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Full text of "Glossaire du patois de Blonay. Préf. de Ernest Muret"

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MÉMOIRES 

ET DOCUMENTS 

PUBLIÉS 

PAR LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE 
DE LA SUISSE ROMANDE 



LAUSANNE — IMPRIMERIE GEORGES BRIDEE & Oie 



MÉMOIRES ET DOCUMENTS 

publiés par la Sociélé d'hisloire de la Suisse romande 



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GLOSSAIRE 



DU 



PATOIS DE BLONAY 



PAR 



LOUISE ODIN 



PREFACE 

DE 

ERNEST MURET 

PROl-ESSEUU A l'université I>E GENÈVE 



Publié avec l'appui de la Confédération et de la Commission 
du Glossaire des patois de la Suisse romande 



LAUSANNE 

GEORGES BRIDEL & C'e ÉDITE;URS 

1910 



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PRÉFACE 



Le nom de Blonay apparaît lout d'abord, dans nos contrées, comme celui d'une 
g-rande maison féodale, jouissante dès le onzième siècle de vastes domaines et de droits 
étendus dans le bassin supérieur du lac Léman. A une lieue à l'est de Vevey, la 
branche vaudoise de cette famille possède encore le beau château commencé vers la 
fin du douzième siècle par son ancêtre Pierre I*"". Avant 1228, le pays d'alentour 
formait déjà la paroisse de Blonay, dont le territoire, par suite d'un ancien démem- 
brement de la seig-neurie, est aujourd'hui divisé entre deux communes rurales: à 
l'occident, celle de Saint-Lég"ier-La Ghiésaz, avec l'église paroissiale ; à l'orient, celle 
de Blonay, comprenant avec le château des anciens seig-neurs les villag-es de Tercier 
et de Cojonnex et les hameaux des Chevalleyres, 

Ce sont les formes de lang-ue propres à la commune de Blonay qu'offre au lecteur 
le présent Glossaire. Mais le patois qu'on parle ou que nag-uère on parlait à Saint- 
Légier et à La Chiésaz ne diffère de celui de Blonay que par quelques nuances de 
prononciation. Les diverg-ences dans la prononciation et le lexique s'accusent, lors- 
qu'on a franchi la Baie de Clarens, qui sépare la paroisse de Blonay de celle de Mon- 
treux, et deviennent encore plus sensibles, si l'on passe la Veveyse pour entrer dans 
le canton de Fribourg-. Néanmoins, d'une rive à l'autre de ces deux torrents, la dif- 
férence de parler n'a jamais été un obstacle aux relations entre Blonay et les com- 
munes voisines. Vaudois ou Fribourgeois, quiconque dans cette rég-ion n'a pas encore 
désappris le patois ancestral retrouvera dans le Glossaire de M'"® Odin une lang-ue 
familière, qu'on peut sommairement caractériser, d'après M. Gauchat, comme for- 
mant la transition entre les patois du Gros de Vaud et ceux des Alpes vaudoises. 

Du sommet des vig-nes jusqu'aux bois et aux pâturag-es qui couvrent les premiers 
contreforts des Alpes, les riantes campag-nes de Blonay s'étalent au soleil, en face 
du lac et des montag-nes. Les anciens habitants de la commune sont tous ag-ricul- 
teurs et vig-nerons. Mais, depuis une cinquantaine d'années, la population a presque 
doublé par l'aftlux d'un grand nombre d'étrang-ers, ressortissants du Pays d'Enhaut, 
Fribourgeois, Valaisans, Savoyards, Italiens ou Allemands, petits industriels pour 
la plupart, qui se sont emparés des métiers dédaig-nés par les paysans. D'après le 
dernier recensement fédéral, en 1900 la commune de Blonay comptait 10^8 habitants, 
presque tous protestants. Au 3i décembre 1909, il y avait 221 ménag-es. Dans ce 
nombre, les anciens bourgeois ne sont plus représentés que par treize noms de fa- 



VI PRÉFACE 

milieu, répartis entre quatre-vingt-seize ménag'es, tandis que ceux des nouveaux 
bourgeois et des simples habitants, Vaudois, confédérés ou étrangers à la Suisse, 
sont au nombre de cent-vingt-cinq 2. 

Par l'effet de cette immigration étrangère, des progrès de l'instruction publique, 
des communications chaque jour plus faciles, le français a déjà presque entièrement 
supplanté le patois dans la commune et la paroisse de Blonay, comme dans tout 
le reste du canton de Vaud. Il n'y a plus guère aujourd'hui que quelques vieil- 
lards qui se servent encore entre eux du dialecte local. Les jeunes générations le 
comprennent à la rigueur, mais ne le parlent plus ou le parlent mal, en y mêlant 
des tournures et des mots français. La langue enregistrée par M"e Odin est déjà 
presque une langue morte. Ces douze mille mots, ces cinq cents proverbes et dictons, 
cette foule de surnoms et de sobriquets pittoresques ont été recueillis par une femme 
âgée, de la bouche de ses contemporains et des derniers survivants de la génération 
précédente, aujourd'hui éteinte. Née en i836, elle-même n'avait point parlé le patois 
dans son enfance, quoique tout le monde le parlât autour d'elle, mais d'emblée le 
français. Cependant, au rebours de ce que l'on observe trop souvent chez les cam- 
pagnards instruits, l'avantage que lui conférait sa précoce possession de la langue 
littéraire, fortifié avec les années par l'étude et les lectures, n'induisit pas cette 
femme intelligente et cultivée à mépriser le rustique langage de ses pères. M^e Odin, 
nous raconte un ami de ses fils, dans un article publié au lendemain de sa mort 3, 
« avait un vrai culte pour ce langage expressif, le type le plus pur et le plus inté- 
ressant à ses yeux de tous les patois de notre canton. Aussi en avait-elle introduit 
l'usage dans sa famille et était-ce un spectacle peu banal que d'assister aux entre- 
tiens des deux jeunes gens avec leur mère et leur grand-mère. » 

Avant qu'en 1861 elle épousât un fonctionnaire courlandais, M. André Odin, 
Mlle Louise Pilliod avait été institutrice en Allemagne et en Russie, M. Odin aimait 
notre pays et formait le projet de s'y établir un jour. Aussi, lorsqu'elle fut devenue 
veuve, en 1866, la jeune femme ne tarda pas à rentrer en Suisse avec ses deux fils. 
En 1874, elle revendiqua pour elle-même et acquit pour eux la nationalité helvé- 
tique. Entièrement consacrée à leur éducation et au soin de sa vieille mère, elle avait 
fixé sa résidence à Lausanne et «déployait une infatigable activité pour mener à 
bien sa grande tâche 3. » Les succès de ses enfants récompensèrent sa vaillance et ses 
sacrifices. Le cadet, Auguste, n'avait pas vingt-cinq ans, lorsqu'on lui confia une 
chaire de mathématiques dans l'ancienne académie de Lausanne. L'aîné, Alfred, 
étudia la philologie romane en Allemagne et à Paris. A l'université de Leipzig, il 
obtint en i885 le doctorat en philosophie, en 1887 la venia legendi. En 1890, le 
gouvernement bulgare l'appelait à enseigner la littérature française et la littérature 
allemande dans la nouvelle université de Sofia. 

A cette époque, la philologie romane, jusqu'alors confinée dans l'étude des lan- 

1 Voyez, aux pages 668 etj669, ces noms et ceux des anciennes familles éteintes ou émigrées au 
dix-neuvième siècle. 

2 Je dois cette statistique à l'obligeance de M. Henri Bonjour, greffier de la commune de Blonay 

3 M. Auguste Reymond, dans le numéro du d" février 1909 du journal lausannois La Revue. 



PREFACE M, 

g-ues littéraires et des documents écrits, commençait à appliquer les méthodes rigou- 
reuses de la science à la langue parlée, aux dialectes et aux patois. Les nôtres furent 
d'entre les premiers à retenir l'attention des linguistes. Sous le nom àe franco-pro- 
vençal, le génie d'A.scoli groupait en un vaste système et définissait dans leurs 
caractères dlstinctifs et essentiels les parlers de la Suisse romande, des anciens états 
de Savoie et du Lyonnais. Deux de nos compatriotes, M. Jules Cornu et M. Jules 
Gilliéron, affirmaient d'emblée leur maîtrise dans de beaux travaux sur les patois 
fribourgeois et valaisans. L'éducation maternelle avait merveilleusement préparé 
Alfred Odin à ce genre d'études. Sa thèse de doctorat, qu'il publia en i88(j et dédia 
à sa mère, traite de la Phonologie des patois du canton de Vaad ; sa thèse (Vha- 
bilitation, datée de 1887, est une Etude sur le verbe dans le patois de Blonay. 
Années fécondes, années de joyeux labeur et de long espoir, durant lesquelles rien 
ne laissait prévoir à l'heureuse mère les catastrophes, hélas, si prochaines! C'est 
alors que, comptant sur le concours d'un linguiste éprouvé, M""" Odin entreprit la 
grande œuvre qui devait occuper le reste de sa vie et lui servir de réconfort dans la 
voie douloureuse prête à s'ouvrir devant ses pas. 

En mars 1890, le jeune professeur de mathématiques de l'académie de Lausanne 
périssait aux Rochers de Naye, en poussant ce cri déchirant : «Mon Dieu, ma mère !» 
Six ans plus tard, comme Alfred Odin venait de publier son grand ouvrage de sta- 
tistique historique, intitulé Genèse des grands hommes (1896), une fièvre typhoïde, 
aggravée par le surmenage, emportait le fils aîné après le fils cadet. Ces coups re- 
doublés d'une impitoyable destinée n'abattirent point le cœur vaillant de la mère 
chrétienne qui avait élevé ces deux hommes d'élite dans l'amour désintéressé de la 
patrie et de la science. Retirée en 189!^ à Rlonay avec l'aïeule infirme, qui survécut 
encore quelques années à ses petits-fils, habituellement souffrante elle-même et 
bientôt confinée dans sa demeure par l'état de sa santé, éloignée de la veuve et des 
enfants d'Alfred, qui s'établirent à Leipzig, et néanmoins entourée ju.squ'à sa mort 
des soins les plus affectueux et les plus dévoués. M""" Odin consacra désormais ses 
forces défaillantes à ce Glossaire qui semblait être, après de si grands chagrins, la 
principale et presque l'unique raison qu'elle eût de tenir à la vie. Toujours un carnet 
à la main, elle ne se lassait pas de noter des mots, des locutions, des phrases, des 
proverbes; elle aimait à questionner et à faire parler les derniers dépositaires du 
trésor sacré de l'antique langue nationale. 

Si la vie d'Alfred Odin n'eût été fauchée dans sa fleur, l'ouvrage auquel il avait 
promis de collaborer avec sa mère eût sans doute été signé de leurs deux noms. Ne 
pouvant le remplacer, j'ai fait auprès de l'auteur du Glossaire Y oï^ca d'un conseiller, 
d'un critique, d'un reviseur d'épreuves, dont les avis ne furent jamais suivis qu'après 
mûre réflexion et non sans mainte discussion. M'"* Odin voulait bien m'en témoigner 
une reconnaissance dont j'ai été profondément touché. Mais, si elle était encore du 
nombre des vivants, elle ne manquerait pas de revendiquer la pleine et entière res- 
ponsabilité d'une œuvre qui lui tenait si fort à cœur et dont les mérites, comme les 
défauts qu'on y pourra relever, reflètent bien sa forte et attrayante per.sonualit<'>. 
Dans un de ses derniers voyages en Suisse, Alfred Odin avait fait des démarches 



VIII PREFACE 

pour obtenir, en vue de la publication du Glossaire maternel, une subvention de 
l'Etat de Vaud. Notre espoir fut déçu, quand, à partir de l'année 1899, ^^^ ressources 
disponibles furent attribuées au futur Glossaire des patois de la Suisse romande. 
Certes, M'ne Odin avait salué avec une joie sincère la patriotique initiative de 
M. Louis Gauchat et, jusqu'à la fin, elle a suivi avec le plus vif intérêt et la plus 
cordiale sympathie les prog-rès de cette belle œuvre nationale. Mais elle savait que 
des g-lossaires locaux, rédigés par des personnes vivant de la vie locale et familières 
dés l'enfance avec le patois, ne sont pas moins désirables, aux yeux des linguistes et 
des historiens, ni moins nécessaires à l'avancement de nos connaissances, qu'un dic- 
tionnaire général, embrassant toutes les variétés dialectales et le lexique tout entier 
de nos cantons. Quelle perte c'eût été pour la science et pour notre patrie, si cette foule 
d'exemples que M™^ Odin recueillait au jour le jour, en écoutant les conversations, 
fu.ssent demeurés enfouis dans ses carnets ! Heureusement, la Société d'histoire de 
la Suisse romande, sur le rapport de MM. Eugène Ritter et Jean Bonnard, accueillit 
en 1901 l'ouvrage dans ses Mémoires et Documents et bientôt obtint de la Confé- 
dération une subvention de 3ooo francs pour couvrir une partie des frais d'impres- 
sion. La Commission du Glossaire des patois de la Suisse romande a tenu à 
honneur de contribuer à la publication par une allocation de 600 francs, en échange 
de laquelle les fiches originales de M^'^ Odin ont été mises, au fur et à mesure de 
l'impression, à l'entière disposition de M. Gauchat et de ses collaborateurs. 

L'impression a commencé en 1903. Les six cent cinquante-deux pages du Glos- 
saire proprement dit étaient entièrement imprimées, lorsque, le 29 janvier 1909, 
]V[rae Odin rendit le dernier soupir, après une courte maladie. Jusqu'au jour où elle 
dut s'aliter, elle n'avait cessé de travailler à son cher patois. Les Noms propres 
étaient déjà sous presse, les Proverbes et dictons prêts à être imprimés. Quel- 
ques années auparavant. M""» Odin avait eu la bonté de mettre par écrit, pour l'en- 
quête sur les noms de lieu de la Suisse romande, dont la direction m'est confiée, les 
formes patoises de tous les lieux dits de la commune de Blonay. Assurée que ces 
précieux matériaux ne seraient pas perdus, elle avait cru pouvoir se restreindre, 
dans son Glossaire, aux noms des villages et hameaux et à ceux qui, ne figurant 
pas sur les plans du cadastre, ne sont connus que par la tradition orale. Bien qu'à 
mes yeux notre connaissance d'un patois demeure incomplète sans les noms de 
'lieu, je n'avais pas voulu insister auprès d'elle pour qu'elle comblât cette lacune, 
tant je craignais, dans son état de fatigue et de souffrance, de lui imposer un sur- 
croît de travail auquel sa conscience ne lui eût pas permis de se dérober volontai- 
rement. Après sa mort, le souci de remplir de mon mieux ma tâche d'éditeur pos- 
thume m'a conduit à joindre aux noms de lieu envoyés à l'imprimerie par M""= Odin 
ceux que j'avais en manuscrit. Je suis, par conséquent, responsable de la mise en 
œuvre et de la disposition des lieux dits de la commune de Blonay, tandis que la 
suite des noms propres n'a subi que de légères retouches durant la correction des 
épreuves 1. 

La plupart des articles qui forment le Supplément, mots oubliés ou connus trop 

1 Dans la traduction des noms de lieu le caractère romain est affecté aux formes employées au 
cadastre et sur les cartes géographiques, l'italique à celles de la tradition orale. 



PREFACE IX 

tard pour être insérés à leur place alphabétique, n'ont pas été rédigés par M'"«Odin. 
Les indications sommaires contenues dans ses papiers ont pu être complétées et 
parfois rectifiées g-râce à l'oblig-eance de quelques personnes qu'elle avait su intéres- 
ser à ses travaux. Les errata qu'elle a laissés s'arrêtaient malheureusement à la 
pag-e 222. On comprendra que je n'aie pas eu le loisir ni le courage de relire tout 
le reste du Glossaire pour y glaner çà et là quelques fautes d'impre^ion, dont une 
partie m'auraient sans doute échappé. Je n'ai donc relevé, dans les derniers errata, 
que ce qui a frappé mes yeux au hasard de consultations fréquentes. 

Les curieux qui voudraient approfondir l'étude du patois recourront à la Plio- 
nologie d'Alfred Odin et à sa dissertation sur le verbe dans le patois de Blonay. 
Gomme les exemples sont traduits avec une fidélité minutieuse i, personne ne sau- 
rait être embarrassé par les variations que subissent les verbes, dans les multiples 
aspects de la conjugaison, et les noms, dans le passage du singulier au pluriel et du 
masculin au féminin ou vice-versa. Les cas de liaison, môme ceux défausse 
liaison, de liaison non étymologique, comme nous omo (neuf hommes), katro-z 
êfà (quatre enfants), sont familiers à quiconque parle français ; mais, tandis que 
l'orthographe usuelle n'en tient presque aucun compte, il en résulte, dans la trans- 
cription rigoureusement phonétique employée par M™e (Jdin, des différences gra- 
phiques auxquelles auiont à s'habituer les yeux du lecteur. On remarquera les 
permutations qui ont lieu entre certaines voyelles ou diphtongues des syllabes 
finales, selon que le mot se trouve à l'intérieur ou à la fin d'un membre de phrase, 
qu'il est plus ou moins étroitement lié à un mot suivant ou qu'il précède une pause 
du discours. Ainsi l'on verra les diphtongues ai et âii remplacées dans le corps de 
la phrase par éi et ou, un è final par un e. Exemples: le fréi févrâi, mais le févréi 
frai' ; krdijo pràû, mais l-é prou odzû ; déi Mo déiwè, mais de l'éiive irobla. La 
prononciation usitée quand le mot est isolé ou à la pause est naturellement celle 
qu'enregistre le Glossaire. N'y cherchez donc pas des formes comme fréi, févréi, 
prou, éiwe, mais recourez aux AvûcXes frai, févrâi, prâû, éiwè. 

Les vocables étrangers à la sphère de nos occupations accoutumées et de nos 
intérêts immédiats ne passent pas de père en fils et de voisin à voisin par une tradi- 
tion orale ininterrompue. Nous les apprenons à l'école et par la lecture et nous ne 
les connaissons guère que sous leur aspect officiel et livresque. A un paysan instruit 
le patois ne fournit aucun terme .«jcientifique, et force lui est de recourir sans cesse à 
la langue écrite pour suppléer à l'insuffisance de la langue parlée. Partout, comme 
à Blonay, le lexique géographique va s'appauvrissant énormément avec la distance. 
Les listes de noms de lieu dressées par M'"^ Odin ne seraient pas beaucoup grossies, 
quand même, de propos délibéré, elle n'en eût pas exclu des formes comme éspanè 
(Espagne) ou rnsiyè (Russie), qui lui semblaient n'être que la contrefaçon patoise 
des mots français correspondants. 

Plus de la moitié des anciens bourgeois de Blonay s'appellent Bonjour ou Du- 

' Pour éviter de'continuelles répétitions, les Proverbes et dictons ont été groupés en ordre alpha- 
bétique et traduits aux pages 681-705. 

- Phonologie des patois du canton de Vaud, page 32, note 1. Les exemples suivants sont tirés 
du Glossaire. 



X PRÉFACE 

praz. En contraste avec cette disette de noms de famille et le petit nombre des pré- 
noms usités en patois, foisonnent les diminutifs, les noms familiers ou hypocoris- 
tiques, les surnoms et sobriquets, soit personnels et viag-ers, soit héréditaires, à la 
façon des cognomina romains, dans une famille ou un g-roupe de familles apparen- 
tées. Cette abondance est le corollaire de cette disette. L'impérieuse nécessité de distin- 
g-uer, au sein d'une communauté restreinte, les familles et les individus de même nom 
a perpétué jusqu'à nos jours, au village, les habitudes onomastiques du bon vieux 
temps où" il n'y avait pas encore d'état civil régulier. A étudier ces noms de lieux et 
de personnes dilig-emment recueillis par M'ne Odin, maint problème d'onomastique 
s'éclaire d'une lumière nouvelle. Concernant les mœurs, les croyances, la vie do- 
mestique et l'économie rurale, les définitions et les exemples du Glossaire abondent 
en renseignements de première main qu'on ne pourrait trouver ailleurs. La physio- 
nomie de nos campag-nes au dix-neuvième siècle et l'âme même du paysan vaudois 
y revivront dans la postérité, quand notre âg-e de fer aura transformé l'ag-riculteur 
en industriel et la terre nourricière en une colossale usine. 

Hélas ! M™<' Odin n'aura pas eu la suprême satisfaction de voir son œuvre ache- 
vée. Dans sa modestie et son désintéressement, elle n'a jamais song-é à tirer de son 
long- et patient effort le moindre avantag-e, ni pour elle-même, ni pour les siens. 
Mais elle méritait de vivre assez pour jouir de l'estime et de la reconnaissance de ses 
concitoyens et du monde savant. Sa vie simple, dig^ne, laborieuse, dévouée, était un 
exemple de vertu. Au terme d'une collaboration prolongée au delà de la mort par la 
confiance de M^^ Odin et de ses héritiers, je rends à sa mémoire l'hommage ému de 
mes reg-rets affectueux, de mon admiration et de mon profond respect. 

Ernest Muret. 



^I®^f®j£=f"««tS' 



Transcription du patois 



Toutes les lettres doivent être prononcées. Chaque son ou groupe de sons est toujours 
transcrit de façon identique. Chaque signe n'a qu'une valeur unique. Les lettres h, rf, _/', i, 
k, /, m, n, p, r, i, v et r ont la même valeur qu'en français. Le tableau suivant indique 
la valeur des autres lettres ou combinaisons de lettres. 

a a palatal bref (fr. la, bras, plat), 

a a vélaire long- (fr. pâle, las). 



âii ) 



diphtongues formées de â et d'un / ou d'un ïi faibles. 



â voyelle longue intermédiaire entre a et o (anglais ail, bail). 

â a nasalisé (fr. an. en). 

e e « féminin » ou « muet » du français [/elenir, revenir, Je, le). 

è e ouvert (fr. frais, muet) 2. 

e e fermé (fr. pré, loger) 2. 

éi diphtongue formée de é et d'un i faible. 

è e très ouvert, long (fr. fer, clair, terre). 

ë voyelle longue intermédiaire entre è et e ^. 

ê e nasalisé, transcrit en français par ain, ein, in, exceptionnellement par en dans 

Bengale, benjoin, Benjamin, etc. 

g g français avant a, o, u et les consonnes, ou gii avant e et i {gare, goût, gué, gui), 

h eh allemand précédé de a, 0, u {nacht, noch, bucli). 

h ch après e et i [fechten, ich), suivant la prononciation des Allemands du Nord. 

/ / mouillée, suivant l'ancienne prononciation française; ou gli en italien {paglia, 

figlio). 

ri n mouillée (fr. agneau, pignon). 

o ouvert (fr. col, pomme), 

ou diphtongue formée de o et d'un u faible. 

' Ces indications ont été rédigées par moi, d'après d'anciennes notes de Mme Odin et 
avec l'obligeant concours de mon collègue, M. Jules Jeanjaquet, professeur à l'université de 
Neuchâtel. [E. M.] 

- En syllabe protonique, la différence entre l'e et l'é est beaucoup moins sensible que 
sous l'accent ou après l'accent, et la détermination du timbre ne peut avoir lieu sans quelque 
arbitraire. 

3 Faute de données suffisantes, la définition de cette nuance vocalique n'a pu être éliiblie 
d'une façon certaine et demeure sujette à caution. 



XII TRANSCRIPTION DU PATOIS 

6 o fermé (fr. ôtei% éclos, paume, chapeau). 

ô eu ou œu français, dans les mots où ils ont un son fermé, comme peu, jeu, vœu, 

des œufs. 
5 o nasalisé (fr. on, rond). 

s s française au commencement du mot, ou ss entre deux voyelles {sasser, ressasser). 

s th anglais dur [thin, path). 

s ch français. 

« M latin, italien ou allemand, noté en français par ou {fou, roule) ; son bref. 

M même son prolongé (fr. voûte, croûte). 

ii u allemand, u français. 

V imprimé en petit caractère, au-dessus de la ligne, représente un v très faiblement 

articulé entre deux voyelles et peu sensible à l'audition. 
w IV anglais ; ou français, en fonction de consonne, dans oui, ouate, fouet . 

ûj u français, en fonction de consonne, dans Juillet ou puits ; hu dans huile, huit, 

aujourd'hui, 
y y français, en fonction de consonne, dans yeu.x, yole, yatagan. 

z th anglais doux {father, there). 

z j français. 

L'accent tonique, souvent peu sensible et dans les polysyllabes presque insaisissable, est 
marqué, dans les mots qui forment tête d'article, par une petite barre verticale, placée au- 
dessous de la voyelle accentuée ^. 

Un tiret unit au mot précédent les consonnes de liaison, au mot suivant la consonne n 
jointe à l'adverbe ë, ou la consonne / servant de pronom sujet atone de la 3^ et de la l'e 
personne avant les verbes qui commencent par une voyelle. 

1 Mme Odin avait entrepris de marquer les accents toniques dans le texte des Proverbes 
et dictons (pp. 681-705). Malheureusement, ce travail, demeuré incomplet et, à ce qu'il me 
semble, non e.xempt d'erreurs, exigeait une revision très attentive, dont elle seule eût pu se 
charger. J'ai donc, à mon très grand regret, dû supprimer à l'impression toute notation de 
l'accent, sauf aux nos igo et 328, dans la forme verbale kone, qu'un lecteur non averti aurait 
été enclin à prononcer comme le français connaît. D'ailleurs, tous les mots contenus dans les 
Proverbes ont leur article dans le Glossaire ou au Supplément, et la plupart des formes de 
flexion ne sont pas autrement accentuées dans le patois de Blonay qu'en français. 11 paraît, 
cependant, y avoir quelques variations occasionnelles, qui dépendent, comme celles des 
voyelles finales (ci-dessus, p. ix), de la place du mot dans la phrase. Ainsi, dans le manus- 
crit de Mme Odin, la 3e personne du singulier du futur est accentuée, tantôt normalement 
sous l'è final (nos 59^ 411^ 416^ 43o), tantôt, sans motif apparent, sous la voyelle de l'avant- 
dernière syllabe (nos igi^ 393). Mais, lorsqu'à l'intérieur de la phrase l'e se change en e 
(nos 154^ 436^ 437), l'accent est toujours reculé sous la pénultième ; et Ve final a même 
subi l'élision au no 413. 



Abréviations 



absolument. 


loc. prép. 


locution prépositive. 


adjectif. 


m. ou masc 


masculin. 


adjectivement. 


nég. 


négation. 


adverbe. 


num. 


numéral. 


allemand. 


P- 


page. 


article. 


par ext. 


par extension. 


augmentatif. 


part. 


participe. 


c'est-à-dire. 


part. adj. 


participe [employé exclusive- 


conférez. 




ment comme] adjectif. 


commune. 


pers. 


personnel. 


conjonction. 


pi. 


pluriel. 


district. 


poss. 


possessif. 


démonstratif. 


pp. 


pages. 


diminutif. 


p. p. 


participe passé. 


ethnique. 


pr. 


présent. 


exemple. 


Pr. 


proverbe ou dicton. 


féminin. 


prép. 


préposition. 


famille. 


pron. 


pronom. 


féminin. 


réfl. 


[verbe] réfléchi. 


figuré, figurément. 


sbvt. 


substantivement. 


français. 


s. f. 


substantif féminin. 


fréquentatif. 


sing. 


singulier. 


français vaudois. 


s. m. 


substantif masculin. 


imparfait. 


sobr. 


sobriquet. 


indicatif. 


subj. 


subjonctif. 


indéfini. 


subst. 


substantif. 


interjection. 


syn. 


synonyme. 


interrogalif, interrogativement. 


t. 


terme. 


invariable. 


V. a. 


verbe actif ou transitif. 


italien. 


var. 


variante. 


ligne. 


vfr. 


vieux français. 


lieu dit. 


vill. 


village. 


littéralement. 


V. imp. 


verbe impersonnel. 


locution. 


V. u. 


verbe neutre ou intransitif 


locution adverbiale. 


V. r. 


verbe réfléchi. 


locution conjonctive. 


vulg. 


vulgaire, vulgairement. 



GLOSSAIRE 



DU 



PATOIS DE BLONAY 



GLOSSAIRE 



PATOIS DE BLONAY 



ABA 



a, prép. A. \ a io n~ : à tout rien (sans le 
■sou). I ô ne léi va tijé a pwâirè : on n'y va 
qu'avec crainte. | krevâ ô tâi a tavela : cou- 
vrir un toit en bardeaux. || Avant un infinitif, 
après férê. \ fera rire : faire rire (frv. faire 
à rire). || Pr. J'évrûi, demi ôvrâi^ se né a 
preini l-é a dérâi. 

abadâ, v. a. Soulever de ses mains. | l-é 
ta k'ô pou r abadâ : c'est tant qu'on peut (à 
peine peut-on) le soulever. | abada véi se : 
soulève voir (essaie de soulever) cela. 

abasardzi, v. a. Abâtardir, détruire. | le 
patiùë von veni abasardci : le patois veut 
venir abâtardi (va s'abâtardir). | po fére la 
rutè, l-a fali'i abasardzi ta le terâro : pour 
faire la route, il a fallu supprimer toute la 
place de tir. || Réfl. Dégénérer. | la sekorija 
s'é abasardsa : la chicorée s'est abâtardie. 

abatrè, v. a. Abattre. | l-â tï abatii lou 
noi/ë : ils ont abattu tous leurs noyers. 
\\ On dit d'un homme qui fauche avec une 
grande vigueur : n-i^-n aba déi-z âdè, si 
ëkè ! il en abat des andains, celui-là ! || Fig. 
I l-é grù abati/a : elle est très abattue. |1 Rétt. 
S'abattre. 

abaiji, s. f. (1). Abbaye, monastère. | éi se 
di ke baijize l-Trânabaiji : on dit que 
Bayse (plus tard maison de commune) était 
un monastère. 

(2). Fête annuelle des sociétés de tir (frv. 
abbaye). \ l'abayl déi muskatéro,dou kordû 
vèr é blâ, dou kordô rodzo, de l'élsêrpa 
blûtsè : V abbaye des Mousquetaires, du Cor- 
don vert et blanc, du Cordon rouge, de 
l'Echarpe blanche. La plus ancienne de ces so- 
ciétés est celle des Mousquetaires, dont il est 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



fait mention dans un'documcnt de 1671, con- 
servé aux archives de Blonay. Les Mousque- 
taires possédaient déjà alors certains revenus 
en terres. Lors du partage de la seigneurie 
de Blonay en deux communes, celle de Blo- 
nay et celle de Saint-Légier, ces terres furent 
réparties entre elles. Saint-Légier les pos^ 
sède encore, mais Blonay a vendu les siennes. 
A partir de l'âge de seize ans, chaque bour- 
geois de Blonay fait de droit partie de celte so- 
ciété. L'abbaye des Mousquetaires a lieu cha- 
que printemps. La société du Cordon vert et 
blanc a été fondée en 1816 : chacun peut en 
faire partie, en payant un droit d'entrée ; ce 
droit se transmet de père en fils, avec l'obliga- 
tion pour ce dernier de payer une légère coti- 
sation au moment de son admission. Une plus 
jeune société, celle des Carabiniers, a son 
abbaye en même temps que les précédentes. 
La commune de Saint-Légier a la société du 
Cordon rouge, qui a son tir à l'Ascension et 
dont plusieurs bourgeois de Blonay font par- 
tie. Quelques Blonaycns se rattachent aussi à 
la société de VÉcharpe blanche de Montreux. 
Les fêtes ou abbayes des sociétés de tir avaient 
autrefois plus d'importance qu'elles n'en ont 
aujourd'hui. Il se formait un beau cortège de 
jeunes tireurs en uniforme et déjeunes filles en 
blanc, celles-ci portant sur la tête de jolies 
corbeilles garnies de prix destinés aux tireurs. 
Ces prix, pour la plupart des ustensiles en 
cuivre et en étain, étaient ornes de rqbans 
aux couleurs des sociétés. Les premières 
jeunes filles, choisies entre les plus grandes, 
portaient des seilles de cuivre, d'où sor- 
taient de majestueux coquemars. De temps à 
autre, il y a encore cortège avec le même 

1 



ABA — 

apparat : seulement le port du costume mili- 
taire n'est plus permis ; et, le progrès ayant 
démodé seilles et coquemars de cuivre, le 
coup d'œil n'est plus si pittoresque. | teri 
l'abayi : avoir la fête dite abbaije. \ le râi 
de l'abayi : le roi du tir. | porta l'èsè a 
l'abayi : porter l'étain à V abbaye, c'est-à-dire 
faire partie du cortèg-e. — Cf. miiskatéro, 
râi (2). 

(3). l'abayi déi venolâ : la Fête des Vi- 
g-nerons, soit la fête qui, sous ce nom, se 
célèbre à Vevey de temps en temps et qui, 
sous une forme mythologique, rappelle et 
figure les divers travaux de la vie cham- 
pêtre. 

abâdenâ, v. a. Abandonner. | sou dce 
sô abâdenâ dou bô dyâ : ces gens sont aban- 
donnés du bon Dieu (c'est-à-dire qu'ils dégé- 
nèrent tellement qu'il semble que Dieu les 
ait oubliés). || Réfl. S'abandonner, se dit d'un 
enfant qui fait ses premiers pas. | si peti 
s'abâdene dza : cet enfant commence déjà à 
marcher sans appui. 

abâdô, s. m. Abandon. | son-z omo lésô 
to a i abâdô kâ révènô don ira va : ces hom- 
mes laissent tout (instruments de toute sorte) 
à l'abandon (en désordre) quand ils revien- 
nent du travail. || lési alâ lé béis'a V abâdô : 
laisser aller les bètes à l'abandon. — Cf. bâdô. 

abdika, v. n. Abdiquer. 

abelé/nr, s. m. Habillement, vêlement. — 
Cf. âlô. 

abeli. v. a. Habiller. | lé nnvâi/io déi 
tsatrose l-Trâ abeli dé blâ : les moines des 
Chartreuses étaient habillés de blanc. [| Par 
plaisanterie, et avec ellipse, on dit : le wéity' 
ô-n abeli dé siya : tu regardes [pour l'ache- 
ter] un habillé de soie [un porc]. || Syn. 
vesi, plus usité. || Réfl. S'habiller, se vêtir. 
\s'abeli to dé nâii : s'habiller tout à neuf. 

abetetyii, s. m. Désordre. | ô béi-l abetc- 
iyii : un beau désordre. 

abérdzém'/, s. m. Autrefois, remise des 
terres à un nouveau vassal ; aujourd'hui, 
amodiation de terrain. | lé vene déi liize 
l-avâ ésà balè è-n abèrdzémè : les vignes 
des Luzes avaient été données en amodiation. 

abèrdzi (1), v. a. Héberger, donner l'hos- 
pitalité. I lé-z ôtro yâdzo ô-n abèrdzToe tl 
lé pûro; è tsôtè pasâvà la né a la grâdzè, 
è-n ivë a l'éhrâblo : autrefois on héber- 
geait tous les pauvres [passants] ; en été, ils 
passaient la nuit dans la grange; en hiver, à 
l'écurie. 



— ABO 

abèrdzi (2), v. a. Amodier un terrain. Mot 
vieilli, qui ne se trouve que dans les recon- 
naissances des fiefs des siècles passés. 

abé, s. m. Abbé, supérieur d'un monas- 
tère. Il Autrefois, celui des Mousquetaires- 
qui à la dernière fête avait été roi; cf. 
râi (2). Cette expression n'est plus en usage. 
Il rabé déi venolâ : l'abbé [de la Confré- 
rie] des Vignerons. 

abélâ, V. n. Réussir, convenir. | l-a prou 
abélâ ke léi su zâu : cela a bien réussi que 
j'y sois allé. 

abéli, V. a. Fossoyer le haut d'une vigne,, 
d'un champ, pour y déposer la terre du bas. 
I lèse pT, me l-abélehri : laisse seulement^ 
je fossoierai le haut (de la vigne ou du 
champ). 

abésa, s. f. Abbesse. | la méir'abésa de 
la pàrdyii : la mère abbesse de la Part- 
Dieu. — Cf. bésè et abé. 

abétsi, v. n. Se dit de la situation d'un 
objet qui repose à peine sur un autre et ris- 
que de tomber. | si dyétso n'abétse pà pT r 
ce baquet repose à peine. 

abèrdzo, s. m. Hébergement, hospitalité.. 
I lé-z âhâ balïvâ abèrdzo a to le modo : 
les ancêtres faisaient l'hospitalité à tout le 
monde. — Cf. obèrdzo. 

abi, s. m. Habit. | ô-n abi dé kumeniyô ; 
un habit de communion. Cet habit noir, fait 
autrefois à pans, ne se portait qu'aux grandes 
fêtes religieuses, aux noces, aux baptêmes 
et aux enterrements. On en faisait un pour 
la première communion et un au mariage^ 
Ce dernier suffisait pour toute la vie. |1 Pr. 
Vabi ne fa pà le mwâino. \ l'abi réfâ le 
mwâino. 

abilo-ila, adj. Habile. | abilo keniè pà 
yô : habile comme pas un. 

abima, v. a. Abîmer, gâter, endommager. 
I l-abTme to : il abîme tout. || Réfl. S'abt- 
mer. 

abitâ, V. a. Habiter, occuper | le tsaséi 
né abitâ tyé è tsôtè : le château [de Rlonay] 
n'est habité qu'en été. 

abitè-èta, s. m. et f. Habitant-e. 

abitiidé, s. f. Habitude. 

abitûvâ, V. a. Habituer. (| Réfl, S'habituer. 

abo, s. m. Moyeu d'une roue. 

abohlâ (frv. abonder), v. a. Pencher en 
avant, renverser à demi un objet en l'ap- 
puyant. I è rélaoè ô-n abohle tote lé-z: 



ABO 



3 — 



ADE 



ékwèle su l'égotijâii : en relavant, on abonde 
toute la vaisselle sur l'égouttoir. | l-éséi 
abohlâ sii la tràbla : il était abondé sur la 
table. 11 Réfl. Se pencher en avant. | l-é è 
s'abohlè vè le fil ke l-é tseza : c'est en se 
penchant vers le feu qu'elle est tombée. || Fig-. 
Se couvrir, s'assombrir (en parlant du temps). 
I le tè s'abohlè, saréi plovâi : le temps s'as- 
sombrit, il pourrait pleuvoir. 

abominasyô, s. f. Abomination. 

abominâblo-âbla , adj. Abominable. 

aborda, v. a. Aborder. 1 l-abioânlô lé 
d:è kemè se lou viilâ todoulô don mô : ils 
abordent les gens comme s'ils leur voulaient 
toujours du mal. | l-abivârdo lé dyizewè : 
j'aborde les dix-huit (j'approche de mes dix- 
huit ans). Il Réfl. S'aborder. 

abordablo-àbla , adj. Abordable. 

abotasi [s'), v. r. S'abaisser, s'accroupir. 
\la dzenele s'é abotasa kâ sii zoii po la 
prèdré : la poule s'est accroupie (juand je 
suis allé pour la prendre. 

abotsala {s'), v. r. Se grouper, se mettre 
en grappe. | lé-c âvele s'abotsalô kâ éi 
dsïtô : les abeilles se groupent quand elles 
essaiment. 

abotsalâ-atjè, part. adj. pi. Réunis-ies en 
iifroupe, en grappe, j s'ô lèse lè-z annale 
défro po la né, ô lé tronv abotsalfuje le 
maté : si on laisse le bétail dehors pendant 
la nuit [sur les pâturages de montagne], on le 
trouve assemblé en groupe le matin. || sou 
(jrâne sô to-t abotsalâijè : ces graines sont 
tout en grappe. 

abotsi (s'), v. r. S'aboucher, se rencontrer 
inopinément. | ne no se abotsè dréi vè la 
ki'éiza don sèdâi : nous nous sommes ren- 
contrées juste vers la croisée du sentier. 

abovâ, v. a. Chanfreiner. | té belô ne 
dziblérâ pà s'ô lé-z abovâve pâ : les billes 
[de bois] ne glisseraient pas si on ne les 
chanfreinait pas. 

abovena (frv. abovine/-), v. a. Faire aug- 
menter la chair des animaux par une nour- 
riture appropriée. | le trèfl'é le grôbla 
l-abovenô bi~ lé béisè : h; trèfle et le maïs 
abovinent bien le bétail. | sô bè abovenâ : 
ils sont bien aboninés. 

abôdiisè (1), s. f. Abondance. 

abôdâsè (2) (frv. abondance), s. f. Bette- 
rave. I ô séi plate grô d'abôdâse po lé 
béisè : on plante ici beaucoup de betteraves 
pour le bétail. 



abôdè-èta, adj. Abondanl-e. 
abi'édzi, v. a. Abréger. 

abréra, v. a. Abreuver, j ô-n abi-âive lé 
béis'éi J'ôfânè : on abreuve le bétail aux 
fontaines. || Réfl. S'abreuver, boire abondam- 
ment. 1 apréi ke se serô bè abrérâ a la 
kâra, mâkérô pâ d'alâ a la pèta : quand 
ils se seront bien abreuvés à la cave, ils ne 
manqueront pas d'aller à la pinte. 

abréradzo (frv. abreuvage), s. m. Quan- 
tité de bétail possédé par un ménage, | ô 
béi-l abréimdzo : un bel abrenaage. \\ avéi 
ô-n abréiHidzo dé katro vafs'on lé : avoir 
un abreuvage de quatre vaches au lac, se 
dit plaisamment d'un homme qui ne possède 
rien, mais qui voudrait en faire accroire. 

abriko, s. m. Abricot. 

abrikofiii, s. m. Abricotier. | se plate rè 
/né d'abrikotâi de lé venè : on ne plante 
plus d'abricotiers dans les vignes. 

abrita, v. a. Abriter. 1| Réfl. S'abriter. 

abriiti {s'), v. r. S'abrutir. | s'é abriiti è 
ta sûlenè : il s'est abruti en buvant telle- 
ment. 

al)riiti-tija, part. adj. Abruli-e. 

abula, V. a. Approcher, vulg. abouler. 

I ab/ila inè véi se : approche-me voir cela. 

II abnlà de ièrdzè : avancer de l'argent. 

abuti, V. n. Aboutir. 

abri, s. m. Abus. 

abiiza, v. n. Abuser. 

adeha, v. a. Gâter, dévorer, détruire. 
I iné solâ sô putaniè adebâ : mes souliers 
sont vilainement gâtés. | te lé-z a adebâ rè 
dé niT : tu les as dévorés rien de mieux (on 
ne peut mieux). 

adenâ (.v'). v. r. S'adonner. 

adenâ-âgè, part. adj. Adonné-e. 

aderâ, v. a. Admettre, consentir. | navéi 
pâ aderâ se : il n'av^ait pas consenti cela. 

adéi, adv. Encore, toujours. | t'éi adéi 
èkè : tu es encore ici. 1 t'a adéi ta inohra : 
tu as encore ta montre. |1 adéi atâ : toujours 
autant (voy. atâ). || adéi kemè d'adéi : tou- 
jours comme de coutume. |1 Pr. fô adéi bè 
J'érè, ô pou tgisâ kâ ô vâii. | fô adéi 
sôdzi a se dévâ dé sôdzi éi-z ôtro. 

adésevo, locution vieillie. A Dieu soyez- 
vous! Salutation adressée à une personne 
dont on se sépare hors de chez soi, après 
une rencontre. | (nlésero, lâla dijita : Dieu 



ADO 



AFA 



soit avec vous, tante Marguerite ! — Cf. 
atsïvo. 

adolà {s'), V. r. S'appuyer contre la dola, 
s'adosser, | s'adole pèrto yô s'arâisè : il 
s'adosse partout où il s'arrête. 

adomadzi, v. a. Syn. de èdomadzi. 

adotsi (frv. adocher), v. a. Placer, jucher 
dans un endroit élevé ou inaccessible. | l-a 
adotsi sa buné siï la murale, ô pou pâ le 
rézavâi : il a adoché son bonnet sur le mur, 
on ne peut pas le ravoir. |] Réfl. Se jucher 
très haut. | l-é zou s'adotsi ou fè là dou 
serezi : il est allé se jucher tout au haut du 
cerisier. — Syn. se pèi^tsi. 

adouhi, v. a. Adoucir. || Réfl. S'adoucir. 
\sa wë s'adâuhè : sa voix s'adoucit. 

adô, adv. Alors. | 7ie no se adô kulâi : 
nous sommes alors partis. — Cf. arâi. UTerme 
d'approbation usité à la fin ou même au 
cours d'un récit d'autrui. | ne pwâ porta pà 
léi bail mé tijé ke n'avâ. — adô. Nous ne 
pouvions pourtant pas lui donner plus que 
nous ne possédions. — Sans doute. | l-a bè 
kôprâi. — adô. Il l'a bien compris. — Je 
n'en doute pas. || 6 adô! Exclamation de sur- 
prise. I le léi-ij a fotû pè la téisa. — 6 adô! 
Il le lui a lancé à la tête. — Oh ! oh ! 
Il du adô : dès lors. 

adôtè, anedô, anedôtè, int. Dis donc ! 
dites donc! n'est-ce pas? Les anciens fai- 
saient un fréquent usage de ces expressions, 
aujourd'hui vieillies, qui servaient à entrer 
en matière ou appelaient une constatation. 
I adôtè, tyé ke vo dite dé bô wâi ? hé ! 
que dites-vous de bon aujourd'hui ? || anedô, 
n'é se pâ vei'é se ke té dyo ? dis donc, 
n'est-ce pas vrai ce que je te dis ? || anedôtè, 
dite mé vài se ne dyo pâ la vretâ : hé ! 
dites-/ne voir si je ne dis pas la vérité. 

adrâi-âitè (1), adj. Adroit-e. | sa tï prou 
adrâi : ils sont tous bien adroits. 

(2). Adv. Adroitement, justement, à point, 
à propos. I dévezà adrâi : parler justement. 

I va toplâ, fà adrâi é dépatse té : « va 
lentement, fais bien et dépêche-toi, » disait 
un grand-père à sa petite-fdle. | se vè bè 
adrâi : cela vient bien à propos. | la sepa 
l-é to-t adrâi : la soupe est à point. | se 
l-é bun adrâi : cela est bon (bien) à point. 

II Loc. adv, A l'endroit : se dit des mailles 
d'un tricot du côté de l'endroit. | trikotâ 
adrâi : tricoter à l'endroit, 

(3), S. m. ôna ven'a V adrâi : une vigne 
bien située. || Ce mot sert quelquefois à dési- 
gner le sud par opposition à révë. 



adu, s. m. Carré de jardin (frv. carreau). 
I ô-n adu pou bali tâk'a tré yâdzo d'en'à- 
nàyè : un carré peut produire jusqu'à trois 
récoltes d'une année. 

adyii, loc. adv. Adieu : se dit indistincte- 
ment en abordant ou en quittant quelqu'un 
qu'on tutoie. A une personne qui va se cou- 
cher on dit : adyii, bunané, pwârta té bè : 
adieu, bonne nuit, porte-toi bien. 

adzenoli {s'), v. r. S'agenouiller. Moins 
usité que se métr'a dzénâii : se mettre à 
genoux. 

adzesi-esa, adj. Bien ou mal nourri, en 
parlant du grain. | si blà l-é mô adzesi : 
ce blé est mal nourri (le grain est maigre). 
\déi gràne bè adzesè : des graines bien 
nourries. 

adzetâ, v. a. Acheter. || Pr. ô n'adzTte pâ 
ô tsapéi se l'aséyi. 

adzè, s. f. Haie. | ôn'adze viva : une 
haie vive. I ôn'adze dé foutsèrpeno : une 
haie de charmille. 

adzT, s, m. pi. Lieux, passages, sentiers 
faciles à reconnaître. | ô pou kôtâ su li, 
koTie prou lé-z adzï : on peut compter sur 
lui, il connaît bien les lieux, les passages. — 
Cf. être (2). 

adzo, adj. Juché-e, perché-e. | lé dze- 
nele sô adzo : les poules sont perchées. | sé-z 
âlô l-ésâ adzo su sé-z âtsè : ses vêtements 
étaient perchés (tenaient à peine) sur ses 
hanches. 

adzornâ [s'), v. r. S'ajourner. 

adzè-èsa, adj. Adjoint-e, assis-e l'un 
(l'une) près de l'autre. | lé-z otro yâdzo, 
l'épâii l-ïr'adéè awé l'épâiiza : l-alâvâ a 
tsavô l'ô a kôté de l'ôtro : autrefois l'époux 
était adjoint à l'épouse; [le jour de leurs 
noces] ils allaient à cheval l'une en croupe de 
l'autre, 

adzèdrè, v, a. Adjoindre, accoster, | l'é 
adzè vè le kurti : je l'ai accosté près du 
jardin. || Réfl. S'adjoindre, s'associer, | se sô 
adzè : ils se sont associés. 

a/aniâ, v, a. Affamer, | sèbVafamâ : il 
semble affamé, || Pr, vètro afamà n'a rè 
d'orolè. 

afanâ (frv. affaner), v. a. Gagner, mériter 
avec peine et fatigue. | se l-a ôkè, l'a bè 
afanâ : s'il possède quelque chose, il l'a bien 
mérité. | te n'a pâ le dréi dé medzi, te n'a 
ôko rè afanâ wâi : tu n'as pas le droit de 



AFA — 

manger, tu n'as encore rien gagné aujour- 
d'hui (se dit en plaisantant). 

afarà, v. n. Etre embrasé. | l-afàro dé tsô : 
je brûle de chaud. | la tëra sëbl' afarà tjè : 
la terre semble embrasée. — Syn. èfarâ. 

afedâ-ayè, adj. Fiancé-e. | sa afedâ, l-â 
la frépa ou dâi : ils sont fiancés, ils ont 
l'anneau au doigt. 

afekâ {s'),v. r. S'efiForcer. | s'afekô dé fér' 
otramè : ils s'efforcent de faire autrement, 
de mieux faire. — Syn. se fovhi. 

afelâ, V. a. Affiler. \po la butséri, fn Av 
tï lé kutéi sa bè afelâ .''pour la boucherie, 
il faut que tous les couteaux soient bien 
affilés. Il Fig. l-a la lèioa bè prou afelâi/è : 
elle a la langue un peu trop affilée. — Syn. 
apioèti. 

afetsi (frv. afficher), v. a. Affirmer. | m'a 
afetsi se pèr dévâ ta le modo : il m'a affirmé 
cela par-devant tout le monde, j pou afetsi 
déi tsûze ke ne sô pâ : il ose affirmer des 
choses qui ne sont pas [vraies]. || Contra- 
rier, opiniàtrer. | m'a afetsi tâk'a la dè- 
râirè : il m'a contrarié jusqu'à la dernière 
(au dernier point). | éi! te ne m'afetséréi pâ 
se : hé ! tu ne me soutiendras pas cela. 

afèrâ (frv. afferrer), v. a. Durcir par la 
sécheresse (en parlant de la terre, de plantes 
ou de fruits). | la plodze l-a afèrâ la 
tëra : la pluie a durci la terre, c'est-à-dire 
qu'elle l'a lavée et que l'action d'un fort so- 
leil après la pluie l'a durcie. |] Réfl. Se dur- 
cir. I lé rezè se sô afèrâ : les raisins se sont 
durcis. 

aférè (1), s. f. Affaire, j fâ déi bune-z 
afér'awé Ion béisè : ils font de bonnes 
affaires avec leurs bêtes (leur bétail). || rèdci 
sé-z aférè : arranger (mettre ordre à) s(^s 
affaires ; plus spécialement, faire son testa- 
ment. Il léi-y a l'afére dé tré senâne dé se : 
il y a l'affaire de (il y a environ) trois se- 
maines de cela. 

aférè (2), s. m. Chose. | le mTm'aférè :\i\ 
même chose. | né zamé y il ô par aférè : je 
n'ai jamais vu une chose pareille. I|y<?'/'e déi 
môvé-z aférè : commettre de mauvaises ac- 
tions, se dit d'actes de félonie. || Fig.ô-« afére 
dé rè : un affaire de rien (mauvais sujet). | //.' 
le pu-t aférè! o ! le vilain homme ! 

afliksyô, s. f. Affliction. 

ajliitâ, V. a. Affubler, jj Réfl. S'affubler. 
I s'ajliitâve dé to se ke irovâvè : elle s'affu- 
blait de tout ce qu'elle trouvait. 



— AFR 

afledzi, V. a. Affliger. \\ Réfl. S'affliger. 

afoyadzi {s"), v. r. Se fournir de bois d'af- 
fouage. I la kumena bal'éi pûro le bu ke 
lou fô po s'afoyadzi : la commune donne 
aux pauvres le bois d'affouage nécessaire. 
I se sô afoyadzi a bô martsi : ils se sont 
fournis à bon marché de bois d'affouage. 

afoyâdzo, s. m. Affouage. | férè, pré- 
para sen afoyâdzo : faire^ préparer son af- 
fouage, li Droit qu'ont les pauvres de ramas- 
ser le bois mort dans la forêt un certain jour 
de la semaine, j aréi dréi d'afoyâdzo : avoir 
droit d'affouage. 

afôtesémè (frv. affautissement), s. m. Ap- 
pauvrissement^ diminution des forces et mau- 
vais état de santé par faute de nourriture. 
\l-é sa ke l-a konti l' afôtesémè ! c'est celle- 
là qui a connu Vafjfautissement ! 

afôti (frv. affautir), v. n. S'amoindrir ou 
diminuer faute de nourriture ou de vête- 
ments. I sou dzè l-Trà tû avâro ke se lé- 
sïvâ afôti pe su tyédé s'akordâ le néséséro : 
ces gens étaient si avares qu'ils se laissaient 
affautir plutôt que de s'accorder le néces- 
saire. I l-a ésâ trii afôtya, pou pâ se ré- 
métrè : elle a été trop affautie, elle ne peut 
pas se remettre. 

afrâtsi (frv. affranchir), v. a. Niveler, 
rectifier. | afrâtsi ô là : scier ou raboter le 
bout d'une planche pour le niveler. | sa 
tâila ne va pâ drâi, té fô l'afrâtsi : cette 
toile ne va pas droit (n'est pas coupée au fil), 
il te faut la rectifier. || Réfl. Se libérer d'une 
fâcheuse situation financière, j n'èprôtè po 
no-z afrâtsi: « Nous empruntons pour nous 
affranchir » (pour convertir nos dettes), 
disait un vieil homme dont les aflaires étaient 
embrouillées. 

afréisâ (frv. afréter), v. a. Poser le faî- 
tage d'un toit, d'une meule de foin, etc. 
I kâ ô-n afréis'ô tâi, fô fére le résa : 
(juand on afrête un toit, il faut faire le 
7-essat. I afréisâ ôna maya. : afréter une 
meule, c.-à-d. la couvrir de branches de 
sapin. — Voy. l'art, suivant. 

afréitâ. Var. de afréisâ. 

afrô, s. m. Affront. Usité seulement dans 
deux locutions : (1.) fér' afrô (frv. faire 
affront). Tromper, | fà afrô a to le modo : 
il manque de parole à tout le monde || (2). 
avéi ô-n afrô (frv. avoir un affront). Etre 
penaud, interdit. | l-é no ke ne zou ô-n 
afrô dé no trovà to sole èkè : c'est nous qui 



AFR — 

avons été penauds de nous trouver là tout 
seuls. I l-a sou ô béi-l afrô kà l-a falti 
payi é ke n'avéi rè d'èrdsè : il a été tout 
interdit quand il a fallu payer et qu'il n'avait 
pas d'argent. 

afrôtâ, V. a. Affronter. | t'use nos afrôtà 
apréi tote té kanaléri : tu oses nous affron- 
ter après toutes tes coquineries. |) Mettre de 
front. I afrôtâ ô tsâ : mettre de front les sil- 
lons d'un champ, en fossoijant ce que la 
charrue a laissé d'inég-al. 

ofiuia, V. a. Flairer, fureter. | lé tsè é lé 
tsa va pèrto è-n afnnê : les chiens et les 
chats vont partout en flairant. 

afii, s. m. Affût. 

afiibla {s), v. r. S'affubler. || Fig. S'é- 
prendre, s'enticher. | s'é afiiblaye dé si-l 
omo é n'atyûte rè : elle s'est entichée de cet 
homme et n'écoute rien. 

afyâii, adj, invar. Affreux. | n'ûsâve pâ 
wéityi amô, ta se l-ïr'afyâii a vërè : il 
n'osait pas regarder en haut, tant cela était 
effrayant à voir. 

ayafâ (frv. agaffer), v. a. Tirer à soi, 
prendre. | léi fâ rè a sa fémala d'agafâ 
to se ke pou akrotsi : il ne lui fait rien, à 
cette femme, de prendre tout ce qu'elle peut 
accrocher. || Fig. Regarder d'une manière 
impertinente. | m'agafâve d'ô pu trû préi, 
épû léi-y é bali ôna potâ ke Va sëtû : il 
Ta'agaffait d'un peu trop près, et je lui ai 
donné un soufflet qu'il (r)a senti. 

agasè (frv. agasse), s. f. Pie. | lé-s agase 
sètô le piitè, vend to préi déi méisô : les pies 
sentent le mauvais temps, elles viennent tout 
près des maisons. || Fig. Mauvaise langue. 
I la dsâna l-é pï tyé on agasè : la Jeanne 
est pire qu'une pie. 

agasi, v. a. Agacer. | fà rè tyé d'agasi 
lé dsè è pasè : il ne fait qu'agacer les gens 
en passant. 

agasô (frv. agasson), s. m. Cor (au pied). 
I kà lé-s agasô fâ inô, l-é si/io dé putè : 
quand les cors fout mal, c'est signe de mau- 
vais temps. — Cf. ko (I). 

age/gdso (frv. aguillage), s. m. Arrange- 
ment défectueux. | te nié fâ ô béi-l age- 
làdzo èkè! tu me fais là un bel ag ni liage ! 

agelgrè (frv. agnilleur), s. m. Celui qui 
replace les quilles abattues. | l-é ô peti 
me/iT tyé si d'agelâré : c'est un petit (triste) 
métier que celui d'agnilleiir. 



— AGR 

ageli (1) (frv. aguiller), v. a. Placer en 
un lieu élevé et peu accessible. | yô ke te va 
ageli si raséi ? où vas-tu agniller ce râ- 
teau ? I se l-é ageli rè dé mï : cela est 
agnillé rien de mieux (on ne peut mieux^. 
Il Réfl. Se jucher en un endroit périlleux. 

I weitye véi yô va s'ageli : regarde voir où 
il va s'agniller. 

ageli (2) (frv. aguiller), v. a. Replacer les 
quilles abattues. | dépatse té d'ageli : dé- 
pêche-toi de replacer les quilles. 

ago (frv. agot), s. m. Ruminant qui ne 
donne pas encore de lait, ou n'en donne plus, 
quelque temps avant de vêler. | sii la mô- 
tane dé mûsè ô ne mé tyé lé-s ago : sur 
l'alpage de Mouce on ne met que le bétail 
qui ne donne pas de lait. 

agohô, s. m. Avorton. | sa vatse n'a tyé 
déi-s agohô : cette vache n'a [ue des avor- 
tons. 

agormûdâ (frv. agourmander), v. a. Ren- 
dre gourmand. \fôpâ agormûdâ lé-s èfâ : il 
ne faut pas rendre les enfants gourmands 
(il ne faut pas leur donner de friandises). 

II Réfl. (frv. s' agourmander). Devenir gour- 
mand, s'habituer à manger de bonnes choses. 

I ô-n a pii s'agormâdâ sti-y â pasâ : on a 
pu devenir gourmand l'année passée (la ré- 
colte en fruits a permis d'en manger beau- 
coup). 

agota (frv. agoutte), adj . Qui en est à sa der- 
nière goutte, tari-e. | le pwâi l-é agota : le 
puits est tari. | la fôntâna ser'agota démà : 
la fontaine sera tarie demain. | lé vatse sô 
agotè : les vaches ne donnent plus de lait. 

agotâ (frv. agoutter), v. a. Faire diminuer 
le lait d'une vache en la trayant à intervalles 
toujours plus éloignés. | agotâ ôna vatsè : 
agoutter une vache (cf. ètresoyi). \\ V. n. 
Tarir. | lé ryô l-agotérô prâii se ne plou 
pâ: les ruisseaux vont tarir s'il ne pleut pas. 

II Ne plus donner de lait. | la vats'agote 
dsa : la vache agoutte déjà. || Réfl. Cesser 
de donner du lait. | léi-y a déi vatse ke 
s'agotô dé lou mîmè, d'ôtre ke fô agotâ : il 
Y a des vaches qui cessent d'elles-mêmes de 
donner du lait (quelque temps avant de vê- 
ler), d'autres qu'il faut agoutter. 

agrâi, s. m. Bonne exposition (en parlant 
de terrains). Usité seulement dans la loc. adv. 
a l'agrâi. \ si kurti l-é ta a l'agrâi : ce 
jardin est si bien situé. 

agremôtenâ {s'), v. r. (frv. agremonteiier). 
Se replier sur soi-même, se pelotonner ; se 



AGR 



7 — 



AKO 



<lit des personnes et des ;hoscs. | keinP 
poiide-vo trnpali ë oo-z agremôtenè kosè ? 
comment pouvez-vous travailler en vous pe- 
lotonnant do la sorte V j te t'éi sétâi/e sii /na 
roba ; wéitije véi kemè s'é agremntenâijè : 
tu t'es assise sur ma robe ; regarde voir 
comme elle s'est repliée. 

Offre, s. m. État d'un fruit qui est en voie 
de croissance, mais non encore arrivé à ma- 
turité. I lé frwi ne sa tyé è-n agré é lê-z 
èfâ lé medcô d:a : les fruits ne sont pas 
•encore mûrs et les enfants les mangent déjà. 
Il Pr. ètr'affré é trali, le oenolâ se véi 
m<iri. 

agréniè, s. m. Agrément. 

agrétsi, y. a. Happer, attraper. | ngrétse 
mé véi s(i krebelè : attrape-A//e voir cette 
corbeille. || Réfl. Se saisir. | s'agrélsô è 
kores(~ : ils se saisissent en courant. — On 
dit aussi : agrotsi . 

agréijàblo-àbla, adj. Agréable. 

agripà, v. a Agripper. | léi-y a déi d:è 
ke Ion fà rè d'agripu to se ke vâyô : il y a 
des gens à qui cela ne fait rien d'agripper 
tout ce qu'ils voient. 

agrosi, v. a. Accroître. | madainàdzo ke 
n'osa pà agrosi loii fortena awé tï lé-: 
éretàdzo ke l-à fé : il serait étonnant qu'ils 
n'eussent pas accru leur fortune avec tous 
Jes héritages qu'ils ont faits. 

agrotsi. Xar. de agrétsi . 

agriï [d'), loc. adv. Qui a de l'adresse et 
du savoir-faire. | sa fêle l-é ta d'agrii : 
cette fille est extrêmement adroite, j l-Trâ 
pron tl d'agrii po travail : ils savaient tous 
bien s'y prendre pour travailler. 

ahj, s. m. Acier. | nilhren ovrâi l-a déi 
de d'aliT é déi bré dé kotô : notre ouvrier a 
des dents d'acier et des bras de coton. 

ahlÇirè, v. a. Terme de tricotage. Fermer 
■ou terminer un bas en en diminuant les 
mailles. | bale-nié, t'ahlûri tô tsousô : 
donne-moi, je te terminerai ton bas. | Abs. 
\sa petita sa pà ôko ahlûrè : cette petite 
ne sait pas encore finir un bas. j| Réfl. Se 
terminer en douceur. | se s'ahlû pà kosè : 
■cela ne se termine pas ainsi. 

ai! int. Aïe! | ail le nié fà niô : aïe! 
tu me fais mal. 

ak'. int. exprimant le mécontentement, le 
dé])it. I ak! te m'ènûgè, lèse mé trâtyilo : 
ah ! tu m'ennuies, laisse-moi tranquille. 



akablà, v. a. Accabler. | akablà kôkô dé 
krfiyp récô : accabler (piehju'un d'injures. 
I sa bi:e vo-c akahlè : celte bise vous 
accable. 

akablémè, s. m. Accablement. | ne sii pà 
pï malàdo, nià l-é dcs'ô-n akablé/nè : je 
ne suis pas précisément malade, mais j'ai 
comme qui dirait un accablement. 

ak(d}lè-èta, adj. Accablant-e. 

akajtarrdi, s. m. Accapareur. 

akaparà, v. a. Accaparer. 

akarasi {s'), (frv. s'acarasse/-), v. r. 
S'accroupir; s'emploie pour indi(]uer la posi- 
tion que prennent les petites filles qui veu- 
lent se cacher ou qui font le ballon en faisant 
gonfler leurs jupes autour d'elles ; se dit 
aussi de l'action des poules qui s'accroupis- 
sent quand on les approche, signe, à ce 
qu'on prétend, d'une ponte prochaine. | la 
dzenele s'é akarasa, se pà se viidréi ôvà : 
la poule s'est acarassée, je ne sais pas si 
elle voudrait pondre. 

akarata {s'), v. r. Se mettre à l'abri, à 
couvert. | lé-z ôtro yàdzo, kà faséi pute é 
k'ô-n îr'a l'iivràdzo, ô s'akaratàve dézo 
û-n àbro obè kôtr'ôna murale; ora lé dzè 
prend déi paraplodze de lou lotè : autre- 
fois, quand il faisait mauvais temps et qu'on 
était au travail, on s'abritait sous un arbre 
ou contre un mur ; maintenant les gens pren- 
nent des parapluies dans leurs hottes. — 
Syn. s'akarà, s'asosà, s'avreli. 

akarà {s'), v. r. S'abriter contre les kârè. 
I ne savâ pà yô no-z akarà : nous ne sa- 
vions pas où nous abriter. 

akemûdà, v. a. Accommoder, j le medzi 
sa mélâii, kà l-é bè akemûdà : le manger a 
meilleur goût quand il est bien accommodé. 
I se se vo-z akemûdè, ne léi oudrè : si cela 
vous convient, nous y irons. || Réfl. S'ac- 
commoder. I m'akemûdo prou dé to se k'ô 
vâii ."je m'accommode assez de tout ce qu'on 
veut. 

akeri, v. a. Actjuérir. j lé-z avàro sàvô 
prou lou-z è-n èprèdre por akeri oké : les 
avares savent assez s'y pi-endre pour acqué- 
rir quelque chose. 

akevêtà, v. a. Engager, au sens de pren- 
dre à gages. I se n'é pà 5 bô métré, l-ake- 
vète tl lé-z à déi-z ôtro domèstikè : ce n'est 
pas un bon maître ; il engage tous les ans 
d'autres domestiques. || Réfl. S'engager. 

akodà {s), v. r. S'accouder. 



AKO — 

akodyâû, s. m. Accoudoir. | ôna sôla a 
akodyâu : une chaise à accoudoirs (un fau- 
teuil). 

akokolâ (frv. acocoler), v. a. Attirer à 
soi par des flatteries et des caresses. | l'ako- 
kolô po l'avéi de loii mûdzè : ils Vacoco- 
lent pour l'avoir dans leur manche. 

akopla, V. a. Accoupler. | né pâ la 
mûda perse d'akoplâ déi bàu : ce n'est pas 
la mode ici d'accoupler des bœufs. || Réfl. 
S'accoupler. | s'akoplô bè son du : ils s'ac- 
couplent bien, ces deux (se dit en général de 
personnes qui s'entendent pour faire du mal). 

akordâ, v. a. Accorder. | s'ô-n akivârd' 
éi-z ëfâ to se ke valu, ploiirô zamé : si l'on 
accorde aux enfanfs tout ce qu'ils veulent, 
ils ne pleurent jamais. || Réfl. S'accorder. 

I s'akwârdù rè ke vàlè : ils ne s'accordent 
guère. 

akoi'déirô, s. m. Accordailles, projet de 
mariag-e. | l-û fé ô-n akordéirô : ils ont fait 
un projet de mariage, ils se sont fiancés. 

II Par ext., accord que font les jeunes gens 
entre eux pour une partie de plaisir, de 
danse, etc. 

akostà, V. a. Accoster. | le sa m'a hali le 
twa kâ l'é akostà : le sang m'a donné le 
tour quand je l'ai accosté. || Réfl. S'accoster. 
I se sô akostà, ma se sô rë dé : ils se sont 
accostés, mais ne se sont rien dit. 

akosemâ, v. a. Accoutumer, j fô ako- 
semâ dé biin'âiira lé-z èfâ on tvavo : il faut 
accoutumer de bonne heure les enfants au 
travail. || le tsè no-z a dza tï akosemâ : le 
chien nous a déjà tous accoutumés (s'est 
déjà accoutumé à nous tous). |] Réfl. S'ac- 
coutumer. 

akotà, v. a. Accoler. || Réfl. S'accoter. 

akôté (frv. acôté), s. m. Montant d'une 
échelle, d'un escalier, j yô déi-z akôté de 
VétsTla l-é kôdanâ : un des montants de 
l'échelle est mauvais. 

akôpani, v. a. Accompagner. | l-é la inilda 
de lé payizâ, kâ l-à déi vezite, dé lé-z 
akôpani ô trosé : c'est la mode chez les 
paysans, quand ils ont des visites, de les 
accompagner un petit bout de chemin. 

akôparadzi, v. a. Comparer, mettre sur 
la même ligne. | ô pou pâ lé-z akôparadzi : 
on ne peut pas les comparer. || d'akôpara- 
dzi, loc. adv. A comparer. | lé dzè d'ora 
sô pâ d'akôparadzi awé sou déi-z ôtro 
ijàdzo : les gens d'à présent ne sont pas à 



— AKR 

comparer avec ceux d'autrefois. — On dit 
aussi akôparà. \\ Réfl. Se comparer. | se pou 
pâ s'akôparadzi : cela ne peut se comparer. 

akôparâ, v. a. Même sens que akôpa- 
radzi. Il Réfl. Se comparer. 

akôpli, V. a. Accomplir. 

akôto, s. m. Acompte. 

akrepetenâ [s'), v. r. S'accroupir. | lé 
dzénâii léi fasâ ma dé s'éihre to le dzida 
akrepetenâ po trére lé rïbè : les genoux lui 
faisaient mal de s'être accroupi tout le jour 
pour arracher les carottes. 

akrepetenâ-ayé , part. adj. Accroupi -e, 
les genoux fléchis en avant et la poitrine 
reposant sur les genoux. | 5 la vèyéi zaïné 
tyé akrepetenàye su le se dou fit : on ne la 
voyait jamais qu'accroupie sur le foyer. 

akrèzâ, v. a. Ecraser. || Fig. sou dévale 
l'akrèzô : ces dettes l'écrasent. — On dit 
aussi ékrèzâ. 

akrèhrc, v. a. Accroître. | dii ke l-é marya, 
l-a su fér'akréhre sô bè : depuis qu'il est 
marié, il a su faire accroître son bien. || T. 
de tricotage : augmenter le nombre des- 
mailles d'un bas. i| Abs. té fô akréhrè: il te 
faut augmenter [d'une maille]. | fudréi prou 
ke l-akrésiso tré mâle : il faudrait bien que 
j'accrusse [de] trois mailles. || Réfl. S'ac- 
croître. I le môtô s'akré tï lé dziùa : le 
tas s'accroît tous les jours. | se s'é akru to 
sole : cela s'est augmenté tout seul. 

akrërè, v. a. usité seulement à l'infinitif 
(avec _/(?/"e). Accroire, j léi-y ë fâ toparâi 
trii akrërè : il lui en fait tout de même trop 
accroire, — Syn. ëkrërè. 

akro, s. m. Accroc. | l-a fé ô pnsë-t akro 
a sa roba : elle a fait un immense accroc à 
sa robe. || Cassure, brèche. | le tepë l-a ô-n 
akro : le pot a une brèche. 

nki'opâirè (frv. acropaire), s. f. Crou- 
pière qui se prolonge sur le dos de l'animal 
jusqu'au collier. 

akropyô (frv. acropion), s. m. Chaîne 
de reculement qui, de chaque côté du har- 
nais, part de la boucle de Vakropâirè pour 
aller s'accrocher à une boucle de la mâsala. 

akrotsi, v. a. Accrocher. | l-akrotse sa 
roba a tote lé-z épjenè : elle accroche sa robe 
à toutes les épines. || Prendre, dérober en 
hâte. I l-a akrotsi déi pomè : il a accroché 
des pommes. || Prendre sur le fait. | l-a ésâ 
akj'otsa : elle a été accrochée. || Abs., au fig. 



AKU 



ALA 



Avoir la parole empêchée, être embarrassé 
en parlant. | l-akrotse todotilô è dévezè : 
il accroche toujours en parlant. |1 Réfl. S'ac- 
crocher. I s' akrotsTvâ è d:eijc : ils s'accro- 
chaient en jouant. 

akrupi-pya, adj. Accroupi-e. | se te 
akrupya po pâ A-'ô vàye la dékuserire dé 
sô kotilô : elle se tient accroupie pour tpi'on 
ne voie pas la déchirure de sa jupe. 

aksètâ, V. a. Accepter. 

aksidç, s. m. Accident. 

aksena, v. a. Actionner. 

akii (1), loc. adv. A cou, à bras, une 
courroie étant passée en bandouillère au cou. 
I kû fô mena la pôpa aka le kôtr'amû, léi 
fà pardi pà ta héi : quand il faut mener la 
pompe à bras en montant, il n'y fait vrai- 
ment pas beau. 

aku (2), loc. adv. (avec dé). A court, 
court I éihr'aka : être court, manquer de. 
I ne se aku dé pâ : nous sommes courts de 
pain (notre provision de pain est épuisée). 
I ne se pâ sovè aku d'uvràdzo : nous ne 
manquons pas souvent d'ouvrage (nous n'en 
manquons jamais). 

akukeli {s'), v. r. Se joindre à la co- 
quille (cf. kukelè). \\ Fig. S'associer à mau- 
vaise compagnie, s'acoquiner. | s'akukelîv' 
awé tote swârte dé dcè : il s'acoquinait à 
toute sorte de gens. 

akulâi-âité, part. adj. Serré-e, pressé-e. 
\së l-é de la tâila mù aknlâitè : c'est de la 
toile trop peu serrée. 

akulâitè, s. f. Pression d'eau. | iéiive 
navéi rë iné d'akulâité, pwéi pà pie le : 
l'eau n'avait plus de pression, elle ne pouvait 
pas [couler] plus loin. 

akulf. V. a. Jeter, lancer. | lé-z èfâ l-aniô 
akuli déi manôte dé nâi : les enfants aiment 
à lancer des boules de neige. | l-akulô 
ta a la bredulè : ils jettent tout pêle-mêle. 
ll/ô ke te l'a akulâi, si rolô ? où l'as-tu 
lancé, ce gourdin? || akuli fro : jeter de- 
hors. I oou so ke t'akulé fro ? veux-tu 
que je te jette à la porte? || akuli apréi : 
jeter (à). | té fô ta lou-z akuli apréi : il 
te faut tout leur jeter (donner), il akuli 
riija (frv. jeter loin) : jeter, rejeter ; au 
tig. dépenser, prodiguer. | akule mé viija 
to se." jette-moi tout cela. | paré ke sàvô pâ 
tije fére dé Ion bè ke Vakulô dèse viya : il 
paraît qu'ils ne savent que faire de leur bien, 
[puisjqu'ils le prodiguent ainsi. 1| akuU 



désii : jeter dessus, imputer. | l-é yeruc 
ke léi-y akulô désii : c'est une [chose] 
dont ils l'accusent. ] lé léi-y akulô tote 
désii : ils les lui jettent toutes dessus (ils 
le chargent de tous les méfaits). || Pr. a 
fwârs 'akuh déi pyëre sii ô tâi, n-è réist' 
adéi kôkezenè. \\ Réfl. Se jeter. | s'é akuléC 
bâ : il s'est jeté par terre. | kâ ô-n û le 
premi tenëro, fô s'akuU a boMô s'ô vou pà 
avéi mô ou vëtro derè l'ânâyè : quand on 
entend le premier [coup de] tonnerre, il faut 
se jeter sur la face si l'on ne veut ])as avoir 
mal au ventre pendant l'année. | s'a/tuN ou 
lé : se jeter au lac (se suicider). 

akutrâ (s'), v. r. S'accoutrer. 
akutrémè, s. m. Accoutrement. 

akutsi, v.n., conj. avec r/i'â/. Accoucher. 
I l-a akutsi dé du bésô : elle est accouchée 
de deux jumeaux. 

akwâ, s. m. Accord. | l-â fé ô-n akwà 
d'apréi tye yô l-érete le bè é Vôtro l'èrdzë : 
ils ont fait un accord d'après lequel l'un 
hérite les terres et l'autre l'argent. 

akwèhrâ, v. a. Ecraser, écrabouiller. | la 
plodze l-a to-t akwèhrâ rné-z érbé : la pluie 
a tout écrasé mes légumes. | ôna kâiidra 
akwèhrâyè : une courge écrabouillée. | déi 
solâ akwèhrâ : des souliers éculés. — Cf. 
aplèhrâ . 

akwèstrâ, v. a. Accoutrer. | l-akwèstre 
ta mô sé-z ëfâ : elle accoutre si mal ses en- 
fants. I l-é prou mô akwèstrâyé : elle est 
assez mal accoutrée. || Réfl. S'accoutrer. 
I s'akujèstrô kemë déi fâtiimè : elles s'ac- 
coutrent comme des fantômes (ridiculement). 

akwèstrâdzo, s. m. Accoutrement. | tyè 
drôlo d\ikwèsirâdzo I (]uel singulier accou- 
trement ! 

akwé (frv, acouet), s. m. Force et cou- 
rage réunis, entrain. | n'a pâ ô brè d'akwé : 
il n'a ni force ni courage. | kâ l'akwé s'è 
va, né pâ bô sino : quand l'entrain dispa- 
raît, c'est mauvais signe. 1| avéi l'akwé dé : 
avoir le moyen, la faculté, ou la volonté de. 
I n'a pà l'akwé dé s'adzetâ po se vesi : il 
n'a pas de quoi s'acheter [le nécessaire] 
pour se vêtir. | n'a pâ l'akwé dé m'éidyi : 
il n'a pas la volonté de m'aider (c'est un re- 
proche) . 

akwéiti, v. a. (vieilli) Accoster. | l'é 
akwéiti ou kôtù'm dou tsemè : je l'ai accosté 
au contour du chemin. 

alani (s'), v. r. S'alanguir. , s'ïre ta 



ALA — 10 — 

alana è travalë : elle s'était tellement alan- 
g^uie en travaillant. 

alani-na, part. adj. Alangui-e. | venéi to-t 
alaTii : il devenait tout alangui. 

alarma, v. a. Alarmer. || Réfl. S'alarmer. 

alarmè-èta, adj. Alarmant-e. 

alâigro-âigra, adj. Gai-e. | lé inayëtséte 
sô bè alàigrè : les mésang-es sont très g-aies. 
Il Souhait au départ : tè té alâigro, teiii vo 
■alâigra : tiens-toi, tenez-vous en g-aîté. || Se 
dit aussi d'un endroit agréable. | si kiirti 
l-é ta alâigro : ce jardin est si agréable. 
\séi-g é gré alâigro : il fait très agréable 
ici, c'est très gai ici. 

alâina, s. f. Alêne. | ônalâina dé kor- 
dani : une alêne de cordonnier. || Fig. l-a 
la lèwa pwëtya keniè ônalâina : il a la lan- 
gue pointue comme une alêne. 

alarma, s. f. Alarme. | bali Valârma : 
donner l'alarme. | senâ Valârma : sonner 
l'alarme. 

ala (1), V. n. Aller, marcher. | sa pà ôkor 
alâ : il ne sait pas encore marcher. | alà 
a la rékuléta : aller à reculons. | alâ sév'é 
levé : aller ençà et enlà (marcher en long et 
en large). | alâ sa, grâi : marcher facile- 
ment^ péniblement. | alâ râi kemè ôna 
bâra : aller raide comme une barre (avoir 
une démarche fière et hautaine). | alâ pi 
nii : aller nu-pieds. | alâ téisa na : aller 
tête nue, tête découverte. | alâ èsëhlo : aller 
ensemble (côte à côte). 1| alâ a tsavô : monter 
à cheval. || alâ viya : partir, se mettre en 
route. Il alâ ou sélâii : aller [se mettre] au 
soleil pour se réchauffer. || alâ kàtre le 
bû tè : aller contre le bon temps, s'approcher 
tle la bonne saison. || alâ paré : aller [à 
un baptême] en qualité de parrain. 1| alâ 
dremi : aller se coucher. || alâ ou mule : 
aller au moulin et y rester pour surveiller sa 
mouture. || alâ ou martsi : aller au mar- 
ché exposer ses produits pour les vendre. 
Ij/o ke se l-âle po tota la senàna : il 
faut que cela aille (suffise) pour toute la 
semaine. || se vé tâk' a démà : si je vais 
(vis) jusqu'à demain, jj se lési alâ : se lais- 
ser aller, perdre courage ; être inconscient 
dans l'exercice de ses fonctions naturelles. | 
se lèse trû alâ, ne ba pâ le ka mé : il se 
laisse trop aller (il perd trop courage), 
il ne fait absolument plus rien, j le ma- 
lâdo se lés'alâ, nè-n a pâ po gràtè : le 
malade se laisse aller, il n'en a pas pour 
longtemps. || la fôtâna ne va pâ mé : 



ALE 



la fontaine ne va plus (elle a cessé de 
couler). Il alâ sii se dijî-: â : aller sur ses 
dix ans (commencer sa dixième année). 
Il medzéri kâ se m'oudrè : je mangerai 
quand cela m'ira (me conviendra). 1| Pr. fô 
pâ se dévesi dévâ d'alâ se kutsi. \ plà 
va, le tsemené. \ se léi va kemè le nâ ou 
vezâdzo. \ kwâ lo bè, kwâ lo mô, va adéi 
avô. I premi va, premi prè, le déréi va 
rounè. 

s'è-n alâ, v. r. S'en aller. | se te t'è va, 
di mé ô mo : si tu pars, dis-moi un mot 
(avertis-moi). | no-z ë vè no? nous en allons- 
nous? I mé sii è-n alâ : je m'en suis allé. 
I tï sou-z âbro, fô ke sê-n âlâ : tous ces 
arbres, il faut qu'ils s'en aillent (qu'ils dispa- 
raissent). Il Fig. si malâdo s'è va : ce ma- 
lade s'en va (se meurt). || En patois, comme 
dans le français vulgaire, l'adv. ë précède 
toujours immédiatement le participe. || Pr. lé 
bô s'è va, lé krûyo râistô. 

alâ (2), s. m. Allure, marche. | ô Vu a 
sen alâ : on l'entend (le reconnaît) à sa 
marche. 

alâyè, s. f. Usité seulement dans la loc. 
I lèi-y è-n a bali l'alây'é la révena : il lui 
en a donné l'allée et la revenue (il l'a roué 
de coups). 

alenmda, s. f. Allemande, danse tombée 
en désuétude. | Valemâda a katro : l'alle- 
mande à quatre (sorte de quadrille). 

alenâ (1), v. a. Aplanir, égaliser au moyen 
d'un rabot, d'un râteau, etc. | Valenéréi si-l 
adu : tu aplaniras ce carré de jardin. || Pas- 
ser la main sur la peau pour l'adoucir ou 
pour témoigner sa sympathie. || Fig. Flatter. 
I sa ta bè alenâ lé dzè par avéi to se ke 
vâii : il sait si bien flatter les gens pour 
obtenir tout ce qu'il veut. — En ce dernier 
emploi, syn. hlètâ. 

alenâ {'■2)-âyè, adj. Eclairé-e par la lune. 
I si pâlo l-é ta bè alenâ : cette chambre est 
si bien éclairée par la lune. 

alenértïè, s. m. Alignement. 

aleni, v. a. Aligner, enligner. | na pi 
zamé sii aleni du tsifrësèblo : il n'a même 
jamais su aligner deux chiffres. || léi-y a 
aleni ôna koréksyô ke s'è rapelérè : il lui a 
infligé [en le battant] une correction dont il 
se souviendra. || Réfl. S'aligner. 

alesô, s. f. Leçon. | rékordâ sen alesô : 
étudier sa leçon. | éi se men alesô pèr tyô : 
je sais ma leçon par cœur. 

alerta, s. f. Alerte. 



ALE 

alèrto-èrta, adj. Alerte, agile. | sa feléta 
l-é alerta ko to : cette fillette est alerte 
comme tout (très alerte). 

aléd:i, v. a. Alléger. | alédzi ôna Iota : 
alléger une hotte, en diminuer la charge. 
Il Réfl. S'alléger. [ no fô no-: alédzi ô bokô : 
il nous faut nous alléger un peu (nous repo- 
ser pour ne plus sentir le poids de nos 
hottes). 

aléigrj, v. a. Egayer. | lé-c âbro aléigrô 
hè le payi : les arbres égaient bien le pays. 
Il Réfl. S'égayer. | l-a prou susi ê prou 
sagrè , ma éi tsèrtse toparéi todoulô a 
s'aléigri : elle a assez de soucis et de cha- 
grins, mais elle cherche quand même tou- 
jours à s'égayer. 

aléitô, s. m. Nourrisson ; enfant, veau ou 
chevreau qui tette. | l-â todoulô déi ta 
héi-z aléitô a l'éhràblo : ils ont toujours de 
si beaux nourrissons à l'écurie. 

aléityi, v. a. Allaiter. | lé-c ôtro gàdzo 
lé féniale l-aléityTvà tote loa-z èfâ ; ora 
lou fô tote swârte dé hugréri po nuri lé-z 
èfâ ; se fâ ke lé-z èfâ se pwârtô rê mé ase 
bë : autrefois les femmes allaitaient toutes 
leurs enfants ; maintenant il leur faut toute 
sorte de bougreries pour nourrir les enfants ; 
cela fait que les enfants ne se portent plus 
aussi bien. 

aléksïrè, s. m. Elixir, médecine purgative 
faite de certaines racines. Il y en avaitde deux 
sortes, fort en usage au dix-huitième siècle. 
La tradition veut qu'une famille ait été pré- 
servée de la peste par un emploi abondant de 
ces médecines : tous ses membres se seraient 
si bien purgés que le sobriquet de purdzé 
leur en est resté. 

alétsi, v. a. Allécher, affriander avec du 
sel. Pour rendre dociles les vaches qu'on 
veut traire, on leur donne une poignée de 
sel. I fô lé-z alétsi è lou balè a létsi : il 
faut les allécher en leur donnant à lécher [du 
sel]. 

alévâi, s. m. Nouveau jet qui croît au pied 
d'un hêtre dont on a coupé la tige, et qui 
devient lui-même un arbre. 

aléva, V. a. Elever, édutjuer. | ou dziva 
dé wâi ô sa pâ mé aléva lé-z èfâ : au- 
jourd'hui on ne sait plus élever les en- 
fants. Il Se dit aussi des animaux, j aléva 
ô véi : élever un veau. || Réfl. S'élever, j n'é 
pà dèse ke lé-z èfâ s'alévàvâ dé nûhrô te : 
ce n'est pas ainsi que les enfants s'élevaient 



11 — ALO 

de notre temps. j| Pr. dé t>ô jilà p{àta ta. 
venè, dé hnna méire prè la felè, dé buiia 
vats'aléiva le véi. 

aie, s. m. pi. Allants, dans l'expression : 
lé-z aie é lé venè : les allants et les ve- 
nants. 

alèliva (1), adv. Alentour. | l-é prou gû 
si pâdure rôda alèliôa de la méizô, ma 
mé siï môhâye dé rè : j'ai bien vu ce pan- 
doure rôder alentour de la maison, mais je 
ne me suis méfiée de rien (je n'ai eu aucun 
soupçon). 

alètiôa (2), s. m. pi. Alentours. | éi-z 
alètwa dé midzwa : vers midi. | sé-z alè- 
ti'va léi métô le mô : ses alentours l'incitent 
au mal. 

ali/nè, s. m. Aliment. 

a/imèta, v. a. Alimenter. | lei-y a pâ tu 
grâtè ke la fôtâna dou soutéi l-alimètâv' 
ôko lé fôtâne dou velâdzo : il n'y a pas si 
longtemps que la source du Soutéi alimen- 
tait encore les fontaines du village [de Ter- 
cier] . 

aliyà-ayè, part. adj. Lié-e. | l-a todoulô 
ésà ta aliyàyaioé li : elle a toujours été si 
liée avec lui. 

aliyàsè, s. f. Alliance, anneau de mariage. 
A la campagne, on ne donne pas de bague 
de fiançailles, l'anneau de mariage en tient 
lieu. Les jeunes gens ne se disent fiancés 
qu'à partir du jour où ils vont acheter leurs 
anneaux, mais désormais ils considèrent leur 
union comme indissoluble, et le mariage peut 
attendre. Il n'y a pas plus de vingt ou trente 
ans que la mode des anneaux de mariage a 
été introduite au village. Tels jeunes gens 
qui n'ont pas les cinq sous pour monter leur 
ménage ne craignent pas de dépenser vingt 
à vingt-cinq francs pour une alliance. 

alkârda, s. f. Arcade. | dézo lé-z alkâr- 
</è ; sous les Arcades; autrefois nom d'une 
rue de Vevey. 

aloyi, v. a. Arranger, mettre en ordre, 
aplanir la terre. | serasetû të d'aloyi le 
knrti : il sera bientôt temps de mettre en 
ordre le jardin. || Apprêter des aliments. 
j naloyérè déi-z êrbe wâi : nous apprête- 
rons des légumes aujourd'hui. 

alôbra (frv. alombrer), v. a. Donner de 
l'ombre, assombrir, j té fô pà alôbrâ sou 
plâiè : il ne te faut pas alombrer ces plantes. 
\lé méizô trii alôbrâye sô pâ sânè : les 



AME — 12 — 

maisons trop a [ombrées ne sont pas saines. 
— Cf. ôbfadzi. 

alôdzi, V. a. Allong-er. | t'alôdzéri lé 
kûsè, va pï ! ]e, t'allongerai les côtes, va (je 
te Lattrai) ! || Rétl. S'allonger. 

alpa (frv. alper), v. a. Occuper un pâtu- 
rage pour y faire paître l'herbe à un trou- 
peau. I alpâ ôna rnôtanè : alper un pâturage. 
Il Mettre du bétail au pâturage. | métralpâ 
déi béisè : faire alper du bétail. — Cf. poyi. 

aliirâ-âyè, adj. Alerte et fort-e, déluré-e. 
|ô valé aliirà : un garçon déluré. | ôna 
feléta alûrâtjè : une petite fille alerte et 
forte. 

alûvéta, s. f. Alouette. 

al, s. m. Ail (mauvaise plante de vigne 
aux fleurs bleues, ne dépassant guère 10 cm. 
de hauteur).— Cf. ri (1). 

alâ, s. m. Gland. Autrefois on récoltait 
beaucoup de glands pour engraisser le bétail. 
Ils étaient mis à ban comme la vigne, les 
raves, etc. Aujourd'hui on a remplacé les 
glands par le sésame. 

alètâ, v. n. Adhérer, agglutiner. | la 
lètala l-alèt'éi-z âlô k'ô poa pâ s'è déféré : 
le grateron s'attache [de telle façon] au.x 
vêtements qu'on ne peut pas s'en défaire. 

ail, s. m. Alizier. | l'ali l-é bô po le ma- 
renùdzo : l'alizier est bon pour le charron- 
nage. 

alita (s*), V. r. S'aliter. 

alôba, V. a. Appeler le bétail en criant : 
loba. I va fè alobâ lé béisè: va-t'en appeler 
le bétail. 

amasâ, v. a. Amasser. | sou dzè l-â grô 
amasâ dé bè : ces gens ont amassé beaucoup 
de bien. || Recueillir, amasser dans un ton- 
neau les débris des repas pour les donner 
aux porcs (frv. amasser). \ amasâ po lé 
pwë : amasser pour les cochons. || V. n. Se 
former, grossir en parlant d'un abcès. | le 
kasë l-amâsè : l'abcès amasse, se forme, se 
développe. 

amasô (frv. amasson), s. m. Aliments 
amassés pour les cochons : débris de cui- 
sine, petites pommes de terre, carottes, raves 
cuites, petit-lait, lies, etc. | fér'ô bosé 
d'amasô : faire un tonneau d'amasson. | si-l 
amasô kemèl/a veni fwà : cet amasson com- 
mence à fermenter. — Syn. fivâ (2). 

amedô, s. f. Amidon. | fô de la biuia- 



AMO 



medô po fére de la bun'èpâiza : il faut de 
bon amidon pour faire de bon empois. 

amehi, s. f. (vieilli). Amitié. | n'a rë 
d'amehi por nô : il n'a point d'amitié pour 
personne. — Cf. amityé. 

ameléta, s. f. Omelette. | lé p. ke sô 
retso fâ déi-z ameléfa dyï-z ait : les P. qui 
sont riches font des omelettes à dix œufs. — 
On dit aussi ameléfa. 

amena, v. a. Amener. | rûra dé dzenéva 
l-améine déi plodze k'ô ne véi pâ la fè : 
le vent de Genève (du sud-ouest) amène des^ 
pluies dont on ne voit pas la fin. | kà la lena 
rénovaroii béi, l-améine le putè : quand la 
lune [se] renouvelle par le beau [temps], 
elle amène le mauvais temps. || Pr. la mi- 
zér'améine la nézé. 

ameri, v. a. Mirer, juger. | ameri la 
siba : mirer la cible. |1 fô pâ ameri lé-z 
ôtro a se mïmo : il ne faut pas juger le& 
autres d'après soi-même. 

amèrtiima, s. f. Amertume. 

amèda, s. f. Amende, j fô pâ pasâ èké,. 
léi-y a Vamëda : il ne faut pas passer là, il 
y a l'amende (on a affiché une défense de 
passer). 

amèdâ (frv. amender), v. a. Condamner à 
l'amende. | l-a ésâ amèdâye por avéi robâ 
déi rezè : elle a été condamnée à l'amende 
pour avoir dérobé des raisins. l|Réfl. S'amen- 
der. I kâ l-are prou sûlenâ, s'amèdér'épâi : 
quand il aura assez ivrogne^ il s'amendera 
peut-être. 

amèsi, v. a. Amincir. 

ami-iya, s. m. et f. Ami-e. | ma 
bun'amiya : ma bonne, ma chère amie. 
Wfér'ô bè a l'ami : faire, cultiver un bien à 
moitié fruit. || Pr. lé bô kôto fâ lé bô-z ami. 

amiyâblo-âbla, adj. Amiable, conciliant-e. 
\tsêrtse prou a éihr' amiyâbla awé sen omo, 
ma l-é to po rè : elle cherche bien à être 
conciliante avec son mari, mais c'est tout 
pour rien (en vain). || a Vamiyâblo, loc. 
adv. A l'amiable. 

amityé, s. f. Amitié, affection, amour. 
— Cf. amehi. 

amodiyasyô, s. f. Amodiation; n'est usité 
qu'en parlant des pâturages. | l-â préi ôna 
môtanë-n amodiyasyô : ils ont pris un 
alpage en amodiation. \\ Pr. mwâ é vèdisyô 
rôpô toV amodiyasyô. — On dit aussi amu- 
diyasyô. 



AMU 



13 — 



ANE 



amodiijà, v. a. Amodier, louer. | amo- 
diyâ ôna môlanè : amodier un aljmge. 
\amodiyâ don tèrè : louer du terrain. — 
On dit aussi amndiyâ. — Syn. loiji. 

amolj, V. a. Amollir, malaxer. | fn tsèrtsi 
a arnoli si krisè : il faut chercher à amollir 
cet abcès. 

amoli, V. n. Gonfler ; se dit du g-onflement 
de la tétine des vaches avant la parturition. 
\la vatse kemèh'a amoli : la tétine de la 
vache commence à gonfler. | l-(imole bè : sa 
tétine gonfle bien. 

amorsa, v. a. Amorcer. 

amortâ, v. a. Amortir. || Mûrir, abonnir; 
se dit des fruits cueillis avant la maturité et 
placés dans un endroit où ils puissent mûrir 
facilement. En cet emploi, amortâ se cons- 
truit avec métré. \ métr'amortâ déi prâiimé : 
faire abonnir des prunes. — Syn. bônâ. 

amonblémè, s. m. Ameublement. 

amô, adv. Amont. | alâ amô : monter. 
I amô lé : là-haut. | amô pèr lé : par là- 
haut (dans la direction indiquée). | dréi amô: 
droit en haut. | vè véi amô se : viens voir 
ici en haut. — Cf. damô, avô. 

amôtenà, v. a. Mettre en môtô, tasser, en- 
tasser, accumuler. | amôtenà déi pyërè : 
entasser des pierres. | léi-y avéi de Véiid' 
<imôtenâyè ke bntsToe le ryô : il y avait de 
l'eau amoncelée qui obstruait le ruisseau. — 
Cf. ètétsi. Il V. n." En parlant des liquides. 
\l'éiw'amôtenfine po fére roudzi le ryô : 
l'eau s'engorgeait de façon à faire affouiller 
le ruisseau. 

arnii, s. m. Amour. Usité seulement dans 
les loc. : po l'amn dé dyii, po Vamii don bô 
dyii : pour l'amour de Dieu, pour l'amour 
du bon Dieu. 

amnderâ (s'), v. a. Modérer. | fndre ke 
l-amuderéi sa lèioa : il faudra qu'il modère 
sa langue (son langage). || Réfl. Se modérer. 
\sé pon pd amnderâ : il ne peut se mo- 
dérer. 

amndiyasyô. Var. de amodiyasyô. 

amudiyà. Var. de amodiyâ. 

amuratsi, v. a. Amouracher. | si èke 
kudy'amnratsi sa fêlé, se tire préi : celui-là 
essaie d'amouracher cette fille, il se tire près 
[d'elle]. Il Réfl. S'amouracher. | Ion sô 
amuralsè : elles se sont amourachées. 

amnsi, v. n. Aller en diminuant, en mou- 
rant. I n'è ô prâ ke va è-n amuse amô la 



kûsa : nous avons un pré qui va en mourant 
au haut de la côte. 

amiisatsi (s'), v. r. Se mettre en état de 
réflexion, penser mûrement. | s'amnsatsîve 
ta sii tote sivârte dé tsûce ke n-è pëzâi le 
dremi : il réfléchissait tellement sur toute 
sorte de choses qu'il en perdait le sommeil. 

amncatsi-atsa, part. adj. Mélancolique, 
rêveur-euse. | l-Tr'amncaisi , se pâ ke 
l-avâi : il était rêveur, je ne sais [ce] qu'il 
avait. 

amuzâ, v. a. Amuser. | te sa bè amûzà 
lé-z èfà ; kà te n-è-n aréi, t'aréi pâ Jota de 
rajirèdrè : « tu sais bien amuser les enfants ; 
quand tu en auras, tu n'auras pas besoin de 
l'apprendre, » disait une vieille femme à une 
jeune fille. || Réfl. S'amuser, jouer, perdre 
son temps. !| sou-z èfà s'amûzô a tsapuzi 
don bu : ces enfants s'amusent à couper du 
bois. I lé gré s'amiizô atà tyé lé peti : les 
adultes s'amusent autant que les enfants. — 
Syn. se gain. 

amiizémè, s. m. Amusement; par ext., 
tout ce qui sert à l'amusement, jeux, 
jouets, etc. | lé-z ôtro yâdzo ô n'adzetâve 
pà déi-z amiizémè éi-z èfà ; ora lé-z èfà 
l-à lé ma pleine dé galé-z amûzémè ke 
brïzô sito ke lé-z à, é ne sô ôko pâ kôte : 
autrefois on n'achetait pas de jouets aux en- 
fants ; maintenant les enfants ont les mains 
pleines de jolis jouets qu'ils brisent sitôt 
qu'ils les ont, et ils ne sont pas même con- 
tents. — Syn. bibi. 

amiizè-èta, adj. Amusant-e. 

amwârsa, s. f. Amorce. Voir le suivant. 

amwasa, s. f. Synonyme à'amwârsa. 

amwéirâû-âûza, adj. Amoureux-euse. | lé 
kuzenâire ke sâlô trii le medzi sô amwéi- 
ràiizè : les cuisinières qui salent trop le man- 
ger sont amoureuses. || S. m. et f. | ne wéitye 
pâ mé sé-z amwéirûii : elle ne regarde plus 
ses amoureux. 

anedô, int. Dis donc, dites donc, n'est- 
ce pas ? — Voy. adôtè. 

a/iedôtè. Même sens que le précédent. 

ané, adv. ; yë-r ané, loc. adv. [Hier] au 
soir. I ne se tï zou ané vëre kola lé-z 
ésûilè : nous sommes tous allés hier au soir 
voir filer les étoiles. 

anéàti, v. a. Anéantir. | l-a anéâti sô 
tsavô : il a anéanti son cheval. | su toi'a- 
néàtya : je suis tout anéantie. || Réfl. S'a- 



APA 



Niveler. — Syn. nivela, 



vec férè. Endè- 

faire avoir la 

il m'a fait endè- 



néantir, se détruire, se suicider. | s'e anéâii, 
l-é zoa s'anéâti : il s'est détruit, il est allé 
se détruire. 

anima, s. m. Animal. |1 T. d'injure. | ani/nô 
ke t'éif animal, brute que tu es! — Cf. 
héisè. 

anioalà, 
afrâtsi. 

anortsi, v. n., construit s 
ver , enrager (proprement , 
nortsè). | rna fé anortsi 
ver. — Syn. ènortsi. 

anôhè, s. f. pi. Annonces, bans de ma- 
riage. I ékrire lé-z anôhè : écrire l'acte 
des annonces, des bans de mariage. | se sa 
mé éi-z anôhè : ils se sont mis aux annon- 
ces (ils ont fait publier leurs bans de ma- 
riage). I sôse dza éi-z anôhè? ont-ils déjà 
fait publier leurs bancs de mariage? | la pre- 
mîre demèdze déi-z anôhè : le premier 
dimanche des annonces (la première publica- 
tion des bans) de mariage. Autrefois cette 
publication se faisait à l'église du haut de la 
chaire, trois dimanches de suite. 

anôhi, v. a. Annoncer. i| Réfl. S'annon- 
cer, faire publier ses bans de mariage. | se 
sô anôhi ijë : ils ont fait publier leurs bans 
de mariage hier. 

aniilâ, v. a. Annuler. 

ahelé, s. m. Dim. de anT ; agnelet. 

anèrffâ, v. n., construit avec férè. En- 
rager, endêver. | kéize té, te nié fà anèrrjâ : 
tais-toi, tu me fais enrager. 

aïû, s. m. Agneau. 
l-â tâk'a tré-z anT : 
ont jusqu'à trois 

anolâ (1), v, n. Agneler. 

anola-ai/è (2), adj. Brésillé-e, pulvérisé-e, 
par suite de sécheresse et de trop grande 
maturité. | le blà l-é to-t anolâ : le blé est 
tout brésillé. | de la grâna anolâi/è : de la 
graine pulvérisée. 

aparâsè, s. f. Apparence. | le tè l-a bal'a- 
parâsè : le temps a belle apparence. 

aparéhrè, v. a. Apparaître. | napareséi 
nôsè : il n'apparaissait nulle part. 

aparéli, v. a. Appareiller, égaliser. | dévâ 
dé rési sou là, té fô lé-z aparéli po ne pâ 
lé-z èpléiji modii'Oamè : avant de scier ces 
planches^ il te faut les appareiller pour ne 
pas les employer mal à propos. || Réfl. S'ap- 
pareiller. 



— 14 — APE 

aparéiji, v. a. Apparier. | aparéyi déi 
bail, déi tsavà : apparier des bœufs, des 
chevaux. | aparéye nié véi sou tsousô : 
apparie-we voir ces bas. || Réfl. S'apparier. 
I l-é sou èke ke s'aparéi/ô bè po tote 
tsûzè : ce sont ceux-là qui s'apparient bien 
en toutes 



I léi-;/ a déi farje ke 
il y a des brebis qui 
meaux. 



aparètâ (s'), v. r. S'apparenter. 

aparëtâ-âyè, part. adj. Apparenté-e. | léi-y 
é aparètâ : il lui est apparenté. 

apartenâsè, s. f. Propriété, j se l-ïrôn'a- 
partenàs'a inôsii b, : c'était une propriété 
de M. B. 

aparteni, v. n. (peu usité). Appartenir. | se 
ne léi-y aparté pâ : cela ne lui appartient 
pas. 

apartémè, s. m. Appartement. 

apedâhi [s'), v. r. Manger la pedûsè, 
manger autant qu'il y a, manger à sa faim. 
\s'apedâhTve bè ètsï no, ma ne batéi pâ le 
ku por no : il se rassasiait bien chez nous, 
mais il ne faisait absolument rien pour nous. 

apèsâidrè, v. a. Apercevoir. | l-é béi 
wéityi, n'apèséivo rè : j'ai beau regarder, 
je n'aperçois rien. | Réfl. S'apercevoir, l-é ta 
dâdu ke ne s'apèséi zamé dé rè : il est si 
nigaud qu'il ne s'aperçoit jamais de rien, 

apédzi (frv. apéyer), v. a. Coller, en- 
gluer. I té fô pâ apédzi kosè té potré a la 
murale : il ne faut pas coller ainsi tes ima- 
ges à la muraille. | ô le deréi apédzi a sa 
sôla : on le dirait collé à sa chaise. || la 
fôtâna se trovâv' apédza a la murale : la 
fontaine se trouvait adossée contre la mu- 
raille. Il V^. n. Poisser, être gluant. | mé 
dâi l-apéd:ô : mes doigts poissent. | le bu 
ke l-a la pâi l-apéd:è : le bois qui a la poix 
est gluant. || Réfl. Se coller. | se s'apédze pa : 
cela ne se colle pas. | sou folé se sô tî 
apédzi èsèblo 



ces feuillets se sont tous col- 



lés ensemble. 

apétesè-èta, adj. Appétissant-e. 

apéti, s. f. Appétit. | l'apéti l-é biina : 
l'appétit est bon. | ramasâ V apéti : prendre 
de l'appétit. | lé dcuvene dzë l-â iodoulô 
l'apéti ouvêrfa : les jeunes gens ont tou- 
jours l'appétit ouvert. | bunapéti : bon 
appétit. Il Pr. l'apéti vë ë medzè. 

apézâ, v. a. Soupeser. | apéiza véi se, 
kemë l-é pécâ : soupèse voir cela [pour 
juger] comme c'est pesant. 

apézi, v. a. Apaiser. || Réfl. S'apaiser. 



APL 



apë-ësa, adj. Minutieux-se, économe. 
\sou dzë sa grù apë awé tote tsûzè : ces 
gens sont très minutieux en toutes choses. 
\l-îre prou apësa po fie rè lési pjëdre de sa 
méinàdco : elle était assez économe pour ne 
rien laisser perdre dans son ménage. || Avide, 
cupide, âpre au gain. | lé-z èfâ sa ta apë 
apréi le frwi : les enfants sont si avides de 
fruits. I l-é ta apësa apréi la muniija : elle 
est si cupide, si avide d'argent. 

aplâi, s. m. Attelage ; chevaux, bœufs, 
vaches qu'on attelle. | n'a rë dé béise 
d'aplâi : ils n'ont point de bêtes d'attelage. 
\vo-s éi û bun aplâi : vous avez un bon 
attelage. || Fig. l-é à rîd'aplâi tijé si-l 
omo : c'est un triste aide que cet homme 
(un embarras). 

aplâ, s. m. Surface plane, en parlant des 
terrains. | nra ke ne se a l'aplâ, s<~ l-oudre 
niT : à présent que nous sommes sur un 
terrain plat, cela ira mieux (nous aurons 
moins de peine à marcher). || alâ a raplâ 
don pâlo : marcher sur la surface unie du 
plancher. 

aplènô, V. a. Aplanir. 

aplèhrâ, v. a. Aplatir en écrasant, éca- 
cher. I aplèhrâ ôna lernasé, û ktoèhrô : 
écraser une limace, un coifron. | l-a 
aplèhrâ sô tsapéi : il a écrasé son chapeau. 
Il Réfl. S'aplatir en s'écrasant. | s'é aplèhrâ 
k-ôtrô noi/ë : il s'est écrasé contre un noyer. 

aplèti, V. a. Aplatir. 1| Réfl. S'aplatir. 
! si père s'é apléti kemè ôna folè: cette poire 
s'est aplatie comme une feuille [d'arbre]. 

apléijâirèy s. f. Cheville d'attelage. | se 
l-é déi dzè ke sâvô pâ pi fér on a pléijâire 
sole : ce sont des gens qui ne savent pas 
même faire seuls une cheville d'attelage ; se 
(lit de gens stupides et incapables de faire les 
choses les plus simples. 

apléi/âu-âiiza, s. m. et f. Homme, femme 
qui attelle. 

apléijâdzo, s. m. Attelage, bête et véhi- 
cule compris. 1 se fn toparâi ô béi-l apléijâ- 
dzo : cela fait tout de même un bel attelage. 

apléi/i, V. a. Atteler. | kâ ô n'a pâ détije 

se teni ô tsavô, ô-n apléijô bâti obè ôna 

vatsè : quand on n'a pas de quoi se tenir 

; (entretenir) un cheval, on attelle un bœuf ou 

I une vache. | apléiji ôn'ârma/è : atteler une 

[ armaille. \\ Fig. apléyi sa féna : atteler sa 

femme (lui faire faire des ouvrages d'homme) . 



— 15 — APO 

I éihr'apléiji a Viivrâdzo : être attelé à l'ou- 
vrage, avoir beaucoup à faire. ] ne se mô-l 
apléyi sti-y à : nous sommes mal appuyés, 
peu favorisés cette année (nous avons peu de 
bras pour nos travaux). || Réfl. S'atteler. 
\s'apléyére pâ to sole, le tsavô : il ne s'at- 
tellera pas tout seul, le cheval. 

aplè, s. m. Etat de ce qui est plein, entier. 
I la lena l-é tota pè sen aplè : la lune est 
pleine. 

aplikâ, V. a. Appliquer. || Réfl. S'appli- 
quer. 

aplô (1), s. m. Aplomb. [ tsezi d'aplô : 
tomber verticalement. || ô Ji d'aplô : un fil à 
plomb. Il Fig. Assurance. | si kivâ l-a ô-n 
ajtlô! cet individu a un aplomb ! 

aplô (2), s. m. Somme, sommeil, | l-a fé 
èk'ô bun aplô : il a fait là un bon somme. 

aportâ, V. a. Apporter. | n'a rè aportâ a 
la méizô : elle n'a rien apporté à la maison 
(elle n'a eu ni dot ni trousseau). || Pr. bèoenil 
k'apwârtè. \ la renias' é le tortsô n'apivârtô 
rë a la méizô. 

aposeni, v. a. Pourvoir, approvisionner. 
\ne sa pâ s'ë-n èprèdre por aposeni sô 
méinâdzo : il ne sait pas s'y prendre pour 
approvisionner son ménage. 

apoyfiii, s. m. Appui, objet sur lequel on 
s'appuie. | ô puréi dreini sii si-l apoyâii : 
on pourrait dormir sur cet appui. 

apoyi, V. a. Appuyer, soutenir. | apoyi ô 
tsë : appuyer un char [de foin, de blé ou de 
paille], le soutenir avec une fourche de peur 
qu'il ne tombe. || Réfl. S'appuyer. || Fig. 
s'apoyi lé kûsè : s'appuyer les côtes, man- 
ger beaucoup pour prendre des forces. 

apôtre, s. m. Apôtre, moraliste. | éi fâ 
l'apôtrè : il fait l'apôtre. 

apôdrè (frv. apondre) , v. a. Ajouter, 
abouter, raboutir, joindre. | apô léi ô bé : 
ajoutes-y un bout. | me morséi sô pâ prou 
grô, mé fô lé-z apôdrè : mes pièces ne 
sont pas assez grandes, il me faut les ra- 
boutir. I fô apôdrè lé du bé doii sèrhlo ke 
s'é irosâ : il faut joindre les deux bouts du 
cercle qui s'est rompu. | apôdrè déi tiiyo : 
abouter des tuyaux. || Fig. éi l-apô, épii 
tëk'ôna tsfiina : il ajoute (quelques mots) et 
voilà une chaîne (une discussion intermi- 
nable). Il Pr. ke répô apÔ. \\ Réfl. Se 
joindre, s'ajouter. | lé dù^'e létre s'apôdô : 
les deux lettres se joignent, se touchent. 
Il V. n. Confiner. | no-z apôdô déi da 



APR 



16 



APR 



kàté : ils sont nos voisins des deux côtés. 
— En cet emploi, syn. dzûtâ. 

apôsa (frv. aponse), s. f. Ajoutage, allon- 
gement, rallonge, soudure, suture, jointure. 

I té fô léi fér'ôn apôsa : il te faut y faire 
un ajoutage. | l-a fé a sa roba ôn'apôsa 
ke l-é tôt a tijé hala : elle a fait à sa robe 
une allonge qui n'est rien moins que belle. 

I l-a falii fér'ôn' apôsa a féisTla : il a 
fallu faire une rallonge à cette échelle. | se 
^'é dédèè, léi fù férôn'af>ôsa : cela s'est 
disjoint, il faut y faire une soudure. | l'apôsa 
se kone pà pT : la suture se connaît à peine. 

I s'é trosâ a l'apôsa : il s'est rompu à la 
jointure. 

apré, s. m. Apprêt. || Par ext., sorte 
de bouillie faite avec des fruits ou des lé- 
gumes et dont on mangeait beaucoup autre- 
fois. I ou marèdô ô medsTve de Vapré 
éi pràiimè, éi serizè obè éi sétsô : au goûter 
de quatre heures on mangeait de ïapprêt aux 
prunes, aux cerises ou aux fruits secs (poires 
•ou pommes). | de Vapré éi ràvè, a la kâii- 
dra : de V apprêt aux raves, à la courge. 

apréi, adv. Après. | té fô to loii-z akiili 
xipréi : il te faut tout leur jeter (donner). 

II l'a réijû dijï-z à apréi : ils l'ont revu dix 
ans après. || se fére déoezà apréi : se faire 
parler après (donner lieu à la médisance). 
\\së m'é revenu fenamè apréi : cela ne m'est 
revenu qu'après. || le dziôa d' apréi : le jour 
après. I le nioniè d'apréi l-Trâ viija : l'ins- 
tant d'après ils avaient disparu. 

Prép. Après. | ne farè la biiija apréi 
le fosâii : nous ferons la lessive après 
le [labour du] fossoir. \\ alà apréi kôkô : 
marcher derrière quelqu'un; ou aller à son 
enterrement. || éihr apréi kôkô : être après 
{s'occuper de) quelqu'un, soit en bien, soit 
en mal. || démûdâ apréi kôkô : demander 
après (s'informer de) quelqu'un. || vër'apréi 
kôkô : voir après quelqu'un (aller à la re- 
cherche de quelqu'un pour un travail quel- 
conque). Il déuezâ apréi kôkô : mal parler 
de quelqu'un. 1| prèdr'apréi kôkô : prendre 
après quelqu'un (s'inquiéter, donner de l'im- 
portance à la manière d'être ou aux racontars 
d'une personne, en avoir du chagrin). || se 
korohi apréi kôkô : se courroucer contre 
quelqu'un. || éihr'apréi ô-n uvràdzo : être 
après (occupé à) un travail. | su apréi mô 
tsenévo ; je suis occupé à mon chanvre. 
\l-îro apréi medzi ma sepa : j'étais occupé 
à manger ma soupe. | sô apréi fére le 
pô : ils sont occupés à faire le pont. || se 



l-a kosâ apréi du frâ : cela a coûté un 
peu plus de deux francs. || Pr. apréi la 
dzalâ, la lava. \ apréi la mwâ, le màidzo. 
\apréi no le déliidzo. \ apréi ô tè n-è vè 
ô-n ôtro. Il apréi to : après tout. | apréi 
to, se puréi bè éihrè : après tout, cela 
pourrait bien être. || d'apréi. D'après. 
I d'apréi tè, nô n'a rézô : d'après (selon) toi, 
personne n'a raison. | d'apréi si téstamë, 
dévéi to-t avâi : d'après ce testament, il devait 
tout avoir. ||.^-« apréi. En après (après). | è-n 
apréi dé mè : après moi (après ma mort). 
I è-n apréi dé se : après cela. || apréi ke : 
après que. | apréi ke l-a zou medzi, s'é 
èdremâi : après qu'il a eu mangé, il s'est 
endormi. 

apréidémâ, adv. Après-demain. | te vou 
to fér' apréidémâ, ma lé rewë ne vâlô 
zamé rè : tu veux tout faire après-demain, 
mais les renvois ne valent jamais rien. 

aprèidinà , s. m. Après-dîner. 

m. Après-midi. — Syn. 



apréimidzwa 
diimidzwa. 



apréstâ, v. a. Apprêter. | apréstâ déi-z 
êrbè : apprêter des légumes. || Préparer 
(vieilli en cet emploi). | Pr. kâ féne botsô 
dé parla, l' ètërémè fô apréstâ. 

apréstô, s. m. Viande en ragoût. | fére de 
r après tô : faire du ragoût. 

aprêdrê, v. a. Apprendre. | lé-z èfà 
n'aprèhô zamé prou vito a travail : les en- 
fants n'apprennent jamais assez tôt à tra- 
vailler. I fô sali por aprèdr'a vivre : il 
faut sortir [de chez soi] pour apprendre à vi- 
vre. I aprèdre menistro : apprendre ministre 
(faire des études de théologie), l-aprèdre 
se ke ne sa pà : il apprendra ce qu'il ne 
sait pas (il fera des expériences auxquelles 
il ne s'attend pas). | aprèdr'a lërè : appren- 
dre à lire (faire ses expériences). | sa lesô 
l-a ésà apràisa è demi-y âi'ira : cette leçon 
a été apprise en demi-heure. || Abs. l-aprP 
grâi, sa : il apprend difficilement, facile- 
ment. !| Instruire. | fô lé-z aprèdre, lé 
dzuvene dzè : il faut les instruire, les jeunes 
gens. I léi-y a ésà aprâi .'il y a été appris 
(il en a fait la triste expérience). | ô léi-y 
é aprâi dé se méhlà déi-z ôtre dzè : on y 
est appris (on sait ce qu'il en coûte) de se 
mêler des autres gens. |i Pr. aprèdr'éi kosè, 
dé savâi éi vô. \ fû ne krâi ke nôs'aprâi. 
Il Réfl. m'a bè falii m' aprèdr'a to férè : il 
m'a bien fallu m'apprendre à tout faire. 



APU 



- 17 



ARA 



Is'iraprfiiiia a felà : elle s'était apprise ii 
filer. 

aprètesndco, s. m. Apprentissag-e. | le 
valé a la mariije l-a fé diitré-c aprètesà- 
/l:o se rè apredrè : le fils à la Marie a fait 
deux ou trois apprentissages sans rien ap- 
prendre. 

aprèti-tija, s. m. et f. Apprenli-e 

aprii/âdâ , v. n. Appréhender. | l-é 
<Vapriijâd(i dé le vëre réveni : il est à ap- 
préhender de le voir revenir. | por me, 
.l-apriijâdo dé léi-ij alà : pour moi, j'appré- 
hende d'y aller. 

aproprii/â (s'), v. r. S'approprier, usur- 
per. I se sa apropriyâ dou bè d'ôlrioi : ils 
se sont approprié du bien d'autrui. 

aprofsi, v. a. Approcher. [ se n'é pâ ô-n 
•omo a aprofsi : ce n'est pas un homme 
qu'on puisse approcher. | û pou pà aprotsi 
sa héise ke ne kornùi : on ne peut pas ap- 
procher [de] cet animal qu'il ne frappe de 
ses cornes. || Réfl. S'approcher. | la dzene- 
le s'aprotsTve ta balamè kâ si tsàkro dé 
jnèrdââ l'a épwéiri : la poule s'approchait 
tout o-entiment quand ce polisson l'a effrayée. 

aprovà, v. a. Approuver. || Dans un sens 
très extensif et avec une négation, estimer, 
sympathiser avec... | por mè, pii pà aprovà 
si-l omo : pour moi, je ne puis pas estimer 
cet homme (il m'est antipathique). 

aprovéici , v. a. Apprivoiser. [| Réfl. 
S'cipprivoiser. 

aprovizyeiia, v. a. Approvisionner. | Abs. 
Tomo l-a béi aprovizijenà, se la féna dé- 
bfirde to, a tye ke se se : le mari a beau 
-approvisionner, si la femme dilapide tout, à 
quoi cela sert-il ? \\ Réfl. S'approvisionner. 

aptrûpréiii , v. a. Approprier, rendre propre 
■en nettoyant. i| Réfl. Se nettoyer. | se ne 
no-: aprûprétjTvâ ô bokô : si nous nous 
nettoyions un peu. 

aprûtso, s. m. Approche. | déi lenéte 
■d'aprûtso : des lunettes d'approche. 

apsèln {s'), v. r. S'absenter. 

'/psoliivam'', adv. Absolument. 

aptipenii (s'), v. r. Se pomponner, s'atinter. 

apiifjenâifé, part. adj. f. Pomponnée^ atin- 
tée . 

apiipri, s. m. A peu près. [ s'ô ne le sa 
pà ou ziisto, ô sar'adéi ô-n apupri : si on 
ne le sait pas exactement, on saura toujours 
«n à peu près. 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



apntitijéro, s. m. Apothicaire. 

apwèlà (1), V. a. Tailler en pointe. 
\apwètâ û paséi : refan-e la pointe d'un 
échalas. 

apwètà (2), V. a. Appointer, rég-ler le jour, 
l'heure d'un rendez-vous. || Réfl. S'appointer. 

apwèti, V. a. Donner, faire la pointe à 
un instrument, appointir. | si fosâu l-é 
trû ma, fà le fér'apwèfi : ce fossoir est 
trop émoussé, il faut lui faire redonner la 
pointe. I apwète mé vâi si forlsô .- refais-///^- 
voir les pointes de ce fourc/ion. 

arablâ, v. a. Arracher des mains. | te ne 
léi-ij arabléréi pà se : tu ne lui arracheras 
pas cela, j aséi/e véi dé le léi-y arablà : 
essaie voir de le lui arracher (menace). 

arala, s. f. Pin arole. arbre de haute 
futaie. I Varala vè su lé ôtijâii : le pin arole 
croît sur les hauteurs. 

aranè (frv. aragne), s. f. araignée. ( lé-z 
arane ke l-â la krâi sô mésèiè, éi pekô : 
les araignées qui ont la croix sont méchantes, 
elles piquent. | kâ lé-z arane désèdô, l-é 
mârka dé putè : quand les araignées descen- 
dent, c'est signe de mauvais temps. 

nrani (.s') (frv. s'aragner), v. r. Se cou- 
vrir iïarâ (en parlant du temps). | le tè 
s'arahé, ne sarâ avéi dou putè : le ciel 
s'aragne, nous pourrions avoir du mauvais 
temps. I kâ le tè s' aranè, léi-y a rè a kôtà : 
quand le ciel s'aragne, il n'y a pas à comii- 
ter (on ne peut pas espérer le beau). 

aiy'ii, conj. servant à marquer l'opposition 
entre deux phrases. Faute d eejuivalent, on 
peut le traduire quelquefois par « alors. >. 
I léi-y avéi de dé resta, ma kâ l-a y à Vomo 
ke l-ïré, léi-y a aréi de dé s'è-n alâ : il 
lui avait dit de rester; mais quand il a vu 
l'homme qu'il était, (alors) il lui a dit de s'en 
aller. | lavàve ta mô si lèdzo ; ma kâ l-a 
zou ésà bè brama yé, l-a aréi mï lava : elle 
lavait si mal ce linge ; mais quand elle a (eu) 
été bien grondée, alors elle a mieux lavé. || le 
fràre l-é zou ou prà, la sïra l-é aréi zou 
a la venè : le frère est allé au pré; la sœur, 
elle, est allée à la vigne. — Cf. adô. 

arabe, adj. m. (Arabe), avare. | de sa 
famile su tl déi-z arabe : dans cette fa- 
mille, ils sont tous des avares. 

arâ (frv. aran), s. m. Léger nuage res- 
semblant à une toile d'araignée. La forma- 
tion de ces nuages est signe de mauvais 
temps. I dépatsè no dé katsi m'thrô blà 



ARE 



18 — 



ARE 



dévâ la pioché ; léi-ij a dza déi-z arà dou 
kôté davo : dépêchons-nous de rentrer notre 
blé avant la pluie, il y a déjà des arnns du 
côté du sud-ouest. 

arbelésa, s. f. Arbalète. | nnhré-z âhâ 
terïvà a Varbelésa, ma diï ke l-à zoa déi 
ffizi, l-à lési Varbelésa éi-z êfâ : nos an- 
cêtres tiraient à l'arbalète, mais depuis qu'ils 
ont eu des fusils, ils ont laissé l'arbalète aux 
enfants. || Bâton à l'aide duquel on tourne le 
contre de la charrue. — Cf. érbéléta. 

arboristè, s. m. Herboriste. | lé-z avbo- 
riste va de la môtane tsértsi lé plaie ke sô 
biine po lé rémâido : les herboristes vont 
dans la montag-ne chercher les plantes qui 
sont bonnes pour'Ies remèdes. 

ardè-èta. adj. Ardent-e. | don fii ardè : 
du feu ardent. || l-é ardè a Viwrâdzo : il est 
ardent au travail. 

S. m. Le tranchant d'une lame. | Vardè 
va bè : le tranchant va bien. 

ardi-dya, adj. Hardi-e. | l-é ardi kemè ô 
manë : il est hardi comme un inagnin. 
\sa feléta l-é bè prou ardija : cette fillette 
est un peu trop hardie. || Pr. sou ke sô ardi 
l-èi adéi se ke lou fo. 

ardi! int. Hardi! excitation à s'armer 
de force et à faire preuve de vaillance dans 
un moment critique, lorsqu'il s'agit, par 
exemple, de soulever une très lourde charge 
ou de pousser un char de foin. En pareil cas, 
chacun crache dans ses mains, se les frotte 
et crie : ardi ! 

ardii/ésé, s. f. Hardiesse. 

ardwâzè, s. f. Ardoise. | léi-y a outwa 
dou sinâ déi pusète karyére d'ardwàzè : 
il y a autour du Signal de grandes couches 
d'ardoise. (Cette ardoise n'est pas de bonne 
qualité et personne n'a jamais songé à l'ex- 
ploiter.) — On dit aussi èrdux'izé. 

ardyamè, adv. Plardiment. | di léi pï 
ardyamè ke. l-é ô dzâlâu : dis-lui seule- 
ment hardiment qu'il est un menteur. 

arenâ {s'), v. r. S'éreinter, se courbaturer. 
\s'ïr'are7}â è tsèrdze ô ta grô tsë dé fe: 
il s'était éreinté en charg-eant un très grand 
char de foin. 

arenjrè, s. f. Maladie des reins, néphral- 
gie. I l-a zoa ùnarenïre ke l-a bè kri'i dé 
n-è parti : il a eu une néphralgie [si forte] 
qu'il a cru en partir. — On dit aussi renTrè. 

arevâ, v. n., conj. avec éihrè. Arriver. 
j la dy'éra voa arevâ : la guerre veut (va) 



arriver. | la sepa l-areve fétè : la soupe- 
arrive faite (est sur le point d'être faite). 
Il Impers, seréi se rè ô tô ? — puréi bè 
arevâ : ne serait-ce pas un tel? — [cela]; 
pourrait bien arriver (c'est bien possible). 
1 l-areve lé Iré-z âilrè : il arrive les (il est 
près de) trois heures. || Avec dé: l-arevo dé 
veni : j'arrive de venir (j'arrive dans ce mo- 
ment). I l-areve dé fini : il arrive de (il vient 
de) finir. 

are, s. m. Arrêt. — Cf. wo, 

aréireptvè (frv. arriére -point), s. m.. 
T. de couturière, point-arrière. | orn k'ô-n 
a lé masin'a kâiidrè, ô ne fâ prèske rè mé 
d'aréirepwè ; lé-z ôtix» yâdzo faléi se 
krévâ lé ze po lé férè : à présent qu'on a 
les machines à coudre, on ne fait presque 
plus de points-arrière ; autrefois il fallait 
s'abîmer les yeux à les faire. — Cf.. réire- 
pivè. 

aréisa (1) (frv. arête), s. f. Cesse,, 
repos, relâche. | si peti n'a pâ ôn'aréisa : 
ce petit n'a pas un [instant de] relâche. 
\lése lo pT férè, fudre prou ke n-è pren'ô 
dziva, de Varéisa : laisse-le (seulement} 
faire, il faudra bien qu'il en prenne un jour^ 
du repos. — Syn. arésâdzo. 

aréisa (2), s f. Arête de poisson. | lé 
payizâ n'âmèj pâ medzi lé peso a kôza 
déi-z aréisè : les paysans n'aiment pas 
mang-er le poisson à cause des arêtes. 

aréizenâ (frv. arraisonner), v. a. Adres- 
ser la parole à quelqu'un qu'on accoste, afin 
de lier conversation avec lui. | m'a aréizenâ 
è pasè : il m'a adressé la parole en passant. 
I n'aréizene pâ to le modo : il ne parle pas 
à tout le monde. || Réfl. s'aréizenèj pâ mé : 
ils ne s'arraisonnent plus. 

arésa , v. a. Arrêter. | lé kozâdâire 
n'aréisè) pâ mé lou koséryé, l-é por se ke 
lé-z âlô se dékouzô ta. sa : les couturières 
n'arrêtent plus leurs aiguillées, c'est pour 
cela que les vêtements se décousent si facile- 
ment. || diï ke lé dzuvene dzè ne va pâ mé ou 
katesTmo, rè ne lé-z arâisè : depuis que les 
jeunes gens ne vont plus au catéchisme 
(comme autrefois, trois ans durant, après 
leur confirmation), plus rien ne les arrête, 
c.-à-d. que, n'étant plus soumis à aucune 
discipline, ils se laissent entraîner au mal. 
||Pr. fô maryâ le lâii po Varésâ. jj Pren- 
dre à g"ages. I l-a arésâ âna tropa d'ôvrèii 
po lé mésô : il a arrêté (s'est assuré) une 
troupe d'ouvriers pour les moissons. || V. n. 



ARE 



— 19 — 



ARO 



Cesser. | te n'aréise pâ dé krélirè ; fiidréi 
té méir'ûna pij'éra sil la téisa : tu ne 
cesses de croître ; il faudrait te mettre une 
pierre sur la tête ; se dit à un jeune 
homme ou à une jeune fille dont la taille dé- 
passe la moyenne. 1| Rétt. S'arrêter. | éstèr- 
niina té pï dé travail, te t'aréiséréi prou ô 
i/âdzo : tu as beau l'exterminer de travail- 
ler, tu t'arrêteras bien une fois. || kà à 
s'aréise pè tT lé kâro kernè li, ô pou dé mè 
tijé d'aprèdre tl lé novéi : quand on s'arrête 
à tous les coins [de rue], comme elle, on ne 
peut faire moins que d'apprendre toutes les 
nouvelles. | déi ku s'arâisé, déi ku pà : 
tantôt il s'arrête, tantôt il ne s'arrête pas. 

arésàdzo (frv. arrêtage), s. m. Arrêt, 
cesse, repos. | wéitye lo véi veni, n'a jxl 
ô-n arésâdco : regarde-le voir venir, il n'a 
pas de cesse. | l-are (pour léi-i/ are) hè dou 
inô s'ô léi mé pâ ô-n arésâdzo : il y aura 
bien du mal si on ne lui met pas un frein. — 
Syn. are i sa (1). 

arèda, prép. Tout proche de. | n'è ôna 
ven'arèda le ver y ou déi fodzè : nous avons 
une vigne tout proche du viroir des Foges. 
I arèda nûhrô tsà léi-ij a ô noyë ke no fa 
gri'j dé mô : tout proche de notre champ il y 
a un noyer qui nous nuit beaucoup. 

arèdzêmè, s. m. Arrangement. || prèdr'a- 
rrdzémè : s'entendre. | n'è préi awé nûhré 
grùdzi ô-n arèdzémè a tré-z à dé répèti : 
nous avons pris avec nos fermiers un arran- 
gement à trois ans de repentir; c.-à-d., nous 
nous sommes entendus pour la possibilité 
d'un dédit de part et d'autre au bout de trois 
ans. Ceci se pratique pour les fermages de 
six ans. 1| Pr. ô krûg'arèdzéniè vô ml tyé ô 
bô prose. 

arèdzi, v. a. Arranger. | arèdze té pâi 
ke sâlô : arrange tes cheveux qui sortent 
[du bonnet]. | arèdzi sé-z aférè : mettre 
ordre à ses affaires, faire son testament. 

I l-a to bè arèdzi : il a tout bien disposé. 

II tèk'ô tsapéi be arèdzi! voilà un chapeau 
mis dans un bel état ! | tèke mé bè arèdza ! 
me voilà dans un bel embarras ! || Avec me- 
naces : t'arèdzéri prâiil je te remettrai à 
l'ordre ! || Ce mot s'emploie aussi pour indi- 
quer la manière par laquelle un vendeur veut 
avantager un acheteur. | nosi pâ pwâirè, 
vii bè vo-z arèdzi : n'ayez pas peur, je veux 
bien vous arranger (je vous traiterai en ami). 
Il Réparer, raccommoder. | vo-z arèdzéréi 
sa Iota : vous réparerez cette hotte. || Ac- 
commoder un mets, i n'arèdzérè déi-z êrbe 



po le dinâ : nous accommoderons des légu- 
mes pour le dîner. (En cet emploi, syn. aloi/i, 
apréstâ). \\ Réfl. S'arranger, se mettre d'ac- 
cord, se contenter | m'arèdzo prou dé to : 
je me contente assez de tout. | arèdze té : 
arrange-toi (fais comme tu voudras). 

arègâ, v. n. Haranguer^ sermonner. 

ariyéta, s. f. Ruelle d'un lit, étroit pas- 
sage le long d'un tas de foin dans une 
grange. — Cf. riyéta. 

arkàdzè, s. la. Archange. 

arkâsyèl, s. m. Arc-en-ciel. || Pr. l'arkci- 
syèl dou maté fâ vcri lé mule, Varkâsyèl 
dou né ésiiye lé golé. \ l'arkàsyèl dou mate 
u'èpalse pâ la dzor/iâ dou pélei-è. 

arma, v. a. Armer. 

arméro, s. m. Armoire. | lé-z ôtro yâdzo 
ô n'avéi rè d'drméro de lé-z osô ; ô n'avéi 
tyé déi rasali : autrefois on n'avait pas 
d'armoires dans les cuisines ; on n'avait que 
des râtelier. 

arméta, s. f., Dini. de arma (1). Petite 
àme. Il Par ext., enfant. | sa pur' arméta : 
ce pauvre enfant. || ôn'arméta dou bô dyû : 
un ange du bon Dieu. 

armétika, s. f. Arithmétique. | sa so ten 
armétika? sais- tu ton arithmétique (les 
quatre règles simples)? || V armétika a bôzô, 
du é tré fâ yô : l'arithmétique à Bonzon, 
deux et trois font un. Ce dicton s'applique 
par plaisanterie à un compte reconnu faux. 

armioâriyé, s. f. pi. Armoiries. | è démo- 
lesè ôna méizô ou pyâdzo l-à trovâ ôna 
plèka awé lé-z armwâriye d'ô bali : en dé- 
molissant une maison au Péage, ils ont (on 
a) trouvé une plaque avec les armoiries d'un 
bailli. 

arnasisié, s. m. Anarchiste. 

arnika, s. m. Arnica. 

arogâsè, s. f. Arrogance. 

arogè-èta, adj. Arrogant-e. 

arozalâ s. f. Le contenu d'un arrosoir 
(frv. arrosée). | sou plate l-â fôla d'arozâ ; 
te lou jiwèu-léréi dnlré-z arozalâ d'éiwè : 
ces plantes ont besoin d'être arrosées; tu 
leur porteras deux à trois arrosées d'eau. 

arozâ, v. a. Arroser. | dé vè le né ô véi 
lole lé fémaVarozâ lou kurli : vers le soir 
on voit toutes les femmes arroser leurs jar- 
dins. I lé payizâ l-arûzô la tëra dé lou 
sâii : les paysans arrosent la terre de leur 
sueur. 



ARO 



20 



ASE 



arocâdco, s. m. Arrosage, arrosement. 
j la plodze l-é le méloii déi-s arozàd:o : 
la pluie est le meilleur des arrosag-es. 

arozâyè (frv. arrosée), s. f. Arrosement. 
\sa plâta sétsè, léi fù fér'ûna biin'arozayè : 
cette plante sèche, il faut y faire un fort arro- 
sement. 

aroifiu, s. f. Arrosoir. | l-a porta dii^e-: 
arozâû pleine d'éiwè : il a porté deux arro- 
soirs pleins d'eau. 

aro, s. m. Arrêt. | si-i omo n'a rè d'arô : 
cet homme n'a pas d'arrêt (il ne cesse 
d'être en mouvement, de travailler). | l-arô 
prou lé-z arô à yâdzo : ils auront bien les 
arrêts une fois (ils cesseront bien un jour de 
courir et de sauter), dit-on d'enfants pétu- 
lants. Il Fig-. léi-y ar'ôko déi-z arô pèr èkè : 
il y aura encore des arrêts (ennuis, empêche- 
ments) par là. — Cf. are. 

arsena, s. m. Arsenal. | l-a todoiilô ô-n 
arsena de se fatè : il a toujours un arsenal 
(objets en métal, clef, couteau, etc.) dans ses 
poches. 

arseni, s. m. Arsenic. 

arté, int. usitée dans les locutions : arté 
levé! arté séuè I qu'on dit aux vaches pour 
leur faire prendre une autre position plus à 
droite ou à gauche quand on veut les traire. 
— Cf. siité. 

arupi (frv. aroupir), v. n. Se dit de mets 
qui, par une trop forte cuisson, s'attachent 
au fond du vase dans lequel ils cuisent. | la 
sepa l-é arupya : la soupe est aroiipie. 
Il Réfl. S'attacher au fond du vase, se grati- 
ner. I lé pome se sô ariipyè : les pommes se 
sont gratinées. | lé krûye kuzenâire lésô 
arupi le medzi : les mauvaises cuisinières 
laissent le manger s'aroupir. 

aruvenâ, v. a. Raviner. | l'arâ/o l-a to-t 
aruvenâ lé venè : l'inondation a complète- 
ment raviné les vignes. || Réfl. Tomber dans 
un précipice. | s'é aruvenâ bà le dékatalâii : 
il est tombé dans le précipice de ce nom. 

arûsâ {s'), v. r. Cesser de travailler pour 
cause de fatigue ou de vieillesse. | n'é ôko 
pà là vTlo po s'arûsâ kosè : il n'est pas en- 
core assez âgé pour cesser ainsi de travailler. 

ariisa-ayè. part. adj. Excédé-e de fatigue. 
I l-éséi bè ta iwiisâyè ke ne pioéi pà fér'ô 
pà déplè : elle était tellement fatiguée qu'elle 
ne pouvait faire un pas de plus. 

aryérà, v. a. Arriérer. | l-à ûna fropa dé 



payémè aryérà : ils ont plusieurs paiements 
arriérés. || Réfl. S'arriérer. | l-a lési sa déta 
s'aryérà dé koke-z â : il a laissé [les inté- 
rêts de] sa dette s'arriérer de quelques an- 
nées. 

ari/ôdi, v. a. Arrondir. 

arzelTrè (frv. arzillére), s. f. Vase en 
bois avec couvercle dans lequel on met 
Varzï. I n'avâ ôna ta yaléza petit'arzelTrè, 
se pà ke l-é dévena : nous avions une si 
jolie petite arzillére ; je ne sais [ce] qu'elle 
est devenue. 

arzT (frv. arzi), s. m. Ferment employé 
dans la fabrication du séré. \ éi-z ùrmali 
lou fô ôna burléta po métré le ko é ôn'ar- 
zelïre po métré Varzi : aux armaillis il 
faut une bourlette pour mettre la présure et 
une arzillére pour mettre VarzT. — Cf. 
ko (2). 

asa! int. Ah! ça! Ce mot est comme un 
appel à une réponse explicative. La per- 
sonne qui le prononce n'est pas de bonne 
humeur et l'on y sent une colère contenue 
qui va tout à l'heure éclater. | asa! di mé 
vâi se ke te prêté férè : ah ! ça ! dis-me 
voir ce que tu prétends faire. | asa ! tyé ke 
Va fé dé to si-l èrdzè ke t'avé bali ? ah ! 
çà! qu'as-tu fait de tout cet argent que je 
t'avais donné? 

asasè, s. m. Assassin. 

asasinâ, v. a. Assassiner. 

asâsyô, s. f. Ascension. | la féisa de , 
l'asâsyô : la fête de l'Ascension. || Pr. kâ 
plou a Vasàsyô, pure dzêrb'é tsirô. \\ Ce 
mot remplace parfois le mot abayi pour dé- 
signer la fête du Cordon rouge, qui a lieu le 
jour de l'Ascension à Saint-Légier. | va so 
a Vasàsyô ? vas-tu à l'Ascension (à Vabbaye 
de Saint-Légier) ? 

ase, adv. Aussi, comme terme de compa- 
raison. I l-é ase grô tyé sàdzo : il est aussi 
grand que sage. || Pr. lé brave dzè sô ase 
rà tyé lé korbé blà. — Cf. a ta. 

asebè, adv. Aussi, pareillement. | m'asebè: 
moi aussi. | // asebè : lui aussi. | va léi 
asebè : vi\s-j aussi. j| ne von asebè rè fére po 
léi kôplérè : c'est qu'aussi bien il ne veut 
rien faire pour lui complaire. 

aselàré, s. m. Fabricant à'àséjè. — On 
dit aussi asilàrè et atselârê. 

aseni, v. a. Assigner. | le dzedzo Va asehi 
a paréhré : le juge l'a assigné à paraître. 



ASE 



— 21 



ASO 



asepâ (s'), v. r. Faire un faux pas, s'achop- 
per. I mê su asepâijè : je me suis achoppée. 

ase/jil ! Int. (hors d'usage). Aussi! de 
même! (Htt. aussi peu). 

aseso, s. m. Assesseur de la justice de 
paix. I le dcedzo l-a todoiilô dii-z asesô : 
le juge [de paix] a toujours deux assesseurs. 

ases(J:a, s. f. Femme de l'assesseur. | rna- 
darna Vasesôza : madame Vassesseuse. Au- 
trefois on l'appelait fàfa Vasesôza : tante 
l'assesseuse. 

asetû, adv. Bientôt, à peu près, j l-é 
asetû ase rjvci tyé-sô péirè : il est bientôt 
aussi g-rand que son père. || l-é asetû dësè : 
c'est à peu près ainsi, à peu près la même 
chose. Il é f asetû bô? est-ce bientôt assez? 
(vas-tu cesser?) || Pr. ka o-n a i/ïi tré béi 
méi d'avri l-é asetû të dé mari. 

asèrmëta, v. a. Assermenter. 

aséicena, v. a. Assaisonner. 

(iséna, V. a. Assener. | ijô déi liirû léi-ij 
a asénâ ô ka dé basa ke Va étèrti sii le kit : 
un des lurons lui a assené un coup de bàtou 
qui Ta assommé sur place. 

aséta, V. a. Asseoir. | asTta si peti bu 
pèr ëke bâ : assieds ce petit bas par ici bas 
(par terre). || asétâ la biii/a : disposer le 
linge dans le cuvier pour la lessive. || asétâ 
''lia mai/a : poser les assises d'une meule. 
ù-n omo asétâ : un homme assis, un 
homme dont les écarts ne sont plus possi- 
bles. Il Réfl. S'asseoir, se tasser. | portije ke 
te Vasîte pâ? pourquoi ne t'assieds-tu pas? 
\m'asTtéri kà seri niafltè : je m'assiérai 
quand je serai fatiguée. || lési asétâ ou 
s' asétâ le rnedci : laisser asseoir (digérer) 
ce qu'on a mangé. j| la inaijn s'é asétâijè : 
la meule s'est tassée. 

asétâ, loc. adv. Sur son séant. | lé to 
peti-z ëfci, n'a rë ke sa niï tijé asétô sii le 
plàtsi : les tout petits enfants, il n'y a rien 
qu'ils soient mieux qu'assis (il n'y a pas de 
meilleure position pour les tout petits enfants 
que d'être assis) sur le plancher. | se të 
asétô sii s5 li : il se tient assis sur son lit. 

aséiji, V. a. Essayer. | Vaséijéréi soii-z 
iilîj ô-n otro dzi'ùa : tu essaieras ces vête- 
ments un autre jour. || kà ô-n aséye lé j)ôpé, 
léi-y a déi-z ësàdi on se on lé : quand on 
essaie les pompes, il y a des incendies, ici 
ou là. C'est un vieux dicton qui se vérifie 
souvent, à ce qu'il paraît. || Pr. ô nadzîte 



pâ. ô tsapéi se Vaséiji. || Réfl. S'essayer. 
\s'aséyô a teri : ils s'essaient, s'exercent à 
tirer. — Cf. kudyi. 

asëtérnë, s. m. Assentiment. 

asi, s. m. Essieu. 

asidii-ii^'a, adj. Assidu-e. 

asilâré. Var. de asetârè. 

asista, v. a. Assister, secourir. | la kii- 
mena dé bloné l-asiste tJ se /tûro dé le é dé 
jiréi : la commune de Blonay assiste tous ses 
pauvres de loin et de près, jj « dyii vo-z 
asistâi ! Dieu vous assiste! » dit-on à une 
personne qui éternue ou à un mendiant qu'on 
ne veut ou ne peut secourir. || Iota sa famile 
l-é asistâyè : toute cette famille est assis- 
tée. Il Par ext., soigner un mourant. | l-a 
asistà sô péire talc' a sa fë : il a assisté son 
père jusqu'à sa fin. || S. m. et f. Ô-n asista, 
Ôn'asistâyè : un assisté, une assistée. 

asistâse, s. f. Assistance. | sÔ zoii a 
l'asistâse de la kumena : ils sont allés ré- 
clamer l'assistance de la commune. 

asizè, s. f. pi. Assises, base d'une meule 
de foin. | pozâ lé-z asiz'a n-ena maya, : 
poser les assises d'une meule de foin. || Pièce 
de bois cintrée qu'on place sous les futailles, 
tin. I déi-z asize dé kâoa : des tins de cave. 
— Syn. ma (3). 

askiipè, s. f. Soucoupe. | le katali l-a 
proii-z ékwèlè, ma rë d'askupé : le faïencier 
(marchand de vaisselle) a assez de tasses, 
mais point de soucoupes. — Cf. siitasè. 

asomâ, V. a. Assommer. | l-a riskâ 
d'éihr'asomâ : il a failli être assommé. 
||Réfl. S'assommer. 

usomyâii, s. m. Assommoir, gourdin. 

asonâ, v. a. Rendre somnolent, endormir. 
|.'?/ préidzo no-z asonê : ce sermon nous 
endort. | sii tot'asonâyé : je suis toute som- 
nolente. 

asoroli, v. a. Prêter l'oreille, écouter 
attentivement, écouter aux portes. | oa véi 
asoroli se ke dyô : va voir écouter [à la 
porte] ce qu'ils disent. | l-é béi asoroli, 
n'ûdzo rë : j'ai beau prêter l'oreille, je n'en- 
tends rien. || Pr. le bosô n'a rë d'orolè, ma 
léi-y ë-n a prâil ke l-asoi-olè. 

asosiyâ {s'), v. r. S'associer. | se sô aso- 
siyâ po férôn'arnodii/asyô : ils se sont 
associés pour une amodiation (d'alpage). 

asosâ (s'), V. r. S'abriter contre la pluie ou 
la neige. | asosë no ô bokô dézo si-l ava- 



ASY 



— 22 — 



ATA 



tûi : abritons-nous un peu sous cet avant- 
toit. — Syn. s'avreli, s'akaratâ. 

astéra-àyè, adj. Altéré-e. | l-a bu sa 
krûijéiwe le dziùa k'5 rétèrsiv'a la venè, 
ke faséi ta tsù é k'5-n ïre ta astérâ : il a 
bu cette mauvaise eau le jour qu'on reter- 
çait la vigne, qu'il faisait si chaud et qu'on 
était si altéré. 

astikô, s. m. Asticot, ver de la viande. 

asiimeli [s'), v. r. Se laisser gagner par le 
sommeil, s'assoupir. | mé su asumela Ô 
bokô : je me suis assoupie un peu. | sito ke 
l-é si'i ôna sala, tëke ke s'asumelè : sitôt 
qu'elle est sur une chaise, voilà que le som- 
meil la prend. — Syn. s'asupi. 

asuna, v. a. Assentir, flairer. ! va ê-n 
asunè tote lé hlâii : il se promène en respi- 
rant toutes les fleurs. — Cf. asètrè. 

asnpi (s'), v. r. S'assoupir. 

asil, s. m. Manche de fléau. | kâ o-n a 
l'asii, ô n'a pà ôko to Véséiji : quand on a 
le manche, on n'a pas encore tout le fléau. 

asurâ (1), v. a. Assurer. | t'asûro ke l-é 
veré. — é me, t'asiiro ke te di déi dzâlè : 
je t'assure que c'est vrai. — Et moi, je t'as- 
sure que tu dis des mensonges (que tu 
mens). || asurâ ôna méizÔ : assurer une 
maison. || Réfl. S'assurer. | fudréi s'asurâ 
de la tsiisa : il faudrait s'assurer de la 
chose. 

asiïra (2), adv. Assurément, certainement. 
\krâyo asurâ ke léi-ij é arerâ ôkè ; je crois 
assurément qu'il lui est arrivé quelque chose. 
I l-é asiirâ veré : c'est certainement vrai. 

asurçsè, s. f. Assurance. | la sosiyétâ 
d'à s lira se kôtre lé perde déi-z armai' a 
bloné l-é la pie vile dou kâto : la Société 
d'assurance contre les pertes du bétail à 
Blonay est la plus ancienne du canton (elle 
date de 1781). 

aswàrti, v. a. Assortir. | l-a aswârti déi 
grâ : elle a assorti des perles. | l-ésâ bè 
aswârti ê to : ils étaient bien assortis en 
tout (toutes choses). H Réfl. S'assortir. 

asyéta, s. f. Assiette. | lé payizâ ne ièno 
rè mé d'asyéte kemune kemè lé-z ôtro 
yâdzo : les paysans ne tiennent (ne se ser- 
vent) plus d'assiettes communes (de terre 
grossière) comme autrefois. || Par ext., le 
contenu de l'assiette (comme asyétâ). \ on' 
asyéta. dé sepa : une assiette de soupe. — 
On dit aussi asyéta. 



asyétâ, s. f. Une pleine assiette. Voir 
asyéta. 

asal int. exprimant la surprise, la satis- 
faction. I asa! sti ku t'atrapo : ah! ah! 
cette fois je t'attrape (je te surprends à déso- 
béir, mentir, voler, etc.). 

asêblâ , V. a. Assembler, convoquer. 
Ifér'asêblâ : faire assembler. | fa asèhlâ 
la /retire por démâ : ils font assembler [la 
société de] la fruitière pour demain. 1| Réfl. 
S'assembler. 

asèblâdzo, s. m. Assemblage. 

asèblâyé, s. f. Assemblée. | l-avâ kôvokn 
l'asëblâye dou fwa por yë : ils avaient con- 
voqué l'assemblée [de la société] du four 
pour hier. | lé-z asëblâye dé môtane se fn 
le dziùa de la féire dé brë : les assemblées 
des montagnes (des amodiateurs d'alpages) 
ont lieu [en Bayse] le jour de la foire de 
Brent. 

asë, s. m., construit avec avâi, se bali. 
Souci, soin, garde. | baie té véi asë ke h' 
fii ne se déhëne pâ : prends garde que le feu 
ne s'éteigne pas. | t'aréi asë dé wéityi apréi 
lé béisè : tu auras soin de voir après (de 
surveiller) les bêtes (le bétail), i se t'avn 
zou asë dé si peti, seréi pâ tsezii : si tu 
avais eu souci de ce petit, il ne serait pas 
tombé. — Cf. ésë. 

asëtrè, v. a. Assentir, flairer, sentir. | asë 
vâi kemë sou botyé sëtô bô : sens voir 
comme ces fleurs sentent bon. || le tsa l-alâve 
pèrto ë-n asëtë se la rata léi-y Tr'adéi : le 
chat allait partout en flairant [pour savoir] si 
la souris y était encore. 1| Fig. Pressentir. 
\le léi-y é fé asëtrè : je le lui ai fait pres- 
sentir. — Cf. asunâ. 

asordalâ, v. a. Assourdir. | le tsà déi 
kanari m'asordalè : le chant des canaris 
m'assourdit, j sii toVasordalâye wâi : je 
suis tout assourdie aujourd'hui. — On dit 
aussi ësordalâ. 

ataka, s. f. Attaque. | avéi ônataka : 
avoir une attaque (être frappé d'apoplexie). 

atakâ, v. a. Attaquer. | l-a lé du pormÔ 
atakâ : il a les deux poumons attaqués. 
llRéfl. S'attaquer. 

atasâ, v. a. Attoucher, tàter, palper. 
I l-atasâve se fate po vëre se l-avéi ôko 
de l'èrdzë : il tàtait ses poches pour voir 
s'il avait encore de l'argent. | si pûr'avûlo, 
va pèrto ë-n atasë : ce pauvre aveugle, il 
va partout en tàtant. | ë dremesë venéi 



ATE 



23 



ATE 



m'atnsà le vezcnlco : en dormant, il venait 
rn'attoucher le visage. | atasa vâi se la 
krebele l-é sii le tolà : passe la main sur 
le rayon pour sentir si la corbeille y est (se 
dit lorsque le rayon est placé trop haut pour 
qu'on puisse y voir). || Réfl. Se tâter. \ s'ala- 
sâoe pé le kun} : il se tàtait le corps. 

atasô, loc. adv. A tâtons. | l-alno\ilasô 
pè le pâlo j)0 ke ne ITichiso pa, ma ITiihé 
kâ nunio : il allait à tâtons dans la chambre 
pour que je ne l'entendisse pas, mais je l'en- 
tendais quand même. 

atatsi {s'), v. r. S'attacher, au sens de se 
lier par affection. | l'orno s'atatsérè a sa 
Jéna é lé du ne farô tijé ônn niT/na tsë : 
l'homme s'attachera à sa femme et les deux 
ne feront qu'une même chair. | léi-;/ é gré 
atatsa, a sa petita : elle lui est très attachée, 
•à cette petite. — Cf. ésatsi. 

ntà, adv. Autant. | vu atà se kéizi tijé dé 
dérecà molapropu : il vaut autant (mieux) 
■se taire que de parler mal à propos. 1| léi-ij 
oiidrè atà ttjé inè : il y ira autant que moi 
(pas du tout). Il se venéi atà : s'il venait 
autant (s'il le fallait absolument). !| adéi atà! 
toujours autant! exclamation qui exprime la 
satisfaction causée par un présent de peu de 
valeur ou par une faible récolte, à la pensée 
•qu'il aurait pu y avoir moins encore. || Pr. 
atà dé téisatà d'idéijL \ atà si ke të tijé si 
ke l-ékioârtsè. \ atà viidréi vër'û lâii lijé 
ô-n omo ê tsemïs'ou méi dé zôvijé. 

aleni, v. a. Atteindre. | lé noyë natïnô 
pa tJ la mTnia grosâû : les noyers n'attei- 
gnent pas tous la même taille. 

atenè-èta, adj. Attenant-e. 

ateri, v. a. Attirer. | l-à ateri sa feVètsT 
lâii po ta sarâi : ils ont attiré cette fille 
•chez eux pour tout savoir. | ti'atere pà 
son dzê pèrsè : n'attire pas ces gens ici. 
Il Réfl. S'attirer. | éi se di ke lé-z ésâilè 
yaterô lé-z ene lé-z ôtré, ma se pà se fù le 
krërè : on dit que les étoiles s'attirent les 
imes les autres, mais je ne sais pas s'il faut 
•le croire. — Syn. atrérè. 

atevâ, V. a. Adresser la parole à quelqu'un 
.afin d'obtenir une explication. | ne vii pà 
V atevâ, ma se kemèhè. le léi deri Iml é l)è : 
je ne veux pas le faire parler, mais s'il com- 
mence, je le lui dirai bel et bien. 

atezi, V. a. Attiser. | kà ô batyorè, fù ptà 
■<ila atezi le fii, parseke to le tsenévo hlâ/jé- 
.râi : quand on Jjrise le chanvre, il ne faut 



pas attiser le feu, parce que tout le chanvre 
flamberait. || Fig. la J'émala savéi prou 
atezi sen omo asebë : la femme savait de 
même attiser son mari. 

atèrdâ [s'), v. r. S'attarder. | mé sii 
atèrdây'ë dévezè : je me suis attardée en 
causant. | lé sûlô s'atèrdô tote lé né : les 
ivrognes s'attardent toutes les nuits. 

atèrmenà, v. a. Amener à terme, achever. 
\la mwà l-atérmene tote lé pâinè : la mort 
met un terme à toutes les peines. | ié fo 
tàtsi (V atèrmenà se wâi : il te faut tâcher de 
finir cela aujourd'hui. ||Réfl. Se calmer. | mé 
mô dé de s'atêrmenô : mes maux de dents 
se calment. 

atéinà, v. a. Haïr, détester. | la féna 
l-atéin'atà sen omo tijé ke l'omo naléine sa 
féna : la femme hait son mari autant que le 
mari sa femme. || l-atéino là le vërc dëse 
môné : il m'est insupportable de le voir ainsi 
sale. Il Réfl. Se haïr, se détester. | l-é dû la 
mwà dé lou péire ke s'atâinô kosë : c'est 
depuis la mort de leur père qu'ils se haïssent 
ainsi. 

atépà, V. a. Gazonner. | atépà ô tsà : ga- 
zonncr un champ. | l-é dza atépà : il est 
déjà gazonné. || V. n., conj. avec avâi. 
Se gazonner. | le prà l-a bë atépà : le pré 
s'est bien gazonné. — Cf. l'article suivant. 
atépi. Var. du précédent. 
atë, adv. De bonne heure, tôt. | vô nu 
la nâi atë tyé là : mieux vaut la neige 
tôt que tard. || atë é ta : tôt et tard, en 
tout temps, en toute saison. | si ëk'ô le 
véi atë é ta a l'uvràdzo : celui-là on le voit 
tôt et tard au travail. H Pr. atë ou ta, to se 
sa. I tal'atë, taie ta, rë ne vô la taie dé 
ma. — Ne pas confondre avec la loc. a le : à 
temps. 

alëdrè, v. a. Attendre. | la nâi l-é trii 
préi, fô pà atëdre le tsô ôko : la neige est 
trop près, il ne faut pas encore attendre le 
chaud. I lé fêle l-atëdô tote lé demëdze né 
lou bunami : les filles attendent tous les 
dimanches le soir leur bonami. \\ atëdre 
kôkô lé pi dézo la tràbla : attendre quel- 
qu'un les pieds sous la table (se mettre à 
table sans attendre les retardataires). || Pr. 
po prëdre le ni fo pà atëdre ke lé-z ozéi sa 
vil/a. Il Abs. atëdr'ô bokené : attendre un 
tout petit instant. | tàk'a kà ke le rou 
atëdre po té niaryà ? jusqu'à quand veux-tu 
attendre pour te marier? | ë-n atëdë : en 
attendant. 1| Réfl. S'attendre. | s'atëdà a 



ATR 



— 24 



ATS 



réséidre okè, ma l-Ci ésâ béi atrapâ : ils 
s'attendaient à recevoir quelque chose, mais 
ils ont été joliment attrapés. |1 atè té pi, té 
balévi ! attends seulement, je te donnerai 
(attends, que je te punisse!). || Abs. s'atè- 
(Irè : attendre sa délivrance ; se dit d'une 
femme enceinte. | po ka ke s'atë? pour 
(juand attend-elle sa délivrance? || Pr. si ke 
n'a pâ l-a a s'atêdrè, se né d i/âdso l-é Ô-n 
otro. 

atëho, s. f. Attention. | ô pou pà prou 
fératèho a se ko di : on ne peut pas assez 
prendre garde à ce t[ue l'on dit. || l-a déi 
petite-z atêho po sa kuzena : il a de petites 
attentions pour sa cousine. 

alèkè, adv. Voilà. | atèke déi dzè ke 
l-arevô : voilà des gens qui arrivent. | atèke 
se ke te léi-y à gâïii : voilà ce que tu y as 
gagné. Il Construit avec les pron. atones, 
atëkè les précède toujours. || atèke mé : m'y 
voilà ! I atèke lé viija : les voilà partis, en- 
volés ! I atèke-z è déi dzôno : en voilà de 
jaunes. — Syn. tèkè. — Cf. atsé. 

atètévcii, s. m. (attends-/e voir). Attente. 
[tàk'èkè, léi-y a ôko de Vatètéoâi : jus- 
que-là il y a encore à attendre. 

atifa, V. a. Attifer. 1| Réfl. S'attifer. 

cita, s. m. Acte. | sô zou seni ô-n ato : ils 
sont allés signer un acte. 

at/'ab/â, v. n. Attabler. || Réfl. S'attabler. 
\n'â rè a fére tyé dé s'afrablà po béir'é po 
medzi : ils n'ont rien à faire qu'à s'attabler 
pour boire et pour manger. 

a t râpa, s. f. Attrape, attrapoire. | l-é zou 
y a déi valoté fére déi pute-z atrapè: fasti 
ô krïiii ou méitè d'ô sèdâi, meta de si krâii 
de la bâiiza, épii krevuoà le krâii awé déi 
prime bràtséVé kôke foie d'âbro ; se vélTvà 
po vëre ko l-èfôsérâi de le krâii; l-aoà 
dou plézi a l'ûre dzerà : j'ai vu de jeunes 
garçons faire de vilaines attrapes : ils fai- 
saient un creux au milieu d'un sentier, met- 
taient dans ce creux de la bouse, puis la 
couvraient avec de minces branchettes et 
quelques feuilles d'arbre ; ils guettaient en- 
suite pour voir qui tomberait dans le creux; 
ils avaient du plaisir à l'entendre jurer. 

atrapafû, s. m. Attrape-nigaud, mystifi- 
cation. I se ke te no kôte èkè n'é tyé ô-n 
atrapafû, va t'è le kôlà a d'otro : ce que 
tu nous racontes là n'est qu'un attrape- 
nigaud, va le conter à d'autres. 

atrapâ, v. a. Attraper, obtenir, gagner. 



\atrapâ déi peléivé : attraper des papil- 
lons. I éi va è-n atrapè déi-z ozéi : 'û 
va en attrapant des oiseaux (il fait le mé- 
tier d'attrapeur d'oiseaux). | l-é atrapâ 5 
bÔ fosâii : j'ai attrapé un bon fossoir. ) yâ 
ke t'a. pii atrapâ si râûmo '? où as-tu pu 
attraper ce rhume? \\ Tromper, mystifier. 

\si martsâ no-z a atrapâ : ce marchand 
nous a trompés, j éihr'atrapâ : être sur- 
pris, déçu. I l-a ésâ béi atrapâ : il a été 
bien déçu. | l'a atrapâ ou to fè : il l'a mys- 
tifié au tout fin (on ne peut mieux). || Con- 
fondre, déjouer. || Pr. ô-n atrapè pie vito 5 
mètô tyé ô volô. \\ Réfl. S'attraper à la 
course, se saisir, j tsértsô a s'atrapâ : ils 
cherchent à s'attraper, à s'atteindre. ||S'attra- 
per, se tromper mutuellement. | s'atrapô ta 
ke pwô : ils se trompent autant qu'ils le 
peuvent. 

airapayè (frv. attrapée), s. f. Action d'at- 
traper par de petites ruses innocentes, j lé-z 
èfà l-âmô fére déi-z atrapâyè : se katsô 
dèréi lé j>wârtè é kriyô ouf kà lé dzè 
l-ètrô : les enfants aiment à attraper; ils se 
cachent derrière les portes et crient hou ! 
quand les gens entrent. 

atrapyâii-âiiza , s. m. et f. Attrapeur-euse. 
atrèyè-èta, adj. Attrayant-e. 

atréré, v. a. Attraire, attirer. | l-atrézéi 
si-l omo tsî li è léi balë a bâire po léi teri 
fro to se ke savâi : il attirait cet homme 
chez lui, en lui donnant à boire, pour lui 
tirer les vers du nez. 1| le loârno l-atré lé 
pûdz'é lé paryânè : le sapin blanc attrait les 
puces et les punaises. || Affrioler. | mohra 
léi dou siikro é atré lu dèse tsôpû : montre- 
lui du sucre et affriole-le ainsi petit à petit. 
— Syn. ateri. 

atribii^'â, v. a. Attribuer. 

afristâ, v. a. Attrister. | si valé l-atriste 
sa méiraivé sô bâirè : ce garçon attriste sa. 
mère par son boire (son amour pour la bois- 
son). Il Réfl. S'attrister. 

atropâ (s'), v. r. S'attrouper. 

atropémè, s. m. Attroupement. 

atsa (vieilli)., s. m. Achat. | lé payzâ fcc 
lou pie grô-z atsa a la féire de la sè- 
martè : les paysans font leurs plus gros, 
achats à la foire de la Saint-Martin. 

atsekâ (.v'), v. r. Etre assidu, s'appliquer. 
\s'atsek'a to se ke fâ : il est assidu à tout 
ce qu'il fait. | te t'atsekéréi vâi a se : tu^ 
t'appliqueras voir à cela. — Syn. s'ésekâ. 



ATU 



AVA 



atselarè. Syn. de asilârè. 

atsemenà (*•'), v. r. S'acheminer. | in'atse- 
meno adêi io balarnë vè la 7néi:ù : je 
m'achemine toujours tout doucement vers la 
maison. 

atseci {s'), v. r. S'afFaisser, baisser. | s'é 
bè atsezii dit le dèréi kii ke l'é yii : il a bien 
baissé depuis la dernière fois que je l'ai vu. 
Il Une femme à qui je demandais à quel sig'ne 
on pouvait reconnaître un prochain accou- 
chement me dit : pâ ùiramë tijé kà l'èjà 
sVdsï : pas autrement que lorsque l'enfant 
s'affaisse. || è s'atsezë, sou mcidze vulÔ 
prou veni f/rà/è:en s'affaissant, ces manches 
deviendront assez grandes; se dit de manches 
de chemises très raides qui peuvent paraître 
courtes. |1 lèse le pi atsezi : laisse-le seule- 
ment (s') abaisser (attends qu'il baisse). 

atsè, s. f. Hache à équarrir, large et 
long-ue. 

utsèrnà [s'), v. r. S'acliarner, se tour- 
menter. 

ntsé, adv. Voici. | atsé ke vènô ôko no-: 
ènoi/i : voici qu'ils viennent encore nous en- 
nuyer. [ atsé lé d:ë de rëtërémë : voici les 
gens de l'enterrement. 1| Construit avec les 
pron. atones, aisé les précède toujours. | o/*e 
la, atsé no : la voici, nous voici. | atsé-z ë 
tjô : en voici un. — Syn. otsé, tsé. — Cf. 
atëkè. 

utséta, s. f. Dim. de atsè. Assette, asseau. 

atsévâ, V. a. Achever. || Réfl. S'achever. 
\\le tsë s'é atsévâ : le char s'est achevé (a 
achevé de se gâter). 

atsévâ-gijè , part. adj. Achevé- e, con- 
sommé-e, accompli-e. | Ô siilà atsévâ : un 
ivrogne consommé. | ôna felâir atsévâijè : 
une fdeuse accomplie. 

atsîvo, loc. servant à répondre à adésevo. 
I adésevo, ta fa sëcé ! — atsîvo, tàta Tsté ! 
Dieu soit avec vous, tante Françoise ! — 
Vous aussi, » ou « portez-vous bien, tante 
Esther. » — Cf. adésevo, avo. 

atso, s. m. Ache, plante qu'on dit propre 
à conjurer les maléfices et dont on se servait 
autrefois pour frotter les bêtes avant de les 
transhumer. Cette plante a, dit-on, la vertu 
d'éloigner les insectes; de là sans doute la 
croyance à sa vertu magique. 

atn, s. m. Atout. | dceiji de Valu : jouer 
l'atout. Il Fig. Horion. | fé baléri 5-n atii, va 
pi : attends que je te donne une rossée. | l-a 



l'ésii 5-n atii ke s'ë-n é rapelâ : il a reçu une- 
correction dont il s'est souvenu. 

a/il, s. m. Atour. | l-a mé il se béi-z atû r 
elle a mis tous ses beaux atours. 

afi/é, s. m. pi. Acquêts. | pè sô kôfra 
l—avéi la méiliji déi-z atijé : par son con- 
trat, elle avait la moitié des acfjuèts. 

atiji, s. m. Acquis. | se n'é pâ dé ban 
atiji : ce n'est pas un acquis honnête. 

atijiilâ, v. a. Éculer. 

ati/iUâ, V. a. Ecouter. | alipila vf/i kemë 
éi plâil : écoute voir connue il pleut. 
\l-alijnto prâii, rnâ n'ûdzo vë : j'écoute 
bien, mais je n'entends rien. | né pâ gale 
d'atyiitâ éi pwârtè : ce n'est pas bien d'écou- 
ter aux portes. — (Cf. asoroli.) \\ Croire. 
\fô pâ afijiUà lé krûije lëivè : il ne faut pas 
croire les mauvaises langues. | l'ati/iita pâ, 
ne di rë ti/é déi dzâlé : ne le crois pas, il 
ne fait que mentir. || Obéir. | se te m'avâ 
ati/iïtâ, se seréi pâ arevâ : si tu m'avais 
obéi, cela ne serait pas arrivé. | le ni'atyû- 
téréi porta 6 yâdzo : tu m'obéiras pourtant 
une fois. || Réfl. S'écouter. | s\ftyii/e frii r 
il s'écoute trop. 

atyûtârè, s. m. Ecouteur, j] Pr. o-n atyïi- 
târe vô pâ ml tyé 5 lârè. 

avala, V. a. Avaler. | sëble pardi ke 
l-avâle déi-z épené, ta éi medze môgrâ li : 
il semble vraiment qu'il avale des épines, 
tant il mange malgré lui. || avala G ré- 
mâido : avaler (prendre malgré soi) un re- 
mède. Il Fig. léi-y ë-n a falu avala, déï 
kriiye rézô : il lui en a fallu avaler, des 
couleuvres. || l-avâléréi Ô rwayôrne se l'a- 
vâi : il iivalerait un royaume s'il l'avait. 

avala yè (frv. avalée), s. f. Action d'ava- 
ler. I (( tyët'avalâyè ! quelle avalée! » dira- 
t-on d'un homme qui boit beaucoup à la fois. 
Il Fig. Remontrance. | léi faséi déi-z ava- 
lâye k'ô l'aréi odzii (Ven'onra le : il lui 
faisait des remontrances [d'une telle vio- 
lence] qu'on l'aurait entendu à une li(Hie de 
distance. 

avalàtsé, s. f. Avalanche. | /iv7 lé-z ava- 
lâlse de la tsoumeni vènô to bâ on lé, l-é 
mârka dé pjuië : quand les avalanches de la> 
Chauméni (en Savoie) descendent jusqu'au 
lac, c'est marque de pluie. — Ouelques per- 
sonnes disent éoalâtsé. 

avani (s'), (frv. s'avanir), v. r. S'affadir^^» 
s'éventer au contact de l'air, perdre son goût 
et son parfum (en parlant d'aUments). | se 



AVA 



26 — 



AVA 



te ne Mû pà sa bwâisè, la kanala s'avanére 
tota : si tu ne fermes pas cette boîte, la ca- 
nelle s'éventera complètement. 

avaresé, s. f. Avarice, j l-é Favarese ke 
pë si-l oino : c'est l'avarice qui perd cet 
homme. 

avarehâii-Çiiiza, adj. Avaricieux-euse. 
I l-îre bè. ta aoarehâiiza ke se kwâzéi pà le 
medzi : elle était si avaricieuse qu'elle ne 
s'accordait pas la nourriture. 

avarehi (frv. avaricer), v. n. Économiser 
à l'excès, thésauriser. [ l-a ta avnrehi ke l-é 
venu retso dé to piïro ke l-Trè : il a été si 
avare qu'il est devenu riche, de tout pauvre 
qu'il était. | ke l-aoarehéi pT, fiidre toparéi 
ke léséi to se ona wftrba : qu'il avarice 
seulement, il lui faudra quand même laisser 
tout cela un jour. 

avâi, V. a. Avoir. | n'a rë k'ô séi ml tijé 
sole : il n'y a rien qu'on soit (on ne peut être) 
mieux qu'étant seul. || se ne léi-y avéi tijé 
a derè : s'il n'y avait qu'à dire. || i/o kréi so 
ke l-ôso mé se ? où crois-tu que j'aie mis 
cela? Il En parlant de racines, prendre, arra- 
cher. I fâ pâ béi lés avâi : il ne fait pas 
beau les arracher. || Pr. /o pâ pela le pâivro 
dévà d'avéi la lâivra. \ mé le dyâblo l-a, 
mé vudréi avâi. \ va mï 5 Va ti/é dn 
faréi. 

avâina, s. f. Avoine. | bali Vavâina : 
donner l'avoine; se dit d'un cheval qui gi- 
gotte les quatre fers en l'air. || Pr. gra 
d^avâina é péi pèrhi se rêkôtrô volôti/ï. 
\kà tonne damô, Vavûina éi di/èrsô ; kâ 
tonne davô, r avâina éi tsavô. — On dit aussi 
avâina. 

avâlevwayomè (frv. avale-roijanme), s. m. 
et f. Celui, celle qui dissipe son bien. 1 n'é 
èamé yii ô-n avàlerwayôme kemè si èkè : 
je n'ai jamais vu un pareil dissipateur. 

avâli, v. a. Inonder, j Céiwe l-a to-t 
avâli : l'eau a tout inondé. 

avâlo, s. m. Action à'avali, avalaison, 
inondation. | lé ryô déivô éihre kura, ke 
l'éiive prène sa korsa, kâ vê dé son grô-z 
avâlo : les ruisseaux doivent être curés, 
[afin] que l'eau prenne son cours quand il 
vient de ces grandes avalaisons. 

avaro-âra, adj. Avare. | On dit prover- 
bialement : sô ta avâro ke lésera pâ pT sali 
la femâire dé tsT lâii : ils sont si avares 
qu'ils ne laisseraient pas même sortir la 
fumée de chez eux. !| S. m. et f. ô-n avâro ke 



hlû lé zè kâ véi 5 pûro : un avare qui ferme 
les yeux quand il voit un pauvre. 

avâ (1) (frv. avant), s. m. Osier cultivé. 
j ô se se déi-z avci po pèdre la tsë, po fève 
déi kordô dé loté, dé brëlè, é po nà iote 
stvârfe dé tsûzè : ô-n ë fâ asebë déi panai 
é déi krëbelè : on se sert des avants pour 
suspendre la viande [à la cheminée], pour 
faire des cordons de hottes, de bran tes, et 
pour attacher toute sorte de choses. On en 
fait aussi des paniers et des corbeilles. || lé-z 
avâ : les Avants, endroit situé entre* Mon- 
treux et Jaman. — Cf. varzi. 

avâ (2), Avant, préfixe employé seulement 
en composition avec d'autres mots. Les noms 
composés, ainsi formés, sont d'ailleurs peu 
usités. Pour la traduction du mot fran(;ais 
avant, voir dévâ. 

avâbré, s. m. Avant-bras. 

avâdèrâi-âirè, adj. et s. m. et f. Avant- 
dernier-ière. 

avâgârda, s. f. Avant-g-arde. 

avâhi, V. a. Avancer. \ avâhi sen uvrà- 
dzo : avancer son travail. || Réfl. S'avancer. 
I té fô f avâhi d'ô pâ : il te faut avancer 
d'un pas. || Fig. s'Trâ dza trii avâhi, pwâ 
pâ rétornâ ë-n èrâi : ils s'étaient déjà trop 
avancés, ils ne pouvaient retourner en ar- 
rière (se dédire). || V. n. Avancer. | nûhrô 
rélodzo l-avâlië tsôtë é réknVë-n ivë : 
notre horloge avance en été et retarde 
en hiver. || l-a avâhi dé tré a Vékûla : il a 
avancé de trois [places] à l'école. || Pr. féi^'é 
défère l-é adéi travail, ma né pâ grô 
avâhi. I ke bë tsât'é bë dâhè fâ mehT ke 
pu l-avâhè. 

avâho, s. m. Avance. | ô béi-l avâho : une 
belle avance! | n'ë rë d'avâho wâi : nous 
n'avons pas d'avance (notre ouvrage n'avance 
pas) aujourd'hui, j l-â de Vavâlio : ils ont 
de l'avance, se dit de jeunes gens qui se ma- 
rient ayant un enfant en perspective, jj l-â bë 
fé de l'avâlio, l-â fé déi grô-z avâho : ils 
ont fait bien des économies, ils ont fait de 
grandes économies. — On dit aussi avâso. 

avâ pi, s. m. Avant-pied. 

avâpûsto, s. m. Avant-poste. 

avâso. Var. de avâho. 

avâtâi, s. m. Avant-toit. 

avâtrë, s. m. Avant-train. 

avâtsT, s. m. Têtard d'osier cultivé, j lé-z 
avâtsî l-âmô lé revô de l'élivé : les têtards 
d'osiers aiment les bords de l'eau. 



AVE 



AVR 



avenâirè (vieilli), s. f. Champ semé en 
avoine. 

avenà-âyè, adj. Enviné-e. | sa légrefase 
J-é bë avenâyè : ce vase est bien enviné. 
iJPar ext., se dit d'un homme habitué au vin. 
I l-é bë avenâ : il est bien aviné. 

avenj, s. m. Avenir. | ne sàrë pà (ëre de 
idveni : nous ne savons pas lire dans l'ave- 
nir. 

avcnii-nn (frv. avena-e), adj. En plein 
rapport. | déi-z âbro avenu : des arbres en 
plein rapport. | sa vene l-é grô bë avenu : 
cette vigne est en très bon rapport. 

avenë-ëla, adj. Avenant-e. !| Par ext., en 
jîarlant d'un terrain bien situé. | si prà l-é 
hë aveùë : ce pré est bien situé. 

avéra (1), v. a. Aviser. | te Vave:éi-éi 
ke sert ëké : tu l'aviseras que j'y serai. 
IJRéfl. S'aviser. Ce verbe exprime toujours 
ime défense et une menace. | ié fndréi 
favezà dé léi-y alà : avise-toi d'y aller. 
I fave:a pâ dé le totsi : ne t'avise pas de le 
toucher. — On dit aussi s'avicâ. 

avezâ (2), part. adj. Avisé-e. | n'Tre pâ 
bë avezâ dé fére kosë : il n'était guère 
avisé de faire ainsi. 

avèrtesérnë, s. m. Avertissement, appel. 
\fô ati/ûtâ lé-z avèrtesérnë dou bô dyii : il 
faut prêter l'oreille aux avertissements du 
bon Dieu. 

averti, v. a. Avertir, j /6 ke ravèrteso 
•don dàdzi : il faut que je l'avertisse du 
danger. || Pr. ô-n omo averti n-ë va du. 

avë (frv. avec), prép. En comparaison de. 
léi-y a de la diferësavë sti-y â pasâ : il 
y a de la différence en comparaison de l'an- 
née passée. [ l-é grô avë Vôfro : il est gros 
comparé à l'autre. | lé dzë l-îrâ grô inorë 
lé-z ôtro yâdzo avë ora : les gens étaient 
très ignorants autrefois en comparaison d'au- 
jourd'hui. 

avëdzi, v. n. Venir à bout de. j pii pâ 
avëdzi dé trëre lé krûye-z érbe dou kurti : 
je ne viens pas à bout d'arracher les mau- 
vaises herbes du jardin. || ô pou pâ avëdzi 
sou peré : on ne vient pas à bout de manger 
ces poires (à mesure qu'elles mollissent ou 
pourrissent). 

avëta, V. a. Aveindre, atteindre. | avëta 
mé véi le dévudyé : aveins-me voir le dévi- 
doir. Il po fére lé tûlè, ô prë se k'5 pou 
avëtâ défë: pour faire les foules, on prend 
ce qu'on peut atteindre de foin. 



avëtâdzo, s. m. Avantage. | léi-y a rè 
d'avëtâdzo a se neri kosë : il n'v a aucun 
avantage à se tourner ainsi. 

api, s. m. Avis. | /sakù baie sen an, 
ma ô n'é pâ d'obledzi dé il lé swivré : 
chacun donne son avis, mais cjn n'est pas 
obligé de les suivre tous, j] alà pèr avi : 
agir prudemment. | i'oudréi adéi pèr avi 
po pâ tsezi : tu marcheras toujours pru- 
demment pour ne pas tondicr. J II y a dans 
la montagne, aux confins de la \'eveyse, un 
pâturage qu'on appcUe fôtànadavi et dont le 
nom est écrit sur les cartes Fontaine David. 
Mais David se dit en patois dâvi, et non 
davi : c'est donc Fontaine d'avis ou des 
avis qu'il conviendrait d'écrire. Dans des 
documents du seizième siècle, nous lisons 
fontana d'avis. 

avizâ (s'). Var. de s'avezâ. 

avo, int. (à vous). Salutation en passant 
ou en s'abordant. — Cf. adésevo, atsîvo. 

avoli'a, s. m. Avocat. | tsë kemë ô-n 
avoka : cher comme un avocat. | lé-z avoh-a 
sÔ déi peleborsa : les avocats sont des pil- 
leurs de bourse. 1| ô kôto d'avoka : un 
compte d'avocat (un compte surfait). 

avokatâ, v. n. Discuter aigrement. | vo-z 
avokatéi pï l (intraduisible). Exclamation à 
l'ouïe d'une discussion peu bienveillante. 

avorta, v. a. Avorter. | la vatse l-a avorta 
le véi : la vache a avorté (le veau). — Cf. 
dézèrtâ, presque uniquement usité en ce 
sens. Il V. n. En parlant de fruits. | l-à 
avorta : ils n'ont pas noué. 

avo, s. m. Aval. [ frônâ avô lé-z égrâ : 
dégringoler à bas l'escalier. || ë-n avô dou 
velâdzo : en aval du village. || Pr. kwà 
lo bë, kwâ lo mô, va adéi avo. — Cf. amô, 
davô. 

avôlù, loc. adv. A vau-l'eau. | to sÔ bë 
l-é zou avôlô : tout son bien s'en est allé à 
vau-l'eau. 

avreli, v. a. Abriter. | sou-z âbro l-avrelÔ 
la méizô : ces arbres abritent la maison. 
||Réfl. S'abriter. — Syn. s'akaratâ. 

avreli-la, part. adj. Abrité-e. ] si-l adu 
l-é bë avreli po sénâ déi salârdè : ce carré 
est bien abrité pour semer des salades. | ôna 
méizô avrela : une maison abritée. 

avri (1), s. m. Abri. | se métra l'avri : 
se mettre à l'abri. — Cf. sosa. 

avri (2), s. m. Avril, j ô niéi d'avri : un 
mois (poisson) d'avril, jj Pr. bize d'avri 



ARM 



— 28 



ARM 



medze mè dé blâ tijé to le paiji. \ être ma 
é avri, tsâla kakii se féi vi. \ kâ 5-n a ijâ 
tré béi méi d'avi-i, /-i" (isrlâ te dé mûri. 
\kâ toiinon méi d'arri. jn-li é jrù déivô se 
rédsof/i. \ ou met (favri la bânéi tsevri. 
\ou méi d'aori lé-z âno gri va a pan. \ se 
févrâi ne févrûlè, ma é avri méinérô gra, 
briùi. 

avuâ, V. a. Avouer. j| Pr. o pétsi avua 
l'é la méifiji pérdenô. — Quelques personnes 
disent avW^à. 

avu'"â. Var. de avuâ. 

avûlo-ûla, adj. Aveugle. | l-é vena avûla : 
elle est devenue aveugle. |i Pr. tsâd:i 5 
tsavô bivârno kotr'5-n avûlo. \\ S. m. et f. 
Aveugle. | bwélà kemè déi-z avûlo ke l-a 
perdu lou bàso : crier comme des aveugles 
qui ont perdu leur bâton. 

awa, adv. exprimant une forte négation, 
même une répulsion. Le paysan est en général 
sobre de pai-oles et, autant qu'il le peut, il 
s'exprime brièvement ; les innombrables ellip- 
ses dont ses discours sont semés le prouvent 
bien, et awa tient lieu, suivant l'intonation 
qu'il lui donne, d'une foule de pensées qu'on 
peut aisément deviner, pour peu qu'on ait 
une connaissance intime de la langue. Une 
comparaison avec le mot wéi: oui, m'amène à 
supposer que la signification est la même et 
que awa ne s'emploie négativement que par 
antiphrase. | va so ou préidzo ? — awa : 
Vas-tu à l'église? — Non, non, ne m'en 
parle plus. || kréi so k'Ô pwés'alâ fosérâ ? 
— awa : Crois-tu qu'on puisse aller /os- 
soijer? — Mais non, à quoi penses-tu? — 
Syn. wa. 

awé, adv. Avec. | m'a robâ mô tsapéi é 
s'é vétâ awé : il m'a volé mon chapeau et 
s'est enfui avec. || Prép. Avec. | dinâ awé 
dott pâ : dîner de pain seulement. 1| l-é pedâu 
awé lé mal ira a : il est pitoyable envers les 
malheureux. 1| se so partadzi d\iwé li : ils se 
sont partagés d'avec lui (ils se sont séparés). 



||Pr. ô ne prê pâ lé mots' awé don venégro, 
ma sesé bë awé dou mai. \ awé rë 6 ne 
pou rë férè. 

aivë, s. m. Avoir. | l-a medzi to sen awë 
de lé prose : il a mangé tout son avoir dans 
les procès. || l-é déi béi-z awë tijé se : c'est 
un bel avoir (de belles économies) que cela. 

ayéta, s. f. Portion de l'échiné d'un co- 
chon avec son lard. 1| Pr. a la sët'adgéta^ 
demi sa paseréta, to sô la tijé ôn'aijéta. 

ayë, s. m. Nuage léger qu'on voit sur les. 
Alpes à l'approche du beau temps. | n'ë le 
béi të, Vaijë l-é a travë lé môtanè : nous 
avons le beau temps, Vaijë est à travers les 
montagnes (à mi-hauteur sur les Alpes de 
Savoie). 

azardâ. Var, de azèrdâ. 

azâ, s. m. Hasard. | n'a pâ bë de l'azâ 
«... il n'y a guère de risques à courir à.... 

azèrdâ, v. a. Hasarder. || Pr. ke re 
n'azèrdè, rë ne gânè. \\ Réfl. Se hasarder. 
— On dit aussi azardâ. 

azèrdyâii, adj. m. Hasardeux. | se l-é 
trii azèrdyâii : cela est trop hasardeux. || ô-n 
ëdrâi azèrdyâii : un endroit hasardeux. 

aza, s. m. Agent. Mot vieilli, qui signi- 
fiait à peu près : clerc de notaire. |1 l'azâ- 
bartsé : l'agent Barichet, qui même après 
avoir été notaire n'était appelé que l'azâ,, 
faisait partie au commencement du dix-neu- 
vième siècle de la justice de Blonay, qui se 
composait de trois à quatre membres. || Au- 
jourd'hui on appelle azâ l'huissier de la mu- 
nicipalité, qui fait en même temps la police, 

azesë-ëta, adj. Agissant-e. 

azi, V. n. Agir. | Réfl. impers. S'agir. 
\s'azi pâ dé budâ : il ne s'agit pas de bou- 
der (de lambiner ou de bouder à l'ouvrage). 

azilo-ila, adj. Agile. 

aziistâ, v. a. Ajuster. U Réfl. S'ajuster. 

I aziistémë, s. m. Ajustement. 



â ! int. Ah ! \ â! l-é dësè: ah ! c'est ainsi. 

arma (i), s. f. Ame, personne. | on arma 
dou bô dyii : une âme du bon Dieu. 1] léi-y 
avéi pâ on arma ou préidzo : il n'y avait 
pas une âme au prêche. 



(Irma (2), s. f. Arme. 

ârmalè, s. f. Terme collectif pour désigner 
les bêtes à cornes. | l-a mé iota sen ârmaVa 
la môtanè : il a mis tout son bétail à la 
montagne. | déi bale-z ârmalè : de belles 



ART 



— 29 



AUR 



bètes à cornes, un beau bétail. 1| Ce mot 
désigne parfois aussi les individus. ] adsetà 
Ôn'ârmalè : acheter une vache. i| apléyi on' 
arma le : atteler un bœuf ou une vache. 

ârmali (frv. armaillî), s. m. Celui qui 
prend soin du bétail, particulièrement celui 
(jui fait le fromage. Dans l'ordre hiérarchique, 
les ber2:ers de montagne s'appellent : ûrmnii, 
dceno, bovéirô, biibo, buhelô, kacà. Tous 
ensemble ils portent le nom d'ârmali: mais, 
tandis que c'est un honneur pour un bilbo 
d'être appelé ârmali, ce serait, au contraire, 
faire injure à un ârmali que de le traiter de 
hiïbo. Uârmali proprement dit, appelé autre- 
ment _/r«i7/er, n'a pour tâche que de faire le 
fromage et de le soigner; il ne s'occupe du bé- 
tail que dans les cas graves. Le dceFio assiste 
Yârmali dans la fabrication du fromage, fait 
le séré et a la haute surveillance sur le bé- 
tail. Le bovéirô fait sortir le bétail de Vàri/âiï 
et le fait rentrer le soir, en vérifiant si toutes 
les bètes y sont ; puis il trait, en compagnie 
du drerio et parfois du fruitier. Si le mau- 
vais temps ne permet pas de sortir le bétail, 
le soin des bêtes incombe au bovéirô et à 
ses aides, le biibo et le biibelô. Ces deux der- 
niers conduisent le troupeau au pâturage et 
le surveillent. Le bûbelô, plus jeune que le 
bûbo, doit naturellement une certaine défé- 
rence à ce dernier. Le ka:à avait autrefois 
la garde des porcs ; aujourd'hui c'est le 
dceno ou le bovéirô qui s'en occupe. — 
Cf. kasâ. 
k ârmana, s. f. Almanach. | Vârmana dé 

berna é vevâi l-ïrè, awé la bibla, le sol 
lâivro ke nûhré-z âhà lëzu : l'almanach de 
Berne et Vevey était, avec la Bible, le seul 
livre que nos ancêtres lisaient. | ô-n ëskricéi 
a la premïre pàdze de Vârmana lé nô dé lî 
lé-c è/â awé le dciva ke venu on modo, lé 
maryâdro é lé désé awé Ion daté : on ins- 
crivait à la première page de l'almanach le 
nom de tous les enfants, ainsi que le jour de 
leur naissance, les mariages et les décès avec 
leurs dates, j lé-c ârmane sô pleine dé 
potré : les almanachs sont remplis de gra- 
\iires. 

ârséra, s. f. Eufraise. Vârs'h'a l-é biina 
jio lé mô dé zè : l'eufraise est bonne pour les 
maux d'yeux. 

ârtsebà (frv. arche-banc), s. m. Coffre 
■^irvant aussi de banc. | lé-z ârtsebà l-Trâ 
kemûdo dou të k'ô n'avéi prêske rë de salé : 
les arche-bancs étaient commodes au temps 
'OÙ il n'y avait presque pas de chaises. 



ârtsè (1), s. f. Arohe (d'un pont). Par ext., 
réservoir à eau. j léi-i/ avéi ôn'ârtse dréi 
dèréi tsT no : il y avait un réservoir droit 
derrière chez nous (derrière notre maison). 

ârtsé {'2) (frv. arche), s. f. Grand coffre, 
bahut où l'on renferme les céréales et les 
fruits secs. | Vârts'éi sétsô l-ïre prêske 
todoulô plâina lé-z ôtro ku : Yarche aux 
fruits secs était presque toujours pleine au- 
trefois. ;| Vârtse dé nôé : l'arche de Noé. 
\nÔ n'a sii référônârtse kemè sa dé nôé : 
personne n'a su faire une [seconde] arche 
comme celle de Noé. ] Blutoir, traversé par 
les bluteaux, avec couloir extérieur pour sor- 
tir la farine. 

ârzè (frv. arze), s. m. Mélèze. [ de mô 
dzuveno te ô vèyéi ôko bè déi séle d'ârzé ; 
ora ô n'ë véi pâ yena mé : dans ma jeu- 
nesse on voyait encore bien des seilles en 
mélèze ; à présent on n'en voit plus une. — 
Syn. mélëzê. 

aidé, s. f. Aide. ; lé-z ëfâ sô déi krûye-z 
aidé : les enfants sont de mauvais aides. 

âii, s. m. Œuf. | kà lé-z ou sô tsë, lé 
kuzenâire l-àmÔ mï /ère déi mata/à fyé 
déi-z amelétè : quand les œufs sont chers, 
les cuisinières aiment mieux faire des maie- 
faim que des omelettes. ' a pake to le modo 
tyë déi-z âii : à Pâques tout le monde teint 
des œufs. 1, Pr. mé dé dzenelè, mé d'âii. 

âiilè, s. f. Aiguille. | déi-z âiiVa Vi- 
grèkè : des aisruilles à l'y grec (marquées 
d'un y). \ s'ô frouv'ônâiile ke le bé l-é veri 
kôtre no, l-é po déi krûye lëwè ; léi-y ë-n a 
ke lé vulÔ pà ramasà : si l'on (une femme) 
trouve une aiguille dont le bout est tourné 
contre nous (elle), c'est pour des mauvaises 
langues (signe qu'on dira du mal d'elle); il y 
en a (il y a des personnes) qui ne les veulent 
pas relever. | ô-n ouïe trosâyé : une aiguille 
rompue. \\ Pr. se lé noie va damô, prë 
l'âiil'é le takô. 

aura (1), s. f. Heure, j léi-y a ëverô 
ôn'oura dé të ke ne se se : il y a environ 
une heure de temps que nous sommes ici. 
i ôn'oura ou ta : une heure ou tant (près 
' d'une heure). ! l-é nâiirè : il est neuf heures. 
; nou-z oure dé swifè : neuf heures de suite. 
j l-é déi bale-z âiire po se rélrèsi : ce sont 
de belles heures (heures indues) pour ren- 
trer, I l'oura dé midzwa, de la miné : 
l'heure de midi, minuit. | l'oura dou brëla 
mëtô : l'heure du branle-menton (l'heure du 
dîner). H l-é venu ôko d'âtira : il est venu 



ALE 



— 30 — 



AME 



encore d'heure (tôt). || de Voara cVora : de 
l'heure d'à présent (au jour d'aujourd'hui). 
\\léi-y a ôn'âiira diï (érsi a vevâi .' il y a une 
heure de Tercier à Vevey. 

aura (2), s. f. Matière à filer, filasse. 
I le aereiâii plue l'a (ira : le séranceiir peigne 
la filasse. — Syn. felâ (2). 



âiirlo, s. m. Ourlet. | la tsemTze l-a mâkà 
pè Vâurlo : la chemise a manqué (s'est dé- 
cousue) à l'ourlet. 

âiifrè (vieilli), s. f. Usité seulement dans 
la locution : l-a todoulo voliï éihr'ë-n âiifrè : 
il a toujours voulu être le maître. 



à. Première lettre de l'alphabet, en patois. 
En faisant sauter un petit enfant sur ses ge- 
noux, on dit : 

â, b, c, d, tt/ii^a dé korbé, 

ma méire ma bali'i aïoé ô rolô pivètii ; 

le véi s'e vétâ, la valse l-a plorâ ; 

le véi l-é rèvenii, la valse l-a rizii. 

A, b, c, d, queue de corbeau. 
Ma mère m'a battu avec un gourdin pointu ; 
Le veau s'est enfui, la vache a pleuré ; 
Le veau est revenu, la vache a ri. 

âbésé, s. m. Abécé, alphabet. | éi sa 
dza to l'âbésé : il sait déjà tout l'abécé. | ne 
sa pâ oko sen âbésé : il ne sait pas encore 
son alphabet. 

àbresa, s. m, Havresac. 

abro, s. m. Arbre. | déi-z âbro dé kurli : 
des arbres de jardin (petits arbres fruitiers). 
I ô-n âbro èbosenâ : un arbre embiiissonné 
(une cépée). | ô-n âbro brelo : un arbre 
cassant. 

âdzi, âdza, adj. Agé-e ; peu usité, rem- 
placé par vTlo. 

âdza, s. m. Age. | nivanût'ù, se l-é ô 
béi-l âdzo; léi-y a pâ la dé dzè ke léi-ij 
arevâ : quatre-vingt-dix ans, c'est un bel 
âge ; il n'y a pas beaucoup de gens qui y 
arrivent. || leri sii l'âdzo : tirer sur l'âge 
(devenir vieux). 

àla, s. f. Aile. | déi-z aie dé mule, dé 
brego, dé tsapéi : des ailes de moulin, de 
rouet, de chapeau. || Fig. prëdre lé-z âlè : 
prendre les ailes (disparaître, décamper). 
\\lodre lé-s âlè : tondre les ailes (couper les 
vivres, limiter la liberté). || Pr. ônâla dé bâ 
a Vozéi. I kâ lé-z aie déi-z ozéi sÔ bâ, ne 
pwô pâ mé vôlâ. 

âléta, s. f. Dim. de âla. Petite aile. Partie 
du rouet où le fil passe avant de s'enrouler 



autour de la bobine. | lé-z âlétè : les deux 
ailes. 

âlonè, s. f. Noisette. || Pr. ànâye d'âlonè, 
unâi/e dé felè. 

âlené, s. m. Dim. de âlÔ. Petit vêtement. 
\n'a lijé déi krûi/o-z âlené : il n'a que de 
mauvais petits habits. 

âlo, s. m. Aigle. | pér alo léi-y a déi-z 
âlo : dans la contrée d'Aigle il y a des aigles 
(les environs d'Aigle étaient autrefois, dit-on, 
le refuge des aigles), 

âlo, s. m. Habit, vêtement. Ce mot est 
pris dans un sens général et comprend toute 
la garde-robe d'une personne. | lé-z âlô de 
la demêdzè é son dé lï lé dzi'ôa : les vêle- 
ments du dimanche et ceux de tous les jours. 
\lé-z âlô déi premTre féisè : les habits de 
première communion. | déi-z âlô lo baie 
nâû : un vêtement flambant neuf. || n'a pâ 
ô-n âlô sii le kwâ : il n'a pas un [lambeau 
de] vêtement sur le corps (il est nu). 

âma, s. f. Ame. | Varna é le kwâ, l-é le 
bô dyii ke lé-z a bali : l'âme et le corps, 
c'est le bon Dieu qui les a donnés. | lé béise 
n'a rè (fâniè : les bêtes n'ont pas d'âmes 
(remarquer le pluriel). | se mé pèrhe iâma: 
cela me perce l'âme (me fend le cœur). || Pr. 
l-é dé lo prciû tyé dé bane-z âmè. 

âma, v. a. Aimer. | âmâ dévezâ : aimer 
à parler. i| /-âme bâirè : il aime à boire. 
Il l-âme to lyé lé ka dé bâsô : il aime tout, 
sauf les coups de bâton. 1| Pr. kà ô n'a pâ 
se k'ô-n âmè, fô âmâ se k'ô-n a. \ le 
devèdro l-âméréi mï krévâ lyé lé-z ôlro 
dziôa résèblâ. \\ Réfl. S'aimer. | s'âmô 
kemë Isè é Isa : ils s'aiment comme chien et 
chat. 

âmç, s. m. Amen. | mé fô lodoulô 
der'âmè a to : il me faut toujours dire amen> 
à tout. 



ARE 



;31 



AYE 



(ino (1), s. m. Ane. | lé-: otro kn lé 
rniinâi menàrà Ion farna aïoé déi-c âno : 
autrefois les meuniers menaient leur farine 
av^ec des ânes. || ne fà pà l'âno : ne fais pas 
Tàne (ne fais pas semblant d'ignorer la 
chose). I l-é krûijo, iés/i kernë ô-n âno 
rodco : il est mauvais, têtu comme un âne 
rouge (comme une mule). t| /ère déi-c oro/e 
dUhio : faire des oreilles d'àne (tirer, allon- 
ger les oreilles). 1] Ô buné (fâno : un bonnet 
d'àne, bonnet de papier qu'on mettait autre- 
fois aux enfants à l'école en guise de puni- 
tion. Il le bâ déi-c ano : voir bâ (2). || Pr. 
le papâi l-é ô biin âno, pwârte to se k'ô léi 
mé désii se se plèdré. \ ô-n a béi savunâ la 
léisa d'en âno, réisVadéi grizè. — Cf. 
barisko, sûma. 

âno (2), s. m. Un bras de la ramure. 

npro, âpra, adj. Apre. | sa matâire l-é 
bè âpra, se pâ se sere ta buna : cette étoffe 
est bien âpre, je ne sais pas si elle sera bien 
bonne. || Fig. l-a o dévezâ là âpro : il a un 
parler si âpre (dur). 

ârâ, V. a. Labourer (avec la charrue). 
\kà Ô-n âràve lé-c otro kii, l-ïr'Ôna dzornâ 
ke kÔtâvè ; léi-ij avéi pâ ta dé dzë ke 
l-ârisâ; se présâoâ lé-z ô lé-: ôtro lé-: orno, 
lé tsavô é la fsériïva : quand on labourait au- 
trefois, c'était une journée qui comptait. Il 
n'y avait pas tant de personnes qui labou- 
rassent ; elles se prêtaient mutuellement les 
hommes, les chevaux et la charrue. — On 
avait de lourdes charrues et quatre chevaux 
ou bœufs étaient nécessaires, notamment 
dans les fortes terres où aujourd'hui deux 
suffisent. — Syn. tséruvâ, laburâ. 

are (1), s. m. Hareng. | se keinè ô-n ârè : 
sec comme un hareng. On ne mange pas de 
harengs à Blonay ; sans doute l'expression 
est empruntée au français. 

ârè (2) (frv. aran), s. m. Vent qui s'élève 
en tourbillons. | ti/ë krûi/ârë ke vè èkè : 
quel méchant vent vient là. 



ârijnii, s. m. Celui qui trait. | lé dseno é 
lé bovéirô déioô éilire déi hô-: ârijûii : les 
dzeTio et les bovéirô doivent être de bons 
trayeurs. — Cf. ârmali. \\ Partie du chalet 
où l'on trait les vaches. | lé biibo méinô lé 
béifa Vârijâii : les bergers conduisent les 
bêtes à Vârijâii. 

âri/â, V. a. Traire. | sa vatse s'âi-i/e ta 
ffrâi : cette vache se trait difficilement. || loba, 
lôba por ârijâ, refrain du Ran: des Vaches. 

âsè, s. f. As. I fréderi l-a mé dé tsâse tijé 
lé brâne d:è, tire todoalô tote lé-z âsè : 
Frédéric a plus de chance que les braves 
gens; il tire (attrape) toujours tous les as. 
Il Fig. rase dé pikè : l'as de pique (une mau- 
vaise langue). 

âsélè, s. f. Ais épais sur lequel on plaçait 
une pierre pour le retenir au toit. | lé to-: 
ôtro i/âd:o lé tâi l-Tra II kevë a âsélè : les 
toutes autres fois (dans les temps les plus 
reculés) les toits étaient tous couverts au 
moyen d'ais épais, pareils à de petites plan- 
ches. I Fig. se kemë on âsélè : sec comme 
un ais (comme un cotret). 

âsijéta. Var. de asijéta. 

âuâina. Var. de avâina. 

âvelè, s. f. Abeille. | lé-: ôtro i/âd:o léi-ij 
avéi ôko bë déi-: âvele de la kumena, ora 
léi-ij ë-n a, prèske rë mé : autrefois il y avait 
encore bien des abeilles dans la commune ; à 
présent il n'y en a presque plus. || kâ. lé d:ë 
nà pâ la krëfa dé dt/ii. Ion-: âvele péresô : 
quand les gens n'ont pas la crainte de Dieu, 
leurs abeilles périssent (les abeilles aiment 
les gens paisibles et fuient les jureurs et les 
buveurs). 

âi/â, V. a. Allumer. | lé vTlo l-âijô adéi Ion 
pip\twé le batefii : les vieillards allument 
encore leurs pipes avec le bri(]uet. 

âi/K (vieilli), s. f. Haie. — Syn. adzè. 



A 



à, s. m. An, année. | bun à, mal à : bon 
an, mal an (en moyenne). || â-t é d:iva : 
an et jour, se dit de certains délais juridi- 
ques. I léi-ij a ti-t é dziôa tàk'Ô pwés'avéi 
rèrd:ë ; il y a un an et un jour jusqu'à 



ce qu'on puisse avoir l'argent. || /'« dou 
sôdèrbô : l'année du Sonderbund (1847). 
I /'« trët'é katro : l'année 18.34 (année 
d'abondance). | l'a sé'è : l'année 1816 
(année de grande disette). Ij Pr. lé d:âle- 



ADZ 



32 



APA 



■■dé sti-y a fà vivre Va kevê. \ o morséi dé pà 
réparni se kone to Va de la krebelè. | la 
•sêdzâ partadze Va. 

àbisiyo-oza, adj. Anibitieux-euse. 

àbisyenâ, v. a. Ambitionner. | l-Ûbisye- 
.nàve dé veni sciteko, ma se léi-y a pasà 
dézo le nâ : il ambitionnait de devenir syn- 
■dic, mais cela lui a passé sous le nez. 

cibisyç, s. f. Ambition. 

àbrezala, s. f. (vieilli) Myrtille. | kà tiTrà 
^fà, rialâvà medzi déi-z âbrezale de le 
bu : quand nous étions enfants, nous allions 
manger des myrtilles dans le bois. — Syn. 
grezala. 

âbyê, s. m. Grosse corde du tour d'un 
char. I ô yâdzo ke lé b. tsèrdzïvâ ô tsë dé 
_fè, Vâbyé s'îre trosâ ou momë yô ô baljve 
le dèréi twa dé manévala ; tëke la palatse 
ke résouVë-n èrâi é ke le pûro drôlo ke 
I-ïre désii l-a ésâ pômâ o pusê tro dou tsë : 
l-é mwâ dou ka : une fois que les B. char- 
geaient un char de foin, la corde du tour 
s'est rompue au moment où l'on donnait le 
dernier tour de manivelle ; voilà la palanche 
qui est projetée en avant du char et le pauvre 
drôle qui était dessus a été lancé à une grande 
<listance; il est mort sur le coup. 

ada, s. f., vieilli et usité seulement dans 
ies expressions : ne pu né âda né rnada : je 
ne puis ni marcher, ni travailler, je suis sans 
force aucune. | ne m'a lési né âda né mcida 
ke le léi-y oso bali : il ne m'a laissé aucun 
repos que je ne le lui aie donné. 

âdç, s. m. Andain. | séyi ô-n âdë : fau- 
cher un andain. |1 abatrê, métré bâ ô-n âdë : 
abattre, mettre bas un andain (faucher avec 
■vigueur). 1| Pr. dézo le grô âdë léi-y a le 
tsë të. 

âdiyènè, s. f. Indienne. 

âdulè, s. f. Andouille (usité seulement 
comme terme de comparaison). | su kemë 
on âdulè : soûl comme une andouille. 

âdyi (vieilli), s. m. Bout, limite, bord. 
I lé tsâ d'âdyi : les champs d'Andix, atte- 
nants au village de Tercier du côté du midi. 

âdzè, s. m. et f. Ange. | lé-z âdze dou 
bô dyû : les anges du bon Dieu (les petits 
enfants, les bonnes personnes en général). 
I Ôna pur âdzè : une pauvre ange (enfant 
nouveau-né). | ô-n âdze grifô : un ange 
grifÔ (un traître). || Pr. âdz'ë isèrâirè é 
.dyâblo ë méizô. 



âdzéta, s. f. Dim. de âdzè. Petit ange, j 
petit enfant, j sa pur âdzéta l-é vè le bô , 
dyii : ce pauvre petit ange est auprès du bon j 
Dieu. I déi-z âdzéte ke n'a pà koni'i le ma : 
de petits enfants qui n'ont pas connu le mal. 

âdzô, s. m. Anjou. Usité seulement dans 
la loc. ô tsë d'âdzô : un char d'Anjou, 
dans laquelle le sens du nom propre s'est 
perdu. Char de roulage servant autrefois au 
transport des marchandises. On en voyait 
encore à Blonay au commencement du dix- 
neuvième siècle. 

âfç, adv. Enfin. | âfë, tëke té : enfin, te 
voici. 

âfflëza, s. f. Redingote. 

âgÔ, s. m. Gond. | déi-z âgô dé pioârte 
d'éhrâblo : des gonds de portes d'écurie. 

âhané-éta, s. m. et f. Petit vieux, petite 
vieille. | fâ prou zou konû Vâhané ke dé- 
moaràvéi tsavalâirè é ke kôtâve déi ta 
galéze tsiïz' éi-z ëfâ : tu as bien connu le 
petit vieux qui demeurait aux Chevalleyres 
et qui contait de si jolies choses aux enfants. 
I a sa vïlé, ô léi dezéi Vâhanéta : à cette 
vieille [femme], on lui disait Yanciennette. 

âhâ-âna, s. m. et f. Vieillard, vieille 
femme. | Vâhâ kàyè l-avéi ô tsapéi brekâ 
é déi tsôse dé péi; l-alâv'awé ô bâsÔ : le 
vieux Kàye (surnom) avait un tricorne et des 
culottes de peau; il marchait avec un bâton. 

I ma marâina l-é ôna tota galéz' âhâna : 
ma marraine est une très jolie vieille ; 

II M. pi. Ancêtres. | « se lé-z âhâ révenâ! si 
les ancêtres revenaient! » exclamation qu'on 
entend à l'apparition de chaque nouveau pro- 
grès. I ou dere déi-z âhâ : au dire des 
(selon les) ancêtres. — En cet emploi, syn., 
dévâhï. 

ânâyè, s. f. Année. Dans certains cas on 
peut employer â et ânâyè indifféremment ; 
dans d'autres, l'on préfère â à ânâyè; mais 
il n'y a pas de règle qui détermine ces cas. 
On peut dire l'a ou l'ânàye de la mizérè : 
l'année de la misère. En parlant d'enfants, on 
dira : n-ë-n â tï lé-z â yÔ, é du de lé bane-z 
ânâyè : ils en ont tous les ans un et deux 
dans les bonnes années ; et l'on pourrait bien 
substituer ânâyè à «, mais non â à ânâyè. 
Wôn'ânâye bizevïrè : une année bissextile; 
ici il faut ânâyè. || Pr. ânâye d'âlonè, ânâye 
dé felè. I ânâye dé fë, ânâye dé rë. — 
Cf. â'. 

âpa, s. f. Framboise. | ne pèrmétô pà mé 



BAB 



33 



BAG 



dé ramasâ lé-: Spe de le ha : ils ne per- 
mettent plus de cueillir les framboises dans 
la forêt. I alâ éi-z àpè : aller dans la forêt 
pour y cueillir des framboises. 

apni, s. m. Framboisier. | lé-z cipâi déi 
kiirti s5 pie fjro tijè sou don bu : les fram- 
boisiers des jardins sont plus e;-rands que 
ceu.K de la forêt. 

âplarnè, adv. Amplement. — On dit aussi 
ëplamè. 

âplâii, s. f. Ampleur. 

àplo, àpla, adj. Ample. [ fô ke se fase 
déi-z âlô gré âplo, palaino ke vè dèse ta 
■grô : il faut qu'il se fasse des vêtements très 
amples, parce qu'il devient ainsi si g-ros. — 
On dit aussi èplo. 

âsa, s. f. Anse. | Vâsa dé si panai 
kemêffa se brezi : l'anse de ce panier com- 
mence à se gâter. || ô panéi âsa : un panier 
anse (qui a une anse). 



âtâ (vieilli), adv. Antan, autrefois. | o n'a 
pâ déi pome kemè âtâ : on n'a pas des 
pommes comme antan. | l-îre dèsé âtâ : 
c'était ainsi autrefois. 

âtrç, s. m. Entrain. | na rè d'Strë : il 
n'a pas d'entrain. 

âtsé, s. f. Hanche. | l-a déi bune-z âtsè : 
il a de fortes hanches. | lé~z ôtro i/ddzo lé 
fémale se métâ déi fose-z âtsè : autrefois 
les femmes portaient de fausses hanches 
(espèces de coussinets pour relever les 
robes). 

âtséro, s. m. Os de la hanche. | Une 
femme qui faisait la revue des os de son 
cochon après le dépècement, s'apercevant 
qu'il en manquait un, dit à son mari : di vâi, 
dzâ, nûhrô pw'é na zou tyé ô-n âisérô : dis 
voir, Jean, notre porc n'a eu qu'une hanche. 

âtséi/i, y. n. Se déhancher, marcher en 
faisant saillir les hanches. | l-âtséije iê.'elle 
se déhanche bien. 



babâii, s. m. Toile d'araignée. | lé babâii 
pêdÔ pérlo : les toiles d'araignées pendent 
partout. I rarnasâ lé babâii : ramasser (en- 
lever) les toiles d'araignées. || Adj. fëm. Qui 
est mal coiffée, échevelée. | l'ésèrpenô se 
nÔmàve dèse palamo ke l-éséi todzwa 
babâii : la femme nommée ésèrpeno s'appe- 
lait ainsi parce qu'elle était toujours éche- 
velée. Il Etat d'une coiffure de femme dont les 
«heveux s'échappent en désordre ; la femme 
elle-même. | ii! la puta babâii ; ô ! la laide 
échevelée. 

babeliisè, s. f. Fillette qui a les cheveux en 
désordre. 

babelâ-ârda, adj. et s. m. et f. Babillard-e. 

babeladzo, s. m. Babillage, j ô sa to se 
ke l-é tyé le babeladzo déi-z èfâ : on sait 
ce que c'est que le babillage des enfants 
(c'est sans importance). !| Par ext., médi- 
sance. I l-â fé déi babeladzo être lâii : elles 
ont médit entre elles. 

babeli, v. n. Babiller, j vo babeléi pï po 
déi rnéinamioa.... Les exclamations comme 
•celle-ci sont très fréquentes. Elles expriment 
ie mécontentement d'une personne à l'ouïe 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



OU à la vue de choses désagréables. Elles 
sont intraduisibles. 

bada, s. f. (vieilli) Oisiveté, paresse; usité 
seulement dans : medzi sô pâ dé bada : 
manger son pain en oisif. 

badâi-çfiré, adj. et s. m. et f. Paresseux, 
désœuvré. | l-é ta badâi ke ne sa pâ mé 
yo fô alâ po travali : il est si désoeuvré 
qu'il ne sait plus où est le chemin du tra- 
vail. 

badina, v. n. Badiner, plaisanter, j ne 
badine tyé to ziisto : il ne badine que tout 
juste (il est plus près de se fâcher que de 
plaisanter). | se badina : sans badiner (plai- 
santerie à part). 

badinâdso, s. m. Badinage. | déi badi- 
nâdzo d'ê/â : d'innocents badinages. 
badyenéta, s. f. Baïonnette. 
badyéta, s. f. Baguette, tringle. 

baya, s. f. Bague. [ lé feléte se fâ déi 
bage dé korô po se métréi dâi : les fillettes 
se font des bagues de perles pour se [les] 
mettre aux doigts. 

bagàdzo, s. m. Bagage. | pléyi bayàdzo : 
3 



BAL 



34 



BAL 



plier bagage (rassembler ses objets et quitter 
son ouvrage). 

hagii, s. m. Bagou; confusion de langage. 
I ti/ë bagii te no fà èkè ! quel brouillamini 
tu nous fais là ! 

hahà-àna. adj. et s. m. et f. Niais-e. | l-é 
bè ta bahâ ke ne pou pâ mé : il est si niais 
qu'il ne pourrait l'être davantage. 

hak ! Int. exprimant l'opposition ou l'in- 
difFérence. | bak ! te inènûijè : laisse, tu 
m'ennuies. | bak ! se léi fa rè : bah ! cela 
n'y fait rien (cela importe peu). 

bnkô (frv. bacon), s. m. Lard. | tsake 
pioë ne pou adéi avéi tijé dû^e inéityi dé 
bakô : chaque cochon ne peut avoir en 
somme que deux moitiés de lard. | lé-r uiro 
i/âdco ô faséi la tsë tû vTle ke le bakÔ 
vehéi to ràso : autrefois on gardait la viande 
si longtemps que le lard devenait tout rance. 
— Syn. la. 

bakiina (frv. baronne), s. f. Espèce de 
prune rouge. | déi baknnè : des baconnes. 
Ces prunes, ouvertes et débarrassées de 
leurs noyaux, sont séchées au soleil. || Adj. 
déi prou/ne bakiinè : des prunes baconnes. 

bakunâi (frv. baconnai), adj. et s. m. 
Sorte de prunier. | ô preméi bakunâi : un 
prunier baconnai. 

bal, bala, adj. Bel-le. Voir béi. 

balafelè, s. f. Belle-fille. | lé-z ôtro i/âdso 
lé balefelè fasû méinâdzo awé Ion bale- 
méirè : autrefois les belles-filles faisaient mé- 
nage avec leurs belles-mères. 

balafrâ-qyè, adj. Balafré-e. 

balaméirè, s. f. Belle-mère. | dou tè ke 
vivà êsèblè, lé baleméire l-irâ prou pénabV 
awé lou balefelè : dans le temps où elles 
vivaient avec leurs belles-filles, les belles- 
mères étaient assez pénibles. 

balamç, adv. Bellement, doucement. | va 
léi to balarnë se te ne vou pâ to frézà : vas- 
y tout doucement, si tu ne veux pas tout 
briser. 

balasTra, s. f. Belle-sœur. 

balâina, s. f. Baleine. | lé-z ôtro ku ô 
météi rè dé balâin'éi robe : autrefois on ne 
mettait pas de baleines aux robes. 

balafra, s. f. Balafre. I si kwâ l-avéi ona 
pnsëta balafra bà pè le vezMzo : cet indi- 
vidu avait uue énorme balafre au visage. — 
Svn. iiifra. 



balà, s. m. Balance, équilibre. | se fà 
le balà : cela se balance. || éihr'è halâ : 
être en balance, en suspens. | sô ê bala,. 
sâvô pâ tyè parti prèdrè : ils sont ea 
suspens, ils ne savent quel parti prendre. 
Il éihre sii le balà : être sur le point de 
perdre l'équilibre; et fig. : être sur le point 
de se ruiner. || bali le balà : choir ; et fig. : 
faire faillite. 

balàha (frv. balancée), s. f. Action de 
balàhi. \ n'è fé ôna pusëfa balâha : nous 
avons fait une forte balancée [sur l'arbre]. 

balâhémë, s. m. Balancement. 

balàhi, v. a. Balancer. | fô pâ balàhi lé 
dzuveno-z âbro, se lé fà péri : il ne faut 
pas balancer les jeunes arbres, cela les fait 
périr. || Réfl. Se balancer. | lé-z ëfà l-âmô 
grô se balàhi : les enfants aiment beaucoup 
[à] se balancer. 

balàhj, s. m. Balancier, pendule. | kà ô 
réimwe le balàhi, le rélodzo saràisè r 
quand on ôte le pendule, la pendule s'arrête. 

balàsè, s. f. Balance, un des signes du 
zodiaque. — Voy. ébalàsè. 
bali. Var. de bali (1). 

balivêrna, s. f. Baliverne. | tsàtâ déi 
baliverne : ennuyer en contant des bali- 
vernes. 

balivô, s. m. Baliveau. 

bala, s. f. Chacune des trois données dif- 
férentes dont se compose le repas du bétail. 
Quand le vacher est obligé de s'absenter à 
l'heure du gouvernage, il prépare les rations 
pour les trois données du repas^ et une autre 
personne, femme ou enfant, est chargée de 
donner chaque ration à l'heure indiquée. 
\tëke po la premlre bala : voilà pour la 
première donnée. || lé prâ de la bala : les 
prés de la Bailla. — Cf. sûgè. 

bali (1), s. m. Bailli. | lé dzë dé bloné 
paresô pâ avéi grô sufë déi bali dé berna ; 
lé VI lo n'a rë dé soveni, sofre ke dévà payi 
lé sësè é le dyïino : les gens de Blonay ne 
paraissent pas avoir beaucoup souffert des 
baillis de Berne. Les vieillards n'en ont pas 
de souvenirs, sauf qu'ils devaient payer les- 
cens et la dîme. — On dit aussi bali. 

bali (2), v. a. Donner. | 5 baléréi pràii 
se ne tenéi tyé a bali : on donnerait volon- 
tiers s'il n'y avait qu'à donner. | le baie pa 
rë sô tsavô : il le cède à un prix dérisoire,, 
son cheval, il bali le tété : do:incr le sein à 



BAN 



— 35 — 



BAR 



un enfant. 1| bali le bôdzwa : donner le 
bonjour, faire saluer. || bali lé drâi a kôkô : 
donner raison à quehju'un. i| baU dé biinâ : 
donner, faire un cadeau de nouvel an. || bali 
le balà : voy. balà. \\ bali le ti'ôa ; donner 
le tour; et fig. : suffire à ses besoins. | le su 
léi-ij a bali le ti'ôa : le sang lui a tourné, 
il a pâli d'émotion. 1| se ne /n'a pâ bali 
bnn'idéi/é : cela ne m'a pas donné bonne 
idée (j'ai eu des craintes, des soupçons). 
\\sè ne von rè bali : ce ne sera rien. || bali 
a partadci : donner à partager, c.-à-d. don- 
ner de son vivant ses biens en partage à ses 
enfants. || ba/i l'avâina : voy. avâina. \\ bali 
éi béisé : affourager le bétail. || bali mô a 
kokô : jeter un mauvais sort à quelqu'un. 
||.çe bali don mô : se donner de la peine. 
\sé bali pahèsè : se donner, prendre pa- 
tience. I se bali asè : avoir soin ou souci de. 
\\le kasê baie gro : l'abcès rend beaucoup. 
I lé faveijûle ne balô rè sti-ij à : les hari- 
cots ne rendent pas cette année. || bali la 
nièrda a kôkÔ : insulter quelqu'un grossiè- 
rement. Il Pr. la pie bala fêle don modo 
ne pou bali ti/é se ke l-a. \\ Abs. la vatse 
balè : la vache donne (elle a du lait, on 
peut la traire). | le kasè balè : l'abcès sup- 
pure. Il bali bâ : mal tourner, faire faillite. 
il voii bali gro : il va devenir grand. | von 
bali krûyo : il sera méchant. | le vè balére 
bô : le vin sera bon. || Réfl. Se donner. | si 
peti se bal'a to le modo : cet enfant se donne 
à tout le monde. | s'é voii pâ bali : il ne se 
donne pas. 

hanâ'ârda, s. m. et f. (vieilli) Celui, celle 
qui gardait les banè. Les bahà avaient autre- 
fois la garde de toutes les vaches qui brou- 
taient au printemps la première herbe des 
prés (voir prêta et prêta), et des vaches 
du bas qui paissaient en été les nombreux 
petits pâturages des parties basses de la 
commune. Ceci remonte bien au dix-septième 
et jusqu'au milieu du dix-huitième siècle. 
Avec les changements d'estivage {jjassaiions 
à clos et à recors des prés), et la transfor- 
mation des dits pâturages en prairies, les 
banâ n'avaient plus à la fin du dix-huitième 
siècle qu'à garder les vaches du bas (cf. bâ) 
sur les pâturages situés immédiatement au- 
dessus des villages. Ces pâturages ayant été 
convertis à leur tour, au commencement du 
dix-neuvième siècle, en prés et champs, on ne 
sortit plus les vaches du bas et le nom de 
banâ fut oublié. | lé banâ kornatâva tï lé 
maté po rapèrtsi Ion vatsè et tote lé né por 
averti lé d:è ke revenu don paserâdco : les 



vachers cornaient tous les matins pour ras- 
sembler leurs vaches et tous les soirs pour 
avertir les gens qu'ils revenaient du pâtu- 
rage. — Chacun devait alors prendre soin de 
son propre bétail. Il y aurait intérêt à re- 
chercher si, comme on l'a dit, la banè était 
d'origine valaisanne, si réellement il y a eu 
une race de Bagnes, si le nom de banâ était 
une imitation de celui des habitants du val 
de Bagnes, ou s'il ne faut voir dans le mot 
de banè que le nom de la vache qui en 
premier lieu a habité nos contrées. 

banè (frv. bagne), s. f. Petite vache peu 
productive, autrefois peut-être la vache com- 
mune. I kâ ô n'a pâ ta dé fè po nnri ôna 
grôsa vatsè, 5-n adzTt'ôna banè : quand on 
n'a pas assez de foin pour nourrir une 
grande vache, on achète une bagne. — Voir 
l'art, précédent. 

banéta, s. f. Dim. de banè. Très petite 
vache. 

ban!}, s. m. Très j)etite vache. — Syn. 
banéta. 

haragivè, s. m. Baragouin. 

baragwinâ, v. n. Baragouiner. 

baraka, s. f. Baraque. 

baranè (frv. baragne), s. f. Rampe, balus- 
trade qui court le long des marches d'un 
escalier ou le long d'un corridor. | lé-z ôtro 
ku lé barane se fasà totè è bu : autrefois les 
baragnes se faisaient toutes en bois. 

barawèta, v. n. Devenir incertain, vacil- 
ler, papilloter. | la ijil'»a mé barawètâvè : ma 
vue se troublait. — Cf. pelenâ. 

barâdzo, s. m. Barrage, digue. 

barbari, s. f. Barbarie. 

barbare, s. m. et f. Barbare. 

barbéirô (frv. barbeiron), adj. et s. m. 
Espèce de poire d'hiver. | lé père barbéirô 
sô bô kioè é krii : les poires barbeirons 
sont bonnes cuites et crues. 

barbnlâdco, s. m. Barbouillage. 

barbnli, v. a. Barbouiller. | lé-z èfà n-è 
barbnlô don papâi po ne pâ gro savâi : les 
enfants en barbouillent-ils du papier pour ne 
pas en savoir gros ! 1| té barbulêi pi, por ô 
barbnlô! (cf. babeli.) \\ Réfl. Se barbouiller. 

barbnlô-lena (frv. barbon il lon-ne), s. m. 
et f. Celui, celle qui barbouille. || Fig. Celui, 
celle qui embrouille les affaires. | te n'éi tyé 
ô barbnlô t tu n'es qu'un brouillon. | awé 
sa burbnlena vil rc uvéi a fêrè : avec cette 



BAR 



— 36 



BAR 



harboiii lionne je ne veux rien avoir à démê- 
ler. 

barbii-riva, adj. Barbu-e. | lé fémal'ou 
velàdzo n'âmÔ pâ vëre ke lés omo sa 
barbu ; éi dijô ke sèblô éi boko ke sô asebê 
barbu : les femmes au villag-e n'aiment pas 
voir que les hommes soient barbus; elles 
disent qu'ils ressemblent aux boucs, qui sont 
aussi barbus. | lui le barbii : Louis le 
Barbu (surnom). |1 dou blâ barbu : du blé 
barbu. 

barbiiva (frv. barbue), s. f. Provin de deux 
ans, ayant des racines. | ô pou rékore déi 
tsapô aivé déi barbu-e : on peut repiquer 
des chapons avec des barbues. 

bardâna, s. f. Bardane, plante à fleurs 
épineuses que les enfants se jettent sur les 
habits et qui s'y attachent. 

bardé, s, m. Bardot, personne qui fait les 
gros ouvrag-es. | sa féniala né Ujé ô bardé : 
cette femme n'est qu'un bardot. || Fia^. Souffre- 
douleur, t la sTra l-é le bardé dé tota la 
familè : la sœur est le souffre-douleur de 
toute la famille. 

bardétsè (frv. bardauche), s. f. Femme 
qui travaille sans soin et malproprement. 
I tyêta bardétsè tyé sa fémala ! quelle bar- 
dauche que cette femme ! | màlo éi-z omo 
ke rnârijo déi bardétsè ! malheur aux hom- 
mes qui épousent des bardauches ! 

bardéisi (frv. bardaucher), v. a. Travailler 
sans soin et malproprement. | fé la vëre 
bardéisi sÔ méinôdzol il faut la voir bar- 
daucher son ménage ! 

barelè ('frv. barille), s. f. Baril plat et 
allongé. I le payizà ne va zamé bè le dé sa 
méizô se avéi ôna barele de sa Iota : le 
paysan ne s'éloigne guère de sa maison sans 
prendre une barille [pleine de vin] dans sa 
hotte. I béir'a la barelè : boire à la barille. 
\ô payizà l-avéi biï frété dii^e vâi a n-ena 
barele dé kartéta : un paysan avait bu 
trente-deux gorgées d'un baril d'un quart de 
pot. 

bareléta (frv. barillette), s. f. Dim. de 
barelè. Petite barille qu'on met dans sa 
poche. I 5-n omo na pâ détye se sûlâ awé 
Sna bareléta dé vè : un homme n'a pas de 
quoi s'enivrer avec une barillette de vin. 

barelô, s. m. Petit bari. j lé-z omo l-âmô 
mî lé bari tyé lé barelô : les hommes aiment 
mieux les grands que les petits barrils. 

barena. — Voy. barô. 



baryanémç, s. m. Le fait de baryani. 
I ne rê dé putë ; n'é tyé ô baryanémë ke ne 
vou rè bali : nous n'avons pas de mauvais 
temps ; ce n'est qu'un va et vient du beau au 
mauvais qui ne donnera rien. 

bargani (frv. bargayner) , v. n. Se dit du 
temps qui oscille entre le beau et le mauvais, 
mais qui en général se prépare à la pluie. 
|À'â le tê l-are prou bargani , saréi bè 
plovâi : quand le temps aura assez bar- 
gagné, il pourrait bien pleuvoir. | léi-y a 
grâtè ke bargahè : il y a longtemps qu'il 
bargagne. \\ Fig. Perdre son temps à droite 
et à gauche. | yé ke t\i ta bargani ? où 
t'es-tu tellement arrêté? — Cf. émâyi. 

bari (frv. bari), s. m. Petit tonnelet. | por 
alâ séyi lé damô, lé dzë prênô 5 bari : 
pour aller faucher sur les monts, les gens 
prennent un petit tonnelet [plein de vin]. 

barikardâ. v. a. Barricader. |1 Réfl. Se 
barricader. 

barikârda, s. f. Barricade. 

barlata, s. f. (vieilli). Racloire. | pasâ la 
barlata : passer la racloire. 

barlatâi (1), s. m. (vieilli). Celui qui, à 
Vevey, sur la Grenette, faisait l'office de 
mesureur de grain, le racleur. 

barlatâi (2), s. m. (vieilli). Porte-balle, 
colporteur. | lé-z étro yàdso léi-y avéi gré 
dé barlatâi k'alâvâ pè lé velàdzo é ke 
faséi ôko bè bô lou-z adzetâ ékè : autrefois 
il y avait beaucoup de colporteurs qui parcou- 
raient les villages, et il faisait assez bon leur 
acheter quelque chose. \\ Par ext., marchand 
ambulant qui achetait des plants de choux à 
Montreux et allait les revendre dans le can- 
ton de Fribourg. 

barlata (1), v. n. (vieilli) Passer la racloire 
sur une mesure de grains, racler. | le barlatâi 
ne barlata ve pâ po to le modo le mJm'aférè: 
le racleur ne raclait pas pour tout le monde 
la même chose (il savait favoriser qui il vou- 
lait). 

barlata (2), v. a. (vieilli). Colporter. | lé 
barlatâi barlatâvâ tote swârte dé tsûzè ; ô 
navéi pâ fêta d'alà sovè a vevài : les col- 
porteurs colportaient toute sorte de choses ; 
on n'avait pas besoin d'aller souvent à Vevey. 

baro, s. m. (vieilli). Baril des botâi. 

baroka, adj. et s. f. Baroque. | l-é ta 
baroka : elle est si baroque. 

baromètre, s. m. Baromètre. \ 5 baro- 



BAS 



BAT 



mëtre dé senô dé snpê : un baromètre fait 
d'une branche de sapin. C'est le baromètre 
des chalets. 

/jaro, s. m. Barreau, barre de fer. 

barô-ena, s. m. et f. Baron, baronne. ' se 
di barô, ma l-é atà tijé mè : il se dit baron, 
mais il l'est autant que moi. se haie déi-z 
èr dé harena : elle se donne des airs de ba- 
ronne, 

bariïvéfa, s. f. Brouette. I lé drè l-â 
ora déi bariïvéte po mena l'èrba, ma se 
n'égcistàve pà dé nûhrô dznveno tè : les 
irens ont à présent des brouettes pour mener 
rherbe. mais cela n'existait pas de notre 
jeune temps. — On dit aussi béru^'éta. 

bariiiéta (1), v. a. Brouetter. 1 yô ke fo 
baru^étà to si komérsè? où faut-il brouetter 
tout ce commerce (tout ce péle-mèle) ? — On 
dit aussi bérii^'étà. 

barùVétâ (2), s. f. Brouettée. ' mena ôna 
barnvétà dé fémé : mener une brouettée de 
fumier. — On dit aussi bèruVetà. 

baryâiré, s. f. Barrière, fermeture com- 
posée de deux pièces de bois fichées en terre 
et de une ou plusieurs lattes qui vont de 
l'une à l'autre des fiches et circulent libre- 
ment dans les ouvertures pratiquées à cet 
effet. Ces barrières sont à l'entrée d'un pré 
et ont l'avantaç^e de s'enlever rapidement, 
'/rt baryâiré l-é hlûsa : la barrière est fer- 
mée. — Cf. épartsTrè. 

baryola, v. a. Barioler. ' l-a tota baryolâ 
sa pàdzè : il a bariolé toute sa pasre [d'écri- 
ture]. ! 

haryolàdzo, s. m. Bariolage. | 

barzaka (frv. barjaqne), s. f. Femme qui j 
parle à tort et à travers, sans réflexion. ! à | 
pou pà krërô ma dé se ke sa barzaka di : I 
on ne peut pas croire un mot de ce que 
cette barjaqne dit. 

barzaka (frv. barjaqner). v. n. Bavar- 
der. I té barzakéi pT por ôna barzaka .' te | 
bavarde seulement pour une bavarde! (cf. 1 
babeli.) ! 

barzakadz'j, s. m. Bavardage. tyP bar- j 
zakâdzo son fémale fâl quel bavardatre \ 
ces femmes font ! 

barzakaré, s. m. Bavard. né zamé zou I 
yii ô paré barzakaré : je n'ai jamais vu un i 
pareil bavard. I 

basé-éta (frv. basset-te), adj. Bas-se. ' ô i 
bâ basé, ôna sola baséla : un banc bas, une ' 



chaise basse, li D'un animal dont les jambes 
sont courtes, on dit : l-é hase stï tsàbé : il est 
bas sur jambes. [ ô tsè basé : un chien bas- 
set. |] déi péi basé, déi f ave y û le basétè : des 
pois, des haricots nains. J Avec ellipse du 
subst. j prè le basé, te puréi mî té sétà : 
prends le [tabouret] bas, tu pourras mieux 
t'asseoir. ' l-é lé baséte ke sa lé mélâu : ce 
sont les [haricots] nains qui sont les meil- 
leurs. 

basa-ârda, adj. Bàtard-e, sauvage, en par- 
lant de plantes. ] de la secorya basârda : 
de la chicorée sauvage. ' déi lâtane basârdé: 
des viornes bâtardes. — Cf. bâsko. 

basâirè. s. f. Entrée inclinée d'un pré plus 
élevé que la route qui le lonire, et qui permet 
aux chars d'y pénétrer. \ kâ lé-z omo pùso 
lé basâiraioé déi tsë dé Je, fo todoulô ke 
l-apoyâ le tsë don koté ke pètsé : quand les 
hommes passent la basâirè avec des chars 
de foin, il faut toujours (ju'ils appuient du 
côté qui penche. 

batailla, s. m. Bataclan. tyè hatahlû.' 
quel bataclan ! l-a préi to le batahlâ : il a 
pris tout le bataclan. Fig. Homme lourd et 
qui ne sait se remuer, bûgro dé batahlâ ! 
bougre de bataclan ! — On dit aussi patahlâ. 

batalè, s. f. Bataille, batterie, rixe san- 
glante. I lé dziva dé voté léi-y a sovè déi 
batalè : les jours de votation, il y a sou- 
vent des batteries. 1| Fig. de la sepa a la 
batalè : de la soupe à la bataille, faite d'un 
mélange de lésrumes. — Syn. batéri. 

batali, v. n. Batailler, contester, lutter 
avec les circonstances difficiles. ■ l-a fjrou 
zou a batali por arevà a fére rékonéhre se 
drâi : il a eu pas mal à batailler pour arriver 
à faire établir ses droits. '■ fo ke bataléi dou 
mate ou né po sa pûra viyè : il faut qu'elle 
bataille du matin au soir pour sa pauvre 
existence. 

batalô, s. m. Bataillon. Par ext., un 
grand nombre. léi-y aréi ô batalô d'èfâ 
vè l'ékûla : il y avait un bataillon d'enfants 
près de l'école. 

batefii, s. m. Briquet. \ dévà d'aréi lé 
motsétè, faléi âya le fil awé ô batefii ; se 
l-îre bè mokemûdo ; kâ ô-n avéi kumité, 
sèblàve ke le tsèrpè l-avéi la nortsé, vuléi 
zamé s'àyà : avant qu'on eût les allumettes, 
il fallait allumer le feu avec le briquet ; cela 
était bien incommode ; quand on avait hâte, 
il semblait que l'amadou était ensorcelé, il 



BAT 



— 38 — 



BAT 



ne voulait pas s'allumer. || ôna pijëra dé 
batefû : une pierre à briquet. 

batetijor (frv. batte-cœur), s. m. Palpita- 
tion. I m'é venu le batetyor è le vèyè : j'ai 
eu des palpitations en le voyant. 

batérà, s. m. Masse à casser les pierres. 

batérâ-âna, s. m. et f. Sobriquet sans 
doute donné autrefois aux casseurs de pierre 
et conservé par une seule famille. | lui 
batérà l-é le mélou omo ke la. tëra pwése 
porta : Louis Batéran est le meilleur homme 
que la terre puisse porter. | la batéràna l-é 
saféna : la batéràna est sa femme. 

batéri, s. f. Batterie, querelle à coups de 
poings. I l-à zou ôna pusèta batéri : ils ont 
eu une violente querelle. — Syn. batalè. 

batè (1) (frv. battant), s. m. Seuil. | le 
dzwa k'ô poyTve lé béisè, lé vTle dze ne 
màkàvà zamé dé vudyi ôna péilâ dé hèdre 
sii le batè de la pwàrta dou bâû : le jour de 
la montée du bétail, les vieilles g-ens ne 
manquaient jamais de vider une pellée de 
cendres sur le seuil de la porte de l'écurie. 
Cette coutume, (jui a disparu avec tant d'au- 
tres superstitions, devait préserver les ani- 
maux des maléfices. — Syn. sole. 

batè (2) -èta, adj. Battant-e. | ônaplodze 
batèta : une pluie battante. | déi-z âlô to 
batè nâii : des vêtements tout battants neufs. 

hatista, s. f. Batiste. | ara se parle pâ 
mé dé baiista, ma sesé bê lé-z ôtro yàdzo : 
à présent on ne parle plus de batiste, mais 
autrefois on en parlait. 

batolâdzo (frv. batoillage), s. m. Action 
de batoli. \ kà dûtré fémale sô èsêblè,fà ô 
batolâdzo k'ô ne léi véi gota : quand deux 
ou trois femmes sont ensemble, elles font un 
batoillage qu'on n'y voit goutte (comprend 
rien). 

batolè (frv. batoille), s. f. Femme qui 
batoille. \ léi-y a déi-z omo ke dyô ke tote 
lé fémale sô déi batolè : il y a des hommes 
qui disent que toutes les femmes sont des 
batailles. 

batoli (frv. batailler), v. n. Tenir des dis- 
cours frivoles et inutiles. | l-é sovê sou ke 
l-â le mé a fére ke trouvô le mé dé tè po 
batoli : il arrive souvent que ceux qui ont le 
plus à faire trouvent le plus de temps pour 
batailler. \\ aie, venidè, vo batoléréi démà ! 
allons, venez, vous batoillerez demain ! C'est 
une manière polie de rappeler une femme à 
ses devoirs. 



batolô (frv. batoillon), s. m. Homme qui 
batoille. \ ô pou pâ kôtâ sii ô batolô kosê : 
on ne peut pas compter sur un batoillon 
pareil. 

batô (1), s. m. Bateau. | ô hatô a vapô : 
un bateau à vapeur. || Fig. alà a batô pla : 
aller à bateau plat (aller au lit, se traîner 
par terre). 

bato (2), s. m. Battant de cloche. | fô 
tré-z omo po métr'è muvémè le batô de la 
grôsa hlotse dé lozena : il faut trois hom- 
mes pour mettre en mouvement le battant de 
la grande cloche de Lausanne. 

batrè, v. a. Battre. | le kordani ba sô 
kwë : le cordonnier bat son cuir. 1| ne ba pâ 
le ku : il ne bat pas le coup (il ne fait rien 
du tout). Il bati^e de la muniya : battre mon- 
naie. Il batr'a la gràdzè : battre [du blé] à 
la grange. || batr'ô tsemê de la nài : battre, 
frayer un chemin dans la neige. || Fig. to 
batti, to medzi : tout battu, tout mangé ; se 
dit de prodigues qui sont à bout de res- 
sources. Il Pr. fô batre le fë tàdi ke l-é tsô. 
Il Réfl. Se battre. | lé du frâre se batà a 
ku dé bâsô : les deux frères se battaient à 
coups de bâton. || V. n. Battre. || Fig. batr'ou 
tsà : battre au champ (se mettre en cam- 
pagne, se démener pour obtenir quelque 
chose). I léi-y a falii hatr'ou tsà po trovâ 
déi-z ùvrâi, de l'êrdzè : il lui a fallu se dé- 
mener pour trouver des ouvriers, de l'ar- 
gent. 

bgtsè (frv. batz ou bâche)., s. m. Monnaie 
ayant cours autrefois en Suisse et valant 
à peu près quinze centimes. On écrivait batz 
et on prononçait batsè. \ ô batse la mwâsa : 
un batz la bouchée, se disait de choses fort 
chères. 

batsi (1), V. a. Baptiser. | kà ô va batsi, 
lé pare é lé marâiné ne déivô pâ se réveri, 
se éi fa lusi lé-z èfà : quand on va bap- 
tiser [un enfant], les parrains et les mar- 
raines ne doivent pas se retourner, cela fait 
loucher les enfants. || batsi ô véi : baptiser 
un veau (lui donner un nom). || batsi sô vè : 
baptiser son vin (y mettre de l'eau). 

batsi (2), s. m. Baptême. | alâ a batsi : 
aller à baptême (en qualité de parrain ou 
marraine d'un enfant). || Par ext,, le festin 
du baptême. | fér'ô gro batsi : faire un 
grand festin de baptême. | l-é la dzàna ke 
l-a fé le batsi : c'est la Jeanne qui a fait [le 
repas] du baptême. || Pr, a nosé ô va a se 
kosè, a batsi ôko mï. 



BAT 



— 39 



BAY 



hatsTmo, s. m. Baptême. Mot vieilli, usité 
dans les loc. : ô pare dé batsTmo : un par- 
rain de baptême ; ô no dé batsTmo : un nom 
de baptême; le rô don batsTmo : le vœu du 
baptême. 

batii, s. m. Babeurre. 

batija (1), s. f. Abatis d'arbres d'une par- 
tie de forêt. | l-âfé ôna pusèta hatya de le 
bu de la kiimena : ils ont fait un grand aba- 
tis dans le bois de la commune. 

batija (2), s. f. Battue, troupe de gens qui 
battent les bois et les taillis pour en faire 
sortir les loups- | fér'ôna batija : organiser 
une battue. 

bafi/a (3), s. f. Batardeau, jetée. | lé 
munâi don tâtï l-â di/iï fér'ôna grôsa batija 
apréi le gré arâlo ke l-avéi voudzi le tèrè 
tâlia loti rnéizô : les meuniers du Taux 
ont dû faire un batardeau après la grande 
inondation qui avait emporté le terrain jus- 
qu'à leur maison. 

baiija (4) (frv. battue), s. f. On appelait 
autrefois de ce nom le morceau de beurre 
qui se faisait chaque jour à la fruitière avec 
la crème du lait du soir précédent. Le friii- 
iier le battait et rebattait avec sa batijâirè 
sur la planche gravée, autant pour en faire 
sortir le reste du babeurre que pour lui don- 
ner une jolie forme. | le frétai l-a fé ôna 
bala batya : le frnitier a fait une belle 
battue, cela voulait dire qu'elle était volumi- 
neuse (de vingt à trente livres) et ornée de 
•dessins et de fleurs. — Cf. manôta. 

batijâirè, s. f. Palette de bois longue et 
•étroite avec la(]uelle on aplatit le fumier 
■qu'on vient de charger sur un char, afin 
qu'il ne se désagrège pas par le mouvement. 
Il Petite palette de bois avec laquelle on bat 
le beurre sur une plan:he portant, ainsi que 
]a palette, l'empreinte d'un dessin qui se re- 
produit sur le beurre. 

batijâii, s. m. Bassin d'un moulin dans 
lequel , au moyen d'un gros cylindre en 
pierre, on écrase les fruits à huile et les 
tresses de chanvre. On y passe ces dernières 
.afin de briser le reste des parcelles de tiges 
que le batijoradzo a épargnées. | pasà lé 
(jremo dé kokè é lé plétjô on batyâii déso 
■la rebata : passer les grumeau, r de noix et 
les tresses de chanvre au batgâii, sous la 
rebata. 

batyorà (frv. batiorer), v. a. Briser le 
■chanvre, le lin à l'aide du batyoré. \ léi-y a 
pA gro a batyorà, ora ke lé dzè séinô 



prèske r? mé dé tsenéro : il n'y a pas gros 
à batiorer, à présent (jue les gens ne sèment 
pres(|ue plus de chanvre. || Abs. ne batyâiirè 
tvâi : nous batiorous aujourd'hui. 

batyorâdzo (frv. batiorage), s. m. Action 
de batyorà. \ ne le batyorâdzo démà : 
nous avons le batiorage demain. || La quan- 
tité de chanvre à batiorer. \ sou dzê n'û tyé 
ô to peti batyorâdzo : ces gens n'ont qu'un 
tout petit batiorage. 

batyoré (frv. batioret), s. m. Brisoir, ins- 
trument qui brise la partie ligneuse du chan- 
vre pour ne laisser que les fibres textiles. 
\diï ke lé dzê ne séinô prèske rë mé dé 
tsenévo, ne se fa rë mé dé batyoré, épii kâ 
fô batyorà, ô ne sa pà yô n-ë prèdré : de- 
puis que les gens ne sèment presque plus de 
chanvre, on ne fait plus de batioret, et quand 
il faut batiorer, on ne sait pas où en pren- 
dre. Il Fig. ô batyoré, ôna batyoréta : homme, 
femme qui parle beaucoup. — Cf. brako. 

bava, V. n. Baver. | lé-z èfà bàvô po lé 
de : les enfants bavent pour la dentition. 

bavàrè, s. m. Celui qui bave. | si peti l-é 
ô tèrblo bavàrè : ce petit est un tc^rrible ba- 
veux. — Ce mot ne paraît pas avoir de fémi- 
nin ; il appartient du reste aux mots en voie 
de transformation, (]ue chacun dit à son 
choix. — On dit aussi bavéré et bàvéréi. 

bavéré, s. m. Enfant qui bave, baveux. 
Terme moins fort que bavàrè. \\ Fig. Per- 
sonne bavarde. En cet emploi, cf. le fr. tail- 
ler des bavettes. 

bavéréta, s. f. Bavette, partie du tablier 
de femme qui couvre la poitrine. | ô fourdà 
a bavéréta : un tablier à bavette. 

bavéta, s. f. Bavette. | si peti mé ôko la 
bavéta : cet enfant porte encore la bavette. 

bavoda (frv. bavaude), adj. f. Sorte de 
prune jaune, dont le noyau est adhérent à 
la chair. | ô ne véi prèske rë mé dé proume 
bavôdè : on ne voit presque plus de prunes 
bavaudes. 

bayadërè . s. f. Kcharpe pour le cou, 
cache-nez. 

bayà-ârda, s. m. et f. Homme ou femme 
peu intelligent. | rtlléi vo k'ôna bayârda 
n-è ,SY//.S7» ta ? voulez-vous qu'une bayârda 
en sache tant ? 

bayi, baya, p. p. Etonné-e. — \oy. s'ébayi. 
bazà. Var. de Ijâzà. 



BAS 



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BA 



haza, s. m. Petit traîneau pour enfant. 
\navéi tijé o krûyo bazà po se lûdzi : il 
n'avait qu'un mauvais bazâ pour se liiger. 
— Cf. liidzè. 

bazâna, s. f. Basane. | lé-z éskapë se 
droblàvâ dé bazâna : les escarpins se dou- 
blaient de basane. 

bazué, s. f. Bajoue, partie inférieure de la 
mâchoire chez les porcs. | medzi ô bokô 
dé bazué : manger un peu de bajoue. 

bâirè, v. a. Boire. | si-l omo bâi : cet 
homme s'enivre. | béi pie sovë tyé a s5 
tiba : il boit plus souvent qu'à son tour (il 
boit trop). I s'é mé a bâirè : il s'est mis à 
boire (il est devenu un ivrogne). | l-a bu se 
dzornà : il a bu [l'argent de] ses journées. 
\su ta astérâ ke béré la mér é lé peso : je 
suis si altéré que je boirais la mer et les pois- 
sons. Il l-é a oë bu : il est à vin bu (il est pris 
de vin). || lé vatse sô apréi bâirè : les vaches 
sont après boire. || po le romatisè, fô béire 
sii lé-z urtijè : pour le rhumatisme, il faut 
boire des infusions d'orties. || Pr. si ke l-a 
bii bérè. jj Fig. mé béi le sa : il me boit le 
sang (il me fait endèver). ] l-a ta bii, fo 
medzi : il a tout bu, tout mangé (il s'est 
ruiné en prodigalités). 

S. m. Boire. | n-ë pë le béir'é le medzi : 
il en perd le boire et le manger (il n'y a plus 
goût). I réprotsi le bèiré le medzi : repro- 
cher le boire et le manger. 

bârba, s. f. Barbe. | lé-z ôtro yâdzo lé 
menistro ne se lésivâ pà veni la bârba; se 
l-é ta pu dé vër'ô menistro sii la dzai/cr' 
awé ôna bârba : autrefois, les pasteurs ne 
se laissaient pas croître la barbe ; cela est si 
laid de voir un pasteur en chaire avec une 
barbe. | la bârba dou boko : la barbe du 
bouc. Il dou grezô a bârba nâirè : du 
[blé] grisou à barbe noire. || la bârba dou 
(/roblâ l-é vèrda : la barbe (stigmates) du 
maïs est verte. || déi barbe dé sape : des 
barbes de sapins. || ôna bârba dé hlâ : un 
l>anneton de clef. 

Ijârka, s. f. Barque. || Fig. l-a bë sii 
mena sa bârka : il a bien su mener sa 
barque. 

bâsko, bâska (frv. basque), s. m. et f. 
Bàtard-e. | sou dé niurho, po ke sa déi bo 
payizâ, faléi ke l-ôsâ ô bâsko é 5 prâ éi 
oèrâii, é yô ë ko : pour que ceux de Mon- 
treux fussent de bons paysans, il fallait qu'ils 
eussent un bâtard et un pré aux Verraux, et 
un en Caux. — Cf. basa. 



bâii, s. m. Bœuf, taureau. | ô bou dé 
kemô : un taureau de pâturage, et fig. un 
homme sensuel. j| Le Taureau, un des signes 
du zodiaque. | kÛ ô plate lé pome dé 
ter ou bâii, 5 pou pà lé medzi, l-â le bur- 
laku : quand on plante les pommes de terre 
sous le signe du Taureau, on ne peut pas 
les manger, elles donnent le fer-chaud. || Pr. 
né pâ rë tyé lé grô Ijâii ke laburô la tëra. 
Il Par métonymie, bouverie, écurie. De nos- 
jours on ne distingue plus guère le bâii de 
Véhrâblo. Autrefois, l'étable était divisée en 
deux ou trois compartiments dont le plus 
proche de l'entrée, le bâii, était réservé aux 
bœufs, — remplacés généralement de nos 
jours par des chevaux, — tandis que le reste 
formait Véhrâblo. On donnait cependant par- 
fois le nom de bâii à toute l'écurie. | le tyii 
dou bâii : le fond de l'écurie. 

bâiigro, bâiigra, s. m. et f. Bougre ; 
apostrophe plaisante ou injurieuse. | si petî 
bâiigro! ce petit bougre; se dit d'un enfant 
espiègle. | bâiigro dé vôrë ke Céi ! bougre 
de vaurien que tu es! | bâiigra dé mèr- 
dâuzal bougre de merdeusc. Le syn. bûgro, 
qui est plus fréquemment employé, me paraît 
plus récent et a une nuance plus rude. 

bâiina, s. f. Borne. | se teni plâtâ keme 
Ôna bâiina ou méitë dou tsemë : se tenir 
planté comme une borne au milieu du che- 
min. 

bâiiza (frv. beuse), s. f. Bouse. | ô wère lé 
kasë awé de la bâiiza dé vatsè : on guéril 
les abcès avec de la bouse de vache. 

bâ (1), basa, adj. Bas-se. | le sélou l-é 
bâ, éi muse : le soleil est bas, il se couche. 
Il la tëra léi-y é trii Ijâsa : la terre lui est 
trop basse (il est trop paresseux pour tra- 
vailler). Il S. m. Bas. | lé kemô dou bâ : les 
pâturages inférieurs. | lé fremàdzo dou bâ : 
les fromages faits au village. | wèrdà se 
vats'ou bà : garder ses vaches à la maison 
(plutôt que de les mettre aux pâturages de la 
montagne). | le bà de la môtane l-é ou 
godzo : le bas de la montagne est à l'hu- 
mide. Il Fig. le malàdo l-a déi o é déi bà : 
le malade a des hauts et des bas (de bons et 
de mauvais moments). || Adv. Bas. | alà 
bâ : descendre. | veni bâ : descendre, tom- 
ber. I tsezi bà : tomber par terre, j se fotre 
bà : se laisser choir, se jeter par terre, j la 
poma l-é bâ : la pomme est tombée. | mé fô 
ré bà : il me faut redescendre. | l-é zou ô 
pusë tro bâ : il est descendu ou tombé très 



BAL 



— 41 



BAR 



bas. I vèrsâ bâ : tomber de coté. | veri ha : 
faire un tour sur soi-même en tombant. 
\dréi bâ : en droite Iia:ne du côté du bas. 
\(sSpà bâ : jeter, pousser bas. || ri-è veni 
bâ : se dit d'arbres qui fléchissent sous 
le poids des fruits. || l-à grô dé fè bâ : 
ils ont beaucoup de foin fauché, i] le dinâ 
l-é bâ : le dîner est dig-éré. H le dyJmo 
l-éséi bâ adô : la dîme était alors abolie. 
mélô pâ bâ la pyotsè : ils ne mettent pas 
bas la pioche (ils passent d'un ouvragée à 
l'autre sans interruption). ,1 dit brè bâ la 
hâyè : [en descendant] de Brent jusqu'à la 
liaie. Il bâ pèr lé : là-bas. | bâ pèr èkè : en 
lias par là. | bâ pèr èke bâ : ici-bas, devant 
moi. Il Fig'. bail 6ri ; faire faillite. | l-é pèr hi 
h? bâ : il est percé bien bas (il est mal dans 
ses affaires). t| Pr. kn lé-: aie déi-z o:èi sa 
f)â, pwô pâ mé oôlâ. 

bâ (2), s. m. (vieilli) Bât. Dans le temps où 
les routes étaient très mauvaises, on faisait 
porter le bât aux mulets et aux chevaux. Nous 
n'avons plus ni mulets ni bâts, et le mot est 
tombé en désuétude. | portâvâ la pedàs'a la 
rnôfaFi'aïué le bâ : ils portaient la nourriture 
à la montag-ne avec le bât. 

bâbS-âna (frv. bàbnn), s. m. et f. Celui^ 
celle qui agit inconsciemment. | i'éi à grô 
bâbà, ôria fjrôsa bâhâna : tu es un nigaud, 
une nig'aude. 

bâbi (frv. bàbi), s. f. Femme simple d'es- 
prit. I ôna bâbi ne fâ rè kernè lé-c ôtre 
<lzè : une bàbi ne fait rien comme les autres 
personnes. 

bâfra, v. n. Bâfrer. | éi bâfre keinë ô 
inolnéiso : il bâfre comme un malhonnête 
(un malappris). 

bâhlâ, v. a. Bâcler, au sens d'achever un 
travail à la hâte. | è diive-c âiïre ne bâhlè 
/o se : en deux heures nous bâclons tout 
cela. 

bâibà (frv. bàïbnn), s. m. Imitation du 
son des cloches. | bâibà, bâibà, la sena('oa 
tiserà : bàïban, bàïhan, la sonnette au tisse- 
rand. Mélopée imitant le son d'une cloche; le 
tisserand n'est là sans doute que pour la 
rime. || Par ext., les cloches elles-mêmes. | le 
peti, le grô bâibà : le petit, le g-ros bàïban. 
— C'est un terme très familier. 

bâla, s. f. Balle d'une arme à feu. | (sake 
trrijâii déi fôdre se bâle po teri éi-c abaiji : 
chaque tireur doit fondre .ses balles pour 
tirer dans les fêtes de tir. 



bâlirâzè (frv. bàloise), s. f. (vieilli). Bon- 
net de nuit de couleur pour femmes. — Cf. 
bédyina. 

bâléniè, s. m. Bâillement. | te no-z ènûy' 
awé té bâlérnë : lu nous ennuies avec tes 
bâillements. 

bâli, v. a. Bâiller, j bâli le kâfè : bâiller 
aux approches de l'heure du goûter ; sou- 
haiter boire du café. || V. n. Bâiller. | bâli 
a se fèdre la guHirdzè : bâiller à se fendre- 
la bouche. I bâli apréi dinâ : bâiller après 
dîner (avoir mal dîné). || la koudera bâlè : 
ta couture bâille. 

bâlisè (frv. baillisse), s. f. Envie, besoin 
de bâiller. | se pâ tyèta balise l-é wâi : je 
ne sais pas pourquoi j'ai si souvent besoin 
de bâiller aujourd'hui. | l-a la balise don 
kâfè : il a besoin de prendre du café, et cela 
se manifeste par des bâillements répétés. 

bâna (frv. baignée), s. f. Action de se bai- 
gner n'è fé ôna bitna bâna : nous avons- 
fait une bonne baignée, ij Pr. ou niéi d'u la 
bân'éi mata, ou inéi d'arri la bân'éi tsevri.- 

bâhi, V. a. Baigner. | ô kenièhe pèrs'a 
bâni lé peti-z èfà : on commence par ici à. 
baigner les petits enfants, jj Béfl. Se baigner. 
[ lé raloté va kôkeyâdzo se bâni a la bâyè,. 
rnâ lé grôse dzè se bânô pâ : les jeunes- 
garçons vont quelquefois se baigner à la 
Baie, mais les adultes ne .se baignent pas. 

bâra, s. f. Barre. | l-é râi keinè ôna 
hâra : il est raide comme une barre ; et 
fiç. : il est fier et hautain. '| Veine du front 
parfois très visible chez les nouveaux-nés. 
\kà lé-z èfà l-à la bâra sii le nâ, vul& 
éihre fyë : quand les enfants ont la vein& 
visible sur le nez (entre les yeux), ils veulent 
être (ils seront) fiers. 

bârâ (1), V. a. Barrer. | bârâ ô pasâdso ." 
interdire un passage. | ô tsemè bârâ : un: 
chemin barré, j bârâ ôna nosè : barrer une 
noce, c.-à-d. placer de loin en loin un obs- 
tacle sur le passag-e d'une noce ; chaque fois 
que la noce est arrêtée, il faut que l'époux 
donne de l'argent à ceux qui tiennent la; 
barre. | Fig. sô sa s'é bârâ : son sang a 
cessé de circuler. \\ Biffer. | bârâve to a 
mézera ke l-ékrizài : il biffait tout, à mesure 
qu'il écrivait. 

bârâ (2), V. a. Faire saisir, séquestrer- 
I de l'onra d'ora n'è jiâ rné ôna vèrgoTie dé- 



BAS 



— 42 



BAZ 



se vëre bârâ to sa bë ; léi-y a ta dé dsë ke 
se lésa veni a to rè : aujourd'hui ce n'est 
plus une honte de voir séquestrer ses biens ; 
il y a tant de gens qui se laissent tomber 
dans la misère. | lé d. l-â zoii loii rékolie 
J)àràyè : les D. ont eu leur récolte saisie. 
]| bàrâ ô gadzo : saisir un gag^e. 

bàrâ (3) -ayè, part. adj. Rayé-e. | ôna roba 
bârâye blâts'é nâirê: une robe rayée de blanc 
et de noir. | sa kotilô l-é bârâ : son jupon 
est rayé. || A liteaux. | s'é fête déi mâtelô 
bârâ bli'i é rodzo : elle s'est fait de petites 
nappes à liteaux bleus et rouges. | tote se 
sèrvyéte su bârâye bliivè : toutes ses ser- 
viettes sont à liteaux bleus. 

basa, s. f. Basse, terme de musique, tsàtâ 
la basa : chanter la basse. j| ô tâbii dé 
basa : un tambour de basse (grosse caisse). 

bâsezovrè (frv. basses-œuvres), s. f. pi. 
Equarrissage ou dépeçage des bêtes mortes, 
ou des animaux vivants qu'il faut abattre. — 
df. métré {\). 

bàstâ (frv. baster), v. n. Renoncer à toute 
opposition, céder devant une force supé- 
rieure, se soumettre, se rendre. | fadre bë 
ke bâstâi, obë ô vère to se : il faudra bien 
qu'il se soumette, sinon l'on verra. | éi fô 
ke bâstéi todoulô déva tè : il faut qu'il cède 
toujours devant toi. | me té dyo ke te 
bâstéréi : moi je te dis que tu te rendras. 

bâsenâ (1), v. a. Bâtonner. | fndréi wéro 
té bâsenâ : il faudrait presque te bétonner. 
\mertérâi d'éihre bë bâsenâ : il mériterait 
d'être bien bâtonné. 

bâsenâ (2) (frv. bà tonnée), s. f. Baston- 
nade. I se te ne té réimive pâ dû èkè, t'aréi 
ôna bâsenâ : si tu ne te remues de là, tu 
auras la bastonnade. — On dit aussi bâse- 
nâ yé. 

bâsenâyè (frv. bàtonnée), s. f. Bastonnade. 

I l-a résû ôna bala bâsenâyè : il a reçu une 
belle bàtonnée. 

bâsô, s. m. Bâton. | ô bâsô ronâii : un 
bâton noueux. | ô bâsô dé remasè, d'étsTso : 
un bâton de balai, de cuvier. | le bâsô de la 
ladzè : le bâton de la luge. \\ ô bâsô dé 
regalisè, dé stipro : un bâton de réglisse, de 
soufre. Il manéyi le bâsô .-jouer du bâton. 

II ne pou alâ tyé awé ô bâsô : il ne peut 
marcher qu'à l'aide d'un bâton. || aprëdr'a 
fére lé bâsô : apprendre à faire les bâtons 

(apprendre à écrire). 



bâsôveryâû, s. m. Bâton qui sert à tour- 
ner le contre de la charrue. 

bâti, v. a. Bâtir. | por té, te ne vou pâ bâti 
ôna gràdz'a du solâi : pour loi, tu ne bâtiras 
pas une grange à deux étages, disait une 
grand'mère à son petit-fils (le nombre des 
étages d'une grange variant selon l'activité 
et la fortune d'un individu). | ébë, bâtehri 
ô tsaséi, ke léi répô sô petivalé : eh bien, 
je bâtirai un château, lui répond son petit- 
fils. 

bâtimè, s. m. Bâtiment. | de la kumena 
dé bloné léi-y a déi béi bâtimë ; lé dzë ne 
fà rë mé tyé déi méizô dé vêla : dans la 
commune de Blonay, il y a de beaux bâti- 
ments ; les gens ne font plus que des mai- 
sons comme à la ville. 

bâtisè, s. f. Bâtisse. | n'é pâ le to tyé la 
bâtisè, l-é tota la réista ke kosè : ce n'est 
pas le tout que la bâtisse, c'est tout le reste 
qui coûte. 

bâtsé (frv. bâche), s. f. Effanures de mais 
employées comme fourrage. | lé vatse l-âmô 
bë la bâtse dé grôblâ : les vaches aiment 
bien les effanures de maïs. || Feuilles sèches 
qu'on met dans les interstices des douves de 
futailles. On s'en sert aussi en guise de 
litière pour le bétail. 

bava, s. f. Bave. | l-a de la bava ou 
mwa : il [l'animal] a de la bave à la bouche. 
Il Par ext., on appelle bâvè les rameaux ra- 
battus ou seulement les branches les plus 
basses d'un arbre, celles qu'on peut facile- 
ment atteindre. | éi medzTve déi serTz'éi 
bave d'ô serezi : il mangeait des cerises aux 
branches basses d'un cerisier. 

bâvéréi. Var. de bavârè. 

bâyè (frv. Baie), s. f. Nom de deux tor- 
rents qui se jettent dans le lac Léman : la 
baye dé mur/io é la baye dé hlèrè : la Baie 
de Montreux et la Baie de Clarens. Cette 
dernière ne porte ce nom qu'à son passage à 
Clarens; plus haut, elle s'appelle simplement 
Baie. |j ou tyii dé bâyè : au cul de Baie, im- 
passe dans un endroit où la rivière fait un 
coude. Il lé vene déi bâyè ou lé bâyè tout 
court : les vignes de Baie. | lé tsâ dé bâyè : 
les champs de Baie. 

bàzâ (frv. bazar), s. m. Pêle-mêle de toute 
sorte de choses. | tyë bâzâ vo-z éi ëkè! quel 
pêle-mêle vous avez là ! || On appelle encore 
de ce nom le chédail, qui est le cheptel 
français, mais avec un sens beaucoup plus 



BAB 



43 — 



BAB 



•étendu. | l-é li ke l-a éretâ to le bô:â : c'est 
lui qui a hérité de tout ce a rapport à l'ex- 
ploitation agricole. 

hâ (1). s. m. Ban. | /é bà déi venèdzè : 
les bans de vendanges, proclamation par 
laquelle il est défendu de cueillir du raisin 
dans les vignes. A partir de la mise des 
bans^ les sentiers sont interdits à toute per- 
sonne qui n'a pas à travailler à la vigne et il 
est défendu à chacun d'y rester dès les six 
heures du soir. Des gardes sont chargés de 
veiller à l'exécution de ces mesures et de 
prendre les noms des délinquants, qui sont 
punis d'une amende en séance du Conseil 
municipal. Pour lever ou rompre les bans, 
comme l'on disait autrefois, il fallait l'avis 
de tous les propriétaires de vignes. Ils pre- 
naient jour pour aller tous ensemble visiter 
le vignoble. Il y avait deux levées de bans, 
une pour le gros-terroir et une pour le prin- 
terroir. La récolte des raisins rouges se 
faisait plus tard. Aujourd'hui le public n'a 
plus qu'à accepter les décisions municipales 
et la mise de ban lui importe peu ; ce qui 
l'intéresse, c'est la levée de ban, et, chose 
curieuse, il n'emploie pas le mot de levée; il 
dit mettre les bans pour lever les bans. | l-n 
mé lé hâ po delà : ils ont mis (levé) les bans 
pour lundi. On dit encore les bans, quoi- 
qu'il n'y ait plus qu'une seule levée de ban. 
Il métré lé bà a n-ô sèdâi : défendre le pas- 
sage d'un sentier. || Fig. ne se ré a bà : nous 
sommes de nouveau arrêtés dans nos tra- 
vaux. 

bâ (2), s. m. Banc. [ l-a sô hû ou préidzo : 
îl a son banc à l'église. | ô bâ dé tsë, dé 
liidzè : un banc de char, de liiffe. \\ ô tsë-r a 
bâ : un char à bancs (voir tsë). \\ le bâ éi-z 
ono : le banc aux ânes, banc sur lequel on fait 
passer les ignorants à l'école. || ô bâ d'ono : 
un banc d'âne, espèce de banc avec levier et 
pédale, servant à façonner les échalas. Son 
nom lui vient probablement de ce que, à cha- 
que coup de pédale, la tète du banc se lève 
et s'incline, comme le fait un âne, ou un 
ignorant dans un interrogatoire. |1 ô bâ dé 
memïzi/é : un établi de menuisier. || ô bâ dé 
faire : un étalage de foire. || ô bâ dé venè : 
un banc de vigne, tranchée creusée pour 
l'arrachage d'une vigne. || le bâ déi dzâlè : 
le banc des mensonges, surnom d'un repo- 
soir où les femmes s'arrêtaient autrefois en 
allant au marché et en en revenant. 

bâbanâ (frv. bambaner), v. n. Faire mou- 
voir la bâhâna pour scier les pièces de bois. 



I ô se mé du po bâbanâ : on se met deux 
pour bambaner. \\ Fig. Perdre son temps à 
flâner. | te ne bâbanéréi pâ trii grâtë bâ 
pèr lé : tu ne perdras pas trop de temps 
là-bas. [ l-â pasâ la né a bâbanâ pè tôle 
lé kâvè : ils ont passé la nuit à aller de 
cave en cave. — En cet enq)loi, syn. bre- 
lâdâ . 

bâbanâ i/è (frv. bandxinée), s. f. Action de 
bâbanâ. et par ext., mouvement répété d'un 
objet qui branle de-ci, de-là. j l-a fé ôna 
pusèld bàhanâije dérà dé tsezl : il [l'arbre] 
a longuement oscillé avant de tomber. 

babil [{)(ÎTv. bamban), s. m. Terme familier. 
Objet flottant au gré du vent. | léi-y a ô 
gale bâbâ ke pè ou tâi ; il y a un joli bam- 
ban qui pend au toit. — Cf. bâbelô. 

bâbâ {t)-âna (1) (frv. bamban-ne),s. m. et f- 
Homme ou femme dont la marche lente et 
branlante imite le mouvement de la bâbâna. 
\kemè vudrâ vo ke si bâbâ pinése korè? 
comment voudriez-vousquece bamban puisse 
courir? || Employé comme adj. | si-l omo 
l-é ta bâbâ ke n'ë pou pâ mé : cet homme 
est si bamban qu'il ne pourrait l'être davan- 
tage). 

bâbâna (2) (frv. Ijainhanne), s. f. Grande 
scie à deux personnes pour scier les grosses 
pièces de bois. Elle difl'ère du breséi en ce 
qu'elle est droite. On l'appelle aussi rés'a 
dzâii : scie à j'ouœ. \ fo avéi bô hré po 
fér'alâ la bâbâna : il faut avoir de bons 
bras pour faire marcher la bambanne. 

bâbeli (frv. bambiller), v. n. Balancer au 
gré du vent. [ lé tarelô de Vépwéiryâii ke 
n'ë mé ou kurti bâbelô bë : les bardeaux de 
l'épouvantail que nous avons mis au jardin 
bambillent bien. 1| Fig. Perdre son temps en 
flânant. — En cet emploi, syn. brelâdâ. 

bâbelô (frv. bambillon), s. m. Nom de 
deux appendices qui pendent sous la tête de 
quelques espèces de chèvres et de poules. || Par 
ext., toute chose qui pendille. | ô fâ déi 
bâbelô éi-z ëfâ po lé-z amiizâ : on fait des 
bambillons aux enfants pour les amuser. 

bàbigûla, s. f. Babiole. | se n'é rë ti/é déi 
bàbigûlè : ce ne sont là que des babioles. 

bâbosâii -âuza, adj. et s. m. et f. Bambo- 
cheur-euse. 

bâbosè (1), s. f. Bamboche. \ fére bàbosè : 
faire bamboche. 

bàbosè (2), s. f. Babouche, pantoufle. | déi 



BAD 



— 44 



BAT 



bâbose dé hlotro, dé semosè : des babou- 
ches de feutre, des chaussons de lisières. 

bcibosi, V. n. Bambocher. 

bàdâirè (frv. bandaire), s. f. Traîne de 
robe. I l-a ôna badâire d'en'ôna ke remase 
lé tsemë : elle a une traîne [longue] d'une 
aune qui balaie les chemins. j| Fig. Femme 
qui perd son temps à flâner. | ôna grôsa 
bàdâirè : une grande flâneuse. — Cf. badâi. 

bàdeli (frv. bandiller), v. n. Syn. de 
bâbeli. \\ Fig. Flâner, perdre son temps. | kâ 
l-are prou bâdeli, s'aréisérê : quand il aura 
assez flâné, il cessera. — En cet emploi, syn. 
breladâ. 

bàdérà (frv. handérer), v. n. Rôder, flâ- 
ner, perdre son temps. | se riavéi pâ ta 
bâdérâ, seréi pâ venii to pûro : s'il n'avait 
pas tellement flâné, il ne serait pas devenu 
tout pauvre. — Syn. brelâdâ. 

bâdéré-éta (1) (frv. banderel-te), s. m. 
et f. (vieilli). Au dix-septième siècle, le bàdéré 
était un personnage important; il présidait le 
Conseil général de la localité. Au di.x-hui- 
tiéme siècle, il était huissier du juge de paix. 
La bâdéréta : femme du bàdéré. \ lé nô l~à 
tsàdci, à n'û rè /né parla dé bàdéré né dé 
bâdéréta : les noms ont changé, on n'entend 
plus parler de banderet ni de banderette. 

bâdéréta (2), s. f. Girouette. |1 Fig. éi vire 
kemè la bâdéréta : il tourne (il change d'opi- 
nion) comme la girouette. 

bâdéréta (3),s.f. (vieilli). Ecriteau appendu 
autrefois à l'un des piliers de la halle de 
Vevey, pour indiquer que certaines marchan- 
dises ne pouvaient se vendre avant que l'auto- 
rité eût constaté la justesse des poids et me- 
sures. Ce devait être une sorte de mise de 
bà : la disparition de l'écriteau marquait la 
levée du bà. \ ne pwè sali niilirô biiro, la 
bâdéréta l-é bâ : nous pouvons sortir notre 
beurre, l'écriteau de défense est enlevé. — 
Cf. bàtsé. 

bàdi, s. m. Bandit, mauvais sujet. | ti/é 
ke farài tyé dé kôtiniivà a fére le bàdi? 
que ferait-il autre que continuer à faire le 
bandit? \\ Exclamation familière à l'adresse 
des bœufs. \ ii I le bàdi /eh! le bandit! 

bàdoli, V. n. Branler, se mouvoir de-ci, 
de-là. I la bàdolîre déi valsé bàdole bê kà 
éi koresô : le fanon des vaches se meut bien 
quand elles courent. || Fig. Flâner. | se vo 
fâ sa dé le vëre bàdoli pè si béi të : cela 



vous fait suer de le voir flâner par ce beau 
temps. — En cet emploi, syn. brelàdâ. 

bàdoljrè (frv. bandoulière), s. f. Fanon 
ou peau pendante que les bœufs et les vaches 
ont sous la gorge. | léi~y a déi vatse ke l-a 
déi bàdolTr'ase grôse tyé sou déi bâû : il y 
a des vaches qui ont des fanons aussi gros 
que ceux des bœufs. 

bàdô, s. m., dans la loc. lési alâ lé béifa 
bàdô: laisser aller les bêtes à bàdÔ. Au dix- 
huitième siècle on laissait encore errer le bétail 
dans les campagnes, où il causait de grand» 
dommages, ce qui donnait matière à procès. 

bàgô, s. m. Grande chèvre. 
bàka (1), s. f. Comptoir, table sur laquelle 
les marchands étalent leurs marchandises. 

bàka (2), s. f. Banque. | lé payizà n'àmÔ 
pâ ta mètre lou-z èrdzë a la bàka, a më ke 
ne séi ôna bàka d'éta : les paysans n'aiment 
guère mettre leur argent à la banque, à 
moins que ce ne soit une banque d'Etat. 
\fére soutâ la bàka : faire sauter la banque 
(en provoquer la faillite). 

bàkerota, s. f. Banqueroute. | lé-z ôtra 
yâdzo l-îr'ôna yrôsa vérgone dé fére bàke- 
rota : autrefois c'était une grande honte de 
faire banqueroute. — Syn. dékré, déstyiisyô. 

bàkerutyé-érè, s. m. et f. Banqueroutier- 
ière. I de le bô vïlo tè, lé bàkerutyé l-ïrà 
mé ou karkà ; sou a ko éi dévà pwà loa 
prëdre lou-z âlô dé désii le kwâ é lou 
krétsi kôtrè : l-Trà gràtè se ûzâ sali : dans 
le bon vieux temps les banqueroutiers étaient 
mis au carcan ; ceux dont ils étaient débi- 
teurs pouvaient leur prendre les vêtements 
de dessus le corps et leur cracher au visage ;. 
ils étaient longtemps sans oser sortir. 

bàsuna, s. f. (vieilli). Casserole en fer avec 
suspension, hors d'usage aujourd'hui. 

bàtsé, s. f. (vieilli). Sonnerie de l'hor- 
loge de la halle à Vevey. Par métony- 
mie, l'horloge elle-même. On sonnait la 
bàtsè pour indiquer que le marché aux cé- 
réales était ouvert et que les revendeur» 
avaient le droit d'acheter les légumes et les- 
fruits. C'était donc une levée de bà. \ lé 
révëdyàû pwô veni, la bàtse l-a senà : les- 
revendeurs peuvent venir, la hàtsè a sonné. 
— Cf. bâdéréta (2). 

bàtsé (frv. banchet), s. m. Banc renversé 
placé sur l'essieu de l'avant-train d'un char 
pour retenir le brancard et les autres par- 



BEL 



BET 



ties qu'on veut assujettir au moyen de la 
cheville ouvrière : celui du train de derrière 
s'appelle fobâtsê. 

bâtséta (frv. banchetle), s. f. Dim. de bà; 
petit banc, tabouret sur lequel on met ses 
pieds quand on est assis. | 5 pou pà sa 
kâûdre se avéi Ôna bâtséta dézo se pi : on 
ne peut pas facilement coudre sans avoir une 
banchette sous ses pieds. 

bedâ, s. m. (frv. bedan). Homme peu in- 
telligent, qui commet des actes répréhensi- 
bles. I En terme injurieux : ii I le gro bedà : 
fi ! le gros bedan. 

bedënè, s. f. Bedaine. 

bedôdënè, s. f. Femme très grosse. | ôna 
prisêta bedôdënè : une très grosse femme. 

bediima (frv. bédouine), s. f. Fille ou 
femme dont l'intelligence est très peu déve- 
loppée. I Ôna ffrôsa bediima : une grande 
niaise, i bediima ke Véi ! bednume que tu 
*s ! se dit à toute personne qui momentané- 
ment paraît privée d'intelligence. 

bedijé-éta (frv. bediet-te), s. m. et f. 
Biquet-te. j lé-z èfâ l-àmô ta lé bedijétè : 
les enfants aiment beaucoup les biquettes. — 
Cf. tsTora. 

bedijotâ, V. n. Terme familier pour dire 
qu'une chèvre met bas. | la tsTvra l-a 
bedyotà sti mate : la chèvre a mis bas ce 
matin. — Syn. tsevrotâ. 

belo (frv. beleaa), s. m. et f. Evaporé-e. 
I ô belô, ôna ffrôsa belo : un évaporé, une 
évaporée. — Syn. breloka. 

helii, s. m. Terme familier pour désigner 
les poux. — Cf. pijâii. 

belijzè, s. f. Blouse de toile bleue que les 
hommes portent par-dessus leurs vêtements 
quand ils ont à faire des ouvrages malpro- 
pres, ou à conduire du bétail. La belûzè 
€st plus courte que la riilérè. 

belebâbo (frv. billebambeau), s. m. Terme 
servant à désigner une maladie de circon- 
stance. I lé dzë ke n'àmô pà travail trouva 
todonlô moyU d'avéi ôna maladi dé bele- 
bâbo, bel bè é ne medze pà mô : les gens 
qui n'aiment pas à travailler trouvent tou- 
jours moyen d'avoir un semblant de maladie 
[dans laquelle] on boit bien et l'on ne mange 
pas mal. — On dit aussi hilebâbô. 

belè, s. f. Partie la plus épaisse de la bille 
de bois, d'environ 50 centimètres de long, et 
destinée aux bardeaux. î aivé lé belè ô fà lé 



miizétè : avec les billes on fait les mor- 
ceaux de bois qui se débitent en bardeaux. 
— Cf. belô. 

bêlé, s. m. Billet. 

belô (frv. billon), s. m. Dim. de belè. 
Partie de la bille de bois qui reste après 
qu'on a enlevé la belè et qui est destinée au 
sciage ; bois en grume. | aivé lé belÔ ô Ja 
déi là obê déi trâ ; ô-n è fâ asebê don bii 
dé mûlo : avec les billes on fait des planches 
ou bien des poutres ; on en fait aussi du bois 
à brûler. 

bené-éta, adj. et s. m. et f. Benêt, niais-e, 
nigaud-e. | l-é trii bené po kôprèdre se : il 
est trop benêt pour comprendre cela. 

benézo-ézè, adj. Bien aise, content-e, heu- 
reu.\-se. Ne s'emploie que précédé des adv. 
bê, ta, ffrô. I sii bê benézo dé té vërê : je 
suis bien aise de le voir. | l-ïre ta benéze dé 
le savâi : elle était si contente de le savoir. 
|."fô ffrô benézo ke se séi arevâ : ils sont très 
heureux que cela soit arrivé. 

berehlo, s. m. pi. Besicles. ] l-a lé berehlo 
sii le nâ é sa pà ijô lé prêdrè : il a les besi- 
cles sur le nez et il ne sait où les prendre. 

beskornii-na , adj. Biscornu-e. | ô tsapéi 
beskornii : un chapeau biscornu. | ôna Iota 
beskorna : une hotte biscornue. || Fig. De 
mauvaise humeur. | l-é to beskornii wâi, 
se pà ke l-a : il est tout biscornu aujour- 
d'hui, je ne sais ce qu'il a. — On dit aussi 
betsekornii . 

beskumjrè (frv. biscômière), s. f. Femme 
qui court les foires et les fêtes publiques 
pour vendre des biscômes. \ sa beskumtre 
mâke pa ôn'abaiji : cette biscômière ne 
manque pas une fête. 

beskiimo (frv. biscôme), s. m. Sorte de 
pain d'épice fabriqué dans le pays. | lé-z 
êfâ l-àmô ffrô lé beskiimo : les enfants 
aiment beaucoup les bisrômes. 

besatsè, s. f. Sac fermé aux deux extré- 
mités et ouvert au milieu, dans le sens de la 
longueur ; on le mettait autrefois sur un 
mulet ou un cheval et il servait au trans- 
port des provisions de bouche des bergers 
de montagne. Ce sac étant hors d'usage, le 
mot ne sert plus qu'à désigner par méto- 
nymie la provision des bergers. | bali la 
besatsè : donner la provision, — Cf. tàka. 

betetijii (1), s. m. Culbute. | fére le bete- 
tijii : faire la culbute. | fsezi a betetyu : 



BER 



46 



BER 



tomber en faisant un tour sur soi-même. 
Il Par ext., désordre. | te mé fâ à béi betetyn 
pèr ëkè : tu me fais un beau désordre par 
là. I tst sou (Izè, to léi-y é a beteiyû : chez 
ces g-ens tout y est en désordre. 

betetfjii (2), s. m. Personne ^osse et courte, 
rag-ot. I tyè peti betetyii ! quel petit ragot ! 

betetyulâ, v. a. Bousculer. | m'a bete- 
tyiilà : il m'a bousculé. |1 V. n. Culbuter, 
tomber à la renverse. | s'é mé a betetyiilâ 
Jierhê 5 sëdzo pèr êkè : il s'est mis à cul- 
buter par là comme un singe. 

betsekornii. Var. de beskornii. 

betsevé (a) loc. adv. A béchevet, tête- 
bêche. I lé-t ôtro yâdzo ô météi prou sovê 
dremi lé-z êfâ a betsevé : autrefois on met- 
tait fréquemment coucher les enfants à tête- 
bêche. I lé pwë se kiitsô a betsevé : les 
cochons se couchent tète-bêche. 

hetsé, s. m. (vieilli). Bichet, ancienne me- 
sure équivalant à deux quarterons (environ 
40 litres). 

hezebelo, s. m. Billebaude. | tyè bezebelo! 
quelle billebaude ! 

Itezebulè, s. f. Bisbille. | sô to-t e tteze- 
bûle pèr êtsï lâiï : ils sont en complète bis- 
bille chez eux. 

bezéi, s. m. Biseau. | se l~é tali ê bezéi : 
cela est taillé en biseau. 

bezoné, s. f. Besogne. | tyèfa puta be- 
zonè f quelle vilaine besog'ne ! — Cf. fwâitè, 

bezôtsi, v. a. Besogner, s'occuper à toute 
sorte de travaux. | léi faséi rè tye bezôtsi : 
il lui était égal à quoi s'occuper. j| Fig-. Gas- 
piller, ruiner. | éi bezôtse to : il gaspille 
tout. 

bezôtsfrê, s. f. Femme qui ruine son mé- 
nage. I n'é tyè ôna bezotsîrè : elle n'est 
qu'une gaspilleuse. — Syn. débardyâuza. 

/)èrbé, adj. m. Barbet. || ô tsiné bèrbé : un 
petit chien barbet. 

bèrbotà (frv. barboter), v. n. Parler bas et 
confusément, murmurer^ grommeler. | tyé ke 
l-a ta a bèrbotà? qu'a-t-il à tant murmurer? 
— Cf. barbota. 

bèrbotyàu-âûza, s. m. et f. Celui, celle 
qui barbote. \ tyê bèrbotyâû ! quel murmu- 
rateur ! 

bèrbutsé (frv. berbouchet), s. m. Salsifis 
sauvage. | le bèrbutsé retire dé vè le kakêli : 
le salsifis a du rapport avec le pissenlit. 



bèrbû (1) -w/o, adj. Véreux-euse. | lé-z èfa 
léi wéityô pà dé medzi déi père bèrbû é déi 
pome bèrbûlè : les enfants n'y regardent pas- 
à manger des pommes et des poires vé- 
reuses. 

bèrbû (i) (frv. berbou), s. m., dans la loc. 
_/(2/r bèrbu : faire berbou, c.-à-d. faire passer 
rapidement et à réitérées fois de haut en bas 
un doigt sur les lèvres presque fermées, d'où 
s'échappe le son prolongé de û. Sous l'attou- 
chement du doigt, la lèvre inférieure s'ouvre 
et se ferme en laissant entendre un son qui 
peut ressembler à un berljou plusieurs fois 
répété. On distrait avec cela les petits en- 
fants qui pleurent. 

bèrdehla, v. n. Vouloir tout faire à la fois^ 
en sorte qu'au lieu d'être avancé l'ouvrag& 
n'en est que plus retardé. | tyé ke te bèrdehle 
pèr ëkè ? de quoi te mèles-tu là? | nà so pâ 
asetû prou bèrdehla ? n'as-tu pas bientrit 
assez embrouillé les choses ? 

bèrdehlâdzo, s. m. Action de bèrdehla. 
! te mé fâ ô béi bèrdehlâdzo ëkè : tu me 
fais' là un beau travail. 

bèrdehlé-éta, adj. et s. m. et f. Indiscret 
qui se mêle de tout et crée des situations 
embarrassantes. Quand on surprend un en- 
fant tombant dans cette faute, c'est avec une 
tape sur la bouche ou sur les mains qu'on lui 
dit : bèrdehle ou bèrdehléia ke t'éi! indis- 
cret que tu es ! 

bèrdséri, s. f. (vieilli). Garde des trou- 
peaux, I l-à rémé la bèrdzéri déi tsTvrè ou 
bwéitâû : ils ont remis la garde des chèvres 
au boiteux. 

bèrdzî-îrè, s. m. et f. Nom collectif pour 
tous les adultes qui gardent les troupeaux 
sur les alpages. | éi vou se fére bèrdzl : il 
veut devenir berger. — Cf. ârmali et voy. 
bwibo. 

bèrhlà (frv. bercler), v. a. Ramer (des 
plantes grimpantes). | vë awé mè, ne bèrh- 
lérë lé faveyûVé lé pâi : viens avec moi, 
nous ramerons les haricots et les pois. || Fig. 
bèrhlà ôna patsè : conclure une affaire, un 
marché. || V. n. S'enrouler, s'étendre sur les 
rames. | sou faveyûle bèrhlô dza : ces ha- 
ricots s'enroulent déjà. | lé pâi sô béi bèrhlà : 
les pois sont bien rames. 

bèrhlîrè (frv. berclure), s. f. Rame pour 
soutenir les plantes grimpantes. | ô mé déi 
bèrhlîrè éi pâi, éi fâv'é éi faveyûle : on 
met des rames aux pois^ aux fèves et aux 
haricots. 



BE 



— 47 — 



BEG 



hèrlà (frv. berler), v. n. En parlant d'une 
plante, pousser des rejetons autour de la 
tis^e. I tèk'à-n àbro béi bèrlâ : voilà un 
arbre qui a de beaux rejetons. | lé fàve 
hèrlô bè : les fèves berlent bien. 

bèrnârda, s. f. (vieilli). Femme autrefois 
chargée de jeter le bèrnadzn. 

bêrriâ (frv. bernard), s. m. Pelle à feu. 
lé-z ôlro ku à ramasàve lé-z ékovir'awé le 
bèrnâ, ora loti fà ô-n ôtriiti : autrefois on 
ramassait les balayures avec le bernard ; à 
présent il leur faut [aux dames-paysannes] 
un autre outil. 

bèrnndco. s. m. (vieilli). Tout ce qu'au- 
trefois on jetait en sig-ne de bénédiction sur 
la tête des mariés lorsqu'ils faisaient leur 
entrée dans la maison paternelle. Ce bér- 
riâdco consistait en blé, noix, pommes, etc. 
Le blé devait atteindre principalement l'épou- 
sée, tandis (pie les noix, pommes, etc., allaient 
à droite et à gauche sur la foule réunie des 
curieux. Cette touchante coutume a pris 
fin, avec les chars à bancs, vers 1860 envi- 
ron. I akiili le bèrnùdco: jeter le bérnâdco. 

bêrni'klè ! (frv. bernicle), int. Bernique! 
\se t'a kriï ke léi-y oudrâi, bêrniklè! si tu 
as cru qu'il y irait, bernique ! 

bèrtii (frv. berlou), s. m. Sorte de petit 
fromage délicat, gras et léger, qui se faisait 
autrefois sur les monts pendant que les va- 
ches mangeaient la dernière herbe d'au- 
tomne. I le vïlo dcà savéi fère déi ta bô 
bèrtû : le vieux Jean savait faire de si bons 
bortous. 

bèriivéta. Var. de barii^'éta. 

bèrâvéta. Var. de barii^étâ (1 et 2). 

bé (!), s. m. Bec. | déi bé d'oséi : des 
bi'cs d'oiseau-T. || Par ext., bouche. | té vit 
firou hliire le bé : je te clorai bien le bec. | 
i/éi bé a friko : des becs à fricot (personnes 
qui aiment la bonne chère). 

bé (2), s. m. Bout. | le bé don tété : le 
bout du sein. | lé bé de la lena : les cornes 
de la lune. | le bé de la téisa : le sommet 
de la tête. || métré lé bé rodro : mettre les 
bouts rouges ; se dit des fruits qui com- 
mencent à mûrir. | Fig. le r/ad:o nié lé bé 
rodco : le gage /net les bouts rouges (il 
mûrit, le paiement approche), ô bé a tré, a 
nâii: un bout à trois, à neuf; se dit de bouts 
«le branches qui réunissent en un trochet 
trois fruits, neuf fruits. df fa fana a-n ô 
//.■• .• (le la laine à un (il. : ô /risto b^ dé 



riyé : une triste fin d'existence. \\ è tote 
tsûze fo alâ tàk'oit bé : en toutes choses il 
faut aller jusqu'au bout (s'armer de persévé- 
rance). Il Pointe. I à sèrhloré a-n à tjé : une 
serfouette à une pointe. | lé bé d'ena fortsé, 

I d'ô fosâti : les pointes, les dents d'une four- 

I che, d'un fossoir. 

ftéda (1) (frv. béder), v. a. Ne pas attein- 
dre le but, manquer (une leçon). | l-a bédâ 
la siba : il a manqué la cible. | éi bédé tote 
se lesô : il manque toutes ses leçons. 

bédâ (2), V. a. et n. Tiédir, faire tiédir. | 
mé fù té bédâ ôna ffota dé sepa : il me 
faut te chaufFer une goutte de soupe. | métré 
l>édà de Véiwè : mettre tiédir de l'eau. 

bédâno, s. m. Bédane, ciseau à évider. 

f)édè (frv. bédé), s. f. Fente. | à pioéi 
vëre le sélâiï a travë la bédé de la pivârta : 
on pouvait voir le soleil à travers la fente 
de la porte. || T. de couturière, ouverture 
pratiquée sur le derrière d'un jupon et per- 
mettant de le passer sur la tête. | ta bédé l-é 
onvérta : la bédé de ta robe est ouverte. || Par 
ext., toute déchirure en long. | t'a fé ôna 
bala béd'a ta kotilô : tu as fait une belle 
bédé à ton jupon. 

liédo, béda, adj. Tiède (syn. tyédo, tâido). \ 
medzi i/o sou tsu bédo ? est-ce que je mange 
ces chou.v tièdes ? | la sepa n'é pà pï béda : 
la soupe est à peine tiède. |I Fig. Triste et 
peu disposé au travail ou à la conversation. 
\sii to fjédo wùi : je suis tout accablé au- 
jourd'hui. I tyé ke Va, ke te sèbfe iota 
béda:' qu'as-tu que tu semblés toute triste? 

bêdyè, s. m. Béguin. Terme plaisant par 
lequel on désigne une fjédyina. \ tô f)édyë 
l-é dé travë : ton bonnet de nuit est de tra- 
vers. 

bédyina, s. f. Bonnet de nuit de femme. 
I léi-y a déi fémale ke ivârdô to le dzwa 
Ion bédyinè : il y a des femmes qui gardent 
tout le jour leurs bonnets de nuit. — Cf. 
bédyè et bàlwàzè. 

fiédzô, s. m. Liquide qui s'écoule de petites 
saillies de i'écorce du pin, du sapin et du mé- 
lèze, résine. | don fm plè dé bédcô : du bois 
plein de résine. — Cf. pâi (4). 

bédcii, s. m. -Mouette. | l-é odcii le 
bédzii : j'ai entendu la mouette (siijne qu'il 
va neiger). 

béyo, béya, s. m. et f. I>("giii'. '"' fx^o, 
ûna fn(ja : un, une Ixguc. 



BEI 



- 48 — 



BEN 



béi, bal, bnla, adj. Beau, bel, belle. | le 
héi-l orno, lé béi-z omo : le bel homme, 
les beaux hommes. | lé vene l-â bala 
grâna : les vignes ont de beaux grains 
Il fér'ona bala mwâ : faire une belle mort 
(mourir paisiblement). || se fére bala : se 
faire belle (s'habiller coquettement). || dremi 
a la baVésfiila : dormir à la belle étoile. 
Il le béi premi, la bala preimrè : le tout 
premier, la toute première. || ô béi dziùa le 
léi-y a de : un beau jour il le lui a dit. || se 
rebatâ ou béi méitè don tsemè : se coucher 
au beau milieu du chemin. | béi kemè le 
dziùa : beau comme le jour. || vo féde to 
■béi: vous faites tout beau (vous nettoyez). 
Il pè béi é pè pu : par beau et par mauvais ; 
se dit du temps. || fà grô le béi : il se vèt 
richement. || le baromètre l-é a béi : le baro- 
mètre est au beau. | Pr. to novéi l-é béi. \ 
puta tsata, béi menô. \\ béi, bala sont sou- 
vent employés par antiphrase. | téi bala ! 
— vâi, sii tota tyé bala ! tu es belle ! — 
•Oui, je suis toute que belle (rien moins que 
belle). I te rêtra déi bale-z âûrè : tu ren- 
tres à de belles heures (tard). | l-a riskâ 
bala : il l'a échappé belle. || Adv. Beau. 
I-é dé béi vëre ke l-é fû : il est de beau (fa- 
cile de) voir qu'il est fou. | dé béi savâi : de 
beau savoir (cela va sans dire). | t'a béi 
férè : tu as beau faire (ce que tu fais ou 
dis ne chang-e pas les choses, ou aussi : tu 
as le temps de finir). || bal é bê, bal é bô : 
bel et bien, bel et bon. | bal é bë ke léi 
sii zâii : j'y suis réellement allé. | l-é bal é 
bo dèsè : cela est bel et bon ainsi. || Clair. 
I 5 séi véi pâ béi : on ne voit pas clair ici. 
1 vàyo rè béi : je n'y vois goutte. | ô véi 
dza béi a tré-z onre dou mate : on voit 
déjà clair à trois heures du matin. || Les 
■exemples suivants tiennent de l'adjectif et de 
l'adverbe. | t'éi béi môné : tu es joli- 
ment sale. I l-é bala rodzè : elle est bien 
rouge. I te révê bala krotâyè : tu reviens 
très crottée. | si-l omo l-é béi su : cet homme 
est beau soûl (ivre-mort). 

béinâ, v. n. Se dit d'un liquide qui est 
longtemps sur le feu sans cuire. | la sepa 
l-a trii rjrâtè ke bâinè, vou pâ éihre bnna : 
la soupe a été trop longtemps à cuire, elle 
ne sera pas bonne. 

béisè, s. f. Béte, animal. || Abs. lé béisè : 
Je bétail. || déi béi fa kivâriiè : des bêtes à 
cornes. | ôna béise d'aplfti : une bête d'at- 
telage. Il sèbÇona béis'èradza : elle res- 
semble à une bête enragée ; se dit d'une per- 



sonne très irritée. || Fig. fâ pâ la béisè : ne 
fais pas la bêle (ne m'ennuie pas). || l-é ase 
beise tyé ke n'é grô : il est aussi bête que 
grand. || béise ke Véi! bête que tu es! || ôna 
béis'a pti : personne nigaude. || Une per- 
sonne malade qui a des griefs à faire valoir 
contre quelqu'un dont elle attendait des 
soins, dira : ne m'a pâ pT dé : béisè! tye fâ 
so? elle ne m'a pas même dit : Bête! que 
fais-tu, ou comment te portes-tu (elle ne m'a 
pas accordé la compassion qu'on a en pareil 
cas pour une bête)'? 

béiséta, s. f. Dim. de béisè. Petite bête. 
I lé motse s5 déi béiséte ke l-ènûyô, ma ne 
fâ rè dé mù a no : les mouches sont de 
petites bêtes qui incommodent, mais elles ne 
font de mal à personne. 

béizè, s. m. frv. (beaux-yeuœ). Sorte de ha- 
ricots. I lé béizè sÔ dzôno awé ô peti pwè 
blâ : les [haricots] éeaMa?-yeMj? sont jaunes 
avec un petit point blanc. 

béka (frv. becque), s. f. Pointe ou objet 
terminé en pointe, i prê lo pè la béka : 
prends-le par la pointe. || ôna béka dé mo- 
tsâii : une pointe de mouchoir. || Extrémité : 
la béka dé pâi : la Becque de Peilz, pointe 
de terre s'avançant dans le lac à La Tour- 
de-Peilz. || Sommet, pic. | la béka d'oudô : 
l'Oldenhorn ou Becca d'Audon. 

békasè, s. f. Bécasse, femme sans esprit. 
I kéize té, békase ke féi! tais-toi, bécasse ! 

békwâirè, v. n. Se dit de la peau enflam- 
mée par l'urine, principalement chez les tout 
petits enfants. | si pûro peti, l-é to hékwè : 
ce pauvre petit, il est tout enflammé. || Réfl. 
S'enflammer par l'urine. | se vou to békwâi- 
rè : il va tout s'enflammer. 

bélosè, s. f. Prunelle. | lé hélose ne sô 
bune tyé kâ l-a dzalâ : les prunelles ne 
sont bonnes que lorsqu'elles ont gelé. 

bélosi, s. m. Prunellier. | ô pou êtâ déi 
premâi su lé bélosi : on peut greffer des 
pruniers sur les prunelliers. — Syn. épena- 
nâirè. 

bélô-ôdzè, adj. Ovale, oblong-gue. | ô 
panéi bélô : un panier ovale. | ô bidô bélô : 
un bidon ovale. | ôna tràbla bélôdzè : une 
table oblongue. 

béna, s. f. Ruche. 

bénûi s. m. (vieilli), Benêt. || Adj. m. l-é 
ta bénâi ke ne pou pâ mé : il est si benêt 
qu'il est impossible de l'être davantage. 



BER 



49 — 



BES 



bénàitè, s. f. N'est usité que dans la loc. : 
Isèrdzi la bénâitè. La hénâilè est une t'ui'ie 
qui, chez les animaux, amène la mort si l'on 
n'intervient promptement par une saignée. 
Celte colère concentrée provient toujours 
d'un mouvement de jalousie; ainsi quand on 
enlève à une vache son rang de senalirê, ou 
qu'on ôte d'auprès d'elle une bète, mouton 
ou autre, avec laquelle elle s'était liée d'ami- 
tié. I le hlori l-a tsèrdsi la henâilè dé se 
I/û léi-y ai'éi osa su senô : la vache appelée 
Fleuri a chargé (pris) la bénâitè parce (ju'on 
lui avait ôté sa clochette. — La bénâitè de- 
vait être une mauvaise fée de la mythologie 
vaudoise. 

béné (frv. béné). T. d'écolier (jui veut 
dire : sans faute. | l-a fé béné a su tëniè : 
il n'a fait aucune faute d'orthographe à .sa 
dictée. 

bénéifô, s. m. Dim. de béna. Cape de 
ruche, en paille, dans laquelle les abeilles 
font le miel. 

béni, V. a. Bénir. Rarement usité. 1 le bù 
dyii pou [ja béni lé krûije dce : le bon Dieu 
ne peut pas bénir les méchants. i| l-é si ke 
bénehre son ke l-à rné le fil a sa méizô : 
c'est celui-là qui bénira ceux qui ont mis le 
feu à sa maison. | di/ii té bénè! dyii va 
bénesè ! Dieu te, vous bénisse ! Remarquer 
les formes //énè, bénesè. 

bénirâii-âiica, adj. et s. m. et f. Heureux- 
euse, bienheureux-euse. | sou ke mtiresô sô 
bè bénirâii : ceux qui meurent sont bien- 
heureux. I l-é ta bênirâuza : elle est si heu- 
reuse, j éi divâ kemë ô bénirâu : il dort 
comme un bienheureux. — Sauf dans le 
|)roverbe qui suit, ce mot n'est usité qu'en 
parlant des personnes qui viennent de mou- 
rir. Il Pr. bénirâu le paiji ijo le nolâ 
s'èvêrnè. 

béniso, s. f. Fête religieuse et populaire 
d'automne des catholiques fribourgeois. 

bénolô, adj. m. Un peu benêt. | l-é ta 
bénolô, le piiro peti : il est si benêt, le 
pauvre petit. \\ S. m. ô bénolô : un henèt. 

béré. Var. de béro. 

béréta, s. f. Sorte de coitte que les femmes 
mettaient autrefois sous le voile pour com- 
munier. Il léi-y a orné sèptatTi ke lé fémale 
méiô rë mé dé bérétè : il y a au moins 
soixante-dix ans que les femmes ne portent 
plus la béréta. || Par dérision, bonnet de nuit. 

GLOSSAIRE DE BI.ONAY 



béro, s. m. (bout rompu). Se dit de l'ex- 
trémité d'une branche d'arbre rompue, avec 
ses fruits. | trosa véi ô béro : romps voir un 
béro. I l-é to plè dé béro pèr déso .• il y a 
tout plein de béro par dessous [sous l'arbre]. 
— On dit aussi béré. 

bérotâ (frv. béroter), v. a. (rompre les 
bouts). Casser les extrémités des branches 
des arbres pour en manger les fruits. | ne 
seréi rè ke niedzisà lé frwi, se ne bérot/irâ 
pâ ta lé-z âbro : il n'y aurait pas de mal à 
ce qu'ils mangeassent les fruits s'ils ne cas- 
saient pas tellement de branches aux arbres. 

béroté, s. m. Petite charretée d'herbe, de 
foin, de paille, etc. | l-a mena ô béroté dé 
Jé/né : il a mené une petite charretée de 
fumier. — On dit aussi bérotâ. — Syn. tsèroté. 

bérotn. \'ar. de béroté. 

béscnâ, V. n. Mettre au monde des ju- 
meaux. I sa féna l-a bésenâ du yadzo : sa 
femme a eu deux fois des jumeaux. || sa oatse 
bésene fï lé kiï : cette vache a charpie fois 
des jumeaux. 

bésené-éta, s. m. (vieilli). Dim. de bésô-ena. 
Petit jumeau, petite jumelle. || lé bésenétè : 
les Bessonnettes, autrefois pièces de terrain 
longues et étroites formant une rangée. 

bésè, s. f., abrégé de abésa. Abbesse ; n'est 
conservé que dans : méire bésè : mère 
al)besse. Wpéii^e krotsè, méire bésè é tré peti 
pêdii ou tyii : père croche, mère abbesse 
(noire) et trois petits pendus au derrière, 
sorte d'énigme par laquelle on donnait à 
deviner une marmite. Les trois petits, ce 
sont les trois pieds. 

bésè, s. f. Baisse. \ léi-y a ôna yrosa bése 
siï lé rë ; se vou pâ ëretsi lé renolà : il y a 
une grande baisse sur les vins ; cela n'enri- 
chira pas les vignerons. 

bési (1), bésa, adj. Fourchu-e, bifunpié-e. 
[sa plâta l-é bésa : cette plante est bifur- 
fpice. la brâtse bésa se vou ékwési : la 
branche fourchue va s'écuisser. 

bési (2), s. m. \ le bési : l'enfourchure des 
jambes. ] s'é fé mô ou bési : il s'est fait 
mal à l'enfourchure. || Par analogie, arbre 
fourchu, et par ext., chacune des tiges de 
l'arbre. | ô fâii a du bési : un hêtre à deux 
tiges. Il On appelle encore bési deux fruits 
joints ensemble. | déi premip'j bési : des 
prunes jumelles. — Cï.fortsii. 

bési, V. a. Baisser, abaisser, j te la tè 
bésa ora ta puta téisn : tu la tiens baissée 
4 



BET 



50 



BEZ 



maintenant, ta mauvaise tête. | léi-ij é fé 
bési le tÔ : je lui ai fait baisser le ton (je 
l'ai humilié). | l-à bési le pÔ : ils ont abaissé 
le pont. Il Réfl. Se baisser. | sV bésa kâ l-a 
yii veni le kii ; elle s'est baissée quand elle 
a vu venir le coup. — Syn. se hléinâ. 
Il V. n. Baisser, diminuer. | lé-z éiwe bésô 
grâ trê : les eaux baissent beaucoup. || le 
sélou bésè, no fô no dépatsi : le soleil 
baisse, il faut nous dépêcher. || Diminuer 
de valeur, de prix, ramender. j lé vatse 
l-à bè bési : les vaches ont baissé [de prix]. 
I le pâ voii ôko bési : le pain ramendera en- 
core. 

bésô (1), s. f. Boisson. | de la biuia bésô : 
de bonne boisson. 

bésô (2)-e/?a, adj. Jumeau, jumelle. | ô/râre 
bésô, ôna sTra bésena : un frère jumeau, une 
sœur jumelle. || S. m. et f. sa fémala fâ 
todonlô déi bésô : cette femme a toujours 
des jumeaux. | sti yâdzo l-a zoa dû^e 
bésenè : cette fois elle a eu deux jumelles. 
I fô pâ alévâ déi vatséie déi bésÔ : éi vënô 
tsévéko : il ne faut pas élever de vachettes 
bessonnes ; elles deviennent hermaphrodites. 
— Cf. fr. besson. 

bétâi, s. m. Boue des chemins, boue au- 
tour des chalets, provenant du piétinement 
des bestiaux dans un terrain ramolli. | léi-i/ 
ê-n a don bétâi pér êkè ! il y en a de la boue 
par ici ! — On dit aussi bétâirè. — Syn. 
pako, pair ego, borba. — Cf. èbéto. 

bétâirè, s. f. Comme le précédent. 

bétâ (1), (frv. bêtard), s. m. Bêta, j té fâ pâ 
ta dé kuzô por Ô bétâ kosë : ne te fais donc 
pas tant de souci pour un pareil bêta. 

bétâ [se), (2), v. r. S'embêter. | se pâ portye 
sa zoa mé bétâ tsï son dzë ; je ne sais pas 
pourquoi je suis allé m'embêter chez ces 
gens. 

bétena, v. a. Bétonner. T. de maçonnerie. 

I bétenâ Ôna grÔdzè : bétonner une grange. 

II V. n. Épaissir ; se dit du manger qui se 
gâte et s'épaissit. | le laséi, la sepa bétené : 
le lait, la soupe s'épaissit. 

bétenâdzo, s. m. Bétonnage. 

bétilè (vieilli), s. f. Gaze, mousseline. | lé-z 
ôtro ku ô faséi déi gale niotsou dé bétilè : 
autrefois l'on faisait de jolis mouchoirs de 
mousseline. 

bétizè, s. f. Bêtise. || Pr. si ke fâ la 
bétize, la bérè. 



bétô (frv. béton), s. m. Premier lait d'une 
vache qui a vêlé ; bouilli, ce lait devient 
épais. I niedzi don bétô : manger du béton. 
Il Béton. I fére don bétÔ : faire du béton. 

bétsé, s. m. Dira, de bé (2). Petit bout. 
I ô bétsé dé bu : un petit bout de bois. 

bétsi, v. a. Bêcher. | lé-z ôtro yâdzo ô 
bétsïoe to le blâ; ora ô trouve se trû pénâ- 
blo : autrefois on bêchait tous les blés ; à 
présent on trouve cela trop pénible. 

bélsa (1), s. f. Action de bétsi. Léger 
labour fait avec un petit fossoir ou un ser- 
cloret. I fér'ôna hétsa déva dé sénâ : faire 
un léger labour avant de semer. 

bétsçi (2), s. f. Becquée. | lé-z ozéi balô 
la bétsa a lou peti : les oiseaux donnent la 
becquée à leurs petits. 

bétsâii (frv. bêchoir), s. m. Bêche, brise- 
mottes. I lé bétsâii sô pâ ase pénâblo a ma- 
néyi tyé lé fosâii : les bêches ne sont pas 
aussi pénibles à manier que les fossoirs. 

bétyilè, s. f. Béquille. | éi va awé lé 
bétyilè : il marche avec les béquilles. 

bétyÔ, s. m. Petit porc. Mot d'origine fri- 
bourgeoise. 

bévusè, s. f. Femme qui boit beaucoup 
d'eau ou de tisane, gobelotteuse. | te rébéi 
dza, bévuse ke t'éi : tu bois de nouveau, 
buveuse que tu es. 

bévasi, v. n. Buvotter, gobelotter. | bévuse 
to le dzwa apréi sa tizâna : elle boit tout le 
jour sa tisane. 

bévyâù (1), s. m. Buveur, ivrogne. | l-é Ô 
famô bévyâii si ëké : c'est un fameux bu- 
veur, celui-là. 

bévyâii (2), s. m. Fontaine de montagne 
dont le goulot et le bassin sont en bois. | le 
bévyâii : chalet avec pré à faucher, à proxi- 
mité de Tercier. C'était là, sans doute, que les 
troupeaux des pâturages voisins allaient boire 
dans le temps où tous les environs étaient 
alpés. — On dit aussi béyâii. 

béyâii. Comme le précédent. 

bézéta. Voy. bézÔ. 

bézi (1), V. a. Baiser. | fô pâ bézi lé 
peti-z ëfa, se lou fâ don mô : il ne faut pas 
baiser les petits enfants, cela leur fait du 
mal. Il Réfl. Se baiser. || Fig. lé du pa 
se sô bézi : les deux pains se sont touchés 
pendant la cuisson. 

bézi (2), s. m. Baiser. 



I 



BE 



51 



BEI) 



bézotà, V. a. Fréq. de bézi ; baisoter. | va 
to le dzwa è bézotê se fràré se sïrè : elle 
baisote tout le jour ses frères et sœurs. 
Il Réfl. Se baisoter, | l-â prou lesi dé loti 
hézotà : ils ont biea le temps de se baisoter. 

bézp, bézéta, s. m. et f. Baiser. Ces mots, 
avec les quatre qui suivent, sauf bresô, ne 
sont usités que dans le malicieux couplet 
avec lequel on raille les nouveaux mariés : 

la prernTrânàijè : bézo, bézéta. 

la sé/i'ôd'ânâi/è : bresô, breséta. 

la t riorizijém' ânàyè : busd, biiséta. 

la Iiatrii/é/nânâi/è : pâsa, lèse mé pasà. 

La première année : action du mari et de 

la femme de se donner des baisers. 
La seconde année : action du mari et de la 

femme de bercer alternativement. 
La troisième année : action du mari et de 

la femme de se donner récipro(juemeiit 

des coups. 
La quatrième année : [le mari dit :] passe; 

[la femme dit :] laisse-moi passer. 

béza (frv. baisée), s. f. Action de bézi. 
I l-a résfï ôna bnna béza : il a reçu une 
bonne baisée. 

bè! int. Fi ! pouah ! Se dit aux ])etits en- 
fants qui se salissent. 

bèrhla, s. f. Treille. | lé bêrhle prospâiro, 
ma lé-z ozéi é le wéipe n-ê medzô lé rezè : 
les treilles prospèrent, mais les oiseaux et les 
guêpes en mangent les raisins. 

bèrlo, s. m. Rejeton, jeune pousse autour 
de la tige d'un arbre. | lé bèrlo, lé fô tali a 
mézera ke vènÔ : les rejetons, il faut les 
couper à mesure qu'ils croissent. | sa plâta 
l-n déi béi bèrlo : cette plante a de belles 
pousses. 

bèrtso, bèrlsè (frv. berche), adj. Brèche- 
dent. I l-é dza tota bêrtsè : elle a déjà perdu 
toutes ses dents. Ij Par ext., 5 raséi bèrlso : 
un râteau qui a ])erdu une ou plusieurs 
dents. I o-n adn bèrtso : un carré de jardin 
où il manque des plantes, j la murale déi 
kâze l-é bèrtsé, l-aréi fota dé référé : la 
muraille des Cases est ébréchée, elle aurait 
besoin d'être réparée. | lé rezè dé ma sô 
venu bèrtso : les raisins de mars (les gro- 
seilles rouges) ont bien diminué (il y en a 
peu). 

bc (1), adv. Bien. | se lèi vè bè : cela lui 
vient bien (il l'a bien mérité). | se no vè bè : 
cela nous vient bien (nous arrive à propos). 
\sé ijo bè pu! sais-jc bien peu (qu'en sais-je)? 



|/o va bè : tout est bien. | piske te sa to lu 
bè, fà la té mïmo : puisque tu sais si bien 
toutes choses, fais-le loi-même. | é bè, vâi : 
eh bien ! oui. || bè se ke di/ô : bien ce qu'ils 
disent (c'est ce qu'on entend dire). || ti/é bè, 
tyé ma : que bien, «pie mal (en moyenne). 
Il l-a bè lé siivè : il a bien les siennes (ses 
épreuves, ses ennuis). || sô bè : ils sont bien 
(ils sont à l'aise). || bè veni ou veni a bè : 
prospérer. | lé peti pwë vnlô bè veni : les 
petits porcs vont prospérer. | sou tsu vènô 
bè : ces choux prospèrent. | si-l éretâdzo 
Ion POU pâ veni a bè : cet héritage ne leur 
profitera pas. || L'adverbe Aè se place avant le 
verbe suivi d'un adjectif ou d'un adverbe. | l-é 
bè venii vTlo : il est devenu très âgé. | l-â bè 
dreméi grâtè : ils ont dormi bien longtemps. 
I/o bè medzi po réprèdre déi fwnrsè : il 
faut manger bien et beaucoup pour repren- 
dre des forces. || Pr. fo adéi bè J'érè, ô pou 
ti/isà kâ Ô vâii. | ke bè tsât'é bè dàliè fù 
mehl ke pu l-avâhè. \ kâ to l-oudre bè, ne 
léi serè pâ mé. \ kâ lé-z omo farô bè, lé 
lâivre prèdrô lé tsè. Dicton que les femmes 
chantaient dans les rondes du dix-huitième 
siècle. Les hommes leur répondaient : kâ 
fénc bolsô dé parla, l'ètërémè fô aprésta. 

bè ("2), s. m. Bien, possession. | la sèdâ 
l-é le mèloa déi bè : la santé est le meilleur 
des biens. | l-â prou bè ou sélâû : ils ont 
assez de bien au soleil (en parlant d'un bien 
honnêtement acquis). | le bè dé dyii : le bien 
de Dieu (tout ce (]ue l'homme récolte). \\fér'ô 
bè a l'ami : faire un bien à l'ami, le tra- 
vailler à moitié fruit. || Pr. fô adéi predre 
le bè kâ vè, ne vè dza pâ trii sovè. \ le dé 
sô bè, prûtso dé sa pèrda. | ke pë sÔ bè, 
pë sen ésè. \ le trè medze le bè. \\ Ce qui est 
bon, ce qui est juste. | féj'e po le bè : faire 
pour le bien (agir avec de bonnes intentions). 
\métre le bè : mettre le bien (l'inspirer par 
de bonnes paroles). j| grâ bé té fasè ! grand 
bien te fasse! C'est un souhait en ré[)onse à 
un toast ou après un éternuemcnt. 

bèda, s. f. Bande. | ôna bèda dé lérè : 
une bande de terrain. || Troupe, (piantité. 

\ôna bèda d'èfâ : une troupe d'enfants. 

\5na bèda dé dzenelè : une quantité de 
poules. I va tï dé bèda : ils vont tous de 
compagnie. || bëdè : Bendes, lieu dit à Saint- 
Légier. 

bèdâdzo, s. m. Bandage. | s'e rôtû, l-a 
dijii porta ô bèdâdzo : il s'est rompu (fait 
une hernie), il a dû porter un bandage. 



BID 



— 52 — 



BIS 



bèdéta, s. f. Dim. de bëda. Petite bande, 
bandelette. | te léi kodréi ôna bèdéta po le 
soteni : tu y coudras une petite bande pour 
le soutenir. || Poignet de chemise. | fô 
tsâdzi lé bëdéte dé sa tseniTzè ; sô dékii- 
seryè : il faut changer les poignets de cette 
chemise ; ils sont déchirés. 

bêfé, s. m. Bienfait. 1| Pr. Ô bè/é «V èamé 
perdu. 

bêsu, adv. Bien sur, certainement. | bësii 
ke léi sii sâii : certainement, j'y suis allé. 

bëveni, v. a. Bienvenir ; usité seulement 
dans la loc. se fére bëveni : se faire bien- 
venir. 

bëvenn-na, adj. Bienvenu-e. 1 l-é todciva 
la bëvena ëtsî no : elle est toujours la bien- 
venue chez nous. 1| Pr. bëvena k'apwûrtè. 

bëvenâitè, s. f. Bienvenue. | nci pâ ûzà 
ôlramë tijé dé léi siiètà la bëveiiûitè : ils 
n'ont pas osé [faire] autrement que de lui 
souhaiter la bienvenue. 

bibi (frv. bibi), s. m. Nom familier donné 
aux jouets des tout petits enfants. | si peti 
l-a déi gale bibi : ce petit a de jolis petits 
jouets. — Syn. amiizénië. 

bibla, s. f. Bible. | l-é si ke l-é 5-n omo 
kemë fô, éi sa tota sa bibla pèr tijô : c'est 
celui-là qui est un homme comme il faut, il 
sait toute sa Bible par cœur. 

biblasè (frv. biblassé), adj. Spongieux- 
euse, filandreux-euse. | lé rave sô sovë 
biblasè : les raves sont souvent spongieuses. 

bibolo (frv. bibolons), s. m. pi. Terme 
familier. Déjections d'un vermisseau. — 
Syn. grebolo. 

bibwârna, adj. Ce mot et la var. bibwàrnè 
font partie d'une ritournelle dont l'escargot 
fait les frais. Les enfants s'amusent à chan- 
ter aux escargots qui ont rentré leurs cor- 
nes : kwârna, bibwârna, — (var. kukelè 
bibwàrnè), — mohra mé té kwùrnè, té mo- 
hréri tô pâr'é ta mare ke sô sii le tâi, ke 
medzÔ de la sepa éi pâi awé déi kuli dé 
bwâi : coquille (escargot), qui as deux che- 
minées, — var. qui es biborgne (deux fois 
borgne par les deux cornes), — montre-moi 
tes cornes, je te montrerai ton père et ta 
mère qui sont sur le toit, qui mangent de la 
soupe aux pois avec des cuillères de buis. 
— Cf. bwâi. 

bibwàrnè. Voir l'art, précédent. 

bidençi, s. f. Contenu d'un bidon. | l-a 



medzi Ôna bidenâ dé sepâ : il a mangé plein 
un bidon de soupe. 

bidô, s. m. Bidon. | le medzi se wèrdâve 
pie isô de lé bidÔ dé kâiiro tyé ora de sou 
dé fèrblâ : le manger se conservait plus 
chaud dans les bidons de cuivre qu'il ne se 
conserve actuellement dans ceux de fer- 
blanc. 

bifa (frv. biffer), v. n. Cailler; se dit du 
petit-lait après qu'on y a mis \arzi. \ la 
léitija bifè : le petit-lait forme des caillots. 
Il Cf. brétsi, kali. 

bifô, s. m. Caillot du lait. | la léitya l-a 
déi béi bifÔ : le petit-lait a de beaux caillots. 

bigadzi (frv. bigager), v. n. Se mouvoir 
rapidement en travaillant. | ne vulë bigadzi 
ô bokÔ po no rétsoudâ : nous voulons un 
peu bigager pour nous réchauffer. | kâ 
n'arë prou bigadzi, ne no rétsoudérë : 
quand nous aurons assez bigagé, nous nous 
réchaufferons. | bigadzë vâi ! allons, dépê- 
chons ! 

higara-âyè. adj. Bigarré-e. 

bigo-ota, adj. et s. m. et f. Bigot-e, 
superstitieux- euse; se dit en général des 
catholiques qui se livrent à des dévotions 
superstitieuses. | l-é gré bigo : il est très 
bigot. 

bigotéri, s. f. Bigoterie, superstition. | si-l 
omo n'a tyé la bigotéri ë téisa : cet homme 
n'a que la bigoterie en tète. 

bigorna, s. f. Bigorne, instrument de 
forge hors d'usage. Le mot est tombé en 
désuétude. 

bila, s. f. Bile. | l-é plë dé bila : il a une 
surabondance de bile. || Fig. te mé fà la 
bila : tu m'impatientes. 

bila, s. m. Bilan. | rémétre sÔ bila : 
déposer son bilan. 

bilebàbô. Var. de belebâbo. 

bikoka, s. f. Bicoque. | l-a bâti ônéspëse 
dé bikoka yô dénioure dii la tré-z â ; il a 
bâti une espèce de bicoque où il demeure 
depuis trois ans. 

bisa, s. m. Bissac, sorte de sac de grosse 
toile, rayé de bleu et de blanc, qui se ferme 
au moyen d'un cordon passé dans des bou- 
cles et que l'on porte sur le dos ou dans une 
hotte. On y met des provisions de bouche, 
du pain, du fromage, du vin. | fô prëdre le 
bisa por alâ ou bu : il faut prendre le bissac 
pour aller au bois. — Cf. besatsè. 



BLA 



53 — 



BLA 



hiskà, V. n. Bisquer. | te biske bê dé ne 
pu alà a nosè : tu bisques bien de ne pas 
aller à noce (de ne pas avoir été invité). 

bisâ (frv. biser), v. n. Souffler, venter, en 
parlant de la bise. | éi bize bè sta né : la 
bise souffle bien ce soir. || éihre bisâ : être 
exposé à la bise. | ne pwâ pâ avàhi, ta n'Trà 
bi:n : nous ne pouvions pas avancer, tant 
nous étions bises. 

bizevîrè, s. f. (peut-être pour bisiure, 
action de tourner deux fois?) Changement 
soudain de direction. | l-a fê bizevîrè : il a 
chani»-é [subitement] de direction. || Fig. Chan- 
gement d'opinion. | fà bizevîrè kâ vâii : il 
change d'opinion quand il veut (très sou- 
vent). Il Adj. f. dans l'expression ânâi/e 
bizevîrè : année bissextile. 

bizè, s. f. Bise, vent du uord-nord-est, 
\fâ ôna piisèta bizè : il fait une forte bise. 
\la bize l-é yota : la bise est forte. || la bize 
nâiré : la bise noire, bise très froide qui peut 
amener la gelée. \\ Pr. la vondéire dou mate 
va keri la bize dou né. \ kâ plou dé bizè, 
mole tàk'a la tsemîzè. \ bize d'avri medze 
mé dé blà tyé ta le paiji. \\ dou kôté dé 
bizè : du côté de bise (du nord). — Cf. ûra. 

blaga, s. f. Blague, vantardise, conte 
bleu. I ora, ô ne kone pâ prou sa blaga a 
si èkè : ah ! l'on ne connaît pas assez sa 
vantardise. || Pr. kemè lé dzë dé bloné, gro 
dé blaga é pu dé fé, ou : mé dé blaga tyé 
dé fé, ou encore : prou blaga é pu dé fé. 

f->l(iG9i V. a. Blaguer, vanter, hàbler, ra- 
conter des histoires incroyables. | ne pou pà 
se pasà de blaga to se ke l-a : il ne peut 
se passer de vanler tout ce qu'il possède. 
\atynta lo vci blaga : écoute le voir hàbler. 
Il Pr. blaga lé lo, ma tè té de lé bâ. \\ Réfl. 
Se vanter. | s'è-n é pâ trii blagâ : il ne s'en 
est guère vanté. 

blagârè, s. m. Blagueur, vantard. | n\t- 
tyiita pâ si blagârè : ne crois pas ce bla- 
gueur. 

blâ, s. m. Blé. | dou blâ blâ, rodzo '■ 
du blé blanc, rouge. | dou blâ ne ou blâ 
saradzè : du blé sarrasin. | dou blâ grezô : 
du blé à barbe. | dou blâ doufuri, d'outo : 
du blé du printemps, d'automne. | ô godzo 
dé blâ : un tas de blé en épi. || Pr. bize 
d'avri medze mé dé blâ tyé lo le payi . — 
Cf. grôblà, prêtant. 

blâtyé, s. m. Blatier. 

blà, blàtsè, adj. Blanc, blanche. | avéi lé 



katro pi blâ é la mosâila ou frô : avoir les 
quatre pieds blancs et l'étoile au front; se dit 
d'un animal qui se distingue par sa beauté, ou 
d'un homme fier et hautain. | ô-« étyii blâ : 
voir élyii. \ de la téila blàtsè : de la toile 
de coton blanc, par opposition à la toile 
de ménage. | l-é to blâ dé nâi : c'est tout 
blanc de neige. | éihre blâ dé farna : être 
poudré de farine. || l-é vena blàtsè kemê ô 
lëdzo : elle est devenue pâle comme un 
linge. Il Pr. lé brave dzê s5 ase râ tyé lé 
korbé blâ. \ 5 pou pâ sali de la farna 
blàtsè d'à sa dé tsérbô. \ medzi s5 pâ blà 
le premi. || Propre. | se l-é blà kemë la 
nâi : cela est blanc comme la neige. | dou 
lèdzo béi blâ : du linge bien blanc. | l-é 
prou blâ dèsè : c'est assez propre ainsi. 
1 5 fourdâ fré blâ : un tablier qui vient 
d'être lavé. || Pr. zamé pata blâtse na fé 
vèrgon'a dama. \\ Incolore. | blà kemè de 
l'éiwe dé H : incolore comme de l'eau-de-vie. 
S. m. et f. I wéityi kôkÔ ou blà déi 
zè : regarder quelqu'un au blanc des yeux 
(regarder fixement) ; cf. krapa. \\ ô blà 
d'âii : un blanc d'œuf. || dou grô, dou peti 
blâ : du gros, du petit blanc, se dit de deux 
espèces de blé et de deux cépages différents. 
Il lé mwâino déi tsatrose l-îrà abeli dé blâ : 
les moines des Chartreuses étaient habillés 
de blanc. 

blâtsedzalâ (frv. blanche-gelée) , s. f. 
Gelée blanche. | l-a fé frai sta né, léi-y a 
la blâtsedzalâ sti maté : il a fait froid cette 
nuit, il y a la gelée blanche ce matin. 

blàtsené-éta , adj. Blanchâtre, de couleur 
claire, gaie. | lé fêle l-âmô bê méire déi 
robe blâtsenétè : les filles aiment bien por- 
ter des robes de couleur claire. | ô ribà 
blâtsené : un ruban blanchàire. 

blàtsè (frv. blanchet), s. m. (vieilli). Jupon 
de toile qu'on portait autrefois sous les 
autres jupons. | lé blàtsè se fasâ stï la 
tâila : les blanchets se faisaient en toile de 
ménage. Ces jupons étaient lourds et se por- 
taient avec des bretelles. 

blâtséta (frv. blanchette), s. f. Arbrisseau 
dont les jets blanchâtres sont moins flexibles 
que ceux de l'osier. Les graines, rouges ou 
noires, sont disposées par deux à l'aisselle des 
feuilles. On en fait des balais d'écuries. | de 
la blâtséta : de la blanchette. 

blàtséyi, v. n. Blanchoyer, blanchir. | lé 
blâ blàtsèyô : les blés blanchoicnt. jj sa téisa 



BLO 



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BOH 



kemëKa blatséiji : sa tête commence à blan- • 
chir. Il Pr. to se ke blâlséye rié pâ laséi. 

blâtsi, V. a. Blanchir, rendre blanc, pro- 
pre. I 5 pou pu hlâtsi le fi a la lena nâirè, 
réisto to (jri : on ne peut pas blanchir le fil 
à la lune noire, il reste gris. 

blèsé, s. m. Lit de foin sur un char, ou 
brassée de foin dont on forme les coins du 
char pour consolider la charge, j Lit de foin 
d'une meule. | fér'6 blèsé : faire une bras- 
sée, un lit de foin. — ■ Cf. brèsa. 

blèsi, adj. m. Sec; se dit du foin engrangé. 
I le fë l-é bô blèsi : le foin est bien sec, il se 
lève bien par couches. 

blé (l), blétsè, adj. Blet-te, mol-le, flasque. 
\lé père barbéirô vènô oko vito blé : les 
poires barbeirons blettissent facilement. | ôna 
poma blétsè : une pomme blette. — Cf. 
éwaso, tsèrpë. 

blé (2), adv. Plein, eu quantité. | n-ë-n é 
to blé : il y en a énormément. 

blêmi, V. n. Blêmir, se flétrir. | l-é ijil 
blêmi : je l'ai vu blêmir. | l'âbro l-é to blêmi : 
l'arbre est tout flétri. 

blésenâi, s. m. Poirier sauvage. | ô pou 
ëtà tote sivârte dé père sii lé blésenâi : on 
peut greffer toute sorte de poires sur les 
poiriers sauvages. 

blésp, s. m. Poire sauvage. | lê-z ëfà, ke 
lou fà rë tye medzi, medzô asebë lé blésô : 
les enfants, qui mangent n'importe quoi, 
mangent aussi les poires sauvages. 

blévo-a, adj. Blême, livide. | sa grése 
n-é pâ de la buna grésè, l-é tota bléva : sa 
graisse n'est pas de bonne graisse ; elle est 
livide. Il l-é venu to blévo : il est devenu 
blême. 

blo, s. m. Tout petit trou dans un vête- 
ment. I mÔ fourdâ l-a pèrto déi blo : mon 
tablier a beaucoup de petits trous. 

blasé (1) (frv. blosset), s. m. Pinçon. | mê 
sii féCô blosê ë hlûzë la pwârta : je me 
suis fait un pinçon en fermant la porte. — 
Cf. byotsè. 

blosê (2), s. m. Sorte de couture à surjet 
pour rejoindre les deux bords d'une déchi- 
rure. — Cf. tïretépréi. 

hloséta, s. f. Pince. | se k'5 pou pâ avâi 
atné déi tenâlè, 5 le prë awé ôna bloséta : 
ce qu'on ne peut avoir avec des tenailles, on 
le prend avec une pince. 



blosi, V. a. Pincer. | le martsô blose le fë 
rodzo awé déi tenâlè : le maréchal pince le 
fer rouge avec des tenailles. || Réfl. Se pin- 
cer. I mé sii blosa a la pwârta : je me suis 
pincée à la porte. — Cf. bijotsi. 

blii, bliiva, adj. Bleu-e. | de l'ètso blû : de 
l'encre bleue. || déi hlou bliivè : des fleurs 
bleues. || S. m. Bleu. | pasâ dou lëdzo ou 
blii : passer du linge au bleu. || Linge de 
couleur à la lessive. | lava le blii, frv, 
laver les couleurs. — En ce dernier em- 
ploi, syn. veri (1). 

blavé {[), s. m. Bluet. | lé bliivé sô déi 
béi botyé : les bluets sont de belles fleurs. 
Il lé Isa dé tsà bliivé : les champs de Champ- 
bluet, sous Cojonnex. 

bliivé ('•2)-éta, adj. Un peu bleu-e, bleuâtre. 
I ôna roba bliivéta : une robe bleuâtre. | se 
l-é blûvé : cela est un peu bleu. 

bo (frv. boi), s. m. Têtard, larve de gre- 
nouille. I léi-y a todzwa déi bo de le gwa 
dé tsousâi ; il y a toujours des têtards dans 
le bourbier de Chaucey, au-dessus de Ter- 
cier. Il Fig. Nabot. | te n'éi tyê 5 bo : tu 
n'es qu'un nabot. 

boa, s. m. Boa de fourrure. 

bobé-éta (frv. bobet), s. m. et f. Petit en- 
fant, ou personne niaise. | te n'éi adéi tyé 
5 bobé, mÔ pûro peti : tu n'es encore qu'un 
bobet, mon cher petit. 

bobo, s. m. Bobo. | l-é to plë dé bobo : il 
est tout plein de bobos, dit-on d'une per- 
sonne qui se plaint beaucoup. | l-atyiite tï 
se bobô : il écoute tous ses bobos (il prend 
trop garde à ses maux). 

bohla, s. f. Boucle, anneau, maillon. | ôna 
bohla dé sâryâu : une boucle de saroir. \ lé 
bohle d'Ô le : les boucles d'un lien [de 
vache]. | lé bohle d'aplâi ou boit le de la 
masala : les boucles d'attelage, c.-à-d. les 
deux grandes boucles dans lesquelles on 
passe les limons pour les assujettir au har- 
nais. Il déi bohle d'orolè : des boucles 
d'oreilles. || déi bohle dé sousesè : des bou- 
cles de saucisse. || Fig. ôko ôna bohla a la 
tséina de la mizérè : encore un anneau à la 
chaîne de la misère; se dit quand deux per- 
sonnes pauvres se marient ensemble. 

bohla, V. a. Boucler, passer l'ardillon dans 
l'œillet d'une courroie. | bohla ôna hêterè : 
boucler une ceinture. 

bohléta, s. f. Bouclette, petit anneau. 



BOK 



55 — 



BOL 



\ôna bphléta tié tsaimi : un anneau de 
chaîne. — Cf. rna/éta. 

hohlo-a (1), adj. Courbé- e, plié-e en 
deux, en parlant d'un homme ou d'une 
femme. | dâ ke l-é tsezii l-é resta to hohlo : 
depuis qu'il est tombé, il est resté courbé. 
I m-: alâ tota bohla, (cita sëzè : vous mar- 
chez toute courbée, tante Françoise. || Par 
ext., couvert, en parlant du temps. | fe tè l-é 
hdldo : le temps est couvert, assombri. 

Iiohlo-a (2), adj. et s. m. et f. En forme 
de boucle ; se dit d'un bœuf ou d'une vache 
dont les cornes sont repliées de façon à for- 
mer une sorte de boucle. | se promenàv'ê 
haie le bré a sa bohla : elle se promenait en 
donnant le bras à sa bohla, c.-à-d. qu'elle 
avait passé un bras dans la boucle de la 
corne de sa vache et qu'elle marchait ainsi à 
son côté. — Cf. kmârna. 

bohlÔ {a), (frv. à honclon), loc. adv. Pen- 
ché en avant. | se métra boltlô : se pen- 
cher en avant en appuyant sa tête sur son 
bras. I l-é tsesû a bohlÔ : il est tombé 
la face contre terre. || ka ô-n û le prerni 
tenëro, fô s'akuli a bohlô s'Ô vou pâ avéi 
mô ou vêtro derê Vanuyè : quand on entend 
le premier [coup de] tonnerre, il faut se jeter 
la face contre terre, si l'on ne veut pas avoir 
mal au ventre durant l'année. 

boka, s. f. Action de bokâ. \ fér'ôna 
boka : faire une entaille. 

bokâ, V. a. Faire à un arbre qu'on veut 
abattre une entaille du côté opposé à celui 
qu'on veut scier. | s'5 ne boke pâ lé-z ôbro 
k'Ô vou abatré, éi se fèdô bâ le inéitë ê 
isesè : si l'on n'entaille pas les arbres qu'on 
veut abattre, ils s'écuissent en tombant. 

bokenâ, v. a. Morceler, diviser en petits 
morceaux. | éi bokene tréi to sÔ pâ : il mor- 
celle tout son pain. | l-é adéi la miula perse 
dé bokenâ lé jtome dé tëre po plutâ : il est 
encore de mode ici de couper les pommes de 
terre [en deux ou trois morceaux] pour [les] 
planter. 

bokené, s. m. Dim. de bokd. Petit mor- 
ceau. I lé vïle dsê fà lou pâ pè bokené po 
le bônâ : les vieillards coupent leur pain par 
petits morceaux pour le tremper. ] l-a tali 
SÔ kuno pè to peti bokené : il a coupé son 
gâteau en tout petits morceaux. 

boko, s. m. Bouc. | lé bolxo sèlô Ôna 
/»ô...;les boucs exhalent une odeur.... IJ ôna 
k-olAa dé boko : plusieurs boucs attachés à 
une perche. 



l)okô (frv. bocon), s. m. Morceau. | téi-y 
a bokô é bokô ; il y a morceau et morceau. 
I ô bokô dé pâ : un morceau de pain. | fére 
déi grô bokô : faire de gros morceaux. \\ n-è 
férô grâ bokô : en faire un gras morceau 
(se parer d'une chose dédaignée par autrui et 
la trouver belle). | ô fè bokô : un fin mor- 
ceau [à manger]. || ô bokô dé prâ : un mor- 
ceau, un lopin de pré. | ô jhi dé Ijokô dé bè : 
quelque peu de bien. || «'o pâ pT dctye se 
férô bokô dé troséi : elle n'a pas même de 
quoi se faire un morceau de (le plus petit) 
trousseau. || ô bokô : un peu. | ô bokô dé 
ré pu : un peu de repos. | ô bokô dé pahêsè, 
se té plé ! un peu de patience, s'il te plaît! 
\Ô peti bokô dé korâdzo! un brin de cou- 
rage ! I ô bokô dé rérgonè : un peu de ver- 
gogne. I kâ ke te vou niétr'ô bokô (résê? 
(|uand auras-tu un peu de souci? | â so 
niô ? — otji, ô bokô : as-tu mal? — Oui, un 
peu. Il vo vêdréi ô bokô pie vito ti/é i/ë : 
vous viendrez un peu plus tôt qu'hier. 
I medze-z è 5 bokÔ mé : manges-cn un peu 
plus. Il Pr. le rezë dé ma ne mé plé pâ, si 
d'avri ô bokÔ mî, si dé mé, l-é si ke mé 
plé. — Cf. pil. 

l)ola, s. f. Petite ampoule résultant de la 
piqûre d'un insecte, petite tumeur. | l-é to 
plë dé petite bolè : il est tout couvert de 
petites ampoules. 

bolé, s. m. Veau mâle. | niihrô pèdcô ne 
fâ rè tijé déi bolé : notre Pendzon (nom de 
vache) n'a que des veaux mâles. 

bolÔ, s. m. Bourgeon à fruits d'un cep 
de vitj^ne (frv. bouton). \ la vene mé déi 
béi bolÔ : la vigne pousse de beaux bour- 
geons. Il vivre su le bolÔ : vivre sur le 
bourgeon, dépenser son revenu d'avance 
(manger son blé en herbe). — (-f. botô, 
bordsô. 

bolÔdzï-Trè, s. m. et f. Boulanger-ère. 
I lé-z ôtro yâdzo léi-y avéi rè dé bolôdzî 
de la kumenn; ora léi-y ê-n a katro : 
autrefois il n'y avait pas de boulanger dans 
la comniune, à présent il y en a quatre. 

bola (frv. boille), s. f. Le contenu d'une 
boillc. I l-é ôko pénâblo dé veni bâ dit lé 
damô aivé ôna bola dé laséi : il est vraiment 
pénible de descendre des monts avec une 
boille de lait. 

bolatâ (frv. boillatcr), v. a. Porter avec 
la boille. \ éi bolate to sô laséi dit lé damÔ 
tâk'a la /retiré : il porte tout son lait avec 
la boille des monts jusqu'à la fruitière. 



BOR 



— 56 — 



BOR 



Il Par exl,, secouer, ballotter en portant. 
\doa laséi bolatà : du lait ballotté dans une 
boille. 

bolato (frv. boillaiou), s. m. Petite boille. 
j léi va pà grô de si bolato : il n'y entre 
pas grand'chose, dans ce boillaton. || Par 
analog-ie, petit enfant qui ne grandit pas. 
\tyè bolatô ! quel boillaton! syn. botasô. 

bolè (frv. boille), s. f. Vase couvert, en 
bois ou en fer-blanc, dans lequel on porte le 
lait sur le dos. Autrefois on s'en servait pour 
toute sorte d'autres usages. | lé-c ôtro ka 
éi menàvâ tota la venëdc'aivé lé bole dé bu 
sii lé mtilé : autrefois ils [les gens] menaient 
toute la vendange avec les boilles en bois 
sur les mulets. || ôna bol'a ma : boille avec 
poignée pour la porter à la main. 

boléta (frv. boilleite), s. f. Dim. de bolè. 
Petite boille en bois qu'on porte à la main. 
I de le ta vTlo të, 5 port ave to le medzi awé 
lé bolétè : dans le tout vieux temps on portait 
tout le manger avec les boilletles. — Cf. 
burléta. || Par ext., petite fille grosse et 
courte. 

bonijîkasyo, s. f. Bonification. 

bonifiyi, v. a. Bonifier. 

boné, boTiè (frv. bogné, bogne), s. m. 
et f. Petit garçon, petite fille. | à so yii 
si krûyo boné, kemë no sô la lëiva ? as- 
tu vu ce méchant gamin, comme il nous 
tire la langue? | krûye bohe ke t'éi! mé- 
chante gamine I 

boni, V. n. Bouder. | te bone bë prou 
grâtë, ma mi y a : tu boudes un peu trop 
longtemps, ma mie. 

bor, s. m. — Voy. bioa{r). 

bora (1), s. f. Tampon servant à boucher 
un trou. I fô métré de la bora a si pèrté : 
il faut mettre un tampon à ce trou. 

bora (2), (frv. bourre), s. f. Balle des 
céréales, fleurs sèches qui se détachent d'une 
plante quand les fruits ont noué. 1 dou blji 
plë dé bora : du blé plein de balle. | de la 
bora dé hlou d'âbro : de la bourre de fleurs 
d'arbres. | lé rezë l-à adéi tota Ion fjora : 
les grappes de raisin ont encore toute leur 
bourre. 

boralâi, s. m. (vieilli). Bourrelier, fabri- 
cant de boréi. | léi-y a rë mé dé boralâi de 
le payi, ma léi-y a déi f ami le ke se nômô 
boralâi dé lou bo nô : il n'y a plus de bour- 
reliers dans le pays, mais il y a des familles 



qui se nomment Boraley de leur véritable 
nom. 

boralé, s. m. Bourrelet qu'on met sous le 
collier d'un cheval ou d'un bœuf et que l'on 
appelle aussi foboréi. || Par analogie, tour- 
nure que les femmes portaient autrefois sous 
la robe. 

boratsè, s. f. Bourrache. | ô fà déi buîié 
awé lé foie de la boratsè : on fait des bei- 
gnets avec les feuilles de la bourrache. 

boratsi, v. n. Faire de la fumée. | n'a pâ 
arésâ dé boratsi awé sa pipa : il n'a pas 
cessé de faire de la fumée avec sa pipe. 

boratsa, s. f. Bouffée de fumée, j ôna 
boratsa dé femâirè : une bouffée de fumée. 

borâ (1), V. a. Bourrer. | bora o fiizi : 
bourrer un fusil. | bora ô pèrté : bourrer, 
boucher un trou. 

bor'â (2). Var. de bourâ. 

borâyè. Var. de bouràyè. 

borba (frv. borbe), s. f. Bourbe. | Vôdzo 
vë plë dé borba ka vë déi grôse-z éiwè : le 
bassin se remplit de bourbe quand il vient 
de grosses eaux. || lé-z ëfà l-âmô dzeyi awé 
la borba : les enfants aiment à jouer avec la 
bourbe. — Syn. bétâi, pako. 

borbo (1), s. m. Plante des Alpes, le trolle 
d'Europe, qui croit dans les lieux humides. 
Quand les vaches mangent les borbo, leur 
lait a un mauvais goût. 

borbo (2), (frv. borbot), s. m. Bulle d'eau 
soulevée par l'ébullition ou par quelque 
autre cause, bouillon. | la sepa fà lé borbo: 
la soupe bouillonne. | fére déi borbo awé 
déi kakèli : souffler dans l'eau avec des 
tiges de pissenlits pour la faire se soulever 
sous forme de bulles. | kâ Véiwe fà lé borbo, 
dézo Vëtsè, éi vou veni dou putë : quand 
l'eau fait jaillir des bulles sous le goulot, il 
va faire mauvais temps. 

borbotâ (frv. borboter), v. n. Bouillonner, 
former des bulles par l'effet de l'ébullition 
ou de quelque autre cause. | la sepa borliole 
dza : la soupe bouillonne déjà. | si peti fà 
borbotà l-éiw'awé ô tùyô dé pipa : cet enfant 
fait bouillonner l'eau avec un tuyau de pipe. 
j Véiwe borbote dézo Vëtsè : l'eau borbote 
sous le goulot. Il Fig. Murmurer, grogner. 
\sa fémala borbote to le dzwa : cette femme 
murmure tout le jour. 

borbotana, s. f. Femme qui ne cesse de 
murmurer. | atyuta vâi sa vTle borbotana : 



BOR 



BOR 



écoute voir cette vieille grog'non. — Cf. 
bèrbottjâii. 

borbotéi, s. m. Celui (jui ne cesse de 
e^rogner. | ii ! le pu borbotéi : eh ! le vilain 
grognon. 

borda, v. a. Border. J borda ô gredô, 
ôna rêsfê, déi solâ : border un jupon, une 
veste, des souliers. 

bordana, s. f. Grosse mouche qui bour- 
donne au printemps. | lé bordcine sô dza 
èkè .' voilà déjà les bordânè ! 

bordenà, v. n. Bourdonner, bougonner, 
grog-ner. | si vîlo bordene to le dzwa se le 5 
satse portijè : ce vieux boug-onne tout le 
jour sans qu'on sache pourquoi. 

bordenayè, s. f. Long murmure. | tijëna 
bordenâi/e ke sou d:è fa.' quel murmure 
chez ces gens ! 

bordenérnè, s. m. Bourdonnement. | l-é 5 
bordenéinë d'orole ke m'ènûye ta : j'ai un 
bourdonnement d'oreilles qui m'ennuie beau- 
coup, il Fig. Grognement. 

bordéi, s. m. Maison de tolérance, maison 
mal famée. 

bordirè, s. f. Bordure. 

bordo, s. m. Bourdon (insecte). | lé bordô 
vëiiô averti po poiji : les bourdons viennent 
avertir pour transhumer. Quand on entend 
leur bourdonnement au printemps, c'est signe 
de beau temps. | de l'èrba dé bordô (voir 
érba). — Cf. loi/âii (i). 

bordô-ena, s. m. et f. Grog-non. | l-é ôna 
putn bordena : c'est une femme qui grogne 
toujours. Il Adj. l-é ta bordô ke ne pou pâ 
nié : il est très grognon. 

bordzâi-âiza, s. m. et f. Bourgeois-e. 
\séi-rj a mé dé dzê éhrâdzo tyé dé bordzâi : 
il y a ici plus d'étrangers à la commune que 
de bourg-eois. | lé bordzéi pilro sô tï 
asistà : les bourgeois pauvres sont tous 
assistés. 

bordzena, v. n. Bourgeonner. | lé sape 
bordzenô dza : les sapins bourgeonnent 
déjà. — Cf. botenâ, dzetenu. 

bordzézi, s. f. Bourg-eoisie. | lé bordzâi ! 
dé vevâi l-a ôna retse bordzézi : les bour- 
geois de Vevey ont une riche bourgeoisie. 

bordzô, s. m. Bourg. Nom de rues à 
Vevey, Tercier et Brent. A Tercier, on dit : 
ë bordzô: à Brent : le bordzô, ou bordzô. 

bordzô, s. m. Bourgeon. | lé sape métô 



déi béi bordzô sti-y 5 : les sapins poussent 
de beaux bourgeons cette année. Ce mot 
n'est g-uère usité qu'en parlant des arbres 
des forêts. — Cf. bolô, botô. 

bordzfi-iiva, adj. Joufflu-e, bourgconné-e. 
\l-é to bordzii pè le vezâdzo : il a le visage 
tout bourgeonné. | tyèta puta borilzii^a! 
quelle laide joufflue ! 

boréi, s. m. Collier de ciieval, de bœuf. 
Les boréi d'autrefois étaient plus lourds que 
ceux d'à présent et se prolongeaient en 
pointe vers le haut, jj bali ô kii dé boréi : 
voir ku (2). || Par exf., le harnais avec le 
collier. | métré le boréi ou tsavô : harna- 
cher le cheval. || On a changé tout l'attelage 
du cheval ; aux limonières courbes ont suc- 
cédé les limonières droites qui, dit-on, fati- 
guent moins l'animal, et les courroies ont 
pris la place des chaînes. Pour les bœufs et 
les vaches, on a conservé les limonières 
courbes, et le mode d'attelage est encore des 
plus simples. A chaque attelle du collier est 
fixée une chaîne appelée mansala, qui a une 
g-rosse boucle dans laquelle on passe un des 
limons percé d'un trou. A travers l'ouverture 
de la boucle, tenue en biais sur le limon, on 
passe une grosse cheville en bois, qui entre 
dans le trou du limon et le dépasse, et la bête 
est attelée. || In de dé boréi (cf. de (2). 
— Cf. akropâire, akr-opyô, tyfdâiré. 

borèdzo-ëdzè. Var. de bnrëdzo. 

borè/do-èhla (frv. bourcnJJe), adj. Enflé-e, 
tuméfié-e, bouffi-e, boursoufflé-e. | l-a la 
téisa tota borëhla : il a la tête toute bour- 
soufflée. Il Gonflé par trop de libations. | l-é 
béi borëhlo : il est beau bourenjle. — On 
dit aussi burëhlo. 

bornala, s. f. Canal en bois (jui sert de 
ventilateur dans les ctables. ] yô léi-y a rë 
dé bornala, lé-z éihro sô asetû puri : où il 
n'y a pas de bornala, les planchers de 
grange sont bientôt pourris. — Cf. bivârna. 

bornalâi, s. m. Celui qui perce les tuyaux 
en bois. Autrefois, toutes les canalisations se 
faisaient en bois et il y avait des bornalâi ; 
maintenant que le fer a remplacé le bois, ce 
métier n'existe plus et le mot s'en perd. Les 
vieillards se souviennent du dernier bornalâi 
de la localité. 

bornala, v. a. Percer les tuyaux on bois. 
I lé-z ôtro ku ô bornalàve prou dé fiiyô ; ô 
n'avéi tyé se; nïre pâ ôko la mûda de n-ë 
fér'ë fë : autrefois on perçait beaucoup de 



BOR 



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BOS 



tuyaux ; on n'avait que cela ; ce n'était pas 
encore la mode d'en faire en fer. 

bornalé, s. m. Petit tuyau. | ô fà adéi 
kùke bornalé po lé fôtane dé lé damô : on 
fait encore quelques petits tuyaux pour les 
fontaines des monts. 

borna, v. a. Borner, aborner. | borna est 
la forme généralement usitée, mais on dit 
encore boiinâ, qui est plus correct. Le mot 
est devenu incertain. — Voir bâuna. 

bornéi, s. m. Tuyau servant à l'écoule- 
ment des eaux. | ô bornéi dé bu : un tuyau 
en bois. | o bornéi dé fôtâna : un tuyau de 
fontaine. — Syn. iiitjo. 

bornéta (frv. bornefte), s. f. Petite ouver- 
ture carrée pratiquée au-dessus de la gueule 
d'un four ou d'un poêle et correspondant 
avec la fournaise. La fumée s'en échappe 
avant de s'élever dans la bioârna. \ hlûre la 
bornéta : fermer la bornette, c.-à-d. y placer 
une pierre carrée qui correspond à la gran- 
deur de l'ouverture. || Sorte de petite che- 
minée qui surmonte le chapeau de femme 
dit : tsapéi a bornéta, porté autrefois dans 
toute la contrée et appelé de nos jours cha- 
peau de MontreiLT. Le mot bornéta serait 
ainsi un dim. de bau'irna. 

bornikâ-ana (frv. bornican), adj. et s. 
m. et f. Homme, femme d'un caractère grin- 
cheux. I ti/ë pu bornikâf quel vilnin homme! 
\l-é ta bornikâna ke n'é pâ fasilo de vivr 
awé li : elle est si grincheuse qu'il n'est pas 
facile de vivre avec elle. 

borni , v. a. Etouffer, au sens figuré. 

I l-â prou tsèrtsi a borni lé-z aférè, ma se 
s'é toparéi prou su : ils ont assez cherché à 
étouffer les affaires, mais cela s'est divulgué 
quand même. 

boro (frv. boro), s. m. Débris du filage 
avec lequel on fait du gros fil pour les vérè. 

II Nœud d'un fil. | le Ji l-é to pè Ijoro : le fil 
a beaucoup de nœuds. 

borsa, s. f. Bourse. | ona borsa dé grâ : une 
bourse de perles. | s'é fét'ôna bula borsa : 
elle s'est fait une belle bourse; et fig. : elle a 
gagné beaucoup d'argent. | fô ke l-ose buna 
borsa : il faut qu'il ait une bourse bien 
pleine. || Pr. la borsa dou dzeijâu l-é kemë 
sa dou terijâû, na pâ fôta dé kordÔ. 

borsa i (frv. boursier), s. m. (vieilli). Celui 
qui est préposé à la bourse de la commune, 
qui encaisse les revenus et fait les paie- 
ments. 



borséta (frv. boursetfe), s. f. Dim. de 
borsa. Petite bourse. | s'é fét'ôna borséta : 
elle s'est fait une boursetfe (elle a gagné 
quelque peu d'argent ; ou aussi, elle a fait 
danser l'anse du panier). 

borsç, s. m. Bourson, gousset. | o borsÔ 
dé tsôsè : un gousset de culotte. | 5 borsô 
dé mohra : un gousset de montre. — Cf. 
gôsé. 

borti-u'Va, adj. Enflé-e, couvert-e d'aspé- 
rité. I l-é to borti pè le vezàdzo : il est tout „ 
enflé au visage. | sa trâbla l-é borû^a : cette 
table est rugueuse. || Fig. Bourru. | l-é 
borii kemê to wâi : il est très bourru au- 
jourd'hui. 

bosatà (frv. bosselée), s. f. Le contenu 
d'une bosselle. \ lé pure béisè, l-ti là a fére 
ke pwô a veni amô awé lou bosatà : les 
pauvres bêtes (chevaux ou bœufs) ont fort à 
faire à amener leur bosselée (de la vigne à la 
maison). 

bosatÔ (frv. bossaton), s. m. Petit tonneau 
dans lequel le vigneron met sa provision de 
vin et qu'il remplit de nouveau à chaque 
transvasement. | ô peti, ô grô bosatô : un 
petit, un grand bossaton. \ ô bosatô d'5 
sésâi : un bossaton d'un setier (45 litres). 
Il s'é dza mé dèverô sô bosatô : il s'est déjà 
mis à boire à son bossaton. || Contenu du 
bossaton plein, j Ô bosatÔ dé ninska : un 
petit tonneau de muscat. 

bosenâirè, s. f. Hallier, lieu couvert de 
buissons. | lé dzë l-â bê fé valâi déi 
bosenâirè dé mÔ tenë : les gens ont fait va- 
loir bien des lieux couverts de buissons 
durant le cours de ma vie. 

bosena, s. f. Buisson de quelque étendue, 
ronceraie. | trérôna bosenâ : arracher des 
buissons. || Buisson de légumes. | léi-ij ë-n a 
Ôna bosenâ ! il y en a un buisson! 

bosené, s. m. Dim. de bosÔ. Petit buisson. 
I léi-g avéi to plë dé bosené to le lô dou 
tsemë : il y avait une quantité de petits buis- 
sons tout le long du chemin. 

bosè, s. f. Bosse. | si peti s'é fé ôna 
pusëta bos'ou frô : ce petit s'est fait une 
immense bosse au front. — Syn. bunè. || Fig. 
Guignon. | no-z é arevâ Ôna bala bosè : il 
nous est arrivé quelque chose de fort désa- 
gréable. 

bosé (frv. bosset), s. m. Tonneau de 
moyenne grandeur servant à divers usages. 
|ô bosé dé tsô : un tonneau de chaux. | ô 



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bosé d'ègré : un tonneau d'engrais. | ô bosé 
dé fwâ : un tonneau de débris aii^ris [pour 
les porcs]. | 5 bosé dé rè : un tonneau de 
vin. Il Pr. A'â (oiinoii méi dé féorfti, fo 
porta lé bosé ou gnrnâi. 

bosé ta (frv. bosselte), s. ï. Tonneau allongé, 
fermé aux deux bouts et percé sur le côté 
(qui est légèrement rebondi) d'un trou carré 
pour y passer le couloir à travers lequel le 
hrantare vide la vendanoe. Quand la bos- 
selle est pleine, on ferme ce trou avec une 
petite porte, j l'a de la inizérè, 5 navéi 
pu fôta dé bosélé, léi-y avéi rë a venèdzi : 
l'année de la misère (1816), on n'avait pas 
besoin de bosselles, il n'y avait rien à ven- 
dani^-er. || Le contenu de la bosselle. \ ôna 
boséla dé venèdzè: une bosselle de vendange. 
— En cet emploi, syn. bosatà. — Quand 
les bosselles sont trop usées pour mener 
la vendange, elles servent encore pour le 
sulfatage des vignes ou pour mener le 
lisier. 

boso, s. m. Buisson, fourré, bois touffu. 
\5 bosô dé dcenâivro ou dé dsenévrâi : un 
buisson de genévrier. || Pr. A'â 5 parle dou 
Uni, l-é dèréi le bosô. \ si Ice l-ëvûije le 
tsevri, l-èrCujasebê le bosô po le nuri. \ le 
bosô n'a rè d'orolè, mû léi-y c-n a prâii ke 
rasorolè. \\ le bosô d'ena pëta : le buisson 
d'une pinte, sorte de bouquet de verdure 
(sapin, houx, genièvre) qui servait autrefois 
d'enseigne à un cabaret; bouchon. 

bosii, bo/iç, adj. et s. m. et f. Hossu-e. 
\por mè, l-é èamé yii lyé bosii : pour moi, 
je ne l'ai jamais vu que bossu. | l-é tota 
bohfi : elle est toute bossue. — Cf. bohlo. 

bnta, s. f. Botte, fort soulier pour les 
travaux de la campagne. | n-ë sa atâ tyé 
ma bota : il en sait autant que mon soulier 
(il n'en sait rien du tout). — Syn. solà. \\ na 
pu prou pale de se bote : il n'a pas assez de 
paille dans ses souliers, dit-on d'un honune 
trop pauvre pour pouvoir aspirer à la main 
d'une fdle riche. 

botasi (frv. botasser), v. n. Rabougrir; 
venir mal. | si-l ëfâ l-a bë bolasi grâlë : 
cet enfant a été bien longtemps rabougri. 
Il sou-jz âbro ne fâ tyé dé botasi : ces arbres 
viennent mal. | éi botasérô adéi tâ/c'ô lé 
Irécè : ils rabougriront toujours jusqu'à ce 
qu'on les arrache. 

botasÔ (frv. botasson), s. m. Enfant rabou- 
gri, dont la croissance est arrêtée. | tyë 
botasô ! quel rabougri! |1 Plante mal venue. 



\f6 trére IT sou botasô : il faut arracher 
toutes ces plantes rabougries. 

botâi, s. m. (vieilli). Mulet du Piémont 
servant autrefois au trans[)orl du vin et des 
marchandises à travers le pays. | du /,-e 
l-CL vëdu le kovë, n'a rë mé répasâ dé 
botâi : depuis qu'ils ont vendu les couvents, 
il n'a plus passé de bolâi. \ lé bolâi l-aoâ 
déi panai ou miva po lou grava dé medzi 
éi rerô déi tsemë : les botâi avaient des 
corbeilles en guise de muselières pour les 
empêcher de brouter l'herbe au bord des 
chemins. | lé bolâi menârâ le séré é la 
mota du dèréi lé fréisè : les bolâi menaient 
le séré et le fromage de derrière les Kiètes 
(arêtes de rochers servant de muraille fron- 
tière entre Vaud et Fribourg), || Par exl., le 
muletier lui-même. Les moines de la Val- 
sainte (Fribourg) possédaient à Roche une 
grande campagne et beaucoup de vignes. 
Les bolâi passaient prendre le vin de cette 
campagne et le transportaient à la ^'alsainle 
en traversant la commune de Blonay pour 
gagner Chàtel-Saint-Denis par le pont de 
Feigire. Au retour ils se chargeaient de la 
liqueur renommée, connue sous le nom d'Eau 
de la Valsainte, qu'ils allaient vendre ailleurs. 
\med:i kemë ô botâi : manger comme un 
muletier. | l-a le vëlro plë kemë ô botâi : 
il a le ventre plein comme un muletier. | éi 
trose kemë Ô botâi : il dévore comme un 
muletier. 

bolâ, V. a. Botter. | lé-c ôfro yiidzo la 
kumena déréi bota lï se pûro é asebë lé 
rézâ ou bunâ ; a slâiisè, se ne plézéi pà 
là, kà se lé solà l-ésâ bô, n'ésâ onië pâ 
béi : autrefois la commune devait botter tous 
ses pauvres, et aussi les régenls au nouvel 
an ; à ceux-ci, cela ne plaisait ([u'à moitié, 
car si les souliers étaient bons, ils n'étaient au 
moins pas beaux. C'était, en effet, humiliant 
pour eux d'aller, en compagnie de tous les 
assistés, chercher les souliers alignés tous 
ensemble sur la table municipale. Une fois le 
régent Genton tournait et retournait ses sou- 
liers avec dédain et ne pouvait se décider à 
les emporter. « Vous n'avez pas l'air con- 
tent, lui dit un municipal. — Il me semble, 
répond le régenl , que, j)Our monter en 
chaire, ces souliers sont bien grossiers. — 
C'est à prendre ou à laisser, réplicjue le mu- 
nicipal. » Là-dessus le régent fait un demi- 
tour et s'en va sans ses souliers. L'affaire fil 
du bruit et si quelqu'un fut blâmé, ce ne fut 
pas le régenl. Dès lors, il fut décidé de ne 



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plus faire faire de chaussure aux maîtres 
d'école. 11 l-é pardi bê botâ : il est vraiment 
bien botté. || Réfl. Se botter. | se sô tï botâ 
a nâii po lé venèdzè : ils se sont tous bottés 
de neuf pour les vendanges. 

botenâ, v. n. Boutonner, en parlant des 
arbres. | lé premâi boteno dza : les pru- 
niers boutonnent déjà. — Cf. bordzenà, 
dzetenâ. \\ Par ext., en parlant de la peau, se 
couvrir de boutons. | l-é to botenâ pè le 
kwâ : il est couvert de boutons. 

V. a. Boutonner. | éi botene sô zilé tàk'oii 
kii: il boutonne son gilet jusqu'au cou. |1 Réfl. 
Se boutonner. | se botene keinë ou grô de 
Vive : il se boutonne comme au cœur de 
l'hiver. 

botéta, s. f. Dim. de bota. Petit soulier. 
Il Par ext., sabot des chèvres et des moutons. 
I dit tè-z a ôtro fo para lé botéte déi tsTvr'é 
déi miitô : de temps en temps il faut parer 
les sabots des chèvres et des moutons. 

hotçlè, s. f. Bouteille. | ona botole fésa : 
une bouteille clissée. | Ôna botole dé de- 
mipo : une bouteille de demi-pot (trois quarts 
de litre). | béirè, payi ôna botole : boire, 
payer le vin contenu dans une bouteille de 
trois quarts de litre. || lé botole l-à détrôna 
lé kokas'é lé tsanè : les bouteilles ont dé- 
trôné les cocasses et les chanes. 

botoléta (frv. bonteillette), s. f. Dim. de 
botole. Petite bouteille, flacon. | ô sa pâ ke 
fére dé tote sou botolétè : on ne sait que 
faire de toutes ces petites bouteilles. — Cf. 
hûla. 

botolÔ , s. m. Courtaud, nabot. | tye 
botolô ! quel courtaud ! — Syn. bo. 

botô, s. m. Bouton à fleurs et à feuilles. 

I lé-z âbro pusÔ déi béi botô : les arbres 
poussent de beaux boutons, j son dzelofriye 
l-a Ô inase dé botô : ces œillets ont une 
quantité de boutons. | déi botô d'wâ : des 
boutons d'or de jardin, sorte de renoncules. 

II Bouton de métal, d'os ou d'étoffe. | déi 
botô dé fÔta, ê krista : des boutons de 
fonte, en cristal. | déi botÔ a tifii^è : des 
boutons à queue. | léi-y a ôko déi dzê ke 
métô déi botô de la kurzelè ; il y a encore 
des gens qui mettent des boutons [au lieu 
de monnaie] dans la crusille. — Cf. bolô 
et bordzô. 

botsalé, s. m. Dim. de botsé. Petit trochet. 
I sti-y à lé faveyûle n'a pu métré tyé déi 
botsalé : cette année, les haricots n'ont pu 
avoir que des botsalé (petites touffes). 



botsardâ, v. a. Salir ses vêtements ea 
mangeant. | l-a to botsardâ sô fourdâ ë 
medzè sa sepa : il a sali tout son tablier en 
mangeant sa soupe. || Réfl. (frv. se bou- 
charder). Se salir autour de la bouche en 
mangeant. | sa petita sa rë medzi se se 
botsardâ keinë ôna pwêrtsè : cette fillette 
ne sait rien manger sans se boucharder 
comme une saligaude. | wéitye véi kemë se 
botsârdè : regarde voir comme il se bou- 
charde. 

botsârda, s. f. Enclume du maréchal. 

I lé martsô fyëzô dru sii la botsârda : les 
maréchaux frappent ferme sur l'enclume. 

botsâ-ârda (frv. bonchard-e), adj. Sale 
autour de la bouche. | t'éi to botsâ : tu es 
tout bouchard. \ t'éi bala botsârda : tu es 
belle boncharde. || S. m. et f. Enfant toujours 
sale autour de la bouche. | wéityi véi si 
botsâ : regardez voir ce bouchard. \\ Par ana- 
logie : ô botsâ, ôna botsârda: bœuf ou vache 
tacheté irrégulièrement sur la face. | Nom 
de bœuf ou de vache : le botsâ, la botsârda : 
le Bouchard, la Boucharde. 

botsé, s. f. Partie extérieure de la bouche, 
les deux lèvres. | l-a Ôna grôsa boisé : 
il a une grosse bouche, de grosses lèvres. 
\l-a ôna botse kemë la boise d'ô fwa : 
il a une bouche comme la bouche d'un 
four. Il ne fasa bots'a tï : nous faisions 
bouche à tous (nous étions aimables envers 
tous). Il rir'a demi botsé : voir rire. \\ lé 
bô-z ëfâ métô lé dâi a la botsé : les bons 
enfants mettent les doigts à la bouche. || fére 
veni l'éiw'a la botsé : faire venir l'eau à la 
bouche. Il la botse dé dézo : la lèvre infé- 
rieure. I rémivâ lé botsé : remuer les lèvres. 
— Cf. fjwârdzè. 

botsé (d) (frv. bochet), s. m. Trochet. | ô 
botsé dé prâûmè : un trochet de prunes. 

II Petit groupe de plantes réunies ensemble. 
ô botsé dé pâi, dé faveyûle : un bochet de 
pois, de haricots. | sou hlâii sô to-t a n-ô 
botsé : ces fleurs forment un fourré. || ô 
boisé dé dzë : un groupe de personnes. 

botsé (2), s. m. Jeune bouc. | si-l omo 
l-aléive déi botsé : cet homme élève de 
jeunes boucs. — Cf. boko. 

boisi (1), boisa, part. adj. Se dit de deux 
pains qui se sont baisés pendant la cuisson. 
|(/o« pâ boisi : du pain baisé. | sou dii^e 
meise sô boisé : ces deux miches sont jointes 
ensemble. 

boisi (2), V. a. (vieilli). Fermer, j fô boisi 



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le fwa ke ne se réfréidijéi pâ : il faut fer- 
mer le four [pour] qu'il ne se refroidisse 
pas. Il V. n. Terminer, finir, cesser. | nèbotsi 
dé fosérà : nous avons fini de fossoyer. 
Il Pr. kâ féne botsô dé parla, l'ètëréinè fô 
apréstâ. 

botsâirè (frv. bouchère), s. f. Boutons et 
croûtes qui se forment sur les lèvres par suite 
d'une inflammation. | mé vë Ôna botsâirè : 
il me vient une bouchère. \ l-é to plë dé 
botsâirè : il est tout couvert de bouchères. 

botsâii, s. m. Bouchoir. | fô ke le botsûii 
tëne bë, se tye le pâ ne kwéi pâ bë : il 
faut que le bouchoir tienne solidement, sans 
quoi le pain ne cuit pas bien. 

botijatâ, V. a. Orner de fleurs. | l-à 
hoti/atâ lou mèizô : ils ont orné leur maison 
de fleurs. || Réfl. S'orner de fleurs. | lé feléfe 
l-âmô bë lou boti/atâ : les fillettes aiment 
bien à se parer de fleurs. — Cf. hloratâ. 

botyé, s. m. Fleur, plante à fleurs, bou- 
quet. I plâtâ déi botyé : planter des fleurs. 
\sénà déi botyé ou sénà de la grûna dé 
botyé : semer des fleurs ou de la graine de 
fleurs. I fére déi botyé : faire des bouquets. 
\lé botyé déi venëdcè : fleurs rouges qu'on 
trouve à la vigne en vendangeant. || 5 botyé 
dé serTzè : un bouquet de cerises. — Cf. 
hlâii. 

bou, adj. m. Bon, dans l'exclamation é! 
bou dyii ! eh ! bon Dieu ! 

boudérè, s. f. Fouée, flambée, feu clair de 
bourrée, de brindilles ou de sarments. | fari 
vito ôna boudére po té rétsoudâ : je ferai 
vite une flambée pour te réchauffer. 

boudzé, s. m. (vieilli.) Bouge, mauvaise 
habitation. 

boafa (1), v. n. Bouffer, bâfrer. N'est 
usité qu'à l'infinitif. [ wéityi lo véi boufâ : 
regardez-le voir bâfrer. — Syn. bâfra. 

boufâ (2), (frv. beufard), s. m. Sorte de 
poire. I déi père boufâ gri, blà : des poires 
beufards grises, blanches. 

bout^a-ana, s. m. et f. Bàfreur. | ôna grôsa 
boufâna : une femme qui mange beaucoup. 

— Syn. bulà, gulâfro. 

bounâ. Var. de borna. 

boura (frv. bourre/-), v. n. Pousser, heur- 
ter violemment en passant, comme dans un 
moment de colère. | va ë bourë tote lé 
pwârtè : il va en poussant toutes les portes. 

— On dit aussi borâ. 



bourâyè (frv. bourrée), s. f. Poussée, 
heurt, entraînement passager. | léi-y a bali 
ôna grôsa bourâyè : il lui a donné une 
grosse bourrée (il l'a violemiuent poussé). 
\fâ to pè bourâyè : il fait tout par bourrées. 
\la femâire sô tota pè bourâyè : la fumée 
sort toute par bouffées. | ôna bourâyè d'ûra : 
un coup de vent. — On dit aussi borayè et 
burâyè. 

bovatâ, V. n. Rechercher les taureaux ; se 
dit d'une vache en chaleur qui saute sur les 
autres vaches. 

bovârda {i), adj. f. Se dit d'une vache 
ronde, au cuir ferme, facile à engraisser. 

bovârda (2), (frv. bovarde), s. f. Sorte de 
pomme d'hiver. | ôna bovârda. \\ Adj. f. 
déi porne bovârdè : des pommes bovardes. 

bovelÔ, s. m. Bouvillon, petit bœuf. || Au- 
trefois, élable à bœufs; maintenant, écurie. 
— En cet emploi, syn. bâû. 

bovenâ, s. f. Bugrane, ou arrête-bœuf, 
plante dont la racine traînante arrête la char- 
rue. Les fleurs sont bonnes pour guérir les 
coliques des chevaux, j de la bovenâ. 

bové, s. m. Feuilles et fruits du colchique 
d'automne, qui ne sortent de terre qu'au 
printemps. La fleur, qui paraît en automne, 
s'appelle konoléta. 

bovéipro, s. m. Déformation de bô véipro : 
bonsoir. Origine fribourgeoise. — On dit 
aussi bwéipro. 

bovéirÔ (frv. boveiron), s. m. Celui qui 
garde et soigne les bœufs. On appelle aussi 
bovéirô les hommes qui viennent du de- 
hors, avec leurs cou|)les de bœufs, offrir 
leurs services pour les lafjourages d'au- 
tomne. Dans le temps où les chevaux, les 
bœufs, les vaches, les chèvres et les mou- 
tons avaient chacun, à proximité des vil- 
lages, leurs pâturages spéciaux et leur ber- 
ger propre, les bovéirÔ gardaient proba- 
blement leurs bœufs sur l'emplacement ap- 
pelé aujourd'hui lé tsë bovéirô. Avec les 
progrès de la civilisation, ces pâturages 
furent l'un après l'autre défrichés et livrés 
à la culture. N'ayant plus de bonifs à garder, 
le bovéirô a pu, occasionnellement, aller 
dans les hauts pâturages prendre rang parmi 
les arrnaillis. Son nom lui est resté, et ainsi 
peut s'expliquer la présence d'un soi-disant 
berger de bœufs au milieu d'un troupeau de 
vaches. — Cf. ârmali, banâ, tsévrâi. 

bozâirè, s. f. Partie du char qui relie les 



BON 



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limonières au terminé et sur laquelle il arrive 
aux bœufs de se décharg-er le ventre. 

boza (frv. boiiser), v. n. Se décharger le 
ventre, en parlant des bœufs et des vaches. 
\la valse l-a bozâ sii la bozâirè : la vache 
a bousé sur la bozâirè. \ éi bâiize to le 
dziùa : elle bouse tout le jour. 

bozàijè, s. f. Action de bozâ ; quantité de 
bouse déchargée en une fois par un bœuf ou 
une vache, ou même par un cheval. | le bâti l-a 
fé Ôna piisèta bozaijon inéitë dou tsemë : le 
bœuf a fait une immense bozâijè au milieu 
du chemin. | se l-é ôna bozûye dé tsavô : 
cela, c'est du crottin de cheval. 

boba, s. f. Vache, dans le langage enfanlin. 

— Syn. m il m il. 

bôbéta, s. f. Dim. de baba. Petite vache ; 
se dit familièrement. 

bobo, bçba, s. m. et f. Garçonnet, fdlette. 

— Syn. bwébo, bwéba. 

bçlè, s. m. Bol. — Syn. ékivèla. 

bçrna. Var. de bômè (2). 

bômè (1), s. m. Baume. | don borne IvÛ- 
tyilo : du baume îranquille. 

bômè (2), s. m. (frv. baume). Mot inexpli- 
qué, qui figure dans les loc. suivantes : 
I léi-y ë-n a pâ mé tyé dé bômè : il n'y en a 
pas plus que de baume. | léi-y ë-n a atà tyé 
dé bômè : il y en a autant que de baume. 
I n'é pâ mé veré tyé dé bômè : ce n'est pas 
plus vrai que de baume. — Quelques per- 
sonnes disent borna. 

bôna, V. a. Tremper, immerger. | lé vTle 
dzë pwô pâ medzi lou pâ se le bônà : les 
vieillards ne peuvent pas manger leur pain 
sans le tremper. | fére bôna déi viitè : faire 
tremper des liens (de gerbes ou de fagots). 
\lési bônâ déi-z êrbè : laisser tremper des 
légumes. | métré bônâ la bilya .-mettre tremper 
[le linge de] la lessive. 1| Combuger une fu- 
taille, un cuvier, une seille, etc. | métré bônà 
Ô-n étsïso : mettre combuger un cuvier. 
syn. gôhlâ, briyâ. || Réfl. Se tremper. | le 
lëdzo se bônére ëkè é pâ ôtrapâ : le linge se 
trempera là et non ailleurs. || V. n. Tremper. 
\sou-z èrbe ke bônô du yë va éihre krûyè : 
ces légumes qui trempent depuis hier vont 
être mauvais. | la biUja bônè : la lessive 
trempe. 

bônâdzo, s. m. Trempage. | 5 pou asetû 
métr'ë rute le bônâdzo déi-z ézè : on peut 
bientôt mettre en train le trempage des vais- 



seaux de bois [pour la vendange]. || le 
bônâdzo de la bûya démade bë to-t ô 
dzwa : le trempage de la lessive demande 
bien toute une journée. 

bôvena (frv. bauvine), s. f. La chair d'une 
bête de boucherie, bœuf ou vache. | léi-y a 
déi plate ke fà de la buna brjvena : il y a 
des plantes qui rendent bonne la chair des 
bêtes. Il Par ext., viande de bœuf mise au sel. 

bô, bun, buna, adj. Bon, bonne. La forme 
bun est usitée devant les mots commençant 
par une voyelle. | ô bun-ami, déi bô-z ami. 
Il Lorsque buna précède une voyelle^ il y a 
clision de Va. \ ôna bunamiya, déi bune-z 
amiyè. || le bô dyii : le bon Dieu. | ô bun-cihà : 
un bon vieillard. | dou bun èrdzë : de bon 
argent. | ôna ta buna dzë : une si bonne 
personne. | l-é bô kemë le pâ : il est bon 
comme le pain (c'est une bête du bon 
Dieu). I Ôna bunâhâna : une bonne vieille 
femme. | ô bun â : une bonne année (cf. 
hunâ). I de la bnnéiivè : de bonne eau. 
Il ôna vene dé buna lui : une vigne d'un 
bon cépage. || /ô ke l-ôse buna borsa : 
il faut qu'il ait bourse pleine. |1 veri dou 
bô 16 : tourner du bon bout, et fig. tour- 
ner en bien. || ô bô momë : un moment 
d'une certaine durée. || ne se asetû tî bô 
po lé pô ne : nous sommes bientôt tous 
bons pour les pieux noirs (pour les mar- 
ques de tombes, c.-à-d. la mort). || se Vavâ 
le bun éspri dé té kéizi : si tu avais le 
bon esprit de te taire. || bun'apéti : bon 
appétit. Il t'a ase bô déi léi-y alâ té mîmo : 
il vaut autant que tu y ailles toi-même. || l-a 
ôna buna lëioa : il a une bonne (mauvaise) 
langue. || a la bun'âura : à la bonne heure. 
Il se bali dou bÔ te : se rendre la vie facile. 
Il Pr. dé bô plâ, plâta ta venè, dé buna 
méire prë la felè. \ le papâi l-é Ô bun âno, 
pioârte to se k'ô léi mé désu se se plëdrè. 
\le vë l-é Ô ban-ôvrâi, ma l-é ô krûyo 
métré. \ l-é dé to prâii tyé dé bune-z âmè. 

I samé rodzo ne fû bô. \ tâk'a tré fii bô. 

II kemë bô vo sëblè : comme bon vous sem- 
ble. I Par analogie, kemë bÔ mè plérè : 
comme il me plaira. || l-é bÔ dësè : c'est bon 
ainsi (c'est suffisant). | l-é bô, l-é prou yu : 
c'est assez, je l'ai bien vu. jj Pr. kâ l-é bÔ, 
l-é prûu. I l-é bô d'éihre fïi s'ô ne le fâ pâ 
vërè. Il Dans les locutions suivantes, joint à 
un autre adjectif, bô a presque la valeur 
d'un adverbe. | l-é bun adrâi : c'est bien 
comme il faut. | dou vë bô daii : du vin 
bien doux. | de Véiwe buna tsôda : de l'eau 



BOB 



63 



BOT 



bien chaude. | l-é bo grû : il est bien gras. 
I l-é hô sii : il est très ivre (cf. béi et fè (3). 
\séi fà bô tsô : il fait ici une chaleur très 
agréable. || A une personne qui arrive en vi- 
site, on demande : tijé ke oo dite dé bÔ? que 
dites-vous de bon? à quoi elle répond : dijo 
lo dé bô dé vo : je dis tout de bon de vous, 
ou : saré pà ti/e dere dé bô : je ne saurais 
que dire de bon (je n'ai rien à raconter). 
— Cf. bon. 

Substantivement. | fére don bô : faire des 
économies, des bénéfices. || fére lé bô : faire 
les bons, c.-à-d. faire la première coupe 
d'herbe dans un pré (cf. grafë). \\ de Ca 
bô ke léi sa, éi rnedze dé inrdrè : du con- 
tentement qu'il a à manger, il dévore (cf. 
saoài). Il prëdre kokô dé bnna : prendre 
(gagner) quelqu'un par de bonnes paroles. 
I l-é ré dé buna : il est de nouveau de bonne 
humeur. || éihr'a la bnna : être à la bonne, 
expression très usitée qui signifie qu'on 
pousse la bonté, le scrupule trop loin, j se 
ne ro rè d'éihre ta a la bnna : cela ne vaut 
rien d'être trop bon, trop scrupuleux. | D'une 
personne simple, l'on dit aussi : l-é dèse la, 
a la bnna : elle est si nigaude. I| Pr. lé Ijô 
s'ë va, lé krûyo râistô. 

Adv. séi se bô : il sent bon ici. || iné sa 
bô dé travnli, dé rnedzi : j'ai du plaisir à 
travailler, à manger. || Loc. adv. dzeyi po 
dé bô : jouer tout de bon. | n'é pu po 
ri'ré, l-é a dé bÔ ke té dijo se : ce n'est pas 
])our rire, c'est sérieusement que je te dis 
cela. 



bôba. 



f. Bombe. 



bôbardâ, v. a. Bombarder, lancer des 
projectiles de toute sorte, des boules de 
neige. | lé valoté l-âniô bë bÔbardà lé d.:ë 
an^é la nâi : les garçons aiment bien bom- 
barder les gens avec de la neige. 1| Réfl. Se 
bombarder. 

bôbardô, s. m. Bombardon, instrument 
(le musique. !| Par ext., celui qui joue du 
bombardon. 

bôbârda, s. f. Bombarde, guimbarde. 
|/e-r ôiro ijàdco ô dceijTve de la bôbârda 
de lé dâhè : autrefois on jouait de la bom- 
barde dans les danses. 

bôbà, V. n. Bomber. 

bôbàsé, s. f. Bombance. 

bôbàsi, V. n. Faire bombance, | bôbÔsÔ 
to le dciva : ils font tout le jour bombance. 

bôbenisè (frv. bonbenisse), s. f. Sucrerie, 



pâtisserie. I fô pa nnri lé-z ëfâ n bôbenisè : 
il ne faut pas nourrir les enfants avec des 
sucreries. 

bôbô, s. m. Bonbon. 

bôda (frv. bonde), s. f. Long bouchon 
percé d'un trou dans toute sa longueur, avec 
lequel on bouche les /listes pour le transport 
des vins pendant la fermentation. Quand la 
récolte est bonne, on orne chacun de ces 
bouchons d'un bouquet. | fô métré le botijé 
a la bôda : il faut mettre le bouquet à la 
bonde. \\ On appelle aussi bôda le trou (pii 
reçoit le bouchon. — Cf. tsoupàna. 

bôdenç, v. a. Bondonner. | le vè ne kioéi 
pâ nié, ô pou bôdenà : le vin ne cuit plus, 
on peut bondonner. 

bôdô (1), s. m. Bondoii, ou bouchon plein, 
qui remplace la tsoupàna quand le vin a 
cessé de fermenter. | s'ô nié le bÔdÔ trii 
vito, se pou fére sonta lé-z ézè : si l'on met 
les boudons trop tôt, cela peut faire sauter 
les vases. 

bôdô (2), s. m. Mollet. 

bodziïxi, s. m. Bonjour. | bÔdzwa, môsii : 
bonjour, monsieur. | te loti baléréi bë le 
bodziÏHi : tu leur souhaiteras bien le bon- 
jour. I bë le bodzioa : bien le bonjour! dit- 
on parfois en abordant quelqu'un. 

bôfô (frv. bon fond), s. m. Homme plai- 
sant, railleur; ou bien, mauvais sujet, suivant 
l'intonation qu'on donne à ce mot. | l-é ô 
bôfô, ne fà rë dé mô a nÔ : c'est un plai- 
sant, il ne fait de mal à personne. | l-é si 
ke l-é ô bôfô : c'est celui-là qui est un mau- 
vais sujet. 

bôloiji, s. m. Angélique sauvage qu'on 
réduit en poudre et <pi'on donne à lécher au 
bétail. I tote lé bune niilde s'ë va; ko ke 
sôdzé ora a ramasâ don bôloi/i ? toutes les 
bonnes modes passent ; qui songe mainte- 
nant à cueillir du bôloi/i? 

bÔnâ (frv. bonner), v. a. Faire mûrir sur 
une planche ou sur de la paille ou du foin 
des fruits cueillis avant la maturité. | ne 
niétrë bônâ lé prâiime de la isâbréta : nous 
mettrons mûrir les prunes au fruitier. || Réfl. 
Se mûrir. | lé pome se bônérô prou solélè : 
les pommes mûriront bien seules. — Cf. 
godzi. — Syn. amortà. 

bÔtâ, s. f. Bonté. Peu usité, i-enqilacé par 
l'adj. bô avec un autre tour de phrase. | la 
bôtà dé dijii : la bonté de Dieu. 



BRA 



BRA 



bôvivê, s. m. Bon vivant. 

bôzêfà (frv. bons enfants), s. m. pi. Les 
Gémeaux, signe du zodiaque. | lé bôzèfâ, l-é 
la buna plènéia po sénâ to se k'ô oâii : les 
Gémeaux sont la meilleure planète pour 
planter et semer tout ce qu'on veut. 

brakalena, v. n. Tris;auder, manquer de 
parole. | fô se ivèrdâ déi dzê ke braka- 
lenÔ : il faut se garder de gens qui trigau- 
dent. 

brakalÔ-lena, s. m. et f. Personne qui 
manque de parole. | l-é konû par 5 bra- 
kalô : il est connu pour un trigaud. 

brakâ, v. a. Briser le chanvre avec le 
brako. — Cf. bat y or â. 

brako, s. m. Gros batyoret pour briser le 
chanvre. | léi-y ar'asetû né batyoré, né 
brako mé, lé dzë ne séinô prèske rê nié dé 
tsenévo : il n'y aura bientôt plus ni batyoret, 
ni brako : les gens ne sèment presque plus 
de chanvre. || Fig. brako, braka : homme^ 
femme qui babille beaucoup. 

brama (frv. bramer), v. n. et a. Beugler, 
mugir. I la vatse bràmè : la vache mugit. 
En cet emploi, syn. brûli, bwélâ. \\ Bruire. 
I le ryô dé bràmafa brame bê : le ruisseau 
de Brâmefaim bruit bien. || Crier, gronder, 
se plaindre. | fà rê tyé dé brama : il ne fait 
que crier. | té braméi pi! Voir babeli. 
I rCa zamé tyé a brama po sos'o po se : il 
n'a jamais qu'à gronder pour ceci ou pour 
cela. I kâ lé-z agasè, lé siïvét' é lé liifsérâ 
brâmô préi déi méizô, l-é siho dé mioâ : 
quand les pies, les chouettes et les chats- 
huants crient près des maisons, c'est signe 
de mort. j| brâmà pron sovè la fa : ils [les 
enfants] se plaignent assez souvent de la 
faim. Il Gronder, réprimander. | brama déi-z 
ëfâ : gronder des enfants. | no brame to le 
dzwa : il nous réprimande tout le jour. 

brama rè, s. m. Celui qui gronde, qui ré- 
primande. I bramàre ke féi ! grondeur, va! 
— Cf. braméréi. 

brama y è (frv. bràmée), s. f. Cri perçant, 
éclat de voix. | fà déi bramâye k'Ô l'iiréi 
d'en'oiira le : il fait des cris [tels] qu'on l'en- 
tendrait à une lieue de distance. 1| Gronderie, 
réprimande. | té bramâye valo pâ le ko- 
redzi : tes réprimandes ne le corrigeront 
pas. Il Pr. lé bramâye pâsô, ma lé kii kàsÔ. 

brasâ, s. m. Brassard. | kS nûhré sordà 
l-â le brasâ ou bré, vo poude kôiâ ke s'ë 
krâyô : quand nos soldats ont le brassard 



[fédéral] au bras, vous pouvez compter qu'ils 
s'en croient (qu'ils en sont fiers). 

braselé, s. m. Bracelet. 

brasé, s. f. Les deux bras. Usité seulement 
dans des loc. telles que : te mé trose la 
brasé : tu me casses les bras (tu paralyses 
mes moyens d'action). | l-é la brase rota : 
j'ai les membres rompus (je suis à bout de 
force et de courage, je suis déprimé). 

braséyi (frv. brasseyer), v. n. Remuer les 
bras, gesticuler. | kâ fà gevèrnâ, léi-y a 
prou a braséyi : quand il faut soigner le 
bétail, il y a assez à brasseyer. \ wéityi lo 
véi braséyi : regardez-le voir gesticuler. 
Il Faire des brassées de foin. 

bravo! int. Bravo! 

bravurè, s. f. Bravoure, témérité. 

brazéta, s. f. Dim. de brâza. Petit char- 
bon fait d'épines et de débris de bois. | de 
la buna brazéta : de bons petits charbons. 
— Cf. tsérbô. 

brazyé, s. m. Brasier. 

brâlârè (frv. brailleur), s. m. Braillard. 
\dë sa famile sô tï lé mTmo brâlârè : dans 
cette famille, ce sont tous des braillards. 

brâli, v. n. Brailler. | si ëke brâVomë 
prûii po k'ô l'ûdzè : celui-là braille au moins 
assez pour qu'on l'entende. 

brâmafâ (frv. brâmefaim), s. m. Celui 
qui crie famine. | lé-z ëfâ s5 sovë déi 
brâmafâ : les enfants sont souvent des 
brâmefaim. \\ le ryô dé brâmafâ : le ruis- 
seau de Brâmefaim, ruisseau qui bruit sur- 
tout aux approches du mauvais temps. 

brâmasâi (frv, bràmesoif), s. m. Celui 
qui crie pour avoir à boire. || le ryô dé 
brâmasâi : le ruisseau de Bràmesoif, qui 
coule à peu de distance du Brâmafâ et qui 
bruit aussi quand vient le mauvais temps. 

braméréi, s. m. Celui qui crie. | Ô pou pâ 
le fére kéizi, si braméréi : on ne peut le 
faire taire, ce crieur. — Cf. bramârè. 

brâvamë, adv. Bravement, honnêtement, 
avec confiance. | se kôdwire brâvamë : se 
conduire honnêtement. | léi-y alâve brâ- 
vamë kemë o-n omo ke n'a rë fé dé mô : il 
y allait avec confiance, comme un homme 
qui n'a pas fait de mal. 

brâvo-a, adj. Brave, honnête, j l-é bravo, 
n'a fé twâ a no : il est honnête, il n'a 
fait tort à personne. | sa martsâda né 



BRA 



— 65 



BRE 



j)â braira, ne fà pà le pûi : cette marchande 
n'est pas honnête, elle trompe sur le poids. 
Il Ironiquement, mauvais, déshonnête. | Céi 
bravo, léi-y a rè a dere tyé se : tu es hon- 
nête, on ne saurait le nier. || Pr. lé brave dzè 
sa ase rû ti/é lé korhé blà. \ l-a nié dé 
tsâse tyé lé brave dcè. | Ce mot n'a pas 
la sig'nification française de courageux, si 
ce n'est peut-être dans des phrases comme 
celle-ci : déi bravos èfà : des entants qui 
travaillent avec courage. — Cf. onéiso. 

braza, s. f. Braise. | predre déi bràsè : 
mettre des braises dans une chaufferette et 
s'en chauffer les pieds. | ô-n ederéréi dza lé 
bràzè : on endurerait déjà les braises (il fait 
assez froid pour se servir d'une chaufferette). 
Il Fig. éihre sii lé bràzè : être sur la braise. 

brâ (frv. brant), s. m. Bande de papier 
soufré qu'on brûle dans un vase à via pour 
le sécher et le conserver. | déi foie dé brâ : 
des feuilles de brant. 

brâliâ (i), s. m. Brancard d'un char. ': Sorte 
de brancard qui, à la campagne, remplace le 
corbillard, j retso é piîro, fô tî pasà pé le 
brâkâ : riches et pauvres, il faut tous passer 
par le corbillard. 

brâka (2), v. a. Braquer, pointer, dirig'er. 
[brâkàve sÔ fUzi kôire no : il dirigeait 
son fusil contre nous. \ Réfl. Braquer les 
yeux sur quelqu'un ou quelque chose. | n'a 
rè a fére tyé dé se bràkà ou méitè don 
tsemê : il n'a rien à faire qu'à se tenir 
au milieu du chemin à braquer les gens. 
Il Prendre une position hardie, provocante 
devant quelqu'un, j l-é vend se bràkà kôtre 
mé : il est venu se camper devant moi. 

brûtâirè, s. f. Petit instrument pour mé- 
cher les vases à \'in. | la bràtâire va niT tyé 
lé vurzi po bràtà lé-z ézè : la brûtâirè va 
mieux que les osiers pour raécher les ton- 
neaux. 

brâfa (frv. branler), v. a. .Mécher, soufrer 
les vases à vin avec le brant. ^ s'ô ne brâle 
pà bè lé-z ézè, éi muzesô : si l'on ne mèche 
pas bien les vases, ils moisissent. 

brâtàdzo (frv. brantaye), s. m. Action de 
mécher un vase à vin. ' le brâtàdzo né pà 
oke k'ô pwése fér'obë lési a volôtà : le 
brantaye n'est pas une chose qu'on puisse 
faire ou laisser à volonté. 

brâtevè (frv. brantevin), s. m. Brandevin, 
eau-de-vie. | 5 pou fére don brâterè awé 
tote swârte dé tsûzè, ma le melâii l-é si k'ô 

GLOSSAIRE DE BL0NA.Y 



fà awé déi li, déi serTzé, ohè de la dzâ- 
hâna : on peut faire de l'eau-de-vie avec 
toute sorte de choses, mais la meilleure est 
celle qu'on fait avec des lies, des cerises ou 
de la gentiane. 

brâtsè, s. f. Branche. [ la brâtse bésa s'é 
ékivésa : la branche fourchue s'est écuissée. 

brâtséta, s. f. Branchette. | lé fargo se 
i fâ awé lé brâtsétè : les fagots se font avec 
■ les petites branches. 

brâtsii-tsa, adj. Branchu-e. J kemè si-l 
àbro l-é hrâtsiï : comme cet arbre est bran- 
chu. I la fôda l-é asebè brâtsa : la tige est 
aussi branchue. 

breda {h ), s. f . Bride. | alà a brecVabatya : 
aller à bride abattue. ,1 la breda a greméla : 
la bride à gourmette. \\ Ganse de chemise ou 
de vêtement. ] lé isemïze se fâ rè nié kemè 
lé-z ôfro yàdzo ; ô Ion fà rè mé dé bredè : 
les chemises ne se font plus comme les 
autres fois; on n'y fait plus de ganses. 

breda (2), s. f. Avant-train, arrière-train 
d'un char. | fù dièdre lé dii^e bredè : il faut 
joindre l'avant-train à l'arrière-train. 

bredalé (frv. bredalet), s. m. Dim. de 
breda. Léger licol servant à mener une 
bête dans les foires. ' vèdre la béifawé le 
bredalé : vendre l'animal avec le bredalet. 
— Cf. /è(l). 

bredâirè, s. f. Sorte d'appareil fait de la- 
nières de cuir qu'on met aux vaches qui vê- 
lent difficilement. Autrefois ce n'étaient que 
des cordes. 

j breda, v. a. Brider. || Fig. Caprèdri a 
j hredà ta lèwa : je t'apprendrai à brider ta 
I langue. 

bredô, s. m. Bridoii, partie de la bride 
qui retient le mors. 

bredulàdzo, s. m. Bredouillage. 
brediilè {a la) (frv. à la bredouille), loc. 
adv. Sans ordre, pêle-mêle. \ fâ to a la 
bredulè : ils font tout sans réflexion et sans 
ordre. | l-akulô to a la bredulè : ils jettent 
tout pêle-mêle. 

breduli, v. n. Bredouiller. I sa pà dérezà 
se breduli : il ne sait pas parler sans bre- 
douiller. 

bredulô-ena, adj. et s. m. et f. Brcdouil- 
leur-euse. | Homme ou femme qui travaille 
sans suite et sans ordre. '. Como é la fèna 
SÔ ase bredulô l'ô ko l'otro : l'honuiie et la 
femme sont aussi bredouilleurs (ils travail- 



BRE 



66 — 



BRE 



lent aussi mal) l'un que l'autre. — Cf. 
brûlâu. 

bredzo (frv. bredzon), s. m. Veste à 
courtes manches bouffantes que portent les 
annaillis et les gens qui soignent le bétail 
ou font le fromage. | le frétai s'è kréi bê 
awé so béi bredzo nâO : le fruitier s'en 
croit bien avec son beau bredzon neuf (il se 
croit très beau) . 

brega, s. f. Brigue, intrigue, | l-a ta fé 
dé brega ke sÔ areoâ a se ke vida : ils ont 
tant intrigué qu'ils sont arrivés à leurs fins. 

brega, v. a. Briguer. | èi bregô tote lé 
plèsè : ils briguent toutes les places. || Par 
ext., se dit d'un chat qui recherche une 
chatte. I le tsa doa vezë brege nûhra tsata : 
le chat du voisin recherche notre chatte. 

bregci-ada, s. m. et f. Brigand-e. || Par 
ext., homme violent et brutal. | l-é si ke l-é 
brega : c'est celui-là qui est un brutal. 
Il Enfant qui use beaucoup de vêtements et 
de chaussures. | sa bregàda l-a dza to 
dépwérâ se snlâ : cette gâteuse a déjà com- 
plètement usé ses souliers. 

bregàdâ (frv. brigander), v. a. Gâter, 
déchirer, user, détruire. | l-a tote bregàdâ 
se tsôsè : il a complètement déchiré son pan- 
talon. I kemë soit bote sô bregàdâyè ! comme 
ces souliers sont abîmés ! | a so fôta dé se 
bregàdâ ? as-tu besoin de détruire ça? || Réfl. 
Se tourmenter de, se tuer à. \ Ô sa pâ por ko 
sou dzê se bregàdo dé travail : on ne sait 
pas pour qui ces gens se tuent à travailler. 

bregàdâdzo, s. m. Brigandage, brutalité. 
I l-é Ô bregàdâdzo tyé dé fére travail 5-n 
ëfà kosë : c'est une brutalité que de faire 
travailler de la sorte un enfant (ou : de faire 
travailler un enfant comme celui-là). 

bregè, s. f. pi. (vieilli). Sorte de pantalon 
qu'on mettait par-dessus un autre pour le pro- 
téger et qui s'attachait tout le long du côté 
extérieur de la jambe. Cette mode est tombée 
en désuétude et le mot avec elle. | ô rnétéi lé 
brege po gevèrnâ : on portait les bregè pour 
soigner le bétail. 

brego, s. m. Rouet. | lé-z otro kii le 
brego faséi partya d'oii troséi et léi-y avéi 
pâ ona fêle ke n'ose zoii vèrgone dé pâ 
savéi métr'ë trë Ô brego : autrefois, le rouet 
faisait partie du trousseau, et il n'y avait pas 
une fille qui n'eût eu honte de ne pas savoir 
mettre en train un rouet. 

bregola-âyè, adj. Chamarré-e, bariolé-e. 



tacheté-e. | lé-z ëfà l-ârno adéi gré lé-z 
âlô bregolâ : les enfants aiment toujours 
beaucoup les vêtements bariolés. 

bregolé (frv. bregolet) , s. m. Haricot 
rouge et blanc. | lé bregolé sÔ gré bô : les 
bregolets sont très bons. 

bregôtsi, v. a. Travailler malproprement. 
\ne fâ tyé dé bregôtsi : il travaille très 
mal. I l-a bë bregôtsi : il a bien mal tra- 
vaillé. 

bregotsîrè , s. f. Femme qui bregôtsè. 

breka (frv. brique), s. f. Fragment, tes- 
son. I déi breke d'ékwèlè : des fragments 
d'écuelle. | métr'ë brekè : casser. | tsezi ë 
brekè : tomber en morceaux. j| Partie d'un 
tout. I déi breke dé lëdzo : des pièces de 
linge. I n'a pâ ôna breka dé bu : il n'a pas 
un morceau de bois. — On dit aussi brika. 

brekala, v. a. Mettre en pièces. | kà 
l-é su, éi brekale tote sé-z ékivèlè : quand il 
est ivre, il met en pièces toute sa vaisselle. 
Il Diviser, morceler une pièce de terrain. | sa 
bala vene l-a ésâ iota brekalâyè : cette 
belle vigne a été toute morcelée. 

breka, adj. Usité seulement dans tsapéi 
brekâ : chapeau briqué, tricorne. 

brekéta, s. f. Dira, de breka. Petit frag- 
ment. I l-é tsezû Ôna brekéta a si tepë : il 
est tombé un fragment à ce pot. — On dit 
aussi brikéta. 

brekolâ (frv. bricoler), v. a. Etre occupé 
à de petits travaux, de petites réparations. 
I kà n'arë lezi, ne brekolérë to se : quand 
nous aurons le temps, nous réparerons tout 
cela. 

brekolâdzo (frv. bricolage), s. m. Petits 
travaux, petites réparations. | lé maso fà 
don brekolâdzo de sa méizô : les maçons 
font de petites réparations dans cette maison. 

brelâirè (frv. brelaire), s. f. Caprice, 
lubie, mouvement subit et passager d'irrita- 
tion et de mauvaise humeur. | l-é to pè 
brelâirè : il est d'une humeur capricieus 
I tyëta brelâirè té prë se ôko ? quelle est 
encore cette lubie? | si peti l-a la brelâirè 
dou tété : cet enfant crie après sa nourrice. 
— Syn. byàna, revoie. 

brelà-ada, s. m. et f. Celui, celle qui perd 
son temps à rôder. 

brelàdâ, v. n. Rôder, flâner, perdre son 
temps. I fâ rë tyé dé brelàdâ to le dziva : 
il ne fait que flâner tout le jour. — Syn. 






BRE 



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BRE 



hâbdnâ, babeli, bâdeli , bâdérâ , bâdoli, 
brelôdâ, hj-ëlà, brelâtsi, dâdûlà, gàganà. 

bre/ù/si, v. n. Comme le précédent. 

breloka (frv. breloque), s. et adj. t". 
Etourdie. | léi-ij a ôko bè déi breloke de le 
modo : il y a vraiment bien des étourdies 
dans le monde. — Syn. belo. 

brelokn, v. n. Agir en étourdi. | se le 
fasû atèhô, te ne brelokérâ pâ kosê : si tu 
faisais attention, tu n'agirais pas si étour- 
diment. 

brelôdd, s. t'. Loque, hunbeau, vêtement 
hors d'usag-e, | 5 ne léi véi tyé déi brelôde 
sii le kivâ : on ne lui voit que des loques sur 
le corps. 

brelùdfi, v. n. Rôder, flâner, perdre son 
temps. I se ne brelùdâve pâ ta, l-aréi déi 
inéloii-: alô a se métré sii le kwâ : s'il ne 
rôdait pas autant, il aurait de meilleurs 
vêtements à se mettre sur le corps. — Syn. 
brelâdù. 

brelii (frv. brelu), s. et adj. m. Hurluberlu. 
I l-é ta. brelii ke n'è pou pâ mé : il est si 
étourdi qu'il ne pourrait l'être davantage. 

breliirë (frv. breliiriii), s. et adj. m. Même 
sign. que brelii. 

brelê-ëta, adj. Brillant-e. | lé-z ùtro kii ô 
n'a cave pâ alâ sii senana a/ré déi solâ 
'brelè ; faléi le delÔ nioli lé solâ por ôsâ le 
brelê : autrefois l'on n'osait pas se montrer 
dans la semaine avec des souliers brillants ; 
il fallait le lundi mouiller les souliers pour 
en ôter le brillant. j| S. m. le brelê déi solâ : 
le brillant des souliers. |1 Nom de vache, j la 
brelèta : la Brillante. — Cf. hléirë, Iwizë. 

breli, v. n. Briller. [ l'ësë brele bè lia ô 
Va pasâ a la biii/a : l'étain brille bien quand 
on l'a passé à la lessive. 

brelo, brelè, adj. Cassant-e. i lé pre/nâi sô 
déi-c âbro brelo : les pruniers sont des 
arbres cassants. | ôna braise brelè : une 
branche cassante. 

brehç (frv. bregnon), s. m. Ensemble des 
petites plantes de chanvre qu'on n'arrache 
qu'après les grands pieds femelles. | kti le 
brenô n'é pâ bô, ne se a rë dé le felâ, ne fâ 
zamé tijé don krûyo fi : quand le bregnon 
n'est pas bon, il ne sert de rien de le filer, 
il ne fait jamais que du mauvais fd. 

bresûula, s. f. Partie mobile de l'avant- 
train d'un char, qui soutient la pièce de l'ar- 



rière-train avec la(|uelle elle se relie. — Cf. 
breda (2). 

breséi, s. m. Grande scie à deux per- 
sonnes. Le côté des dents étant un peu 
arrondi, le mouvement donne un balance- 
ment semblable à celui du berceau ; de là 
le nom. — Cf. bâbàna, résè. 

bresi, v. a. Bercer. | lé-z ùtro gâdzo ô 
bresTve dé grù nié lé-z ëfa tyé ora : autre- 
fois l'on berçait beaucoup plus les enfants 
(pi'à présent. | fo pâ bresi le bri kâ léi-y a 
rë d'èfà dedë : voir bri. 

bresô, breséla, s. m. et f. Le bresô dé 
batsTnio était au dix-huitième siècle un joli 
petit berceau ouvragé et décoré dans lequel 
on baptisait les petits enfants, qu'on jjortait 
encore très jeunes à l'église. — Voir bézÔ. 

bresalâ, s. f. Plaire le travail qu'exige la 
fabrication des breséi. Ce mot est pris dans 
le sens de travail superflu. | tyé 1,-e no bresalâ 
ëkè? pourquoi perdez-vous ainsi votre temps 
à faire des bricelets ? Ce sont toujours les 
hommes qui font ces reproches aux femmes, 
quoique eux-mêmes ne dédaignent pas les 
bricelets. — Cf. kunalâ, burialâ. 

breséi (frv. bricelet), s. m. Sorte de 
gaufre particulière au canton de Vaud. C'est 
la pâtisserie nationale indispensable dans les 
jours de fête, surtout au nouvel an, dans les 
mariag-es et les baptêmes. | déi breséi a la 
krâina : des bricelets à la crème. | lé breséi 
so dé grôsa grana : les bricelets sont de 
grosse graine (ils sont vite mangés). 

bresa (frv. bercée), s. f. Action de bresi. 
I l-a fé ôna ta grôsa bresa ke le bri l-a veri 
se désiï dézo : il a fait une si forte bercée 
que le berceau a tourné sens dessus dessous. 

bresâirè, s. f. Table avec rebord de trois 
côtés et adossée au lit maternel, afin qu'on y 
puisse poser le berceau pendant la nuit. | ô 
nar'aselû pâ mé fôta dé bresâirè ; lé bri 
se fâ pâ mé kemë lé-z ôtro kn : on n'aura 
bientôt plus besoin de bresâirè ; les berceaux 
ne se font plus comme autrefois. 

breirda, s. f. Bretelle. || déi bretale d'èfà: 
lisières d'enfant. | mena ô-n ëfû pè lé bre- 
tale : mener un enfant par les lisières. 

brezi, v. a. Briser, casser. | brezi Ô 
karo : casser une vitre. | te brïze porta to 
se ke te prë de lé ma : tu casses pourtant 
tout ce que tu prends dans les mains. || Pr. 
nô ne brïze sen èkwèla tyé si ke la te. 



BRE 



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BRE 



Il Réfl. Se briser. | le vëro s'é brezi ë 
tsezè : le verre s'est brisé en tombant. || Gâ- 
ter, déchirer. | lé valoté brTzô lou-z âlô 
ê grapesë su lé-z âbro : les garçonnets gâ- 
tent, déchirent leurs vêtements en grimpant 
sur les arbres. | brezi don tèrè, voir tèrë. 
Il Fig. lé-z afére se brizô : les affaires se 
gâtent. Il Rompre, désunir. | le maryâdzo 
l-é brezi : le mariage est rompu. | brezi 5 
méinàdzo : désunir un ménage. 

brezolâ (frv. brisoler), v. a. Brasiiler, 
rissoler, rôtir. | hrezolà déi tsasanè : faire 
rôtir des châtaignes. | V. n. En parlant des 
plantes coupées et séchées, se briser au tou- 
cher par suite d'une extrême sécheresse. | le 
fë brezolè : le foin br isole. 

brezolâyè (frv. hrisoléé), s. f. Action de 
brisoler des châtaignes. | férôna biina 
brezolâyè dé tsasanè : faire une bonne 
br isolée de châtaignes. 

brezâii-âdsa, s. m. et f. Celui, celle qui 
brise, qui casse, qui déchire, qui gâte. | l-é 
o ta grô brezâii : il déchire beaucoup. 

hrèsa (frv. brasse), adj. f. Comme brèséta. 
Il Fig. Qui cause beaucoup, qui est indiscrète 
ou même intrigante. | l-é trii brèsa, no ne 
von avéi a fér'awé li : elle est trop brasse, 
personne ne veut avoir à faire avec elle. 
Il S. f. sa ëke l-é ôna buna brèsa : celle-là 
est une bonne brasse. 

brèsamortâi, s. m. Gâche, doloire, instru- 
ment servant à délayer la chaux et le sable. 
\le brèsamortâi l-é l'iiti déi rnurfë : la 
gâche est l'outil des apprentis maçons. 

brèsapako, s. m. Enfant qui aime à bar- 
boter dans la boue. 

brèsa, v. a. Brasser, remuer. | fo brèsa 
la sepa po ke s'arupese pâ : il faut brasser 
la soupe pour qu'elle ne s'attache pas. || brèsâ 
le morte i : brasser le mortier. | brèsâ la 
nui : marcher dans la neige en traînant 
les pieds, afin d'y former un sentier. | léi-y 
avéi du pi dé nâi a brèsa : il y avait deux 
pieds de neige à comprimer par la marche. 
Il brèsâ lé kârtè : battre les cartes. || V. n. 
Faire un mouvement de côté et en arrière 
pour tourner un char. | n'a pâ siï brèsâ po 
veri sd tsë : il n'a pas su s'y prendre pour 
tourner son char. 

brèsé-éta (frv. brasset-te), adj. et s. m. 
et f. Qui fait vite et mal, en voulant tout 
faire à la fois. | se n'éséi pâ tu hrèsé, faréi 
ml tyé ke ne fà : s'il n'était pas si brasset. 



il ferait mieux qu'il ne fait. | Véi trii brèséta, 
ma petita : tu es trop brassette, ma petite. 
Il léi lèse pâ fére si kuno a sa brèséta : 
ne lui laisse pas faire ce gâteau, à cette 
brassette. \\ Fig. Celui, celle qui se mêle 
de choses qui ne les regardent pas. | Ô 
brèsé, ôna brèséta : un indiscret, une indis- 
crète. 

brèséyi, v. n. Agiter vivement les bras, 
faire toutes choses rapidement et mal, bou- 
siller. I tyé ke te brèséye ëkè ? que fais-tu 
là si rapidement? — Cf. braséyi. 

br'èSa (1), s. f. Brassée. || prëdre ôk'a la 
brèsa : prendre quelque chose à la brassée. 
Il 5 la véi zamé tyé awé Ôna brèsa : on 
ne la voit jamais qu'avec une brassée (un 
enfant dans les bras). || ôna brèsa dé sosë : 
une brassée de litière. | ôna brèsa dé 
fë : une brassée de foin, c.-à-d. la quantité 
de foin qu'on entasse dans un certain ordre 
contre son genou gauche, au moyen d'un 
râteau. | fére déi brèsè : faire des brassées. 
I ô pon mètre tâk'a doze brèse su ôna kordâ: 
on peut mettre jusqu'à douze brassées sur 
une cordée. \\ On appelle encore brèsa la 
quantité de fourrage qu'on donne à chaque 
repas à une vache. | fô alâ bali la brèsa éi 
béisè : il faut aller donner la brassée au bé- 
tail. 

brèsa (2) (frv. brassée), s. f. Malaise pro- 
venant d'un violent mouvement des bras. 

I l-é la brèsa ke léi fà mo : c'est de la 
brassée qu'il souffre. | l-a zou ôna brèsa 
pèr dedë : il a eu intérieurement une bras- 
sée. 

brèzéta. Var. de brazéta. 

bré (1), s. m. Bras. | éilire y 6 déi bré : 
être fort des bras. | avéi déi de d'ahï é déi 
bré dé kotô : voir ahï. \ n'a rë tyé se bré : 
il n'a que ses bras [pour le faire vivre]. 

II Fig. avéi grà bré : avoir le bras long. || On 
appelle en général bré tout ce (]ui a quelque 
rapport avec ce membre. | ô bré dé trâ : 
petite poutre qui supporte l'avant-toit. | déi 
bré dé kolôdè : des bras de colonnes de 
pressoir. | lé bré don brego : branches qui 
supportent la bobine du rouet. | ô bré dé 
ryo : un affluent de ruisseau. 

bré (2), s. m. Potage, jus, bouillie, sauce, 
brouet. | don bré dé sepa : du jus de soupe. 
I don bô bré : une bonne bouillie. 

bréko, s. ou adj. m. Terme qui paraît syn. 
de brèsé et que les enfants criaient autrefois à 
un homme dont tout le monde se gaussait. 



BRE 



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BRE 



Ils lui (lisaient : brékô, moula la fô, brêséla, 
rné la hla a ta fatéta : bréko, ai^^uise la 
faux, brèséta, mets la clef dans ta pochette. 

brétselxô, s. m. Peau qui vient sur le lait 
qu'on fait cailler et que le fruitier mélan- 
geait au petit-lait du dîner ([uand on faisait 
encore le fromage à \a fruitière. 

brétsè (1), s. f. Brèche, cassure. | s'ékwèla 
l-a Ôna brétsè : cette écuelle a une brèche. 

brétsè (2), (frv. brèche), s. f. Caillot. | le 
laséi l-a déi brétsè : le lait a des caillots. 
\t'â ôna brétsè sii tô fourdâ : tu as une 
saleté sur ton tablier. || Par ext., on appelle 
brétsè dé séré : brèches de séré, les petits 
nuages moutonnés qui laissent entre eux 
apercevoir le ciel. 

brétsi (frv. brécher), v. n. Cailler en for- 
mant des brèches, s'aigrir; se dit du lait. | le 
laséi l-a brétsi : le lait a bréché. \\ Réfl. Se 
prendre en brèche, s'aigrir. | le laséi s'é 
brétsi : le lait s'est bréché. \ léi-y a déi 
plate ke fà brétsi le laséi .' il y a des plantes 
qui [mangées par le bétail] font cailler le lait. 

brétsô, s. m. Petite brèche, petit caillot. 
I léi-ij a déi brétsô de le laséi apréi k'ô-n 
è-n a saléi lé brétsè : il reste de petits caillots 
dans le lait après qu'on en a sorti les gros. 

brévâdto, s. m. Breuvage. 

brévirè, s. f. Enflure, symptôme de cer- 
taines maladies du bétail. [ l-a ôna brévirou 
hla po mètre le prévezè : elle [la vache] a 
une grosseur au flanc pour mettre le pré- 
vezë. Il Par ext. et familièrement, grosseur 
sous le bras de l'homme. I l-a la bréinrè : il 
a une grosseur à l'aisselle. 

brévô (frv. bréron), s. m. Breuvage com- 
posé d'eau, de farine et de sel destiné à en- 
graisser le bétail, j s'ô vou bê ègrési sa 
béisè, fà pfi fére le brévô trii hlâ : si l'on 
veut bien engraisser sa bête, il ne faut pas 
faire le brèvon trop clair. || Par ext., bois- 
son faite de plantes médicinales et donnée au 
bétail en cas de maladie. | la valse l-a ésà 
kotâi/è, lei fo fér'ô brévô : la vache a eu 
une indigestion, il faut lui faire un brévon. 

bréi/ena (frv. broijonne), s. f. Tripoteuse. 
\na èamé to bréyenâ ; n'ê tijé ôna bréijena : 
elle n'a jamais assez Iripoté : ce n'est qu'une 
tripoteuse. 

bréijena (frv. broijonner), v. n. Tri])ot(:r. 
I n'a so pâ asetû prou bréyenâ pèr èkè ? 
n'as-tu pas bientôt fini de tripoter par ici? 
\éi bréyene té-z èrbè : elle tripote tes 



légumes. || Fig. l-é sa èke ke n-ê-n a 
brétfenà de l'afèrè : c'est celle-là qui en a tri- 
poté, des choses. | sô to le demi a bréyenâ : 
elles tripotent tout le long du jour. 

bréyi (frv. broyer), v. a. Barboter, tripo- 
ter. Ce mot s'applique principalement aux 
enfants. | lé-z ëfci sô tJ parai, Ion fô bréyi 
le pako, se tye sô pâ kôtè : les enfants sont 
tous les mêmes, il leur faut tripoter la boue, 
sans quoi ils ne sont pas contents. || Fig. 
Comme bréyenâ, quoique moins usité, j kâ 
sou diïi'e sô èsêblè, l-îi todoulô ôk'a bréyi : 
quand ces deux sont enscnd)le, elles ont tou- 
jours quelque chose à tripoter. 

bréyotâ, v. a. Fréq. de bréyi. \ lé 
bréyotéi pï! voir babeli. 

bréyÔ (frv. broyon), s. m. Mélange peu 
ragoûtant de liquides et de solides, mé- 
lange d'eau et de terre, tripotage. | vo 
féd'ô béi bréyô èkè : vous faites là un beau 
tripotage. | s'é to kôtsi aivé dou bréyô : 
il s'est tout sali avec du broyon. \\ lé-z èfà 
fà don bréyô aivé de l'éiw'é de la tëra ; 
épiis'éi l-ëivô bë se po n-ë fére déi peti 
kuTio ; métô désii dou résÔ é déi hlâii ë 
dyiza dé siikro é d'ôtre tsûzè : les enfants 
font du broyon avec de l'eau et de la terre ; 
puis ils étendent bien cela pour en faire de 
petits gâteaux ; ils mettent dessus de la 
sciure et des fleurs en guise de sucre et 
d'autres choses. 1| Fig. lé sa fére lé bréyô, 
sa ëkè : elle s'entend à en faire, des trij)o- 
tages, celle-là ! 

brë, s. m. Brin, menue parcelle, petite 
quantité. | ô brë dé paie : une petite poignée 
de paille. | fâ pâ ô brë d'ûra : il ne fait pas 
un brin de vent. | ne divârmo pâ ô brë : je 
ne dors pas du tout. | ne travale pâ Ô brë : 
il ne travaille pas du tout. [ ne fâ pâ ô brë 
tyé dé disputa : il ne fait ([ue gronder. 

brëboriyÔ, s. m. Brimborion. | tyé ke te 
t'aniiiz'a déi brëboriyô dësè ? pourquoi 
t'amuses-tu à des brimborions pareils? 

brëla, s. f. Vase en bois en forme de 
hotte qu'on porte sur le dos au moyen de 
bretelles en cuir ou de cordons en osier et 
qui sert à porter la vendange et le vin ; frv. 
branle. \ ôna brëla dé sésâi : une brante 
scellée, de la contenance d'un setier (i.'i litres), 
(jui sert de mesure. | porta la brëla : faiie 
le métier de porter la brante à l'époque des 
vendanges. || Pr. /(' grive venëdzô é lé 
renâ pwârtô la brëla. \\ On a des brantes 
en fer pour la cuisine. 



BRE 



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BRI 



brêlatyii, s. m. Femme qui, par vanité, se 
balance en marcliant. | se te vou vër'Ô 
brêlatijii, lé fô wéitiji alà sa fémala : si tu 
veux voir un brèlattjû, il te faut regarder 
marcher cette femme. 

brêlâ (1), V. n. Branler. | le madzo de la 
remase brêlè : le manche du balai branle. 
Il Fig. Flâner. | sàoô pâ yô brëlè : ils ne 
savent pas où il flâne. — En cet emploi, syn. 
brelâdâ. \\ Avec un régime : fére brëlà la 
hlotsè : faire branler la cloche. | léi-i/ a déi 
dzwa ke vo ne séde pâ pî tye brëlà pèr 
ëkè : il y a des jours où vous savez à peine 
quoi faire. || Réfl. Branler, se balancer. | ne 
té brëla pâ kosë : ne te balance pas ainsi. 
\lé-z ëfâ se brèlô : les enfants se balancent. 

brëlà (2), s. f. Contenu de la brëla; frv. 
brantée. \ ôna brëlà dé venëdsè : une 
brantée de vendange. | sa vehe l-a fé dyi 
brëlà : cette vigne a donné dix brantées. 

brëlàrè, s. m. Celui qui porte la branle 
aux vendanges ; frv. brantare ou brantar. 
I lé-z ôtro ku léi-y avéi prou fémale kefasâ 
lé brëlàrè : autrefois il y avait assez de fem- 
mes qui faisaient le métier de brantare. — 
On dit aussi brëlàrè. \\ Homme qui perd son 
temps, qui flâne. | l-é si ke l-é 5 brëlàrè : 
c'est celui-là qui flâne. 

brëlâyè (frv. branlée), s. f. Branlement. 

I l-âbro faséi déi brëlàye ke sëblàve ke 
vuléi tsezi : l'arbre faisait des branlées 
[telles] qu'il semblait qu'il allait tomber. 

II Balancement. | soa-z ëfâ fâ déi brëlàye 
ke para bë tsezi : ces enfants font des bran- 
lées, se balancent de telle façon qu'ils pour- 
raient bien tomber. 

brëléta (frv. branlette), s. f. Civette, ci- 
boulette. I fô mètre déi brëléfa la sepa 
éi-z èrbéte po ke séi buna : il faut mettre de 
la civette à la soupe aux herbettes pour 
qu'elle soit bonne. 

brëlë-ëta, adj. Branlant-e. 

brëlo, s. m. Branle. | métr'ë brëlo : mettre 
en branle. | léi fô bali le brëlo : il faut 
lui donner le branle. || èihre sii le brëlo : 
être sur le branle (à l'article de la mort). 
Il Balançoire. | férô brëlo : faire une balan- 
çoire. Il Planche suspendue au plafond par des 
cordes et servant de rayon dans une dépense 
(frv. branle). \ le rate va inedzi su le brëlo : 
les souris vont manger [les provisions] sur 
le branle. 

brëlotà (frv. branloter), v. n. Fréq. de 



brëlà ; ébranler par petits mouvements. | ô 
deréi ke fà de Vûra, lé-z àbro brëlotô : on 
dirait qu'il fait du vent, les arbres s'agitent. 
Il V. a. si peti brëlote lé bave dou serezi : 
ce petit branlote les branches basses du ceri- 
sier, il Réfl. Se balancer à petits mouve- 
ments. I lé-z ëjà se brëlotô : les enfants se 
balancent doucement. 

brëlâii (frv. branloir), s. m. Branloire. 
I lé-z ëfà l-à fé ô brëlâu : les enfants ont 
fait une branloire. — Syn. brëlo. Planche 
suspendue dans une dépense pour préser- 
ver de la dent des souris les provisions 
qu'on y dépose. | lé rate l-à prou su alà sii 
le brëlâii medzi le pâ : les souris ont bien 
su aller sur le branloir manger le pain. 

brëlàrè. Syn. de brëlàrè, au sens de por- 
ter la branle. 

bri, s. m. Berceau. | vou pà teni ou bri : 
il ne veut pas rester dans son berceau. | le 
inTmo bri l-a servi po tï sé-z ëfâ : le même 
berceau a servi à tous ses enfants. | l-a du-z 
ëfâ pè lé bri é yô éi bré : elle a deux en- 
fants au berceau et un aux bras. || lé-z ôtro 
yàdzo 5 porta ve lé bri a la veriè, a travë sii 
lé lotè : autrefois l'on portait les berceaux à 
la vigne en travers sur les hottes. || fô pâ 
kâblà O bri kâ léi-y a Ô-n ëfâ dedë, se léi 
grave d'iirinà : il ne faut pas enjamber un 
berceau quand il y a un enfant dedans, cela 
l'empêche d'uriner. || fô pà bresi le bri kâ 
léi-y a rë d'ëfâ dedë, se baie lé kolikè : il 
ne faut pas bercer le berceau quand l'enfant 
n'y est pas, cela [lui] donne la colique. 

brikéla. Var. de brekéta. 

brinà, v. n. Bruire. | ô-n û brinà le bu 
kâ le të vou tsâdzi : on entend bruire le 
bois quand le temps va changer. 

brirè, s. f. Légère cuisson de fruits qu'on 
veut sécher. | loufô fér'ôna buna brire por 
ôsà le muzi : il faut leur faire une bonne 
cuisson pour ôter le moisi. 

brisko, s. m. Gros chanvre. — Cf. tsenévo, 
vèrdâ. 

briya, s. f. La quantité de fruits qu'on 
briye, que l'on cuit légèrement, en une fois, 
avant de les sécher. | tëk'ôna buna briya 
dé perè : voilà une bonne briya de poires. 
I ne farë dii^e briye dé sertzè : nous ferons 
deux briyè de cerises. 

briyà (frv. briyer), v. a. Échauder, verser 
de l'eau bouillante sur un porc qu'on vient 
de tuer, pour en détacher facilement l'épi- 



BRO 



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BRO 



derme et les soies. | ô hviye lé pw'é de dêi-c 
étsJso : on échaude les porcs dans des cu- 
viers. || Bouillir lég-èrement des cerises ou 
des poires pour les faire ensuite sécher au 
soleil sur des planches. | briijà déi serîzè, 
déi père tsann : échauder des cerises, des 
poires d'angoisse. || Combuçer un vase en 
bois avec de l'eau bouillante. | hrlyâ ô-n 
étsTso, ona légrefnsè : échauder un cuvier, 
un vase à vin. || Réfl. S'échauder, se com- 
buger. I le pioë s'é bë brii/â : le porc s'est 
bien échaudé. [ l'é/sTso se non pâ br'i//a : le 
cuvier ne veut pas se combuger. 

brùjô (frv. brii/on), s. ra. Eau dans la- 
quelle on a tait bouillir des fruits pour les sé- 
cher. En faisant réduire ce jus, on en obtient 
un raisiné excellent appelé vin cuit; c'était 
toute la confiture de nos grand'mères. | fô 
kwéire grâtë le briyô por avéi don vèkwè : 
il faut cuire longtemps le britjon pour avoir 
du raisiné. | le briijo dé père tsana l-é 
mélâii tijé si dé serîzè : le briyon des poires 
d'angoisses est meilleur que celui des ce- 
rises. 

brizû, s. f. Bruissement; bruit sourd et 
lointain (jui annonce l'orage. | l-é ôna brizû 
de lé-z orolè : j'ai un bruissement dans les 
oreilles. | (i/é k'd-n il por ôna bricô ? 
qu'est-ce que ce bruit qu'on entend? — Cf. 
burenâyè. 

brîzefë, s. m. Brise-fer; enfant qui use 
beaucoup de souliers. | lé-z êfâ sô tî déi 
hrizefë : les enfants sont tous des brise-fer. 
— Syn. bregâ, dévoryûii, fripàrè. 

brïseméinadzo, s. m. Personne qui gâte, 
qui désunit un ménage. | sa fémala n'é tyé 
ô hrïzeinéinàdzo : cette femme n'est qu'un 
gàte-ménage. — Syn. déziinernéiuùdzo. 

brTze/nê, s. m. Brisement. | ô brTze/nê dé 
féisa, dé /yôr : un brisement de tète, de 
cœur. 

brîzeto, s. m. Brise-tout. | lèse nié se, 
brîzeio ke t'éi : laisse-moi cela, brise-tout 
que tu es. | sa feléta l-é Ô brîzeto : cette 
fillette est un brise-tout. 

brokâ-ârda (frv. brocard-e), adj. et s. m. 
et f. Qui a trois couleurs, noir, blanc, jaune ; 
se dit des chats. | lé inatû sô èarné brokâ, 
léi-y a lyé lé tsate ke sô brokârdè : les ma- 
tous ne sont jamais brocards; il n'y a que les 
chattes qui sont brocardes. \ Ô tsa brokâ : 
un chat brocard. 

broli (frv. broiller), v. n. Goder, faire des 



poches, de faux plis. [ sa inâdze broie trii : 
cette manche fait trop de faux plis. | ta roba 
broie pè lé rè : ta robe gode au dos. 1| Par 
ext., avoir des plis de graisse. | sô nièfô 
brolè : son menton a des plis. 

brnlo, s. m. Faux plis dans les vêtements. 
I ,sY/ roba fa ô pnsè brolo : cette robe fait 
un immense faux pli. || Par ext., pli de 
graisse chez l'homme et les animaux. | l-a 
déi béi brolo pè le kn : il a de beaux plis 
au cou. 

brosata, v. a. Brosser, épousseter. | l-é 
ènoyâii dé brosata lé-z âlô gonlà : c'est 
ennuyeux de brosser les vêtements crottés. 

brosé, s. f. pi. Débris de foin qui restent 
dans la crèche après les repas. | fére, lési 
déi brosè : faire, laisser des brosè. \\ Par 
analogie, et familièrement, restes d'un repas. 
\dénm ne niedzérê lé brosè : demain nous 
mangerons les restes. 

broséta, s. f. Brosse. | nûhré-z âhâ 
n'adzetâvâ re dé brosétè ; sô rnioà kâ 
inînio : nos ancêtres n'achetaient pas de 
brosses ; ils sont morts quand même. | ôna 
broséta po lé-z âlÔ : une brosse à habits. 

brosii (frv. brossa), adj. m. Qui a les che- 
veux ou le feuillage en brosse. | l-é to 
brosii : il est tout brossa. | ô-n âbro brosu : 
un arbre touffu. || S. m. Homme ([ui a les 
cheveux en forme de brosse ; aussi, arbre 
touffu. 

brota, v. a. Brouter. lé tsîvre l-â to 
brotà : les chèvres ont tout brouté. 

brotsè (1), s. f. Broche à tricoter. | Ô dzo 
dé brotsè : un jeu de broches à tricoter. 
Wférôpà dé brotsè : tricoter quelques bro- 
ches. I métr'ô fsonsô ê brotsè : conunencer 
un bas. || Par ext., se rémétrc brotsè : se 
remettre à l'ouvrage. || Dans une roue, partie 
du rais ([ui entre dans la jante, 

brot.tè (2), s. f. Mouche d'une cible. | fëdre 
la brotsè : faire mouche. 

brotsè (frv. brochet), s. m. Broc, vase ser- 
vant à tirer une petite quantité de vin. | ô 
brotsè dé dyî po : un broc de 10 pots (lo li- 
tres). i| Vase en bois servant autrefois Adon- 
ner à boire aux veaux le lait de leur mère. 
I le véi l-a bii plë le brotsè : le veau a bu 
plein le brochet. 

brotsi, Y. a. (vieilli). Poser comme on fai- 
sait autrefois un séton aux bêtes à cornes. 
On fendait le poitrail et l'on introduisait dans 



BRU 



72 



BU 



cette ouverture une racine appelée de la râi 
dé brotsirè (peut-être une espèce d'ortie) ; 
cette racine produisait une enflure énorme. 
Les vieillards se rappellent, sans pouvoir 
préciser la date, qu'à une descente de mon- 
tagne on avait fait aller tout le troupeau vers 
Bayse pour le brotsi. — Cf. séitenô. 

brotsirè, s. f. Voy. brotsi. 

brÔ, brôna, adj. Brun-e. Comme adj., ce 
mot a vieilli; mais il sert toujours à désigner 
substantivement les animaux bruns. | la 
brôna : la jument, la vache brune. 

broda (frv. b ronde) , s. f. Brindilles, 
émondes, dépouille d'un arbre. | Ô fâ déi 
fargo awé la broda : on fait des fagots 
avec la bronde. 

brotsi, V. n. Broncher, faire un faux pas, 
partie, en parlant d'un cheval, faire une 
faute, j le Isavô n'a pâ brotsi : le cheval 
n'a pas bronché. | te ne brôtséréi pâ : tu ne 
broncheras pas. 

brusalè, s. f. Broussaille. 

brûlciu-âûza (frv. broiiilleur-euse), s. m. 
et f. Celui, celle qui travaille mal. | l-é o 
piisê travalâii, rnà o grô brtllâii : c'est un 
fort travailleur, mais un grand brouilleur. 
— Cf. bredulô. 

brûlé, s. f. Brouille. | l-â zou ûna briifëtre 
lâû ."ils ont eu une brouille entre eux. || Trom- 
perie, tricherie au jeu (frv. brouille). \ léi-i/ 
a zou de la brûle pèr èkè : il y a eu de la 
tricherie par là. 

brûlémë, s. m. Beuglement, mugissement. 
\ti/ë brûlémë .^a béise/â/ quel beuglement 
cette béte fait ! 

brûléri s. f. Brouillerie. | l-â zou Ôna pe- 
tita brûléri : ils ont eu une petite brouillerie. 
Il Tromperie, malhonnêteté (frv. brouillerie). 

brûli (1), v. n. Beugler, mugir, j lé bâti 
brûlô sovë a la môtanè : les bœufs beuglent 
souvent à la montagne. — Cf. brama , 
mounâ. 

brûli (2), V. a. et n. Brouiller, tromper, fal- 
sifier. Il l-a brûli sô laséi : il a brouillé (addi- 
tionné d'eau) son lait. | no-z a brûli : il nous 
a brouillés. || brûli sen uvrâdzo : travailler 
malproprement. || éi brûl'ou dzo : il triche 
au jeu. 

brûlp-ena (frv. brouillon-ne), s. m. et f. 
Trompeur-euse. | léi-y a gràtë ke Véi konii 
por 5 brûlô ; il y a longtemps que tu es 
connu pour un trompeur. 



brulo (frv. brûlot), s. m. Petite pipe en 
terre ordinaire. | se lé brulo ne sô pà bô, 
ne sô pâ tsë nÔ plu : ô-n ë pou brezi ta k'ô 
vâû : si les pipes de terre ne sont pas bonnes, 
elles ne sont pas chères non plus, on en peut 
briser tant qu'on veut. 

briinè, adj. f. Se dit d'une vache qui n'est 
plus apte à la reproduction. 

brûskamë, adv. Brusquement. | léi-ij a 
bruskamë veri le dêrâi : il lui a brusque- 
ment tourné le dos. 

bruska, v. a. Brusquer. | lé vïle dzë é lé 
peti-z ëfâ n'âmô pâ éihre brûskâ : les vieil- 
lards et les petits enfants n'aiment pas à être 
brusqués. 

briisko-a, adj. Brusque. | se l-é déi 
dzë ta briisko : ce sont des gens si brus- 
ques. 

brwi, s. m. Bruit, j la plodze fâ pâ 
grà brwi : la pluie ne fait pas grand bruit 
(il ne pleut guère). || Pr. se févrâi ne 
févrûlè, ma é avri méinérô grà brwi. 

bu, s. m. Forêt, petit bois ; bu est actuelle- 
ment le seul mot usité pour forêt. | ô béi 
bu : une belle forêt. || bu dévë (frv. bois 
devin) : portion de forêt mise autrefois pen- 
dant un certain temps en défense ; il était 
interdit d'y introduire des bestiaux ou d'en 
couper la plus petite plante sans s'exposer à 
une très forte amende. Le bois en était ré 
serve comme bois à bâtir ou bois de pres- 
soirs. Le dernier bois devin à Blonay est 
devenu une forêt communale et a conservé 
son nom de bu dévë. \\ Pr. ou méi d'u la 
plodze l-é dèréi le bu. \\ Bois. | dou bu 
bla : du bois blanc; bois tendre, par oppo- 
sition à bois dur. | dou bu d'afoyâdzo : 
du bois d'affouage. | dou bu dé sarpâte- 
nâdzo : voir ce mot. || ôna miza dé bu : 
une mise de bois ; désigne une portion de 
bois qui doit être coupée entre des lisières 
marquées, en ne laissant que les arbres de 
réserve, ou bien du bois coupé et mis en tas 
pour être vendu aux enchères. || dou bu dé 
mûlo : du bois de moule, à savoir des bû- 
ches de bois ayant un mètre de long et ser- 
vant à former une mesure de quatre stères 
appelée moule. \ ôna iâiza de bu : voir 
tâiza. Il fére sô bu : travailler son bois. || la 
vene mé grô dé bu : la vigne pousse de 
beaux sarments. || dou bu karà : du bois 
carré (fusain). | dou bu dzëti : du bois 
gentil (garou des bois). | dou bu d'ëdo : du 
bois d'Inde, de l'indigo. || dou bu dé lena : 



BUD 



7:3 — 



liUL 



du bois (Je lune (bois volé au clair de la 
lune). Il Quand on dit à quelqu'un que 
sa fille va bieutùl se marier, il répond tou- 
jours : le bu po féi-e le hri dé sen oino 
lié pà onko gvo : le bois pour faire le ber- 
ceau de son mari n'est pas encore grand. 
Il te n'éi pu doit hn k'ù J'â lé meni'stro : tu 
n'es pas du bois dont on fait les pasteurs. 
Il /o pâ tsaplà le bn éi peso, réiste ta mû é 
lie pon pà biii'lâ : il ne faut pas couper le 
bois sous le signe des Poissons, il reste tout 
mouillé et ne peut brûler. 

btibelè, s. f. Bobine. | ùiiri biibele dé ko/ô, 
(lé Jî, dé sii/a : une bobine de coton, de fil, 
de soie. | ôna bubele dé brego : une bobine 
de rouet. || ôna biina felâire déi felû se 
dii^e bubele d'Ô dzwa : une bonne fileuse 
doit filer ses deux bobines d'un jour. 

bubelô, s. m. Petit berger d'alpage. — 
Cf. âriiiali, bérdci. 

budatsi, v. n. Fréq. de biidâ. \ l-a fodnulô 
a budatsi : il a toujours à faire de petites 
bouderies. | té budalséi pi ! voir babeti. 

buda, V. a. Bouder. | le biido d/'i la 
fjrcitc : je le boude depuis longtemps. | té 
budé se? te boude-t-il? [j Rétt. Se bouder. 
\sé ré budô : ils se boudent de nouveau. 
Il V. n. I /'(/ rè fi/é dé buda : il ne fait que 
bouder. 

biidéri, s. f. Bouderie. riiliré badéri nié 
ré(j(lrdô pâ : vos bouderies ne me regardent 
pas. 

budè (1), s. m. Boudin, mets qu'est censé 
avoir mangé celui (|ui boude. | kâ l-are prou 
iiiedci dé hndè, rénèdré : quand il aura 
assez mangé de hoiidin^ il reviendra. 

budè (-2) (frv. boudin), s. m. Grosse son- 
naille en fer. | lé budë l-â 5 sô topo : les 
boudins ont un son sourd. | ô nié lé budè éi 
môdzè : on met les boudins aux génisses. 
— Cf. se no. 

budceli (frv. boui/iller), v. n. Remuer, 
bouger sans c(îsse. | n\iréi so pà nsetû prou 
budzeli '.' n'auras-tn pas bientôt assez bou- 
sillé :' I léi-ij a pà a férè, fo ke lé-: èfà 
buihelù : il n'y a p,is à faire, il faut (pie les 
enfants bourjillctd. — S\n. banjala. 

budzelô (frv. bougillon), s. m. Enfant qui 
bouge sans cesse. | se l-é o peti budzelô : 
c'est un petit bougillon. — On dit aussi 
biidzelô. — Syn. biirgatâré. 

budzenÇiiré, s. f. Fourmilière au sens 
de colonie de fourrais remuantes. | têk'ôna 



bala budzenairé : voilà une belle fourmi- 
lière (remuante). — Cf. fremelîrè, pélâuza. 

budzi, V. n. Bouger. | n\i pâ bitdzi 
dé sétàyè : elle n'a pas bougé d'assise 
(elle n'a pas quitté .sa chaise). | budzè vâi : 
bougeons ooir (allons, mettons-nous en mou- 
vement). I kràt/o ke /'à. de l'ûra, ô véi 
budzi lé J'oie déi-z àbro : je crois qu'il fait 
du vent, on voit bouger les feuilles des 
arbres. || Donner signe de mouvement. ! sa 
murale budzè : cette muraille bouge. | la 
rené kemèh'a budzi : la vigne conunence à 
bouger. \\ Fig. Se démener, faire des démar- 
ches. I l-a prou falii ke Ion sa budzi po le 
rélrovà : il a bien fallu (ju'ils se soient dé- 
menés pour le retrouver. || V, a. Remuer. 
\l-a budzi sen ékioèla ke l-é tseza : il a 
remué son écuelle qui est tombée. || Réfl. Se 
bouger. | sa pà se budzi : il ne sait se 
bouger. | se le té budze dii èké, gà .' si lu 
te bouges de là, gare ! 

bufé, s. m. Buflet, armoire. — On dit 
aussi bûfé. 

bufô-ena, adj. et s. m. et f. Bouffon. 
I l-é ta bufeiia : elle est si bouffonne. 

bugrésa (frv. bougresse), s. f. Dim. de 
bûgra. \ mé nélo .sou diPe bugrésè : je me 
veille ces deux bougresses. 

bukaiia , v. n., peu usité. Tourmenter 

moralement. | n'a zanié to bukanà : il 

n'a jamais assez toTu-ment('' [son entou- 
rage]. 

buka, s. m. Dans la mythologie vaudoise, 
bukà, diable sous forme de bouc. (Ceresole, 
Légendes des Alpes raudoises). \\ Grognon. 
I lèse si vTlo bukà. trâtgilo : laisse ce vieux 
grognon tranquille. || Boucan, vacarme. 
l/ére don bukà : faire du vacarme dans les 
moments d'ivresse. — Cf. boko. 

bulà-àna, s. m. et f. Bàfrcur-euse. | nô ne 
vuléi otyiipà sou biilà : personne ne voulait 
occuper ces bàfreurs. — Syn. boii/à. 

buledogè, s. m. Bouledogue. 

biili (1), V. a. Bouillir à grande eau. I buli 
déi-z érbè : bouillir des légumes. 

buli (2), s. m. Bouilli. \ don buli dé 
pake : du bouilli de Pâques. 

biilô, s. m. Boulon. 

bi/lé, s. f. Cohue. I léi-g arôna ride 
bu lé : il y aura une terrible cohue. ' /i/é ke 
noudrâ fére de sa bulè ? (ju'i rions-nous 
faire dans cette cohue? 



BUN 



— 74 



BUN 



bulé, s. m. Petit bassin de fontaine où l'on 
lave le linge des petits enfants et autres 
choses sales. — Cf. ôdco. 

bulo, s. m. Bouillon. || l-é to-t ë-n 5 
balô : il est tout en un bouillon [en grande 
transpiration]. || Pr. le bnlo n'a pâ Jota dé 
kwûrda po le mena. 

biin, biina, adj. Bon, bonne; voir bÔ. 

biinadrài, adv. Suffisamment, autant qu'il 
faut. I léi-y ë a bunadrâi : il y en a suffi- 
samment. 

biinagrasè (frv. bonne-grâce), s. f. Ce que 
le marchand ajoute de bonne grâce au poids 
ou à la mesure dans une chose vendue. | si 
martsâ ne fà camé la bunagrâsè : ce mar- 
chand ne donne jamais rien par-dessus le 
marché. | léi mé todoulÔ la grôsa buna- 
grâsè : il y met toujours la grande bonne- 
grâce. 

bunama, s. f. Bonne-main. | ôna grôsa 
biinamâ : une forte bonne-main. — Syn. 
vë, trëtyèld. 

bnnamë, adv. Bonnement, d'une bonne 
manière. | sa para méire l-a ta kudyi alévâ 
bunamë sé-z ëfa : cette pauvre mère a fait 
tout son possible pour bien élever ses en- 
fants. 

bunami-iya (frv. bonami-e), s. m. et f. 
Amoureux-euse. | na rë mé dé biinami : 
elle n'a plus d'amoureux. | se fà tï les a 
ô-n ôtro biinami : elle (se) fait chaque année 
un autre amoureux. | Vavéi tré banamiy' ë-n 
S yàdzo : il avait trois bonamies à la fois. 
— Cf. gala. 

banane (frv. bon7ie nu il), s. f. Ternie de 
salutation pour la nuit. On dit généralement 
à une personne qui va se coucher : adyil, 
banane, dwâ bë : adieu, bonne nuit, dors 
bien. | ma sîra vo-z ëviiye la banane : ma 
sœur vous envoie la bonne nuit. | vo fà bë 
bali la banane : ils vous font donner la 
bonne nuit. | dyii vo baie la banane / que 
Dieu vous donne la bonne nuit.' 

bunatso, s. m. Dira, de buné. Petit bonnet; 
bonnet de petit enfant. | n'avéi tyé déi 
krûyo bunatso ke léi krevâva pâ pî le bé 
de la téisa : il n'avait que de mauvais petits 
bonnets qui lui couvraient à peine le sommet 
de la tête. 

buna, s. m. (bon an). Premier jour de 
l'an^ nouvel an; étrenne. | kà 5 vë vTlo, 
sëbie ke lé bunà s'apôdô tï ; quand on de- 
vient vieux, il semble que les premiers de 



l'an se touchent tous. | tëke dza ré le bunà : 
revoilà déjà le nouvel an. | féisâ le bunà : 
fêter le nouvel an. | lé dàhe dou bunà : les 
bals du nouvel an. | lé patifn dou bunà : 
les masqués du nouvel an. | ëtèrâ le bunà : 
enterrer le nouvel an (fêter le dimanche 
après le nouvel an). || l-a résii 6 béi bunà : 
il a reçu de belles étrennes. | tëke tô bunà : 
voilà ton [cadeau de] nouvel an. 

bunàdâ, v. n. Fêter le nouvel an. | lé valé 
é lé fêle l-âmô bë bunàdà : les garçons et les 
filles aiment bien à fêter le nouvel an. | l-à 
bunàdâ tota la senàna : ils ont festoyé 
toute la semaine de l'an. | aivé ko ke va 
bunàdâ ? avec qui va-t-elle aux bals du nou- 
vel an ? I Vànâye n'a pâ ésâ prou buna po 
pwéi bunàdâ : l'année n'a pas été assez 
bonne pour pouvoir fêter le nouvel an. 

buné, s. m. Bonnet. | buné d'omo : bonnet 
de nuit pour homme. || Fig. métré sÔ buné 
dé travë : mettre son bonnet de travers (se 
mettre de mauvaise humeur). || 5 gro buné : 
un gros bonnet (un personnage important). 
Il Par ext., sorte de sac en velours qu'on 
passe à l'église devant les fidèles pour qu'ils 
y déposent leur offrande (cf. kurzelë). 
\pasâ le buné : passer le bonnet. — Cf. 
bédyë. 

bunëfà (frv. Bon-Enfant), s. m. Person- 
nage imaginaire qui est censé venir la veille 
du nouvel an porter les cadeaux aux enfants. 
Ceux-ci mettent sous la table un bonnet, un 
chapeau ou un panier, et du foin devant la 
porte pour l'âne du Bon-Enfant ; mais il leur 
arrive parfois de trouver le matin une verge 
à la place des cadeaux qu'ils attendaient. — 
Cf. tsousevTlé. 

banomo (frv. bonhomme), s. m. Nom vul- 
gaire de la molène. | kà ô-n a ôna puta to, 
fà fére dou té awé déi hlou dé banomo : 
quand on a une grosse toux, il faut faire du 
thé avec des fleurs de bonhomme. 

bunozéi (frv. bon-oiseau), s. m. Épervier, 
crécerelle; oiseau de proie en général. | lé 
dzenele sëtô le bunozéi : yô ke pou bë éihrè ? 
les poules flairent l'épervier : où peut-il bien 
être? — Cf. épèrvâi. 

buno, s. m. Bonheur, j pè bunô : heureu- 
sement. 

bunalâ (1), V. n. Etre occupé à faire des 
beignets. | n'éi vo pâ asetû fni, dit le të ke 
vo bunalâ ? n'avez-vous pas bientôt fini, de- 
puis le temps que vous êtes occupées à faire 
ces beignets? — Cf. bresalâ, kurialâ. 



BUR 



BUR 



bunaln {2)-âi/ê, adj. Qui a des bosses. 
\m5 li l-é io biinalà : mon lit est tout 
bossue. 

biinè, s. f. Loupe, excroissance qui se 
forme sur certains arbres. | si-l iibro l-a mé 
Qnn bnnè : il s'est formé une loupe, un 
broussin sur cet arbre. || Par analogie, 
tumeur, bosse à la tète, par suite de contu- 
sion. I s'é fé ôna pusëtu biine siï lé se : il 
s'est fait une immense bosse sur les yeux 
(cf. drûnia). || Boursoufflure qui se forme 
à la surface du pain pendant la cuisson, j le 
pà l-a piisâ la bnnè : le pain a une bour- 
soufflure. 

bnné (frv. bea(jnel), s. m. 13eiefnet. [ ô fà 
volôfyT déi buné po tsalâdè : on fait volon- 
tiers des beig-nets pour Noël. | lé-z ôtro kn 
ô faséi déi buné a l'ûln po le résa don 
fosâiï : autrefois l'on faisait des beignets 
à l'huile pour fêter la fin du premier labour 
de la vig-ne. 

burata. s. f. Baratte commune dont on se 
sert sur les monts, cf. damÔ. — Cf. bnrâirè. 

baratâ, v. n. Battre la crème dans la 
baratte pour en faire sortir le beurre. 
\sêblàve ke la burâire l-aoéi la iiortsè ; 
pwéi pà veni bûro ; nos a falû bnratâ 
diive-z cure dé të : il semblait que la baratte 
était ensorcelée ; le beurre ne pouvait pas se 
faire : il nous a fallu baratter deux heures de 
temps. 

buratéi, s. m. Bluteau. | l-areoe kôke 
tjâdze ke le buratéi se pérhè et ke le réniolô 
se mélil'a la farna : il arrive parfois que le 
bluteau se troue et que la recoupe se mêle à 
la farine. 

bnrâirè, s. f. Petite baratte. | ne zou 
pléina la burâire dé krâma : nous avons eu 
pleine la petite baratte de crème. — Cf. 
burkâna . 

burâska, s. f. Bourrasque. | l-a fé ôna 
pusêia burâska d'ûra sfi dnrnidzwa : il a 
fait une forte bourrasque cet après-midi. 

bura, s. m. Babeurre. | léi-ij a rë dé 
mélâiï li/é le burâ... po sou ke VàniÔ : il n'y 
a rien de meilleur que le babeurre... pour 
ceux qui l'aiment. — Syn. batù. 

burâ {se), v. r. Se gorger, se gonfler 
de nourriture. | kâ se sera prou burà dé 
medzi, piirô pu mé travail : quand ils se 
seront assez gorgés de nourriture, ils ne 
pourront plus travailler. 

buraijè. Var. de bourayè. 



burelô (frv. bourillon), s. m. Nombril. 
|ô se se dou burelô dé pwë po f/rési lé 
résè : on se sert du nombril de cochon pour 
graisser les scies. 1| On apjjelle aussi burelô 
le cordon ombilical. On dit qu'il faut con- 
server la partie qui se détache au bout 
de quelques jours du nombril de l'enfant. 
Celui des garçons sera mis dans le sac mi- 
litaire pour en faire de vaillants soldats ; 
celui des filles sera coupé en fines lanières 
qui seront plus tard cousues par elles, afin 
qu'elles deviennent adroites et cju'ellcs sa- 
chent tout faire. 

burenà (1), v. n. (frv. bouroner). Couver 
sous la cendre. | le fii l-a burenà tota la 
né : le feu a couvé toute la nuit. | éi bure- 
nàve du lé tré-z âiirè : il couvait dès les 
trois heures. || Fig. Se dit d'une douleur qui 
travaille. | lé de mé bu/'enô lèrbtamë : les 
dents me bouronent terriblement. 

burenà (2), v. n. (frv. bouroner). Bruire, 
tonner, gronder. | le tenëro bnrene bë : le 
tonnerre gronde bien. | ou sôdèrbô ô-n 
ûdzéi burenà le kanÔ dou kôté dé tsaséi : 
durant la guerre du Sonderbund on enten- 
dait tonner le canon du côté de Cliàlel 
[St-Denis]. 

burenàdzo, s. m. Etat du feu «jui couve 
sous la cendre. | ti/ë burenàdzo si fii l-a 
fé : comme ce feu a longtemps couvé sous la 
cendre. 

bnrenàyè, s. f. Bruit fort el confus. ] l'ûrd 
fà déi burenàyè! le vent fait un bruit! 

burë (frv. bourin), s. m. Débris de tout 
ce qui peut se diviser en très petites parties, 
bois, paille, foin, etc. | po bë férè, fudréi 
burlà to le burë : pour bien faire, il faudrait 
brûler tout le bourin. \dë tôle lé méizô léi-y 
a dou burë : dans toutes les maisons il y a 
du bourin. \ a la lëta, lé palé.se vëhô ë 
burë : à la longue, les paillasses deviennent 
du bourin. 

bnrëdzo-èdzè, adj. Grincheux-euse. | lét-y 
a déi dzë ke ne pwô èamé éiltre grèhâtï ; 
sô todoulô burëdzo ; il y a des gens qui ne 
peuvent jamais être gracieux; ils sont tou- 
jours grincheux. | kâ k'ô la rayé, l-é 
burëdzè : quand [que ce soit] qu'on la voie, 
: elle est grincheuse. — On dit aussi borëdzo. 

- Syn. (jrëdzo. 

burëhlo-ëhla. Var. de borëhlo. 
burrjçta, s. f. Celle qui bouge sans cesse. 

- Voir burgàtàré. 



BUR 



76 — 



BUR 



biirgatà (frv. boiirgater), v. n. Bouger 
continuellement, surtout en parlant des jam- 
bes. I tyé ke t'a ta a burgatà ? qu'est-ce 
qui te fait tant bouger? | n'éi vo pà asetû 
prou biirgntâ ? n'avez-vous pas bientôt assez 
bougé? I té burgatéi pi! voir babeli. — Syn. 
biidzeli . 

burgatàrè, s. m. Celui qui bouge conti- 
nuellement, principalement les jambes. | né 
zamé yû o paré bargatârè : je n'ai jamais 
vu un pareil burgatàrè. — Cf. budzelÔ. 

burisko (frv. bourrique), s. m. Terme de 
dénigrement pour désigner un âne ou un 
mulet. Il Fig. Homme ignorant et obstiné. 
\fâ a ta dijiza, burisko ke Véi ! fais à ta 
guise, âne que tu es ! 

burkanâ (frv. bourcaner), v. n. Battre de 
la crème dans une burkâna pour en faire du 
beurre. | fô ôko éihre ijô po burkanâ awé 
la grnsa burkâna : il faut être fort pour 
faire le beurre avec la grande bonrrane. 
Il Fig. Bougonner. | la mnrii/e burkanérè 
ôko s'ô l'évite pâ : la Marie bougonnera 
encore si on ne l'invite pas. — Cf. buratâ. 

burkâna (frv. bourcane), s. f. Sorte de 
moulin à beurre. | au^é la grôsa burkâna 
de la /retiré 5 pwéi fére tâka fréta livre 
dé biirn ë-n 6 gàdzo : avec la grande bour- 
cane de la fruitière, on pouvait faire jusqu'à 
trente livres de beurre à la fois. — Cf. 
burâirè, burata. 

burlaku (frv. hriUe-cou), s. m. Cuisson à 
la gorge, pyrosis. | 5 pou pâ medzi lé 
pome dé tëre plâtây'ou bâti, l-â le burlaku : 
on ne peut pas manger les pommes de terre 
plantées sous le signe du Taureau; elles don- 
nent le brùle-cou. \\ kâ lé fémale grùse d'ëfâ 
l-à le burlaku, l-é ou mornë ke lé pâi 
krésÔ a lou-z ëfâ : quand les femmes 
grosses d'enfant ont le brùle-cou, c'est au 
moment où les cheveux poussent, à leurs 
enfants. || Le burlaku est aussi le malaise 
qu'on éprouve au lendemain d'une orgie. 

burlapapâi (frv. Bourlapapay) , s. m. 
(brùle-papiers). Nom donné aux paysans 
insurgés à La Côte, en 1802, qui mettaient 
le feu aux châteaux pour brûler les titres 
des redevances féodales. | lé burlapapâi n'a 
rë fé dé niô tsT no : les Bourlapapay n'ont 
pas fait de mal chez nous. 

burlapâi, s. f. (brùle-poils). Femme qui 
tient tète à un homme dans les plus pénibles 
travaux. | l-é sa ke l-é ona burlapâi ; n-ê 



pou atâ tyé no : c'est celle-là qui est une 
vaillante ; elle en peut autant que nous. 

burlatsoudâirè, s. f. (brule-chaudière). 
Vache qui n'a que très peu de lait. | mé 
vatse s5 tote déi burlatsoudâirè sti-y à : 
mes vaches ont toutes fort peu de lait cette 
année (si l'on en faisait du fromage, la chau- 
dière brûlerait). 

burlâ, V. a. Brûler. | burlâ de l'iilo 
de le krozo : brûler de l'huile dans la 
lampe. | bnrlà la hlâire po rë : [laisser] 
brûler inutilement la lumière. || burlâ lé pâ 
dé kôkô, l-é fére dou fu dèréi li dit le ë 
le, kemë l-avâ fé ou tsarivari déi tsava- 
lâirè : brûler les pas de quelqu'un, c'est 
faire du feu derrière lui de loin en loin, 
comme ils [les jejjnes gens] avaient fait au 
charivari des Chevalleyres. || le dyâblo me 
hurlai se léi vé : que le diable me brûle si 
j'y vais (jurement de la pire espèce). | té 
burléi pif [que le diable] te brûle seule- 
ment ! Il la dzalâ l-a to burlâ : la gelée a 
tout brûlé. Il Fig. burlâ le tyii a kôkô : 
brûler la politesse à quelqu'un. || Pr. kà 
Ô-n a prou ëgrési lé solâ a-n ô vile, éi di 
k'Ô lé léi-y a burlâ. \\ n-ë ésâ to burlâ 
ou fïi dé i8oi : nous avons été complètement 
incendiés au feu de 1801. ij Réfl. Se brûler. 
\sé burlâye lé ma : elle s'est bi-ûlé les 
mains. | se burlâ a la hlâirè : se brûler à 
la lumière. || Fig. mé sii burlây'awé mé 
rezë : je me suis brûlée avec mes raisins (je 
me suis trop pressée de les donner à bon 
marché). || éihre burlâ : être brûlé (avoir 
manqué son coup au tir). 

V. n. le fu burlè : le feu brûle. |I Fig. éi 
burle dé se maryâ : elle brûle de se marier. 
\rë ne burlè : rien ne presse. || yô ke l-a 
burlâ sta né ? où a-t-il brûlé cette nuit? | le 
dziùa ke burlâvéi tsavalâirè : le jour qu'il 
brûlait aux Chevalleyres. || V. imp. té burlé 
se ta dé t'ë-n alâ ? te brûle-t-il (presse-t-il) 
tant de t'en aller? 

burlâyè (frv. brûlée), s. f. Brûlage. | n'ë 
fé ôna buna burlâye dé mônétyâ : nous 
avons fait un bon brûlage de mauvaises 
herbes. 

burléta (frv. bourlette), s. f. Vase en bois 
analogue à une boillette et servant à mettre 
la présure. | tï lé méinâdzo l-avâ ôna 
burléta ke métâ le ko : tous les ménages 
avaient une bourlette dans laquelle ils met- 
taient la présure. 

burlézô (frv. brûlaison), s. f. Echaudure, 



liUR 



— 77 



BUS 



sensation de brûlure, brùlement. | l-é 5na 
grôsa biirlés:5 a la ma : j'ai une grande 
brûlai son à la main. 

burlè-èfa, adj. Brùlant-e. 1 don /nedci 
barlë : du manii^er brûlant. | l-a lé mû 
barlètè : il a les mains brûlantes. 

biirlirè, s. f. Brûlure, j ITilo dé slcorpijô 
l-é bô po lé burlirè : l'huile de scorpion est 
bonne pour les brûlures. 

burlç (frv. brûloii), s. m. Odeur causée 
par une chose (jui brûle, par des aliments 
qui s'attachent aux vases dans lesquels ils 
cuisent ou qui se répanilent sur le fourneau. 
] o séi se bë le biirlô : on sent bien le brûlé 
ici. I ta sepa se le biirlû : ta soupe sent le 
brûlé. — Cf. siiplû. 

bnrnç, s. m. Gros tronc de bois noueux. 
\së farô bô biirnô po Isoiidâ le f orné : cela 
fera un bon barnô pour chauffer le poêle. 
— Syn. (jarnô. 

bnrô, s. m. (mot récent). Bourreau. | Par 
€xt., persécuteur. — Cf. burijn. 

btirç (1), s. m. Bourre d'un fusil, d'iui 
trou de mine. 

bnrô (2), s. m. Chose grosse, susceptible 
de se gonfler. | la tsë tijâij'a la biina plé- 
néta vë kemë ô bnrô : la viande [de bête] 
tuée sous la bonne planète devient gonflée 
comme un bnrô. 

burtyâ (frv. boartià), s. f. Personne rusée, 
mauvaise, canaille. | ô pou pâ dévezâ awé 
déi biirtyà kosë : on ne peut pas parler à 
de pareilles canailles. | féi ôna burtyâ : tu 
es un rusé coquin. | burtyâ ke féi : mé- 
chant que tu es. | déi burtyâ : des gens de 
rien. | sa burtyâ ! cette canaille ! || Par ext., 
une chose mauvaise. | ôna burtyâ dé Iota : 
une mauvaise hotte. | déi burtyâ dé rilm : 
de mauvais rubans. 

burtyenâ, v. n. Faire le méchant, tromper. 
\té burtyenéi pï ! voir babeli. 

burtyenisè. \'ar. de hnrtyérisé. 

bnrtyérâ, s. f. Chose sans valeur. | de la 
bnrtyérâ. | ôna burtyérâ. 

burt jérisè, s. f. Dim. de burtyâ, usité en 
parlant de petites jjersonnes ou de petites 
choses. I té-c ëfâ ne sô tyé déi burtyérisè : 
tes enfants ne sont que des polissons. i| tyëna 
burtyérisè mé balé-so ëkè ? quelle gue- 
nille me donnes-tu là? — On dit aussi 
burtyenisè. 



burtyë, s. m. (vieilli). Trompeur. 

bnrtsasè, adj. f. Se dit d'une noix ou d'une 
châtaigne non dépouillée de son brou. | ôna 
koka burtsasé : une noix avec son brou. 
\lé koke s5 tSese tote burtsasé, l-a tote 
falii lé peli : les noix sont toutes tombées 
avec leur brou; il a fallu les dépouiller 
toutes. — On dit aussi bnrtséta. 

bnrtsé, s. m. Brou de la noix ou de la châ- 
taigne. I ô bnrtsé dé koka : un brou de 
noix. 

bnrtséta. Syn. de burtsasé, mais moins 
usité. 

bnryo, s. m. (vieilli). Bourreau. | léi-i/ a 
grâtë ke lé bnryo nà re mé a fére pérsé : 
il y a Iongtemj)s que les bourreaux n'ont 
plus rien à faire ici. || Fig. si-l omo l-é ô 
buryô awé sa féna é sé-z ëfâ : cet homme 
est un bourreau pour sa femme et ses en- 
fants. — On dit maintenant Iniro. 

bnryôdâ (frv. bourreander ou bonrrian- 
der), v. a. Tourmenter, maltraiter, faire 
souffrir. | éi buryode sé-z ëfâ : il sur- 
mène ses enfants. | se te ne buryôdâvâ 
pâ té tsavô kemë te fâ, ne kréivérâ pâ 
tî : si tu ne maltraitais pas tes chevaux 
comme tu fais, ils ne périraient pas tous. 

busalè, s. f. pi. Offrande de bénédiction 
que^ sous forme de vrais pains ou de tnr- 
banSy l'amie de noce apportait autrefois à 
l'épousée, le matin de son mariage^ dans 
une élégante corbeille enrubanée. Les bnsalé 
figuraient au cortège et au festin de la noce. 
\Jamie de noce portait sa corbeille sur la 
tête, même assise en croupe sur sa hafpienée, 
de la maison de l'épouse jusqu'à l'église et 
de l'église jusque chez l'époux. Arrivée là, 
elle déposait sa corbeille sur la table du 
festin, où elle restait intacte jusqu'à la fin 
de la fête. | l-a fé don pâ ke l-é kemë 
déi bnsalé : eUe a fait du pain qui est connue 
des busalè (du pain bien levé). 

husenâ, v. a. Bouchonner. 

bnscon, s. m. Plante, busscrole, sorte d(; 
chardon épineux. 

biisè (frv. housse), s. f. Gerbe faite de douze 
poignées de paille préparées pour attacher la 
vigne. I lé buse k'ô-n adzîte sô pâ use 
grôse tyé sou k'ô fâ se mïmo : les bousses 
qu'on achète ne sont pas aussi grandes que 
celles qu'on fait soi-même. 

busémë, s. m. Heurt, fra|)pem<i)t. tyë 



BUT 



— 78 — 



BUT 



biisémê o-n û! quels coups on entend! | du 
yô ke vë si busémè? d'où viennent ces coups ? 

biisi, V. n. Frapper, cog-ner à la porte. | ko 
ke biisè ? qui heurte '^ \ te ne buse pà prou 
rïdo : tu ne frappes pas assez fort. | busïve 
dé tote se fwûrse kôtre si la : il donnait 
force coups de points contre cette planche. 
Il alâ busi vè lé felè : aller frapper chez les 
filles (demander entrée par quelques coups 
bien connus de celles-ci). | fô atèdre ke 
busûi : il faut attendre qu'il frappe, il V. a. 
l'é busi ë pasë : en passant, je l'ai appelé 
en frappant à sa porte. || S. m. Coup frappé 
à une porte. | se n'é pà sô busi : ce n'est pas 
sa manière de frapper. 

busÔ, buséla. Voy. bézÔ. 

buta, s. f. Butte. Terrain situé autour 
des cibles. | vè la buta léi-ij a lé katse déi 
tsëgàrè : du côté de la butte il y a l'abri 
des tsëgàrè. \ le ryô de la buta : le ruis- 
seau qui passe près de la Boutaz. —Cf. katsè. 

butafro, s. m. « Esprit franc et ouvert, 
parlant librement au milieu d'un peuple pru- 
dent jusqu'à la pusillanimité. Vif et dégagé 
dans son langage, appelant les choses par 
leur nom sans employer les précautions ora- 
toires qui enveloppent trop souvent la pensée 
de notre nation. » (Morel-Fatio.) | l-é ô 
butafro. — Cf. salifro. 

butapeka, s. m. Toton. Jeu pour lequel on 
se sert d'un dé à quatre faces tournant sur un 
pivot. Sur chaque face du dé est empreinte 
une lettre : B {buta : mets), P (peka : prends), 
T {to : tout), R {rë : rien). Si le dé en tombant 
montre la face B, le joueur doit ajouter à 
l'enjeu; comme l'on joue ordinairement pour 
des fruits secs, le danger de se ruiner n'est 
pas grand. Si c'est la face P qui paraît, le 
joueur prend une pièce de l'enjeu. Si c'est 
T, il prend tout, et si c'est R, il ne prend 
rien et n'ajoute rien. II peut y avoir un 
nombre indéfini de joueurs, dont chacun joue 
à son tour. | le dzo dé butapeka : le jeu du 
toton. I dceyi a butapeka : jouer au toton. 

buta, V. a. Bouter. Mettre en poussant, 
poser, placer, appliquer. | se to bosé kâiilè, 
buta léi ôke po le butsi : si ton tonneau 
coule, mets-y quelque chose pour le boucher. 
I léi-y é prou buta d'aféré, ma n'a pà volii 
teni : j'y ai bouté assez de choses, mais il 
n'a pas voulu tenir. | tyé ke te bute ëkè? 
que poses-tu là? | léi buto rë we ; je n'y 
applique plus rien. | buta de Vèrdsë : 



donner de l'argent. || Mettre, admettre, 
supposer. | bufë ke n'ôso rë dé : mettons 
que je n'aie rien dit. | buto pràu ke se séi 
veré : j'admets bien que cela soit vrai. 
I buta ke le léi-y ose bali : suppose qu'il le 
lui ait donné. || Réfl. Se mettre. | se buta 
kôtre la murale : se mettre contre la mu- 
raille. 

bntàyè, s. f. Ce qu'on met en une fois. 
I mé léi 5ko Ôna bntàyè : mets-y-en encore 
un peu. I po sta butayè, ne pu rë férè : 
pour cette mise [aux enchères] je ne peux 
rien faire. 

bute/a (frv. boutefas), s. m. Gros boyau 
en forme de sac. j le sôsisô dou bute/a : le 
saucisson fait avec ce boyau. 

butefalé, s. f. Terme désignant tous les 
organes intérieurs du cochon, et par ext., 
tous les produits de la boucherie, sauf les 
grosses pièces. 

butecala (frv. boutezelle), s. f. Bouteille 
en fer-blanc servant au transport du lait. | la 
vatse l-a zou pléina la butezala : la vache 
a donné assez de lait pour remplir la bou- 
teille. !! On a de petites boutezelles pour por- 
ter le café à la vigne. | ôna butezala a 
kàfé : une boutezelle à café. 

butika, s. f. Boutique, atelier du paysan. 

I travail a la butika : travailler à l'atelier. 

II Fig. Acabit. | sô tî de la mîma butika : 
ils sont tous les mêmes. || Par ext., poitrine, 
coffre. I la butika l-é solida : le coffre est 
solide. 

butikéta, s. f. Terme de dénigrement pour 
une petite boutique mal pourvue des choses 
essentielles. | ôna butikéta dé rë dou to : 
une petite boutique de rien du tout. 

butsebotolè, s. m. Petit instrument qui 
sert à boucher les bouteilles, tapette. 

butseléta (frv. bûchillette), s. f. Dim. de 
butsilè. Petit copeau. | lé butseléte va ta bë 
por àyà le fû : les petits copeaux convien- 
nent si bien pour allumer le feu. 

butselo (frv. bûchillon), s. m. Copeau. 
\a la kapaTi' ô-n a grô dé butselÔ a burlà : 
à la campagne on a beaucoup de copeaux à 
brûler. || Fig. ô méinàdzo a butselô : un 
ménage où tout va de travers. 

biitsè, s. f. Bûche (peu usité ; syn. ésala). 
Il Tige de paille ou de foin. | teri a la 
kurta butsè : tirer à la courte paille, jj métré 
la grâta buts'a n-5 prâ : mettre la grande 



BUT 



- 79 



BU 



bûche à un pré (jalonner au moyen d'un 
grand rameau la limite d'un pré dont le fau- 
cheur a empiété sur le voisin). 

bittséri s. f. Boucherie. fére biitséri : 
tuer un porc et faire subir à la viande toutes 
les opérations nécessaires pour la conserver; 
frv. faire bmichevie. || de la bala bnisévi : 
de belle viande de porc. || fo fére hiitséri 
a la lena rodcê po ke la tsë vêne bala 
rodcè : il faut faire boucherie à la lune 
rouge pour ipie la viande devienne belle 
rouge. I ô uame pà fére butséri a la lena 
tèdra, la tsë n'é pâ ferma é éi dékré de la 
nièrrnita olii d'omèta : on n'aime \y,isfair-e 
boucherie à la lune tendre [premier cpiar- 
tier], la viande n'est pas ferme et elle décroît 
dans la marmite au lieu d'augmenter. 

butséi/âii, s. m. Celui qui butséijè. 

butséyi, v. n. Tuer un porc, une vache 
pour les besoins du ménage. | ne vê butséi/i 
la senâna kevë : nous allons tuer nos porcs 
la semaine prochaine. || Par ext., faire le 
métier de tueur de porcs. | tâdi ke l-alâv'è 
butséijè, l-avéi adéi détije vivre : tandis qu'il 
allait tuant les porcs, il avait toujours de 
quoi vivre. 

bntsi{\)-lrè, s. m. et f. Boucher-ère. ] lé 
butsi é lé butsTre so tudoulà grâ kâ mTino 
ne medsô pâ gro : les bouchers et les bou- 
chères sont toujours gras, lors même (ju'ils 
ne mangent pas beaucoup. 

butsi (2), v. a. Boucher, fermer une ouver- 
ture. I hutsi ô pèrté dé fenéihra, déi pèrté 
dé raté : boucher un trou de fenêtre, des 
trous de souris. | se vo butsi si pasâdso, yo 
ke ne pâsérë? si vous bouchez ce passage, 
où passerons-nous ? | awé le râiinio, ô-n a 
todoulô le nà butsi : avec le rhume, on a 
toujours le nez bouché. [ ôna kolise butsa : 
une coulisse bouchée. \\ Réfl. Se boucher. 
\le tiiij(') s'é butsi : le tuyau s'est bouché. 

butsi (3), V. n. (vieilli). Planter de petits ra- 
meaux dans im pré pour indiquer qu'on en 
prend momentanément possession. Cela se 
pratiquait autrefois pour étendre le chan- 
vre ; maintenant que les gens ne sèment 
presque plus de chanvre, le mot n'est plus 
en usage. | ne pwë pâ èioâ nûhrô tsenévo 
ckè, le prâ l-é butsi : nous ne pouvons pas 
étendre notre chanvre là, le pré est réservé. 

butsilè (frv. bùchille), s. f., Bûchette de 
bois enlevée par la hache. | 5 pou pâ 
tsaplà dou bu se fére déi butsilè : on ne 



peut pas couper du bois sans faire des bù- 
chilles. \\ Pr. la butsilè ne soute pâ le dou trô. 

butsiré, s. f. Asthme chronique. | léi-i/ a 
gràtë ke l-a sa butsirè ; il y a longtenqis 
qu'il a cet asthme. 

butsô, s. m. Bouchon. 

bu Isa, s. f. Bouchée, goulée. | ôna butsa 
dé pâ : une bouchée de pain. | fô pâ éihre 
môlébayi se n-a ôna grôsa gwârd^è kâ ô 
le véi ëfatâ déi paréle butse kenië éi pou 
medzi : il ne faut pas cire étonné s'il a une 
grande bouche, (juand on le voit enfourner 
des bouchées comme il en peut manger. 

but fi ré, s. f. Bouture. 

bucë (frv. bousin), s. m. Grand bruit 
prolongé, tumulte de jeunes gen.s, veillée 
bruyante, j l-â fé gro dé buzë sta né : ils 
ont fait beaucoup de bruit celte nuit. | tyè 
buzë I <juel tumulte ! 

bilbo, s. m. Berycr. Mot d'origine iïi- 
bourgeoise. — Syn., bivJbo. 

bûgramë, adv. Très, beaucoup, extrême- 
ment. I fâ bûgramë frai : il fait extrême- 
ment froid. I se l-é bûgramë bô : cela est 
très bon. | l-a bûgramë travail : il a beau- 
coup travaillé. I t'a bûgramë bë fé dé léi-y 
alâ : tu as très bien fait d'y aller. 

bûgro, bûgra, s. m. et f. Bougre, bou- 
gresse. Terme d'injure, sauf dans la loc. 
ô bô bûgro : un honune fort, un bon tra- 
vailleur. Il ôna krûye bûgra : une mé- 
chante bougresse. | bûgra dé monétyâ 
ke l'éi / bougre de fripouille que tu es! 
bûgro dé fû ! méchant fou ! | bûgro dé 
sounamô ! bête malfaisante ! | bûgro dé 
krapô ! bougre de crapaud ! | bûgra dé 
gârsa ! bougre d'éhontée ! | sa bûgra dé 
tsTnra : cette satanée chèvre. — Cf. bâugro. 

bûla, s. f. Boule, tête, j l-é ryô kemë 
ôna bûla : il est rond (gros, épais) comme 
une boule. | si-l omo n'a rë de sa bûla : 
cet homme n'a rien dans sa tête. | Pierre 
arrondie, caillou. | la kolise l-Tre féCawé 
déi bûle ramasâye pé la kâpané : la cou- 
lisse était faite de cailloux ramassés dans la 
campagne. 

bii (1), s. m. Bout, but. | ne vëno pâ a bii 
dé si-l uvrâdzo : je ne viens pas à bout de 
cet ouvrage. | l-é to le bu dou modo : c'est 
tout le but, le bout du monde (tout ce qu'on 
peut faire, tout ce qu'on peut exiger). La 
forme vraiment patoisc est bé. 



BUR 



80 — 



BUY 



bâ (2), s. m. Envie, besoin de ; usité seu- 
lement dans l'expression : mé vê a bii dé 
rèdrè : il me vient envie de rejeter. 

bu {S)-biiva, adj. Creux -euse, évidé-e. 
j son-z àbro so bii dedê : ces arbres sont 
creux. I sa fada l-é bâVa : cette tige est 
creuse. || éi medze ta ke sèble to bii : il 
mange tellement qu'il semble tout vide. | ôna 
hlâ biiva : une clef forée. 

biida (frv. biide), s. f. Cavité, excavation 
dans la terre ou dans un arbre. | lé dèrbô é 
lé tôpe fâ déi bûde de la leva : les mulots 
et les taupes font des excavations dans la 
terre. || si poincii l-a ôna piisëta biida : ce 
pommier a une immense cavité. 

biidâ, V. a. Creuser, évider quelque chose 
pour y faire une bude. j léi-i/ a déi petite 
béise ke biidô lé-z àbro po se katsi dedë : 
il y a de petites bêtes qui creusent les arbres 
pour s'y cacher. 

biidzelô. Var. de biidzelô. 

blidzo, adj. m. Qui fourmille, qui est 
abondant. | léi-ij è-n é to biidzo : ça en 
fourmille. 

biidzô-ena (frv. m. badzon), s. m. et f. 
Tout ce qui bouge, | n'é zamé zou yii 5 
paré biidzô : je n'ai jamais vu un pareil 
budzon; se dit d'un enfant, j dzfi râi, biidzo 
ke t'éi / tiens-toi tranquille, budzon que tu 
es 1 I petita bûdzena, val petite biidzena, 
va ! — Syn. fretelô. 

budzÔ, s. m. Puceron. | le fë l-é plë dé 
biidzô : le foin est plein de pucerons. 
biifé. Var. de bufé. 

biiinë (frv. bunient), s, m. Fumier, en- 
grais. Le mot est vieilli en patois, mais le 
français local s'en est emparé. Les paysans 
trouvent plus convenable de dire du bunient 
que du fumier. 

biino (frv. bagne), s. m. Surnom de tout 
chapeau ; se dit familièrement. | yô ke l-é 
mô biino? où est mon chapeau? 

biiro, s. m. Beurre. | dou biiro fré : du 
beurre frais. | dou biiro fôdii : du beurre 
fondu, servant aux usages de la cuisine. 
I ôna livra dé biiro : un morceau de beurre 
pesant une livre et sortant d'un moule qui 
Ta façonné pour la table. | ôna tepena dé 
biiro : une toupine de beurre fondu, j ôna 
manùta dé biiro : gros morceau de beurre 
comprenant tout ce qu'on a sorti de la ba- 
ratte (cf. bdtija (4). Il prëdre le biiro awé la 



fortséta : prendre le beurre avec la four- 
chette (l'économiser). || tëdro kenië dou 
biiro : tendre comme du beurre; se dit d'une 
chose qui se coupe facilement. || avéi déi rnâ 
dé biiro : voir ma.. \\ Fig. proméire mé dé 
biiro tyé dé pÛ : promettre plus de beurre 
que de pain (promettre plus qu'on ne veut ou 
ne peut tenir). 

biiska, s. f. Buse. | Ô mé rë mé dé biiské 
éi korsé : on ne met plus de buse aux cor- 
sets. 

biiskâ, V. a. Busquer. 

biisa, s. f. Le même que biisâyè, mais 
moms usité. | prëdr'ôna biisa d'éiwè : pren- 
dre une gorgée d'eau. 

biisa, V. n. Sourdre, s'enfler, avec l'idée 
de pousser par intermittences. | l'éiwe ke- 
mëh'a biisâ : l'eau commence à sourdre. 
I l'éiwe de la jôtâna biisé : l'eau de la fon- 
taine sort par intermittences. || yô lé tôpe 
biisÔ, éi fâ (jro dé mô : où les taupes creu- 
sent et poussent la terre à la surface, elles 
font beaucoup de mal. | l-é yii biisâ : je l'ai 
vu soulever la terre. 

biisâyé, s. f. Action de biisa. \ l'éiwe fâ 
déi pusëte biisâyè : l'eau sourd en abon- 
dance et par intermittence. || Bouffée de vent 
ou de fumée. | sa biisâyè d'ûra m'a dza fé 
dou bë : cette bouffée de vent m'a déjà fait 
du bien. | tyëte biisâyè dé femâire ke sâlô 
pè la bwârna! quelles bouffées de fumée qui 
sortent de la cheminée ! 

biisé, s. m. Quantité d'eau qui sort à cha- 
que déjection d'une source. | ne vë tyé ô 
biisé ë-n ô yàdzo : il ne sort qu'un biisé à la 
fois. I l'éiwe ne sô tyé pè biisé : l'eau ne 
sort que par intermittence. 

biitë, s. m. Butin, j /-ô Irovâ grô dé 
bute de sa méizô : ils ont trouvé beaucoup 
de butin dans cette maison. 

biiiso, biitsè, adj. Asthmatique. | l-é to 
biitso : il est très asthmatique. | lé diive 
sTre l-ésU biitsè : les deux sœurs étaient 
asthmatiques. 

biivyÇiii-âiiza. Var. de bévycdi (1). 

biiya, s. f. Lessive, coulage et lavage du 
linge. I avéi la biiya : être occupé à lessi- 
ver. I fére la biiya : faire la lessive, c.-à-d. 
s'occuper de toutes les opérations du grand 
blanchissage du printemps et de l'automne. 
\ métré la biiya : encuver, c.-à-d. mettre en 
train ou tout préparer pour la lessive. | asétâ 
la biiya : disposer le linge dans le cuvier tel 



BLV 



81 



lUVA 



qu'il doit être pour le couler. | métré bonà 
la biuja : mettre assez d'eau froide sur le 
ling'e pour qu'il trempe. | Iiolâ la biiya : 
couler la lessive, c.-à-d. faire passer peudant 
un ou deux jours la lessive chaude (lësii) à 
travers le linge. | lava la biiya : laver dans 
un des g^rands bassins de fontaines publiques 
le linge qui a passé à la lessive. | ésâclsi la 
biii/a : rincer le ling-e dans un autre bassin. 
j êwâ la biiya : étendre la lessive. | sélsi la 
biiya : sécher le ling'e de la lessive. || se pa 
i/ô ma féna jirè ta dé lèdzo po fére tote 
lé senâne la biiya : je ne sais pas où ma 
femme prend tant de linge pour faire toutes 
les semaines la lessive, disait un homme 
pauvTC eu plaisantant sur sa pauvreté. |1 .s-'ô 
J'â la biiya ëtrémi dé dii^'e demêdze dé 
kumeniyô, ô-n ëtëre le trô de la méizd : si 
l'on fait la lessive entre deux dimanches de 
communion, on enterre le tronc de la maison 
(le chef de famille meurt). ]| kâ 5 fâ la biiya 
le dzioa de l'asàsyô, o-ii a déi pyâii tota 
Vanàyè : quand on fait la lessive le jour de 
l'Ascension, on a des poux toute l'année. 
Il s'ô révapréi la biiya, l-é sino dé mivâ : 
si l'on rêve de la lessive, c'est signe de 
mort. 

biiyalâ, v. a. E vider, creuser. | lé-: èf'ci 
hiiyalô déi râvè po n-ë fére déi mèrmitè : 
les enfants évident des raves pour en faire 
des marmites. | biiyalà Ona koka po n-ë 
fér'ô brego : évider une noix pour en faire 
un rouet (petit jouet dont le mouvement 
imite le bruit d'un rouet en activité). || Réfl. 
Se creuser. | mé de se biiyalâ : mes dents 
se carient. 

biiya, v. a. Lessiver, j biiyâ don Ji, de la 
tâila : lessiver du fil, de la toile. | se métr'a 
hiiyâ : se mettre à faire la lessive. 

biiyifda (frv. bnyande), s. f. Local où l'on 
fait la lessive^ buanderie. | ara A-'ô ne koule 
pà mé la biiya a Voso, tote lé méizô l-à ona 
biiyàda : maintenant qu'on ne coule plus la 
lessive dans la cuisine, toutes les maisons 
ont leur buanderie. 

hiiyâdâirè (frv. bnyandaire), s. f. Lessi- 
veuse, buandière. | ne pou wéro mé dé séi 
biiyâdâire pèr odzo : il ne peut g-uère [y 
avoir] plus de six lessiveuses par bassin. A 
Blonay, comme dans tout le canton de Vaud, 
on lave les lessives dans les g-rands bassins 
<le fontaines. || Fig. ona buna biiyâdâire : 
une femme qui bavarde beaucoup. 

biiyàda, v. n. Procéder aux opérations de 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



la lessive. \ ne biiyâdérë la senûna kevë : 
nous ferons la lessive la semaine prochaine. 

buyené, s. m. Dim. de buyâ. Très petite 
lessive, j se ke ne làvë ora ne kôfe pu, ne 
tyé ô biiyené : ce que nous lavons à présent 
ne compte pas, nous n'avons qu'un biiyené. 

biiyç, s. m. Petite lessive. | ne fë tyé ô 
biiyô po sti yâdso : nous ne faisons qu'une 
petite lessive cette fois. 

bwa{r), s. m. Bord. | h- bira de la 
trâbla : le bord de la table. | téjo prëdre le 
bwar dé désii : il te faut prendre le bord de 
dessus. I te n'a pà le bn bwar : tu n'as ])as 
le bon bord. — Cf. rerô. 

bwar, bor, s. m. Bourg', n'est usité que 
comme nom de rues, j a vevâi lêi-ij a le 
bumr dézo, le bwa déi péilété, le bum de 
la m'ianâiiwa, le Inoa së-t âtâino, le bor 
éi fàvro (remarquer ce bor devant une 
voyelle) : à Vevey il y a le bourg dessous, 
le bourg- des Pilettes, le bourg de la Ville- 
neuve, le bourg Saint-Antoine, le bourg aux 
Favres. | a tèrsi léi-y a asebë le biaâr-dézo : 
à Tercier il y a aussi le Bourg-Dessous. — 
Cf. bordzô. 

bwâi, s. m. fîuis. | ôn'adze dé bu.'âi : une 
haie de buis. 

bwâisè, s. f. Boîte. | ôna bivéise dé 
mohra : une boîte de montre. | ôna bwûise 
dé rélodzo : boîte haute et étroite qui 
enferme l'horloge, ne laissant voir que le 
cadran à travers un verre. | la bivâise de 
l'asi :\a boîte de l'essieu. | ôna bwâifa vë : 
gros robinet en laiton pour les vases à vin. 
I ô fë a bwâisè : voir fë. \\ de lé grôse 
bwâise léi pou le pu é le prâii : dans les 
grandes boîtes il y peut le peu et le beau- 
coup (il ne faut jamais craindre un objet 
d'une trop grande contenance). 

bwârna (frv. borne), s. f. Vaste che- 
minée en forme de j)yrami(le tronquée, à la 
partie supérieure de laquelle se trouve un 
contrevent ou couvercle qui fait bascule et 
qu'on ouvre ou ferme à volonté au njoyen 
d'une longue corde ; une grosse pierre atta- 
chée au couvercle sert de confre-[)oids. Autre- 
fois les maisons étaient presque toutes bâties 
sur le même plan : une chambre sur la rue, 
une sur le derrière et entre deux la cuisine, 
qui ne recevait de lumière que par la chemi- 
née. En automne, tout l'intérieur de cette che- 
minée se garnissait de viande de porc, qui s'y 
fumait admirablement et devenait excellente. 
A l'étage supérieur se trouvait, attenante à la 
6 



BWA 



82 — 



BWE 



cheminée, une chambre appelée chambre bor- 
gne ; on y conservait la viande quand elle était 
assez fumée ; une porte donnant dans la che- 
minée permettait de voir un peu clair dans 
cette chambre. Maintenant ces cheminées ont 
presque toutes disparu, et les chambres à 
fumer la viande, qu'on a construites depuis, 
ne remplacent pas les bwârnè. Rien n'était 
gai comme ces cheminées dans lesquelles les 
hirondelles venaient faire leurs nids et égayer 
la maison de leur gazouillement. A la veillée 
on s'établissait autour du large foyer pour 
faire les biv'ce/ets ou les échalas ; on se chauf- 
fait à un bon feu en faisant le fromage ou en 
coulant la lessive. Les garçons y courtisaient 
les jeunes filles et maint soupir a pu s'exhaler 
vers le ciel sous ce canal au travers duquel 
on voyait les étoiles, qui paraissaient toucher 
la bwârna. Tout passe ; la bioârna ne sera 
bientôt plus qu'un vague souvenir des temps 
passés. I va véi Iilûre la bwârna, krâyo ke 
plâiï : va voir fermer la cheminée, je crois 
qu'il pleut. | lèse véi la bioârna ouvèrta, 
k'5 séi vâye béi : laisse voir la cheminée 
ouverte, qu'on y voie. | l-S mé le fu a la 
bwârna è fasè déi biiné : ils ont allumé la 
cheminée en faisant des beignets. || l-é iju 
tsezi ônésâila pè le pèrté de la bwârna : 
j'ai vu tomber une étoile par l'ouverture de 
la cheminée. |1 si pèrvë m'a se pâ akuléi 
ôna manôta dedë la bwârna ke l-é vena 
tsezi de mo laséi ! ce pervers, ne m'a-t-il 
pas jeté dans la cheminée une boule de neige 
qui est venue tomber dans mon lait ! Les 
garçons s'exercent à lancer des boules de 
neige en prenant pour but ces cheminées très 
élevées et à l'orifice étroit; j'en ai vu qui y 
réussissaient fort bien et ai assisté au dé- 
sastre causé par une boule de neige tombée 
dans la casserole pleine de lait. || la bwârna 
sere bë lavâi/è : la cheminée sera bien lavée, 
dit-on lorsqu'on a oublié de la fermer et qu'il 
est tombé une averse. H Pr. se ke sô pè la 
pwârta révë pè la bwârna. — Cf. tsemenâ. 
Quand le foin fermente, l'humidité qui 
s'en dégage gagne comme par jets la par- 
tie supérieure du tas, et le foin qui s'y 
trouve est mouillé. On l'enlève pour le faire 
sécher. Cette sortie de vapeur se fait par 
ce qu'on appelle ôna bwârna, par analogie 
au canal d'une cheminée. H Par ext., on 
donne le nom de bwârna au foin mouillé 
qu'on enlève. | fô sali lé bwârnè : il faut 
sortir le foin mouillé par place. || Soupirail 
par où s'échappe la vapeur d'une écurie (syn. 
bornala). \\ la bwârna éi savot/â : la che- 



minée aux Savoyards, nuage qui se forme 
sur les monts de Savoie à l'approche du 
mauvais temps (cf. de (2). 

bwârno-è, adj. et s. m. et f. Borgne.^ 
\grëdzo kemë o isa bwârho : grognon 
comme un chat borgne. || Par ext., sombre, 
privé de lumière, | ôna méizô bwârnè : une 
maison borgne, n'ayant que peu de fenêtres. 
\la /sabra bwârnè: la chambre noire, cham- 
bre attenante à la cheminée et dans laquelle 
on conserve la viande qui vient d'être fumée, 
\fâ ôna né bwârnè : il fait une nuit sombre. 
Il Ôna kwârna bwârnè : une corne (courçon) 
de cep qui n'a pas poussé. || ô (su bwârno : 
un chou qui n'aura pas de tête. 1| Pr. tsâdzi 
ô tsavo bwârno kôtr'ô-n avûlo. \\ dzeiji on 
bwârno : jouer à colin-maillard. || ô bwârno 
(ou talâina) : une guêpe-frelon. || ô bwârno : 
un orvet, appelé aussi èrvë. 

bwèla, s. f. Panse, bedaine. | sa valse l-a 
ôna grôsa bwèla : cette vache a une grosse 
panse. | ôna bala bwèla : une belle bedaine. 

bwèta, s. f. Hangar, compartiment pour 
loger de petits animaux. || Sorte d'abri com- 
posé de trois parois sur l'espace vide des- 
quelles on place le chanvre pour le chauffer 
quand on veut batiorer. \ fô férôna bwèta 
po batyorâ : il faut faire une bwèta pour 
batiorer. — On dit aussi bwètÔ. 

bwètô (frv. boiton), s. m. Etable à porcs. 
\le bwètô éi pwë : l'étable aux cochons. 
Il Pr. tî lé kai/5 ne sô pâ on bwètô. 
Il Par plaisanterie, mauvais logis. | no fo 
répétasi ô bokô nûhrô bwètô : il nous faut 
réparer un peu notre baraque. |1 Abri pour 
batiorer le chanvre ; en cet emploi, syn. 
bwèta. 

bwébà [bouéber), v. n. Enfanter, accou- 
cher, pris dans un sens méprisant. | su bë 
baya se n'are pâ asetû to bwébà : je me de- 
mande si elle n'aura pas bientôt tout enfanté. 
\kâ ke déi bwébà? quand doit-elle accou- 
cher? 

bwébo-a (frv. bonébe), s. m. et f. Garçon- 
net et fillette, j l-a dutré bwébo pè lé bré : 
elle a deux ou trois petits enfants dans les 
bras. Il tëke sa bwéba : voilà sa fillette. — 
Syn. bobo, bùba. 

bwéi, s. m. Boyau, intestin. | le peti 
bwéi : l'intestin grêle. | le grô bwéi : le 
caecum ou première partie du gros intestin. 

I le bwéi grà ou bwéi dou tyii : le rectum, 

II arrive parfois que le rectum sort un peu 



BWI 



— 83 



BYO 



chez les tout petits enfants ; d'après la 
croyance populaire, on ne peut g-uérir ce mal 
qu'en faisant rentrer le boyau un dimanche, 
pendant que le sermon sonne. \\f6 pâ fri'i bali 
a medzi éi peti-z èfà po pâ loti fére déi 
trii grô hwéi : il ne faut pas donner trop à 
mane;-er aux petits enfants, afin de ne pas 
leur faire de trop g^ros intestins. 

bwéipro. Var. de horéipro. 

bwéiséta, s. f. Dim. de biiHiisè. Petite 
boîte. I lé bwéiséte sô toi keinûde po katsi 
tote sivârie d'aférè : les petites boîtes sont 
si commodes pour renfermer toute sorte de 
choses. 

bwéilnii-âuza, adj. et s. m. et f. Boiteux- 
euse. I l-é bivéitâu déi du^e tstibè : il est 
boiteux des deux jambes. 1| Par ext., ona 
sala, ôna tràbla bwéitâiiza : une chaise, 
une table boiteuse. 

bivéiti, V. n. Boiter, clocher. | éi bivéitc 
to bà : il boite tout bas. | bivéiiîi'e déi dn 
kôté : il boitait des deux côtés. — Cf. hlolsi 
(2), trupeni, hlëtsi, nanotà. 

bwéizi, V. a. Boiser. | bwéizi ô bu : boi- 
ser un bois. 

bwélâ (frv. bonéler), v. n. Crier, beug'Ier, 
bêler, croasser^ etc. | lé béise bwélô : les bêtes 
(le bétail) beug-lent. || kà lé korbé bwélÔ, l-é 
po la plodzê : quand les corbeaux croassent, 
c'est pour la pluie. || Criailler, gueuler. | lés 
èfâ bwélô to le dzwa : les enfants criail- 
lent tout le jour. | té bwéléi pi ! voir babeli. 
\ne bwéla pà ta, ne se pâ sor : ne g-ueule 
pas tellement, nous ne sommes pas sourds. 
Il Pr. la tsïara, kà bwélè, pë ôna mwâsa. — 
Syn. brama, brilli. 

bwélaijè (frv. bonélée) , s. f. Beugle- 
ment. I lé béise fà déi pute bwélàijè : 
les bêtes font de vilains beuglements. 
Il Criaillerie, clabauderie. | ti/ète bwélâyè ! 
quelles criailleries ! | si-l omo fà déi bwé- 
lâ ije kemè s'ô Vavéi tijà : cet homme pousse 
des cris comme si on l'avait tué. — Syn. 
brama ijè. 

bwélà-âna, s. m. et f. Animal qui beugle. 
\sa vatse l-é ôna bwélâna : cette vache 
beugle beaucoup. | Criailleur, clabaudeur. 
I ôna petila bwélâna : une petite criailleuse. 
\tijê pu bwélâ ! quel vilain clabaudeur. 

bwîbo-a, s. m. et f. Berger-ère, pour 
l'automne. On fait paître la troisième herbe 
des prairies ; à cet effet, ceux qui n'ont pas 
de garçon qui puisse garder les vaches en- 



gagent un berger du Pays-d'Enhaut. | lé-z 
ôtro t/âdzo léi-y aoéi atâ dé bwibe tijé dé 
bwïbo : autrefois il y avait autant de ber- 
gères que de bergers d'automne. 

bgâna (frv. bianne), s. f. Lubie passagère, 
caprice, manie, j l-a déi ta krûije bijânè : 
il a de si mauvaises manies. | l-é to pè 
bijâné : il est capricieux. | se n'è-n a pâ la. 
bijâna, ne le fare pâ : s'il n'en a pas la 
lubie, il ne le fera pas. || l-a la byâna don 
tété : se dit d'un nourrisson qui crie après 
sa nourrice. — Syn. brelâiré. 

byé, s. m. Biais. | prè lo dé bi/é : prends- 
le de biais. |1 ë byé : en biais, obliquement. 
Il Fig. éihre dé byé : être de mauvaise hu- 
meur. I sii tota dé byé wâi : je suis tout(^ 
de mauvaise humeur aujourd'hui. || ô ne sa 
pâ dé tyë byé le prëdrè : on ne sait pas 
comment le prendre. || T. de menuiserie, 
équerre mobile. 

byénâ'i-âuza, adj. Oui a des byânè, qui 
est sujet à des lubies, à des humeurs noires. 
\dë sa famile l-a todoulÔ ésâ byénâu : dans 
cette famille, ils ont toujours eu des idées 
noires. — On dit aussi byénô. 

byéno-oza. Var. de byénâii. 

byérè (1), s. f. Bière, cercueil. | la byére 
l-é la dèréire méizô de Vomo : la bière est 
la dernière maison de l'homme. 

byérè (2), s. f. Bière, boisson. 

byézalâ, v. n. Bêler. | lé tsTore byézalÔ 
kâ ô Ion dévezé : les chèvres bêlent quand 
on leur parle. En bêlant, les chèvres tordent 
un peu la bouche, de là peut-être le mot de 
byézalâ. — Cf. bwélâ. 

byézéyi, v. n. Biaiser un peu. | se byézéyè : 
cela biaise un peu. | saréi byézéyi : il pour- 
i-ait biaiser un peu. 

byézi, v. n. Biaiser. | le là byézè : la 
planche biaise (n'est pas à angle droit). I le 
tsemë byézTo'a drâité : le chemin biaisait à 
droite. || Fig. Changer insensiblement de 
tactique pour ne pas avouer ouvertement 
qu'on change d'opinion. | ne t'é yo pâ dé ke 
byézérâi ? ne t'ai-je pas dit qu'il biaiserait? 

byo, s. m. Pli, chose repliée. | te t'éi 
sétâye su si motsâii, fâ ô byo : tu l'es assise 
sur ce mouchoir, il fait un pli. 

byofrâré, s. m. Beau-frère. | dé kosema 
lé byofrâré s'amô tyé bë ziisto : d'ordinaire 
les beaux-frères ne s'aiment que [tout] juste 
(pour sauver les apparences). 



DAB 



84 



DAM 



hijola (frv. biole), s. f. Ramilles de bou- 
leau dont on fait des balais, des verges, etc. 
\de la biina bijola : de bonnes ramilles de 
bouleau. | rainasâ de la bijola : casser des 
ramilles de bouleau. || lé prâ de la bijola : 
les prés de la Biolaz, près de l'Alllaz. — 
Voir byotsi. 

bijolâi, s. m. Bouleau. | ô ne trouv'asetii 
rê mé dé byolâi : on ne trouve bientôt plus 
de bouleaux. 

bijopéirè, s. m. Beau-père. 

bijordzi, v. a. Attacher un faix de foin 
avant de le passer sur la luge. | ô bijordze 
lé Je awé déi kivârdè : on attache les faix 
avec des cordes. 

bijordzïrè, s. f. Corde avec laquelle on 
attache les faix de foin. | fo diitré byordzTre 
po byordzi ô fé dé fè : il faut deux à trois 
cordes pour attacher un faix de foin. | lé vene 
de la byordzTrè : les vignes de la Biorgire. 

byota, v. a. Brouter. 

byotsè (I) (frv. bioche), s. f. Pièce mise 
au bout d'un soulier troué. | métr'Ôna 
byots'a n-ô solâ : mettre une bioche à un 
soulier. 

byotsè (2), s. f. Pincement de l'extrémité 
des rameaux de vigne. | fér'Ôna byotsè : 
faire un pincement. || Fig. Mauvaise langue, 
ou fdle malicieuse. — Cf. blosé. 



byotsi (frv. biocher), v. a. Couper, en 
pinçant avec les ongles du pouce et de l'in- 
dex, les sarments qui s'allongent trop. | ô 
n'a pâ fôta dé byotsi lé veTie sti-y à, so pâ 
trii grâtè : on n'a pas besoin de biocher les 
vignes cette année, elles ne sont pas trop 
grandes. — Cf. blosi, émutsi 

byontà, s. f. Beauté. | l-é d'ena byoutà 
ke né pâ dé derè : on ne peut assez vanter 
sa beauté. — Le mot est peu usité ; il se rem- 
place par l'adj. béi avec un autre tour de 
phrase. 

byôfè, s. m. Beau-fils. 

byiila (frv. bioide), s. f. Verge; à l'origine 
probablement verge de byola, puis par ana- 
logie une verge quelconque, j te sètréi la 
byûla se te néi pâ sâdco : tu sentiras la 
verge si tu n'es pas sage. — Syn. riita, 
wTsta. 

byûlâ (frv. bioiiler), v. n. Fesser avec une 
verge de bouleau ou une verge quelconque. 
I vê véi se, ke té byûlé, peti krapo : viens 
ici, que je te fesse, petit crapaud. — Syn. 
fwètâ, rtitâ, wïstâ. 

byïilâyè (frv. bioulée), s. f. Fessée, fouet- 
tée. I baie léi ôna biina byâlày'a si mola- 
lévâ : donne-lui une bonne fouettée, à ce 
malélevé. \ ôna biina byûlâye té vêdréi bë : 
une bonne fessée te conviendrait bien. — 
Syn. fwètàyè, riitâyè, wTstâyè. 



D 



da, prép. Usité dans certaines loc. A, dès. 
\da premi , sèblàve prâii ke se viiléi 
alâ ; ma n'a pâ derâ grâtè : au commence- 
ment, il semblait bien que cela irait, mais 
ça n'a pas duré longtemps. | l-ïre dza da 
kemèhémë trii provâ : il était déjà trop 
familier dès le commencement. | da dèrâi 
trovâuà to se k'ô Ion balive trii krûyo por 
lâii : à la fin, ils trouvaient tout ce qu'on 
leur donnait trop mauvais pour eux. 

d'abwa, adv. D'abord, tout de suite 
(frv. d'abord). \ léi vè d'abwa : j'y vais 
tout de suite. | n'arê d'abwa se fé : nous 
aurons vite fait cela. || d'abwa ke : dès que, 
aussitôt que, puisque. | te vèdréi d'abwa 
ke t'aréi fé : tu viendras dès que tu auras 
fini. Il Puisque. | d'abwa ke te ne pou pâ 



veni, ne tsêrtsérê kokÔ d'ôtro : puisque tu 
ne peux pas venir, nous chercherons quel- 
qu'un d'autre. 

dada, s. m. Merci, dans le langage des 
petits enfants qui commencent à parler. | di 
vito a mama tô peti dada : dis vite à ma- 
man ton petit merci. 

dada, s. f. Nom que les tout petits enfants 
donnent à leurs grand'mères. 

dciga, s. f. Poignée d'une épée. [j Fig. koka 
daga : grosse noix, ^fér'ôna lîr'a la daga : 
attacher les rames de vigne par un nœud 
simple au lieu du twârku. 

dama (1), s. f. Dame. | la dama ou me- 
nistro : la dame (femme) du pasteur. | de 
l'aura d'ora, tote lé fémale vulô éihre déi 



DAM 



85 — 



DAN 



damé, ma lé patjisâne ne serÔ zamé tyé déi 
dame pwârtalota : aujourd'hui, toutes les 
femmes veulent être des dames, mais les 
])aysannes ne seront jamais que des dames 
jtorte-hotte. \ fére la dama : jouer à la 
dame, ne rien faire. 1| T. du jeu de cartes. 
la dama dé krâi : la dame de trèfle. || Pr. 
camé pata blâtse na Je vèrgon'a dama. 

dama (2) (frv. Dame), s. f. Fête de l'An- 
nonciation (25 mars). Juscju'au milieu du 
dix-neuvième siècle, la Dame était une fête 
très importante; on l'a abolie pour fêter le 
Vendredi saint, qui jusqu'alors était jour 
ouvrable. Quand la saison était favorable, 
on greffait les arbres ce jour-là. Les catéchu- 
mènes étaient confirmés. La ij^rande attrac- 
tion était Vavant-reiHie, à laquelle le réveil 
de la nature prétait un charme tout particu- 
lier. I la dama. 

dama (3), s. f. Demoiselle des paveurs, 
hie. 

damadzi (se), v. r. Perdre sa valeur, 
s'endommag-er. | fô pà ramasâ oke ke se 
damadcâi s'Ô pou pâ l'ûtilizâ to dé switè : 
il ne faut pas ramasser quelque chose qui 
s'endommage si on ne peut pas l'utiliser tout 
de suite. 

damadzana, s. f. Darae-jeanne. 

dama (frv. damer), v. a. Enfoncer les 
pierres avec la dama. \ dama à (semé : 
égaliser les pierres d'un chemin avec la 
dama. 

damâdso, s. m. et adj. Dommage. | ô 
foiirdâ ke n'é pâ damadco : un tablier qui 
n'est pas dommage (qui n'a plus de valeur 
et qu'on peut endommager). || l-é damâdzo 
doii pu : c'est dommage du peu, dit-on d'une 
chose excellente dont on n'a qu'en petite 
quantité. || alâ è damàdzo : aller en dom- 
mage; se dit des vaches qui vont brouter 
l'herbe du voisin. || Pr. le dé sô bè, préi dé 
sô damàdzo. \ n'é rè damàdzo tyé se ke le 
loii medzè. \ kà ôna fémala pë su fourdà, 
sen omo l-é ê damàdzo. 

daméta (frv. damette) , s. f. Dim. de 
dama. Petite dame ; personne qui n'a pas de 
fortune et peu d'éducation et qui veut imiter 
les dames. | n'a rè dé fortena é kudye 
porta fére la dama, ma né tyé ôna da- 
méta : elle n'a point de fortune et elle cher- 
che pourtant à jouer à la dame, mais ce n'est 
qu'une damette. 

damézena, adj. et s. m. et f. Prune du 



prunier damézë. || damézè (frv. damézin) : 
sorte de prunier, le plus printanier de la 
contrée. 

damô, s. m. Amont. | lé damû : là d'en 
haut (sur l'Alpe). On appelle : lé damÔ (frv. 
sur les monts), les prés avec chalets situés 
entre les villages et les hauts pâturages. | ne 
vè lé damô : nous allons sur les monts. | de 
la pâ d'amô : de la part d'en haut (du côté 
du haut). I l'iira dé damô : le vent du 
haut, (le la montagne. || lé dzâ damô : les 
Jean Damon, surnom d'une famille Dupraz, 
dite aussi Sanseiet, aujourd'hui éteinte. | lé 
pyéro damô : les Pierre Damon, surnom 
d'une autre famille, par opposition à pi/éro 
davo. Il le payi damô : le Pays d'Enhaut. 
Il Pr. kâ toune damô, préiza dé fè. \ kâ lé 
noie rû damô, prê râiïl'é le takô. — Cf. 
amô, davô. 

damnnâi-âiré, s. m. et f. Habitant du 
Pays d'Enhaut. | kâ lé damnnâi vènô bâ 
perse po le premi yâdzo, éi prènô le lé por 
ôna grosa golé et lé vi de la vene po déi sa- 
palè : quand les gens du Pays d'Enhaut des- 
cendent ici pour la première fois, ils pren- 
nent le lac pour une grande mare et les ceps 
de vigne pour de petits sapins. 

damnzala (1), s. f. Demoiselle. | fâ bè la 
damûzala : elle singe bien les demoiselles. 
\la damûzala on mcmstro : la fille du pas- 
teur. 

damnzala (2), s. f. Le quatrième doigt de 
la main. — Cf. dâi. 

damiizn, s. m. Jeune fille (jui s'occupe de 
futilités et ne fait rien de sérieux. | wéitije 
véi si damiizo ke n'a rè a fére tyé dé se 
fére bala : regarde voir cette jeune fille qui 
n'a rien à faire qu'à se parer. 

danà (1), v. a. Damner. | dyû mé dane se 
ne dyo pà la vretà ! Dieu me damne si je 
ne dis pas la vérité ! 

danâ (2), v. n. Fuir, couler en parlant des 
vases en bois qui se sont disjoints par la 
sécheresse. | le dyétso dane kemè ô panai : 
le baquet fuit comme un panier. — Syn. 
kola. 

daïiè (frv. dagne), s. f. Tige creuse de 
plante herbacée, spécialement tige du chan- 
vre qui a été mis au godzo (en tas) pour la 
graine, j ô tele lé dane dé tsenévo : on tille 
les dagnes du chanvre. || Poutres au nom- 
bre de quatre, formant les angles de la che- 
minée dite savoyarde. 



DAU 



DAD 



darda, v. a. Darder. | léi-y a darda déi 
se ! il lui a dardé des yeux [uq regard] ! 

data, s. f. Date. 

data, V. a. Dater. | sô téstamë n'Tre pà 
data ; ne valéi rè : son testament n'était pas 
daté ; il n'avait pas de valeur. 

datyo, adj. m. Qui a la tète dérangée, 
timbré. | sou dzë sô 5 bokô datyo : ces 
gens sont un peu timbrés. 

davç, s. m. Aval. | lé davô : du côté 
d'en bas. Quand on est sur les monts, on 
appelle lé davô le côté du village. | de la 
pà davô : de la part (du côté) d'en bas. 
il l'ûra dé davô l-é ôn'ûra dé plodzè : le 
vent d'en bas (du sud-ouest) est un vent de 
pluie. I se fà ne davô : ii [le temps] se fait 
noir d'en bas. | le te s'èple davô : voir tè. 
Il lé davô : les Davaud, surnom d'une famille 
Dupraz. || Pr. ko. tonne davô, préiza dé vê. 
\kà lé riole va davô, pr? le kôvâi é la fô. 
— Cf. avô, damô. 

dâi, s. m. Doigt. | lé sein dâi de la mS 
sô : le pâiidzo, le létsepolsè, le gradâi, la 
damûzala é le petidâi : les cinq doigts de la 
main sont : le pouce, le lèche-poche, le grand 
doigt, la demoiselle et le petit doigt, j le dâi 
don de : le doigt qui porte le dé. | bali déi 
talose sii lé dfii : donner sur les doigts. 
\mohrâ kôkÔ awé lé dâi : montrer quel- 
qu'un du doigt. I se mâke dé du dâi : 
il s'en faut de deux doigts. || travail dé 
se dâi : travailler de ses doigts (coudre 
et tricoter). | l-é siitila dé se dâi : elle 
est adroite de ses doigts. | avéi ô gânepa 
ou bé dé se dâi : avoir un gagne-pain au 
bout de ses doigts (stagner sa vie par des 
travaux à l'aiguille). || vivo kemë lé du dâi 
de la ma : ils vivent comme les deux doigts 
de la main (dans la plus étroite intimité). 
Il l-é lé bô-z êfâ ke métô lé déi a la botsè : 
ce sont les bons enfants qui mettent les 
doigts à la bouche. 

dâiblo-a, adj. Faible, débile^ gourd-e. j su 
to dâiblo wâi : je me sens très faible au- 
jourd'hui. I sa pûra drôla l-é tota dâibla : 
cette pauvresse est tout à fait débile. | se 
pà ke se vou a derê, l-é la ma tota dâi- 
bla ; je ne sais ce que cela veut dire, j'ai la 
main toute gourde. 

dâi'i, dâiisa ou dâiiha, adj. Doux- ce. 
\dâu kemë dou mai : doux comme du miel. 
\dâii kemë don vélii : doux comme du ve- 
lours. I ôna plodze dâûsa : une pluie douce. 
fi dâûha est une prononciation isolée. | déi 



friye dâûhè : des fraises douces. || fô adéi 
léi-y alâ a la dâuha : il faut toujours y 
aller doucement, avec douceur. || Subst. 
Doux. I éi /â dàii : il fait doux. 

dâiina (frv. donne), s. f. Distribution d'ar- 
gent faite autrefois aux funérailles à tous les 
pauvres qui se présentaient au départ du 
convoi ou au cimetière même. [ bali la 
dâiina. — La dernière dâiina s'est faite au 
cimetière, près de l'église paroissiale, lors 
de l'enterrement d'un membre de la famille 
Grand d'Hauteville, entre 1813 et 1820. 

dâiiiva, s. f. Douve. | le bosatÔ kâiile 
pèr Ôna dâiiwa : le tonneau coule le long 
d'une douve. | tsezi pè dâiiwè : tomber par 
douves (c.-à-d. que les cercles se rompant, 
le vase tombe douve après douve). || sétsi 
ôna dâiiiva : sécher une douve (boire d'un 
tonneau à vin la hauteur d'une douve). 
\l-arô sétsi ôna buna dâiiwa stou dzwa : 
ils auront séché une bonne douve ces jours- 
ci. Il Fossé, talus (vieilli). | lé dâiiive dou 
tsaséi : les douves du château. 

dàderidû (frv. dàderidou), s. m. Syn. 
de dâdû avec un accent moqueur en plus. 
\tyë dàderidû/ quel dadais! | tyë dàderidû 
é se se, ke démàdàv'ôna fémala dou ve- 
lâdzo a-n ena konesâse de la vêla ke dé- 
vesâvawé ô mÔsii déi-z ékûlè? quel da- 
dais est cela? demandait une femme du 
village à une connaissance de la ville qui 
causait avec un monsieur des écoles (un pro- 
fesseur). 

dàdû (frv. dâdou), s. m. Dadais, nigaud, 

dnlê (frv. daille), s. f. Pin sylvestre. 
I le kré déi dàlè : le Crèt des Dailles, hau- 
teur sur laquelle on ne voit actuellement 
guère de pins. 1| de la dàlè : du bois 
de pin. || la dâle l-é ase diira kemë le 
tsàno : le pin sylvestre est aussi dur que le 
chêne. || ô faséi déi bornéi awé la dàlè : 
on faisait des tuyaux avec la daille. 

dama, s. m. Damas. 

dâ, s. m. Dam, usité seulement dans quel- 
ques loc. 1 n'a né mô né da : il n'a ni mal 
ni dommage. | l-é bë tô dâ : c'est bien ton 
dam (tu l'as bien mérité). || Pr. lé-z ô fà ta 
ke lé-z ôtro sô a dâ. 

dâdinâ (se), v. r. Se dandiner, flâner. 
\va ë se dâdinë dé kôté é d'ôtro, kemë 
se léi-y avéi rë d'uvràdzo ou modo por li : 
il va se dandinant de côté et d'autre, comme 
s'il n'y avait pas d'ouvrage au monde pour 
lui. 



DEL 



87 



DEM 



dâdnlà, v. n. Aller de côté et d'autre 
d'une manière inconsciente, flâner. — Syn. 
brelâdâ. 

dàdfda, s. f. Flânerie d'un mauvais sujet, 
le flâneur lui-même. 

dâhâu-âiisa, s. m. et f. Danseur-euse. 
\lé bô dâ/iâii sô pu de ta râla déi d:è bë 
pozâ : les bons danseurs ne sont pas dans la 
règ-le des gens bien graves et sérieux. 

dahè, s. f. Danse, bal. | n'n pâ pèrdii ôna 
dàhè : il n'a pas perdu (manqué) une danse. 
\lé dâhe don buiiÛ : les bals du nouvel an. 

dâhi, V. a. Danser. | lés âhd dâhîvà la 
nniferinè, la matelote, le meniivé, Valemâda 
a katro ; ara ne dSlw tijé déi pnte dâhè : 
les aïeux dansaient la montferrine, la mate- 
lote, le menuet, l'allemande à quatre ; main- 
tenant ils [les jeunes] ne dansent que de 
laides danses. Ces danses d'autrefois étaient 
lentes et g-raves, comme les g'ens eu.x-mèmes. 
Il V. n. Danser. | Fig. té vu prou fére dâhi : 
je vais te faire danser (je te ferai obéir ; ou : 
je te mettrai dans l'embarras). ]i dâfii sii le 
loto : danser sur le laiton (avoir les jambes 
alertes, et fig., être au large). || Pr. ke pron 
tsâCé pron dâhè, fa rneliT ke pu l-avâhè. 
I se t'a fà, medze ta niâ, wârdâ Voira por 
démâ ; se fa fû medze fô pi, nxirda l'ôtro 
po dâhi. 

de, prép. De. Voir dé. 

dedè, adv. Dedans. | ne fà ti/é d'alâ dedè 
1^ défro : il ne fait qu'entrer et sortir, j métré 
(leilè : enfermer. | l-é dedè : il est enfermé. 
èlilûre kokô dedè : enfermer quelqu'un 
dedans. || hlûre dii dedè : fermer à l'inté- 
rieur. I] l-é mû ë dedè é è défro : il est 
mouillé au dedans et au dehors; se dit d'un 
ivrogne qui s'expose à la pluie. || ti/é ke 
rebenô pèr dedè? que remuent-ils avec bruit 
])ar dedans ? |i Prép. Dans, dedans. | le 
laséi l-é dedè le tepè : le lait est dans le 
pot. Il on dedè dé li : au dedans de lui. 
, il S. m. /e nétéijéréi le dedè é le défro dé sa 

■sélè : tu nettoieras le dedans et le dehors de 
•celte seille. 

dedzâii, s. m. Jeudi. | la senuna déi tré 
dedzâii : la semaine des trois jeudis. 

delé , adv. et prép. Delà (frv. d'enlà). 
\la vene dé delé : la vigne de delà. | pro- 
méine sa grése desé delé : il promène sa 
graisse deçà delà (il fait le paresseux). | te 
lé troréréi lève delé : tu les trouveras tout 
au delà. || Dans une maison, delé indique la 



chambre qui se trouve dans la partie opposée 
à celle qu'on occupe dans le moment même. 

I sii zon delé : je suis allé de l'autre côté. 
\pwârta se delé : porte cela de l'autre côté. 

II le se ke plâii se trouve delé de la bâijè : 
le Scex que pliau (rocher qui pleut) se 
trouve [au] delà la Baie. | delé don lé : 
par delà le lac. | ë delé dé no léi-y a 5 tsâ : 
plus loin que nous il y a un champ. | tra- 
ralÔ è delé de no : ils travaillent plus loin 
que l'endroit où nous travaillons. j| S. m. La 
partie par delà. | le delé don knrd : le 
d'enlà du jardin (la partie du jardin (jui est 
la plus éloignée). 

delézè, s. f. Porte de jardin à claire-voie 
(frv. clédar). \ hliïre la delézè : fermer la 
porte du jardin. i| Grande porte, faite de 
lattes, fermant chaque chemin qui débouche 
sur un pâturage de montagne. | s'ô lèse lé 
deléz' ouverte, lé valse se veto : si on laisse 
les clédars ouverts, les vaches s'enfuient. 

delô, s. m. Lundi. | le delô dé pake : le 
lundi de Pâques. || fére le bô delô : faire le 
lundi. 

dema, s. m. Mardi. | lé faire dé vevâi so 
pèr ô dema : les foires de Vevey ont lieu le 
mardi. 

deméikro (frv. mècredi), s. m. Mercredi. 
\le premi deméikro dé mé l-é le bô dzwa 
po plâtâ lé faveyùle basétè : le premier 
mercredi de mai est le bon jour pour planter 
les haricots nains. 

demèdzè, s. f. Dimanche, j ôna bala 
demëdzè : un beau dimanche. | demëdz'é 
dzelôvrâi : dimanches et jours ouvrables. 
\féi-e lï lé dzwa demèdzè : faire tous les 
jours dimanche (paresser). | l-é venii kôke 
demëdzè : il est venu quelque[fois le] diman- 
che. Il tèke kemë seri demèdzè! voilà com- 
ment je serai dimanche ! disait un ivrogne en 
voyant couché par (erre un homme ivre- 
mort. Il ne fà pà sa béi të dii^e demëdzè 
dé kumeniyô dé switè : il ne fait pas volon- 
tiers beau temps deux dimanches de commu- 
nion de suite. 

demi, adj. Demi-e. | ôna demi âiirn : une 
demi-heure. | ô-n oura é demi : une heure 
et demie. | midziva é demi : midi et demi. 
|0n ne dit pas minuit et demi, mais : demi 
âiira apréi la miné : demi-heure après la 
minuit. || l-é fû é demi : il est fou et demi. 
Il '""/« /''« f^^"" dzornâ : il ne fait pas une 
demi-journée (il travaille peu). || pou pâ 
demi prou no fér'ëradzi : il ne sait pas 



DER 



88 



DES 



comment assez nous tourmenter. || viidiji 
demi dna tasa : remplir à moitié une tasse. 
Il vâi/o pâ demi béi : je ne vois presque pas 
clair. Il Subst. le rélodco sonne lé demi é lé 
kâ : l'horloge sonne les demies et les quarts. 
Il Loc. adv. a demi : à moitié. | rir'a demi : 
rire à moitié (sourire). | ne f ère lé tsûce tyé 
n demi : ne faire les choses qu'imparfaite- 
ment. Il Pr. a la sët'adyéia, demi sa pase- 
réta, to sô là tijé Ôn'ayéta. 

demibatsè (vieilli), s. m. Demi-balz, an- 
cienne monnaie valant environ sept centimes. 
I ne vô pâ demibatsè : il ne vaut pas demi- 
batz ; se dit d'une personne de peu de valeur, 
aussi d'une chose mauvaise. | baléré iota ma 
viye por 5 demibatsè : je donnerais toute ma 
vie pour un demi-batz (je suis rassasié de 
vivre) . 

denj, s. m. pi. Argent recueilli à l'église 
pour les pauvres. | ramasà lé deriï ou 
préidco : recueillir les deniers à l'église. 

derâ, v. n. Durer. | si te von pâ dera : 
ce temps ne durera pas. i| se le frai derè, se 
pâ tyé ke ne vulë férè : si le froid continue, 
je ne sais pas ce que nous allons faire. 

derâblo-âbla, adj. Durable. 

derayè, s. f. Durée. | la derâye d'ena 
dzê : la durée d'une personne. |1 dé deràyè : 
de durée. | sou-z âlô nà pâ ésâ dé derayè: 
ces vêtements n'ont pas été de durée. | le tê 
né pâ dé derayè : le temps n'a pas de con- 
tinuité. 

derè, v, a. Dire. | dere déi dzâlè ': dire 
des mensonges, j dere déi pute rézô : dire 
de mauvaises liaisons (insulter), j l-a parti 
se dere sâlii : il est parti sans dire salut 
(sans avertir). | se di ke... : on dit, le 
bruit court que... | bë a se ke dyÔ : bien à 
ce qu'ils disent (du moins, je l'ai entendu 
dire). | léi-y arèi prou a derè : il y aurait 
beaucoup à raconter. | po bë derè : à vrai 
dire. | pâ po derè : pas pour dire. | l-é bô po 
derè : cela se laisse dire. | valô pâ ké séi 
de : ils ne veulent pas qu'il soit dit (ils ne 
veulent pas avouer que ce soit vrai). || di pî 
ke n'é pâ veré : dis seulement (sois sur) 
que ce n'est pas vrai. | di pî ke ne revëdrô 
pâ tï : dis (sois sur) qu'ils ne reviendront pas 
tous. Il té fô asebë dere kùke vretâ awé lé 
dzâlè : il te faut aussi dire quelques vérités 
avec les mensonges. | n'ê di adéi pâ trii : 
n'en dis toujours pas trop (ne mens pas 
trop). I ne la di pâ trii r/rosa sa êkè : ne 
dis pas un trop gros mensonge. || ûre derè : 



entendre dire. | ô-n û derè : on entend dire. 
Il^é dyo tyé sesé / je te dis que si fait. | me 
té dyo tyé nené : moi je te dis que nenni. 
il sâlo dé derè : je sors (viens) de dire. 
j léi-y ë-n a dé pî tyé pëdrè : il lui en a 
dit pis que pendre. || tyé ke te di dé bô ? 
-^ dyo to dé bô dé vo : que dis-tu de 
bon ? — Je dis tout de bon de vous, ma- 
nière habituelle d'entamer une conversa- 
tion. Il l-é mo péti dâi ke le m'a dé : c'est 
mon petit doigt qui me l'a dit (c'est un se- 
cret). Il se ne von rë derè : cela ne signifie 
rien. | se léi di bë okè : cela a bien sa 
signification (en parlant de superstitions). 
Il vo sari a derè : je vous ferai savoir. | te 
mé saréi a dere se n'é pâ rézô : tu verras si 
je n'ai pas raison. || né pâ a dere ke séi ôna 
dzâla : ce n'est pas à dire que ce soit un 
mensonge ; se dit quand subitement on ou- 
blie ce qu'on allait dire. || n'é pâ dé dere 
le ma ke léi-y a : on ne saurait dire le mal 
qu'il y a. | l-a préi se po dé dere ke séi 
payi : il a pris cela pour être payé. 1| lé se 
sô tote detè : ils se les sont toutes dites (ils 
se sont insultés, ils ont vidé leur sac). | se 
sô to de tyé brave dzë : ils se sont tout 
dit que braves gens (ils n'ont eu que des 
injures à se dire). || Ô-n ë di : cela s'appelle. 
I kemë ke te n-ë di ? comment le nommes- 
tu? I lou-z a de lé lazârè : ils les ont nom- 
més les Lazare. || Pr. vô mï dere dzii tyé 
tsâropa. \ tote lé vretâ ne sÔ pâ bun'a derè. 

I se ke merte le rédere, ô pou le derè, ma 
se ke ne merte pâ le réderè, fô pâ le derè. 

II S. m. ou dere déi-z àhâ : selon les ancê- 
tres. 1 lou dere se rapwârtÔ pâ : leurs dires 
ne sont pas concordants. | oublë véi mÔ 
derè : oublions voir mon dire (ce que j'ai 
dit), j se oublâ tô derè : sans oublier ton 
dire, sans vouloir t'interrompre; se dit quand 
on interrompt pour placer son mot. 

derë, prép. Durant, pendant. | l-a ésâ 
malâdo séi senâne derë : il a été malade 
durant six semaines. | le tenëro l-é tsezii 
derë le préidzo : le tonnerre (la foudre) est 
tombé pendant le sermon. | se promàine 
derë la né : il se promène pendant la nuit. 

desâdo,, s. m. Samedi. | lé-z ëfâ l-âmÔ 
le desâdo palamo ke léi-y a rë d'ékûla dit 
midziva : les enfants aiment le samedi parce 
qu'il n'y a pas de leçons l'après-midi. || Pr. 
pâ ô desâdo se sélâii. 

desé, adv. et prép. Deçà (frv. d'ençà), 
\desé delé : deçà delà. | alâ desé delé : se 
promener deçà delà. | balâhîve sÔ kwâ desé 



DER 



89 



DEV 



delé po se gàlà : il balançait son corps deçà 
delà pour s'amuser. Ij vè desé de l'adcé : 
viens de ce côté de la haie. | dfsé don péi'âi 
léi-y a déi tivârkn : deçà le poirier il y a 
des violettes. \\ l'é t/i'i diï desé don mohi : je 
l'ai vu de deçà l'éa^lise. || éi râist'ë desé dé 
no : il demeure en deçà de nous. || S. m. 
I le desé don lé : le (ieiirà du lac (la l'ive 
nord du lac). 

deté, s. f., dans la loc. a sa detè : à son 
avantajfçe, à son profit. | l-a fé le partùdzo 
a sa detè : il a fait le partage à son avantage. 
|sâ prou to fera sa detè : il sait bien tout 
arrang-er à son profit. 

devèdro, s, m. Vendredi. | lé-z otro 
ijàdco à hatsTve le deoëdro a la tsapala : 
autrefois l'on baptisait le vendredi à la cha- 
pelle. Il Pr. le deoëdro l-âméréi niï hrévfi 
tijé lé-z ôtro dzwa résëblâ. 

dèrâi {l)-âirè, adj. Dernier -ère. | la 
dèréire sâiinè : la dernière sonne (la der- 
nière sonnerie se fait entendre ; ou bien : le 
moment de se décider est arrivé). || éihre 
kriujo ta/l'a la dèrâirè : être mauvais jus- 
qu'au dernier point. || Pr. féorâi l-é demi 
ôvrài, se né a premi, l-é a dèrâi. 

dèrâi (2), adv. et prép. (frv. dernier). 
Derrière. | lé paiji dèrâi : les pays der- 
rière [la montag-ne]. | la plodze vë pèr 
dèrâi : la pluie vient par derrière. || trepa 
dèréi rnè : marche derrière moi. || fô sovë 
métré la vèrçjone dèréi la pwârta : il faut 
souvent mettre la vergogne derrière la porte 
(ne pas se gêner ou s'humilier). i| métr'a 
kùkô le pâiidzo dèréi l'orolè : mettre à 
quelqu'un le pouce derrière l'oreille (lui im- 
poser son autorité). 1| va véi vëre dèréi la 
méizô se léi sii : va voir regarder derrière 
la maison si j'y suis (manière d'amuser un 
enfant ou de se moquer d'un naïf. I| éihre 
dèréi la tsapala : être [enterré] derrière la 
chapelle. || Pr. kâ ô parle don là il, l-é dèréi 
le bosô. I on méi (Tn la plodze l-é dèréi le 
bu. Il pèr dèrâi : par derrière, j pèr dèréi la 
méizô : par derrière la maison. || S. m. 
dremeséi sii le dèrâi : il dormait sur le der- 
rière [de la maison]. \ veri le dèrâi : tourner 
le dos. I se lekâ sii sô dèrâi : se glisser sur 
son derrière (à ècorche-cul). | alâ se grètù 
le dèrâi : aller se gratter le derrière (aller 
paître les oies). 

dèrbalà, v. a. Oter les dèrbéi. \ léi-y a 
grâtë ke ne rêvur/ë dé dèrbalà si prà : il y 



a longtemps que nous remettons à un autre 
temps d oter les arbrisseaux dans ce pré. 

dèrbalé (frv. derbalet), s. m. Dim. de 
dèrbéi. Petite plante. | lé-z ôtro yàdzo o 
nûzâve pà pî tali ô dèrbalé se pai/i 
l'amëda : autrefois l'on n'osait pas mcnic 
couper un derbalet sans être mis à l'amende. 

dèrbéi, s. m. Petit sapin, arbrisseau isolé. 

I ô nâme pà lési lé dèrbéi de lé prà : on ne 
laisse pas volontiers les dèrbéi dans les prés. 

dèrbp (frv. derbon), s. m. Mulot. | lé 
dèrbô ne lodzô tyé a la frôla ire don bu; 
le tùpyé ke lé prë ë mlmo të tyé lé topè 
rèsèi dyï sâfime po tsake dèrbÔ : les derbons 
ne logent qu'à la lisière des bois. Le taupier 
qui les prend en même temps (pie les taupes 
reçoit dix centimes pour chaque mulot. | ne 
kemë ô dèrbô : noir comme un mulot (en 
français on dit par erreur : comme une taupe). 

II Fig. Méchant garçon. || dèrbô ke t'éi ! mé- 
chant garnement ! || Nom qu'on donne à une 
vache noire. — Cf. tôpa. 

dèrbnnâi (vieilli), s. m. Celui qui prend 
les derbons. Au dix-septième siècle il y avait 
des dèrbnnâi et des tùpyé, mais aujourd'hui 
le même homme cumule ces deux fonctions 
sous le nom de taupier. 

dèrbunâirè, s. f. Petit monticule de terre 
formé par le mulot ou la taupe, taupinière. 
— Cf. bndzenâirè, fremelïrè, pélâiiza. 

dèrbnnâ, v. a. Aplanir, ratisser les dèr- 
bunâirè. I mé fô alâ dèrbunà le tsâ ke l-é 
plë dé dèrbunâirè : il me faut aller ratisser 
le champ qui est plein (couvert) de taupi- 
nières. 

dèrdelô, s. m. Crochet en forme de T ser- 
vant à fixer le mors au bredalet, ou le licol 
d'une vache à sa crèche. — Syn., tsegelô. 

dèréiremë, adv. Dernièrement. 

dèverÔ, adv. et prép. Autour. | Ion sô mé 
dèoerÔ : ils se sont mis à ce travail ; ou 
bien : ils l'ont battu. | n'ë batii dèverô tâdi 
ke n-ë-n a zou ô bokô : nous en avons 
mangé [du gâteau] tant qu'il y en a eu un 
morceau. || s^é mé dèverô le forné : il est 
occupé à refaire le poêle, j l-Tro dèverô mô 
tsenévo kâ l-a senà : j'étais occupée à mon 
chanvre quand ils ont sonné. | l'Tre dèverÔ 
sô peti ke le batâi : il était à battre son 
enfant, i dèverô tye ke ne no métë ivâi ? à 
quoi nous mettons-nous aujourd'hui*.' | ne va 
pà dèverô se ora : ne l'occupe pas de cela à 
présent. || medzi dèverô ôkè : manger au- 



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tour de quelque chose^ en faire la base de 
sa nourriture. || se sô nié dèuerô la /nota : 
ils mang'ent dru dans le fromage. | lé ra se 
métô (lèvera le pà : les rats se mettent à 
manger le pain. | ora ke s'é iné (lèvera sÔ 
bosatÔ, ne von pà sali ke ne séi to bu : 
maintenant qu'il a entamé son tonneau, il 
n'en sortira pas [avant] qu'il ne soit tout 
bu. — Cf. apréi. 

dé, (V avant une voyelle. Prép. De. | (Vo 
koté et (Vôtro : d'un côté et d'autre. | du 
dé lâû : deux d'entre eux. | dé vè le né : 
sur le soir. | le noijë dé vè la frelTrè : le 
noyer qui se trouve près de la fruitière 
\kréi to savâi dé li rnTmo : il croit tout 
savoir par lui-même. | se seréi se pà dé se 
mèrfodrè ? n'y aurait-il pas là de quoi se 
morfondre? | a dé bô : pour de bon. 

I d-n omo dé rê : un homme de rien (homme 
méprisable). | prèdre la matâire dé grâ : 
prendre l'étoffe dans le sens de la chaîne ; 
cf. déreba. \ prèdre kàkô dé buna : pren- 
dre quelqu'un de bonne (par affection). | fô 
plàtâ lé fâve dé févrâi po ke bala : il faut 
planter les fèves en février pour qu'elles 
rendent. | dé krëre ke léi sii zciii : de 
croire (ne croyez pas) que j'y sois allé. 

II Marquant la filiation, avec ellipse du mot 
fils. I pijéro d'âri dé bloné : Pierre, fils 
d'Henri de Blonay. | lui dé dzcibrà : Louis, 
fils de Jean-Abram. | dzâ don tsa : Jean, 
fils du chat (sobriquet). || dé s'emploie avec 
certains adv., comme grô, grâ, grâtë, etc., 
pour renforcer le comparatif. | l-é dé grâtë 
pie tsàropa tyé sô frâré : il est de long- 
temps (beaucoup) plus paresseux que son 
frère. || Pr. se k'ô pou pà fére dé grâ, ô 
le fâ dé plâ. !| éihre dé avec un inf., être 
sur le point de, risquer de faillir. | seré 
d'avéi frai : je suis sur le point d'avoir 
froid. I se/'éi dé (seci : il est sur le point de 
tomber. || Marquant l'emploi, la destination : 
10 devant un substantif. | ôna Iota dé 
martsi : une hotte à marché. | ôna Iota dé 
tëra, défénié: une hotte à porter la terre, le 
fumier. | ô tsavô dé Iota : un chargeoir à 
hotte. I ôna mârka dé lëdzo : une marqug 
à linge; |1 â» devant un verbe, | né pà dé 
derè : il n'y a pas à dire. | n'é pà dé réfuzà, 
dé mépréizi : ce n'est pas à refuser, à dé- 
daigner. Il Locutions diverses : n'é pà dé 
tyéstyô dé : il n'est pas question de.... | léi 
seréi zàii dé se se : il y serait allé sans cela. 

I l-é krii dé bë férè : j'ai cru bien faire. 

I krèyéi d'avéi prâii : il croyait avoir assez. 

\léi-y ë-n a fé dé kadô : il lui en a fait 



cadeau. | ko ke le farè, dé tè obë dé niè ? 
qui le fera, toi ou moi? — On emploie de 
au lieu de dé avant les art. m. /' et f. la et 
/'. I de Vëtso : de l'encre. | de la lâna : de 
la laine. | de l'êrba : de l'herbe. — Voir la 
composition de la prép. dé dans déi, détyè, 
dou, (là. — Voir de. 

dé (2) (frv. dais), s. m. Extrémités encore 
vertes qu'on a coupées aux branches de 
sapin et dont on fait de la litière pour le 
bétail, des balais pour l'écurie ou pour se 
torcher les pieds en hiver, des tamis pour 
le lait. I fj alù tali dou dé po sosëdrè : il 
faut aller tailler du dais pour répandre sous 
le bétail. | ôna remase dé dé : un balai de 
dais. I a la fretîrô kolàve le laséi awé 
dou dé : à la fruitière, on coulait le lait 
avec du dais. \\ vèr kemë dou dé : vert 
comme du dais. 

débagadzi .{ÏTx. débagager), v. a. Débar- 
rasser. I débagadzë vito si tsë : débarras- 
sons vite ce char. || Réfl. débagadzë té dû 
pèr ëkè : ôte-toi de là, va-t'en, j vu prou té 
fére débagadzi : je te ferai bien quitter la 
place. 

débara, s. m. Débarras. | tèke lo viya, 
tyë bô débara ! le voilà parti, quel bon dé- 
barras ! 

débarasi, v. a. Débarrasser. | débarasi la 
tràbla : desservir. || Réfl. débarase té dû 
pèr ëkè : ôte-toi de là, va-t'en. 

débarasa (frv. débarrassée), s. f. Ce qui 
est enlevé en une fois. | férôna buna 
débarasa : faire une bonne débarrassée. 

débardà, v. a. Gaspiller, dilapider, ruiner 
par le désordre. | l-ar'asetû to débardà : il 
aura bientôt tout dilapidé. 

débardàdzo, s. m. Action de débardà. 

débardyâû-âuza (frv. débardeur-euse), 
s. m. et f. Celui, celle qui débordé. \ tyé ke 
seréi d'ôtro tyé ôna débardyâtiza awé Ôna 
mare kemë l-a zâû ? que serait-elle d'autre 
qu'une gaspilleuse avec la mère qu'elle a 
eue ? — Syn. besôtsTrè. 

débarkà, v. a. Débarquer. 

débatrè (frv. débattre), v. a. Battre, dé- 
layer. I débatre déi-z âû : battre des œufs. 

I débato de la farna : je délaie de la farine. 

II Réfl. se se déba mô : cela se délaie mal. 
Il Se débattre. | se débatéi kemë ô dyâblo : 
il se débattait comme un diable. 

V. n. {ÎT\ . débattre) . Se dit de la sensation 
douloureuse qu'éprouvent les mains ou les 



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pieds g'iacés lorsqu'on les expose subitement 
à la chaleur. H lé rnà nié débatû : les mains 
me débattent. \ lé pi léi-ij à débatû : les 
pieds lui ont débattu. 

débatija (frv. débattue), s. f. Action de 
battre, de délayer. | ôna débatija défarna, 
dé laséi : une débattue de farine, de lait. 
Il Fig. Contestation. | l-â zou ôna pusëta 
déhatya : ils ont eu une vive contestation. 
Il Sensation douloureuse produite par la cha- 
leur sur un membre g-lacé. | ti/èta débatija ! 
quelle débattue ! 

débatijâû, s. m. Bâton de sapin pelé, 
encore garni de ses rameaux coupés courts, 
avec lequel on agite le lait caillé afin de le 
-dégager du lait liquide. — Syn. dî-kalâii. 

débàhla, s. f. Débâcle. | /-(' venu ôna 
débàhla dé sou lèsô ke l-a to biitsi : il est 
venu une débâcle de ces glaçons qui a tout 
bouché, il Fig. léi-ij a sou Ôna piisèta 
débâhla : il y a eu une grande débâcle. 

débatsi (frv. débâcher), v. a. Oter la 
bàtsé, effaner les plantes de maïs. | ne 
débâtsérê le grôblà sta véprâ : nous ell'anc- 
rons le maïs à la veillée. 

débàdârda, s. f. Débandade. | se vétàvà 
tî a la débàdârda : ils s'enfuyaient tous à la 
débandade. | léi-ij a zou ôna bala débà- 
dârda : il y a eu une prompte débandade. 

débâtsi, V. n. Quitter son banc, changer 
de place, bouger. | n'a pà débâtsi dit désii 
sa sala dé to le dziôa : il n'a pas bougé de 
dessus sa chaise de tout le jour. | ne débâtse 
pâ don kabaré : il ne quitte pas le cabaret. 
il Réfl. Perdre ses bonnes habitudes d'homme 
rangé. | se débâtsè : il se dérange. 

débezâtsi-tsa, adj. Déboîté-e, déhanchc-e, 
€clopé-e. I le piîromo, l-é to débezâtsi : le 
pauvre homme est tout déhanché. | rné pure 
dzê, su Iota débezâtsa : mes pauvres gens, 
je suis sans force dans les hanches. — On 
dit aussi ébezâtsi. — Syn. débwéiti. 

débé, adv. Debout, levé. | t'éi dza débé : 
tu es déjà levé. 

débëda, v. a. Débander. || Réfl. Se dé- 
bander, se disperser. | se sô il débêdâ dé 
kôté é d'ôtro : ils se sont tous débandés de 
côté et d'autre. 

débi, s. m. Débit. 

débina, s. f. Débine. 

débita [a la) (frv. à la débite), s. f. \'eute 



au débit. | l-â vèdii ôna vats'a la débita : 
ils ont vendu une vache à la débite. 

débita, v. a. Débiter. | débita ôna vats'a 
la débita : dépecer une vache et en vendre 
la viande au détail. 1| vo ne débita de 
l'uvrâdzo ivâi .' vous en débitez (expédiez) 
de l'ouvrage aujourd'hui ! 

débléiji, v. a. Déblayer, désencombrer. 
\déblétji la nâi : déblayer la neige. 

débohlâ, V. a. Déboucler. || Réfl. Se dé- 
boucler. 

déborala, v. a. Oter le boréi à un cheval 
ou à un bœuf, et, par ext., déharnacher. 
Il Fig. et familièrement, ôter un surplus de 
vêtements qui empêchent de travailler. | Jo 
kemêhi pè se déborala : il faut commencer 
par s'alléger. 

déborâ, v. a. Débourrer. || Réfl. Se dé- 
bourrer. 

déborbâ, v. a. Débourber. | ora déborba 
lo si peti, me, m'è méhlo pâ : maintenant 
débourbe-le, ce petit, moi, je ne m'en mêle 
pas. Il On dira plus volontiers : réniwâ la 
borba. \\ Réfl. Se débourber. 

déborda, v. n. Déborder. | le nlno l-a 
déborda : le Rhône a débordé. || Pr. kÛ la 
mézera l-é plâina, éi débwârdé. 

débordenaijè (frv. débordonnée) , s. f. Eclat 
de colère. | l-a zou ôna débordenâije ke léi 
faséi pâ béi : il a eu une [telle] débor- 
donnée qu'il n'y faisait pas beau. — Syn. 
débôdenâijè. 

débordémè, s. m. Débordement. 
débornà (frv. déborner), v. a. Enlever les 
bornes. — Cf. débounâ. 

déborsâ, v. a. Débourser. | n'è déborsâ ô 
pusë-t èrdzê ivâi : nous avons déboursé 
beaucoup d'argent aujourd'hui. 

débosenà (frv. débnissonner), v. a. Débar- 
rasser un terrain de ses buissons. | l-â débo- 
senà tota sa kiisa po n-ê fér'ô tsâ : ils ont 
arraché tous les buissons de ce coteau pour 
en faire un champ. 

débotâ, V. a. Enlever le bout de la corne 
du pied d'une chèvre, d'un mouton. | **'/ 
débotÔ Ion tsirra : ils parent les pieds de 
leur chèvre. 

débotenâ, v. a. Déboutonner. [ niedzô a 
vètro débotenâ : ils mangent à ventre débou- 
tonné (ils mangent beaucoup). ;! Réfl. Se 
déboutonner. 



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débotsardà (frv. déboiicharder) , v. a. 
Faire qu'on ne soit plus botsâ, enlever la 
saleté autour de la bouche. | te débotsar- 
déréi sa petita : tu nettoieras la bouche de 
cette petite. 1| Réfl. Se nettoyer autour de la 
bouche. 

débonnn (frv. déborner), v. a. Enlever les 
bornes. | vo tsûijéréi dé pà débounà le Isa : 
vous prendrez g-arde, vous aurez soin de ne 
pas enlever les bornes du champ. — Aujour- 
d'hui on dit plus généralement débornà. 

débozalâ (frv. déboiiseler) , v. a. Enlever 
les plaques de bouse qui adhèrent aux poils 
des jambes d'une vache. | le bwTbo na pà 
pii débozalâ le meryâû : le berger n'a pas 
j)u débouseler la vache appelée Miroir. || Réfl. 
Enlever de dessus ses vêtements la bouse qui 
s'y est attachée. | te té débozaléréi dévà dé 
veni a l'osa : tu te nettoieras avant de venir 
à la cuisine. 

débôdenâ, v. a. Débonder, débondonner. 
Il V. n. Fig. Faire une sortie impétueuse. 

débôdenayè, s. f. Action de débÔdenâ ; 
sortie impétueuse d'un liquide. |1 Fig. Mani- 
festation subite d'un mouvement de colère. 
— En cet emploi, syn. débordenâijè. 

débrâli-lq, adj. Débraillé-e. 

débreda, v. a. Débrider. || Fig. se dé- 
bredâ : sans débrider. || Syn. débrëlâ. 
Il Réfl. Se débrider. 

débregâ, v. a. Débrouiller. Toutes les par- 
ties intéressées étant d'accord, supprimer une 
hypothèque qui frappe la totalité de leurs 
biens ou seulement un immeuble qu'elles 
possèdent en commun. Dans un partage, 
faire la part des dettes en même temps 
que celle des immeubles. | l-à zoii prou 
pùina a to débregâ : ils ont eu de la peine à 
tout débrouiller. || Réfl. Se débrouiller dans 
les affaires de partage. | se pwô adéi pà 
débregâ : ils ne peuvent toujours pas se 
débrouiller. 

débreka, v. a. Détrousser, en parlant d'un 
chapeau. || Réfl. Se détrousser. 

débrëlâ (frv. débranler), v. n. Ne pas 
quitter la place, ne pas cesser. | n'a pâ dé- 
brëlâ du ëkè : il n'a pas bougé de là. 
\l-a fé to sô iâtso se débrëlâ : il a fait 
toute sa tâche sans interruption. — Syn. 
débredâ, débrôtsi, déinarâ, dézëparâ. 

débri, s. m. Débris. 

débroli (frv. débroiller), v. a. Défaire les 



brolo. I se te débrolTvà to gredô dévà dé le 
brosatâ : si tu défaisais les faux plis de ton 
jupon avant de le brosser. | débroie véi sa 
mâdzè : défais voir les godets de cette 
manche. 

débrôtsi {se) (frv. sans débroncher), loc. 
adv. Sans interrompre, sans discontinuer 
(avec l'idée d'un travail pénible). | l-a travali 
don mate ou né se débrôtsi : il a travaillé 
du matin au soir sans discontinuer. — Syn. 
débrëlâ. 

débrûli, v. a. Débrouiller. — Syn. dé- 
bwèlâ. Il Réfl. Se débrouiller. 

déburtsi, v. a. Dépouiller un fruit de son 
enveloppe. | lé kôk'é lé tsasane sÔ ou lénô, 
fo lé déburtsi : les noix et les châtaignes 
sont au galetas, il faut les écaler. || Réfl. Se 
détacher, j nareve pâ tî lé-z a ke lé kôke 
se déburtsâ M : il n'arrive pas toutes, les 
années que les noix s'écalent si facilement. 
— Syn. dépeli. 

débuta, V. a. Débouter. 

débutsi, V. a. Déboucher. || Réfl. Se dé- 
boucher. 

débûlâ, V. n. Prendre la fuite, décamper 
après un méfait. | n'a pâ atëdii sô kôto, le 
drôlo, l-a débCdâ préstamë : il n'a pas 
attendu son compte (sa punition), le mauvais 
drôle, il a prestement décampé. 

débiidâ {se), v. r. Sortir de la biida, sortir 
d'une cachette. | ka vèyéi ke nô ne venâi,^ 
léi-y Ire bë fwârse dé se débiidâ : quand il 
vit que personne ne venait, il fut bien obligé 
de sortir de sa cachette. 

débiiskâ, v. a. Débusquer. 

débuta, V. n. Débuter. 

débwâzi, V. a. Déboiser. — Cf. bwéizi. 

débwèlâ, V. a. Débrouiller, démêler. — 
Syn. débrûli. 

débwéihi, v. a. Déboîter. | débwâiho sou 
tiiyô : je sors ces tuyaux les uns des autres. 
Il Réfl. Se déboîter. 

débivéiti (se), v. r. Se déboîter. N'est 
usité qu'en parlant des os de la hanche. 

débyotâ (frv. débioter), v. a. Réduire 
en menues parties. | sa mèrdâuza, mé dé- 
byotâve tote mé hlâii : cette méchante, elle 
m'effeuillait toutes mes fleurs. || débyotâ ô 
inotsâii : débioter un mouchoir (le déchirer 
en lambeaux). || Rrouter, manger les jeunes 
pousses d'un arbrisseau. | lé tsïvre débyotâ 



DED 



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DEF 



lé-z adsè : les chèvres dépouillent les haies. 
Il Fig. Parler, débiter si vivement qu'on a de 
la peine à suivre, j déhijotàve to se bè ta 
rîdo k'Ô ne kôprenéi pâ la méitiji dé se lie 
dezâi : elle débitait cela si rapidement qu'on 
ne comprenait pas la moitié de ce qu'elle 
disait. Il Réfl. Se réduire en menues parties, 
en lambeaux. | si fourdâ l-é usa, se débijote 
to : ce tablier est usé, il se déhinte complè- 
tement. 

déderè {se), v. r. Se dédire, se rétracter. 
\s'é déde dé sa patsè : il s'est dédit de son 
engagement. | se dédi kâ vciii : il se rétracte 
quand il veut (trop facilement). 

dédesa (frv. dédite), s. f. Dédit. | /éi-f/ a 
sou ôna dédesa : il y a eu dédit. 

dédéinâii-âiisa, adj. Dédaigneux -euse. 

I l'a bè détije ta fére la dédêinâuza : tu as 
bien de quoi faire autant la dédaigneuse. 

dédéini, v. a. Dédaigner. | piske te le 
dédâine mô kiitéi, le réprèno : puisque tu 
{le) dédaignes mon couteau, je le reprends. 

II Réfl. Se dégoûter. | nié dédéiTw ta dé li : 
je me dégoûte tellement de lui. 

dédomadzémè, s. m. Dédommagement. 

dédomadzi, v. a. Dédommager. || Réfl. Se 
dédommager. 

dédotsi, V. a. Faire tomber ce qui était 
juché. I te sera bë dzèti se t'alâvâ nié 
dédotsi mô tsapéi ke Vûra m'a adotsi anio 
lé : tu serais bien gentil si tu allais me faire 
tomber mon chapeau que le vent m'a perché 
là-haut. 

dédrobla, v. a. Dédoubler. | le kozâdâi 
m'a dédrobla mé-z Ctlô, ma l-a zoii pwâire 
dé lé rédroblâ : le tailleur m'a dédoublé mes 
vêtements, mais il a eu peur (il ne s'est pas 
donné la peine) de les redoubler. || kà l-â 
ésâ anio sii le pla, l-â dédrobla lé tsavô : 
lorsqu'ils furent arrivés au haut de la mon- 
tée, ils dédoublèrent les chevaux. 

dédyèrni, v. a. Dégarnir. — On dit aussi 
dégèrni. 

dédi/èrpi, v. n. Déguerpir. 
dédijizâ (se), v.r. Se déguiser, se masquer, 
dédzalâ, v. n. Dégeler. | dédzàlé se ? 
dégèle-t-il ? | fâ triï frai po dédzalâ : il 
fait trop froid pour dégeler. || Par analogie, 
éternuer fortement et fréquemment de façon 
à provoquer un écoulement du nez. | mô nà 
dédzàlé : mon nez dégèle. | te dédzalel tu 
dégèles ! 



dédzalâijè, s. f. Dégel. | ///è/« dédzalui/e 
to d'ô kii ! quel dégel tout d'un coup ! 1| Dé- 
gelée, fessée. | l-a résiï ôna dédzalâi/e ke 
s'ê sovêdrè : il a reçu une dégelée dont il se 
souviendra. 

dédzeta, v. a. Déshériter, déposséder. 
\l-a dédzeta sa bnlafelè : il a dépossédé sa 
belle-fille. 

dédzevala, v. a. Défaire les javelles. | si 
blâ l-é to réniioèhro, no fô le dédzcralâ pit 
le sétsi : ce blé est tout humide de rosée; il 
nous faut défaire les javelles pour le sécher. 

dédzèrnà (frv. dégermer), v. a. Oler les 
germes des plantes, notamment des pommes 
de terre. | dérû dé /data déi pnme dé tërè, 
fô lé dédzèrnà : avant de planter des pom- 
mes de terre, il faut en ùter les germes. 

dédzèrotà (se), v. r. Oter ses jarretières. 
\pou pâ se dédzèrotà soléta : elle ne peut 
pas ôter ses jarretières elle-même. 

dédzotsi, V. a. Déjucher, déranger. 

dédzoïinâ (1), v. n. Déjeuner. | fér'a 
dèdzounâ : faire le déjeuner. | lé-z ùtro 
ijâdzo lé dzë dédzounâvâ dé sepa rétson- 
dâi/è : autrefois les gens déjeunaient de 
soupe réchauftee. | ne dédzounê dé grà 
mate : nous déjeunons de très bonne heure. 
Il Réfl. Prendre son déjeuner. | té fô té dè- 
dzounâ : il te faut te déjeuner. | dèdzounâ 
ro : déjeunez -?'0«.ç. || Part. Qui a dé- 
jeuné. I te ii'èi pâ bê dèdzounâ dësè : tu 
nés (n'as) pas bien déjeuné ainsi. [ sesé, sii 
bë dèdzounâ : si fait. Je suis (j'ai) bien dé- 
jeuné. — Cf. dinâ, gûtâ. 

dèdzounâ (i), s. m. Déjeuner. ' fére le 
dèdzounâ, fére dou dèdzounâ, deux ex- 
pressions synonymes pour préparer le dé- 
jeuner. I ô dèdzounâ dé nosè : un dé- 
jeuner de noces, sorte de festin pour lequel 
sont mis à contribution tous les talents et 
surtout toutes les bonnes provisions d'une 
mère de famille. || Toute la vaisselle (|ui sert 
à un déjeuner de café au lait, service à café. 
I ô demi dèdzounâ : un demi-service. | l-â 
adzetâ ô béi dèdzounâ dé jiorselâna : ils 
ont acheté un beau service de porcelaine. — 
Cf. dinà (2). 

dédzëdrè, v. a. Déjoindre. | l~è dèdzèsu : 
elle est déjointe. || Réfl. Se déjoindre. 

dèfanoli, v. a. Desserrer, détacher, délier. 
I dèfanoli Ô fargo, ôna dzèrha : détacher 
un fagot, une gerbe. 1| Fig. Dégager, dépê- 
trer. I narevâve pà a le dèfanoli : il n'ar- 



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rivait pas à le débarrasser de ses entraves. 
Il Réfl. Se dépêtrer. | éidye léi a se défa- 
noli : aide-lui à se dépêtrer. 

défarnola , v. a. Enlever la farine répan- 
due sur les vêtements ou celle que contiennent 
les tissus d'un sac à farine (frv. défariner). 
\défarnola sa satsé : défarine ce sac. || Réfl. 
Débarrasser ses vêtements de la farine qui 
les recouvre, j va, défarnola té : va te 
dé fariner. 

défasotâ, v. a. Déraailloter. | lé-z ôtro 
yâdzo lé méire défasotâva pâ tci sovë loii-z 
ëfâ : autrefois les mères ne déraaillotaient 
pas si souvent leurs enfants. — Syn. déma- 
lotâ. 

défasenâ {se), v. r. (frv. se défaçonner). 
Perdre la façon. | lé-z àlo ke vënô mû se 
défasenÔ : les vêtements qui se mouillent se 
dé façonnent. 

défelâ, v. a. Défder. j défelà déi grâ : 
défiler des perles. || défelâ déi pCii é déi 
faveyûlè : ôter les fils des pois et des hari- 
cots. Il Réfl. I si korô se défelè : [les perles 
de] ce collier se défilent. 

défemâ (frv. défumer), v. a. Enlever la 
fumée de la viande par plusieurs lavages. 
I/o métré défemâ la tsë : il faut faire 
défumer la viande, 

défesilamë, adv. Difficilement. 

défesilo-ila, a.A]. Difficile, exigeant. | l-é 
défesilo dé kôtëtâ to le modo : il est diffi- 
cile de contenter tout le monde. | l-a bë 
détye fére la défesila : elle a bien de quoi 
faire la difficile. 

défera, v. a. Déferrer. || Réfl. Se dé- 
ferrer. I lé pwë se défera kôke yâdzo : les 
porcs se déferrent parfois. 

déféré, v. a. Défaire, j défère don grô- 
blâ : défaire, détacher du maïs. || Pr. fér'é 
déféré, l-é adéi travail, ma n'e pà grô 
avâhi. Il Réfl. Se défaire, se découvrir. | se 
t'a trii tsô, défâ té 5 bokÔ : si tu as trop 
chaud, ouvre un peu tes vêtements. | se 
défaséi iota : elle se défaisait toute (elle dé- 
grafait tout son corsage). |1 Par ext., se dé- 
pourvoir. I du l'a de la mizérè, lé dzë s'trâ 
pâ défé dé grânè : depuis l'an de la misère 
[1816], les gens ne s'étaient pas dépourvus 
de graines, c.-à-d. qu'ils en conservaient 
pour deux ans en cas de nouvelle disette. 
Il Pr. si ke s'ose le nâ, la fa.se se défâ . 

défétè, défaite. 



défëdrè, v. a. .Défendre. || Réfl. Se dé- 
fendre. 

défësa, s. f. Défense. | métr'ona défësa : 
mettre une défense (indiquer au moyen d'une 
inscription que l'autorité fait défense de pas- 
ser). I léi-y a défësa ; il y a défense. 

déjlakâ, v. a. Défalquer. | po l'ëpû ô 
déjlake se dévalé : pour l'impôt on défalque 
ses dettes. 

défoU, V. a. Défeuiller. || Réfl. sa plâta 
se défolè, su bë baya se sétsérâi : cette 
plante se défeuille, je me demande si elle 
sécherait. || V. n. lé-z âbro défolô : les 
arbres perdent leurs feuilles. 

déforâ (frv. défourrer), v. a. Enlever les 
taies des oreillers et édredons. | léi-y a déi 
dzë ke ne défâurô Ion li tyé kà fa la 
bûya ; il y a des gens qui ne changent les 
taies de leurs lits que quand ils font la les- 
sive (deux fois par année). 

déforfelâ, v. a. OCer le faufil, débàtir. 
Quand un tailleur ou une couturière livre un 
vêtement dont les faufilures ne sont pas 
toutes enlevées et que ce vêtement se porte 
tel quel, on dit malicieusement : le kozâdâi 
né pâ payi ou : la kozâdâire n'é pâ paya : 
le tailleur n'est pas payé, ou la couturière 
n'est pas payée. 

déforfelïrè, s. f. Fil qui a servi à faufiler,, 
à bâtir un vêtement ; faufil qui a été enlevé 
après coutures faites. | sa déforfelïrè ne 
va rë, akule la viya : cette défaufilure ne 
vaut rien, jette-la loin. 

déforma [se), v. r. Se déformer. | déi 
solâ ke se sô déforma : des souliers qui se 
sont déformés, éculés. 

défontsi, v. a. Oter le foutsi, démancher 
une faux. | ne pii pâ ëtsaplâ se défoutsi 
ma fô ; je ne puis pas enchapler sans dé- 
mancher ma faux. 

défô, s. m. Défaut. — Cf. détsè. 

défôsâ, V. a. Défoncer. | sou vene démâdô 
a éihre défÔsâyè : ces vignes demandent à 
être défoncées. |1 Défricher. | ne défôsérë 
sa bosenâ la senana kevë : nous défri- 
cherons ce terrain à broussailles la semaine 
prochaine. 

défôsâdzo, s. m. Défonçage, défriche- 
ment. 

défregeli (frv. défreguiller), v. a. Mettre 
en fregelè, en lambeaux, en pièces. | portye 
ke te défregele si motsou de la swàrta ? 



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DEG 



pourquoi déchires-tu ce mouchoir de la 
sorte '? I éi défregelïoe sÔ panai : il g-âtait 
son panier. | na tyé déi-z âW défregeli : 
il n'a que des vêtements en loques. | éi va 
Iota défregela : elle va toute déguenillée. 
Il Rétl. rné-c â/ô se défrege/ô : mes vête- 
ments se mettent en lambeaux. 

défretsi, v. a. Défricher. 

défréyi, v. a. Défrayer. 

défro, adv. Dehors. | éi fa à /è A'Ô ne 
rudréi pâ métro tsa défro : il fait un [si 
mauvais] temps qu'on ne voudrait pas mettre 
dehors un chat. | oë so dede, ohë réisié 
sa défro ? entres-tu ou restes-tu dehors ? 
Il vé férÔ twa pér défro : je vais faire 
un tour par dehors. || la pwârta s'ouvr'ë 
défro : la porte s'ouvre en dehors. || du 
gô ke te vë ? — vëho dû défro : d'où viens- 
tu? — Je viens de dehors. || S. m. le défro : 
le dehors. | sou dzë vênô dit le défro : ces 
g'ens viennent du dehors. 

dégadzi (se), v. r. Agir avec vivacité, se 
hâter. | ne oulë no dégadzi 5 boko por avéi 
vito fé : nous voulons nous hâter un peu 
pour avoir vite fini. | aie, dégadze té! 
allons, bouge ! | se se dégadzïvâ tï, l-arâ 
fini dérâ la plodzé : s'ils se dépêchaient 
tous, ils auraient terminé avant la pluie. — 
Cf. bigadzi. 

dégadzi-dzn (frv. dégagé-e), adj. Vif, 
vive, agile, alerte, rapide dans les mouve- 
ments. I si peti l-é dégadzi ko 5 peso : ce 
petit est vif comme un poisson, j kemë sa 
fêle l-é dégadza ! comme cette fîUe est 
agile ! | lé-z ëfâ lé pie dégadzi so sovë déi 
tsârope kâ so grù : les enfants les plus 
alertes sont souvent des paresseux quand ils 
sont grands. 

dégalàtsi (se), v. r. Se hâter, se dépê- 
cher. I te ne vou pâ té dégalàtsi 5 bokÔ ! 
tu ne veux pas (vas-tu) te dépêcher un peu ! 

dégSgeli (frv. déganguiller), v. n. Des- 
cendre d'un arbre, par sauts et par bonds, 
à la façon des sing'es. | faléi le vëre dégâ- 
geli dou serezi : il fallait le voir descendre 
du cerisier, || Réfl. Se laisser choir d'un 
arbre en s'accrochant de loin en loin à <{uel- 
ques branches. | se dégâgelîre kemë ô 
sëdzo : il se laissait choir comme un sing-e. 
— Cf. dégredà, dégrëgolà. 

dégeli (frv. dégtiiller), v. a. Abattre les 
quilles. || Faire tomber quelque chose qui a 
été ageli. \ l-é zon dégeli sô buné dii dèsii 



sa t-râtsè : il est allé faire tomber son bonnet 
de cette branche. 

dégeneli-la, adj. Dég'uenillé-e. ] té fô pâ 
té lési alâ dégeneli kosë : il ne te faut pas 
te laisser aller pareillement mal vêtu. | t'éi 
bala dégenela ! tu es joliment déguenillée ! 

dégérni. Var. de dédyèrni. 

dégéinâii-âuza, adj. et s. m. et f. Dédai- 
gneux-euse, difficile en ce qui concerne cer- 
tains mets. I fô pâ éilire tci dégéinâii ë sli 
modo : il ne faut pas être si difficile en ce 
inonde. \\fâ bë lé dégéinâii sou du : ils font 
bien les dédaigneux ces deux. 

dégéini, v. a. Avoir le dégoût de. | dégéino 
ta lé friyè : j'ai beaucoup de dégoût des 
fraises. || Réfl. Se dégoûter. | mé dégâino 
dou laséi : je me dég'oûtc du lait. 

dégo (frv. dégoût), s. m. pi. Iviu qui 
tombe goutte à goutte d'un toit. | fô 
métr'ona séle po réséidre lé dégo : il faut 
mettre une seille pour recevoir les dégoûts. 
— Syn. désë. 

dégolâ, V. a. Décolleter. | vo dégoléréi pâ 
atà sa tseniTzè : vous ne décolletterez pas 
autant cette chemise. | ma roba l-é trù dé- 
golâgè : ma robe est trop décolletée. 

dégolirè, s. f. Échancrure d'un vêtement 
ou d'une pièce de lingerie, qui permet de dé- 
gager le cou. 

dégomâ, v. a., Ater la gomme. 

dégordzi, v. a. Dégorger. | fô dégordzi 
s'éiivè : il faut dégorger cette eau. 

dégolâ (i) {se), v. r. Se dégoûter. | mé 
dégoto dé to se ke kwâi .-je me dégoûte de 
tout ce (ju'elle cuit. | se dégotâve dé se séfâ 
arëda dé li : elle se dégoûtait de s'asseoir 
proche de lui. | pâ pesû a se kemëhi ô-n 
uvrâdzo ke s'ë dégotr ilza : il n'a pas plu- 
tôt commencé un ouvrage (pi'd s'en dégoûte 
déjà. — Cf. dépanà, dégéini. 

dégotâ C^), v. n. Dégoutter, goutter. | la 
sâii léi dégote dou vezâdzo : la sueur lui 
dégoutte du visage. 

dégotë-ëla (1), adj. Dcgoûtant-c. 

dégolë-ëta (2), adj. Dégouttant-e. — Cf. 
dépure. 

dégôhlâ, v. a. Dégonfler, dégorger. | kâ 
lé valse va medzi lé patyi, l-areve prou 
sovë ke fô lé dégôhlâ : (juand les vaches 
vont au pâturage, il arrive fréquemment 
qu'il faille les dégonfler. || Réfl. Se dégon- 



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— 96 — 



DEG 



fier. I l-é ta gôldo dé sûlenise ke pou pà se 
déffôhlâ : il est si gonflé par trop de vin bu, 
qu'il ne peut pas se dégontler. i| Fig. Racon- 
ter ses peines afin de les alléger, décharger 
son cœur. | mé sii bë dégôhlâijè : je nie 
suis bien allégée. 

dégôhlâyè (frv. dégonflée), s. f. Action de 
dégonfler. | l-a fé ôna biina dégôhlâyè : il 
a fait une bonne dégonjlée. 

dégôMo-a (frv. dégonfle), adj. Dégonflé-e, 
dégorgé-e. | sÔ bré l-é dégôhlo : son bras 
est dégonflé. | lé sâsii^e sera pà dégôhle 
dé gràtë : les sangsues ne seront pas dégor- 
gées de longtemps. 

dégrada, v. a. Dégrader. 
dégrà, s. m. Degré, marche. | mé léi Ô 
dégrâ déplè : mets-y un degré de plus. 
Il Degré de parenté. | irwâzyémo dégrâ, 
rë dé parêlâ : troisième degré, point de 
parenté, disaient à l'école quelques fillettes 
riches à leur cousine pauvre. 

dégredâ (frv. dégreder), v. n. conj. avec 
avâi et éihrè. Descendre les degrés, dévaler. 
I l-a dégredâ dit s5 serezi : il s'est [volon- 
tairement] laissé tomber de son cerisier. 
\l-é dégredâ bâ pè le dékatalâû : il s'est 
laissé dévaler dans le précipice. — Cf. 
dégageli, dégrëgolà. 

dégredâyè, s. f. Action de dégredâ. \ l-a 
fé ôna bala dégredâyè : il a fait une belle 
chute. — Syn. dégrëgolâyè. 

dégredyotâ (frv. dégredioter), v. a. En- 
lever et défaire les rouleaux qui s'attachent 
aux traînes de foin chàblées. \\ Réfl. Se 
frotter les mains l'une contre l'autre pour en 
faire tomber le reste de pâte qui y adhère en 
pétrissant. | kâ ô-n a ëpasâ, fô todoulÔ se 
dégredyotâ lé ma : quand on a pétri, il faut 
toujours se dégredioter les mains. 

dégremeli (frv. dégremiller), v. a. Dé- 
faire ce qui est gremeli, détirer le linge 
pour le plier. | dégremele mé véi sou pa- 
nama ô bokô niT : dégremille-me voir ces 
essuie-mains un peu mieux, j] Par exl., se 
dit d'un petit enfant qui prospère. | sa 
feléta l-é dza bë dégremela : cette fillette 
est déjà bien développée. 1| Réfl. si lëdro 
l-é trii se, se pou pà dégremeli : ce linge 
est trop sec, il ne peut pas se détirer. || Par 
ext., l-é ô plézi dé le vëre se dégremeli : 
c'est un plaisir de le voir se dégremiller ; 
se dit d'un enfant. 

dégremôtenà, v. a. Défaire ce qui était 



ramassé en boule. | aséye véi dé dégre- 
môtenà le tsa po vëre se ke l-a : essaie voir 
de détendre le chat pour voir ce qu'il a. 
Il Réfl. Se dépelotonner. | se te vou ke 
t'éidyé, té fô té dégremôtenà : si tu veux 
que je t'aide, il te faut te dépelotonner, 

dégreci {se), v. r. Se dégriser. | sa féna 
léi-y a bali ôna tôla rahlâye ke s'é d'abwa 
dégre:i : sa femme lui a donné une telle 
raclée qu'il s'est immédiatement dégrisé. — 
Syn. désûla. 

dégrènâ (frv. dégrainer), v. a. Égrener, 
\ne dégrènérë lé pâi é lé faveyfiVë-n ivë : 
nous égrènerons les pois et les haricots en 
hiver, j dégrènâ dou grôblâ : ôter les grains 
des épis de maïs. |1 Réfl. se se dégrène 
grâi : cela s'égrène difficilement. — Cf. 
égrènâ. 

dégrési , v. a. Dégraisser, j apréi la 
butséri Ô-n a la kosema dé dégrési lé-z éze 
Le niTmo dcwa : après la boucherie on a la 
coutume de dégraisser les ustensiles [qui ont 
servi à cet usage] le même jour, || Réfl. 
si dyétso se vou pà dégrési : ce baquet (à 
relaver) ne veut pas se dégraisser (ne se 
laisse pas dégraisser). || V. n. si-l omo l-a 
bë dégrési : cet homme a perdu beaucoup de 
son embonpoint. 

dégrëgolârda, s. f. Dégringolade. 
dégrëgolà, v. a. Dégringoler. | éi dégrë- 
gole lé-z égrâ kemë Ô tsavô épwéiri : il 
dégringole à bas l'escalier comme un cheval 
épouvanté. — Cf. dégageli, dégredâ. 

dégrëgolâyè (frv, dégringolée), s. f. Ac- 
tion de dégringoler. — Syn. dégredâyè. 

dégrosi, v. a. Dégrossir. | dégrosi dou bu 
po n-ë fére dèi mâdzo d'iiti : dégrossir du 
bois pour en faire des manches d'outils. || Dé- 
crasser. I léi-y a déi dzë ke dégrosÔ to lou 
lëdzo a mézera ; il y a des gens qui dé- 
crassent tout leur linge à mesure [qu'ils 
le salissent]. || Fig. métô lou valé de le 
défro po lé dégrosi : ils mettent leur fils 
dans le dehors (en pension) pour le dégros- 
sir. Il Réfl. Se dégrossir, se développer en 
parlant d'un petit enfant. | si peti s'é dza 
bë dégrosi : ce petit s'est déjà bien dé- 
grossi. — En cet emploi, syn. dégremeli. 

dégrosa (frv. dégrossie), s. f. Action de 
décrasser du linge ; le linge décrassé en 
une fois, j ne fé ôna buna dégrosa : nous 
avons fait une bonne dégrossie. 

dégroubà (frv. dégreaber), v. a. Enlever 



DEH 



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DEK 



le (artre attaché à un vase à vin. j dégroubù 
dêi lérjrefasè : dégreuber des futailles. 
Il Réfl. se pou pu dégrouba : il ne peut pas 
se débarra.sser de ses glaires ; se dit d'une 
personne (|ui, dans un catarrhe, ne peut pas 
e.xpectorer. 

dégn, s. m. Déî^oùt. 

dégiirdi (se), v. r. Se dég-ourdir. 

dêgurdi-dya, part. adj. Dëgourdi-e. | téi 
venii bë dégurdi : tu es devenu bien dé- 
gourdi. 

dégûniâ (frv. dégoumer), v. a. Faire ces- 
ser l'état dans lequel se trouve une personne 
qui est gûmâijè, trop rassasiée. ] l-é ta 
gûinâ k'ô pou pâ le dégûrnâ : il est telle- 
ment plein qu'on ne peut pas le dégoumer. 
\le kùfé (légume bè kà ô-n a trii medzi : 
le café fait digérer quand on a trop mangé. 
Il Réfl. S'alléger l'estomac après trop de 
ripaille. | k'âle pT travail, se dégûmére 
prâii : qu'il aille seulement travailler, il se 
dégoumera bien. 

dégwâfà, v. a. Oter la robe à des fèves. 

I te dégioâféréi sou fâvè : tu ôteras la robe 
à ces fèves (tu les pèleras). | dégwùfù dêi 
rezê : cracher la peau du grain de raisin 
•après en avoir sucé le jus. 

déhrô, s. f. Grande hache, cognée. Ce 
mot, très peu usité, nous vient du Pays- 
d'Enhaut. 

déhâ (se), v. r. Se défier. | mé dého dé 

II : je me défie de lui. | fô toparéi pâ se 
déhâ dé to le modo : il ne faut pourtant pas 
se défier de tout le monde. 

déhèdrè, v. a. Eteindre. | se te déhë le 
krozo, ne serê a nouéyô : si tu éteins la 
lampe, nous serons dans l'obscurité. |i sa 
Jamile l-é déhêsa : cette famille est éteinte. 
Il Réfl. se le fii se déhènâi , tyé ke ne 
J'ara? SI le feu s'éteignait, que ferions-nous? 
\la hlâi're s'é déhesa : la lumière s'est 
éteinte. 

déhléiri, v. a. Déclarer. 

déhlor(), V. a. (vieilli). Enlever la récolte 
en foin, céréales, etc. (proprement ôter les 
fleurs). I /6 lési lé Isemë ouvë po déhlorâ 
lé prâ : il faut laisser les chemins ouverts 
pour passer la récolte. — Syn. dévesi. 

déhlori, v. n. Défleurir. | ma galéza 
dzelofriya déhlore dza : mon joli œillet 
défleurit déjà. | la grâila l-a to fé déhlori : 
la grêle a fait tout défleurir. || Fig. lé fêle 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



sô kemë lé hlâii, éi déjiloresô ascbë : les 
filles sont comme les fleurs, elles défleu- 
rissent aussi. 

déhlûré, v. a. Faire que ce qui était fermé 
ne le soit plus, ouvTir une cloison, une 
palissade. 1 té fô mé déhlûre si kurti : il te 
faut m'ouvrir ce jardin. 

déhlûtâ, V. a. Déclouer. 
déi (1). Var. de de. 
déi (2). Des. Voir dé et le. 
déinî, V. n. Daigner. 

déityè, déityëté ou déityènè. Desquels, 
desquelles. — Voir letyë. 

dékabosi (frv. décabosser), v. a. Rendre 
sa forme à un objet bossue. | l-a bali sa 
kasa ou potyé po la dékabosi : elle a donné 
sa cas.se au chaudronnier pour la déca- 
bosser. 

dékalâii, s. m. Le même (jue débafyâù. 

dékalesà, s. m. (frv. décaille-sang). Plante 
dont la feuille a les veines rouges. On en 
met dans la soupe aux herbettes. 

dékali (frv. décailler), v. a. Agiter le lait 
caillé avec le dékalâii afin d'en dégager les 
parties liquides. | fô grâtè po dékali ôna 
grôsa tsoudâirè : il faut longtemps pour 
décailler une grande chaudière. 

dékapa, v. a. Enlever la [)artie supérieure 
d'un alambic, ou d'une meule de foin. I rûra 
l-a dékapâ la maya : le vent a découvert 
la meule. H Réfl. Se découvrir, se décoiffer. 
I/o prou tsô po se dékapâ ôna wârba : il 
fait assez chaud pour qu'on se découvre un 
moment. — En cet emploi, le mot est vieilli. 

dékapità, v. a. Décapiter. 

dékarenâ (frv. décarronner), v. a. Dé- 
carreler. 1 n'ë dékarenâ nûhra lûyè : nous 
avons décarrelé notre galerie. || Réfl. nûhren 
osa se dékarenè : notre cuisine se décar- 
relle. 

dékasa, v. a. Résoudre une ecchymose, 
un abcès. | ô pou dékasâ ô kasè aivé don 
hludâi é dou pyérasé : on peut résoudre 
un abcès avec de l'herbe à Robert et du 
persil. 

dékatalâ (frv. décataler), v. a. Descendre 
au moyen de la poulie. | ô pou dékatalâ 
déi là, déi fargo : on peut décataler des 
planches, des fagots. || Réfl. Se dévaler le 
long de la katala ou d'un autre objet. 
I l-âmuve se dékatalâ hâ pèr ôna kwûrda : 
il aimait à se dévaler le long d'une corde. 
7 



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dékatalâa (frv. décatalian), s. m. Préci- 
pice. Il Abs. le dékatalùil : le Décataliau, 
nom d'un précipice à dix minutes au-dessus 
de Tercier. | léi-y a sou 5 yâdzo ô-n omo 
ke s'é tijâ ou dékatalâû awé sÔ tsavô : il y 
a eu une fois un homme qui s'est tué avec 
son cheval au Décataliau. 

dékavâ (frv. décaver), v. a. Sortir le vin 
de la cave. 

dékavyâii (frv. décavenr), s. m. Celui qui 
mesure le vin vendu qu'on sort de la cave. 
1 5 bÔ dékavyâu : un bon décaveur (qui 
s'acquitte bien de ses fonctions sans trop 
boire). 

dékazakà [se), v. r. Oter son casaquin. 
T. vieilli et employé seulement par plaisan- 
terie. I mé fô mé dékazakà : il me faut ôter 
mon vêtement de dessus. 

dékâiidrè, v. a. Découdre, désassembler. 
I mô kosalé l-é dékozii : mon habit est dé- 
cousu. Il Par ext., ô pâ dékozii : une 
miche de pain dont la tête est à moitié sé- 
parée du reste. | se se dékon ta grâi é 
sos'arâi ta sa : cela se découd si difficile- 
ment, et ceci si facilement. || Réfl. mô 
vêstelÔ se dékou dézo lé hré : mon casa- 
quin se découd sous les bras. 

dékàlà (frv. décaler), v. n. Baisser, dimi- 
nuer de poids, de volume, d'embonpoint. 
I la vatse l-a bè dékàlâ dit ke l-é malâda : 
la vache a bien décalé depuis qu'elle est ma- 
lade. — On dit de même kâlâ. 

dékàpà, v. n. Décamper, j l-a dékâpà se 
riô averti : il a décampé sans avertir per- 
sonne. 

dékâtâ,y. a. Décanter; se dit seulement 
des bouteilles de vin qui ont un dépôt et qu'il 
faut transvaser. 

dékemàdà, v. a. Décommander, j déke- 
mâdà lé-z odzo : décommander les bassins, 
dire qu'on ne se servira pas des bassins 
qu'on avait retenus pour la lessive. 

dékenuilâ, v. a. Oter la kemâléta. \ kà 
va dékemâléréi son belô, vo tsûyéréi ke ne 
regatâ pâ trii le : quand vous ôterez les 
kernâlétè de ces billes de bois, vous aurez 
soin que celles-ci ne roulent pas trop loin. 

dékevèrta, s. f. Découverte. | t'a fé Ôna 
bala dékevèrta ëkè : tu as fait là une belle 
découverte. 

dékevë-vérta, part. adj. Découvert -e. 
I Vâra l-a dékevë le tâi de la yrâdzè : le 



vent a découvert le toit de la grange. | la 
tëra l-é dékevèrta : la terre est découverte 
[de neige]. || sô vend a dékevë : ils sont 
venus à découvert (on les a découverts). 
Il a dékevë : à découvert. | soii-z àbro sô 
trii a dékevë : ces arbres sont trop à décou- 
vert. — Cf. dékrevâ. 

déklina, v. n. Décliner. — Syn. kàlà. 

dékobla, v. n. Désaccoupler. | dékoblà 
déi tsavô : désaccoupler des chevaux. 
dékopa, V. a. Découper, dépecer. 
dékoradzémç, s. m. Découragement. 

dékoradzi, v. a. Décourager. || Réfl. Se 
décourager. 

dékorbala (se) (frv. se décorbaler), v. r. 
Perdre ses aiguilles, en parlant des arbres 
résineux. | l'èse se dékorbale pâ, ô-n ê fâ 
déi rernasè ; ma lé sape se dékorbalÔ 
todziva : l'if ne perd pas ses aiguilles, on. 
en fait des balais ; mais les sapins perdent 
toujours leurs aiguilles. 

dékorbâ (frv. décoiirber), v. a. Faire ces- 
ser d'être courbe, redresser. | aséye véi dé 
dékorbâ si bâsô : essaie voir de redresser 
ce bâton. j| Réfl. ko. mé rélâivo, l-é de la 
pâina a mé dékorbâ : quand je me relève, 
j'ai de la peine à me redresser. 

dékorna {se), v, r. S'écorner, se décorner. 
\le pêdzÔ s'é dékornâ ê toute la modzè : 
la vache nommée Pigeon s'est décornée en 
cessant la sfénisse. | sô pute lé vatse dé~ 
kornâyé : elles sont laides, les vaches décor- 
nées. 

dékorohi (se), v. r. Se décourroucer. | kâ 
ô s'é prou korohi, ô-n a aprèi la pâina dé 
se dékorohi : quand on s'est assez courroucé,, 
on a ensuite la peine de se décourroucer. 

dékorti , v. a. Démêler les cheveux. 
\ne pii pâ arevâ a té dékorti : je ne 
puis arriver à démêler tes cheveux. — Cf. 
dékati. 

dékotâ (frv. décoter), v. a. Oter la kota, 
I dékotâ ô-n âbro : ôter les étais à un arbre. 
I dékotâ ô tsë : ôter ce qui retenait le char. 
I dékotâ Ôna pwârta : ouvrir une porte fer- 
mée à clef ou au verrou. || Par ext., faire 
cesser l'indigestion d'un ruminant. | dékotâ 
ôna vatsè : déboucher une vache. || Réfl. Se 
débarrasser de son soutien, ou de ce qui obs- 
true. I la vatse se pou pâ dékotâ : la vache 
ne peut pas se déboucher. 

dékotsi, V. a. Dégager d'un coin un objet 



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qui y lient ferme. | fà dékotsi sa pyëra ke 
grave : il faut dégager de ce coin cette 
pierre qui empêche. 

dékôdzi (frv. déconger), v. a. Donner 
congé, congédier. | lés a tréilT dékôdzi : 
il les a tous congédiés. || si rnôsii l-a dé- 
kôdzi se grâdzî po sti-g ci kevè : ce mon- 
sieur a rompu son bail avec ses fermiers 
pour l'année prochaine. i| V. n. Demander 
son congé. \ IT se domèstike l-à dékôdzi : 
tous ses domestiques ont demandé leur congé. 

dékôplérè (frv. décomplaire), v. n. Man- 
(juer de complaisance. | léi vulô pâ dékô- 
plérè : ils ne veulent pas lui décomplaire. 
\n'ûzô pu loii dékôplérè : ils n'osent pas 
leur décomplaire. — Cf. déplére. 

dékôsèrtâ (frv. déconcerter), v. a. Décou- 
rager, troubler, intimider. | m'a to dékô- 
sértà : il m'a tout à fait découragé. | l-Tre 
Iota dékôsèrtâyè : elle était toute intimidée. 
Il Réfl. léi-y ê aréi pâ mé falil po ke se 
dékôsèrtisè : il ne lui en aurait pas fallu 
davantage pour qu'il se décourageât. 

dékôséli, v. a. Déconseiller. 

dékôtâ, V. n. Décompter. | n-è fô dékôtà 
dé se : il en faut décompter, de cela. 

dékrevâ, v. a. Découvrir. ) ka vë déi 
g rose niiiyfo dékrevâ lé tâi é lé-z nbro : 
quand il vient de grandes masses de neige, 
il faut découvrir les toits et les arbres. || Fig. 
dékrevâ lé-z aférè : découvrir les secrets. 
\pèrmi se ke l-a de, l-é dékrevâ déi dzSlè : 
dans ce qu'il a dit, j'ai découvert des men- 
songes. Il Réfl. zamé se ne se dékrâiivè : 
jamais cela (ce mystère) ne se découvre. — 
\'oir dékevë. 

dékré, s. m. Décroît. | sa béise l-a dou 
dékré : cet animal a du décroît. || la lena 
l-é a sô dékré : la lune est à son décroît. 
Il Par ext., atrophie (frv. décroît). \ l-a le 
dékré on hré : il a le décroît au l)ras. || Fig. 
fére dékré (vieilli) : faire faillite. | faséi pâ 
bô fére dékré lé-z ôtro gâdzo : il ne faisait 
pas bon faire faillite autrefois. 

dékréhrè, v. n. Décroître. | nûhrô blâ 
dékré grâ trè de Vârtsè : notre blé décroît 
grand train dans l'arche. \\ fo tali lé-z ôfa 
la lena ke dékré : il faut couper les ongles 
à la lune qui décroît, || Par ext. sé-z âlÔ 
dékrésô : ses vêtements décroissent (devien- 
nent trop petits.) !| V. a. Diminuer. | se mé 
dékréhrè pâ men uvrâdzo : cela ne me dimi- 
nuera pas mon travail. | se le trouve ke léi-g 



ose trii dé knno, mé tsérdzo bè dé le dé- 
kréhrè : si tu trouves qu'il y ait trop de 
gâteau, je me charge bien de le diminuer. 
Il T. de tricotage, diminuer le nombre des 
mailles d'un tricot. | dékré pi onko dîive 
mâle : diminue encore deux mailles. | Abs. 
te pon dékréhrè : tu peux diminuer. 

dékrépi-pya, adj. Décrépit-e. j l-é kunîi 
ôna vTle tota dékrépya : j"ai connu une 
vieille toute décrépite. 

dékrésâdzo, s, m. T. de tricotage. Action 
de dékréhrè, de diminuer. | te mé fâ ô gale 
dékrésâdzo ëkè ! tu fais là de jolies dimi- 
nutions (très mal faites) I 

dékrési, v. a. Décrasser. 

dékriyç, v. a. Décrier. || Faire interdire. 
\fére dékriyâ ô sûlô : faire interdire un 
ivrogne. 

dékrotâ (frv. décrotter), v. a. Oter d'un 
creux [ce qu'on y avait mis, déterrer. ] dé- 
krotâ ôna béisè : déterrer un animal (cf. 
détèrâ). \\ kà .ô-n a fota dé râv é dé 
rîb'ê-n ivë,f6 lé-z alâ dékrotâ : quand on 
a besoin de raves et de carottes en hiver, il 
faut aller les sortir du creux, ((^'est l'habi- 
tude de conserver ces légumes dans une 
fosse creusée au jardin). 

dékrotsi, v. a. Décrocher, détacher. | fo 
dékrotsi le sârgâii : il faut détacher le 
saroir. \\ Dégrafer. | se ta roba té zéné, 
dékrotse la : si ta robe le gêne, dégrafe-la. 
Il Trouver, découvrir. | gô ke t'a se dé- 
krotsi? où as-tu découvert cela? || Réfl. Se 
décrocher, se dégrafer. — Cf. désatsi. 

dékrîiva, s. f. Décroissance, amoindrisse- 
ment. I léi-g a zou de la dékrîiva : il y a eu 
de la décroissance. 

déknrsi, v. a. Détrousser. I té fo dékiirsi 
tô kotilô : il te faut détrousser ton ju()on. 
\sîi dza dékursa .je suis déjà détroussée. 
Il Réfl. dékiirse té ô bokô : détrousse-toi un 
peu. 

dékuseri, v. a. Déchirer. | l-a iï dékiiseri 
sé-z âlô : il a déchiré tous ses vêtements. 
Il Fig. Diffamer. | no-z a ta dékuseri : il 
nous a tellement déchirés. 1| Réfl. le l'éi 
dékuserga : tu l'es déchirée. 

dékuserirè, s. f. Déchirure. 

déknserga, s. f. Action de déchirer, dé- 
chirure (frv. déchirée). \ l-a fé ôna jiiisèta 
déknserga dâ le 16 tUk'on pi dé sa roba : 
elle a fait une grande déchirure du haut au 
bas de sa robe. 



DEL 



100 



DEM 



dékuti, V. a. Démêler, en parlant des che- 
veux. I té fô bê dékuti sou pài, sô to rénâ : 
il te faut bien démêler ces cheveux ; ils sont 
tout renoués. — On dit aussi dékorti. 

dékutsi, V. n. Découcher. 

dékûlâ, V. a. Décoller. 

dékûsê, adv. A côté. | réistéri dékûsè : je 
resterai à côté (à droite ou à gauche). || De 
côté. I métrôke dékûsè : mettre quelque 
chose (une certaine somme) de côté, à part. 
]! Prép. A côté de. | mé té dékûsè mè : mets- 
toi à côté de moi.| va-t-è dû dékûsè mè : 
va-t'en d'à côté de moi. [ ne té mé pâ dé- 
kûsè le forné : ne te mets pas à côté du 
poêle. Il mé ho pâ mé a li tijé a-n ô tsa 
dékûfôna téisa dé bûro : je ne me fie pas 
plus à lui qu'à un chat à côté d'une fête de 
beurre. 

dékwéihi {se), v. r. Se décoiffer. 

dékwénà, v. a. Oter la crasse, décrasser. 
— Syn. dékrèsi. 

délabra, v. a. Délabrer, j ôna cfrâdze 
tota délabràijè : une grange toute délabrée. 
Il Réfl. Avec ellipse de se : l-a tota lési dé- 
labra sa méizô : il a laissé toute sa maison 
se délabrer. — On dit aussi délabra. 

délabrémè, s. m. Délabrement. | sa méizô 
l-e de 5 délabrémè k'5 pou pâ derè : sa 
maison est dans un délabrement impossible 
à décrire. — On dit aussi délabrémè . 

délatâ, V. a. Délatter. 

délava (frv. délaver), v. a., conj. avec 
avâi et éihrè. Enlever la couleur d'une étoffe 
par le lavage, décolorer. | l-a tota délava 
sa galéza roba blu^a : elle a complètement 
décoloré sa jolie robe bleue. | si motsâû l-é 
béi délava : ce mouchoir est bien déco- 
loré. Il Fig. Diffamer. | fé /re délavéi to le 
modo : il faut qu'il diffame tout le monde. 
Il Réfl. Se décolorer. | lé-z adiyène k'ô fâ 
ora se délâvô tote kâ ô lé lâv'awé dou 
savd : les indiennes qu'on fabrique à présent 
se décolorent complètement quand on les 
lave avec du savon. 1| Fig. Se diffamer. | kS 
l-a prou délava lé-z ôtro, se délave li 
mîma : quand elle a assez diffamé les autres, 
elle se diffame elle-même. 

délavàrè, s. m. Diffamateur. 

délabra. Var. de délabra. 

délabrémè. Var. de délabrémè. 

déléityi, v. a. Désallaiter, sevrer. | dé- 



léitiji ô véi : désallaiter un veau. — Syn. 
dézaléityi, sevrunà. 

délési, V. a. Délaisser. | l-ê bè délésa : 
elle est bien délaissée. 

délika-ata, adj. Délicat-e, difficile. | fô 
pâ éihre ta délika por alâ pè le modo : 
il ne faut pas être trop délicat pour fré- 
quenter le monde. 

délivra, v. a. Délivrer. 

délivrâsè, s. f. Délivrance. 

délodzi, V. n. Déloger, mourir. | l-a bè 
délodzi môgrâ li : il a délogé bien malgré 
lui. j kemè vudrâ vo ke sou ke sô ta retso 
délodzisâ dé bô ti/ôr? comment voudriez- 
vous que ceux qui sont si riches mourussent 
de bon cœur'? 

délokâ, V. a. Disloquer. 

délotâ, V. a. Ebranler. | portye ke te 
délote si pô ? pourquoi ébranles-tu ce pieu? 

I no fô alâ délotâ si pèrâi : il nous faut 
aller ébranler ce poirier [pour l'arracher]. 

II Réfl. Locher, s'ébranler, j lé fë dou tsavô 
se délotô : les fers du cheval lochent. — 
Cf. délokâ. 

déluslrâ, v. a. Délustrer. | déi pêrhe 
déliistrâyè : des pêches dont le velouté a été 
enlevé. 

délètâ, V. a. Délier. | délètâ déi solâ : 
délier des souliers. | po la to, fô béire dou 
laséi bô tsô é bô sukrâ, se fâ délètâ to se 
ke léi-y a a Véstoma : pour la toux, il faut 
boire du lait bien chaud et bien sucré ; cela 
fait délier tout ce qu'il y a à l'estomac 
(c.-à-d. à la poitrine). — Cf. dénâ, désatsi. 

déliidzo, s. m. Déluge. | Quand il pleut 
beaucoup, on dit : sèbVô délûdzo : il semble 
(on dirait) un déluge. [ ô déliidzo dé 
plodzè : un déluge de pluie. | déi déliidzo 
d'éiwè : des déluges (de grandes mares) 
d'eaux. || Pr. apréi mè le déliidzo. 

démaféityi {se), v. r. (vieilli). Se re- 
poser (frv. se défatiguer). | no fô no 
sétâ ëke po no démaféityi ô bokô : il faut 
nous asseoir ici pour nous défatiguer un 
peu. 

démalotâ, v. a. Démailloter. — Syn. dé- 
fasotâ. 

démarli, v. n. usité seulement dans la 
loc. se démarâ. Sans interruption, d'arra- 
che-pied. | kà l-é kemèhi ô-n uvrâdzo, 
l-âmo le fére se démarâ : quand j'ai com- 



DEM 



— 101 — 



DEM 



mencé un ouvrage, j'aime à le f;iire sans 
interruption. — Syn. dëbrëlâ. 

démarkâ, v. a. Démarquer. 

démaskâ {se), v. r. Se démasquer. 

dérnastika, v. a. Démastiquer. 

dématenâ (se) (frv. se dématiner), v. r. 
Se lever très tôt. | ô s'é prou dématenâ, ô 
s'é leva dévà dzwa : on s'est levé assez tôt, 
on s'est levé avant le jour. | lé-z otro kn ô 
tncéi nié se dématenâ ti/é ora : autrefois l'on 
pouvait plus (mieux) se lever lot qu'à pré- 
sent. 

démârtsé, s. f. Démarche, j n'è /iroii fé 
dé démârtsé po rë : nous avons fait assez 
de démarches en vain. 

démâiirn, s. f. Demeure, domicile. | n'a 
rè dé démâûra : ils n'ont pas de domicile. 

démâli (frv. démailler), v. a. Détordre. 
I démâle son kordô dé Iota : détors ces 
cordons (bretelles) de hotte. H Réfl. S'étirer, 
faire des contorsions. | kà mé sii prou 
démâla d'Ô kôté, mé démâlo de Côtro : 
quand je me suis assez étirée d'un côté, je 
m'étire de l'autre. 

démâ, adv. Demain. | diis'a démà : d'ici 
à demain. | dé démâ ë ti/ësè : de demain en 
quinze. | démâ! démâ! rëvaye pT to a 
démâ : demain ! demain ! renvoie seulement 
tout à demain. | ë no pâ demêdce démâ ? 
n'avons-nous pas dimanche demain ? || Pr. 
se t'a fâ, medze ta ma, ivârda l'ôtra por 
démâ. 

démâda, s, f. Demande. 

démâda, v. a. Demander. ] dérnàdâ kokô 
èlce défro : demander quelqu'un ici dehors 
(le faire sortir). ] se kréi ke ne tè tijé a dé- 
mâda : il se croit qu'il n'y a qu'à demander. 
\ démâda sa démisijô : demander (donner) 
sa démission. | démâda Vèrmâiina : deman- 
der l'aumône. || Abs. Mendier. ] lé pûro sa 
pâ rend démâda éi pwârte sfi-ij â, sÔ épéi 
tT venu retso : les pauvres ne sont pas venus 
mendier aux portes cette année ; ils sont peut- 
être devenus tous riches. H Fig. la tëra dé- 
mâde de la plodzè : la terre demande de la 
pluie, j si-l âbro n-ë démâd'ô-n otro : cet 
arbre en demande un autre (il veut être rem- 
placé). I la fô démâd'a medzi : [le travail 
de] la faux demande à manger (excite l'ap- 
pétit). 

démâdzi, v. a. Démancher. | démâdzi ô 
Josâii : démancher un fossoir. j Héfl. Se 
démancher. 



démâtibulâ, v. a. Démantibuler. | po 
fér'ôna fâsa, lé valé l-â démâtibiilâ tî lé 
tsë don velâdzo ôna né : pour faire une 
farce, les garçons ont démantibulé tous les 
chars du village une nuit. 

démedzézô, s. f. Démangeaison, prurit. 
\l-avéi ôna démedzézô ke savéi pâ ke 
déveni : il avait une démangeaison [telle] 
qu'il ne savait que devenir. | l-é ëk'on bré 
ôna démedzézô don di/âblo : j'ai là au bras 
un prurit du diable. 

démedzi, v. n. Démanger. | la lëwa 
démedze sovë éi fémale : la langue dé- 
mange souvent aux femmes. ] la ma mé 
démedzîre dé léi J'ijéré : la main me dé- 
mangeait de le frapper, il Impers, ijo ke té 
démedzè ? où est-ce que cela te démange? | lé 
vatse se krësô kâ loti démedzè : les vaches 
se crinsent quand il leur démange. | té dé- 
medzTve bë d'alâ ë batolë kosë : il te dé- 
mangeait bien d'aller en bavardant ainsi. — 
Cf. medzi pour démedzi. 

démena {se), v. r. Se démener, s'ébranler. 
\lé pwârte se démâinô, va desé delé : les 
portes s'ébranlent, elles vont dc-ci, de-là. 
Il se déméine kemë ô posédâ : il se ilémène 
comme un démoniaque. 

déméhlâ, v. a. Démêler (syn. délnrèlâ). 
Il Fig. ne vii rë avéi a déméhlâ awé tè : je 
ne veux rien avoir à démêler avec loi. 
Il Réfl. se déméhlérô kemë purô : ils se 
débrouilleront comme ils pourront (syn. 
débrûli). <\ Trier. ] déméhlâ déi pâi é déi 
faveyûlè : trier des pois et des haricots (syn. 
sëdrè). 

déméinadzi, v. a. et n. Déménager. || Fig. 
krât/o bë ke sa téisa déméinadzè : je crois 
bien que sa tête déménage. 

démésè, s. f. pi. Ce qui n'est plus mis, 
plus porté, plus en usage, j no fudre mètre 
lé démésè : il nous faudra porter ce (jue 
nous ne portions plus. \\ Après une forte 
grêle qui avait tout ravagé, un paysan dit 
à sa femme : ma para sëzè, te pou prou 
alâ keri lé démés'ou lénô : ma pauvre 
Françoise, tu peux aller au galetas cher- 
cher les vieux vêtements mis de côté. || Par 
ext. avéi lé démésè : avoir des privations 
(dans un temps de misère ou de petite ré- 
colte, avoir à se passer de bien des choses). 
\n are prou lé démésè sti-ij à : nous aurons 
bien des privations cette année. 

démétrè {se), v. r. Se démettre. 

démëbrâ, v. a. Démembrer. 



DEM 



— 102 — 



DEP 



démet/, V. a. Démentir. | nié déntë/eséi 
todoulô : il me démentait toujours. 

démidzânâ, v. a. Oter la midzàna. \ le 
kordahi m'a démidzânâ mé solâ : le cor- 
donnier a enlevé la peau intérieure de mes 
souliers. 

démisyenct, v. n. Démissionner. 

démisyo, s. f. Démission. | dé/nàdâ sa 
démisyÔ : donner sa démission. 

démohrn, v. a. (peu usité). Démontrer. 
I té démohréri se onn wârha : je te démon- 
trerai cela un jour. 

démoli, V. a. Démolir. 

démoublà, v. a. Démeubler. 

démolira, v. n. Demeurer, habiter, vivre. 
\l-â démolira grâtë a la pléijâii : ils ont 
demeuré long'temps aux Pléiades. | ne vë 
démolira kôtre la kiisa : nous allons de- 
meurer du côté de la Côte. | démoiire soléta : 
elle vit seule, — Syn. resta. 

démo, s. m. Démon. | sèbh ke l-a le 
démo : il semble qu'il ait le diable au 
corps. I sëble posédâ don démo : il semble 
possédé du démon. — Cf. dijâblo, sàta. 

démotà, V. a. Démonter. | démôtà d tsë : 
démonter un char. 

démiirtâi-âitè, part. adj. Dégourdi-e, un 
peu attiédi-e. | de l'éiwe démurtûitè : de 
l'eau dégourdie. 

démurti (frv. démoiirtir), v. a. Déraidir, 
dégourdir.. | sa ma n'é pà ôko démiirtya : 
sa main n'est pas encore déraidie. || Réfl. Se 
déraidir, se dégourdir. 

démustelj {se), v. r. S'émoustiller. | sa so 
pà té démusteli 5 bokô ? ne sais-tu pas 
t'émoustiller un peu? | té fari prou dé- 
musteli : je te ferai t'émoustiller. 

démuzi (frv. .démoisir), v. a. Enlever le 
moisi. I fô rékwéire le pâ po le démuzi : il 
faut recuire le pain pour en ôter le moisi. 
\éi dénmzehro lé-z étyii dé lou-z ôhlo : ils 
démoisiront les écus de leur oncle (ils sau- 
ront les utiliser mieux que lui n'a su le 
faire). || Réfl. Se débarrasser de la moisis- 
sure. I sa péi s'é pâ démiiza : cette peau ne 
s'est pas démoisie. 

démûlâ, v. a. Oter le bois qui est dans un 
moule de 4 stères. 

démûzelâ, v. a. Démuseler. 
démwàdrè, v. n. Démordre, se relâcher 
seulement au fig-). | n'ë vou pâ dé- 



mwàdrè : il n'en veut pas démordre. | n'ë 
démivâzo pà : je n'en démors pas. 

démyolâ [se) (frv. se démioler), v. r. Se 
défaire, se réduire en purée. | la tsë se dé- 
myolè : la viande se détache par petits mor- 
ceaux. I lé pome dé tëre se s5 tote dé- 
myolâyé : les pommes de terre se sont 
toutes défaites [dans la soupe]. | fiidréi pa- 
ke se se démyolisè : il ne faudrait pas que 
cela se démiolàt. 

dénatiirâ-âyè, adj. Dénaturé-e, dépravé-e. 

déneli (frv. déniller), v. a. Défaire la 
ni lie, désarticuler. | lé komédiyë dénelô 
lé-z ëfâ ke robô : les comédiens désarti- 
culent les enfants qu'ils volent. | l-é to 
déneli : il est tout désarticulé. || Réfl. se 
dénela 5 pâiidzo : elle s'est désarticulé un 
pouce. 

dénezi, v. a. Dénicher. | vudréi ml dénezi 
5 ni dé kiirlô tyé d'avéi a fera li kâ l-é ë 
koléré : il vaudrait mieux dénicher un nid 
de frelons que d'avoir affaire à lui quand il 
est en colère. || Troubler le repos. | ne dé- 
neze pâ sou galéze mayëtsétè : ne dérange 
pas ces jolies mésanges. 

dénigra, v. a. Exciter, fâcher quelqu'un, 
le mettre de mauvaise humeur par des re- 
proches indélicats. | t'avà bê fôta dé le 
dénigra : tu avais bien besoin de le mettre 
de mauvaise humeur. 

dénô/ti, V. a. Dénoncer. 

dénâi'i, s. m. Espace plus ou moins étroit 
qui longe l'écurie, derrière la paroi des crè- 
ches, et où l'on descend le foin pour chaque 
repas du bétail. A ce que l'on croit, le dériâti 
servait à loger un ou plusieurs animaux, 
quand on ne voulait ou ne pouvait pas les 
rentrer immédiatement à l'écurie. Aujour- 
d'hui il sert à passer la nourriture au bétail. 
Comme il n'existe pas dans chaque maison 
un dénâii, quelques personnes confondent ce 
mot avec /jarésàdzo. 

dénâ, V. a. Dénouer, délier, détacher. 
\éi déTio ônésatsè /je dénoue une attache. 
I déne pî tî sou nâii : défais seulement tous 
ces nœuds. | se te dénâvâ si fé dé fê, olu 
dé resta plâtâ ëk'a mé wéityi : si tu déta- 
chais ce faix de foin, au lieu de rester là 
campé à me regarder. || Réfl. la botsârda 
s'é dénâyè : la vache appelée Boucharde 
s est détachée. 

dépakotâ, v. a. Oter la boue, nettoyer. 
[dépakot'omë té tsôse dévà dé veni dedë : 



DEP 



103 — 



DEP 



ôte au moins, la boue du bas de tes culottes 
avant d'entrer. || Réfl. Se défaire de la boue 
attachée aux vêtements. | sou-:: orna sârô 
èanié Ion (léitakolô : ces hommes ne savent 
jamais se nettoyer. 

liépalf, V. a. Dépailler, ani /.r />> srloii 
l-é èkè, ô piiréi ilf^pdli l'ûrâi : maintenant 
<]u'il y a du soleil, on pourrait dépailler le 
laurier. 

dépanq,-âtjè, part. adj. Dég-oùté. | su dé- 
panàije dé si medzi : je suis dégoûtée de 
ce mang-er. — Cf. déguni, se dér/o/à. 

dépara, v. n. Retenir un char pour qu'il 
ne dévie pas. | /e dépùréréi ô hokô dé si 
kôté : tu retiendras un peu de ce côté. — 
Cf. para (2). 

déparéli, v. a. Doj)areiller. | iiié-z âii(<' sô 
iote déparélè : mes aiguilles (à coudre) sont 
toutes dépareillées. 

déparéi/i, v. a. Déparier. | lé bûijâdâire 
déparéyô prou sovë lé tsousô : les lessi- 
veuses déparient souvent les bas. 

déparfadci, v. a. Faire cesser un partage. 

I se l'a ésâ départadzi d'ësêblo : cela a été 
départagé d'enseinhle (cela a été pris sur 
l'ensemble). — Cf. déséparâ. 

dépasal(i-()ijé , part. adj. Dépourvu ou 
privé d'échalas. | ôna vene dépasalâi/è : une 
vigne dont les échalas ont été enlevés. 

dépasâ, v. a. Dépasser, j lé tsèrdô dépàsô 
lé vi : les chardons dépassent les ceps. 

II Abs. tô (jredô dépàsé : ton jupon dé- 
passe. 

dépatolii-la, adj. Dépenaillé-e. | l-é ta 
dépatolii k'ô léi pèdréi tT lé potsô don 
payi : il est si dépenaillé qu'on lui pendrait 
[à ses haillons] tous les pochons du pays. — 
On dit aussi dépétolii. — Syn. dépàtijérâ. 

dépatsi {se), v. r. Se dépêcher. | sàoô pà 
Ion dépatsi : ils ne savent pas se dépêcher, 
\le fari prnu se dépatsi .-je ferai bien en 
sorte qu'il se dépêche. | se dépatsô lé ma de 
lou faté : ils se dépêchent les mains dans 
leurs poches. 

dépara, v. a. Dépaver, j lé d:è d'ara 
dépàvÔ tT lé tse/itè ke lé-z âhÛ l-anâ para 
awé ta dé pâina : les gens d'aujourd'hui 
dépavent tous les chemins que les ancêtres 
avaient pavés avec beaucoup de peine. 

dépayiza {se), v. r. Changer sa manière 
de vivre en se dépaysant. | dit le ië ke sou 
dzë sô pèrsè, n'a pâ ôko pii lou dépayizâ : 



depuis le temps que ces gens sont ici, ils 
n'ont pas encore pu oublier les habitudes de 
leur pays. 

dépà, s. m. Dépail. 

dépâlyéra-i)yé, adj. Dcguenillc-e. | déi 
tsousô dépâtyérà : des bas déguenillés. | éi 
ra Iota dépcityérâyé : elle va toute dégue- 
nillée. 

dépeli (frv. dépiller), v. a. Dépouiller 
(des noix), écaler. | dépeli déi kokè : ôter 
le brou des noix. | lé Isasaîie sô pâ dé- 
pclé : les châtaignes ne sont pas écalées. 
il Rétl. lé-z alâ se dépetô dé Ion niîmo : les 
glands s'écalent d'eu.x-mêmes. — On dit 
aussi peli, — Syn. déburtsi. 

dépelotà (frv. dépilhiUi'r), v. a. Oter les 
pilletles d'une hotte. \lé kûse de la Iota l'îrâ 
ôko bnné, léi-y avéi tyé a dépelotà la 
réisla : les côtes de la hotte étaient encore 
bonnes, il n'y avait qu'à enlever le reste des 
pilletles. Il Réfl. Se déliarrasser de ses pil- 
letles. I sa Iota s'é Iota dépelotâyé : cette 
hotte s'est toute dépilloltée. 

dépeni (frv. dépeigner), v. a. Décoiffer. 
\dépïne véi sa petita : dépeigne voir cette 
petite. ] l-é dépeha : elle est décoiffée. 
Il Réfl. se dépînô dyi yadzo pé dziôa po se 
J'ére pie balè : elles se décoiffent dix fois par 
jour pour se faire plus belles. 

dépèrli-lâû (de par lui, de par eux). Loc. 
employée comme substantif et usitée dans : 
se mélra sÔ dépérli : se séparer des autres 
pour faire ménage à part. | se sÔ mé a lou 
dépéri fiii : ils se sont séparés des autres 
pour se mettre à leur propre ménage. — 
Cf. dérèr. 

dépédzi (frv. dépégcr), v. a. Oter la [)oix 
ou la colle <}ui unit deux objets, décol- 
ler. I dépédze rilo si papâi dérâ ke séi 
se : décolle vite ce papier avant qu'il soit 
sec. I le knno l-apédzè, ô pou pà le dé- 
pédzi : le gâteau s'attache, on ne peut pas le 
décoller. Il l-a ô ne dépédzi : il a un nerf 
détaché. || Réfl. rné dâi se pn^ô pà dé- 
pédzi : mes doigts ne peuvent pas se décol- 
ler. II Kig. Rester trop longtemps sans quit- 
ter sa place, j se pou pà dépédzi dii pèr 
ëké : il ne peut .se détacher de là. 

dépéresémë, s. m. Dépérissement. 

dépéri, v. n. Dépérir. | si-l àbro dépérè : 
cet arbre dépérit. | la niéizô l-é ô bê ke dé- 
pérè : la maison est un bien qui dépérit. 



DEP 



104 — 



DEP 



dépétola, s. f. Masse énorme de fruits qui 
font plier les arbres sous leur poids. | tyèna 
dépétola ! quelle tombée ! 

dépétoli (frv. dépétoiller), y. n. Plier, se 
rompre sous un poids, une pression. | lé-t 
âbro dépétola dé friùi : les arbres plient 
[sous la masse] de fruits [qu'ils portent]. 
Wpèrto lé murale sô dépétolè : partout 
les murs sont crevés (ont cédé sous la pous- 
sée de la terre). || isûye véi ke sou grà 
ne dépétola pâ : aie soin que ces grains 
ne tombent épars. j] Par ext. lé ma mé 
dépétolô dé frûi : les mains me tombent 
de froid. 

dépétolii-la. Var. de dépatolu. 

dépëdré (frv. déperdre), v. a. Désap- 
prendre, oublier. | dépëzo lé nô è déverë : 
j'oublie les noms en parlant. | dépëzo to se 
ke l-é aprâi kâ l-îro dzuveno : je désap- 
prends tout ce que j'ai appris quand j'étais 
jeune. | l-a to dépérdii se ke savâi : il a 
oublié tout ce qu'il savait. [ 5 dépë ta sa : 
on oublie si facilement. 1| Pr. si ke ne sa rë 
ne pou rë dépëdré. \\ Réfl. se se pou pâ dé- 
pëdré : cela ne peut pas se désapprendre. 
Il Perdre le fil de sa lecture. | mé siï dépësa : 
je me suis déperdue. — Cette forme du part, 
passé est peu usitée ; on dit plutôt dé- 
pèrdya. 

dépë, s. m. Dépens, détriment. | l-a rizïi 
a se dépë : il a ri à ses dépens. [ l-a 
favorizà se calé ou dépë dé se fêlé : 
il a favorisé ses fils au détriment de se^ 
filles. Il Frais, dépense, usité dans : sou 
dzë s5 d'Ô (jrô dépë : ces gens sont d'un 
grand dépens (font de grands frais, dé- 
pensent beaucoup). | léi-i/ a 5 dépë de sa 
méizô ke rCé pâ dé derè ; il y a des dépen- 
ses considérables dans cette maison. 

dépëdré (1), v. a. Dépendre. | dépëdré 
dou grôblâ : dépendre du maïs. || Fig. fô 
prou alâ dépëdré le kemâhlo : il faut bien 
aller dépendre la crémaillère ; se dit lors- 
qu'il arrive une visite tout à fait inattendue. 
Il Réfl. lé-z âlô se sô dépëdii : les vêtements 
se sont dépendus. 

dépëdré (2), v. n. Dépendre. | dépëdo pu 
dé li : je ne dépends pas de lui. || se dépë 
ko léi-ij are : cela dépend qui il y aura. 
\së puréi dépëdré se ke no derè : cela 
pourrait dépendre [de] ce qu'il nous dira. 
Dans les exemples comme ces derniers, on 
ne fait jamais usage de la préposition dé. 

dépësa (1), s. f. Dépense. 



dépësa (2), s. f. Dépense, chambre où l'on 
serre les provisions, telles que les graisses, 
les œufs, l'épicerie et les restes de la table. 
\po ke la dépësa séi kemûda,fô ke l-apôd'a 
Vosô : pour que la dépense soit commode, il 
faut qu'elle soit attenante à la cuisine. — 
On dit aussi dispesa. 

dépësa, V. a. Dépenser. 

dépësâré, s. m. Dépensier. | l-é Ô to grô 
dépësârè : c'est un fort dépensier. — Cf. 
dépësâu. 

dépësâû-âuza, adj. et s. m. et f. Dépen- 
sier-ière. j s5 trû dépësâu po pwéi fére dou 
bô : ils sont trop dépensiers pour pouvoir 
faire des économies. 

dépëtâ, V. n. Dépeindre, décrire, donner 
un signalement. | m'è vu té dépëtâ kemë 
l-îrè : je veux te dépeindre comment il était. 

dépi, s. m. Dépit. 

dépita (se), v. r. Se dépiter, s'impatienter. 
\mé dépiiâvo dé rare ta senôlà : je m'im- 
patientais de l'entendre tant segnauler. 

déplemâ, v. a. Déplumer. | l-é to dé- 
plemâ : il est tout déplumé, il Réfl. lé dze- 
nele se déplâiimô : les poules se déplument. 
Il V. n. Perdre ses plumes, ses poils, ses 
cheveux, muer. | éi déplâumè : il perd ses 
plumes, ses poils. | éi kemëKa déplemâ : 
il devient chauve. | sa béise déplâûmé : 
cet animal mue. — Cf. déploumâ, plemâ. 

déplè, adv. Plus, de plus. | n-ë-n a déple 
tyé té : il en a plus que toi, | la méitiji 
déplé : la moitié de plus (le double). | éke 
déplè : quelque chose de plus. | rë déplé : 
rien de plus. !| te n-ë-n â bë déplè : tu en as 
bien de plus (au lieu d'y gagner, tu y perds 
par ta faute). — Cf. détru, détyè. 

déplèsémë, s. m. Déplacement. 

déplèsi , V. a. Déplacer. On dit plus 
volontiers : tsâdzi dé plésè : changer de 
place. 

déplérè, v. n. Déplaire. [ si-l omo no-z a 
déplu : cet homme nous a déplu. || Pr. pu. 
d'éfé, pu déplé, pu d'éfé, pu éi plé. — Cf. 
dékôplérè. 

dépléyi (1), v. a. Déplier, déployer, dé- 
plisser. I dépléyi yo si lëdzo, obë fô se le 
lési ? est-ce que je déplie ce linge, ou bien 
faut-il le laisser ? 

dépléyi (2). Var. de dézapléyi. 

déplézë-ëta, adj. Déplaisant-e. | tyëla 



DEP 



105 



DEF 



déplézèla fémala ! quelle femme déplai- | 
santé ! 

déplézi, s. m. Déplaisir. 

déplorâblo-abla, adj. Déplorable. 

déploumâ, v. a. Déplumer. — Syn. dé- 
plemâ. 

dépolè, s. f. Dépouille. ' la dépole d'ena 
béisè : la dépouille d'une bête. J Ce qui reste 
d'une gerbe dont on a tiré la paille pour 
attacher la vierne. | nékorè la dépole lo dé 
swité : nous battrons la dépouille tout de 
suite. 

dépoli, V. a. Dépouiller. 

déporvii-vijn, part. adj. Dépourvu-e. | son 
dsë sô déporrii dé lo : ces i^ens sont dé- 
pourvus de tout, 1 ou déporvii : au dé- 
pourvu. I éilire prêt ou déjtofvii : être pris 
au dépourvu. 

dépota, V. a. Dépoter. 

dépozn, V. a. Déposer, il Réfl. la li se dé- 
pûs'a la lëta : la lie se dépose à la longue. 
\sô frai s'é dépocâ èkè : son rhume s'est 
déposé là (sur cette partie du corps), i] V. n. 
si kotô dépûcé : ce coton dépose (il teint 
les doigts quand on le tricote). | déposa 
keniè témioë : déposer comme témoin. 

dépôtra, v. a. Dépêtrer. ,| Réfl. pou pà se 
dépôtrâ dé si giva : il ne peut se dépêtrer de 
ce bourbier. 

dépôdfé (frv. dépoiidi-e), v. a. (très usité). 
Faire que ce (jui était apondii ne le soit 
plus, déprendre, séparer, détacher, décro- 
cher, rompre,' découdre, j l-a dépôdii sô 
(jredô d'awé le véstelô : elle a séparé son 
jupon (lu corsage. | dépôdr'ôna Jiséla : 
détacher, couper une ficelle. | dépôdre déi 
pivârte, déi fenéi tiré : décrocher des portes, 
des fenêtres, dépôdre déi-: âlô : découdre 
des vêtements. l-a dépôdii se du kordô 
dé Iota : il a rompu les deux bretelles de 
sa hotte, il Réfl. to se s'é dépôdu : tout 
cela s'est rompu en plusieurs endroits. | l-é 
ptvâire ke la brcitse se dépôdè : j'ai peur 
que la branche ne casse. J V. n. | lé 
bré mé dépôdô : les bras me dépondent 
(je ressens aux bras un grand épuisement, 
résultat d'efforts musculaires prolongés). 

déprâi-âisa (frv. dépris-e), part. adj. Qui 
n'est plus pris-e, plus occupé-e. ] ne léi-y 
oudrè kâ ne serë déprâi dé si fosérâdzo : 
nous y irons quand nous ne serons plus 
occupés à ce fossoijage. 



déprésa-âi/é (frv. dépressé-e), part. adj. 
(Jui n'est plus pressé-e. 1 kâ te seréi dépré- 
sàtjè, oë m'éidyi ô bokô : quand tu seras 
moins pressée, viens m'aider un peu. 

déprésiiji, v. a. Déprécier. 

dépunézi, v. a. Oter les punaises. 1 dépu- 
néci ôna niéicô : détruire les punaises d'une 
maison; et fig., en chasser ceux (ju'on n'aime 
pas à y voir. || Par ext., enlever, arracher ce 
qui est laid et nuisible. | le pi/apâii, le penéî 
é le tsèrdô sô déi plate k'ô pou pu dépu- 
nézi : la renoncule rampante, la prèle et le 
chardon sont des plantes cpi'on ne peut pas 
arracher entièrement. ô pou pd veni a bé 
dé dépunézi si tsâ dé Iota la mnnétijà ke 
léi-y a : on ne peut pas venir à bout de dé- 
barrasser ce champ de toutes les mauvaises 
herbes qui y sont. || Réfl. sa méizô pou pà 
se dépunézi : cette maison ne peut pas être 
débarrassée de ses punaises. | kemë kréide 
vo ke si tsci vule se dépunézi? comment 
croyez -vous qu'on puisse débarrasser ce 
champ de ses mauvaises herbes '? 'J Fig. te 
ne von pà té dépunézi du pér ëkè! tu ne 
veux pas nous débarrasser promptement de 
ta présence ! 

dépura (frv. dépurer), v. a. Egouttcr. 
I/o lési dépura le lëdzo dévà de Cëwà : il 
faut laisser égoutter le linge avant de l'éten- 
dre. Il Réfl. lé-z àlô se dépurérô ëke derë la 
né : les habits s'égouttcront ici pendant la 
nuit. 

dépurë-ëta, adj. Dégouttant-e, ruisse- 
lant-e. | sii tota dépurèta dé tsô : je suis 
ruisselante de sueur. | Céi béi dépure : 
lu es tout ruisselant (en parlant des vête- 
ments). 

dépii (1), s. m. Dépôt. 1 ô dé pu dé laséi : 
un dépôt de lait, affection vraie ou imagi- 
naire (\u\ attaque des femmes sevrant leurs 
enfants. 

dépû (2) (frv. dépôt} s. m. (vieilli). Se 
disait des jeunes a^ens qui autrefois devaient 
faire des exercices militaires avant l'âge du 
recrutement. Le dépôt faisait ses exercices, 
sous les ordres d'un comii-e, durant une 
partie de l'année tous les dimanches matins, 
dans un pré, près de Bayse. 

dépiisà, V. a. Oter la poussière cl la balle 
des graines des légumineuses (frv. dépous- 
siérer). \ fô dépiisà sa sekorya tûdi ke l-é 
, buna (soda : il faut nettoyer celte chi- 
I Corée pendant qu'elle est très chaude, j dé- 



DER 



106 



DER 



piisà déi grâne dé salârdè : nettoyer des 
graines de salades. 

dépwérà, v. a. Gâter, friper, détériorer. 

\m'a tota dépwérà ma Iota : il m'a complè- 
tement gâté ma hotte. \ ta se ke léi pâse pè 
lé ma fô ke le dépwérâi : il faut qu'il fripe 
tout ce qui lui passe par les mains. || Fausser 
un vêtement en le taillant trop petit. | le 
kozàdâi l-a dépwérà sa vèstè : le tailleur a 
faussé cette veste. i| Transformer un vêtement 
qui est bon en un autre de moindre valeur. 

\te ne dépwéréréi pà sa roba po u-êfér'ô 
gredô : tu ne gâteras pas cette robe pour en 
faire un jupon. 

dépija, V. a. Reculer le pied {pyà) d'une 
échelle pour pouvoir mieux la dresser. ] té 
fô dépija ô bokô l'étsTla : il te faut reculer 
un peu le pied de l'échelle. |i Déchausser un 
arbre avant de l'abattre, j ne inilë dépyà si 
noyë : nous voulons déchausser ce noyer. 

dérama, v. a. Oter les rames des pois et 
des haricots. | va-t è véi déramâ sou pâi 
ke trâinô de le molô : va-t'en voir ôter 
les rames de ces pois qui traînent dans 
l'eau. 

dérasena, v. a. Déraciner. — Syn. déréisi. 

déràyi, v. n. Sortir de la raie. | la tsèrii^a 
l-a déràyi : la charrue est sortie de la raie. 
Il Fig. Sortir du bon chemin. [ te déràye, 
men ami : tu te déranges, mon ami. 

déreba, adv. A terre, par terre. | s'é folû 
déreba se vtiléi dere portyè : il s'est jeté à 
terre sans dire pourquoi, i té mé pà déreba, 
te té kôtséréi : ne t'étends pas par terre^ tu 
te saliras. ] lé sillô dwârmô déreba : les 
ivrognes dorment étendus par terre. | le fè, 
le lëdzo l-é déreba : le foin, le linge est 
étendu par terre. 1 prèdre la matéire dé- 
reba : couper l'étoffe dans le sens de la lar- 
geur. \sou màdce l-â ésà préise déreba : ces 
manches ont été prises dans le sens de la 
largeur. 

déregeli, v. a. Défaire ce qui est enroulé, 
dérouler, i déregeli don papâi : dérouler 
du papier. 

déretsi, v. a. Oter la retsé, la forme à un 
fromage. |1 Abs. fô déretsi : il faut ôter la 
forme (à un fromage). — Cf. désêretsi. 

déréidyi {se), v. r. Se déraidir. | kwa po 
té déréidyi : cours pour te déraidir. 

déréitâ, v. a. Oter le raite. \ éi venèdze 
fô sovê réità é déréità lé bosété : aux ven- 



danges il faut souvent serrer et desserrer les 
basset tes. 

déréizenà, v. n. Déraisonner, divaguer. 
I léi-y a grâtè ke m'apésâivo ke déréizenè : 
il y a longtemps que je m'aperçois qu'il dé- 
raisonne, î ne déréizena adéi pà trii : ne 
dis toujours pas trop de sottises. 

déréizenâblo-âbla, adj. Déraisonnable. 

déréizi, v. a. Déraciner. | A'â n'arë lezi, 
ne déréizérë le trô dé si noyë : quand nous 
aurons le temps, nous déracinerons le tronc 
de ce noyer. | dérâizo sa bosenà : je déra- 
cine ces buissons. — Syn. dérasena. 

dérëdzémë, s. m. Dérangement. | /ère to 
plë dé dérëdzémë po kôkô : faire toute 
sorte de dérangements pour [recevoir] quel- 
qu'un. Il u dérëdzémë d'éstoma : un déran- 
gement d'estomac. 

dérëdzi, v. a. Déranger, fô rë dérëdzi 
dé kemë l-é mé : il ne faut rien déranger de 
comme je l'ai mis (des arrangements que 
j'ai faits), j Réfl. mô brego se dérëdzè : 
mon rouet se dérange, j se té dérëdzi, 
para so mé présà tô tsë ? Pourrais-tu sans 
te déranger me prêter ton char? |1 Changer 
ses habitudes en ce qui concerne la table, 
faire plus de façons et avoir de meilleurs 
plats (frv. se déranger). \ ne no se bë dé- 
rëdzi po dé dere ke léi-y ose rë a derè, 
épii n'ë-n ë zou tyé déi kolérè : nous nous 
sommes bien dérangés afin qu'il n'y ait rien 
à dire et nous n'avons eu que des colères 
(des désappointements). || le të se dérëdzè : 
le temps se dérange. 

dérolà, V. a. (ôter du rôle). Rayer quel- 
qu'un du rôle de l'armée. ; l'a dérolà don 
sérriso : ils l'ont rayé du service. 

dérozà (frv. déroser), v. impers. S'éva- 
porer en parlant de la rosée. | n'a pà dé- 
rozà wâi : la rosée n'a pas disparu aujour- 
d'hui, poil pà dérozà : il ne peut pas 
déroser. 

dérôtré, v. a. Rompre la terre pour la 
première fois. 1-3 dérôtii ô Isa : ils ont 
rompu un champ. |! Donner le premier fil, la 
première taille à une lame. ; dérôfr'ôna fô : 
dégrossir une faux. || Battre une airée pour 
la première fois. | dérôtr'ô-n éihro : faire 
une première battue. 

déruli, V. a. Dérouiller. || Réfl. zamé sou 
talë ne se dérulô : jamais plus ces ciseaux 
ne se dérouilleront, [j Fig. dérulë no véi 5 



DES 



— 101 



DES 



boko : dérouillons-nous roir un peu (remet- 
tons-nous à notre travail). 

dériitf), V. a. Dérouter. ;] Rétl. sou sësusi 
se déni f 5 tote lé demèdcè : ces sans-souci se 
déroutent tous les dimanches. 

dérûtè, s. 1'. Discorde, désaccord. | I-â 
sou ôna ta grôsa dérutè : ils ont eu une si 
grande discorde. 

dérutsi (frv. dérocher), v. n. et r., conj. 
avec avâi et éihrè. S'écrouler, s'ébouler, se 
précipiter. | le se l-a dérutsi : le rocher a 
déroché. || Par ext., se dit de tout ce qui 
croule. I le pô l-a dérutsi : le pont a déro- 
ché. I la télse dé bu l-é dérutsn : le tas de 
bois s'est écroulé. || D'une personne qui tombe 
dans un précipice, on dit qu'elle dérûtsè. 
Il Pr. yô léi-ij a de l'êtèrdi, mâke pu dé 
dérutsi. I| l'élude l-a fé dérutsi la murale 
dé hâijè : l'eau a fait écrouler la muraille de 
Baie (un mur de vigne), jj s'e dérutsi tni 
lé kûse dé dzanm : il s'est précipité à bas 
les côtes de Jaman. 

déruvenâ, v. n. Glisser, se détacher de la 
ravine. | la tëra l-a déruvenâ : la terre a 
glissé. 

dérûlâ, V. a. Dérouler. 

dérûtso, s. m. Précipice, terrain rocail- 
leux et en pente. | la râije dé tseneli l-é Ô 
vretâblo dérûtso : la Raie de Chenelyi est 
un véritable précipice. || si tsemè l-é kemè 5 
dérûtso : ce chemin est comme un précipice. 

désablg {se), v. r. Perdre son sable. | pèr 
pu ke prênô de la sabla, la baye se rou tota 
désablà : pour peu qu'ils prennent du sable, 
la Baie [torrent] n'en aura plus ; se dit en 
plaisantant. 

désalâ, V. a. Dessaler. | métré désalà de 
la tsë : mettre à dessaler de la viande. 

désaoura {se) (frv. se désavourer), v. r. 
Perdre sa saveur. | sa tsë se vou désavurâ 
de l'éiivè : cette viande va se désavourer 
dans l'eau. 

désârâ, v. a. Désenrayer. | désâra Je- 
namè ô peti bokô : ne désenraie que très 
peu. 

déseméla. v. a. Dessemeler. 

désèrà, v. a. Desserrer. | désèrà 5 tsë, 5 
iriyé : desserrer un char, un pressoir. || pou 
pà désèrà lé de : il ne peut pas desserrer 
les dents. || Réfl. la kwârde se désërè : la 
corde se desserre. 

désérhlà, v. a. Décercler. 1 désérhlà ô-n 



étsTso : décercler un cuvier. 1| Déa^arnir. 
désêrhlo le pavémê : je dét^arnis le pave- 
ment. 

déséityi {se), v. r. (vieilli). Se désaltérer 
(ôter la séityi). \ se désâitye prou sovè, la 
kâra l-é préi : il se désaltère assez souvent, 
la cave est proche. | déséityi vo a la fôtàna 
ê pasè : désaltérez-vous à la fontaine en 
passant. | fô ke mé déséityé dévâ dé ré- 
parti : il faut que je me désaltère avant de 
repartir. — Cf. le syn. désâ : l'un signifie 
ôter la sécheresse, l'autre ôter la sueur. 

désépara, v. a. Séparer, déprendre. | sou 
vatse se lûiitô, va véi lé déséparâ : ces 
vaches se cognent, va voir les séparer. 
Il Réfl. se s5 déséparâ : ils ont cessé de faire 
ménage commun. — Cf. départadzi. 

désè (1), s. m. Dessin. 

désè (2), s. m. Dessein. 

désëbrè, s. m. Décembre. 

désêdè-èta , s. m. et f. Descendant-e. 

désêdèsè, s. f. Descendance. | sou dzê l-â 
sou ôna grâta désêdèsè : ces gens ont eu 
une nombreuse descendance. 

désedrè, v. n. Descendre. ] désêdo bâ 
pè lé-z égrâ : je descends l'escalier. | Ce 
mot est peu usité ; il se remplace par alâ 
bâ, tout comme monter par alâ amô. \\ Fig. 
désëdre la garda : descendre la garde 
(mourir). 

désèfa, s. f. Descente. 

désidn, v. a. Décider. 

(lésina, V. a. Dessiner. | tlésinu déi potré : 
dessiner, faire des images. 

désodâ, V. a. Déranger, détourner, réveiller 
quelqu'un par un attouchement ou un léger 
bruit. î nia désodâ : il m'a dérangé. | sii 
todoulô désodâ ye dé men uvrâdso : je suis 
toujours dérangée dans mon travail. | va 
véi le désodâ : va voir le réveiller. | l'ura 
léi-y a désodâ sa to : le vent lui a réveillé 
sa toux. — Cf. désorbâ. 

désodo, s. m. Le fait d'être dérangé dans 
son sommeil et de bâiller. | l-é le désodo : je 
suis dérangé dans mon sonmieil ; je bâille 
encore. 

désorsalâ, v. a. Désensorceler. | lé-s ôtro 
yàdzo lé préihro désorsalâvà lé dzë ke 
l-ïrû ësorsalà é asebë sou ke ne l'Trà pâ : 
autrefois les prêtres désensorcelaient ceux 



DES 



— 408 — 



DES 



qui étaient ensorcelés et aussi ceux qui ne 
l'étaient pas. — Syn. détsèréiji, détsèrmâ. 

déstilà (frv. destilcr), v. n. Sortir goutte 
à goutte, extravaser, en parlant de la sérosité 
de l'hydropisie. | l-a kemëhi a déstilâ : son 
humeur a commencé à s'épancher. — Cf. 
distilà. 

déstrwirê. Var. de détrwirè. 

déstyûsijÔ, s. f. Discussion, faillite. [ *ô 
bë l-é zoii ê déstijûsijô : son bien est allé en 
faillite. — Syn. dékré, bàkeruta. 

désûlâ, V. r. Se dessoûler, se désenivrer. 
\s'é porta désidâye wâi : elle s'est pourtant 
dessoûlée aujourd'hui. | se désûle tijé kci 
l-a pwéire dé sa féna : il ne se dessoûle que 
lorsqu'il a peur de sa femme. 

désii, adv. Dessus. | métré désii : faire 
couler la lessive, c.-à-d. vider la lessive 
chaude sur le linge. | fù 1er métrôna pyëra 
désii po Varésà dé kréhré : voir arésâ. 

I ëke désii : là-dessus, ci-dessus. | inétroke 
désii : mettre quelque chose dessus, ou ajou- 
ter quelque chose. | le léi-y akulô désii : ils 
le lui imputent. 1| ë désii : en dessus. | tra- 
valô ë désii : ils travaillent en dessus. || pèr 
désii : par-dessus. | déinoare pèr désii : il 
demeure par-dessus. || Fig. lé sa totè é yena 
pèr désii : il les sait toutes et une par-dessus 
(il a réplique à tout). || ou désii : au-dessus. 
\prë le lùivro ke l-é ou désii : prends le 
livre qui est au-dessus. Dans cet exemple, 
on dira de préférence to désii : tout dessus. 

II se désii dézo : sens dessus dessous (cf. 
se 4). 

Prép. Sur, dessus. | mètre oke désii 
la irâbla : mettre quelque chose sur la 
table. I se séta désii ôna sôla : s'asseoir 
sur une chaise. | lé di/niniisyô (Vd tsousô 
se fâ désii é dézo le talô : les diminutions 
d'un bas se font sur et sous le" talon. | désii 
se, s'é kulûi : sur ce, il est parti. || pèr désii : 
par-dessus. | lé tsa se promâinô pèr désii lé 
tfii : les chats se promènent par-dessus les 
toits. 

S. m. Le dessus. | éhlorâ le désii dou 
dyétso : écrémer le dessus du baquet. 
\lé-z ëfâ l-âmô medzi le désii dou kuïïo 
dévâ le dézo : les enfants aiment à man- 
ger le dessus du gâteau avant le dessous. 
\le désii de la ma : le dos de la main. 
Il Fig. vou pèrto avéi le désii : il veut en 
tout avoir le dessus. | éi réprë le désii : il 
reprend le dessus (il se guérit). 

désiida, v. a. Dessouder. 



désiiyi (frv. dessuyer), v. a. Imiter, con- 
trefaire. I tsêrts'a désiiyi lé-z ozéi : il cher- 
che à imiter les oiseaux. | sa ta bë désiiyi 
lé dzë : il sait si bien imiter ou contrefaire 
les gens. || Réfl. Se contrefaire. | ke se 
désiiyâ lou mîmo : qu'ils se contrefassent 
eux-mêmes. — Cf. kôtreférè. 

désatsi, v. a. Détacher, j désatsi ô hâii : 
détacher un nœud. | désatsi déi-z ésatsè : 
détacher des attaches. | désatsi ôna vatsè : 
détacher une vache. || Fig. se te fà se, tï lé 
dyâblo sera désatsi : voir dyâblo. Il Réfl. 
l-a bel éihr'ésatsa, se désatse todoulo : elle 
a beau être attachée, elle se détache toujours. 

désë, s. m. pi. Eaux qui tombent goutte 
à goutte d'un toit. | la plodze pou pâ 
ëmodu lé désë : la pluie ne peut pas faire 
aller les égouts (il ne pleut pas assez pour 
cela). I sa méizô n'a rë dé tsenô, lé désë 
tsîzÔ pèrto : cette maison n'a pas de ché- 
neaux, les égouts tombent partout. | lé désë 
molô lé-z égrà : les égouts mouillent l'esca- 
lier. Il Par analogie on appelle désë les fruits 
véreux qui tombent des arbres avant la ma- 
turité. I se né tyé déi désë : ce ne sont que 
des fruits véreux [qui tombent]. Il est pos- 
sible qu'on ait donné autrefois le nom de 
désë aux bois tombant de la tète du cerf et 
que, dans un sens très extensif, on ait appelé 
désë toute chose tombant à intervalles plus 
ou moins réguliers, comme les gouttes d'eau 
d'un toit, les fruits véreux d'un arbre, etc. 
Avec la disparition des cerfs, le sens propre 
aurait disparu et il ne nous serait resté que 
des exemples nous montrant la place presque 
familière que cet animal a occupée chez nos 
ancêtres. ■ — Cf. dégo, gotàirè, se. 

désëla, V. a. Dessangler. 

désorbâ, v. a. Détourner, déranger. | te 
Va désorbâye dé sen uvrâdzo : tu l'as déran- 
gée dans son ouvrage. | né no désorbâ : je 
n'ai détourné personne. || RéR. fô pâ se lési 
désorbâ : il ne faut pas se laisser détourner 
[de son devoir]. — Cf. désodâ. 

désâ, V. a. Désaltérer (ôter la sueur). 
\féiwe ne nia rë désâ : cette eau ne m'a 
aucunement désaltéré. | rë ne désè asebë 
tyé le kâfé é le laséi : rien ne désaltère aussi 
bien que le café et le lait. || Réfl. va té désâ 
a l'ôdzo : va te désaltérer à la fontaine. — 
Syn. déséityi. 

désâyè (frv. désuée), s. f. Action de désal- 
térer. I n'ë préi ôna buna désâyè : nous 



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avons pris une bonne désiiée (nous avons h\\ 
de quoi nous désaltérer). 

(lésé, s. m. Déchet. 

dési/unn (frv. déchiffonner), v. a. Faire 
<iue ce qui était chiffonné ne le soit plus. 

désiketn, v. a. Déchiqueter. 

déSokn, V. a. Oter la semelle de neige des 
souliers. | mé fô désokâ mé solâ dévâ d'aln 
dedè : il me faut ôter la neisj^e attachée à mes 
souliers avant d'entrer. || Réfl. dépatsè no dé 
no désokà : dépêchons-nous d'enlever la 
neige de nos souliers. 

déta, s. f. Dette. | sou d:è sô plè dé déte 
keniè ô tsè dé pûdsè : ces gens sont pleins 
<le dettes comme l'est un chien de puces. — 
Syn, dévala. 

détail, ^'- ^- Détailler. 

détarnâ (frv. détamer), v. a. Oter l'éta- 
niure. | ona kaséta détaniâyè : une casse- 
role dont l'étamure est enlevée. || Réfl. Per- 
dre son étanmre. | ora k'ô ne fà rë mé 
kemê fô, lé-z afére se détarnô vito : à pré- 
sent qu'on ne fait plus rien comme il faut, 
les affaires (les ustensiles de cuisine) se 
détamenf vite. 

détâino-âina, adj. Raide, fier-ère, orgueil- 
Icux-euse. | sa êke l-é bê détâina : celle-là 
est bien fière. 

déteni, v. a. Détenir. 

détèrasi (se) (frv. se dé/errasser), v. r. 
{ùler la terre). Se nettoyer les pieds de la 
terre qui les souille. 

détéra, v. a. Déterrer, exhumer. — Cf. 
4lékrotà. 

détèrena, v. n. Faire que ce qui était 
ièrenà ne le soit plus ; se dit de la neige 
qui, au printemps, vient recouvrir la terre 
après la fonte des neiges de l'hiver. | sa nâi 
1-a lo délèvenà : cette neige a tout recouvert. 

détèrteni . Comme le suivant, mais moins 
usité. 

délértè (frv. déterfin), s. m. Jeune homme 
volontaire, audacieux. || Scandale. \ fér'ô 
déièrfê : faire du scandale. 

dététsi, V. a. Défaire la tétsè, désentasser. 
\dététsi po rézêlétsi, se n'é pà de Vavâho : 
désentasser pour entasser de nouveau, ce 
n'est pas de l'avance. 

détèdrè, v. a. Détendre. \\ KéH. ma fô se 
déiè : ma faux se détend. 



détèta, s. f. Détente. 

détornâ, v. a. Détourner. || Réfl. Pr. si ke 
va pè le dréi tsemê ne se détii'ârne lié rê. 

— Syn. déveri. 

détortoli, v. a. Détortiller. — Syn. dé- 
rorfo/i. 

ilélrakâ, v. a. Détraquer. 

détréhi, v. a. Détresser. délrélûne se 
trélié : elle détressait ses tresses. 

détrimè, s. m. Détriment. — Cf. dépè. 

déirônâ, v. a. Détrôner. 

détrii, adv. Trop. ] léi-y ê-n a détrii : il y 
en a trop. || Pr. tsakô sô drâi né pâ détrii. 
■ — Cf. trti et déplè. 

i/étru'iré, v. a. Détruire. \ délrwir'ôna 
méizo : ruiner une famille. || Réfl. Se dé- 
truire, se donner la mort. | se von dé- 
trivir'ôna ivârba : il va se détruire un jour. 

— On dit aussi déstrwiré. 

dé/sasc), V. a. Faire que ce <]ui avait de l'ap- 
prêt ne l'ait plus. | défsasâ de la tâita : ôter 
l'apprêt à de la toile. | de la lâila Isasàijé 
on détsasayè : de la toile qui a encore l'ap- 
prêt ou qui ne l'a plus. 

détsâd:i (se) (frv. se déchanger), v. r. 
Oter les habits qu'on avait mis à la place 
d'autres pour remettre les premiers. ( dé- 
tsâdze té : ôte ces habits et remets les autres. 

détseli (1), V. a. Oter les pellicules. | rf<'7.çf// 
la téisa : nettoyer la tête de ses pellicules. 
Il Réfl. Se défaire des pellicules. | sa léisa 
se pou pâ détseli : sa tète ne peut pas se 
nettoyer. | se détsele tola : toutes ses pelli- 
cules tombent. 

détseli (2), v. a. Entamer un plat ré- 
servé. I fô pâ détseli si pla ora : il ne faut 
pas entamer ce plat à présent. | ko ke l-a 
détseli sa krâma ? Qui a entamé cette crème ? 

iléisé (frv. déc/ie), s. f. Kcornure, brèche. 
si tepê l-a ôna détsè : ce pot a une écornure. 
Il Fig. Défaut, tare. | se tara né détsè : sans 
tare et sans défaut. || Pr. dé non détse k'ô 
pare l-a, le felo n-ë-n a yena. \\ Gêne, mau- 
vais état de fortune, j sô de la détsè : ils 
sont dans la gêne. 

détsèrdzi, v. a. Décharger. | détsèrdzi ô 
tâi, déi-z âbro : décharger un toit, des 
arbres (faire tomber la neige qui les recou- 
vre). Il détsèrdzi ôna venè : décharger une 
vigne, en enlever les pousses inutiles après 
qu'elle a été épamprée et pincée. |! détsèrdzi 
ôna trola : décharger une pressurée, c.-à-d. 



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DEV 



enlever le marc après le pressurage du raisin. 
Jl détsêrdzo si tsë : je décharge ce char. | dé- 
tsèrdzi ô-n onio : décharger un homme (lui 
enlever son fardeau). || Réfl. Se décharger, 
s'alléger. ] kà ô-n a :oii grâtë ôna lotà éi 
rè, ô-n é kôlë dé se détsèrdzi : quand on a 
eu longtemps une hottée sur le dos, on est 
content de se décharger. \\ Fig. se détsèrdzi 
dé tï se siisi : se décharger de tous ses sou- 
cis. Il kà le tê se sere prou détsèrdzi, vêdre 
bê ôna buna pasâyè : quand le temps se 
sera bien déchargé, il fera beau temps. 

détsèréyi, v. a. (vieilli). Désensorceler, 
exorciser. | lé-z a tï détsèréyi : il les a tous 
exorcisés. — Syn. désorsalâ, détsèrmà. 

détsèrmâ, v, a. Désensorceler (ôter le 
tsârmo). \ sou dzê sô ta bigo ke fadréi 
prou ke se trovise kôkô k'alise lé dé- 
tsèrmà : ces gens sont si bigots qu'il fau- 
drait bien qu'il se trouvât quelqu'un qui 
allât les désensorceler. — Syn. désorsalâ, 
détsèréyi. 

détsèrnâ, v. a. Décharner. 

détséinâ, v. a. Déchaîner. || Fig. l-ïrâ il 
déiséinâ kôtre li : ils étaient tous déchaînés 
contre lui. 

détsifrà, v. a. Déchiffrer. 

détsoupenâ, v. a. Oter le bouchon percé 
d'un tonneau. | détsoupenâ ôna légrefasè : 
ôter la isoupâna d'un vase à vin, 

détsç, adj. m. Déchaussé, j sou-z èfâ va 
a pi détsô : ces enfants marchent pieds nus. 
I ra to le là détsô : il va tout le long (tou- 
jours) déchaussé. — Cf. fr. déchaux. 

détsèrdza, s. f. Décharge du pressoir 
après le pressurage. | la détsèrdza l-é fétè : 
la décharge est faite. 

détsèrdzâirè (frv. déchargeoire), s. f. 
Cuve dans laquelle on décharge le contenu 
de la bossette. — Syn. dzèrla. 

détûlâ (frv. détouler), v. a. Défaire, éten- 
dre les toules. \ n'e pâ ôko résuyâi, Ô pou 
pâ détillâ : ce n'est pas encore ressuyé, on 
ne peut pas détouler. 

détwâdrè, v. a. Détordre. || Réfl. sa 
kordéta s'é détwâsa : cette cordelette s'est 
détordue. 

détwa, s. m. Détour. | fâ vito ô détiva po 
pâ A'ô la vâyè : elle fait vite un détour pour 
qu'on ne la voie pas. 1| Fig. tsêrtse tï lé 
détiva : il cherche tous les détours. 

détyè, pron. De quoi. | détye ke vo-z éi 



pwâirè f de (juoi avez-vous peur ? | détye 
ke te té méhlè ? de quoi te mèles-tu? || ë vêla 
ô na pâ détye trobla ôna gota dé sepa se 
l'adzetâ : en ville on n'a pas de quoi trou- 
bler (épaissir) une goutte de soupe sans 
l'acheter. || l-à prou détyè : ils ont de quoi 
(ils sont dans l'aisance). — Cf. déplè, détrii. 

détyè, détyèta ou détyêna, pron. Duquel, 
de laquelle. — Voir letyê. 

détyèdrè, v. a. Déteindre. || Réfl. sa 
matâire s'é détyësa : cette étoffe s'est dé- 
teinte. 

dévala, s. f. Dette. | léi-y a bali ôna 
dévala awé le bë : il lui a donné [la 
charge d'] une dette avec le bien. — Syn. 
dé ta. 

dévala, v. a. Dévaler. || Réfl. Se dévaler. 
\sé dévalâve bâ la kûsa : il se dévalait le 
long de la côte. — Syn. tsâblâ. 

dévalizâ, v. a. Dévaliser. 

dévâi, V. a. Devoir. | vo mé dâite bë se : 
vous me devez bien cela. | éi déi dé tï lé 
kôté : il doit [de l'argent] un peu partout. 
\y6 ke te dâi ? où dois-tu [cet argent]? | ne 
déivô pâ gro mé : ils ne doivent plus beau- 
coup. I déi se maryâ : elle doit se marier. 
I ne déivë tï mûri : nous devons tous mou- 
rir. I n'arà dyû léi pèrdenà : nous au- 
rions dû lui pardonner. || Avoir l'intention 
de. I déi se maryâ : il va se marier. 
\déivô s'ë-n alâ démâ : ils doivent s'en 
aller demain. || Marquant une supposition. 
\dii le të ke batsè, déi avéi ôna tropa 
d'ëfà : depuis le temps qu'il baptise, il doit 
avoir une troupe d'enfants. || Avec ellipse. 
\po kâ ke dâi ? [la vache] quand doit- 
elle [vêler] ? I dévéi dza pu le ôze sûlé : 
elle devait déjà [vêler] le 11 juillet. || Pr. 
kà toun'ou méi dé ma, peti é grô déivô 
plorâ. I si ke fà se ke ne dâi vê a se ke ne 
vudrâi. 

dévasta, v. a. Dévaster. 

dévâ, adv. Devant. | alâ déva : mar- 
cher devant. | farà mï dé se wéityi dévà : 
elles feraient mieux de regarder devant elles ; 
se dit de personnes qui blâment chez autrui 
les défauts qu'elles ont elles-mêmes. | ië té 
ëke dévà. : tiens-toi là devant. || Fig. l-é prou 
kudyi le léi métr'oa dévà : j'ai fait mon 
possible pour le lui mettre au-devant, le lui 
représenter. \\ S. m. le dévà de Véhrâblo : 
le devant de l'écurie. | ô dévà dé tsemîzè : 
un devant de chemise. | prëdre lé dévà : 



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])rendre les devants. J Prép. wéifije dévà ta 
lia : rej^arde devant ton nez (fais attention 
où tu marches). ] alà on dévâ dé kôkô : 
aller au-devant de quelqu'un. | dere ôke 
jtèr dévâ le inôdo : dire (juelque chose par 
devant le monde (oser affirmer ce qu'on 
dit). Il dèim, adv. Avant. | le dzi'va dévâ : 
le jour d'avant, le jour précédent. || Prép. 
se kiiléi dévâ nié : il est parti avant 
moi. ! dévâ dinâ : avant dîner. | dévâ 
dévâijë : avant avant-hier (le jour qui pré- 
cède avant-hier). 1| Pr. plâta mé tè, plâta mé 
ta, dévâ le niéi dé mé te ne mé véi pâ. 
il dévâ dé : avant de. ] dévâ dé mari : avant 
de mourir. 1| Pr. /a pâ vèdre la péi de Vwa 
dévâ de l'avéi tijà. \ fù pâ pela le pâivro 
dévâ d'avéi la lâivra. || dévà ke : avant 
que. I dévâ ke méire vêriè : avant que 
[notre] mère vienne. | dévâ ke séi né : 
avant qu'il fasse nuit. | dévâ tyé dé medzi : 
avant cjue de manç^er. 

dévâlii, V. a. Devancer. | gadzo ke lé 
dévâho : [je] parie que je te devance. 

dévâhî, s. m. pi. Devanciers, aïeux, ancê- 
tres I se nûhré dévâhî revenu, tyé ke derâ? 
si nos ancêtres revenaient, que diraient-ils ? 
— Cf. âhâ, vïlo. 

devâmidcwa, adv. Avant midi. 1 ti/é ke le 
vou fére dévâmidzwa ? que feras-tu avant 
midi? il S. m. ne pu pâ léi-ij alâ le dévâ- 
midct'va : je ne puis pas y aller Vavant midi. 
] lé dévâmidct'va n'a rè mé : les avant-midis 
n'ont plus rien ; se dit du temps où l'on peut 
travailler, qui, en hiver, est très court avant 
midi. 

dévâyë, adv. Avant-hier. || S. m. l-a perdu 
sa tè to le dévâyë : il a perdu son temps 
toute la journée d'avant-hier. | Votro dé- 
vâyë : l'autre avant-hier (le jour qui précède 
avant-hier). 

dévena {a la) (frv. à la devine), loc. 
adv. A l'aventure, n'importe comment, en 
devinant. | le tsèrtsTv'a la dévena : il le 
cherchait de-ci dc-Ià sans savoir où il était. 
In'avé rë dé hlâirè, mé faléi léi-y alâ 
a la dévena : je n'avais pas de lumière, 
il me fallait y aller à l'aventure. | fâ to a la 
dévena : il fait tout à la diable] lër'a la 
dévena : lire à la devine (en devinant, sans 
regarder ou sans y voir). 

dévena, v. a. Deviner, j dévena vâi yô su 
sàii : devine voir où je suis allé. | l-a bë 
devenu ke Vôso yii : cela a bien réussi 
que je l'aie vu. || Réfl. et impers., marque 



le doute, l'incertitude. | se se dévenê, léi-y 
ondri : s'il me plaît d'y aller, j'y irai. 
\se se dévené, l-é kapâblo dé rohâ : sui- 
vant les circonstances, il est capable de 
voler. I trastve yô ke se dévenisè : il cou- 
rait à l'aventure. || V. n. Rencontrer, réus- 
sir. I fô ke l'ose dévena sii déi pyërè : il 
faut qu'il soit tombé sur des pierres. | se 
dévene ma : cela se rencontre mal. | se lé 
grâne dévenô bnné, le payi s'ë résètrè : 
si les graines (céréales) réussissent lùen, 
le pays s'en ressentira. ] le ta ko déven'n 
bokô grô : la pièce se trouve un pou 
grande. 



déveni, v. u. Devenir. '■ tyé /.i 



que 



va-t-il devenir' 



Le siniDJe veni 



remplace pres(jue toujours ce mot. 

déveri, v. a. Détourner. ] déveri ô ryô : 
détourner un ruisseau. | l-a ésâ déveri dé 
sen nvrâdzo : il a été détourné de son tra- 
vail. Il Réfl. s'é déverya dé sa tsemë po veni 
uivé mé : elle s'est détournée de son chemin 
pour m'accompagner. 

dévesi, v. a. Dévêtir. | devise sô /jet i : clic 
dévêt son petit. | ô /sa dévesii : un champ 
dont la récolte a été enlevée (syn. déhlorâ). 
1 le pwë l-é dévesu : le porc est débarrassé 
de ses soies, il est nettoyé et prêt à être 
dépecé. Il Réfl. s'é dza déveha : elle s'est 
déjà dévêtue. || Pr. fù pâ se dévesi dévâ dé 
s'alâ kiitsi. — Syn, dézabeli. 

dévezadzi, v. a. Dévisager. 

dévezâ, v. n. Deviser, parler, causer, 
babiller. 1 déveze dé sâs'é dé se : il devise 
de ceci et de cc\a.\déveze ta toplâ, ta ferma : 
il parle si bas, si haut, je/ dévezû patiùë : ils 
parlent patois. 1 fô pâ mohrâ le meryâii éi 
peti-z ëfâ, se loii grave dé dévezâ : il ne faut 
pas montrer le miroir aux petits enfants, cela 
les empêche de parler. | to le të ke dévez'éi 
bavé : il bave toujours en parlant. | te déve- 
zéréi démà : tu parleras demain. ] piiréi dé- 
vezâ dzwa-r é né se débrëlâ : elle pourrait 
babiller jour et nuit sans interruption. | déveze 
dé lote swârCë-n ô yâdzo : elle parle de 
toute sorte [de choses] à la fois. | sii pâ n 
dévezâ ivâi : je ne suis pas [disposé] à j)ar- 
ler aujourd'hui. | te déveze porta po ne rë 
derè : tu parles vraiment pour ne rien dire. 
I té dévezéi pi, nafa ke féi I bavarde srii-^ 
lement, bavarde que tu es ! | déveze kemë 
ô lâivro : il parle comme un livre. | ne pou 
pâ mé dévezâ : il ne peut plus parler (il est 
près de sa fin). | mé dévezâve frâi : il me 



DEV 



112 



DEV 



parlait froidement, j dévezâ dé botsè : parler 
de vive voix. | éi devez' Ô bokô sfi le f ri- 
bord zôi : il parle un peu sur le fribourgeois 
{il se sert quelque peu d'expressions fribour- 
geoises). ] l-a ta. inô dévezâ kôtre li : il a 
si mal parlé de lui. | fô lési dévezâ le 
modo : il faut laisser parler le monde (mé- 
dire et calomnier). ] s'é gré fête dévezâ 
apréi : elle s'est beaucoup fait parler après 
(elle a donné lieu à la médisance). [ dévezâ 
apréi lé talo : parler après les talons (mé- 
dire d'une personne après son départ) . 1| fére 
dévezâ kôkô : faire parler quelqu'un (l'enga- 
ger sans qu'il y paraisse à dire ce qu'on dé- 
sire savoir). || S'entendre avec quelqu'un. 
\fudréi dévezâ ou tâtéré : il faudrait s'en- 
tendre avec le couvreur. | té fô léi dévezâ : 
il te faut t'entendre avec lui. |1 Réfl. se dé- 
vezo pâ : ils ne se parlent pas, ils se bou- 
dent. I sou dii^e fémale l-â todoulô ôk'a se 
dévezâ : ces deux femmes ont toujours quel- 
que chose à se dire. 1| Se faire la cour. | se 
dévezo : ils se parlent (ils se font la cour). 
Il Se concerter. | fudréi se dévezâ : il fau- 
drait se concerter. || Pr. ê se dévezë 5 s'ètè. 
Il V. a. Dire. | ë nô asetû to dévezâ? avons- 
nous bientôt tout dit? | dévezâ déi mo 
fortsii : voir fortsii. \\ S. m. Parler. | son 
dzë l-â ô dévezâ ta grosT, ta âpro : ces 
gens ont un parler si grossier, si âpre. 

dévezâii-âitèa, s. m. et f. Parleur-euse. 

dévèr, prép. Devers, usité seulement dans 
la loc. dévèrli-lâii : devers lui, devers eux 
(original, peu communicatif). | l-é ta dé- 
vèr li : il est si original. [ sou dzë s5 grô 
dévèrlàu : ces gens sont très bizarres, étran- 
ges. — Cf. dépèrli. 

dévèrnëhi, v. a. Faire que ce qui était 
verni ne le soit plus. fékwèla l-é tota 
dévèrnëha : cette écuelie a perdu sa glaçure. 

déoèrni, v. a. Oter le verni. 

dévèroli, v. a. Déverrouiller. 

dévë (J), s. m. Devin. | sii pâ ô dévë po 
le savâi : je ne suis pas un devin pour le 
savoir (réponse à une question embarras- 
sante). I la kâza dou dévë : voir kâza. 

dévë (2), s. m. Défens. | bu dévë : bois en 
défens. — Cf. bu. 

devisa, v. a. Dévisser. | dévisâ ô vis : 
dévisser une vis. 

dévora, v. a. Dévorer. | lé kivèhrô l-â to 
dévora pè le kurti : les coitrons ont tout 
dévoré au jardin. | sëble ke vou no dévora : 



il semble qu'il va nous dévorer, jj Gâter, dé- 
chirer, j 5 dévoure lé liidze kâ léi-y a rë 
dé nâi : on gâte les luges quand il n'y a pas 
de neige. | l-a to dévora sé-z âlô : il a com- 
plètement déchiré ses vêtements (syn. dé- 
pwérâ). Il Fig. sii dévorâye dé susi : je 
suis rongée de soucis. | dévorâve se dzë 
po ke léi balisa ôké : il tourmentait ses 
parents pour qu'ils lui donnassent quelque 
chose. I dévora kôkô : accabler quelqu'un 
de reproches. || Réfl. se dévâiire ë se grètë : 
elle se dévore (s'écorche) en se grattant. | se 
dévourô dé travail : ils se tourmentent à 
travailler. 

rféyo/' e-f /a, adj. Dévora nt-e. | l-a ôn'apéti 
dévorëta : il a un appétit dévorant. || Fig. 
déi susi dévore : des soucis dévorants. 

dévortoli, v. a. Détortiller, développer. 
{dévortoli ô hlotéi : détortiller un peloton 
(syn. détortoli). \ fô pâ 'dévortoli trii sovë 
lé peti-z ëfâ : il ne faut pas démailloter 
trop souvent les petits enfants (syn. dé- 
fasotâ, démalotà). \ dévortoli ô-n ûrâi : 
enlever la paille à un laurier (syn. dépali). 
[dévortoU 5 déi malâdo : débander un 
doigt malade, jj Réfl. se se dévortole pà : 
cela ne se détortille pas. | mo bré s'é 
dévortoli : mon bras s'est débandé. 

dévorijâii-âiiza, s. m. et f. Dévoreur-euse. 
I tyë dévoryâii ! quel dévoreur ! | ôna dé- 
voryâiiza d'âlô : une gâteuse d'habille- 
ments. 

dévoséyi (frv. dévousoyer), v. a. [dé et 
vozéyi). Traiter familièrement quelqu'un, lui 
manquer de respect, en parler avec mépris. 
I le dévozéyTv'ou dèréi pwë : il le critiquait 
de la plus belle façon. 

dévudré, v. a. Démêler. | mé fô dévudre 
sa hlota ke l-é tot'ëtwâsa : il me faut dé- 
mêler cet écheveau qui est tout emmêlé. 

dévudyé, s. m. Dévidoir pour dévider les 
bobines du rouet. | si dévudyé l-é to dé- 
pôdii : ce dévidoir est tout démembré. | yô 
ke t'éi, dévudyé dé ma méiregrâ ke l-é ta 
dzeyi awé ? où es-tu, dévidoir de ma grand' 
mère, avec lequel j'ai tant joué? jj Fig. 
Femme qui parle beaucoup. | tyë dévudyé ! 
quelle bavarde ! | tô dévudyé krezene bë, te 
devra l'ënûli : ta langue ou ton parler est 
rude, tu devrais l'adoucir, tu devrais te taire. 
— Cf. ékosâiré, dyëdrè. 

déoudyi, v. a. Dévider. | lé-z ôtro yàdzo 
lé fémale fasâ déi koryâ po dévudyi lou 
f{ : autrefois les femmes faisaient des cor- 



« 



DEZ 



— 113 



DEZ 



vées pour dévider leur fil (chacune apportait 
son dévidoir, et les doigts et les langues 
allaient leur train). || Fig-. Parler beaucoup. 
I l-é sa ke n-ë dévudye d'à dziùa ! c'est 
«elle-là qui en dévide (débite) d'un jour ! 

déwèlamunâ, v. a. Défaire les petits tas 
de foin. | l-é trii vito po déwèlamunà, né 
pn ôkoréèè : c'est trop tôt pour défaire les 
j)etits tas de foin : ce n'est pas encore res- 
suyé. 

déivë, s. m. Devoir. | rèdre lé dèréi 
déivë : rendre les derniers devoirs. 

dézabeli , v. a., peu usité. Déshabiller. 
— Syn. dévesi. 

dézajrétjàblo-a, adj. Désagréable. | ôna 
dézagréijàbla préseiui : une personne désa- 
trréable. 

dézagrémç, s. m. Désagrément. ] l-a zou 
io plë dé dézagrémë awé Ion sérvëta : ils 
ont eu tout plein de désagréments avec leur 
servante. 

dézakoplj), v. a. Découpler. — Cf. déko- 
bla, presque seul usité. 

dézakosemâ, v. a. Désaccoutumer. | 5 dé- 
zakosenie pâ sa lé-z ëfà déi pnte manâirè : 
on ne désaccoutume pas facilement les en- 
fants des mauvaises manières. 

dézakwâ, s. m. Désaccord. 

dézala, v. a. Tromper, décevoir. | l-a ésâ 
bë dézalâ, n'a pâ pii /ère kemë l-aréi volii : 
il a été bien déçu, il n'a pas pu faire comme 
il aurait voulu. 

dézaléifi/i, v. a. Ne plus allaiter, sevrer. 
I J'entendais deux vieillards deviser des temps 
passés et rappeler leur âge : vâi, vâi, disait 
l'un, ne se pâ ma dézaléityi ! oui, oui, 
nous ne sommes pas mal désallaités/ (il y a 
longtemps que nous sommes au monde). 

dézalôbrâ (frv. désalombrer), v. a. Oter 
ce qui donnait de l'ombre. | ro fô mé déza- 
lôbrâ 5 bokô si kfirti : il vous faut me 
désalombrer un peu ce jardin. 

dézapléi/i, v. a. Dételer. | dézapléylo'é 
rézapléi/îve kemë ô fû, se débredâ : il déte- 
lait et attelait de nouveau comme un fou, 
sans cesse. — On dit aussi dépléyi. 

dézaprovà, v. a. Désapprouver. 
désapwëtà, v. a. Désappointer. 
dézapwëtémë, s. m. Désappointement. 
dézarmâ (1), v. a. Désarmer. 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



dézarmâ (2), v. a. Enlever l'armature 
d'un ouvrage de maçonnerie, j l-avâ dé- 
zarmâ trii vito é la vûta l-anéi kola : ils 
avaient enlevé trop tôt l'armature et la voûte 
avait coulé (s'était écroulée). 

dézastérâ {se), v. r. Se désaltérer. | ê tsùtë 
l-é déi yâdzo bë défesilo dé se dézastérâ : 
en été il est parfois bien difficile de se désal- 
térer. — Syn. déséityi, désâ. 

dézaswûrti {se), v. r. Se désassortir. 

dézadani, v. a. (éparpiller les dané). Dé- 
faire les andains. | kâ léi-y a pii dé fë, lé 
séitâii dézàdanô awé Ion fo ë rétornë amô : 
quand il y a peu de foin, les faucheurs dé- 
font les andains avec leur faux en remontant 
le pré. 

dézâgnnâ , v. a. Séparer, disperser ce 
qui est uni, ce qui forme un tout. | dézâ- 
gunà ôna pwârta : ôler une porte de ses 
gonds. I dézâgnnâ déi-z âlô : séparer les 
différentes pièces d'un vêtement. | dézâgnnâ 
don fë : éparpiller du foin. || Réfl. sa 
fenéihra se von tota dézâgnnâ : cette fenê- 
tre va sortir de ses gonds. | ma roba se dé- 
zîigunè : ma robe se découd. 

dézenâ-âyè, part. adj. Destiné à, voué à, 
\paré ke n'é pâ ôko dézenâ a mûri : il 
paraît qu'il n'est pas encore destiné à mourir. 
I n'ïre pâ dézenâya se maryà : elle n'était 
pas vouée au mariage. | piske l-é dézenâ a 
sëyfo le lési férè : puisqu'il est destiné à 
cela, il faut le laisser faire. 

dézeni, v. a. Désigner. | pivéi dézehi 
awé sa mohra Vëdrâi yo léi-y avéi de 
Véiwè : il pouvait (en parlant d'un sourcier) 
désigner avec sa montre l'endroit où il y 
avait de l'eau. || V. n. se l-îre dézeni dësè : 
c'était désigné ainsi (c'était écrit). 

dézèrtâ, v. a. Déserter. || V. n. (frv. 
déserter). Vêler avant le terme. | la valse 
l-a dézèrtâ : la vache a déserté (cf. avorta). 

dézéretâ, v. a. Déshériter. ( ne vu ho 
dézéretâ : je ne veux déshériter personne. 

dézéspérâ, v. n. Désespérer. 

dézéspw(i, s. m. Désespoir. 

dézë {{), s. m. Désert. 

dézë {'î)-érta, adj. Désert-e. 

dézëhlâ, V. n. Désenfler. | éi dézë/i/é : il 
désenfle. 

dézrhlo-a (frv. désenjle), adj. Désenflé-e. 
\sa dzûta l-é tota dézëhla : sa joue est 
toute désenflée. 



DEZ 



114 — 



DE 



désëkoblâ (frv. désencoubler), v. a. Oter 
les entraves ou les obstacles. | va véi 
dézëkoblà si peti : va débarrasser ce petit 
de ce qui l'embarrasse. || Réfl. sa pu se 
dézëkoblà : il ne sait pas se désencoubler. 

dézëkôbrâ, v. a. Décombrer. 
dézënoifi, v. a. Désennuyer. 1| Réfl. ô se 
dézënûyëfelë: on se désennuie en filant. 

dézëparà, v. n. Désemparer. — Syn. 
débrëlâ. 

dézëpézâ, v. a. Désempeser. H Réfl. sa 
tsemïze se dézëpâizè : cette chemise se dé- 
sempèse. 

dézëputéikâ, v. a. Libérer d'une hypo- 
thèque. 1 l-â pu arevà a dézëputéikâ lou 
bë : ils ont pu arriver à libérer leur bien 
d'hypothèques. 1| Réfl. l-é awé prou pâina 
ke se sÔ dézëputéikâ : c'est avec difficulté 
qu'ils se sont libérés d'hypothèques. 

dézëretsi, v. a. Faire que ce qui était 
dans la forme ne le soit plus. | dézëretsi 
5na mota : ôter la forme à un fromage. 

dézi, s. m. Désir. | 5 pou pâ avéi tl se 
dézi : on ne peut pas avoir (réaliser) tous ses 
désirs. 

dézirâ, v. a. Désirer. 

dézistçi {se), V. r. Se désister, se dessaisir. 
|s'é dézistàye dé tréito se ke l-avâi : elle 
s'est dessaisie de tout ce qu'elle possédait, 

dézo, adv. Dessous. | le pà l-é burlâ 
dézo : le pain est brûlé dessous. | Vé 
trovâ êke dézo : je l'ai trouvé ici dessous. 
I wéityi kôko ë dézo : regarder quelqu'un 
en dessous. |1 Prép. Sous, dessous. | aréi 
ôk'a se métré dézo lé de : avoir quelque 
chose à se mettre sous les dents. | atëdre 
kôko lé pi dézo la trâbla : voir alëdrè. \ se 
pwàrte bë dézo dra : il se porte bien sous 
drap (s'il est maigre de visage, il ne l'est 
pas sous ses vêtements). |1 Fig. se léi-y a 
pasâ dézo le nâ : cela lui a passé sous le 
nez (il a eu le dépit de ne pas obtenir ce 
qu'il désirait). 1| Pr. dézo le grô Sdë léi-y a 
le tsë të. Il 5 deréi ke sô dé dézo tëra : on 
dirait qu'il sort de dessous terre. || ë dézo 
dou dzénûû : en dessous du genou. |1 le 
dézo, s. m. Le dessous. | le dézo de la 
tsoudâirè : le dessous de la chaudière. 

dézobéyesâsè, s. f. Désobéissance, 

dézobéyesë-ëta, adj. Désobéissant-e. 

dézobéyi, v. n. Désobéir. 



dézolâ (se), v. r. Se désoler, | se dèzûiile 
to le dziùa : elle se désole tout le jour, 

dézolâ-âyè, adj, Désolé-e. | l-Tre bë ta 
dézolâyè : elle était tellement désolée, 

dézonora, v. a. Déshonorer. | te vou no 
dézonorâ : tu nous déshonoreras, 

dézonp, s. m. Déshonneur ; usité seule- 
ment dans l'expression : l'a tsèrtsi a so 
dézonô : il l'a cherchée à son déshonneur (il 
a cherché à la déshonorer). 

dézorlâ (frv. désourler), v. a. Défaire un 
ourlet, I dézorlâ 5 motsâii : défaire l'ourlet 
à un mouchoir. 

dézôsi, v. a. Désosser. 

dézôvrâ-âyè, adj. Désœuvré-e. 

dézûneméinâdzo, s, m. Homme ou femme 
qui désunit un ménage, | n'é tyé 5 dézûne- 
méinâdzo : elle ne fait que désunir les mé- 
nages, — Syn, brîzeméinâdzo, 

déziini, v, a. Désunir. 

déziiniyÔ, s. f. Désunion. 

dézwâdrè, s. m. Désordre, | ôna méizô 
ë dézwâdrè : une maison en désordre, | ôna 
méizo dé dézwâdrè : une maison où le 
désordre règne. — Cf, mézwâdré. 

dèrda, s, f. Dartre, | déi dèrde sétsè : 
des dartres farineuses, | déi dèrde grâsè : 
des dartres vives, | se f ère kuli lé dèrde pè 
la préyirè : faire disparaître les dartres par 
la prière, | l-é konii ôna vîle, ta buna 
fémala ke faséi la préyire po lé dèrdè : éi 
prehéi tré fésii dé pale ke l-aim le nàii ; lé 
promenâve tré yàdzo outwa de la dèrda ë 
préyë, ma ô ne l'ûdzéi pâ préyi ; a la fë 
dé tsake twa, éi sohlâve su la paie ; faséi 
se tré dzwa dé switè é la dèrda disparesâi 
a tsavô ; l-é yù se dé mé prùpro zè, è n'é pâ 
ôna gâdwâzè : j'ai connu une si bonne 
vieille femme, qui guérissait les dartres par 
la prière : elle prenait trois fétus de paille 
qui avaient le nœud ; elle les promenait trois 
fois autour de la dartre en priant, mais on 
ne l'entendait pas prier ; à la fin de chaque 
tour, elle soufflait sur la paille. Elle faisait 
cela trois jours de suite et la dartre dispa- 
raissait complètement. J'ai vu cela de mes 
propres yeux, et ce n'est pas une bourde, 

de, s. m. Dé à coudre. Quelques per- 
sonnes disent déi, ce qui provient sans doute 
des cas d'hiatus. \ ô de a fô : un dé avec 
fond, I ô de se fô : un dé sans fond. i| Par 



DED 



— 115 — 



DIM 



anal., campanule des prés. | lé de s5 (ha 
hlori : les campanules sont déjà fleuries. 

(le (1), s. f. Dent, en g-énéral, mais plus 
spécialement incisive ou canine. ] lé de 
d'élê : les dents de l'oeil. | lé de d'ésë : les 
dents de sagesse. || métré lé de : faire 
ses dents. | at<éi mô po lé de : avoir mal 
pour [l'aire] ses dents. | se fére trére déi 
de : se faire extraire des dents. | déi fôse 
de : de fausses dents. 1| si ke l-a fé se n'a 
pà rné mô éi de : celui qui a fait cela n'a 
plus mal aux dents ; se dit de choses anté- 
rieures aux générations existantes. || avéi 
déi de d'ahï é déi hré dé kotÔ (voir ahï). 
Il mohrâ lé de a kôkô : montrer les dents à 
quelqu'un (se fâcher contre lui). |1 métré lé 
de grâlé : mettre les dents grandes (avoir 
faim). I l-are le tê d'aréi déi grâte de : il 
aura le temps d'avoir faim. | ne pà avéi 
demi se de : ne pas avoir suffisamment à 
manger, et par ext., être court d'une chose, 
d'un travail. 1| Pr. fô prèdre le te kemè 
vê é la lena awé lé de (cf. martéi). 
Il lé de d'ena résè : les dents d'une scie. 
\déi de dé raséi : des dents de râteau. | lé 
de d'à plTio : les dents d'un ])eigne. || felà 
ôna de : filer une dent, c.-à-d. une certaine 
épaisseur de fils sur la bobine. || Sommet de 
montagne en forme de dent. | la de dé 
dzamà : la dent de Jaman. | la de dé li ; 
la dent de Lys. | la de dé boréi : la pointe 
(le Bory ou cascjue de Borée (cf. plematsè). 

de (2), prép. Dans. | de sè-t a, nô ne 
I dévesére nié patwë : dans cent ans, per- 
sonne ne parlera plus patois. || Chez, parmi. 
\dë lé mdsii, ô se vise tï lé dziva ë de- 
mëdzè ; de lé paijizâ 5 fâ pà se : chez les 
messieurs, on se vêt tous les jours comme le 
dimanche; chez les paysans, on ne fait pas 
cela. I de lé grô é lé retso, léi-y a asehë 
déi krûije dzë : parmi les grands et les 
riches, il y a aussi de mauvaises gens. — 
Cf. tsï. 

dëdanà, v. n. Branler. | Se dit d'une 
cloche. I éi dëdanô bë : elles [les cloches] 
branlent (sonnent) bien. || Par ext., tout ce 
qui branle comme une cloche, surtout quand 
le mouvement est accompagné de bruit. 
\lé tsavô fâ dëdanà Ion grelo : les chevaux 
secouent leurs grelots. 

dëda (frv. dindan), s. m. Branle d'une 
cloche. Il Par ext. et familièrement, le bruit 
cadencé de la sonnerie. | ô-n û le dëdâ de 
la grôsa hlotsè : on entend le dindan de la 
grandecloche. 



dësè, adv. Ainsi, comme cela. | fô fére 
dëse dû : il faut donc faire ainsi. || dèse séi 
se : ainsi soit-il. 1| dëse ko dësè : ainsi 
qu'ainsi (c'est la même chose). || pT dësè : 
couci-couci. Il dës'é dësè : ainsi et ainsi ; 
sorte d'entrée en matière. Quand une per- 
sonne a un message difficile ou désagréa- 
ble à faire faire, elle commence par dire à 
celui qui doit le transmettre : te léi deréi : 
dës'é dësè, ne no se désidâ : tu lui diras : 
ainsi et ainsi, nous nous sommes décidés.... 
Quand une personne parle d'une affaire im- 
portante qu'elle a eu à traiter avec une autre, 
elle dit : léi-g é dé : dës'é dësè... je lui ai 
dit : ainsi et ainsi — Cf. kosë. 

dëtg, V. a. Edenter, ébrécher. | fô pà mé 
delà mé talë : il ne faut pas m'ébrécher mes 
ciseaux. | te m'a dëtà mô pTno : tu m'as 
édenté mon peigne. — Syn. ëdëtà. 

difanià, v. a. Diffamer. 

difamë, adj. m. Diffamant; usité seule- 
ment dans : teni déi propû difamë : tenir 
des propos diffamants. 

diferà, v. n. Différer. | se vou pà diferà 
dé grô : cela ne différera pas sensiblement, 

diferë (1), s. m. Différend. | ne pnrtadzérë 
le diferë : nous partagerons le différend ; se 
dit par le vendeur ou l'acheteur quand ils ne 
sont pas d'accord sur le prix. 

diferë {2)-ëta, adj. Différent-e. 

diferëmë, adv. Différemment. 

diferësè, s. f. Différence. | ne vii rë fére 
dé diferës' être mé-z ëfà : je ne veux faire 
aucune différence entre mes enfants (allu- 
sion à un testament). | léi-y a ôna tèrbla 
diferës' être sou du kivà ; il y a une très 
grande différence entre ces deux individus. 

difnrmo-a, adj. Difforme. 

diksyenéro, s. m. Dictionnaire. 

diktà, V. a. Dicter. | diktà ô tëm'a 
l'ékilla : dicter un thème (faire faire une dic- 
tée) à l'école. 

dilapida, v. a. Dilapider. 

diminiisyô, s. f. T. de tricotage, diminu- 
tion du nombre des mailles d'un tricot, |ô/â 
déi diminiisyô dézo é désii le talô é ou bé 
don pyë : on fait des diminutions sous et sur 
le talon et au bout du pied [du bas]. 

diminiivà, v. n. Diminuer. | la nâi l-a bë 
diminuvà : la neige a bien diminué. || Se 
réduire. | mô dyii, kemë si bûro l-a dimi- 



DIS 



116 



DIS 



nûvâ : mon Dieu, comme ce beurre s'est ré- 
duit. Il Réfl. ma sepa s'é bë diminuvàifê 
kwéizè : ma soupe s'est bien réduite en cui- 
sant. — Cf. dékréhrè. 

dina (1), v. n. Dîner. ] dinâ dé léitya é 
d'5 krohô dé pa keinè lé-z ôtro ijâdzo : 
dîner de petil-Iait et d'un croûton de pain 
comme autrefois. | lé-z ôtro i/âdzo ô 
dinàva lue-t oure dou mate; ora 5 
din'ëtr'Ôz'oiir'é midzwa : autrefois on dî- 
nait à huit heures du matin; à présent on 
dîne entre onze heures et midi. | fér'a dinâ : 
faire [qu'on ait] à dîner. || kâ fô bâU apréi 
dinâ, l-é kà ô-n a mô dinâ : quand il faut 
bâiller après dîner, c'est quand on a mal 
dîné. Il Pr. ke dwà diné. \\ Réfl. Prendre son 
dîner. | vo fô vo dinâ : il vous faut vous 
dîner. | gràmasi bë, mé sii bë dinâyè : 
merci bien, je me suis bien dînée (j'ai bien 
dîné). I te saréi prou té dinâ salé : tu sau- 
ras bien te dîner seul. | tëke té bë dinâ : te 
voilà [ayant] bien dîné. 

dinâ (-2), s. m. Dîner. | Ô dinâ dé 
tsèrûva : un dîner copieux. | Ô dinâ dé 
maso : un dîner de maçon (de pain et de fro- 
mage). I 5 dinâ dé kréivafà : un diner où 
il n'y a rien à manger. || pwéizi le dinâ : 
dresser le dîner. | porta le dinâ, porta a 
dinâ : porter le dîner au champ, à la vigne, 
etc. Il Comme dédzounâ, le mot dinâ sert 
aussi à désig-ner la vaisselle du repas. | l-â 
adzetâ ô béi dinâ blà a raye rodzè : ils ont 
acheté un beau service à dîner blanc à raies 
rouges. 

diho-a, adj. Digne, j n'é pâ dino d'avéi 
a béir'é a medzi : il n'est pas digne d'avoir 
à boire et à manger. || Efficace. | 5 ré- 
mâido diho : un médicament efficace. | ôna 
plâta dina : une plante qui a des vertus. | le 
fài d'à pwë rodzo l-é pie dino tyé si d'en 
ôtro : le fiel d'un porc rouge a plus d'effica- 
cité que celui d'un autre. 

dirièi, v. a. Diriger. 

disëdrè, v. a. Distinguer, reconnaître. 
\pû asetii pâ mé disëdre le blû dou ne : je 
ne puis bientôt plus distinguer le bleu du 
noir. I disëzo pu bë lé dzë ; je ne reconnais 
pas bien les gens. | o pou disëdre lé mô- 
tane diisè : on peut distinguer les montagnes 
d'ici. I Vé disësa du to le : je l'ai reconnue 
de tout loin, 

disëtéri, s. f. Dysenterie. 

diskôtinùvâ, v. a. Discontinuer. 



diskwârda, s. f. Discorde. 

disolii-iiva, adj. Dissolu-e. 

disparéhrè, v. a. Disparaître. | fâ dispa- 
réhre sen èrdzë kâ bô léi sëblè : il fait dis- 
paraître (gaspille) son argent quand bon lui 
semble. 

dispersa {se), v. r. Se disperser. | a la 
môtahe lé béise se dispersa Ô pu pèrto : à 
la montagne, les bêtes se dispersent un peu 
partout. 

dispësa. Var. de dépësa (2). 

dispozâ, v. n. Disposer. 

disputa, s. f. Dispute, querelle. | l-â zou 
ôna ta grôsa disputa : ils ont eu une si 
grande querelle. 

disputa, V. n. Disputer, quereller. | dis- 
pute dzwa-r é né : il dispute jour et nuit. 
\disputa fâ ke te vudréi : querelle tant 
que lu voudras. || Abusivement, ce mot 
s'emploie au sens de gronder, faire des re- 
montrances. I fâ rë tyé dé disputa : il ne 
fait que gronder. | mé dispute po rë : elle 
me fait des remontrances pour rien. || Réfl. 
sô déi ta pute dzë, fâ rë tyé dé lou dis- 
puta : ce sont de si vilaines gens, ils ne 
font que se quereller. | se sô disputâye 
tâk'a la sâra né : elles se sont querellées 
jusqu'avant dans la nuit. 

dispûtâyé (frv. disputée), s. f. Le fait de 
disputa. I l-a résu ôna buna disputâye : il 
a reçu une bonne remontrance. 

(listâsè, s. f. Distance. 

distilâ, v. a. Distiller. | distilâ dou brâ- 
tevë : distiller la lie de vin pour faire de l'eau- 
de-vie. | distilâ dou dzâino, déi serTzé : d.\s>- 
tiller du marc de raisin, des cerises. | ora 
k'ô distile tote lé mônétyâ don modo, lé-z 
omo pivÔ se sûlâ a bô martsi : à présent 
qu'on distille toutes les saletés (rebuts) du 
monde, les hommes peuvent se soûler à bon 
marché. — Cf. déstilâ. 

distré-étè, adj. Distrait-e. | l-é trû distréte 
po rateni se k'Ô léi di : elle est trop dis- 
traite pour retenir ce qu'on lui dit. 

distrérè, v. a. Distraire. | léi-y a disiré 
ôna pusëla soma : il lui a distrait une forte 
somme. 

distribiisyô, s. f. Distribution. 

distribûvâ, v. a. Distribuer. 

distribuvâyé (frv. distribuée), s. f. Dis- 
tribution. Il Fig. l-a résii Ôna distri- 



DOL 



— 117 — 



DOU 



biivâye dé kii dé bâsô : il a reçu une distri- 
bution de coups de bâton. 

disii/iisi/ô, s. f. Discussion. — Cf. dés- 
ftjiisyô. 
distijiitâ, V. a. Discuter. 

ditô, s. m. Dicton, proverbe. | lé ditô 
déi-z âhà s5 bê vretàblo : les dictons des 
ancêtres sont bien véritables, dit-on, quand, 
par hasard, l'un d'eux se réalise. H nûhré-z 
âhâ ne lëza, né n'ékrizâ, rnà éi miizâvà é 
l-â trovâ tî son ditô ke no ne saréi trovâ 
on dzCùa dé wûi : nos ancêtres ne lisaient 
ni n'écrivaient, mais ils pensaient et ils ont 
trouvé tous ces dictons que personne ne 
saurait trouver aujourd'hui. 

diverti {se), v. r. Se divertir, s'amuser. 

divizn, v. a. Séparer, désunir. 

divizyç, s. f. Division, désunion. | léi-y a 
zou grô dé divizyô pér êkè ; il y a eu beau- 
coup de désunion par là. 

divorsà {se), v. r. Divorcer. | lé-z ôtro 
yàdzo n'Tre pâ ta keniûdo dé se divorsà; 
faléi grô dé kôpiirnè : autrefois il n'était 
pas facile de divorcer, il fallait beaucoup de 
façons. 

divôrsè, s. m. Divorce. | l-a démâdâ sô 
divôrsè : il a demandé le divorce. 

divulyâ, v. a. Divulguer. 

diyéla {{), s. f. Diète, assemblée législa- 
tive qui régit la Confédération suisse jus- 
qu'en 1848. 

diyéta {■£), s. f. Diète. | le mâidzo l-a 
ordenâ la diyéta : le médecin a ordonné la 
diète. 

dizéta, s. f. Disette. | Va séz'é l'a 
dyizesa l-à ésâ déi-z ânàye dé grôsa 
dizéta : les années 1816 et 1817 ont été des 
années de grande disette. 

dizyémo-a. Var. de dyizyémo. 

dobledzi, v, a. Forme particulière pour 
obledzi. Voir ce mot. 

dodii-iiva, adj. Dodu-e. 

dola (frv. dole), s. f. Talus bordant un 
chemin. Surélévation de terre en rang con- 
tinu sur lequel on fait une plantation. | fô 
plâtâ lé tsiihlâu sii ôna dola : il faut planter 
les choux-fleurs sur une dole. — Cf. tâliï. 

dolê-èfa, adj. Dolent-e, languissant-e. | sa 
fêle l-é ta dolêta : cette fille est si languis- 
sante. — Cf. do lé. 



dplè, s. f. Douille, ou partie creuse et 
cylindrique d'un instrument aratoire, dans 
laquelle on fait entrer le manche. | la dole 
d'ô fosâii : la douille d'un fossoir. \\ Houe 
du sercloret. 

dolé-éla, adj. Douillet-te, délicat-e. |// sé-t 
èfâ sô dèse dolé : tous ses enfants sont ainsi 
douillets. — Cf. dolè. 

domèstikè, s. m. Domestique. | se von 
férÔ pusè domèstikè : cela donnera un vail- 
lant domestique. i| Pr. lé bô métré fâ lé bô 
domèstikè. — Syn. dyèrsô. — Voir sèrvèta 
pour le fém. 

domina, v. n. Dominer. | l-âme là do- 
mina : il aime tellement à dominer. 

dona (trv. donne), s. f. Dame, mère. Mot 
d'importation fribourgeoise, peu usité à Blo- 
nay. | la dona éfa la méizô '? la mère est- 
elle à la maison ? i| Pr. esê, prè mé, lèse 
mé ta dona. \\ lé vene déi donè : les vignes 
des Dames. | éi donè : aux vignes des 
Dames. On appelle ainsi des vignes sises 
près des Chartreuses et possédées jusqu'en 
1847 par les religieuses de la Part-Dieu à 
Fribourg. || la dona dé biïlo : la donne de 
Bulle. 

dora, V. a. Dorer. | déi rezë dora : des 
grappes dorées. 

dorirè, s. f. Dorure. 

dorlota {se), v. r. Se dorloter. 

dosyé, s. m. Dossier. 

dota, V. n. Douter. 

doto, s. m. Doute. | sii ôko de le doto : 
je suis encore dans le doute. 

dou. Du. Voir dé et lé. 

douhâii, s. f. Douceur. | sa fêle n'a rè dé 
douhâii; sèbl'ô-n omo : cette fdle n'a aucune 
douceur ; elle semble [être] un homme. 

donsamè, adv. Doucement, doucettement. 
éi déveze ta donsamè k'ô ne la kôprê pâ : 
elle parle si doucement qu'on ne la comprend 
pas. I va léi to donsamè : vas-y tout dou- 
cement. 

donsené-éta, adj. Qui a une douceur fade 
et désagréable. | se l-é trii dousené, ô jioit 
pà le medzi : c'est trop fade, on ne peut pas 
le manger. 

dousé-éla, adj. Dim. de dûii, dâiisa. Un 
peu doux, doucet-te, doucereux-euse. | lé-z 
omo n'âmô pâ le medzi dousé : les hommes 
n'aiment pas le manger un peu doux. || sa 



DOD 



— 118 



DRA 



fémala l-é 5 bokô trû douséta : cette femme 
est un peu trop doucereuse. 

dosâna, s. f. Douzaine. | tréç'a la do- 
zSna : treize à la douzaine (bon poids, 
bonne mesure). | vèdr'a la dozana : vendre 
à la douzaine. | vèdre pè doçânê : vendre 
par douzaines. 

dosé, adj. num. et s. m. Douze. | doz'a 
la doçàna : douze à la douzaine. | l-a préi 
se doz'à : il est entré dans sa douzième an- 
née. I l-a to dé dozè : elle a tout par douze 
(chaque article de son trousseau compte 
douze objets). | le nirnerô dozé : le numéro 
douze. Il Pr. doze mehï, iyëze màlô. 

dô, adv. (pour dit yà). D'où? dans l'ex- 
pression dô vè ke ? I dô oè ke se sô kulâi ? 
d'où vient qu'ils sont partis? 

dôba, s. f. Daube. 

dôdô, s. m. Dodo. | fére dôdô : dormir. 
\alâ dôdô : aller dormir. — Cf. nônô. 

dçmo, s. m. Dôme, pig'non. Elle était bien 
rare autrefois la maison qui n'avait pas son 
dômo ; il devait donner du jour au galetas 
et permettait de guinder le bois au moyen 
de la poulie. Un dômo occupait parfois la 
paroi d'un toit dont le faîte s'élevait plus 
haut que le toit inférieur. Suivant la disposi- 
tion des lieux, une maison pouvait avoir 
deux dômo, l'un inférieur, sur les apparte- 
ments, et l'autre supérieur, mais rentrant. 

dôsâ, v. a. Forme particulière pour ôsâ. 
Voir ce mot. 

dô (1), s. m. Don, présent d'une certaine 
importance. | le vTlo dzedzo bartsé l-avéT 
fé 5 dô dé dyi mile frâ a sa kamena : le 
vieux juge Barichet avait fait un don de dix 
mille francs à sa commune. || dô gratwi : 
douaire. 

dô (2), conj. Donc. | ne vë dô a la venè : 
nous allons donc à la vigne. || Ce mot n'est 
guère usité que lorsqu'il y a insistance d'un 
côté et refus de l'autre. | di mé dÔ se ke 
fâ : dis-moi donc ce que tu as. | te ne voa 
dô pâ le féré : tu ne veux donc pas le faire. 
\va léi dô té mïmo : vas-y donc toi-même. 

dôdâ (frv. donder), v. n. Dormir, som- 
meiller étant assis^ la tête penchée en avant. 
\kâ l-é ytï ke se météi a dôdâ, mé su 
kulâi : quand j'ai vu qu'il se mettait à som- 
meiller, je suis parti. | dôdâve dza le grÔ 
mate : il dormait déjà de fort bonne heure le 
matin. — Syn. toukâ ; cf. dzoukâ. 



dôdâyè, s, f. Somme. | l-a fé ôna 
pusëta dôdây'ou préidzo : il a fait un long 
somme au prêche. — Syn. toakâyê ; cf. 
dzonkâyé. 

dôdëna (frv. dondaine), s. f. Femme qui 
a beaucoup d'embonpoint. Ce mot est pris 
dans un sens méprisant. | ôna grôsa dô- 
dëna : une grosse, laide femme. 

dôdô, s. f. Dondon. 

dôdzerâû-âiiza, adj. Dangereux-euse. 

dôdzi, s. m. Danger. | léi-y a rë dé 
dôdzi ëkè : il n'y a là aucun danger. | léi-y 
a pâ dé dôdzi ke ne le fasa : il n'y a pas à 
craindre que nous le fassions. 

dôtâ, V. a. Dompter. 

dôzala, s. f. Donzelle. | alà maryâ ôna 
dôzala kemë sa ëkè, fô pâ éihre môlébayi 
se le mèinâdzo ne va pâ : aller épouser une 
donzelle comme celle-là, il ne faut pas s'éton- 
ner si le ménage ne va pas. 

dra, s. m. Drap. | ôna téisa dé dra : le 
bout d'une pièce de drap. | dou dra dé mi- 
litéro : du drap d'uniforme. | dou dra dé 
savoyâ : du drap de Savoyard, drap blanc- 
roux dont on fait les guêtres. || dézo dra : 
voir dézo. 

dradyéta (frv, draguette), s. f. Cliquette. 
\féralâ se dradyétè : faire mouvoir ses cli- 
quettes. 

dradyéta, v. n. Se servir des dradyétè, 
cliqueter. | lé valoté l-aprënô vito a dra- 
dyéta : les garçonnets apprennent vite à se 
servir de leurs cliquettes. 

dragô, s. m. Dragon, soldat de cavalerie. 
I ëtrâ de lé dragô : entrer dans le corps des 
dragons. || Fig. Homme ou femme brusque 
et téméraire. | tyë dragô tyé sa fémala / 
quel dragon que cette femme ! 

dragima, s. f. Dragonne. 

drapô, s. m. Drapeau. 

drapyé, s. m. Drapier. | ô martsà dra- 
pyé : un marchand drapier. 

drâi, drâitè, adj. Droit-e, sans courbure 
ni flexion. | se teni béi drâi, bala drâitè : 
se tenir bien droit, bien droite. | éihre 
drâi : être debout. || Pr. si ke va pè le 
dréi isemë ne se détwârne dé rë. \\ Adv. 
Droit, juste. | ëtrâ to drâi : entrer tout 
droit, tout de go. | alâ dréi bà : mar- 
cher en ligne droite du côté du bas. | dréi 
I dèréi la méizô : juste derrière la maison. 



DRE 



119 



DRO 



{ léi-y a fyë dréi su le nâ : il l'a frappé 
juste sur le nez. |I Adj. et s. m. et f. 
Droit, opposé à gauche. | le kôté drCii 
iloii rijô : la rive droite du ruisseau. | a mû 
(Irâitè : à main droite. || la drâit'é la gôisè : 
la droite et la g'auche. || S. m. Droit, part, 
portion. | bali lé drài a kôlîô : donner 
les droits (donner raison) à quelqu'un. | ô 
dréi dé bê : un droit de possession, de terri- 
toire. I l-a s5 drài : il a ce qui lui revient 
de droit. | ne pou né ègadzi né rèdre sô 
lirai : il ne peut ni ençag-er ni vendre sa 
part. I rou pâ lési sô dréi ou Isa ê dévezè : 
elle ne laissera pas sa part au chat en par- 
lant (elle parle beaucoup). || sii prou puta 
mô drài : je suis pour ma part assez laide, 
disait jovialement une vieille femme. j| Pr. 
isakô sô drài n'é pà détrû. 

drâtsé (frv. dràche), s. f. Dépôt noirâtre 
qui se forme dans le beurre quand on le fait 
fondre. | dou kuno a la dràtsè : du j^àteau 
à la dràche. — Cf. fôdrela, satsè (2). 

dremi, v. n. Dormir. | fô ke te drenié 
kemë ô plo po ne rë iirè : il faut que tu 
dormes comme un plot (une souche) pour ne 
rien entendre. | le bè léi vë ë dremesë : le 
Lien lui vient en dormant. | dremi a la 
àal'ésâila : coucher à la belle étoile. | dremi 
kemë ô bénirâii : dormir comme un bien- 
heureu.'s. || Pr. ke dwà dinè. \ fo lési le tsë 
kà divâ, kâ l-é révéli éi mwâ. 

dremijn, s. f. Sommeil. | férôna buna 
dremija : t^ire un bon somme. — Syn. sono. 

dremyftii-âûsa, s. m. et f. Dormeur-euse. 
jn'ê pà lezi dé fére lé dremijùiize wâi : 
nous n'avons pas le temps de faire les dor- 
meuses aujourd'hui. | te mé fà ôna pûta 
dremyâiiza : tu es une mauvaise coucheuse 
{cf. dremyâ). 

dremyâ-âda, s. m. et f. Celui, celle qui 
aime à dormir. | tyë dremyâ ! quel dor- 
meur ! I né èamé yii ôna iola dremyûdu : 
je n'ai jamais vu une telle dormeuse. — 
Cf. dremyâ a. 

dréhi, v. a. Dresser. | dréhi ôn'étsîla : 
dresser une échelle. || Réfl. se dréhi sii le 
bé déi pi : se dresser sur la pointe des 
pieds. Il Pr. se dréhi kemë ô pyâii su ô 
molâ. 

dréitamë, adv. Droitement. 

dréiti-Jrè, adj. Droitier-ère. | de sa 
famile léi-y ë-n a pâ yÔ ke séi dréiti : 
dans cette famille il n'y en a pas un qui soit 
droitier. — On dit aussi dréityi. 



dréityJ-Trè. Var. de dréiti. 

drénâ, v. a. Drainer. 

drë, s. m. Drain. 

driyâiré, s. f. Grossier sas ou tamis pour 
passer les céréales et surtout les fèves. | ara 
k'ô plate rë mé dé fùrè, ô n'a pâ mé fôta 
dé driyâiré : à présent qu'on ne plante plus 
de fèves, on n'a plus besoin de driyâiré. 

driya (frv. drier), v. a, (vieilli). Faire 
passer par la driyâiré, sasser. | lé-z ôtro 
ku ô driyâve tote lé fàvè é lé-z être 
yrân'asebë ; ora se se fà rë mé : autrefois 
on sassait toutes les fèves et les autres 
g'raines aussi ; maintenant cela ne se pra- 
tique plus. 

drobla, v. a. Doubler. 1 droblà déi-z àlô : 
doubler des vêtements (ayn. J'orà). \ droblà 
déi tsotisô : mettre intérieurement des pièces 
aux talons des bas |)our les rendre plus 
forts (syn. kapà). \\ droblà déi Isavô : ajou- 
ter d'autres chevaux pour la montée. | Abs. 
sô zou droblà : ils sont allés doubler [les 
chevaux]. || droblà ô rë dé vené : doubler 
un rang- de vigne, cW»-d. doubler le nombre 
des ceps d'un rang situé le long d'un mur 
ou d'un chemin. 

droblirè, s. f. Doubhu'e. | la droblire l-a 
soutà : la doublure a crevé, s'est déchirée par 
trop de tension. 

droblo-a, adj. Double, j fére le droblo 
mëiô : faire le double menton. | ô fourdà a 
droblr fatè : un tablier à doubles poches 
(tablier de voleur), il l-é drobla : elle est 
double ; se dit d'une fille enceinte. || Fig. ô 
droblo fu : un double fou, homme qui rai- 
sonne très mal. || S. m. et f. ô droblo : un 
double, cheval de renfort qu'on attelle pour 
la montée. i| te pou sëdrè être lé drobl'é lé 
sëlè : tu peux choisir entre les doubles et les 
simples ; se dit de fleurs. 1| ou droblo : au 
double. I payi ou droblo : payer double. 
\medzi ou droblo : manger au double (deux 
fois sa ration), jl Adv. ocre droblo : voir 
double. ; métré droblo : mettre double. 

droblo, s. ra. Sorte de rouleau de foin qui 
se forme sous les traînes. — On dit aussi 
rédroblÔ. — Syn. yredyé. 

drôlamë, adv. Drôlement. | fà drôlamë 
se arëdzi : tu as arrani^é cela drôlement. 

drôléri, s. f. Drôlerie. 

drôlésa, s. f. Drôlesse. 

drtjlo-a, adj. et s. m. et f. Drôle. ' ô krûyo 



DU 



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DU 



drôlo : un mauvais drôle. | ôna drôla dé 
férnala : une drôle de femme. | ô pûro 
drôlo : un pauvre drôle (un homme digne 
de compassion). | l-é ta drôlo : il est si drôle. 

drûga, s. f. Drogue. || Par ext., ce qui 
est mauvais en son genre. | te ne té léséréi 
pâ bail de la drûga : lu ne le laisseras pas 
donner [par le marchand] de la drogue. | se 
n'e tyé de la drûga : ce n'est que de la 
drogue (mauvaise marchandise). 

drûga, v. a. Droguer. 

drûgéri, s. m. Droguerie. 

drûma, s. f. Tumeur calleuse chez le che- 
val, résultant d'un refroidissement. | léi-y é 
venu ôna piisëta drûma : il lui est venu une 
grosse tumeur. 

dru, driiva, adj. Dru-e. | ô tsavô drâ : un 
cheval dru, vigoureux. | déi plate drû^è : 
des plantes drues, serrées. || Gras, grasse en 
parlant de la terre. | si tèrê l-é drii : ce 
terrain est gras. | ôna vehe drû^a : une vigne 
dont la terre est grasse. 1| Adv. éi plou dru : 
il pleut dru. | l-a nu dru sti-l ivë : il a neigé 
dru cet hiver. 

driidzè (frv. druge), s. f. Tout engrais 
qui sert à augmenter la fécondité de la terre. 
|«'e tyé atâ k'ô mé dé driidz'ou tèrè ke 
rapwârte ôkè : ce n'est qu'autant qu'on met 
de l'engrais au terrain qu'il rapporte quelque 
chose. I mètre de la buna driidzè : mettre 
de bon engrais. | l-â èsâ awè lé béise lé 
damô po fére de la driidzè : ils ont été avec 
le bétail sur les monts pour faire du fumier. 
Il Fig. Aisance, bien-être. | se plèdre dé 
drûdzè : crier famine sur un tas de blé. | la 
driidzè léi twâ le ku : la druge lui tord le 
cou (le bien-être ne le satisfait pas, il devient 
difficile et se trouve malheureux). || déi 
léitrô dé drûdzè : des laitues vireuses. — 
Cf. êgré, fémé, lizé. 

driidsèyi {se), v. r. S'ébattre, en parlant du 
bétail. I fô vëre kemê lé béise se drudzéyô 
ou furi kâ ô lé sô po le premi yâdzo : il 
faut voir comme le bétail s'ébat au prin- 
temps quand on le sort pour la première fois. 

du, diPè, adj. num. Deux. | diive fémalè : 
deux femmes. | du pèr du : deux à deux. 
\po se maryà fô éilire du : pour se marier 
il faut être deux. | ne fére né yÔ né du : ne 
faire ni un ni deux, j fére dà'"e fôdè : faire 
deux lots dans un partage. | tî du, tote 
diivè : tous, toutes les deux, j yena déi 
dii^è : l'une des deux. || Pr. dzenele ke 



tsâtè, fêle ke siiblè, lou fô twâdre le ku a 
tote dûi>è. Il du ou tré : deux ou trois se 
change en dûtré (voir ce mot). || Pr. ô mô ne 
vë zamé se du. \ vô mï ô Va tyé du t'aréi. 
Iprométr'é teni l-é du. \ mètre du pi de ô 
solâ. I dii^e mése vàlô mï tyé yena. \ dû^e 
môtane se rèkôtrô pâ, ma sesé bë diii>e dzë. 
\\^. m. le du dé karô : le deux de carreau. 

dulo, s. f. Douleur, spécialement douleur 
rhumatismale. | l-é plë dé dulô : il est plein 
de rhumatismes. 

durzô, s. m. Durillon de la peau prove- 
nant de la piqûre d'un insecte, j léi vë ô 
durzô ou bé dou dâi : il lui vient un durillon 
au bout du doigt. — Cf. ko. 

dusétè, s. f. Espèce de voile noir que les 
femmes portaient autrefois sur un bonnet 
blanc appelé béréta. 

dusinè, s. f. Doucine, sorte de rabot. 

dû sa, s. f. Gousse des pois, fèves, hari- 
cots. II ne faut pas confondre la dûsa,. 
qui est l'enveloppe verte des légumineuses,, 
avec la gwâfa, qui en est la première peau, 
soit la robe. | ôsâ lé dûse déi fàvè : ôter les 
gousses des fèves. 

dû (1), diira, adj. Dur-e. | de la mota 
dura : du fromage dur. | la pâsa l-é veîia 
dura : la pâte s'est durcie. | don bu dû : du 
bois dur, chêne, hêtre, par opposition au 
bois tendre, sapin, etc. || la vatse l-é dura : 
la vache est dure [à traire], c.-à-d. qu'elle ne 
donne pas volontiers son lait. || de l'éiwe 
dura : de l'eau dure, dans laquelle les ali- 
ments cuisent difficilement. || Fig. ô-n omo 
dû : un homme rude. | dremi su la dura : 
dormir sur la dure. || Adv. l-ûdzo dû : 
j'entends difficilement (j'ai l'oreille dure). 

dû (2), prép. De, dès, depuis. | alâ a 
vevâi dû gevèrnâ : aller à Vevey après 
avoir soigné le bétail. | se tsértsô dû la 
grâtë : ils se cherchent depuis longtemps. 
\dû kâ ke fâ si bâû? depuis quand as-tu 
ce bœuf? I l'é pâ réyûsa dû tsalàdè : je ne 
l'ai pas revue depuis Noël. | dû midzwa : 
depuis midi. | dû le premi tàk'ou dèrâi : 
du premier au dernier. | l-é tseza dû le 
hlotsi : elle est tombée du clocher. | dû 
pâk'a pëtékosa : dès Pâques à Pentecôte. 
\sé kulâi dû lé tré-z âûrè : il est parti dès 
les trois heures. | sei^'a la niéizô dû démâ : 
il sera à la maison dès demain. | dû adÔ .' 
dès lors. I dû le, dû préi : de loin, de 
près. I dû vevâi a mur ho : de Vevey à Mon- 
treux. I dû desâdo a delÔ : de samedi à 



DYA 



121 



DYA 



lundi. I va-t ë dû pèr ëkè : va-t'en de par 
ici. I di'i I/o ke te ?>?:■' d'où viens-tu? \\ fo 
rè (lérè(hi dii kemë /'e mé : il ne faut rien 
déranger de comme je l'ai rais (de l'arrang'e- 
ment que j'ai fait). || Pr. dii la hlorija tâk'a 
la mourija léi-y a séi senânè. 

dtïk, s. m. Duc. 

dnmidzi'ôa, s. m. Après-midi. | léi-ij 
oiidri ôna ivârha sti diimidzwa /j'y irai un 
instant cet après-midi. | l-a to se fé d'à 
diimidzwa : ils ont fait tout cela d'un après- 
midi. — Syn. apréimidzwa. 

diipa, s. f. Dupe, 

diipà, V. a. Duper. 

diisè, adv. [dii se). D'ici. | léi-y a ôiï'âiira 
diis'a vevâi .• il y a une lieue d'ici à Vevey. 
\l-é lu'ija diisè : il est parti d'ici. | diis'a la 
sëdzà : d'ici à la Saint-Jean. | diis'ë-n évâ : 
dorénavant. | diis'e levé : dès à présent à 
plus tard. 

dtitré, adj. num. Deux ou trois, quelques- 
uns. I diitré dzenelè : deux ou trois poules. 
I léi s5 diitré po ne rè férè : ils y sont deux 
ou trois pour ne rien faire. | n-ë prëdri 
diitré .'j'en prendrai quelques-uns. — Cf. du. 

diizora, adv. Désormais, dès maintenant, 
dès à présent. | diizora léi-y a rë mé a 
atëdre dé bÔ : dès à présent il n'y a plus rien 
à attendre de bon. | diizora te léi-y oudréi 
sole : désormais tu y iras seul. 1| diizora ë 
levé : dorénavant. 

dyabla, v. n., construit avec férè. Faire 
damner, endiabler, enrager, | si voudéi 
d'ëfà mé fâ dyabla : ce sorcier (vaurien) 
d'enfant me fait damner, j té fô pâ mé /ère 
dyabla kosë, se tye yâ f il ne te faut pas me 
faire endiabler ainsi ; sans quoi, gare ! 

dyablésa, s. f. Diablesse, méchante femme. 
\nô ne pou vivrawé sa dyablésa : personne 
ne peut vivre avec cette diablesse. — Cf. 
dyaknna . 

dyablota, v. n., employé par euphémisme 
pour dzerà. Jurer. | tyé ke fâ ta a dya- 
blota ? qu'as-tu à tant jurer? || Avec férè, 
faire enrager, j si peti mé fâ dyablota : cet 
enfant me fait enrager. 

dyaboliko-a, adj. Diabolique. \mé roudzâi 
se sou-z ëfâ sô pâ dyabnlikol [que le 
diable] me ronge si ces enfants ne sont pas 
diaboliques ! 

dyakiina, s. f. Diablesse, drùlesse. | dya- 
knna dé fémala ke t'éi ! diablesse de femme 



que tu es! 1| dyaknna krèrâi se le léi 
rédyo ! que la diablesse crève si je le lui 
redis ! — Le sens patois est très adouci. 

dyakunâ, v. n., usité seulement dans l'ex- 
pression : té dyakunéi pî I au diable soit de 
toi ! servant à manjuer la surprise et un vif 
mécontentement à la vue d'une personne qui 
laisse tomber, qui renverse, qui casse quel- 
que chose. C'est le seul exemple que je con- 
naisse de ce verbe. 

dyâblamë, adv. Diablement. 

dy('ihlo-a, s. m. et f. Diable, mAle et 
femelle. | l-é kemë ô dyâblo : c'est un vrai 
diable. | 5 pûro dyâblo : un pauvre hère. 
|ô bô, ô krûyo dyâblo : un bon, un mau- 
vais diable. || s'ébayi tyë dyâblo l-oudre 
se furâ ëke le premi ! je me demande 
quel diable ira se fourrer là le premier, 
disait un homme en regardant le cimetière 
neuf établi en 18.3;{ prés de la chapelle. Ce 
fut lui. I tyé ke dyâblo te fâ ëkè ? que 
diable fais- tu là? | don dyâblo se m'ë 
méhlo ! du diable si je m'en mêle ! | dyâblo 
le mo lou rédyo : du diable si je leur redis 
un mot. Il l-â le dyâblo po fére sosè : ils 
ont le diable pour faire ceci (ils aiment à 
le faire). || to le dyâblo é sô trë : tout le 
diable et son train. || le dyâblo l-é de sa 
tâna : le diable est dans sa t;mière (la paix 
est rentrée au ménage). | se te fâ se, tî lé 
dyâb/u sera désatsi ou détséinâ : si tu fais 
cela, tous les diables seront détachés, ou dé- 
chaînés (il y aura du scandale). || teri le 
dyâblo pè la tyii'Oa : tirer le diable par la 
queue (utiliser jusqu'aux moindres choses, et 
aussi être très intéressé). || fâ ôna bize dou 
dyâblo : il fait une bise du diable. | se l-é fé 
a la dyabla : cela est fait à la diable. || Le 
mot dyâblo a donné lieu à une foule de jure- 
ments et d'imprécations dont voici les plus 
importants. | le dyâblo m'ëlévâi se... le dia- 
ble m'enlève si.... | le dyâblo mé bnrlâi se... 
le diable me brûle si.... | le dyâblo tésoléréi 
pîl le diable te soulève seulement (l'em- 
porte). I Sarorie dou dyâblo : charogne du 
diable. | pu dyâblo, va I vilain diable, va ! 
\mé balo ou dyâblo se né pâ veré : je me 
donne au diable si ce n'est pas vrai. | Avec 
ellipse de dyâblo. \ mé roudzâi se léi vé ! 
[le diable] me ronge si j'y vais! | té pwéisé 
se pî ! [le diable] te puisse-t-il (te possède) 
seulement! \\ Pr. mé le dyâblo l-a, mé vou- 
dréi avâi. \ le dyâblo kak'adéi ou mîmo 
môtÔ. I ou maryâdzo éa la mwâ, le dyâblo 
fâ sé-z éfwâ. — Cf. pyogè. 



DYE 



— 122 — 



DYE 



dyâstro, s. m. Var. de dyâstro. \ dyâstro, 
por rnè...! diable, quant à moi...! || ôna 
pèriika doii dyâstro : une perruque du dia- 
ble (une énorme chevelure). 

dyâstramê, adv. Dianlrement. | fâ dyàs- 
tramè frûi : il fait diantrement froid. 

dyàstro-a , s. m. et f. Diantre. | o 
dyâstro d'omo : un diantre d'homme. | ôna 
dyàstra dé fémala : une diantre de femme. 
I ko dyâstro vou so ke lêi-y ose zâu? qui 
diantre veux-tu qu'il y ait eu ? — Cf. dyàblo. 

dyèrdà, v. impers. Avoir une envie déme- 
surée de dire ou de faire quelque chose et 
n'oser le faire. | se mé dyèrdàve dé le férè : 
je grillais d'envie de le faire, mais je n'osais 
pas. 

dyèrdyéta, s. f. Gorge, glotte. | l-a ma 
a la dyèrdyéta : il a mal à la glotte. | kopà 
la dyèrdyéta : couper la gorge. 

dyèrgotâ, v. n. Gargouiller. | Véiwe dyèr- 
ffofè : l'eau gargouille. 

dyèrgijla, s. f. Gargouille, gouttière. 
\nûhrô tâi l-a déi dyèrgûle ke la plodse 
pâs'a travë : notre toit a des gargouilles 
à travers lesquelles passe la pluie. 

dyèrnt, v. a. Garnir. — On dit aussi 
gèrni. 

dyèrsç, s. m. (vieilli). Serviteur. | l-a bali 
le sa a tî se dyérsô : il a congédié tous ses 
serviteurs. || Pr. kâ toune damô, l'avâina 
éi dyèrsô ; kâ toune davô, Vavâina éi 
tsavô. 

dyé, s. m. Guet. Au commencement du 
dix-neuvième siècle il n'y avait pas de guet 
à Blonay. Dans les temps peu sûrs on éta- 
blissait des patrouilles. Entre 1810 et 1870 à 
peu près, il y eut des veilleurs de nuit. Ceux- 
ci avaient, paraît-il, toute latitude de crier ce 
qui leur plaisait. Les uns disaient : â! le dyé, 
bo dyé, l-a senà ô...çè : ah! le guet, bon 
guet, il a sonné on...ze; d'autres : dyé, l-é 
le dyé, éi l-a senà ye...na : guet, c'est le 
guet, il a sonné u...ne. 

dyé, dyéyé, adj. Gai-e. 

dyéirà, s. m. Plante ombellifère aux ra- 
cines traçantes. C'est une mauvaise herbe de 
jardins. | de la râi dé dyéirà : de la racine 
de dyéirà, dont on devait toujours avoir 
autrefois dans sa poche, pour se préserver 
des maléfices des sorciers. 

dyérizô, s. f. Guérison. 

dyéta, s. f. Guêtre de toile. | se fâ pâ 



grù mé dé dyétè : on ne fait plus guère de 
guêtres de toile. 

dyétapâ, s. m. Guet-apens. 

dyéta, v. a. Guetter. | le tsa dyét'ôna 
rata : le chat guette une souris. || Réfl. tyé 
ke te té dyétè ? qu'est-ce que tu te guettes ? 

dyétô, s. m. Dira, de dyéta. Petite guêtre 
qu'on met pour fossoyer. 

dyétsé, s. m. Petit baquet. | o dyétsé dé 
krâma : un petit baquet de crème. 

dyétso, s. m. Baquet, jatte à lait; baquet 
à relaver en bois (frv. bagnolet). \ lé frétai 
laïKwâ lou dyétso vè Vôdzo : les fruitiers 
lavaient leurs baquets vers le bassin. | né pâ 
mé ta la mûda dé rélavà de déi dyétso : ce 
n'est plus guère l'habitude de laver la vais- 
selle dans des baquets en bois. 

dyëra, s. f. Guerre, querelle. | la dyëra 
dou sôdèrbo : la guerre du Sonderbund. 
Wfére la dyëra a kôkô : chercher querelle 
à quelqu'un. | l-a zou ôna pusêta dyëra : 
ils ont eu une violente querelle. || Pr pâ dé 
dyëra ke ne réstéi kôkô. 

dyê, s. m. Gain. | l-â fé Ô béi dyê ê 
siïlenè tota la senâna : ils ont fait un beau 
gain en se soûlant toute la semaine. 

dyèdrè, s. f. pi. Dévidoir à allonges qui 
se visse à une table; les allonges du dévidoir. 
I rakursi lé dyèdrè : raccourcir les allon- 
ges. — On dit aussi yedè. — Cf. dévudyé, 
ékosâirè. 

dyëdyéta, s. f. Guinguette. 

dyêgana, v. n. Sonner, en parlant du 
dyègâ. \ dépatsê no, l-a dza dyëganà, ne 
serè trii ta : dépêchons-nous, le dyègâ a 
déjà sonné, nous serons trop tard. || Lambi- 
ner. I tyé ke Va ta a dyëganà pèr èkè? qu'as- 
tu à tant lambiner par là? — Cf. gâganà. 

dyègâ, s. m. Cloche d'avertissement son- 
nant un quart d'heure avant le service 
divin pour indiquer aux fidèles qu'il est 
temps de s'y rendre. Elle est indépendante 
de la sonnerie ordinaire, qui appelle trois 
fois les paroissiens à l'église. Cette clo- 
che, en argent, fut donnée autrefois par la 
famille Grand d'Hauteviile ; elle devait lui 
servir d'avertissement pour se rendre à 
temps à l'église. | senà le dyègâ : sonner le 
dyègâ. — Cf. hlotsè. 

dyétsé (frv. dienchet), s. m. Guichet, pe- 
tite porte à coulisses pratiquée à la partie 
supérieure d'une porte de cave ; on la ferme 



DYI 



123 



DYO 



quand le vin fermente. | pasâ pè le dyêlsé : 
passer par le guichet. || Par ext., petite porte 
d'un vase à vin. 

dyêtsolâ, v. a. Ouvrir et fermer le clijètsé. 
Il Poser le dyëtsé à un tonneau. 
dyida, s. f. Guide d'attelage. 
dyidâ, v. a. Guider, conduire. 
dyido, s. m. Guide. 
dyidô, s. m. Guidon. 

dyiga, s. f. Gigue, violon. | ô d:eyTve dé 
grô mé de la dyiga lé-z otro yâdzo tyé 
ora : on jouait beaucoup plus de la gigue 
autrefois qu'à présent. 

dyigârè, s. m. Joueur de gigue. | lé 
dyigâre dzeyïvâ a tote lé nosè ; ora Ion fô 
déi mtizike dé kâiiro : les joueurs de gigue 
jouaient dans toutes les noces ; maintenant il 
leur faut [aux jeunes gens] des instruments 
de cuivre. 

dyileré-éta, adj. GuilIeret-te. 

dyinô, s. m. Guignon, malheur. 

dyirlâda, s. f. Guirlande. 

dyirlâdâ, v, a. Enguirlander. | lé tsë l-ésâ 
dyirlâda dé gotrâiïzè : les chars étaient 
enguirlandés de narcisses. 

dyiza, s. f. Guise. 

dyizàna, s. f. Dizaine. Une femme à qui 
je demandais combien elle avait de poules, 
me répondit : ona dyizânu aivé le pâii : 
une dizaine avec le coq. 

dyizenâil, adj. num. et s. m. Dix-neuf. 

dyizenouvyémo-a, adj. num. et s. m. et f. 
Dix-neuvième. 

dyizesa, adj. num. et s. m. Dix-sept. 

dyizesatyémo-a, adj. num. et s. m. et f. 
Dix-septième. 

dyizewetyémo-a, adj. num. et s. m. et f. 
Dix-huitième. 

dyizewè, adj. num. et s. m. Dix-huit. 

dyizyémo-a, adj. num. et s. m. et f. 
Dixième. | s'ê mâke d'Ô dyizyémo : il s'en 
faut d'un dixième. — On entend aussi la 
forme française dizyémo. 

dyî, adj. num. Dix. | kore su se dyï-z à: 
courir sur ses dix ans (être dans sa dixième 
année). 

dyjma, s. f. Dîme. | po la dyînia, faléi 
bali ô betsé : pour la dîme il fallait donner 
un betsé. Ceci se rapporte sans doute au 



cens plutôt qu'à la dîme, qui se payait en 
gerbes. — Voir dyîmo, plus usité. 

dyJmn, v. a. Dîmer. | lé dyîmyûu dyî- 
mâvâ sii lé Isa; faléi ke tsakô lévise se 
dzérbe tote droite; le dyimyâu pasare dévà 
é n-ê i}renéi yena siï dyî : les dîmeurs (sous 
la domination bernoise) dîmaient sur les 
champs; il fallait ijue chacun levât ses ger- 
bes toutes droites ; le dîmeur passait devant 
et en prenait une sur dix. || Par ex(., dyïmâ 
kôkô : exploiter quelqu'un. 

dyT/no, s. m. Dîme. | nûhré déoâliT payïvà 
le dyînio éi bêrnwâ; léi-y avéi déi dyïmyâii 
ke l-alâvà awé ô tsë rarnasâ le dyîmo ke 
preriâ sti lé gran'é le tsenévo ; éi dépozcwà 
to se de la grÛdze don gràprâ ; ê-n apréi 
dé se, le vèdâ a l'èkâ: nos ancêtres payaient 
la dîme aux Bernois ; il y avait des dîmeurs 
qui allaient avec un char recueillir les dîmes 
qu'ils prenaient sur les graines et le chanvre ; 
ils déposaient tout cela dans la grange flu 
Grand-Pré, après quoi ils les vendaient aux 
enchères. (Les vieillards d'aujourd'hui, dont 
les parents ont été soumis à la dîme, citent en- 
core mainte famille (jui s'est enrichie par un 
accord secret fait avec le dîmeur avant l'en- 
chère). I leva le dyîmo : lever la dîme. 

dyîmyfnï, s. m. Dîmeur. | lé dyîmyaîi 
n'avà rè dé pedyî po lé pilre dzè ; îiô 
nûzàve katsi sô bê, mîmaniè se /doresâi, 
dévà ke le dyïmyâii l-ôse pasâ : les dîmeurs 
n'avaient aucune pitié pour les pauvres gens ; 
personne n'osait rentrer son bien, mêmement 
s'il pleuvait, avant que le dîmeur eût passé. 

dyîzâiiré, s. m. pi. Court repas qui se 
prend vers les dix heures et se compose en 
général de pain, de fromage et de vin. \fére 
lé dyîzâiiré : faire le repas de dix heures. 
\déi bô dyîzâiiré : un bon repas à dix 
heures. 

dyîzonrâ, v. n. (familier). Prendre le repas 
de dix heures. | ô ne dyizonre tyé è tsotê : 
on ne prend le repas de dix heures (ju'en été. 

dyo, s. m. Deuil. A la campagne on n'a 
pas de règle fixe pour le deuil ; il se porte 
très longtemps et s'étend à une parenté très 
éloignée, de sorte que, les familles étant pres- 
que toutes apparentées, il y a des personnes 
qui ne quittent, pour ainsi dire, jamais le 
deuil. Depuis (|uelque dix ans les jeunes gens 
cherchent à s'affranchir le plus possible de 
cette coutume, j le vïlo h. l-avéi mé on zilé 
rodzo po porta le dyo dé sa féna : le 
vieux H. avait mis un gilet rouge pour por- 



DYU 



124 — 



DZA 



ter le deuil de sa femme. || porta le dijo dé 
sé-z âlô : porter le deuil de ses vêtements, 
c.-à-d. user ses vêtements noirs sans être en 
deuil. Il métré bâ le dyo : mettre bas (quitter) 
le deuil. 

dyora, adv. Usité seulement dans la loc. 
adv. to dyora : bientôt, tout de suite. 

dyô,dyoza, adj. et s. m. et f. Gueux, g-ueuse. 
\ne se to dyo ora k'o n'a rê mé dé vatsè : 
nous sommes tout g-ueux, à présent que nous 
n'avons plus de vache. | 5 mehï dé dyo : un 
métier de g-ueux (qui ne rapporte rien). 
\sou dyôze dé fwine no-z à tote sani 
nûhré dzenelè : ces gueuses de fouines nous 
ont saigné toutes nos poules. || Homme, 
femme qui vit dans la débauche. | né tyé ô 
dyo : c'est un g-ueux. 

dyola, s. f. Gueule ; ne se dit g-uère qu'en 
parlant de la dyola doa lâu : la gueule du 
loup. Il En terme très bas, la bouche de 
l'homme. | m'è vil prou té trosà la dyola : 
je te casserai la gueule. || déi dyôle dé lâii : 
des gueules-de-loup, plantes qui croissent 
sur les murs. 

dyôlâ (1), V. n. et a. Gueuler. | â so asetû 
ta dyôlâ ? as-tu bientôt tout gueulé ? 

dyola (2), s. m. Gueulard. 

dyôlàyè (frv. gueulée), s. f. Le fait de 
gueuler. | fà déi dyôlâye k'ô l'û dii to le : 
il fait des giienlées [telles] (ju'on l'entend de 
très loin. 

dyôzà, V. n. Tromper, (rigauder. | fâ rë 
tyé dé dyôzà : il ne fait que trigauder. 

dyôzéri, s. f. Tricherie, trigauderie. 

dyu, s. m. Dieu. | ora l-é dévâ le bô dyii : 
à présent il est devant le bon Dieu (il est 
mort). I seradéi kemè plérè ou bô dyii : il en 
sera toujours comme il plaira au bon Dieu. 
|*e plê dyii : s'il plaît à Dieu. | le bô dyii 
éidyâ i :D]eu aidant. | ô-n onio dou bô dyii : 
un homme de bien. | l-é la pâsa dou bô 
dyii : c'est la pâte du bon Dieu (il est d'une 
extrême bonté). | dyii vo-z éidyài .' ou 
zéidyài tout court : Dieu vous aide ! | dyii 
vo-z nsistâi! Dieu vous assiste! | dyii vo 
bénè! Dieu vous bénisse! | dyii séi por no : 
Dieu soit pour nous, avec nous. | dyii té 
kôjôdè ! le ciel te confonde ! | mô dyii na : 
mon Dieu! non. | mô dyii là vùi : hélas! oui. 
\dyii mé pèrdenùi ! Dieu me pardonne ! (se 
dit après avoir fait entendre quelque impré- 
cation). I le bô dyii mé rékulè : Dieu daigne 
me recueillir. | le bô dyu no ramaséi a 



nûhrÔ pà gâhë : que le bon Dieu nous ra- 
masse à notre pain gagnant (qu'il plaise à 
Dieu de nous retirer à lui pendant que nous 
pouvons encore travailler). | le bô dyii ke 
véi to... Dieu qui voit tout.... | léi-y a ô 
dyii ke no dzedzére tî .• il y a un Dieu qui 
nous jugera tous. | le dyii déi brave dzë : 
le Dieu des braves gens (Dieu juste). | léi-g 
a ô dyii po lé sûlô : il y a une Providence 
pour les ivrognes. | dyii vole ke... Dieu 
veuille que... | /ère sô dyii dé sen èrdzê, 
dé sô vètro : faire son Dieu de son argent, 
de son ventre. || de sti dyii modo : dans ce 
[pauvre] monde de Dieu. || le bô dyii no-z è 
fase pûro! le bon Dieu nous en fasse pauvre! 
(en parlant de ce qu'on ne désire pas). || dyii 
té kôdivizè ! Dieu te conduise ! (se dit à la 
vue d'un éclair qui impressionne fortement). 
\\ pT sta mô dyii ke séi mwà! plût à Dieu 
qu'il soit mort! || Pr. préi dou mohi, le don 
bô dyii. \ le bô dyii l-a po tsakÔ ô perè. 
\le bô dyii ne di pâ : t'aréi sose, t'aréi se,. 
ma éi payé. \ éidye té, le bô dyii féidyérè. 
Il la féisa dyii : la Fête-Dieu. — Voir stadûiy 
stadyii. 

dyiirlâ (frv. trembler), v. a. Secouer, 
en parlant d'un arbre. | dyiirlâ ôna brâtsè : 
secouer une branche [pour en faire tomber 
les fruits]. | n'areve pà tî lé-z â k'ô pwése 
dyiirlâ lé premâi : il n'arrive pas tous les 
ans qu'on puisse trembler les pruniers (cf, 
sakâiirè). \\ V. n. Trembler. | to sô kwà 
dyiirlè : tout son corps tremble. — Syn. 
trebeli. 

dyiirlàyè, s. f. Action de dyiirlâ (frv. 
secouée). \ férôna dyiirlây'a n-ô premâi : 
faire une secouée à un prunier, | Action de 
secouer quelqu'un. | léi-y a bali ôna bala 
dyiirlàyè : il lui a donné une belle secouée. 

dyiirléta (frv. diurlette, gurlette), s. f. 
Tremblement nerveux causé par le froid, 
l'appréhension ou la frayeur. | l-a zou ôna 
bala dyiirléta : il a eu une belle frayeur. 

dza, adv. Déjà, j t'éi dza èkè! tu es déjà 
ici ! I te Va dza ! tu l'as déjà ! (compte que 
tu l'auras!). — Voyez zamé. 

dzabotâ. Var. de dzabotâ. 

dzabotâdzo. Var. de dzabotàdzo. 

dzalâii-âûza, adj. et s. m. et f. Jaloux- 
ouse. I l-é dzalâii sii sa féna : il est jaloux 
de sa femme, jj Envieux -euse. | né zamé yii 
déi dsè ase dzalâii tyé sou êkè : je n'ai ja- 
mais vu de gens aussi envieux que ceux-là. j l-é 



DZA 



125 — 



DZA 



dzalààza dé vëre ke sa kazena se pou ml 
métré : elle est envieuse de voir que sa cou- 
sine peut se mieux vêtir [qu'elle]. \s5 dzalâiï 
sii to le modo : ils sont envieux de tout le 
monde. | tï lé mehT sÔ dznlûii : tous les mé- 
tiers se jalousent. | léi-ij a ta dé dzalâii : il 
y a tant d'envieux. 

dzalà {{), V. n. Jalouser. | éi dzàle sii sa 
féna : il est jaloux de sa femme. 

dzalà (2), s. f. Gelée ; brûlure causée 
par le soleil aux plantes gelées. | lé vene 
préi déi rijo é déi prâ sô sedzét'a la dzalà : 
les vignes [situées] près des ruisseaux et des 
prés sont exposées à la gelée. : lé venolâ 
rédolô la dzalà : les vignerons redoutent la 
gelée. I kâ la dzalà vë sii lé hlâii, léi-ij a 
rë dé frwi ; quand la gelée vient sur les 
fleurs, il n'y a point de fruits. || Pr. apréi la 
dzalà, la lava. 

dzalà (3), v. a. Geler; brûler, en parlant 
de l'action du soleil sur les plantes gelées 
{frv. cuire). \ la dzalà dzàle lé venè : la ge- 
lée brûle les vignes. |1 V. n. lé paijizà s5 
todonlô ë pwâire dé vëre Ion vene dzalà : 
les paysans ont toujours peur de voir leurs 
vignes geler. || dzalà dé frai : geler de froid. 
I dzalà ë travalë é sa ë medzë : geler en 
travaillant et suer en mangeant. | vo ne 
tsoudà rë k'ô séi dzàlè : vous ne chauffez 
pas, on gèle ici. 

dzalenâ, v. a. Jalonner. 

dzalë, s. m. Légère gelée qui nuit aux 
plantes. | lé not/ë l-à sëtu le dzalë : les 
noyers ont été légèrement gelés. | fô pré- 
zèrvà lé faveijûle don dzalë : il faut préser- 
ver les haricots des plus légères gelées. 

dzalola, v. n. Geler un peu. | l-é de le 
ka dé dzalotà sta né : il se peut qu'il gèle 
un peu cette nuit. 

dzalozi, s. f. Jalousie, envie. | éi kréive 
dé dzalozi : il crève d'envie. | l-é la dzalozi 
ke le pë : c'est la jalousie qui le perd. | ne 
pivô rë vër'éi-z ôtro ke n'ë-n ôsâ de la 
dzalozi : ils ne peuvent rien voir aux autres 
qu'ils n'en conçoivent de l'envie. || Pr. va mï 
/ère dzalozi tyé pedijT. 

dzalç, s. m. Jalon. 

dzalé-éla, adj. et s. m. et f. Un peu 
tacheté de rouge et de blanc; se dit de rumi- 
nants. I le bail l-é dzalé : le bœuf est un 
peu tacheté. || Ôna dzaléta : une vache un 
peu tachetée. || Nom de vaches. 

dzalo-é, adj. et s. m. et f. Tacheté de 



rouge et de blanc ; se dit de ruminants. 
\ona valse dzalé : une vache tachetée. | le 
dzalo : le bœuf tacheté. 

dzapà, V. n. Japper, aboyer. |1 Fig. Criail- 
ler. I éi dzape kenië 5 tsë : il jappe 
comme un chien. || V. a. dzapà kôkô : jap- 
per quelqu'un (lui dire quelque chose en 
criant). 

dzapàrè, s. m. Aboyeur, qui crie en par- 
lant. 

dzapàijè (frv. jappée), s. f. Le fait de 
dzapà. I si tsë fà déi dzapàije ke lé-z ëfà 
n-ë-n S ffra pwâirê : ce chien faits de tels 
jappements que les enfants en ont i^rand' 
peur. 

dzapémë, s. m. Jappement, aboiement. 

I sou dzapémë m'aSordalÔ : ces jappements 
m'assourdissent. 

dzayjrè, s. f. Chaire d'église. | la xlzatjlre 
don menistro : la chaire du past(;ur. ] niôtà 
sii la dzai/îré : monter en chaire [|)rècher]. 
Ipréidzi du désii la dzuyîrè : prêcher du 
haut de la chaire. 

dzâi, s. m. (vieilli). Juif. 

dzâino, s. m. Marc de raisin. | lé-z otrn 
ijàdzo 5 burlàve to bunamë le dzâino ; 5-n 
ë faséi déi ta bu ne liëdre po la biii/a ; ora 
éi fà don brâtevë awé le dzâino : autrefois 
on brûlait tout bonnement le marc ; on en 
faisait de si bonnes cendres pour la lessive ; 
à présent ils font du brandevin avec le marc. 

dzâii (1), s. m. Joug. | o dzou dé bu : un 
joug de bois. \\ Fig. pasà dézo le dzâii : 
passer sous le joug. 

dzâii (2), s. f. Forêt. Mot vieilli, conservé 
seulement dans (|uelques emplois : la dzâii, 
nom d'une forêt ; tséta a dzâii : cognée ; 
rés'a dzâii : grande scie à deux personnes. 

II Par exl., dzâii désigne un fourré. | lé 
faveyûle sô lot'a n-ena dzâii : les haricots 
forment un fourré. | léi-y ë-n a ôna dzâii 
dé sou-z avà! il y en a un fourré de ces 
osiers! — Cf. foré, bu. 

dzâiino. s. m. Jeûne. [ dou ië dé ma 
méiregrâ ô faséi rë dé dinà le dztva dou 
dzâiino : ô réstàv'ou préidzo du le maté 
tâk'a katr'âiirè : du temps de ma graml' 
mère on ne faisait pas de dîner le jour du 
Jeûne; on restait à l'église depuis le matin 
jusqu'à quatre heures. 

dzàkè (1), s. m. Jaque. Le mot est tombe 
en désuétude avec le vêtement, j yô ke l-é 
mô dzàkè ? où est mon jaque ".' 



DZE 



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DZE 



dzâkè (2), s. m,. (Jacques). Homme sim- 
ple, qui n'a pas de malice. | ô bô dzâkè : 
UQ bon homme. 

dzâhana, s. f. Gentiane jaune, abondante 
sur les monts au-dessus de Blonay. On fabri- 
que avec la racine distillée de cette plante une 
bonne eau-de-vie stomacale et une liqueur 
dont on se sert pour faire des frictions dans 
les affections rhumatismales. | dou brâtevê 
dé dzâhàna : de l'eau-de-vie de gentiane. 
\de la biina dzâhàna : de bonne gentiane. 

— Cf. verâro. 

dzcila, s. f. Mensonge. | ne fà tyé dé dere 
déi dzâlè : il ne fait que mentir. | mé mn- 
zâvo prâii ke mé dezéi ôna dzâla : je pen- 
sais bien qu'il me mentait. | di mé dé 
dzâ/e tyé dé vretà : il dit plus de mensonges 
que de vérités. | nà sa pâ ôna dzâla tota 
présta po t'éstyiizâ ? n'as-tu pas un men- 
songe tout prêt pour t'excuser? | êvëtâ déi 
dzâlè : inventer des mensonges (faire des 
récits mensongers). |1 lé dzâle dé sti-y â fâ 
vivre Va kevê : les mensonges de celte 
année font vivre l'année prochaine; se dit en 
parlant de personnes qui sont tellement habi- 
tuées à mentir qu'elles ne pourraient vivre si 
elles ne mentaient pas. || po pà der'ôna 
dzâla : à vrai dire. 

dzâlâû-âiiza, adj. et s. m. et f. Menteur- 
euse. I l-é ta dzâlâiiza ke n-ë pou pâ mé : 
elle est on ne peut plus menteuse. | léi-y a 
rè d'ase dzâlâii tyé lé papâi : il n'y a rien 
d'aussi menteur que les journaux. | so dzâ- 
lâii ko le dyâblo : ils sont menteurs comme 
le diable. || tsâkro dé dzâlâii ke Céi .' dia- 
ble de menteur que lu es ! 

dzâla, V. n. Mentir. | sa bë dzâlâ : il sait 
bien mentir. | te n-ë-n à dzâlâ : tu en as 
menti. Ce verbe est peu usité ; on lui pré- 
fère : dere déi dzâlè : dire des mensonges. 

— Cf. mêti. 

dzebolÔ, s. m. Bouton sur la peau. | l-é 
venii to dé dzebolÔ pè le kwâ : il est venu 
tout en boutons par le corps (son corps s'est 
couvert de boutons). 

dzedzémë, s. m. Jugement. 

dzedzi, v. a. Juger. | fo no dzedzi se 
Vûrè : il ne faut juger personne sans l'en- 
tendre. 

dzedzo-è, s. m. et f. Juge; femme du 
juge. I alâ pèr dévâ le dzedzo : se pré- 
senter, paraître devant le juge. | le dzedzo 
dé pé : le juge de paix. || la dzedze b. l-éséi 



tyêtôza : la femme du juge B. était quin- 
leuse. — Cf. ziistesi. 

dzefa, V. n. Bouffer, goder, en parlant 
d'une étoffe. | sa tsemïze dzefâva travé 
sa vèstè : sa chemise sortait à travers sa 
veste. I son plâi dzefo : ces plis godent. 
Il Se faire jour au travers des jointures, en 
parlant des liquides. | le hlà de la kâpûta 
dzefe pèr désii : le jus de la choucroute 
passe par-dessus [le couvercle]. 

dzefçyè, s. f. Le fait de dzefâ. \ Véiwe 
fâ ôna grôsa dzefâyè : l'eau fait une 
forte sortie (à la suite de la rupture d'un 
tuyau). 

dzefô, s. m. Chacun des deux pieds du 
banchet du char qui servent à tenir les- 
échelles en place. 

dzekâ. Var. de tsekâ. 

dzekena, s. f. Ennuis et misères de la 
convalescence. | vô mï férônabuna dzekena 
tyé dii^è : il vaut mieux supporter ses maux 
en une fois plutôt que d'avoir une rechute. 

dzelofriya, s. f. Œillet. | léi-y a déî 
dzelofriye sëÇé déi droblè ; lé sëlè sëtÔ pie 
bô tyé lé droblè : il y a des œillets simples 
et des doubles ; les simples ont une meilleure 
odeur que les doubles. || la dzelofriya dé 
niôtanè : l'œillet des chartreux. || Nom donné 
à des vaches. 

dzelôvrâi , s. m. (altération de dzwar- 
ôvrûi, jour ouvrable). | le dzelôvrâi : le 
temps du travail. | demëdz'é dzelôvrâi r 
dimanches et jours ouvrables. || se vesi ê- 
dzelôvrâi : mettre ses habits de travail, 

dzemeli, v. n. Gémir et s'impatienter inté- 
rieurement sans se plaindre. | l-a prou détye 
dzemeli, la pûra fémala : elle a bien de 
quoi s'affliger, la pauvre femme. — Cf. dze-^ 
motâ. 

dzemotâ, v. n. Geindre, gémir. | éi dze- 
mote to le dzwa : il geint tout le jour. 
I ô rt'e pâ tï parai po dzemotâ : tous ne 
gémissent pas également. | fâ rê tyé dé 
dzemotâ, kâbë mîmo n'a pâ ô péi de mô : 
il ne fait que geindre, quand même il n'a 
pas un poil de (aucun) mal, — Cf. l'art,, 
précédent. 

dzemotarè, s. m. Celui qui geint, qui gé- 
mit. I por ô dzemotarè, si ëke n-ë-n é Ô 
famo : pour un homme qui geint, c'en est 
un fameux. 

dzemotâyè, s. f. Gémissement. | fâ déc 



DZE 



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dzemotâye Ix'o Vûréi d'ennnra (ë : il pousse 
des gémissements [tels] qu'on l'entendrait 
d'une lieue loin. | déi grôse dzemotâye : de 
gros gémissements. 

dzenâivro, s. m. Genièvre. | don d:e- 
nâivro : des baies de g-enièvre. | le dse- 
nâivro l-é tsô ; l-é bô po fére de la tisâna 
po le râtïmo ; ô s'ë se asehë po femà la 
tsë ; léi baie bo ga : le geniè\Te est chaud; 
il est bon pour faire de la tisane pour le 
rhume ; on s'en sert aussi pour fumer la 
viande ; il y donne bon goùf. 

dzenelè, s. f. Poule. | lé dcenele sÔ pâ 
tote parâire por orâ : les poules ne sont pas 
toutes égales pour pondre. || ka lé dcenele 
tsàtô kemë lé pâti, l-é sino dé mwâ : quand 
les poules chantent comme les coqs, c'est 
signe de mort. || se mé fâ veni la péi dé 
dzenelé, rë iyé dé léi sôd:i : cela me fait 
venir la peau (chair) de poule, rien que d'y 
songer. || te raréi ou ne léi-y oudrè... kâ 
lé dcenele l-arô déi de : tu l'auras ou 
nous y irons... quand les poules auront 
des dents. || se kiitsi kemë lé dcenelè : se 
coucher comme les poules (de très bonne 
heure). || Pr. mé dé dcenelè, mé d'au. \ la 
dzenele l-a béi yrètâ, se le pâii ne léi-y 
éidye pâ, ne pou pâ ôvâ. \ dzenele ke tsâté, 
fêle ke sûblè, lou fo twâdre le ku a tote 
dtW. 

dceneléta (1), s. f. Gelinotte. | 5 véi ôko 
k'Jke yàdco déi dzenelétc de le bu : on 
aperçoit bien quelquefois des gelinottes dans 
le bois. 

dceneléta (2), s. f. L'impatiente, plante de 
la famille des balsamines. 

dzeneljrè, s. f. Poulailler. | lé dzenele fâ 
zamé ata dTià kâ sô êhlûse de la dzenelTre 
iyé kâ pwo sali défro : les poules ne pon- 
dent jamais autant quand elles sont enfer- 
mées dans le poulailler que lorsqu'elles peu- 
vent sortir. 

dzenévrâi, s. m. Genévrier. | ë-n ivë lé 
dzenévrâi l-â déi yrâ ke tîro sii le ne : en 
hiver les genévriers ont des baies qui tirent 
sur le noir. — On dit plus souvent : bosô dé 
dzenâivro : buisson de genièvre. 

dzenéori . Var. de dzenérrâi. 

dzenolîré, s. f. Genouillère. 

dzenolô (frv. genouillon), s. m. Tout ce 
qui ressemble à un genou plié ou courbé. 
Ifér'Ô dzenolô a n-ena tsïvra : plier le 
genou d'une chèvre et le maintenir dans 



cette position à l'aide d'un bAton et d'une 
attache pour l'empèclier de courir. | dou blà 
ke fâ le dzenolô : du blé dont les épis pen- 
chent vers la terre. | ta rése fâ le dzenolô : 
ta scie se courbe. 

dzenolô (a) (anc. fr. et frv. à genouillons), 
loc. adv. marquant la position d'une personne 
accroupie. \sé tenéi a dzenolô vè le fu : il se 
tenait à genouillons vers le feu. — Cf. a 
krepetô. 

dzeno, s. m. Berger de montagne cjui a 
la charge de faire le séré. \ ô bô dzeno : un 
berger ([ui fait bien le séré. — Cf. ârmali. 

dzerâ, v. n. Jurer. | dzerà ou nô dé dyii : 
jurer au nom de Dieu. | m'a dzerâ apréi : 
il a juré après moi, il m'a injurié. | ô pou 
pâ se teni dé lou dzerâ apréi : on ne peut 
s'empêcher de jurer après eu.x, de les inju- 
rier. I éi dzere kemë ô sâkro : il jure 
comme un démon. | ne fâ tyé dé dzerâ : 
il ne fait (|ue jurer, j ne sô jtâ pi fro don bri 
ke dzerô dza : ils [les hommes] sont à peine 
hors du berceau (ju'ils jurent déjà. | dzerâ 
kemë ô tsèrotô : jurer comme un charretier. 
\ô dzeréréi ke l-é li : on jurerait que c'est 
lui. 

dzerâyè (frv. Jurée), s. f. Le fait de jurer. 
\fâ déi dzerâye ke vo fâ lé réfresô : il fait 
des jurées à vous donner les frissons. 

dzerémè, s. m. Jurement, imprécation. 
\5 pu dzerémë : un horrible jurement. | n'a 
zamé tyé lé dzerémë a la gwârdzè : il n'a 
jamais que des jurements à la bouche. - 
Cf. séirémë. 

dzerô, s. m. Juron. 

dzerti, s. m. (vieilli). Imbécile. 

dzeryâu-âtiza, s. m. et f. Jureur. | l-é 
ôna ta puta dzeryâiiza : c'est une femme 
qui jure beaucoup. 

dzetâ, V. a. Jeter. | dzetâ lé ze d'ô koté : 
jeter les yeux d'un coté (cf. ukuti). || Faire 
sortir, en parlant d'un troupeau qu'on mène 
au pâturage. | fô dzetâ lé vatsè : il faut 
sortir les vaches. | Abs. dzTla pï : sors seu- 
lement [les vaches]. || V. n. Essaimer. | lé-z 
âvele l-â dzetâ : les abeilles ont essaimé. 

dzetenâ, v. n. Bourgeonner. | lé-z àbro 
dzetenô : les arbres bourgeonnent. | l'a de 
la grôsa nâi n'a pâ pu dzetenâ ta vtto : 
l'année de la grosse neige (1895), ils n'ont 
pas pu bourgeonner si tôt. — Cf. bordzenâ, 
botenâ. 



DZE 



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DZE 



dsetç, s. m. Jet, pousse d'un arbre. | si 
premài vou veni béi, l-a déi ta béi dzetô : 
ce prunier deviendra beau, il a de si belles 
pousses. Il Jeton de tir. | déi avéi 5 pri, 
l-avéi ta dé dzetÔ : il doit avoir un prix, il 
avait tellement de jetons. 

dzevala, s. f. Javelle. | tsT no ô fâ déi 
grôse dzêrb'é déi grôse dzevalé : chez nous 
on fait de grosses gerbes et de grosses 
javelles. 

dzeoéi, s. m. Petite javelle. | ka le blâ 
n'e pâ tru se, ô ne fâ tijé déi dzevéi : 
quand le blé n'est pas très sec, on ne fait 
que de petites javelles. 

dzevô, s. m. Mâchoire inférieure. | ô bo 
dzeoô : une forte mâchoire. 

dzei/âû-âûza, s. m. Joueur-euse. || Pr. la 
borsa dou dzei/âiï l-é kemè sa dou teryâii, 
na pâ fôta dé kordo. 

dzeyi, v. n. Jouer. | dzeyi po de Vèrdzë: 
jouer de l'argent. 1| dzeyi a bntapeka, ou 
bwârno, a la guda , ou merolé, ou 
mutso, a la pyèréta, ou paie, ou tsèré : 
voir ces mots. | dzeyi a l'omo ne : jouer 
à l'homme noir. | dzeyi a la ryôda : 
faire une ronde. || Fig. l-a ésâ dzeyi a 
dé bo ou rè dé mï : on s'est joué de lui 
avec adresse. || sa sèrale dziye mô : cette 
serrure joue mal. |1 V. a. dzeyi la ko- 
médi : jouer la comédie. || Réfl. Vomo se 
dziye dé no : l'homme (le drôle) se joue 
de nous. 

dzezê, s. f. Accouchée. | fô alâ trovâ la 
dzezê : il faut aller rendre visite à l'accou- 
chée. Autrefois on faisait un grand festin 
pour les relevailles et toutes les amies et 
connaissances s'y rendaient avec un petit 
présent de café et de sucre. Pour porter ce 
présent, chaque femme avait un joli petit 
panier à couvercle, fait exprès pour ces cir- 
constances ; en échange du café et du sucre, 
on y mettait quelques bricelets et quelques 
merveilles. L'usage de ce repas est tombé 
en désuétude. 

dzérdzalâ, v. a. Jabler. | dzèrdzalâ lé 
dàûwe rf'ô bosé : jabler les douves d'un ton- 
neau. 

dzèrdzalâii, s. m. Jablière, couteau à 
gaîne servant à jabler un tonneau. | lé 
dzèrdzalâii l-a béi éihre bo ; s'ô sa pâ lé 
manéyi, ne vâlô rê : les jablières ont beau 
être bonnes; si l'on ne sait pas les manier, 
elles ne valent rien. 



dzérdzelâii-âiiza, adj. Frissonnant-e. | si 
papâi kà 5 le si/une, l-é dzérdzelâû : ce 
papier, quand on le froisse, est frissonnant 
(donne la sensation du frisson). 

dzèrdzéi, s, m. Jable, feuillure. 

dzèré, s. m. Jarret. | tsûyi se dzèré : 
économiser ses jarrets, peu travailler. 

dzèrgç, s. m. Jargon; langage des petits 
enfants. | o gale dzèrgô : un joli jargon. 

dzèrgunâ, v. n. Jargonner. [ tï lé-z êfâ 
dzèrgunô dévâ dé dévezâ adrâi : tous les 
enfants jargonnent avant de parler comme il 
faut. 

dzèrmâdri, s. f. Germandrée, plante qui 
a la réputation d'être un excellent dépuratif. 
j dzèrmâdri, se te m'avâ de 1o kiirti, léi-y 
a bë déi mwâ ke sera vi : [moi, la] german- 
drée, si tu m'avais dans ton jardin, il y a 
bien des morts qui seraient en vie. 

dzèrnà, v. n. Germer. | fô adéi le sélâii 
po fére dzèrnà lé plâtè : il faut toujours le 
soleil pour faire germer les plantes. || V. a. 
si peti l-a zou gré mô kà l-a dzèrnà lé 
de : ce petit a eu très mal quand il a germé 
les dents (au début de la poussée des dents). 

dzèrotâirè, s. f. Jarretière. | lé-z ôtro 
yàdzo lé dzë ke se maryâvâ l-alàvâ tï a 
tsavô ; l'épâûza se météi ôna bala grata 
dzèrotâirè dé ribâ rodzo, ke pasâve la 
roba ; ou rétwa dou mohï sô tsèrmalâi 
l-avéi le drâi dé léi dékrotsi sa dzèrotâirè 
é de la métra sô tsapéi : autrefois les gens 
qui se mariaient allaient tous à cheval ; 
l'épouse se mettait une belle grande jarre- 
tière de ruban rouge, qui dépassait la robe. 
Au retour du temple, son garçon d'honneur 
avait le droit de lui détacher sa jarretière et 
de la mettre à son chapeau. 

dzèrotâ, v. a. Jarreter, garnir de jarre- 
tières. I dzèrotâ 5-n ëfâ : jarreter un enfant. 
\l-é dzèrotâ : il est jarreté. 1| Réfl. lé-z ôtro 
yàdzo faléi se dzèrotâ awé déi dzèrotâirè 
rodzè a kôza de la râpa : autrefois il fallait 
se jarreter avec des jarretières rouges cra- 
moisi à cause de la crampe (la couleur cra- 
moisi passait pour avoir la vertu de faire 
disparaître les crampes). 

dzèrsà, v. a. Gercer. | sa fémala wèrdâve 
tï se vïlo-z âl5 olû dé lé bali éi pûro ; 
apréi sa mwâ, n-ë-n â trovâ déi gârdaroba 
plë, ma l-ïrâ tï dzèrsà : cette femme gar- 
dait tous ses vieux vêtements au lieu de les 
donner aux pauvres ; après sa mort, on en 



DZE 



129 



DZE 



a trouvé des garde-robes pleines, mais ils 
étaient tous rongés par les g-erces. 

(l:èvetn, v. n. Gigoter ; faire des mouve- 
ments rapides des bras et des jandjcs pour 
se remettre sur pied. [ l-avéi béi dzêuetà, 
navâhïve pâ grô : il avait beau gigoter, il 
n'arrivait pas à se remettre sur pied. |1 Fig. 
Se démener pour une aCFaire. | (Isêvefô 
prâû, ma to po rê : ils se démènent assez, 
mais toujours en vain. — Syn. égaveli. 

(hé, s. m. Ecume du lait. | le dzé dou 
laséi, 5 le bnVéi Isa : l'écume du lait, on la 
donne aux chats. || éi fâ le dsé : il fait 
l'écume, se dit d'une personne ou d'un ani- 
mal de la bouche duquel il sort de l'écume, 
comme chez les épileptiques. — Cf. kâiinta. 

d:éha. \'ar. de dzébè. 

dzébè, s. f. Cage. | ona dsébe d'océi : 
une cage d'oiseaux. || Fig. se métré de ôna 
dzébè : se mettre dans une cage (dans les 
embarras). — On dit aussi dzéba. 

dzénâii, s. m. Genou.] lé-z ôtro ijâdzo, lé 
rézu fasà méire lé krûi/o-z èfa a dzénâà 
si'i déi-z ésalè : autrefois les maîtres d'école 
faisaient mettre les méchants entants à ge- 
noux sur des bûches de bois. !| Fig. se 
métra dzénâii dévâ kùkô : se mettre à ge- 
noux devant quelqu'un (s'humilier). | na, ma 
féi na, ne vu pâ mé métr'a dzénâii dérà li : 
non. ma foi non, je ne veux pas m'humilier 
devant lui. 

dzévrâ-at/é, adj. Givré-e. | fà béi rëre kâ 
lé-z âbro sô dzévrà : il fait beau voir quand 
les arbres sont givrés. | la tsaniija l-é tota 
dzévrâi/é : la Chanie (chênaie) est toute 
givrée, j ë-n ivë la bârba déi-z omo l-é 
dzérrài/è : en hiver la barbe des hommes est 
givrée. 

dzévro, s. m. Givre. | kà lé-z âlwo sô 
kfrë dé dzévro fo pà alà trii le de la mo- 
tfinè : quand les arbres sont couverts de 
givre, il ne faut pas aller trop loin dans la 
montagne (ce pourrait être dangereux). 

dzèrba, s. f. Gerbe. ] ô mase dé dzêrbè : 
une quantité de gerbes. | fo dii^e grôse 
dzèrbe par 5 kartérô : il faut deux grosses 
gerbes pour un quarteron de grains [de 
vingt doubles décalitres]. \\ Pr. kâ plou a 
rasâsi/ô, pure dzérb'é tsirô. — Cf. hlu. 

dzérno, s. m. Germe. | lé kâiidre métô 
déi béi dzérno : les courges germent bien. 
il ô dzérno dé rna/ndi : un germe de ma- 
ladie. 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



dzérsa, s. f. Gerce. } lé dzérse medzô lé-z 
âlô : les gerces rongent les vêtements. | ôna 
roba medza déi dzérsè : une rol)e rongée 
par les gerces. || Fig. ôna krûije dzérsa : 
une méchante femme. || Gerçure, crevasse aux 
mains ou aux lèvres. | A'â lé dzérse vènô, l-é 
po la nâi : quand les crevasses viennent, 
c'est le signe d'une neige prochaine. 

dzè (i), s. f. Personne ; pi. gens. Comme 
en français, les adjectifs qui suivent ce mot 
sont au masculin. | ôna ta buna dzè : une si 
bonne personne. | ôna dzè fiï : une per- 
sonne folle. I lé dzè dé wâi : les gens d'au- 
jourd'hui, avec une nuance de dénigre- 
ment, j ôna petila dzè : une personne peu 
estimable. | déi dzè d'ésè : des gens d'es- 
cient (soucieux, prévoyants). | déi dzè dé 
swârta : des gens de sorte (de bonne con- 
duite). I déi dzè dé rè : des gens de rien 
(paresseux, ou malhonnêtes). | déi brave 
dzè: d'honnêtes gens. | déi dzè étsâ : des 
gens chiches, avares. | se l-é déi dzè bè 
dzëti : ce sont d'aimables personnes, j Ironi- 
quement : se l-é déi dzè kemè ô n'è véi rè : 
ce sont des gens comme on n'en voit point. 
lise l-Tr'ôna dzè méinadzi, faréi pâ kosè : 
s'il était économe, il ne ferait pas ainsi. || sô 
tî arevâ, dzè é béisè : ils sont tous arrivés, 
gens et bêtes. || pûra dzè : cher ami. || yVj pâ 
prëdr'apréi lé dzè : il ne faut pas s'inquiéter 
de ce que les gens disent de nous. | tt/é ke 
se mé fâ se ke lé dzè dtjô ? que m'importe 
l'opinion des gens ? | fô pâ alijiitâ lé dzè : 
il ne faut pas croire ce que les gens disent. 
||/'e'/ ôna grosa dzè, te sa prou se ke t'a a 
férè : tu es une grande personne (tu as de 
l'âge), tu sais ce que tu as à faire. | fo Irére 
sô buné éi grôse dzè : il faut tirer son bon- 
net devant les grandes personnes, j ne léi-g 
avéi tijé déi grôse dzè : il n'y avait que des 
adultes. || Pr. l-a mé dé tsase tijé lé brave 
dzè. I kemè lé dzè dé bloné, mé dé blaga 
ttjé dé fé. I a krûge dzè, krili/e dzè é demi. 
\pute dzè, béi tè. 

F. pi. Parents (père et mère). Ce mot s'ap- 
plique aussi à toute la parenté habitant sous 
le même toit. ' l-a déi dzè dé swârta : il a 
des parents convenables. | se dzè ne sô pâ 
grô : ses parents ne valent guère. | l-a 
porta déi bune dzè, ke l-â bè èséni : il a 
pourtant de bons parents qui lui ont donne 
de bons enseignements, j lé dzè a la nuiriijr: 
les parents de Marie. — Syn. priitso. 

dzèdro, s. m. Gendre. — Syn. bi/ôféf 
presque seul usité. 



DZI 



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DZO 



dzêdziiva, s. f. Gencive. | lé-z è/à rnétô 
lé dzêdzuve droble grâtè dévâ dé métré lé 
de : les g-encives des enfants s'épaississent 
longtemps avant qu'ils fassent leurs dents. 

dzëhi, V. a. Joindre fortement. | dzëhi 
déi dâiiwè .-joindre fortement des douves. — 
Cf. dzëdrè. 

dzètè, s. f. Jointure de douves, de plan- 
ches, etc. I lé dzête dé si bosé sô bë fétè : 
les jointures de ce tonneau sont bonnes. — 
Cf. dzëtè. 

dzëti-tya, adj. Gentil-le, aimable, bon-ne, 
serviable, prévenant-e, actif-ive, vaiilant-e ; 
se dit de toutes les bonnes qualités possibles. 
Dire qu'un homme n'est pas gentil, c'est lui 
supposer les défauts opposés à ces qualités. 
1 5 dzëti valé : un g-entil garçon. | ô dzëti 
liiro : un homme prévenant. | ôna dzëli/a 
fêlé : une fille serviable. | sou dzë sô ta 
dzëti : ces gens sont si aimables. | léi-i/ ë-n 
a pâ yena d'ase dzëtya tijé li de se kotilô : 
il n'y en a pas une d'aussi vaillante qu'elle 
dans ses cotillons ; manière plaisante de dire 
qu'elle n'est guère vaillante. 

dziblâ, V. n. Glisser. | kà ô dzible pè lé 
tsemë, fo métré déi pyë sii se solâ : quand 
on glisse sur les chemins, il faut mettre des 
bas sur ses souliers. | men âiile ne vou pâ 
dziblâ : mon aiguille ne veut pas glisser. 

I o pa dé tâi l-a dziblâ viya : un pan de 
toit a glissé loin. 

dziblâyè, s. f. Glissement. 

dziga, s. f. Grande fille alerte. — Se dit 
aussi d'un homme grand. 

dzihla (frv. gicle), s. f. Écoulement d'un 
liquide sous forme de jet à travers la fissure 
d'un tonneau. [ le bosé l-a ôna piisëta 
dzihla : le tonneau a une immense gicle. 

II Par ext., l'instrument qui produit le même 
effet, la clifoire. | tï lé-z ëfà sâvô fére déi 
dzililè : tous les enfants savent faire des cli- 
foires. 

dzihla (frv. gicler), v. a. Éclabousser, 
flaquer. j te mé dzihlè : tu m'éclabousses. 
Il V. n. Jaillir. \ Véiwe dzihle dézo la tseno : 
l'eau jaillit sous le chéneau. | levëdzihlâv'a 
travë le bosé : le vin jaillissait à travers le 
tonneau. || Réfl, S'éclabousser. | lé-z ëfa 
l-âmÔ se dzihla : les enfants aiment à s'écla- 
bousser. — Syn. épardzi, tsâhlâ. 

dzihlâyè (frv. giclée), s. f. Plaquée. | l-a 
résii ôna dzihlâyè dréi sii le nâ : il a reçu 



une giclée, juste sur le nez. — Syn. épar- 
dza, tsâhlâyé. 

dzïhro. Var. de dzTso. 

dzïsa, s. f. Pâturage inférieur de la mon- 
tagne où les vaches font leur première étape. 
\l-â trovâ ôna biina dzTsa : ils ont trouvé 
un bon pâturage. 

dzTsè, s. f. Chacune des deux grandes pièces 
de bois, ayant sur un des côtés une rainure,, 
dans lesquelles on emboîte les madriers de 
l'aire. Ceux-ci sont soutenus au milieu par 
une poutre ordinaire qui, en soulevant les 
planches, les tend, ce qui donne toute solidité 
au plancher, sans qu'il soit nécessaire de 
clouer les planches. 

dzïsa, s. m. Pâturage qui est autour du 
chalet et qui est le meilleur. | sô ou dzïso : 
ils sont au bon pâturage. — Quelques per- 
sonnes disent dzThro. 

dzo, s. m. Juchoir^ perchoir. 

dzohla, s. f. Ampoule, enflure, boursou- 
flure. I la pâsa mé déi dzohlè : la pâte 
forme des boursouflures. 

dzohlà, v. n. Produire des boursouflures. 
I le pâ vou dzohlâ : le pain va avoir des 
boursouflures. 

dzohlii-ii'oa, adj. Joufflu-e. 

dzora (frv. joran), s. m. Vent du nord- 
ouest. I le dzora l-améine la nâi : le joran 
aftiène la neige. — On dit aussi dzorâ. 

dzora. Var. de dzora. 

dzoréta, s. f. Petite forêt entre deux pâtu- 
rages. I ôna dzoréta dé sape : une petite 
forêt de sapins. 

dzornâ, s. f. Journée. | alâ a la dzornâ : 
aller [travailler] à la journée. | alâ ë dzor- 
nâ : aller en journée, faire le métier de jour- 
nalier (syn. dzornéyi). \ déi dzornâ dé vêla: 
des journées de ville, pour lesquelles l'ou- 
vrier ne reçoit que sa paie et pas de nourri- 
ture. I fér'ôna buna, ôna petita dzornâ : 
faire une bonne, une petite journée (bien ou 
peu travailler). | béire se dzornâ : boire [l'ar- 
gent de] ses journées. | prëdre déi dzornâ : 
prendre des gens à la journée. |1 Pr. la 
plodze dou mate n'ëpatse pâ la dzornâ doa 
pélerë. 

dzornéyi, v. n. Aller en journée, tantôt à 
un endroit, tantôt à un autre. | va todoulô 
ë dzornéyë : il va toujours en journée, n'im- 
porte où. 

dzoukâ, v. n. Se reposer, rester station- 



DZU 



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naire. | l-é dcoiikâ ëk'ô peti bokô, rCt rè 
tsô: je me suis un peu reposée ici (où tu me 
vois) et je n'ai pas chaud. | ne vulë porta pà 
dzoïikà se : nous ne voulons pourtant pas 
rester ici sans mouvement. — Cf. dôdù, 
toukà. 

dzoakâijè, s. f. Action de d:oiikà. ] no J6 
fér'ona pelita dcoiikni/'è-n aièdè nûhré-z 
orno : il faut nous reposer un petit ins- 
tant en attendant nos honmies. — Cf. dô- 
dnijè, toukâyè. 

dzounà, V. n. Jeûner. | lés ùtro i/âdso ô 
d:oiinàt'e vretàblamê : ô ne kwéiséi rê é Ô 
ne medzTue prèske rê dé to le dci'ôa ; ora, 
po bë dzounâ, ô fâ déi rarnalâ dé kiiTio ke 
l-é ôna vèrgonè; ô sa pâ iné se ke l-é tyé dé 
dzounâ : autrefois on jeûnait véritablement; 
on ne cuisait rien et l'on ne man^-eait presque 
rien de tout le jour; maintenant, pour bien 
jeûner, on fait de telles quantités de gâteaux 
que c'en est une honte. On ne sait plus ce 
(jue c'est que de jeûner. || dzounà le inedzi : 
jeûner le manger (ne rien manger). 

dzoï/âii-âuza, adj. Joyeux-euse. 1| Pr. 
épouza dzoï/âuza, féna plorûiiza. 

dzozé-éta (frv. dzozet-te) , s. m. et t. 
Joseph, nom familier sous lequel on désigne 
un Frihourgeois, une Fribourgeoise. | ô bô 
dzozé : un bon Joseph, un bon Fribourgeois. 

dzôné-éta, adj. Un peu jaune, jaunâtre. 
Il S. m. Pièce d'or, jaunet. | léi-ij à trovâ 
prou dzôné apréi sa mivâ : ils lui ont trouvé 
pas mal de jaunets après sa mort. 

dzônisè, s. f. Jaunisse. ] éi iné la dzô- 
nisè : il prend la jaunisse. 

dzôno-a, adj. Jaune. | 5 se krëréi è-n 
ontô, lé-z abro s5 dza dzôno : on croirait 
être à l'automne, les arbres sont déjà jaunes. 
\l-é dzôno d'èrba : il est jaune d'herbe 
(il a ses vêtements jaunis par l'herbe). | l-é 
iatsi dzôno : il est taché [de] jaune. | se 
n'e pjâ ri dzôno : cela n'est pas jaune vif. 
\le vè vè dzôjno è veîiê vTlo : le vin devient 
jaune en vieillissant. 1| S. m. o dzôno d'âii : 
un jaune d'œuf. 

dzô (1), s. m. Jonc. 

dzô (a) {'2), s. m. A jeun. | n'é pâ sovê a 
dzô : il n'est pas souvent à jeun [de vin]. 

dzuvené-éta, adj. Un peu jeune, jeunet-te. 

dzuveno-a, adj. et s. m. et f. Jeune. 
\ona dzuvena dzê : un jeune homme, une 
jeune fille. 



dsûrè (1), V. n. Jouir. | dzûre d'ôkè : 
jouir de quelque chose. | ne dzû dé rè : il 
ne jouit de rien. | dzûzo dé mô bê kemë 
mé plé : je jouis de mon bien comme il me 
plaît. I dziizéi de la méi'zô iâk'a sa nuvâ : 
il jouissait de la maison (il en avait l'usu- 
fruit) jusqu'à sa mort. || V. a. dzûre ôkè : 
jouir de quelque chose. | n'a rè a dziirè : 
il n'a rien (en fait de revenu) dont il puisse 
jouir. I bail a dzûré : donner en jouissance 
(sous forme de terrain) la dot d'une fille, ou 
donner à quelqu'un par testament l'usufruit 
de son bien. | dzû so si bokô dé prâ f 
jouis-tu de ce morceau de pré? | n'a tanié 
dzûzù ô brè dé si (sa : ils n'ont jamais rien 
retiré [de l'usufruit] de ce champ. | ne dzûri 
pâ mé dèse ko dèsé : je n'en jouirai pas da- 
vantage d'une façon que de l'autre. | si-l omo 
dzû to le bè dé sa féna sole : cet homme 
jouit seul de tout le bien de sa femme. |1 se 
mé dévâ la méizG po dzûre le sélâii : il se 
met devant la maison pour jouir du soleil. 
\/ô pâ ke son plaie dzûza le sélâii : il ne 
faut pas que ces plantes soient exposées au 
soleil. Il Pr. yy vizâ dé le po dzûre dé préi. 

dzûré (2), v. a. So tenir tranquille, en 
repos, laisser la paix aux autres. | pou pâ 
dzûre sa sïra : il ne peut pas supporter 
sa sœur. H Réfl. ne ponde va pâ vo dzûrôna 
wârba ? ne pouvez-vous vivre en paix un 
instant? || V. n. ne pou pâ dzûrôna meniita : 
il ne peut se tenir tranquille une minute. 
\té far i prou dsûrè ."je t'obligerai bien au 
repos. I dzû, té dijo! tiens-toi tranquille, te 
dis-je ! I vou so dzûré! te tiendras-tu tran- 
quille ! Il Pr. tsë ke kré ne pou dzûrè. ] rô 
ml dere : dzû .' iijé : Isâropa! 

dziirè (.3), v. n. Se mettre en mouvement, 
changer de place. | dzû vâi, te mé gravé: mets 
te voir de côté, tu m'empêches. | dzûde véi 
ô bokô, se vo plé, ke pwéso /lasâ : éloiijnez- 
vous un peu, s'il vous plaît, [pour] que je 
puisse passer, j le bnrisko ne vou pâ dzûre 
du èkè : l'âne ne veut pas bouger de là. — 
Syn. se rémwâ. 

dzûta, s. f. Joue. | l-a déi dzûle rjrôtse 
kemè ô tyii dé pûro : il a des joues grosses 
comme un derrière de mendiant (de fainéant). 
\lé dzûle don tyii : les fesses. 

dziitâ, V. n. (vieilli). Confiner (syn. a/iô- 
drè). Il Baiser. 

dzûyo, s. m. Joie, plaisir. i| Pr. mé dé 
dzûyo tyé dé pâ. \ si ke l-a prou fet'é //rou 
tâi, zamé dzûyo ne se vâi. 



DZA 



132 — 



DZW 



dzwa{r), s. m. Jour. ] dé grâ dsiva : en 
plein jour. | le bô don dzwa : la meilleure 
partie du jour. | le grù don dzwa : le haut 
du jour. I on tsô don dzwa : pendant la plus 
forte chaleur du jour. | la tornàye déi 
dzwa : la tournée des jours (le solstice). 
I 5 dzwa ùvrâi : un jour ouvrable (voir 
dzelàorâi). | lé dzwa vèhô ku : les jours 
[de]viennent courts. || dzwa{r) é né : jour et 
nuit. C'est le seul cas où l'ancienne /• finale 
se fasse encore entendre. || déi dzwa ke 
l-é : des jours qu'il est (à certains jours). 
I lé dzwa kevë : les jours prochains. | ijô dé 
ston dzwa : un des premiers jours. | ô dzwa 
sa senSna : un jour de la semaine. | le dzwa 
ke l-a burlâ : le jour de l'incendie. | le 
dzwa ke se sô marvjâ : le jour de leur ma- 
riage. I le pâ dé tï lé dzwa : le pain quoti- 
dien. I éihre don mîmo dzwa : être nés le 
même jour. |1 ai^éi fini se béi dzwa : avoir 
fini ses beaux jours, c.-à-d. n'avoir plus que 
de mauvais jours à attendre. Se dit aussi 
d'un vêtement ou d'un outil usé. \\fére de la 
né le dzwa : faire de la nuit le jour. || ase 
grâ tyé Ô dzwa se pâ : aussi long- qu'un 
jour sans pain. | hlâ keniê le dzwa : clair 
comme le jour. | n'é pâ s5 dzwa dé le 
férè : ce n'est pas son jour de le faire (ce 
n'est pas à lui à le faire aujourd'hui). || té mé 
pâ a mô dzwa : ne te mets pas à mon jour 
(ne me prive pas de la lumière). | Ô ne véi 
pâ mé le dzwa : on ne voit plus le jour 
(on n'y voit plus). | béi kemë le dzwa : beau 
comme le jour. | sa dzwa : sept jours, une 
semaine. H Pr. ka ploii a midzwa, pion to 
le dzwa. \ lé dzwa se swivo, ma se résêbld 
pâ. I le devëdro l-âméréi mî krévâ tyé lé-z 
ôtro dziôa résêblâ. \ lé dzwa s5 tï dèréi 
dzamâ. \ o dzwa dé répû n'é pâ tota sa 
viye dé ma. 

dzabotâ, v. n. Jaboter. | fâ rè tyé dé 
dzabotâ : il ne fait que jaboter. — On dit 
aussi dzabotâ et t sabota. 

dzabotâdzo, s. m. Jabotage. — On dit 
aussi dzabotâdzo et tsabotâdzo. 

dzabotârè, s. m. Homme qui jabote. — 
On dit aussi tsabotârè. 



dzèné-éta, s. m. et f. Jeannot, jeannette, 
niais-e. | l-é ta dzèné ke n'è pou pâ mé : 
il est on ne peut plus jeannot. | dzènéta ke 
t'éi ! nigaude que tu es ! 

dzèrlô (frv. gerlon) , s. m. Dim. de 
dzérla. Petite gerle qu'on place sous le 
pressoir pour recevoir le moût, qui s'en 
échappe quand on pressure la vendange. On 
s'en sert aussi pour faire de petites lessives 
ou pour saler la viande. 

dzérla (frv. gerle), s. f. Cuve destinée à 
recevoir le raisin que la bossette amène de la 
vigne. — Syn. détsérdzâirè. 

dzè, s. m. Joint. 

dzëdré, v. a. Joindre. | soutâ 5 ryô a pi 
dzë: sauter un ruisseau à pieds joints. Il sou 
pyëre sô dsësè : ces pierres sont jointes 
ensemble. || Réfl. S'associer pour divers ou- 
vrages, tels que les travaux de la vendange ou 
du labourage. | se dzënô po venëdzi : ils 
s'associent pour vendanger. || se sô dzëte lé 
dii^e po se adzetâ : elles se sont jointes les 
deux pour acheter cela (cf. ësëblo). — Re- 
marquer les deux formes du fém. du part, 
passé. 

dzënâii, s. m. Presse à serrer les plan- 
ches, douves, etc. 

dzêta, s. f. Revenu annuel des vaches d'un 
alpage ou d'une étable. | la dzêta l-a ésâ 
buna : le revenu des vaches a été bon. 

dzëtè, s. f. Fenle laissant passer la lu- 
mière, intervalle entre deux planches qui se 
déjoignent. — Cf. dzëtè. 

dzo, s. m. Jeu. j le dzo dou merolé, le 
dzo dé butapeka, le dzo dou paie, voir ces 
mots. Il bali dou dzo : donner du jeu. | sa 
mâdze n'a pâ prou dé dzo : cette manche 
n'a pas assez de jeu (en ce dernier emploi, 
syn. éswâ). \\ Pr. fére buna mena é krûyo 
dzo. I éihre résii kemë ô tsë de ô dzo dé 
gelé. 

dzii, s. m. (peu usité). Jus. — Syn. hlâ. 

dzivi, s. m. (vieilli). Juif. — Syn. dzâi. 



ERB 



133 — 



ERD 



E 



en, ena, enè, art. indéfini. Un, une, unes. 
— Voir ô (2) et yû. 

enô, s. m. Oignon. | 5 botsé d'enô : un 
trochet d'oignons. | ona tséina d'enô : une 



glane d'oignons. || fo sénâ /ê-s: enô a la 
balàsè po ke vênà héi ri/ô : il faut semer les 
oignons sous le signe de la Balance pour 
qu'ils deviennent beaux ronds. || p/'ilpro 
kemè ô-n enô : propre comme un oignon. 



E 



èr, s. m. Air. | séi-r/ a rë d'èr pèrsè : il 
n'y a pas d'air ici. | baie té véi de l'èr : 
donne -/<? roir de l'air (patience! chaque 
chose en son temps). || Fig. déi-z èr mê- 
préizè : des airs méprisants. | déi-s èr 
piiri : des airs pourris (des airs guindés et 
prétentieux). 

èrâr, dans la loc. adv. è-n èrÇti. En arrière. 
\alà è-n èrûi : marcher en arrière. | rékiilà 
è-n èrâi : reculer en arrière. | ^Ô (/rô è-n 
èrâi : ils sont très en arrière. | se niétrè-n 
èrâi : se mettre en retard pour ses travaux. 
il se teri è-n èrûi : se tirer en arrière ; fig. 
se dérober à une obligation, à un devoir, 
\kà l'aréi falii se inohrâ, s'e teri ê-n èrâi : 
quand il aurait fallu se montrer, il s'est tiré 
en arrière (quand il aurait fallu faire acte de 
courage, il s'est dérobé). | s'é pâ terija è-n 
èrâi kci l-a falii rnmasà son pûro-z or- 
feno : elle n'a pas reculé quand il a fallu 
recueillir ces pauvres orphelins. 

èrba , v. a. Paître l'herbe, pâturer. 
I l-èrbâvâ a l'ètiôa dé loii-z ésë : ils pâtu- 
raient au bord de leur pâturage. | léi-i/ 
â pâ bali le prâ po rè a èrba, l-a bè 
falii le payi : ils ne lui ont pas donné gra- 
tuitement le pré à pâturer, il a bien fallu 
le payer. — Syn. pmserâ. 

èrbâdzo, s. m. Herbage. | léi-i/ a déi bô-z 
èrbâdzo sii la niôtanè ; il y a de bons her- 
bages sur la montagne. || lé-z ôtro yâdzo Ô 
kiréizéi déi-z èrbàdzo ko, lé béise l-Tra 
malade, ma ora ô vou rè dé se, fô todoulô 
sali l'èrdzè po payi le drûgè : autrefois on 
cuisait des herbages (des plantes médicinales) 
quand les bêtes étaient malades; mais à pré- 
sent on n'en veut plus, il faut toujours sortir 
l'argent pour payer les drogues. 



èrhèitâ, v. n. Travailler fort à de pénibles 
travaux. | èrbèita véi ô bokô : eiforce-/e 
roir un peu. | n'èrhéitérè tàke ke n'osa fè : 
nous y mettrons toutes nos forces jus(pi'à ce 
(pie nous ayons fini. 

èrbéléta, s. f. Palonnier de charrue. — On 
dit aussi âbrelésa. — Cf. arbelésa. 

èrbérjdzo, s. m. Pâturage clos, mis en 
réserve. | VèrbérTdzo de la nâiiwa : le 
pâturage réservé de la Neuve. 

èrhéta, s. f. Dim. de èrba. Petite herbe; 
gazon qui croît dans les vignes et les jar- 
dins. I ô pou pâ l'arâi, fèrbéta : on ne 
peut pas l'arracher, ce gazon. || Fines herbes 
(cerfeuil, persil, ciboulette, etc.). | de la 
sepn éi-z èrbétè : de la soupe aux fines 
herbes (pour qu'elle suit bonne, on veut qu'il 
y en ait au moins dix espèces). 

èrdelÔ, s. m. Ardillon qui passe de l'anse 
dans la boucle d'une chaudière. | ô ku ke 
l'èrdelô l-avéi mâkâ, tota la mota l-tre zou 
on fii : une fois que l'ardillon avait maïuiué 
(s'était ronii)u), tout le fromai!;-e était allé au 
feu. 

èrdwazè. .Var. de ardwâzè. 

èrdsè, s. m. Argent, monnaie. | aréi de 
l'èrdzè è maniyâsè : avoir de l'argent â ma- 
nier. I lé-z â/iâ mets lou-z èrdzè de ô pyè, 
ora ô le mé a la bâka : les aïeux met- 
taient leur argent dans un bas, à présent 
on le met à la banque. | l'èrdzè kuni, kâ 
niTrno n'a rè dé tsâbè : l'argent court, lors 
même qu'il n'a pas de jambes. | l'èrdzè 
trauale tàdi Le ne dwârrnè : l'argent tra- 
vaille pendant que nous dormons. | mé 
ô lèi baie d' èrdzè, mé n-è bâi : plus on 
lui donne d'argent, plus il en boit. | béi 



EBA 



— 434 



EBA 



tl sé-z èrdzê olii dé s'adzetâ ôk'awé : 
il boit tous ses arg-ents (tous ses g'ains), 
au lieu de s'acheter quelque chose avec. 
\bali de Vèrdzè pè lé ma : donner de 
l'argent par (dans) les mains, c.-à-d. donner 
de l'argent de poche qui, le plus souvent, 
se gaspille à la pinte le dimanche. | o-n 
ê-n a po sen èrdzê : on eu a pour son 
argent, c.-à-d. que la chose achetée ne vaut 
pas plus que la somme donnée. | dou peti-t 
èrdzë : du petit argent (de la monnaie). 

èrdzëtâ, V. a. Argenter. 

èrdzètéri, s. f. Argenterie. 

èrkivq, v. n. Glisser, s'affaisser, dévier. 
I le tàlii ke n'é pâ ratenii vou èrkwà : le 
talus qui n'est pas retenu va glisser. | le is'è 
l-a èrkwà è salesê de la ryâirè : le char a 
dévié en sortant de l'ornière. — Cf. kalûdzi. 

èrmâiina, s. f. Aumône. | ôn'èrmàûna, se 
vo plé ? une aumône, s'il vous plait ! Cela ne 
se dit plus ; les mendiants ne parlent plus 
patois et ne mendient plus avec tant d'hu- 
milité. I éi va ê démâdë l'èrmâûna : il va 
en demandant l'aumône. | sô todoulô éi 
pwârte par avéi ôn'èrmâima : ils sont tou- 
jours aux portes à demander l'aumône. 

èrmitâdzo, s. m. Ermitage. 

ermite, s. m. Ermite. 

éro, s. f. Erreur. 

èrpelo, s. m. Sorte de doigt qui est à la 
partie postérieure du pied des ruminants. 



\lé bâû, lé vatsè, lé tsïvrè, lé miitô é lé pwë 
l-â da-z èrpelô : les bœufs, les vaches, les 
chèvres, les moutons et les porcs ont deux 
doigts derrière chaque pied. 

èrpyÔ (frv. erpion), s. m. Partie du pied 
des ruminants qui se trouve sous le sabot. 

èrté, s. m. Orteil. | l-a lé-z èrté to ragre- 
môtenâ : il a les orteils tout ramassés. | le 
gré é le peti èrté sô sedzé éi-z agasô : le 
gros et le petit orteil sont sujets aux cors. 

èrtsé, s. m. Sautelle, sarment couché en 
terre et destiné à remplacer un cep qui a 
péri. I n-ê fô fére il lé-: à déi-z èrtsé, ou 
se ou lé : il en faut faire toutes les années, 
ou ci ou là, des sautelles. — Cf. provanïrè. 

èrtsi, V. a. Herser, | lé-z ôtro ku 5 bétsTve 
lé tsâ dévà dé sénâ, ora 5 lé-z êrlsè: lé dzë 
vulo pâ mé se bah ta dé pâina : autrefois 
l'on bêchait les champs avant de semer, à 
présent on les herse ; les gens ne veulent 
plus se donner tant de peine. 

èrvë, s. m. Orvet, aveugle. | lé-z èrvë sô 
kemë déi galéze petite sèrpë : les orvets 
sont comme de jolis petits serpents. — Syn. 
bwârno. 

èsè, s. m. If, appelé aussi, à cause de 
sa dureté, bu dé fë : bois de fer. | se lé 
tsavô medzô de l'èsè, sô fotû : si les che- 
vaux mangent de l'if, ils sont perdus. | lé-z 
ôtro ku Ô faséi déi remase d'ésè, se dékor- 
balâvâ pâ : autrefois on faisait des balais 
d'if, parce qu'il ne perd pas ses aiguilles. 



É 



é, conj. Et. I On dit vë-t'yô: vingt [et] un, 
et : vë-t é du, vë-t é tré, etc. : vingt et deux, 
vingt et trois, etc. ; puis : trëVyô, trëCé du, 
etc. : trente [et] un, trente et deux, etc., et ainsi 
de suite. On dit cependant : se é yô : cent et 
un, etc. Il Servant à lier deux phrases, é est 
le plus souvent suivi de pu. Cf. épû. 

ébabolâ, v. a. Enlever les toiles d'arai- 
gnées. I dévâ dé remasi, t'ébaboléréi bë 
pèrto : avant de balayer, tu ôteras bien par- 
tout les toiles d'araignées. 

ébabolçyè, s. f. Action d'enlever les toiles 
d'araignées. | fér'ôna bun'ébabolâyé : bien 
enlever les toiles d'araignées. 



ébalâsè (frv. ébalances) , s. f. pi. Balance. 
] lé-z ébalSse dé dzenéva l-ïrâ lé-z ôtro ku 
lé plé grôse-z éhalâse k'ô-n ose zou yû : la 
balance [publique] de Genève était autrefois 
la plus grande balance qu'on ait eu vue. — 
Voir balâsè. 

ébaloyi (s'), v. r. Se distraire. | sou-z ëfâ 
s'ébaloyô ë se gâlë ëk'ou sélâù : ces en- 
fants se distraient en s'amusant là au soleil. 
\kâ né rë a férè, m'ébaloyo ë sôdzë ou 
vTlo të : quand je n'ai rien à faire, je me 
distrais en songeant au passé. 

ébarani, v. a. Oter de la baranè (balus- 
trade) tout ce qui la salit. | fô ébarani sa 



EBO 



- i3r, 



KliW 



baranè : il faut épousseter cette balustrade. 
ébarbalà, v. a. Couper avec une faucille; 
tondre les haies, les plantes trop hautes. 
[ébarbalà ôna bosenâ : tailler un buisson. 
Il Par ext., mettre en ordre une chevelure 
ébouriffée. || Réfl. piiréi proii s' ébarbalà ô 
boko : elle pourrait bien se coiffer un peu. 

ébai/i, V. a. Ebahir, étonner. | se fébaijé 
se ?cela t'étonne-t-il? | l-a ébaiji io le modo 
e se marijë : il, elle a étonné tout le monde 
en se mariant. | l-é se ke l-ébayére lé dzë : 
c'est cela qui va ébahir les gens. | seréi bê 
ébai/i se savéi se : il serait bien étonné s'il 
savait cela. | l-Tro ta ébaya dé se ûrè : 
j'étais si étonnée d'entendre cela. || Réfl. ne 
mébatjo rè mé dé rè ; je ne m'étonne plus 
de rien. 

ébayi, ébaya, part. adj. construit avec «' 
pour sii. Je suis ébahi-e (frv. je m'étonne), 
[s'ébayi se sô vi'ya ! je me demande s'ils 
sont partis. | ma s'ébaya ko l-é ôko sosè .' 
mais qui peut bien encore nous venir là? 
[s'ébayi se l-a préi tï lé fosâii ! je voudrais 
savoir s'il a pris tous les fossoirs. \ s'ébaya 
ko léi-y are! je suis curieuse d'apprendre 
qui il y aura. | ma s'ébaya ! mais je m'étonne ! 
(est-ce bien vrai?) — On dit aussi : su bè 
bayi se rèdré ! je voudrais savoir s'il vien- 
dra. I sii bè baya s'ô la trovérè I je suis 
curieuse de voir si on la trouvera. Cf. 
l'art, bayi, où cet emploi aurait dû être indi- 
qué. 

ébecâtsi {s'), v. r. Se déhancher, j s'é 
ébezâlsi è tsecè dit désti ô noyë : il s'est dé- 
hanché en tombant d'un noyer. 

ébezâtsi-tsg, part. adj. Déhanché-e. | l-é 
tot'ébecâtsa : elle est toute déhanchée. — Cf. 
débezâtsi. 

ébè, int. Eh bien ! ] ébè vâi, t'a bë récô : 
eh bien ! oui, tu as bien raison. | ébë, vë so f 
eh bien ! viens-tu? 

éblnyesP-ëta, adj. Éblouissant-e. | Ô selon 
éblnyesè : un soleil éblouissant. 

ébluyi, V. a. Éblouir. | le sélâii m'ébluye 
lé se : le soleil m'éblouit les yeujr. 

ébokenâ, v. a. Morceler une chose, un ter- 
rain. I Ion bê s'é trovà ta ébokenâ apréi Ion 
partùdzo : leur bien s'est trouvé très mor- 
celé après leur partage. — Cf. bokenâ, mor- 
se nà. 

éborni v. a. Éborgner. | Lorsque les gens 
de Chàtel-Saint-Denis avaient l'intention de 
descendre de nos cotés avec leurs kurabwéi 



{cnre-boyan.r), ])endant la guerre du Son- 
derbund, une vieille femme, voulant user de 
représailles, disait : ô n'a pâ 5 rémâido tyé 
d'alà pela dou oëro è le méhlà awé déi 
hëdrè, po lé-z éborni : on n'a pas un re- 
mède (d'autre moyen) que d'aller piler du 
verre et le mêler à des cendres pour les ébor- 
gner. — Voir borni. 

éboudyi-dya , s. m. et f. Etourdi-e. 
I tyën'éboadya ! quelle étourdie ! 

ébôbi-bya, adj. Stupéfait-e. j l-a ésà béi 
ébobi : il a été bien stupéfait. | sii tot'ébôbya 
dé se ke vo mé dite : je suis toute stupéfaite 
de ce que vous me dites. 

ébrâtsi, v. a. Ebrancher, élaguer. 

ébrekal{i, v. a. Casser, gâter. | le tepë 
l-é to-t ébrekalà : le pot est tout cassé. 

ébrétsi, v. a. Ebrécher. — Syn. èdéisi. 

ébrëlâ, v. a. Ebranler. 

ébrëlémë, s. m. Ebranlement. 

ébrosi, v. a. Oter les débris de foin de la 
crèche. | ô-n ébrose lé béise déoâ tT lé répé : 
on ôte tous les restes de foin des crèches 
avant chaque repas (on en fait de la litière). 

ébrotâ, v. a. Brouter profondément. | lé 
tsïvre l-ébrotÔ lé fràno : les chèvres brou- 
lent les frênes. | lé miltô l-ébrotéra to le 
kurti s'ô lé lésive férè : les moutons brou- 
teraient tout le jardin si on les laissait faire. 

ébrivitâ, v. a. Ebruiter. 

ébnrdeli (s'), v. r. Se faire une hernie. 
I lé-z omo sébardetô pie sa tyé lé f émulé : 
les hommes se font plus facilement des her- 
nies que les femmes. || S'éventrer, en parlant 
des animau.K qui se blessent. | la valse s'é 
ébnrdela : la vache s'est (îventrée. 

ébnrifç-ayè, adj. Ebouriffé-e. 

ébufefali-la^ adj. Qui a les intestins sor- 
tant de l'abdomen. | l-é to-t ébutefali : ses 
intestins sortent complètement. 

ébutseli, v. a. (oter hsbutsilé, les copeau.x). 
Nettoyer les prés au printemps de tout ce 
qui pourrait nuire au fauchage. | fndréi alà 
ébutseli wâi ke l-é trii mû por alâ otrapâ : 
il faudrait aller nettoyer les prés aujourd'hui, 
[puisjqu'il fait trop mouillé pour aller ailleurs. 

ébii, s. m. Coup de vent, rafale. | l-ûra dé 
dzamâfâ déi-z ébii, ou vë pér ébii : le vent 
de Janian souffle par rafales, i tyè-l éfjii ke 
vë ëk'è ! quel coup de vent vient là ! 

éhwéihi, v. a. Arracher les cornes. | le 



EFO 



— 136 



EGA 



menjâii l-a ébwéihi la dcalè : le Miroir a 
arraché les cornes à la Tachetée (en parlant 
de deux vaches). || Extraire la moelle de cer- 
taines plantes, comme le sureau. | l-ébwâiho 
Ô bé dé sâii : j'extrais la moelle d'un bout 
de sureau. || Réfl. la mosciila s'é ébwéiha : 
la mosàila (vache) s'est arraché les cornes. 

èbijotâ (frv. ébioter), v. a. Rompre les 
extrémités des branches des arbres, couper 
les bouts des feuilles de légumes, arracher 
les pétales des fleurs. | si peti l-ébyote to 
se ke pou atrapà : cet enfant ébiote tout ce 
qu'il peut attraper. | ne inébijota pâ sou 
galéze hlâii : ne me gâte pas ces jolies 
fleurs. — Cf, débyotû. 

édè, s. f. Aide, dans la loc. : le bo dijû 
no séi ë-n édè ! le bon Dieu nous soit en 
aide ! — Cf. fiidè. 

édèrbunâ, v. a. Étendre la terre soulevée 
par les mulots et les taupes. | lé-z ô l-édèr- 
bunÔ ê-n outô, lé-z ôtro ou fari, tsakô kà 
l-a lezi : les uns étendent la terre des taupi- 
nières en automne, les autres au printemps, 
chacun quand il en a le temps. 

édzèrâ, v. n. Se dépêcher (proprement, se 
fatiguer les jarrets). | te pou édzèrâ ta ke te 
vudréi, te n'arevéréi pâ pie vito tijé mè : 
tu peux te dépécher tant que tu voudras, tu 
n'arriveras pas plus tôt que moi. |1 Fig. Tra- 
vailler ferme pour s'enrichir. | l-a béi ta 
édzèrâ, fadre toparél ke muresâ o dzCùa : 
ils ont beau tant se démener pour s'enrichir, 
il leur faudra quand même mourir un jour. 

éfahi, V. a. Eftacer. 

éfarâ-âyè, adj. Efl'aré-e. | le pûr'omo, 
l-ïr'as'éfarâ : le pauvre homme était telle- 
ment effaré. 

éfarutsi, v. a. Effaroucher. | sèble tot'éfa- 
rutsa : elle semble tout effarouchée. 

éfé, s. m. Effet. 1| Pr. pu d'éfé, pu déplé; 
pu d'éfé, pu éi plé. 

éfolâûza (frv. effenilleusé), s. f. Ouvrière 
qui travaille à l'efFeuillaison de la vigne. 
\kci la mÔtanéi-z éfolûûze l-é tèrena, Ô 
pou kemëhi a fére d'éfolè : quand la neige 
a disparu de la montagne aux eff'euilleuses 
(les Agittes), on peut commencer l'eff^euillai- 
son de la vigne. — Syn. rnenata. 

éfolè (frv. effeuilles), s. f. pi. Etteuillaison 
de la vigne. | fére d' éfolè : faire d'effeuillés, 
c.-à-d. s'occuper des deux opérations qu'exige 
l'effeuillaison : ébourgeonner et attacher la 
vigne, (cf. pyena et leva). \ ne se d'abiva 



éi-z éfolè : nous sommes bientôt aux effeuil- 
les. \ le të déi-z éfolè : le temps que dure 
l'effeuillaison. | alâ éi-z éfolè : s'engager 
comme ouvrière pour ren"euillaison. | ne va 
tyé demi le të éi-z éfolè : elle ne va que la 
moitié du temps (trois jours sur six) aux 
effeuilles. \ lé kôdzi déi-z éfolè : les va- 
cances [des écoles] pour l'effeuillaison. 

éforhi (s'), v. r. S'efforcer; moins usité 
que se forhi. 

éfodrà (s'), v. r. S'effondrer. | léi-y a 
zou prou tâi ke se s5 éfôdrâ sti-l ivë dézo 
la rjrosa nâi ; il y a eu pas mal de toits qui 
se sont effondrés cet hiver sous la grosse 
neige. 

éfrôtâ-âyè, adj. et s. m. et f. EffVonté-e. 
— On dit aussi ëfrëtâ. 

éfiiziyè, s. f., usité dans la loc. éihrè, se 
métr'ë-n éfiiziyè : être, se mettre dans une 
position qui commande le repos ; se mettre 
à l'affïit, aux aguets, j le Isa l-é dza ë-n 
éfiitiye dévci sô pèrté dé rata : le chat est 
déjà aux aguets devant son trou de sou- 
ris. I lé dzeuele sô tot'ë-n éfiiziyè : les 
poules sont toutes juchées. | te té mé ë-n 
éfiiziyè : tu t'exposes, tu te mets en vue. 

éfwâ, s. m. Eff'ort. | férô-n éfwâ : faire 
un effort, se donner un tour de reins. || Pr. 
ou maryàdzo é a la mwâ, le dyâblo fà 
sé-z éfvâ. 

éga, s. f. Jument. \\ Pr. 5 pou pâ plorâ é 
mena Véga. 

égalitâ, s. f. Egalité. 

égalizâ, v. a. Égaliser. 

égara, v. a. Égarer. 

égarâ-ayè (frv. égaré-e), adj. et s. m. et f. 
Folâtre, volage. | fô pâ éihre dëse ta 
égara : il ne faut pas être si folâtre. | sa 
feléta l-é bë égarâyè, se pâ se balére ôke 
dé ta bÔ : cette fillette est bien volage, 
je ne sais pas si elle donnera rien de (si) 
bon (si elle sera un jour une honnête fille). 
Il ônégarâye ke l-é, é rë d'ôtro: une égarée 
qu'elle est et rien d'autre. 

égaréyâii-âi/za, s. m. et f. Celui, celle 
qui aime à folâtrer. | 5-n égaréyâii : un 
folâtre. I te n'oudréi pâ awé s'égaréyâiiza : 
tu n'iras pas avec cette folâtre. 

égaréyi (frv. égarier), v. n. Folâtrer. | /«'a 
sa rë a fére tyé d'égaréyi awé lé valé ? 
n'as-tu rien à faire qu'à folâtrer avec les gar- 



EGR 



131 



EHR 



rons? j n'umo rë té vëre (à égaréiji (iivé 
son-z èfâ : je n'aime pas te voir tant folâtrer 
avec ces enfants. 

éffaréj/Ôdsè, s. f. Folàtrerie (frv. i<ohi- 
gerie). \ l-a trii d'égaréijôdze par avéi île 
l'ésè : elle est trop volage pour être sensée. 

égnrôda, v. a. Gâter, déchirer en mor- 
ceaux. 

égnueli, v. n. Gigoter. Se dit aussi d'un 
hniame qui ao-ite rapidement bras et jand)es 
pour chercher à se mettre sur pied. 1| Par 
ext., vouloir tout faire à la fois, se bien dé- 
mener. I l-a bè égaveli : il a bien trimé. 
— Cf. dcêvetâ. 

ég(i, s. m. Egard. | n'a rc d'égâ por nû : 
il n'a d'égard pour personne. 

rgâlamë, adv. Egalement; usité seulement 
dans la loc. to-t égâlamë : tout également 
((|uand même). 

égordsi, v. a. Egorger. 

égorzala [s'), v. r. S'égosiller. | s'égorza- 
lâve dé kriyâ se dcë : il s'égosillait à appe- 
ler ses parents. — On dit aussi s'égorceli. 

égorceli {s'). Var. de s' égorzala. 

égala, v. a. Egoutter. | /à lési égolâ la 
biiya : il faut laisser egoutter la lessive. 
\dei-: êrbe bë égolâ gè : des légumes bien 
égouttés. 

égotyâii, s. m. Egouttoir pour la vaisselle. 
\régotgâii l-é 5 mânblo bë kemûdo é k'Ô 
ne froure pà pérto : l'égouttoir est un meu- 
ble bien commode et qu'on ne trouve pas 
partout. 

égô, égala, adj. Egal-e. 

égra, s. m. Degré, marche d'escalier. 
I alâ d'en égrà pie le : passer d'une marche 
à l'autre. | fére déi-z égrà dû tro-z a Ira a 
n-ô sèdâi : faire des marches d'escalier de 
loin en loin à un sentier, [j s5 pare d'en égrà 
/lie préi tyé no : ils sont apparentés d'un degré 
plus près que nous. — Syn. dégrâ. || S. m. 
pi. Escalier. | déi krûgo-z égrà : un mau- 
vais escalier. [ le lo, le pi déi-z égrà : le 
haut, le bas de l'escalier. | déi-z égrà dé 
kara : un escalier de cave. | alâ amô, veni 
bu pè lé-z égrà : monter, descendre l'esca- 
lier. I tsezi pè lé-z égrà : tomber dans l'es- 
calier. I soulà lé-z égrà katro a katro : 
descendre les escaliers quatre à quatre. 

égrefasè. Var. de légrefasè. 

égrelé-éta, adj. Aigrelet-fe. | don medzi 



égrelé : du manger un peu aigre. | l-areve 
pron sovë ke fo inedzi de la sepa égreléta : 
il arrive assez souvent qu'il faille man<rer de 
la soupe aigrelette. 

égremali. Var. de gremali. 

égrena, v. a. Égrener. | égrènà déi rezë : 
égrener du raisin. — Cf. dégrénà. 

égrèteni, v. a. Égraligncr. |i Fig. s'égré- 
lenô ô dziva, se létsô ô-n ôtro : ils s'égrati- 
gnent un jour, se lèchent un autre (ils se 
détestent un jour et se caressent un autre). 
— Syn. grifunà. 

i'if'O, fff''>i,, adj- Aigre. | la sepa égre né 
pà biina, ma ko. ô n'a rë d'olro, ô s'ë 
kôtëtè : la soui)e aigre n'est pas bonne, 
mais quand on n'a rien d'autre, on s'en con- 
tente. — Cï.fwà (2). 

égro, s. m. Aigreur, mécontentement, 
amertume. | l-a de l'égrô pérmi li : il a de 
l'aigreur en lui-même. 

éguzeni, v. a. Tirailler avec peine une 
plante qui tient fortement au sol, ou tout 
autre chose qui ne cède pas. | riidré bë 
vëre ke t'éguzenisà sa plâta : lèse la go l-é : 
je voudrais bien voir que tu tiraillasses cette 
plante; laisse-la où elle est. || Par exf., tail- 
ler malproprement une plante avec un ins- 
trument peu tranchant. | si kntéi l-égnzenè : 
ce couteau scie. — On dit aussi gnzeni. 

égwàfà, V. a. Cracher les noyaux des 
cerises ou les gousses de raisin. || V. n. 
Parler beaucoup en ouvrant démesurément 
la bouche. | n'a sa pà asetCi pron égwàfà? 
n'as-tu pas bientôt assez gueulé ? || égiràfà 
dé rire : rire aux éclats, pouffer de rire. 

égivàfàgé (frv. égoaàfée), s. f. Le fait 
d'égwafà. de gueuler. | fà déi-z égwàfàge 
k'Ô l'a d'en'onra le : il parle si bruyamment 
qu'on l'entend à une lieue de distance. 

égzaminà, v. a. Examiner. 

égzazérà, v. a. Exagérer. 

égzérsi, v. a. Exercer. 

égzérsiso, s. m. Exercice. 

égzë-ëla, adj. Exempl-e. 

égzëlà, V. a. Exempter. 

égzizë-ëta, adj. Ivxigeant-e. 

égzortâ, v. a. Exhorter. 

élira i-âi té, adj. Etroit-c. j ô ne néi pà 
mé déi tsèrâirè ta éhrûile kemë lé-z ôtro 
yàdzo : on ne voit plus des charrières si 



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138 



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étroites qu'autrefois. || s3 bë a Véhrâi 
de sa méizÔ : ils sont bien à l'étroit dans 
cette maison, jj Fig'. vivo prou a réhrâi : 
ils vivent bien à l'étroit, dans la gêne. — 
Cf. et sa. 

éhrâina (frv. et rennes), s. f. Présent de 
baptême. | l-a résii. déi hale-z éhrâine dé se 
pare é rnaràinè : il a reçu de beaux pré- 
sents de ses parrains et marraines. — Depuis 
qu'à la campagne on se fait des cadeaux de 
nouvel an, ces derniers s'appellent aussi 
é/irriinè. 

éhrâblo, s. m. Etable, écurie. | réhràhlo 
éi vatsè, éi tsaoô : l'étable aux vaches, l'écu- 
rie aux chevaux. | lé-z éhrâblo lé-z ôtro kii 
n'avâ rë dé parapé é l-TrÛ ta basé ke lé-z 
omo dévâ se hléinâ po swani loii béisé, é 
tréinâ le féiné aivé la trê dit le fô de 
l'éhrâblo tâk'a la pwârta : autrefois les éta- 
bles n'avaient pas de parapet et elles étaient 
si basses [de plafond] que les hommes de- 
vaient se baisser pour soigner leur bétail, et 
traîner le fumier avec le trident du fond de 
l'étable jusqu'à la porte. — Cf. bâii, bovelÔ, 
bwètÔ. 

éhrâdzj-jrè, adj. et s. m. et f. Etranger- 
ère. I s5 éhrâdzî lé-z ô éi-z ôtro : ils sont 
étrangers les uns aux autres. | l-é ônéhrU- 
dzïrè: c'est une étrangère. || S. m. Pays étran- 
g-er. I vivra l'éhràdzî : vivre à l'étranger. 

éhràdzo-è, adj. Etrange. | te ne tro- 
véréi pà éhrâdzo ke vêrio pT or a : lu ne 
trouveras pas étrang'e que je vienne seule- 
ment à présent. | sa fé/nala l-é bë éhradzé : 
cette femme est bien étrange. || Adj. m. 
Etranger. | l-a todoulô déi dzë éhrâdzo a 
la méizô : ils ont toujours à la maison des 
g-ens (domestiques) étrangers. | fére don bë 
éhrâdzo : faire du bien étranger (travailler 
au bien des autres). | ô pou pâ ëvuiji sa 
fel'awé déi-z omo éhrâdzo : on ne peut pas 
envoyer cette fille avec des hommes incon- 
nus. 

éhrâlatsa, s. m. Nœud coulant (étrangle- 
chat). I fér'Ô-n éhrâlatsa : faire un nœud 
coulant. — Syn. éhrâlàii. 

éhrâlâii, s. m. Nœud coulant. | l'éhrâlûû 
l-a dziblà é la béise s'é vétâyè : le nœud 
coulant a glissé et la bête s'est enfuie. — 
Syn. éhrâlatsa. 

éhrâlâ, V. a. Etrangler, étouffer. | lé père 
tsana l-éhrâlÔ la gwârdzè : les poires 
chanes étranglent la gorge. | n'é pâ dëse 
k'ô-n éhrâle lé dzë : ce n'est pas ainsi 



qu'on étouffe les gens. | se mé faléi medzi 
don pà a krédi, m'éhrâlérâi : s'il me fallait 
manger du pain à crédit, il m'étouftérait. 
Il Réfl. té fô pâ rir'ë medzë, te t'éhrâléréi : 
il ne te faut pas rire en mangeant, tu t'étouf- 
feras. — Syn. s'ésâtsi, s'étofâ ; cf. éstrâ- 
gnlâ. 

éhrelâii, s. m. Fuseau indépendant du 
rouet et servant à étendre le fîl qu'on dévide. 

I léi-ij a déi-z éhrelâii ke trosô le Ji : il y a 
des fuseaux qui cassent le fil. 

éhrelè, s. f. Etrille. | pasâ l'éhrelè : pas- 
ser l'étrille, étriller. 

éhreli (1), v. a. Etriller. | n'éhrele zamé 
se valsé : il n'étrille jamais ses vaches. 

II Fig. té vu prou éhreli ôna wârba : je 
t'étrillerai bien une fois. 

éhreli (2) , v, a. Tendre le fd de lin sur 
Véhrelâu, eu le dévidant. | Ô se fâ mô ou 
[jùiidzo ë-n éhrelë le Ji : on se fait mal au 
pouce en tendant le fil sur Véhrelâu. \\ Réfl. 
si Ji l-é ta regeli ; s'éhrele rnôsa : ce fil est 
tout tortillé, il s'étend malaisément. 

éhrenâ, v. a. Etrenner. | t'a bë éhrenâ : 
il t'a bien étrenné (il l'a donné de belles 
étrennes). || Faire usage d'une chose pour la 
première fois. | tëk'ô parapAodze nâû béi 
éhrenâ : voilà un parapluie neuf beau étrenné! 
se dit quand il est gâté. | l-éhrene tï sé-z âlo 
pè la plodzé : il étrenné tous ses vêtements 
par la pluie. || Lorsque, au marché, le premier 
acheteur marchande, ia vendeuse, craignant 
la malechance, se hâte de dire : vo ni éhrenâ, 
fô pâ martsâdâ : vous m'étrennez, il ne 
faut pas marchander. 

éhrenéi, s. m. Étourneau. | lé-z éhrenéi 
se rasèblô tï lé-z outô, dévâ dé inodâ, su le 
mïmo grô noijë : les étourneaux se rassem- 
blent, chaque automne, avant de partir, sur 
le même grand noyer. 

éhrëdrè, v. a. Etreindre, serrer. | se te 
n'avâ pâ tri'i éhrë si perè, se seréi pâ 
éhlafâ : si lu n'avais pas trop serré cette 
poire, elle ne se serait pas écrasée. | éhrë 
la bë., ke ne se vétéi pâ : étreins-le bien, 
qu'il ne s'enfuie pas. | l-é trû éhrësa, se von 
fére malâda : elle est trop serrée, elle va se 
rendre malade, jl Pr. ke triï l-ëbrâse, mô 
l-éhrë. Il Réfl. lé dznvene fêle s'éhrënô po 
krëre dé se fére balè : les jeunes filles se 
serrent, dans la croyance qu'elles seront plus 
belles. 

éhrëga, s. f. Lanière mince et étroite qui 
sert à assujettir une bande de cuir, nommée 



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139 — 



EHL 



étsêrpa, au manche et à la verge du fléau. 

I lé-c éhrè(je dé inen éséiji se sô trosâyè : 
les lanières de mon fléau se sont rompues. — 
Cf. éséi/i. 

éhrênijâii, s. m. Bàlon qui sert à maintenir 
ferme le contre de la charrue. | Partie de 
l'établi du menuisier qui fait ofHce de presse. 

II Partie de l'ancien pressoir qui donnait la 
solidité nécessaire au bassin (cf. frii/é). 

éhrêsa, s. f. Tache jaune qui naît et dis- 
paraît sur les doigts sans motif apparent. 
C'est un signe de bonheur quand on peut la 
couvrir avec le pouce et de malheur quand 
le pouce ne peut l'atteindre. | in'é venii 
ônéhrèsa ou pâiUlzo : il m'est venu une 
tache jaune au pouce. 

éhrobl(i, V. a. Arracher le chaume. [ éhro- 
blâ 5 tsâ : échaiinier un champ. 

i'hroblo, s. m. Chaume, éteule. | kâ ô 
mésenawé la fô, o fâ déi pie (jvô-z éhrohlo 
tijé awé le vola : quand on moissonne avec 
la faux, on fait plus d'éteule qu'avec la fau- 
cille. 

éhla, s. m. Eclat. | la dâûiva l-a fé Ô-n 
éhla : la douve a éclaté. 1| Fig. l-a fé ô 
éhla : il a fait un éclat, un scandale. 

éhlafà (frv. éclafer), v. a. Écraser en 
aplatissant, écacher. | éhlafâ ôna koka : 
écraser une noix, j lé-z ëfâ l-âmô éhlafâ 
to se ke trouva jjè lé tsemè, mîmamë lé le- 
masè : les enfants aiment [à] écraser tout ce 
qu'ils trouvent dans les chemins, voire même 
les limaces. || Réfl. la magerite s'é éhlafâye 
déco 5 helô : la Marguerite s'est écrasée 
sous une bille de bois. || Fig. Éclater de rire, 
pouffer. I s'éhlafô dé rire : ils éclatent 
de rire. — Cf. pésalâ, akwèhra, apléhrà, 
jjéhreli. 

éhlafâ i/è (frv. éclafée), s, f. État de ce qui 
est éhlafâ, écaché. | tijënéhlafâijè ! quelle 
éclafée! \\ Quantité de neige qui s'est tassée 
en tombant. | l-é tsezii sti-l ivë on éhlafâye 
dé nui ke kôlè.: il est tombé cet hiver-ci une 
masse de neige qui compte. 

éhlàpa, s. f. Éclat de bois, éclisse. ' si bu 
se lâive to pèr éhlâpè : ce bois se détache 
entièrement par éclisses. 

éhlâpâ, V. n. En parlant du bois, éclater, 
se détacher par éclisses. | fâ atèhô, si bu 
l-éhlâpe ta sa : fais attention, ce bois éclate 
si facilement. 1| Réfl. dou bu ke s'éhlàpè : du 
bois qui se détache par éclisses. — Cf. 
éhlètâ. 



éhlèrdzenâ (frv. éclargeonner), v. a. En- 
lever les nouvelles pousses qui croissent à la 
vigne après l'efleuillaison. | lé vene préisô 
d'éhlènlzenâ ; sô ta pute ke fâ véryonè : il 
est urgent de débarrasser les vignes de leurs 
nouvelles pousses; elles sont si laides qu'elles 
font vergogne. | fô pâ éhlérdzenâ lé tré 
prenii dzCùa déi kanityiilè, se l'aréise la 
kriiva déi plâtè : il ne faut pas éclargeonner 
[durant] les trois premiers jours des cani- 
cules, cela arrête la croissance des plantes. 

éhlèriâ, v. n. Apparaître et disparaître 
comme un éclair ; se dit en parlant d'une 
lumière, d'une lueur. | â so yii, l-a éhlèriâ ? 
as-tu vu, il a fait comme un éclair. | éi 
l-éhlèrCadéi : il fait encore des éclairs. | le 
sélâii vo-z éhlèrte kôtrè : le soleil vous 
éclate contre (vous frappe subitement et 
comme dans un éclair par l'intensité de son 
éclat). — Cf. éhléiri. 

éhlériâyé, s. f. Le fait {.Véhlèi-tâ ; lueur 
qui ne fait qu'apparaître comme un éclair. 
\ou, tyêf'éhlèrtâyè! oh! quel éclair ! — CL 
éhléirya. 

éhlètâ, V. n. Eclater, se briser en éclats et 
avec bruit, claquer. | si-l âbro l-a éhlètâ pT 
ora : cet arbre a éclaté dans cet instant (cf. 
éhlâpâ). I le tenëro l~éhlèlè : le tonnerre 
éclate, j fér éhlètâ ôn'ékurdzè : faire cla- 
quer un fouet. Il V. a. se i'éhlèto pà ôna 
potâ... si je ne te donne une gifle.... 

éhlètâyè, s. f. Eclat ; retentissement du 
tonnerre. | se l-a ba/i ôn'éhlètâyè ke m'a 
fé grâ pwâirè : cela a fait un éclat (pii m'a 
fait bien peur. || Par ext., se dit de tout 
bruit éclatant. | déi-z éhlètâyè d'ékurdzè : 
des claquements de fouet. 

éhlètè-èta, adj. Éclataiit-ç. 

éhléirâdzo, s. m. Eclairage. 

éhléiri , v. n. et a. Eclairer, éclaircir. | se la 
lena l-éhléirTve todoulô, ô n'aréi pâ fôta 
dé lilâirè : si la lune éclairait toujours, on 
n'aurait pas besoin de lumière. | lé-z ôtro 
yâdzo, ko ke l-aréi sôdzi a éhléiri lé 
velâdzo ? qui aurait songé autrefois à éclai- 
rer les villages? | l-a ésâ béir'ô vëro po 
s'éhléiri la wë : il est allé boire un verre 
pour s'éclaircir la voix. || Réfl. S'éclairer 
(syn. hléiri, presque seul usité), s'éclaircir. 
I lé salârde se sô bê éhléirijè : les salades 
se sont bien éclaircies (cL érari). \ le le 
s'éhlâirè : le temps s'éclaircil. 

éhléirya, s. f. Eclaircie. j se fâ ôna 



El 



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EIH 



petiV éhléirija davo : il se fait une petite 
éclaircie du côté du sud-ouest. | le fii fâ 
déi pusête-c éhléinjè : l'incendie jette d'im- 
menses lueurs. — Cf. hlèrtà. 

éhlopà-nyè, adj. Éclopé-e. 

éhlora, v. a. Écrémer. | l-éhloro la krania: 
j'enlève la crème. | élilorâ ô dijétso : écrémer 
un baquet [de lait]. — Syn. ékramâ. 

éhlorâf/è (frv. effleurée) , s. f. Action 
d'écrémer. || Par ext., le meilleur d'une 
chose. I ôrï'éhlorâye dé prâiimè : une pre- 
mière cueillette des meilleures prunes. 

éliolâ (frv. éfioler), v. a. Faire passer 
dans la main presque fermée les plantes 
légumineuses pour en faire tomber les grai- 
nes. I éliole mé sa sekorya ."ôte les graines 
de cette chicorée. 1| Réfl. Se dit d'une plante 
dont les graines tombent d'elles-mêmes. 
I sou botyé se s5 to-t éliolâ : les graines de 
ces fleurs sont toutes tombées. — On dit 
aussi yV/o/rî ; cf. ékrapà, épiisà. 

éi (1), art. pi. avec la prép. a. Aux, 

éi (2), pron. sujet de la ire pers. du sing. 
Je. L'usage de ce pronom est lieaucoup plus 
restreint qu'en français. Dans la proposition 
principale^ on peut indifféremment l'em- 
ployer ou s'en passer. | éi vé ou vé adéi 
tsôpu : je vais toujours tout doucement. On 
ne l'emploie jamais : 

10 Dans la phrase négative : n'é pu lezi : je 
n'ai pas le temps. | neléi vépâ:je n'y vais pas, 

20 Dans la construction réfléchie : mé siï 
fyësa : je me suis frappée. | mé répiico : 
je me repose. 

30 Dans la proposition subordonnée : med- 
zéré bè se pwé medzi : je mangerais bien si 
je pouvais manger. | pure dremi se l-îro 
trâtyilo .-je pourrais dormir si j'étais tran- 
quille. I mé seré ëdreinâi se te m'avâ pà dé- 
sorbâ : je me serais endormi si tu ne m'avais 
pas dérangé. || Après ke, conj. et pron. rela- 
tif : yô ke su ? où suis-je? | vë véi se, ke té 
vàyu : viens ici, que je te voie, | pâ ke 
satso : pas que je sache. | fô ke mé dépatsé 
ô bokô: il faut que je me dépêche un peu, 

éi (3), pron, sujet de la 3e pers. du sing. Il, 
elle, ils, elles. Ce pron. est soumis aux mêmes 
règles d'emploi que celui de la Ire pers, | éi 
travale ou t ravale kemë 5 sâkro : il travaille 
comme un forçat. En outre, on ne l'emploie 
pas avec les verbes impers, quand ils sont 
suivis d'un régime : éi nâi : il neige. | néi 
a la tâiza : il neige à la toise. \\ Pr. kci 
plou a midziùa, pion to le dziùa. 



éi (4), int. Eh ! \\éi ! ne mé di pâ se : eh l 
ne me dis pas cela. | éi ! mô dyii : eh ! mon 
Dieu, 

éidyi, V. a. Aider. | te m'âidye bë : tu 
m'aides bien, | Quelques personnes disent à 
tort : dyii vo-z édâi ! pour éidyâi : Dieu 
vous aide ! | ne léi-y arevérë, dyii éidyâi ! 
nous y arriverons, puisse Dieu nous aider ! 

I le bô dyii éidyéi éi retso, lé pûro faro 
adéi ou farô prâii : [que] Dieu aide aux 
riches, les pauvres feront toujours (ils sau- 
ront bien se tirer d'affaire). j| to s'arëdz'ë 
s'éidyë : tout s'arrange en s'aidant [mutuel- 
lement]. I ne vèrë ôko se, dyii éidyë : nous 
verrons encore cela, Dieu aidant. || Pr. la 
dzenele l-a béi grètà, se le pàu ne léi-y 
éidye pâ, ne pou pâ ôvâ. \ éidyi vo 5 
bokô : aidez-vous un peu. || Réfl. ne sa pâ 
s'éidyi ô brë : il ne sait pas du tout s'aider. 

II Pr. étdye té, le bô dyii Véidyérè. \ kà 
tsakô s'âidyè, nô ne se krâivè. 

éihrè, v. Être. | l-é grô : il est grand. 
\ke se sâi, le vu bë : que cela soit, je le 
veux bien. | omi ke séi malâdo : à moins 
qu'il ne soit malade. | ne se pâ a la nâi : 
nous ne sommes pas à la neige (nous avons 
le temps), j a tye ke vo-z ë-n éisé ? à quoi 
en êtes-vous? |1 seré d'avéi frai : je serais 
f/'avoir froid (je suis sur le point d'avoir 
froid). I seréi dé tsezi : il serait de tomber 
(il est sur le point de tomber). || l-é to pie 
dé moka de le pâlo : c'est tout plein de 
moustiques dans la chambre. || Pr. l-é dé 
to prâii tyé dé bune-z âmè. \ l-é to dé tyé 
de : c'est tout dit que dit (il en sera ainsi 
et pas autrement). | to se, l-é déi gâdwâzè : 
tout cela, ce sont des bourdes. || Pr, kS 
l-é bô, l-é prâii. \ l-é de lé vîle mèrmite 
k'ô fâ la mélou sepa. \\ léi-y é ésâ : j'y ai 
été, j'y suis allé. | kâ se sere fé, le serè : 
quand cela sera fait, il le sera. || Une seule 
forme du passé défini s'est conservée dans 
les trois proverbes suivants : tâk''a tré fii 
bô. I zamé rodzo ne fii bô. | zamé fnri 
tèrdi ne fii wéiri. 

éihro, s. m. Aire sur laquelle on bat les 
céréales. | ékâiir'a l'éihro : battre sur l'aire. 
Il lé-z ôtro yâdzo ô plâfséyTve lé-z éihro 
awé dou bu dé tsâno : autrefois on plan- 
cheyait les aires avec du bois de chêne. 
Il Par ext., la quantité de blé qu'on bat en 
une fois, airée. | fér'ô-n éihro, du-z éihro : 
(battre) une, deux airées. | métr'ë-n éihro : 
faire, préparer une airée. 



EKA 



— 141 



EKA 



éinéta, s. f. Partie du cliar (jui relie les 
deux côtés de la bvesûûla. 

éirâii-âtizo, adj. Irritable. | lé sngrè rëdô 
éirâri : les chagrins rendent irritable. | l-é 
ta éirânza : elle est si irritable. — Cf. 
érâii. 

eitsè , s. f. Appât, amorce. | /n /x'isr 
l-a medzi l'éitse se se prei/rè : la béte a 
mangé l'amorce sans se prendre. — Cf. le 
fr. aiche ou èche. 

éifsi, V. a. Amorcer, appâter. ] l-â prou 
kudyi éitsi le renâ, ma l-a ésà pie riizû tyé 
tT làii : ils ont bien essayé d'amorcer le 
renard, mais il a été plus rusé qu'eux tous. 

éiu)è, s. f. Eau. | de l'éiive hlàra, trobla, 
(jovàijè, dura, rnôsàna, lésa : de l'eau claire, 
trouble, govée, dure, malsaine, glacée. | de 
réiwe ke kwa, ke bâinè : de l'eau courante, 
stagnante. | de l'éiwe dé golè, dé ryô, dé 
fôtàna : de l'eau de mare, de ruisseau, de 
source. | de l'éiœe siiprâi/é : de l'eau sulfu- 
reuse. I lé (jrôse-z éiivè : les grosses eaux, 
l'inondation. | déi hlo d'éiivè : des flots 
d'eau. I réiœe régolè : l'eau regorge. | la 
fôtâna vè karta d'éiwè : l'eau de la fon- 
taine baisse. || l'éiwe lave to tyé lé pélsi : 
l'eau lave tout, sauf les péchés. | se ne fasci 
se, léi-y aréi pà de Véiw'ou lé po no lava : 
si nous faisions cela, il n'y aurait pas de l'eau 
au lac pour nous laver. || réveni sii Véiwé : 
revenir, remonter à la surface de l'eau. 
I trosu l'éiwe : rompre [le courant de] l'eau. 
Wfér'ôna premîr'éiwè : faire une première 
«au (rincer une première fois). | fére veni 
l'éiw'a la botsè : faire venir l'eau à la 
bouche. I porta le fit é Véiwè : porter le 
feu et l'eau (souffler la discorde). 1| s'akuli 
a l'éiwe : se jeter à l'eau. | éihre préi de 
l'éiw'é le dou pà : être près de l'eau et loin 
du pain (être pauvre). || de l'éiwe dé li : de 
l'eau-de-vie de lies. | de l'éiwe dé serTzè 
(frv. de l'eau-de-cerises) : An kirsch. || Urine. 
I èpâtsi d'éiwè : lâcher de l'eau, uriner. | l-â 
porta dé sen éiiv'a la mâidzè : ils ont porté 
de son eau à la ineige. \\ Pr. ô pou pâ 
derè : fôtâna, béri pà dé ten éiwè. 

éiwéta, s. f. Dim. de éiwè. Petite source, 
petit cours d'eau, petit ruisseau. | né 
zamé yii nôsë ata d'éiwéte tyé de lé-z 
ëverÔ déi bê de l'ala : je n'ai jamais vu 
nulle part autant de petits ruisseaux que 
dans les environs des bains de l'Alliaz. 

ékalabra (frv. écalabrer), v. a. Ouvrir 
toute grande (une porte, une fenêtre). ; portye 



ke l'ékaldbre dèse sou jjwârtè '/ pourrjuoi 
ouvres-tu ces portes si grandes? | ôna méizô 
ékalabrayè : une maison dont les portes et 
les fenêtres sont grandes ouvertes. 1| Par 
ext. ékalabrâ lé zè : écarquiller les yeux. 
\sé teni sétà awé lé dzénâii to-t ékala- 
brâ : se tenir assis avec les genoux écar- 
tés. I 5 preniâi ékalabrd : un prunier 
dont les branches sont très écartées. Ij S. m. 
et f. 5-n ékalabrâ, ônékalabrâyè : un éca- 
labré, une écalabrée, homme ou femme qui 
fait de grands mouvements, de grands gestes. 

ékarà (frv. ét/uarrier), v. a. Equarrir. 

ékarâtâ-âyè, adj. Efl'aré-e, éperdu-e. | tyé 
ke l-a si valoté ke l-a lé ze dês'ékarâtâ ? 
qu'est-ce (ju'il a ce garçonnet qu'il a les 
yeux ainsi effarés? | sou f'émule sèb(ô 
tofékarâtâyè : ces femmes semblent tout 
éperdues. — Syn. éfarâ ; cf. épwéiri (1). 

ékarbuli, v. a. Jeter, verser dans toutes les 
directions ; se dit de l'action d'un vent violent 
sur l'herbe ou les champs de céréales.] se fâ 
de l'ûra, vou prou ékarbuli l'wârdzo : s'il 
fait du vent, il ne manquera pas de verser 
l'orge de tous côtés. | l'ûra no-z a ékarbuli 
nûhré wèlamô dé fê : le vent nous a épar- 
pillé nos petits tas de foin. | de l'êrba ékar- 
bula : de l'herbe versée de différents côtés. 

ékaréyi, v. a. Carier.] l-a ô-n û ékaréyi : 
il a un os carié. 

ékarfali {s'), v. r. S'ouvrir, éclater par la 
cuisson. ] satyète pome dé lëre s'ékarfatô h'i : 
certaines pommes de terre s'ouvrent facile- 
ment en cuisant (et perdent ainsi leur forme). 

ékarfali -1(^1, part. adj. Ouvert-e par la 
cuisson. ] ôna tsasan'élcarfala : une châ- 
taigne ouverte, c.-à-d. un peu trop cuite, 
qu'il est impossible de prendre sans (|u'clle 
tombe en miettes. 

ékarkeli, v. a. Écarquiller. | sa fêle se 
kréi bala palamo ke l-ékarkele lé zè : cette 
fille se croit belle parce qu'elle écarquille les 
yeux. I né pà béi d' ékarkeli lé tsâbè : ce 
n'est pas beau d'écarquiller les jambes. ]] Se 
dit aussi du bois qui a travaillé, s'est fen- 
dillé et ouvert en différents endroits, et qui, 
par suite, a perdu de sa solidité. ] sou-z 
épôde sô ékarkelè, purâ no dzeyi ô twa : 
ces colonnes de pressoir sont écan/utllées, 
elles pourraient nous jouer un tour. 

ékarlata, adj. Écarlate. ] ô zilè ékurtafa: 
un gilet écarlate. 

ékarfâ {s'), v. r. S'éc.irter. | sâvô pâ leni 



EKL 



142 



EKO 



5 propû se s'ékarlâ dé Ion sedzé : ils ne 
savent pas faire un discours sans s'écarter 
de leur sujet. 

ékartéyi, v. a. Couper des poires et des 
pommes en quartiers. {îvv. partager). | è-n 
outo fô ékartéyi déi pom'é déi père po fére 
déi sétsÔ : en automne il faut partager des 
pommes et des poires pour faire des séchons. 

ékâuma, s. f. Écume. | kâ q-n àryè, le 
laséi fà l'ékâûma : quand on trait, le lait 
fait l'écume. | éi fà Vékâûma : il écume (en 
parlant d'un épileptique). || Vékouma vèrda 
déi-s ôdzo l-é biina po lé vèrii'^è : l'écume 
verte des bassins [de fontaine] est bonne pour 
les verrues. — On dit aussi Icâiima ; cf. dzé. 

ékâiira (frv. écouvre), s. f. Grosse pièce de 
bois qui sert à relier les épondes ou colonnes 
du pressoir et qui, percée en hélice au milieu, 
forme l'écrou. | lé-z ékûiire se fasâ ë tsâno : 
les écouvres se faisaient en chêne. — Quel- 
ques personnes disent ékâûura. 

ékâûrè, v. a. Battre les céréales, principa- 
lement le blé, avec le fléau. Avant l'introduc- 
tion des batteuses mécaniques, c'était un 
travail très important, qui réclamait beau- 
coup de bras et occupait l'agriculteur une 
bonne partie de l'automne et de l'hiver. 
\ékâûr'a katro, a sâi, a wè : battre à 
quatre, à six, à huit (étant un nombre de 
quatre, de six, de huit personnes pour battre, 
le faire à coups cadencés). | faséi pie béi 
ékûiire nôpô tyé pâ : il faisait plus beau 
battre [en nombre] impair qu'[en nombre] 
pair. I l-ékozéi sen éihro asebë tyé 5-n 
oino : elle battait son airée aussi bien qu'un 
homme. | to l-é éko : tout est battu. 

ékâiwra. Var. de ékâiira. 

ékâ, s, m. Écart. | léi-y a 5 peti-t ékâ : 
il y a un petit écart. | o pwê d'ékâ : point 
qui s'écarte de la ligne droite dans un ou- 
vrage de tapisserie. 

ékàro, s. m. Equerre. | 5 se se /né de 
l'ékâro ora tyé lé-z ôtro yâdzo : on se sert 
davantage de l'équerre à présent qu'autre- 
fois. 

ékemà, v. a. Ecumer. | l-ékoumo le dzé 
po lé Isa : j'ôte l'écume pour les chats. | la 
pots'a ékemà : l'écumoire. || l-ékemâve dé 
radzè : il écumait de rage. 

ékemâdzo, s. m. Ecumage. 

éklipsa {s'), v. r. S'éclipser. 

éklipso, s. m. Éclipse. | l-é bè 5-n azà 



ke lé-z éklipso n'amena pà le putè : il est 
rare que les éclipses n'amènent pas le mau- 
vais temps. 

éko (1), s. m. Écho. | léi-y a 5-n éko delé 
don tsaséi .• il y a un écho par delà le châ- 
teau (au nord du château de Blonay). 

éko (2), s. m. Écot. 

éko (3), s. m. Tige dépouillée de ses 
feuilles, gousses et graines. | déi-z éko 
dé fàvè, dé pâi, d'épenatsè : des tiges de 
fèves, de pois, d'épinards. | déi-z éko dé 
sape : des branches de sapin dépouillées de 
leurs rameaux. 

ékofâi (1), s. m. Écouvillon du canonnier. 

— Cf. ékôvé. 

ékofâi (2) (vieilli), s. m. Cordonnier. 

ékonomiko-a, adj. Économique. | 5 forné 
ékonomiko : un poêle économique. 

ékonomiyé, s. f. Économie. 

ékonomizâ, v. a. Economiser. — Syn. 
éparhi, réparni. 

ékonômè, s. m. Econome, avec une ten- 
dance à l'avarice. | l-é 5 biin ékonôme, ma 
toparâi! c'est un bon économe, mais tout 
de même ! 

ékorn^-àyè, part. adj. Ecorné-e ; se dit 
d'un bœuf, d'une vache qui a une corne cas- 
sée. — Cf. ébwéihi. 

ékortsi, v. a. Écorcher. | ékortsi lé-z 
orolè : déchirer les oreilles. || Pr. atci si 
ke tê tyé si ke l-ékwârtsè. \\ Écorcer. 
\l-ékuHirtso 5 tsâno : j'écorce un chêne 
(syn. plemà). 

ékortsâii, s. m. Écorcheur. | 5-n ékortsâii 
dé béisè : un écorcheur de bêtes. 

ékosa, s. f. Ce qui a été battu en une fois 
avec le fléau (frv. battue). | n'è fé 5na 
bun'ékosa : nous avons fait une bonne bat- 
tue. Il Volée de coups de fléau. | se té balo 
pâ 5n'ékosa ke te la sètè!... si je ne te 
donne une volée de coups que tu la sentes!... 

— Cf. ékâ a ré. 

ékosâirè, s. f. pi. Dévidoir sur pied. | déi 
bune-z ékosâirè : un bon dévidoir. — Cf. 
déviidyé, dyëdrè. 

ékotà (frv. écoter), v. a. Couper les bran- 
ches d'un arbre à une petite distance du 
tronc. I ékotà 5 fràno : écoter un frêne (cf. 
krosô). Il Dépouiller fèves, pois ou haricots 
d'une partie de leurs gousses, à mesure 
qu'elles mûrissent. | ékoti yo sou pâi ? est- 



EKR 



143 



EKU 



ce que yécote ces pois "? | léi-ij a déi fa- 
veijûle ke mé 5 lé-: ékotè, mé éi balô : il 
V a des haricots (jui rendent d'autant plus 
qu'on les écofe plus souvent. || Oter les plus 
vieilles feuilles aux choux, blettes, etc., à 
mesure que ces plantes croissent, pour les 
donner aux porcs. | ékolâ déi répara : éco- 
ter des blettes. 

ékovirè, s. f. pi. Balayures. 

ékozâdzo, s. m. Battage des céréales. 
\le tè de l' ékozâdzo : le temps du battage. 

ékozfni-âiiza, s. m. et f. Batteur-euse en 
grange. | lé dzaveno d'ora ne sÔ tyé déi-z 
ékozâii dé niâlô : les jeunes gens d'à pré- 
sent ne sont que des batteurs de malheur 
(maladroits). | léi-[f a rè mé d'ékoèârizè : 
il n'y a plus de femmes qui battent en 
grange. 

ékôiKi, V. a. Ecouvillonner. | le Jhrnâi 
l-ékôve SÔ fioa déva d'ëfornâ : le fournier 
écouvillonne son four avant d'enfourner. 

ékové, s. m. Ecouvillon du fournier. | sa 
fémala sèhrô-n ékôré, ta l-é inônéta é mô- 
[jena : cette femme ressemble à un ecouvil- 
lon, tant elle est malpropre et mal coiffée. 
il Pr. la remase se moke de rékové. — Cf. 
ékofâi (1). 

ékramg, v. a. Ecrémer. | a la fretïr' ô-n 
ékramâv'awé la potse pèrha : à \n fruitière 
on écrémait avec la poche percée (grande 
écumoire en cuivre). 

ékrapâ, v. a. Ecroùter, enlever le gazon 
(syn. ékrosâ). || Nettoyer les graines des 
plantes de jardin, chicorées^ salades, laitues, 
épinards, etc. | Enlever, au moyen d'une 
plume, la dernière poussière du blé qu'on 
vanne. — Cf. éholà, épiisu. 

ékreli (frv. écriller) , v. n. Être des- 
séché, en parlant d'un ustensile en bois 
dont les douves se disjoignent par l'efFet 
de la chaleur. ' è tsôtè, lé séle sô vito 
ékrelè : en été, les seilles se dessèchent 
facilement. || Réfl. Se dessécher. | s'ô lèse 
lé-z éze trii gràtê ou sélâiï, éi s'ékrelô : si 
on laisse les vases en bois trop longtemps 
au soleil, ils s'écrillenf. 

ékretera, s. f. Écriture. ] lé-z ôtro ijâdzo 
lé dzë l-avà ôna bal'ékrelera ; por ora, ô 
né prèske pâ fotii dé lëre se ke l-ékrizô : 
autrefois les gens avaient une belle écriture; 
à présent, on n'est presque pas f... (il est 
presque impossible) de lire ce qu'ils écrivent. 
il lé sète-z ékreterè : les saintes Ecritures. 



ékrèz(t. Var. de akrèzà. 

ékri, s. m. Écrit. | l-é ijii ô yâdzo ô-n 
ékri ke venéi don ht é i/6 ô dezâi (l-é le hô 
di/ii ke l-avéi se ékri) ke ne sera tJ perdit 
se ne vida pâ no répètre dé ni'ihré pétsT : 
j'ai vu une fois un écrit qui venait du ciel et 
dans lequel on disait (c'était Dieu qui avait 
écrit cela) que nous serions tous perdus si 
nous ne voulions pas nous repentir de nos 
péchés. 

ékrirè, v. a. Ecrire. \sâ pâ adrâi ékrirè : 
il ne sait pas écrire comme il faut. | l'ékricô 
lou-z anôhe wâi : ils signent aujourd'hui 
leurs promesses de mariage, j ékrirè le 
partâdzo: écrire r[acte du] partage. || léi-ij é 
ékri se pnrà veni no-z éidiji : je lui ai écrit 
[pour lui demander] s'ils (ceux de sa famille) 
pourraient venir nous aider. | no-z a ékri la 
mwâ dé SÔ péirè : il nous a écrit [pour nous 
faire part de] la mort de son père. 

ékritô, s. m. Ecriteau. | l-à mé ô-n ékrito 
a vëdrè si'i Ion paulrla : ils ont mis sur leur 
porte un ecriteau [(pii indique (]ue l;i maison 
est] à vendre. 

ékrivè, s. m. Ecrivain, gratte -papier. 
\l-âme mï éihrékrivë tyé dé rabnti la 
tëra : il aime mieux être gratte-papier que 
de remuer la terre. — Syn. yrètapapâi. 

ékrosâ, v. a. Ecroùter; enlever le gazon. 

I kâ ô vou rôire dou gazô, ô-n ékrose pre- 
mïremë l'érba : quand on veut défoncer du 
gazon, on écroùte premièrement l'herbe. 

II ékrosâ le pâ : ôter la croûte du pain. — 
Cf. ésèrlâ. 

ékru, s. m. Ecrou de vis. | ô-n ékrn ilé 
dyêtsé : un écrou de porte de tonneau, ser- 
vant à visser la planchette qui retient la ])orte 
au vase. — Cf. ékâiira. 

ékrûlâ {s'), v. r. S'écrouler. 

ékrûlémè, s. m. Écroulement. 

ékrïivélè, s. f. pi. Ecrouelles. 

éksétéra Et cœtera. | La plupart des V;ni- 
dois prononcent aussi en français éksétéra. 

ékiilf-ïrê, s. m. et f. Ecolier-ère. | ô-n 
ékulî a métré lôdo : un écolier à maiire 
Claude (paresseu.x et ignorant). 

éktiljdzo, s. m. Écolage, rétribution (pie 
paient les écoliers. | dé mô tè, ô ne payîre 
dza rë d'ékulTdzo tsî no, ma srsé bë 
ôtrapà : de mon temps (quand j'allais à 
l'école), on ne payait déjà pas d'écolagc chez 
nous, mais bien ailleurs. 



EKNY 



EL A 



ékurâ, V. a. Écurer. | batsi vo ke vo-c 
ékiu^l ta? baptisez-vous, que vous écurez 
tant ? On entend souvent celle question plai- 
sante, qui date sans doute du temps où l'on 
n'écurait que dans les grandes occasions. 
I ékiira adéi : continue quand même à écu- 
rer. — Syn. rékurà. 

ékurâdzo, s. m. Ecurage. — Syn. réku- 
râdzo. 

ékuraijè, s. f. Action d'ékiiro ; ce qui est 
ëcuré en une fois. | fér'ona bnn'ékurâyè : 
faire un bon nettoyage. — Syn. rékurâyè. 

ékiirdzè, s. f. Fouet, écourgée. | l-a résii 
l'ékurdz'a travë lé rë : il a reçu le fouet à 
travers les reins. | sa bë fér'éhlètâ sen 
ékurdzè : il sait bien faire claquer son fouet. 
- Cf. fivaH). 

ékurdzi, v. n. Faire claquer son fouet. 
I sa dza bë ékurdzi : il sait déjà bien faire 
claquer son fouet. 

ékurdzg, s. f. Coup de fouet, coup d'écour- 
gée. I si tsèrotô té bah dé sou-z ékurdze 
k'ô-n ë-n é to-t épivéiri : ce charretier te 
donne de tels coups d'écourg-ée qu'on en est 
tout effrayé. 

éktivé (frv. écoare), s. m. Chacune des 
deux pièces de bois qui se placent sur toute 
la longueur du char pour donner aux futailles 
l'assise nécessaire. | lé tsë d'àdzô l-avâ déi 
ffrà-z ékii^é : les chars d'Anjou avaient de 
longues écoaves. — Syn. bràkà. 

ékilla, s. f. Ecole. | être lé-z ékûlè : entre 
les leçons du malin et celles du soir. | la 
grâf ékûla : l'école des plus grands en- 
fants. 1 la petiVékûla : l'école des plus 
jeunes enfants, l'école enfantine. | Vékûla 
déi grô, déi peti : l'école des grands, des 
petits. I l'ékûla don rézâ, de la rézata : 
l'école tenue par le maître, par la maîtresse. 
\férè, teni l'ékCila : enseigner à l'école. \senà 
rékûla : sonner pour l'école. | éihre fro 
déi^z ékûlè : avoir quitté l'école. || fére sen 
ékûla : faire son école d'instruction mili- 
taire. Il Fig. éihr'a biin'ékûla : être à bonne 
école. I fér'ôn ékûla a kôkô : faire des re- 
montrances à quelqu'un. 

ékwârsa. Var. de ékwàsa. 

ékwâsa (1), s. f. Écorce. | de Vékwâsa 
Usa, tselâaza : de l'écorce lisse, filamenteuse. 
Iplemâ de r ékwâsa : écorcer. j fére de 
l'ékwàsa : faire provision d'écorce. | Vék- 
wâsa dé tsâno l-é méloa po tânâ tijé sa dé 
sape, ma éi fa déi krûije hëdrè : l'écorce 



de chêne est meilleure pour tanner que celle 
de sapin, mais elle fait de mauvaises cendres. 
— Ou dit aussi ékwârsa. 

ékwâsa (2), s. f. Entorse, j s'é fé on ék- 
wâsa : il s'est donné une entorse. — Syn. 
ëtwâsa. 

ékwèla, s. f. Écuelle ; toute vaisselle de 
cuisine, en général. | déi-z ékwèle blâtsè : 
de la vaisselle blanche, par opposition à 
celle de couleur, autrefois presque seule en 
usage. Il déi-z ékwèle fëdyè : des écuelles 
fêlées. I rire kemë ôn'ékwèla fedya : rire 
beaucoup. || rélavâ lé-z ékwèle : laver la 
vaisselle. || ônékwèla désigne en particu- 
lier une tasse avec sa soucoupe. || l'ékwèla 
don léoci : l'écuelle du levain (écuelle dans 
laquelle on conserve le levain pour le pain 
de la prochaine fournée). | Vékwèla dé pâ : 
écuelle en bois dans laquelle on porte sur la 
planche du fournier les patons qui doivent 
être mis au four. || l'ékwèla d'o-n û : l'écuelle 
d'un os, le cotyle. || Pr. ho ne brize sen 
ékwèla t'jé si ke la të. 

ékwèlâ, s. f. Ecuellée. 

ékwèléta, s. f. Dim. de ékwèla. Petite 
écuelle; petite tasse. 

ékwé (1), s. m. Œuf dépourvu de coquille. 
\la dzenele l-a fé ô-n ékwé : la poule a 
pondu un œuf sans coquille. 

ékwé (2), s. m. Brancard d'un char. || Par 
ext., enfant estropié, dont les jambes s'écar- 
tent beaucoup. 

ékwéiti (s'), v. r. Devancer le temps. | la 
vatse s'é ékwéitya : la vache a mis bas 
avant terme. 

ékwési, V. a. et n. Écuisser. | l-a ékwési 
ôna brâlsè : il a éciiissé une branche, c.-à-d. 
qu'il a pesé dessus pour la séparer du tronc. 
\le bési l-é ékwési : le jumeau (l'arbre four- 
chu) est écuissé. || Se dit aussi d'un homme 
ou d'un animal dont la démarche trahit la fa- 
tigue. 1 5-n omo ékwési, ôna vats'ékwésa : un 
homme fourbu, une vache fourbue. | éi va 
ë-n ékwésë : il marche en écartant les jam- 
bes Il Réfl. l'âbro s'é to-t ékwési ë tsezë : 
l'arbre s'est tout écuissé en tombant. || si-l 
omo va s'ékwési se traval'atà : cet homme 
sera fourbu s'il travaille autant. 

élardzi, v. a. Elargir. 

élardzâu (frv. élargeur)., s. m. Pièce de 
bois qui maintient à une certaine distance 
l'une de l'autre les deux échelles d'un char. 
\métre l'élardiâii : placer Vélargeur. 



EME 



— 145 



EPA 



élâ, s. m. Élan. | prêdre sen élâ po kâblu 
ô ryô : prendre son élan pour sauter un 
ruisseau. || Action d'élancer la voix. | fâ 
déi-z élà kemê s'ô-n Tre sor : il fait des 
élans comme si l'on était sourd. 

élâhi {s'), V. r. Pousser, grandir. | si 
valé s'é bè élâhi : ce garçon est devenu 
bien lon^- et mince. | tèk'ô-n abro ke s'élûhe 
irii : voilà un arbre qui s'élève trop. — Voir 
lâhi. 

éléfq, s. m. Eléphant. 

élite, s. f. Elite. 

éluHwi, v. a. (peu usité). Éloigner. |j Uéfl. 
mé sii éliornia ô bokô po le vëre kiili : ]c nie 
suis éloignée un peu pour le voir partir. 

élé, s. m. Œil ; usité seulement dans la 
loc. : la de d'élè : la dent de l'œil (frv. la 
dent d'œil). — Cf. èè. 

émaleni (.v'), v. r. Se chagriner, se tour- 
menter. I fô pâ ici s'émaleni por se : il ne 
faut pas tant se chag'riner pour cela. | /ô se 
dô ke te t'émalené po ta pu dé tsûza ? faut- 
il donc que tu te tourmentes pour si peu de 
chose ? 

ématelôzè (1) (frv. éinatlose), s. m. et f. 
{ail. Heimathlos). Nom donné à des gens 
qui, jusqu'en 1870, étaient sans feu ni lieu et 
qui couraient le pays, exerçant toutes sortes 
de métiers, principalement celui de vannier. 
Ils n'avaient aucun papier de légitimation et 
ne connaissaient pas même leur origine. 

ématelôzè (2), s. f. Corbeille d'osiers bruts, 
ronde et profonde, fabriquée par les éinut- 
loses. I l'énialelôz'éi ponie dé tërè : la cor- 
beille aux pommes de terre. — Quehjues 
personnes disent matelùzé et matelûzê. 

émâiji, V. n. Hésiter. | l-émâijîvo dé léi-ij 
■alà : j'hésitais à y aller. || Se dit du temps 
qui se prépare lentement à la pluie. | kâ le 
iè l-are prou érnài/i, von prou pi or ai : 
quand le temps aura assez hésité, il pleuvra 
«ertainement. — Cf. bargani. 

émena (frv. érnine), s. f. Hémine, ancienne 
mesure de capacité valant la dixième partie 
d'un quarteron (deux litres). | lé mnnâi se 
pàijô è ratenè on émena dé blâ pè kartérô : 
les meuniers se paient en retenant une émine 
par quarteron de blé. 

émeràhlà, v. a. Pilonner, ahurir, trou- 
bler. I l-Tro as'émerâldàije dé le vërè : 
j'étais tellement ahurie de le voir. || Réfl. 
S'émerveiller. | léi-ij a pa détije s'é//ierâlil(i 
ëkè : il n'y a pas là de quoi s'émerveiller. 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



éméliivâ, v. a. Déformer en écrasant. | si 
panai l-é io-t éméliivâ ; le tsa l-a kutsi 
désii : ce panier est tout déformé ; le chat a 
couché dessus. | m\i éméluvù mo tsapéi : 
il m'a déformé mon chapeau. || Part. Acca- 
blé-e d'une grande fatigue, exténué-e. | sii 
foVéméluVaijè : je suis exténuée. 

émif/râ, v. n. Emigrer. 

émologâ, v. a. Homologuer. 

émoratsi {s'), v. r. Se meurtrir, se bles- 
ser. I s'é loCémoratsa ê tsezè : elle s'est 
toute meurtrie en tombant. 

émotâ (1), v. a. Uecéper. | fà émotâ si 

pérâi po rëre se ne répuséréi pà : il faut 

recéper ce poirier pour voir s'il ne repousse- 

I rail pas. | émota lo a rà la fôda : recèpe-le 

I à rez la tige. — Cf. émôdâ, éralâtenà. 

émotâ (2), V. a. Monder, en parlant de 
l'orge, la battre avec le fléau jusqu'à ce que 
la barbe s'en détache. || Réfl. se Vuulrdzo l-é 
ho se, s'é/not'ôko sa : si l'orge est bien 
sèche, elle se monde facilement. 

émotsi, V. a. Emoucher. | émotsTve sô 
tsavô : il émouchait son cheval. 1| Réfl. Ecar- 
ter les mouches de soi, s'émoucher. | fudréi 
avéi lezi dé s'émotsi to le dzwa : il faudrait 
avoir le temps de s'émoucher tout le jour. 

émotsâu, s. m. Émouchoir. 

émôdâ, V. a. Émonder. | l-a IT érnûdâ 
sé-z âbro : il a émondé tous ses arbres. — 
Cf. émotâ, évalâtenâ. 

émutsi, V. a. Oter les moucliels, c.-à-d. 
enlever les extrémités de certaines plantes 
dont l'herbe croît trop au détriment du fruit. 
|.v'Ô n'émutse pà le r/rôblà, éi rê a rê : si 
l'on n'enlève pas les mouchets du maïs, il ne 
prospère pas. — Cf. byotsi. 

énerva, v. a. Enerver. — Cf. anérgâ, 
ênorvâ. 

énèrrè-èta, adj. Énervant-e. 

énormo-a, adj. Énorme. | léi-ij aréi ô 
modo énormo ou préidzo : il y avait énor- 
mément de monde au préoie. | ôna fortena 
énorma : une énorme fortune. 

émiméra, v. a. Enumérer. 

énâ (frv. éf/nas), s. m. dans la loc. 
férénâ : caresser. 1 fa énu a marna : fais 
égnas à maman. 

épardzi (vieilli), v. a. Asperger, éclabous- 
ser. I niépardzTre lo mô fourdâ awé se 
lavirè : elle m'aspergeait tout mon tablier de 
10 



EPA 



146 



EFE 



ses lavures. || V. n. la plodze l-épnrdzîve 
kotre lé karà : la pluie éclaboussait les 
vitres. — Syn. dzihlà, tsahlâ. 

épardza, s. f. Le fait A'épardzi, écla- 
boussure. | l-a résii on'épardza dé bâiiza, 
dé pako : il a reçu une éclaboussure de 
bouse, de boue. 

éparni, v. a. Epargner. ] a tije ke té se 
ora d'avéi ta éparni ? à quoi te sert mainte- 
nant d'avoir tant épargné?] la iruvà n'épârne 
no : la mort n'épargne personne. || Réfl. vo 
para vo-z éparni o boko : vous pourriez 
vous épargner un peu. 

éparpeli, v. a. Eparpiller. | lé dzenele 
m'a io-t éparpeli rné grànè : les poules 
m'ont entièrement éparpillé mes graines. 

épartsîrè, s. f. Grande porte faite de per- 
ches ou de lattes, qui se ferme à clef et sert 
de fermeture à la basâirè. \ Ô tê Vépar- 
tsTr'ouvêrta kâ fô ëvesi é dévesi lé Isa, é 
po fére lé fë : on tient Vépartsïrè ouverte 
quand il faut ensemencer les champs ou en 
récolter les produits, et pour faire les foins. 

épâi, adv. Peut-être. | le rêkôtrérÔ épûi : 
ils le rencontreront peut-être. | te le léi-ij à 
épéi dza mohrâ : tu le lui as peut-être déjà 
montré. ] prëdrépéi asebë sa Iota : il 
prendra peut-être aussi sa hotte. | rë sa 
awé no ? — épâi : viens-tu avec nous ? — 
Peut-être. — Voir péibë. 

épàrno, s. m. Épargne. | l-à fé déi béi-z 
épârTio awé si bë : ils ont fait de belles 
épargnes avec ce bien. 

épâii-niiza, s. m. et f Epoux-ouse. Termes 
désignant un fiancé et une fiancée entre le 
jour de la publication des bans de mariage 
et celui des noces. Passé ce terme, ces mots 
se remplacent par omo pour l'époux et par 
féna pour l'épouse. | sô s'épâà ? sont-ils 
époux (ont-ils annoncé leur mariage)? | se 
fâ 5 béi-l épâii : il fait un bel époux. | ko 
ke méinére l'épâiiza on préidzo, d'abwa ke 
le péire l-é mwâ ? qui mènera l'épousée à 
l'église, puisque le père est mort ? (C'est le 
père ou à son défaut le plus proche parent 
qui conduit l'épousée à l'église. )|1 Pr. éponza 
dzoïjâiiza, féna plorâuza. 

épâiiza (frv. épouse), s. f. Espèce de fleur. 

épâra, s. f. Penture. | déi vTle-z épârè : 
de vieilles pentures. 

épâtsi, V. a. Épandre, répandre. | épatsi 
dou férné : épandre du fumier. | l-a tôt' épâtsi 
sen éiwe pè l'osé : elle a répandu toute son 



eau par la cuisine. || Par euphémisme on 
dira : épâtsi d'éiwè pour uriner. — On dit 
aussi ëpàtsi. 

épela, V. a. Épeler. | sa pâ pT adréi 
épelâ : il ne sait pas même bien épeler. 

épena, s. f. Epine. | lé grètatyii l-â lé pie 
grose-z épenè : les églantiers ont les plus 
grosses épines. || Pr. léi-y a rë dé rûze së-z 
épenè. 

épenablàtsè, s. f. Épine blanche, aubé- 
pine, dite aussi épenarodzé : (épine rouge), à 
cause de ses fruits. | kà l'épenablâtse 
hlorè, léi-y ar'ôkora de la nâi : quand 
l'aubépine fleurit, il y aura encore de la 
neige. 

épenanâirè, s. f. Prunellier (épine noire). 
I la rabiiza a V épenanâirè l-é la dèréire 
dou furi : la rebuse à l'épine noire (retour 
de froid qui se produit souvent après la flo- 
raison de la plante) est la dernière du prin- 
temps. — Syn. bélosi. 

épenarodzé, s. f. Aubépine. — Syn. épe- 
nablàtsè. 

épenatsè, s. f. pi. Épinards. | lé-z épenatse 
sénàye déva le méi d'à rnÔtô tolè : les épi- 
nards semés avant le mois d'août montent 
tous en graine. | aloyi, apréstâ déi-z épe- 
natsè : apprêter- des épinards. | Ô /riko- 
d'épenatsè : un plat d'épinards. 

épenâ, v. a. Garnir d'épines le haut d'un 
tronc d'arbre, ou toute autre plante qu'on 
veut mettre à l'abri des animaux ou des ma- 
raudeurs. I sou burtyâ, l-â trosâ la pie bala 
brâtse dou serez i, kâ niTmo l-Tr'épenà : ces 
vauriens, [ils] ont cassé la plus belle branche 
du cerisier, quand même il était garni d'é- 
pines. I lé dzë l'épenô lé vi le lô déi tsemë: 
les gens garnissent d'épines les ceps [qui se- 
trouvent] le long des chemins. 

épenéta, s. f. Partie du rouet. || Grosse 
cheville de bois qui autrefois fermait l'ouver- 
ture de la tine. 

épei'ô, s. m. Eperon. 

épeto, s. m. Hôpital, terme servant à dési- 
gner l'assistance publique. | ka l-arô ta 
medzi lou bë, l-oudro a Vépetô : quand ils 
auront mangé tout leur bien, ils iront à l'hô- 
pital, li pyou d' épeto ! poux d'hôpitaux ! terme 
méprisant à l'adresse de personnes assistées, 
qui sont orgueilleuses. — Cf. ospisè. 

épèrvâi, s. m. (vieilli). Épervier. | lé-z^ 
épèrvâi prènô lé dzenelè : les éperviers- 



EPE 



147 



EP( ) 



prennent les poules.\\féi pï tijé 5-n épèrvâi : 
tu es pire qu'un épervier ; se dit d'un enfant 
hardi. — Cf. bunozéi. 

fy^f'-f'so, adj. Epais-se, gros-se, dense. ] l-é 
gro épésa : elle est très grosse, elle a beau- 
coup d'embonpoint. | l-é as'épé keinë ôna 
fiisla : voir f lis/a. \ sÔ sevô l-é fri'i épé : sa 
chevelure est trop drue. | le Fiolci l-é bë 
épé : le brouillard est bien dense. || Adv. l-ci 
sénà SÔ blà bë prou épé : il a semé son blé 
bien assez (un peu trop) épais. 

épéi/ira, s. f. Epeautrt;. | se seine rë /né 
dépéihra : il ne se (on ne) sème pbis 
d'épeautre. 

épélozi, V. n. Détruire les fourmilières. 
|i'â tî lé dziva ilé pu épéloci : ils vont tous 
les jours de mauvais [temps] détruire les 
fourmilières. — On dit aussi pélozi. 

épél(iva, s. f. Etincelle. | le sape fà grô 
crépélâ^è : le sapin fait beaucouj) d'étin- 
celles. Il Pr. ne fô lijé ônépélû^a por âyâ ô 
grôfti. 

épélii^â, V. n. Jeter des étincelles, j fô pâ 
prëdre don sape po f ère déi breséi , éi l-épé- 
lûve trû : il ne faut pas prendre du sapin pour 
cuire des bricelets, il jette trop d'étincelles. 
\l'alàve to-t ë-n épélû^ë : il allait en jetant 
des étincelles ; se dit d'un char d'où partent 
des étincelles sur une route caillouteuse. 
Il Fig-. l-a ijii to-t épélii'»à : il a vu tout étin- 
celer (il a vu mille chandelles). 

épéliivè-ta, adj. Etincelant-e ; agité-e. | l-é 
to-t épéliïvë : il est toujours en mouvement. 

épérô, s. m., usité seulement dans la locu- 
tion ; ase rodzo tyé 5-n épérô : aussi rouge 
qu'un coq ? Se dit de ce qui est très rouge ; 
mais personne ne sait plus à quoi l'on fait 
allusion. 

épési, v. a. Epaissir. | épési de la sepa : 
épaissir de la sou[)e. || Réfl. la prournà s'é- 
pés'ë kivéicë : la marmelade aux prunes s'é- 
paissit en cuisant. || V. n. l-a épési d/'i ke Ce 
pu réijii : il a épaissi depuis que je ne l'ai 
pas revu. 

épésâii, s. f. Epaisseur. 

épëdyi, s. m. Etui à aiguilles (litt. à 
épingles). | lé-z ùtro yàdzo tote lé férnale 
l-aoâ ô-n épëdyi : autrefois toutes les femmes 
avaient un étui à aiguilles. 

épëja, s. f. Epingle, j déi-c épëge dé 
dyo : des épingles de deuil (épingles noires). 
|ô/(' épëga dé motsâii : une épingle de mou- 



choir. Il de le io rtlo tè lé-z épâtize balïvâ 
éi-z ëfâ ô kartérô d'épëgè : dans le tout 
vieux temps les épousées donnaient aux en- 
fants (en sortant de chez elles puur aller à 
l'église) un quarteron d'épingles (bande de 
papier sur laquelle sont pi(|uécs vinu;t-cinq 
épingles). | ô tyu d'épega : la lèle d'une 
épingle. ;[ Pr. si ke pou prëdr'ôn'épèga pou 
prëdr ô pôfë. — Cf. pëpë. 

épëgà, v. a. Epingler. | fô épègâ la inu- 
tâire dévà dé tali la forirè: il faut epingler 
l'étoffe avant de tailler la doublure. 

épi, s. m. Epi. |i Pr. tsak'épi fà sa tenu. 

épiséri, s. f. Epicerie. 

éplâi s. m. Aisance, facilité. [ n'ë zou bë 
de réplâi ivâi po fosérd : nous avons pu 
aujourd'hui expédier promptement le travail 
du fossoir. | n'ë rë d'éplùi : cela ne réussit 
pas, nous n'avançons pas. | l-é sa ke l-a 
de réplâi: c'est celle-là qui est expéditive^ 
rapide en ses mouvements. 

épléiti [s'), v. r. Se dépêcher. | no fô no-z 
épléiti dé rétornâ bâ : il (nous) faut nous 
dépécher de retourner au bas [de la vigne 
ou du pré]. I épléitë no d bokô : dépêchons- 
nous un peu. — Syn. s'éspédiyi. 

épolali {s'), V. r. S'émotionner. | lé fé- 
rnale s'épolalô sa : les femmes s'émotionnent 
facilement. 

épolali-la, part. adj. Effrayé-e, impres- 
sionné-e. | lé dzenele sÔ to-t épolalé : les 
poules sont tout effrayées. 

époléta, s. f. Épaulette. | s'ë kréyà nûhré 
vïlo awé lou bale-z époléle rodzè: ils étaient 
fiers, nos vieux, de leurs belles épaulettes 
rouges ! 

époudezi, v. a. Chasser quelqu'un en l'ef- 
frayant. I m'ë vu prou ro-z époudezi dit 
pèr ëké, pute senéde ke vo-z éisè : je vais 
VOUS faire filer de là, vilains drôles que vous 
êtes. 

épozà {s'), V. r. S'épouser, recevoir la 
bénédiction nuptiale. | éi-z oure dé lou-z 
épozâ : aux heures de se marier. | se sÔ 
épozà a inurho: ils se sont mariés à [l'église 
de] Montreux. — Cf. inaryà. 

épôla, s. f. Épaule. 1 de sfi payi, f) to 
tsèréyi sii sé-z épôlé : dans ce pays-ci, il faut 
tout porter sur ses épaules. || Fig. akule mé 
pT tn désii, l-é déi bune-z épôlé : jeltc-moi 
seulement tout dessus, j'ai de bonnes épaules 
(en parlant d'accusations). || le taréi de l'é- 
pôla : l'omoplate, j] on épôla dé rezê : une 



EPU 



148 



EPW 



épaule de raisin, c.-à-d. la partie de la grappe 
qui, près du pédoncule, se divise pour former 
une plus petite grappe. 

épôlâ, V. a. Epauler. | épôlà o fu:i : épau- 
ler un fusil (syn. êkrosi). || Réfl. lé rezë 
s'épôlô niT ka fa tso : les épaules des rai- 
sins (voyez l'art, précédent) se forment mieux 
quand il fait chaud [que lorsqu'il pleut]. 

épû, s. m. Pièce de bois qui retient l'échelle 
au char. | répo s'é trosâ : Vépo s'est cassé. 

épôda (frv. éponde), s. f. Montant d'une 
échelle, d'un escalier, etc. | lé-z épôde dé 
fétsîla s5 pâ parâirè, éi hyézo : les mon- 
tants de cette échelle ne sont pas égaux, ils 
biaisent. | lé-z épôde déi-z égrà : les mon- 
tants d'un escalier en bois. | déi-z épode dé 
brego : des montants de rouet. | On appelle 
encore épondè les colonnes de l'ancien pres- 
soir qui soutenaient Yékouvre (cf. triyé). 

éprâuva, s. f. Épreuve. | né pâ Uëbara, 
5-n a bë déi-z éprâiiv'ë sti modo : ce n'est 
pas l'embarras (il n'y a pas à dire), on a bien 
des épreuves en ce monde-ci. | l-a ésâ mésa 
a-n ena rûd' épvâiiva : elle a été soumise à 
une terrible épreuve. || sa niéizô l-a ésa fèV 
a l'éprouva don fii : cette maison a été faite 
à l'épreuve du feu. || prëdre kôkô a l'é- 
prâûva : prendre quelqu'un à l'épreuve, à 
l'essai. 

éprëdrè {s'), v. r. S'éprendre. | fo pâ ta 
vito s'éprëdre déi dzë : il ne faut pas trop 
vite s'éprendre des gens. | sa fêle s'é épréisa 
dé si-l omo kemë ôna tyiira : cette fille 
s'est éprise de cet homme comme une folle. 
I l-a. ta sôdzi a se k'a la fë s'ë sô éprâi : 
ils ont tellement songé à cela, qu'à la fin ils 
s'en sont épris. |1 Pr. si ke s'ë se, s'ë-n éprë. 

éprovâ, V. a Eprouver. | ti/é ke t'éprûiivé ? 
qu'éprouves-tu (quel mal as-tu)? | le bÔ dyii 
no-z éprouve grô : le bon Dieu nous éprouve 
bien. | le tso no-z éprâuvè : le chaud nous 
éprouve. ] à la fretïr ô-n éprouve sovë le 
laséi: à la laiterie on éprouve souvent le lait. 

épura (frv. épurer), v. a. Egoutter, faire 
égoutter. | épura déi-z âlô : egoutter des 
vêtements. \\fô lési épura sou-z èrbè: il faut 
laisser égoutter ces légumes. 

épuvàtâblo-a, adj. Epouvantable. 

épii, conj. Et puis. Principale formule de 
liaison de toutes les phrases en patois. | t'ou- 
dréi tsT le vezë léi déniàdâ sô tsavô, épii te 
le méinéréi a la grâdzè, épii te l'apléyéréi, 
épii t'oudréi ou prâ seinÔ tsèrdzi le fë, épii 



te pâséréi prëdre si dou prâ grezu, épû te 
vëdréi le détsèrdzi, ëpii te rétornérêi rëdre 
le tsavô ë le bë rémarhë : tu iras chez le 
voisin lui demander son cheval, et puis tu 
le mèneras à la grange, et puis tu l'attel- 
leras, et puis tu iras au pré Simon charger 
le foin, et puis tu passeras prendre celui du 
pré Grisoud, et puis tu viendras le décharger^ 
et puis tu retourneras rendre le cheval en le 
bien remerciant (le voisin). | épu peut aussi 
se trouver en tête de la phrase : épii, tyé ke 
t'a dé ? et puis, que t'a-t-il dit ? — On dit 
aussi épiisè. 

épudzi {s'), V. a. et r. S'épucer. | kà lé tsa 
s'épiidzô, ô-n é sii d'atrapâ ôké : quand les 
chats s'épucent, on est sûr d'attraper quel- 
que chose. 

épûdzç, s. f. Action d'épiidzi. \ fér' ôna 
bun épudza : enlever beaucoup de puces. 

épiisa, V. a. Enlever la poussière du blé 
qu'on vanne ou des graines de jardin qu'on 
nettoie. | prë véi ôna plâiima por épiisâ le 
blâ : prends voir une plume pour nettoyer le 
[dessus du blé]. \fudréi ke t'épiisisâ sou sa- 
lârde tâdi ke sÔ bune tsôdè : il faudrait 
que tu nettoyasses ces salades tandis qu'elles 
sont bonnes chaudes. — Syn. ékrapâ. 

épiisè, conj. Et puis; syn. de épii, mais 
rarement employé. | épiis' adÔ léi di : et puis 
alors il lui dit. | épiisè ka Va zou yii : et 
puis quand il l'eut vu. || Int. Eh bien ! | épiisè, 
l'a so yii? eh bien! l 'as-tu vu? | épûse, 
kemë ke se va ? eh bien I comment cela 
va-t-il? 

épivéirekorbé , s. m. Effraie-corbeaux, 
épouvantail composé de deux bâtons formant 
une croix ; aux deux branches sont attachés 
des bardeaux que le vent agite. On habille 
parfois cette croix d'un vieux vêtement sur- 
monté d'un chapeau. Comme son nom l'in- 
dique, cet épouvantail est destiné à éloigner 
les corbeaux des plantes qu'ils affectionnent 
le plus, comme le chanvre ou le maïs. — Syn. 
épwéiri (2). 

épwéirë-ëta, adj. Epouvantable, efFray- 
ant-e. | le fii l-é todoulô ôke d'épwéirë : 
l'incendie est toujours quelque chose d'ef- 
frayant. 

épwéiri {V), v. a. Epouvanter, effrayer. 
\no-z épwâirawé se réverië : il nous épou- 
vante avec ses [histoires de] revenants. | l-é 
épwéirya : elle est épouvantée. || Réfl. te ne 
t'épwéiréréi pâ, léi-y a le fii ou velâdzo : tu 
ne t'effraieras pas, il y a le feu au village 



ERA 



149 



ESA 



(manière d'inspirer du courage aux gens 
craintifs). Il Part, épioéiri, êpwéirija : cffaré-e, 
éperdu-e. | sèble lé-z èpwèiri : il ressemble 
aux effarés. | éi kwa kemr on' épivéiri/a : 
elle court comme une éperdue. 

épwéirl (2), s. m. Epouvantail. | ne farë 
ô-n épioéiri aïoé déi iavelÔ, ôna vile vèst' 
é le tsapéi don péiregra: nous ferons un 
epouvantail avec des bardeaux, un vieil habit 
et le chapeau du grand-père. — Cf. éfara, 
élidi-âtâ. 

épwéizi, V. a. Effriter, épuiser une terre. 

I sou dzè l-épwâizô si Isa è léi plàlè todoulô 
lé mïrne tsûzè : ces gens épuisent ce champ 
en y plantant toujours les mêmes choses. 

1 1(1 tsenévâire l-é épivéiia : la chenevière est 
effritée. || Réfl. mé provizijô se sô épwéizè : 
mes provisions se sont épuisées. 

épwç (frv. époint), s. m. Point, forte dou- 
leur localisée. | l-é plê d'épwë : il a beaucoup 
de points. | l-é ô-n épwë Ice mé grave dé so- 
/«/«.• j'ai un point qui m'empêche de respirer. 
\sa èke n'a rè d'épwë sïi le hé de la lëwa : 
celle-là n'a pas de points sur le bout de la 
lang'ue (rien ne l'erapèche de babiller). 

épi/à, V. n. usité seulement à l'infinitif et 
au part, passé. Epier, j le blâ l-é héi épijà: 
le blé est bien épié. | VwCirdzo von pà ôko 
épijâ : l'orge n'épiera pas encore. 

épijenn (frv. épianer), v. a. Épamprer, 
enlever les bourgeons inutiles de la vigne. 
C'est la première partie de l'effeuillaison. 
\ser'asetû të d'épijenà : il sera bientôt temps 
A' épianer. \ l-épijene bal é bë : elle sait bien 
ébourgeonner. | lé menate de la sawë n'é- 
pi/enô pà là bë : les effeuilleuses de la Savoie 
n'ébourgeonnent pas très bien. — Cf. éfolé. 

érari (frv. érarir), v. a. Eclaircir des lé- 
gumes en arrachant une partie de ce qu'on 
a semé. | por avéi déi haie rïbê, fo lé-c 
érari: pour avoir de belles carottes jaunes, 
il faut en arracher une partie, de façon à ce 
qu'elles soient clairsemées. || Fig. en parlant 
des personnes, devenir rare. | lé vile dcë 
s'éraresô : les vieilles gens se font rares. — 
Cf. ehléiri. 

éravéïji (frv. érarier), v. a. Couper l'herbe 
des raves, carottes, etc. | tî lé ku ke n'éra- 
réijë lé râvéifâ frai : chaque fois que nous 
ôtons l'herbe aux raves il fait froid. 

éravéyisè, s. f. Herbe coupée des raves 
et des carottes. — Syn. ravisé. 



érân-<nisa^ adj. Isolé-e, solitaire. — Syn. 
érâ ; cf. éirûu. 

ér(iblo, s. m. Érable. | l'érabln l-é ô-n 
âbro révo : l'érable est un arbre cassant. 

éra-âla, adj. Solitaire, isolé-e. j séi-i/ é r/rô 
érâ: c'est très solitaire, ici. | ôna niéizô 
érâta : une maison isolée. — Syn. érâii. 

éretâi-âirè, s. m. et f. Iléritier-ière. \ ne 
rnàke camé d'érelâi îiôsë : il no man(]ue 
jamais d'héritiers nulle part. | lé-: érelâi 
don sé(jô décjrà : les hériliers du second 
degré. | le sèrzâ l-a fé éretâire la kiinwna 
dé bloné : le Sergent (surnom) a fait héri- 
tière la commune de Blonay. 

éretâ, v. a. Hériter. | éretâ kôkÔ : hériter 
quelqu'un. | l-a tréi lo éretâ le bë dé sa 
marâina : il a hérité tout le bien de sa mar- 
raine. I l-ére/e diitré bokô dé veûè : il hérite 
deux ou trois morceaux de vigne. | ne von 
rë éretâ, n'are tyé lé ze po plorâ : il n'héri- 
tera de rien ; il n'aura que les yeux pour 
pleurer. 

éretâdzo, s. m. Héritage. | l-â/é Ôna Iropa 
d'éretâdzo : ils ont fait un grand nombre 
d'héritages. | lé-z éretâdzo koresô todonlÔ 
I/o léi-y a dza prâii : les héritages courent 
toujours là où il y a déjà assez. | si-l ére- 
tâdzo Ion voa pà veni a bë : cet héritage ne 
leur profitera pas. 

érétiko-a, s. m. et f. Hérétique. | lé 
katoliko dijÔ ke ne se déi-z érétiko, ma ne 
sàvë pà bë se ke se von a deré : les catho- 
liques disent que nous sommes des héré- 
tiques, mais nous ne savons guère ce que 
cela veut dire. 

érëtà, V. a. Ereinter. | l-érëte IT se tsavô : 
il éreinte tous ses chevaux. |1 Réfl. no fô 
no-z érëtà dé travail tâdi ke sa tsararûsa 
dwà: il nous faut nous ereinter de travailler 
pendant que ce vaurien dort. 

éryâ, v. a. Enrayer, c.-à-d. tracer le pre- 
mier sillon. I éryâ ô Isa : enrayer un champ. 
— Syn. ërâyi. 

ésavâ (frv. essaver), v. a. Erafler. | sa 
pyëra m'a ésavâ la mû : cette pierre m'a 
éraflé la main. \\ Réfl. m'ésàvo todoulô a si 
hé dé murale : je me fais toujours des éra- 
flures à ce bout de muraille. | s'é tot'ésa- 
vâye le bré : elle s'est tout éraflé le bras. 

ésavayé, s. f. Éraflure. | s'é fé ôna pnsêC 
ésavâye lo le lô don bré : il s'est lait une 
immense éraflure tout le long du bras. 



ÉSK 



150 



ESK 



ésâva, s. f. Éraflure. | le peti plâïire pa- 
lamo ke s'é fé on ésâva on dzénâu: le petit 
pleure parce qu'il s'est fait une éraflure au 
genou. 

ésâdsi. Var. de ésâdzi. 

ésèrbâ (frv. esserber), v. a. Eherber, arra- 
cher les mauvaises herbes. | léi-y a rë dé 
pie pénâblo tijé d'ésèrbâ : il n'y a rien de 
plus pénible que d'éherber. | lé dzuvene dzè 
l-ésêrbÔ bê môgrâ lâû : les jeunes gens 
éherbent bien malgré eux. | ésêrba véi si 
karô : esserbe voir ce carré [de jardin]. 

ésérbiré, s. f. Ce qui est ésèrbâ, mauvaises 
herbes arrachées. | burlâ de l'ésèrbirè : 
brûler de mauvaises herbes arrachées. || ti/é 
ke ne vë fére dé sou-z ésèrbirè ? qu'allons- 
nous faire de ces mauvaises herbes arra- 
chées '? 

ésèrtâ, V. a. Essarter. | l-ésêrto môgrâ 
mè : j'essarte malgré moi. | faléi vëre la 
pàina ke sou dzë l-avâ kà l-ésèrtâvà si 
prâ ke l-avéi ta dé hosenâ : il fallait voir la 
peine que ces gens avaient quand ils essar- 
taient ce pré qui avait tellement de buissons. 
\/ô ke l-ésèrtâ lo d'ena senana : il faut 
qu'ils essartent tout d'une semaine. — Cf. 
ékrosâ. 

ésèrvelâ-âyè, adj. et s. m. et f. Ecervelé-e. 
j de Voura d'ora lé-z ëfa sô trii ésêrvelâ : 
à l'heure qu'il est, les enfants sont trop écer- 
velés. I f'éi on' ésêrvelâ ijè : tu es une écer- 
velée. 

ésé, s. m. Essai. 

ésë (frv. essert), s. m. Pâturage défriché, 
dont il était fait annuellement cession, par 
parcelles, aux ressortissants pauvres de la 
commune. Les esserts de la commune de 
Blonay se trouvaient au-dessus du village 
de Tercier. Ils furent vendus à des particu- 
liers l'an 1834. | ka lé-z ésë l-irâ bë tra- 
vail, prodwiza pardi bal é bë : quand les 
esserts étaient bien travaillés, ils produisaient 
vraiment beaucoup. — Cf. bahâ. 

ésë (l), s. m. Essaim. | ô-n ésë d'âvelè : 
un essaim d'abeilles. | Ô deréi ke séi-ij a 5-n 
ésë dé musela : on dirait qu'il y a ici un 
essaim de moustiques. 

ésë (2), s. m. Bande de terrain jalonnée 
pour l'ensemencement. | mé réiste tijé l'ésë 
vè le bu : il ne me reste [à ensemencer] que 
la bande vers le bois. 

éskabéi, s. m. (vieilli). Escabeau. | fére déi 



sôVë-n éskabéi : (nive des chaises façon es- 
cabeau (sièges sans dossier). 

éskaladâ, v. a. Escalader. 

éskamotâ, v. a. Escamoter. 

éskapë, s. m. Escarpin. | lé fêle fasa déi 
tsousô a zu po métr awé lé-z éskapë : les 
filles faisaient des bas ajourés pour les mettre 
avec les escarpins. | lé-z éskapë l-ava déi 
bohl'ë-n érdzë : les escarpins avaient des 
boucles en argent. | ô ne météi lé-z éskapë 
tyé la demëdzè : on ne portait les escarpins 
que le dimanche. 

éskarfali, v. a. Déformer en écrasant, 
écrabouiller. | l-a trepâ su sô botyé ke l-a 
ésâ to-t éskarfali : il a marché sur son bou- 
quet qui a été tout écrasé. — Cf. akwèhrâ, 
aplèhrâ, éhlafâ. 

éskarmutsè, s. f. Escarmouche, querelle. 
I l-â prou sovë déi-s éskarmats' ësëblo : ils 
ont souvent des querelles. 

éskarmutsi (s'), v. r. S'escarmoucher. 

êskàdâlo, s. m. Scandale. | iyë-n éskâ- 
dâlo sou dzë l-a. fé sla né : quel scandale 
ces gens ont fait cette nuit. | se l-é ô grô-z 
éskSdâlo : cela est un grand scandale. | léi-y 
a zou prou sovë déi-z éskâdâlo de la ku- 
mena .■ il y a eu maintes fois des scandales 
dans la commune. — On dit aussi skadâlo. 

éskàpéta, s. f. Escampette. | l-a préi la 
piidra d'éskapéta : il a pris la poudre d'es- 
campette. Il Promenade, partie de plaisir. | ne 
se zou férôna petit' éskàpéta demëdzè : 
nous sommes allés faire une petite prome- 
nade dimanche. 

éskèrléta, s. f. Squelette. | sëbl'on éskêr- 
léta : il ressemble à un squelette. | l-é mégro 
ko Ôn'éskèrléfa : il est maigre comme un 
squelette. 

ésklavâdzo, s. m. Esclavage. | G-n a prou 
l'ésklavâdzo awé lé sûl5 pèrsè : l'esclavage, 
on l'a, avec les ivrognes, dans nos contrées. 

ésklâvo-a, adj. et s. m. et f. Esclave. | lé 
sûlÔ sô ésklâvo dé lou sûlenisè : les ivrognes 
sont esclaves de leur ivrognerie. 

ésklâdrè, s. f. Esclandre. 

éskormàtsi {s') (frv. s'escormancher), v. r. 
Se fatiguer excessivement, faire de grands 
efforts. I s'éskormâtsTv'a rablenâ : il se tour- 
mentait à rablonner. 

éskorpyÔ, s. m. Scorpion. | lé-z éskorpyÔ 
se tënô de le bu pari ; ô lé mé de de l'ûlo 
ke l-é bô po lé burlirè, lé kasë é prou d'à- 



KSP 



151 



EST 



iro ma : déoû ke lé béise sa mmûrlr, à rué 
dé si-l ûlo de ônotra bolole k'o hêi arâi 
po lé mô dé vètro : les scorpions se tiennent 
dans le bois pourri ; on les met clans de 
l'huile qui est bonne contre les brûlures, les 
iibcès et beaucoup d'autres maux. Avant que 
ces arachnides soient morts, on met de celte 
huile dans une autre bouteille dont on boit 
pour les maux de ventre. — Un ilit aussi 
skorpi/ô et sk/'upi/ô. 

éskorta, v. a. Escorter. 
éskrémè, s. m. pi. Excréments. 
éskro, s. m. Escroc. 
éskrokâ. v. a. Escroquer. 
éskwârtn, s. f. Escorte. 
ésofila-ai/è. \'ar. de êso/dà. 
éspalé, s. m. Espalier. 

éspanoléta, s. f. Espagnolette. | lés ùtro 
ijadzo lé fenéihre l-avà déi torhâii ë plèse 
tréspanolé/é : autrefois les fenêtres avaient 
<lcs tourniquets au lieu d'espagnolettes. 

ésparséta, s. f. Esparcette. 

éspèr, s. m. Expert. 

éspéj'licà, V. a. Expertiser. ' éspérticâ 5 
ilamâdzo : expertiser un dommage. 

éspèrljzé, s. f. Expertise. 

éspédiyç, s. m. Expédient. 

éspédiiji [s'), v. r. Se hâter, se dépécher. 
\éspédiije té véi 5 hokô : dépêche-/^ voir un 
peu. — Syo. s'épléiti. 

éspérâ, V. a. Espérer. 

éspérâsé, s. f. Espérance, espoir. | ô-n a 
éspérâse d'avéi ônd biina rékolté : on a 
[1'] espoir d'avoir une bonne récolte. 

éspériijêsè, s. f. Expérience. | ôna dcê 
d éspériyësé : une personne d'expérience. 

éspérimèlû, v. a. Expérimenter. | te l'és- 
péfir/iètéréi po ta prûpro kôto : tu l'expéri- 
menteras pour ton propre compte. 

éspésé, s. f. Espèce, sorte. | on éspëse 
d'ëdividii : une espèce d'individu. | dé fés- 
jiése dé dzë, 5 s'ë pâsérûi : de cette espèce 
de g-ens, on s'en passerait. | ôna bun^ éspëse 
dé faveijûlé : une bonne sorte de haricots. 

éspirâ, v. n. Expirer. | l-a éspirâ un kn 
de la miné : il a expiré au coup de minuit. 

éspirè-ëta, adj. Expiranl-e. 
éspisâ, V. a. Epicer. 



és/iisé, s. f. I-]pice. || F. pi. Menues portions 
de bois qui se détachent du billot en hachant 
la viande. | fâ fér atëhô po pu fére trii 
d'éspisè : il faut faire attention de ne pas 
faire trop (Cépices (de ne pas mélanger trop 
de bois à la viande). 

éspii/â, V. a. Ex|Mcr. [fo kc l-éspii/éi po se 
dévàliT : il faut (|u'il expie pour ses devan- 
ciers. I te l'ésjiii/éréi ô dsri'va, va pï ! tu 
l'expieras un jour, vo seulement. 

ésplilcasijÔ, s. f. Explication. 

ésplikâ, V. a. Expli(|uer. 

ésplota, v, a. Exploiter. 

épliizit, V. a. Expulser. 

éspozâ, V. a. Exposer. | lé-c olro ip'id:o 
Ô-n éspozûve lé krûye dzë on knrkâ vè 
Vodzo dé pijëra : autrefois l'on exposait les 
mauvaises gens au carcan vers la fontaine 
de Pierraz. |1 Réfl. s^éspûz' éi kriii/e lëivè : 
il s'expose aux mauvaises langues. 

éspré, adv. Exprès. | l-a fé se pér éspré : 
il a fait cela par exprès. 

éspri, s. m. Esprit, intelligence, bon sens. 
î l-é plë d'éspri : il est plein d'esprit, | se 
favà V éspri dé ramasà se : si tu avais le 
bon sens de ramasser cela. ] kâ vètjéi sen 
omo todonlô ta su, V éspri léi dezâi : asouma 
lo : (juand elle voyait son mari toujours tel- 
lellemcnt ivre, le bon sens lui disait : Assom- 
me-le. I na tijé réspri don déinô de li : il 
n'a que l'esprit du démon en lui. |1 le së-l 
éspri : le Saint-Esprit. || Pr. si ke n'a pn 
résj)ri <i la léisa, fà ke Vos'éi pi. 

ésprima, v. a. Exprimer. | sa pâ ésprimâ 
se ke von derè : il ne sait pas exprimer ce 
qu'il veut dire. 1| Réfl. sâvô pâ lon-z ésprimâ 
(idrâi : ils ne savent pas s'cxprimei- connue 
il faut. 

éspwà, s. m. Espoir. 

éspijenâ, v. a. Espionner. 

éspijô, s. m. Espion. 

éstafijé, s. m. Mauvais drôle (propr 
lier). I nié ho pâ a si-l éstafijé : je 
fie pas à ce mauvais drôle. 

éslarbala, v. a. Détruire, anéantir. ; se 
fo pâ ke l-éstarbalé sfin hosô ! s'il ne faut 
pas (il faut vraiment) (|uc je détruise ces 
buissons ! 

éstérmina, s. f. Extermination, lourmeni, 
épreuve. ' l-é on éstérmina lijé si travô : 
c'est un tourment que ce travail. 



esta- 

e me 



il. ; kâ fô 



EST 



- 152 



EST 



pasu pé déi-: éstèrmine dësé ! quand il faut 
passer par des épreuves pareilles ! 

éstêrmmâ,v. a.. Détruire. | tenàpâfôta 
d'éstèrmiim sa Iota kernê te fà : .il n'est pas 
nécessaire que tu abîmes cette hotte comme 
tu le fais. |1 Réfl. Se tourmenter (syn. se 
tormètâ). \ s'éstèrminÔ dé tvavali : ils se 
tourmentent à travailler. 

éstèrminàblo-a : adj. Terrible, i fà Ô tè 
éstèrminàblo : il fait un temps horrible. | le 
dzioa ke faséi s'ûra éstèrminàbla : le jour 
qu'il faisait ce vent terrible. 

estima, v. a. Estimer, évaluer. | n'éstimo 
pâ sou dzê : je n'estime pas ces gens. || sa 
valse l-a ésà éstimàye trû tslra : cette vache 
a été évaluée trop chère, \\ Réfl. S'estimer. 
\së l-é déi dzê ke s'éslimo ta: ce sont des 
gens qui se placent si haut dans leur propre 
estime. | rnéstimo atâ tijé li : je m'estime 
autant que lui (je le vaux bien). 

esta, s. m. Estoc. | se ne vë pâ dé sen 
ésto : cela ne vient pas de son estoc. | l-a fé 
se dé sÔ prûpr'ésto : il a fait cela de son 
propre estoc. 

éstoma, s. f. Estomac. | oua huna, 5na 
krûyéstoma : un bon, un mauvais esto- 
mac. I le krou de l'éstoma : le creux de 
l'estomac. | se référé l'éstoma : se recon- 
forter l'estomac. | on éstoma d'aputityéro : 
un estomac d'apothicaire (qui a toujours 
besoin de drogues). | déi-z es tome dé tsavo : 
des estomacs de chevaux (de forts estomacs). 
I déi-z éstom'a diitré-z étâdzo : des estomacs 
à deux ou trois étages (qui supportent tous 
les mélanges). | l'éstoma d'o pwë l-é, a réspé 
l'onô ke vo dâivo, kemë sa d'ena dzë : l'es- 
tomac d'un cochon est, sauf le respect que 
je vous dois, comme celui d'une personne. 
I sa fémala n'a rë d' éstoma : cette femme 
n'a pas d'estomac (de gorge visible). || L'es- 
tomac, chez le paysan vaudois, comprend 
toute la poitrine avec ses organes, même le 
cœur pris au figuré. Quand il tousse, c'est 
toujours l'estomac qui lui fait mal, et pour 
le montrer il appuie sa main au dessous de 
la gorge. Quand il a de vrais maux d'esto- 
mac, il est tout dérouté et ne sait plus dire 
où il a mal, sauf en appuyant la main sur 
l'estomac. || mé fô ta tusi de l'éstoma : il 
me faut tellement tousser de la poitrine. 
\forhi de l'éstoma : presser fortement de la 
poitrine un objet qu'on veut pousser, comme 
cela se faisait autrefois pour faire les sau- 
cisses. I Ô ii'ûzâre pâ forhi de l'éstoma 



kemë ô-n aréi volii : on n'osait pas forcer 
de l'estomac (poitrine) comme on l'aurait 
voulu. Il Fig. n-ê-n é mô a l'éstoma dé vëre 
se ke se pâsè : j'ai mal au cœur de voir ce 
qui se passe. 

éstomagà (s'), v. r. Avoir du chagrin d'une 
chose, en ressentir de la peine, j mé sa prou 
éstomagâye kâ sou tsûze sô arevâyè : j'ai 
eu assez de chagrin quand ces choses sont 
arrivées. | a ti/e ke té se de t' éstomagà 
dësé ? à quoi te sert de te faire ainsi du 
chagrin ? 

éstra (frv. extra), s. m. Ce qui se passe 
autrement, ce qui se mange de plus ou de 
meilleur que de coutume, j léi-ij a de l' éstra 
tsî sou dzë .• il y a de l'extraordinaire chez 
ces gens. | tyë-l éstra ! quel eœtra! \ se l-é 
ôke d'éstra : c'est quelque chose d'extra^ 
\l-é prou 5-n éstra dé se vëre wâi : c'est 
bien un extra de se voir aujourd'hui. 

éstra (d'), loc. adv. Beaucoup, extrême- 
ment. I l-éi-y ê-n a d'éstra : il y en a beau- 
coup. I si kuno l-é d'éstra bô : ce gâteau est 
extrêmement bon. j léi-y a d'éstra pu dé 
prâiime sti-y à : il y a extrêmement peu de 
prunes cette année-ci. 

éstrafa, s. f. Avec une négation : rien, 
pas la plus petite chose, aucun vestige. | léi-y 
à pâ trovâ on éstrafa : ils n'y ont absolu- 
ment rien trouvé. | m'a pâ lési on éstrafa : 
ils ne m'ont pas laissé la plus petite chose. 
I ne v6 pâ on' éstrafa : il ne vaut rien. 

éstraordinéro-è , aà]. Extraordinaire, j léi-y 
avéi Ô modo éstraordinéro a la faire : il y 
avait un monde fou à la foire. 

ésfràgulâ {s') v. r. Se serrer le cou au 
point de s'étrangler, j s'éstràgulào'awé sa 
gravata : il s'étranglait avec sa cravate. — 
Cf. éhrâlà. 

éstrémitâ, s. f. Extrémité, j l-é a la dè- 
réir'éstrémitâ : il est à toute extrémité. 

éstripâ, V. a. Extirper. | éstripâ déi boso : 
extirper des buissons. 

éstrivyéré, s. f. Etrivière. j bali déi-z 
éstrivyérè : donner des étrivières. 

éstropyâ, v. a. Estropier. || éstropyà Ô-n 
àlÔ : estropier un vêtement, c.-à-d. le tailler 
de façon qu'il soit trop petit ou qu'il aille 
très mal. | lé kozàdai l-éstropyÔ prou sovë 
la matâir'é lé-z àl5 : les tailleurs estropient 
souvent l'étofFe et les vêtements. || Réfl. S'es- 
tropier, ou simplement se faire mal en fai- 
sant de trop vigoureux efforts. | s'é éstropyà 



ESÛ 



— 15:3 



ESA 



ê lève à tsë : il s'est estropié en levant un 
char. 

éslijiva («'), V. r. S'esquiver, éviter. ] l-aréi 
prou pu s'est i/iuâ dé fére kosë : il aurait 
bien pu éviter de faire cela (ou d'agir ainsi). 

éstyiiza, s. f. Excuse. | vo dérnâdo hë 
éstyiisa : je vous fais mes excuses. | n\i 
camé tijé déi krûije-z éstyiiz'a bali : il n'a 
jamais que de mauvaises excuses à donner. 

éstyiiza, v. a. Excuser. | est y usa se vo 
dérëdzo : excusez-moi si je vous dérange. 
Il Rëfl. mé fô m'éstyûzâ : il faut que je m'ex- 
cuse. I vo vo-z éstyiizéréi apréi : vous vous 
excuserez plus tard. Se dit quand on n'exig-e 
pas d'excuse. 

ésuyâi-nitè, part. adj. Essuyé-e. | lapyëva 
l-é ésuyâitè : la pierre est essuyée. || né pâ 
ôko ésiiyâi dèréi lé-z orolè : il n'est pas 
encore essuyé derrière les oreilles (il est en- 
core à la bavette). 

ésiiyema, s. m. Essuie-mains. | fére déi-z 
éfuyemâ sii la tùila : couper des essuie- 
mains dans de la toile large, de façon que la 
largeur de la toile fasse la longueur de l'es- 
suie-niains. | déi-z ésiiyema a bure rodzè : 
des essuie-mains à liteaux rouges, (syn. pa- 
nama). Il déi-z ésiiyema po lé ma, po le 
vezudzo : des essuie-mains pour les mains, 
pour le visage (serviettes de toilette). 

ésuyetenn (frv. essnie-line), s. f. Expres- 
sion désignant un linge imaginaire pour es- 
suyer la tine, et servant à mystifier les per- 
sonnes étrangères à la commune. Quand le 
pressurage du raisin est terminé, on envoie 
la personne que l'on veut mystifier chez un 
voisin lui demander Vésiiyelena dans une 
hotte. Le voisin, qui est au fait de la plai- 
santerie, remplit la hotte de toute sorte de 
choses, pierres, vieux chapeaux, savates, etc., 
le tout soigneusement recouvert d'un linge. 
Uuand le porteur de la hotte arrive au pres- 
soir, on lui en fait vider le contenu, et l'hila- 
rité qui suit le convainc bientôt de sa mésa- 
venture, î ala keri l'ésûyetena : aller c-hcr- 
cher Vessnie-tine. 

ésiiyi, V. a. Essuyer, j ésiiye lé-z ékwèlè : 
essuie la vaisselle. | l-é to ésiiyi : j'ai tout 
essuyé. 1| Pr. la plodze dou mate fâ veri 
lé mule, l'arkàsyèl dou né ésiiye lé ffolé. 
I Réfl. s'ésiiye lé ma : il s'essuie les mains 
(syn. pana.) \\ Impers. Se ressuyer. | le të 
l-a dza hë ésiiyi : le temps s'est déjà bien 
ressuyé. | ne pou pâ ésiiyi : il ne peut pas 



ressuyer. Dans cet exenq)l(', ou sous-cntcnd 
terrain, chemin, etc. 

ésuu'i, s. Ml. Jeu libre. | se n'a rë d'ésu'â : 
cela ne joue pas librement, j si vis n'a pâ de 
l'éswâ : cette vis n'a pas de jeu. — Syn. d:o. 

ésa, s. m. Etal, manière d'ètri'. ; s'é nirsa 
de ô béi-l ésa : elle s'est mise dans un bel 
état. I l-ire de tï sé-z ésa : il était dans tous 
ses états. | faséi ésa dé s'ë-n alâ : il faisait 
semblant de s'en aller. || l-a apréi l'ésa dé 
maso : il a appris l'état de maçon. — Cf. étn. 

ésala, s. f. Bûche. | déi-z ésale dé fwa : 
des bûches de four (longues bûches prépa- 
rées pour le four), j] Attelle (frv. ételle). 
I V ésala dou boréi : l'attelle du collier de che- 
val ou de bœuf. 

ésaléta, s. f., dim. de é.wla. Petite bûche. 

I ô fâ déi-z ésaléte por âyâ le fu : on fait 
de petites bûches pour allumer le feu. || At- 
telle, lame de bois qu'on apj)Iique autour de 
la jambe cassée d'une chèvre pour la conso- 
lider. 

ésalf), s. m. Etalon, cheval mâle. — Cf. 
tsavô. 

ésatsè, s. f. Attache. | on' ésatsr dé four- 
dâ : une attache de tablier. | déi-z ésatse dé 
solâ : des attaches de souliers. || ¥'\^. éihr'a 
Vésaisè : être à l'attache (ne pouvoir quitter 
la maison à cause des enfants). || Pr. lé 
patse fâ lé-z ésatsè. — Pour les autres 
formes d'attaches, voir krotsé, apôsa. 

ésalsi, v. a. Attacher. | ro-z é.satsi to a 
mônâii : vous attachez tout en faisant des 
nœuds. | vudré bë ke t'ésatsisâ sa vats'a 
sô le : je voudrais bien que tu attachasses 
cette vache à son licol. — Cf. alatsi, krotsi, 
lètâ, nâ. 

ésâila, s. f. Etoile. | fô pâ kôtâ lé-z 
ésfiilè, se fâ veni lé vèriivè, yena po tsak' 
ésâila k'5 kôtè : il ne faut pas compter les 
étoiles [qu'on voit] ; cela fait venir les ver- 
rues, une pour chaque étoile qu'on compte. 

II lé-z ésâile k'ô kone sô : l'ésâila dou bô bèr- 
dzT, le ziira, ziijtilèr: les étoiles tpi'on con- 
naît sont: l'étoile du bon Berger, le Jura, Jupi- 
ter. I l'ésâila dou mate, dou né : l'éloilc du 
matin, du soir. | lé-z ésâile felëté : les étoiles 
filantes. | l-é yii kola on' ésâila : j'ai vu 
filer une étoile. || dremi a la bal'ésâila : 
dormir à la belle étoile. | travail d'en' ésâila 
a l'ôtra : travailler de l'aube au crépuscule. 
i| si kuHÎ mé fâ vëre lé-z é.sâilé : cet individu 
me fait voir les étoiles. || léi-y a déi tsavô ke 



ESE 



— 154 



ESE 



l-à Vésuila : il y a des chevaux qui ont l'é- 
toile (touffe de poils blancs sur le front). 

ésnva, s. f. Pièce de bois brute (frv. bûché) 
qui fait partie de la clôture d'un pâturag-e de 
montagne. | fiidvéi alâ réfère la sâi de la 
nâdwa : léi mâke to plè d'ésâvè : il faudrait 
aller refaire la clôture de la Neuve (nom d'un 
pâturage) ; il y manque une quantité de piè- 
ces. — Cf. sâi. 

ésS, s. m. Étang. | léi-y a tré-z ésâ a 
tèrsi et yo a kodzené ; sÔ êke po lé ka d'è- 
sàdi .• il y a trois étangs à Tercier et un à 
Cojonnex ; ils sont là pour les cas d'incen- 
dies. Il léi-y a déi dzè ke sakiilÔ a l'ésS : 
il y a des gens qui se jettent dans l'étang 
(pour se suicider). |[ On appelait encore au- 
trefois ésâ de grands creux que l'on faisait 
en rase campagne ou le long d'un ruisseau, 
pour avoir de l'eau pour arroser. 

ésàdzi (frv. étanyer), v. a. Rincer le 
linge dans un bassin de fontaine. | ka lé-z 
ôdzo SO gro é ke léi-y a prou d'éiwè, o-n 
a vito ésàdzi ôna bûya : quand les bassins 
sont grands et qu'il y a assez d'eau, on a 
vite rincé une lessive. || Réfl. Se rincer, en 
parlant du linge. | le lëdzo s'ésadze mï ou 
furi tyé ê-n outô : le linge se rince mieux 
au printemps qu'en automne (parce qu'il y a 
plus d'eau). — On dit aussi ésàdzi. 

ésâdèa (frv. étangée), s. f. Quantité de 
linge qu'on rince en une fois. | n'arë më dé 
pâina dé f ère dii^e-z ésàdze tyé yena : nous 
aurons moins de peine à faire deux étangées 
qu'une. 

ésàtsi (1), V. a. Faire des creux (ésâ) pour 
recueillir l'eau de pluie ou celle des ruis- 
seaux, qui doit servir à l'arrosage des ter- 
rains environnants. | fô ésâtsi le ryô po 
rateni lé kokè : il faut faire un creux dans 
le ruisseau pour retenir les noix. Ceci se 
pratique, lorsqu'on abat les noix le long d'un 
ruisseau, afin qu'elles ne soient pas entraînées 
par le courant. 

ésàtsi (2) {s') V. r. S'engouer, s'étouffer 
en avalant un corps pointu ou trop gros (frv. 
s'étancher). \ m'ésàtséré se bévé pie rîdo : 
je m'étoufferais si je buvais plus rapidement. 
js'e ésàtsa ë medzë déi peso : elle s'est 
étouffée en mangeant du poisson. | s'ésâfse 
iî lé ku ke medze déi pâi : elle s'engoue 
chaque fois qu'elle mange des pois. 

ésekâ (s'), v. r. S'appliquer à bien faire. 
\niTro porta bë ésekâ : je m'étais pourtant 



bien appliqué. | léi-y a se faliï s'ésekâ po 
sëférè ! lui a-t-il fallu s'appliquer pour faire 
cela ! — Syn. s'atsekâ. 

ésèrni, v. n. Éternuer. | dô vë ke Vésèrne 
ta wâi? d'où vient que tu éternues tellement 
aujourd'hui? || kà ôna grôsa dzë l-ésèrnè, 
Ô léi di : dyû vo bénè! kà l-é 5-n ëfà: dyii 
té fase veni gro é sâdzô! quand une grande 
personne éternue, on lui dit : Dieu vous bé- 
nisse ! quand c'est un enfant : Dieu te fasse 
devenir grand et sage ! || l-é lé peti-z ëfà 
robiisto ke l-ésèrno : ce sont les petits en- 
fants robustes qui éternuent. 

ésèrpà, s. m. Génisse qui vêle à deux ans. 

I l-a véilà ë-n ésèrpà : elle a vêlé, âgée de 
deux ans seulement (cf. tûra). \\ Par ext., 
fille très jeune qui a un enfant. 

ésèrpenô, s. m. Fille ou femme dont les 
cheveux sont en désordre. | 5 léi di 5-n 
ésèrpenô palamo ke l-é todzwa babâii : on 
l'appelle un ésèrpenô parce qu'elle est tou- 
jours échevelée. — Cf. babâii. 

éséilà-âyè, part. adj. Étoilé-e. | le hî 
l-é béi éséilà : le ciel est beau étoile. || ô 
Isavô éséilà : un cheval qui a une étoile au 
front. 

éséyi, s. m. Fléau à battre le blé. | ô-n 
éséyi se kôpûze de VasCi, de la vèrdzê. dé 
dilVe-z étsèrpè, dé dii^e-z élirëgè é de /'è- 
tréla : un fléau se compose du manche, de 
la verge, de deux bandes de peau, de deux 
lanières et d'une bande de cuir. || Pr. n'é 
pà lé pie grô-z éséyi ke l-ékouzô le mï. 
— Cf. ékâiirè. 

ésë (1), s. m. Etendue de terrain. | l-érbâvà 
a l'ëtiôa dé lou-z ésë : ils pâturaient au 
bord de leur terrain. 

ésë, ésësa (2), part, adj. Etendu-e, avec une 
idée accessoire d'inertie. | l-é ésësa bâ pèr 
ëke bà : elle est étendue à terre. | le fë l-é 
ésë sii le prâ : le foin est étendu sur le pré. 

II léi SÔ resta ésë : ils y sont morts. || S. m. 
te ramàséréi l'ésë : tu ramasseras le foin qui 
reste sur le pré (après qu'on a chargé un 
char) . 

ésëdrè (s'), v. r. Se jeter par terre, bras 
et jambes étendus, et y rester dans une com- 
plète immobilité, j se sô ésë a l'ôbro : ils se 
sont étendus à l'ombre. | s'ésëzâi le lô dou 
tsemë : elle s'étendait le long du chemin. 
\m'ésë:o : je m'étends par terre. 

ésèdrè, V. a. Etendre ; ne se dit pas en 



ESU 



155 



ETA 



■])arlant du linge, l-ésè se bré é se Isâbc : il 
étend ses bras et ses jambes. | ésède /né véi 
sn kuHirda : dérouIe2-/«e voir celte corde. 
\ésêdrô-n omo a tërâ : étendre un homme 
par terre, le terrasser. | Va ésèdii mwâ sii 
jdèsè : il l'a étendu mort sur [la] place. | l-é 
ésëdi/n déco 5-n âbro : elle est étendue sous 
un arbre. ;| Rétt. s'é ésèdii to dé sô lô sii le 
bà : il s'est étendu tout de son Ion*»' sur le 
banc. — Cf. èwù. 

ésëdyn, s. f. P^tendue, distance. | léi-y a 
ôiia gros' ésêdya dii vevâi /â/i'ê-n àlo : il 
y a une grande distance de Vevey juscju'à 
Aigle. — Cf. ésiivfiyè. 

ésëdèa (frv. éiendue), s. f. La (|uanlilé de 
linge étendue en une fois, j ne pivè j)â to 
métré d'en ésëdèa : nous ne pouvons pas 
tout mettre d'une étendue. \ ne ftirë ôn'ésë- 
d:a dii si-l âbro tâk\i si lé: nous ferons une 
étendue de cet arbre-[ci] jusqu'à celui-là. 

ésopâ, V. a. Boucher avec des étoupes, 
('■touper. [ /(') ésopâ lé dsëte dé si bosé : il 
faut éfouper les fentes de ce tonneau. 

ésopé, s. f. pi. Etoupes. | l-n d:a tote felâ 
sé-s ésopé : elle a déjà filé toutes ses étoupes. 
! A'â l-Tro pet i ta l-uvé mé le fii éi-z ésope dé 
ma méii-egrù ; l-avé sou ôna bala pivûirè ; 
mé krèi/é dza ke tola la méizô vuléi burlâ : 
quand j'étais petite, j'avais mis le feu aux 
étoupes de ma grand'mère ; j'avais eu une 
belle peur ; je croyais déjà que toute la mai- 
son allait brûler. 

ésii, s. m. Division d'un pàturag-e qui doit 
^tre pâturée avant de passer à une autre. | s5 
on premi, ou dèréi ésù : ils sont à la pre- 
mière, à la dernière période de Vestivage. 
\fô adéi medzi o-n ésii dérâ. dé pasâ a 
rôtro : il faut toujours manger un ésii avant 
de passer à un autre. — Cf. jtati/i. 

ési/fa : s. f. Etuve. | séi fâ tsô kcmë de 
on' ésiini : il fait chaud ici comme dans une 
étuve. I ë tsôtë lé-z éhràblo so déi vretâ- 
ble-z ésiivè : en été les étables sont de vraies 
étuves. 

ésiivâ^ V. a. Fumiger le bétail en cas de 
maladie. On chauffe une pelle au rouge ; on 
la trempe dans une liqueur aromatique et on 
la promène sur le membre malade. | krâyo 
lie lé payizâ n'ésiivô rë mé Ion béisê : je 
crois que les paysans ne fumigent plus leurs 
bêtes. — Cf. politamâ. 

ésiivâyè, s. f., Temps durant lequel les 



vaches mangent l'herbe d'un espace qui est 
clos (cf. ésii). I sn ratse l-a fé ôna biin' ésti- 
vâyé: celte vache a longtemps pâturé et s'est 
fait du bien. !| Par ext., étendue de terrain, 
distance. | léi-y a ôna rTd' ésii^âye tâk'amô 
lé: il y a une fameuse distance jus([ue là-haut. 
ésafà, s. m. Echafaud. | ô fâ nô mé mûri 
perse sii l'ésa/o : on ne fait plus nioiuir per- 
sonne sur l'échafaud. 

ésajoda, v. a. Echafauder. 

esafôdâdzo, s. m. Echafaudage. 

ésè-etè, part. adj. Ressuyé-e ; sec, à sec. 

I lé prà sô pâ ôko prou ésè po pwéi déwé- 
lamunâ : les prés ne sont pas encore assez 
ressuyés pour qu'on puisse étendre le foin. 

II Fig. so pâ ôko éSe dèréi lé-z orole ke vulô 
dza kemâdâ : ils [les jeunes gens] ne sont 
pas encore secs derrière les oreilles qu'il 
veulent déjà conunander. || kemë ô-n é ése 
sti-y â, ô n'a pâ pT ô pekâii : comme on est 
à sec (priv('s de fruits) cette année, on n'a 
pas seulement un fruit à goûter. || l-é la bots 
ésetè, si père mé raméine la saliiva : j'ai la 
bouche sèche, cette poire me ramène la sa- 
live. Il a l'ésè : au sec. | métré ok'a l'ésé : 
mettre quelque chose dans un endroit sec. 
\métr'ô-n ë/à a l'ésè: mettre un enfant dans 
des linges secs. 

ésë, s. m. Escient, sérieux, sagesse, .souci. 
I/o léi-y alâ a bun ésë : il faut y aller à bon 
escient. || n'îi pâ mé d'ésë tyé déi peti-z 
ëfâ : ils n'ont pas plus de soucis que de 
petits enfants. | sa feléta l-a atâ d'ésë tyé 
ôna grosa présena : celte fillette a autant de 
sérieux qu'une grande personne. | té fo 
prëdre de l'ésë : il te faut devenir sérieux. 
I t'éi asetû ë-n âdzo dé métré de l'ésë : lu es 
bientôt en âge d'avoir du souci. | ke l'a piï 
d'ésë/ que tu as peu de sérieux! |1 lé de 
d'ésë: les dents de sagesse. || Pr. é.së, prë 
mé, lèse mé ta dona. \ ke pë sô bë, pë se 
ésë. 

ésofepyé, s. m. Chauffe-pieds, chaun'erette. 
— On dit aussi sofepyé. 

ésii, ésiita, part. adj. Echu-c. \sô të l-é ésii 
a la se dzâ : son lenqis est échu à la Saint- 
Jean. I le tèrmo l-é ésii : le lernie est échu. 

éta, s. m. État. | l'éta dé rô : l'Etat de 
Vaud. Il l'éta mâzo : l'état-major. — Cf. é.ui. 

établesémç, s. m. Débit de boissons. | léi-y 
a déi-z établesémë a tï lé kâro don tsemë : 
il y a des établissements à tous les coins de 
rue. 



ETO 



— 156 — 



ETS 



établi, V. a. Établir, installer. | l-a bë 
établi se valé : il a bien établi ses fils. 
Il Réfl. lé-c ôtro i/âdzo, lé-c omo s'établesâ 
a l'éhrublo po dzeyi : autrefois, les hommes 
s'établissaient à l'écurie pour jouer. 

étaliyè-ëna, adj. et s. m. et f. Italien-ne. 
\séi vë grô (Vétalitjë ë tsôtë : il vient ici 
beaucoup d'Italiens en été. | déi maso éta- 
liyë : des maçons italiens. 

étama, v. a. Étamer. | lé potyé n'étarnô 
rë mé bë ora : les étameurs n'étament plus 
bien maintenant. 

étamirè, s. f. Étamure. | de la krûyéta- 
mirè : de mauvaise étamure. 

étapa, s. f. Étape. | fér'ôn' étapa : se re- 
poser (litt. faire une étape). 

étâdso, s. m. Étage. | lé méisô dé payizâ 
l-â tré ou katro-z étâdzo : la kâva, le te- 
némë dé dézo, le terié/në dé désii, kâ léi-y 
ê-n a yo, é le lénô ; le lénô l-a ôko sovë 
du-z étâdzo : les maisons de paysans ont 
trois ou quatre étages : la cave, l'apparte- 
ment de dessous, l'appartement de dessus, 
quand il y en a un, et le galetas. ; le galetas 
a même quelquefois deux étages. 

étûpa, s. f. Marteau à marquer les bois. 

étapa, V. a. Marquer le bois dans les fo- 
rêts. I lé forésâi l-étcipô tï lé bu dévâ dé lé 
mizà : les forestiers marquent tous les bois 
avant de les /niser. — Cf. martela. 

étèrnèl-èla, adj. Éternel-le. || S. m. L'Éter- 
nel. 

étèrnèlamë, adv. Éternellement. 

étérnita, s. f. Éternité. 

étèrti, V. a. Assommer. | t'étérteso ëke 
se te ne té kéize pâ : je t'assomme là, si tu 
ne te tais pas. | l'étèrtehrâi kemë le di : il 
l'assommerait comme il le dit. | l-Tre to-t 
étèrti : il était tout étourdi. 

étiko-a, adj. et s. m. et f. Étique, phtisique. 
I léi-y a grâtë ke l-é étika ; il y a long- 
temps qu'elle est poitrinaire. | lé-z étiko 
krâyÔ pâ dé mari : les phtisiques ne croient 
pas mourir. 

étiziyè, s. f. Étisie, phtisie. 

étofâ, V. a. Étouffer. | étofâ de la tsë : 
étouffer de la viande (couvrir le rôti). || Ô 
s'éi-y éto/e dé femûirè : on est étouffé par la 
fumée, ici. j le medzi l'a étofâ : le manger 
l'a étouffé. 



étofè, s. f. peu usité au sing. Étoffe. | si 
martèâ vë déi-z étofè : ce marchand vend 
des étoffes.. — Cf. matai rè. 

étofémë, s. m. Étouffement. 

étsahâirè, s. f. Mèche de fil ou mince 
ficelle qui termine le fouet. | V étsahâirè dé 
men ékurdze l-é viya : la mèche de mon 
fouet est partie. 

étsapâ, V. n. Échapper. | la pahëse m'a 
étsapjâ : la patience m'a échappé. | m'étsa- 
pâve dé le léi derè : il m'échappait de le lui 
dire. || Réfl. Aller en hâte. | s'étsapâ ou plâ- 
tâdzo : s'échapper au plantage (y aller en 
toute hâte). 

étsapâ yè .• s. f. Échappée. | fér' on' étsa- 
pâyè : faire une échappée. | li vë bë kôke-z 
étsapâyè, ma sa féna zamé : il vient bien,, 
lui, par échappées, mais sa femme jamais. 

étsârpa, s. f. Écharpe. | avéi le bré ë-n 
étsârpa : avoir le bras en écharpe. || l'étsârpa 
blâtsè : l'Echarpe Blanche, nom et insigne 
d'une société de tir de Montreux. — On dit 
aussi étsèrpa. 

étsâ-âsa. adj. Étroit-e, en parlant d'une 
étoffe, d'un vêtement. | déi-z âlô étsâ : des 
vêtements étroits. | de la matâir'étsâsa : de 
l'étoffe étroite (syn. éhrâi-tè). \\ Serré-e, en 
parlant de fruits dont l'amande adhère for- 
tement à la coque. | déi kok' étsâsè : des 
noix angleuses. || Fig. Étroit-e, égoïste, 
chiche. | kemë sou dzë sô étsâ ! comme ces 
gens sont égoïstes ! | l-é triï étsâsa po bali 
éi pûro : elle est trop chiche pour donner 
aux pauvres. 

étsàdzi, V. a. Échanger. 

étsôtdzo, s. m. Échange. | fér'o-n étsâ- 
dzo dé sémë : faire échange de semence. 
Il Abs. fér' 5-n étsadzo : faire échange d'en- 
fants pour leur faire apprendre une langue 
étrangère. C'est avec la Suisse allemande que 
nos paysans font ces échanges. || Fig. l-are 
de l'étsâdzo si ëkè : il aura de l'échange, 
celui-là (sa vie sera loin d'être aussi agréable 
que précédemment). 

étsâkrâ, v. a. Échancrer. | étsâkrâ 5na 
tsemïsè: échancrer une chemise. 

étsapâ {s'), V. r. Se disperser, se four- 
voyer. — Syn. s'ëtsâpâ. 

étsâtelenâ, v. a. Échantillonner, jalonner 
le terrain. 

étseka {ë-n), loc. adv. En écharpe. | l'é 
yû ë-n étseka kâ l-a veri le kâro de la 



ETS 



157 



KTY 



niéi:ô : je l'ai vu en écharpe quaiul il a 
tourné le coin de la maison. 

étsekû : v. n. Échapper en ii^-lissant. | se 
m'a étsekâ : cela m'a glissé des mains. || Fig. 
se m'étseke dé lési étsapù ôna niâlè, éi va 5 
j)iisë tro bà : s'il ra'arrive de laisser glisser 
une maille, elle coule très bas. — On dit 
aussi tsekâ, et dzekCi. 

étselè, (frv. échille), s. f. Filament qui se 
détache difficilement du bois quand on le 
tend. I fô tali lé-z éfseCaivé la tséta : il faut 
tailler les échilles avec la hache. |1 Echarde. 
I ë tsapusë ô se plât'Ôko déi-z étsele ke 
fà bë mô : en travaillant le bois on s'enfonce 
parfois des échardes (jui font bien mal. — 
En cet emploi, syn. étsena. 

étseria, s. f. Échine. | rétsena déi rë : 
l'échiné du dos. \ rétsena rf'Ô pivë : l'échiné 
d'un porc. || Écharde. | mé siï pAâtâi/ôn 
étsena : je me suis enfoncé une écharde. 
I l-a on étsena être Vola é le pâiidco : il a 
une écharde entre l'ong-le et le pouce. — En 
cet emploi, syn. étselè. 

étsena (s'), v. r. S'échiner, se fatiguer à 
l'excès. I ne no se étsena dé travail po ne 
pCi jrô avâhi : nous nous sommes échinés 
de travailler pour ne g-uère avancer. ] m'é- 
fseno to le dziva kemë ô sâkro é vo n'éis 
ôko pu kôtë : je m'échine tout le jour comme 
un forçat et vous n'êtes pas même content. 

étsenelï, v. a. Écheniller. | soa ke l-étse- 
nelô loa-z âbro le retrouva ë-n outo : ceux 
<jui échenillent leurs arbres le retrouvent (en 
sont récompensés) en automne. 

étsevela-àyè. adj. Échevelé-e. — Syn. 
babâii. 

étsèrpena (fr\'. écharpiner), v. a. Echarper; 
spécialement défaire les tresses du chanvre. 
\ étsèrpena vûi sou pléijo : écharpine voir 
ces tresses de chanvre. j| Par ext., mettre en 
désordre la coiffure d'une femme. | faléi 
vëre h-emë l-étsèrpenàve sa fêna : il fallait 
voir comme il tirait les cheveux de sa femme. 
— Cf. isèrpena. 

étsèrpençijè (frv. écharpinée), s. f. Action 
<y écharpiner. \\ Par ext.^ donner une volée de 
coups. I l-é venu bâ du lé damô to-t éspré 
po bali on' étsèrpenùija sa féna : il est 
descendu des monts tout exprès pour donner 
une volée de coups à sa femme. 

étséléta, s. f. Echelette du char. | ô pâse 
lapalâtse de V étséléta : on passe la palanche 
dans réchelette. || Petit bâton à crans pour 



serrer la forme à IVomaur. | /6 .s-èrd l'élsé- 
léta : il faut .serrer l'échelette. 

étsélô, s, m. Echelon. | l'étsélô déi du bé 
d'enétsïla l-é pi a : l'échelon des deux bouts 
d'une échelle est plat. 

étsèrpa (1), s. f. Chacune des deux bandes 
de cuir qu'on assujettit à un des bouts du 
manche et de la verg'e du fléau. | lé-z étsérpe 
sô biaise dé kose/na : les élsèrpè sont d'ordi- 
naire blanches. — Cf. éséi/i. 

étsèrpa ("î). Var. de étsârpa. 

étsïla, s. f. Echelle. ] lé-z étsTle d'ô tsè : 
les deux échelles qui servent à retenir le foin 
ou la paille lorsqu'on veut charger le char. 
\lé-z éfsTle dou fit : les échelles du feu, 
employées en cas d'incendie. 

étsTso, s. m, Cuvier, cuve pour la ven- 
dange. I ô n'âme pâ ëpléyi lé-z étsTso a 
biuja po la venëdzè ; se lé tatsè : on n'aime 
pas à employer les cuviers à lessive pour la 
vendange ; cela les tache. 

étsoudali, s. m. Bassinoire. Quoiqu'on n'en 
fasse plus g'uère usage, chaque bonne maison 
possède encore son échauffe-lit en cuivre. 
Cet ustensile était donné au baptême par les 
parrains et marraines. | pasd rétsoudali de 
le li : passer la bassinoire dans le lit. — Cf. 
mwâino (2). 

étsoudâ, V. a. Échauffer, chauffer. | métr 
étsoudô la sepa : mettre chauffer la soupe. 
|ô bail étsoudâ : un taureau échauffé. |i Réfl. 
S'échauffer, se fatig-uer. | se te Vétsâiidè, te 
seréi malàda : si tu te fatig'ues, tu seras 
malade. || la farna s'é étsoudâi/è : la farine 
s'est échauffée (a fermenté). | Part. p. Cons- 
tipé. I l-é dé ta travail ke l-é dës'étsoudû : 
c'est de tant travailler qu'il est ainsi constipe. 

étsoprâ, V. a. Dégrossir le bois. | ne sa 
Ôko rë fére tijé d'étsôprâ : il ne sait encore 
que dégrossir le bois. || Bretauder. | kemë 
l-a étsôprd si gale pérâi : comme il a bre- 
taudé ce joli poirier. — Voir tsopri'i. 

étsopro, s. m. Ciseau de char|)eiiticr pour 
faire les mortaises. 

étf/éirii s. m. (vieilli). Ecureuil. — Cf. 
ti/éirii ; syn. presque seul usité, rijèrdzti. 

étyilibro, s. m. Equilibre. 
étijipâ, V. a. Équiper. 
étijipndzo, s. m. Équipiige. 
étijipémë, s. m. i;(|iii|)Cinenl. 



EVI 



158 



EZO 



étyû, s. m. Pièce d'arg-ent valant cinq 
francs. | 5-n étyil blâ : un écu blanc, ancienne 
nfionnaie de compte qui valait vingt francs. 

étyiisô, s. m. Écusson. | rétyûs5 de la 
kumena l-a du fyôr rêvè/^sâ blû é bla : 
l'écusson de la commune a deux cœurs op- 
posés, bleu et blanc. || êtâ ë-n étyiisÔ : greffer 
en écusson. 

évada {s'), v. r. S'évader. 

évalâtenà, v. a. Ébrancher un arbre dans 
la partie qui passe sur la propriété du voisin. 
\no-z à dobledzi d'évalàtenâ le grô pérài 
ke pasàve sii lâii : ils nous ont obligés à 
ébrancher le grand poirier qui passait sur 
leur propriété. — Cf. émotâ (1) et érnôdà. 

évalâtsè. Var. de avalatsè. 

évaluvâ, V. a. Evaluer. 

évaniii (s'), v. r. S'évanouir. | mé sii éva- 
nitya : je me suis évanouie. — Cf. se lâtsi. 

évatyuyà, v. a. Évacuer. 

évàyi, V. a. Alléger son estomac. | sii 
réstâyo bokd êkè por évàyi mô dinâ : je 
suis restée un moment ici pour laisser passer 
mon dîner. || Réfl. S'éclaircir, en parlant du 
temps. 1 le ië se voii évàyi : le temps va 
s'éclaircir. | se le të s'évâyè, n'ondrë on 
kurti : si le temps s'éclaircit, nous irons au 
jardin. 

éva, adv. Avant. | se métr ë-n évà : se 
mettre en avant. | uondrë adéi ë-n évâ : 
nous irons toujours en avant. | météi ë-n 
évâ ke l-avéi irii a férè : il mettait en avant 
(il alléguait) qu'il avait trop à faire. || S. m. 
sÔ trii môlapoyi po pivéi alà de l'évà : ils 
sont trop mal secondés pour pouvoir aller de 
l'avant. — Cf. dévâ. 

évàzïlo, s. m. Evangile. | lé-z évazilo : 
les Evangiles. | to se ke di l-é évasilo : tout 
ce qu'il dit est évangile ; se dit par moquerie. 
évëtà, V. a. Eventer. 

évëtéro, s. m. Inventaire. | prëdre ôk'ë-n 

évëtéro : faire l'inventaire de quelque chose. 

évëtrà, V. a. Eventrer. | la vatse l-a évë- 

trâ la tsïvra: la vache a éventré la chèvre. 

évita, V. a. Eviter, épargner. | léi-y a évita 



sa pâina : ils lui ont épargné cette peine^ 
éwaso-a, adj. Se dit de fruits ou de tuber- 
cules qui ont perdu de leur consistance. 
I lé père sÔ venii to évaio : les poires sont 
devenues aqueuses. | déi ràv'éwasè : des 
raves aqueuses. 

éwètsi, v. a. Ouvrir pour donner de l'air ; 
se dit d'une personne qui, ayant trop chaud, 
ouvre ses vêtements pour se rafraîchir. 
I l-éwètse SÔ motsâii : elle ouvre son mou- 
choir [de cou]. Il Réfl. m'éwètsîvo tota : je 
me donnai de l'air [eu entr'ouvrant mes vê- 
tements] . 

ézâsè, s. f. Aisance, aise, espace libre 
autour de quelqu'un. | léi-y a grô d'ézase 
de sa méizô : il y a beaucoup de confort 
dans cette maison. | baie té véi de l'ézSse 
dévâ dé kemëhi : donne-<e voir de l'aise 
(fais de la place autour de toi) avant de com- 
mencer. 

ézè, s. f. rarement usité au sing. Terme 
collectif désignant toute espèce d'ustensiles 
en bois ou en terre servant à contenir des 
liquides : seilles tonneaux, baquets, vaisselle. 
\5n' ézè : un ustensile, un vase de cave. 
I déi biine, déi kriiye-z ézè : de bons, de 
mauvais vases. | métré yôhlâ déi-z ézè: 
combuger tonneaux, seilles, etc. | rélavà 
lé-z ézè: laver la vaisselle. | la pata d'ézèr 
la lavette. 

ézi {s') (frv. s'aiser) , v. r. Se servir de^ 
I ne pou pâ mé s'ézi dé se ma : il ne peut 
plus se servir de ses mains. | sa pâ s'ézi dé 
sé-z iiti : il ne sait pas se servir de ses outils. 

ézi, éza (frv. aisé-e), adj. A l'aise, qui a de 
la facilité à se mouvoir. | ne se pà ézi po fére 
se : nous ne sommes pas à notre aise pour 
faire cela. | n'é pâ éza dé se dài : elle n'est 
pas aisée de ses doigts (elle ne peut pas les 
mouvoir facilement). 

êzo, s. m. Aise. | e«7ir' a sen ézo : être à 
son aise, ou dans l'aisance. \ su bë a men 
ézo : je suis bien à mon aise (je suis ras- 
sasié). I éihre mô-l a sen ézo : être mal à 
son aise. | fér' a sen ézo : faire à son aise, 
commodément. | vivr a Vézo : vivre large- 
ment. 



I 



ETR 



159 



ETR 



Ê 



^rba, s, f. Herbe. | de Vêrha dé bordô : de 
l'herbe de bourdon, ortie puante. | de Vèrha 
dé (jolé ou dé (jwa ou a niilcTiâii : de l'herbe 
à mille nœuds, qui croît dans l'eau ou dans 
la vase des rig-oles. | de Vèrba ou ijolé : 
douce-amère qu'on employait autrefois pour 
guérir les érvsipèles. | de rérba se koudera: 
de l'herbe sans couture {a/)hiog/ossiirn val- 
gatum), qui croît dans les lieux humides, et, 
trempée dans de l'eau-de-vie, se met sur les 
plaies. I de Vèrba a inilepèrté : de l'herbe à 
mille pertuis, qui a les mêmes vertus que la 
précédente. | de Vèi-ba a pâi : de l'herbe à 
pois, de la sarriette, j de Vèrba d'agasô: de 
l'herbe de cals; sceau de Sa'.omon, dont la 
racine sert à guérir les cors et dont les 
feuilles sont utilisées pour guérir les plaies. 
i de Vèrba plèla : mauvais gazon qui glisse 
sous la faux et ne peut se faucher que diffi- 
cilement. I de Vèrba dé pâi, dé faveijfdè, 
etc. : de la fane de pois, de haricots, etc. 
\déi-z êrbè : des herbes, nom sous lequel on 
désigne les légumes verts, notamment les 
légumes à hacher. [| lé blâ sô ôkor ê-n èrba : 
les blés sont encore en herbe. | séyi 5 prâ 
è-n èrba : faucher un pré en herbe, et don- 
ner cette herbe telle quelle à manger aux 
bestiaux, sans la faire sécher. | fére medzi 
Vèrba : faire manger l'herbe, faire pâturer 
un pré. Il trepà sii ona krmjèrba : marcher 
sur une mauvaise herbe. L'on croyait autre- 
fois qu'il existait une herbe sur laquelle on 



I ne pouvait marcher impunément. || Fig. né 
I pâ d'èrba : il n'est pas d'herbe (il n'a pas 
d'enfrain). | ,s-e mélilâ dé sé-z êrbè : se mêler 
de ses affaires et non de celles des autres. 
I léi-ij a fé tôle lé-z èrbe de la se dtâ : il 
lui a fait toutes les herbes de la Saint-Jean 
(il lui a donné tous les remèdes imaginables). 
I iote lés èrbe de la se dèâ signifie, en gé- 
néral, tout ce qu'on peut faire pour arriver 
à ses fins. | léi-i/ a fé tote lé-z èrbe de la 
se dzâ po dé dere ke séi kôtê, ma to po rè : 
il lui a fait tout ce qu'il pouvait désirer, afin 
qu'il fût content, mais tout en vain. || se pà 
se mrdzére de Vèrba de mé : je ne sais pas 
s'il mangera de l'herbe de mai (s'il reverra 
les fleurs) ; se dit d'une personne dont la 
santé est bien précaire. 

èrdzi, V. a. Irriguer (frv. aigiiaijer). 
I l-èrdze so hlozéi awé Véi'ive de la/ôtSna: 
il irrigue son verger avec l'eau de la fon- 
taine. 

èrfsè, s. f. Herse. | lé-z èrise po ke sa 
bune, fô ke sa pézàiè : les herses, pour être 
bonnes, doivent être lourdes. 

èrlsi, v. a. Herser. | léi-ij a pu dé Isa tsT 
no , l-é par se ke léi-ij a pà grô a èrlsi ; 
lé-z ôtro kii o-n èrlsïu' ôko më, to se faséi 
ou fosâii : il y a peu de champs chez nous, 
c'est pourquoi il n'y a pas gros à herser ; 
autrefois l'on hersait encore moins, tout se 
faisait au fossoir. 



Ë 



ërè, s. f. pi. Ari'hes. | AvT ô-n a/crrèV à 
domèslikè, Û léi haie ta (Vèrè : quand on 
engage un donicsti(pic, on lui donne tant 
d'arrhes. 

èlrè (l), s. m. Etre, avec une nuance 
péjorative. | ô pilro pi-li-t être keinè tè : un 



pauvre petit être comme loi. | te nié fCi ô 
rïd'ëtrè : tu me fais un être terrible. 

èlré (i), s. m. |)l. Etres. | koneso prnii 
lé-z être de la inéizû : je connais bien les 
êtres de la maison. — Cf. adzi. 



EBA 



160 



EBA 



E 



ê (1), prép. En. I ê fràsè : en France. 

I è-ri alemanè : en Allemag-ne. | ê-n àlo : à 
Aigle. I è we dzwa : en, dans huit jours. 

II léi-y a rë d'è-n wâdre tsT sou dsè : il n'y 
a rien d'en (qui soit en) ordre chez ces gens. 
Il è-n évà : en avant. || Avec un gérondif : va 

pèrto ë sénë sen èrdzë : il va partout, se- 
mant son argent. | d-n aprë adéi ôk'è venë 
vTlo : on apprend toujours quelque chose en 
vieillissant. || Pr. dzalâ ë travalë é sa ê 
rnedzë. 

ë, ë-n, n-è, n-ê-n (2), pron. relatif. En. 
\n-ê von so ? — oyi, n-ë vu : En veux-tu ? 
— Oui, j'en veux. | te n-ë kwéi trû dé sou 
trujxlè : tu en cuis trop de ces pommes de 
terre (cf. «). | léi-i/ ë vou adéi : il lui en 
veut encore. | /n'è su môhâ : je m'en suis 
méfié. I ne pou pâ mé : il n'en peut plus, il 
est à bout de forces, jj ke n'ë pou pâ mé 
est une expression qui revient très fréquem- 
ment en patois dans les phrases compara- 
tives, et qui signifie : on ne peut plus, ou : 
il ne saurait l'être davantage. | /'e iâ krûyo 
ke n'ë pou pâ mé : il est on ne peut plus 
méchant (ou, il est si méchant) qu'il ne 
pourrait l'être davantage. || s'ë pou pâ pasâ : 
il ne peut s'en passer. | m'ë vii (frv. je m'en 
Deux) : je veux, je vais. | m'ë vii léi-y alâ : 
je veux y aller. | m'ë vii té mohrâ okè : je 
vais te montrer quelque chose. 

ëbara, s. m. Embarras. | d tèrbV ëbara : 
un très grand embarras. | te n'éi tyé d-n 
ëbara : tu n'es qu'un embarras, j 5-n omo 
d'ëbara : un homme qui fait ses embarras, 
qui est importun. 1| n'ë pâ l' ëbara : ce n'est 
pas l'embarras (il n'y a pas à dire). 

ëbarasë-ëta adj. Embarrassant- e. j mé 
grâne sô pie ëbarasëte tyé pézâté : mes 
graines sont plus embarrassantes [à porter] 
qu'elles ne sont pesantes. 

ëbarasi, v. a. Embarrasser. | kà ô-n a 
prou ëbarasi, fô kemëhi a débarasi : qusiDd 
on a assez embarrassé, il faut commencer 
à débarrasser. | sii pâ ëbarasi dé mô bë : 



je ne suis pas importuné de mon bien. || ôna 
Iota èbarasa : une hotte occupée. || l-é ëba- 
rasa : elle est embarrassée ; se dit d'une fille 
enceinte. || Pr. trii l-ëbaras'é pu ne se a 
rë. Il Réfl. la vatse s'é ëbaraèa de sô le : la 
vache s'est empêtrée dans son lien. 

ëbarka {s'), v. r. S'embarquer ; se mettre 
en route. | ne t'ëbârka véi pâ se tô raséi : 
ne te mets voir pas en route sans ton râteau. 

ëbâirè (frv. emboire), v. a. Faire pénétrer. 
\i'ëbéréi tsôpû la farna ë-n ëpasë : tu em- 
boiras peu à peu la farine en pétrissant. 
Il Absorber. | la tsë n'ëbéi pâ tota la sô k'ô 
léi mé désii : la viande n'absorbe pas tout le 
sel qu'on y met dessus. | n-ë fondre dou tè 
po ke tota s'éiwe séi êbii'^a de la tëra : il 
en faudra, du temps, pour que toute cette eau 
soit absorbée par la terre. | si papéi mâtsi 
ëbéi mô l'ëtso : ce papier mâché boit mal 
l'encre. || T. de couturière. Quand on applique 
deux étoffes l'une contre l'autre, ëbâirè si- 
gnifie tendre l'étoffe de dessous et lâcher un 
peu à chaque point celle de dessus. | fô to- 
doulô ëbéire lé mâdz' ë lé kozè éi-z âlô : il 
faut toujours emboire les manches en les 
cousant aux vêtements. | lé feléte l-ëbéivô 
tote lé kouderè : les fillettes emboivent toutes 
les coutures. || Fig. ëbéire le të : tuer le 
temps. I ëbéire sen èrdzë : gaspiller son 
argent. || Réfl. (frv. s' emboire). \ sa mata ire 
s'ëbâi se k'ô le vnlè : cette étoffe s'emboit 
sans qu'on le veuille. | sen èrdzë s'ëbére 
dëse ko dësè : son argent s'emboira ainsi 
qu'ainsi (se gaspillera d'une façon ou de 
l'autre). || Diminuer. | la sepa s'é ëbu^a : la 
soupe a diminué. | se te fâ tû dé fii, se se 
vou ëbâirè : si tu fais tant de feu, cela va 
diminuer de volume. || V. n. Ebouillir. | le 
laséi l-é ëbii : le lait est ébouilli. 

ëbâlâdzo, s. m. Emballage. | ô-n ëbâlâ- 
dzo a butselô : un emballage très mal fait. 

ëbâli, V. a. Endormir quelqu'un par des 
bâillements réitérés. | te no-z ëbâle tï, ma 
pûra margotô : tu nous endors tous, ma 
pauvre Marguerite, disait un vieux pasteur 



EBE 



161 — 



EBO 



à une de ses catéchumènes qui ne cessait de 
bailler. 

èbâtsi (.ç'), V. r. Se mettre en roule, en 
mouvement, se disposer à. | no-z èbâ/sP no? 
nous mettons-nous en route? | air, cbàlse 
té ! allons, bouge \ \ se ne nos êbâtsïvâ 
apréi si fémé ? si nous nous disposions à 
mener (ou à étendre) ce fumier? 

èbèrbuli (.v'), v. r. S'enibarbouiller, s'em- 
brouiller. I s'ëbèrbnle tï lé kii ke voit dere 
okè : il s'embrouille chaque fois qu'il veut 
dire quelque chose. 

èbèrdelda, v. a. Salir en plusieurs emiroits. 

\nèbèrdehle pâ dèse sa panâir'awé ta 
papéta : ne salis pas ainsi partout cette pà- 
tissoire avec ta bouillie. | l-a èbèrdelM sé-z 
âtô dé pnko : il a sali ses vêtements de boue. 

\l-é êbèrdehlà déi pi a la téisa : il est em- 
brené des pieds à la tête. || Héfl. Se salir, 
s'embrener. | te t'ëi bala èbèrdehlâi/è : tu 
t'es bien salie. | si-l èfâ s'é to-t èbèrdehlâ : 
cet enfant s'est tout embrené. — Comparez 
le suivant. 

êbèrdiihlû (frv. einbardnujler). \a\\ de 
êbèrdehlà. 

èbédyinâ, v. a. Emba])ouiner, cmbég-uiner. 
I l-a ta bë su V èbédyinâ ke n-è-n a fé to se 
ke n-è-n a vola: il a si bien su l'embét^uiner 
qu'il en a fait tout ce qu'il a voulu. || Réfl. 
se sa lési èbédyinâ pè sa fémala : ils se 
sont laissés embég-uiner par cette femme. 

êbésilo-a, adj. Imbécile, j èbésilo ke t'éi .' — 
ëbésila té rnîrna ! Imbécile que tu es! — 
Imbécile toi-même ! 

èbétà (1), V. a. Embêter. | si-l omo nië- 
bétâve ëk'awé sa prôné : cet homme m'em- 
bêtait là avec son discours. | m'ëbéta pâ : 
ne m'etnbête pas. || Réfl. la demèdz'ô s'ëbét' 
a ne référé : le dimanche on s'embête à ne 
rien faire. — Cfr. bétâ. 

èbétà (2), V. n. Enfoncer dans un terrain 
■détrempé, le lonc^ d'un ruisseau, ou dans les 
creux formés par le bétail dans les pâtu- 
rages de montagne. | l-a èbétà : il a enfoncé. 

èbéto., s. m. Terrain mou formé par la pluie 
ou les inondations, en des endroits où le 
bétail, par son fréquent passage, a laissé de 
profondes empreintes. | fô tsûyi, léi-y a 
déi-c èbéto : il faut faire attention, il y a un 
terrain mou où l'on enfonce. 

èbèdâ, V. a. Bander, embander, enve- 
iopper un membre malade. | dû ke l-é 
20U ta dé sou yolé, mé fô avéi la téisa 

«JLOSSAIRE DE BLONAY 



todonlô èbèdâyè : depuis que j'ai eu tant de 
ces érysipèles, il mo faut toujours avoir la 
tête enveloppée. — Cfr. ëbôdâ. 

èbibà (s'), v. r. S'imbiber. 

èblçyè {d'), loc.adv. D'emblée. 

èboral(i, v. a. Mettre le boréi (collier et 
harnais) à une bête de somme. | èboralà û 
tsavô : harnacher un cheval, 

èborb(i {s'), v. r. Se salir, se crotter avec 
de la bourbe, s'embouer. | s'é èborbâ de ôna 
golè: il s'est crotté dans une flaque. 

èbosenâ-âyè (frv. embuissonné-e), adj. En 
forme de buisson ; se dit d'un cep de vigne 
dont les pampres s'enire-croisent avec celles 
des ceps voisins, ou d'une cépée. | ôna ven' 
èbosenàyè : une vigne en forme de buisson. 
Il ô-n âbro èbosenu : une cépée. 

èbnsâ, s. f. Jointée. | diive-z èbosà dé 
farna : deux jointées de farine. | l-arûso 
kôke yàdzo mé plât'awé on èbosà d'éiwè: 
j'arrose parfois mes plantes avec une jointée 
d'eau. 

èbosâti, s. m. Grand entonnoir de cave en 
bois (cf. tsâtaplûiira). \\ Entonnoir dont on 
se servait autrefois pour faire les saucisses. 

ëbotsalà, adj. Formé en trochet. | si-l 
âbro l-é to-t ëbotsalà : cet arbre a les fruits 
réunis en Irochets. |] S. f. ônëbotsalà dé 
perè : un trochet de poires. 

ëbotsalçyè, s. f. Trochet de fruits, j ne 
ramasàvâ lé père tsô-z ëbotsahu/è : nous 
cueillions les poires par trochets. — Cf. le 
mot précédent. 

èbotsardà {s'), v. r. Se salir la bouche ou 
les joues, j lé-z èfâ s'èbotsârdô todziva è 
medzè : les enfants se salissent toujours la 
bouche en mangeant. | s'é tôt' ëbotsardâi/' 
awé dou kuTio ou vëkivè : elle s'est sali la 
bouche avec du gâteau au raisiné. 

ëbotsi (I), v. a. Crépir un mur. — Syn. 
kréjn. 

ëbotsi (2) (.v'), V. r. Se cogner, se heurter. 
\s'é èbotsa kôtrôna murale: elle s'est co- 
gnée contre une muraille (syn. s'èbo/imà). 
Il lé pâ se sô ëbotsi : les miches de pain se 
sont entre-baisées. 

ëbotsfrè, s. f. Baisure. | lé-z èfâ vndrâ 
tï avéi l'ëbotsirè : les enfants voudraient 
tous avoir la baisure du pain. 

èbotsa, s. f. Heurt ou coup qu'on se donne 
involontairement, | s'é bali on' èbotsa ke 
kôtè : il s'est donné un coup qui compte. 
li 



EBR 



-162 



EBÙ 



êbotyatâ, v. a. Garnir de fleurs [hotyé). 
I ona méicÔ èbotyatâyè : une maison ornée 
de fleurs. 

ëbouniâ (s'), V. r. Se cogner, se heurter, 
recevoir un choc. | ë se lûdzè l-é zou s'è- 
bouniâ kdtr'ôna murale : en se lageant il 
est allé se heurter contre une muraille. — 
On dit aussi s'ëbômâ ; syn. s'ëbotsi. 

ëbournàyè, s. f. Heurt, choc. | l-a résiï 
on'ëboiimâye ke léi-y a fëdû la téisa : il a 
reçu un choc qui lui a fendu la tête. — On 
dit aussi ëbôrnâyè. 

êbozalâ (frv. embonseler). v.a. Salir de 
bouse. I tsûye vài, t'ëbozale té tsôsè: fais 
voir attention, tu salis de bouse Ion pantalon. 
[ l-é venu dedë awé se pi to-t ëbozalâ : il est 
entré avec ses pieds tout embouselés. || Réfl. 
ô s'ëbozaVa Véhrâblo : on se salit de bouse 
à l'écurie. 

ëbôdç (frv. ernbnuder) , v. a. Envelopper 
de ling-es. | ne vu pâ ke te m'ëbôdé la téisa : 
je ne veux pas que tu m'enveloppes la tête. 
I l-é tof èbôdâyé : elle a la tète tout envelop- 
pée. 

ëbômà (1), v. a. Embaumer. 

êbômâ (2) {s'), Var. de s'ëboumâ. 

ëbôrnâyè. Var de ëboumâyè. 

ëbôtâ, V. a. Entonner le vin. | lé-z ôtro 
yâdzo ô-n ëbôtâve to le vë awé lé brëlè ; 5 
n'avéi pâ oko lé pôpè : autrefois l'on enton- 
nait tout le vin avec les branles ; on n'avait 
pas encore les pompes. 

ëbôtayè, s. f. Entonnag-e. | tëk'ôna bun'ë- 
bôtâyè : voilà un bon entonnage. 

ëbrazâ, v. a. Embraser. | sa méizô sëbV 
êbrazâyè, ta le sélâii léi raba kôtrê : cette 
maison semble embrasée, tant le soleil rayonne 
contre elle. — Syn. ëfarâ. 

ëbrazémë, s. m. Embrasement. 

ëbrasi, v. a. Embrasser. [ ëbrSsi a peseta: 
embrasser à pincette. || Pr. ke trû l-ëbrâsè, 
mô-l éhrë. 

ëbrâsa (frv. embrassée), s. f. Embrassade. 
I se s5 bali on'' ëbrâsa apréi Vôtra : ils se 
sont donné une embrassade après l'autre. 

ëbredyiitç (s'), v. r. S'embarrasser dans 
les branches d'un arbre, dans un buisson, 
dans des épines, etc. | ora ! t'avâ fota d'alâ 
Vëbredyutâ de sou bosô : eh bien ! tu avais 
besoin d'aller t'embarrasser dans ces buis- 



èbrelukokâ-âyè (frv. embrelucoqué-e), adj. 
Embrouillé-e, embarrassé-e. | se pâ ke l-a, 
l-é tôt' ëbrelûkokàyè : je ne sais pas ce 
qu'elle a, elle est tout embrouillée (dans ses 
discours). 

ëbrétsi, v. a. Faire des brétsè, salir, ta- 
cher. I l-a ëbrétsi la pwârta awé sô mortâi: 
il a taché la porte avec son mortier. | vûhrô 
fourdâ l-é ëbrétsi dé sepa : votre tablier est 
sali de soupe. 

ëbrétsa, s. f. Eclaboussure épaisse. | Va 
résii ëk'Ôna baVèbrétsa : tu as reçu là une 
belle eclaboussure. 

ëbriyâ (s') (frv. s'embrier), v. r. Se mettre 
en mouvement, partir. | no-z ëbriyë no ? 
nous mettons-nous en mouvement ? | la vatse 
s'é ëbriyâye to d'5 ku : la vache est partie 
tout d'un coup. — Syn. s'ëbatsi, s'ëmodâ. 

ëbrôtsi {s'), v. r. S'eff"rayer, broncher, en 
parlant d'un cheval. | lé payisà nâmô pâ 
lé tsavô ke s'ëbrôtso : les paysans n'aiment 
pas les chevaux qui bronchent. || Se fâcher, 
se mettre de mauvaise humeur. | si-l omo 
s'ëbrôtse ta sa : cet homme se fâche si faci- 
lement. Il Par anal, se dit du temps qui s'em- 
brume, qui s'assombrit. | le të s'ëbrôtse, éi 
vou plovâi : le temps se couvre, il va pleu- 
voir. — En cet emploi, syn. abohlâ. 

ëbrûlâ, V. a. Salir, souiller. | sou mèrdâûf 
l-â to-t ëbrûlâ si pûro peti dé pako : ces 
méchants ! ils ont tout souillé ce pauvre 
petit de boue. | l-a lé bots' ëbrûlâye dé 
medzi : il a les lèvres salies de nourriture. 
\sé ma sô ëbrûlâye dé pâsa : ses mains sont 
enduites de pâte. || Réfl. mé su ëbrûlâ awé 
de la pédze dé kordani : je me suis sali 
avec de la poix de cordonnier. 

ëbrûlâû-âûza (frv. embrouilleur-euse) , 
s. m. et f. Celui, celle qui embrouille. 

ëbrûli, V. a. Embrouiller. | te m'ëbrâle tî 
lé ku ke vu kôtâ : tu m'embrouilles chaque 
fois que je veux compter. 

ëbrûlo (frv. embrouille), s. m. Embrouil- 
lement. I te m'a fé ëk'ô-n ëbrûlo k'ô léi 
véi pâ ôna gota : tu m'as fait là un em- 
brouillement [tel] qu'on n'y voit goutte. | 5 
béi-l ëbrûlo ! un bel embrouillement ! 

ëbûmëtâ (frv. embumenter), v. a. (vieilli). 
Mettre de l'engrais. | po bë /ère, fudréi 
ëbûmëtâ lé vene tî lé du-z â : pour bien 
faire, il faudrait mettre de l'engrais aux 
vignes tous les deux ans. — Syn. ëdrudziy 
ëgrési, fémâ. 



EDE 



— 163 



EDll 



r-bwèlu, V. a. Emmêler, embrouiller, en- 
chevêtrer. I ka ô lâue pâ bè le fi, lé hlote 
s'êbwèlo totè : quand on ne lave pas adroi- 
tement le fil, les écheveaux s'emmêlent com- 
plètement. — Syn. êbrfili. 

èbivèlo, s. m. Emmêlement, embrouille- 
ment, enchevêtrement. | léi-i/ a êlc'5-n 
êbwèlo k'ô vou pu pwéi s'ê sali ." il y a là un 
enchevêtrement [tel] qu'on ne veut pas pou- 
voir s'en sortir (qu'on n'en pourra sortir). 

èbivéitn, v. a. Emboîter. 

êdanitâ, s. f. Indemnité. 

èdanizâ, v. a. Indemniser. | se far'ëda- 
nisâ se le tseniè dérûtse su sÔ prâ : il se 
fera indemniser si le chemin s'éboule sur son 
pré. 

ëdelé, adv. et prép. Au delà, par delà. 

I té fô pà le tsèrisi èdesé kâ l-é êdelé : 
il ne te faut pas le chercher de ce côté 
quand il est de l'autre. | èdelé don kurti : 
au delà du jardin. | l-é yn le Isa èdelé de 
la tsenévâirè : j'ai vu le chat par delà la 
chenevière, — Cf. èdesé. 

èdera, v. a. Endurer. | n-ê-n èdere gro : 
il endure beaucoup. | l-èdere lé pyërè : il 
endure les pierres ; se dit d'une personne qui 
a de grandes douleurs physiques ou de mau- 
vais traitements à supporter. |1 ne pou rè 
ëderâ : il ne peut rien endurer (il n'accepte 
aucune observation sans murmurer). 

èdesé, adv. et prép. En deçà. | portye ke 
te prè todoulô le tsemè d' èdesé ? pourquoi 
prends-tu toujours le chemin de ce côté-ci ? 

II éi traval'èdesé dé no : il travaille en deçà 
de nous. — Cf. ëdelé. 

ëdétâ [s'), V. r. S'endetter. — Syn. s'èdé- 
valà. 

ëdétsi, V. a. Endommager, gâter, dété- 
riorer (faire des détsè). \ te vou ëdétsi sa 
trâbla awé si martéi : tu vas endommager 
cette table avec ce marteau. | m'a ëdétsi nien 
ékwèla : il a fait une brèche à mon écuelle. 
\sa murale l-é ëdétsa : cette muraille est 
gâtée. I tëke déi pom'ëdétsè : voilà des 
pommes gâtées. || Fig. l-a ëdétsi s5 bë : il 
a écorné son bien. || Réfl. to s'ëdéts'a lafë: 
tout se détériore à la fin. 

èdévalà {s'), v. r. S'endetter. — Syn. s'è- 
détâ. 

ëdéoa, V. n. toujours construit avec férè, 
Endêver, enrager. | si-l omo mé fà ëdéoà 
awé sa miïzika : cet homme me fait endêver 
avec sa musique. — Syn. èdyablâ, ëradzi. 



ëdévi, adj, m. Indivis. | ô-n éséi adéi to-t 
ëdévi : nous étions encore tout indivis, j l-a 
éretà la méizô pèr ëdévi : ils ont hérité la 
maison par indivis. 

ëdëtu, V. a. Edenter (seulement au sens 
fig.), ébrécher. | 5-n ëdëte iote lé rés'awé 
si bu Tiolii : on édente toutes les scies avec 
ce bois noueux. | 5 raséi ëdëtà : un râteau 
édenté. || t'é yo kemâdâ dé m'èdètâ mÔ 
kutéi ? t'ai-je commandé de m'ébrécher mon 
couteau ? | dyaknna krévài se mô vola né 
pà to-t ëdëtà! que la diablesse crève si ma 
faucille n'est pas tout ébréchée ! || Réfl. mo 
pïno s'ëdëtè : mon peigne s'édente. | ta 
tséta se séréi pâ èdëtàyè se te n'avà pâ 
roli sii si hlu : ta hache ne se serait pas 
ébréchée si tu n'avais pas frappé si fort sur 
ce clou. — Cf. bêrtso. 

èdikasyô, s. f. Indication. 

ëdikà, V, a. Indiquer. 

ëdinità, s. f. Indignité. 

ëdino-a, adj. et s. m. et f. Indigne. 

ëdividii, s. m. Individu. | se né pâ ô-n 
êdividii dé swèirta : ce n'est pas un individu 
comme il faut. — Syn. kwâ. 

ëdomadzi, v. a. Endommager. 

êdrâi, s. m. Endroit. | 5 béi-l ëdrâi, 5 
pu-t ëdrâi, déi pu-z ëdrâi : un bel endroit; 
un endroit, des endroits désagréables. |! léi-y 
a déi-z ëdrâi yô ne kré rë dé vë, tyé ke 
nûhré payizâ léi farâ : il y a des endroits 
où il ne croît pas de vin; qu'y feraient nos 
paysans? | s5 don mîm' ëdrâi : ils sont du 
même endroit. | ô-n ëdréi môsâ : un endroit 
malsain. 

èdremâi-âilè, part. adj. Endormi-e. j kâ 
serëdremài, te t'ê-n oudréi : quand il sera 
endormi, tu t'en iras. | Vé ëdremâite sii sa 
sôla : elle est endormie sur sa chaise. || ôna 
kwârna ëdremâite : voir kwârna. \\ Subvt. 
\sëhl'ô-n ëdreniâi : il ressemble à un [hom- 
me] endormi. 

ëdremi, v a. Endormir. | le tè l-ëdwâ : 
le temps endort. | te m'ëdwâ aivé té vï(e 
tsâsô : tu m'endors avec tes vieilles histoires. 
Il Réfl. ô pou pâ s'èdrerni kâ lé niuselÔ 
no pekô : on ne peut pas s'endormir quand 
les cousins nous piquent. | ne s'é pà èdre- 
mya : elle ne s'est pas endormie. 

ëdriidzi, v. a. Engraisser les terres. | fô 
adéi ëdriidzi sô bë s'ô vou ramasà ôkè ; il 
faut nécessairement engraisser son terrain 



EDZ 



— 164 



EFA 



si l'on veut récolter quelque chose. || Réfl. 
si têrê s'êdrûdze mô : ce terrain s'eng'raisse 
mal. Il Fig-. Prendre de l'embonpoint. | pwÔ 
prou s'êdriidzi, l-a ta bo te : ils peuvent 
bien s'engraisser, ils ont si bon temps (une 
vie si facile). — Cf. êffrési, fémâ, êbûmêtâ. 
êdûrsf, var. de êdûrzi. 

êdûrzi, v. a. Endurcir. | léi-y a rë ke 
l'êdiirzéi atâ kemë le travô : il n'y a rien 
qui endurcisse autant que le travail, || Réfl. 
mé nui se s5 ëdiirzè ë manéyë la fô : mes 
mains se sont endurcies en maniant la faux. 
— On dit aussi ëdtirsi. 

ëdûstriyç-oza, adj. Industrieux-euse. | l-é 
ëdiistriyôza ko to ko. se vë a fére don nàû 
aivé doa vïlo : elle est très industrieuse 
quand il s'ag-it de faire du neuf avec du 
vieux (de transformer des vêtements). 

ëdwirè, v. a. Induire. | se puréi l'ëdwir'a 
mô : cela pourrait l'induire au mal. 

èdyablâ, v. a. construit avec férè. Endia- 
bler. I si kwà mé fâ ëdyablâ : cet individu 
me fait endiabler. — Syn. ëdévâ, ëradzi. 

ëdyéilâ, v. a. Disposer, distribuer parci- 
monieusement. I ne fâ fyé d'ëdyéilâ lou 
tsà : ils n'ensemencent leurs champs qu'avec 
beaucoup de parcimonie. | l-a pwâire dé 
n-ê métré prâii, ne fà tyé d'ëdyéilâ to se 
ke sâinè : il a peur d'en mettre assez [de 
grain], il ne fait que mettre très peu de tout 
ce qu'il sème. | 5 kiino èdyéilâ : voir l'ar- 
ticle suivant. — On dit aussi ëdyéinâ. 

èdyéilçyè, s. f. Actioo d'ëdyéilâ. \ ne mé 
su s5 kuno tyé ôn'cdyéilâye dé serïzè, se 
koresô totè apréi : elle ne met sur sa tarte 
que très peu de cerises ; elles se courent 
l'une après l'autre. 

ëdyéinâ, Var. de ëdyéilâ. 

ëdyirlàdâ, v. a. Enguirlander, 

ëdyôlâ, V. a. Engueuler. | m'a ëdyôlâ : il 
m'a engueulé. 

ëdyôzâ (frv. engueuser), v. a. Tromper, 
séduire. | l-èdyôze to le modo : il trompe 
tout le monde. | s'é lésa ëdyôzâ pè si lurô : 
elle s'est laissé séduire par cet individu, 

ëdzalâ (s'), v. r. Se geler. | pèr ôn'afrâi 
kemë fâ, te voit pâ mâkâ dé t'èdzalâ : par 
la froidure qu'il fait, tu ne manqueras pas 
de te geler. 

êdzalâ-âyè, part. adj. Gelé-e, | l-a ésâ 
ëdzalâ : il a été gelé ; ou, il a eu des enge- 
lures. 



èdzalirè, s. f. Engelure. | lé-z ëfâ l-â 
sovè lé pi é lé ma pleine d'ëdzalirè : les 
enfants ont souvent les pieds et les mains 
couverts d'engelures. | lé-z ëdzalire mé 
dévâûrô : les engelures me tourmentent. 

ëdzeri, v. a. (vieilli). Injurier. | l-ëdzere 
to le modo : il injurie tout le monde. 

ëdzevalâ, v. a. Enjaveler. | l-ëdzevalo sa 
réista : j'enjavelle ce reste [de blé]. 

êdzérnâ, v. a. En parlant d'une maladie, 
couver. | sou pure béise ne pwo dé më tyé 
d'avéi èdzèrnâ ôna maladi pè le të ke l-a 
fé pè lé môtanè : ces pauvres bêtes ne peu- 
vent de moins [il est impossible qu'il en soit 
autrement] que d'avoir couvé une maladie, 
vu le temps qu'il a fait sur les montagnes. 
\krâyo ke l-èdzèrne Vétiziyè : je crois qu'il 
couve la phtisie. 

èdzûlâ, V. a. Enjôler, tromper. 

ëdzëdrâ, v. a. Engendrer, procréer. | lé 
pure dzë devra pâ sôdzi a ëdzëdrâ déi-s 
ëfâ po lé métré de la mizérè, ma l-é sou 
èke ke n-ë-n â le mé : les pauvres gens ne 
devraient pas songer à procréer des enfants 
pour les mettre dans la misère, mais ce sont 
ceux-là qui en ont le plus. || Fig. l-a ëdzë- 
drâ ôna maladi : il a engendré une maladie. 
Il Pr. trii de familaritâ l-ëdzëdre le mépri. 

ëfalïblo-a, adj. Infaillible. | léi-y a tyé 
le pape d'ëfaliblo : il n'y a d'infaillible que 
le pape. | sii pâ êfalibla, mè : je ne suis 
pas infaillible, moi. On entend parfois cette 
réponse dans la bouche d'une personne prise 
en faute. 

ëfamiyè, s. f. Infamie. 

ëfanoli (frv, enfanoiller), v. a. Enrouler 
de la paille au bout des liens des gerbes 
pour former la boucle. | te n'a pâ prou 
ëfanoli dé le po to si blâ : tu n'as pas en- 
fanoillé assez de liens pour tout ce blé, | te 
n-ë-n ëfanoléréi oko diitré : tu en enfanoil- 
leras encore quelques uns. 

ëfarâ, v. n. Brûler. | ô-n ëfâre vè si fii : 
on brûle vers ce feu. | 5-n Ire por ëfarâ : 
on était sur le point de brûler. — Syn. 
afarâ. 

ëfarnâ. Var. de èfarnolâ. 

ëfarnolâ, v. a. Enfariner. | t'éi béi ëfar- 
nolâ: tu es bien enfariné. | déi sa ëfarnolâ: \- 
des sacs enfarinés. || Réfl. te té vou pâ mô \\ 
ëfarnolâ de si mule : tu ne t'enfarineras 
pas peu dans ce moulin. — On dit aussi 
ëfarnâ. 



EFA 



— 165 — 



EFE 



èfasotn, v. a. Emniaillotter, envelopper. 
\lé-s ôiro yâdzo Ô-n èfasotàve lé peti-z 
ëfà pie grâtê tyé ora : autrefois l'on ein- 
maillottait les petits enfants plus longtemps 
qu'à présent. || keinr ke t'è/asofe si fardéi? 
loinment enveloppes-tu ce fardeau? — On 
dit anssi fasolâ ; syn. èmalotâ. 

êfatâ, V. a. Empocher. | l-êjate fo se ke 
frâui'è : il empoche tout ce qu'il trouve. 
Il Emboiter. | èfatu déi tui/ô lé-z 5 de lé-z 
ôiro : emboîter des tuyaux. | èfatâ lé hwéi 
de le bé de la serèga po fére lé sôsisô : faire 
passer les boyaux sur (litt. dans) le bout de 
la seringue pour faire les saucissons. || S'en- 
filer, s'enoager dans un passage étroit. | s'é 
êfatà de oiia rii/éta : il s'est enfilé dans 
une riette. \ vêle té oui ke la vatse ne s'ë- 
fatéi pà de le kolidà : veille-/e voir que 
la vache ne s'engage pas dans le corridor. 

>~fàmo-a, adj. Infâme. 

rfàtsi, v. impers, construit avec l'adv. è-n. 
Avoir du regret, du chagrin (de quelque- 
chose). I léi-y è-n êfutse dé métré sô bô 
fourdu po fér' 5-n iwrndzo môprûpro : elle 
regrette de mettre son bon tablier pour faire 
un ouvrage malpropre. | m' è-n èfâtse bè : 
je le regrette beaucoup. | léi-y è-n a ta 
êfàtsi d'avéi perdit s5 kutéi : elle a eu 
beaucoup de chagrin d'avoir perdu son cou- 
teau. I t'ê-n èfàtséré se pà se te le déka- 
serè ? cela ne te fera-t-il pas de la peine si 
tu le déchires? 

ë/â, s. m. Enfant. | 5-n èfà don kôté 
gôtso : un enfant.du côté gauche, un enfant 
illégitime. | sé-z ëfÛ s'apôdÔ ou se totsô tï : 
ses enfants se joignent, ou se touchent tous 
(ils sont d'âges très rapprochés). || 5-n ëfâ 
fré fé : un enfant frais fait (qui vient de 
naître). | 5-n ëfà dou b5 dyii : un enfant 
(une créature) du bon Dieu. | 5 ta bun ëfà : 
une personne sans malice. | déi-z ëfà perdu: 
des enfants perdus (devenus méchants à force 
d'être gâtés). | i'éi pie èfà tyé lé-z ëfà dou 
bri : tu es plus enfant* que les enfants du 
berceau. || se di k'ô trouve lé-z ëfà dézo 
déi kâiidrè, lé valoté dézo déi koudre 
dzôné, lé feléte dézo déi koudre blàtsè : 
on dit qu'on trouve les enfants sous des 
courges, les petits garçons sous des courges 
jaunes, les petites filles sous des courges 
blanches. || lé vTlo dezà ke s'5-n èfà niétéi lé 
de vito, sa rnéire n'è-n aréi rè nié: les vieux 
disaient que si un enfant faisait de bonne 
heure ses dents, sa mère n'en aurait plus 



[d'enfant]. |1 po k'ô-n èfà réstéi a la méizô, 
fà léi fére fére tré yûdzo le tvùa dou ke- 
mâhlo, la téisa la preinjrè : jjour qu'un en- 
fant reste à la maison, il faut [quand il vient 
de naître] lui faire faire trois fois le tour de 
la crémaillère, la tète la première. ]| Pr. lé-z 
èfà s5 kernè le pyapâii, se trouv5 pèrto. 
I kà o fà éi-z èfà to se ke vnl5, ne plourô 
zamé. I lé-z èfà s5 kernè 5 lé fà. \ to lé 
péirè, to lé-z ëfà. \ se ke lé péire rapértsô 
awé le raséi, lé-z ëfà l'ëpàtsS awé lafortsè. 

èfàsé, s. f. Enfance. ] tyëna bal'èfàse to- 
parâil quelle belle, heureuse enfance, quand 
même! 

èfàtelçdzo, s. m. Enfantillage. | to se l-é 
déi-z èfàtelàdzo : tout cela, ce sont des en- 
fantillages. 

èfàtéri, s. f. Infanterie. 
èfelà, V. a. Enfiler, j èfelà ànûiilè, 5na 
koséya : enfiler une aiguille, une aiguillée. 

I èfelà déi korô, déi grâ : enfiler des perles. 

II èfelà déi pâi, déi faveyidè: passer des pois, 
des haricots à un fil. || èfelà 5-n âl5 : passer 
un vêtement. || ëfelà ôke de 5na Iota : 
mettre négligemment et rapidement quelque 
chose dans une hotte. || Réfl. s'é ëfelà de 
la kâva po pà k'ô le vàyè : il s'est glissé 
dans la cave pour qu'on ne le voie pas. | te 
Vëfeléréi de le sèdâi dèréi la murale : tu 
te glisseras dans le sentier derrière la mu- 
raille. 

èfelgdzo, s. f. Enfilade, j léi-y a 5-n èfe- 
làdzo dé méiz5 k'5 léi se rékone pà .• il y a 
une enfilade de maisons [telle] qu'on ne s'y 
reconnaît pas. 

èfemà, v. a. Enfumer, j fô èfentà lé-z 
àvele po lé fére sali : il faut enfumer les 
abeilles pour les faire sortir. | déi-z àl6 
èfemà : des vêtements enfumés. || Réfl. yô 
lie t'éi zou f èfemà de la swârta ? où as-tu 
été t'enfumer de la sorte ? 

ëfémasi, v. a. Salir avec du fumier. | t'èfé- 
niase tote lé lotè : tu salis toutes les hottes 
avec du fumier. | ne nièfémasi pà si panai : 
ne me salissez pas ce panier avec du fumier. 
\5na Iota èfémasa : une hotte salie de fu- 
mier. 

èféstà, V. a. Infester, empester, infecter. 
|.s/ Sëmô l-ëféstc tota la méizô : cet homme 
([ui pue empeste toute la maison. | sa béise 
L-réràye l-èféstè: cette bète péric empeste. 
\\si tsà l-é èféstà dé gramô : ce champ est 
infesté de chiendent. || Kéfl. S'infester. | lé 
dzè lésô ora lou vene s'ëféstà dé monétyâ : 



EFO 



166 



EGO 



les gens laissent maintenant leurs vignes 
s'infester de mauvaises plantes. — Cf. èpéstà. 

èféstë-êta, adj. Infectant-e. 

èfë, s. m. Enfer. | foudréi to d?'éi ê-n 
èfë : tu iras tout droit en enfer ; se dit à 
celui qui se plaît à plaisanter des choses 
saintes. | l-îre tsî sou dzè keme è-n èfë : il 
était chez ces gens comme en enfer. | l-ïr' 
5-n èfë tijé sa méizÔ : c'était un enfer que 
cette maison. | fér'ô fii d'èfë: faire un feu 
d'enfer. || lé ven'è-n èfë totsÔ éi venoii 
paradi : les vignes En Enfer touchent aux 
vignes Au Paradis. || èfë don di/âblo ! démo 
de fëfëf enfer du diable ! démon de l'enfer! 
Jurements. 

èfinnitâ, s. f. Infirmité. 

êfirmo-a, adj. et s. m. et f. Infirme. 

èforâ, V. a. Mettre les taies aux oreillers, 
aux édredons. | èforâ 5 li : mettre les taies 
à un lit. I n'ëfoura pâ si-l orolï ora : ne 
mets pas la taie à cet oreiller à présent. 
\rêfâiiro toparâi : ] y mets quand même la 
taie. 

èforàdzo (frv. enfourrage), s. m. Taies 
d'un lit [îrv. fourres). \ l-a dyû tsâdzi tré 
yâdzo dé swite l'ëforâdzo dé sd li : elle a 
dû changer trois fois de suite les taies de 
son lit. Il s'é féie déi béi-z ëforâdzo po 
sd troséi : elle s'est fait de belles taies pour 
son trousseau. — Cî. finira. 

èformasi/Ô, s. f. Information. 

ëformà (s'), v. r. S'informer. | te Vëfor- 
méréi se le fornâi fâ ou fwa : tu t'infor- 
meras si le fournier fait au four. — Cf. 
êtrévâ . 

êforna, v. a. Enfourner. | le fornâi l-è- 
fwârne le pâ a mézera ke lé fémale léi 
pwàrtÔ lé paso : le fournier enfourne le pain 
à mesure que les femmes lui apportent les 
patons. 

ëfortenâ, v. a. Avoir de la fortune, faire 
sa fortune, faire avoir de la chance. | sô bè 
ëfortenâ : ils sont fortunés. |1 Pr. si ke nare 
n'ëfortene pâ. \\ Réfl. awé le të, se sô bè 
ëfortenâ : avec le temps, ils ont acquis une 
jolie fortune. 

èfoutsi, v. a. Mettre le fonts i a une faux, 
l'emmancher. 

ëfôsç, V. a. Enfoncer. | ëfosâ d hlu : 
faire pénétrer dans le bois un clou qui gêne 
et qu'on ne peut arracher (cLplâtâ). | êfÔsâ 
ô bosé : défoncer un tonneau. 1 se ne trouve 



rë dé hlâ, n'ëfosérë la méizd : si nous ne 
trouvons pas de clefs, nous enfoncerons [la 
porte de] la maison. |1 V. n. n'ëfôsâvà de 
la nâi tàk'oii ku : nous enfoncions dans la 
neige jusqu'au cou. | lé-z èfà l-ëfôsô sovë 
de la borba : les enfants enfoncent souvent 
dans la bourbe. \\ Fig. l-é èfôsâ de sê-z 
aférè : il est enfoncé dans ses affaires, | l-é 
ëfôsâ : il est ruiné. 

ëfrotâ-âyè, adj. et s. m. et f. Effronté-e. 
\sa fémala l-é bë ta ëfrôtâye k'ô n'ûze pâ 
léi derô mo : cette femme est tellement 
effrontée qu'on n'ose pas lui dire un mot. 
— On dit aussi éfrëtâ. 

ëgadzémë, s. m. Engagement. | l-à préi 
ô-n ëgadzémë a tré-z a dé répëti : ils ont 
pris un engagement à trois ans de repentir 
(cf. arëdzémë). \ se l-é ô-n ëgadzémë dé 
fû : c'est un engagement d'insensés. 

ëgadzi, v. a. Engager, solliciter. | fô pâ 
ëgadzi lé dzë a mô Jérè : il ne faut pas sol- 
liciter les gens à mal faire. || Réfl. S'engager. 
\s'é ëgadzi kemë volôtéro : il s'est engagé 
en qualité de volontaire. 

ëgenô, s. m. Huguenot. Ce mot n'est pour 
ainsi dire jamais employé. Les protestants 
savent que les catholiques les appellent des 
ëgenô ; mais leur science ne va pas plus 
loin, puisqu'ils ignorent même le féminin de 
ce mot. Les jeunes gens qui ont appris l'his- 
toire ne savent pas le patois, et ceux qui se 
risquent à le parler disent, à l'imitation du 
français : ûgeno, iigenota. 

ëgluti, V. a. Engloutir. 

ëgolâ, V. a. Avaler. | l-ëgolâve sÔ brâ- 
tevë kemë se l-avéi ésâ de l'éiwè : il buvait 
son eau-de-vie comme si c'eût été de l'eau. 
I l-a to-t ègolâ d'ena vài : il a tout avalé 
d'une gorgée. — Cf. ëgorzalâ. 

ëgorç, V. a. Obstruer, engorger, en par- 
lant d'un canal ou d'un tuyau. | la fôtâna 
l-é ègorâyè: la fontaine est engorgée. |1 Com- 
muniquer le mal vénérien. | s'é lési egorâ : 
il s'est laissé contaminer par le mal véné- 
rien. — Cf. ëgordzi. 

ëgordzémè, s. m. Engorgement. | ka l'éiwe 
l-a Ô-n ëgordzémë, éi fâ veri la riiva : 
quand l'eau [du moulin] a un engorgement, 
elle fait tourner la roue. 

ëgordzi, v. a. Engorger. | le môné l-ë- 
gordze l'éiwè: la saleté engorge l'eau. 1| Réfl. 
lé tûyô se sô ëgordzi : les tuyaux se sont 
engorgés. 



EGR 



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EGU 



ègorzalà, v. a. Faire entrer de force un 
liquide, spécialement un remède, dans la 
g-orge d'une personne ou d'un animal. | l-ê- 
gorzalô ô rérnûido a-n 5 tsauo : ils font 
prendre de force un remède à un cheval. | l-a 
falii le léi-i/ èijorzalà awé ôna botolè : il a 
fallu le lui faire avaler de force avec une 
bouteille. — On dit aussi ëgorzeli ; cf. ègolù. 

êgorzeli. Comme le précédent. 

êgra-ata, adj. et s. m. et f. Ingrat-c. | l-a 
ésâ trd ègra awé se d:ê : il a été trop ingrat 
envers ses parents. || Oui n'aime pas à don- 
ner, qui est peu généreux. | sô as'egra l'5 
kn l'ôtro : ils sont aussi peu généreux l'un 
que l'autre. | si èke bal'ôko, ma Vôtro l-é 
êgra: celui-là donne encore, mais l'autre est 
peu généreux. | on' êgrata : une femme peu 
généreuse. 

ègrafilihlè, s. f. Ingratitude. 

ëgrû(l:i, v. a. Engranger. 

êgrâdèa, s. f. Tout le foin qui entre dans 
la grange. | Ô-n a fé ôna bun'ëgrâdca : on 
a rentré beaucoup de foin ; ou bien, le foin 
qu'on a rentré é(ait bien sec. 

ëgredijota-aijè, adj. Couvert-e de miettes 
de pâte {gredijé). \ l-a lé ma to-t ëgrcdi/o- 
taijè : elle a les mains couvertes de miettes 
de pâte. 

ëgrenâdzo, s. m. Engrenage. | lé niasine 
/.'ô-n a ora sô /oie pleine d'ëgrenâdzo : 
les machines qu'on a maintenant sont toutes 
pleines d'engrenages. 

ëgrènâ, v. a. Éparpiller, en parlant de 
grains. | t'a ëgrènâ sou pâi : tu as éparpillé 
ces pois. I n'ëgrèna pu sou grâ dé grobla : 
n'éparpille pas ces grains de maïs. || Réfl. 
mé faveijûle se sÔ tot'ëgrènâijè : mes hari- 
cots se sont tous éparpillés. — Cf. dégrénu. 

ëgvé, s. m. Engrais. | le fémé l-é adéi le 
mélou (léi-z ëgré : le fumier est toujours le 
meilleur des engrais. |1 métr'ôna béis'a l'ë- 
gré : mettre une bêle à l'engrais. — Cf. 
driidzè. 

ëgrési, v. a. Engraisser. | ëgrési Ô piiù' : 
engraisser un porc. 1| lé prâume l-ëgvésô : 
les prunes engraissent [ceux qui en man- 
gent]. Cf. ëdvûdzi. Il Réfl. poa pà s'ë- 
grési, l-é siitsaro : voir siitsaro. \ s'ëgrése 
pà ta po rë : il ne s'engraisse pas tant pour 
rien (il mange et boit bien). || Se salir de 
graisse, se graisser. | s'é ëgrésa a sa rii^a : 



elle s'est salie à cette roue. || V. n. Devenir 
gras, l-ëgrése dii ke l-é n uû/ira tràbla : 
il engraisse depuis ([u'il est à notre table. 

ëgrëdzi (frv. engringev), v. a. .Mettre de 
mauvaise humeur. \fà pT ëradzi le tsa ; ko. 
te l'avéi ëgrëdzi, té grifunérè : taquine 
seulement le chat ; quand tu l'auras mis de 
mauvaise humeur, il te gritt'era. |i Héfl. si-l 
omo s'ëgrëdze po rë dou to : cet homme 
se met de mauvaise humeur pour rien du 
tout. I tëke lé ôko ègrëdza ! te voilà en- 
core de mauvaise humeur ! 

ëgrosi (frv. engrossir), v. a. Keniire mère 
une femme non mariée. | l-a ëgrosi sa sèr- 
vëta : il a engrossi sa servante. — Syn. 
ë/)lâ . 

ëgrouba, v. a. En parlant du tartre, recou- 
vrir les parois intérieures d'un vase de cave ; 
incruster un ustensile en métal servant à cuire; 
obstruer un canal. | /ô déi-z ûnâge por 
ëgroubà ôna légrefase nâiiwa : il faut des 
années pour qu'un vase à vin neuf se couvre 
de tartre. | lé légrefase ne fâ dou bô rë tyé 
kà sô bë ëgroubâgè : les futailles ne font de 
bon vin que (juand elles se sont bien cou- 
vertes [intérieurement] de tartre. |1 le tiigô 
l-é ëgroubà : le tuyau est obstrué par une 
couche pierreuse. || Fig. l-é ëgroubà : il 
est engoué. || Réfl. le bosé s'ëgrâiibè : le 
tonneau se couvre [intérieurement] de tar- 
tre. I lé kokemà s'ëgroubô sa, kà l'éiioe 
l-é dura : les coquemars s'incrustent faci- 
lement, quand l'eau est dure. 1| Fig. et famil. 
mé sii ëgroubâgè : je me suis engouée. 

ègroubena-àgè, adj. Se dit d'ustensiles au 
fond desquels le manger a fortement adhéré 
en cuisant. | ôna mèrniita ëgroubenàgè : 
une marmite au fond de laquelle le manger 
a adhéré. — Cf. arupi. 

ëgufrà, v. a. Manger énormément, gou- 
lûment, sans mâcher. | n-ë-n ëgn/ràr'atS 
k'ô piréi léi-g ë bali : il en engoiiiïrait au- 
tant (]u'on pouvait lui en donner. (En cet 
emploi, syn. êgluti.) \\ Réfl. S'engouffrer. 
I Véiwe s'ëgufrâve de si pèrté : l'eau s'en- 
gouffrait dans ce trou. | l'ûra s'é ègufràye 
pè la fenéihra ouvérla : le vent s'est en- 
gouffré par la fenêtre ouverte. 

ëgugenà, v. a. Enjôler, en faire accroire. 
\l-a la bë su Vëgugenà : il a si bien su l'cn- 
jôler. I le vou no-z ëgugenà, ma te té bal' 
ôna pâina po rë : tu veux nous en faire 
accroire, mais tu te donnes une peine inutile. 



EHL 



168 — 



EKA 



\lé-2 êgugene tï : il les enjôle tous. — Cf. 
ëkrërè. 

ëgurdâi-ïdtè, part.adj. Gourd-e, engourdl-e. 
\l-é ègiirdâi dé se pi : il est engourdi de ses 
pieds. I l-é lé rnà tot'ëgiirdâitè : j'ai les 
mains tout à fait engourdies. — Syn. ëmiir- 
tâi. 

ëgardi, v. a. Engourdir. | le frai no-z a 
êgurdi : le froid nous a engourdis. | sa nài 
vo-z ëgiirde lé mèbro : cette neige vous en- 
gourdit les membres. || Réfl. nié su ëgurdya 
ë resté ta grâtë sétàyè : je me suis engour- 
die en restant si longtemps assise. — Syn. 
êmurti. 

ëgûmn, v. a. Rassasier, satisfaire jusqu'à 
satiété. I l-ïr'ëgûmâ, pwéi pà mé medzi : 
il était rassasié jusqu'au dégoût, il ne pou- 
vait plus manger. || Réfl. sô a-n ena ta buna 
trâbla ke se sô tï ègûmâ : ils sont à une si 
bonne table qu'ils sont tous rassasiés de 
manger. — Cf. se gûma. 

ëhëdrolà-âyè, adj. Couvert-e de cendres. 
\kâ ô-n a a fér'awé déi hëdrè, ô-n é vito 
êhêdrolâ : quand on a à faire avec des cen- 
dres, on en est vite couvert. 

ëhlava, v. a. Enclaver. | nûhrô tsâ l-Tr 
êhlavâ de le lâii, sofre la rate d'o kôté : 
notre champ était enclavé dans le leur, sauf 
la route d'un côté (sauf du côté de la route). 
I n'avà 5na sèrna ëhlavâye de le bu : nous 
avions un pâturage enclavé dans la forêt. 

ëhlà, V. n. Enfler. | l-a ëhlâ sta né : il 
a enflé cette nuit. | le nà léi-y ëhlè : le nez 
lui enfle. | fadréi ke pwés'ëhlà : il faudrait 
qu'il pût enfler. 

ëhlâdzè, s, f. Galette faite ordinairement 
de pâte de pain, avec ou sans accessoires 
(frv. taillé). \ de l'ë/ilàdz'oa grôblâ : de 
la galette de maïs. | kâ ô-n a déi groubô, 
ô-n ê fà de Vëhlôdzè: quand on a des ril- 
lons, on en fait du taillé. \ de l'ëhlâdz'ou 
biiro : de la galette au beurre. | ônëhlâdze 
bréya : une galette pétrie [avec du beurre, 
du sucre et des épiées]. — Cf. wèsalé. 

ëhlâdséta, s. f. Dim. de ëhlâdzè (frv. 
petit taillé). 

ëhlena {\), s. f. Enflure, intumescence. 
\léi vë kemë ônèhlena ou bré : il lui vient 
comme une enflure au bras. 

ëhlena (2), s. f. Enclume. | por ëtsaplâ 
fà ô martéi awé V ëhlena : pour battre [une 
faux], il faut un marteau avec l'enclume. | lé 
martsô l-a Ôna grôs'ëhlena : les maréchaux 



ont une grosse enclume. || fàpà bÔ se trovâ 
être le martéi é Vëhlena : il ne fait pas bon 
se trouver entre le marteau et l'enclume. 

— Cf. ëtsaplo. 

èhlo, èhla (frv. enJJe), adj. Enflé-e. | l-a 
la léisa ëhla kemë ô kartérô : il a la tète 
enflée comme un quarteron. \ mé ma sÔ 
ëlile d'ëdzalirè : mes mains sont enflées par 
les engelures. | mélio ke sô dâi l-é grô ëhlo: 
il paraît que son doigt est très enflé. 

ëhlorâ, V. a. (vieilli). Ensemencer (litt. 
enfteurir, mettre les fleurs), faire tous les 
travaux qui se rattachent à cette opération. 
\fô adéi lési lé tsemê ouvë por ëhlorâ é 
déhlorâ lé prâ é lé tsa : il faut toujours 
laisser les chemins ouverts pour ensemencer 
et enlever la récolte des prés et des champs. 

— Syn. ëvesi ; cf. épartsïrè. 

ëhlÇi, s. m. Enclos. | l-â fé ô-n ëhlû po 
lou dzenelè tâke ke l'osa fé la dzenelîrè .- 
ils ont fait un enclos pour leurs poules jus- 
qu'à ce qu'ils aient fait (en attendant de faire) 
le poulailler. | ô-n ëhlû dé vené : un enclos 
de vigne. — Cf. Iilozéi. 

ëhlûré, v. a. Enfermer, inclure. | nûhra 
vezena l-ëhlûzéi sé-z ëfà dedë tî lé ku ke 
salesâi : notre voisine enfermait ses enfants 
dedans chaque fois qu'elle sortait. | l-a ëhlû 
défrô : elle l'a enfermé dehors. \\ le papâi 
l-é ëhlû de la létra : le papier est inclus- 
dans la lettre. 1| Enclore, enceindre. | l-ëhlûzô 
lou kurti d'ena palisârda : ils enclosent 
leur jardin d'une palissade. || Réfl. S'enfer- 
mer. I te t'ëhlûréi dedë : tu t'enfermeras 
dedans. 

ëkadrâ, v. a. Encadrer. | sou dzë l-â fé 
ëkadrâ tî lou potré : ces gens ont fait enca- 
drer tous leurs tableaux. 

ëkadrémè, s. m. Encadrement. 

ëkanali {s'), v. r. S'encanailler. | te n'ou- 
dréi pà t'ëkanali awé si liirÔ : tu n'iras pas 
t'encanailler avec ce mauvais sujet. — Syn. 
s'akukeli. 

ëkapâblo-a, adj. Incapable. 

ëkasa (frv. encace), s. f, Chacune des 
quatre ou six pièces de bois qui sont encas- 
trées dans les lugeons d'une luge et servent 
de pieds aux bancs et aux palanchetles. \ fô 
katro-z ëkase por ô liidzéi é sâi por ôna 
liidzè : il faut quatre encaces pour une luge 
courte et six pour une longue. | fo ke lé-z 
ëkase sa dé bu dû ; déivô éihre solide po 
soteni lé belô : il faut que les encaces soient 



EKE 



— 169 



EKO 



de bois dur ; elles doivent être solides pour 
soutenir les billes de bois. 

ëkas(i, V. a. Encastrer les encaces dans les 
lugeons, \ ëkasa premTremë sa èkè, apréi 
t'ëkaséréi lés ôtrè : encastre premièrement 
celle-ci, ensuite tu encastreras les autres. 

êkai/olâ : v. a. Couvrir de chiasses. | /é 
motse l-èkaijolo tote lé fenéihrè : les mou- 
ches couvrent entièrement les fenêtres de 
chiasses. | sou dyâstre dé béisè m'a to-l 
ëkayolâ le rneryâiï : ces diantres de bêtes 
m'ont tout couvert le miroir de chiasses. 

ëkavà, v. a. Encaver. | Ô-n a vito rou 
ëkavâ ë vè-t é du : l-avéi d'abwa dzalà ou 
furi,épu l-é venu Ôna grûila ke l-a ramasà 
la réista : on a vite eu encavé en 1822 ; il a 
d'abord gelé au printemps, puis il est venu 
une g-rèle qui a ramassé le reste. | ë nwa- 
naf'é tré n'ë ëkavâ onn huna gota : en 1893 
nous avons encavé une bonne goutte (une 
grande récolte). 

ëkâ, s. m. Vente de mobilier aux enchères, 
encan. | vëdr'a l'ëkâ : vendre à l'encan. 
\adzeiâ ôk'a-n en ëkâ: acheter quelque 
chose dans un encan. — Syn. kriija. 

ëkemàlà, v. a. Attacher des billes de bois 
aux keniàlétè (voir les art. keniâléta et 
màsu) pour les sortir de la forêt. | n'ëkemà- 
lérë le pie grô belÔ le premi : nous atta- 
cherons la plus g-rande bille la première. 

ëkemûdâ, v. a. Incommoder, j le s5 dé 
son plate ni'ëlceniildè : l'odeur de ces plantes 
m'incommode. 

ëkè, adv. marquant le lieu par rapport à 
la personne à qui l'on parle (cf. se et lé). Ici, 
là où tu es, où vous êtes ; près de vous, 
par rapport à vous. | l-avé mé mÔ para- 
plodze ëkè é le rétronvo lé : j'avais mis 
mon parapluie ici (à l'endroit que je vous 
montre) et je le retrouve là. | ëke yà té dyo : 
là où je te dis. | éisc vo ëkè : êtes-vons là ? 
\yo ke t'éi? — sii ëkè : Où es-tu? — Je suis 
ici (où tu m'as vu), j sTta té ëkè: assieds- 
toi là (où tu es) . I tyé ke vo mé dite ëkè ? 
que me dites-vous là ? | se ke vo dyo ëkè, 
ne le dyo tyé a vo : ce que je vous dis là, je 
ne le dis qu'à vous. | l-é ëke ke vo vo teni? 
c'est là que vous vous tenez ? | te ne budzé- 
réi pu du ëkè : tu ne bougeras pas de là (où 
tu es). I béide se ëkè, se budzi : buvez cela 
ici (où vous êtes), sans vous déplacer, j ke- 
më, vo drernide ëh'è, ou sélâii ! comment, 
vous dormez là, au soleil ! | ne tyëtyèrna pà 



ta ëkè : ne lambine pas tellement là. | sou-z 
épenatse ëke ne sô pà a sa yâna : ces épi- 
nards-là (que vous avez accommodés) ne sont 
pas à son goût. | ëkè ? ne métrë déi-z eûo : 
là (à la place que vous indiquez) '.' nous met- 
trons des oignons. | léi-y aréi prou èkr 
défye no fére pëdre la téisa : il y aurait bien 
là (à ce que vous nous racontez) de quoi 
nous faire perdre la tête. | va tâke ëke lé : 
va jusque là-bas (on montre l'endroit). | ne 
va pà pèr ëkè, léi-y a de réiwè : ne va pas 
par là (où tu te diriges), il y a de l'eau, j té 
sïfé SO ëke désii ? t'assieds-tu là dessus ? | se 
te l'arà nié ëke dézo, te Varà trovà : si tu 
l'avais mis là-dessous (où tu prétends l'avoir 
mis), tu l'aurais trouvé. | sou dzë ëkè nier- 
térà d'éihre mé ou karkâ : ces gens-là (que 
tu dis) mériteraient d'être mis au carcan. 
I te prëdréi sou du pânéi ëkè po lé porta a 
la vezena : tu prendras ces deux paniers 
[que tu vois] là pour les porter à la voisine. 
\prë sou rûzè, baie mé sou ëkè : prends ces 
roses-ci, donne-moi celles que tu tiens. | si 
ëke vou pà s'ëmesà : celui-là (dont tu parles) 
ne se foulera pas la rate. | sa ëke l-é buna : 
celle-là (que tu montres) est bonne. | wéilye 
véi si ëkè : regarde voir celui-là (qui vient de 
ton côté). I l-é a sou ëke ke te dévezè ! c'est 
à ceux-là (que tu haïssais) que tu parles ! 
\dii ëkè tâk'ëkè : de l'endroit où vous êtes 
jusque là. |1 Guère, à peine, à peu près. 
\sô-se maure sou-z âpè? — sô ëkè ; pâ trii: 
Sont-elles mûres, ces framboises? — Elles 
sont à peu près mûres. | a se bô gu sa 
mota? — l-é ëkè : A-t-il bon goût ce 
fromage ? — Guère. | sou bréséi, kemè Ice 
sô? — s'6 ëkè: Ces bricelets, comment son- 
ils ? — Us sont à peine mang'eabics. | Tré 
se buna ta sepa ? — l-éséi ëkè: Etait-elle 
bonne, ta soupe? — Elle était couci-couci. 
— En ce dernier emploi, syn. dësé. 

ëkoblà, (frv. encoubler), v. a. Mettre des 
obstacles sur le passage de quelqu'un |)our 
l'embarrasser et le faire tomber. | te m'a 
ëkoblà awé tÔ bâsÔ : tu m'as fait tomber 
avec ton bâton. | ne lèse pà sa ka)nrda 
tréinà ëkè por ëkoblà lé dzë : ne laisse pas 
traîner cette corde là pour embarrasser et 
faire tomber les g'ens. | sa tràbla m'ëkoblè : 
celte table me gêne. || Réfl. S'embarrasser, 
s'empêtrer dans des obstacles qui font tré- 
bucher ou tomber. | s'ëkoble 11 lé h-u ke 
pàse pèr ëkè : il s'empêtre chaque fois qu'il 
passe par là. | fà rë tyé dé s'ëkoblà : il ne 
fait que s'embarrasser et trébucher. | se te 
wéityîvà dévâ té, te ne t'ëh'ottlérà pà ta: si 



EKO 



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EKR 



tu regardais devant toi, tu ne Vencoiiblerais 
pas tant. | la vatse s'é êkoblâyè : la vache 
s'est empêtrée. 

êkoblo (frv. encoiible) , s. m. Obstacle, 
qui embarrasse les jambes et fait trébucher 
ou tomber. | sou tsaravûse cVëfà va pèrto 
ê métë déi-z êkoblo po fére tse:i lé dcë : 
ces vauriens d'enfants vont partout mettant 
des encoubles pour faire tomber les gens. 

I va pâ t'ëkoblâ a si-l êkoblo : ne va pas 
l'embarrasser dans cet encouble. \\ Par ext., 
personne qui gêne, qui embarrasse. | te n'éi 
tyé 5-n êkoblo : tu n'es qu'un embarras. — 
En cet emploi, syn. gravéro. 

êkofrà, V. a. CofFrer, emprisonner. 1| Fig. 
le drôlo l-a ésâ préstamë êkofrà : le drôle 
a été prestement coffré. 

êkolurè, s. f. Encolure. 

êkonii-uva, adj. et s. m. et f. Inconnu-e. 

êkoradzémP, s. m. Encouragement. 

êkoradzi, v. a. Encourager. | fô lé-z êko- 
radzi, lé-z êfà, kà travalÔ : il faut les en- 
courager, les enfants, quand ils travaillent. 

II Réfl. Mettre du zèle, de l'ardeur à ce qu'on 
fait. I s'êkoradzô dé travail : ils travaillent 
avec ardeur. | se te t'êkoradzTvâ, te farâ 
mé d'iivràdzo tyé ke te ne fà : si tu t'ani- 
mais un peu, tu ferais plus de travail que tu 
n'en fais. | s'é êkoradèa 5na wârbéta, épii 
apréi n'a rê mé fé ke vâlè : elle a mis du 
zèle à son travail [pendant] un petit mo- 
ment, et puis, après, elle n'a rien fait qui 
vaille. 

êkotsè, s. f. Entaille, brèche. | fô fêr'ôn 
êkots'a si tru po pà avéi fôta dé rémwâ 
sa pyëra ; il faut faire une entaille à cette 
poutre pour ne pas avoir besoin d'ôter cette 
pierre. | ko ke l-a fé on êkots'a sa tséta ? 
qui a fait une brèche à cette hache ? || te 
n'oubléréi pâ l'ëkots'a sa tsemîzè : tu n'ou- 
blieras pas l'échancrure à cette chemise. — 
Cf. ëtalè. 

êkotsi, V. a. Entailler. | ekotse véi si la: 
entaille voir cette planche. | se te l'êkotsïvâ 
dé si koté : si tu l'entaillais de ce côté (cf. 
ëlsâkrâ). Il Préparer. | sô zou êkotsi lou 
bu : ils sont allés préparer leur bois (le tra- 
vailler pour l'emmener de la forêt). | t'ou- 
dréi êkotsi la lûdzè : tu iras préparer la 
luge (la charger de tout ce qui est nécessaire 
pour un séjour sur les monts). | n'ëkotsérë 
le tsà dû gûtâ : nous préparerons le champ 
(pour l'ensemencer) après [le] goûter. 



êkôbrâ, v. a. Encombrer. | ne m'ëkÔbra 
pâ l'osa ora aivé té paséi : ne m'encombre 
pas la cuisine à présent avec tes échalas. 
(Autrefois on faisait les échalas à la veillée 
dans la cuisine). || Réfl. s'ëkôbro lé-z 5 lé-z 
ôtro : ils s'encombrent les uns les autres. 

ëkôbrémë, s. m. Encombrement. 

êkôbrë-ëta, adj. Encombrant-e. | si tsë l-é 
omë bë êkÔbrê ëke dévâ la pwârta : ce 
char est vraiment bien encombrant ici devant 
la porte. 

ëkôbro, s. m. Encombre. 

ëkôsolâblo-a, adj. Inconsolable. 

ëkôtro {à V), loc. prép. A l'encontre, au 
contraire. | a l'ëkdtro dé se ke te m'a dé...: 
au contraire de ce que tu m'as dit — 

êkra, s, f. Ancre. 

ëkrâ, v. a. Ancrer. || Fig. se l-é ëkrâ de 
ma téisa é ne sôdre pâ : cela est ancré dans 
ma tête et n'en sortira pas. 

ëkremë, s. m. Chose petite, fluette. | D'un 
nouveau-né l'on dira : 5-n êkremë : un être 
à peine formé. ] tyê-z êkremë! quelles choses 
insignifiantes ! | fô avéi pedyT dé sou pûro-z 
êkremë : il faut avoir pilié de ces pauvres 
petites bêtes. 

ëkrena, s. f. Cassure à peine visible et qui 
ne devient perceptible que lorsqu'on déplace 
l'objet endommagé. | si mâdzo l-a ôn'ë- 
krena, se von atsévâ : ce manche a une fê- , 
lure, il finira par se gâter. | fâ atëhô, léi-y 
a on' ëkrena a-n o pi dé ta sôla : fais atten- 
tion, un des pieds de ta chaise est sur le 
point de se casser. | déi grose-z êkrenè : 
de graves dommages à un meuble. 

ëkrena, v. a. Occasionner un petit dégât, 
commencer à gâter. | se te m'êkrene ma bà- 
tséta, t'aréi afér'a mè : si tu fais le moindre 
dégât à mon tabouret, tu auras affaire à moi. : 
I te vou ëkrena sa sôla ê té reversé kosê: tu 
vas casser cette chaise, si tu te renverses 
ainsi. | ôna bràts' ëkrenâyè : une branche ; 
un peu cassée, mais qui tient encore. || Com- 
mencer un travail. | vô pâ la pûina d'alâ ^ 
êkrenâ l'orna : il ne vaut pas la peine d'aller 
commencer l'orne. \\ Réfl. Commencer à se 
gâter. I la trâbla s'ëkrenè : la table com- 
mence à se gâter. 

êkrédiilo-a, adj. et s. m. et f. Incrédule. 

êkrétâ, s. f. Acreté, amertume, acidité. 
I l'èiwe frétse sii lé léitrô pèrbulâi lou 
réimwe l'êkrétâ : l'eau fraîche sur les dents 



EKW 



— 171 



E.MA 



■de lion bouillies leur enlève l'amertume, 
\léi-y a déi père tsana ke l-a ônèkrélâ a 
vos élirûlà ; il y a des poires chanes qui 
ont une âcreté à vous étouffer. 

ëkrçrè (frv. encroire) , v. n. Accroire. 

I léi-y ê-n a trii fé êki-ërè : il lui en a trop 
fait accroire. | léi-! ë fâ ëkrëre dé tôle lé 
grizè: il lui en fait accroire de toutes sortes. 

II Réfl. s'ë-n ëkrërè. Avoir une haute opi- 
nion de soi-même. | té fô pardi pà ta t'ë-n 
ëkrërè : il ne te faut pardine pas avoir si 
bonne opinion de toi-même. | s'ë-n ëkréi 
friï : elle est d'une présomption ridicule. 

\ s'ë-n ëkrâi/o trii, l-é por se ke lé dsë 
lé-z âmô pâ : ils ont trop d'orgueil, c'est 
pourquoi les gens ne les aiment pas. 

ëkro-n, adj. Amer-ère. | se le niedzi ëkrn 
l-é sa, né adéi pâ bô ou gn : si le manger 
amer est sain, il n'est pas bon au goût. | de 
la sekorya ëkra : de la chicorée amère. 

ëkrosi, v. a. I:^pauler. | mé fô ëkrosi niÔ 
fiizi : il me faut épauler mon fusil. 

ëkrotâ (l) (frv. encroter), v. a. Enfouir, 
mettre dans un creux, dans une fosse ; se 
dit d'un animal qui a péri et qu'on met en 
terre. | l-à ëkrotâ la béis'oii reoô dou tse- 
më : ils ont enfoui la bête au bord du che- 
min. I lé béise s'ëkrotÔ pâ mé kenië 5 vûii, 
Jou-z â fé 5 sëmehïro : les bêtes ne s'en- 
fouissent (on ne les enfouit) plus comme on 
veut, on leur a fait un cimetière. || Par ext. 
te vudrâ dza bë pwéi m' ëkrotâ : tu vou- 
drais déjà bien pouvoir m'enterrer, disait 
une tante à son neveu. || Mettre dans une 
fosse des raves, des carottes, etc., pour les 
conserver pendant l'hiver. | n'ëkrotérë to 
ou nilnio lo : nous enfouirons tout au même 
endroit. i| Réfl. sa plûta s'é ëkrotâi/è : cette 
plante s'est enfoncée dans la terre. 

ëkrota{'i)-àyè, adj. Crotté-e, | l-é ëkrotâ ye 
de la téisa éi pi : elle est crottée de la tête 
aux pieds. — Syn. yoalâ. 

ëkurâ, s. m. Curé. | niôsu l'ëkurâ : mon- 
sieur le curé. — Syn. tyiiré. 

ëkati (s"), v. r. S'emmêler, en parlant des 
cheveux. | sa tihase s'é tot'ëkutya : sa ti- 
gnasse s'est tout emmêlée. 

ëkwénçi, v. a. Encrasser. | po ke lé jtioë 
sa, bô , fô ke lé foiirdâ déi férnale sa 
ëkwénâ, lé rnéihrasebë : pour que les porcs 
soient bons (gros et gras), il faut que les 
tabliers des femmes [qui les soignent] soient 
crasseux, ainsi que les meitres (ustensiles 



dans lesquels on porte à manger aux porcs). 
\l-a ëkwénâ se màdze tûk'éi kâiido : il 
a encrassé ses manches jusqu'aux coudes. 
Il Réfl. te CëkiréiiP /icrlo uivé té nià mônétè : 
tu t'encrasses partout avec tes mains sales. 

ëléoâi, V. a. Eidever, ravir. | léi-y 3 ëléoâ 
du bâsÔ dé soiisese derc la né : ils lui ont 
enlevé deux bâtons de saucisses |)endant la 
nuit (cf. sousesè). \\ Ce mot s'emploie fré- 
quemment dans les imprécations. | le dyâhlo 
m'ëlévéi se léi ré ! [que] le diable m'enlève 
si j'y vais! | t'ëlévéi pT por ônu niènlâiiza! 
voir babeli. 

ëlévika, inf. employée par euphémisme 
l)()ur ëlévâ dans les jurons suivants . m'ëlé- 
vika se léi vé ! \(\\i& le diable] m'enlève si 
j'y vais! | t'ëlévika pîrè l [que le diable] 
t'enlève seulement l 

ëlâ, V. a. En parlant des dents, les irriter, 
les agacer. | se m'ële lé de d'ûr'afelâ ôna 
résè : cela m'agace les dents d'entendre ai- 
guiser une scie. | vo fù pâ sifunâ ora si 
papâi, se no-z ëlére lé de : il ne vous faut 
pas froisser ce papier à présent, cela nous 
agacera les dents. || S'agacer, en parlant des 
dents. I sou rezë mômâii mé fà ëlâ lé de : 
ces raisins peu mûrs m'agacent les dents. 

èledzi, V. impers. Faire des éclairs. | éi 
kemëlie dza a ëledzi : il commence déjà à 
faire des éclairs. | l-ëledze hë sta né : il fait 
bien des éclairs cette nuit. | Vôtra né l-ële- 
dzïoe dza kosë : l'autre nuit il faisait déjà 
des éclairs comme aujourd'hui. — Cf. tsa- 
lenâ. 

ëledzo, s. m. Éclair. | éi fâ déi-z ëledzo: 
il fait des éclairs. | vou fenâ, l-a dza fé ô-n 
ëledzo : il va tonner, il a déjà fait un éclair. 
il si peti l-é pî k'ô-n ëledzo : éi ku>a kenië 
5-n ëledzo : ce petit est pire (|u'uii éclair ; il 
court comme un éclair. — Cf. tsalè. 

èlof) , V. n. Enfoncer (entrer dans la 
lofa). I ô-n ëlofe de sa borbn : on enfonce 
danc cette bourbe. — Cf. ërëblâ. 

èlofâyc, s. f. Le fait d'ëlofâ. Quantité de 
mangeaille peu substantielle. | l-a porta 
ôn'ëlofây'a si pivë : elle a porté une (juan- 
tité de mangeaille troj) claire à ce cochon. 

ëliidzi, V. a. Mettre une charge sur une 
luge. I no fô ëliidzi : il nous faut chary^er 
la luge. \ ('ëliidzéréi to sole: tu charg-cras 
la luge tout seul. | n'ëliidze pu kosè : ne 
charge pas la luge de cette façon. 

ëmalotç, v. a. Emmailloller. fô znmé 



EME 



172 



EMU 



êmalotâ lé peti-z êfà ta sera kemè o faséi 
lé-z ôtro yâdzo : il ne faut jamais serrer 
les petits enfants comme on faisait autrefois 
en les emmaillottant. || Fig-. ëmaloia mé véi 
si dâi : emraaillotte-«ie voir ce doigt. — 
Syn. ëfasotâ. 

ërnayi, v. a. Mettre le foin en meule (frv. 
emmeuler). | kâ ëmayi vo ? quand emmeii- 
lez-vous ? I no fuclréi prou ëmayi ora, ma 
n'ëmai/érë pï démà : il nous faudrait bien 
emmeuler à présent, mais nous nemmeule- 
rons que demain. 

ëmazinâ, v. a. (vieilli). Imaginer. || Réfl. 
ô pou pâ s'ëmazinâ oke dé pie gale : on 
ne peut pas s'imaginer quelque chose de 
plus joli. I ëmazina té vâi ke le lâri l-é 
révenu. • imagine te voir que le Lenri est re- 
venu. — On dit aussi imazinâ. 

ëmâdzi, v. a. Emmancher. | ëmadzi 5na 
tséta, ônafà, ô raséi, ô fosâii : emmancher 
une hache, une faux, un râteau, un fossoir. 
Il Fig. ëmâdzi 5naférè : emmancher une 
affaire. || Réfl. et fig. no fô no-z ëmâdzi : 
il nous faut nous emmancher (nous mettre 
en route^ au travail). 

êmâdziré, s. f. Emmanchure. | Vëmâdzire 
d'en ûti : l'emmanchure d'un outil. | lé-z 
êmâdziré d'ena roba : les emmanchures 
d'une robe. 

ëmâdza (frv. emmanchée), s. f. Partie du 
manche qui entre dans l'instrument. | se te 
fâ l'èmâdza trû petita, tô mâdzo ne sér- 
vehre a rè : si tu fais Y emmanchée trop pe- 
tite, ton manche ne servira à rien. || Fig. 
Rrigue. j léi-y a zou ôn'ëmâdza pér èké : 
il y a eu de la brigue par là. 

ëmâyelenâ, v. a. Entraîner au mal. | /l'a 
zamé kôprâi kemë l'avâ ëmâyelenâ : il 
n'a jamais compris comment ils l'avaient 
entraîné. 

ëmâkâblo, adj. m. Immanquable. 

ëmenâ, v. a. Emmener. | l-ëmâine tote se 
vatsè: il emmène toutes ses vaches. 

ëmesâ, v. a. Essouffler. | l-é tot'êmesàyè: 
elle est tout essoufflée. || Réfl. Se fouler la 
rate, perdre haleine. | si ëke se vou pâ 
ëmesâ : celui-là ne se foulera pas la rate ; se 
dit d'un paresseux. | sii to-t ëmesâ dé ta avéi 
korâi : je suis tout essouflé d'avoir tellement 
couru. 

ëmèrdâ (frv. emmerder), v. a. Injurier 
grossièrement. | l-ëmêrde to le modo : il 
injurie tout le monde. | t'ëmêrdo / je t'em- 



merde ! Il Fig. sii ëmèrdâ .-je suis ennuyé,, 
contrarié dans mes projets, joué. || Réfl. 
\s'ëmêrdô tï lé ku ke se vâyô : ils s'inju- 
rient chaque fois qu'ils se rencontrent. 

ëmèrdolç, v. a. (terme bas et peu usité).. 
Salir de merde. 

ëméhla, v. a. Emmêler. | te m'ëméhle tote 
mé hlotè : tu m'emmêles tous mes écheveaux. 
Il Réfl. lé babele s'ëméhlô lé-z ene de lé-z 
ôtrè : les bobines s'emmêlent les unes dans 
les autres. — Syn. s'ëbwèlâ. 

ëméhlçdzo (frv. emmêlagé), s. m. Emmê- 
lement. I lé tsa l-â fé o-n ëméhlâdzo de la 
métsâse de mé hloiéi : les chais ont fait un. 
emmêlement du diable dans mes pelotons. 

ëméhlo, s. m. Emmêlement. | l-a trovâ 
de sa méizô ô-n ëméhlo ke nïre pâ dé 
derè : ils ont trouvé dans cette maison ua 
désordre impossible à dépeindre. 

ëmodâ (frv. emmoder), v. a. Mettre en 
mouvement, en branle. | ëmodâ ô belô : don- 
ner une poussée à une bille de bois pour 
qu'elle roule. | ëmodâ lé hlotsè : mettre en 
branle les cloches. | la plodze pou pâ ëmodâ 
lé désë : la pluie ne peut pas emmoder les 
égouts (il ne pleut pas assez pour que les 
toits dégouttent). || Fig. ëmodâ ôna tsekanè : 
provoquer une noise. || Réfl. Se mettre en 
route, partir. | no fô no-z ëmodâ : il nous 
faut partir. | no-z ëmodë no ? partons-nous? 
\ëmoda té adéi galézamë : mets-toi tou- 
jours en route tout doucement. || V. n. ëmo- 
dâ vo tï ë-n 5 yâdzo : partez tous ensemble. 
Ifér'ëmodâ la sepa : faire que la soupe com- 
mence à cuire. 

ëmoublâ, v. a. Garnir de meubles, meu- 
bler. I l-ëmôiiblÔ le tehémë déi-z épàû : ils 
meublent l'appartement des époux. || Réfl. 
se éi kose dé s'ëmoublâ dé tréito : cela 
[il] coûte de se meubler de tout. 

ëmulenâ (frv. emmêler), v. a. Entortiller 
Se dit du lien d'une bête à cornes. | sa 
vatse l-èmulene tï lé dzwa sô le : cette vache 
emmêle tous les jours son lien. || Réfl. lé le 
s'ëmulenÔ ôko sa : les liens s'emmêlent as- 
sez facilement. — On dit aussi ëvulenâ. 

ëmurdzi, v. a. Commencer une chicane, 
chercher noise. | n ëmurdzi vo pâ ôkor'ôna 
tsekanè? ne commencez-vous pas encore 
une chicane? | l-é todoulô li ke l-ëmurdze 
lé hézè : c'est toujours lui qui cherche noise 
aux autres. 

ëmurtâi-âitè, part. adj. Engourdi-e. j /-es^i 



Ex\0 



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ENO 



bë ta ëmiirtûite ke se pwéi pà bud:i : elle 
«tait tellement engourdie qu'elle ne pouvait 
pas se bouger. 

ëmurti, v. a. Engourdir. | le frai l-ëmurte 
lé mëbro : le froid engourdit les membres. 
|/-e tot'èmurtya : elle est tout engourdie. 
Il Réfl. mé pi s'ëmurtesô d'abwa ke su sé- 
tâi/è : mes pieds s'engourdissent dès que je 
suis assise. — Syn. ègurdi. 

ëmûlà (frv. emmonler), v. a. Mettre dans 
le moule, en parlant du bois. | ënnila don 
fâû : mettre du hêtre dans le moule (en me- 
surer quatre stères). 

ënarehi-a, adj. Enrhumé-o, enchit'rené-e. 
\s5 tJ ënarehi ê-n 5 yàdzo ; ô ri'ii tyé ésèrni 
é motsi : ils sont tous enrhumés à la fois ; 
on n'entend qu'éternuer et [se] moucher. 

ënÇi, adv. En avant. | ne pou pâ mé ëna : 
il est sans force et incapable d'avancer. | kà 
puri ëna, t'éidyéri : quand je pourrai re- 
commencer à travailler, je t'aiderai. — Syn. 
yètsè, nètsè. 

ënebli («'), v. r. Se voiler, se couvrir de 
nuages ; se dit du temps. | le të s'èneblè : 
le temps se couvre. | ka l-é yiï kenië le të 
s'ëneblîré, krêyé dza ke n'arâ de la plodzè: 
quand j'ai vu comme le temps se couvrait, 
je croyais déjà que nous aurions de la pluie. 
— Syn. s'ëriolâ. 

ëneblo, adj. m. Nébuleux. | le të l-é ëne- 
blo : le temps est nébuleux. | ou ! kemë l-é 
ëneblo sti niatë ! oh ! comme [le temps] est 
couvert ce matin ! 

ènemi-iya, adj. et s. m. et f. Ennemi-e. 
|sÔ èneniiye lé dii^è : elles sont ennemies 
l'une de l'autre. ( l-a mé d'ênemi tyé d'ami : 
il a plus d'ennemis que d'amis. || Pr. léi-y a 
pâ dé pie gi-â-z ènemi tyé la nâi é le sé- 
lâii. Il l' ènemi : le diable. Voyez Ceresole, 
Légendes des Alpes vaudoises. 

ènezi, s. m. Petit cochon à engraisser. 
I l-alâive déi-z ènezi : il élève de petits co- 
chons pour l'engrais. 

ènérâi, s. m. Arriéré (lilt. en arrière). 
\l-arô prou a fera payi lou-z ènérâi : ils 
auront bien à faire à payer leurs arriérés. 

ènéyi {s'), v. r. Se noyer. | l-é zou s'ènéyi 
de l'ésâ dé tsousâi : il est allé se noyer dans 
l'étang de Chaucey. 

ènortsi, v. a. (vieilli). Ensorceler, faire en- 
dêver (litt. faire avoir la nortsè). \ te no-z 
ènorts'awé té faribûlè: tu nous fais endéver 



avec tes fariboles. | l'a ènorisi : il l'a ensor- 
celé. I k'ô pwése ta mé fér ènortsi ! qu'on 
puisse me faire tellement endéver! — Syn. 
anortsi. 

ènorvâ-nyè, adj. Fatigué-e, ennuyé-e, éncr- 
vé-e. I por mé. sii ënorvâye dé to si komérsè : 
pour moi, je suis ennuyée de tous ces déran- 
gements. I d-n é ënorvâ a fére lodouln lé 
mîme tsûzè : on est énervé à faire toujours 
les mêmes choses. — Cf. énéroâ, anèrgù. 

ènoi/âû-âùza, adj. el s. m. et f. Ennuyeux- 
euse. I ke sa fémala l-é ënoyâuza awé lî se 
sapatwârè ! que cette femme est ennuyeuse 
avec tous ses babillages futiles ! | Céi omè 
ô-n ènoyâii : tu es au moins (vraiment) un 
ennuyeux. 

ènoyi, v. a. Ennuyer. | le /n'ènûyr : tu 
m'ennuies. | lé moïse l'ènûyô : les mouches 
l'incommodent. || Pr. se fénrni ne fénrûlè, 
ma l-ënûyè. \\ Réfl. kâ 5 trarale bë, 5 n'a 
pâ ta lezi dé s'ènoyi : quand on travaille 
bien, on n'a pas tellement le temps de s'en- 
nuyer. Il s'ènoyi dé kôko : frv. s'ennuyer de 
([uelqu'un, éprouver de l'ennui de son ab- 
sence. 

ënoyôdzê, s. f. (vieilli et remplacé par 
ânwi). Ennui. | l-é ta d'ènoyôdze pèrmi mè: 
j'ai beaucoup d'ennui en moi. 

ènô, adv. (vieilli) En haut. | tvéiti/i èno : 
regarder en haut. 

ènô, prép. Sur le point (litt. en nom). \ l-ïro 
ënô dé le léi bali : j'étais sur le point de le 
lui donner. | seré èno dé léi fyèrè : il me 
prend envie de le frapper. 

èniïli (1), V. a. Graisser avec de l'huile, 
\portye ke te n'ènûle pâ sou punirte ke 
krezeno ta ? pourquoi ne graisses-lu pas ces 
portes qui grincent tellement ? 

ènûli (2), V. a. Finir de remplir un vase 
de vin après la fermentation, ouiller. | ènûli 
déi-z ézè : ouiller des vases. | ô pou d'abwa 
ènûli : on peut tout de suite ouiller. |I Mouil- 
ler. I ënûli ô triyé : mouiller un pressoir ; 
se dit pour exprimer la légère perte de vin 
qui résulte du mouillage du pressoir par la 
première pressurée. 

ènolà {s'), v, r. En parlant du temps, se 
couvrir de nuages. | le tè se rou ènolâ : le 
temps va se couvrir. 

ènolâ, part. adj. m. Couvert de nuages; 
se dit du temps. | o yâdzo ènolâ, le tè se 
rémé pâ ta vito : une fois couvert, le temps 
ne se remet pas de sitôt. 



EPA 



174 — 



EPE 



èpaliH-Pta, adj. Impatient-e. 

ëpahëtà {s'), v. r. S'impatienter. | mepa- 
hèto ke la né vênê : je m'impatiente que la 
nuit vienne (il me tarde de voir venir la 
nuit) . 

ëpakotâ, V. a. Embouer, crotter. | l-avéi 
sÔ foardà to-t èpakolâ : elle avait son ta- 
blier .tout crotté. I l-èpakote tï sé-z àlo : il 
crotte tous ses vêtements. |1 Réfl. ô s'èpakote 
todoulô kâ fâ pntè : on se crotte toujours 
quand il fait mauvais temps. 

èpali, V. a. Empailler, clisser. ] ôna da- 
madzana èpala : une dame-jeanne clissée. 
11 ëpali Ô-n ûrâi : empailler un laurier. 

ëparâ (1) (frv. emparer), v. a. Soutenir, con- 
solider. I l-â dijii êparâ Ion méizô ke vuléi 
tsezi : ils ont dû consolider leur maison qui 
allait tomber. || Appuyer un char de foin, de 
paille en marche. | ëpâra lo dé si kôté : 
appuie-le de ce côté. | se vo-z avâ ml ëparà, 
le tsë n'aréi pâ vèrsâ : si vous aviez mieux 
appuyé, le char n'aurait pas versé. || Fig. 
Prendre le parti de quelqu'un, l'appuyer 
ouvertement. | ëpâra lo ta ke te vudréi : 
prends son parti tant que tu voudras. | se te 
Vëpàrè, faréi afér'a mé : si tu l'appuies, tu 
auras affaire à moi. || Réfl. S'entr'aider, pren- 
dre parti l'un pour l'autre, j être pare, fô 
s'ëparâ : entre parents, il faut s'entr'aider. 
I lé kanale s'ëpàro être lâii : les canailles 
s'aident mutuellement. |1 Pr. s'ëpârô kemë 
du lâr'ë faire. 

ëparâ (2) (s'), v. r. S'emparer. | s'ëpâre dé 
tota la méizô kemë se l-Tr'a H : il s'empare 
de toute la maison comme si elle était à lui. 

ëpartya, s. f. Partie, portion. | ôn'ëpar- 
tya dou fë n'ïre pâ se : une partie du foin 
n'était pas sec. | n-ê-n é prâi ôna bun'ëpar- 
tya : j'en ai pris une bonne partie. | léi-y ë-n 
a ôn'ëpartya por té é ôn'ëpartya por ta 
sïra : il y en a une portion pour toi et une 
portion pour ta sœur. 

êpasâ, V. a. Pétrir. | nëpâsë dou grôblâ : 
nous pétrissons du [de la farine de] maïs. 
\a mézera ke t'ëpâsè, té fô ëbéire lafarna: 
à mesure que tu pétris, il te faut faire entrer 
la farine. H Par anal, léi-y a déi tsa ke 
l-ëpâsô dévâ dé lou kutsi .* il y a des chats 
qui pétrissent (qui font comme s'ils pétris- 
saient) avant de se coucher. 

ëpatsi, V. a. Empêcher. 1 rémwà va dû 
ïïkè, vo m'ëpatsi : ôtez-vous de là, vous 
m'empêchez [de travailler]. |] Pr. ta plodze 



don mate n'ëpatse pâ la dzornâ dou pélerë. 
Il V. n. léi-y a ëpatsi dé se maryâ : il l'a 
empêché de se marier. | fô pâ léi-y ëpatsi r 
il ne faut pas l'empêcher. — Syn. grava. 

ëpatyetâ, v. a. Empaqueter. 

ëpâiza, s. f. Empois. 

ëpâ, adj. invariable. Impair. | vô mï éihre 
ëpâ tyé pâ por ékcdirè : il vaut mieux être 
[en nombre] impair qu'[en nombre] pair pour 
battre en g-rang-e (opinion contredite par plu- 
sieurs personnes). | sou fémale sô ëpâ por 
ëkâiirê, léi-y ë-n a tyé yena ! ces femmes 
sont [en nombre] impair pour battre ; il n'y 
en a qu'une ! — Cf. nôpâ. 

ëpâra (frv. empare), s. f. Etai, appui. | si 
la vou tsezi, fô léi métr'ôn'ëpâra : cette 
planche va tomber ; il faut y mettre un étai. 
\a tye ke s' ëpâra se ? à quoi sert cet appui? 
Il Fig-. Aide. | t'éi ôna krûy'èpâra : tu es une 
mauvaise aide. |i Par ext. bali, métré, prëdre 
de l' ëpâra : donner, mettre, prendre de V em- 
pare, de la marge. En cet emploi, ce mot 
s'applique à tout ce que, par précaution, 
l'on prend soin de faire plus grand qu'il 
n'est absolument nécessaire. | fô léi bali de 
l'ëpâra : il faut y donner de Vempare ; se dit 
d'un vêtement d'enfant auquel on donne un 
surplus d'ampleur. | prë véi de Vëpâra ë 
krouzë : prends voir de ï empare en creu- 
sant (creuse plus loin qu'il n'est nécessaire). 

ëpatsi, V. a. Défaire, éparpiller. | l-ëpâtsïve 
sô fë : il éparpillait son foin. | ëpatsi d'éiwè : 
lâcher de l'eau, uriner. || Pr. se ke lé péire 
rapèrtsô awé le raséi, lé-z ëfâ Vëpâtsô awé 
la fortsè. 

ëperi, V. n. Empirer. | l-a ëperi du yë-r 
ané : il a empiré depuis hier au soir. 

ëpesenâ-âyè, adj. Mouillé-e, trempé-e d'u- 
rine ; se dit d'un enfant. | l-é io le dzwa 
ëpesenâ : il est tout le jour mouillé d'urine. 
\se n'ïre pâ ta ëpesenâyè, ô l'âméréi bë : si 
elle n'était pas si souvent trempée, on l'ai- 
merait bien. 

ëpédzenâ, v. a. Coller, empoisser. | fô 
ëpédzenâ la barele ke kâûlè : il faut coller 
la barille qui fuit. | si bu l-ëpédzene lé ma : 
ce bois empoisse les mains. || Réfl. lé dii^e 
foie se sô ëpédzenâyè : les deux feuilles se 
sont collées [par la poix], j wze dâi s'ëpé- 
dzenô : mes doigts s'empoissent. 

ëpédzolâ, V. a. Couvrir, salir de poix. | la 
pâi ë kolë l-a ëpédzolâ le bâ : la poix, en 



EPL 



175 — 



KP( 



coulant, a sali le banc. || Réfl. mé sii Ppé- 
dzolàijè : je me suis couverte de poix. 

êpéhè, s. f. Cuir de vache (frv. empeigne), 
I le kartéi dé dévâ déi solà se fâ d'èpénè : 
le quartier de devant des souliers se fait 
de cuir de vache. 

èpéslâ, V. a. Empester. | o-n é èpésià dé 
si sèmô : on est empesté de ces mauvaises 
odeurs. — Syn. èféstâ. 

êpésalâ, V. a. Aplatir, écraser, écacher. 

I éi kudy'ëpésalà mo tsapéi : il essaie d'a- 
platir mon chapeau. | n'èpésalè déi père po 
le vèkwè : nous écrasons des poires pour le 
vinctiit. I lé grezale ne s'èpésalô tyé kâ sô 
biine mâïirè : les groseilles ne s'écrasent (on 
ne les écrase) que lorsqu'elles sont bonnes 
mûres. [ Réfl. s'é èpésalây'ô dâi : elle s'est 
écrasé un doigt. 

èpésalmjè, s. f. Action d'aplatir, d'écraser. 
I^V bali ônèpésalâye ke kôtè : il s'est 
donné (il a reçu) un fameux atout. 

êpézà, v. a. Empeser. | èpâiza véi se: 
empèse voir cela. 

êpézâdzo, s. m. Empesage, ling-e empesé. 
\répasu Vèpézadzo : repasser l'empesé (le 
linçe empesé). 

ëpë, s. m. Urine de l'homme, considérée 
dans son emploi comme engrais. | arozà awé 
de l'èpë: arroser avec de l'urine. — Cf. Urina. 

èplaniè. Var. de aplanie. 

èfjlÇii, s. m. Emploi. | tyé ke l-a por ô-n 
èplâi si-l omo : qu'a-t-il pour un emploi, cet 
homme '? 

êplâitê, s. f. Emplette, j ne vè fér'èplâitè : 
nous allons faire [nos] emplettes. Autrefois 
les principales emplettes du paysan se fai- 
saient à la Saint -Martin ; on achetait les 
cuirs pour la chaussure, les vêtements, les 
fournitures d'école, etc., pour toute l'année; 
c'était, pour ainsi dire, le seul jour de l'année 
où les maris ouvraient largement la bourse; 
les prétentions de la femme étaient modestes, 
et chacun s'en revenait content de la foire. 

II Par ext. lé-z omo ke màryérô son fêle 
farô déi triste-z èplâitè : les hommes qui 
épouseront ces fdles feront de tristes em- 
plettes. 

^p!<}, V. a. Emplir. | èpla léi véi sa Iota : 
emplis-lui voir sa hotte. ) le frétai n'a pâ 
èplà le tepè : le fruitier n'a pas empli le pot 
[de lait]. [; Par ext. l-a èplâ sa sèrvèta : voir 
le syn. ëgrosi. \ èplâ se bote : même sign. que 
ègrosi. || Pr. ma se é tsô Pple kâv'é léno. 



\è zavyé la nâi é le frai ëplà lé giirnâi. 
Il Réfl. ràdzo s'èple bè : le bassin s'emplit 
bien. || Par ext., en parlant du temps : le f>~ 
s'èple davô : le temps se couvre d'en bas (du 
côté du sud-ouest). 

èplâhro, s. m. Emplâtre. H Fig. Personne 
molle et indolente. | iyè-l èplâhro tyé sa 
fémala ! quel emplâtre que celte femme ! 

èplésémê, s. m. Emplacement. 

èplétâ (frv. empletter), v. a. Faire des em- 
plettes, acheter. | sô zou èplétâ se ke loti 
falâi po lé renèdzè : ils sont allés acheter 
ce qu'il leur fallait pour les vendanges. 

èpléyi, V. a. Employer, occuper. | ôhï 
d'èpléyi iitilaniè sô të, éi va ë koresë dé 
kôfé é d'ôtro : au lieu d'employer utilement 
son temps, il va courant de côté et d'autre. 
I ne pivè pâ ëpléyi si-l rjvrâi, l-é Irii tsâ- 
ropa : nous ne pouvons pas occuper cet ou- 
vrier, il est trop paresseux. || se n'èpléyîre 
pâ to se/i èrdzë a sillenâ, seréi pjâ de la 
mizérè : s'il n'employait pas tout son argent 
à boire, il ne serait pas dans la misère. || Réfl. 
se sô tréitî ëpléyi a le métré bâ : ils se sont 
tous employés à le mettre bas (à le ruiner). 

ëplo-a. Var. de âplo. 

êplorâ-âyè, adj. Eploré-e. | le pûro peti 
l-Tre to-t ëplora d'avéi perdu sô kutéi : le 
pauvre petit était tout éploré d'avoir perdu 
son couteau. | l-é révena toCèplorâye de 
l'ékûla : elle est revenue tout éplorée de 
l'école. 

ëportâ (1), v. a. (peu usité). Em|)orter. 
\ëpwârta mé to se : emporte-moi tout cela. 
1! Réfl. S'emporter. | s'èpwârte kemë ô-n 
ëradzi : il s'emporte comme un enragé. — 
Cf. porta viya. 

èpurtâ {'!), V. impers. Importer, usité seu- 
lement dans les loc. : nèpwârta tyé, n'ë- 
pwârta kemë : n'importe quoi , n'importe 
comment. | faséi se, nèpwârta kemë : il 
faisait cela avec beaucoup de nonchalance, 
d'indifférence. 

èportiinâ, v. a. Importuner. 

ëposiblo-a, adj. Impossible. | té fndréi 
veni awé no. — ëposiblo a mé dé léi-y alâ : 
Il te faudrait venir avec nous. — Impossible 
à moi (il m'est impossible) d'y aller. 

êposi, v. a. Empocher, dérober. 

ëpozâ, V. a. Imposer. 

êpôtrç, V. n. Embourber. | l-èpôtràve 
fâk'ou dzénâu : il enfonçait dans la vase 



EPR 



176 



EPU 



jusqu'aux g-enoux. || Réfl. S'embourber, se 
vautrer. | ô sèpotre de son golè : on s'em- 
bourbe dans ces bourbiers. | lé pwë s'ëpôtrô 
de lé bûiizè : les cochons se vautrent dans 
les bouses. 

êpôdzè, s. f. Eponge. | lé paijizà se lâvô 
pà awé lé-z èpôdzè ; éi bônô le kàro dé lou 
panama de l'éiwè épû se lâvÔ awé : les pay- 
sans ne se lavent pas avec les épong-es : ils 
trempent le coin de leur essuie-mains dans 
l'eau et ils se lavent avec. 

ëpratikâblo-a, adj. Impraticable. | lé-z 
ôtro ku lé tsemê l-îrà a pu pri tî êprati- 
kàblo : autrefois les chemins étaient à peu 
près tous impraticables. 

êprékasijô, s. f. Imprécation. | si-l omo 
fà déi-z ëprékasyô ke fa rédzèrdzeli : cet 
homme fait des imprécations qui font fris- 
sonner. 

êprézenâ, v. a. Emprisonner. 

ëprèdré {s') (1), v. r. S'enflammer, prendre 
feu. I le fil ne vou pà s'ëprëdrè : le feu ne 
veut pas s'allumer. | éi s'ëprë dza : il s'en- 
flamme déjà. I s'é to dé swiVëprâi : il s'est 
tout de suite enflammé. 

ëprèdré {s') (2), v. r. construit avec ë. S'é- 
prendre. I sàvô pà lou-z ë-n ëprëdre por 
avàhi : ils ne savent pas s'y prendre pour 
avancer. ( le t'ë-n ëprë mô : tu t'y prends 
mal. I s'ë-n é mô ëprài : il s'y est mal pris. 

ëprima, v. a. Imprimer. 
êpriméri, s. f. Imprimerie. 

ëprô, s. m. Emprunt. | lé-z éta fâ ora 
déi mase d'ëprÔ ; lé kiimene fa asebë ô-n 
ëprô apréi l'ôlro é lé partiUiûlé dé mïmo ; 
to se l-oudrè a la rina : les États font main- 
tenant des masses d'emprunts ; les communes 
font aussi un emprunt après l'autre, et les 
particuliers de même ; tout cela ira à la 
ruine. 

ëprôtà, V. a. Emprunter. | vô mï présà 
tyé ëprôtà : il vaut mieux prêter qu'emprun- 
ter. I si ke kemël/a ëprôtà l-é asetû rinà : 
celui qui commence à emprunter est bientôt 
ruiné. || ëprôtà po s'afrâtsi : emprunter pour 
s'aff'ranchir (voir a//-â/s/). Il Part. Emprunté-e, 
embarrassé-e, gauche. | né pà ëprôtà po 
dévezà : il n'est pas embarrassé, quand il 
s'agit de parler. | l-é trii ëprôtà ije, safelè: 
elle est trop gauche, cette fdle. | sëblô bë 
ta ëprôtà kâ dyô ôkè : ils semblent si em- 
pruntés quand ils disent quelque chose. 



ëpriidë-ëta, adj. Imprudent-e. 

ëpriidësè, s. f. Imprudence. 

ëpunézi, v. a. et n. Empuantir, puer. | no-z 
ëpunéze la méizÔ awé se boko : il nous em- 
puantit la maison avec ses boucs. | si laséi 
l-ëpunéze la bâûza : ce lait pue la bouse. 
Il Remplir de mauvaises herbes. | léi fà rë 
a si-l omo d' ëpunézi le tèrë dé se vezë : il 
lui est indifférent, à cet homme, de remplir 
de mauvaises herbes (par sa négligence) le 
terrain de ses voisins. || Réfl. éi lés'ëpunézi 
si tsà: il laisse ce champ se remplir de mau- 
vaises herbes. | lé verie se sô ëpunézè : les 
vignes se sont remplies de mauvaises herbes. 

êpurii, V. a. Empoigner. | se t'ëpuno pè lé 
pài, gà ! si je t'empoigne par les cheveux, 
gare ! |1 En parlant de bêtes malades : se pà 
l/ô le mô lé-z ëpiinè : je ne sais pas où le 
mal les empoigne. || ëpuni ô-n uvràdzo : 
commencer un ouvrage, j tyé ke n'ëpunë 
ivâi : qu'entreprenons-nous aujourd'hui ? 
Il Réfl. s'ëpunô a dé bô : ils s'empoignent 
sérieusement. || Fig. se sô ëpuni awé la 
lëwa : ils se sont pris de langue. 

êputà, V. a. Par de faux rapports, exciter 
intentionnellement une personne contre une 
autre. | faléi pu l'ëputà kemë l-â fé : il ne 
fallait pas l'exciter comme ils l'ont fait. | l-a 
ta ëputà sa sïra kôtre se dzê ke ne vou 
pà nié rétornà tsi lâii : elle a tellement ex- 
cité sa sœur contre ses parents qu'elle [la 
sœur] ne veut plus retourner chez eux. | se 
l'avâ pà ëputà, seréi pà dësé : s'ils ne l'a- 
vaient pas excité par de faux rapports, il ne 
serait pas ainsi. 

ëpiitéika, s. f. Hypothèque. | l-â bali to 
lou bë pèr ëputéika : ils ont donné tout leur 
bien en hypothèque. | léi-y a on ëputéika su 
si tèrë: il y a une hypothèque sur cet im- 
meuble. 

ëputéika, V. a. Hypothéquer. | sô dobledzi 
d'ëputéikà ôna veîiè : ils sont obligés d'hy- 
pothéquer une vigne. || Fig. s'é ëputéika, 
ëputéikàyè : il, elle s'est hypothéqué-e; 
se dit familièrement d'un jeune homme, 
d'une jeune fille qui se sont fiancés. 

ëpû, s. m. Impôt. | lé-z ôtro yàdzo ô payïve 
pà ta d'ëpû : autrefois on ne payait pas tant 
d'impôts. I lé-z ëpû sô la rina don payi : 
les impôts sont la ruine du pays. || Par ext., 
toute espèce de charge. | m'Ô rémé si-l ëpû: 
ils m'ont imposé cette charge. || Fig. Charge 
morale. | dévrèi pà atyûlà sa féna por nvéi 



ERE 



177 



ERU 



tï sou-z èpû lé : il ne devrait pas obéir à sa 
femme pour prendre tous ces devoirs à sa 
charge. 

èpiisâ V. a. Couvrir de poussière (frv. em- 
poussiérer). | t'èpiise tota ma Icivûisè : tu 
couvres toute ma coiffe de poussière. || Réfl. 
te t'éi bala èpasuijè: tu t'es bien couverte 
de poussière. 

Ppiita, V. a. Amputer, 

Ppwézena, v. a. Empoisonner. | t'èpivé- 
zenéi pï ! [que le diable] t'empoisonne seu- 
lement ! (juron) Il Communiquer ou perce- 
voir une mauvaise odeur, | ô séi-ij èpivésene 
le taba : on empoisonne le tabac ici. | sa 
plâta l-ëpwézene lé ma : cette plante em- 
poisonne les mains. || Réfl. lé tsavô s'èpwé- 
zend ê medzè de l'èsè : les chevaux s'em- 
poisonnent en mangeant de l'if. 

èpyèi'asi (frv. empierrasser), v. a. Pour- 
suivre à coups de pierres, lapider. | léi-y a 
déi valoté ke l-êpyèrasô to le modo ; il y a 
desgarçonneisqui poursuivent tout le monde 
à coups de pierres. || Réfl. lé-z ëfâ l-âmô 
s'èpyèrasi : les enfants aiment à se jeter des 
pierres. 

êpyézo, s. m, pi. Fondements d'une mai- 
son, I s'é tyà è pozè lé-z èpyézô dé sa 
méizÔ : il s'est tué en posant les fondements 
de sa maison. 

èradzi, v. n. Enrager. | l-èradze dé ne 
pâ pwéi léi-y alâ : il enrage de ne pouvoir 
y aller. | sèbVèradza kôtre li : elle semble 
enragée contre lui. || fô ke l-âle medzi de 
la vats'èradza : il faut qu'il aille manger de 
la vache enragée. \\ fér'èradzi : iaire enra- 
ger, tracasser, taquiner, plaisanter, lutiner. 
\lé dzè pëzô loii-z Pfà è lé fasè ta êradzi 
kâ s5 peti : les gens gâtent leurs enfants en 
plaisantant trop avec eux quand ils sont 
petits. I ne le fà pâ dês'êradzi : ne le ta- 
quine pas ainsi, j sou bâsô su ma Iota mé 
fà ëradzi : ces bâtons sur ma hotte me tra- 
cassent (ils ne se tiennent pas bien). || Réfl. 
s'èradzTv'apréi sô fràre, kemê ô fû : il se 
mettait en rage, comme un fou, contre son 
frère. || se fér'ëradzi: se faire enrager, se 
taquiner. || S. m. et f. ô-n èradzi, ôn'èradza: 
un enrasré, une enracrée. 

/ 
ërasenâ {s'), v. r. S'enraciner. 

ërâmâ, v. a. Ramer; t. de jardinage. | tsï 
no 5 n'ërSme tyé déi pâi : chez nous on ne 
rame que des pois. — Cf. bèrhlâ. 

èretsi (1), v. a. Enrichir. | éi travale por 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



èretsi sen omo : elle travaille pour enrichir 
son mari. || Réfl. s'èretsesâ aîné le f)i~ déi-z 
ôtro : ils s'enrichissaient avec lo bien d'au- 
trui. 

èretsi (2), v. a. Mettre le lait caillé dans 
la forme, pour le presser, afin d'en faire un 
fromage. | lé-z ârmali s'è krâyô kâ pu>ô 
èretsi sou tote grôse mote ke réitsesô br : 
les armaillis sont fiers quand ils peuvent 
mettre dans la forme ces tout gros fromages 
qui réussissent bien. 

èretsotà, v. a. (emprunté du patois fribour- 
geois et peu usité). Resserrer en petits tas, 
en parlant du foin. | no fô alâ èretsotà : il 
nous faut aller mettre le foin en petits tas. 
— Syn. èwèlamunâ. 

èretsâiï, s. m. Table légèremcnl inclinée 
sur laquelle on presse le fromage. | l'a vè-t 
é du ke l-aoéi ta gréilù, Ô-n alâve venèdzi 
awé ô krèto ; mô péiregrà l-avéi fé ôna 
trola dé katro po siï l'èretsâii : Van 1822, 
qu'il avait tant grêlé, on allait vendanger 
avec un crate (petite corbeille); mon grand- 
père avait fait une pressurée de (jualre pots 
(six litres) sur la table à fromage. (11 ne va- 
lait pas la peine, cette année-là, de mettre en 
train les pressoirs). 

èréidyi (s'), v. r. Se raidir, s'engourdir. 
\mé sii èréidya dé ta ke m'a falii mé 
hléinâ : je me suis engourdie d'avoir été 
trop baissée. | m'èréideso sti sa sala : je 
me raidis sur cette chaise. 

èréyi, v. a. Enrayer. — Syn. éryâ. 

èrézistrâ, v. a. Enregistrer. 

èrèblâ, v. n. Enfoncer dans l'eau ou la 
vase, les pieds chaussés (litt. entrer dans le 
rèblo, dans le remblai. | l-a èrèblâ: il a 
enfoncé. | léi-y a tru d'éiwé, ô pou pâ pasâ 
se èrèblâ ; il y a trop d'eau, on ne peut pas 
passer sans enfoncer. || Réfl. te va l'èrèblâ : 
tu vas l'embourber. | ne no se pâ mô èrèblâ : 
nous ne nous sommes pas mal (pas peu) 
embourbés {Ranz des vaches). — Cf. èlofâ, 
ëbétâ (2). 

èrèblo, s. m. Lieu où l'on enfonce. J ne 
pâsa pâ èkè, léi-y a ô-n èrèblo : ne passe 
pas là, il y a une place où l'on enfonce. 

èr-ibanâ, v. a. Enrubanner. 

èrutsi {s'), v. r. S'enrouer, j d'abwa ke 
béi frai, éi s'ërûtsè : aussitôt qu'il boit 
froid, il s'enroue. | s'é èrutha a lu dûhè : 
elle s'est enrouée au bal. 

12 



ESE 



— 178 — 



ESO 



êrntsi-tsa, part. adj. Enroué-e. | t'éi bala 
êratsa : tu es bien enrouée. — Cf. ëgroubà. 

êrolâ, V. a. Enrôler. H Réfl. lé-z ôtro ijàdzo 
lé-z omo dé bloné s'èrolâvâ po la frUsè, 
Vétalii/é la oladè : autrefois les hommes de 
Blonay s'enrôlaient pour la France, l'Italie et 
la Hollande. 

èrosi (frv. enrosser), v. a. Tromper sur 
la qualité d'une marchandise, notamment dans 
le commerce des chevaux. | véli vo dé pâ 
vo lési èrosi : prenez garde de ne pas vous 
laisser tromper. | le maken5 vèyéi prâù ke 
l-Tre fasilo de l' èrosi : le maquignon voyait 
bien qu'il était facile de le tromper. | l-a 
ésâ èrosa rè dé mî : elle a été trompée on 
ne peut mieux. 

êroiimâ, V, a. Enrhumer. | si frai a téisa 
na, m'a èrotimâ : ce froid, à tête nue (comme 
j'avais la tête nue), m'a enrhumé. 

èrali, v. a. Enrouiller. 

êruvenâ {s'), v. r. Tomber dans une ravine, 
dans un torrent. | s'e èriwenâ ou dékatalâii : 
il est tombé dans le torrent du Décataliau. 
\se te léi favahé, te t'èruvenéréi : si tu t'y 
avances, tu tomberas dans la ravine. — Cf. 
dérutsi. 

êrûla, V. a. Enrouler. | ka 5 véi 5na foie 
d'âbro èrûlâyè, ô pou éihre su ke léi-ij a 
5na béise dedè : quand on voit une feuille 
d'arbre enroulée, on peut être sûr qu'il y a 
une bête dedans. 

èsabln, v. a. Ensabler. 

ësanolà, v. a. Ensanglanter. 

èsatsi, V. a. Ensacher. 

èsâdi, s. f. Incendie. | léi-i/ a cou ôna 
grôs'èsâdi éi tsavalàirè e mile sa se trêVé 
tré é ijena a tèrsi ë mile we se yo : il y a 
eu une gramie incendie aux Chevalleyres en 
1733 et une à Tercier en 1801. 

èsûdiyâ, v. a. Incendier. | lé bali dé berna 
fasa fére déi koléte po lé-z êsSdiyâ d'Ô 
pu pèrto : les baillis de Berne faisaient faire 
des collectes pour les incendiés A'un peu 
partout. 

èsènémè, s. m. Enseignement. 

ësèhi, V. a. Enseigner. | fô èsèni la sa- 
dzés'éi-z èfâ : il faut enseigner l'obéissance, 
aux enfants. 

ësèrâ, V. a. Enserrer. 

ësêrvelâ-âyê, adj. Ecervelé-e. — Cf. ésèr- 
velâ. 



èsémèsi, v. a. Ensemencer. 

ëséparâblo-a, adj. et s, m. et f. Insépa- 
rable. I déi tabus' èséparàblè : des bavardes 
inséparables. | da-z ëséparâblo, dii^e-z èsé- 
paràblè : deux inséparables. 

èsèblâ, V. impers, construit avec l'adv. 
ë-n (en). Peser à quelqu'un, lui être pénible 
ou lui sembler étrange. | léi-y ë-n a grô 
ësëblâ dé se trovà pèrmi to si modo : cela 
lui a paru étrange de se trouver parmi tout 
ce monde. | léi-y ë-n ësèblâoe ta dé ne pâ 
mé vëre sa méirè : elle éprouv^ait une sen- 
sation si pénible à ne plus voir sa mère. 
I m'è-n èsèble gré dit ke sii soléta : la vie 
me paraît si étrange depuis que je suis seule. 
I léi-y ë vou ësëblâ dé le révère : il lui sera 
pénible de le revoir. 

ësèbla, s. m. Semblant, apparence, frime. 
\ne léi-y a tyé ô-n ësëblâ dé farna de si 
korné : il n'y a qu'un semblant de farine 
dans ce cornet. | n'é tyé 5-n ësëblâ : ce n'est 
qu'une frime. || lou fâ tï lé béi-z ësëblâ : il 
leur fait tous les beaux semblants (il les 
flatte pour arriver à ses fins). \\ fér'èsèblâ : 
faire semblant. | ne farë pâ ësëblâ de l'avéi 
yii : nous ne ferons pas semblant de l'avoir 
vu. — Cf. sèblù. 

ësiniiva, v. a. Insinuer, induire. | no-z ësi- 
niive tote swârte dé pute manâirè : il nous 
insinue toute sorte de vilaines manières. | t'éi 
ôna mèrdâilza dé no-z ësinii^â kosë : tu es 
une méchante de nous inciter ainsi [au mal], 
disaient de petites flUes à une compagne qui 
les induisait à marauder. || Avec a et l'inf. 
Engager à. | l'ësiniii'âv'a léi vèdre s5 drâi: il 
l'engageait à lui vendre son droit [d'héritage]. 

ësistâ, v. n. Insister. | l-ësistâve ta ke 
n'è rë mé de tyé na : il insistait tellement 
que nous n'avons plus refusé. — Cf. esta. 

ëskriré, v. a. Inscrire. | férëskrire lé-z 
èfâ po la tyiira : faire inscrire les enfants 
pour le catéchisme. 

ësohlà (s') (1), V, r. S'essouffler. | ô s'ë- 
sohVa ta vuléi se dépatsi : on s'essouffle à 
vouloir tant se dépêcher. 

ësohlâ-yè (2), part, adj. Essoufflé-e. | s5 
as'èsohlâ kemè se l-avâ kortii : ils sont 
aussi essoufflés que s'ils avaient couru. 

êsonâ-âyè, adj. Somnolent-e. | sii tot'êso- 
nâye wâi, pu pâ travali : je suis toute som- 
nolente aujourd'hui, je ne puis pas travailler. 
— Syn. asonâ. 

ësordalâ, Var. de ëëor'dalâ. 



ESE 



171) 



ETE 



èsorsalâ, v. a. Ensorceler. — Syn. Ptsè- 
rét/i, êtsèrmà. 

èspèsifô, s. f. Inspection. | léi-y aréi fôta 
d'eiia biinêspèsyô pèr êkè : il faudrait ici 
une bonne inspection. 

êspèta, V. a. Inspecter. 

ëspirç, V. a. Inspirer. 

èstalâ, V. a. Installer. 

esta, V. n. Insister. | l-avéi esta po ke se 
se fasè : il avait insisté pour que cela se 
fit. 

esté, s. m. Instinct, intelligence. | tijê-l 
este sa petita béise l-a ! quel instinct cette 
petite bète a ! | navâ rë (reste é dé fasi- 
litâ a fére se : nous n'avions ni aptitudes 
ni facilité pour faire cela. 

êsirif/a (s'), v. r. S'ingénier. | s'3 sa pâ 
s'èstrigâ a fére ôké, 5 n'a zamé rë : si l'on 
ne sait pas s'ingénier à faire quelque chose, 
on n'a jamais rien. 

ëstrumë, s. m. Instrument, outil. | baie 
nié véi men ëstnimè : donne-/ne voir mon 
outil. 

êstriisi/û, s. f. Instruction. 

êstrwirè, v. a. Instruire. | l-ava ëstrwi to 
kenië faléi férè : ils l'avaient renseigné sur 
tout ce qu'il devait faire. | l-é gro ëstrwi : 
il est très instruit. 

èsnsiyasè, s. f. Insouciance. 

ësusiyë-ëta, adj. et s. m. et f. Insouciant-e. 

ësusiyi (s'), v. r. Se soucier. | se te ne von 
t'ësasiyi dé rë, kemë kréi so ke se vul'alà'? 
si tu ne veux te soucier de rien, comment 
crois-tu que cela veuille aller? — Cf. se 
susiyi. 

ësii, s. m. Insu. 

ësuportablo-a, adj. Insupportable. 

ësiirta, s. f. Insulte. | po ma pâina, l-é 
zoii déi-z ësiirtè : pour ma peine, j'ai eu 
des insultes. 

èsiirtâ, v. a. Insulter. 

èswitè, adv. Ensuite, après cela. | féd' 
ndéi si rë, vo faréi Vôtro èswitè : faites 
toujours ce rang, vous ferez l'autre ensuite. 

Loc. prcp. ëswite dé se s'é knlâilè : en- 
suite de cela, elle est partie. — Ce mot est en 
général remplacé par épii. 

ësë (1), s. m. Etain ; ustensiles d'étain. 
\lé-z ôtro yâdzo lé rasali l-ïrâ to dyèrni 
d'èsë : autrefois les râteliers étaient com- 



plètement garnis [de vaisselle] d'étain. | o 
pla d'èsè : un plat d'étain. || porta l'ësë : 
porter Tétain, voir abayi. 

ësç (2), adv. Marque d'assentiment venant 
du gosier, et employée dans un moment 
d'extrême fatigue ou de grande paresse ; 
\léi Vil so ? — ësë : y vas-tu? — Oui. | éi 
va to ramasâ ? — ësë : avez-vous tout ra- 
massé? — Oui. 

ësëblo-a, adj. Ensemble, en commun. | se 
sô kiilâi èsèblo : ils sont partis ensemble. 
I éi dwârmô èsëblè : elles dorment ensemble. 
\soii diii>e va bè ësëblè : ces deux vont bien 
ensemble. | ô-n éséi tï ësëblo : on était (nous 
étions) tous ensemble. || fére don bè pèr 
èsèblo : s'unir pour faire un travail à for- 
fait. I venèdzi pèr ësèblo : vendanger par 
ensemble ; se dit de deux familles qui s'u- 
nissent pour vendanger en commun, j éi 
hiiyâdô pèr ësëblè : elles lessivent ensemble 
(elles ne font qu'une lessive pour deux mé- 
nages). Il léi va èsëbla awé sa sTra : elle 
y va avec sa sœur. 

ësètenâ-àyè, part. adj. Serré-e par une 
corde ; se dit spécialement d'une bossette pla- 
cée sur un char. |1 Par ext. l-a le bré ësè- 
tenà : il a le bras serré par un bandage. 

ësokâ {s'), V. r. En marchant, s'alourdir 
les sokè (socques ou souliers) par la terre 
ou la neige qui s'y attache. | ô s'ësoke ta 
pèr ëke ke léi-y a pâ moyâ d'avâhi : on 
s'alourdit tellement par là, qu'il n'y a pas 
moyen d'avancer. | se te t'ësoke, te té né- 
téyéréi : si la terre s'attache à tes souliers, 
tu te nettoieras. — Cf. ètèrasi. 

ësordalà, v. a. Rendre sourd, assourdir. 
I te no vou èSordalâ awé t5 tâbii : tu vas 
nous rendre sourds avec ton tambour. | si 
brwi nCësordalè : ce bruit m'assourdit. — 
On dit aussi ësordalà ; syn. asordalâ. 

ëtalè, s. f. Entaille. | vudré hè savûi tyèta 
kanale l-a fé ôn'èlal'a si galé-l âbro èkè ; 
léi twàdré bè le kii : je voudrais bien savoir 
quelle canaille a fait une entaille à ce joli 
arbre-là ; je lui tordrais bien le cou. — Cf. 
ëkotsè. 

ëtali, V. a. Entailler. 

ètà, V. a. Enter, grelFer. | le méi d'avri l-é 
la buna sëzÔ por ètà lé-z âbro : le mois 
d'avril est la bonne saison pour enter les 
arbres. | ètà ë-n étyiisô : grefFer en écusson. 

ëtepenà (1) (*'), v. r. Être dans un état de 
torpeur après le sommeil. | mé su ëtepenây'ê 



ETE 



180 — 



ETE 



dremesë: je me suis engourdie en dormant. 

ètepenâ-âyè (2), part. adj. Marquant l'état 
de torpeur où l'on se trouve au sortir d'un 
sommeil pesant. | lèse mé trâtyilo, sii ète- 
penâ, nCé êposiblo dé travail : laisse-moi 
tranquille, je suis eng-ourdi, il m'est impos- 
sible de travailler. 

êteré, s. m. Intérêt. | son dcè s5 pâ a 
lou-z êteré : ces gens n'agissent pas en vue 
de leur intérêt. | son dzê rCà tyé le môvé-z 
êteré : ces gens n'ont qu'un intérêt égoïste. 

êtènâ, V. a. Entamer. | ètèna véi si pâ : 
entame voir ce pain. | l-èfènÔ dca loii mota 
frétsè : ils commencent déjà à manger leur 
fromage frais. | vidéi l'O ke l-êtènéi s5 sa 
d'étyii ? voulez-vous qu'il entame son sac 
d'écus? I êtènâ on' orna : commencer une 
orne. || Réfl. S'entamer, s'écorcher. | s'é 
êtènâye le pi : elle s'est écorché le pied. | se 
dâi s'êtènÔ : ses doigts s'écorchent. 

êtènirè, s. f. Entamure. | o baie dé ko- 
sema l'êlènir'a sou ke l-â dèi biine de : on 
donne habituellement l'entamure [du pain] à 
ceux qui ont de bonnes dents. 1| Écorchure. 
I Vêtènire s'é êvremâyè : l'écorchure s'est en- 
venimée. 

êtèrasi, v. a. Couvrir de terre, crotter 
ses souliers. | l-a ta plu ke te vou to êtèrasi 
té solâ : il a tellement plu que tu vas crotter 
tes souliers. 1| Réfl. n'avé yo pâ rézô ke te 
t'êtèrasérâ ? n'avais-je pas raison [de dire] 
que tu te crotterais. | s'é êtèrasa : elle s'est 
crottée. 

ètèrç., V. a. Enterrer, ensevelir. | lé-z ôtro 
yâdzo Ô-n êtèrâv'ou mohi é outwa dou 
mohi ; or a 5-n ètër'a la rayé: autrefois on 
enterrait dans l'église et autour de l'église, 
à présent on enterre à la ligne. | no vou tï 
êtèrâ : il va nous enterrer tous, il nous sur- 
vivra tous. I ne Vêtërérè , sa èkè : nous 
l'enterrerons, celle-là ; se dit d'une maladie 
incurable. | l-ètëre bê dèi ma : il enterre 
bien des maux ; se dit d'un petit enfant qui 
meurt au berceau. | êtèrâ le bunÛ : voir 
bunâ. 11 Réfl. si sekrè s'êtërèrè awè mè : ce 
secret s'enterrera avec moi. 

êtèrdi-ita, adj. et s. m. et f. Interdit-e. 
1 5-n omo ëtèrdi : un homme à qui l'on a 
ôté la libre disposition de ses biens. 1| Pr. 
yô léi-y a de l'ètèrdi , mâke pâ dé dé- 
rutsi. 

êtèrodzi, v. a. Interroger. | lé réza l-êtè- 
rodzÔ iï lé dzwa tï lé-z èfâ a Vékûla : les I 



instituteurs interrogent tous les jours chaque 
enfant à l'école. | l-a èsâ êtérodèa : elle a 
été interrogée. 

êtèrogâ, v. a. Interroger. Ce mot ne s'em- 
ploie qu'en parlant des catéchismes publics, 
depuis longtemps abolis, auxquels assistaient 
autrefois les adultes. | lé to-z ôtro yâdzo 
faléi alâ ou katesTmo tâk'a vê-t é katr'â, 
é le menistro l-êtèrogâve to le modo : au- 
trefois il fallait aller au catéchisme jusqu'à 
vingt-quatre ans, et le pasteur interrogeait 
tout le monde. 

ëtèrçprè, v. a. Interrompre. | faléi pâ 
no-z ëtèrôpre no plii, ne no sera pâ trôpâ : 
aussi bien ne fallait-il pas nous interrompre, 
nous ne nous serions pas trompés. i| Réfl. 
s'é ëtèrôpya ou béi méitê dé se ke vuléi 
derè : elle s'est interrompue au beau milieu 
de ce qu'elle voulait dire. 

êtèrpozâ [s'), v. r. S'interposer. | se s'Tre 
pâ êtèrpozâ, se bâta : s'il ne s'était pas in- 
terposé, ils se battaient. | fêtèrpûza pâ 
pèrmi son dzë : ne t'interpose pas entre ces 
gens. — Quelques personnes disent êtrepozâ. 

êtèrvfda, s. f. Intervalle. | vê tsî se dzë 
pèr ètèrvâla : il vient chez ses parents par 
intervalles. | on'ëtervâla dé tê : un intervalle 
de temps. 

ëtèrvâsyn, s. f. Intervention. 
ëtèrveni, v. n. Intervenir. 
ëtéisénië, s. m. Entêtement. 
êtèrèsè-ëta, adj. Intéressant-e. 

êtérèsi , v. a. Intéresser. | l-é ta ëtérésa 
éi bë dé sti modo : elle est si intéressée aux 
biens de ce monde. | se pou pâ vëre dèi dzë 
pie êtérèsi: on ne peut pas voir des gens 
plus intéressés. | se m'ètérèse pu : cela m'in- 
téresse peu. 

ètésâ, V. a. Entêter. 1 si tsèrbô m'ëfèisè : 
ce charbon m'entête. H Réfl. s'é ètésâye vê 
le famé : elle s'est entêtée vers le poêle. 
Il S'obstiner. | s'ëtéis'a n'è pâ vuléi démwâ- 
drè : il s'obstine à n'en pas vouloir dé- 
mordre. I 5 pou pâ vër'5-n omo as'ëtésâ 
tyé H : on ne peut pas voir un homme aussi 
obstiné que lui. H o-n ètésâ, ôn'ëtésâyè : un 
entêté, une entêtée. 

êtésâ (s'), V. r. Frapper durement de la tête 
contre un objet. | l-é zou s'ëtésâ kôtr'Ô-n 
âbro : il est allé heurter de la tête contre un 
arbre. — Syn. s'asomâ, s'êbotsi, s'èboumà. 

ëtétsi, V. a. Entasser, empiler. | n'ëtétsére 



ETR 



181 — 



EIK 



la Vo sii l'otro : nous empilerons tout l'un 
sur l'autre. 

ëtërémè, s. ai. Enterrement ; convoi fu- 
nèbre. I lé-z ûlro yudzo 5 faséi (jro dé 
tïrebâ êi-z ètërémë : autrefois l'on faisait un 
grand branle-bas aux enterrements. \\ fô [jà 
k'ôna nose rëkôtréi ô-n ëtërémè : il ne faut 
pas qu'une noce rencontre un convoi fu- 
nèbre. Cela porte malheur. Ou fait tout pour 
l'éviter et l'on rebrousse chemin, s'il le faut. 

rtëdérnè, s. m. Entendement. 

èfëdrè, v. a. Entendre. | l'ètëdo bë dësè : 
je l'entends bien ainsi. | nëtëdô pâ k'ô se 
mokéi dé lâii : ils n'entendent pas qu'on se 
moque d'eux. | éhë, se l-é ëtëdil kosë ! eh 
bien ! c'est entendu ainsi. || Réfl. léi s'ëtë 
prâii a déoesà modafamë : il s'entend bien 
à parler mal à propos. || Pr. ë se dévezè, 5 
s'ëtë. — Cf. ûrè. 

ëtèhenâ-yè, adj. Intentionné-e. | l-ïi-e dé 
bel vëre ke sou dzë l-ésà mô-l ëtëhenâ : 
c'était facile de voir que ces gens étaient mal 
intentionnés. 

ëtëhô, s. f. Intention. | Vèfè n-ë-n é pava, 
dé biine-z ëtëhô : l'enfer en est pavé, de bon- 
nes intentions. | fére ôke sii btin'ëtëhô : 
faire quelque chose à bonne intention. | l-a 
bë bali sou père sa l'ëtëhÔ d'avéi ôkè : il a 
bien donné ces poires avec l'intention d'ob- 
tenir quelque chose. 

ètëta, s. f. Entente. 

ëtimidà (s'), v. r. S'intimider. 

ëto, s. m. Ente. | a si-l âbro léi-y a du-z 
ëto dé bô é yô dé bivârno : à cet arbre il y 
a deux entes de bonnes et une de borgne. — 
Cf. ffréfyo. 

ëtorna (s') (1), v. r. S'en retourner. | no 
fô se no-z ëtorna, obë fô s'ëtrà ? nous faut- 
il nous en retourner ou bien faut-il entrer ? 
Il Se dit des fruits et des récoltes qui déclinent 
après avoir passé la maturité. | si blâ s'ë- 
twârnè: ce blé décline, j sou pume s'ëtuxlr- 
nérô, s'Ô lé rarnâse pâ : ces pommes se flé- 
triront, si on ne les cueille pas. 

ëtorna-àyè (2), part. adj. Diminué-e d'ap- 
parence, de volume, de poids, de qualité, 
par suite d'une trop grande maturité ; se dit 
des récoltes en général. | dou fë ëtorna : 
du foin qui a durci sur pied et n'est plus 
bon. I déi rezë ëtorna : des raisins qui ont 
séché sur pied et dont le jus s'est épaissi. 

ëtrâiva, s. f. (vieilli). Question, mot em- 



ployé seulement pour répondre à des ques- 
tions indiscrètes. Un enfant demande, par 
exeiiipk' : tyé ke léi-y a ëkc dedë? qu'y a-t- 
il là dedans ? tyé ke te vou fére dé se ? que 
veux-tu faire de cela ? On lui répond : déi-z 
ëtrâioè, déi kwârne dé la ivre : des ques- 
tions, des cornes de lièvres. — Voir ëtrévâ. 
ëtrq, V. n. Entrer. | ëtrà lo drâi : entrer 
tout de go. I l-ëtro to drâi, kemë lé niol- 
néiso : j'entre tout droit, comme les indis- 
crets, dit une personne qui entre sans frap- 
per et sans appeler. | l-ëtre pï ora de sô 
bè : il ne prend possession qu'à présent de 
son bien. | ëtrà de lé-z ëtyiiràblo, ëtrà 
de lé dragô : voir ces mots. |l Par méto- 
nymie : sô tsapéi léi-y être de la téisa : 
son chapeau lui entre dans la tête. || Pr. 
to fâ pâsè, niedûi ke l-ëtrâi. 

ëtrâyè, s. f. Entrée. | Un chef de famille 
dit à une épousée qui entre dans la maison 
de son mari : dyû vole ke te fasi ôna bunè- 
trâyè! Dieu veuille que tu fasses une bonne 
entrée ! || ônètrâye dé hlâ : une entrée de 
clef. 

ëtrebâli, v. a. Entrebâiller. | ëtrebàle véi 
la pwârta : entre-baîlle voir la porte, j l-é 
dza ëtrebàla : elle est déjà entre-baîllée. 

ëtrefetsi, v. a. Entre-croiser (litt. entre- 
ficher). I sou bokô dé bu sÔ tl ëtrefetsi : 
ces morceaux de bois sont tous entre-croisés. 
Il Réfl. lé late se sô ëtrefetsè : les lattes se 
sont entre-croisées. || Fig. Mettre son nez où 
l'on n'a rien à faire. | sa prou s'ëtrefetsi yô 
ne fudréi pâ : il sait bien se faufiler où il 
ne faudrait pas. 

ëtrelatâ, v. a. Latter, en laissant un es- 
pace entre deux lattes. | ëtrelatâ Ô lui : 
latter un toit. || Réfl. S'embéguiner, se trom- 
per mutuellement. | .se vulô prou ëtrelatâ : 
ils s'embéguineront certainement. 

ëtre/néhlâ, v. a. Entremêler. | le tsa m'a 
to-t ëtreméhlâ mé lilotéi é mé babelè: le 
chat m'a tout entremêlé mes pelotons et mes 
bobines. | n'ëtreméhla pâ se : n'entremêle 
pas cela. 

ëtreméliladzo (frv. cntremèlaye) , s. m. 
Entremèlement. 

rtrepézi, s. f. Hydropisie. j l-a ôn'ètre- 
pézi : il a une hydropisie. | léi vou veni on' 
ëtrepézi : il lui viendra une hydropisie. — 
Cf. idropiko. 

ëtrepoza (1). Var. de ëtèrpozâ. 

ëtrepozâ (2), v. a. Entreposer. || Réfl. S'as- 



ETR 



182 



ETR 



seoir à moitié. | l-fico bè m' ëtrepoza ëkè, 
vHé se pu ? j'ose bien m'asseoir un peu ici, 
n'est-ce pas ? 

ètreprenâfi, s. m. Entrepreneur. | balÔ to 
aférë tâtso a-n en ètreprenâii : ils donnent 
tout [ce travail] à forfait à un entrepreneur. 

ètreprenè-eta, adj. Entreprenant-e. | l-é 
hè prou êtreprenè : il est un peu trop entre- 
prenant. 

êtreteni, v. a. Entretenir. | fo ke l-etre- 
tëne sa famil'awé se gârio : il faut qu'il en- 
tretiennne sa famille avec ses g'ains. || Dis- 
traire, amuser. | fë/reiëdréi si peti, tàdi 
ke sii vtya : tu entretiendras ce petit, pen- 
dant que je suis al)sente. || Pr. prou pro- 
méfré pu teni, l-é lé fû êtreteni. \\ Réfl. 
Perdre son temps. | ne Vëtretë pâ awé li : 
ne perds pas ton temps avec lui. | se ne 
s'ëtretenéi pâ ta ëkè , faréi to-t asebë : 
s'il ne perdait pas son temps là, il ferait tout 
aussi bien. 

ëtretè (frv. entre temps), prép. Pendant ce 
temps. I ëtretë n'ë vëdrë prou a bii : pen- 
dant ce temps nous en viendrons bien à 
bout. I ëtretë t'oudréi séyi de Vèrba : pen- 
dant ce temps (ou : entre ces deux travaux) 
tu iras faucher de l'herbe. 

être, prép. Entre. | murlio l-é être vevûi 
é velanâuwa : Montreux est entre Vevey et 
Villeneuve. || être no séi se dé : entre nous 
soit dit. I être iï lâu : entre eux tous. 
Il métré kôkô être katro là : mettre quel- 
qu'un entre quatre planches (dans un cer- 
cueil). I fi/é ke n-ë-n are déple, kà sere 
être katro là ? qu'aura-t-il de plus, quand 
il sera entre quatre planches? || Pr. être ma 
é avri, tsâta kuku, se t'éi vi. \ êtr'agré é 
trali, le venolâ se véi mari. 

êtrédu (1), adv. | éihrëtrédu : être indé- 
cis, en suspens, j sii êtrédu : je suis indécis. 
\l-ïr'ëtrédu dé savâi se dévéi léi-y alâ : 
elle était indécise de savoir si elle devait y 
aller. 

êtrédu (2), s. m. Entre-deux, limite. | le 
rê de V êtrédu l-é dza fosérâ : le rang- de 
l'entre-deux (limitant deux pièces de vignes) 
est déjkfossoyé. \\ mé se a V êtrédu : mets 
cela à l'entre-deux. 

ëtréinà, v. a. Entraîner. 
êtréinémê, s. m. Entraînement. 

êtrélii, s. m. Bande de cuir qui relie les 
deux bâtons du fléau. | fô ke l'êtréla séi 



solido : il faut que Fëtrélu soit solide. — 
Cf. éséyi. 

êtrémè, adv. En moi-même, à part moi 
(entre moi). | mé mucâvo êtrémè: je pensais 
en moi-même. | mé desé êtrémè ; je disais à 
part moi. 

êtrémi, prép. Entre. | l-é mé si papâi 
êtrémi dé sou du J'oie: j'ai mis ce papier 
entre ces deux feuillets. | s'é sétâ êtrémi 
déi du : il s'est assis entre les deux. — Cf. 
êtrédu . 

ëtrémulê, s. f. Trémie du moulin. | le blâ 
dcîble bê de Vëtrémulè : le blé glisse bien 
dans la trémie. 

êtrépiditâ, s. f. Intrépidité. 

ëtrépido-a, adj. Intrépide, infatigable, 
plein d'ardeur. | féi trii ètrépido, Varevére 
ôkè : tu es trop téméraire, il t'arrivera quel- 
que chose. I so ètrépido a Vavràdzo : ils 
sont infatigables à l'ouvrage. 

ëtréprâisa, s. f. Entreprise. 

êtréprëdrè, v, a. Entreprendre. | fô zamé 
là êtréprëdrè d'aférê-n 5 yâdzo : il ne faut 
jamais entreprendre tant de choses à la fois. 
Il êtréprëdrè kôkô : entreprendre quelqu'un, 
lui faire entendre raison. || l-é ëtréprâisa : 
elle est embarrassée. 

ëtrépû, s. m. Entrepôt. 

êtrésoyi, v. a. Ne traire une vache qu'à 
intervalles toujours plus éloignés, afin de lui 
faire perdre son lait aux approches de la 
parturition. | l-ëtrésûyo ma vatse dé du 
dziùa rô : je trais ma vache de deux jours 
l'un. I léi-y a déi vatse k'ô n'a pâ fôta 
d' êtrésoyi : s'ugoto dé lou niïmè : il y a des 
vaches qu'on n'a pas besoin A' êtrésoyi ; e\\&s 
tarissent d'elles-mêmes. — Cf. agotâ. 

êtréoâ, V. a. Questionner. | êtréiva lo 
vâi : questionne-le voit'. \ l'ëtrâivo ou sedzé 
dé sen omo ; je la questionne au sujet de son 
mari. || Réfl. S'enquérir, s'informer. | va 
véi Vêtrévâ se va a la faire : va voir t'in- 
former s'il va à la foire. | fô s'êtrévâ dé se 
vè le menistro : il faut s'enquérir de cela 
auprès du pasteur. | fudréi s'êtrévâ apréi 
li : il faudrait demander de ses nouvelles. 
I/o ke s'ë-n ëtrévâi : il faut qu'il s'en in- 
forme. 

êtréyii-iisa, part. adj. Entrevu-e. | se s5 
êtréyii : ils se sont entrevus. | ne l'é tyé 
ëtréyiisa : je ne l'ai qu'entrevue. 

ëtréyiiPa, s. f. Entrevue. | l-â déi-z être- 



ETS 



— 183 



ETS 



yuv'ë katséla : ils ont des entrevues en ca- 
chette. 

ètrifja, s. f. Intrigue. 

ètrigà, v. n. Intrig-uer. 

ètrigâ-âta, adj. et s. m. et f. Intrigant-e. 
I l-é ta ètrigâta ke kâble su to se : elle est 
si intriguante qu'elle passe sur tout cela. 

ètrodwirè, v. a. Introduire. 

ëtrouorâ , v. a. Entr'ouvrir. | ëtrouvra 
véi la pirârta ô bok5,ke se i J'use pà ta, tsù: 
entr'ouvre voir un peu la porte, [pour] qu'il 
ne fasse pas si chaud ici. | l-ëtrâuvro dza : 
je l'entr'ouve déjà. 

ëtrovâblo-a, adj. Introuvable. 

ëtsnpl(iïi (frv. eiichapleiir) , s. m. Celui 
qui e/ic/taple, qui bat la faux sur l'enclume. 
|ô hun ëtsaplâii n'a pâ fùta (Vëtsaplà ta 
sovë : un bon enchapleur n'a pas besoin 
(Venchapler si souvent. 

ëtsaplâ (frv, enchapler) , v. a. Affiler le 
tranchant d'une faux en la battant sur l'en- 
clume. I léi-y a déi-z omo ke l-ëtsaplo dé 
grô ml /.ou fô tyé d'ôtro .* il y a des hommes 
qui enc/iaplent beaucoup mieux leurs faux 
que d'autres. | fà gale lire kâ lé-z omo 
l-ëtsaplô Ion fô : il fait joli entendre quand 
les hommes enchaplent leurs faux. | Abs. 
fô ke l-ëtsaplâi : il faut qu'il enchaple. 
\nëlsnplo jiâ wâi : je n'enchaple pas au- 
jourd'hui. 

ëlsu/)ladzo, s. m. Action d' enchapler, de 
battre une faux sur l'enclume. 

ëisaplciyè (frv. enchaplée), s. f. Ce qui 
est battu en une fois sur l'enclume. | n'ë fè 
Ôna bunëtsaplàyè : nous avons fait une 
bonne enchaplée (nous avons battu toutes 
nos faux). 

ètsaplo (frv. enchaple), s. m. pi. Petite en- 
clume portative et marteau, réunis par une 
chaînette. Les faucheurs s'en servent pour 
rendre le tranchant à leurs faux. L'enclume 
s'implante dans une large pierre plate, percée 
d'un trou, sur laquelle V enchapleut s'assied, 
ayant son enclume devant lui ; il pose le bord 
tranchant de la faux sur l'enclume, le manche 
passant à sa droite ou à sa g'auche selon les ha- 
bitudes, et, d'une main promenant lentement 
la faux sur l'enclume, de l'autre il frappe des- 
sus à petits coups réguliers avec le marteau. 
Quelques faucheurs frappent avec la tête du 
marteau, d'autres frappent de panne. Il est 
très important que cette opération se fasse 



avec soin si l'on ne veut pas avoir à la renou- 
veler trop souvent. | l-a dyii plcità sé-z 
ëtsaplo de ô trô dé bu : il a dii enfoncer son 
enclume dans une souche d'arbre. — Cf. 
ëhlena (2). 

ëtsasala (1) (frv. enchàteler), v. a. Rem- 
plir une mesure jusque par dessus le bord, 
combler. | ëtsasala 5 kartérÔ : combler un 
quarteron. || Par ext. léi-y ëtsasale so 
panai : elle lui enchàtelle son panier. || Réfl. 
le blâ s'ëtsasale pà : le blé ne se comble 
pas ; ou : on ne comble pas la mesure du 
blé. 

ëtsasala {'2)- âyè (frv. enchàtelé-e), adj. 
Comble. || Par ext. le panai l-é ëtsasala dé 
pornè : le panier est enchàtelé de pommes. 
I ona Iota ëtsasalâyè : une hotte enchùtelée. 
— Cf. rallié. 

ëtsabn, v. a Enjamber. | gadzo ke te në- 
tsâhe pâ si ryô : gage que tu n'enjambes 
pas ce ruisseau (cf. gadzi). \ wéro ke te mé 
baie se l'ëtsàbo ? combien me donnes-tu si 
je l'enjambe? — Syn. kâbla. 

ëtsâbâyê, s. f. Enjambée. | n'a fé tyé 
on'ëtsâbâye tâk'a la pwârta : il n'a fait 
qu'une enjambée jusqu'à la porte. — Syn. 
kâblâyè. 

ëlsâkrn, v. a. Echancrer. | ëtsâkrâ Ô 
inoi-séi dé bu : echancrer un morceau de 
bois. I sa kozadâire l-ëtsâkre mô lé Ise- 
niTzè: cette couturière échancre mal les che- 
mises. — Cf. ëkotsi. 

ëtsâkrayè, s. f. Echancrure. 

ëlsâpâ {s'), V. r. Se disperser. | se sÔ tî 
ètsàpâ, lé-z Ô se, lé-z ôtro lé : ils se sont 
tous dispersés, les uns de ce côté, les autres 
de celui-là. || Se fourvoyer. | s'ëtsàpérS 
épâi : ils se fourvoieront peut-être. — On 
dit aussi s'éisapâ. 

ëtseri, v. a. Enchérir, renchérir. | lé bo- 
lôdzi l-ëtserÔ le pâ ka se lou plé : les bou- 
langers enchérissent le pain quand cela leur 
plaît. 

çtsè, s. f. Chéneau, goulot. | Vëtse répTsè: 
le chéneau coule de nouveau. | fô métrôna 
séle dézo l'ëtsé po réséidre de l'éiwè : il 
faut mettre une seille sous le goulot pour 
recevoir de l'eau. | l'ëtse l-é agotà : le gou- 
lot ne donne plus d'eau. — Cf. fr. anche. 

ëtsèréyi, v. a. (vieilli). Ensorceler. | vo 
poude kôtâ ke l-é ëtsèréya : vous pouvez 
compter qu'elle est ensorcelée. — Syn. èsor- 
salà, ëtsèrmâ. 



ETU 



184 — 



EVE 



êtsèrmâ v. a. (vieilli), Jeter un charme, 
ensorceler. | fù bë ke l'ôs'ëtsèrmà po pioéi 
fére dé li se ke vâii : il faut bien qu'elle 
l'ait ensorcelé pour pouvoir faire de lui ce 
qu'elle veut. — Syn. èsorsalâ, ètsèréyi. 

ëtséinà, v. a. Enchaîner. | 5 pou pâ 
ëlséinâ lés ëfâ : on ne peut pas enchaîner 
les enfants (il faut leur laisser la liberté). 
\fudréi ëtséinà tî lé sûlÔ é lé mena ou lé : 
il faudrait enchaîner tous les ivrognes et les 
mener au lac. | ëtsâina lé, se te pâii : en- 
chaîne-les, si tu peux. 

ëtsévéhrà [s'), v. r. S'enchevêtrer ; se dit 
du bœuf ou du cheval qui s'embarrasse dans 
les traits. | sa pwézQ dé béisè, tëke ke s'e 
ôko ré ëtsévéhrâyè : ce vilain animal, voilà 
qu'il s'est de nouveau enchevêtré. || Se dit 
encore d'un arbre qui s'enchevêtre dans un 
autre en tombant. 

ëtsï, prép. Chez (lltt. en chez). \fà pâ bô 
pèr ëtsï no wâi : il ne fait pas bon par 
chez nous aujourd'hui. — Voir tsï. 

ëtso, s. m. Encre. | de l'ëtso rodzo : de 
l'encre rouge. | ô poté d'ëiso : un petit pot 
d'encre, un encrier. || le të l-é ne ko l'ëtso : 
le temps est noir comme l'encre. 

ëtsouteng, v. a. Passer l'été, esliver. | l-a 
mé ëtsoutenâ se vats'a la rnôtanè : il a mis 
ses vaches à la montagne pour qu'elles y 
passent l'été. | sa vatse l-é bë ëtsoutenâyè : 
cette vache a passé un bon été. || Réfl. a 
sa môtane, lé béise s'ëtsoutenô todoalo bë : 
sur cette montagne, le bétail passe toujours 
bien l'été (il s'y porte bien). 1| Par ext. et 
famil., l'on dit d'une personne qui s'est trou- 
vée pendant l'été dans de bonnes conditions 
d'existence : s'e bë ëtsoutenâyè : elle a passé 
un bon été, elle se porte bien. — Cf. ëvèrnâ. 

ëtsoatenâdzo, s. m. Le fait de passer l'été 
à la montagne : se dit du bétail. | l'ëtsou- 
tenâdzo fâ dou bë éi béisè : cela fait du 
bien au bétail de passer l'été à la montagne. 

ëturâ, V. a. Entourer. | fiidréi ëturâ si-l 
âbro dé pô : il faudrait entourer cet arbre 
de pieux. | ne se ëturâ dé krûye dzë : nous 
sommes entourés de mauvaises gens. 

ëturàdzo, s. m. Entourage. 

êtûla, (frv. entouler), v. a. Mettre le foin 
en toutes pour le soustraire à une trop forte 
rosée, ou pour le préparer à être plus vite 
mis en wèlamo. Pour entouler, chaque fa- 
neur prend une bande de foin aussi large 
que le permet la longueur du râteau et l'at- 



tire à lui sous forme de rouleau. | n'ëiûlérë 
tï lé du por avéi pie vito fé : nous en- 
toulerons tous les deux pour avoir plus vite 
fait. 

ëtwârsa. Var. de ëtwâsa. 

ëtwâdrè, v. a. Tordre en enroulant. | ëtwâ 
pï la pale po ke tëne ml : tords seulement 
la paille en l'enroulant pour qu'elle tienne 
mieux. | l-é dza ëtioâsa : elle est déjà tor- 
due et enroulée. i| Réfl. s'ésatse s'é ëtwâsa 
outwa don bâso : cette attache s'est tordue 
en s'enroulant autour du bâton. — Cf. ëvu- 
dré. 

ëtwçsa, s. f. Entorse. | s'é f et' on' ëtwâsa : 
elle s'est fait une entorse. || Fig. fér'ôn'ë- 
twâsa a la vretâ : donner une entorse à la 
vérité. I l-à fé 5na rïd' ëtwâsa ëkè : ils ont 
fait là une rude entorse (quelque chose d'ex- 
trêmement mauvais). — On dit aussi ëtwâr- 
sa ; cf. ékwâsa (2). 

ëtyé-éta, adj. lnquiet-è(e. 

ëtyétalâ-âyè, part. adj. Couvert- e de 
bouse; se dit du bétail. | s'ô néhrele pâ bë 
lé vatsè, sÔ vito ëtyétalâyè : si l'on n'étrille 
pas bien les vaches, elles sont bientôt cou- 
vertes de bouse. 

ëtyétâ (s'), V. r. S'inquiéter. | s'ëtyéte pâ 
5 brë dé rë : elle ne s'inquiète absolument 
de rien. 

ëtyétiidè, s. f. Inquiétude. 

ëtyë, ëtylrè, adj. Entier-ère. | la kâiidra 
l-é adéi ëtyîrè : la courge est encore entière. 
Il Fig. ô-n omo ëtyë: un homme entier. | léi-y 
é ëtrâ to-t ëtyë : il y est entré tout d'une 
pièce. Il S. m. d-n ëtyë: un entier. 

ëtyïremè, adv. Entièrement. 

ëtyûrçiblo-a , adj. et s. m. et f. Incu- 
rable. Il l-é ëtrâ de lé-z ëtyiirâblo : il est 
entré dans les Incurables (il a obtenu une 
bourse d'incurable). 

ëvalido-a, adj. et s. m. et f. Invalide. 

ëoazyô, s. f. Invasion. 

ëvedâii-za, adj. Friand -e, gourmand -e. 
I l-é grô ëvedâû : il est très gourmand. | kci 
sa fémala l-é grôsa, l-é todoulô ëvedâiiza 
dé friy'é dé vë rodzo : quand cette femme 
est enceinte, elle a toujours envie de fraises 
et de vin rouge. 

ëvedodzè, s. f. Envie de friandises. | l-a 
grô d'ëvedôdzè : il a envie de beaucoup de 
friandises ; cf. ëvidè, ëviyè. 



EVE 



185 



EVO 



êveni {s'), v. r. S'en venir. | té fô t'êveni : 
il te faut venir. | vou pâ s'èveni : il ne veut 
pas s'en venir. | nié siï ëvena iota soléta : 
je m'en suis venue toute seule. | no-: êoê 
no ? nous en venons-nous? | para s'ëveni : 
ils pourront s'en venir. 

êveren^, v. a. Environner. 

êverô (l), prép. Environ. | léi-i/ a ëiwrô 
5-n a dé se : il y a environ une année de 
cela. I ne lêi-ij Ira ëverô la méiti/i : nous y 
étions environ la moitié. | ëoer-ô la miné: 
près de minuit. 

ërerç (2), s. m. pi. Environs. | e/-r ëoerô 
dé midsiba : près de midi. 

eues;', v. a. Emblaver, ensemencer une 
terre. | tëk'Ô tsà rnù ëvesu : voilà un champ 
mal emblavé (syn. ëldorà). || le grôblâ l-é 
bë, ou l-é ma ëvesii sti-ij â, rive sere rîdo 
ou sere pâ rîdo : le maïs est bien, ou est 
mal habillé cette année, l'hiver sera rude, 
ou ne sera pas rude, dit-on, selon que les 
épis de maïs sont habillés de beaucoup ou 
de peu de feuilles. 

ëveyi, v. a. Envier. | l-ëviije to se ke vûi : 
il a envie de tout ce qu'il voit. — Syn. ëviija. 

ëvesadsi, v. a. Envisag'er. 

ëvezena-aijè, adj. Avoisiné-e. | ne se rno 
ëvezenâ : nous sommes mal avoisinés. 

ëvèrna, v. a. Hiverner. | si ke l-a prou 
foràdzo por ëvèrnâ se béise pou éihre 
kôtë : celui qui a assez de fourrage pour 
hiverner son bétail peut être content. || Réfl. 
son petite béise se s5 bë ëoèrnâijè : ce petit 
bétail s'est bien hiverné. || Pr. bénirâii le 
paiji yô le nolà s'ëvêrnè. — Cf. ëtsoiitenu. 

ëuèrnâdzo, s. m. Hivernage, saison d'hi- 
ver. I n'arë prou fë po l'ëvèrnâdso déi 
béisè : nous aurons assez de foin pour l'hi- 
vernage du bétail. | ne zou ô-n ëvèrnâdzo 
ke kote sti-y a: nous avons eu une longue 
saison d'hiver cette année. 

ëvèrsà (frv. enverser), v. a. Tourner à 
l'envers. | ô-n ërérse lé tsemïze kà ô lé 
làvè : on enverse les chemises quand on les 
lave. I ëoérsâ ô tsousÔ : tourner un bas à 
l'envers. || Réfl. mé gredÔ s'ëvérsô todoiilÔ 
kâ lé trézo : mes jupons se tournent toujours 
à l'envers quand je les ôte. | si sa s'é ëvèr- 
sà : ce sac s'est enversé. 

ëvétérà-âyè, part. adj. Invétcré-e. | déi 
mô ëvétérà : des maux invétérés. | ôna ma- 
ladi ëvétéràyè : une maladie chronique. 



ëvérna (frv. hiverne), s. f. Garde du bé- 
tail pendant l'hiver. | léi-y a déi dzë ke 
prend déi vats'a l'ëvérna : il y a des gens 
qui prennent des vaches à Vliiverne. Ce sont 
des vaches d'amodiateurs d'alpages. Celui 
qui les prend s'engage à les bien nourrir et 
paie peu ou rien, selon l'abondance du lait. 
S'il naît des veaux pendant l'hiver, ils .sont 
pour ceux qui hivernent les vaches. 

ëvë (1) [à /■), loc. adv. A l'envers (frv. du 
mauvais côté). \ prëdre la matâira Vëvë: 
prendre l'étofFe du côté de l'envers. || l-a 
pwéire déi sorsyé ke mé se tsousô a Vëvë : 
il a peur des sorciers, [puis]qu'il met ses bas 
à l'envers. | l-é mé mô tsousô a Vëvë, lé 
sorsyé mé pwÔ rë : j'ai mis mon bas à l'en- 
vers, les sorciers ne peuvent rien contre moi. 
Il Fig. éihra Vëvë : être de mauvaise hu- 
meur. 

ëvë {t) (frv. enver), s. m. Clou, furoncle. 
I léi vë déi-z ëvë : il lui vient des clous. 

I ô-n ëvë buKirno : un clou (pii ne mûrit pas. 

ëvër, prép. peu usitée. Envers. | vo-z éi 
mô azi ëvër no : vous avez mal agi envers 
nous. — On emploie de préférence awé. 

ëvëhô, s. f. Invention, calomnie. | déi-z 
ëvëhô dé krûye dzë : des inventions de 
mauvaises gens. | s'ë né lyé déi-z ëvëhÔ : 
ce ne sont que des calomnies. 

ëvëtâ, V. a. Inventer. | l-é yena ke Vë- 
vëtè : c'est une [histoire] que tu inventes. 
\ëvëtâ déi r/irâ/e .• inventer des mensonges. 

II si ëke n'a pâ ëvëtâ la pudra : celui-là 
n'a pas inventé la poudre. 

èvidé, s. f. Envie. | vo mé féd'ëvidè : 
vous me faites envie. || si jjeti l-a ônëvide 
dé krâma a la dzûta : cet enfant a une 
envie de crème à la joue. 

ëvitâ, V. a. Inviter. | éise vo ëvitâ ? — na, 
ne se fenamë évita: êtes-vous invités? — 
Non, nous ne sommes qu'évités. Jeu de mots 
fréquent. 

ëviya, v. a. Envier. — Syn. ëveyi. 

ëviyè, s. f. Envie. | l-a ëviye dé se ma- 
ryà : elle a envie de se marier. | Vëviye 
léi prë dé se kuli : l'envie lui prend de par- 
tir. I l-a ta ëviye d'ena mohra : elle a tel- 
lement envie d'une montre. — Cf. ëvcdôdzè, 
èvidé, fa. 

ëvortoli, V. a. Entourer, envelopper. , ëvor- 
toli lé pi a-n ô malâdo : envelopper les 
pieds d'un malade. || Réfl. s'ëvortole la téisa 



FAB 



186 



FAL 



kemè ou grô de Vive : il s'enveloppe la tête 
comme au plus fort de l'hiver. 

ëuôla (s'), V. r. S'envoler. | lé-z ozéi s'ë- 
vôlÔ ; les oiseaux s'envolent. || Fig'. En par- 
lant des enfants : se sô tï èvôla : ils se sont 
tous envolés. 

ëvremâii-za, adj. Syn. de vremâû-za. 

ëvremâ, v. a. Envenimer. | l-a èvremâ 
s5 dâi ë séijë : il a envenimé son doigt en 
fauchant. || Fig. Exciter une personne contre 
une autre. | l-a ëvremâ kôtre li : il l'a 
excité contre elle. Eu cet emploi, syn. ëpiitâ. 
Il Réfl. sa plâye s'é ëvremàyè : sa plaie s'est 
envenimée. | s'é ëvremâ. ë se talë aivé 5 
kutéi môprûpro : il s'est envenimé en se 
coupant avec un couteau peu propre. 

ëviidrè, V. a. Enrouler, envelopper. | l-ë- 
viizo Ôna kwàrda oiitwa d'5 basa : j'en- 
roule une corde autour d'un bâton. | /-a 
ëvii so dâi awé o motsou dé fata : ils ont 
enveloppé son doigt avec un mouchoir de 
poche. Il Réfl. lé favei/ule va s'ëvudroutiva 
déi bèrhlirè : les haricots vont s'enrouler 
autour des berclures. — Cf. ëtwâdrè. 

ëvnlenâ, v. a. Emmêler. — Syn. ëmulenâ. 

ëviiyi, V. a. Envoyer. || Pr. si ke l-ëvnye 
le tsevri, l-ëvuy'asebè le bosô po le nuri. 
I la fera ke pivârte le tsèrdo, ivârda la po 



la méizo ; sa ke pwarte le penéi, ëvuye la 
awé le troséi. 

ëwà, V. a. Etendre, épandre. | ëwâ de la 
posa : étendre de la pâte. | éi-l ëwe s5 
lëdzo : elle étend son linge. | ëwà doufémé: 
épandre du fumier. || Fig. l-a to se ëwâ pè 
le modo : il a divulgué tout cela dans le 
monde. || N. le koto n'ëwe pâ (frv. le coton 
n'étend pas) le fil est si gros qu'il fait peu 
de chemin. || Pr. la grosa grâna nëwepà. 
— Cf. ésëdrè. 

ëwâyè, s. f. Ce qui est étendu à la fois. 

I l-avà ôna gros' ëwâ y e dé lëdzo : elles 
avaient une grande quantité de linge étendu. 

I Ôn'ëwâye dé fémé : la quantité de fumier 
épandu sur un terrain. 

ëwë, s. m. Pêle-mêle de choses étendues 
par terre. | l-a ésâ a la grâdze, ke léi-y 
avéi Ô-n ëwë k'Ô savéi pâ yô trepâ : il a été 
à la grange ; il y avait un [tel] pêle-mêle de 
choses étendues par terre qu'on ne savait où 
marcher. 

ëzéniyâ (s'), v. r. S'ingénier, 
ëzéniyo-za, adj. Ingénieux-euse. 
ëziistamë, adv. Injustement. 
ëziistisè, s. f. Injustice. 
ëziisto-a, adj. Injuste. 



F 



fabreka (1), s. f. Fabrique. | ô deréi ke 
sô de la fabreka : on dirait qu'il sort de la 
fabrique ; se dit d'un objet qui a conservé 
toute sa fraîcheur, ou qui a été fait par une 
personne dont ce n'est pas le métier. 

fabreka (2) {frv. fabrique), s. f. On ap- 
pelait de ce nom, au dix-huitième et au com- 
mencement du dix-neuvième siècle, les diffé- 
rentes prestations ou corvées que le paysan 
devait au seigneur ou à la communauté. Les 
chemins, par exemple, se faisaient et se ré- 
paraient tous en fabrique. Une des dernières 
g'randes fabriques fut celle qui se fit vers 
182.0, à l'occasion du pavement du villag'e 
de Tercier (aujourd'hui dépavé). Il s'agissait 
de transporter les pierres de la Raie sur une 
pente d'au moins 3oo. L'on vit, occupées à 
ce travail, des femmes, des jeunes filles de 



quinze ans, s'échelonnant de reposoir en re- 
posoir, la hottée de pierres au dos. | fér'Ôna 
fabreka : faire une journée de corvée. 

fabreka, v. a. Fabriquer. 

fabreka, s. m. Fabricant. 

fado-a, adj. Fade. 

falo, s. m. Falot. Le falot se distingue de 
la lanterne en ce que le premier a quatre 
vitres et la seconde une ou deux seulement. 
I n'é rë mé pèrmé d'alâ de lé-z éhràblo awé 
déi sëplo falo : il n'est plus permis d'aller 
dans les étables avec de simples falots. 

falâi, V. impers. Falloir. | éi fô l-é vite 
dé, ma n'é pâ ta vito fé : il faut est vite dit 
mais pas si vite fait. | bë s'ë fô : bien (tant) 
s'en faut. | n-ë fudre ré : il en faudra en- 



FAR 



ISi 



FAS 



«ore. I l-avéi falii parti : il avait fallu par- 
tir (ils avaient dû partir pour la guerre). 
\\té fadréi aséi/i : il te faudrait essayer; ou 
bien, avec menace : je te le défeuds ! | fa- 
dréi ivéro ke l'ë baliso.... il faudrait vrai- 
ment que je t'en donnasse.... (des coups de 
bâton). 

J'ainelî-Jrè, adj. Familier-ière. | se so rèdti. 
fa/nelT : ils sont devenus familiers. | l-ésâ 
bë prou f(unclTi-è : elles étaient par trop fa- 
milières. 

/amena, s. f. Famine, j l'a séç'é Va dyi- 
zesa léi-y a cou ôna grosa /amena de to 
le kâtô dé va : l'an 1816 et l'an 1817 il y a 
eu une g'rande famine dans tout le canton de 
Vaud. I l'a de la /amena : l'année de la 
famine (1816). || Pr. tsèrdena é dzôni, la/a- 
mena lou kwa pèrmi. 

/amilaritâ, s. f. Familiarité. || Pr. trii dé 
/amilaritâ l-ëdzëdre le mépri. 

familariza (se), v. r. Se familiariser. 

/ami le, s. f. Famille. | l-a /ami le ; il a 
<le la famille. | se vë dé /aniilé : cela vient 
•de famille (c'est héréditaire). 

/amo-oza, adj. Fameux-euse. 

famôzamë, adv. Fameusement. 

fanaliko-a, adj. Fanatique. 

/anâii, s. m. Fenouil. \ le /anâii kré asebë 
pèr ëfsT no : le fenouil croît aussi chez nous. 

/arala, s. f. Chose vieille et hors d'usage. 
\/j akuli viija son vîle J'aratè : il faut jeter 
loin ces vieux souliers. — Syn. riikâna. 

Jardéi, s. m. Fardeau, ballot. | kâ léi-ij 
a dou /il, ô /â déi /ardéi dé lëdzo : quand 
il y a un incendie, on fait des ballots de 
linge. (C'est la première chose que les femmes 
cherchent à sauver, parce que c'est ce qui 
leur a coulé le plus de peine). 

/ar/â-àna, adj. et s. m. et f. Personne 
grosse et très indolente. | l-é si ke l-é 5 
Jar/à: c'est celui-là qui est gros et indolent. 
\sa /ele l-é trii /ar/âna : cette fille est trop 
grosse et trop indolente. 

/ar/uli, V. n. Farfouiller ; tricher. 

/ar/nlô-ena, adj. et s. m. et f. Oui far- 
fouille, qui triche. 

/arrjo, s. m. Fagot. | tré /argo d'ara ne 
fà pu mé tijé ô /argo déi-z ôtro yâdzo : 
trois fagots d'aujourd'hui ne font pas plus 
qu'un fagot d'autrefois. i| ô /argo d'épenè : 
un fagot d'épines ; fig. une personne maus- 



sade. Il 5 /argo mo nâ : un fagot mal atta- 
ché ; se dit d'une femme habillée sans goût. 

/argotà, v. a. Fagoter. || Réfl. et fig. 
s'habiller sans goût. | wéitye véi sa/âiiinia 
kemë se /argotè ! regarde voir celte /an- 
tome, comme elle se fagote. 

/argotadzo, s. m. Fagotage. 

/argotè, s. m. Dim. à^ç, /argo. Petit fagot. 
\ora lé dzë ne /a rê mé ti/é déi /argoté : 
aujourd'hui, les gens ne font |)lus que de 
petits fagots. 

/aribilla, s. f. Faribole. 

/arna, s. f. Farine. | de la /arna blâtsè : 
de la fleur de farine. | de la /arna dé pu : 
de la farine pour le pain, j de le oîlo të, Ô 
se sèrreséi dé /urnu dé /aveyûle po rémôtâ 
lé ko /se déi triyé : dans le vieux temps, on 
se servait de farine de haricot pour remonter 
les bassins des pressoirs. || Pr. le pci l-a trii 
dé /arna. 

/ariitso-é, adj. Farouche. 

farvadzi, v. a. (tombé en désuétude). P'or- 
ger. 

/asenu, s. f. Fagot, fascine. — CL /argo. 

/usé, (frv. /asset), s. m. Grosse poignée 
de sarments liés ensemble. On pose deux 
fassets sur un char, sous une futaille, pour 
faire ressort à celle-ci ; (juclques /assets se 
font avec de la paille. | ô /usé dé boséta : 
un /asset de bosselle. 

faséta, s. f. Longue bande de tricot ser- 
vant à emmaillotter les petits enfants. 

/usilamë, adv. Facilement. 

/asililâ (1), s. f. Facilité. | ô n'a rë dé 
/asilitù po s'ézi oatwa dé sa tsoudûirè : on 
n'a aucune facilité pour se mouvoir autour 
de cette chaudière. 

/asilitâ (2), v. a. Faciliter. 

/usilo-a, adj. Facile. | l-é/asilo dé trovà 
a réderè, mû l-é dé/esilo dé ml /érè : il est 
facile de trouver à redire, mais il est diffi- 
cile de mieux faire ; forme patoise du pro- 
verbe français : La crilique est aisée, mais 
l'art est difficile. 

fa sot a, V. a. Syn. de ë/usotâ. 

/usa (1), s. m. Tumeur qui vient au jarret 
des chevaux, éparvin. | le tsuvo l-a mé 5 
/asÔ : le cheval a une tumeur au jarret. 

/usa (2), s. m. Mets aux choux, cuit dans 
un filet nommé kwâisè (coiffe), avec de la 



FAV 



FAI 



viande de porc. Cela ne se pratique plus, la 
kwâisè est laissée de côté. || Par ext. fére 
déi fasÔ : attacher les pampres en paquet 
avec les feuilles, ce qui dénote peu de soin 
de la part des effenilleuses. 

fasenâ, v. a. Façonner. 

fasè, s. f. Face, visag-e. | l-a Ôna puta 
fasè : il a un laid visage. || Pr. si ke s'ose 
le nâ, la fase se défâ. \\ Façade. | le tsaséi 
l-a dâ'>'e fasè : le château [de Blonay] a deux 
façades. 

fasô, s. f. Façon, manière. | paiji la faso 
d'en al5 : payer la façon d'un vêtement. 
\d'ena fasô ou d'eri'ôtra, l-é bê totô : d'une 
façon ou d'une autre, c'est bien égal. 

fata, s. f. Poche d'habit, de robe. | lé-z 
ôtro ijâdzo 5 ne faséi rè dé fatè éi robe ; 
5-n avéi déi grôse fate dé tâila, kozè a-n 
ena sevilérè, k'ô météi dézo se kotilô ; se 
n'éséi pâ bë kemûdo, ma 5 ne pëzéi pu ta 
sa sé-z a fére kemë or a : autrefois on ne 
faisait pas de poches aux robes ; on avait de 
grandes poches de toile, cousues à un ruban 
de fil, et on les portait sous ses jupons; cela 
n'était pas très commode (il fallait chaque 
fois relever sa robe pour mettre la main à 
la poche), mais on ne perdait pas ses affaires 
aussi facilement qu'à présent. || koTieso se 
kemë ma fata : je connais cela comme ma 
poche. Il métré koko de sa fata : mettre 
quelqu'un dans sa poche (lui témoigner beau- 
coup d'affection). ||/e>e le pivë de sa fata : 
faire le poing dans sa poche. — Syn. kat- 
séta ; cf. borso. 

fata, s. f. Poche pleine. | l-alàva a la 
marôda é revend awé déi fata dé to-t 5 
pu : ils allaient à la maraude et revenaient 
avec des poches pleines de tout un peu. j ra- 
màse déi fatâ dé kokè : il ramasse des 
poches pleines de noix. 

fatéta, s. f. Dim. de fata. Petite poche, 
pochette. 

fatiga, s. f. (rarement usité). Fatig-ue. — 
Cf. mafi. 

fatigà (se), v. r. (peu usité). Se fatig'uer. 
I té fatiga pà dësè : ne te fatig-ue pas ainsi. 
— Cf. mafi. 

fatigë-ta, adj. Fatigant-e. | sa fémala 
l-é ta fatigëta awé so pu dévezà : cette 
femme est si fatigante avec son vilain parler. 

favciirè, s. f. (vieilli). Lieu planté de fèves. 
I ôna bala favâirè : un beau champ de fèves. 



favâ, s. f. La fève avec ses produits. Ce 
mot est employé seulement dans les prov. : 
kurta favâ, grâta venâ : petites fèves, beaux 
pampres chargés de fruits : grôsa favâ, pe- 
tita venâ ou rezenà : grandes fèves, pampres 
grêles avec peu de fruits. 

faveyolô, s. m. Petit haricot rond, bon 
pour la soupe. 

faveyûla, s. f. Haricot. | déi faveyûle 
basétè : des haricots nains. | déi faveyûl'a 
rà ou a bèrhlîrè : des haricots à rames. | déi 
faveyûVa botyé : des haricots à fleurs. | déi 
faveyûl'a l'omo : des haricots à l'homme,. 
haricots sur lesquels on croit distinguer la 
fig-ure d'un corps d'homme. | déi faveyûle 
baie rapâyè : des haricots bien garnis de 
gousses. Il fô pâ plâtà lé faveyûl'a bèr- 
hlîrè, kà lé bé de la lena sô veri bâ ; pwÔ- 
pâ bérhlâ : il ne faut pas planter les hari- 
cots à rames quand les cornes de la lune 
sont tournées en bas (quand la lune est à 
son décours) ; ils ne peuvent pas ramer. 

favorâblo-a, adj. Favorable. 

favori, s. m. pi. Favoris, coupe de barbe. 

favorizâ, v. a. Favoriser. 

faya, s. f. Brebis. | lé faije n'a rë dé 
kwârnè, ma sesé bë lé miitÔ : les brebis 
n'ont pas de cornes, mais bien les béliers. — 
Cf. miitô. 

fayasè, s. f. Faïence. 

fayéta, s. f. Dim de faya. Petite brebis. 

fâi (1), s. m. Fiel, vésicule du fiel. | le 
fâi d'Ô pioë rodzo l-é pie dino tyé si d'en 
ôtro : le fiel d'un cochon rouge est plus 
dig-ne (a plus de vertu) que celui d'un autre. 
On utilise le fiel des cochons pour guérir 
certains maux de doigts ; à cet effet, on le 
fait sécher dans sa vésicule et on s'en sert 
quand il est durci. — Cf. fédzo. 

fâi (2), s. f. (vieilli), usité seulement dans 
quelques locutions. Foi. | ma fâi! n'ë se 
rë : ma foi! je n'en sais rien. | ma féi^ 
vài : ma foi, oui. | féi na ! [ma] foi, non. 
|ô féi ora , yô ke l-é? eh bien! mainte- 
nant, où est-il ? — Cf. fyô, fwâ, fwë. 

fûiblo-a, adj. Faible. — Cf. dâiblo. 

faire (1), s. f. Foire. | la féire d'avri 
l-ire la féire déi botyé ; ô léi menâve tî 
lé-z ëfa : la foire d'avril [à Vevey], était la 
foire aux fleurs ; on y conduisait tous les 
enfants (il y a environ un siècle de cela), j a 
la féire de la se marte Ô dezéi éi-z ëfS 



FAV 



189 



FAT 



k'ô vuléi lé tscid:i kôtre déi tsasanè : à la 
foire de la Saint-Martin, on disait aux en- 
fants qu'on allait les échang'er contre des 
châtaignes. !| févôna huna faire : faire une 
bonne foire (vendre ou acheter avantageu- 
sement). Il Pr. féire dé brè, féirc dé rè. 
\s'ëpârô keniè du lâr'è faire. 

faire (2), s. f. Foire, flux de ventre. — 
Syn. korêta. 

faite, Var. defiuûitè ("2). 

fâii, s. m . Hêtre {{'rv.fayard ou foiiaijard) . 
\le fâii ne kré pà pèrto, léi fo 5 tèrê se é 
pijèrolii : le hêtre ne croît pas partout, il lui 
faut un terrain sec et pierreux. | ô mCilo dé 
fâii : un moule de faijard, soit cpiatre stères 
de bois de hêtre. 

fâura (1) [îrv. fourre), s. f. Taie, couver- 
ture. I lé-z ôtro yâdzo lé bune payizâne 
ne se fasâ po lou troséi tyé katro foure 
d'oroli é dii^e dé levé ; ora lou fô to pè 
doçânè : autrefois les bonnes (riches) pay- 
sannes ne se faisaient que quatre taies d'o- 
reiller et deux de dnvet pour leur trous- 
seau : maintenant il leur faut tout par dou- 
zaines. I tnétr'ôna fâiira a-n 5 lâivro : 
mettre une couverture à un livre. 

fâiira (-î), s. f. Bourre d'arme à feu. 

fâbla, s. f. Fable. 

fâsa, s. f. Farce ; mauvaise plaisanterie. 
\léi-y à fé ôna bala fâsa: ils lui ont fait 
une belle farce. | rire la fâsa : rire la 
farce, se réjouir d'une chose inattendue qui 
arrive fort à propos. 

fuso-oza, adj et s. m. et f. Farceur-euse. 

fâtsi {se), v. r. (peu usité). Se fâcher. [ a 
tye ke se dé se fâtsi dêsê ? à quoi sert-il de 
se fâcher ainsi? — Syn. se korohi. 

fâtsâii, adj. m. (peu usité). Fâcheux. | se 
l-é bë fâtsâii: cela est bien fâcheux. 

fâva, s. f. Fève. | déi fâve polêtsà : de 
grosses fèves des marais. | la petita fâva : 
la petite fève, féverole. | la fâva ou lâii ou 
a lâii : la fève au loup (bonne pour chasser 
les puces et les rats), ellébore vert. | 5 tyu 
dé fâvè : un cul de fèves, raie noire, dure, 
du gros bout de la fève. | déi plemetse dé 
fâvè : des robes de fèves. | déi-z éko, déi 
hlii dé fâvè : voir éko (3) et hlû. | ôna sôla 
dé fâvè : voir sôla. |] a la féisa déi venolà 
a vevâi, Ô medze de la sepa éi fâvè : à la 
Fête des Vignerons, à Vevey, on mange de 
la soupe aux fèves. Cette vénérable coutume 



date de loin. La fève était autrefois très en 
honneur dans notre pays. Avant l'apparition 
de la pomme de terre et des fins légumes 
qui ornent aujourd'hui notre table, elle tenait 
une grande place dans l'alimentation de nos 
ancêtres. || ne kré pâ mé tyé ôna fâva de 
ô tso : voir kréhrè. \\ Pr. lé fâve dé févrâi 
fâ trêblâ lé solâi. 

fâ (1), s. f. Faim. | la fa l-é ôna btina 
inaladi : la faim est une bonne maladie. | la 
fâ l-é ma la : la faim est mâle (terrible). 

I ramasâ la fà : ramasser la faim (gagner de 
l'appétit). I n'a pâ détye s'ôsâ la fà : il n'a 
pas de quoi s'ôter la faim. | éi brame la 
fà: il crie la faim. | la fô é l'éiive fà la 
fà : la faux et l'eau font la faim (le fauchage 
et la lessive excitent l'appétit). | lé serTze 
iëriô la fâ : les cerises tiennent la faim 
(rassasient pour longtemps). || Pr. la fâ l-é 
le mélou déi kuzenâi. | se t'a fâ, medze ta 
ma, wârda Vôtra po démà;se Va fà, medze 
tÔ pi, wârda Vôtro po dàhi. \\ Envie. [ l-a 
fà d'Ô bokô dé pà : il a envie d'un mor- 
ceau de pain. | n'a pâ fâ dé léi-y alâ : 
il n'a pas envie d'y aller. | se n-ê-n avéi 
fà, la kortizéréi prâii: s'il en avait envie 
il la courtiserait bien. | l-avé fà dé fini 
ma konole dévà tsalàdè : j'avais envie de 
finir [de filer] ma quenouille avant Noël. 

fàfiyô, s. m. Terme familier pour dési- 
gner un enfant, fanfan. | mô peti fàfiyô: 
mon petit enfant. 

fâfreliitsè, s. f. Fanfreluche. | se n'é tyé 
ôna fàf relut se : ce n'est qu'une fanfreluche. 

II Petit plat délicat, j sa fére déi bune fâ- 
freliitsè : elle sait faire de bons petits plats. 

fàsÔ, s. f. Mannequin de modiste. || Fig. 
Femme nigaude. | te mé fâ ôna rTde fàsô : 
tu me fais une rude fanchon (tu es une drôle 
de femme). 

fàtazi, s. f. Fantaisie, caprice. | se léi 
prë la fàtazi de le férè, le farè : s'il lui 
prend la fantaisie de le faire, il le fera. | l-é 
pléina dé fàtazi : elle a beaucoup de ca- 
prices. — Cf. byàna, brelâirè. 

fàtâsko-a, adj. Fantasque. 

fâtûma, s. f. Fantôme, mannequin. | fér 
ôna fâtûma: faire un raannc(|uin. Au cha- 
rivari des Chevalleyres (il y a bien un siècle 
de cela), les jeunes gens avaient fait une 
fâtûma, qu'ils avaient placée sur une ânesse 
pour suivre un cortège nuptial, puis ils l'a- 
vaient brûlée (cf. pâ (4). || se vïse kemë ôna 



FEL 



190 — 



FEL 



fâtûma : elle s'habille sans g-oût. |] En par- 
lant d'une personne : fâtûrna ke t'éi ! folle 
que tu es ! 

felatsi, V. a. Fréquentatif de felà. Filer 
souvent, mais peu à la fois. | o ne pou tyé 
felatsi sti-l ivë : on ne peut fder que par 
moments cet hiver. 

felâirè (1), s. f. Fileuse. | ona buna fe- 
làire déi felà se dà'»e bubele d'ô dzwa : 
une bonne fileuse doit filer ses deux bobines 
d'un jour. | te fà be dé té wéityi ona felâi- 
rè : tu fais bien de te chercher une fileuse ; 
se disait autrefois à un jeune homme qui 
songeait à prendre femme. 

felâirè (2), s. f. Fil d'araignée ; filandres. 

felâirè (3), s. f. Filière, instrument à faire 
les vis. 

felâirè (4), s. f. Poutre qui repose sur les 
pointaux et supporte les chevrons. 

felà (1), V. a. Filer. | s'é inésa a felà : 
elle s'est mise, elle a commencé à filer. 
\felà de l'âiira : filer de la filasse. | felà 
de la resa : filer du lin de première qualité. 
Ifelà déi vèré : filer du gros fil pour les 
liteaux du linge ; on emploie pour cela les 
étoupes. Ifelà ona de : filer une dent, c.-à-d. 
l'épaisseur des tours de bobine qu'on file 
avant de passer le fil à une autre dent du 
fuseau. I lé fêle ne felo pâ nié loii troséi 
lou mlmè: les filles ne filent plus leur trous- 
seau elles-mêmes. 

felà (2), s. m. Filasse, matière propre à 
être filée. | adzetà don felà po felà ô tro- 
séi : acheter de la filasse pour filer un trous- 
seau. — Syn. âiïra (2). 

felà (3), s. m. Filet à foin. L'objet n'étant 
plus guère en usage, le mot est vieilli. 

fêlé, s. m. Filet de liquide qui coule. | la 
fôtSna n'a rë mé tyé 5 fêlé d'éiivè : la 
fontaine n'a plus qu'un filet d'eau. — Syn. 

feléta, s. f. Sorte de rouet, plus petit que 
le brego. 

feladru{l)-va, adj. Filandreux-euse. | sa 
tsë l-é felâdriiva : cette viande est filan- 
dreuse. Il Ébranché. | ô-n àbro felâdru : un 
arbre dégarni de ses meilleures branches. 

felâdrii (2), s. m. Flandrin. | Ô grâfela- 
drû : un grand flandrin. 

felenà, v. a. Oter les nouvelles pousses inu- 
tiles {fel5). I s' 5 ne felene pà le grôblâ, éi ne 



vè pâ béi : si l'on n'ôte pas les pousses inu- 
tiles du maïs, il ne devient pas beau. 

felè, s. f. Fille. | l-a maryà la fel'a sÔ 
kazê : il a épousé la fille à son cousin. | ôna 
fêle don kôté gôtso: une fille du côté gauche, 
une fille illégitime. | Un jeune époux qui en 
était à sa seconde fille disait : l-é bô dësè ; 
seri pà ase fû tyé mô péire dé rêplà la 
méizô dé fêle por avéi o valé : c'est assez 
comme cela ; je ne serai pas aussi fou que 
mon père, de remplir la maison de filles 
pour avoir un fils. || alà éi felè : aller cour- 
tiser les filles à la veillée, j ne va rê mé éi 
felè, l-a renôhi ou maryàdzo : il ne va plus 
aux filles ; il a renoncé au mariage. || l-a. 
vëdii ôna felè : ils ont vendu une fille ; se 
dit de la façon dont une commune se débar- 
rasse d'une de ses ressortissantes pauvres, 
en lui fournissant un subside quand elle 
épouse un homme étranger à la commune. 
Il ôna fêle déi pâ se maryà dévâ d'avéi 
pu lava ôna palése nâiiwa awé ô lëho 
nàii dedë ; déi pâ nÔ plu se maryâ déva 
d'avéi porta ôna lotà dé sabla ou 16 de la 
raye dé tseneli : une fille ne doit pas se 
marier avant d'avoir pu laver une [toile de] 
paillasse neuve avec un drap neuf dedans ; 
elle ne doit pas non plus se marier avant 
d'avoir porté une bottée de sable au haut de 
la Raie de Chenelly. || avéi trovâ ôna felè : 
avoir trouvé une fille ; se dit quand on a dû 
mettre une mentonnière pour cause de flu- 
xion ou de maux de dents. || Pr. si ke l-a 
prou fel'é prou tâi, samé dzûyo ne se vài. 
\dé bô plâ, plâta ta venè; dé buna méire, 
prë la felè. | lé-z omo tsêrtsô fortena, ma 
l-é éi fel'a s'ë wèrdà, \ dzenele ke tsâtè, 
fêle ke sûblè, lou fô twàdre le ku a tote 
diivè. I ânâye dé felè, ànàye dé pé. 

feléta, s. f. Dim. de felè. Petite fille, fil- 
lette. I sou dzë l-S ô valoté é ôna feléta : 
ces gens ont un petit garçon et une petite 
fille. 

felç, felâula, s. m. et f. Filleul-e. | se 
feh r a porta ë tëra : ses filleuls l'ont porté 
en terre. Il n'y a pas encore de corbillard à 
Blonay et il est d'habitude de prendre les 
filleuls ou les neveux du mort comme por- 
teurs. Il Pr. dé nou détse k'ô pare l-a, le 
felo ou la felâula n-ë-n a yena. 

felô, s. m. Nouvelle pousse inutile qui 
croît sur certaines plantes à l'aisselle des 
feuilles. | le grôblâ mé ta dé felô sti-y a: le 
maïs a beaucoup de nouvelles pousses cette 



FEM 



191 



FEN 



année (cf. rébijâù). \\ Petite saucisse tenant à 
une plus grande. 

femalii, adj. et s. m. En parlant d'un 
homme, qui est apte aux ouvrages de 
femmes, qui préfère les travaux de la maison 
à ceux du dehors. 1| Ô fernalû : un homme 
qui fait les ouvrag'es de femme. 

femasi (frv. /amasser), v. n. En parlant 
du bois : fumer en brûlant sans donner de 
flamme. | fi/é ke si bu l-a a femasi dësè? 
qu'est-ce que ce bois a à fiimasser ainsi? 
I le fii ne fà tijé dé femasi : le feu ne fait 
que f amasser. — Cf. (sèrhnml. 

femâirè, s. f. Fumée. | la femâire dé 
dzenàivro l-é buna po femâ la tsë : la 
fumée du genévrier est bonne pour fumer la 
viande. | kâ la femâire vê bu, l-é po dou 
paie : quand la fumée descend, c'est pour 
du mauvais temps. || Pr. ô véi rë sali de tsï 
li tyé la femâirè. 

femn, v. n. Fumer. | le bu ke né pâ se 
foame sa : le bois qui n'est pas sec fume 
facilement. | lé forné fâumô kâ sô vïlo : 
les poêles fument quand ils sont vieux. | lé 
bioârn ouverte femàva prou sovê : les che- 
minées ouvertes fumaient souvent. |1 lé 
tâi fâiimô, l-é sino dé plodzè : les toits 
fument ; c'est signe de pluie. | lé tsaoô 
foumô sovë kâ sô : les chevaux fument sou- 
vent quand ils suent. | la kuriena fâùmé : 
la courtine fume. || V. a. lé bwârne l-Tra 
kemûde po femâ la tsë : les grandes che- 
minées étaient commodes pour fumer la 
viande. 1| Réfl. lé lëzo se sÔ bë femâ : les 
saucissons se sont bien fumés. 

femâyè [îw. fumée), s. f. Action de fumer, 
fumag'e de la viande. | de lé grôse bwârn 
ouverte, la femâije l-Tre mélâii tyé ora ke 
tote lé bwârne sô hlûse dû dézo é ke léi fâ 
tril tso é ke léi-y a rë mé d'èr : dans les 
grandes cheminées ouvertes, le fumage [de 
la viande] était meilleur qu'à présent où 
toutes les cheminées sont fermées par le 
bas, qu'il y fait trop chaud et qu'il n'y a 
plus d'air. 1| Action de fumer une pipe en- 
tière. I ôna femàye dé taba : une famée de 
tabac, — Cf. pipâyè. 

femeléta, s. et adj. f. Femme ou fille frêle 
et délicate. | Ôna petita femeléta : une femme 
petite et délicate. | sa petita l-é ta femeléta 
ke l-a bë a fér'a veni grôsa : cette petite 
est si frêle et si délicate qu'elle a bien à faire 
à devenir grande. | l-é trii femeléta po lé 



gros uvrâdzo : elle est trop frêle et délicate 
pour les gros ouvrages. — Cf. femelë. 

femelë, adj. m. Frêle et délicat, malingre. 
\si-l omo l-é bë femelë : cet homme est 
bien frêle et délicat. | tî sé-z ëfà sô dese 
femelë: tous ses enfants sont ainsi malin- 
gres. — Cf. femeléta. 

femé {{), s. m. Fumcron. | ô séi se ô 
femé : on sent ici un fumcron. | fâ ô Jemé 
de iô koré : tu as un fumeron dans ton 
chaufiFe-pieds. 

femé (2), s. m. Muguet des petits enfants. 

femé (S), s. m. Sorte de champignon en 
forme de vessie, dont on applique la pous- 
sière sur les blessures. 

femé (4), s. m. Fumet du vin. 

femé (5), s. m. Vapeur qui voile à demi 
le soleil. | tyë femé léi-y a dévâ le sélâii ! 
Ô le véi pâ pî : quelle vapeur il y a devant 
le soleil ! on le voit à peine. | le sélâii tra- 
leria travë si femé : le soleil se fait jour à 
travers cette vapeur. 

femyâii, s. m. Fumeur. | n'âmo rë sou 
femyâii ke krèfsô pè tî lé kâro : je n'aime 
pas ces fumeurs qui crachent dans tous les 
coins. 

fenamè, adv. A peine, à l'instant (frv. 
seulement). \fenamë k'ô le sa vërè : à peine 
sait-on le voir. | fenamë ke pou dévezâ : à 
peine peut-il parler. | Jenamë ke l-é viya : 
il vient de partir. | fenamë ke l-Tre ëkè : 
il était ici il n'y a qu'un instant. | ka éi vo 
fé se? — fenamë: quand avez- vous fait 
cela? — A l'instant. Tout à l'heure. H Ne... 
que, seulement. | ne prë fenamë diii^è : il 
n'en prend que deux. | léi-y é fenamë de dé 
resta : je lui ai seulement dit de rester. | vo 
démâdo ta fenamë ô gârdaroba, ôna trâ- 
bla é séi sôlè : je vous demande tant seu- 
lement une garde-robes, une table et six 
chaises, disait au syndic une fille qui allait 
se marier et n'avait pas de quoi se faire un 
trousseau. — Cf. pï, sulamë. 

fenamëtê, adv. employé seulement par les 
vieillards. Var. de fenamë. 

fenéihra, s. f. Fenêtre. | le tenëro l-é 
ëtrâ pè la fenéihra : la foudre est entrée 
par la fenêtre. | la plodze ba lé fenéihrè : 
la pluie fouette les fenêtres. | ô karô de 
fenéihra : une vitre de fenêtre, — Dans le 
vieux temps, quelques personnes disaient 
anssi f rené i sa. 



FER 



— 192 



FER 



fenéihréta, s. f. Dim. de fenéihra. Petite 
fenêtre. | lé-z otro ijàdzo lé méizô n'avâ 
tyé déi petite fenéihréte k'5 n'ouvrâve près- 
ke zamé ; lé vïlo deza ke faléi teni le tsô 
dedê : autrefois les maisons n'avaient que 
de toutes petites fenêtres qu'on n'ouvrait 
presque jamais ; les vieillards disaient qu'il 
fallait tenir le chaud dedans. || Enfoncement 
pratiqué dans un mur d'écurie pour y pla- 
cer la lampe, j mé vito le krozo de la fenéi- 
hréta k'ô séi vâi/e béi : mets vite la lampe 
dans la petite fenêtre, [afin] qu'on voie clair 
ici. — En ce dernier emploi, syn. bornéta. 

fenolà {hv. fignoler), v. n. Faire le fin, 
le prétentieux. | sa bê fenolà : il sait bien 
faire le fin, le prétentieux. 

fenolé-éta (frv. fignolet-te), s. m. et f. 
Homme ou femme affecté-e, maniéré-e. | fà 
bë la fenoléta : elle est bien vaniteuse et 
afFectée. 

feri, v. n. Se diriger, aboutir. | le tsemè 
va feri dréi bâ vè la niéizô : le chemin va 
aboutir en droite lig-ne vers la maison. | vo 
fà feri dréi levé : il vous faut aller en droite 
ligne là-bas. | ne ferérê ou pie kii : nous 
prendrons au plus court. 

fetsè, s. f. Fiche, pieu à latte. | plàta 
dna fetsè : enfoncer une fiche en terre. 

fetsi, v. a. Ficher. | fetse léi 5 pô : fiches-y 
un pieu. | 5 pou léi fetsi le dâi : on peut 
y mettre le doigt. 

fesâblo-a, adj. Faisable. 

fèralè, s. f. Ferraille. | akule mé viya sa 
vïle fèralè : jette-moi loin cette vieille fer- 
raille. 

fèrali, (frv. ferrailler), v. n. Faire du 
bruit avec des objets en fer. | tyé ke vo-z 
éi ta a fèrali pèr ëkè ? qu'avez-vous à tant 
ferrailler par là ? 

fèratâi, s. m. Ferronnier. 

fera, V. a. Ferrer. | fera 5 tsë : ferrer un 
char, c.-à-d. garnir de fer toutes les parties 
qui ont besoin d'une grande solidité. | a la 
kapan'Ô fëre tï lé sol à dé tï lé dziva ê 
mïrnamë sou déi to peti-z ëfa : à la cam- 
pagne on ferre tous les souliers qu'on porte 
pendant la semaine et même ceux des tout 
petits enfants. | fera o pwë : ferrer un porc 
(voir rnanë). \\ Fig. l-é fera su l'armélika : 
il est ferré sur l'arithmétique. 1| On dit aux 
enfants en les faisant sauter sur ses genoux : 
éi fëro mo mûlé por alâ démâ a pèr té, . 

éi fëro men âno por alâ démo, ë-n âlo, \ 



éi fëro mô tsavô por alâ démâ a la tsô : 
Je ferre mon mulet pour aller demain à Per- 

tit (sur Montreux). 
Je ferre mon âne pour aller demain à Aigle. 
Je ferre mon cheval pour aller demain à la 

Chaux (pâturage au-dessus de Blonay). 

fèrbala, s. m. Falbala. | lé-z orgolâûze 
pwârtô déi fèrbala : les vaniteuses portent 
des falbalas. 

fèrblÛ, s. m. Fer-blanc. | ô fà or a déi-z 
ékwèle dé fèrblâ : on fait maintenant des 
écuelles de fer-blanc. | 5 bokô dé fèrblà : 
un morceau de fer-blanc. 

fèrblâtéri, s. f. Ferblanterie. | ou dzwa 
dé ivâi ô puréi pà mé se pasâ dé fèrblâ- 
téri kenië lé-z ôtro yàdzo : aujourd'hui on 
ne pourrait plus se passer de ferblanterie 
comme autrefois. 

fèrblâtyé, s. m. Ferblantier. 

fèrémëta, s. f. Tout ce qui est en fer et 
sert aux ferrures et fermetures. | lé fèratâi 
é lé mtirtsô vèdô tï de la fèrémëta : les fer- 
ronniers et les forgerons vendent tous de la 
ferrure. | por adzelà de la buna fèrémëta, 
fô pà alà tsT lé martsâ dé vïlo fë : pour 
acheter de bonne ferrure, il ne faut pas aller 
chez les marchands de ferraille. — Cf. fèr- 
mëta, krëkaléri. 

fèréta, s. f. Profit, bénéfice, gain. | fére 
fèrèta : tirer profit, faire un bénéfice. | l-a 
fé Ion fèréte wâi ë vëdë lou fremâdzo : 
ils ont fait leur profit aujourd'hui en ven- 
dant leur fromage. | l'omo fà sa fèréta dé 
to se : l'homme tire profit de tout cela. 

ferma, s. f. Ferme. | la ferma dou grâ- 
prà : la ferme du Grand-Pré, dépendance du 
château de Blonay. 

ferma, v. n. Concevoir; se dit de la vache. 
\kâ lé vatse ne pw5 pà mé ferma, éi vëho 
briinè : quand les vaches ne peuvent plus 
concevoir, elles deviennent impropres à la 
reproduction. 

fèrmétâ, s. f. Fermeté. 

fèrmèta, s. f. Tout ce qui sert à fermer ; 
fermeture, serrure. | ona buna, ona krûye 
fèrmëta : une bonne, une mauvaise serrure. 
I kâ lé fermeté ne dziyô pà, va mï n-ë-n 
adzetà déi nâûwè : quand les fermetures ne 
jouent pas, il vaut mieux en acheter de 
neuves. — Cf. fèrémëta. 

fèrmëtà, v. n. Fermenter. | se l-a fèr- 
mëta de sen éstoma : cela a fermenté dans 
son estomac ; fig. s'est agité dans son esprit. 



FEI 



— 193 



FEM 



fèrmo-a, adj. Ferme. | si-l Shà l-a ôko 
la mârtse ferma : ce vieillard a encore la 
<lémarche ferme. |1 Renforçant la significa- 
tion d'un autre adj. | éihre fèrrno malenâi : 
être très matinal. | dou lëd:o ferma se : 
du lingue très sec. || Adv. Ferme, fort. | isâpâ 
Jermo : pousser ferme. | ro/i ferma : frap- 
per fort. I bwélà ferma : crier fort. | éi 
d:ule ferma : il gèle ferme. 

fèrmioa, s. m. Fermoir, fermail. ! â fèr- 
mioâ dé karù : un fermoir de collier. 
èrtilità, s. f. Fertilité. 
fèrtilizà, v. a. Fertiliser. 

èrtilo-a, adj. Fertile. 
fé (1), s. m. Fait. | l-a ésâ préi sii le fé : 
jl a été pris sur le fait. || Pr. kemè lé dze 
(lé bloné, mé dé hlaga tyé dé fé. 

fé {•!), s. m. Faisceau. | ô fé dé héi-hlTré, 
/lé râ: un faisceau de rames (pour les pois), 
de bâtons (pour les haricots). | Ô fé dé po, 
dé paséi : un faisceau de pieux, d'échalas. 
' ô fé d'épenè : un faisceau d'épines. | ô fé 
dé riité, dé sérinê : un faisceau de liens, de 
sarments. | Ô fé dé grôbld, dé fnveijûlè, 
dé pâi : un faisceau de [plantes de] mais, 
de haricots, de pois. | ô fé dé fàvè : un 
faisceau de [plusieurs bottes de] fèves. || Par 
ext. lé rené sa to-t a-n 5 fé dé rezë : les 
vignes ont tellement de grappes qu'elles se 
touchent toutes. || Assemblage de plusieurs 
brassées de foin ou de plantes marécageuses, 
liées avec des cordes et menées sur une lagc 
(t'rv. faix). \ ô fé dé fè, dé mare: une 
charge de foin, de [plantes de] marais. 

fédéràla (frv. fédérale), s. f. Terme dési- 
gnant l'ivresse dans les loc. avrd , prê- 
dr'ona btiria fédéràla : avoir, prendre une 
bonne fédérale, c.-à-d. s'enivrer. 

fédca, s. m. Foie. | ô mé le fédza déi 
pwë éi soases'éi-z érbc : on met le foie des 
porcs dans les saucisses composées de légu- 
mes et de viande. || Fig. et avec un sens de 
■dénigrement. | se voii pâ métré martsâ pa 
le fédzo : il ne s'établira pas [comme] mar- 
chand pour le foie (c.-â-d. pour vendre à 
perte) ; se dit d'une personne regardante. — 

a.fài{i). 

féiblésè, s. f. Faiblesse. ] la féiblése léi 
grave d'alâ : la faiblesse l'empêche de mar- 
cher. 

Jéiréta, s. f. Dim. de faire. Petite foire. 
\la féire dé brè n'é tyé ona féiréla : la 
foire de Brent n'est qu'une petite foire. 

GLOSSAIRE DE BLONAY 



féiréiji, V. n. Vendre et acheter à la foire. 
Il Par ext., se réjouir à la foire. | paré ke l-Û 
hê féiréyi, ke revend ta dzayâii : il paraît 
qu'ils ont bien fêté la foire, [puis] qu'ils re- 
viennent si joyeux. 

féirâ, s. m. Petite foire, avant-foire, ou 
marche conclu la veille de la foire. | l-â 
adzelà Ion vats' ou féirâ : ils ont acheté leur 
vache la veille de la foire. 

féisa, s. f. Fête. | senâ la biina féisa : 
sonner la banne fête, sonner les cloches la 
veille d'une fête religieuse et le soir même 
de cette fête. | ô sonne la brina féisa a p(ikè, 
a Vasâsyo, a pêtékosa, on dzâiino é a tsa- 
lâdè : on sonne la bonne fête à Pâques, à 
l'Ascension, à Pentecôte, au Jeûne et à Noël. 
I lé premïre féisè : les fêtes de première 
conununion. || Pr. n'é pâ tî lé dziùa féisa. 

féisadyii, s. f. Fête-Dieu. 

féisà, V. a. Fêter. | ne féisë rë mé la 
dama : nous ne fêtons plus la Dame ; cf. 
dama (2). 

féiséyi, v. n. Festoyer, festiner. | ne sa alù 
îlôsë se féiséyi diltré dziôa : il ne sait aller 
nulle part sans festoyer deux ou trois jours. 
^ Cf. féiréyi. 

fémala, s. f. Femme, au sens général du 
mot. I ôna buna, ôna krûye fémala : une 
bonne, une mauvaise ou méchante femme. 
\5na dziivena, ôna vïle fémala : une jeune, 
une vieille femme. | ôna pusëta bala fé- 
mala : une paissante belle femme (une femme 
grande, avec beaucoup d'embonpoint et d'une 
vive carnation ; c'est, à la campagne, l'idéal 
d'une belle femme). || Pr, ne fo pu mé dé 
fémale de la méizô tyé ke ne léi-y a dé 
forné. I lé fémale sô kemë lé isavo, sâvô 
pâ yô l-é lou dèréi osa. \ kàôna fémala 
pë sô fourdâ, sen omo l-é ë damàdzo (cf. 
féna). Il P^emelle. | le màlo é la fémala: 
le mâle et la femelle. | léi-y a déi dzè ke 
krâyô ke la tapa l-é la fémala dou dèrbô : 
il y a des gens qui croient que la taupe est 
la femelle du mulot. 

fémaléta, s. f. Dim. de fémala. Femme- 
lette. I tyëta para fémaléta tyé se : quelle 
pauvre femmelette que cela. | si-l omo l-é 
ôna vretâbla fémaléta : cet homme est une 
vraie femmelette. 

fémç, V. a. Fumer, engraisser (ne pas 
confondre avec fema). \ lé kurti é lé tsené- 
vâire vulô éihre fémâ tï lé-z a : les jardins 
et les chenevières demandent à être fumés 
tous les ans. — Syn, ëdriidzi, ëgrési. 
13 



FEN 



194 



FER 



fémâyè, s. f. Action de fumer un terrain, 
furaag-e. | fo léi férôna buna férnâyè : il 
faut bien le fumer. | la fémàije don fari 
vô mï tijé sa dou tsôtë : le fumage du prin- 
temps convient mieux que celui de l'été. 
\ona buna nâi vô ôna buna férnâyè : une 
bonne neige vaut un bon fumage. 

fémé, s. m. Fumier. | fére dou fémé : 
faire du fumier [avec la paille servant de 
litière au bétail] ; fig. croupir dans la saleté 
et le désordre, paresser. ] le fémé dèi valse 
l-é le mélâu, si déi pwë l-é fré : le fumier 
des vaches est le meilleur ; celui des porcs 
est froid. | ôna kurlena dé fémé : un tas de 
fumier. ] sali le fémé : sortir le fumier [de 
l'étableelle mettre sur le (as]. \tsérdzi dou 
fémé : charger du fumier. | Isèréyi dou 
fémé: porter du fumier. | 5 yâdco dé fémé : 
une charretée ou une hottée de fumier. | ëwà 
le fémé : épandre le fumier sur le terrain 
avec un trident. | l-é lé bÔ payizà ke sëtÔ 
le fémé : ce sont les bons (riches) paysans 
qui sentent le fumier. || Fig. Ô fémé : une 
femme sale et paresseuse. || Pr. si ke vè so 
fémé vê s5 pa. — Cf. driidzè, êgré. 

féna, s. f. Femme, épouse. | dit le tè ke 
se isêris'Ôna féna ! léi-y a porta prou fé- 
male de le modo : depuis le temps qu'il se 
cherche une femme ! il y a pourtant assez de 
femmes dans le monde. | l-a zou diivefénè: 
il a eu deux femmes. | se so balii, l'omo é 
la féna : ils se sont battus, le mari et la 
femme. H Pr. vUe féna é grô vë ne koresô 
pâ po rë. I épouza dzoyâiiza, féna plo- 
râûza. \ la tsâbra pûra fà la féna fûla. 

fénasè {îvv. fenasse), s. f. Gramen, toute 
herbe à gazon. | ô séinére de la fénas'a sou 
plèse widè : on sèmera de la graine de pré 
dans ces places dénudées. || Toute graminée 
des prés. 

fénatâ, v. a. Faire des faijc de foin et les 
descendre des monts en hiver. || Abs. fo 
adéi la leka po fénatâ : il faut toujours un 
chemin glissant pour descendre le foin. | ne 
vë Jénatâ : nous allons faire un faix de foin 
et le descendre avec la luge. \\ fénatâ dou 
mare : descendre par faiœ, sur une luge, 
les plantes marécageuses qui sont en meules. 

fénâ {ÎTv. fener), v. a. Faner. | n'a pâ ta 
dé prâ, fâino to f/'ô dziva : ils n'ont pas 
tant de prés, ils fanent tout d'un jour. | féina 
mé s'êrba : fane-moi cette herbe. | voféiné- 
réi le féno : vous fanerez les débris du foin. 

fénadzo (îvv. fenagé), s. m. Fanage; par 



ext., tout le travail que demande la récolte 
des prairies. | sou dzè l-â ô pusè fénadzo : 
ces gens ont une grande récolte de foin à 
faire. 

fénâyè (frv. fenée), s. f. La quantité d& 
foin rassemblée en une fois, en un jour. | n'ë 
fé ôna buna fénâye wâi : nous avons ras- 
semblé beaucoup de foin aujourd'hui. 

féné, s. m. Homme ressemblant à la 
femme par son caractère et ses aptitudes,, 
homme efféminé. | l-é ô féné : c'est une fem- 
melette. 

fénéà-àta, s. m. et f. Fainéant-e. 

fénéatizâ, v. n. Fainéantiser. 

fénédè, s. f. (vieilli). Aide, ressource. | sa 
pelita ke l-avéi sa-t à savéi pâ se fér'ôna 
fénéde dé rë : cette petite qui avait sept ans 
ne pouvait absolument pas se tirer d'affaire 
par elle-même. 

fénéta, s. f. Dim de féna. Petite femme,^ 
petite épouse. | éi fâ ôna bè petita fénéta : 
elle fait une bien petite, petite femme. 

fénézô, s. f. Fenaison. | ou tè de la fé- 
nézô fudréi zamé rë avéi a fére d'ôtro : 
au temps de la fenaison, il ne faudrait jamais 
rien avoir à faire d'autre. 

féni, s. m. Fenil. Le fenil diffère du cha- 
let en ce qu'il ne se compose que d'une 
pièce où on loge le fourrage. L'entrée en 
est plus élevée que le sol. Il repose sur la 
terre, sans fondements, et est tout en bois. 
— Cf. grâdzé. 

fénâii-âiiza, (frv. feneur-euse), s. m. et f . 
Faneur-euse. | ô rékone d'abwa ô bo fénâû: 
on reconnaît d'emblée vm bon faneur. | oo-z 
éise déi tote petite fénâuzè : vous êtes de 
très mauvaises faneuses. 

fénô, s. m. Débris de foin qui reste sur le 
pré après qu'on a chargé un char. | ô mé le 
fénô de le hlorâi : on met le débris de foin 
dans \ç, fleur ier. |1 Débris qui reste sur un 
pré après que le fumier y a séjourné un cer- 
tain temps. I fô alâ ramasâ le fénô : il faut 
aller ramasser les débris du fumier. — Cf, 
ésë. 

férè, V. a. Faire. | léi fâ rë tye férè : 
il lui est égal quoi faire. | m'a pâ tréztï dé 
le férè : il ne m'a pas plu de le faire. | ta 
bë ke ne fasâ, né zamé kôtPta : si bien 
que nous fassions, elle n'est jamais contente. 
\léi-y a féré férè ; il y a faire et faire. | né 
pâ le to tyé dé derè, fô asebë férè : ce n'est 



FER 



195 



FES 



pas tout que de dire, il faut aussi faire. 
\léi-ij a bè a fér'oii dsiùa dé mât ; il y a 
bien à faire aujourd'hui (il est difficile de 
vivre en notre temps). | l -à prou a fèr'a bali 
le twa : ils ont bien à faire à donner le tour 
(à nouer les deux bouts). | sâvô pu J'ére por 
avéi 6/ié : ils ne savent pas s'y i)rcndre pour 
arriver à posséder (juelque chose. | von. pu 
fére prâû: il n'a pas pour longtemps à vivre. 
\l-afé sÔ tê : il a fait son temps (il n'a plus 
qu'à mourir). | fére le nuvâ : faire le mort. 
; éi fâ la Ixânma: il fait l'écume (l'écume lui 
sort de la bouche). | férôna sâi/è : suer 
fortement. | se J'â lé réfresô, se fa rédcèr- 
dzeli : cela fait frissonner. || fére déi de a-n 
n pïTio : casser des dents à un peigne. Wfére 
Vékûla : donner des leçons à l'école, être 
maître dans une école. || fére tsemëmanâire 
po léi-y arevâ : user de tous les moyens pos- 
sibles {(vv. faire chemin et manière) pour y 
arriver. || fére le pâlo : faire la chambre du 
ménage. | fére déi oen'è tàlso : cultiver des 
vignes à forfait. | fére don bê a l'ami, a 
veholâ : cultiver un bien fonds à moitié fruit. 
\fér'5 bê : prendre, avoir une ferme à bail. 
Ifére butséri : tuer un porc, un bœuf ou 
une vache et préparer la viande pour la con- 
server. I fére la bni/a : faire la lessive. 
férôna koryà : faire une corvée. | fére 
d'éfolè : faire l'effeuillaison. | fére lé siîi/è : 
faire les repas. | fére s5 trê : faire aller son 
ménage. j| m'è vé vito ié fére 6k' a bâirè. — 
fadréi pâ savéi tije féré, vëno dé gûtâ ."je 
vais vite te préparer quelque chose à boire. 
— Ce n'est pas la peine, (frv. // ne fandrait 
pas savoir qne faire), je viens de goûter. 
\\ no fâ nûhrô fémé : il nous procure notre 
fumier. | no fare dna tôla soma : il nous 
procurera une telle somme. | l-é apréi fére 
sa sepa : elle est en train de faire sa soupe. 
Ifére pê méitë : faire de moitié. || ne farâ 
bë dé no kuli : nous ferions bien de partir. 
Wfére rë tyé dé: ne faire que ; se dit en 
parlant d'une action prolongée. | fà rè tyé 
dé plorù : il ne fait que pleurer. | faséi rë 
tyé dé le tsekani : il ne faisait que le taqui- 
ner. I n'a rë fé tyé dé se moka dé no : il n'a 
fait que se moquer de nous. || fér'5-n ëfà : 
faire, mettre au monde un enfant. ] ne fâ 
tyé déi bésô : elle n'a que des jumeaux. | l-a 
ésâ fé€a tsalàdè : elle a été faite (elle est 
née) à Noël. | le dsiôa ke l-a fé sa petita : 
le jour qu'elle a mis au monde sa petite fille. 
\seréi gro damàdzo ke sa ëke fiise rés- 
tày'a féré : il serait grand dommage que 
celle-là fût restée à faire ; se dit d'une jolie 



et gracieuse petite fille. | la tsata von aselii 
fére lé peti : la chatte va bientôt chatter. 
Il Pr. se k'ô pou pâ fére dé plâ, 5 le fâ dé 
grâ. I fô adéi bë férè, ô pou tyisâ kâ o 
vâii. I A'â ô pou pâ fére kenië ô vâû, û fâ 
kemè ô pâii. \ kâ lé-z omo farô bê, lé 
lâivre prëdro lé tsë. \ si ke fâ se ke ne 
dâi, vëdre a Sf~ ke ne vudrâi.\ si ke fâ ôna 
potsè faréi bê 5 potsô. \ to te mé fâ, tô té 
fari. I to môné fâ g rasé. \ ke pâii, se fâ. 
Il Suivi d'un infinitif, précédé ou non de la pré- 
position a. I fér'èradzi : taquiner, tourmen- 
ter. I fér'èradzi ô-n êfâ : lutiner un enfarit. 
Ifér'èdévâ : tourmenter. | no fâ ta a rire : 
il nous font tellement rire. | l-â fé a fosérâ 
Ion venè : ils ont fait fossoyer leurs vignes. 
\oofù alâfér'a kwéir'éi pivë : d vous faut 
aller faire cuire le manger des porcs. | On 
dit fére férè et aussi fér'a férè. \ se fâ fére 
déi solâ : il se fait faire des souliers. | lé 
von so ôko fera fér'a si krûyo kordani ? 
les feras-tu encore faire à ce mauvais cordon- 
nier? Il Réfl. m'ê siï ta fête mô : je m'en 
suis/a/7e si mal (j'en ai eu si grand pitié). 
\s'é fête mô: elle s'est /hiVe mal. | airé le vè 
é l'èrdzê, Ô se fâ déi bô-z a/ni : avec le vin 
et l'argent on se fait de bons amis. | léi se 
fé déi tsCize k'Ô ne sa pâ : il s'est fait là des 
choses qu'on ignore. | se sô fé kriyâ apréi : 
ils ont fait mal parler d'eux. | te té von 
prou fére tyâ awé si mésè bâû : tu ne man- 
queras j)as de te faire tuer par ce méchant 
bœuf. Il Impers, fâ grâ frai : il fait très 
froid. I fâ tsô a katsÔ : il fait chaud en 
cachette (sans que le soleil luise). | faréi héi 
vërè : il ferait beau voir. | séi fâ bô vivre : 
il fait bon vivre ici. | mé fà mode li : il me 
fait mal (j'ai pitié) de lui. j lé ivârbe ke 
faséi sosa : les instants pendant lesquels il 
cessait de pleuvoir. || se fâ : si fait. | nefâ: 
non pas (anc. fr. non fait). | te léi-y ondréi ! 
— ne fâ: tu y iras ! — Non pas. | se na pâ 
bô gn. — se fâ: cela n'a pas bon goût. — 
Si fait. I se l-é dês'é pâ ôtramè. — nefâ, 
n'é pâ (lèse : cela est ainsi et pas autre- 
ment. — Non pas, ce n'est pas ainsi. 

fésè, s. f. Bord supérieur, formé d'osiers 
tressés d'une corbeille, d'une hotte. | la fése 
dé ma Iota l-é tota breza : le bord de ma 
hotte est tout gâté. || Clisse d'une bouteille. 
|a-Ô kemûde lé damedzâne ke l-â la fésè: 
elles sont commodes, les dames-jeannes qui 
sont clissées. 

fési, v. a. Tresser le bord supérieur d'une 
hotte, d'une corbeille. | éi fése mô lé lotè : 



FË 



196 



FE 



il fait mal les bords de hottes. || Glisser. 

I ona botole fésa : une bouteille clissée. 

fésIP, s. m. Festin. | fa tT le-z S Ô féstè 
j)0 se réi'ërè : ils font chaque année un festin 
pour se rég-aler. 

fésii, s. m. Fétu. | û fésû dé paie, dé 
pipa : un fétu de paille, de pipe. 

fésa, s. f. Forte averse, lavasse. | l-é fsecii 
ona grôsa fésa de plodzè ke rie se to mû : 
il est tombé une forte averse, nous sommes 
tout mouillés. 

févrâi, s. m. Février. | le inéi dé févrâi 
l-é le méi éi Isa : le mois de février est le 
mois aux chats (par suite, un mois fatal aux 
mariages). |1 Pr. févrâi l-é méitiji ôvrài, se 
né a premi, l-é a dèrâi. | se févrâi ne fé- 
vrûlé, ma é avri méinéro grâ hrwi. \ se 
févrâi ne févnllè, ma l-ènûyè. \ kâ toun'ou 
méi dé févrâi, fo porta lé bosé ou giirnâi. 
\lé fâve dé févrâi f à trèblâ lé solâi. 

févrotâ, V. n. Faire un temps de février, 
pluie, vent et neige; n'est usité que dans le 
prov. : se févrâi ne févrotè, se trouve nul 
ke mormoté. 

févrûli, V. n. Faire un temps de février; 
s^n. du précédent. | févrûle bè sti-y à, déi 
fér'ô gale fiiri : le mois de février est bien 
mauvais celte année; le printemps sera bon. 

II Pr. se févrâi ne févrâlè^ ma è avri méi- 
néro grâ brwi. 

féyè, s. f. Fée. | mè fudréi proa ona biina 
féyè po m'éidyi a fini sosè : il me faudrait 
bien une bonne fée pour m'aider à finir ceci. 
Il la grota éi féyè : la grotte aux Fées, grotte 
dont le souvenir s'est perdu et que M. Cere- 
sole, dans ses Légendes des Alpes van- 
doises, identifie avec la grotte aux Sarrasins, 
au-dessus des Chevalleyres. 

fë, s. m. Fer. | doiifëfodu: de la fonte 
de fer. | don fë fwârdzi ou fordzi : du fer 
forgé. I ô fë dé tsavô : un fer à cheval. 
I déi fë a lèse : des fers à glace (pour les 
chevaux). | ô fë a tavelÔ : un fer à tavil- 
lons, sorte de couteau dont le manche forme 
angle droit avec la lame et qui sert à faire 
les bardeaux. | déi fë dé tavelenârè : fers 
dont les couvreurs se servent pour marcher 
sur les bardeaux. | mètre déi fë a-n ena 
liidzè : mettre des lames de fer sous les se- 
melles d'une luge. \ déi fë a breséi : des 
fers à briceleis, un gaufrier. | ô fë a bwâisè, 
Ô fë a tsèrbo : un fer à boîte, un fer à char- 
bon ; se dit de l'ancien et du nouveau fer à 



repasser. | se l-é bô po le vîlo fë : cela est 
bon à mettre au vieux fer. || Fig. si-l omo l-è 
dé fë: cet homme est de fer. j 5-n é kemr 
d'adéi, todoulô ô fë ke lotè : on est commo 
toujours, toujours un fer qui loche (réponse 
à une personne qui demande comment va la 
santé). I Isezi lé katro fë è Vèr : tomber les 
quatre fers en l'air. || don bu dé fë : du bois 
de fer, du bois d'if. || Pr. fô batre le fë tâdi 
ke l-é tsô. \ murale d'ivë, murale dé fë. 

fërapwë, s. m. Ferre-porc, synonyme de 
manê. Voir ce mot. 

fè (1), s. m. Foin ; herbe à faucher ou 
déjà fauchée, mais non séchée. | le fë grâ : 
le foin gras, le foin qui croît dans un pn- 
qui a eu de l'engrais. | don fè renalii : du 
foin qui a crû dans des terrains marécageux, 
où il y a des grenouilles. On ne Ventonir 
pas, afin que la rosée lui fasse perdre son 
odeur. || Avec ellipse de fè : fére lé bo, fèi-r 
lé râ ou mégro : faire les bons (première r('- 
colte ; syn. grâfê), faire les rares ou mai- 
gres, c.-à-d. les foins que, sur les monts, l'on 
retire des terrains non fumés. || avéi ô gn) 
fè: avoir un gros (beaucoup de) foin. | aV/// 
dou fè : faucher de l'herbe pour en faire du 
foin. I avéi don fè bâ : avoir du foin fau- 
ché, mais non séché. | gerèrnâ don fè : soi- 
gner du foin sur place, c.-à-d. l'étendre, en 
ayant soin qu'il soit au soleil, le tourner et 
le rassembler en foules ou wèlamo. \ lési /r 
fè ésë : laisser le foin étendu (pour la nuit). 
I le fè l-a ésâ batii : le foin a été battu (il ;i 
re(;u la pluie). \\ fô prèske robà le fè: il 
faut presque voler le foin ; se dit lorsque la 
pluie survient au moment de ramasser le 
foin bien sec ; il faut alors tellement se hâter 
qu'on travaille comme si on le dérobait. || fi 
le të dé : monra serTzè, hlor^e rezè é parr 
fè : il fait le temps de : mûris, cerise ! fleu- 
ris, raisin ! et pourris, foin ! se dit lorsqu'il 
y a des alternances de soleil et de pluie. || ahi 
niedzi le fè : aller manger le foin. | ne rë 
medzi le fè : nous allons manger le foin ; se 
dit lorsqu'en hiver on conduit le bétail dans 
les chalets pour lui faire manger une partir 
du foin de l'année. || léi-y are du-z à a ston 
fè ke se sô maryâ : il y aura deux ans à la 
prochaine époque des foins qu'ils se sont 
mariés. || Pr, fë dé tsô, fè dé mô. \ anâyr 
dé fè, ânâye dé rë. \ léi-y are zamé prou 
paVé prou fë po Mûre la gwârdz'éi nv'i- 
dezë. I Ica tonne damô, préiza dé fè. — 
Cf. bô, râ (1), réktoâ. 

fè{i), s. f. Fin. I fér'ôna bala, oni pe- 



FEF 



i97 



FIK 



tita fë: faire une belle, une petite fin, bien 
ou mal terminer sa vie. | a la fè déi fè : à la 
Hn des fins, à la dernière beure, en fin de 
compte. I fë èâoyé : à la fin de janvier. 
Ifarô la fëke piiro: ils [les légumes] feront 
la fin qu'ils pourront ; se dit de choses qui 
peuvent souffrir par manque de soin. | n'a 
né fë né séisa : il n'a ni trêve ni repos. 
Il Pr. tôla vii/è, tola fë. \\ Nom de lieu, la 
fë: La Fin, g'rande étendue de prés au nord 
des Chevalleyres. 

fè {'X), fina, adj. Fin, fine. | o fè bolco : 
un fin morceau. | déi fë karakiërè : de fins 
caractères d'impression. | ô fë konesûii : un 
fin connaisseur. | ô fè nièrlo : un fin merle, 
homme sur lequel on ne peut compter. || l-é 
fë su: il est fin ivre. i| Extrême. | le fë 
méitë : le fin milieu. | le fë vevô : le fin 
bord. I le fë frelë bé: \oiT frelë. | le fë 
kutso don serezi : la plus haute cime du 
cerisier. || Substantivement, ô ta fè, ôna iota 
fina: un tout fin, une toute fine. 

fëdë (frv. fendant), s. m. Plant de vigne, 
le meilleur dii pays, dont les grains pressés 
entre deux doigts, ne s'écrasent pas, mais se 
fendent. | don rjrô fèdè : du gros fendant. 
I ôna vene dé fëdë : une vigne de fendant. 
\déi rezë dé fëdë: des grappes défendant. 

fëdisè, s. f, Légère fêlure d'écuelle. | men 
ékwèla l-a ôna fëdisè : ma tasse a une pe- 
tite fêlure. 

fëdrè, V. a. Fendre. | lé-: omo sÔ a fè- 
ilre don bu : les hommes sont [occupés] à 
fendre du bois. | fëdo déi prâûjne po lé 
métré sétsi sii ô là : j'ouvre des prunes [et 
j'en ote le noyau] pour les mettre sécher sur 
une planche. | le tenëro l-a fëdii le noyë 
dé vè la f retiré : la foudre a fendu le noyer 
[qui est] près de la fruitière. \ fëdre la 
brotsè : faire mouche au tir. | éi dzâl'a 
pi/ëre fëdrè : il gèle à pierre fendre. || Réfl. 
ë se fèdè, si bu l-a éhlètà : en se fendant, 
ce bois a éclaté. |1 Neutre le bu tëdro fë nil 
tijé le bu du : le bois tendre se fend mieux 
que le bois dur. | si bu fë kemë de l'alâ : 
ce bois se fend comme un gland (très facile- 
ment). I le bô bla fè fasilamë : le bon 
[raisin] blanc se fend facilement. || la téisa 
tné fë : ma tête se fend. 

fèfinô-ôda, s. m. et f. Finaud d'une force 
particulière. | ô le réi rë tyé a sa mena ke 
l-é ô fèfinô : on le voit rien qu'à sa mine 
qu'il est un fin finaud. 

fëlèr, s. m. Celui qui se meut, qui court 



avec une vélocité extraordinaire, litt., qui 
fend l'air. \ l-é si ke l-é ô fëlèr : c'est 
celui-là qui brûle le pavé. | déi fëlèr : des 
gens très vifs. 

fêta, s. f. Fente, fêlure, déchirure. | s'é 
féCôna pusëla fêta a sa roba : elle s'est 
fait une immense déchirure à sa robe. 

Ji (1), s. m. Fil. I don Ji relira : du fil 
retors. | dou Ji dé kordani : du fil de cor- 
donnier, du ligneul. | alâ dréi Ji : couper, 
coudre entre deux fils. \\ Ôfi a rât/i lé tsapô : 
cordeau tendu par deux piquets qu'on fiche 
en terre à chaque extrémité, et le long duquel 
on fait une raie, afin d'avoir l'alignement 
pour planter les ceps de vigne | bali le JI a-n 
ena lama : ôter le fil à une lame. |1 Fig. bali 
dou fi a rétwudrè : donner du fil à retordre. 
Il la sâdzeféna n\i pà oublâ dé léi tali le 
Ji de la lëwa : la sage-femme n'a pas oublié 
de lui trancher le filet de la langue (il a la 
lanffue déliée, il parle vite et beaucoup). || ô 
fi d'éiwè, dé farna : un filet d'eau, de 
farine. || dou fi dé fë : du fil de fer. || ô fi dé 
sèrpè : un fil de serpent, une libellule. 

y7.' (2), int. Fi! On dit à une personne 
qu'on méprise, en lui présentant une main 
dont l'index et l'auriculaire étendus simulent 
une paire de cornes '.fit lé kwnrnè ! fi ! les 
cornes ! C'est une grosse injure. On peut le 
dire aussi à un enfant, mais alors le geste 
n'accompagne pas la parole. 

Jîdélo-a, adj. Fidèle. 

Jidijurà [se), v. r. Se figurer. \Jidijura té 
vûi ke l-àme ml krévâ dé fa pesû tyé dé 
travail : figure-^e voir qu'il aime mieux cre- 
ver de faim plutôt que de travailler. 

Jif} {hv.fifer), v. a. Boire beaucoup. | l-é 
si ke n-èpoujifà dou vë : c'est celui-là qu 
en peut flùter, du vin. | éi Jif 'a la barelè 
il fife à la barille. 

Jifàrè, s. m. Celui qui aime à boire. 

fifre, s. m. Joueur de fifre, de clarinette. 
\li, l-éséi fifre de la miizika : lui, il était 
fifre dans la musique [militaire]. — Cf. 
hliitô. 

figa, s. f. Figue. 

figèii, s. m. Figuier. | séi-y a ôko kùke 
figâi, ma pu dé figé .• il y a encore ici quel- 
ques figuiers, mais peu de figues. 

fikà, v. n. Faire le petit-maître, j éi fike 
bë : il fait bien le petit-maître. 

fiksà, v. a. Fixer. | fiksùvôna toVâiira : 



FIS 



— 198 



FOL 



11 fixait une telle heure. || Par ext. Vé Jiksâ 
tâke ke l-ôse hléinà lé zè : je l'ai regardé 
fixement jusqu'à ce qu'il ait baissé les yeux. 
\fi/é ke t'a a mé fiksâ kosè : pounjuoi me 
reg-ardes-tu si fixement ? 

fikso-a, adj. Fixe. 

fila, s. f. File. | alâ dé fila : aller à la 
file. Il fére la fia : faire la chaîne pour 
passer l'eau dans les incendies. | alâ a la 
fia : se mettre à la chaîne. 

flâ, V. n. Filer, s'enfuir. | l-a fin k'ô 
Va pâ réyii : il a filé, on ne l'a pas revu. 
Iflâv'a travë lé tsa : il s'enfuyait à travers 
champs. | fé viï prou fére flâ.']ç. vais te 
faire filer ! 

flii-iita, s. ni. et f. Filou, voleur-euse. 
flutn, V. a. Filouter. 

fnamè, adv. Finement. | traoale prou 
fnamè dé se dâi : elle travaille assez fine- 
ment de ses doigts. 

fnâlamç, adv. Finalement. | fnâlaniê, 
l-a bè le drûi dé bali so bê a ko vâii : fina- 
lement, il a bien le droit de donner son bien 
à qui [il] veut. 

fnasè, s. f. Finance. 

fnésè, s. f. Finesse. | l-a prou fnése kâ 
vâu : il ne manque pas de finesse quand il 
veut. I l-é ta plë dé fnésè : il est tout plein 
de finesses. 

fini, V. a. Finir, achever. | rriê vii té fini 
se : ]e, te finirai cela. | Ôna tsâropa fna : un 
paresseux achevé. || Réfl. se se voit f ni, se 
te le treviine ta : cela va finir de se gâter, si 
tu le tirailles tellement. |I V. n. Finir, ces- 
ser. I se n'ë fine pâ : cela n'en finit pas. 
\si-l omo rou mô fini: cet homme finira 
mal. I à so asetû fni dé dévezâ ? as-tu 
(auras-tu) bientôt cessé de parler? | te ne 
vou pàfni? tu ne veux donc pas cesser? 
I vou prou fini pè to frézâ s'ô léi mé pâ 
ôn'aréisa : il va finir par tout fracasser si on 
ne lui met pas un frein | mé fudre bè fni 
dé fosérâ : il me faudra bien achever de 
fossoyer. | fneso déma : ils finissent de- 
main. I vulô pâ fni ivâi : ils ne finiront 
pas aujourd'hui. — Cf. plèkâ. 

fiselç,, V. a Ficeler. 

fséla, s. f. Ficelle. | yô kemë de la krûye 
fséla : fort comme de la mauvaise ficelle, 
c.-à-d. peu fort. 

fsu, s. m. Fichu. | s'é adzetâifô béi fisii: 
elle s'est acheté un beau fichu. 



fîvra, s. f. Fièvre. | l-a gro dé fïvni : 
il a beaucoup de fièvre. | l-a ôna fîvra d»^ 
tsavô : il a une fièvre de cheval. | la flvm 
l'a réprâi : la fièvre l'a repris, jj la fïvrd 
dou laséi : la fièvre du lait. | la fîvra 
tsoda: la fièvre chaude (délirium tremens). 

fléç, s. m. Fléau, malheur. 

foksiya, s. m. Fuchsia. 

fiitènè, s. f. Futaine. | lé maso pwûrto tî 
de la fliitènè : les maçons portent tous de la 
futaine. 

fiitô, s. m. Joueur de flûte, flûtiste. | lé 
flûto dzeyîvâ ou préidzo lé-z àtro ku par 
akôpani le tsa : les flûtistes jouaient à l'é- 
glise autrefois (encore au commencement du j 
dix-neuvième siècle) pour accompagner le j 
chant. — Cf. /dota (1). 

fia {ïrv.fat), s. m. Plante de marais qu'on 
récolle dans la plaine du Rhône, près de 
l'embouchure du fleuve, pour en faire de la 
litière. | séyi, ramasâ dou fia : faucher, ra- 
masser du fat. ' — On dit aussi Ida ; cf. 
mare, hlàtsè. 

flâska, s. f. (vieilli). Flasfpie, poire à pou- 
dre. — On disait aussi hlûrtsè. 

flâna, V. n. Flâner. 

flémè, (frv. femme), s. f. Flegme; fig. 
abattement, lassitude. | l-é la flème irai : 
je me sens très las aujourd'hui. 

flènèlè, s. f. Flanelle, j o koneséi pâ la 
flènèlè lé-z ôtro yâdzo ; Ô s'ë portâve pâ 
pie mo por to se : on ne connaissait pas la 
flanelle autrefois ; on ne s'en portait pas plus 
mal pour tout cela. 

folâ, v. a. (peu usité). Fouler. || Réfl. s'é 
folâ : il s'est épuisé en travaillant. | s'é pâ 
folâyè : elle ne s'est pas foulée ; se dit d'une 
personne paresseuse. 

folirè, s. f. Foulure. | ôna folire n'e pâ 
ase krûye tyé ôn'ëtivâsa : une foulure n'est 
pas aussi grave qu'une entorse. 

folasi (1), V. n. Faire provision de ramée, 
de feuillards. | n'oudrê folasi dû midzwa : 
nous iron^ faire provision de ramée depuis 
midi. Les gens ne vont plus folasi, et le mot 
est vieilli. 

folasi (2),v. n. Se dit du bruit que font 
les feuilles sèches quand on les remue. \lé 
foie sô bune sétsè, éi folasô bë : les feuilles 
sont très sèches, elles bruissent bien, [j Par 
ext., crépiter, en parlant de l'électricité qui se 
dégage d'un corps. | la fyûse de la modze 



FOL 



— 109 



FOR 



folasTre keniè don papni : la cuisse de la 
génisse bruissail comme du papier. — On dit 
».\x%%\ folaiii . 

folasô, s. m. (vieilli). Feuillard, ramée. 

I lés ôtro ku 5 faséi déi folasô dé fràno 
po lé isîvrè, ma ora 5 ne fà rè nié ; tote 
lé biine miîde s'ê va : autrefois on faisait 
des feuillards de frêne pour les chèvres, mais 
à présent on n'en fait plus; toutes les bonnes 
modes disparaissent. 

folatà (1), V. a. Feuilleter. | l-ava folatà 
■sé papûi : ils avaient feuilleté ses papiers. 

folatà (2), V. n. Syn. defolasi (2). 

folâdzo, s. m. Feuillage, verdure des 
arbres. | si-l âbro l-a 5 béi folàdzo : cet 
arbre a un beau feuillage. | métè no a Vô- 
1)1-0 dé si folàdzo : mettons-nous à l'ombre 
de ce feuillag-e. 

folè (1), s. f. Feuille. | la foie doa tsâno 
é sa don tsasani ne pnnesÔ pà sa : la feuille 
du chêne et celle du châtaig-nier ne pour- 
rissent pas facilement. | lé serez i l-à déi 
Joie rîbâijè : les cerisiers ont des feuilles 
veinées. | de la foie dé grôblâ : de la feuille 
<de maïs, feuille qui sert d'enveloppe aux épis 
(cf. palésè). Il déi foie dé hlciii : des pétales. 

II ô ramâse la foie po dou sosë : on ramasse 
la feuille [des arbres] pour [en faire] de la 
litière. || Pr. kà lé rûze sera hlapi/é, lé foie 
isedrô. \\ ona foie dé papûi : une feuille de 
papier. || Abs. ôna folè : une planche mince. 

folè (2) (frv. feuille), s. f. Effeuillaison. 
\la foVaprûtsè : l'efFeuillaison approche. — 
On dit le plus souvent éfolè. 

folè (3) s. f. Fouille. | yô la ma de l'omo 
Ji'a pâ travali, 5 pou fére déi foie sii s5 
ièrë : où la main de l'homme n'a pas tra- 
vaillé, on peut faire des fouilles sur son ter- 
l'ain. — On dit aussi fulè. 

folè, s. m. Feuillet. | ne té pu. ne fâ tijé 
dé veri lé folé dé sô lâivro: il ne lit pas, il 
ne fait que tourner les feuillets de son livre. 
■1 le lâivro déi valse l-é io pè folé : l'esto- 
mac des vaches est tout composé de feuillets. 

foli (1) {sé), V. r. Se garnir de feuilles, se 
feuiller, en parlant des arbres. | lé-z âbro 
sé folô ôê : les arbres se feuiilent bien. | si 
èke s'é pâ ôko foli : celui-là ne s'est pas 
encore feuille. 

foli (2), V. a. (peu usité). Fouiller. | l-n béi 
zou foli, na rè trovâ : il a eu beau fouiller, 
il n'a rien trouvé. — On dit aussi fuli ; cf. 
funâ. 



folii, adj. Feuillu-e, folié-e. | ou furi ka 
lé-z âbro sô béi folii, fâ ta. r/alé wéitiji dé 
si kôté : au printemps quand les arbres sont 
bien feuillus, il fait si beau regarder de ce 
(leur) côté. 

foradzi, v. a. (peu usité). Donner à man- 
ger du fourrage sec aux bestiaux. | né pâ 
ta fasilo dé bë foradzi : il n'est pas si 
facile de bien nourrir le bétail. — Cf. 
bala. 

fora, V. a. Fourrer, doubler. | fora dèi-z 
âlÔ : doubler des vêtements. | lé paijizS 
forô tote Ion tsôsè : les paysans doublent 
tous leurs pantalons (syn. droblâ). \\ Mettre 
une couverture (frv. fourre) à un livre. | kâ 
n'alâvâ a l'ékûla, ne forâvà nûhré lâivro 
au'é lé vïlo partsemê de la méizÔ : quand 
nous allions à l'école, nous couvrions nos 
livres avec les vieux parchemins de la mai- 
son. — Cf. fiirâ. 

forâdzo, s. m. Fourrage. | sou dzê l-â ô 
grô forâdzo : ces gens ont un gros fourrage 
(beaucoup de foin). 

fordzi, V. a. (mot nouveau). Forger, j ne 
fordzô tijé a me mô : ils ne forgent qu'à peu 
près. — V'oy. le syn. fwârdzi. 

foré (1), s. m. Foret. — On dit aussi /«rc'. 

foré (2), s. f. Forêt. Ce mot, qui a rem- 
placé dzâii, est cependant peu usité ; bu est 
presque seul en usage. | l-a plâtâ ôna 
novala foré : ils ont planté une nouvelle 
forêt. 

foré (;J), s. m. Fane de pois, de fèves. 
I dou foré dé fâvè : de la fane de fèves. 
I ora k'ô ne plate prèske rë mé dé fâvè, ô 
na pâ ta dé foré : maintenant qu'on ne 
plante presque plus de fèves, on n'a pas tant 
de fane. 

forésâi, s. m. Forestier. | séi-i/ avéi rè dé 
forésâi lé-z ôtro ku : il n'y avait pas de 
forestier ici autrefois. | lé kumene sô bë 
dobledzè, ora, d'avéi déi forésâi é d'atyiltâ 
lé forésâi de l'éta: les communes sont bien 
obligées maintenant d'avoir des gardes fo- 
restiers et de se conformer aux ordres des 
forestiers de l'État. 

foréta. \"ar. de fonréta. 

fore (frv. forain), adj. et s. m. Non bour- 
geois ; membre temporaire, sans ayant droit 
(frv. membre à bien plaire) d'une société, par 
exemple d'une //•H?7/e/*(?. | lé fore n'a pâ le 
drâi dé vota : les non propriétaires n'ont 
pas le droit de voter. 



FOR 



— 200 — 



FOR 



forfelâ, V. a. Faufiler. | sa pâ pî forfelà 
ôna koudera : elle ne sait pas même faufiler 
une couture. | éi forfele to dé travë : elle 
faufile tout de travers. ]| Bâtir, assembler 
par un gros point les pièces d'un vêtement. 

\te forfeléréi tî son morséi èsêblo : tu 
assembleras tous ces morceaux ensemble. 

Il Réfl. Se faufiler. | se forfele todoulÔ 
pèrmi lé dzè por attjûtà se ke dijô : il se 
faufile toujours parmi les gens pour écouter 
ce qu'ils disent. 

forfelàdzo [ïvv. faufilagé). s. m. Action 
de faufiler. | lé réèâte fâ tî lé forfelàdzo 
déi felétè : les maîtresses d'école font tous 
les faiifilages des fillettes. || Assemblage 
d'étoffes par un gros point. | si forfelàdzo 
n'é pâ zûsto : ce faiijilage est mai fait. 

forfelirè (frv. fan fi lare), s. f. Faufil. 
\rémwâ la forfelirè : ùter le faufil. | kâ 
lé-z âlô l-â adéi la forfelirè, 5 di ke lé 
kozadâi ne s5 pà paiji : quand les vêtements 
ont encore le faufil, on dit que les tailleurs 
ne sont pas payés. 

forfé, s. m. Forfait. | si èke l-a korné 
prou forfé, l-é zûslo ke séi piini : celui-là 
a commis pas mal de forfaits, il est juste 
qu'il soit puni. 

forhi, V. a. Forcer, efforcer, contraindre. 
\éi forhïvà tî lou tsavô : ils forçaient tous 
leurs chevaux. \fivârh'ô boko ta wë : force 
un peu ta voix. | Va forhi a travail kâ ne 
pwéi pà : ils l'ont contraint de travailler 
quand il ne pouvait pas. | l-a volii forhi 
dé tsèrdzi si tsë, épû s'é fé se: il a voulu 
s'efforcer de charger ce char, et puis il s'est 
fait cela. || Réfl. mé forhîvo dé bè férè, ma 
to po rê : je m'efforçais de bien faire, mais 
en vain, j no fô prou no firhi dé travail, 
kâbê lé fioârse léi sô pà : il nous faut bien 
nous forcer de travailler, quand même les 
forces n'y sont pas. | s'é forhi ë trii tra- 
oalë : il a fait un effort en travaillant trop. 
Il Neutre forhi de Véstoma : appuyer forte- 
ment avec la poitrine. 

forirè, s. f. Doublure. 

forma, s. f. Forme, moule. | ôna forma 
dé solà : une forme de souliers. | lé botô se 
fS de déi formé : les boutons se font dans 
des moules ; cf. mCino. 

formalità, s. f. Formalité, j lon-z a falii 
to plë dé formalità déva dé pwéi arëdzi 
lou-z aférè : il leur a fallu tout plein de for- 
malités avant de pouvoir arranger leurs 
affaires. 



formai izà (se), v. r. Se formaliser. 

forma, v. a. Former. | éi forme sô tsavâ 
ou boréi : il forme son cheval au harnais. 
Il Réfl. le kwâ déi-z ëfâ se form'ë venë 
grô : le corps des enfants se forme en gran- 
dissant. — Autrefois on disait : éi fivârmè 
(cf. porta). 

forma, adv. ou subst. désignant la façon 
de parler des étrangers. | éi déveze forma : 
il parle avec un accent étranger. 

formidàblo-a, adj. Formidable. 

fornalà, v. n. (vieilli). Ecobuer, enlever 
la couche superficielle d'un terrain et brûler 
les matières végétales qu'elle renferme (cf. 
forné), pour en faire un engrais. Ceci se pra- 
tiquait autrefois dans les terrains effrités, 
mais on y supplée aujourd'hui par les en- 
grais artificiels. | têke la plodzè, ne pwë 
pà fornalà wâi : voilà la pluie, nous ne 
pourrons pas écobuer aujourd'hui. 

fornalé, s. m. Dira. Aç, forné. Petite four- 
naise. I piske ne pâ détije fér'ô forné, ne 
farë tyé ô fornalé : puisque nous n'avons 
pas de quoi faire une grande fournaise, nous 
n'en ferons qu'une petite. 

fornatsô, s. m. Mauvais fournier. | ke ne 
no fal'avéi tyé si fornatsô po no burlâ 
nûhrô pâf qu'il nous faille n'avoir que ce 
mauvais fournier pour nous brûler notre 
pain ! 

fornâi-âirè, s. m. et f. Fournier-ière. j ô 
f ornai dé mâlô : un mauvais fournier. | lé 
fornâi sô pagi a rézô dé ta pè tgëlô : les. 
fourniers sont payés à raison de tant par 
quintal [de farine]. En outre, chaque femme 
leur donne une miche de pain quand elle /a/Y 
au four ; autrefois, on donnait la moitié d'un 
gâteau et la moitié d'un taillé (galette de 
maïs) à chaque fournée. | de si tè lé fornâi 
pwâ medzi tî lé dziôa don kuno : en ce 
temps-là, les fourniers pouvaient manger 
tous les jours du gâteau. \\ la fornâire l-é la 
féna don fornâi : la fournière est la femme 
du fournier. Mais au dix-huitième siècle il y 
avait des fournières de profession. 

forna, s. f. Fournée. | sali la fornâ : 
défourner. | medzi ôna fornâ : manger [le 
pain d'] une fournée. 

forné (1) (frv. fourneau), s. m. Poêle. | ô 
forné dé molasè, dé katalè, défë, dé fôta : 
un poêle de molasse, de faïence, de fer, de 
fonte. I lé-z otro gàdzo ô n'avéi tyé lé grô 
forné dé molase, k'ô tsoudâve dii l'osô é yô 



FOR 



— 2ai 



FOR 



o pwéi hurla lé fjiirnè, lé sèrnië, lé trô dé 
groblâ, le dzûino, le résô é to le débri don 
ha ; sou /orné l-avâ dna karéta yô 5 pioéi 
se sétâ po s'étsoudâ é y 6 lé vïlo pasâuâ la 
vêla ë ioukê, obè ë dzeyë ou merolé sii le 
/orné; 5 météi su si /orné 5 kusë dé pepè 
dé serïsè, k'ô pasàve lé mû, déco po s\'- 
fsoudâ : sou /orné l-avâ ôko ô katsepla 
1/5 léi météi tote sivârte d'a/ére dedë po 
lé teni ou Isa ; 5 léi katsîve le niedci po 
kà lé-c omo revenà dou bu é lé-z ë/à don 
kalesïmo : kà lé /orné l-Tra. bô, le katsepla 
ku'éisâi kernë su le /ii é /aléi /ère bë 
ntëho dé pâ léi burlà se solà ; sou /orné 
l-ïrâ ôko ta kenuldo po sétsi lés àlo mû 
é lé pyé déi peti-z è/à a-n ena kioârda k'ô 
nâv'éi krotsé déi kâro : se lé vTlo /orné 
pum dévezâ,n-è-n ara déi tsnz'a no rakôtû, 
lâil ke l-à /é dou bë a ta dé zénérasyÔ é 
ke l-â y a é odzii ta d'a/ér'outwa dé lâii. 
léi-y avéi bë asebë kôke béi /orné dé 
katalè awé tote swàrte dé potré ke l-amn- 
zâoâ bë peti é grô, ma sou /orné nîrà 
pâ ase tsô tyé sou dé molasè. /asâ tl vëtro 
lie le pàlo : ora d n'a rë mé tyé déi krûyo 
/orné ke s5 mïmamë le d'éihr'ase béi tyé 
sou déi-z âhû : autrefois l'on n'avait que les 
i^rands poêles de molasse qu'on chauffait de 
la cuisine et dans lesquels on pouvait brû- 
ler les souches de vigne, les sarments, les 
troncs de maïs, le marc de raisin, la sciure 
et tous les débris du bois. Ces poêles avaient 
une carette où l'on pouvait s'asseoir pour se 
chauffer et où les vieillards passaient la 
veillée en sommeillant ou bien en jouant au 
merolet sur le poêle. On mettait sur ce poêle 
un coussin de noyaux de cerises, sous lequel 
on passait les mains pour se chauffer. Ces 
poêles avaient encore un cache-plats dans 
lequel on mettait toute sorte de choses pour 
les conserver chaudes ; on y cachait le man- 
ger pour quand les hommes revenaient du 
bois et les enfants du catéchisme. Quand les 
jioèles étaient bons, on pouvait cuire dans 
le cache-plats comme sur le feu et il fallait 
faire bien attention de ne pas y brûler ses 
souliers (qu'on y mettait sécher). Ces poêles 
étaient encore bien commodes pour sécher 
les vêtements mouillés et les linges des petits 
enfants sur une corde qu'on attachait aux 
crochets des coins [du poêle]. Si les vieux 
poêles pouvaient parler, ils en auraient, des 
choses, à nous raconter, eux qui ont fait du 
bien à tant de générations et qui ont vu et 
entendu tant de choses autour d'eux. Il y 
avait (bien) aussi quelques beaux poêles de 



faïence avec toute sorte d'images qui amu- 
saient beaucoup petits et grands, mais ces 
poêles n'étaient pas aussi chauds que ceux 
de molasse. Ils faisaient tous ventre dans la 
chambre. A présent on n'a plus (pie de mau- 
vais poêles qui sont mêmement loin d'être 
aussi beaux que ceux des ancêtres. | métré 
le /u ou /orné : mettre (allumer) le feu dans 
le poêle. I métré le hotsâu é la bornéta ou 
/orné : mettre le bouchoir et la bornette au 
poêle. Il Pr. ne /à pâ mé dé /émale de la 
méizo tyé ke ne léi-y a dé /orné. 

/orné (2), s. m. Brûlis, feu allumé dans 
la campagne pour brûler les fanes des plantes 
et les mauvaises herbes. | ê-n outô 5 /à 
déi /orné d'èrha dé pome dé tërè : en au- 
tomne on fait des feux de fanes de pommes 
de terre. 

/orsenâ-âyê, s. m. et f. Forcené-e. \ sëbl'5 
/orsenâ : il semble un forcené. 

/osâii (frv./ossoir), s. m. Instrument ara- 
toire formé de deux branches en acier, paral- 
lèles, légèrement recourbées et terminées en 
pointes ; les gros bouts se réunissent en une 
douille qui reçoit un manche en bois. Cet 
instrument s'emploie princij)aleracnt au la- 
bour de la vigne. C'est une houe, mais un 
peu différente de celles dont on se sert en 
France ; personne, ici, ne songerait à l'ap- 
peler de ce nom. Comparez le terme de/o.v- 
souet ou /essou, appliqué dans le Berry à 
une houe triangulaire également employée 
pour la culture de la vigne. On appelle /osom 
mo (fossoir émoussé) un fossoir à 1er plein. 
Le fossoir qui sert au premier labour est 
plus grand que celui du reterç-age, qu'on 
appelle aussi bétsâii. \ raseri 5 /osâii : 
retremper un /ossoir. \ résà 5 /osâii : ral- 
longer les dents d'un /ossoir. \ lé payizà 
sàvô rë /ère se lou /osâii : les paysans ne 
savent rien faire sans leur /ossoir. \\ Travad 
fait avec le fossoir. | ne /are le bwèto apréi 
le /osâii : nous ferons le boiton après le /os- 
soir (quand nous aurons /ossoyé). \ ne pure 
asetû /ère le résa dou /osâii : voir résa. 

/ortena, s. f. fortune. | n'ë porta pâ déi 
/orlena ne pâ savéi tye n-ë /érè : nous 
n'avons pourtant pas des fortunes à ne pas 
savoir qu'en faire. || Pr. lé-z omo tsèrtsô 
/ortena, ma l-é éi/eVa s'ê wèrdà. 

/ortenâ-âyè, adj. Fortuné-e. \ sô pnrdine 
pâ ta /ortena : ils ne sont parbleu ! pas si 
fortunés. — Cf. ë/ortenâ. 

/orti/ya, v. a. Fortifier. 



FOS 



202 



FOT 



fortifiè-èta , adj. Fortifiant-e. 

fortsatâ, s. f. Fourchetée. 

fortsârê, s. m. Fabricant de fourches. 

fortsenà, v. a. En parlant du foin ou des 
g-erbes, les soulever avec une fourche ou un 
fourchon et les mettre sur un char ou sur 
la tèche de la graniç'e. j l-é tsezû ë fortsenë 
dou fè : il est tombé en soulevant du foin 
avec une fourche. | fortseno loii dzêrbè : 
ils lèvent leurs gerbe avec un fourchon. 

fortsè, s. f. Fourche. | 6na fortse dé bit, 
dé fè : une fourche en bois , en fer. | la 
fortse l-a tré ou katro bé : la fourche a trois 
ou quatre dents. | léi-y ë-n a ke vïrô le fè 
awé la fortsè : il y en a qui tournent le 
foin avec la fourche. | po tsèrdzi ô tsë dé 
fè, fô dna fortse dé fè : pour charg-er un 
char de foin, il faut une fourche en fer. || Pr. 
se ke lé péire rapértso awé le raséi, lé-z 
ëfâ rëpâtsô aivé la fortsè. \\ F. pi. Four- 
ches patibulaires, gibet. | le poijé déi fortsè : 
la colline des Fourches, appelée aussi le 
Chemin du gibet, près de Villars. Vers le 
milieu du dix-neuvième siècle on y voyait 
encore quelques vestig-es de la potence. 

fortséla (1), s. f. Fourchette. | ne medzérè 
awé la fortséla ke la niéire nos a fé : 
nous mangerons avec la fourchette que la 
mère nous a faite (la fourchette du père 
Adam). 

fortséta (2) (frv. fourchette), s. f. Vrille 
des pampres. | lés ëfâ medzô lé fortsét'ë 
rébyolë : les enfants mangent les vrilles en 
rebiolant. \ léi-y a pâ rë tyé la vene ke 
l-ôse déi fortsétè : il n'y a pas que la vigne 
qui ait des vrilles. 

fortsô {ïrv. fourchon), s. m. Fourche à 
deux dents. | lé fortsô l-â déi grà rnâdzo : 
les fourches à deux dents ont de longs 
manches. | l-é awé lé fortsô k'ô fortsenë 
lé dzêrbè : c'est avec les fourchons qu'on 
soulève les gerbes. 

fortsii-iii'a , adj. Fourchu-e, bifurqué-e. 
I Ô-n âbro fortsii : un arbre fourchu (cf. 
bési). Il Fig. ô mo fortsii : un mot faux ou 
mal prononcé. 

fortsa, s. f. Fourchée. | ô ne pou adéi 
prèdre tyé ôna fortsa apréi Voira : on ne 
peut jamais prendre qu'une fourchée après 
l'autre ; fig. on ne peut jamais tout faire à la 
fois. 

fosala, s. f. (vieilli). Mamelle de la femme. 



I ôna bala, ôna pusèta fosala : une belle, 
une très grosse mamelle. 

fosé, s. m. Fossé. | lé payi dé môtarie 
n'a pâ fôta dé ta dé fosé : les pays de mon- 
tagne n'ont pas besoin de tant de fossés. 

foséta, s. f. Fossette. | sa fêle l-a déi ta 
galéze fosétè : cette fille a de si jolies fos- 
settes. 

fosforiskê, s. m. Se dit en plaisantant 
pour allumette. | Ô ne trouve pâ ô fosfo- 
riskê de sa méizô : on ne trouve pas une 
allumette dans cette maison. 

fosâirè, s. f. Pelle sur laquelle on étend 
la pâte pour les gâteaux. \ léi-y a déi grôs'é 
déi petite fosâirè ; il y a de grandes et de 
petites yteUesà. gàteau.T. \ lé fosâirè lédzïre 
sô lé pie keinûde po veri la pâsa sii la 
plèka : les pelles légères sont les plus com- 
modes pour tourner la pâte sur la plaque [à 
gâteaux]. 

fosérâi (hv. fossorier), s. m. Portion de 
terrain qu'un bon ouvrier est censé fossoyer 
en un jour, mesure ancienne de superficie 
non encore tombée en désuétude. Dans l'usage 
actuel, le fossorier ou l'ouvrier vaut 430 mè- 
tres carrés. | faléi katro fosérâi por ôna 
pûza: il fallait quatre ^/bssor/e/'s pour une 
pose. I le fosérâi né pâ le dé f ère le tsë 
sti-y â : le fossorier [de vigne] n'est pas loin 
de faire le char [de vendange] cette année. 
— Cf. ovrâi. 

fosérç (frv. fossoyer), v. a. Labourer la 
terre avec un fossoir. \ fosérâ ôna venè, Ô-n 
adu, ô tsâ : fossoyer une vigne, un carré de 
jardin, un champ. | ô ne pou fosérâ la vene 
tyé ô rë apréi Vôtro : on ne peut fossoyer 
la vigne qu'[en prenant] un rang après 
l'autre. | se ne pwè pâ ârâ, ne foséirérê : 
si nous ne pouvons pas labourer avec la 
charrue, nous nous servirons du fossoir. 
Il Pr. kà ô-n a dou niô a fosérâ, ô-n a bë a 
venèdzi. — Cf. rétèrsi. 

fosérâdzo, s. m. Premier labour donné à 
la vigne avec le fossoir (frv. fossoyage). 
\férô krûyo fosérâdzo : faire un mauvais 
fossoyage, c.-à-d. le faire par l'humidité. 
\se plë dyii, serô bô fosérâdzo : s'il plaît 
à Dieu, ce sera un bon fossoyage. 

fosérâyè, s. f. Action de fossoyer. (frv. 
fossoyée). \ ne fè ôna buna fosérâyè wâi : 
nous faisons une bonne, fossoyée aujourd'hui, 
nous la faisons dans de bonnes conditions. 
foieinasi. \av. de fuiemasi. 



FOU 



— 203 — 



FOB 



f'otî', aclj. ai. Fâcheux, désagréable. | se 
l-t^ bë fotë [xjr Ifiii : cela est bien désa- 
i^réable pour eux. — Cf. le suivant. 

J'ntri"', V. a. Terme bas et pris souvent dans 
un sens défavorable. Lancer, jeter, donner. 
I léi-y a fotii sô tsapéi pè la téisa : il lui a 
lancé son chapeau à la tête. | sou ke folô déi 
Lu dé pi im fi/ii s5 déi inolnéiso: ceux qui 
«lonnent des coups de pietl au derrière sont 
des malhonnêtes. | se li, le fotà de le giva : 
sans lui, ils le jetaient dans le bourbier, j no 
J'dtéi sô /•olô de lé pyôté : il nous jetait son 
yciurdin dans les jambes. ] n'ose pâ le mfdo 
lié folve viija son liêdré f na\e pas le mal- 
heur de jeter loin ces cendres! | l-Sfo/iï bn 
l<t méitiji dé loa prn : ils ont mis bas (fau- 
ché) la moitié de leur pré. | se léi foio pâ 
ôna potâ ! si je ne lui donne une gifle ! | léi 
Jotéi déi p(dâ ke se l-aldve hlêhlà se dé- 
hredâ : il lui donnait des soufflets [tels] (jue 
cela allait flic-flac sans cesser. | léi-ij à fotii 
sô sa : ils lui ont donné son cong-é. | Jo le 
Jotre fro : il faut le mettre à la porte. || foire 
le kâ : prendre la fuite, décamper. | l-a folii 
le kâ : il a décampé. | fo iné le kà dii pèr 
èh-è ! décampe à l'instant. |] Réfl. Se moquer, 
se gausser de. | mé foto pâ niô dé li : je ne 
me mo(]ue pas mal de lui. | se folô bè dé no: 
ils se moquent, ils se jouent de nous. 

Part, passé adj. : fotu, fotija. | Perdu-e, 
ruiné-e. [ sii ô-n omo fotii : je suis un 
homme perdu, ruiné. || mô fotu: malade, mal 
î\ son aise. | sii niô fotija wâi : je suis mal 
à mon aise aujourd'hui. { ô-n é mô fotii kâ 
ô poil pâ fére se-: afére se mlnio : on est 
mal à son aise, ennuyé, quand on ne peut 
])as faire ses affaires soi-même. îj Avec une 
nc'gation. | n'é pâ fotii dé se poi'tâ : il n'est 
pas capable de porter cela. | sii pâ fotii 
(l'aprèdve s(~, dezéi ô valoté a sa réèata : 
je ne suis pas f... d'apprendre cela, disait 
un garçonnet à sa maîtresse d'école. 

foulé, s. m. Tourbillon de feuilles sèches. 
i l'ûra fâ solévâ déi foulé : le vent soulève 
<les tourbillons de feuilles sèches. 

fourdalé, s. m. Dim. defourdâ. Petit ta- 
l)lier. I si peti l-a dékuseri sô fourdalé : 
cet enfant a déchiré son petit tablier. 

fourdâ, s. m. Tablier. ] ô fourdâ dé méi- 
Jiâdzo : un tablier de ménage, grand tablier 
de grosse toile. | ô fourdâ dé venèdzé : 
tablier vert que les hommes portent au temps 
des vendanges. | ô fourdâ a bavéréta : voir 
havéréta. \ ô fourdâ a droble fatè: voir 



droblo. il lé bune paijizUne ne va humé sÔ' 
fourdâ : les riches paysannes ne sortent 
jamais sans tablier. || prëdre le fourdâ blâ : 
prendre le tablier blanc (faire de la pâtis- 
serie). Il l-a to de sô fourdâ ë se maryë : 
elle a tout dans son tablier en se mariant ; 
se dit d'une orpheline, en possession de toute 
sa fortune. || l-a ètérâ sen ëfâ déco sô 
fourdâ : elle a enterré son enfant sous son 
tablier (après en avoir perdu un, il lui en 
est né un autre). || Pr. se léi va kemë ô 
fourdâ a-n ena tsîura. \ kâ ôna féniala pë 
sô fourdâ, sen omo l-é è damâdzo. 

fourdérâ, s. f. Contenu d'un tablier. | balT- 
v'ou jiatâi déi fourdérâ dé paie: elle don- 
nait au chiftbnnier des tabliers (pleins) de 
chiffons. 

fouréta, s. f. Dim. de fâiira. Petite taie 
d'oreiller ; petite couverture d'un objet quel- 
con(jue. I ôna fouréta dé lâivro : une pe- 
tite couverture de livre. — On dit aussi 
foréla et furéid. 

fmtsèrprno, s. m. Hêtre nain. | le fou- 
tsérpeno ne mÔte pâ, éi fâ déi bosô : n-ë-n 
a prâii ke fâ déi-z adz'awé : le hêtre nain 
ne s'élève pas, il forme buisson ; il y en a 
plus d'un qui en font des haies. 

foutsi. s. m. Manche de faux. ] mÔ fout si 
s'é trosâ (irëda la fo : le manche de ma 
faux s'est rompu tout près de la faux. 

foutsô, s. m. Hache de boucher, à deux 
tranchants. 
foui, s. m. (vieilli). Foyer. 
fo (1), s. f. Faux. I déi-ôtrè, ètsapla, 
molâ ôna fô : dégrossir, battre, aiguiser 
une faux. | ma fô se détë, fô la rétëdrè : 
ma faux se détend, il faut la retendre, j lé 
payi:â l-âmô bë lé fô tnarkâye d'ô sape : 
les paysans aiment bien les faux marquées 
d'un sapin (marque de fabrique). || mô pûro 
séitolô, moula ta fô, pii é mô, pu é mô : 
mon pauvre petit faucheur, aiguise ta faux, 
peu et mal, peu et mal ; sorte de cantilène 
qu'on chantait autrefois en fauchant avec des 
novices ; il y avait d'autres couplets qui se 
sont perdus. || le le de la fô : la fauchaison. 
|j Pr. kâ lé noie va davô, prë le kôvâi é la 
/'■>■ 

fô {•!), fosa , adj. l-'aux, fausse. ô fô 

frârè : un faux frère. , ô fô pâi : uu faux 

poids, ou de faux cheveux. , déi fôse pé- 

riikè : des perru(|ues. 

fôboréi, s. m. Kspècc de collier plat et 



FU 



t>04 — 



FOD 



doux, qu'on met sous le collier du cheval 
pour éviter les lésions, et dont on se sert 
beaucoup moins aujourd'hui qu'autrefois. 
I se n'avà pâ Qfoboréi, lé béise (Vnplâi sera 
déoorâye pè le boréi : si elles n'avaient pas 
un faux collier, les bêtes d'attelage seraient 
abîmées par le collier. — Cf. sa (I). 

fôbç, s. m. Faux bond. | no fâ lodoiûô 
fôbô: il nous fait toujours faux bond. 

fôfolé, s, m. Feu-follet. | ô véi prou sovè 
déi fôfolé su le sëmehïro : l'on voit assez 
souvent des feux-follets sur le cimetière. 

fôséro, s. m. Faussaire. | lé foséro n'a 
rè dé kôhèsè : les faussaires n'ont pas de 
conscience. 

fôsèblâ, s. m. Faux semblant, feinte. | féro 
fôsêblà : faire un faux semblant. 

fôsà, V. a. Fausser. || Réfl. le vis s'é fu- 
sa : la vis s'est faussée. 

fùséta, s. f. Fausseté. | ne rakôte rè iijé 
déi fôsétà : il ne raconte que des faussetés. 

fôta, s. f. Faute. | fére déi fùtè : faire 
(les fautes [d'orthographe]. | l-é bè sa fôta 
asebê : aussi bien c'est sa faute. | te léi-y 
oudréi se fôta : tu y iras sans faute. || Be- 
soin, nécessité. | se mé fà fôta : cela me 
fait besoin. | n'ë-n ê prou fôta : nous en 
avons bien besoin. | l-â ta fôta k'ô lou-z 
éidijâi : ils ont tant besoin qu'on leur aide. 
\fô pu se lési avéi f'da : il ne faut pas se 
laisser avoir besoin [du nécessaire]. | si 
fourdà l-a fôta dé référé : ce tablier a 
besoin d'être raccommodé. | sous âl5 l-â 
fôta dé lava : ces vêtements ont besoin d'être 
lavés. I a se fôta ke te medzé to-t ë-n ô 
ijâdzo ? est-il nécessaire que tu manges tout 
à la fois? I aréi se fôta ke te léi-ij àli ? 
serait-il nécessaire que tu y allasses? | n'a 
pu fôta dé ta. binélâ : il n'est pas néces- 
saire de tant crier. || Pr le bulÔ n'a pà fôta 
dé kwàrda po le mena. \ ô-n a sovë fôta 
d'à pie peti ti/é se. | na pà fôta dé vëre le 
notsé, n'a fijta tijé dé vëre le portsé. 

fo (1), s. m. Fond. | ô ne véi pà le fô don 
lé: on ne voit pas le fond du lac [Léman]. 
I^e €ïrâ pï ou fëfÔ don lé! si tu étais 
seulement au fin fond du lac (souhait ex- 
primé dans un moment d'exaspération) ! 
Il déi fô dé li : taies pour mettre la plume. 
Il veri Ô bosé fô su fÔ: tourner un tonneau 
fond sur fond (mettre le dessus dessous). 
I l-à teri bâ la méizô dé fÔ-t ë kôblo : ils 



ont mis bas la maison de fond en comble- 
I Fig. kâ ô koTie le fô déi tsûzé... quand 
on connaît le fond des choses... | te lâvéréi 
se a fô: tu laveras cela à fond. | oufô, 
ti/é ke léi-y a? au fond, qu'y a-t-il? 

fô (-2), s. m. Fonds. | fô fére dou fô a 
sa vene ke n'ë-n a rë : il faut faire du fonds 
à cette vigne qui n'en a pas. | l-a vëdii sô 
fô : il a vendu son terrain. 1| Fig. medzi sô 
fô awé SÔ revend : manger son fonds avec 
son revenu. 

fô (3), s. m. pi. (vieilli). Fonts. | sa piira 
sâdzeféna, l-a dyu alà li mima prézëtâ 
l'ëfâ su lé fô : cette pauvre sage-femme, 
elle a dû aller elle-même présenter l'enfant 
sur les fonts. 

fô (4), s. m. pi. Aphtes. | po lé fô, lé 
sàdzeféne ràhlô la lëwa déi peti-z ëfci 
awé ôna kuli d'èrdzë : pour les aphtes, 
les sages-femmes raclent la langue des pe- 
tits enfants avec une cuiller d'argent, 

fôda (i) (frv. fonde), s. f. Tronc, tige, 
partie de l'arbre comprise entre le réizi et 
les branches. | ôna fôda dé pérâi, dé 
pomâi : un tronc de poirier, de pommier. 
I lé fôde dé noyé se vëdÔ tsTrè : les troncs 
de noyer se vendent cher. | ô-n âbro a dii^'e 
fôdé : un arbre à deux tiges, un arbre four- 
chu (cf. bési). 

fôda (2) (frv. fonde), s. f. Lot, part. 
I ne farè tré fôdè : nous ferons trois lots. 
I ta fôda l-a ésà mélou tyé la màyè : ton 
lot a été meilleur que le mien. — Syn. lo. 

fôdasyô, s. f. Fondation. | la fÔdasyô 
de la f retiré : la fondation de la fruitière. 

fôda (1), v. a Fonder. | fôdà ô bâtimë : 
fonder un bâtiment. || Au jeu, carte qu'on 
retourne et dont la couleur emporte toutes 
les autres. | l-é fÔdâ tréfè: 'fai fondé trèi\e 
(trèfle est la triomphe). || Réfl. se fôdàve sii 
se ke te léi-y avà de : il se fondait sur ce 
que tu lui avais dit. 

fôdà {2) -à yê, part. adj. Sensé-e, raison- 
nable. I ô-n û prou pè sÔ réizenémë ke 
né pà fôdà : on entend bien par son rai- 
sonnement qu'il n'est pas sensé. | ôna fé- 
mala ke n'é pà fôdâyè : une femme qui 
n'est pas raisonnable. — Syn. sësà. 

fôdémë, s. m. Fondement. | lé-z âhâ 
savà fére déi méloa fôdémë tyé ora : les 
anciens savaient faire de meilleurs fonde- 
ments que [ceux que l'on fait] à présent. 



FOD 



205 



FOT 



Anus. 1 le fôdèinè léi xo : le fondeinent 
lui sort (cf. hivéi). 
fÔdéri, s. f. FoiKierie. 

fodrâirè, s. f. Fondrière. | lé fsemè d'urn 
ne sÔ r-P avë sou déi-c ôtro ijâd:o po lé 
J'ôdrâirè: les chemins d'à présent ne sont 
rien, comparés à ceux d'autrefois, pour les 
fondrières. 

fôdvela, s. f. Efloudrilles, résidu ou dépôt 
que laissent au fond du vase les huiles et 
les matières fondues, | Vûlo lèse grô dé 
fôdrela : l'huile laisse beaucoup de dépôt. 
\(t/é lie ne fa rê dé toi a sa fôdrela? que 
ferons-nous de tout ce résidu? — Cf. drâtsè, 
satsè {'i),fôdrel6. 

fôdrelô, s. m. .Même sign. (|ue le précé- 
dent. I iyè fôdrelô léi-tj a on fô dé sa mèr- 
mita: quelles eflbndrilles il y a au fond de 
<;ette marmite. | léi-ij a don fôdrelô de sa 
hotolè : il y a un dépôt dans cette bouteille. 

fôdrè, V. a. Fondre, dissoudre. | fôdre 
don. biiro, de lu grésè, de la péna : fondre 
du beurre, de la g^raisse, de la panne. | fôdo 
don siikro : je fais dissoudre du sucre. 
\mÔsu ti-ebu fô déi hlotsè : monsieur Tre- 
boux fond des cloches. |] fÔdre déi plô a 
tsalâdè : fondre des plombs à Noël. La fonte 
des plondjs était autrefois une opération qui 
demandait beaucoup de sérieux et qui inté- 
ressait surtout les jeunes gens. La veille 
de Noël, à minuit, une personne âgée ver- 
sait du plomb fondu dans autant de verres à 
demi pleins d'eau qu'il y avait de personnes 
dans le ménage. On cherchait à tirer de la 
forme que le plomb prenait dans l'eau des 
pronostics sur l'avenir de chaque membre de 
la famille durant la nouvelle année. L'ima- 
gination aidant, on y découvrait un berceau, 
un lit, un cercueil, une bourse, etc. |j Réfl. 
la grése se fÔ ou sélâiï : la graisse se fond 
au soleil. | se se vou pâ fôdre sii ta pu dé 
J'ii : cela ne se fondra pas sur un si petit feu. 
11 V. n. Fondre. \sêble lie l'èrdzè fô, ta éi 
s'ê va vilo: il semble que l'argent fonde, tant 
il disparaît vite. || fôdre sii kokô : fondre, 
foncer sur (pielqu'un. 

fôdijn (frv. fondue), s. f. La quantité de 
Leurre ou de graisse fondue en une fois. 
1 lé grô paijizâ fâ déi g rose fôdge dé biiro : 
les gros paysans fondent, à plusieurs re- 
prises, beaucoup de beurre à la fois. | fo 
■atêdre le sélâii po fére la fôdga, se se le 
■biiro ne sere pà bô : il faut attendre le soleil 



pour faire \n fondue, sans quoi le beurre ne 
sera pas bon, 

fôlxsi/enq, v. n. Fonctionner. H Abs. faire 
le service de lecteur et de chantre à l'église. 
\lé réèâ fôksijenô tote lé demêdzè : \eii 
maîtres d'école fonctionnent tous les diman- 
ches à l'église. I fôksyene bè : il (le même) 
s'acquitte bien de ses fonctions. 

fôksj/enéro, s. m. Fonctionnaire. 

fôksijô, s. f. Fonction, 

fôsgé, adj, m. Foncier. | Vepû fôsijé no 
tire bâ, a se ke dijô : l'impôt foncier nous 
ruine, à ce qu'on dit, 

fôsâ-àijè, adj. et s. m. et f. Foncé-e. | don 
bliifôsû : du bleu foncé. |1 porta dou fÔsâ : 
porter du foncé, se vêtir d'étoffes foncées. 
I lé vTle féniale ne pwârtô rë tyé dou fÔsâ : 
les vieilles femmes ne portent que des vête- 
ments foncés. 

fÔsé (1) {ïrv. fonret), s. m. Diin. de fô. 
Petit fond, fond de tonneau. H Petit corps 
dur sur lequel on dévide le fil pour en faire 
un peloton. | léi-g a déi fôsé dé papâi é 
dé paie : il y a des fonceis de papier et [il y 
en a] de chiffons, | si fôsé l-a Ôna koka 
dedê : ce f omet a une noi.x dedans, | po dé- 
vudyi le fi po la tâiln, ô prè déi fôsé dé 
kukelè : pour dévider le fd pour la toile, on 
prend des foncets de coquilles [d'escargots]. 
— Cf. gôsé. 

fôsé (2) (frv. foncet), s, m. Tranchoir. 
I de tï lé-z oso léi-y a ô fôsé dé bu dii : 
dans toutes les cuisines il y a un tranchoir 
de bois dur. — Cf. tavéi. 

fnta, s. f. Fonte. | ora l-é grô la niiida 
dé forné dé fôta : maintenant c'est bien la 
mode des poêles eu fonte. [ déi botô dé fôta : 
des boutons de fonte (boutons d'étain, uti- 
lisés autrefois pour les uniformes). 

fôtanéta, s, f. Dim. de fôtâna. Petite 
source, petite fontaine. | dou tè de lapéista, 
léi-y avéi éi tsavalâirè ôna fôtanéta yù lé 
dzè l-alâvS bûire po se wèri : au temps de 
la peste, il y avait aux Chevalleyres une 
petite source où les gens allaient boire pour 
se guérir. | tsake grûdse dé lé daniô l-a sa 
fôtanéta : chaque chalet des monis a sa 
petite fontaine. 

fôtani, s. m. Autrefois, celui (jui perçait 
les tuyaux en bois pour les fontaines ; ac- 
tuellement celui qui s'occupe du service des 
fontaines ; fontenier. | le fôtani l-aréi 5 ta 
grà terâro po pèrhi lé borné i : le fontenier 



FRA 



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FRA 



avait une si grande tarière pour percer les 
tuyaux. 

fdtana, s. f. Source. | l'éiwe sa ëkè, déi 
léi-y avéi ona fôtâna : l'eau sort là, il doit 
y avoir une source. | la fôtâna clou soiitéi 
l-é vena tarija kà ô-n a kroiizi po référé la 
kolisedéi fôtâne don velâtho ; se l-a bali 
5 pti.sè prose : la source du Soutéi (sous le 
Signal) a tari lorsqu'on a creusé pour refaire 
la coulisse des fontaines du village ; cela a 
donné lieu à un gros procès. || Pr. 5 pou pâ 
derè : fôtâna, béri pu dé ten éiivè. \\ Fon- 
taine, édifice public débitant l'eau. | a tèrsi 
léi-y a katro grôse fôtânè, sa dé tsonsâi, 
sa dé bordzô, sa dé pyëra é sa dou bivar- 
dézo ; kodzené é lé tsavalâire sô asebë grô 
porvû d'éiwè ; tsake fôtâne l-a iré ou ka- 
tro-z ôdzo, ona tsïura awé du^e-z êtsè ; lé 
vats'é lé tsavô léi va bâirè; Ô léi lave lé 
biiyè: à Tercier il y a quatre grandes fon- 
taines : celle de Chaucey, celle de Borgeaud, 
celle de Pierraz et celle du Bourg-Dessous ; 
Cojonnex et les Chevalleyres sont aussi 
abondamment pourvus d'eau ; chaque fon- 
taine a trois ou quatre bassins, une chèvre 
avec deux goulots. Les vaches et les chevaux 
s'y abreuvent. On y lave les lessives. | tsake 
fôtâne l-a sô gevèrnâii : chaque fontaine a 
son gouverneur. \\ fôtâna d'avi : voir avi. 

fraka. s. m. Fracas. 

frakasi, v. a. Fracasser. | l-a to frakasi 
pèr êtsï lâii : il a tout fracassé chez eux. 

frakasa (1) (frv. fracassée), s. f. Action 
de fracasser. 

frakasa (2). Var. defrekasa. 

fraksyô, s. f. Fraction. 

frasiirè, s. f. Fressure. — On dit aussi 
frwasârè. 

fratèrnitâ, s. f. Fraternité. 

fratèrnizâ, v. n. Fraterniser. | aivé le 
v'éro a la ma, l-é tâfasilo dé fratèrnizâ : 
avec le verre à la main, il est si facile de fra- 
terniser. 

frazilo-a, adj. Fragile. 

frai {i),frâidè, adj. Froid-e. | la bize l-é 
Ôn'ûra frâidè : la bise est un vent froid. 
\pou medzi sa sepa fréid'ohë tsôda, léi fâ 
rè kemë : il peut manger sa soupe froide ou 
chaude, peu lui importe comment. | ô tèrë 
frai : un terrain froid, qui n'est pas favo- 
rable à la culture du blé (cf. vèrnâCidzo). 
\fâ dyâstramë frai : il fait diantreraent 



froid. Il frai kemë la pyëra de la krâi : 
voir pyëra. \\ Fém. fréida dans l'expression : 
fére fréida mena : faire froide mine. || Adv, 
éi solde frai : il souffle froid. \ mé dévezâve 
frai : il me parlait froidement. 

frai (2), s. m. Froid, basse température. 
I Ô fréi dé lâii : un froid de loup. | n'ë 
frai : nous avons froid. | me, dyûrlo dé 
frai : moi, je tremble de froid. | ne dzâlérë 
prou dé frai ë lé-z atëdë : nous allons geler 
de froid en les attendant. | l-a zoa ô frai: il 
a eu un froid (rhume). | ô râiimo dé frai: un 
rhume de froid (sensation du froid). | fô rè 
ke rôs'atrapâ frai : il faut seulement qu'il 
ait (il lui suffit d'avoir) pris froid. | l-é ô 
pusë yâdzo dé frai ; j'ai un puissant voyage 
de froid (un très gros rhume). || sohlâ le 
frai é le tso : souffler le froid et le chaud. 
I sô ë frai : ils sont en froid (il y a du froid 
entre eux). || Pr. ë zâvyé, la nâi é le frâi 
êplô lé gurnâi. j se ke révire le tso révire 
le frai. 

frâiza, s. f. Miette. | ô bal'ê-n ivë déi 
fréize dé pâ éi peti-z ozéi : on donne, en 
hiver, des miettes de pain aux petits oiseaux- 
\lése pâ ôna frâiza: il ne laisse pas une 
miette (il mange tout). |l Petit instant, petit 
moment. | léi sii zou ôna frâiza : j'y suis 
allé un petit moment. 

frâska, s. f. Frasque. ] n-ë-n a prou fé 
sô lirai dé frâske kâ l-lre de lé-z aie- 
marié : il en a fait pas mal de frasques- 
quand il était dans les Allemagnes. 

frâtèr, s. m. vieilli. Frater. | se parle rë 
mé dé frâtèr : on ne parle plus de frater. — 
Syn. razârê. 

frâno, s. m. Frêne. | lé tslvre l-àmô bë 
ébrotà le frâno : les chèvres aiment bien à 
brouter le frêne. | le frâno na rë dé nâii : 
le frêne n'a pas de nœuds. 

frârè, s. m. Frère. | né pâ sô bô frùrè : 
il n'est pas son frère germain. | sô fenamë 
frare dé péirè : ils ne sont que frères con- 
sanguins. I lia tyé ô frâre dé méirè : il n'a 
qu'un frère utérin. | éi démour^awé sô de- 
mi frârè : il demeure avec son demi-frère. 
I déi fô frârè, léi-y ë-n a pèrto : des faux 
frères, il y en a partout. || En parlant des 
animaux, i si boko é sa tsevréta sô fràré 
slra : ce bouc et cette chevrette sont frère et 
sœur. Il Par ext., se dit de deux objets formant 
la paire. [ sou du tsousô sô frârè: ces deux 
bas sont frères. |! Pr. si Ice l-é lârè se kréî 
ke tsakô l-é sô frârè. 



FRE 



— '207 



FRE 



frâtsè, s. f. Terme collectif désiii,nant les 
morceaux de viande qu'on met saler et fumer; 
ce sont les côtelettes, les côtes et les hanches 
(âtsérô). I n'avà wûi de la hana frâtse po 
mihrÔ dinâ : nous avions aujourd'hui de 
bonne viande (salée et fumée) pour notre 
dîner. 

fraza, s. f. Phrase. | sô prou fére déi bulf 
fràzè, ma le fô lé-ij é pa : il sait faire d'as- 
sez belles phrases, mais le fond n'y est pas. 

frâ {{), s, m. Franc. || Pr. aœé lé stitiin'ci 
fà lé frà. 

frâ ("i), frâtsè, adj. Franc, franche. | dou 
hë frâ dé délè : du bien franc de dettes. 
\lé kivâ frâ: les corps francs. | lé vê dé 
blonésô déi vè frà : les vins de Blonay sont 
des vins francs. || to le se frâ dzwa : tout 
le saint franc jour, tout le jour, sans cesser. 
Il 5 frâ sûlô : un franc ivrogne. | 5 frâ 
kayô : un franc cochon, un homme affreu- 
sement sale ; fig. un homme qui trompe indi- 
gnement. 

frâko, adv. Franco. 

frâmasô, s. m. Franc-maçon. | léi-ij a 
f)à gro dé frâmasô de lé pai/izâ: il n'y a 
pas beaucoup de franc-maçons parmi les 
paysans. — Cf. maso. 

frâsé-éza, adj. et s. m. et f. Français-e. 
I lé frasé s5 nûhré vezë: les Français sont 
nos voisins. || ne se de 3 pat/i frâsé : nous 
sommes en pays [de langue] français[e]. | In 
lècja fruséza : la langue française. || la méi- 
tiji don tè ne dévezè tijé don frâsé ékortsi : 
la plupart du temps nous ne parlons qu'un 
français écorché (mélange d'un mauvais 
français et d'un mauvais patois). || Adv. 
I déoeza frâsé se te von k'ô té kôprèné : 
parle fra