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Full text of "Il fanatico in berlina: opera buffa in due atti"

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IL FANATICO 

IN BERLINA, 

OPERA BUFFA IN DUE ATTI. 

L'EXTRAVAGANT 

BERNE, 

OPERA-BOUFFON EN DEUX ACTES, 

Represenle, pour la premiere fois, a Paris, sur le 
Theatre de I'Odeon, le 23 Juillet i8i4. 



Prix : i fr. 5o c. 




PARIS, 

Au Theatre de l'Odeon. 



De rimprlmeLic dellocQUET, rue dii Faubourg Montmai tre j n°, 

1814." 




PERSONAGGI. 

GUERINA; sorella d'Arsenio . ... La sig. MorandL 
ROSAURA J moglie di Valerio . . . h^^ig, Bereyetter. 
ARSENIO, fanatico di nobilta. ... II sig. Bassi, 

VALERIO . II sig. Angrisanu 

RICCARDO;, amanie diGuerina . . II sig. Crivelli , 

accademico filarmonico e 
virtuoso di Camera c delU 
Cappella di S. M. il Re di 
Napoli. 

GIACCHINETTO,locandiere . . . II sig. j&ene///. 



La scena sijlnge in NapolL 



PERSONNAGES. 

GUERINE5 soeur d'Arsenio ..... Mad. Morandi, 
ROSAURE , femme de Valere .... W^^, Bereyetter. 
ARSENIC, eniichede noblesse. . . . M.BassL 

VALERE M. AngrisanL 

RICARDE^amantdeGuerine M. Crwelli , 

academicien-philarmonique ct 
ehanteur de la Chambie et de 
la Chapelle de S. M. le Roi d« 
r^aples. 

JACQUINET, aubergiste ...... M. BenellL 



La scene est a Naples, 



ATTO PRIMO. 



SCENA PRIMA. 

Piazza con Locanda. 

VALERIO , ROSAURA, poi GIACCHINETTO , 
indi ARSENIO, e GUERINA. 

INTRODUZIONE. 

{Bel piacer su quella loggia 
Goder Paria un p6 frescheiia : "^ 

Bella vista che dileita^ 
Buon albergo in verita. 
GiA. Accorrete ^ non tardate , 

Camerieri , siate lesti : 
Forestieri saran questi y 
Che vorranno alloggiar qua. 
VAL. GIA. Ros. Vengan pur vengano avami. 
Chi sta bene di contanti , 
Ben trait at o restera. 

VAL. Uomo^ e donua sposa, e sposo.... 

Jios. Come voi s'egH e geloso 

) Fa pur male di viaggiar. 

ARS. Qui ali'insegna del Falcone 

Ho fissato d'aiioggiar. 
GIA. Entri pure^ nAo padrone^ 

Lei non ha che a cotnandar. 
GUE. ( Separata dal inio bene^ 

Gia paventd affiHini^ e pene, 
Gia comincio a sospirar,) 
ARS. Dal canunioo affaiicati 

Presto aodiarao a riposar. 
VAL. rPer ogni persona 

^'^^' a / ' ^^^^^go migliore ;, 
GIA. ' I Locanda piu buona 
IRS. vNon puossi ii ovar. 



.,^,^V*^^.^%^i*^*»/%/%,%,«*-«*<*».^ V^W-^.'^.^^i*^/^*/^/^ vm/v*i^v-w 



ACTE PP^EMIEF 



J 



SCENE PREMIERE. 

Le Theatre represente une Place avec iirie Auberge. 

VALERE^ROSAURE, ensuite JACQUiNET, ensuite 
ARSENIC et GUERINE. 

IN TROD U CTION. 

viL. TiOS. Qu'il est doux de respirer le frais sur ce 
bale on ! la vue est charmante... ah ! c'est v rai- 
ment une tres-bonne auberge que celic-ci. 

JAC. Accourez , depechez-vous. . . Doniestiques , 

soyez alertes , voiia des etrangers qui vienncnt 
sans doute loger ici.,. 

VAL. GiA. PtOs. Qu'ils soient les bien venus.s'ils ont beau- 
coup d'argent^ ils seront tres-bicn traites. 

VAL. Un monsieur et une dame.... \]n marl avec 

sa femme. '^ 

r»os. S'il est jaloux comrae vous.^ il a bien tort de 

voyager. 
ARs. Voici I'auberge du Faucon ; ou j'ai decide de 

m'arreter. 
JAC. Entrez ^ entrez monsieur ^ et donnez vos 

ordres. 
GUE. (Eloignee de Fobjet que j'ainie^je crains 

tons les malheurs^ et je commence a gemir ). 

ARs. Le voyage nous a bien fatigues 3 ailons nous 

reposer. 

TiOs. AFiS. JAC. VAL. Ccite aubergc est excellenie, elk nous 
convient parfaitement. On ne saurait en trou- 
ver une meilleure. 



( 4 ) 

GUE. (D^un povero core 

Affanno maggiore, 

Tormenio piu fiero 

Non puossi irovar. ) ( Val, Ros. partono,) 
-4RS. Ehi ? imbarazzator? se non m'inganno,. 

Tu sei il locandiere. 
GiA. Giacchinetio e il mio nome ^ 

Non imbarazzator 

iAiis. Ma noi che siamo 

Di una nobile massa , 

Cosi sempre chiamiam la genie bassa. 
GIA. Siete nobile adunque? 

ARS. E al sol mirarrai 

Non le ne accorgi ? nacque di mia schiatla. 

II ceppo originale 

Prima assai del dilavio universale. 
GIA. Che grande antichita? 

GUE. (Fratel che dici ? ) 

"ARs. ( Statti zitta : chi deve viaggiare 

Quanto piu parla^ piu si fa stimare.) 
GIA. Fabrizio (^Ad un servo,^ 

Aprite tosto a questi miei signori 

Un quariino che sia de migliori. 

Favorite con me. 
GUE. Ditemi un poco^ 

Nella vostra locanda 

Avete molta gente? 
GIA. Oibo , due soli n'ho presentemenie. {Partono.') 

SCENA II. 

RICCARDO; indiGIACCHINETTO, ed un Facchina 
con una valigia. 

CAFATINA. 

Tiic. FoRTUNATA quclP alma fedele^ 

Che J nel seno di dolci caiene , 
Passa Pore iranquille e serene, 
Fra i soavi contenti d' amor. 
Ma chi J oppresso da sorte crudele y, 
Sta Ionian dairamato tesoro, 



(4) 

6tE. ( Que je suis a plaindre! on ne peut eprou- 

ver un tourment plus cruel ). 



ARS. Hola ! monsieur Lourdaud ^ si je ne me 

irompe pas^ vous etes I'aubergiste? 

J AC. Je m'appelle Jacquinet J et non pas Lour- 

daud. 

ARS. Mais nous qui sommes d'une pate noble , 

nous appelons ainsi les gens du peuple. 

JAC. Vous etes done noble ? 

ARs. Eh quoi ! tu ne Fas pas devine en me voyant ^ 

la souche originale de ma race est plus an^r 

cienne que le deluge, 

JAC. Quelle insigne antiquile ! 

G13E. (Mon frercj que dites-vous?) 

ARs. ( Tais toi. . . si un voyageur veut se faire 

eslimer, il faut qu'il parle beaucoup ). 

JAC Fabrice... {^a un domestiqvxe ). Conduis ces 

messieurs dans un de nos plus beaux apparte- 
mens... Donnez-vous la peine d^entrer. 

GUE. Mais dite^ - moi ^ avez - vous beaucoup de 

monde dans votre auberge ? 

Non madame , il n'y a pour Tinstant que 
deux personnes. 

( lis sortent ). 



JAC 



SCENE II. 

mCARDE, ensuite JACQUINET et un Porte -faix 
avec une valise, 

CAFATINE, 

Ric. Qu'il est heureux Famant fidele^ qui, lie 

par de douces chaines, coule ses jours au mi- 
lieu des delices de Tamour ! mais celui qui , 
poursuivi par un sort cruel , vit eloigne de 
i'objet de son ardeur, espere envain jouir d'ua 



(5) 

Cerca invano coniento , e ristoro , 

Vive in preda all' affanno^ e al dolor. 

{Al Facchino.^ 

Fa presto ^andiam^ cammina. E' qua il Falcone? 

GiA. Si signore; ed io sono il locandiere. 

Flic. Ho piacere.v entile, avreste in casa 

Uomo y e donna alloggiati ^ 
Sol da poco arrivati ? 

GIA. Si signor. ( ha domanda e interessata. ) 

r.ic. (Ah che il sospetto mio non e un inganno! 

Spiacemi sol che ignoto 
Me Arsenio il siio german. Giiuise di notte 
A Bitonto e s'incalesso per Napoli 3 
Ma incognito fra loro or m'intrometto 
Ed a fare la preda il tempo aspetto. ) 

GIA. (Questi cos'ha che s'agita e scompone? 

Oh quanti matti nella mia locanda.) 

r.ic. Presto una stanza anch'io 

Bramo nel vostro albergo. 

GIA. Via y via vi serviro , meco venite. 

Ma quella smania^ che voi ben non celate ^ 
Vi discopre assai piu che non pensate. ^ 
( Partono ). 

SCENA III. 

Sala nella locanda. 

R O S A U R A. 

Che in sopportabil vita ! ah! la mia sorte 

Merita compassion : vitima io sono 

D'un marito crudel che notte e giorno 

Mi tormenta, m'offende^ 

E pien di gelosia, e di sospetto , 

La liberta, mi toghe, ed il diletto. 

O genitor) perche mi costringesti 

A sposar chi m'opprime, 

E dal mio caro ben mi dividesti ? 

Son fida al mio dover 3 ma non ho pace, 

E quanto piu Valerio mi tormenta^ 

Tanto piu viva delF amato oggetto 

Rinascer la memoria io sento in petto 



/5) 

doux repos , il est toujours en proie aiix an- 
goisses et a la douleur. (Au Porte-faixJ De- 

peche-toi 5 allons. . . marche N'est - ce 

pas ici Fauberge du Faucoii? 

JAC. Oui^ moiisieurj ei e'est moi qui siiis I'aubergiste, 

nic. J'cii siiis bien aise^ ecoutez: ii'avez vous pas 

chez vous nil monsieur et une dame arrives 
depuis pen ? 

JAC. Oiii monsieur. ( Cette question me paralt 

suspecte. ) 

mo. ( Ah ! mon pressentiment ne nia pas trompe. 

Je suis faclie de ne pas eonnaiire M. Arsenio^ 
le frere de ma maitresse • il est arrive de nuit a 
Bitonte^ d'ou il est parti de suite pour Naples j 
mais en gardant Vincognito je puis demeurer 
dans la meme auberge ^ et attendre une occa- 
sion propice a mes voeux. ) 

JAC. (Mais que diable a-t-il ? il se demene... il 

est trouble^ confus... Oh ^mbien de fous 
viennent loger chez moi ! ) 

RIG. Vite, donnez- moi une chambre dans votrc 

auberge. 

JAC. Monsieur^ comme il vous plairaj suivez- 

moi 3 mais je vous previens que ce trouble que 
vous ne savez pas cacher ^ annonce que vous 
avez des projets... [lis sortent). 

SCENE III. 

I J' Theatre reprhente iin Salon de V Auberge, 

II O'S A U II E. 
Quelle vie insupportable! helas ! mon sort 
est digne de pitie... Je suis victime dun mari 
cruel qui me tourmente nuit et jour 3 qui, 
rempli de soupcons et de jalousie, me ravit la 
iiberte 5 et me prive de tons les plaisirs. Ah! 
mon pere , poiirquoi m'avez-vous forcee d'e- 
pouser un tyran qui m'aecable de douleur? 
pourquoi m'avez-vous separee de Tobjet que 
j'adorais ? Je suis incapable de manquer a mon 
devoir 5 mais j'ai perdu pour toujours ma tran- 
quilliie.... et les chagrins que Valere me fait 
eprouver, reveillcnt a chaquc insiant dans 
mon coeur le souvenir de mon bien aime. 



(6) 

ARIA. 

Dal suo gentil sembiante 
Ncicque il mio primo amore^ 
E Tamor mio costante 
Ha da morir con me. 
Ogni belt a piu rara ^ 
Bciiche mi siapieiosa^ 
Per me non e graziosa^ 
Vaga per me noit e. 
Sarei contenta appieno^ 
Se fosse mio quel core ^ 
E a chi non merta amore 
Serbar convien la fe. 

(Parte), 

SCENA IV. 

G U ERINA, ARSENIC, 

GUE. Orsu ^ signor fratello J 

Tante ridicolezze non le voglio. 

lo gia con un mercante Bitontino 

Impegnato ho il mio core. 
ARs. Un mercante? che orrore ! 

GUE. E della nostra tenerezza in segno , 

Ecco mi diede il suo ritratto in pegno. 
ARS. Ah ! bricconaccia^ tu tenevi in petto 

Quest' ignobil pittura ? 

O getta quel ritratto, • 

O il capo contro il muro ora ti sbatto. 
CUE. Ma sentite. 

Aiis. Non sento. 

Gettalo. 
GUE. Ecco ubbidisco. f io g^e^^a. ) 

AFiS. Se un' altra volta te lo vedo in manO; 

Ti cavo gli occhi. 
GUE. Ah no I 

Nol tocchero piu affalto. 

Faro cio che volete j 

Vel promettO; vel giuro ^ a me credete. 

{Parte ). 



(6) 

AIR, 

Ses trails out ete Tobjet de mon premier 
amour 5 mais le devoir me foree d^eteindre a 
jamais la damme qui regne dans mon ame. Las 
hommes les plus beaux et leg plus aimables 
m'offrent envain leurs liommages. J'aurais 
ete au comble du bonheur si favaispu epouser 
Fobjei que j'adore^ et je dois garder ma foi a un 
barbare oppresseur ^ indigne de mon affection. 



SCENE IV. 

GUERINE, ARSENIO. 

GUE. Enfm , laissez-moi tranquille, Je suis fa-- 

tiguee de toutes vos betises ; d'ailleurs appre- 
nez que j'ai donne ma foi a un negociant de Bi- 
tonte que j'aime beaucoup. 

ARs. Un negociant ? fi I I'horreur t 

GUE. Et pour gage de sa tendresse^ il m'a fait 

cadeau de ce portrait. 

APiS. Ah ! coquine^ tu gardais dans ton sein cette 

ignoble miniature! si tu ne jettes pas parterre 
ce portrait ^ je te brise la tete contre le mar. 

GUE. Mais ecoutez ! 

A us. Je n'ecoutepas^ jette-le. 

GUE. Le voila.(£'//e le jette. ) Etes-voussatisfait? 

ARS. Si tu as Faudace de le reprcndre^ je t'arrache 

les yeux. 

GUE. Helas ! non — Je ne le toucherai pas — Jc 

ferai tout ce que vous voudrez ^ je vous ie 
jure J croycz-moi. {EIlc sorLj 



(7) 

ARS. Diavolo! io resto aitoniio : un mercanie^ 

Che vuole diventare mio cognato. 
Ha da mosirarmi prima i quarti suoi , 
E se saranno netti ^ e senza nei , 
Passai e 30 gli faro ne quani miei. 

( Parte ). 

SCENA V. 
TiOSAURA; indi GUERINA, e VALERIC. 

TiOS. Gran tormento e un marito 

Che sente gelosia ! 

Ma qual gaianteria? 

Un ritratlo ! oh beUissimo ! 
CUE. Or che ahrove e il germano , 

Ritorno per pigharmi il bel ritratlo. 
TtOs. Oh quanio e vago ! 

VAL. Cattera ! mia moghe 

Con un rilratto in man ! 
FiOS. Ohime ! Vakrio. . . . 

( A Guerina ). Di grazi'a nascondete 

Quest o rinatto. ( Le da il ritratlo ^ e parte, ^ 
VAL. Ho vislo^ Fhai passato. . . 

Traditrice^ incogtantCj ov'e un bastone? 

Or di romperti Fossa ho ben ragione. 

( Parte, ) 
CUE. ( Guardando il ritratto, ) 

Che veggo ! non e qucsto 

Di Riccardo il ritratto ^ 

Dal mio gernian poc'anzi qui gettato ? 

Ella a questo diceva : 6 quanto e vago! 

E a me lo da a celar ! quanti pensieri 

Mi passan per la menle! 

SCENA VI. 

LA DETTA. indi ARSENIO, RIGCARDO 
' e R O S A U R A. 

ARs. ( E qucsta che fa qui ? ) 

SUE. 11 diihbio non e sirano. 

( hi alto di parlire). 



(7)^ 

jLPiS. Oh diable! je suis ties-etonne... Ur negociant 

qui vent devenir moii beau-frere ^ doit aupa- 
ravant me montrer ses quartiers , et s ils sont 
purs et sans taclie^ alors je pourrai bien les 
meler avec les miens. ( 11 sort. ) 

SCENE V. 

ROSAURE, ensuite GUERINE^ VAL^RE. 

Ros. Helas! qu'il est eruel d'avoir un maii jaloux! 

mais que vois-je? quelle galanteiie? un por- 
trait... ah! qu'il est beau ! 

CUE. Mon frere n'est plus ici ^ et je puis repren- 

dre mon portrait. 

BOS. II est charmant! 

VAL. Ventrebleu ! ma femme avec un portrait a 

la main I 

Ros. O ciel ! Valere. ( ^ Guerine.) De grace _, 

cachez ce porrrait. 

( Elle lid donne le portrait et sort, ) 

VAL. J'ai vu... j'ai vu... Tu Fas passe a cette dame ! 

traitresse ^ infidele. Ah ! je vais chercher un 
baton J et je n'ai pas tort je crois de lui casser 
les OS. ( // sort. ) 

CUE. ( Regardant le portrait.) Que vois-je ! mais 

n'est-ce pas le portrait de Ricarde que mon 
frere m'a fait jetter tout-a-Fheure?... EUc disait 
qu'il est joli ! et me Fa donne pour que je le 
cache... mille soupcons viennent troubler mon 
esprit. 

SCENE VL 

Les Prececens , ensuite ARSENIO , RICARDE et 
ROSAURE. 

AP.s. ( Et que fait-ellc ici?) 

GUE. Ah ! cela pOurraitbien etre... {prete a sortir.') 



(8) 

aTlS. Ferma e lascia veder che tieni in mano. 

GUE. Nulla. . . ohime ! . . 

ARs. Fuori quella mano. 

CUE. Eccola. 

APtS. Fuori Faltra. 

GUE. L'alira si. . . 

ARS. Ah! furbaccia^ 

Mostrale tulte due. . . 

II ritratto ! . , 
GUE. Ah! germano mio bello. 

ARs. Non son german. . . io voglio 

Farti veder. . . ( Minacciandola. ) 
GUE. Ahi, ahi ! . . . 

rjc. Che cosa fu? 

nos. Frenatevi signor. 

GUE. Aiia! aita! 

rjc. ( Guerina ! . . oh ciel ! ) 

GUE. ( Riccardo ! ) 

Tiic. ( Guardando Arsenio. ) (Egli e certo il germane^ 

fingiam ). 
GXJE. (Dissimuliamo. ) 

ARS. Briccona! ( A Guerina. ) 

Ric. (^Ad.Ars, ) Sietematto? 

ARS. Vogho conto y e ragion di quel ritratto. 

qUARTETTO. 

GUE. Lo trovai per accidente : 

Son fedel^ son innocente , ' 

II mlo cor man car non sa. 
ARS. Quando sola poi sarai, 

La gh effetti assaggerai 

Delia mia fraterniia. 

a 2 -( Ma sapere io bramerei 

ROS. \ ^ 

ARS. Non mi secchi ^ caro lei. 

RIC. Pill rispetto^ e civilta. 

GUE. Un ritratto 

ARS. Non parlate. 

GUE. Mi fu dato. 

ARS. Chela state. 



( 8 ) 

Aus. Arrete , ei laisse-moi voir ce que tii tiens 

dans ta main. 
GUE. Rien dii tout... O ciel ! 

ARs. Moiitre-moi cette main. 

GUE. La voici. 

ARS. Monire-moi Fauire... 

GUE. La voila. 

ARS. Ah! fripom^e^ raontre~les moi toutes les 

deux a la fois... Ah ! ah ! le portrait... 
GUF. Mon cher frere... 

ARS. Je neie suis plus... je veux t'apprendre.... 

Cla menacant, ) 
GUE. Au secours ! au secours ! 

Ric. Qu*est-ii arrive ? 

Ros. Calmez-voiJs^ monsieur. 

GUE. De grace ^ secourez-^iioi 1 

Ric. (O ciel ! Gaerine...) 

GUE. ( Ricarde ! ) 

RIC. ( regardant Arsenio, ) Voila sans doute son 

frere... dissimuions. ) 
GUE. ( C'est lui ;, mais il faut feindre. ) 

ARS. ( a Que, ) Ah! perlide. ( il la menace, ) 

RIC. ( a Ars, ) Monsieur, etes-vous fou ? 

ARS. Je veux quelle me rende compte de ce 

portrait. 

qUATUOR, 



GUE., 

ARS. 

RIC. 
ARS. 
RIC. 

GUE. 
ARS. 
GUE. 
ARS. 



Je I'ai irouve par hasard^ je suis fidele , je 
suis innocente , je suis incapable de troniper. 

Quand nous serous seuls , je te donnerai un 
eehantillon de ma fraiern.ie. 

ROS. Mais je voudrais savoir... 

Je vous prie de ne pas nrennuyer. 
Je vous conseiile d'etre un pen plu^ hor- 
net e. 

Cc portrait... 
Taiscz-voiis. 
M'a ete donne... 
Silence p vous dis-je. 



x^ 



(9) 

T \C ( '■ 

* a 2 < Ma lasciaiela parlar. 

BOo. [ ^ 

CUE. ( La mente igombravi 

ICerto pensiero ^ 
I Che il bianco nero 
jVeder vi fa. 
APiS. a 4' ; "^'^i'l^^ii a casa ^ 
I Gi parieremo , 
I La scopriremo 
\ La verita. 

(Gelosa cura 
r , ^. } 11 seno 
L agita J 
II rio veleno 
Si vede gia. ( Jrs, Gue, Ros. partono.} 

SCENA VII. 

VALERIC , poi RICCARDO. 

VAL. CosPETTO dl marforio ! qiiella fuiba 

Dee lutto confessare 

Ma ziiio — ecco il ritraito. 
r.iG. Signer , scusate : 

Perche si acceso ^ che sembraie iin malio ? 
VAL. Forma la rabbia mia questo riiralto. 

r»ic. ( Dime ! che veggo mai ! ) 

Questo e il ritratto appunio 

Che ho donato a Guerina.) 
VAL. lo senza altro faro qiialche rovina. 

Tiic. Ditemij quel ritratto 

Come^ signor^ si irova in vostra niano? 

VAL. Questo ritratto oh bella ! 

rjc. (Si pur iroppo ch' e quello. ) 

VAL. (Fissando Riccardo.) Ora capisco^ signorin 

niio hello , 

L'original voi siete : ah cospettone ! 

Lnparate^ se^ mai 

Nota non v' e' la cosa^ 

Che quella a cui lo deste e la mia sposa. 
T.ie. Piano : e la sposa vosira 

Quella a cui I'ho donato ? 



(9) 

Ric. Ros.a 2.Mais]aissez-la parler* 

GUE. Un sonp^on ii}juste vous trouble Tespritj et 

voiis enipeche de connaitre ia verite. 
ARS. Qiiarld nous serons seuls, nous verrons tout 

cela ^ et I'on decouvrira la veriie ! 

sa 
RIG. Ros. Un dome cruel trouble raiion, la jalousie 

nia 

mon 
repand son aJ3[re«x poison dans coeur. 

son 
( An, Gue, Ros, sortenL ) 

SCENE VII. 

VALERE , ensuite RICARDE. 

viL. Venlrebleu! la friponne sera force'e de tout 

avouer... Doucemenl^ voiei le portrait... 

Ric. Monsieur^ |)ar donned- mot ^ d'oii vient celte 

colere qui vous fait presqne perdre la tete ? 

VAL, C'est ce portrait qui ine met en fureur, 

( il le lui montre, ) 

RIC. ( O ciel ! que vois-je ! (fest precisement le 

portrait que j'ai doilrie a fruerine. ) 

VAL. Oh ! il y aura sans dome du tapage. 

RIC. Ilais dites-inoi, nron3ieur ^ par quel hasard 

ce portrait est tombe dans vos mains ? 

VAL. Ce portrait... e'est singulier... 

RIC. ( C'est le meme ^ il n^y a pas de doute. ) 

VAL. ( regardant Ricarde ) Ah! je comprends 

a present; mon cher monsieur ^ c'est vous qui 
etesl'original. Ahlj'etouffe de rage; apprenez, 
si vous ne le savez pas encore y que la dame a 
qui vous I'avez donne, est mon epouse. 

RIC. Comment! celk a c^ui je Pai donne^ est 

votre epouse? 



( ,o ) 

VALfc Sposa, arcisposa, e fate die di regola 

Vi serva tale avviso. 
feic. ( Qual fulmine improviso ! ) 

Ma come vSposa vosira ? 
VAL. Oh ! quesia e biiona ; 

I tesiimoni qui deggio chiamarvi ; 

E il coiiirallo di nozze anche mosirarvi. 
Fiic. Basta^ non piu scusate. 

Oh! se il tuito sapeste , 
So che pietade avreste 
Voi ; quantunque mariio , 
D'un amante fedel^ cosi iradito . 

ARIA. 

Parto , non dubitaie ^ 

Vado. . . . ma non so dove. . . . 

In pace voi restate • 

A pianger vado ahrove 

La mia infeUcita. 

Dite alia vostra moglie. . . . 

No y non le dite niente. 

Ma vengo gia furente , 

Gia sento nel cervello 

II fabbro e la fucina^ 
L'incudine J il martello , 
Ohime ! che gran rovina ^ 
Che martellar che fa ! 

A pianger vado altrove 

lia mia infelicita. (^ Parte,') 

SCENA VIII. 

VALERIO, indi GUERINA. . 

viL. Oh ! da Napoli certo 

Y6 domani partir. 
GUE. Sigiior^ di grazia (io qui credea trovarld 

Sicuramente) ditemi^ vi prego^ 

Conoscete il signore^ 

Poc' anzi qui arrivato. 



(lO) 

VAL. Mon epouse ^ oiii monsieur ^ et tuchez de 

profiler de eet avis salutaire. 
nic. ( Oh quel coup imprevu! ) Mais comment 

esl-elle de venue voire femme ? 
VAL. All! voila du nouveau : faut-il vous amener 

ici les temoins? iaut-il vous monirer le conirat 

de mariage ? 
mc^ II suffit... je ne vous deraande plus rien... 

pardonnez-inoi. Ah! si vous saviez tout. . . 

quoique son epoux , vous auriez piiie d'ua 

amant fidele^ qii^on a trahi d'une maniere im- 

pardonnable. 

AIR, 

Jeparliraij n^'endouiezpas... jem'eloignerai.. 
jequitlerai ces lieux... mais je ne sais oii j'irai... 
soyez tranquille^ dissipez vos allarmes.... je 
vais pleurer loin d'ici mon malheur. . . Diies a 
voire femme.., mais non.... ne lui diies rien.... 
Ahlje suis furieux. . . le delire s'empare de 
mon esprit... il me semble avoir dans la tete 
mille marteaux qui frappent fenclume. O ciel i 
quel horrible fracas ! quel affreux tourment ! 
Je vais pleurer loin d'lci inon malheur. 

{It sort). 



SCENE VIII. 

VALERIC ensuite G U E R I N E. 

TAL. Oh! il a beau dire^ demain sans faute^ je 

quilte Naples. 
ftCE, Monsieur , de grace ( j'ai cru que Ricarde 

eiait ici ) connaissez-vous ce monsieur qui est. 

arrive depuis peu dans celte auberge 2 



( ^o 

tix. Eh sif^norina , 

Non son io qnello gia , ehe lo oonosce^ 

Ma ben SI la mi a sposa. 
GUE. La vostra snosa ? bene , e me lo dite 

Con tanta a^itazione? 
VAL. Mi par d'aver ragione ; h quel zerbino 

IJn iristo , un malandrino, 

Che coila moglie mia , di g\k ho scoperlo 

Maniien segreti amori, e ne son certo. 
aUE, Con vostra mogiie! ed e possibil queslo, 

E ve ne siete accorio ? 
vkh. Oh cosi pur non fosse^ o fosse ei mono ! (parte), 

GUK. Che cosa ho inai senlilo! 

Ah! Riccardo infedel^ cosi mi iralti ? 

Cosi tradisci^ o indegno^ 

l)n innocentc cor che t'ama tanto? 

Perfido. . . o ciel I frenar non posso il pianto. 

Come pote Tingrato 

Mancar cosi di fede a chi Padora ! 

Ah no! creder nol posso. . . 

X^avedono i gelosi, di Valerio 

Fors'e ingiuslo il sospetto. . . da me stessa 

Chiarir mi vogho... oh ciel! dolce lusinga 

]Sel sen rinascer senio , 

Che da conforio al mio crudel lormento. 

.4 RIJ. 

Tu che accendi quesio core^ 

Tu che sai s'io son cosiante, 

Deh seconda^ o dolce amore, * 

La mia spenie , il desir mio^ 

Fa che cessi il fier dolore^ 

E il mio ben mi serbi fe. 

I>i lami piiipiii^ 

Di lante pene^ 

Dal cam bene 

Spero merce. 

la sen d'anmre 

L'ahna godra^ 

D'un dolce ardors 

Si pascera. 

(Parte). 



( " ) 

VAL. Eh ! ma chere clame , ce n'est pas moi qui le 

ConnaiS; c'esi ma femme. 

CUE. Votre femme? e'esl bien ; mais pourquoi me 

diles-vous cela d'un air si fache ? 
VAL. Eh n^ai-je pas raison d'etre fache? ce petit 

maltre est un coquin ^ qui , d'apres ce que je 
^viens de decouvrir , fail secretement sa cour 

a ma femme... je ne puis pas en douter. 

GUE; A voire femme! esl-il possible !ei vous en 

^tes siir? 

VAL. Ah ! je voudrais bien ne pas I'etre ^ ou bien 

qu'il fut creve. ( II sort ). 

CUB. Oh cicl! qu'ai-je entendul helas! Ricarde... 

a trahi sa foi. Ah cruel ! ah perfide ! veil a done 
le prix d'un amour pur et fidele! tu le plais a 
dechirer nn coeur qui t'adore ! oh dieux ! 
quelle cruaute... jenepuis arreter mes larmes... 
I'ingrai! comment a-l-il pu oublier ses ser- 
niens et ti omper ainsi sa douce et ildele amie? 
non... non... je ne puis le croire... les jaloux 
revent souvent. . . peat-etre les soupcons de 
Valei e sont tres-in ustes... je veux men e'elair- 
cir moi-meme... oh ciel ! un do'.ix ( spoir re- 
na!i dausmon ame, el souiage mes crueis lour- 
mens. 

AIR. 

O toi , qui regnes dans mon sein y et qui 
sais combien je suis fidele^ lendre amour, sois 
propiee a mes voeux^ daigue calmer ma dou- 
leiM'^ allume dans le cc^iir de mon bien aime 
une ardeuraussi vive que la niienne^ j'ailends 
de lui seul lort le prix de lant d'allarmeset de 
peines. Ah ! fais que nos ames liees par les 
douces chauies de rhynienee^goiitent a jamais 
le calme ei le bonheur. 

(EIlesorL) 



(I.) 

SCENAXIV. 

ROSAURA, ARSENIO, poi VALERIO, iiidi 
RIGCARDO. 

Ros. Maledeito il ritratto , 

E iiiio mariio aiicora ! 

( II forastiere e qui. Mi salta in testa 

Un bizzarro capiiccio) serva sua. 
Aug. Mia signora Madama. . . ha lei bisogno 

Delle niie grazie ? parli. 
ROS. Diro : se si coiiteiiia ^ 

lo lo vorrei per cavalier servente. 
ARS. Son pronto. . . non vorrei. . . . ecco la mano. 

VAL. Ribaldi ! a niano a mano lo son tradilo. 

ARS. Chi e quest o signore ! 

ROS. E' raio marito. 

ARS. Colla buona salute. 

VAL. Andiamo^ andiamo fuori. 

ROS. f ) 

e I a 2. I Ah! ah! 

ARS. ( j 

RIG. Fermate ! piano. 

ARS. (^ Corpo di Bacco! e quegli 

L'amico del ritratto ) 
VAL. ( Cospettone 1 

Ecco quel del ritratto di mia moglie) 

Mio signor ^ dite un poco 

Perche il vostro ritratto 

Voi niandaste a mia moglie? 

Cos' e ? non rispondete ? 
ros. Ma quel nlraito... 

VAL. Taci tu : parlate. 

RIG. Si parlero : la vostra moglie ha in petto 

U]i cor cattivo. 
ROS. Indegno! 

Disfidate costui. 
^ic. Ebhen , se ollesa siete ^ il cavaliere 

Si faccia avanti. To ia disfida accello. 
ARS. ( Che cosa e quesia mai ? ) 



(I.) 

SCENE IX. 

ROSAURE ARSENIC; ensuite VALEREetRICARDE. 

BOS. Maudit soil le portrait, et mon mari aussi : 

( voila I'et ranger... il me vient dans la tele 
une drole d'idee ) votre servante.^ 

AKS. Ma belle dapie^ avez-vous besoin de mes 

faveurs?parlez. 

Ros. Je voLis dirai que... je desire?, si toutes fois 

vous y consentezj vous choisir pour mon che- 
valier servant. 

ARS. Je suis tout pret... mais je ne voudrais pas... 

ah! c'est egal... voici la main. 

VAL. Scelerats ! ils se tiennent par la niftin... je 

suis trahi... 

Ans. Qui esi-ce monsieur? 

Kos. Cest mon mari. 

ARS. Je vous fais ma reverence. 

VAL. AllonSj allons, sortez... 

FiOS. ARS. Ah! ah!... 

RIG. Ou allez-vous ? arretez, 

ARS. ( Diable ! n'est-ce pas Pami du portrait?...) 

VAL. ( Parbleu ! voila celui qui a donne le por- 

trait a ma femme ). Monsieur, diies-moi un 
pen a quelle fin vous avez envoy e votre por- 
trait a ma lemme ? Eh quoi !... vous ne repondezi: 
pas? 

Ros. Mais ce portrait... 

VAL. Tais-toi... Parlez, monsieur. 

Ric. Je parlerai, oui... voire femme a un mauvais 

coeur. 
Ros. II m'insulte. . . . monsieur Arsenio , il faut 

Fappeler en duel. 
RIC. Madame , si vous croyez que je vous aio 

offensee, que votre chevalier avance^ j'accepie 

le defi. 
ARS. ( Quelle mauvaise affaire ) 



( «3) 

iios. Aninio, presto. 

AfiS. Adesso.... 

VAL. Sii via coraf]jgio ! e che? tremate [ 

ARS. lo no'y vi pare 

Che unpar mio si possa 

Lasciar metier paura ? 
ROS. (lo rirlo^ eppure 

Mifapieia). 
nic. Or che si tarda ancora? 

VAL. Aninio , a voi : non dubitaie; al fianc© 

Vi staro. 
ARS. Si voi sareie, 

AmicOj il testimon del mio valore. 

E tu J niia dulcinea, 

Non paventar no^ no , di chi t'offese 

Faro vendetta estrenia. 

( Convien mostrare ardir , ma il cor ma ircma). 

ARIA. 

Vedrai con tuo periglio 

Di questa spada il lanipo; 

( Se mezz' altr'ora io campo , 

Miracolo sara ) 

Tu ridi...e fatii avanii..* 

Ah!ih!ih!ah!... 

Pigliamo uii poco fiato^ 

L'assalto iw' ha staneato, 

Mi voglio ripo&ar. 

Vedete Tinfelice 

Com' ha la faccia bianca 1 

Chiamate il dottor Franca, 

Fotelorisanar. 

Til ridi I ah ean<* ? ah ! rh ! ah J ah] 

( Son friito, . . or ora io moro 

In plena srmita ). 

Ma se ve 1' ho git\ dettO; 

Di spada non ne sa. 

.Misero pargoletto ^ 

Vedo che Fore conri 

D'essere ncciso q'la^ 

Ma schiaiia ^ non la spimii ^ 



nos. ( a Ars. ) Aliens ^ depechez-vous. 

Alls. Tout-a-Fheure. 

VAL. Courage done,.. Commeni I vous iremblez ! 

ARS. Moi treml)ler ! pas dii lout... Croyez-vous 

qu'un homme comme moi puisse avoir peur ? 

Ros. ( Je ris, et cependam il me fait piiie'. ) 

nic. Que tardez-vous encore? 

VAL. AllonS; n'hesiiez plus... je resierai a cote 

de vous. 

ARS. Qui J mon ami, oui, vous serez lemoin de 

ma valeur) et vouS; ma dulcinee^ ne craignez 
pas. Je vengerai votre affront d'une maniere 
eclatante. (11 faui moutrer du courage et mon 
ccBur frissonne. ) 



AIR. 

Tu verras briller, a tes depens^ Feclat de 
ce fer. (Si jVxiste encore dans une demi-heure^ 
ce sera un prodige. ) Tu ris, he hien ! avance. 
Ah ! ih ! ill ! ah... Mais il faul reprendre ha- 
leine. — L'assaut m'a fatigue^ et je veux me 
reposer quelques insians... Voyez le malheu- 
reux... comme il est pale ! appelez vile un 
docteur, qui vienne le guerir. Tu ris... ah ! 
coq«iin... attends, ah ! ih ! ih ! ah !... ( Je suis 
perdu... je vais bieniol mourir en parfaite 
same. ) Mais , je vous Pai dit... il ne sail pas 
manier Te'pee. Pauvre enfant, tu voudrais hien 
etre luesur place; mais non, etouffe de rage^* 
si ceia te convient ^ pour moi ; je ne veux pas 



( 4) 

Tal gusto , a too dispetto 

Non tc le voglio dar. 

Misero pargoletto ^ 

Ti vogiio far campar. 

( Se mezz' ahr' oi a io canapO; 

Miracolo sara. ) 

Ah cane! ih ! ih! ah! ah! 

( Arsenio y Valeria , Rosaura partono) . 

SCENA X. 

RICCARDO , GUERINA. ( In disparte, ) 

Ric. O giel! io son da lei 

Ingannato^ tradito J e partiro 

Senza nemmen limproverarla? oh Dio! 

Ah potessi vederla! 
CUE. Potessi almen parlargH una sorvoha ! 

rjc. Ingiuriarla^ e piirtir. 

GUE. Rirnproverarlo del suo tradimento 

rjc. Per akro e una gran pena. 

GUE. E' un gran tormento ! 

rac. Ma Guerina 

GUE. Riccardo ( si'vedono. ) 

rJc. (Ah questo e il tempo.) 

GUE. (Questo e il punto oh Dio!) 

rjc. (Oime ! ) 

GUE. (Parlar non posso 

Tant' e il furor che Tanima m' accende. ) 
RIG. (II dispetto J il dolor ^ muto mi rende.) 

FINALE, 

nic. (Vorrei djrle ingrata^^ e trisla^ 

Ne so come principiar. ) 
GUE. (Dir vorrei j ma la sua vista 

Mi fa tutta palpitar. ) 

Ric. GUE. (QuelF ingrata f 
Queir ingrato ( 
Si confonde ^ si arrossisce ^ 
Di parlarmi non ardisce : 
Ma piu zitta \ 
Ma piu zitto j 



sol 



non vtio star. 



( '4 ) 

le donner ce plaisir. Pauvre enfant /je te fais 
grace de ia vie. ( Si j^exisie encore dans une 
demi-heure , ce sera un prodige. ) Ah I eo- 
qnin !. .. ih ! ill ! ah 1 ah ! ( Arsenio , iRosaure ,, 
F'alere^ sortent. ) 



SCENE X. 



RICARDE, GUERINE(^;?arf.) 

O ciel ! Guerine m'a trompe' , ra'a irahi ^ et 
je pariirai sans lui faire au moins des r^epro- 
ches ? Oh Dieux ! si je pouvais la voir.... 

Si je pouvais au moins iui parler encore 
une fois... 

Lui dire des injures ei la quiiier... 

Lui reprocher sa trahison... 

Cependanl je souffre trop. 

Je ne puis supporter mon tourment... 

'Guerine! 

Ricarde ! ( lis se voyent. ) 

( Ah ! voici le moment. ) 

( Helas ! il faut profiter de Toccasion. ) 

( O ciel 1 

( Je suis si furieuse, que je ne puis pa& 
parler. ) 

( Le depit^ la parole^ m'otent la parole. 

FINAL, 

( Je voudrais kiidire: ingraie ! perfide ! 

ei je ne sals par on commencer. 
CUE. ( Je voudrais lui dh^e... mais sa presence me 

iiiit trembler. ) 
^,^ ^, I Cettc inffrate 

rjc. GUE. "1 r t • (T ' ^^ ^-^^^ voyant , ne pent 

s empecher de rougir^ de se troubler^ ., 
n^ose pas. me parler. 



RIG. 



GUE. 

TiIC. 
GUR. 
RIG. 
GUE. 
RIG. 
GUE. 
RIC. 
GUE. 
RIG. 
GUE. 

RIC. 



RIG. 



( t5 ) 

aic. Riverita mia sigiiora 

G13E. Signer mio , la riveriseo 

RIG. liCi qui a Napoii siupisco ! 

OUE. Lei qni a Napoti che fa? 

a 2 f Stiaiuo a ndir quel che dira.) 
itic. Son vennio a consolarmi 

Del Marl 10 che irovo. 
GUE. Soil veniita a rallegrarrai 

Delia belia che acqnislo. 
nic. (lo la belial) Guer. (Io il mariio!) 

Ric. (Oh che furhal ) Guer. (Oh che scallritol ) 

I Lei da rider mi faria , 
a 2 I Con coiesta scioccheria, 
[ Che per scusa s'invenlo. 

SCENA XL 

GIACCHINETTO e Detti , indi ARSENIOe VALERIO« 

GiA. A tavola roiQnda 

Chi ha di mangiar desio , 

A qiiesla servo anch'io , 

Traitengasi pur qua. 

E chi nelle sue stanze , 

Ha di mangiar piacere, 

Son lesie le piaianze, 

Serviio or or sara. 

( AlTe che il cait da caccU 

Trovaio ha la beceaccia 

Io me ne accorgo gia. ) ( i/jfa ). 

CUE. Vada colla sua hella. 

RIC. Lei collo sposo amahile. 

a 2. ( Mangiasse tanto tossico) 
GUE. ( Ma niio fratello e qua! 

Non posso sincerarmi ) ^ 

BlC. ( Ma suo fratello e qua! 

Non posso ahnen sfogarmi ) 
„ J Che ral)hia , che dispetto, 

• Che pena , ch(Mni da ) 
IRS. A^i^ tavola rotonda 

Di ma!.giar fissatoho nnch' io^ 

E G?ierina al fiance mio 

Me la vogiio siiuar. 



( i5) 

nic. Madame, je vons salue... 

GUE. Monsieur, je siiis voire humble servanie.,. 

r.ic. A Naples... vous! cela m'etoiine. 

CUE. A Naples, vons?.. pourquoi faire? 

a 2. ( Voyons ce qa'il repondra. ) 

inc. Je suis venu pour vous feliciter dc I'epoux 

que vous y avez trouve. 
GUE. Je suis venue pourvous feliciter de la mal- 

tresse donl vous avez la conquete. 
nic. line mailresse ^.. inoi ? 

niG. ( Qji'elle est rusee ! ) 

CUE. ( Qn'il est dissimule ! 

k 2. Ah ! vons me faites rire. Le beau pretexte! 

c^est d'une betise achcvee. 



SCENE XL 

JACQUINET et Les Precedens ; ensuiie ARSE- 
NIE ei VALERE. 

JAC. Je viehs preveui'* les personnes qiii de- 

sirent manger a table d'hoie , qu'elle est 
servie. Tout est pret anss pour ceux qui 
aiment inieux manger dans !enr chambre. 
(Ah I ah : j^ m'app 'leois q?ie le chasseur a de-? 
niche le gibier. ) C II sort, ) 

GUE. Monsieur, retoirnez anpres de voire belle. 

iiic. MadaiUP, hatez-voLis d'aller rejoindre voire 

aim'>ble epouse. 
as. ( Je voudrais Tenvoyer a tons les diables.) 

GUE. Mais voici mon frere, je ne puis pas me jus- 

lifier ) 
Kic. ( IVtiiis voici son frere^ je ne puis pas exha- 

ler ma colere. ) 
ft 2. ( Quel depit ! quelle rage ! quel toiirment 

aff.esix i ) 
JiRS. J'ai decide de monger a table d'hofc, et defaire 

placer ma soem^ a cole de moi. Ea la voyant 



( i6 ) 

Contemplando mia Sorella, 

Diran tiiui, oh come ebellaJ 

E per Napoli la fama 

Presto assai faran volar. 
VAL. Con mia moglie ceriamente 

Noil vo a tavola oggidi. 

Mangiero eon altra gente ^ 

Fin che devo resjtar qui. 
ARs. Padron caro.... val. mio signore. 

ARs. Pranzar seco avro 1^ onore. 

Val. Onor mio.... ars. e assai garbato. 

Val. Lei , signore ^ e litolato ? 

ARS. Qual ricerca a mi foresiiere? 

, _2 -f ^ p^r fare il mio dovere , 
* No signor J basia cosi. 

SCENA XII. 

GIACCHINETTO eDetti, indi ROSAURA, GUERINA 
c RICGARDO. / 

GUE. Signori^ a tavola restan chiamati^ 

I conmiensali sono arrival i ^ 

Altro non resta che di seder, (^^>m.^ 
ARS. Presto, Grnerinaj andiamo a tavola. 

Qiicsta vedete e mia sorella. 
VAL. Ne ho gran piacer. 

ARS. Presto con garbo la riverenza ; 

Ah ! ne sa fare per eccellenza. 
GUE. Ah ! mio fraiello mi fa arrossir ! 

Ros. Sola chMo mangi nella mia stanza ^ 

Signor mariio non e ereanza. 
, Qiiesto una moglie non dee soffrir ! 
VAL. Dove venite? presto partite. 

ROS. Dove voi siete^ vuo anch' io mangiar. 

GUE. f 

a 2. < Se il concedete^ ben puo restar. 

ARS. ( 

Ric. Anch' io voglio essere della partita j 

Cosi alia bclla coppia gradita 

Di core un brindisi fare potro. 
VAL. Ora capisco j ben mi stupisco , 

Signor Zerbino ^ moglie imprudentC; 



( i6 ) 

torn le monde dira : comme elle est jolie ^ et 
le bruit de isa renoinmee reteniira daiis toute 
ia ville. 

VAL. Oh ! certainement , je ne dinerai pas avec 

ma femme aujourd'hui. Je m'arrangerai d\me 
autre maniere tout le temps que je resterai 
ici. 

AFtS. Mon cher maitre... 

VAL. Monsieur.... 

ARS. J'aurai Fhomieur de diner avec vohs. 

VAL. C'est bien moi qui aurai cet honueur la. 

ARS. II est ires-honnete. 

VAL. Monsieur, vous etes noble? 

ARS. Peut-on demander cela a un etranger? 

VAL. C'est pour m'acquitter de mon devoir.^ 

VAL. ARS. a2. C'est bien ] n'en parlons plus. 

SCENE XII. 

JACQUINET, LesPreeedens5 ensuite GUERINE 
et ROSAURE et RICARDE. 

jAC. Messieurs, vous etes servis^ tousles convi- 

ves sont arrives. On va se mettre a table. {11 sort) 

ARS. Depecliez-vous , mademoiselle^ nous allons 

diner. Cettedarae que vous voyez, est ma soeur. 

VAL. J'en suis charme. 

ARS. Vite la reverence. Ah ! elle les fait avec une 

dignite parfaite. 

GUE. Helas ! mon frere me fait rougir. 

Ros. (a Val. ) Monsieur^ il n'est pas decent de 

me faire manger seule dans ma chambre. — Je 
ne le souilrirai pas. — Une femme doit diri^r 
avec son mari. 

VAL. Pourquoi venez-vous ici? allez vou$ en bien 

vite. 

Ros. Je veux dhier avec vous. 

GUE. ARS. Permettez, monsieur^ qu'elle reste avec 
nous. 

RIG. Et moi aussi _, je veux etre de la panie, et 

je boirai de bon coeur a la sante de ce couple 
charmant. 

VAL. Je suis au fait : monsieur le petii-maitre ^ 



( ^7 ) 

(j'laloiio gian Jirvola 

Si clie faio- 
iiic. L.'i vosfra moglie.... T.os. ma qtlal pazzia! 

VAL. O a capisco ... UiC. aon me ue euro, 

P^on so clii ^ia. 
^AL. Qunlche gran diavolo 

Si che iaro. 

TUTTI. 

Che St rano imbroglio^ 
Che scena e qne^ilal 
Dove ho la lesta 
Qua piu non so. 
ARS. Padron caro.... val mio Signorc... 

Rla qiieslo ritralto... Hic. ad allra il donai. 
nos. lo q«5i lo irovai, 

Di pill non son dir. 
CUE. i Che ascoito, che sent o! 

J Oime qualche inganno! 
\ Che doglia I ehe affanno ! 
' Mi semo tnorir. 
ARS. Guerina! Sorella : val. amico scusate. 

Che aveie ? pai iaie. 

GUE. r 

a^. < Lasciatemi star. 
inc. ( 

AR^, Son vermi, son vermi. val. Sara remicranit. 

Deir acqiia ; dell' acqua. 

le pena, che smania! 
Lasciatemi star. 



a2 

RIC. 



CUE. 

a 2 

RIG. 



ICh 
Las 



T UTTI. 



Non so pill dove mi sia : 
Non iniendo ^ e non capisco. 
Mi confondo , ed impazzisqo ; 
Non so come giudicar. 



Fine dell' Atlo primo. 



(I?) 

prenez garde... femme inconsidieree.*. oh ! je 
ferai ime scene devant lout le moadej 

liic. C'est voire femme !... 

iios. Quelle esl done cetie folic ?... 

VAL. Je suis au fait; monsieur. 

inc. Je n'y pense pas... je ne la connais pas. 

VAJL. Je ferai une scene ^ je vous le jure. 

TO US. 

Quelle etrange avenlme ! quelle confusion! 

mon esprii se trouble... je nV emends rien. 
ATis. Mon cher maitre... 

VAL. Monsieur... mais ce porirail... 

nic. Je I'ai donne a une auire. 

ARS. Je l^ai retrouve ici , je n'en sais pas davan- 

tage. 
CUE. RIG. Qu'entends-je ! helas ! c^esi une meprise... 

quelle peine! quel lourment ! je me sens mou- 

rir... 
ARS. Guerine !... ma soDur... 

VAL. Mon ami ^ pardonnez-moi 3 qii'avez-vous ? 

parlez. 
GUE.Ric. Laissez-moi. 
ARs. Ce soni des vapeurs. 

VAL. C'esi peui-^tre la migraine -, qu'on apporle 

de Teau... viic de Feau 1 
GUE. Ric. Quelle peine ! quel lourment ! laissez-moi. 

Je ne sais plus ou j^ensuis^ je n'y com- 
prends rien 3 je me trouble; ma tele s'y perd j 
je ne sais que penser. 



Fin du premier acts. 



ATTO SECONDO. 



Una Sola. 

SCENA PRIMA. 






Ttld. 



GUE. 

niG. 

OUE. 



RIC. 



GUE. 



lilC. 



RIGCARDO, e GUERINA in abito di gala. 

GuERiNA y ill quelle spoglie 

Perche ornaia cosi ? 

Ch* io mi present! 

A cavalieri , e duchi 

In lal modo vestila 

Pretende il fraiel mio 5 

Non mi posso fermar, scusate^ addio. 

Crudele ! dove andate j ora che, sciolio 

L'equivoco innocente , 

Fedel mi conoscele ^ 

In questa guisa pur voi m'accogliete. 

Ah! lasciatemi star. 

Ma almen parlate. 

No eh' e meglio^ eh' io taccia, 

Se piu dirvi non posso 

Che saro vosira sposa. 

Lasciatemi partire^ 

Non m'accrescete -il\inal. 

Questo mi dite ! 

Delle vostre promesse 

Siete dunque pentita ? 

Infida dunque siete ? 

Ah no 1 ma o Dio ! 

Da gelosia acciecala , 

Nel credervi infedel ^ per vendicarmi ; 

Ho promesso al fratello 

Che quel che piu gli piace io sposerei ^ 

E disdirmi senz^ onta non potrei. 

Tal passo avete fatto ^ ah cruda ! ah trista ! 

Perche in veee di dirmelo^ 



ACTE SECOND. 

Le Theatre repnesente un Salon, 

SCENE PREMIERE. 

RICARDE; GUERINE, en grande toilette. 

Ric. Mademoiselle , pourquoi done cette grande 

parure ? 

GUE. Mon frere a voulu que je m'habille ainsi, 

parce qu'il compte me presenter a des cheva- 
liers , a des dues. Je ne puis pas m'arreier^ 
pardonnez-mol.... adieu. 

iiic. Cruelle! ou allez-vous? a present que touir 

est devoile ^ et que yous connaissez mon inno- 
cence et ma lideiitC; vous me faites ce bet 
accueil ? 

GUE. Ah! laissez-moi... 

r»ic. Expliquez-vous du raoins. 

GCE. Ilelas! non... ne pouvant pas vous dire que 

je vous epouserai^ il vaut mieux que je garde 
Ic silence. Laissez-moi partir^ n'augmeniez. 
pas ma douleur. 

RIG. Et vous avez le courage de me parler ainsi ? 

vous regrettez done vos promesses? vous m^a-* 
vez done trahi ? 

GBE. Non. Mais.... oh dieux:!.... aveuglee par la 

jalousie... vous croyant infidele^ el desirant me 
venger, j'ai promis a mon frere d'e'pouser celuf 
qui lui plaira^ et je ne pourrais me dedire 3 
present , sans meriter des reproches. 

vac. Quelle eonduite^ 6 ciel!... Cruelle^ pour— 

qno\ ^,au lieu de m'annoncer mon funeste sort^^. 



( '9) 

Non ni'avete piuiiosio in mezzo al core 
Uno slile caccmto? 
Vado^ vado a morir da disperaio. 
GUE« Ah no ! sentite : io piu non posso in vero > 

In forza della mia fatal promessa^ 
Disporre di me siessa. 
Ma potrete ben voi, in tal momento 
Tutto far per avermi : io v^acconsento. 

DUETTO, 

Tutto da voi dipende : 
Tutto tentar vi lice ^ 
Possa un destin felice , 
I nostri voti udir. 
Ric. Quanto da me dipende ^ 

Tutto J faro J mio bene , 
Possan le nostre pene^, 
Possano un di finir. 

{Rendi pietoso amore 
II nostro cor contento ; 
Da fine al mio tormenlo : 
Ua fine al suo martir. {via Guer.) 



a 2 



SCENA II. 

RICCARDO, poi VALERIO. 

nic. Si si tutto si tenti. 

VAL. Amico _, io vi credea 

Fuori di casa uscito. 
Tiic. Disperato son io. 

VAL. Disperato ? perche ? 

BIG. Arsenio vuole 

Sposar Guerina a un tiiolato, ed io^ 

Che marcliese non son^ conte, o barone 

Ridotto souo alia disperazione. 
VAL. Bene : fingete d' esserlo. 

Bic. Ma come? 

VAL. A tutto io pensero 5 nella mia camera 

Andate ad aspettarmi, 

Io giungero fra poco^ 

E insieme la concerteremo il gioco. 



(19) 

ne m'avez pas plutot enfonce un poignard dans 

le coeiir P Je vais mourir je suis au deses- 

poir. . .". 
cuj:. Arretez J de grace!... ma fatale promcsse mVm- 

peche/il est vrai, de disposer de moi ; iiiais 
vous pouvez faire toutes les demarches possi- 
bles pom' obtenir ma main.... agissez... redou- 
blez vos eflorts... Je consens a torn. 

DUO. 

6UE. Mon sort depend de vous • vous pouvez tout 

entreprendre. Ah ! puisse un heureux sort 
comhler nos voeux! 
Ric. Ma bien aimee^ je ferai tout ce qui depend 

de moi. Puisse le ciel mettre un terme a nos 
tourmens ! 
a 2. Amour, sois propice a nos prieres^etdonne- 

nous le bonheur. 

Mets un terme a ma peine ^ soulage sa dou- 
leur. 

(^Guerine sort). 

SCENE 11. 

RICARDE, ensuite VALERE. 

TkIC, Oui J oui ^ il faut employer tons les moyens. 

VAL. Mon ami ; je vous croyais sorti. 

nic. Je suis au desespoir ! 

VAL, Au desespoir ! pourquoi ? 

nic. Arsenio veut que sa soeur epouse un homme 

de qualitej et moi qui ne suis ni marquis ^ ni 
ni comte, ni baron, j'ai perdu tout espoir. 

VAL. Mais , pourquoi ne faites-vous pas semblant 

d'etre noble ? 
rjc. Et comment? 

VAL. Je vous le diraij allez m^attendre dans ma 

chambre, je vous rejoindrai bientot; et nous 

arreterons ce qu'il fauC faire. 



( 20 ) 

nic. Si caro amlco : oh quanto 

Obbligaio vi son. Di lanta a^ta 

Ben mi ricordero per fin che ho vita. 

ARIA, 

Voi rendeie a questo seno 
Delia pace il bel serenoj 
Gia ritorno a respirar. 
Gia mi scordo il mio dolore^ 
Gia piu lieto senlo il core^ 
Pill nol sento palpitar. 
Fido a voi del cor la pace ^ 
Ben potete, se vi piace^ 
Consolare Talma mia, 
Farmi appieno giabilar. ( Parte ). 
VAL. E pazzo il sior Arsenio ; 

Se la cosa va ben , come ho pensatO; 
Sara Riccardo in ver ben consolalo. 

SCENA III. 
GUERINA, ARSENIO, indi GIACCHINETTO. 

ms. Sta allegra, sorellina; la tiKi fama 

Svolazzando sen va per tuito il mondo. 

GUE. ( Ha perduto la testa. ) 

ARS. Semi bene; 

Ma per meglio sentir ^ seder conviene. 

GIA. Che cosa ho da sentire ? 

Aus. Mettiti in gran sussiego, 

Poiche J come si brama \ 
Diventerai frapoco una gran Dama. 

GUE. ( Mi sera me ! che ascolto ! ) 

ARS. Ehi , locandiere ? 

GIA. Son qui , che comandate ? 

ARS. Leggile un p6 la lisia 

De' sposi concorrenli. 

GIA. ( Come e sciocco! ) 

( Legge ). (c Asdrubale Lasagna^ 
5^ Marchese feudatario di CidagnaoK 



(20) 

Ric. Mon cher ami ; que je vous suis oblige ! Je 

conserverai loute nia vie le souvenir de ce ser- 
vice signale. 

AIR. 

Vous rendez le calme a mon ame vous y 

faites renaiire Pesperance : je respire... j^oublie 
mes peinesj la douieur ne fait plus palpiier mon 
coeur. ... ma tranquiiiite depend de vous... 
vouspouveZj si vous le vonlci^ soulager mes 
tourmens , et me rendre parfaiiement heureux. 

{Ilsorty 



VAL. Le seigneur Arsenlo a perdu Fesprit, ct si 

mon projet reussit^ Ilicarde sera tre - atisfait. 

( // sort. ) 

' SC E N E 1 i"l 

GUERINE, ARSENIO, ensuite JACQUINET. 

ARS. Rejouis-loi^ ma petite soeur; ta renommee 

parcouri^ avecsesadesj tout Tunivers. 
ouE. ( II est fou ). 

ARS. Ecoiue-moi bien ^ ma is afm de mieux e'cou- 

ter, i! faut s'asseoir. 
CUE. Qu^a V ez-vous a me dire ? 

ARS. Prends un air de digni'e _, parco que ^ d'apres 

nos voeax ^ tu vas devcnir une dame de pre- 

qualite. 
GUE. ( Helac ! qu'entends-je ! ) 

ARs. Hoia! monsieur Faubergiste? 

JAC. Me voici ^ monsieur, quo voulez-vous ? 

Aus. Je veiix que lu lui Use la listc de tous ceux 

qui aspire ni a sa main. 
JAC. ( Qu'il est bete! ) ( // lit) : a Asdrubal 

Lasagne marquis feudalaire de Culagne ». 



. ( 21 ) 

ARS. Lasagna! il sol casato 

Consola proprio il core. 

Prosiegui ! 
CUE. ( Che pazienza ! ) 

GiA. tf 11 come Baccellone, discendeme 

3^ Da Barabasso Baibador >i. 
ARs. ( A Gue. ) Ma senti : 

Che nomi arcisonanti ! 
<yuE. ( Non posso piu ) 

ARs. ( A Gia. ) Va avanti. 

oiA. a Volfango Mangiazucche ^ 

y* Coniandanie dell' isole Molucche ». 
ARS. Oh che bel feudo ! seguita. 

GIA. (f Nicola Campanon di Manfredonia. 

ARS. Come! come ! iii sbagli. 

fciA. Non son ciecO; qui dice : 

Nicola Campanon di Manfredonia. 
ARS. Ma che ? quel mascalzon che fa il signore, 

Perche scavando terra in ErcolanOj 

Trovo un tesoro in tasca ad una mummia^ 

Aspira a mia sorella ? 
GIA. Sisignore. 

ARS. Che orror ! da qua la lista. 

Scancelliam losio quest' ignobil nome ^ 

Che i Baccellon^ gli Asdrubali profana. 

( A Gia ) Non sai ^ solenne besiia , 

Che Nicola e un plebeo ? 
GIA. So che neir oro ei nuota. 

ARS. Ah! briccon, ti capisco; 

Ei t'ha pagatO; e tu Thai messo in nota. 
6IA. Signor^ mi maraviglio j 

Non son capace di si vile azione. 
ARS. Va via. 

GIA. Serviior suo. ( Oh che bestione ! ) 

(^ Parte). 

SCENA IV. 

GUERINA, ARSENIO. 

GUE. ( Per soriir dall" imbroglio p io faro visu 

Di voler il plebeo ) 



(21) 

Ai\s. Lasagne ! ce nom de famille repand du 

Leaunie dans le coeur... Poursuis. 

GUE. ( Quelle patience ! ) 

J AC. « Le comte Baccellone ^ descendant de Ba- 

rabasso Barbe d'or 5^ . 

ARS. ( a Gue.) Mais ecoute : quels noms ronflans ! 

GUR. ( Je n'y tiens pas ). 

ARs. ( a Jac. ) Continue 

JAG. a Volfango Manziazucche ^ commandant des 

ilesMoluques 1^^ 

ARS. Quelle charmante propriete! Ensuite? 

jAC. <( Nicolas Campanone de Manfredonie ». 

ARS. Comment ? comment? tu te irompes. 

JAC. Je ne suis point aveugle^ il J ^ i^i? Nicolas 

Campanone de Manfredonie. 

ARS. Eh quoi ! ce malotru ^ qui fait le grand sei- 

gneur^ parce qu'en deterrant les antiquites 
d^Herculanum ^ il a trouve un tresor dans la 
poched'unemomie^ voudrait epouser ma soeur? 

JAC. Oui, monsieur. 

AP.s. Quelle horreur! donne-moi cette liste; effa- 

cons bienvite lenom de ce roturier^ qui ternit 
I'eclat des Baccelone y des Asdrubale. (^aJac,^ 
E tu ne sais pas ^ grand beta^ que Nicolas est 

» un homme du peuple ? 

JAC. Tout ce que je sais^ c''est qu'il nage dans les 

richesses. 

ARS. Ah! fripon ^ je te comprends^ il t'a donne de 

I'argent^ et tu Fas mis sur la liste. 

UAC. Monsieur, vous m'offensez... je ne suis pa* 

capable d'une semblable bassesse. 

ARS. Va-t-en. 

JAC. Votre serviteiu'. ( Ah qu'il est betel ) 

{II sort). 

SCENE IV. 

GUERINE, ARSENIC. 

6UE. (Pour me tirer d'embarras, je vais faire 

semblam de vouloir epouser I'honnae du pen- 
pie. ) 

6 



GUE. 

ARS. 
GUE. 

AUS. 



GUE. 



(2.) 

aus. Sorellamia^ 

Or sceghere tu puoi , 

O Asdrubale Lasagna, 

E diverrai Marchesa di Culagna ^ 

Oppura don Volfango Mangiazucche ^ 

E 1 egnerai nelF isole Molucche ! 

Ne 1' uHj ne V altro. lo voglio 

Nicola Campanou di Manfredonia. 

Tu burli I 

No signor . dico davvero. 

Di stucco lo qui rimango. 

Pensa die Campanou nacque nel fango , 

Ch'egli e deforme^ e grossolano assai, 

E che un par mio non vuole per cognalo 

Un uom di sangue impur , di basso stato. 

Fraiello rifletiete; 

Che chi ha dell' or non e rozzo , ne brutto p 

Che r oro ^ ai nosiri di^ l' oro fa tuito. 

DUETTO, 

10 di tutlo mi contento ^ 
Gh perdono i gravi errori ^ 
Air idea di quei tesori 
Che gli voglio cjonsumar. 

AR^. Questo bel proponimenio 

Certo voi vi scorderete, 
Quando ben conoscereie 

11 suo modo di trattar. 
GUE. Non temete , favellate. 
Ap.s. Gia vederete pria di tutto^ 

Ch'egli e vecchio^ ch'egli e brullo. 
GUE. Ei sia pure vecchio ^ e brutto. 

ARS. Gran difetto non ti par? 

GUE. Son freddure^ seguitate. 

ARS. Soffre poi certi malanni; 

Che provengono dagli anni. 
GUE. Son freddure, son freddure^ 

10 ripar ci so trovar. 
AKs. Come ! 

GUE. Certo , avanti andate. 

ARs. E per colmo d' ogni male 

11 geloso il piu bestiale. 



( ^o _ 

ARs. Ma soeur tu peux choisir a present ou As- 

druhal Lasagne et tu deviendras la marquise 
(lie Culagney ou bien Dom P^olfango Mangia- 
zucche et tu seras la souveraine des isles Mo- 
luques. 

Gup. Ni Fun J ni Fautre. Je prefere Nicolas Cam- 

panone de Maivfredonie, 

APiS. Tu plaisantes ! 

GUE. ISon^ monsieur, c'est tout de bon. 

APiS. Ah ! je suis petritie... Mais penses que Cam- 

panone est ne dans la boue , qu'il est tres-Faid^ 
tres-grossier^ et qu'ensuiteun seigneur comma 
moi ne veut pas qu^un horn me d'une race im- 
pure et d'une condition ignoble^ soit monbeau 
frere. 

GUfi. Mais reflechissez ^ qiFun homme qui pos- 

sede beaucoup d'argent, n^est jamais ni laid ^ 
ni grossier et que Fargent dans notre siecle ^ 
Fargeni fait tout. 

DUO, 

Tout m^'est egal ^ je pardonne lous les de- 
fauts^ quand je songe aux tresors que j'aurai 
a ma disposition. 

ARS. Ah! vous renoncerez a cette belle resolutioit 

quand vous le connaitrez a fond. 
GUE. Je ne crains rien , parlez. 

ARS. D'abord vous verrez qu'il est vieux et laid. 

GUE. Eh bien ^ il est vieux et laid. 

ARS. Et cela ne vous parait pasun grand de'faut? 

GUE. C'est une bagatelle. Poursuivez. 

ARS. II est sujet a de certaines incommodites qui 

appartiennent a son age. 
GUE. C'est bien pen de chose j ]'j trouverai un 

remede. 
ARS. Comment ? 

GUE. N'en doutez pas. Ensuite ? 

ARS. Pour surcroit de malheur ^ il e&t jaloux. 

comiiie un tigre. 



( 23 ) 

GUE. Duiique ei sa cos' e Pamar. 

ARS. Ma di peggio ^ anche il bastone ^ 

Si diverte d'adoprar. 
xjiA. Qiiesia e pur la mia passionCj 

Pugni e schiaffi anck'io so dar. 
ARS. Cosa mai senio ! clie nuova e questa ! 

GUB. ( Pieii di spavento e Finsensato ) 

ARS. ( Son sbalorditOj non ho piu testa. ) 

^UE. ( E gia avvilito ^ mortificato , 

Scioccone indegno^ non dubiiar ) 
ARS. ( Non sol ricusa or d' ascoltarnii ^ 

Quest' e capace di bastonarmi, 

Non so risolvermi , non so che far ) 
GUE. ( Come conviene ti v6 trattare , 

Ti voglio proprio far disperar ) 

ARS. Dunque siete ? gue. Son contenta. 

ARS. II mio dir. . . . gue. Non mi spaventa. 

ARS. E vi preme. . . gue. Di sposarlo. 

ARS. Ne v'e modo. . gue. Di lasciarlo. 

Ars. Ma pensate a quel che fate. 

gue. Gia desiso e il grande affar. 

ARS. Oh ! se questo vi par poco ^ 

lo vi dico apertamente , 

Ch' in sua casa non c'e foco^ 

Che non spende^ non da niente^ 

Che voi seco soffrirete 

Freddoj caldo , fame^ sete, 

Che gli avari piu accaniti 

Sa in durczza superar. 
GUE. Tulto cio non e ch'un gioco , 

Tulto cio non serve a nienie 3 

Non prendete tanto foco^ 

Se mai fosse prepotente , 

Se con me fara V avaro ^ 

lo trovar sopro il danaro^ 

Faro debiti iniiniti , 

E lo voglio rovinar. 
ARS. Che ti venga una saelta 

Non mi posso piu frenar. 
GUE. ( Piu godibile vendetta 

Chi mai seppe immaginar ?) {Guerina parte.) 



(23) 

x}VE. C*^la prouve qu'il salt aimer. 

ARS. Mais ce qu'il y a de pis , c'esl qii^il s'amuse 

a donner des coups de baton. 

ouE. C'est mon gout favori. Je m'amuse aussi a 

donner des coups de poings et des soiiilleis. 

ARs. (Qu'entends-je! voila du nouveau. ) 

CUE. ( Le nigaud est tout efFraye. ) 

ARS. ( Je tombe desnues^ je perds Tesprit.) . 

CUE. II est trouble^ tremblant.... grande bete, 

laisse-moi faire. ) 

ARS. ( Non seulement elle refuse de m'obeir ^ 

mais elle est capable de me donner des coups. 
•Ah ! je ne sais quel parti prendre. 

GUE. ( Je veux t'arranger comme il faut ;, je veux 

te tourmenter a mon aise. ) 

ARS. Vous etes done... 

CUE. Tres-satisfaite. 

*RS. Ce que je viens de vous dire... 

GUE. Ne m'effraie pas. 

ARS. Et vous etes empressee.. 

GUE. De Fepouser. 

ktxS, Et il n'y a pas moyen ?^ 

GUE. De m'y faire renoncer. 

ARS. Mais songez a ceque vous allez fair^. 

GUE. J^y suis toute decidee. 

AKS. Ah ! si tout ce que vous avez entendu vous 

paraitpeu de chose, sachez qail n'y a jamais 
de feu chez lui^ qu'il ne veut rien depenser, 
qu'il ne donne jamais rien, et que si vous Pe- 
pousez ^ vous souffrirez le froid, la chalcur^ 
la faim, la soif, etcoetera^ sachez qu*"]! n'a 
jamais existe un avare pire que lai. 

GUE. Tout cela n'est qu'une plaisanterie, tout 

cela m'est egal j ne vous mcttez pas en peine* 
s'il veut faire le despote , s'il est avare , je 
irouverai le moyen d'avoir de Fargent^ jeferai 
des dettes a fcrce , et je le ruinerai. 

ARS. Que le diable I'emporte , j'etouffe de rage. 

6UE. (Comment imaginer une vengeance plus 

agreable ?) ( Elle sort. J 



(4) 

SCENA V. 

ARSENIO , ROSAURA, indi VALERIC. 

Ans. Ah briccona^ mi voglio veadicare. 

Ros. Cavalier^ Dove^ dove? 

Fermatevi. 
ARS. Non posso. 

Ttos. Ascoltate. 

ARs. Lasciale. 

Ros. lo nen vi lascio certo. 

YAL. (Che vedo ! ah indegno! come ! 

Dunquenon sono vani imiei sospetti. j 

Air armij all' armi. 
ARS. (A tempo ^ 

Scena scconda^ Don Cornelio^ e detti.) 
Ros. Che stravagante umore I 

ARS. A mi CO mio. 

VAL. Che amico ! colla spada.... ho gia deciso. 

ARS. ( Che disgrazia per me d^ esser ucciso. ) 

^ Qiiesta volea sapere... 

VAL. Se r amavi... capisco... ah crudelaccia ! 

ARS. Oibo volea sapere... 

VAL. L' ora per poi... capisco... oh mia vergogna ! 

ARS. lo siava qui^ perche Guerina... 

VAL. Bubbole. 

Stavi qui perRosaura. 
ARS. Per Guerina. ( alzando la voce.) 

CUE. Eccomi ^ che voleie 

ARS. E vieni presto. 

Tu credevi fuggir la mia presenza; 

Ma punire sapro tant' insolenza. 
CUE. Aiuiol o ciel !... 

ROS. Tenet elo. 

VAL. A me bada. lo v6 conio , 

Deir onor mio... (jtenendolo per unbraccio) 
ROS. Non lo lasciate. 

ARS. Oh diavolo ! 

Non posso pill : la pagherete tutti y 

Salvatevi... alia testa 

II nobile mio sangue m' e \:enuto. 



(4) 

SCENE V. 

ARSENIO ; ROSAURE . ensuite VALERIC, 

Ar»s. Ah ! perfide ! je veux me venger. 

Ros. Chevalier ^ ou allez-vous ? arretez. 

ARs. Je ne le puis pas. . 

Ros. Ecoutez. 

Alls. Laissez-moi. 

ROS. Non^ non, je ne vous quitte pas. 

VAL. ( Que vois-je! ah! perfide I mes soupcons 

n'etaient que trop fondes ) aux armes ! aux 

armes ! 
ARs. ( Quel contre - terns ! voila le deuxieme 

combat. ) 
ROs. Quelle humeur bizarre ! 

ARS. Mon ami ! 

VAL. Votre ami ! Fepee... Tepee... c'est decide... 

ARS. ( Quel malheur ! il va me tuer. ) Elle vou- 

lait savoir... , 

VAL. Si vous I'aimez... oui, je comprends... ah 1 

friponne ! 
ARS. A quelle heure... on pourrait... c'est clair... 

quel deshonneur pour moi ! 
ARS. Je restais ici pour Guerine. 

VAL. C'est un conte... vous restiez pour Rosatire. 

ARS. Pour Guerine. ( a haute voix. ) 

GUE. Me voici ^ que vouiez-vous ? 

ARS. Arrive done 5 tu esperais te soustraire a 

ma fureur j mais je saurai punir ton insolence. 
GUE. Au secours ! 6 ciel ! 

ROS. Tenez-le bien ferme. 

VAL. Tu auras affaire a moi ^ il fa tit me rendre 

compte de ee qui blesse mon honneur. ( le 

tenant par un bras. ) 
ROS. Ne ic laissez pas. 

ARS. Oh! diable ! j'etouffe^ vous me le payerez 

tous. . , sauvez-vous. . . mon noble sang me 
monte a la tete. 



(^5) 

LOS. Gente , accorreie ! 

Ros. GUE.Lodandiere^ ajuto! 

SCEPs A VI. 

RICCARDO; e deiti. 

qUINTETTO. 

r.ic. Piano ^ piano ^ miei Signori; 

Quai iraspoiii ! qaai furori ! 

Inveir contro le belle ^ 

E' un mancar di civika. 
APiS. Abbiam aliro nel cervello, 

Non s'intrighi , non ci secchi , 

E poirebbe bello^ bello 

Pur andarsene di qua. 
VAL. Vi consiglio anch' io con quello, 

Di tornar donde veniste^ 

Altrimenti coUe iriste ^ 

Partirete voi di qua. 
CUE. a 2. j ( Ora si che di cosioro, 
ROS. { Ci possiamo vendicar. ) 
r.ic. Vuo sapere da costoro 

Cosa fu la questione ? 
ARs. Voliistrada^ mio padrone, 

Non ho genio di parlar. ( a P.ic, ) 

rjc. Ma perche ^ signor Valerio y 

Tamo sdegno colla moglie ? 
VAL. Di appagar le vosire voglie 

Io non ho la volonta. 
inc. Signorine, ch'e successo! 

Tutto intendere io vorrei.... 
Gi!E. X J Basta, basta, i mali mei , 
iios. ^ * ^ Non vi posso appien narrar. 
a 5. ( Questo arcan^ questo mistero; 
. Se il pensier mi dice il vero , 

Non va bene a terminar ). 
ARS. Favorisca. ( y^ G^wer. ) 

OUE. Mi perdoni ( ad Ars.) 

VAL. Via mi scusi.... ( a Ros. ) 



(25) 

ROs. Hola q- elqn'un ! acconrez..^ 

Kgs. CUE. Monsieur rhoie^ venez a notre secours. 

SCENC VI. 

RI GARDE et Les Precedens, ' 

q UINTETTO, 

inc. Calmez-vous^ calmez-vous^ messieurs. Quels 

transports quelle fureiu' ! Se facher conire le 
beau sexe 1 c'esl avoir bien pen d'egard. 

ARS. Nous avons bien autre chose dans la tete^ 

melez-vous de vos affaires^ laisseznous tran- 

quilles^ vousferiezbeaucoupmieux de voUs en 

aller. 
VAL. Je vous conseille aussi de reiourner oii vous 

eiiez- autrement vous courez risque qu'on 

vous fasse soriir de force. 
CUE. Ros. ( Voici le nionieni propice de nous venger 

de nos tyrans. ) 
nic. {a Ars,^ Je desire savoir la cause de leur 

dispute. 
ARs. ( a Ric. ) Mon cher rnattre ^ adressez-vous 

ailleurs^ je n^ii pas envie de parler. 
RIG. Monsieur Valeie^ dites-rnoi pourquoi vous 

eies si fache contre voire femme? 
VAU. Je n'ai pas envie de saiisfaire voire curio- 

site'. 
Ric. Mesdames^ qu'est-il arrive? Je voudrais 

eire instruil de tout... 
CUE. Ros. Ah ! monsieur J il est inutile de nous ques- 

tionner^ nous ne pouvons pas vous devoiler 

tons nos nialheurs. 
a 5. ( Ce secret, ce raysiere^ si j'en crois mon 

presseniimenl , aura des suites facheuses. ) 

ARS. ( a Giie. ) Faites-moi la faveur... 

€UE. Pardonnez-moi... 

VAJL. Excusez-moi. 



(26) 

iios. Oibo non devo. 

ARs. Come!.... 

VAL. Che!.... 

Ric. Piaii , pian y signori ^ 

Diie almen qual sia rarcano. 
GUE. ' Quella bestia di germaiio 

Vuol eh' io dia la mia mano, 

Contro genio ^ a non so chi. 
nos. Quel liianno di marito^ 

E geloso J e inviperilo^ 

Sla con me la none , e il di. 
Tiic. Vergognatevi3 arrossite.... 

Aus. Lei che c'entrai* 

VAL. Che I'importa?... 

RIG. A capriccio maritarla... 

CoUe femine geloso... 

Oh che uom picn di spropositi! 

Oh che testa incorriggibile! 

Da qui nascon poi le liti, 

Da qui nascon le discoi die , 

E Je donne con ragione 

Poi si sanno vcndicar^ 

E si dascian pur trattare 

Con scioltezza ^ e liberta. 

GtJE. Apprendete quelle regole 

nos. Non fuggite quelle massime 

CUE. Fate bene di notarvele 

nos. Nella testa registratele. . . . 

' , o) Che se no^ ci fate ridere^ 

I E vi fate corbellar. 
r.os. ( 

ARS. Ve che storia ^ ve che burla ! 

Ah che smania! oh ciel! che pena ! 

Gia la testa e troppo piena^ 

E uno scoppio sto per far. 
VAL, • Oh Valerio desolato ! 

Sei schernito ^ sei burlato ! 

La tua testa gia vacilJa ^ 

Gia ti baiza qua^ « la. 

(partono.) 



Ros. Non y monsieur. ( a Ros. ) Je ne le dois 

pas. 
ARs^ Comment ! 

VAL. Que dites-vous? 

T»ic. Calmez-vouB ; messieurs^ expliquez-moice 

mystere. 
GUE. Mon frere^ que vous voyez^ est si bete^ 

qu'il veut me faire epouser ^ conlre mou gre ^ 

je ne sais qui. 
ROS. Ce tyran est mon mari • il est jaloux comme 

nn diable^ il ne me quille jamais. 

inc. Et n'etes-vous pas honleux d'une cooduite 

si extravagante ? 

aus. Monsieur ^ de quoi vous meiez-vous ? 

VAL. Qu^est-ce que cela vous fait ? 

RIG. La marier conlre son gre... etre jaloux de sa 

femme ! 

( a Ars. ) C'est une fame i rap ardo unable. 
( a Val, ) II faut avoir perdu la teie. Voila 
d'ou viennent les disputes j voila la source des^ 
querelles et des inimities j et les femmes n'ont 
pas tort de chercher a se venger j en se lais- 
sant f^aire la cour en toute liberie'. 

€TJF. Apprenez cette leeon... 

nos. Faiies votre profit de ces maximes. 

GiA. II est bon de les ecrire sur vos tableties^ 

ROs. II faut les graver dans votre esprit. 

Ric. GUE>Ros. Sans cela nous rirons a vos depens ^ et tout 
le monde se moquera de vous. 

ARS. Ah ma foi ! cela passe la plaisanterie. Quel 

de'pit^ quelle rage!..^. ma tete n'y tient pasj je 
vais eclaier. 

XAL. Que je suis malheureux ! on me trompe_, on 

se moque de moi. . ma tete se trouble^ on me 
baloite de tous cotes. 

{^lls sortent). 



( ^7 ) 
SCENA VII. 

GIACCHINETTO, iiidi ARSEMO. 

GIA. Sempp^e sussiirri nella inia locanda; 

Ma I Oslo tiuiraniio ; 
Se Valerio poriar sa hen ringanno. 
La iiioglie e nel conceilo 
And; em tulli d'accordo; il eolpo e certo. 
Tilt I i fra poclii istanti 
Travesliti saranno, 
E col segiiiio tinto q?ii verranno. 
Ora e d'uopo ad Arscnio... ei vien... il bella. 
E clie ciascuti pi^r (Tuenna lavoia, 
E la Guerilla iioii sa nulla ancora. 

SCENA VIII. 

ARSEMO , e GIACCHINETTO. 

aus. Qual' accidcnti raai a me qui m'accadono 

C^olla sorella niia ! 

Senza perder piii tempo fuggo via. 
€IA. (Valerio vien.) Signore, im foresiiere 

Con premura assai grande 

Di parlarvi domanda. 
AUS. II il foix^siiere ! 

Ven^a par^ e padrone (vien da lontano^ 

On if fare la eoite a mia sorella j 

Ro >la sirajiiera e sempre robha hella.) 
6J1. Ora lo faio entrar (se, come spero, 

II C')ipo va ben fa! to, 

Faren* morder le dila a qnesto matto.) 

( parte, ) 
AUS. ( Guardando verso la porta ) 

Faecia hislnnga e seria , oecbio brillanie'. 

La bar[>a nera ed il naso aqnilino... 

Ab! q 'csti indizi son di siirpe imtica^ 

Ed i>eu maito chi non se n' inirica. 



(-7) 
SCEIVE VII. 

JACQUINET ensuite ARSENIO. 

JAC. Moil pauvre hotel est devenu la maisoii des 

disputes 5 mais elles cesseront bienlot si Yalere 
jone bien son role ; sa fomme est dans le coin- 
plot 5 nous sonimcs tO'?s d^aceord , et le coup 
ne pent pas manquer. On se degiiise, et bien- 
tot on airivera ici avec le grand cortege... En 
attendant 5 il faut qn'Arsenio... ii vient... le 
plus beau de I'aiTaiie , cVst que chaeun agit 
pour Gueriae^ et Gueriae ne sail encore rien. 



SCENE VIII. 
ARSENIO; JACQUINET. 

IRS. Combien dVvenemens extraordinaires I ah! 

il ne fivit pas tarder davantage; il faut s'eii 

alier d\ci avec ma soenr. 
JAC. ( Valere approch*^ ). Monsieur, nn etranger 

demande a vous parler avec le plus vif empres- 

seinont. 
ART. Un etranger I qu'il vienne , il en est le 

maltre... (il arrive de loin pour faire la coi^r k 

ma soeur^ tout ce qui est etranger est tou jours 

beau. ) 
JAC. ^ Je vais le faire entrer. (Si le stratng"*nie 

reussit , conune jVspere , ce fou s'en mordra les 

doigts ). ( II sort J. 

ARS. ( F^ers les coulisses ). II a le visage oblong 

et serie:!x... Trjeil brillant.. la barbe noire... le 
nez aquilin... all! tout cela indique qu'U est 
d^ine race tres-anciennCj, et ce serait uoc folic 
de ne pas ie recevoir. 



( r.8 ) 
SCENA IX. 

VALERIC vesiito da dragomannO; e detto^ 

VAL. E'lei il signor iVrsenio? 

ARs. Tuito intero, 

VAL. A lei^ quando e cosi^ chino la testa. 

ARS. lo fo lo stesso. (Oime die smorfia e questa^) 

Di grazia il vostro nome? 

VAL. Delle lingue orientali 

DragoniannOj o sia interprete son io^ 
E mi chiamo Lambasco di Lacandi. 

ARS. Caro il inio sior Lacandi^ 

In die dd3bo servirla^ mi comandi- 

VAL. Di gia vi sara noto, 

Che in napoli si trova 

Del re di Calicut l' unico figlio ? 

ARS. lo no, non se so nulla. 

VAL. Come I tutta la gente 

Corre pure a vederlo : orsu sentite; 
A se chiamar mi fece , ed in sua lingua 
Mi disse : Karachi chi barica 
Kakahai, harahal^furfa! arsenica, 

ARs. Tu die diavolo hai detto ? 

VAL. Cio vuol dire, 

S' io aveva mai vedulo la sorella 

D' un certo mercalantCj Arsenio detto, 

Bella al pari del sol d' un vago aspetto. 

ARs. Oh piacere! e tu? 

VAL. Ed io si , gh riposi , 

Ed ei soggiunse tosto^ 

Squaqueray gnoCy martufy cioe il mio core 

Arde per lei del piu cocente amore. 

ARS. Squaquera^ gnoc, inartufl Oh bella lingua 

Che tienne CaHcutte ! 

VAL. Ed io alia fine^ 

Per aderapire al suo comando espresso, 
Per lui vi chieggo adesso 
La sorella in isposa , e perche abbiate 
Grado die a tanio onor possa innalzarvi , 
Suo mammalucco intende anche di farvi... 



( ^8 ) 
SCENE IX. 

VALERE^ deguise e^ Dragoman^ et le precedent 

VAL. Est-ce vous qui vous nomraez le seigneur 

Arsenio ? 

APiS. C'est moi en personne. 

VALi Puisqu'il en est ainsi^ je m^incline devant 

vous. 

ARs. Je fais de meme ^ ( helas ! quelle grimace ! ) 

veuillez me dire votre nom. 

VAL. Je suis un dragoman ^ c'est-a-dire , Pinter- 

prete des langues orienialeS; et je m'apppelle 
Lamhasco Lacandi. 

ARS. Mon cher monsieur Lacandi , en quoi 

puis-je vous servir? disposez de moi. 

VAL. Vous etes sans dome instruit que le fils 

unique du roi de Calicut^ est a Naples. 

APiS. Je n^en sais rien. 

VALi Comment! tout le monde va le voir. . . ah! 

ca, ecoutez: il m'a fait appeler, ei il m'a dit 
dans sa langue : Baraca , chi baririca ^ kaka- 
laiy barabal yfurfai arsinica. 

Ans. Que diable dites-vous ? 

VAL. Cela signifie : Si j'avais vu la soeur d'un cer- 

tain marchand qu^on appelle Arsenio^ qui est 
aussi belle qu'un beau soleil. 

ARS. Ah quel plaisir ! et qu'avez-vous repondu ? 

VAL. J'ai repondu qu'oui 3 et il a ajoute a Finstant 

meme : squaquera gnoc martuf^ c'est-a-dire^ 
mon coeur brule pour elle du plus cuisani 
amour. 

AKS. Squaquera gnoc martufj ah ! le beau langage 

que celui de Calicut ! 

VAL. Et moi J en un mot , afin d^'obeir a ses ordres 

tres-precis;, je vous demande ici^ en son nom ^ 
votre sa3ur en mariage, et ^ comme il est ne- 
cessaire que vous ayez un grade qui vous 
rende digne de ce grand honncur^il compte 
vous nommer son errand ManiamoucJd, 



( ^9) 

A)is. lo mrmrrnliicco! scostati , ovver ch^ io. . . 

VAL. Chi (iiie voi f S' inteiule ai suo paese , 

La III! inammalncco e | iu 

Che a Napoli un Miirchesc. 
ARS. Oh I poi qnanclo e cosi^ io mi rimeilo : 

Sua a'lK'zza Calicut lica 

Venghi , e si prcncia pure mia Sorolla^ 

Chi' cc !a do d\ core. 

10 mainnialucco? Oh esorhiiante onore! 
VAL. Voh> a faro ve»iiie : vedrete^ aiuicO; 

1 pi'iiiii personagjii , 

Che a co.ieggtar sua ahezza 

Da ogni parte del niondo son venuti. 

I nomi loro udi'e , 

E poi irasecolaie, e poi slupiie. 

/ JRIA, 

Mustafa di Trabisonda^ 
Ch^ e donor lualricoiato, 
Verra unito a suo cogiiaio, 
E gran segniio avera. 

11 famoso don lenipesta, 
General d' infanieria. 
Qucsto e nonno di Porzia, 
Che n" lia uccisiin quantita. 
Beglierbei il suo Nipoie , 

Oh che ingegno sopra umano 1 
Legge il greco, e Tegiziano, 
Come io leggo il hi , a , ha ; 
V e nn Emiuco, nn Saleuino, 
Un Persiano 5 un TunesiuO; 
Due visiri con tnrbanti , 
E alle nozze tuLli quanli 

Vi verranno ad onorar. 

E se lei non ha capito ^ 

Or lo torno a repUcar. 

Mustafa; etc. (^parCe.) 



(^9) 

ARS. Moi! Mamamouchi! allez-vous en... ou 

bien. . . 

VAL. Que dites-vous? ckms son pays^ c'est une 

grande dignite que celle de Mamamouchi ^ et 
son rang est bien au-dessus de celui d'un mar- 
quis de Naples. 

ARS. Oh ! dans ce cas la^ j'accepte^ que son altesse 

Calicutique viennej je lui donnerai ma soeur 
de tres-bon coeur. Mamamouchi ! quel bon- 
ne ur incomparable I 

VAL. Je vais vous Pamener; mon ami^ vous verrezi 

avec lui tous les grands personnages qui sont 
venus lui faire la cour, de tous les coins du 
mondej je vais vous dire leurs noms, et vous 
serez frappe d'etonnement. 



AIR. 

Musiapha de Trebisonde, docteur tres-cele- 
brCj viendra avec son beau-frere^ suivi d^un 
beau cortege j ensuitele faraeux Dom Tempete, 
general d'infanierie^ grand-pere de Porcie^ et 
qui a tue bien du mondej ensuiie Beglierbei 
son neveu... ah! quel talent extraordinaire! il 
lit le grec et I'egyptien^ comme je lis Pa, b, 
c 5 un Eunuque ^ un Indien , un Persan , uii 
Tunisien ^ deux Visirs avec leurs turbans. . . . 
Tous ces messieurs assisteront a la noce, et 
viendront vous complnnenter... si vous n'avez 
pas bien compris ^ je vais recommcncer : Mus- 
taphaect... tous ces messieurs viendront vous 
comphmenter. 

( // ^orL ) 





( 5o) 




SGENA X. 




ARSENIO, GUERINA. 


AR«. 


Ora si che Guerina 




Saltera pel pi acere ; 


^ 


La nuova le se dia. 




Guerilla? ah! dove sei, Sorella mia ? 


OUE. 


Eccomi , che volcte ? 


ARS. 


Allegramenle ^ 




Squaquera gnoch martuf. 


tllTE. 


Che cosa dite ? 


ARS. 


Squaquera gnoch marluf^ non c'e che dire. 


CUE. 


Siete forse impazziio ? 


ARS. 


Tu non sai 




La hngua Cahculiica 




E Karaka harica 




Carabal y arsinica^ 




Neppur lo sai. 


GUE. 


E maito. 




Misera me ! soccorso 1 


ARS. 


Perche strilh ? 




Tu ed io sarem fra poco trasformaii, 




lo non saro piu iO; 




Tu non sarai piu essa ^ 




lo mammalucco e tu caHcutessa. 




( Partono ). 



SCENA XI. 

Una gran Sola, 

ARSENIC, GUERINA, ROSAURA. 

ARS. Questa sala sta bene , si signore. 

S'ha il principe cognato 
Da ricever con sfarzo e dislinzione. * 
O sorte ! o comentezza ! 
Ah Sorella ! Sorella , 
Vieni pur 3 la fori una 



( 5o ) 
SCENE X. 

AESENIO, ensuite GUERINE. 

AU5. GuERiNE va sautcr de joie -, haions-nous^ 

de lui donner cetie bonne nouvelle. — Gue- 
rine ? oii es-lu, ma soeur ? 

GUE. Me voicij que voulez-vous? 

ARs. Rejoiiis-toi ^ Squaquera gnoch^ Martuf, 

€rUE. Que dites-vous ? 

Alls. Squaquera gnoch ^ Martuf, c'est ccl» 

meme. 

GUE. Etes-vous devenu fou? 

ARS. Tu ne connais pas la langue calicuiique^ 

et Karaka Barika ^ Carabal, Arsinica^ li* 
ne sais pas ce que cela signifie. 

GUE. II est fou. Helas ! Quelqu'un.... qu'on vie»he 

a mon secours ! 

ARS. Pourquoi cries-tu comme cela ? On va nou& 

metamorphoser. — Je ne serai plus nioi, tu 
ne seras plus toi. — Je deviendrai un Ma^ 
mamouchi et toi une Caliciitienne. 

(^Ils sortent \ 



SCENE XL 

Le Theatre represente un gi^and Sallon. 
ARSENIO; GUERINE;, ROSAURE. 

ARs>^ Fort bien. — VoiU un salon ou I'on peur 

recevoir. II faut faire un accueil tres-disiin- 
gue a monsieur le prince^ mon beau-frere. 
Quel bonheur! quel doux plaisir ! — Ah! ma^ 
soeuF; ma soeur^ viens partag-er ma jpie. — - 



(3i ) 

Ci arridcj a queste nozze, 

L'Asia^ FEuropaj P Africa^ PAraerica 

Resieranno di stucco j 

Tu gran calicutessa, io mammal ucco. 

SCENA XII. 

I detti GIACCHINETTO , indi VALERIO da drago- 
manno con segiiito diturchiy che recano i^ari doniy 
indi Riccardo i^estito aW orientals con seguilo, 

ARS. Ma zitlo... parmi udir degli istrumenii. 

CUE. ( Col cor tremanie alfin misera attendo^ 

Son confusa , sorpresa ^ e nulla intendo ) 
GX\. Signore ^ il dragomanno, 

E il principe con lieta comitiva 

Nella locanda in questo punto arriva. 
ARS. Ho seniito davvero , 

Ecco che s'avvicina^ 

Senii la sinfonia, sentij Guerina. 
VAL. Tahan ^ laran, tangut 

Prence di Calicut , 

Signor di kakaruta 

La sposa, ed il cognato insiem saluta. 

Questi y che qui mirate^ 

Tutti profumi y e balsami 

Schiavi del gangCj e gatti zibistiferi^ 

Pegni di sua grandezza^ in don v'invia : 

Dal don s' impari il donator qual sia. 
APiS. Io mi confondo oh Dei ! 

Questi son gatti ! questi 

Son mori di bellezza rara ! 

Questi profumi odora : altro che i fumi 

Ch' escono dalle notre ciminiere. 

Non c'e che dire : sono 

Altra cosa le cose forestiere : 

( A te via presto falli un complimento ; 

Ma no pariero io. ) 

Mio signor Lacandi ; 

Consiosiacosache 

Le sue grazie.... anzi lui^ eke ci fa grazia 



(3. ) 

Le sort nous est propice. < — En apprenant 
ce niariafife ^ FAsie ^ TEurope y TAfrique et 
I'Amerique tomberoni des nues. ^ Tn cle- 
viendras la princesse de Calicut ^ et inoi le 
grand Mamamouchi. 

SCENE XII. 

Les Precedens , JACQUINET , ensuite VALERE de- 
guise en Dragoman ^ avec une suite de Turcs qui 
portent des presens^ ensuite RIGARDE habille a 
I'orientale j et suite. 

ARs. Chut ! II me semble que j'entends de la 

musique. 

CUE. ( J'attends avec la plus vive inquietude la 

suite de cette scene extraordinaire; a laquelle 
je ne comprends rien du tout '^ et qui me 
comble d eionnement.)^ 

^AQ. Monsieur , le Dragoman et le prince vien- 

nent d'arriver dans Photel avec leur brillant 
cortege, 

ARS. Je ne me suis pas trompe lis appro- 

chent Ecoute ^ Guerine ^ cette douce 

melodic. 

VAL. Tahan y Laran y Tangut ^ prince de Call- 

cut^ seigneur de Kdkarita^ presente ses hom- 
mages a sa future et a son beau-frere. Tout 
ce que vous voyez ici ^ ces pai'fums ^ ces 
haumes ^ ces esclaves du Gange^ ces chats du 
Bengalc; sont des gages de sa grandeur doiit 
il vous fait cadeau. Jugez par ces presens ce 
que doit etre celui qui vous les offre. 

ARS. O ciel ! je suis confus ! voila des chats, 
voila des presens d'une gi^ande beaute ! et ces 
parfumS; helas ! leur fumee est bien au-dessus 
de celle qui sort de nos cheminees. — Ah ! 
c^est un fait 5 tout ce qui vient de Petranger 
est raagnifiquc* (Allons^^ma soeur, fais-hii 
lin beau compliment. Mais non, je m'en vais 
le faire. ) Monsieur J.acandi^ puisque vos 
faveurs... c'est-a-dire _, vos graces 



(33) 

CUE. Giaclitnetto gia. Cosa avete I 

GUE. Ah fratello ars. Cosa vuoi ? 

GUE. Non ho pace^ non ho quietej 

Son vicina a clelirar. 
ARs. Via non far la schizzignosa. 

GIA. Alio sposo v^ accostate. 

G13E. Quesia cosa^ se m' amate^ 

Si potrebbe rltardar. 
r.ic. Mi voliray cara sposa^ 

Con sua grazia^ mi parlar. 
ARS. Parla dunque V itaUano? 

VAL. Qualche cosa^ qualche cosa. 

Ros. r 

ARS. ^ # ) Si benissimo alia sposa 

GIA. j Vada pure a favellar. 

VAL. V 

GUE. Ah per pieta, signore! 

Son vostra se volete^ 

Ma invano voi potrete 

Sperare amor da me. 

Ho gia donato il core 

A un infelice amanie • 

Son iiel mio amor eostanie : 

Non so mancar di fe. 
ARS. Ah furba ! ah malandrina ! 
piic. Star ziita mia sposina^ 

Parlar a mi volira. 

Sapira che dehra, 

Ma mi secreto dir. 

(Guerina mia dileita, 

Riccardo ecco son' io. 

Guardate^ si son io , 

Solo per voi son qua. ) 
GUE. ( Riccardo ! anima mia ! 

Chi mai creduio avria?) 
Ric. (Giudizio, e serieta. ) 

GUE. M' ha detio , fratello ^ 

Cosi belle cose 

Che sento bel bello 

Per lui dell' amor. 



( 53 ) 

CUE. Jacquinei 

JAQ. Qji'avez-voiis ? 

CUE. Ah! moQ frere 

Aus. Que veux-tu? 

GUE. Je suis troublee, agitee Ma tele s^y 

perd. 
ARS. Allons done , point de grimaces. 

JAC. Approchez-vous de voire futur. 

GUE. Ah ! si vous m'aimez ^ daignez differer ce 

mariage. 
nic. Mi Folira , ma ehere epouse, vous dire 

un mot^ si vous le permetiez. 
AUS. II sail done parler noire iangue. 

VAL. Un pelil pen. 



I\OS. VAL 
ARS. JAC 



.. 1 Oui ^ monsieur , vous pouvez parler a 
1. A voire future. 



GUE. Ah ! seigneur ! de grace.... je vous e'pou- 

seraij si vous Texigez j mais n'esperez pas que 
je vous aime : j'ai donne mon coeur a un 
amant raalheureux 5 il sera toujours I'objet 
de mon ardeiir : je ne trahirai jamais la foi 
que je lui ai juree. 

AUS. Ah ! perfide ! sceleraie ! 

i;iG. Resta tranquille a ma petite femme 

parlara mi volira ^ sapira que delira , mais 
jnoi dire lui secret. ( Ma chere Guerine ^ je 
suis ton cher Ricarde 5 reconnais - moi....* 
C'est pour toi que je me suis deguise ainsi. ) 



fiUE. ( Toi J Ricarde ! mon bien aime! comment. 

aurais-je pu le deviner ? ) 
File. ( II faut de la prudence et de I'adresse.) 

CUE- Mon cher frere J ce monsieur m'a dit de si 

belles choses ^ que je commence a Taimer. 



( 54 ) 

Ros. ( Evviva $ua altezza ^ 
VAL. ^ / ) Che sa con destrezza ^ 
GTA. ^ J Nel cor delle donne 
ARS. vDestar dell' ardor. 
VAL, Adcsso pill non resta ^ 

Per terminar la festa ^ 
Che a lui di mammaluceo 

Donar la dignita 

E dopo aila sua sposa 
La mano poi dara. 
IRS. Per cosi bell' onore 

Ringrazio il niio signore j 
Son pronto ^ eccomi qua. 
Ric. Siar veste di broccato 

Che porta mammaluceo _, 
Vestira mio co^nato , 



r.rc. 

GUE. 
GIA. 
VAL. 



■{■ 



i 4^ E mammaluceo far. ( Metlono ad Ars, una 
veste aW orientate,) 

Eic. Star berretton dorato y 

Che porta mammaluceo ; 

Portara mio cognato , 

E mammaluceo far. ( Gli mette in capo un 

berrettone.) 
TAG, Gli allri. E mammaluceo far. 



AIIS. 


Che onore segnalato ! 




Ml sento giubilar. 


VAL. 


Attendeie. 


ARS. 


Si signore. 


VAL. 


Inchinatevi , aspettate ; 




Venti quattro bastonate 




^ Or eonvien di fargli dar. 


ARS. 


lo non voglio quest' onore. 


VAL. 


Cerimonia cosi far. 


ARS. 


Vi ringrazio del favore , 




Non ho voglia d' abbuscar. 


VAL. 


Ma sedete. 


ARS. 


Non importa. 


KIC. 


Mi pregara. 


ARS. 


Signor no. 


YAL. 


Cerimonia. 



P»OS. VAL 



( 54 ) 

I i 4* Vive son altesse qui sail , par sort 
\ adresse^ faire naitre Famour dans le coeur des 



JAQ. aus. f^ ^ 

^ lemmes. 



VAL. A present, pour achever la feie^ il faut lui 

donner le grade de MamamoucJii ; ensuiie on 
celebrera la i;i6ce. 



ARS. Je fais mille remercimens a monseigiieur 

de ce grand honneur. Je suis tout pret. — 

Me voici. 
inc. Voici cette robe de brocart que portara 

Mamamouchi , Pestlra mon beau-frere ^ qui 

devtendra Mamaniouchi, 

Ros. GUE. VAL. jAC. Qui deviendra Mamamijuehi. 

rac» Ce grand bonnet dore que portera Mama- 

mouchi y portera mon beau-frere, qui devien- 
dra MamamoucJii, ( // lui met sur la tete un 
grand turban dore. ) 

LES AUTRES. Qui deviendra Mamamouchi. 

ARS* Quel honneur insigne ! Je suis au comble 

de la joie. 

VAL. Aitendez. 

A.RS. Qui, monsieur. 

VAL. Inclinez-vous et attendez. — A present il 

faut lui faire donner vingt-quatre coups de 
baton, 

ARS» Que dites-vous ? je ne me soucie pas de ce 

bel honneur. 

VAL. La ceremonie Fexige, 

ARS, Je vous reraercie de cette faveur 5 je n'ai 

pas envie d'etre frappe, 

VAL. Asseyez-vous. 

ARS» C'est inutile. 

mc- Mipregara, 

ARS. NoD; monsieur. 

VAL* La ceremonie ! 



(55) 

ARS. No vi dico. 

(Maledeito questo inirico ! ) 
VAL Far di meno non si puo. 

ARS. Onorato io son di troppo 5 

Cerimonia troppo bella j 

Lei si prenda mia sorella ^ 

Gia per me basta cosi. 
CUE. Son contenta. 

Flic. Son conlento. 

a 2. In perfetto godimenio 
Viveremo i nostri di. 
TuTrt, ECGETTO. ARS. II matriiTionio e fatlo ^ 

Ciascnn contento ha il core 5 

La burla ^ mio signore , 

E tempo di iinir. 
ARS. Piano , signor ^ voi che volete. 

Qnesti che mai vuol dir ? 
TiiG. Riceardo di Bitonto 

Son io per ubbidirvi. 
VAL. Valerio per servirvi 

Riconoscete in me. 
GUE. Queslo che qui vedete 

E il giovin Bitontino, 
ARS. Ah I furba , ah ! malandrina y 

Signor di Karaskut^ 

Prence di cahcut y 

Indegno disumano ^ 

Lacandi dragomano_, 

Sorella falsa e ardita ^ 

Sorella sciagurata! 

CUE. RIG. Signor^ a vosiri piedi^ 
Vi dimandiam pcrdono. 

ARS. La cosa e combinata, 

Rimedio piu non c" e. 
Gli altri. A tuiti perdonate ;, 

Rimedio piu non'^c' e. 
aUs. a tutti si perdoni ^ 

Un mammalucco io sono , 

Da dubilar noii v' e. 



( 35 ) 

Ans, Je vous dis qiie non. ( Oh le mauclit em- 

barras ! ) 

VAL. On ne peut pas s'en dispenser. 

ARS. Vous m'avez assez honore. Terminons 

cette belle ceremonie : monsieur , epousez 
ma sosur. Pour moi ^ je si^is saiisfait. 

GUE. J'y consens avee plaisir. 

me. Et moi aussi. 

a 2. Nous jouirons route notre vie du plus par- 

fait bonheur. 

TOUS y EXCEPTE ArSENIO. 

Le manage est conclu. — Tout le monde 
est content; et nous pouvons^ monsieur^ ter- 
miner la plaisanterie. 

ARS. Que voulez-vous dire^ monsieur? qu'est-ce 

que cela signifie ? 

RIG. Je suis Ricarde de Bitonte ^ pret a vous 

obliger. 

VAL. Regardez-moi; je suis Valere^ pret a vous 

servir. 

GUE. Ce monsieur que je viens d'epouser ^ est ce 

jeune homme de Bitonte dont je vous ai parle. 

ARS. Qu'entends-je ^ helas 1 friponne ! coquine ! 

monsieur de Karaskut^ prince de Calicut^ 
monsieur Zacan^i Dragoman... ah! perfide! 
scelerate ! soeur pleine defaussete...mechante 
scxjur... ah ! j'etouffe de rage. 



GUE. RIG. Monsieur^ nous voila a vos pieds; daignez 
nous pardonner. 

ARS. Ah ! Faffaire est conclue , il n'y a pas de 

remede. 

LES autres. Pardonnez a tont le monde ^ puisqu'il n'y 

a pas de remede. 
ARS. Eh bien ! oui. — Je pardonne a tout le 

monde. Je suis un vrai Mamamouchi^ il n'y a 

pas le moindre do inc. 



(36) 

TUTTI. Vivan gli sposi amanii j 
E il mammalucco ancart 
Andiamo unitamente 
A star allegramente , 
Andiamo unitamenie 
A star di buon umor- 



FINE. 



( 36 ) 

Tous. Vive les tendres epoux , et vive aussi le 

grand Mamamouchi, — AUons tous celebrer 
la noce. — AUons tous nous rejouir. 



FIN.