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Full text of "La Belgique horticole : Annales de botanique et d'horticulture"

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LA 



BELGIQUE HORTICOLE, 



JOURNAL DES JARDINS, 



DES SERRES ET DES VERGERS, 



FONDÉ PAR 

Charles MORREN, 

Docteur en sciences, en philosophie naturelle et en médecine, Professeur ordinaire de botanique 
et d'agriculture à l'Dniversité de Liège, Directeur du jardin botanique. Chevalier de l'Ordre Léopold, 
de l'Ordre royal et militaire du Christ, de l'Etoile polaire de Suède et IVorwége, de l'Ordre Royal de 
Danebrog, de la Couronne de Wurtemberg, de la Couronne de Chêne, etc.. Membre titulaire de 
l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, et de l'académie royale d agri- 
culture de ^uède , i^Iembre du Conseil supérieur d'agriculture du Royaume, Membre honoraire de l'Aca- 
démie royale de Dublin, Correspondant des Académies des sciences de Breslau , Florence, Madrid, 
Naples, Padoue, Rome, Turin, de l'Acadc'mie royale d'Agriculture du royaume de Sardaigne et de 
Piémont, Membre honoraire de la Société générale d'Agriculture des Pays-Cas, de l'Académie impériale 
des sciences de Rouen , de la Société royale d'encouragement de l'horticulture des Pays-Cas, du Cercle 
agricole et horticole du Grand-Duché de Luxembourg, Associé ou Correspondant des sociétés impériales 
ou royales d'agriculture et de botanique de Barcelonne, Berlin, Bruxelles, Caen. Chartres, Clermont-Fer- 
rand, Cherbourg, Dijon, la Drenthe, Edimbourg, Gand , Groningue, Halle , Heidelberg Leipzig, Màcon, 
Malines, Marbourg, delà Moselle, de Paris, Ratisbonne, Rostok, Rotterdam, Rouen, de la Sarthe, 
Silésie, Strasbourg, Stockholm, Utrecht .Valence, etc. 

ET RÉDIGÉ PAR 

Edodard MORREN, 

Docteur spécial en sciences botaniques, docteur en sciences naturelles, candidat en philosophie, professeur 
suppléant de botanique à l'universit ' de lAéye, membre coirespondant de l'association britannique pour 
l'avancement di;s sciences, de l'Académie impériale des curieux de 1t nature, de la société botanique de 
France, membre des sociétés d'horticulture de Paris, Berlin, Turin, etc. 



TOME VIII. 



LIÈGE, 

A LA DIRECTION GÉNÉRALE, RUE LOUVREX, 71. 



1858. 



LA 

BELGIQUE HORTICOLE, 



JOURNAL DES JARDINS. 



Gand, Imp. de C. Annool-Braeckmaii. 



PROLOGUE 



CONSACRÉ 

A LA MÉMOIRE DE ROBERT BROWN , 

(1773-1888). 

« Botanicorum facile Princeps. » 

HUMBOLDT. 

Humboldt, le vénérable patriarche et le plus grand des naturalistes a 
dit d'un mot ce qu'était Robert Brown : le prince des botanistes « Bota- 
nicorum facile Princeps. » Ce grand homme était un des derniers repré- 
sentants de cette puissante génération qui surgit à la suite de la grande 
rénovation sociale de la fin du dix-huitième siècle, génération féconde 
en puissants génies dans les sciences, les arts, les lettres et la politique. 
De Candolle, Link, Endlicher, Jussieu et bien d'autres ont disparu. 
Humboldt seul, qui les a vu naître et mourir, domine encore l'avenir. 

Robert Brown eut une énorme influence sur les progrès de la botani- 
que : il embrassa toutes les parties de cette science et à chacune d'elles il 
attacha son nom par quelque grande découverte. On lui doit particu- 
lièrement la connaissance de la végétation si extraordinaire de la Nou- 
velle-Hollande, dont la Flore et la Faune semblent les débris d'une 
création antérieure à celle de la nature actuelle. Mieux qu'aucun autre 
naturaliste, Robert Brown fit connaître cette végétation, autant dans ses 
détails que par ses grands traits caractéristiques. Il perfectionna beaucoup 
l'étude des familles naturelles, méthode de classification qu'il introduisit 
en Angleterre où le système de Linné était auparavant seul en usage : 
ses travaux sur l'organisation des Protéacées, des Composées, des Cyr- 
tandracées, des Orchidées et des Asclépiadées sont des chefs d'œuvres 
d'observation et de synthèse. En physiologie végétale, le nom de Robert 
Brown est inséparable de la connaissance du pollen et de la fécondation, 
particulièrement chez les Orchidées et les Asclépiadées et de l'embryo- 
ginie des Conifères. Il observa le premier ce mouvement continuel, dont 
les plus petites particules des corps organisés et inorganiques sont 
animées, phénomène encore inexpliqué et toujours désigné sous le nom 
de mouvement Brownien. R. Brown se fit d'ailleurs l'apôtre de ce 
phénomène : il parcourut toute l'Europe savante, pour propager la con- 
naissance de ce fait mystérieux , dont il avait été le premier témoin, 
n décrivit un nombre considérable de plantes recueillies pendant des 
voyages d'exploration et publia une foule d'observations curieuses et 
intéressantes d'anatomie et de physiologie végétales. 

Robert Brown vivait d'une manière extrêmement modeste et retirée. 
Ses habitudes scientifiques étaient les mêmes; son style est toujours 
simple et très bref : ses plus belles découvertes sont annoncées comme la 



chose la plus naturelle du monde et en quelques lignes. De plus ses 
publications, la plupart fort courtes, se trouvent disséminées dans les 
recueils des sociétés savantes anglaises ou dans des publications périodi- 
ques et scientifiques. 11 est difficile de les rechercher dans ces collections 
nombreuses. Heureusement que celles de ces œuvres publiées avant 1834, 
ont été réunies en Allemagne par les soins de C. G. Nées von Esen- 
beek, et forment un ouvrage de cinq volumes in-octavo. 

Cependant malgré ces différentes causes, il y a longtemps que le monde 
savant a reconnu les mérites de l'éminent botaniste anglais, et il a vu 
son génie honoré de ses contemporains. Toutes les académies de l'Europe 
étaient fières de le compter au nombre de leurs membres honoraires; 
son nom est souvent prononcé et toujours avec déférence, dans les cours 
et dans les ouvrages de botanique. M. Lindley raconte, mais sans, plus 
de détails, qu'un empereur apprenant la présence de Robert Brown 
dans sa capitale, mit immédiatement un équipage de la cour à sa dispo- 
sition. Sous le ministère de Robert Peel et à la demande de Humbold, 
la nation anglaise vola à Robert Brown une pension annuelle et viagère 
de iiOO livres en reconnaissance de ses mérites. L'Angleterre paye ses 
grands hommes ou plutôt elle leur décerne des récompenses nationales 
pécuniaires , reconnaissant que ceux qui consacrent leurs éminentes fa- 
cultés au service de la patrie ou de la science, négligent leurs propres 
intérêts. 

Robert Brown naquit le 21 décembre 1775 à Mont-Rose où son père 
faisait partie du clergé protestant. On connaît peu de choses sur ses 
premières études, si ce n'est qu'il fit sa première éducation à l'école de 
Mont-Rose, où il fut condisciple de Joseph Hume. Il alla étudier la 
médecine au collège Marischal à Aberdeen, puis à l'université d'Edim- 
bourg. Son amour inné pour la botanique put alors se développer rapi- 
dement sous l'enseignement du docteur Rutherford. 

Après avoir pris ses grades en médecine, il fut attaché comme chirur- 
gien et comme enseigne à un régiment écossais, stationné dans le nord 
de l'Irlande. H poursuivit avec ardeur ses études botaniques, surtout 
lorsqu'il eut rencontré un compagnon également enthousiaste dans le 
capitaine Dugald Carmichal, servant alors dans le même pays. C'est 
encore à la même époque que Brown entra en relation avec sir 
Joseph Banks : ces deux hommes éminents s'unirent bientôt d'une étroite 
amitié, qui ne fut brisée que par la mort, et qui exerça une grande 
influence sur la direction de la botanique en Angleterre. On assure que 
le jeune botaniste de Mont-Rose fut connu de S. J. Banks, à l'occasion 
de la découverte d'une mousse rare et curieuse, le Glyphomitrion 
Daviesii, 

A la fin du siècle dernier, l'amirauté anglaise conçut le projet d'équi- 
per une expédition pour explorer les côtés de l'Australie. Robert Brown 
fut désigné par sir Joseph Banks, pour être le naturaliste de l'expédition 



qui allait être commandée par le capitaine Mathiese Flinders. Il fut 
accompagné par Ferdinand Bauer, en qualité d'aide botanique, par 
Good comme jardinier, et on lui adjoignit encore William Westall comme 
peintre paysager. Parmi les aspirants de marine (midshipmen) se trou- 
vait Joseph Franklin avec lequel Brown s'unit intimement. 

M. Lindley raconte de la manière suivante, les détails de cette expé- 
dition qui décida de la carrière de R. Brown. 

V Investigateur mit à la voile en 1801, et après avoir touché à Madère 
et au cap de Bonne-Espérance, il arriva l'année suivante à la terre du roi 
Georges sur les côtes du sud-ouest de l'Australie. Pendant les trois semai- 
nès que l'on consacra à l'exploration de ce point, Brown ne recueillit pas 
moins de SOO espèces de plantes, la plupart entièrement nouvelles, la 
flore de cette partie de l'Australie étant plus spéciale que celle de toute 
autre partie du globe. Après avoir encore botanisé sur plusieurs autres 
points des côtes méridionales australiennes, Brown séjourna plusieurs 
semaines à Port-Jackson. 

En 1802 on explora les côtes nord et nord-est de l'Australie, mais 
bientôt l'état déplorable du navire, la mauvaise santé du capitaine, 
l'invasion du scorbut et de la dyssenterie dans l'équipage forcèrent l'ex- 
pédition de regagner Port-Jackson, où elle arriva le 5 juillet 1803. Elle 
avait perdu beaucoup de monde et entre autres Pierre Good, le jardinier, 
auquel Robert Brown consacra plus tard le genre bien connu de Goodia, 
de la famille des Légumineuses. 

V Investigateur, ayant été condamné comme incapable de tout nou- 
veau service, le capitaine Flinders s'embarqua pour l'Angleterre sur 
le Marsouin {the Porppoise) avec l'intention de reparaître avec un 
nouveau vaisseau pour continuer l'exploration. MM. Brown, Bauer et 
Allen restèrent en Australie pour profiter des dix-huit mois de relâche 
qui se présentaient en explorant minutieusement la colonie. Mais, pen- 
dant son passage à travers le détroit de Thores le Marsouin fit naufrage; 
le capitaine Flinders et un petit nombre de ses compagnons se sauvèrent 
à grande peine sur une barque avec laquelle ils regagnèrent péniblement 
le Port- Jackson, lise rembarqua sur le Cumberland ; mais de nouveaux 
malheurs l'assaillirent. Obligé par suite d'une voie d'eau qui s'était décla- 
rée dans le navire, de mouiller à Port-Louis, le capitaine Flinders fut 
retenu prisonnier par le commandant français de Decaen, et il resta 
détenu, en prison ou sur parole jusqu'en 1810. 

Pendant ce temps, les naturalistes exploraient consciencieusement 
les forets et les plaines de cette partie de l'Australie, et leurs investiga- 
tions s'étendaient jusque sur les montagnes bleues . mais ne voyant pas 
reparaître leur capitaine et restant sans nouvelles sur son sort, ils se 
décidèrent à profiter d'une occasion qui se présentait pour regagner 
TAngletcrrc où ils débarquèrent en octobre 1805. 

Robert Brown rapportait près de 4,000 espèces végétales, la plupart 



___ VIII — 



entièrement inconnues jusqu'alors; mais il rapportait surtout une 
foule d'idées profondes et nouvelles sur la végétation singulière du con- 
tinent australien, végétation qui se distingue de celle de toutes les autres 
parties du monde, par une foule de caractères importants. Une grande 
partie de sa vie fut dès lors consacrée à rédiger ses observations, sous 
forme dénotes et de communications adressées successivement à la Société 
Linnéenne de Londres, au Journal des sciences et des arts, aux Annales 
des sciences naturelles anglaises etc. Dans ces divers mémoires Robert 
Brown ne se bornait pas à faire connaître les plantes de l'Australie, mais 
il les comparait à celles des autres continents, il étudiait avec une saga- 
cité merveilleuse leur organisation. 

Le conseil de l'amirauté, dont Brown avait reçu l'ordre de son explo- 
ration, le chargea à son retour, de la publication du résultat botanique 
du voyage. Une partie de la description des plantes nouvelles parut dans 
le Prodrome de la flore de la Nouvelle-Hollande, et une autre dans 
l'appendice de la narration du capitaine Flinders imprimée en Ï814. 

Le premier volume du Prodrome a seul paru et Robert Brown ne 
voulut jamais achever ce grand travail parce qu'une revue critique y avait 
relevé quelques fautes de latin. Il publia cependant plus tard d'autres 
ouvrages dans la même langue. Ses mémoires sur les Asclépiadées et 
les Protéacées et ses remarques générales sur le botanique de l'Australie 
doivent être également cités comme des résultats directs et importants 
de son voyage. Ils révélèrent au monde savant, les hautes capacités et 
le jugement rapide et profond d'un grand botaniste. 

Après la mort de Dryander en 1810, Robert Brown, reçut de sir 
Joseph Banks la garde de sa superbe bibliothèque et de ses splendides 
collections. Peu de temps après, il fut encore nommé bibliothécaire de 
la société Linnéenne de Londres, et c'est en cette qualité qu'il a lu devant 
cette assemblée la plupart de ses notices les plus célèbres. Sir Joseph 
Banks à sa mort, en 1825, légua l'usage viager de ses livres et de ses 
collections à Robert Brown , à condition que celui-ci les laisserait au 
Britisch Muséum ; en outre il lui laissa la jouissance de son habitation 
à Soho-Square. R. Brown occupa continuellement la partie de cette 
maison donnant sur Deonstreet, et il est mort dans la chambre même 
où se trouva jadis la bibliothèque de Banks. Cette maison devint bien- 
tôt le centre botanique de Londres : la société Linnéenne s'y installa 
pendant plusieurs années, jusqu'à ce que le gouvernement lui donnât des 
locaux à Burlingtown-House. 

Robert Brown proposa au Britisch Muséum d'y déposer immédiate- 
ment les célèbres herbiers de Banks, demandant seulement d'être offi- 
ciellement chargé de la garde des galeries botaniques de l'établissement. 
L'offre fut immédiatement acceptée. Robert Brown occupa donc pendant 
le reste de sa vie ces honorables fonctions. 

Il fut élu en 1853, l'un des huit associés étrangers de l'académie des 



sciences de l'institut de France. Ses compétiteurs étaient cependant 
Bessel, De Buch, Faraday, Ilerschell, Jacoby, Meckel, Mitscherlich, 
OErsted et Plana. Robert Brown fut sensible à cette haute distinction ; 
aucun savant, sans en excepter lïumbold, n'avait plus de titres que lui, 
mais il n'y attachait guère d'importance : celui de membre associé de 
l'institut de France est seul gravé sur sa tombe. La société royale de 
Londres lui décerna en 1839, la médaille de Copley, le plus grand hon- 
neur dont elle dispose « pour ses découvertes poursuivies pendant une 
série d'années sur l'imprégnation végétale. » En 1849, il devint président 
de la société Linnéenne, mais il se démit de ces fonctions en 1853 et à 
partir de cette époque il cessa de prendre une part active aux travaux des 
sociétés savantes, tout en s'intéressant encore vivement aux progrès des 
sciences.. Ses puissantes facultés intellectuelles, sa mémoire et son juge- 
ment conservèrent d'ailleurs toute leur force jusqu'au moment de sa 
mort. Au printemps de cette année (1858) il fut atteint d'un bronchite 
dont il se releva, mais qui le laissa pour plusieurs semaines dans un 
état de grande faiblesse. Des attaques de goutte et la perte de l'appétit 
survinrent et le conduisirent doucement au tombeau. Robert Brown 
souffrit peu pendant sa maladie, il appréciait parfaitement son état et 
conserva jusqu'à ses derniers moments son humeur calme et sereine. 
Il mourut le 10 juin 1858, et ses funérailles furent célébrées le 15 au 
cimetière de Kensal Garden, où sa dépouille était attendue par un nom- 
breux concours d'amis personnels et scientifiques. Robert Brown était 
dans sa quatre-vingt cinquième année. 

Nous avons eu l'honneur de voir plusieurs fois le savant botaniste 
anglais; il voyageait encore sur le continent il y a quelques années, 
surmontant de grandes fatigues, mais n'ayant aucune infirmité. Ses traits 
étaient graves mais très doux, son abord affable et bienveillant; son 
humeur gaie, et son caractère simple et confiant. 

Un petit genre, ne renfermant que deux espèces seulement, mais 
que l'on doit considérer comme constituant une famille végétale, a été 
fondé par C. Smith, en l'honneur de Robert Brown: il est assez difficile 
cependant de retrouver son nom dans celui de Brunonea ; mais il existait 
déjà antérieurement un genre Brownea établi par Jacquin à la mémoire 
de Patrik Browne, médecin et botaniste (1720-1790), auteur d'une his- 
toire civile et naturelle de la Jamaique, 

Le nom de Brown, d'ailleurs très répandu en Angleterre, a déjà été 
fort souvent illustré dans ce pays. L'histoire a conservé le souvenir d'un 
théologien du nom de Robert Brown, fondateur de la secte des brownis- 
tes et dont la vie (1549-1630) fut extrêmement agitée. Un autre Robert 
Brown (1770-1831) s'est acquis dans la Grande-Bretagne une grande 
réputation comme agronome et comme écrivain. 

La société Linnéenne de Londres, dont Robert Brown avait fait la 
gloire et dont il fut président, s'est ajournée au commencement de la 



séance du 17 juin, pour témoigner de la grande douleur que tous ses 
membres avaient éprouvée à la nouvelle de la perte irréparable que la 
société venait de subir. A la séance suivante, le l*^"^ juillet, ces sentiments 
ont été inscrits au procès-verbal, puis, M. G. Dentham a été nommé 
membre du conseil en remplacement de l'illustre défunt. 



BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES DE ROBERT BROWN (i). 
î« Prodromus Florae Novœ Hollandise et insulae Van Diemen. Vol. I, 
Londres, Johnson, 1810, in-8°, 592 p. — Livre très rare. Une 
seconde édition mal imprimée date de 1821, in-4°, 184 p. — 
Éd. III, publiée par Ch. Godef. Nées ab Esenbeck. Nuremberg, 
1827, in-8°, 460 p. — « L^auteur a suspendu la publication de la 
Flore de la Nouvelle-Hollande, parce qu'on a critiqué quelques 
fautes de latin. » A. P. De Candolle, in litt. 
2° On the natural ordre of plants called Proteacese. London, 1810, in-4*'. 

(Extrait des Transactions of the Linnean Society, vol. X, p. 15). 
5** On the Asclepiadeœ. (Edimbourg 1810) in-8% 67 p. 

(Extrait des Annales de la Wernerian Society, vol. I, 1808-1810, 
p. 12-78). Édition latine : Asclepiadese , recensitee a Rob. Brown. 
Ex idiomate anglico transtulit C. B. Presl.; edidit Casparus Stern- 
berg. Pragse, 1819, in-8*', 68 p. 
4° On Woodsia, a new genus of Ferns. London, 1812, in-4°. 

(Extrait des Transactions of the Linnean Society. 1812, p. 169). 
5° General remarks geographical and systemalical on the Botany of 

Terra Australis. London, 1814, in-4°, 81 p., 10 tab. 
6 ' On some remarkable déviations from the usual structure of seeds 
and fruits. London, 1816, in-4". 
(Extrait des Transactions of the Linnean Society, vol. XII, p. 145- 
151, 1 tab.). 

7° Observations on the natural family of plants called Compositœ, Lon- 
don, 1817, in-4«. 
(Extrait des Transactions of the Linnean Society, vol. XII, p. 75-142). 
8* Characters and description of Lyellia a new genus of mosses with 
observations on the section of the order to which it belongs ; and 
some remarks on Leptostomum and Buxbaunia. 
(From the Transaction of the Linn. Soc. vol, XII, p. 560-585). 
9° On three species of the natural order Orchidese. London, 1817, in-4°, 
8 p., 2 tab., col. 
(Extrait du Journal of science and arts). 
10° Select Orchidese ib. in-4'', 2 p. 

(Extrait du Journal of science and arts). 
11" Characters and descriptions of three new species of plants found in 
China by Clarke Abel Esq.; selected from a small collection of 



(I) D'après Pritzel. 



spécimens, the only part of his Herbarium that escaped the Wreck 
of the Alceste, London, 1818, in-4*', 8 p. 2 lab. 

12** Observations systematical and geographical on the Herbarium collec- 
ted by professor Christian Smith in the vicinity of Ihe Congo, 
during the expédition to explore that river under the command of 
capt. Tuckey in the year 1816. London, 1818, in-4°, 66 p. 
Traduction française : Observations systématiques et géographiques 
de Robert Brown sur la collection de plantes recueillies sur les 
bords du fleuve Congo par le professeur Christian Smith. 
(Dans la « Relation d'une expédition entreprise en 1816 sous les 
ordres du capt. /. K. Tuckey pour reconnaître le Zaïre, commu- 
nément appelé le Congo, fleuve de TAfrique méridionale. Traduit 
de l'anglais. Paris, 1818, in-4°. Atlas p. 24-99). 

15° Liste of plants collected on the coasts of Baflins Bay and at Possession 
Bay, s. 1. et a. in-4°, 4 p. (From a voyage of discovery in H. M. 
Ships Isahella and Âlexandery by John Ross. London 1819). 

14" An account of a new genus of plants, named Rafflesia. London 1821, 
in-4°, 54 p., 1 tab. col., 7 tab. nigr. 
(Extrait des Transactions of Linnean Society, vol. XIII). 

15° On the female flower and fruit of Raflleria with observations on its 
affinities and on the structure of Hydnora, in-8% 1 p. 
(Linnean Society. June, 17). 

16° Chloris Mclwilliana. A list of plants collected in Melville Island 
(latitude 74°-7d° N., longitude 110 -112° W.) in the year 1820, 
by the officers of the voyage of Discovery under the orders of 
captain Parry. With characters and descriptions of the new 
gênera and species. London, printed by W. Clowes. 1825, in-4°, 
52 p., 4 tab. — (Seorsim impressa ex : A supplément to the 
Appendix of capt. Parry's Voyage for the Discovery of a north- 
west passage in the years 1819-1820, containing an account of the 
subjects of natural history. London, Murray. 1824, in-4°, N'^ XL 
p. CCLIX-CCCX, et tab. 3-6). 
Germanice : von Gustav Kunze m Flora 1824. Beilage p. 65-115, 

17° Characters and description of Kingia, a new genus of plants found on 
the south-west coast of New-Holland; with observations on the 
structure of its unimpregnater ovulum; and on the female flower 
of Cycadeae and Coniferse (Read before the Linnean Society of Lon- 
don, Nov. 1 et 15, 1825) s. 1. in-8°, 58 p., 1 tab. — (In : king.. 
Narrative of... Australia, vol. II, p. 554-565, with 1 table). 

18° Observation on the structure and affinities of the more remarkable 
plants collected by the late Walter Oiidney, M. D. and Major 
Denham and Captain Clapperton in the years 1822, 1825 and 
1824, during their expédition to explore central Africa. London, 
1826, in-4°, 41 p. 

19° A brief account of microscopical observations made in the months of 



— Xll — 



June, July and Augiist 1827, on the partieles contained in the 
pollen of plants; and on the gênerai existence of active molécules 
in organic and inorganic bodies. (London, printed by Richard Tay- 
lor, 1828, in-8°, 16 p. — Additional remarks on active molécules, 
1829, in-8% 7 p. (Not. published.) 
(Traduit en allemand : Mikroscopische Beobachtungen... in Deut- 
sche ubertragen von Beilschmied. Nurnberg, 1829, in-8*', 28 p.). 
20** Supplementum priuium Prodromi Florae Novee Hollandise, exhibens 
Proteaceas novas quas in Australia legerunt DD. Baxter, Caley, 
Cummingham, Fraser etSieber, et quarum e siccis exemplaribus 
characteres elaboravit. Londini, 1850, in-8'', 40 p. 
21° Remarks on the structure and affinities of Cephalotus. 

(Extrait du London and Edenburgh Philosophical Magazine, 1832. 
September, p. 515-518. 
22** Observations on the organs and mode of fecundation in Orchidese 
and Asclepiadeœ. London, Octobre 1851, 8, 56, 2, 4 p. 
(Transact. of Linnean Society, 1855, in-4% p. 685-745, 3 tab. col.). 
25° Observations on the organs and mode of fecundation in Orchideœ 
and Asclepiadese. London, 1855, in-4°. 
(Transact. of the Linnean Soc, p. 685-745, 5 tab. col.). 
24° On Cyrtandreœ, London, March. 1858. — December 1859, in-folio, 
5 p. et p. 105-122. 
(From D"" Horsfield's Plantée javanicse rariores). 
25° On the female flower and fruit of Rafflesia Arnoldi and on Hydnora 
africana. London, 1844, in-4°, 27 p., 9 tab. 
(Transact. of Linn. Soc, vol. XIX, Part. III). 
26° Pterocymbium, with observations on Sterculieœ, the tribe to which 
it belongs. 

(FrOm D"^ Horsfield's Plantée javanicse rariores. London, June, in-4°, 
1844, in-folio, p. 219-258, 1 tab. 
27° On the plurality and development of the embryos in the seeds of 
Coniferse. London, 1844, in-8°, 7 p., 1 tab. 

(From. the Annals and Magazine of natural history for May 1844) 
Robertus Brown dédit praterea descriptiones ultimi (an etiam 
tertii?) fasciculi plantarum cryptogamicarum Dicksoniarum ^ nec 
non eas tertii voluminis plant, coromani Roxhurghii , et curavit 
editionem alteram Horti Kewensis a classe XII ad XXIV. 



La plupart de ces mémoires et d'autres observations de Robert 
Brown, accompagnés de remarques par plusieurs botanistes, se trouvent 
réunis dans l'ouvrage suivant publié en Allemagne : 

Robert Brown, Vermischte botanische Schriften. In verbindung mit 
einigen Freunden im Deutsche ûberzetzt und mit Anmerkungen ver- 
sehen von Christian Gottf'ried Nées von Esenbeck. Nurnberg, 1823- 
1854. 5 Bande, in-8°. 




1 4. Forsythia siisp(Misa . \'ahl . Ô.G.lVlunia inimitable hybride 



LA 

BELGIQUE HORTICOLE, 

JOURNAL DES JARDINS, DES SERRES ET DES VERGERS. 



HORTICULTURE. 



NOTE SUR LE FORSYTHIA SUSPENSA, Vahl., OU FORSYTHIA 

PENDANT, 

Par m. Olivier Du Vivier. 

FAMILLE DES OLÉACÉES. — DIANDRIE MONOGYNIE. 
(PI. 1, Fig. l.) 

Specif. Charact. : Ramis elongatis Iaxis pendulis, foliis plerisque trifoliolatis ser- 
ratis, floribus prœcocibus, pedunculis elongatis, sepalis lanceolatis pistillo raulto 
longioribus. Vahl., Enum. v. 1, p. 39. — Spreng., Syst. Veget. v. 1, p. 5G. — De Cand. 
Prodr. V. 8, p. 281. — Siebold et Zuccar., Flor.Jap. p. 10, t. 3. — Hook., Bot. 3Jag. 
t. 4995. 

Synon. : Syringa suspensa. Thunb., Flor. Japon, p. 19, t. 3. — Willd., Sp. Pl. v. 1, 
p. 49. 

Reagjo, Kœmpfer, Amœn. Exot. p. 907. 

Au mois d'avril dernier ( 18S7) , Sir W. Hooker reçut de MM. Veitch 
et fils, d'Exeter et Chelsea, de charmants spécimens fleuris de la plante 
dont nous avons f-ait reproduire les traits pl. 1, fig. 1. Cette Oléacée, qui 
paraît d'introduction nouvelle en Angleterre, était connue en Hollande 
depuis 1833, époque à laquelle M. Verkerk-Pistorius l'avait exportée du 
Japon. Thunberg, dans sa Flora japonica, la décrivit sous le nom de 
Syringa suspensa^ et plus tard, quand il fut reconnu qu'elle différait des 
Syringa, non-seulement par son port, mais surtout par sa capsule 
polysperme et non disperme, elle servit d'espèce-type pour l'érection du 
genre Forsythia. A Exeter et Chelsea, elle se développa et fleurit abon- 
damment a l'air libre, de concert avec le F. viridissima , Lindl., qui est 
beaucoup plus connu. Quant à sa patrie, elle paraît être le Japon, et 
cependant Siebold assure que, dans cet empire, la plante dont nous 
parlons n'est vue qu'à l'état de culture, et que les graines en ont été 
reçues de la Chine. 

BELG. IIORT. TOME VIII. 1 



Quoi qu'il en soit, le F. suspensa est un bel arbuste présentant de 
nombreuses branches divariquées et recouvertes d'une écorce rougeâtre, 
produisant un effet très remarquable; beaucoup d'entre elles s'allongent 
et deviennent pendantes, ce qui a valu son nom à l'espèce. Les. feuilles, 
qui n'apparaissent qu'après l'époque de la floraison , sont excessivement 
variables, les unes étant simples, les autres trifoliolées ; les folioles, 
ovales ou subrhomboïdales, sont dentelées. Les fleurs, amples, gracieuses 
et d'un beau jaune, naissent de boutons opposés et écailleux. Le pédon- 
cule est allongé, ordinairement pendant et muni de bractées. Le calice, 
franchement quadripartite, est formé de sépales droits, lancéolés et assez 
grands comparativement à l'ensemble de la fleur. La corolle est grande, 
rosacée , à segments oblongs et d'un jaune brillant uniforme , à l'excep- 
tion de son tube qui est rayé d'orange. Les étamines, au nombre de 
deux, sont aussi longues que le tube et insérées à la base de la corolle; 
les anthères sont ovées-subsagittées. Le pistil est mince et plus court 
que les segments du calice. L'ovaire est globuleux, biloculaire, à loges 
pluriovulées et à placenta axile. Le style est court, le stigmate grand 
et formé de deux lobes globuleux. 

Le F. suspensa étant un arbuste de pleine terre, ne tardera pas à se 
répandre dans les parterres des jardins floraux; sa culture est facile, 
et Siebold rapporte qu'au Japon , ses branches rampant volontiers sur 
le sol, ne tardent pas à émettre des racines adventives et à produire 
ainsi de nouveaux sujets. Toutefois cette espèce convient plus particulière- 
ment à la culture des murailles, des berceaux, des tonnelles et autres 
constructions horticoles de ce genre. 



QUELQUES MOTS SUR LES VARIÉTÉS DE PÉTUNIAS, A PROPOS 
DU PETUNIA INIMITABILIS (HYBRIDA?). 

Par m. Olivier Du Vivier. 

(Pl.l,flg.2.) 

Lorsqu'en 1825, le Pétunia nyctaginiflor a, Juss., fit son apparition 
dans le monde horticole, il y produisit une vive sensation, et l'en- 
gouement dont il fut l'objet, ne disparut que pour retomber sur de 
nouvelles espèces, ses congénères, et surtout sur les nombreuses variétés 
que l'on parvint à en obtenir par le semis et l'hybridation. C'est qu'aussi, 
outre leur beauté réelle, les Pétunias présentaient de nombreux avan- 
tages, de véritables garanties aux horticulteurs : ornementales au pos- 
sible, de culture facile, fleurissant abondamment à l'air libre pendant 
les beaux jours qui s'écoulent de juin à septembre, se propageant enfin 
aussi bien par boutures que par semis, ces plantes devaient nécessaire- 
ment être convoitées de tous et finir par contribuer à l'embellissement 



de tous les jardins. C'est ce qui eut lieu en effet : les Pétunias devinrent 
à la mode et chaque horticulteur s'ingénia à en créer des variétés qui 
trouvèrent toujours un écoulement rapide et produisirent une admiration 
méritée. Pendant un certain temps, on n'obtint que des variétés à 
teintes uniformes; bientôt on parvint à faire conserver à quelques par- 
ties des pétales un aspect foliacé, c'est-à-dire, que la gorge de la corolle 
se borda des différentes nuances du vert; et, si l'on s'était arrêté à ces 
modifications, la mode aurait continué à marcher de pair avec toutes les 
règles de l'esthétique. Malheureusement il n'en fut pas ainsi, et, la 
teinte verte gagnant insensiblement vers le tube, on finit par obtenir 
des corolles entièrement vertes, des fleurs hideuses, en un mot, des 
fleurs q^ui n'étaient rien moins que des fleurs. Toutefois leur règne ne fut 
que de courte durée; examinées et conservées d'abord comme un objet de 
curiosité, elles attirèrent un instant l'attention, au même titre que 
toutes les monstruosités naturelles ; bientôt le sentiment du beau les fit 
rejeter par ceux-là même qu'elles avaient le plus étonnés, et enfin, justice 
se faisant, elles furent complètement éliminées des expositions horticoles. 
Le but avait donc été dépassé, et, pour rentrer dans la voie naturelle, 
il fallait, ou bien rebrousser chemin , ou mieux suivre une autre direc- 
tion ; c'est ce que comprirent à merveille les horticulteurs. Il y a deux 
ans environ, qu'apparut dans le commerce une belle race de Pétunias, 
race composée de nombreuses variétés chez lesquelles le fond de la fleur, 
d'un blanc pur, était marqué de stries longitudinales diversement teintées 
de violet ou de rose. Ces charmants Pétunias furent à bon droit recherchés, 
et la vogue dont ils ont joui n'a diminué que grâce à la facilité de leur 
multiplication, que grâce surtout aux merveilles nouvelles qui surgissent 
tous les jours à l'horizon de l'art horticole. C'est encore une de ces 
merveilles que vient de produire M. Munier, horticulteur à Nancy, en 
obtenant par le semis le Pétunia inimitabilis. Cette variété, la plus 
belle de toutes, est considérée, par quelques horticulteurs, comme une 
hybride des P. violacea , Sweet., et P. nyctaginiflora. Sans vouloir 
soutenir ni combattre cette opinion, qui n'est appuyée du reste sur 
aucune considération, nous devons nous borner à faire représenter la 
figure de cette plante, qui se prête plus difficilement encore à la descrip- 
tion qu'aux coups de pinceau. Qu'on nous permette cependant de faire 
observer que les larges macules, d'un violet inimitable et ressortissant 
si admirablement sur le fond d'un blanc pur de la corolle, n'offrent 
aucune régularité dans leur disposition; tantôt ce sont de larges zones 
marbrées, tantôt de simples bigarrures, tantôt enfin d'élégantes pana- 
chures, mais toujours d'agréables et charmants contours. N'oublions pas 
d'ajouter que ces fleurs, dont le diamètre dépasse souvent 8 centimètres, 
répandent, le soir surtout, le parfum le plus délicieux. 

L'apparition du P. inimitabilis prouve, une fois de plus, l'influence 
de la culture sur la production des variétés; en outre, elle montre de 



— 4 — 



nouveau que les variations sont soumises à certaines lois reconnues 
depuis longtemps par la science. Ainsi l'on sait qu'une plante soumise 
pour la première fois à la culture, est susceptible d'acquérir des nuances 
diverses , mais générales et plus ou moins uniformes ; pour qu'elle donne 
naissance à des variétés bigarrées, marbrées, panachées, etc., il faut 
d'abord obtenir des variétés blanches qui , elles , deviendront le point 
de départ des premières et pour ainsi dire le fond du tableau sur lequel 
la nature fera capricieusement glisser son pinceau si fécond en brillants 
coloris. Les Dahlia, les Camellia, les Mirabilis , etc., etc., avaient déjà 
suivi la même marche dans la production de leurs plus jolies variétés; 
les Pétunias n'ont pas fait exception à la règle. 

Ce n'est pas seulement aux horticulteurs que se recommande cette 
nouvelle variété; les botanistes y trouveront un phénomène ou plutôt 
un cas de morphologie aussi rare que remarquable. En effet, des cinq 
étamines que possède le Pétunia inimitahilis , il arrive très souvent que 
trois d'entre elles se changent en organes pétaloïdes; quand nous disons 
les étamines, nous nous trompons, car sinon, le fait serait trop com- 
mun pour être cité; mais ici, ce n'est pas le filet, ce ne sont pas les 
deux loges de l'anthère qui tendent à cette métamorphose, c'est le 
connectif qui se prolonge en un appendice pétaloïde, cucullé et dépassant 
le tube de la corolle. 



REMARQUES SUR LES ROSES THÉ. 
Traduit de V anglais par M. Olivier Du Vivier. 

La culture des Roses thé requiert plus de soins que la plupart des 
autres espèces de ce genre. Assez délicates de leur nature, ces roses 
réclament notre protection, alors que les froids de l'hiver sévissent sous 
notre climat, aussi bien que dans les jardins de la France et du nord 
de l'Italie. Toutefois, elles peuvent supporter un abaissement assez 
considérable de température, lorsque le sol est bien drainé, tandis qu'au 
contraire, elles souffrent beaucoup des alternatives de gelée et de dégel, 
dans un sol naturellement humide. Aussi , quand il s'agit de créer un 
parterre pour la culture des Roses thé, il faut commencer par lui pro- 
curer un drainage suffisant ; pour cela , on creuse d'abord le sol à une 
profondeur de 18 à 20 pouces, et, au fond de l'excavation obtenue, on 
entasse une couche de 9 pouces d'épaisseur et composée soit de débris 
de briques, soit de décombres de bâtiments, soit enfin de matériaux 
poreux quelconques. Par-dessus ce drainage, on étend, à la hauteur 
d'un pied, une couche de compost préparé avec moitié de bonne terre 
grasse et moitié d'engrais décomposé , auquel mélange on peut ajouter 
une bonne portion de sable blanc ou de rivière. Dans ce terrain , les 



plantes dont nous parlons fleurissent admirablement, car elles aiment 
un sol riche et léger à la fois. On peut, du reste, faire cette couche 
plus élevée, et, quand la terre est naturellement légère, il suffit de 
lui incorporer une quantité suffisante d'engrais pour la rendre très 
convenable. Quand on est arrivé au cœur de l'hiver, il faut protéger 
les plantes , et pour cela rien peut-être n'est aussi efficace que quelques 
branches desséchées de la Fougère sauvage ordinaire (Pteris aquilina) 
que l'on attache entre les différents pieds. On pourrait aussi employer 
le genêt ou des couvertures de paille , mais sans perdre de vue la consi- 
dération suivante, à savoir que ces abris ne doivent pas empêcher 
complètement la circulation de l'air, mais seulement préserver le sol 
préalablement drainé contre l'intensité des fortes gelées. Quelques per- 
sonnes rentrent leurs plantes en hiver, mais ce soin est tout à fait inutile, 
si l'on a pris les précautions que nous venons d'indiquer. Les remarques 
précédentes s'appliquent plus particulièrement aux plants qui croissent 
sur leurs propres racines ; mais lorsqu'elles ont été greffées ou écusson- 
nées , les Roses thé bravent en général , sans aucun abri , nos hivers les 
plus rudes. 

Les Roses thé constituent d'excellentes plantes pour la serre tempérée; 
on leur donne alors pour appui un pilier, un treillage quelconque, ou 
bien encore un ouvrage en fil de fer travaillé ad hoc; peu de plantes 
offrent alors plus de charmes qu'une Rose thé de bonne croissance et 
chargée de fleurs. Quand l'espace est limité, ou simplement quand on le 
désire, on peut introduire dans la demeure les tiges de pieds dont les 
racines sont à l'extérieur. Le meilleur sujet pour greffer les Roses thé 
est peut-être le Rosa Banhsiœ, var. Fortunii, quoique le Rosier églan- 
tier ou la Rose Boursault rouge puissent également répondre à ce but. 

Les Roses thé se laissent aussi forcer admirablement et se cultivent 
également bien en pot; des plantes bien éduquées forcent facilement et 
ne demandent pas même à rester en pot pendant l'espace d'une année : 
ainsi, en les empotant en octobre ou novembre, et en les forçant, par 
une chaleur modérée, en janvier et février, elles peuvent déjà avoir 
acquis un beau développement en mars ou avril. Du reste, la beauté 
excessive de leurs fleurs et le charme tout particulier de leur feuillage 
compenseront amplement des soins qu'on leur aura prodigués. Mais c'est 
surtout lorsqu'elles ont été forcées et qu'elles déploient une luxuriante 
végétation, que les Roses thc acquièrent une délicatesse incomparable, et 
à laquelle on est involontairement forcé de payer un juste tribut 
d'admiration. 

Parmi les nombreuses variétés de Roses thé dont la culture doit être 
recommandée, nous citerons spécialement les suivantes : 

Adam : Charmante rose, d'une belle couleur rouge, grande et très 
double; odeur délicieuse et port vigoureux. 

Devonimsis : Constituant une des meilleures variétés de cette classe; 



constitution robuste et port vigoureux; fleurs belles, d'un jaune pâle ou 
sulfureux. Lors de sa première apparition , elle excita l'admiration de 
tous; elle est aujourd'hui bien connue et très-recherchée. 

Princesse Adélaïde : Fleurs grandes et doubles, d'un jaune pâle ; port 
gracieux. 

Gloire de Dijon : Autre variété extrêmement jolie et que chaque 
amateur devrait posséder. Les fleurs, très-grandes et très-doubles, sont 
de couleur chamois clair, saumon et rose. 

Elise Sauvage : Variété naine et convenant fort bien pour forcer ou 
pour être cultivée en pot. Fort jolies fleurs jaunes avec le centre orange. 

Vicomtesse de Cazes : Fleurs très-doubles, jaunes avec le centre cuivré. 

Comte de Pans ; Variété naine, bonne à forcer; fleurs superbes, 
grandes, doubles et carnées clair. 

Bougère : Une des plus robustes de cette classe; fleurs grandes, belles, 
d'un rose foncé. 

Gouhault : Fleurs très-larges et exhalant un parfum délicieux; d'une 
couleur rouge d'œillet avec le centre chamois ou saumon. Variété spécia- 
lement propre à la culture en pot. 

Safrano : Port vigoureux; fleurs grandes, d'une belle couleur cha- 
mois, mais peu doubles. 

Souvenir d'un ami : Fleurs grandes et jolies , de couleur rose foncé 
et saumon. Belle variété, à port vigoureux et venant fort bien en 
serre. 

Madame Bravy : Variété presque naine et, comme la précédente, 
développant mieux ses fleurs à l'intérieur qu'au dehors ; celles-ci sont 
très-doubles et d'un blanc de crème. 

JViphetos : D'un beau port; fleurs très-grandes, doubles, odorantes, 
d'un blanc pur et quelquefois couleur citron clair. 

Princesse Hélène du Luxembourg : Variété robuste , à fleurs grandes , 
très-doubles et de couleur jaune clair. 

Souvenir d' Elise Vardon : Port robuste; fleurs larges et d'un blanc 
de lait, avec le centre rose saumon ou rouge. 

Madame Villermoz : Port vigoureux; fleurs larges, très-doubles, 
colorées en blanc avec le centre carné. 

Smithii : Fleurs couleur paille ou jaune pâle et se développant beau- 
coup mieux en serre qu'à l'air libre. 

Triomphe du Luxembourg : Variété excellente pour forcer ; port 
vigoureux ; fleurs superbes, grandes , doubles et d'un rose cuivré. 

Madame de St. Joseph : De meilleure venue en pot qu'en pleine terre; 
jolies fleurs couleur saumon , très-grandes et très-doubles. 

Princesse Esterhazy : D'un beau port; fleurs doubles, très-grandes, 
d'un rose clair. 

Les variétés dont nous venons d'énumérer les caractères les plus 
saillants , ont été choisies parmi les plus méritantes et forment une liste 



qui nous paraît devoir être de quelque utilité à ceux qui ne connaissent 
qu'imparfaitement la belle section des Roses tlic ; c'est assez dire qu'il 
en existe encore beaucoup d'autres d'un grand mérite. 

( The floricultural Cabinet.) 



REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU INTÉRESSANTES, 
Par m. Olivier Du Vivier, 
serre tempérée. 

Azftiea occidcutnlîs, Torrey et Gray. — Torrey et Gray, MSS. 
ined. — W. Ilook., Botan. Magaz., tab. 5005. — Synon. : Azalaa 
calenchdacea , Hook. et Arn., Bot. of Beech. Voy., p. 561. — Etym. : 
'AÇa)ioç, aride. — Famille des Ericacées. — Pentandrie Monogynie. — 
Azalée occidentale ou Azalée Californienne. 

Cette espèce a été envoyée à Sir W. Hooker par MM. Veitch qui l'ont 
obtenue de semences directement expédiées de Californie par M. Lobb. 
Elle est très intimement alliée à 1'^. calendiilacea , Hook et Arn., et le 
rédacteur du Botanical Magazine lui-même, ne se croit pas suffisam- 
ment autorisé à considérer ces deux espèces comme distinctes. En effet, 
les feuilles sont les mêmes; la forme et la structure des fleurs soflt 
identiques; mais la couleur de la corolle diffère, car, tandis que dar>r 
VA. calendulacea , cette couleur est jaune ou orange, avec une grande 
tendance au ponceau, dansl'vi. occidentalis , les corolles sont d'un blanc 
pur rayé de rouge sur le tube et sur la face inférieure de l'extrémité du 
limbe; de plus, le segment supérieur de cette corolle est maculé en jaune 
à son centre. Mais sont-ce là des caractères suffisants? Les descriptions 
des A. viscosa, nudiflora et calendulacea, espèces également origi- 
naires de l'Amérique septentrionale, sont-elles basées sur des caractères 
permanents et qui permettent de les distinguer toujours? C'est ce qu'il 
est fort difficile à dire, en présence surtout des nombreuses variétés 
et hybrides que l'on rencontre aujourd'hui dans les jardins. Quoi qu'il 
en soit, 1'^. occidentalis constitue une fort jolie plante, digne d'être 
cultivée, et la seule que, dans l'Amérique septentrionale, on ait trouvée 
à l'ouest des montagnes rocheuses. 

Rhododcndrou Calopbyllnm, Nutt. — Nutt., in Keiv Gard. 
Mise, V. 5, p. 562. — W. Hook., Botan, Maguz., tab. 5002. — 
Famille des Ericacées. — Décandrie Monogynie. — Rhododendron à 
belles feuilles. 

Quand le D' Hooker, dans son exploration des montagnes du Sikkim- 
Himalaya, découvrit quarante-trois espèces de Rhododendron, dont au 
moins trente nouvelles, la surprise fut générale parmi les botanistes 
et les horticulteurs; bientôt après, M. Booth visita les montagnes 
voisines du Bootan, et, à ce nombre, ajouta seize espèces nouvelles. Il 



8 — 



est probable que si les hautes montagnes de l'archipel malais étaient 
bien explorées, on y ferait également une abondante récolle de plantes 
de ce genre. Le R. calophyUum est une des espèces découvertes par 
M. Booth qui en envoya des graines à M. Nuttall, à Nutgrove, Rainhill, 
où elles germèrent et fleurirent, en mai 1857. D'après des spécimens 
non encore fleuris, M. Nuttall jugea qu'il était très-rapproché du 
R. Jenkinsii , Nutt., qui, lui-même, est fort semblable, sinon identique, 
au R. Maddeni, W. H.; seulement, dans le R. calophyllum , le faciès 
est autre, les corolles, d'un blanc pur teinté de jaune verdâtre, sont 
plus courtes, et les bractées plus persistantes que dans les espèces 
précitées. De plus, les corymbes floraux ont une grande tendance 
à émettre de nouveaux rejetons écailleux ou plutôt des branches stipulées 
et légèrement courbées; ce qui du reste enlève à la beauté de la fleur 
et lui ôte cet aspect compacte, que possèdent presque toutes ses congénères. 

Tiola pediinculata, Torrey et Gray. — Torrey et Gray, Fl. of 
N. America, v. I, p. 141. — W. Hook., Botan. Magaz., tab. S004. — 
Famille des Violariées. — PentandrieMonogynie. — Violette pédonculée. 

Quoique dépourvue du parfum suave qu'exhale la violette odorante, 
la violette pédonculée constitue sans nul doute, l'une des plus belles 
espèces du genre. Elle est originaire de la Californie où Douglas la 
découvrit, lors de son dernier voyage en ce pays, et un peu avant 
l'accident qui causa sa mort aux îles Sandwich. M. William Lobb la 
retrouva ensuite et en envoya des exemplaires bien desséchés à W. 
Hooker. Enfin MM. Veitch et fils la cultivèrent à Exeter et à Chelsea, 
et, en l'exposant à la Société d'horticulture, appelèrent sur elle l'attention 
universelle. Les fleurs, portées sur de longs pédoncules stipulés, sont 
solitaires et colorées uniformément en jaune brillant; seulement les deux 
pétales supérieurs portent chacun à leur face inférieure une large macule 
d'un brun foncé. L'aspect général de la plante produit le plus charmant 
efl'et. 

BouTardia oriana, Parsons, (Hybrida). (Pl. 2.) — The florist, etc., 
april 1857, pl. 125. — Synon. : D*" Bouvard, ancien surveillant au 
Jardin de Paris. — Familles des Rubiacées. — Tétrandrie Monogynie. — 
Bouvardie oriane. 

Quoique connus depuis près d'un siècle, les Bouvardia n^ont com- 
mencé à se répandre quelque peu dans les jardins que depuis ces 
dernières années. On se demande en vain pourquoi des espèces telles 
que les B. splendens, Sal., triphylla et autres, sont restées dans l'oubli; 
pourquoi le B, longiflora, Kth, introduit en Europe depuis 1827, se 
trouve à peine dans quelques cultures. Aussi le public horticole doit-il 
de la reconnaissance à MM. Henderson, de l'établissement Wellington, 
pour lui avoir procuré le joli B. Oriana [hybrida], obtenu par M. Parsons, 
de Brighton , par l'hybridation de deux des plus belles espèces , les B. 
longiflora et B, leianthe. Le nouvel hybride participe surtout des 



qualités de la dernière espèce , son faciès est robuste aussi bien que sa 
croissance; son feuillage est ample et sa culture facile, les fleurs, qui 
possèdent les larges pétales du B. longi/lora, et qui forment un corymbe 
abondamment fourni, sont d'une belle couleur rouge uniforme et tantôt 
plus, tantôt moins foncée. Le B. oriana, de concert avec ses congénères, 
prendra, nous n'en doutons pas, une large part à l'ornementation des 
orangeries, surtout pendant l'biver. 




Pl. 2, Bouvardia oriana, Parsons (hybrida). 



AgciTe niacnlat», Regel. — Garlenfl., mai 1857, pl. 158. — 
Synon. : 'Ayauoç, admirable. — Famille des Broméliacées. — Hexandrie 
Monogynie. — Agave tacheté. 

Née au jardin botanique de St. Pétersbourg, de graines qu'y avait 
envoyées du Mexique, le voyageur Karwinski, cette nouvelle espèce 
est fort ornementale. Ses feuilles, mesurant environ 50 centimètres de 



— 10 — 



longueur sur 5 de largeur, forment gouttière en dessus et sont bordées 
d'un très-mince liseré transparent, avec de très-fines dentelures; de 
plus elles présentent sur leurs deux faces, des taches brunes qui se 
détachent parfaitement sur leur fond d'un vert clair. La hampe florale 
qui s'élève du milieu de ces feuilles, est petite et porte des grappes de 
fleurs peu nombreuses et colorées en pourpre mélangé de verdâtre. La 
serre froide dans laquelle cette plante se cultive demande à être bien 
éclairée. 

Lageristrœinia indica^ L. — Botan. Magaz. tab. 405. — Gar- 
tenfl,, mai 1857, pl. 191. — Etymol. : Lagerstrœm, ami de Linné. — 
Famille des Salicariées. — Polyandrie Monogynie. — Lagerstrœmie de 
l'Inde. 

Introduite en 1759 en Europe, cette belle espèce est de pleine terre 
jusqu'en Suisse. Elle constitue un arbuste toujours vert, très-ornemental, 
donnant abondamment ses belles fleurs pourpres depuis août jusqu'en 
septembre et se propageant par boutures. M. Regel assure que jamais 
le L. indica n'a fleuri en Allemagne, tandis qu'à St. Pétersbourg il 
suflit de l'abriter contre les gelées de l'hiver, pour le voir fleurir. Cette 
plante se plait dans un terrain lourd et sablonneux à la fois 

Erica inierocal^'x , Regel. — Gartenfl., mai 1857, pl. 159. — 
Synon : 'EpeiyM^ je rom'ps; à cause de la fragilité des branches de plu- 
sieurs espèces. — Famille des Ericacées. — Octandrie Monogynie. — 
Bruyère à petit calice. 

Cette espèce dont la patrie est inconnue, se fait remarquer par l'abon- 
dance de ses fleurs. Possédant le faciès de VE. mollis, Andr., elle se 
distingue de suite de celui-ci par ses fleurs qui sont globuleuses, légère- 
ment urcéolées, d'un beau rose, et ressemblant beaucoup à celles de 
VE, [lorida, Thunb.; toutefois, la taille plus élevée de VE, microcalyx , 
et les poils rudes qui couvrent sa tige et ses feuilles, doivent faire 
rejeter la supposition de Regel qui tendrait à le faire considérer comme 
un hybride de VE. florida. De plus, la petitesse extrême du calice cons- 
titue ici un caractère spécifique excellent. Par sa culture facile autant 
que par l'abondance de sa floraison , cette nouvelle plante mérite d'être 
introduite dans les collections de tous ceux pui possèdent les plus belles 
espèces de l'immense genre Erica. 

SERRE CHAUDE. 

Dendrolîium n^hile, Lindl., var. pallidiOornm ^ W. Hook. 
— Lindl., Gen, etSp, Orchid., p. 80, et in Sert. Orch., t. 5. — W. Hook., 
Botan, Magaz., tab. 5005. Etym. : de AsvSpv, arbre, et ^tw, je vis. ^ 
Famille des Orchidées. — Gynandrie Monandrie. — Dendrobium écla- 
tant, var. à fleurs pâles. 

Le Dendrobium nobile est considéré par J. Lindley comme la plus 
belle espèce du genre. Les fleurs, sans rivales pour la délicatesse et la 



— 11 — 



giacc (les formes, sont d'abord inclinées, comme si leur mince pédon- 
cule ne pouvait les supporter; mais bientôt elles se redressent, de- 
viennent horizontales et montrent à leur centre un labelle aux riches 
couleurs et en forme de trompette. La variété pallidi/lorum , quoique 
moins belle, est encore pourvue de rares qualités. Elle diffère de l'espèce- 
type par ses -pédoncules uniQores, par la taille moins considérable de 
ses fleurs, par des pétales plus étroits, enfin par l'absence de la teinte 
rosée et surtout de la large macule couleur de sang qui occupe le tube 
du labelle. Cette variété a été envoyée à W. Hooker, par M. Parker, de 
Hornsey, et à J. Lindley, par M. Van Iloutte; elle offre beaucoup d'ana- 
logie avec le D. crepidatum , Lindl. 
Hlacrostigma tiipistroïdes, Kth. — Garten/l., mai 1857, pl. 192. 

— Synon. : Mxy.phç, long, et iTty^u, stigmate, — Famille des Aspidistrées. 

— Hexandrie Monogynie. — Macrostigma tupistroïdc. 

Cette plante, dont la patrie est inconnue, n'offre quelqu'intérét à 
riiorliculture que par son feuillage, qui est assez élégant. 

BB*asiSia Heiliana, Rchbc. fil. — Gartenfl., mai 1857, pl. 190. 

— Etym. : William Brass recueillit plusieurs plantes nouvelles sur la 
côte occidentale d'Afrique. — Famille des Orchidées. ■ — Gynandrie 
Monandrie. — Brassie de Keil. 

Originaire de la Colombie, cette orchidée vient encore augmenter le 
nombre si considérable des membres de cette belle famille ; et, disons-le 
de suite, le B. keiliana ne sera renié par aucun d'eux. Muni de feuilles 
qui ont jusqu'à 50 centim. de longueur sur 5 ou 4 de largeur, il 
produit des grappes composées chacune de quatre ou huit grandes fleurs 
colorées d'abord en brun jaunâtre, puis en brun rouge. Cette nouvelle 
espèce convient parfaitement à la culture des appartements où on peut le 
tenir en pots ou en corbeilles, en ayant soin de lui fournir une quantité 
suffisante de chaleur et d'humidité, à l'époque de son développement. 

SUR LES EFFETS DE L'ENGRAIS ANIMAL LIQUIDE, 
PRINCIPALEMENT SUR LES PLANTES EN POTS. 
Par m. Goerner, 
Propriétaire d Liickau. 

La manière dont on a employé l'engrais animal liquide ou purin , a 
fait souvent mettre en doute sa valeur réelle. Moi-même, dans beaucoup 
de cas, en faisant arroser des couches de légumes, des dahlias, des 
arbustes, des arbres fruitiers, je n'ai obtenu aucun effet immédiat, 
lorsque j'employais le purin frais, et sans addition d'eau. De plus, les 
gazons des jardins ou des prairies, ainsi que toutes les espèces de 
céréales, ainsi arrosées, n'ont donné aucun résultat, tant que l'opération 
s'est faite à l'automne, au printemps, ou même au milieu de l'été. J'ai 



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fait des essais avec des engrais artificiels, et j'ai trouvé, pour le guano 
par exemple, soit solide, soit liquide, que l'effet n'en peut être aucunement 
comparé avec celui du purin. Cependant l'absence d'un emploi rationnel 
de cet engrais se remarque dans tous les lieux où il abonde. Est-ce parce 
qu'il exige beaucoup de travail pour être recueilli? Est-ce parce qu'on 
n'a pas encore compris sa valeur véritable ? Toujours est-il qu'en bien 
des endroits on perd une énorme quantité de cette précieuse matière (1). 
Ce qui fait surtout défaut, ce sont les dispositions nécessaires pour la 
recueillir. On dépense souvent beaucoup d'argent à acheter des engrais 
artificiels, et on regarde à quelques sous s'il s'agit de construire un bon 
réservoir pour conserver le purin , qui a bien une aussi grande valeur 
pour les prairies et les champs que le guano , etc. Partout le sol des 
étables devrait être convenablement carrelé, et le purin être déversé 
dans des lieux emmuraillés. On ne se figure pas quelle quantité d'excré- 
tions liquides produisent les plus petits de nos animaux domestiques. 

Tous les autres engrais exigent une fermehtation préalable. Dans 
quelque état qu'on offre aux plantes le purin , il est immédiatement 
consommé par elles. On conçoit aisément qu'un engrais qui peut être 
employé de la sorte, soit le plus avantageux de tous. Ce n'est, du reste, 
qu'après beaucoup d'expériences qu'on saura exactement à quoi s'en tenir. 

L'urine fraîche est souvent meurtrière pour les végétaux; c'est un fait 
bien connu; mais pourquoi? La chimie pourra nous l'apprendre. Le 
purin sans mélange ressemble à une nourriture trop forte. C'est comme 
toutes les boissons spiritueuses qui, prises modérément, peuvent entrer 
dans l'alimentation, et qui, trop concentrées ou à trop forte dose, ont 
une action délétère. Une nourriture succulente, mais en quantité 
modérée, est bienfaisante pour tous les êtres organisés. Une alimenta- 
tion trop fortifiante conduit bientôt à leur perte les végétaux , comme les 
animaux , ou du moins Tactivité qu'elle développe est la cause de leur 
destruction lente. Les plantes dont les racines s'étendent à la surface 
delà terre, et qui par conséquent absorbent plus facilement le purin, 
comme les gazons des prairies ou les plantes en pots , seront celles sur 
lesquelles les effets du purin se reconnaîtront le plus promptement. Ce 
fut vers ce point que se dirigèrent mes premiers essais. 

J'y fus porté en partie par la difficulté de se procurer constamment la 
quantité nécessaire de terreau gras et décomposé. En 1854, je m'étais 
servi de guano, et j'avais obtenu un effet petit, mais pourtant sensible. 



(1) Il faut se rappeler que l'auteur écrit pour l'Allemagne. Chez nous, on comprend 
depuis longtemps, et probablement beaucoup mieux que chez les compatriotes de 
M. Goerner, la valeur de l'engrais liquide. La plupart de nos praticiens se sont livrés 
à des expériences du même genre; mais chez nous, on a malheureusement peur 
d'écrire, et les résultais qu'on obtient restent perdus pour ses concitoyens. 

A. DE B. 



— 15 — 



Une partie de nies plantes restaient toujours maigres , circonstance que 
je ne pouvais prévenir. Je n'avais jamais doute de rcffîcacilé du purin 
sur les plantes sévcuscs, telles (pie les plantes grasses, mais son effet 
dépassa mon attente, quand je l'appliquai aux Ericacées et autres plantes 
ligneuses délicates. Dans mon premier essai, je mêlai à quatre parties 
d^cau une partie d'urine de vache fermentée, c'est-à-dire vieille de huit 
jours. J'arrosai des Orangers, des Myrtes, des Eucalyptus, des Erica, 
des Azaléa, des Camélias, des Rosiers, des plantes grasses, des 
Fuchsia, etc., enfin, toutes plantes cultivées en pots. Huit jours et 
quatorze jours après, l'arrosement fut répété. 

Ciiez les Erica, l'effet fut visible tout d'abord, soit parce que ces 
plantes, très-riches en racines, ont une vitalité très-active, soit parce 
que, se trouvant dans un état maladif, il était plus facile de s'apercevoir 
d'un changement chez elles. Elles avaient été en effet complètement expo- 
sées au soleil, et elles jaunissaient pour la plupart. Auparavant, j'avais 
toujours eu soin de donner de l'ombre à mes Erica, qui avaient été 
ainsi d'un très-beau vert, mais en revanche n'avaient présenté, ni la 
croissance, ni l'abondance de fleurs qu'il aurait fallu. Quatorze jours 
après avoir été arrosées de purin, elles possédaient encore un feuillage 
aussi beau et aussi vert qu'on pouvait le souhaiter. Après les Erica, ce 
furent les Acacia de la Nouvelle-Hollande, les Myrtacées et autres plantes 
analogues qui présentèrent les plus beaux résultats, à savoir un beau 
vert vivace, suivi d'une croissance vigoureuse. Parmi ces plantes, on 
avait négligé d'arroser un Melalenca alha, dont la couleur jaune ne fut 
remarquée que plus tard, vers le milieu de juillet. Cet oubli fut immé- 
diatement réparé, et en peu de temps, la plante n'était plus à reconnaî- 
tre; la pousse recommença, les jets de l'année s'accrurent de plus du 
double, avec des feuilles d'un tiers plus grandes que celles que portaient 
déjà les rameaux. Plus tard, on put remarquer aussi l'effet du purin sur 
les Myrtes des Indes-Orientales, les Citrus, les Lauriers, etc. Jamais je 
n'avais vu une verdure aussi luxuriante, ni une pousse aussi vigoureuse , 
bien que j'eusse plusieurs fois transplanté mes arbres, et que je me 
fusse donné beaucoup de peine pour arriver à ce résultat. 

Mes recherches ultérieures tendirent à constater la concentration 
d'engrais nécessaire pour mener une plante à bien. Je me décidai à 
sacrifier dans ce but quelques Erica auxquels j'administrai 50, 75, et 
même 100 °/o de purin concentré. A ma grande surprise, aucune plante 
ne succomba; seulement dans les deux derniers cas, la mousse qui 
couvrait les pots, disparut, et les plantes de Calluna vulgaris, qui ne 
dépassaient que d'un pouce la terre de bruyère, périrent en grande 
partie. Il ne me fut pas possible de voir en cela un effet particulier de 
l'arrosement; il me sembla plutôt qu'en employant le purin sans mélange, 
une verdure brillante était le seul résultat qu'on dût constater. Après 
plusieurs autres essais, j'arrivai enfin à la conclusion que, chez toutes 



— 14 — 



les plantes en pots sans exception, lorsqu'elles sont dans la période 
principale de leur développement, c'est-à-dire vers le milieu de juin, 
20 °/o de purin, employés en une fois, sont une quantité suffisante pour 
produire une florissante verdure et une pousse vigoureuse. 

Les mêmes effets furent obtenus avec l'urine de cochons, pure, ou 
mélangée d'urine humaine. 

Les essais furent ensuite dirigés sur des jjlantes de pleine terre, telles 
que des Véroniques, des Sauges, etc., ainsi que sur des planches de 
choux dans le jardin légumier. Tout réussit à merveille. Il est juste de 
dire que ces plantes avaient reçu de l'engrais au printemps , et qu'on ne 
peut par conséquent attribuer tout l'effet au purin. Quoi qu'il en soit, je 
suis déterminé à ne plus engraisser mon jardin qu'avec du purin dans 
les proportions indiquées plus haut. 

J'ai enfin obtenu un effet tout particulier chez un Framboisier, arbre 
qui, par la nature de ses racines, est disposé pour profiter complètement 
d'un semblable arrosement. 

L'emploi du purin n'a pas permis le développement des branches chez 
les Groseilliers, ce qui avait du reste déjà été observé autre part. Ces 
végétaux, de même que les Rosiers et autres arbustes, les vignes et les 
arbres fruitiers, ont besoin d'un ameublissement du sol, qu'un arrose- 
ment près du tronc ne peut que contrarier. 

Je n'ai plus qu'un mot à dire; c'est que, pour l'arrosement au purin, 
on doit toujours choisir la soirée, et, si possible, une température 
fraîche ou même humide. {Traduit de l'allemand^ par A. de Borre.) 



BIBLIOGRAPHIE. 

H. Lecoq. Etudes sur la géographie botanique de l'Europe et en 
particulier sur la végétation du plateau central de la France. 
Paris, chez Baillière. 

M. Lecoq poursuit avec une grande activité la publication de cet 
important ouvrage, qui est parvenu à son septième volume. Il s^occupe 
du sujet annoncé par son titre dans l'acception la plus vaste du mot. 
Nous ne connaissons aucun livre qui soit d'une lecture plus attrayante 
et en même temps instructive pour celui qui aime les flleurs : il n'est pas 
nécessaire d'être botaniste pour lire avec intérêt l'ouvrage de M. Lecoq, 
il suffit d'avoir le goût des fleurs et d'avoir le désir de les connaître ; 
mais la lecture faite, on pourra se dire botaniste. C'est qu'à un style 
facile, pur et attrayant, à du style enfin, M. Lecoq allie une science vaste 
et profonde : il parle un peu de tout, mais surtout des plantes qui nous 
entourent partout, qui nous accompagnent dans toutes nos promenades, 
et qu'il est si utile et si agréable de connaître. C'est un de ces ouvrages 
scientifiques si rares et si utiles , qui font apprendre la science sans étude 
et que l'on lit avec un intérêt soutenu. E. M. 



— 15 — 



LITTÉRATURE HORTICOLE. 



DES PLANTES DÉBILES VOLUBLES , RAMPANTES (1) , ETC., 

Par m. Henri Lecoq , 

Professeur cV histoire naturelle de la ville de Clermont-Ferrand. 

Un grand nombre de plantes ont des tiges tellement faibles, qu'elles 
ne peuvent se soutenir; et toutes ces espèces traîneraient sur le sol en 
rampant, si plusieurs d'entr'elles n'avaient des moyens de s'élever en 
s'appuyant, en s'accrochant ou en s'enroulant sur les corps voisins. 
On peut donc ranger les plantes à tiges débiles en plusieurs sections , 
d'après les mœurs qu'elles nous présentent. On peut les distinguer en 
espèces volubles, espèces munies de vrilles, espèces appliquées, espèces 
enlaçantes, espèces rampantes , espèces nageantes. 

§ 1. PLANTES VOLUBLES. 

Celles qui paraissent plus spécialement appelées à jouer le rôle de 
plantes grimpantes, ont la tige voluble, c'est-à-dire que c'est la tige 
elle-même qui s'enroule autour des corps voisins. 

D'après Palm, cité par De Candolle, il y aurait, parmi les plantes 
connues, 600 espèces volubles, rangées dans 54 familles. Il indique 
-168 espèces ligneuses, 122 herbes vivaces et 98 annuelles. Ces trois 
chiffres ne font pas 600. 

On sait depuis très longtemps que les tiges volubles tournent toutes 
dans des directions déterminées, les unes de droite à gauche, les autres 
de gauche à droite. Voici, d'après Palm, les genres qui appartiennent 
à la première série de droite à gauche : 

Cocculus, Menispermiim, Dolichos, Nissolia, Abrus, Clitoria, Cuscuta, 
Convolvulus, Ipomœa, Calystegia, Thunbergia, Passiflora, Asclepias, 
Cynanchum , Momordica, Banisteria, Tragia, ce qui correspond aux 
familles suivantes : 

Ménispermées, Légumineuses, Convolvulacées, Acanthacées, Passi- 
florées, Apocinées, Cucurbitacées, Malpighiacées et Euphorbiacées. 

La seconde série est composée de celles qui tournent de gauche à 
droite. Ce sont les genres : 

Calyptrion, Lonicera, Basella, Tamus, Polygonum, Humulus, Morinda, 
Ugena, Dioscorea et Rajania, ou les familles : 



(1) Extrait des Études sur la Géographie botanique de l'Europe et en particulier sur 
la végétation du plateau central de la France. 



16 — 



Violacées, Caprifoliacées, Chénopodécs, Polygonécs, Urlicces, Rubia- 
cécs, Dioscorécs, Smilacées, Fougères. 

On remarque sur cette liste, dit de Candolle, que la première série 
est toute composée de dicotylédones, et que la seconde admet aussi des 
raonocotylédones ; que les espèces de dicotylédones volubles à droite 
sont plus nombreuses dans leurs familles respectives, si on les compare 
aux espèces volubles à gauche. 11 est, du reste, très-remarquable que 
toutes les espèces volubles du même genre et probablement de la même 
famille suivent la même direction. 

Nous n'avons, dans notre flore, qu'un très-petit nombre d'espèces 
réellement volubles; nous citerons dans la première série, c'est-à-dire 
tournant de droite à gauche : 

Corydalis claviculata, Cuscuta europœa, C. major, C. Epilinum, Con- 
volvulus arvensis, C. sepium. 

Dans la seconde série, c'est-à-dire tournant de gauche à droite, se 
trouvent : 

Lonicera Periclimenum, Humulus lupulus, Polygonum convolvulus, 
P. duraelorum, Smilax aspera, Tamus communis. 

C'est, comme on le voit, à peu près le même nombre de part et 
d'autre, et ces plantes volubles sont au total de la phanérogamie du 
plateau central, comme le rapport presque insignifiant de 1 à 458. 

La question de durée en annuelles, vivaces ou ligneuses, ne peut 
^jonner lieu à aucune application et n'a pas d'importance. 

§ 2. PLANTES MUNIES DE VRILLES. 

Pour les plantes munies de vrilles, et qui, par ce moyen, soutiennent 
leurs tiges sans les enrouler, il y en aurait en tout, d'après Palm, 
500 espèces. Elles se rangeraient dans 47 familles, 469 seraient à tiges 
ligneuses; 85 seraient des herbes vivaces et 447 seraient annuelles, ce 
qui ne donne pas non plus le chiffre de SOO , Palm ayant probablement 
conservé des doutes sur la durée des autres. 

Nous avons aussi bon nombre de plantes à vrilles, ce sont les genres : 

Lathyrus 4 espèces vivaces. 

— 7 — annuelles. 

Vicia 5 — vivaces. 

— 8 — annuelles. 

Ervum ..... 5 — annuelles. 

Vitis vinifera ... 4 — ligneuse. 

Bryonia dioïca ... 4 — vivace. 

Ce qui nous donne un total de 29 espèces seulement, dont 20 espèces mono- 
carpiennes, 8 vivaces et une seule ligneuse; encore celle-ci, qui est la 
vigne, ne se trouve à l'état sauvage que dans la partie méridionale de 



17 — 



notre territoire , et nous indique que les cspèees ligneuses, munies de 
vrilles, npparlicnnont aux régions eliaudes du globe, eomme des espèces 
ligneuses volubles. La forte proportion des espèces annuelles, qui appar- 
tiennent toutes à la famille des légumineuses, est encore un signe de 
flore méridionale, non-seulement parce qu'elles font partie du groupe 
des légumineuses, mais encore parce que dans le Nord il y a peu de 
plantes munies de vrilles. Aucune de ces 29 espèces n'appartient à notre 
région montagneuse, à peine si deux ou trois d'entr'elles s'y élèvent 
accidentellement, sans jamais atteindre une grande altitude. Les plantes 
munies de vrilles étant débiles et délicates, elles ne supporteraient 
pas les brusques variations atmosphériques des montagnes; elles ont 
besoin à la fois de supports et d'abris. 

a Les vrilles de ces plantes, dit Dutrochet, se meuvent spontanément 
dans l'air dans divers sens; et si, dans ce mouvement de translation, 
elles viennent à rencontrer un corps solide de peu de volume, elles 
l'enveloppent de leurs replis et le saisissent. Les bras de l'hydre s'agitent 
de même dans l'eau, et s'ils rencontrent un corps qui nage, ils l'enve- 
loppent de leurs replis et le saisissent pour le porter subséquemment à la 
bouche. A part cette dernière action, tout ne paraît-il pas semblable 
dans les mouvements des vrilles et dans ceux des bras de l'hydre? 
Même sorte de perquisition, de tâtonnement aveugle, même enroulement 
sur les corps fortuitement rencontrés, ce qui semble être, d'une part 
comme de l'autre, le résultat d'un toucher. Ces rapprochements sont 
séduisants sans doute, mais la plus légère réflexion suflit pour faire 
apercevoir ici une différence tranchée entre l'animal et le végétal. Le 
premier a une volonté directrice de ses mouvements , le second n'en a 
point; le premier a des sensations, le second en est dépourvu. Tout est 
purement mécanique chez lui. C'est véritablement ici qu'il faut recon- 
naître l'existence de cet aatomalisme pur auquel Descartes a voulu vaine- 
ment restreindre toutes les actions des bétes. Ainsi les vrilles des 
végétaux possèdent la faculté de fuir la lumière, ce qui les détermine 
à se porter vers les corps solides et opaques, du côté desquels il leur 
arrive moins de lumière que de tous les autres côtés. Elles possèdent la 
faculté d^opérer un mouvement révolutif qui , combiné avec celui par 
lequel elles fuient la lumière, les dirigent en sens varié dans l'air, où 
elles semblent chercher à l'aventure les corps solides auxquels elles 
doivent s'accrocher; venant à rencontrer ces corps, elles agissent comme 
si elles sentaient leurs contacts qui les déterminent à s'y enrouler. Il est 
certain que tout cela est automatique; il n'y a poiat Ih d'intelligence ni 
de volonté. Mais derrière cet être inintelligent se trouve l'intelligence 
créatrice qui a établi les admirables machines végétales qui exécutent ces 
mouvements automatiques, tous dirigés vers un but indiqué par les 
besoins de la plante, intelligence qui n'a donné ces machines destinées à 
chercher les corps solides et à s'y accrocher qu'à des végétaux qui, en 

BELG. HORT. TOME VIll. 2 



— 18 — 



raison de la faiblesse de leurs longues tiges , ont besoin d'appuis pour 
pouvoir s'élever (1). 

Les mouvements que les vrilles exécutent librement s'accélèrent le 
plus ordinairement quand elles viennent à trouver un corps sur lequel 
elles s'empressent de s'enrouler. Les curieuses expériences de M. le 
professeur Macaire, de Genève, sur les vrilles du Tamiis vulgaris, mon- 
trent avec quelle rapidité ces organes saisissent l'occasion de s'attacher. 

Ces vrilles sont d'abord droites, dit M. Macaire, et sortent de la tige 
perpendiculairement à celle-ci, ou ne forment qu'un angle presque droit 
avec la tige vers laquelle leur extrémité s'abaisse peu à peu. Lorsqu'on 
la touche avec un corps quelconque sur un point de la surface assez 
rapprochée de son extrémité, la vrille se contracte de dehors en dedans, 
forme d'abord un crochet, puis une boucle, lorsqu'elle est du côté du 
corps en contact, de manière à l'embrasser s'il n'est pas trop gros. Le 
nœud, d'abord très-lâche, se resserre peu à peu, et finit par étreindre le 
corps étroitement s'il est arrondi. Après ce premier tour, la vrille 
continue de se contourner en spirale, même sans contact. Ce contourne- 
ment est quelquefois si rapide, que M. Macaire dit avoir vu fréquemment 
trois nœuds se former sous ses yeux dans l'espace d'un quart d'heure sur 
des morceaux de fil de fer, des branchages, un crayon et même le doigt. 
C'est toujours du même côté qne la vrille s'enroule, et l'étude anatomique 
que M. Macaire a faite de son tissu n'a pu lui montrer rien de particulier 
dans son organisation. 

§ 5. PLANTES ATTACHÉES. 

Les plantes attachées, communes dans les pays chauds , sous la zone 
équinoxiale, sont représentées dans notre flore par une seule espèce 
de lierre, Hedera Hélix, isolée en Europe, et qui se rattache à de nom- 
breuses espèces de l'hémisphère austral et des îles du grand Océan. 

§ 4. PLANTES ENLAÇANTES. 

Viennent ensuite les plantes enlaçantes, qui se glissent au milieu des 
autres et s'appuient sur leurs branches ou leurs bifurcations. Elles crois- 
sent en général, très-rapidement et représentent dans nos climats, de 
nombreuses espèces qui existent dans les régions tropicales, où elles 
font partie des végétaux désignés sous le nom collectif de lianes. 

Le Clematis vitalba, si commun dans notre région, est presque la 
seule plante qui puisse nous donner une idée de ces lianes non enrou- 
lantes. Le Solanum dulcamara se comporte à peu près de même, mais 



(1) Comple-rendu hebdomadaire des séances de V Académie des Sciences ^ T. XVII, 
No 19 (6 novembre 18^5), p. 1007. 



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s'étend beaucoup moins. Une autre petite plante ligneuse, la liane des 
régions boréales, est le Vacciiiium oxicoccos. Les humbles Cenomice qui 
croissent en groupe dan^ les marais, et les coussins des Spliagnum sont 
les végétaux sur lesquels elle promène ses rameaux délicats et qu'elle 
orne de ses fleurs purpurines. 

Des plantes herbacées jouent aussi le nMe de lianes en s'appuyant sur 
d'autres végétaux. Tels sont le Cucuhalus bacciferus, qui couvre quel- 
quefois d'érnormes buissons, le Stellaria granilnea, espèce délicate qui 
ne demande qu'un faible appui, le Coronilla varia, dénué de vrilles , et 
parmi les plantes annuelles quelques Fumaria, dont les tiges s'allongent 
et viennent porter leurs fleurs au-dessous des haies et des buissons qui 
les protègent. 

§ 5. PLANTES RAMPANTES. 

Nous avons ensuite toute une série de plantes accrochantes qui , non 
seulement s'appuient sur d'autres végétaux, mais y restent, pour ainsi 
dire, suspendues par leur propre poids au moyen de pointes et d'as- 
pérités. 

Dans cette catégorie viennent se ranger les Galium aparine, G. tri- 
corne, G. palustre, G. uliginosum, Ruhia peregrina, R. tinctorum, 
plantes qui s'accrochent par des poils endurcis et courbés en aiguillons, 
d'autres comme les 3Iedicago apiculata et M. denticulata, tiennent aux 
chaumes des moissons par les pointes ou les dents dont leurs fruits sont 
pourvus. 

A cette section des tiges débiles appartiennent le Rosa sempervirens 
et cette longue série de Rubus dont les aiguillons courbés couvrent les 
tiges et se montrent en quantité au-dessous des feuilles sur toutes les 
nervures qui les traversent. Plusieurs de ces Rubus restent suspendus 
dans les buissons les plus élevés, d'autres s'élevant moins, rampent un 
peu, mais s'accrochent entr'eux ou enlacent de grandes plantes herbacées. 

Il reste encore un grand nombre d'espèces à tiges débiles qui dédai- 
gnent de se donner des supports et laissent pendre ou traîner leurs ra- 
meaux. Nous voyons, sur les rochers et les vieux murs, les touffes pen- 
dantes de VAntirrhinum asarina, celles du Linaria cymbalaria , du 
Chrysos'plenium oppositifolium, le long des fossés, les longs rameaux 
du Glechoma hederacea. D'autres, comme les Helianthenum fumana, 
H. procumbens, Saponaria ocymoides, Astrocarpus sesamoides, ram- 
pent sur les rochers et le graviers. 

Le sol des forets est tapissé par le Vinca minor, le Lysiniachia 
nemorum. Les lieux humides et arrosés nous montrent les tiges filiformes 
et les fleurs délicates du Walenbergia hederacea et de VAnagallis 
tenella. 

Sur les bruyères rampent le Lycopodium clavatim, le Poteniilla tor- 



— 20 — 



mentilla et, dans les lieux humides et marécageux, le Potentilla replans, 
le Lysimachia nummularia et le Veronica scutellata. 

Les Thesium alpinum, T. pratense et surtout T. hmnifusum sont 
penchés ou appliqués sur le sol, comme les Herniaria glabra, H. hirsuta, 
Portulaca oleracea et les Trifolium repens, et T. fragiferum. 

Nous pourrions encore citer parmi les espèces à tiges faibles, 
rampantes et à peine dressées : Lotus corniculatus , Astragalus gly- 
cyphyllos, Hippocrepis comosa, Goodiera repens, Cynodon dactylon, 
Convolvulus lineatus. Il y a du reste une foule de nuances imperceptibles 
entre ces tiges entièrement faibles et celles qui peuvent se soutenir 
d'elles-mêmes droites ou inclinées. 

M. Thurmann qui a examiné avec soin toutes les faces de la question 
de l'influence du sol sur les plantes, pense que les espèces peuvent 
contraster encore de différentes manières. Ainsi, au point de vue du 
développement des feuilles, il reconnaît que les terrains compactes et 
secs offrent en majorité les espèces à feuilles radicales et à tiges peu 
développées, tandis qu'au contraire les sols désagrégés et frais se 
couvrent d'un tapis végétal plus touffu, plus dense et plus élevé. Une 
autre conséquence déduite par ce savant dans le contraste des terrains, 
c'est la différence de débilité ou de verticalité des tiges. Cette position 
dressée ou plus ou moins inclinée de l'âge est en rapport avec la direc- 
tion des racines. Celles-ci étant plus traçantes et moins profondes sur les 
sols compactes, il doit en résulter dans ces conditions une plus grande 
proportion de plantes à tiges couchées , rampantes ou inclinées. 

Enfin, partant toujours de ce principe de similitude plus ou moins 
grande et de rapport constants entre les racines et les tiges, M. Thur- 
mann établit encore que, sur les sols frais et désagrégés où les racines 
peuvent pénétrer et se ramifier à leur aise, les plantes doivent être 
plus buissonneuses qu'elles ne le sont sur des sols secs et compactes. 

Toutes ces observations sont exactes , et il suffit d'un coup-d'œil jeté 
dans nos contrées, sur le sol des champs humides et sablonneux et 
sur les causes compactes qui entourent le plateau central, pour recon- 
naître d'un côté la prédominance des plantes dressées, feuillées, 
rameuses et élevées, et de l'autre une végétation composée d'espèces 
traçantes, couchées, inclinées, peu feuillées et souvent peu ramifiées. 

§ 6. PLANTES NAGEANTES. 

Nous terminerons , en faisant remarquer qu'il existe une longue série 
de plantes à tiges débiles où cet état de choses est compensé par le 
milieu qu'elles habitent : ce sont les plantes aquatiques. L'eau, beau- 
coup plus dense que l'air, soutient facilement leurs rameaux, et d'ailleurs 
des flotteurs , placés sur des organes divers , tendent à leur donner le 
degré de légèreté nécessaire pour se dresser dans un liquide. 



-~ 21 — 



DISTHlBUnOlN GI^OGIIAPIIIQUE DES PLANTES VOLUBLES, DlilULES, ETC. 

Nous nous sommes un peu élcndu sur la déhililé des liges. Si ces 
études n'ont qu'une faible importance aux yeux de la botanique descrip- 
tive, elles en ont une assez grande au point de vue de la distribution 
des végétaux sur la terre. Le nombre des plantes qui peuvent croître 
simultanément sur un espace donné, dépend quelquefois entièrement 
de l'organe principal qui sert à distancer leurs parties. 

Les plantes grimpantes, attachées, enlaçantes, ligneuses et herbacées, 
contribuent surtout à l'aspect du paysage. Elles se font toujours remar- 
quer par le pittoresque qu'elles impriment aux localités où on les trouve. 
Le sol d'une foret est chargé par un tapis de pervenches, un rocher est 
décoré par les touffes pendantes de V Antirrhinwn Asarina, les bosquets 
sont transformés en berceaux par les tiges flexibles de la Clématite ou 
les tiges volubles du houblon. Des haies et des buissons deviennent 
impénétrables par les tiges accrochantes du Galiuni aparine et les tiges 
enroulantes ou épineuses des Smilax et des Tamus. 

Quand ces plantes, que l'on pourrait nommer en général obstruantes , 
vivent en société , ce qui leur arrive fréquemment, elles peuvent modi- 
fier complètement une contrée et elles ont toujours une importance 
réelle dans toutes les recherches de la géographie botanique. 

Dans les contrées les plus chaudes de la terre, les plantes dont nous 
parlons dans ce chapitre, acquièrent un très-grand développement. « Ce 
sont principalement les lianes, dit Auguste de St. Hilaire, qui commu- 
niquent aux forets les beautés les plus pittoresques; ce sont elles qui 
produisent les accidents les plus variés. Ces végétaux, dont nos chèvres- 
feuilles et nos lierres ne donnent qu'une bien faible idée, appartiennent 
comme les grands végétaux , à une foule de familles différentes. Ce sont 
des bignoniées, des Bauhinia, des Cissus, des hypocratées, etc., et si 
toutes ont besoin d'un appui, chacune a pourtant un port qui lui est 
propre. A une hauteur prodigieuse, une aroïde parasite, appelée Cipo 
(rimbé, ceint le tronc des plus grands arbres; les marques des feuilles 
anciennes, qui se dessinent sur sa tige en forme de losange, la font 
ressembler à la peau d'un serpent, cette lige donne naissance à des 
feuilles larges, d'un vert luisant, et de sa partie inférieure naissent 
des racines grêles qui descendent jusqu'à terre, droites comme un fil à 
plomb. L'arbre qui porte le nom de Cipo matador, ou la liane meur- 
trière, a un tronc aussi droit que celui de nos peupliers, mais trop 
grêle pour se soutenir isolément, il trouve un support dans un arbre 
voisin plus robuste que lui; il se presse contre sa tige à l'aide de racines 
aériennes qui, par intervalles, enchâssent celles-ci comme des osiers 
flexibles; il s'assure et peut défier les ouragans les plus terribles. Quel- 
ques lianes ressemblent à des rubans ondulés; d'autres se tordent ou 
décrivent de larges spirales; elles pendent en festons, serpentent entre 



— 22 — 



les arbres, s'élancent de l'un à l'autre, les enlacent et forment des 
masses de branchages, de feuilles et de fleurs où l'observateur a souvent 
peine à rendre à chaque végétal ce qui lui appartient (1). 

Dans les régions les \û\is chaudes de l'Amérique méridionale, se 
trouvent les Paullinia, les Banisteria , les Bignonia, Notre houblon 
sarmenteux et nos vignes peuvent nous donner une idée de l'élégance 
des formes de ces groupes. Sur les bords de l'Orénoque, des branches 
sans feuilles du Bauhinia ont souvent 40 pieds de long. Quelquefois 
elles tombent perpendiculairement de la cime élevée des acajous [Swie- 
tenià), quelquefois elles sont tendues en diagonale d'un arbre à l'autre, 
comme des cordages d'un navire. Les chats-tigres y grimpent et y 
descendent avec une adresse admirable (2). 

L'Asie a , comme l'Amérique et toutes les parties chaudes du globe, 
des plantes à rameaux débiles ou indéfinis, qui demandent aux arbres 
des forêts de les soutenir et de les protéger. A une élévation de 
d,000 mètres environ dans l'Himalaya, M. Hooker cite une végétation 
admirable^ qui doit en partie sa beauté à ces plantes grimpantes. « Les 
arbres y sont gigantesques, et les troncs enlacés de grandes lianes, telles 
que les Bauhiana ou des Rohinia, sont revêtus d'orchidées épiphytes, 
de PothoSf de poivriers, de Gnetum, de vignes, de Convolvulus et de 
Big?îonia. 

On pourrait difficilement concevoir, dit encore le docteur Hooker, 
quelque chose de plus grandiose que cette végétation de l'Himalaya à la 
hauteur de 15 à 1600 mètres. Les troncs des arbres élevés disparaissent 
quelquefois sous les fleurs des épiphytes qui y prennent naissance. 
Quelques-uns des plus âgés ne sont plus, pour ainsi dire^ que des 
faisceaux de lianes enlacées; ce sont des araliacées, des légumineuses, 
des vignes, des ménispermées, des ffydr an g ea, des poivriers, dont les 
rameaux circonscrivent un creux occupé jadis par l'arbre auquel leur 
étreinte a donné une mort précoce. Du sommet et de tous côtés de ces 
piliers végétants pendent des branches flexibles, tantôt feuillées, d'autres 
fois nues, jetées comme des câbles d'un arbre à un autre, et balançant à 
la brise de grands bouquets de fougères ou d'orchidées perchées sur les 
anses élevées. Des mousses pendantes et des lichens se rencontraient 
aussi en profusion dans cette forêt, qui nourrit une humidité per- 
pétuelle (3). 

Un grand nombre de Bauhania sont sarmenteux. Jacquemont cite au 
pied de l'Himalaya, \e Bauhania racemosa, * C'est, dit-il, un arbrisseau 



(1) AuG. DE St. Hilaire. Essai de la végétation primitive de la province de Minas- 
Geraes, p. 20. 

(2) HuMBOLDT. Tableaux de la nature, t. 2, p. 

(3) Hooker. Journal d'un voyage dans l'Himalaya. Bulletin de la Société botanique 
de France, T. I, p. 149. 



— 25 ^ 



« sarmcnteux , dont le feuillage est magnifique, et qui remplit ici les 
< vides de l'hiver. Ses tiges, semblables à des cables flexibles, s'élancent 
« sur les arbres, se projettent de l'un à l'autre, s'élaficent autour de leurs 
a rameaux, et donnent souvent à une souche pourrie l'apparence de la 
« vie et do la fraîcheur. Sur la lisière des bois, on le voit pendre en 
« festons superbes (1). » 

Tel est le lierre dans nos climats, où ses guirlandes cachent souvent 
la décrépitude des vieux troncs qui lui ont servi d'appui, et que l'on 
voit ramper sur les noirs rochers de nos volcans. 

11 est curieux de voir aussi une campanulacée, le Campamimœa lan- 
ceolalcij originaire de la Chine et du Japon, étendre ses tiges volubles 
et montrer des corolles panachées, qui rappellent les fleurs àcs Periploca, 
des Stapelia, et les couleurs ternies des Hyosciamus et des Aristoloches. 

Dans le centre de l'Afrique, en Nigritie, et dans toute la partie équato- 
riale de ce grand continent, les lianes sont extrêmement communes, elles 
obstruent partout le passage, soit en laissant traîner sur la terre leurs 
troncs rampants, soit en tendant, comme d'énormes cables, leurs bran- 
ches de la cime d'un arbre sur un autre qui en est voisin. Dans toute 
la zone équatoriale elles ont le même aspect. 

Dans l'Abyssinie, bien moins chaude que la Nigritie, les plantes 
volubles ou enlaçantes sont au total des phanérogames dans le rapport 

de i : 45 

Dans le royaume de Grenade 1 : 50 

Sur le plateau central 1 : 46 

En Laponie 1 : 91 

On voit avec quelle rapidité la décroissance a lieu. Nous n'avons pris 
ici, pour établir nos proportions, que le total des espèces réellement 
volubles par leurs tiges et des espèces à vrilles. Or, il faut remarquer 
que les espèces volubles diminuent de fréquence dans les pays froids. 
En Laponie il n'y en a plus qu'une : le Polygonum convolvuliis ; les 
autres sont des légumineuses à vrilles. 

Les plantes volubles ligneuses, qui constituent le groupe désigné dans 
les descriptions pittoresques sous le nom collectif de lianes, diminuent 
très-rapidement vers le nord. 11 n'y en a presque plus déjà sur le plateau 
central, et elles manquent totalement en Laponie. Enfin, les monoco- 
lylédones , volubles ou à vrilles, du reste bien moins fréquentes que les 
dicotylédones, et offrant le même caractère, appartiennent principale- 
ment aux pays chauds et s'effacent complètement des pays froids. Le 
Tamus communis est l'espèce qui s'avance le plus vers le nord.Toujours, 
comme on le voit, il y a relation exacte entre l'habitation aérienne et 
la température. 



(1) Jacquemont, Journal, T. II, p. 8. 



~ 24 — 

ARCHITECTURE HORTICOLE. 



MODÈLES DE DEUX PONTS DE JARDIN. 




MISCELLANÉES. 



AUX DÉTRACTEURS DU CHOU (CAULIS). 
Par m. Léon Bernard, 
Secrétaire de la Société d'Horticulture de Mâcon. 

Si nous écrivions dans un journal allemand, nous n'aurions pas songé 
à faire cet article panégyrique, car il serait inutile, puisque le légume 
que nous voulons réhabiliter est goûté et honoré dans la patrie de Goethe 
et de Henri Heine sous la dénomination de choucroute; mais, enfin, si 
par hasard, journaliste allemand, la fantaisie nous venait d'écrire cet 
article, nous serions sûr à l'avance qu'à peine sorti de la presse il serait 
dévoré par les milliers de lecteurs, et cela seulement par amour pour le 
nom que nous prenons pour titre. 

Mais en France , notre article pourrait bien passer inaperçu , car les 
Français ont l'habitudp de faire la petite bouche à propos de tout et de 
plusieurs autres choses encore. 

Et pourquoi, je le demande, pourquoi les Français n'aiment-ils pas 
généralement le Chou ? Que lui reproche-t-on donc ? Je ne sache pas 
qu'il ait, en un jour de fureur, donné une indigestion quelconque à la 
France en masse. Quel est donc le titre de cet infortuné légume à cette 
proscription. Je cherche vainement le secret de l'antipathie dont il est 
l'objet et, en définitive, je lui trouve pour tout défaut celui d'occasionner 
la dyspepsie aux estomacs débiles. Mais ses nombreuses qualités effacent 
complètement cet inconvénient isolé. Quel est donc d'ailleurs la plante 
qui puisse revendiquer les avantages d'une souveraioe innocuité? Je crois 
pouvoir avancer en toute sécurité qu'il n'en existe aucune dans tout le 
règne végétal. Blessés de cette injustice criante à l'égard d'un légume 
aussi précieux, plusieurs horticulteurs ont tenté une croisade en sa 
faveur, et Alphonse Karr lui-même s'est déclaré le Godefroid de Bouillon 
de cette noble entreprise en le cultivant aux environs de Nice, à côté des 
orangers, qui sont l'ornementation exclusive des jardins de cette contrée. 

Chère plante potagère, toi 

Dont la feuille frisée en pomme s'arrondit, (Castel) 

toi dont la jolie teinte verte sait si bien plaire aux yeux, toi qui défies 
les palais les plus délicats de t'adresser le plus léger reproche ; d cher 
petit chou ! es-tu donc à jamais relégué dans le coin le plus obscur de 
nos jardins; seras-tu toujours abandonné à la voracité de nos lapins; ne 
pourras-tu, à l'instar de ce tubercule farineux, voir. tomber enfin devant 
toi ces préventions fatales qui t'inderdisent l'entrée de nos tables ? 



— 27 — 



Car, Français, hommes éminemment inconstants et capricieux, remar- 
quez combien vous êtes inconséquents dans votre conduite envers ce 
chef-d'œuvre potager : vous le proscrivez de vos menus , à moins qu'il 
ne soit flanqué de quelque succulente perdrix, et cependant à chaque 
instant, dans vos discours, vous vous plaisez à rendre hommage à ses 
vertus et à ses qualités sans nombre. 

Vous le déclarez indigne de tout palais bien né, malgré son odeur 
agréable et son goût exquis, et vous ne pouvez vous empêcher de 
décorer de son nom toutes choses heureuses, douces et délicates. 

Ne regardez-vous pas comme une heure fortunée et toujours trop 
longtemps attendue celle où, libres de soucis et de veilles, il vous sera 
permis de vivre retirés dans votre petite villa, pour y planter vos 
choux. 

Plus d'un sage , 
Dans les soupirs , dans les dégoûts, 
Du bonheur, sur les flots jaloux, 
Poursuivant la trompeuse image, 
S'est écrié dans son naufrage : 
Ah ! si j'avais planté des choux ! 

(Ducis.) 

Qu'entend-on par faire ses choux gras d'une chose quelconque? 
N'est-ce pas en faire tout ce qu'il y a de plus doux à l'âme et aux sens. 
« Il vous conseille de faire vos choux gras vous-même de cet homme 
à qui vous trouvez de l'esprit. » (M"'^ de Sévigné.) 

Trouvez un juron plus gracieux et qui exprime quelque chose de 
plus joyeux, de plus aimable et de plus mirifique que vertu chou! 
Ecoutez Molière : Vertu chouj quelle belle taille! Quels beaux yeux, 
vertu chou ! 

Vous avez créé un petit gâteau friand, délicat, exquis; quel nom lui 
avez-vous donné? Celui de chou. 

Mais ne savez-vous donc pas que ce légume admirable est l'enfant 
gâté de la nature; il pousse partout, et c'est ce qu'exprime le savant 
Ruelle par cette phrase si simple : Nullam terram aversatur. 

Et les femmes, les femmes même! ces anges d'un goût si pur, n'ont- 
elles pas, dans leurs modes anciennes comme dans leurs modes nou- 
velles , toujours trouvé moyen d'appliquer ce nom aux plus jolis orne- 
ments de leur coiffure? Comme si leur tête seule était digne de recevoir 
quelque éclat de ce brillant végétal. Voyez comme un chou rehausse 
élégamment le fragile édifice d'une commode. 

Mais il faudrait écrire des volumes pour suivre ce nom charmant dans 
toutes les acceptions heureuses où il se retrouve. 

Cette modeste crucifère fut cultivée de temps immémorial , et ce qui 
prouve que les anciens eux-mêmes l'avaient en grande estime , c'est que 
Chrysippe, Dienchcs et Pythagore ont consacré bon nombre de pages 
à ses propriétés , tant médicinales qu'alimentaires. 



— 28 ■— 



Androcydes disait que celle plante devait servir à désenivrer; aussi 
la mangeait-on à la fin du repas pour dissiper les effets du vin. Un vieil 
auteur ajoute que « les choux ôtent tout tremblement et fâcherie que 
l'excès du vin aurait pu causer, quand ils sont pris à la fin -du repas. » 

Cependant, nous ne pouvons, malgré ce qui précède, oublier le 
privilège qui place notre plante favorite au rang des excellentes choses. 

Quel est le nom que l'on prodigue le plus dans le doux épanchement 
d'une conversation amoureuse? Cher petit chou , mon hou petit chou. 
Quoi de plus tendre, de plus sentimental, de plus cordial même. 

Le jeune élégant, qui montre par une piteuse grimace tout le dédain , 
nous dirons plus , tout le dégoût qu'il professe pour le fumet du 
chou, de quel nom qualifiera-t-il l'objet aimé qu'il vient de visiter? 
S'exposera-t-il à lui donner le nom de tout autre légume? Qu'il essaie 
parmi les meilleurs : l'appellera-t-il cher petit pois,.... chère asperge? 
choisira-t-il : raisin,.... fraise? Jamais! nous lui en donnerions mille 
qu'il n'oserait en prendre un , car le nom de chou est le seul qu'il 
prononcera. Il n'en est aucun d'ailleurs qui puisse le remplacer, même 
pour euphonie» 

A-t-on jamais entendu dire par une personne galante : Charmante 
petite pêche? Beau petit melon ne pourrait pas non plus s'employer 
comme formule élogieuse. Pourtant voilà des fruits pour lesquels nos 
gourmands ont une grande vénération. 

Ainsi, c'est donc à ce nom coquet, à ce nom délicieux : cher petit 
chou, qu'il faut sans cesse recourir quand on veut exprimer quelque 
chose de bon ou de beau. 

Or, peut-on comprendre qu'un nom si gracieux désigne une chose 
mauvaise ? 

Aussi n'a-t-on jamais dit que le chou fut mauvais, car on eût blas- 
phémé; mais il est de bon ton de se servir du nom et de très-mauvais ton 
de manger la chose. Voilà tout le secret. 

Nous sommes persuadé que les Français reviendront de cette fatale 
erreur et qu'ils secoueront le préjugé que leur ont légué leurs pères. 
Malgré tout ce qu'ils peuvent dire, ils aiment le chou, ils adorent le chou : 
la preuve, c'est qu'ils appliquent son nom à tout ce qui leur plaît. Ce 
n'est qu'une fausse honte qui les empêche de se livrer à leur sympathie 
pour ce pauvre proscrit, et il mentent quand ils déclarent la soupe aux 
choux chose exécrable et bonne à peine pour des goujats, car ils sont 
tous de force à dire avec cette grande dame de la plus fine élégance : 
« Je voudrais être portière pour manger de la soupe aux choux. » 



— 29 — 



JARDIN FRUITIER. 



NOTE SUR LE FRAMBOISIER REINE VICTORIA. 

(Figuré pl. «,ng.l.) 

La framboise Reine Victoria est la plus grosse de toutes les variétés à 
fruits rouges ; elle surpasse même en volume les framboises de Fastolf. 
Elle est originaire d'Angleterre. Les fruits sont de première classe, d'une 
saveur très-délicate, fraîche et un peu acidulée. L'arbuste croît avec 
beaucoup de rapidité; il fructifie sur les rameaux de l'année ; aussi doit-on 
rabattre les anciennes liges contre la souche au mois de mars. 

Il est extraordinairement fertile et pourrait passer pour remontant. 
Mais sa première fructification au mois de juillet est trop insignifiante : il 
doit plutôt être considéré comme tardif, ses fruits mûrissant depuis la fin 
d'août jusqu'en novembre. 

Il aime une exposition plus chaude et plus aérée que celles dont la 
plupart des autres variétés se contentent ordinairement. 



NOTE SUR LA FRAMBOISE JAUNE D'ANVERS, AUSSI APPELÉE 
FRAMBOISE DE HOLLANDE ET FRAMBOISE D'ANGLETERRE. 

(Représentée pl. 5, fig. 3.) 

Cette excellente variété est originaire des environs d'Anvers. Elle est 
connue depuis fort longtemps, mais n'est pas encore autant cultivée 
qu'elle devrait l'être, eu égard à sa fécondité, au volume de ses fruits 
et à sa délicieuse saveur C'est une des meilleures variétés connues et 
elle est classée parmi les fruits de premier rang. 

Les tiges sont grêles, grises et armées de beaucoup d'aiguillons. 

On la connaît aussi sous les noms de Framboise de Hollande et de 
Framboise d'Angleterre. 



NOTE SUR LA FRAMBOISE JAUNE POINTUE. 

(Représenlce pl. 5, fig. 2.) 

Ce fruit est intéressant par sa forme originale; il est de grosseur 
moyenne, très-aminci à l'extrémité, mais d'un très-bon goût. Toutefois 
il doit être classé au second rang et n'est cultivé que dans les collections 
et par les amateurs. E. M. 



— 50 

NOUVEAU MODE DE TAILLE DES RAMEAUX A FRUIT DU PÊCHER, 

Par m. Du Breuil, 
Professeur d'agriculture et d'arboriculture. 




Pl. 6. — Ancien mode de taille des rameaux à fruit du pêcher. 

Jusqu'à présent, les rameaux à fruit du pêcher ont été soumis au trai- 
tement suivant : 

Soit le nouveau prolongement d'une branche de la charpente de 
l'arbre. On supprime le tiers environ de la longueur de ce jeune prolon- 
gement, afin déconcentrer assez l'action de la sève vers la base pour y 
faire développer en bourgeons les boutons à bois qui y existent. Dès les 
premiers jours du mois de mai suivant, chacun de ces prolongements est 
soumis à l'ébourgeonnement. On supprime complètement tous les bour- 
geons qui naissent en avant et ceux qui sont attachés derrière. On ne con- 
serve ainsi que ceux qui sont placés latéralement et à environ 0™,10 
les uns des autres. Pendant l'été, ceux de ces bourgeons latéraux qui se 
développent trop vigoureusement sont soumis à deux pincements suc- 
cessifs lorsqu'ils ont atteint une longueur de 0™,25 à 0™,5S, et de façon 
à ne supprimer par le pincement qu'environ 0",01 ou 0"',02 de la pointe 
de ces bourgeons. On les soumet ensuite au palissage. Par suite de ce 
traitement , ils deviennent beaucoup moins vigoureux et donnent lieu 
à autant de rameaux portant des boutons à fleurs et distribués sur chacun 
de ces prolongements , comme l'indique la planche 6. 

Lors de la taille d'hiver suivante, chacun de ces rameaux est raccourci 
de façon à conserver un certain nombre de boutons à fleurs et à forcer 



— 31 — 



la sève à faire développer les boutons à bois les plus rapproches de la 
base. Pour cela on les coupe au point A (pl. G), à 0"™,iO ou 0'",14 de la 
branche principale; puis on fixe chacun d'eux contre le treillage. 

Pendant l'ctc, ces rameaux fructifient et développent en même temps 
de nouveaux bourgeons. On ne conserve de ces derniers qu'un ou deux 
des plus rapprochés de la base et chacun de ceux qui accompagnent un 
fruit. Ils sont soumis au pincement et au palissage comme pendant le 
premier été. 

Au moment de la seconde taille d'hiver on coupe tout ce qui se trouve 
placé au-dessus du point d'attache du nouveau rameau le plus rapproché 
de la base ; puis ce rameau est raccourci comme ceux de l'année précé- 
dente et soumis au palissage d'hiver. Les mêmes opérations sont ensuite 
répétées chaque année. 

Ce mode de taille est basé sur l'observation de ce fait que l'on a cru 
être exact, à savoir, que les boutons à fleurs du pêcher ne peuvent se 
former qu'à une certaine distance de la base des rameaux, tandis que 




PI- 7 — Premier pincement praliquc Pl. 8. — Deuxième pincement pratiqué 

sur les bourgeons du pêcher. sur les bourgeons du pêcher. 



dans les autres espèces d'arbres à fruits à noyau ces productions sont 
souvent attachées dès la partie inférieure de ces rameaux. De là la néces- 
sité qu'il y avait de tailler assez longs les rameaux à fruit du pêcher, 
tandis que ceux des autres espèces sont taillés très-courts. Or l'observa- 



- 52 — 



tion dont nous venons de parler n'est rien moins qu'exacte, ainsi que 
l'ont reeonnu quelques praticiens et amateurs d'arboriculture. 11 en est 
résulté, pour les soins à donner aux rameaux à fruit du pécher, une 
modification profonde que nous allons décrire. 

Lorsque les bourgeons des nouveaux prolongements des branches de 
la charpente ont atteint une longueur d'environ O'^jîO, on ne supprime 
que les bourgeons de derrière, puis ceux qui sont doubles ou triples, de 
façon à n'en laisser qu'un seul à chaque point. Ceux de devant se trou- 
vent ainsi conservés. Au même moment ces bourgeons sont soumis à 
un pincement très-rigoureux, c'est-à-dire qu'on les coupe avec les ongles 
en A (pl. 7), au-dessus des trois feuilles de la base. 

Bientôt après, on voit naître à Faisselle de chacune de ces trois feuilles 
un bourgeon anticipé. Ceux-ci sont également pincés (pl. 8) au-dessus de 
la troisième feuille aussitôt qu'ils ont atteint O^'jOS à 0'"10 de longueur. 




Pl. 9. — Seconds bourgeons anticipés du pêcher pincés au-dessus de la froisiènic feuille. 

De nouveaux bourgeons anticipés apparaissent encore à l'aisselle des 
feuilles des premiers , ainsi que le montre la planche 9. Mais la saison 
est déjà avancée et la sève agit avec moins d'intensité ; aussi se dévelop- 
pent-ils faiblement; ils n'atteignent souvent qu'une longueur de quel- 
ques centimètres. Ceux du sommet sont les seuls qui s'allongent un peu, 
et l'on doit les pincer, comme les précédents , au-dessus de la troisième 
feuille. {La fin au jn^ochain numéro.) 



HORTICULTURE. 



NOTICE SUR LE RHODODENDRON THOMSONI, Hook. fil., OU 
RHODODENDRE DE M. THOMSON, 

Par m. Edouard Morren. 

FAMILLE DES ÉRICACÉES. DECANDRIE MONOGYNIE. 

(Pl. 10. Fig. 1.) 

RiroDODEîsDRON Thomsom, Hook. fil. Rliod. Sik. Himal. t. 12. — Journ. Horl. Soc. 
ofLondon, p. 77. — Hook. Bot. Mag. 18S6, tab. 4997. 

[3, candelabrum ; floribus pallidioribus , calycis brevioris marginibus ovariisque 
glandiiloso-pilosis. 

Rhododendron candelabrum , Hook. fil. Rhod. Sik. Him. t. 29. 

Cette espèce est l'une des plus belles du Sikkim-Himalaya, où M. Hoo- 
ker, fils, l'a découverte à la hauteur considérable de 14,000 à 15,000 pieds 
d'élévation : certains individus avaient les tiges d'un pied de diamètre. 
Sa station naturelle indiquait qu'elle devait être à peu près rustique sous 
nos climats; en effet, elle ne réclame qu'une légère protection pendant 
l'hiver, destinée surtout à conserver les boutons qui s'épanouissent au 
printemps. La floraison paraît assez difficile : Sir W. Hooker a publié la 
figure du Rhododendron Thomsoni , d'après un exemplaire qui lui avait 
été envoyé par M. Methen, d'Edimbourg : cette espèce est déjà assez 
répandue chez nos horticulteurs, mais aucun n'a signalé sa floraison. 

Le caractère botanique de l'espèce réside surtout dans le calice, qui 
est ample, en forme de coupe évasée et cylindrique, à lobes inégaux, 
très obtus et droits : en outre, chose remarquable chez les Rhododen- 
drons, elle est dépourvue de ces petites écailles fauves, ferrugineuses 
et d'un éclat métallique, nommées lépides ou poils écailleux, lesquelles 
se trouvent ordinairement à la face inférieure des feuilles, sur les tiges, 
les pédoncules et le calice. Le Rhododendron candelabrum que M. Hoo- 
ker, fils, avait d'abord considéré comme une espèce , présente les mêmes 
caractères et n'est qu'une variété du Thomsoni à fleurs plus pâles, h 
calice plus court et avec l'ovaire glanduloso-pubescent. 

Dans sa patrie, le R. Thomsoni forme un arbuste de six à dix pieds 
de hauteur et même de 23 pieds dans les bois humides. Les branches 
inférieures sont très-fortes, d'un pied en diamètre, les supérieures 
miHces, feuHléeS;, surtout à l'extrémité. Les feuilles ont deux à trois 
pouces de long, très-larges et ressemblent à celles du R. campylocar- 
pum, si ce n'est parce que les pétioles ne sont jamais glanduleux : elles 
sont coriaces sans être épaisses , vert foncé , avec le dessous presque 
glauque. Les fleurs forment des capitules de six à huit à l'extrémité des 

BELG. HORT. TOME Vlll. 3 



— 34 — 



branches courtes et sont portées sur des pédoncules d'un pouce ou un 
peu plus de longueur. La corolle est remarquable par sa magnifique 
couleur rouge de sang et son éclat soyeux; le tube est souvent long de 
deux pouces et comprimé latéralement; le limbe est grand, étalé, à 
cinq lobes échancrés au sommet; les deux supérieurs sont ornés de 
ponctuations très foncées. Ces fleurs sont inodores et sécrètent avec 
abondance un nectar sucré qui ne paraît pas posséder les propriétés 
toxiques de ceux du iî. Dalhousiœ et argenteum : on sait que le miel 
des abeilles qui auraient butiné sur ces fleurs, est vénéneux. 

Il sera bon de faire hiverner le R. Thomsoni en orangerie ou sous 
couche. 

FiG. ANALYTIQUE N» 2. Coupe transversale de Tovaire. 



NOTE SUR LE DORONICUM BOURGJ^I, Sch., OU DOROxMC DE 

BOURGEAU, 

Par m. Edouard Morren. 

famille des composées. svngénésie supeîiflue. 

(Pl. 10. Fig. 3.) 

Car. Spec. — Doromcum Bourg^i ; herbaceum erectum ramosum ; foliis profonde 
cordatis sinuato-angulatis dentieiilatis simplicibus vel inferioribus lyrato-pinnatis , 
pinnis lateralibus parvis cordalo-ovatis (terminali maxima cordala) omnibus superne 
glabris subtus arachnoideis albidis, petiolis basi (foliorum superiorum totis) lato 
alatis, corymbis terminalibus compositis decompositisve amplis, floribns purpureo- 
violaceis, acheniis disci pilosis, radii nudis. — Schullz-Bipont m Bourgeau, Pl. 
Canarienses {ex itinere secundo), 185S , A"" 1573. — Bot. 3Iag., 1857, tab. 4994. 

Cette nouvelle plante, éminemment ornementale, est de serre froide 
OU tempérée ; elle rappelle les Cinéraires par son apparence , sa culture, 
son époque de floraison, etc. Les fleurs s'ouvrent au printemps en 
même temps que celles des Cinéraires ( ou Seiiecio , l'ancien genre 
Cineraria étant généralement fondu avec lui), à rayons pourpres des 
îles Canaries. M. Bourgeau, actuellement en exploration scientifique 
pour le gouvernement anglais dans l'Amérique du Nord, l'a découvert, 
en 1855, à Barranco del Angostura, dans les Canaries : des graines 
heureusement arrivées au jardin royal de Kevv, ont parfaitement levé ; 
les plantes sont d'une culture facile et fleurissent avec profusion : nul 
doute que l'espèce ne se répande rapidement chez les amateurs, qu'elle 
ne rivalise avec les Cinéraires et qu'elle ne devienne la souche de nou- 
velles races horticoles. Par ses caractères botaniques , le Doronic de 
M. Bourgeau se rapproche du Doronic de M. Webb [D. Webbii, Sch. 
Bip. in Webb's Canarian Flora, p. 555), mais il a les rayons du capitule 



~ 35 — 



blancs, et les achaincs du disque les plus velues de toutes les espèces 
de cette section. On sera surpris, dit Sir W. Hookcr, de voir cette 
plante, qui a tant d'analogie avec les Senecio ou Cineraria à rayons 
pourpres des îles Canaries, séparée de ces genres et faire partie des 
Doronicuni', mais elle présente le véritable caractère des Doronics : les 
acbaines du disque sont surmontées d'un pappe, celles de la circonfé- 
rence en sont dépourvues. 

La taille du Doronicuni Boiirgaet varie beaucoup suivant la nature du 
sol, elle a d'un pied à un pied et demi ou bien s'élève à près d'un mètre; 
elle est fort ramifiée et généralement glabre. Les feuilles sont alternes , 
très variables , les inférieures longuement pétiolées et lyrécs-pennées ; 
le lobe terminal est grand, profondément cordé, aigu, sinué-angu- 
leux; les pinnulcs latérales sont petites, distantes, opposées, ovales-cor- 
dées; le pétiole est ailé, on remarque en bas une large oreillette de 
chaque côté; les feuilles supérieures perdent graduellement leurs expan- 
sions latérales et se raccourcissent : leur pétiole possède des ailes ou 
oreillettes développées et ancomplexicaules : le dessus des feuilles est 
glabre, le dessous blanc et re'couvert de poils qui simulent u;i tissu de 
toile d'araignée. L'inflorescence forme un vaste corymbe , composé et 
plus ou moins feuillé; les pédicelles portent beaucoup de petites bractées 
subulées : l'involucre est hémisphérique, glabre, privé de bractéoles. 
Les corolles des rayons pourpre clair et leurs achainees glabres sans 
pappe; celles du disque d'un pourpre foncé avec les achainees pubescen- 
tes et surmontées d'un pappe presque aussi long que les fleurons tubu- 
leux. 

La culture et la multiplication sont les mêmes que celles des Ciné- 
raires. 

Fig. 4. Fleuron du disque isolé et agrandi. 



REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU LNTÉRESSANTES. 

PLEINE TERRE. 

Berberis hypoleuca. — Hortic. Society' s Jour?îal. — Famille 
des Berbéridées; Hexandrie Monogynie. — Berberis blanchâtre. 

Obtenu de graines, reçues du D' Royle, et probablement originaire de 
l'Amérique du Nord. 

C'est un fort bel arbuste toujours vert, avec les feuilles longues de 
:2 à 5 pouces, et larges d'un pouce et demi, d'un vert foncé au-dessus, 
blanche en-dessous, fortement réticulées sur les deux faces, et souvent 
bordées de pourpre; fleurs jaunes pâles, petites, et en racémes égalant 
les feuilles* Il est de pleine terre, et ne souffre que des hivers fort 
rigoureux; il croît rapidement dans une bonne terre de jardin, et se 



~ 36 — 



multiplie de graines que l'on sème aussitôt après leur maturité; il 
produit, en un mot, un effet fort agréable, et fleurit au mois de mai. 




Pl. 11. Berberis hypoleuca. 



Cpaf^gns cIiIoi*ocaE*pa • Lenne et K. Koch. — Berl. all§. 
Gartenz., N" 25, 4857, p. 181. Journ. de la Soc, centr. de Paris, — 
Fam. des Rosacées-Pomacées : Icosandrie Pentagynie. — Aubépine à 
fruits jaunes. 

Cette espèce intéressante est très voisine du vrai Cratœgiis sa7iguinea, 
Pall., au point que lorsqu'elle ne porte pas de fruit, il est difficile de 
l'en distinguer; mais elle a les fruits verdâtres, et c'est de ce caractère 
qu'elle a tiré son nom spécifique. Elle a les feuilles ovales , incisées- 
dcntées, glabres. Ses fleurs blanches forment des corymbes pauciflores , 
d'abord chargés de longs poils qui tombent ensuite ; elles ont le calice 
étalé, 20 étamines, 5 styles, et leur ovaire arrondi est entièrement 
glabre. Ses fruits, à 5 noyaux, sont toujours couronnés par le calice 
persistant. Ce petit arbre est cultivé à Potsdam; il est originaire de 
Sibérie. M. C. Koch pense qu'on pourrait en faire des haies. 

SERRE TEJIPÉRÉE. 

Rhododendron Windsorii, Nutt. — Bot, Mag, tab. 5008. — 
Nutt, in Ilook, Kew Gardeii Mise, v. 5, p. 357. — Rh, Winds. (3 leu- 



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canthunu — Fain. des Éricécs; Decandric Monogynie. — Rhododendron 
de M. Windsor. 

C'est une des nombreuses espèces découvertes par M. Booth dans les 
montagnes du Bootan, elle croît à une hauteur de 7 à 9000 pieds dans 
les endroits arides, dénudés, et parmi des pins et des cyprès : elle forme 
un petit arbre, dont les feuilles sont coriaces, obovées-lancéolées, algues, 
longues de 4 à pouces et larges d'un pouce à un pouce et demi. Les 
fleurs forment des capitules bien fournis : la corolle est rose écarlate, 
dans le genre du R. arhoreum. Une variété a les fleurs blanches. 

Pinti» PaB'olÂBiii, Visiani. — Gard, chron, , 1857, N° 52. — 
Famille des Conifères ; Monœcie Monadelphie. — Pin de Parolini. 

Cet arbre forme a lui seul de vastes forets sur le mont Ida, en Bithynie. 
Ses feuilles géminées sont assez raides, bordées de très-petites dentelures 
qui les rendent rudes au toucher. Ses cônes, presque sessiles, sont 
ovales-coniques, tronqués à la base, opposés ou verticillés sur les bran- 
ches, un peu plus courts que les feuilles adjacentes; ils renferment des 
graines trois fois plus courtes que leur aile, qui a la forme d'un trapèze. 
Cet arbre ressemble beaucoup au Pimis Pallasiana, duquel il se dis- 
tingue au premier coup-d'œil par sa cime en forme de parasol. Dans le 
jardin du comte Parolini, à Bassano, un pied âgé de 54 ans a déjà 
15 mètres de hauteur. 

Juuiperus Bonntiana, Visiani. — Gard, chron., 1857, p. 548. 

— Famille des Conifères; Diœcie Monadelphie. — Genévrier de Bonati. 
Cette espèce croit dans les jardins de Padoue, où elle fructifie en mai 

et juin. Les baies (cônes charnus, strobiles) sont d'un bleu noirâtre 
avec quatre ou cinq tubérosités; elle est voisine des sabinoides, 
turbinata et thurifera, mais elle en diffère par la couleur vert clair 
de toute la plante et les fruits ovales, légèrement protractés à la base. 
Cependant, le professeur Visiani dit ailleurs que les baies sont vertes et 
glauques, et les figure comme telles. 

Jouiperiis Çabiancse, Visiani. — • Gard, chr., 1857, p. 548. — 
Genévrier de Cabianca. 

Cette conifère a été envoyée de Belgique en Italie, sous le nom de 
/. phœnicea, auquel elle ressemble , mais dont elle se distingue par les 
feuilles aiguës, les branches quadrangulaires et des fruits tronqués ou 
au moins émarginés ou 2-5 lobés : leur couleur est gris foncé et non 
le brun clair luisant du /. phœnicea. On peut le rapprocher du J. siiiensis. 

SERRE CHAUDE. 

Cii*i*hopetaluin Medusse, Lindl. — Bot. Reg., 1842, tab. 12. 

— Bot. Mac)., ^^11. — Fam. des Orchidées. — Gynandrie Monogynie. 

— Orchis à tète de Méduse. 

Les fleurs des Orchidées exotiques ont des formes étranges, mais peu 



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ont un aspect plus bizarre que celles-ci. Elles sont petites, mais très- 
nombreuses dans les cpis; deux des trois sépales extérieurs sont très- 
allongés, de sorte que chaque inflorescence a l'aspect d'une tête couverte 
d'une longue chevelure en désordre : ce qui a engagé M. Lindley à 
l'appeler l'Orchis à téte de Méduse. Cette espèce est naturelle de Singa- 
pore et a été importée par MM. Loddiges. 




Pl. 12. Cirrhopetalum Medusce (l/2gr. nat.). 

AgaTe demsîflopa , W. Hook. — Bot. Mag., 5006. — Famille des 
Amaryllidées. — îlexandrie Monogynie. — Agave à fleurs pressées. 

Kunth, l'auteur qui s'est occupé en dernier lieu des Agave, décrit 
58 espèces réparties en trois groupes : i" Scape paniculo-rameux; 2" scape 
simple; fleurs en épi et sessiles; 5° espèces incertaines ou à classer. 
VAgave densiflora appartient à la deuxième section : il a fleuri à Kew 
où il est arrivé du Mexique. Les feuilles sont obovées , lancéolées , 
épaisses, raides , terminées en pointe fixe; bords inégalement épineux, 
dentés; dents érigées-étalées, courtes, à peine longues d'une ligne, 
dures, cornées, presque noires. Le scape, haut d'environ 6 pieds (épis 



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compris). L'épi forme une masse dure et compacte de boulons et mesure 
un pied (ic longiicnr. 

Tliuiiliei*g;ia Hai*i*isii, W. Ilook. — Bot. Mag., 4998. — Fam. 
des Acantlincces. -— Didynamie Angiospcrmie. — Thunbergia de lord 
Marris. 

Des graines de cette belle Acantbacée ont été envoyées à sir W. Hoo- 
kcr par lord ilarris, gouverneur de Madras : elle a fleuri chez MM. Veitch. 
C'est l'une des plus belles plantes grimpantes de serre chaude : les 
corolles sont grandes, leur limbe est bleu d'azur, la gorge blanche et le 
tube d'un jaune orangé, elles sont très nombreuses et fort grandes. 

B^enilrobiiini crepidatum , Lind., Tai*. labello g^labro. — 
Bot. Mag., pl. 50H. ; — Famille des Orchidées; Gynanclrie Monandrie. 

Elle appartient à la collection des jardins royaux de Kew et a été 
reçue de l'Assam. Le labelle est plane et glabre, et le coloris plus violacé 
que dans le vrai D. crepidatum. 

Agapetes buxifoBia, Nutt. — Bot. Mag., pl. 5012. — Famille des 
Vacciniées. — Décandrie Monogynie. — Agapetes à feuilles de buis. 

Cette superbe plante a été envoyée par M. Booth à M. Nuttall , des 
monts Duphla, sur les frontières du Bliotan et de l'Assam; elle croît en 
épiphyte à une élévation de 2-300D pieds, forme un petit buisson, dont 
la tige, ressemblant à une racine, est grande, tubéreuse, et adhère à la 
mousse ou au vieux bois par de nombreuses petites racines fibreuses. 
Fleurs rouge vif, solitaires ou par deux, axillaires. M. Nuttall a imaginé 
de greffer par approche Y Agapetes buxifolia sur une espèce du genre 
Epigynium [E. leucoholrys , Nutt.); c'est ainsi qu'il a réussi à en 
obtenir des fleurs. » 

« Les Vacciniées et les Ericacées, dit M. Galleotti, dont la tige est 
renflée vers le bas en gros mamelon tubércux, doivent être cultivées à 
peu près comme les Orchidées : dans des pots assez larges, fortement 
drainés et dans un mélange de mousse hachée ou de sphagnum et de 
terre de bruyère fibreuse; enfin, être placées dans une atmosphère moite 
et chaude; leurs rameaux supérieurs pourraient mieux se trouver des 
rayons solaires légèrement tamisés que les Orchidées, mais la portion 
renflée de la tige devra toujours être abritée; c'est ainsi que nous avons 
élevé les Macleania des environs de Xalapa, au Mexique, et les avons 
obtenus en fleurs. » 

Epigyniiiii acamlBiatiiiii , Klotzsch. — In Linnœa, v. 24, p. 51. 
— Bot. Mag., 5010. — Synon. : Agapetes acuminata. Don.; Thihaudia 
acuminata , Wall. — Famille des Vacciniées. — Décandrie Monogynie. 
Epigynium à feuilles terminées en pointe. 

L'une de ces belles Vacciniées qui abondent dans les régions subtropi- 
cales et tempérées des montagnes humides de l'Inde, mais dont un bien 
})etit nombre a seulement été introduit dans les jardins de l'Europe. Elle a 
été d'abord découverte par les collecteurs de Wallich dans les montagnes 



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de Khasia, puis on l'a retrouvée à une hauteur de 5,000 à 4,000 pieds ; elle 
croît généralement en épipliyte. C'est un arbuste qui a le port des Thihaudia 
de l'Amérique tropicale; les feuilles sont alternes, avec une certaine 
tendance à se verticiller, à pétioles courts, lancéolées, acurainées, longues 
de 4 à 8 pouces, dentées, à dents écartées, coriaces et persistantes. Les 
fleurs naissent sur les tiges plus bas que les feuilles; les pédoncules, le 
calice et la corolle sont d'un beau rouge de corail. Bien qu'indiqués de 
serre chaude, les Epigynum pourront probablement être cultivés en 
serre tempérée et passer l'été en plein air. 

Cattleya Lindleyaua, Rchb. — Berl. allgem, Gartenz., 4857, 
N° 15, p. 118. — Famille des Orchidées; Gynandrie Monogynie. — 
Cattleya de Lindley. 

Cette espèce a fleuri cette année chez M. Linden ; elle vient du Brésil 
et ressemble au Lœlia cinnabarina; les fleurs sont blanches, avec du 
bleu violet sur le labelle. 

Helîconia dasyantha , C. Koch et Bouché. — Gartenflora, 1857, 
tab. 198. — Famille des Zingibéracées ; Pentandrie Monogynie. — 
Heliconie à feuilles velues. 

Cette belle plante élève souvent sa tige à un mètre soixante centimètres. 
Ses feuilles sont oblongues acuminées, très glabres, portées sur un pétiole 
taché de rouge. Son pédoncule commun est coudé presque horizontale- 
ment à sa base, très glabre; il se termine par une belle inflorescence, 
dans laquelle plusieurs grandes bractées rouges, étalées, ont à leur 
aisselle chacune plusieurs fleurs jaunes, dont les trois sépales sont 
couverts extérieurement d'un duvet mou. La floraison commence en 
automne et dure trois mois. E. M. 



DE LA CULTURE DES ROSES EN POTS, 
Traduit du Gardener's Chronicle par M. Olivier Du Vivier. 

Il n'y a pas bien longtemps qu'on regardait comme impossible la 
production de beaux spécimens de roses en pots. Aujourd'hui, grâce aux 
incessants progrès de l'art horticole, les choses ont changé, et il n'est pas 
surprenant de trouver, dans des collections soignées, des roses épanouies 
à Noël, et qui ne dépareraient certes pas les gradins des expositions des 
mois de mai et de juin. 

Les variétés qui conviennent le mieux pour fleurir en hiver, ainsi que 
pour les besoins des expositions, sont les Bourbons, les Thés et les 
Hybrides perpétuelles, variétés qu'il vaut mieux multiplier par racines 
que par boutures; car alors les pieds croissent plus rapidement, si 
surtout l'on a eu soin d'opérer la multiplication au commencement du 
printemps et sur une plante-mère cultivée en serre; lorsque les jeunes 
pieds auront bien repris racine, on les replantera séparément, chacune 



— 41 — 



dans un pot de quatre pouces de profondeur, et rempli d'un mélange à 
parties égales de bonne terre et de terreau, auquel on ajoute du sable 
très-fin en quantité suffisante pour que le tout soit léger et perméable. 
On les conservera ensuite dans une atmosphère assez humide, jusqu'à ce 
qu'ils soient bien établis dans leurs pots, puis on les transportera dans 
un lieu plus éclairé et plus aéré, afin de favoriser leur développement; 
quant à la température, il est inutile qu'elle dépasse 12° cent. Afin 
de procurer à ces plantes une croissance vigoureuse , il sera nécessaire 
de couper la téte de la première pousse , mais cette opération ne devra 
se faire que dans un lieu bien frais et alors que les bourgeons de la base 
sont bien développés ; car sinon, il est probable que le bouton du sommet 
serait le seul qui s'épanouit. 

Dès que les jeunes rosiers auront bien repris racine dans ces premiers 
pots, on les transplantera dans d'autres plus larges; puis, quelque temps 
après, on les placera dans un endroit moins chauffé, et on les accoutumera 
insensiblement au plein air, en ayant seulement soin de les protéger 
contre les averses et contre l'action desséchante des vents froids. Pendant 
l'été, on leur donnera de l'eau en abondance, c'est-k-dire qu'on arrosera 
matin et soir, et l'on se servira deux fois par semaine, pour cet usage, 
d'eau de fumier légère; enfin, si cela est nécessaire, on les placera dans 
des pots plus larges et plus profonds. On arrêtera la croissance des 
pousses qui tendraient à trop se développer, et l'on surveillera surtout 
les pieds qui présentent la plus belle apparence. Enfin, les pucerons ne 
devront pas être perdus de vue , et l'on s'en débarrassera par des fumi- 
gations répétées et résultant de la combustion de feuilles de tabac. 

Pendant l'été, les plants de première plantation seront placés en plein 
air, dans un coin du jardin, et on les protégera de l'atteinte des vers, 
en mettant sous les pots une couche de cendres de charbon. De cette 
manière, la plupart deviendront, pour la fin de la saison, de beaux et 
robustes spécimens, et les Thés et les Bourbons, rentrés en bâche ou en 
serre au commencement de l'automne, continueront à fleurir pendant 
l'hiver et le printemps. Toutefois , pour obtenir de beaux pieds, il ne faut 
pas les laisser fleurir, car cela entraverait leur développement ultérieur. 

Pendant l'hiver, les Hybrides perpétuelles seront placées dans une 
couche de cendres de charbon qui dépassera les pots d'une hauteur 
d'environ un pouce; elles seront tenues dans un lieu frais, préservées 
seulement des fortes gelées et exposées en plein air, quand une tempé- 
rature assez douce le permettra. Les Hybrides perpétuelles pourront être 
taillées à n'importe quelle époque, pourvu que ce soit après Noël; 
néanmoins, les variétés délicates ne devront être soumises à l'élagage 
qu'après que toute apparence de gelée aura disparu; ces dernières ne 
réclament d'ailleurs que la suppression des branches faibles, de façon 
que leur tête soit convenablement amincie et que les rameaux vigoureux 
se trouvent légèrement raccourcis. 



- 42 — 



Quand arrive l'époque de ]a croissance, le printemps, on rempotera les 
plants qui exigent un pot plus grand, et on mettra en pleine terre ceux 
qui ont passé l'hiver au dehors. Les variétés de serre se placeront dans 
un lieu frais, de façon toutefois qu'elles se trouvent à l'abri des gelées 
et des fortes pluies. En été, on aura soin d'arroser, de modérer l'exubé- 
rance de la végétation, d'éloigner les pucerons, en un mot, d'apporter à 
cette culture la même vigilance que dans la saison précédente, et, de 
plus, de retrancher, à mesure qu'ils apparaissent, tous les boutons à 
fleurs. On devra aussi donner quelque attention aux spécimens qui 
paraîtront susceptibles de perfectionnement; pour cela, on attirera les 
rejetons inférieurs vers la périphérie du pot, où ils seront maintenus 
au moyen d'un fil de chanvre ou de métal passant sous le rebord de ce 
pot, et l'on conduira sur des baguettes les branches insérées plus haut 
sur la tige. 

Si l'on désire voir fleurir quelques-unes de ses plantes à la Noël, il 
faudra les rempoter au mois d'août, en ayant soin de régler la grandeur 
des pots sur celle de la plante; on peut dire d'ailleurs que les pots les 
plus petits devront mesurer 42 pouces, et que ceux destinés aux grandes 
variétés exigeront une profondeur de 15 pouces. Les Thés et les Bourbons 
sont ceux qui fleurissent le plus tôt, et si on les a élagués avec soin en 
août, ils seront prêts à fleurir en décembre, sans qu'il soit nécessaire de 
les forcer; ils seront, en effet, très-avancés au mois d'octobre, et même 
à cette époque, on fera bien de les placer dans un endroit frais, en serre 
froide, par exemple, tout en leur prodiguant de la lumière et de l'air 
pendant les beaux jours, et en maintenant la température ambiante entre 
7° et dO^cent. 

Les autres pieds seront rempotés vers la fin de septembre seulement, 
et tous ceux qu'on se propose de faire fleurir avant mai, seront transpor- 
tés dans un endroit assez froid, mais où ils trouvent un abri contre les 
pluies, et les variétés délicates, contre la gelée. Quant à l'élagage, les 
Hybrides perpétuelles peuvent être taillées beaucoup plus que les plantes 
de pleine terre ; les Bourbons et les Thés seront traités comme dans la 
saison précédente. 

Si l'on veut avoir en sa possession une collection de plantes fleurissant 
successivement, il n'est rien de mieux qu'une couche ou bien une serre 
dont la température soit maintenue entre 7" et 10" cent., et dans 
laquelle on introduira ses plantes, non toutes à la fois, mais par groupes 
et à des intervalles mensuels, en ayant soin de commencer par les pieds 
les plus vigoureux ; de plus, on pourra enfoncer les pots dans un vieux 
lit de tan ou de sciures. Cela fait, et pourvu qu'il y ait assez d'air pour 
dessécher le feuillage et entretenir autour de lui une atmosphère humide 
et saine, on arrosera la tête de chaque plante, tous les matins des beaux 
jours, en se mettant toutefois en garde contre l'excès d'humidité; car 
sans cela, la rouille surviendrait infailliblement, et l'on serait obligé 
d'employer le soufrage dès le début du mal. 



Quand les boutons commenceront à gonfler, on arrosera une ou deux 
fois la semaine avec une eau de fumier peu saturée. Au printemps, 
quand les rayons du soleil deviennent plus chauds, on se trouvera bien 
de procurer, l'après-midi, un léger ombrage aux plantes en fleurs. En 
toute saison, il sera nécessaire de veiller attentivement aux larves qui, 
probablement, se développeront avant même que les bourgeons soient 
cclos. La floraison terminée, on devra bien se garder d'abandonner les 
plantes à elles-mêmes, et celles qui fleurissent tardivement devront être 
graduellement exposées au soleil et au plein air. On pratiquera aussi un 
drainage régulier au moyen d'eau de fumier, et, après la floraison, on 
couvrira la terre de fumier de mouton décomposé, ce qui permettra aux 
spécimens de durer plusieurs années; s'ils devenaient languissants, on 
pourrait les recouper, les déraciner et leur laisser reprendre des forces 
pendant une saison. 

Le sol le plus propre à cultiver les roses en pots , est une terre 
franche, plutôt forte que faible et mêlée à environ un tiers de vieux 
fumier de vache, ainsi qu'à une petite quantité de sable. Aux espèces 
délicates, on donnera un compost formé d'une demi partie de terre 
forte , d'un quart de terreau de feuilles et d'un quart de fumier, le 
tout mélangé à beaucoup de sable. 

La liste suivante est composée de quelques variétés, toutes de première 
classe et convenables soit pour les expositions, soit pour la floraison 
précoce : 

L Thés odoriférants. Comte de Paris; Devoniensis; Elise sauvage; 
Gloire de Dijon; Madame de St. Joseph; Souvenir d'un ami; Vicomtesse 
Decazes ; Niphetos. 

II. Noisettes. Aimée Vibert; Ophirie. 

III. Hybrides perpétuelles. Auberon ; Augustine Mouchelet; Baronne 
Prévost; Caroline de Sausal, Docteur Marx; Duchesse de Sutherland; 
Général Jacqueminot; Général Castellane; Jacques Lafite; Jules Mar- 
gottin; La Reine; Madame Lalfay; Louis Bonaparte; Souvenir de 
Leveson Gower; William Jesse; William Griffilhs. 

IV. Chines. Madame Bréon; Mielîez; M'" Bosauquet. 

V. Bourbons. Angelina Bucelle; Comice de Seine et Marne ; Dupetit 
Thouars; Leveson Gower; Madame Angelina ; Paul Joseph; Souvenir de 
Malmaison. 

VI. Hybrides Bourbons. Blairi N" 2; Cliarlcs Duval ; Chénédolé; 
Comtesse Lacépède; Coupe d'Hébé; Paul Perras; Paul Ricaut. 



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NOTICE SUR LE SEAFORTHIA ELEGANS, R. Br., 

A l'occasion de sa floraison au jardin botanique de VUîiiversité de 
Liège pendant l'automne de d857, 

Par m. Edouard Morren. 



FAMILLE DES PALMIERS. — MONOECIE POLYANDRIE. 

Seafortiiia. Flores polygamo-monœci in spadice ramoso , sessiles, bracteolati; 
niasculi superiores vel inferne bini femineos singulos stipantes. Spatha duplex (plures 
incompletae Endl.); interior compléta (in nonnulis simplex? Klh.). Masc. : Calyx 
exterior 3-sepalus, sepaiis ovatis, imbricatisj interior trifidus; laciniis oblongis, in 
alabastro valvatis. Staraina plurima, e fundo calycis interioris; filamenta filiformia, 
libéra; antherae lineares, subsagittalœ. Ovarii riidimentum. — Fem. : Calyx maris; 
sepaiis imbricato convolutis. Slaminum rudimenta niilla. Ovarium uniloculare, 
uniovulatum; ovulo erecto. Stylus brevissimus (nullus Brown), terminalis. Stigma 
trilobum vel capitatiim, glanduloso-spongiosum (stigmata 5, obtusa, Brown). Bacca 
1-sperma, grumoso-fîbrosa. Albumen ruminatum, rarissime subaequabile. Embryo 
basilaris. 

Palmœ élégantes j inermes. Caudex annulatiis. Frondes magnœ, pinnatœ ; pinnis 
redupUcatiSj erosis. Spadices infra frondes^ latérales^ simpliciler vel duplicata ramosif 
rarius sùnplices. Flores plerumqiie virides. Baccœ ovales. Semen plerumque striatum 
vel sulcatum. 

Seafortiiia Brown., Mart. Endl. — Ptychosperma^ Labill. 

Afiinitate proxima Caryotœ, sed abunde dilFert structura ovarii si tuque embryo- 
nis (Brown). Tam ovarii quam fructus structura ab Areca differt, quoad habitum et 
fructus vires cum illa convenit (Mart.). Kth., in Eniim. plant. ^ III, 189. 

S. ELEGANS, Brown : Caudice procero ; pinnis angusto-lanceolatis , apice oblique 
Iruncatis, breviter bifidis, lacinia antica longiore, et eroso dentatis, subtus in nervo 
medio squamulis magnis paleolatis; florum masculorum petalis oblongis, obtusis ; 
staininibus 2-4 ; baccis ovalibus ; nucleo leviter S-sulcato. 3IarL 

In novœ Hollandise littore orientali tropico. — Caudex 30-pedalis. Spadices infra 
frondes: 1 1/2-2 pédales ramosi. Bacca junior viridis, adulta testaceo-subfuscencens. 
Mart. 

Brown, Prodr. FI. Nov. ffoll., p. 267. — Mart., Palm., p. 181, t. 10a, 106 et 109. — 
Kunth^ Enum. plant. j v. 3, p. 189. — Spreng., Syst. Veg., v. 2. p. 623. 

Le genre Seafortia a été fondé par Robert Brown en l'honneur de 
Lord Fr. de Seaforth , amateur éclairé de botanique. L'espèce principale 
est le S, elegans , dont un superbe individu vient de fleurir dans les 
serres du jardin botanique de l'université de Liège. Ce beau palmier est 
assez répandu en Belgique, mais souvent fautivement confondu avec 
VArera oleracea j les deux genres diffèrent cependant par des caractères 
importants. Sir William Hooker a signalé , dans le Botanical Magazine 
(tab. 4961), la floraison d'un Seafortia elegans dans les serres royales de 




Pl. 13. Seafoj'lliia clcgan?, Rob. Bro^vn. 



— 46 — 



Kcw, pendant l'automne de 1856. L'exemplaire de Liège s'clève à une 
hauteur totale de 8 à 9 mètres; le tronc mesure environ 4 mètres, il est 
surmonté de 8 à 9 frondes extrêmement élégantes et gracieuses et qui 
forment une frondescence de 6 mètres de diamètre. Le stipe est élancé, 
lisse, renflé à la base et crevassé : son diamètre est au niveau du sol de 
26 centimètres, à un mètre et demi de 14 centimètres. Il croit depuis 
une dizaine d'années en pleine terre avec beaucoup de vigueur et n'est 
âgé que de 20 à 25 ans. 

Marlius et Kunt énumèrent environ 15 espèces du Seaforthia natives 
du Bengale, de l'Archipel malais et des côtes tropicales de la Nouvelle 
Hollande. M. Wendland, dans son index des Palmiers cultivés en Europe, 
cite huit espèces déterminées de ce genre. Le S. Dicksonii, Mart., croît 
dans les forêts du Malabar et de Ceylan : sa tige est droite, grêle et haute 
de 15 à 18 pieds, les frondes ont 4 pieds; le 5. orizaeformisj Mart., est 
originaire des iles Moluques et de Java; le S. sylvestris , Bluji., se ren- 
contre dans les forêts de la Cochinchine et de Java; on cultive en outre 
les S, coronata, costata, Kiihlii et latisecta déterminées par Martius et 
originaires des Indes neérlandaises. Ces plantes passent souvent pour des 
Areca. 

Le Seaforthia elegans semble être la plus belle espèce du genre : 
Palma adspectus, gratissima dit aussi Martius; le nom que lui a donné 
Robert Brown peut en effet s'appliquer à son stipe, à ses frondes et aux 
inflorescences. Ces dernières naissent sur la tige sous les frondes, elles 
forment de grands racèmes dont les rameaux et les fleurs d'abord d'un 
rose foncé deviennent ensuite d'une belle teinte lilas; cette couleur pro- 
duit un charmant contraste avec le brun foncé du stipe et le vert des 
frondes. Ils se forment plusieurs années d'avance sous les fortes gaines 
des feuilles, mais ne parviennent à les écarter que lorsque leur verdure 
est passée. Si l'on coupe par une incision verticale une gaine sous laquelle 
se trouve un racème, comme on peut le reconnaître par une lorte pro- 
tubérance près de la base, on trouve l'inflorescence déjà parfaitement 
colorée en rose pourpre. 

Le tronc s'élève, dit-on, à trente pieds environ dans sa patrie; il est 
droit, lisse, arrondi et marqué seulement d'anneaux grisâtres, qui sont 
les cicatrices des feuilles tombées. L'exemplaire du jardin botanique de 
Liège en présente 25 bien distincts. Ses frondes ont 8 à 10 pieds de 
longueur et sont reliées à la tige par de larges gaines : leurs nombreuses 
pinnules sont étroites lancéolées, étalées, longues d'un pied à un pied 
et demi : quelques unes sont inégalement bifides, l'un des segments étant 
beaucoup plus prolongé que l'autre. A l'ombre de ces frondes majestueuses 
s'étalent deux spadices, sortis chacun d'une double spathe; ils forment 
une panicule ramifiée et pendante, lilas, et dans laquelle on trouve des 
fleurs mâles et des fleurs femelles ; toutes deux sont sessiles : les pre- 
mières mieux développées que les périanthes ovariens , mais elles 



— 47 — 



tombent malheureusement sans former de fruits. Nous en avons repro- 
duits les détails dans les figures analytiques ci-dessous : 




Fig. 1. Bouton de Heur niàle. Fig. 2. Fleur mùlc coupée transversalement. 




Fig. 5. Élamineet rudiment Fig. 4. Fleur femelle. Fig. b. Pistil, 

de pistil d une fleur mâle. 




Fig. 6. Fruit, Fis. 7. Coupe transversale du Fig. 8. Coupe longitudinale du 

grandeur naturelle. " Iruit (amplifié). fruit (amplifié). 

Pl. 14. Détails analytiques des Heurs du Scalorlliia élégant. 



HORTICULTURE DU SALON, 



PLANTES LES PLUS PROPRES A ÊTRE CULTIVÉES EN VASES 
SUSPENDUS DANS LES ORANGERIES ET LES SERRES. 

L'un des plus beaux ornements des orangeries et des serres consiste 
dans les paniers et corbeilles suspendus et contenant des plantes à lon- 
gues tiges grêles, qui pendent gracieusement tout autour et au-dessous 
de ces vases. Il est même un assez grand nombre de plantes qui ne se 
montrent avec toute leur beauté que lorsqu'elles sont ainsi disposées, et 
que par conséquent il est bon de ne pas tenir dans de simples pots 
placés comme tous les autres. La liste suivante donnée par le Floricul- 
tural cabinet^ en indiquant les espèces que l'expérience a fait recon- 
naître comme les plus avantageuses pour ce genre d'ornementation des 
différentes sortes de conservatoires, pourra rendre service aux amateurs 
et les mettre à l'abri du danger de faire des choix dont ils auraient à se 
repentir ensuite. 

VAotus gracillinms est une charmante Légumineuse dont les longues 
branches pendent de tous les côtés et se couvrent, à la floraison, de très 
jolies fleurs jaunes et orangées. On le multiplie et on le cultive comme 
les Rruyères. Il se plait dans un mélange de terre franche sableuse et de 
terre de bruyère. Le Calampelis scaher (autrefois Eccremocarpiis) vient 
bien et donne pendant longtemps quantité de fleurs d'un bel orangé- 
rouge. Le Campanula fragilis convient pour les petits vases. Ses fleurs 
sont d'un bleu-clair; ses branches sont longues et grêles. Il vient très- 
bien dans un mélange de terreau de feuilles, de terre de bruyère et de 
terre franche; on le multiplie sans diflîculté par division. Plusieurs 
espèces de Cereus se prêtent parfaitement à ce genre de culture; elles 
produisent en tout temps un joli effet et deviennent même très-belles 
en fleurissant. La seule précaution qu'il faille prendre pour elles, consiste 
à les laisser presque totalement à sec pendant l'hiver. Le Cobœa figure 
parfaitement lorsqu'il est suspendu. Il lui faut une bonne terre et un 
vase assez grand. Il convient surtout dans les serres où on peut le laisser 
pendre d'une grande hauteur. Il faut avoir le soin de le pincer souvent 
aux extrémités pour le forcer à donner beaucoup de rameaux latéraux. 
Le Dillwynia sessiliflora est une Légumineuse de la Nouvelle-Hollande 
qui a un très-grand nombre de branches pendantes et de petites fleurs 
orangées. Il convient pour les petits paniers. Il est très-joli lorsqu'il est 
en fleurs. Il vient très-bien en terre de bruyère mêlée d'un peu de terre 
franche et de sable blanc. Le Disandra prostrata, délicate Scrofularinée, 
naturellement pendante, porte beaucoup de petites fleurs jaunes, en 
étoile. On le multiplie facilement par division des pieds. Il lui faut une 



— 49 - 



terre assez riche. Les Epiphyllimi comme les Cereus produisent souvent 
beaucoup d'effet en corbeilles suspendues. Leur culture n'offre rien de 
particulier; il faut seulement leur supprimer l'eau en hiver, leur en 
donner beaucoup en été, et les tenir dans une terre assez riche à laquelle 
on mélange des tessons et des morceaux de décombres pour obtenir 
un bon égoutement. Les plus beaux sont E. Ackermannif à fleurs écar- 
lates; E. Aiwantiacum, à fleurs d'un orangé rouge; E. Bridgem, très- 
belle plante à fleurs écarlates, nuancées de beau pourpre; E. Splendeiis, 
a fleurs d'un écarlate clair, plante très-florifère; E. Russellianum, à fleur 
pourpre clair; E. triincatum, à fleurs rouges; E. iruncatam violaceum, 
très-belle variété à fleurs assez grandes, d'un beau violet-pourpre. Parmi 
les Fuchsias il en est plusieurs plus ou moins pendants, qu'on peut 
suspendre et qui produisent ainsi un effet magnifique, comme on peut 
le voir au Palais de Cristal et ailleurs. VHardenbergia monophijlla bien 
conduit produit de l'effet et donne en abondance ses jolis épis de fleurs 
bleues. Il aime un compost de terre de bruyère, de terre franche et de 
sable. Plusieurs Héliotropes conviennent très-bien pour les petites cor- 
beilles. VHibbertia grossulariœfolia est une des meilleures plantes à 
suspendre, avec ses feuilles colorées en dessous et ses fleurs d'un beau 
jaune qui se succèdent pendant longtemps. Il vient bien dans de la terre 
franche mêlée de terre de bruyère. On le multiplie aisément de boutures 
faites sous cloche dans du sable. Divers Kennedya sont de charmantes 
plantes à suspendre; ils ont de jolies fleurs colorées de diverses nuances 
de rouge et d'orangé. La terre de bruyère sableuse leur convient parfaite- 
ment; on les multiplie de graine et de boutures. Les Lantana miniata, 
crocea, SeMowii et plusieurs autres sont très-jolis surtout mêlés à des 
Lobélies et des Héliotropes. Le Lohelia Erinus et les autres espèces cou- 
chées sont jolis, soit seuls, soit en mélange avec d'autres plantes. Le 
Lophospermum scandens est encore une très-jolie plante, dont on s'est 
beaucoup servi pour garnir des corbeilles au Palais de Cristal. On le 
multiplie de graines semées sur couche en mars, ou par boutures faites 
au milieu de l'été, en terre sableuse et dans un coffre à l'ombre. Les 
vieux pieds se dénudant dans le bas, il est bon de les renouveler dès 
qu'ils commencent à décliner. Le Lotus jacobœus convient pour les 
petits vases et en mélange; par ses fleurs d'un brun velouté il fait de 
jolis contrastes avec les autres plantes. Il a besoin d'une terre un peu 
riche et meuble; on le multiplie aisément de graines et de boutures. 
Notre Lysimachia nummularia ne doit pas être dédaigné. On l'élève en 
pots en plein air, pour le planter dans les corbeilles lorsqu'il est fleuri. 
Il est alors très joli avec ses nombreuses tiges pendantes et ses fleurs 
jaunes étoilées. Plusieurs Lycopodes sont excellents pour couvrir la terre 
au-dessous des Fuchsias et des autres plantes à tige un peu nue; ils la 
maintiennent aussi plus fraîche. Certaines espèces pendent longuement 
et produisent un charmant effet par leur légèreté. Plusieurs Maurandia 

BELG. nORT. TOME VIll. 4 



conviennent à peu près autant que le Lophospermc et doivent être traités 
comme lui. Beaucoup de Mesemhrijanthemum produisent de l'effet en 
vases suspendus. Ils doivent être traités comme les Cactées.- Les plus 
beaux sont : M. aiirantiacum, à fleurs orangées; M. blatidum, à fleurs 
blanches; M. coccineunij à fleurs écarlates, ainsi que les M. micans et 
speciosîim; M.violacewn, à fleurs violettes, etc. he Mimulus moschatus 
vient bien en vases suspendus; il forme une charmante plante. Le Nemo- 
phila insignis et les autres espèces conviennent aussi très bien pour le 
même objet. Le JVierembergia calycina fleurit abondamment et de bonne 
heure; il lui faut une terre riche, beaucoup d'eau en été, et peu en 
hiver. Les Pétunia produisent un joli effet pourvu qu'on ne les laisse 
pas devenir trop longs. Le Rosier Vicomtesse de Cazes est une plante 
excellente pour cet usage spécial, pourvu qu'on ait le soin de lui donner 
d'avance dans les pots la forme convenable. Le Saxifraga sarmentosa , 
malgré sa fréquence dans les jardins, ne doit pas être dédaigné; ses 
fleurs et son feuillage produisent beaucoup d'effet. On le multiplie 
facilement au moyen des petits pieds qui se développent aux nœuds des 
tiges. Le Sollya helerophylla devient un charmant objet pour peu qu'on 
le conduise bien; ses fleurs bleues sont fort élégantes. Il se plait dans 
un compost formé de terre de bruyère ou de terre tourbeuse et de terre 
franche. On le multiplie de graines; les boutures ont de la peine à 
reprendre sans chaleur de fond. Le Torenia asiatica est une belle 
plante pour vases suspendus, plus à cause de ses fleurs que de son port 
qui est un peu lâche. Il faut le mettre en serre après qu'il a fleuri en 
orangerie. Parmi les Tropœolum plusieurs sont de charmantes plantes 
pour cet usage, surtout le Lobianum et ses variétés. Enfin les Verveines, 
telles que le V. venosa et autres, figurent aussi fort avantageusement. 

Dans les grands conservatoires où les plantes ont beaucoup d'espace 
et de jour, certaines grandes espèces traînantes, comme les Passiflores, 
les Clématites, le Pkimbago capensis, etc., placées dans de grandes 
corbeilles produisent un effet vraiment remarquable. 

Un point essentiel, lorsqu'on veut orner des serres en y suspendant 
des vases est de mélanger les plantes avec goût relativement à leur 
variété de port et de couleur. Ainsi on arrive à rehausser l'effet 
général en faisant alterner de petits paniers suspendus occupés par des 
plantes d'un port un peu compacte et à petites fleurs avec des corbeilles 
plus grandes, occupées par des espèces mêlées et à tiges plus allongées. 
L'auteur anglais dit qu'on trouve de magnifiques exemples de ce qu'on 
peut obtenir dans ce genre au Palais de cristal de Sydenham. 

{Floric. cabinet, trad. de la soc. cent, de Paris.) 



— M 



QUELQUES MOTS SUR L'HORTICULTURE D'APPARTEMENTS, 
Par m. Robert Scott. 

Un très grand nombre de personnes qui ne possèdent ni serre ni 
orangerie essaient de cultiver chez elles des plantes qui égaient et 
ornent en même temps leurs appartements. Malheureusement la plupart 
d'entre elles dépensent dans ce but beaucoup d'argent pour n'arriver qu'à 
des résultats fort tristes et nullement encourageants. Il peut dès lors y 
avoir un intérêt réel à mettre sous les yeux de ces amateurs en général 
les conseils et les préceptes que leur donne M. Robert Scott dans un 
article dont nous allons extraire les points les plus essentiels. 

Lorsqu'on voit les plantes qu'on a achetées en parfait état devenir 
en peu de temps mal portantes et souvent même ne pas tarder à périr, 
on est tout naturellement porté à accuser de tromperie l'horticulteur 
qui les a vendues. Or presque toujours cette accusation est injuste et 
sans fondement. En général les plantes qu'on porte sur les marchés ont 
été jusque-là convenablement arrosées, plantées dans une terre dont 
la nature leur convenait, tenues dans des pots dont la grandeur était en 
rapport avec leurs besoins. La chaleur, la lumière et l'air leur ont été 
donnés dans la mesure convenable. Au contraire, dès qu'elles ont été 
vendues, tout change pour elles. Les uns les inondent, tandis que d'autres 
les condamnent à la sécheresse; souvent l'air et le jour leur manquent à 
la fois, tandis que, dans un assez grand nombre de cas, elles sont 
exposées sans abri à toutes les ardeurs du soleil. 11 faut ajouter que celles 
qui ont été élevées en serre, ont vécu dans une atmosphère constamment 
liumide, et que dans les appartements chauffés où elles sont ensuite 
transportées, elles trouvent subitement des conditions diamétralement 
opposées. Aussi l'auteur dit-il qu'elles se trouvent alors comme un 
poisson retiré de l'eau. Voici quelques règles générales qu'il donne pour 
diriger dans la culture d'appartements : 

l*» On ne doit arroser que lorsque les plantes ont besoin d'eau, ce 
qu'on reconnaît aisément en touchant la terre. Tant qu'elle est humide, 
il faut se garder de la mouiller encore. Il ne faut guère que trois 
arrosements par semaine pendant l'automne et l'hiver, et qu'un par 
jour au printemps et en été. Lorsqu'on arrose, il faut le faire abondam- 
ment et laisser bien égoutter l'eau, de telle sorte que les pots ne reposent 
pas ensuite sur une place mouillée. On doit employer de l'eau de pluie 
ou de rivière, et si l'on n'a que de l'eau de puits ou de source, il faut la 
laisser à l'air pendant un jour ou deux avant de s'en servir. 

2** On doit donner beaucoup d'air chaque fois qu'on le peut, lorsque 
le temps est doux, soit en ouvrant les fenêtres, soit en mettant les 
plantes dehors. S'il fait chaud et que les plantes se trouvent là au soleil, 



— 52 — 



on doit ombrer, car le soleil donnant sur les pots nuirait beaucoup aux 
racines et par conséquent aux plantes. 

3° Il faut maintenir la température des chambres où se trouvent les 
plantes , aussi uniforme qu'il soit possible , et mettre les plantes 
elles-mêmes près des fenêtres, excepté pendant les grands froids, car 
alors il vaut beaucoup mieux les en éloigner pendant la nuit. 

4*' Il est indispensable d'examiner de temps en temps si les racines 
remplissent les pots. Lorsqu'il en est ainsi, et que les plantes en valent 
la peine, on leur donne de plus grands pots et de bonne terre; si on ne 
les rempote pas, il faut faire attention aux arrosements , car, dès cet 
instant, elles ont besoin de plus d'eau qu^auparavant. En été, il est bon 
de les mouiller souvent sur le feuillage, mais seulement lorsqu'elles ont 
en même temps besoin d'être arrosées. 

{Floric. Cabinet j trad. du Journ. de la soc. cent, de Paris.) 



NOTE SUR LES PETUNIAS PHYLLAN THOIDES , 
De m. le baron J. de Fraipont. 

M. 0. Du Vivier disait dans la notice sur les Pétunias, insérée page 2 
de la précédente livraison, que pendant quelque temps les amateurs 
avaient dirigé leurs efforts vers la virescence de ces fleurs , c'est-à-dire 
qu'ils cherchèrent à obtenir des Pétunias à fleurs vertes. On en avait 
gagné avec des liserets verts, et bientôt après des variétés à corolle 
entièrement foliacée. Nous venons de recevoir de M. le baron J. de 
Fraipont, à St. Trond, un des amateurs les plus passionnés de cette 
culture spéciale, quelques fleurs de Pétunias qui nous semblent réaliser 
le nec plus ultra dans cette direction. La fleur entière est formée de 
feuilles; la corolle n'existe plus , mais elle est remplacée par quelques 
très-petites feuilles. Le calice, au contraire, a pris un développement 
extraordinaire; il est formé de cinq grandes feuilles ovales, pubescentes, 
disposées en verticille. Mais dans une autre fleur, on trouve entre cinq 
grandes feuilles étoilées représentant le calice, une corolle blanc violacé 
atrophiée, des étamines et un pistil. Ces fleurs, de peu d'apparence pour 
un simple horticulteur, sont, au contraire, du plus haut intérêt pour le 
botaniste : elles sont une nouvelle confirmation de la théorie de Goethe 
sur les métamorphoses, et permettent d'éclaircir l'importante question de 
la nature des étamines ; c'est à ce point de vue surtout que nous félicitons 
M. le baron J. de Fraipont et que nous le remercions de son envoi. On 
pourrait à juste titre faire plus de bruit de ces variétés que des célèbres 
Dahlias verts et Roses vertes; mais leur étude doit plutôt occuper une 
académie savante que le monde horticole. Nous déposerons les Pétunias 
de M. le baron J. de Fraipont, au nom de leur propriétaire, au musée de 
botanique de l'Université de Liège. E. M. 



— 53 — 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 



NOTICE SUR LES CHANGEMENTS DE COULEUR DES FEUILLES 

PENDANT l'automne, l'hIVER ET LE PRINTEMPS, 
OU 

COLORATION AUTOMNALE, HIBERNALE ET PRINTANNIÈRE DES FEUILLES, 

Par m. Edouard Morren. 

Les diverses couleurs que la végétation revêt pendant les périodes suc- 
cessives de l'année, nous font éprouver les sensations les plus variées; 
nous les ressentons souvent sans nous rendre compte de l'impression qui 
les produit. Il n'est personne dont le cseur ne s'épanouisse à l'arrivée du 
printemps, lorsqu'un tapis de verdure succède au manteau de neige dont 
la terre était couverte. On reste froid, on est même triste devant un sol 
aride et dénudé. Quand la nature mot en usage ses plus imposantes 
séductions, quand par les accidents bizarres et pittoresques d'un terrain 
montagneux, elle entasse rochers sur rochers et élève ses plus grandioses 
merveilles, alors l'homme est subjugué, il admire, mais il ne saurait 
aimer, car cette pierre est nue et tout ce qui l'entoure est inanimé; 
aucune végétation, aucun feuillage ne vient voiler cette aridité. Si nous 
passons de là dans une forêt où la majesté des formes s'allie à l'effet de 
la verdure, à ces sentiments s'ajoute une muette admiration. La vue de 
cette sombre voûte de feuilles, le silence solennel qui nous entoure, 
nous commandent le respect et nous imposent un silence involontaire : 
le bruit de nos pas trouble ce temple de la nature. En est-il de même 
lorsque la mort commence à planer sur ces lieux, lorsqu'à cette riante 
verdure, succède une couleur plus triste et qu'un linceuil jaune couvre la 
végétation et s'affaisse jusque sur le sol? Alors c'est une vague inquiétude, 
une douce tristesse qui portent l'âme à la rêverie et à la méditation. 

Le vert, apanage exclusif du règne végétal, l'accompagne partout; il 
n'est arrêté que par l'aridité du désert et les barrières de glace, mais il 
envahit jusqu'au bas-fonds de l'Océan. Soit que notre vue s'y soit habitué 
dès notre enfance, soit qu'en vertu de sa nature, de son essence même, 
la couleur verte jouisse de propriétés particulières, toujours est-il que 
c'est elle qui charme et repose le mieux la vue; il est digne de remarque 
que le vert qui est la couleur générale de la végétation est aussi celle 
qui occupe le centre de l'échelle chromatique , c'est l'état d'équilibre 



— 34 — 



de la lumière décomposée et elle est formée par les rayons de refran- 
e:ibilité moyenne. 

Le t'hangement de coloration des feuilles à l'automne,- que l'on 
attribuait jadis à une privation de nourriture , est toujours un indice 
certain de leur chute prochaine. Dès que les nuits plus longues et 
humides, la lumière diffuse et la température plus froide des journées 
de l'arrière-saison succèdent à l'été, les fonctions des feuilles sont 
influencées; elles ne décomposent plus l'acide carbonique, elles ne fixent 
ni n'élaborent plus; en même temps un changement s'opère dans leur 
coloration. Il suffit dans nos contrées d'un très-petit laps de temps pour 
que les arbres se soient dépouillés de leur verdure. Mais ce phénomène 
doit être en quelque sorte préparé : ce n'est pas une action locale des 
agents extérieurs sur les feuilles ; la plante toute entière entre dans une 
période de repos. Ainsi, tandis que les feuilles tombent de la plupart des 
arbres, elles restent bien vertes jusqu'aux premières gelées sur les 
plantes vivaces et herbacées. 

La chute des feuilles est un phénomène à très peu près général à 
toutes les Flores des contrées où de grands froids alternent avec l'été. 
Sous des latitudes plus méridionales, les plantes ne se dépouillent jamais 
de tout leur feuillage; les plus anciennes feuilles font place aux nouvelles 
lorsque celles-ci ont accompli leur destinée ; elles changent en même 
temps de couleur. 

La chute des feuilles ne dépend pas du changement de coloration, mais 
elle est déterminée par la désarticulation du pétiole. Ces organes per- 
sistent quelquefois jusqu'à ce que les vents les arrachent ou que le temps 
les détruit. Ainsi, il est des plantes qui se dépouillent de leurs feuilles 
encore vertes, comme le Tilleul, l'Alnus glutinosa. Plus souvent les 
feuilles, peu avant de mourir, passent du vert en jaune. Le Betula alba, 
le Populus fastîgiata et canadensis, le Pyrus communiSj le Malus 
communis, le Fraxinus excelsior, VUlmus campestrisj etc., présentent 
souvent des teintes jaunes d'une grande vivacité. 

Quelquefois cette couleur jaune passe ensuite au rouge comme chez le 
Sumac (Rhus coriacea). 

Mais beaucoup plus ordinairement les feuilles rougissent immédiatement 
sans jamais passer par le jaune, comme dans le Vibimium ojmlus, 
Carpinus betula, Rosa canina, Sorbus aucuparia, Cerasus viilgari&, 
Ribes grossularia, Berberis vulgaris, la plupart des Quercus, beaucoup 
àeRumex, Polygonum, etc. 

Les feuilles de Chèvrefeuille prennent une teinte vert-bleu avant de 
tomber ; celles du Noyer noircissent. 

Toutes ces couleurs aboutissent en général sous l'action comburante 
de Toxygène, à la teinte triste des feuilles mortes, couleur déterminée 
dans ces organes par l'action des forces physiques sans réaction vitale. 
En effet, la couleur brune de la feuille morte n'a rien de commun avec 



les colorations organiques jaune ou rouge. Sous l'influence de l'oxygène, 
tous les contenus des cellules, leurs membranes et les vaisseaux, se 
décomposent plus ou moins et deviennent bruns. Cette couleur n saurait 
être enlevée par les dissolvants, ni même par la potasse caustique. Elle 
est le résultat de cette série de décompositions qui doit aboutir à l'humus. 

On sait que l'apparence verte des feuilles provient de la présence dans 
les cellules d'une certaine matière verte que les botanistes et les chimistes 
ont nommé chlorophylle : elle se laisse extraire des feuilles, et celles-ci 
sont alors incolores ou jaunâtres; ainsi, en les trempant dans l'esprit 
de vin, la chlorophylle se dissout dans le liquide. On a remarqué depuis 
longtemps que la coloration verte des feuilles était constamment liée à la 
décomposition de l'acide carbonique ; la formation de la chlorophylle est 
en effet accompagnée de la mise en liberté d'une grande quajitité d'oxygène 
qui est exhalé par les feuilles sous l'influence solaire. 

Les auteurs ont cru que les changements de couleur des feuilles 
pendant l'automne provenaient d'une certaine modification de la chloro- 
phylle : ils supposaient que l'oxygène , réagissant sur cette substance, 
celle-ci perdait sa couleur verte pour devenir jaune, orange ou rouge, 
suivant le degré d'oxydation. Mais il n'est pas exact qu'il n'existe chez 
les plantes qu'un seul pigment qui changerait de couleur suivant les 
circonstances physiologiques dans lesquelles il se trouverait. On a , au 
contraire, découvert chez les plantes un nombre assez considérable de 
matières colorantes diverses, qu'on n'est pas parvenu à relier les unes 
aux autres par des liens chimiques. Ainsi, quant au point qui nous 
occupe , nous rappellerons la présence dans les feuilles jaunes de 
l'automne d'une matière jaune soluble dans l'alcool , que Berzelins a 
nommée xanthophylle ; d'une autre substance également jaune, soluble 
dans l'eau , et qui , isolée et découverte par MM. Fremy et Cloez , est 
appelée xanthéine. Quand les feuilles sont rouges , on peut en extraire 
un liquide coloré le plus souvent par de l'erythrophylle, pigment rouge 
le plus généralement répandu. 

En un mot , le vert est produit par la chlorophylle , le jaune par la 
xanthophylle et le rouge par l'erythrophylle; les diverses colorations 
des feuilles pendant l'automne dépendent des rapports et de la succession 
de ces divers pigments. Nous ne nous occuperons pas ici de leurs 
caractères chimiques ni anatomiques, mais nous rechercherons surtout 
les conditions physiologiques dans lesquelles ils se forment et Va 
signification générale des diverses colorations des feuilles. 

Les auteurs ont déjà fait observer que la piqûre d'un insecte détermine 
sur une feuille des taches colorées comme la feuille tout entière le 
serait à l'automne. La noix de Galles, par exemple, est d'^un rouge brun 
semblable à celui de la feuille de chcne avant l'hiver. Cette analogie dans 
les effets provient d'une identité dans la cause. Dans l'un et l'autre cas, 
les fonctions normales sont enrayées, la décomposition de l'acide car- 



- 56 — 



bonique et l'exhalaison de l'oxygène ne peuvent avoir lieu par les tissus 

excités par une plaie ou livrés aux agents extérieurs. 

Les feuilles naturellement peintes de jaune ou de rouge pendant toute 
l'année prennent en général une coloration beaucoup plus vive lorsqu'elles 
sont près de périr. La production des matières colorantes proprement 
dite semble favorisée par les conditions dans lesquelles les feuilles se 
trouvent alors. Les feuilles jaune et rouge de VAmaranthus caiidatus 
ne sont jamais plus belles que quand la mort va les surprendre. Dans 
d'autres feuilles colorées, comme les Orchis, le Lachenalia tricolor, etc., 
la matière colorante rouge des macules est résorbée avant la mort de la 
feuille. 

Beaucoup de feuilles qui rougissent à l'automne présenteront déjà 
antérieurement cette coloration partielle. Ainsi, les dentelures des feuil- 
les de vigne, de rose, de bouleau, de rumex, eîc, sont très souvent 
rouges, plus tard cette coloration s'étend à la feuille entière. La produc- 
tion de la matière colorante rouge d'abord limitée, devient générale, 
sitôt que les circonstances sont favorables. 

MM. Robinet et Guibourg ont montré les relations de la coloration 
automnale rouge des feuilles avec celle des fleurs. Très souvent quand 
les fleurs sont rouges, on peut prévoir que les feuilles se rubéfieront à 
l'automne. Ces relations sont surtout remarquables chez les Amaran- 
thacées, les Berberidées, les Ericacées, les Caprifoliacées, les Euphor- 
biacées, les Onagrariées, les Polygonées, les Ampelidées, etc. 

On peut aussi dans beaucoup de cas , prévoir la coloration rouge 
automnale par la présence de cette même matière colorante dans les 
fruits. Ainsi les Berberis vulgaris, Ribes grossularia, Cesarus vulgaris, 
Sorbus aucuparia, Amaranlhiis cauclatiis , Amaranthus tricolor, Cor- 
nus sanguinea, Arhutiis unedo. Fuchsia coccinea, Phytolacca decandra, 
Mespilus azarola, Mespilus corallina , Rhus glabraj Cotiiius typhi- 
num, etc., ont des fruits rouges et leurs feuilles rubéfiées en automne. 
Les feuilles du Vitis vinifera, fructu nigro rougissent, tandis que celles 
du Yitis vinifera, fructu albo restent jaunes ou légèrement oranges. 

L'analogie des feuilles et des fruits est d'ailleurs complète sous le 
rapport de la coloration. Tous les phénomènes de coloration automnale 
sont les mêmes que ceux que présentent les fruits pendant leur matu- 
ration : d'abord verts, puis jaunes ou rouges et enfin brunâtres par le 
blossissement. 

Le changement automnal de coloration ne se manifeste pas subite- 
ment; mais l'intensité de la coloration verte diminue graduellement; les 
espaces parenchymateux compris entre les cellules jaunissent les pre- 
miers, tandis que les tissus qui environnent les nervures conservent le 
plus longtemps une teinte verte; insensiblement les espaces jaunes en- 
vahissent toute la lame. La coloration rouge, au contraire, tantôt débute 
par les nervures, tantôt commence à la pointe de la feuille ou tout le 



— 57 — 



long de la marge en s'avançant vers le centre; alors le vert persiste en 
dernier lieu autour de la nervure médiane. Dans tous les cas la dispa- 
rition du vert commence par la face supérieure. 

La formation du rouge commence souvent longtemps avant que la 
chlorophylle ne disparaisse. Toutes les feuilles jaunissent, tandis que 
quelques unes seulement produisent de l'érythrophylle. 

L'action de l'oxygène est nécessaire à cette production. On a constaté 
son absorption par les feuilles qui rubéfient et le suc de toutes les feuilles 
rouges est acide. Dès que les feuilles perdent le pouvoir de décomposer 
l'acide carbonique, l'absorption d'oxygène s'exerce seule et devient plus 
énergique. Ces deux états physiologiques se révèlent chacun par des colo- 
rations particulières des organes. La fonction réductrice et d'élaboration 
est la cause de la couleur verte, mais sitôt qu'elle cesse, cette couleur n'a 
plus de raison d'être et il s'en développe de nouvelles. De même que la 
feuille réduit l'acide carbonique avant d'être verte, dès qu'elle cesse 
d'exercer cette action et que l'oxygène, n'étant plus expulsé, réagit sur 
les tissus, la feuille commence à se colorer en jaune ou en rouge. Le 
chlorophylle non-seulement ne se forme plus, mais celle qui existait dans 
les cellules disparaît; la fécule qui l'accompagne souvent disparait avec 
elle. Mais les matières grasses restent dans les cellules, elles jaunissent 
plus ou moins par l'action de l'oxygène et de la lumière; souvent il se 
forme de la xanthophylle. Quand le suc cellulaire est acide, il est très 
souvent rouge, mais jamais ce n'est la chlorophylle qui prend cette 
teinte. La graisse que l'on sait exister toujours à côté de la chloro- 
phylle se retrouve très abondante dans les feuilles jaunies, mais elle n'est 
plus accompagnée d'aucune matière azotée. Or, on sait que l'azote entre 
dans la composition de la chlorophylle. Ce fait prouve que la chloro- 
phylle se décompose et disparaît à l'automne et qu'on ne peut admettre 
sa modification ni même sa décoloration. 

Lorsqu'on examine au microscope une feuille qui a perdu sa coloration 
verte, on trouve dans les cellules des globules incolores ou jaunâtres, 
déformés et irréguliers ; le liquide cellulaire est parfois plus ou moins 
de la même couleur. Ces globules sont formés de matière grasse et de 
substance proteineuse. Si la feuille est rubéfiée, le liquide cellulaire est 
rouge, et cette matière colorante extraite présente les mêmes caractères 
que celle de la plupart des fruits et des fleurs rouges, c'est-à-dire de 
l'érythrophylle. L'infusion alcoolique des feuilles rouges à l'automne se 
concentre par la distillation en un liquide rouge qui abandonne sur le 
filtre une résine et une graisse, mais plus de chlorophylle, pas même de 
matière azotée. 

D'ailleurs, tous les caractères morphologiques, anatomiques, chimiques 
et physiologiques de la chlorophylle et de l'érythrophylle, prouvent que 
ces deux substances sont absolument distinctes. Les phénomènes de 
coloration automnale sont le résultat d'une action énergique des agents 



— 58 — 



physiques, notamment de l'oxygène et de la lumière, sur des organes 
dont la vie s'affaiblit et qui perdent le pouvoir de réagir. 

On observe souvent dans les cryptogames des changements de<;oloration 
ou des variations qui ne sont pas sans analogie avec ceux des phanéro- 
games. Ainsi, lorsque le Jungermannia furcata croît sur des tourbes 
ferrugineuses, il prend une couleur violette (/. violacea Ag,)', les 
hépathiques des Alpes se présentent ainsi sous cet aspect. Lorsqu'on 
veut faire végéter des algues d'eau douce dans de l'eau salée, ou au 
contraire transporter des algues marines dans de l'eau douce, on remarque 
souvent des changements notables dans les couleurs. Ainsi, \q Batra- 
chospermum moniliforme et le Rivularia endiviœfoliaj qui sont dans 
l'eau douce d'un vert brun clair, deviennent, si on veut les faire croître 
dans de l'eau de mer, d'un rouge sale. Ce changement peut être attribué 
à l'influence nuisible qu'un milieu anormal exerce sur ces espèces; leurs 
fonctions ne pouvant s'accomplir librement, elles rougissent, comme 
beaucoup de plantes supérieures le font dans des conditions non pas 
identiques, mais analogues. D'un autre côté, on voit des algues marines 
rouges, qui, lorsqu'elles sont mises dans l'eau douce ou seulement plus 
en contact avec l'air, reprendre leur couleur verte. Ainsi, le beau rouge 
du Fucus sanguineus se change en vert sale, et dans le Fucus plumosus 
ce changemeut va jusqu'à la disparition du rouge. Le Fucus aculeatus a 
dans la mer une couleur d'olive, qui à l'air de changer en vert vif. 

En un mot , l'observation prouve que les changements de couleur des 
feuilles à l'automne précèdent leur mort et sont les symptômes de leur 
débilité. La feuille, en effet, organe de nutrition, est un appareil de 
réduction qui agit sur les matières de l'air sous l'impulsion des forces 
physiques; tant que ces fonctions s'exercent, elle conserve sa couleur 
verte. Mais en vertu de sa qualité d'être organisé ou vivant, il doit 
arriver un moment où la vie s'affaiblit et s'altère. Dès lors l'oxygène 
n'est plus expulsé, il réagit sur la feuille, la chlorophylle ne se forme 
plus, elle disparaît, le contenu des cellules se colore en jaune et il en 
résulte notamment de la xanthophylle. Souvent il se forme pendant 
cette absorption d'oxygène, de l'érythrophylle, surtout si les sucs sont 
acides, comme si ces acides, réagissant sur le liquide cellulaire, déter- 
minaient sa coloration en rouge. Le grand rôle physiologique de la 
feuille cesse dès l'apparition de xanthophylle et d'érythrophylle : les 
agents extérieurs ont dès lors une grande influence sur elle, et bientôt 
elle va être tout à fait soumise aux lois physiques et chimiques de la 
matière. La feuille a résisté tant que sa vitalité lui a permis de réduire 
les composés inorganiques, mais elle succombe du moment où cette force 
l'abandonne. 

[La suite à la prochaine livraison.) 



JARDIN FRUITIER. 



NOTE SUR LES A VANT-PÉCHES , 
Par m. Edouard Morren. 

Les Avant-péches forment une race bien distincte, caractérisée par les 
petites dimensions des fruits et la maturité précoce; en outre, les arbres 
sont fertiles, d'une croissance rapide et les fleurs grandes. Ces variétés 
sont généralement négligées, à tort nous semble-t-il, car s'il ne faut pas 
leur donner la préférence sur une foule d'autres d'un goût plus délicat et 
dont les fruits sont plus volumineux, on pourrait cependant les admettre 
dans les collections et leur accorder une petite place quand on dispose 
d^un terrain suffisant. La maturité des Avant-péches dévance celle des 
autres variétés d'un mois environ; cette année, par exemple, nous en 
avons dégusté chez M. Abri, d'Ans et Glain, près de Liège, avant la fin 
de juin, leur saveur est fort agréable, leur eau très abondante et la chair 
se détache bien du noyau; enfin , le nombre de fruits porté par un seul 
arbre est prodigieux : ces mérites compensent donc amplement la petite 
taille; les fruits sont petits, mais il en vient 5 pour i, ce qui donne 
encore du profit. 

Duhamel décrit les Avant-pèches rouge, blanche et jaune et la double 
de Troye ou Petite mignonne qui fait partie de la même catégorie. 

L'Avant-péche blanche croit plus ou moins bien suivant la nature du 
terrain, il est assez fertile, et ses fruits tout-à-fait blancs, sont ordinai- 
rement mûrs au commencement de juillet. Ils ont la grosseur d'une 
noix, sont ronds ou ovales, terminés par un petit mamelon pointu près 
duquel vient se terminer un sillon parti de la queue. La chair est fine et 
succulente. Les terres et les années sèches la rendent un peu pâteuse et 
alors elle n'est bonne qu'en compotes. L'eau est très sucrée et elle a un 
parfum musqué qui la rend très agréable. On croit que c'est ce parfum, 
ajoute Duhamel, qui attire les fourmis qui sont très friands de ce fruit. 

L'Avant-péche rouge ou Avant-péche de Troye que nous avons figurée, 
porte des fruits plus grands que la précédente, l'arbre est plus fertile, la 
qualité est meilleure, mais il lui faut une exposition un peu plus abritée. 
Le sillon latéral est moins profond que sur l'Avant-péche blanche et il 
est fort rare que ce fruit soit terminé par un mamelon. La peau est colo- 
rée en vermillon du coté du soleil, en jaune clair du coté de l'ombre. La 
chair est fine et fondante, la saveur sucrée et musquée. La maturité se 
fait ordinairement à la fin d'août. 

La Petite mignonne, double de Troye ou Pèche de Troye, ressemble 



— 60 — 



à l'Avant-pêche rouge, seulement le fruit est plus gros ; l'arbre pousse 
plus de bois et s'élève davantage; la peau est plus rouge ; la chair plus 
ferme; la saveur plus vineuse; en un mot, elle est de qualité supérieure 
aux Avant-péches proprement dites; sa maturité commence vers la fin 
de celle des Avant-péches rouges, de sorte qu'elle fait la transition aux 
variétés de qualité supérieure. 

Enfin, l'Avant-pêche jaune se rapproche beaucoup de l'Alberge jaune 
ou Pèche jaune : sa maturité a lieu en même temps que celle du précédent. 
Le fruit est assez gros pour la section ; la peau est rouge-brun foncé du 
côté du soleil, jaune doré de l'autre côté : un duvet fauve et épais la 
recouvre. La chair est jaune doré, sauf sous la peau et près du noyau, 
où elle est rosée; elle est fine et fondante, l'eau est douce et sucrée. 

Ces variétés , connues et cultivées , mais rares , se trouvent chez la 
plupart des pépiniéristes. 

NOUVEAU MODE DE TAILLE DES RAMEAUX A FRUIT DU PÉCHER, 
Par m. Du Breuil , 
Professeur d'agriculture et d'arboriculture, 

(Suite et fin.) 

Par suite de ces pincements successifs, on voit presque toujours se 
développer à la base du -bourgeon primitif un ou deux petits bourgeons 
qui s'allongent de O'^^Oi ou 0™,02. Après la chute des feuilles, et lors de 
la taille d'hiver, ces divers bourgeons donnent lieu à l'assemblage des 
rameaux indiqué par la planche If). 

Les divers pincements que nous venons de décrire ont eu pour résul- 
tat d'affaiblir progressivement les bourgeons en concentrant toute l'action 
de la sève vers le bourgeon de prolongement de la branche principale. 
Aussi chacun de ces bourgeons a donné lieu à des rameaux peu vigoureux 
et couverts de boutons à fleurs. Plusieurs d'entre eux, les plus rapprochés 
de la base, sont même transformés en rameaux à fruit-bouquet. 

Lors de la taille de ces rameaux, on coupe (planche IG), de 
façon à conserver seulement les rameaux à fruit-bouquet de la partie 
inférieure. Pendant l'été suivant, les nouveaux bourgeons qui se déve- 
loppent en même temps que les fruits sont soumis aux mêmes pincements 
que pendant l'été précédent, et, lors de la seconde taille d'hiver, on 
coupe encore très-court pour concentrer toute l'action de la sève vers la 
base et pour y faire naître les nouvelles productions fruitières. Le même 
mode d'opérer est ensuite répété chaque année. 

Les bourgeons anticipés qui naissent toujours sur le bourgeon de 
prolongement des branches de la charpente (fig. 17), doivent aussi être 



Pl. 16. — Rameaux à fruit du pêcher soumis au nouveau mode de taiile. 

soumis au pincement; mais, leur structure étant différente, il convient 
de modifier cette opération. Dès que ces bourgeons (fig. 18) montrent 
leur deuxième paire de feuilles, on les pince au-dessous de cette paire 
de feuilles, en ne conservant que les deux feuilles de la base. Par suite 
de ce pincement, le développement de ces bourgeens s'arrête, et ils 
donnent lieu au petit rameau, indiqué par la figure. Parfois, cependant, 
il résulte de ce pincement l'apparition de nouveaux bourgeons anticipés, 
qu'on soumet au pincement à trois feuilles , comme nous l'avons expliqué 
plus haut. 

Les avantages résultant de ce nouveau mode de traitement des rameaux 
à fruit du pécher sont les suivants : 

1° On est dispensé des opérations du palissage d'été des bourgeons et 
du palissage d'hiver des rameaux à fruit, ce qui permet d'employer un 
treillage semblable à celui destiné aux autres espèces d'arbres fruitiers 
et par conséquent beaucoup moins coûteux. 

2" La taille d'hiver et d'été, appliquée à ces productions, se trouve 
très-simplifiée et beaucoup plus à la portée de tous les jardiniers. 

5** Les rameaux à fruit pouvant être conservés en avant des branches 
de la charpente , celles-ci se trouvent défendues de l'ardeur du soleil par 
les feuilles, pendant l'été, ce qui n'avait pas lieu avec l'ancien mode de 
taille qui forçait à ne conserver de rameaux que sur les deux côtés des 
branches. 

4« Les bourgeons et les rameaux à fruit étant maintenus beaucoup 



— 62 — 



plus courts, il n'est plus nécessaire de laisser entre les branches de la 
charpente un intervalle de 0'",50 à 0"%69 pour le palissage des bour- 
geons et des rameaux. Un espace de 0"»,25 à O'^jSO est maintenant suffî- 




Fig. 17. — Bourgeon de prolongement du pêcher portant des bourgeons anticipés. 




Fig. 18. — Jeune bourgeon au moment où il convient de le pincer, et petit rameau anticipé 
résultant du pincement des bourgeons anticipés. 

sant, comme pour toutes les autres espèces d'arbres fruitiers. D'où il 
résulte que, pouvant doubler le nombre des branches mères sur une 
surface donnée de mur, on pourra doubler aussi le nombre des fruits. 

Il est vrai que ce dernier avantage pourra être accompagné d'un incon- 
vénient dans quelques circonstances; lorsque, par exemple, on dispose 
les pêchers en palmettes ou autre grande forme. Dans ce cas , il faudra 
doubler le nombre des branches principales; or, comme, en général, 
on ne peut prendre qu'un seul étage de ces branches chaque année, il 
en résultera que la charpente de l'arbre ne pourra couvrir complètement 



- 63 — 



l'espace qu'on lui faisait précédemment occuper qu'après un laps de 
temps moitié plus considérable, c'est-à-dire après seize ou dix-huit ans. 
La vie moyenne du pécher étant de vingt ans, cette améliorrtion perdrait 
ainsi un de ces avantages les plus importants, l'augmentation du produit. 

Aussi pensons-nous que ce perfectionnement ne conservera toute sa 
valeur qu'appliqué aux pêchers soumis à la forme en cordon oblique 
simple que nous avons préconisée. En effet, il suffira de les planter à 
0'",55 seulement les uns des autres, comme toutes les autres espèces, au 
lieu de 0'",75, intervalle que nous avions d'abord conseillé. Les tiges, 
couchées suivant l'angle de 45", se trouveront alors placées à environ 
0'",30 les unes des autres. 

On a craint que ces pincements sévères, pratiqués ainsi sur presque 
tous les bourgeons du pêcher, pendant l'été, ne contrariassent tellement 
sa végétation que sa durée n'en souffre. Mais l'expérience que l'on a de 
cette même opération , appliquée depuis longtemps aux autres arbres à 
fruits à noyau, abricotiers, pruniers et cerisiers, démontre que ces 
craintes ne sont pas fondées. La sève, éloignée par ces pincements des 
parties latérales des branches, concentre toute son action sur le bour- 
geon terminal de chacune d'elles. 

Ce nouveau procédé pourra être appliqué non-seulement aux pêchers 
qu'on plantera à l'avenir, mais encore à ceux qui sont déjà plantés 
depuis plus ou moins longtemps. Voici comment il conviendra d'opérer 
à l'égard de ces derniers pour ramener leurs rameaux à fruit à cette 
nouvelle disposition. 

Pour les pêchers plantés en cordon oblique, à O'^.TS d'intervalle 
depuis le mois de novembre dernier, les déplacer immédiatement et les 
replanter à 0°',35 de distance; 2" pour ceux qui ont une année de 
plantation, leur laisser faire leur seconde pousse et ne les déplacer qu'en 
novembre prochain ; 5° déplanter et laisser à 0",35 d'intervalle ceux 
qui ont fait leur seconde pousse pendant l'été dernier; 4° pour tous 
ceux qui sont plus âgés, sous quelque forme qu'ils soient, tailleries 
rameaux à fruit au-dessus des boutons à fleurs les plus rapprochés de la 
base des rameaux; puis, pendant l'été prochain, soumettre les bourgeons 
de la base de ces rameaux au pincement décrit plus haut. On supprimera 
à la taille d'hiver de 1858 les rameaux à fruits primitifs, et les nouveaux 
rameaux résultant des pincements courts seront taillés d'après le nou- 
veau mode. Le nouveau procédé ainsi appliqué à ces derniers arbres 
n'offrira qu'une partie de ses avantages, par suite de l'intervalle trop 
grand qui existera alors entre les branches de la charpente. Toutefois 
on évitera les inconvénients du palissage d'été et d'hiver, ainsi que les 
difficultés qu'offrait la taille des rameaux à fruit avec l'ancien mode. 

Les cultivateurs et les amateurs d'arboricullnre se préoccupent depuis 
quelques années déjà de la question que nous venons de traiter. Si nous 
n'en avons pas fait part plus tôt au public horticole, soit dans nos 



— 64 — 



leçons, soit dans ce journal, c'est qu'avant de nous prononcer sur la 
valeur de cette innovation , nous avons voulu juger de ses résultats par 
plusieurs années d'expérience. Nous avons observé, à la fin de l'année 
dernière, dans plusieurs localités, des espaliers soumis à ce procédé 
depuis quelque temps déjà, et les résultats nous ont paru tellement 
satisfaisants, qu'aujourd'hui nous n'hésitons pas à nous prononcer en sa 
faveur. 

Quant à l'origine de cette amélioration, il est assez difficile de l'indi- 
quer d'une manière bien précise. M. Rose Charmeux, de Thomery, a 
soumis presque tous ses pêchers à ce traitement au commencement de 
1855; M. Grin aîné, propriétaire au Bourgneuf, à Chartres, emploie 
cette méthode avec le plus grand succès depuis 1852; M. Jonston, pro- 
priétaire au Vésinet, près de Saint-Germain, depuis 1849; enfin M. Picot- 
Amette, horticulteur à Aincourt, près de Magny (Seine-et-Oise) , décrit 
longuement ce procédé dans le livre qu'il a publié sur la culture des 
arbres fruitiers, et dont la première édition a paru en 1848. Il déclare 
avoir imaginé ce procédé et l'avoir appliqué pour la première fois à ses 
pêchers en 1840 et 1841. C'est donc à M. Picot-Amette que nous devons 
attribuer tout le mérite de cette utile innovation. 

{Journ. d'agr. prat.) 



NOTE SUR LA CULTURE DES FRAMBOISIERS. 

M. Du Breuil a fait connaître une méthode très ingénieuse usitée 
à Harlem pour la culture des framboisiers. On plante ces arbrisseaux 
en lignes espacées d'un mètre, et à 1 mètre 50 de distance entre les 
lignes. En été, on laisse quatre nouveaux bourgeons seulement se déve- 
lopper au collet de chacun d'eux, et on choisit de préférence les plus 
rapprochés du pied. 

Au printemps suivant, les quatre tiges qui en proviennent sont incli- 
nées, et remplacent les anciennes tiges supprimées en hiver. Elles 
fructifient pendant l'été; on conserve encore quatre nouveaux bourgeons 
et l'on continue ainsi tous les ans. Ce procédé présente cet avantage 
que les tiges fructifères sont toujours isolées des nouveaux bourgeons; 
on évite ainsi la confusion des diverses pousses. Les fruits sont de meil- 
leure qualité et plus faciles à cueillir. Enfin ce mode d'opérer est d'une 
extrême simplicité qui le met à la portée des plus modestes amateurs 
d'arboriculture. 



~ G5 — 



HORTICULTURE. 



SUR LA NOUVELLE ROSE ISABELLE GRAY, 

(Représentée PI. 19, fig. I.) 

Ce rosier a produit beaucoup de sensation en Angleterre, à la suite 
de l'exposition de la société d'horticulture de Londres, du 7 avril de 
cette année où il fut présente pour la première fois et généralement 
admiré. « Le principal bijou de cette partie de l'exhibition, dit le rapport 
sur cette exposition publié dans le Gardener's Clironicle (41 avril 1857), 
était un nouveau Rosier Thé grimpant, à fleurs d'un jaune foncé, pro- 
venant de la Caroline du Sud^ présenté par M. Low, horticulteur de 
Clapton, près Londres. Bien que la plante eût un peu souffert du trans- 
port, on pouvait néanmoins juger de son mérite; elle portait une qua- 
rantaine de fleurs grandes et doubles, et d'un coloris presque aussi 
décidé que celui de l'ancienne rose jaune, si difficile à porter. Ce serait 
donc une acquisition précieuse si cette nouvelle variété tient les belles 
promesses qu'elle vient de faire. » 

Voici quelle serait, d'après M. Rivers(l) l'origine de cette nouvelle 
variété. M. Andrew Gray, ancien jardinier en chef de M. Buist à Phi- 
ladelphie, s'établit, il y a environ huit ans, à Charleston (Caroline du 
Sud) et s'attacha à la culture des rosiers; il sema des graines de la 
Rose Noisette chromatelle (C^oï/i, of Gold des Anglais), et choisit dans ce 
semis deux variétés, l'une qu'il dédia à sa fille Isabella Gray, l'autre à 
sa femme Jane Hardy j la première fleurit fort bien en Amérique, sans 
toutefois égaler en beauté la rose chromatelle ; la seconde fleurit mal. 
Il y a environ trois ans que M. Buist envoya la Rose Isabelle Gray en 
Angleterre; la première floraison a eu lieu cette année. Il n'existe 
donc qu'une seule Rose Isabelle Gray, qui probablement deviendra une 
fort bonne variété florifère. 

M. Paul, horticulteur (de la maison A. Paul et fils), qui avait 
annoncé la vente de cette rose, écrivit au même journal : « Per- 



(1) Gard. Chrpn. 1857, numéro du 4- juillet. 
BELG. HORT. TOME VHI. 



5 



— 66 - 



mettez-moi d'ajouter quelque chose à l'histoire de cette intéressante 
rose. C'est moi qui l'ai introduite; je l'ai reçue il y a trois ans de 
R. Buist. Son premier envoi descendit au fond de l'océan, le second, qui 
le suivit de près, eut un meilleur sort. L'an d'après j'en vendis à 
M. Rivers, mais sans recommandation, ne l'ayant point vu fleurir, et 
beaucoup d'autres correspondants , décidés à courir la même chance, la 
reçurent aussi. Ce rosier est vigoureux de croissance. En lisant ce qui a 
été publié, j'en écrivis à M. Buist, dont la réponse est sous mes yeux : 
« Il n'existe qu'une seule Miss Gray, et c'est celle que je vous ai envoyée; 
vous pouvez l'appeler à votre choix : Isabelle Gray, Miss Gray ou Miss 
Isabelle Gray : tout ce trio ne constitue qu'une seule et même rose sous 
trois appellations différentes. » 

Les Anglais ont classé le rosier Isabelle Gray parmi les Thés, mais 
M. Van Houtte conteste cette opinion. « Reste à le classer, dit M. Van 
Houtte, soit parmi les R. Thés, soit parmi les R. Noisettes, soit dans 
une tierce section qu^'on pourrait nommer provisoirement Thés Pseudo- 
Noisettes, dans laquelle entrerait le R. thé Lamarque, aux longs ra- 
meaux, le R. Gloire de Dijon, etc., et enfin le R. Miss Isabelle Gray, 
si sa proche parenté avec sa mère , la R. Noisette Chromatelle, ne 
venait encare là entraver notre proposition. Il tient aux Thés par son 
bois, mais il est multiflore et sarmenteux comme les Noisettes en général 
et comme sa mère en particulier dont le pied-type, qui existe encore à 
Angers chez M. Cocquereau, atteindrait, d'après M. Desbois, une 20^ 
de mètres d'envergure. Peut-on raisonnablement le classer parmi les 
Thés Triomphe du Luxembourg, Hamon, Mansais, Bouger e, Nyphétos, 
Joséphine, Malton, Hyménée, Abricotée, Adam, Canari, Devoniensis, 
Safrano, tous uniflores par excellence? » 

Quant à la culture, nous croyons pouvoir nous borner à rappeler à nos 
lecteurs les deux articles traduits de l'anglais et publiés dans les livrai- 
sons précédentes de cette année. 



NOTE SUR LE GREVILLEA ALPESTRIS, ou GREVILLEA DES 

MONTAGNES, 

Par m. Edouard Morren. 
famille des protéacées. — tetrandrie monogynie, 

(Représente pl. 19, fig. 2-4.) 



Grevillea alpesiris; foliis semipoUicaribus ovalibiis oblongis linearibusvc muticis 
marginc recurvis vel rcvolutis supra convexis cvcniis piiberulis punctato scabriusculis 



— 67 — 



siibtus ramulisque villoso tomentosis, racemis terminalibiis fasciculiformibus recurvis 
paucifloris ferrugineo-tomentosis, calyce pislillum semipoUicem subaequante, limbo 
obtusissimo, ovario sessili albido-villoso, stylo dense riifo-hirsuto, stigmate subro- 
tundo-planiuseulo. Meisn. 

Grevillea alpestris. Meisn. in Hook, Journ. Bot., 1852, p. 187, et Linn^a, 183, 
p. 354, et in De Cand. Prod., v. U, p. 361. Hook, Bot. Mag., 1857, tab. 5007. 

Grevillea Dallachiana, F. Muell. First. Gen. Rep, Melb. Gard., p. 47. 

Grevillea alpina, ^ Lindl. in Milchell Exp. {fide Meisn.) 

MM. Rollisson ont envoyé cette plante d'orangerie, au mois de mai 
dernier, à sir William Hooker, lequel en a publié la gravure dans le 
JBotanical Magazine sous le N° 5007. Elle est originaire de l'Australie 
méridionale, où on la rencontre dans plusieurs districts formant des 
arbustes assez élevés ; cependant les plus petits individus se chargent 
déjà de fleurs dans nos serres : ces fleurs sont d'un rouge orange brique, 
passant au jaune à la partie supérieure. En Australie, le Grevillea 
alpestris fleurit pendant toute l'année. 

Les anciens rameaux sont brun-cendré et glabres, les plus jeunes 
pubescents. Les feuilles sont nombreuses, étalées, souvent réfléchies, 
éparses, longues de 4 à 6 lignes, larges de trois, généralement elliptiques, 
tout en se rapprochant plus ou moins de la forme ovale, parfois oblon- 
gues étroites , recourbées sur les bords, pubescentes des deux côtés, 
d'un vert foncé au-dessus , pâles en-dessous. Les capitules ou corymbes 
de fleurs sont ombellés; les pédicelles courts, épais, cotonneux. Le 
périanthe a presque un pouce de long, y compris la partie recourbée, 
recouvert de duvet ou au moins subhispide, rouge brique, passant gra- 
duellement au jaune dans sa moitié supérieure ; le tube est renflé à la 
base; les lobes sont inégaux. Anthères sessiles et logées dans la cavité 
des lobes. Ovaire et style recouverts d'une couche serrée de poils 
dressés, de même que la glande basilaire. Stigmate très-grand, orbicu- 
laire, pelté, ombiliqué au centre, latéral. Follicule, d'après M. Mueller, 
ellipsoïde , laineux ou velu , long de 6 à 8 lignes , surmonté du style 
persistant. Graines étroites, ellipsoïdes, glabres, de 3 à 4 lignes de 
longueur sur une de large, brun-noirâtre, sans éclat, convexes à la face 
postérieure, cannelées par l'inflexion des bords sur la face opposée. 

11 a de l'affinité avec le Grevillea ca?iescens, Br. 

{Figures analyUquesZ, Fleur. — i pistil (agrandis). 



- 68 — 



REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU INTÉRESSANTES. 

PLEINE TERRE. 

@al¥ia caudelabrnna, Boiss. — Elench., p. 72, N° io6. Voy, en 
Es'pagne, p. 480, t. 156. — Benth., in De Caiid., v. 12, p. 265. — 
Walp., Rep. Bot., v. 5, p. 601. — Bot, Mag., 5017. — Famille des 
Labiées ; Diandrie monogynie. — Sauge en candélabre. , 

Il peut y avoir au Mexique des Salvia à couleurs plus éclatantes, mais 
aucune des 400 espèces décrites parBentham n'est plus belle que celle-ci : 
ses fleurs sont marbrées de bleu pourpre et de blanc. Elle croît dans le 
midi de l'Espagne, dans les régions montueuses parmi les Cistes et aux 
bords des vignobles sur la Sierra de la Nieve au-dessus de Yunguera, à 
une élévation supra-marine de 25O0 à 5000 pieds. Les gens du pays la 
nomment Selima basta. Elle a été découverte, décrite et figurée par Bois- 
sier. a Cette superbe espèce, nous dit ce savant, qui peut être cultivée 
pour sa beauté, forme, dans la section des Eusphace, un petit groupe, 
seulement avec le S. divaricata de Monbret et Aucher, et le S. Aucheri 
de Bentham, toutes deux orientales et auxquelles elle ressemble par son 
port et son inflorescence. » Elle est cependant bien distincte de ces deux 
espèces, son nom spécifique a été suggéré à Boissier par la forme régulière 
de la panicule et ses branches trichotomes. Elle exhale une odeur aroma- 
tique très-puissante. 

Dans le jardin le S. candelabrum sera un sous-arbrisseau rustique, 
fleurissant en juillet. 

lUairea caoarinoides, Lenné et Roch., in litt.; Planch., in FL 
des Serres, v. 9, p. 145. — Bot. Mag., tab. 5022. — Famille des 
Loasées; Icosandrie Polyandrie. — Illairea à fleurs de Canarina. 

Native de l'Amérique centrale, où elle a été découverte parWarszewicz 
qui l'envoya en Europe, cette plante est fort remarquable, quoique le 
coloris des fleurs ne soit pas de la plus grande richesse. Mais elle est de 
pleine terre, annuelle, grimpante, d'une croissance très-rapide et porte 
avec profusion des fleurs longuement pédicellées, rouge orange brique, 
ressemblant à celles des Canarina. On l'a recommandée pour garnir les 
treillis, ses fleurs se succédant sans interruption pendant tout l'été; mais 
au contraire prenez le plus grand soin à vous préserver d'un voisin aussi 
dangereux, n'en approchez qu'avec méfiance; comme presque toutes les 
Loasées, &es tiges, ses feuilles et ses pédoncules sont armés de poils 
urticants, dont les blessures peuvent provoquer de graves accidents. 
M. Hooker raconte qu'un journalier des jardins de Kew a beaucoup 
souffert pendant plusieurs semaines pour s'être imprudemment approché 
de V Illairea canarinoides. S'il est un usage pour lequel il convienne. 



- 69 - 



c'est d'en faire de charmantes clôtures pour les parterres de plantes 
rares dont on veut à tout prix interdire l'accès : Qui s'y frotte s'y 
pique. 

Rnbas natans, Wall. — Wall., Cat, N« 758. Edgew, Pl. of N. W. 
Ind. in Linn. Trans., v. 20, p. 45. — Walp,, Ann. Bot. Syst., v. 1, 
p. 276. — Bot. Mag., tab. 5025. • — Fam. des Rosacées; Icosandrie 
Polygynie. — Shaggystemmed Raspberry ; Ronce pendante. 

M. Hooker a rencontré cette charmante espèce décombante de Rubus, 
planté dans une terre tourbeuse, près d'une pièce d'eau, à la résidence 
de M. Borrer, esq. à Henfield; cet amateur l'avait reçue de M. Lowe, 
de Clapton. Son feuillage épais et persistant couvrait le sol comme 
l'aurait fait un lierre, et ses fleurs, presque les plus grandes du genre, 
étaient d'un blanc pur, relevé par le rouge de sang du calice. Le Rubus 
nutans est originaire de l'Himalaya, de Garwhal etKamaon à l'ouest, au 
Sikkim à l'est, croissant à une hauteur de 8,000-dl,000 pieds. On ne sait 
quand et comment il fut introduit. Il n'a pas d'aiguillons, mais toutes 
les branches et les pétioles sont couverts de soies raides, longues et 
rouges. Les naturels de l'Himalaya appellent la plante Ishal, et Edgewort 
dit de son fruit « fructus sapore optimus. » 

Lnpiiins Ilcnziesii, Ag. — Ag. Syn. Gen. Lup., p. 2. — Hook 
et Arn,, Bot. of Buch. Voy. SuppL, p. 555. — Torreyet Gray, Fl. N. 
Am., V. I, p. 571 [anh. densiflorus, Benth.?). — Bot. Mag., tab. 5019. 
— Famille des Légumineuses; Diadelphie Décandrie. — Lupin de 
M. Menzies. 

Espèce de la Californie, un peu pubescente, à fleurs d'un beau jaune 
d'or, tirant légèrement sur l'orange. 

Codonopsis rotnndifolia, var. grandif loi*a, Benth. — Bot. 
Mag., tab. 5018. — Wahlenbergia (| Megasanthes) rotundifolia, De 
Cand. Prodr., v. 7, p. 425. — Familles des Campanulacées ; Pentandrie 
Monogynie. — Codonopsis à feuilles rondes, variété à grandes fleurs. 

Cette variété a été introduite de graines venues de l'Himalaya, au 
jardin royal de Kew, où elle a fleuri en juillet 1857. Les feuilles sont 
plus grandes et plus généralement alternes; les fleurs plus amples et 
leur couleur différente, surtout à l'intérieur et à la gorge de la corolle : 
ces fleurs rappellent celles de VAtropa Belladona. 

SERRE CHAUDE. 

Eichoroia tricolor, Seub. — Seub. MS. in Herh. Mart. Fl. 
Brasil. Ponted., p. 92, t. XI. — Bot. Mag., tab. 5020. — Pontederia 
tricolor Mart. MS.; ? Pontederia paniculata Spreng. Kunth, Enum., 
Pl. V. 4, p. 127. — Pontédériacées, Hexandrie monogynie. — Eichornic 
tricolore. 

Les Eichornia forment un genre de plantes aquatiques de l'Amérique 
méridionale, surtout du Brésil , séparé par Kunth des Pontederia. L'une 



— 70 - 



des espèces les plus intéressantes est VEichornia speciosa (Pontederia 
azurea. B. M. 2952) dont les fleurs sont grandes et belles et qui flotte 
sur l'eau par suite de la légèreté spécifique de ses pétioles remplis d'air; 
mais elle fleurit fort rarement. VEich. tricolor a été introduit de Bahia 
par M. J. Wetteral Esq. : il fleurit très facilement et pendant tout l'été. 
La plante est cultivée en pot et plongée dans un bassin de serre chaude. 
Les tiges s'élèvent à un pied ou un pied et demi; les feuilles radicales 
sont longuement pétiolées, toutes cordées et acuminées, entières, striées. 
La panicule, ou plutôt l'épi composé, porte 10 à 12 fleurs, à périanthe 
pétaloide, bilabié : la lèvre inférieure, formée dè trois sépales pourpres : 
la supérieure plus petite, de trois folioles bleues, dont une marquée d'une 
macule jaunâtre, bilobée. 

Rhododendraiu album, DC. — Cat. ffort. Buitenz. p. 72. — 




Pl. 20. Rliodotlcndrum album. 



— 71 — 



De Cand., Prod., v. 7, p. 721 (non Ham. et Swcct). — Bot. Mag., 
tab. 4972. — Vireya alba. BL Bydr. Fl. Ned, Ind., p. 855. — Para, 
des Ericacées; Décandrie Monogynie. — Rosage blanc de crème. 

Charmante espèce, native des monts Salak à Java, d'après Blume : ses 
fleurs sont d'un jaune fort pâle plutôt que blanches, mais Blume lui 
aura sans doute donné le nom d'album, en comparaison des autres Rho- 
dodendrons Javanais, dont les fleurs sont rouges ou oranges. La face 
inférieure des feuilles est ferrugineuse. Par la forme des fleurs et quel- 
que peu par leur couleur, cette espèce ressemble au Rhododendrum ci- 
trinum , également de Java : mais ce dernier a les corolles plus tubu- 
leuses et plus jaunes, le calice plus grand, seulement cinq étamines 
(rouges), des feuilles plus larges et dépourvues de lépides. M. Henshall a 
envoyé le R, album de Java à MM. Rolliscn, de Tooting, chez lesquels 
il a fleuri en serre chaude. 

Encharis grandiflora. Pl. et Lind. — Fl. des serres, v. 9, p. 255, 




Pl. 21. Eucharis grandiflora (1/2 gr. nal.) 



— 72 — 



t. 957. — Bot. Mag., tab. 4971. — Eucharis amazonica, Lmo^en, Cat.hort., 
1856, p. 4, et Cata/., 4857, p. 5. — Planch., Fl. des serres, v. XI, p. 69, 
t. 1216-1217.-— Lemaire, IlL hort. 1857, tab. 142. — Eucharis grandi- 
flora, var. amazonica Dctre. Alb. de l'exp. ujiiv. d'hort, de 1855, pl. V. 
— Journ. de la soc. Imp., 1857. p. 575. — Fam. des Amaryllidées, sect. 
des Pancratiées ; Hexandrie monogynie. — Eucharis à grandes fleurs. 

M. Linden a, dès 1856, annoncé et mis dans le commerce, un Eucha- 
ris sous le nom à'E. amazonica ; cette plante a beaucoup été admirée aux 
expositions et par les amateurs; mais les botanistes n'ont pu trouver 
de caractères suffisants pour la distinguer de l'^*. grandiflora, introduit 
antérieurement par le même horticulteur : d'après leur avis unanime, 
l'^*. amazonica n'est qu'une variété un peu plus ornementale de l'^". 
grandiflora, que l'on peut appeler avec M. Duchartre, Eucharis grandi- 
flora var. amazonica. V Eucharis grandiflora a été trouvé dans la pro- 
vince de Choco, sur la côte occidentale de la Nouvelle Grenade et intro- 
duit par M. Triana; la variété amazonica a été recueillie par M. Porte 
dans la province de Para sur le cours supérieur de l'Amazone. Par 
leur port et leurs caractères botaniques, les Eucharis ressemblent aux 
Pancratium) notre espèce a un bulbe assez gros, d'un brun clair, ordi- 
nairement deux feuilles au moment de la floraison, longues de 25 centi- 
mètres, larges, ovales. La hampe les dépasse beaucoup et porte une 
sertule de 4 ou 5 belles fleurs blanches, sauf l'intérieure de la couronne 
qui est vert pâle^ et répandant une odeur de tubéreuse. — Culture géné- 
rale des bulbes de serre chaude. 

Dillenia speciosa, Thunb. — Bot. Mag., 5016. — Dillenia 
elliptica Thunb. in Trans. Linn. Soc, v. 1, p. 200. — De Cand., Prod,, 
V. 1, p. 76. — Dillenia Indicaj Linn., Sp. Pl., p. 745; Syalita, Rheede, 
Hort. Malab., v. 5, p. 59, t. 58 et 50. — Famille des Dilleniacées ; 
Polyandrie Polygynie. — Dillenia splendide. 

Le Dillenia speciosa est certainement l'un des arbres les plus splendides 
des Indes , tant par la beauté de son feuillage que par les dimensions et 
la forme des fleurs, qui ressemblent aux meilleures espèces de Magnolias. 
Il a été introduit dans les serres chaudes d'Angleterre au commencement 
de ce siècle, par l'envoi d'une plante vivante à Lady Amélie Hume par le 
D'' Roxburg. La plante n'est plus précisément rare dans les cultures, 
mais sa floraison n'avait pas été signalée en Europe avant le mois d'août 
de cette année, époque où elle eut lieu chez M. Osborne, de Fulham. Le 
spécimen que cet horticulteur soumit à l'appréciation de M. Hooker, 
n'avait que deux pieds de haut et était cultivé dans un fort petit pot. 
C'était une jeune bouture, nouvellement enracinée, et il est probable 
que les soins donnés pour favoriser le développement du feuillage ont 
provoqué la floraison. Les horticulteurs ont déjà dû être étonnés de ce 
fait, que beaucoup de plantes exotiques fleurissent immédiatement après 
leur introduction, puis, qu'elles ne fleurissent que bien rarement ou plus 



73 - 



jamais. Ne peut-on pas rattribucr à la chaleur à peu près constante et 
concentrée de nos serres chaudes? Cette uniformité ne doit-elle empêcher 
la floraison? 11 y a bien peu de plantes qui dans leur patrie n'ont pas 
au moins quelque temps de repos, occasionné tantôt par le froid, tantôt 
par la chaleur et la sécheresse et toujours favorable à leur santé et à leur 
belle venue. 

MM. Hooker et Thomson décrivent cet arbre comme habitant les bois 
épais de toute l'Inde tropicale, depuis Malabar et Ceylan, jusqu'aux îles 
Ava et Malaises, et souvent cultivé pour l'ornementation. Son fruit, d'un 
aspect fort agréable, de la taille et un peu de l'apparence d'une pomme, 
est mangeable, mais il est fort acide, et, comme nous l'apprend Rheede, 
il réclame du sucre, du pain ou quelqu'autre mélange, pour être comes- 
tible. D'après Roxburg, on en fait d'assez bonnes gelées, et son bois est 
solide et résistant. Le tronc n'est pas fort élevé, mais il se ramifie 
beaucoup; les feuilles sont accumulées, surtout aux extrémités, et entre 
elles s'ouvre une fleur blanche d'un diamètre de six pouces environ. 

Paudanns candelabrum, Beauv. — Beauv., Flor. d'Oware et 
de Bénin, p. 37, t. 21 et 22. — Kunth., Enum. Plant., v. 5, p. 98. — 
Bot, Mag., t. 5014. — Famille des Pandanées; Diœcie Polyandrie. — 
Pandanier en candélabre. 

Toutes les espèces connues de ce genre, c'est-à-dire les 50 espèces 
décrites par Kunth, et les 9 citées par Freycinet, appartiennent exclusi- 
vement aux contrées tropicales de l'Asie et de l'Afrique, où elles croissent 
sur les bords des fleuves, surtout près de leur embouchure; leur singulière 
végétation donne à ces paysages un caractère tout à fait particulier. Les 
feuilles du Pandanus odoratissima servent, aux îles Maurice et Bourbon, 
à fabriquer les sacs pour l'exportation des sucres; après être arrivés en 
Angleterre sous cette forme, on les vend à Londres aux marchands de 
poisson, qui les employent pour envelopper la marchandise qu'ils 
débitent. Le Pandanus candelabrum semble exclusivement confiné aux 
côtes occidentales de l'Afrique, où il est fort abondant; mais il a été 
introduit aux Indes orientales et occidentales. Il atteint une assez grande 
hauteur, en élevant son tronc au-dessus de fortes racines aériennes, qui, 
s'enracinant dans le sol des rivières, font l'office d'ancres luttant avec 
succès contre la rapidité du courant. A la partie supérieure il se ramifie 
en fortes branches, contournées avec grâce et portant une couronne de 
belles feuilles spiralées; cette ramification permet de le comparer à un 
candélabre. Les feuilles sont longues de trois pieds au moins et larges 
de deux pouces. li, M. 



BELG. HORT. TOME VlII. 



6 



— 74 — 



REMARQUES SUR LA CULTURE DE LA GLYCINE (WISTARIA 

SIMENSIS). 

Par m. Edouard Morren. 

On sait que le genre linnéen Glycine a été soumis par De Candolle 
a une sévère révision et que la plupart des espèces ont été dispersées 
dans d'autres genres ou ont servi à en établir de nouveaux. La plus célèbre 
d'entre elles, la Glycine sinensis ou Glycine de la Chine est passée dans 
le genre Wistaria, créé, par Nuttall à la mémoire de Gaspar Wistar, 
professeur d'anatomie en Pensylvanie. La Glycine est ainsi devenue le 
Wistaria sinensis de la famille des Légumineuses et de la classe des 
Diadelphes-Décandres. Originaire de la Chine elle fut transportée en 
Europe en 4825 et a fleuri pour la première fois dans les serres de 
M. Boursault(l). L'apparition de cette belle plante fit sensation, elle ne 
tarda pas à se répandre dans les jardins où l'appelaient sa rusticité, la 
beauté, le nombre, la couleur et le parfum de ses fleurs, enfin son port 
pittoresque et ornemental. L'espèce type a les fleurs d'un bleu pourpré : 
on en a obtenu une variété à fleurs blanches [W. sinensis alha) qui se 
trouve dans la commerce. 

Le genre Wistaria compte deux autres espèces, dignes rivales de la 



(1) Les trois fermiers des jeux qui se succédèrent sous la Restauration et sous la 
monarchie de juillet, sont : MM. Bernard, Boursault et Benazet. 

Boursaull, dont j'ai plusieurs fois visité la curieuse et splendidc habitation, était 
un homme de ce temps-ci. D'une physionomie très-accentuée, violent, emporté, 
toujours prêt à prendre une voix de tonnerre, il avait dû se faire écouter et peut-être 
se faire applaudir dans plus d'un club, pendant la révolution. Il avait joué des rôles 
tragiques, el même composé une tragédie. Dans une conversation intime ou d'affaires, 
et sans le moindre à-propos, il vous déclamait des vers de Voltaire ou les siens. 

Sous le Directoire, sous l'Empire et rnême sous la Restauration, Boursault se 
cramponna à toute affaire qui pouvait donner de gros gains. Selon lui, l'énormité des 
bénéfices relevait et moralisait toute entreprise; il soumissionna les boues de Paris, 
les vidanges de Paris, les jeux de Paris. L'habitation de Boursault était magnifique 
et d'un luxe intelligent. On remarquait dans sa galerie quelques bons tableaux ; mais 
il avait surtout dans ses appartements les serres les plus riches, les fleurs les plus 
rares, dans un temps où l'horticulture était un luxe exceptionnel et bien loin de tous 
les progrès qui se produisent chaque jour. 

Ce fut dans les serres de Boursault que, vers les dernières années de l'Empire, une 
entrevue eut lieu entre le duc de Rovigo et Chateaubriand, par les soins de la baronne 
Haraelin. Cette entrevue n'amena aucun rapprochement. 

Montrond avait toujours un mot cruel contre la fatuité ou l'insolence des enrichis 
et des parvenus; il avait donné à Boursault un sobriquet qui faisait pouffer de rire 
tout Paris. Ce sobriquait rappelait tout à la fois Torigine de la fortune de Boursault 
et ce luxe de fleurs rares, aux senteurs délicieuses, au milieu desquelles il se pavanait. 
Montrond avait appelé Boursault le prince M,..iflore. 

D»" VÉRON, Mémoires d'un bourgeois de Paris. 



Glycine niais encore moins populaires et d'ailleurs moins faciles à se 
laisser naturaliser dans nos jardins, ce sont : 

l Le W. FRUTESCENs, Dc. {W. speciosa; 

Gl. frutescenSjB.M.; Apios frutescens, 
Ph.; Thyrsanthiis frutescenSj EU.) ori- 
ginaire de la Virgine et de la Caroline 
dans l'Amérique du nord et connu de- 
puis 4824; ses fleurs sont fort belles, 
bleues, odorantes. Il est de pleine terre 
et se cultive comme la Glycine, mais il 
aime cependant une exposition chaude, 
directement exposée au soleil. Nous en 
avons signalé l'année dernière (T. VII, 
p. 80) une nouvelle variété, le W. fru- 
tescens var. magnifica. 

Le W. FLORiBUNDA, Dc. [DoUckos po- 
lystachyos Thumb.; Dol.japonicaj Spr.; 
Glycine floribuiida) . Il est originaire du 
Japon. Ses racèmes sont fort beaux, très- 
grands et formés de fleurs pourpres : on 
en connaît aussi une variété blanche. A 
la rigueur il est de pleine terre, mais 
doit être soigneusement protégé en hi- 
ver. 

Ces quelques lignes sur la Glycine 
nous ont été suggérées par l'envoi qu'à 
bien voulu nous faire M. J. Ketelaars 
de Bruxelles du portrait d'un superbe 
exemplaire de cette plante qui se trouve 
J^_-_'^hI^^^&^ son jardin. « Ayant parfaitement 

réussi, nous dil notre honorable corres- 
pondant, dans la culture en arbre d'une 
Glycine qui a extraordinairement bien 
fleuri sur toute sa hauteur de 53 pieds, 
soit environ 9 mètres et demi, j'en ai 
fait prendre le portrait [sic) aussi exac- 
tement que possible. » C'était en effet 
un véritable portrait, peint à l'huile 
et dans des dimensions convenables pour 
bien apprécier la beauté de cette plante; 
mais les exigences de notre format nous 
forcent de diminuer considérablement 
ses proportions et il sera peut-être 
... diflicile à nos lecteurs dc se former 

PI. 22. Glycine dc la Chine, cullivcc en 
pyramide de 9,'"ii0 dc liaulcur. 



— 76 - 



par la petite gravure ci-contre, une idée de cette riche pyramide florale de 
9 mètres et demi de hauteur. Aussi nous empressons-nous de remédier 
à cet inconvénient, en nous efForçant de donner à tous le moyen de se 
procurer la jouissance de belles Glycines au naturel, de bien cultiver 
cette plante et d'en tirer tout le parti possible. Cette tâche nous est 
rendue facile par la publication dans le Floricultural cabinet d'un excel- 
lent article sur la culture de la Glycine et dont nous allons extraire les 
meilleurs conseils. 

L'auteur anglais remarque d'abord que la Glycine n'occupe pas dans toute 
serre tempérée le rang que ses mérites devraient lui donner: cette plante 
volubile est en effet d'une grande beauté, sa floraison est abondante, elle 
peut se faire à diverses époques de l'année, elle vient bien dans toutes les 
situations, sans réclamer des soins spéciaux; d'un autre côté on peut la 
traiter comme un arbuste, l'élever sur un soutien au dessus des tablettes, 
la conduire autour des piliers ou des colonnes qui supportent la serre, la 
conserver en pots en lui donnant une forme touffue, enfin, la faire contri- 
buer à l'ornement des divers ouvrages rustiques ou rocailleux que l'on 
construit au fond ou au milieu d'une orangerie un peu grande. Sous ces 
divers rapports, leWistaria semble inconnu et tout se borne ordinairement 
à le laisser courir sous la toiture. Cependant il ne faut d'autres soins pour 
le façonner à l'un des usages énumérés qu'un peu d'attention dans la taille; 
mais ces soins sont indispensables. L'état naturel de la plante est de pro- 
duire des jets fort long et relativement faibles : ils apparaissent dès la 
première période de sa croissance. Dès qu'une marcotte est reprise, 
c'est-à-dire qu'elle aura formé des racines par la partie enfouie, ce qui 
doit être facilité et accéléré par une entaille dans l'écorce, la jeune 
plante ne tarde pas à pousser de ces longues branches sarmenteuses. Si 
l'on veut obtenir un pied bien touffu, il faut s'empresser de recourir à 
la taille et ne pas l'abandonner tant que la plante n'a pas acquis la forme 
désirée; sous l'influence de ce traitement elle manifestera au bout d'un 
certain temps la tendance de produire des rameaux courts et florifères 
qui remplaceront les premières branches débiles. En prenant ces pré- 
cautions pendant la jeunesse de la plante, on facilitera singulièrement la 
besogne pour l'avenir. 

Par ce procédé, c'est-à-dire en prenant soin de tailler très court, 
plusieurs fois l'an, on obtient de bonnes plantes frutescentes qui con- 
viendront parfaitement pour garnir les colonnes des serres; il n'est pas 
besoin de faire remarquer combien on contribuera ainsi a augmenter 
leur beauté. On peut en outre en former de belles pyramides isolées 
s'élevant çà et là entre les plantes. N'est-il pas, en effet, étonnant de 
ne pas voir plus souvent introduite dans les serres la pratique usitée 
pour les plantes volubiles cultivées en plein air, c'est-à-dire de les con- 
duire le long d'une perche de bois ou de fer : presque toujours on se 
borne à faire courir les plantes grimpantes des serres sous les vitres : 



-11 — 



un pilier de roses grimpantes, par exemple, maintenu par une perche 
et s'élevant du milieu des arbustes d'une orangerie est un objet char- 
mant : toutes les plantes débiles se prêtent à ce genre de culture : dès 
quelles auront été obtenues par la taille sous une forme compacte, elles 
poussent de bonne heure des jets latéraux, qui s'élancent dans toutes 
les directions et prennent insensiblement un aspect pleureur et pendant 
qui rend les plantes si éminemment gracieuses. L'expérience a prouvé 
que le Wistaria convenait particulièrement bien, pour ce genre de cul- 
ture : il acquiert, par une taille raisonnée, quand il a la hauteur de 10 à 
d2 pieds, la quidité de produire une foule de pousses latérales d'un pied 
de longueur environ , puis de porter seulement de courtes branches flori- 
fères : s'il arrive qu'il émette en outre quelques rameaux fort longs, de 
la nature de ceux dont nous parlions tout à l'heure, ils contribueront 
encore à augmenter la beauté de la plante pendant l'été et ne doivent 
par conséquent être abattus qu'au retour de l'hiver. 

Traité comme un arbuste de petite taille et cultivé en pot, le Wistaria 
est encore une fort bonne plante et un agréable ornement pour les salons 
dont il parfume l'air. Pour cette culture il faut le tailler comme nous 
l'avons dit précédemment et le planter dans un pot de grandeur moyenne 
rempli de terre de jardin ordinaire. Mais nous recommandons tout 
spécialement de considérer la Glycine comme un arbuste à forcer : beau- 
coup d'horticulteurs savent sans doute que sous l'excitation d'un peu de 
chaleur elle se développe parfaitement pendant l'hiver et certes ses 
mérites en valent bien la peine. Les espèces de cette catégorie ne sont 
pas nombreuses et il en est peu dont la floraison soit plus belle. 

Quand la Glycine croît en plein air, conduite sur un mur, sur la fa- 
çade d'une maison ou contre toute autre construction, on peut lui repro- 
cher de fleurir avant la pousse de ses feuilles ; ce point doit donc attirer 
l'attention des amateurs qui doivent rechercher le moyeu de remédier 
à ce défaut. Le mieux est d'associer la Glycine à une autre plante qui 
fournira la verdure qui fait défaut. Ainsi on peut avantageusement em- 
ployer le Lierre, la plus verdoyante de tous les plantes attachées; seule- 
ment on devra lutter contre sa nature envahissante et l'empêcher d'enla- 
cer et d'étouffer sa compagne , ce qui ne sera pas difficile ni pénible. Il 
suffit de laisser courir une demi douzaine de rameaux fleuris de Wistaria 
sur un fond de Lierre pour produire un effet général des plus charmants. 
Mais rien n'est brillant comme l'association et le mélange du Wistaria 
sinensis et du Cylisus laburnum : tous deux fleurissent presque à la même 
époque, leur port, leur feuillage, leurs inflorescences sont du même 
genre et se massent avec grâce : il n'y a nulle difficulté à conduire le 
Laburnum le long d'un mur; en entremêlant les branches des deux plan- 
tes, leurs longs racèmes pendants , les uns d'un azur pourpré, les 
autres d'un jaune doré, produisent un effet tout particulier et bien 
remarquable. 



- 78 — 



L'exposition influe beaucoup sur l'époque et la durée de la floraison 
de la Glycine ; on peut par conséquent en disséminant quelques pieds dans 
diverses situations, prolonger d'un certain temps les jouissances qu'elle 
procure. Des pieds cultivés au sud ouvrent leurs racèmes environ 15 jours 
avant ceux exposés à l'est. 

La culture de la Glycine réussit parfaitement lorsqu'elle est conduite 
en espalier. Il en existe une au jardin de la société d'horticulture de 
Londres, qui occupe une longueur de 575 pieds de mur et qui tous les 
ans se charge de fleurs. Mais on a tort de restreindre presque toujours 
cette belle plante à ce seul mode de culture : elle s'adapte d'une ma- 
nière toute particulière pour garnir les arbres et les bosquets; elle 
semble faite exprès pour couvrir ces treillages en arceaux de bois ou de 
fer qui surmontent quelquefois les allées des jardins ; rien n'est délicieux 
comme une promenade sous ses voûtes fleuries. On doit aussi en planter 
au pied des tonnelles, des pavillons et des diverses constructions rusti- 
ques que l'on élève çà et là dans les parcs. 

La Glycine est belle comme une liane; plantée au pied d'un grand 
arbre, ses rameaux s'élancent de branches en branches, décrivent de 
gracieux festons et les relient par des guirlandes de fleurs; elles passent 
d'un arbre à l'autre et se laissent ça et là retomber vers le sol comme 
des pampres fleuris. Pourquoi ne pas employer la plus belle des lianes 
des régions tempérées à nous représenter la superbe végétation des tropi- 
ques. Au jardin des plantes de Paris, un grand sapin a été envahi par une 
Glycine qui, tous les ans, se couvre de fleurs, dont l'azur se détache si 
bien sur la sombre verdure de la Conifère. On cite de même , en Angle- 
terre, chez M. Haywood, à Lower Wick, près de Worcester, un Wista- 
ria conduit sur un vieux poirier d'une vingtaine de pieds d'élévation. 

M. Fortune, dans son nouvel ouvrage sur la Chine (1), nous dit à propos 
de cette plante, qu'il a eu souvent l'occasion d'observer dans sa patrie : 

« Un des plus beaux spectacles que m'ait offert la végétation chinoise 
est peut-être celui du Glycine sinensis, grimpant au sommet des plus 
grands arbres et les enveloppant du haut en bas d'un manteau de ver- 
dure et de fleurs. Lé* bel échantillon de cette plante qui se trouve dans 
le jardin de Chiswick est justement admiré, mais imaginez des lianes 
encore plus vigoureuses et beaucoup plus grandes, s'enroulant au tronc 
des arbres, courant de branche en branche, pendant d'un arbre à l'autre 
et laissant tomber de tous côtés des rideaux de fleurs, vous aurez une 
idée de ce qui se voit ici. » 

M. Fortune ajoute qu'il ne pense pas que la Glycine puisse autant 
prospérer sous le climat de Londres; mais les exemples cités plut* haut 
donnent un heureux démenti à ces prévisions. 



(I) A residense ainong Ihe Chinese; Inland, on ihe coa-sl, and at sea, etc. 



— 79 — 



SUR LES ÉPACRIS. 

(tuaduction nu journal de la société impériale et C.ENTRALE d'houticulture ) 

On sait que les Epacris et même les Epacridées à peu d'exceptions près 
habitent la Nouvelle-Hollande et la terre de Van Diemen ou Tasmanie, 
sa voisine. Ce sont là les représentants des Bruyères, avec lesquelles leur 
ressemblance est très-grande et qui manquent entièrement dans ces 
contrées. Cette ressemblance non-seulement pour l'aspect extérieur, mais 
encore pour la manière de végéter, explique pourquoi les procédés de 
culture adoptés avec avantage pour les Bruyères du Cap de Bonne-Espé- 
rance réussissent presque tout aussi bien pour les Epacris. Cependant 
l'auteur anonyme d'un article récent du Floricultural Cahinetj se livrant 
à la culture de ces derniers végétaux, croit rendre service aux horticul- 
teurs en leur indiquant de quelle manière il parvient à obtenir pour eux 
une beauté de végétation qui en fait pendant l'hiver le plus brillant 
ornement de son orangerie. Voici les détails de sa pratique. 

Un mélange de terre tourbeuse ou de bruyère et de sable blanc est 
le seul compost dans lequel les Epacris réussissent parfaitement. La 
terre de bruyère doit être divisée en petits morceaux et le sable doit y 
être mélangé intimement. 11 est essentiel de mettre au fond des pots une 
couche de tessons sur laquelle on en dispose une de mousse pour empê- 
cher que la terre ne soit entraînée par l'eau des arrosements. Il faut 
empoter haut, comme pour les Bruyères ; car si l'on enterre le collet il 
est exposé à pourrir. — Après la floraison, on coupe les longs rameaux 
qui ont fleuri ; on porte les plantes dans un coffre froid, à l'ombre et on 
les y laisse jusqu'à ce que de nouvelles pousses se montrent. Si l'on 
possède une serre, on se trouve bien de les placer pendants ou 10 jours 
pour faciliter la pousse. On les met dans un coffre froid pour les endurcir 
dès qu'elles ont donné de jeunes pousses, et là on leur donne de l'air 
convenablement. Quand les pousses ont la longueur du doigt, on rempote^ 
en enlevant une portion de la vieille terre sur les côtés de la motte. On 
tient ensuite les plantes à l'ombre pendant quelques jours; puis, la 
saison le permettant, on les transporte en plein air, à un endroit ombragé 
et abrité, dans lequel on pose les pots sur une couche de cendres ou 
d'autres matières sèches. Là, jusqu'à la fin de l'été, des Epacris n'exigent 
pas d'autre soin que d^ameublir la superficie de leur terre de temps à 
autre, de ne pas les laisser souffrir de soif et de les retourner quelquefois. 
On les renferme dans l'orangerie à la fin de septembre; mais auparavant 
on les visite pour en supprimer les parties mortes et on nettoie leurs 
pots. En automne et en hiver, il ne leur faut pas d'autre chaleur que celle 
qui est nécessaire pour qu'ils ne sentent pas la gelée, et il est essentiel de 
leur donner le plus d'air possible. 

Des boutures faites avec le bois non entièrement mûr reprennent bien. 



- 80 — 



On les plante dans du sable blanc; on les couvre d'une cloche et on les 
soumet à une chaleur de fond. Leur reprise se fait moins bien en été 
qu'aux autres époques. Lorsque la reprise a eu lieu, on les plante dans 
de petits pots et on les endurcit ensuite graduellement. 

L'article se termine par la liste suivante des plus beaux Epacris parmi 
lesquels l'auteur a distingué par un astérisque * les plus nouveaux. 

Epacris attenuata alba ; d'un blanc pur. 

— carminata; rose-orangé. 

* — camea; d'un beau rouge-carmin. 

— coruscans; rouge intense, à tube très-long. 

— delicata; rouge délicat, avec les bouts blancs. 

— éclipse, rose-rouge et blanc, 

— elegantissima ^ TO^e ïoncé. 

— fulgens ; orangé rouge. 

— fulgida; carmin. 

— grandiflora , rose-pourpre passant au blanc; tube allongé. 

— — ruhra ; rouge-cramoisi et blanc. 

* — hyacinthiflora ; rose intense, 

* — — candidissima; d'un beau blanc. 

im^ressa; rose carminé. 

— — candida compacta ; blanc pur. 

— — <;occmea ; écarlate. 

* — Lady Alice Peel ; saumon clair, nuance toute nouvelle. 

* — Lady Panmure; blanc; très-longs épis de fleurs. 

* — Lucifer ; rose-écarlate clair. 

— ma^fnt/ica; rose-rouge. 
microphylla ; blanc. 

— mîVuafa; orange-carmin, à bouts blancs. 

* — — 5p/enc?ews; bel orangé-cramoisi et blanc. 

* — Mistress Pym ; beau rose avec les sommets rouge pâle. 

nivalis ; blanc. 

* — Princesse royale ; pourpre ou violet-rose et blanc; tube allongé. 

sangninea ; écarlate foncé ou rouge-sang. 

— sp^e/irfiawa; orangé-écarlate. 

— Tauntoniensis ; rose intense. 

* — The Bride (Nouvelle mariée); rouge clair^ 

* — Vicomtesse Hille; bel orangé rouge. 

— WUmoreana ; rose-carmin clair; tubes très-longs. 

{FloricuUural Cabinet). 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 



NOTICE SUR LES CHANGEMENTS DE COULEUR DES FEUILLES 

PENDANT l'automne, l'hIVER ET LE PRINTEMPS, 
OU 

COLORATION AUTOMNALE, HIBERNALE ET PRINTANIÈRE DES FEUILLES, 

Par m. Edouard Morren. 

(suite et fin.) 



Cependant l'empire des agents extérieurs sur la vitalité des feuilles peut 
être plus ou moins étendu. Si l'apparition du rouge coïncide avec une 
désorganisation des tissus, la feuille meurt; mais si leur influence est 
moins complète, si la feuille peut présenter plus ou moins de résistance, 
elle ne se colore en rouge que passagèrement; lorsqu'elle récupère le 
pouvoir de réduire l'acide carbonique et d'expulser l'oxygène, la colo- 
ration verte reparaît. C'est là ce que l'on observe sur les feuilles 
persistantes en hiver et sur celles qui se forment au printemps, comme 
l'a prouvé M. Mohl (I). 

On peut toujours distinguer très aisément les feuilles vivantes mais 
rouges, de celles qui sont près du terme de leur existence. Dans celles-ci 
le rouge est plus pur, plus vif; dans celles-là, il est plus ou moins brun. 
C'est que dans les feuilles mourantes, non-seulement le suc cellulaire est 
rouge, mais la chlorophylle se décompose et disparaît. Au contraire une 
feuille momentanément rougie conserve sa chlorophylle intacte : le 
rouge se forme dans le derme, dans les cellules extérieures du parenchyme 
et de son mélange avec le vert résulte une nuance rouge-brun. 

Cette rubéfaction momentanée s'observe dans une foule de feuilles 
au printemps quand elles sortent du bourgeon ou en hiver quand elles 
persistent sur la plante : pour cette raison on la désigne sous les noms 
de coloration printanière et de coloration hibernale. Dans les deux cas 
les causes du phénomène sont les mêmes. 

Les plantes dont les jeunes feuilles sont plus ou moins rouges, mon- 
trent ce phénomène non-seulement au printemps, mais en été et dans 

(1) MoiiL, liecherches sur la colnralion Jnbermde des feuilles. Ann. Se. naf., série II, 
T. IX, p. 212. 

BELG. HORT. TOME VIU. 6 



— 82 — 



les serres ou la température est à peu près uniforme. Seulement la tem- 
pérature, la lumière, la station plus ou moins élevée et la nature des 
terrains, ont de l'influence sur l'intensité de la teinte. La plupart d'entre 
elles ont les fleurs rouges et leurs feuilles se rubéfient de nouveau en 
automne : elles semblent donc prédisposées à cette coloration qui ne de- 
mande que les conditions favorables pour se produire. Tels sont VAbro- 
tamnus elegans, le Géranium rohertianum, le Vitis vinifera, la plu- 
part des Rosa, Rubiis, Berheris, Geraniumj Dianthus, Silène, Quercus, 
Malva, Metrosideros , Erodium, Bégonia etc. 

Les feuilles de ces plantes sont à leur naissance d'un rouge plus ou 
moins prononcé; à mesure qu'elles se développent cette coloration 
diminue, à commencer tantôt de l'extrémité, tantôt de la base, sans 
doute suivant que l'une ou l'autre de ces parties est plus ancienne, 
pour laisser paraître le vert : elle a complètement disparu déjà avant que 
la feuille ait atteint sa croissance complète. Le pétiole et le jeune ra- 
meau participent le plus souvent à cette coloration : elle persiste souvent 
assez longtemps près des nervures surtout à la face inférieure. Pendant 
ces changements, le vert succède immédiatement au rouge et une jeune 
feuille ne jaunit pas avant de verdir. Sa chlorophylle est, il est vrai, peu 
abondante, mais elle existe déjà alors que le liquide cellulaire est rouge. 
En effet l'examen microscopique de ces feuilles montre des globules verts 
et un suc rouge : celui-ci réside de préférence dans les cellules du 
derme, mais peut aussi remplir tout le parenchyme. 

Dans le Cinamomum dulce et le Broivnea grandiceps les jeunes 
feuilles ne renferment que peu ou point de chlorophylle. Les premières 
sont dans nos serres d'un blanc plus ou moins rosé, mais bientôt elles 
deviennent verdâtres et verdissent insensiblement d'une manière com- 
plète. Les secondes sont pendantes et paraissent marbrées de vert et de 
brun ; petit à petit cette bigarrure disparaît, les feuilles prennent de 
la consistance et verdissent uniformément. 

On doit attribuer la coloration rouge des jeunes feuilles à ce fait que 
leurs tissus n'ont pas encore le pouvoir de réagir énergiquement contre 
les agents extérieurs, de réduire l'acide carbonique et d'exhaler l'oxy- 
gène. Dès que ces feuilles commencent à fonctionner, la chlorophylle 
apparaît et il suflit pour cela d'un temps très-court, ce phénomène 
pouvant être comparé à celui en vertu duquel les plantes étiolées verdis- 
sent lorsqu'on les soumet à l'action des rayons solaires. Le jeune bour- 
geon, comme une plante parasite, n'élabore pas lui-même sa matière 
nutritive, il est greffé sur le tronc et vit aux dépens de la nourriture qui 
lui a été préparée, mais dès que ces feuilles décomposent l'acide carboni- 
que, l'érythrophylle n'a plus de raison d'existence, elle disparaît et la 
chlorophylle seule se forme. 

Une jeune feuille, d'abord rouge puis verte, ne passe pas par un état 
jaune comme on l'avait supposé; il n'y a pas de passage du rouge au vert 



— 83 — 



par le jaune; on peut le vérifier sur une feuille dont l'extrémité est 
déjà verte tandis que la base est encore rouge. On peut, en outre, 
dissoudre par l'eau tiède l'érytlirophylle et alors la couleur verte se 
manifestera seule; elle sera seulement plus pâle dans les parties les plus 
jeunes. Si l'on observe sous une clocbe remplie d'eau la respiration d'un 
rameau chargé de feuilles vertes, vertes et rouge, et rouge brun, d'un 
Abrotamnus elegans, par exemple, on remarque que les feuilles infé- 
rieures, déjà complètement vertes, ne tardent pas à se couvrir de bulles; 
les moyennes, c'est-à-dire celles dont la base est rouge, la zone centrale 
brune et l'extrémité verte, paraissent aussi fournir une abondante exha- 
laison d'oxygène. En observant attentivement, on remarque que vers la 
base les bulles deviennent de plus en plus rares et que près du pétiole 
il n'en existe point. Les dernières feuilles portent çà et là, ordinairement 
il l'extrémité, une petite sphère gazeuse. La respiration varie donc comme 
la coloration, les parties vertes l'exercent, celles qui ne le sont pas encore 
tendent à le faire, mais n'expulsent pas encore parfaitement l'oxygène. 

Il y a, comme on peut voir, certains rapports entre les colorations 
automnales et printanières. Dans les deux cas, le rouge indique que 
l'acide carbonique n'est pas décomposé, que l'organe est au contraire 
soumis à une action oxidante; dans les deux cas les sucs ont une 
réaction acide. Mais au printemps de sa vie, la jeune feuille en voie de 
développement acquiert successivement la force de lutter contre cette 
action et se débarrasse de sa livrée d'impuissance, tandis que la feuille 
dont la destinée est accomplie et dont la vie s'éteint, succombe dans la 
lutte avec les agents extérieurs, les plus puissants ennemis de la vie, 
quand elle ne peut plus les faire servir à ses desseins. 

L'observation de certaines feuilles confirme ce que nous venons de dire : 
elle passent Thiver sur la plante en conservant leur couleur verte, mais 
elles meurent avant l'été en passant au jaune ou au rouge, de la même 
manière que celles qui périssent à l'automne. On ne peut les considérer 
comme des feuilles persistantes parce qu^elles ne vivent en réalité pas 
plus que les feuilles caduques, mais elles naissent à l'arrière saison et 
meurent quand la nature renaît; nous les désignerons avec M. Mohl sous 
le nom de feuilles hibernantes, ce sont surtout des feuilles radicales ou 
caulinaires inférieures, telles que celles des Plantago major et lanceolata, 
de plusieurs Dipsacus, Hieracium, Fragaria, Potentilla et d'une foule 
de plantes vivaccs, qui conservent un peu de verdure pendant l'hiver. Or, 
ces feuilles meurent au printemps en se colorant en jaune ou en rouge; 
elles sont à l'automne de leur vie pendant le printemps de la nature. 
Cependant les conditions extérieures sont les mêmes que pour les jeunes 
feuilles qui s'échappent des bourgeons, mais celles-ci ont encore l'énergie 
vitale qui les fait triompher. 

Les plantes vivaces ont aussi pendant l'hiver des jeunes feuilles 
disposées plus haut sur la tige ou au centre de la rosette radicale, et qui 



— 84 — 



ne périssent pas au printemps, mais qui continuent alors leur accroisse- 
ment et ne terminent leur carrière que pendant le cours de l'été ou à 
l'arrière saison. L'hiver était venu arrêter leur végétation : la plante a 
sommeillé pendant cette époque de l'année; mais le printemps venant la 
tirer de cette léthargie, ses feuilles achèvent leur développement. Cette 
seconde classe de feuilles hibernantes se distingue donc de la première 
en ce que l'hiver ne les a pas surprises près de leur mort, mais qu'il a 
seulement suspendu momentanément l'exercice de leur vie. M. Mohl, 
qui le premier a fait ces distinctions et établi ces faits, cite comme 
exemples le Bromus mollis, VEuphorbia lathyris^ le Veronica chame- 
drySf le Senecio vulgaris^ etc. 

L'hiver provoque chez ces deux classes de feuilles une certaine colo- 
ration que pour cette raison on a nommée hibernale. Elles prennent une 
teinte vert foncé ou brune : le suc cellulaire des cellules du derme ou 
des couches supérieures du parenchyme se rubéfie, mais les globules verts 
se conservent intacts; cette formation d'érythrophylle se fait surtout du 
côté le mieux éclairé. Ainsi sur une touffe rougie par l'hiver de 5e- 
dum album, on peut reconnaître que la partie soumise à l'action des 
rayons solaires est bien rouge, tandis que tout ce qui se trouve à la 
partie inférieure près de la terre est resté vert : la surface supérieure 
des feuilles les plus élevées est seule rougie. L'anatomie de ces feuilles 
montre que la coloration rouge siège particulièrement dans le derme et 
dans les cellules extérieures du parenchyme. Certaines cellules, souvent 
isolées ont leur suc rougi, tandis que dans celles qui les environnent il est 
resté parfaitement limpide. Mais dans toutes les globules de chlorophylle 
n'ont pas été altérés par la présence de l'érythrophylle. On remarque 
aussi que toutes les cellules du derme ne sont pas colorées, les unes ren- 
ferment seulement des granulations incolores, les autres sont rouges. 
Celles-ci sont toutes groupées autour des stomates. 

La formation d'érythrophylle dans les feuilles hy bernantes doit être 
attribuée à une altération des fonctions de la feuille et par suite à une 
action de l'oxygène. Dès que ces fonctions, suspendues par le froid et 
la lumière diffuse de l'hiver, reprennent leur libre essor, les feuilles 
quittent leur teinte brune et sombre, et reverdissent, comme on peut le 
constater sur le Sedum album, le Sedum acre, beaucoup de plantes gras- 
ses, Vffedera hélix, etc. 

Les feuilles véritablement persistantes, comme celles de VHedera hélix, 
de Vilex aquifolium, de la plupart des Laurus, Rhododendroti, Azalea, 
Sempervivum, etc., se maintiennent souvent pendant plusieurs années 
sur la plante. Elles résistent aux intempéries des saisons et semblent 
n'avoir pas d'époque fixée pour leur chute. Elles se renouvellent tantôt 
à peu près continuellement, comme celles des Sempervivum, des Sedum, 
etc., tantôt de préférence au printemps, comme celles des Rhodoracées, 
des Camellia, Nerium, Hoya, etc. Ces plantes toujours vertes sont d'une 



végétation très lente, leurs bourgeons, formés souvent plusieurs années 
il l'avanee poussent lentement. Beaucoup renferment des résines, notam- 
ment celles des Conifères. Leur respiration est peu abondante, leur éma- 
nation aqueuse presque insensible ; leur parenchyme est fort dense et leur 
derme très épais et solide. La plupart de ces feuilles, comme celles du 
Lierre, du IIoux, des Rhododendres, des Mabonias, etc., prennent pen- 
dant l'hiver une teinte rouge-brun très prononcée, principalement le long 
des nervures ou des bords. Si on les soumet, dans cet état, à un examen 
microscopique, elles présentent les mêmes faits que les feuilles hiber- 
nantes. Le suc des cellules extérieures a rougi et leur nuance brune est 
le résultat du mélange du rouge et du vert. 

L'oxygène parait être la cause déterminante de la formation de l'ery- 
throphylle dans le suc cellulaire; en effet, la feuille cesse de respirer pen- 
dant l'hiver; quand l'exhalaison de l'oxygène recommence au printemps, 
la coloration brune disparaît. Ces changements de couleurs peuvent se 
manifester pendant plusieurs années consécutives. 

Quand ces feuilles viennent enfin à périr, on peut s'assurer que la 
coloration hibernale est tout à fait indépendante des changements de 
coloration qui précèdent sa mort; ceux-ci peuvent être complètement 
différents. Une feuille qui aura rougi pendant l'hiver, jaunira seulement 
avant sa mort; telles sont celles du Lierre. 

En résumé l'erythrophylle apparaît dans les feuilles en automne, en 
hiver et au printemps, c'est-à-dire avant ou après la période active de 
leur vie. Au printemps l'organe tout entier est rouge et la chlorophylle 
se forme à mesure que l'érythrophylle disparaît, en automne au con- 
traire, à la chlorophylle qui périt, succède l'érythrophylle; en hiver 
ces deux matières coexistent. La vie est puissante dans les feuilles du 
printemps et elle n'abandonne pas les feuilles hibernantes et persistantes, 
aussi la présence de l'érythrophylle n'est-elle que momentanée et elle 
disparaît dès que recommence l'exhalaison de l'oxygène. 

Mais chaque fois que la physiologie prouve que ce gaz n'est pas expulsé, 
qu'il peut agir sur les tissus en même temps que la lumière, nous 
voyons ceux-ci rougir. Rien ne prouve que ce gaz agit directement 
sur le suc cellulaire pour produire cet effet, et il serait possible 
qu'il le fasse par l'intermédiaire d'un acide, puisque toutes les plantes 
rouges présentent une réaction acide. Cette recherche appartient à la 
chimie; quant à nous, nous pouvons nous borner à constater que la 
coloration rouge d'une feuille est un critérium certain d'une absorbtion 
d'oxygène, tandis que la coloration verte prouve l'exhalaison de ce gaz. 



— 86 — 



JARDIN FRUITIER. 



LA PRUNE BELLE DE SCHOENEBERG, 
Par m. Ed. Morren. 

(Représentée Pl. 25, fig. l et 2.) 
Syn. : Gloire de Schoeneberg, Rolhgeflechte Goldpflauine. 

La prune Belle de Schoeneberg [Schoene von Schoeneberg) est annon- 
cée depuis quelques années déjà par les catalogues de M. Aug. Nap. 
Baumann , de Bollwillcr, dans le Grand Duché de Luxembourg. C'est un 
fruit de premier rang, gros, mûr en septembre et très fertile; il 
ressemble à la prune diaphane Laffay, gagnée par le pépiniériste de ce 
nom près de Paris. D'après M. Jahn (1), il aurait la même origine que le 
Drap d'or ou Double Mirabelle {gleichzeitig reifenden Goldpflaume, 
Doppelte Mirabelle), et différerait seulement de cette variété par le fruit 
un peu plus gros, un plus grand nombre de points rouges ressemblant 
souvent à des gouttelettes de sang, et une autre végétation de l'arbre. 
Voici en outre les renseignements que cet habile pomologue allemand 
nous donne sur la Belle de Schoeneberg : La chair est jaune doré, 
luisante, transparente et se détache parfaitement du noyau. La saveur 
est sucrée et semblable , ainsi que Tarome , à celle du Drap d'or. Les 
Guêpes se sont aperçues de cette ressemblance avant nous : elles sont 
tout aussi friandes de la Belle de Schoeneberg que du Drap d'or, et volent 
souvent la moitié de la récolte. L'arbre est très-fertile, mais les fruits 
sont malheureusement encore plus sensibles à l'humidité que les Draps 
d'or; on peut cependant porter remède à ce défaut en plantant à l'est 
et dans un endroit abrité : on prévient ainsi la chute de beaucoup de 
fruits. 



SUR LA PRUNE BLEUE HATIVE , 

(Représentée Pl. 23 flg. 5 et 4.) 
Syn. : Nikilaner blaue Fruhzwetsche, Gus Erix, Prunus domestica versicolor. 

Le Deutsche Obstcabinet décrit ce fruit de la manière suivante : 
Cette prune mesure en longueur un pouce, trois lignes et en largeur 
10 lignes : elle est de forme ovale, légèrement amincie près de la queue 



(1) Deufch. Obstc, 1837. IV sect. i leiflf. 



— 87 — 



et son plus grand diamètre transversal tombe un peu en dessous du 
milieu. Le sillon ou la commissure est peu marquée : le pédoncule a en- 
viron dix lignes de longueur, à peine pubescent, mince et brun. La 
fleur du fruit est bleu pâle, abondante; la peau bleu foncé, presque 
noire, parsemée de beaucoup de ponctuations jaune gris, mais le fruit 
passe par plusieurs colorations avant la maturité, et avant d'acquérir sa 
teinte définitive: il devient d'abord blanchâtre, ensuite rouge clair et 
enfin bleu foncé. La peau est épaisse, résistante et un peu amère. La 
chair est blanche jaunâtre, délicate, un peu résistante, sucrée, mais 
cependant pas tout à fait de première qualité. Le noyau ne se détache 
pas; sa hauteur est de 8 lignes, sa largeur de 4, et son épaisseur de 5 : 
il est ovale, aminci au-dessus, épais en dessous, tronqué d'une manière 
caractéristique à la base. 

L'arbre est fertile et sa maturité est la plus précoce de toutes les 
prunes bleues. 



LES MEILLEURS RAISINS, 
Par m. J. L. Le Bêle. 

(extrait du bulletin de la société d'horticulture de la sarthe.) 

Après des vendanges aussi désespérantes que celles des dernières 
années, il nous fallait la récolte de 1857 pour rappeler notre attention 
et notre intérêt sur la vigne, qui paraissait à jamais atteinte d'un vice 
constitutionnel y destinée à ne plus porter que des fruits verts, défigurés 
ou gâtés avant l'époque de leur maturité. Grâce à Dieu, le mal n'est pas 
bans remède ; deux à trois années successives d'une température propice 
endront peut-être efficaces les moyens médicamentaux mis en usage, 
en leur donnant le concours indispensable de conditions hygiéniques 
appropriées. Avec quel plaisir n'avons-nous pas revu cette année ces 
grappes fournies et saines, ces beaux grains transparents et dorés, 
emblèmes de l'abondance et de la richesse de l'automne ! Ces impressions 
nous sont venues surtout dans la visite que nous avons faite dernièrement 
à MM. de Richebourg et Foulard, dont les jardins renferment une 
collection très-variée de raisins. 

Le nombre des variétés de vigne cultivées en Belgique et en France, 
et dont les noms figurent dans les catalogues d'horticulture, est très- 
nombreux; celui de M. André Leroy d'Angers-, entre autres, en contient 
plus de 150 variétés. Mais sur ce nombre en est-il beaucoup plus d'une 
vingtaine qui soient véritablement rccommandables, et auxquelles on 
doive donner la préférence sous notre climat? Le raisin est un fruit des 
pays méridionaux; pour développer toutes ses qualités, il a besoin, plus 
qu'un autre, d'une maturité parfaite. Dans nos climats tempérés, où 



- 88 - 



trop souvent les printemps sont froids et pluvieux, et les étés très-courts, 
les meilleures variétés de raisins mûrissent imparfaitement; c'est pour 
cela que dans le choix de telle ou telle variété , on doit se préoccuper tout 
autant de la précocité ou de la maturation facile, que de la saveur et de 
la beauté du fruit. 

1° CHASSELAS DE FONTAINEBLEAU. 

Chasselas de Thomery ^ doré, de Bar-sur- Juhe , etc. 

Grains gros, blancs, transparents et dorés. — Grappes grosses, lâches. 
— Très-fertile. — Mûrissant bien à toute exposition (fin août ou com- 
mencemeut de septembre). Le plus estimé des Raisins de table. 

S** CHASSELAS BLANC. 

Chasselas blanc royal. 

Cette variété, cultivée communément dans le département de la Sarthe 
sous le nom de Langadis blanc, et considérée par certains horticulteurs 
comme identique avec le chasselas de Fontainebleau, dont elle semble 
différer cependant par des grains moins transparents, moins dorés, et 
par une précocité un peu moins grande (mi-septembre). 

3° CHASSELAS ROSE. 

Chasselas royal rose. 

Belle et excellente variété. — • Grains gros, roses. — Grappe grosse , 
lâche. — Fertile. — Mûrissant bien (première quinzaine de septem- 
bre). — C'est notre Langadis rose, 

4*^ FROC LABOULAYE. 

Superbe raisin, à grains ronds énormes, blancs, dorés. — Délicieux 
et très-hâtif (fin d'août), mais peu fertile et sujet à couler. — Assez 
répandu dans les jardins d'amateurs. 

5** CHASSELAS DUHAMEL. 

Magnifique variété nouvelle dont nous avons admiré et goûté les 
fruits cette année, pour la première fois, chez M. Foulard. — Grains 
ronds, énormes, comme ceux du Froc Laboulaye. Peut-être un peu 
moins hâtif que ce dernier, mais ayant sur lui l'avantage de ne pas 
couler, et d'avoir des grappes bien garnies. C'est un raisin que l'on 
doit s'efforcer de propager. 



l)" F K A IN K !■ N T II A L. 



Black Ilamburg. 

Superbe et excellent raisin noir. — Grains très-gros, ronds. — Grappe 
serrée, souvent énorme. — Très-fertile. — Fin de septembre à bonne 
exposition. Variété assez répandue et mûrissant bien, mais plus exposée 
que les autres vignes à être envaliie par l'oïdium. 

— Nous avons vu cette année, dans le jardin de M. de Richebourg, 
du Raisin noir admirable et excellent, qui se rapproche du Frankenlhal, 
auquel il ressemble par la forme et le volume de ses grains mais dont il 
diffère par des grappes moins serrées, des grains tous bien noirs et 
d'égale grosseur, dont la peau est moins épaisse. Cette variété, dont on 
ne sait pas le nom, et que notre honorable collègue s'est procurée aux 
environs du Mans, dans une localité du canton de Ballon, mérite d'être 
signalée, comme le plus beau et le meilleur Raisin noir qui existe dans 
le pays. Ajoutons qu'il mûrit facilement. 

7** CHASSELAS DE PONDICHÉRY. 

Beau et bon Raisin, hâtif (commencement de septembre). — Grappes 
lâches. — Grains ronds ou un peu ovales, blancs, ayant un aspect glauque 
et opaque particulier. 

8** MUSCAT NOIR PRÉCOCE. 

Caillaba. 

Grain moyen. — Grappe petite, lâche. — Fertile et mûrissant bien 
(fin d'août, commencement de septembre). 

9** JOANNENC ou JOANNEN. 

L'un des plus précoces. — Grains blancs, oblongs, assez gros. — 
Grappes lâches. — Fertile. — Mi-août 

40° MALINGRE PRÉCOCE. 

Sorte de Madeleine blanche très-hâtive pouvant donner deux récoltes 
dans la même année. Grain blanc, petit, ovale. — Grappes petites, 
lâches. — Première récolte au commencement d'août. — Le raisin de la 
deuxième récolte duquel nous avons goûté cette année, chez M. de Riche- 
bourg était bien mûr. 



- 90 — 



HISTOIRE DES PLANTES UTILES. 

LE TAMARINIER, 
Par m. Olivier Duvivier. 

Originaire de l'Inde d'où il s'est ensuite répandu dans l'Arabie, 
l'Egypte et l'Amérique, le Tamarinier [Tamarindus indica, L.), (pl. 24) 
fut classé par Linné dans la Triandrie monogynie et fait naturelle- 
ment partie de la famille des Légumineuses, tribu des Cœsalpiniées. 
C'est un arbre élégant, à tronc élevé, et dont les rameaux diffus se 
couvrent d'une abondante chevelure de feuilles pinnées, composées 
chacune de nombreuses folioles d'un beau vert. Les fleurs d'un jaune 




Pl. 24. — Tamarinier. 

verdâtre, sont disposées en grappes pendantes à l'extrémité des rameaux, 
et n'offrent rien de remarquable. Il leur succède une gousse épaisse, 
indéhiscente, oblongue, légèrement recourbée sur elle-même, étranglée 
de distance en distance, et formant deux ou trois loges monospermes. 

C'est la pulpe comprise entre les enveloppes de cette gousse qui 
constitue le produit connu sous les noms de Tamarin, Pulpe de tamarin^ 
Conserve de tamarin, produit que son agréable saveur acidulé fait 
hautement estimer des peuplades forcées de voyager sous le soleil brûlant 
de l'Inde et de l'Arabie. 



— 91 — 



Nous recevons toujours le Tamarin à l'état de conserve, avec ou sans 
sucre, et dépouille de son enveloppe extérieure. Il constitue alors une 
pulpe épaisse, gluante, d'un brun-noirâtre, contenant des graines irré- 
gulièrement arrondies, aplaties, brillantes et brunâtres., et entremêlée 
de fibres nombreuses et résistantes qui la pénètrent de toutes parts. Les 
fruits du Tamarinier de l'Inde orientale sont ordinairement plus foncés 
et renferment une plus grande quantité de pulpe que ceux qui provien- 
nent de l'Amérique; les premiers sont généralement conservés au moyen 
du sucre, tandis que les seconds, le plus souvent mélangés à un sirop 
épais, possèdent une saveur plus agréable. Nous ne nous arrêterons pas 
aux propriétés chimiques du Tamarin, et nous dirons seulement, en 
passant, que Vauquelin y a trouvé du tartrate acide de potasse, des 
acides tartrique, malique, et citrique, du sucre, de la gomme, de la 
gélatine végétale, de l'eau et du ligneux. 

Ce simple énoncé suffit d'ailleurs pour nous montrer que le Tamarin 
jouit de propriétés nutritives, mais qu'essentiellement il constitue une 
substance rafraîchissante et laxative. Lorsqu'il est récemment préparé, 
on en obtient, par sa dissolution dans l'eau, une boisson particulièrement 
propre à étancher la soif, et c'est surtout ainsi que l'emploient les 
habitants des deux Indes. Mais sur notre continent, la pulpe de Tamarin 
est spécialement employée en médecine, et ce, dans les maladies où sont 
indiqués les acidulés et les purgatifs. On l'associe alors ordinairement à la 
crème de tartre ou à toute outre substance qui ait un action plus directe 
sur les sécrétions intestinales. 

Le tamarin nous arrive des Indes orientales et occidentales ainsi que de 
l'Afrique. Il serait assez difficile de calculer la quantité exacte qui en 
est importée en Europe : toutefois des relevés faits en Angleterre mon- 
trent que cette contrée en reçoit environ 100 tonnes, c'est-à-dire 401;604 
kilogrammes par année. 



L'OLIVIER D'EUROPE, 

PAR LE MÊME. 

Mentionné déjà dans la Génèse, et consacré à Minerve par le peuple 
le plus poétique de la terre, l'Olivier {Olea eiiropœa, L.) (v. f. 25) est 
un arbre généralement peu élevé, mais qui, par l'âge et la nature 
convenable du terrain, peut acquérir des proportions très-considérables. 
Appartenant à la famille des Oléacées, voisines des Jasminées, il ne 
peut être jugé d'après les individus rachitiques qui sont cultivés dans 
nos jardins; c'est en Egypte, en Grèce, sur l'Atlas et sur les coteaux 
pierreux des contrées méridionales de l'Europe que la force de sa 
végétation peut se déployer à l'aise et donner lieu à des produits qui 
sont loin d'être dénués de tout charme. Les rameaux de l'Olivier 



— 92 ~ 



sont tortueux; ses feuilles, colorées d'un 
vert grisâtre très agréable à l'œil, ont 
la forme et la grandeur de celles du 
saule : elles sont opposées, entières et 
persistantes. Les fleurs sont petites, 
blanches, disposées en grappes axillaires, 
et il leur succède un fruit drupacé que 
nous étudierons plus loin. 

L'Olivier est originaire de l'Afrique, 
mais on ne sait ni quand, ni par qui il 
fut transporté en Grèce ; on admet géné- 
ralement que le midi de la France le 
reçut avec les Phocéens, lors de la fon- 
dation de Marseille , et le répandit dans 
les Gaules, l'Italie et l'Espagne. Aujour- 
Pi. 25. Olivier d'Europe. d'hui 11 est encore cultivé dans CCS contrées 

dont il constitue l'une des plus grandes 
richesses, mais il se voit rarement en pleine terre au delà d'une ligne 
qui s'étendrait de la base des Pyrénées, entre Narbonne et Bagnères de 
Luchou, et traverserait obliquement le midi de la France de l'ouest à 
l'est jusqu'au pied des Alpes, à la hauteur du Petit-saint-Bernard. On 
conçoit que les pérégrinations continuelles de l'Olivier à travers des 
régions différents par le climat, le sol et le mode de culture, aient dû 
imprimer à cet arbre des caractères particuliers, selon l'action de ces 
circonstances combinées, aient dû, en un mot, créer des variétés qui 
ont reçu divers noms dans les localités où elles se sont développées. 

Sans nous occuper de ces variétés, ni des méthodes plus ou moins 
prônées pour la culture de l'Olivier, nous allons jeter un rapide coup- 
d'œil sur les principaux produits de cette espèce, et nous commencerons 
par l'étude de ses fruits. 

Les olives sont importées dans les régions tempérées et septentrionales 
à l'état conservé et confit : pour cela, on les cueille avant leur maturité, 
et l'art consiste à leur faire perdre la saveur acre et désagréable qu'elles 
possèdent. C'est pourquoi on les laisse digérer dans des vases de grès 
ou de bois avec un peu d'eau, de sel, de coriandre, de gérofle, de fenouil 
et autres aromates. Parfois elles sont fourrées d'anchois ou de câpres, ou 
bien encore marinées dans l'hnile ou le vinaigre. On les emploie ainsi 
préparées comme mets de dessert, et plutôt pour réveiller la puissance 
gustative de la bouche que comme une substance agréable au palais. Mais 
de quelque manière qu'on les prépare, nous croyons, avec le D' P. Gau- 
bert, que ces fruits sont d'une digestion lourde et difficile, et que 
l'excitation qu'ils communiquent momentanément à l'estomac ne com- 
pense pas le travail qu'ils lui donnent. 

L'olive est un fruit ovale et ressemblant entièrement au gland du 




— 9o — 



cliéne, tant sous le rapport de la couleur que sous celui de la forme- 
elle est constituée par une drupe d'un vert-bleuâtre foncé et renfer- 
mant un noyau très-dur, primitivement formé par un carpelle à deux 
loges monospermes ; de ces deux loges, une seule se développe et renferme 
la graine, tandis que la seconde avorte presque constamment. 

Le commerce fournit de nombreuses variétés d'olives, mais toutes ces 
variétés, qu'il serait trop long d'énumérer, peuvent être rangées dans les 
trois catégories suivantes : les petites olives françaises ou picholineSj 
les plus estimées; les amelodes, et les grosses olives ou olives d'Espagne. 
L'angleterre reçoit à elle seule environ 5400 litres d'olives par année, en 
y comprenant celles qui sont exportées par elle dans les colonies. 

Mais le revenu le plus considérable et le plus certain que procure 
l'olivier, est, sans contredit, l'huile que l'on en retire et qui est si 
généralement employée pour l'usage de la table et de l'éclairage ainsi 
que par l'industrie et l'art pharmaceutique. Vhuile d'olive est au liquide 
limpide et transparent, d'une couleur variant du vert clair au jaune 
paille et commençant à se congeler à quelques degrés au-dessus de 0". 
Pour l'obtenir, on récolte, pendant les mois de novembre et décembre, 
les olives que Ton met en tas et qu'on laisse quelques temps exposées à 
l'air libre ; on les soumet ensuite à l'action d'un pressoir assez grossier 
et construit de la manière suivante : une grande meule conique de pierre et 
fixée à un axe en bois, est mise en mouvement par un cheval attaché à 
cet axe, et roule sur une plate-forme circulaire également en pierre. Les 
olives placées sur cette plate-forme, sont écrasées par la meule, et l'huile, 
ainsi exprimée, s'échappe par une petite rainure ménagée à la périphérie 
de la plate-forme, et est reçue dans des vases destinés à cet usage; cette 
première opération donne de Vhuile fine ou vierge. Pour retirer une 
nouvelle quantité d'huile des olives écrasées, on les soumet à l'action de 
l'eau chaude, et l'on obtient une huile de deuxième qualité; enfin on 
parvient encore à obtenir une huile très-commune, en abandonnant à la 
fermentation des olives entières ou le résidu qu'elles laissent après avoir 
subi un broiement préalable. De plus, les huiles d'olives se distinguent 
d'après leurs lieu d'origine, et il en existe une foule de qualités, depuis 
l'huile surfine de Lucques, exclusivement employée comme condiment, 
jusqu'à celle d'Espagne qui sert à engraisser les rouages des machines. 

L'huile d'olive, quelle qu'elle soit, est souvent falsifiée avec des 
huiles de graines et surtout avec celle dite d'œillette ; elle convient alors 
beaucoup moins à la fabrication des savons et aux usages de la pharmacie. 
Le moyen le plus simple de découvrir cette fraude, consiste à agiter, 
dans un flacon, l'huile suspectée; si elle est pure elle ne moussera pas, 
tandis que si elle est falsifiée, les saccades qu'on lui imprimera, produi- 
ront à sa surface une mousse abondante. 

Inutile de rappeler ici les nombreux emplois que l'on a su faire de 
l'huile d'olive; qu'il nous sulïise de dire que cette huile, associée aux 



— 94 - 



aliments dans de justes proportions, en relève la qualité ; mais que, par 
elle-même et seule, elle est, comme les graisses , de difficile digestion , 
et que l'on doit, par conséquent, en restreindre beaucoup l'usage, excepté 
dans certains cas spéciaux qu'il appartient seulement aux hommes de 
l'art de déterminer. 

Gallipoli, sur le golfe de Tarente, la Sicile, l'Espagne et le Portugal 
sont les contrées qui fournissent l'huile d'olive la plus commune en 
quantité considérable; les qualités plus fines, de table, proviennent de 
Florence, Leghorn, Lucques, Gènes et du sud de la France. En 1851, 
l'Angleterre seule a reçu environ 257,680 hectolitres de cette huile. 

Enfin disons aussi qu'on a tenté de substituer les feuilles de l'olivier à 
récorce de quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes et 
que Pelletier a trouvé dans la gomme amygdaloïde qui s'écoule de cer- 
tains Oliviers, un principe immédiat nouveau qu'il a appelé Olivile. 



FLORICULTURE DE L'EAU. 

EXTRAIT d'une LETTRE DE M. TOURRÈS , DE MACHETEAUX, PRES TOXNEIXS (LOT-ET-GARONNE.) 

Macheteaux, le 24 Septembre 1857. 

Nous venons d'éprouver ici une de ces calamités, comme de mémoire 
d'homme nos belles contrées n'en avaient vu de semblable. Depuis le 
29 juin jusqu'au moment ou je trace ces lignes, nous n^avons pas eu de 
pluie, mais une température tropicale, le thermomètre marquant 28 à 
52** Réaumur à l'ombre : enfin une pluie bienfaisante vient seulement 
rafraîchir le sol. Pendant ce long espace de temps, plus des trois quarts 
de mes aquariums ont été à sec, c'est-à-dire depuis deux mois et plus : 
mais les calamités sont souvent d'utiles enseignements. J'ai la satisfac- 
tion de vous annoncer. Monsieur, que je n'ai pas perdu une seule de 
mes plantes aquatiques : les Nelumbiums se sont conservés dans la vase 
fraîche et ont fleuri jusqu'à ce jour tout aussi bien que ceux qui étaient 
submergés; j'ai déjà récolté plus de 600 graines parfaites. Sur 150 graines 
de mes Nelumbo d'élite, j'ai obtenu plus de 100 vigoureux individus, qui 
en partie, repiqués en cuvettes ont pris un développement remarquable. 



— 95 — 



BIBLIOGRAPHIE. 

Prodrome du règne végétal^ volume XIV. 

M. Alphonse De Candolle a présenté à TAcailémie des Sciences de 
Paris (séance du 23 novembre 1857) une nouvelle partie du Prodomus ; 
à cette occasion , l'éniinent botaniste a donné sur cet important ouvrage 
des détails fort intéressants et exprimé d'excellentes idées sur l'état 
actuel de la botanique systématique, que nous croyons devoir repro- 
duire : « J'ai l'honneur de présenter à l'Académie la seconde partie du 
volume XIV du Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis, 
ouvrage dont les sept premiers volumes ont été publiés par mon père 
et les sept suivants par moi-même. Seize botanistes, Suisses, Allemands, 
Anglais et Français, ont travaillé, dans des proportions diverses, à ce 
species, c'est-à-dire à cette revue des familles, genres et espèces, la 
première depuis l'introduction de la méthode naturelle, la dernière 
peut-être qui sera jamais tentée, vu l'augmentation du nombre des 
espèces et la variété des caractères qu'il faut examiner aujourd'hui pour 
marcher avec la science. On fera sans doute des compilations plus ou 
moins commodes avec les livres, sans regarder les plantes; mais il n'est 
pas probable qu'une réunion d^auteurs s'organise à l'avenir assez 
fortement pour revoir, sur des principes uniformes, les caractères, la 
synonymie et l'habitation de plus de 100,000 végétaux déjà connus, et 
plus tard des 200,000 qui existent à la surface de la terre. 

« Le travail du Prodomus dure depuis trente-six ans. Chaque article 
a été graduellement plus développé, car il m'a paru nécessaire de com- 
penser la lenteur de la marche par le fini et l'abondance des détails. L'ou- 
vrage est devenu de plus en plus une série de monographies, qui com- 
prennent actuellement 179 familles, 4,525 genres et 50,509 espèces. 
Pour excuser notre lenteur , il me sera permis de rappeler que les 
ouvrages de Linné roulaient sur 7,000 espèces, qu'on envisageait sous 
certains points de vue seulement. Deux volumes nous restent à faire 
pour terminer la classe la plus considérable et la plus importante du 
règne végétal, celle des Dicotylédones. Ils sont en œuvre, et, grâce au 
zèle de plusieurs collaborateurs, j'espère pouvoir les publier d'ici à 
quatre ou cinq ans. 

« Le demi-volume qui vient de paraître, renferme la monographie des 
Thymelœacées , par M. Meisner, professeur à Bàle; celle des Elœagna- 
cées par M. Schlechtendal, professeur à Halle; enfin celle des Grubbia- 
cées et des Santalacées, par moi-même. Cette dernière famille, qui 
avait été peu étudiée quant aux espèces du Cap, m'a offert 60 espèces 
nouvelles, ce qui l'augmente de plus du tiers. Les Elœagnacées en ont 
G sur 54; les Thymelœacées 55 sur 578, indépendamment de celles que 
M. Meisner avait publiées dans ses travaux antérieurs sur la même fa- 



- 96 - 



mille. Du reste, nous attachons moins d'importance aux espèces nou- 
velles qu'à l'examen attentif sur des échantillons authentiques des espèces 
proposées antérieurement par les auteurs. Sans aucune idée préconçue, 
mais d'après l'observation sur de riches matériaux, il se trouve que le 
Prodromus fait tomber beaucoup de prétendues espèces , de prétendus 
genres ou de familles proposées. Ce travail de réduction semble l'empor- 
ter depuis quelques années sur celui de la construction de nouveaux 
groupes, évidemment parce que nous approchons de connaître toutes 
les familles et même toutes les genres qui existent, et aussi parce que les 
espèces sont mieux représentées dans les herbiers, mieux décrites et 
plus souvent figurées dans les ouvrages. Quelques personnes en enten- 
dant un mouvement continuel, un cliquetis pour ainsi dire de noms 
nouveaux proposés et abandonnés par les botanistes, et en voyant com- 
bien nous sommes peu avancés sur les définitions de l'espèce, du genre 
et de la famille, se figurent que la botanique tombe dans un chaos. Mon 
opinion est exactement contraire. Grâce à la sûreté des moyens actuels 
de comparaison et à la loi de priorité bien établie, il me semble que 
nous marchons à une époque où chaque espèce aura régulièrement ses 
deux noms admis à peu près par tout le monde. Alors beaucoup de 
noms botaniques seront oubliés et les noms vulgaires anglais, français, 
allemands etc., seront tombés devant la nomenclature scientifique uni- 
verselle, comme les noms patois sont déjà tombés devant les noms des 
langues plus générales de chaque pays. D'un autre côté, au milieu 
des débats sur chaque groupe et sur la définition des groupes, il me 
semble voir que la force des choses ramène à comprendre les espèces 
comme Linné ; les genres comme Tournefort et les familles comme 
Robert Brown, de façon que les progrès modernes de la science feraient 
éclater de plus en plus le génie de ces trois hommes. 



— 97 - 



HORTICULTURE. 



iWnCE SUR UN NOUVEAU PÊCHER A FLEURS DE CAMELLIA, 
INTRODUIT DE LA CHINE PAR M. R. FORTUNE, AMYGDALUS 
CAMELLIiEFLORA , Hort., 

Par m. Edouard Morren. 

(Représenté Pl. 26, fig. l .) 

M. Fortune, voyageur intrépide, botaniste et horticulteur, a eu le rare 
bonheur de pouvoir librement explorer le vaste territoire de la Chine, 
de même que Von Siebold fit il y a une trentaine d'années la conquête 
de la végétation du Japon. Ces deux botanistes envoyèrent en Europe un 
nombre considérable de plantes qui ornent aujourd'hui nos jardins, et 
qui se sont multipliées et popularisées très rapidement. C'est que la 
Chine et le Japon ont non-seulement une étendue géographique consi- 
dérable, un climat assez analogue au nôtre et par conséquent une flore 
variée qu'il est facile de naturaliser chez nous , mais l'horticulture existe 
de temps immémorial] chez ces peuples industrieux ; ils ont des jardins 
où ils ont rassemblés les plus belles espèces; ils en ont obtenu des variétés 
et des races souvent plus recommandables pour l'amateur, que l'espèce 
avec ces caractères botaniques. Nous avons reçu du Japon et surtout de 
la Chine, non-seuleracnt de nouvelles espèces , mais une foule de variétés 
éminemment ornementales et qui n'eussent probablement jamais pu se 
former sous le climat d'Europe. 

Tels sont, par exemple, les divers Pêchers que M. Fortune a succes- 
sivement découverts dans les jardins chinois et introduits en Angleterre. 
Quand il voyageait dans le Céleste-Empire , pour la société d'horticulture 
de Londres , il lui envoya les Pêchers doubles blanc et rouge , charmants 
arbustes printanniers, qui sont très estimés et commencent à se répandre 
sur le continent. Depuis cette époque, M. Fortune a introduit trois nou - 
velles variétés qui se trouvent chez M. Glendinning, le célèbre horticul- 
teur de Chiswick , et bien supérieures aux précédentes : l'une a les fleurs 
d'un rose écarlate, doubles et de deux pouces de large; une autre est 
panachée de couleur chair. La troisième, que nous avons figurée, est très 
florifère; ses fleurs sont doubles, à pétales nombreux et grands, bien 
étalées, d'un diamètre de 4 à 5 centimètres, d'un rouge foncé et brillant. 
Les Anglais lui ont donné le nom de Camellia jlowered Peach ; c'est-à- 
dire de Péclier à fleurs de Camellia {Amygdalus Camelliœflora, Hort.); 
un Camellia de pleine terre et pour le printemps ! 

BfvLG. hort. tomi: viii. 7 



— 98 — 



Les pêchers et les amandiers, qui forment un même genre botanique 
(Amygdalus, Lin.), sont des arbustes ou des petits arbres qui ornent par- 
faitement les jardins dès les premiers beaux jours: sous l'influence des pre- 
miers rayons du soleil, leurs rameaux se couvrent de jolies fleurs blanches, 
carnées, roses ou rouges : il leur succède un feuillage élégant et chez 
quelques espèces des fruits délicieux , c'est-à-dire des pêches ou des 
amandes. On sait que ces fruits, en apparence si différents, ont essen- 
tiellement la même composition. L'amande n'est qu'une pêche réduite à 
l'état de noyau, la pêche une amande dont une partie de la coque est 
devenue charnue et succulante. 

On a établi sur ces caractères deux sections dans le genre Amygdalus , 
les Amandiers et les Pêchers : chacune d'elles renferme un certain nom- 
bre d'espèces et de variétés ornementales, qu'il ne sera peut-être pas 
inutile de rappeler. Les catalogues des horticulteurs mentionnent, dans 
la première section : 

i° L'Amandier nain [Amygd. nana^ L.). Arbrisseau de 5 à 8 décimètres, 
à feuilles oblongues, linéaires ou oblongues lancéolées, atténuées à la 
base, glabres, dentelées. Les fleurs paraissent en mars ou avril, solitaires, 
axillaires et de la grandeur de celles du Pêcher ; les pétales, oblongs, 
sont rouges. Originaire de la Russie méridionale, l'Amandier nain est 
cultivé depuis 1685. Il est parfois appelé : Amandier de Géorgie, mais 
ce nom appartient à l'une de ses variétés que Desfontaine avait cru 
pouvoir ériger en espèce. 

L'Amandier nain à fleurs doubles (A. nana flore duplo) est cultivé 
plus souvent que celui à fleurs simples. 

L'Amandier de Géorgie (^4. na7ia, var. Georgica, De C. A. Georgica, 
Desf.) se distingue seulement par les lobes du calice de la longueur du 
tube, le style inclus et tomenteux à la base. Les fleurs sont simples ou 
doubles, plus grandes que celles de l'Amandier nain; originaire du Caucase. 

Amandier nain à feuilles dentées {A. nana, var. serrata, Camuset). 
Les feuilles sont dentées et les divisions du calice dépassent les pétales. 

2" Amandier de Sibérie (A. sihirica, Lodd.). Petit arbrisseau à rameaux 
diffus, bruns, à feuilles glabres, vert lisse au-dessus, pâles en-dessous, 
finement dentées, repliées en gouttière. Fleurs petites, rose pale ; en 
mars-avril; pétales ordinairement recourbés en nacelle. 

5° Amandier pédoncule {A . pedufîcidata, Hort. Par.). Arbrisseau grêle, 
à rameaux brun foncé; feuilles glabres, pétiolées; fleurs roses, naissant 
en même temps que les feuilles, solitaires, portées sur des pédoncules 
de 10 à 15 millimètres. 

4° Amandier argenté, satiné, d'Orient, du Levant (A, orientalis, Ait. 
A, argentea, Lam. A. incana? Hort.). Il devient un arbuste de 5 à 
4 mètres, dont les branches et les feuilles sont blanc d'argent par un 
duvet soyeux; les rameaux sont étalés; les feuilles entières, lancéolées, 
ovales-oblongues, brièvement pétiolées, tombant très tard. Fleurs roses, 



99 — 



un peu plus grandes que celles de l'Amandier nain : dès le commencement 
de mars ou en avril. Fruits mucronés. Originaire du Levant, il est très 
délicat, et les hivers rigoureux le font périr. 

5° Amandier commun {A. commimisj Linn.), dont on a obtenu un assez 
grand nombre de variétés, entre autres l'Amandier à fruits doux et 
l'Amandier à fruits amers. 

Le Pêcher ou Amandier de Verse (Amijgdalus persica, L., Persica 
vulgaris, Mill., P. lœvis. De C), outre ses nombreuses variétés de fruits 
a fourni pour l'ornementation des jardins : 

Pécher h fleurs doubles [P. vulgaris flore duplo). 

Pêcher d'Ispahan à fleurs doubles (P. Ispahœensis flore pleno). 

Pécher nain à fleurs doubles (P. pumila fl.. dupl. rubro s. albo). 

Pêcher à grandes fleurs roses (P. grandi flor a rosea). 

Pêcher à fleurs blanches pleines (P. fl. pleno albo). 

Pêcher à fleurs rouges pleines (P. fl. pleno rubro). 

Pêcher à feuilles panachées (P. joliis variegatis). 

Pécher pleureur (P. pendula). 



NOTE SUR LE BURTONIA A FEUILLES RUDES, BURTOJYIA 

SCABRA, Br., 

Par m. Ed. Morren. 

FAMILLE DES LÉGUMINEUSES. — DÉCANDRIE-MONOGYNIE. 

(Figurée Pl. 26, fig. 2-4). 

BuuTONiA (§ Euburtonia) scabra; foliis erectis trifoliolatis , foliolis subulalo-linea- 
ribus scabris subaduncis muticis, ramulis teretibus pubescentibus. 

Burtonia scabra Br. in Hort. Kew éd. 2, v. 3, p. 12. — De Cand. Prodr., v. 2, 
p. 106. — Lehm. Plant. Preiss.^ v. 1, p. 41. — Gompholobium scabinim ^ Smith, in 
Limi. Soc. Trans. v. 9, p. 250. 

Cette charmante plante fleurissait déjà il y a un demi-siècle au moins, 
dans les serres royales de Kew : elle avait été découverte par M. Men- 
zies, dans la baie du roi George, et introduite, en 1805, par M. Peter 
Good. Cependant aucune figure n'en avait encore été publiée avant celle 
que le Botanical Magazine vient d'en donner et d'après laquelle nous 
avons composé notre planche. 11 semble d'ailleurs que le Burtonia 
scabra a été, pendant un certain temps, perdu pour les cultures, pen- 
dant que d'autres espèces, presque aussi belles, prenaient sa place, telles 
que le B. pulchella, Meisn. et le Burtonia. villosa. Le B. scabra porte 
les plus élégantes fleurs de ce genre et se distingue très nettement par 
la singulière surface, scabre et rude au toucher, de ses feuilles; c'est 



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l'espèce type d'après laquelle Brown a établi le genre. Elle prospère dans 
une serre froide bien aérée : les fleurs sont nombreuses et accumulées à 
l'extrémité des rameaux; leurs pédicelles sont courts et bractéolés, le 
calice glabre , cilié sur les bords et moucheté de points noirs à l'extré- 
mité des lobes. Les fleurs s'ouvrent vers le mois de mai. 

Figures analytiques, o. Feuille; 4. Extrémité d'un foliole (amplifiés pour montrer 
la nature papilleuse du derme). 



REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU INTÉRESSANTES. 

PLEINE TERRE. 

Torreysi grandis, Fort. — Gard. Chron., 1857, p. 788. —Journ, 
de la Soc. imp. et centr. d'Hort., vol. III, p. 754. — Famille des Coni- 
fères : Dioecie Monadelphie. — Torreye grande. 

Ce bel arbre vert a été découvert par M. Fortuue, dans son dernier 
voyage , sur les montagnes Chekiang, en Chine. Sous quelques rapports, 
son feuillage ressemble à celui de l'espèce connue dans les jardins sous 
le nom de Cephalotaxus drupacea, que M. Lindley présume être le 
Taxus cuspidata de Siebold et Zuccarini. Ses feuilles sont longues de 
2 centimètres, linéaires, terminées brusquement par une petite pointe 
courte : elles sont disposées sur deux rangs, de telle sorte que leur face 
supérieure regarde le ciel; leur face inférieure présente un sillon à 
droite et à gauche de la côte. Ses fruits sont ovales, aigus, couverts 
d'une couche pulpeuse, molle, longs de près de 3 centimètres; leur 
enveloppe propre forme comme un noyau médiocrement dur ; leur 
albumen n'est pas ruminé à la manière des muscades, comme il l'est 
dans le Torreya myristica. En Chine, le Torreya grandis atteint jusqu'à 
25 mètres de hauteur. M. Fortune pense qu'il supportera la pleine terre 
dans toutes les parties de l'Angleterre. Des graines qu'il a rapportées 
sont provenus nombre de jeunes pieds, qui végètent très bien chez 
M. Glendinning, à Chiswick. 

SERRE CHAUDE. 

Ananas bracteatns, Rœm, et Schult., in Syst. Veg., v. 7. p. 4286. 

— Ananasa bracteatus, Lind., Bot. Reg., t. 1084. — Bot. mag., 
t. 5025. — Famille des Broméliacées ; Hexandrie Monogynie. — Ananas 
écarlate. 

Cette plante est éminemment ornementale pour les serres chaudes en 
été, mais S. W. Hooker ne pense pas qu'on puisse la considérer comme 
une espèce; elle constitue d'après lui, l'une des nombreuses variétés de 



— 101 — 



l'Ananas ordinaire {Ananas sativus). En effet celui-ci est spécifiquement 
caractérisé par le prolongement de l'axe et la production de l'cuilles 
au-delà de l'épi floral, et V Ananas bracteatus offre cette particularité. 
D'après le D*^ Lindley, « le grand mérite de cette plante consiste dans la 
couleur rouge vive et claire des bractées, qui conservent leur couleur, 
nn peu diminuée, à la maturité du fruit : celui-ci est si bon, qu'il doit 
trouver place dans toute culture d'Ananas. » 

Cette plante n'a rien de commun avec le Bromelia hracteata, Sw. 

Lycaste breTÎspatba, Kl., var. il. satnratiore. — Gartenfl,, 
t. 202. — Famille des Orcbidées; Gynandrie Monandrie. — Lycaste à 
courte spathe, variété à fleur plus colorée. Elle a été importée de 
Guatemala par M. de Warscewicz : petite plante, à fleurs de 5 ou 6 cen- 
timètres, à sépales externes verts, pétales et labelle blancs, parsemés de 
points roses et rouges. 

Sonerilla s»pecio»a, Zenker. — In Plant. Ind, Nilgh., p. 18, 
t. 18. — Ann. Se. Nat., v. 6, p. 151. — Wight, le. plant. Ind. Or., 
t. 2952. — Bot. mag., t. o026. — Famille des Melastomacées ; Triandrie 
Monogynie. — Sonerille magnifique. 

Elle a été introduite par MM. Veitch d'Exeter, des monts Neilgherries 
aux Indes, en même temps que le Sonerilla elegans (Voir T. VII, p. 240), 
qu'elle surpasse de beaucoup en beauté. Les feuilles sont opposées, 
pétiolées, cordées-ovées, aiguës, dentées, à 5, 7 ou 9 nervures, glabres; 
les fleurs sont en cyme et d'un rose vif. 

Cordia ipomceaeflora^ Hook. — Bot. mag., t. 5027. — Famille 
des Boraginées; Pentandrie Monogynie. — Cordia à fleurs de liseron. 

Il ressemble beaucoup an Cordia swperha, est arborescent et s'élève 
fort haut, tout en étant confiné dans un pot. Les feuilles sont mates, 
longues d'au moins un pied, avec des pétioles de deux à trois pouces; le 
limbe est aigu et irrégulièrement denté dans sa moitié supérieure. Les 
fleurs sont en panicule lâche, une fois et demi aussi grandes que celles 
du C. swperha et rappellent immédiatement celles des Convolvulus 
blancs. Le C. ipomœœflora se trouve dans la serre chaude du jardin 
royal de Kew, sans que l'on sache d'où il y est venu. 



— 102 — 



QUELQUES EFFETS DE L'ÉTÉ DE 1857 SUR LA VÉGÉTATION, 

PAR M. A. Malbranche, 

Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres 

de Rouen, 

L'année 1857 comptera certainement parmi celles d'une fertilité re- 
marquable. Si dans quelques contrées la floraison des pommiers a été 
contrariée par des gelées tardives ou des vents pernicieux, la récolte du 
froment a été magnifique; les nouvelles du midi annoncent des vendan- 
ges excellentes; l'abondance et la qualité du vin sont telles que pour 
trouver un terme de comparaison, il faut remonter à 1811. Nous avons 
presque vu réaliser ces beaux vers de notre vieux Malherbe à Henri IV : 

» La moisson de nos champs lassera des faucilles, 
Et les fruits passeront la promesse les fleurs. » 

Il m'a paru intéressant de consigner ce que j'ai eu l'occasion de re- 
marquer des effets de cette température exceptionnelle. 

Les jardins ont présenté quelques phénomènes de végétation bons à 
noter : des plantes qui ne fructifient pas habituellement ou qui mûris- 
sent mal leurs fruits, en ont donné en abondance; j'ai vu, dans plusieurs 
localités, le Bignonia radicans [Tecoma) chargé de pesantes siliques, 
remplies de graines ailées très caractéristiques. Le Catalpaa\ec ses longs 
fruits, menus et cylindriques, rappelait les gousses singulières du Cane- 
fîcier des Indes. La jolie Glycine de la Chitie a fructifié chez M. Wood. 
V Asclepias Syriaca a mûri parfaitement quelques fruits peu connus ici, 
et j'ai eu l'occasion de savoir qu'à Lyon même, on avait remarqué sa 
fructification extraordinaire. Le Kelreutheria paniculata, le Pàliurus 
aculeatus, les trois Martynia ont développé admirablement et en abon- 
dance leurs singuliers carpelles. Au château d'Harcourt, les nombreux 
Magnolia que l'on y remarque étaient couverts de cônes superbes. A 
Trianon VAnona triloha, pour la première fois, je crois, malgré sa 
force, a porté des fruits magnifiques. Toutle groupe des Mespiliis (M. Aza- 
rolus, odorata, caroliniana, lucida), émaillait les bosquets de ses baies 
écarlates, coccinées ou jaunâtres. 

Les Capsicum, aux fruits de corail, et les Solanum qui leur ressem- 
blent, ainsi que le Gaultheria procumbens, prodiguaient à l'envi leurs 
fruits éclatans et vermillonnés. Je n'ai jamais remarqué une aussi grande 
abondance de fruits chez les Phlox et les Hybisciis. Partout du mois 
d'Août au mois d'Octobre les Rhododendrum n'ont cessé de multiplier 
leurs majestueux corymbes. Le R. Cimninghami et ses congénères du 



— 103 — 

Caucase ont suivi l'exemple de ceux venus du Pont. Jamais les Lauriers- 
Roses n'ont étalé avec tant de libéralité leurs charmants bouquets. 

Dans les potagers, les vignes et les Pécliers pliaient sous le poids des 
fruits, et comme l'a dit un horticulteur, cette année le Pécher avait 
retrouvé sa patrie. Dans beaucoup de localités on a constaté des 2*^' flo- 
raisons et fait deux récoltes. A Bolbec, au mois d'octobre, on citait 
des pommiers en fleurs et des fruits noués ; à Vibent^ des poiriers ; 
à St. Valéry, des vigyies; à Rouen, des marroniers. Chez M. Lesnens, 
au mois de Novembre, un poirier fleurissait pour la troisième fois. Chez 
M.Quesnel, aux Baons, des Néfliers et un Coignassier du Japon étaient 
en fleurs. A Anfreville, on a fait une 2^ récolte de lin. En novembre 
encore, on récoltait des figues et des framboises parfaitement mûres. 
Comme sous le doux climat du midi, les chênes verts (Quercus Ilèx) ont 
prodigué leurs glands en Normandie. 

Beaucoup de plantes ont remonté, selon l'expression consacrée en hor- 
ticulture. J'ai vu à la fin de novembre, la Pervenche, le Veronica Bux- 
haumii, le Salvia verbenacea, fleurir sur les coteaux de S* Hilaire où je 
les avais cueillis au mois d'Avril. 

Quelques cryptogames parasites d'automne semblent avoir profité de 
la prolongation de la végétation pour multiplier leurs ravages. L'^ci- 
dium cancellatum couvrait les espaliers de ses taches orangées, tandis 
qu'à côté, j'ai vu une vigne, triomphant de l'Oïdium qui l'avait enva- 
hie de bonne heure, mûrir parfaitement ses grappes au grand étonne- 
ment de son propriétaire. 

Les aiîimaux eux-mêmes, dont l'instinct était en défaut, trompés 
par cette douce température, croyaient au retour du printemps. Les 
oiseaux édifiaient leurs nids sur nos boulevards et des hannetons impru- 
dents prenaient leurs ébats au soleil de l'été de la saint Martin. 



FLORAISON EN PLEIN AIR DU VICTORIA REGIA. 

M. Michel-Angelo Console , directeur du jardin botanique de Palerme, 
vient d'écrire à la Revue horticole une lettre, par laquelle il annonce 
la floraison en plein air, pour la première fois en Europe, du Victoria 
regia. Voici un extrait de cette lettre : 

« Un pied de Victoria regia, qui arriva dans notre établissement le 
9 mai , fut de suite placé dans une espèce de panier, avec de la terre 
convenable, et plongé dans un petit réservoir à eau. 

« On avait soin de remplacer chaque jour, dans ce réservoir, l'eau 
qui s'évaporait par suite de la chaleur due à la radiation solaire. 

« La plante avait à ce moment trois petites feuilles , dont la plus 
grande ne dépassait pas 0^,06. Le 17 juin, elle fut définitivement mise 



- 104 — 



à sa place dans le grand aquarium. Elle avait alors six feuilles, la plus 
grande de 0'",18. Durant la période qui s'écoula jusqu'à la fin du mois, 
son accroissement en diamètre fut à peine de 0"%0G, ce qui prouve 
que cette plante avait été sensible aux changements de température 
qu'elle a subis. 

« Du l^'" au 15 juillet, avec -h 22"Réaumur à l'ombre, la plus grande 
feuille atteignait 0™,4r>. Jusqu'au 6 août, époque à laquelle la tempé- 
rature s'élève à -+- 25° Réaumur à l'ombre et 50° au soleil , elle mesurait 
0'",80. A partir de cette époque, la température moyenne a été de 25', 
et le plus grand diamètre des feuilles, le 12 septembre, était de 1"%01 
avec un bord relevé de 0°',04, et c'est alors que parut le premier boutons 

« Le 1^' octobre , à cinq heures de l'après-midi , les premières feuilles 
du bouton s'ouvrirent en répandant une odeur très-agréable, que sen- 
tirent tous ceux qui étaient là à observer le développement des pétales 
externes. 

« Le 2 octobre, la fleur était complètement ouverte; sa corolle éten- 
due sur l'eau avait un diamètre de 0°',25 , les pétales du centre un peu 
tachés de rouge sang , étaient réunis entre eux. 

a En ce moment, son diamètre est de 0",50; les pétales du centre, 
d'un rouge sanguin, sont étendus au-dessus des pétales blancs externes; 
une touffe panachée, située au milieu, montre les organes de la géné- 
ration. Les feuilles n'ont plus grandi depuis. Il y a encore trois boutons 
qui monteront successivement à la surface si nous avons un automne 
tranquille. 

« De ce que nous venons de voir actuellement et des observations 
recueillies en 1855, on doit conclure que, dans notre climat, la Victoria 
regia, à l'air libre, ne peut atteindre de plus grandes dimensions que 
celles que nous venons d'obtenir, 

« Pourtant nous devons remarquer que, dans cette saison, nous 
n'avons pas eu nos chaleurs ordinaires, si ce n'est pendant un petit 
nombre de jours, à la fin de juillet et au commencement d'août. 

« Nous pouvons donc nous vanter d'avoir vu vivre et fleurir pour la 
première fois cette belle plante, sous notre gracieux ciel, pendant la 
belle saison ; il y a lieu d'espérer qu'avec de plus grandes chaleurs elle 
atteindrait de plus grandes dimensions, o 



PHYSIOLOGIE VÉCtÉTALE. 



OBSERVATIONS SUR UN MÉMOIRE PUBLIÉ EN 1752, PAR GUYOT, 
ET INTITULÉ : SUR LES FLEURS ET SUR LES CAUSES DE LA 
VARIÉTÉ DE LEURS COULEURS, 

Par m. Edouard Morren. 

Toutes les questions relatives à la coloration ont un grand intérêt 
pour l'horticulture; elle est un des plus charmants mérites des fleurs et 
ses changements sont la source d'une infinie quantité de variétés. Il 
importe donc de bien étudier ce phénomène, afin que, connaissant ses 
causes et les lois d'après lesquelles les couleurs varient dans les feuilles 
et les fleurs, on puisse provoquer ces variations à volonté et dans un 
sens déterminé; en un mot afin de pouvoir obtenir avec certitude telle 
variété de telle espèce. 

C'est dans le but d'aider à acquérir cette connaissance que nous repro- 
duisons des observations sur les fleurs et les causes de la variété de leurs 
couleurs, publiées en 1752 par un certain Guyot, simple amateur et 
employé aux postes. On trouve dans ce mémoire, parfaitement oublié, 
sous un style simple, naturel et à la portée de tout le monde, les idées 
les plus justes et les meilleurs principes sur la coloration des fleurs. 
La connaissance des matières colorantes, aux points de vue anatoraique 
et chimique a fait quelques progrès depuis 1752; mais sous le rapport 
physiologique on n'est guère plus avancé qu'on ne l'était alors : on a 
même reculé parce qu'on a oublié ce qui avait été fait. Les observa- 
tions modernes, entre autres celles de M. le professeur Lecoq ont en 
touts points confirmé les résultats de Guyot. Si l'on eût voulu habiller à 
neuf ce vieux mémoire de 1752, présenter les mêmes faits sous une 
forme nouvelle et dans le langage scientifique actuel, il eût été facile 
de s'en faire attribuer le mérite : nous reproduisons ces observations 
non-seulement pour ce qu'elles ont d'utile et de pratique, mais afin de 
faire rendre à qui de droit l'honneur de ses découvertes. Le style presque 
naïf sous lequel elles sont présentées, les rendent intelligibles pour tout 
le monde. 

Le mémoire primitif de Guyot est accompagné d'une planche chromo- 
lithographiée, nécessaire à l'intelligence du texte ; nous en avons fait 
faire un fac-similé aussi exact que possible. 

On remarquera enfin un passage d'un certain intérêt relativement à 
l'histoire de la découverte de la fécondation végétale, et qui mentionne 
un fait généralement oublié. 



— 106 — 



Les observations de Giiyot sont insérées dans un recueil in-4*', intitulé : 
Observations sur l'histoire naturelle, la 'physique et la peinture^ avec 
des planches imprimées en couleur. Paris, chez De la Guette, rue 
SMacques, à l'Olivier, année 1752, tome P"". l'« partie, p. 73. 

Il est singulier que la coloration des végétaux fit les plus rapides 
progrès au milieu du XVIIP siècle, par les travaux presque simultanés 
de Linné, Ludwig et Guyot. Linné établit les bases de la nomenclature 
des couleurs végétales et décida de quelle valeur pouvaient être les 
caractères qu'elles fournissent. Ludwig discuta les principes émis par 
Linné et publia un assez grand nombre d'observations curieuses sur le 
coloris des plantes; enfin Guyot découvrit les lois d'après lesquelles se 
forment les variétés de coloration dans une espèce. 

SUR LES FLEURS ET SUR LES CAUSES DE LA VARIÉTÉ DE LEURS 

COULEURS, 

Par m. Guyot. 

MÉxMOIRE PUBLIÉ EN 1752. 

Cette observation mérite certainement l'attention des Naturalistes; 
elle donne une idée de la combinaison des couleurs par le mélange des 
fleurs de même espèce et diversement colorées, que l'on sème à côté 
l'une de l'autre. M. Guyot prétend qu'elles forment entr'elles, non- 
seulement des fleurs de leur couleur propre, mais encore des fleurs de 
couleur mixte, toujours composées de leur mélange naturel, ainsi qu'un 
Peintre fait avec de pareilles couleurs sur une palette. On peut encore 
conclure, des expériences qui produisent ces mélanges singuliers, quelles 
sont les couleurs primitives et permanentes des corps, et celles que l'on 
peut appeler secondaires ou mélangées. 

C'est par le soin extrême (dit M. Guyot) que l'on prend depuis peu 
pour la culture des fleurs, et le mélange qui se fait naturellement de 
leur différente couleur dans les Planches où on les sème, que l'on est 
parvenu à en élever qui surpassent de beaucoup celles que l'on avait 
précédemment cultivées : les Tulipes, les Auricules, les Renoncules, les 
Anémones, n'étaient point il y a 60 ans aussi belles qu'elles le sont 
présentement; ce qu'il y avait alors de plus beau , serait aujourd'hui du 
dernier rebut. Selon le sentiment commun l'on croit que ce n'est qu'à 
force de semer et d'éliter les fleurs sans égard à leur couleur , dans les 
mêmes espèces , que l'on est parvenu à en élever qui semblent avoir 
acquis, dans les teintes qui les caractérisent, les variétés les pins bril- 
lantes. Je dis au contraire que jusqu'à présent les mélanges que l'on a faits 
par hasard ont eu la meilleure part à la production des différentes 
espèces de couleurs qui se trouvent dans les fleurs, et que la culture n'a 



— 107 — 



servi qu'à les mieux nourrir et à leur donner une plus belle forme. On 
n'a pas pris garde qu'il n'y a rien de plus facile que d'élever des fleurs 
dans les couleurs telles que l'on désire, c'est ce qu'on pourra faire pré- 
sentement, ainsi que je vais le démontrer. 

Je ne prétends parler ici que des espèces de fleurs cultivées par les 
Amateurs fleuristes. Ces fleurs sont les Tulipes, les Anémones, les Auri- 
cules, les Oeillets, les Jacintes et les Semi-doubles, sur lesquelles espèces 
de fleurs j'appliquerai mes observations, et je ferai ensorte d'en expliquer 
les variétés infinies. 

M. Geofroid le cadet (1) nous a donné une nouvelle conjecture sur la 
génération des plantes ; il prétend que la poussière du sommet des 
étamines des fleurs tombant sur leur pistille (sic) procure la fécondité de 
leurs graines, et que si l'on coupe les étamines d'une fleur aussitôt 
qu'elles paraissent, la fleur ne donnera pas de graine. 

De là je suis porté à croire que les étamines de fleurs de même espèce, 
plantées les unes près les autres, se procurent réciproquement la fécon- 
dité (2), et que si ces fleurs sont de couleurs différentes entr'elles, celles 
qui proviendront de leurs graines seront de couleurs qui tiendront du 
mélange de celles qui auront procuré à ces graines la fécondité, ce qui ne 
peut avoir lieu entre des plantes de différentes espèces d'où il naîtrait des 
fleurs bizarres qui tiendraient de la nature et de la couleur de celles dont 
la poussière des étamines aurait contribué à la fécondité des graines. 

Il suit de cette opinion que deux fleurs de même espèce, mais de deux 
couleurs différentes, plantées l'une auprès de l'autre et fleuries en même 
temps, doivent produire une plante de même espèce, dont la couleur de 
la fleur tiendra du mélange des couleurs de celles dont la poussière des 
étamines aura réciproquement contribué à la fécondité de la graine. 

Pour s'assurer de la vérité de cette conjecture, qui, comme je le ferai 
voir ci-après, parait assez vraisemblable, il ne s'agit que de faire fleurir 
dans un endroit à l'écart, des fleurs mêlées ensemble, de même espèce, 
simples et portant graine, de couleurs pures, savoir : moitié en rouge, 
moitié en jaune et de semer séparément la graine qui en proviendra, 
laquelle doit produire des fleurs de couleur rouge, jaune et orangé, 
puisque l'orangé est produit par le mélange du rouge et du jaune. Il 
s'en trouvera même parmi le mélange, produit de ces deux premières 
couleurs^ qui seront bigarées d'orangé et de rouge. 



(1) Histoire de PAcadcmie , 17H. p. 51. 

(2) Cette expérience mérite d'être suivie. Je crois que si les fleurs communiquent 
et mêlent leur couleur par la poussière de leurs étamines , ce qui est bien difficile 
à expliquer physiquement, il faudrait alors croire que les plantes sont toutes de vrais 
hermaphrodites et qu'elles ont l'une et l'autre des parties propres à la génération : 
elles seraient donc d'une production plus composée que celle des animaux et des 
insectes. Je disserterai une autre fois sur cette remarque. 



- 108 — 



Pour faire cette expérience avec plus de précision , il faut faire ensorte 
que les plantes fleurissent autant qu'il sera possible, ensenïble et dans les 
mêmes jours, ce qui est très facile, en retranchant des fleurs de la plante 
qui en donnerait en plus grande quantité que l'autre : par ce moyen on 
retardera le temps d'éclore ses fleurs parle grand nombre qu'elle serait 
obligée de nourrir. Il faut avoir attention de faire fleurir ces fleurs le plus 
près qu'il sera possible. 

Si l'opinion de 31. Geofroid est vraie, les renoncules provenues des 
graines que l'on recueillera , seront des couleurs indiquées ci-dessus, ou 
de couleurs très-approchantes. Si , au contraire les dites graines pro- 
duisaient des plantes de couleur violette , pourpre ou blanche , il y aurait 
lieu de douter de cette communication. 

On peut par contre expérience faire fleurir séparément et éloignées les 
unes des autres les fleurs des couleurs ci-dessus , et les semer à part; elles 
donneront chacune des fleurs de leur même couleur. 

Ces expériences sont faciles à faire et suffiront pour s'assurer de la 
vérité de mon opinion. 

Voici les remarques générales que j'ai faites sur les fleurs, qui confir- 
ment les expériences particulières dont je viens de parler. J'ai semé des 
graines des différentes espèces de fleurs détaillées ci-dessus, et j'ai réussi 
à élever des fleurs de couleurs mixtes et combinées. Par exemple, j'ai 
semé un millier de graines d'Auricules de différentes couleurs , celles qui 
en sont provenues ont porté des fleurs de couleurs composées et mêlées 
de celles que j'avais semées : il ne s'en est pas cependant trouvé deux 
exactement semblables entr'elles , elles étaient toutes plus ou moins mé- 
langées des couleurs des fleurs qui avaient porté des graines. Pour peu 
que l'on connaisse le mélange des couleurs, il sera facile d'appercevoir 
cette combinaison. 

Je me suis apperçu que quand je semais des graines des Auricules 
rouges, pourpres, violettes et blanches, celles qui provenaient de leurs 
graines n'étaient jamais ni bleues ni vertes, ce qui est conforme à la 
nature des couleurs, attendu que le bleu, qui est une couleur primitive, 
ne peut être produit par le mélange d'aucune de ces couleurs, et que le 
vert ne se peut produire que lorsqu'il y a du bleu et du jaune : mais les 
fleurs qui provenaient de ce mélange, étaient ou cramoisies, étant pro- 
duites par la communication des étamines des fleurs violettes et couleur 
de feu, ou couleur de rose, étant produites par la communication des 
étamines de fleurs blanches, cramoisies et couleur de feu, ou couleur de 
paille produites par celles des fleurs jaunes et blanches, etc. 

L'Auteur de la nature, dont la sagesse a tout prévu , a créé fort peu 
d'espèces de fleurs de couleur bleue : et il est facile de remarquer que les 
mêmes espèces de fleurs qui sont de couleur bleue ne sont jamais en même 
temps jaunes , ce qui aurait produit , par le mélange des couleurs , des 
fleurs tout-à-fait vertes, qui n'auraient point été agréables à la vue, et 



- 109 — 



seraient alors confondues avec les feuilles de la plante menu; qui les 
auraient produites. 

Ceux qui cultivent les fleurs et qui s'imaginent d'élever des renoncules 
bleues, sont dans Terreur, parce qu'il n'y a aucune couleur dans les re- 
noncules dont le mélange puisse produire le bleu; s'il y en avait dans 
leurs plancbcs de cette couleur et qu'elles se communiquassent avec les 
jaunes, elle produiraient des fleurs vertes, fort désagréables; et de plus 
ces fleurs bleues feraient des couleurs ternes et sales par leur mélange 
avec la plus grande partie des autres couleurs, et alors on ne recueillerait 
plus des fleurs de couleur rouge pur, jaune, orangé. Ces espèces seraient 
abâtardies et gâtées par le seul mélange de la couleur bleue qui n'est point 
analogue ni avec le rouge , ni avec l'orangé , ni avec le jaune. 

Les Jacintes sont toutes ou bleues ou blancbes ; quelques-unes ont un 
peu de couleur de rose : il n'y a point a craindre que le mélange de ces 
trois couleurs en puisse produire de désagréables à la vue, il n'en peut 
provenir que des Jacintes bleues plus ou moins pâles, ou foncées, ou 
violettes-bleues, ou panachées en bleu et blanc. Jamais on n'élèvera des 
Jacintes jaunes, ces trois couleurs ne pouvant point produire par leur 
mélange de jaune. Il en est de même du pied d'allouette qui est dans les 
mêmes couleurs que la Jacinte. 

Les Anémones sont en général bleues violettes, ou d'un rouge cra- 
moisi; il n'y en a point de rouge pur (1), d'orangé ou de jaune; et en un 
mot, quand une espèce de fleur produit des couleurs jaunes, elle n'en pro- 
duit point de bleues; quand elles en produit de bleues, elle n'en produit 
point de jaunes : mais il faut observer que dans toutes les espèces il s'en 
trouve des violettes-pourpres et cramoisies, parce que ces couleurs ne 
sont point primitives, et que leur mélange avec le bleu d'une part et le 
jaune, l'orangé et le rouge de l'autre, ne peut produire de vert parfait ni 
des couleurs désagréables. Il se trouve des Auricules couleur d'olive, 
mais elles sont produites par le mélange du violet et du jaune. 

Si, malgré ce que j'ai ci-dessus expliqué, on veut que les fleurs ne se 
communiquent point leur couleur, que l'on me dise donc pourquoi dans 
les mêmes espèces de fleurs qui sont de couleur bleue , il n'y en a jamais 
de jaunes et pourquoi les jaunes ne sont jamais bleues. 

Il suit naturellement de ce que je viens de dire et de ce que j'ai éprouvé, 
que les fleurs de différente nature, comme la renoncule avec l'anémone , 
etc. ne se communiquent pas leurs couleurs. S'il était vrai que la pous- 
sière des étamines d'une Narcisse jaune pût contribuer à la génération 
des graines d'une Jacinte bleue , il en naîtrait des fleurs vertes qui tien- 
draient de la nature de la Jacinte et de la Narcisse : c'est ce qui ne s'est 
point encore vu et que le prétendu hasard n'a point encore produit. 



(1) On entend par rouge pur la couleur de IVcarlalle ou du vermillon. 



~ 110 — 



On peut conclure de tout ce que je viens de dire, qu'il n'est point 
difficile d'élever des fleurs de couleur, telles qu'on les voudra, ou fort 
approchantes, il suffira pour cela d'avoir un certain nombre de plantes 
simples et portant graines des couleurs primitives, savoir en rouge, 
orangé, jaune, blanc, violet d'une part, et de l'autre en bleu , violet, 
cramoisi, blanc et brun, pour se donner des couleurs plus ou moins 
claires ou foncées. 

Si on veut élever des renoncules couleur de souphre, on plantera dans 
une caisse des renoncules jaunes et blanches, et l'on sèmera la graine 
qui en proviendra, laquelle doit donner des renoncules couleur de sou- 
phre ou panachées de blanc. 

Si on veut avoir des renoncules aurores, on plantera des renoncules 
rouges et jaunes, et l'on sèmera la graine qui en proviendra, qui don- 
nera des renoncules aurores ou panachées en jaune et rouge; ;et ainsi des 
autres. 

Il faut beaucoup d'attention pour faire ces expériences , et on ne peut 
se dispenser de tenir des notes exactes de la façon dont on aura opéré. 

Je ne démontrerai pas ici de quelle façon la poussière des étamines, 
d'une fleur volant dans l'air, agit sur le pistille d'une fleur voisine; cela 
appartient totalement à la Physique, et d'ailleurs ce que j'en pourrais 
dire ne serait que fort abstrait et fort incertain. Il me suffit de faire voir 
qu'elles agissent effectivement et communiquent la couleur de leurs 
fleurs ; ce n'est que par des expériences réitérées que l'on pourra s'assurer 
soi-même de plus en plus de la vérité de cette opinion. 

D'où provient dans les fleurs le panache. 

Dans chacune des différentes espèces de fleurs on en distingue de deux 
sortes, savoir les pures et les panachées, les pures ne sont que d'une 
seule couleur, et les panachées sont de 2 ou trois couleurs. 

Cette différence des fleurs pures et panachées ne vient, selon moi, que 
de ce que dans les premières les couleurs plus ou moins claires ou obscu- 
res, qui sont toujours le blanc, le rouge, l'orangé et le jaune d'une part, 
ou le rouge cramoisi et le violet de l'autre, sont mélangées et parfaitement 
confondues avec la couleur du fond de la fleur, et de ce que dans les 
panachées les couleurs sont séparées et distinguées les unes des autres, 
par les couleurs qui forment le panache et par celles du fond. 

Application aux Tulipes. 

Dans les Tulipes que l'on nomme couleurs, les couleurs qui doivent 
former le panache de la Tulipe , qui sont le rouge , le pourpre , ou le 
violet, plus ou moins foncés, sont confondues et mêlées les unes et 
les autres avec la couleur du fond de la Tulipe, qui est toujours ou jaune 



— \\\ — 



ou blanc (') : ce n'est qu'après plusieurs années et des plantations reité- 
rées que les couleurs, qui servent à former le panache, commencent à se 
séparer de la couleur du fond et forment par là ces variétés admirables 
qui sont le mérite de la Tulipe. 

La couleur du fond de la Tulipe; qui est toujours ou blanc ou jaune 
plus on moins doré, est alors étendue sur toute la feuille de la fleur, et 
la couleur du panache ne se trouve mêlée avec celle du fond, que dans 
quelques endroits : c'est ce qui fait qu'il n'y a point de Tulipe dont le 
panache soit de couleur primitive, lorsque le fond en est jaune , attendu 
que le jaune se mêlant avec le rouge et le violet, fait varier ces couleurs 
selon qu'il se trouve plus ou moins foncé ; plus le jaune est pâle , plus les 
couleurs du panache approchent du rouge ou violet; plus il est doré, plus 
elles s'en éloignent. 

Lorsque le fond de la Tulipe est blanc, la couleur du panache est rouge 
ou violette, plus ou moins claire ou foncée, ou pourpre et cramoisi, ce 
qui est produit par le mélange de ces couleurs et du blanc. 

Plusieurs Auteurs se sont imaginé que les Tulipes panachaient de 
viellesse; je ne suis pas tout-à-fait de ce sentiment. Une Tulipe panache, 
selon moi, en ce qu'elle détache et sépare, des sucs qu'elle reçoit avec 
plus ou moins d'abondance, les petites particules qui forment la couleur 
du panache et celle du fond de la Tulipe, couleurs qui demeurent accro- 
chées et confondues dans certaines terres. Les particules des sucs nourri- 
ciers, lorsque la Tulipe panache, coulent librement le long des fibres qui 
partent du pied du vase de la Tulipe, et s'étendent le long des feuilles de 
la fleur : ces particules colorées (que je suppose violettes) avant que la 
Tulipe panachât, étaient confondues et mêlées avec le fond blanc de la 
fleur, et formaient une Tulipe d'un violet pâle, mais se trouva alors 
rapprochées les unes des autres , elles donnent en ces endroits une cou- 
leur plus vive et plus foncée, et forment l'agréable variété que nous 
voyons dans les Tulipes (2). Les endroits où la couleur violette du panache 
est d'un violet noir, sont ceux où ces particules se sont le plus accumu- 
lées, et sont comme engorgées dans les fibres des feuilles de la fleur. 

Souvent une Tulipe panachée devient pure, sans doute, parce que la 
couleur du panache vient à se confondre de nouveau avec le fond de la 
fleur; la qualité de la terre ou la trop grande abondance de sève, peut 
produire cet effet. 



(1) Ceux qui ont écrit de la Tulipe, et la plus grande partie des curieux, appellent 
mal-à-propos le panache de la Tulipe le blanc et le jaune, ce qui n'est autre chose 
que la couleur du fonds qui s'étend sur toute la fleur. J'entends par couleur du fond, 
non celle du fond du calice, mais cell e qui est étendue sur toute la feuille en général. 

(2) La théorie émise dans ce paragraphe n'est pas soutenable, mais on excusera 
l'auteur si l'on se rappelle que le chimie n'existait pas en 1752. 

{Note de la rédaction. ) 



— 112 



Application aux OEillets. 

Les OEillets panachent ordinairement dès la première année, et lors- 
qu'une fois le panache se mêle avec la couleur du fond il ne s'en sépare point. 

Il y a tout lieu de croire, que lorsque les particules qui composent le 
panache de l'OEillet, se sont confondues dans la sève avec celles du fond, 
alors les marcottes qu'ils produisent ne peuvent plus séparer les couleurs 
pour former le panache. 

Voilà en général tout ce qu'on peut dire de plus vraisemblable sur ce 
qui forme le panache des fleurs. Je laisse aux amateurs, qui voudront faire 
les expériences, dont j'ai parlé ci-dessus, la liberté de douter de tout ce 
que je viens de rapporter, jusqu'à ce qu'ils s'en soient convaincus par eux- 
mêmes, et je les prie jusques là, de vouloir bien suspendre leur jugement. 
Je serai cependant toujours très-flatté que les plus intelligens veuillent 
bien me faire l'honneur de me communiquer leurs sentimens (1). 

Depuis quelques années on a élevé des OEillets dont le fond est jaune ; 
ils ne sont pas d'un beau jaune ; mais si on en continue la culture, il y a 
tout lieu d'espérer que l'on aura par la suite des OEillets dont le fond 
sera d'un jaune varié, dans les mêmes couleurs que les Tutipes dont le 
fond est jaune, puisque les OEillets à fond blanc ont les mêmes panaches 
que les Tulipes de cette couleur. 

Explication de la planche. — Fig. 1. a, le fond blanc de la Tulipe; b, son panache 
qui tient de cette couleur et du cramoisi, — Fig. 2. c, le fond jaune de la Tulipe; 

son panache qui tient du jaune et du rouge. 



NOTICE SUR LES LAURINÉES CULTIVÉES DANS LES JARDINS ; 
Par m. a. Braun, 
Professeur de botanique à l'université de Berlin. 

(traduit de l'allemain'd l2) PAR J. Bourdon, docteur en sciences naturelles.) 

On est surpris de voir combien la nombreuse famille des Laurinées 
compte jusqu'à présent peu d'espèces introduites dans les jardins; cela 
est d'autant plus étonnant que cette famille est riche en arbres remar- 
quables, non par leurs fleurs, mais par la beauté, la brillante et l'élégante 
nervation de leurs feuilles toujours vertes. 

Linné réunissait le petit nombre de Lauriers qu'il connaissait (ce 
nombre ne dépassait pas douze) dans le genre Laurus, à côté duquel se 
trouve, dans la 9^ classe de son système, le singulier genre Cassyta 



(1) M. Guyot employé aux postes. 

(2) Verhandlungen des Vereins zur Befôrderung des Gartenbaues in den Konigl, 
Preussisclien Staaten. 21 'er Band. 



113 — 



formé alors de deux espèces et appartenant à la même famille , genre de 
plantes parasites, sans feuilles apparentes , avec une tige grêle qui, comme 
celle de la cuscute, dont ces plantes ont l'aspect, s'enroule en spirale de 
droite à gauche autour de plantes étrangères. Sprengel (Syst. plant. 
1825) compte déjà 5 genres de Laurinées, renfermant 91 espèces. Nées 
von Esenbeck [systema Laurinarum, 18oG) n'en décrit pas moins de 46 
genres avec 592 espèces. Si l'on y ajoute les espèces nouvelles, citées par 
Walpers [Annalen der systematischen Botaniken 1848), le nombre des 
Laurinées connus s'élève à 420. 

De ce grand nombre d'espèces, j'en ai trouvé au plus vingt-huit dans 
les jardins de Berlin et dans les autres jardins botaniques de l'Allemagne 
que je connais, et parmi elles, quelques unes sont trop jeunes pour 
pouvoir être déterminées avec une entière certitude. 

C'est dans la patrie des Laurinées qu'il faut, en partie, chercher la cause 
du petit nombre d'espèces de cette famille qui existent dans les jardins ; 
la grande majorité des Lauriers appartienne en effet aux régions tropi- 
cales de l'Amérique du Sud et de l'Asie , de sorte que leur culture exige 
la serre chaude ; cependant nous voyons aussi manquer dans les jardins 
beaucoup d'espèces originaires de l'Amérique du Nord et du Japon , et 
qui peuvent être cultivées en serre froide, quelques-unes même à l'air 
libre. Les Laurinées connues se distribuent de la manière suivante entre 
les parties du monde : 

Europe 1 espèce 

Asie 178 » 

Afrique 14 » 

Australie 20 » 

Amérique 207 » 

420 espèces. 

Si l'on retranche les Cassytes , qui sont parasites , et dont on ne connaît 
que 17 espèces, la plupart de la Nouvelle-Hollande, on obtient pour les 
Laurinées arborescentes les chiffres suivants : 

Europe 1 espèce 

Asie 176 y> 

Afrique 15 » 

Australie 8 » 

Amérique 205 » 

405 espèces. 

L'Europe, l'Afrique et l'Australie sont donc très-pauvres en Lauriers , 
par rapport aux deux autres parties du monde; cela est encore plus 
marquant pour l'Afrique, si l'on considère séparément les espèces 
propres aux lies et celles du continent, car des 15 espèces africaines , 
4 appartiennent aux îles Canaries , 4 aux îles Mascoreignes, 5 à Mada- 
gascar et 2 seulement au sud du continent africain. 

BELG. HORT. TOM. VIII. 8 



Ce qui m'a surtout engagé à faire une revue critique des Laurinées , 
ce sont les diverses dénominations fausses qui leur sont presque géné- 
ralement imposées dans les jardins, de sorte qu'une seule et même 
espèce se présente souvent sous cinq ou six noms, dont aucun n'est 
exact. Croirait-on qu'une espèce de Lauriers , répandue dans les jardins 
depuis un demi-siècle et portant même beaucoup de fleurs , manque 
dans le Systema Laurinarum de Nées et n'a été connue des botanistes 
que tout récemment (1) ? 

La détermination exacte des plantes pourrait sembler de peu d'impor- 
tance pour l'horticulture, puisque leur culture, leur beauté et leur 
utilité en sont indépendantes. Mais on ne peut vouloir sérieusement 
séparer ainsi la science de l'art; et cela est même en opposition avec 
l'intérêt pratique de l'horticulteur, car il est évident que la sûreté dans 
le commerce et dans les échanges que les jardins font entre eux, repose 
essentiellement sur la concordance des noms, concordance qui n'est pos- 
sible que si les plantes sont déterminées d'une manière scientifique. 
Mais d'autres motifs engageront encore l'horticulteur intelligent à 
rechercher, autant que possible, les dénominations scientifiques des 
plantes et à les conserver avec soin : comme au milieu de ses occu- 
pations pratiques, il trouve en même temps une grande jouissance 
intellectuelle , il cherchera à offrir également aux autres plus que 
l'avantage extérieur et le plaisir fugitif des sens ; il s'efforcera de 
coopérer pour sa part à la grande œuvre qui a pour but non-seulement 
d'assujetir la nature à l'homme , mais de faire que son esprit l'embrasse 
complètement et il la représente comme si elle existait en lui. C'est 
pourquoi il cherche à cultiver auprès de lui les végétaux les plus beaux et 
les plus remarquables que produisent les contrées les plus éloignées, 
comme pour réunir vivant autour de l'homme, leur souverain, les plus 
dignes représentants de toutes les régions du règne végétal. Sans la con- 
naissance des espèces , des genres , des familles , de la patrie des plantes , 
comment pourrions-nous jouir des beautés de la nature végétale? Com- 
ment ces beautés pourraient-elles enrichir notre intelligence ? La péné- 
tration des merveilles de la structure organique est intimement liée à la 
connaissance systématique des plantes , et la connaissance de la patrie 
donne en quelque sorte la vie à chaque forme végétale et marque sa place 
dans le tableau des régions lointaines du globe que notre imagination 
nous offre. Plus sont variées ces idées qui s'attachent aux plantes, plus 
est grand l'intérêt qu'elles excitent. Ne voyons-nous pas l'état des civili- 
sations des peuples, être intimement lié à la nature des plantes auxquelles 
ils doivent leurs moyens d'existence? Ne voyons-nous pas un grand 
nombre de plantes jouer même un rôle dans la mythologie des anciens ? 
Aussi les moindres détails historiques sur les végétaux, devraient toujours 
être conservés par l'horticulture comme une tradition sacrée. N'est-il pas 



(1) Laurus canariensis. Voyez plus bas. 



— H5 — 



cmincmment regrettable de voir dans les jardins, des plantes dont on 
ignore complètement la patrie, aussi bien que l'histoire de leur intro- 
duction? Quand même cette connaissance serait de peu d'importance, le 
moindre sentiment de reconnaissance envers les hommes qui , poussés 
par la pure ardeur de découverte, supportent mille souffrances dans des 
pays inhabitables et souvent sacrifient leur existence, pour procurer à nos 
jardins un nouvel ornement, devrait suffire pour que l'histoire de la 
découverte des plantes récemment introduites fût transmise avec elles et 
sauvée de l'oubli. D'ailleurs il serait d'un haut intérêt pour la science et 
même d'une grande importance au point de vue pratique, de posséder des 
renseignements historiques exacts sur l'origine des mélanges, des perfec- 
tionnements et des dégénérations qui, dans le cours du temps, ont eu 
lieu en grand nombre, avec ou sans le secours de l'art. 

L'énumération des espèces doit encore être précédée de quelques 
remarques sur les fleurs et les feuilles des Laurinées. 

Le peu d'apparence des fleurs des Laurinées provient de ce qu'on n'y 
trouve rien qui présente l'aspect d'une corolle, ce qui fait ranger ces 
plantes parmi les apétales. Cependant, sous ce rapport, les Laurinées 
présentent une différence essentielle avec la plupart des autres familles 
de cette division, car la corolle ne leur manque pas par suppression, 
comme c'est le cas par exemple chez les plantes analogues aux 
Chénopodes, aux Orties, aux Daphnés; mais le verticille parfaitement 
complet qui correspond à la corolle est formé de parties florales ressem- 
blant à celles du calice, et il est uni avec celui-ci en un ensemble 
homogène. D'après cela, ce que, chez les Laurinées, on nomme calice ou, 
avec Nées, simplement périanthium, consiste en un double cercle de 
parties, dont l'intérieur correspond à la corolle d'autres plantes dicoty- 
lédonées. La structure de la fleur des Laurinées, très variée en apparence, 
est cependant fort simple, et se rapporte complètement dans tous les 
genres au type fondamental. Cette fleur consiste en six verticilles com- 
posés d'un même nombre de parties et alternant régulièrement, qui 
entourent un pistil formé d'un seul carpelle. Cela est surtout visible chez 
les Laurinées hermaphrodites, mais il en est de même chez les espèces 
unisexuelles, comme les Sassafras, les Laurus^ les Litsœa, la fleur mâle 
présentant souvent encore un rudiment du pistil et la fleur femelle des 
traces des étamines atrophiées. Des six verticilles, les deux premiers 
appartiennent en général au calice et les quatre suivants au système 
staminal, de telle sorte que les deux verticilles extérieurs de celui-ci 
(étamines) sont semblables entre eux et réunis ensemble, comme les deux 
verticilles qui composent le calice, tandis que le troisième a une dispo- 
sition plus ou moins différente et que le dernier est imparfaitement 
développé ou entièrement avorté. 

Comme les caractères des genres nombreux dont l'établissement a 
paru nécessaire dans les derniers travaux sur la classification de la famille 



— 116 - 




Fis. 1. 



des Laurinées reposent en grand partie sur la modification que peut 
subir le type floral que je viens d'indiquer, je vais chercher à expliquer 
d'une manière plus détaillée, les principales d'entr'elles dans leurs rap- 
ports avec la loi fondamentale. 

Le premier caractère variable dans la fleur des Laurinées est le 
nombre des parties de chaque verticille , nombre qui peut varier 
sans que celui même des verticilles, non plus que la loi de leur alter- 
native, subisse de changement; c'est ce qu'indiquent d'une manière 
visible les trois diagrammes ci-contre. 

La fig. 2 représente la fleur des Lauri- 
nées avec des verticilles de trois parties; 
elle montre, si la loi ordinaire se main- 
tient dans le développement des organes , 
un calice composé de six parties , neuf 
étamines parfaites et trois étamines atro- 
phiées, qu'on nomme staminodes. C'est 
ce qui a lieu dans le plus grand nombre 
des genres. La fig. 4 représente la fleur 
des Laurinées avec des verticilles de deux 
parties, la fig. 5 avec des verticilles de 
quatre parties ; le premier cas ne se pré- 
sente que dans le genre Litsœa ; le second, 
accompagné d'une anomalie dans le déve- 
loppement des organes , s'observe dans le 
genre Laurus et quelquefois dans le genre 
Cylicodaphne. 

Les autres variétés que l'on remarque 
dans les fleurs des Laurinées dépendent 
de la nature des organes eux-mêmes et 
de leur degré de développement : d'abord 
se présente une série de cas difTérents 
suivant que les parties se sont développées 
d'une manière plus complète ou plus im- 
parfaite, puis une autre série résultant de 
changements dans l'insertion des divers 
organes, l'un par rapport à l'autre; enfin, 
le nombre des parties, leur situation et 
leur degré de développement étant les 
mêmes, divers caractères doivent encore 
être pris en considération , notamment la 
conformation des anthères et la manière 
d'être du calice pendant la maturation. 
Quant au premier point, nous avons 
t • ' déjà vu plus haut que le sixième verti- 

Pl. 27. Diagramme des Laurinées. ^^^"^ r^»- i 



^^^^^^^^^^^ 




Fig. 2. 




— 117 — 



eille de la ilciir. ou le quatrième vcrticille staminal, consiste le plus 
iVéqueuinicnt eu clauiincs avortées (stauiiuodes) , dont les antlières sou- 
vent sagittées sont sans pollen et d'une apparence glandulii'orme. Mais 
ces parties du sixième vcrticille peuvent aussi se développer en étamines 
complètes et fertiles; il en résulte que, quand le nombre 5 domine, il y 
a 12 étamines fertiles au lieu de 1), ce qui se présente, d'après Nées, 
dans les genres Teleiaiidra, Cylicodaphne, Lepidadenia et Dodecadenia, 
et que, quand le nombre 4 domine, il y en a 16, comme parfois dans 
le genre Cylicodaph7îe, Le contraire, c'est-à-dire une diminution du 
nombre des étamines parfaites, peut avoir lieu par un arrêt de déve- 
loppement qui s'étend plus que d'babitude. Les staminodes ordinaires, 
constituant le sixième vcrticille, peuvent disparaître entièrement, soit 
sans diminution du nombre des étamines fertiles, comme dans le genre 
Sassafras, soit que les étamines du vcrticille précédent deviennent des 
staminodes, de manière que, dans la disposition par trois, il ne reste 
que G étamines fertiles ; ce dernier cas , d'après Nées, s'observe dans les 
genres Leptodaphne et Aionea. Dans le genre ^nc/mwc/m , ce sont au 
contraire, d'après le même auteur, les deux verticilles staminaux ex- 
ternes qui se présentent comme des staminodes glanduliformes, et le 
troisième de ces étamines est seul développé en étamines fertiles. 

Les cas qui résultent d'un changement dans la disposition successive 
des parties , peuvent être définis d'une manière plus exacte comme un 
déplacement des limites des formations, comme une métamorphose 
ascendante ou descendante en rapport avec la loi ordinaire. Des organes 
qui ordinairement sont encore des sépales, peuvent être devenus des 
étamines , ou bien , au contraire , des organes qui sont ordinairement 
des étamines, peuvent présenter l'aspect de sépales. C'est par la pre- 
mière de ces modifications que s'explique la fleur exceptionnelle du 
genre Tetranthera , qui, au lieu de 9 étamines, en a le plus souvent 12 
ou 15, tandis qu'il y a une diminution correspondante du nombre des 
folioles calicinales, qui, toutes ou en partie, deviennent des étamines. 
C'est par une modification analogue que s'explique la fleur du genre 
Laurus lui-même : le nombre 4 y domine , mais le premier vcrticille 
de la fleur est le seul qui présente l'aspect d'un calice, composé de 
quatre parties , le second forme déjà un premier vcrticille d'étamines, 
que suivent encore ^ dans la fleur mâle, deux verticilles d'étamines 
semblables entre eux; les deux verticilles suivants, c'est-à-dire le troi- 
sième vcrticille d'étamines de la fleur ordinaire des Laurinées et le 
vcrticille de staminodes, ne se développent pas; dans la fleur femelle, 
le vcrticille staminal externe, correspondant au vcrticille interne du 
calice, est seul développé. Le phénomène inverse, c'est-à-dire l'aug- 
mentation du calice aux dépens des verticilles staminaux, se remarque 
accidentellement chez le Persea indica, dont j'ai trouvé des fleurs avec 
9 folioles calicinales, disposées en trois verticilles alternants et 9 éta- 



— 118 — 



mines parfaites formant également trois verticilles, tandis que la fleur 
normale, ayant un calice formé de deux verticilles seulement, a au con- 
traire quatre verticilles d'étamines, dont le dernier pourtant n'acquiert 
que le développement de staminodes. Des cas analogues, dans lesquels 
cependant les organes qui remplacent un ou deux verticilles externes 
d'étamines ont plutôt l'aspect de pétales, et sont décrits par Nées, sous 
le nom de Staminodia petaloidea, se présentent normalement chez les 
genres Petalanthera, Evonymodaphne et quelques autres. 

On attache une grand importance pour la distinction des genres au 
nomhre et à la direction des loges des anthères; ces loges, chez toutes 
les Laurinées s'ouvrent d'une manière singulière et élégante, par des 
opercules ou valves, qui se détachent de bas en haut et se relèvent comme 
des châssis. Les anthères, lorsqu'elles sont complètement développées, 
ont quatre loges (loceUi)^ placées l'un au-dessus de l'autre, de telle sorte 
cependant que les supérieures, qui sont ordinairement les plus petites, 
sont un peu dépassées sur les côtés par les inférieures. Quelquefois les 
loges supérieures ne se développent pas, d'où résultent les anthères bilo- 
culaires propres à plusieurs genres ; ainsi c'est parce caractère que le genre 
Apollo7iîas , se distingue du genre Phœla ; le genre Benzoin, du genre 
Sassafras; le genre Gôppertia, du genre Oreodaphne. Dans les deux 
verticilles extérieurs d'étamines, les loges des anthères sont toujours 
tournées en dedans; dans le troisième au contraire, ainsi que dans le 
quatrième, s'il est fertile, elles sont tournées plutôt vers le côté ou 
même en dehors, les inférieures toujours plus fort que les supérieures. 
Ce caractère des anthères intérieures de s'ouvrir en sens opposé des 
anthères extérieures s'observe par exemple dans les genres Cinnamo- 
mnnij Phœhe^ Persea, Nectandra ; il manque au contraire chez les genres 
Sassafras, Laurus, Litsœa, Tetranthera, où elles s'ouvrent en dedans 
comme les extérieures. 

Enfin les rapports du calice avec le fruit offrent une série de caractères 
génériques importants. Ou bien le calice, ne continuant pas à se déve- 
lopper pendant la maturation , ne prend aucune part à la formation du 
fruit; ou bien il grossit en même temps que celui-ci et l'enveloppe 
complètement ou en partie, en prenant lui-même l'aspect d'un fruit. 
Dans les deux cas, le limbe du calice peut être persistant ou caduc. Un 
calice ne se modifiant pas, mais persistant, se rencontre par exemple dans 
le genre Persea; un calice caduc, dont il ne reste qu'un petit anneau 
en-dessous de la baie, dans le genre Alscodaphne ; un calice qui a un 
limbe persistant et se développe en un plateau dur, dentelé, entourant 
la base de la baie, appartient au genre Phœbe; un plateau plus épais, 
tronqué à cause de la caducité du limbe, est formé par le tube calicinal 
dans le genre Oreodaphne ; le fruit se trouve entièrement enveloppé par 
un tube calicinal charnu dans les genres Crijptocarga et Caryodaphne ; 
il est recouvert par un tube calicinal ligneux dans le ^emeAgathophyllum. 



— 119 — 



Les feuilles des Lauriers sont ordinairement coriaces et persistantes; 
quinze espèces à peine, appartenant pour la plupart à l'Amérique du 
Nord et au Japon, ont des feuilles plus minces et caduques; ce sont les 
espèces des genres Sassafras et Benzoin, et quelques-unes de celles du 
genre Tetranthena. 

A cause de la simplicité du contour extérieur (car ce n'est que dans 
deux espèces du genre Sassafras et dans une espèce du genre Benzoin qui 
ressemble aux Sassafras, le Benzoin trilobum, Sieb. et Zucc. du Japon, 
que se rencontrent quelquefois des feuilles trilobées), c'est principale- 
ment dans la disposition des nervures que se marquent les caractères 
de la feuille. Les feuilles sont nommées penninerves [penninervia], si 
plusieurs ramifications (nervures secondaires) réparties à des dislances 
égales et ayant la même diversion, partent de chaque côté de la nervure 
médiane ; celles d'en bas et celles d'en haut sont plus faibles que celles 
qui se trouvent vers le milieu de la feuille. Leur nombre, qui n'est va- 
riable qu'entre certaines limites et l'angle qu'elles forment avec la ner- 
vure médiane, doivent être pris en considération. C'est chez la JVectandra 
villosa que j'ai trouvé le plus grand nombre de nervures secondaires, 
seize à dix-huit de chaque côté ; chez le Tetranthera monopetala il y en a 
de chaque côté neuf à onze qui font un angle d'environ 43°; chez le 
Persea gratissima et le Laurus canariensis , six à huit formant un angle 
un peu plus aigu; chez le JVectandra lanceolata et d'autres espèces de ce 
genre à feuilles étroites, également six à huit formant un angle encore 
plus aigu. Les nervures latérales n'atteignent jamais le bord de la feuille, 
mais elles se perdent dans le réseau vasculaire à une distance plus ou 
moins grande de ce bord; de là provient l'absence constante de dents 
chez les feuilles des Laurinées. En approchant du bord les nervures se 
fléchissent en avant sous différentes courbures et forment quelques 
liaisons avancés avec les nervures latérales immédiatement supérieures. Si 
le nombre des nervures latérales est petit, et qu'elles se recourbent fort 
en avant de manière à devenir à la fin presque parallèles au bord, il en 
résulte une nervation peu commune chez les Laurinées et semblable à 
celle qui existe chez le cornouiller; on l'observe par exemple chez le 
Camphora glandulifera. Les deux nervures latérales inférieures , la 
disposition restant d'ailleurs penniforme, font quelquefois avec la nervure 
médiane un angle plus aigu que les suivantes ; cela est très-remarquable 
par exemple chez le Tetranthera geniculata c'est le premier indice d'un 
autre mode de nervation, qui appartient aux feuilles dites trîplinerves 
(folia triplinervia) : dans ces feuilles, deux nervures latérales inférieures 
sont plus fortes que toutes celles qui les suivent, plus fortement tournées 
en avant et séparées d'elles par un plus grand intervalle; c'est une telle 
disposition de nervures qui caractérise le Camphora officinarum, les 
Cinnamonum dulce et albiflorum, le Litsœa glauca, etc. 

{La suite au prochain numéro). 



— 120 — 



ARBORICULTURE. 



ORIGINE ET COLORATION DU HÊTRE POURPRE. 
Par m. Jaeger. 

Traducl, delà Société impériale et centrale d' horticulture. (Gartenflor a). 

Le Hêtre pourpre est regardé par beaucoup de personnes, dit M. Jae- 
ger, comme un arbre indigène de l'Amérique du Nord, et on le trouve 
signalé dans divers ouvrages comme ayant cette origine. Cependant, 
d'après cet auteur, il existe croissant naturellement çà et là dans les 
forets de la Thuringe et même dans plusieurs autres localités d'Allemagne. 

M. Jaeger s'est occupé longtemps de cet arbre, et il communique dans 
son article les principaux résultats de ses observations. L'un des faits 
les plus curieux qu'il ait observés, et qui n'a peut-être pas d'analogue 
dans le règne végétal , c'est que dans ce Hêtre les couches ligneuses jeu- 
nes, formant l'aubier, de même que le liber, sont entièrement colorées 
en rouge sombre. Quoique toutes les personnes qui ont coupé des bran- 
ches de Hêtre pourpre, aient certainement dû faire cette observation, on 
ne la trouve cependant pas rapportée dans les ouvrages. Ce bois jeune 
est d'un rouge-pourpre assez foncé, qui parait presque violet en automne, 
qui est plus clair, au contraire, au printemps. La nuance la plus foncée 
est celle de la couche d'aubier la plus jeune, immédiatement sous-jacente 
au liber; la couleur va en pâlissant vers l'intérieur, et elle est d'autant 
plus claire que le bois est plus âgé. Le vieux bois est parfaitement blanc 
ou plutôt jaunâtre, comme dans le Hêtre ordinaire. Il existe donc dans 
le Hêtre pourpre une particularité tout à fait inverse de celle qu'offrent 
tous les bois de couleur foncée, dans lesquels le cœur est beaucoup plus 
coloré que l'aubier. La proportion de bois rouge relativement à la masse 
entière varie avec le diamètre total et aussi dans les différentes parties 
du contour. Des branches d'environ 5 centimètres d'épaisseur ont leur 
bois presque entièrement rouge, tandis que, plus haut, cette couleur ne 
s'y montre plus qu'à l'extérieur; l'auteur regarde comme vraisemblable 
que ce fait tient à ce que, dans le bas des branches, le rouge de la tige 
s'unit à celui de la branche elle-même. Sur un tronc épais de 46 ou 20 
centimètres, la zone colorée a une largeur moyenne de 10 à 14 milli- 
mètres. 



- 121 — 



L'auteur a voulu reconnaître la nature de cette coloration mais les 
résultats de cet examen ont été peu instructifs. Même le microscope ne 
lui a rien appris à cet égard, les coupes minces qu'il a dû faire pour cette 
étude n'ayant plus présenté de coloration appréciable. 11 a reconnu qu'en 
séchant, ce bois rouge finit par devenir brun. — Lorsque le Ilétre pour- 
pre a été greffé sur le Hêtre commun, le bois inférieur à la greffe ne 
diffère en rieij de celui qui caractérise ce dernier, et la coloration com- 
mence juste au niveau de la greffe. 

A ce propos, M. Jaeger présente quelques considérations que nous 
reproduirons en résumé relativement à l'influence du sujet sur la greffe 
et de la greffe sur le sujet. — La séparation tranchée qui existe entre le 
bois du sujet et celui de la greffe, prouve que celle-ci élabore à sa ma- 
nière les sucs qui lui arrivent du sujet, et que dès lors elle conserve, 
par rapport à celui-ci, toute son indépendance. L'influence du sujet se 
réduit donc à ceci que la greffe prend plus ou moins de développement 
selon l'abondance de la sève qui lui est transmise, ce qui tient à la 
puissance d'absorption que possèdent les racines du sauvageon. Si ce- 
lui-ci absorbe assez de sève pour nourrir un grand arbre, la greffe prend 
un développement considérable, comme on le voit pour les Pommiers, 
Poiriers, etc.. greffés sur sauvageon; si, au contraire, la masse des 
racines du sujet est faible, et ne peut puiser dans le sol que de quoi 
nourrir un arbrisseau, comme cela a lieu pour le Pommier de paradis, 
le Cognassier, le Mahaleb, la greffe ne donne qu'un arbre de faibles 
proportions. — L'observation fournie par la greffe du Hêtre rouge prouve 
également que la greffe n'exerce pas d'action sur le sujet. L'auteur 
rapporte ici le fait observé par L. Noisette sur un rameau panaché 
qui, ayant été greffé sur un sujet ordinaire, aurait communiqué à ce der- 
nier sa panachure. Il n'y voit qu'un simple accident et nullement la 
preuve d'une influence de la greffe sur le sujet. 



PATHOLOGIE VÉGÉTALE. 



DE LA CHLOROSE ET DE L'ACTION DES SELS DE FER SUR LA 

CHLOROSE. 

Par m. Arthur Gris. 

(extrait d'l WE DISSERTATIOx\ IXAUGURALE SLR LA CULOROPUYLLK. ) 

Nous entendons par chlorose cet état de langueur et de faiblesse qui se 
manifeste par une pâleur plus ou moins prononcée de feuilles dans une 
plante, placée cependant dans les conditions ordinaires de la vie végétale, 
exposée à l'air libre et à l'influence de la lumière. Tantôt la chlorose est 
partielle, c'est-à-dire qu'elle affecte spécialement telle ou telle partie de 
la plante, une branche, une feuille, une portion de la feuille; tantôt elle 
est générale, et toute la plante languit. C'est seulement, en effet, sous 
l'influence des parties vertes que s'opère la décomposition de l'acide 
carbonique de l'air, et par suite la fixation du carbone. Il y a déjà 
longtemps que mon père a attaqué directement cette maladie par les 
composés ferrugineux solubles, sulfate, chlorure, pyrolignite de fer, 
qu'il a proposé le fer comme spécifique de la chlorose. Dans ses 
premières expériences, il faisait absorber les sels de fer solubles par 
les racines, et les plantes chlorosées, languissantes, se ranimaient 
bientôt, verdissaient, émettaient de jeunes pousses colorées, donnaient 
des fleurs plus belles et présentaient bientôt une végétation vigoureuse. 
Par la suite de ces expériences, mon père fut amené pas à pas à 
établir que l'action des sels de fer était spéciale et indépendante du sol. 
Il appliqua la dissolution saline sur le limbe même de la feuille. Son 
action fut locale, c'est-à-dire que le point seul de ce limbe en contact 
avec la dissolution , reverdit avec plus ou moins d'intensité. On peut 
donc à volonté faire reverdir une ou plusieurs , ou toutes les feuilles 
chlorosées d'un végétal, ou même la moitié, le tiers d'une feuille. On 
peut tracer sur des feuilles chlorosées des signes, des dessins, des lettres, 
des mots même lisibles qui ressortent en beau vert sur le fond jaunâtre 
du limbe. Avec un pinceau imbibé d'une dissolution de sulfate ou de 
chlorure de fer, mon père a écrit fer sur une feuille pâle, comme 
autrefois Franklin écrivit sur une prairie : « Cela a été plâtré. > 
Singulière analogie établie entre les deux règnes, que cette identité 
de l'action de fer dans la chlorose animale et dans la chlorose végétale! 



JARDIN FRUITIER. 

NOTE SUR LA POIRE BERGAMOTE CRASSANE D'HIVER OU 
BEURRÉ BRUNEAU. 

(Représentée planche 28, figure 1.) 

Cette poire est assez grosse, arrondie, à peu près de la forme générale 
des Bergamotes : la peau est rude, jaune d'or à la maturité, ponctuée 
et panachée de gris roux et légèrement rubéfiée du côté du soleil. Le 
pédoncule, long de 5 centimètres, grêle et noir, est implanté au fond 
d'une dépression assez profonde. Sa chair est assez fine, tendre ou 
demi-fondante; son eau est suffisante, sucrée et d'un parfum des plus 
agréables. 

Cette variété a pris naissance en France, vers 1835, dans la propriété 
de la Boiirdinière , département de la Loire-Inférieure. 

Le climat de la France semble lui être beaucoup plus favorable que le 
nôtre : les fruits qu'elle a donné jusqu'ici en Belgique n'étant pas d'aussi 
bonne qualité que ceux qu'elle porte en France. 

Elle mérite cependant d'être cultivée spécialement en espalier, au 
midi : la culture en pyramide , une terre froide et argileuse ne lui 
conviennent pas. 

La maturité a lieu en février et mars. 



NOTE SUR LA POMME D'ANANAS. 

Syn. Pomme des Princes; Parmain d'été? — Rothgestreifter Schlotterapfel 5 Prin- 
zenapfel j iVonnenapfel ; Melonenapfel ; Ananasapfel ; Rother u. rothgesprengter 
Schlotterapfel j Haberapfel; Rother Ananasapfel, etc. 

Ce fruit est très répandu et fort estimé en Allemagne, où on lui donne 
une foule de noms : il est le plus généralement connu sous ceux de 
Prinzenapfel et d' Ananasapfel. C'est un des meilleurs fruits d'au- 
tomne, d'un goût très délicat et tout-à-fait de premier rang. 

Les beaux exemplaires sont parfaitement cylindriques ; larges de 
7 centimètres environ, sur une hauteur de 9 à 40 centimètres, ils 
s'amincissent à peu près uniformément vers les deux extrémités : d'autres 
sont un peu plus courts, plus gros ou parfois un peu coniques, la base 
du fruit étant élargie. Le calice est à divisions fines, un peu pubesccntes; 
il est situé dans une dépression assez profonde, limitée par des proémi- 
nences charnues qui se fondent dans des côtes larges et unies : celles-ci 



- 124 — 



s'étendent plus ou moins sur le fruit, en s'élargissant et en s'cffnçant; 
souvent elles altèrent la régularité primitive de la forme. Le pédoncule 
est fort mince , relativement au volume du fruit, assez long, mais niché 
au fond d'une cavité assez profonde. 

La peau est au fond d'un vert jaunâtre ou citron , recouvert de stries 
ou de ponctuations rouges très serrées. Ce rouge est plus ou moins 
vif et abondant, suivant que l'insolation a été plus forte. 

La chair est très délicate et parfumée; d'un blanc jaunâtre, tendre 
et assez fine; saveur sucrée qui acquiert, au moment de la maturité, 
un bouquet de fruits d'Ananas. 

L'arbre est très vigoureux , se contente de tous les terrains et n'est 
pas difficile pour l'exposition : il est en outre très fertile. 



TOXICOLOGIE VEGETALE . 



PROPRIÉTÉS VÉNÉNEUSES DU FRUIT DU REDOUL OU CORIARIA 

MYRTIFOLIA. 

M. le docteur Guyot, membre correspondant de l'Académie des sciences 
de Paris, vient de publier une note concernant les propriétés délétères 
des fruits du Redoul. 

Ces propriétés malfaisantes s'étaient déjà fait sentir en Catalogne dans 
le corps d'armée du maréchal Macdonald, en 1809. Sur vingt-trois soldats 
français qui mangèrent du fruit du redoul , trois moururent et quinze 
furent frappés d'un engourdissement qui dura assez longtemps. Ces 
mêmes propriétés se révélèrent de nouveau en Kabylie en 1847 dans la 
colonne experditionnaire du général Bedeau , sur dix hommes qui avaient 
mangé du fruit vénéneux , un mourut, et il en mourut quatre sur dix-sept 
dans la colonne du général de Saint- Arnaud. Ceux qui résistèrent aux 
accidents présentèrent tous des symptômes plus ou moins graves. Il 
importe donc que l'on soit bien averti de ce danger, et que les mili- 
taires qui traversent des contrées, où cet arbrisseau est abondant 
connaissent ce fruit, qui est un de ceux dont l'aspect est propre à tenter 
les voyageurs quand ils éprouvent le besoin de se rafraîchir. 



APPAREILS ET USTENSILES D HORTICULTURE. 



REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE, 

Pau m. Edouard Morren. 

L'application des arts et de l'industrie à la pratique de l'horticulture 
devient chaque jour plus importante : une idée nouvelle ou un perfec- 
tionnement à d'anciens usages provoquent toujours certains progrès à la 
culture, réalisent des économies, facilitent le travail. En Angleterre 
surtout, les industries horticoles se distinguent par un caractère d'utilité 
générale, tandis qu'en France on trouve des ohjets de meilleur goût, plus 
délicats et plus ou moins de luxe. Construisez, disposez et chauffez les 
serres d'après les Anglais, ornez-les et les embellissez comme en France, 
mais cultivez les plantes comme les Relges. Les personnes qui ont pu 
comparer les expositions générales de d855 et de 1857 à Paris, et les 
exhibitions anglaises, ont dû faire immédiatement cette observation. 
Le pavillon des industries horticoles, dans les jardins créés aux Champs- 
Elysés, était rempli d'une foule de meubles, de poteries, d'instruments 
remarquables par leur belle forme et leur bon goût : c'étaient les arts 
horticoles. A Chisvvick , au contraire, on trouvait plutôt l'industrie 
horticole, des appareils, des machines, etc. Nous avons pensé qu'une 
revue des meilleurs instruments d'horticulture réunis à la dernière 
exposition de la société de Londres, serait utile à nos lecteurs, surtout 
les nouveaux appareils de chauffage et de distribution des eaux. Le 
calorique et l'humidité, c'est-à-dire l'eau et le feu, sont en réalité les 
deux agents dont l'action sur les plantes est la plus puissante: de leur 
distribution et de leur combinaison dépend leur croissance , parce que 
leur influence sur la végétation est toute puissante. La lumière est 
peut-être plus importante encore, mais elle nous vient d'un autre 
monde, du soleil, et nous ne pouvons la manier, comme la chaleur et 
l'eau. 

Nous n'entrerons pas dans de grands détails relativement à la descrip- 
tion et à la construction des appareils ; ils seraient fatiguants et de trop 
peu d'intérêt. Mais nous y avons suppléé par d'excellentes figures , qui 
feront mieux comprendre les principes des divers systèmes en usage en 
Angleterre. 



— 126 — 



CHAUDIÈRES ET APPAREILS DE CHAUFFAGE 
DE MM. T. ET C. IIOOD. 

{Earl Street, Black friars, London). 

MM. T. et C. Hood construisent des appareils de chauffage à l'eau 
chaude, ou thermosiphons, d'après plusieurs systèmes, appropriés à 
l'usage spécial auquel on les destine; raais ils ne négligent jamais les 
principes généraux, savoir : de présenter au feu la plus grande surface 
possible, l'économie du combustible, le bon marché de l'appareil et la 
rapidité du chauffage : tous les appareils doivent réaliser ces conditions. 
Il faut en outre que leur placement soit facile, qu'on puisse y avoir accès 
de plusieurs côtés, qu'il soit aisé de les réparer, etc. On remarquait 
parmi les appareils de M. Hood : 




Fis. 29. Chaudière en selle. 



1° Des chaudières en forme de selle ou en demi cylindre, en fer forgé, 
de diverses dimensions, depuis 45 centimètres jusqu'à 5 mètres 60 cen- 
timètres de longueur. Dans ce système, la 
surface de chauffe est considérable et la 
quantité d'eau relativement fort minime; 
deux manchons servent à fixer les tuyaux 
de sortie et de rentrée : la longueur du 
trajet varie de 50 à 5000 pieds (Voyez 
fig. 29). 

2" Des chaudières à section verticale 
conique, variant de 58 à 60 centimètres 
et capables de chauffer 50 à 400 pieds de 
tuyaux : ceux-ci sont montés sur le côté 
et le foyer se trouve au centre. Elles con- 

Fig. 30, Chaudière conique. 




— 127 - 



Tiennent pour des serres plus petites que celles où l'on emploierait 
le système précédent (Voyez fig. 30). 




Fig 5i, 



Chaudière conique avec fourneau cl 
sans maçonnerie. 





Fig. 33. Colonne calorifère. 



Fig. 32. Chaudière conique avec fourneau 
et sur piédestal. 

0'' Des chaudières à section coni- 
que, faisant corps avec leur four- 
neau et s'employant sans maçon- 
neries : elles chauffent suivant leurs 
dimensions de 50 à 550 pieds de 
tuyaux d'un diamètre de 9 à 10 
centimètres (voyez fig. 31). 

4° D'autres chaudières, construi- 
tes, d'après les mêmes principes, 
mais d'une forme un peu différente 
(voyez fig. 52); leurs proportions 
sont très restreintes. Ces deux der- 
niers appareils sont spécialement 
appropriés au chauffage des salons 
de fleurs ou des appartements où 
l'on cultive un assez grand nombre 
de plantes : s'alimentant comme 
des poêles ils donnent une chaleur 
plus douce, plus uniforme et plus 
saine. 

5° Des colonnes creuses, dont 
l'enveloppe est double et remplie 
d'eau, servant à maintenir une 
bonne température dans les oran- 
geries : elles varient en hauteur de 



— 128 — 



i'^jSO à 2 mètres et présentent 40 à 90 pieds carrés de surface chauf- 
fante. (Fig. 55). 

6" Des therinosiphons très compacts, ou des tubes nombreux sont 
très rapprochés et concentrés en un petit volume (Voyez fig. 54); leurs 
dimensions varient de 50 centimètres à 5'", 60. Ils servent pour les 
orangeries ou pour des appartements ornés de fleurs ; dans ce dernier 
cas, on recouvre le système d'une cage à jours et ornée. (Voy. Fig. 53). 




Fig. 34. Therraosiphon de M. Ilood. 




Fig. 53. Cage ornée pour le thermosiphon de M. Hood. 

(Sera continué.) 



— 129 — 



HORTICULTURE. 



NOTICE SUR LE SPIR^A CALLOSA, Thunb., OU SPIRÉE ROUGE 

DE LA CHINE, 

Par m. Edouard Morren. 

famille des rosacées. — icosandrie pentagynie. 

(Représenté Pl. 37, fig. 1.) 

Desc. Specif. Caulis fruticosus, ramosus. Rami et ramuli alterni, subteretes, vil- 
losi, piirpurascentes , erecti. Folia petiolala , alterna, elliptica , acuta , inaequaliter 
serrata serraturis remotîs et eglandulosis; inferiora villosa imprimis nervis ; supra 
viridia, subtus glauca , nervosa, erecta, sesquipollicaria. Petioli lineam longi, semi- 
teretes, basi extus callo utrinque glabro, rubente. Flores terminales, paniculati, 
rubri. Panicula supradecomposita , subfastigiata. Pedunculi et pedieelli villosi. 

Differt 4. a S. tomentosa : foliis villosis, nec tomentosisj floribus paniculatis. — 
II. a S. salicifolia : foliis manifeste petiolatis , ellipticis, acutioribus, longioribus ; 
serraturis foliorum remotis; panicula fastigiata nec spicata : foliis subtus, caule 
et pedunculis villosis. 

Crescit in insulo Nipon. Floret junio, Japonice : Niko, it. Simo Slufce vel Simotski. 

Thunberg, Flora japonica, 1784. p. 209. 

Lindl. in Paxt. Fl. Gard,, octob. 18S1, p. 113. — Gard, Chron., iSU, p. 102. — 
Spirœa Fortuneij Planch. in Flore des Serres, IX, p. 33, t. 871. — Belg. hort., IV, 
p. 354. 

Le genre Spirœa fournit aux jardins un contingent très nombreux 
d'espèces remarquables, charmants arbustes, la plupart rustiques, d'un 
port ornemental et d'une floraison élégante et abondante. On en trouve 
dès 1825, trente-huit espèces décrites dans le Prodrome, mais on peut 
actuellement porter, sans exagération, ce nombre au double. Plus de 
trente espèces, sans compter les variétés, sont répandues dans le com- 
merce horticole. 

Le véritable Spirœa callosa a été découvert au Japon par Thunberg, 
qui le décrit dans sa Flore : il a été une première fois introduit en 
Europe par Reeves , mais ne fut pas conservé et il périt dans les jardins 
de la société d'horticulture à Chiswick. Heureusement que l'infatigable 
M. Fortune put le retrouver et le renvoya en Europe, vers 18S0, par 
l'intermédiaire de MM. Standish et Noble. Mais, d'après M. Planchon 
(Flore des Serres j IX, 5o) cette nouvelle introduction ne serait pas 
identique à la plante de Thunberg et devrait constituer une nouvelle 
espèce qu'il nomme Spirœa Forlunei. Cependant 31. Lindlcy combat 
cette opinion [Gard. Chron., 1854, p. 102). Cette discussion a pour 
cause, la présence d'une petite callosité glanduleuse au sommet de 
, chaque dent des feuilles du Sp. callosa des horticulteurs (5. Fortuneij 

BELG. IIOUT. TOM. VIH. 9 

/ 



— 130 — 

Planch.), tandis que Thimberg dit positivement de la plante qu'il décrit 
qu'elle est dépourvue de ces glandules. 

Quoi qu'il en soit, l'arbuste connu sous le nom de Spirœa callosa, 
mérite d'être cultivé par tous les amateurs et ne manquera pas de 
devenir une plante populaire. M. Lindley vient il) d'appeler de nouveau 
l'attention sur elle et la signale comme le plus bel arbuste fleurissant 
au mois de juillet. Voici comment s'exprime l'éminent botaniste anglais : 

« Quel est le plus bel arbuste au mois de juillet après la Rose? Les 
uns citeront le Fuchsia, mais à cette époque de l'année, c'est à peine 
si l'on peut le considérer comme un ornement; les autres prôneront les 
Géraniums Scarlets, mais on ne peut les considérer comme des arbustes, 
leurs tiges étant herbacées; il s'en trouvera peut-être qui défendront 
le Berberis aquifolium et nous nous rangerions de leur avis si la beauté 
de cette espèce toujours verte résidait dans ses fleurs, mais au mois de 
juillet elle est déjà en fruits. Quant à nous, nous nous prononçons, 
sans la moindre hésitation , pour le Spirœa callosa. 

« Le Spirœa callosa! Qu'est-ce que c'est que ça! s'écrie quelqu'un 
avec dédain : « Je n'ai jamais entendu parler de cette plante. Je connais 
des Spirœa, mais ils ne sont pas si extraordinairement remarquables; 
le Spirœa ariœfolia est en fleur en ce moment, il est joli mais rien 
d'écrasant; le Spirœa Lindleyana est plus gracieux, mais trop délicat 
et assez raide; tous deux ont les fleurs blanches. Quant au Spirœa cal- 
losa, je ne sais pas même ce que c'est, je ne l'ai jamais vu annoncé; 
il ne se trouve pas dans les catalogues de nos pépiniéristes, ni chez 
nos principaux horticulteurs aux environs de Londres ; que peut donc 
lui valoir l'honneur d'être ainsi porté sur le pinacle? » Tout cela est 
très vrai et cependant le Spirœa callosa n'est pas une nouveauté, ni 
seulement une plante d'exposition : ses feuilles ne sont ni bigarrées, 
ni marbrées; ses fleurs ne sont pas rouges comme des Pivoines, ni 
grandes comme des Dahlias. Mais c'est une perle fine , quand on prend 
la peine de le cultiver convenablement. 

« Imaginez un arbuste de quatre pieds environ de hauteur, d'une 
largeur à peu près égale, très épais et ramifié dès la base : ses tiges 
délicates sont d'un rouge foncé et les feuilles d'un vert qui laisse reposer 
tranquillement les regards et exactement de la tein-te qu'un artiste 
aurait choisie pour faire le meilleur contraste avec les nuances supérieures. 
Chaque branche se ramifie au sommet en un très grand nombre de 
ramuscules chargés de petites fleurs comme dans les Lauriers-tins; mais 
elles forment un bouquet plus léger. Les plus petites d'entre ces fleurs, 
encore à l'état de bouton^ sont d'un rouge foncé et grandes comme des 
têtes d'épingles; d'autres plus développées , ont le centre d'un écarlate 



(1) Gardeti. Chron. 18S7, N^SI, p. 



». 131 



très vif, quand les pétales sont sur le point de faire éclater le calice 
campanuliformc qui les tient renfermés, comme des rubis encore enchâssés 
dans leur gangc. Enfin, ces pétales s'épanouissent, ils s'étalent au soleil 
et découvrent leur gorge rose; les étamines s'affaissent insensiblement 
sur cette couche de pourpre et forment un brillant halo autour du centre 
de la fleur. Si le lecteur parvient à se représenter l'objet de cette 
description, il pourra se faire une idée vague du Spirœa ca//o6a. Chacune 
de ces petites fleurs n'occupe pas un cinquantième de pouce, mais ces 
dimensions si délicates sont compensées par l'élévation du nombre. 
Chaque bouquet est de deux pouces de diamètre et chaque branche en 
porte ordinairement trois; celui du milieu finit de fleurir quand les 
autres sont encore à l'état de boutons ; les fleurs se succèdent ainsi pendant 
un mois. 

« Cette plante ne mérite-t-elle pas une niche dans le temple de Flora 
Juliana ? » 

Cette élégante description est le plus éloquent plaidoyer qu'on pujsse 
faire en faveur du Spirœa callosa ; on voudra l'attirer partout, et elle ne 
causera aucune déception , sa culture étant des plus faciles. Elle croît 
dans toute espèce de terrain et en pleine terre (1). 



NOTICE SUR LE SPIRiEA BLUMEl HASSK. OU SPIRÉE DE BLUME, 
Par m. Edouard Morren. 

(Représenté PI. 37, Fig. 2.) 

Desc. spec. Gaulis fruticosus, omnibus parlibus glaber. Rami flexuosi, teretes, 
purpurei. Ramuli filiformes, alterni, secundi, floriferi. Folia petiolata, oblonga, 
acuta, a medio ad apicem serrata, serraturis remotis, glabra, subtus pallida, rugosa, 
vix pollicaria {Foliis ovatis, in ramis floriferis basi cuneatis ang ustioribus , in ramis 
novellis dilataiis truncatis, a medio apicem versus inciso-serratis margine revolutis gla- 
bris sublus rugosis, Hasskarl, Catal. Hort. Bog., p. 268). Petiohis foliis multo brevior. 
Flores in ultimis ramiilis paniculati, albi. Panicuia convexa, simplex. Pedunculi ca- 
pillares, unguiculares. 

Crescit inter Miaco et Jedo,locis monlosis; colitur ubique ob copiam niveorum 
florum. Floret Aprili, Maio. Japonice : Kodemarikva, aliis Kotemavari, it. Susu kaki. 

TiiUNB., flor. Japon., p. 210, sub nomine Sp. chamœdri folia. — Blume, Bydragen 
tôt de Flora van Nederl. Indie, p. iWA. — Non Linn., Spec. Plant. ^ p. 701. 



(!) Voyez la description (sw6 nomine S. Forlunei, Pl.) dans le T. IV, p. SS-i, de ce 
recueil. — Sp. expansa, T. IV, p. 272. — Sp. grandi/lora, T. V, p. 65. — Sp. Reeve- 
riana, var. (L pleno, T. VI, p. 257. 



— 132 — 



Linné décrivit, dans son Species plantariim, un Spiraea découvert en 
Sibérie par Gmelin, sous le nom de Spirœa chamœdrifolia ; mais il le 
caractérisa par une phrase spécifique tellement courte que, comme on 
va le voir, on peut l'appliquer à d'autres espèces voisines. Il se borna, 
en effet, à dire : 

S. chamœdrifolia foliis ovatis inciso-serratis, glabris, umbellis pedunculatis. 

Spirée à feuilles de Germandrée (vulg. Petit-Chéne), aux feuilles ovales, 
dentées, glabres et aux fleurs en ombelles pédonculées. 

Thunberg, dans son exploration du Japon rencontra un Spirœa qu'il 
crut pouvoir rapporter au chamœdrifolia de Linné et qu'il signala sous 
ce nom dans sa Flore du Japon (p. 210). Blume partagea la même opi- 
nion et introduisit cet arbuste du Japon au jardin botanique de Buiten- 
zorg, dans l'île de Java, où il fut cultivé sous le nom de S. chamœdri- 
folia. Steudel, qui ignorait sans doute le fait de cette introduction, le 
mentionne dans son Nometiclator hotanicus, sous le nom de Spirœa 
chamœdrifolia java?iica, Blume. La même plante était cultivée sous le 
même nom en Europe. Mais il y a quelques années, M. J. Hasskarl, 
ayant observé attentivement cette Spirée au jardin de Buitenzorg, re- 
connut que c'était à tort qu'on l'avait confondue avec le S. chamœdri- 
folia de Linné, qu'elle formait une espèce distincte, le Spirea Blumei, 
Celle-ci diffère surtout du véritable Chamœdrifolia que Gmelin avait 
apporté de Sibérie, par les feuilles, par les tiges sinueuses et par des 
rejetons rouges bruns à grandes feuilles qui donnent à l'arbuste, après 
la floraison, un aspect tout particulier. 

Le Sp. Blumei croît spontanément dans la région montagneuse du 
Japon; on le trouve dans le sud aux environs de Nangaraki, entre 500 
et 550 mètres au-dessus du niveau de la mer et d'après Thunberg entre 
Maco et Jedo dans les lieux montueux, couvrant des roches entières. Les 
Japonais le cultivent beaucoup à cause de son abondante floraison ; ils 
en ornent le voisinage de leurs habitations et le plantent sur des rochers 
artificiels de trachyte, entremêlés d'Azaléas , d'Andromèdes et d'Ericas. 
Cultivée en Hollande, cette espèce y a prospéré et s'y est pour ainsi dire na- 
turalisée; en serre froide elle fleurit au mois de mars, en plein air au 
mois de mai. Elle grandit très bien dans une terre ordinaire, surtout 
lorsqu'elle est ombragée par d'autres buissons. On la multiplie très 
facilement de boutures, rejetons, éclats et marcottes et elle résiste 
à l'hiver. 



— 133 — 



MONOGRAPHIE DES ESPÈCES DE SPIR7EA CULTIVEES DANS LES 

JARDINS. 

Spirœii Linné, Spirée (de 27re«pt«, Speiraia, nom donné par les Grecs 
à un arbrisseau à tiges flexibles, dont ils faisaient des couronnes et des 
guirlandes), genre de la famille des Rosasées et de la classe des 
Icosandres-pentagynes de Linné. II est caractérisé par : calice à cinq 
divisions, persistantes; corolle à cinq pétales ovales, onguiculés, étalés; 
élamines au nombre de 10 à 50; disque charnu, tapissant le tube du 
calice; un ou plusieurs (ordinairement cinq) ovaires distincts ou parfois 
soudés à la base, sub-sessiJes, terminés au sommet par un style court et 
un stigmate plus ou moins dilaté. Fruits folliculaires ou rarement soudés 
à la base en une capsule , renfermant 2-3 graines sans périsperme. 

Les Spirées sont des arbrisseaux, des sous-arbrisseaux ou des herbes 
d'un port élégant et d'un aspect agréable. Les feuilles sont simples ou 
composées, munies de stipules quelquefois caduques. Les fleurs sont en 
général petites, mais nombreuses, blanches ou roses et disposées en 
inflorescences variées. 

Elles sont robustes et se cultivent facilement en pleine terre ou en 
serre froide. La multiplication se fait de graines, de rejetons ou d'éclats 
du pied pour les espèces vivaces. Les espèces frutescentes se propagent 
en outre par boutures et par marcottes. 

Section I. — Herbes vivaces. 

1° Spir. Filipendula, L., Spirée Filifendule (vulg. Filipendule), syn. 
Filipendula vidgaris, Moench. — Souche à fibres radiculaires , offrant 
près de leur extrémité des renflements ovoïdes. Tige de 1 à 2 pieds, 
sillonnée. Feuilles glabres, pennisequées, àl5-20 segments, très-inégaux, 
ovales-oblongs, dentés. Fleurs en cyme ombellée terminale, petites, 
blanches, simples ou doubles; pétales obovés, subonguiculés; étamines 
plus courtes que lès pétales. — Elle est indigène et se trouve dans les 
bois et les prés humides; fleurit en juin et juillet. 

2** Spir. lobata^ Murr. [Sp. palmata, L.), Spirée lobée ou Reine des 
prés du Canada. — Souche traçante, odorante. Tige de 7 à 40 décimètres. 
Feuilles pennées, les radicales à 5-7 folioles, les caulinaires à 5, la foliole 
terminale palmée à 5-9 lobes. Fleurs en cyme paniculée, roses et 
odorantes; en juillet. — Originaire de l'Amérique boréale. 

5** Sp. Ulmaria, L. [Ulmaria pratensis^ Moench.), Ubnaire ou Reine 
des prés. — Souche à tiges nombreuses et employée comme astringente 
et vermifuge. Tiges de 3 à 4 pieds, portant des feuilles penniscquées, à 
segments latéraux ovales, incisés-dentés, entremêlés de plus petits, lobe 
terminal très grand et subdivisé en trois lobules; face inférieure tantôt 



— 154 — 



verte et pubescente, tantôt blanche et cotonneuse. Fleurs blanches, 
simples ou doubles, en cyme paniculée; en juin et juillet; formées de 
pétales arrondis, longuement onguiculés; carpelles 5-9 glabres, tordus 
en spirale. — Terre très-humide; indigène dans les prés humides. 

4° Sp. Aruncus, L. Barbe de chèvre^ Barbe de bovc. — Souche noi- 
râtre, émettant des tiges de 4 à 2 mètres. Feuilles non stipulées, tripen- 
nées, à segments opposés, ovales, subcordés, acuminés, doublement et 
inégalement dentés, pétiolulés. Fleurs dioïques en épis cylindriques, 
constituant unepanicule terminale, blanches; en juin et juillet. Etamines 
plus longues que les pétales ; carpelles de 5 à 4, réfléchis à la maturité. 
— Croît dans les bois montueux de l'Autriche et demande un sol très 
humide. 

Var. Sp. Ar. americana, k feuilles plus luisantes et fleurs herma- 
phrodites. 

S« Sp. palmata, Pall. Spirée à feuilles palmées. — Tiges de 2 à 5 pieds, 
à feuilles pennées; les radicales à 5-7 folioles, les caulinaires à 5; la 
foliole terminale palmée à 5 ou 7 lobes. Fleurs en cyme paniculée, roses 
en boutons et blanches quand elles sont épanouies; en juin et juillet. — 
Originaire de la Sibérie orientale. 

6" Sp. Kamtchatica, Pall., Spirée du Kamtchatka. — Tiges de 5 à 6 
pieds, hérissée; feuilles pennées, à folioles latérales petites, la terminale 
souvent large d'un pied, à 5-5 lobes palmés; en juin et juillet; fleurs 
comme celles de VUlmaria, blanches, en cyme lâche. 

Section II. — Espèces ligneuses (1). 

7" Sp. opuLiFOLiA, Linn., Spirée à feuille d'Obier. — États-Unis. 
Arbrisseau de 6 à 9 pieds; feuilles grandes, ovales ou ovales oblongues, 
ordinairement trilobées, dentelées ou crénelées; de mai en juillet, fleurs 
grandes, blanches. 

S° Sp. ARiiEFOLiA, Smith., {S. discolor, Pursh), Spirée à feuilles d'Aï- 
louchier. — Amérique septentrionale. Arbrisseau touffu de 5 à 6 pieds; 
feuilles ovales, obtuses, incisées -dentées ou pennatifides; en juin, grande 
panicule pyramidale de fleurs petites et blanches. 

9° Sp. pubescens, Lindl., Spirée pubescente. — Chine. Arbuste de 
5 pieds, pubescent; feuilles cotonneuses en dessous, persistantes, à 
5 lobes allongés, profondément dentelés; en juillet et août, panicules de 
fleurs blanches. 

10'' Sp. prunifolia, Sieb., Spirée à feuilles de prunier. — Japon. 
Arbuste de 15 à 18 pouces, à rameaux grêles; feuilles luisantes, ovales 



(1) D'après V. Bréant et Boitaud, Traité de la culture des fleurs et arbustes d^agré- 
ment, très bon petit manuel pour la connaissance de la plupart des plantes cultivées 
et de leur culture. 



arrondies; au printemps, fleurs grandes, doubles, blanches, nombreuses. 

11** Si». ULMiFOLiA, Scop. [S. chamœdrifolia, Jacq.), Spirée à feuille 
d'orme. — Hongrie. Arbrisseau ramcux, de 4 à 5 pieds; feuilles ovales 
ou ovales lancéolées, pointues, dentelées, presque incisées; en juin, 
fleurs blanches, larges de G lignes, en corymbes terminaux. 

12° Sp. cHAM/EDRiFOLiA, Liun. (Sp. média, Host. ; Sp. incisa, Hort.), 
Spirée à feuilles de Germandrée. — Hongrie. Arbuste de 2 à 5 pieds, 
à rameaux étalés; feuilles obovales, incisées-dentces au sommet; en 
avril et mai, fleurs blanches, en corymbes pédonculés. 

\Z° Sp. OBLONGiFOLiA , Walld., Spirée d feuilles ohlongues. — Hon- 
grie. Arbuste de 5 à 4 pieds, à rameaux eflilés, lisses et rougeatres; 
feuilles pubescentes en-dessous^ celles des rameaux ovales-oblongues, 
incisées-dentées au sommet; en mai et juin, fleurs blanches, assez gran- 
des, en corymbes. 

14" Sp. incana, Wald., Spirée grisâtre. — Hongrie. Arbuste de 2 à 5 
pieds, à rameaux effilés ; feuilles très entières, d'un soyeux blanchâtre 
en-dessous, pubescentes en-dessus, elliptiques ou oblongues ; au prin- 
temps, fleurs blanches, en nombreux corymbes. 

15° Sp. lanceolata, Poir. Spirée lancéolée. — Bourbon. Arbuste de 
2 à 5 pieds; feuilles persistantes, lancéolées, dentées; au printemps, 
petits corymbes latéraux de fleurs blanches. Serre tempérée. 

16° Sp. flexuosa, Fisch. (Sp. alpina, Willd.) Spirée flexueuse. — 
Sibérie. Tige de 3 à 4 pieds, rouge, à rameaux flexueux; feuilles pobes 
centes en-dessous et aux nervures, lancéolées, dentées ou incisées-dentées 
au sommet; au printemps, corymbes de fleurs blanches, assez grandes. 

17° Sp. tri LOBAT a, Pall. Spirée trilobée. — Altaï. Arbuste de 2 à 
4 pieds, à rameaux flexueux, rougeatres; feuilles orbiculaires ou flabel- 
liformes, ou cuneiformes-obovalcs, tronquées et trilobées au sommet ou 
doublement crénelées; en mai et juin, corymbes de fleurs blanches, assez 
grandes. 

18° Sp. obovata, Willd. Spirée d feuilles obovales. * — Indigène. 
Arbuste de 5 à 4 pieds, à rameaux grêles, effilés; feuilles petites, obovales 
ou obovales-cunéifdrmes , celles des rameaux tronquées et crénelées au 
sommet; en mai, ombelles de 5-8 fleurs blanches. 

19° Sp. crenata, Willd, non Linn. Spirée à feuilles crénelées. — 
Sibérie. Arbuste de 5 à 4 pieds ; feuilles cunéiformes-obovales, tripliner- 
ves, ciliolées; celles de la base des rameaux très-entières, les autres 
crénelées à leur moité supérieure; en mai, fleurs blanches, en corymbes. 

20° Sp. crenata, Linn. non Willd. Spirée crénée. — Midi de la France. 
Arbuste de 4 à 5 pieds, à rameaux effilés; feuilles ovales-lancéolees, 
crénelées; en mai, corymbes terminaux de fleurs blanches. 

21° Sp. tiialictroides, Pall. Spirée à feuilles de Pigamon, — Daourie. 
Arbuste de 2 à 4 pieds, à rameaux nombreux, effilés; feuilles cunéifor- 
mes, plus ou moins ovales ou orbiculaires, lobées ou crénelées au 



— 136 — 



sommet; au printemps, ombelles latérales de petites fleurs blanches. 

22° Sp. HYPERiciFOLiA, Liiî. {Spivés à feuilles de millepertius). — Amé- 
rique septentrionale. Tige de 2 à 5 pieds, rougeâtre, a rameaux très grê- 
les; feuilles lisses, un peu glauques, obovales ou obovales spatulées, 
très-obtuses; en mai, ombelles latérales de fleurs petites et blanches. 

25" Sp. acutifolia, Willd. [Sp. aipina Hort. non Pallas). Spirée à 
feuilles pointues. — Sibérie. Arbuste de 2 à 5 pieds, à rameaux très 
grêles, nombreux; feuilles lancéolées ou lancéolées obovales, accumi- 
nées, très entières ou quelquefois tridentées au sommet; en avril, co- 
rymbes latéraux de fleurs d'un blanc jaunâtre, petites. 

24" Sp. alpinâ, Pall., Spirée alpine. — Daourie. Arbuste de 2 à 5 
pieds, très rameux; feuilles sessiles, petites, très glabres, uninervées, 
lancéolées ou lancéolées oblongues, très entières ou dentelées ; au prin- 
temps, corymbes latéraux de fleurs blanches, petites. 

25° Sp. decumbens, Roch., (.Sp. flexuosa Reich.) Spirée tombante. — 
Autriche. Arbuste très rameaux, à tiges de dO à 18 pouces; feuilles très 
glabres, pétiolécs, obovales ou ovales oblongues, dentelées au sommet; 
toute l'année, fleurs petites, blanches, à pétales un peu crénelés. 

26° Sp. corymbosa, Rafm, [Sp. hetutifolia Watson). Spirée corijmhifère. 
— Virginie. Tige de 2 à 5 pieds, droite, presque simple; feuilles ovales, 
ou ovales oblonsiues, doublement dentelées ou incisées dentées; en juil- 
let et août, fleurs blanches, petites, en corymbes rapprochés en cyme. 
Pleine terre de bruyère. 

27° Sp. bella, Sims. Spirée élégante^ — Népaul. Arbuste de 5 à 4 pieds, 
à rameaux étalés; feuilles un peu glauques en dessous, ovales ou oblon- 
gues, lancéolées, courtement accuminées, dentelées, en juin et juillet, 
fleurs d'un rose vif, en corymbes. Pleine terre de bruyère. 

28° Sp. vAcciNiFOLiA, Don. Spirée à feuilles d'airelle. — Népaul. Ar- 
buste droit, de 5 à 4 pieds, à rameaux flexueux; feuilles ovales ou ellip- 
tiques, pointues, glabres, dentelées ou incisées. — Dentées vers le 
sommet; au printemps, fleurs blanches, en cymes lâches, cotonneuses. 

29° Sp. SALiciFOLiA, Lin., Spirée à feuilles de saule. — Allemagne. 
Arbrisseau de 3 à 5 pieds, à rameaux efiîlés, d'un jaune rougeâtre ; feuil- 
les lancéolées, oblongues, cunéiformes à la base, dentelées, glabres, de 
juin et août, fleurs roses, en panicules. 

50° Sp. CARPiNiFOLiA, Willd. [Sp. canadensis Hort.) Spirée à feuilles 
de Charmes. — Arbuste de 5 à 4 pieds, à tiges droites, peu rameuses; 
feuilles veineuses, glauques en dessous, obovales , plus ou moins oblon- 
gues ou elliptiques, fortement dentelées; en juin et juillet, panicule de 
fleurs d'un rose pâle. 

51° Sp. expansa, Wall. Spirée à large panicule. — Du Kamoun. Ar- 
buste de 5 à 5 pieds, à rameaux brunâtres; feuilles lancéolées, blanchâ- 
tres en dessous ; en juin, large corymbe horizontal de fleurs roses, petites 
et très nombreuses. 



— \ô7 — 



52" Sp. paniculata, Willd. [Sp. alba Ehrh.) Spirée panicidée. — 
Amérique soptcnlrionalc. Arbuslc un pou étalé, de 5 à 4 pieds, à lige 
d'un brun foncé; feuilles lancéolées, plus ou moins oblongues pointues, 
dentelées au sommet, en juin, paniculc de fleurs blanches, assez grandes. 

55" Sp. tomentosa, Linn. (Spirée cotonneuse). — Canada. Arbuste de 
5 à (> pieds, à rameaux droits, elïïlés, couverts d'un duvet ferrugineux, 
feuilles ovales lancéolées, doublement dentelées, cotoneuscs en dessous; 
de juillet et septembre, belle panicule pyramidale de fleurs d'un pourpre 
vif. Terre de bruyère. 

34" Sp. douglasii, Hook. [Spirée de Douglas). — Amérique septen- 
trionale. Arbuste de 5 ou C pieds, très rameux; feuilles cotonneuses, 
blanchâtres, ovales oblongues, dentées au sommet; en automne, panicu- 
les serrées de fleurs d'un rose lilas, très nombreuses. 

55" Sp. l.evigata, Lin. (Sp. ultaica Pall.) Spirée glauque. — Altaï. 
Arbuste de 5 à 4 pieds, à rameaux d'un brun roux; feuilles un peu char- 
nues, glauques, très lisses, lancéolées, oblongues ou spatulées, très en- 
tières; en avril et mai, panicule de fleurs blanches. 

36" Sp. sorbifolia. Lin. {Spirée à feuilles de sorbier). — Sibérie. Raci- 
nes traçantes; tiges de 5 à 6 pieds; feuilles imparipennées, à 47-21 folio- 
les opposées, ovales lancéolées, acuminées, incisées, dentelées , la termi- 
nale plus grande, d'avril en septembre, fleurs blanches , en grande 
panicule. 

57" Sp. lindleyana, Sub. {Spirée de Lindley). — Japon. Tiges simples, 
nombreuses, de 5 à 6 pieds; feuilles imparipennées, à 10 paires de 
folioles oblongues acuminées, finement crénelées dentées, au printemps, 
panicule terminale et droite de fleurs blanches. 

NOTICE SUR LES LAURINÉES CULTIVÉES DANS LES JARDINS; 

Par m. a. Braln, 
Professeur de botanique à rwiiversité de Berlin. 

(traduit de l'allemand par J. Bourdon, docteur en sciences naturelles.) 
Suite et fîn(l). 

Enfin on peut nommer trinerves {folia triiiervia) les feuilles où deux 
nervures latérales naissant, comme dans le cas précédent, près de la base 

(1) Plusieurs erreurs typographiques se sont glissées dans la première partie de cet 
article, entre autres les suivantes^ que nous prions le lecteur de bien vouloir corriger : 
P. 11!2, lig. 31, la brillante, lisez le brillant. — P. 113, lig, 2, en rem. Mascoreignes, 
lisez Mascareignes. — P. 116, lig. 7, alternative, lisez alternance. — P. 117, lig 20, 
de ces étamines, lisez de ces verticillcs. — P. 113, lig- 1^^, Phœla, lise/ Phœbe. — 
P. 118, lig. 7, en rem. Alscodaphnc, lisez Jlseodaphne. — P. 118^ lig. 2, en rem. Crt/j)- 
tocaryu, lisez Crrjptocurya. — P. 119, lig. S. Teiraniheno,, lisez Tetranthera. — P. 119, 
lig. 13. diversion, lisez direction. — P. 119, lig. 29, avancés, lisez arquées. 



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de la feuille, sont les seules nervures secondaires qui existent, toutes les 
ramifications que la nervure médiane envoie ensuite, appartenant déjà 
au réseau vasculaire plus fin. D'après la terminologie botanique, les deux 
nervures latérales des feuilles trinerves doivent prendre naissance tout 
à fait à la hase de la feuille; mais cela n'est pas absolument essentiel, et 
l'on remarque même des différences chez une même espèce, par exemple" 
chez le Cinnamomum eucalyptoides. Les deux nervures latérales s'éten- 
dent sans interruption jusqu'à l'extrémité de la feuille, comme chez le 
Cinnamomum eucalyptoides ^ le Caryodaphne australis; ou bien elles 
forment près de cette extrémité une suite d'arceaux, en s'unissant à 
quelques veines transversales partant de la nervure médiane, et plus 
fortes que les autres; c'est ce qui a lieu, parexemple, chezle Cinnamomum 
aromaticum et le Daphnidium gracile. 

Les feuilles des Laurinées sont pour la plupart glabres; cependant les 
espèces à feuilles velues, surtout sur la face inférieure et le long des 
nervures, ne sont pas rares. Si les poils sont nombreux et crispés, il en 
résulte un aspect mat, cotonneux, souvent de couleur de rouille, comme 
chez les JYectand.ra mollis j oppositifolia, et d'autres espèces; s'ils sont 
couchés et conligus, ils donnent à la feuille un éclat soyeux caractéris- 
tique, comme chez les Ocotea sericea et guianensis, chez les jeunes feuil- 
les du Litsœa glauca, etc.; des poils très courts et éloignés donnent un 
aspect velouté-brillant particulier à la face inférieure de la feuille, chez 
le Gôppertia sericea. A l'examen microscopique, les poils des Laurinées 
ne se montrent jamais rameux ou étoilés, mais toujours simples et inar- 
ticulés; ils ont pour la plupart des parois très épaises, et contiennent 
souvent une matière légèrement colorée. 

REVUE DES ESPECES. 

l"* Cânoaiuomisiis euc^^I^ptoides», Fr. Necs v. Esenb. — C. nili- 
dum, Hook. — Laurus Cassia, Hortor. ex. p. — Cette espèce, originaire 
de Java, se distingue des suivantes par le vert plus sombre de ses feuilles 
et par les deux nervures latérales qui sou vent, mais non constamment, nais- 
sent l'une près de l'autre à la base de la feuille et s'étendent jusqu'à son 
extrémité. Les feuilles, chez nos arbres, ont une saveur trèsfaiblementaro- 
ma tique et ne ressemblant nullement à celle de la cannelle ou du girofle, 
tandis que, d'après Nées, elles doivent avoir ce dernier goût fortement 
prononcé et mêlé d'une légère saveur de camphre. Malgré cette contra- 
diction , je regarde notre détermination comme exacte , car dans les 
espèces les plus voisines, le C. obtusifolium, Nées, et le C. Malaha- 
thrum , Batka , les nervures latérales disparaissent avant l'extrémité de 
la feuille. Le C. eucalyptoides a donné des fleurs en grand nombre et 
plusieurs fois au jardin botanique de Berlin; nos plus grands individus 
ont plus de 10 pieds de hauteur. 



2" CiniianioinuniZeylanicaiii, Breyii. — Laurns Cinnamomum 
ctLaunis Cassia, Lin. — Cet arbre, originaire de l'île de Ceylan et dont 
plusieurs variétés sont aujourd'hui cultivées dans les Indes orientales et oc- 
cidentales, fournit la vraie cannelle. Il se distingue facilement de l'espèce 
précédente par ses feuilles plus courtes et plus larges, dont les nervures 
latérales partent <le la nervure médiane à une plus grande distance de la 
base et disparaissent bien avant l'extrémité de la feuille. Comme on doit 
s'y attendre, les branches et les feuilles ont une forte et agréable saveur 
de cannelle. Des arbres n'ayant que trois à quatre pieds de haut portent 
déjà des fleurs. 

5° Cinnamouinm aromaticam. Nées v. Esenb. — C. Cassia, Fr« 
Nées V. Esenb. — Cette espèce, qui vient de la Chine, est celle qui fournit 
la cannelle brune. Elle est souvent confondue dans les jardins avec l'espèce 
précédente, mais elle s^en distingue facilement par ses feuilles beaucoup 
plus allongées et plus étroites , dont les nervures latérales atteignent 
l'extrémité, non pas directement, mais par l'intermédiaire de quelques 
anastomoses arquées. Ces feuilles ont une saveur de cannelle extrêmement 
agréable. Cet arbre fleurit également, étant encore jeune; au printemps 
de 1851, il a même donné des fruits mûrs dans le petit jardin botanique 
de l'université de Berlin, où il est confié aux soins du jardinier, M. Sauer. 

4° CinnamomniM Cnlilawan, Nées v. Esenb. — Le jardin botani- 
que de Berlin a reçu du jardin impérial de St. Pétersbourg, sous le nom 
de C Reinwardti , un pied encore jeune de cette espèce. Cet arbre ayant 
des feuilles ovales, rétrécies vers le bas et plus encore vers le haut, et 
se terminant peu à peu en pointe, je le regarde comme le véritable Cu- 
lilaivan, dont le C. Reiiiwardti se distingue par des feuilles oblongues- 
lancéolées, mais mérite à peine d'être séparé spécifiquement. Les ner- 
vures latérales prennent leur origine beaucoup au-dessus de la base et 
se perdent dans le quart supérieur de la feuille en une série d'arcs, 
qu'elles forment avec quelques veines transversales plus fortes partant 
de la nervure médiane. L'absence de gris-blanchâtre à la face inférieure 
de la feuille, tient probablement à ce que le pied est jeune. Les feuilles 
ont une faible saveur de cannelle. Le C. Culilawan croît à Amboine, à 
Sumatra, à Bornéo, à Java et fournit l'écorce de Culilawan ou de Culi- 
latwan, analogue à la cannelle. 

5" Cînnamomani albiflopum^ Nées v. Esenb. — Je ne suis pas 
tout à fait certain de la détermination de cette espèce dont il n'existe en- 
core qu'un pied assez jeune au jardin de l'université de Berlin; les nervures 
ont la même disposition que dans l'espèce suivante, mais les feuilles sont 
plus fortes et d'un vert plus foncé, et ont une saveur de cannelle bien 
marquée, tandis que celles de l'espèce suivante ont une saveur camphrée 
moins agréable. Au contraire. Nées attribue précisément au C. alhiflorum 
une saveur participant de celles de la cannelle et du camphre, et au 
C. dulce une faible saveur de cannelle. On pourrait, d'après cela, être 



— 140 — 



tenté de renverser les déterminations des deux espèces, si la détermi- 
nation du C, dulce du jardin de Berlin, faite par Nées lui-même, ne s'y 
opposait, ainsi que les conditions de culture : notre C. albiflorum est 
une plante de serre chaude plus délicate, ce qui correspond à son origine 
indienne, tandis que notre C, dulce, qui a pour patrie la Chine et le 
Japon, est une plante de serre froide. Les feuilles des jeunes pousses se 
distinguent par leur coloration rose. 

6°€iuuanioniniii dulce, Nées v. E. — C. cimietisej Blume. — Lau- 
rus cimiamomoides, Hort. Berol. — Cette espèce paraît être l'une des plus 
communes dans les jardins, où elle se rencontre aussi sous les fausses déno- 
minations de Laurus involucrata et aggregata. Quoiqu'il existe au jardin 
botanique de Berlin des pieds déjà assez vieux, ils n'ont pas encore fleuri. 
Les feuilles sont d'un vert jaunâtre, fortement rétrécies en dessous et 
encore davantage vers leur extrémité. Les deux nervures latérales infé- 
rieures naissent à une assez grande distance de la base et disparaissent 
dans le tiers supérieur de la feuille ; elle présentent en dehors quelques 
nervures tertiaires, qui s'élèvent obliquement. Dans la moitié supérieure 
de la feuille, la nervure médiane envoie en outre deux à quatre nervures 
secondaires. 

7° Camphora ofiTicinariiiii, Bauh. — Laurus Camphora, Lin. — 
C'est le Camphrier originaire de la Chine et du Japon, et généralement 
connu. On ne voit fleurir que les pieds ayant atteint un âge avancé et 
présentant un diamètre d'un pouce au moins. 

8" Camphora officiiiarnin var. ? glaiicescens. — Il existe dans 
les jardins de Berlin des exemplaires d'un Camphrier, qui se distingue du 
précédent par des feuilles d'un gris blanchâtre à leur face inférieure, et 
par une odeur camphrée moins pure, ressemblant davantage à celle de 
la térébenthine. N'ayant pu en examiner les fleurs, je n'ose pas décider 
si on doit le considérer comme une espèce particulière ou seulement 
comme une variété. 

Nées (Sîjst.Laurin,) décrit un Camphora chinensis qui doit se trouver 
au jardin botanique royal de Berlin sous le nom de Laurus cliinetisis. 
Cette désignation n'y est plus aujourd'hui; mais il est probable qu'elle 
se rapporte à un vieux Camphrier à feuilles moins luisantes et présentant 
une réticulation un peu plus marquée que le C. ofjîcinarum, dont je ne 
pourrais cependant le distinguer spécifiquement. 

9"^ Camplfiora glaudulifera, Nées v. E. — Laurus glandulifera, 
Wall. — Cette espèce, originaire du Népaul, n'a pas encore fleuri. Il a 
déjà été question plus haut de la nervation particulière des feuilles, qui 
rappelle celle du genre Cornus. 

10« Apollouias BarSius^ana. — Phœhe Barhusana^ Web. — Lau- 
rus Barbusana y Cav. — Apollotiias canariensis, Nées v. E. — Laurus 
canarieMsis, Willd. — Cet arbre qui, aux îles Canaries et à Madère, atteint 
une hauteur de soixante pieds, est représenté à la pl. 201 de la partie bota- 



— 14-1 — 



nique de l'Histoire naturelle des îles Canaries, par Webb. Sauf l'absence 
d'arome, il ressemble, pour les feuilles, au Laurier ordinaire; mais, quant 
au port, il s'en distingue d'une manière frappante par ses feuilles plus ser- 
rées en fascicules aux extrémités des branches. Le genre Apollonius, 
établi par Nccs, ne se distingue du genre PJiœhe que par l'avortement des 
loges supérieures des anthères, caractère que Webb ne regarde pas comme 
suffisant pour fonder un genre; en conséquence il comprend le Barbu- 
sana des Canaries dans le genre Phœhc, en rétablissant son ancien nom 
vulgaire. D'après ce principe, plusieurs genres de Nées qui ne sont fondés 
que sur la distinction des anthères bi-ou quadri-loculaires, devraient en- 
core être supprimés; c'est là un changement que je ne veux pas entre- 
prendre. 

il° Persea indien, Sprengel. — Laurusindica,V\\xk.^ Cet arbre, 
qui n'est. pas rare dans les jardins, appartient également aux îles Canaries, 
aux Açores et à Madère, et y est connu sous le nom de Vinalico. Dans le 
midi de l'Europe, et particulièrement autour de Lisbonne, on le voit dans 
les jardins de plaisance comme arbre d'ornement; il y atteint une hau- 
teur de soixante pieds. Les feuilles largement lancéolées rappellent, par 
leur forme, celles du Quercus imbricaria; elles sont penninerves, avec 
des nervures secondaires fortement divergentes, bifurquées vers le bord. 
Le réseau vasculaire, quoique fort fin, est très visible. Les fleurs forment 
un panicule terminal. Les baies, de la grosseur de celles du Laurier ordi- 
naire, servent, d'après Webb, de nourriture aux pigeons sauvages (Co- 
liimba laurivora). Dans les jardins, cette espèce fleurit vers l'âge de dix 
ans. D'après ee que m'a communiqué M. Bouché, il en existait, il y a 
longtemps, au jardin botanique de Berlin, un pied ayant huit pouces de 
diamètre et portant une téte de douze pieds de largeur; ne pouvant plus, à 
cause de sa taille, être mis à couvert , il dut être abandonné à la gelée. 

12° Persea gratissima, Gaertn. — Cet arbre remarquable, origi- 
naire des parties chaudes de l'Amérique, est cultivé comme arbre à fruit 
sous le nom d'Avocado on Avocatier, Les feuilles, grandes, larges, penni- 
nerves, légèrement gris bleuâtre sur leur face inférieure, se distinguent 
par leur odeur d'anis ; les baies sont solitaires, elles atteignent la grosseur 
d'une poire moyenne et doivent compter parmi les fruits méridionaux 
les meilleurs et les plus sains. Les fruits de l'arbre cultivé mûrissent 
encore aux îles Canaries et dans le midi de l'Espagne. On voit souvent 
fleurir de petits individus, n'ayant encore que trois à quatre pieds de 
hauteur. Avec une culture convenable, les fruits arrivent sans doute 
aussi à maturité en serre. 

Le Persea Schiedena, Nées, du Mexique, appartient bien, comme 
variété, à cette espèce. Il est probable que le Laurus mexicana du jardin 
de Dresde, est précisément cette variété mexicaine du Persea gratissinia. 

IS'' Per«ea carolinensis , Nées, v. E. — Laurus carolinensis^ 
Catesb. — X. Borbonia, L. — Cet arbre croît dans l'Amérique du Nord , 



— 142 - 



puis la Virginie jusqu'à la Louisiane. Ses feuilles sont aussi étroites et plus 
pointues que celles du P. indica; les nervures latérales se dirigent vers 
le bord très obliquement; le réseau vasculaire n'est pas visible. Les 
branches, les pétioles et la face inférieure des feuilles, le long de la 
nervure médiane, sont couverts d'un duvet, tantôt assez fort, tantôt 
disparaissant presque, souvent un peu rougeâtre. Les inflorescences, 
portées par de longs pédoncules , sont axillaires. Des pieds qui ne sont 
pas trop jeunes fleurissent facilement. 

14° CaryodapEine australis. — Laurus australis, Hortor. — Il 
existe, sous ce dernier nom, au jardin botanique royal de Berlin, une Lau- 
rinée qui a fleuri pour la première fois en 1831 ; c'est ce qui l'a fait recon- 
naître comme une nouvelle espèce de l'intéressant genre Caryodapfme. 
Cette plante avait été reçue du jardin de Pillnitz ; elle doit être originaire 
de l'île de Norfolk, d'où l'on ne connaissait encore aucune Laurinée. D'après 
l'étiquette jointe aux exemplaires de l'herbier de Kunth recueillis au 
jardin de Berlin, le nom de Laurus australis doit venir du jardin 
de Kew. 

A en juger d'après les pieds qui se trouvent au jardin de Berlin, cette 
espèce paraît n'être que frutescente et former un buisson épais. Les 
branches sont arrondies, vertes et presque lisses. Les feuilles sont 
alternes (disposées d'après la fraction ^/o), coriaces, glabres et assez 
luisantes des deux côtés, quoique plus pâles à leur face inférieure, lar- 
gement lancéolées, atténuées en-dessous en un très-court pétiole, pointues 
en haut, mais avec leur extrémité obtuse. Ces feuilles sont trinerves; les 
nervures latérales prennent naissance à une grande distance de la base, 
et se perdent dans une série d'arceaux qui atteignent l'extrémité de la 
feuille; les veines transversales sont peu visibles. Les inflorescences sont 
axillaires et beaucoup plus courtes que la feuille, lâches et composées de 
peu de fleurs, soit simplement en forme de grappes munies d'une fleur 
terminale, soit ramifiées à la base un peu en forme de panicules. Les 
bractées sont petites, subulées , un peu velues. Les pédoncules sont à 
peine aussi longs que les fleurs ; celles-ci sont petites et d'un blanc 
jaunâtre ; le tube du calice a la forme d'un cône renversé, un peu étranglé 
en haut; son limbe est un peu plus long que le tube, divergent, à six 
lobes ovales-obtus. Il y a neuf étamines fertiles, presque de la longueur 
du limbe; les anthères sont ovales, biloculaires, les six externes intror- 
ses, les trois internes extrorses ; les filets sont seulement un peu plus 
longs que les anthères. Au point où les étamines quittent le bord du tube 
calicinal, se trouvent six glandes sessiles qui appartiennent à la base des 
étamines internes, et un peu plus en-dedans trois staminodes cordiformes 
à pédicules très-courts. L'ovaire, complètement renfermé dans le tube 
calicinal, n'est pas encore soudé avec lui à l'époque de la floraison; mais 
cela paraît avoir lieu pendant la maturation. Après la floraison, le tube 
calicinal grossit et devient sphérique ; cependant les fruits, gros comme 



- 143 — 

tics pois, tombèrent avant d'être arrivés à maturité. La saveur des feuilles 
est faiblement aromatique. 

Cette espèce se distingue du Caryodaphne Browniana, Nccs, de 
l'Australie, par ses feuilles glabres, et du C. lœvigata, Blume, de Java, 
par ses feuilles plus petites et à pétioles plus courts, par ses fleurs plus 
petites, par ses glandes sessiles et par ses fruits probablement beaucoup 
plus petits. 

45" Cryptocarya g^lanccsceus, R. Br. — C'est peut-être à cette 
espèce australienne que devrait se rapporter une Laurinéc reçue sans dési- 
gnation de M. le baron de Hûgel; cette question sera décidée avec 
certitude lorsque la plante fleurira. 

16" Ueispilodaphne pretîosa. Nées v. E. — Crijptocarya pre- 
tiosaj Mart. — Laurtis CanelUla, Willd. herb. — Le jardin botanique de 
Berlin a reçu récemment sous ce nom, de S* Pétersbourg, une Laurinée 
qui, comparée aux exemplaires du véritable Canelilla (Cannelle de l'Oré- 
noque) de l'herbier royal, s'en distingue par des feuilles beaucoup plus 
étroites, très -allongées, et par des branches très-minces, fortement angu- 
leuses, ce qui me fait douter de l'exactitude de la détermination. 

17'' OreodapEiue liullata, Nées v. E. — Laiiriis hidlata, Burchel. 
— Cette espèce est originaire du Cap de Bonne-Espérance. Son nom pro- 
vient des renflements vésiculaires qui existent aux aisselles des nervures 
latérales inférieures des feuilles, qui sont penninerves ; la face Inférieure 
creuse de ces vésicules est dépourvue de poils. Les nervures secondaires 
forment de très-fortes liaisons arquées. Cette plante n'a pas encore fleuri. 

18° Oreodaphne fœteiis, Nées v. E. — Laurus fœtens, Ait. — Cet 
arbre croît aux îles Canaries et à Madère. Il est figuré par Webb, pl. 205, 
et est représenté comme le plus grand arbre des îles Canaries, atteignant 
70 à 80 pieds de hauteur. 11 possède un bois très-dur et d'une grande 
durée, à l'odeur duquel le nom spécifique fait allusion. Léop. de 
Buch {Phys. Beschr. der Kanar. Inseln.j p. 5) dit en parlant de l'O. 
fœtens : « Un des plus grands arbres de l'île, mais que la cognée ne 
touche ni ne blesse jamais impunément. Il se dégage du bois une 
puanteur si forte, qu'elle force les ouvriers à fuir, de sorte qu'ils ne 
peuvent abattre un arbre qu'après de longues interruptions et en plusieurs 
jours. » Les jeunes branches sont pentagones ; les feuilles , disposées 
d'après la fraction '''/s, alternent avec les arêtes et se trouvent par consé- 
quent sur les surfaces planes. La nervation des feuilles est penniforme, 
mais avec les nervures latérales inférieures dirigées plus fortement en 
avant et ayant dans leurs aisselles à la face inférieure de la feuille des 
amas particuliers de poils. Les anastomoses en forme d'arcs des nervures 
latérales sont plus fortes que chez aucune autre Laurinée. Les fleurs 
forment des panicules axillaires pédonculés et ont l'odeur de fleur de 
tilleul. Les fruits sont de la grosseur des glands, qu'ils rappellent encore 
davantage par la cupule tronquée que forme le tube calicinal et qui les 



entoure à leur base. Cette espèce fleurit facilement au jardin de Berlin, 
et même deux fois dans l'année, en mai et en décembre. Les fruits 
mûrissent également. 

49° Oreodaphne californica, Nées v. E. — - Il existe au jardin bo- 
tanique de Berlin un pied encore très jeune de cette Laurinée de la Cali- 
fornie. Les feuilles se distinguent par leur parfum. 

20*' Sassafras officinale, Fr. Nées v. E. — Laiirus Sassafras, L. 

— C'est l'arbre bien connu qui fournit le bois de Sassafras officinal; il croît 
dans l'Amérique septentrionale, depuis le Canada jusqu'à la Floride. Il 
vit à l'air libre sans abri, notamment dans le midi de l'Allemagne, et 
montre ses fleurs jaunes au printemps avant l'apparition des feuilles. Les 
inflorescences, composées de fleurs peu serrées, se trouvent à la base 
des bourgeons dans les aisselles des écailles gemmales. 

21" Benzoiu aestivale, Nées v. E. — Laurus œstivalis, Wangenh. 

— Laurus Benzoin, Willd. — Cet arbrisseau est originaire de l'Amérique 
du Nord. Ses feuilles tombent en hiver, et ses fleurs, de couleur jaune et 
disposées en petites ombelles sessiles, paraissent avant les feuilles dès le 
premier printemps. Il est très-commun dans les jardins, tandis que je n'y 
ai pas encore vu les deux autres espèces de Benzoin de l'Amérique du Nord, 
le B. melissœfolium, Nées v. E. {Laurus diospyroides, Michx.) et le 
B, odoriferum, Nées v. E. (Laurus Benzoin, L.), non plus que le 
Tetranthera geniculata. Nées v. E., qui, dans leur patrie, se présente 
en société avec eux, et dont les feuilles sont également caduques. Le 
catalogue récent de la pépinière royale de Postdam ne contient également 
que la seule espèce du genre Benzoin qui vient d'être indiquée. 

22° Tetranthera lanrifolia, Jacq. — Cette Laurinée, originaire des 
Indes orientales, de la Chine et de l'île Maurice, se trouvait jadis au jardin 
botanique de Berlin, d'après ce que m'a rapporté M. l'inspecteur Bouché. 

25° Tetranthera ferrnginea, B. Br. — Cette plante, qui a pour 
patrie la Cochinchine et la Nouvelle Hollande, n'a pas encore fleuri dans 
le jardin. Les feuilles forment, par leur nervation, une transition intéres- 
sante entre les penninerves et les trifides. 

24° Laurus nohilis. Lin. — Le Laurier célèbre de la flore méditera- 
néenne, seule Laurinée de l'Europe actuelle(l), est répandu dans les jar- 
dins, et offre plusieurs variétés, entr'autres une à feuilles très-étroites 
{Laurus salicifolia, Hort.). En Allemagne, il passe l'hiver en serre froide 
ou dans l'orangerie, mais dans le sud-ouest de la Suisse, par exemple dans 
les environs des lacs de Neuchâtel et de Genève, par une température 
hibernale moyenne de 1°,63 à 1°,75(2), il peut déjà vivre à l'air libre 



(1) Les lignites tertiaires nous montrent de plus nombreux représentants européens 
de cette famille dans le monde ancien. 

(2) Neuchâtel et Vevay. Voyez les Tables de Température de H. W. Dove. Ber- 
lin, 18^8. 



— 14;) — 



dans (les endroits abrités; il en est de même en Angleterre, même jus- 
qu'à Norfolk (1), par une température hibernale moyenne de 2** ou un 
peu plus. Les pieds femelles sont plus rares dans les jardins que les pieds 
mâles. 

25" Laurns caniiricosis, Wcbb, 1. e. t. 204. — Persea azorica, 
Seubcrl, Flor. azor. t. 6. — Laurus nobilis, Cav. d'après Webb. — C'est la 
quatrième Laurinée des îles Canaries; cet arbre qui atteint jusqu'à 60 
pieds de hauteur, est commun dans les forêts des montagnes de ces îles, 
ainsi que de Madère et des Açores. 

On ne comprend pas que cet arbre ait pu rester si longtemps inconnu, 
surtout qu'il est répandu depuis longtemps déjà dans les jardins, où on 
le trouve sous les noms inexacts de Laurus tonientosa, glauca, caroiinen- 
sis et Borboîiia. Dès l'année 1815 il existait sous ce dernier nom, au jar- 
din botanique de Schwetzingen. Au jardin de Carlsruhe, ainsi qu'à celui 
de Berlin, il se trouve des pieds assez âgés de cette espèce qui fleurissent 
deux fois par an, en janvier et en mai. Je n'ai du reste vu jusqu'à présent 
dans les jardins que des pieds mâles ; le pied femelle paraît nous manquer 
encore. 

Cavanilles regardait cet arbre comme le Laurus nobilis de Linné ; mais 
il s'en distingue facilement par sa forme plus élancée, et par ses feuilles 
plus grandes, non luisantes, couvertes dans leur jeunesse d'un duvet, 
qui plus tard ne reste plus qu'un peu visible le long des nervures. Seu- 
bert, ne connaissant que des exemplaires en fructification recueillis par 
Hochstetter, et trompé par une certaine ressemblance des feuilles avec 
celles du Persea carolinensis, le rapporta , dans sa Flore des Açores, au 
genre Persea. Ce n'est que dans l'Histoire naturelle des îles Canaries de 
Barker-Webb etBerthelot, ouvrage achevé depuis peu, que cette seconde 
espèce du véritable genre Laurus se trouve convenablement établie et 
déterminée. 

Les feuilles sont d'une forme extraordinairement variable, et, même 
sur une seule branche, varient souvent de la forme ovale à la forme 
lancéolée; leur plus grande largeur tombe le plus souvent au-delà du mi- 
lieu, ce qui rapproche leur figure de la spatuliforme. Les feuilles qui 
occupent la partie inférieure des branches, ont ordinairement leur extré- 
mité obtuse, les supérieures aiguë. La nervation est penniforme ; les six 
à huit nervures secondaires de chaque côté forment des angles plus aigus 
que chez le L. nobilis, et se bifurquent le plus souvent vers le bord. Le 
réseau vasculaire plus fin est peu visible, surtout en-dessus. Les inflores- 
cences mâles sont, comme chez le X. nobilis, réunies à l'aisselle des 
feuilles : on voit toujours deux ombellules à cinq fleurs supportées par un 
court pédoncule principal commun, chacune de ces ombellules étant en- 



(1) D'après une communication verbale de M. le (V Caspary. 
BRLG. IIORT. TOM. Vlll. 



10 



_ 146 - 



veloppéc avant répanouissement par quatre larges bractées, qui forment 
lin bouton spbérique. Les quatre folioles calicinales sont pétaliformes et 
blanches. Des douze étamines, ce ne sont le plus souvent que les quatre 
plus internes qui sont munies d'appendices glanduliformes à la moitié de 
la hauteur du filet. D'après Webb, les fruits sont plus grands que ceux 
du Laurier commun. v 

26° Daphnidiuin s^racile, Nées v. E. — On ne connaît pas la patrie 
de cette élégante Laurinée, qui, depuis assez longtemps, existe dans les 
jardins sous les noms de Laurus Cidilaivan , gracilis et glauca. Elle fut 
décrite par Nées (Otto und Dietrich's Gartenzeitung , 1855, N" 12), 
quand elle eut fleuri au jardin de Berlin. Cette espèce est caractérisée par 
ses branches grêles, ses feuilles ovales, fortement pointues en bas et en 
haut, d'un gris blanchâtre en-dessous, avec trois nervures qui naissent 
ensemble à la base de la feuille et dont les latérales atteignent presque 
son extrémité au moyen de quelques anasiomoses en forme d'arcs. 

27° Litssea glauca, Nées v. E. — Laurus glauca^ Thunb. — Cette 
espèce, originaire du Japon, parait former un arbre remarquable. Les 
fortes branches sont anguleuses vers le haut, et les feuilles ne sont pas 
situées entre les arêtes, comme chez YOreodaphne fœtens, mais sur les 
arêtes mêmes. Cet arbre a un port particulier, dû à ce que les feuilles 
sont ramassées au nombre de cinq à sept à l'extrémité de chaque pousse 
annuelle; comme elles ne tombent qu'au bout de quatre à cinq ans, les 
groupes de feuilles des pousses annuelles successives s'élèvent en verti- 
cilles l'un au-dessus de l'autre. Les feuilles sont plus larges que chez le 
Cinnamomuni dulce, un peu plus étroites que chez le Daphnidium gra- 
cile, et moins pointues que chez ces deux espèces; ce qui leur donne 
une beauté singulière, c'est l'éclat soyeux de leur face inférieure, dû à 
de petits poils fins et serrés; cette pubescence est, chez les jeunes feuil- 
les, d'un jaune tirant sur le rouge ; elle disparaît ensuite en laissant une 
coloration d'un gris blanchâtre. Les pieds du jardin botanique de Berlin 
n'ont pas encore fleuri. 

28*^ Lîtsaeii Pseudocalilawan^ Nées v. E. — Cette espèce dont la 
patrie n'est pas connue, fut aussi, suivant Nées, cultivée au jardin bo- 
tanique de Bonn et à celui de Berlin, sous le nom de Laurus Culilawan ; 
cependant elle n'existe plus dans ce dernier, et je ne la connais que par 
une feuille qui se trouve dans l'herbier de Kunth. Les feuilles sont plus 
grandes que chez le Daphnidium gracile, avec leur extrémité courte et 
obtuse, et une légère échancrure près de leur base qui est cunéiforme; 
leur couleur est vert glauque passant au gris blanchâtre tant en-dessus 
qu'en-dessous; elles sont trinerves, avec des nervures latérales naissant 
beaucoup au-dessus de la base et disparaissant vers l'extrémité. Les fleurs 
ont également été décrites par Nées. 



— 147 — 



APPENDICE SUR LA CULTURE DES LAURINÉES, 
Par m. C. Bouché, 
inspecteur du jardin botanique royal de Berlin, 
(traduit de l'allemand (1) PAR M, J. Bourdon, docteur en sciences naturelles.) 

Beaucoup de Laurinées se distinguent par de belles feuilles toujours 
vertes, auxquelles elles doivent d'occuper une place parmi les plantes 
d'ornement; d'autres sont employées comme aromates dans la cuisine, ou 
comme médicaments dans la pharmacie; cela leur donne un intérêt par- 
ticulier et elles méritent d'être cultivées avec soin dans les jardins. 

Le Laurier ordinaire était déjà en haute estime chez les plus anciens 
amateurs de plantes d'orangerie, à cause de son feuillage sombre et 
persistant; on n'épargnait aucune peine pour le cultiver en beaux arbres 
à tronc élevé, ou en pyramides, qu'on taillait tous les ans avec beaucoup 
de soin pour leur donner une forme déterminée ; aujourd'hui encore on 
fait grand cas de vieux lauriers bien cultivés. Parmi les espèces moins déli- 
cates, il y en a également plusieurs qui, à cause de leur beau port et de 
leur magnifique feuillage, mériteraient d'être plus répandues dans nos 
jardins, pouvant, sans en souffrir, être placées dans les endroits les plus 
obscurs des conservatoires et des jardins d'hiver; une température parfois 
plus élevée que ne le demande leur nature (10 à 15 degrés), ne leur 
nuit pas, parce que leurs feuilles ne tombent pas aussi facilement que 
chez les arbres de la Nouvelle-Hollande. 

A l'exception du Benzoin œstivale et du Sassafras officinale, qui, 
chez nous, viennent à l'air libre dans tout sol modérément humide et 
riche en principes nutritifs, les Laurinées présentent en général une 
assez grande ressemblance entre elles quant à leur culture; il n^y a 
guère de différences que par rapport à la température. 

Toutes les espèces réussissent très bien dans une terre composée de 
trois parties de terreau de feuilles, de trois parties de terre de bruyère et 
d'une partie d'argile meuble, à laquelle on ajoute une quantité corres- 
pondante de sable. Le Laurier ordinaire présente même une végétation 
remarquable, si, au lieu de terre de bruyère, on emploie du fumier de 
vache ou de cheval bien consommé; beaucoup d'autres espèces, au 
contraire, par exemple les Camphora, les Cinnamomum, les Persea, les 
Oreodaphne, les Litsœa, etc., se trouvent très mal de ce fumier et 
jaunissent facilement. Si l'on veut donner de l'engrais à ces espèces, ce 



(1) Verhandiungen des Vereins zur Beforderiing des Gartenbaues in den Kônigl. 
Preussischen Staalen. 21ier Band. 



— 148 — 



sont les rognures de corne qui conviennent le mieux pour hâter la 
croissance et donner aux feuilles une coloration plus foncée. 

La transplantation dans des pots plus grands doit être répétée presque 
tous les ans, et se faire de bonne heure au printemps, avant le dévelop- 
pement des jeunes pousses; dans cette opération, on ne doit pas négliger 
de placer sur le fond du pot une couche de morceaux de tourbe , de terre 
grossière ou de cailloux, afin que l'eau superflue puisse toujours s'écou- 
ler. Des espèces dures, comme les Laurus nohilis et canariensis, le 
Tetranthera ferruginea, V Apollonias Barhusana et VOreodaphne fœtens, 
supportent très-bien qu'on taille leurs racines. 

En général les Laurinées ne demandent qu'une humidité modérée du 
sol; ce n'est qu'à partir du moment où de jeunes pousses commencent à 
se développer jusqu'à celui où les feuilles sont devenues complètement 
coriaces, que ces plantes doivent être maintenues plus humides et 
arrosées plus souvent, car le dessèchement répété des feuilles y produit 
des taches brunes ou détermine leur rabougrissement. 

Les Laurinées appartenant à des climats très-divers, il est d'une grande 
importance, dans leur culture, de donner à chaque espèce la température 
correspondant à celle de sa patrie; sous ce rapport, les espèces cultivées 
aujourd'hui au jardin botanique de Berlin doivent être rapportées à cinq 
divisions : 

l** Plusieurs espèces, originaires de l'Amérique du Nord, résistent à 
l'air libre dans nos contrées; lorsque le froid est vif (en-dessous de — 15^), 
on doit les couvrir. Tels sont le Sassafi^as officinale et le Benzoin 
œstivale. 

2** Des espèces qui croissent dans le midi de l'Europe, dans le nord de 
l'Afrique, à Madère, aux îles Canaries et dans les parties plus chaudes 
de l'Amérique septentrionale (Virginie, Louisiane), comme le Laurus 
nohilis avec ses variétés, le Laurus canariensis, V Appollonias Barbu- 
sana, le Persea carolinensis et VOreodaphne fœtens j restent à l'air libre 
depuis le mois de mai jusqu'à la fin d'octobre, et doivent être conservées 
pendant l'hiver dans une serre ayant une température de 0° à h- 5". 

5° D'autres espèces de Madère et des lies Canaries, ainsi que du Népaul, 
de la Chine, du Japon, de la Nouvelle-Hollande et de la Californie, comme 
les Camphora glandulifera, officinarum et glaucescens, le Caryodaphne 
australis, le Litsœa glauca, le Cinnamomum dulce, le Persea indica, 
VOreodaphne califoniica, le Tetranthera ferruginea, restent à l'air libre 
pendant l'été, de la fin de mai à la mi-octobre; le mieux est de plonger 
les pots, pendant cette saison, dans un sol échauffé par des feuilles ou du 
tan, et de les placer dans un endroit protégé contre les vents froids 
et à demi ombragé. Pendant l'hiver, ces espèces demandent une chaleur 
de H- 5° à -H 

4*' Des espèces des Indes orientales, de l'Amérique tropicale et du Cap 
de Bonne-Espérance, comme le Persea gratissima, le Daphnidiwn 



— 149 — 

gracile, V Oreodaphne hullata et le Cinnamomum alhiflorunij peuvent 
pendant l'été, de la fin de mai à la mi-septembre, également être placées 
à l'air libre dans une couche chaude et dans un lieu abrité, mais une 
chaleur de 6** à 10° leur est nécessaire en hiver ; dans les étés froids et 
pluvieux, il vaut mieux les tenir en serre. Le Persea gratissima se plait 
également dans un endroit plus chaud. 

5° Aux régions les plus chaudes, comme Java, Ceylan, la Chine et le 
Brésil, appartienent le Cryptocary a speciosa, les Cinnamomum euca- 
lyptoides, Ceylanicum et aromaticiim , qui doivent être constamment 
tenus en serre et par une température de iO° à io'' ; le mieux est aussi 
de plonger les pots dans une couche chaude. Dans quelques jardins de 
France, on trouve le Cinnamomum aromaticum en excellent état dans la 
serre tempérée; mais ce mode de culture n'a pas réussi ici. 

La multiplication des Laurinées se fait par marcottes et boutures ; mais 
à cause de la dureté du bois, elles mettent longtemps à s'enraciner; on 
marcotte fréquemment le Laurus nohilis, le Sassafras officinale et le 
Benzoin œstivale ; quant aux espèces de serre froide, pour qu'elles crois- 
sent le plus facilement , on les plante en août, on les tient pendant l'hiver 
à une température de 8** à IS** et on les place au printemps sur une cou- 
che chaude; quant à celles de serre chaude (N°^ 4 et 5), c'est plantées en 
mars et portées sur une couche bien chaude qu'elles croissent le mieux. 

Les Laurinées souffrent peu des insectes parasites; ceux qui les atta- 
quent sont principalement le Coccus Adonidum qui se trouve sur les 
espèces cultivées en serre chaude, et VÂspidiotus Lauri, qui souvent 
couvre entièrement le tronc et les branches du Laurier ordinaire, et 
devient très préjudiciable aux arbres, si on ne l'éloigné à temps en 
brossant ou en lavant avec du savon noir. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS AU SUJET DU GYNERIUM 
ARGENTEUM OU GRAMEN DES PAMPAS, 

Par m. Ed. Morren. 

Depuis l'époque où nous avons entretenu nos lecteurs du Gynerium 
argenteumi^) , sans contredit l'une des meilleures introductions pour 
les jardins pendant ces dernières années, cette superbe plante a continué 
à se répandre rapidement dans toute l'Europe en produisant partout une 
grande sensation parmi les amateurs. Tous les journaux et recueils 
d'horticulture s'en sont occupés et ont signalé sa floraison sur un grand 
nombre de points en faisant un grand éloge de son élégante beauté. 



(1) Voy. Belgique horticole, T. VII, p. 136, livr. février 1857. 



— 150 — 



D'après tous ces renseignements le Gynerium est décidément rustique 
et il fleurit facilement pendant l'automne. La continuité du beau temps 
en 1857 lui a particulièrement été favorable et lui a permis de végéter 
avec une vigueur extraordinaire, mais peut-être exceptionnelle. Quel- 
ques pieds ont atteint en Angleterre 12 à 14 pieds de hauteur sur un . 
diamètre de 10 à 18 pieds et portaient jusqu'à 50 panicules florales. 
L'arrière-saison ayant été très chaude et sans froids prématurés, ces 
fleurs se sont parfaitement développées et ont même donné, chose 
étonnante, des graines fertiles. M. Tourrès, de Machetau, prèsTonnein, 
a pu recueillir un très grand nombre de graines qui ont parfaitement 
germé(l) : toutes celles qui se trouvaient jusqu'ici dans le commerce ou 
qui avaient été distribuées par la Société d'horticulture de Londres, 
avaient été directement importées de leur pays natal. Les jeunes plantes 
levées de graines poussent avec beaucoup de rapidité et forment en deux 
ans une touffe considérable qui se couvre de fleurs. L'exemple suivant, 
publié par un amateur anglais, ne laisse aucun doute à cet égard : des 
graines furent semées en automne 1854 et les plantes, repiquées en 
pots, passèrent l'hiver enserre froide pour être mieux préservées des 
froids; l'une d'elles, mise en pleine terre au mois de mai 1855, portait 
dès l'automne de 1856 onze beaux épis et formait une forte touffe de 
verdure ; l'année dernière cette même plante se couvrait de quarante- 
deux inflorescences de 10 à 11 pieds et demi de hauteur. 

Aux détails que nous avons déjà donnés sur la culture du Gynerium^ 
nous pouvons encore ajouter les renseignements pratiques suivants 
publiés par le Fiorist, fruitish and Garclen miscellany : 

a Quoique le Gramen des Pampas ne soit pas bien exigeant sur la 
nature du sol, pourvu qu'il soit léger, cependant, pour être certain 
d'une croissance rapide, une terre riche et bien fumée est préférable; 
les plantes aiment, en outre, à recevoir, pendant la période active de 
la végétation, une grande quantité d'eau. L'exposition doit être en 
plein soleil, sur un sous-sol sec, et autant que possible à l'abri des vents 
violents qui pourraient briser les jeunes hampes florales et ainsi enlever 
aux plantes une partie de leur beauté. La végétation se ralentit après le 
mois de novembre, et les froids de l'hiver provoquent une période de 
repos; dans les lieux assez exposés le feuillage peut devenir brun ou 
même être gelé jusqu'à rez-de-terre, mais, si le sous-sol est bien sec, 
il n'en résultera aucun dommage et au retour de la belle saison, la 
souche pousse une nouvelle verdure. La plante forme très rapidement 
une belle touffe en produisant un grand nombre de stolons ou de bour- 
geons de feuilles qui s'enracinent à leur base et avec un bon traitement 
elle acquiert bientôt de grandes dimensions. 



(1) M. Tourrès nous a envoyé, en dépôt, un certain nombre de jeunes plantes pro- 
venues de ces graines et qu'il offre aux amateurs. {Voir aux annonces .) 



— 151 — 



« Cette graminéc, commençant à devenir plus commune, on peut 
rccliei'clicr comment on doit la cultiver, mieux qu'à l'époque où, étant 
l'objet de soins tout spéciaux, on lui donnait la meilleure place du jardin. 
Quoique gracieuse à l'extrême, nous ne pouvons pas, quanta nous, 
considérer les plates-bandes florales comme étant exactement sa place. 
Depuis le mois de mars jusqu'en juillet, rien dans son aspect n'est d'un 
effet très ornemental; mais après cette époque, sa croissance devient très 
rapide, et c'est alors qu'on peut bien apprécier combien elle peut contri- 
buer à embellir les jardins. Il nous semble que la meilleure situation 
qu'on puisse lui donner, est un endroit bien découvert en avant d'un 
massif d'arbustes et d'arbres toujours verts, avec lesquels ses panicules 
soyeuses et argentées formeront un admirable contraste; on peut aussi 
en faire des groupes au bord des étangs ou des petits cours d'eau , 
mais il serait de mauvais goût de placer un végétal d'aussi grandes 
dimensions contre un petit bassin ou un mince ruisseau. Si on le plante 
sur les rives d'une pièce d'eau , il est nécessaire d'exhausser un peu le 
sol au-dessus du niveau ordinaire; le Gynerium n'est pas, en effet, une 
plante des marécages, comme nos Carex, mais il se trouve, comme on 
sait, à l'état de nature dans les vastes Pampas de Buenos-Ayres, plaines 
basses s'étendant sur des milliers de lieux, depuis les rivages de l'Atlantic 
jusqu'au pied des Andes. Dans ces immenses plaines, dont la flore est 
très uniforme et ne présente pour ainsi dire aucun arbre ni arbuste, la 
végétation est exposée successivement à une sécheresse et à une humidité 
extrêmes, pendant lesquelles les plantes sont tantôt flétries et desséchées, 
tantôt d'un aspect extraordinairement verdoyant. L'époque de la floraison 
dans nos contrées correspond à l'été de leur pays natal, et on peut 
déduire de leur habitat naturel qu'une exposition en plein soleil, un sol 
sec pendant la période de repos et une forte humidité lors de la croissance, 
sont les conditions de culture qui se rapprochent le plus de leur climat 
naturel. » 

On sait que le Gynerium argenteum est dloïque, c'est-à-dire que les 
fleurs mâles et femelles sont portées sur des pieds différents. Or, l'ex- 
périence a prouvé que les inflorescences formées de fleurs staminées 
sont beaucoup plus petites, d'une teinte gris-terne et dénuées du bril- 
lant éclat de panicules femelles. On ne devra donc conserver que ces 
dernières pour l'ornementation des jardins en général. Cette différence 
considérable dans l'aspect des fleurs des deux sexes provient de la pré- 
sence, dans les fleurs pistillées, d'un grand nombre de petits poils 
blancs et soyeux à la base des glumelles et à la nature plumeusc du 
pistil; les écailles des fleurs mâles sont, au contraire, tout à fait dé- 
pourvues de ces poils, et elles renferment en outre des étamines, des 
petites étamines dont les anthères ont un aspect jaunâtre. 



SUR LES FRANCISCEA QUI EXISTENT AUJOURD'HUI DANS LES 
JARDINS, ET SUR LEUR CULTURE; 



Par mm. Ch. Koch et Reinecke. 

Les Franciscea sont au nombre des plantes qui méritent le plus d'être 
cultivées parmi celles de serre tempérée, soit pour leur feuillage, soit 
pour leurs fleurs. Le genre qu'ils forment a été établi par le botaniste 
autrichien Pohl, dans son splendide ouvrage consacré à la description 
d'un assez grand nombre de plantes nouvelles du Brésil , ouvrage qui ne 
renferme pas moins de 200 belles planches coloriées. Son nom de Fran- 
ciscea vient de ce qu'il a été dédié à l'empereur d'Autriche , François P*". 
Les Franciscea ont les fleurs g^énéralement d'un beau bleu de ciel, plus 
rarement violettes, et cette couleur de leur corolle fournit le principal 
moyen pour les distinguer des Bru?îfelsia, qui ont la fleur jaune. Aussi, 
dans ces derniers temps, le botaniste anglais, M. Bentham, a t-il cru 
devoir les réunir à ce dernier genre , faute de caractères suffisants pour 
les laisser séparés. L'espèce qu'on en rencontre le plus ordinairement 
dans les jardins, est le Franciscea hydrangeœformis Pohl [Brunfelsia 
hydrangeœformis Benth.), joli arbrisseau , qui croît communément dans 
les environs de Rio-Janeiro et dont les fleurs sont très agréablement 
odorantes. On cultive aussi les Franciscea macrophylla Cham. et 
ScHLECHT., latifolia Pohl, etc. 

Ces végétaux croissent, en général, dans leur patrie, sur les pentes 
des montagnes de hauteur moyenne et des collines, dans des lieux 
couverts seulement de broussailles, qui n'arrêtent pas les rayons du soleil. 
La plupart de ceux que nous possédons en Europe se trouvent au Brésil 
dans les contrées voisines du tropique. Ces conditions naturelles sous 
l'influence desquelles ils végètent, indiquent celles qu'on doit réunir 
pour eux dans les jardins. Il faut leur donner une chaleur modérée dans 
l'air, une chaleur plus forte dans la terre. Ainsi ils se trouvent bien dans 
une serre tempérée. Pendant l'hiver, il leur suffit d'une atmosphère 
chauffée à 10 degrés centigrades tout au plus. 

Les Franciscées venant naturellement dans des localités découvertes, 
il faut leur donner, dans la serre, le plus de jour possible, et, pour cela, 
les placer près des vitres. Si, au contraire, on les tient dans un endroit 
peu éclairé et qu'on les chauffe trop, ils ne tardent pas à être attaqués 
par les insectes. Ils n'aiment pas du tout l'humidité et on ne doit leur 
donner que des arrosements rares et modérés. Un Franciscea auquel on 
donne beaucoup d'eau pousse rapidement, se charge de feuilles, mais ne 
développe que des fleurs petites et nombreuses. Au mois de janvier, on 
rempote ces plantes et l'on commence alors seulement à les tenir un peu 
plus chaudement. Il est même bon que l'élévation de température leur 



— 153 " 



vienne seulement de l'action du soleil. Même à cette époque, il ne faut 
pas les arroser beaucoup. C'est au mois de février que commencent à se 
montrei" leurs fleurs, qui se succèdent sans interruption, grâce au déve- 
loppement successif de nouvelles pousses, pendant les mois de mars et 
d'avril, et même jusqu'au mois de mai. Les pieds qu'on a eu le soin de 
tenir bien buissonnanls, se montrent pendant tout ce temps couverts de 
charmantes fleurs bleues. Ces fleurs ont leur corolle très délicate, et ce- 
pendant elles durent assez longtemps. En mai, lorsqu'on n'a plus à 
craindre les gelées, on transporte les Franciscea en plein air et on les 
place il un endroit bien exposé au soleil. On les arrose toujours modéré- 
ment. Les jeunes pousses qui ont porté des fleurs prennent de la force à 
l'air libre, et il se forme aux aisselles de leurs feuilles des bourgeons qui 
se développeront l'hiver suivant. Dès que le temps commence à re- 
devenir un peu froid, à l'automne, et que les gelées sont à craindre de 
nouveau, on enferme les plantes dans la serre tempérée, où on les laisse 
en repos jusqu'au mois de janvier, époque du rempotage après lequel 
on commence à les mettre en végétation, comme il a été dit plus haut. 

La terre qui convient aux Franciscea est un mélange par parties 
égales de terre tourbeuse et de terre de bruyère. Un bon drainage est 
indispensable pour les pots, l'humidité stagnante déterminant facilement 
la pourriture des racines de ces arbustes. 

{Berliner allgemeine Gartenzeitung, trad, de la soc. imp. et cent, d'hort.) 



CULTURE DE CERTAINS DRACOENA EN PLEINE TERRE PENDANT 

L'ÉTÉ. 

Par m. Jaeger. 

La culture des Dracœna en pleine terre pendant l'été, paraît avoir 
été tentée pour la première fois au jardin botanique de Berlin. Les 
bons résultats qu'ont donnés ces essais, l'effet vraiment remarquable 
que produisent ces beaux végétaux au milieu d'un jardin, ont déterminé 
plusieurs horticulteurs à marcher résolument dans cette voie, et aujour- 
d'hui il est à Berlin peu de jardins un peu riches dans lesquels ne 
figurent des Dragonniers. M. Jaeger dit qu'il a été vraiment saisi la 
première fois qu'il a vu de forts pieds de Dracœna australis et indivisa 
en pleine terre et qu'il les a trouvés d'un effet bien supérieur encore à 
celui des Palmiers placés de même. 

Jusqu'à ce jour, on n'a guère cultivé ainsi en pleine terre que le 
Dracœna australis Hook. (Dracœnopsis australis Planch., Cordyline 
australis Kth.), de l'Ile de Norfolk, de la Nouvelle-Zélande et de la 
Nouvelle-Hollande , le Dracœna indivisa Forst. {Dracœno'psis indivisa 
Planch., Cordyline indivisa de la Nouvelle Zélande et le Dracœna 



— 154 — 

congesta Sweet [Cordyline congesta Kth., Charlwoodia C07igesta Sweet). 
On plante ces végétaux à l'air libre à la fin de mai, lorsque les gelées ne 
sont plus à craindre, dans une terre légère et nutritive, en un lieu qui 
ne soit pas trop humide, même sur une légère élévation qui les mette 
mieux en évidence. En été, on les arrose abondamment et, en automne, 
on les relève de la pleine terre, lorsque les gelées arrivent. Le Dracœna 
australis supporte sans souffrir plusieurs degrés de froid; ce fait n'a 
rien qui doive étonner, puisque dans son pays natal il neige assez fré- 
quemment. Il est vraisemblable que le Dracœna indivisa est tout aussi 
rustique; seulement, il est encore trop rare et trop cher pour qu'on 
l'expose à la gelée. Le Dracœna congesta est un peu plus délicat; cepen- 
dant, il résiste à une des premières gelées d'automne. Ces espèces se trou- 
vent très bien dans une serre tempérée, à une température de 5 à 8 de- 
grés centigrades. Même le Dracœna australis peut très bien être tenu en 
serre froide comme les Yucca et Agave, Si l'on met ces espèces en serre 
chaude pendant l'hiver, il faut les tenir plus au frais de bonne heure, 
afin de les habituer peu à peu à l'air libre. Après qu'on les a remises 
en pot à l'automne pour les rentrer, il est bon de les enfermer d'abord 
dans une serre ou une bâche chaude pour qu'elles s'enracinent bien. Te- 
nues constamment en serre chaude, elles végètent et sont très sujettes 
aux atteintes de la Rouge. 

Les Dragonniers plantés en pleine terre croissent rapidement. On voit 
des pieds de trois ans s'élever à 1 mètre et 1 mètre 30; quelquefois 
même ceux de Dracœna congesta atteignent 2 mètres de hauteur à cet 
âge. Il est bon que l'endroit où on les plante soit un peu abrité contre le 
vent, ou tout au moins qu'il n'y soit pas trop exposé. On doit, en outre, 
avoir le soin d'en planter les pieds isolément; car en groupes ils perdent 
une grande partie de leur beauté. 

Probablement on pourrait cultiver de même en pleine terre la plupart 
des espèces de Dracœna, Dracœnopsis, Cordyline, Calodracon et Charl- 
woodia. Cela est certain pour le Dracœna Draco Lin., des Canaries et 
le Dracœna nutans [Cordyline) espèce très voisine de Vaustralis. Le 
Dracœna stricta Bot. Mag. (Cordyline stricta Kth.) de la Nouvelle- 
Hollande et le Dracœna spectabilis [Cordyline spectalis Kth. et Bouché) 
passent aussi bien l'été en pleine terre que le Dracœna australis. 
M. Jaeger pense que ce mode de traitement conviendrait aussi à deux 
nouvelles espèces encore assez rares, de la Nouvelle-Zélande, décrites 
par M. Goeppert sous les noms de Cordyline Hoihrenkiana et Charl- 
woodia australis^ et au Dracœna terminalis purpureo-variegata 
[Calodracon Jacquini Planch., Cordyline Jacquini Kth.). Il se propose 
de faire des essais sur ces dernières espèces. 

{Gartenflora, trad, de la soc, imp. et cent, d'horl.) 



- 1S« — 



ARCHITECTURE HORTICOLE. 




Pl. 38. Plan d'une petite maison de campagne. 

On nous a plusieurs fois demandé des modèles de diverses constructions 
horticoles et rurales qui puissent être exécutées facilement et à peu de 
frais. Pour satisfaire à ce désir, nous avons publié quelques articles sur le 
genre rustique, dont on peut tirer un parti si avantageux à la campagne, 
et pour lequel tous les matériaux sont bons : la pierre brute , du vieux 
bois et de la mousse. Nous avons donné en outre quelques modèles de 
pavillons, de berceaux, de belvédères, de ponts, etc., d'une utilité 
pratique incontestable. Sans avoir la prétention d'empiéter le moins du 
monde sur l'architecture horticole proprement dite, c'est-à-dire sur les 
travaux d'arts ou les constructions plus ou moins importantes qui peuvent 
devoir se faire à la campagne, nous publierons cette année trois ou quatre 
dessins , accompagnés de plans , représentant de petites habitations 
champêtres d'un style élégant, simple et pouvant servir de pied-à-terre 
dans un jardin situé aux environs de la ville, de lieu de réunion dans 
un parc, etc. 

L'habitation que nous avons représentée ci-après, existe à la villa 
d'Hildebrandt, près de Berlin, au sud d'un canàl. Une longue explication 



— 156 - 



serait inutile en présence des deux gravures reproduisant l'une le plan, 
l'autre la façade principale. La construction est très légère, d'un seul 
étage et presque entièrement en bois de sapin ; sur le devant se trouve 
un petit perron (1), auquel on monte par quelques degrés, protégé par 
un léger abri, précédant l'appartement principal, et sur lequel une 
famille peut être assise à l'aise. Le reste se compose d'une chambre à 
provisions (2), d'une cuisine (5), d'une chambre à manger et d'un salon (4). 



JARDIN FRUITIER. 

DESCRIPTION DE LA POIRE FIN OR DE SEPTEMBRE , 
Par m. J. Decaisne. 

(Représenté Pl. 40. fig. 2.) 

Fruit crautomne, moyen, pyriforme, ventru; à queue grêle, longue, arquée; à peau 
jaune, rouge du côte du soleil, parsemée de gros points fauves; à chair blanche, 
fondante, sucrée, acidulée. 

Arbre assez vigoureux et fertile; à scions légèrement flexueux, d'un 
fauve violacé et parfois rougeâtres, parsemés de lenticelles nombreuses, 
ovales, jaunâtres; yeux coniques, élargis à la base. 

Feuilles florales ovales, acuminées, pubescentes en-dessous, presque 
glabres en-dessus; les adultes à peu près de même forme; celles des 
rosettes ovales arrondies ou cordiformes, dentées, très glabres ; celles 
des scions ovales arrondies ou quelquefois cordiformes, acuminées à la 
base du rameau, ovales ou ovales elliptiques à son sommet. 

Fleurs moyennes, blanches, très ouvertes ; calyce à divisions lancéo- 
lées, aiguës, réfléchies, couvertes de poils roux en-dessus; pétales large- 
ment ovales, onguiculés, semi-concaves, laissant de l'intervalle entre eux. 

Fruit mûrissant à la fin de septembre ou en octobre , pyriforme ou 
cydoniforme, ventru, atténué et obtus aux deux extrémités, à queue 
longue, ordinairement grêle, arquée, cylindracée, insérée perpendicu- 
lairement sur le fruit; peau jaune citron, lisse, onctueuse au toucher, 
colorée en rouge vif du côté du soleil , parsemée de points fauves ou 
rougeâtres, ordinairement dépourvue de marbrures; œil à fleur du fruit 
ou placé au milieu d'une très faible dépression, entouré d'un duvet 
cotonneux, à divisions lancéolées, aiguës, plus ou moins rapprochées, 
alternant avec de très petites protubérances ; cœur dessinant une sorte 
de losange sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de granulations; 
lacune centrale large; loges grandes, pépins fuligineux ou brun noir. 

Chair blanc-jaunâtre, demi-fondante, juteuse; eau abondante, sucrée, 
légèrement acidulée, d'une saveur particulière qui n'est ni musquée ni 
citronnée. Ce fruit est de deuxième qualité et inférieur à quelques autres 
variétés de la même saison; mais sa forme et sa couleur sont des plus 
agréables. 

Syn. Finor d'Orléans, Bon-Chrétien de Bruxelles (Prévost), L'Empressée (Noisette). 



158 — 



POIRE FIN OR D'ÉTÉ, 
Par m. J. Decâisne. 

(Représenté PI. 40, fîg. 1) 

(Extrait du Jardin fruitier du Muséum ou Iconographie de toutes les espèces et variétés ' 
d'arbres fruitiers cultivées dans cet établissement , etc.) 

Fruit d^été, parsemé de petits points, petit, jaune ou jaune verdâtre d'un côté, 
rouge vermillon de l'autre; à queue droite, charnue, portant des cicatrices de brac- 
téoles, renflée et accompagnée de plis à son insertion sur le fruit; à chair blanchâtre, 
demi-cassante, juteuse, sucrée, acidulée, peu parfumée. 

Arbre très fertile; scions assez gros, grisâtres ou bronzés, à reflets 
violâtres, pubescents , parsemés de lenticelles oblongues ou jaunâtres; 
yeux petits, coniques, appliqués contre le rameau. 

Feuilles florales ovales, presque entières, légèrement acuminées, pu- 
bescentes en dessus, blanches et cotonneuses en dessous; les adultes de 
deux sortes; celle des rosettes ovales-arrondies ou ovales-oblongues, 
acuminées, presque entières; celles des scions ovales-oblongues ou 
ovales-lancéolées, à bords plus ou moins redressés, ou quelquefois cor- 
diformes à la base du rameau, ovales-elliptiques à son sommet, pubes- 
centes en dessous. 

Fleurs grandes , blanches , portées sur des pédoncules assez courts et 
tomenteux; calice à divisions linéaires -lancéolées , couvertes de poils 
roux en-dessus, étalées; pétales orbiculaires , brusquement onguiculés, 
laissant très peu ou point d'intervalle entre eux. 

Fruit mûrrissant en août, petit ou moyen, turbiné, atteignant au 
plus 0",07 de hauteur, à pédoncule droit, épaissi et ridé à son insertion 
sur le fruit, de couleur brune à son origine et offrant les traces de 
quelques bractéoles; peau lisse, d'abord verte, pointillée de brun, puis 
jaune vif, lavée et parsemée de points rouges à la parfaite maturité, 
n^offrant jamais de tâches fauves; œil k fleur du fruit, grand, à divi- 
sions longues, linéaires, aiguës, canaliculées , dressées, pubescentes en 
dessous, couvertes de poils roux en dessus; cœur petit, arrondi, entouré 
de granulations; loges petites, à peu près remplies par les pépins; 
pépins bruns. 

Chair blanchâtre, demi-cassante, juteuse; eau sucrée, acidulée, peu 
parfumée. Fruit très médiocre, mais abondant et quelquefois d'un grand 
débit dans les rues de Paris. 



La publication du Jardin fruitier du Muséum par M. J. Decaisne, 
continue à se faire régulièrement, depuis l'époque où nous avons annoncé 
son apparition (1). Cet important ouvrage est remarquable par l'exacti- 



(1) Voy. Delg. Hort., T. VII, liv. 9, p. 279. 




i.Kiii <)!• d'rtc. L?.Kin or do scploin l)P(> 



— 159 — 



tude et la méthode des descriptions, et par la belle exécution des plan- 
ches, représentant chacune un rameau feuille, un fruit entier et une 
coupe longitudinale. 

Nous avons déjà signalé les variétés décrites et figurées dans les quatre 
premières livraisons; celles que nous avons reçues jusqu'à ce moment 
(H® inclusivement) sont consacrées aux espèces suivantes dont nous 
croyons utile de reproduire la description sommaire. 

SUITE DE L'ÉNU3IÉRAÏI0i\ DES VARIÉTÉS DE POIRES DÉCRITES ET 
FIGURÉES DANS LE JARDIN FRUITIER DU MUSÉUM, 

Par m. J. Decaisne. 

17. P. Adam. Fruit d'été, moyen, rouge brun d'un côté, jaunâtre de l'autre, parsemé 
de points fauves ou blanchâtres, à queue oblique, charnue à son insertion sur 
le fruit; chair jaunâtre, ferme, sucrée, acidulée, peu parfumée. 

N. B. On la connaît aussi sous le nom de Beurré Adam; fruit de se- 
conde qualité, mûrissant à la fin d'août et en septembre. 
48. P. Archiduc Charles. Fruit d'automne, de forme et de teinte variables, pyriforme 
ou étranglé vers le milieu, à queue assez courte, charnue, droite, un peu enfon- 
cée dans le fruit; à peau jaune pâle ou blanchâtre, parsemée de nombreux points 
fauves ; chair demi-fondante, juteuse, sucrée, peu parfumée. 

N. B. Cette variété signalée en 1825, par Van Mons, diffère de la 
Poire Liart (Napoléon), avec laquelle on la confond souvent, par son 
pédoncule beaucoup plus court, gros et charnu, par sa peau plus pâle, 
moins lisse, par l'œil plus enfoncé et toujours dépourvu de protubé- 
rances, enfin par la couleur du jeune bois, dont la teinte plus jaune le 
fait facilement reconnaître. 

19. P. Guenelte. Fruit d'été, de couleur herbacée, très rarement marqué de taches 
fauves; à queue très longue, droite, et portant souvent des traces de l'insertion 
de bractées; œil accompagné de protubérances, à divisions rapprochées; chair 
blanche, sucrée, peu sapide. 

N. B. Ce fruit n'a d'importance que par sa précocité; il apparaît en 
énorme quantité sur les marchés et dans les rues de Paris vers la fin de 
juin ou dans les premiers jours de juillet; on le vend sous le nom de 
P. Muscade j Petit Muscat^ Muscat bâtard^ plus souvent encore sous le 
nom de P. Madeleine^ bien qu'il soit très différent de la Poire à laquelle 
on doit réserver ce nom et qui a pour synonyme celui de Citron des 
Carmes. — Cette poire est connue en Angleterre sous le nom de Green- 
Chissel. — Duhamel confond également notre fruit avec la véritable 
Madeleine ou Citron des Carmes^ mais ce qu'il en dit s'applique évidem- 
ment à la Giienette. 

20. P. Carmélite. Fruit d'hiver, moyen, arrondi, à queue droite, courte, grosse; à 
peau complètement brune à la maturité, mais parsemée auparavant de gros points 
blancs; à chair cassante. Fruit à cuire. 

N. B. Plusieurs pépiniéristes confondent ce fruit avec la Bergamote 
rouge, qui mûrit au commencement de l'automne. 



— 160 — 



21. P. Salvîati. Fruit d'été, moyen, arrondi; à queue grêle, droite, un peu enfoncée 
dans le fruit; à peau lisse, jaune, unicolore ou portant près du pédoncule une 
sorte de plaque fauve; à chair presque cassante, granuleuse, sucrée, musquée, 
très odorante. 

N. B. La P. Salvîati décrite et figurée dans le Jardin fruitier de 
Noisette, n'a absolument aucun rapport avec celle-ci. 

22. P. Blanquet à longue queue. Fruit d'été, jaune, lisse; à queue longue, courbée, 
charnue, accompagnée de plis à son insertion sur le fruit ; à chair blanche, demi- 
cassante, très juteuse, sucrée, légèrement acidulée, parfumée. 

iY. B. Cette poire a été figurée sous le nom de Muscat royal , dans la 
Pomologie de Poitcau , mais cet auteur reconnaît dans la description 
qu'il en donne, qu'elle n'a aucune ressemblance avec le fruit décrit par 
Duhamel et qu'elle se rapproche du Blanquet à longue queue. 

23. P. Besi de Heric (et non Iléry ou Héri). Fruit d'hiver, moyen, vert jaunâtre ou 
jaune pâle lavé de rouge, pointillé, légèrement déprimé aux deux extrémités, à 
queue longue et grêle; à chair blanche, cassante, sucrée, peu parfumée. 

N. B. Les Poires figurées dans le Nouveau Duhamel (tab. 72, p. 206), 
ainsi que dans le Journal de Flore et Pomone (vol. XIV, p. 179), ne 
paraissent point appartenir au Besi de Héric. 

2i. p. de Saint-Germain (paroisse près de Le Lude, sur le Loir, à 17 kilomètres S.-E. 
de la Flèche, département de la Sarthe). Fruit d'hiver, gros, oblong, à peau vert- 
jaunâtre, parsemée de points et marquée de taches près du pédoncule ainsi 
qu'autour de l'œil, à queue insérée obliquement et un peu en dehors de Paxe du 
fruit, à chair blanchâtre, demi-fondante, granuleuse, sucrée, acidulée. 

N. B. Mirbel et Duhamel ont distingué deux variétés de la Poire de 
Saint-Germain, mais quelques pomologistes ont porté aujourd'hui le 
nombre de ces variétés à quatorze. C'est à l'une des deux variétés pri- 
mitivement décrites que doit, selon M. Decaisne, se rapporter le Saint- 
Germain gris d'hiver ou le Saint-Germain brun. 

25. P. Thouin (André Thouin, membre de l'Institut, professeur de culture ;iu Muséum, 

né en 1747, et mort dans cet établissement le 27 octobre 1824), Fruit d'hiver, 
moyen, turbiné ou turbiné-arrondi; à peau de couleur jaune olivâtre, tachée de 
fauve, plus ou moins rugueuse ; à queue assez grêle, aiguée, placée au milieu 
d'une petite dépression régulière; chair ferme, agréablement parfumée. 

iV. B, Cet excellent fruit ne diffère, selon M. Decaisne, de la P. For- 
tunée que par l'époque de sa maturité. MM. Jamin et Durand la réunis- 
sent avec raison au Nélis d'hiver, à la Bonne-Malinaise, etc. ■■ — Le con- 
grès pomologique tenu à Lyon, en 1856, classe notre fruit au nombre 
des meilleures variétés qui mûrissent en novembre ou décembre, et 
regarde l'arbre comme très propre à former des hautes tiges. 

26. P. Pionlier. Fruit d'été, moyen, quelquefois en forme de coing, à peau jaune 
blanchâtre lavée de rouge, parsemée de rares et très petits points brunâtres; à 
queue dressée, charnue, ordinairement accompagnée de petites proéminences à 
son point d'insertion sur le fruit; à chair cassante et très musquée. 

N. B. Syn. Bon-Chrétien musqué d'été, 

{La suite à la iirocJiaine livraison.) 




Il 



HORTICULTURE. 



NOTE SUR LE BEGONIA LACINIATA, ROXB. OU BEGONIA 
A FEUILLES LACINIÉES, 

Par m. Edouard Morren. 

fam. des bégoniacées. — monoecie-polyandrie. 

(Représenté pl. 41, fig. 1 et 2). 

Bégonia laciniala, cnule ramoso petiolis pedunculis pedicellisque pubescenti hirsu- 
tis, foliis oblique cordatis laciniato-pinnatifîdis pictis, laciniis acuminatis acute serra- 
tis, floribus masculis tetrasepalis, sepalis patentibus duobus multo majoribus extiis 
rubro-lomenlosis, fœrnineis pentasepalis, sepalis erectis omnibus extus rufo-tomen- 
tosis, capsula hispido-tomenlosa alis 2 mînoribus aequalibus unica ovata obtusa. — 
Roxb. Fl. Ind. V. 3. p. 649. — Wall. Cat. N» 3678. — Bot. Mag. 1857, T. S021, 
cum icône hic iler. 

Figure ANALYTIQUE : 2, Fleur femelle. 

Cette nouvelle espèce de Bégonia, éminemment ornementale, a été 
introduite au jardin royal de Kew, par le D"^ Royle. D'après le D'^ Rox- 
bourg elle serait originaire des monts Garrow {Garrow Hills) dans le 
Bengale méridional, et d'après Wallich on la rencontrerait également 
dans le Silhet et le Népaul. Le premier de ces auteurs en parle comme 
d'une plante bisannuelle; quoiqu'il en soit on la multiplie aisément de 
boutures, et les jeunes pieds fleurissent mieux et prennent une meilleure 
l'orme que les plantes qui sont d'un certain âge. Les fleurs, surtout celles qui 
portent les étamines, sont au nombre des plus grandes du genre et très 
remarquables, par le duvet rouge vif qui recouvre les sépales à fond blanc. 
Le feuillage est également d'une richesse de coloris extraordinaire; au 
centre de chaque limbe se trouve une large macule d'un violet foncé 
presque noir, bordée de rouge; une bande de la même couleur s'étend 
tout le long des bords de la feuille. 

La plante s'élève à 30 ou 60 centimètres de hauteur, en se raméfiant 
et se déjetant un peu. Les tiges et les branches sont vertes, fortes, arron- 
dies et pubescentes. Les feuilles pétiolées, longues de 12 à 15 centimètres, 
obliquement cordées, acuminées, laciniées ou presque pinnatifîdes, gla- 
bres d'un vert foncé au-dessus, la marge et le centre d'un noir pourpré, 
le dessous vert paie, rouge au milieu, au bord et sur les nervures; les 
lobes sont acuminés et fortement dentés. Pétioles verts, à peu près aussi 
longs que les limbes, laineux, munis à la base de deux stipules membra- 

BELG. IIORT. TOM. VUI. 11 



— 162 ~ 

neuses assez grandes, blanches, teintées de rose. Pédoncules axillaires, 
lin peu plus longs que les feuilles, portant une ombelle de trois à quatre 
grandes fleurs. Les fleurs mâles, les plus grandes, présentent quatre 
sépales ovales, blancs, étalés, dont deux latéraux sont petits et glabres 
des deux côtés, et les deux autres plus de deux fois aussi grands, concaves 
et recouverts extérieurement d'un duvet rouge entremêlé de poils. Eta- 
mines nombreuses , formant une touffe serrée. Les fleurs femelles ont 
cinq sépales dressés, larges, ovales, concaves, semblables, tomenteux et 
poilus extérieurement. La capsule est très pubescente, triangulaire , à 
deux angles courts et aigus, et le troisième ample, ovale et très obtus. 

Nous saisissons avec empressement l'occasion que nous offre le Bégonia 
laciniata, pour signaler aux amateurs deux superbes hybrides du B. gri- 
fitii, Hook [B. picta Hort.) fécondé par le B. xanthina Hook, et obtenues 
dans rétablissement horticole de M. Amb. Verschaffelt à Gand. Ces deux 
hybrides, décrites et figurées par M. Ch. Lemaire dans V Illustration Hor- 
ticole^ ont été dédiées, la première au Prince Troubetzkoi, l'un des plus 
nobles protecteurs et amateurs de l'horticulture, la seconde à Madame 
Wagner de Riga. Le Bégonia Prince Troubetzkoi a, dit M. Lemaire, 
l'ampleur et la forme foliaire du B. Griffithiij et la riche panachure du 
Bégonia xanthina-, il est acaule et robuste; ses feuilles très amples sont 
en dessus d'un riche vert brillant, nuancé et reflété de plus foncé , lavé 
de rouge et parsemées de quelques poids blancs; en dessous, d'un vert 
plus pâle, relevé de rouge cocciné au centre et le long des nervures 
principales. Quant au Bégonia Madame Wagner, voici ce qu'en dit 
M. Lemaire, mais il faudrait malgré la richesse de style, pouvoir au 
moins admirer les superbes portraits qui accompagnent cette description, 
pour se faire une juste idée de cette hybride. « En examinant avec quel- 
que attention cette belle hybride, on remarque bientôt que le feuillage, 
par sa forme et son coloris général, rappelle celui d'un de ses parents, le 
B. xantlmia var. marmorata, mais l'emporte, et de beaucoup, par la 
teinte générale d'un blanc d'argent mat, qui en revêt la face supérieure, 
et la marmore (qu'on nous pardonne ce mot , qui rend si bien le fait) 
à son tour de vert léger et de rouge, surtout au centre, auprès de la 
maîtresse nervure, tandis qu'en dessous cette teinte est d'un vert clair, 
presque doré et métallique, richement peint de rouge vif aux bords et 
surtout le long des nervures, dont elle décore et dessine plus nettement 
la réticulation. L'attrait d'un coloris si riche et si varié (notons bien vite 
qu'il est encore beaucoup plus chaud chez les jeunes feuilles, et qu'il 
s'étend, se délaie, pour ainsi dire en suivant les développements du limbe 
foliacé) est doublé encore par celui si brillant des pétioles, des pédoncules 
et des calices, d'un rouge cocciné vif, et hérissés de poils serrés, d'un 
ton plus décidé encore. » 



— 163 — 



NOTICE SUR LE SABBATIA CAMPESTRIS NUTT., OU SABBATIA 

DES CHAMPS. 

Par m. Ed. Morren. 

FAMILLE DES GENTIANÉES. PENTANDRIE-DIGYNIE. 

(Figuré Pl. 41, fig. 5-5). 

Sabbatia. Calyx b'-6-7-12, partibus, vel rarissine 5 fidus, segmentis dorso exalatis. 
CoroIIa rotata, marcescens, limbo b-12-parlito. Stainina 5-12, corollœ fauci inserta. 
Anlherae erectae, rimis déhiscentes, demum recurvae. Ovarium valvulis parum 
inlroflexis sub-l-loculare, ovulis ad suturam insertis. Stylus distinctus, deciduus, 
bicruris, eruribus stigmatiferis demum spiraliter tortis. Capsula bivalvis, septicida, 
subunilocularis, placentis spongiosis. Semina funiculis distinctis destituta, varia. — 
Herhae biennesj graciles; floribus pedicellatis, saepissime roseis, in America boreali 
iemperata indigenae. Griseb. 

Sabbatia campestrisj caule tetragono dicholomo ramoso, ramulis unifloris, foliis 
ovatis inferioribus obtusis, calyeis tubi suturis alatis, segmentis lanceolatis corollam 
aequantibus, corollae 5-partitae roseae lobis obovatis obtusis. — Nutt., Fl. Arkans. 
p. 197. — Grisebach in De Cand. Prodr. v. 9, p. SO. Griseb., Gen. et Sp. Gent, 
p. 123. — Bot. Mag., cum icône, 1857, T. 5013. 

Fig. analyt. Pl. 41, Fig. 3. Coupe transversale du fruit avant la maturité pour 
montrer les placentas et les graines. -— Fig. 4. Etamine {amplifiées). 

Le Sabbatia campestris est une plante annuelle dont le feuillage est 
amer et les fleurs odorantes, peu connue, même dans les contrées dont 
elle est originaire, Arkansas et la Rivière rouge (où elle a été observée 
pour la première fois par Nuttall), la Nouvelle Orléans et le Texas, où 
elle a été découverte par M. James Drummond. Elle croit dans ces con- 
trées, dans les prairies naturelles qu'elle émaille de ses fleurs étoilées, 
roses à centre jaune. Lindheimer l'avait aussi rencontré au Texas en 
1843 et la signale dans sa Flora Texana (Numéro 120 du farsi. 1). Elle 
se trouve déjà depuis quelques années chez les principaux marchands- 
grainiers. 

Description, Annuelle. Racine fibreuse et un peu ramifiée. Tige s'éle- 
vantde 4 ou 5 pouces à un pied, se ramifiant en haut dichotomiquement 
en une cyme, dont chaque rameau est terminé par une fleur; tiges et 
branches arrondies, quoiqu'on y distingue quatre côtés légèrement ailés, 
glabres comme tout le reste de la plante. Les feuilles excédant rarement 
trois quarts de pouce en longueur, sont opposées, ovales, sessiles ou 
même subconnées, entières, à 5 ou 5 nervures. Calice à tube renflé au 
sommet (turbiné dans le fruit), caractérisé par cinq ailes longitudinales et 
un limbe de cinq segments subulés, étalés, foliacés. Corolle grande, belle, 
de forme intermédiaire entre la rotacée et l'hypocratériforme : tube 
court, subenflé; limbè de cinq segments larges, obovés, étalés, d'un beau 



— 164 — 



lilas, avec la gorge jaune. Cinq étamines, à filaments insérés sur la 
gorge et à anthères linéaires. Ovaire ovale; style plus court que l'ovaire 
et fourchu; stigmates longs, tordus en spirale, couverts de papilles 
glanduleuses. 

La Culture est celle de toutes les annuelles : les fleurs apparaissent 
pendant l'été et se succèdent longtemps et en grand nombre. 



ADDITION A LA NOTICE SUR LE NOUVEAU PÉCHER DE LA 
CHINE A FLEURS DE CAMELLÏA , 

FIGURÉ PLANCHE 21 ET DÉCRIT PAGE 97 (LIVR. JANVIER). 

(amygdalus camelli^flora, hort.) 

Le journal de la Société d'Horticulture de Londres vient de consacrer 
une notice au superbe pécher à fleurs de Camellia, envoyé de la Chine 




Pl. 42. Fruit de TAmygdalus camelliœflora, Hort. 



par M. Fortune et que nous avons nous mêmes récemment figuré et 
décrit. Nous y trouvons la mention d'un l'ait remarquable, intéressant 
non-seulement l'horticulteur mais encore le botaniste et que nous nous 
empressons de communiquer à nos lecteurs. Ce pécher présente la parti- 
cularité de produire, presque généralement, plus d'un fruit d'une seule 
fleur; au lieu qu'un seul fruit succède à chaque fleur, on en trouve 
plusieurs, c'est-à-dire que les carpelles sont libres comme dans un grand 
nombre de Rosacées. La planche 42 , ci-devant, montre les résultats de 
la fructification de trois fleurs; l'une a donné naissance à un fruit, une 
autre à deux fruits également développés et la troisième à trois ovaires 
de grandeur inégale dont deux sont soudés ensemble. Des faits analogues 
se sont déjà produits, mais exceptionnellement, sur des Pêchers et il est 
curieux que dans cette variété (ou espèce?) il y ait une tendance natu- 
relle vers cette anomalie. 

Nous espérons vivement que les horticulteurs introduiront immédiate- 
ment le Pécher à fleurs die Camellia sur le continent; la Société d'Horli- 
cultulture de Londres déclare de nouveau qu'il est parfaitement rustique : 
depuis longtemps les jardins n'avaient par conséquent pas fait de meil- 
îôure acquisition. 



PLANTES NOUVELLES, MISES DANS LE COMMERCE EN 1858, 
Par m. Linden, 
{Directeur du jardin royal de zoolbgie à Bruxelles), 

[° SERRE CHAUDE. 

Aristolochia lencooeura, Lind. — Cette belle espèce prendra 
une place distinguée parmi les plantes à feuilles ornées. La fleur nous en 
est inconnue, mais qu'elle que puisse en être le mérite, elle ne saurait 
primer la beauté des feuilles d'un vert sombre et luisant sur lequel se 
détache un réseau de nervures blanchâtres- Sa découverte est due à 
M. Triana, qui la rencontra sur les bords du rio Magdalena, entre Honda 
et Arabalema. Livrable au l^*" mai prochain, à /r. 15. 

Bégonia rex, Putz. — G. platycentrum ? Klotsch. Acaule , feuilles 
grandes, d'un vert sombre à reflets d'un bleu métallique, présentant au 
milieu un large cercle irrégul.ier, d'un blanc d'argent intense très-brillant, 
et se prolongeant par une longue pointe jusqu'à l'extrémité. Fleurs 
grandes, roses, les mâles ayant 4 sépales, les femelles 5; les anthères se 
prolongent supérieurement en une longue pointe aiguë. Fruit analogue 
à celui du B, rubrovenia. 

Nulle description ne saurait donner une idée de la magnificence cxtraor- 



— 166 — 



dinaire de ce Bégonia. En sa présence, toute autre plante, aussi belle 
qu'elle soit, disparaît dans l'ombre et le regard du plus indifférent 
s'arrête avec étonnement et admiration sur cette merveille végétale, qui 
porte à juste titre le nom de Roi des Bégonias. Il est pour les plantes 
herbacées à feuilles panachées ce que le Cyanophyllum magnifîcum est 
pour les plantes à port ornemental. Le B. Rex est originaire d'Assam, 
où il habite le versant tempéré de l'Himalaya. Sa découverte est due à 
M. Simons. Livrable au l^»" mai en beaux et forts exemplaires^ à fr, 50. 

Bcgouia laznli^ Lind. — Sans avoir la prétention de se comparer à 
l'espèce précédente, ce Bégonia est néanmoins d'une grande beauté et 
mérite sa dédicace par l'analogie frappante du coloris de ses feuilles avec 
la pierre précieuse connue sous le nom de Lapis lazuli. La partie 
supérieurè de ses grandes feuilles est en effet d'un bleu minéral parsemé 
d'une poussière étincelante. La fleur jaune est de la grandenr et de la 
forme de celle du B. xanthina. Cette espèce habite les mêmes localités 
que le B. Rex, et a été découverte par le même collecteur. Livrable au 
1®' mai en beaux exemplaires, à fr. 25. 

BoeSiineria ? argentea, Lind. — • Plante remarquable et orne- 
mentale, découverte en 1856 par M. Ghiesbreght, dans les forêts de 
Chiapas, d'où il nous en envoya quelques souches vivantes. Les feuilles 
alternes, ovales, longuement acuminées, atteignent de 40 à 50 centimètres 
de longueur sur 25 à 50 centimètres de largeur. Leur face supérieure est 
d'un vert tendre, recouvert de grandes plaques et de pustules d'^un gris 
argenté.. Sur la face inférieure apparaissent d'une manière saillante les 
nervures médiane et latérales d'un brun rougeâtre. C'est une plante d'un 
grand effet ayant quelque analogie éloignée avec le Boehmeria nivea, 
espèce indo-chinoise. Pour conserver toute la beauté de ces feuilles, ce 
Boehmeria réclame une place ombragée et une forte dose d'humidité. 
Livrable au 1^' mai à fr. 50. 

Campylotootrys argyroiienpa, Lind. — Cette charmante espèce 
est une heureuse addition à cette catégorie de plantes en vogue, désignée 
sous le nom de plantes à feuilles variées ou ornées. Elle est voisine du 
C. discolor, dont elle se distingue toutefois par des feuilles d'un dévelop- 
pement plus considérable et d'une coloration plus brillante; celles-ci sont 
opposées, elliptiques, arrondies à l'extrémité, se rétrécissant en un pé- 
tiole très-court; bord raarginé et cilié de rose tendre; chez les jeunes 
feuilles cette teinte est plus vive et s'étend sur une grande partie de la 
surface. La face supérieure est d'un beau brun olive satiné et chatoyant, 
ondulée de sillons réguliers de 5 lignes de largeur et dans la profondeur 
desquels apparaissent les nervures latérales, d'un gris argenté, se réjoi- 
gnant vers le bord. La nervure médiane fortement prononcée est éga- 
lement d'un gris argenté, dont l'éclat contribue puissamment à la beauté 
de la feuille. 

Cette jolie petite plante acquiert de 10 à 15 centimètres de hauteur; 



- IG7 — 



SCS feuilles sont étalées et inelinées vers rextréinitc. Elle requiert la 
serre chaude, humide et une place très-ombragée. Sa patrie est l'état mexi- 
cain de Chiapas, où elle croît dans les ravins profonds et abrités. C'est 
encore une découverte de notre zélé et infati«;able ami M. Ghiesbreght. 
Livrable au l"' mai en jolis exemplaires, à fr. 

Cyanopliyllnm mag^nificum, Lind. — Cette noble plante, expo- 
sée par nous dans le courant de l'année dernière, à Londres, à Paris et à 
Berlin, a été l'objet de l'admiration générale. Voici le compte rendu 
qu'en donna VAllgemeine Garlen-Zeitung , à propos du grand festival 
horticole de Berlin, des 21 et 22 juin 1857 : 

« Parmi les introductions nouvelles, aucune ne provoqua autant 
« l'attention et l'intérêt des connaisseurs, que les 9 plantes envoyées par 
« le directeur Linden de Bruxelles. A l'exception du Tapina splendens, 
« qui seul figura en fleurs, toutes les autres espèces étaient des plantes 
« à feuilles d'une rare magnificence. Toutes, cependant, étaient surpas- 
« sées par la Mélastomée à grandes feuilles, le Cyanophyllum magnifl- 
« cum et le Bégonia Rex. Sans excepter les plus beaux Blaranta des 
« derniers temps, nous ne possédons, dans nos serres, aucune plante qui 
« puisse être comparée à ce Cyanophyllumj découvert par le voyageur 
« bien connu Ghiesbrecht, dans la province mexicaine de Chiapas, d'où 
« il l'introduisit dans l'établissement de Bruxelles. 

« L'exemplaire qui figura à l'exposition avait quelques pieds de hau- 
« teur et possédait des feuilles opposées, courtcment pétiolées de 16 
« pouces de longeur sur 7 1/2 pouces de largeur. Celles-ci étaient lon- 
« guement lancéolées et parcourues par trois nervures parallèles reliées 
« par des nervures latérales distantes entre elles d'un demi-pouce; entre 
« ces dernières se trouvent de nombreuses lignes transversales. Le 
« bord était finement cilié et la face supérieure d'un magnifique vert 
« velouté, sur lequel ressortait vivement la blancheur de la nervure 
« médiane et le vert très-clair des nervures latérales. La face inférieure 
« présentait, au contraire, de la manière la plus splendide cette couleur 
« bleu-rouge que les Anglais désignent généralement sous le nom de 
« pourpre, mais que je nomaierai, pour la distinguer du véritable 
« pourpre £oncé, pourpre bleuâtre. » 

A ces détails, nous ajouterons, que la plante acquiert un développement 
beaucoup plus considérable que l'échantillon présenté à Berlin, sans 
perdre en rien de sa splendeur. 

Ce joyau du règne végétal a été découvert dans les forets humides et 
sombres qui environnent les mystérieuses ruines de Palenque; il demande 
par conséquent, la serre chaude, humide et ombragée. Livrable au 
mai en exemplaires robustes, à fr. 75. 

Uapanta fasciata, Lind. — Charmante espèce à feuilles étalées 
presque orbiculaires de 12 à 15 centimètres de longuer sur 10 à 12 de 
largeur. La face supérieure, d'un vert sombre, est rayée, de chaque côté 



— 168 



de la nervure médiane, de cinq à six larges bandes d'un blanc pur. C'est 
un des plus jolis Maranta introduits jusqu'à ce jour, et qui ne peut man- 
quer d'être accueilli avec faveur. 11 a été introduit en compagnie de plu- 
sieurs autres espèces nouvelles, par notre zélé et intelligent voyageur, 
M. Marius Porte, qui les découvrit dans les Catingas qui couvrent les 
parties méridionales de la province de Bahia au Brésil. Livrable au 1°'" 
mai, à fr. 25. 

niiiraBit:! borrnssica. Lind. — Cette jolie petite plante ne nous 
paraît être qu'une variété mignonne de l'espèce précédente. Les feuilles 
n'ont pas au delà de 8 centimètres de longueur sur 6 de largeur; le vert, 
plus obscur, en est presque noirâtre, et les bandes blanches plus rappro- 
chées. La disposition et l'analogie de couleur rappellent assez les couleurs 
nationales de Prusse, pour nous engager à signaler cette ressemblance par 
la dénomination spécifique. Livrable au i^' septembre prochain^ à fr. 50. 

ISarantii pulchella, Lind. — Petite et gracieuse espèce qui rappelle 
en miniature le Maranta (Phrynium) zebrina. Les feuilles, courtement 
pétiolées, ne mesurent que 8 à 10 centimètres de longueur sur 5 à 6 
de largeur; la face supérieure est d'un vert très-tendre, rayé, des deux 
côtés de la nervure médiane, de bandes d'un vert obscur et velouté, 
alternant avec d'autres d'une couleur plus claire. La face inférieure est 
d'un vert pâle. Cette espèce est également originaire de la province de 
Bahia, et nous en devons l'introduction à M. Porte. Livrable au ï" mai, 
àfr. 25. 

Spigenia aeaiea, Lem. — En décrivant cette plante lilliputienne 
dans V Illustration horticole, vol IV, p. 55. M. Ch. Lemaire s'exprime 
ainsi : 

« Dans une visite récente à l'établissement de M. Linden, si riche en 
plantes intéressantes et nouvellement introduites, soit par lui-même, 
lors de son grand voyage en Amérique, soit par les soins de ses collec- 
teurs, l'une d'elles, alors en fleurs, attira surtout, par cette raison, notre 
attention spéciale par sa gracieuse petite stature, son élégant feuillage 
d'un vert sombre à reflets cuivreux et ses épis circinés d'assez grandes 
fleurs d'un rose tendre au sommet. Elles sera bien accueillie par les 
amateurs judicieux de ces plantes à feuilles ornées ou panachées, que leur 
beauté foliaire engage avec raison les collecteurs à rechercher particu- 
lièrement aujourd'hui, dans leurs pénibles mais glorieuses explorations 
lointaines. » 

Nous ajouterons que cette charmante petite Spigélie bronzée a été 
découverte par M. Porte, dans la Jacobina, district occidental de la 
province de Bahia. Depuis l'époque de son introduction jusqu'à ce jour, 
les nombreux exemplaires qu'en possède l'établissement, n'ont cessé un 
instant de fleurir avec une prodigieuse abondance. Livrable au l®*^ mai, 
à fr. 15. 



2" SERRE FROIDE. 

IVIoiiochfietam sericénin, Naudin. Petit arbrisseau touffu à 
feuilles ovales acuminées, recouvertes d'un duvet blanchâtre et soyeux. 
Fleurs très-abondanles d'un rose tendre et de la grandeur de celles de 
M. ensiferum. Cette espèce habite les régions les plus froides de la 
Cordillère orientale de la Nouvelle-Grenade, et provient des découvertes 
faites dans ces parages par MM. Funck et Schliin; elle supporte parfaite- 
ment la serre froide où elle se fera remarquer, depuis février jusqu'en 
avril, par l'abondance de ses jolies fleurs roses. Livrable au l'^'" septem- 
bre, à /r. io. 

REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU INTÉRESSANTES. 

i*» PLEINE TERRE. 

miyrScn calîfopnîca, (Nuit.?) — Hort. Soc. Journ. — Fam. des 
Myricécs : Dioecic letrandrie. — Myrica de Californie. 




PI. 43. Myrica Californica. 



— 170 — 



M. Hartweg envoya en 1848, à la société d'horticulture de Londres 
des graines de cette espèce, cueillies en Californie dans les bois, près de 
Monterey; elles ont produit des arbustes hauts de 12 pieds. Cette plante 
avait été découverte pour la première fois par Menzies sur la côte nord-est 
de l'Amérique. C'est un arbuste toujours vert, à feuilles nombreuses, 
étroites, lancéolées, légèrement dentées; les fleurs sont vertes et insigni- 
fiantes, en épis courts et axillaires. C'est une bonne plante rustique crois- 
sant dans le sol de tous les jardins, et se propageant de graines ou de 
marcottes; elle est toujours verte et peut être utilisée particulièrement 
dans les Rockworks; les feuilles sont odorantes. 

2" SERRE TEMPÉRÉE. 

Ceaoothsas cnneatas, Nutt. — Hort. Soc. Journ. — Fam. des 
Rhamnées; Pentandrie Monogynie. — Céanothus à feuilles en coin. 

Hartweg en a envoyé des graines 
de Californie en Europe en 4848, 
marquées Céanothus sp. C'est un 
arbuste à fleurs blanches, de six à 
huit pieds de hauteur, croissant 
dans les montagnes de Sacramento. 
Il est trop délicat pour endurer 
sans protection les rigueurs de nos 
hivers et fleurit au mois de mai. 
Les rameaux sont très nombreux et 
très serrés, les feuilles d'environ 
un demi pouce de longueur sur 
deux lignes de large. Les fleurs en 
petites ombelles axillaires. Toute 
la plante, (comme d'autres espè- 
ces) exhale une odeur balsamique 
et le fruit se couvre à la maturité 
d'un vernis amer. 

Dasylli*iuiii acpotrichnm, 
Zucc. in Otto et Dietr. Allgem. 
Gartenz. 1858, N« 55, p. 259. — 
Kunth, Enunu Pl. V. 5. p. 40. — 
Bot, Mag. 1858, tah. 5050. — Sy- 
non : Yucca acrotricha Schiede ; 
Roulinia acrotricha, Brongn; Da- 
sylirion grande Hort. Berol. 1847. 
— Fam. des Asparaginées; Dioecie 
Hexandrie. — Dasylirium à feuilles 

Pl. 44. Céanothus cunealus. barbueS. 

Les Dasyliriums forment un groupe peu nombreux de plantes au port 




— 171 — 



des Yuccas, à feuilles très étroites, terminées ordinairement par un pin- 
ceau de fibres parallelles, sèches et assez raides; du milieu de ce feuil- 
lage surgit parfois une hampe chargée de fleurs très petites et dioïques 
dont l'organisation est celle des Asparaginées. Zuccarini constitua en 
1842 de ces plantes un genre auquel il donna le nom impropre de Dasy- 
liriiim (Lys épais ou succulent). Cette année, sous l'influence de la cha- 
leur exceptionnelle de l'été, plusieurs espèces cultivées à Kew, fleurirent 
et portèrent des hampes d'une hauteur extraordinaire; de ce nombre se 
trouvait le D. acrotrichum , originaire ainsi que les six autres espèces 
connues, du Mexique. Ce pied avait une tige dressée, de deux pieds de lon- 
gueur et portant une forte touffe de feuilles flexibles, fermes et coriaces 
de trois ou quatre pieds de long, pendantes, si ce n'est les plus jeunes 
qui se tiennent droites ; la base de ces feuilles est large mais elle s'^amin- 
cissent subitement, deviennent linéaires presque planes, terminées par 
un pinceau de fibres, d'un vert jaunâtre, finement striées sur les deux 
faces, à bords cartilagineux, blancs et pellucides, découpés en dents très 
fines et portant à un demi pouce d'intervalle environ des épines fortes 
subulées, courbées vers le haut et d'un brun pâle. 

Dasyliriam glancopliylUiin, W. Hook. w Bot, Mag, T. 5041. 
— Famille des Asparaginées; Dioecie Hexandrie. — Dasylirium à feuilles 
glauques. La tige florale s'élevait à onze pieds de hauteur quoique la 
plante fût encore assez jeune : elle diffère de l'espèce précédente par la 
rigidité plus grande du feuillage, la glaucescence qui le recouvre , l'inté- 
grité de l'extrémité des feuilles etc., mais celles-ci ont sur leurs bords à 
peu près les mêmes dents et les mêmes épines que le D. acrotrichum. 

Androinedîi formosa, Hort. Loddig (?). — lUustr. hort. tab. 162. 
Syn. : Comarostaphijlis formosa Lem. /. c. — Famille des Ericacées, 
tribu des Arbutées; Decandrie Monogynie. — Andromède élégante. Cet 
arbuste, connu depuis longtemps, mais qui n'avait pas encore été figuré 
dans les ouvrages systématiques, passe généralement pour un Ândro- 
meda, quoique certaines particularités du fruit fassent penser à M. Lemaire 
qu'il constitue un Coinarostaphylis. C'est un arbrisseau touffu, parais- 
sant s'élever à un mètre ou un mètre et demi de hauteur, et ressemblant 
à VArctostaphylos arguta Zucc. Les fleurs sont nombreuses en grap- 
pes disposées en panicule terminale, blanches et portées sur des pédicelles 
rouges. La culture est très simple, en serre tempérée. 

Hydrangea cyaneuia, Nutt. MSS. — Bot, Mag., t. o038. — 
Fam. des Saxifragées, tribu des Hydrangées; Décandrie Trigynie. — 
Hortensia à étamines bleues. 

L'une des nombreuses plantes de l'Himalaya, introduites par M. Nut- 
tall, du Bhotan, où elle avait été découverte par M. Booth. Comme 
espèce elle est exactement intermédiaire par ses caractères entre le 
//. robusta, H. F. et T. et 1'//. stylosa, H. F. et T., tous deux originaires 
de la province voisine de Sikkim. H est même possible que VH. cyanema 



— 172 — 



ne soit qu'une variété de Tune de ces deux espèces, tous les Hydrangeas 
arborescents, groupe auquel il appartient, étant difficilement distingués 
pendant leur jeunesse. VH, stylosa, avec lequel VH. cyanema s'accorde 
parfaitement pour le port, le feuillage et les sépales des fleurs impar- 
faites, diffère par des styles subiilés très minces et VH. rohusta, dont la 
plante de M. Nuttall se rapproche par la couleur des pédoncules, des 
pédicelles, du calice, des étamines, etc., et par la forme des styles, est 
une espèce très robuste, dont les feuilles sont plus grandes, ordinaire- 
ment cordées, bordées de dents et de fimbriatures profondes et serrées, 
les pétioles généralement ailés et les sépales des fleurs stériles dentés 
d'une manière aiguë. 

Colletia ca^nciata, Hook. et Arn., in Hook. Bot, MiscelL, 1850, 
p. 152. — Bot, 3fag., t. 5055. — Syn. Coletia Bictoniensis, Lindl. in 
Joiirn. Hort. Soc, v. 5, p. 51. — Fam. des Rhamnées; Pentandrie 
Monogynie. — Colletia à épines en croix. 

Cette plante, l'une des plus singulières de la curieuse collection réunie 
par le D' Gillies dans l'Amérique du Sud, a été récueillie sur les côtes 
près de Maldonado. On peut la considérer comme un buisson dont les 
tiges et les rameaux sont formés par une masse de grandes épines com- 
primées latéralement, opposées, décussées et décurrentes, d'un vert 
foncé et ligneuses, comme la partie axillaire qui les réunit; leur extrémité 
est de couleur plus foncée, parfois brune et très piquante. Les feuilles 
proprement dites sont fort petites et très rares; les fleurs sont insérées à 
la partie supérieure des épines, sous la pointe; elles ressemblent beau- 
coup à celles du Colletia ferox. Il n'est pas exact de croire que le C. cru- 
data soit une variété du Colletia spinosa; cette dernière espèce est du 
Chili et parfaitement rustique, tandis que le C. cruciata vient des côtes 
Est de l'Amérique et doit sous notre climat être tenu en serre tempérée. 

5*^ SEREE CHAUDE. 

Cattleya Inteola, Lindl. — Bot. Mag., 5052. — Syn. Cattleya 
modesta, Meyer; C. Meyeri, Regel; C. flavida, Klotzsch. — Famille 
des Orchidées; Gynandrie Monandrie. — Cattleya jaune citron. 

Par sa couleur, il se rapproche beaucoup du superbe C. citrina, mais 
sous tous les autres rapports il se distingue des autres espèces du genre; 
originaire du Brésil. 

Piluiuna fragrans, Lindl., in Bot. Reg., 1844, mise. p. 74, 
— Bot. Mag., tab. 5055. — Syn. Trichopilia alhida, Wendl. — 
Fam. des Orchidées; Gynandrie Monandrie. — Pilumna odorant. 

On la dit native de Popayan et découverte par Hartweg, quoiqu'elle 
ait été envoyée en Angleterre de Guatemala par M. Skinner. On la cul- 
tive dans quelques jardins sous le nom de Trichopilia alhida, nom qui 
a été en effet donné par Wendland à une Orchidée semblable sinon 



— 175 — 



identique. Les fleurs sont grandes, à sépales verdatres et à labelle blanc 
avec la base jaune : elles difl^èrènt beaucoup de l'autre espèce du genre 
le P. laxa, Liiîdl. 

Gesneria ciiiiiabarina, Lind. — Bot. Mag., t. 5056. — Fa- 
mille des Gesnériacées ; Didynamie Angiospermie. — Gesneria à fleurs 
de Cinabre. 

Nous avons déjà signalé cette belle plante [Belg. Ilort., T. VU, p. 197), 
lors de son introduction par M. Linden, elle ressemble étonnamment 
au Gesneria zebrina et les seules différences se trouvent entre les fleurs; 
ici le calice a des lobes acuminés plutôt que subulés et ils se rejettent 
horizontalement (au lieu d'être courts et droits). La corolle est d'un 
rouge brique, plus pâle en dessous où l'on trouve une bande blanche et 
ventrue jusqu'à la base. 

Galphiniia glaaca, DC. — Hortic. Soc. Jauni. — Etym. Gai- 
pliimia, anagramme de Malpighia. — Famille des Malpighiacées; Dé- 
candrie Trigynie. — Galphimia glauque. 

Envoyé du Mexique par M. Hartweg, en 1837, le Galphimia glauca 
est un charmant arbuste, qui conserve aisément la forme d'un buisson. 
Les feuilles sont d'un vert bleuâtre foncé, ovales, obtuses, glauques en 
dessous et munies d'une paire de glandes près de la base. Les fleurs qui 
sont d'un jaune doré, forment des grappes terminales touffues, pou- 
vant atteindre sur les fortes plantes, trois à quatre pouces de longueur. 
Chacune d'elles a cinq pétales distincts ayant exactement la forme d'une 
spatule. C'est une espèce de serre chaude , croissant avec vigueur dans 
un mélange de terre de bruyère sableuse et de terreau et se multipliant 
aisément par boutures des rameaux à moitié aoûtés. On doit la tenir 
assez sèche pendant quelques mois à la fin de l'hiver et lui donner 
ensuite, pendant la période de croissance, beaucoup d'humidité tant aux 
racines qu'à l'atmosphère qui environne le feuillage. La floraison a lieu 
à la fin de l'automne. 

Dendrobiam pulchellum , Roxb. in Fl. Indica, v. 5, p. 486? 

— Bot. Mag., t. 5037. — Fam. des Orchidées; Gynandrie Monandrie. 

— Dendrobie mignonne. 

L'espèce figurée par le Botanical Magazine est bien le Dendrobium 
pulchellum des jardins, de Maund et de Loddiges,, mais il ne paraît pas 
être le D. pulchellum de Roxburg et de Lindley. Cette dernière plante 
croît sur les rochers et les arbres des forets du Silhet. Les sépales sont 
violacés; le labelle grand, orbiculaire, concave, poilu, délicatement 
frangé sur les bords. 

Cattleya Aciandiae, Lindl., Bot. Reg., v. 26, t. 48. — Fl. des 
Serres, v. 7, t. 674. — Bot. Mag., t. 5039. — Famille des Orchidées; 
Gynandrie Monandrie. — Cattleya de Lady Acland. 

C'est l'une des plus belles fleurs du genre si splendide des Cattleya; 
le D' Lindley l'a dédiée à M"*" Acland de Killcrton qui l'introduisit du 



Pl. 4o, Galphimia glauca, DC. 



Brésil. Les sépales sont d'un coloris admirable, à fond jaune verdoyant 
tigré de pourpre et nuancé de lilas; la structure du labellum est carac- 
téristique, constituant (avec le Cattleya bicolor) une section du genre; 
sa base est étroite et étalée, avec deux lobes latéraux si courts qu'ils ne 
peuvent envelopper la colonne, comme dans les autres espèces du genre. 



PANTHÉON DE L'HORTICULTURE. 



L'horticulture vient de subir en quelques jours des pertes considéra- 
bles : la mort a enlevé presque simultanément en Belgique Galeotti et 
Donckelaar, en Angleterre le D"" Royle et le duc de Devonhire, en 
France Bernard de Rennes, tous hommes éminents qui ont rendu d'im- 
menses services à la science et à leur pays. Ils pratiquaient la véritable 
horticulture, c'est-à-dire, l'application des principes scientifiques à la 
culture et à la connaissance des plantes; aussi leurs noms sont ils non- 
seulement populaires parmi leurs contemporains, mais seront-ils conser- 
vés et vénérés dans l'histoire de la science; leur absence laisse parmi 
nous un vide irréparable. 

Henri Guillaume Galeotti , le savant directeur du Jardin botanique de 
Bruxelles et membre correspondant de l'Académie royale de Belgique, 
est décédé le 14 Mars 1858, à l'âge de 45 ans et 6 mois; nous rappelle- 
rons prochainement à nos lecteurs les titres qu'a cet homme éminent 
à la reconnaissance publique. 

Nous pouvons publier dès à présent, les notices biographiques de Don- 
ckelaar, du D"" Royle, du duc de Devonshire et de Bernard de Rennes ; 
la première par M. Spae, secrétaire-adjoint de la société royale d'agricul- 
ture et de botanique de Gand; la suivante par le D"" Lindley; la troi- 
sième publiée dans V Illustration horticole j la quatrième par M. Andry, 
secrétaire général de la société impériale et centrale d'horticulture de 
Paris. 



QUELQUES MOTS PRONONCÉS LE 2i FÉVRIER 18S8 SUR LA TOMBE DE 
M. ANDRÉ DONKELAAR, 

JARDINIER EN CHEF DU JARDIN BOTANIQUE DE GAND, CHEVALIER DE l'oRDRE 
DE LÉOPOLD, ETC., ETC., 

Par m. D. Spae, 

Horticulteur, Secrétaire-adjoint de la Société royale d' Agriculture et 

de Botanique, 

Messieurs, 

Nous venons de rendre le plus pénible devoir qu'impose l'amitié. C'est 
ici, aux limites de la vie et de la mort, qu'il faut dire un dernier adieu à 
un collègue que l'éternité sépare déjà de nous. C'est aux bords de la tombe 



— 176 



qui s'ouvre pour recevoir les restes d'un ami, que nous aimons à mesurer 
la carrière qu'il vient de parcourir. 

AiNDRÉ DoNKELAAR était né le 9 mars 4785 à Vleuten (province d'Utrecht) 
en Hollande, où familiarisé par de bons principes dans les cultures 
maraichères et des forceries, il s'était encore appliqué à l'architecture 
des jardins. Jeune encore, il vint en Belgique occuper la place de jardi- 
nier à la campagne si renommée alors de M. Smet, à Duren, près d'An- 
vers, d'où il fit plusieurs voyages en Angleterre pour introduire dans 
notre pays des plantes alors rares ou nouvelles (1). 

Doué d'une de ces constitutions fortes qui permettent à l'homme de se 
former de bonne heure, il trouva le moyen de s'introduire par ses études 
et ses observations dans le vaste champ de la Botanique. 

11 quitta soii poste pour devenir jardinier en chef du Jardin Botanique 
de Louvain, place qu'il ne quitta que pour y laisser un fils dans le même 
emploi. 

En i8o5, à la mort de Mussche, la même place de jardinier en chef 
au Jardin Botanique de l'université de cette ville se trouva vacante. 
DoNKELAAR la demanda et l'obtint. 

Une ère toute nouvelle se trouva ouverte devant son génie. Il était 
déjà en relation avec la plupart de nos horticulteurs et depuis lors ces 
relations devinrent plus intimes; il s'associa à nos travaux et assista à 
nos séances, etmaintefois dans nos salons de fleurs il donna des preuves 
de son grand mérite en horticulture : témoin la magnifique Sobralia 
macranthai^), de l'exposition de 4845, couverte de 56 fleurs toutes 
épanouies. 

DoNKELAAR nc fut pas seulement un horticulteur instruit, il était encore 
bon botaniste et par ses observations assidues il était parvenu à s'initier 
aux mystères de la science dans la fécondation et l'hybridation des 
plantes. Qui de nous ne connaît ses magnifiques Gesneria Donkelaa- 
riana{^), gloxiniœflora Miellezii, plantes hybrides procréées par lui 
entre les Gesneria et les Gloxinia. Qui de nous ne connaît les superbes 
variétés de Camellia(4) qu'il a obtenues, ce genre de plantes pour lequel 
il avait une prédilection toute particulière, les charmantes Epinièdes (S) et 
maintes autres plantes (6). 



(1) Les Rhododendron kamschalcum, cauca<ficum, maximum, Pœonia Moutan, ruhra, 
papaveracea, Kalmia latifolia^ etc., etc. 

(2) Sohralia macrantha, Lindl.. — Annal. Soc. Roy. d^Agric. et de Botan. de 
Gand, t. III, lab. 125, pag. 129. 

(5) Gesneria Donkelaariana. Lem. Jardin fleuriste j tom. IV. t. 582. 

(4) Camellia Donkelaarii, ochroleuca, tricolor, Van Dyck^ Rubens, Reine des Belges, 
Reine des fleurs, Comte d'Egmonf, Louis /er, 

(5) Epimedium lilacinum, rubrum, sulphureum versicolor, etc. 

(6) Pœonia Moutan, Comte de Flandre, Donkelaarii, Duc d'Orléans, Reine des fleurs. 
Pœonia sinensis fœsliva, etc. Plusieurs variétés de Dahlia, Lilium, Amaryllis., etc. 
Ce fut aussi lui qui par ses observations assidues, constata le premier qu'il est 



— 177 — 



Le jardin Botanique de Gand, cité à juste titre comme un des plus 
beaux du continent lui doit la conservation dans les collections d'une 
foule de plantes que la mode, Iiélas trop capricieuse, a fait abandonner. 
Tout son plaisir consistait dans la culture des plantes et son amour pour 
elles était tel qu'il n'en eut jamais délaissé une, quelque ordinaire qu'elle 
fut. — Son attachement au jardin, auquel il voua tous les instants de sa 
vie, joint à un mérite et une sagacité rares, ne put échapper au gouver- 
nement, et le Roi en récompense de ses longs et honorables services, 
le nomma chevalier de son ordre. 

Dois-je, Messieurs, rappeler à votre souvenir les titres qu'il s'est acquis 
à notre estime et à notre affection ? 

Comme moi, vous l'avez connu tendre père, bon époux, ami loyal, 
homme probe et honnête. 

Vivant au milieu de ses plantes et entouré d'une famille qui le chéris- 
sait, DoNKELAAii fut hcurcux, mais tant de bonheur ne put être de longue 
durée, et il y a un an et demi à peine, il eut la douleur de voir mourir le 
dernier de ses fils qui fut son aide et son soutien. 

Sa constitution robuste paraissait lui assurer encore de longues années, 
mais, cette perte inopinée agit douloureusement sur son esprit, et ses 
forces menacèrent un moment de l'abandonner. 11 parut pourtant re- 
prendre courage et commençait à se rétablir, lorsqu'enfin la Provi- 
dence dont les décrets sont impénétrables, l'appela à lui, âgé de près 
de 75 ans(l). 

Un nom aussi honorable pour la botanique et pour l'horticulture ne 
put être perdu pour la science, M. Lemaire dans VlUustration Horticole 
, lui dédia le genre Donkelaariai'^), plante inédite de la famille des Cin- 
chonacées, et, nous aimons à le croire, ce nom sera conservé par les bo- 
tanistes, aussi disons-nous avec le grand Linné : C'est Vunique et en 
même temps le pins grand prix du travail (3). 

Adieu, DoNKELAAR, emportez dans la tombe notre estime et notre re- 
connaissance, et jouissez de la paix accordée au juste. Adieu ! 



possible de conserver pendant plus d'une année la Victoria regia regardée jusqu'alors 
comme annuelle. 

(4) H décéda le 22 février, âgé de 74 ans, 11 mois et quelques jours. 
(2) Donkelaarii dichotoma, Ch. Lem. Illast. hort. t. II, mise. p. 72, oct. 

Il y a aussi une Bégonia Donkdaarii, Jard. fleuriste. — Une autre plante circule 
c.'yAcmeni dans le commerce sous le nom de Donkelaaria diversifolia, nous ne savons 
par qui elle a élc décrite, mais elle s'est trouvée être reconnue comme appartenant au 
genre Centradenia {C. rosea Lindl.). 

(5) Linné. Pkilosoph. Botanique. ^ 258. 



BELG. IIORT. TOM. VlII. 



12 



NOTICE BIOGRAPHIQUE DU DOCTEUR ROYLE. 



Le D"" Royle, secrétaire de la société d'horticulture de Londres est 
décédé subitement à sa résidence de Acton , le samedi 16 janvier 4858. 
Peu d'hommes ont contribué plus activement au développement des 
ressources naturelles des Indes et ont étudié avec plus de soins les rap- 
ports importants de la végétation avec le climat. Il a le premier démontré 
au Gouvernement des Indes anglaises la parfaite convenance de certains 
districts de THimalaya, pour la culture du Thé de la Chine; sa botanique 
des monts Himalayas [Botany of the Himalayan Mountains), en deux 
volumes in-quarto, avec son admirable Index, fut un modèle de recher- 
ches dans une branche de l'histoire naturelle alors fort peu connue, et 
ses différents rapports sur les produits industriels des Indes, terminés 
par sa dernière brochure concernant les progrès de la culture du coton, 
sont des exemples remarquables de l'application des données scientifiques 
de l'agriculture. 

Le D"" Royle fut nommé aide-chirurgien dans l'armée du Bengale en 
1820, et fit le service médical auprès du 47® et du 87^ régiments d'ar- 
tilleurs indigènes et européens, de la cavalerie et de l'infanterie indigènes 
à Calcutta, Cawnpore, Lucknow ; il remplit ces fonctions jusqu'au com- 
mencement de 1825, époque à laquelle il fut placé à la tète du jardin 
botanique de Saharimpore; il y resta jusqu'en 4831 ; en mars 4832, après 
douze années de séjour aux Indes, il revint en Angleterre, dans le but 
de publier le résultat de ses investigations et d'assurer la priorité de ses 
découvertes. 

Les plus importants ouvrages du D»" Royle, sont : 

4« The Fibrous Plants of India (Les plantes fibreuses de l'Inde). 

2° The culture and Commerce of Cotton in India and elsewhere (Cul- 
ture et commerce du coton dans l'Inde et ailleurs). 

S*» The Productive Resources of India (Les ressources productives de 
l'Inde). 

4'' The Antiquity of Hindoo Medicine (Antiquité de la médecine 
Indoue). 

5« in Essay on Médical Education (Essai sur l'éducation médicale). 

6" A manual of Mater ia Medica and Therapeutics (Manuel de matière 
médicale et de Thérapeuthique). 

7« A Review of the measures tvhich have heen adopted in India for 
the improved Culture of Cotton (Revue des mesures adoptées dans l'Inde 
pour l'amélioration de la culture du Coton. — Ce dernier en addition 
au grand ouvrage snr le botanique de l'Himalaya, cité plus haut. 

Pendant un grand nombre d'années, le D'" Royle fut chargé par la 
Compagnie des Indes orientales, de l'examen des produits naturels des 
Indes et sa perte sera vivement sentie par les Directeurs qui lui trouve- 
ront difficilement un successeur ayant autant de connaissances, d'habileté 
et d'habitude. 



— 179 — 



NOTICE BIOGRAPHIQUE DU DUC DE DEVONSIIIRE. 

L*horticulturc et la botanique en particulier viennent de faire une 
perte immense, irréparable : l'un de leurs plus nobles, de leurs plus 
généreux promoteurs, M. le Duc de Dcvonshire, est mort le 17 janvier 
dernier, dans sa résidence de Hardwick Hall (Derbysbire) , d'une para- 
lysie, dont les premières attaques remontent à cinq années. Il était né 
en 1790 à Paris, et n'avait par conséquent que soixante-huit ans à peine; 
il n'avait jamais été marié. Possesseur d'une des plus grandes fortunes 
de l'Angleterre, il en fit toujours le plus noble usage et pour donner 
une idée de son faste princier, il suffira de dire que, nommé ambassadeur 
à St. Pétersbourg, en 1826, à l'occasion du couronnement de Nicolas I", 
outre les sommes que lui alloua grandement le gouvernement anglais, 
il consacra à cette mission 50,000 livres sterlings de plus (1,250,000 fr.). 

Ce fut ce noble personnage qui, comme on sait, fit construire, d'après 
les dessins et sous la direction de son jardinier en chef, M. J. Paxton, 
ce magnifique palais végétal, si connu dans le monde horticole sous le 
nom de Conservatoire de Chatsworth. Ce fut lui, on le sait encore, qui 
envoya, sur un navire frété tout exprès ad hoc, un autre jardinier fort 
intelligent, M. Gibson, pour lui rapporter, entr'autres belles et rares 
plantes, le fameux Amherstia nohilis , le plus beau et le plus rare des 
arbres du globe, car on dit qu'il n'en existe dans l'Inde que quelques 
individus, croissant dans un cimetière de la province de Martaban, près 
d'un couvent de prêtres boudhistes. Qu'on juge de ce qu'a dû coûter 
l'individu, qui fut introduit de là dans le Conservatoire du noble Duel 
Et cependant il n'eut pas le plaisir de le voir fleurir chez lui, pour la 
première fois en Angleterre. 

Par une chance plus heureuse cette fois, c'est dans l'une des serres 
chaudes du jardin de Chatsworth, que fleurit, en novembre 1849, pour 
la première fois en Angleterre et en Europe, la Reine des eaux, la 
fameuse Victoria regia , dont des graines avaient été apportées de la 
Bolivie, en 1847, dans le jardin royal botanique de Kew, par M. Bridges, 
collecteur zélé et intelligent, auquel la botanique et l'horticulture sont 
redevables d'une foule de raretés et de nouveautés végétales. 

M. le Duc de Devonshire était Président de la Société d'Horticulture 
de Londres, depuis la mort de Thomas Andrew Knight, et cette Société 
subit par là une perte à peu près irréparable ; car il était pour elle un 
protecteur généreux et puissant. M. Lindley, dans le Gardener's Chro- 
fiicle, qui nous fournit quelques uns des faits que nous venons de rap- 
porter, termine sa notice nécrologique par les paroles suivantes, qui 
peignent l'homme, et nous ont pour notre part profondément touché. 

flc Jusqu'au dernier moment l'amour des fleurs s'est vivement mani- 
festé chez ce regrettable gentilhomme; on peut dire qu'elles étaient 



— 180 — 



devenues une nécessité de son existence. Depuis qu'une triste attaque de 
maladie (paralysie) avait amené une incurable débilité, son plaisir était 
de se faire rouler dans le Conservatoire de Chatsvvorth , si bien disposé et 
peuplé, pour se placer vers quelques objets (plantes) dont il put consi- 
dérer encore la beauté. » 

Puisse la Providence susciter encore à la botanique et à l'horticulture - 
de nouveaux Ducs de Devonshire, tant en Angleterre que sur le continent. 



NOTICE SUR M. BERNARD DE RENNES, 

Allocution prononcée par M. Andry, secrétaire général de la société 
impériale et centrale d'horticulture, à l'occasion du décès de M. Ber- 
nard de Rennes, vice-pésident honoraire de la société. 

Messieurs, 

J'ai une bien déplorable nouvelle à vous apprendre. Notre honoré collè- 
gue, M. Bernard de Rennes, est mort le 10 de ce mois, et hier sa famille a 
voulu que nous eussions, à ses funérailles, le douleureux honneur de vous 
représenter, en tenant un des cordons du char qui l'a conduit à sa der- 
nière demeure. 

Vous dire. Messieurs, le vide irréparable que laissera parmi vous 
M. Bernard, c'est vous faire connaître en même temps la perte que vient 
de faire l'horticulture d'un de ses adeptes les plus zélés et d'un de ses 
plus fermes soutiens. 

Ai-je besoin de vous rappeler les services sans nombre qu'il n'a cessé 
de rendre à notre Société? Prévoyant les importants résultats que devait 
avoir pour la science qu'il aimait la fusion des deux sociétés d'horticul- 
ture jadis existantes à Paris, il a été l'un des auteurs, si ce n'est pas le 
principal auteur de cette utile mesure; aussi, à la suite de cette fusion, 
acceptant avec empressement la présidence des commissions des Exposi- 
tions d'horticulture qui ont eu lieu à Paris en 1855, 1856 et 1857, 
l'avons-nous vu remplir ses importantes et toujours si pénibles fonctions 
avec une ardeur et un zèle au-dessus de tout éloge. C'est surtout dans la 
dernière de nos solennités florales, celle de l'an dernier, qu'il lui a fallu 
opposer aux difficultés sans cesse renaissantes et que les circonstances 
semblaient susciter à plaisir, une puissance d'action que, seul d'entre 
nous, il était susceptible de trouver dans son énergique volonté. Soins, 
visites, démarches, etc., rien ne lui coûtait pourvu qu'il arrivât au but 
qu'il lui faillait atteindre, et si les Expositions des trois dernières années 
ont été si importantes et si fructueuses pour la Société et pour l'horticul- 
ture française, nous devons en attribuer la plus grande part au regret- 
table collègue qui laisse dans nos affections et dans nos souvenirs une 
place qni sera bien difficilement remplie. 



— 181 — 



APPAREILS ET USTENSILES D HORTICULTURE. 



REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE , 

Par m. Edouard Morren. 

Suite voyez p. 12S. 
2° CHAUDIÈRES ET APPAREILS DE CHAUFFAGE 

DE M. MONRO. 

M. J. Monro, jardinier de MM. Oddie, Colmey House, près deSt. Alban, 
est l'inventeur d'une système de chaudière très estimé en Angleterre. 
Il a cédé l'exploitation de son breveta M. Jones, {Iron Merchant, Bank- 
side, Souhivark). 

Cette chaudière est en fer forgé, 
horizontale, cylindrique et élevée 
sur des supports et piédestaux tu- 
bulaires. Elle ne renferme qu'une 
quantité proportionnellement très 
minime d'eau et communique par 
conséquent le calorique avec beau- 
coup de rapidité au thermosiphon. 
Son entretien est très économique 
et très facile ; il faut peu de com- 
bustible pour la chauffer et il est 

Pl. 46. Chaudière cylindrique de M. Monro. aisé dérégler sa COmbustion. Le 

foyer se trouve dans l'intérieur de la chaudière où il est environné de 
toutes parts par une mince couche d'eau, de sorte que Ton ne perd pres- 
que rien de la chaleur produite. Enfin ces chaudières sont d'un prix peu 
élevé, elles se placent facilement et peuvent être commodément réparées 
en cas d'accident. On voit par l'inspection de Ja fig. (pl. 46) que dans 
ce système on se passe de grille et que le charbon doit brûler à la partie 
antérieure de l'intérieur même de la chaudière. 




— 182 — 



5" CHAUDIÈRES ET THERMOSIPHONS DE MM. WEEKS ET C«. 

(King 's Road, Chelseà), 

MM. Weeks et comp. sont connus depuis longtemps en Angleterre 
comme constructeurs d'appareils à chauffer les serres ; il ont récemment 

fait quelques nouveaux perfectionne- 
ments à leurs anciens systèmes. Les 
chaudières qu'ils avaient exposées, réu- 
nissent les qualités de puissance, longue 
durée et économie. La circulation de 
l'eau est très rapide et le chauffage peut 
parconséquent s'exercer sur une longue 
série de tuyaux. Ce qui distingue cette 
chaudière c'est qu'elle consiste entière- 
ment en une série de tubes que le feu 
lèche de tous côtés; les barres du grille 
elles-mêmes sont creuses, et l'eau refroi- 
die doit passer par leur intérieur avant 
de rentrer dans la chaudière : l'action de 
ces chaudières est ainsi presque doublée, 
et pas un atome de chaleur n'est pour 
ainsi dire perdu ; on agit sur une surface 
très grande et en même temps sur une faible masse d'eau. Une seule de 
ces chaudières suffit pour échauffer une longue série de serres. 

MM. Weeks avaient en outre exhibé des systèmes de tuyaux ornés, 
de différentes dimensions, pour le chauffage des orangeries, salons et 
jardins d'hiver, etc. ; ainsi que des piédestaux tubulaires destinés à des 
constructions plus restreintes (Voyez pl. 48 et 49). 




Pl. 48. Thermosiphon d'ornement de MM. Weeks. Pl. 49. Piédestal tubulaire. 




PI. 47. Chaudière tubulaire verticale 
de M. Weeks. 



APPAREILS DE CHAUFFAGE DE M. T. G. MESSENGER, 



(Iron Merchant, Longhborough). 

Les appareils brévetës de M. Messenger présentent également de 
remarquables avantages et notamment de ne laisser perdre que peu ou 
point du calorique produit, point essentiel vers lequel doivent tendre tous 
les efforts des constructeurs : pour l'obtenir il faut présenter au feu 
une grande surface de chauife, un petit volume d'eau et disposer les 
tuyaux de telle sorte que la circulation de l'eau, provoquée par l'action 
et k réaction du calorique, soit aussi rapide que possible. La chaudière 




Pl. 50. Chaudière à tuyaux triangulaires. 



consiste ici en un système de tubes horizontaux, parallèles et triangu- 
laires entre lesquels l'air échauffé et les produits de la combustion 
doivent nécessairement circuler avant de passer dans la cheminée. 
Comme l'espace compris entre les tubes peut, à la longue se remplir de 
suie et de poussière, les pièces de l'avant et de l'arrière de la chaudière 
sont mobiles et permettent ainsi de nettoyer l'appareil en quelques 
instants. Les barres du grille sont creuses, remplies d'eau et reliées au 
système général : le calorique qu'elles absorbent est ainsi utilisé et elles 
résistent plus longtemps à l'action du feu. 

{Sera continué). 



— M. Alphonse Kar étTrit de Nice à plusieurs journaux de Paris pour 
les prier d'annoncer que M. Lemoine, fleuriste à Paris, rue des Capucines, 
recevra, à l'avenir, régulièrement, une partie des produits de sa ferme : 
— fleurs, fruits, légumes-primeurs, eau de fleurs d'oranger, etc., etc. 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 



NOTE SUR LA FORMATION DES PERFORATIONS QUE PRÉSENTENT 
LES FEUILLES DE QUELQUES AROIDÉES, 

Par m. a. Trécul. 

Les perforations que l'on observe sur les feuilles de quelques Aroïdes 
ont souvent attiré l'attention des botanistes. Plusieurs savants en ont 
expliqué la formation de manières très différentes; les uns les ont regar- 
dées comme un indice d'énergie vitale; les autres les ont considérées 
comme un symptôme d'épuisement. MM. Auguste de Saint-Hilaire et 
Pyrame de Condolle ont assimilé leur développement à la production des 
divisions des feuilles. Voici ce que pensaient à cet égard ces deux célèbres 
physiologistes. 

Le premier dans son traité de Morphologie végétale , disait à la 

page 152 : « Dans toutes ces feuilles (de VHydrogeton fenestralis, du 

Rammculns aquatilis; etc.), le parenchyme^ manque entièrement, mais 
il en est d'autres, comme celles de certaines Aroïdes, où il ne manque 
que par intervalles, et qui semblent avoir été rongées par les insectes : 
on les appelle feuilles pertuses {folia pertusa). Ces lacunes, au reste, ne 
forment point un caractère constant. On a observé au jardin des plantes 
de Paris qu'elles ne se retrouvaient plus chez les individus souffrants et 
maladifs, et qu'on pouvait les multiplier en procurant à la plante une 
plus grande énergie vitale. Il faut les considérer comme la première 
ébauche de ces découpures, qui, faisant exception chez les Monocotylé- 
dones, caractérisent un nombre assez considérable d'Aroïdes. » 

Pyr. de Condolle, au contraire, tout en rapprochant la production de 
ces perforations du développement des feuilles lobées et de celui des 
feuilles composées, comme M. Auguste de Saint-Hilaire, s'imaginait que 
les unes et les autres étaient dues à un appauvrissement de la plante, à un 
défaut d'énergie vitale. Voici ce qu'il en a dit à la page 507 du tome 4" 
de son Organographie : « .... quand la plante est nourrie très abondam- 
ment, elle en a peu ou point, et on les voit augmenter en nombre dans 
les plantes élevées dans un terrain maigre ; ces trous sont de forme 
oblongue, placés entre les nervures principales. Tous ceux qui auront 
bien compris la manière dont les lobes des feuilles simples, ou les limbes 
partiels des feuilles composées, se soudent pour former les limbes entiers, 
admettent, je pense, sans peine, et la planche 25 est destinée a le faire 
comprendre, que ces trous sont dus à des portions de limbes incomplète- 
ment soudées, par quelque défaut du développement du tissu cellulaire. 



Ayant décrit avec beaucoup de détails un très grand nombre d'cxem- 
j)lcs de la formation de feuilles simples, de feuilles lobées et de feuilles 
composées dans un des derniers numéros des Annales des sciences natu- 
relles (1), je crois qu'il n'y a point lieu de discuter ici ces opinions. C'est 
pourquoi je me contenterai d'exposer succintement le résultat de mes 
observations. On verra que, bien loin d'y avoir développement de ces 
perforations par une soudure incomplète des portions de limbes due à 
quelque défaut de production de tissu cellulaire, il y a d'abord intégrité 
parfaite de la lame de la feuille, dont le tissu finit par se détruire là où 
se manifeste une perforation. 

Ces ouvertures apparaissent à des âges différents de la feuille, suivant 
les plantes sur lesquelles on les observe; quelquefois elles se montrent 
sur des feuilles déjà avancées dans leur accroissement; souvent même 
quand ces organes sont arrivés presque à l'état adulte (Pothos repens 
Hort. par.); d'autres fois, on les aperçoit déjà sur des feuilles encore 
roulées sur elles-mêmes , pendant la vernation de ces feuilles [Monstera 
Adansonii Schott.) C'est dans la première de ces plantes que leur évolu- 
tion est la plus facile à étudier. 

La production de ces ouvertures commence à des profondeurs diverses 
dans le parenchyme de la feuille de ce Pothos repe?is ; tantôt l'extension 
des lacunes du tissu au milieu duquel elles se développent se manifeste 
près de l'épiderrae inférieur; tantôt elle apparaît vers le milieu du 
parenchyme, un peu au dessous de la couche de cellules perpendiculaires 
à l'épiderme supérieur. Dans tous les cas, voici les premiers changements 
que l'on remarque dans le tissu de la feuille. On s'aperçoit d'abord 
qu'autour de la lacune, ou des lacunes, où elles commencent, le tissu 
cellulaire parenchymateux se décolore, que sa chlorophylle disparaît, et 
que les utricules de ce tissu se multiplient. Celles qui environnent la 
lacune, ou les lacunes, autour desquelles s'opèrent ces modifications, 
sont primitivement rangées à la circonférence de celle-ci avec assez de 
régularité, à peu près comme elles le sont autour des lacunes normales; 
mais elles afl'ectent en ce point une forme différente de celle des utricules 
qui les précédaient, et qui leur ont donné naissance. Les cellules origi- 
nelles, c'est-à-dire les cellules normales du parenchyme voisin de la face 
inférieure du limbe, sont bien plus irrégulières; elles ont souvent des 
faces courbes rentrantes, alternant avec des branches très courtes qui 
les unissent aux cellules contigues, de manière à rappeler quelquefois une 
figure étoilée fort imparfaite; elles sont telles enfin que l'on en observe 
très fréquemment dans le parenchyme des feuilles. Autour des perfora- 
tions commençantes, au contraire, ou mieux aux bords des lacunes qui 



(1) Voyez Amiales des sciences naturelles, 3e série, 1805. T. XX, p. mon 
mémoire sur la formation des feuilles. 



- iso - 



les précèdent, lorsqu'il y a déjà eu multiplication utriculaire, ces cellules 
se rapprochent plus ou moins de la forme d'un rectangle, dont le petit 
diamètre serait parallèle à la paroi de la lacune originelle. Cette lacune 
distendue sans doute par les gaz qu'elle contient refoule les cellules 
environnantes, qui perdent bientôt leur régularité primitive. 

Cette extension de la lacune et la multiplication utriculaire qui a lieu 
dans le principe, déterminent à la face inférieure de la feuille une 
petite boursouflure très remarquable. A peine cette éminence est-elle 
sensible au dehors, que l'épiderme de ce côté (car c'est toujours en 
dessous de la feuille que l'altération est d'abord perceptible) a subi de 
profondes modifications. 11 a déjà perdu son caractère épidermique sur 
les parties qui correspondent à la proéminence; il y est dépourvu de 
stomates, et ses utricules sont moins grandes que celles de la partie du 
même épiderme qui n'a pas éprouvé d'altérations. Là, ainsi que dans le 
tissu sous-jacent, il y a eu production d'utricules nouvelles. Cette mul- 
tiplication dessine autour de la surface où elle s'accomplit, en compri- 
mant un peu les cellules voisines qui ne prennent pas de part au phé- 
nomène, un cercle ou une ellipse assez nettement marquée, suivant 
que la proéminence est arrondie, elliptique ou plus ou moins allongée. 

La cavité intérieure, remplie de gaz, continuant à s'accroître, soulève 
cet épiderme inférieur, qui finit par se déchirer. Les bords libres de ce 
dernier s'infléchissent alors vers le centre de la cavité; cependant l'alté- 
ration se propage jusqu'à l'épiderme supérieur, quand l'autre est une 
fois lacéré, et il se perfore très fréquemment comme lui. Dans ce cas, 
l'ouverture suit les progrès de l'extension de la feuille. Si ces phéno- 
mènes se sont effectués lorsque la feuille était jeune encore et en voie 
d'accroissement, la perforation peut devenir assez grande; si, au con- 
traire, la feuille était arrivée à son parfait développement, la perforation 
reste d'assez petite dimension. C'est même à cette dilatation de la feuille 
que parait due la rupture de l'épiderme supérieur; car, lorsqu'elle ne 
grandit plus ou fort peu , cet épiderme reste souvent intact , sinon tou- 
jours. 

Voilà ce qui se passe dans le Pothos repens, Hort. par. Les perfora- 
lions y commencent presque toujours, lorsque la feuille a acquis un 
accroissement déjà considérable. Dans le Monstera Adansonii, Schott., 
au contraire, cette singulière altération apparaît déjà dans la feuille 
encore roulée sur elle-même. J'ai très souvent observé que Tépiderme 
inférieur, chez ce dernier végétal , est déchiré avant que la feuille soit 
épanouie. 

Il est donc bien évident, par ce qui précède, que la production de ces 
perforations n'a rien de commun avec la formation des lobes et des 
folioles des feuilles, contrairement à ce que pensaient d'éminents bota- 
nistes. 



J^M.de. &.Sepereyns,£riuiseUes: 

îfoisetiers. 

_l.Lon6 de Dow ton . 2 . roiiOe conuiuni . 3. de Burcliard 



JARDIN FRUITIER. 



DESCRIPTION DE QUELQUES VARIÉTÉS DE NOISETTES BONNES 

ET FERTILES(I). 



NOISETIER LONG DE DOWTON. 
(Planche 51, fig. î). 

Cet arbuste est d'assez grande taille ; ses feuilles sont amples, ovales, 
longues de 15 à 45 centimètres, sur 7 à 10 centimètres de largeur, for- 
tement dentées et à pointes aiguës. Les fruits sont réunis au nombre 
de 2 ou 5 ou bien isolés; ils sont de grosseur moyenne, ovales, assez 
brusquement tronqués vers l'extrémité, et anguleux à la base du côté 
de l'écusson; longs de 28 millimètres environ et larges de 18 à 19 milli- 
mètres. L'écusson est grand, en relief et assez irrégulier. L'écaillé est 
très unie et assez mince; à l'état frais elle est d'un brun clair avec des 
stries plus foncées. La cupule ou l'enveloppe verte cache le fruit jusqu'à 
environ les trois quarts de sa longueur , à partir de là elle est laciniée 
et les franges dépassent encore le fruit de 15 à 18 millimètres. L'amande, 
entourée de filaments bruns, est grande et longue, elle remplit exacte- 
ment l'écaillé et a un goût laiteux fort agréable. La maturité a lieu dans 
la première moitié de septembre 



NOISETIER ROUGE COMMUN. 
(Planche 81, fig. 2). 

Cette noisette vraiment remarquable est généralement estimée à cause 
de sa maturité précoce, de sa grande fécondité, de son bel aspect et de 
son goût agréable. Elle ressemble beaucoup, quant à la forme et aux 
dimensions, à la noisette blanche commune , dont elle se distingue sur- 
tout par la couleur plus sombre de son écaille. L'écusson est grand, 
bombé, jaune de cire et fortement denté sur les bords. L'écaillc n'est 
pas très forte, tout entière d'un brun rougcâtre, obscure et marquée 
de stries encore plus foncées. L'enveloppe verte entoure le fruit très 
étroitement et se prolonge, en restant fermée, jusqu'à environ 15 ou 



(1) Voy. Noisette frisée et Noisette de Cosford, Belg. Hort., T. III, p. 156. 



— 188 — 



48 millimètres; là elle s'ouvre et se divise en quelques découpures inéga- 
les; elle est presque entièrement d'une couleur rouge brunâtre, sauf 
les découpures qui sont plus foncées et qui se dessèchent rapidement. 
L'amande est environnée d'une pellicule d'un beau rouge, sa chair est 
ferme, d'une saveur douce et agréable. 

L'arbuste est de taille moyenne et d'une fertilité extraordinaire. Les 
fruits viennent ordinairement réunis en bouquets. Les feuilles sont pres- 
que rondes, très divisées sur les bords; la maturité se fait dès la seconde 
moitié d'oût et les graines ont la propriété de reproduire la même va- 
riété sans dégénérescence. 



NOISETIER DE BURCHARD, 
(Planche 51, fig. 5). 

C'est un fruit précoce, grand, plein et gagné par M. le conseiller de 
justice Burchard. La noix est déprimée et paraît presque ronde ; elle est 
cependant un peu plus haute que large; dans le premier sens elle mesure 
29 millimètres, dans le second 26 millimètres. Son plus grand diamètre 
se trouve à peu près au milieu. Le sommet est déprimé et surmonté d'une 
petite pointe aiguë d'où part une arête qui se prolonge jusqu'à la moitié 
du fruit entre les deux côtés les plus larges. L'écusson est grand, assez 
bombé, en forme de carré allongé et à surface plus ou moins irrégulière. 
La cupule n'a que la longueur de la noix; l'écaillé est mince et parfaite- 
ment remplie par l'amande qui est d'un très bon goût. La feuille est 
extraordinairement grande, ovale, avec les nervures très saillantes; longue 
de plus de 15 centimètres et large de 43, prolongée à l'extrémité; variété 
très fertile et mûrissant dans la première moitié de septembre. 



SUITE DE l/ÉNUMÉPiATïON DES VARIÉTÉS DE POIRES DÉCRITES ET 
FIGURÉES DANS LE JARDIN FRUITIER DU MUSÉUM, 

Par m. J. Decaisne. 

(Suite voyez p. loQ). 

27. P. longue verte. Fruit d'automne, moyen, allongé; à peau verte, parsemée de 
points et marquée de brun fauve près du pédoncule et dans le voisinage de 
l'œil 5 à queue oblique ou droite et se continuant avec l'axe du fruit; à chair 
d'un blanc verdâtre, granuleuse, demi-fondante, sucrée, acidulée, agréable. 

N. B. C'est par erreur que Bivort [Album pomoL, vol. IV, p. 125), 
attribue la découverte de ce fruit à Van Mons, et qu'il dit n'avoir pu en 
trouver la description dans l'ouvrage de Prévost [PomoL Seine Infér., 
p. 50, 1839). La longue-verte est inscrite au catalogue manuscrit des 



189 — 



arbres fruitiers du Muséum pour 1824 sous le nom de longue-verte 
d'Angers, et c'est en effet un de ses nombreux synonymes. 

28. l\ Fin or d'été. (Voyez p. 1S8). 

29. P. Sieulle (J. R, Sieiille, né en 1762, jardinier de M. le Due de Choisenl-Prasiin). 

— Fruit d'hiver , gros, ventru , obtus, à queue moyenne légèrement enfoncée 
dans le fruit; peau jaune orangée à la maturité, parsemée de points fauves; 
chair fine, fondante, très-juteuse, acidulée, parfumée. 

N. B. Cet excellent fruit exhale à sa maturité une odeur très pro- 
noncée de muguet, et se conserve quelquefois jusqu'en mars. Je le 
considère comme très voisin du Doyenné d'hiver, dont il se distingue 
néanmoins par quelques caractères, entre autres par la grosseur et la 
couleur du scion. — L'apparition du Doyenné-Sieulle date de 1815. 

30. P. Hasel {Hasel Birn ou Poire de couleur de Noisette des pomologisles allemands). 

— Fruit d'été, moyen, oblong, obtus aux deux extrémités, à queue toujours 
droi.te, assez longue, à peine enfoncée dans le fruit; peau de couleur jaune pâle, 
parsemée de points, de marbrures plus ou moins nombreuses et constamment 
tachée de fauve autour de la queue, rarement lavée de rouge; chair demi-fon- 
dante, juteuse, acidulée-astringente. 

31. P. Saint-Germain d'été. — Fruit d^été, jaune, lisse, unicolore, à queue légère- 

ment recourbée, amincie à son insertion sur le fruit; chair blanche, fondante, 
sucrée, légèrement acidulée, parfumée. 

N. B. Je crois pouvoir rapporter à ce fruit la poire décrite et figurée 
par Knoop, (Potnol., p. 95, T. III), sous le nom hollandais Hoe langer 
hoe liever, et que je traduis par les mots de : « Plus je vous vois, plus je 
vous aime. » Quelques pépiniéristes français lui donnent le nom de 
Joli-Mont. 

32. P. De Bouchet (Espèce de liqueur ou d'hypocras fait de vin, de sucre, de canelle et 

d'autres ingrédients). Fruit d'été, moyen, arrondi ou ventru, un peu bosselé, 
à queue droite ou arquée, renflée à son insertion sur le fruit; à peau lisse, 
jaune, vergetée de rouge du côté du soleil ; à chair blanchâtre, fondante, sucrée, 
d'une saveur particulière très agréable. 

N, B, Nous rapportons à notre fruit V Ananas d'été, décrit et figuré 
dans les Annales de Pomologie belge, p. 58, quoique la forme s'en 
éloigne; mais la couleur si caractéristique du bois ne semble laisser 
aucun doute à ce sujet. 

33. P. Frangipane (1). Fruit d'automne, moyen, pyriforme , jaune lavé de rouge, 

parsemé de nombreux points fauves; à queue droite ou légèrement arquée; à 
chair blanche, cassante, sucrée d'un parfum particulier. 

N. B. La Quinlincye classe la Frangipane (p. 200) parmi les poires 
médiocres, mais il n'en donne aucune description. Merlet et quelques 



(1) Le nom de Frangipane a été donné originairement à un parfum mis en vogue 
par un membre de l'ancienne famille des Frangipani, dont le nom lui-même, suivant 
Ménage, vient de panem frungere, parce qu'au XNI« siècle, pendant une famine, un 
seigneur de cette maison distribua beaucoup de pain aux pauvres. Les armoiries des 
Frangipani consistent en deux mains d'argent rompant un pain d'or. 



— 190 — 



autres pomologistes citent une P. Frangipane verte et une autre 
d'automne, à laquelle ils donnent pour synonyme une P. Dauphine. 

34. P. Gracioli. Fruit d'été, cydoniforme, gros, ventru, bosselé, obtus; à queue 

longue, arquée, un peu enfoncée dans le fruit; peau vert jaunâtre, parsemée 
de points fauves; cbair demi-cassante, très-juteuse, parfumée. 

N, B. Le Gracioli est une des variétés de Poirier les plus vigoureuses 
et les plus productives. Le Traité des Arbres fruitiers, publié par la 
Société économique de Berne en 1768, cite sous ce rapport plusieurs 
individus remarquables par leur fertilité ; l'un d'eux formait un espalier 
de 12 mètres de hauteur sur 15", 50 de longueur; un autre, abandonné 
à lui-même et de forme pyramidale, atteignait plus de 10™, 80 et rappor- 
tait, quand les intempéries n'en contrariaient point la floraison, plus de 
deux mille poires par an. 

35. P. Fin or de septembre. (Voy. ci-dessus, p. 156.) 

5Q. P. Double- Philippe. Fruit d'automne, gros, ventru, obtus; à queue grosse , 
charnue, légèrement enfoncée dans le fruit ; peau jaune vif, parsemée de 
points et marquée d'une tache fauve autour de la queue; chair fine, fondante, 
très juteuse, acidulée, parfumée. 

JV. B. M. Decaisne conserve à ce délicieux fruit le nom sous lequel 
il est connu depuis un très grand nombre d'années en Belgique , d'où 
il parait originaire. Il a pour synonyme les Doyenné Boussoch, Beurré 
de Mérode, Beurré de Westerloo. 

37. P. Crassane. — Fruit d'hiver, gros ou moyen , rond , déprimé ; à queue longue. 

arquée, renflée à son insertion sur le fruit; à peau rude, d'un jaune terne, 
pointillée et marquée de taches fauves ; à chair blanche, beurrée, très juteuse, 
sucrée, astringente, parfumée. 

38. P. Grosse Queue. — Fruit d'été, turbiné, moyen, à queue très charnue, accom- 

pagnée de plis obliques ; à peau jaune verdâtre, colorée et vergetée de rouge du 
côté du soleil ; à chair blanche, cassante, sucrée, peu parfumée. 

N. B, Malgré la qualité de fondant que Bivort accorde à ce fruit et 
l'opinion qu'il a émise de sa nouveauté, je n'hésite pas à regarder la 
Poire de Louvain comme le fruit signalé il y a deux siècles par Dom 
Claude Saint-Eslienne. Mais il n'en est pas de même d'une Poire de Lou- 
vain décrite dans les Annales de la Société d'Horticulture de Paris, 
vol. XI, p. 329, par M. Poiteau , ainsi que dans la seconde édition du 
Jardin Fruitier de Noisette. 

39. P. de Quesnoy (Bourg du département des côtes du Nord, à trois lieues S.-E. de 

Saint Briene, sur la grande route de Moncontour). — Fruit d'hiver, maliforme, 
moyen, arrondi; à queue droite ou légèrement arquée; à peau jaune indien 
presque complètement recouverte de taches ou de marbrures fauves ; à chair 
demi-cassante, juteuse, très parfumée. 

iV. B. Synon. Besi de Quesnoy. — Duhamel, Meyer, Poiteau, etc., ont 
décrit, sous le nom de Grosse Roussette d/ Anjou, un fruit plus gros que 
le précédent, à queue plus longue et à peau assez semblable à celle du 
Messire-Jean doré; c'est à cette sous-variété qu'il faudra rapporter, à 
mon avis , le Besi Duquesnoy d'été, décrit par M. de Liron d' Airelles 



— 191 — 



dans les Annales de Pomologie belge, p. G5, 1854, bien que ce fruit 
n'ait aucune ressemblance de forme avec celui dont le même auteur a 
donné la description et la figure dans sa Notice pomologique, p. 7, 
tabl. 7, fig. 12(1854). 

40. P. Sechle (nom d'un propriétaire des environs de Philadelphie). — Fruit d'au- 

tomne, petit, coloré en rouge plus ou moins foncé, quelquefois de couleur 
orangée du côté de l'omhre, fortement teinté de rouge brun du côté opposé j 
à queue courte j à chair blanc jaunâtre, demi-cassante, très juteuse, sucrée, 
parfumée, mollissant sans blettir, excellent. 

JV, B. Ce joli et bon fruit m'a présenté quelques particularités que je 
n'ai pas encore eu occasion de constater chez d'autres ; c'est d'abord de 
mûrir et de se colorer très fortement lors même qu'il a été cueilli 
longtemps avant sa maturité et qu'on le conserve à l'ombre dans un 
fruitier; puis de mollir sans précisément blettir. Dans cet état parti- 
culier d& mollesse, la chair prend une couleur jaunâtre et une saveur 
très agréable qui ne rappelle aucunement l'odeur vineuse des Poires 
blettes. Ce caractère particulier me porte à considérer la Poire Seckle 
comme faisant partie d'un groupe de Poires auquel les anciens pomo- 
logistes appliquaient le nom collectif de Baume. Je trouve, en effet, 
dans Mayer un Balsambirn qui offre la plus grande analogie avec la 
variété américaine. La Poire Seckle a été découverte, suivant le D*" David 
Hosack, vers 1819, aux environs de Philadelphie, sur la propriété de 
M. Seckle, dont le nom accolé au mot Poire, a souvent été métamorphosé 
par les pépiniéristes du continent en Sackpear, Secklper et enfin de 
Shakspeare. 

41. P. de Payenche. Fruit d'été, moyen, oblong, obtus aux deux extrémités, à queue 

droite ou courbée, charnue, se continuant avec le fruit , sur lequel elle s'insère 
quelquefois un peu de côtéj peau de couleur jaune vif, colorée en rouge du côté 
du soleil, parsemée de gros points grisâtres et de taches fauves, et offrant une 
large tache de même couleur autour de la queue 5 chair fondante, fine, juteuse 
et parfumée. 

N. B. M. Decaisne a trouvé dans les manuscrits d'André Thoiiin , 
conservés à la bibliothèque du Muséum, la note suivante : 

« Cette poire, découverte par le citoyen Belair, a été trouvée au village 
de Payenche, en Périgord, dans la haie d'un pré. Sa forme est oblongue, 
renflée vers la queue, d'un fond jaune, presque couverte de taches fau- 
ves qui en rendent la peau raboteuse , prend du rouge vif au côté du 
soleil. La poire est beurrée, fondante et d'un goût qui approche beaucoup 
de celui du Doyenné. Le bois est accoudé à chaque œil et se met promp- 
tement à fruit. Sa maturité a lieu en septembre. » [Note communiquée à 
A. Thoûin par le citoyen Massé , en ventôse ^ an X), 

52. jP. des Urbanisles{i). Fruit d'automne, moyen, turbiné ou pyriforme, à queue 



(1) Communauté fondée au treizième siècle à Longchamps, près Paris, par sainte 
Isabelle, et confirmée par Urbain IL Les religieuses de l'ordre de Saint-François se 
partageaient en trois communautés : i" les Urbanistes; 2<> les Capucines; S» les 
Clarisses ou Déchaussées. 



- 192 — 



grosse, charnue, légèrement enfoncée dans le fruit; peau jaune vif ou orangé, 
parsemée de petites taches fauves et marquée d'une large tache de même couleur 
autour de la queue; chair fine, fondante, très juteuse et parfumée. 

JV. B. M. Decaisne a conservé à ce délicieux fruit le nom sous lequel 
on l'a d'abord fait connaître de préférence à ceux de Beurré Pignery, 
Beurré Drapiez y Louise d' Orléans , Beurré Gens, Urbanist's Seedling, . 
etc., que lui donnent quelques pépiniéristes. 

43. P, sans pépins. Fruit d'automne, gros, large, déprimé du côté de l'œil, à queue 
assez longue, charnue et accompagnée de plis à son insertion sur le fruit; peau 
' d'un jaune olivâtre, parsemée de points et quelquefois marquée d'une tache 
fauve autour de la queue; chair demi-fondanle, tendre, parfumée. 

JV. B. Cette variété n'est pas la seule qui présente un avortement total 
des carpelles; on remarque le même fait dans la Poire décrite par Knoop 
sous le nom de Zonder zieltjes, ou sans âmes, le mot zieltje étant le 
diminutif de celui de ziel, qui signifie âme en hollandais. — Le nom de 
Belle de Bruxelles, appliqué à cette Poire dans quelques pépinières, a 
donné lieu à une foule d'erreurs, et c'est le motif qui m'a déterminé à 
supprimer cette désignation pour la Poire de Madame ou de Windsor, à 
laquelle on l'appliquait dans l'origine. 

4fS. P. Bonne des Soulers. Fruit d'hiver, pyriforme, ventru ou oblong, à queue 
longue, arquée, assez grêle, enfermée dans le fruit et quelquefois placée un peu 
en dehors de l'axe du fruit; peau vert-jaunâtre, parsemée de points et marquée 
d'une tache fauve autour de la queue; chair fine, beurrée, fondante, très 
agréable. 

N. B. Poiteau paraît avoir confondu deux variétés sous le nom de 
Bergamotte de Soulers ; l'une, à fruit très déprimé, à queue courte, 
semblable à celle décrite par Knoop [PomoL, p. 118, T. VII), et par 
plusieurs autres pomologistes sous le nom de B. Bugi; l'autre, dont il a 
représenté la coupe longitudinale, et qui me semble avoir de l'analogie 
avec la véritable Bonne de Soulers. 



DÉPART DE M. DE SIEBOLD POUR LES INDES. 

D'après le Bonplandia du l*" décembre 1857, M. de Siebold doit partir 
prochainement pour les Indes Neérlandaises, avec une mission du gouver- 
nement des Pays-Bas. On doit beaucoup espérer de ce nouveau voyage du 
savant distingué, qui déjà dans son exploration du Japon, avait su réunir 
les éléments d'un grand ouvrage riche en nouveautés d'un rare intérêt. 
Malheureusement cet ouvrage (Flora Japonica) dont il n'a paru que le 
premier volume avec cinq fascicules du second, et que la mort de Zucca- 
rini, le savant auteur de ce que nous en possédons, avait empêché de 
continuer, se trouve peut-être aujourd'hui condamné définitivement à 
rester inachevé par suite du nouveau voyage de M. De Siebold. 



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HORTICULTURE. 



NOTICE SUR L'EMBOTHRIUM COCCINEUM, FORST, OU EMBO- 
THRIUM ÉCARLATE, 

Par m. Edouard Morren. 

famille des protéacées. — tetrandrie monogynie. 

(Représenté pl. 32, fig. 1). 

Embothrium coccineunij foliis ovali-oblongis obtusis mucronulatis subtus discolo- 
ribus, ramulis squamatis. Br. — Forst, Gex. p. 16, tab. 8, litt. g-m. Linn. SuppL 
p. 128. Lâm. JU. t. 55, f. 2. Cavan. Jcon., v. 1, t. 63. Roem et Schult. v. 3, p. 451- 
Br. in Linn. Trans., v. 10. p. 196. Spreng. Syst. Végét. v. 1, p. 483. Hook. fil. Fl. 
Antarct. v. 2, p. 342. \V. Hook. Bot. Mag., v. LXXXI, t. 4856. 

Nous avoDS, il y a déjà trois ans(l), attiré l'attention des amateurs, 
dans la Revue des plantes nouvelles , sur ce superbe arbuste, dont nous 
avons dès lors donné la description. Le Botanical Magazine avait à cette 
époque publié une figure de V Embothrium coccineum, mais qui donnait 
une idée de la plante, inférieure à sa beauté réelle : la planche qui la 
représente ci-contre est la reproduction d'un portrait exécuté d'après 
nature au Palais de cristal, où V Embothrium coccineum a été deux fois 
couronné : la société d'horticulture de Londres lui a également conféré 
les mêmes distinctions. 

Nous ajouterons aux détails donnés antérieurement sur cette espèce 
(T. V. p. 532), les renseignements suivants que nous trouvons dans le 
Botanical Magazine et le Florist, Fruitist and Garden Miscellany, 

Les Proteacées auxquelles appartient VEmbothrium cocci?ieum, sont 
abondantes dans l'hémisphère austral, en Afrique et en Australie, mais 
relativement rares dans les lies des Indes et dans l'Amérique du sud. 
Cependant le genre Embothrium, tel qu'il a été limité par M. Robert 
Brown, qui fait autorité pour cette famille, se trouve exclusivement dans 
cette dernière contrée et principalement dans les latitudes australes très 
élevées. VEmb. lanceolatum de Ruiz et Pavon ne se trouve pas au nord 
de la Conception, au Chili, tandis que notre superbe espèce est principa- 
lement confinée au détroit de Magellan et à la Tierra del Fuego, et ne 
dépasse pas le Cap Horn. 

VEmbothrium coccineum, que Commerson avait nommé Ixora cocci- 
nea, est un magnifique arbuste toujours vert et à fleurs écarlates. Cel- 



(I) Voy. Belgique Horticole, T. V, 1855; p. 332. 

BELG. nORT. TOM. VUI. 



13 



— 194 — 



les-ci forment des grappes terminales très nombreuses, d'un superbe 
effet ornemental, pendant tout l'été. Depuis cinq bivers il passe en 
pleine terre, sans aucune protection, dans le Devonsbire; nous ne 
savons encore s'il pourra de même endurer la rigueu^r de nos bivers, mais 
il suffira au moins de lui donner un léger abri ou de le rentrer dans 
l'orangerie. 

NOTICE SUR LE GAULTHERIA DISCOLOR NUTT., OU GAUL- 
THERIA A DEUX COULEURS, 

Par m. Edouard Morren. 

famille des erigees. — décandrie monogynie. 

(Représenté pl. 53, flg. 2-6). 

Gaultheru discolovj ramulis glabratis, foliis obovato-lanceolatis acuminatis, sub- 
serralis subtus argenteis, nervis paucis margine subparallélis, racemis brevibus 6-8 
floris, pedicellis ciliatis bracteolatis, bracleolis parvis oblongis acutis, sepalis ovalis 
acutis ciliolatis, corollae fauce barbata, iobis roseis, filamentis setulosis, antheris apice 
bicuspidatis, ovario vilioso, disco 10-dentato. — Bot. Mag. 1838. t. S034'. 

Petite espèce très élégante, découverte dans les régions tempérées 
du Bbotan Himalaya par M. Bootb, et obtenue par M. Nutball de Nut- 
grove, près de Rainhill, Lancasbire. Son alliée la plus procbe est le 
Ér. fragrantissima, également de l'Himalaya, dont elle se distingue im- 
médiatement, ainsi que de toutes les autres espèces, par l'éclat argenté 
de la face inférieure de ses feuilles. 

Le Gmdtheria procumbens constitue un petit arbuste, tout à fait 
glabre, à rameaux assez minces, anguleux. Les feuilles ont environ un 
pouce de long, brièvement pétiolées, obovales, lancéolées, dentées, acu- 
minées, amincies à la base, d'un vert foncé au-dessus, d'un blanc 
argentin en dessous. Les nervures de ces feuilles sont peu nombreuses, 
elles ont leur origine près de la base de la nervure médiane, et s'étendent 
à peu près parallèlement au bord du limbe. Les grappes sont courtes, 
axillaires, pauciflores, beaucoup moins longues que les feuilles. Les fleurs 
petites , courbes , courtement pédicellées , grandes d'environ un tiers de 
pouce. Calice, bractéoles et pédicelles blancs. Corolle blanche avec les 
lobes rouges, velue à la gorge et à la base des lobes. Filaments ciliés de 
soies raides; lobes des anthères mucronés au sommet. Ovaire velu. 



REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU INTÉRESSANTES. 

1° PLEINE TERRE. 

rvnttalia cerasîforiiiis, Torr. et Gray, In Fl. Àm. L 412. — 
Hook etArn. Bot, Beech, voy. 337. t, 82. — Walpers, ReperL bot» Syst. 



. - 195 - 

T. V. p. 650. — Famille des Rosacées; Monoecic Polyandrie. — Nuttalia 
faux-cerisier. 

Ilartweg envoya en Europe, en 1848, des graines de cet arbuste cueil- 
lies en Californie, où on le trouve dans les bois, formant des buissons de 
quelques pieds de hauteur. Les feuilles sont caduques, très minces et 
délicates, entières, lisses, presque transparantes, assez glauques en 
dessous. Les fleurs viennent en grappes axillaires, à la base des nouveaux 
jets; elles sont d'un blanc verdâtre, entremêlées de bractées refléchies, 
minces et fort pâles. La corolle est formée de cinq pétales très caduques. 
Les étamines au nombre de 12 à 15, et les carpelles au nombre de cinq, 
se trouvent dans des fleurs différentes. 




Pl. 53. Nuttalia cerasiformis Torr. et Gr. 



Cet arbuste a tout à fait l'aspect de V Amélanchier hotryapium ; mais 
ses fruits consistent en 1-5 drupes coriaces. Il est rustique, touffu, d'un 
aspect agréable et croit dans la terre de jardin ordinaire. On le multiplie 
de graines ou par division des jets. Les fleurs précèdent la feuillaison et 
s'ouvrent en mars et avril. 



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rritillaria pallidiflora, Schrenk. — (Îarten/Zora, 1857. T. 209. 

— Fam. des Liliacées; Hexandrie Monogynie. — ^Fritillaire à fleurs pâles. 

Originaire de Songarie et introduite dans le jardin botanique de Pe- 
tersbourg, d'où elle est passée dans les cultures. La tige s'élève de 3 à 
3 décimètres, les feuilles lancéolées, glauques. Les fleurs, au nombre de 
5 ou 4, grandes, pendantes, jaunes avec des tacbes vertes extérieurement 
et rouges intérieurement vers la base. Elle fleurit en pleine terre de 
très bonne heure dans un bon terreau de feuilles. 

2*» SERRE TEMPÉRÉE. 

Ilex fortunei, Lindl., Gard, Chron. 1857, n° 52, p. 868. — Fam. 
des Ilicinées; Tétrandrie tétragynie. — Ilex de Fortune. — Il croît en ce 
moment dans l'établissement de M. Glendinning à Turnham Grecn, un 
nouvel Houx découvert en Chine par M. Fortune en un endroit nommé 
Hwny-chou. Dans son jeune âge il ressemble beaucoup à 1'/. cornuta, 
mais lorsqu'il est adulte, il change complètement d'aspect et prend plu- 
tôt l'apparence du Houx d'Europe, à larges feuilles entières. Les fleurs 
sont encore inconnues. 

âzalea ramentacea , Hort. — Horticult. Soc. Journ. — Famille 
des Ericacées ; Pentandrie Monogynie. — Azalée à sépales ramentacés. 




Pi, ÎJ4. Azalea ramenlacea, Hort. 



— 197 — 



Elle a été envoyée de la Chine en 184C, par M. Fortune, comme origi- 
naire de Hong Kong. Elle rappelle par son aspect général l'Azalea com- 
mune de la Chine (.1. Sinensis), sauf les fleurs qui sont plus petites; 
mais il n'est pas certain si on doit la considérer comme une espèce à part. 
Les feuilles sont souvent presque orbiculaires et toujours au moins 
oblongues. Les sépales sont fort courts, couverts de longs poils ramenta- 
cés et vêtus sur la face postérieure au sommet. Le calice et les pédoncules 
sont dépourvus de glandes ou de soies. La culture de cette jolie plante 
est la même que celle des autres Azalées chinoises, mais elle produit un 
effet fort agréable et mérite d'être généralement répandue. 

Illetrosideros robusla, Cunn. — Journal of Hort. Soc. — Antials 
ofnatur. History, T. 111, p. 112. — Walpers Repert, T. II, p. 165. — 
Famille des Myrtacées; Icosandrie Monogynie. — Metrosideros robuste. 




PI. I>S. Metrosideros robusia, Cunn, 



Le Metrosideros robiista est un bel arbre de la Nouvelle-Zélande, où il 
forme des forêts à quelque distance des côtes et où il fut découvert enl82G 
par Cunningham. Les naturels le nomment Rata; il s'élève a 80 pieds 
en se ramifiant à 50 ou 60 pieds au dessus du sol ; le bois est d'excellente 
qualité et employé pour la marine. M. Bidwill en envoya des graines en 



— 198 — 



4845 à la société d'horticulture de Londres. Elles ont produit de beaux 
arbustes toujours verts, à feuilles entières, opposées, ovales et aroma- 
tiques : les fleurs en épis courts sont d'un rouge écarlate avec les éta- 
mines de la même couleur, insérées sur un disque vert en forme de petite 
coupe. Le M. Robusta se cultive facilement, en plein air en été, et en 
serre froide en hiver, dans un sol formé de mélange de terre de bruyère 
sableuse et de terreau. Il se multiplie par boutures et fleurit abondam- 
ment au mois de juin. 

5*» SERRE CUADDE. 

Coelog^yne cinnamomea, Lindl. — Gard, Chron., 1858, N° 5, 
p. 57. — Famille des Orchidées; Gynandrie Monandrie. — Coelogyne 
cannelle. 

M. Lindley a observé cette espèce dans la riche collection de l'Evêque 
de Winchester. Elle appartient à la section des Flaccidae et se rapproche 
du C. trinervis, mais celui-ci présente un labelle trilobé avec le lobe 
moyen presque circulaire, tandis que dans notre espèce les lobes latéraux 
se confondent si insensiblement avec celui du milieu que le labelle n'est 
en réalité pas trilobé. Les fleurs sont vert jaunâtre pâle, sauf le 
labelle dont les bords sont brun cannelle. 

Cypripediaui Fairieanaui, Lindl. — Gard, Chron. ,iS'67, N°44, 
p. 740. — Famille des Orchidées : Gynandrie Diandrie. — Cypripède 
de M. Fairie. 

Petite plante exquise , dans le genre des C. insigne, dont elle semble 
être une miniature. Les feuilles sont étroites et entièrement colorées, 
les bractées pâle vert, l'ovaire pourpre foncé; le sépale postérieur 
blanc, richement veiné de vert et de rouge; les pétales vert clair avec 
l'extrémité purpurescente ; le sabot vert foncé et terne. Il semble très 
voisin du C. superbiens Reich., mais beaucoup plus petit. M. le D"" 
Lindley a dédié cette plante à M. Fairie de Liverpool, amateur passionné 
d'orchidées et qui l'avait dernièrement exposée à l'exhibition de la 
société d'horticulture de Londres. 



SEMIS ET CULTURE DES PLANTES ANNUELLES. 

Les plantes annuelles se propagent exclusivement de graines. On les 
sème de deux manières : les unes dans l'endroit où elles sont destinées 
à rester, les autres dans des plates-bandes spéciales d'où on les trans- 
plante en temps opportun dans les parterres. La première méthode est 
la plus simple et la plus généralement usitée , mais elle présente cepen- 



— 199 — 



liant plusieurs inconvénients : l'un des principaux est que les plantes 
occupent le terrain pendant très longtemps avant de l'enibellir : tout le 
temps nécessaire entre la germination et la floraison est en réalité pei'du. 
Il serait par conséquent plus convenable, si la chose est possible, de 
semer les plantes annuelles dans des carrés particuliers et de les trans- 
porter au fur et à mesure des besoins dans le jardin floral; mais il en 
est quelques unes, comme les pavots, qui ne supportent pas la trans- 
plantation et qui doivent être nécessairement toujours semées en place. 
11 est en outre essentiel pour assurer la bonne venue des plantes an- 
nuelles, de ne point perdre de vue que plus les graines sont petites et 
moins on doit les recouvrir de terre; quelques espèces ont les graines 
tellement fines qu'elles doivent être seulement répandues avec délica- 
tesse sur le sol et que si le temps devient sec, on doit les recouvrir 
d'une petite couche de mousse, jusqu'à ce qu'elles commencent à germer. 
Mais le nombre des plantes annuelles de pleine terre qui réclament des 
soins aussi spéciaux est fort restreint et ces conseils trouvent plutôt 
leur application pour les Calcéolaires et quelques autres espèces her- 
bacées de serre tempérée. Il faut semer beaucoup plus serré quand le 
sol est riche que quand il est pauvre, autrement les plantes croissent avec 
trop de vigueur et produisent plus de feuilles que de fleurs : c'est là 
un point que les jardiniers ne doivent pas négliger. II est également 
nécessaire, si l'on veut prolonger quelques temps la floraison de semer 
tous les quinze jours dans des plates-bandes préparées, de manière à 
disposer constamment de nouvelles plantes pour remplacer celles dont 
les fleurs se flétrissent et avec un peu de précaution sous ce rapport, 
il n'est pas difficile d'avoir un jardin orné toute l'année de charmantes 
fleurs, telles que celles des Nemophiles, des Clarkias, etc., au lieu de 
n'en avoir la jouissance que pendant quelques jours seulement. On doit 
aussi faire quelque peu attention à l'arrangement des plantes, à l'effet 
d'obtenir lors de la floraison des groupements de couleurs harmoniques. 
Enfin, il ne faut pas perdre de vue que quelques fleurs qui ne font pas 
beaucoup d'elTet, sont cependant aussi estimées pour leur parfum que 
d'autres pour leur éclat et qu'elles sont indispensables dans tout jardin. 



{Extrait et imduil du catalogue de MM. E, G, Henderson). 



— 200 — 

ARCHITECTURE HORTICOLE. 




— 201 — 



Ce jardin est plante d'un assez grand nombre d'arbustes : l'amateur 
anglais qui en a tracé le plan a eu en vue de protéger les promenades, 
autant que possible, des regards indiscrets de la rue et de la maison. 
Devant la façade il a placé quelques parterres pour des fleurs et ménagé 
un espace libre assez grand pour les ébats des enfants. Mais les sentiers 
proprement dits, en forme d'arcs de cercle, se trouvent de chaque côté 
derrière un rideau d'arbustes. On pourra pour le planter faire son 
choix dans la liste suivante : 

Choix d'arbustes de pleine terre. 

Aesculus hippocastanum flore albo pleno. — Amygdalus nana flore 
pleno. — Androraeda floribunda. — Aralia japonica. — Berberis laci- 
niata. — Bignonia radicans. — Calycanthus macrophyllus. — Cerasus 
ilicifolia. — Crataegus Crusgalli. — Cr. latifolia. — Cr. oxycantha fl. pl. 

— Cr. oxycantha fl. roseo. — Cr. oxycantha fl. puniceo. — Cr. oxycantha 
fl. pl. puniceo. — Cytisus Adami. — Cyt. purpureus. ■ — Cyt. pendulus. 

— Deutzia gracilis. — D. scabra. — Elaeagnus argentea. — E. latifolia. 
E. pungens. — Liriodendronintegrifolium. — L. tulipifera. — Magnolia. 

— Paulownia imperialis. — Ribes albidum. — R. sanguineum. — R. san- 
guineum fl. pleno. — R. speciosum. — Spiraea Fortunei (callosa). — 
Sp. Reevesiana fl. pl. — Tilea argentea. — Weigelia metelerkampii. — 
W. rosea. • — Cerasus flore pleno. — Cerasus carnea fl. pleno. — C. ma- 
haleb. — Cersis siliquastrum. — Cornus sanguinea. — Crataegus aza- 
rolus. — Cydonia coccinea. — Crataegus pyracantha. — Forsythia 
viridissima. — Gincko biloba. — Indigofera décora. — Philadelphus 
grandiflora , etc. 

Choix de plantes grimpantes de pleine terre. 

Akebia quinnata. — Aristolochia sipho. — A. sempervirens. — 
A. pubescens. — Apios tuberosa. — Bignonia grandiflora. — B. radi- 
cans. — B. capreolata. — B. Thumbergii. — Bousingaultia baseloïdes. 

— Calystegia Dahurica. — C. pubescens. — Celastrus scandens. — Cissus 
quinquefolius. — C. heterophyllus. — C. Roylii. — Clematis azurea 
grandiflora. — C. bicolor. — C. calycina. — C. Helena. — C. indica. — 
C. monstruosa. — C. lanuginosa. — C. Sophia, etc. — Decumaria 
sarmentosa. — Glycine (Wistaria) frutescens. — G. sinensis. — 
G. sinensis flore albo. — Hedera aurea. — H, argentea. H. Alge- 
riensis. — H. hibernica. — Jasminium officinale. — Lathyrus latifolius. 

— Lonicera brachypoda. — L. fragrantissima. — L. Ledebouri. — 
L. Sinensis. — L. Standishii. — Periploca graeca. — Polygonum Sie- 
boldtii. — P. Sinensis, etc. 

Choix d' arbres pour planter des avenues. 
Orme à larges feuilles. — Platane. — Erable. — Marronnier à 
fleurs blanches, rouges, doubles. — Tilleul à petites feuilles. — Tilleul 
argenté. — Sorbier des oiseliers. — Vernis du Japon. — Ilétre noir, etc. 



~ 203 — 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 

LENÏICELLES ET RHIZOGÈNES, 
Par m. D. Clos. 

Les jardiniers disent souvent que l'existence de lenticelles sur un arbre ou un 
arbuste est un indice très favorable pour la multiplication de l'espèce par boutures, 
et si on leur en demande la cause, les plus instruits répondent que ces lenticelles 
étant des fentes naturelles de l'écorce, sont pour les jeunes racines un passage 
naturel vers l'extérieur. Cette croyance était jadis généralement admise et plusieurs 
botanistes, entre autre M. De Candolie et Hugo Mohl, recherchèrent la nature des 
lenticelles et les relations que ces petits organes pouvaient avoir avec les racines 
adventives qui se développent dans l'opération du bouturage. Mais le résultat de 
ces observations fut tout à fait contraire à l'opinion accréditée dans le jardinage. Les 
enticelles se présentent à la surface des rameaux de certaines plantes, comme de 
très petites rides en forme de boutonnières, de couleur gris-pâle ou brune et sont des 
hypertrophies locales, c'est-à-dire des développements exagérés, de la couche 
extérieure de l'écorce, nommée couche subéreuse. Ces organes sont tout, à fait exté- 
rieurs et sans aucune connection avec les jeunes racines adventives ou aériennes qui 
peuvent se former dans certaines circonstances. D'ailleurs les progrès de l'horticul- 
ture sont également venus démontrer que l'existence ou l'absence de lenticelles 
n'apprenait absolument rien quant à la possibilité de bouturer les plantes : on pourrait 
citer une liste beaucoup plus longue d'espèces susceptibles d'être propagées par cette 
méthode quoique dépourvues de lenticelles, que d'exemples à l'appui du préjugé 
dont nous parlions tantôt. 

Mais toute croyance populaire, tout préjugé même, repose toujours sur quelque 
fait sérieux et exact, qu'il faut discerner. Or, il existe sur certaines plantes des petits 
organes plus ou moins saillants, qui au contact de l'eau ou de la terre humide, 
produisent très rapidement de jeunes racines. Ces corps ressemblent beaucoup aux 
lenticelles et ont été confondus avec elles pendant longtemps, même par les savants. 
Aujourd'hui qu'on les connaît mieux, on leur a donné, en raison de leurs fonctions, 
le nom de Rhizogènes, c'est-à-dire de formateurs de 7'acines. Les Rhizogènes sont donc 
un indice certain de la tendance naturelle de la plante à former des racines adven- 
tives, et c'est sur eux qu'il faut reporter ce qu'on croyait des lenticelles. Mais 
l'importance des rhizogènes serait bien faible au point de vue pratique, si elle se 
bornait à cette simple indication, puisque leur absence n'impliquerait nullement 
l'impossibilité de bouturer; ils intéressent surtout, parce qu'ils prouvent que la 
plante sur laquelle ils se trouvent peut reprendre très rapidement par boutures : le 
développement des rhizogènes en racines peut parfois se faire en vingt-quatre heures 
seulement. 

La notice de M. D. Clos sur les Lenticelles et les Rhizogènes, et adressée à la Société 
de botanique de France, présente donc, en raison des faits qui précèdent, beaucoup 
d'intérêt pour les horticulteurs qui veulent bien raisonner leurs opérations et se 
rendre compte des faits dont ils sont tous les jours témoins. L. M. 

Les tiges etJes rameaux du Solanum Dulcamara L. préscnleutà leur 
eurface de petits tubercules d'un blanc verdàtre, qui ont depuis longtemps 



— 204 — 



fixé l'attention des botanistes. M. LeMaout, après les avoir décrits, conclut 
ainsi : « Les petites saillies en question ne sont donc ni des cicatrices de 
feuilles, ni des cicatrices de rameaux, et je pense qu'on peut les considérer 
comme des Bourgeons avortés, y> {Leçons rfe i9oi.,I, p. 254.) Or, en 4826, 
Du Petit-Thouars disait, par la bouche de Cuvier, à propos de la même 
plante: «Sa tige est parsemée de tubercules blancs qui paraissent abso- 
lument semblables aux lenticelles, mais qui ne s'ouvrent pas. Si l'on en- 
lève l'écorce, on trouve vis-à-vis de chaque mamelon une radicelle 
détachée du corps ligneux, et qui semble prête à sortir; et cela lui arrive 
immanquablement au bout de vingt-quatre heures, si l'on en forme une 
bouture en la plongeant dans l'eau. » (Voy. Cuvier. Analyse des trav. de 
VAcad. des se. petidant l'année 1826, p. 26.) 

J'ai vérifié l'exactitude des faits avancés par Du Petit-Thouars. Des 
branches de Douce-amère plongées dans l'eau ont très promptement émis 
des racines adventives, et celles-ci (qui ne tardent pas à en produire 
d'autres à leur surface) sortent toutes des petits tubercules désignés. 

En 1841, M. Bouchardat communiquait à l'Institut un mémoire sur la 
théorie des boutures. Comme M. de Mohl, M. Bouchardat avait vu les 
lenticelles se gonfler au contact de l'eau sous forme de masses blanches 
et spongieuses, et il les appelle spongioles caulinaires : mais en même 
temps, ce savant distingue, sous le nom de rhizogènes (bourgeons (1) de 
racines) des organes spéciaux, d'abord confondus avec les lenticelles, 
mais qui en diffèrent soit par leur forme conique, soit par la symétrie 
de leur disposition, soit enfin parce que, loin d'être uniquement celluleux 
et en connexion avec la partie extérieure de l'écorce, ils sont cellulo-vas- 
culaires et en communication évidente avec l'axe ligneux. C'est par eux 
seuls aussi que peut avoir lieu un véritable accroissement. (Voy. Comptes 
rendus, t. XII, p. 1171.) 

Cinq ans plus tard (en 1846). M. Trécul, étudiant l'origine des racines 
adventives, était conduit à admettre l'existence de racines rudimentaires 
latentes (2), nommément dans le Nuphar et la Fougère mâle, ainsi que 
dans certaines espèces de Peupliers et de Saules, placées chez ces derniers 
sur des proéminences allongées du bois. {Noy, Annal, se, nat,, 5^ sér., 
t. VI, p. 510, 511, 555 et suiv.) 

N'est-il pas évident que les tubercules blancs de Du Petit-Thouars, les 
rhizogènes de M. Bouchardat, les racines latentes de M. Trécul, sont des 
organes de même nature, des organes entièrement différents des lenti- 



(1) Le moi germes serait plus exact, car un bourgeon est un petit corps composé ou 
qui se composera, par suite du développement, d'un axe et d'appendices. 

(2) Le mot /afmf, appliqué jusqu'ici à des bourgeons dont on supposait l'existence 
mais qui, à notre avis, ne sont que des êtres de raison, devrait disparaître de la 
nomenclature botanique. Or, les rhizogènes, si manifestes dans la Douce-amère, le 
sont aussi, d'après M. Trécul, dans d'autres plantes. 



— 205 — 



celles au triple point de vue anatoïnique, morphologique et physiologi- 
que? Voici leurs caractères distinctifs : 

1° Les lenticelles sont des hypertrophies locales et de nature subé- 
reuse de la couche corticale interne (Mohl) ou des couches subéreuse et 
herbacée (Germain de Saint-Pierre) ; tandis que les rhizogènes (mot très 
convenable et qui me paraît devoir être adopté) sont placés sur des 
poéminences allongées du bois. Les premières sont constamment (?) à nu 
sous une fissure de l'épiderme, soit qu'elles proviennent d'un stomate 
(Unger), soit que leur production dérive des cicatrices laissées par la 
chute de certains poils de l'épiderme (Germain de Saint-Pierre) (1); les 
seconds émanent des couches ligneuses. Nous avons reconnu (et en ce 
point nos observations sur la Douce-amère sont conformes à celles qu'a 
faites M. Trécul sur d'autres espèces de plantes), que les rhizogènes 
étaient entièrement celluleux, contrairement à l'assertion de M. Bouchar- 
dat: dans la Douce-amère les utricules des rhizogènes sont très petits et 
globuleux; mais dès que ces mamelons commencent à s'allonger en racines, 
et avant d'offrir la moindre trace de vaisseaux, les cellules centrales 
deviennent étroites et longues et forment une sorte de faisceau. 

2° Les lenticelles paraissent dispersées sans ordre sur les axes; les 
rhizogènes, se trouvant sur les proéminences allongées du bois, se 
montrent le plus souvent disposés en lignes et plus ou moins régulière- 
ment. Les branches de la Douce-amère présentent de trois à cinq arêtes 
longitudinales peu saillantes à l'état vert, mais parfois très apparentes 
sur le sec: or les rhizogènes sont pour la plupart ou sur ces angles ou 
tout près d'eux, mais jamais, ou presque jamais sur le milieu des faces 
qui les séparent : ils participent ainsi, du moins en partie, à la symétrie 
des radicelles. 

5° Tout rhizogène placé dans des conditions favorables doit se déve- 
lopper en racine adventive. Or les expériences de M. de Mohl, dont les 
résultats ont été opposés à ceux qu'avait annoncés De Candolle, ont appris 
que ces racines sortent très rarement et comme par exception des lenti- 
celles. M. Trécul a constaté l'existence des rhizogènes (appelés par lui 
racines latentes) sur plusieurs espèces de Saules, et c'est sur des bran- 
ches de Saules qu'ont expérimenté De Candolle et M. de Mohl. Ne serait- 
il pas dès lors possible (j'allais dire probable) que, dans les cas où ces 
deux savants avaient vu ou cru voir des racines émanant des lenticelles, 
ces prétendues lenticelles ne fussent, au moins pour la plupart, que des 
rhizogènes ayant déjà percé l'écorce et prêts à opérer leur sortie? 

Les rhizogènes, comme les lenticelles, appartiennent à la division des 



(1) Le travail de ce botaniste sur les lenticelles a clé communique à la Société phi- 
lomatique dans la séance du 13 décembre Wt-d. (Voir l'Institut, t. XVIII, N» 836, 
p. 10.) 



— 206 — 



organes intermédiaires ou mixtes, mots que je préfère à ceux à' organes 
accessoires adoptés par De Candolle dans son Organographie végétale (1). 
J'ai cru devoir appeler l'attention des botanistes sur ces petits corps, 
omis peut-être à tort jusqu'à ce jour dans tous les traités de botanique 
que je puis consulter. 

Il convientaussi de distinguer les rhizogènes des racines adventives ' 
car les premiers existent dans la plante à l'état d'organes manifestes, 
les secondes ne s'y montrent que lorsqu'elles doivent se produire au de- 
hors. Sans doute les rhizogènes peuvent s'allonger en racines, mais ce 
n'est point là une condition de leur existence; on pourrait même considé- 
rer leur allongement comme accidentel. En effet, je n'ai jamais vu des 
racines aériennes aux branches des Saules ou de la Douce-amère, tant 
que ces branches étaient dans l'air, c'est-à-dire dans leur millicu nor- 
mal, et à ma connaissance, on n'a pas non plus signalé des faits de ce 
genre. 

FABLE DE L'HORTICULTEUR. 

LES ARBRES ET LES GUIS, 

Par m. p. C. Ordinaire. 

— Jusqu'à quand, disait un gros chêne 
A ses voisins les vieux ormeaux, 
Verrons-nous s'établir sans gêne, 
Les guis sur nos jeunes rameaux? 
Pourquoi nourrir ces parasites 
Qui s'emparent de notre sève? 
Ne leur laissons ni paix ni trêve ; 
Chassons ces grugeurs de leur gîtes. 

— Je suis du même avis, reprit l'ormeau voisin, 
Les guis nous sont à charge, il faut nous en défaire ; 
Qu'ils sachent comme nous demander à la terre 

Ce que, de père en fils, nous y puisons sans fin. 

— Hélas ! le pouvons-nous, avons-nous vos racines ? 
Répliquèrent les guis, gravement menacés. 
Pourquoi nous reprocher d'innocentes rapines, 
Puisque de vivre ainsi le sort nous a forcés. 
Lorsqu'il vous octroya la sève en abondance, 

A nous il n'accorda que votre superflu. 
Vous devez soutenir notre faible existence; 
Accusez donc plutôt celui qui l'a voulu. 
Riches, des malheureux allégez tous la peine. 
Car le pauvre est le gui; le riche, c'est le chêne. 

(1) Cette préférence est fondée sur cette considération, que les stomates, rangés 
par De Candolle lui-même dans la catégorie des organes accessoires, ont une assez 
grande importance, envisagés au point de vue physiologique. 



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APPAREILS ET USTENSILES D HORTICULTURE. 



REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTES EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE, 

Par m. Edouard Morren. 

(Suite, voyez p. 183.) 

CHAUDIÈRES ET APPAREILS DE CHAUFFAGE 
DE MM. A. Shanks et fils, Arbroath. 



MM. Schanks et fils construisent des thermosiphons d'après le système 
imaginé par M. Thomson, jardinier au parc de Dalkeith. Les mérites de 
ces appareils sont les suivants : la surface exposée au feu est très consi- 
dérable, tandis que le volume d'eau est relativement fort minime, d'où 
résulte un chauffage rapide et une circulation très active; il est fort 
aisé de débarrasser toutes les parties de l'appareil de la suie qui pourrait 
y adhérer et dont la présence a pour effet de diminuer la quantité de 
chaleur utilisée, la suie étant un mauvais conducteur du calorique; 
enfin, on peut monter ces chaudières dans l'intérieur de la serre, sans 
avoir à craindre aucune émanation de gaz nuisibles. On voit, par l'in- 
spection des figures de la plan- 
che 58, que la chaudière de Mon- 
sieur Thomson a la forme d'un 
tube à parois doubles, entre les- 
quelles se trouve l'eau ; des man- 
chons adaptés au cylindre principal 
servent à mettre la chaudière en 
communication avec, les tuyaux et 
à la soutenir quand elle est placée, 
de telle sorte qu'elle se trouve 
alors complètement isolée. Le foyer 
doit être placé en-dessous et en avant de la chaudière, et les produits de 
la combustion, après en avoir léché la surface extérieure, pénètrent 




Fig. 1. Chaudière simple pour cliauffcr 
1000 pieds de tuyaux d'un diamètre de quatre 
pouces anglais. 



— 208 — 



dans son intériedr avant de passer dans la cheminée, comme l'indiquent 
les flèches de la figure 2. 




Fig. 2. La même, placée. — C. Coupe suivant AB. 




Fig. 3. Chaudière triple pour 4000 pieds de tuyaux. 




Flg. 4. La même , placée de manière à profiter de la chaleur qui irradie immédiatement de ::a 

surface. 

Pl. ;i8. Termosiphons de M. Thomson, 



JARDIN FRUITIER. 



NOTE SUR LA CERISE BIGARREAU ROUGE DE TILGNER. 

(Représenté Pl. t>9, fig. 1 et 2.) 

Le pédoncule, de longueur moyenne, est implanté dans une dépres- 
sion et a une nuance rougeâtre; le fruit est d'assez grande taille et 
ressemble au Flanientin , mais il parait moins rond parce qu'il est le 
plus fort à la base et non au-dessus comme chez le Flamentin ; l'extré- 
mité est arrondie comme chez celui-ci. La peau est rouge incarnat par 
suite d'une infinité de points et de stries se confondant les uns dans 
les autres; la surface du fruit est dépourvue de suture mais elle pré- 
sente une raie claire, surtout à ses deux extrémités. La chair n'est 
nullement rouge mais d'un blanc-jaunâtre et possède à la maturité 
complète un goût très agréable et aromatisé. Le noyau est assez petit, 
cordiforme, terminé par une pointe bien prononcée et adhère forte- 
ment à la chair. 

La maturité commence à la St. Jean, ou plus tard dans les années 
défavorables. 

Cette variété se distingue du Flamentin : 1" par sa forme plutôt en 
cœur que ronde; 2" par la couleur rouge plus forte; 5° par la dispa- 
rition à peu près totale du sillon; 4° par le noyau plus petit; S** par 
l'époque de la maturité. 

L'arbre est très fertile. Cette cerise, trop peu connue, doit être consi- 
dérée comme l'une des meilleures espèces et vivement recommandée. 



NOTICE SUR LA CERISE GUIGNE DE TABASCON. 

(Représenté Pl. b9. fig. 3 et 4.) 

Ce fruit sort des pépinières de M. Papeleu, à Wetteren, qui Ta fait 
connaître et préconisé en Allemagne; il appartient à la classe des cerises 
douces, noires, à suc coloré et à chair molle et par conséquent aux 
Guignes noires ou Herzkirschen des Allemands; il a beaucoup de res- 
semblance avec la Guigne hâtive de Cobourg et peut-être n'est-elle 
qu'une légère variation de cette espèce. 

La cerise est de grosseur moyenne ou un peu davantage. Le pédon- 
cule est extrêmement long, car il a souvent plus de deux pouces; il est 
mince, vert et aboutit à une cavité assez peu profonde. La forme du 

BELG. MORT. TOM. VllI. 14 



— 210 — 



fruit est celle d'un cœur, ordinairement assez obtus, mais pas autant 
que dans la Guigne d'Anatolie; et quelquefois un peu oblique. Le sillon 
est fort peu prononcé. La couleur de la peau est le brun noirâtre; la 
chair est d'une saveur douce et agréable et riche en suc fortement 
coloré. Le noyau est de forme ovale et de grosseur moyenne. 
La maturité a lieu ordinairement vers la mi-juin. 



NOTE SUR LA CERISE ROUGE SANGUINE. 

(Représenté Pl. b9, fîg. 5 et G.) 

Cette cerise est douce , à suc incolore et à chair molle : elle mûrit au 
commencement de juin et est d'une grosseur au-dessus de l'ordinaire. 
Le pédoncule, de longueur moyenne, est nuancé de rougeâtre d'un 
côté et repose dans une cavité à courbure inégale. Le fruit est cordi- 
forme-arrondi. La peau est au fond d'une couleur jaune-blanchâtre, 
mais des raies rouge de sang confluantes la couvrent sur sa face dorsale; 
sur la face intérieure le rouge se perd dans la couleur du fond. La chair 
est d'un jaune blanchâtre, molle et succulente; son goût est doux, mêlé 
de quelque chose d'acide. Le noyau est petit et reste adhérent à la 
chair. L'arbre porte bien. 

Cette espèce se distingue essentiellement des autres par sa saveur 
aigre-douce et elle mérite essentiellement d'être cultivée. Elle se trouve 
décrite et figurée dans le Deutches Ostcahinety sous le nom de Blu- 
therzkirsche. 

DE L'ARBORICULTURE FRUITIÈRE AU POINT DE VUE AGRO- 
NOMIQUE, 

Par m. Royer , 

Président de la commission royale belge de Pomologie. 

Du Pommier en Belgique. 

L'étude des fruits de vergers cultivés en Belgique, au moyen des 
collections envoyées de toutes les provinces par les soins du gouver- 
nement en 1835, a démontré que le pommier est le seul arbre à fruit 
convenablement représenté dans la grande culture, tant sous le rap- 
port du nombre de variétés que par le mérite d'un certain nombre 
d'enti'e elles. 



— 211 — 



Cela n*a rien d'étonnant, la pomme est le fruit populaire par excel- 
lence ; d'autres peuvent être plus savoureux, peuvent mieux flatter nos 
goûts, mais aucun ne saurait remplacer les pommes dans les emplois de 
l'économie domestique et dans diverses industries agricoles. Ce fruit 
possède, en outre, le mérite d'une longue conservation et d'un transport 
facile; aussi, les années de disette en ce genre sont une véritable calamité 
pour beaucoup de personnes, et cette privation est surtout ressentie par 
le peuple. 

Ces disettes ne sont que trop fréquentes: le pommier planté en haut 
vent dans les prairies ne subit' aucune taille, on ne peut en aménager la 
production comme on le ferait en pyramide ou en espalier; il arrive donc 
qu'à la suite d'une récolte très-abondante, les lambourdes d'un arbre sont 
épuisées, ces espèces de bourses doivent se reformer et préparer leurs 
boutons à fruit. Il en résulte Talternat des récoltes, inconvénient attaché 
plus ou moins aux anciennes variétés. Si l'on ajoute à cette cause la chance 
des gelées tardives qui détruisent le fruit dans son germe, on s'explique 
la fréquence des disettes. Les moyens d'y parer seraient la recherche de 
variétés moins sujettes à l'alternat, et la préférence à donner, toutes 
choses égales d'ailleurs, aux variétés dont la floraison est tardive, telles 
que les reinettes dites court-pendus, la calville des prairies et quelques 
autres. 

L'emploi des pommes dans l'économie domestique est trop connu pour 
en parler ici; on sait également que ce fruit est indispensable à diverses 
professions, telles que les pâtissiers, les confiseurs. Il n'en est pas de 
même des emplois industriels de la pomme, et ils sont assez nombreux 
et moins connus: on en retire d'excellent vinaigre d'un usage général en 
Belgique, où il existe jusqu'ici peu de vignobles et par conséquent peu 
de vinaigre de vin ; on en obtient du cidre. Par la dèssication, ce fruit 
se conserve indéfiniment et devient une denrée commerciale. Il en est de 
même des sirops et poirées , que l'on fabrique en très-grande quantité 
dans nos provinces méridionales, et qui donnent lieu à un commerce 
assez important à l'intérieur et pour l'exportation. Ces fabrications ont 
généralement lieu sur place, dans le sein des familles de cultivateurs, 
auxquelles ces petits travaux procurent du confort et des ressources qui 
ne sont pas à dédaigner. 

En indiquant ci-après les variétés du pommier qui méritent le mieux 
la culture, nous devrons donc considérer, non-seulement la bonne qua- 
lité et la fertilité de chacune d'elles, mais en outre son aptitude aux em- 
plois industriels et culinaires. 

Dans l'économie ou la distribution d'une plantation de verger autant 
que d'un jardin, il importe de la combiner de manière à avoir des fruits 
pour toutes les saisons en proportion convenable; un petit nombre pour 
l'été et l'automne, époques de l'année riches en fruits à noyaux et à 
baieS; plus favorables à l'hygiène pendant les chaleurs^ et qu'une sage 



212 — 



prévoyance a accumulés, pour nos besoins, nous réservant les pommes 
pour l'hiver et le printemps, saisons qu'il faut pourvoir de fruits en 
grande partie au moyen du pommier et du poirier. 

En attendant que des matérieux suffisants soient réunis pour rédiger 
une pomologie des vergers, nous nous bornerons à une revue des res- 
sources que la nomenclature actuelle présente, et nous diviserons les 
variétés du pommier dignes d'être propagées, en quatre catégories. 

La première comprendra les variétés généralement cultivées en Belgi- 
que, ou du moins dans plusieurs provinces, en mentionnant les noms 
synonymiques sous lesquels nous les avons reçues. 

Dans la deuxième, se classeront les variétés locales, particulières à 
une province ou un canton. 

La troisième comprendra les gains modernes obtenus en Belgique 
par le semis, en mentionnant, dans ces deux dernières catégories, les 
personnes qui nous ont fourni les spécimens. 

La quatrième sera composée des variétés étrangères, communiquées à 
la société Van Mons, par ses correspondants américains, anglais et alle- 
mands (1). 

Il nous paraît inutile, d'ailleurs, de mentionner, dans aucune de ces 
catégories, les noms des variétés médiocres et sans valeur. 

PREMIÈRE CATÉGORIE. — VARIÉTÉS PLUS OU MOINS RÉPANDUES DANS LES 
CULTURES DE LA BELGIQUE. 

Les Court-Pendus, 

En téte de notre liste, viennent naturellement se placer les reinettes, 
si connues sous le nom de court-pendus, dont il existe un certain nom- 
bres de variétés. Toutes sont faciles à distinguer à l'œil le moins exercé, 
par des traits généraux, qui sont: une forme obronde, aplatie; un pé- 
doncule très-court; l'œil enfoncé dans une cavité assez profonde; la chair 
ferme, sucrée et acidulée. 

Les sous-variétés de cette série que l'on rencontre le plus souvent, et 
nous paraissent mériter la préférence, sont: 

1° Le court-pendu rosa, dont l'épiderme (peau) est très coloré et fouet- 
té de rouge vif, plus ou moins foncé, surtout du côté exposé au soleil. 

2" C. P. blanc (plattingen, pays flamand). C. P, vert, pommes d'an- 
jou, peau verte, jaunissant à la maturité, rarement maculée de rouge. 



(1) La société Van Mons est instituée sous la protection du Roi et le patronage du 
gouvernement, en vue des progrès de l'arboriculture fruitière, par les semis et l'im- 
portation des bons fruits étrangers. Les membres de cette société n'ont d'autre obli- 
gation que le payement d'une cotisation annuelle de dix francs. Ils reçoivent les publi- 
cations annuelles de la société, et, sur leur demande, communication de toutes les 
variétés de fruits cultivées dans le jardin social, par greffes ou par plantes. 

S'adresser, pour être inscrit, à M. Alexandre Bivort, directeur gérant, à Fleurus, 
ou à M. Ernest Parent, trésorier. Montagne de Sion, à Bruxelles. 



— 213 — 



5° C. P. gris ou doré, épiderme gris-roux, supérieur en qualité et en 
finesse de chair aux deux précédents. Souvent plus gros. 

4" C, P. de Tournay on de Dournay. C'est leplus volumineux du genre 
Il se dislingue aussi par sa forme plus conique. L'épiderme est gris-roux, 
jaunissant peu à la maturité. Il se garde moins longtemps que les précé- 
dents. C'est un fort beau et bon fruit de dessert. 

Les court-pendus sont généralement cultivés, et il s'en trouvait dans 
toutes les collections qni nous sont parvenues. Ces pommes sont d'une 
grande ressource, et les trois premières se gardent souvent d'une année 
à l'autre. Toutes conviennent pour la table et les divers emplois culinai- 
res et industriels, à l'exception de la dessication, qui exige des fruits 
moins acidulés. 

Les Reinettes. 

Cette série a quelques traits communs avec les court-pendus, mais les 
reinette sont moins aplaties, et la plupart plus coniques. Les meil- 
leures qui nous ont été communiquées sont les suivantes. 

Reinette étoilée, province de Liège, Zoete Reinette^ pays flamand; 
fruit moyen, arrondi, un peu plus large que haut. L'épiderme est lisse, 
luisant, d^un rouge carmin très vif et intense, parfois maculé et ponctué 
de rouille. Chair délicate, goût sucré, légèrement acidulé, et d'un 
arôme fort agréable. On ne saurait la confondre avec aucune autre, car, 
en la coupant transversalement dans le sens du diamètre, on voit le 
centre entouré d'une étoile régulière , formée par des macules rouges. 
C^est un bon fruit de table, d'un très joli aspect, et qui devrait être plus 
répandu dans nos cultures. Nous ne l'avons remarqué que dans les 
envois de la province de Liège et quelques collections du Brabant et du 
Limbourg. La reinette étoilée mûrit dès le mois de novembre, et se 
conserve jusqu'en janvier ; de même que les autres reinettes, elle con- 
vient pour les usages culinaires et industriels. 

Reinette grise, Gris Braihant, Brabant, Ribaut, provinces wallon- 
nes. Bloeming, Limbourg, Geel-grys-appel, Brabant flamand. 

C'est la plus cultivée des reinettes grises offertes à notre examen. Elle 
est de grosseur moyenne et d'une couleur gris-verdâtre. On peut la 
conserver une bonne partie de l'hiver. Sans être de première qualité, 
c'est un assez bon fruit de table ainsi que pour la plupart des autres 
usages. 

Une autre variété plus petite, arrondie, dont l'épiderme est plus roux, 
se rencontre moins fréquemment, et nous parait supérieure sous le 
rapport de la qualité. Nous l'avons reçue de Liège, avec le nom de 
Braibant turc, du Limbourg sous celui de Gryskens. On la cultive aussi 
dans la province de Namur. 

Reinette de Versailles, l'une des meilleures pommes cultivées dans 
les jardins. Elle paraît introduite dans quelques vergers, du moins nous 



— 214 — 



Tavons reçue dans plusieurs collections des provinces de Liège et de 
Namur, sous les noms de Reinette de France et de Friesland. Cette 
pomme de toute première qualité est propre à tous les usages, et se 
conserve facilement pendant dix à douze mois. Nous croyons l'arbre 
un peu délicat pour les vergers. 

Reinette blanche du Canada; Reinette d'Angleterre, Liège; Groene 
Renetten, Dohhelen Paradys, Flandres. 

Fruit énorme, déprimé à la base et au sommet, œil très enfoncé, 
tenant des reinettes par sa forme , et un peu des calvilles parce qu'il est 
côtelé; épiderme vert-jaunâtre, tiqueté de points gris, chair fine, tendre, 
excellente, mûre de décembre en mars. On cultive beaucoup cette 
pomme en pyramide dans les jardins , c'est un fruit de table superbe, 
il est de même excellent, cuit; l'arbre est vigoureux. 

Les Calvilles. 

Les pommes de cette série peuvent être comparées à un type très 
connu, la calville blanche des jardins, variété trop délicate pour la 
grande culture. Les calvilles présentent en général les caractères sui- 
vants : épiderme lisse et luisant; forme obronde, très côtelée, pédoncule 
assez court; œil peu enfoncé. Parmi les fruits de ce genre cultivés dans 
les vergers de la Belgique, trois seulement nous paraissent reeomman- 
dables. 

i° La calville des prairies; Qwastresse, dans les provinces de Namur 
etHainaut; Renetten^ Flandre orientale; Wylde7i appel, himhourg. 

Fruit moyen, forme et coloris analogue à la calville blanche, avee 
laquelle on pourrait souvent le confondre à la vue; mais la qwastresse 
se colore souvent de rouge pâle et elle est aussi bien plus rustique et 
fertile. Sa chair est fine, blanche, moelleuse. L'eau est abondante, 
sucrée, relevée d'un léger acide. Cette bonne pomme se conserve une 
grande partie de l'hiver. Elle est cultivée avec une certaine prédilection 
dans la province de Namur, où elle domine dans les vergers, concur- 
remment avec les court-pendus et les belles-fleurs. Elle ne figurait dans 
aucune des collections de la province de Liège , ce qui doit faire présu- 
mer que ce fruit y est peu connu. La calville des prairies mériterait 
d'être plus répandue, car elle produit abondamment, et convient pour 
tous les emplois industriels et culinaires. Le seul reproche qu'elle 
mérite, est d'être d'un transport assez difficile : la finesse de son épi- 
derme et de sa chair est telle , que le moindre choc produit une meur- 
trissure. 

2** Calville rouge d'automne, Pomme de vin, est cultivée dans la 
vallée de la Meuse; on la reconnaît à son coloris d^un rouge foncé très 
intense. Cette couleur rouge se prolonge sous Fépiderme , ce qui la fait 
nommer parfois Calville rouge en dedans et endeliors. C'est un bon fruit 



— 215 — 



d'automne, très apparent sur les tables, où il orne les desserts dès le 
mois d'octobre jusqu'en décembre; il est fertile et propre à tout usage. 

5" Calville rouge d'hiver, ressemble beaucoup à la précédente, mais 
elle est de qualité inférieure et ne l'emporte que sous le rapport de la 
conservation ; dans quelques localités de la province de Liège, on la vante 
pour la fabrication des sirops. 

Les Belles-Fleurs. 

Il en existe aussi plusieurs sous-variétés ; nous mentionnerons les deux 
meilleures. 

Belle-fleur de Brahant, syn. Bon pommier, provinces wallonnes; 
Winter Belle- fleur, Anvers; Strieping, Flandre; Keulemans appel, Lira- 
bourg. C'est un fruit moyen, de forme ovoïde, renflé vers le centre, vert 
jaunâtre, coloré et fouetté de rouge carmin. 

Belle- fleur de France j syn. Double Belle- fleur, beau pommier, provin- 
ces wallonnes; Dobbel Belle-fleur, Anvers ; Beselingen, Flandre orientale. 

Fruit analogue au précédent, moins bon cru. 

Les Belles-fleurs sont des variétés très fertiles, se conservent une grande 
partie de l'hiver, étant très-juteuses, elles donnent beaucoup de vinaigre 
d'une excellente qualité ; pour les emplois culinaires et industriels, elles 
rivalisent avec les court-pendus, mais ceux-ci valent mieux comme fruits 
de table. 

Les Rambours, 

Rambour rouge, Namur; R. rose, Hainaut. Jlfère des pommes, Brabant; 
Kool-appel, Anvers, très gros fruit arrondi, côtelé, déprimé et aplati 
vers la base, rétréci vers le calice, peau fine, lisse, rouge très intense du 
côté du soleil, maculé de rouge plus pâle du côté de l'ombre, chair assez 
fine, de première qualité pour la cuisson, mais inférieure comme fruit de 
table. 

• Rambour franc; syn. Rambour de France, Liège; R. glacé, Hainaut; 
Tern appel, Anvers. Fruit analogue au précédent par son volume et sa 
forme; son coloris diffère essentiellement, il est vert jaunâtre, maculé et 
strié de rouge; sa qualité est supérieure à celle du précédent. 

Pommes douces, copettes ou coupettes; on cultive sous ce nom, une 
série de pommes à chair sucrée, un peu sèche, que l'on estime pour la 
dessication et la fabrication des sirops. Ces pommes ont toutes une forme 
conique, plus haute que large. Leur coloris varie suivant les sous-variétés, 
lesquelles sont assez nombreuses ; nous avons remarqué les suivantes: 
Copette blanche, grise, de Rome, Meesingen, Flandre. 

En terminant cette revue des meilleures pommes les plus cultivées 
dans nos vergers, il est presque superflu d'ajouter qu'elles peuvent être 
également cultivées en pyramides dans les jardins. 



— 2i6 — 



DEUXIÈME CATÉGORIE. VARIÉTÉS LOCALES. 

Ce n'est pas sans un sentiment de défiance que nous continuons notre 
essai de monographie des pommes de vergers em Belgique. Jusqu'ici 
nous n'avons passé en revue que des variétés généralement connues et 
cultivées, qui nous sont familières depuis longtemps, et ont en leur 
faveur l'assentiment du public et du grand nombre des cultivateurs, il 
faut passer maintenant du connu à ce qui est relativement l'inconnu. En 
effet, les variétés particulières à des provinces ou à des localités sont 
passées une seule fois sous nos yeux, par l'envoi d'un petit nombre de 
spécimens dont nous n'avons pu saisir qu'au hasard le point précis de 
maturité pour les déguster à propos. Nous n'avous pas vu personnelle- 
ment les arbres qui produisent ces fruits; nous ne connaissons pas leur 
vigueur et leur fertilité. Il en est de même de l'aptitude de leurs produits 
aux emplois industriels et culinaires. Si l'on ajoute que les pommes des 
2me 5ine catégorlcs formaient un ensemble de près de trois cents 
variétés, on comprendra la difficulté de ce travail, et l'on excusera les 
lacunes qu'il doit nécessairement présenter. 

Heureusement, nous avons pu consulter les déclarations contenues 
dans les nombreux documents joints aux envois; il répondent jusqu'à 
un certain point aux questions énumérées ci-dessus, et nous devons nous 
en rapporter aux cultivateurs zélés qui ont bien voulu répondre à l'appel 
du gouvernement. A la suite de nos appréciations, nous donnons l'analyse 
de leurs renseignements. 

La bonne qualité d'un fruit ne pouvait seule motiver notre choix, il a 
dû être tenu compte de diverses considérations, et notamment de la 
fertilité plus ou moins régulière. 

Nous classerons successivement les meilleurs fruits de chacune des 
provinces. 

Province d'Anvers, 

Quelques pommes de valeur, et évidemment particulières à cette 
province, figuraient dans trois collections nombreuses qui nous sont 
parvenues. Il nous est impossible d'en donner les noms, par suite d'une 
circonstance assez fâcheuse. Au déballage, ces collections se sont trouvées 
dans un état de confusion inextricable. Les noms flamands des fruits, 
écrits sur des morceaux de papier placés au-dessous ou à côté des spéci- 
mens, ont été mêlés et confondus dans le transport, de manière à ne 
pouvoir distinguer que les fruits connus. 

Province du Brabant, 

La partie wallonne n'a fourni que d'anciennes pommes bien connues 
et quelques variétés sans valeur. 



— 217 — 



Brahant flamand, 

CANTONS DE DIEST ET DE TIRLEMONT. 

Pomme de rose, fruit gros, comprimé, rouge foncé d'un côté, vert 
fouetté de rouge de l'autre. Chair délicate, sans saveur bien prononcée. 

Collection de M. Wageraans, à Looz. Déclarée fertile, produit tous les 
ans, propre à tout usage et beaucoup demandée pour l'exportation parce 
qu'elle se conserve longtemps. Tenue en terre forte sur un plâleau 
abrité, dégusté à Namur et à Fleurus, vers la fin d'avril. 

Rib appel j moyenne, espèce de cavillacée côtelée, à peau lisse, 
très-rouge du côté du soleil. Chair tendre, douce, acidulée; estimée 
pour la dessication et la fabrication des sirops et vinaigres. Collection 
de M. Knapen, à Looz, venue en terre forte, sur plateau abrité. Dégus- 
tée le 17 avril à Namur et le 17 février à Fleurus. 

Wiriter rabine , grosse, ovoïde, un peu côtelée; vert rayé de rouge. 
Collection de M. Vreeven, à Looz, déclarée fertile et produisant tous les 
ans. Chair sucrée, acidulée, dégustée à Namur, le 10 avril, à Fleurus en 
mars. 

Witte renette f moyenne, forme des reinettes; chair fine, sucrée, 
acidulée. Collection dudit M. Wagemans, déclarée fertile et propre à tout 
usage, dégustée à Fleurus, le 6 février et à Namur, le 17 avril. 

Ontwyt, assez grosse, ovoïde; chair juteuse, sucrée, acidulée. Collec- 
tion dudit M. Wagemans, déclarée fertile et propre à tout usage. Dégus- 
tée aux mêmes dates que la précédente. 

Province de la Flandre Occidentale. 

Nous avons reçu très-peu d'envois de cette province, celui du district 
de Furnes a été fourni par MM. Wereghem frères, pépiniéristes à Furnes; 
nous y remarquons deux variétés dignes d'être signalées à l'attention 
des cultivateurs, variétés cultivées de préférence, dit M. le commissaire 
du district, dans tous les vergers de la contrée; il est à remarquer que 
cette partie nord-ouest des Flandres, étant très-rapprochée des côtes de 
la mer du Nord, est peu favorable à la culture d'un grand nombre de 
fruits, cette circonstance ajoute au mérite des deux suivants : 

Reinette de Furnes, moyenne, forme de reinette un peu conique; gris 
roux, jaunissant légèrement; chair fine, sucrée, relevée d'un léger acide; 
est propre à la table et autres usages. Déclarée de première fertilité. 
Produisant régulièrement. Dégustée en décembre et janvier. Cette pomme 
nous a été envoyée du Limbourg, sous le nom de Reinette d'Alost. 

Reinette des Capucins, fruit du mcuie genre que le précédent, plus 
juteux, mais moins sucré, dégusté aux mêmes dates. 

Ce sont les espèces que Von plante généralement, lettre d'envoi du 
commissaire de district de Furnes. 



— 218 — 



Province de la Flandre Orientale. 

Cette province a fourni un assez grand nombre de collections, classées 
et étiquetées avec beaucoup de soin. 

DISTRICT d'aLOST. 

Les pommes à signaler dans ce district proviennent généralement de 
sols argileux; le tout a été réuni par les soins de M. Jouret, vétérinaire. 
Parmi les trente-deux variétés de cette collection, nous avons distingué 
les suivantes : 

Witte zoetingen ou pomme d'argent ^ moyenne, forme ronde conique; 
jaune citron à la maturité ; chair ferme, sucrée, acidulée ; déclarée produire 
régulièrement, sans indication d'usage pas plus que pour les suivantes. 
Dégustée en avril. 

Meester Jan, grosse, forme de reinette; jaune, très peu colorée de 
rouge; chair fine, sucrée, acidulée. Dégustée en avril, produit par 
alternat. 

Zolveringen, grosse, forme conique, un peu côtelée. Couleur jaune, 
pâle. Chair sucrée, acidulée. Production régulière. Dégustée en avril. 

Zayt-Strepingen, moyenne, forme très conique; épiderme jaune 
rayé ou fouetté de rouge. Chair délicate et bonne fertilité régulière, 
dégustée en avril. 

Kuyperingen, très beau et gros fruit, forme un peu conique; épiderme 
jaune ligné de rouge. Bonne qualité, fertilité régulière, dégustée en 
avril. 

Nota. Ces fruits se trouvaient en partie dans d'autres envois de la 
Flandre orientale. 

CAXTON DE DEYNZE. 

Zaerling, grosse, forme de belle-fleur, ovoïde; vert jaunâtre recouvert 
de rouge. Chair sucrée, acidulée. Déclarée produire régulièrement. Envoi 
de la Société agricole de Deynze. Envoyée également pai^ le comice agricole 
de Gand. Dégustée fia de mars et en avril. 

DISTRICT d'aUDEXARDE. 

Les vingt-deux variétés fournies par ce district ont été réunies par 
M. J. A. Van Seymortier, vétérinaire du gouvernement à Audenarde; 
nous avons distingué dans cet envoi les variétés suivantes : 

Groening, petite, arrondie, côtelée, jaune colorié de rouge. Chair 
grosse mais juteuse. Recommandée pour la fabrication du vinaigre. Très 
fertile, produisant régulièrement. Venue en sol argileux. Dégustée fin 
de mars. 



— 219 — 



Steegeling, grosse, forme reinette; jaune maculé de rouge. Sucrée, 
acidulée; très fertile et production régulière. Sol argileux. Dégustée 
12 avril. 

Zwaring, très grosse, ronde, comprimée; jaune; chair ferme, sucrée, 
acidulée. Recommandée comme donnant un vinaigre de bonne qualité. 
Fertile et production régulière. Sol argileux. Dégustée fin de mars. 

Coomeningj variété de fenouillet, petite ; jaune maculé de rouge. Bon 
fruit de table, est préférée pour faire du cidre. Mêmes remarques que 
pour la précédente. 

Goeyging, moyenne, sous-variété de belle-fleur, fertilité régulière, 
qualité et emploi analogues à ceux des belles-fleurs. Dégustée en mars. 

DISTRICT DE GAND. 

Trente-cinq variétés réunies par les soins du comice du quatrième 
district agricole. 

Ainsi que dans les autres collections, celle-ci comprend de bonnes 
variétés connues. Nous en trouvons deux ou trois particulières, savoir : 

Grooten renette, gros fruit, allongé, conique; vert légèrement coloré. 
Cbair douce, acidulée. Usages non indiqués. Venue en sol humide. 
Déclarée comme régulièrement productive. Dégustée fin d'avril. 

Gros pépin, moyen, forme reinette, ressemble à un pépin d'or pour 
la forme et la couleur. Chair fine, relevée. Fin d'avril. Produit par 
alternat. 

Reinette ananas, nom appliqué par erreur à la reinette grise du 
Canada, nous ne l'avons reçue comme fruit de verger que dans la collec- 
tion de Gand. C'est, du reste, un des plus beaux et meilleurs fruits de 
jardin, pour la table et tout usage. Par contre, il se trouvait, sous ce 
nom, des reinettes grises ordinaires, sans doute par erreur. 

Province de Hainaut. 

Collection envoyée par M. Dubus, membre de la commission provin- 
ciale du Hainaut, pour le 7"° district. Plusieurs pommes locales et 
méritantes à divers titres figuraient dans cette collection. 

Pomme citron, fruit moyen, ovale arrondi; couleur citron. Très ju- 
teuse. Recommandée pour la fabrication du vinaigre et fort abondante. 
Récollée sur un sol argileux, propriété de M. Dubiez, à Vélaines. Dégus- 
tée fin d'avril. 

Camousse, moyenne, forme un peu conique ; jaune ligné rouge ; chair 
très sucrée. Doit être précieuse pour la dessication, produit tous les ans. 
Même origine que la précédente. Dégustée le 6 février et mars. 

Long Tuyau, assez grosse , conique, allongée. Peau jaunâtre colorée 
de rose; chair sucrée. Production annuelle régulière. Même origine 
que la précédente. Dégustée en mars et avril. 



— 220 — 



Hambourg d'été, sous-variété du rambourg franc et même forme, 
énorme, peu productif. Bon fruit, chair délicate et juteuse, récolté sur 
un plateau argileux par M. Dubar, à Vélaines. Dégusté en décembre et 
janvier. 

Pomme d'Adam, gros fruit, forme obronde un peu comprimée. Chair 
tendre et juteuse. Même origine. Dégustée en février. 

Pépin d'or de pâture, gros, forme ovoïde; jaune coloré de rouge. 
Chair fine, sucrée, acidulée. Très bon pour la table et déclaré très fertile. 
Envoi de M. Dubus. Dégustée en février. 

Province de Liège. 

Nous avons reçu de cette province des collections tellement nombreu- 
ses, qu'il est difficile de les avoir étudiées avec assez de soin pour ne pas 
laisser des lacunes involontaires. En première ligne se présente un envoi 
de 176 lots fournis par divers propriétaires, et réunis par les soins de 
M. Guillaume, président des conférences horticoles de Liège ; le tout pré- 
sentant un ensemble des meilleures variétés connues, un grand nombre 
de gains nouveaux et de pommes particulières au pays de Liège. Dans 
cette dernière catégorie, nous avons particulièrement distingué: 

Pomme Vanderstraten, gros fruit, forme de rambourg un peu com- 
primé, très-coloré de rouge; chair sucrée, acidulée; déclarée très fertile 
par M. Dubois, rue de Glain à Liège, qui l'a récoltée sur un plateau battu 
des vents; sol argileux. Dégustée le 4 mars. 

Reinette verte, même origine; moyenne, forme de reinette; vert, som- 
bre, légèrement coloré. Chair très-verte, sucrée, acidulée, fertile, alterne 
un an sur trois. Goûtée le 4 mars. 

Comtesse de Gloes , très gros fruit, forme de rambourg, peau très-colo- 
rée de rouge, chair un peu veinée de rouge, tendre et sucrée; déclarée 
très-fertile; propriété de M. Watrin-Siraon, faubourg de Sainte-Margue- 
rite, à Liège; récoltée en sol agileux. Dégustée le 2 décembre. 

Belle et bonne, très-grosse ; blanc verdâtre maculé ou rayé de rouge ; 
chair tendre, sucrée, fine, très bonne; se trouvait dans les envois de 
M. Étienne, cultivateur à Bellaire, rue de Glain. Tous s'accordent à la 
mentionner comme fertile; elle convient pour la table et les emplois indus- 
triels. Dégustée en janvier, février et mars. 

Saint-Jacques, grosse, blanche, forme un peu conique; chair fine, ten- 
dre, très-bonne, déclarée fertile, bonne pour la table et les emplois in- 
dustriels; propriété de M. Étienne, à Bellaire; sol argileux. Dégustée en 
mars. 

Grenade, grosse, forme rambourg, jaune coloré de rouge; sucrée, aci- 
dulée, fertile; estimée pour les vinaigres et sirops; envoi de M. Louis, 
jardinier de Monseigneur le duc d'Aremberg. Goûtée le 17 mars. 



— 221 — 



Croquet, moyenne, forme assez conique; colorée de rouge foncé ; chair 
juteuse, sucrée, acidulée; envois de M. Molinvaux, pépiniériste à Ans et 
Glain, François Leclercq, cultivateur à Grivegnée, Lorio, à Liège, et 
Etienne, à Bellairc; pomme fertile, indiquée pour les emplois industriels. 
Dégustée en février et mars. 

Belle grâce, assez grosse, forme reinette; verte, légèrement colorée de 
rouge; chair sucrée, très-fertile, spéciale pour les sirops; envoi dudit 
M. Molinvaux. Goûtée le 4 mars. 

Reinette Dubois, assez grosse, jaune, forme reinette ; chair un peu 
sucrée; indiquée pour cidre et vinaigre; envoi de M. Lambert Colson, 
propriétaire à Saint-Nicolas en Glains. Dégustée le 2 décembre. 

Pomme de Riga, grosse, un peu comprimée ; chair sucrée, très-fertile ; 
spéciale pour la fabrication du cidre; envoi de M. Lorio, horticulteur à 
Liège c Goûtée fin de février. 

Jeannette, très-grosse, conique, large à la base; bon fruit, produit 
par alternat; envoi du même. Dégustée en décembre. 

DISTRICT DE VERVIERS. 

Collection de 156 lots, réunis par les soins de la Société agricole de 
ladite ville. 

Mêmes observations que pour la collection du district de Liège. 

Croquet de France, très-belle pomme, arrondie, sucrée, petite ; envoi 
de M. Eugène Xhibitte à Charneux ; sol argileux; estimée pour le sirop. 
Goûtée en janvier. 

Pomme de Dame, assez grosse, forme de rambourg ; peau grise ; su- 
crée, pour fabrication de sirops, très-productive ; envoi de M. Louys 
père, à Xhendelesse; sol calcaire. Goûtée en février. 

Sainte-Catherine, gros fruit, arrondi ; jaune strié de rouge pâle ; chair 
juteuse, sucrée, acidulée, fertile; excellente pour sirop et confiture; en- 
voi de M. Bailly, à Bruyères ; sol argileux. Dégustée le 13 février et le 
4®' mai. 

Pomme poire, moyenne, ovale, grise; chair douce, sucrée; tres-fertile, 
recherchée pour les usages culinaires; envoi de M. Berens, à Battice. 
Goûtée en avril. 

Bouland, moyenne, un peu conique ; jaune maculé de rouge ; chair 
sucrée; spécial pour les meilleurs sirops; très-fertile et abondante; 
même envoi. Goûtée le 22 avril. 

Reinette rouge, moyenne, forme reinette ; fond jaune très-raaculé de 
rouge. Chair sucrée, acidulée, très bonne; envoi de M"° Lieutenant, à 
Hiervaux-Heuzy. Goûtée fin avril. 

Collection d'environ 70 variétés envoyées par M. Jean Lcgipont, élevé 
de l'école industrielle de Verviers, à Xeneumont-Battice. 

Rambourg jaune, gros, comprimé, forme rambourg, côtelé ; jaune ci- 



— 222 — 



tron; chair sucrée, acidulée, bon; usages culinaires. Goûté en décembre. 

Pommes de ma mère, très-grosse, forme reinette du Canada, côtelée; 
fond jaune légèrement coloré de rouge; chair juteuse, assez acidulée. 
Goûtée en mai. 

Bois n'a jamais 'porté meilleur , nom un peu prétentieux, mais qui 
s'applique à une excellente pomme, grosse, aplatie, comprimée, œil en- 
foncé ; peau rouge vif ; chair sucrée, acidulée, relevée, fruit de table. 
Goûté en mai et avril. 

Rame noire, grosse, arrondie, un peu conique, rouge noirâtre; chair 
verte, fine, acidulée, fruit de table. Goûtée en mai. 

Rame rouge, moyenne, forme de calvilles, légèrement côtelée; peau 
rouge vif sur fond jaune; sucrée, acidulée, bon fruit de table. Avril-mai. 

Anneraute, moyenne, forme reinette un peu allongée, jaune citron ; 
chair très-sucrée; pour la dessication; productive. Goûtée en avril. 

Province de Limbourg, 

La commision provinciale d'agriculture de cette province a recueilli et 
envoyé les principaux fruits des vergers que l'on y cultive, au nombre 
de 42 variétés. Au milieu des fruits connus et déjà mentionnés, et d'autres 
de peu de valeur, nous avons distingué les suivants : 

Witte Keulemans appel, moyen, obrond, comprimé; peau blanche 
jaunâtre; chair tendre, sucrée, acidulée; récoltée aux environs de Saint- 
Trond, en terre forte. Assez fertile, propre à tout usage et recherché par 
le commerce; produit par alternat. Dégusté fin d'avril. 

Grenaetting appel, moyen, conique, très-allongé en pointe vers l'œil; 
blanc jaunâtre ; chair tendre, sucrée, acidulée ; très fertile, propre à tout 
usage, très-recherchée pour le commerce; réussit presque toujours: 
même origine que la précédente. Dégusté en même temps. 

Renetle hlatiche, moyenne, conique; vert blanchâtre; chair tendre, 
douce, légèrement acidulée; assez fertile ; propre à tout usage; produit 
par alternat. Goûtée en mai. 

Provime de Namur. 

Les collections réunies par les soins des présidents des comices agricoles 
de Namur et de Couvin ne présentaient aucune variété locale de mérite, 
mais nous en trouvons quelques-unes dans l'envoi de M. De Bonhomme 
de Frandeux, président du comice agricole de Ciney et du canton de Ro- 
chefort. 

Braihant vineux, très-beau fruit, gros, de forme un peu conique; peau 
grise tirant sur le roux; chair douce, acidulée, relevée, bonne; cultivé 
par M. Houba, vétérinaire à Rochefort; terrain d'alluvion et abrité; 
produit par alternat. Goûté de février en avril. 

Pomme de Redu, très-grosse, forme de la double belle -fleur; peau 



— 223 — 

jaune, lisse ; sucrée, acidulée, juteuse; fertilité moyenne et assez régu- 
lière; même origine que la précédente. Dégustée en mars. 

Pomme de Louvain, forme des calvillacées, très-grosse, peu côtelée ; 
très-colorée de rouge; fertilité médiocre, par alternat. Dégustée 4 5 fé- 
vrier, et trouvée de bonne qualité pour prairie; culture de M. de Bon- 
homme à Frandeux, sol schisteux dans une valée. 

Pomme framboise^ calville rayée d'automne, framhoos-apple (Knoop), 
excellent fruit de la classe des calvillacées, gros, arrondi, plus ou moins 
cOtelé, aplati vers le pédoncule où il a sa plus grande largeur ; l'épiderme 
(peau) est lisse, vert clair, jaunissant un peu à la maturité, plus ou moins 
maculé de rouge clair et strié de rouge carmin; la chair est blanche, fine, 
tendre, remplie d'une eau abondante, sucrée, acidulée, et dont l'aroTne 
rappelle un peu celui de la framboise. Cette pomme mûrit souvent dès la 
fiii de septembre et se conserve pendant les deux mois suivants. Je la 
regarde comme la meilleure variété hâtive que nous possédons jusqu'à 
présent. C'est une pomme d'origine hollandaise. Suivant Knoop, ancien 
auteur hollandais, dont l'ouvrage date du siècle dernier, elle a été 
cultivée depuis longtemps dans les provinces wallonnes, et l'on peut 
croire qu'elle a été communiquée par les Hollandais , qui ont tenu gar- 
nison à Namur, en vertu du traité des Barrières , depuis Louis XIV 
jusqu'au temps de Joseph II. Sa fertilité est moyenne ; je l'ai récoltée 
dans les conditions les plus défavorables^ sur un plateau battu des vents, 
terrain froid et argileux. 

Province du Luxembourg, 
Cette province n'a rien fourni pour cette étude. 

3e CATÉGORIE. 
Pommes nouvelles obtenues de semis en Belgique. 

Dans les temps modernes, les progrès de l'horticulture sont princi- 
palement dus aux semis : ils ont transformé, en quelque sorte, une 
foule de végétaux. Nous sommes témoins chaque jour de ces transfor- 
mations, par lesquelles une fleur, insignifiante autrefois, se revêt des 
plus brillantes couleurs, se plie aux formes les plus régulières, et révèle 
des qualités qu'on lui soupçonnait à peine. Le dahlia, le camellia, le 
pélargonium et tant d'autres beaux genres, témoignent de la puissance 
de semis suivis avec persévérance. 

Sous ce rapport, les arbres fruitiers ont été négligés autrefois, et nous 
devons croire que le hasard seul a fait naître la plupart des bons fruits 
anciens; en effet, si l'on consulte les auteurs qui se sont occupés des 
fruits, depuis les temps d'Olivier de Serres jusqu'à celui de Duhamel, 
on chercherait vainement les noms des obtenteurs ou semeurs auxquels 
nos pères devaient les bons fruits dont ils faisaient leurs délices. Le 
vieux La Quintinie lui-même, si prolixe dans ses munitieux détails, ne 



— 224 — 



s'inquiète guère des noms de ceux qui ont procuré les poires nouvelle- 
ment introduites dans les jardins royaux de Versailles, placés sous sa 
direction 

La poire de Colmar, dit-il, nCest venue sous ce nom4dparun illustre 
curieux de la Guyenne, et m'était venue d'un autre endroit sous celui 
de poire manne. 

S'agit-il de la virgouleuse ou virgoulée, elle est sortie du village de 
Virgoulé en Limousin, oii apparemment elle avait passé un fort long 
temps sans éclat, ni plus ni moins qu'une perle dans sa coquille, et 
d'où elle est sortie par la libéralité du marquis de Chambret, seigneur 
du village. D'autres poires, le saint-germain, le bezi, ont surgi d'un 
teF bois, des bords d'une telle rivière, mais jamais nous ne voyons 
mentionner le nom d'un semeur. 

Aujourd'hui, nous sommes plus justes envers ceux qui sèment et 
gagnent de bons fruits; ils y attachent leurs noms ou ceux de leurs 
amis, et recommandent ainsi leur mémoire à la reconnaissance publique. 

Les horticulteurs du Hainaut, Hardenpont, Loir, Liard, Duquesne et 
autres, donnèrent l'exemple vers le milieu du XVIIP siècle, et nous 
leur devons plusieurs fruits connus et estimés; mais la plus grande 
impulsion doit être attribuée à Van Mons , auteur de la fameuse théorie 
de la dégénération des fruits et de leur régénération par les semis. Son 
système est basé sur ce principe, qu'une variété végétale, dès sa pre- 
mière fructification, commence à dégénérer plus ou moins lentement ou 
rapidement, d'où résulte pour les semis la nécessité de choisir les germes 
reproducteurs provenants de cette première fructification, plus saine 
et plus vigoureuse que les suivantes. Van Mons procédait ainsi par 
générations ou renouvellements successifs ; la Société belge qui porte son 
nom continue ses travaux, qui sont arrivés à la onzième génération. 

Sans vouloir entrer ici dans un examen de cette théorie, qui nous 
entraînerait trop loin, nous nous bornerons à faire remarquer qu'on doit 
aux semis de notre célèbre compatriote, exécutés d'après son principe, 
une foule des meilleurs fruits de la nomenclature actuelle. D'ailleurs, et 
souvent même sans le savoir, tous les horticulteurs mettent ce système 
en pratique. S'ils obtiennent un nouveau dahlia de forme irréprochable, 
un camellia, un calcéolaire perfectionné, un rosier franchement remon- 
tant, ils s'empressent d'en recueillir les premières graines, pour les 
semer immédiatement ou l'année suivante. C'est ainsi, et par ces semis 
continus, intelligents, que les espèces se perfectionnent sans cesse dans 
leurs variétés, lesquelles, de même que l'individu dans l'espèce humaine, 
ne sont, pour ainsi dire, que des individualités végétales dont la vie est 
bornée, pendant que leur espèce se maintient sur la surface du globe. 
Dans les premières expériences de Van Mons, il s'occupa de toutes les 
espèces fruitières, et notamment du pommier, qu'il abandonna bientôt 
pour concentrer tous ses efforts sur l'amélioration du poirier. 

{La suite à la prochaine liv7'aison.) 



— 225 — 



HORTICULTURE. 



NOTE SUR L'EUGENIA LUMA, BERG., OU ARROYAN DES 

CHILIENS, 

Par m. Edouard Morren, 

famille des myrtacées. — igosandrie-monogynie. 

(Représenté pL 60, flg, 1-5.) 

EuGENU Luma, ramulis foliisque novellis ad petiolum, costam raediam et marginem 
pednnculisque puberulis; foliis petiolatis, rigide coriaceis, ovalibus v. ovali oblongis, 
cuspidato-acuminatis, basi acutis, adultis glabris, vix punctatis, supra aveniis, sub- 
tus pallidioribus , venosis, limbi-nerviis; pedunculis axillaribus, folio longioribus, 
i-2 nis, aut omnibus 3-S floris, autaltero unifloro, altero trifloro, aut sumnis omnino 
unifloris; germine biloculari, sepalis subrotundis, ciliolatis, glabris. Berg., in Lin- 
nœa, v. 27, p. 231. — Hook., Bot. Mag., 1858, t. 5040. 

Arrayan incolarum (Dr Philippi). 

Syn. Mijrtus Luma, Molina, saggio sulla storia nat. del Chili edit. il, p. 289; nec 
Barn, nec Schauer. 

Eugenia? apiculata^ DC. Prodr., v. IIÏ, p. 276. — Hook. et Arn., Bot. Misc.j v. III, 
p. 321. — Cl. Gay, FL ChiL, v. II, p. 598. 
Myrtus eleganlula, Pœpp. Herb. 
Myrtus reticiilata ^ Runze in D»" Mertens hb. Petrop. 

Habitat in Chili (Cuming, coll. No 145; Bridges; Gay; D^" Philippi, coll. No 137, 
in montibus ad Talcahuano vuJgaris, floret Aprili (Pœpp-, coll. N» 457), ad Concep- 
cion (Dr Mertens) in Chiloë (Bayley, Cuming, coll. 29). 

V Eugenia Luma est originaire du Chili , où la plupart des botanistes 
explorateurs 5 entre autres Cuming, Bridges, Gay, PhiHppi, Mertens, 
Bayley, l'ont rencontré et d'où ils en ont rapporté des échantillons pour 
les herbiers. Il croit dans les zones les plus froides, depuis la Conception 
jusqu'à l'île de Chiloë et Valdivia, et paraît surtout commun dans les 
montagnes de Talcahuano. M. Lobb, collecteur de MM. Veitch, d'Exeter, 
en a envoyé des plantes vivantes en Angleterre, où on l'a vu fleurir en 
plein air l'été dernier. C'est une espèce de la famille des Myrtacées, si 
brillante et si estimée des amateurs et elle ressemble beaucoup au Myrte 
commun, par le port, le feuillage persistant et toujours vert et la beauté 
des fleurs : Molina, dans son histoire naturelle du Chili, l'avait même 
rangée dans le genre Myrte sous le nom de Myrtus Luma; les indigènes 
la connaissent sous le nom de Arrayan. D'après le D"" Philippi V Eugenia 
Luma serait un arbre atteignant la hauteur de 50 pieds, mais Sir 
W. Hooker le signale aux horticulteurs comme un arbuste de quelques 

BELG. HORT. TOM. VlII. 45 



— 226 — 



pieds : dans sa patrie il fleurit en avril, mais sous nos climats la florai- 
son est retardée jusqu'en été. 

Cette plante est recoramandable sous tous les rapports; la noblesse 
du port, la verdure éternelle de son feuillage, la beauté et le grand 
nombre des fleurs et la facilité de la culture. Quoiqu'elle paraisse 
rustique dans certains comtés de l'Angleterre, nous n'oserions affirmer 
qu'elle peut supporter les frimats de notre pays, et nous croyons prudent 
de la tenir en orangerie en lui donnant les mêmes soins qu'aux Myrtes : 
sa rusticité pourrait être néanmoins l'objet d'expériences intéressantes. 
En été le feuillage disparait sous une profusion de belles fleurs blan- 
ches, naissant isolément ou par groupes de 4 ou 5 à l'aisselle des feuil- 
les : elles présentent quatre larges pétales blancs ovales et concaves et 
un très grand nombre d'étamines également blanches, formant une 
couronne délicate sur le fruit. Voici d'ailleurs la description exacte et 
détaillée de cette plante nouvelle. 

Description. Arbuste très branchu et pouvant s'élever à quelques 
mètres de hauteur, et dont les jeunes rameaux, les pétioles et les veines 
de la surface inférieure des feuilles paraissent couverts d'une pubescence 
ferrugineuse. Les rameaux un peu plus âgés sont glabres et plus ou 
moins quadrangulaires. Les feuilles sont nombreuses, opposées, presque 
sessiles, longues de 14 lignes sur 9 environ de largeur, ovales, presque 
orbiculaires mais aiguës à la base et brusquement acuminées au som- 
met, distinctement penninerves, plus pâles en dessous. Les pédoncules 
sont longs de 7 à 9 lignes et les pédicellcs de 4 lignes. Les fleurs sont 
solitaires ou bien rassemblées au nombre de 4 ou 5 sur un rameau court 
et axillaire; elles sont assez grandes, blanches, très ressemblantes à 
celles du myrte, mais les pétales sont plus grands et plus concaves; les 
étamines sont un peu plus longues que la corolle. A la base de l'ovaire 
sont deux bractées; celui-ci est biloculaire et chaque loge renferme deux 
graines. 

Nous ne savons si VEugenia Luma a déjà passé le détroit, mais il 
n'est pas douteux que le commerce horticole ne l'introduise rapidement 
sur le continent et qu'il ne soit bien accueilli des amateurs. 

Figures ANALYTIQUES. — 2. Deux boutons et une fleur épanouie dont les pétales et 
les étamines ont été détachés. — 3. Coupe transversale de l'ovaire. (Ces figures sont 
plus grandes que la grandeur naturelle.) 



— "2^27 — 



NOTE SUR L'yESCIlYNANïHUS TRICOLOR HOOK., OU yESCHY- 
NANTHE A FLEURS TRICOLORES, 

Par m. Edouard Morren. 
famille des cyrtandracées. — didynamie angiospermie. 

(Reprcscnlc pl. 60, fig. 4 à G). 

iEscHYNANTiTus IricoloVy scandeiis, radicans, subpubescens, ramis herbaceis tereti- 
bus, foliis brevi-petiolatis oppositis ovatis acutiusculis carnosis, avcniis, umbellis 
petiolatis paucifloris (2-5) ebracteatis , floribus, villoso-glandulosis, calycis lubo 
brevi brevi-subaequaliter 5-Iobis, coroUae limbo valde obliquo longitudine tubi 
bilabiato coccineo flavo nigroque lineato, lobis subaequalibus ovatis, staminibus 
styloque corollae longiludine. W. Hook,, in Bot. Mag. 18o8, t. 5031. 

Cette plante deviendra incontestablement populaire en Belgique, sa 
corolle arbore franchement nos couleurs nationales, le rouge, le jaune 
et le noir, qui brillent avec beaucoup de vivacité. Elle convient surtout 
pour la culture en corbeilles suspendues par ses rameaux flexibles 
retombant avec grâce et se relevant seulement à l'extrémité comme pour 
mieux montrer les fleurs; mais elle est de serre chaude et ne peut 
croître convenablement que dans une atmosphère chaude et humide. 

V jEschynanthus tricolor est une espèce bien distincte de toutes ses 
congénères, plus belle et plus élégante qu'elles; elle est encore rare 
dans le commerce, et a été envoyée de Bornéo par M. Low fils de Clapton. 
M. Lobb l'avait déjà recueilli dans les mêmes contrées, mais n'en avait 
rapporté que des spécimens d'herbier. 

La plante est herbacée et fleurit très rapidement; ses rameaux sont 
longs, tendent à s'élever contre un support, ou bien retombent vers le 
sol. Les feuilles sont opposées, longues d'un pouce environ, portées sur 
des pédoncules courts, exactement ovales; légèrement acuminées à la 
pointe mais pas aiguës, un peu tomenteuses, surtout sur les bords et en 
dessous, entières. Les fleurs forment des ombelles pauciflores axillaires 
ou terminales. Les pédoncules sont courts et défléchis. Les pédicelles 
grêles et recourbés de manière à redresser les fleurs; celles-ci sont 
fort belles et d'un coloris très riche. Le calice est court, capuliformc 
plutôt que tubuleux, rouge, à limbe divisé en cinq lobes droits, presque 
égaux et arrondis, villeux et couvert de poils longs et glandulifères. 
La corolle est longue de trois centimètres, écarlatc et jaune brillant, 
lignée de noir, velue glanduleuse; le tube est assez court, environ le 
triple du calice, courbe, gibbeux à la partie supérieure ; limbe très-obli- 
que, bilabié, environ aussi long que le tube; la lèvre supérieure consiste 
en un, l'inférieure en trois segments ovales, concaves et étalés. Quatre 



— 228 — 



étamines didynames, atteignant ou même dépassant un peu l'extrémité 
delà corolle; ovaire linéaire, cylindrique, inséré sur un disque hypogyne 
hémisphérique et déprimé. 

Figures analytiques. — 3. Ovaire. — 6. Calice (agrandis). 



REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU INTERESSANTES. 

1° PLEINE TERRE. 

Berbepis japouica, Thbg. [sub Ilice). — Gard. Chron., 1857, 
p. 692. — Famille des Berberidées; Hexandrie Monogynie. — Berberis 
du Japon. 





Pl. 61. Berberis japonica, Thbg. (1/2 grandeur naturelle.) 



— 229 — 



Lorsque M. Fortune se trouvait en Chine en 1848, il envoya en 
Angleterre trois nouveaux Berheris ou Mahorda, les Beali, intermedia 
et japonica, qui ont pris rangs parmi les meilleurs arbustes de pleine 
terre. M. G. Lovell, de Bagshot, a dernièrement envoyé au Gardener's 
Chro7iicle un dessin des fruits de l'une de ces espèces, le B. juponicaj 
que nous reproduisons ci-contre, réduit de moitié. Ces fruits à la 
maturité ont la même couleur que ceux du B. aquifolium, mais par les 
dimensions ils ressemblent davantage à des grappes de groseilles. Les 
baies forment des grappes nombreuses et très bien fournies, rassemblées 
en faisceaux terminaux; elles sont, comme le montre la gravure, d'abord 
dressées, et ensuite, à mesure que les fruits changent de couleur, elles 
deviennent pendantes. Le feuillage du B. japonica est également très 
remarquable, la longueur ordinaire des feuilles est de 5 à 4 décimètres. 

Fritillaria greeca^ Boissier et Sprunner, inBoiss. Diagnos. Plant. 
Orient, Nov, n. 7, 1846, p. 104. — Bot. Mag., 1858, t. 5052». — 
Syn. Fritillaria tulipifera, Fl. grœca non M. Bieb. {Boiss. in Herh. 
Hooker.) — Fam. des Liliacées; Hexandrie Monogynie. — Fritillaire 
grecque. 

La Fritillaire grecque croît en abondance vers la partie moyenne du 
mont Hymette, près d'Athènes, et si célèbre par la qualité du miel qu'on 
y recueillait. Elle est parfaitement rustique et fleurit en plein air ou 
sous châssis dès le mois de mars ou d'avril, alors que les fleurs sont 
toujours les bienvenues. Elle ressemble étonnamment au F. tulipifera 
de Bieberstein, mais les fleurs sont dans cette dernière espèce toutes 
tessellées (comme un damier), tandis qu'elles le sont à peine dans le 
F. grœca; de plus, une zone verte parcourt toute la partie moyenne de 
chaque sépale du F. grœca, le feuillage est plus ou moins glauque et 
les filaments dès étamines glabres. Mais quoi qu'il en soit de cette 
ressemblance, la plante est charmaate et mérite d'être cultivée par tous 
les vrais amateurs. 

Polygonatam roseam, Kunth., in Enum, Pl. v. 5, p. 141. — 
Ledeb., Fl. Boss., v. 4, p. 123. — Schultz., Syst. Végét., v. 7, p. 1669. 
— Hook., Bot. Mag., 1858. T. 5049. — Syn. : Convallaria rosea Ledeb. 
Fl. Altaic, V. 2, p. 41 ; le. Plant. Ross., T. 1. — Fam. des Smilaci- 
nées; Hexandrie Monogynie. — Sceau de Salomon à fleurs roses. 

Ce charmant Polygonatum, voisin du P. verticillatum , est originaire 
des monts Altaï dans la Sibérie méridionale et de la Songarie chinoise; 
il paraît assez variable. Les feuilles sont généralement subverticillées , 
parfois alternes surtout à la base et à l'extrémité des tiges; elles sont 
linéaires ou linéaires lancéolées, les plus supérieures légèrement accumi- 
nées, striées, entières. Les pédoncules axillaires, solitaires ou géminés, 
ordinairement bifurqués et biflores, portant parfois 4 fleurs, rarement 
une seule. Le périanthe est long de 2 centimètres en moyenne , à fond 
blanc mais teinté de pourpre et parsemé de rose; le tube est long, le 



— 250 — 



limbe a ses segments ovales, étalés, blancs à la pointe et quelque peu 
dentelés à leur extrémité. 

Cette plante rare dans les jardins a été envoyée au jardin royal de 
Kew par M. Boissier de Genève. 

2"" SERRE FROIDE. 

Camellia ros>£eSlor:i, Hook. — Bot. Mag., 1838, t. 5044. — 
Fam. des Ternstrœmiacées ; Monadelphie Polyandrie. — Camellia à 
fleurs de rose. 

Cette espèce de Camellia, assez jolie, fut pendant longtemps cultivée à 
Kew sous le nom incorrect de Camellia euryoïdes, Lind., espèce bien 
distincte, figurée et décrite en premier lieu par Lindley. L'histoire de ce 
C. euryoïdes est assez singulière : ce serait, paraît-il, la plante sur 
laquelle les Chinois greffent leur C. japotiica. La partie greffée d'un 
Canuîllia rapporté de Chine pour la Société d'horticulture par Potts, en 
1822, étant venue à mourir, le sujet repoussa et produisit cette plante. 
Le même fait se renouvela en 1824, sur un camellia envoyé à la société 
par M. J. D. Parks. Il est étrange que depuis cette époque on n'ait plus 
entendu parler du C. euryoïdes et qu'aucun botaniste n'en ait plus fait 
mention. La nouvelle espèce qui vient de fleurir à Kew, et dont on 
ignore complètement l'origine, est totalement différente de V euryoïdes : 
son aspect est plus robuste, il est parfaitement glabre, les fleurs sont 
plus grandes et roses. Sous certains rapports il rappelle le C. assimiliSj 
Champ. (Hook., Keiv. Gard. Mise, v. 5, p. 310; et Seemann, Bot. of 
H. M. S. Herald), mais ce dernier a les fleurs solitaires et terminales, 
le stigmate est petit et obscurément trilobé, le pistil très velu, ainsi que 
tous les filaments des étamines; rien d'analogue ne s'observe dans le 
camellia que sir W. Hooker a nommé rosœflora. 

5° SERRE CHAUDE. 

Oneidium tenue, Lindl., in Journ. Hort. Soc. III, 76, c. ic. 

xyl. — Fol. Orchid. j N° 165, p. 47. - Fam. des Orchidées; Gynandrie 
monandrie. — Oncidie grêle. 

L'Oncidium tenue a été découvert dans les bois de Guatemala, par 
Hartweg, et retrouvé au Mexique près de Oaxaca par Galeotti. Les pseu- 
dobulbes sont fort minces et larges; les fleurs, de la grandeur de celles 
de rO. suave, forment une panicule. En 1849, G. N. Skinner en envoya 
de nouvelles plantes de Guatemala à la société d'horticulture de Londres ; 
leurfloraison a surpassé celle des individus introduits antérieurement dans 
les cultures; la panicule est plus ramifiée, les fleurs plus grandes, plus 
pâles et surtout caractérisées par deux macules triangulaires à la base 
du labelle. Les ailes de la colonne sont fortement dentées. Cette espèce 
se reconnaît aisément au peu d'épaisseur des pseudobulbes et à ses 
feuilles minces, larges et courtes. Elle aime à croître dans une terre 



— 231 — 



de bruyère fibreuse mêlée à un peu de terreau de feuilles, doit être 
j)arraiteiiienl draiuée et placée dans la partie la plus froide de la serre 
chaude. Elle llcurit en avril et mai, et sous tous les rapports est l'une des 
meilleures espèces du groupe des Oncidics à petites fleurs. 




Pl. 62. Oncidium tenue, LindI. 
a. Piaille culicrc (porl cl aspccl général), — h clc. Une flcui* isolée vue par derrière et par devant. 
— (L Coupe transversale d'un p^ieudo-bulbe pour montrer son peu d'épaisseur. 



Calanthe Dominii {Hyhrida), Lindl., Gard, Chron., 1858, p. 4. 
Bot. Mag., 4858, T. -^042. ^ Fam. des Orchidées; Gynandrie Monan- 
drie. — Calanthe hybride de M' Dominy. — Cette plante est un hybride 
du Calanthe Masuca Lindl., à fleurs pourpres et du C. furcata Bateraan, 
à fleurs blanches ressemblant assez à celles du C. veratrifolia ; elle est 
sous tous les rapports intermédiaire entre ses deux parents, par la forme 
et le colori des fleurs, et d'ailleurs d'un fort bel effet ; Le C. Dominii 
paraît avoir été obtenu dans l'établissement de MM. Veitch à Exeter par 
M. Dominy; les graines furent fécondées en 1854^ et deux ans après, 
les plantes qui en étaient issues, fleurissaient. 

Nîphea aibo lineata, Hook., var. reticnlata, Bot, Mag.,T, 5045. 

— Fam. des Gesnériacées; Didynamie Angiospermie. — Niphea à nervu- 
res blanches, variété à feuilles réticulées. — Cette variété est plus ample 
et plus belle que l'espèce proprement dite ; les feuilles sont plus distantes 
et les pédoncules semblent former des verticilles ou au moins des faux- 
verticilles à leur aisselle ; le feuillage est agréablement veiné de blanc 
et de plus les veines s'anastomosent entre elles de telle sorte qu'elles 
forment un réseau ou une réliculation sur la surface supérieure. Cette 
variété semble être dans le commerce depuis quelque temps ; elle a été 
envoyée de Berlin au jardin de Kew. 

Hefersteinia graminea, Rchb. fil. in V. Mohl, U. v. Schlecht- 
Bot, Zeit., X, 654, — Xen, Orchid,, p. 67, t. 25, ii, f, 2-il. — Bot. 
Mag, y t. 5046. — Syn. Zygopetalum gramineum, Lindl. Bot, Reg., 
4844, Misc.^ p. 15. — Fam. des Orchidées; Gynandrie Monandrie. — 
Kefersteinia à feuilles de graminée. 

Cette singulière Orchidée n'était pas encore connue dans les collections 
quand M. le D' Lindley lui donna le nom de K, graminea-, elle est du 
Popayan, sur le versant occidental des Andes, où elle fut découverte à 
Caraccas par Linden (4841), Funcke, Hartweg et Schlim, etc. (1844). 

Bégonia Wageneriana, Hook. — Bot. Mag., t. 5047. — Syn. 
Moschkowitzia Wageneriana KLotzsch, Begon., p. 76. — Fam. des 
Bégoniacées; Monœcie Polyandrie. — Bégonia de M. Wagener. 

Ce Bégonia le cède en beauté à beaucoup d'autres , mais il se recom- 
mande cependant par le vert foncé de son feuillage, le coloris rouge 
éclatant de ses tiges et des pédoncules, le très grand nombre de fleurs 
blanches à disque jaune qui se succèdent pendant longtemps; à ces divers 
titres les amateurs lui réserveront une place dans la serre chaude. 11 
vient de Venezuela et a été introduit par M. Wagener dans le jardin 
botanique de Berlin. 

Cattleya grannlosa, Lind. in Bot. Reg. 1842, v. 28, t. 4. — 
Bot. 3fag. 1858, t. 5048. — Fam. des Orchidées; Gynandrie Monandrie. 

— Cattleya à labelles granuleux. 

Hartweg envoya de Guatemala, vers 1840, le Cattleya gramilosa, qui 
paraissait d'abord insignifiant; sa première fleur était solitaire, mais en 



— 233 — 



ce moment, grâce h une bonne culture, ses hampes portent de 6 à 
8 grandes fleurs, et il peut rivaliser avec les plus brillantes espèces. 

Bolbophyllum nieilglicrrcnse, Wight, le. Pl. Ind. Or., v. 5, 
t. 1630. — Bot. Mag.j t. 5050. — Fam. des Orchidées; Gynandrie 
Monandrie. — Bolbophyllum des monts Neilgherry. 

Cette Orchidée est fort insignifiante au point de vue ornemental; des 
pseudobulbes en ont été envoyés en 4849 par M. Mac Ivor des monts 
Neilgherrys, et Wight la dit également originaire du Malabar. 

Ficus cerasiformis, Desf.-Miquel, in Hook. Journ. of Bot., VII, 
221. — Illustr. hort.j 1858, tab. 168. — Syn. Ficus acuminata, Hook. 
— Fam. des Moracées; Polygamie Diœcie. — Figuier porte-cerises. 

Ce figuier a été décrit pour la première fois par Desfontaines, dans 
son catalogue des plantes du jardin royal de Paris, qui l'avait reçu de 
M. Parmentier, d'Enghien. Sa patrie est incertaine, mais S. W. Hooker 
pense qu'il a été introduit du Silhet par Wallich. Il forme un arbrisseau 
couvert d'une pubescence rousse, à feuilles hétérophylles, ovales et plus 
ou moins acuminées, à fruits ou sycones ressemblants à des cerises, et 
d'un jaune doré et orangé. 



— 254 — 



PANTHÉON DE L HORTICULTURE. 



NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR H. G. GALEOTTI, 
Par m. Edouard Morren. 

Henri Guillaume Galeotti était directeur du jardin botanique de Bru- 
xelles, administrateur de la société royale de Flore, membre correspon- 
dant de l'académie royale de Belgique, de l'institut de Mexico, etc. Il 
était né à Versailles, le 10 septembre 1814 et est mort à Saint-Josse-ten- 
Noode près de Bruxelles, le 14 mars 1838. Galeotti jouissait de la consi- 
dération générale et occupait en Belgique une position éminente en 
horticulture, basée sur ses nombreuses connaissances théoriques et pra- 
tiques et acquise par ses études et ses voyages. Tous ceux qui le connais- 
saient personnellement, regrettent en outre ses nombreuses qualités 
privées. Galeotti était doux et bienveillant et faisait le bien avec bonheur. 
Rédacteur en chef du Journal d'horticulture "pratique^ il écrivait, dans 
un style simple et clair, des articles d'une utilité pratique incontestable. 

L'horticulture lui doit en outre l'introduction d'une foule de plantes 
nouvelles, surtout de la famille des Cactées qu'il affectionnait particu- 
lièrement. 

Nous manquons absolument de renseignements sur la jeunesse de 
Galeotti, ses études et son arrivée en Belgique; mais nous le voyons tout- 
à-coup se révéler en 1853 comme géologue et minéralogiste, alors qu'il 
n'était encore âgé que de 21 ans. 

Après avoir fait de longs voyages en Saxe , en Bohême et au Harz , il 
revint à Bruxelles et parcourut en détail la province du Brabant pour 
répondre au vœu de l'Académie royale des sciences de Bruxelles qui 
depuis plusieurs années demandait une description géologique du Brabant. 
Le mémoire qu'il écrivit sur cette matière est très considérable (192 pa- 
ges in-4°) et se trouve inséré dans le tome XII des mémoires couronnés 
de l'Académie, publié en 1857. Galeotti porta surtout son attention sur 
le côté palœontologique de la question, qui était précisément celui qui 
avait été le plus négligé jusqu'à cette époque. 

La même année il publia encore quelques notices minéralogiques dans 
les bulletins de l'Académie. (Voy. la bibliographie). 

Par la publication et le succès de son mémoire sur la constitution 
géognostique du Brabant, Galeotti avait attiré l'attention de MM. Van- 
dermaelen, directeurs de l'établissement géographique de Bruxelles; on 
sait les nombreux services que cet utile établissement a rendu à la 



science et au pays par les explorations qui furent entreprises sous son 
patronage, par la publication des cartes et par les nombreuses collections 
qui s'y trouvent réunies. Galeotti, beureux de pouvoir étudier une 
contrée presque inconnue sous le rapport scientifique, partit en 4855 
pour le Mexique, comme naturaliste, géologue et minéralogiste. Ce 
voyage dura 5 ans, jusqu'en 1840; séduit par la richesse et la beauté de 
la végétation exotique, Galeotti se scnlit dès lors entraîné vers la bota- 
nique; il étudia la llore mexicaine, en forma un herbier considérable et 
introduisit en Europe une foule d'espèces dignes d'être cultivées dans les 
serres. 

Il s'embarqua à Hambourg en septembre 1855 et arriva avant la fin de 
l'année à la Vera-Cruz; il explora aussitôt les environs de la ville, puis 
alla séjourner six mois à Xalapa, à vingt-cinq lieues de Vera-Cruz, dans 
une région fertile et tempérée; il s'éleva ensuite dans les Cordilières et 
la chaîne volcanique de l'Iztaccihuatl , et explora les environs de Mexico. 
En 1853, il herborisa pendant quelques mois avec M. Ch. Ehrenberg, de 
Berlin, dans les montagnes de Real-Monte. En 1857, il fit l'ascension du 
volcan Popocatepetl et atteint les limites de la végétation à 10,500 pieds 
de hauteur, puis il gravit le sommet du Campanario du Nevado de Toluca, 
haut de 15,000 pieds. En un mot, il ne cessa de parcourir dans tous les 
sens le vaste territoire mexicain pendant cinq années , et avec une 
activité incroyable. En 1840, il revint en Europe par la Havane et l'An- 
gleterre. Il fut aussitôt nommé membre correspondant de l'Académie 
royale des sciences de Belgique et administrateur de la Société royale de 
Flore. 

Les résultats scientifiques de cette longue exploration furent égale- 
ment favorables à la botanique, la géologie, la minéralogie, la géogno- 
sie, l'astronomie, la statistique etc., et ils se trouvent consignés dans un 
grand nombre de mémoires et de notices insérés pour la plupart dans 
les recueils de l'académie royale de sciences de Belgique (voyez ci-dessous 
la bibliographie) ; l'herbier qu'il avait formé, est composé de 7 à 8,000 
espèces, dont un grand nombre nouvelles; mais une partie seulement 
d'entre elles ont été décrites soit par Galleotti, soit en collaboration avec 
d'autres botanistes; les Fougères et une bonne partie des phanérogames 
par M. Martens; les Cactées par M. Lemaire; les Orchidées par Ach. Ri- 
chard, les Graminées par Trinius , etc. 

Galeotti fut donc géologue, botaniste et naturaliste voyageur; son 
œuvre principale fut l'exploration du Mexique, qui fut exécutée avec 
courage, dirigée avec science, et féconde en découvertes et observations 
nouvelles. 11 aurait pu rendre encore d'importants services à la science, 
mais depuis quelques temps des revers de fortune et une maladie lente 
mais invincible, semblaient l'avoir découragé, et lui faire pressentir 
l'avenir; ces tristes prévisions ne furent en effet que trop tôt justifiées. 



— 256 ~ 



BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES DE H. G. GALEOTTI. 

MÉMOIRES DE l'aGADÉMIB. 

1. Mémoire sur la constitution géognostique de la province de Brabant. (Mém. cour., 

T. XII, 1835.) 

2. Mémoire sur les fougères du Mexique et considérations géographiques; avec la 

collaboration de M. Martens. (Nouv. Mém., T. XV, 18^2.) 

BULLETINS DE l'acADÉMIE. 

o. Notice sur la Wavellite de Béhain. (T. II, 1835). 

4. Notice sur le genre Trigonocœlia, nouveau genre de coquilles de la famille des 

Arcacés; en collaboration avec M. P. Nyst. (Ibid.) 

5. Voyage au coffre de Perote , au Mexique. (T. III, 1836.) 

6. Notice sur un gîte de Mercure dans le sol tertiaire récent du Gigante, au Mexique. 

(T. V, 1838.) 

7. Notice géologique sur les environs de Sam José del Oro , au Mexique. (Ibid.) 

8. Coup-d'œil sur la Laguna de Chapala, au Mexique; avec notes géognostiques. 

(T. VI, 1839.) 

9. Notes sur quelques fossiles du calcaire jurassique de Tehuacan; avec la collabo- 

ration de M. Nyst. (T. VII, 18-40.) 
10. Aperçu géognostique sur les environs de la Havane. (T. Vlîl, iSi\.) 
H. Recherches statistiques sur la population en Mexique du 18-40. (Ibid.) 

12. Lettres au secrétaire perpétuel de l'Académie, sur les tremblements de terre et les 

étoiles filantes, au Mexique. (T. VIII, 18-41.) 

13. Diagnoses des plantes phanérogamiques , rapportées du Mexique par M. H. Ga- 

leotti , par M. Martens. (T. X, 18^3-1846 ) 
14^. Enumeratio synoptica plantarum phanerogamicarum ab H. Galeotti, in regionibus 
Mexicanis collectarum , publié avec M. Martens. (T. XI, 1844.) 

OUVRAGES NON PUBLIES PAR l'aCADÉMIE. 

15. Monographie des orchidées mexicaines, précédée de considérations générales sur 

la végétation du Mexique et sur les diverses stations où croissent les espèces 
d'orchidées mexicaines. Collaboration de M. Ach. Richard, membre de l'Institut. 
{Extrait des comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences de Paris, 
mars 1844.) Paris , in-i°. 

16. Journal d'horticulture pratique de Belgique, 1855-1857, 5 volumes in-8". 

NOTICES BIOGRAPHIQUES SUR H. GALEOTTI. 

Par M. Bommer, dans le Journ. d'ffort. prat.^ 1858, p. 94. livraison d'avril. 
Par M. Ch. Lemaire, dans V Illustration Horticole^ 1858, miscellanées, p. 27, livr. 
d'avril. 

Botanische Zeitunrjj 1858, N» 17. 



— 237 — 



LITTÉRATURE HORTICOLE. 



HISTOIRE DES JARDINS DE L'ANTIQUITÉ. 

ÉPOQUE ROMAINE. 

Discours prononcé par M. J. Wood, président au Cercle pratique 
d'horticulture et de botanique du département de la Seine- 
Inférieure. 

Les Romains ont copié les jardins des Grecs, comme ces derniers ont 
copié les leurs des Perses, et on peut en tirer cette conclusion que l'hor- 
ticulture, ainsi que les arts en général, s'est propagée avec la civilisation 
de l'Est à l'Ouest. 

Le premier jardin dont on fait mention dans Thistoire romaine est 
celui de Tarquin-le-Superbe, le septième et dernier des rois, 554 ans 
avant l'ère chrétienne. Denis d'Halicarnasse rapporte que ce jardin, 
situé dans Rome et attenant au palais, abondait en fleurs, telles que 
Roses, Lys, Pavots; on y avait introduit des eaux courantes etc. 

Lucullus, auquel des botanistes modernes ont dédié une des plus 
gracieuses de nos plantes de serre, le Luculia gratissima, avait 
créé, dans la baie de Naples, des jardins qui tenaient de la splendeur 
des jardins babyloniens ; l'histoire raconte la supériorité et la magnifi- 
cence déployées dans ce travail, qui avait valu à ce général le titre de 
Xerxès romain. On y admirait de vastes édifices se projetant dans la 
mer, des montagnes nivelées, d'immenses nappes d'eau de mer intro- 
duites par des passages souterrains dans l'intérieur des jardins, des 
monuments, des élévations d'où l'on découvrait un horizon immense. 
Lucullus, ayant fait plusieurs excursions dans l'Asie, fut séduit sans 
doute par le luxe oriental, et voulut, en qualité de Romain, attirer 
par ses extravagances les regards du monde entier, car, outre le palais et 
les jardins ici mentionnés, il se vantait d'en avoir tant d'autres, qu'il 
pouvait choisir pour chaque mois un climat à son goût. Nous devons à 
Lucullus l'introduction en Europe des Cerises, des Pêches et de V Abricot, 
Ce général est mort 47 ans avant la naissance de Jésus-Christ. 

Cicéron, qui a vécu à peu près à la même époque, parle aussi dans ces 
lettres de sa villa Arpidium et décrit longuement la beauté naturelle de 



— 258 — 



èes bocages, au milieu desquels serpentaient en murmurant des ruisseaux 
descendus des collines environnantes. 

La villa de Salluste, située sur la colline du Quirinal, est occupée 
maintenant par plusieurs églises et par une grande partie des jardins de 
Ludovesii et de Barberini. Salluste, ayant fait fortune en qualité de 
gouverneur de la Numidie, le palais et les jardins créés par lui, à son 
retour à Rome, furent longtemps la gloire et l'ornement de la Cité 
éternelle. Dans les annales de Tacite, nous voyons que quand Rome est 
tombée sous la domination de ses empereurs, ils ont fait choix de ces 
lieux pour la résidence impériale. Ces jardins étaient composés de 
chemins ombragés, de portiques, de parterres de fleurs, d'eaux cou- 
rantes, de chefs-d'œuvre de sculpture, de lieux de repos, etc. Salluste est 
mort 33 ans avant l'ère chrétienne. Par ces exemples, on pourrait 
supposer que, dès cette époque, le bon goût avait beaucoup fait pro- 
gresser l'art du jardinage; il est à remarquer cependant que Virgile et 
Horace n'en parlent que pour enregistrer l'existence dans les jardins 
de certaines plantes, telles que Salades^ Concombres, Lieuses, Acanthes, 
Myrtes, Narcisses et Roses. Virgile, dans ses Géorgiques, s'étend sur la 
beauté des ombrages produits par le Platane. Le Myrte et le Laurier 
[Laurus nobilis) y sont cités pour leur odeur agréable. Les Romains 
excellaient dans l'art de grouper et de classer, même par affinité d'odeur 
les arbres et les arbustes odoriférants. Pline l'aîné nous apprend que la 
plantation en quinconce date à peu près de cette époque, ainsi que l'art de 
tailler symétriquement les arbres et l'introduction dans les jardins de 
statues, fontaines et objets d'art. Horace et Juvénal en parlent même 
pour ridiculariser cette déviation des lois de la nature; on voit, par 
ce fait, que le goût des jardins pittoresques n'était pas éteint. L'empereur 
Néron, qui régnait vers le commencement de l'ère chrétienne, avait une 
conception très-élevée de cette science, au point de faire servir même les 
ruines de son pays à l'ensemble de ses travaux d'embellissement. Plu- 
sieurs historiens, tels que Suétone, ^Elius Spartianus, dans leurs descrip- 
tions de la villa Tiburlina d'Adrien et de la Domus aurea de Néron, nous 
dépeignent les prototypes sans rivaux des jardins pittoresques de 
nos jours. 

Dans les ruines de Pompeia et d'Herculanum, deux villes qui furent 
ensevelies dans une éruption du Vésuve au commencement de l'ère 
chrétienne, on a découvert, des peintures représentant des jardins 
entourés de treillages, plantés d'espaliers, ornés de fontaines, d'urnes 
et d'autres ornements sculptés, des plantes en pot et en caisse sur le seuil 
des fenêtres et des portiques, très à la mode dans ces temps, à cause de 
l'ombre qu'ils projetaient étaient décorés de plantes grimpantes. Loudon, 
dans son Encyclopédie, à laquelle j'emprunte beaucoup de ces détails, 
donne le plan de plusieurs villas romaines. Le mot villa signifie un 
assemblage de bâtiments hors ville, destinés à la demeure d'une famille 



— 239 — 



romaine. Les plus importants de ces édifices se divisaient en trois parties : 
ia villa iirhana^ qui contenait la salle à manger, les chambres, le bain, les 
portiques couverts, les cliemins et les terrasses ; la villa riistica, où se 
trouvaient les appartements des esclaves, les étables, etc., et la villa 
fructuaria, pour le vin, l'huile et les produits de la ferme. 

Pline le consul décrit avec beaucoup d'enthousiasme , dans une lettre 
adressée à Apollinaire, les beautés et les délices de sa villa Laurentina, 
sa résidence d'hiver, située près de Paterno à dix sept milles de Rome, et 
aujourd'hui connue sous le nom de Santo-Lorenzo. Cet auteur dit que la 
situation au-dessous de l'Apennin possède un air pur; qu'en hiver, l'air 
est froid, qu'il y gèle même, ce qui contrarie fort les Myrtes et les Lau- 
riers, ainsi que les Oliviers; la disposition est très-belle. Imaginez-vous, 
dit-il, un amphithéâtre immense et tel que la nature le peut faire, une 
vaste plaine environnée de montagnes chargées sur leurs cimes de bois 
très hauts et très-anciens; de là descendent des taillis par la pente même 
des montagnes; on ne voit tout le long des coteaux que des vignes qui, 
comme si elles se touchaient, n'en paraissent qu'une seule; ces vignes 
sont bordées par des terrains labourables et des prairies émaillées de 
fleurs; ensuite, la baie d'Ostie et ses villas disséminées sur le rivage, 
l'ombre bleue des montagnes dans le lointain, etc. Ce tableau vous donne 
une idée du goût de l'auteur pour le beau idéal; il entre ensuite dans les 
détails de sa maison et de son jardin, parle longuement de ses apparte- 
ments, de ses portiques, et dit que l'on voit au-devant de la galerie un 
parterre dont les différentes figures sont tracées avec du buis; ensuite 
vient un lit de gazon autour duquel le buis représente plusieurs animaux 
qui se regardent, plus bas est une pièce toute couverte d'Acanthes si 
douces et si tendres an pied qu'on ne les sent presque pas. Je me 
demande ce que c'est que ces Acanthes j Loudon suppose que c'est une 
espèce de mousse; moi, je serais tenté de croire que ce sont des Lyco- 
podes. Ce jardin était fermé par des murailles sèches qu'un buis étagé 
couvrait et cachait à la vue. 

La somptuosité de la demeure ici décrite et dont on ne peut avoir 
qu'une faible idée par cette courte analyse, n'était pas la seule que 
possédât cet illustre auteur , car il décrit une autre villa en Toscane, 
Thuscum de Pline, maintenant Frascati et, en 1826, la propriété de 
Lucien Bonaparte. L'histoire fait aussi mention de deux autres villas de 
Pline : l'une, la villa Larian, située sur le lac de Côme, et l'autre, 
à Baia, où des fenêtres de son palais, il pouvait se livrer au plaisir 
de la pèche. 

Il résulte pour nous que ce peuple, avec ses goûts raffinés, avait fait 
faire un grand pas à la culture, au point de surpasser les nations aux- 
quelles il en avait emprunté les premières notions. Les jardins de 
Pline peuvent donc être considérés comme ayant inspiré les créations 
du dix-septième siècle, dont les jardins anglais et hollandais ont montre 



— 24.0 — 



tant d'exemples avec leurs terrasses bordées de buis, leurs pelouses 
de gazon en pentes, les arbres taillés en différentes formes, les fon- 
taines, bancs, jets d'eau, etc.; tout ceci est parfaitement décrit dans 
Pline. Il est juste pourtant de remarquer que, en dehors de ce genre qui 
peut paraître de nos jours guindé et artificiel, les Romains ne man- 
quaient jamais, par la position élevée et bien choisie de leurs maisons, 
de relier leurs jardins avec la belle nature qui les environnait et pour 
laquelle ils manifestaient tant d'admiration. 

Les fleurs étaient rares sous les rois de Rome et dans les premières 
années de la République, mais, à mesure que le luxe pénétrait dans 
les mœurs de ce peuple, le goût des fleurs prit une extension si grande 
qu'il fut nécessaire de le restreindre par des lois somptuaires; ainsi les 
couronnes de fleurs étaient interdites à ceux qui n'avaient pas le droit 
de les porter. Quelques actes de rigueur de la part des magistrats 
n'empêchèrent pas cette loi de tomber en désuétude, au point que 
Cicéron, dans sa harangue contre Verres, reprochait à ce proconsul 
d'avoir fait le tour de la Sicile dans un Palanquin, assis sur des roses, 
une couronne de fleurs sur la tête et une guirlande sur le dos. 

Les Floralia ou fêtes des fleurs étaient observées dans les quatre 
derniers jours d'avril, et quoique ces fêtes fussent un outrage aux 
mœurs, elles ne constatent pas moins le goût très prononcé de ce peuple 
pour les fleurs. 

Ce luxe, sous le règne d^Auguste, fut poussé à un tel point que 
Heliogabales faisait répandre dans ses appartements, sur ses lits, et dans 
les portiques de son palais, des fleurs, sans doute, des pétales de Rose. 
Cléopâtre est réputée avoir payé un talent égyptien ou 2,500 fr. pour les 
Roses employées à un souper, le plancher de l'appartement étant 
couvert à la hauteur d'un pied ; mais cette reine de la sensualité a été 
dépassée dans ses extravagances par Néron, car Suétone nous dit que ce 
monarque, à un repas, a dépensé en fleurs la somme énorme de quatre 
millions de sesterces ou 750,000 fr. 

Horace nous apprend que les Roses étaient cultivées par planches; 
que ces fleurs forcées ou retardées, étaient un des plus grands luxes 
de l'époque. 

Columelle énumère les Roses, les Lys, les Jacinthes et les Giroflées. 
Pline parle d'un moyen employé pour se procurer des Roses hors saison. 
Senèque et Martial nous disent qu'on employait à cet usage une substance 
qu^il désigne sous le nom de Specularia (Talchum schistosum de Linné), 
minéral transparent et remplaçant le verre, peu connu alors. Du Boulay, 
dans son ouvrage intitulé Trésors des Antiquités romaines, publie que 
« les curieux avaient des jardins portatifs ou ambulants, suspendus sur 
a des charrettes à roues, pour les avancer en lieu découvert aux beaux 
<t jours, et les retirer à couvert en temps de pluie et de froid. Ces jardins 
« n'étaient pas seulement à fleurs, à melons et concombres; ni fruitiers 



— 241 — 



« seulement, à oranges, à citrons, grenades, etc., mais aux vignes, aux 
« pommiers et autres arbres. Pour avoir des fruits nouveaux en tout 
« temps, même au cœur de l'hiver, ils les mettaient dans une espèce de 
« maison close, couverte de specularia; le soleil venait darder ses rayons 
« à travers cette substance et cuisait les fruits au naturel, c'est-à-dire les 
« mûrissait. » Martial dit au livre VIII, épig. 14, que si le soleil n'avait 
as^ez de force pour conduire les fruits à une parfaite maturité, il se servait 
d'eau chaude pour les arroser; il savait si bien en prendre le degré de 
chaleur qu'il ne manquait jamais d'avoir quelques fleurs nouvelles ou 
quelques fruits mûrs à perfection dans les hivers les plus rigoureux 

Tout ceci démontre évidemment que l'on connaissait alors l'usage des 
serres, ce qui est en opposition avec l'opinion de la plupart des auteurs, 
qui les font dater du XVIP siècle: cette eau chaude, dont parle Martial, 
sent de très-près le thermosiphon, ou l'eau chaude des bains, que l'on 
employait dans les serres pour les chauffer. Pline et Martial, quoique 
historiens érudits et consciencieux, n'étaient pas des jardiniers; il est 
probable même que ces derniers se gardaient bien d'instruire tout le 
monde de la manière dont ils pratiquaient leurs opérations; c'est 
pourquoi les détails ont pu échapper à l'observation des historiens qui 
en ont parlé. 

Les Romains cultivaient à peu près mille espèces de plantes au point 
de vue de l'horticulture, de l'agriculture et de la médecine; la botanique 
était alors dans son enfance. Les plantes étaient classées comme utiles ou 
agréables, et sans autre système naturel ou artificiel de classification. 

Les mots Horticulture et Horticulteur dérivent de Hortus, qui signifie 
non pas seulement un jardin, mais une résidence à la campagne. Caton 
nous dit que tous les principaux habitants de Rome avaient un jardin 
dans les faubourgs; ils y cultivaient les légumes nécessaires à leur con- 
sommation; le jardinage paraît avoir été alors très à la mode, car 
plusieurs familles ont pris le nom des légumes dans la culture desquels 
elles excellaient, telles que Pison, qui vient de Pisum (Pois) ; Cicéron, de 
Cicer (Pois chiche); Fabius, de Faba (Fève); Lentulus, de Lens (Len- 
tilles). On connaissait alors en dehors des légumes déjà mentionnés, 
les Choux, très-estimés; les Haricots, et, en fait de racines, les Navets, 
les Carottes, les Panais, les Betteraves, les Radis, les racines de Sium 
sisarum, en anglais Skirrit et en français Chervi ; celte plante, origi- 
naire des marais de la Chine, était tellement recherchée que l'empereur 
Tibère accepta de ces racines comme tribut. On cultivait VOseille, 
les Asperges, VOignon et VAil; et en fait de salades, la Chicorée, 
VEscarolle, la Laitue, la Moutarde, le Persil et une infinité d'herbes 
aromatiques. On mangeait des Champignons, même certaines espèces 
de Fucus. 

Les principaux fruits introduits en Italie par les Romains sont : la 
Figue, V Amande de Syrie, le Citron de la Médic, la Pêche de la Perse, 

BEL.G. IIORT, TOM. Vlll. 16 



— 242 — 



la Grenade de l'Afrique, V Abricot de l'Epire, les Pommes, Poires el 
Prunes d'Arménie et les Cerises du Pont. Il n'est pas surprenant que 
l'introduction successive de tant de fruits délicieux ait exercé une grande 
influence sur le goût de ce peuple pour l'horticulture, qui alors était 
pratiquée par les personnes les plus haut placées. 

Pline a décrit tous les fruits cultivés par les Romains, alors au sommet 
de leur grandeur. Parmi les fruits à noyau, on possédait quatre variétés 
de Pèches; les Brugnons n'étaient pas connus de son temps. On connais- 
sait plusieurs variétés de Prunes : la blanche, la noire, la striée et une 
variété désignée sous le nom d'Asiiiia, qui signifie bon marché. Des 
Cerises: huit variétés; des Pommes: vingt-deux variétés; des Poires: 
trente-six variétés, fruits d'été et d'hiver, à chair ferme et fondante, 
une variété connue sous le nom de Libralia, peut-être notre Poire de 
Livre; des Coignassiers, on possédait trois variétés que l'on faisait cuire 
avec du miel ; des Néfliers, deux sortes. 

Des fruits à grappes : on cultivait beaucoup de variétés de Raisins ; la 
récolte d'une seule vigne, à Rome, est réputée avoir produit 556 litres 
de jus. On connaissait des variétés à fruits longs et ronds, plusieurs 
sortes de Figues et deux sortes de Mûriers, La Fraise se récoltait sur 
les montagnes, mais n'était pas cultivée. 

On mangeait cuites les Noisettes et les Avelines', on connaissait les 
Noix à coque dure et à coque tendre; on possédait six variétés de 
Châtaignes, que l'on rôtissait comme aujourd'hui; le fruit de V Arbre 
de Judée était aussi un objet de consommation, ainsi que les graines 
de certaines espèces de Pin. 

Les Romains propageaient les arbres selon les principes connus et 
pratiqués de nos jours ; la greffe et l'écusson pour les arbres fruitiers; 
les Vignes, Figuiers et Oliviers étaient multipliés par boutures; les 
arbres forestiers, par semis et drageons. On cultivait V Osier pour atta- 
cher les vignes et faire des paniers ; on formait les haies de divers 
arbustes, tels que V Epine, les Ronces, etc. 

La physiologie des plantes était totalement inconnue des anciens, car, 
selon Virgile, Columelle et Pline, une branche quelconque pouvait être 
greffée sur n'importe quel sujet avec succès; la greffe même participait 
de la nature du sujet, au point de changer la nature et la qualité du 
fruit; c'est l'histoire de la rose noire, greffée sur un cassis. Pline parle 
de greffer la figue sur l'orme, de faire traverser un châtaignier par 
une branche de vigne et de toutes sortes d'absurdités pareilles. 

Les idées superstitieuses avaient aussi libre cours, telles que l'invo- 
cation des divinités de la Fable, l'observation des jours de croissance 
et de déclin de la lune, des jours heureux et malheureux, La religion 
et la magie avaient également leur part dans les opérations agricoles 
et horticoles. 

De tout ce que vous venez d'entendre, Messieurs, ne peut-on pas 



— 243 — 



conclure que, sauf la partie scientifique et raisonnée de notre art, les 
Romains, et cela il y a près de deux mille ans, étaient presque aussi 
avancés que nous en horticulture, et que nous ne sommes que des 
copistes de ce peuple si renommé à juste titre, et, sauf quelques additions 
et des perfectionnements de peu d'importance, les mêmes modes de 
culture et avec autant peut-être de succès étaient pratiqués alors. Furius 
Cresinus était arrivé à un tel point de perfection dans la pratique de son 
art, qu'il a été obligé de se défendre devant le Sénat d'une accusation 
de sorcellerie et d'étaler devant ses juges les instruments de son travail, 
en disant que c'était là les seuls sortilèges qu'il pratiquait pour opérer 
ces soi-disant miracles, mais qu'il ne pouvait leur faire voir ses soucis, 
ses labeurs et les soins assidus qu'il apportait à son travail le jour et 
la nuit. 

Peut-être, Messieurs, reprendrai-je encore la suite de ce travail, 
et j'espère pouvoir, à l'aide des matériaux dont je dispose, vous amener 
progressivement, à travers ce siècle de barbarie qui a succédé à la 
décadence et à la destruction de l'Empire romain, siècle où les arts 
et l«s sciences ont fait naufrage, où le goût de la culture fut remplacé 
par Tardeur de la guerre et de la dévastation, j'espère vous amener, 
dis-je, jusqu'à l'époque où un gouvernement régulier et stable a pu 
donner l'essor à cette branche des connaissances humaines, si fertile en 
ressources et si féconde en bien-être. 



APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE. 



REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTES EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE , 

Par m. Edouard Morren. 

(Suite, voyez p. 207.) 



ARROSOIR LOCOMOBILE 
DE MM. GiDNEY ET FILS, {East Deveham Norfolk), 




PI. 63. Arrosoir locomobile. 



Cet instrument, représenté plan- 
che 63, est tout en fer galva- 
nisé, supporté sur deux fortes 
roues, muni d'une pompe et d'un 
jet très mobile en tout sens, et 
que l'on peut modifier à volonté 
à l'aide d'un système d'ajutages. 
Il peut servir à arroser les plan- 
tes, à mouiller leur feuillage, à 
rafraîchir les petites allées etc. 
Son utilité est incontestable et son 
usage donne une grande économie 
de temps et de fatigue. 



RATEAU ET GRATTOIR DE FER. 



CIDNEY DEREHAM 



Pl. 64. Râteau. 



Pl. 6b. Grattoir. 



— 245 — 



Le même fabricant avait exposé un râteau de fer d'une grande soli- 
dité et fort léger, à dents fixes et arrondies, et fixé au manche d'une 
manière ingénieuse et commode (pl. 64). 

Un grattoir en fonte, mobile et fort usuel; ce meuble, excessi- 
vement simple, consiste en trois piliers d'une forme et d'une lar- 
geur telles qu'il reste en place pendant que l'on s'en sert. Ces trois pieds 
sont reliés par des lames formant grattoir, de sorte qu'on peut l'em- 
ployer de quelque côté qu'on s'en approche 

APPAREIL A ROULER ET A ARROSER LES SENTIERS DES JARDINS 
DE M. J. DovE, 17, Exmouth sireet, ClerkenwelL 

Ce petit appareil , très com- 
mode et fort usuel, est destiné 
à rouler et arroser les sentiers ou 
les pelouses. Il renferme la quan- 
tité d'eau nécessaire à un par- 
cours de 60 pieds; il est en 
outre muni d'une petite pompe 
foulante, à l'aide de laquelle 
on peut à volonté arroser les 
plates-bandes voisines des che- 

Pl. 66. Appareil à rouler et à arroser les sentiers. ^*'^^* 

TONDEUSE ROULEAU A BRAS 
DE MM. A. Shanks et fils, Arhroalh, 




Pl. 67. Tondeuse rouleau à bras. 



Nous avons déjà entretenu nos lecteurs (Belg. Hort., T. VU, p. i7), 
des avantages des coupe-gazons ou tondeuses, qui sont si répandus en 
Angleterre, et qui permettent de maintenir avec la plus grande facilité, 
les pelouses et les vergers dans un état d'entretien parfait. Le nouvel 
appareil de MM. Shanks convient surtout pour les terrains accidentés, 
pour contourner les plates bandes, suivre les sentiers gazonnés, etc. 11 
est très solide, d'un long usage et d'un maniement facile. 




SUR UN PETIT APPAREIL DE CHAUFFAGE PROPRE A EMPÊCHER 
QUE LA GELÉE NE SE FASSE SENTIR DANS UN COFFRE FROID, 

Par m. R. T. W. T. 

L'appareil de chaufFage décrit dans cet article est réduit à des 
proportions très faibles; il est fort peu dispendieux, n'exige aucun 
soin une fois qu'on l'a rais en action et cependant l'auteur de l'ar- 
ticle, à qui l'idée en est due, assure qu'une expérience de trois hivers 
lui a montré qu'il est parfaitement suffisant pour préserver de gelées 
même rigoureuses l'intérieur d'un coffre froid ou d'une bâche. La connais- 
sance peut donc en être utile aux personnes qui ne possèdent pas 
d'autre lieu pour conserver leurs plantes pendant l'hiver. 

La pièce principale de ce petit appareil de chauffage consiste dans 
une simple boîte de fer-blanc haute et large de 25 centim., munie 
d'un couvercle qui la ferme exactement et sur les côtés duquel on 
met une sorte de poignée par laquelle on a facilement prise, lors, 
qu'on veut l'enlever pour ouvrir la boîte. C'est là le foyer qu'on 
place dans le coffre, à l'un des angles de devant. A la partie infé- 
rieure de cette boîte se rend un petit tuyau de fer-blanc, de 7 ou 
8 millim. de diamètre, qui traverse les parois du coffre et va s'ouvrir 
au dehors. De sa partie supérieure, à 5 ou 4 centim. du haut, part 
un tuyau de fer-blanc large d'environ 25 millim., qui s'étend tout 
du long du côté antérieur du coffre et qui va de là traverser son 
côté postérieur pour s'ouvrir au dehors en se redressant verticale- 
ment de quelques centimètres. Dans l'intérieur de la boîte se trouve 
un cylindre de fer-blanc propre à recevoir de l'huile sur laquelle on 
pose trois ou quatre veilleuses ordinaires c'est-à-dire formées d'une 
petite mèche qui traverse une rondelle mince de liège. Comme le cou- 
vercle de la boîte est plat, on pose par-dessus une plaque de fer 
d'environ 50 centim. de largeur et de 7 ou 8 millim. d'épaisseur. 
Il est facile de comprendre comment fonctionne ce petit appareil de 
chauffage. Lorsqu^on craint la gelée , on allume le soir les veilleuses 
dont la combustion dure toute la nuit. La chaleur dégagée par la 
combustion se communique directement à la plaque de fer qui la trans- 
met à l'air du coffre; en outre, l'air chaud qui se dégage par le long 
tuyau adapté vers le haut de la boîte ajoute encore son effet à celui 
de la plaque chauffée. Comme le couvercle ferme bien et qu'il se pro- 
duit un tirage, on n'a pas à craindre que les gaz produits par la 
combustion de l'huile ne viennent se mêler à l'air du coffre et ne 
nuisent aux plantes. Quant aux frais qu'entraîne ce chauffage, on sent 
qu'ils sont fort peu considérables. L'auteur assure cependant que les 
résultats qu'il a obtenus au moyen de son petit appareil ont dépassé 
toutes ses espérances. 

{Floricullurial Cabinet, janvier 18S8, trad. de la Soc. imp, de Paris ) 



— 247 — 



PAILLASSONS FABRIQUÉS AU MÉTIER, EN PAILLE DE SEIGLE 
ET FIL DE FER. 




Pl. 68. Fabrique de paillassons mccaniqucs. 



Ces paillassons, fabriqués au métier d'après le système de M. Guyot, 
sont beaucoup plus solides et plus parfaits que tous ceux que l'on pour- 
rait confectionner à la main et en outre ils sont aussi d'un prix de revient 
beaucoup inférieur à ces derniers. Les paillassons sont des abris indis- 



pensables en jardinage, tant pour le culture florale que pour le culture 
maraîchère et agricole; on s'en sert notamment pour la protection des 
cultures de primeurs, des serres , des châssis , des couches , des cloches, 
des semis, contre la gelée et le coulure des vignes, pour les arbres frui- 
tiers ou espaliers et en un mot contre les froids ou les journées trop chau- 
des du printemps. Les paillassons fabriqués au métier, de M. Guyot, ont 
obtenu une médaille d'or au concours universel agricole de Paris en 1856, 
une grande médaille d'argent de première classe au concours universel 
de Vienne (Autriche) en 4857, une médaille d'argent de la société d'en- 
couragement de Paris en 4837, etc. etc. Ils se vendent en rouleaux de tou- 
tes longueurs, jusqu'à 50 mètres et sur trois largeurs, 40, 50 et 60 cen- 
timètres. 

La plus petite largeur est préférable pour préserver les vignes de la 
gelée et de la coulure, pour les cultures de seconde primeur en pleine 
terre, telles que haricots, pommes de terre marjollin, tomates, petits 
pois, choux, salades, fraises, etc. La petite largeur doit seule être em- 
ployée en lames mobiles comme celles des persiennes, pour les serres, 
châssis, espaliers, etc., en un mot pour tous les usages mécaniques et 
pour toutes les cultures en lignes. L'expérience et le raisonnement prou- 
vent que plus les paillassons sont larges, plus ils sont difficiles à ma- 
nœuvrer, plus ils se brisent facilement et moins ils font d'effet propor- 
tionnel à leur surface et à leur prix. En effet, un paillasson de 0™,40 
suffit à protéger un rang de ceps de vigne, un rang de choux d'York, de 
tabac, de tomates, etc.; il ne suffirait point à en protéger ni deux, ni 
trois rangs, et un paillasson de 0°',50, 0°',60, et même de i™,20, n'y 
réussirait pas davantage , outre qu'il exigerait des moyens d'attache 
beaucoup plus coûteux pour n'être pas emporté au premier coup de vent. 

Les largeurs de 0'",50 et de 0^^,60 suffisent parfaitement pour protéger 
les pêchers et autres arbres fruitiers, selon la méthode de Montreuil-aux- 
Pêches ; ils sont également utiles placés au-dessus des doubles ou triples 
cordons de chasselas ou autres raisins; la largeur de 0'",40 ne préser- 
vant qu'un cordon ou deux cordons très-rapprocliés. 

Pour préserver de la gelée, le paillasson doit être fixé horizontalement 
à 15 ou 20 centimètres au-dessus de la ligne à protéger. — Pour préser- 
ver plus tard de la coulure ou de l'excès des pluies froides; il doit être in- 
cliné à 45 degrés recevant l'exposition sud ou sud-est. — Pour activer la 
végétation ou la maturité, il doit être vertical au nord ou nord-ouest de 
la plante. En général, le résultat le meilleur et le plus économique s'ob- 
tient en fixant tout d'abord le paillasson à 45 degrés au-dessus de la ligne 
à protéger ou à pousser en primeur, de façon que la plante soit à l'aplomb 
de son milieu. — Ainsi placée, elle ne gèlera point et profitera de tous 
les rayons du soleil, sans aucune manœuvre. 

Les avantages du paillasson au métier consistent donc : 1° dans un 
prix inférieur; 2" dans une durée double (au moins trois ans), représen- 



- 249 - 



tant un profit de 100 pour 100; 5° dans ses manœuvres beaucoup plus 
rapides (dix hommes posent et fixent sur les vignes 10,000 mètres de 
paillassons en un jour; ce fait est établi par 5 hectares de vignes paillas- 
sonnées en 1856 et en 1857; les vignes paillassonnées ont donné de 50 
à 40 pièces de 2 hectolitres l'hectare, et les vignes à côté, même site , 
même sol, même culture, ont donné sur le pied de 10 à 15 pièces); 
4" enfin les paillassons à petite largeur s'adaptent à des cultures et à des 
besoins que les paillassons de l'",50 de largeur ne pourront jamais satis- 
faire, chaque ligne de paillassons protégeant sa ligne de culture contre 
la gelée et la pluie froide, tout en concentrant la lumière et la chaleur du 
soleil, et en laissant librement circuler l'air alimentaire de la plante. 

Tous les cultivateurs de primeurs, tous les viticulteurs de fins vigno- 
bles, tous les horticulteurs qui sauront appliquer à leurs besoins les pail- 
lassonnages nouveaux, en tireront des efl'ets et des profits considérables. 
— Avec leur abri, les secondes primeurs s'obtiendront sans cloches et 
sans châssis. — La récolte des fraises, des fruits et des raisins sera plus 
que doublée. — Les semis et repiquages auront l'ombre et la fraîcheur 
nécessaires ; les serres et châssis, par un simple mouvement de lames de 
jalousies, auront, à la demande, le soleil, l'ombre et l'obscurité. En un 
mot, les nouveaux paillassons mis dans le commerce ouvrent une voie de 
progrès à toutes les cultures délicates d'un bon prix. 

Ces paillassons servent encore à la couverture rapide et économique 
des kiosques, des meules de fourrage et de céréales, à meilleur marché, 
plus rapidement et plus solidement que par aucun autre moyen proposé 
ou employé jusqu'ici. 

Les planchettes, les ardoises, les papiers et les toiles, la mousse et la 
fumée proposés pour remplacer les paillassons ne se prêtent à aucune 
pratique suivie, et l'expérience autant que le raisonnement s'accordent à 
démontrer qu'ils ne peuvent entrer ni dans l'horticulture ni dans l'agri- 
culture raisonnées. 



— 250 — 



JARDIN FRUITIER. 



NOTICE SUR LA POIRE NOUVELLE FULVIE (GRÉGOIRE), 
dont un spécimen récolté en plein vent est représenté planche 69, 
Par m. Alexandre Bivort. 

Ce nouveau gain de notre collègue de Jodoigne est une des poires les 
plus méritantes peut-être qu'on ait acquises de semis depuis nombre 
d'années. Beauté, bonté, maturité tardive, fertilité, elle réunit à elle 
seule toutes les qualités que peut désirer l'amateur le plus exigeant. 

Comme la plupart des gains du même auteur, qui sont trop délicats 
pour nos vergers, la place de la Nouvelle Fulvie est dans nos jardins ; 
mieux ceux-ci seront abrités, plus le sol en sera généreux, et plus on en 
obtiendra de beaux et savoureux produits. 

Le fruit est gros ou très gros, pyriforme pyramidal, fortement bosselé; 
il mesure ordinairement 10 centimètres en hauteur sur 7 en diamètre ; 
l'épiderme, jaune citron à l'époque de la maturité, est coloré de rouge 
vif du côté frappé par les rayons solaires, panaché et ponctué de brun 
roux et ombré de même couleur autour du pédoncule; il est plus finement 
et plus fortement ponctué près du calice que sur le reste du fruit. 

Le pédoncule, long de 15 millimètres, est gros, noir, implanté à la 
base du fruit, sans solution de continuité. 

Le calice est couronné; il occupe une cavité assez profonde, dont l'orifice 
est irrégularisé par plusieurs gibbosités. 

La chair, blanc-jaunâtre, est très fine, fondante beurrée, son eau est 
abondante, sucrée, d'un parfum exquis, ayant de l'analogie avec ceux du 
Passe-Colmar et du Bon-Chrétien d'Espagne. 

La Nouvelle Fulvie est de qualité tout à fait supérieure ; son premier 
rapport a eu lieu en 1834; elle mûrit en janvier et en février. 

L'arbre-mère est assez vigoureux et affecte naturellement la forme 
pyramidale ; ses branches à fruits sont moyennes, grises ; les supports, 
gris, ridés à leur base, sont renflés, brun roux à leur sommet. 

Le bouton à fleur est moyen, ovale pointu, brun, ombré de brun 
marron et lavé de gris. 

Les jeunes rameaux sont longs, grêles, arqués, flexueux et striés; 
l'épiderme, lisse, luisant, gris brun du côté du soleil, brun noisette du 
côté de l'ombre, est ponctué de nombreuses lenticelles, rondes ou ovales, 



Poire Nouvelle ]*'ulvie (GrégoirO;) 



— 251 — 



légèrement saillantes, gris roux, irrégulièrement disséminées sur toute 
sa surface. 

Le gemme est gros, arrondi, pointu, brun clair ombré de brun foncé 
et de gris, écarté, ou comprimé entre deux renflements du bois et souvent 
porté sur des rudiments de lambourde. 

Les raéritlialles sont inégaux. 

Les feuilles sont petites, ovales arrondies, planes, vert clair; la 
serrature est peu profonde et obtuse; les feuilks secondaires sont lan- 
céolées, pointues, partiellement serretées. 

Le pétiole, long de 40 à 15 millimètres, est grêle, vert clair, légère- 
ment canaliculé. 

Les stipules sont linéaires. 

{Annales de Pomologie belge). 



DE L'ARBORICULTURE FRUITIÈRE AU POINT DE VUE AGRONO- 
MIQUE, 

Par m. Royer, 

Président de la commission royale belge de Poinologie. 
(Suite, voyez p. 22-^.) 

En ce moment, chez les principaux peuples civilisés, on s'occupe avec 
ardeur des semis d'arbres fruitiers. Pour ce qui concerne le pommier, les 
Anglais, et plus encore les Américains, marchent en tête du progrès; ce 
dernier peuple, avec l'énergie et la persévérance qui lui sont habituelles 
dans toutes ses entreprises. II a organisé VAmérican Pomological Society, 
vaste confédération de toutes les sociétés d'horticulture des États-Unis et 
des colonies anglaises du nord de l'Amérique. Elles se réunissent dans 
des meetings qui ont lieu tous les deux ans, sous la direction de M. Mars- 
halls P. Wilder, président général de l'Association et membre de la 
commission royale de Pomologie de Belgique. Ces meetings sont consa- 
crés à la discussion de tout ce qui concerne les progrès de l'arboriculture 
fruitière. Dans celui de Rochester, au mois de septembre 1856, où se 
trouvaient officiellement représentés trente-trois Etats, territoires et 
colonies, le discours d'ouverture de l'honorable président contient les 
passages suivants sur les semis (I) : 



(1) Extrait du Bulletin de la Société Van Mons. On peut participer aux avantages 
offerts par celle société, en se faisant inscrire chez M. Bivorl, gérant à Fleurus, ou 
chez M. Parent, trésorier, Montagne de Sien, à Bruxelles. — Cotisalion, dix francs. 



— 252 — 



« ...Si nous portons nos regards en arrière^ sur les jours de Duhamel, 
« de Niller et de Forsyth, nous voyons que nous avons fait des progrès 
« louables; si nous comparons les variétés nombreuses et splendides que 
« nous avons obtenues, à celles qui figurent sur les catalogues restreints 
« de la première moitié du XIX« siècle, nous pouvons être fiers de notre 
« savoir actuel. Depuis les jours de Henri IV de France, lorsque le bon 
Œ chrétien était presque la seule bonne poire, jusqu'au siècle actuel, il 
« s'est produit un perfectionnement continu; mais, de nos jours, le 
« progrès est en vérité surprenant, et notre course est toujours en avant, 
« en avant. 

« Depuis longtemps, nous avons écarté les fruits inférieurs de la 
« Quintinie, l'habile jardinier de Louis XIV. 

« Nous avons conservé peu de poires du célèbre catalogue du Jardin- 
« Royal de Versailles, et par le fait de notre association, nous avons 
« rejeté plus de cent variétés comme indignes de la culture... 

« Quelques bons fruits anciens ont survécu ; mais que leur nombre est 
« minime, et combien leur qualité est inférieure, si nous les comparons 
« à notre choix moderne de semis, et à la profusion royale des fruits 
* qui couronnent aujourd'hui nos tables! 

« Lorsque Van Mons, l'observateur patient et habile, expérimentait 
« avec succès en Europe, nos Coxe, Prime, Lowell, Dearborn, Manning 
« et autres avaient commencé leur carrière, et obtenu déjà quelques 
« bons résultats. 

« Le public ne ridiculise plus un homme qui plante ou qui garde la 
a semence de ses fruits pour en améliorer la qualité par les semis. Il est 
« malheureusement vrai que Van Mons fut ridiculisé pendant sa vie, 
« et ne fut apprécié que par des travailleurs tels que Davy, Poiteau, 
« Dict et Drapiez. Ses pépinières furent trois fois détruites comme de» 
« buissons d'épines sauvages et sans valeur, sous la fausse prétention 
a d'utilité publique; c'était une perte irréparable, et quoique son sys- 
« tème ait été discuté, et qu'on s'en soit méfié, il n'en est pas moins vrai 
« que ses résultats ont été très fructueux pour le bonheur du monde. 

<t Un des honorables membres de cette association et moi-même 
a avons plusieurs des semis de ce grand maitre en pomologie qui 
e n'ont pas encore fructifié. Nous avons ceux de la huitième géné- 
<t ration , qui, sous le rapport de la vigueur, de la beauté et des mar- 
« ques de raffinement, donnent en quelque sorte la promesse d'être d'un 
« caractère supérieur, et semblent confirmer sa doctrine d'amélioration 
« par la reproduction successive ; et pendant que nous attendons avec 
<c anxiété ces résultats ultérieurs de sa théorie , d'autres , de ce côté-ci de 
c( l'Atlantique, sont engagés avec zèle vers l'hybridation, et poursui- 
te vent des expériences qui ne peuvent manquer d'être d'un immense 
a avantage au cultivateur scientifique et pratique.... 

« Dans ma dernière adresse, j'appelais votre attention sur l'impor- 



— 253 — 



« tance d'élever des variétés nouvelles et améliorées de semences , 
« comme étant la meilleure manière d'augmenter notre contingent de 
« fruits choisis; que la théorie de la perte des variétés trop anciennes 
« soit fausse ou vraie, je suis si profondément convaincu de l'utilité 
« pratique de ma recommandation, que je suis désireux, puisque j'en 
« ai l'occasion, de vous engager à persévérer dans cette voie.... 

a Afin d'obtenir de vos semis des variétés d'élite , je vous engage à 
« semer les pépins les plus parfaits des variétés nouvelles et vigoureuses. 

« Des expériences répétées ont confirmé ma foi dans cette doctrine; 
« car, là où la graine a été obtenue de sujets sains et vigoureux , la 
« progéniture a participé aux mêmes caractères; mais là où les parents 
« ont prouvé une végétation faible ou une croissance lente , les descen- 
« dants ont accusé des défauts correspondants. 

« Confiant dans la fertilisation naturelle , je voudrais toujours encou- 
« rager le semis continu de variétés de premier choix, de toutes sortes 
< de fruits , dans la croyance que des variétés nouvelles et précieuses 
« peuvent ainsi être obtenues. 

« Ce sont là des triomphes dignes de la plus haute ambition, des 
« conquêtes qui ne laissent pas de blessures au cœur, point de taches 

sur l'aile du temps; celui qui ajoute une seule variété réelle et pré- 
ce cieuse à nos listes de fruits est un bienfaiteur public. J'aimerais 
« mieux être l'homme qui plantera cet arbre, dont nos générations 
« futures récolteront les fruits savoureux , lorsque je dormirai sous le 
« tertre de la valée, que celui qui a vaincu des armées. Je préférerai 
« l'honneur d'introduire un bon fruit, à la victoire la plus glorieuse, 
« gagnée sur un sol teint de sang, d 

Le désir de faire connaître les idées qui prévalent aux Etats-Unis sur 
les semis et le système de Van Mons, nous a entraîné un peu loin du 
sujet de cet article. Nous revenons à l'étude de nos fruits de verger et 
à l'appréciation des nouvelles pommes gagnées qui ont été soumises à 
notre examen. 

Parmi les nombreux envois de fruits de verger qui nous ont été 
adressés de toutes les provinces, il ne s'est trouvé des nouveautés de 
semis que dans les collections de la province de Liège. Dans les soixante- 
sept variétés de cette catégorie, nous en avons distingué dix-sept assez 
méritantes pour être recommandées. La plupart sont encore innomées, 
nous devons nous borner à les inscrire sous leurs numéros d'ordre dans 
les envois, avec les noms des cultivateurs. 

Collection de M. Lorio, horticulteur à Liège, 

Président Dufays, superbe pomme arrondie, un peu conique, colorée 
de rouge vif. Dégustée en février, chair fine, délicate, sucrée, relevée, 
excellente. Déclarée très-fertile. Ce fruit a été couronné, en 1850, par 



— 254 — 



la Société royale de Liège; il est dédié à l'honorable M. Dufays-Demon- 
ceau, vice-président de la Société agricole de l'Est. 

Reiîiette Saint-Laurent, gros fruit, conique, jaune, dégustée le 17 
février, sucrée acidulée, bonne, sans autres indications, a été couronnée, 
en 1849, par la Société des conférences horticoles de Liège, gain de 
M. Dubois, envoyée aussi par l'obtenteur. 

N^'âS. — Semis, grosse, arrondie, conique, vert jaunissant très-peu à 
la maturité, février ; sucrée-acidulée, fort bonne ; indiqué comme étai;it 
fertile. 

Collection de M, A. G, Molinvaux, cultivateur et 'pépiniériste, 
à Ans-et- Glain, 

Belle Montagne, très-belle pomme, arrondie, jaune rayé de rouge, 
chair fine, acidulée, dégustée le 2 décembre^ récoltée sur une montagne 
battue des vents, déclarée très-fertile ; usage : la table et les sirops. 

Double Croquet, énorme, conique, très-colorée de rouge, dégustée en 
décembre, bonne et même origine que la précédente, aussi très-fertile ; 
recommandée pour les emplois industriels. 

Envoi de M, François Leclercq, d Grivegnée. 

N" 44. — Innomée, forme et coloris d'un gros pépin d'or, moyenne, 
jaunit à la maturité, goûtée le 25 février, fine, juteuse-sucrée, un peu 
acidulée, déclarée venue sur un plateau battu des vents; fruit très- 
fertile; usage : table et sirops. 

Collection de M, Louis Dubois, cultivateur à Liège, rue de Glain, 

N° 87. — Innomée, moyenne, forme de Reinette, un peu conique, 
très-colorée de rouge, goûtée le 25 février, chair fine, juteuse, de bonne 
qualité, déclarée comme la précédente; fruit de table très-fertile. 

Reinette Dubois, moyenne, forme de Reinette, œil très enfoncé, rouge- 
foncé, dégustée le 6 mars, chair fine, sucrée-acidulée, très-bonne, même 
origine que la précédente; fertile, fruit de table. 

Envoi de M, Fastrè, pépiniériste à Montmery. 

N° 105. — Innomée, fruit énorme, aplati, rouge-violacé, goûtée le 
25 février, chair fine, juteuse, bonne ; récoltée sur une montagne battue 
des vents; fruit de table, fertile. 

Collection de M , Watrin Simon, brasseur, faubourg Sainte- Marguerite, 

à Liège, 

N° 110. — Innomée, très-grosse, forme de Reinette court-pendu, jaune- 
doré; dégustée fin de février, chaire fine relevée, excellente, déclarée 



— 255 — 



Icrtilc, cultivée sur un plateau battu des vents; pour la table et autres 
usages. 

Collection de M, M ichelllenrotmj, propriétaire, quai de la Go/fe, 

à Liège, 

No 419, — Innomée, assez gros fruit, un peu conique, comprimé, rouge 
marqué de jaune et de macules brunes, dégustée fin de février, chair su- 
crée, peu acidulée, bonne; fertile fruit de table; récoltée dans une vallée 
abritée. 

Collection de M, Lambert Colson, propriétaire, à Saint-Nicolas 

en Glain, 

No 145, _ Innomée, beau fruit, forme un peu aplatie, goûté en 
février et avril, chair juteuse, bon pour les sirops et vinaigres ; déclaré 
fertile. 

Le Libéral, très-grosse, forme un peu conique, vert un peu coloré de 
rouge, goûtée fin de mars; chair fine, bonne; déclarée très-fertile pour 
fabrication de sirops. 

Collection de M, Jean Légipont, à Xhéneumont-Battice, 

N° 44. — Innomée, très-grosse, conique arrondie, blanc-jaunâtre strié 
de rouge, dégustée le 2 mai, chair juteuse, sucrée-acidulée. 

N° 65. — Innomée, très-grosse, ronde ovoïde; jaune-pâle largement 
maculé de rouge, chair juteuse, sucrée-acidulée, bonne ; goûtée fin 
d'avril. 

Collection de M, Berens, à Xhéneumont-Battice» 

N° 72. — Innomée, très-belle, forme arrondie comprimée, jaune; 
goûtée le 22 avril; chaire fine, douce, un peu acidulée, excellent fruit 
de table, fertile, produit annuellement. 

N° 75. — Innomée, très-grosse, forme de Reinette, jaune légèrement 
strié de rouge; dégustée le 22 avril, chair fine, sucrée, fruit de table 
très-fertile. 

Flandre Orientale. 

Pommes Vandenabeele, assez grosse, conique, peau lisse, jaune-d'or pa- 
naché de rouge, chair tendre, juteuse, se garde jusqu'en mai et juin, 
très-fertile, fleurit tardivement avec les court-pendus, semis de M. Van- 
denabeele, jardinier à Lembeke, Flandre orientale. 

Il reste à mentionner les meilleures pommes de Vergas, communi- 
quées par les corrrespondants étrangers de la Commission de Pomologie. 



— 256 ^ 



Pommes de Terg^er. 

4e CATÉGORIE. 

Tariétés nouTelles introduites de l'étrauj^er. 

Au début de cet article sur les arbres de verger, nous avons 
combattu les préjugés exclusifs en faveur des anciens fruits, et con- 
traires aux acquisitions nouvelles. Il existe dans le public d'autres idées 
non moins préjudiciables à l'amélioration de cette branche de nos cul- 
tures. Ceux qui agissent sous l'influence de ces idées tombent dans un 
excès contraire; il leur faut des nouveautés à tout prix. Dès qu'un fruit 
nouveau est annoncé, ils s'empressent de l'introduire dans leur jardin, 
sans se préoccuper le plus souvent de l'origine et de la réalité du gain 
nouveau. 

Il y a quelques années, la poire si connue sous le nom de beurrée 
(VHardeîipont^ fut introduite de France sous celui de beurrée d' Aremberg ; 
une foule d'amateurs s'empressèrent de l'acquérir à grands frais sans se 
douter qu'ils la possédaient déjà. Ce fut une mystification sur une grande 
échelle. Le nouveau Poiteau de Van Mons fit une seconde apparition dans 
le monde horticole, sous la dénomination de lombe de l'amateur. Les 
faits de ce genre sont très-nombreux. 

Ce goût des choses nouvelles est encore surexcité par celui des collec- 
tions; goût si commun, que la plupart des hommes sont collectionneurs 
dans un genre quelconque, 

Ces goûts ont été souvent exploités outre mesure, et, d'un autre côté, 
les semeurs ou obtenteurs de nouveaux fruits sont naturellement portés 
à vanter leurs productions, et à les patronner dans le monde avec un 
amour paternel. Il résulte de ces causes réunies, que les nomenclatures 
modernes sont interminables. Pour établir d'une manière consciencieuse 
et un peu complète la monographie du pommier ou du poirier, il fau- 
drait les études et la vie d'un homme spécial. 

Les variétés du pommier sont si nombreuses, que M. Dochnall, l'un de 
nos correspondants allemands, dans son ouvrage intitulé : Description 
systématique de toutes les sortes de fruits ^ a décrit environ i,260 pom- 
mes; et cependant, à peine a-t-il effleuré les pomones modernes de l'An- 
gleterre et des Etats-Unis, toutes deux fort riches en ce genre. 

Les collections de la société Van Mons comprennent déjà plus de trois 
cents variétés; et néanmoins nous avons toujours demandé à nos amis et 
correspondants de se borner à nous envoyer des variétés d'élite. 

Les catalogues trop surchargés découragent et gênent beaucoup d'ama- 
teurs : les synonymies fréquentes les induisent en erreur, et jettent la 
confusion dans les cultures. 

{La suite à la prochaine livraison.) 



i_4.Erica ^Vandiflora.Lmn. ô.S.Erica fnlgida.Bedf . 



— 257 — 



HORTICULTURE. 



NOTICE SUR LES BRUYÈRES, ET EN PARTICULIER SUR LES 
ERICA GRANDIFLORA, Linn., OU ERICA A GRANDES FLEURS, 
ET ERICA FULGIDA, Bedf., OU ERICA ÉCLATANT, 

Par m. Edouard Morren. 

(Représentées pl. 70, fig, l-8.j 

E. GRANDiPLORA, Linn. fil., Supplem., p. 223 (sub genus Syringodca), foliis longe 
linearibiis sub erectis, floribus laxe verticillalis , bracteis linearibus, subremotis, 
sepalis e basi latâ longe acurainatis subfoliaceis glabris, corollis clavato tubulosis 
incurvis glabris siibviscosis, limbi laciniis lato-ovatis, acutiusculis, genitatibus longe 
exsertis. DC, Prod., VII, p. 628, N» 69. 

In Colonia Capensi (Masson). 

Floribus majoribus (ultra pollicaribus) et staminibus constanter exsertis ab 
E. purpurea parum diversa. 

E. grandiflora, Andr. Heath., t. 117. — Bauer, Icon. hort. Kew.j t. 8. — Bot. 
Mag.j VI, tab. 189. — Lodd., Bot. Cab., t. 498. — Bonpiand, Desc. pl. rar. de la 
Malmaison, p. 28, T. X. 

E. grandiflora longifoliaj Wendl. Eric. fasc. 6 ic. 

E. strictifolia, Klotzseh in Linn. 9, p. 646. 

Syringodea grandiflora^ G. Don, p. 822. 



Erica FULGIDA (Syringodea), foliis elongato-linearibus erecto-patenlibus vix incur- 
vis, floribus laxe verlicillato-spicatis, bracteis remolis, sepalis e basi lata longe lineari- 
acuminatis glabris, corollis clavato-tubulosis, sub-incurvis glabris, limbi laciniis latis 
obtusis, ovario puberulo genitatibus exsertis. De, Prod. VII, 63. 

In Colonia Capensis (Mundt et Maire). 

Ab affini E. vestita difl"ert floribus E. grandiflorœ similibus, ab bac ovario. 
Corolla rosea v. purpurea, 

E. fulgida, Bedf., Hort. Eric. Woh., p. 11. — Lodd., Bot. Cah.j t. 1633, 
E. speciosissimu, Klotzseh in Linnaea, IX, 645. 
E. meraj ejusd. 1. c, p. 644? 
Syringodea vestita var. y G. Don, p. 821. 



Tout le monde connaît la gracieuse beauté des Bruyères, charmants 
arbustes de petite taille, très ramifiés, bien touffus et d'une verdure 
abondante et sombre qui rappelle celle des Conifères. Elles fleurissent 
pendant toute l'année, mais surtout pendant les premiers mois, quand la 

BELG. IIORT. TOM. VIll. 17 



— 2b8 — 



bise souffle encore du nord ou que les premiers rayons d'un soleil 
printannier viennent rechauffer doucement la terre. Elles se couvrent 
alors littéralement de fleurs; chaque rameau devient un épi ou une 
grappe. Mais ce n'est pas sans quelque difficulté que l'amateur parvient 
à réunir autour des Erica toutes les conditions nécessaires de prospérité; 
habitués à croître sur des stations élevées, dans un air constamment 
renouvelé, ils doivent trouver dans les cultures une serre basse, bien 
claire, ni trop sèche, ni trop humide et parfaitement ventilée. Il n'y a 
pas de milieu, la culture des Erica réussit parfaitement ou bien est 
impossible dans telles ou telles conditions : il leur faut une serre 
spéciale pour eux et pour une foule d'espèces du Cap de Bonne Espérance 
et de la Nouvelle-Hollande. Mais cette serre, dont la végétation présente 
un caractère tout particulier, est ordinairement la mieux fournie en 
jolies fleurs pendant toute l'année et la plus gaie : des Ericacées et des 
Papillonacées contribuent surtout à l'embellir. 

Le nombre d'espèces du genre Erica décrites par les botanistes et 
cultivées par les fleuristes, est considérable. La science et l'horticulture 
y trouvent sans doute leur profit, mais il en est résulté une grande 
difficulté de bien connaître ces espèces : chez les horticulteurs et les 
amateurs, la confusion est plus déplorable encore et se trouve singulière- 
ment aggravée par une foule de variétés et d'hybrides développées sous 
le climat artificiel dont l'homme les a entourées. Le grand ouvrage de 
Andrew, dans lequel plus de 500 Erica sont décrits et figurés, est mal- 
heureusement un livre rare et d'un prix élevé, et une bonne monogra- 
phie des Erica serait actuellement bien nécessaire. 

De Candolle, dans le tome VII de son Prodrome du règne végétal 
(1858), donne les caractères de 415 espèces différentes à' Erica, sans 
compter les variétés et les hybrides; ce nombre s'est nécessairement 
accru depuis, mais cependant dans des proportions assez modestes. Un 
genre aussi nombreux doit pouvoir se partager en plusieurs sections : 
on en a établi quatre d'après la nature des anthères et la forme de la 
corolle. Ce sont : 

1° Les Erica à anthères terminales {Ectasis) dont les uns ont les fleurs 
petites, les autres de grandes fleurs. 

2° Les Syringodea, au nombre de 67 dans le Prodrome; elles ont les 
anthères latérales, la corolle tubuleuse, longue de cinq lignes au moins, 
à limbe dressé ou recourbé. 

5" Les Stellanthe; anthères latérales, corolle en forme de patère 
ou hypocratérimorphe , à limbe plan, étoilé. De Candolle en cite 
65 espèces. 

4° Les Erica proprement dits, dont les anthères sont latérales, la 
corolle urcéolée, ovale, campanulée ou globuleuse, à limbe droit ou 
refléchi en dehors. Cette section ne compte pas moins de 255 espèces. 

Les deux espèces, auxquelles nous avons consacré le planche 70, déjà 



— 259 — 



anciennes mais toujours au nombre des plus belles, appartiennent à la 
seconde de ces sections. 

UErica grandiflora est un arbuste pouvant atteindre jusque un 
mètre d'élévation; sa tige est couverte d'une écorce grise; ses rameaux 
sont verlicillés , touffus et couverts des feuilles disposées en anneaux de 
4 ou 6, longues de 20 millimètres, linéaires, convexes au dessous et 
portées par un pétiole court. Les fleurs sont en tube , d'un beau jaune, 
disposées une à une dans les aisselles des feuilles , pédicellées et comme 
rassemblées en épi. Leur calice est formé de quatre folioles ovales, 
larges inférieurement, diaphanes sur les bords et aiguës au sommet. 
Corolle en forme de tube, plus longue que les feuilles, légèrement 
arquée, partagée en quatre divisions ovales, obtuses, un peu réfléchies ; 
elle est d'un beau jaune doré, tournant plus ou moins au rouge en dessus. 
Les étamines dépassent la corolle et leurs filets rouges forment une 
petite houppe très élégante; leurs anthères sont jaunes et formées de 
2 loges portées chacune par un pedicelle particulier. L'ovaire est sphéri- 
que, attaché sur un disque hypogyne et surmonté d'un style droit plus 
long et de la même couleur que les étamines; stigmate brun, légèrement 
charnu et comme divisé en quatre parties. 

L'E. grandiflora croît naturellement au cap de Bonne Espérance, d'où 
il a été rapporté en i775 et en 1795 par Masson. Il fleurit en serre tem- 
pérée depuis le mois de mai jusqu'en juillet, et se multiplie le mieux 
par marcottes, les boutures réussissant diflicilement. 

L'Erica éclatant ou E. fulgida vient également du cap de Bonne 
Espérance et s'élève à peu près à la même hauteur. Ses feuilles sont 
linéaires, dressées, longues; les fleurs forment un épi de verticelles 
superposés; calice à sépales larges à la base, linéaires, acuminés et gla- 
bres; corolle tubuleuse, se renflant de la base au sommet, un peu 
courbe , à 4 lobes larges et obtus. Les étamines le dépassent légèrement 
et l'ovaire est couvert d'un mince duvet. 

Figures analytiques. — i-i. Erica grandiflora : 1. Rameau florifère, grandeur 
naturelle. — 2. Fleur dont on a oté la corolle pour faire voir la disposition et la 
direction des étamines. — 3. Une étamine grossie et, — 4f. Pistil grossi. 

S-8. Erica fulgida : 5. Rameau florifère. — 6. Fleur dépouillée de sa corolle. — 
7. Etamines séparées. — 8. Pistil. 

NOTE SUR LA MULTIPLICATION DES CYCLAMEN VAR BOUTURES, 

Par m. Pelé. 

Le mode de multiplication que je crois devoir faire connaître a , pour 
les Cyclamen, un intérêt particulier. En effet, la conservation des 
variétés de ces charmantes plantes présente de grandes difficultés dans 



— 260 — 



la culture ordinaire; les serais en sont soumis à toutes les chances de 
variabilité inhérentes à ce moyen de propagation, et, d'un autre côté, 
les pieds qu'ils donnent n'ont nécessairement qu'une durée limitée. 
Lorsque quelques années ont amené leur tubercule à son plus haut point 
de développement, on doit se résigner à les voir dépérir graduellement 
et mourir enfin, après un espace de temps qui souvent n'est pas très 
long. Au contraire, grâce à mon procédé de bouturage, on peut se 
flatter de multiplier, sans difficulté, les belles variétés obtenues de semis 
et d'en assurer ainsi la conservation. 

L'opération est, du reste, fort simple, elle exige seulement de l'atten- 
tion pour que l'enlèvement des boutures n'endommage pas le tubercule 
sur lequel on les prend. Elle consiste à détacher, isolément, chaque 
feuille tout entière avec son pétiole, à l'extrémité inférieure duquel on 
laisse tenir un très petit fragment du tubercule mère. Ce petit fragment 
constitue une sorte de talon qui sera le point de départ des racines, 
grâce auxquelles la reprise aura lieu. Les échantillons déjà bien enracinés 
que j'ai l'honneur de mettre sous les yeux de la Société, montreront à la 
fois comment se développent les nouvelles racines, et comment se forme 
le tubercule du petit pied qu'on a ainsi obtenu. Ils appartiennent au 
Cyclamen de Perse [Cyclamen persicum Mill.) et à celui de Cos [Cycla- 
men coum WiLLD.); ceux-ci sont déjà fleuris. Les boutures qui les ont 
donnés ont été faites le 28 octobre 1857. J'en avais fait d'autres le 
d5 janvier de la même année, et je n'ai pas remarqué de différence dans 
la facilité avec laquelle la reprise a eu lieu à ces deux époques. En faisant 
ces boutures sous cloche et leur donnant un peu de chaleur, on n'en 
perd pas une seule. On peut aussi les placer sur une tablette, dans une 
serre chaude ; dans ce cas, elles reprennent bien, en général; mais le 
résultat est cependant un peu moins avantageux, puisqu'il en manque 
à la reprise environ un quart. 

Le bouturage des Cyclamen me semble devoir procurer plusieurs 
avantages, notamment celui de pouvoir cultiver désormais ces jolies 
plantes en collection. 

COURTES REMARQUES SUR LES MESEMBRYANTHEMUM, 
Par m. Holcroft, 

Fleuriste à Upholland. 

L'auteur anglais, après avoir déploré l'état d'abandon dans lequel ce 
beau genre de plantes est généralement laissé, rappelle les collections 
célèbres et remarquables de Mésenbryanthèmes qui avaient été 
réunies par Haworth en Angleterre, et par le prince de Salm-Dyck. Il 



— 261 — 



les recommande notamment pour leur brillant aspect pendant la flo- 
raison , leur végétation frutescente et touffue, la bizarrerie de leur 
l'euillage et l'éclat de leurs fleurs. 

Le M. polyanthiim est une des plus belles espèces ; lorsque le soleil 
darde sur lui ses rayons les plus chauds et que ses fleurs d'un rouge 
pourpre royal sont alors complètement étalées, il forme un buisson d'un 
aspect admirable. Le M. coccineum h fleurs écarlates, le M. spectabile 
d'un rouge cramoisi, le M. aureum d'un jaune brillant, sont également 
au nombre des meilleures espèces. D'un autre côté, l'une des plus 
curieuses par la singularité de son feuillage, est le M. felinunij espèce 
assez rare , dont chaque feuille semble porter une dent de chat, et dont 
les fleurs sont grandes et jaunes. Le M» tigrinum, autre espèce fort 
curieuse; le M, linguœforme, le MAoreum, ont des pétales de la même 
couleur, mais de teintes différentes. Ces espèces réclament quelques soins 
pour être maintenues dans un état de santé et doivent être souvent 
taillées pour conserver la forme d'un buisson. Le M. rubricaule a les 
tiges d'un rouge foncé et les fleurs rouge-d'œillet, de même que le 
M. equilaterale. Le M. eduk grandit beaucoup, mais fleurit rarement 
chez nous, et est connu sous le nom de Figuier des Hotentots. Les 
31. virens, australe et crassifolium sont toujours fort admirés à cause 
de la beauté et de l'abondance de leurs fleurs rouges. Le M. uncinatiim 
a un feuillage très singulier qui cache les tiges, et ses fleurs sont pourpre 
pâle. Le M. mutabile conserve facilement une bonne forme et est très 
florifère. Les fleurs de M. indodens présentent ceci de particulier, 
qu'elles ne se referment pas après s'être une fois bien ouvertes. Le 
M. maximum est une plante remarquable à feuilles en forme de crois- 
sant; les fleurs sont rouges. Le J/. virgatum est une grande espèce assez 
difficile et à fleurs rouges; celles du y?/, glaucumsont orangées. Le M. molle 
est une espèce très intéressante, touffue, couvrant juste le sommet du pot 
et très jolie quand ses fleurs délicates et rouges sont bien épanouies. Le 
M. spiniforme est une autre variété à fleurs rouges, à feuilles comme 
des fortes épines, mais qui, lorsqu'il devient vieux, semble toujours 
déplacé au milieu d'espèces plus touffues; le M. echinatum est, selon 
l'expression de l'auteur anglais, une plante à feuillage curieux et à 
fleurs jaunes. Le M, barbatum est rampant. Le 31. stelligerum est une 
charmante petite plante à fleurs rouges et à joli feuillage. Le 
31, hirsutum est plus compacte et a les fleurs plus grandes et de la 
* même couleur. Le 31. bulbosum est une des espèces les plus désirables. 
Enfin, le 31. roseum, d'un aspect touffu, à feuilles recouvertes d'écaillés 
cristalines et à fleurs roses, est la perle de ma collection. 

Quant à la culture, il leur faut un sol léger et sablonneux, mêlé d'un 
peu de gravier et d'un peu de poussière d'os ; il faut tailler soigneusement 
la plupart des espèces pour les conserver dans une forme voulue et 
augmenter leur floraison. Pendant la période de végétation et de llo- 



262 — 



raison, les arrosements copieux sont nécessaires; mais en hiver, quand 
les plantes sont en repos, on ne peut leur donner que fort peu d'eau. 
Il est bon de les placer en été au pied d'un mur exposé au midi, où le 
soleil donne avec beaucoup de force, mais il faut avoir soin de les rentrer 
avant l'automne, dont les pluies lourdes leur seraient fort funestes. 

{Traduit du Floricultural Cabinet). 



REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU INTÉRESSANTES. 

1° PLEINE TERRE. 

Lonicera angnstifolia, Wall. — DC. Prodr, IV, 557, N« 45. — 
Lindl., Journ. of the hortic. Soc. III, 258 (c. ic). — Walp. Ann. Bot,, 




Pl. 71. Lonicera angustifolia. 



11, 735. — Tam. des Caprifoliacées ; Pcnlandrie Monogynic. — Clièvic- 
l'ciiillc à rcuillcs étroites. 

Le capitaine Miinro en envoya des graines du Nord des Indes à la 
société d'horticulture de Londres. Il forme un arbuste grimpant, à feuil- 
les caduques, étroites, lancéolées, ciliées; les fleurs sont petites, d'un 
jaune pâle et insérées par paires sur des pédoncules axillaircs. Elle 
atteint quatre à cinq pieds dans une bonne terre de jardin et se multiplie 
de boutures; elle fleurit en mai. 

Spiraea confasa, Regel et Kœrnicke. — Gartenflora, i838, p. 48. 
— Fam. des Rosacées; Icosandrie pentagynie. — Spirée confondue. 

Ce Spirœa est confondu par tous les auteurs avec le Spirœa chamae- 
drijfolia, Lin., qui est fort répandu dans les jardins. Il s'en distingue 
par ses rameaux arrondis et non anguleux, par ses feuilles obovales- 
oblongues, retrécies en coin vers la base, dentées plus ou moins profon- 
dément à leur extrémité ou tout au plus jusque vers leur milieu et 
surtout par ses petits fruits qui portent une bosse au bout, vers 
l'intérieur. 

Venidiam speciosum^ Regel. Gartenflora 1858, p. 49. — Fam. 
des Composées; Syngénésie superflue. — Venidie élégant. « M. Regel 
donne ce nom à une jolie plante annuelle du Cap, qui se trouve dans les 
jardins sous les noms de Venidium calendulaceum , multiflorum et 
arctotoides. Elle est, du reste, déjà bien connue. On la sème de bonne 
heure dans du terreau de feuilles, ou dans un mélange de terre franche , 
de sable et de terre de bruyère. On la plante en mai dans une plate- 
bande exposée au midi. » 

Calceolaria glatiaosa, Heer et Regel, var. Californica, Gar- 
tenflora 1858, p. 45. Journ. de la soc. Imp, de France 1858, p. 551. — 
Fam. des Scrofulariacées ; Diandrie Monogynie. — Calcéolaire gluante, 
variété de Californie. 

Cette Calcéolaire existe dans divers jardins sous le nom de Calceolaria 
californica. Elle diffère du type par ses feuilles profondément pinnati- 
fides, à folioles distinctes et petiolulées ou confluentes par la base, 
ainsi que par sa tige dressée; d'un autre côté, sa villosité visqueuse le 
fait distinguer aisément du C. scahiosaefolia , Sims, Elle s'élève à 
65 centimètres, elle se recommande par ses fleurs d'un beau jaune , qui 
tranchent agréablement avec son feuillage d'un vert foncé. On la sème 
de bonne heure sur couche tiède dans une terre légère. On repique 
ensuite le plant en pots, et, après Tavoir accoutumé peu à peu à l'air, 
on le plante en pleine terre vers la fin de mai. 

ffritillaria kamtschatcensis, Gawl. in Bot. Mag., 1216. — 
Fl. des serres, T. 1252. — Syn. : Lilium kamtschatcence. L. Lilium qua- 
drifoliatum, E. Meyer. — Uvularia oppositifolia, Schlechd, etc. — 
Fam. des Liliacées; Hexandrie Monogynie. — Fritillaire du Kamtschatcha. 

Les bulbes de cette espèce, enfilés en chapelets et séchés au soleil. 



- 264 — 



servent de nourriture aux naturels du Kamtschatcha et de la côte 
N. 0. américaine. Les feuilles sont verticillées ordinairement par quatre, 
lancéolées, minces et membraneuses, les supérieures sont opposées ou 
alternes. Les fleurs terminales par une ou deux sur chaque tige, pendantes 
et d'un rouge brun sombre ce qui a fait donner à la plante le nom de 
lis noir. 

Cosmidinm Bnrridgeanum, Hort. — Gartenflora 1858, p. 44. 
Fam. des Composées; Syngenésie frustranée. — Cosmidie de Burridge. 

C'est l'une des plus belles plantes nouvelles introduites dans ces der- 
nières années; on la sème en couche au printemps, et l'on repique 
ensuite en pleine terre; elle ressemble beaucoup au Cosmidium [Coreop- 
sis) filifolium, Hook, mais ses feuilles sont simplement pennées et les 
rayons des capitules sont rouge-noir et n'ont du jaune que verts le bout. 

Gilia latca, Steud., var. anrea, Regel. — Garte^iflora 1858, 
p. 51. — Journ. de la Soc. Imp. et cent, de Paris. — Famille des 
Polémoniacées ; Pentandrie Monogynie. — Gilie jaune, variété à fleurs 
jaune d'or. 

« Cette jolie petite plante annuelle se trouve dans les jardins sous 
le nom de Leptosiphon aureus. Elle ne diffère du Gilia lutea que par 
ses fleurs d'un jaune d'or. Elevée de graines, elle revient parfois au 
type jaune blanchâtre à œil jaune vif. On la sème de bonne heure dans 
une terre meuble, et plus tard on la met en pleine terre, à une exposi- 
tion chaude. C'est une des plus jolies plantes annuelles de nos jardins.» 

SERRE TEMPÉRÉE. 

Callistemon bpacbyandram, Lindl., in Journ. ofthe horticult. 
Soc. IV, 112 adn. et 115 c. ic. — Van Houtte, Flore des Serres, V, 
p. 4507 c. ic. xylogr. — Walpers, Afin. bot. System., II, 618, III, 891. 
— Fam. des Myrtacées; Icosandrie Monogynie. — Callistemon à courtes 
étamines. 

Arbuste d'un aspect compact et natif de la côte nord de l'Australie. 
Les feuilles sont étroites, d'un vert sombre, piquantes. Les fleurs sont 
axillaires, solitaires ou par petits groupes : le calice a cinq ou six 
divisions; les pétales sont blanchâtres et insignifiants. Les étamines 
d'un beau rouge vif, seulement du double des pétales et complètement 
droites; anthères d'un jaune vif. On cultive cet arbuste en serre tem- 
pérée dans un mélange de terre de bruyère sableuse et de terreau ; on 
le multiple de boutures, et il fleurit depuis le mois d'août jusqu'en 
novembre en produisant un fort bel effet. 

Myrtais pulcheEIa, Regel. — Gartenflora, 1858, p. 47. — Syn. 
Myrlus temiifolia, lîort. non Smith. — Fam. des Myrtacées; Icosandrie 
Monogynie. — Myrte gentil. 

C'est un joli arbuste d'orangerie, généralement connu dans les jardins 



— 265 — 



sous le nom de 3Iyrtus tenuifolia, Smith, qui ne lui appartient pas. Ses 
ileurs blanches sont nuancées de rose. 11 fleurit en été et en automne. 




Pl. 72. Callistcmon, brachyandrum, Lindl. 

La terre qui lui convient le mieux, est un mélange de terre de gazon 
argileuse avec un tiers de terre tourbeuse. 
iMoloma petr^ea, F. Mull. — Gartenflora, 18S8, p. 2S. — Journ. 



— 266 — 



de la société imp. et cent, d'hort. de Paris, 1858, p. o52» — Fam. des 
Lobeliacées; Pentandrie Monogynie. — Isotome des rochers. 

« Cette plante, très bonne à cultiver en pots, dit M. Regel, a été 
envoyée, dansées derniers temps en Allemagne, par M. Ferd. Muller, 
qui l'a découverte dans la Nouvelle Hollande. Elle a été répandue dans 
le commerce par des établissements d'horticulture d'Erfurt. C'est un^3 
espèce annuelle, haute de 55 à 50 centimètres, rameuse, à feuilles ovales 
ou ovales-lancéolées, profondément incisées, dentées et à fleurs blanches 
très analogues à celles de VIsolepis axillaris. On la sème, ainsi que 
cette dernière espèce, de bonne heure sur couche chaude, dans de la 
terre franche, additionnée de vase. On la tient jusqu'au mois de juin, 
dans une bâche tempérée, exposée au soleil, où on lui donne beaucoup 
d'air, après quoi on le place en plein air, à une exposition chaude. Elle 
fleurit depuis août jusqu'en octobre et novembre. » 

Erica Pabsti. Regel. — Gartenflora 1858, p. 50. Journ. de la 
Soc. Imp. de Paris. — Fam. des Ericacées; Octandrie Monogynie. — 
Bruyère de Pabst. « Nouvelle Bruyère voisine du bel Erica colorans, 
et que M, Regel regarde comme étant probablement un hybride de 
cette espèce et de l'^". hyemalis ou d'un autre. C'est un petit arbuste 
qui a le port de VE. hyemalis , avec des rameaux rougeâtres et velus. 
Ses feuilles, disposées par 4, sont linéaires, larges de 4 millimètres, 
couvertes de poils rudes. Ses fleurs sont situées, au nombre d'une à 
quatre, au sommet ou rarement sur les cotés de courts ramuscules laté- 
raux ; elles sont portées sur un pédicule à peu près de même longueur 
que le calice; leur corolle, longue d'environ deux centimètres, est 
tubulée et renflée en massue vers son ouverture; elle est d'un rose 
rouge. La plante fleurit abondamment au mois de juin. » 

Polygala Hilairiana, Endl., in Linn. v. 7, p. 557. — Bot. Macj., 
T. 5057. — Syn. P. Brasiliensis, Hort, Belg. — Fam. des Polygalacées. 
Diadelphie Octandrie. — Polygala de Ste. Hilaire. 

Les fleurs du P. Hilairiana sont peut-être les plus grandes du genre ; 
elles sont blanches légèrement rosées, et forment des grappes courtes 
et axillaires; les feuilles sont grandes, ovales, acuminées et persistantes. 
Cette espèce a été envoyée en Angleterre par M, Jacob Mackoy, de Liège 
sous le nom de Polygala brasiliensis 

Maschia Wollastoni, R. T. Lovve, in Sp. Pl. Mader. — Ilkist. 
hort. 1858, T. 171. — Famille des Campanulacées ; Pentandrie Monogynie. 
— Muschia de Wollastoni. 

Originaire de Madère, où elle paraît fort rare, cette remarquable 
Campanulacée, atteint environ deux mètres de hauteur lors de la florai- 
son. Les feuilles forment une élégante et large rosace sur le sol; la tige 
est assez épaisse et un peu succulente, couverte de poils. Après trois 
ou quatre ans de végétation on voit s'élever du centre de la touffe de 
feuillage, une haute hampe florale qui se ramifie en une vaste panicule 



— 267 — 



de ileurs à calice vert et à corolle jaune, orangé et rouge. Le Muschia 
de Wollaston est la seconde espèce du genre établi par M. Dumortier, 
à la mémoire de Mussche, ancien jardinier en chef du jardin botanique 
de Gand. 

Rhododendron argentenm, Hook. fil., Rhod, Sik. Himaly 
p. 40, t. 9. — Bot. Mag., t. 5054. — Famille des Ericacées; Décandric 
Monogynie. — Rhododendron à feuilles argentées. 

Originaire du Sikkim Himalaya, il y devient un arbre de trente pieds 
d'élévation et croît sur les sommets du Sinchul, du Suradah et du Tonglo 
à une hauteur supramarine de 8,000 à 10,000 pieds. C'est une des plus 
belles espèces découvertes par le D*^ Hooker. Même en dehors de l'époque 
de la floraison, il est fort remarquable par ses feuilles longues 
souvent de plus d'un pied, larges en proportion et toujours argentées 
en dessous. Les jeunes pousses se forment dans des bourgeons allongés 
recouverts de grandes écailles imbriquées et colorées , de manière à 
ressembler aux cônes de certains sapins; les écailles inférieures sont 
grandes, coriaces, glabres et d'un brun rouge ; les plus intérieures au 
contraire oblongues, spatulées et pubescentes. Les bouquets de fleurs 
sont rouges quand ils sont en bouton, et blanchissent à mesure qu'ils 
s'étalent, sauf une grande macule d'un rouge de sang très foncé qui se 
trouve à la base du tube. La première floraison du R. argenteum parait 
avoir eu lieu en mars 1858, dans les orangeries des jardins de Kew. 

5° SERRE CHAUDE. 

Dendrobinm chrysotoxnm, Lindl., in Bot. Reg. 1847, sub 
T. 19, Bot. Mag., T. 5055. — Famille des Orchidées; Gynandrie Mo- 
nandrie. — Dendrobium arc d'or. 

La section des Dendrocoryne , dans le beau genre Dendrobium des 
Indes Orientales, forme, d'après la remarque de M. Lindley , un grouppe 
particulier bien caractérisé par la tige charnue anguleuse, et munie de 
deux ou d'un plus grand nombre d'articulations, et d'une ou plusieurs 
feuilles à son extrémité supérieure. De plus, leur labelle ne se divise 
pas en une touffe de poils ou de franges. Dans ce groupe ainsi limité 
se trouvent les D. densiflorum, Griffithii, aggregatum , tetragonum, 
Veitchianum^ speciosum, etc.; il faudra désormais y ajouter le D. chry- 
sotoxum, qui en sera l'une des espèces les plus admirées; elle a été 
importée des Indes par MM. Henderson, et a fleuri au mois de mars 
dernier. Les fleurs forment, au nombre de douze ou plus, des grappes 
d'un beau janne d'or. 

Xiphidium floribundnm , Sw. — Bot. Mag. 5055. — Synon. : 
Xiphidium alhidum, Lam. — X. album , Willd. — Ixia xiphidium, 
Lœfl. — X. cœruleum, Aubl. — X. giganteum, Lindl. — Fam. des 
Wachendorfiacées ; ïriandrie Monogynie. — Xiphidium floribond. 



— 268 — 



Plante peu connue de TAmérique tropicale, remarquable par ses 
feuilles équitantes et sa ressemblance avec les Iris, à trois étamines, 
mais à périanthe régulier, à six divisions et infère comme dans les 
Asphodelées. Elle a beaucoup d'affinité avec les Wachendorfia, et ces 
deux genres sont en général placés dans les Hœmodoracées, mais M. Her- 
bert en a fait une petite famille sous le nom de Wachendorfiacées, qui 
a été conservée par Lindley. Les fleurs naissent en grappe composée 
ou en thyrses de 4 à 8 pouces de long. 

Oberonia acaalis, Griff, in JYotulae ad Plantas Asiat. pars 5, 
p. 275. — Bot. Mag., T. 5056. Fam. des Orchidées; Gynandrie Monan- 
drie. — Oberonia acaule. — Le genre Oberonia est formé de beaucoup 
dlespèces, dont un petit nombre seulement sont bien décrites. Celle-ci 
vient de Churra, dans le Bengale oriental, et a été introduite en Angle- 
terre par M. Simons. Le racème est long, cylindrique, tout chargé de 
petites fleurs jaune orangé. 

Epidendrnui chloB*oleucniii , Hook, var., fascolnteam, Re- 
gel. — Gartenflora 4858, p. 44. — Fam. des Orchidées; Gynandrie 
Monandrie. — Epidendre jaune verdâtre , variété jaune brunâtre. 

Cette variété a été envoyée du Mexique au jardin botanique de 
St. Petersbourg; elle ne diffère du type que par la différence de colora- 
tion de la fleur et les feuilles plus étroites. 

Malpighia Loddigesii, Regel, Gartenflora 4858, p. 46. Fam. des 
Malpighiacées ; Decandrie Trigynie. Malpighier de Loddiges. Originaire 
des Antilles, cet arbrisseau s'élève à plus d'un mètre et se ramifie beau- 
coup; feuilles linéaires lancéolées, cordées, fleurs roses; fleurit au prin- 
temps et à l'automne. 



ARCHITECTURE HORTICOLE. 



PLAN DE JARDIN, 

Par m. F. Rutger, Esq. 

Le plan ci-contre a été tracé par M. Rutger, l'habile dessinateur 
anglais pour un jardin de 7 à 8 hectares environ; il comprend le 
château ou la maison de campagne avec son jardin d'agrément de fleurs 
et d'arbustes , le jardin légumier, les étables, trois enclos de pâturage 
au nord, une chapelle et une cour à l'ouest, etc. 

LÉGENDE. 

1*» Maison. 

2° Poulalier, avec les constructions nécessaires pour Tengraissement 
des volailles. 

5** Cour de l'étable, avec corps de logis et fosse à fumier. 

4" Buanderie et brasserie. 

5° Couches, bâches et serres à forcer. 

6" Jardin légumier. 

y*» Chemin des enclos de pâturage. 

8" Trois enclos de prés avec une étable fermée et un abri dans le 
premier. 

9" Une pièce d'eau. 
10» Chapelle. 
11" Cour et enclos. 

Jardin floral et petite orangerie. 
15» Logement du jardinier. ; 
14" Berceau couvert. 
15» Banc couvert. 
10» Belvédère. 



— 271 — 

APPAREILS ET USTENSILES D HORTICULTURE 



REV^E DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE. 




Ces ustensiles ont ceci de particulier qu'ils consistent en un châssis 
de fer, parfaitement adapté au manche, et dans lequel on fixe solidement 



— 272 — 



des ramilles de Bouleau, de Bruyère, de Genêt ou d'autres arbustes ; elles 
sont maintenues au moyen de vises et d'écrous. Ces balais sont de 
forme cylindrique (fig. 74), et servent aux usages ordinaires ou bien 
plats et en forme d'éventail ; ces derniers conviennent particulièrement 
pour nettoyer les chemins des feuilles mortes et pour ramasser les herbes 
courtes, restées sur les pelouses (fig. 75). L'avantage du système de 
M. Henderson consiste surtout dans la grande facilité de faire sojgmême 
l'instrument à l'aide d'une simple provision de branchages. 




Pl. 78. Balais à châssis, en éventail, de M. Henderson. 



— 275 — 



NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR A. DONKELAAR, 

J.VRDLMER EN CHEF AU JARDIN BOTANIQUE 1)E l'uNIVERSITÉ DE GAND, CHEVALIER DE l'oRDUE 

DE LÉOPOLD, 

Par D. Spae , 

Horticulteur, Secrétaire-adjoint de la Société royale d'Agriculture 
et de Botanique de Gand. 

André Donkelaar naquit le 9 mars 1 785 à Vleuten (province d'Utrecht), 
en Hollande. Il était fils de Henri Donkelaar et de Wilhelmine Mantsum. 
11 eut son père pour premier maître, et ce fut dans le sein de la famille 
que Donkelaar reçut sa première instruction. 

Né jardinier, il se familiarisa de bonne heure avec la culture des 
plantes et apprit en même temps à les connaître. Bien jeune encore, il 
témoigna un goût prononcé pour l'architecture des jardins, goût qu'une 
circonstance favorable contribua à développer de plus en plus. C'était, 
en effet, précisément au moment où la création des jardins dits anglais 
devint le plus à la mode en Hollande et dans les Pays-Bas; Donkelaar 
s'appliqua donc ardemment à cette branche de l'horticulture, et aidé des 
conseils d'un de ses très intimes amis, il y fit des progrès étonnants. Il 
avait à cet égard les idées grandes, les vues larges et visait beaucoup 
à impressionner par des groupes homogènes. On l'eut dit inspiré par les 
Idées sur la physionomie des végétaux, développées presque à la même 
époque (180G) avec tant de talent par Humboldt. Réunissant un grand 
nombre d'arbres de même espèce, il savait en tirer des effets admirables, 
résultant aussi bien de leur mode de ramification que de leurs fleurs et 
de la couleur du feuillage. « Le choix des arbres et la connaissance du 
« terrain sur lequel on travaille, nous disait-il un jour, sont deux objets 
« auxquels un architecte ne peut jamais trop faire attention. Que 
a peut- on voir de plus beau que des groupes à' Abies excelsa et taxifolia, 
« de Cedrus Lihaiii, de Taxodium distichum et de Fagus purpurea? 
« Sans oublier des massifs de Rhododendron, de Houx, de Laurier de 
« Portugal et de Laurier-amandier. » Ce sont ces principes qui lui 
servirent toujours de guide dans l'ornementation des jardins. En même 
temps il subissait l'influence de la floriculture, à laquelle il finit par 
s'adonner en entier. 

Marié en 1805, il quitta la Hollande et vint s'installer en Belgique 
chez M. Smedts à Deurne, près d'Anvers, dont la campagne à cette 
époque était renommée pour une des plus belles du pays. Les cultures 
forcées y étaient pratiquées sur une large échelle: l'on y voyait de beaux 
Arjanas, des serres à raisin, à pêches et un nombre considérable de 
bâches pour les primeurs. Par un caprice du propriétaire, le jardinier 

BELG. HORT. TOM. VIII. 18 



— 274 — 



devait produire tous les ans les premières pêches le Jeudi-Saint, fait qui 
ne manqua jamais et qui mérita à Donkelaar les plus beaux éloges de 
son maître. Durant tout l'hiver, les serres devaient être garnies de 
plantes en floraison forcée, telles que Lilas, Boule de Neige, Azalea 
'poniica, Muguets, Narcisses, Jacinthes, etc. Outre ces diverses cultures, 
il y avait encore chez M. Smedts une superbe collection de plantes de 
serre, d'orangerie et de pleine terre, entre autres une collection de 
Renoncules à fleurs doubles de 500 variétés. 

Donkelaar fit pour M. Smedts plusieurs voyages en Angleterre, dans 
le but d'introduire dans notre pays des plantes alors rares ou nouvelles. 
A l'exposition de la Société royale d'Agriculture et de Botanique de 
Gand, le 28 juin 1818, une de ces introductions, le Gnaphaliiim 
eximium, fut couronné du prix de belle culture, et le Pelargonium 
tricolor obtint le 2^ accessit. 

Les différentes espèces de Rhododendron, les Azalea, les Kalmia, les 
Andromeda, les Pœonia Moutan et les Camellia étaient alors le plus 
à la mode, et Donkelaar s'appliqua d'une manière toute particulière à 
les cultiver. 

Il fut un des premiers ^ui multiplièrent dans notre pays les Camellia 
parle moyen de la greffe en approche, mode de multiplication qui fut 
abandonné plus tard pour la greffe en fente et la greffe en pose, dite 
greffe belge, est une invention à laquelle nous croyons que Donkelaar ne 
fut pas étranger. 

Son amour pour les fleurs avait fait naître en lui le désir de s'in- 
struire et doué par la nature d'une sagacité rare, il était parvenu à 
entendre dans plusieurs langues l'idiome propre aux botanistes et grâce 
à ses études constantes, il s'était familiarisé avec la physiologie botanique 
de son temps. Au moyen de son jugement sûr, de sa mémoire forte et 
par la comparaison, il s'était frayé un chemin dans la nomenclature, et 
s'était habitué à saisir les fils des différentes méthodes. 

Ce fut pendant le séjour de Donkelaar à Deurne que la culture du 
Dahlia reçut cette grande extension qui en a fait de nos jours une des 
plantes les plus connues et les plus admirées. On n'en connaissait alors 
que deux espèces types, le D. Coccinea Cav. et le D, pinnata Cav., 
{Dahlia variabilis, Desf.), dont l'une paraît être introduite en Europe en 
1789 et l'autre en 1802(1). 



(1) Dans une Description des plantes introduites en Belgique depuis 1800-1824-, que 
nous croyons pouvoir attribuer à Van Cassel , et reproduite dans le Messager des 
Sciences et des Arts, T. II, p. 55i, Gand 1824^, nous trouvons l'année 1802 comme 
époque de son introduction en Belgique. Le Catalogue Prix-couranl des Plantes de 
M. F. Wiegers à Matines de 1809, en mentionne sept variétés de couleurs différentes. 
Le Catalogue des Plantes du Jardin Botanique de Gand par Mussche, publié en 1810, 
mentionne également le D. pinnata. 



— 275 — 



Donkclaar fut, avec son ami F. A. Wiegers, cultivateur botaniste à 
Malincs, un des premiers à semer des Dahlia, pour en obtenir de variétés 
à fleurs doubles. Les premières plantes provenues de ces semis ne don- 
nèrent que des fleurs simples, mais avaient variées de couleur (1). Wie- 
gers obtint le même résultat, mais il avait jeté toutes ces plantes pour 
en semer d'autres, au moyen des graines des espèces types qui lui 
donnèrent toujours des fleurs simples. Donkclaar, au contraire, avait 
conservé les plantes obtenues de semis, et formant une première géné- 
ration, il en avait même récolté les graines pour les semer à leur tour 
et celles-ci produisirent des fleurs semidoubles. Se voyant sur la bonne 
voie, il continua à semer toujours de ses nouvelles générations, jusqu'à 
ce qu'il en obtint dont les fleurs étaient tout à fait pleines. 

Son premier Dahlia à fleurs doubles fut obtenu en 4814. C'était le 
premier triomphe de Donkclaar qui depuis obtint un grand nombre de 
nouvelles variétés, dispersées aujourd'hui dans toute l'Europe. Les 
variétés Honneur d'A nvers et Dodotiœus furent des premières conquêtes. 

Tels étaient les antécédans de Donkclaar, lorsqu'en 1818 M. Van Hul- 
them, membre du collège des curateurs de l'université de Louvain, en 
visitant avec lui les cultures de la campagne de M. Smedts, entrevit tout 
ce que valait celui qui en avait la direction. Il fallait un jardinier à 
l'université de Louvain, que l'on allait organiser : Van Hulthem offrit 
cette place à Donkclaar, mais celui-ci refusa, alléguant la reconnaissance 
qu'il devait à son maître pour les faveurs qu'il en avait reçues, et aux 
frais duquel il devait entreprendre sous peu un nouveau voyage. Peu 
de temps après, M. Smedts vint à mourir, et dès lors devenu libre, 
Donkclaar résolut d'accepter les offres qui lui avaient été faites. Il fut 
donc appelé en 1819 au poste de jardinier en chef du jardin botanique 
de Louvain. 

Tout était à créer dans cet établissement, ou pour mieux dire il n^y 
existait pas de jardin, à moins qu'on ne veuille donner ce nom aux 
restes de celui qui avait appartenu à l'ancienne université, avant l'occu- 
pation française. Un nouveau terrain fut donc mis à la disposition du 
titulaire, qui sut s'y montrer à la fois architecte, horticulteur et bota- 
niste. Comme toujours dans des cas semblables, il y eut à surmonter 
beaucoup d'obstacles; mais Donkclaar eut la satisfaction de voir enfin 
ses travaux couronnés de succès, et le jardin de Louvain ne tarda guère 
il prendre définitivement place parmi les principaux établissements 
analogues. Entretemps Donkclaar y jouissait de la réputation que lui 
méritaient son caractère honorable, son savoir, sa franchise et son habi- 
tude de rendre service quand l'occasion s'en présentait. Aussi était-il 
généralement considéré. On venait le consulter de toute part. En 1823 



(1) On ne connut primitivement que les variétés à fleurs rouges et violettes. 



i 



— 276 — 

Son Eminence le baron Falck, ministre de l'instruction publique, de 
l'industrie nationale et des colonies, l'invita par une lettre très flatteuse, 
à se rendre en Hollande, pour émettre son opinion sur les plantations 
et les embellissements, à faire dans le bois de La Haye. Le vicomte de 
Spoelberg, le baron de Peuthy, d'Udekem, le comte d'Outremont, le 
duc d'Aremberg et beaucoup d'autres notabilités ne dédaignaient pas 
de le consulter et de l'inviter à s'asseoir à leur table pour causer borti- 
culture. Le jardin de Louvain recevait la visite des célébrités étrangères 
parmi lesquelles nous citerons entre autres Nées von Esenbeek, Robert 
Brown, Brogniart, Knight, etc. On sait le jugement que porta ce 
patriarche de l'horticulture anglaise sur l'état du jardin de Louvain, 
et la manière dont il fit à cette occasion, l'éloge de Donkelaar (1). Pour 
lui prouver combien il l'estimait, il lui proposa de lui confier son plus 
jeune fils, Jean Donkelaar, afin de l'emmener en Angleterre, et de lui 
fournir les moyens de s'instruire dans le vaste établissement horticole 
qu'il y possédait. La proposition fut acceptée et quelques années plus 
tard Jean Donkelaar revint dans sa patrie riche d'observations et de 
connaissances pratiques. 

Pendant l'année 1829 arrivèrent du Japon en Hollande quelques pieds 
de Camellia greffés dans le pays sur de grosses tiges. Ou ces plantes avaient 
trop souffertes du voyage, ou la personne qui les reçut n'en connaissait 
guère la culture ; elles devinrent malades, et menacèrent de mourir. Don- 
kelaar les demanda et les obtint. Il les sauva d'une mort certaine et les 
propagea, si bien que, quelques années plus tard, elles fleurirent l'une 
après l'autre. La première qui s'épanouit fut nommée C. Donkelaarii, la 
seconde C. ochroleuca, la troisième C. candidissima et la quatrième 
C. tricolor ; une cinquième produisit d'énormes fleurs simples, mais ne 
fut pas mise dans le commerce où elle n'aurait pas pu lutter avec ses 
belles congénères. Tout le monde connaît la réputation européenne que 
ces plantes ont acquise. Les deux premières fleurirent en Mars d854 et cette 
floraison coïncidait avec l'exposition jubilaire de la Société royale d'agri- 
culture et de botanique de Gand, au palais de l'université. On se rappelle 
encore l'effet qu'elles y produisirent. Mussche, jardinier en chef du jar- 
din botanique, courbé sous le poids de l'âge et des infirmités, voulut les 
voir et les admirer, et Donkelaar, avec l'affabilité qui le caractérisait, lui 
offrit gracieusement un pied du C. Donkelaarii pour le jardin de Gand. 

A cette époque les Camellias étaient ericore loin de l'apogée qu'ils 
ont atteint en ces derniers temps. Mussche n'avait connu jusqu'alors 
que le petit nombre d'espèces dont ce genre se composait, ainsi que 
quelques variétés, ce qui se bornait aux Camellia japonîca, Sasanqua, 
axillaris, alba 'plena, pink et striaia. En juin 1850, M. Von Siebold, de 



(4) Relation d'un voyage en Belgique, etc., par Jos. Knight, Horticulteur belge. 
T. H, p. 129. Bruxelles, 1854. 



- î277 — 



retour en Europe de son voyage an Japon, introduisit les C. Futleng, 
Siebuldiana et Tsuhaki. Ces deux derniers ont servi à Donkclaar eonime 
porle-graines et lui ont donné beaucoup de jeunes plantes. 

Jusqu'à cette époque Musschc n'avait cultivé les Camcllia que comme 
plantes de collection, et les avait soumis au régime suivi pour les plantes 
japonaises. Cette culture avait pour résultat une floraison tai'dive, tandis 
qu'on est parvenu depuis, en les faisant boutonner dans la serre, à les 
l'aire fleurir dès le commencement de Thiver. 

Donkclaar avait aussi son système à lui pour faire fleurir les Camcllia ; 
il les sortait dès la fin d'avril, les mettait à l'ombre et à l'abri du vent, 
pour les rentrer aussitôt que la pousse était formée. Ce traitement lui 
donnait beaucoup de boutons, mais ce procédé avait le défaut de faire 
produire aux plantes des boutons trop faibles. Le nombre de nouvelles 
variétés qu'il réussit à obtenir par ses semis est très considérable; les 
plus belles sont : Ruhens, Van Dyck, Reine des Fleurs, Reine de 
Finance, Reine des Belges, Agathe royal, Pompon royal, Arlequin, 
Louis etc. 

En ISo"), quelques jonrs après la mort de Mussebe, Donkclaar lui 
succéda à la place de jardinier en chef au Jardin Botanique de Gand. En 
lui adressant l'arrêté ministériel de sa nomination, feu M. Cornelisseo, 
secrétaire du collège des curateurs, lui disait : « Par cette nomination, 
non-seulement le vœu du collège, mais encore celui de M. Mussche a été 
rempli. » Circonstance qui honore à la fois les deux amis qui avaient élc 
ensemble pendant longtemps à la tète de l'horticulture en Belgique. 

A son arrivée à Gand, Donkclaar trouva le Jardin Botanique dans un 
état d'abandon difficile à décrire, et il ne fallait rien moins que le 
courage et le désir ardent dont il c'tait animé pour le faire revivre et 
prospérer. La classification linnéenne fut replantée à neuf et considéra- 
blement augmentée, et quelques années plus tard^ dans une autre partie 
du jardin , fut créée une école où les plantes furent rangées selon les 
familles naturelles. Une foule de plantes indigènes, qui autrefois avaient 
été cultivées au jardin, en étaient disparues, et Donkclaar, pour remplir 
cette lacune, faisait, et cela pendant bien des années, régulièrement une 
herborisation par semaine, sans compter ses nombreuses excursions dans 
la Flandre maritime avec M. le professeur Kickx. 

Une nouvelle serre fut bâtie sur son plan et ses conseils. Elle était 
particulièrement destinée à la culture des Orchidées et des plantes rares 
qu'il avait introduites dans l'établissement et auxquelles il voua depuis 
lors tous les instants de sa vie. 

Le Jardin de l'Université de Gand a toujours été renommé comme 
possédant une des plus belles et des plus rares collections botaniques du 
conlincjit : ses superbes exemplaires de Latania borbonica, Caryota 
urens, Cliamœrops Birro, Pandamis odoratissimus, etc., etc., en sont 
un exemple. On peut juger d'ailleurs du degré de prospérité que cet 



— 278 — 



établissement atteignit successivement par les magnifiques Collections de 
platites médicinales et alimentaires exotiques, de Pandanées, de Palmiers, 
de Cycadées, de Banksia et Dryandra, qu'il envoya à Bruxelles lors 
de l'exposition nationale des produits de l'horticulture en 4848. Les 
serres étaient devenues entre temps trop restreintes et trop basses pour, 
contenir encore plus longtemps de si belles productions végétales. La 
régence de Gand envoya M>L Jean Donkelaar fils, Van Hoecke et Putzeys 
en Angleterre, en France et en Allemagne, pour examiner et étudier les 
vastes conservatoires que s'étaient érigés les autres villes de l'Europe, 
et ce fut après ce voyage qu'elle décréta la construction d'après les plans 
de l'architecte M. J. Van Hoeke, de la vaste serre à Palmiers et des 
deux ailes latérales. 

Dans le conservatoire affecté aux Palmiers, Donkelaar en planta plu- 
sieurs en pleine terre, ils s'y développent actuellement d'une manière 
admirable et leur végétation vigoureuse rivalise avec celle de leur pays 
natal. Les deux grandes ailes latérales sont remplies de toute les plantes 
de serre chaude et de serre tempérée. Une grande et longue serre est 
occupée par l'immense collection d'Orchidées qui, soit dit en passant ^ 
est une des plus belles qui existent. Une autre serre pareille à celle-ci 
contient les plantes du Cap et de la Nouvelle Hollande. L'introduction 
de beaucoup de plantes, de même que la floraison de quelques-unes 
d'entre elles, font éqoque dans les annales du jardin et sont des docu- 
ments authentiques pour l'histoire de rhorticulture belge. 

C'est ainsi qu'en 1858 y fleurit pour la première fois la Nymphéa 
mihra ou Castalia magnifîca de Salisb., cultivée déjà en Belgique 
depuis 1814, sans avoir jamais porté des fleurs. Un aussi beau triomphe 
après plus de vingt années de patience et d'infructueux essais, était pour 
Donkelaar un grand honneur. 

Le 26 juin 1842, la magnifique Sohralia macrantha y développa sa 
première fleur et le 22 juin 1843, Donkelaar en envoya à l'exposition 
de la société royale d'agriculture de botanique de Gand, une plante 
couverte de 56 fleurs toutes épanouies. 

En 1845 fleurit la superbe Cattleya marmorata, et ce fut vers cette 
même époque que Donkelaar introduisit le Xepenthes Raflesianaj plante 
aussi rare qu'extraordinaire, et dont il n'existait alors, disait-on, que 
trois pieds vivants en Europe (1). Il cultivait en même temps un superbe 
exemplaire du Nepenthes distillatoria. 

Le Paidownia imperialis et V Epimedium pinnatum fleurirent au 
printemps de 1846, et en février 1848 fleurit pour la première fois sur . 
le continent le Cypripedium Loicii, tout récemment introduit de Bornéo. 
Au printemps de 1849, le Spathodea speciosa développa dans les serres 
ses magnifiques bouquets de fleurs. 



(1) MoRREN,.4«na^. Soc. Royale d'Agric. et de Bot. de Gand, T. III, p. 7, année 1847. 



— 279 — 



Indcpeiidainmcnt de toutes ces belles plantes, le jardin botanique de 
Gand en possède encore plusieurs autres obtenues par Donkelaar. Nous 
citerons parmi les Pivoines en arbre {Pœotiia Montan) , la Heine des 
Fleurs, le duc d'Orléans, le Comte de Flandre et la Donkelaarii; cette 
dernière est la plus belle des quatre, sa fleur est énorme et ronde comme 
une grosse boule. 

Les Pœonia albiflora speciosa et pulcherrima ont été obtenues en 
même temps que la festiva, qui est sans contredit une des plus belles 
qui existent et il y a plus de 25 ans qu'elle a été gagnée. 

Les charmantes Epimediiim atroroseum, lilacinum, rubrum, sulphtt- 
rmm, versicolor etc., sont encore le résultat de ses fécondations arti- 
ficielles. 

Les trois superbes Gesneria sufliraient à eux seuls pour rendre à 
jamais mémorable le nom de Donkelaar dan» les fastes de l'horticulture. 
Il eut le bonheur de voir vers la fin de l'automne 1850 fleurir pour la 
première fois son Gesneria Donkelaarii, belle hybride provenant d'une 
fécondation artificielle du G. discolor, par le pollen d'un Gloxinia 
rubraih. C'est une noble plante à inflorescence paniculée, ayant les 
corolles très grandes, d'un beau rose en dehors, jaunâtre en dedans. 
Le Gesneria Miellezii a les fleurs d'un lilas clair, délicat, et le G. Gloxi- 
niaeflora, le plus beau des trois, ne fleurit pour la première fois 
qn'en 4856; ses fleurs sont grandes et d'un rouge carmin. 

Son Sempervivum Donkelaarii hybride du S. speciosum et S. tabulae- 
forme , est une très belle plante de la catégorie des plantes grasses. 

Il existait déjà depuis quelques années au jardin un Aquarium destiné 
à la culture des Nymphéa qui tous les ans y produisent une profusion 
de fleurs. En 1852, une année seulement après l'introduction de la 
fameuse Victoria regia en Angleterre, fut construit sur le plan de 
Donkelaar un Aquarium plus grand destiné à cette plante merveilleuse, 
si justement nommée la Reine des eaux. Vers le commencement de 
février de la même année Donkelaar avait demandé une de ces plan- 
tes en Angleterre, mais elle arriva morte; tout désolé de cette perte 
il en demande une autre, et cette fois il fut assez heureux de la recevoir 
dans un état satisfaisant, quoique ayant beaucoup souffert par le 
voyage. Plantée le 15 mai, au milieu de ce grand bassin, et grâce aux 
soins intelligents dont elle était entourée, elle s'y développa si bien que 
six mois après, les limites de ce même aquarium étaient devenues trop 
restreintes, les feuilles en surpassaient les bords; elles mesurèrent trois 
mètres de circonférence, et, le 7 octobre, elle ouvrit sa première fleur. 

Nous l'avons déjà dit ailleurs (2), ce fut Donkelaar qui constata le 
premier qu'il était possible de conserver pendant plus d'une année cette 



(1) Lemaire, Jardin fleuriste, T. IV, t. 382. 

(2) Quelques mois prononcés sur la tombe de M. A. Donkelaar, etc. 



— 280 — 



magnifique plante, regardée jusqu'alors comme annuelle. Toutes ces fleurs 
produisirent de la graine en quantité, elles furent semées au printemps 
suivant, et Donkelaar en distribua librement à ses amis, entre autres à 
MM. Léon Rosseel et De Smet, fabricants en cette ville, où, plantées 
dans les bassins de leurs jardins recevant l'eau de la fabrique, s'y 
développèrent et y fleurirent admirablement. 

Toujours préoccupé du désir de créer de nouvelles hybrides et 
d'augmenter par là encore le nombre déjà si grand des plantes destinées 
à la jouissance de l'homme, Donkelaar féconda la Victoria par du pollen 
pris sur ses différentes espèces de Nymphéa et vice versa. 11 en a obtenu 
de graines qui ont parfaitement levées, mais dont le résultat n'a rien 
produit de très heureux. 

La nouvelle Société d'Horticulture de Gand qui s'est imposé la mission 
d'encourager par des prix, les jardiniers qui fréquentent le Marché aux 
Fleurs, eut l'idée de former en mai au marché même, un bouquet 

de plantes en fleurs, en honneur, croyons-nous, de ses membres 
honoraires. Donkelaar y vit pour la première fois le Rhododendron 
Dalhousiœ en fleurs. Il n'en put croire ses yeux, ne pouvant voir la 
plante qu'à une certaine distance; il trouva à cette fleur tant de ressem- 
blance avec celle d'un Lilium longiftorum, que nous dûmes le conduire 
tout près d'elle pour le faire revenir de son erreur (1). 

Un autre fait que nous ne pouvons pas passer sous silence, et qui 
témoigne une fois de plus combien Donkelaar aimait à doter le jardin 
de quelques plantes nouvelles. Un jour, et nous nous le rappelons encore 
bien, ce fut en août 1835, que tout en admirant la belle floraison de la 
Victoria regia, il nous dit qu'il avait eu la visite de deux amateurs de 
fleurs du midi de la France. Ceux-ci lui avaient parlé de l'existence des 
Nelumhium specioswn à fleurs blanches et rouges doubles. Il était à la 
torture pour posséder ces deux plantes, et nous lui promîmes notre 
concours pour les lui procurer. Nous en écrivîmes à notre correspondant 
et ami, M. Rantonnet, à Hyères. Sa réponse ne se fit pas attendre et fut 
affirmative. Le printemps suivant, nous reçûmes un petit panier conte- 
nant les rhizomes des plantes tant désirées; elles furent immédiatement 
plantées avec tous les soins que comportaient leur état, et pendant les 
mois de juillet et août., elles fleurirent à la grande satisfaction de 
Donkelaar. 

Son amour pour les plantes était tel que, malade déjà et ne pouvant 
plus aller dans ses serres pour les visiter, il s'en fit apporter les plus 
rares dans sa chambre pour voir par lui-même si elles étaient convena- 
blement soignées. 

Une carrière si longue et si honorable, écoulée dans le sein de sa 



(1) Celle admirable planle est figurée No 4718 du Bolanical Magazine, el N^iGO de 
la Floi^c des Serres de Van Houtte, T. V. 



l'ainille et au milieu de ses fleurs, qui oecupaieul lous ses iiislanls, ne 
j)()uvail |)asser iuaperçue du gouverneniciit, et le Roi, en récompense 
de son mérite, le décora de son ordre. 

II était membre correspondant de plusieurs sociétés d'horticulture de 
la France, de la Hollande et de la Belgique. 

Donkelaar eut trois fils et trois iilles. L'aîné de ses fils lui avait 
succédé à Louvain, où il mourut en 1847; le second, docteur en méde- 
cine, décéda en 1857; le plus jeune, Jean Donkelaar, sous-jardinier au 
Jardin Botanique de Gand, fut enlevé subitement à sa famille et à ses 
nombreux amis le 7 juillet 1856. La mort de ce dernier porta un coup 
funeste au vieux Donkelaar; il perdit courage et tomba malade quelques 
mois après ce fatal événement. 11 se remit cependant et reprit lentement 
ses forces, lorsque, de nouveau atteint, il mourut le 22 février 1858, 
âgé de. 74 ans, il mois et quelques jours, après 57 années de service 
comme fonctonnaire de TEtat. 

Le nom de Donkelaar est à jamais lié à l'histoire de l'horticulture en 
Belgique, plusieurs plantes rappelleront sa mémoire. M. Lemaire a dédié 
à réminent horticulteur, dont nous déplorons la perte, le genre Donke- 
laariai^), appartenant à la section de la famille des Rubiacées, que 
quelques auteurs ont désignée sous le nom de Cinchonacées. 



(1) Donkclaaria dichotoma. Ch. Lemaire, Illustr. hort., T. II, Mise. p. li, octo- 
bre 1855. 



282 - 



JARDIN FRUITIER. 



NOTICE SUR LA POIRE CALEBASSE PRINCESSE MARIANNE^ 
Par m. Alexandre Bivort. 

(Représentéé pl. 76, fig. 1). 

Cette variété, que feu M. Simon Bouvier appelait par erreur Calle- 
basse Bosc, et que nous avons décrite sous ce nom dans l'album de 
Pomologie, n'est autre que la Poire Marianne, décrite par Van Mons 
dans les Annales générales des Sciences physiques, et dédié par l'ob- 
tenteur à la princesse Marianne des Pays-Bas; elle est moins connue 
que le Beurré Bosc, avec lequel il est parfois facile de le confondre, 
à cause de son coloris et de sa forme presque identique. 

Le fruit est gros, pyriforme, pyramidal ou callebassiforme, plus ou 
moins bosselé. L'épiderme, rude, vert clair, passe au roux-fauve à 
l'époque de la maturité; il est panacbé de brun et ponctué de gris. Le 
pédoncule, long de 2 à 5 centimètres, est assez gros, brun, implanté 
dans une petite cavité. Le calice est irrégulier; il occupe une cavité 
moyenne dont l'orifice est bosselé; ses divisions sont noires, en partie 
caduques. Le chair est blanche, assez fine, fondante ; son eau est très 
abondante, sucrée et bien parfumée. 

C'est un fruit de première qualité, dont la maturité a lieu vers la 
fin de septembre. 

L'arbre est vigoureux, très fertile, et peut se cultiver en haut-vent 
comme en pyramide, sur franc ou sur coignassier; son bois pousse 
horizontalement et finit par s'incliner sous le poids des fruits. 

Ses branches à fruits sont courtes, grêles, grises. 

Les supports sont très courts, gris, ridés à leur base, légèrement 
renflés, lisses et bruns à leur sommet. Les jeunes rameaux sont longs, 
grêles, droits; l'épiderme, brun-verdâtre , ponctué de lenticelles ovales 
rousses du côté de l'ombre, est brun-rouge, nuancé de gris et parsemé 
de nombreuses lenticelles allongées, blanc sâle, du côté du soleil. 

Le gemme est triangulaire, pointu, brun lavé de gris, apprimé et 
seulement un peu écarté de son sommet. 

Les mérithalles sont moyens. 

Les feuilles des rameaux sont moyennes, ovales pointues, légèrement 
serrelées, planes, arquées, vert clair, supportées par de gros pétioles 
jaunâtres, légèrement canaliculés, longs de 2 centimètres. Sur lambour- 
des, les feuilles sont amples, planes, supportées par des pétioles plus 
grêles, de 4 à 5 centimètres de longueur. 

Les stipules sont filiformes. 



— 283 — 



NOTICE SUR LA POIRE CALEBASSE TOUGARD, 
Par m. Alexandre Bivort. 

(Représentée pl. 7j, fig. 2.) 

Cette variété, provenant des semis de Van Mons, a produit pour la 
première fois en 1845, trois ans après la mort du savant professeur. Je 
l'ai prise sous mon patronage, ainsi que celles gagnées par la suite à 
Geest-Saint-Remy, afin de les distinguer des fruits dégustés et recom- 
mandés par leur premier auteur. 

Elle a été dédiée à M. ïougard, président de la Société d'horticulture 
de la Seine-Inférieure, à Rouen, et membre correspondant de la com- 
mission royale de poraologie. 

Le fruit est gros ou très gros ; à son premier et son second rapport, il 
était généralement calebassiforme; maintenant il est presque toujours 
pyriforrae pyramidal. L'épiderme, rude, vert clair, est en grande partie 
couvert de gris de rouille^ panaché de brun, et ne jaunit que bien peu 
à l'époque de la maturité. Le pédoncule, gros, ligneux, brun-verdàtre, 
long de 15 à 20 millimètres, est implanté à fleur de fruit ou dans une 
très petite cavité. Le calice, petit, étoilé, est placé dans une cavité peu 
profonde et évasée; ses divisions sont noires à l'intérieur et grises 
extérieurement. La chair est rosée, fine, fondante, demi-beurrée; son 
eau est très abondante, sucrée et d'un parfum très agréable. 

La Calebasse Tougard est un fruit de toute première qualité, dont la 
maturité a lieu vers la fin d'octobre et en novembre. 

L'arbre, vigoureux et fertile, convient à la pyramide et au haut vent. 
On peut le greffer sur coignassier comme sur franc, en ayant soin de lui 
mettre un bon tuteur, car il est sujet à se décoller pendant les deux 
premières années de greffe sur coignassier. 

Ses branches à fruits sont longues, grêles, grises. 

Les rapports sont assez gros, fortement ridés et gris à leur base, 
renflés, brun verdâtre, ponctués de roux à leur sommet. 

Le bouton à fleur est moyen, allongé, pointu, brun clair lavé de gris 
cendré. 

Les jeunes rameaux sont très gros, très longs, flexueux, striés et 
cotonneux. 

L'épiderme, brun-rouge ou brun-violacé du côté du soleil, brun- 
verdâtre du côté de l'ombre, est ponctué de grosses lenticelles grises, 
rondes ou ovales. 

Les gemmes sont triangulaires, pointus et apprimés au sommet du 
rameau; les autres sont coniques, pointus, brun lavé de gris, tout à 
fait saillants, portés sur un fort renflement et sur des rudiments de 
lambourde. 

Les méritlialles sont inégaux. 



— 284 — 



Les feuilles sont amples, ovales allongées ou ovales lancéolées pointues, 
d'un beau vert foncé, planes ou à bords légèrement relevés en gouttière 
et arquées dans ce cas; leur serrature est large et régulière. 

Le pétiole, long de 5 à o centimètres, est gros, canaliculé, vert- 
jaunâtre. 

Les stipules sont linéaires. 

{Ann. de Pomologie). 

DE L'ABORICULTURE FRUITIÈRE AU POINT DE VUE AGRONO- 
MIQUE. 

Par m. Royer. 

Président de la commission royale belge de Pomologie. 
(Suite, voyez p. 2S6.) 

Cette situation avait attiré l'attention du gouvernement belge en 4847, 
et motivé l'institution d'une commission d'hommes spéciaux, chargés 
d'étudier ces questions et de publier les résultats de ces études. 

Le congrès agricole de 1848 émit un vœu analogue , auquel il fut satis- 
fait en 1852. La commission royale de Pomologie ayant été instituée à 
cette époque, elle a publié depuis les cinq premiers volumes de ses 
Annales de Pomologie belge et étrangère. 

Ce même travail d'appréciation et de vérification des fruits, d'adoption 
ou de rejet, confié en Belgique à un corps officiel, a été jugé également 
nécessaire dans d'autres contrées de l'Europe, notamment en France, 
où il est commencé depuis deux ans par des congrès. L'organisation de 
ces assemblées nous parait laisser beaucoup à désirer, si on la compare à 
ce qui se fait aux États-Unis, pays qui, dans ce moment marche réelle- 
ment en tête du progrès, grâce à l'influence et à l'organisation solide et 
rationnelle de V American Pomological Society. Nous avons cité quelques 
fragments de l'adresse du président général de cette association, lors du 
meeting de Rochester en 1856; nous lui empruntons de nouveau le pas- 
sage suivant : 

« Au milieu des progrès rapides qu'ont fait les arts et les sciences, il 
« est satisfaisant de reconnaître que la pomologie n'est pas restée station- 
« naire. Peu de sujets montrent aussi remarquablement les progrès de 
a la civilisation, si l'on considère combien la culture des fruits s'est amé- 
« liorée depuis l'établissement de la plus ancienne société d'horticulture 
« américaine, qui date à peine d'un quart de siècle. Alors, ces associa- 
« tions étaient en pelit nombre et faibles; aujourd'hui, elles sont en 
a grand nombre et influentes, s'étendant depuis les colonies britanni- 
« ques du Canada jusqu'au golfe du Mexique, et d'un Océan à l'autre, 



— 285 — 



« toutes combinant leurs études et leurs travaux avec harmonie, et assis- 
« tant notre association dans l'exauien des fruits de notre domaine na- 
« tional. Auparavant, la récolte des fruits n'était pas jugée digne d'une 
« mention dans nos statistiques; aujourd'hui, ces récoltes excèdent an- 
« nuellement trente millions de dollars (465 millions de francs) et sont 
« devenues rapidement l'un des produits les plus précieux et les plus in- 
« dispcnsables de notre république. Autrefois, la vente des arbres frui- 
« tiers se comptait par milliers; à présent, elle se compte par centaines 
« de mille. Alors, les fruits de choix étaient un luxe réservé aux jardins 
« de l'opulence; à présent, ils aident à garnir la table de l'humble cam- 
«r pagnard, et les hameaux sont rares où l'on ne voie en honneur l'arbre 
« fruitier et la vigne. 

« L'organisation de V A merican-Pomological Society ne date que de 
« huit ans, déjà des associations analogues existent dans les divers dis- 
« tricts des États, où elles exercent une influence salutaire et puissante. 
« Cette amélioration est pleine d'espérance , et doit nous encourager à 
« redoubler d'activité et de persévérance 

« Si les idées relatives aux progrès de la pomologie^ et les moyens 
flc indiqués d'avancement et d'amélioration future présentent une per- 
« spective admirable aux cultivateurs américains; si des merveilles ont 
« été effectuées par des entreprises privées, de plus grandes merveilles 
« sont à réaliser par les efforts communs de l'association. Combien d'a- 
« vantages sont résultés pour notre pays de Taction des sociétés pomologi- 
« ques, notamment de nos listes de fruits? Qui peut estimer tout le la- 
« beur épargné et les trésors gagnés par les cultivateurs au moyen de 
« nos listes de fruits rejetés, en empêchant l'acquisition et la culture 
a de fruits sans valeur? Les autres listes sont également utiles, et ce doit 
« être un grand objet pour ce Meeting biennal, de réviser et perfection- 
« ner le catalogue de la société, de le rendre aussi véridique que possible, 
pour qu'il contienne et transmette à la postérité l'expérience mûrie de 
« la génération actuelle, et devienne l'étendard, en pomologie, de ceux 
«c qui viendront après nous. 

« J'ose prédire que, dans un avenir peu éloigné, nous sentirons la 
a nécessité d'un institut national de pomologie, avec un jardin d'expé- 
« rimentalion, où l'on puisse obtenir toutes les variétés dignes d'être 
« nommées; où toutes pourront être vérifiées et distribuées aux mem- 
« bres de la société, et délivrer ainsi les pomologues américains de 
a grandes dépenses et d'inconvénients personnels. 

« En vue de cet heureux progrès, réunissons notre expérience 

« et nos résultats; stimulons-nous à de plus grands efforts pour le salut 
a de notre cause commune; tâchons de répandre les connaissances de 
<£ quelques-uns parmi la foule, afin que nous puissions améliorer le goût 
« public, ajouter au bien-être de notre patrie, et procurer à tous nos 
a concitoyens les jouissances de notre art favori. C'est ainsi que nous 



— 286 — 



« contribuerons au bonheur des autres, et rendrons nos propres habita- 
it tions le séjour du confort et du contentement. » 

On voit, par cette citation, l'importance que les Américains attachent 
à Tarboriculture fruitière, ainsi que les progrès de cette culture, sous 
l'influence d'institutions pomologiques tendantes au même but que la. 
commission belge et la société van Mons cherchent à atteindre. 

On ne saurait se dissimuler néanmoins que les efforts consciencieux, 
tentés en Belgique en faveur de l'amélioration de cette branche de la 
production, n'ont pu réussir encore à vaincre la routine et l'apathie qui 
régnent dans les campagnes. A la vérité, on voit le goût des bons fruits 
se propager de plus en plus dans les jardins des classes aisées; mais il 
faudrait que ce luxe devînt celui de tous, il faudrait que des fruits excel- 
lents alimentassent la table de l'ouvrier comme celle du maître et que 
les marchés des villes en fussent bien pourvus, au grand avantage de 
Tacheteur et du vendeur. Ce vœu n'est pas une utopie; les moyens de le 
réaliser existent largement. 

Plusieurs de ces moyens peuvent être tentés pour hâter l'accomplis- 
sement de nos vœux et la régénération de la grande culture fruitière. 

En 1856, dans un rapport à M. le ministre de l'intérieur, rapport 
imprimé et distribué à toutes les conférences d'instituteurs du Royaume, 
j'indiquais ces modestes fonctionnaires comme pouvant servir utilement 
d'intermédiaires auprès des populations rurales. Je m'exprimais ainsi : 

a Si l'on désire améliorer cette partie de la culture du sol, il faut 
« nécessairement recourir aux deux moyens suivants : 

a Éclairer les populations sur leurs intérêts, en faisant connaître les 
« variétés qu'elles peuvent cultiver avec avantage; tel est le côté 
a théorique. 

<t Leur distribuer, soit des arbres, soit des greffes de ces variétés; c'est 
ft entrer dans la pratique. 

ce La question qui se présente naturellement ici est le choix des 
«c intermédiaires les plus propres à populariser le goût de ces améliora- 
« tions. Je n'en connais pas de plus convenables que les instituteurs 
« primaires des campagnes; en effet, presque tous ont un jardin; d'ordi- 
« naire, ces jardins sont dépourvus de murs ou d'abris pour l'espalier 
« et rentrent, par conséquent, dans les conditions de la grande culture. 
« L'intérêt des instituteurs est de ne cultiver que des fruits fertiles et de 
« bonne qualité; leur instruction les rend aptes à discerner les moyens 
« de satisfaire à cet intérêt. Dès l'instant où ils récolteront de bons fruits, 
« la propagation en sera d'autant plus rapide, que les instituteurs sont en 
« rapports journaliers avec la plupart des familles. » 

Un autre moyen de hâter le progrès serait d'imiter la puissante organi- 
sation de VAmerican-Pomological Society , qui a fait tant de bien aux 
États-Unis, dans ce que ces statuts contiennent d'applicable à la 
Belgique. 



— 287 — 



Nous croyons que le projet suivant pourrait servir de point de départ 
à une étude de la question : 

Une association centrale de pomologie sera constituée sous le titre de 

S0C1i5tÉ POMOLOGIQUE BELGE. 

1° Elle a pour objet les progrès des connaissances pomologiques et de 
la culture des fruits. 

2" Elle est composée de délégations ou députations nommées par les 
sociétés agricoles et horticoles, les commissions d'agriculture et les 
comices, et de toutes autres personnes qui portent de l'intérêt à cette 
branche de la production nationale. 

5° L'association se réunit en congrès au moins une fois tous les trois 
ans, aux époques à fixer par le bureau administratif, dont il sera parlé 
ci-après, en ayant égard à la situation des récoltes. 

4" Une exposition de fruits aura lieu simultanément avec la réunion 
du congrès. Cette exposition comprendra les produits industriels dont les 
fruits fournissent la matière première. 

5° Les congrès triennaux sont composés des personnes suivantes : 

A. Les membres titulaires et étrangers de la Commission royale de 
Pomologie. 

B. Les délégués des sociétés et comices affiliés à l'association; ces 
délégations seront de trois à cinq membres desdits sociétés et comices. 
Leurs présidents sont de droit vice-présidents honoraires du congrès. 

C. Des membres de commissions d'agriculture provinciales qui vou- 
draient en faire partie. 

D. Des correspondants de la société Van Mons. 

E. Des personnes qui, sans faire partie des députations des sociétés, se 
feraient inscrire comme membres de l'association, en payant une cotisa- 
annuelle de 

6° La commission royale de Pomologie remplit les fonctions du bureau 
administratif de l'association : elle est investie des attributions suivantes : 
Convocation des congrès. 

Surveillance et représentation des intérêts de l'association dans l'inter- 
valle de ses réunions. 
Recettes et dépenses. 

La commission ouvre les congrès par une adresse relative à la pomologie. 

Elle est aussi chargée de l'impression des procès-verbaux et des actes 
du congrès, ainsi que de leur distribution à ses membres. 

7« Deux mois au moins avant l'époque annoncée pour la réunion d'un 
congrès, les sociétés et comices affiliés ont le droit d'adresser leurs obser- 
vations au bureau administratif, sous forme de rapports, ayant pour objet 
les fruits gagnés dans le pays ou importés de l'étranger, leur mérite et 
leur culture, etc. Ces rapports sont réunis, imprimés et distribués aux 
membres du congrès, avant son ouverture, par les soins du bureau. 
Chaque rapport de société ou de comice est signé par ses délégués. 



— 288 — 



8" Avant l'ouverture du congrès, le bureau administratif nomme, 
parmi les délégués ou autres membres du congrès, trois comités de neuf 
membres, choisis, autant que possible, dans chaque province du royaume. 

Le premier comité est chargé de présenter les conclusions relatives aux 
fruits indigènes, en proposant, soit leur admission pour la culture géné- 
rale ou restreinte, soit leur ajournement, soit leur rejet, comme étant 
sans valeur. 

Le second comité remplira les mêmes fonctions pour ce qui concerne 
les fruits d'origine étrangère. 

Le troisième présentera ses conclusions au sujet des synonymies. 

Un membre du bureau administratif sera attaché à chacun des comités. 

9° L'exposition ouverte à l'occasion du congrès, sera composée de 
collections globales réunies par les sociétés et comices, et de collections 
individuelles. Les deux séries seront l'objet de concours séparés. 

10° Le jury se compose des présidents des délégations de sociétés et 
comices, réunis à la commission royale de Pomologie. Le jury a le droit 
de se compléter en appelant à en faire partie les membres du congrès 
possédant des connaissances spéciales. 

11" Les dépenses sont couvertes au moyen d'une cotisation annuelle 
versée dans la caisse commune par chaque société ou comice affilié, et des 
cotisations des autres membres. 

12° Le gouvernement sera prié de vouloir bien accorder son patronage 
à l'association et de lui accorder les locaux nécessaires pour les séances du 
congrès et l'exposition des fruits, ainsi que des médailles pour les 
concours. 

ORDRE DES TRAVAUX DU CONGRÈS. 

Premier jour. 

Adresse ou discours d'ouverture au nom du bureau administratif. 
Élection du président et des secrétaires. 
Communications adressées au congrès. 

Dépôt et développement de propositions émanant des sociétés ou des 
membres de rassemblée. 

Second jour. 

Lecture des rapports et conclusions des comités mentionnés à l'article 8. 

Discussion de ces rapports. Vote sur chacun d'eux. 

Discussion des propositions déposées la veille. 

Dépôt et lecture des jugements du jury de Texposition. 

Le projet qui précède reproduit la plus grande partie et la plus essen- 
tielle des statuts de V Améî'ican-Pomological Society, avec cette différence 
qu'aux États-Unis, on a dû constituer à Boston un bureau administratif 
aux frais de l'association, tandis qu'en Belgique, l'existence d'un corps 
officiel émanant du gouvernement permettra de simplifier cette orga- 
nisation. 

{La suite à la prochaine livraison.) 



. — 289 — 

HORTICULTURE. 



NOTE SUR LE CLIANTHUS DAMPIERI, ALB. CUNN, OU CLIAN- 
THUS DE DAMPIER, 

FAMILLE DES LÉGUMINEUSES. — DIADELPHIE DECANDRIE. 

(Représenté pl. 77, fig. 1-3), 

Clianthus : Calyx late campanulalus, subaequalis, 5-dentatus. Vexillum acumi- 
natum, reflexum, alis parallelis, longuis; carnina scapiformis, vexillo allisque mullo 
longior, omnino monopetala, stamina manileste perigyna, diadelpha, omnia fertilia. 
Stylus slaminibus duplo longior, versus apicem hinc leviter barbalus, stigmate 
simplicissimo Legumen pedicellatum , coriaceum, acuminatum, ventricosum, po- 
lyspermum, intus lanulosum, sutura dorsali recta, ventrali convexa. Semina reni- 
formia, fnniculis longiusculis affîxa. 

SufFrutices herbaeve, foliis impari-pinnatis, stipulalis; floribus speciosissimis, 
raceinosis. Lindl. 

Clianthus Dampieri herbaceus prostratus sericeo-villosissimus, foliolis oppositis 
(rarissime alternis) oblongis passim lineari-oblongis obovatisve, pedunculis erectis 
scapiformibus, floribus subumbellatis, calicibus 5-fîdis sinubus aeutis, ovariis 
(leguminibusque immaturis) sericeis. Bz. 

Clianthus Dampieri. AU Cunn., in //or^. Soc. Trans., ser. 2, v. 1, p. S21. — Br., 
in App. to Sturl's Exped. to central Australia, p. 71. — Bot. Mag.^ 1838^ T. 50S1. 
Synon. : Clianthus Oxleyi, A. Cunn., in Hort. soc. Trans. 1. c, p. S22. — Donia 
speciosa, Don., Gard. Dict., v. 2, p. 468. — Colutea novae Hoilandiœ. a Woodw. 
in Dampier's Voy., v. 5, p. III, T. 4-, f. 2, 

Figures analytiques. — 2. Etamines et pistils. — 3. Pistil détaché du réceptable. 
— {Figures grossies). 

Le Botanical Magazine vient de figurer cette brillante légumineuse 
d'après un superbe exemplaire qui a fleuri au mois de mars dernier dans 
les serres tempérées de MM. Veitch et fils à Exéter, et il accompagne 
ce dessin de la description et des détails suivants : 

Les fleurs d\i Clianthus Dampieri sont, quant aux dimensions parfaite- 
ment semblables à celles du Clianthus puniceus qui est bien connu, mais 
elles sont beaucoup supérieures par le coloris, le rouge écarlate des 
pétales étant relevé par une large macule pourpre-noir à la base de 
l'étendart. On considère le Clianthus puniceus comme originaire de la 
Nouvelle-Zélande, quoique l'on ne connaisse peut-être pas encore d'une 

BELG. HORT. TOM. VIM. d9 



— 290 — 



manière certaine une localité où il soit positivement sauvage (1). Quant 
au C. Dampieri, il est de la Nouvelle Hollande et fut découvert dès 1699, 
par Dampier, dans les îles sèches et sablonneuses de l'Archipel de 
Dampier par 29% 19' à 20%50' de latitude et 116" à 117° de longitude 
est; on le trouve déjà figuré et décrit par Woodwand dans la relation 
du voyage de Dampier. Vers 1818 Allan Cunningham en recueillit quel- 
ques nouveaux exemplaires dans les mêmes localités. 

Descriplion. Plante herbacée, procombante ou ascendante, glauque 
et tout entière velue par des poils longs, blanchâtres et soyeux. Tiges 
légèrement anguleuses et teintes de rouge. Feuilles alternes, pinnées, 
pétiolées, oblongues, divisées en environ seize folioles assez serrées, 
subopposées; oblongues ou elliptiques, souvent aiguës, sessiles; pétioles 
longs de un à trois pouces, présentant à la base une paire de grandes 
stipules herbacées et bifides. Pédoncule terminal , portant une ombelle 
de quatre à six grandes fleurs pendantes. Pédicelles bibractéolés. Calice 
pubescent, à tube cupulé, obtus à la base, à cinq segments, presque 
égaux, dressés, étalés, lancéolés, acuminés. Corolle rouge vif, étendard 
très grand, ovale-lancéolé, brusquement relevé dès sa base où l'on 
remarque une belle macule pourpre très foncée. Ailes petites, lancéolées 
subulées, défléchies, carène fort grande, courbe-lancéolée, acuminée, 
plus longue que l'étendard. Etamines diadelphes, très longues, neuf 
unies et une libre. Anthères linéaires, ovaire pédicellé, pubescent 
linéaire, s'amincissant graduellement en un long style subulé. 

Culture. Le Clianthus Dampieri est de serre tempérée et peut être 
placé en été à l'air libre, dans une situation ombragée. Il croît dans un 
bon sol ordinaire et se multiplie par boutures faites de juin en août sur 
couche chaude. 



(I) Sir Joseph Banks et le D*" Solander, qui ont les premiers signalé cette plante, 
en 1769, disent l'avoir trouvée dans un endroit des côtes méridionales des îles 
septentrionales de la Nouvelle-Zélande, ou dans le détroit de Cook. M. Allan Cun- 
ningham observe, que cette plante ne se trouve pas dans une collection formée par 
son frère à la Nouvelle-Zélande, et qu'il ne l'a pas vue pendant son premier 
voyage dans les îles Nord en 1826. C'est probablement une plante rare, et ses localités 
particulières sont les parties méridionales de la baie des îles, où Allan Cunningham 
l'a trouvée plus tard. On la rencontre aussi dans la vallée du Thames River à la 
Baie de Mercure {Mercury Bay), où Cook accorda aux naturalistes qui l'accompa- 
gnaient la permission de débarquer en 1769; à près de là, àTanraga, sont les stations 
de missionnaires où W. Leveson Gower, recueiUit les premières graines qui furent 
envoyées en Europe. 



— 291 — 



NOTICE SUR LE PENTSTEMON JAFFRAYANUS HOOK., OU PENT- 
STEMON DE M. JAFFRAY, 

FAMILLE DES SCRUPHULARIACÉES. — DIDYNAMIE ANGIOSPERMIE. 
(Représenté pl. 77, fig. 4-S). 

Pentstemon Jaffrayanus, perennis erectus glaber glaiicus; foliis omnino integer- 
rimis; radicalibus spathulalis in petiolum brevem attenuatis, intermediis oblongo- 
ellipticis, supremis sensim minoribiis sessilibus bracteisque cordato-ovatis, floribus 
pseudo-verticillatim paniculatis majusculis, calycis lobis late ovatis acutis, coroUae 
pulcherrime cœruleae basi fauceque rubrae limbo bilabiato, filamenlo sterili elongato 
imberbi. Bot. Jtiag., T. 

Sir William Hooker eut connaissance de cette charmante espèce rus- 
tique de Pentstemon, par M. JafFray, qui collectionna des plantes en 
i853 à Clear Creek, dans le nord de la Californie; il en envoya des 
graines en Europe, mais il parait qu'elles ne germèrent pas. MM. Veitch 
et fils de Chelsea furent plus heureux; des graines, qu'ils reçurent de 
Californie par M. W. Lobb, réussirent parfaitement, et dès 1857 le Pent- 
stemon de Jaffray était en fleur chez eux. 

11 se rapproche le plus du P. speciosus de Douglas et Lindley, origi- 
naire de l'Amérique du nord , mais il s'en distingue aussi par des carac- 
tères essentiels, et il est beaucoup plus beau; ce qui frappe surtout dans 
ses fleurs, c'est l'union si rare du rouge et d'un beau bleu vif. C'est une 
excellente acquisition pour nos jardins, qu'elle contribuera surtout à 
les embellir pendant les mois d'été. 

Description. Racine vivace. Tiges dressées, rameuses seulement à la 
base, haute d'environ un pied; les plus jeunes teintes en rouge et glabres 
comme du reste la plante entière. Feuilles très glauques, entières; les 
inférieures spatulées, surtout les radicales, et s'attenuant en un pétiole 
court; les moyennes oblongues-elliptiques, assez obtuses, nullement 
atténuées à la base, complètement sessiles; à mesure qu'on s'élève les 
feuilles deviennent graduellement plus petites et proportionnellement 
plus larges, ovales cordées, ou cordées et complètement sessiles, aiguës. 
Bractées et bractéoles, ressemblant à ces feuilles, mais seulement plus 
petites. Panicule terminale. Pédoncules opposées, bi-, tri- ou pluriflores. 
Fleurs modérément grandes et étalées. Calice court, à cinq lobes pro- 
fonds, larges, ovales, aigus, légèrement imbriqués et ayant leur extré- 
mité étalée. Corolle longue d'un pouce et un quart, d'un bleu riche, 
rouge à la base et à la gorge. Limbe bilabié, le supérieur de deux, l'in- 
férieur de trois lobes arrondis. Quatre étamincs fertiles et didynames : 



— 292 - 



anthère rouge foncé. Filaments stériles au moins aussi longs que les 
fertiles, glabres. Ovaire ovale, étroit. Style aussi long que les étamines. 
Stigmate obtus. 

FiGDRE ANALYTIQUE. — S. Etamines isolées et agrandies. 



REMARQUES SUR LES RHODODENDRONS DU ROOTAN. 

Les notes suivantes sur les rosages du Bootan ont été extraites par 
S. W. Hooker, dans son Journal of Botany, vol. V, des papiers de 
M. Nuthall. Ces plantes, d'une contrée naguère inexplorée, étant actuel- 
lement très répandues dans les cultures, nous pensons que quelques ren- 
seignements qui les concernent, peuvent être utiles aux amateurs et les 
intéresser. 

i° ReoDODENDROxN KEYSii, Nutt. — Il habite les montagnes du Bootan, 
à une élévation de 9-10,000 pieds au dessus du niveau de la mer : on 
le rencontre surtout au sommet et sur les versants nords du Lablang. 
C'est un arbuste rustique, atteignant 2 à 5 pieds de hauteur, et formant 
des buissons entremêlés de Gaulthérias et de quelques Ifs rabougris, 
au delà des limites des R. Hookeri et Falconeri, et dans la même zone 
que l'une des espèces parasites alliée au R. camelliœflorum. Il est assez 
odorant par suite de la nature résineuse des écailles ou lépides dont les 
feuilles sont recouvertes en dessous. Dans sa patrie il est parfois recou- 
vert de plusieurs pieds de neige et il a parfaitement résisté en Angleterre 
à l'hiver de 1851 à 1852. 

2° Rhododendron pumilum, Nutt. — Croît dans le Bootan à une hau- 
teur de 7,000 pieds, avec le R. Hookeri, et surtout dans les mêmes 
régions que le jR. Falconeri. On le rencontre sur les pentes élevées des 
monts Oola, au bord des ravins et accompagné d'une espèce de Primula. 

5° Rhododendron formosum? Wallich. Petit arbuste, aussi bien 
épiphyte que terrestre , végétant dans les mêmes stations que le R. Nul- 
talii, dans les grandes forêts des marais du Papoo. 

4^ Rhododendron nuttalii, Booth. — Cette espèce croît dans les monts 
Duphla à Meré Patar, autour du village de Seram sur les rivages du 
Papoo. Elle aime une terre bourbeuse et se trouve parmi des chênes 
et des Ifs à une hauteur supra-marine de 4-5,000 pieds. 

Rhododendron boothii, Nutt. — Il habite les monts Gascherong 
dans le Bootan, à une hauteur de 5000 pieds environ; il est parasite 
sur des chênes et ordinairement accompagné par des Thibaudia, une 
nouvelle espèce d'Hydrangea arborescente, etc. C'est un arbuste déjeté, 
de 5 à 6 pieds de haut , d'une grande beauté et s'avançant plus bas que 
la plupart des autres Rosages du Bootan : cependant, le thermomètre 
descend parfois, là où il croît, au point de congélation pendant la nuit. 

6° Rhododendron windsorii, Nutt. — Originaire du Bootan, à une 



— 293 — 



élévation de 7 à 9,000 pieds au-dessus de la mer; il croît sur les pentes 
et les escarpements de Roophyre, dans des endroits dénudés et arides, 
avec des Pins, des Cyprès, des Berberis, etc. 

7° Rhododendron kendhickh, Nutt. (in Annals and Magazine of Nat, 
Hist.j vol. XII, N*» 67, p. 10). — Ce rosage croît dans le Bootan vers 
7,000 pieds de hauteur, avec le R. Edgworthii, plus bas que les R. Hoo- 
keri et R. eximium, mais au-dessus du R. Windsorii ; il est accompagne 
par des Pins, des Ifs, des Chênes et notamment par le Pinus excelsa. 
Il est rustique en Angleterre et ses fleurs sont d'un rouge foncé. 

8" Rhododendron hookeri, Nutt. — Sur les sommets des monts Oola 
dans le Bootan, et sur les penchants nords de la passe de Lablang, on 
rencontre des buissons verdoyants uniquement formés de cette espèce et 
du R. eximium; dans la même région se trouve le Pimis excelsa-, la 
neige y est fort abondante et les froids rigoureux. Il devient un grand 
arbuste de 12 à 14 pieds de haut, avec une tige de 5-4 pouces en diamètre. 

9° Rhododendron shepherdii, Nutt. — Il croît dans les montagnes 
d'OoIa, entremêlé parmi les R, Hookeri et eximium, 

10° Rhododendron jenkinsii, Nutt. — On le trouve sur les versants mé- 
ridionaux de rOola, à une élévation supra-marine de 6-7,000 pieds, 
dépassant un peu les limites du R. Aucklandii , mais disséminé et pas 
en groupes nombreux, ce qui indiquerait que c'est une espèce rare au 
moins dans celte localité. C'est un bel arbuste, de 6 à 7 pieds, et dont 
les branches sont couvertes d'une écorce blanchâtre et soyeuse. 

11" Rhododendron calophyllum, Nutt. ■ — Du Bootan, comme le R. Jen- 
kinsii dont les botanistes ne l'ont pas encore suffisamment distingué, 
quoiqu'il ait un aspect bien différent. 

12" Rhododendron SPARSFLORUM, Nutt. — Du Bootan. D'après M. Booth, 
il accompagne le R. Keysii, et croît à la même élévation. 

13" Rhododendron lucidum, Nutt. — Des montagnes du Bootan, en- 
dessous du Bhorelli, accompagnant des Pins et d'autres plantes rustiques 
des régions les plus élevées. 

14" Rhododendron eximium, Nutt. Il habite dans les forêts du 
Bootan, sur les péntes rocheuses et les sommets des monts Oola, à une 
hauteur absolue de 10-11,000 pieds. Ces endroits sont souvent couverts 
de neige et de glace. Il atteint parfois une hauteur de 50 pieds, forme 
alors un arbre, dont l'extrémité des branches sont seules feuillées. 

15" Rhododendron venosum, Nutt. — Cette espèce est probablement 
arborescente et se trouve dans les forets montueuses du Bootan, sous la 
vallée de la rivière Bhorelli. 

16" Rhododendron planifolium, Nutt. — Ce rosage habite les forêts 
du Bootan, et selon toute probabilité, a été trouvé par M. Griffith à 
Yollong, à une élévation supra-marine de 10,000 pieds. 11 se distingue 
surtout par l'aspect noueux de la pubescence qui couvre la face infé- 
rieure de ses feuilles. 



— 294 — 



17*» Rhododendron longifolium, Nutt. — Des pentes des montagnes 
Oola, à une hauteur de 6,500 à 6,700 pieds. 

18° Rhododendron blumei, Nutt. — Il croît dans la région de la rivière 
Bhorelli et se rapproche du R, Hoogsoni, et du R, longifolium, mais ou 
le distingue par ses feuilles aiguës, fortement penninervées, très tomen- 
teuses et d'un hlanc de neige en dessous. 

{Traduit du Gardener^s Chronicle). 



PROCHAINE FLORAISON D'UN AGAVE AMERICANA, var. FOLIIS 
VARIEGATIS, AU JARDIN BOTANIQUE DE L'UNIVERSITÉ DE 
LIÈGE. 

Monseigneur De Montpellier, évéque de Liège , a fait don, l'année 
dernière, au jardin botanique de l'université de Liège, de deux superbes 
Agaves d'Amérique à feuilles panachées. Ces plantes sont très grandes et 
paraissent âgées de 70 ans environ. L'une d'elles vient de montrer une 
forte hampe florale, au centre des feuilles, mais sans les dépasser encore 
et qui semble ne devoir s'élever que l'année prochaine. Tout le monde 
sait que la floraison d'un Agave americana est un fait si rare dans 
nos pays, qu'il prend souvent les proportions d'un petit événement; 
celle de la variété à feuilles panachées est plus rare encore. Nous pensons 
d'ailleurs que c'est la première fois qu'un Agave d'Amérique fleurisse 
à Liège. 

M. Martins, professeur de botanique à Montpellier, ayant communiqué 
il y a quelque temps à la Société botanique de France un mémoire 
remarquable et fort intéressant sur l'histoire naturelle de V Agave 
americana, nous pensons devoir le faire connaître à nos lecteurs, à 
l'occasion de la nouvelle floraison qui s'annonce à Liège. 

DE L'INTRODUCTION EN EUROPE, DE LA NATURALISATION ET DE LA 
FLORAISON DE V AGAVE AMERICANA, 

Par M. Ch. Martins. 

Le Mexique est la patrie originelle à^Y Agave americana, L. De là iï 
s'est étendu (1) dans le Nouveau monde : au nord jusque dans les Florides, 
la Géorgie et la Caroline du sud; au midi dans la Nouvelle Espagne, 
le Yucalan, les provinces de Caracas, de Venezuala et de Cumana, jusqu'à 
l'Orénoque. Traversant le golfe de Mexique, il s'est répandu dans le 



(1) R. Schoraburgk, Ueber die americanische Aloe {Verhandlungen des Vereins zur 
Befoerderung des Gartenbaues in Preussen, 1835^ T. XI, p. 225). 



— 295 — 



sitd-esl jusqu'à l'ile d'Aniigoa, Tune des petites Antilles. Dans le nou- 
veau monde, il s'étend donc du 54*= degré au 8« de latitude septentrio- 
nale et du 64° au 120" de longitude occidentale. 

En Europe, l'Aloès-pitte se trouve à l'état sauvage, même en France, 
aux environs de Perpignan, où il forme des haies en plein champ et se 
reproduit sans soins. En Catalogne, aux Baléares, il est excessivement 
commun et descend tout le long de la côte orientale de l'Espagne jusqu'à 
Valence, mais sans s'éloigner du bord de la mer. A partir de ce point, 
on le rencontre dans toute l'étendue du royaume de Grenade et dans la 
partie de l'Andalousie' située au sud du Guadalquivir. On le retrouve 
ensuite à la pointe méridionale du Portugal et sur les côtes de l'Atlan- 
tique jusqu'à la hauteur de Coïmbre(l). Ainsi cette plante, qui, sur les 
bords de la Méditerranée, remonte jusqu'au 43° de latitude nord, 
dépasse à peine le 40° sur les rivages de l'Atlantique. 

Dans la partie orientale du Languedoc et dans toute la Provence, 
l'Agave est partout en plein air, mais non en plein champ; car aux 
environs de Narbonne, Montpellier, Avignon, Aix, Marseille, on ne 
le voit que dans les jardins, à l'abri des murs ou des rochers qui le 
garantissent des vents du nord. Près d'Hyères, Fréjus, Cannes et Antibus, 
il est presque spontané, quoique non complètement naturalisé, comme 
dans la Catalogne et le Roussillon. Aux îles Borromées, sur le lac 
Majeur et sur les bords du lac de Côme, contrées dont le climat excep- 
tionnel tient au voisinage des Alpes qui les abritent des vents du 
nord et à de grandes masses d'eau qui égalisent les saisons, l'Agave 
est de même presque à l'état sauvage. A partir de Nice jusqu'à Gènes, 
on le voit assez souvent dans la campagne formant des clôtures. A Pise, 
Lucqucs, Florence, Bologne, Padoue, Venise, et plus au sud, à Sienne, 
Arrezzo, Pérouse, il ne se trouve, comme à Montpellier, que dans les 
jardins ou dans des localités abritées. Aux environs de Rome et de Naples, 
il redevient spontané comme en CoTse , en Sardaigne, dans les Calabres 
et dans toute la Sicile. 

En Algérie, cette plante est une des plus communes et d'un usage 
habituel pour entourer les champs. Elle y acquiert des dimensions 
énormes et forme des défenses que l'art militaire a mises à profit autour 
de nos établissements coloniaux. 

Je ne parlerai pas des autres parties de l'Europe et de l'Afrique où 
se rencontre l'Agave. J'ajouterai seulement qu'il existe dans les lieux 
abrités du Péloponèse et dans les jardins de Smyrne et de Constan- 
linople. En Europe, on le trouve donc dans la région méditerranéenne 
du 44° au 56° degré de latitude septentrionale et du 11° degré de lon- 
gitude occidentale de Paris au 27° degré de longitude orientale; son 



(1) Voyez la carte de l'ouvrage de M. Wiilkom, intitulé : Slrandgebiete der Iberi 
schen Halbinset, 18312. 



— 296 — 



aire est de 8 degrés en latitude et de 58 degrés en longitude, extension 
considérable pour une plante originaire des parties tropicales de l'Amé- 
rique. Si sa limite équatoriale en Afrique était bien déterminée, on 
verrait probablement que cette aire est aussi étendue dans l'ancien 
monde que dans le nouveau. En se bornant à l'Europe, ce que j'ai dit 
suffit pour montrer que cette plante est répandue sur une portion 
considérable de notre continent, puisqu'elle borde tout le pourtour de 
la Méditerranée; elle existe de plus dans la plupart des serres, et nous 
verrons qu'elle peut fleurir sous tous les climats. Sa floraison est si 
extraordinaire, qu'elle a eu de tout temps l'attrait du merveilleux, 
même pour les individus les plus indifférents aux phénomènes naturels. 
En effet, un pied reste souvent de longues années, un siècle même, 
sans donner des fleurs. Tous les ans, de nouvelles feuilles se développent 
en dedans des anciennes; la plante semble condamnée à une éternelle 
stérilité. Mais tout à coup, sans que rien n'annonce un changement 
quelconque dans sa vitalité, une tige paraît au milieu du faisceau 
central, écarte les feuilles qui le composent, s'élance verticalement, 
semblable à une asperge colossale, puis se ramifie et forme un candélabre 
gigantesque qui porte plusieurs milliers de fleurs. Tous ces phénomènes 
s'accomplissent en cinq ou six semaines; ce temps suffit à la plante pour 
s'élever à une hauteur qui varie de 3 à 8 mètres dans nos climats; sur 
la côte d'Afrique et en Amérique, elle atteint souvent 14 mètres. Ces 
milliers de fleurs portées sur un candélabre gigantesque, offrent un des 
plus magnifiques spectacles que présente le règne végétal. Au Mexique, 
des colibris aux brillants reflets; en Europe, des abeilles et des papil- 
lons assiègent ces fleurs pour pomper le nectar qu'elles récèlent au fond 
de leur calice. Malheureusement cette magnificence est de courte durée : 
épuisé par l'effort qu'il a fait pour développer un si grand nombre de 
fleurs, le pied meurt dès que les rares capsules qui leur succèdent ont 
répandu leurs graines autour de lui. Insoucieuse des individus et unique- 
ment préoccupée de la conservation des espèces, la nature y a pourvu 
par les graines et par les nombreux rejetons qui, après la mort de la 
plante mère, repoussent de ses racines. 

A la fia du XVP et même au commencement du XVIF siècle, la 
floraison d'un Agave était un événement qui faisait sensation dans le 
monde botanique; on l'enregistrait avec soin, et, grâce à ces documents, 
nous pouvons suivre pour ainsi dire pas à pas l'introduction de cette 
plante en Europe. 

L'an 1521, le Mexique, patrie originelle de l'Agave, fut conquis par 
Cortez^ il y établit la domination espagnole; de là des relations entre la 
mère-patrie et la nouvelle conquête. Aussi est-ce en Espagne que la 
plante est vue pour la première fois par Charles de Lécluse, en latin 
Clusius, qui voyageait dans ce pays vers le milieu du XVP siècle. Un 
médecin, nommé Jean Plaça, professeur à l'Université de Valence, la lui 



— 297 — 



montra dans le jardin du couvent de Marie et Jésus, situé à un mille de 
la ville. 11 en vit un autre pied chez son hôte, Pierre Alleman, et rap- 
porta en Belgique deux rejetons : l'un périt, l'autre, qu'il confia à 
Pierre Coudebecq, pharmacien d'Anvers, continua de végéter, et servit 
de modèle à la figure qu'il a donnée de cette plante. Il le raconte lui- 
même dans plusieurs de ses ouvrages, et en particulier dans son Histoire 
des plantes rares d'Espagnei^). Lécluse énumère ensuite, d'après Go- 
mara, auteur d'une histoire du Mexique, les propriétés de ce végétal. 
Dubartas, poëte célèbre de l'époque, les a traduites en vers de la ma- 
nière suivante : 

Là pousse le Meit qui s'est vu en Mexique, 

D'aiguille, de filet, d'armes, de bois, de brique, 

D'antidote, de miel, de lissé parchemin, 

De sucre, de parfum, de conserve et de miel. 

Son bois nourrit le feu , et ses plus durs feuillages 

Par une artiste main reçoivent mille usages : 

Les louanges des dieux et les gestes des rois. 

Ores sur les maisons on les couche à la file. 

Si bien qu'on les prendrait pour de beaux rangs de thuile, 

Ors on les tord en fil et de leurs bouts on fait 

Aiguille des petits, et des grands fers de trait. 

La liqueur de ses pieds est un vrai miel figée, 

Détrempée est vinaigre et sucre repurgée. 

On voit, par les récits de Lécluse, que c'est pour la première fois qu'il 
vit V Agave aniericana dans un jardin de Valence en Espagne. Il en eût 
parlé dans des termes bien différents si cette plante avait été aussi 
commune dans ce pays qu'elle l'est aujourd'hui. Son récit nous prouve 
donc qu'elle n'existait pas à l'état sauvage sur la côte orientale d'Espagne, 
au milieu de XVI^ siècle. 

Cherchons maintenant dans les anciens auteurs les traces des migra- 
tions de notre plante. Le Jardin botanique de Padoue, le plus ancien de 
l'Europe, avait été fondé, en 1545, par le sénat de Venise. Cortusi avait 
succédé à Guilandin. C'est dans ce jardin que Camerarius vit, en 1561 (2), 
le premier Agave qui ait été introduit en Italie; mais, suivant le même 
auteur, c'est à Florence, dans les jardins du grand- duc de Toscane, que 
l'on admira le premier Agave en fleur dans l'été de 1586. Camerarius en 
publia la figure, qu'il devait à Tobligeance de l'apothicaire du prince. 

Le second Agave en fleur dont il soit fait mention dans les vieux 
auteurs, est celui que Caesalpinl^) vit, en 1590, à Pise, dans les jardins 
Fornaboni. 



(1) Rariornm alîquot stirpium per Ilispanîas observatarmn historia, 1576, p. ^^■â; 
et diurioruin ylanl.arh.ni hLiforia, ifiOl, p. ifiO. 

(2) ilorins mcltcuc et philosopldcus, la86; p. 11. 
(5) plantisj iib. X. cap. 32. 1^85. 



— 298 — 



Le troisième fleurit à Rome, où il a été observé par le père 
du commentateur de Théophraste, Bodœus Stapel, médecin d'Amster- 
dam (1). 

A la fin du XYV siècle, Avignon était, comme on le sait, une ville 
papale habitée par un grand nombre de familles italiennes. Parmi ces 
familles se trouvait celle des Doni, originaire de Florence, et immorta- 
lisée par un portrait de Raphaël (2). Nous avons vu qu'un Agave ameri- 
cana fleurissait dans les jardins du grand duc de Toscane en 1586. Pro- 
bablement un rejeton fut apporté à Avignon par un membre de la famille 
Doni; car c'est dans le jardin de la maison habitée par cette famille que 
fleurit un Agave, le premier que l'on ait vu en France, si l'on en juge 
par la sensation extraordinaire qu'il produisit. Son histoire nous a été 
conservée par Jacques Fontaine, médecin et ami du célèbre érudit 
Peiresc. Il en écrivit la relation au marquis de Capisula, gouverneur 
d'Avignon et du comtat Venaissin. Cette lettre nous a été conservée dans 
les œuvres posthumes de Charles de Lécluse (S). 

* La hampe, dit-il, commença à pousser le 6 mai 1599; en quarante- 
cinq jours elle s'éleva de trente-deux palmes, émit vingt-neuf pédoncules 
portant de nombreuses fleurs jaunes. Un si grand accroissement excita 
un étonnement universel. Des gens de toute condition accouraient en 
foule, même des villes voisines, pour en être témoins. Des personnages 
de marque ayant beaucoup voyagé confessaient n'avoir jamais vu 
d'Aloès(^) aussi grand. Cet accroissement prodigieux ne serait-il pas dû 
à la piété et à l'observation du culte qui distinguent la noble ville 
d'Avignon, ou au grand savoir des pieux docteurs si nombreux dans son 
enceinte? L'Aloès a été employé par les disciples du Christ pour conser- 
ver son corps incorruptible plutôt dans le but de satisfaire à l'opinion 
que par nécessité; car Dieu n'eût pas permis que son saint fût envahi 
par la corruption. L'Aloès est donc le symbole de la conservation et de 
l'accroissement des choses sacrées. Les physiciens qui se renferment dans 
les limites des lois naturelles expliquent cet effet par des causes plus 
simples. Cet Agave avait accumulé une énorme quantité de sucs, et l'été 
de cette année fut très chaud et très sec. Cette chaleur agit alors comme 
cause efficiente, raréfia les sucs contenus dans la plante et provoqua 
ainsi la croissance prodigieuse de sa tige. » 

Ce récit nous prouve qu'à cette époque TAgave était rare en France, 



(1) Notœad Lihrum VII Theophrasfi, p. 900. 

(2) Galerie du palais Pitti, à Florence, salon d'Apollon, N°6l, portrait d'Ange 
Doni. En patois avignonnais ce nom se prononce Bonis, dont quelques auteurs que 
nous citons, entre autres Garidel, ont fait Doins. 

(3) Caroli Clusii curœ posteriores, p. 63; ad Calcem C. Clusii exoticorum^ 1611 ; et 
Garidel, Histoh^e des plantes de la Provence, 1713, p. 21. 

(4) Le docteur confond ici l'Agave avec l'Aloès, qui fournit une résine purgaUve. 



— 299 — 



puisque sa floraison excitait un si grand dtonnement. II n'en était pas 
de même en Italie. 

Aldinus(l) nous apprend qu'à Rome l'Agave était déjà commun au 
commencement du XVII® siècle; il l'avait vu souvent en fleur et crut 
devoir en donner la figure détaillée d'un bel individu qui fleurit dans 
les jardins du palais Farnèse en 1625. 

En Languedoc, c'est à Pézénas, près de Montpellier, dans l'année 1641, 
que l'on vit le premier Agave en fleur (2). Le roi Louis XIII et le cardinal 
de Richelieu furent témoins de ce phénomène, et le roi fit faire par son 
peintre un dessin de la plante. A Montpellier, un autre pied fleurit dans 
le jardin d'un pharmacien appelé Perrier, qui, ditBorelli, faisait payer 
les curieux désireux de voir sa plante et en tira grand profit. On signale 
encore (3) un Agave vu par Vollgnad à Vérone, en 1648, dans les jardins 
du comte Giusti. 

Au milieu du XVII® siècle, où nous sommes parvenus, l'Agave était 
devenu une plante assez répandue dans l'Europe méridionale pour que 
sa floraison ne fît plus sensation comme dans l'origine. Ainsi Columna 
raconte, dans un ouvrage publié en 1616, qu'à Rome et à Naples il 
avait vu depuis longtemps un grand nombre d'Agave en fleur, et au 
commencement du XVIII® siècle on en trouvait sur les côtes de Provence 
depuis Marseille jusqu'à Antibes; mais Garidel avoue qu'il n'est pas 
assez commun pour croire qu'il y vienne naturellement (4). 

Nous n'avons parlé jusqu'ici que des floraisons d'Agave croissant en 
pleine terre dans le midi de la France ou en Italie ; pour compléter cette 
notice, citons quelques exemples de la même plante élevée en serre, 
dans des caisses, et fleurissant néanmoins pendant l'été, soit qu'on la 
laisse dans la serre, soit, comme cela arrive le plus souvent, qu'on la 
sorte pendant la belle saison de l'orangerie où elle est abritée pendant 
l'hiver. Nous verrons que la floraison de cette plante a été observée 
dans toute l'Europe septentrionale, depuis la France jusqu'en Suède. 

A Montpellier, c'est presque toujours au commencement de mai que 
la hampe commence à pousser; nous annoncerons, chaque fois que nous 
la trouverons indiquée, la date du moment où la hampe parait, afin de 
faire apprécier l'influence de la différence des climats. Notre liste est 
nécessairement incomplète, mais elle suffit pour montrer que cette belle 
et singulière plante, quoique originaire des parties chaudes du Mexique, 
s'accommode avec une facilité remarquable des conditions d'existence les 
plus diverses. 



(1) Exactissima descriptio rariorum quarumdam plantarum quœ contin^entur Romœ 
in horlo Farnesiano, 1625, p. 9S. 

(2) Pétri Borelli caslrensis historiarum et observationiim centuries, 1676, IV, p. 1. 

(3) P. J. Sachs à lewenheimb de Jloe Silesiaca florente {Miscellanea curiosa sive 
Ephemeridœ naturœ curiosorum anniis primus, 1670, T. 1, 185), 1684. 

(4) Garidel, Histoire des plantes de Provence, 1715, p, 20. 



— 300 - 



FLORAISONS d'aGAVE CONSERVÉS l'hIVER EN SERRE, ORSERVÉES PENDANT LES 
XVII^, XVIIl^ ET XIX« SIÈCLES. 

France occidentale. 

Saint-Pol-de-Léon (Finistère). Agave de 50 ans. Commencement de la 
floraison, 46 juin 1827. Le 23 septembre, la hampe avait 8™, 12 et portait 
40 pédoncules d). 

Taleiice, près Bordeaux. Agave âgé de 87 ans. Apparition de la hampe 
le 28 mai 1828; hauteur, 5 mètres ('^). 

Angers (Maine-et-Loire). Agave âgé de 65 ans environ. Apparition de 
la hampe le 24 mai 1849; hauteur, d'^jCo. Nombre des fleurs, 5,875 (5). 

Versailles (Seine-et-Oise). Agave âgé de 62 ans environ. Commencement 
de mai i850. Hauteur, 5"», 25. 

Versailles (pavillon de la Jonchère). Une hampe en octobre 1828, puis 
deux autres en juin 1829 (^). 

Allemagne. 

Augsbourg? 1655(3). 

Stuttgardt (royaume de Wurtemberg). Agave fleurissant dans le jardin 
grand-ducal en 1658. C'est le premier qu'on ait décrit en Allemagne. La 
hampe avait 7°^, 46, le nombre des fleurs était d'environ 12,000(6). 

Oppersdorf, en Silésie. Agave âgé de 51 ans, en 1662(7). 

Choren, près Leipsig. Agave âgé de 55 ans. Commença à pousser le 
16 mai 1665, les fenêtres de la serre étant ouvertes. La hampe s'éleva 
à 6"°, 78. Ses trente-deux pédoncules floraux portaient 2,407 fleurs (8). 

Sondershausen, en Thuringe, en 1664 (9). 

Gottorf (Schleswig-Holstein), 1668 (10). 

Steven, près d'iéna, en 1669. Agave âgé de 49 ans, hampe de 6™, 81. 



(1) Mémoires du Mmtêum d'histoire naturelle, 1827, T. XV, p. i7o. 

(2) Annales de la Société d'horticulture de Paris, 1828, T. III, p. 8o6. 

(d) Boreau, Notice sur TAgave americana {Bulletin de la Société industrielle 
d'Angers, Nos g et 6, 21e année, 18dO). 

{i) Annales de la Société d'hoy^ticulture de Paris, 1830, T. VII. p. 233. 

(5) Observatio Lucœ Schrœckii de Aloe augustana {Miscellanea curiosa a?inus sexius 
et septimus), [777, observ. 251, p. 540. 

(6) Miscellanea curiosa, annus primus, 1684, p. 186. 

(7) Jbid. 

(8) Ibid. 

(9) îbid. 

(10) Ibid. 



~ 301 — 



Pays-Bas. 

Groningiie. Agave âgé de 58 ans. Le 4 août 1674, trois hampes, le 
3 septembre, trois autres hampes (0. 
Neurenberg, en 1636. Hauteur, 7'°,164(2). 
Utrecht, 1788. Agave avec cinq hampes (3). 
Leyde, 1797. 

Bruxelles, fin d'août, hauteur, 6^,750. 
Gand, 1845. Dans une serre. 

Leyde, mai 1847. Hauteur, 7°», 874. 40 pédoncules. 

Suède. 

Carlsberg, près de Stockholm, en 1708. Un Agave âgé de 92 ans porta 
5,018 fleurs (^). 

Soedermanland. Sur une propriété du comte Morner, en 4852 : plante 
âgée de près de 100 ans. Croissance du 25 juin au 20 septembre. 

Au château de Rosendal, près de Stockholm, en 4834. Commença le 
30 juin; le 42 août elle s'élevait à 5"", 494, et portait 25 pédoncules (S). 

En parcourant cette liste, on remarque xjue c'est en Allemagne que 
fleurirent les premiers Agave de serre, ou du moins les auteurs de ce 
pays nous en ont conservé le souvenir; la Hollande, la Suède et le nord 
de la France occupent le second rang. L'influence printanière du mois 
de mai sur la floraison se manifeste encore dans le nord de la France et 
en Saxe; toutefois, on remarque trois exceptions : celle de l'Agave de 
Saint-Pol-de-Léon, qui commença à fleurir au milieu de juin, puis les 
individus du pavillon de la Jonchère et de Groningue, qui fleurirent, le 
premier en octobre, le second en août. La première exception s'explique 
par le peu de chaleur des étés du Finistère; chez les deux autres indi- 
vidus, la floraison fut anormale, comme l'époque à laquelle elle com- 
mença. La hampe centrale avorta et fut remplacée par plusieurs hampes 



(1) Aloidarium sive aloes mucronato folio amei'icanœ majoris aliarumque ejusdem 
speciei hisioria. auctore Ah. Mutingio, Groninga Frisio. 1680. 

(2) Celle indication et celles pour Leyde et Bruxelles sont tirées de l'excellent 
mémoire de M. de Vriese intitulé : Recherches sur le développement d^un Agave ameri- 
cana {Annales de la Société royale d'agriculture et de botanique de Gandj 1848). 

(3) lleynier, Journal de physique, 1788, t. XXXIII, p. 217. 

{i) Wickstrœm, Arsberaitel.se om framstegen uti Bolanik for an 1827, p, 294. 

(5) Wickstrœm, Jahresbericht ueber die Fortschritle der Botanik, 1825, p. 325. 
Je n'ai pas trouvé dans les ouvrages qui sont à ma disposition d'indication de 
floraison à!' Agave americana en Angleterre pendant le xvue et le xvme siècle. Seule- 
ment une expérience faite sur celte plante par le docteur Merret nous apprend qu'elle 
était déjà connue dans les îles Britanniques en 16o6 (Voy. Acta philosophica Societatis 
regiœ in Anglia, p. 365, in-i", Lepsiae, 1673 j et Philosophkal Transactions, 170d, 
t. 11, p. 645). 



latérales. Ainsi donc, ces trois cas, loin d'infirmer la règle, en sont la 
confirmation, et l'Agave, comme les plantes de nos climats, éprouve 
cette influence spéciale que le printemps exerce sur les végétaux. 

Toutefois, en Suède, où les froids de l'hiver se prolongent jusqu'en 
mai, nous voyons que c'est seulement vers la fin de juin que les hampes 
ont commencé à pousser; mais, comme je l'ai déjà fait remarquer ail- 
leurs (1), dans ces pays septentrionaux, le printemps physiologique se 
réduit à un mois, celui de mai, qui correspond exactement à notre mois 
d'avril par son influence sur le réveil de la végétation. 

En résumé, nous avons démontré dans cet article que, malgré son 
origine américaine, son aspect étrange, son mode extraordinaire de 
floraison, la croissance prodigieuse de sa hampe, V Agave americana est 
une de ces espèces plastiques qui s'accommodent de climats bien diffé- 
rents du sien, puisque, originaire des bords du golfe du Mexique, elle a 
créé une vaste colonie sur ceux de la Méditerranée. Transportée dans 
des pays moins tempérés, elle supporte des froids passagers de — 15** cen- 
tigrades, n'est affectée ni par les longues sécheresses, les pluies conti- 
nues, ou les plus fortes chaleurs, et fleurit avec des températures qui, 
en Hollande, par exemple, ont rarement atteint 28*' centigrades, et n'ont 
jamais dépassé ce chiffre; car elles oscillaient en moyenne autour de 20°. 
V Agave americana mérite donc à tous égards de fixer l'attention des 
horticulteurs de l'Europe méridionale et des industriels de tous les pays, 
car elle pourrait être utilisée comme plante textile avec autant d'avantage 
que le Palmier nain et le Lin de la Nouvelle-Zélande. 



M. Decaisne rapporte, à l'occasion de la lecture du mémoire de M. Mar- 
tinsà la Société botanique de France, que deux pieds à' Agave americana 
ont fleuri, en 1835, à Rueil, près Paris. 

M. Duchartre ajoute qu'il a vu, au mois d'août 1855, à Agde (Hérault), 
trois pieds d'Agave fleuris simultanément, en pleine terre, bien que 
cette plante soit très peu répandue aux environs de cette ville. 

M. Trécul dit que VAgave americana est moins répandu dans 
l'Amérique du Nord que ne le pense M. Martins. Il l'a vu dans l'État de 
Gohahuila, où l'on emploie son suc pour faire une liqueur alcoolique 
nommée Mescal, ayant une saveur d'amandes amères et très différente 
de pulqué, M. Trécul n'a rencontré VAgave ni dans l'État du Mississipi, 
ni dans la Louisiane, ni même dans le Texas. Cette plante est très rare dans 
plusieurs des pays qui avoisinent le golfe de Mexique. 

M. Cosson ajoute qu^en Algérie cette plante, en général, ne s'éloigne 
pas de la région littorale. 



(1 ) Voyage botanique le long des côtes septentrionales de la Norvège ( y oyage en Scandi- 
navie, etc., GÉOGRAPHIE, Physique, t. II, p. 209, et Comptes rendus de l'Académie des 
sciences de Paris, 1846, t. XXII, p. 1091.) 



— 305 — 



BORDURES DE FESTUCA OVIN A. 

C'est une question importante pour les jardins d'agrément que celle 
des bordures, et il avait été impossible jusqu'à ce jour de la résoudre de 
manière à réunir l'élégance, la fraîcheur et le bon marché. A plusieurs 
points de vue, il est certain que rien n'est comparable aux bordures de 
Buis nain; mais, outre qu'elles sont loin de réussir partout, elles sont 
assez coûteuses pour qu'il devienne onéreux de les employer sur une 
grande échelle. Aussi a-t-on essayé de les remplacer par diverses 
plantes dont aucune n'a ni le même mérite réel comme beauté, ni les 
mêmes avantages comme végétation. — Un article publié par M. Duncan 
dans le journal de la Société d'horticulture de Londres, sur la possibilité 
de faire de bonnes bordures d'allées avec des Graminées, a donné à 
l'auteur de l'article que nous voulons faire connaître, l'idée d'essayer si 
des Graminées de petite taille, qui ne sont ni traçantes ni rampantes, ne 
formeraient pas des bordures meilleures que celles avec lesquelles on a 
essayé de remplacer le Buis. Il dit avoir parfaitement réussi dans ses 
essais, et l'espèce qui lui a semblé préférable à toutes est la Fétuque 
ovine {Festuca ovina L.). 

Dans une parcelle de terre il a fait un semis de cette Fétuque, après 
quoi il a transplanté en bordures les jeunes pieds qui en sont provenus, 
que leur aspect rendait faciles à distinguer des autres Graminées. Il a 
planté ces jeunes pieds au plantoir, en les espaçant de S à 8 centimètres. 
Ils ne tardèrent pas à former des bordures très élégantes, plus gracieuses, 
dit-il, que celles de Buis produisant autant d'effet, et, en outre, beaucoup 
moins coûteuses. La Fétuque ovine employée de cette manière forme une 
masse linéaire et continue de feuilles étroites, qui a 14 centimètres de 
largeur. Au commencement de l'été la plante développe ses chaumes qui 
s'élèvent, en moyenne, à 50 centimètres et qui sont entièrement dressés; 
il faut faucher ces tiges dès qu'elles se sont produites; on détermine 
ainsi la sortie de nouvelles feuilles qui rendent les touffes plus fournies. 
— Comme cette Graminée croît naturellement par touffes, il ne faut pas 
donner aux pieds qu'on plante une distance de plus de 8 centimètres, si 
l'on veut en obtenir des bordures unies et bien fournies. Il est important 
aussi de ne planter qu'une même variété parmi celles que forme cette 
espèce, sans quoi on aurait des végétations diverses. La variété commune 
étant la plus naine est la meilleure en bordures, et on se trouve bien d'en 
récolter la semence sur des plantes qu'on a eu le soin de choisir et de 
planter dans une bonne terre. Comme une petite quantité de graines suffît 
pour faire une grande longueur de bordure, on n'a besoin que d'un petit 
nombre de pieds cultivés à part pour l'obtenir. — Des bordures de Fes- 
tuca ovina qui ont maintenant deux années de durée ne présentent pas 



— 304 — 

• 

la moindre irrégularité et ne tendent pas du tout à s'élargir plus qu'on 
ne voudrait. — En général, l'auteur dit qu'il suffît de les faucher deux 
fois pour les maintenir propres et en bonne végétation, d'abord, en été 
pour supprimer les tiges, en second lieu, en automne pour enlever les 
feuilles mortes. Dans une bonne terre de jardin il peut arriver que les 
pieds deviennent trop forts; on n'a, dans ce cas, qu'à les arracher, les 
diviser et les replanter; ou bien ils peuvent mourir, et alors on les rem- 
place au moyen de jeunes plantes venues de graines. 

Il existe une variété de la Fctuque ovine, à feuilles glauques, qui 
pourrait produire un bon effet dans quelques cas. Mais l'auteur pense 
que, au total, il n'y a probablement aucune autre Graminée qui vaille le 
type de cette espèce. 

Lorsqu'on veut faire des bordures de Fétuque ou de toute autre espèce , 
il vaut incontestablement mieux semer en planche pour transplanter 
ensuite les jeunes pieds à la place qu'ils doivent occuper, que de semer 
sur place et en ligne. Les avantages marqués de la transplantation résul- 
tent de ce que cette Graminée reprend très bien, qu'on peut en disposer 
ainsi les pieds avec plus de régularité, et qu'on peut même en faire un 
choix en supprimant tout ce qui est mal venant ou qui pourrait être 
dû à un mélange de graines. 

{Gardener's chron., Irad. du J. de la S. l. de Paris). 



JARDIN LÉGUMIER. 

NOTE SUR UNE ESPÈCE DE BAMBOU ALIMENTAIRE, 

(le biow-chok des chinois). 

Par m. Fortune. 

De même que toutes les autres espèces du genre Bambou, le Mow-chok 
croit avec une extrême rapidité. On pourrait dire, suivant l'expression 
vulgaire, qu'il pousse à vue d'œil. J'ai mesuré plusieurs jours de suite 
l'accroissement quotidien de ce Bambou, dans les bois et les bosquets, 
et j'ai trouvé qu'en général cet accroissement était de 2 pieds à 2 pieds 1/2 
(de 0™,60 0™75) dans les 24 heures. Les jeunes pousses, au moment où 
elles sortent de terre, sont un excellent légume et il s'en vend en quan- 
tité énorme sur les marchés. J'en ai fait pour mon propre compte un 
grand usage dans la saison, et je finis par les aimer autant que les Chinois. 
Tantôt je les mangeais accomodées toutes seules, tantôt je les faisais 
entrer dans les potages en genre de choux. Les ayant un jour recom- 
mandées à M Forbes, le consul américain en Chine, j'appris de lui à en 
faire de très bonnes omelettes dont elles formaient après les œufs, le 
principal ingrédient. 



— 305 — 



ARCHITECTURE HORTICOLE. 



SUR LA MANIÈRE DONT ON COUVRE LES SERRES EN RUSSIE, 
Par m. Ed. Regel. 

Les longs et rigoureux hivers de la Russie faisant naître des difficultés 
majeures et de plusieurs sortes pour la culture des végétaux des pays 
chauds, les horticulteurs et les architectes de ce pays ont dû nécessaire- 
ment essayer diverses dispositions qui rendissent leurs serres aussi 
avantageuses que possible pour ces climats glacés. Ils sont arrivés, sous 
ce rapport, à des résultats vraiment remarquables puisque, même à Pe- 
tersbourg, les planles végètent, pendant l'hiver, d'une manière surpre- 
nante dans leurs serres. Il semble donc rationnel de s'informer du mode 
de construction et surtout de vitrage adopté parles horticulteurs russes, 
sinon pour l'imiter servilement dans nos pays où les conditions climaté- 
riques sont très différentes, au moins pour profiter des dispositions dont 
il est évident que l'adoption devrait être utile pour nous. Ce sont là les 
motifs qui nous déterminent à traduire, en les abrégeant, quelques pages 
d'un Mémoire intéressant publié par le savant directeur du Jardin 
botanique de Petersbourg sous le titre de : Coup d'œil sur quelques 
jardins de Petersbourg et de ses environs pendant l'hiver de 1857-1858. 

Comme on pouvait très bien le penser, la première disposition à 
laquelle devaient d'abord songer les constructeurs de serres dans une 
contrée où le thermomètre descend en hiver de 50 à 58 degrés centi- 
grades au-dessous de 0, était celle des doubles vitrages. Cependant les 
serres à doubles vitres sont beaucoup moins répandues à Pétersbourg 
qu'on ne serait porté à le croire, les avis étant très partagés quant à la 
question de savoir si elles ont plus d'avantages que d'inconvénients. Ceux 
qui rejettent ce genre de vitrage disent que, pendant les jours très courts 
et très gris de l'hiver, il affaiblit trop la lumière; qu'en outre il con- 
serve la neige beaucoup plus longtemps que le vitrage simple, à cause 
de la difficulté avec laquelle la chaleur intérieure se communique au 
verre extérieur et que, par une conséquence naturelle, il condamne les 
plantes à une obscurité presque complète, non-seulement pendant tout 
le temps qu'il neige, mais encore bien après que la neige a cessé de 
tomber, à moins qu'on n'ait la précaution d'en balayer les vitres le plus 
tôt et le plus souvent possible. Au contraire, les partisans des doubles 
châssis disent avec raison que ce système de couverture des serres dimi- 
nue fortement la déperdition de chaleur, et que, rendant beaucoup 
moins abondante la condensation de l'humidité sur la surface intérieure 

20 



— 306 — 



des vitres, il garantit les plantes de la chute continuelle de gouttes 
d'eau glacée qu'on sait être l'un des plus grands dangers auxquels elles 
puissent être exposées. 

Au reste, M. Regel dit qu'un étranger est tout surpris de voir avec 
quelle facilité on sait conserver en Russie une chaleur de 12 à 15 degrés 
centigrades par des froids de 50 et 56 degrés, dans des serres fermées 
par un vitrage simple. Ce résultat est dû au soin avec lequel on ferme 
exactement toutes les fissures par lesquelles pourrait s'y introduire Tair 
froid de l'extérieur. D'abord, au lieu de se contenter de former les 
châssis avec de simples tringles longitudinales, de telle sorte que les 
vitres ne soient mastiquées que par deux de leurs côtés et soient sim- 
plement posées l'une sur l'autre par les deux autres côtés, les construc- 
teurs de serres russes disposent des traverses grâce auxquelles le verre 
est mastiqué à ses quatres côtés. Ensuite, vers la fin de l'automne, des 
ouvriers habitués à ce genre de travail calfeutrent toutes les fentes entre 
les châssis en y introduisant, à coups de marteau, de Tétoupe, absolu- 
ment comme on le fait entre les planches des navires. 

Il est presque inutile de dire que dans une serre si hermétiquement 
close de toutes parts la condensation de la vapeur, due aux arrosements 
et à la transpiration des plantes, doit être abondante et continuelle, et 
que, sans des dispositions particulières, elle donnerait une sorte de 
pluie intérieure extrêmement nuisible aux plantes. Les Russes ont 
su éviter ce grave inconvénient par un moyen fort simple, dont il nous 
semble que nos constructeurs de serres pourraient tirer également un 
parti très avantageux. La portion des tringles située au-dessous de la 
rainure qui reçoit le bord des vitres et, par conséquent, dirigée vers 
l'intérieur, au lieu d'être simplement taillée en deux plans plus ou 
moins obliques l'un vers l'autre, est creusée sur chacune de ses faces 
latérales d'une rainure, qui forme une sorte de petit canal ouvert. Tous 
ces petits canaux s'abouchent les uns dans les autres de manière à former 
un système continu, qui vient aboutir en dernière analyse à des sortes 
de canaux de décharge qui conduisent enfin le liquide dans des vases 
récepteurs ou dans un réservoir. L'eau qui se condense sur une vitre 
coule jusqu'à son bord où elle rencontre la traverse avec sa rigole dans 
laquelle elle tombe; elle ne se détache donc pas en grosse goutte, 
comme dans toutes nos serres, lorsque son poids est devenu assez con- 
sidérable pour qu'elle ne puisse plus rester adhérente au bord du verre. 
Il ne reste donc plus à craindre que celle qui se condense sur le côté 
inférieur des tringles elles-mêmes, et il est facile de voir qu'elle doit 
se réduire à fort peu de chose. Aussi touve-t-on partout en Russie des 
châssis à tringles configurées comme nous venons de le dire. 

Revenant aux vitrages doubles, M. Regel fait, à leur sujet, quelques 
observations, dont il est facile de sentir la justesse et qui montrent 
combien est défectueuse, sous ce rapport, la construction de la plupart 



— 307 



de nos serres ainsi couvertes, même dans de grands établissements, où 
l'on serait porté naturellement à n'aller chercher que des modèles. Ainsi, 
il dit avec raison que toutes les fois qu'on emploie un double vitrage, on 
doit le faire reposer sur un châssis double, de telle sorte qu'on puisse 
enlever l'extérieur pendant l'été et les nettoyer Tun et l'autre; rien n'est 
plus mauvais, ajoute-t-il , que deux vitres portées sur le même châssis 
et, par conséquent, fixées à demeure, de telle sorte que la saleté puisse 
s'accumuler indéfiniment entre les deux, sans qu'il soit possible de 
l'enlever. — Il conclut de l'examen comparatif des avantages et des 
inconvénients des doubles vitrages qu'ils sont avantageux, d'un côté, 
pour toutes les serres hautes ; de l'autre, pour les serres basses, dans 
lesquelles on doit conserver toujours de l'humidité dans l'air, mais à 
la condition expresse que l'un des vitrages soit mobile et permette de 
les nettoyer tous les deux chaque année. 

{Gartenflora, 1858, trad. de la Soc. Imp, de Paris). 



MORT DE AIMÉ BONPLAND. 

M. Tschudi a écrit de Montevideo, en date du 29 mai, la nouvelle de 
la mort de Aimé Bonpland, le célèbre compagnon de Humbold pendant 
ses voyages en Amérique, mais sans préciser le jour de ce fatal événe- 
ment. Bonpland était né le 22 août i775 à la Rochelle et vient de 
mourir à San Francisco de Borja avant l'accomplissement de sa quatre- 
vingt-cinquième année. Depuis 1816 il vivait en Amérique; il s'était 
d'abord occupé de la détermination des plantes recueillies par lui dans 
le voyage de Humbold. Willdenow fut chargé de ce grand travail, et 
après la mort de ce naturaliste, Kunth fut appelé à Paris pour terminer 
cette œuvre. — Bonpland était membre de l'Académie des Sciences. 
Cavanilles et Willdenow ont donné son nom à des genres de plantes, 
mais qui n'ont pas été conservés. 



MORT DE ROBERT BROWN. 

Le premier des botanistes de notre époque, Robert Brown, s'est éteint 
le 10 juin à Londres, à l'âge de 85 ans. Nous consacrerons le prologue 
de ce volume à la mémoire de ce grand homme, dont la botanique 
déplore la perte irréparable. 



— 308 — 



APPAREILS ET USTENSILES D HORTICULTURE. 



REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE, 

APPAREILS D'ARROSEMENT 

DE MM. Warner et fils, [Crescent, Jewin street, London). 

Un instrument aussi simple qu'utile avait été exposé, par MM. Warner 
et fils à l'exhibition de Londres : il consistait en une pompe très légère 
rendue portative au moyen d'un châssis de brouette, sur lequel elle 
était adaptée (pl. 78). Cette pompe est munie de tubes flexibles aux 




PI 78. Pompe portative de M. Warner. 



orifices d'entrée et de sortie: elle est d'un emploi journalier dans les 
jardins d'une certaine étendue et dans tous les établissements d'horti- 
culture, et sert à enlever ou distribuer l'eau ou les engrais liquides sur 
un point quelconque d'un jardin. Les prises d'eau nécessaires aux arrose- 
ments sont souvent très éloignées , ce qui occasionne une grande perte 
de temps; leur accès est souvent difficile et fatigue beaucoup le jardinier. 
Avec l'appareil imaginé de M. Warner tous ces inconvénients sont sup- 
primés; les eaux et les engrais liquides sont distribués avec rapidité, 
ordre et facilité. Notre petite planche 78 représente cet instrument, et 
peut servir de modèle pour le faire imiter. 

Les mêmes fabriquants construisent des brouettes-tombereaux pour 
arroser les chemins , les pelouses ou les corbeilles , et d'un modèle parti- 
culier. Ces appareils solides et légers, représentés pl. 79, peuvent à 



— 309 — 



volonté laisser écouler Teau par le dessous ou la lancer a une certaine dis- 
tance par la partie supérieure, dans le premier cas en ouvrant un robinet, 




PI 79. Tombereaux d'arrosement de MM. Warner. 

dans le second par le jeu d'une petite pompe. Enfin des aspersoirs de 
serre ou de jardin, fonctionnant les uns comme une petite pompe fou- 
lante, les autres par un simple piston, complétaient l'exposition de 
MM. Warner (fig. 80). 





l'I. 80. A>''i»eihoir.-i de bcric, de ,M.M. Warner. 



— 310 — 



CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 




Fig. 82. Plan de Tétage. — a Antichambre. — h Salon. — c Cabinel. — d. Espace couvert. — 
c Appartement de famille. — f Chambres. — g Chambres à coucher. — h Galerie couverte. — 
3 Mansarde. 



— 515 — 



BIBLIOGRAPHIE. 



LA PLANTE ET SA VIE. 

Leçons populaires de hotunique par M. le D"^ J. Schleiden, professeur 
à léna, traduit de Vallemand d'après la cinquième édition par 
M. ScHEiDWEiLER. — Bfux. 4858, chez M. A.Schnée, éditeur. 4 vol. in-8°. 

On nous demande bien souvent conseil sur les livres qu^il convient 
de lire pour se faire une idée générale de la botanique, la base de 
l'horticulture. Cette question, adressée par des personnes du monde 
qui ne veulent faire de l'aimable science des fleurs qu'un délassement, 
mais qui désirent agrandir le cercle de leurs idées par la connaissance 
de la nature, cette question si simple nous embarrassait beaucoup. Non 
pas que les traités de botanique ne soient pas infiniment nombreux, mais 
la plupart de ceux publiés en français, sont écrits pour les jeunes gens 
qui doivent faire de cette science une étude sinon approfondie, au moins 
sérieuse : ce sont des manuels destinés à aider le professeur dans les déve- 
loppements de son enseignement oral. D'autres éléments de hotaîiique, 
sous prétexte de résumer la science et de la simplifier, se sont efforcés 
de condenser sous le plus petit volume possible , le plus grand nombre 
de définitions et de termes techniques, confondant la science et les mots. 
Les auteurs de ces livres sont parvenus, jusqu'à un certain point, à chargei: 
la botanique de la mauvaise réputation qu'ils encouraient eux-mêmes. 

En un mot, la littérature française ne possédait pas d'ouvrage de 
botanique d'une lecture attrayante et instructive. Le célèbre professeur 
d'Iéna, M. le D' Schleiden, avait publié un livre de ce genre sous le 
titre : Die Pflanzen und ihr Leben, qui eut un grand succès en 
Allemagne et parvint rapidement à sa cinquième édition. M. le professeur 
Scheidweiler vient d'en faire la traduction. Les maîtres de la science 
savent seuls la populariser et l'exposer avec simplicité, parce qu'ils la 
comprennent et qu'ils la ramènent aux grands principes. En science 
comme en toutes choses. 

Ce qui se comprend bien, s'énonce clairement, 
Et les mots pour le dire arrivent aisément. 

L'ouvrage de M. Schleiden se recommande par l'autorité d'un grand 
nom : il est écrit dans un style fort remarquable , que M. Scheidweiler 
a su conserver dans son élégante traduction. De son côté, l'éditeur^ 
M. Schnée, a soigné cette publication d'une manière toute spéciale. 
L'ouvrage terminé formera un charmant volume in-8", orné de belles 
gravures, dont la lecture sera un utile délassement pour les jeunes gens 
et une étude fort douce pour les demoiselles. 

La plante et sa vie de M. Schleiden, la Botanique de M. Le Maout, les 
Etudes de géographie botanique de M. Lecoq et le petit Dictionnaire de 
botanique de M. Hoeffer forment la meilleure petite bibliothèque française 
de botanique pour les personnes du monde. 



— 314 — 



JARDIN FRUITIER. 



NOTE SUR QUELQUES FRAISES NOUVELLES OU PEU CONNUES ET 
RECOMMANDABLES. 

Par m. Alexandre Bivort, 

La fraise est le premier fruit que nous offre le printemps, le premier 
bienfait de Pomone; à peine les frimas nous ont-il quittés, que la végé- 
tation de cette rosacée se met en mouvement; bientôt les fleurs parais- 
sent; les fruits ne tardent pas à leur succéder et à embellir nos desserts 
jusqu'aux premières gelées de l'automne, ce n'est peut-être pas pour tous 
le meilleur des fruits, mais en est-il un seul qui nous donne d'aussi 
longues jouissances, qui les fasse moins attendre et qui nous demande 
aussi pen de soins ? 

Depuis quelques années, la culture du fraisier a pris une grande 
extension. La beauté et la bonté des variétés nouvelles mises dans le 
commerce par d'infatigables semeurs, ne nous laissent que l'embarras du 
choix. Aussi trouve-t-on maintenant dans les plus petits jardins, où 
naguère encore on ne cultivait que le fraise des bois, bon nombre de 
variétés récentes du premier mérite. 

Plusieurs variétés ont été soumises cette année à la commission royale 
de Pomologie; elle en a choisi huit d'une qualité réellement supérieure 
et une (la surprise de Myatt), plutôt à cause de sa grosseur et de sa 
beauté, que de sa bonté. 

lo SURPRISE {Myatt.), 
(Planche 8b, fig. 2). 

Fruit très gros, creux à l'intérieur, variable dans sa forme, qui est 
tantôt allongée ou conique et très souvent carrée, angulaire et aplatie. 
Sa couleur rouge clair ou très-pâle s'avive du côté du soleil d'une nuance 
rouge vif très-brillante. Ses graines assez nombreuses, en partie jaunes, 
en partie rouges, sont implantées dans des alvéoles peu profondes. Sa 
chair est blanc-rosé, d'une contexture peu délicate, mais sucrée et d'un 
goût agréable. Il est à regretter que la qualité de cette variété ne soit 
pas en harmonie avec un faciès aussi heureux ; elle est cependant recom- 
mandable et de premier rang pour la grosseur. 

Le fraisier est vigoureux et assez touffu; son feuillage est moyen, vert 
clair; les pétioles sont longs, très-velus, il est assez fertile et tardif. 



— 315 — 



2o NEC PLUS ULTRA {De Jonghe). 

Le fruit est gros, assez variable dans sa forme, qui est ordinairement 
arrondie. Sa couleur rouge vif se teint de pourpre foncé du coté du 
soleil, à sa parfaite maturité; ses graines sont jaunâtres, très apparentes, 
placées presque à fleurs du fruit. 

La chair est rouge, fine, succulente, sucrée, vineuse, bien parfumée, 
excellente. 

La fraisier est des plus vigoureux, très touffu ; son feuillage est ample, 
vert clair; le pétiole très gros, très long, presque glabre. Sa fertilité est 
moyenne. 

3o PERLE DES FRAISES {De Jonghe), 

Fruit moyen allongé, renflé vers son centre, courtement rétréci vers 
le pédoncule, rouge obscur du côté du soleil, rouge clair ou jaunâtre du 
côté de l'ombre. Graines en partie brunes, en partie jaunes, peu enfon- 
cées dans leurs alvéoles. Chair blanc rosé, ferme, fine, sucrée, d'une 
saveur relevée et d'un arôme exquis. 

Cette variété n'est pas creuse à l'intérieur, et ne laisse rien à désirer, 
sinon l'ampleur. 

Le fraisier, d'une végétation vigoureuse, est très fertile, son feuillage 
est touffu; les feuilles sont moyennes, glabres, vert foncé ; le pétiole est 
long, de grosseur moyenne, très velu. 

4o AJAX {lorio). 

Fruit gros, arrondi, presque cordiforme, d'un beau rouge vif. Graines 
rouge brun du côté du soleil, jaunâtre du côté de l'ombre. Chair rosée, 
presque sans vide au centre, fine, sucrée, d'une saveur relevée, très bonne. 

Fraisier rigoureux à feuillage touffu; feuilles amples; pétiole gros, 
long, peu velu. Très fertile et assez hâtif. 

5o GRÉTRY {Lorio). 

Cette variété a été gagnée par M. Lorio, horticulteur à Liège. 

Ce fruit est gros, allongé ou ovale arrondi , courtement rétréci vers le 
pédoncule, de couleur rouge carmin brillant; ses graines sont rouge 
brun, peu enfoncées. La chair est rosée, d'une contexture délicate, sucrée, 
veineuse, bien parfumée, de première qualité. 

Le fraisier est d'une vigueur moyenne, très fertile. 

6» LOUISE MARIE {Lorio). 

Cette fraise provient de la même source que la précédente. Le fruit 
est gros, ovale arrondi, légèrement rétréci vers son sommet, parfois 



— 316 — 

aplati, de couleur cerise ou pourpre foncé ; ses graines sont brunes, assez 
enfoncées dans leurs alvéoles; la hampe, de grosseur moyenne, peu 
élevée, s'abaisse sous le poids des fruits. La chair est fine, rosée au centre, 
rouge vif sur les bords, sucrée, bien parfumée, de toute première 
qualité. 

Le fraisier est vigoureux et très fertile. 

7o BRITISH QUEEN NOVA. 

Cette variété, d'origine anglaise, ressemble, pour la forme, à l'an- 
cienne fraise de ce nom. Le fruit est gros, allongé, tronqué au sommet, 
de couleur blanc rosé, lavé de rouge du côté du soleil, et près du 
pédoncule; ses graines sont rouge pourpre. La hampe est moyenne, 
raide ; elle soutient assez bien ses fruits. La chair est blanche , fine , 
succulente, sucrée, de toute première qualité. 

Le fraisier est vigoureux et assez fertile. 

8° REINE DES FRAISIERS {De ionghé), 
(Planche 8b, fig. 1). 

Cette fraise appartient aux semis de M. De Jonghe, horticulteur à 
Bruxelles. 

Le fruit est gros, ovale, pointu ou conique, de couleur blanc rosé, 
nuancée de rouge vif du côté du soleil; ses graines sont rouge foncé; 
sa chair est blanche, fine, remplie d'un jus sucré, vineux, excellent. 
Comme les précédents, elle est de toute première qualité. 

Le fraisier est vigoureux et très fertile. 

9o CHOIX D'UN AMATEUR (De Jonghe). 
(Planche 85, fig. 3). 

Cette variété provient de la même source que la précédente. 

Le fruit est gros, conique, aplati ou arrondi, plein à l'intérieur, de 
couleur rouge foncé; ses graines sont en partie brunes, en partie jaunes; 
la chair est rouge, fine; remplie d'une eau sucrée, bien parfumée, de 
toute première qualité. 

Le fraisier est vigoureux et fertile. 



— 317 — 



DE L'ARBORICULTURE FRUITIÈRE AU POINT DE VUE AGRONO 

MIQUE, 

Par m. Boyer, 

Président de la commission royale belge de Pomologie, 

(Suite et fin, voyez p. 284). 

En attendant que des congrès décident en dernier ressort quels sont 
les fruits à introduire ou à rejeter de la culture, nous devons mentionner 
les pommes étrangères dont la commission belge a reconnu le mérite et 
qu'elle a jugées assez remarquables pour être peintes et décrites dans 
ses annales. 

Variétés d'orig;fne étrangère à introduire dans la grande culture. 

Le nombre des pommes de cette catégorie sera pour le moment très 
limité; car fidèle à la loi que nous nous sommes imposée de ne pas 
recommander un fruit sans l'avoir vu et dégusté, et dans les nombreuses 
collections adressées à la Société Van Mons par ses correspondants 
étrangers, un petit nombre de variétés seulement ayant produit jusqu'ici, 
il faudrait s'en rapporter aux descriptions de M. John Lindley pour les 
variétés anglaises, de M. Downing pour l'Amérique, de MM. Dochnall et 
Oberdich pour l'Allemagne. Malgré notre respect pour ces autorités 
éminentes, nous croyons convenable d'ajouter à leurs jugements notre 
propre expérience, pour ne pas induire le public en erreur. 

Les variétés suivantes, au nombre de seize, sont classées par pays 
d'origine. 

ALLEMAGNE. 

Calville Grœffenstein. Syn. Gravenstein Apple. — De la forme des 
calvillacées, elle ressemble extérieurement à notre calville des prairies ; 
mais cette dernière est une pomme d'hiver, tandis que la Grœffenstein 
mûrit en octobre et novembre, et pourrait alimenter les marchés dans 
cette période, car l'arbre est très fertile. La chair est jaunâtre, délicate, 
très juteuse, d'une saveur relevée et particulière. 

L'arbre est très robuste, fertile, très cultivé dans les vergers du nord 
de l'Allemagne. 

Reinette Ananas, — Dochnall mentionne plusieurs Reinettes Ananas; 
nous avons reçu des greffes et des fruits de celle-ci par M. de Srap, con- 
seiller d'État du grand-duc de Nassau à Wiesbaden. C'est une pomme 
analogue aux reinettes, et spécialement à la R, de Versailles quant à la 



— 318 — 



forme; mais la peau est plus verte, et jaunit à la maturité. Cette pomme 
est de longue garde. Sa chair fine, d'une saveur sucrée acidulée, est 
fort agréable. 

AMÉRIQUE. 

En 1855, M. Marshalls P. Vylder, président général de V American 
Pomological Society^ nous adressa une caisse remplie des meilleures 
pommes cultivées dans ses vergers de Boston. Ces magnifiques et excellents 
produits furent examinés et dégustés en séance du comité de pomologie, 
qui choisit les plus remarquables pour les faire peindre et les décrire 
dans ses Annales. Ils peuvent être introduits avec confiance en Belgique ; 
car on sait que le climat du Massachussets, d'où ces variétés nous sont 
venues, est plus sévère que le climat de la Belgique. Une chose qui doit 
nous confirmer dans cette conviction, c'est la parfaite concordance qui 
existe entre les jugements de la grande Société américaine et les nôtres 
sur les fruits d'origine européenne à admettre ou à rejeter. Nous voyons 
dans les Annales de cette Société, congrès ou meetings biennaux de 
Rochester et de Boston, les pommes suivantes figurer au premier rang 
parmi celles dont la culture mérite de prendre la plus grande extension. 

D'après l'auteur américain Downing, il parait que ces variétés sont 
nées dans l'état de Massachussets et qu'elles sont aussi communes sur les 
marchés de Boston que le sont dans nos provinces les pommes de court- 
pendu et de helle-fleur. 

C'est d'après ces divers rapports et notre propre appréciation, que la 
Société Van Mons en distribue les greffes à ses membres qui en font la 
demande. Tous ces fruits sont peints dans les Annales de la commis- 
sion belge. 

Pomme Baldwin. Syn. Woodpeckcr (Downing). Fruit gros, arrondi, 
déprimé aux deux bouts ; peau lisse, luisante, jaune citron du côté de 
l'ombre, mais presque recouverte de rouge cramoisi du côté du soleil; 
chair blanc jaunâtre, fine, remplie d'un jus sucré acidulé d'une haute et 
riche saveur. Arbre vigoureux, produisant avec abondance et sans alter- 
nat, selon Downing, qui la place à la tète de toutes les pommes de la 
nouvelle Angleterre. 

Roxbury Russet. Syn. Russet, Boston ofRoxhury, Boston Russet, etc. 
(Downing). — Fruit gros, arrondi, fortement déprimé dans le genre des 
court-pendus ; peau rude, vert herbacé presque entièrement ombré de 
gris roux: jaunit peu à la maturité; clair blanc verdâtre, ferme, con- 
tient un jus très sucré, mélangé d'un léger acide; d'une saveur exquise, 
tenant le milieu entre celle des reinettes et des rambourgs; mûrit de 
janvier en juin, époque où elle se vend encore sur les marchés de Boston. 

Northern Spy. — Fruit gros, arrondi, large et déprimé à la base, 
légèrement rétréci au sommet; peau lisse, mince, luisante, jaune d'or 
panachée de rouge cerise du côté de l'ombre, et striée de rouge foncé du 



— 319 — 



côte du soleil; chair blanche, fine, tendre; eau abondante, sucrée, 
relevëe d'un léger aigrelet, et d'une saveur particulière et exquise. Mûrit 
de janvier en juin. Arbre vigoureux, d'une croissance rapide et d'une 
fertilité moyennne. 

Winter quen. Syn. Winter quening. — Pomme grosse, conique, cotée 
et bosselée comme notre calville rouge avec laquelle elle a assez d'analo- 
gie, peau lisse, luisante, entièrement rouge clair, lignée et panachée de 
rouge foncée; chair blanc rose, assez fine, moelleuse; eau sucrée, 
mélangée d'un léger aigrelet qui en relève la saveur. Maturité de 
novembre en févier. Arbre d'une grande fertilité. 

Rhode island Greening. Syn. Green Newton pip'pin, Burington Grée- 
ning, Jersey Greening, — « La Rhode island Greening, dit Downing, 
« est la favorite de tous; elle est si généralement connue, qu'il semble 
« superflu d'en faire la description : elle réussit dans toutes les parties 
« du pays et la plupart des sols ; c'est pour cette raison qu'elle est plus 
« estimée qu'aucune autre variété de garde. » 

C'est un fruit très gros, de la forme des court-pendus ; la peau épaisse, 
lisse, vert obscur, jaunit un peu à la maturité; elle est ombrée de rouge 
terne; chair blanc jaunâtre, fine, tendre, demi-cassante; eau abondante 
sucrée légèrement acidulée et d'un parfum des plus agréables. C'est nn 
fruit de toute première qualité, aussi recherché pour les préparations 
culinaires qu'il est estimé pour la table ; il commence à mûrir dès le mois 
de novembre, et se conserve jusqu'en mars. Arbre vigoureux et fertile, 

Huhhardston nonsuch, — Fruit gros, arrondi, aplati à la base et 
rétréci vers le sommet; peau lisse, luisante, jaune brun, panachée et 
rayée de rouge-cerise vers l'ombre, fortement coloré de rouge du côté 
du soleil ; chair blanc jaunâtre, tendre, pleine d'un jus sucré acidulé 
des plus agréables. Maturité d'octobre jusqu'en février. Arbre très vigou- 
reux et très fertile, digne de figurer au premier rang dans les vergers. 

Green Ohio Pippin. {Reinette de l'Ohio). — Fruit gros ou très gros, 
forme reinette; peau verte, jaunissant à la maturité, légèrement tavelée 
et striée de rouge clair; chair blanc jaunâtre, ferme, juteuse; eau assez 
abondante , goût sucré acidulé des plus fines reinettes. Maturité en jan- 
vier et février. Arbre vigoureux et fertile, non moins propre aux vergers 
qu'aux jardins. 

ANGLETERRE. 

Ribston Pippin. Syn. Glory of Yorck, Formosa Pippin. — Fruit de 
grosseur moyenne, arrondi, et légèrement déprimé; peau verte, jaunis- 
sant à la maturité, ligné et maculé de roux fauve, très coloré de rouge du 
côté du soleil; chair blanche, moelleuse et assez ferme; eau abondante^ 
sucrée, acidulée, très fine. Maturité de décembre en mars. Arbre fertile, 
propre aux vergers comme aux jardins. 

Le Ribston Pippin est l'une des pommes favorites des Anglais. 



- 320 — 



Bedford's ffire foundling [Mignonne de Bedford). — Fruit gros, par- 
fois très gros, arrondi, légèrement déprimé à sa base, rétréci au sommet, 
un peu côtelée; peau lisse, vert-clair, jaunissant à la maturité; chair 
blanche, jaunâtre, ferme et fine ; saveur vineuse, sucrée et relevée d'un 
léger acide. Maturité en décembre et janvier. Arbre vigoureux, très fertile.. 

Quen of she Pippin. (Reine des reinettes.) — Fruit gros, forme analo- 
gue aux court-pendus; peau lisse, luisante, verte, passant au jaune d'or 
à la maturité, fortement colorée de rouge clair, ombrée de rouge foncé; 
chair blanc jaunâtre, ferme, cassante; eau sucrée, légèrement acidulée et 
bien parfumée. Maturité en janvier. 

Wellington, syn. Dumelows Seidling. — Fruit gros, arrondi; peau 
fine, blanc-jaunâtre, devenant ensuite jaune citron, strié de rouge-car- 
min ; chair blanche, lisse, fine, ferme; eau abondante, acidulée, relevée. 
Maturité de janvier en mars. Arbre très-vigoureux et d'une grande 
fertilité. 

RUSSIE. 

Grand Alexandre, Alexandre I" emperenr de Rnssie, — Fruit énorme, 
de la forme des rambourgs, plus large que haut, plus ou moins côté; 
peau d'un vert blanchâtre, passant au jaune pâle à la maturité, striée et 
lavée de rouge vif; chair blanche, assez fine, moelleuse, sucrée et acidulée 
d'une manière agréable et relevée. Maturité en novembre et décembre. 
Arbre rustique, vigoureux, assez fertile et propre aux vergers. 

Duchesse d'Oldenbourg. — Fruit assez gros, arrondi irrégulièrement, 
un peu côté; peau vert clair, jaunissant à la maturité, maculé de rouge 
pâle; chair blanche, délicate; eau sucrée acidulée, relevée d'un parfum 
des plus agréables et fin. Maturité pendant le mois d'août, époque où 
les bonnes pommes d'été sont assez rares. Cette circonstance ajoute au 
mérite de cet arbre, qui est d'ailleurs rustique et fertile. 

HOLLANDE. 

M. Loisel de Fauquemont, l'un de nos correspondants, s'occupe beau- 
coup de l'amélioration du pommier dans le Limbourg hollandais; nous 
ne connaissons pas encore ses principales variétés, et ne pouvons men- 
tionner ici que sa pomme Prince d'Orange, — fruit de forme cylindri- 
que, à côtes longitudinales et peu prononcées. Son volume est moyen, la 
peau est lisse, fine, passant du vert au jaune-citron, maculé de rouge 
du côté du soleil. 

La chair, d'un blanc-jaunâtre, est très-fine, et d'un goût fort agréable. 

La maturité est circonscrite dans les mois d'octobre et de novembre ; 
l'arbre, très rustique, s'annonce comme fertile. 

Nous terminons ici notre tâche en ce qui concerne le pommier de 
verger; dans quelque temps, nous aborderons le même travail "pour le 
poirrier. 



HORTICULTURE. 



xNOTE SUR LE RAPHIOLEPIS JAPONICA, Sieb. i:ï Zucc, NOUVEL 
ARBUSTE DU JAPON, 

d'après SlEBOLD, ZuCCARINI ET WlTTE. 

(Représenté pl. 86, fig. 1-3). 

Raphiolepis JAPONICA, Sieb. et Zucc, foliis obovatîs oblongisve, obtusis, in margine 
recurvo grosse serrato crenatis (floraJibus integerrimis) , supra glabris, subtus flavo- 
virentibus el novellis parum rufescenti-tomentoculis; florum paniculâ contracta pyra- 
midalâ; bracteis sub anthesi deciduis, calycis tomenlosis laciniis ovatis, acutis, sta- 
minibus brevioribus; petalis obovatis, obtusis, interdum obsolète mucronulatis ; 
fructibus globosis. 

Nom. japon. Hama mokkot' . — Nouv. jap. sin. sî-kô-Wwa. 

Crescit imprimis in australiuribus Japonicœ provinciis locis rupestribus ad littora 
maris fluminumque ripas et ostia. Colitur quoque in horlis Azalei aliisque fructibus 
mixta. Eloret maio, maturat fructus anatumno. 

ZiEB. et Zucc. Flora japonica, p. 162, tab. 87. 

Le Raphiolepis japonica est un arbuste du Japon , nouvellement in- 
troduit en Europe par M. Von Ziebold et se cultivant en serre tempérée. 
MM. Ziebold et Zuccarini l'ont décrit déjà dans le Flora japonica et 
nous donnent les détails suivants : 

« Le genre Raphiolepis établi par Lindley et qui embrasse plusieurs 
arbres rangés autrefois parmi les Cratœgus, paraît être répandu sur 
une vaste étendue géographique : on en connaît plusieurs espèces des 
Indes et de la Chine. Notre plante s'appelle au Japon Hama-Mokkok, 
c'est-à-dire Mokkok [Cleyera) des rivages. Elle forme un buisson de six 
à dix pieds de hauteur, qui se ramifie dès la base et forme par ses ra- 
meaux resserrés et à feuillage touffu, une pyramide épaisse. Les feuilles, 
toujours vertes, sont elliptiques, courtement pointues ou obtuses, dé- 
coupées en scie, lisses et coriaces. Les fleurs d'un blanc rougeâtre, 
apparaissent, en panicule terminale, au mois de mai. Les baies, noires, 
couvertes d'une poussière bleuâtre et de la grandeur d'une petite cerise, 
mûrissent en automne et contiennent une, rarement deux graines. 

« On rencontre souvent les Mokkok dans les provinces méridionales 
du Japon, sur les pentes rocailleuses et surtout sur les rochers des côtes 
de la mer, aux bords (h"s baies, des lacs et à l'embouchure des fleuves, 
d'où il tire son nom. Dans les jardins japonais on l'emploie principale- 

BELG. HORT. TOMo VHI. 21 



— 322 — 



ment comme décoration des groupes de rochers avec des Azaleas et 
autres arbrisseaux; ou bien on le plante isolément à cause du bon effet 
qu'il produit quand sa couronne arrondie, à feuilles touffues, se couvre 
de ses innombrables bouquets de fleurs rougeatres. » 

D'un autre côté, M. H. Witte, jardinier en chef du jardin botanique . 
de Leyde et qui a remplacé M. le professeur De Vriese dans la rédaction 
de la Flore des jardins du royaume des Pays-Bas , a publié sur le 
R. japonica et sa culture les renseignements suivants : 

« Le Raphiolepis japonica, déjà figuré dans la Flora japonica j intro- 
duit il y a quelques années au jardin botanique de l'université de 
Leyde, nous a été envoyé par M. Teysmann. de Java (qui l'aura reçue 
du Japon), avec quelques autres plantes japonaises. C'est un très joli 
arbuste de serre froide, à floraison abondante et qui laisse bien derrière 
lui le Raphiolepis indica, connu déjà depuis longtemps dans les jardins. 
De petites plantes, qui ont à peine un pied de hauteur, montrent cinq 
à huit panicules de fleurs blanches avec une nuance rose bien prononcée 
au centre. Les feuilles sont d'un vert très foncé à la surface : au revers 
elles sont d'une nuance plus ou moins glaucescente, avec un réseau de 
veines plus vertes. Selon la vigueur de la plante, les feuilles, ainsi que 
les pétioles, diffèrent de grandeur; parfois aussi la même plante a des 
feuilles à peu près sessiles et d'autres beaucoup plus grandes, à pétales 
assez longs » 

« Culture. — Nous avons déjà dit que c'est une plante de serre 
froide; elle ne réclame pas beaucoup de soins. Un terreau de feuilles 
ou de bruyère lui convient très bien. Aux premiers jours de février il 
commence à paraître des boutons à fleurs. On fera bien de porter alors 
la plante à une autre place de la serre où les rayons du soleil, si rares 
qu'ils soient encore vers cette époque dans notre pays, peuvent pourtant 
pousser les boutons à s'ouvrir. On peut multiplier par boutures. Cet 
arbuste se prête parfaitement à être forcé au commencement de février. 
S'il est placé vers ce temps en serre chaude, les boutons ne tardent pas 
à s'ouvrir comme pour servir d'ornement aux serres, où, en ce mois, 
chaque fleur est la bien venue. » 

Figures analytiques. — 2. Rameau fructifère. — 3. Fleur dépouillée du calice et de 
la corolle. 



— 323 — 



NOTICE SUR LE COSMANTHUS GRANDÏFLORUS, Bentii. OU 
COSMANTHE A GRANDES FLEURS. 

FAMILLE DES HYDROPHYLACÉES. — PENTANDRIE MONOGYNIE. 
(Représenté Pl. 86, fig. 4-G). 

CosMANTHUs GRANDÏFLORUS ; adceiideiis, foliis lalo-ovatis dentatis basi subcordalis 
rugosis uti caules et calyces hispides, racemis ad apicem pluribus circinatis, calycibus 
subsessilibus placentis ultra 50 ovulatis, Benth. in De Cand., Prodr^ v. IX. p. 297. — 
Bot. Mag. 1858, l. 5029. 

Synon. Eutoca grandiflora Benth. in TranSj Linn. Soc, v. 17, p. 278. — Eutoca 
speciQsa. Natthall. Plant. GanabelL p. 158. 

Cette plante a les plus grandes fleurs de la famille des Hydrophylléacées; 
quoique découverte par M. Douglas pendant son exploration de la Californie, 
avant 1854, elle semble n'avoir été introduite que récemment dans nos 
jardins par M. William Lobb, collecteur de MM. Veitch. Elle fleurit 
abondamment en plein air, cultivée comme plante herbacée de pleine 
terre; sa corolle est d'un beau bleu comme celle de V Eutoca viscida. 

Description. Plante herbacée, vigoureuse, rameuse et quelque peu 
décombante. D'après M. Lobb, elle atteint dans sa patrie la hauteur de 
trois à cinq pieds : couverte partout de poils simples et courts, entre- 
mêlés de poils glandulifères et visqueux qui sécrètent une résine lourde 
et désagréablement odorante. Les branches sont arrondies et ascendantes; 
les feuilles grandes, assez épaisses, brièvement pétiolées, ovales, plus 
ou moins cordées à la base, approchant parfois de la forme rhomboïde 
ou triangulaire, doublement dentées, à nervures très proéminentes, en 
dessous. Fleurs terminales sur les jeunes branches supérieures, qui 
forment des panicules feuillées de grappes scorpioïdes. Pédicilles fort 
courts, droits. Calice à cinq segments linéaires étalés puis dressés, à peu 
près aussi long que la portion tubuleuse de la corolle. Celle-ci est très 
grande, au moins deux pouces de diamètre, campanulo-rotacée, d'un 
bleu purpurescent, à lobes subarrondis, très obtus et à tube blanc. Cinq 
étamines très exsertes : anthères oblongues, filaments subulés, velus à la 
base, ovaire pyramidal, partiellement pubescent, style courte, trifide. 

Figures analytiques. — S. Etamine. — 6. Pistil {grossis). 



~ 324 ~~ 



CULTURE DU LUCULIA GRATISSIMA , 
Par m. James Euston. 

TRADUIT LIBREMENT DE l'aNGLAIS PAR M. LE DOCTEUR OLIVIER DU VIVIER. 

Le public s'engoue de la nouveauté aujourd'hui plus que jamais; pour 
ne parler que des plantes, celles dont l'introduction remonte déjà à 
quelques années, sont trop souvent mises de côté, négligées, oubliées 
enfin, alors qu^elles devraient figurer dans nombre de lieux, si le goût 
seul y faisait loi. Quelques-unes sont, sans nul doute, rejetées unique- 
ment à cause des difficultés qu'on suppose inhérentes à leur culture; 
mais d'autres se voient détrôner par des sœurs qu'un coloris plus vif, 
que des nuances plus brillantes, qu'un dessin particulier de la fleur ou 
du feuillage, qu'un rien, en un mot, fait remarquer d^admira leurs 
enthousiastes. Le Luculia gratissima , possédant des qualités qui attire- 
ront toujours l'attention, n'appartient à aucune de ces catégories ('). 

Le Luculia, bien cultivé et développé dans de magnifiques propor- 
tions, constitue un des plus beaux ornements dont puissent se parer 
les conservatoires du riche, tandis que, modéré dans sa croissance, il 
s'adapte parfaitement à des espaces plus étroits, et convient également 
aux personnes moins favorisées de la fortune. Son ample et riche feuil- 
lage est formé de larges feuilles d'un beau vert brillant et foncé; 
chacun de ses rameaux est terminé par une large inflorescence dont les 
fleurs d'un rose pâle laissent échapper un parfum qui, pour être léger 
n'en est pas moins suave; enfin, ce qui doit être pris en considération, 
c'est que cette plante épanouit ses fleurs pendant les mois les plus 
tristes de l'année, c'est-à-dire de novembre en mars. Aussi est-ce avec 
surprise, pour ne pas dire avec regret que Ton constate la rareté de 
cette noble plante, quand surtout on sait combien sa culture est heu- 
reuse et comparativement facile , ce que nous allons nous efforcer de 
montrer. 

Les amateurs qui veulent commencer la culture du Luculia, doivent 
se procurer chez un pépiniériste, une jeune plante vigoureuse, car, 
parfois, sa propagation est longue et ennuyeuse. Les boutures deman- 
dent un temps assez long pour former racines, surtout si l'on n'a pas 
eu soin de bien les choisir; et les meilleures sont peut-être ces rejetons 
qui, à la chute des fleurs, poussent abondamment des bourgeons les 



(1) Le Luculia gratissima y Swt., de la famille des Rubiacées, appartient à la Pen- 
tandrie monogynie de Linné; c'est une plante originaire duNépaiil, et dont Fintro- 
duction en Europe date de 1823. Elle a été décrite par R. Sweet, dans le British 
Flower aarden. (N. du Trad). 



- 325 — 



plus rapprochés de la base de l'inflorescenee. Quand ces boutures, prises 
avec une portion du bois de l'année précédente, ont acquis un certain 
degré d'assurance, on les place dans des pots bien drainés, remplis de 
tourbe sablonneuse et recouverts de sable blanc. Après qu'un arrosage 
a suflîsamment humecté toute l'épaisseur du sol, les pots sont placés 
dans une couche chaude, d'abord jusqu'à mi-hauteur, puis lorsque 
le bourrelet sera formé, jusqu'au rebord même, en ayant soin de ne 
plus arroser. La meilleure habitation pour ces boutures, est, à cette 
époque, une hache bien fermée et posée sur une couche de tan ou 
dans la serre à propagation , car les cloches ordinaires qui semblent 
conserver les boutures dans un état plus frais, nous ont paru amener 
le dépérissement plutôt que le développement des racines. Du reste, 
pour empêcher que les boutures se flétrissent , il faut avoir soin d'entre- 
tenir l'atmosphère delà bâche suffisamment humide, et d'abriter con- 
stamment les boutures des rayons directs du soleil. Si tout va bien, les 
boutures faites en février, ou même en mars, se trouvent enracinées en 
mai ; on peut alors les transplanter dans de petits pots et les rétablir à 
Tendroit qu'elles occupaient primitivement, jusqu'à ce qu'ayant formé 
de nouvelles racines, elles soient aptes à affronter graduellement le 
soleil et le plein air. Vers la fin de juillet, on les change de pots, et les 
plants les plus forts peuvent donner, le même hiver, de belles inflores- 
cences; tous produiront, le second hiver, de jolis spécimens, si l'on a 
eu soin de les changer de pots deux ou trois fois. 

Mais lorsque l'on veut réellement obtenir des sujets de collection, on 
doit choisir, parmi les plantes qui n'ont pas encore fleuri, un pied vigou- 
reux, bien portant et mesurant quatre à six pouces de hauteur. Au mois 
de février, on le soumet à une douce température, en ayant soin de 
plonger le pot dans une couche chaude, pour exciter le développement 
de la racine, concurremment avec celui de la tige. Toutes deux se déve- 
loppant, on change la plante de pot et l'on porte la température de la 
couche à 25** cent., tout en élevant celle de l'air ambiant, et en augmen- 
tant proportionnellement l'humidité. Ces opérations se font parfaitement 
dans une couche à melons, et les exigences de ces derniers sont exacte- 
ment les mêmes que celles du Luculia à cette période de sa croissance; 
le Luculia exige de plus d'être tenu dans un lieu aussi hermétiquement 
clos que possible. Quan/i la jeune plante atteint une hauteur de douze à 
quatorze pouces, on pince le bourgeon terminal , et les rejetons latéraux 
ne tardent pas à se former; il faut alors fréquemment arrêter l'évolution 
de ceux du centre, en prenant en considération et leur force d'ascension 
et celle qu'on veut donner aux branches inférieures; de cette manière, 
on assure à celles-ci un développement parfait, et elles produisent autant 
d'inflorescences que les branches supérieures. 

Le Luculia ne se ramifie le plus souvent qu'aux bourgeons les plus 
élevés; on ne doit donc pas différer longtemps le pincement du bourgeon 



— 326 — 



terminal; et comme toute l'énergie de la plante semble se concentrer 
vers les bourgeons supérieurs, si l'on n'a pas arrêté ceux-ci, les branches 
inférieures se débilitent et finissent par tomber, ôtant à l'amateur tout 
espoir d'obtenir le spécimen désiré. 




Pl. 87. — Luculia gratissima, Swt. — Pied dans la 3^ année de sa croissance. 

Vers le milieu de l'été, la plante reçoit son changement final pour la 
saison prochaine; plus tard on la reporte dans un lieu plus chaud et on 
l'y garde pendant un mois environ; on l'endurcit ainsi graduellement et 
l'on finit par la retirer tout à fait de la serre; il faut toutefois avoir soin 



— 527 ■- 



(le la protéger contre les courants d'air froid et contre les rayons du 
soleil du midi. A cette période, on doit aussi laisser la plante se dévelop- 
per librement, si Ton veut qu'elle produise de belles inflorescences. 

Dans la saison suivante, lorsque les fleurs sont flétries, en mars à peu 
près, la plante est de nouveau soumise à une douce chaleur; les jeunes 
rameaux propres au bouturage se développent alors abondamment, et 
lorsqu'on en aura recueilli une provision suflisante, on retranche les 
rameaux supérieurs d'assez près et de manière à ne laisser qu'une paire 
de bourgeons au-dessus du point où la plante a reçu son premier arrêt. 
Les branches inférieures sont conservées intactes, à moins toutefois qu'un 
rameau déjeté ne dépare le faciès du sujet, auquel cas on doit le retran- 
cher. Quoi qu'il en soit, l'attention doit toujours être portée sur ces 
branches, car on peut se trouver très embarassé pour les conserver 
robustes et vigoureuses. 

Lorsque la plante a donné des rameaux de trois à quatre pouces de 
longueur, on la place dans un pot plus grand et dans une couche chaude; 
toutefois, à cette époque^ 45 à 18" cent, de chaleur atmosphérique 
suflisent, en ayant soin d'augmenter de 10« par jour. Ce seul changement 
sufîit à cette saison, et dans tous les autres cas, dans les années suivantes, 
on doit suivre le traitement que nous venons d'indiquer. 

Le sol qui convient le mieux aux LucuUa, est formé de deux tiers de 
terre riche en terreau et en argile, mêlés à un tiers de terre de bruyère 
fibreuse et dans un état aussi grossier que possible; on y ajoute une quantité 
de sable suflisante pour lui donner de la porosité. Du charbon de bois 
concassé et copieusement mêlé à ce sol, ou bien des cendres écrassées 
dont on augmente la quantité à mesure que la plante gagne de l'ampleur, 
forment une addition très avantageuse ; inutile de dire qu'un drainage 
facile doit toujours être entretenu. 

Le Luculia est sujet aux attaques des pucerons et de l'araignée rouge; 
on préviendra l'invasion des premiers en pratiquant d'abondantes fumi- 
gations où en épongeant les feuilles de temps en temps, et celle du 
second en seringuant souvent la face supérieure des feuilles. 

Pour terminer, nous dirons que pour obtenir du succès dans la culture 
du Luculia^ il faut s'efforcer d'écarter de la plante encore jeune toutes 
les causes de dépérissement. Elle doit être transplantée dans des pots plus 
spacieux aussi souvent qu'il est nécessaire, et dans sa période de crois- 
sance la plus active, placée dans une couche avec une température 
ambiante à la fois élevée et humide; l'air sera reçu dans les occasions 
favorables et la plante située aussi près des vitres que possible. On ne 
la laissera jamais manquer d'eau, sous peine de voir les feuilles inférieures 
se flétrir et défigurer le pied tout entier. Lorsque l'inflorescence est 
formée, un léger engrais liquide est convenable et conserve le feuillage 
en santé. En observant ces quelques préceptes, on sera certain du résultat 
et de la récompense des soins qu'on aura prodigués. 



FLORALIES DE NAMUR. 



COMPTE-RENDU DE LA 8« EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ ROYALE 
D'HORTICULTURE DE LA PROVINCE DE NAMUR, LES 11, 12 
ET 15 JUILLET 1858. 

Un jeune arbre que l'on plante dans son jardin doit être lié à quel- 
ques solides tuteurs pour se soutenir, s'élever et résister aux mauvais 
vents : ses soutiens sont d'abord plus apparents et plus forts que lui, 
mais l'arbre pousse petit à petit; bientôt il est solidement enraciné au 
sol, ses ramifications s'étendent et désormais il peut s'affranchir, briser 
ses liens et se débarrasser de ses tuteurs; il peut vivre librement, por- 
tant, suivant les années, de bonnes ou de mauvaises récoltes et à son 
tour il donnera un ombrage protecteur à ce qui l'entoure. Telle est 
l'histoire de la société royale d'horticulture de Namur. 

Elle conservera le souvenir des Rauchau , des De Limminghe, 
auxquels nuls sacrifice n'a coûté pour assurer ses premiers pas et la 
conduire au rang élevé qu'elle occupe aujourd'hui parmi les sociétés hor- 
ticoles de Belgique; forte désormais de l'appui de tous les amateurs 
Namurois et particulièrement de ceux qui ont concouru à sa formation 
et n'ont cessé de consacrer tous leurs soins à sa prospérité, la société 
peut marcher avec confiance vers les incertitudes de l'avenir. 

M. Bauchau, qui occupait la présidence de la société depuis sa création, 
a quitté la ville; ces fonctions ont été conférées à M. le Marquis Ch. de 
Trazegnies d'Ittre, l'un des plus grands noms de la province de Namur, 
homme distingué autant par son caractère que par des connaissances 
toutes spéciales qui l'indiquaient naturellement au choix des sociétaires. 
L'horticulture ne pouvait donc se placer sous de meilleurs auspices. 

Si l'on apprécie l'exposition de 1858 au point de vue des plantes qui 
s'y trouvaient et de leur culture, on peut la considérer même comme supé- 
rieure à celle de l'année dernière que l'on se rappelle avoir été si remar- 
quable. D'un autre côté le grand nombre d'amateurs distingués du pays 
qui ont pris part à la nouvelle exposition, constitue un progrès réel et un 
excellent augure. La réputation de la société est désormais établie; on 
place les expositions de Namur, sur le même rang que celles de Gand, de 
Bruxelles et d'Anvers. M»" le baron Heynderyckx, de Gand, M^ Legrelle 
d'Hanis, d'Anvers, M'^Linden, de Bruxelles, M"" Jakob-Makoy, de Liège, ont 
envoyé à Namur des collections fort remarquables ; de tels témoignages 
de sympathie de la part de ces amateurs d'élite, sont un grand pas fait 
en avant. 

Le jury convié par le conseil d'administration pour juger des con- 
cours, a répondu avec empressement à son appel : la réception si affable 
et si cordiale dont il est l'objet, fait de ces réunions d'amateurs, en 
quelque sorte des fêtes de famille. Il était composé cette fois de M"^ le 



— 329 — 



baron Heynderyckx, président de la société royale d'agriculture et de 
botanique de Gand, président du jury, MM. Chantin, horticulteur à 
Paris, membre de la société impériale d'horticulture; de Cannart d'Ha- 
male, président de la société royale d'horticulture de Malines ; le cheva- 
lier John de Knyff de Waelhem, l'un de nos appréciateurs les plus 
expérimentés; Fl. Degey, horticulteur à Huy; H. Delmotte, commissaire 
d'arrondissement à Nivelles; René Délia Faille, amateur à Anvers; le 
baron E. De Man de Lennick, propriétaire des collections célèbres du 
château de Bierbaix; G. Demoulins, amateur à Mons; P. Joigneaux, 
agronome à St. Hubert; F. Muller, président de la société Linnéennc 
à Bruxelles; Rosseels ainé, pépiniériste et architecte de jardin à Louvain ; 
J. Verheyen, horticulteur à Bruxelles et bien connu par son explora- 
tion du Mexique; M. Wiot, représentant de la maison Jacob Makoy de 
Liège; enfin, M. Edouard Morren , secrétaire du jury. Les opérations 
du jury ont duré près de six heures, et se sont terminées par un 
banquet offert par le conseil d'administration. 

Ces réunions des amateurs les plus zélés du pays, et de quelques 
étrangers, sont déjà l'occasion d'utiles enseignements, à propos de 
chaque concours, les hommes spéciaux font connaître quelques observa- 
lions nouvelles, ou bien quelque incident fait surgir une discussion toute 
pacifique, et souvent instructive. Mais ne pourrait-on rendre ces assem- 
blées plus attrayantes et plus fructueuses encore en en faisant l'occasion 
d'une sorte de congrès horticole. A certaines époques de l'année les 
expositions se suivent de près dans les principales villes de Belgique; 
les membres du jury sont à peu près les mêmes partout : diverses scan- 
cés pourraient se succéder à huit ou quinze jours d'intervalle, temps 
qui serait utilisé pour mûrir les questions, présenter les rapports, 
instituer certaines expériences etc. Chaque conseil d^'administration en 
choisissant son jury, proposerait certaines questions qui feraient l'objet 
des discussions, et qu'il désirerait voir résolues : diverses résolutions 
pourraient se faire jour, provoquer de nouveaux concours, certaines 
mesures générales, etc. Le meilleur résultat de ces congrès serait de 
stimuler singulièrement l'émulation : ils établiraient une grande solida- 
rité et beaucoup d'union entre les diverses sociétés; ils les forceraient 
à marcher toutes d'un pas égal vers le progrès : une sorte d'académie 
d'horticulture pourrait aussi se former au-dessus des diverses sociétés 
locales. 

Le local de l'exposition était comme l'année dernière le vaste manège 
de cavalerie que l'autorité militaire avait bien voulu mettre de nouveau 
à la disposition du conseil d'administration de la société. Par ses dimen- 
sions, son élégante simplicité et sa clarté, cette en^ einte est admirable- 
ment appropriée pour ces sortes de solennités et les organisateurs de la 
féte savent d'ailleurs y disposer les plantes de la manière la plus conve- 
nable. Il est cependant regrettable qu'une société aussi importante, 
aussi active et aussi utile que la société royale de Namnr, n'ait pas un 



— 330 — 



local à elle^ spécialement affecté à ses réunions. Nons savons que ses 
charges sont déjà assez lourdes et que les sommes qu'elle consacre 
annuellement à l'encouragement de l'horticulture absorbent presque 
toutes ses ressources, mais nous désirerions que le gouvernement, la 
province et la ville, pouvant désormais apprécier l'utilité et les avan- 
tages de la société, lui prétassent leur concours pour la doter d'un local 
digne d'elle et digne de Namur. Dès lors la société sera stable et assurée 
de son avenir, tandis que son sort ne saurait être que précaire, tant 
qu'il dépendra du bon vouloir momentané et de la complaisance des 
autorités. 

Quoi qu'il en soit de cette question d'avenir, l'exposition nouvelle 
présentait un ensemble délicieux; le sol du manège était recouvert de 
sable et parsemé de charmants parterres, la plupart formés par les 
collections d'un seul exposant : on pouvait librement circuler tout au- 
tour de chaque lot, et apprécier ainsi à loisir le mérite de chaque plante. 
On oublie souvent cette considération dans d'autres expositions, et l'on 
sacrifie la légitime curiosité du public, au désir de former un emsemble 
plus imposant. 

Le grand axe de la salle était occupé par six grands parterres ou 
trophées de fleurs, séparés par des groupes plus petits de forme ovale; 
deux séries latérales courraient parallèlement à la première, tandis que 
tout autour du vaisseau une estrade à hauteur d'appui, supportait les 
grands végétaux d'ornement et les plantes les plus délicates. Cette 
manière de disposer les plantes, tient le milieu entre l'ancienne méthode 
et les jardins paysagers; elle rend la visite attrayante et la promenade 
variée, et elle présente les collections sous le jour le plus favorable pour 
l'examen des amateurs. Nous pourrons donc le mettre à profit pour 
passer rapidement en revue les cultures de la plupart des exposants. 

Le contingent le plus remarquable par le nombre et la variété des 
plantes était sans contredit celui de M. V. Bauchau; il occupait presque 
exclusivement toute l'aile gauche de la salle et formait une masse 
élégante de verdure : les végétaux d'un port noble et à feuillage orne- 
mental y prédominaient, notamment les Palmiers, Bananiers, Cycadées, 
Pandanées, les Aralia, les Rhopala, les Dracœna, Pincenectitia, Agave, 
Yucca, Bonapartea, les Conifères, les Ilex, les Broméliacées, les Fougères 
et les Lycopodiacées, les Bégonia et une foule de plantes et d'arbustes à 
feuilles colorées. Ces groupes avaient donc quelque chose d'imposant et 
de sévère : leur vue laissait d'ailleurs une impression de tristesse et leur 
feuillage murmurait ces paroles des gladiateurs aux Césars dans les 
cirques de Rome : morituri te salutant : les gladiateurs mourant te 
saluent César î Ces nobles plantes ne combattront peut-être plus pour 
la victoire et cette fête pouvait être la dernière à laquelle elles assis- 
taient. Bientôt elles allaient être dispersées, livrées à de nouveaux 
maitres qui n'auraient pas pour elles les mêmes soins intelligents et qui 
peut-être les maltraiteraient au point de les faire mourrir. La vente de 



— 331 — 



toutes les plantes de M. Baiicliau était annoncée pour le lendemain de la 
clôture de l'exposition. Mais elles donnèrent à leur propriétaire un 
dernier et éclatant succès en emportant 19 médailles, savoir : cinq 
médailles en vermeil pour le plus bel envoi de plantes fleuries, pour le 
plus belle collection de Palmiers, Bananiers, Cycadées, et Pandanées (^), 
pour les plantes d'ornement, pour la belle culture du Pincenectitia 
tuberculata, Hort., enfin pour l'ensemble de son exposition comme 
ayant le plus contribué à l'éclat du salon; dix médailles d'argent pour les 
Fougères et les Lycopodiacées, les Bégonias, les plantes de serre chaude, 
les Conifères, les Pelargoniums, les Géraniums scarlets, les Verveines, les 
Ilex, les Aralia et Rhopala et les Broméliacées; quatre médailles de 
bronze aux plantes d'ornement, aux végétaux à feuilles colorées ou 
panachées, aux Conifères et à la belle floraison du Tetratheca verticillata. 
Cette abondante moisson de récompenses permet d'apprécier la nature 
des importantes cultures de M. Bauchau, actuellement déjà dispersées : 
nous ajouterons cependant que le même amateur possédait également 
des Orchidées, notamment des Cattleya Mossiœ, Hook., des Sohralai 
inacratha et des Ancectocliilus. 

L'établissement de M. Jacob-Makoy de Liège a remporté, par acclama- 
tion le premier prix, consistant en une médaille en vermeil, pour la plus 
belle collection d'Orchidées appartenant à un horticulteur, le premier 
prix des plantes remarquables par leur rareté et leur nouveauté et encore 
le premier prix du dix-huitième concours, celui des plantes et arbustes 
de tous genres à feuillage coloré ou panaché. Ces trois collections étaient 
très remarquables et ont beaucoup contribué, les deux premières surtout, 
au succès de l'exposition : aussi le jury a-t-il décerné au célèbre établis- 
sement de Liège, le second prix d'honneur. 

La collection d'Orchidées de M. Jacob-Makoy était formée des espèces 
suivantes : 

Aerides odoratum, décrit pour la première fois sous ce nom par 
Lonreiro, dans sa Flore cochinchinoise ; cette brillante épiphyte croît 
en Chine et en Cochinchine ; Roxburgh l'a fait connaître sous le nom de 
Aerides cornutiim qui exprime la forme bizarre de son labelle, et il l'a 
rencontrée aux Indes orientales, dans le Silhet, croissant sur les arbres. 
L'exemplaire qui se trouvait à Namur était très fort et portait cinq grap- 
pes de belles fleurs blanches, rosées, odorantes et charnues. — V Aerides 
affine, Wallich var» rosewm, habite les montagnes méridionales des Indes 
orientales, le Silhet et le Népaul; ses fleurs sont très belles, roses avec 
quelques marbrures plus foncées. — V Aerides purpurascens Lindl., 
que Blume avait déjà rencontré à Java dans les bois humides des monts 

(1) Parmi les plantes les plus remarquables de la eoUection de M. Bauchau, nous 
citerons un fort pied cVHyophorbe indica {Areca lu(cscens^BotiY.) et du Thrinax argm- 
tea, LoDD., de grands Dracœna draco , Linn., le Cordyline indivisa, {Dracœna indi- 
visa), les Bonaparlca gracilis, Sw., glauca et histrix, etc. 



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Pangurangu et Gede, et que l'on trouve décrit dans ses ouvrages sous 
le nom de Dendrocolla purpiirascens. — Un Cattleya portant le nom 
de Janthina major (an Mutabilis var...?) et le célèbre Cattleya Léopoldi 
[an C. guttata var...?) Le Detidrobium densiflorum Wall, var., album ^ 
superbe plante du Népaul, à laquelle le jury a voulu décerner une 
médaille de vermeil toute spéciale ; ses pseudobulbes sont fortement ren- 
flés de la base au sommet, ses feuilles ovales et lancéolées ; les fleurs, au 
nombre de 7 à 15 par grappe, ont un périgone blanc lavé de chair, et 
le labelle blanc avec une belle macule jaune. — Le Dendrobium Veit- 
chianum est une espèce bien remarquable et fort rare ; les pédoncules 
et les divisions externes du périanthe sont jaune citron, pâles et hérissés 
extérieurement de poils courts et raides; labelle grand, veiné et ponc- 
tué de brun. — Cypripedium Veitchianum, espèce fort rare. — Cypri- 
pedium barbatum^en exemplaire magnifique portant 15 fleurs épanouies 
en même temps. — Laelia elegans var. — Ly caste aromatica Linn., 
var. cncullata. — Oncidiiim pubes ho. [0. bicornutum Bot. Mag., 
T. 5109), espèce très florifère, à fleurs petites en panicule terminale, et 
croissant dans les bois du Brésil. — Oncidium sphegiferum Lindl., 
espèce brésilienne à fleurs d'un jaune brillant, maculées de rouge sur le 
labelle. — Odontogtossum hastilabium Lindl., plante fort élégante que 
l'on rencontre à la Nouvelle-Grenade, à une altitude de 2500 pieds au 
dessus du niveau de la mer. — Phalenopsis amabilis , portant deux 
hampes fort élevées , chargées de belles fleurs blanches. — Stanhopea 
oculata, tigrina var., saccata. — Trichopilia tortilis Edw., introduite 
du Mexique depuis 1835. — Vanda Roxburghi R. Brown. Cette belle 
espèce a été décrite d'abord par Roxburgh sous le nom de Cymbidium 
tessellatum, mais Robert Brown lui a reconnu les caractères des vrais 
Vanda. Elle a été figurée dans le Botanical Register (planche 506), le 
Botanical Magazine, (planche 2245) et la Flore des Serres (février 1846). 
Ses fleurs, qui se développent sur des grappes axillaires, présentent un 
périanthe tessellé de vert pâle et de brun, et un labelle violacé. Le F. Rox- 
hurghii croît au Bengale sur les arbres dans les bois humides. — Le 
Vanda suavis Lindl., (in Gard. Chron., 4848, p. 551), introduit par 
M. Veitch et décrit dans le Botanical Magazine (pl. 4432) par erreur 
sous le nom de V. tricolor, est une plante fort rare et admirable, ori- 
ginaire des bois de Java. Son feuillage rappelle celui du V. Roxburghii; 
mais ses fleurs sont très grandes, d'un arôme délicieux, à périan- 
the jaune pâle marbré et maculé, à labelle violet foncé. — Vanda 
tricolor Lindl., var. superba. Blume qui connaissait déjà cette belle 
orchidée de Java (F. suaveolens , Rumphia IV, p. 49), nous apprend 
qu'on la rencontre dans les grands bois surtout sur les Arenga (Saguerus) 
saccharifera. Elle portait 9 fleurs à périanthe jaune tigré et à labelle 
violacé. 

Cette collection était donc éminemment remarquable. 



La collection de plantes rares et nouvelles de M. Jacob-Makoy était 
formée de 34 espèces, parmi lesquelles nous signalerons spécialement : 
VAcer japonicum, Tfiunîî., var. foliis atropitrpureîs ou Erable du Japon 
à feuilles noires, variété curieuse que l'on dit pouvoir supporter la 
pleine terre. Le Trigonidium obtusum, Lindl., var. foliis aureo linea- 
tis, c'est-à-dire une Orchidée (de la tribu des Vandées) à feuilles parfai- 
tement panachées, phénomène fort rare, sinon notiveau, dans la famille. 
Un palmier, précisément celui que nous citions tantôt à propos du Vanda 
tricolovj VArenga saccharifera, Labill., présentait également un exem- 
ple curieux de panachure {var. aureo striatis). Le Podocarpus zamiœ- 
foliuSy RicH., de la Nouvelle Zélande, le Podocarpus Hors/ieldi, R. Br. 
le Galipea cusparia, St. Hil. (Cusparia febrifuga, Humb.), le Cupania 
Akeesia, Cambess [Blightia sapida, Koen), et surtout le Dracœna 
thaleaïdes ou Dracœna à port de Thalea , plante éminemment remar- 
quable et ornementale (1). 



(I) Voici la liste complète de celle collection de M. Jacob-Makoy, avec les ren- 
seignements qu'il a fourni sur chaque espèce : 









DATE DE 


NOM DE LA PLANTK. 


I^TRODUCTEDR. 


PATRIE. 


riutroductioa 








en Belgique. 



Acer japonicum fol. alropurp. 
Ananassa pinangensis fol. eleg. varieg. 



— fissum 

— membranuliferum 

Aralia Sieboldii 

Arenga saccharifera var. fol. aur. varieg. 

Arlanthe insignis 

Barringtonia macrocarpa 

Berchornesia graminea 

Bleckeria calocarpa 

Blighia sapida 

Caladiumsp 

Coccoloba nympheifolia 

Colea Commersoni 

Cusparia febrifuga 

Dracœna thaleoides 

Gleichenia dicarpa 

Grevillea Drummondi 

Griselinia macrophylla 

Hippomane longifolia 

Laurus cinnamomum maruba ... 
Lomalia polyantha ..... 

Mikania Warscewiczii 

Paratropia parasitica 

— Teysmannii 

Phyllocladus Ciinninghamii 
Podocarpus canaliculata. . 

— cupressioides 

— zamiœfolia . 

Psychotria magnoliœfolia .... 
Rhopala Jonghei 

Tacca pinnatifida 

Trigonidium obtusum fol. aureo liniatis 



Siebold. 

Koch. 
Koch. 
Schott. 



Ilort Makoy. 
Hasskl. 
Hooker. 
Hasskl. 
Kœnig. 

De Jonghe. 
Endlicher. 
Humboldt. 
Hort. Makoy. 
Arnott. 
Lindley. 
Hort. Makoy. 
Hort. Makoy. 
Siebold. 
R. Brown. 
Koch. 
Miquel. 
Mi quel. 
Richard. 
H. Bogota. 
Endlicher. 
Hort. Makoy. 

Humboldt. 
Hort. Makoy, 
Linné. 
Lindley. 



Japon. 

Brésil. 
Venezuela. 
Brésil. 
Japon. 
Java. 
Venezuela. 

Java. 
Mexique. 

Java 
Guyane. 
Para. 
Brésil. 
Madagascar. 
Brésil. 
Guinée, 
Ceylan. 
Nouv. Hollande. 
Nouv. Zélande. 
Brésil. 
Japon 
Nouv, Hollande. 
Venezuela. 
Java, 
Java, 
Terre Van Diemen 
Japon. 
Indes Orient, 
Nouv. Hollande. 
Brésil. 
Brésil. 
Madagascar. 
Demerera. 



1857 
18S6 
1855 
1858 
1855 
1856 
1858 
1858 
1858 
1857 
1858 
1850 
1858 
1856 
1856 
1857 
1858 
1858 
1856 
1857 
1856 
1856 
1855 
1858 
1857 
1857 
1856 
1857 



1857 
1856 
1855 
1858 



— 334 — 



Le jury eut été sans doute fort indécis , s'il avait dû se prononcer entre 
la collection d'Orchidées de M. Jacob-Makoy et celle de M. le B'' Heyn- 
DERYCKx de Gand : Dans la première on remarquait quelques espèces 
d'une extrême rareté, mais la seconde, également formée de plantes 
d'élite, était d'une culture irréprochable, et tous des pieds très forts et 
abondamment fleuris. Huit jours plus tard, à l'exposition de la société 
royale de Flore à Bruxelles , ces deux collections se retrouvèrent en pré- 
sence dans un même concours : il s'agissait donc de savoir à laquelle on 
décernerait le premier prix : or on retira de l'urne 6 voix pour la pre- 
mière et 6 voix pour la seconde : jamais prix ne fut mieux partagé. 
Mais la société de Namur a pris une excellente mesure en établissant 
souvent deux catégories de concours, l'une pour les amateurs, l'autre 
pour les horticulteurs : il y a non-seulement beaucoup d'inconvénients à 
provoquer une lutte entre eux, mais en outre, on doit exiger des quali- 
tés différentes dans les collections des horticulteurs et celles des amateurs. 
Celle de M. le B'' Heynderycx obtint par acclamation le 1'' prix (médaille 
en vermeil) du 4^ concours. 

Les serres à Orchidées de M. le B'' Heynderycx sont célèbres depuis 
longtemps; mais on n'osait guère espérer pouvoir jamais en admirer les 
produits à Namur. Aussi la surprise fut-elle grande, quand on vit arri- 
ver M. le Baron et ses plantes, tous d'un certain âge déjà, mais très bien 
portants et très frais malgré les fatigues d'un long voyage. Quinze 
espèces composaient le bouquet d'Orchidées de M. Heynderycx, savoir : 

Un Brassia Henchmanni du Demerary, portant deux hampes de 8 à 
10 fleurs jaunes, ocellées de brun. — Un pied gigantesque du B. verru- 
cosa, Bat. {B. coryandrcij Morr. Ann. de Gand, IV. 295) de Guatemala, 



Catalogue de la collection de plantes à feuillage coloré ou panaché (18^ coiicours) de 

M. Jacoh-Mahoy. 

Acer negundo fol. argenteo variegatis. — Ananassa pinangensis fol. eleganter 
variegatis. — Anaectochilus intermedius. — A. Lowii. — A. xanlophyllus. — Aphe- 
landra Leopoldi. — Aristolochia argyroneura. — Bégonia Griffithii. — B. Reichen- 
heimii. — B. splendida argentea. — B. Thwaitesii. — B. var. nov. e semine orta. — 
Bœhmeria argentea. — Caladium bicolor. — C. discolor, — C. haematostigmum. — 
C. marmoratum. — C. picturatum. — C. pœcile. — C. splendens. — Calathea pardina. 

— Campylobotrys discolor. — Carex variegata. — Crolon longifolius var. fol. varie- 
gatis. — C. pictus. — C. salicifolius. — C. variegatus. — Dichorisandra thyrsiflora. 

— D. vittata cuprea. — Dieffenbachia maculata. — D. variegata. — Dioscorea dis- 
color. — D. picta. — D. versicolor. — Echites nutans, — E. picta. — Gesneria 
zebrina excelsa. — G.zebrina obscura. — Heliconia leucogramma. — Maranta albo- 
lineata. — M. fasciata. — M. pulchella. — M. regalis. — M. variegata. — M. Warsce- 
wiczii. — ■ Oleander fol. eleg. varieg. — Pandanus javanicus fol. varieg. — Pyrostria 
polymorpha. — Quercus atrosanguinea. — Sanseviera fasciata. — Sarracenia vario- 
laris. — Sonerilla margaritacea. — Thuya pyramydalis fol. aureis. — Tillandsia 
acaulis zonata fol. brunneis et fol. viridibus. — Tradescantia discolor lineata. — 
Tydœa amabilis. — Tyd. argentea. — Yucca quadricolor. 



— 335 — 



et charge de six hampes fleuries. La beauté des Brassia a quelque chose 
de hideux: leurs fleurs vertes et brunes, formées de longues pièces 
minces et partant d'un corps central, ressemblent assez à de grandes 
araignées : nous sommes néanmoins persuadés que si M. Morel, dont on 
regrettait l'absence dans le jury, absence motivée par l'état de sa santé, 
avait vu les Brassia exposés par M. Heynderycx, il aurait regretté d'avoir 
conseillé dans son excellent traité de la Culture des Orchidées , d'exclure 
ces espèces de toute serre, comme ne méritant pas les soins des amateurs. 
— Le Cattleya Loddigesu , Lindl. [Epidendrum violaceum, Lodd.) du 
Brésil , belle espèce à fleurs blanc rosé et carmin et à labelle plus pâle. — 
V Epidendrum floribundum, Humb. et Kunth, croissant dans les bois 
du Pérou , de la Colombie et de la Nouvelle-Grenade , et portant une 
longue hampe racémiforme de fleurs blanchâtres et ressemblant beau- 
coup aux E. paniculatum et E. laxum. — Le Lycaste Deppei, Lindl., 
ou Lycaste de M. Deppe, originaire de la Colombie et chargé de 15 fleurs : 
les sépales sont verts, mouchetés de pourpre : les divisions internes du 
périanthe blanches, striées de rouge, et le labelle jaune orangé. — Les 
deux Myanthus barbatus et Myanthus fimbriatus de la collection de 
M. le B° Heynderycx, attiraient surtout l'attention des bons appréciateurs : 
leurs fleurs ne sont pas précisément brillantes ni d'un coloris fort gai, 
elles ressemblent au contraire quelque peu aux Brassias, mais ce qui les 
rendait dignes d'une attention toute spéciale, c'est que ces deux plantes 
étaients nées et élevées en Belgique : elles avaient été semées par 
M. Heynderycx lui-même. — Deux forts pieds d'Ontoglossum citrosmunij 
Lindl., du Mexique, parfumaient l'air de leur odeur caractéristique de 
citron, exhalé par une profusion de grandes fleurs blanches, coloriées de 
rose, de violet et de jaune orangé. — VOncidium Earrissonnianum, 
Lindl., que l'on rencontre dans les montagnes des Orgues au Brésil, 
espèce petite et délicate mais bien caratérisée. — UOncidium san- 
guineum Lindl. de Caracas, variété de l'O. Carthaginense , à fleurs 
plus petites, et dont le fond jaune pâle disparaît presque sous de larges 
macules rouges et irrégulières : le nombre incalculable de ces fleurs 
implantées sur quatre grandes hampes étonnait tous les Orchidophiles, 
qui savent combien cette plante est de floraison diflicile. — VOncidium 
.sciwrwS;, introduit du Mexique par M. Linden, n'a pas encore été l'ob- 
jet d'une étude de la part des botanistes. — Le Stanhopea tigrina, Bat., 
var. nigra violacea , décrit et figuré dès 1845 dans les Annales de la 
Société de Botanique de Gand, d'après une floraison qui eut lieu dès lors 
chez M. Heynderycx. On sait que cette belle variété, si bien caractérisée, 
a été introduite en Belgique par M. De Jaegher, de Gand. — Le Tricho- 
pilea coccinea, Lindl., découvert en Colombie et introduite en Europe 
en 1849 par le célèbre explorateur Von Warszewicz, attirait aussi l'at- 
tention spéciale : de beaucoup supérieur au Trichopilea tortilis , il se 
distingue surtout par sa couleur carminée et son labelle en forme de 



- 356 — 



trompe. — V Uropedium Lindenii Lindl., l'une des merveilles du règne 
végétal, singulière cypripédiée du territoire des Chiguara à la Nouvelles 
Grenade, dont les trois divisions internes du périanthe devenues filiformes 
s'allongent demésurément : elles ne cessent de croître pendant la floraison, 
laquelle se prolonge plusieurs mois, et elles finissent par mesurer plu- 
sieurs pieds de longueur. Cette plante concourait spécialement pour le 
prix affecté à l'Orchidée exotique la plus méritante par sa nouveauté, sa 
rareté ou sa belle floraison, mais elle devait lutter contre VOncidium 
flabelliferum que l'on sut plus tard appartenir à M. Linden. L'indécision 
fut grande parmi les juges; chacune de ces jolies filles de Flore avait 
fait des conquêtes dans leurs rangs et au moment décisif sur 10 votants 
chacune avait enlevé cinq voix, c'est-à-dire cinq cœurs; elles furent donc 
mises sur le même rang et se partagèrent le prix , ou pour parler plus 
exactement, chacune obtint le premier prix tout entier. — Le Vanda 
cœrulea Lindl., pour être cité le dernier, parce qu'ainsi le veut son 
nom, n'en était pas moins la plus belle des Orchidées de M. Heynderyckx. 
Sa floraison était admirable : une hampe haute de trois pieds, portant 
18 fleurs épanouies en même temps, un peu pâles peut-être, mais d'une 
fraîcheur délicieuse; il est impossible que cette plante soit plus belle 
dans les bois de Kasia au Selhet, où elle croît dans les forêts de Chênes 
et de Pins, sur les Gordonias. 

Nous venons de parler de VOncidium flabelliferum de M. Linden; 
cette plante est l'une des espèces les plus brillantes et les plus distin- 
guées d'un genre bien nombreux, mais un peu monotone; elle a été 
cette année même introduite du Brésil et elle a fait à Namur ses débuts 
dans le monde, dans le beau monde par conséquent. Cette plante, 
éminemment remarquable, est encore à peu près inconnue des botanis- 
tes. Lindley, dans sa savante monographie des Oncidiums, ne fait que 
d'en citer le nom , à la fin de la liste des espèces incomplètement con- 
nues; il nous apprend seulement qu'elle a été nommée par Pinel dans 
le magasin botanique de Paxton (XVI, p. 65). Elle fait manifestement 
partie de la section des Tetrapetala [Tetr. macropetala), les deux sépales 
inférieurs étant soudés jusque près de leur extrémité. Les pseudobulbes 
sont gros allongés, comprimés, terminés par deux feuilles longues de 
deux à trois décimètres, ovales, allongées et violacées sur la face infé- 
rieure. L'inflorescence est une grappe composée, très florifère, puisque 
le spécimen que l'on a pu voir à Namur, portait au moins 50 fleurs; 
celles-ci sont très grandes et colorées en jaune vif et brun marron , 
comme la généralité du genre, mais ces deux couleurs sont ici d'une 
pureté inaccoutumée. 

M. Linden a, en outre, obtenu le 2^ prix (médaille en argent) du 15^ 
concours, pour un envoi de plantes nouvelles, remarquables mais peu 
nombreuses (0. 

(1) On trouvait dans cette collection : 

1» Ananassa pinangensis, Pulo-Pinang, 1857. 



— 337 — 



M""" Legrklle d'IIanis, d'Anvers, dont les serres et les jardins, ont 
tant de renommée, avait envoyé à l'exposition quatre plantes seulement, 
mais quatre plantes éminemment remarquables et tout à fait dignes de 
leur gracieuse propriétaire : trois d'entre elles obtinrent des distinctions. 
Le Punica granalensis var. Legrdlii, le premier prix comme la plante 
la plus méritante parmi celles d'introduction nouvelle; le Farfugium, 
grande Lindl., la médaille d'argent du même concours et le Nidalarium 
fulgens^ le troisième prix de belle culture : la quatrième plante était 
un pied démésurément fort du Maranta vittata. Le grenadier de 
]y|me Legrelle, se recommande surtout par sa croissance rapide et ses 
fleurs bien pleines d'un orange plus paie que dans le type et bordées de 
blanc : on peut supposer que cette variété provient de l'union d'un 
grenadier orangé avec une autre variété à fleurs blanches. Il a été envoyé 
en Belgique en 1851 et a été envoyé à Legrelle, par M® Parmentier, 
habitant l'Illinois; cet exemplaire était unique à cette époque, mais il 
commence à se propager dans nos cultures. Quant au Farfughim grande 
Lindl., (5u Tussilage panaché de la Chine, c'est à Namur que l'on a pu 
constater sa première floraison en Belgique; ses fleurs ne sont certes 
pas brillantes mais elles avaient le mérite de ne s'être encore jamais 
montrées dans notre pays. Le Tussilage panaché a été découvert en 
Chine, par M. Fortune et mis dans le commerce par M. Glendenning : 
il y a un an à peine, qu'il a été introduit sur le continent, mais il s'est 
rapidement développé et ne manquera pas d'embellir prochainement 
tous les jardins. Nous espérons bien vivement retrouver l'année pro- 
chaine à Namur, quelques unes des magnifiques collections que M°'^ Le- 
grelle exposa avec tant de bonne grâce aux yeux des amateurs en vue de 
propager le goût de l'horticulture. 

La société royale d'horticulture de Namur, peut comme on le voit 
par ce qui précède, être fière des témoignages de sympathie que le public 
horticole de toute la Belgique lui a donné cette année , et cet empresse- 
ment doit être, pour les membres delà commission organisatrice, un 
puissant encouragement à persévérer dans la bonne voie où ils se sont 
engagés. 



2o Aralia reticulata, Nouvelle Caledonie, 1857. 
3° Bégonia araabilis, Assam, 1858. 
40 B. rex, Assam, 1858. 

S" Curatella (Theophrasla) impérialis, Brésil, 18SS. 
6" Eugenia? Porteana, Brésil, 1858. 
7" Farfugium grande, Chine, 1857. 
8° Maranta fasciata, Brésil, 1858. 
yo Persea jolotolensis, Chiapas, 1858. 
10« Rhopala glaucophylla, Brésil, 1858. 
11° Stadtmannia Jonghei, Brésil, 1858. 
Tillandsia sp. nova, Brésil, I808. 

BELG. HOUT. TOM. VI II. ii2 



— 338 — 



Les exposants Namurois sont relativement assez nombreux et leurs 
collections exposées attestent des progrès très notables depuis l'établisse- 
ment de la société : le goût des fleurs se propage et se purifie, mais, 
pourquoi ne pas le dire, l'horticulture est naissante à Namur; elle se 
développe sous d'excellents auspices , raison de plus de continuer avec 
de plus en plus d'ardeur. Pour qu'une réputation horticole soit grande, 
pour qu'elle soit durable, il faut que quelques hommes dévoués mar- 
chent à la téte du mouvement, et il faut en outre qu'un établissement 
puissant s'organise. Mais si les efforts des seuls amateurs d'horticulture 
restent isolés, il est bien à craindre qu'ils ne puissent surmonter tous 
les obstacles : les diverses autorités doivent comprendre qu'en encoura- 
geant l'horticulture elles ne favorisent pas seulement un délassement 
agréable et une source de jouissances pures et morales, elles doivent 
être bien convaincues que l'horticulture est une richesse nationale, un 
grand élément de prospérité. Pourquoi ne pourrions-nous pas, par exem- 
ple, voir surgir à Namur, un jardin public d'horticulture dans le genre 
de celui dont M. de Cannart d'Hamale a doté Malines : il n'ep a rien 
coûté à personne, rien qu'un peu de bonne volonté et de confiance en 
soi-même, et Malines possède le plus charmant jardin public du pays. 
Namur doit-elle donc rester fatalement privée d'un jardin public analo- 
gue à ceux de Bruxelles, Liège, Gand, Louvain, Anvers, Malines, Tournay, 
Mons, etc. ? Dans toutes ces villes c'est l'administration communale qui 
fournit les locaux nécessaires : l'entretien en incombe soit au gouver- 
nement, soit à une société, mais tout le monde peut en avoir la jouis- 
sance. 

M. F. Kegeljan, secrétaire de la société et l'un de ses plus fermes 
soutiens, avait exposé une collection très variée de plantes fleuries 
diverses, qui a obtenu la médaille d'argent du premier concours; une 
belle collection de Pelargoniums, couronnée du premier prix du 20^ con- 
cours; des Géraniums scarlets, mentionnés honorablement au 22*=; des 
Fuchsias, grands et sains, second prix du 23^; un pied parfaitement 
cultivé de cette belle liane javanaise, le Cissus discolor, Blume, (46^ con- 
cours, 3^ prix), et qui seul suffisait pour donner la preuve des soins 
intelligents dont M. Kegeljan entoure ses plantes; enfin une charmante 
corbeille de Pétunias gagnés de semis et récompensés d'une médaille 
de bronze hors concours. Le jury s'est donc fait l'interprète du sentiment 
public en décernant à M. Kegeljan la 3^ médaille d'honneur. 

Nous avons retrouvé avec plaisir au salon de 1858 la jeune collection 
de Palmiers de M. Em. Del Marmol de St. Marc : depuis l'année der- 
nière elle s'est bien développée et a fait quelques nouvelles recrues : 
le jury lui a décerné le second prix. Les frondes élégantes et amples 
de ces Palmiers, encadraient une corbeille de quinze Orchidées fleuries, 
bien choisies et du même amateur, lesquelles ont également remporté un 
second prix au ¥ concours. On y voyait VAerides affinis Wallich, des 



— 339 — 



Indes Orientales ; VA. odorata Loun., de la Chine; le Cattleyaintermedia 
Graham, du Brésil, à périanlhc rose tendre et labelle plus pâle; Cattleya 
[inulahilis?) — Cœlogyne speciosa Lindl., [Chalonant liera speciosa Bl.) 
de Java; Cypripedium barbatum; Epidendrum Sp. — Huntleya melea- 
gris LiNDL., (Batemannia meleagris Hort.) du Brésil ou Huntleya 
bariolé, à périanllie brun cuivré et rayé et à labelle blanc rayé de pourpre ; 
Maxillaria aromatica Grah. du Mexique, à fleurs verdoyantes à l'inté- 
rieur, jaune orangé en dedans et des gouttelettes de la même couleur sur 
le labelle; Maxillaria Deppei Lodd.^ôu Mexique, dont les grandes fleurs 
ont des sépales verts avec des traînées de ponctuations sangu'inolentes,^ 
les pétales blancs striés de rouge et le tablier jaune moucheté de la 
même couleur. — Max, tenuifolia Lindl., du Mexique, à fleurs pourpre 
et jaune. — Odontoglossum cordatum LiNN.,du Mexique; Odont. hastila- 
bimn. — Oncidium pubesLiîiD. et Odont. sphœgiferiim Lind., tous deux 
habitants des forêts bréziliennes. — Cette collection ne tardera pas à 
prendre de l'essor : leurs fleurs coquettes séduisent facilement et dans 
cette lutte, où l'on ne demande qu'à se laisser vaincre, il est impossible 
que l'avantage ne reste pas à la grâce et à la beauté. 

L'émulation toute cordiale qui ne peut manquer de s'établir entre 
MM. Delmarmol et Kegeljan , existe déjà entre MM. De Reul et Bastin 
amateurs à Namur. Ces messieurs se sont rencontrés dans divers con- 
cours, notamment le 1^"^, le 9^ et le 25^ et l'avantage est resté tantôt à 
l'un tantôt à l'autre. La collection de plantes fleuries diverses de M. Bastin 
a obtenu le 5™^ prix du premier concours: elle avait même rallié plusieurs 
voix pour le second prix: encore quelques bonnes plantes de plus et le 
succès de cette collection est certain pour l'année prochaine. Les Bégo- 
nias, du même, au nombre d'une soixantaine, ont obtenu la mention 
honorable: ces plantes étaient bien venues et d'un bon choix: nous y 
avons remarqué notamment les Bégonia picta Smith, du Nepaul et 
B. Ottonis (B. Punctata Ott. et Diets.?) ; un lot de Fuchsias mentionnés 
honorablement au 25^ concours et un autre de Pétunias, 2« prix du 
27^, complétaient le contingent de M. Bastin. 

M. De Reul avait envoyé à l'exhibition une collection de plantes diverses 
fleuries (1" concours, mention honorable), des Fougères et des Lycopo- 
diacées (VIP conc, 5® prix), des Bégonias (IX^ conc, 2^ prix), des plantes 
colorées et panachées (XVIIP conc. ment, honor.) et des Fuchsias (XXIIP 
conc. 1" prix). M. De Reul soigne ces dernières plantes avec une prédi- 
lection toute particulière; elles étaient parfaitement venues et bien fleu- 
ries et il lui sera désormais facile de tenir sa collection au niveau du 
progrès de l'horticulture, ses plantes panachées et ses Fougères sont 
bonnes, mais seulement comme point de départ et nous espérons égale- 
ment constater quelque progrès pour l'année prochaine. 

La collection de Gloxinias de M*"® Bequet-Herpigny a été beaucoup 
admirée du jury qui n'a pu s'empêcher de la mentionner d'une manière 



— 540 — 



toute spéciale; les nombreuses variétés dont elle est formée, toutes obte- 
nues de semis, réalisaient la plupart des formes et des coloris connus 
jusqu'à ce jour; on doit s'efforcer désormais d'obtenir des combinaisons 
de rose et de bleu, sur une même corolle et de multiplier le nombre des 
fleurs. 

Si le jury a pu , obéissant à son penchant naturel , être aimable envers 
M"™® Bequet Herpigny, il s'est au contraire montré bien sévère envers 
M™^ Frison, qui avait bien voulu envoyer cinq belles corbeilles pour orner 
l'exposition : mais la loi est au dessus du jury , et l'article 24 du règle- 
ment organique de l'exposition fait et arrêté en séance du conseil d'admi - 
nistration le 14 février 1 858, exigeait s^x vases, corbeilles ou suspensions, 
garnis déplantes: or le jury ne fait qu'appliquer la loi; c'est sa consigne. 

M. J. De Moreau d'Yvoir a obtenu, à l'unanimité le 1"^ prix du 45° 
concours pour les huit superbes orangers qu'il a bien voulu faire trans- 
porter à l'exposition et qui ont beaucoup contribué à l'embellir. 
M. Alph. De Baré de Comogne une mention honorable pour ses plantes 
de serre chaude dont la bonne culture dénote toutes les dispositions de 
M*". De Baré à devenir un amateur distingué; M. Thirionet, une médaille 
en argent, décernée à l'unanimité, pour ses belles Balsamines et une men- 
tion honorable pour ses quarantains: il a du être fort difficile d'obtenir 
cette année de ces sortes de plantes une végétation aussi vigoureuse et 
autant de fleurs. Enfin les œillets Bohème de M. Resimont ont remporté 
le 1" prix du 56^ concours : cette collection était délicieuse de coloris et 
de dessin. 

MM. Aelens et Feront, horticulteurs à Namur, ont depuis l'origine de 
la société, pris une part active à ces expositions et cette fois encore ont 
répondu à l'attente du jury. M. Aelens a participé à cinq concours et 
remporté quatre premiers prix , et le second là, où il luttait contre un 
amateur: le jury reconnaissant la part que M. Aelens a prise à l'éclat du 
salon de 4858, lui a décerné la quatrième médaille d'honneur. Ses collec- 
tions de plantes variées, de Géraniums scarlets, de Fuchsias , de Pétunias, 
et de Verveines étaient charmantes et bien cultivées. Nous pouvons d'ail- 
leurs en dire autant des plantes de M''. Feront qui a obtenu le 2^ prix des 
plantes diverses et fleuries, le l^'^ prix des Pelargoniums , le 2^ prix des 
Fuchsias , le 2^ prix des Phlox Drummondii , le 2^ prix pour les pensées 
et le 2^ prix de belle Floraison pour un Hydrangia hortensis ; enfin une 
mention honorable pour un Dragonnier en fleur. 

M. BoGAERTS jardinier de S. M. au domaine royal de Ciergnon avait 
envoyé des Phlox Drummondii (XXXV® conc. 1" prix), des Pétunias (méd. 
en argent hors concours), des quarantaines et une collection de groseilles. 
JNous félicitons chaudement M^ Bogaerts du résultat de ses semis : sa 
collection de Phlox était excellente et parfaitement cultivée : ses Pétunias 
au nombre de 20, se faisaient remarquer par la variété de leurs coloris 
et leurs fleurs bien doubles : on doit actuellement persévérer dans cette 



— 341 — 

voie afin d'obtenir des fleurs plus pleines encore el surtout plus régulières 
et mieux imbriquées: rien n'empêche qu'on obtienne des Pétunias doubles 
comme des roses tremières ou des Balsamines. 

Un plan de jardin de B. Ledent, arciiitecte paysager de Liège, révélait 
une bonne entente des principes du tracé des jardins anglais et a été 
mentionné honorablement par le jury. 

La partie pomologique et maraichère de l'exposition démontrait sinon 
de grands succès au moins de la bonne volonté : l'exposition était peu 
fournie sous ce rapport, mais il faut, il est vrai, compter avec la saison et 
l'état de ces cultures dans la province de Namur: espérons donc qu'un 
climat convenable, les efforts de la société et la bonne volonté aidants, des 
temps meilleurs arriveront pour la culture maraichère namuroise. Dans 
l'état actuel des choses le jury n'a cru pouvoir décerner aucun premier 
prix, les exposants étaient M'"° la Douairière De Moreau d'Andoy (collec- 
tion de fruits qui n'a pas concouru), M. Hangart-Bouvier de St-Servais 
(fruits de la saison, 2^ prix), M. A. Bastin (id. 5® prix); M. Alph. Rops 
(id. mention honorable et coll. de pommes et de poires conservées de la 
récolte de 4857, 2" prix); M. L. Nasièche (abricots, méd. en bronze); 
M. De Reul (Ananas, méd. de bronze); M. F. Maréchal pommes et 
poires de 1837, ment, honorable) ; M. X. Anciaux (coll. de légumes, méd. 
en bronze); M. J. Beckers (id. id.) ; M. J. Anciaux-Romedenne (coll. de 
légumes, médaille en argent); M^ H. Antoine à Salzinne (id. médaille en 
bronze). — La société voulant encourager la culture des champignons, 
avait ouvert cette année un concours spécial. Trois personnes y ont 
répondu; leurs produits abondants et de bonne venue semblaient attester 
une culture intelligente, mais il aurait fallu pouvoir apprécier ce genre de 
culture sur les lieux même de production. Le 1" prix a été partagé entre 
M. L. Namèche et M. Lallemant, jardinier deS. A. S. Mgr le Ducd'Aren- 
bergà MarChe-les-Dame. 

Enfin, pour ne rien omettre, signalons les tables, bancs et sièges de 
jardin et en fer exposés par M. Deldimme-Haut et qui ont obtenu une 
médaille en argent. A cette occasion, nous ne saurions taire notre éton- 
nement de ne pas avoir vu jusqu'ici la coutellerie namuroise prendre part 
aux expositions de la société : cette industrie, la plus renommée de 
Namur, touche de très près au jardinage; en Allemagne et à Paris des 
établissements considérables ne traitent que la coutellerie en usage chez 
les amateurs et ils ont acquis une grande célébrité. Il serait même à 
désirer que les autorités, instituassent elles-mêmes des prix spéciaux 
pour cette branche industrielle. 

Il résulte de ce qui pécède que sur 54 concours ouverts par la société, 
28 exposants ont répondu à 37 de ces concours; deux autres (plantes 
grasses et corbeilles) n'ont pas été jugés satisfaisants et 15 seulement 
sont restés sans réponse. D'un autre côté, 11 envois ont été faits en 
dehors de ceux prévus par le programme. Les 28 exposants se sont 



— 342 — 



partagé 89 récompenses, savoir : 17 médailles en vermeil, 55 médailles 
en argent, 25 médailles en bronze et 12 mentions honorables. Ces 
récompenses se sont réparties de la manière suivante : 



NOMS DES EXPOSANTS. 


MÉDAILLE 

EN 
VERMEIL. 


MÉDAILLE 

EN 
ARGENT. 


MÉDAILLE 

EN 
BRONZE. 


MENTION 
HONOR. 


TOTAL. 




3 


10 






19 




1 


3 


2 


1 


7 




1 


1 




1 


7 




1 


3 


2 




6 






1 


3 


2 


6 




^ 


1 






5 








3 


2 


5 






2 


1 


1 






1 


1 


1 




3 


2 








2 




1 


1 






2 






2 






2 






1 


1 




2 






i 




1 


2 








1 


1 


2 


J De Morcau . 


l 










Anciaux-Romedenne 




1 






1 


TVflIîP Mon 1 1 o t — ri <5f^r>i rrm7 

iu""^ IJCU Ucl-tlrîl Ulgll y . . . • 




1 












1 












1 








Lallemand 




1 












1 














1 












1 












1 






AJph. De Baré de Comogne. . . 








1 












1 












1 








33 


2S 


12 


87 



Ces résultats sont très satisfaisants et dénotent de notables progrès 
sur l'année dernière; mais une appréciation basée seulement sur un 
recensement de ce genre serait incorrecte et il importe beaucoup plus 
de juger la qualité des envois que d'en compter le nombre : nous nous 
sommes efforcé de le faire > d'une manière rapide mais générale; 
pourrions nous être parvenu a donner à ceux qui n'ont pas eu le plaisir de 
visiter l'exposition et qui se seront donné la peine de nous lire, une idée 
exacte de sa juste valeur. 

Le Secrétaire du Jury, 
Edouard Morren. 



APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE. 



REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE. 

APPAREIL POUR CHAUFFER LES PETITES SERRES D'APPARTEMENT ET LES 
BALCONS VITRÉS AU MOYEN DU GAZ, INVENTÉ 

Par m. Thomson. 

jardinier du duc de Buccleugh, au parc de Dalkeith {Ecosse). 

La culture des plantes choisies deviendrait beaucoup plus générale si 
l'on pouvait s'adonner à cette agréable distraction sans grands frais et 
sans trop de soins. Plus que jamais ont voit des pots fleuris sur les 
appuis des fenêtres et des corbeilles suspendues à leur corniche, lais- 
sant retomber vers le sol d'élégants festons de verdure. Mais, quoique 
ces plantes soient forcement assez communes et de nature robuste, il 
est rare qu^elles continuent a prospérer pendant l'hiver : le froid des 
nuits, la chaleur sèche et nuisible des foyers alimentés par la houille et 
surtout la poussière des appartements, viennent en général contrairer les 
meilleurs soins que l'on prodigue : les dames se plaignent d'abord, 
redoublent de soins, mais les voyant toujours infructueux, elles perdent 
patience et les fleurs sont bientôt délaissées. Si ces dames demandent 
aide et secours à quelque amateur ou à un horticulteur, ils se bornent 
à conseiller la construction d'une serre. Mais celle-ci est souvent impos- 
sible, faute de place ou parce qu'elle entraînerait à des occupations trop 
nombreuses. On voudrait bien des plantes, on désirerait même cultiver 
quelques unes de ces jolies espèces, dont on a souvent entendu parler 
ou que l'on a eu l'occasion d'admirer à une exposition, mais on n'entend 
pas aller plus loin, construire une serre et devenir amateur pour tout 
de bon. Il est d'ailleurs infiniment plus agréable de séjourner conti- 
nuellement près d'un petit nombre de plantes que l'on soigne à loisir 
avec grande sollicitude, que Ton voit pousser et fleurir sous ses yeux, 
que d'avoir un grand nombre d'espèces dans une serre où l'on pénètre 
rarement et laissée à la vigilance d'un jardinier. 

Dans ce but on pourrait construire une toute petite serre dans son 
appartement même, ou bien sur le balcon, sur quelque terrasse d'un 
accès facile, en dehors de l'une ou l'autre fenêtre, etc. Mais la difficulté 
consistait jusqu'ici à chauffer cette petite serre. Il n'y a pas à songer à un 



— 544 — 



poêle, ni a un thermosiphon, le premier donne une chaleur plus mor- 
telle que le froid, le second est d'un placement difficile et dispendieux, 
tous deux demandent une trop grande sarveîllance. Il y a longtemps qu'on 
avait songé au gaz, que l'on peut conduire partout fort aisément, mais 
tous les essais avaient échoué jusqu'ici, faute d'un appareil convenable. 
Les vapeurs développées par la combustion du gaz sont fort nuisibles 
à la végétation et malsaines même pour les hommes. L'appareil imaginé 
par M. Thomson a triomphé de ces divers obstacles; il chauffe très conve- 
nablement et avec beaucoup de propreté et d'économie. Il offre en outre 
toutes les garanties de sécurité désirables : on peut faire varier ses 
dimensions suivant les exigences de la situation et l'orner de quelque 
manière que ce soit. Dans la pluspart des grandes villes , on peut obtenir 
du gaz à toute heure du jour^ cependant dans certaines localités, on 
n'établit la pression dans les tuyaux de conduite qu'à certaines heures 
seulement, et dans ces conditions il est nécessaire d'établir chez soi un 
petit gazomètre particulier. 

M. Lindley a publié dans le Gardener's chronide les renseignements 
suivants sur l'appareil de M. Thomson; ils lui étaient adressés par une 
personne qui venait de visiter la domaine de Dalkeith, appartenant au 
duc de Buccleugh, près d'Edimbourg. 

<r Cet appareil , consiste en un récipient en forme de fourneau conte- 
nant de l'eau, à travers duquel l'air, échauffé par un jet de gaz placé 
sous le récipient, est conduit par un tube disposé en serpentin dans 
l'eau jusqu'à ce qu'il arrive au sommet de l'appareil, d'où il est mené 
dans îa cheminée. La chaleur se fait sentir dès que le gaz est allumé: 
un robinet en règle les effets. On ne sent pas la moindre odeur du gaz: 
point de poussière ni d'émanations sulfureuses comme avec l'emploi du 
charbon de terre. La dépense quotidienne pour chauffer un grand salon 
d'environ 16 pieds en carré, ne s'élève pas, m'a-t-on dit, à plus de trois 
pence (50 centimes environ). Une serre tempérée, chauffée par cet appa- 
reil, jouissait, lorsque je la visitai, d'une température de 23° cent, et le 
robinet à gaz était fermé depuis une demi heure. Dans tous les autres 
systèmes imaginés pour faire servir le gaz comme agent chauffeur et que 
j'ai eu occasion d'examiner, aucun n'était à l'abri de reproches méri- 
tés; les uns laissaient échapper le gaz, les autres brûlaient tout l'air 
de l'appartement ou le viciaient à un point dangereux, pour la santé; 
mais grâce à la faible quantité de gaz employé, à la position des becs 
alimentaires (de niveau avec le foyer de la cheminée), et surtout grâce 
à la méthode simple et efficace de chasser tout l'air impur ou brûlé, les 
objections contre l'emploi du gaz sont complètement écartées par le sys- 
tème Thomson. » 



— un — 




Pl. 88 et 89. Appareil de chauffage au gaz, système Thomson (1). 



(1) La figure 88 représente un modèle élégant d'un appareil monté et placé, vu à 
l'intérieur. 

Fig, 89. Coupe longitudinale; elle est commune à tous les appareils; les seules dif- 
férences qui existent entre eux consistent dans la grandeur et l'ornementation exté- 
rieure- 

A. Sortie de l'air chaud provenant des becs de gaz et que l'on conduit au moyen 
d'un tuyau soit dans la chéminée, soit à l'air libre, par une ouverture quel- 
conque. 

B. Entrée de l'air chauffé par le gaz dans les tubes en spirale. 

C. Ouverture par laquelle s'introduit l'air froid pour chasser l'air chaud de la 
chambre E. 

D. Ouverture pour alimenter d'eau la chaudière F. 

E. Chambre à air chaud , ouverte au sommet pour que cet air se dégage dans la 
serre. 

F. Chaudière; autour de la paroi interne s'enroulent les tubes en spirale, lesquels 
chauffent directement Peau de la chaudière et indirectement l'air de la chambre E. 

iï. Ouverture munie d'un robinet pour vider la chaudière. 
L. Robinet de jauge. 



— 346 — 



JARDIN FRUITIER. 



NOTICE ET DESCRIPTION DE L'ABRICOT COMICE DE TOULON, 
Par m. Alexandre Bivort. 

(Figuré planche 90, numéro 2). 

La commission royale de pomologie a reçu directement de Toulon en 
1854. des fruits de cette variété nouvelle, par l'entremise de M. L. Turrel. 

Il paraîtrait, d'après la notice insérée cette même année dans V Horti- 
culteur provençal, que M. Flory, son obtenteur, aurait trouvé il y a près 
de douze ans, dans un semis d'abricotier, une variété assez remarquable, 
et qu'ayant semé les noyaux de cette variété, il en est résulté en 4852, 
l'apparition d'un abricot beaucoup plus volumineux, moins sujet aux 
gerçures et à la pourriture que son ascendant. C'est ce fruit qu'il a placé 
sous le patronage du Comice de Toulon. 

Le fruit est gros, arrondi ou ovale arrondi, un peu aplati sur ses deux 
faces latérales et rétréci vers son sommet; son plus grand diamètre est 
vers le point où il mesure 60 à 65 millimètres; sa hauteur était de 65 
à 70. Il vient isolement ou par groupes de deux à trois. La peau, légère- 
ment duveteuse, jaune clair du côté de l'ombre, est jaune orangée, 
ponctuée de nombreux points carmin foncé du côté du soleil. La couture 
superficielle vers le sommet du fruit est très profonde vers sa base; le 
point pistillaire, moyen, gris, est placé au sommet d'un léger mamelon 
occupant lui-même le centre d'une petite cavité. Le pédoncule gros et 
court, est placé dans une cavité profonde et arrondie. La chair, jaune 
orangé, est fine, remplie d'un jus agréable, sucré et aromatisé. Le noyau, 
ressemblant pour la forme à celui de l'abricot-pêche, est d'un couleur 
grisâtre, et l'amande en est douce. 

M. Turrel afirme donc avec raison, nous paraît-il, que ce n'est pas un 
fruit de la section des abricots-pêches, et que cette circonstance lui assigne 
un classement à part. 

L'arbre est vigoureux, très fertile et diffère peu pour le port, de 
l'abricot-pêche; la fleur, grande, blanche, s'épanouit en avril. 

En résumé, c'est un des plus recommandables que nous ayons dégusté 
en Belgique vers le mois juillet en 4854, mais dont la maturité a lieu, 
d'après M. Turrel, au commencement du mois. Quant à sa culture, sous 
notre climat, il est presque superflu de dire qu'elle devra avoir lieu en 
espalier comme celle de tous ses congénères. 



— 547 — 



NOTE SUR LE BRUGNON DE ZELHEM, 
Par m. Alexandre Bivort. 

(Représenté planche 90, fig. 2.) 

Cette variété provient de semis du sieur Edouard Vandesande , jar- 
dinier au château de M. Fisbach Malacord, à Zelhem près de Diest. 

Sa première production eut lieu en 1849, et bien que l'année ne fût 
pas des plus chaudes, les fruits récollés en haut vent sur l'arbre-mère, 
mûrissent dès le 15 d'août. Il était présumable d'après cela que ce 
Brugnon, placé en espalier au midi, serait mûr vers la fin de juillet, et 
cette probabilité augmentait de beaucoup la valeur du gain ; cependant, 
par une anomalie assez singulière, le fruit placé dans cette position privi- 
légiée a bien conservé ses excellentes qualités et augmenté son volume, 
mais il a retardé l'époque de sa maturité de plus d'un mois. 11 est donc 
juste de lui supprimer l'épithète de hâtif, qui ne lui convient plus. 

Le fruit est très gros , arrondi, un peu déprimé. Le peau est lisse, 
fortement colorée de pourpre foncé et ponctuée de nombreux points roux 
du côté du soleil; vert clair ou jaunâtre, parsemée de points rouges car- 
minés du côté de l'ombre. La couture est large et profonde , surtout vers 
le sommet. 

Le point pistilaire est petit, arrondi, saillant, brun-rouge. 

La queue est courte, placée dans une cavité profonde et très large. 

La chair, jaune clair, nuancé de rouge vif dans le partie du fruit qui 
est colorée et dans celle qui avoisine le noyau, est fine, succulente; son 
eau est abondante, sucrée vineuse, d'un parfum des plus agréables. 

Le noyau est gros, ovale, pointu à son sommet, tronqué à sa base, 
brun lavé de pourpre, il est libre dans sa cavité ou ne retient que quel- 
ques lambeaux de chair; les joues sont convexes, très rugueuses. Les 
arêtes dorsales sont tranchantes ainsi que celles du ventre qui sont divi- 
sées par un sillon large et profond; l'amande est amère. 

Ann. de Pomologie. 

DU POIRIER AU POINT DE VUE AGRONOMIQUE, 
Par m* Royer. 

Dans l'étude sur les fruits de vergers cultivés en Belgique, nous avons 
constaté que le pommier était l'arbre dominant, sous le rapport de la 
grande diversité et de la bonté de ses variétés. Cette prééminence lui est 
justement acquise par les nombreuses ressources qu'il fournit à l'industrie 
et à l'économie domestique, par la longue durée des fruits d'un grand 



— 548 — 



nombre de ses variétés^ la facilité de leur conservation et de leur trans- 
port. 

Néanmoins, si nous considérons que le poirier est l'un des plus beaux 
arbres à cultiver en haut vent, et que son fruit, bien choisi, est généra- 
lement reconnu comme ayant une supériorité très marquée sur la pomme ; 
si nous tenons compte de la plus grande valeur marchande de son bois, 
comparativement au pommier, qui dans, les terrains humides, est très 
sujet aux chancres et est en outre ravagé par le puceron lanigère dans 
un grand nombre de localités, nous devons regretter que le poirier soit 
relativement peu cultivé dans la plupart des vergers, et nous ne pouvons 
qu'engager les cultivateurs intelligents et amis du progrès à lui accorder 
une plus large place dans leurs plantations. 

Dans les contrées montagneuses des provinces de Liège et de Namur, 
sur la rive droite de la Meuse, le poirier est un peu plus cultivé que 
dans les autres parties de la Belgique : on y fabrique le poiré, espèce de 
confiture économique très agréable qui est une grande ressource dans 
réconomie des ménages, comme provision d'hiver, et qui fait en outre 
l'objet d'un commerce d'exportation assez lucratif. 

La fabrication du poiré, excessivement simple et facile, mérite d'être 
plus connue qu'elle ne l'est. Voici comme on procède le plus communé- 
ment : 

Dans une chaudière contenant dix hectolitres de fruits, on ajoute, pour 
faciliter la cuisson, 70 à 80 litres d'eau. Après quelques heures d'ébulli- 
tion, lorsqu'on juge la cuisson arrivée à son point, on extrait le jus au 
moyen d'une presse. Ce jus est remis dans la chaudière, en y ajoutant 
environ un hectolitre de poires crues , pelées, nettoyées et coupées par 
quartiers. Pendant cette cuisson nouvelle qui donne de la consistance au 
mélange, il faut remuer le frait, afin qu'il ne s'attache pas aux parois de 
la chaudière et ne brûle pas. Un ustensile quelconque, un simple bâton 
même, suffit pour cette opération. Après 9 à 10 heures d'ébullition , le 
poiré est fabriqué , et il se présente alors sous la forme d'une confiture 
brune, grenue et semi-liquide. On peut le conserver ainsi pendant plu- 
sieurs années. Dans les mêmes provinces les poires séchées sont aussi 
l'objet d'un commerce avantageux. 

Un grand nombre de poires d'automne et d'hiver sont d'un transport 
assez facile. 'Grâce à la facilité des communications, ce fruit peut appro- 
visionner les marchés des villes, où il est toujours très recherché, et ali- 
menter même le commerce d'exportation. 

Une des principales causes qui contribuent à l'abandon de la culture 
du poirier, tient à ce qu'on n'en connaît, dans nos campagnes, qu'un 
petit nombre de variétés, et la plupart de qualité fort douteuse. 

Dans l'enquête qui a été faite en 4855 sur nos fruits de vergers, si le 
nombre des variétés du pommier qui ont été soumises à nos investiga- 
tions montait à 518, parmi lesquelles, ainsi que nous l'avons fait 



— o49 



remarquer antérieurement, il s'en trouvait beaucoup d'une valeur réelle, 
par contre, le poirier n'y était représenté que par des variétés, la 
plupart sans valeur : les unes, donnant des fruits petits, durs, sans 
saveur ni parfum, ne pouvant être utilisés qu'au moyen de la cuisson; 
les autres offrant des produits de meilleure qualité, mais d'une durée si 
courte et pourrissant avec une telle rapidité, que le cultivateur ne peut 
avoir le temps d'en tirer un bon parti et est obligé de les vendre à la 
hâte. Dans des conditions semblables, les fruits, on le conçoit, ne trouvent 
pas de débouché sur les marchés ordinaires et ne peuvent pas, à plus 
forte raison, devenir l'objet de transports lointains et d'un commerce 
d'exportation. Ils ne peuvent véritablement être utilisés qu'industrielle- 
ment et sur la place. 

Les éléments qui peuvent servir à amener une rénovation complète 
de la culture du poirier de verger, ne manquent cependant pas; on 
peut les apprécier par les renseignements que nous signalons ici. 

La collection de la société Van Mons, épurée par une élimination 
successive et considérable de poires médiocres et sans valeur, compte en 
ce moment environ 700 variétés. Elle n'est pas complète évidemment, 
mais, telle qu'elle est, elle suffit pour atteindre le but qu'on doit se 
proposer, qui est non-seulement de posséder de bonnes poires pour la 
consommation de toute l'année, mais encore de pouvoir désigner en 
connaissance de cause les arbres qui conviennent aux jardins et aux 
vergers et indiquer les diverses formes ou cultures qu'on peut leur 
donner. 

Des 700 variétés que possède la société Van Mons, 660 ont été gagnées 
de semis depuis le commencement de ce siècle, tant en Belgique qu'à 
l'étranger. Les poires anciennes, on le voit, y sont en petit nombre, et 
elles ont été choisies naturellement parmi celles qui ont paru devoir 
être encore cultivées avantageusement. Du reste, les bons fruits anciens 
du genre Poirier doivent être réservés pour la culture de luxe, c'est-à-dire 
l'espalier. Les exceptions à cette règle sont peu nombreuses; c'est unique- 
ment dans les vallées ou dans des expositions bien abritées que l'on peut 
cultiver en haut-vent la plupart des anciennes poires, telles que les 
passe-colmar, beurrés gris et d'Hardenpont, Saint-Germain, bergamotte, 
crassane, etc. Tous ces fruits réussiront sans doute dans les jardins de 
Liège, de Namur et d'autres localités favorisées; mais, placés dans des 
conditions moins favorables, les mêmes arbres ne donneront aucun bon 
résultat; leurs fleurs couleront; les quelques fruits qui noueront resteront 
petits, chétifs, fendillés; leurs troncs et leurs branches seront atteints de 
la gangrène sénile et les extrémités se dessécheront. 

Nous avons été témoins de résultats semblables constatés sur une assez 
grande échelle. Un jardin, situé en pleine campagne, sur un plateau 
élevé, dans un excellent terrain, mais un peu froid et argileux, avait été 
planté, vers 1830, exclusivement en bonnes poires anciennes; la collée- 



tion, composée d'environ 250 pyramides et haut-vents, avait été choisie 
avec beaucoup de soin. Pendant douze ou quinze ans, ces arbres ne 
produisirent rien, et ils présentaient d'ailleurs le plus misérable aspect. 
Fatigué de cet état de choses, le propriétaire se détermina à essayer de les 
modifier par des greffes faites sur les branches latérales, avec de bonnes 
variétés modernes. Depuis lors, leur végétation est devenue aussi magni- 
fique que vigoureuse, et il produisent maintenant régulièrement de bons 
fruits. 

Lorsqu'il sagit de planter un verger ou un jardin, la première difficulté 
qu'on rencontre, c'est le choix à faire dans ce nombre immense et tou- 
jours croissant de variétés nouvelles, la plupart peu connues ou incom- 
plètement expérimentées. 

Le but du travail que nous commençons ici, est de fournir, sur ce 
point, à nos lecteurs quelques indications basées sur notre pratique per- 
sonnelle et sur notre observation ; mais avant d'aller plus loin, il nous 
paraît utile de préciser les qualités qui doivent constituer un bon poirier 
de verger. 

Un bon poirier de verger doit se faire distinguer par sa végétation 
vigoureuse et par la solidité de son bois. Ses branches doivent avoir une 
tendance à pousser verticalement et pouvoir soutenir sans peine le poids 
de leurs fruits. Toute variété à bois grêle et retombant, quel que soit 
d'ailleurs son mérite, sera rejetée. On recherchera dans l'arbre la 
fertillité, c'est-à-dire qu'à l'époque de la floraison, on tiendra compte 
de la facilité avec laquelle les fruits nouent et de la manière dont ils 
supportent les petites gelées tardives, si fréquentes sous notre climat 
et qui font si souvent couler les fleurs des anciennes variétés.. 

On ne doit cultiver que des fruits de première qualité, beurrés ou 
fondants, car, en présence des richesses de la pomologie moderne, 
il serait absurde d'en conserver de mauvais ou de médiocres. Il faut 
proscrire aussi tous ceux qui se fendillent à la pluie; ceux qui se 
blettissent par le milieu ou qui se gâtent aussitôt après leur maturité. 
Il faut préférer aussi les poires dont la maturation est lente, parce 
que le cultivateur a tout le temps d'en tirer un bon parti, soit qu'il 
veuille les vendre, soit qu'il les conserve pour son usage. 

Les fruits dont l'enveloppe extérieure (la peau) est épaisse ou solide, 
voyagent plus aisément et souffrent moins du transport ; c'est une qua- 
lité qui doit être prise en considération. 

Les poires d'un trop gros volume et qui tiennent peu à l'arbre , 
sont facilement abattues par les vents qui surviennent vers l'équinoxe 
d'automne; elles conviennent donc peu pour la culture en haut vent. 
D'un autre côté, les petits fruits exigent trop de main-d'œuvre et 
de perte de temps pour la cueillette; nous n'entendons cependant pas les 
proscrire complètement. Mais en général nous pensons qu'on doit pré- 
férer les fruits de grosseur moyenne 



De même que nous avons conseillé l'abandon de la culture des poi- 
res anciennes dans les vergers , nous recommandons une certaine 
défiance vis-à-vis des variétés d'origine méridionale. Un fruit peut 
avoir été reconnu excellent sur les bords de la Loire ou du Rhône, 
et perdre beaucoup de son mérite sous le climat froid et pluvieux 
de la Belgique. Les poires indigènes d'un mérite reconnu doivent y 
être préférées. On peut y adopter aussi des introductions d'autres pays 
dont le climat a de l'analogie avec le nôtre, tels que les États-Unis, 
l'Angleterre et l'Allemagne du nord. 

Avant de commencer la nomenclature des poires à introduire dans 
la grande culture et les vergers, nous croyons bon de mentionner 
les variétés qui nous ont paru acceptables dans les envois qui nous 
ont été adressés, il y a cinq ans, par les soins du gouvernement. 
Cette énumération , du reste, ne sera pas longue. 

Dans plusieurs collections venues de la province de Liège et des Flan- 
dres, nous avons remarqué les poires de Livre et de Catillac; quelque- 
uns des expéditeurs les avaient étiquetées sous le noms de gros Gilloc 
ou gros Romain; ce sont de gros fruits à cuire, de longue garde et 
assez estimés sous ce rapport. 

Dans le province de Liège, on cultive le Doyenné ou. Saint- Michel , 
et le 3Iessire-Jean, Cette dernière poire est très bonne quand elle est 
cuite ; mais elle a le défaut grave de se blettir assez rapidement. 

La collection de M. Louis Dubois, cultivateur, rue de Glain, à Liège, 
présentait quelques semis innommés, parmi lesquels nous avons remar- 
qué, sous le numéro 76, une poire de la forme d'un Calmar ^ de 
grosseur moyenne. Dégustée le 5 janvier, nous l'avons trouvée bonne , 
sucrée, demi-beurrée. Bien qu'elle soit cultivée sur des hauteurs non 
abritées , on l'annonce comme assez fertile. 

On rencontre encore, dans les vergers de la province de Liège, une 
poire d'automne, nommée Beymont ou Bellemont, que l'on cultive 
beaucoup à cause de sa fertilité. Elle est estimée comme fruit de table. 

Dans plusieurs collections des provinces flamandes figuraient des 
Beurrés d'Hardenpont, des Saint-Germain et autres qui ne sont évidem- 
ment pas admissibles pour les vergers; mais dans l'envoi de M. Louis 
Boddaert, propriétaire à Deynze, nous avons constaté un choix plus 
heureux et plus intelligent. Nous citerons, entre autres: 

Le Soldat Laboureur, Eseerin. — Fruit moyen, parfois assez gros, 
pyriforme; peau vert clair, passant au jaune doré lorsqu'il est mûr; 
la maturité arrive au mois de novembre, et se prolonge jusqu'en 
décembre. Chair blanche, jaunâtre , fondante, demi-fine, sucrée. Dans 
les terrains légers et calcaires, qui lui conviennent plus spécialement, 
ce fruit est parfumé ou vineux. C'est un arbre vigoureux, dont le bois 
est solide et a une tendance prononcée à s'élever verticalement. Les 
fruits nouent assez facilement, mais viennent peu en trochets ou bou- 



— o52 — 



quels. A Tautomne, ils tiennent à l'arbre et résistent parfaitement à 
l'action des vents jusqu'au moment de la récolte. 

Le Beurré Bosc, Van Mons, par erreur Calebasse Bosc. — Fruit gros , 
allongé , peau roux doré à la maturité , vers la fin d'octobre ; chair fon- 
dante, sucrée, relevée, excellente. C'est aussi un arbre vigoureux, fertile, 
bon à cultiver sous tous les rapports, et par les mêmes motifs que le 
précédent. Depuis quelques années, le Beurré Bosc commence à repa- 
raître plus fréquemment sur les marchés de Bruxelles. 

Le Surpasse toutes les Poires, — Ce nom un peu ambitieux pourrait 
se justifier en le restreignant à la série des Rousselets. Il s'agit, en effet, 
d'une poire excellente, beurrée et fondante, d'un goût musqué analogue 
à celui du petit Rousselet de Reims, mais d'un plus gros volume. Nous 
l'avons dégustée en novembre, et l'exposant nous a déclaré qu'elle pou- 
vait se conserver jusqu'en janvier. Nous n'avons pas vu l'arbre de cette 
variété, mais s'il réunit la fertillité à toutes les autres conditions dési- 
rables, ce sera une bonne acquisition. 

Le Duc d'Ursel. — • C'est aussi un beau fruit; nous ne le connaissions 
pas encore. Nous l'avons dégusté le 8 décembre, et nous avons trouvé sa 
chair fondante, sucrée et d'une saveur exellente. 

M. Louis Boddaert fait l'éloge de la fertilité de cet arbre et de la régu- 
larité de sa production. Son fruit se conserve, dit-il, jusqu'en février. 

Nous devons forcément nous borner à cette courte énumération des 
poires qui ont été soumises à notre examen en 1835. Nous en avons reçu 
évidemment un plus grand nombre ; mais nous ne voulons pas parler des 
mauvaises, et nous ne pouvons rien dire de celles qui nous sont arrivées 
en mauvais état, parce que nous n'avons pas pu les apprécier convenable- 
ment. 

{Sera continué.) 



HORTICULTURE. 



NOTE SUR UNE NOUVELLE VARIÉTÉ D'AMANDIER, D'ORIGINE 
JAPONAISE, L'AMYGDALUS PERSICA, Lin. Var. STELLATA, 

HORT. SlEB., 

Par m. Édouard Morren. 

(Figuré pl. 9i, N° 1). 

Nos lecteurs se rappellent sans doute, ce pécher si éminemment 
remarquable, sur lequel nous avons il y a quelques mois attiré l'attention 
des amateurs, le pécher à fleurs de Camellias, introduit de la Chine en 
Europe par M. Fortune, et propagé dans les cultures par M. Glenden- 
ning. Les Annales d'Horticulture et de Botanique des Pays-Bas , rédigés 
par M. Witte, jardinier en chef du jardin botanique de Leyde, viennent 
de faire connaître et de figurer, une autre variété nouvelle, le pécher a 
FLEURS ÉTOiLÉES, dout uous rcproJuisons nous-mêmes, un rameau fleuri 
sur la planche 91. Cette variété a été introduite en Europe par M. Von 
Siebold, et se trouve actuellement encore dans l'établissement des plantes 
japonaises que le célèbre botaniste possède et dirige à Leyde. Les fleurs 
sont simples, mais au lieu de cinq pétales, elles en présentent quinze, 
vingt ou vingt-cinq, plus ou moins étroits, et disposés sur un seul rang. 
Le calice lui-même s'est également dédoublé, et on y compte ordinaire- 
ment dix sépales. Les fleurs ont un coloris charmant, blanc-nuancé et 
strié de rose; d'abord très pâles, elles se foncent insensiblement à mesure 
que leurs organes s'étalent à l'air et à la lumière. 

Cet arbuste ne saurait manquer d'être bien accueilli dans les jardins 
et par les amateurs des plantes de pleine terre : il entre en végétation et 
se couvre de fleurs dès le premier souffle du printemps. Il aime d'être 
exposé au midi et s'il survenait des gelées blanches pendant ses florai- 
sons, il serait bon d'abriter un peu ses pétales délicats. On le multi- 
pliera de grefl'es comme tous les autres pêchers et amandiers. 



BEtG. nORT. TOM. VIII. 



25 



NOTICE SUR UN NOUVEAU CAMELLtA, 

Introduit de Chine en Europe 'par M. Glendenning. 
camellia japgnica l. var. cup of beauty, hort., 

Par m. Edouard Morren. 

(Représenté pl. 91 , PI» 2.) 

Ce Camellia est admirable de coloris et d'une pureté de forme irrépro- 
chable: ses pétales sont blanc laiteux, avec une nuance de crème, surtout 
autour du cœur : ils sont en outre parcourus vers leur milieu par une 
zone plus ou moins large de rose tendre. Présenté à l'exposition de 
février, de la société d'horticulture de Londres, il a remporté le pre- 
mier prix. 

Cette variété est digne d'attention, non seulemeut à cause de ses 
mérites intrinsèques, mais encore eu égard à son origine chinoise. Elle a 
été en effet importée du céleste empire par M. Fortune et envoyée à 
M. Glendenning, en même temps qu'un autre Camellia, Princesse Frédé- 
ric-Guillaume. Son nom, Coupe de beauté (Cup of Beauty des Anglais) 
est même la traduction littérale de sa dénomination chinoise. S'il faut 
en juger par l'échantillon, on reconnaîtra que les horticulteurs de 
Pékin et de Canton n'ont rien à nous envier, quant à la culture du 
Camellia du moins. ; 



DÉCOUVERTE D'EQUISETUM GIGANTESQUES. 

On vient de retrouver, près des rives du fleuve des Amazones, des 
végétaux que l'on savait bien avoir existé jadis, mais dont on était loin de 
soupçonner l'existence dans la nature actuelle. On y a découvert une 
foret d'Equisetum, c'est-à-dire des Prèles gigantesques, hauts de vingt 
pieds et dont le tronc est plus fort que le bras d'un homme. On retrouve 
dans plusieurs couches géologiques des débris fossiles de grandes espèces 
d'Equisetums , qui, dans les époques antérieures à la nôtre, paraissent 
avoir été fort répandus sur la terre : ils abondaient surtout à l'époque 
houillère. Mais actuellement, les Prèles de nos marécages ont à peine 
deux ou trois pieds et sont des végétaux herbacés assez insignifiants. Les 
nouvelles plantes de la rivière des Amazones semblent être des épaves 
échappées au naufrage des natures qui ont précédé sur la terre la créa- 
tion de l'homme. Si ces Equisetums peuvent être transportés en Europe 
et s'ils se prêtent à la culture, nul doute qu'ils ne donnent à nos serres 
un aspect nouveau et fort remarquable. 



FLORALIES DE BRUXELLES, 



EXPOSITION EXTRAORDINAIRE (76«) DE LA SOCIÉTÉ ROYALE 
DE FLORE LE 18 JUILLET 1858. 

Compte-rendu par M. Edouard Morren. 

Quand Flore annonce une fête, les fleurs pourraient-elles résister? 
Elles répondent toujours avec le même empressement que des jeunes 
filles conviées à un bal: au signal donné, accourent une foule de fleurs, 
les plus jeunes, les plus jolies et les plus fraîches : les vieilles et les 
mauvaises fleurs ne sont pas admises. 

Les expositions florales se sont beaucoup modifiées depuis quelques 
années : on n'entasse plus ces aimables filles de l'air et du soleil dans 
quelque salle obscure et humide, mais on leur laisse la liberté, le grand 
air, les caresses du soleil et la fraîcheur de la rosée. Libres et souriantes, 
elles étalent toutes leurs grâces, se révèlent à leurs amis, chacune avec 
son caractère particulier, et séduisent même les plus indifférents. L'année 
dernière l'exposition avait eu lieu dans les bas-fonds du parc, mais cette 
fois elle se trouvait dans le jardin zoologique : ce changement a non 
seulement le mérite de la nouveauté, mais le nouveau local est plus con- 
venable et mieux éclairé. 

L'arrangement des plantes y était très heureux et fort pittoresque, 
formant des groupes harmoniques : les plus robustes sur les pelouses, 
en corbeilles ou sous l'ombrage des grands arbres; les fleurs délicates, 
les précieuses, sous quelques tentes légères. Ou ne saurait croire com- 
bien les plantes gagnent à être présentées ainsi, et combien les visites 
aux expositions sont devenues plus attrayantes et en même temps plus 
instructives. Il en est de l'empire de Flore comme de l'humanité : chaque 
contrée a ses races, sa population, son caractère national : il en est de 
même de la végétation. Or, dans une foule de groupes on trouvait le 
tableau exact de la nature végétale de quelque partie du monde. D'un 
autre côté on sait que les plantes forment des familles, les familles les 
plus naturelles de la création : on ne désunit plus ce que la nature a 
uni, mais on laisse ensemble tous les membres d'une même famille. Ici 
sont les nobles, les princes, principes comme disait Linné, les palmiers 
enfin, qui représentent la force et la noblesse; là-bas des familles riches 
et légères, qui ont la vogue du moment, parce que leurs filles sont 
adorables, ne rêvent que toilette, parure et élégance, fêles sur la 
mousse et la fougère, ce sont les Orchidées; plus loin un tiers-état, le 



— 356 



plus puissant par le nombre, répandu partout et dont chaque famille 
se distingue par quelques bonnes qualités privées. D'autres groupes sont 
graves et sombres, comme il convient à des docteurs; ce sont les plantes 
utiles et officinales : on croirait à les voir, qu'elles connaissent leur 
importance. La plupart des végétaux nécessaires à l'homme pour son 
alimentation, ses industries ou sa thérapeuthique sont en effet dépouil- 
lées de tous les vains ornements d'un luxe inutile. 

La fête donnée par la société de Flore de Bruxelles a été fort remar- 
quée cette année ; la plupart des amateurs les plus distingués du pays 
y avaient envoyé des contingents remarquables, comme pour témoigner 
à cette ancienne société de leurs sympathies toutes particulières. 

L'exposition se distinguait surtout par le grand nombre de Palmiers, 
de Dracœna, de Yucca, d'Agaves, d'arbres exotiques et d'Orchidées, c'est-à- 
dire par ce qu'il y a de mieux : quarante-cinq envois ont été présentés 
en réponse à 20 concours sur les 41 qui avaient été ouverts : la plupart 
sortaient des serres chaudes. La sécheresse et Texcessive chaleur de notre 
été ont fait rigueur aux fleurs de serre tempérée et des jardins, qui ont 
été généralement épuisés très vite: quelques collections remarquables 
attestaient cependant des heureux efforts des amateurs bruxellois dans 
cette lutte contre les caprices des saisons. Le jury a décerné 5S récom- 
penses, prévues par le programme, et 18 autres en dehors des concours, 
soit un total de 53 prix, dont quatre consistaient en médailles d'or. Ce 
jury était formé de MM. le baron Henderyckx, de Cannart de Hamale, 
le chevalier John de Knyff, Kegeljan, Delmarmol, René Dellafaille, 
Rigouts-Verbest, Bouquiau, Demoulin, Wiot, Dejays, Baumann, Brys, 
Carolus, Ed. Morren, Bouillard, délégué de la société impériale de 
France et Veitch, fils du célèbre horticulteur d'Exeter et de Chelsea. 

Les médailles d'or ont été décernées à M^ Legrelle, MM. Henderyckx 
et Jakob Makoy, Allard et Linden. 

M^ Legrelle a en outre remporté des médailles de vermeil grand mo- 
dule, pour les trente grandes plantes d'ornement, pour les plantes nou- 
vellement introduites en Europe, pour les plantes de serre à feuilles 
panachées, pour les arbustes de tous genres remarquables par le port 
et le feuillage, etc. Ce contingent nombreux se faisait encore remarquer 
par son admirable culture et la rareté d'un certain nombre d'exemplai- 
res. Les amateurs admiraient notamment les Dracœna umbraculifera et 
indivisa, Dasilirion sp., Arenga saccharifera, Areca rubra^ Astroca- 
ryum rostratum, mexicanum, Chamœrops Adansoni, Banksia speciosa, 
Maranta vittata etc., toutes plantes d^une ampleur extraordinaire et 
d'une culture parfaite. 

Le jury a décerné à M. Jacob Makoy les médailles d'or pour les douze 
plantes nouvellement introduites en Europe, et pour les quinze Orchi- 
dées en fleur. L'excessive rareté de ces plantes attiraient tous les éloges ; 
on remarquait surtout le Vanda suavis de Veitch, le Dendrohium densi- 



— 357 — 



florum album, le Lœlia Pescatorei, le Cypinpedîum Veitchianum , 
C. harhatîim etc., et parmi les plantes nouvelles le Dracœna thalioides, 
le Beschomesia graminea, et deux palmiers nouveaux, les Plectocomia 
argentea et Teysmanni. 

Les amateurs et les horticulteurs étant placés dans les mêmes condi- 
tions, M. le baron Henderyckx s'est rencontré pour le concours, 
celui des 45 Orchidées, avec M. Jacob Makoy. Le jury a partagé le prix. 
La collection de M. le B'' Henderyckx avait entre autres mérites, celui 
d'une culture irréprochable et d'une abondante floraison. On y remar- 
quait le singulier Uropedium Lindenii, des variétés du Myanthus bar- 
battis et du 31. fimbriatus, des forts pieds d' Odontoglossum citrosmum, 
du Brascia verrucosa, du Stanliopea tigrina etc. Une plante du même 
amateur, le Vanda cœrulea, a été déclarée par le jury la plus belle 
Orchidée en fleur ; en Angleterre même on n'a jamais pu obtenir une 
floraison aussi remarquable. VAttacia cristata, du même, a remporté 
le second prix de belle culture : ce singulier végétal mérite l'attention 
des botanistes autant qu'elle étonne le public par la bizarrerie de ses 
formes et sa coloration singulière. 

M. de Cannart d'Hamale a fait deux envois de Malines : l'un d'Orchi- 
dées pour le 7^ concours, l'autre de Yucca, Agave, Bonapartea, Dracsena 
etc., pour le 21^ : ces deux collections attestent une culture bien entendue 
et excessivement soignée, et sont formées d'excellentes espèces. Parmi 
les Orchidées nous avons noté un Chysis nouveau, probablement le 
C, lœviSj deux forts pieds de Calanthe veratrifolia, un Calanthe marucor 
à fleurs violacées et un superbe Phalenopsis grandiflora. 

Toutes ces fleurs si délicates avaient conservé la plus grande fraicheur 
malgré les fatigues d'un long voyage et quelques-unes malgré les exposi- 
tions précédentes, auxquelles elles avaient pris part. Malheureusement 
la collection d'Orchidées de M. Brys avait moins bien résisté au transport, 
mais elles consistaient en bonnes espèces et en forts pieds : on y trouvait 
notamment le Dendrobium calceolaria, le D. îiobile ete. 

M. Linden a eu la délicatesse de ne pas concourir, sans doute pour 
mieux faire les honneurs de son remarquable jardin : il a renoncé à un 
grand nombre de distinctions, auxquelles il avait droit; mais le conseil 
d'administration de la société de Flore a décerné à M. Linden une 
médaille d'or comme l'exposant qui a le plus contribué à enrichir l'expo- 
sition. M. Linden avait formé au centre de la tente de Linné un vaste 
trophée composé des Orchidées les plus rares : c'était un gigantesque 
bouquet de fleurs, aux formes bizarres, au coloris gracieux et d'un par- 
fum délicieux, de Vanda, de Aerides, de Saccolabium, de Cattleya, 
d'Oncidium etc. L'un des plus importantes introductions de l'éminent 
directeur du jardin zoologique est le Bégonia rex, le roi des Bégonias; 
mais c'est un roi tout noir, un roi nègre, qui n'a d'autre parure qu'un 
large collier d'argent. M. Linden en avait exposé tout un massif, une 
trentaine au moins. 



— 0^8 — 



Nous voudrions pouvoir nous arrêter quelque temps sur toutes les 
collections remarquables de l'exposition, mais cette esquisse quelque 
rapide qu'elle soit, serait longue et encore incomplète. Nous ne pouvons 
cependant passer sous silence les Palmiers et les Yucca de M Schram, 
la nombreuse collection de plantes bien fleuries et bien cultivées de 
M. Van Riet; l'envoi de plantes ornementales de M. Allard, qui a rem- 
porté une médaille d'or, et celui de M. Lubers. Un Ceanothus floribun- 
diis de M. Fonson de 31ons a obtenu le prix de belle culture, battant un 
autre Ceanothus, vingt fois plus fort que lui, des Clerodendron Kœmp- 
feri, le Crinum Knyffii, YErythrina crista-galli et des Hydrangea. 
Enfin parmi les amateurs et les fleuristes qui ont encore contribué au 
succès de celte belle exposition, nous devons citer MM. le prince Trou- 
betsckoy de Moscou, Panis, Malou, Verhulst, A. Coen, J. Brobart, 
L. Bailleul, Leroy, Reykart, Vander Wee , de Craene, de Saegher, 
de Jonghe, Vander Voet , Lebrun, Warroquié, Tonel, Halkin, de Moore, 
etc., et M™" V^ Bressiers et de Koster. 

On sortait de l'exposition, convaincu que le public horticole belge 
avait répondu avec empressement à l'appel de la société royale de Flore, 
etqu'il avait voulu lui témoigner tout spécialement de ses sympathies. D'un 
autre côté la société n'avait rien négligé pour répondre à ces sentiments 
si bienveillants. 



CORRESPONDANCE. 

On nous demande l'insertion de la lettre suivante : nous déférons 
d'autant plus volontiers au désir de notre honorable correspondant, que 
nous pouvons personnellement garantir l'exactitude des faits qu'il 
rapporte. 

Monsieur le Rédacteur, 

Vous aurez sans doute remarqué que le compte-rendu public, sur 
l'exposition de la société royale de Flore de Bruxelles, par le Journal 
d. horticulture pratique se termine par ces mots : « Une seule chose nous 
a frappé désagréablement : c'était l'absence complète de tous les membres 
du jury, le jour de l'ouverture de l'exposition et surtout lors de la récep- 
tion du Roi. 

a A quelle cause attribuer cette absence ? » 

Cette interpellation semble demander une réponse, laquelle est bien 
simple : la cause de l'absence complète de tous les membres du jury, 
le jour de l'ouverture de l'exposition et surtout lors de la réception du 
Roi, est que le jury n'avait pas été invité à cette solennité. 

Ce manque aux usages a été remarqué du jury et nous demanderons à 
notre tour pourquoi il n'a pas été dans cette circonstance, l'objet d'une 
politesse qu'il était habitué à recevoir? 

{Un membre du jury). 



— 359 — 



ARCHITECTURE HORTICOLE. 



PLAN D'UNE VILLA ET D'UN JARDLN SITUÉS AU BORD D'UN 

COURS D'EAU, 

Par m. F. Rutger. 




PI. 02. Plan d'un jardin situé au bord d'un cours d'eau. 

Une maison de campagne située sur les bords d'un fleuve ou d'une 
rivière, doit avoir des jardins tracés d'une manière particulière : la plu- 
part des plans proposés pour des situations plus générales ne peuvent 
donc convenir dans ces circonstances. Le dessin ci-joint, suppose environ 
trois hectares de terrain. A droite de la maison se trouve une orangerie 
d'où l'on passe dans un jardin floral et près duquel on range les arbustes 
de serre pendant l'été. A gauche de l'habitation sont les cours et les 



— 360 — 



offices. A chacun des angles qui joignent au fleuve, on construit un belvé- 
dère élevé sur un tertre plus ou moins élevé et d'où l'on a vue à la fois 
sur l'eau et sur la propriété. 

Légende. — 1, poulallier; 2, boulingrin ou volière; 5, buanderie; 
brasserie et cour; 4, étables, habitation du cocher et cour; 5, porcherie; 
6, fosse à fumier et à compost sous la protection d'un hangar; 7, couches ; 
8, jardin à forcer; 9, couches à melon; 10 jardin légumier , jardin frui- 
tier; 12, habitation du jardinier. 



APPAREILS ET USTENSILES D HORTICULTURE. 

REVUE DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS EN ANGLETERRE 
AUX APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE. 
SERRES MOBILES DE M. SPENCER, 
Jardi7iier du marquis de Landsdowne à Bowoord. 




Pl. 93. Serre mobile de M. Spencer. — Section transversale; &. Treillis pour 
conduire les arbres fruitiers; c. sentier; d. couche. 

Ces sortes de constructions servent à protéger certains arbustes en 
hiver, à favoriser la floraison des arbres fruitiers au printemps ou bien 



— 361 — 



à hâter leur maturation en été. Elles doivent être légères et solides tout 
à la fois et construites en bois, en fer et en zinc: les vitres elles-mêmes 
sont mobiles et glissent simplement sur charnière. MM. River et Civing 
avaient déjà proposé, antérieurement à M. Spencer des modèles de serres 
mobiles, mais qui paraissent moins bien combinées que celles de ce 
dernier. Au dessous et à la partie supérieure se trouvent des ventila- 




Pl. 94. Vue générale. 



teurs, dont l'usage est fort utile. Dans l'intérieur de la serre on peut 
monter, comme le montrent les figures, de légers treillis sur lesquels 
on conduit les arbres en contre espalier ou les vignes. Mais on peut 
également monter ces serres à cheval sur un mur, de manière à forcer 
tel ou tel arbre cette année, et d'autres les années suivantes. 



L'ORANGE ET LE POTIRON. 

Sous le beau ciel de la Provence, 

Où l'orange croît en plein vent, 

Tout près d'un oranger, un potiron pesant 

Se gonflait, plein de suffisance, 

Et, croyant à son importance, 

Disait : — « Du sort je suis content. 

J'ai le teint frais, la peau vermeille 

Et ma noble rotondité, 

Vrain>ent à nulle autre pareille, 

Unit la grâce à la beauté. 
Auprès de moi, ce fruit au teint jaune et si blême, 
A laspect maladif, à la maigreur extrême. 
Doit exciter partout 
La pitié, le dégoût. 
A sa débile branche, il se tient avec peine. 
Tandis que sur le sol je repose sans gêne; 
Je pèse cent fois plus, j'ai cent fois ))lus de prix. 
Et ma chair constitue un mets des plus exquis ; 
Enfin, dans tout jardin j'ai la première place 
Et je puis tous les ans renouveler ma race. » 

Un jour on vint cueillir orange et potiron ; 
La première au festin dans un dessert figure, 
L'autre, jeté par tranche en un grossier chaudron, 
A d'avides pourceaux dut servir de pâture. 

Comme ce potiron, combien de sottes gens. 
Gonflés d'orgueil et pleins de suffisance. 
Sur l'embarras (ju'ils font, jaugent leur importance, 
Et montrent leurs écus à défaut de talents. 

P. C. ORDINAIRE, d.-m. 



JARDIN FRUITIER. 



COURTE NOTICE SUR DEUX CERISES DES CULTURES DE M. GA- 
THOYE, LA GRIOTTE DE GATHOYE ET LA CERISE CIRE , 

Figurés pl. 9S. 

Les deux fruits, auxquels nous avons consacré la planche ci-contre, 
nous ont été présentées par M. Gathoye, l'un de nos pépiniéristes liégeois 
les plus zélés, et dont beaucoup de nos lecteurs ont déjà pu apprécier 
les succès. L'un de ces fruits est nouveau : c'est une cerise de la catégorie 
des griottes et à laquelle nous croyons devoir attacher le nom de M. Ga- 
thoye. Elle était mûre au commencement de juillet. 

Le pédoncule est long de trois centimètres et demi à quatre centimè- 
tres, implanté dans une dépression circulaire assez profonde, par une 
base large et régulièrement arrondie. Le fruit est déprimé, plus large 
et plus épais que haut (hauteur 0™,017; largeur 0™,025; épaisseur 
0°*,020); il est de forme régulière : sur un des côtés on remarque une 
bande s'étendant de la base du fruit au sommet, de couleur clair avec 
quelques stries plus foncés. La peau est lisse, paraissant comme criblée 
de petites ponctuations pâles. La couleur est le rouge carmin, légère- 
ment marbré par suite de la transparence de l'épiderme qui laisse péné- 
trer le regard jusque dans la chair et sur les faisceaux fibreux qui le 
parcourent. La chair est abondante et très juteuse, d'une saveur rafraî- 
chissante, sucrée et un peu acerbe; elle se détache bien du noyau, lequel 
est assez gros, lisse, très bombé et marqué d'une suture saillante. 
Ce fruit est tout à fait de première qualité. 

La cerise cire, déjà connue, n'est cependant pas aussi répandue qu'elle 
pourrait l'être : outre sa couleur jaune pâle, elle se recommande par une 
chair ferme et une saveur douce. Quant à l'apparence elle ressemble 
assez à la cerise bla?iche du Nord, déjà figurée dans ce recueil. 



ABRICOT KAISHA , INTRODUIT DE SYRIE PAR M. BARKER. 

Depuis son apparition dans le monde horticole, cet abricotier a justifié 
tous les mérites qu'on lui a attribués; grande précocité et excellence du 
fruit; celui-ci, de moyenne grosseur, est d'un jaune pâle du côté de 
l'ombre, ponctué de rouge du côté du soleil; sa chair se détache facile- 
ment du noyau, est très juteuse, sucrée, d'un jaune citron et d'une sa- 
veur agréable. L'amande en est douce. 

Extrait du catalogue de M. Ad. Papeleu. 




i.C(MMSC cire ._ 2_3. (i l'iollc de (ialhoye. 



TABLE DES MATIÈRES 



HUITIÈME VOLUME DE LA BELGIQUE HORTICOLE. 



DU 



1. — Horticaltnre. 

Pages. 

1. Note sur le Forsythia suspensa, Vahl., ou Forsythia pendant, par M. Oli- 

vier Du Vivier 1 

2. Quelques mots sur les variétés de Pétunias, à propos du Pétunia inimitahilis 

{hybrida?) par M. Olivier Du Vivier 2 

3. Remarques sur les roses thé, traduit de l'anglais, par M. Olivier Du Vivier. 4 
4-. Notice sur le Rhododendron Thomsoni j Hook. , fil., ou Rhododendre de 

M. Thomson, par RI. Ed. Morren 33 

5. Note sur le Doronicum Bourgœiy Sch., ou Doronic de M. Bourgeau, par 

M. Ed. Morren 34 

6. De la culture des roses en pots : traduit du Gardener's Chroniclej par M. Oli- 

vier Du Vivier. . . 40 

7. Notice sur le Seaforthia eleganSy R. Br., à l'occasion de sa floraison au jardin 

botanique de l'université de Liège, par M. Ed. Morren 44 

8. Sur la nouvelle rose Isabelle Gray ... 63 

9. Note sur le Grevillea alpestrisy ou Grévilléa des montagnes, par M. Ed. 

Morren 66 

10. Remarques sur la culture de la Glycine [Wistaria sinensis), par. M. Ed. 

Morren 74 

11. Sur les Epacris .79 

12. Notice sur un nouveau pêcher à fleurs de Camellias, introduit de la Chine 

par M. R. Fortune, par M. Ed. Morren 97 

13. Note sur le Burtonia à feuilles rudes ou Burtonia scabra^ par M. Ed. Morren. 99 

14. Quelques efi'ets de l'été de 18S7 sur la végétation, par M. Malbtanche. . . 102 

15. Floraison en plein air du Rc^ona re^m, par M. Console 103 

16. Notice sur le Spirœa callosa, Thunb., ou Spirée rouge de la Chine, par 

M. Ed. Morren • 129 

17. Notice sur le Spirœa Blumeij Hassk., ou Spirée de Blume. par M. Ed. Mor- 

ren 131 

18. Monographie des espèces de Spirœa cultivées dans les jardins. .... 153 

19. Sur la culture des Laurinées, par M. C. Bouché; traduit de l'allemand par 

M. J. Bourdon 147 

20. Nouveaux renseignements au sujet du Gynerium argenleum ou Gramen des 

Pampas, par M. Ed. Morren 1-^9 

21. Sur les Franciscea qui existent aujourd'hui dans les jardins, et sur leur cul- 

ture, par MM. Ch. Koch et Reinecke 1S2 

22. Culture de certains Dracœna en pleine terre pendant l'été, par M. Jaeger. . 153 

23. Noie sur le Bégonia laciniata^ Roxb., ou Bégonia à feuilles laciniées, par 

M. Ed. Morren 161 

24. Notice sur le Sabatia campestris^ Nutt., ou Sabbatia des Champs, par 

M. Ed. Morren 163 

23. Addition à la notice sur le nouveau pêcher de la Chine, h fleurs de Camellia. 164 



4 



— 36^ — 

Pages. 

26. Plantes nouvelles mises dans le commerce en 18S8, par M. Linden. 

1" Serre chaude : Aristolochia leuconeura, Lind., p. i6S, Bégonia rexj Putz., 
id., Bégonia lazuli, Lind., p. 166, Boehmeria argentea, Lind., id., Cam- 
pylobotrys argyroneura, Lind., id., Cyanophyllum magnificum j Lind., 
p. 167, Maranta fasciata^ Lind., id., Maranta borrussica, Lind., p. 168, 
Maranta pulchella, Lind., id., Spigelia arenea, Lem., id. 
2o Serre froide: Monochœtum sericeum, Naud., p. 169. * 
27.. Notice sur VEmbothrium coccineumj Forst, ou Embolhrium à fleurs écarlates, 

par M. Ed Morren 193 

28. Notice sur le Gaidtheria diacolorj Nutt., ou Gaulthéria à deux couleurs, par 

M. Ed. Morren 194 

29. Semis et culture des plantes annuelles 198 

30. Choix d'arbustes de pleine terre 201 

31. Choix de plantes grimpantes de pleine terre. 201 

32. Choix d'arbres pour planter les avenues ........... 20! 

33. Note sur VEugenia Luma, Berg., ou Arroyan des Chiliens, par. M. Ed. Morr. 225 
34f. Note sur VMschynanthus tricolor, Hook., ou iEschynanthe à fleurs tricolores, 

par M. Ed. Morren • 227 

35. Notice sur les Bruyères et en particulier sur les Erica grandiflora^ L., ou 

Erica à grandes fleurs, et Erica fulgida, Bedf., ou Erica éclatant, par 
M. Ed. Morren 257 

36. Note sur la multiplication des Cyclamen par boutures, par M. Pelé. . . 259 

37. Courtes remarques sur les Mesembryanthemum, par M. Holcroft .... 260 

38. Note sur le Clianlhus Dampieri, Alb. Cunn., ou Clianthus de Dampier . . 28|j^ 

39. Notice sur le Pentstemon Jaffrayanus, Hook., ou Pentstemon de M. Jafl'ray . 291 

lO. Remarques sur le Rhododendron du Bootan 292 

M. Prochaine floraison d'un Agave américana, var. foliis variegatisj au jardin 

botanique de l'université de Liège 29-4 

42. De l'introduction en Europe, de la naturalisation et de la floraison de V Agave 

Americanaj par M. Ch. Martins 294 

43. Bordures de Festuca ovina 503 

44. Note sur le Raphiolepis japonica, Sieb. et Zucc, nouvel arbuste du JapoUj 

d'après MM. Siebold, Zuccarini et Witte 521 

45. Notice sur le Cosmanthus grandiftorus, Benth., ou Cosmanlhe à grande fleurs. 323 

46. Culture du Luculia gratissima , par M. James Euston ; traduit librement de 

l'anglais par M. le 01. Du Vivier .324 

47. Note sur une nouvelle variété d'Amandier, d'origine japonaise VAmygdalus 

persica, L., var., Stellata, Hort. Sieb., par M. Ed. Morren 353 

48. Note sur un nouveau Camellia introduit de Chine en Europe par M. Glen- 

dinning; Camellia japonica, L. var. Cup of Beauty, Hort., par M. Ed. 
Morren 354 

2. — Revue des planteis nouTelleis ou intéressantes. 



Pages. 

1. Agapetes buxifolia, Nutt. . . 39 

2. Agave densiflora W. Hook . . 38 

3. Agave maculata, Reg. ... 9 

4. Ananas bracteatus, Rœm. et 

Schult. ....... 100 

5. Andromeda formosa, Lodd . . 171 

6. Azalea occidentalis, Torr.etGray. 7 

7. Azalea ramentacea , Hort. . . 196 

8. Bégonia Wagneriana, Hook . . 232 



Pages. 

9. Berberis hypoleuca .... 35 

10. Berberis japonica, Thunb . . 228 

11. Bolbophyllum Neilgherrense, 

Wight 233 

12. Bouvardia oriana (Hybr.). . . 8 

13. Brassia keiliana, Rch. ... 11 

14. Calanthe Dominii(Hybr.)Lindl. 232 

15. Calceolaria glutinosa, Heer et 

Ueg., var. Californica. . - 263 



Pages. 

16. Callistcm.bracliyandrum,Lindl. 2Gi 
47. Camellia rosseflora,ÏIook. . . 230 

18. Cattleya aclandise, Lindl. . . 173 

19. Cattleya granulosa, Lindl. . . 252 

20. Cattleya LindIeyana, Rch. . . 40 

21. Cattleya luteola, Lindl. . . 172 

22. Ceanothus cuneatus, Nutt. . 170 

23. Cirrhopetalum Medusœ, Lindl. 37 
2i. Codonopsis rotiindifolia , var. 

grandiflora, Benlh. ... 69 

25. Coelogyne cinnamomea, Lindl. 198 

26. Colletta cruciata, Hook. . . 172 

27. Cordia ipomœœflora, IJook. . 101 

28. CosmidiumBurridgeanum,Hort. 264 

29. Cratœgus chlorocarpa ... 56 

50. Dasylirium acrotrichum, Zucc. 170 
31. Dasylirium glaucophyllum, W. 

Hook 171 

52. Dendrobiumchrysotoxum,Lindl. 267 
55. Dendrobium crepidatum. var. 

lab. glab 39 

ù4/. Dendrobium nobile, Lindl,, var. 

pallidiflorum 10 

35. Dendrobium pulehellum, Roxb. 175 

36. Dillenia speciosa, Thunb. . . 72 

57. Eichornia trieolor, Seub. . . 69 

58. Epidendrumchloroleucum,Hook. 

var. fuscoluteum .... 268 

39. Epigynum acuminatum, Kl . . 59 

40. Erica microcalyx, Reg. ... 10 

U. Erica Pabsti, Reg 266 

42. Eucharis grandiflora , var. ama- 

zonica 71 

45. Ficus cerasiformis, Desf. . . 233 
44. Fritillaria grœca, Boiss. . . 229 
é'j. Fritillariakamtschatiensis,Gawl. 263 

46. Fritillaria pallidiflora, Schrenk. 198 

47. Galpbimiaglauca,DC. . . .173 

48. Gesneria cinnabarina, Lindl. . 173 

49. Gilia lulea, Steud., var, aurea. 264 
V)0. Ileliconia dasyantha, C. K. . 40 

51. Hydrangea cyanema, Nutt. . 171 



52. 



m. 

56. 
07. 
58. 
59. 
60. 
61. 

62. 
63. 
64. 
65. 
66. 
67. 
68. 
69. 

70. 
71. 
72. 
73. 
74. 
75. 
76. 
77. 
78. 
79. 
80. 
81. 
82. 
83. 
Si. 
85. 
86. 
87. 
88. 
89. 



Pages. 

Ilex Fortunei, Lindl 196 

Illairea canarinoïdes, Lenné et 

Koch 68 

Isotoma petrsea, F. Mull. . . 265 
Juniperus Bonatiana, Vis. . . 37 
Juniperus cabiancœ^ Vis. . . 57 
Kefersteiniagraminea,Rchb. . 232 
Lagerstrœmia indica, L. . . 10 
Lonicera augustifolia, Wall. . 262 
Lupinus Mensiesii, Ag, ... 69 
Lycaste brevispatha, KL, var. 

fl. saturatiore 101 

Macrostigma tupistroïdes, Kth. 11 
Malpighia Loddigesii, Reg.. . 268 
Melrosideros robusta, Cunn. . 197 
MuschiaWollastoni,R.T.Lowe. 266 
Myrica Californica, Nutt. . . 169 
Myrtus pulchella. Regel. . . 264 
Niphea albo lineata, Hook. . 252 
Nuttalia cerasiformis, Torr. et 

Gray 194 

Oberonia acaulis, Grifi". . . 268 
Oncidium tenue, Lindl. . . 230 
Pandanus candelabrum Beauv. 73 
Pilumnia fragrans, Lindl. . . 172 
Pinus Parolinii, Vis. ... 37 
PolygalaHilairiana,Endl. . . 266 
Polygonatum roseum, Kunth. 229 
Rhododendrnm album, DC. . 70 
Rhododendrumargenteum,Hook. 267 
Rhododend. calophyllum, Nutt . 7 
Rhododend. Windsorii , Nutt. oit 
Rubus nutans, Wall. . . . 69 
Salvia candelabrum, Bois. . . 68 
Sonnerilla speciosa, Zenker . 101 
Spirsea confusa, Reg. et Kœrn. 263 
Thunbergia Harrisii, W. H. . 59 
Torrcya grandis, Fort. . . .100 
Venidium speciosum, Reg. . 263 
Viola pedunculata, Torr. etGray. 8 
Xiphidiumfloribundum, Sw. . 267 



3. — A^volo^ie hopticole. 

1. Sur les effets de l'engrais animal liquide, principalement sur les plantes en 

pots, par M. Goerner : traduit de l'allemand par M. A. De Borre. . . 11 



l.Hiés*atnve laorticoEe. 



1. Des plantes débiles, volubles, , rampantes, etc., par M. L. Lccoq .... 15 

2. Les arbres et les Guis, fablC; par M. P. C. Ordinaire. . . . . . . .206 



— 366 ~~ 

Pages. 

3. Histoire des jardins de i'antiquité ; époque romaine, par M. Wood . , . 237 

4. L'Orange et le Potiron . 364 

5. — Ârchîtectnre lioi*tlcole. 

4. Modèles de deux ponts de jardin 24 

2. Vue et plan d'une petite maison de campagne d'après M. KirchhofF. . . . 1S5 

3. Plan d'un petit jardin de ville, d'après les dessins de M. Rutger .... 200 

4. Petit chalet, d'après les plans de M. Sehultz 202 

5. Plan de jardin, par M. Rutger 269 

6. Sur la manière dont on couvre les serres en Russie, par M. Ed. Regel . . 308 

7. Vues et plans d'un chalet près de Zobten en Silésie 310 

8. Plan d'une villa et d'un jardin situés au bord d'un cours d'eau, par M. 

Rutger 359 

6. — Mortictaltssre de salon. 

1. Plantes les plus propres à être cultivées en vases suspendus dans les oran- 

geries et les serres 48 

2. Quelques mots sur Phorticulture d'appartement, par M. R. Scott .... 51 

7. — Tératologie végétale. 

1. Note sur les Pétunias phyllanthoïdes de M. le baron J. De Fraipont ... 52 



S. — Physiologie végétale. 

1. Notice sur les changements de couleur des feuilles, par M. Ed. Morren. 53-81 



2. Observations sur un mémoire publié en 1752, par M. Guyot, et intitulé : 

Sur les fleurs et sur les causes de la variété de leurs couleurs, par M. Ed. 
Morren 105 

3. Sur les fleurs et sur les causes de la variété de leurs couleurs, par M. Guyot. 106 

4. Note sur la formation des perforations que présentent les feuilles de quelques 

Aroidées, par M. A. Trécul 18^ 

5. Lenticelles et Rhizogènes, par M. D. Clos 205 



9. — Histoire des plantes utiles on curieuses. 

1 . Le Tamarinier, par M. Olivier Du Vivier. 

2. L'Olivier d'Europe, par M. Olivier Du Vivier 

3. Découverte d'Equisetum gigantesques. . . 

10. — ffloricultnre de l'eau. 

1. La sécheresse et les Nélumbiums, extrait d'une lettre de M. P. Tourrès. . 40 

11. — Botanique horticole. 

1. Notice sur les Laurinées cultivées dans les jardins, par M. A. Braun; traduit 

de l'allemand par M. J. Bourdon . 112-137 

12. — Arlïoricttlture. 



. . 90 
. . 91 
. . 354 



1. Origine et coloration du Hêtre pourpre, par M. Jaeger 



120 



- 5G7 — 



13. — Pathologie wésétale. 

Pages. 

1. De la chlorose et de l'action des sels de fer sur la chlorose, par M. A. Gris. 122 

14. — Toxicologie Tégëtaie. 



i. Propriétés vénéneuses du fruit du Redoul ou CW/ana myWî/o/m. . . . 124^ 

15. — Appareils et ustensiles d'Iiortieultnpe. 

1. Revue des perfectionnements apportés en Angleterre, aux appareils et usten- 

siles d'horticulture, par M. Ed. Morren : 

1° Chaudières et appareils de chauffage de MM. Hood 126 

2o Chaudières et appareils de chauffage de M. Monro 181 

00 Chaudières et thermosiphons de MM. Weeks et Ce 182 

4» Appareils de chauffage de M. T. Messenger 183 

So Chaudières et appareils de chauffage de MM. A. Shanks et fils. . . . 207 

6" Arrosoir locomobile de MM. Gidney Mi 

7o Râteau et grattoir en fer, des mêmes 2ii 

8° Appareil à rouler et à arroser les sentiers des jardins 243 

9» Tondeuse rouleau à bras 245 

lOo Balais à châssis de M. Henderson 271 

11» Appareils d'arrosement de MM. Warner et fils 508 

12" Appareil pour chauffer les petites serres d'appartement et les balcons vitrés 

au mo3'en du gaz, inventé par M. Thomson 5^3 

13o Serres mobiles de M. Spencer, jardinier du marquis de Landsdowne à 
Bowood 

2. Sur un petit appareil de chauffage propre à empêcher que la gelée ne se 

fasse sentir dans un coffre froid 2iQ 

3. Paillassons fabriqués au métier, en paille de seigle et fîl de fer . . . . 247 

16. — Jrapdin fruitier. 

1. Notice sur le framboisier Reine Victoria 29 

2. Note sur la framboise jaune d'Anvers, aussi appelée Framboise de Hollande 

et Framboise d'Angleterre 29 

3. Note sur la Framboise jaune pointue ,29 

4. Nouveau mode de taille des rameaux à fruits du pêcher, par M. De Brcuil. 50-60 

5. Note sur les Avant-pêches, par M. Ed. Morren S9 

6. Note sur la culture des Framboisiers Qi 

7. La prune Belle de Schocneberg, par M. Ed. Morren 86 

8. Sur la prune bleue hâtive 86 

9. Les meilleurs raisins, par M. J. L. Le Bêle. ......... 87 

10. Note sur la Poire Bergamote Crassane d'hiver ou Beurré Brunc.su. . . . 123 

11. Note sur la pomme Ananas 123 

12. Description de la poire Fin Or de septembre, par M. Dccaisno 156 

13. Poir Fin Or d'été, par M. Dccaisno 158 

14. Suite de l'cnuméralion des variétés de poires décrites et figurées dans lo 

jardin fruitier du Muséum 159-188 



— 368 - 

Pages. 

15. Description de quelques variétés de Noisettes bonnes et fertiles : 

lo Noisetier long de Dowton. . , 187 

20 Noisetier rouge commun. 187 

D° Noisetier de Burchard 189 

16. Note sur la cerise bigarreau rouge de Tilgner 209 

17. Notice sur la cerise Guigne de Tabascon • 209 

18. Note sur la cerise rouge sanguine 210 

19. Du pommier en Belgique, par M. Royer 210-231-28^-317 

20. Notice sur la poire nouvelle Fulvie (Grégoire), par M. Alex. Bivort . . . 2S0 

21. Notice sur la poire Calebasse Princesse Marianne, par M. A. Bivort . , . 282 

22. Notice sur la poire calebasse Tougard, par M. A. Bivort 283 

23. Note sur quelques fraises nouvelles ou peu connues et recommandables, par 

M. A. Bivort : 

lo Surprise, p. 51^; 2° Nec plus ultra, p. 515 5 5° Perle des fraises, id.; 
4° Ajax, id.; 0° Grétry, id.5 6» Louise-Marie, id.; 7° British queen nova, 
p. 316; 8" Reine des fraisiers, id.; Choix d'un amateur, id. 
24'. Notice et description de l'abricot Comice de Toulon, par M. A. Bivort . . 346 

25. Notice sur le Brugnon de Zelhem, par M. A Bivort 347 

26. Du poirier au point de vue agronomique, par M. Royer. 347 

27. Courte notice sur deux cerises des cultures de M. Gathoye, la Griotte de 

Gathoye et la Cerise cire 362 

28. L'Abricot Kaïsha 362 

17. — BilïIiograpMe. 

1. H. Lecocq. Études sur la géographie botanique de l'Europe et en particulier 

sur la végétation du plateau central de la France 14 

2, Renseignements sur le Prodrome du règne végétal, par M. Alph. De Candolle. 95 
5. La plante et sa vie par M. le Dr Schleiden, traduit en français par M. Scheid- 

weiler 313 

IS. — PaBâtlBéon de Vh&Micnltvii*e, 

1. Pertes récentes de l'horticulture 175 

2. Quelques mots prononcées sur la tombe d'André Donkelaar, par M. D. Spae. 175 

3. Notice biographique du Df Boyle 178 

4. Notice biographique du duc de Devonshire 179 

5. Notice sur M. Bernard de Rennes 180 

6. Notice nécrologique sur H. G. Galeotti, par M. Ed. Morren 234 

7. Notice biographique sur A. Donkelaar, par M. D. Spae 273 

8. Mort de M. Aimé Bonpland ,507 

9. Mort de Robert Brown 507 

10. Prologue consacré à la mémoire de Robert Brown v 

19. — J^osiTelIes Isortlcoieis et mSiscellanéejS. 

1. Aux détracteurs du chou, par Bf. L. Bernard 26 

2. M. Alphonse Karr, jardinier 183 

3. Départ de M. De Siebold pour les Indes 192 

4. Floralies de Namur. Compte-rendu de la 8^ exposition de la société royale 

d'horticulture de la province de Namur, les 11, 12 et 13 juillet 1858. . 328 

5. Floralies de Bruxelles. Exposition extraordinaire (7tie) de la société royale 

de Flore, le 18 juillet 1858; compte-rendu, par M. Ed. Piîorrcn. . . . 555 

6. Lettre relative à la 76^ exposition de la société de Flore 358 



— 369 ~ 



20. — PlaiicSies coloriccis de fleuB*fi). 

Pages. 

"^ i. iEschyuanthus lricolor,Hook 225 

2. Amygdalus persica var. Camelliœflora 97 

^ 3. Amygdalus persica, var. japonica stellata 353 

^t>. Bégonia laciniata, Roxb 161 

S. Biirtonia scabra, Br 97 

^6. Camellia japonica, var., coupe de beauté 3S5 

7. Cliantlius Dampieri 289 

^8. Cosmanlhus grandiflorus, Benth 323 

9. Doronicum Bourgœi, Sch 53 

Mo. Embothrium coceineum, Forst 195 

^1. Ericafulgida, Bedf 2S7 

N2. Erica grandiflora,L 257 

^15, Eugenia Luma, Berg 223 

^i4f. Forsythia suspensa, Vahl 1 

"^15. Gaultheria discolor, Nutt 193 

Ne. Grevillea alpestris , Meisn 65 

^17. Pentstemon jafiFrayanus,Hook. 289 

^18. Pétunia inimitabilis (hybrida) 1 

M9. Raphiolepis japonica, Sieb. et Zuccar 521 

^ 20. Rhododendron Thomsoni,Hook. fil. 33 

"^21. Rose Isabelle Gray 65' 

^^-'22. Sabbatia campestris, Nutt. . . ._ 161 

23. Spirœa Blumei, Hassk 129 

^4. Spiraeacallosa,Thunb 129 

21. — Plnaacheis co^Iopiées de fftiStis. 

1. ABRICOTIER. 

^1. Abricot comice de Toulon 546 

2. BRUGNON. 

^1 . Brugnon de Zelhem 346 

5. CERISIERS. 

^1. Cerise bigarreau rouge de Tilgner 209 

Cerise cire 562 

^5. Cerise guigne de Tabascon 209 

^4. Cerise rouge sanguine 209 

"^S. Griotte de Gathoye 562 

4. FRAISIERS. 

^1. Choix d'un amateur 51 

Niî. Reine des IVaisiers 51 

"^5. Surprise 31 



— 570 — 

5. FRAMBOISIERS. 

Pages. 

'^I. Framboise jaune d'Anvers .29 

^2. Fraraboise jaune pointue. 29 

^5. Framboise Reine Victoria 29 

6. NOISETIERS. 

1. Noisetier de Burchard 187 

2. Noisetier long de Dowton 187 

^-5. Noisetier rouge commun 187 

7. PÊCHER. 

^ 1. Avant-Pêche rouge S9 

8. POIRIERS. 

^ 1. Poire Bergamote crassane d'hiver ou Beurré Bruneau 123 

^2. Poire calebasse Princesse Marianne 282 

\3. Poire calebasse Tougard 282 

Poire fin or de septembre 138 

^ -5. Poire fin or d'été 138 

\ 6. Poire nouvelle Fulvie (Grégoire) 239 

9. POMMIER. 

^ 1. Pomme ananas ou Pomme des Princes 125 

10. PRUNIERS. 

^1. Prune belle de Schoeneberg 86 

^2. Prune bleue hâtive 86 

22. — Planches et figares xylographiées. 

i. PLANTES NOUVELLES OU INTÉRESSANTES. 

1. Azalea ramentacea , Hort. . , 196 

2. Berberis hypoleuca . . . 36 

o. Berberis japonica 228 

4-. Bouvardia oriana (hybrida) 9 

5. Callistemon brachyandrum, Lindl 26o 

6. Ceanothus cuneatus , Nutt 170 

7. Cirrhopetalum medusœ, Lindl 38 

8. Eucharis grandiflora, Pl. et Lind 71 

9. Galphinia glauca, D. C 17^ 

10. Lonicera anguslifolia , Wall -62 

11. Luculia gratissima, Swt 526 

12. Metrosideros robusla, Cunn ^97 

15. Myrica californien ^69 

li. Nultalia cerasiformis, Torr. et Gr 

1d. Oncidium tenue, Lindl 231 

16. Rhododendron album , D. C 70 

17. Seaforlhia elegans,Br , .... 4^3 



2. CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 

Pages. 

18. Pont conslniit au jardin zoologique de Berlin, d'après les plans de M. Bunge. 24 

19. Pont construit au jardin zoologique de Berlin, d'après les plans de M. Helfft. 2;i 

20. Vue d'une petite maison de campagne, d'après les plans de M. Kirchholï. . 157 

21. Petit chalet, d'après les plans de M. A. Schultz 202 

22. Fabrique de paillassons mécaniques 247 

25. Vue de la façade principale du chalet de Zooten en Silésie ol l 

24. Vue de la façade latérale, du même ol2 

3. OPÉRATIONS HORTICOLES. 

23. Ancien mode de taille des rameaux à fruits du pêcher 30 

26. Premier pincement pratiqué sur les bourgeons du pêcher 31 

27. Deuxième pincement pratiqué sur les bourgeons du pêcher 31 

28. Seconds bourgeons anticipés du pêcher 52 

29. Rameaux à fruits du pêcher soumis au nouveau mode de taille .... 61 
50. Bourgeons de prolongement du pêcher portant des bourgeons anticipes . , 62 

31. Jeune bourgeon au moment où il convient de le pincer 62 

4. BOTANIQUE HORTICOLE. 

32. Détails analytiques des fleurs du Seaforthia elegans 47 

33. Diagrammes des fleurs de Laurinées 116 

34. Fruits de VAmygdalus cameliœfl or a, Hovi 164 

5. PLANTES UTILES ET CURIEUSES. 

35. Glycine de la Chine en pyramide de Qï^jSO de hauteur 75 

36. Tamarinier 90 

37. Olivier d'Europe „ 92 

6. APPAREILS ET USTENSILES D'HORTICULTURE. 

58. Chaudière en selle 126 

59. Chaudière conique 126 

40. Chaudière conique avec fourneau et sans maçonnerie 127 

41. Chaudière conique avec fourneau et sur piédestal 127 

42. Colonne calorifère 127 

43. Thermosiphon de M. Hood 128 

44. Cage ornée pour le thermosiphon de M. Hood 128 

43. Chaudière cylindrique de M. Monro . . 181 

46. Chaudière tubulaire verticale de MM. Weeks 182 

47. Thermosiphon d'ornement de MM. Weeks 182 

48. Piédestal tubulaire 182 

49. Chaudière à tuyaux triangulaires 183 

30. Chaudière simple de M. Thomson 207 

31 . La même placée 208 

32. Chaudière triple de M. Thomson 208 

33. La même placée 208 

34. Arrosoir locomobile 244 

33, Râteau 244 

36. Grattoir 244 

37. Appareil à rouler et à arroser les sentiers 245 



— 572 — 



Pages. 

58. Tondeuse rouleau à bras 2^jî 

59. Balais à châssis, cylindriques de M. Henderson . . ...... 271 

60. Balais à châssis, en éventail de M. Henderson. . 272 

61. Pompe portative de MM. Warner 308 

62. Tombereaux d'arrosement de MM. Warner . 509 

63. Aspersoirs de serre de MM. Warner 309 

Qi. Appareil de chaufFage au gaz, système de Thomson 3^4 

65. Serres mobile de M. Spencer 560 

7. ARCHITECTURE HORTICOLE. 

66. Plan d'une petite maison de campagne, d'après M. Kirchhoff. . . . . . lo3 

67. Plan d'un jardin de 7 à 10 hectares , par M, F. Rutger . ...... 269 

68. Plans de châlets 3iO 

69. Plan d'un jardin situé au bord d'un cours d'eau 3.39 



Portrait gravé. 

\ Portrait de Robert Brown. 



FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES DU HUITIEME VOLUME. 



AVIS. 

Messieurs les abonnés à la Belgique Horticole qui désirent, recevoir 
des graines de fleurs ou de plantes d'ornement, sont priés d'adresser 
leurs demandes à la direction du journal, qui tient à leur disposition un 
choix très varié de semences de pleine terre ou de serre : chacun d'eux 
recevra un envoi analogue aux désirs qu'il nous aura exprimés.