son sommet. Elle renferme 
deux semences aplaties d'un ct , et convexes de l'autre. 

Histoire naturelle. Le bois de cette Morinde , blanc 
vers l'aubier et jauntre vers le cur , donne une teinture 
Tome H. 33^ Livraison, j6 



( 25'>. ) 

moins salraiicc ([iic rcsjx'cc < oiniiic sous lu nom de Mo^^^ 
rinda cilrirolia , dont los racines fournissent le plus beau 
jaune , qui se eom])in(' paifaiteinent avec le bois de Sap- 
pan , et produit alors parla dcoction une trs-belle cou- 
leur rouge (|ui s'altre irs-difficilcmcnl. Les baies des 
deux espces oilVent une semence solitaire, osseuse-, on 
b?s donne aux enfans comme vermifuges -, les naturels en 
mangent aussi contre leur mal dcstomac , (juoiqu'elles 
aient une odeur nausabonde, et une saveur amre et 
caustique. Ils ne peuvent servir d'aliment, car ils mai- 
grissent la longue , cliauffent , irritent , et procurent 
des fivres. Les fruits de Tune et l'autre espce sont d'ail- 
leurs regards comme molliens , cmmnagogues et diu- 
rtiques. 

On se sert de la racine du Mornda Roy oc pour faire 
de l'encre. Cet arbrisseau , originaire de la Chine et de la 
Cochincliine , s'est parfaitement naturalis dans l'Amri- 
que mridionale , et surtout la Gviiane franaise , o 
Aublet l'a souvent rencontr- 

Caractres physiques. LeMorinde Royoc s'lve la 
hauteur de trois quatre pieds ^ il fournit des branches 
diffuses, garnies de beaucoup de feuilles ^ la tige est li- 
gneuse , souple , faible , presque sarmenteuse \ les feuilles 
sont ovales , trs-entires , glabres , d'un vert obscur , 
opposes , aigus leurs deux extrmits , portes sur des 
ptioles courts ^ les fleurs sont axillaires vers l'extrmit 
des rameaux, runies , en tte arrondie , et petite sur un 
pdoncule commun ^ la corolle est blanche ^ son tube est 
fin , troit , renfl vers l'ouverture ^ le limbe est divis en 
quatre scgmens ovales , aigus , rabattus en dehors. 

Les tamines sont au nombre de quatre y et le stigmate 
est divis en deux. Les petites driipes sont chacune deux 



( 253 ) 

loges et monospermes , formant par leur runion sur un 
rceptacle commun , une petite baie arrondie , cliarnue , 
ayant l'odeur et la saveur de l'espce feuilles de Citron- 
nier. ( Morinda frutescens , citri foliis , floribus albis , 
fructu cupressino , Rhubarbari radice. ) 

Analyse chimique. Les racines, d'un beau jaune, ont 
une saveur lgrement amre et aromatique. Traites par 
l'eau, elles fournissent, par livre, dix onces d'extrait pil- 
lulaire consistant ; et par l'alcoliol ^S , elle produit par 
la macration , dix onces d'extrait sec. Le Royoc, ainsi 
cpie la Rhubarbe (Rlieum paliuatum, Linn. ), contient 
de l'oxalate de Cliaux , du Tannin, de l'Acide gallique , et 
un principe muqueux. 

Proprits mdicinales. x\insi que les amers, le Royoc 
fortifie les solides , ranime les digestions , dissipe les nau- 
ses , les aigreurs , supple au dfaut de bile , et rsiste 
la putridit. On s'en sert dans les faiblesses d'estomac , la 
cachexie , les paies couleurs , la goutte , les fivres inter- 
mittentes , et surtout dans l'atrophie msentrique. On 
l'emploie extrieurement pour arrter les progrs de la 
gangrne. Cinquante livres de Royoc fournissent vingt- 
cinq livres d'extrait stomachique qui purge doucement, 
et qu'on prescrit avec avantage dans les diarrhes et ma- 
ladies vermineuses , depuis douze grains , jusqu' demi- 
gros. 

Mode d'administration. La poudre de la racine de- 
vient purgative la dose d'un gros , tandis qu'il en faut 
deux lorsqu'on la prpare en dcoction ou en infusion. 
Les teintures aqueuses ou alcoholiques , se donnent au 
poids de demi-gros aux enfans, et de deux gros aux 

16* 



( "M ) 

adultes. Ou lait avfi- , un sirop qui s'aclniinistic la dose 
d'une once. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT VINGT-NEUF. 

i. Corolle dtache du calice et ouverte. 

2. Portion du fruit. 

3. Cne du fruit grossi. 



P/ .y.h 




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Sl^lJIAlNKtLK. 



^^ '>55 ) 

A.X*\\^VV^V'V^VVAX\'\V\\VVXVWVVV\VX>VV*VV^*VVVVV*\A^VV^VV^VV\V\^VV\V\>VV>V\^V\X\V\VV>V\\\y\V\^v\\ 

> 

LISERON MARITIME. 

( Purgatif cathartique. ) 

SynonYxMIE. Vulg. Liseron marin purg-atif; Patate de mer , 
fausse Scammone. Soldanelle. Convolvulus maritimus. 
Linn. Penlandrie Monogynie. Jussieu, famille des Convol- 
yulaces. Tourn., el. i. Campanif. Convolvulus marinus 
lacteus seu Soldanella. Plum. 170. Convolvulus marinus 
catharticus, folio rotundo, flore purpureo. Plum. Amer. 
p. 89, t. io4. Convolvulus marinus, S. Soldanella bra- 
siliensis* Maregr. Bras. 5i. Pis. Bras. 258. Convolvu- 
lus foliis majoribus, ovato-subrotundis , leviter emaro-ina- 
lis. Lam. Schovanna-Adamboa. Rheed. Mal. ii , p. 117. 

En espagnol , Escamouea. En portugais, Escamouia. 

En anglais, Scamony. Les Carabes l'appellent Camoul- 
roulr. C'est le Salsa do Praya des Portugais, de Pison , 
liv. 4 > chap. 69. 

Caractres gnriques. Tiges volubiles, feuilles al- 
lernes dpourvues de stipules ; fleurs axillaires ou terni i- 
ualcs \ calice persistaut , cinq divisions profondes ^ co- 
rolle monoptale rgulire , dont le limbe donne attache 
cinq tamines ^ ovaire libre, deux ou quatre loges 
-contenant des ovules dresss : style pourvu d'un ou deux 
stigmates *, fruit capsulaire ^ graines deux cotyldons 
planes et plisss en diffrens sens. 

Caractres tartictimers. Tiges succulentes , tor- 
tueuses ^feuilles cordiformes , pourvues de deu\ glandes 
roses leur base. 



( oM ) 

Histoire natuuiilk. Lt; suc paissi des racines de ce 
beau Liseron offre les mmes rsultats que la Scamnione. 
Cette substance devient gommo-rsineuse^ elle estanire, 
acre, nausabonde , et a une odeur vireuse. C'est un fort 
bon purgatif, mais qu'on doit employer avec modration, 
parce qu'il est trop violent. Cependant son effet est sr , 
toutes les fois qu'il est besoin de provoquer de fortes va- 
cuations. L'infusion aqueuse , (pe les ngres emploient, 
faute de savoir mieux, est amre et dsagrable boire. 
Ce charmant Convolvulus , ricbe de sa parure , ne se 
trouve que sur les bords de la mer , d'o lui vient le nom 
de Patate de mer^ ayant beaucoup de rapport avec la Pa- 
tate. Pour obtenir le suc des racines de ce Liseron , on 
pratique ses racines des incisions par lesquelles s'coule 
Un suc blanchtre , que Ton reoit , dit Richard , dans des 
coquilles o il se concrte. 

Caractres physiques. Les racines sarmenteuses de 
ce Liseron sont fort longues ; elles tracent et occupent 
une grande tendue dans les lieux sablonneux du bord de 
la mer, le long des ctes ou anses. Ces sarmens sont de la 
grosseur du pouce , d'une consistance presque ligneuse , 
laiteux , couverts en dehors d'une corce vert-noir et toute 
gerce. Ceux-ci en poussent d'autres plus menus que le 
petit doigt , et qui rampent fort loin sur le sable , jetant 
des racines leurs articulations. Ils portent dans leur lon- 
gueur quantit de fleurs attaches des pdicules assez 
longs et pais, marqus de deux petites glandes rouges 
vers la feuille. 

Ces feuilles sont presque rondes et comme plies en 
dedans , lisses et fort paisses , d'environ quatre pouces 
de grandeur , ayant par dessous une nervure en long et 



( 257 ) 

plusieurs ctes parallles qui les traversent obliquement , 
et qui se courbent vers le bord. Elles sont d'un fort beau 
vert , tant dessus que dessous, et contiennent un suc lai- 
teux. 

Les mmes tiges poussent des pdicules fort longs, qui 
portent trois ou quatre fleurs , et quelquefois une seule , 
comme les Liserons. Elles sont pourpres tant dedans que 
dehors , et de trois pouces de diamtre ; cinq ou six filets 
blancs en dedans, dont le plus long soutient une boule 
blanclie divise en quatre parties, et les autres une pointe. 

Les semences veloutes de noir, et assez semblables 
des noisettes , sont au nombre de trois quatre dans les 
loges membraneuses de couleur tanne. 

Analyse chimique. La racine contient un principe r- 
sineux , et un principe gommeux ; plus une partie exirac- 
tive ^ plus une matire terreuse. 

PpiOPTiiTs MDicoALE^. On sc scrt de l'extrait de ce 
Liseron, pour aider l'action des autres purgatifs. C'est un 
excellent drivatif qu'on emploie avec beaucoup de suc- 
cs dans les affections cutanes. On corrige l'cret de cet 
extrait la vapeur du soufre , avec la crme de tartre , ou 
les coings ordinaires. A dfaut de ces fruits , on peut se 
servir de la pulpe de (joyave, ou l'incorporer avec quel- 
ques amandes, ou autres semences mulsives. D'aprs les 
observations des anciens praticiens , cette liane offre un 
violent hydragogue, qu'on emploie avec avantage dans 
l'ascite ^ ses feuilles , mises en macration avec du sel , 
du sucre et du vinaigre , offrent , disent-ils , un prcieux 
anti-scorbutique , qui prvient la pourriture des gen- 
cives. Les feuilles fraches sont mollientes et rsolutives, 
et ajoutes aux bains , elles fortifient le corps dans les 



( -l'j^ ) 

a('('( lions scropliulciisc s ^ les (cuillcs a|>j)li(jii('cs sur tiTi 
( xiiloirc , (Il r;tvoris(Mit la siippuralioii. Une (ac'iillc de 
j)liis, (juc. poiisdc (t'ilc liane, c'est d'rtie slerniilatoiie. 
(Quelques naturels remjdoient comme sudorilique el diu- 
rtiqne. Je m'en suis servi avec succs dans les engor- 
i^emcns lents de Fabilomen , dans Tascite , dans les fivres 
(juartes rebelles , dans plusieurs ailections cutanes ^ mai?^ 
on doit la doser d'aprs l'tat d'inertie du malade. 

Mode n'AuMiiNiSTnATioN. La dose de l'extrait en pou- 
dre, est depuis douze jusqu' trente-six grains dans un 
bouillon ou autre vliicule. Les feuilles se prescrivent 
en infusion , au nombre de quatre douze pour quatre 
onces d'eau. De quelque manire qu'on emploie ce Lise- 
ron , on vomit sans violence trois ou quatre fois ^ et les 
vacuations alvines ont lieu sans douleurs et sans super- 
purgations. La rsine, rduite en poudre fine, fait vo- 
mir ; mais en poudre grossire , elle est seulement laxa- 
tive. L'infusion aqueuse est moins sre que celle vineuse, 
qui peut s'emparer du principe rsineux , insoluble dans 
l'eau. On peut aussi faire dissoudre la rsine dans du 
jaune d'oeuf, et l'tendre dans une verre d'infusion de 
fleurs d'oranges. On prpare avec une teinture vermi- 
fuge qui maKjue rarement d'expulser le Taenia. 

Nota. Les fortf- vierges des Anlilles fournissent plu- 
sieurs autres espces de Liserons dous de vertus purga- 
tives , parmi lesquels on remarque, i" le Liseron des 
rives ^ Convolvulus littoralis , Linn.; Convolvulus albus , 
folio laciniato , maritimus. Plum. Lat., pi. i. Burm. 
Amer., p. 79. Tourn. 84- Cette plante laiteuse croit 
abondamment dans File Crabes, prs de Porto-Jlico. 
ti" Le Convolvulus marinus catliarticus foliis aceto- 



(^59) 

sse flore uiveo Pluni. imp. , p. 91. 3". Convolvulus 
repens. Ballel. niai., p. 107. Rheed. xi. 



EXPLICATIOIN DE LA PLANCHE CEINT TREKTE. 

4. 

1. Fleur dveloppe, 

2. Graine vue de face. 

3. Graine vue de ct. 



'VV'VWVVWWWVWWVVVVVWVV\WVV^ VV\ VWWVWVWWt \'\'VVVWV</\A'VWVW\'VV'V'/V\ ^ \V 'VWWk'VWW 

\ 

ALOES. 

( PurgatiJ catharlique. ) 

Synonymie. Vul^. Faux Suotrin. Alo perfoHata ; floribus 
pedunculats, cernuis, corymbosis, subcylindricis. Linn. 
cl. 6. Hexandrie-Monogynie. Jussieu, cl. 3, ordre G. 
Aspliodles. Richard. Lilaces. Alo vulgaris. Baub. 
Pin. 286. Alo ofTicinalis. Forsk. p. 78 , n 3o. En es- 
pagnol , Aloe zabila. En anglais, Aloe Aloes. Kada- 
nakri , vel Catevala. Rbeed. mal. 11, p. 7, t. 3. Cara- 
guata des Brsiliens, et l'Erva Babosa des Portugais, de Marc- 
grave, llv. I, cbap. XVIII. 

Caractres gnrioues. Calice cylindrac, six divi- 
sions profondes \ six tamines altaclies la base du ca- 
lice -, style court, termin par un stigmate trilob ^ plantes 
racines vivaces et fibreuses \ feuilles trs-paisses et suc- 
culentes ^ fleurs disposes en pis (Richard). 

Caractres particuliers. Fleurs en pis, pencbes, 
pdoncules , comme cylindriques , bouche tale \ fond 
nectarifre. ( Vivace. ) 

Histoire naturelle. L'Alos vulgaire ou hpatique 
est originaire d'Afrique \ mais on le trouve dans les deux 
Indes. On l'obtient , par vaporation au soleil , du suc de 
la plante incise et exprime. L'Alos succotrin , origi- 
naire de File Soccotora, etl'Alos Caballin, s'obtiennent 
de mme part intermde du calorique^ et par T intermde 
du feu Le premier est produit par le suc dcant des 
feuilles incises et lgrement exprimes ; le second , des 



/V.j3o. 




7'Aroi/o.-'e jOfjTou^/f/'^ J'itr 



(ia^riec Scu^. 



ALCIKS miGATir 



V . ( 9.6i ) 

feuilles lorlemeiit coiitiises -, le troisime , de la lie du 
mme suc. L'Aloes succotrin est d'usage pour les hoDimes, 
et les deux autres pour les animaux. L'Alos ml la 
colle qui sert attacher les plantes d'un herbier, les 
ga,rantit des Insectes. On l'incorpore aussi avec le brai 
des vaisseaux. Si, pour avoir le suc d'Alos, on tirait 
le suc des feuilles l'aide d'un moulin cylindre , dit 
)) Parmentiei , on disposerait les fibres de ces feuilles 
subir toutes les oprations qui pourraient les amener 
)) au point, no7i-seulement d'en faire des cordages, mais 
encore de la toile , ou tout au moins du papier. Le 
Ngre industrieux prpare les feuilles d'Alos sans re- 
courir des mcaniques qu'il ne saurait inventer -, et 
cependant , on trouve au march des colonies des cordes, 
dont FAlos Pitt a fait tous les frais. 

Beaucoup de marchands de vins de Paris font ., au fau- 
bourg Saint-Antoine, la Rpe ou la Villette, des 
vins de Bordeaux, d'Hriss, en combinant ensemble, 
dans des proportions qu'ils tudient en faisant leur m- 
lange avec du vin ordinaire, un peu de broux de noix, 
des raisins cuits, des cerises noires , et de l'esprit alcoho- 
lique retir des pommes-de-terre. 

Les plaies des animaux tant , aux Colonies , promp- 
tement recouvertes de vers, quoique ces Insectes, dit 
Larrey , acclrent la cicatrisation des plaies , en abr- 
geant le travail de la nature, et en provoquant la chute 
des escharres celluleuses qu'ils dvorent, nanmoins on 
se hte de les dtruire. On emploie l'Alos dans les battes 
pour dtruire les vers qui viennent si promptement aux 
plaies des chevaux et autres animaux de pture. Pour 
cela, les hatiers rompent une feuille, et se contentent 
de graisser la partie malade du suc jaune qui en dcoule 



( ..6.. ) 

riiistaiil. Jl siilii dv rccoiiinieiicci deux ou trois fois le 
mme remde, et pour rordinaire TAuimal est guri. 
On le souile aussi dans les yeux pour Tpiphora ou lar- 
moiemeut. 

Caractties physiques. La racine est ronde , paisse 
comme le bras , blanche , fibreuse en dedans , et enfon- 
ce fort avant dans la terre ; elle produit immdiatement 
des feuilles ramasses autour de la tige ; les unes cour- 
bes terre , et les autres leves. Elles ont un pouce 
d'paisseur, trois de largeur vers la racine, et environ 
deux pieds de hauteur. Elles deviennent insensiblement 
trs-aigus , et teintes d'un fort beau vert glac de blanc, 
elles sont fort unies, succulentes, aplaties intrieure- 
ment et ceintres au dehors , denteles tout le long des 
cts en fnon de scie par de petites pointes , tendres, cro- 
chues en haut , et un peu loignes les unes des autres. 
Leur consistance intrieure est comme mucilagincuse , 
baveuse et transparente, blanchtre, verte, toute rem- 
plie d'un suc jauntre fort amer qu'elles rendent en 
quantit, tant coupes transversalement^ lequel s'pais- 
sit, et devient friable lorsqu'il est expos au soleil. 

Cha(|ue plante en produit plusieurs autres , et chacune 
deux ou trois tiges , non pas dans le milieu , mais bien 
parmi et ct des feuilles. 

Les tiges sont rondes et tout--fait nues ^ longues de 
trois quatre pieds, de la grosseur du do gt, fort unies , 
vertes et ligneuses, et bien souvent divises en deux de- 
puis le milieu. Elles sont termines par des Heurs en pis^ 
chaque fleur est attache la tige par un pdicule court , 
qui sert d'une stipule pointue , blanchtre , veine de 
noir et recourbe vers K terre. Ces fleurs, longues de 



( 2*33 ) 

Jis crun pouce, de la grosseur d un tuyau de plumd ^ 
sout jaunes ou rouges, mais uiousses et rayes de vert 
l'extrmit. Elles sont creuses et entires jusque vers 
le milieu , et fendues dans le reste par six petites feuilles 
troites , et tant soit peu retrousses en dehors par le 
bout. Il y a dans chaque fleur six llets blanchtres un 
peu pais, orns chacun d'une teste jaune et fendue, et 
situs Tentour d'un bouton trs-hexagone , aussi grand 
qu'un grain de bl , et surmont d'une petite pointe 
Verte. 

Toutes ces fleurs sont -plomb sur la tige avant de s'ou- 
vrir : mais tant ouvertes et venant fltrir, elles baissent 
entirement la pointe en bas , et tombent toutes sans 
produire aucun fruit ^ c'est pourquoi, la nature pr- 
voyante fait que cette plante vient de rejeton (jui s'accom- 
mode de tous les terrains. Elle est commune aux Antilles, 
dans tous les jardins et les mornes. 

Analyse chimiqtje. L'Alos , selon Tromsdor/f, est 
compos sur cent parties . i'' principe amer savonneux , 
76. 20. Acide gallique , une trace. 3. Rsine, 25. 
Total 100. Selon Bouillon Lagrange, cent parties don- 
neraient , 1 extraclif, 68. Rsine, 32. Total 100 
parties. La substance rsineuse se retire par l'esprit de 
vin, et la partie gommeuse par l'intermde des sucs 
aqueux que l'Alos rend ammoniacaux. 

Proprits mdicinales. L'Alos qui nous occupe , 
fournit un suc par incision, dcoclioji , expression . lequel 
purifi , remplace celui du commerce. Les feuilles grosses 
et charnues sont employes l'exlriei.r connue \ulni ai- 
res et antiseptiques. Leur suc fait mourii les vers des 
vieux ulcres. On conq)ose des topiques diurliquf^s avec 



( 'M ) 

l;i pallie iiilci uc que Ton appli([iie sur l'hypogastre. L'A- 
los est purgatif, vcMiniliige el vulnraire. 11 rtablit les 
foii^^tloiis (ligestives ^ on doit en interdire Tusage aux 
gens sobres. 

11 ne donne pas plus dlimorrhodcs que les autres 
purgatifs^ c'tait une erreur accrdite, dont on a fait 
justice ^ mais il provoque des hmorrhagies aux personnes 
atta([ues d'iimophtisie. On emploie extrieurement la 
teinture d'Alos pour arrter la carie des os, et contre 
la gangrne. Intrieurement, elle est quelquefois pres- 
crite dans les cas de chlorose et d'asthme ^ mais on a soin 
de corriger son amertume insupportable avec le sirop de 
gomme. L'Alos convient aux mlancoliques , aux per- 
sonnes attaques devers et sujettes aux aigreurs, et dans 
les maladies chroniques entretenues par des obstructions, 
en lui associant le savon et le fer. Il est contraire aux 
femmes enceintes , parce qu'il acclre sensiblement la 
circulation. On l'ordonne avec succs dans l'engorge- 
ment de la lymphe et de la bile. Il ne convient pas dans 
les maladies des reins et de la vessie ^ il facilite , disent 
les anciens, la sortie de l'enfant mort et de l' arrire-faix. 
Si l'Alos est souvent nuisible aux femmes enceintes , aux 
personnes maigres , bilieuses , affectes de plthore, d'h- 
tisie , de fivres bilieuses , ardentes , continues , d'bu- 
litions , de convulsions et d'hmorrhoides , il est fort 
utile dans la cachexie, l'ictre chronique, la fivre quarte, 
l'obstruction des vaisseaux utrins, les leuchorres, l'oph- 
thalmie chronique, et dans tous les cas de relchement 
des solides. Il entre dans les lavemens dtersifs , rel- 
chans et anthelmintiques. Poupe-Desportes prescrit le 
bol suivant la fin des gonorrhes. Prenez Alos, Myrrhe, 
et Rhubarbe; torrifie , Alun pulvris , de chaque, partie 



( 0.65 ) 

gale ; mlez avec suffisante quantit de baume de Cu- 
pabu. Clievalier en recommande l'usage dans l'hydro- 
pisie , la gravelle et les splnites -, et celui de ses feuilles 
coupes par tranches, pour appliquer sur les brlures. 
On compose une teinture hystrique, qu'on emploie en 
frictions avec : baume de Sucrier , Alos , Rsine de Sar 
potile , de chaque un gros -, huile de Muscade , douze 
gouttes ; Alcolol , quatre onces. 

Mode d'administration. L'Alos se donne la dose 
de demi un gros , en extrait celle d un scrupule. On 
n'use plus gures de la teinture que par gouttes ; et 
l'extrieur , douze grains, il agit comme purgatif, et 
incise les glaires des premires voies. A cinq grains pris 
aprs les repas , il facilite la digestion. * 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE^UJH. 

1. Fleur de grandeur naturelle. 



( .r,i) ) 

\\\\\\\\^w\\\.\y/K\\\y\.\\\\\\.\-\\\\\\v\\.\\\\\\\\\\\\\\\\\.\v\i\/v\\w\/M\xy\\\\\\\\\ \x\\\\\\\\w\\y 

\\^\\:^ ii: kpivedsi:. 

( Purf^atwe catfinr tique. ) 

Synonymie. Vuli^. Prunier pincux.Ximenia amcricana. Linn., 
Oclaiulrie-Monogynie. Juss. , famill(3 dcsOrangcrs. Ximenia 

caulc spiiioso, foliis ovato-oblongis, pcdunculis muUiflori>. 

Lani. III , gen. tab. 20)7 , fig. 1. Ximenia mulliflora. Ja((|. 

Stirp. Amer. pap;^. io5, lab i77,fig.3i. Ximenia aculeala, 

flore albo villoso, fruelu luteo. Plum. Nov. plant. Amer.gen. 

pag. 6, tab. 21 ; et Burm. Amer. Icon. 261 , fig. i. Hey- 

massoli spinosa. Aubl. Guian. Vol. i , pag. 324, tab. 125. En 

anglais, Xymeny. En carabe, Ababouj. 

Caractres gjnuiques. Plante dicotyldonc fleurs 
tomplles, polyptales , lgulires, de la famille des 
Orangers, ayant des feuilles alternes , les rameaux avee 
ou sans pines \ les pdoncules axillaires une ou plu- 
seurs fleurs. 

Cahactres particuliers. Feuilles oblonguos ; pdon- 
cules multiflores -, calice quatre dcoupures , persistant^ 
quatre ptales rouls , pileux en dedans, et rflchis en 
dehors: huit anthres allonges ; un style^ une drupe mo- 
nosperme. 

Histoire naturelle. Cet Arbrisseau, peu lev, em- 
baume Pair o il vgte , lorsque de ses fleurs bien pa- 
nouies se dgage une odeur aromatique , comparable 
celle du Girofle. LaXimnie crot dans Plc de Cavenne, 
sur les bords sablonneux de la mer \ on la trouve aussi 
Cuba , Saint-Domingue , la Jamaque , et dans plu- 
sieurs autres les des Antilles. L'corce des fruits esi 
astringente \ la coque amre , et l'amande agrable au 
gotf, niaisil faut s'en mfier, parce qu'elle est purgative. 

Caractres physiques. La Ximnie s'lve au plus 



M. l32 . 




TAeor/orr /)e^ooi(//iVi Pif.r 



X3IXIE EFIXa^SF. , 



( '^^1 ) 

cinq ou six pieds , sur environ six pouces de diamlie-, 
l'corce en est brune et ride-, son bois est blanchtre^ 
les branches tortueuses et lanieuses , tendues en tous 
sens \ les rameaux garnis de feuilles alternes, ovales , ou 
ovales-oblongues, mdiocrement ptioles, un peu molles, 
vertes leurs deux faces, lisses , entires leurs bords' 
obtuses leur sommet ; longues d'environ deux pouces, 
sur un pouce et plus de large ^ la base de la plupart 
des feuilles , une pjtitc pine courte , droite et aigu. 

Les fleurs sont situes , dans l'aisselle des feuilles , en 
petites grappes courtes, runies six huit sur un pdon- 
cule commun , au moins une fois plus court que les 
feuilles^ les pdicelles courts, ingaux, trs-glabics. 

Leur calice est court, d'une seule pice , quatre d- 
coupures glabres , aigus ^ la corolle est compose de 
quatre ptales oblougs , verdtres en dehors , chargs en 
dedans d'un duvet blanc et soyeux, attachs entre les 
divisions du calice par un onglet trs-court. Les tamines 
sont au nombre de huit , soutenues par des filamens trs- 
courts ; les anthres oblongues deux loges ^ un ovaire 
oblong , un peu arrondi , surmont d'un style court , 
termin par un stigmate aigu. 

Le fruit consiste en lin drupe jaune, revtu d'une 
corce charnue, qui renferme uneamandx3 conlenue dans 
une coque mince , de la forme et de la grosseur d'une 
olive. Les fleurs varient quelquefois dans le nombre de 
leurs parties (Encycl. ). 

Analyse chimique. La drupe contient un principe 
mucoso-sucr en trs-grande abondance ; et comme elle 
est susceptible d'une prompte fermentation , j'en ai re- 
tir de l'alcohol. On y dcouvre de plus de l'acide galli- 
que , que signale la saveur austre de la pulpe. 



( :'.(i8 ) 

Les ainandes ronlernicnl uiu; giaiulc (jiiantitc d liuil<' 
grasse, plus un piincipe extiaclif, dans lequel rside 
leur vertu purpjative. Le suc des fruits frais a donn , 
par livre , deux onces d'extrait peu consistant. -3! ^r; 

Proptiitks mdicinales. On peut tirer parti de la 
pulpe de Xiiuiiie'comme mdicament, mais qu'on n- 
glige dans un p:iys o abondent la Casse et le Tamarin. 
On recommande cette pulpe dans la constipation liabi- 
tuellc, et dans les embarras gastriques, lorsqu'on craint 
l'action irritante des purgatifs drastiques. En y joignant 
du tartrite acidul de potasse , on obtient un purgatif 
antibilieux trs-utile dans les dysenteries. On emploie le 
sirop dans Fliydropisie , le rhumatisme et les maladies 
ebroniques. Lorsqu'on prescrit les fruits en substance, on 
en donne trente par livre de dcoction ^ mais bn a soin 
d'ter les amandes qui sont beaucoup plus purgtivesi 

Poupe-Desportes recommande le bol purgatif suivant: 
prenez Mercure doux , Diagrde , o gomme de Liaile 
purgative , Jalap en poudre , de chacun huit grains -, fates 
un bol avec suffisante quantit de sirop. On le rendra 
plus fort, continue ce bon praticien, en y ajoutant un 
demi-scrupule d'amande de Prunier pineux. 

Mode d'administration. La dose du sirop de Xim- 
nie est d'une once , ainsi que des autres sirops purgatifs^ 
celle des amandes , d'un scrupule. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT THENTE-DEUX. 

1. Fleur entire. 

2. Ptale dtache de la corolle. 

3. Ovaire sur son calice. 

4. Etamine. 

5. Fruit coup , dont on voit le noyau et Tamande. 



/y./.yj. 




JVteot/oru JJe<toofi/'/r/KJ^/tu> . 



(jft//ue/ ivfi 



CAS.HF. m.'^^i 



( ^Gg ) 

CASSE LANCOLE. 

(Purgatif cathartiqiie.) 

Synonymie. Vulg-. Casse Sn , Sn oriental. Cassia Senna. 
Linn. Dcandrie Monogynie. Jussieii , clas. i4j ord. n , 
famille des Lgumineuses. Tournefort, clas. 21 , sect. 5, 
gen. 1. Arbres rosacs. Richard, famille des Cassies. -^ 
Senna alexandrina, sive foliis acutis. Bauhin. Cassia 
Senna; foliis sejugis subovalis , petiolis eglandulatis. Linn. 
En espagnol, Sen. En portugais, Senne. En anglais, 
Senna. 

Caractres gnriques. Calice profondment divis-, 
corolle de trois cinq ptales presque gaux et rguliers; 
dix tamines libres ou soudes , ingales , et dont quel- 
ques-unes sont souvent avortes et rudimentaires. (Ki- 
chard.) Feuilles sans impaire. 

Caractres particuliers. Plante ligneuse , feuilles 
pinnes -, fleurs en pis; fruit trs-comprim et recourb, 
ayant des cloisons transversales plus ou moins compltes, 
et contenant plusieurs semences attaches la suture su- 
prieure ; calice color , cinq divisions trs-profondes 
et caduques. 

Histoire naturelle. On trouve aux Antilles beau- 
coup d'espces de Sn , qui toutes sont plus ou moins 
purgatives. Cet Arbrisseau se plat dans les lieux secs et 
dserts. On le rencontre aussi par groupes dans les col- 
lines et les ravins , o il croit spontanment. On ngbVe 
Tome II. 34 Lwraison. ^m 



aux colonies celte braiulie de conuiierce ; et ce qu'il y a 
d'inconcevable, c'est (ju'oii fait venir de trs-grands 
Irais le Sn d'Alexandrie , que les espces des Antilles 
peuvent avantageusement remplacer. On pourrait rcol- 
ter les follicules en aot et septembre , et mme au mois 
de fvrier , car cet arbrisseau donne deux rcoltes par 
anne. Les Antilles fournissent . i*^ la Casse effile , Cas- 
sia vninea , Lin. 'a. La Casse bicapsulaire ou Ca- 
ntier btard^ Cassia bicapsularis ^ Linn. 3^. La 
Casse feuilles cliancrcs \ Cassia emaiginata , Linn. 

4*^- La Casse feuilles obtuses de Cuba ^ Cassia ah- 
tusifolla , Linn. 5". La Casse gousses longues ^ Cassia 
lo?i^isHiqiia ^ Linn. G. La Casse ornitliopode. - 
^"-'. La Casse gousses plates; Cassia planisiliqua ^ Lin. 

8". La Casse atomifre , Cassia atoman'a , Linn. 
g^. La Casse de la Jamaque*, Cassia Pilosa, Linn. , etc. 

CARACTJiREs PHYSIQUES. Le Sn est un arbrisseau qui 
s'lve la hauteur de deux trois pieds , oifrant une 
lige mdiocrement rameuse, ligneuse, dont les rameaux 
sont plians et garnis de feuilles alternes. Les feuilles 
sont composes de cinq paires de folioles lancoles, 
pointues, gales, d'un vert clair, glabres, un peu p- 
tioles, et longues d'un pouce. Selon Forskbal, leur 
ptiole commun porte une glande sessile au-dessus de 
sa base. Les pdoncules sont longs, terminaux, et sou- 
tiennent des fleurs d'un jaune pale , disposes en grappes 
et longuement pdoncules ; les gousses sont compri- 
mes , courbes et velues dans leur jeunesse : les se- 
mences en coeur, petites et blanchtres. 

Analyse chimique. Suivant le professeur Richard , 
MM. Lassaigne et Feneulle ont donn la meilleure ana- 



-><^^f^ 



( ^7' ) 

yse du Sn. Ils v ont trouv, i* de la chlorophylle ou 
matire verte colorante ; 2^ une huile grasse -, 3*^ une 
huile volatile peu abondante ^ 4^ ^^ l'albumine : 5^ un 
principe nouveau qu'ils ont nomm cathartine -, 6*^ un 
principe colorant jaune \ 'j^ du muqueux ^ 8*^ de l'acide 
malique-, 9^ du malate et du tartrate de chaux y 10^ de 
l'actate de potasse et quelques sels minraux. 

Les feuilles sches du Sn, traites par l'eau , et 
vapores aprs rbullition , ont donn par kilogramme 
une demi-livre d'extrait sec. 

La cathartine , qui parat tre le principe actif et pur- 
gatif du Sn , continue le docteur Richard , est sous 
forme d'un extrait d'un jaune rougetre, d'une odeur 
particulire et d'une saveur amre et nausabonde. L'eau 
et Falcohol la dissolvent facilement^ mais elle est inso- 
luble dans l'ther. 

Proprits mdicinales. Les feuilles et les fleurs du 
Sn sont employes en mdecine ^ nous devons aux 
Arabes la connaissance de ses proprits mdicamenteu- 
ses. Administr la dose de trois ou quatre gros , il pro- 
voque des djections alvines trs-copieuses , mais souvent 
prcdes ou accompagnes de coliques douloureuses, et 
de nauses , qu'on peut prvenir en lui associant des m- 
dicamens plus doux, tels que la manne, l'huile de ricin, 
la coriandre ou tout autre aromatique qui rend son in- 
fusion moins dsagrable. Ce purgatif ne convient point 
dans les diathses inflammatoires^ c'est pourquoi l'on 
doit s'en abstenir dans les affections de la poitrine, dans 
les hmorrhoides et les hmorrhagies. Il convient, dit 
le docteur Roques, dans les constipations opinitres, 
dans les fivres gastriques et vermineuscs, dans les obs- 



( -^T- ) 

Icuiliojis li'iiU's des viscrt's abdominaux. Un Tadmi- 
nistre toutefois aprs avoir vacu les premires voies 
par un voijiitit , au dbut de la maladie. Son usage, ainsi 
que celui de tout autre purgatif, peut devenir funeste 
au moment d'un eibrt de la nature , d'une crise favo- 
rable qu'un purgatif peut empcher. 

Mode d'administration. L'infusion se prescrit la 
dose de deux quatre gros. Par la dcoction prolonge, 
ce mdicament perd toute sa proprit cathartique. La 
poudre tant fort lgre, et offrant par consquent un vo- 
lume considrable , on l'emploie rarement , ainsi que 
son extrait , qui a beaucoup moins de vertus que la sim- 
ple infusion qu'on peut aciduler avec le citron , pour la 
rendre moins nauseuse. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-TROIS, 

1. Gousse moiti ouverte. 

2. Graine et son attache. 

3. Foliole de grandeur naturelle, 



/V.y,U 




/ n^ot/o/'i' Descortf/z/'x /^//t^ . 



^^ai/'ie/ Jr/z/z* . 



<:^ASSK AFE"11J..KS ilE TllOF^^l^ 



( ^7^ ^ 

CASSE A FEUILLES DE TROENE, 

( Purgatif catharlique. ) 

Synonymie. Vulg. Sn Zonibi. Senna ligustrifolio. D. 
Cassia acutifolia , Lamarck. Cassia ligustrina,foliissep- 
temjugls lanceolatis; extimis minoribus ; glandula baseas 
petiolorum. Lin. Dcandrie Monogynie. Jussieu , fa- 
mille des Lgumineuses. Senna ligustrifolio. Plum. Spec. 
18. Tournef. 619. Cassia bahamensis, pinnis folio- 
rura mucronatis angustis, calice floris non reflexo. Mart. 
Cent. t. 21. (Vivace.) 

Caractres gnriques. Calice cinq folioles, cadu- 
ques , concaves et colores 5 cinq ptales trs-ouverts , 
concaves , arrondis , ingaux ; les deux infrieurs un peu 
plus grands; dix tamines libres , ingales, trois petites 
souvent striles; quatre de grandeur moyenne, droites 
et fertiles ; trois infrieures trs-grandes , anthres 
oblongues et arques; un ovaire suprieur pdicell. Le 
style court; le stigmate simple; fruit ou gousse aplatie, 
pourvue de cloisons transverses plus ou moins compl- 
tes , et les semences attaches la suture suprieure. 

Caractres particuliers. Feuilles y-juges, lanco- 
les ; les dernires plus petites ; glandule la base des 
folioles. Les feuilles sont poilues sur les bords. 

Histoire naturelle. On cultive cette espce pour 
l'ornement des jardins, o elle produit un assez joli ef- 
fet dans les massifs, parce qu'elle donne piesque touie 



( 7i ) 
ranne des fleurs et des liuits. Ce Sn se multiplie de 
ficincnces, de drageons et de boutures. II demande une 
terre ordinaire, et une exposition un soleil modr. 
On rencontre frcjuemment ce Sn aux Antilles , dans 
les iles de Baliama, et dans la Virginie , d'o on le trans- 
porte dans des confies , ainsi que celui du levant. 11 crot 
dans les savanes, meurt dans les scheresses, et rever- 
dit, dans les temps humides, en si grande quantit , que 
l'on a de la peine, dit Chevalier, passer o il y en a. 

Caractres physiques. Ce petit arbrisseau s'lve la 
hauteur de quatre six pieds ; et son tronc produit 
beaucoup de rameaux ^ les feuilles sont composes de 
sept neuf paires de folioles lancoles comme des feuilles 
de Trone, vertes, glabres, velues en leurs bords, et 
qui vont un peu en diminuant de grandeur vers le som- 
met de la feuille. Leur ptiole commun porte une glande 
sa base. Ce ptiole est lgrement velu, ainsi que le 
sommet des rameaux et de la tige. Les fleurs sont jaunes 
et disposes, dans les aisselles des feuilles suprieures, 
sur des grappes simples et pdoncules ^ elles ressem- 
blent un grelot avant d'tre panouies. Elles produi- 
sent des gousses oblongues , comprimes , un peu cour- 
bes en dessus , larges d'un pouce, et longues de deux 
pouces ou un peu davantage. Les semences ressemblent 
des ppins de raisins. 

Analyse chimique. Ce Sn dcouvre l'analyse , 
1^ un corps purgatif semblable la cathartine; 2^ une 
matire colorante ^ 3*^ un peu d'albumine ; 4*^ ^^^^ huile 
grasse : 5^ une huile volatile ^ 6^ de l'acide malique ^ 
7^ des malates de potasse et de chaux, etc. 

Quatre livres de feuilles sches, traites par l'eau 



( K ) 

bouillante, Jounenl une livre dix onces d'extrait, dont 
il faut de quarante-huit cent grains pour purger. 

Proprits mdiciisales. Ce Sn purge, ainsi que les 
autres , en irritant la membrane muqueuse. Il n'est pas 
de drogue aussi rpugnante a prendre , de quelque ma- 
nire qu'on prpare ses feuilles , ses fruits, ou ses folli- 
cules. L'odeur nausabonde , la snveur nmre , la couleur 
brune de l'infusion trouble , tout dgote et prvient 
les malades contre cette potion. On peut cependant ob- 
tenir les proprits du Sn par un autre procd , et Ton 
a une teinture lgrement alcoliolique moins dsagra- 
ble. On la fait ainsi : prenez Sn, une once ^ Jalap , 
Coriandre, Tartrite, acidul de Potasse, demi -once : 
faites infuser pendant huit jours dans une livre et demie 
de TafFia. Passez et ajoutez quatre onces de sucre. Ce 
purgatif agiable se prescrit la dose d'une once jus- 
qu' trois, principalement dans les diarrhes gastriques j 
en lavement , dans les hydropisies produites par le rel- 
chement des solides^ et cubains, lorsqu'on veut fermer 
un exutoire dans les iicvres intermittentes. Pourtant, le 
mdecin prudent doit proscrire son usage immdiate- 
ment aprs l'usnge du quinquina dans les fivres inter- 
mittentes dont ce purgatif peut rappeler les accs. Il 
doit employer la mme rserve dans les constipations 
compliques d'irritation des intestins, dans les affections 
spasmodiques sches , et dans les fivres hectiques, signa- 
les par une prostration gnrale des forces ^ les tuber- 
cules , le cancer et les concrtions hpatiques. 

Mode d'administration. On emploie les feuilles de ce 
Sn la dose de deux trois gros pour six onces de co- 
lature , ou de jus de pruneaux , qui en diminue lextrme 



( '^7^^ ) 

aniertuinc , et qu'on peut d'ailleurs aoiuatiser avee du 
zeste d'orange. On lui assoeie quelquefois la pulpe du 
Tamarin , ou quelque sel neutre. Les follicules tant 
moins actives que les feuilles , se prescrivent de prf- 
rence aux tenipramens faibles et trs-irritables. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-QUATRE. 

Le rameau est dessin demi-grandeur naturelle. 



/y. /.?.; 




27 et (^ore /Jcj'ri) (i/'t/i\ J^i, i.v 



ireiir/r/ Jcf//lf . 



.! '* 



C ^77 ) 

AA^VV\A/VVVV>/VV<VVVVVVV>VV>\IV\VV\^/VVVVVV\'VVVVVVVVV\^VVVVV\VVVVV\\'VVVVVVVV^ 

CASSE FTIDE. 

(^Purgatif cathartique.) 

Synonymie. Vulg. Casse puante. Pois puant de INicolsou. 
Cassia occidentalis. Lin. Dcandrie Monog-jnic. Jussieu, 
famille des Lgumineuses. Senna occidentalis, odore opii 
viroso orobi pannonici foliis mucronatis, glabra. Com. 
hort. 1, p. 5i. T. II. Sloan , etc. 

Cassia ftida foliis oblongis glabris. Plura. Vol v, p. 20. 
Cassia americana itida , foliis oblongis glabris. Tour- 
nefort, 619. Paiomirioba 1 ; Pison, p. i85. Marcgr. 

P- 9- 

Cap.actres gnriques. Calice monophylle ^ corolle 
polyptale rgulire ^ dix tamiiies distinctes -, un style; 
un stigmate; une gousse ; feuilles alternes, ordinaire- 
ment pinnes. 

Caractres particuliers. Calice cinq divisions pro- 
fondes , concaves , colores ; corolle de cinq ptales con- 
caves, gaux; les infrieurs quelquefois carts et un 
peu plus grands ; dix tamines abaisses , dont trois du 
centre moins longues et plus petites; trois infrieures 
fort longues; gousse bivalve, polysperme, aplatie et 
cloisonne. 

Histoire naturelle. L'odeur nausabonde de cette 
Lgumineuse dcle sa prsence au milieu des halliers 
et des savanes arides, o elle crot sans culture, enlace 
avec les Convovulus. L'espce dont il s'agit, a beaucoup 



( .78 ) 

de rapport avec VAnagyris fiida (Bois puaiii) des 
provinces mridionales de la France. Les proprits pur- 
gatives m'en ont t indiqnes par les ef'els ai}alogucs 
de cette Casse et du Sn, placs l'un prs de l'antre par 
leurs caractres botaniques, et parce qu'on rencontre 
les mmes proprits dans la plupart des Lgumineuses. 
Les feuilles du Cassier puant , l'exemple de celles des 
Mimosa , se repoienl vers le couclier du soleil, pour re- 
prendre leur panouissement tous les matins au lever 
de l'aurore, lorsqu'elles sont abreuves de ses pleurs. 
Cette plante aime un terrain sec. On la cultive aisment 
en Europe. Cassia , selon Mrat, vient de T hbreu iiTe/- 
sidli. Elle crot aux Antilles et dans d'autres contres de 
l'Amrique mridionale. Toutes ses parties ont une 
odeur vireuse, ce qui l'a fait nommer Herhe puante 
par les naturels du pays. Il y en a deux espces, l'une 
lisse, et l'antre velue, qui est plus rare. 

Caractres physiques. La racine jouit d'une amer- 
tume austre^ elle est traante, grosse, longue et noi- 
rtre. Elle donne naissance une tige de la hauteur de 
trois quatre pieds , d'un gris verdtre , noueuse , li- 
gneuse , se subdivisant en beaucoup de rameaux , garnis 
chacun de huit neuf feuilles ranges par paires ou 
conjugues, oblongues , pointues, vertes en dessus, 
glauques en dessous , dont les bords sont plus rudes au 
toucher*, d'un got et d'une odeur dsagrable. 

Les fleurs naissent l'extrmit des rameaux, et res- 
semblent beaucoup celles du Canficier. Elles sont 
composes de cinq ptales jaunes concaves. A ces fleurs 
succdent de petites siliques , longues de cinq six pou- 
ces, quelquefois un peu aplaties et courbes, plus com- 



( ^79 ) 
munmeat droites , arrondies , prenant une teinte brune 
en mrissant. Elles contiennent des semences gristres, 
serres prs Tune de l'autre. 

Il existe une seconde espce qui a les mmes propri- 
ts, et qu'on appelle Pois puant feuilles de Sny 
Cassia ftida foliis Senn. Elle crot le long des rivages, 
t ne diirre de l'autre que par ses feuilles qui sont plus 
troites du ct de la queue , plus obtuses leurs extr- 
mits , et souvent par ses siliques pendantes et plus 
longues que celles de la prcdente. 

Les feuilles tant sclies, perdent leur odeur nau- 
sabonde. 

AALysE CHIMIQUE. Lcs fcuiUcs sches, traites par 
l'eau bouillante, ni ont produit huit onces d'extrait par 
livre. Cette espce fournit une fcule colorante bleue. 

Proprits mdicinales. Si l'on ajoutait foi toutes les 
proprits que lui attribuent les mdicastres du pays, les 
feuilles et les graines de ce Cassier seraient propres bri- 
ser les calculs des reins et de la vessie, prvenir ou gu- 
rir la strangurie. Les feuilles contuseset appliques chau- 
dement sur le ct , comme rsolutives , deviendraient 
un remde merveilleux dans les pleurodynies , les prip- 
neumonies , et autres inflammations viscrales \ la dcoc- 
tion de sa racine sciait mme un contre-poison efficace. 
Je laisse ces expriences a faire ceux qui me succde- 
ront dans les essais que j'ai tents en faveur de l'huma- 
nit ^ mais je n'ai jamais employ la Casse puante que 
comme purgative , et dans des cas d'hystrie , en raison 
de sa ftidit, et elle m'a toujours russi. On vante aussi 
la proprit antiherptique du vinaigre , dans lequel on 
a laiss des semences de la Casse puante pendant quinze 



( 28o ) 

jours en macrt ion. Ce purj^alit pioduil eul peu d'elFel^ 
lorsqu'on l'emploie dans les paralysies ou dans les allec- 
tions rhumatismales clironiques. La dcoction des feuilles 
est employe par les Ngres contre les inflammations de 
Tanus et les ulcrations produites par la prsence des 
insectes que les Portugais appellent Bicho de eu. Cette 
dcoction est aussi prescrite avec succs dans les rysi- 
ples des jambes. 

L'espce feuilles plus rondes , macre dans l'eau 
jusqu' dcomposition , procure un onguent mondifica- 
lif , dont on se sert pour gurir les ulcres , charbons , et 
autres affections de ce genre. 

Mode d'administration. La dcoction des feuilles 
sches, dulcore avec deux onces de sirop, s'ordonne 
la dose de trois gros par pinte de vhicule qui de- 
vient verdtre , et occasione six huit vacuations al- 
vines. A la dose de cinq six gros , elles excitent le vo- 
missement. On lui associe le Tamarin , pour affaiblir , at- 
tnuer sa proprit mtique , et rendre la dcoction plus 
agrable. 

Les graines sont vomitives la dose d'un gros deux 
au plus. Il faut une once des mmes semences par livre 
de vinaigre , lorsqu'on le destine une action iatralcp- 
lique. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-CINQ. , 

Naissance d'un rameau pourvu de sa glande utriculaire. 



//,/.;v/. 



L 




7 /ir'ni/orp /)<\rtt>if/i/\ /^/Kf 



tra/>/'iet t'riiai. 



ililVOXK W A31KIII0I 



( 28. ) 

BRYONE D'AMRIQUE. 

(Pujgatif cathartique.) 

Synonymie. Vulg. Couleuvre-Serpentine. Bryonia ameri- 
cana. Linn. Clas. ai. Monocie Sjngnsie. Jussieu , 
classe i5 , ordre 2 , famille des Cucurbitaces. Tourne- 
fort, Campaniformes. Brjonia fructu singulari rubro ma- 
jor. Plum. n6. Bryonia foliis amplis, cordatis,trilobatis, 
serratis. Burm. Amer. tab. 66, f. i. En anglais, Hop- 
Bryony. En espagnol, Nueza En malabarais, Muccac- 
Piri. Rbeed. V. viii. 

Caractres gnriques. Fleurs monoques ou dioques. 
Mle :calice cinq dents, soud dans ses deux tiers inf 
rieurs avec la corolle qui est campanule , et cinq lobes 
obtus*, les cinq tamines sont triadelplies-, les anthres sont 
en lignes flexueuses ^ les trois andiophores sont distincts 
leur base. 

Femelle : calice et corolle comme dans les fleurs m- 
les , l'exception de l'ovaire infre qui forme sous la 
fleur une saillie globuleuse -, style surmont de trois 
stigmates bifides et poilus ^ fruit charnu pisiforme , ren- 
fermant ordinairement de trois six graines. (Richard. ) 

Caractres particuliers. Fleurs cucurbitaces toutes 
unisexuelles j les deux sexes se trouvent communment 
sur le mme pied dans des fleurs diffrentes , et quelque:: 
fois sont spars sur diffrens pieds. 

Histoire naturelle. Le nom de Bryone , suivant 



( >: ) 

Chaiimeton , vient du mot grecjBpuiv, vgter, pousser , 
crotre , parce que cette plante offre une prodigieuse v- 
gtation. On rappelle aussi Couleuwree -Serpentine j 
parce qu'elle est rampante comme ces reptiles , et qu'elle 
s'entortille de mme. Les Ngres recherchent sa racine 
pour se purger -, pour cet effet , ils la creusent et la rem- 
plissent de Taffiaqui, dans une nuit, s'empare de toute 
la partie rsineuse , qui est la seule purgative ^ mais ils 
ne sont jamais srs dans leur exprience , dont le rsul- 
tat est relatif la quantit et au degr de la liqueur al- 
coliolique qu'ils ont employe. La racine perd, en &e des- 
schant, beaucoup de son nergie. 

Caractres physiques. La racine de cette Bryoneest 
tantt uapiforme , tantt Lranchue et d'un got un peu 
amer. Elle pousse plusieurs tiges fort longues, anguleu- 
ses, articules, verdtres, grimpantes, et qui s'entortil- 
lent autour des arbres. 11 nait chaque articulation une 
feuille, une vrille et une fleur ^ les feuilles sont ptioies, 
amples , cordiformes , anguleuses , divises en trois lobes 
pointus , un peu rudes au toucher , bordes de dnis 
rares et spinulifornies , presque seniblables celles du 
Figuier commun. 

Les fleurs sont pdoncuies, et ont leur corolle par- 
tage en cinq lobes troits, obtus, verdtres en dehors, 
et blancs intrieurement. 

Les fruits sont des baies ovales, de la grosseur de 
l'olive , rouges dans leur maturit , et contenanlde trois 
six semences comprimes , situes dans une pulpe spon- 
gieuse. (EncycL) 

Atalyse chimique. La racine, comparable celle du 
Manioc , contient beaucoup d'amidon avec addition d'un 



( ^83 ) 

principe acre et amer, qui lui donne une saveur stipti- 
que et une vertu purgative que peut peine efTacer la 
dessiccation. On peut enlever ses principes acres par des 
lavages frquenuneut rpts ^ alors il ne reste plus qu'une 
fcule amilace, trs-Llanclie , qui peut servir la nour- 
riture. 

PiiopraTs MDICINALES. Extrieurement , on emploie 
la racine frache coupe par rouelles comme rubfiante , 
tant applique sur la peau. Ou la prescrit intrieure- 
ment, aprs lui avoir fait subir des prparations, dans 
les hydropisies , dans quelques cas de manie , celle , par 
exemple, entretenue par une matire glaireuse vitre, 
qui enduit Testomac et les intestins, et toutes les fois 
qu'il est besoin de recourir des purgatifs acres , comme 
dans rastlime chronique. Des proslytes de panaces ne 
craignent pas de comparer les vertus de cette racine 
celles de Tlpcacuanha , qu'elle peut, disent-ils, rem- 
placer comme vomitive, purgative, bchique , incisive , 
apritive , diurtique, fondante, emmnagogue, etc.... 
J'ai eu occasion de la prescrire avec avantage dans les 
dissenteries, dans les affections vermineuses , dans les 
fivres bilieuses et continues^ dans les angines, coque- 
luches , et spcialement dans les pripneumonies bi- 
lieuses, les fivres puerprales, la rougeole, la variole , 
la gonorrhe et les flatuosits. 

Comme la racine rpe perd toute son cvel par la 
cuisson, on en fait des cataplasmes rsolutifs , utiles 
dans les douleurs arthritiques. 

Mode d'administration. La poudre del racine s'ad- 
ministre , comme vomitif, la dose d'un scrupule un 
gros. Quatre onces de vin blanc o l'on a mis infuser, 



( 8/, ) 
pendant douze heures, deux onces de la lacinr, suHi- 
sent ponr pnrger les srositt's. 



KyPLICATION DK LA PLANCHE CENT THENTE-SIX. 



X^e dessin est excut demi-grandeur naturelle. 




/'A<'oi/o7^e 7)e,fi\>u/'h/\ /*//t 



(rfi/tne^ <'.!f/p. 



C> TAM CM.I T FTii C; ATIF. 



( 285 ) 



i 

QUAMOCLIT PURGATIF. 



( Purgatif drastique. ) 

Synonymie. Vulg. Liane purgative Bauduit; liane mde- 
cine; Rue purgative; Ipomaea triloba, Turbith., Lin. Pen- 
tandrie Monogynie. Jussieu , famille des Liserons. 
Tournefort, cl. 2 ; infundib., sect. 2. Ipomaea catbartica, 
D. Ipoma foliis glabris, cordato-trilobatis, acumina- 
lis; coroll tubo subeylindrico, inflato. (Lam.) Convol- 
vulus africanus, Niois. Hist. Nat.de St.-Dom., page 260. 
En Carabe, Arpea. , 

CARACTiiRES GNRIQUES. Plantes dicotyldones, 
fleurs compltes, monop tales , de la famille des Lise- 
rons*, tiges volubiles et laiteuses; feuilles simples, digi- 
tes ou ailes^ fleurs axillaires ou terminales. Calice 
cinq dcoupures ; corolle infundibuliforme ou campanu- 
le \ un stigmate capit et globuleux 5 une capsule plu- 
sieurs loges. 

Catiact:res particuliers. Feuilles trois lobes, cor- 
diformes -, pdoncules uniflores et quelquefois multiflo- 
res , grappes ; limbe pliss. 

Histoire naturelle. Cette belle Liane, que M. Po- 
teau a rapporte de Saint-Domingue , y crot aux lieux 
humides, dans les bois frais et ombrags, sur le bord 
de certaines rivires. Ses tiges nombreuses se marient 
aux branches des arbres voisins , y forment des guirlan- 
des , des torses , s'accrochent et se replient ensuite vers 
Tome IL 35 Livraison. ^3 



( 286 ) 

ja terre pour y prendre rneiuc et se nuilliplier. Elle porte 
le nom de Liane Bauduit , consacre la mmoire de 
M. Bauduit, riclie habitant de la partie du Cap, le 
Saint-Domingue , qui faisait consister son bonheur dans 
les soins gnreux qu'il donnait l'humanit souffrante. 
Ce fut lui qui dcouvrit dans cette Liane laiteuse un suc 
rsineux qui se coagule, et a la proprit de purger. Il 
lit avec un syrop purgatif trs-accrdit dans les colo- 
nies , et qui porte aussi son nom. Ce syrop est trs-ac- 
tif, et demande tre employ avec beaucoup de pru- 
dence et de circonspection , car il occasione des super- 
pur gtions. 

Caractres physiques. Les tiges de cette Liane sont 
grimpantes , glabres , herbaces , garnies de feuilles am- 
ples , alternes , distantes , longuement ptioes , larges, 
ovales , en cur , glabres , entires leurs bords , divi- 
ses en trois lobes ingaux ^ les deux latraux, ovales , 
plus courts , aigus *, le terminal , ovale , lancol , acu- 
min ^ les pdoncules axillaires_, ordinairement uniflores^ 
les fleurs grandes, d'un beau rouge vif-, le tube de la 
corolle pais , renfl , rtrci, et cylindrique sa base , 
long d'un pouce et plus , d'un vert ple ^ le limbe ample, 
cinq lobes , marqu en dessous d'une toile cinq 
rayons lancols ] les tamines plus courtes que la co- 
rolle , d'ingale grandeur ^ les anthres allonges -, le 
stigmate en tte. Il leur succde une capsule arrondie, 
deux loges et deux semences. 

Analyse chimique. Le suc concret obtenu par les in- 
cisions des tiges et des racines , contient un principe r- 
sineux , de la gomme , un principe extractif , et des d- 
bris de Vgtaux. Les racines sches , traites par l'ai- 



( 287 ) ^ 

coiol h 19*^, et mises en macration, produisent par 
livre (le substance quatre onces d'extrait sec. 

Proprits mdicinales. On retire de ce Quamoclit 
un suc laiteux qui noircit en se coagulant 5 cette subs- 
tance gommo-rsineuse a la vertu de la Scammone. Elle 
purge violemment la dose de trente-six grains. Les 
liabitans des Mornes , qui en font un frquent usage , 
prennent une poigne de cette Liane, qu'ils coupent 
par petis morceaux, et mettent infuser pendant une 
nuit dans quatre onces de vin , et se purgent avec cette 
prparation mdicinale. On remdie aux superpurgations 
que cette potion liioque occasione souvent en prenant 
du vin sucr. 

Mode d'admiisistration. La dose de la racine en 
poudre est de vingt trente-six grains , suivant l'ge et 
le temprament. Celle de la teinture , d'une once deux. 
Ou prend une once de tige fraiclie , pour six onces d'eau, 
qu'on fait rduire quatre. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-SEPT. 

La plante est dessine demi grandeur naturelle. 



18' 



-. 



( 288 ) 

LISERON A GROSSE RACENE. 
(^PurgaUf drastique.) 

Synontmie. Vulg'. Liane Minguet. Convolvulus ma- 
crorrhizos. Lin. Pentandrie Monogynie. Jussieu, famille 
des Liserons. Tournefort, cl. i. Campaniformcs, sect. 
1. Convolvu^iUS coccineiis radie catLartic instar Mechoa- 
chan. Plum. Vol. ii, p. 58. Convolvulus foliis digitalis 
septenis integerrimis, Caule glabro , pedunculis mulliflo- 
ris. Convolvulus coceineus heptapLyllus, radie crns- 
sissima; Plum. Cat. ^ p. i > Miss. V. ii , t. 58. Convolvulus 
foliis digitatis septenis, lanceolatis. Burm. Amer., p. 79, 
t. 90 , fol. 1. 

Caractres gnlriques. .Famille trs-distincte des 
Borragine3 par sou fruit capsulaire , et la structure de 
son embryon 5 tige herbace volubile; feuilles alternes 
dpourvues de stipules-, calice persistant, cinq divi- 
sions profondes ; corolle campanule ^ deux stigmates ; 
capsule deux loges 5 loges dispermes. 

Caractres particuliers. Feuilles digites , au nom- 
bre de sept, lobes festonns^ tige glabre; pdoncules 
triflores; capsule globuleuse. 

Histoire naturelle. La Liane Minguet se trouve 
assez communment dans les forts des Mornes levs -, 
elle aies proprits de la Scammone. Au moyen de l- 
gres incisions, il transsude de toutes les parties de la 
lige et de la racine un suc laiteux qui se concrte l'air, 



p/.lj//. 




^A^ifu^ore /^eseoiir-ti/K /\f 



O/fA/if'/ ^UuiAi. 



Ll^EiiO:^^ A UIUKSSE^ liAriNllS. 



( ^-89 ) 
et oOVe un purgatif trs-actif. Lorsque la tige est sche , 
soit qu'elle ait pris plus de consistance au bout d'un 
certain temps, soit qu'elle ait cd la violence des ou- 
ragans , elle offre sa cassure une rsine trs- brillante. 
Les INgres, qui savent profiler des richesses que la na- 
ture leur offre chaque pas , coupent les liges vertes en 
biseau , de la longueur de deux trois pouces. Ils pla- 
cent ces morceaux dans une auge vernisse, destine 
recevoir le suc laiteux qui en sort, et se concrte en 
une rsine trs-blanche. D'autres se contentent de faire 
sur le pied des incisions , puis de ramasser avec une spa- 
tule la rsine lorsqu'elle est coagule. Le nom IMinguet 
est celui d'un ancien habitant , dont la mmoire est en- 
core aujourd'hui honore. 

Caractres physiques. Ce Liseron a des racines tu- 
breuses , napiformes , trs-grosses , douces au got , et 
remplies d'un suc laiteux. Il en pousse des tiges sarmen- 
leuses d'un vert fonc, peu prs de la grosseur du 
doigt , rameuses , volubiles , et assez longues pour grim- 
per sur les plus grands arbres. 

Les feuilles sont digites et portes sur des ptioles 
longs et purpurins : les digitations sont au nombre de 
sept, glabres, ovales, lancoles, pointues, un peu si- 
nues, longues d'environ trois pouces, d'un vert gai, 
et leur nervure moyenne est purpurine en dessous. Les 
pdoncules se voient aux sommits des rameaux. Ils sont 
axillaires , solitaires , courts , grles , chargs de cinq 
six fleurs. 

Les corolles sont carlates , de la grandeur de la 
paume de la main , campaniformes , en tube leur base, 
limbe vas et lgrement onde. Le stigmate est capit 



( ^9^ ) 
et bilob. La capsule (jui forme le (rnil est ovode ei 
deux loges. 

-Analyse chimique. Les expriences faites sur le suc 
de ce Liseron, nous ont offert les mmes rsultats (jne 
sur r espce prcdente. 

Proprits mdicinales. Les naturels du pnys qui , 
dans leur mdecine domestique, utilisent la Liane 
Minguet, dterminent la dose convenable par la lon- 
gueur des Jeux bras du malade qu'ils veulent purger. 
On sent tout rinconvnient de cette doctrine fallacieuse 
et arbitraire. Aussi, ce remde est-il mal dos, et Tin- 
fusion d'une cret insupportable. Le sirop est gale- 
ment trs-acre. 

Mode d'administration. On emploie le Convolvnlns 
en infusion , en sirop, en extrait. L'infusion et le sirop 
tant d'une saveur dsagrable , on prescrit l'extrait de 
prfrence. Il se donne la dose d'un gros , et purge 
convenablement. C'est aussi un trs-bon vermifuge. C'est 
tort que l'on prescrit quelquefois la rsine seule aux 
enfans , en bol et la dose de dix douze grains. Cette 
rsine tant doue d'une vertu broque , s'attache aux 
parois des viscres , agace , irrite , et enflamme tellement 
alors la membrane muqueuse , qu'elle cause des super- 
purgations toujours accompagnes de tranclies et de 
convulsions. 

Le docteur Chevalier , pour obvier ces inconvniens, 
associe cette rsine des correctifs , et propose la for- 
mule suivante, qui m'a toujours russi. Prenez Anti- 
moine diaphor tique , Diagrde , AEthiops minral , 
de chaque , dix grains -, non-seulement cette poudre 



(291 ) 

ne donne ni superpurgations ni tranches , mais c'est 
un excellent fbrifuge. )) Ce Diagrcde , indiqu par 
Chevalier , n'est autre chose que la rsine de notre Liane 
Minguet. Au reste, la meilleure manire de l'em- 
ployer est de l'utiliser dans les lectuaires , o l'on fait 
entrer la Scammone, qu'elle remplace merveille. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-HUIT. 

Racine. 



( 29^. ) 

<vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv\^^lVvvvv^v\^AA^vv^vvt'vv\'vv\vv><vvK>vvvvv^lvv\^lv^<vv>/vv\'vv^ wt l.A^ iw^ 

NYCTAGE DICHOTOME. 

{Purgatif drastique.) 

Synonymie. Vulg. Rhubarbe blanche, Scammone d'Amri- 
que. Herbe de quatre heures. Mchocan. Mirabilis Di- 
chotoma. Lin. Pentandrie Monogjnie. Mirabilis floribus 
sessilibus , axillaribus, solitariis, erectis ; Lam. III. 2167. 
Polygonum scandens, vulgo Mechoacana dictus. Poup. 
Desp. Admirabilis Jasmini Rosa ; Clus. Hist. 2 , p. 90. 
Jalapa oflBcinarura et mart. cent. 1, tab. \, Solanum 
mexicanum flore parvo. Bauh. Pin. 1G8 , prodr. 91. 
Tournef. Jalapa; clas. 2. Infundibul. sect. 3. Jiissieu , 
famille des Nictages. En malabarois, Audi-Mallcri. 

Caractres gtriques. Corolle infiiiidibulifcume , 
suprieure 5 calice infrieur*, nectaire globuleux renfer- 
mant l'ovaire; une semence involucre par le calice. 
(Vivace). 

CarActiires PARTICULIERS. Flcurs solitaires, axillaires, 
redresses , sessiles. 

Histoire tAturelle. Le nom vulgaire de Fleur de 
quatre heures , a t donn cette plante , parce que les 
fleurs de ce Nyctage s'panouissent bien plus tt que les 
autres , et ne commencent s'ouvrir qu'aprs le coucher 
du soleil , pour se refermer sous l'influence de ses pre- 
miers rayons du matin. L'amant passionn qui aime 
errer au milieu des nuits , sous les votes silencieuses 
des forts de ce nouveau monde , et v chercher le 



/"l.z^l. 




T/tfft^re 7)ej'Ct'iu-/if'C J^m.r 



(Mairie/ J'cu/o. 



:^\C TA GF. 1>TC MOO^fJE . 



( 293 ) 

bonheur dans des chimres qui charment son imagina- 
tion , est entran malgr lui par les manations volup- 
tueuses de cette plante, dont les fleurs rpandent pen- 
dant la nuit une odeur trs-suave , et qui lui est parti- 
culire. Elle crot naturellement au Mexique et dans 
beaucoup d'iles Antilles , o on la rencontre au milieu 
des forets vierges. On la cultive dans les serres aprs 
l'avoir fait lever dans des pots sur couche en avril. Elle 
produit un joli effet dans les massifs des jardins paysa- 
gistes. Selon Mordant de Launai. le mot Nictago est com- 
pos de Nicros ^ gnitif de Nfx^ et de ylgein^ dlecter, 
attirer. On recherche les fleurs de cette NicLige odo- 
rante pour les crmonies religieuses. 

Caract;res physiques. Cette plante ressemble beau- 
coup la Belle-de-Nuit , que l'on cultive en Europe 
pour l'ornement des jardins-, elle en diffre nanmoins 
par des caractres particuliers : ses tiges sont noueuses , 
paisses , et poussent une grande quantit de rameaux 
dichotmes , tals et touffus. Ces tiges sont laiteuses. 

La racine , blanche comme celle de la Bryone d'Eu- 
rope, en diffre es entiellement en ce qu'elle est com- 
pacte , ille et l, et non fongueuse , ni amre , ni 
d'une odeur nausabonde. Cette racine est articule et 
trs-grosse, tant frache. Elle est brune extrieure- 
ment, blanche en dedans, laiteuse et rsineuse. 

Les feuilles sont alternes, vertes et cordiformes. Les 
fleurs monoptales sontcampanules, quelquefois rouges, 
fouettes de jaune \ quelquefois de couleui- de chair ple 
au-dehors , et purpurines intrieurement. 

Les fruits qui les remplacent sont noirs , triaugulaircs , 
et de la grosseur d'un noyau de bigareau. 



C '-94 ) 

Analyse chimique. La racine de Mcclioacan , suivant 
Bonastre, parat contenir sur cent parties , i*^ substance 
rsineuse solublc dans FEtlier 2. 2^. Extractif aqueux 
(gomm) 16. 3. Amidon 5o. Albumine 2. 
Fibre bgneuse 3o. 

Proprits mdicinales. Ce Mcboacan, donn froid 
et en poudre , purge les humeurs glaireuses , les visco- 
sits et srosits de la tte, de la poitrine et des articu- 
lations ^ c'est pourquoi on F ordonne en substance con- 
tre la goutte et autres douleurs arthritiques^ contre les 
affections scrophuleuses et syphilitiques , et contre l'a- 
nasarque. 

Mode d'administration. On coupe ces racines par 
tranches pour les pharmacies ^ mais elles ne se conser- 
vent que trs-difficilement , et sont bientt attaques par 
les vers et par la moisissure. On a reconnu aussi que la 
vertu drastiqie du Mchoacan s'vaporait par l'humidit-, 
c'est pourquoi on lui prfre le Jalap. La dose en pou- 
dre est depuis vingt-quatre grains jusqu' un gros. On en 
prpare avec une teinture hydragogue, dont la dose est 
d'une once. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT TRENTE-NEUF. 

1. Racine entire. 

2. Tronon de racine du commerce. 



/V 7I0 




T^ea(^ore ^ej-cou/'/i/x J^a: , 



(rdofie/ lieu/. 



( 295 ) 

A.ww^'Wvw* wvw vv\\^Aivvvvvvvv> vv\Aivvvv> vvvvvvvvvvvvvv^'Vv^lVVVvv^'Vvvvvvvv*vv^^vvvvvvvvvv\^Al^ 

LISERON JALAP. 

(^Purgatif drastique. ) 

Synonymie. Convolvulus Jalappa. Lin. Pentandre Monogy- 
nie. Jussieu , famille des Liserons. Tournefort, cl. i. 
Campanif. sect. 3. Desfonlaines, An. Mus., p. 126. Vol. 
III, t. 4o et 4i. Ipomaea maclirorliiza, Micli. Flor. bor. 
Am. 1 , p. i4i. Brjoniamecliiocananigricans. Bauh. Pin. 
298. Convolvulus americanus , Jalapium dictus. Raj. 
Hist. 724- Convolvulus foliis variis, pedunculis unifloris, 
radie tuberosa. Mill. En espagnol , Xalappa. En por- 
tugais, Jalappa. En anglais, Jalap. 

Cahactres gnriques. Calice cinq divisions *, co- 
rolle moiioplale , plisse, canipaniforme ou infundibn- 
liforme^ cinq tamines^ un style surmont de deux stig- 
mates -, le fruit consiste en une capsule suprieure , en- 
toure par le calice, deux loges , renfermant cliacuno 
deux semences. 

Caractres particuliers. Feuilles ditormes , cordi- 
formes , anguleuses, oblongues et lancoles^ tige vo- 
lubile ^ pdoncules uniflores. Son fruit est un Polakne 
bipartible , sillonn et raboteux ; ou graine nue g- 
mine. 

Histoire naturelle. Cette plante , dont la racine est 
si employe en pharmacie, est originaire du Mexique , 
mais s'est parfaitement naturalise aux Antilles et dans 
plusieurs autres parties de rAmcri([ue mridionale , et 



mme de rAmriquc scptenlrioiialc , ainsi que Ta fait 
connatre Michaux , sous le nom 'Ipoma macrorhiza. 
Le Jalap est trs- commun dans les forets de la Vera-Cruz, 
et lire son nom de Xalappa , ville de l'Amrique espa- 
gnole , d'o elle fut reue pour la premire fois en Eu- 
rope. 

Le Jalap du commerce est en morceaux entiers , ou 
par racines hmisphriques et en rouelles de plusieurs 
pouces de diamtre. Sa surface externe est brune*, son 
intrieur est moins fonc et marqu de zones *, la cassure 
en est brillante ^ l'odeur nausabonde , et la saveur acre 
et irritante. 

Caractires physiques. La racine du Jalap est ou fusi- 
forme ou arrondie. Elle est blanche , charuue , lactes- 
cente , donnant naissance plusieurs tiges herbaces , 
sarmenteuses , stries, de la grosseur d'une plume d'oie, 
verruqueuses , et s'levant la hauteur de vingt pieds , 
autour des arbres qui lui servent de soutien. 

Les feuilles sont alternes, ptioles, subcordiformes , 
aigus, entires, quelquefois divises en deux, trois ou 
cinq lobes , glabres en dessus , et velues infrieurement. 

Les fleurs sont pdoncules , solitaires et axillaires , 
violaces^ leur calice est persistant, cinq divisions 
profondes et un peu ingales. 

Leur corolle est subinfundibuliforme, rgulire*, le tube 
est cylindrique , le limbe est vas et subcampaniforme^ 
les cinq tamines sont rapproches , et ne dpassent pas 
le tube de la corolle. Le style est filiforme , d'une lon- 
gueur gale celle des tamines , termin par un stig- 
mate bilob. La capsule est ovode , arrondie , mince , de 
la grosseur d'une noisette, enveloppe par le calice -, or- 



( ^97 ) 
dinairenieiit quatre loges, contenant cliacune une ou 
deux graines triangulaires , recouvertes de longs poils 
soyeux. (Pucliard. ) 

Atalyse chimique. D'aprs M. Flix Cadet Gassicourt, 
cinq cents parties de racines de Jalap ont produit : rsine, 
5o ^ eau , 24 *, extrait gommeux , 220 ^ fcule , i2,5 ^ al- 
bumine , 12,5 ^ phosphate de chaux, 4, muriate de po" 
tasse, 8,1 ^ sous-carbonate de potasse, 2^ sous-carbo- 
nate de chaux, 2*, carbonate de fer, 0,1 -, silice, 2,^; 
perte ,17. Selon Bonastre , cent parties contiendraient: 
rsine, 10^ extractif brun insoluble en alcohol, 44^ 
amidon , 2,0 ^ fibre ligneuse, 29 j albumine, 2,5 *, matire 
colorante , sucre et acide acteux, 2; perte, 10. La ra- 
cine sche concasse, traite par l'alcohol 25 , a pro- 
duit, aprs sa macration et vaporation du vhicule, un 
extrait d'une once sans fcule , et d'une consistance pil- 
lulaire. 

Proprits mdicinales. Le Jalap est un purgatif dras- 
tique, qui manque rarement son effet. Il ne convient 
point aux tempraniens sanguins, nerveux et irritables, 
mais il offre les plus grands avantn.qjes aux personnes 
d'une constitution froide , remplies de srosits, et qui 
ont la fibre molle et relche. On le prescrit avec succs, 
comme hydragogue , dans les hydropisies produites par 
relchement. Il est aussi fort utile dans les maladies des 
enfans, dont la constitution molle, laiteuse ou chyleuse, 
mitig l'acrimonie du purgatif. Le docteur Rothen , dit 
Rocques, a prpar une teinture anthelmintique, Fac- 
tion de laquelle les tnias ne peuvent rsister. On la 
compose ainsi : prenez Jalap 4 onces^ semences de Car- 
thame 2 onces^Scammone 1/2 once^Gomme-Gutte 2 gros-, 



( 298 ) 

concassez ces substances; faites dii^rer pcnd.uit cincj 
jours dans vingt-quatre onces d'alcoliol, et dcantez la 
liqueur. Versez encore liuit onces d'alcoliol sur le marc-, 
laissez digrer, dcantez, et mlez les digestions. La 
dose de ce mdicament hroque est d'un h deux gros 
jusqu'il quatre. Une autre prparation galement indi- 
que par le docteur Rocques , qui la science et l'iiuma- 
nit doivent les plus grands loges , est celui-ci : prenez 
Scammone , douze grains -, Jalap , six grains *, sulfate de 
Mercure , ou Turhitli minral , deux grains. Formez 
cinq pillules avec suffisante quantit d'esprit de vin. Oji 
prend trois pillules jeun , et les deux autres une heure 
aprs. Cette prparation lit rendre une femme dix-sept 
tnias. 

Mode d'administratiois. Quelques mdecins partisans 
de la mthode iatraleptique , prescrivent en frictions sur 
Fpigastre la dose d'un gros la pommade purgative que 
voici : prenez poudre de Jalap , quarante grains ; Scam- 
mone, vingt-quatre grains; mercure doux, douze grains-, 
suc gastrique de Chouette , quantit suffisante pour in- 
corporer les poudres indiques. 

Le Jalap en poudre se prescrit depuis quinze jusqu' 
quarante grains; mais il est prfrable d'employer la 
rsine , dont l'action est plus sre. Sa dose est de huit 
dix grains dissous peu peu avec un lait d'amandes, qu'on 
aromatise suivant le got des malades avec un gros d'eau 
de fleurs d'oranges , ou quelques gouttes d'huile essen- 
tielle de Cannelle , de Ravend-Sara, ou autre. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE. 

Racine telle qu'elle se vend dans le commerce. 



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TTif^x/nr/" De.fOiif'/7/\ r 'i'i.r 



(rarie/ J'en/fi 



M FJ WX 1 N- WA\ C AT 1 1 Airr I O TK 



( ^99 ) 

MDICINIER CATHARTIQUE. 

( Purgatif drastique. ) 

Synonymie. Vulg*. Grand Mdicinier; Pignon de Barbarie; 
Noix de mdecine; grand Haricot du Prou; JatropLa cur- 
cas foliis cordatis angulatis, Lin., Spec. Plant., 3. Moncie 
Monadelphie. Jussieu, famille des Euphorbes. Ricino- 
des Gossipii folio. Tournefort. Ricinus americanus ma- 
jor , semine nigro, Bauh. , Pin. 432. Plum. , Cat. 20, et 
Mss., vol. 4? tab. i35. Ricinus major, americanus, cur- 
cas dictus et faba purgatrix Indiae-Occiduae, J. B. Hist. 3, 
p. 643. Ricinus ficsfolio, flore pentapetalo viridi, fructu 
levi pendulo, Sloan, Jam., Cat. 4o. Croton seu Ricino- 
des f'rutescens, foliis cordiformibus laet virentibus, Poup.- 
Desp. Munduj-Guacu, Marcgr.,Bras. 97. Jatropba as- 
surgens, ficus folio, flore lierbaceo, Browne, Jam. Nuces 
Barbados, Anglais. ^ 

Caractres gnriques. Feuilles alternes , lobes ; 
fleurs disposes en cimes opposes aux ptioles , mono-r 
ques. Les mles, corolle infundibuliforme, et dix tami- 
nes monadelpliiques. Les femelles, corolle cinq pta- 
les, trois styles biides ; capsule trois loges monospermes, 

Caractiires particuliers. Feuillage vert jauntre \ 
limbe des feuilles anguleux , cinq pointes ^ le ptiole 
long ^ la tige marque de cicatrices , mais dpourvue de 
stipules \ les fleurs verdtres , disposes en corjmbes la- 
traux ou axillaires. Le fruit a trois loges. 

Histoire naturelle. Cet arbrisseau touffu, connu 
Tome II. 36^ Livraison. ig 



( 3oo ) 

par ses proprits cathartiques, se plat clans les lieux 
un pen humides. On le rencontre aussi communment 
le long des ruisseaux et des rivires. On l'emploie , 
comme le Sureau en Europe, pour entourer les parcs, 
pour faire des haies de clture, et circonscrire les jardins 
et les habitations. Il se multiplie aisment de boutures. 

Les racines et certaines parties de la plante fournis- 
sent aux teinturiers une couleur violette que Poupe- 
Desportes regarde comme solide. 

Caractres physiques. C'est un arbrisseau touffu de 
la forme de nos Figuiers, rempli d'un suc blanc, acre, lai- 
teux, astringent, et d'une odeur vireuse et nausabonde. 
Son bois est mou, cassant, plein de moelle *, son tronc gri- 
stre ou roux dans sa jeunesse , cylindrique , uni , se ter- 
mine par des rameaux feuilles seulement a leur extr- 
mit ^ le reste de leur longueur est charg de cicatrices 
laisses par les anciennes feuilles aprs leur chute. 

Les feuilles sont parses , ptioles , cordiformes , 
pointues , anguleuses, nerves et veines, vert-jauntre 
eu dessus , glabres , luisantes , couleur de rouille en des- 
sous 5 longues d'environ cinq pouces , un peu moins lar- 
ges -, leurs angles sont pointus , ordinairement au nom- 
bre de cinq , entre lesquels on voit souvent des dents 
grossires \ les ptioles sont plus longs que le disque de 
la feuille. 

Les fleurs nombreuses, pdicelles, naissent sur les 
jeunes pousses en bouquets axillaires ou latraux, co- 
rymbiformes , plus courts que les ptioles. Les ramifica- 
tions de ces corymbes sont altei^ncs, lgrement velues , 
munies, chacune leur base, d'une petite bracte lan- 
cole , cailleuse. 



( 3oi ) 

Les fleurs des deux sortes ont un calice cinq divi- 
sions profondes , d'un jaune verdtre 5 une corolle mo- 
noptale , semiquinqufide , campanule , ventrue la 
base , dcoupures ovales , obtuses , un peu rflchies , 
d'un blanc jauntre. Dans les mles , cinq glandes jau- 
nes , orbiculaires , comprimes , obtuses , sont places 
la base des dix filamens que terminent autant d'an- 
thres. 

Le fruit est ovale , de la forme et de la grosseur d'une 
noix, d'abord vert, puis jaune , et enfin noirtre. Sous 
une enveloppe paisse, coriace, ride, glabre, sont 
places trois coques blanchtres , bivalves et mono- 
spermes. 

Les semences sont ovales , oblongues , cohvexes en 
dehors , obscurment anguleuses du ct interne , pres- 
que cylindriques , entoures de deux tuniques propres , 
dont l'extrieure est fragile , crustace , noirtre et pa- 
nache de jaune. L'amande est blanche et si huileuse , 
que la simple pression des doigts en fait exsuder cette 
substance. 

Analyse chimique. Les amandes de ce Mdicinier, 
tant distilles avec de l'eau, donnent une huile volatile, 
pesante et vnneuse. 

Proprits mdicinales. Le Mdicinier offre des pro- 
prits mtiques et purgatives trop actives pour l'em- 
ployer sans beaucoup de circonspection. On est tonn 
qu'il n'arrive pas plus d'accidens de ses usages qui , dans 
les mains des Ngres , est journalier , surtout celui des 
feuilles qui , administres sous un nombre mystique 
toujours impair extrieurement, et, qui pis est, intrieu- 
rement, leur russit le plus souvent , tant leur constitu- 

9' 



( -i-'- ) 

lion est molle. 11 laut rejX'nclant lie irs-rseiv dans 
remploi de riuiile cxlraitc des graines de cet arbrisseau , 
surloul si la plantulc n'en a point c'? enleve , car elle 
est caustic(iie, et occasione des superpurgations dont ou 
arrte , 1 lie de Bourbon, les accidens, ditCommcrson, 
en plongeant le malade dans Tcau jusqu'au cou. Il r- 
sulte aussi de cet usage indiscret des gastrites si aigus , 
qu elles sont bientt suivies d'ulcration de la membrane 
muqueuse. On a pourtant remarqu que le Mdicinier 
qui fait vomir tant verd, perd ses proprits par la des- 
siccation. L'huile qu'on extrait des graines avec leur em- 
bryon est si caustique , que su^r l'habitation Bouyer 
Dessources , l'un de mes compagnons d'infortune , le 
matre d'iiotcl , sciemment ou innocemment , ayant as- 
saisonn une salade avec cette huile , tous les convives 
prsentrent la fois une figure convulsive , et prouv- 
rent de violentes coliques accompagnes de vomissemens 
excessifs. On voit d'aprs ce fait combien il est dangereux 
d'en faire usage l'intrieur, et que cette huile est beau- 
coup plus purgative que celle du Ricin. Nanmoins , 
Pison en recommande l'application dans les obstructions 
invtres des viscres. Les Ngres l'emploient en fric- 
tions et inlrieuremcjU dans le traitement des scrophu- 
les. Dans le cas d'hydropisie par atonie , on la pres- 
crit dans les clystres. On en frictionne les membres 
contracts , et dans les maladies froides des articulations 
en lui associant l'axonge musque du Crocodile museau 
effil. Les hattiers font ui secret de cette prparation 
qu ils vendent au poids de l'or comme nervale. On fait 
quelquefois prendre aux enfans, comme vermifuges, deux 
ou trois gouttes de cette huile dans du sirop de baterie. 
Les mdicastres du pays emploient , pour cataplasme 



( 3o3 ) 

fondant et rsolutif dans les cas de gonorrhe tombe 
dans les bourses , l'axonge dans laquelle on a fait frire 
des racines effiles du grand Mdicinier , des feuilles de 
Tabac vert , et celles du Ricin. 

Les Ngrillons sont friands des graines , qui ont la sa- 
veur de la noisette et son innocuit , lorsqu'on en a en- 
lev l'embryon ou plantule. 

Mode d'administration. La dose des graines mres 
est de trois cinq pour une purgation vomi-catliar tique. 
On les dpouille de leur pellicule extrieure et int- 
rieure \ on les torrfie lgrement , et on les laisse 
macrer quelques heures dans du vin rouge aromatis. 
L'huile s'ordonne dans une mulsion la dose de huit 
dix gouttes. Le tafia arrte les effets drastiques des 
graines de cet arbrisseau. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-UNE. 

( La plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle. ) 

1. Fiuit de grosseur naturelle. 

2. Fruit coup transversalement. 

3. Graine. 



( .ioi ) 



\%*VVVVVVVV\VVVVVVV\VVVVVVVVVVV\'VV\'VV\VVVV\AA\/>VVV\VVV\VVIVVV\^'VVVVVV^VVVVV^VV'VVVVV>'VVVV^ 



MDICINIER MULTIFIDE. 

( Pui'gailf drastique. ) 

Synonymie. Vulg. Mdicinier btard , petit Mdicinier, M- 
dicinier d'Espagne, Noisette purgative. Jatroplia multifida, 
foliis rnultipartitis levibus, stipulis setaceis mullifidis, Lin., 
Spec. Plant. , n** 4" Moncie Monadelpliie. Jussioa , 
famille des Euphorbes. Avellana purgalrix, Baub. Pin. 
4^18. Ricinodes arbor americana, folio multifido, Plum,, 
Cat., p. 20. Tournefort, 656. Ricinodes americanus 
tenuiter diviso folio, Breyn. Cent. 116, tab. 53. Sloan., 
Jam., 4o. Jatropba assurgens, foliis digitatis, laciniis an- 
gustis, pinnatifidis, Brown. Jam., pag. 348. Croton seu 
Ricinodes villosus , folio splcndente , floribus atropurpu- 
reis. Poup.-Desp. C'est le Eraway des Carabes. 

Caractres gnriques. Feuilles alternes palmes^ 
fleurs disposes en cimes , monoques ^ les mles co- 
rolle infundibuliforme et dix tamines , monadel- 
pliiques ; les femelles , corolle cinq ptales, trois styles 
bifides; capsules trois loges monospermes. 

Caractres particuliers. Feuilles divises pro- 
fondment en lobes fusiformes trs -lisses, d'un vert 
sombre ; les ptioles et les tiges couverts de poils longs, 
multifdes , glanduleux , d'un rouge de sang -, les fleurs 
stelles , obtuses et rouges. 

Histoire naturelle. Cet arbrisseau , dont le feuillage 
est trs -lgant, est aussi remarquable par le rouge 



p/az. 




J^^Of/o^e^ J?r*prou/^^7\ /^tn^' 



(^/trt^i i.tcu/p > 



MF.BECrXIEE 3m.lTFl>E 



( 3o5 ) 

clatant de ses fleurs. On Temploie aux Antilles, o il 
crot naturellement dans les massifs des jardins d'a- 
grment. Il aime un terrain moins humide que le 
prcdent. 

Caractres physiques. Arbrisseau dont la tige pleine 
d'un suc limpide visqueux , acre et amer , s'lve 
huit pieds environ \ elle est droite , peu compacte , et se 
termine par quelques rameaux. 

Les feuilles sont grandes , alternes , profondment 
divises, palmes ou digites, composes ordinairement 
de neuf lobes, disposes orbiculairement sur de longs 
ptioles ^ elles sont lisses , glabres , d'un vert fonc en 
dessus 5 glauques en dessous , finement dcoupes, et ont 
leurs principales nervures d'un rose tendre : les dcou- 
pures de leurs lobes sont linaires, trs-pointues, quel- 
ques-unes sont entires, les autres incises. Les p- 
tioles longs de six sept pouces , cylindriques , sont cou- 
verts de poils ou stipules multifdes divisions staces , 
glandulifres et d'un rouge de sang. 

Les fleurs viennent en cimes ombelliformes sur des 
pdoncules cylindriques , opposs aux feuilles et plus 
longs que les ptioles. Ces fleurs d'une couleur carlate 
vive , sont ouvertes en l'ose , les unes mles , les autres 
femelles. Elles ont un calice cinq petites divisions , 
une corolle d'abord campaniforme , ensuite trs-vase , 
offrant cinq ptales , ou seulement cinq divisions pro- 
fondes , ovales , obtuses , concaves , beaucoup plus 
grandes que le calice. Les mles sont pdicelles , nom- 
breuses , tamines courtes ^ les filamens sont purpu- 
rins, chargs d'anthres jauntres 5 les fleurs femelles en 
petit nombre sont sessiles dans les bifurcations des p- 



( 3o6 ) 

doncules , elles uiit un ovaire trigoue arrondi , trois 
styles bifldes. 

Le fruit est lgrement pyriforme , de la grosseur 
d'une noix, compos de trois coques membraneuses, 
brunes , renfermes sous une corce peu paisse, coriace 
et safrane. Les semences sont blanches , obtusment 
triangulaires, arrondies , et d'une saveur agrable com- 
parable celle de Faveliue. 

Analyse chimique. L'huile qu'on extrait des graines 
de ceMdicinier contient, i un principe acre , purgatif, 
quarante-cinq parties ^ 2 une huile semblable celle d'o- 
lives, sans proprits cathartiques, cinquante-cinq par- 
ties. Le principe acre parait rsider dans une matire 
rsineuse, soluble dans l'alcohol et l'ther sulfurique. 
Ce principe acre a beaucoup de rapport avec celui de 
TElaterium , ce qui pourrait tolrer celui des Mdici- 
niers le nom de Jatrophin. 

Proprits mdicinales. Les graines de ce Mdici- 
nier sont un purgatif violent dont les naturels font en- 
encore usage , malgr les accidens rpts que fait na- 
tre son usage inconsidr. Une seule graine suffit pour 
purger ^ on enchaine son action irritante en l'envelop- 
pant de beurre , ou en la prenant en poudre dans du 
bouillon gras , ou bien encore entre deux soupes , et 
mme quelquefois dans un sirop mulsif : petite djose 
la teinture alcoliolique agit comme sudorifque. L'huile 
s'emploie en embrocation sur la rgion ombilicale dans 
les affections vermineuses. Les dames croles , toujours 
empresses de donner les premiers soins aux malades de 
leurs habitations, prparent, dit-on, avec l'huile de ce M- 



( 3o7 ) 

diciiiier, ce qu'elles 3.\)i^e\lentV Orange royale: elles pro- 
cdent cette prparation en laissant macrer une orange 
dans l'huile des graines de ce Mdicinier pendant un 
mois. On la retire ensuite ; il suffirait alors de l'- 
chaufTer dans les mains ou d'en respirer l'odeur pour 
qu'elle communiqut , par les voies de l'absorption , sa 
vertu purgative. 

On emploie ce violent drastique dans la manie et au- 
tres affections qui rclament de violens purgatifs. Les 
Carabes l'estiment alexitre. 

L'eau-de-vie devient , je ne sais comment , le correc- 
tif des graines des Jatrophes , lorsqu'elles occasionent 
des superpurgations. 

Poupe-Desportes donne la composition suivante d'un 
apozme laxatif : Prenez feuilles de Mdicinier btard , 
de Chicore sauvage et d'Epinards marrons , de chaque 
une poigne^ gros sirop, deux onces ^ eau, une livre. 
Faites bouillir jusqu' rduction d'un tiers. On prend 
cet apozme en trois fois, demie-heure de distance. On 
le rend purgatif en y ajoutant de la Liane Bauduit 
( V^. 35^ livraison). Suivant Rlieede , la dcoction des 
feuilles sert rsoudre ou dterger les pustules de la 
tte. 

Mode d'administration. La teinture de Jalropha se 
prescrit la dose d'une dix gouttes ^ celles des grai- 
nes au nombre de deux au plus , tandis que dix douze 
feuilles cuites lgrement et manges en salade ou dans 
un bouillon de poulet , purgent sans tranches et sans 
dgot. Les praticiens du pays les regardent comme un 
excellent chollagogue. L'huile prise la dose d'une 
quatre gouttes dans du sirop d'Althea ou dans du vin 
des Canaries , offre un bon purgatif. 



( 3o8 ) 

rXPLICTIUN DK L\. PLANCHE CENT QUAU NTE-DELX . 

( La plante est rduite la moiti de sa grandeur naturelle. ) 

1. Fleur maie. 

a. Fleur femelle. 

3. Fruit de grosseur naturelle coup transversalement. 

4* Graine. 



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j'Aeot/o/'f> JJf<rcoi*f/i/%. ^ina; 



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MElt .X.\NMKI .H O^ilIlE 



( 3o9 ) 

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HERNANDIER SONORE. 

( Purgatif drastique. ) 

Synonymie. Vulg. Mirobolanier btard. Hernandia sonora 
foUis peltatis, Lin., Moncie Ttrandrie. Jussieu, fa- 
mille des Lauriers. Hernandia amplo Heder folio um- 
bilicato, Pluni., Gen. 6 et Mss. 5, t. 99. Jacq., Amer. , 
245. Nux vesicaria oleosa , foliis umbilicatis, Pliim. 
Hernandia arborea, foliis cordato-peltatis , capsula tenui 
aperta, Browne, Jam. SjS. Umbilicato folio arbor phi- 
lippensis, Petiv. Gaz. 9, tab. 43, fig. 1 ? 

Caractres gnriques. Fleurs monoques , mii- 
sexuelles , disposes par petites ombelles ; trois ensem- 
ble , l'une d'elles tant femelle et sessile au centre de 
l'ombelle , les deux autres mles et pdicelles , une col- 
lerette de quatre folioles ovales , oblongues , obtuses , et 
ouvertes la base de cliaque ombelle. 

Fleur mle. Un seul calice divis presque jusqu' sa 
base en six parties ovodes , oblongues , concaves , ou- 
vertes , dont trois intrieures un peu plus troites *, six 
glandes cylindriques termines en tte obtuse *, trois ta- 
' mines dont les filamens courts et attachs au rceptacle 
portent des anthres droites , grandes et oblongues. 

Fleur femelle. Deux calices \ l'extrieur monophylle , 
infrieur , persistant , urcol , entier en son bord *, l'in- 
trieur port sur l'ovaire divis en huit pices ovodes , 
ovales-oblongues , concaves et ouvertes , dont quatre 
plus intrieures sont troites ^ quatre glandes ovodes 
poses sur l'ovaire , alternes avec les divisions intrieures 
du second calice^ ovaire infrieur ovale-oblong , tron- 
qu^ un style pais, stigmate oblique, grand , pres- 
qu'inftindibuliforme . 

Une noix ovale marque de huit ctes longitudinales ^ 



( 5-0 ) 
lenloniiaiiL un noyau globuleux uu peu aplati et mono- 
sperme. Cette noix a pour enveloppe un calice ample , 
vsiculeux , arrondi et ouvert son sommet. 

CATiACTiniEs rARTiciJLiERs. Feuillcs amplcs , lidri- 
i'ormes , larges , ombiliques ^ fleurs en grappes ; calice 
vsiculeux du fruit un peu dprim son sommet. 

Histoire naturelle. L'Hernandier sonore croit aux 
Indes orientales et occidentales ^ on le cultive en Eu- 
rope dans les serres chaudes o son feuillage seul le 
fait remarquer, car il n'y fleurit point. Son bois est 
poreux et facilement inflammable sous le feu du Silex. 

Les naturels du pays emploient l'amande des fruits 
de cet arbre , qu'ils appellent Mirobolans , pour faire 
une mulsion purgative. Les habitans de Cayenne s'en 
servent aussi pour le mme usage. Le drupe donne au 
liquoriste la portion charnue du fruit qui jouit d'une 
odeur suave , et forme la liqueur , ou mieux la base du 
Mirobolan. 

Caractres physiques. Arbre lev , cime ample , 
d'un bel aspect 5 les rameaux sont cylindriques , cendrs, 
glabres , pais , les plus jeunes tendres et verdtres. 

Les feuilles sont alternes , vertes , parses , plioles, 
ovales , pointues au sommet , arrondies la base , ombi- 
liques , entires , grandes , portes sur des ptioles qui 
s'insrent loin du bord , dans le disque infrieur de la 
feuille. Sur le disque suprieur , l'oppos de cette inser- 
tion , se remarque une large tache pourpre. 

Les fleurs, d'un jaune pale , naissent aux sommits , sur 
des grappes panicules et axillaires. 

Le calice des fruits est grand , coriace , vsiculeux , 
enfl , lisse , jaune, arrondi , et un peu aplati son som- 
met qui prsente une ouverture petite et ronde. Ce ca- 



lice semble une coque ou pricarpe enfl et perc . ren- 
fermant un fruit beaucoup plus petit que la capacit de 
cette enveloppe ^ la pulpe de ce fruit est jaune , et le 
noyau brun et cannel. 

Lorsqu'il fait du vent , l'air pntre par l'ouverture de 
cette coque calicinale , et produit un sililement sonore 
qu'on entend d'une distance considrable. 

AiN'ALYSE CHiMioTiE. La pulpe Contient un principe 
mucoso-sucr , et l'amande, de la rsine en quantit. 

PROPraTs MDICINALES. L'Hcrnandicr sonore dont 
les proprits sont analogues celles de la Digitale des 
Antilles ( Digitalis americana , purpurea , folio serrato 
de Dodart, Gratiole de la Jamaque ) , et qu'on nomme 
dans beaucoup de quartiers , ainsi que la premire , la 
Cataleptique , offre un drastique violent qu'on ne doit 
point employer l'intrieur sans tmrit. Bouillie avec 
le sain-doux , son fruit procure une pommade assez esti- 
me contre les affections scrophuleuses. La dcoction 
des feuilles s'emploie petite dose dans les lavemens 
irritans. On prescrit les amandes dans les diarrhes 
chroniques, et pour rtablir les fonctions digestives. 

Mode d'administration. On concasse les noyaux de 
l'Hernandier sonore, pour les faire bouillir lgrement 
la dose de deux quatre gros par six onces de liqueur. 
En substance, on les prescrit celle d'un gros. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-TROIS. 

(Z,a Plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle,^ 

i . Fleur maie. 

2. Fleur femelle. 

3, Fruit ouvert pour laisser voirie noyau, 
4- Noyau couDP par le milieu. 



( 3l2 ) 

,\\\\V\\<,\VVVV>V\WV>VVVVV\\V\\\'>'\\>\\%'\V<-VVVVVVVV'W>WWVVVVVVWVWVW\\\VW\V\V\'\\\V\\.V\'< 

ORLIE CATIIARTIQUE. 

( Purgatif drastique. ) 

Synonymie. Allamanda calliartica , Lin. ; Allamaiida grandi- 
flora, Linn., Sjsl. PL, i, p. 592. Echinus scandens lac- 
tescens, flore maximo luteo. Barr. Franc. ^Equin., 48. 
Apocynum scandens amplissimo flore luteo , Plumier , 
Icon., 29. Orelia grandiflora, Aublet, Guyan., i,p. 271, 
tab, 106. 

Caractres gnriques. Calice cinq dcoupures 
profondes lancoles ; corolle infundibuli forme , un peu 
irrgulire , dont le tube trs-long est vas son ori- 
fice. Le limbe est ample , tendu , divis en cinq grands 
lobes obtus el ingaux. Cinq tamines , dont les filamens 
trs-courts portent cinq anthres sagittes , conniventes 
rorilice du tube. Ovaire ovale, environn sa base 
d'une membrane annulaire. Style filiforme , stigmate 
en tte , qu'une dpression mdiane et circulaire fait 
paratre double. Une capsule orbiculaire , comprime, 
coriace, couverte de longs aiguillons^ une loge, deux 
valves polyspermes^ semences orbiculaires , membra- 
neuses sur les bords, ranges sur un double rang , atta- 
ches sur le bord des valves et couches les unes sur les 
autres. 

Caractjlres particuliers. Corolle infundibujiforme; 
capsule grande , comprime , chine , une loge , 
deux valves^ semences membraneuses. 

Histoire naturelle. Ce genre de plantes, fleurs mo- 



/y. ///. 




'/iritr/ort" y)e,<-roii/-/i7'i /'//i,r 



fialme/ .l'iti/f>- 



OHiyjM rAiiiAiiTiorK. 



( 3i3 ) 

noptales , de la famille des Apocins , ne contient 
qu'une espce connue , celle qui nous occupe en ce 
moment. On rencontre l'Orlie sur les bords de la mer 
et le long des belles rivires des Antilles dont les bords 
fertiles annoncent partout une si riche vgtation. Son 
port particulier , la beaut de ses fleurs qu'elle donne en 
septembre , leur parfum , l'asprit de ses fruits, l'y font 
toujours remarquer avec intrt. 

Caractres physiques. Arbrisseau lactescent dont les 
liges sont noueuses , sarmenteuses , lgrement flchies 
en zig-zag, d'un violet cendr, cylindriques et luisantes. 

Les feuilles sont d'un vert glauque disposes en ver-^ 
ticille autour des branches , au nombre de trois qua- 
tre chaque noeud. Elles sont lancoles, sessiles, poin- 
tues , glabres , rides en dessus -, leur face infrieure est 
garnie d'un duvet brun , avec quelques poils blanchtres 
sur la cte du milieu*, les nervures sont alternes, trans- 
versales , peu saillantes. 

Les fleurs naissent en bouquets dans l'aisselle des 
feuilles ^ la base de chaque pdoncule se remarque une 
bracte cailleuse trs-courte ^ les pdoncules sont ve- 
lus , droits , roides , dichotomes ^ les fleurs sont trs- 
belles , grandes , d'un jaune brillant. Avant leur pa- 
nouissement, l'extrmit des boutons est nuance de 
rose tendre. 

Le fruit trs-pineux est coriace , d'un brun cendr. 

Analyse chimique. Le suc lactescent de l'Orlie 
contient un principe rsineux et un principe gommeux , 
galement soluble dans l'eau ou l'alcohol. On peut le 
dlayer dans les huiles fixes et volatiles. 

Proprits mdci?'ales. On doit user du suc lacts- 



( 3.4) 

cent de FOrlie avec beaucoup de rirconspcction , uiajs 
ou peut lui associer uu correctif, afin d'en mousser 
Faction irritante. C'est pourquoi on n'en fait usage 
que lorsqu'il s'agit de procurer une violente contrac- 
tion au conduit intestinal. Poupe-Desportes , et plu- 
sieurs praticiens des Antilles , l'ont employ comme 
hvdragogue et comme antlielmintique. 

Mais en gnral , les purgatifs drastiques nuisent dans 
les maladies des pays chauds , tandis que les minoratifs 
y sont toujours employs avec succs. 

Mode d'administration. On propose l'administration 
du suc d'Orlie la dose de huit douze grains qu'on 
incorpore avec un sirop aromatique. D'autres font dis- 
soudre cette rsine dans un jaune d'oeuf qu'ils dulco- 
rent avec du sirop de limon. 

Plantes purgatives rapportes dans d'autres 

CLASSES. 

Nota, Les Ngres se servent aussi des racines de l'A- 
cajou pomme pour se purger {Voy. classe des Epispasti- 
ques ) , de mme qu'ils emploient les fruits du Gayac et 
de VArgmone au mme usage ( Foy. classe des Diapho- 
reliques). 



explication de la planche cent QUARANTE-QUATRE. 

1. Fruit pineux de l'Orlle. 

2. Graine. ^ 



( 3.5 ) 



\V VV\ VXf^VVVVXV VV V\' \V VV XAf^ V\VV\\\\VVV% VVX VV\V> VV" VV% VV' VX'^ XX'VVV VV\ SJO'VV^ VV> VV^'VVXXXVVX* 



PURGATIVES HPATIQUES ET SPLNIQUES. 



SOMMAIRE. 



Les plantes hpatiques et celles splniques taient 
estimes propres aux maladies du foie et de la rate , 
affections qui prennent leur source dans le bas-ventre. 
Leur fonction est d'assurer une prompte et parfaite s- 
crtion de la bile. Pour cet effet on les associe , suivant 
la nature des complications , avec les espces apritives, 
celles stomachiques amres , celles diaphortiques , et 
celles anti-scorbutiques. 

Pour mieux juger des effets que peuvent produire les 
plantes hpatiques et splniques , il est bon de se rap- 
peler que le sang , presqu' son dpart du cur, avant 
d'arriver au foie , a besoin de retarder sa circulation trop 
active , en sjournant dans le msentre , la rate , le 
pancras , viscres dans lesquels la bile prend consis- 
tance , s'labore , et devient en tat de parvenir, avec 
les qualits ncessaires , au foie o elle se perfectionne. 
La bile mle avec les srosits excite et colore les 
urines en passant par les artres mulgentes. C'est elle 
aussi qui donne la salive sa qualit savonneuse. 

Mle avec le sang dans l'aorte descendante , elle est 

dirige vers l'abdomen par une infinit d'artres ; puis 

reconduite par le tronc branchu de la veine porte d'o 

elle se dgorge au foie. Partie retourne par la veine cave 

Tome IL 87 Lwraison. 20 



( :uG 3 

au cur-, partie, s()aio pnr les vaisseaux hpatiques et 
cysliques , se dgorge Je nouveau par uu caual parti- 
culier dans le duodnum. L , par son travail avec les 
autres aliniens , clic concourt l'laboration du cliyle. 
La partie fluide de la bile n'est point corruptible comme 
le chyle , et par sa mixtion avec le sang se renouvelle par 
rcrmenl. La partie excrmentielle teint les exermens 
et excite le mouvement pristaltique des intestins , qui 
en facilite la sortie. 

Les passions occasionent dans les viscres des en- 
gorgemens par un choc contre-sens. Il en rsulte des 
tumeurs skirreuses dans le msentre, la rate , le foie , 
le pancras et autres glandes de l'abdomen , ainsi que 
du vagin et de la matrice. C'est pourquoi aux hpati- 
ques on joint d'autres remdes, comme les apritifs , les 
sudorifiques , s'il y a complication-, l'obstruction tant 
divise , les reins lui servent de conduit , et la peau , 
par sa porosit, la dissipe sensiblement.On a pour exemple 
l'ictre qui rsiste aux purgatifs , et se gurit trs-bien 
par des hpatiques lgers mls avec des dlayans , re- 
lchans et apritifs combins. 

Il est remarquer que dans les Antilles la nature pr- 
voyante fait trouver sous les pas des voyageurs, dans 
les belles forts vierges qui ombragent les mornes , des 
milliers d'espces de fougres et d'autres plantes rputes 
hpatiques , que Plumier a dcrites avec la plus grande 
exactitude , et dont on trouve l'application journalire 
dans les maladies du foie, les ictres et les engorgemens 
des viscres abdominaux , toutes maladies propres ces 
contres. 



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( 3i7 ) 



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LISEROIN RAMPANT. 



(Purgatif hpatique.) 



Synonymie. Liseron feuilles d'oseille. Convolvulusrepens; 
Convolvulus foliis sagittatis postic obtusis , caule repente , 
pedunculis unifloris. Lin., Pentandrie Monog-jnie. Jus- 
sieu , famille des Convolvulaces. Tournef. , Cl. i. Cam- 
paniformes. Ballel. Rheed., Mal. ii, p. 107, t. 62. 
Convolvulus marinus catharlicus, foliis acetosae, flore ni- 
veo. Plum. , Amer. , p. 91, t. io5. 

Caractres gnriques. Calice cinq divisions ; 
corolle monoptale limbe pliss ^ cinq tamines 5 un 
ovaire suprieur, surmont d'un style termin par deux 
stigmates 5 une capsule arrondie, deux loges renfer- 
mant chacune deux graines. 

Caracteres particuliers. Tiges rampantes; pdon- 
cules uniflores. 

Histoire natup.elle. Le nom latin de Convolvulus , 
tir du mot convohere , entourer, entortiller, et qui in- 
dique l'habitude commune beaucoup de Liserons d'en- 
velopper les vgtaux dont ils sont voisins de leurs 
circonvolutions , convient plutt aux autres espces de 
Liserons cits plus haut , qu' celui-ci , qui rampe et ne 
s'lve pas. Il se trouve sur les bords de la mer. Les ca- 
nards pturent son feuillage , ce qui indiquerait qu'il ne 



20* 



( -' ) 

jouit pas , l'gard des animaux , des mmes proprits 
qui le rendent pnrpjatii chez l'homme. 

CARACTi:r.Es physiqtjes. Tiges grles, quelquefois plus 
paisses , tendres , succulentes , "vertes et traantes. Des 
racines chevelues partent de la partie infrieure de la 
tige , directement au-dessous de l'articulation de chaque 
feuille. Celles-ci sont liastes , angles arrondis, assez 
longues; leurs bords, lgrement sinus, sont souvent 
entiers. Le parenchyme de la feuille est pais, celle-ci 
est vert-fonc en dessus , vert-ple en dessous. Le ptiole 
qui la supporte est long et cylindrique. 

Les pdoncules sont assez longs, et ne portent qu'une 
fleur chacun. Le calice est court, cinq folioles pointues ; 
le tube de la corolle est un peu ventru; le limbe plane 
prsente une toile cinq rayons, et est sinu rgulire- 
ment son bord. Cette fleur, d'un blanc de neige , offre 
son fond et souvent une partie du tube , colors en beau 
pourpre. Les graines sont assez grosses et noires. 

Analyse chimique. Les racines fournissent un suc 
laiteux , acre , qui donne un principe rsineux , un prin- 
cipe gommeux , et un peu d'extractif. 

Proprits mdiciwales. Les racines de ce Convolvulus 
sont purgatives , et peuvent remplacer la Scammone. 
Comme il provoque moins violemment la contractilit 
musculaire du canal intestinal que les Liserons prc- 
dens, on le prescrit avec plus de confiance comme pur- 
gatif hydragogue. 

Quant moi , je n'ai point os l'administrer dans les 
hpatiques, quoiqu'il jouisse cet gard d'une haute r- 



(3-9) 

putalion parmi les mdicastres du pavs qui remploient 
journellement, en lui associant les apritifs et les mar- 
tiaux. 

Mode d'administration. Le suc paissi de ce Liseron 
se prescrit de cinq trente grains, suivant l'ge et la 
constitution des individus. L'infusion des feuilles, de- 
puis un gros jusqu' trois, par livre d'eau, offre une 
potion purgative qu'on peut dulcorer avec un sirop. 
Sclies et pulvrises , elles purgent bien la dose d'un 
gros. Les iieurs et les racines jouissent des mmes pro- 
prits. Deux onces des racines dans seize onces d'esprit- 
de-vin , fournissent une teinture purgative qui se donne 
la dose de deux quatre gros , dulcorce convenable- 
ment. Les graines, torrfies et prpares comme le caf^ 
procurent galement des vacuations alvines. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QL ARANTE-CINQ. 

La plante est reprsente rduite au tiers de sa grandeur 
iaturelle. 



( .-'....o ) 



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OSMONDF PllLLITIDE 



{^Purgatif hpatique.) 



Synonymie. Osmonda lancea, Lin., classe des Fougres. 
Tournef , Aptales sans fleurs. Jussieu , famille des Fou- 
gres. Osmonda lanceolata et leviter serrata, Plum. > v. i , 
p. 167. Anmia de Swartz. 

Caractres gnriques. La fructificatiou dispose sur 
un pi rameux, charg de capsules unilatrales, sessiles, 
globuleuses , bivalves , polyspermes , s'ouvrant horizon- 
talement. 

Caractres particuliers. Feuilles ailes avec im- 
paire , dentes en scie ; hampes gmines , insres sur 
la tige, portant la fructification. 

Histoire naturelle. Les forts des Antilles sont ta- 
pisses de fougres de toute espce parmi lesquelles on 
remarque l'Osmonde qui se plat particulirement dans 
les endroits frais , ou sur les rochers humides. En 1808, 
lors du sige de Santo-Domingo , dans l'extrme pnurie 
o se trouvait la garnison , les habitans , au rapport de 
M. Froideveau, alors commissaire des guerres , commu- 
niqurent aux soldats la connaissance d'une espce de 
fougre racines tuberculeuses qu'ils appelaient Goira* 
Ils prparaient ces tubercules en \es grageant sur une 
rpe au-dessus d'un baquet rempli d'eau. On laissait 



/y. j^\ 




7 /x-ut/tari' JJf.rcoit//t/K /*uij- . 



Oairif/ ilrii/p , 



O S.M O N1>K (IIE.NKLE F. * 



( 321 ) 

macrer pendant vingt-quatre heures-, en remuant plu- 
sieurs fois dans la journe le mlange , on voyait alors 
surnager une matire visqueuse jauntre , fculente , 
qu'on tendait sur des plaques de fer , et qu'on faisait 
cuire la manire du manioc. Cette prparation fut d'un 
grand secours au milieu de la disette affreuse qui rgnait 
alors dans la ville et les environs. 

Caractres physiques. La racine est un faisceau de 
petits flamens noirtres ; elle pousse de son collet sept 
ou huit tiges semi-cylindriques , glabres , canalicules , 
hautes de dix douze pouces et termines chacune par 
une feuille de mme longueur. Cette feuille d'un vert 
clair est aile avec impaire -, ses folioles au nombre de 
dix-sept dix-neuf sont longues d'environ six pouces, 
lancoles , pointues , minces , lgrement stries et bor- 
des de dents trs-fines. 

Les hampes sont noires, trs-grles, de la longueur des 
feuilles , gmines sur chaque tige et insres la base 
du ptiole commun entre les deux premires folioles. 
Elles portent leur sommet la fructification qui est dis- 
pose en une grappe rameuse et rousstre. 

Analyse chimique. L'Osmonde fournit ainsi que les 
Fougres un extrait aqueux , d'une saveur douce , un 
peu amre , et trs-astringente , qui noircit le sulfate 
de fer. L'extrait rsineux est d'une amertume insup- 
portable et d'une astriction svre. 

Proprits mdicinales. Poupe Desportes etd'autreS 
praticiens des colonies assignent lOsmonde une pro;r 
prit toute particulire dont l'effic cit se fait remar- 
quer dans les maladies chroniques , o elle agit comme 



( ^'^ ) 

apcrjlive. Elle est aussi , selon eux , hpatique et propre 
combattre les ailections du foie. On vite d'en donner 
aux femmes enceintes , car l'abus de cette plante , disent 
les naturels, peut provoquer Favortement, ce que m'a 
assur une ngresse mnagre qui en avait fait usage pour 
se dbarrasser du fruit d'un commerce illicite qu'elle avait 
eu avec un ngre, et qui redoutait la fureur d'un blanc 
avec lequel elle vivait. La poudre de cette racine mle 
avec les prparations mercurielles devient le meilleur 
antliclmintique connu , et le plus propre dtruire l'es- 
pce de tnia dont cette combinaison est presque tou- 
jours l'antidote. Dans les cas de rachitisme constitu- 
tionnel ou dviation de la colonne vertbrale des enfans, 
l'extrait d'Osmonde peut tre ordonn ds le principe 
de la maladie avec beaucoup de succs. 

Mode d'administration. On administre la racine d'Os- 
monde en substance la dose de deux gros dans du vin^ 
ou de l'eau mielle -, l'extrait se prend celle de trois 
gros tous les matins -, on peut le mlanger avec du caf 
ou des eaux distilles aromatiques. Pour le prparer, on 
mle sur une quantit donne d'Osmonde, trois parties 
d'eau et une d'alcool faible , afin que les principes rsi- 
neux et mucilagineux soient enlevs en mme temps. 

Nota. On peut substituer l'Osmonde plusieurs Sco- 
lopendres dont les vertus sont analogues , et applicables 
dans les splnites si communes aux Antilles-, telles que 
Fespce appele Lingiia cervina rigida et glabra de Plu- 
mier -, Oncjaoux, Maray des Carabes: Lingiia cervina 
foliiis ensformibus serratis , Plumier , que Poupe Des- 
portes emploie alternativement comme hpatique et 



( 3S.3 ) 

comme pectorale , et que Chevalier recommande dans 
rhydropisie. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-SIX. 

(a Plante est reprsente au tiers de sa grandeur naturelie.y 

i. Fruit. 

3. Fruit laissant chapper ses graines. 



( ;i24 ) 

^A^vvtv\Al\AAA/V^^/vv\\^'VVvv\'Vvvvvvvv\vvvvvv^lvvvvvwvvvvvvvvvvv>\^A\^v\A^^/vvvv^^lv^%'\^^^ 

POLYPODE PENDANT. 

{Purgatif hpatique.) 

Synonymie. Polypodium suspensum , Lin. Pol^podiiim 
frondibus pinnatis, glabris; lobis semi-ovatis acutis,Lin., 
Sjst. plant. , vol. 4 > pag. 4* i > n" 1 1 . Fougres. Tourn. , 
Aptales sans fleurs. Jussieu , famille des Fougres. 
Polypodium pendulum et glabrura , Plum. , v. 1 1 , p. 1 1 o. 
Tournefort, Inst. , R. Herb. 54i Polypodium asplenii 
folio , brevi pendulum. Ptri, fil. 24, t. 1, fig. i5. 

Caractres gnriques. La fructification dispose par 
points ou paquets arrondis , spars , pars sur le disque 
de la surface infrieure des feuilles. 

Caractres particuliers. Feuilles pinnes , glabres , 
divises en lobes presque ovales , connivens , aigus. Lar 
fructification infrieure sur deux lignes longitudinales. 

Histoire naturelle. Ce joli Polypode pendant , re- 
marquable par la varit de ses nuances et l'lgance 
de ses formes, se rencontre dans les lieux liumides , aiix 
environs des ruisseaux ombrags , ou des fontaines , au 
milieu de la riche vgtation qu'entretient leur fracheur. 
On le trouve encore sur le bord de la mer , fix des 
rochers submergs par les flots en courroux. Il prend ra- 
cines dans leurs crevasses , et y est balanc constamment 
par les vents de terre ou de mer. Ces touflfes se font par- 
ticulirement remarquer sur les flancs des rochers ca- 




/'Aeo(/ore lJ<r'rrot(ri/\ /^t/tw 



ui6rieL kQ'U^p 



POIAnPOBE. PE?^IA>'T 



( 320 ) 

vernenx d'un aspect romantique qui dispose une tendre 

mlancolie. 

La Na ait sous cette grotte obscure 

Qui prsente la fois un antre aux matelots , 
Une eau pure la soif, un asile au repos. 

DLILLE. 

Caractres physiques. Ses racines sont fiLbreuses , 
menues , fascicules , fixes ^ les feuilles sont pendantes , 
longues de douze quinze pouces , larges d'environ un 
pouce,, glabres , vertes en dessus, plus ples en dessous , 
presque pinnatifides ou divises en lobes demi-ovales , 
aigus, entiers leur bord, confluens leur base, marqus 
de nervures latrales , fines et parallles , alternes ou op- 
poses sur la principale cte des lobes. Le ptiole est 
lisse, d'un vert noirtre, long d'un pouce , ail sa partie 
suprieure. 

La fructification est compose de points pulvrulens , 
noirtres , de la grosseur d'une forte tte d'pingle , 
disposs sur deux rangs dans la longueur de chaque lobe. 

Analyse chimique. La soucbe scbe de ce Polypode, 
traite par l'eau , a fourni par livre de liquide quatre 
onces et demie d'extrait pillulaire consistant. 

Proprits mdicinales. J'ai c; u devoir classer ce 
Polypode parmi les plantes hpatiques ,^ car les habitans 
des Antilles et les praticiens de ces pays s'en servent 
avec succs dans les maladies du foie , dans les inflam- 
mations de ce viscre et celles de la rate. C'est, disent- 
ils, un dsobstruant trs-actif, bon ' employer pour 
liqufier cette lymphe paissie qui devient la cause de 
tant de maladies chroniques. 



( :V2(i ) 

Quelques inJieaslres du pavs ea font cas dans la 
goiiorrlie comme dtersif, et s'en servent en injections. 
L'application de cette plante en pessaire ou en suppo- 
sitoire remdie aux inconvniens de la chute de matrice 
et de fondement. Les ngres mlent cet eiTet la poudre 
trs-fine de ce Polypode avec parties gales de suie, ga- 
lement tamise , le tout fondu dans quantit suffisame 
de rsine de Pin ^ je n'ai jamais fait usage d'un pareiP 
mlange. 

Ce Polypode agit comme rsolutif dans les tumeurs 
du scrotum. Son infusion, prise avec persvrance jeun, 
dtruit les engorgemens du foie , surtout si l'on fait , 
pendant son usage , un exercice convenable , et si l'on 
place extrieurement comme topique fondant un empltre 
de cigu ou de vigo. 

Mode d'administration. La dcoction est la forme 
sous laquelle on administre le Polypode, la dose de 
deux gros jusqu' huit des feuilles et des racines pour 
deux livres d'eau qu'on laisse bouillir jusqu' rduction 
d'un tiers. On la boit froide dans quelques cas , mais 
plus souvent chaude , surtout dans les cas d'hpatite ou 
d'affection syphilitique. La poudre se prescrit depuis un. 
gros jusqu' deux dans de la constMve ou dans du sirop. 



EXPLICATION DE LA PLANCHK CENT QUARANTE-SEPT. 

{Plante reprsente au tiers de sa grandeur naturelle.^ 
Foliole vue au microscope pour l'examen de la fructification. 



/y. ,^,r 




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(3^7) 



i\M/vw\vvwvvivw'W 'V\>l\A/vvv^^^^\^^/vv\^v\vv\/vvvvv^^^/\<vv^lVvvvvvv\'^/vxlVVvvvvvvvvv\'\lvv^lv\' 



RETMIE A FEUILLES DE TILLEUL. 



(Pui'gatif hpatique.) 



SynonyrTe. Vulg. grand Mahot ; bois de Lige. Hibiscus 
tiliaceus. Lin., Monadelpbie Polyandrie. Jussieu, famille 
desMalvaces. Hibiscus caule arboreo, foliis cordatis subro- 
tundis, indivisis, acuminatis, crenatis,caljceexteriore dcent 
dentato, Lin. , Fl.-Zeyl., p. 118 , n 259. Car. , Diss. 3, 
n" 3 16, t. 55, f. 1. Ketmia indica tiliae folio. Tourn. 100. 
Ketmia amplissimo folio cordiformi flore , vario , Plum. , 
vol. IV, p. 20. Pariti seu talipariti, Rbeed., Mal. i, p. 53, 
t. 3. Alcea malabarica, abutili folio, flore minore ex 
albo flavescente, exterius aspero. Raj.,Hist. 1070. Alcea 
indica Ginarum, abutili foliis incanis , flore amplo luteo, 
fundo purpureo. Pluk., Amaltb. 6 , p. 355, f. 5. Ficus 
iodica, tiliae folio, Pluk., t. 178, f. 3. Malva arborea 
qnaritima, folio subrotundo, minore acuminato , subts can- 
dido, cortice in funes ductili. Sloan. , Jam. Hist. 1, p. 2i5, 
t. i34} f. 4- Raj-) sup., p. 3 17, n'* 16. Novella , 
Rumpb., Amb. 2 , p. 2 18 , t. 73. Onagneii des Carabes. 
Hina pariti, Mal. Rosa de China, Lusit. 

Cract:res gjsriques. Calice double -, rintrieur 
monopliylle persistant, cinq dents ou semi-quinqufide 5 
l'extrieur polyphylle , folioles troites ou linaires , 
nombreuses , quelquefois caduques. 

Cinq ptales plus grands que le calice , runis leur 
base, adhrens au tube des tamines. Celles-ci, nom- 



( 3.8 ) 

hreuses , porli-es sur nu lubc columnil'oniic , dont elles 
occupent la superficie et le sommel, tilamens libres vers 
leur extrmilc ^ anthres rnilormes ^ ovaire suprieur ^ 
style arrondi , (juincpifide son sommet ^ stigmas glo- 
buleux -, capsule arrondie ou ovale , cinq loges 5 cinq 
valves qui, en se sparant, emportent les loges entires, 
ou seulement leurs cloisons leur milieu ; une ou plu- 
sieurs semences globuleuses dans chaque loge. 

Caractres particuliers. Feuilles presque rondes, 
cordifonnes leur base , pointues leur extrmit ^ calice 
extrieur dix dents : fleurs grandes , jaunes , avec le 
fond pourpre. 

Histoire naturelle. Cette Malvace se plait sur le bord 
des rivires o ses belles fleurs attirent les regards. On la 
rencontre aussi sur les mornes boiss ou dans un terrain 
frais. Elle est droite, d'une moyenne grandeur^ son bois 
est blanc, lger, poreux et fendant 5 l'corce est d'un 
gris fauve , mince et peu adlirente. Elle sert faire des 
cordes qu'on emploie aux mmes usages que celles du 
tilleul d'Europe^ son bois , qui flotte sur l'eau, remplace 
le lige pour les filets des pcheurs. Les ngres taillent 
avec, des bouchons pour fermer leurs couis ou bouteilles. 

Caractres physiques. Arbre de douze quinze 
pieds , se divisant en branches ligneuses , droites , ra- 
meuses , corce gristre , s'enlevant facilement en la- 
nires-, rameaux cylindriques , velouts ou lgrement 
cotonneux au sommet , garnis de feuilles alternes ptio- 
les, cordifonnes, arrondies, acumines, entires, vertes 
et glabres en dessus , cendres et finement cotonneuses 



( 3^9 ) 

en dessous , avec cinq ou sept nervures partant de Tcx- 
irmit du ptiole , entre lesquelles sont beaucoup de 
veines transverses. Stipules assez grandes , ovales, am- 
plexicaules , caduques , laissant sur les branches des im- 
pressions circulaires. Les pdoncules sont axillaires et 
terminaux , les uns diviss et pluriflores , d'autres trs- 
simples, cotonneux , souvent garnis de bractes opposes 
qui ne sont que des stipules. Fleurs grandes campanules, 
jaunes avec le fond pourpr. Le calice intrieur partag 
jusqu' la moiti ou un peu au-del en cinq dcoupures 
lancoles et pointues *, le calice extrieur plus court , 
monopliylle et dix dents en son bord -, la capsule est 
ovale , veloute ou cotonneuse, peu prs de la gran- 
deur du calice qui l'environne. 

Analyse chimique. Les fleurs du grand Mahot con- 
tiennent , ainsi que toutes les Malvaces , un principe 
mucilagineux trs-abondant , plus un extractif amer, en 
quoi rside probablement la vertu purgative. 

Proprits mdicinales. Les fleurs et la racine du 
grand Mahot conviennent dans les infusions apritives 
et hpatiques. Son infusion qui jouit d'une proprit 
molliente et lgrement sudorifique excite les ruptions , 
modre lesmnorrhagies, apaise les douleurs des ophtal- 
mies qui offrent des symptmes inflammatoires. Les 
ngres vantent, je ne sais pourquoi, l'huile o l'on a 
mis macrer une grande quantit de fleurs , comme un 
baume vulnraire excellent, capable de remdier la st- 
rilit , et de gurir les aphtes si on les touche avec cette 
huile. Le lait dans lequel on a mis bouillir les fleurs , 
tant introduit dans l'oreille , calme les douleurs insup- 



( 33o ) 

portables de Totile et des cphalalgies aigus. Dans ce 
cas cette prparation agirait comme toutes les Malvaces. 

Mode d'administration. On emploie les fleurs comme 
mollientes et laxatives^ on les prescrit en boissons et 
en lavemens. La dcoction des racines et de l'corce 
jointe au sucre offre un sirop qu'on rend purgatif en 
lui associant le tamarin. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-HUIT. 

La plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle. 




7'AfO(/orr /^4vror<r/i/\ /^utj 



GaArir/ Jt-i 



HE.FAT I QVE CIIENOPO>K 



( 3ii ) 

HPATIQUE CHNOPODE, 

[Purgatif hpatique.) 

Synonymie. Marchanlia clienopoda, Lin., famille des Algues. 

Jussieu, famille des Hpatiques. Lichen anapodocar- 
pos, Plum. , fil. 143, t. 142. Dill., Musc. 53i, t. 77 , f. i. 

Petiv. , fil. , t. 1 5 , f. 6. 

Caractres gnriques. Extensions membraneuses 
rampantes , prsentant pour fructiflcation deux sortes 
d'organes regards comme fleur mle et fleur femelle. 

Mle. Plateau orbiculaire pdicule, ou calotte convexe 
ou conique, galement pdicue, sous lequel sont situes 
de petites bourses qui renferment une poussire fine , 
attache des poils. Ces bourses , t:omparables des an- 
thres, s'ouvrent avec lasticit, et les poils ou filamens 
qu'elles contiennent , ont des mouvemens trs-remar- 
quables au temps de l'inflorescence. 

Femelle. Capsules ou petits bassins campanules , ses- 
siles, pars sur la surface de la plante , et dans lesquels 
on trouve des corpuscules pris jusqu' prsent pour des 
semences. 

Caractres particuliers. Calotte pdicue, unilat- 
rale, palme, quadrifde ; bassins sessiles dents leur 
bord : expansions sinueuses. 

Histoire naturelle. On rencontre cette plante singu- 
lire sur les bords de la mer, o elle se fixe sur les ro- 
chers. L'chantillon qui fournit le dessin de cet article , 
Tome II. 38^ Livraison. 21 



( 33,, ) 

me rappelli! lo l;tblc'aii le plus plUorescjue. J'horhorisais 
tliuis les (Mviroiis de la l)ai(; de la ville de Sniiit-lVIarc (ile 
Saiiit-Doniiigue ou d'Hali), lorsque je fus attir par le 
luirnuire d'une grande fontaine qui sortait avec abon- 
dance du flanc d'un rocher caverneux. Un lgant pal- 
mier l'ombrageait au-dessus ; et au-dessous , sur le rivage , 
s'levait un cirque de Rizopliores , dont plusieurs Noirs 
coupaient les branches charges d'huitres ex([uises, tandis 
que les mres et leurs enfans taient assis sur des nattes 
pour y manger le moussa et le calalou, deux mets croles, 
faits avec la farine de mas et des fruits de la Ketmie- 
Gombo. Un des enfans jouant avec des toul'es d'Hpa- 
tiques qu'il avait arraches du rocher, je queslionnai son 
pre , qui m'apDrit qu'il destinait ces plantes "son neveu , 
affect d'une maladie du foie. Cette rponse me convain- 
quit du tact qu'ont les insulaires dans l'application des 
plantes usuelles. 

Caractres physiques. Les feuilles de cette plante 
d'un vert fonc , sont des expansions membraneuses , ra- 
mifies, prolifres, sinues latralement, chagrines par 
de petits points sailans. Les pdicules naissent prs du 
sommet des ramifications , ils sont longs d'un pouce , et 
poi lent chacun un plateau unilatral palm , partag au 
bord en quatre dcoupures obtuses. Ce pdicule, au lieu 
de s'insrer au centre du plateau qu'il soutient, s'insre 
sur le ct et dans la partie de son bord qui n'est point 
divise. 

Analyse chimique. Les feuilles de l'Hpatique con- 
tiennent beaucoup de mucilage, de l'albumine et de la 
matire colorante , quelques traces de mannite et d'hy- 
driodate de potasse. 



( 333 ) 

Proprits mdicinales. Le nom Hpatique qne porte 
cette plante , du mot hepar, foie , indique assez que les 
anciens lui attribuaient une grande vertu dans les mala- 
dies de ce viscre. On est un peu revenu , de nos jours , 
sur ses proprits exclusives ^ cependant , pour conserver 
l'Hpatique le rang qu elle doit occuper dans la matire 
mdicale, je rappellerai qu elle entre dans la composition 
du sirop de chicore, encore si usit de nos jours ^ qu 
la dose d'une poigne , elle fait partie des bouillons ap- 
ritifs et rafrachissans. Poupe Desportes la recomman- 
dait dans l'ictre, et il apprciait sa dcoction dans le petit 
lait, comme trs -utile dans les maladies de la peau et 
dans la cure des ulcres, la dose d'une pinte par jour. 
Cette prparation , qu'on doit renouveler tous les jours, 
purge doucement la bile hpatique , offre aussi des res- 
sources dans les hpatiques chroniques, dans les nphrites, 
ou engorgemens des reins, et dans les cystites, ou affec- 
tions chroniques de la vessie , en facilitant le cours des 
urines. Certaines dames , jalouses de conserver leur 
teint la fracheur et l'clat de la jeunesse , l'emploient 
comme cosmtique, en la mettant macrer dans de l'huile 
du ben olifre ^ on l'estime alors propre effacer les 
taches de ro^ sseur. 

Mode d'administration. La dose des feuilles , ou 
plutt de toutes les parties de la plante, est d'une 
poigne par livre d'eau , ou de deux par pinte de petit 
lait. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUARANTE-NEl'F . 

La plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle. 



( 334 ) 



\vA ^x'\vv^^^^\A.^\^^v\^\^'^vv^'VV>vvv\^'\\^/^vvvvv^^'VV\^^/v\vv^'VVX'VV\'VVvvvvv'VX'V\^'VV\'\^vv^vv.^'Vv 



CUSCUTE D'AMRIQUE. 



{Purgatif hpatique.) 



Synonymie. Vulg corde h violon. Sjnnate. Herbe z'a~ 
mourette, herbe z'amiti. Cuscuta floribus pedunculatis, 
Lin., Ttrandrie Ttraginie , Jussieu , famille des Liserons, 
Jacq. , Amer. 24 et Pict. , p. 17. Cuscuta caule apbyllo 
volubili repente, Gron. , Virg. 18. Cuscuta inter majorem 
et minorem mdia , filamentis longis , et floribus lat super 
arbores et campos se extendens. Sloan. Jam., Hist. i,p. 201, 
t. 128, f. 4' Cachyry des Carabes. En anglais, Dodder. 

Cara^ctres gnriques. Calice monophylle cinq 
divisions. Corolle monoptale, ovale ou carapanule, 
limbe stell , cinq lobes ^ quatre cinq tamines de la 
longueur de la corolle dont les filaniens munis chacun 
d'une caille frange adne leur base et attache la 
corolle, soutiennent des anthres ovales petites, parta- 
ges par un sillon. Un ovaire suprieur globuleux sur- 
mont de deux styles stigmates simples \ capsule arron- 
die, ttragone , biloculaire, contenant quatre semences. 

Caractiires particuliers. Fleurs pdoncules quin- 
qufides , corolle tubuleuse . limbe court ouvert en 
toile. , 

Histoire naturelle. Le nom de corde violon , 
donn cette plante parasite , indique assez bien la forme 



/y. ^so . 




7 Ai-t'iAi/v e.r,tiiJ/'/i/\ /'i/i.r , 



^ra/'/'ttr/ ,Ci-n^ 



CUSCUTE 0'A3E10UE 



C 335 ) 

et la couleur de ses liges enlaantes absolument sem- 
blables une corde boyaux. Les bons cultivateurs lui 
font une guerre continuelle , et l'arrachent sans pi li des 
citronniers ou orangers qu'elle treint si troitement, et 
dont elle pompe tellement les sucs au moyen de suoirs 
dont sa tige est pourvue dans toute sa longueur , qu'on 
voit , sans cette prcaution , le feuillage jaunir sur son 
tronc dessch. Cette plante, fameuse parmi les amans 
superstitieux, leur sert d'prouvette pour s'assurer de 
la constance de Tobjet aim , et de la dure de son 
amour. Pour cet elFet celui des amans qui est moins 
confiant que l'autre , et plus dispos par consquent 
l'influence malheureuse de la jalousie , aprs avoir gar 
l'objet de ses feux loin du bruit des villes et du regard 
des indiscrets *, aprs avoir pntr dans l'asile sacr du 
mystre, sous ces belles forts silencieuses, sous les votes 
sombres , o le parfum, les formes gracieuses, des fleurs 
de toutes couleurs , et le murmure des ruisseaux, par- 
lent si loquemment l'ame attendrie : il arrache une 
poigne de Cuscute , et la jette au hasard sur un arbre 
ou sur un buisson. Si plus tard la vgtation s'en dve- 
loppe , il est au comble de ses vux , et rvant au bon- 
heur, il doit tre le plus heureux des hommes. 

Caractres physiques. Plante parasite , sans feuilles, 
s'entortillant sur les rameaux d'autres vgtaux , et en 
tirant nourriture par des suoirs nombreux, arrondis, dis- 
poss sur une ligne la partie interne du filament. Ceux- 
ci sont trs-longs, rameux, lisses, tendres et verdlres. 
Les fleurs sont petites, jauntres, ramasses, portes sur des 
pdoncules communs fort courts. Elles ont un calice 
cinq divisions, une corolle cylindrique tube de la Ion- 



( 3:^6 ) 

gnciu du Piilice, limbe slell et cinq poiiiles. Cinq u- 
mines naissant de la partie suprieure du tube , et tin(| 
cailles franges places leur base. 

Analyse chimique. La Cuscute contient jnesquenioili 
de son poids de mucilage , et une trs-petite quantit 
de rsine , plus une substance amre et astringente. 

Proprits mdicinales. La Cuscute, d'un sentiment 
unanime parmi les praticiens des Antilles , jouit de pro- 
prits apritives , hpatiques et laxatives. On Feslime 
excellent liydragogue, mais j*ai peine croire ses vertus 
purgatives ^ cependant elle est tellement usite dans le 
pays , que j'ai cru devoir la placer ici. 

Mode d'administration. La Cuscute se donne en in- 
fusion ou dcoction , suivant le cas , de la dose d'une , 
deux ou trois pinces pour huit onces de liquide. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT CINQUANTE. 

1. Graine. 

2. Fleur. 

3. Etamine. 

4- Rameau treint par la Cuscute. Les suoirs y ont laiss 
une impression. 




'I'heoi/ii:-e J)(o'couffi'\ /^''u' 



{7nArt'e/ Jhul> 



QJS- iA 



A 



( 3^7 ) 

DORADILLE EN SCIE. 

[Purgatif hpatique.) 



Synonymie. Asplenium serratum, Lin., Gryptogamie. Jus., 
famille des Fougres. Tourn., Aptales sans fleurs. 
Lingua cervina , longo lato serratoque folio. Pluni. , 
Amer. 27, t. 39. Fil. , l. 124. Tournef., 545. PhjUitis 
major margine crenato. Petiv., fil. 106, t. 6 et 7. 

GARACTiiRKs GNRIQUES. FiTictificatioii disposc en 
lignes parses et tiansverses la partie infrieure des 
feuilles. Capsules trs-nombreuses pdicules, ne parais- 
sant sous forme pulvrulente qu'aprs avoir dchir le 
derme de la feuille, sous lequel elles sont contenues. 

Caractres particuliers. Feuilles simples, longues, 
dentes eu scie , presque sessiles. 

Histoire naturelle. Rien ne donne autant de grces 
aux paysages des colonies que la vgtation lgante des 
fougres qui ornent les forets vierges de cette partie de 
l'Amrique , o tout est nouveau pour l'il avide de 
l'Europen. Quelle tonnante varit de formes , de 
nuances et d'espces ! que de tableaux ravissans ! que 
de ressources pour le naufrag au milieu de cette belle 
nature prodigue de ses dons , o se dcouvrent des fruits 
de toute espce ! Le chant des oiseaux , le riche clat 
de leur plumage , les parfums divers des lianes, tout rcre 
l'imagination en extase. Le peintre y saisit avec transport, 



( -M^H ) 

SOUS IcsvoU'S silencieuses de ces liaules i'ulaies , le lit 
(Tune rivire dessche en l , el prsenlant un sable 
parsem de petits cailloux , sur lequel coulent encore 
(juelques lilels d'une eau fraclie et limpide , et dont 
les bords, devenus arides et plants de roseaux et de pon- 
tederia , attendent avec besoin le retour de l saison 
des pluies pour rafrachir leurs racines embrases. 

Les Doradilles sont des plantes cryptogames de la 
famille des fougres , qu'on utilise en Europe dans les 
jardins anglais, prs des cascades; ces plantes ont beau- 
coup d'analogie avec les lonchites et les polypodes. Leur 
fructification est dispose par paquets oblongs , formant 
sur le dos des feuilles de petites lignes irrgulires. Cette 
classe est trs-nombreuse et jouit des mmes proprits 
mdicales. On trouve les Doradilles dans les fentes de 
rochers ombrags et un peu humides , ainsi que dans 
les vieux murs. 

CARAcriiREs PHYSIQUES. Racinc compose de fibres 
nombreuses , chevelues , noirtres . d'o s'lvent sept 
huit feuilles simples , lancoles , pointues, rtrcies vers 
leur base , denteles en leurs bords , longues de deux 
trois pieds sur quatre ou cinq pouces de largeur. Ptiole 
court, arrondi, se prolongeant en cte dorsale velue, 
rgnant dans toute la longueur de la feuille. Lignes de 
fructifications nombreuses parallles , et accompagnant 
les nervures latrales dont elles occupent moiti de 
l'tendue. 

Analyse chimique. Cette Doradille, l'analyse, fournit 
du mucilage et du tannin (/^. Journal de botanique de 
Porthmann , t. 2 , p. 4^^ l'analyse de la Darea triloba 



( 339 ) 

f]iii a les mmes principes coiisliliiaiis que la Doradille 
(jui nous occupe. ) 

Proprits MDICINALES. Je ne partage point Tanathme 
que lancent , contre le traitement des maladies par les 
vgtaux , cerlains mdecins, qui croient pouvoir exercer 
leurs foiclions Faide d'une douzaine de plantes, ce 
ijui restreindrait beaucoup trop les immenses ressources 
et les intentions de la nature. Je leur citerai toujours les 
peuples non civiliss , dont les maladies cdent h une 
simple infusion approprie, mais que leur iaci. sait ap- 
pliquer avec sret. On ne peut rvoquer en doute cette 
vrit incontestable que tous les voyageurs peuvent attes- 
ter. Quant moi , si une pratique de trente annes peut 
inspirer quelque confiance, j'affirmerai avoir constam- 
ment prouv plus de succs par les traitemens simples 
qu'indique la nature, que par ceux o une trop svre 
rudition met contribution tour tour les produits 
inertes et vnneux de la cliimie , ceux des plantes h- 
roques dont radministration mal combine peut coter 
la vie du malade ; enfin, les eaux de sources trangres , 
auxquelles les pauvres ne peuvent puiser , comme si la 
nature tait assez martre pour ne point attacher chaque 
sol tout ce qui peut convenir aux besoins de ses enfans! 
Il ne faut point de systme exclusif, il faut savoir profiter de 
l'exprience d'anciens mdecins qui gurissaient comme 
nous, et souvent ne laissaient pas, comme nous, dgnrer 
les maladies. Quel triomphe en faveur de l'humanit 
avons-nous annoncer dans la thrapeutique moderne ? 
Pouvons-nous nous prvaloir d'une supriorit incontes- 
table ? N'invoquons-nous pas toujours l'autorit d'Hip- 
pocrale et d'autres praliciens qui nous servent de guides , 



( :5.{o ) 

Il ne martlioiis-iious pas toujours sous le ilamboau de 
leur exprience? On abandonne niainlenant la nature 
impuissante des nialao'ies cjue Ton j^urissail autrefois. 
iNe pourrait-on pas utiliser davantage la nouvelle doc- 
trine , qui , prfrable l'ancienne , souvent errone , se 
rapproclie davantage de l'tat de nature? Mais revenons 
notre sujet : laDoradille ainsi que ses congnres vient 
avec profusion aux colonies , et semble fournie par la 
nature aux habitans prdisposs , sous l'influence de ce 
climat, aux affections du foie et de la rate , lesquels se 
trouvent trs-bien de leur usage et de leur avantage dont 
il serait difficile de les dissuader. J'ai vu des engorge- 
mens abdominaux, prodigieux en grosseur, cder trs- 
promptement l'usage des prparations internes et ex- 
ternes des mdicamens pris dans la classe de ces fougres 
o se remarquent les scolopendres , les osmondes , les 
polypodes , les lonchitis et les capillaires. 

Mode d'administration. La poudre se prescrit en 
lecluaire depuis un gros jusqu' deux dans les engor- 
gemens du foie, dans les vapeurs hystriques et les spas- 
mes nerveux , dans les diarrhes rebelles. L'infusion est 
ordinairement recommande la dose de trois verres 
par jour. On ajoute sa proprit en ferrant l'eau. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT CINQUANTE -UNE, 

{La plante est reprsente au quart de sa grandeur naturelle J) 

1. Portion de feuille vue au microscope. 

2. Fruit. 

3. Fruit laissant chapper ses semences. 




J Afvt/ore JJe,teonr/iA J'ai je 






( 34. ) 

i\ \^ V O V\^ VV\ VV VV'VVVV\'' A/V' VVVVV \'V V\ < V\ \ X ' VV VV* V^-VVVVVV^AX 'VXX'VVVVVV^ V VV\ V VVVVV VVVVXX'V l V' 

EUPATOIRE A FEUILLES DE SOPHIE. 

{Purgatif hpatique.^ 

Synonymie. Eupatorium Sophi folium , Lin. , Syngnsie 
Polygamie g-ale, ordre des Corymbifres. Eupatorium 
ameiicaiiuiii Sophiae folio, flore purpureo. Plum., Spec. g. 
Burm., Amer., t. 182 , f. 2. Tournef, , 456. Vaill. , 
Act. 1719, p- 3o2 , n 2. 

Cauactres gnriques. Calice commun oblong ou 
cylindrique , imbriqu d'caills linaires lancoles . 
droites et ingales. Fleurons tout hermaphrodites sou- 
vent en petit nombre, tubuleux, quinqufides , styles 
fort saillans et bifides. Rceptacle nu entour par le 
calice commun. Plusieurs petites semences oblongues , 
charges d'une aigrette sessile , longue et plumeuse. 

Caractres particuliers. Calice imbriqu contenant 
environ dix fleurons. Feuilles opposes bipinnatifides ^ 
dcoupures courtes et obtuses. 

Histoire naturelle. Cette charmante plante , l'Eu- 
patoire feuilles de Sophie , crot communoient le long 
des ruisseaux, dans les bois et dans les savanes. Elle 
doit son nom , suivant le mordant de Launay, un roi 
de Pont (le Mithridate surnomm Eupator^ qui veut 
dire hon pre ). Sa culture en Europe exige le bord des 
ruisseaux dans les jardins -paysages o elle couvre le 
sol , sur la fin de Ft , de touffes considrables et de 
corymbes larges et terminaux de fleurs purpurines. Elle 



C M'- ) 

aime un icriaiii ini j)cu liiiniidc ('l le soleil. Un le 
propage en aiUonine par i <lal des louil'es. 

Ou reneontre aux Anlilles beaucoup d'espces d'Eu- 
patoires parmi lesquelles on signale plus parliculire- 
mcnl, 1 rpAipatoire feuilles de micocoulier appele par 
les naturels Ayousiha et Ayouinitouhou-^ 2 FEupatoire 
racines fourcliues , ou Manambanna des naturels aux 
Antilles; 3" l'Eupatoire feuilles d'arroclie , appele par 
les Carabes Bochtay , Bimaregay , Batele, Atetere ; 
par d'autres lierbe cbat, langue chat ; celte dernire 
espce est emmnagogue et vulnraire. 

Caractties physiques. Tiges menues en partie cou- 
clies , en partie droites , s'levant environ un pied et 
demi. Feuilles opposes longues de deux pouces , d'un 
vert gai , bipinnatifdes , semblables celles de la Sophie 
(SisjrmbriumSophia)^et dcoupures nombreuses, courtes 
et obtuses ; du sommet des tiges et dans les aisselles des 
feuilles suprieures naissent des pdoncules menus , ra- 
mifis en corymbe , soutenant des fleurs llosculeuses pur- 
purines, petites, calice imbriqu et styles longs et 
saillans. 

Analyse chimique. L'Eupatoire feuilles de Sophie 
contient beaucoup de fcule amilace , une huile volatile 
animale , de l'acide malique ^ et des traces d'acide phos- 
phorique , plus un principe rsineux , un amer , et du 
sulfate de chaux. 

Proprits mdicinales. Ne pouvant m'en rapporter 
toujours ma propre exprience , je proclamerai, d'apvs 
des praticiens dignes de foi, que l'Eupatoire feuilles de 
Sophie a toujours t employe avec succs par eux dans 
les maladies du foie et de la rate ; on l'estime apritive , 



( 343 ) 

hystrique , bochique ei vulnraire , et une exprience 
(le plusieurs sicles a confirm ces proprits. Chevalier 
et Poupe Desportes l'employaient dans la cachexie des 
Noirs, dans les affections catarrliales des membranes mu- 
queuses , dans les amnorrhes et la dysurie ; prise avec 
du petit lait , elle convient dans les affections de la peau 
et la chlorose. Son suc est recommand et gurit promp- 
tement les bouffissures qui se dveloppent la suite des 
fivres intermittentes , et la dcoction de la plante pr- 
vient et gurit mme certaines hydropisies , particuli- 
rement les hydrocles , prise au-dedans et applique 
extrieurement. Les racines de la plante infuses dans 
le vin blanc sont estimes laxatives et hydragogues , 
peut-tre bnvolement. L'huile de ben , imprgne des 
vertus de l'Eupatoire et applicjue sur le nombril des 
enfans, fait, dit-on, mourir leurs vers. Les Lidiens com- 
posent avec le suc de l'Eupatoire une pommade qu'ils 
vantent peut-tre avec exagration , et qu'ils emploient 
dans la cure des hmorrodes. 

Mode d'administration. On donne le suc des feuilles 
d'Eupatoire la dose de deux onces , son extrait un 
gros , et sa tisane se fait avec une poigne de ses feuilles 
pour un pinte d'eau qu'on fait bouillir lgrement , et 
laquelle on ajoute du sirop pour en corriger l'amer- 
tume. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT CINQrANTE-DEUX. 

1. Fleur grossie. 

2. Fleuron dtacli et grossi. 

3. Graine. 

FIN DU SECOND VOLUME 



TABLE DES MATIERES 

CONTEISUES DANS LE SECOND VOLUME. 



DIX-HUITIEME LIVRAISON. 

Sommaire des stomachiques astringentes. 
Anacardier feuilles longues. 
Camitier poramiforme. 
Caimitier olivaire. 
Goyavier pyriforme. 

DIX-NEUVIME LIVRAISON. 

Campclie. 

Calaba fruits ronds. 

Coulequin bois trompette. 

Brunsfelse. 

VINGTIME LIVRAISON. 

Raisinier grappes. 
Laurier bourbon. 
Sumac metopi. 
Omphalier noisetier. 

VINGT-UNIME LIVRAISON. 

Corossolier fruit hriss. 
Corossolier rticul. 
Corossolier fruit cailleux. 
Icaquier d'Amrique. 

vingt-deuxim livraison. 
Thobrme oimeau. 
Bresillot btard. 
Genipayer. 
Acomas. 

vingt-troisime livraison. 
Cupani d'Amrique. 
Bonduc commun. 
Moureiller en pi. 
Gras de galle larges feuilles. 



Pag 


. f). 


PI. 69, 




70, 


i3 


7, 


>7 


72, 


20 


73, 


25. 


74, . 


3o. 


75, 


34 


76, 


38 


77, 


4. 


78, 


46 


79, 


49 


80, 


52 


81, 


57 


82, 


61 


83, 


65 


84, . 


69 


85, 


73 


86, 


78 


87, 


81 


88, 


86 


89, 


89 


90, 


93 


9, 


97 


92, 


101 



( 345 ) 



VINGT-QAtRlEME LIVRAISON. 

Acacie feuilles troites, 
lellonie feuilles rudes. 
Vesseloup couronne. 
C^nomoir carlate. 

VINGT-CINQUIME LIVRAISON. 

Gomart d'Amrique. 
Clavalier des Antilles. 
Mahogon , bois d'acajou. 
Bignone quinoxiale. 

VINGT-SIXIME LIVRAISON. 

Lappulier sinu. 
Lappulier htrophylle 
Talauma de Jussieu. 
Sapotillier marmelade. 

VINGT-SEPTIME LIVRAISON. 

Myrthe feuilles rondes. 
Scopaire trois feuilles. 
Hamel feuilles velues. 
Amandier de montagne. 

\I>"GT-HUIT1ME LIVRAISON. 

Fuchsie grappes. 
jMoureiller de montagne. 
Moureiller piquant. 
Prle gante. 

VINGT-NEUVIME LIVRAISON. 

Sommaire des plantes purgatives mtiques. 
Ruellie tubreuse. 
Ruellie fleurs violettes. 
Ruellie hispide. 
Asclpiade de Curaao. 

TRENTIME LIVRAISON. 

Euphorbe feuilles d'Orpin. 
Euphorbe feuilles de Myrthe. 
Sensitive pineuse. 
Psycotre mtique. 

TRENTE-UNIME LIVRAISON. 

Tonidie mtique. 

lonidie feuilles de Polygala. 

Violette itoubou. 

Sablier lastique. 



1. 93, 


pag. io5. 


94, 


108. 


9^S 


III. 


96 


ii3. 


97, 


117. 


98, 


121- 


99 


125. 


100, 


i3o. 


lOl , 


i33. 


102, 


iSy. 


io3, 


i4o. 


104, 


144. 


io5, 


49- 


106, 


l52. 


107, 


i55. 


108, 


i58. 


109, 


161 . 


110, 


164. 


m, 


167. 


I la, 


171.. 




175. 


1 13, 


180. 


114, 


i85. 


1 15, 


188. 


116, 


191. 


7> 


196. 


118, 


99- 


"9' 


203. 


120, 


207. 


lSi, 


3lf^ 


122, 


2l5. 


123, 


219. 


124, 


223. 



( M^ ) 



TEENTK-DEOXIEME MVRAISO. 

Soninuiirc tics plantes purgatives proprement dites. 

dasse sylvestre. 

Tamarinier. 

Ricin annuel, 

lauhinie acumine. 

TRENTE-TnoiSiME LM HAISON. 

Rooc rhubarbe. 
Liseron maritime. 
Alos vulgaire. 
Ximnie pineuse. 

TRENTE-QUATRIME LIVRAISON. 

Casse sn. 

Casse feuilles de Trone. 

Casse ftide. 

Br} oue d'Amrique. 

TRENTE-CINQUIME LIVRAISON. 

Quamoclit purgatif. 
Liseron gi'osses racines. 
N3'ctage dichotome. 
Liseron jalap. 

TRENTE-SIXIME LIVRAISON. 

Mdecinier cathartique. 
Mdecinier multifide. 
Hernandier sonore. 
Orlie cathartique. 

TRENTE-SEPTIME LIVRAISON. 

Sommaire des purgatives hpatiques et splniques. 

Liseron rampant. 

Osmonde phillytide. 

Polypode pendant. 

Ketmie feuilles de TiUeul. 

TRENTE-HUITIME LIVRAISON. 

Hpatique chnopode. 
Cuscute d'Amrique. 
Doradille en scie. 
Eupatoire feuilles de Sophie. 



FIN DE LA TABLE DU TOME SECOND. 



Pag. 


227. 


PI irif), 


23 1. 


ia6, 


2.36. 


r^7, 


242. 


1^8, 


248. 


^'-"9^ 


25 1. 


i3o, 


25.^). 


i3i, 


2G0. 


l32, 


266. 


i33, 


o.Ckj. 


i34, 


273. 


i35, 


277. 


i36, 


28.. 


i37, 


285. 


i38, 


288. 


i39. 


292. 


i4o, 


295. 


14., 


^99- 


142, 


304. 


143, 


309. 


144, 


3l2. 




3i5. 


145, 


317. 


i46, 


320' 


147 


324. 


148, 


327. 


49^ 


33i. 


i5o, 


.335, 


i5i , 


338. 


l52, 


342. 



New York Botanical Garden Library 

QK225.D36t.2 gen 

Descourtilz Michel/Flore pittoresque et 



3 5 



85 00135 6144