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Full text of "Les devises des villes de France : leur origine, leur historique, avec les descriptions des armoiries et quelques reproductions / /c Henri Tausin"

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HENRI TAUSIN 



LES DEVIS 



DES 



VILLES DE FRANCE 



LEUR ORIGINE — LEUR HISTORIQUE 



AVEC LES DESCRIPTIONS 
DES ARMOIRIES ET QUELQUES REPRODUCTIONS 





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PARIS 

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LES DEVISES 



DES 



VILLES DE FRANCE 



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DU MBME AUTEUR 

«♦ Pvêaues contempo- 
rains de France. ^^'-'^.^ , in-i6 de 126 page^- 

Biclio«na.re de Bevj.^^ ^^^ù^.. d s^ "^"colUbora- 
houves et une „ volumes m-o • 

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Armoriai «^^J- g^, ^-cussons gf J^'', .j^^^es. 

?'" kemK-B.ay, 1887- '"''Voe^^te historiques et 
s;;\é^e'.ra« »f"™rt* alph^^awoe des .no.s. 

Slraldiqu- A - .XV .8,5. ^ ^t'^ts l"-8^ Je 
Pans, tmUt 1-=^" ,^ >,iougaveae, i»?/ 

Devises ehomes ^^^^.^^ ,o„,„,erce i,^ rf„„( /« 

62 pages- Non i". penoimag" i' "r ' Sf ,/„ suw de 

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généalogiques et ^^^.^^^^^^^ ,^.y^. In 4 

tiré à 125 e.^emp a V . .,^^^,.^, .rmo, k' t^o»3^. J ^^._ 

Maison de Moy.E/'^ ^,/,, /^'^'^''^'/"^ J ''J et deuK 

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papier àla torme dHonneur^/ ' o W'^^^^^^ 

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Lechevaber, i^9^- ^ lieutenant- 

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HENRI TAUSIN 



LES DEVISES 

DES 

VILLES DE FRANCE 

LEUR ORIGINE - LEUR HISTORIQUE 

AVEC LES DESCRIPTIONS 
DES ARMOIRIES ET OUELOUES REPRODUCTIONS. 








PARIS ''^,^,^;^ 

FRANCIS CAiMPBELL, ÉDITEUR '"^ 

90, RUE SAINT-LAZARE 



1914 



INTRODUCTION 



L'héraldique française connaît peu les devises ; elle les 
considère comme partie très accessoire de l'écu, au même 
titre que les supports et les tenants'. Certes, tous les auteurs 
de Traités de blason font mention de la devise, disent ce 
qu'elle est, où elle se place et ce qu'elle signifie ; mais, dans 
les Annoriaiix, les Nobiliaires et autres Recueils héraldiques ou 
généalogiques, on néglige généralement de citer la devise à 
la suite des descriptions d'armoiries. Elle est complètement 
délaissée dans les Preuves pour l'École royale militaire, 
l'École de Saint-Cyr, la grande et la petite Écurie du Roi 
Malte, les ordres du Roi, les Chapitres nobles, etc.; on ne 
trouve dans ces pièces que la description des meubles de 
l'écu. Les Règlements d^ armoiries, délivrés par les d'Hozier, 
spécifient la couleur des lambrequins, mais sont souvent 
muets sur la devise. 

V Armoriai général, créé par l'Édit Royal du 20 novembre 
1696 et dressé d'après les déclarations des intéressés, men- 



1 . La devise est beaucoup plus en faveur dans l'héraldique étran- 
gère. Il suffit de feuilleter V Armoriai général de Rietstap, pour cons- 
tater que les armoiries anglaises, allemandes, slaves, autrichiennes, 
etc., font Tobjet de longues descriptions des ornements extérieurs, 
y compris devises et cris de guerre, tandis que l'explication des 
armoiries françaises s'en tient presque toujours aux pièces et meubles 
intérieurs de l'écu. 



— VI — 

tienne quelques devises ; mais ce n'est qu'exceptionnelle- 
ment : sur 90.000 inscriptions, on ne compterait pas une 
centaine de devises. Les ouvrages des grands auteurs : le 
Père Anselme, Chevillard, d'Hozier, de la Chesnaye-Desbois, 
de Courcelles, de Saint-Allais décrivent les armoiries en 
passant sous silence les ornements extérieurs et les devises. 

On constate dans les Arnioriaiix modernes une tendance à 
la description intégrale. Les devises des familles et des villes 
ont tait l'objet de recherches attentives. Citons, notamment, 
le savant ouvrage de L. M. Tisserand ', dans lequel un cha- 
pitre est consacré aux devises des villes de France ; nous y 
avons, du reste, puisé à maintes reprises. Lapaix^ et de 
Bresc 5 n'ont pas négligé de signaler et de commenter les 
devises des villes de leur région ; nous avons fait à leurs 
ouvrages de nombreux emprunts. 

L'oubli dans lequel les devises ont été tenues par les 
auteurs rend particulièrement difficile l'établissement d'un 
recueil de celles des villes ou des familles. Aussi cet essai 
d'un devisaire des villes que nous tentons, présentera -t-il, 
nous le savons, des lacunes que voudra bien excuser le 
lecteur : tandis que nous donnerons un historique copieux 
et documenté de la devise d'une modeste bourgade, nous 
consacrerons péniblement quelques lignes à une grande cité, 
voire à une capitale de province. 



1 . Les armoiries de la Ville de Paris, sceaux, eiiihlèiiies, couleurs, 
devises, livrées, etc., par feu le comte A. de Coctlogon, complété 
par L. M. Tisserand. Paris, 1874, gr. in-4. 

2. Armoriai des villes, bourgs et villai;es de là Lorraine, du Barrais 
et des Trois- livêchés , Nancy, 1877, gr. in-8. 

3. Armoriai des communes de Provence. Paris, 1866, gr. in-8. 



VII 

C'est que l'insuffisance des documents imprimés limite 
singulièrement lé champ des recherches. 

Quelques gravures anciennes, quelques débris de monu- 
ments, une courte mention dans un ouvrage d'histoire 
locale, voilà bien souvent les seuls jalons qu'il nous faut 
utiliser pour remonter le cours des siècles et tirer une devise 
de la nuit des temps. Avouons donc, sans embarras, que 
nous ne réussissons bien souvent qu'à fournir des données 
éparses ; nous préférons, alors, ne pas les coordonner par 
des hypothèses, aimant mieux laisser à ceux qui s'enga- 
geront plus tard dans notre voie, le soin de nous compléter 
plutôt que celui de nous rectifier. 

Certaines devises sont tombées dans l'oubli le plus com- 
plet, et l'on en retrouve difficilement la trace. Si on ne lésa 
pas relatées, à plus forte raison ne les a-t-on pas étudiées. 
Nous allons essa\'er de combler cette lacune, en recherchant 
l'origine et en établissant l'historique de chacune des devises 
des villes de France. 

Le concours des érudits régionaux nous était indispen- 
sable dans bien des cas ; aussi n'avons-nous pas négligé de 
le solliciter ; presque toujours notre appel a été entendu 
pour le plus grand bien de notre modeste entreprise. On 
jugera de l'utilité de cette collaboration à la lecture de cer- 
tains articles très complets et très documentés donnés sous 
la signature de nos excellents correspondants et par d'autres 
articles rédigés d'après des notes et des communications 
pleines d'intérêt. Aussi nous faisons-nous un devoir de 
remercier tous ceux qui ont bien voulu nous aider dans 
notre recherche. 

On remarquera que certaines notes et communications 



— VIII — 

datent de 1896, époque déjà lointaine à laquelle nous avons 
entrepris notre travail. Resté en suspens pendant une 
longue période, nous ne l'avons repris qu'en ces dernières 
années. 

Nous avons aussi compulsé beaucoup d'ouvrages spéciaux 
aux provinces et aux villes et en avons tiré de bons fruits ; 
mais, souvent, les éléments permettant de déterminer d'une 
façon précise l'origine ou l'historique de la devise nous 
ayant fait défaut, nous avons dû alors nous livrer à certains 
commentaires qui n'ont, hâtons-nous de le dire, d'autre 
valeur que celle d'une opinion personnelle. 

Il est hors de doute que certaines devises auraient pu être 
mieux étudiées à l'aide de documents existants, mais dont 
la connaissance n'est pas venue jusqu'à nous. Avec beaucoup 
de reconnaissance nous recevrons les notes et remarques 
que les lecteurs de cette première édition voudront bien nous 
communiquer. Les indications nouvelles seront utilisées 
dans une édition suivante ' . — Nous avons relevé toutes 
les devises des villes et des communes de France qu'il nous 
a été possible de glaner au cours de nos recherches ; nous 
croyons les avoir recueillies // peu près toutes ; leur nombre 
n'est que de 39e. 

De ce chiffre, on doit conclure que rares sont les devises 
des villes ; nous ajouterons que plus rares encore sont celles 
vraiment anciennes. 

Notre attention s'est portée tout spécialement sur les 
belles devises anciennes dont l'origine et l'historique sont 
incontestables; néanmoins nous n'avons pas négligé de noter, 

I. Prière de les adresser à notre éditeur qui nous les lera parve- 
nir. 



— IX — 

avec le même soin, les devises modernes, les devises dou- 
teuses, fantaisistes et aussi les devises apocryphes. 

Toutes ces devises sont d'autant plus intéressantes à étu- 
dier que, bien souvent, elles ont trait à l'histoire même de 
la Cité ; elles célèbrent en quelques mots les faits mémorables 
accomplis dans ses murs ou simplement y touchent par 
allusion ; elles exaltent le courage des habitants ; elles pro- 
clament leur dévouement envers le roi et la patrie ; en un 
mot, elles sont comme une page vivante de l'histoire de la 
ville, page qui relie le passé au présent. Certaines se rap- 
portent à l'origine, à la fondation, au nom ou à la position 
de la cité ; un grand nombre ont trait aux pièces du blason 
ou aux ornements extérieurs de l'écu (supports, tenants, 
cimiers, etc.); « alors », dit Tisserand', « l'âme [de la 
devise] est jointe au corps ; c'est la devise parfaite ; elle est 
très commune ». Quelques villes portent la devise de leur 
fondateur, de leur protecteur, de leurs anciens seigneurs. 
Nous relevons encore beaucoup d'autres catégories de 
devises; il y en a dont le sens symbolique est quelquefois 
impénétrable ; d'autres lancent une invocation religieuse ou 
sont tirées des Écritures saintes ou bien encore ne sont qu'une 
simple adaptation d'un vers latin ou d'un lambeau de 
phrase venu là seulement parce qu'il contient une conson- 
nance répondant, souvent de très loin, au nom de la ville. 

On en rencontre qui affirment la reconnaissance envers 
certains bienfaiteurs, marquent une aspiration quelconque, 
jettent un défi, énoncent une résolution, consacrent la 
renommée, la vitalité, la prospérité de la cité ; quelques- 

I . Les armoiries de la ville de Paris, loc. cit., t. I, p. 171 . 



unes s'inspirent d'une tradition locale ou ne sont qu'une 
simple dénomination ; d'autres enfin sont élogieuses, 
orgueilleuses même ; il en est qui ne sont que maximes, 
proverbes, sentences, dictons ou jeux de mots. 

« A la devise permanente qu'une ville avait adoptée ve- 
« naient s'ajouter, selon les divers accidents de sa vie poli- 
ce tique ou civile, des devises de circonstance qu'elle inscrivait 
« sur les monuments, édifices et autres décorations passa- 
« gères de ses fêtes, sur ses jetons municipaux, sur ses mé- 
« dailles, etc.". » Quelques-unes de ces devises de circonstance 
ont subsisté et sont devenues permanentes. 

Nos pères aimaient à manifester, dirons-nous en terminant 
cette nomenclature, leurs sentiments de gratitude, de fidélité 
et de dévouement envers Dieu et le roi; aussi rencontrons- 
nous beaucoup de devises conçues dans ce sens ; elles ne 
sont pas les moins intéressantes. Le saint nom de Dieu est 
souvent imploré ou glorifié; une quarantaine de devises lui 
sont consacrées ; six devises se réclament de la protection 
de la \'ierge ; qu'elles sont belles et réconfortantes ces devises 
empreintes d'une foi ardente et pure !... 

Comme dans nos précédentes publications, nous avons 
placé les devises suivant leur ordre alphabétique. Cette 
méthode de classement rationnelle et pratique permet de 
déterminer une armoirie grâce à la devise ; elle fait égale- 
ment ressortir l'emploi d'une même devise ou de ses variantes 
par diverses villes. Dans bien des cas, il y a corrélation 
entre les armoiries de la localité et la devise ; aussi avons-nous 
pris le parti de donner la description de tous les blasons. 

I . Les iiniioiries de la ville de Paris, loc. cit., t. I, p. 170. 



— XI — 

Parmi les devises latines, il en est dont l'interprétation est 
facile et ressort de la traduction littérale; d'autres, à leur pas- 
sage dans notre langue, perdent toute leur saveur et bien 
souvent leur sens. La concision du latin, l'emploi de l'inver- 
sion, la suppression du verbe prêtent admirablement à la 
devise : maximes, sentences, invocations pleines de force ou 
de grâce qu'on ne sait comment transporter dans une langue 
moins souple, plus précise certes, mais embarrassée de mots 
parasites. 

A la suite de cette introduction, nous présentons une 
statistique succincte touchant la répartition des 39e devises 
contenues dans ce recueil. 

Le volume se termine par une table générale des localités 
possédant une devise. 

Henri Tausin. 



STATISTiaUjE 



Notre recueil, quoique s'appliquant à la France entière et 
présentant toutes les devises anciennes ou modernes, histo- 
riques ou fantaisistes qu'il nous a été possible de recueillir, 
tant devises de grandes villes que devises de communes, 
n'en comporte que 396 et encore ce nombre comprend-il 
les différentes devises portées par une même ville et aussi les 
variantes, ainsi que six devises de villes coloniales ; si bien 
qu'il nous reste, en tout et pour tout, 344 devises qui se 
répartissent ainsi : 

4) s'appliquent à des préfectures (sur 87) 
100 — à des sous-préfectures (sur 273) 

134 — à des chef-lieux de canton (sur 2915) '. 

6) — à des communes. 

Quelle minime proportion (pas même i °/o) nous donnent 
ces 344 devises comparativement au nombre des villes et 
communes de France lequel, on le sait, est de 36.247-. 

Ajoutons que cinq départements ne présentent aucune 
devise, ce sont : l'Aube, le Cantal, la Sarthe, les Deux- 
Sèvres, le Tarn-et-Garonne ; que six départements (Corse, 
Lot, Nièvre, Hautes-Pvrénées, Vienne et Vosges) n'ont pas 



1. Dénombrement du 5 mars 191 1, 

2. Ibidem, 



XIV — 

de devise aux Préfectures ni aux Sous-Préfectures mais en 
possèdent à quelques chefs-lieux de canton ou communes. 

Les départements où l'on rencontre le plus de localités 
ayant une devise sont les vingt-huit suivants : 

Bouches-du-Rhône 13; \'aucluse 12 ; Basses-Alpes, Seine- 
et-Oise et \'ar 10 ; Aisne, Charente-Inférieure, Gironde et 
Nord 9 ; Ardèche, Pas-de-Calais, Basses-Pyrénées 7 ; 
Ardennes, Côte-d'Or, Loiret, Marne, Meuse, Oise, Seine- 
Inférieure et Somme 6 ; Dordogne, Drôme, Gard, Haute- 
Garonne, Haute-Loire, Loire-Inférieure, Lot-et-Garonne et 
Haute-Saône 5. 

Ainsi qu'on le voit ce sont les départements du Midi qui 
fournissent le plus de devises, presque le tiers de celles que 
nous avons relevées. 

On ne peut s'étonner qu'il en soit ainsi ; les poètes méri- 
dionaux n'ont-ils pas, de tout temps, chanté les légendes de 
leur pays; les historiens eux-mêmes n'ont pas négligé de 
résumer en quelques mots le passé glorieux des cités. De là 
cette profusion de devises de villes que nous rencontrons 
tant en Provence qu'au Comtat et aussi un peu en Langue- 
doc et en Guyenne. 

Le département de la Seine demande à être examiné spé- 
cialement : sur les 76 communes qui le composent en 
dehors de Paris, Saint-Denis et Sceaux, 29 seulement ont 
des armoiries dont 10 sans devise et 19 avec devises toutes 
absolument modernes ou empruntées aux anciens seigneurs, 
aux bienfaiteurs, etc. 



LES DEVISES 



DES 



VILLES DE FRANCE 



AB IRA LEONIS 

(De la colère du lioii) 

(Devise officielle.) 

ARLES 

Chef-lieu d'arrondissement (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : cCa:{iii-, au lion assis d'or, regardant de face, 
tenant de la patte dextre levée un labariim aussi d'or. 

Cette devise dérive des deux suivantes citées par 
Caesar de Nostradamus : « Cet auteur, dans son Histoire 
« et chronique de Provence, Lyon, 1614, in-folio, page 
« 189, parle du sceau de cette ville, que l'on pouvait 
« voir dans les archives, appendu à une ancienne charte. 
« Ce sceau de plomb portait d'un côté la figure ^'i^/^ lion 
« contourné, avec cette devise : nobilis in primis dici 
« SOLET IRA LEOXis ; de l'autre côté, un château à trois 
« tours, celle du milieu plus élevée, avec cette autre 
« devise : urbs arelatensis est hostibus hostis et 

« EXSIS'. )) 

I. Louis de Bresc, Armoiiiil des coiiiinunes de Provence. Paris, 
1866, g. in-80, p. 12 et 13. 

Les Devises des Villes de France. i 



— 2 — 

Il semble que la devise : ab ira leonis fut une 
devise de défi ; la ville menaçait ses ennemis de la co- 
lère du lion qui la personnifiait. 

On peut aussi admettre, avec certains auteurs, que la 
devise : ab ira leokis doit se compléter ainsi : dej^ende 
NOS DOMINE ! Çdc la colère du lion [cest-à-dire de nos 
ennemis], défende:{-)ious Seigneur!) Elle devient, dans ce 
cas, devise d'invocation. Voyez : ex torti dulcedo. 



AB ORIENTE REFULGET 

{Elle brille de r orient) 

(Devise officielle.) 

LORIENT 

Chef-lieu d'arrondissement (Morbihan). 

ARMES : de gueules, au vaisseau d'argent, voguant sur 
une mer de sinople, et au soleil d'or se levant au-dessus d'une 
montagne d'argent mouvante du flanc dextre de Vécu, au 
franc-canton d'hermine ; au chef cousu d'a:;jir semé de hesanis 
d'or. 

La devise est une allusion à la fondation de la ville 
(1664) par la Compagnie des Indes Orientales (F. Jégoiu 
Histoire de la fondation de Lorient). C'est à l'Orient, au 
commerce fait avec les Indes Orientales, que cette ville 
dut sa splendeur : ab oriente refulget. 

« Sans avoir recours à des données secondaires », 
dit J. Hébert {Fa's poris militaires de France.- [.orient. 



p. 9), « il est bien avéré pour nous que ce nom lui 
« vient de la Compagnie des Indes Orientales qui est la 

«■ fondatrice de la cité naissante La ville s'est rangée 

« à cette dernière version, en admettant dans ses 
« armes un soleil levant et en prenant pour devise : ab 

<( ORIENTE REFULGET. » 



ABRITE FAUCON 

(Devise officielle.) 

MONTFAUCON-DU-VELAY 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Yssingeaux (Haute-Loire). 
Une des anciennes villes franches du Velay. 

ARMES : d'argent, au rocher de sable, sur lequel repose 
itu faucon du même, hecqué et membre de gueules. 

La devise se rapporte au nom de la ville et aux 
pièces du blason. 



ACTIBVS IMMENSIS VRBS FVLGET 
MASSILIENSIS 

(^L'i ville de Marseille brille par ses actes prodigieux^ 

(Devise officielle.) 

MARSEILLE 

Chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône. 

ARMES : d'argent, à la croix d'a:(^ur. 

L'écusson est placé sur un cartouche ayant pour sup- 



— 4 — 

ports : à senestre un lion, à dextrc un taureau ; l'écLî 
brochant sur un caducée et un trident posés en sautoir^ 
est sommé d'une couronne murale, avec la devise ci- 
dessus. 

La ville de Marseille a profité des fêtes de son 25^ 
centenaire pour modifier les ornements extérieurs de ses 
armoiries et reprendre la devise ci-dessus qui date du 
xiii'^ siècle, aux lieu et place du simple titre : massilia 

CIVITAS. 

Ces mots : massilia civitas servirent de devise à la 
ville de Marseille dès la fin du xvii^ siècle et restèrent en 
usage jusqu'aux approches de la Révolution, alternanc 
pendant la première moitié du xv!!!" siècle avec la 
devise reprise : actibvs immensis vrbs fvlget massi- 
LiENSis, empruntée à un sceau de la ville, de 1237, por- 
tant au revers un saint Victor à cheval, tourné à 
gauche, nimbé, l'épée haute, son bouclier chargé d'unc 
croix et terrassant la tarasque ', avec cette autre devise : 
MASSILIAM VEKE VICTOR C1VESQ.UE TUERE, devise reprise 
en 1691. 

Un autre sceau - porte d'un côté l'inscription suivante : 

DE SOS GRANDS FACHS RESPLAND LA C1EUTAT DE MAR- 

SELHA, et de l'autre côté : victor défend verament 
MARSELHA ET SOS ciEVTADANS. C'est la traduction en 
langue provençale, xiii^ ou xW siècle, des deux devises 
précédentes. 

1. Cf. Douct d'Arc, Collection des sceaux, t. II, n" 5809. 

2. L. de Brosc, Jiiiiorial des Coinniunes de Provence, loc. cil., 
p. 169. 



_ 5 — 

Entre autres devises de la ville de Marseille, on 
peut encore citer celles-ci, dont l'usage fut de courte 
durée, FAMA VOLAT {La renommée s'élencP) (1704) ; 
iLLVSTRAT auos suMMA FiDES ' (Leiir tjès grande fidé- 
Jité les rend illustres) (1705) et ces autres : reCxIbus suis 
SEMPER FiDELis (Toujours fidèUs à ses rois') (18 16) et 
ExiMiA civiTAS (Fille illustre) (18 16). 

En 1810, le blason de la ville avait été modifié, mais, 
50US la Restauration, Marseille rentra en possession de 
ses anciennes armes : d'argent, à la croix d'a:(tir et des 
mots qu'on était convenu d'appeler sa devise : massilia 

•CIVITAS. 



« L'Académie des sciences, belles-lettres et arts de 
<( Marseille, créée en 1726, rétablie en 1803, porte sur 
« ses Mémoires (1885) un cartouche offrant le phénix 
« sur un bûcher, renaissant de sa cendre et regardant 
<( le soleil à son lever ; au-dessus, banderole avec cette 
« devise : Primis renascor radiis « (Henri Jadart. 
Sceaux, emblèmes et devises des Sociétés savantes de France. 
Reims, 1892.) 



I. Cf. L. de Brcsc, Loc. cit., p. 171. 



— 6 — 

ACTIBUS ORDINAT 

(// décide des actions [judiciaires]) 

(Devise officielle.) 

AVESNES-LE-COMTE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Pol (Pas-de-Calais). 

ARMES : d'a:^nr, semé de fleurs de lys d'or, au lanibel di' 
quatre pendants de gueules, chaque pendant chargé de trois 
tours d'or. (Cesont les armes du comté d'Artois.) 

« Bourg etéchevinage, chef-lieu d'une chàtellenie éri- 
«* gée en duché-pairie en 1784 et d'un bailliage ressortis- 
« sant au conseil provincial d'Artois, avait une coutume 
« locale rédigée en 1507, suivant la coutume générale 
« d'Artois'. » Avesnes-le-Comte, qui est actuellement 
chef-lieu de canton, était très anciennement dénommée 
ville; elle fut, au xiii= siècle, le séjour des comtes d'Artois. 
L'échevinage avait les armoiries ci-dessus décrites et la 
devise : actibus ordinat. Cette devise était celle de 
l'échevin de qui émanaient les ordonnances ; elle ne 
convient nullement à une ville. 

I. Comte de Loisne, Dictionnaire topographique du département du 
Pas-de-Calais. Paris, 1907. 



— 7 — 

ACULEI MEI ACUTI IN CORDA 
INIMICORUM REGIS 

(Mes aiguillons acérés dans le cœur des ennemis du roi) 

(Ancienne devise.) 

NANCY 

Chd-lieu du département de Meurthe-et-Moselle. 

ARMES : d'argent, au chardon tige, arraché, verdoyant, 
à la fleur purpurine, arrangé de deux feuilles piquantes au 
naturel, au chef de Lorraine plein. 

Sous Stanislas, duc de Lorraine (1737-1766), les 
armes de la capitale furent parfois accompagnées de la 
devise ci-dessus. (Cf. Léon Germain de Maidy. Le char- 
don lorrain, dans les Mémoires dt l'Académie Stanislas. 
Nancy, 1885, in-8°, p. 233 et 234.) 

Cette devise fait allusion au chardon des armes. 

Voyez : non inultus pre.mor. 



AD EXPIANDUM HOSTILE SCELUS 

(Pour expier le crime des ennemis) 

(Devise offàcielle.) 

MONTBRISON 

Chef-lieu d'arrondissement (Loire). 

ARMES : de gueules, à la tour crénelée de cinq pièces, 
senestrée d'un avant-mur crénelé de huit, le tout d'or ; la tour 



et le mur ouverts, ajourés et maçomtés de sable ; au chef 
cousu d'a:{urà trois fleurs de lys d'or. 

« Dans la nuit du 14 juillet 1562, le baron des Adrets 
« s'empara de Montbrison, fit précipiter du haut d'une 
« tour une partie de la garnison ainsi que plusieurs 
<( gentilshommes qui s'étaient réfugiés dans le château 
« et auxquels il avait promis la vie sauve; les viols, le 
« pillage des maisons et des églises durèrent plusieurs 
u jours. Aussi la devise de la ville : ad expiandum hos- 
« TiLE SCELUS, rappelle-t-elle les massacres du cruel 
« baron '. » 



A DIEU PLAISE 

(Devise officielle.) 

POLIGNY 

Chef-lieu d'arrondissement (Jura). 

ARMES : Coupé : au 7" d'a:{ur, semé debillettes d'or, au 
lion naissant du même, armé et lampassc de gueules, brochant 
sur le tout; au 2^ d'argent pleiu. 

Cette devise se lisait sur un sceau rond de 16 14. 

La ville de Poligny porta aussi une autre devise ainsi 
libellée : dieu aide poligny. 



I. Les Armoiries de la Fille de Paris, sceaux, emblèmes, couleurs, 
devises, livrées, etc., par feu le comte A. de Coètlogon, complété par 
L. M. Tisserand, 1874, t. I, chapitre ic : Les devises en général, 
P-75- 



— 9 — 

Au sujet des armoiries et de la devise de Poligny, 
voici ce que dit François-Félix Chevalier dans ses 
Mémoires historiques sur la ville et la seigneurie de Poligny, 
1767, t. I, p. 153 : 

« Un des principaux distinctifs du droit de commune ' 
« est d'avoir un sceau et des armoiries. Il était naturel 
« que la ville de Poligny empruntât les siennes de celles 
« du prince de qui elle tenait ses franchises. Elle porte 
« coupé en chef, d'azur billeté d'or, au lion naissant de 
<( même, et en pointe, d'argent simple. Son cri et sa devise 
« sont ADIEU PLAYSE ; c'est l'uTiXAM de Besançon... La 
<c partie supérieure de l'écu est chargée des armoiries 
« diminuées du comte Othon et du comté de Bour- 
« gogne, » 

D'autre part, on lit dans le Dictionnaire des Communes 
lin Jura, de Rousset, article Po%»)', sous- article Armoi- 
ries : 

« ... Des lettres-patentes de Louis XVIII, du 7 sep- 
« tembre 181 6, confirmèrent ces armoiries avec cette 
« désignation : d'a~ur, semé de billettes d'or, au lion nais- 
« sant de même brochant sur le tout, coupé d'argent. . . » 

Voyez : dieu aide poligny. 



i. Poligtiy fut érigée en comvitme par la « Charte de franchise » 
accordée en 1288 par Othon F de Bourgogne (t 2 j<^- 12^^). 



— 10 — 

AD UTRUMQUE PARATUS 

(Prêt des deux côtés) 

(Devise officielle.) 

MONISTROL 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Yssingeaux (Haute-Loire), 

ARMES : d'u'^ur, à la crosse d'or et à Pépée d'argent, 
posas en pal, la crosse tenue par une main épiscopalc au 
naturel. 

Les armes de Monistrol ne sont autres que celles des 
seigneurs du Velay, spécialement seigneurs de Monis- 
trol. Les seigneurs du Velay étaient les évèques du dio- 
cèse du Puy (diocèse formé par la petite province du 
Velay); ils y étaient à la fois suzerains guerroyeurs et 
chefs spirituels disposés à double besogne ; la devise : 
AD UTRUMQ.UE PARATUS uous le rappelle. 

Guillaume II de la Roue, évêque du Puy, avait acheté, 
de Guigon de Saint-Didier, la seigneurie de Monistrol 
à la fin du XIII'' siècle. 

« Le château de Monistrol, qui servit d'habitation de 
« plaisance aux évèques du Puy, avait fait surnommer 
« cette ville Monistrol-l'Évêque. Elle était, au dire de 
« Bernard de Castanet, en 1309, la seconde ville de son 
« diocèse. En 1448 le successeur de ce prélat sur ie siège 
« de saint Georges, Jean de Bourbon, ajouta au manoir 
« la grosse tour dite « Tour Barbe. » A l'époque des 
« guerres de Religion, Monistrol résista aux Huguenots 
« qui vinrent l'attaquer. En 1590, Saint Vidal, gouver- 



— II — 

« neur du Velay et chef des Ligueurs, se fit livrer le 
« castel ainsi que la cité. 

« En 159e, Monistrol se soumettait à Henri IV. Par 
« arrêt du Parlement de Paris (1597) et lettres royales, 
« cette place fut restituée à l'évêque. Armand de 
« Béthune, évêque du Puy (1661-1703), restaura le 
« château ; il y consacra plus de 25.000 écus. 

«Le I" mars 179 1, Mgr de Galard-Terraube, suc- 
« cesseur de Mgr de Béthune, se retira en son château 
« de Monistrol; il dut s'en éloigner vers la fin du même 
« mois, sur les injonctions de la municipalité de cette 
« ville. » (Note de M. Georges Paul, auteur de 
V Armoriai général du Velay. ^ 



ADVOCATA NOSTRA, ORA PRO NOBIS 

{Noire avocate, prie:^ pour nous) 

(Devise officielle.) 

LES SABLES D'OLONNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Vendée). 

ARMES : d'azur, à la Vierge d'argent, sans mantel ni 
couvre-chef, les bras croisés sur la poitrine, le voile mouvant 
à senestre ; elle repose sur un nuage aussi d'argent ; elle est 
accostée en chef de deux chérubins au-dessus desquels des 
nuages sont amoncelés; elle est accompagnée en pointe d'un 
vaisseau équipé d'argent voguant sur une mer desinople. 

La devise se rapporte à la Vierge du blason. 



« Les armes de la ville des Sables-d'Olonne et leur 
« devise remontent à la deuxième moitié du xviii^ siècle. 

« Sous la Révolution, ainsi qu'il ressort d'un en-tête 
« de lettre qui semble émaner de la ville des Sables, 
« l'on supprima, dans les armes de la cité, ce qui rappe- 
« lait l'idée religieuse. On laissa subsister seulement, 
« dans l'écu, le fond d'azur, le vaisseau et la mer, en 
« l'encadrant de l'inscription : les sables dolonne (sans 
« apostrophe entre D et O, peut-être omission du gra- 
« veur) et en entourant le tout d'armes de guerre, de 
« projectiles divers et de drapeaux déployés, disposés en 
« panoplie. 

« Plus tard, on revint aux anciennes armoiries. » 
(Note de M. Amédée Odin, des Sables d'Olonne.) 



AINSI DIEU AIDE ARBOIS 

(2e devise.) 

ARBOIS 

Ghef-lieu de canton, arrondissement de Polignv (Jura). 

ARMES : (Ta^ur, au pélican avec ses petits ^ le tout d'ar- 
gent, dans une aire d'or. 

Indubitablement cette devise se rapporte au pélican du 
blason, mais elle ne convient pas aussi bien à cette 
interprétation que l'ancienne devise d'Arbois : sic m^ 
Quos DiLiGO qui exprimait parfaitement le sacrifice de 



— 13 — 

soi-même, tandis que celle-ci marque, plutôt, la protec- 
tion, l'aide qu'une cité peut attendre de Dieu. 

Quoi qu'il en soit, cette devise dérive de l'ancienne à 
laquelle elle s'apparente par sa forme {Sic-Ainsi^ et par 
l'idée générale de bonté qu'on y retrouve. 

Voyez : sic his q.uos diligo. 



ALIOS NUTRIO, MEOS DEVORO 

(Je fortifie les autres, je dévore les miens') 

(Ancienne devise.) 

DRAGUIGNAN 

Chef- lieu du département du Var. 

ARMES : de gueules, au dragon d'argent. 

« On voyait cette devise, avant la Révolution, avec 
« les armes de Draguignan, dans l'ancienne église des 
« Augustins ^ » 

On a cru qu'elle pouvait rappeler quelque épisode des 
trounles qui ensanglantèrent cette ville vers la fin du 
xvi^ siècle. 

Nous croyons plutôt qu'elle se rapporte au dragon, 
animal fantastique d'origine orientale, personnifiant le 
mal et l'hérésie dans la symbolique chrétienne. 

On le représente presque toujours vaincu : saint 
Michel, saint Georges le transpercent, sainte Marthe 

I. L. de Bresc, Armoriai des Comimines de Pnyvence, îoc. cil., 
p. 99. 



— M — 

l'abat d'une prière. Il prend, suivant les régions, des 
noms divers : tarasque, gargouille, graouily. Il figurait 
autrefois dans les processions religieuses à Tarascon, à 
Douai et représentait l'hérésie enchaînée. 

Quantité de villes et de seigneurs ont porté sur leur 
bannière le dragon, dont l'allure fontastique plaisait aux 
imaginations du moyen âge. 

En ce qui concerne Draguignan, on peut admettre, 
vu les efforts que l'hérésie déploya dans cette ville à la 
fin du xvi= siècle, qu'on ait adapté la devise ci-dessus à 
l'hérésie symbolique du dragon. 

C'est, en effet, le propre de l'hérésie que de confir- 
mer dans leur foi ceux qui la repoussent et de perdre à 
jamais ceux qui l'accueillent. Je fortifie les autres, je 
dévore les miens. 



ALMA MATER 

{Mère Bienfaisante) 

(Devise officielle.) 

LA TESTE-DE-BUCH 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Bordeaux (Gironde). 

ARMES : d'a:iur, an phare d'argent posé à senestre et 
dominant une nier au naturel sur laquelle vooue un bateau 
de sable à la voile d'argent; en chef à dextre une étoile aussi 
d'argent ; sur la côte quelques pins de sinople. 

La Teste, ou Cap, de Buch était la capitale d'une terre 



— I) — 

dite Captiihit de Buch, qui paraît être au même endroit 
que le Cap Curian de Ptolémée. Marca, dans son His- 
Joire du Béaru, dit que le Buch a pris son nom des 
anciens Bovens, peuple de la Novempopulanie, qui 
avaient autrefois une cité formant un diocèse. On ne 
connaît toutefois aucun évêque de ce lieu, qui a sans 
doute été ravagé et détruit par les Goths au v^ siècle. 

Lecaptalatde Buch fut vendu 70.000 livres, le 23 avril 
1713, par le dernier duc de Foix à un sieur Druat con- 
seiller au Parlement de Bordeaux. La généalogie des 
seigneurs de Foix, captaux de Buch (branche de Grailly) 
est donnée par La Chesnaye Desbois et le P. Anselme. 

La devise de la Teste de Buch est une des appellations 
de la sainte Vierge et on ne peut lui voir d'autre signi- 
fication que celle d'une invocation qu'expliquerait par- 
faitement une figure de Marie en remplacement du 
phare des armes de ce bourg (cette figure a peut-être 
existé et été remplacée). Ce phare peut d'ailleurs sym- 
boliser la Vierge Marie, 

On pourrait aussi adapter la devise à la mer qui, pour 
lesTesterins, tsiunt mère bienfaisante, une mère qui nour- 
rit, puisque, pour la plupart, ils tirent leurs moyens 
d'existence de la pèche à la mer. 



— i6 — 
A MA VIE 

(Devise douteuse.) 

AURAY 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Lorient (Morbihan). 

ARMES : de gueules, à Vhermine cravatée et passante ; 
nu chef cousu cfa^ur, à trois fleurs de lys d'or. 

On donne à la ville d'Auray les armoiries ci-dessus, 
il n'est donc pas étonnant qu'on lui attribue aussi la 
devise : a iMA vie, qui est celle de l'ordre de chevalerie 
de V Hermine. 

Nous n'avons rien trouvé de précis concernant ces. 
armoiries et cette devise, aussi ne faisons-nous que les, 
signaler. 



A MA VIE 

(Devise officielle.) 

RENNES 

Chef-lieu du département d'Ille-et-Vilaine. 

ARMES : Paie d'argent et de sable de six pièces, au chef 
d'hermine. 

On ignore à quelle époque la ville de Rennes a adopté 
cette devise qui est celle des ducs de Bretagne, dont les 
armes figurent sur le chef de la ville, capitale de l'an- 
cien Duché. 



On la retrouve, toutefois, sur d'anciennes estampes 
du xvii^ siècle ; entre autres sur celle dont on voit ci- 




contre la représentation exacte d'après un dessin qui 
nous a été obligeamment adressé, en 1896, par feu 
M. S. Parfouru, archiviste du département d'IUe-et- 
Vilaine. Ce blason, gravé sur bois, figure sur le Ter- 

Les Devishs dis Vili.f.s df. France. 2 



— i8 — 

lier delà partie uiceudiéc de la ville de Rennes, imprimé à 
Rennes en 1739. Ce bois est certainement plus ancien 
que le Terrier; on peut affirmer qu'il remonte au 
xvii'^ siècle. 

La devise a ma vie y est répétée quatre fois et, sous 
l'écu, on lit cette autre devise : sinemacvla (sans tache), 
allusive au chef d'hermine. 

La devise a ma vie a été conservée sur le blason 
actuel de la ville de Rennes; mais elle remplace au- 
dessous de l'écu les mots : sine macvla de l'ancien 
bois. 

On sait que, dévastée en 1720 par un incendie, la 
ville de Rennes fut en très grande partie reconstruite 
sur un plan régulier. 

Dans son Devisaire breton, Brest 191 1, M. L. Esquieu 
donne la devise suivante qui a trait à cet incendie : 

« URBS RHEDONUM INCENSA, RESURGHNS {La vUk de 

« Rennes brûlée, renaissante). Jeton des Etats de Bretagne, 
« 1728 : le roi, debout sous un dais fleurdelisé, reçoit 
« un plan des mains d'une femme par^e d'une cou- 
« renne murale et appuyée sur un bouclier aux armes 
« de Rennes. » 



— 19 — 
A MA VIE 

(Devise officielle.) 

VANNES 

Chef-lieu du département du Morbihan. 

ARMES : de gueules, à Vhermine cravatée et passante. 

Le duc Jean IV institua, en 1381, l'ordre chevale- 
resque breton de VHermine, en la ville de Vannes. Les 
chevaliers de l'Ordre portaient au cou un collier auquel 
pendait une hermine au naturel qu'on voit dans le blason 
de la ville. La devise a ma vie qui était celle de l'Ordre, 
rappelle le fait historique dont Vannes a été le théâtre. 



AMPULLA A SUPERIS REGNO DATA 
REDDITA PER NOS 

(Devise concédée par Louis XIV.) 
(Ampoule domiée an roxaitiiie par Dieu et rendue par nous) 

(Ancienne devise). 

LE CHESNE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Vouziers (Ardennes), 

ARMES : d'aïur, à la colombe d'argent mouvant de 
Vangle senestre du chef de Fécu et portant dans son bec une 
ampoule d'or. 

Au-dessus de l'écu, par allusion à l'ampoule : regum 
PARENS (Mère des Rois). 

Les lettres patentes de cette concession ainsi que 



— 20 — 

l'écusson brodé sur une pièce de soie blanche, sont 
conservés à la mairie du Chesne. Sous l'ancien régime, 
les habitants du Chesne, en leur qualité de vassaux de 
l'abbaye de Saint-Remi de Reims, étaient en possession 
du droit d'accompagner en armes la Sainte ampoule, 
quand, le jour du sacre, elle était apportée à la cathé- 
drale et reconduite à l'Abbaye après la cérémonie. 
Une tradition peu justifiée fait remonter l'exercice 
de ce droit au sacre de Charles VII. Pendant la guerre 
de Cent ans, les Bourguignons, dit la tradition (ce 
serait plus vraisemblable des Anglais) auraient 
emporté la Sainte ampoule, afin que le roi de France ne 
pût point recevoir l'investiture religieuse. Les habitants 
du Chesne auraient attaqué les ravisseurs dans la forêt 
voisine et repris la Sainte ampoule. 

Quoi qu'il en soit, sous Louis XIV seulement, ils 
reçurent des armes et une devise faisant allusion à ce 
service rendu à la monarchie. (Note de M. H. Vincent, 
de Vouziers, 1896.) 



ANTE MARE, UNDAE 

{Avant la mer, les ondes) 

(Devise officielle.) 

ROCHECHOUART 

Chef-lieu d'an-ondissement (Haute-Vienne) . 

ARMES : Fascé ncbulé d\tri^enl cl de ^^neulcs de six 
pièces. 



— 21 — 

La vicomte des Rochechouart a donné son nom à 
l'illustre maison de Rochechouart sortie des anciens 
vicomtes de Limoges. Par contre, après la Révolution, 
la ville de Rochechouart a emprunté les armes et la 
devise de ces seigneurs. 

La fière devise des Rochechouart a trait aux ondes du 
blason {fascé nébuîé), elk célèbre surtout l'antiquité de 
cette illustre Maison. 



APERIT ET NEMO CLAUDIT 

{Elle ouvre et nul ne fermé) 

(Devise officielle.) 

SAINT-NAZAIRE 

Chef-lieu d'arrondissement (Loire-Inférieure). 

ARMES : d'a^^ur, à la galère d'argent, portant une clef 
de sable sur la voile et voguant sur une mer aussi d'argent ; 
au chef d'hermine, à la clef de sable posée enfascc. 

La ville de Saint-Nazaire, étant à l'entrée de la Loire, 
en est comme la clef ; c'est ce que marque le blason. La 
devise fait bien ressortir cette situation exceptionnelle 
qui permettrait à la ville, le cas échéant, de surveiller 
l'entrée et la sortie des navires. 



— 22 — 

ARDET IN HOSTEM 

(// est ardent contre V ennemi^ 

(Devise officielle.) 

L'ISLE-SUR-LA-SORGUE 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Avignon (Vaucluse). 

ARMES : Coupé : au i" d'argent au feu de gueules 
mouvant dit chef, qui est de Velorgues (ancienne com- 
mune éteinte et annexée à L'Isle), au 2"" onde d'azur, 
qui est deV\shiE.y « Ces armoiries datent du xvi^ siècle, 
« antérieurement et, d'après un sceau d'avril 1209, 
« L'Isle portait : (d''a:(jir) à la truite {d'argent^ en pal. 
« Les armes modernes de Lisle sont : d'a~iir, à deux 
« truites d'argent en fasce. Support : deux hérons. Ces 
« armoiries, sous leurs diverses formes, font allusion à 
« la célèbre fontaine de Vaucluse, de Pétrarque, qui 
« étreint L'Isle de ses mille canaux, eau et truites. 

« La devise ardet in hostem se rapporte au feu de 
« gueules et par antithèse à l'eau : le feu et l'eau !... 

« Elle accompagne le premier des blasons décrits ci- 
ce dessus. » (Communication de M. V. Lieutaud, à 
« Volone.) 



— 23 — 

A REI A SQ.UEI A TAO 

(Et donner et frapper toujours^ 

(Devise officielle.) 

ROSCOFF 

Ville maritime, arrondissement de Morlaix CFinistcrc). 

ARMES : de gueules, au navire d'argent, toiilcs voiles 
déployées voguant sur une mer du même, surmonté de trois 
mouchetures d' hermine de sable; en chef une banderole aussi 
d'argent portant ces mots, en lettres de sable : a kei a 
sciUEi A TAO, qui signifient : Et donner et frapper tou- 
jours. 

Cette inscription, bien qu'elle figure dans le blason 
même, peut être considérée comme devise. Elle s'ins- 
pire du nom de la ville, dont la première syllabe : Ro 
signifie : Donne et la finale : sco, moins les deux ï, 
veut dire : Frappe. Nous retrouvons plus loin ces mots : 
RO. SCO que certains auteurs donnent pour devise à la 
ville de Roscoff. 



24 



ARNETI LJETA JUVENTUS 

{La joyeuse jeunesse d'Arnay) 

(Devise officielle.) 

ARNAY-LE-DUC 

Chef-lieu de canton, arrondissement deBeaune 
(Côte-d'Or). 

ARMES : d'azur, à trois tours d'argent maçonnées de 
sable. 

Cette devise .est un fragment d'un vers d'Ausonc, 
poète latin du iv^ siècle. 



ARVERNORUM URBS NOBILISSIMA 

{Ville la plus célèbre des Arvernes) 

(Devise officielle.) 

CLERMONT-FERRAND 

Chef-lieu du département du Puy-de-Dôme. 

ARMES : d'azur, à la croix de gueules^ bordée d'or et 
cantonnée de quatre fleurs de lys du même, une dans chaque- 
canton. 

Cette devise rappelle l'antique origine de la ville de 
Clermont-Ferrand qui fut la capitale des Arvernes. 

« Les Arvernes étaient un peuple établi dans la Cel- 
te tique, où il occupait la plus grande partie du plateau 



— 25 — 

« central, depuis la Creuse et la Vézère, jusqu'aux 
« Cévennes ; c'est-à-dire l'Auvergne, le Vivarais et le 
« Quercy. » (L. Lalanne, Dictionnaire historique de la 
France.^ 



ASCENDAM SVPERIVS 

Qe monterai plus haut) 

(Devise officielle.) 

MALO-LES-BAINS 

Commune de l'arrondissement de Dunkerque (Nord.) 

ARMES : de gueules, à rétoile à cinq rais d'argent sur 
une mer du même, qui est : malo-les-bains, accompagnée de 
deux roses d'or : de rosendael ; au chef d'or, chargé d'un 
lion de sable armé et lampassé de gueules, qui est : de 

FLANDRE. 

Ces armoiries et la devise qui les accompagne ont 
été adoptées par la Municipalité en 1899, à la suite d'un 
concours spécial auquel une cinquantaine de projets 
furent envoyés. 

Cette devise est bien appropriée à la localité qui : 
« Hier, hameau jeté sur le sable au bord de la mer ; 
« aujourd'hui, ville organisée. Hier, simple cottage; 
« aujourd'hui, plage la plus célèbre et la plus connue 
« du nord de la France. Voilà l'histoire deMaloet celle 
« de l'administration de M. le D'" Geeraert. — Malo 
« prospère et son administration a droit d'être fière de 



— 26 



« son œuvre. D'un désert de sable, elle a fait une ville 
« coquette et prospère et chaque jour elle travaille avec 
« une constante énergie à soutenir sa vaillante devise : 

ASCENDAM SVPERIVS \ » 



A TOUT VENANT BEAUJEU 

(Devise officielle.) 

BEAUJEU 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Villefranche (Rhône). 

ARMES : d'or, an lion de sable, surmottlé d'un lambel 
de cinq pendants de gueules. 

La petite ville de Beaujeu, qui fut la capitale du 
Beaujolais jusqu'en 125 1, donna son nom à l'ancienne 
et illustre maison des sires de Beaujeu qui la possédait 
depuis le X* siècle. 

Cette ville prit les armoiries et la devise de ses sei- 
gneurs. 

On voit encore les ruines de l'important château 
qu'ils firent construire et où ils continuèrent à résider, 
même après que Beaujeu eût cessé d'être la capitale du 
Beaujolais. 

La devise s'explique si on la rapporte à ses premiers 
possesseurs : toujours prêts à entrer en lice, contre tous 
ceux qui se présentent. 

I . Albert Bril, Notice historique sur Malo-les-Bains . Dunkerquc, 
1903, pages 92 et 94. 



- 27 — 

AU GUY L'AN NEUF 

(Ancienne devise.) 

DREUX 

Chef-lieu d'arrondissement (Eure-et-Loir). 

ARMES : Echiqueté d'or et d'azur de 20 pièces ; à la 
bordure de gueules. 

La ville de Dreux ne possède plus de devise. 

Néanmoins, nous citons l'ancienne, d'après M. Georges 
Champagne, de Dreux, qui nous a communiqué, en 
juin 1896, les notes qui suivent : 

« Jusque vers la seconde moitié du xii^ siècle les 
« armes de la ville de Dreux étaient, d'après le manu- 
« scritdeDoratde Chameulles(i74o): Vécu d'argent avec 
« le chesne de sinople en pal, et sa légende : au guy l'an 
« NEUF, selon Donnaut (1789). Ce fut Robert P', fils 
« du roi Louis VI, dit le Gros, comte de Dreux, de 
« II 37 à II 84, qui les changea pour une partie des 
« siennes. Il existe, aux archives de l'Hôtel de ville de 
« Dreux, la représentation des armes de la ville sur deux 
« carrés de parchemin ; au dos de l'un est écrit : 
« Robert de France (fils de Louis VI, roi de France), 
« comte de Dreux, faisant ordinairement sa demeure 
« dans la ville de Dreux, aima tant les habitants, qu'après 
« leur avoir octroyé plusieurs privilèges, il leur donna 
« encore ses armes qui sont : VEcu echiqueté d'or et 
« d'azur, ne réservant que le bord de gueules ; et, au 
« lieu du bord de gueules, fit mettre une branche de 



— 28 — 

« chesne à l'entour, lequel chesne, les Druides portent 
« en champ d'argent avec le gui sortant d'icelui. Depuis 
« ce temps, les habitants ont toujours porté et portent 
« encore ces armes, tellement que l'échiquier environné 
« de chesne est une conjonction des armes des Druides 
« avec celles du seigneur, comte de Dreux. » 

« ExpUcation de la légende : au guy l'an neuf : 
« Les Druides qui habitaient le pays des Dnrocasses,. 
« dont Durocassio (Dreux) était la capitale, attribuaient 
« au gui du chêne de grandes vertus; il était pour eux 
« la panacée universelle et ils ne faisaient jamais de 
« sacrifices sans en avoir des branches ou des feuilles, 
»< ainsi que le rapporte Pline, livre lo, chapitre der- 
« nier. La cueille s'en faisait le premier jour de l'année 
« et la cérémonie qui, selon les historiens, était la plus 
« importante de ce temps-là, était annoncée par le cri : 
« Au gui Van neuf (Allons au gui, c'est une année nou- 
« velle), poussé par tous les Gaulois. Ovide l'a exprimé 
« par ce vers : 

Ad viscum Druidie, Druidiv clamare solebant. 

« Furetière, dans son Dictionnaire universel^ n'en fait 
« qu'un seul mot Aguilauneuf dégénéré plus tard, dit 
« Ed. Lefèvre, en celui d'Eguilan, terme encore usité, il 
« y a quelques années, en la ville et aux environs de 
« Dreux pour demander les étrennes que l'on donne au 
« premier jour de l'an ». (Georges Champagne.) 



— 29 — 

AULTRE NE VEULT 

(Devise officielle.) 

SAINTES 

Chef-lieu d'arrondissement (Charente-Inférieure) . 

ARMES : d'azur, au pont de trois arches surmonté de 
trois lourelles, défendu d'un avant-mur ouvert, flanqué de 
deux tourelles, le tout d'or j le pont soutenu d'une rivière 
d'argent ; les tourelles girouettées d'or, couvertes en clocher et 
jnaçonnées de sable. 

Une variante de ces armoiries porte le fond : de 
fueules et un chef cousu d'a:^ur, à trois fleurs de lys d'or. 

« On sait que cette ville fut réunie à la couronne en 
<( 137 1, de son plein gré, comme La Rochelle. Ce fait 
« est peut-être l'origine de la devise ci-dessus ; mais il 
«• est fort possible que, tout en faisant allusion à cet 
<c événement, elle n'ait été rédigée qu'au commence- 
<( ment du xvii^ siècle. 

« En 1620, Louis XIII, qui se méfiait des réformés 
«■ de Saintonge, traversa cette province en se rendant 
« en Béarn et les habitants de Saintes lui firent un 
« accueil des plus empressés, dont le détail est donné 
« dans l'Histoire de la Sainlonge et de l'Aunis, de Mas- 
« siou. 

« La devise pourrait bien avoir été composée à cette 
« occasion. » (Note de M. Jules Pandin de Lussau- 
<iière, archiviste du département de la Charente-Infé- 
rieure.) 



— 30 — 

Quelques érudits de la région prétendent que cette 
devise est d'origine très moderne. 

M. Louis Audiat ' fait ressortir qu'elle ressemble fort 
à celle de Philippe le Bon : aultre naray (^Atitre n au- 
rai). 



La Province de Saintonge a pour devise : xantones 
A XANTHO NOMiNA SANCTA TENENT (^Lcs Saîntongeais 
tiennent leur appellation sainte de Xanthe). 

« C'est une allusion à l'origine légendaire des Sain- 
« tongeais qui, d'après certains chroniqueurs, serait une 
« colonie troyenne venue, après la chute d'Ilion, des 
« rives du Xanthe ^ » 



La devise de la Société des Archives historiques de 
Saintonge et d'Aunis est : Servare, vuîgare (Garder, 
publier). 



1 . Armoiries des villes de Sdintoncre et d'Aunis, dans le Bulletin de la 
Société des Archives historiques. Revue de h Saintonge et de VA unis ^ 
t. XXI, 1901. 

2. Ibidem. 



— 31 — 
AURA, SIDUS, MARE ADJUVANT ME 

(^Le vent, rétoile et la mer me favorisent^ 

(Devise officielle.) 

BIARRITZ 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Bayonne 
(Basses-Pyrénées) . 

ARMES : d\i:^iir, à la barque montée par cinq hommes, 
dont deux s'apprêtent à harponner une baleine qui plonge dans 
les flots y le tout au naturel; au chef d^ or, à trois coquilles 
de... celle de senestre disparaissant sous un franc canton de 
gueules à rétoile d'argent. 

Ce blason rappelle que, durant plusieurs siècles, la 
principale richesse des habitants de Biarritz consista 
dans le produit de la pêche de la baleine, pèche qu'ils 
durent abandonnera la Hn du xvi^ siècle, ce cétacéayant 
quitté ces parages. Il est à présumer que cette profession 
spéciale fut pratiquée dès le moyen âge, car, vers le milieu 
du xiv^ siècle, apparaît un sceau représentant les 
pêcheurs de baleine et portant en exergue : Sigillum 
consilii de Beiarri:^. Ce sceau est apposé au bas d'un 
traité conclu par Biarritz en 135 1, avec les villes des 
Flandres. 

Quant à la devise de Biarritz, « elle est de date récente 
« et ne remonte guère qu'à une cinquantaine d'années. 
« Biarritz a justifié pleinement sa devise, car sa barque, 
« guidée par une brillante étoile et poussée par une 
« brise favorable sur un incomparable océan, vogue 
« vers un avenir toujours plus prospère. » (Note de 
M. D. Laborde, à Biarritz.) 



— 32 — 

BALNEVM LIXONENSE POST 
NAPOLITENSE PRIMVM 

Ç^Les Bains de [Bai^nu'res dt] Luchon les premiers après ceux 
de Naples) 

LUCHON (Bagnères-de-Luchon) 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Gaudens 
(Haute-Garonne). 

ARMES : d'argent, à la montagne, mouvante du flanc 
àextre^ d'où sort un jet d'eau tombant dans une vasque, le 
tout au naturel ; au chef parti : an i" de gueules, à quatre 
otel les d'argent en sautoir; au 2" da7^ur,à V autel votif d'ar- 
gent, chargé sur le dé des mots : ILIXO DEO ' de sable. 

D'après M. Julien Lacaze, cette devise serait antérieure 
à ijS^. 

Dans sa brochure sur Luchon romain, il dit qu'à 
l'époque romaine, Bagnères-de-Luchon et Naples, et 
surtout Baies, dans le golfe de Naples, avaient des eaux 
thermales sulfureuses également renommées. 

On y traitait les mêmes maladies, ce qui, bien pro- 
bablement, a été l'origine du rapprochement fait entre 
les deux localités. 

Je trouve dans Lambron : Les Pyrénées et les sources 
sulfureuses de Bagnères-de-Lucho)i , 1863 : « l'usage des rtrmr.T 



I. Itixo, divinité protectrice des eaux. (J. Hanne/o. Lo" Murais, 
Etangs et Prés l)umides du département de t Ain et régions limitroptses 
au point de vue loponymique . Bourg, I9ii,p. 7). 



— 33 — 

« parlantes et allusives ^v\i sa plus grande extension vers 
« 1137-iiéo, sous le roi Louis VII ; par conséquent les 
« armes de Ludion ne pourraient remonter au delà du 
« xir' siècle, quoique des titres authentiques nous aient 
« démontré l'existence de cette ville dès 987. » (Com- 
munication de M. Maurice Gourdon, de Bagnères-de- 
Luchon.) 

« Luchon est, selon toute probabilité, l'antique Om- 
« siorum Thermœ mentionnée par Strabon comme la 
« station de bains la plus renommée du pays convène. 
« Le génie de la localité était le dieu iLixo, connu par 
« les inscriptions de plusieurs autels votifs et dont le 
« nom, devenu Luchon, est resté à toute la vallée de la 
« Pigue. » (Paul Joanne, Dictionnaire géographique et 
administratif de la France.) 



BAZAS, II mars 1814. 

(Ancienne devise.) 

BAZAS 

Chef-lieu d'arrondissement (Gironde). 

ARMES : de gueules, à la décollation de saint Jean-Bap- 
li'te représenté à genoux devant la porte d'une prison, ten- 
dant le cou au bourreau contourné qui a le bras levé pour le 
décoller avec son coutelas, le tout d'or K 

I . Si l'on en croit la tradition, une pieuse femme de Bazas, Matroiui 
Vusatensls, attirée en Palestine par la renommée du Sauveur, y 

Les Devises des Villes de France. 5 



— 34 — 

Une ordonnance du roi Louis XVIII, donnée le i.| juin 
1817, ajouta à ces armoiries un chef d'azur, chargé 
de trois fleurs de lys d'or et une devise ainsi libellée : 

HAZAS, II MAKS iSl^. 

Cette devise n'est plus portée par la ville dt Bazas, le 
chef fleurdelysé a été également supprimé. 

Voici, d'après un de nos honorables correspondants 
qui désire ne pas être nommé, le récit des événements 
qui valurent à la ville de Bazas la devise ci-dessus. 

Une partie de ces faits a été publiée, sous la Restau- 
ration, dans le Mémorial Bordelais. 

« En 18.14, ^^^ moment où quelque espérance de Res- 
tauration était rendue à la maison de Bourbon, le duc 
d'Angoulème, arrivé d'Espagne, se hasarda, incognito, 
dans le midi de la France avec l'intention de gagner 
Bordeaux et d'y grouper ses partisans. 

Sur son chemin se trouvait la ville de Bazas, inter- 
médiaire entre la région des Landes et le bassin de la 
Garonne, asile de quelques nobles familles dont l'in- 
fluence était encore puissante sur la classe populaire. Le 
fils du comte d'Artois jugea prudent de s'assurer le 
concours de cette ville et de laisser derrière lui un foyer 

connut saint Jean-Baptiste, assista à son supplice et rapporta à 
15azas un linge teint du sang du Précurseur. 

Cette relique qui consistait en une conque d'argent renfermant la 
toile teinte du sang du saint, était encore vénérée au dernier siècle 
dans la cathédrale Saint-Jean, niais, en '796, elle fut jetée dans une 
fosse de révêché. Cette tradition a inspiré les armes de la ville. 

Cf. Abbé O' Reiliv. lissai sur rbistoirc de ht ville de Ba^as. Bazas, 
1840, in-8", pp. 1 50 et suivantes ; Roger d'Anglade. Aperçu sur l'his- 
toire de lya{as. Bordeaux, ign, gr. in-8, pp. 8 et suivantes. 



— 3 5 — 

de propagande ro3'aliste, avant d'entrer dans le Borde- 
lais. Il savait que le maire de Bazas, M. Jacques de 
Montfort, ancien garde du corps, était un fidèle de la 
royauté déchue. C'est donc vers lui que fut envoyé le 
duc de Damas pour parlementer. 

Pendant les longues heures de cette entrevue d'où 
peut-être dépendait sa vie, le Prince errait, seul et 
inconnu, dans la banlieue. Après les premiers instants 
de surprise, M. de Montfort alla s'entendre avec les 
notables de sa commune ; puis, sûr de leur adhésion, il 
se fit conduire au-devant du duc d'Angoulême. 

Au péril de sa vie (car Napoléon était encore maître 
de la France) le maire offrit au Prince de l'introduire 
dans la ville et de provoquer en sa faveur les ovationsdu 
peuple. « Je suis à vos ordres, Monsieur », répondit le 
hls du comte d'Artois, « mais à la condition de ne com- 
promettre personne. )^ Les Bazadais, avertis de sa venue, 
voulurent préparer au duc d'Angoulême un chaleureux 
accueil. M. d'Escure, sous-préfet du gouvernement 
impérial, prit lui-même une large part aux réjouissances 
publiques. Ce fut donc à Bazas que le neveu de 
Louis XVIII reçut, pour la première fois, les hom- 
m.iges officiels d'une ville entière ; ce fut là que 
retentirent pour la première fois, en faveur de nos 
princes bannis, des acclamations dignes de trouver 
quelques échos, l^ordeaux les entendit et le duc d'An- 
goulême, encouragé par le succès de sa première étape, 
se dirigea le lendemain vers le chef-lieu de la Gironde 



- 36 - 

où l'attendait une réception entliousiaste. Louis XVIII 
se souvint toujours de Bazas avec reconnaissance. Aux 
armes de l'ancienne cité il ajouta trois fleurs de lis d'or, 
et une devise rappelant, en termes laconiques, l'accueil 
offert au duc d'Angoulême par les Bazadais. C'est ainsi 
qu'il avait donné pour devise à la famille de Sèze la date 
du jour où le célèbre avocat de Louis XVI avait défendu 
le royal accusé, devant la Convention. La lettre patente 
qui confère à Bazas le privilège des fleurs de lis, avec 
une devise, est du 14 juin 1817. M. le chevalier de Mar- 
botin en poursuivit l'enregistrement devant la Cour 
royale de Bordeaux le 23 juin de la même année. Le 
duc d'Angoulême choisit pour secrétaire de ses com- 
mandements, un jeune bazadais, M. Giresse de la Bey- 
rie, qui plus tard devint préfet de Chartres et baron. 
M. de Montfort fut décoré de la Légion d'honneur et 
ses deux fils furent appelés aux fonctions de page et de 
garde du corps. Sa petite-fille, unique héritière de son 
nom, est aujourd'hui mariée à M. d'Anglade, à Bazas. » 
Nous relevons les mêmes fiits mais avec moins de 
détails dans le livre de l'abbé J. O' Reilly ', dont nous 
citerons ce passage : « Louis XVIII conserva toujours un 
« souvenir de l'accueil bienveillant lait par les Bazadais à 
« un prince du sang de leurs rois, et en témoignage de 
« sa reconnaissance, autorisa la ville de Bazas, à la 
« demande de M. d'Escure, sous-préfet, et de M. de 

I. Essiii sur Vliisloirc de la ville et de l\u)oiidisseiiieiit de Ba^js. 
Loc. cit., pp. 15 et 16. 



— 37 — 

« Montfort, maire, d'ajouter à ses armoiries antiques un 
« chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or, posées 
<c en fasce, avecla devise : Ba:{as, ii mars 1S14. 

« Cette ordonnance est datée de Paris, le 14 juin 18 17 
et sis:née : louis. » 



BEAUTÉ. PLAISANCE 

(Devise officielle.) 

NOGENT-SUR-MARNE 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : de gueules, à l'N gothique d'or surmonté d'une 
étoile du même et accosté de deux tours d'argent ajourées et 
maçonnées de sable ; le tout soutenu d'une rivière d'argent 
mouvante de la pointe de l'écu : au chef cousu d' axjir semé de 
fleurs de lys d'or. 

« Ces armes parlantes rappellent la position de 
« Nogent-sur-Marne entre les deux anciens châteaux 
« royaux de Beauté et de Plaisance. Le chef de France 
« ancien est en mémoire des séjours des rois de la troi- 
« sième dynastie. 

« La première idée en remonte à 1865 ; les armoiries 
« antérieures, admises en 1790, se composaient de deux 
« épis en sautoir d'où pendait une grappe de raisin, le 
« tout accompagné de trois fleurs de lys, une en chef, 



- 38 - 

;< une à dcxtre et une à senestre ' ». Comme les armoi- 
ries actuelles, la devise rappelle les deux châteaux royaux 
de Beauté et de Plaisance. 



BELNA HDUORUM 

ÇBeûiiue lies Ediiens) 

(Devise officielle.) 

BEAUNE 

Ciief-lieu d'arroiulissement (Côte-d'Or). 

ARMES : voir à : causa nostr.ï laetitl^-:. 

Cette devise montre l'antique origine gauloise de la 
ville. 

Dès le règne de Tarquin l'Ancien (615 ans avant 
j.-C), les Aedui (Eduens) avaient envoyé en Italie une 
expédition à laquelle on attribue la fondation de Medio- 
laiiiun (Milan) dans la vallée du Pô. 

« Les Aedui (Eduens) étaient un peuple celtique éta- 
« bli depuis longtemps entre l'Allier et la Loire à l'ouest, 
« et la Saône, à l'est. » (L. Lalanne, Dictionnaire histo- 
rique de la France.^ 

Voyez : causa nostr.ï laetitle. 



I . Èttit des Communes du deparlemeut de lu Seine ù la fin dit 
XIX^ siècle, publié sous les auspices du Conseil général. Fascicule : 
Xogent-snr-Marne, p. 33. 



39 



BERREAM DEUS PROTEGERE VELIT 

{Que Dieu veuille protéger Berre) 

(Devise officielle.) 

BERRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Aix (Bouches-du-Rhônc). 

ARMES : de gueules, au lion d'or tenant à dextre une 

fleur de lys dit même ; au chef parti : au i""" d'a:(ur, semé de 

fleurs de lys d'or, brisé d'un lambel de cinq pendants de 

gueules, qui est de Sicile ; au 2^" semé de fleurs de. l\s 

d'or, brisé d'une bordure de gueules, qui est d'Anjou. 

M. L.-P. Desvoyes, auteur d'un Appendice aux armes 
de Berre, dit que, depuis le xix'' siècle, les armes de 
cette ville sont accompagnées de la devise ci-dessus. 



BIEN FONDE ROCHEFORT 

(Devise officielle.) 

ROCHEFORT 

Chef-lieu d'arrondissement (Charente-Inférieure). 

ARMES : d'azur au rocher d'or, mouvant de la pointe de 
Fécu, sommé d'une fleur de lys du même. 

Ces armoiries suffisent à expliquer la devise de cette 
ville ; on sait que Rochefort a été établi sur le roc au 
wii^ siècle. 



— 40 — 

« La Société d'agriculture, sciences et belles-lettres 
« de Rochefort, fondée en 1806, porte pour emblème 
« sur son sceau une gerbe d'épis entremêlée de fleurs 
« qu'éclairent les rayons d'un soleil levant avec une 
« devise commentant les emblèmes : Ulilc dulci. » 
(Henri Jadart, loc. cit.) 



BRAVE ET FIDÈLE 

(Devise officielle.) 

ARDRES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Omer 
(Pas-de-Calais) . 

ARMES -.d'argent, à Faille à deux têtes éployée de sable, 
au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or. Supports : 
à droite, un homme nu armé ; à gauche, un chien. 

« Quelques auteurs et notamment Derheims et Har- 
« baville, d'accord avec la tradition qu'il ne faut jamais 
« dédaigner en matière historique, nous disent que 
« François I", au camp du Drap d'or ', pour récompen- 
« ser les Ardrésiens de leur fidélité, mit aux armes de la 
<( ville cette belle devise : brave et fidèle, devise qui, 
« depuis plusieurs siècles, est symbolisée par les sup- 
« ports : l'homme nu armé et le chien -. » 



1. Dictionnaire tnstorique et archéotogique du Pas-de-Calais, arron- 
dissement de Saint-Omer, t. I^r, p. 231. 

2. Ern. Raiison, Histoire d'Ardres, depuis son origine jusqu'en 
i8pi. Saint-Omer, grand in-80, p. 640. 



— 41 - 

« Cette devise est bien connue, nous écrivait M. Ro- 
« ger Rodière, de Montreuil; elle a été vingt fois méri- 
« tée par cette brave petite ville qui fut, depuis 1377 
« jusqu'au traité de Nimègue, le boulevard et le poste 
« avancé de la France, entre l'Angleterre (Calais) et 
« l'Artois, successivement bourguignon et espagnol. 

(' On ne compte pas les sièges qu'a subis cette bi- 
« coque, sans presque jamais être prise. » 



BRIVA INFERIORIS LEMOVICII CAPUT 

{Brive, capitale du Bas-Limousin) 

(Devise officielle.) 

BRIVE-LA-GAILLARDE 

Chef-lieu d'arrondissement (Corrèze). 

ARMES : d'a:{iir à neuf épis de blé disposés en forme de 
I rois fleurs de lys d'or, 2 et i. 

Ces armes se rencontrent sur différents sceaux à partir 
du xiii^ siècle . 

Dès 1738, l'écusson de la ville est entouré de la 
devise ci-dessus. 

« Le plus ancien tribunal de justice bien reconnu en 
Bas-Limousin fut un vicomte établi au ix^ siècle par le 
duc ou roi d'Aquitaine, alors possesseur du Limousin. 
Baluze rapporte qu'il prononça à Brive, en 898, un juge- 
ment au sujet de la propriété d'un alleu dit Verlhac. 

« A cette époque le Bas-Limousin était distribué en 



— 42 — 

dix vicairics sous des vicomjes, et Brive était le principal 
chef-lieu de ces vicairies. 

« Le bailliage ou sénéchaussée de Brive fut établi vers 
le milieu du xiii'- siècle et son ressort comprenait tout le 
Bas-Limousin. 

« L'appel des sentences du juge de Tulle fut même 
porté au bailliage de Brive jusqu'au commencement du 
XVI"-' siècle. Dès le xv'' siècle, des rivalités avaient surgi 
à cet effet entre les deux villes; mais elles furent tran- 
chées en faveur de Brive par des lettres patentes de 
Louis XI, de 1463. 

« Les habitants de Tulle protestèrent de nouveau sous 
François l" ; à prix d'argent, ils obtinrent gain de cause. 
Mais Henri II, en 1552, supprima le siège sénéchal de 
Tulle et créa en même temps un siège présidial à Brive 
pour tout le Bas-Limousin ; le présidial avait un ressort 
fort étendu ; il comprenait 159 paroisses, aussi Duchesne 
(^Antiquités des villes de Fiance) dit, à cette occasion, que 
si Tulle se vante de son évêché, Brive peut aussi se van- 
ter de son présidial, le plus ancien et le plus considé- 
rable de la Guyenne, après le parlement de Bordeaux. 

« La ville de Tulle toujours jalouse des avantages de 
celle de Brive, employa son crédit et son argent pour 
faire partager le Présidial en sa f^iveur. Louis XIII, après 
bien des hésitations, accéda enfin à sa demande en 
1637; mais, pour conserver au tribunal de Brive une 
sorte de prééminence, il fut réglé que ses officiers por- 
teraient la robe rouge dans les cérémonies publiques. 



— 43 — 

privilège honorifique qui n'était accordé qu'à un petit 
nombre de Présidiaux des plus considérables. (VoirLey- 
monerie, Histoire de Brive-la-Gaillarde, ch. xxi. Brive, 
1810.) 

« C'est probablement pour rappeler tous ces faits que 
la ville de Brive ajouta à ses armes la devise que nous 
avons fait connaître. » (Communication de M. E. Ru- 
pin, de Brive, 1896.) 



CAMPÉ EN RICHE LIEU 

(Devise officielle ) 

SAUJON 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saintes 
(Charente-Inférieure). 

ARMES : Parti : au i" d'azur, à la fasce accompagnée 
en chef d'un croissant et en pointe d'une coquille, le tout d'ar- 
gent, qui est de Campet ; au 2^ d'argent, à trois chevrons 
de gueules, qui est du Plessis de Richelieu. 

« Les de Campet étaient seigneurs du lieu, et en 
« 1641,1e cardinal de Richelieu y fit bâtir un fort joli 
« château aujourd'hui détruit. » (Note de M. Léon 
Massiou, à Paris.) 

La devise de cette localité est, comme on le voit, un 
jeu de mots sur le nom des seigneurs. 



— 44 — 

CAP DÉ PAOU QUE SOUN D'ASSEICH 

(Je n'ai point peur, je suis de Seix) 

(Devise officielle.) 

SEIX 

Commune du canton d'Oust, 
arrondissement de Saint-Girons (Ariège). 

ARMES : Duclos, dans son Histoire des Ariégeois, 
donne d'après Pomiès, héraldiste local : deux poissons 
snrniontês de deux croix en fasce, mais n'indique pas les 
émaux. M. Joseph Ageorges, dans son ouvrage sur le 
D' Bordes-Pagès donne d'après divers auteurs : deux clefs 
en sautoir surmontant deux poissons et n'indique pas non 
plus les émaux. Le D' Bordes-Pagès, maire de Seix, 
conseiller général et sénateur de l'Ariège, déchiffra un 
bas-relief encastré dans un mur de l'église et y découvrit 
un blason représentant : deux poissons posés en fasce sur- 
montés de deux clefs aussi en jasce. II le fit graver sur une 
des cloches de l'église et inscrire sur le sceau de la mairie. 

Les clefs et les poissons signifient que Seix garde 
les passages et les rivières. On sait que Seix est située 
sur la frontière d'Espagne et que sa garnison défendait 
les ports avant 1789. D'autre part, elle commande cinq 
vallées sur les rivières desquelles elle avait des droits. 

La devise inscrite sur le sceau de la mairie est en réa- 
lité un vieux dicton populaire: cap dé paou Q.UÉ soun 
d'asseich (aquœ siccœ, Seix^. 



— 45 — 
CAUSA NOSTRyE L^TITLE 

{Cause de notre joie} 

(Ancienne devise.) 

BEAUNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Côte-d'Or). 

ARMES : ifa:^nr, à la Notre-Dame d'argent tenant de la 
main dextre un pampre de simple avec son raisin de sable, 
et portant sur le bras senestre F Enfant Jésus qui tient sur sa 
main dextre un monde d'or sommé d'une croix du même ; les 
têtes auréolées d'or, la robe frangée du même. 

Quelques moqueurs ayant prétendu que cette devise 
se rapportait moins à la Vierge qu'à la grappe de rai- 
sin qu'elle tenait d'une main, on se décida à la modi- 
fier. 

Voyez : vrbis et orbis honos. 



CAUSA NOSTR^ Lyî^.TITLE 

{Cause de notre joie} 

(Devise officielle.) 

NOTRE-DAME DE LIESSE 

Commune du canton de Sissonne, arrondissement de Laon (Aisne). 

ARMES : il'a:^ur, a trois alérions d'argent ; au chef d'or 
chargé du chiffre de Marie de sable. 

Cette devise (verset des litanies de la sainte Vierge) 
se rapporte à la Vierge miraculeuse qui, depuis huit 



-46 - 

siècles, est vénérée dans le sanctuaire renommé de ce 
bourg, sous le nom de Mère de la joie (Mater lœtitiœ). 
Notre-Dame de Liesse qui, primitivement, n'était qu'un 
pauvre hameau perdu au milieu des marécages, a pris, 
de siècle en siècle, une certaine importance, grâce à 
laffluence des pèlerins. 

Cette commune, après avoir composé son blason 
d'une partie des pièces de celui des seigneurs d'Eppes ' 
fondateurs du pèlerinage, adopta la devise : causa nos- 
TK.E LAETiTi.f: et la fit figurer, sous ses armoiries, sur 
la façade de sa Mairie. 



CESAR DE CADENET ERMAS FAGUÉ 

GAVA ; A PRES D'ALO DESPIGI LOU 

BIÔU DE GHARLAVA 

ÇCcsur de Cadenet fit défricher la lande ; depuis il a 

progressé (tnot à mot, il a pris des ailes^ lh i;œuf de Char- 

Icval.) 

(Devise officielle.) 

CHARLEVAL 

Commune du canton de Lambesc, arrondissement d'Aix 
(Bouclics-du-Rhône). 

ARMES : d'a:{ur au taureau ailé d\v, furieux ou ram- 
pa)! t. 

« Allusion aux armoiries de la commune : un bœut 

1 . Leur blason était : de sinople, à six alérioiis J'or posés ;, j W /. 



— 47 — 

« ailé, et à l'histoire de ce pays qu'un grand seigneur, 
« philanthrope chrétien ', créa de toutes pièces en 1750, 
« comblant de bienfaits les cultivateurs qui vinrent 
« s'abriter sous sa bannière et qui, en 1789, l'en récom- 
« pensèrent à la mode de Bertrand, comme on dit en 
« Provence, c'est-à-dire bien vilainement. 

« Cette devise, composée par Frédéric Mistral, est 
<t gravée autour des armes de la commune sur la porte 
« de la mairie de Charleval récemment édifiée. » (Note 
de M. V. Lieutaud, à \'^olone, Basses-Alpes.) 



CHASTILLON AU NOBLE DUC 

(Ancienne devise.) 

CHÀTILLON-SUR-SEINE 

Chef-Heu d'arrondissement (Côte-d'Or). 

ARMES : de gNcitks, an château à quatre tours crénelées 
irargent cl maçonnées de sable, au cJjef d'a~ur à trois fleurs 
de lys d'or. 

« Il paraît certain que ce fut sous le duc Hugues III 
« que Châtillon, qui était, suivant l'expression de dom 
<( Plancher « sa ville bien aimée », eut pour devise : 
« CHASTILLON AU NOBLE DUC, devisc qui, désomiais, 
« devint le cri de guerre des Bourguignons. Ce prince, 

I. César de Cadenet III'-- du nom, seigneur de Charleval, dont la 
commune a pris les armoiries. 



- 48 - 

« qui régna de 1168 à 1192, se plaisait particulière- 
« ment dans cette résidence où il venait souvent séjour- 
ce ner et qu'il prit soin d'entourer de fortifications. » 
{Albiini pittoresque de Farroiniissemeiil de Châtillon-siir- 
Seine, par Nesle. Article intitulé : Les armes de la ville 
de C hâl il Icn, signé Jules Beaudouin.) 



CHAUVIGNY, CHEVALIERS PLEUVENT 

(Devise officielle.) 

CHAUVIGNY 

(]het-lieu de canton, arrondissement de Montmorillon (Vienne). 

ARMES : d'argent, à cinq fusées et deux demies de gueules 
posées enfasce, au lainbel d'a\ur de six pendants. 

Chauvigny possédait, au moyen âge, cinq châteaux : 
le château de Goujon, le château baronnial appartenant 
aux évoques de Poitiers, le château de Montléon, celui 
LÏHarcourt et la tour de Flins. 

De ces châteaux, bien des chevaliers partirent aux 
croisades, d'où la devise : Chevaliers pleurent ! Jérusa- 
lem ! devise prise par les seigneurs de Chauvigny, vi- 
comtes de Brosse, en faveur desquels Châteauroux lut 
érigé en comté le 16 juillet 1497. 

La ville de Chauvigny, en empruntant les armoiries 
de ses seigneurs, adopta aussi leur devise mais en la 
modifiant de telle façon qu'elle a perdu son sens primi- 
tif sans rien gagner en échange. Ces transformations de 
devises, qui tirent de leur ancienneté leur titre de gloire, 
sont toujours fâcheuses. 



— 49 — 
CHRISTUS, SOL JUSTITI^ 

(Christ, soleil de justice^ 

(Devise officielle.) 

NÉRAC 

Chef-lieu d'arrondissement du département du Lot-et-Garonne. 

ARMES : d\î:;iir, au soleil d^or, dont on ne voit que les 
rayons, le corps étant couvert d'un tourteau de gueules 
chargé du nionograninie du Christ d'or, le tout enferme dans 
une orle d'argent chargée de ces mots : christus sol justi- 
Ti.E, de sable. 

Cette devise complète le sens des armoiries. Aujour- 
d'hui, les armes de Nérac sont : d'a:{ur au soleil d'or, à 
l'orle cousue de gueules. La devise est placée sur une 
banderole au-dessus de l'écu. 



CIVES ET SEMPER CIVES 

(Citoyens et toujours citoyens^ 

(Devise officielle.) 

ANNONAY 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Tournon (Ardéche). 

ARMES : Echiqueté d'or et de gueules. 

Annonay portait, au xiv^ siècle, les armes de ses stx- 
gntui's, \es Roussilloji-Annonay : echiqueté d'argent et de 
gueules; elle les conserva jusqu'en 183 5 au moins et porte 
actuellement : echiqueté d'or et de gueules, qui sont les 
armes des Fentadour. 

Les Devises des Villes de Fr.^ncf. 4 



— 50 — 

Les IJvis-VoitadoHr ayant été aussi seigneurs d'Anno- 
nay, on a pensé que les armes de la ville étaient mal 
blasonnées et la prétention de rectifier une erreur pos- 
sible a fait commettre une erreur certaine. 

CIVES ET SEMPER CIVES. — Cette dcvlsc est postérieure 
à la Révolution ; on en ignore l'auteur. Nous avons 
toutefois des raisons pour l'attribuer au D'' Mathieu Du- 
ret qui fut maire d'Annonay en 1815 et qui a laissé un 
manuscrit : Notes pour servir à Vhisloire d'Annonay. La 
devise rappelle que les Annonéens ont toujours prati- 
qué entre eux une grande solidarité, qu'ils ont été, 
avant tout et malgré tout, toujours citoyens. Pendant les 
guerres de religions, après la Révocation de l'Edit de 
Nantes, sous la Terreur, les Annonéens se sont tou- 
jours, en etfet, malgré les différences de croyances ou 
les divergences d'opinions, prêté les uns aux autres une 
aide très efficace. (Note de M. Emmanuel Nicod, pré- 
sident de la Société de Lecture.) 



CIVITAS ANTIQVA LINGONVM 

ÇCilc (iiilique îles Liiigofis') 

(Devise officielle.) 

LANGRES 

Chef-lieu (.l'arrondis-^ement (Haute-Marne). 

ARMES : d\i:iur, semé de /leurs de lys d\v, au sautoir 
de i^iieiiles brochant. 



— 51 — 

Cette devise marque l'antiquité de la cité Langroise. 

« Langres, l'antique ville gauloise à'AndcmatunuDi, 
« était le chef-lieu du peuple des Lingons, qui demeura 
« attaché à César durant toute la guerre de l'indépen- 
« dance. 

« On voit encore à Langres une Porte dite gallo-ro- 
« Diaine (monument historique), porte de l'antique cité 
« des Lingons, composée de deux arcades jumelles (au- 
« jourd'hui murées), encadrées par des pilastres et un 
« entablement corinthiens » (P. Joanne). 

(Voyez : mihi sont sacra lilia cordi.) 



CIVITAS NEBUSANI PRINCEPS 

(^Capitule du Néboitsan') 

(Devise officielle.) 
t 

SAINT-GAUDENS 

Chef-lieu d'arrondissement (Hiuite-Garonne). 

ARMES: cfaiiir, à la cloche d'argent b at aillée d'or \ 
Cette légende rappelle l'origine fort ancienne de Saint- 
Gaudens, qui était la ville principale du Nébousan, 
petit pays du Languedoc. — Le nom révolutionnaire de 
Saint-Gaudens fut Moiit d'Unité {de Figuères). 

I. Eugène Harot, Les aniioiricsiles coiiiiiiitiwi de ta Haiite-Garoiiiic, 
'i'oulouse, 19 10, p. I ) . 



— 52 — 
CIVITAS PARVA SED VIRTUOSA 

(Fille petite, mais courageuse) 

(Devise officielle.) 

MÉZIÈRES 

Chel-licu du département des Ardennes. 

ARMES : de gueules, à deux râteaux démanchés d\v, po- 
sés en fasceet accompagnés d'un M d'argent. 

Cette devise fait allusion à la défense de Mézières, en 
1521, par Bayard, à la tête d'un corps composé de l'élite 
de la noblesse française. C'est par ruse que Bayard éloi- 
gna le comte de Nassau. Les Macériens se montrèrent 
dignes, en 1870, de cette belle devise qui consacre le 
courasre et la valeur de leurs ancêtres. 



CLEMENTIA ET ANIMIS 

(^Par la clémence et le courage) 

(Devise officielle.) 

MAULE 

Commune du canton de Meulan, arrondissement de Versailles 
(Seine-et-Oise) . 

ARMES : Parti d'argent et de gueules, à la bordure de 
sable chargée de dix besants d'or. 

La devise ci-dessus est celle de l'antique maison de 
Maule. 

« La baron nie de Maule comprenait trois châtellenies 



— 53 — 

« et, sur le Registre du roi, elle venait immédiatement 
« après celle de Montmorency; les barons de Maule 
« étaient les seconds barons de la chrétienté \ » 

« Robert de Maule, dernier du nom^ laissa pour seule 
« héritière une fille du nom de Regnaulde, qui, en 
« 1398, épousa le chevalier Simon de Morainvil- 
« liers^. » 

« Après la mort de Guillaume de Morainvilliers, sa 
« succession fut partagée entre ses enfants par arrêt du 
« Parlement de Paris, en date du 17 janvier 1546 et la 
« terre de Maule échut à Jacqueline de Morainvilliers, 
« mariée deux ans auparavant à messire Robert de Har- 
« lay 5 . » 

Cette seigneurie passa plus tard aux Le Febvre de 
Plinval-Solgues. 

Voyez : nvl avant li mole ! 



COMINUS ET EMINUS 

{De près et de loin) 

(Ancienne devise.) 

BLOIS 

Chef-lieu du département du Loir-et-Cher. 

ARMES ACTUELLES : d'aïur, à la fleur de lys 
d'or. 

1. Emile Réaux, Les barons de Maule. Paris, 1894, in-S", pp. 57 
et 58. 

2. Ihid., p. 178. 

3. Ibid., p. 201. 



— 54 — 

ARMES ANCIENNES : cfor, au porc-épic de sable levé 
et tenant im écusson d'azur, à la fleur de lys d\v. 

La devise était celle du roi Louis XII, dont remblèmc 
était le porc-épic. On sait que Louis XII est né à Blois 
en 1462. Cette devise a souvent accompagné les armoi- 
ries anciennes de la ville de Blois. 



CONCORDIA ET LABORE 

(Par la concorde et le travail) 

(Devisf officielle.) 

BRIOUDE 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Loire). 

ARMES : de gueules, semé d'abeilles d'argent, à la ruche 
du même, en abnue ; au chef cousu d'a:;jir, semé de fleurs de 
lys d'or. 

Ce blason a été adopté le 10 septembre 1789, au mo- 
ment de la constitution d'un corps municipal, il est 
sculpté sur la façade de l'hôtel de ville de Brioude'. 

La devise qui s'y applique est certainement de la 
même époque ; elle se rapporte aux abeilles du bla- 
son. 

I. Cf. Georges Paul, Armoriai général du Velay. Paris, 191 5, gr. 
in-S". 



— 55 — 
CONCORDIA FELIX 

ÇHt'urense par la concorde^ 

(Ancienne devise.) 

TARASCON 

Ciief-lieu de canton, arrondissement d'Arles (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : de gueules, ait château don jaune de trois 
tours d'argent, souteuu d'un dragon monstrueux, ayant six 
jambes, de sinople, le dos couvert d'écaillés d'or et dévorant 
un homme vêtu d'or, les bras d'a-ur et chaussé de sable. 

Cette devise fut donnée par le bon roi René, vers 
1458. « Ce prince, dont la mémoire est toujours pré- 
« cieuse aux Provençaux, établit à Tarascon les jeux de 
«■ la Tarasque, dans le but surtout d'éteindre les vieilles 
«■ querelles des Tarasconais avec leurs voisins, et de les 
« faire jouir du bonheur par la concorde, l'union et la 
« paix ' . » 



CONCORDIA PARVA CRESCUNT 

{Par la concorde les petites choses grandissent) 

(Devise douteuse.) 

TOULON 

Chef-lieu d'arrondissement (Var). 

ARMES : d'a^jur, à la croix d'or. 

« Cette inscription aurait été gravée en 1772 sur une 

I. L. de Bresc, Aniiorial des coiiimiDies de Praveiice. Loc. cit., 
p. 279. 



- 56 - 

« porte latérale de l'hôtel de ville. » (Octave Teissier, 
Vue jonniéeà Toulon, 1864, p. 18.) Peut-on y voir une 
devise et a-t-elle jamais figuré sous les armes de la 
ville ? 



« L'Académie du Var, à Toulon, reconstituée en 
« 181 1, inscrit sur son sceau, entre deux branches de 
« chêne entrelacées, cette devise : Sparsa colligo. )> 
(Henri Jadart, Loc. cil.^ 



CONSTANTIÀ CONTENTA 

(Contente de sa constance^ 

(Devise officielle.) 

THONON-LES-BAINS 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Savoie). 

ARMES : parti d'or et d'azur. 

Mgr Piccard, pronotaire apostolique, auteur de 
V Histoire de Thonon et du Chablais ' , a bien voulu nous 
fiiire la communication suivante : 

« Voici ce que dit la tradition : Le Thonon romain 
« existait, non sur l'emplacement actuel de la ville mo- 
« derne, mais au village de Thonon appelé Tully sur 
« les bords de la Dranse. 

« Embelli par les maîtres du monde, il tut détruit 

1. Deu.x volumes in-80, 1882-1889. 



— 57 — 

« par les invasions des hommes du Xord au m'' 
« siècle'. 

« Rebâti à nouveau, les crues subites et désastreuses 
« de la Dranse l'emportèrent en grande partie et obli- 
« gèrent les habitants à se retirer, les uns sur les hau- 
« teurs voisines de la colline de Marin, les autres, la 
V majorité, à 20 ou 25 minutes de la Dranse, sur le 
« plnteau occupé par la ville actuelle^. 

« Pendant les longues luttes du moyen âge entre les 
« comtes de Savoie, les dauphins de Viennois, comtes 
« de Genevois, etc., Thonon eut beaucoup à souffrir. 
« Mais, grâce à la vaillance et à l'énergie de ses habi- 
« tants, Thonon, appuyé sur son château-fort et sur 
« ses murs d'enceinte, combattit pour la croix blanche 
« de Savoie, obtint des franchises étendues et arbora 
« sa fière devise : constaxtia contenta, ville heureuse 
« de sa constance, dans ses luttes séculaires contre les 
« hommes et les éléments. » 

1. Mgr Piccurd, Histoire de Thonon et du Chahlais, t. I, pp. 29 
et 50. 

2. Ihid. 



- 58 - 
COR BELLO PACEQUE FIDUM 

(^Civur fhIcJc dans la oiterrc coiiiiiiedaus la paix.) 

(Devise orficiellc.) 

CORBEIL 

Chef-lieu d'arrondissement (Seine-et-Oise). 

ARMES : d'argent, au cœur de gueules, chargé d'une fleur 
lie lys d'or. 

Jean de la Barre, historien et prévôt de Corbeil (xvii'^ 
siècle), dans son ouvrage : Les antiquités de la ville, comté 
el chdtellenie de Corbeil, s'exprime ainsi : 

« L'écusson des armes delà ville est chargé d'un cœur 
« de gueules rempli d'une fleur de lys d'or sur un champ 
« d'azur Pet, dans le bas, la devise : cor bello pace- 
•- auE FiDUM, voulant dire que les habitants ont le cœur 
« bel, lo3'al, fidèle et affectionné au service du Roy et 
<' à la couronne de France. 

« L'origine de cet écusson et de sa devise qui ornent 
<i encore aujourd'hui nos monuments civils se perd 
« dans la nuit des temps. Cependant, d'après les histo- 
<( riens, on a les preuves que l'écusson et la devise 
« étaient brodés sur le drapeau de la Compagnie de 
« l'arquebuse royalede Corbeil, dès 1418; cette Société 
" fut dissoute par un décret du 17 juin 1790. » (Ct. 
Delaunay, Etudes sur les anciennes Compat^nies d'archers el 
if arquebusier s.) (Note de M. Jules Lemaire, de Corbeil. 
1896.) 



— 39 — 
CRESCAM ET LUCEBO 

{]e croîtrai et je brillerai) 

(Devise officielle.) 

MAZAMET 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Castres (Tarnl 

ARMES : d'a:{ijr, an coq d'or crête et barbé de gueules, 
surmonté de trois fleurs de lys aussi d'or, posées nue et deux. 
(Dans le blason actuel les trois fleurs de lys ont été rem- 
placées par trois abeilles.) 

CIMIER : un croissant. 

La devise crescam et lucebo se rapporte au croissant 
qui sert de cimier au blason et rappelle que Mazamet est 
une des villes industrielles des plus prospères du midi 
de la France. 

Le blason est inspiré de celui de la maison d'Haut- 
poul Çd'or, à deux fasces de gueules acconipagjiées de six coqs 
de sable, crêtes ^ becqués et barbés de gueules posés j, 2 et 1). 
Les d'Hautpoul furent seigneurs de Mazamet ; sur un 
mamelon, au sud de la ville, on voit les ruines de leur 
château. 



— éo — 
CRESCAM ET LUCEBO 

(/(p croîtrai et je brillerai) 

(Devise officielle.) 

ROANNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Loire). 

ARMES : d'a:<^Hr, au croissant if argent, surmonte de 
r étoile de la Légion d'honneur, attachée à un ruban de ' 

Cette devise s'applique au croissant du blason et 
marque la volonté de la ville de croître par ses nom- 
breuses manufactures et grâce à son commerce étendu. 

Voyez : sylvis increscit et undis. 



CRESCIT EUNDO 

{Elle croît de jour en jour) 

(Ancienne devise.) 

LIBOURNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Gironde). 

ARMES : d'a:{ur, au navire d'argent flottant sur une 
mer ondée du mente, les trois mdts supportant chacun un^ 
fleur de lys aussi d'argent (alias : d'or). 

Cette devise fait allusion à la prospérité croissante de 
la ville. 



I. Henri Tausin, Les Villes itècoièes île la IJj^ion irhomteur. Paris, 
1898, pp. 25 et 67. 



— 6i — 

« La devise de Lihourne est peu connue et peu utili- 
« sée ; je ne la vois sur aucun des rares monuments de 
« la cité. 

'« Je l'ai trouvée cependant sur un « Plan de la ville 
« de Libourne, dressé par Michel Cassin géomètre 
<c expert, en 1869 ». Elle est inscrite au-dessus de la 
« couronne murale qui surmonte les armoiries. 

« Au-dessous des dites armoiries se trouve la légende 
« ci-après : inslla liburnium duranius. M. Burgade, 
« ancien archiviste et bibliothécaire de Lihourne, dans 
« son catalogue des archives, la cite dans une petite no- 
« tice qu'il donne sur les armoiries de la ville. Il 
« ajoute qu'elle lui paraît de fantaisie et que l'origine 
<< n'a pu en être déterminée. 

« Ce doit être, dit-il, une de ces devises-rébus comme 
« on en trouve des exemples et on doit pouvoir l'inter- 
« prêter ainsi : Libourne entre Vlsleet la Dordogne ou bien : 
« Vlsleet la Dordogne limitant Lihourne ; ou bien encore: 
« Libourne ne vivant que grâce à Flsle et à la Dordogne. 
« Pour moi, la première interprétation qu'explique par- 
ce faitement la situation de la ville, au confluent de l'Isle 
« et de la Dordogne, est la meilleure. » (Note de M. le 
baron de Saint-Pern, directeur des Haras de Lihourne, 
1896). 

Vovez : ixsula liburxium duranius. 



— 62 — 

CRESCIT HONOS 

(L'honneur grandit) 

(Devise olTiciclIc.) 

SÉEZ 

Chcf-licu de canton, arroiidisscnKiit d"Alcnçon (Orne). 

ARMES : ifa~iir, à la foi (on boiuic foi) en fasce, sur la- 
qnelle repose nn eœnr enflaninié, le Ion! d'or, snrniontà 
il' une fienr de h'S dit même. 

La ville de Sée/. a eu deux autres devises avant celle 
rapportée ci-dessus. M. du Hays, dit Canel, nous a si- 
gnalé celle-ci : Grand cœur et /;o«;/g/oy, indiquée dans un 
manuscrit du wi*" siècle. Cette devise était certes bien 
faite pour accompagner le blason décrit plus haut. 

M. Maury d'Orville, dans ses Recherches sur la ville cl 
le diocèse de SéCy, dit : « l'origine de ces armoiries n'est 
guère connue. La devise : nihil xobis tollit tempus 
(/^ temps ne nons enlève rien), laquelle, dit-on. accom- 
pagnait l'écu, n'a rien d'authentique. » 

A l'égard de la devise : nihil nobis tollit tempus, 
ajoute Canel, si elle n'est pas authentique, elle n'en est 
pas moins rendue vraisemblable par la conduite qu'ont 
tenue, dans tous les temps, les habitants du diocèse de 
Séez. 

La devise actuelle de la ville de Sée/ fut placée, il y 
.1 peu de temps, par les soins du maire, M. Pichon de 
i^-émeslé, sur la façade de la mairie. (Cf. A. Canel, 
Armoriai des JlUes el Corporations de la Normandie. 
Paris, 1863, pp. 244 et 245.) 

Voyez: grand cœur et bonne poy. 



- 63 - 
CRESCO ET FLORESCO 

(Je crois et je fleuris) 

(Devise officielle.) 

SAINT-MANDÉ 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : EcarteJé : aii-i^' : parti, au i d'argent à l'écu- 
reuil rampant de gueules, qui est Fouquet, au 2 de 
gueules, au chevron d'or accompagné de trois molettes d'é- 
peron du même, qui est de Bèrulle;^/^ 2" d'a^iir, à la 
tourelle couverte d'un toit, accompagnée de son avant-mur 
mis en fasce, le tout d'argent, maçonné de sable ; au ^'', 
d'a:(ur, à trois fasces ondées, accompagnées en chef, à senestre 
d'un croissant, h tout d'argent ; au 4^ de gueules, au chijjre 
1860 d'or, accompagné en chef et en pointe d'une chaîne 
ployée et rompue aux extrémités, au naturel ; au comble ou 
chef diminué d' or chargé du chiffre l'j^o de ■gueules. 

« Les armes de Fouquet rappellent que le surintendant 
« des finances de Louis XIV eut une résidence à Saint- 
« Mandé ; celles des de Bérulle ont été adoptées en sou- 
« venir de Jacques-François de Bérulle et d'Amahle- 
« Thomas de Bérulle, delà famille du célèbre Cardinal, 
« qui étaient, en I7-|0 et en 1767, seigneurs de Saint- 
ce Mandé. La tourelle avec son avant-mur est le seul 
(• vestige historique des dépendances du château de 
« Vincennes. Les ondes d'argent figurent le lac de 
« Saint-ManJé et les ruisseaux qui traversent le bois. 
« L'entrée du bois, dont les murs, à l'extrémité de la 



- 64 - 

« chaussée de l'étang, formaient une demi-lune, est 
« symbolisée parle croissant. En i8éo, en vertu d'une 
« loi du i6 juin 1859, une partie très importante du 
<( territoire de Saint-Mandé ayant été comprise dans le 
« périmètre de Paris, le 4^ quartier rappelle cet événe- 
« ment. Enfin la date du chef : 1790, est une allusion 
« à la création de Saint-Mandé en commune distincte, 
« au mois de juin de la même année. 

« La devise : cresco et floresco et l'entourage de 
« branches de lierre symbolisent la vitalité et l'accrois- 
(f sèment de la commune". » 



CVLTISSIMA 

{Très cultivée^ 



(Devise officielle.) 

MONTDIDIER 

Chef-lieu d'arrondissement (Somme). 

ARMES : d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à la lotir 
d'argent maçonnée de sable, surmontée d'un donjon du même. 

« Sous Phihppe le Bel, la ville de Montdidier a com- 
« mencé à porter les armes qu'elle possède aujourd'hui.. _ 
« telles qu'elles figurent sous la cloche de l'Hôtel-de- 
« Ville, fondue en 1527 ^ Dans son Paralkla geogra- 

1. État des communes du département de la Seine à la fin du 
A'/Xe siècle. Loc. cit. Fascicule : Saint-Mandè, pp. ^7 et 38. 

2. Victor de Beauvillé, Histoire de la ville de Montdidier. Paris, 
1875, liv. II, ch. ui, p. 175. 



- 65 - V 

« phicB veteris et nouée, Parisiis, 1648, le Père Briet, géo- 
« graphe célèbre du xvii° siècle, applique à Montdidier 
K l'épithète honorable de Ciiltissima Urhs. 

« Dans les Acta Sanctorum, aprilis, 1675, t. III, 
« p. 462, les premiers BoUandistes, contemporains et 
« non moins bons appréciateurs que Briet, des qualités 
« des Montdidériens, qualifient également notre cité 
« à' Oppidum cultissimum. 

« De nos jours, un érudit illustre a confirmé le ju- 
« gement prononcé il y a deux siècles : « Montdidier. 
« dit Daunou, est une ville qui pourrait sembler d'un 
« ordre fort élevé, si l'on en jugeait par le grand nombre 
« d'hommes habiles qu'elle a fournis à presque tous les 
« genres de littérature et de science. » ÇMémoiirs de 
« l'Institut de France, Académie des Inscriptions et 
« Belles-Lettres, t. XIV, p. 165.) Le goût des science^s 
« et des lettres ne s'éteignit point avec le siècle qui con- 
« fera à notre patrie le titre de cultissima. 

« Si le xvii^ siècle fut fécond en talents, le xviii^ le 
« fut plus encore ; il produisit des écrivains qui, par la 
« variété de leurs connaissances et les services qu'ils 
« rendirent à l'iiumanité, surpassèrent leurs prédéces- 
« seurs ' . » 

La ville de Montdidier ne pouvait que s'enorgueillir du 
titre flatteur que lui attribuèrent les savants du xv!!*^ 
siècle ; aussi fLiit-elle figurer cette épithète : cultis- 
sima sous l'écusson de ses armes. 

I. Victor de Bcauvillc, Histoire de la ville de Moiildidier. Loc. cil^ 
livr. IV, p. 160. 

Les Devisis ui s \'ili.es m: France. c 



— 66 — 

CVRVA VIA, MENS RECTA 

{Courbe voie, esprit tirait) 

(Devise officielle.) 

COURBEVOIE 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : d'a^itr, au pont courbe à trois arches d'or, 
maçonné de sable, sur une rivière d'argent ; au chef cousu 
de gueules, à la tente d'argent et aux trois ceps grappes 
d'or. 

Cette devise fut adoptée, ainsi que les armoiries 
décrites ci-dessus, par délibération du Conseil munici- 
pal de la commune de Courbevoie, en date du 13 mars 
1900, M. L. Boursier étant maire, MM. L. Vigouroux 
et Ch. Chapon, adjoints. 

C'est par une antithèse des plus hasardées que l'on 
oppose les voies courbes de la localité à Vesprit droit des 
habitants. Ne voyons dans cette devise qu'un hardi jeu 
de mots, mais tenons comme juste l'appréciation de 
Vesprit droit des habitants et, tout particulièrement, des 
municipalités qui se sont succédé dans cette cité floris- 
sante, la conduisant dans la voie du progrès, de l'embel- 
lissement et, de ce fait, vers un accroissement de popu- 
lation. Remarquons qu'au dernier recensement (191 1), 
la population a passé de 31. 191 à 38.138 habitants en 
augmentation de 6.947 habitants, soit plus de 22 %. 

A ce sujet, M. le secrétaire de la mairie de Courbe- 



- 67 - 

voie nous disait que cette localité est, en France', celle 
dont la population a le plus augmenté proportionnel- 
lement à son importance. 



CUSTODIBVS ISTIS 

{Par ces gardiens^ 

(Devise officielle.) 

CHAMBÉRY 

Chef-lieu du département de la Savoie. 

ARMES : de gueules, à la croix d'argent, qui est de 
Savoie, brisé d'une étoile d'or au canton dextre du chef. 
Supports : deux chiens. 

Cette ville, ancienne capitale du duché de Savoie, 
possède des armoiries de patronage, c'est-à-dire que, par 
concession de ses anciens princes, elle porte leurs armes, 
mais brisées. Ces armoiries ont dû être octroyées à la 
ville de Chambér}' dans la première moitié du xvii^ siècle. 
(Note de M. d'Arcollières, de Chambér}v 1896.) 

La devise doit avoir trait à la haute protection des 
ducs de Savoie qui, de leur grande autorité, appuyaient 
les droits de leur capitale et en devenaient les gardiens. 
A moins que, d'une façon plus banale, cette devise ne 
s'applique aux supports du blason. 

I. Seule, Villeurbanne, petite localité des environs de Lyon, a 
dépassé la proportion de Courbevoie. 



— 68 — 
DEBOUT 

(Devise officielle.) 

CASTRES 

Chef-lieu d'arrondissement (Tarn). 

ARMES : d'argent, à quatre emmanches de gueules mou- 
vantes de senestre, au chef d'a:{iir, à trois fleurs de lys d'or. 

Depuis la fin du xvr' siècle, le cimier du blason est 
une chausse-trappe. 

Dans un livre publié à Castres en 1649, écrit par un 
érudit castrais, Pierre Borel, et intitulé : Les antiquite:^^, 
rarete:^^, plantes, miner aux et autres choses considérables delà 
ville et comté de Castres d'Albigeois, l'auteur, après avoir 
décrit les armes de la ville et indiqué leur origine, parle 
delà devise en ces termes: « Du depuis on a adjousté une 
« chausse-trappe sur les armoiries de Castres, selon 
« aucuns en mémoire de quelque victoire obtenue par 
« le moyen de ces instruments de guerre et on a mis 
« au dessus cette devise : debout, parce que cet instru- 
(< ment ne peut jamais tomber qu'il ne se trouve avoir 
(< une pointe en haut et pour dénoter qu'il faut que les 
« hommes ne chancelent jamais pour le service de Dieu 
« et de leur Roy. j'ai veu du depuis plusiears chausse- 
((trappes trouvées aux environs de Castres en foussoyant 
« la terre ce qui confirme ce que nous avons dit cy-des- 
« sus. » D'un autre côté, Gastelier de la Tour, dans son 
Armoriai des Étals du Languedoc, nous dit : Le cimier 
« {la chausse-trappe) fut pris en mémoire d'une victoire 



— 69 — 

« gagnée par le secours de chausse-trappes sur la cavale- 
« rie . La devise : debout signifie que les habitants de 
« Castres fidèles sujets du roi sont prêts à marcher quand 
« il s'agit de son service. » 

Je crois qu'anciennement on ne retrouve nulle part 
ailleurs trace de cette devise, dont parlent seuls les 
deux ouvrages ci-dessus. La chausse-trappe elle-même 
ne figure sur les armes, dans les siècles passés, qu'à un 
seul endroit, c'est à la clef de voûte du porche de l'é- 
glise Saint-Jacques, clocher qui daterait d'après un 
savant archéologue castrais, M. Barbaza, du milieu du 
xiv^ siècle. (Note de M. Albert Arvengas, de Lisle d'Albi, 
1896.) 



DE LA MOT A, LO BON GRAN 

{De la motte, le hou grain) 

(Devise officielle.) 

LA MOTTE DU CAIRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Sisteron (Basses-Alpes). 

ARMES : d'azur, à la montagne d'or, au pied de laquelle 
coule une rivière d'argent. 

La devise, en idiome provençal, fait allusion au nom 
du paj^s. (Communication de M. V. Lieutaud, à Vo- 
ione.) 



— 70 — 
DE LAUREIS 

ÇDi's lauriers^ 

(Devise officielle.) 

LAURIS 

Commune du canton de Cadenet, arrondissement d'Apt (Vaucluse). 

ARMES : tfor, à deux branches de laurier de s'uiople, pas- 
sées eti sautoir, accompagnées de deux étoiles de gueules, une 
enchef et une en pointe. 

J. Courtet, dans son Dictionnaire des communes du 
département de Vaucluse, lui donne comme blason : de 
gueules, au loup rampant d'argent. 

La devise a trait aux branches de laurier du blason et 
au nom latin de la commune : castrum de laureis 
(Camp de lauriers). 



DEO ET C.ÏSARI FIDELIS 

(Toujours fidèle à Dieu et à César) 

(Ancienne devise.) 

BESANÇON 

Clief-lieu du département du Doubs 

ARMES: voira : utimam. 

En 1815, par lettres patentes du 18 novembre, l'an- 
cien écu fut maintenu, mais à la devise : utinam, on 
substitua celle-ci : deo et c.i:sari fidelis perpetuo, dont 
l'emploi fut de courte durée. 

Voyez: pleut a dieu. 



— 71 — 
DEO ET REGI FIDELIS PERPETUO 

(Toujours fidèle à Dieu et au roi) 

(Ancienne devise .) 

ÉVIAN-LES-BAINS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Thonon (Haute-Savoie). 

ARMES : d'azur, au poisson d'argent posé enfasce^ gui 
avale un petit poisson du même ; au chef cousu de gueules, à 
la croix d'argent, qui est de Savoie. 

Au xviii^ siècle, Victor Amédée III, d'abord duc de 
Savoie, devint roi de Sicile en 17 15 et de Sardaigne en 
1720. Ce prince prenait plaisir à venir à Evian, où il 
fit plusieurs séjours en 1724, 1725 et 1727, et il est à 
peu près certain que les édiles d'Evian, voulant en expri- 
mer au nouveau roi leur reconnaissance, substituèrent à 
l'ancien ne légende celle-ci, plus appropriée aux circons- 
tances : DEO ET REGI FIDELIS PERPETUO . (Note de M - Al- 
bert Duplan, président de l'Académie chablaisienne.) 

Voyez : utinam rémora ! 



DEO, REGI ET URBI 

(A Dieu, au roi et à la ville) 

(Ancienne devise.) 

SAINT-QUENTIN 

Chef-lieu d'arrondissement (Aisne). 

Ancienne devise (xvi^ siècle). 
Voyez : pro deo, rege et patria. 



— 72 — • 
DEO, REGIQUE FIDELIS 

{Fidèle à Dieu et au roi) 

(Ancienne devise.) 

PONTOISE 

Chef-lieu d'arrondissement (Seine-et-Oise). 

ARMES : d'a:;jir, au pont de trois (alias cinq) arches, 
chargé d'un château fort surmonté de trois tours aussi cré- 
nelées, jointes par des entre-murs le tout d'argent^ ouvert, 
ajouré et maçonné de sable, sur une rivière au naturel et 
accompagné en chef de deux fleurs de lys d'or. 

« Inconnue avant la Ligue, la devise de Pontoise : deo, 
« REGIQ.UE FIDELIS a été prise par les arquebusiers de la 
« ville à la suite du siège de 1589. Elle ne figura offi- 
« ciellement dans les armoiries de la cité que vers la 
« fin du xviii^ siècle. Un mémoire a été présenté à 
« Louis XVIII, en 1 814, au nom de la ville pour le 
<■ rétablissement des anciennes armoiries et de la devise. 
« Les armoiries ont été reprises, mais la devise a été 
« abandonnée. « (Note de M. P. Coquelle, correspon- 
dant du ministère de l'Instruction publique, à Meulan.) 



- — 73 — 
DE ROSIS AD LILIA 

{Des roses aux îys^ 

(Devise officielle.) 

LES MÉES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Digne (Basses-Alpes). 

ARMES : de gneiiles, à la lettre M cf argent accompa- 
gnée de trois fleurs de lys d'or en chef et trois roses du même en 
pointe. 

Avant d'être réunie au domaine royal (1572), la terre 
des Mées appartenait à la famille Roger, qui la tenait de 
la reine Jeanne laquelle l'avait donnée en 1348 à Guil- 
laume Roger, vicomte de Beaufort-Canillac, frère ou 
neveu du pape Clément VI. 

Les armes des Roger étaient : d'argent, à la bande 
d'aïur accompagna de six roses de gueules. 

C'est pour commémorer ce fait que la ville des Mées 
a adopté cette devise. 



DEUS NOSTER REFUGIUM ET VIRTUS 

(Notre Dieu refuge et force) 

(Ancienne devise.) 

LE BUIS-LES-BARONNIES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de N3'ons (Drôme). 

ARMES : d'argent, au buis de sinople; au dauphin pâmé 
d'azur brochant sur le buis. (Armoriai général de France. 



— 74 — 

Manuscrit 01 igi)ial. — Registre du Dauphiné. Description, 
p. 474. Blasons coloriés, p. 142.) 

L'abbé A. Vincent" donne pour armes à cette localité : 
d'or au buis de sinople, au chef d'aT^ur, au dauphin pâmé 
d'argent. 

G. Vallier - lui donne pour devise : refugium déus 

NOSTER. 

Retenons, comme authentique, la devise deus noster 
REFUGIUM et virtus, et disons qu'elle doit être la con- 
sécration de la délivrance miraculeuse de la ville, lors du 
siège de 1621. M. le chanoine Ulysse Chevalier, de 
Romans, est partisan de cette hypothèse ; il nous donne 
à ce sujet les indications suivantes : 

« Le 12 octobre 1621, Montbrun assiégeait la ville du 
« Buis; un artilleur, nommé Cadart, qui tentait l'esca- 
« lade pour « pétarder » la place, fut atteint d'un coup 
« de pierre et noyé dans le fossé. Ce fait mit en 
« déroute les troupes ennemies K » 

« Dieu assista particulièrement et merveilleusement 
« ceste ville par l'intercession de Nostre-Dame, car, 
« après VAve Maria du matin, le pétard joua et la cloche 
« estonna les ennemis et comforta ceux qui estoient sur 
« les murailles en garde. » (Registres paroissiaux, cités 
par M. LâCTo'ix. Arrondissemenl de Nyons, p. 176.) 

1. Notice tiislorique sur le Buis, 185H. 

2. Dictionnaire des devises héraldiques, numisniatiques, historiques 
et fantaisistes du Dauphiné. Valence, 1891,111-8. 

3. Cf. Abbé A. Vincent, Notice historique sur le Buis, 1858, 
p. 84 à 87. 



— 75 — 

Une statue comniémorative fut élevée à Notre-Dame- 
de la Victoire. 

« Les officiers de la milice bourgeoise du Buis por- 
« taient, sur les boutons blancs de leur uniforme, les 
« armes de la ville avec la devise : deus noster refu- 

« GIUM ET VIRTUS ' . » 



DIEU AIDE POLIGNY 

(Ancienne devise.) 

POLIGNY 

Chef-lieu d'arrondissement (Jura). 
Voyez : a dieu plaise ! 



DIEU EN SOIT GARDE 

(Devise officielle.) 

RELMS 

Chef-lieu d'arrondissement (Marne). 

ARMES : d'argent, à deux branches d'olivier de simple 
entrelaças en forme de sautoir ; au chef d' a^ur , semé de fleurs 
de lys d'or. 

« La tradition rapporte, et tous les auteurs sont d'ac- 
« cord à ce sujet, que les murailles de Reims furent plu- 

I. Abbé A. Vincent, Notice historique sur le Buis, 1858, p. loi. 



- 7é - 

« sieurs fois ruinées et que, l'ayant encore été sous 
« Charles Martel, Louis le Débonnaire, dont on implo- 
« rait le secours pour aider à la reconstruction de la 
« cathédrale, autorisa les maîtres de l'œuvre à se servir 
« des débris des fortifications pour élever l'édifice. Les 
'< Rémois, privés de remparts pour protéger leur ville, 
« demandèrent alors au Roi quels moyens ils pour- 
« raient employer pour la défendre. La même tradition 
« ajoute que le monarque leur répondit : dieu en soit 
« GARDE ! Ces paroles restèrent gravées dans la mémoire 
« de nos ancêtres qui, plus tard, les inscrivirent sur le 
« bronze, la pierre et partout où ils plaçaient les armes 
« de la ville '. » 



« L'Académie de Reims, fondée le 6 décembre 1841, a 
« pour devise : Scrvare et Aiigere. Le 6 décembre 1891, 
« la Compagnie a fêté le 50^ anniversaire de sa fondation, 
« et il lui était permis en ce jour de caractériser son cin- 
« quantenaire par cette seconde devise : Oualis ah 
« inceplo. » (Henri Jadart, loc. cit.) 

1. Ch.' Givv'let, Armoriai des lieulcuants des habitants de Reims. 
Reims, 1887, in-8, p. 16 et 17. 



— 11 — 
DIEU EN SOIT GARDE 

(Devise officielle.) 

VERVINS 

Chef-lieu d'arrondissement (Aisne). 

ARMES : de gueules, à trois tours d'argent, crénelées, 
maçonnas et ajourées de sable, celle du milieu dominant les 
antres. 

Les trois tours du blason sont l'image de la ville. 

La devise met cette ville sous la garde de Dieu. 

Peut-être pourrait-on appliquer à la devise de Ver- 
vins l'interprétation donnée pour celle de la ville de 
Reims, qui est la même. ' 



DIEU NOUS SECOURE 

(Devise officielle.) 

RIEUX-MINERVOIS 

Commune du canton de Peyriac-Minervois, arrondissement de 
Carcassonne (Aude). 

ARMES : Ecartelé : au i" fascé d'argent et de gueules, 
qui est DE MÉRINVILLE ; au 2^ d'a'ur, à deux lions affrontés 
d'or, qui est de Puydeval; au f de gueules, à deux lions 
léopar dés d'or l'un sur l'autre, qui est des Monstiers; aw 
4^ parti : au i" d'azur, à lafasce d'or, qui est de Lascombe ; 
au 2^ d'argent, à la bande d'a:(iir, accompagnée de six roses 



- 78 - 

de gueules rangées en orle, gui est de Beaufort-Canillac; 
sur le tout: d'or, à la fleur de lys de gueules, alias d'or, à 
la lige de trois lys de gueules, qui est de Morèze. — Ces 
armoiries complètes sont celles de la maison des Monstiers 
de lajugie. 

La devise a été empruntée aux des Monstiers de 
Mérinville, qui furent seigneurs de Rieux-Minervois, 
depuis François des Monstiers, IIP du nom, comte de 
Mérinville, de Rieux par son mariage, en 1640, avec 
Marguerite de la Jugie, fille unique de François, comte 
de Rieux. 

Du reste, avant la Révolution, cette commune était 
dénommée : Rieux-Mérinville. 



DIEU SEUL EST MON APPUI 

(Devise officielle.) 

MONTBÉLIARD 

Chef-lieu d'arrondissement (Doubs). 
Voyez : en dieu est mon appui. 



DONEC MOVEANTUR 

(^Jusqu'à ce qu'ils se meuvent^ 

(Devise officielle.) 

SAINT-MIHIEL 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Commercy (Meuse). 
ARMES : d'azur, à Irais rochers iF argent. 



— 79 — 

Ces armoiries font allusion aux falaises bizarrement 
découpées qui existent près de Saint-Mihiel. 

La devise s'inspirant du blason témoigne de la fidélité 
inébranlable des habitants aux ducs de Lorraine. Le nom 
révolutionnaire de Saint-Mihiel fut Rochc-sur-Meuse (de 
Figuères). 



DURABO 

{Je durerai) 

(Devise officielle.) 

BELLEVILLE-SUR-SAÔNE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Villefranche (Rhône). 

ARMES : d'a::iir,à la salamandre au milieu des flammes, 
le tout au naturel. 

Nous retrouvons encore ici la salamandre de Fran- 
çois P"" ' ; elle a sa raison d'être du fait que la ville, 
terre et seigneurie de Belle ville en Beaujolais apparte- 
nait à François I" qui, en 1543, la donna à Pierre 
Strozzi pour en jouir pendant dix années^. 

Certains prétendent que la devise Durabo se rapporte 
à la salamandre que la mythologie fait vivre dans le feu 
sans s'y consumer. 

Rangeons-nous plutôt à la version la plus accréditée 

1. Voyez les villes suivantes : Le Havre, Sarlat, Villers-Cotterèts, 
Vitry-le-François. 

2. Ludovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France. Paris, 
1877. 



— 8o — 

et la plus admissible que M. le commandant Gaudin, 
de Belleville-sur-Saône, nous signale; la voici : « Bel- 
<t leville, à des époques très reculées, même avant l'oc- 
« pation romaine et à plusieurs reprises, depuis l'époque 
« gauloise, la conquête des Gaules par Jules César, 
« jusques et y compris la guerre de Cent ans, les 
« guerres de la réforme, de la Ligue et la période révo- 
« lutionnaire de 93, a subi plusieurs sièges, de nom- 
ce breuses inondations, des incendies mémorables, des 
<c pestes, etc. Il s'est toujours relevé et reconstruit dans 
« des délais très courts, attestant l'énergie de sa popu- 
•< lation ainsi que l'abondance de ses ressources, d'où 
« la devise : durabo. » 



DUX NAVIGANTIUM SALUS 

{Guide et saint des imvigatenrs) 

(Devise officielle.) 

BANDOL 

Conmiunc du canton d'Ollioules, arrondissement de Toulon (Var). 

ARMES : d'a:^nr, à l'étoile d\rr. 

« Quelquefois la devise indique la situation de la 
« commune ; ainsi Bandol, placée aux bords de la mer 
(' et dont le port est un sûr abri contre la tempête, a 
<( pour devise : dux navigantium salus'. » 

Cette devise s'applique spécialement à l'étoile d'or du 
blason. Elle existait déjà au xviir siècle. 

1. Louis de Bresc, Aniiorùd iki coiunitnies de Prùvciue. Loc. cit., 
p. 25 et 329. 



8i 



EADEM MENSURA 

(Par la même mesure) 

(Devise officielle.) 

LAVAL 

Chet'-lieu du département de la Mayenne. 

ARMES : de gueules, au léopard d'or. 
Cette devise est celle des Montmorency-Laval qui 
furent seigneurs de ce lieu. 



tNDIEU EST MON APPUI 

(Ancienne devise.) 

MONTBÉLIARD 

Chel-lieu d'arrondissement (Doubs). 

ARMES : de gueules, à la croix d\iigeut chargée d'une 
ctoile d'azjir. 

Ces armoiries et la devise : en dieu est mon 
APPUI figurent au Livre des Notaux, xvi'^ siècle (ar- 
chives de Montbéliard). Elles ont été confirmées par 
lettres patentes du 7 juillet 1823. (Jules Gauthier, Les 
sceaux et les armoiries des villes et bourgs de Franche-Comte. 
Besançon, 1883, in-8, p. 20.) 



I.i-.s Dtvisis ijus X'ii.Li.s Di; France. 



— 82 — 

EN MES PEINES JE VAIS CROISSANT 

(Devise officielle.) 

LIGNY-EN-BARROIS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Bar-le-Duc (Meuse). 

ARMES : d'a:(tir, à trois croissants lV argent entrelacés en 
chef, et trois chardons {peigne^ d'or rangés en pointe de Fécu, 
feuilles et tiges du même (alias : les trois chardons posés 2 
et i). 

M. Léon Germain de Maidy propose de voir dans les 
chardons du blason de Ligny-en-Barrois le type du 
chardon à foulon ou peigne (mot qm, dit-il, se pronon- 
çait : pêne) ; il ajoute : « Je pense, en outre, que ces 
« trois peignes étaient, non pas rangés en pointe de l'écu, 
« mais posés 2 et i ; cela formait assez convenablement 
« le véhus croissants en peignes (prononcer ^iîwm), c'est-à- 
« dire : Croissant en peine, d'où l'on aura fait plus tard : 
« EN MES PEINES JE VAIS CROISSANT. » Cette hypothèse 
hardie est rendue très plausible par les savantes explica- 
tions que donne M. Léon Germain de Maidy touchant 
l'annulation de la lettre g dans le mot peigne. (Voir 
VÉtude qu'il a publiée, sur les armoiries de Ligny-en- 
Barrois. Bar-le-Duc, 1889.) 



- 83 - 
ENSE ET ARATRO 

{Par Vépée et la charrue) 

(Devise douteuse.) 

EXCIDEUIL 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Périgueux (Dordogne). 

ARMES : de gueules, à la tour d'argent maçonnée de 
sable ' . 

On voit encore à Excideuil la maison qu'habita le 
maréchal Bugeaud, duc d'Isly, né à Limoges en 1784, 
mort à Paris en 1849. En souvenir du séjour de ce 
célèbre personnage dans cette ville, la municipalité 
adopta, sinon officiellement, du moins dans certaines 
circonstances, la fière devise du soldat laboureur : ense 

ET ARATRO. 



ENSEMBLE ET POUR TOUS 

(Devise douteuse.) 

LA BOURBOULE 

Commune du canton de Rochefort, arrondissement de Clermont- 
Ferrand (Puy-de-Dôme). 

ARMES : d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à la tour 
d'argent ajourée et maçonnée de sable, qui est de La Tour 
d'Auvergne, à la bande de gueules brochant sur le tout ; au 

I. Vicomte de Gourgues, Dictionnaire topographique du départe^ 
ment delà Dordogne. Paris, 1873, p. m. 



-84 - 

chef tierce en pnl : iFdyUr, ifargeiil el de i^iieiiles, drapeau 
français. 

La devise ci-dessus est absolument fantaisiste et tout 
à tait moderne, elle a été choisie par les membres du 
Comité des fêtes, en une occasion quelconque. 

Elle est bien le type de la devise de circonstance, 
nous ne croyons pas qu^elle soit employée officielle- 
ment. 

Les armoiries décrites plus haut ont été adoptées à la 
même époque, ce sont celles des La Tour d'Auvergne 
anciens possesseurs de toute cette région de montagne; 
on y a ajouté la bande de gueules et le chef tricolore. 

Ce blason ne doit pas être officiel, car il n'est em- 
ployé que sur les imprimés de la C'^' des Eaux et du 
Casino et aussi sur la vaisselle des hôtels. 



E SOLO ROBVR 

ÇDti sol vieiil ma force) 

(Devise ofticielle.) 

CHAGNY 

(".het-lieii de canton, arrondissement de Clialon (Saône-et-Loire). 

ARMES : d'argent, au chêne de sitwple terrassé du même. 
Cette devise s'applique au chêne du blason et à la 
richesse du sol forestier de cette région. 



8^ — 



ESPÉRANCE 

(Devise officielle.) 

VILLEFRANCHE-SUR-SAÔNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Rhône). 

ARMES : de gueules, à la porte de la ville d'argent 
flanquée d'une tour du même, maçonnées de sable ; an chej 
d'azur, à trois fleurs de lys d'or. 




Armes de Villefranche (d'après un bois de 1671). 



Anne de France, tille de Louis XI, veuve de Pierre de 
Bourbon, sire de Beaujeu, et douairière de Beaujo- 
lais, voulant récompenser la fidélité des habitants 
de Villefranche, donna pour chef à leurs armoiries : 



— 86 — 

da^^ur, à trois fleurs de lys d'or ranot'cs et chargées chacune 
d'un filet ou bâton péri en bande de gueules. 

Les lettres de cette concession sont du mois de no- 
vembre 15 14. 

Vers 1600 et sans qu'on en connaisse le motif, le 
chef conserva les fleurs de lys et on supprima le filet de 
la brisure. La devise était : espérance (Cf. Histoire du 
Beaujolais et des sires de Beau jeu, par le baron Ferdinand 
de la Roche La Carelle. Lyon, Perrin, 1853, 2 vol. gr. 
in-8% 2" vol., p. 264). 

La devise : espérance était celle de l'ordre du Char- 
don et de Notre-Dame institué en 1370 par Louis II, 
duc de Bourbon, aïeul de Pierre de B;)urbon. C'était 
aussi la devise de Charles VI. 



L'Académie royale des Sciences et des Beaux-Arts de 
Villefranche, érigée en 1696, avait pour emblème : une 
rose de diamant, avec cette devise : Mutuo clarescimus 
igné. (Nous devenons brillants par un feu réciproque.) 



- 87 - 

ESTO NOBIS, DOMINE, TURRIS 
FORTITUDINIS 

{Soyei pour nous, Seigneur , une tour de force, de courage^ 

(Ancienne devise.) 

AVALLON 

Chef-lieu d'arrondissement (Yonne). 

ARMES : d'a:!;ur, à la tour d'argent maçonnée de sable. 

U Armoriai de la généralité de Bourgogne, 1696, indique 
pour exergue des armoiries ces mots : esto nobis, do- 
mine, TURRIS FORTITUDINIS. AUusion à la tour du bla- 
son. 

Voyez : turris avalonis. 



ESTOTE 

(Soyei) 

(Devise apocryphe.) 

QUINGEY 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Besançon (Doubs). 

ARMES : de gueules, à la croix d'argent cantonnée de 
quatre tours du même, crénelées de trois pièces et ajourées 
du champ (Ces armoiries ont 'été confirmées par lettres 
patentes du 3 juillet 1822.) 

Seul Rougebief' mentionne cette devise. L'abbé 

I. Histoire de la Franche-Cotnté ancienne et moderne, Paris, 1831, 
m-40, p. 29. 



— 88 — 

Roze, qui a fait VHisloire de Oiiingey, n'en parle pas. 
Elle n'est citée dans aucun manuscrit, dans aucun armo- 
riai, ni dans les historiens comtois. Les lettres patentes, 
dont il est question ci-dessus, ne font également nulle 
mention de cette devise. 

On doit donc la considérer comme apocryphe. 



ET CAPOÉ ! 

(Ht quand tnênie !) 

(Devise officielle.) 

RUMILLY 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Annecv (Haute-Savoie). 

ARMES : de giteuks, à Vaigle d'argent becquée et nteni- 
hrée d\)r. 

L'orthographe courante de cette devise est : et capoé! 
toutefois M. Croisollet, grâce a qui son historique est 
connu, l'écrit : Et quapaë ! dans son Histoire de Runiilly. 
Chambéry, 1869, in-S*", p. 97. 

« En 1630 Charles-Emmanuel I" rompt les traités 
« qu'il avait conclus avec la France au sujet de la suc- 
« cession au marquisat de Montferrat. La Savoie est 
« alors envahie par les armées de Louis XIIL Les 
<- bourgeois de Rumilly, se confiant en leur courage et 
« se reposant sur leurs fortifications, sont résolus de 
(( résister aux armées de la France. Le monarque fran- 
« çais qui avait envahi la Savoie, menait à sa suite uuk: 



- 89 - 

« armée de vingt mille hommes. Il vient coucher à 
« Albens, puis, de là, il campe devant Rumilly. Cette 
(^ ville, bâtie au centre d'une espèce de delta formé par 
« le Çhéran et le Népha, rivières profondément encais- 
« sées et dont les eaux se joignent au midi par un long 
« et large fossé muni de tours, est encore protégée par le 
« fort du Chéran et par celui de l'Annonciade, avanta- 
« geusement situé à une demi-lieue au nord. Aussi elle 
« ne se laisse point intimider. Elle a même l'air de se 
« moquer de l'appareil menaçant que l'on déploie autour 
« de ses murs. Lorsque les parlementaires français 
« viennent la sommer de se rendre, elle refuse fièrement 
« d'ouvrir ses portes ; et, comme on cherche à ébranler 
« la résolution des habitants en leur annonçant que 
« Chambéry et Annecy se sont rendus, « et quapoé! > 
« répondent-ils ' dans leur langage naïf et énergique, 
« et quand même ! » Outré d'une résistance que ne pou- 
« vait permettre la faiblesse de la place, Louis XIII 
« ordonna au maréchal de Hallier d'attaquer Rumilly 
« suivant les règles de l'art... 

« La ville fut prise ; l'ancien château, le fort du 
« Chéran, les portes et les murs d'enceinte de la ville 
« furent rasés ^. » 



1 . On cite même le nom du soldat placé en sentinelle qui fit 
cette fière et incisive réponse; il se nommait : Marcoz d'Hècle. (Note 
de M. C. Burnod, dAnnecy.) 

2. F. Croisoilet, Histoire de Riniiillx. Chambérv, 1869, in-8", 
p. 96-100. 



— 90 — 

ET DEÇUS ET ROBUR 

{Et gloire et force) 

(Devise officielle.) 

CHÀLONS-SUR-MARNE 

Chef-lieu du département de la Marne. 

ARMES : d'a^^iir, à la croix d'or cantonnée de quatre 
fleurs de lys du même. 

D'après l'historien Barbât, la croix, tantôt de gueules, 
tantôt d'argent, figure, dès 1308, dans le blason de 
Châlons. 

La devise serait bien plus récente et ne remonterait 
pas au delà de la fin du xviii'' siècle . 

Le 2 août 18 17, Louis XVIII envoya de nouvelles 
armes à la ville de Châlons ; elles sont : d'a:^ur^ à la 
croix d'or, cantonnée de quatre fleurs de lys du même. 

L'ancien drapeau de la Ville était blanc semé de fleurs 
de lys d'or; d'un côté, les armes de France avec cette 
devise : Ne m'oublie^ mie ; au revers, celles de la ville 
surmontées d'une couronne de comte et de la devise : 
ET DEÇUS ET ROBUR. (Note de M. Armand Bourgeois, 
de Pierry, 191 1.) 

Cette devise semble se rapporter à la croix du blason. 
Un jeton de cette ville daté de 1754 porte la devise : 
DEÇUS ET HONOR {Gloire et honneur'). 



— 91 — 
ET TANTI SERVASSE FUIT 

{Et sa conservation fut d'un si grand prix) 

(Ancienne devise.) 

ILE DE RÉ 

(Charente-Inférieure). 

ARMES. D'après M. le D^ Emile Atgier \ les armes 
de l'île de Ré sont : Une nef voguant sur des flots agités 
(sceau du xv^ siècle). 

« On doit, dit-il, rejeter toutes autres propositions 
« comme absolument fausses. » 

M. le D' Emile Atgier, répondant très obligeamment 
à notre appel, nous écrivait en janvier 1911 : « Je ne sais 
« d'où provient la devise de notre île, de quelque docu- 
« ment latin du xvii^ siècle sans doute, voire même de 
« quelque fin de vers d'un poème latin faisant allusion 
« au siège de l'île de Ré en 1627, soutenu par le brave 
« Toiras, maréchal de France, contre l'armée et la flotte 
« anglaises de Buckingham.. 

« La devise : et tanti servasse fuit me paraît 
« devoir être complétée ainsi : « Et tanti [pretii^ servasse 
« (pour servavissé) [insulani Reain] fuit », c'est-à-dire : 
(' Et la conservation de l'île de Ré (à la France) fut 
« d'un si grand prix. » Je n'ai vu figurer cette devise 
« que sur le frontispice du siège de l'île de Ré écrit en 

I. Les armes de Vite de Re, dans Annuaires de Vile de Rè, 1909, 
191 1. 



_ 92 — 

« latin, en 1630, par Isnard. Sur ce frontispice, une 

« jeune femme, personnifiant l'île de Ré, tient cette de- 

« vise de la main gauche et de la droite s'appuie sur 

t< un bouclier aux armes de Louis II de la Trémoïlle. » 



EVOCANT AURORAM 

{Us appellent V aurore) 

(Devise officielle.) 

YSSENGEAUX 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Loire). 

ARMES : iVaiitr, à cinq coqs (cinq jaux) d'or, crciés cl 
pattes de gueules, affrontés, posés deux, un et deux. 
La devise se rapporte aux coqs du blason. 



EX FORTI DVLCEDO 

{Livre des juges). 
(Du fort, la douceur) 

(Ancienne devise.) 

ARLES 

Chef-lieu d'arrondissement (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d^^ur. au lion assis d\)r regardant de face, 
tenant de la pal le dexire levée un laharuni aussi d\)r. 

La devise : kx iorti dvi.cf.do se trouve sur le sceau 
ovale de la ville, plaque en 1628. (L. Blancard. Icono- 



— 93 — 

graphie des sceaux et bulles conservés aux archives dépar- 
tementales des Boitches-du-Rhône. Marseille, i8éo, xn-î", 
texte, p. 75, pi. 34, n- 4.) 

Voyez : nobilis in primis dici solet ira leonis. 



EXIMIA CIVITAS 

(Fille illustre) 

(Ancienne devise.) 

MARSEILLE 

Chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône. 

ARMES : d'argent, à la croix d\i~ur. 

Devise de 18 16. 

Voyez : actibvs immensis vrbs fvlget .viassiliexsis. 



EX PAGE, UBERTAS 

(De la paix, r abondance) 

( Devise officielle . ) 

MALAUCÈNE 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Orange (Vaucluse). 

ARMES ANCIENNES : de gueules, à deux veaux d'or 
aifrontés avec la devise : ex page vbertas ; plus tard on 
ajouta deux clefs d'or affrontées et passées en sautoir Ces 
anneaux soutenant les deux veaux d'or) ; l'écu ayant pour 
tenants : deux nymphes représentant la Paix et l'Abon- 



— 94 — 

dame, aebont et affrontées, ayant leurs attributs en main, 
toujours avec la même devise ' . 

Cette devise, qui apparaît dès 1764, se rapporte aux 
figures de la Paix et de l'Abondance qui servent de 
tenants à l'écusson. 



EXTINCTA REVIVISCO 

(^Anéantie, je renais') 

(Devise officielle.) 

CHÂTEAUDUN 

Chef-lieu d'arrondissement (Eure-et-Loir). 

ARMES: de gueules, à trois croissants d'argent; au 
chef cousu d'a:(iir, chargé de rétoile de la Légion d'honneur. 

Cette devise a trait aux divers incendies qu'éprouva 
la Cité. 

L'avocat dunois, Michel Martin, cite cette devise 
dans un mémoire de 1522. 

L'abbé Bordas, dans son Histoire du Dunois, 1762, 
donne la même devise comme antérieure au xiv* siècle ; 
cette assertion pourrait être fondée, puisque, pour la 
première fois, Chàteaudun fut détruit par le feu en 578 
ou 579. 

Dans cet ouvrage il est dit que la ville a été incendiée 
en 1590 par les Ligueurs, puis en 1685. Enfin, le 

I . Voir Ferdinand et Alfred Saurel, Histoire de ta ville de Malan- 
cèiie et de son territoire. Avignon, 1882, t. I, p. 447. 



— 95 — 

20 juin 1723, Châteaudun fut affligé, dit Tabbé Bordas, 
par un des plus affreux embrasements que cette ancienne 
ville ait essuyés. 

Cet incendie marque dans l'histoire de Châteaudun 
une date importante. C'est, en effet, à 1723 que remonte 
la nouvelle ville reconstruite sur un plan tout différent 
de ceux adoptés pour les réédifications antérieures. 

Le choix de cette devise a été justifié pour la cin- 
quième fois en 1870 (18 octobre), la ville ayant été 
incendiée par les Prussiens à la suite de la défense 
héroïque bien connue qui a valu à Châteaudun l'étoile 
de la Légion d'Honneur ' . Châteaudun doit ses embel- 
lissements à ses désastres. (D'après les notes de 
M. L. Benoist, de Chartres, 1896, et de M. H. Pas- 
sard, architecte à Châteaudun, 1896.) 



EX TRIPLICI CINERE, NOVUS IGNIS 

(D'une triple cendre, un feu nouveau') 

(Ancienne devise.) 

GRAY 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Saône). 

ARMES : Coupé : au i" de Bourgogne-Comté, défail- 
lant à la pointe, c est-à-dire : tfa^ur, semé de billettes d'or au 
demi-lion du même, armé et lampassé de gueules, mouvant 

I. Voir Henri Tausin, Les villes décorées de la Légion d'honneur» 
Lac. cit., p. 27 à 34. 



- 96 - 

du coupé ; au 2'-' d'argent, à trois f^niiiiiics nu nalurel (alias : 
de gueules à Irois flammes d'or). 

« Armes parlantes (au 2" quartier), soit au point de 
« vue de son nom {Iguis Graïus), soit au point de vue 
« de son histoire et des incendies successifs auxquels 
« fait allusion sa devise : hx tripi.ici cinere, novus 
« IGNIS '. » 

« Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe le Long, 
« releva Gray de ses ruines après un incendie terrible, 
« en 1324, et, la même année, accorda aux habitants 
« leur charte de commune. 

« Après la mort de Charles le Téméraire (1477), une 
« garnison française sous les ordres de Salazar occupa 
« la place ; mais, une nuit, elle se laissa massacrer par 
c( surprise et la ville passa une fois de plus par les 
« flammes (6 août 1478). 

« Quand Charles d'Amboise mit à nouveau le siège 
« devant Gray (1480), il ne restait plus debout que 
« trente-deux maisons qu'il détruisit encore de fond en 
« comble. » {La Grande Encyclopédie.) 

Voyez : faveat deipara, urbis tutela. 

1. Jules Gauthier, Les sceaux cl les annoiries îles villes et botiri^s Je 
Fraïuhe-Cointé, Loc. cit., p. 8. 



— 97 — 

EX UNO, PER PLURIMA, TENDIT 

AD UNUM 

{D'un seul, grâce à plusieurs, elle tend à tin seul) 

(Devise douteuse.) 

MELUN 

Chef-lieu du département de Seine-et-Marne. 

ARMES : d'a:^ur, semé de fleurs de lys d'or, au château 
fort d'argent sommé de trois tours du même. 

On attribue, peut-être à tort, cette devise à la ville 
de Melun. 

En tout cas, voici ce que nous écrivait, en 1896, 
M. G. Leroy, bibliothécaire de la ville : « Antérieure- 
« ment, Melun paraît avoir eu pour devise : ex uno 

« PER PLURIMA TENDIT AD UNUM. 

« Cette devise, dont le sens est obscur, figure sur une 
« plaque de cuivre posée en 1606 avec la première 
« pierre du couvent des Capucins, emplacement actuel 
« du Collège, plaque conservée à la Bibliothèque de la 
« ville. » 

Cette devise ne concernerait-elle pas les religieux dans 
le couvent desquels elle fut trouvée ; elle semble, en 
effet, être la devise d'une congrégation plutôt que celle 
d'une ville. Toutefois on remarque une apparence d'al- 
lusion au nom de la cité Melodmnim ; d'autre part on 
peut se souvenir qu'autrefois Melun, de même que Paris, 
était divisée en trois quartiers, qui tous trois réunis 
formaient la ville. Un proverbe, sorte de devise, était 

Les Devishs des Villes de Fkance. 7 



- 98 - 

courant jadis chez les habitants et l'on disait Après 
MeJnn, Paris, par allusion à la division par quartiers, 
qui aurait existé à Melun tout d'abord. 

Cette importance que les Melunois attachaient à leurs 
trois Mchin qui n'en fermaient qunn seul aurait-elle 
donné naissance à la devise ci-dessus ? 

De mieux documentés que nous résoudront, peut-être^ 
un jour ou l'autre ce problème historique. Il y a lieu 
de noter qu'au xii^ siècle, Melun était la seconde ville 
du domaine royal. 

Voyez : fida mvrvs vsqve ad mvres. 



EX UTROQUE 

{Par tous les deux) 

(Devise officielle . ) 

MANTES 

Chef-lieu d'arrondissement (Seine-et-Oise). 

ARMES : Parti : au /" d'û^ur, à la demi-fleur de lys 
d'or ; au 2^ d'or, à la branche de chêne de sinopk, portant 
trois glands. 

M. Petitjean, bibliothécaire de la ville de Mantes, 
nous écrivait en 1896, que d'après ses recherches dans 
plusieurs manuscrits et ouvrages concernant l'histoire 
de Mantes, il pouvait avancer que cette ville, ayant 
beaucoup coopéré à la délivrance du roi Louis IV d'Ou- 
tremer, reçut en récompense de ce précieux concours 



— 99 — 

une demi-fleur de lys. C'est donc depuis ce temps que 
les armes de Mantes se composent d'une demi-fleur de 
lys jointe au blason primitif. D'après difi^érentes pièces : 
sceau de 1307, armes de 1543 et jetons de Mantes du 
xvi^ siècle, ajoute M. Petitjean, on composa pour cette 
ville le distique suivant : 

Manta Dci qiicrcum prœfert et lilia régis ; 
Amborum ctiltrix, amhorum niimine tuta. 

Mantes unit le chêne de Dieu au lys du Roi sur 
sa bannière ; 

Ils la protégeront tous deux, car tous deux elle les 
révère. 

Nous pouvons conclure que la devise : ex utroq.ue 
explique et consacre la faveur royale accordée aux Man- 
tais. 



FAIS CE aUE DEVRA, ADVIEGNE 
aUE PORRA 

(Ancienne devise.) 

AMBERT 

Clief-lieu d'arrondissement (Puy-de-Dôme). 

ARMES : d'azur, îi la croix d'argent cankvuicc de 
quatre trèfles d'or, iiu dans chaque canton. 

On ignore quand et pourquoi la ville d'Ambert a 
adopté cette devise. 



— lOO — 

FAUSTA SURGUNT LUMINA 

{D'heureuses luviières se lèvent) 

(Devise officielle.) 

BOURGOIN 

Ciief-lieu de canton, airondissemeut de La Tour-du-Pia (Isère). 

ARMES : Coupé : au i" d'or, au dauphin de gueules ; 
au 2^ d'a:^ur, à trois croissants d'argent. 

Cette devise est moderne ; elle a été imaginée par un 
érudit de cette ville dans la seconde moitié du xix" siècle ; 
elle paraît se rapporter aux croissants du blason. 



FAUT PLUS HAUT QUE MONT TENDRE 

(Devise officielle.) 

MONTENDRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Jonzac 
(Charente-Inférieure). 

ARMES : Parti : au z^"^ gironné de vair et de gueules de 
dix pièces, qui est : Belleville-Harpedanne ; au 2^ burelé 
d'argent et d'a'i^iir de dix pièces, à trois chevrons de gueules, 
le premier écimé, qui est : de la Rochefoucauld. 

« Ces armoiries rappellent les anciens seigneurs de 
<- Montendre. 

« Montendre devrait s'écrire Moutandre, à cause de 
« l'étymologie : Mons Andro)iis \ » 

Quant à la devise, c'est un simple jeu de mots tout 
moderne. 

I. L. Audiat, Les tiniioiries des villes ilc Sdintonof et d'Aiiiiis. I.oi. 
cit. 



— lOI — 

FAVEAT DEIPARA, URBIS TUTELA 

(^Qtie la Mère de Dieu, protectrice de la ville, la favorise) 

(Ancienne devise.) 

GRAY 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Saône). 

ARMES : Coupé : au i" de Bourgogne-Comté, défail- 
lant à la pointe, c'est-à-dire : d'a-ur, semé de hillettes d'or, 
an demi-lion du même, armé et lainpassé de gueules, mou- 
vant du coupé ; au 2" d'argent, à trois flammes au. naturel 
(alias ; de gueules, à trois flaiirnws d'or). 

La devise : faveat deipara, urbis tutela, qui nous 
a été obligeamment communiquée pur M. Henri Viva- 
rez, président de la société Le Vieux Papier, et sur 
laquelle M. Ernest iVndré, de Gray, a bien voulu nous 
donner quelques renseignements, figure autour du bla- 
son de la ville de Gray apposé sur un passeport portant 
la date de 1784. 

« Cette devise a été momentanément celle de la ville 
« de Gray. Elle fut adoptée vers 1770, en suite d'une 
« recrudescence de dévotion à la statuette miraculeuse 
« de Notre-Dame de Gray, provoquée par plusieurs 
'« missions organisées par le clergé et les congrégations 
« de la cité. Cette devise subsista jusqu'en 1791, 
« époque où fut reprise l'ancienne inscription : triplex 
« VICTORIA i-LAMMis, qui accompagnc encore aujourd'hui 
« les armes de la ville. » (E. André.) 

Voyez : triplex Victoria fla.mmis. 



— 102 — 

F A VET NEPTUNUS EUNTI 

(Neptune favorise sa marche^ 

(Devise officielle.) 

NANTES 

Clief-lieu du département de la Loire-Inférieure. 

ARMES : de gueules, au navire d'argent, aux voiles 
déployées d'hermine, voguant sur des ondes de sinople ; au 
chef d'hermine. 

La devise s'applique non seulement au navire du 
blason mais aussi à la ville. 

L'édition du Livre doré de l'Hôtel de Ville de Nantes, 
de 1752, porte, pour la première fois, la devise: favet 
NEPTUNUS EUNTI, due probablement à M^ Bertrand, 
avocat au Parlement, né à Nantes, qui aim.ait la poé- 
sie latine et recherchait les devises et les jeux d'esprit. 

Cette devise : favet neptunus eunti a donc paru 
pour la première fois sur le frontispice du Livre doré de 
1752, gravé par Quillaud en 175 1. En 18 14, M. de 
Barante, préfet de Nantes, en s'occupant de la reprise 
des anciennes armes de la ville, proposa, on ne sait 
pourquoi, de substituer : favet neptunus eunti, qu'il 
avait lu, disait-il, sur un ancien écusson de la ville (il ne 
pouvait cependant être plus ancien que 1752), à l'an- 
cienne devise : ocuLi omnium in te sper.\nt, domine. 
Cependant l'ordonnance royale du 26 septembre 18 14, 
permettait aux villes de reprendre leurs anciennes 
armoiries, et non d'innover. Rien n'ayant été encore 



— 10- 



décidé en 1815, les lettres patentes de 18 r 6, qui pres- 
crivirent le retour aux anciennes armes, ne parlèrent 
point de la devise. Sur les points non spécifiés, on 
aurait dû, comme l'écrivit un référendaire au maire, 
suivre les anciens usages. On ne le fit point malheureu- 
sement et la nouvelle devise, proposée par M. de 
Barante, fut adoptée. (Note de M. le comte de Berthou, 
de Nantes, 191 1.) 

Voir : oculi omnium in te sperant, domine. 



FECIT UTRAQUE UNUM 

{Les deux villes n'en firent quiine) 

(Devise officielle . ) 

LES ANDELYS 

Chef-lieu d'arrondissement (Eure). 

ARMES : Parti : au i" d'argent, à trois grappes de rai- 
sin de sable, le tout défaillant d senestre ; au 2" d'azur, à 
trois tours d'argent, le tout défaillant à dextre ; au chef de 
gueules, à trois fleurs de lys d'argent (alias d'or'). 

La devise a trait à la réunion de deux villes : le grand 
Andeli et le petit Andeli. 

Voici ce que dit, à ce sujet, Brossard de Ruville 
dans son Histoire de la ville des Andelis, 1864, t. II, 
p. 281 : « Dans une réunion de tous ses habitants, qui 
« eut lieu au mois de septembre 1789, il fut décidé 
« que la municipalité du Petit Andeli se réunirait à 



— 104 — 

(( celle du Grand, afin de ne faire désormais, des deux 
« villes, qu'une seule et même commune. 

« La municipalité du Grand Andeli, en acceptant la 
« proposition de tusion, décida que, en témoignage de 
« l'union qui venait d'être conclue, les armoiries de 
« l'une et de l'autre ville seraient, mi-parli, réunies sur 
« un même écusson, celles du Grand Andeli à droite et 
« celle du Petit Andeli à gauche et seraient surmon- 
" tées de la devise : fecit utraque unum '. » 



FELICIBUS APTA TRIUMPHIS 

(^Apte à d'heureux triomphes) 

(Devise officielle.) 

APT 

Clief-lieu d'arrondissement (Vaucluse). 
(Aptajulia, une des plus anciennes villes de la Gaule.) 

ARMES : de gueules, à Vépée d'or posée en pal, la 
pointe en bas, dans son fourreau de sable à la bouterolle 
d'or, entortillé de son ceinturon aussi de sable, lequel est 
muni de deux agrafes d'or. 

Cette devise est une adaptation d'un vers latin ; elle 
n'a aucun rapport avec l'historique de la ville, ni avec 
son blason. 

I . Cette devise est tirée de l'épître de saint Paul aux Éphésiens, 
chap. II, V. 14, où il est dit que les Gentils, depuis la venue de 
Jésus-Christ, ne font qu'un avec les Juifs. 



— 105 — 

M, Sauve, bibliothécaire et archiviste de la ville 
d'Apt, a bien voulu nous donner les renseignements 
suivants ; ils sont très intéressants ; nous les transcri- 
vons tels que : 

« Les armes et la devise datent du xv* siècle. Anté- 
« rieurement, le sceau d'Apt (dont on ne connaît tou- 
« tefois ni matrice, ni empreinte) représentait deux 
« hommes à cheval, armés, avec cette légende : Pugno 
« et expiigno. Au revers : deux hommes debout, et cette 
« exergue : Sigillum carie civitatis Apiensis. 

« On s'accorde généralement à fixer vers 1400 l'adop- 
« tion de l'épée dans le blason de la ville ; la cloche de 
« l'église cathédrale est le premier monument qui porte 
« ce blason (1404). 

« Une légende se créa, vers cette époque, attribuant 
« à César la fondation de la ville (d'origine réellement 
« romaine) ; le conquérant lui aurait laissé son épée, 
« qui resta dans le blason communal. 

« Quant à la devise, elle est simplement extraite du 
« poème de Claudien, De Bello getico, où l'on trouve 
« ce vers : nieritum noinen felicibus apta trinmphis . » 
(O nom mérité et apte à d'heureux triomphes.) 



— io6 — 

FELICIUM INGENIORUM FONS ET 
SCATURIGO 

{Orii^inc cl source des bons esprits) 

(Devise officielle . ) 

FONTENAY-LE-COMTE 

Chfcf-lieu d'arrondissement (Vendée). 

ARMES : ifa^nr, à la fontaine d'argent maçonnée de 
sable. 

« La devise de Fontenay-le-Comte (ancienne capitale 
u de la petite province du Bas-Poitou) lui fut donnée, 
« en même temps que ses armes, en 1542, par Fran- 
« çois I", sur la sollicitation de Rabelais, qui avait 
« passé toute sa jeunesse dans le couvent des Cordeliers 
« de notre ville. 

« Cette devise, vraisemblablement rédigée par Rabelais 
« lui-même, portait : felicium ingeniorum fons et 
« SCATURIGO, très flatteuse allusion à l'origine du lieu et 
(( à sa rare fécondité en beaux esprits. Dans l'espace des 
« dix années qui précédèrent l'inscription dé cette élo- 
« gieuse qualification sur le fronton de l'antique fon- 
« taine fontenaisienne, naquirent, en effet, le célèbre 
« jurisconsulte Barnabe Brisson, président du parlement 
« de la Ligue, le soldat poète Nicolas Rapin, le mathé- 
« maticien François Fiête, l'illustre inventeur des signes 
« algébriques et de l'application de l'algèbre à la géo- 
« métrie, et combien d'autres célébrités locales de 
« moins d'envergure, mais qui n'en ont pas moins 



— 107 — 

« contribué à créer à notre ville une glorieuse au- 
« réole. 

« Parmi ces derniers, il faut encore citer : les juris- 
'< consultes Imbert et Collardeaii, Thistorien Pierre Bris- 
« son, le poète André de Rivaiideau et le médecin 
« Minière. » (Note de M. René Vallette, directeur de la 
Revue du Bas-Poitou, inspecteur de la Société française 
d^ archéologie, 1896.) 



FERIT ET ALIT 

(// blesse et nourrit^ 

(Devise officielle.) 

BÔNE 

Sous-préfecture (Algérie) . La ville de Bône est une des plus jolies 
villes de l'Algérie. 

ARMES : d'azur, au lion en repos sur une plage, le tout 
au naturel, puis une mer de sinople sur laquelle vogue une 
nef d'or à la voile d'argent ; au chef cousu de gueules, 
au jujubier au naturel feuille de sinople. 

La devise a trait au jujubier représenté au chef de 
1 ecu. 

Le jujubier est, en effet, un arbre à feuillage épineux 
qui produit des fruits à chair ferme, d'une saveur 
agréable. La quantité en est si considérable aux environs 
de Bône, que les Arabes avaient autrefois donné à cette 
ville le nom de Bled Anaba (la ville des jujubiers). 
(Note de M. le Maire de Bône, 191 1.) 



— io8 — 

FERME BIEN QUI POUVANT TOUT 
FERMER NE FERME RIEN 

(Devise officielle.) 

ROGNES 

Commune du canton de Lambesc, arrondissement d'Aix 
( Bouches-du-Rhône). 

ARMES :ifa^iir, au verrou d'argent. 

Ces armoiries et cette devise furent adoptées au com- 
mencement du xvii^ siècle, à la suite de la querelle qui 
survint entre Julie d'Agoult, fille unique du dernier 
seigneur de Rognes, et la communauté. 

« La jeune châtelaine était, suivant la chronique, 
« quelque peu hautaine et ambitieuse; elle conserva, 
« même après son mariage (1597), les rênes de son 
« petit gouvernement et elle eut la fantaisie d'élever 
« des prétentions tout à fait insolites; elle les réduisit à 
« cinq chefs et adressa une requête au lieutenant du 
« sénéchal d'Aix ; le premier article blessa vivement les 
« habitants : il y était dit que « ils ne pouvaient mettre 
« sur les portes des églises, sur celles du village, sur les 
« tombeaux et les bannières, d'autres armoiries que 
« celles du seigneur et qu'il devait être défendu aux 
« particuliers de graver leurs armes sur les portes de 
« leurs maisons, ni autres lieux que ce fût et encore 
« moins de mettre des créneaux. » 

« De leur côté, les consuls présentèrent une requête 
« contradictoire où ils réfutaient tous les articles expo- 



— 109 — 

« ses et celui ci-dessus nommé, de la manière sui- 
« vante : « La communauté soutient qu'elle et tous 
« les particuliers ont toujours eu le droit d'apposer leurs 
« armoiries et des créneaux sur leurs maisons du village 
« et de la campagne, que les armes et les créneaux y 
« existaient depuis plus de cent ans ; que l'on pouvait 
« s'en convaincre envoyant la maison de Jean Simon, 
« la porte du jardin d'Elzéar Barlatier, Fontmarin, la 
« bastide de Saint-Paul, celle de Barbebelle, etc.; que la 
« Communauté et les particuliers sont en possession 
« immémoriale d'apposer leurs armoiries où ils le 
« trouveront bon, sur les pierres tombales, dans le 
« cimetière Saint-Etienne, dans l'église vieille, etc. » 

« La requête de la dame de Rognes fut rejetée, celle 
« de la Communauté admise comme fondée sur le droit 
« et sur les usages; Julie d'Agoult fut battue sur toute 
« la ligne et déboutée de ses prétentions, par sentence 
« du lieutenant de la sénéchaussée ; on conçoit son 
w dépit et la joie des habitants, lorsqu'ils apprirent 
« l'heureuse issue du procès. Cependant, la commune 
« n'avait pas de blason particulier, c'était le moment ou 
« jamais d'en adopter un : les syndics, voulant faire une 
« malice à M™^ Julie d'Agoult, firent peindre un ver- 
« rou sur champ d'azur et déclarèrent que cet écusson 
« significatif serait dorénavant celui de la Communauté 
« avec la légende : Ferme bien qui pouvant tout fer- 
« mer ne ferme rien. » 

« Puis tenant à ne point déroger au vieil esprit gau- 
« lois, un plaisant ajouta : * 



— IIO — 

« Sous ce simple verrou 

« La brebis enfermée 

a Ne craindra pas du loup ' 

« La dent envenimée. 

« Pour rappeler le souvenir de cette petite querelle 
« (1625), ils écrivirent ces vers en tête d'un livrede déli- 
« bérations où l'on a peint un loup et par-dessous un 
« verrou ^ . » 



FERME COMME GY (Gyps) 

(Ancienne devise. 

GY 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Gray (Haute-Saône). 

ARMES : d'azur, hune loyauté ou foi {deux mains en- 
lacées) ^'aro^t'»/. 

Devise de la fin du xvi= siècle. (Cf. Jules Gauthier. 
Les sceaux et les armoiries des villes et bourgs de Franche- 
Comté. Loc. cit., pp. 9 et 18.) 



1 . Le loup figurait dans les armoiries des d'Agoult ; elles sont : 
d'or, au loup ravissant d'azur, armé et lampassé de gueules. 

2. Marie Tay, Une cotnmutie de Vancieiine France. Monographie du 
village de Rognés. Marseille, 1885, in-S», p. 77 et 78. 



— III — 

FERRO ET AQUA 

{Par le fer el par l'eau) 

(Devise officielle.) 

FORGES-LES-EAUX 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Neufchâtel 
(Seine-Inférieure). 

ARMES : de gueules, à la fasce d'or chars^ée d'une en- 
clume de sable et accompagnée de doii:(e marteaux d'argent 
posés en fasce deux par deux, six en chef et six en pointe. 

Le déploiement d'ustensiles de forge que présente le bla- 
son n'a trait qu'au nom de la localité ; quant à la devise : 
FERRO ET aq.ua, elle se rapporte exclusivement aux eaux 
minérales ferrugineuses connues depuis le xvi= siècle les- 
quelles ont f;iit la renommée de ce bourg. 



FIAT LUX, FIAT URBS 

{Qu'une lumière soit, qu'une ville soit^ 

(Devise officielle.) 

LE TOUC^UET-PARIS-PLAGE 

Commune du canton et de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer 
(Pas-de-Calais). 

ARMES : Parti : au /" d'or, à trois bandes d'aïur, à la 
bordure de gueules, qui est de Ponthieu, ait phare d'argent 
allumé d'or posé sur une dune de simple émergeant d'une 
nier d'argent et brochant sur le tout ; au 2" de gueules, à la 



— 112 — 

galère d'argent voguant sur des ondes du même, au chej 
cousu da^ur, semé de fleurs de lys d'or, qui est de la ville 
DE Paris (à cause du nom de Paris-Plage). 

Ces armes ont été composées par M. de Guyencourt, 
héraldiste distingué. 

La devise se rapporte au phare du blason et tait aussi 
allusion au développement de la Ville. 



FIAT PAX ET ABVNDANTIA IN 
TVRRIBVS TVIS 

(D'après le Ps. 121, verset 7.) 
{Que la paix et r abondance soient dans tes tours) 

(Ancienne devise.) 

TRÉ\'OUX 

Chef-lieu d'arrondissement (Ain.) 

ARMES : d'argent, à la tour ronde couverte de gueules, 
maçonnée et ajourée de sable ; au chef d'a^^ur, à trois fleurs 
de lys d'or, senestrées chacune d'une cotice alésée de gueules 
en barre, qui est de Bourbon, prince de Dombes. 

« Les atfineurs et les tireurs d'or avaient formé une 
« corporation en 1766 ; ilsfirent frapper une médaille à 
« l'effigie de Louis XV, avec la vue de Trévoux et la 
« maison de l'affinage au revers ; pour exergue, la devise 
(( de la ville. L'industrie du tirage d'or y existe encore.» 
(Edmond Révérend du Mesnil, Armoriai historique de 
Bresse, Bugey, etc. Lyon, in-4°, 1872, p. 663.) 



m — 



La devise de Trévoux, empruntée aux Livres saints, 
convient parfaitement à une cité dont le premier besoin, 
en effet, est la paix, puis l'abondance. 

Le P. Menestrier donne comme étymologie à Tré- 
voux : très vise (trois voies). La grande route construite 
en Gaule par Agrippa, gendre d'Auguste, se divisait 
à Trévoux. 

Cette ancienne ville fut longtemps sous la souve- 
raineté des sires de Villars, puis aux sires de Thoire, 
enhn vendue, en 1402, à Louis de Bourbon qui en fit la 
capitale de la principauté de Dombes. 

La chronologie des princes souverains de Dombes est 
donnée par Moreri de 1047 à 1693. 



FIAT PAX IN VIRTUTE TUA 
ET ABUNDANTIA IN TURRIBUS TUIS 

{Que la paix soit dans ta valeur et l'abondance dans tes tours) 

(Ancienne devise.) 

CASTELJALOUX 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Nérac (Lot-et-Garonne). 

ARMES : Taillé de gueules et d'argent, à la tour de 

brochant sur le taillé, surmontée de trois tourelles du même, 
celle du milieu plus haute que les deux autres et accostée de 
deux tourelles plus petites. 

La devise fait allusion aux tours du blason. 



Lks Devises des Villes de France. 



— 114 — 

FIAT FAX IN VIRTUTE TUA 
ET ABUNDANTIA IN TURRIBUS TUIS 

ÇQuc la paix soit dans ta valeur et l' abondance dans tes tours) 

(Devise officielle.) 

GERBÉVILLER 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Lunéville (Meurthe-et- 
Moselle). 

ARMES : d'a:(;ur, semé de gerbes d'or sans nombre, au 
saint Mansuy ' de carnation, vêtu à V antique, nimbé d'or 
et posé sur un agneau d'argent dormant en pointe ; au chef 
coupé d'un trait, parti de trois : au i" de gueules, à deux 
bars adossés d'argent. Vécu semé de croix pommetées et fichées 
de même, qui est Kerford ; au 2^ de Lorraine simple ; 
au j" d'a:(ur, à trois aigles d'argent, qui est de Linange; 
au 4^ de gueules, à deux saumons adossés d'or. Vécu semé 
de croix recroisetées au pied fiché d'or, qui est de Salm ; au 
j* d'argent, à trois têtes de Maures de sable qui est Wisse ; 
au 6" écartelé de: du Châtelet et d'Haussonville ; au j" 
êcartelé : au i" de gueules, à la croix d'argent qui est 
de Savoie; au 2^ d'argent, au chef de gueules, à la cotice de 
sable sur le tout, qui est de Chalant ; au f d'or, au lion 
de gueules, qui est de Montferrat ; au 4" vairé d'or et 
de gueules, qui est Beaufremont; sur le tout de gueules, 

I. Premier apôtre du pays des Leukes, dont Toul était la capi- 
tale. 



— 115 — 

à Vécusson d'or, à V aigle impériale de sable accompagnée de 
deux cimeterres d'or, qui est Tornielle ; an 8^ d'a:{ur, à 
deux chevrons d'or, qui est Lambertye. 

Vécu sommé d'une couronne murale de trois tours 
crénelées d'argent; pour cimier: une gerbe de blé d'or, 
issant de la couronne, accostée à dextre d'une branche 
d'olivier et à senestre d'une branche de chêne. Ces 
armoiries figuraient sur un vitrail de l'ancienne église 
de Gerbéviller. 

La devise se rapporte aux gerbes de blé sans nombre 
du blason et aux branches d'olivier et de chêne du ci- 
mier. (Voir C. Lapaix, Armoriai des mies, Bourgs et Vil- 
lages de la Lorraine, du Bar rois et des Trois-Êvéchés. Nancy, 
1877, pp. 295 et 296.) 



FICI CAMPVS 

{Champ du figuier') 

(Appellation officielle.) 

FÉCAMP 

Chef-lieu de canton, arrondissement du Havre (Seine-Inférieure). 

ARMES : de simple, à trois tentes d'argent ouvertes du 
champ, celle de la pointe plus haute ; au chef cousu d'azur 
chargé d'un faucon essorant, tenant dans ses serres une corne 
d'abondance, d'où s'échappent des grains qui tombent sur le 
champ, le tout d'argent. 



— ii6 — 

Ces deux mots : fici campus (champ du figuier) ne 
constituent pas une devise, mais une appellation. 

En prenant comme point de départ la célèbre légende 
du Précieux sang, on a fait dériver le nom de la ville 
de ces deux mots. On a proposé aussi : Flsci campus 
(champ du fisc) « donné à la localité parce que César 
(( s'y serait fait apporter les tributs des environs ' ». 

D'autre part, M. F. Delbende, bibliothécaire de la 
ville de Fécamp, nous écrivait, en 1894 : « Je croirais 
« plutôt que le nom de Fécamp provient de la situation 
« topographique de la ville et signifie un endroit hu- 
« mide et marécageux. Fécamp ou plutôt Fiscann, nom 
« primitif, est composé de deux mots celtiques : Fiss ou 
« Fuiss, courant d'eau et Can ou Canien, vallée maré- 
« cageuse. Le mot Canal, du reste, n'a pas d'autre dé- 
« rivation. » 

« Les armes de Fécamp, ajoute M. F. Delbende, ont 
« été composées en 1848, par M. Paul Vasselin, d'après 
<( un bouton d'uniforme de la première garde nationale 
« de Fécamp. » 

De son côté, A. Canel - écrit ceci : 

« Nous ignorons si ces armes sont anciennes, mais 
« nous pouvons affirmer qu'elles étaient en usage au 
« commencement delà Révolution. L'empreinte en cire 
« rouge d'un cachet municipal de cette époque, que 



1 . Canel, AiDiorial des Ville<: et Corporations de la Normandie. Loc. 
cit., p. 145. 

2. Ibid., p. 145. 



— 117 — 

« nous communique M. Brianchon, les reproduit telles 
« que nous les avons données, mais sans indication 
« d'émaux. La légende porte : Ville de Fécamp. » 

Il ressort de ce dernier paragraphe que la devise a été 
imaginée postérieurement à la création des armoiries. 



FIDA MVRIS VSaVE AD MVRES 

(Devise officielle.) 

MELUN 

Chef-lieu du département de Seine-et-Marne. 

ARMES : d'a:^ur, semé de fleurs de lys d'or, au châ- 
teau fort d'argent, sommé de trois tours du même. 

« Cette devise est un jeu de mots latins par lequel on 
« a voulu dire que la ville était fidèle à ses murs jus- 
« qu'à manger des rats. C'est une allusion au siège de 
« Melun par les Anglais en 1420, qui dura six mois et 
« pendant lequel les habitants, réduits à la plus fâcheuse 
« extrémité, mangèrent des rats pour subsister. 

« L'historien local Sébastien Rouillard, qui écrivait 
« en 1628, est l'auteur de cette devise que la ville a 
« adoptée et qui figure au-dessous de ses armes. » 
(Note de M. G. Leroy, bibliothécaire de la ville de 
Melun, 1896.) 

Tisserand' cite ce passage de' l'ouvrage de Sébastien 

I. Les armoiries de la ville de Paris, sceaux, emblèmes, couleurs, 
devises, livrées, etc.,loc. cit., chapitre i^r, Les danses en général, p. 171. 



— ii8 — 

Rouillard (Histoire de Meliin, in-4°, p. 539), pas- 
sage relatif à la devise ci-dessus : « Et c'est ce qui m'au- 
« roit fiùct donnera la ville de Melun la devise par moy 
« adioustée à ses armoiries, fida mûris usque ad 
« MURES, laquelle antithèse de niuris ad mures, ne se 
« pouvant rencontrer en François, me suffira de 
« rendre le sens, et dire que cela signifie : Fidelle de 
« nivrs, ivsqvà manger sovris. » 
Voyez : ex uno per plurima tendit ad unum. 



FIDEI SERVANDiE EXEMPLUM 

(Modèle de la fidélité gardée) 

(Devise oificielle.) 

ANTIBHS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Grasse (Alpes-Maritimes), 

ARMES : d'a:^nr,à la croix d'argent cantonnée de quatre 
fleurs de lys d'or ; au lanihel de gueules mouvant du chef et 
brochant sur le montant de la croix. 

« En reconnaissance de sa fidélité et de son attache- 
« ment, le roi Louis XVIII lui donna, en 181 5, la 
« devise ci-dessus '. » 

I. Louis de Bresc, Armoriai des communes de Provence. I.oc. cit., 
p. 9 et 10. 



— 119 — 
FIDELES AUDOMARENSES 

(.Fidèles A ndo)iiarois) . 

(Devise demandée.) 

SAINT-OMER 

Chef-lieu d'arrondissement (Pas-de-Calais). 

ARMES : de gueules, à la croix, à double traverse, d'ar- 
gent. 

Nous devons à M. Justin de Pas, de Saint-Omer, les 
renseignements suivants sur cette devise : « La ville de 
« Saint-Omer reprit, par autorisation royale du 
« 25 novembre 18 15, les armoiries qu'elle avait avant 
« la Révolution. Dans une séance du Conseil munici- 
« pal de décembre 18 14, surgit une proposition tendant 
« à solliciter du Roi, l'adjonction, à la double croix, de 
« deux fleurs de lys d'or et de la légende : fidèles 
« AUDOMARENSES. Ce vœu, rcsté une première fois 
« sans effet, fut renouvelé en 1821, et suivi de 
« démarches faites par le maire de la ville sans plus de 
« succès. Les sollicitations réitérées en 1824 et 1825 
« n'aboutirent pas davantage et il n'en fut plus ques- 
« tion ; de sorte que la ville n'a jamais porté officielle- 
« ment cette devise. D'ailleurs, l'origine de la dite devise 
« ne se rapportait à aucun fait spécial. Il ne faut y voir 
« qu'une protestation d'attachement de la ville envers 
« le pouvoir, et la démarche tendait à obtenir pour 
« Saint-Omer le titre de bonne ville. — Charles X 
'< déclara qu'il ne ferait pas de bonne ville à l'occasion de 



— I20 

« son avènement au trône, mais qu'il n'oublierait pas la 
« requête quand l'occasion se présenterait d'y faire droit. 
(( Mais depuis on ne voit plus qu'il en soit question, 
« du moins dans les registres aux délibérations du Con- 
« seil municipal. Les autres sources que je connais sont 
« également muettes. » 



La Société des Antiquaires de la Morinie, à Saint- 
Omer, fondée en 183 1, a pour devise: Investigatio resli- 
litet (Henri Jadart, loc. cit.). 



FIDELIS 

(Fidèle) 

(Devise officielle.) 

ABBEVILLE 

Chef-lieu d'arrondissement (Somme). 

ARMES : d'a::jir, à trois bandes d'or, à la bordure de 
gueules, qui est de Ponthieu; au chefd'axitr, semé de fleurs 
de lys d'or. 

Par lettres patentes données à Vincennes le 19 juin 
1369, le roi Charles V, pour récompenser les Abbe- 
villois de leur fidélité, leur accorda d'ajouter à leurs 
armoiries, qui étaient les pleines armes de Ponthieu 
« un chef des armes de France, c'est à scavoir : d'azur 
semé de fleurs de lys d'or ». Quanta la devise : fidelis 
et aux anges qui servent de tenants, ils ont été ajoutés 



121 



depuis, dit le P . Ignace, dans son Histoire des Maïeurs 
d' Abbeville (1646), p. 15. On ne sait ni à quelle époque 
ni en quelle circonstance. 

Nous rappellerons que la Société d'Emulation d'Abbe- 
ville fondée en 1797, a pour devise : Ars et labor . 



FIDELIS, ADUROR AMORE 

(Fidèle, je brûle d'amour) 

(Ancienne devise.) 

SOISSONS 

Chef-lieu d'arrondissement (Aisne). 

ARMES : d'a:^itr, à la fleur de lys d'argent. 

Ces armoiries ont été conférées à la ville de Soissons 
par ordonnance du roi Louis XVIII, en date du 3 fé- 
vrier 18 19. 

Il est probable que la devise date de la même époque ; 
elle marque la fidélité et l'attachement à la royauté . 

L'un des derniers opuscules soissonnais où elle se 
trouve reproduite est un guide ayant pour titre : Soissons 
moderne (Brismontier, 1881). 



— 122 — 

FIDELIS AD USQUE 

{Fidèle jusque ///) 

(Devise officielle.) 

SAINT-TROPEZ 

Clic'f-lieu de canton, arrondissement de Draguignan (Var). 

ARMES : d'aïur, au saint Trope^ vêtu en pèlerin d'or, 
nimbé du même, tenant de la niain dextre une épée d'argent, 
la pointe en bas. 

« C'est à tort, selon nous, que l'on représente saint 
« Tropez sous le costume d'un pèlerin, puisque ce saint 
« était un officier disti ngué de la Cour de l'empereur 
« Néron, instruit et converti par saint Paul lui-même 
« et qui souffrit le martyre à Pise où il fut décapité Tan 
« 66 de J.-C. ' » 

La devise semble se rapporter au saint lui-même qui 
fut fidèle à la Foi jusqu'à la mort. 



FIDELIS DEO ET REGI 

{Fidèle à Dieu et au Roi) 

(Devise officielle.) 

SARLAT 

Chef- lieu d'arrondissement (Dordogne). 

ARMES : de gueules, à la salamandre couronnée d'or, 
couchée dans des flammes du même ; au chef cousu d'azur, îi 
trois fleurs de lys d'or. 

I. L. de Bresc, Armoriai Jes connnunes de Pravence. Loc, cit. 



— 123 — 

Lors des guerres contre les Anglais et des guerres de 
religion, cette ville s'est toujours montrée fidèle au roi 
de France et à la religion catholique ; de là sa devise. 
Cette devise doit, comme les armoiries, remonter à 
l'époque de François l". 



FIDELIS DEO ET REGI 
OMNIS FRANCOPOLITANUS 

{Tout habitant de Villefranchc est fidèle à Dieu et au roi) 

(Devise douteuse.) 

VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE 

Chef-lieu d'arrondissement (Aveyron). 

ARMES : de gueules, au pont de trois arches d'argent 
crénelé de quatre pièces, surmonté d'une croix de Toulouse 
d'or accostée de deux tours carras, crénelées de trois pièces 
d'argent, ouvertes et maçonnées de sable, le tout posé sur des 
eaux d'argent ondées d'a:{ur ; au chef cousu : de France. 

Voici comment s'exprimait, en 1896, feu M. l'abbé 
L. Vialettes, chanoine de la cathédrale de Rodez, 
archiviste de la Société des lettres, sciences et arts de 
r Aveyron, au sujet de cette devise : 

« Un auteur moderne, dont je ne puis garantir la par- 
« faite critique, dit dans un de ses ouvrages que la 
« devise de Villefranchc est : fidelis deo et régi 

« FRANCOPOLITANUS. 

« Où a-t-il pris cette devise ? il n'en dit rien. 



124 - 

« Ce qui me fait clouter de l'exactitude de cette affir- 

<.< mation, c'est que j'ai en mains un travail manuscrit 

« sur les armoiries fitit par htienne Cabrol qui a écrit 

u les Annales de VilJefranche et il y a décrit et peint les 

« armes de cette ville et n'y a pas joint la devise. Cet 

« Etienne Cabrol vivait dans le XYii"^ siècle ; si Ville- 

« franche avait eu une devise, il l'aurait sûrement don- 

« née. » 



nDELIS LEGl SEMPER OLIVA 

{V olivier est toujours fidèle à la loi^ 

(Devise officielle.) 

OLLIOULES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Toulon (Var). 

ARMES : d'argent, à V olivier arraché de simple. 

« Les seigneurs d'Ollioules se qualifiaient barons de 
« cette ville dont le n om et les armes sont tirés des oli- 
« viers qui se trouvent en grande quantité dans son 
" territoire '. » 

« Dans la bulle du pape Grégoire VII (1073 -1085) 
« il est dit Oliulà peut-estre ainsi dit ab oleis, des oliviers 
« qu'on y voit en très grande quantité et des plus 
« beaux du monde'. » 



1. L. de Brcsc, Armoriai des comniuiies de Provence. Loc. cit. 

2. H. Bouche, Histoire de Provetice, in-f", 1664, t. 1, p. 339. 



— 125 — 

FIDELISSIMA PICARDORUM NATIO 

ÇLa très fidèle race des Picards^ 

(Devise officielle.) 

MONTREUIL-SUR-ME R 

Chef-lieu d'arrondissement (Pas-de-Calais). 

ARMES : d'or, h deux fasces d'a^^iir ; au chef d'a:(iir, 
chargé de trois fleurs de lys d'or. 

« On ne connaît pas, à proprement parler, de devise 
« à la ville de Montreuil ; son écusson n'en porte pas en 
« exergue. 

« Cependant on pourrait, ce me semble, donner pour 
« devise à Montreuil la glorieuse inscription qui se 
« lisait, avant 1789, au-dessus de l'une des portes de la 

« ville : FIDELISSIMA PICARDORUM NATIO. 

« Selon la tradition, c'est Henri IV qui avait fait gra- 
« ver ces mots après l'échec de la tentative des Espagnols, 
« repoussée par le courage et le patriotisme des habi- 
« tants et de la garnison (1594). 

« Cette devise figure sur le drapeau de la garde natio- 
« nale de la ville sous la Restauration, drapeau encore 
<( conservé à l'hôtel de ville. » (Note de M. Roger 
Rodière, de Montreuil.) 



— 126 — 

FLORENCIA FLORUIT, FLORET, 
SEMPERQ.UE FLOREBIT 

{Fleiirance a fleuri, fleurit et toujours fleurira) 

(Devise officielle.) 

FLEURANCE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Lectoiire (Gers). 

ARMES : d'argent, à Faigle éployée de sable ; au chej 
d'a:(ur, à trois fleurs de lys d'or. 

A l'origine (xiii^ siècle), Fleurance prit pour armes 
un écusson d'argent à l'aigle éployée de sable. Plus 
tard, pour récompenser la ville de sa fidélité à la cou- 
ronne, Jean le Bon mit en chef de l'écu les armes de 
France. 

La devise joue agréablement sur le nom latin de 
Fleurance. 



FLOURISSON PÈR MAIANO LI CLAVEU 
DÔU BON DIEU 

(Les clous (les glaïeuls) du Bon Dieu fleurissent 
pour Mai liane) 

(Devise officielle.) 

MAILLANE 

Commune du canton de Saint-Remy, arrondissement d'Arles 
(Bouches-du-Rhône). 

ARMES : de gueules, au nom de Jésus d'argent (/ftj^), 
soutenu des cinq clous de la Passion, apointés, du mêtne. 



— 127 — 

« La devise fait allusion aux cinq clous de la Passion 
« qui ornent les armoiries de la commune et au double 
« sens du mot : clavèu = clou et glaïeul en provençal, 
« les glaïeuls fleurissant en masse au printemps, dans le 
<' territoire de Maillane. Cette devise s'étale triompha- 
« lement brodée en or au-dessous des armoiries muni- 
« cipales sur la glorieuse bannière de la musique du 
« village. 

« Naturellement, elle a été créée, pour ses compa- 
« triotes, par l'illustre poète provençal Frédéric Mis- 
« tral, ainsi que celle de Charleval. Malheureusement, 
« il paraît être moins fort en devises qu'en poésies, 
« ignorer qu'une devise normale ne doit pas avoir plus 
« de huit syllabes et confondre devise avec inscription ou 
« proverbe ou dicton. » (Note de M. V. Lieutaud, à 
« Volone.) 



FLUCTUAT NEC MERGITUR 

{Elle flotte et ne sombre pas^ 

(Devise douteuse . ) 

AIMARGUES 

Commune du canton de Vauvert, arrondissement de 
Nîmes (Gard). 

ARMES : d'azur, à la rivière d'argent, ombrée d''a:(ur, 
sur laquelle est une croix flottant à dextre de sable. 

Une tradition locale porte que ces armoiries ont été 



- 128 — 

données à Aimargues par le roi saint Louis, passant en 
cette ville, pour aller s'embarquer à Aigues-Mortes. 

La devise : fluctuât nec mergitur a été attribuée à 
la ville d'Aimargues par certains auteurs qui se sont 
basés sur la tradition ; elle s'applique à la croix du 
blason. 

« Si cette devise, dit M. d'Anglas de Malherbe ', 
« n'est pas authentique, puisqu'elle n'existe ni à la 
« commune, ni à l'église d'Aimargues, elle subsiste 
« cependant dans les traditions du pays et surnage au- 
« dessus des documents, absents sans doute par l'ou- 
« bli des temps. Cette tradition est encore bien vivante 
« dans le pays et, moi-même, ajoute-t-il, j'en retrouve 
« la trace dans mon souvenir. » 



FLUCTUAT NEC MERGITUR 

(// est agité par les vagues y et ne sombre pas) 

(Devise officielle.) 

LA VILLE DE PARIS 

ARMES : de gueules, an navire équipé d'argent, voguant 
sur des ondes du nmne ; an chef cousu d'axjir, semé de fleurs 
de lys d'or. 

« Cette devise qui figure sur des jetons des années 
« 1580, 1581, 1582, 1584, 1585, 1586 et 1598, a été, 
« avant 1789, une des devises, mais non la devise 

I. Dans une lettre qu'il nous écrivait en mai 1896. 



— 129 — 

« propre et exclusive de Paris '. Mais si la devise : 
« FLUCTUAT NEC MERGITUR n'a pas été, dans le passé, 
« l'objet d'une adoption définitive, soit par l'ancienne 
« édilité, soit par le pouvoir royal, on peut dire qu'elle 
« a aujourd'hui ce caractère et que l'avenir lui appar- 
« tient légalement : une décision prise, le 24 novembre 
« 1853, par M. le baron Haussmann, alors préfet de la 
« Seine, est venue la consacrer pour la première fois 
'< d'une manière officielle. Cet éminent administrateur 
« a pensé sans doute qu'une telle devise rappelle 
« admirablement les dangers que Paris a courus, les 
« terribles révolutions qui l'ont agité, les crises de 
« toute nature qu'il a subies, en même temps qu'elle 
« exprime mieux que toute autre l'idée de vitalité, de 
« force, de perpétuité qui caractérise la longue et glo- 
« rieuse existence de cette ville ^ 

« Semblable au vaisseau qui, battu par la tempête, se 
« relève plus fier sur le flot qu'il a vaincu et met à 
« profit la fureur même des vents pour arriver plus 
« vite au port, but de son long et périlleux voyage, 
« l'antique et noble cité n'a pas seulement surnagé 
« au-dessus des abîmes; elle y a puisé, avec une force 

1. Les Armoiries de la ville de Paris, emblèmes, couleurs, devises, 
livrées, etc., par feu le comte A. de Coëtlogon, complété par L.-M. 
Tisserand, 1874. Chapitre II : Les devises de la ville de Paris, p. 180- 
181-189. 

2. " Les mots Non iirbs sed o/7'/5 appliqués à Paris par l'empe- 
M reur Charles-Quint constituèrent aussi pour cette ville une fort 
« belle devise de circonstance ; malheureusement il n'y est pas 
« question du navire, auquel toutes les autres devises font allu- 
« sien. » 

Les Devishs di;s Villes de France. g 



— no 



« nouvelle, la conviction que, si de nouvelles épreuves 
« lui sont réservées, elle en sortira toujours victo- 
« rieuse : Fhtctuahit at nunqnam tncrgitnr ' . 

« La devise suivante est la seule qui se rapproche le 
« plus de celle actuelle : Fluctuât at nunquaiu mergitur ; 
<t elle se lit sur un jeton de 1581, où le vaisseau, battu 
« par des vents qui le poussent en sens contraire, est 
« soutenu par une main sortant des nuages-. » 

Il est utile de mentionner ici que la devise : fluc- 
tuât NEC MERGITUR a été attribuée, par certains 
auteurs, à la ville d'Aimargues (Gard) ; là, elle s'ap- 
plique, non au vaisseau voguant, mais à la croix du 
blason flottant sur les eaux (voir ci-dessus). 



FOLIUM EJUS NON DEFLUET 

(Ps. ler de David.) 
{Sa feuille ne tombera pas) 

(Devise officielle.) 

ANCENIS 

Chef-lieu d'arrondissement (Loire-Inférieure). 

ARMES : de gueules, à trois quintefeuilles d'hermine. 

Pol de Courcy, dans son Nobiliaire et armoriai de 
Bretagne, article Ancenis, cite cette devise d'après V Ar- 
moriai breton de Guy Le Borgne, 1667, annoté par Pré- 
vost de Boisbilly, président aux comptes de Nantes en 

1. Les Aniiûiries lie ta ville de Paris, toc. cil., p. 191-192. 

2. Ibidem., p. 180. 



— 131 — 

1742- (E. Maillard, Histoire (fAncenis et de ses barons, 

P-23-) 

Les armoiries de la ville d'Ancenis sont celles de ses 
anciens barons : de gueules, à trois quintefettiUes d'her- 
mine, et ces quintefeuilles sont le corps de la devise. 

« La ville d'Ancenis, bâtie sur la rive de la Loire, est 
« comparée à un arbre planté sur le bord des eaux 
« vives. Les feuilles ne tomberont pas, parce que les 
« racines sont toujours baignées par une source 
« féconde. C'est la Loire qui fait et a surtout fait jadis 
« la prospérité d'Ancenis. » (Note de M. Hyacinthe 
« Glotin, de Nantes, 1896.) 



FONTES DANT ROBUR VIRTUTEMQUE 

(Les eaux donnent force et énergie^ 

(Devise attribuée.) 

ENGHIEN-LES-BAINS 

Commune du camon de Montmorencv, arrondissement de 
Pontoise (Seine-et-Oise). 

ARMES : d'a~ur, a trois fleurs de Ixs d'or, au bâton 
péri de gueules en bande, au lambel à trois pendants d'ar- 
gent, qui est de Bourbox-Condé, duc d'Enghien. 

Ce lieu passa de la maison de Montmorenc}- à celle 
de Condé. 

La devise, bien qu'on l'attribue quelquefois à la ville 
d'Enghien, est particulière à l'établissement thermal. 

« Les Eaux d'Enghien, observées dès 1773, n'ont été 



— 132 — 

« sérieusement étudiées, puis fréquentées, que depuis 
« les travaux entrepris en 1821 par Péligot qui créa 
« le premier établissement. 

« Le groupe de maisons et de villas qui s'était formé 
« dès lors autour des sources fut érigé en commune en 
« 185 1. » (Paul Joanne, Dictionnaire géographique et 
administratif de la France.) 



FORCE. FIDELITE 

(Devise officielle.) 

LORGUES 

Chef-lieu de ciinton, arrondissement de Draguignan (Var). 

ARMES : de gueules, au lion d'or et au chien du même 
affrontés, soutenant de leurs pattes de devant une fleur de 
lys d'or ; au chef cousu d'a:{ur, à trois fleurs de lys d'or. 

« Les supports des armoiries de Lorgues, données 
« par Robert de Briançon et Achard, consistent en un 
(( lion à dextre et un chien lévrier à senestre, animaux 
« que l'on trouve dans le blason de la ville, tel que le 
« donne V Arnwrial général de d'Hozier". C'est au lioii 
« et au chien que la devise : force, fidélité flut allu- 
« sion. 

« Cette devise aurait déjà existé en 1654, J^^piès 
« H. Bouche, Histoire de Pravence, in-f°, 1664, t. I, 
« p. 25e. (Note de M. V. Lieutaud, a Volone.) 

I. Louis de Bresc, Armoriai dfs coiiimiines de Pravence. Loc. cil. 



— 133 — 
FORTISSIMA CONCORDIA TURRIS 

(Lfl concorde est la plus forte tour) 

(Devise officielle.) 

BOLLÈNE 

Clief-lieu de canton, arrondissement d'Orange (Vaucluse). 

ARMES : d'azur, an châtean d'or maçonné de sable, 
surmonté des deux clefs papales en sautoir aussi d'or. 

La devise ci-dessus est inscrite dans l'intérieur de 
l'écusson. « Ces armoiries figurent sur un sceau em- 
« plové au xviii^ siècle par la municipalité. » 

« Après la révolution de 89, l'emblème historique de 
" la puissance des papes fut supprimé et on le remplaça 
« par une Foi, c'est-à-dire deux mains serrées, ce signe 
« allégorique devait rappeler la devise adoptée depuis de 
« longues années par la commune. C'est cet écusson 
i< ainsi arbitrairement modifié que la municipalité de 
« Bollène a fait graver dans ces derniers temps sur ses 
« têtes de lettre, en plaçant fort mal à propos la devise 
« dans l'intérieur de l'écusson. Espérons que cette com- 
« mune, lorsque l'occasion s'en présentera, rétablira 
« son blason dans sa pureté primitive et trouvera pour 
« sa devise une place plus conforme aux principes '. » 

Ainsi que le souhaitait M. Louis de Bresc, la muni- 



I. Louis de Bresc, Ar)iiorial des communes de Provence. Loc. cit., 
pp. 543 et 344. 



— 134 — 

cipalité de Bollène a rétabli les deux clefs dans son bla- 
son, mais n'a pas donné à la devise la place qu'elle de- 
vrait occuper au-dessous de l'écusson. 



FORTITER AC SUAVITER 

{Avec force cl avec douceur^ 

(Devise officielle . ) 

THIVIERS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Nontron (Dordogne). 

ARMES : d'a:(ur, à la cloche d'argent. 

Ces armoiries furent concédées après la Fronde. 

« Les habitants de Thiviers, avertis par le guetteur. 
« au moyen d'une cloche, repoussèrent victorieusement 
« une attaque des Frondeurs. En mémoire de cet évé- 
« nement, il fut fondu une cloche, la plus belle du sud- 
« ouest, et le roi octroya à la ville les armoiries et la 
« devise ci-dessus. » (Communication de M. André 
Maisonneufve-Lacoste, à Thiviers.) 

La cloche, dont il est question, porte la date de 1660; 
elle existe encore dans le clocher de l'église de Thi- 
viers. 

Elle porte cette longue inscription : 

lESVS MARIA lOSEPH SANCTA QVITERIA ORA PRO XOBIS 
A 1-VLGVRE ET TEMPESTATE DEFENDE NOS DOMINE ESTANS 
EN CHARGE MESSIEVRS 

MAISTRES JEAN NOËL S"" DE LA TOUR CONSEILLER DV 



— 135 — 

ROY IVGE ROYAL DE CETTE VILLE ET PREVOSTE lEAN 
MEILHOT ET lOSEPH DE LA PEYROVNIE NOTAIRES ROYAUX 
ET LEONARD SVDRIE MARCHANT CONSVLZ RECTEVRS 
VIGIERS PATRONS FONDATEVRS ET MERGVILHIERS NAIS DE 
CETE VILLE ET ESGLIZE PRINCIPALE DICELLE * PIERRE 
LALAY ET FRANÇOIS BOVYER MON FAICTE 1660. 

« Sur la robe : i° une Vierge cantonnée de quatre 
« têtes ailées placées 1.2.1; 2° un calvaire; 3° une 
« figure à cinq côtés composée d'un triangle reposant 
« sur un sommet et surmonté d'un rectangle : au milieu 
« IHS. Au pied du calvaire figure la marque du fon- 
« deur Pierre Lalay : un médaillon ovale portant une 
« cloche au centre et en exergue : lalay pierre '. » 

La devise est le juste complément du blason de la lo- 
calité ; elle rappelle que, si dans un moment de danger, 
la cloche sonna fortement, elle tinte doucement dans les 
jours de calme et dans les circonstances heureuses. 



FORTITVDO MEA CIVIVM FIDES 

(^La fidélité des citoyens est ma force) 

(Devise officielle.) 

ANGOULÊME 

Chef-lieu du département de la Charente . 
ARMES : d'azur, à deux tours d'argent maçonnées de 

I. Roger DroLiault, Vieux Sints Pcrigounliiis. Périgueux, 1896, 
in-80. 



- 136 - 

sable, jointes par un mur aussi d'argent maçonné et ouvert 
de sàhle, surmonté d'une fleur de lys d'or sommée d'une cou- 
ronne royale du même . 

En février 1896, M. P. de Fleury, archiviste de la 
Charente, nous écrivait au sujet de cette devise : 
« D'où vient-elle ? à quelle date remonte-t-elle ? C'est 
« ce que je ne saurais dire. Je crois qu'elle fut gravée 
« pour la première fois, à la fin du xvi^ siècle, sur une 
« des portes de la ville, la porte dite du Palet ; encore 
« ne saurais-je rien assurer à cet égard. » 

« On s'accorde généralement à y voir une allusion au 
« courage montré par les habitants de la ville, quand 
« ils forcèrent la garnison anglaise à se rendre à Dugues- 
« clin en 1373 ; et la fidélité qu'ils montrèrent alors à 
« la France et qui valut aux maires et échevins de la 
« cité d'être anoblis. » (Note de M. Machet de la 
(( Martinière, ancien archiviste de la Charente, 1910.) 

D'autre part M. Emile Biais, archiviste et bibliothé- 
caire de la ville d'Angoulême, nous donne (19 10) les 
détails suivants : 

« Cette devise héroïque rappelle l'expulsion des An- 
« glais : 1372. Elle fut adoptée au xiv*^ siècle. 

M. Briais ajoute: «Les véritables armes d'Angoulême 
« sont : d'axtir, à la porte déjendue de deux tours, le tout 
« crénelé et d'argent, maçonné et ajouré de sable, la herse 
« relevée aux deux tiers, une fleur de lys d'or surmontée 
« d'une couronne royale aussi d'or est placée au-dessus de la 
« porte entre les deux tours. 



— 137 — 

« En 185 1, un maire (le chevalier Normand de La 
« Tranchade) remplaça la fleur de lys par une étoile ; 
« mais, depuis déjà de longues années, la fleur de lys a 
« été rétablie dans les armoiries. » 

On sait que la ville d'Angoulème fut prise plusieurs 
fois pendant les guerres de religion ; elle fut, surtout 
en 1568, le théâtre des excès des deux partis. En un 
mot la fidélité de ses habitants fut souvent mise à l'épreuve 
et procura à la ville sa force et son indépendance. 

La cité angoumoise peut à bon droit s'enorgueillir de 
porter une devise aussi bien justifiée. 



FORTITUDO MEA CIVIUM FIDES 

{La fidélité des citoyens est ma force) 

(Devise officielle.) 

COGNAC 

Chef-lieu d'arrondissement (Charente). 

ARMES : de gueules, au cavalier, le casque en tête, d'ar- 
gent, monté sur un cheval du même contourné, le cavalier 
portant un sceptre d'argent surmonté d'une fleur de lys 
d'or; au chef cousu d'azur, à trois fleurs de lys d'or. 

Cette devise a trait à la fidélité des habitants de 
Cognac, dont le dévouement pour la défense de la cause 
des rois de France dans les temps de trouble a été utile 
à leur ville et a fait sa force. 

Ceci ressort, par déduction, d'une délibération du con- 



- i3« - 

seil municipal de Cognac, du 21 juillet 181 6, émettant 
le vœu d'obtenir du Roi des lettres patentes portant con- 
firmation des armes décrites ci-dessus, desquelles ar- 
moiries la dite ville était anciennement en possession. 

Voici le texte complet de cette délibération : 

« Le Conseil municipal arrête que le maire trans- 
« mettra l'expression de ses vœux pour la reprise des 
« anciennes armoiries de la Ville qui avaient été accor- 
« dées à la valeur de ses ancêtres pour la défense de la 
« cause de nos Rois dans les temps de trouble. Elles ont 
« été accordées, croit-on, en 15 14; mais, tous les 
« titres de la ville ayant été brûlés pendant l'anarchie, il 
« est devenu impossible de représenter les lettres pa- 
« tentes qui les ont accordées, non plus que celles de 
« Charles IX et de Louis XIV qui les ont confir- 
« mées. » 

Cette pièce nous éclaire un peu ; mais on ne peut, 
au sujet de la devise dont il n'est pas fait mention, qu'é- 
mettre la simple déduction présentée ci-dessus à défaut 
d'un document historique plus précis. 

M. Bierck, bibliothécaire-archiviste de la ville de 
Cognac, de qui nous tenons les indications ci-dessus, a 
bien voulu nous signaler, à titre complémentaire, deux 
documents du xvi* siècle qui, bien que n'intéressant 
directement ni les armes, ni la devise de la ville, sont 
cependant de nature à corroborer et à justifier les décla 
rations du conseil municipal de i8ié où ils se trouvent 
peut-être implicitement visés. 



— 139 — 

Dans le préambule des lettres patentes données, le 
i6 avril 1507, à Amboise, par Louise de Savoie, mère 
de François P"", nous lisons : 

« En considération de ce que les habitants ont tou- 
« jours pâTcx-devant esté bons loyaulxet obeissàns siibjects, . . . 
« nous avons donné et octroyé et octroyons permis- 
ce sion. pouvoir_, faculté et puissance de faire et avoir, 
« audit lieu de Coingnac, corps et colleige de ville, 
« duquel seront seulement 24 personnaiges, les douze 
« desqueulx seront appelés et auront titres d'eschevins, 
« et les aultres douze de conseillers. » 

Et, dans les lettres patentes données par le roi lui- 
même et datées de février 1 5 1 5 , le même témoignage 
est rendu aux habitants de Cognac en termes encore 
plus explicites, ainsi qu'on le voit par le passage sui- 
vant : 

« Considérant que, dès l'institution, fondement, clos- 
ce ture et érection de sa bonne et féale ville et princi- 
« paulté, les subjects, manans et habitants d'icelle, 
" comme bons et loyaulx à ses prédécesseurs roys à la 
« couronne de France, avoient résisté de leur pouvoir 
« aux entreprinses, incursions et hostilités des anciens 
« et aultres ennemis de son royaulme, soutenu plusieurs 
« sigeSy courses, et assaulx, tolle'ré et souffert plusieurs pertes 
<c et domaiges;... voulant que ceste ville, située en pays 
« de frontières et limitrophe, pust être mieux peuplée, 
« bastie, réparée, fortifiée, équipée, et reconnaissant son 
« dévouement et son obéissance à son aïeul Jehan 



— 140 — 

« comte d'Angoulesme... » etc., il l'exempte de toutes 
tailles, impositions, emprunts et subsides qui seraient 
levés sur le comté d'Angoulème. 

Les deux passages précités, étant rapprochés de la dé- 
libération du conseil municipal de Cognac de 181 6, 
donnent aux considérants de cette dernière l'autorité et 
la consécration historiques résultant de documents con- 
temporains, selon toute vraisemblance, de l'époque 
dont datent les armes et la devise de la ville de Cognac. 



FORTITUDO MEA CIVIUM FIDES 

(La fidélité des citoyens est ma force) 

(Devise officielle.) 

PÉRIGUEUX 

Chef- lieu du département de la Dordogne. 

ARMES : Ecartelé : aux i et 4, de gueules, à deux tours 
couvertes et girou€ttées, jointes par un entremur donjonné et 
crénelé, avec porte à la herse abaissée, le tout maçonné de 
sable posé sur une Champagne de sinople ; entre les deux tours, 
au-dessus du donjon, une fleur de lys d'or, qui est de Péri- 
GUEU.\; aux 2 et 3, d'or, à l'aigle antique de sable au vol 
abaissé, qui est de la Cité. 

La Cité, dont il est question dans ces armoiries, était 
l'une des deux villes dont la réunion a formé la capitale 
duPérigord. La Cité se trouve sur l'emplacement de la 
ville romaine ; la deuxième, dénommée le Puy Saint Front, 



— 141 — 

se construisit, dès le i" ou iii^ siècle, au sommet de la 
colline, autour du monastère fondé par saint Front, 
apôtre duPérigord. 

D'après les historiens locaux, la devise ci-dessus fut 
donnée à la ville de Périgueux pour avoir, au xiv^ siècle, 
par ses propres forces qx la fidélité de ses habitants, chassé 
les Anglais de ses murailles. Certains la font remon- 
ter au XV* siècle ; d'autres ne la croient pas très ancienne. 



FORUM SEGUSIAVORUM 

{Feurs des Ségtisiaves) 

(Appellation officielle.) 

FEURS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Montbrison (Loire). 

ARMES : d'argent, an vase ardent de... 

La légende ci-dessus, inscrite sur une banderole flot- 
tant au-dessus du blason, ne constitue pas une devise ; 
elle rappelle le nom ancien de la ville. L'antique forum 
SEGUSIAVORUM fut la Capitale du Forez ; il est utile de rap- 
peler que Feurs devint le chef-lieu du département de la 
Loire, dès la formation de ce département en 1792 jus- 
qu'en 1801. 



— 142 — 

FULGEBUNT JUSTI TANQUAM SCIN- 
TILL.E IN ARUNDINETO 

{Les justes brilleront coiiune les étincelles dans un lieu planté 
de roseaux) 

(Ancienne devise.) 

LE CANNET-DU-LUC 

Comnuine du canton du Luc, arrondissement de Draguignan (Var). 

ARMES : d\v, au roseau de canne arraché de sinople. 

« Achard, dans sa Géographiede Provence, lui donne pour 
« armes trois roseaux, avec cette légende pour devise 
« autour de. l'écusson: fulgebunt justi tanquam scin- 

« TILL.E IN ARUNDINETO '. » 

Cette devise est tirée de la Bible, livre de la Sagesse; 
voici le texte complet du verset : Fulgebunt justi tan- 
quam scintiller in arundineto discurrent (Sagesse, m, 7) ; 
elle fait allusion au roseau des armoiries, armoiries par- 
lantes du fait que canet, en idiome provençal, signifie 
roseau. 

I. Louis de Bresc, Armoria} des coiininiiies de Provence. Loc . cit., 
P- 57- 



— 143 — 
GENEROSO SANGUINE PARTA 

(^Issiie d'un sang généreux) 

(Devise officielle.) 

AIX 

(Chef-lieu d'arrondissement (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d'or, à quatre pals de gueules, qui est d'Ara- 
gon ; au chef tiercé en pal : au i^^ d'argent, à la croix 
potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même, qui 
est DE Jérusalem; au 2^ d'a:^ur, semé de fleurs de lys d'or, 
au lamhel de cinq pendants de gueules, qui est de Sicile ; 
au ^'•■j d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à la bordure de 
gueules, qui est d'Anjou. 

Cette devise fut donnée à la ville par Louis III d'An- 
jou, comte souverain de Provence, en souvenir des 
services que les Aixois, sous la conduite de Louis de 
Bouliers, vicomte de Reillane, lui avaient rendus, 
lorsqu'Alphonse, roi d'Aragon et de Castille, vint, à 
l'improviste, piller et ravager Marseille. 

Ce privilège royal fut expédié le 10 mars 143 i, de 
Cosenza, ville du royaume de Naples, et enregistré tant 
aux archives de la Cour des comptes de Provence, qu'à 
celles de la ville d'Aix ', 

I. Cf. L. de Bresc, Armoriai des communes de Provence. Loc. cit., 
p. 5. 



— 144 — 

GENTILIA INSIGNIA CIVITATIS 
RUPIS REGI^ 

{Armoiries particulières de la ville de Rocroi) 
(Appellation officielle.) 

ROCROI 

(Chef-lieu d'arrondissement (Ardennes). 

ARMES : d'azur, à trois croissants entrelacés d'argent, 
accompagnés de trois fleurs de lys d'or, deux en chef ei une 
en pointe. 

Rocroi, d'abord simple terme nommée : Croix-dc 
Ran, puis Rau-Croix, dont les savants du xvi^ siècle 
firent Roc-Roi ou Roc-de-Roi, en latin : Rupes Regi<T, 
n'apparaît comme ville que vers le xvi^ siècle. (P. Joanne, 
Dictionnaire géographique et administratif de la France. } 



GENTIL SOYEZ, GENTIL SERAI 

(Devise officielle.) 

GENTILLY 

(Commune du département de la Seine). 

ARMES : d'hermine, à la fasce ondée d'a:^ur accom- 
pagnée en pointe d'un livre fermé de gueules, chargé d'u}i 
B d'or ; au chef tiercé : au i"' d'a:;jir, au chevron d'or 
accompagné de trois croix ancrées du même qui est de 
Neufville de Villeroy ; au 2", d'argent^ au cheiron de 
gueules accompagné de sept merlettes du même, dont quatre 



— 145 — 

en chef, 2 et 2 et trois en pointe mal ordonnées, qui est 
d'Aumont; â!« ^'^^'«r/,;-^ an siège à V antique d'à, 

« La fourrure d'hermine rappelle l'industrie des peaux 
« sur la Bièvre qui est, elle-même, figurée par la fasce 
« ondée d'azur; le livre chargé d'un B rappelle le poète 
« Isaac de Benserade, auteur d'un grand nombre de 
« poésies et de la plupart des ballets dansés pendant la 
« jeunessede Louis XIV ; né à Lyons-la-Forêt, en Nor- 
« mandie, il se retira à Gentilly dans une maison de 
« campagne où il mourut en 1691. 

« Les armes accolées de Neufville de Villeroy et d'Au- 
« mont étaient du dernier seigneur du lieu et de sa 
« femme ; elles figurent sur un plan cadastral du siècle 
« dernier, que possède encore la commune ; le siège à 
« l'antique est le souvenir du séjour de Dagobert » '. 

On ne peut voir dans la devise de Gentilly qu'un 
simple jeu portant sur le nom de la localité. 

YTv ^-"l i" communes du département de la Seine à la fin du 
Xl.V siècle. Lee. cit., tasc. Gentillx, p. 37. -^ 



Les Devisiis des Villes or. France. 



— 146 — 

GLOIRE AUX VAlNaUEURS 
1302 

(Devise douteuse.) 

DOUAI 

Clief-licu d'arrondissement (Nord). 

ARMES VRAIES : de gueules plein. C'est ainsi qu'elles 
figurent sur les cloches du carillon de 1659, c'est ainsi 
qu'elles furent enregistrées à V Armoriai de Flandre \ 

AUTRES ARMES : Ecusson de gueules percé en cœur 
par une flèche d'or lancée d'en haut à dextre, faisant jaillir 
un flot de sang au naturel, d'où découlent six gouttes de 
sang ^ aussi au naturel. 

« Il est inutile d'insister sur les fautes absolument 
« grossières qui feraient rejeter un tel blason par l'una- 
« nimité des collèges héraldiques ; la première faute, 
« capitale celle-là, c'est une pièce sortant de Técu ; la 
« deuxième huie, c'est d'avoir mis une couleur sur 
« une couleur : ici, du sang sur du rouge M » 

« Et la devise toute moderne est quelque peu ambi- 



1. Q". Chanoine Th. LtiUY'n.\i\n, Armoriai des coniniiines du di'parti- 
tcment du Nord. Lille, 1909, p. 70-71. 

2. En souvenir de six cents Douaisiens qui auraient été tués à 
Pont-à-Vendin en 1504. La devise Gloire aux vainqueurs, rappel- 
lerait un siège soutenu avec succès en i ^02 et la part prise à la vic- 
toire de Mons-en-Pevèle en 1304 (V. Duthilleul, Soui'etiirs douai - 
siens, p. 151). 

3. Félix Brassart, Les armes de Douai et la hataille de Motis-en- 
Pevèle, 1896, p. 6. 



— M7 — 

tieuse : Gloire aux vainqueurs, si l'on tient à la con- 
server sur le blason communal, il faut en écarter 
impitoyablement toute date, aussi bien celle de 13(32 
que celle de 1304. Gloire aux vainqueurs i)o^ appar- 
tenait non point à la commune, mais à la compa- 
gnie des Arbalétriers, lors de sa suppression en 1770. 
D'où lai venait cette prétention ? ne le dit pas le 
registre de la Compagnie dressé en 1684, reproduisant 
quantité de documents anciens remontant à 1383 et 
continué jusqu'en 1730. Mais la date de 1304 prouve 
suffisamment que cette devise se rattachait aux idées 
fausses qui avaient cours à Douai, dès le xvi^ siècle, 
sur le rôle des Douaisiens à la bataille flimeuse de 
Mons-en-Pevèle. » 

« Quant à la signification de la devise, c'est 

inutile de chercher dans le passé des causes qui n'ont 
jamais existé. 

« Pourquoi ne pas l'attribuer aux succès réitérés dans 
le commencement de ce siècle, aux triomphes, 
comme disait Plouvain ' remportés par nos vaillants 
musiciens dans tant de luttes pacifiques - ? ». 

1. Souvenirs douaisiens. Douai, 1822, in-12, p. 728. 

2. Félix Brassart, Les armes de Douai, etc., hc. cit., p. 38. 



— 148 — 
GLORIA SANCTO MAURITIO 

{Gloire à Saint Maurice) 

(Devise officielle.) 

SAINT-MAURICE 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : de gueules, au saint Maurice de carnation 
nunité sur un cheval an naturel et tenant une banderole 
chargée d'une croix, passant sur une terrasse de sinople ; à 
la rivière d'argent en fasce. 

« Le cavalier, chef de la légion thébaine, s'explique 
« de lui-même ; la rivière d'argent représente la 
« Marne ' . » 

Quant à la devise, on peut se demander si elle 
s'applique au saint ou à la ville. 



GRAND CŒUR ET BONNE FOY 

(Ancienne devise.) 

SÉEZ 

(21ief-lieu de canton, arrondissement d'AIençon (Orne). 

ARMES : d'a:^u-r, à la foi (ou bonne foi) soutenant un 
cœur enflammé, sous une fleur de lys, le tout d'or. 



I. Etat (les coin tu II lies du dépaiteiiiciit tic ta Seine à la fin du 
XIX^ siécte, toc. cit. Fascicule Saint-Maurice, p. 31. 



— 149 — 

Cette devise, indiquée dans un manuscrit du 
xvi^ siècle (Note de Al. Alphonse Chassant), était bien 
faite pour accompagner le blason décrit plus haut. 

Voyez : crescit honos. 



H^C TANTUM S^VIT IN HOSTES 

{Celle-ci ne sévit que contre les ennemis) 
(Devise officielle.) 

EU 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Dieppe 
(Seine-Inférieure). 

ARMES -.d'argent, au léopard de gueules. 

Le blason ancien de la ville d'Eu était : de sable à 
r aigle éployée d'argent. 

En novembre 191 1, ayant demandé à M. l'abbé 
A. Legris, préposé aux archives de la ville d'Eu, 
quelques renseignements sur la devise de cette ville, 
nous fûmes honoré d'une réponse qui parut dans le 
Réveil d'Eu et du Tréport, à la date du 13 décembre 
1911. 

Après avoir constaté, avec M. l'abbé A. Legris, com- 
bien la devise de la ville d'Eu est obscure et insigni- 
fiante, nous rappellerons qu'elle date de 1873, époque 
à laquelle M. Richebraque était maire ' et nous trans- 

I. L'abbé A. Legris, Les aniics de ta ville iVEu, 191 1. 



— 150 — 

crirons /// extenso lu [réponse de notre honorable cor 

respondant : 

« A mon avis, la devise, toute de circonstance, n'a 
de signification que si l'on se reporte au festival en 
vue duquel elle a été choisie. Je dis choisie, et non 
composée. Un honorable habitant d'Eu m'assure 
l'avoir lue vers le même temps sur des produits 
pharmaceutiques. 

« On sait qu'alors des arcs de triomphe avaient été 
élevés, et la porte de Normandie reconstituée. Au 
fronton de la porte, comme au centre des arcs de 
triomphe, se vo3'ait le léopard d'Eu. Et la devise, qui 
l'entourait disait aux étrangers venus à Eu : ne 

( craignez rien, il ne sévit que contre les ennemis. 
« Au lendemain du festival, cette devise n'avait plus 
de sens, et il est regrettable qu'on l'ait maintenue sur 
les écussons de la ville. 

« Les villes qui se sont donné des armes au dernier 
siècle, peuvent impunément se composer une devise 
ou la retoucher. Mais les armes d'Eu datent de 1 1 5 1 . 
Eu est la première ville normande qui ait eu sa 
charte communale et qui se soit choisi des armes. 
Si, au cours des siècles, on a varié sur la manière de 
les lire, il n'y avait qu'à remonter à l'origine, comme 

< l'a fait M. Lecomte. Il n'appartenait pas à la fan- 

< taisie d'un maire facétieux d'y accoler un mauvais 
rébus. » 
Comme conclusion, nous dirons que la devise ci- 



— 151 — 

dessus étant au fcininiu, a dû être composée pour accom- 
pagner V aigle éployée du blason ancien de la ville d'Eu, 
mais non le léopard des armes actuelles. 



H.ERET IX CORDE GLADIUS 

ÇLe glaive est fixé dans le cœiii-) 

(Devise officielle.) 

CRÈVECŒUR-LE-GRAND 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Clermont (Oise). 

ARMES : de sinople, an chevron brisé d'argent ' accom- 
pagné en pointe d'une gerbe de blé d'or liée du nicnie, posée 
en pal et chargée d'un cœur de gueules transpercé d'un 
glaive d'argent ; au. chef cousu d'a~ur chargé d'un ccusson : 
de gueules, à trois chevrons d'or, qui est de Crèvecœur -, 
cet écusson est accosté de deux étoiles d'or. 

Ces armoiries et la devise qui les accompagne ont 
été adoptées par le Conseil municipal le 20 février 
1899, après recherches effectuées dans les archives de 
la Mairie. 



1. Ce chevron est tiré du sceau de l'Échevinage dont le niayeur 
se servait en 1 5 5 1 . 

2. La maison de Crèvecœur devint illustre dès le xii^ siècle et 
s'éteignit au XVF. Leurs armoiries figurent dans l'une des six 
salles des Croisades au Musée de Versailles. (Cf. P. Roger, 
Noblesse et cljevalerie du coiiUè de Flandre, d'Artois et de Picardie. 
Amiens, 1843, p. 238.) 



— 152 — 

Le cœur transpercé d'un glaive symbolise le nom de 
la ville : Crepirordiiini, Crepito corde, rupture du cœur, 
cœur crevé ou Crèvecœur. 

La devise ne fait que compléter cette allusion au 
nom de la ville. 



HARDY, PANTIN, EN AVANT ! 

(Devise officielle.) 

PANTIN 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : d'argent, à la croix de giicides, cantonnée de 
quatre molettes d'éperon du même. 

« En dépit des progrès qu'a faits chez nous la science 
« de l'étymologie, depuis un siècle, le nom de Pantin 
« est un de ceux qui restent encore inexpliqués. 

« le nom de Pantin n'apparaît pas officiellement 

« dans l'histoire avant l'année 1096 '. » «Nous avons 
« vainement cherché une preuve, même indirecte, que 
« la famille Pantin de Landémont, encore existante et 
« dont les titres nobiliaires en Anjou et dans le Maine 
« sont très nombreux, ait jamais compté, parmi ses 
« fiefs, la seigneurie de Pantin près Paris. Ce n'est donc 
« que par une ingénieuse appropriation, fondée sur la si- 
« militude de noms, que la ville de Pantin, s'est depuis 

I . Elal des coiininnies ilti ilt'piirteiiwiit ilc In Seine t'i In fin du 
XIX'-' siècle, loe. cit. Fascicule Pantin, p. 8. 



— 153 — 

« quelques années, donné le blason de cette famille et 
« l'a fait lîgurer tant sur diverses parties de son 
« hôtel de ville que sur le papier de ses actes munici- 
« paux. Il s'énonce ainsi : d'argent, a la croix de gueules 
« cantonnée de quatre molettes d'éperon du iiiéiue, avec la 
« devise : Hardy, Paulin, en avant ! Cette dernière, par 
« sa mâle énergie, justifie suffisamment le choix fait par 
« la municipalité de Pantin, car elle est bien réellement 
«, le noble cri de ralliement auquel ses habitants répon- 
« dirent au moment du danger'. » 

Nous pouvons dire pertinemment que les armoiries 
et la devise de la famille Pantin de la Guère ayant été 
mises, il y a environ vingt-cinq ans, sous les veux de 
l'administration municipale de la commune de Pantin, 
celle-ci se crut en présence du blason des anciens sei- 
gneurs de cette localité et l'adopta sans plus de con- 
trôle ; aujourd'hui, ce blason figure sur les édifices 
municipaux. 

Quant à la devise : Hardy, Pantin, en avant ! on ne 
doit pas regretter que la municipalité l'ait faite sienne ; 
elle peut, en effet, rappeler les épisodes héroïques qui 
se déroulèrent à Pantin en 1814, pendant lesquels les 
troupes françaises opposèrent une résistance acharnée à 
l'armée des alliés. 

I. fl'iilciii, p. 10. 



— 1)4 — 
HAUD INULTUS PREMOR 

ÇOn ne me presse pas impunément) 

("Devise officielle.) 

PITHIVIERS 

Chcl'-lieu d'arrondissement (Loiret). 

ARMES : d'a{^ut\ à trois chardons ifor, liges et feuilles 
du même ; an chef cousu de gueules, à la fleur de lys d'or. 

Ces armes, qui rappelaient simplement, au début, 
l'industrie drapière, jadis florissante à Pithiviers. ont 
pris avec le temps une signification plus haute, rendue 
par la devise : haud inultus premor. 

Cette devise est justifiée par le fameux siège de deux 
ans soutenu contre le roi Henri I" par un ancien sei- 
gneur de Pithiviers (1042- 1044) et par l'attitude patrio- 
tique des habitants aux temps de la guerre de Cent 
ans, de la Ligue, de la Fronde et même en i8i^. (Note 
de M. Jules Devaux, à Pithiviers, 1896.) 



HEPKEN 

(Sans plus) 

(Devise officielle.) 

PONT-L'ABBÉ 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Q.uiniper (rinistère). 

ARMES : de gueules, au lion d\v. 

.M. L. Esquieu a bien voulu nous communiquer 



— 1)5 — 

cette devise, il la tient, lui-même, de M. Caurel, 
archiviste de rUnion régionaliste bretonne à Guémené- 
sur-ScorlT. « Les armoiries, dit-il, justifient la devise : 
« je suis lion que pourrai-je être de plus ? Sous une 
« forme très simple, sans plus indique un bel orgueil. 
« La devise des anciens seigneurs du Pont-l'Abbé : 
« Heb cbeuch (sans varier) n'était qu'une affirmation de 
« fidélité. Valeur d'une part, conslance d'autre part 
« sont deux formules bien bretonnes. » L. E. 



HERI SOLITUDO, HODIE VICUS, 
CRAS CIVITAS 

{Hier ilt'serl, aujourd'hui village, demain villc^ 

(Devise officielle.) 

ARCACHON 

Commune du canton de la Teste de Buch, arrondissement 
de Bordeaux (Gironde). 

ARMHS : Tranché : au /^'' d'azur, au pin au naturel 
posé à senestre et accompagné à dcxtre et en chef d'une 
ruche d'or entourée d'abeilles du même ; au 2^ de gueules, au 
navire en détresse au naturel, incliné en barre, sur une mer 
de sinople, accompagné en 'chef d'une Vierge d'or sortant 
d'un nuage (d'argent^ et surmontée d'une étoile aussi d'or ; 
à là bande d'or brochant sur le tranché ; au comble tiercé, 



- 156 - 

(•// pal, de sable, ifari^eiil et d'or (Armoiries symbo- 
liques). 

« En 1860, M. Lamarque de Plaisance, s'inspirant 
« de l'inscription faite sur la cloche de l'église Saint- 
« Ferdinand le 12 août 1855 : nox heri ; hodie aurora ; 
« CRAS LUX Çbier la nuit, aujourd'hui l'aurore, demain 
« Je jour), conçut les armoiries d'Arcachon, dont la 
« devise dit l'histoire en trois mots : heri solitudo, 
« HODIE vicus, CRAS civiTAS. Hier, je n'étais qu'une 
« solitude aride; aujourd'hui, je suis un bourg; demain, 
« je serai une ville, réunissant chaque année plus 
« d'habitants que beaucoup de populeuses cités. 

« Je ne date que d'hier, et cependant mes souvenirs 
« remontent à plusieurs siècles. 

« Il y a près de cinq cents ans, un jour d'orage, 
« la mer déposa, sur la plage que couvrent aujourd'hui 
« mes villas^ une statue de la sainte Vierge. 

« Un pieux solitaire, du nom de Thomas lUyricus, 
« la recueillit et l'abrita sous un oratoire rustique, élevé 
« par ses mains sur une dune baignée par l'Océan. 

« Les marins, battus par la tempête, implorèrent 
« cette nouvelle étoile de la mer et vinrent ensuite, 
« après une délivrance miraculeuse, remercier celle 
« qui les avait sauvés du naufrage. 

« Les populations voisines vinrent aussi..., je n'exis- 
« tais pas encore et j'étais déjà célèbre. 

« Dans la forêt qui m'environne, un innombnjblo 
« essaim d'abeilles bourdonne et fournit un miel déli- 
" cieux. 



— 157 — 

« Les brises de la mer, tamisées par les feuilles des 
« pins et parfumées par leur odeur, rendent la santé à 
« ceux qui l'ont perdue. 

« Sur ma plage hospitalière, la mer s'élève douce- 
« ment et apporte ses ondes salutaires aux corps fati- 
« gués ou débiles. Ceux qui sont venus vers moi tristes 
« et malades me quittent heureux et pleins de santé... 

« Faut-il donc s'étonner si mes rues s'allongent 
« chaque année et si j'ose prédire ce que je serai 
« demain ? 

« Pour traduire cette histoire, en langage héraldique, 
« on a divisé le chef de Vécu en trois parties. La pre- 
« mière est noire (sable) ; elle figure la solitude àlner, 
« les ténèbres de la veille. La seconde est blanche 
« (argent) ; c'est la lumière naissante d'aujourd'hui, 
« l'aurore du jour qui va commencer demain, et bril- 
« 1er de tous les rayons du soleil (or). 

« Pour figurer la prospérité présente et future d'Ar- 
ts cachon, une bande d'or coupe en deux le champ de 
« l'écu. A droite, sur un fond d'azur (bleu), un grand 
« pin s'élève et couvre une ruche d'or, première source 
« de richesse : il rappelle en même temps les qualités 
« bienfaisantes de l'air purifié par les arbres de la 
« forêt. 

« A gauche, sur un fond de gueules (rouge), un 
« navire lutte contre la tempête. Au-dessus de lui, en 
« signe d'espérance, apparaît l'image de la sainte 
« Vierge, de Notre-Dame d'Arcachon, couronnée d'une 



- 1)8 - 

étoile d'or. Cette figure résume tous les souvenirs 
( pieux de la contrée : La protection constante de la 

< sainte Vierge, la confiance des marins et les pèleri- 
( nages qui venaient de bien loin et depuis bien long- 
temps apporter à Notre-Dame d'Arcachon les prières 
et la reconnaissance des populations. 

« Cet écu, surmonté d'une couronne murale, a été 
sculpté aux voûtes de l'église Notre-Dame et peint 
sur les vitraux en 1 860-1861 '. » 
« Ajoutons, d'après P. Jeanne - que, grâce à son 
climat, ses bains de mer et ses industries, Arcachon, 
qui n'était en 1823 qu'une plage où venaient quelques 
familles bordelaises et où n'existait qu'un hôtel, qui 
ne comptait que 400 habitants en 1857, 756 en 
1866, en avait 3.000 en 1872 et plus de 8.000 en 
1886 et semble appelé à un développement plus 

< grand encore. » 



I. F. Montigaud, secrétaire général de la mairie d'Arcachon, 
Arcachon. Statistique oàiérale et notes historiques. 

1. Dictionnaire géographique et administratif àe ta France. 



— 159 — 
HEUREUX SOUS SON OMBRE 

(Ancienne devise.) 

BONDY 

Commune du département de la Seine. 

Pas d'armoiries. 

« La municipalité fut constituée pour la première lois 
« le 31 janvier 1790 par l'élection d'un maire, François 
« Martin. Un des premiers soins des officiers municipaux 
« fut de choisir un cachet, — on ne saurait dire des 
« armes, — pour authentiquer les actes. Voici en quels 
« termes le registre des délibérations mAmicipales, con- 
« serve à la mairie, le relate à la date du 25 avril 1790 : 

« Étant nécessaire d'avoir un cachet particulier pour 
la municipalité de la paroisse de Bondy, les maire et 
officiers et notables ont fait faire un cachet qui représente 
une forest, avec l'exergue : Heureux sous son ombre et la 
légende autour : Municipalité de Bondy, ce cachet 
^ devant servir à tous les actes de la municipalité. Il a été 
remis entre les mains du greffier qui s'en charge. » 

« Il est regrettable que la mairie ait renoncé, depuis 
« quelques années, à marquer de ce cachet le papier de sa 
« correspondance... ' » 

I. État des Comimiiies tlu département de la Seine à ta fin du A7.V^ 
siècte, toc. cit. ¥a.scicu\e Boiidy, p . 14. 



— i6o — 
HIC LILIA PASCITUR INTER 

(^Celui-ci se nourrit entre les lys) 
SAINT-QUENTIN 

Chef-lieu d'arroiii-lisscment (Aisne). 

(Ancienne devise, xvii'= siècle.) 

•Voyez : pro deo, rege et patria. 



HIC MURUS AHENEUS ESTO 

ÇSois iFûiraiii comme ce mur) 

(Ancienne devise . ) 

SAUMUR 

Chef-lieu d'arrondissement (Maine-et-Loire). 

ARMES : ifa:(ur, à la muraille crénelée d'argent maçon- 
née de sable, sonlenne d'une Champagne de gueules chargée 
d'un S d'or et surmontée de trois fleurs de lys du nu'me. 

« M. Célestin Port rappelle, dans son Dictionnaire 
« de Maine-et-Loire, d'après les livres de l'imprimerie 
« R, Hernault du xvii'-' siècle, cette ancienne devise". » 
Cette devise se rapporte à la muraille du blason et 
célèbre le courage des habitants. 

I. Denais, Jinioiùil gâterai de l'Anjou. Angers, 1885, in-8", 
t. ni, p 187. 



— i6i - 

HIC, 0\'ES BENE NAT.E AGNUM 
COMITANTUR 

(/f/, les brebis bien nées suivent l'agneau) 
("Ancienne devise.) 

CARCASSONNE 

Chef-lieu du département de l'Aude. 

ARMES : d'a:;^itr, au portail de ville accompagné de deux 
tours crénelées d'argent (et sont les armes de la Cité); le por- 
tail est surmonté d'un écusson de gueules à l'agneau pascal 
d'argent, la tête contournée, avec un guidon d'argent chargé 
d'une croix de sable, à la bordure cousue d'a~ur semée de fleurs 
de h's d'orÇcQ sont les armes de la ville basse). 

La devise ci-dessus s'appliquait à la ville basse. 

Dans son livre : Monuments de Carcassonne, 3^ édition. 
1876, M. Cros-Mayrevieille parle, à la page 119, d'un 
arc de pierre qui existait sur le Pont vieux qui relie la 
Cité à la ville basse. Il écrit : « A la face du levant de 
Tare étaiept placées les armes de la Cité ; à la face de 
l'ouest les armes de la ville basse. Ce dernier écu était 
accolé de deux palmes de sinople liées d'azur par leur 
tige avec cette légende : hic oves bexe x.\t.e agnum 

COMITANTUR. » 

Cette devise s'inspire de l'agneau pascal du blason, 
elle a un sens mystique. Peut-on tenter de l'expliquer 
ainsi : il n'est pas d'usage que, dans un troupeau, les 
agneaux ouvrent la marche et que les brebis viennent 

Les Devises des Villes de France. u 



— Ié2 



à leur suite ; mais ciiez les chrétiens où l'agneau sym- 
bolise le Fils de Dieu et où les brebis sont les fidèles, il 
en est tout autrement. Est-ce cela que la devise de Car- 
cassonne nous rappelle ? 



HIS ARMIS UJEC ARMA TUENTUR 

{Ces armes défendent ces anues^ 

(Devise officielle.) 

SAULIEU 

Chef-lieu Je canton, arrondissement de Scmur (Côte-d"Or). 

ARMES MODERNES : de gueules, à Vépée d'argeui 
posée en pal, la pointe en haut, la garde d'or. 

Le blason actuel de la ville du Saulieu et sa devise ne 
datent que d'une dizaine d'années (renseignement offi- 
ciel). 

Les armoiries anciennes de cette ville étaient: de gueules, 
à rèpée d'argent posée en pal, la pointe en haut, soutenant 
une fleur de Ivs d'or et accostée de deux autres fleurs de l\s du 
même, la garde de Vépée est d'or. Devise : his lilia tvh- 
BiMVR ARMis. (P^/r cesumies nous défendrons les lys.) 

Du fait de la suppression regrettable des fleurs de 
lys dans le blason moderne, la devise ancienne n'avait 
plus de raison d'être ; connue il ne restait dans l'écu 
que l'épée. on y adapta la devise actuelle qui n'a aucun 
sens. Au contraire, l'ancienne devise rappelait que les 
Sédélociens furent très fidèles à Henri IV. C'est au 



• - i63 - 

moment de la Ligue, qu'ils prirent pour armes les 
fleurs de lys avec une épée et la devise : His lilia 
tuebimur armis. Cf. Abbé C. Courtépée, Description du 
duché de Bourgogne. Dijon, 1774 a 1785, 7 vol. in-8°. 
Voyez : his lilia tuebimur armis. 



HIS FULTA MANEBIT UNITAS 

{Sonlcuuc par de tels appuis l'unité demeurera^ 

(Devise officielle . ) 

BOURG-SAINT-ANDÉOL 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Privas (Ardèche). 

ARMES : de gueules, à trois bourdons d'argent ; au chej 
cousu d'azur, chargé d'un badelaire d" argent, posé en fasce et 
garni d'or. 

« Ces armoiries se rapportent à la légende de saint 
« Andéol, le couteau rappelant le martyre du saint, et 
« les bourdons l'affluence des pèlerins à son tombeau. » 
(E. Nicod.) 

Quant à la devise : his i-ulta manebit uxitas, c'est-à- 
dire appuyée sur ces choses l'unité restera. M. l'abbé 
Mirabel (Saint-Andéol et son culte, p. 206) lui attribue 
cette signification : « Tant que fleurira dans nos murs 
la dévotion envers notre illustre et saint patron, nous 
sommes assurés qu'il étendra sur nous sa protection et 
qu'il ne permettra pas à l'erreur de briser parmi nous 



— 164 — 

l'unité de la foi. Il nous parait évident, ajoute l'auteur, 
que la devise a été choisie dans des temps de dissensions 
religieuses et très probablement dans les troubles du 
\vr siècle. » (Note de M. Emmanuel Nicod, président 
de la Société de Lecture, à Annonay 1910.) 



HIS LILIA TVEBIMVR ARMIS 

(Par ces armes nous définirons les l\s^ 

(Ancienne devise.) 

SAULIEU 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Semur (Côte-d'Or). 

ARMES ANCIENNES : de gueules, à l'épée d'argent 
posée en pal, la pointe en haut soutenant une fleur de lys 
d'or, et accostée de deux autres fleurs de lys du même, la 
garde de Fcpée est d'or. 

L'administration de la ville de Saulieu ayant sup- 
primé, il V a une dizaine d'années, les fleurs de lys du 
blason, la devise tomba du même fait. 

Voyez : his armis h.ec arma tuentur. 



i6 



HOC VERNANT LILIA CORDE 

(Vans ce cœur les l\s fleurissent^ 

(Ancienne devise.) 

ORLÉANS 

Ciief-lieu du département du Loiret. 

ARMES : de gmules, à trois cœurs de Us d'argent ; au 
chef d'azur, à trois fleurs de lys d'or '. 

« Certains historiens d'Orléans veulent que cette 
(( devise ait été octroyée par Louis XII, mais je n'en ai 
« trouvé aucune preuve authentique. Il est certain, 
« cependant, qu'elle existait dès la fin du xv^ siècle. 
« Elle fait allusion aux pièces de l'écu : « grâce à ce 
« cœur les lys fleurissent », c'est-à-dire : grâce à 
« Orléans, qui est vraiment le cœur de la France, le 
« royaume est florissant. » (Note de AL Jacques Soyer, 
archiviste du département du Loiret, 191 1.) 



La Société archéologique d'Orléans fondée en 1850, 
porte sur son jeton cette devise : Antiquilatis custodes. 



I. Voir : Les armoiries d'Orléans en 1^06, par Jacques Soyer, 
dans le Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, 
t. XIV, 1908, pp. 356-58. 



i66 



IL EST ENTRÉ DANS CETTE ILE 
LE 5 AOUT 1808 

(Ancienne devise.) 

L'ILE D'AIX 

(Charente-Inférieure) . 

ARMES : d'azur, à la main de justice surmontée d'une 
ronronne impériale. Je tout d'argent. 

Par délibération du 14 août 1809, le Conseil munici- 
pal de l'île d'Aix demanda qu'en souvenir de la visite 
de Napoléon L', la commune fut autorisée à prendre les 
armoiries et la légende ci-dessus. 

Les armoiries ont été conservées mais la légende 
abandonnée. 



ILLUSTRAT aUOS SUMMA FIDES 

{Leur très grande fidélité les rend illustres') 

(Ancienne devise.) 

MARSEILLE 

Chet-licu du département des Bouches-dii-Rhônc. 

ARMES : d'argent, à la croix d'azur. 

Devise de 1705. 

« Jamais devise ne fut plus menteuse ; ni Ccsar, ni 
« Charles L' d'Anjou, ni Henri IV, ni Louis XIV, ni 



— 167 — 

« la Convention ne pourraient l'approuver. Les perpé- 
« tuelles insurrections de cette ville prouvent le con- 
« traire. » (Note de M. V. Lieutaud, à Volone.) 

Vovez : ACTIBVS LMMENSIS VRBS FVLGET MASSILIENSIS. 



IN BELLO FORTIS 

{Fort dans le conibaf) 

(Devise officielle.) 

BEAUFORT-EN-V ALLÉE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Baugé (Maine-et-Loire). 

ARMES : de sinople, an lion d'argent armé, lanipassé cl 
couronné de gueules. 

Cette devise qui joue sur le nom de la ville et fait 
allusion au lion du blason est celle des comtes de Beau- 
fort-en- Vallée '. 



INCOLUMEM SIC ME FATA RESERVANT 

{Les destins lue gardent ainsi saine et sauve) 

(Devise officielle.) 

PAMIERS 

Chet-lieu d'arrondissement (Ariège). 

ARMES : Coupé d'un et parti de deux traits {f> quartiers), 
au I" de gueules, au lion rampant d'argent, qui est lh 

I. Voir Denais, Anuorial geiu'rat de t' Anjou, loc. cit., t. I, 
P- '55. 



— i68 — 

Marcadal ; au 2'^ (T a:^ur ^ à la fleur de lys d'argent, qui est 
\'iLLENEUVE ; ail 5^ d'argent, à trois fasces de gueules, 
qui est le Camp ; au 4^, de gueules, à raigle à deux têtes 
d'argent conronuce d'or qui est Romengous; au p de 
gueules, à la tour d'argent, qui est les Trois Barris ; au 6^ 
d'or, à ïonueau de sinopJe, qui est Lolmet. 

« Armand Squerrer, historien du Comté de Foix, 
« dit dans ses Chroniques que la ville de Pamiers était 
divisée en six grands pays ou quartiers, ayant chacun 
ses armoiries coniiées à son consul, savoir : le Marcadal, 
un lion ; les Trois Barris, une tour ; le Camp, trois fasces; 
Villeneuve, une fleur de lys ; Roniengous, une aigle à 
deux têtes; et Lolmet, un ormeau '. 

Les armoiries de la ville de Pamiers résument ce sou- 
venir historique. 

Quant à la devise, nous constatons qu'elle est inspi- 
rée du vers suivant de Virgile : Incolumem Pallanta niihi 
si fata reservant -Il ûiut aussi remarquer qu'une porte de 
la Ville était dénommée : porte d' Encoloniiés ; on peut 
supposer que la consonance de ce mot, a donné l'idée à 
l'auteur de la devise d'adopter, en le modifiant, le vers 
de Virgile qui commence par : incolumem. 

Cette devise fait ressortir que, malgré toutes les catas- 
trophes qui l'ont affligée, la cité du Pamiers n'en a pas 
moins conservé son importance. 

I. H. Duclos, IJisloiiY ili's Jrit'o^tvis, 7 vol. in-8", 1881-1887, 
t. VII, p. '138. 

2 . L. Oiiicherat, 'rhcSiiiinis pocliciis liii^iix lotiiix . 



— 169 — 

Voici, du reste, un aperçu des événements malheu- 
reux que cette ville a subis. 

« Que de faits politiques dans cette ville, depuis 
« Simon de Montfort, qui, après ses victoires, y dictait 
« toute une législation, un véritable code, jusqu'aux 
« événements des xvi^ et xvii*= siècles ! Chaque rue, 
« chaque pierre, chaque muraille ont été témoins d'épi- 
« sodés importants. La seule porte à'Encolomiés, dite des 
« Carmes, porte double, munie autrefois de herses et 
« de mâchicoulis, n'a-t-elle pas vu de furieux combats 
« dans les nombreuses luttes dont la prise de la ville 
« était l'enjeu, surtout le 13 juillet J486, lorsque le sire 
« de Lavelanet s'empara de Pamiers au nom du vicomte 
« de Narbonne ' ? i) 

« En 1628, Pamiers fut pris d'assaut et rigoureuse- 
« ment traité par le prince de Condé ; mais la ville 
« répara ses pertes. Elle n'a pas cessé depuis lors de 
« prospérer, et c'est encore aujourd'hui la localité de 
« beaucoup la plus importante du département de 
« l'Arièse-. » 



î. H. Duclos, Histoire des Ariégcois, loc. cil., t. V, p. 229. 
2. Paul Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de hi 
France . 



lyo 



IN FIDE ET FIDELITATE SEMPER 
IMMOTA 

( Toujours inébranlable dans sa foi el sa fidélité) 

(Ancienne devise.) 

TULLE 

Chef-lieu du département de la Corrè/e. 

ARMES : de gueules, à trois rocs d'échiquier d'or. 

Marvaud (^Histoire du Bas-Limousin, t. Il, p. 352) 
h\it mention de cette devise qui aurait été adoptée 
on 1586 par la ville du Tulle délivrée des huguenots. 

Voyez : sunt rupes virtutis iter. 



INFINITA DEÇUS LILIA MIHI 
PR.ESTANT 

ÇLes lys sans noudire nie procurent la gloire^ 

(Devise officielle.) 

DOULLENS 

Chef-lieu d'arrondissement (Somme). 

ARMES : d'a:{i(r, semé de fleurs de lys d'or, à Fécusson, 
en abîme, d'argent à la croix de gueules. 

Primitivement la ville de Doullens portait : d'argent, 
à la croix de nueules. Le semé de fleurs de Ivs lui tut 



— 171 — 

accordé par le roi Charles V (Delgove, Histoire de 
Doiillens). La devise fait allusion à la concession royale 
qui honorait d'une façon toute particulière la cité et ses 
habitants. 



IN GALLIA SPES xMEA 

(Mon espoir est dans la France) 

(Devise officielle.) 

SFAX 

Ville de Tunisie. 

ARMES : d'a~ur, à la nef d'argent voguant sur une 
mer au naturel et surmontée d'un soleil d'or. 

Ces armoiries et cette devise ont été adoptées par déli- 
bération du Conseil municipal en date du 25 avril 1899. 



IN HOC SIGNO VINCES 

{Par ce signe tu vaincras) 

(Devise officielle.) 

FELLETIN 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Aubusson (Creuse). 

ARMES : d'or, à la croix a?icrée de gueules (Armoiries 
de ses anciens seigneurs, les vicomtes d'Aubusson). 
La devise fait allusion à la croix ancrée du blason. 



IN MAGNITUDINH BRACHIl SUI 

{Par la puissance de son bras) 

(Ancieune devise.) 

THIAUCOURT 

Chcf-licu de canton, arrondissement de Toul 
(Meurthc-ot-Moselle). 

ARMES anciennes : écartclé: aux i et 4 d'a:;^ur, semé de 
croix recroiselées au pied fiche d'or, à deux bars adossés du 
même, brochant sur le tout, qui est de Bar ; aux 2 et ) d'ar- 
i:;ent, à la grappe de raisin au naturel, feuillêe et tissée de 
simple, au chef d'or, au T antique de sable. 

La devise rapportée ci-dessus n'ayant pas trait aux 
armoiries actuelles de la ville de Thiaucourt, nous avons 
donné, de préférence, la description des armoiries 
anciennes pour lesquelles cette devise a été composée. 
D'après Nicolas Fremy, géomètre-arpenteur, demeurant 
à Vézelise, en 1741, ces armoiries auraient été con- 
férées à la ville de Thiaucourt en l'année 1580. par 
ordre de Charles III, duc de Lorraine. La devise rap- 
pelle cette concession due au Prince alors régnant. 
C. Lapaix ", qui donne les détails ci-dessus, ajoute qu'il 
n'y a aucune trace, dans le Recueil des lettres patentes 
conservé au Trésor des Chartes de Lorraine, de celles que 
Charles III aurait octroyées à la ville de Thiaucourt. 



I. Armoriai des Villes, Bouri^^s el Vilhu^es Je lu Lorraine, du liai 
rois et des Trois-Evèchès. Loc. cit., pp 245 et suivantes. 



— 173 — 
IN MEMORIAiM BENEFACTORVM 

{En mémoire des bienfaiteurs) 

(Devise officielle.) 

SCEAUX 

Chef-lieu d'arrondissement (Seiue). 

ARMES : écarteU : au i^', d'or, à la couleuvre d'azur 
ondoyante en pal, qui est de Colbert ; au 2% d'a:(ur, à 
trois fleurs de lys d'or, au hàion de gueules péri en barre, 
qui est de Bourbon du Maine ; au )", d''a:^ur, à trois 
fleurs de lys d'or, au bâton de gueules péri en barre, qui est 
de Bourbon-Penthièvre ; au 4% contre-écartelé : au i 
et ^, d'or, au buste de cheval de sable, celui du i^" cou- 
tourné ; au 2^, d'a:;jir, au dextrochère d''or, armé d'une épée 
d'argent, mouvant de senestre ; au j% d'a'^ur au dextro- 
chère du même, mouvant de dextre ; au chef de gueules, 
setné d'étoiles d'argent, qui est Mortier de Trévise ; sur 
le tout de gueules, à TS majuscule d'or. 

« En adoptant ces armoiries 'qu'explique la devise : 
« Eji mémoire des bienfaiteurs, la commune a voulu rap- 
« peler le souvenir des principaux possesseurs de la 
« terre et du château de Sceaux ; les Potier de Gesvres 
« seuls ont été exceptés ; l'autorisation d'emprunter 
« les armes de la famille de Trévise avait été gracieu- 
« sèment concédée, vers 1866, par le duc de Trévise, 
« fils du maréchal Mortier ' . » 

I. Etat des Coiniiuiies du département de ta Seine à ta fin du 
XIX^ siècle . Loc . cit. Fascicule Sceaux, pp. 51 et 52. 



— 174 — 
IN ME SANITAS ET ROBUR 

(Zf;/ ;;/()/ satilé cl force) 

(Devise officielle.) 

PESSAC 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Bordeaux (Gironde). 

ARMES : d'or, à la bande de gueules accompagnée en 
chef d'une grappe de raisin au naturel et en pointe d'un 
groupe de pins de sinople. — Ce blason figure sur le fron- 
ton de l'Hôtel de Ville. 

La devise, moderne comme le blason, fait allusion, 
d'une part, aux vins récoltés dans les vignobles fameux 
de Château-Haitt-Brion , Châleau-Pape-CJément, Château- 
La-Mission et quantité de domaines divers. Ces vins 
merveilleux procurent la santé. 

D'autre part, elle a trait aux forêts de pins entourant 
Pessac, dans lesquels vient s'atténuer l'air salin de 
l'Océan et dont les émanations balsamiques donnent la 
force vivifiante. 

Dans ces bois de pins, les cottages et les villas se sont 
multipliés comme à Arcachon et nombreux sont les 
hôtes qui, chaque année, viennent y puiser un renou- 
veau de force et de santé. 



— 175 — 
IN PAGE BELLISQ.VE RESPLENDET 

{Elle brille dans la paix comme dans la guerre) 

(Devise officielle.) 

L'HAY-LES-ROSES 

Coniinuiie du canton de Villejuif, arrondissement de Sceaux 
(Seine). 

ARMES : écartelé : an i" d'argenl, à la grappe de rai- 
sin de pourpre figée et feuillée de sinople ; an 2" d'or, à la 
fontaine au naturel ; au j^ d'or, au monument funèbre por- 
tant le unllésime iSjo surmonté d'une épée posée horizontale- 
ment, la pointe à senestre, le tout an naturel et reposant sur 
un tertre de sinople ; au ^^ d'argent, à la rose de gueules 
tigée et feuillée de sinople. 

La grappe de raisin rappelle que le village étail jus- 
qu'en 1880 planté en grande partie de vignes. 

La fontaine offerte en 1830 par M. Brouzac est repro- 
duite dans le 2" quartier, elle s3^mbolise les nombreuses 
sources qui fournissent une eau très estimée. 

Au 3^ quartier figure la reproduction du monument 
offert par la ville de Paris, il évoque la défense de 
L'Hay en 1870. 

La rose du 4*^ quartier rappelle la merveilleuse Rose- 
raie ' d'une réputation mondiale qui appartient à 

I . La Roseraie de l'Hay-les-Roses résume les principales époques 
de l'Histoire de la Rose. Elle se divise en douze sections : ii^ le jar- 
din des plus belles roses ; 2° la rose dans l'histoire ; 30 collection 
botanique (i .000 variétés environ) ; 4° collection des anciennes roses 



— lyô — 

M. Jules Gravercaux et à laquelle la commune de l'Hay 
doit le nom nouveau de l'Hay-les-Roses. 

Ces armoiries ont été composées par M. Gaston Gan- 
don, arti.ste graveur; elles ont figuré pour la première 
fois sur un étendard que M. le comte de Montigny, 
habitant de la commune, offrait à une Société locale ; 
elles furent présentées au Conseil municipal qui les 
adopta officiellement comme armes de la commune. 

La devise synthétise l'histoire du pays dont les parti- 
cularités les plus intéressantes sont : la défense de 
L'Hay en 1 870 Çsc distingue dans la guerre) et le renom 
que lui fournit la culture de la rose {et dans la paix). 



galliques (environ 650 variétés) ; 5° les roses de la Malmaison 
(200 espèces) ; 6" collection des roses du Japon ; 7" collection hor- 
ticole (7.000 variétés environ) ; 8° Musée; 90 les roses de l'Hay; 
100 les roses de Bagatelle ; ii" le jardin des roses nouvelles (sélec- 
tion des 200 plus belles dernières roses créées); 12^' la roseraie de 
Madame (les 100 plus belles variétés de roses pour la fleur à cou- 
per). Sous ce titre : une Roseraie d' Amateur au début du xx^ siècle, 
M. Jules Gravereaux présente à l'admiration publique une collec- 
tion de 8.000 Variétés. 



— 177 — 
IN STELLA FIDES 

{Confiance datrs F étoile) 

(Devise officielle.) 

RIBÉRAC 

Chef-lieu d'arrondissement (Dordogne). 

ARMES : d'or, à trois fasces de simple; au sautoir d'ar- 
gent, brochant sur le tout, chargé en cœur d'une étoile 
d'a:(ur. 

La devise fait allusion à l'étoile placée en cœur de 
l'écu. 

Les armoiries de cette ville datant de 1696, la devise 
ne saurait être plus ancienne. 



INSULA LIBURNIUM DURANIUS 

(Ancienne devise.) 

LIBOURNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Gironde). 

ARMES : d'a:;iir, au navire d'argent flottant sur une 
mer ondée du même, les trois mâts supportant chacun une 
fleur de lys aussi d'argent (alias : d'or). 

Voyez : crescit eundo. 



Les Devises des Villes de Fkance. 



- 178 - 
INTER ALIA LUCET, DEI GRATIA 

{Elle brille entre les autres, par la grâce de Dieu) 

(Devise officielle.) 

PERNES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Carpentras (Vaucluse). 

ARMES: d'azur, au soleil d'or, accompagné en pointe 
d'une perle d'argent. 

« La ville de Pernes portait anciennement pour 
« armoiries : d'azur, au P d'or, entouré de deux branches 
« d'olivier au naturel. Pour des raisons longuement 
« développées dans une charte du 29 octobre i^66,con- 
« servée aux archives communales, Bartholomeo Thu- 
« rêUus, président de la chambre apostolique à Carpen- 
« tras, autorisa cette ville à changer ses anciennes 
« armes et à adopter les suivantes : d'azur, au soleil d'or, 
« accompagné en pointe d'une perle d'argent, avec cette 
« devise : inter alia lucet dei gratia. Depuis cette 
« époque, Pernes a toujours porté ce dernier écus- 
« son '. » 

La devise se rapporte à la perle d'argent du blason, 
tout en s'appliquant spécialement à la ville, 

I. Louis de Bresc, 4niioriat des Connu unes de Pivveitce. Loi\ cit., 
P- 347- 



— 179 — 
INTER SPINAS FLORET 

(^Elle fleurit au milieu des épines) 

(Devise officielle.) 

AUBUSSON 

Chef-lifu d'arrondissement (Creuse). 

ARMES : d'argent, au buisson de sinople posé sur une 
terrasse du inêine, au chef de gueules chargé d'un croissant 
d'argent accosté de deux étoiles du même. 

La dénomination Albusson, en usage dans la langue 
romane et transformée plus tard en celle d' Aubuisson, 
fut l'origine des armoiries parlantes de la ville. A pro- 
pos de la devise : inter spinas floret, nous rappelle- 
rons que la ville de Loja, en Andalousie, porte une 
devise à peu près identique : Loxa flor entre espinas. 
(Note de M. Cyprien Pérathon, auteur d'une Histoire 
d'Aubusson, Limoges, 1886.) Tout en se rapportant au 
buisson des armoiries, cette devise marque la renommée 
toujours croissante de la ville d'Aubusson, au milieu des 
obstacles et des difficultés. 



— i8o — 

IN TE SPERANT, DOMINE, OCULl 
OMNIUM 

(^Les yeux de tons espèrent en toi, Seigneur^ 

(Variante.) 

NANTES 

Chef-lieu du département de la Loire-Inférieure. 
Voyez : oculi omnium in te sperant, domine. 



IN VARIETATE, SECURITAS SUB LILIO 

(^An milieu des changements, sécurité à l'abri du lys') 

(Devise officielle.) 

LA CHARITÉ-SUR-LOIRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Cosne (Nièvre). 

ARMES : d'azur, à trois tours crénelées d'argent posées 
en fasce surmontées de trois fleurs de lys d'or et soutenues 
d'une Champagne échiquetée d'argent et de gueules de trois 
traits. (Ces armoiries furent confirmées en 1816.) 

« La Charité-sur-Loire doit son origine et son nom à 
« son abbaye, fondée au viii^ siècle, réorganisée et don- 
« née à Cluny avec le titre de simple prieuré, en 1052. 
« Au XVI* siècle, les protestants étant parvenus à former 
« à la Charité un parti pui^lSant, la livrèrent à un chef 
u calviniste, qui en fut bientôt chassé ; les troupes pro- 
« testantes étant rentrées dans la ville en 1569, mas^a- 



— i8i — 

« crèrent les moines et près de 800 catholiques. Les 
« révoltes incessantes des habitants appelèrent à LaCha- 
« rite le duc d'Anjou qui s'en empara en 1576, après un 
« siège d'un mois. Les troubles de la Ligue étant ter- 
« minés, les remparts de la Charité furent démantelés, 
« et la ville cessa de jouer un rôle politique. » P. Joanne, 
Dictionnaire géographique et adininistratif de la France. 

Dans son Histoire de La Charité ', M. Louis Lebœuf, 
sans indiquer la date à laquelle remonte la devise, dit 
qu'elle est ancienne, elle aurait été d'abord : in varie- 
TATE SECURiTAS, et on aurait ajouté : sub lilio, quand le 
prieuré fut mis sous la garde des rois de France. 



JE NE PROSPÈRE QUE SOUS SON 
OMBRE 

(Ancienne devise.) 

JOYEUSE 

Chei-lieu de canton, arrondissement de Largentière (Ardèche). 

ARMES : d'azur, à trois pals d'or; au chef cousu de 
gueules chargé de trois hydres d'or. Le P. Anselme, t. III, 
dit : Paie d'or et d'azur de six pièces. 

« Nous trouvons », disent H. Traversier et Léon 
« Vaïsse -, « aux Archives royales, une délibération 



1. La Charité, 1897, in-8, p. 5 et 6. 

2. Jrmorial national de France. Parts, 1843, in-4, 4esérie, p. 64. 



— l82 — 

«* du Conseil municipal datée du 13 août 1809 P'^i' 
« laquelle cette ville demande à porter pour armoiries : 
« d'argent, au mûrier de sinople, au chef d'azur charge 
« d'une main de carnation tenant une branche d'olivier 
« d'argent, et pour devise : je ne prospère que sous 
« SON OMBRE. » Quelle réponse fut foite à cette 
demande, Y Armoriai national de France ne le dit pas. 

Comme on le voit, la devise ci-dessus ne s'applique 
pas aux armoiries actuelles de la ville ; disons, incidem- 
ment, que ces armoiries étaient celles des seigneurs de 
Joyeuse. 



J'EN TIENS DEUX MILLE 

(Devise officielle. ) 

JONQUIÈRES 

Commune du canton de Durban, arrondissement de Narbonne 
(Aude). 

ARMES : d'argent, à la botte de jonc de sinople liée d'or ; 
avec ces mots autour en caractères de sable : j'en tiens deux 

MILLE '. 

Cette devise est très énigmatique ; elle semble, toute- 
fois, se rapporter au lien qui enserre les brins de jonc. 
— Mais nous lui soupçonnons une origine historique 
qu'il est bien regrettable d'ignorer. 

I. Ernest Roschach, Histoire i^raphique de rancieniie province île 
Languedoc. Toulouse, 1904, p. 647. 



- i83 - 
JE PARVIENDRAI 

(Devise officielle.) 

BOUGIE 

Chef-lieu d'arrondissement, département de Constantine (Algérie). 

ARMES : Parti : au i" coupé d'a:(tir et d'or, Fa^^ur 
chargé d'un croissant d'argent ; au 2'^ de gueules^ à la comète 
d'argent ; sur le tout et placé en cœur de Vécu : un gourbi au 
naturel {z\\2iS : une ruche). 

Bougie, la Saldx des Romains, est beaucoup moins 
étendue qu'à l'époque de son antique prospérité. 

La devise de cette ville marque une aspiration 
empreinte de confiance et de volonté. 



J'ETAIS FLEUR, JE SUIS CITE 

(Devise officielle.) 

LES LILAS 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : Taillé de gueules et d'azur, à la bande d'ar- 
gent brochant sur la partition et chargée de six fleurs de lilas 
au naturel. L'écu repose sur une branche de lilas fleuri. 

Cette gracieuse devise fait allusion aux bois touffus 
où croissaient les bouleaux et aussi les lilas sur l'empla- 



- ib4 - 

cernent qu'occupé aujourd'hui la commune des Lilas '. 
« ...c'était là que, encore de 1820 à 1840, les Pari- 
« siens des quartiers de l'Est allaient demander au « Bois 
« des Bouleaux » la verdure et les plaisirs champêtres ; 
« le joyeux romancier Paul de Kock l'a célébré dans 
« plusieurs de ses romans -. » 



JOVI MEA SERVIET ALES 

(Mow oiseau sert Jupiter) 

(Devise officielle.) 

ARGENTAN 

Chef-lieu d'arrondissement (Orne). 

ARMES : d\iroent, à Faigk de sable. 

« Le 7 août 18 16, la ville d'Argentan », dit M. J. 
M.Germain, historien de la localité, « demanda l'auto- 
« risation de reprendre ses anciennes armoiries : une 
« aigle éployée avec la légende : jovi mea serviet 

« ALES. » 

A quelle époque conviendrait-il de faire remonter ces 
armoiries ? M. Léon de la Sicotière pense que ce pour- 
rait être à celle de la Renaissance ou bien à un temps 
assez rapproché de la Renaissance. 



1. Cf. Etal des communes du département de ht Seine à la fin du 
XIX siècle. Loc. cit. Fascicule Les Lilas, 1 900. 

2. Ihid. 



- i85 - 

« Il ne serait pas impossible, toutefois, dit A. Canel', 
« que l'adoption de la devise fut postérieure à celle des 
« armoiries. » 

Il nous semble qu'elle doit dater de i8ié. 



17 JUILLET 1453 

(Devise officielle.) 

CASTILLON-SUR-DORDOGNE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Libourne (Gironde). 

ARMES : de gueules, à la croix d'azur ^ chargée en cœur 
d'une tour sommée de deux tourelles et accostée de deux autres 
tours, le tout d'argent, la croix cantonnée de quatre fleurs de 
lys d'or (d'Hozier). 

La date que la ville de Castillon a prise pour devise rap- 
pelle la défaite des Anglais sous les murs de cette cité, 
défaite qui coûta la vie au général anglais Talbot et 
amena la soumission de toute la Guyenne au roi 
Charles VII. 

Un obélisque élevé sur une place publique de Castillon 
commémore ce fait. 

1. Arnwrial des Villes et Corporations de la Normandie. Loc. cit., 
pp. 50 et 51. 

2. Cette croix d'azur sur un tond de gueules constitue une faute 
héraldique, car on ne doit pas mettre couleur sur couleur ni métal 
sur métal. 



— I«6 — 

JUSTITIA, ET ARMIS, DOLA 

(Par la justice et les armes, Dole) 

(Devise officielle.) 

DOLE ■ 

Chef-lieu d'arrondissement (Jura). 

ARMES : d'axur, au lion naissant, couronné d'or, armé 
et lampassé de gueules, accoînpagné de hillettes d'or sans 
nombre ; coupé de gueules, au soleil rayonnant d'or. 

Nous ne pouvons mieux faire, au sujet des devises de 
la ville de Dole, que de mettre sous les yeux du lecteur 
la notice très complète et très documentée que M. le 
chevalier André Pidoux a bien voulu nous adresser. 
Nous nous faisons un devoir de lui présenter nos sin- 
cères remerciements. 

« Deux devises ont accompagné alternativement les 
« armes de la ville de Dole : justitia et armis dola. — 

« RELIGIO ET JUSTITIA .ETERNA URBIS FATA. 

« La ville de Dole ayant été détruite de fond en 
« comble en 1479, par les troupes du roi Louis XI, 
« nous n'avons aucun document sur sa devise avant 
« cette époque. Le seul historien qui puisse nous ser- 
« vir de guide est Gollut - : « Geste ville hat autrefois, 
«dit-il, porté en armoirie une tour, ainsi que les 

1. Dole QX. non Dole, ainsi le veulent l'usage local, la phonétique, 
la tradition et les documents (A. P.). 

2. Mémoires hhtorique\ Je la République sèquaiuiise, i vol. in-tol., 
Dole, Dominicque, 1 592, p. 2 1 5 . 



— i»7 — 

« vicomtes de Dole, de la maison de rHospital, en 

« usoient en leur Prevosté. Mais quand l'armoirie du 

« Comté fut changée ' et que les princes choisirent le 

« lyon d'or en champ d'azur billeté d'or, sans nombre, 

« la ville print le soleil luisant d'or, en champ d'azur-, 

« au chef d'azur, billeté d'or sans nombre, au lyon 

« naissant, haïant la queue passée en saulteur, avec la 

« devise : justitia. Puis comme après son premier 

« siège (mis par Pierre de Craon), elle, par une furieuse 

« saillie (faicte du premier dimanche d'octobre, en l'an 

« mil quatre cent septante six 5) se fut faicte quitte de 

M l'ennemy, le chassant à val de route et luy enleuant 

« son artillerie, Ion luy adjoustatà la devise, et armis : 

« faisant ces mots entiers : justitia et armis, comme 

« pour éterniser la mémoire de ceste heureuse saillie et 

« exequution. » Mais, comme les assertions de Gollut, 

« au sujet des armoiries primitives de la ville de Dole 

« sont erronées, vu qu'il confond les armes du tabel- 

« lionne de Dole avec celles de la ville '^j ses opinions 

« sur l'origine de la devise justitia et armis ne doivent 

1 . A la fin du xm^ siècle, le comte Palatin Othon IV remplaça 
l'aigle d'argent en champ de gueules qui figurait depuis Othon h'^ 
dans les armes de la Franche-Comté, par le lion d'or, en champ 
d'azur billeté d'or qui y figure encore aujourd'liui . 

2. Il y a sûrement ici une coquille. Le soleil est en champ de 
gueules. Les règles du blason ne permettraient d'ailleurs pas le 
champ d'azur, et l'usage du champ de gueules ne semble pas avoir 
subi la moindre variation . 

3. Le fait rapporté par Gollutest de 1477 et non ^^ 1476. 

4. Jules Gauthier, Les sceaux et armoiries des villes et bourgs de 
Franche-Comté {Mémoire de V Académie des sciences, heUes-lettres et arts 
de Besançon, 1882, p. 52). 



- i88 — 

« être admises que sous toutes réserves, quoique l'ori- 
« gine de la seconde partie paraisse assez probablement 
« conforme au dire du vieil historien. Quant à la pre- 
« mière partie de la devise, justitia, elle fut sans doute 
« dictée par ce fait que Dole était le siège du parle- 
« ment, cour suprême de justice, dont l'intégrité et la 
« science étaient réputées. 

'( Quoi qu'il en soit, on trouve cette devise durant 
« tout le xvi^ et le xvii^ siècles, sur des monuments, et 
« en particulier une porte d'entrée du collège, datant de 
« 1588 où l'on lit : justicia {sic) et armis dola, sur 
« des sceaux de la ville et sur des fers de reliures. 
« Plusieurs exemples en sont conservés, tant aux 
« archives municipales de Dole, qu'aux archives dépar- 
« tementales du Doubs, où figurent notamment un 
« cachet rond de 30 mill. de diamètre, présentant les 
« armoiries de la ville, entourées de rinceaux, avec 
« la devise justita * et * armis * dola, datant du 
« i^"" juillet 1667 ', et un fer de reliure représentant 
« un cartouche ovale, avec les armes de la ville, et en 
« exergue: justitia et armis dola 1587 '. 

« C'est également cette devise qui figure sur le fron- 
<« tispice de la relation du siège de Dole en 1636, par le 
« président Boy vin •. 

1. Archives du Doubs E, fonds Damey de Saint- Bresson. 

2. Archives de Dole, registre des délibérations du Conseil de ville, 
1631. 

3. Anvers, Morctus, 1638. Ce frontispice a été gravé par Corné- 
lius Galle, d'après un dessin de Rubens qui figure au musée Plantin 
à Anvers. 



— i89 — 

« L'origine de la seconde devise est beaucoup plus 
« certaine que celle de la première : Les fortifications de 
« Dole détruites en 1479 furent rétablies par ordre de 
« Charles-Quint. 

« Sur la porte du pont, ou porte Saint-André, qui fut 
« terminée et bénite le 30 novembre 1603, on grava ces 
« mots en lettres d'or : religio et justitia .eterna 
« URBis FATA, faisant allusion probablement au parle- 
« ment et à la piété de la ville, piété qui s'était mani- 
« festée dans de nombreuses circonstances, et notam- 
« ment par la fondation de plusieurs couvents, par une 
« foule de vœux, et qui se manifesta encore dans la 
« suite, et surtout en 1608, lors de la réception d'une 
« des saintes Hosties miraculeuses de Faverney, et dans 
« la capitulation de 1674 '• 

(' Au xviii'^ siècle, cette devise devint d'un usage 
« presque aussi fréquent que l'autre. Ainsi, sur le titre 
« de la dissertation sur l'antiquité de Dole publiée en 
« 1743, à Dole chez Tonnet, par C. J. Normand, les 
« deux devises accompagnent les armes de la ville. 

« La révolution vint qui supprima à la fois blason et 
« devises. 

« Napoléon I", par lettres patentes du 20 juin 181 1, 

I. L'article II de cette capitulation est : « La religion catholique, 
« apostolique et romaine sera conservée et maintenue dans la 
« Franche- Comté, san^ qu'aucune hérésie, secte ou liberté de cons- 
« cience y puissent être exercées, non p.is même par les ^oldats qui 
« y seront dans la garnison.. . » Recueil des édits et ordonnances de 
Franche-Comté. Besançon, 1777, t. 1, p. 9. 



— 190 - 

« accorda de nouvelles armoiries à la ville, mais sans 

« parler de la devise. On voit, dès lors, figurer sur les 

« actes officiels la devise : justitia et armis dola. Des 

« lettres patentes de Louis XVIII, du 14 décembre 

« 181 6, restituèrent à la ville de Dole ses anciennes 

« armoiries. A partir de cette date, les actes officiels 

« portent la devise : religio et justitia ^terna urbis 

:< F ATA. 

« Après 1830, la devise : justitia et armis dola 
^< reparaît dans les actes municipaux, mais les pièces 
« émanant de l'église collégiale et paroissiale de Notre- 
« Dame portent encore la devise: religio et justitia 

« iETERNA URBIS FATA. 

« Enfin, la bibliothèque publique de Besançon possède 
« la matrice d'un sceau de la ville de Dole, datant du 
« xviii^ siècle, où les deux devises ont été combmées 
« sous la forme la plus barbare : religio et justitia et 

« ARMIS DOLA ] ^TERNA URBIS FATA {sic). Il eût aU 

« moins fallu trois nominatifs ou trois ablatifs ! » (Che- 
valier André Pidoux, archiviste paléographe à Dole.) 



— 191 — 
LABORE CRESCIT 

ÇElle grandit par Je travail) 

(Devise officielle.) 

HAGETMAU 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Sever (Landes). 

ARMES : d'argent, au château de... flanqué de deux 
tourelles couvertes ; la tour du milieu surmontée d'un arbre 
de... 

La ville reconnaît par sa devise, qu'elle doit son 
accroissement au travail. Hagetmau possède, en effet, 
des fabriques d'huiles de lin et de colza, de bougies, 
de linge de table, de poteries de grès, etc., qui contri- 
buent à sa prospérité. 



LABORE FIDEQUE 

{Par le travail et la foi) 

(Devise officielle . ) 

CRÉTEIL 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : d'a:(^ur, à la fasce ondà d'argent, accom- 
pagnée en chef d'une croix pattée d'or, chargée d'un œil 
au naturel rayonnant, et, en pointe d'une grappe de 
raisin tigée et feuillée d'or. 

L'écu est posé sur la masse du Chapitre de Notre- 
Dame de Paris, l'extrémité fait cimier. 

« La fasce ondée rappelle la traversée de la com- 



— 192 — 

« munc par la rivière la Marne, et le raisin, les vignes 

« du Mont-Mesly, hameau dépendant de Créteil. La 

« commune de Créteil ayant appartenu, au x" siècle, 

« à Tarchevêché de Paris, il a semblé bon de rappe- 




« 1er cette particularité historique, en faisant figurer 
« derrière ses armoiries la masse du Chapitre de 
« Notre-Dame, Quant à la devise : Labore fideque, 
« elle a été empruntée aux armoiries ornant encore 
« la grille d'entrée de l'ancien château archiépiscopal ' . » 
Le château, dont il est ici question, a été construit, 
vers 1855, par Madame la marquise de Caumont de la 
Force, dont le mari ^ fut maire de Créteil de 1846 jus- 
qu'à sa mort survenue en 1856. 

1. État des communes du département de la Seine à la fin dit 
XIX^ siècle, — Loc. cit. Fascicule : Cn'teil, pp. 51 el 32. 

2. Edmond-Michel- Philibert Nonipar, marquis de Caumont de La 
Force, marié en 1844 à Charlotte-Georgine- Henriette Smyth, ncc 



— 193 — 

Ce château fut, après 1863, acquis personnellement pur 
Mgr Georges Darboy, archevêque de Paris, qui, aux 
blasons accolés ' du marquis de Caumont de la Force et 
de son épouse, et à leurs devises, substitua ses propres 
armoiries : d'azur, à la croix d'argent \ et sa devise : 
LABORE FiDEauE '>, sans changer la forme ovale des deux 
écussons et sans supprimer les supports qui sont deux 
licornes. 

Cette ornementation ainsi modifiée existe encore, 
nous en donnons ci-dessus la reproduction. 

Voilà pourquoi la ville de Créteil a pris pour devise, 
sans s'en douter, celle du Prélat, martyr de la Com- 
mune. 



le 25 juillet 1814, veuve de Georges-Auguste-Kraven {Amitiaire de 
lu Noblesse de Borel d'Hauterive, 1845, p. 113). 

1. Premier écusson: d'azur, à trois léopards d'or, F un sur F autre, 
couronnés, armés et lampassés de gueules. Devise : Ferme Caumottt, 
qui est de Caumont. Deuxième écusson : celui de sa femme, née 
Smyth. 

2. Comte de Saint-Saud, Armoriai des Prélats français au 
XIX^ siècle. Paris, 1906, p. 122. 

3. Henri Tausin, Dictionnaire des devises ecclésiastiques. Loc. cit., 
p. 108. 



Les Devises di s Villes de France. 



— 194 — 

LABOREM HONOREMaUE PATI 
NOSTRl PIGNORA HABEMUS 

(Le travail et l'honneur sont les gages de notre avenir) 

(Devise officielle.) 

PHILIPPEVILLE 

Chef-lieu d'arrondissement, département de Constantine (Algérie). 

ARMES : cfa^ur, à la clef d'argent posée en pal, sur- 
montée d'une cigale d'or et accostée de deux autres. 

Philippeville est l'un des ports les plus animés du 
littoral d'Algérie. 

La devise est sage et pondérée. 



LABOR, FIDES, VIS, FELICITAS 

( Travail, foi, force, félicité) 

(Devise officielle.) 

SAINT-LAURENT-DU-PONT 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Grenoble (Isère). 

ARMES : Coupé : au i"' de gueules, au saint Bruno 
agenouillé devant un tertre surmonté d'une croix, le tout au 
naturel ; au 2^ cousu d'a:^ur, à deux haches d'argent passées 
en sautoir. 

On croit que ces armoiries, ainsi que la devise, ne 
remontent pas au delà de 1816, époque du retour des 
Chartreux. Le saint Bruno qui figure dans le blason se 



— 195 — 

rapporte certainement à ce retour ; les deux haches 
passées en sautoir font allusion aux exploitations des 
grandes forêts de sapin ; l'écusson est du reste accom- 
pagné à dextre et à senestre de trois sapins. 

Quant à la devise, elle rappelle les bienfaits du tra- 
vail et de Is. foi, l'un donnant la force et l'autre assurant 
hfélicité. 



LABOR OMNIA VINCIT 

(^Le travail vainc tout) 

(Devise officielle.) 

THIERS 

Chef-lieu d'arrondissement (Puy-de-Dôme). 

ARMES : de gueules, au navire d'argent, toutes voiles 
déployées, voguant sur une nier du même. 

Au sujet des armoiries ci-dessus, voici ce que dit 
J.-B. Bouillet dans sa Statistique monumentale du dépar- 
tement du Puy-de-Dôme (Clermont-Ferrand, 1846), 
p. 333 : « Nous voyons dans V Armoriai d'Auvergne 
« Bourbonnais et Fore:{ composé par Guillaume Revel, 
« qui vivait sous Charles VII, que la bannière de cette 
« ville était chargée de deux léopards passant sans dis- 
« tinction de couleur. Un vaisseau sculpté sur la porte 
« de la maison est considéré par les habitants comme 
« la représentation des armoiries de la ville ; nous pen- 
ce sons qu'ils se trompent, rien ne justifie cet emblème. 



— 196 — 

« pas môme son commerce et sa grande exportation 
« de coutellerie. » M. le D"^ Charvilhat, de Cler- 
mont-Ferrand, nous signale que, sur une marque de 
Cartier de Thiers (xviii'= siècle), est figuré un navire ; 
mais pourquoi ? Quant à la devise : labor omnia vincit, 
elle a sa raison d'être ; elle s'applique au grand déve- 
loppement des industries de cette ville et particulière- 
ment de l'industrie de la coutellerie. 



LABUNTUR ANNI, OLEA VIRET 

(^Les. ans s'écoulent, Volivier est toujours vert) 

(Devise officielle.) 

SOUK-AHRAS 

Arrondissement de Guelma, département de Constantinc 
(Algérie). 

ARMES : de à l'olivier posé en chef, planté sur un 

tertre, accosté à dextre d'un ermitage, le tout au naturel et 
soutenu d'une grande banderole portant la devise : Labuntur 
anni, olea viret ; en pointe, une mitre épiscopale reposant 
sur une crosse. 

Ces armoiries sont de pure fantaisie et nullement 
héraldiques, elles sont cependant intéressantes car elles 
évoquent un passé vraiment digne d'attention. 

L'auteur de cette composition a puisé son inspiration 
dans l'histoire religieuse de Souk-Ahras, l'ancienne 
Thagaste des Romains, où naquit en \'y^{alias 365) le 



— 197 — 

plus célèbre des docteurs de l'Église : saint Augustin, 
mort évêque d'Hippone en 430. La crosse et la mitre 
commémorent la naissance de ce grand saint. 

L'olivier est l'arbre dont la culture très étendue fait 
la richesse de la région, aussi l'a-t-on pris comme pièce 
principale du blason ; on a voulu également rappeler 
une tradition constante dans le pays, même parmi les 
indigènes, qui fait remonter à l'époque où vivait saint 
Augustin, un certain olivier ' situé sur un tertre qui se 
trouve aujourd'hui enfermé dans l'enclos de la pou- 
drière. Du reste dans la région cet olivier est dit olivier 
de saint Augustin comme on dit du tertre le mamelon 
de saint Augustin. 

La devise est d'une heureuse conception, elle évoque 
le passé et consacre un souvenir précieux. 

Blason et devise remontent à l'année 1888, M. Roze 
étant maire ; le choix des emblèmes et de la devise est 
l'œuvre de M. le D' Clada, aujourd'hui maire de la 
localité. 

En 1852, Souk-Ahras n'était qu'un simple poste 
militaire ; aujourd'hui, grâce à son heureuse situation 
au croisement des routes de Bône à Tebessa et de 



I . « Peut-on raisonnablement attribuer à cet arbre une si haute 
« antiquité ? 

« Etant donné et la lenteur avec laquelle croît cette essence et 
« aussi le diamètre de cet arbre (quatre métrés au moins à la base), 
« il est permis d'émettre cette opinion, d'autant mieux que les 
« troncs existant tout énormes qu'ils sont, sont visiblement les 
« rejetons des premières racines.» (Note de M. l'abbé Péronne.) 



— 198 — 

Constantine à Tunis, la ville a prospéré, elle est deve- 
nue importante. 

Nous devons à M. Hinglais, président du Syndicat de 
la Presse du département de Constantine, et à M. Louis 
Schiffmacher, rédacteur du journal le Réveil à Souk- 
Ahras, l'envoi du blason de la ville ; d'autre part, 
M. l'abbé Péronne, curé de Souk-Ahras, a bien voulu 
nous donner tous les détails nécessaires à la rédaction 
de la présente notice. 

Nos remerciements les plus sincères sont acquis à 
nos obligeants correspondants. 



LA FIDÉLITÉ CHARME LES CŒURS 

(Devise officielle.) 

CHARMES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Mirecourt (Vosges). 

ARMES : ifa:^ur, à la levrette d'argent, tenant en ses 
pattes une croix de Lorraine d'or. 

Ces armoiries sont peintes sur un des vitraux du 
chœur de l'église de Charmes. 

La devise témoigne de la fidélité des habitants de 
Charmes envers leurs princes (voir, C. Lapaix, Armo- 
riai des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Bar- 
rois et des Trois-Évêchés. Loc. cit., p. 76). 



— 199 — 
L'AIGO FAI VENI POULIT 

(L'eau fait venir joli) 

(Devise officielle.) 

EYGUIÈRES 

Clijf-lieu de canton, arrondissement d'Arles (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d'a~îir, à Vaiguière d'argent. 

Proverbe provençal qui correspond admirablement à 
l'aiguière figurant dans les armoiries parlantes de la 
ville. (Communication de M. V. Lieutaud, à Volone.) 



LA MAIN ARMEE POUR TE SERVIR 

(Devise officielle.) 

MAZÉRES 

Commune du canton de Saverdun, arrondissement de Pamiers 
(Ariège). 

ARMES : d'azur, au dextrochère de carnation mouvant 
du (îanc senestre d'une nuée ^argent et tenant une lance 
d\)r. 

La devise se rapporte au dextrochère (ou main droite) 
tenant une lance ; elle n'a été consacrée qu'en 1816, 
époque à laquelle les armoiries de la cité ont été auto- 
risées par acte officiel. Cette devise marque aussi le 
dévouement envers le roi. 

« En 125 1, Mazères n'était qu'un petit village; 



— 200 — 

« Béranger, abbé de Boulbonne, en fit une ville et les 
« comtes de Foix y bâtirent un château qui devint leur 
« résidence favorite. C'est dans cette ville que Gaston- 
« Phœbus, comte de Foix, reçut la visite du roi Charles VI, 
« en 1390. 

« Mazères était jadis une des quatre villes maîtresses du 
« Comté, ayant l'entrée des États du pays et le privilège, 
« avec Foix, de nommer l'un des deux syndics généraux 
« du Comté de Foix. » (H. Duclos, Histoire des Arié^eois. 
Loc. cit., t. VII, p. 116.) 



LAUS DEO 

{Gloire à Dieu) 

(Devise officielle.) 

LANNION 

Chef-lieu d'arrondissement (Côtes-du-Nord). 

ARMES : (ïaiiir, à Vanneau couché d'argent, tenant de 
l'un de ses pieds de devant, une croix de triomphe d'or, sur 
la croisée de laquelle ily a un guidon de gueules. 

Potier de Courcy, dans son Nobiliaire et armoriai de 
Bretagne, 3^ édition, 1890, t. II, p. 154, donne, 
comme devise à la ville de Lannion l'inscription qui se 
lit sur le guidon des armoiries de cette cité : laus deo. 



201 — 

LA VILLA DEL VOLO 

(Devise douteuse.) 

LE BOULOU 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Céret 
(Pyrénées - Orientales). 

ARMES : d'argent (alias : d'aïur), à la fleur de lys 
d'azur (alias : d'or') en chef, et au vol abaissé de sable en 
pointe ; à la bordure de gueules chargée de ces mots : la 
VILLA DEL VOLO en caractères d'or. 

Certains prétendent que les mots ci-dessus peuvent 
être considérés comme devise ; ils sont plutôt, semble- 
t-il, une désignation et ont trait au vol abaissé du bla- 
son ou peut-être, au nom de la ville. 



LES HABITANTS DE LANDRECIES ONT 
BIEN MÉRITÉ DE LA PATRIE 

(Devise attribuée.) 

LANDRECIES 

Chef -lieu de canton, arrondissement d'Avesnes (Nord). 

ARMES : d^a^iir, au château surmonté de trois tours et 
reposant sur une terrasse, le tout d'or ; h la Champagne de 
gueules chargée de l'étoile de la Légion d'honneur '. 



I. Cf. Krncst Laut, l^es villes décorées. Paris, s. d., in-8°, p. 55 
et suiv. 



202 



La devise est conçue d'après les termes mômes du 
décret de la Convention nationale, en date du 27 ven- 
tôse an III (17 mars 1795), qui déclarait que les habi- 
tants de Landrecies avaient bien iiiérilé (h' la patrie. 

Cette devise n'est pas portée officiellement par la 
ville, elle pourrait l'être à juste titre car, au siège qu'elle 
soutint en 1794 et qui lui valut les paroles ci-dessus, 
s'ajoute le siège de 1871. Ces deux faits d'armes ont, 
du reste, été glorifiés par l'attribution à la ville de 
Landrecies de la décoration de la Légion d'honneur par 
décret en date du 29 septembre 1900. 



LE TRAVAIL ENNOBLIT L'HOMME 

(Devise officielle.) 

MOUY 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Clermont (Oise). 

ARMES : de à la roue d'engrenage de sur 

laquelle reposent passés en sautoir : une navette et un 
fuseau de ; au point central une tête de bélier de 

Ces armoiries de fantaisie ont été, paraît-il, com- 
posées, il y a une quarantaine d'années, par un conseil- 
ler municipal qui voulut symboliser l'industrie du pays. 

La devise doit être de la même époque ; elle consacre 
l'ardeur au travail de ce centre manufacturier. 



— 203 — 
LEX ET PATRÏA 

(Lo? et Patrie) 
MONTROUGE 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : d'azur, au soleil cfor, ou plus exactement, à 
V étoile à )4 rais d'or. 

La commune a repris, en 1887, ces armoiries qui 
dataient du 13 juin 1790, en modifiant la devise qui 
était à l'origine : Rex et Patria ' . 

La devise : lex et patria ne signifie rien, il n'y a, 
en effet, aucune corrélation entre ces deux mots, 
tandis que l'ancienne devise : Rex et Patria avait sa 
raison d'être, en tous cas elle avait un sens historique. 
Il est regrettable qu'on ne l'ait pas conservée. 

I . Etat des communes du département de ta Seine à la fin du 
XIX^ siècle. Loc. cit. Fascicule Montrouge, p. 5 1 . 



— 204 — 

LIBERA JURE FUIT ET ERIT SINE 
FINE TOLOSA (xve siècle) 

{Toulouse fut libre à bon droit et le sera satis firi) 

LIBERA TOLOSA (xvie siècle) 

{La libre Toulouse^ 

(Anciennes devises.) 

TOULOUSE 

Chef-lieu du département de la Haute-Garonne. 

ARMES : de gueules, à la croix cléchée, vidée et pom- 
metée d'or, en un cercle du même, sur une vergette du même 
portée à dextre par un agneau pascal passant d'argent; 
accostée à dextre d'un château d'argent donjonné du même, 
et à senestre d'une église d'argent avec clocher du même ; au 
chef cousu d'a:(itr, semé de fleurs de lys d'or. 

La ville de Toulouse ne porte ni l'une ni l'autre de 
ces devises. 

Voyez : Tolosa palladia. 



LIBERTAS. FAX. LABOR 

{Liberté. Paix. Travail) 

(Devise officielle.) 

LE KREMLIN-BICÊTRE 

Commune du département de la Seine. 

Armes : de gueules, au Kremlin d'argent sur une ter- 
rasse de sinople; au chef cousu d'aïur, à la tour accostée de 
deux merlettei, le tout d'or. 



— 205 — 

« La forteresse du Kremlin rappelle que la commune a 
« tiré son nom d'une enseigne peinte sur l'une des habi- 
« tations de la localité en 1813. La tour rappelle le fort ; 
« les oiseaux ou merlettes sont empruntées à Gentilly 
« d'où Le Kremlin a été détaché en 1896. Le pays de 
« carrières où se trouve la commune est enfin figuré par 
« la roue de carrier qui forme cimier ■ . » Par le mot Liber- 
tas, la devise fait allusion à l'émancipation de la com- 
mune, qui fut, comme il est dit ci-dessus, séparée de 
Gentilly en 1896. Les mots Pax. Labor marquent les 
aspirations des habitants. 



LILIA SOLA REGUNT UNDAS, LUNAM, 
CASTRA ET LEONEM 

(Seuls les lys gouvernent les eaux, 
la lune, le camp et le Imï) 

(Devise officielle.) 

BORDEAUX 

Chef-lieu du département de la Gironde. 

ARMES : de gueules, au château à cinq tours crénelées et 
pavillonnées , celle du milieu plus haute, ouverte et renfer- 
mant une cloche, reliées par deux pans de muraille crénelée, 
à dextre et à senestre, le tout d'argent, surmonté d'un léo- 



1. État des communes du département de ta Seine à la fin du 
XIX« siècle. Loc. cit. Fascicule Le Kremlin-Bicélre, p. 29. 



— 206 — 

pard d'or et posé sur un fleuve d'azur chargé d'un croissant 
de lune d'argent (alias : d'or) ; au chef cousu d'azur, semé de 
fleurs de lys d'or. 

Le léopard est une allusion à l'occupation anglaise ; le 
croissant rappelle la forme du fleuve la Garonne devant 
Bordeaux, ce qui, du reste, avait fait donner à cette 
ville le nom de Port de la lune ; le chef fleurdelysé est 
un souvenir de la conquête de l'Aquitaine par le Roi de 
France après la guerre de Cent ans. 

La devise se rapporte aux pièces du blason et célèbre 
la conquête de l'Aquitaine. 



L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de 
Bordeaux, fondée en 1712, supprimée en 1793, rétablie 
en 1797, porte pour emblème un croissant avec cette 
devise : crescam et lucebo. (Henri Jadart, Sceaux, 
Emblèmes et Devises des Sociétés savantes de France. Loc. 
cit.) 



LILIA TERNA GERO, TRIPLEX MIHI 
ET ANNULUS ARMIS 

(/e porte trois lys et trois anneaux dans mes armes) 

(Devise officielle.) 

JARGEAU-SUR-LOIRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Orléans (Loiret). 

KWMES : de gueuleSy à trois annclets d'argent ; au chef 
cousu d'a:(ur, à trois fleur ■^ de lys d'or. 



- 207 — 

« Nous savons que certains savants chanoines du cha- 

« pitre de Saint- Vrain, tel Defay au xvii*^ siècle, aimaient 

« à « taquiner la muse latine » ; témoin cette traduc- 

« tion poétique du blason donné par Louis XI à sa 

« bonne ville de Jargeau et mentionnée dans le manu- 

« scrit du P. René Chesneau, son contemporain, qui 

« écrivit en un latin excellent l'histoire de l'église, du 

*' chapitre et de la ville de Jargeau (1678). lilia terxa 

« GERO, TRIPLEX MIHI ET ANNULUS ARMIS. 

« Ce qui doit se traduire héraldiquement : Jargeau 
« porte : de gueules, à trois annelets d'argent, deux et un ; 
« au chef d'a:^ur, à trois fleurs de lys d'or. 

« Ce sont là « récréations poétiques » qui n'ont rien 
« de banal, par la bonne raison qu'elles ne sont pas à 
« la portée du premier clerc venu '. « 



LILIIS TENACI VIMINE JUNGOR 

(JJn lien puissant ni unit aux lys) 

(Devise officielle.) 

AMIENS 

Chef-lieu du département de la Somme. 

ARMES : de gueules, au lierre d'argent ; au chef cousu 
d!a:(ur, semé de fleurs de lys d'or. 

I. L. Dumuys, conservateur-adjoint du Musée historique d'Or- 
léans, Notes sur un cadran solaire du XVI 11^ siècle conservé à Jargeau. 
Orléans, 1902, in-8. 



— 208 — 

En 1185, Philippe-Auguste, ayant aflVanchi la ville 
du joug des comtes, lui donna pour armes un écu de 
gueules plein, au chef d'azur parsemé de fleurs de lys 
d'or. Louis XI, après l'avoir dégagée des mains du duc 
de Bourgogne, permit de diaprer la pointe de cet écu 




de branches de lierre d'argent, et, pour indiquer l'union 
constante d'Amiens à la Couronne, le Monarque fit pla- 
cer, au-dessus de l'écusson que supportent deux licornes 
accroupies, la devise suivante : liliis tenaci vimine jun- 
GOR (Un lien puissant m'unit aux lys). (Dusevel, His- 
toire d'Ami eus.) 



209 



LODOVA A LUDOVICO OCTAVO 

(^Lodève ainsi nommée de Louis VIII) 

(Devise officielle.) 

LODÈVE 

Chef-lieu d'arrondissement (Hérault). 

ARMES : d'a'^iu', à la croix d'or, cantonnée au i" d'une 
étoile ; au 2" d'un croissant ; au )^ d'un L; au 4^ d'un D, 
le tout d'or ; chargée, en cœur d'un écusson d'azur, à la fleur 
de lys d'or. 

Ces armoiries ont été accordées à la ville de Lodève 
par ordonnance royale du 23 décembre 18 18. Elle a été 
autorisée à les porter par lettres patentes du 3 février 
1819. 

On trouve l'origine historique de la devise de la ville 
de Lodève dans le : Chronologia prœsulum Lodovensium, 
de Plantavit de la Pause, in-4, 1634, Aramon, p. 136-7. 
On y voit qu'en 1225, Louis VIII, après son retour 
de l'expédition contre les Albigeois, se trouvait à Mont- 
pellier. Il voulut marquer sa reconnaissance à l'évêque 
Pierre IV ' qui l'avait maintes fois secouru durant cette 
expédition ; aussi, après lui avoir fait de nombreuses 
libéralités, voulut-il perpétuer le souvenir de la fidélité 
et de l'obéissance de Pierre. Il ordonna donc que le 

I. Les armoiries de Pierre IV, évêque de Lodève (1208- 1238), sont 
devenues celles delà ville ; elles sont rapportées dans la Gaule Ponti- 
ficale, de Fisquet, diocèse de Lodève, p. 553. 

Les Devises des Villes di; France. 14 



— 210 — 

siège épiscopal de l'évêque ne fût plus désormais appelé 
Ltiteva, mais Lodova, en souvenir de lui <( non Luteva, 
sed Lodova a nomine suo Lodoïco, seii Lodovico, quasi Lodo- 
vicea, la ville de Louis » (ex veteri Lodovensis Ecclesia 
chartulario). Communication de M. A. Rouis, notaire 
honoraire à Lodève, 1896, 1910. 

D'autre part, Renaud de Vilback ' écrit ceci : « Cette 
« ville existait du temps des Tectosages ; elle fut appe- 
« lée forum Neronis sous les Romains ; mais j'aimerais 
« tout autant faire venir le nom actuel de l'ancien nom 
« de Lutève, que de celui de Lodova ou Lodoïca, que 
« Lodève tient, dit-on, de la munificence de Louis VIIL » 



LOVIERS LE FRANC 

(Devise officielle.) 

LOUVIERS 

Chef-lieu d'arrondissement (Eure). 

ARMES : Parti : au /" d'a^iir, à un L gothique d ar- 
gent traversant une couronne ducale d'or ; au 2" aussi d'a:(iir, 
au lion d'or ; à la bordure cousue de gueules chargée de 
besants d'argent. 

Cette devise a été accordée à la ville de Louviers, à la 
suite de sa reprise sur les Anglais et en hommage à la 



I . Voyages dans les départements formés par r ancienne province de 
Languedoc. Paris, 1825, in-8, p. 487. 



i 



— 211 

belle conduite de ses citoyens. L'acte de concession, daté 
de Lusignan en mai 1441, est signé de Charles VIII 
qui reconnaît que les habitants de Louviers ont tout 
sacrifié pour le Roi et la Patrie, que leur fidélité a résisté 
à toutes les épreuves bien que les nécessités de la guerre 
l'aient forcé à les abandonner. Il constate que les enne- 
mis ont exercé envers eux des vexations, des cruautés 
qui n'ont en rien ébranlé leur amour pour le pays et que 
c'est à leur énergie qu'il devra « le recouvrement du païs 
et dîichié de Normandie ». 

Voici, du reste l'article VIII de cet acte ; il est relatif 
à la devise : 

'< Et d'abondant avons aux dits supplians et leurs suc- 
ce cesseurs, octroyé et octroyons de notre dite grâce et 
« pour le plus grand signe et mémoire de leur loyauté, 
« que d'ores en avant à toujours, mais perpétuelle- 
« ment, notre dicte ville de Loviers soit nommée et 
« appelée Loviers le Franc et, qu'à cause, les dits sup- 
« plians et leurs dits hoirs, successeurs et chacun d'eux 
« qui en ycelle ville et faubourgs résideront et demeu- 
« reront, puissent à leurs loises, si bon leur semble, 
« selon leurs facultés et puissance porter en devise en 
« tous temps la lettre L couronnée en broderies, orfè- 
« vreries et ainsi qu'il leur plaira. » 

« M. Barbe ' ajoute : « L'autorisation de porter cet 
« L couronné constituait, pour les habitants de Lou- 

I. Louviers décorée au XV^ siècle, p. 9. 



— 212 — 

« viers, une véritable décoration, puisqu'elle avait pour 
« but de les désigner à la reconnaissance de leurs conci- 
« toyens et de leurs descendants afin que, à Vexemplc 
« d'eux, ils s'efforcent de ainsi fère. » 

« Louviers est donc probablement la première ville 
« de France qui eut l'honneur d'être décorée. 

« Les habitants apprécièrent si bien cet honneur, 
« qu'ils accolèrent un L couronné à leur ancien blason, 
« à dextre, à la place la plus noble et le placèrent sur 
« leurs monuments, témoin les portes de l'église Notre- 
« Dame. » 

Voir: Cartulaire de Louviers, t. II, 2^ partie, p. 149, 
et aussi : Paul Dibon, Essai historique sur Louviers, p. 55. 



LOYALE ET SEVRE 

(Devise officielle.) 

SEURRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Beaune (Côti:-d'Or). 

ARMES : d'a^^ur, semé de roses d'argent au lion couronné 
d'or brochant sur le semé. 

Cette devise remonte à l'époque de François P' qui 
fit rétablir les fortifications Je cette petite ville consi- 
dérée alors coniine une des clefs de la Bourgogne, défen- 
dant la frontière de la Franche-Comté, c'est-à-dire de 
l'Espagne. (Note de M. Ch. Bigarne, 1896.) 



— 213 — 
LUS LUSE 

QI faut que Liirs luise) 

(Devise officielle.) 

LURS 

Commune du canton de Peyruis, arrondissement de Forcalquier 
(Basses-Alpes). 

i.\RMES : d'apir, au lion d'or ; parti d'argent, à V aigle 
à deux têtes, le vol abaissé, de sable, chargée sur son estomac 
d'une fasce et divise alaisées d'or, surchargées de cinq trèfles 
de sinople. 

« LUS LUSE pourrait se traduire : Lux hiccat et en 
« français : Il faut que Lurs, luise. C'est ce misérable 
« gallicisme que le Bulletin paroissial de cette commune 
« offre à ses lecteurs sous la stupide transcription pseudo- 
« provençale, Fau que Lus hise. Cette rédaction n'a qu'un 
« mérite : celui de faire sentir aux Francihots ' que luse 
« est au subjonctif. Le provençal lus luse suffisait, la 
« conjugaison provençale n'ayant pas besoin de l'en- 
« combrant et laid que français pour indiquer le sub- 
« jonctif. Cette rédaction récente, elle date de 19 12, 
« montre à quel point le peuple provençal ignore sa 
« langue et en altère la pureté, sans le savoir, ni le 



I. Le mot F RANCI HOT est un terme provençal de mépris pour le 
Provençal qui renie sa langue, sa terre, son histoire, ses usages, ses 
mœurs, ses traditions, ses costumes et ne veut vivre qu'à l'instar de 
Paris, en foulant aux pieds tout ce qui fait la nationalité provençale. 
(V. Lieutaud). 



— 214 — 

« vouloir. Cette devise est un jeu de mots sur le nom 
« de la localité : en provençal lus. Ce qui donne lieu 
« au proverbe, aussi quiproquo : Connaissa Lus e Labri- 
« hano qui se traduit ad libitum par : ]e connais Lurs et 
« Labrillane (localité voisine) ou bien : Je connais l'usage, 
« le truc, la manigance, qui est la traduction de Vus 
« provençal. » C'est dans ce dernier sens qu'il est sans 
cesse proféré dans la contrée par quiconque se croit 
habile en quelque démarche et au courant de quelque 
chose : Je connais Fus et Labrillane. (Note de M. V. Lieu- 
taud, à Volone.) 



LUX ET VIRTUS 

(^Lumière et courage) 

(Devise officielle.) 

SULLY-SUR-LOIRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Gien (Loiret). 

ARMES : d'azur, au lion d'argent accompagné de dou:;e 
étoiles du même mises en orlc. 

La devise se rapporte aux pièces du blason : la lumière 
des étoiles, le courage du lion. 



— 215 — 

LUX, NUX, CRUX 

(Lumière^ noix, croix) 

(Devise officielle.) 

NOYERS-SUR-JABRON 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Sisteron 
(Basses-Alpes). 

ARMES : de gueules, à la fasce d'argent chargée dit mot : 
NOYERS de sable, accompagnée de trois étoiles d'argent, deux 
en chef et tme en pointe. 

« Allusion et explication d'abord des trois étoiles qui 
« font partie des armoiries et qui dispensent aux mor- 
« tels 

« Cette obscure clarté qui descend des étoiles, 
« ensuite le nom du pays Nux, noix, noyers et enfin la 
« péroraison bien chrétienne, affirmant que la vraie 
« lumière qui illumine ce monde, c'est la croix. » 
(Note de M. V. Lieutaud, à Volone.) 



M.ENIA FALLUNT HOSTEM 
TORMENTUM DEXTRA DOMAT 

(Af« murailles trompent l'ennemi. Le courage 
dompte les machines de guerre) 

(Devise oficielle.) 

SAUMUR 

Chef-lieu d'arrondissement (Maine-et-Loire). 
ARMES : d'azur, à la muraille crénelée d'argent, maçon- 



— 2l6 — 

née de sable, soutenue d'une chanipaa^ne de s^ueules chargée 
d'uti S d'or et surnuvitée de trois fleurs de lys du même. 

La devise se compose de deux fragments incomplets, 
dont la traduction à peu près littérale est donnée ci-des- 
sus ; mais on peut interpréter plus amplement la 
deuxième partie, en la traduisant ainsi : Le courage des 
habitants rend impuissantes les machines de guerre. 

Cette devise doit dater du règne de Charles VII. 



MA FORCE D'EN HAUT 

(Devise officielle.) 

MILLY 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Etampes 
(Seine-et-Oise). 

ARMES : de gueules, à trois fermaux tournés d'or. 

Ce sont les armes et la devise des Malet de Graville 
qui furent seigneurs de Milly, dès le xv"' siècle ; Louis 
Malet, sire de Graville, amiral de France, gouverneur 
de Picardie et de Normandie, fit bâtir en ce lieu un 
château à la fin du xv* siècle. 



MANIBUS DATE LILIA PLENIS 

{Donmx des lys à pleines mains^ 

(Devise officielle.) 

BEAUGENCY 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Orléans (Loiret). 
ARMES : Fascé d'or et d'a:;jtr de six pièces ; semé de 



— 217 — 

fleurs de lys de l'un en Vautre (d'après le brevet de confir- 
mation donné par Louis XVIII, le 15 février 1821). 

Pellieux ' rapporte que les armoiries ont été données 
à Beaugency par Henri IV et il les décrit ainsi : Fascé 
d'or et de simple de six pièces avec fleurs de lys de 
sinople dans les fasces d'or et d'or dans les fasces de 
sinople. Et la devise : manibus date lilia plenis. 

On sait que la ville de Beaugency fut prise par les 
Anglais en 1359 et reconquise en 1428 par Jeanne 
d'Arc. La Trémoille l'enleva à Dunois et au duc d'Or- 
léans; en 1568, les protestants la brûlèrent. Devant tant 
de vicissitudes, dont les habitants eurent beaucoup à 
souff"rir et pendant lesquelles ils montrèrent leur valeur, 
on ne saurait s'étonner que les rois de France aient 
accordé à cette ville la concession honorable de leurs 
fleurs de lys. 

Nous retrouvons, du reste, le semé de fleurs de lys 
sur la façade de l'hôtel de ville de Beaugency ; on y lit 
aussi la devise : manibus date lilia plenis. 

Voici ce que dit Pellieux - à ce sujet : « Hôtel-de-Ville 
« construit en 1526, sur les dessins d'un habile archi- 
« tecte d'Orléans nommé Viart. La façade principale 
« est riche de cette ornementation délicate qui caracté- 
« rise le goût de la Renaissance. On y remarque des 
« bas-reliefs d'une heureuse exécution ; les armes du 

1. Essais historiques sur la ville et le cantou de Beaugency, continués 
par Lorin de Chaffin, 1856. 

2. Ibidem, p. 211. 



— 2l8 — 

« grand Dunois et Longueville et la fameuse Sala- 
ce mandre que prodiguait, à la même époque, Fran- 
i« çois I"-' dans les décorations de Chambord ; les deux 
« principaux panneaux étaient semés de fleurs de lis 
« sans nombre, exergue des armes de la ville : manibus 
« DATE LiLiA PLHNis . La râpe révolutionnaire a mutilé 
« cette charmante page d'architecture... » 

Il est à remarquer que cette devise manibus date 
LILIA PLEXis est aussi celle de la famille de Sèze ; « elle 
« fut donnée par le roi Louis XVIII en signant l'ordon- 
« nance du 12 novembre 1817 laquelle modifiait les 
« armoiries du comte de Sèze '. » 



MASSILIAM VERE VICTOR CIVESQUE 
TVERE 

(^Victor, défends vraiment Marseille et les citoyens) 

(Ancienne devise.) 

MARSEILLE 

Chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône. 

ARMES : d'argent, à la croix d^a:^iir. 
Devise de 1691. 

A propos de cette devise, il est utile de rappeler que 

saint Victor, habitant de Marseille, fut martyrisé en 303. 

Voyez : actibvs immensis vrbs fvlget massiliensis. 

I. Louis de la Roque, Devises héraldiques. Paris. 1890, p. 199. 



— 219 — 
MEMINERIT SE DEUM HABERE TESTEM 

{Qu'il se souvienne qu'il a Dieu pour témoin^ 

(Devise officielle.) 

MONTLHÉRY 

Commune du canton d'Arpajon, arrondissement de Corbeil 
(Seine-et-Oise). 

ARMES : d'or, à la croix de gueules cantonnée de quatre 
alérions d'azur, qui est de montmorency ancien '. 

Nous devons à M. A. Saintin, maire de Montlhéry, la 
note suivante relative à la devise ci-dessus : 

« A une époque que je ne puis déterminer exacte- 
« ment, mais qui est comprise entre 1850 et 1854, lors 
« d'une réparation de la salle de la mairie, qui était 
« l'auditoire au temps de la prévôté, on a trouvé, en 
« enlevant le papier de tenture, cette devise inscrite en 
« lettres d'or sur la muraille au-dessus de l'emplace- 
« ment où était alors le siège du prévôt. Cette sentence 
« fut conservée à l'endroit où elle se trouvait et la 
« Municipalité l'adopta pour devise de la ville. » A ce 
sujet on peut consulter : V. A. Malte-Brun, Montlhéry, 
son château et ses seigneurs. Paris, in-i6. 1870, p. 61. 

I. Thibaud, seigneur de Montlhérv, était fils de Bouchard le"", sei- 
gneur de Montmorency, et aïeul de Guv de Montlhéry (cf. Généalo- 
gies de la maison de Montmorency). 



220 



MIHI SUNT SACRA LILIA CORDI 

{Les lys sont sacrés à mon cœm-) 

(Ancienne devise . ) 

LANGRES 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Marne). 

ARMES : cra~i{r, semé de fleurs de lys d'or, au sautoir 
de gueules brochant. 

Cette devise n'a sans doute jamais été portée officiel- 
lement par la ville de Langres, dont l'écusson est géné- 
ralement entouré de ces mots : civitas antiûva lingo- 
NVM (C/Vc' antique des Lingons). M. Emile Aubert, 
notaire à Langres, a eu l'amabilité de nous signaler un 
livre, dont le titre est timbré des armes de la ville de 
Langres ' surmontées de la devise : mihi sunt sacra 
LILIA CORDI. Ce livre est : LAnasttise de Lengres tirée du 
tombeau de son antiquité, par Denis Gaultherot. — A 
Lengres, chez Jean Boudrot, imprimeur de la ville, 
1649. 

La référence qu'a bien voulu nous donner M. E. Au- 
bert fait ressortir que la devise ci-dessus fut en faveur 
au xvii^ siècle. Cette devise, qui marque l'attachement 
des habitants de Langres à la royauté, ne doit pas être 
de beaucoup antérieure à la date (1649) du volume sur 

1. Nous en donnons, plus loin, un croquis e.\act. Il faut remar- 
quer que dans ce blason, on n'a pas observé le semé de fleurs de lys ; 
on a simplement placé une seule fleur dans chaque canton du sau- 
toir. 



— 22 1 — 

lequel elle est apposée. Peut-être a-t-elle été inspirée 
par les deux vers rapportés par Denis Gaultherot dans son 
Anastase de Lengres : ...« Auparavant en l'an 1589 l'on 
« avoit armé la porte de S. Didier d'un pont levis, qui 
« sembloit estre la plus facile à pétarder, sur le front 
« duquel fut posée l'effigie de Lengres représentée par 




« une déesse armée de casque, corcelet, brassats et 
« cuissots, tenant d'une main le bouclier, armoirie du 
« saultoir de gueules cantonné de Lis d'or sans nombre 
« en champ d'azur, et de l'autre la lance, montée sur 
« des rochers fleuronnés de lis et au-dessous dans un 
« quadre ces deux vers : 

« Lengres sur ce rocher, où le beau Lis fleuronne, 
« De son Rov tres-Chrestien embrasse la Couronne. » 



— 222 



S. Migneret ', qui cite ces deux vers, ajoute : « Nos 
« aïeux, qui avaient la manie des inscriptions, étaient 
« rarement heureux dans leurs poésies. » 



MON MYEUX 

(Ancienne devise.) 

HAM 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Péronne (Somme). 

ARMES : d'a^nr, à trois croissants d'argent, et une fleur 
de lys d'cr mise en cœur. 

La ville de Ham a fait sienne cette devise qui était 
celle de Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, sei- 
gneur de Ham, connétable de France (1418-1475); il 
l'avait fait graver, en gros caractères gothiques, au-des- 
sus de la porte d'entrée du château de Ham. 

Nous lisons dans Gomart - : « Un de nos compa- 
« triotes, M. Léon Paulet, à qui nous devons de curieux 
« détails sur le château de Ham, pense que les mots mok 
« .viYEU.K qui décorent la Grosse Tour du fort de Ham 
« ne furent pas spécialement affectés à ce monument. 
« Dès longtemps avant ils étaient Temblème adopté 
« par le connétable ; ils lui servaient même de cri de 
« guerre et signifiaient: Je ferai de mon mieux, devise 
« qui est bien dans l'esprit du moyen âge. 

1. Précis de rtnstoiic de Luiigres. Langres, 1857, '"-^' P- 5I7- 

2. Ham , ion château et ses prisotiniers, 1864, p. 286. 



— 223 — 

« Nous trouvons encore cette devise brodée sur son 
« étendard à la bataille de Montlhéry, en 1465 : « L'es- 
« tendard du comte de Sainct-Pol, my-partie de soie 
(' grise et rouge, à une licorne d'argent au bout de des- 
« sus envers la lance, a toute la corne et le bout des 
« pieds d'or et si avoit escript en grandes lettres d'or : 

« MON MYEUX. » 



MONSTRANT REGIBUS ASTRA VIAM 

(J^es astres montrent le chemin aux Rois) 

(Devise officielle.) 

SAINT-OUEN 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : d'a:(ur, à donxe soleils d'or posés 2. }. 2. }. 2 
et à îreiT^e étoiles aussi d'or posées ). 2. ). 2. ). Vécu est 
entouré du collier de l'ordre de l'Etoile et accompagné de sa 
devise ' . 

L'ordre de l'Etoile fut fondé en 13 51 par Jean le 
Bon et eut pour siège le manoir de Saint-Ouen, 
dénommé à cet effet la Noble Maison ^ C'est en souve- 
nir de cette fondation que la ville de Saint-Ouen a pris 
comme devise celle de cet ordre. 



1. État des Communes du département de la Seine à la fin du 
XIX^ siècle. Loc. cit. Fascicule Saint-Ouen, p. ^5. 

2. Ibidem, p. 9.- 



— 224 — 

MONT-JOYE SAINT-DENYS 

(Devise officielle.) 

SAINT-DENIS 

Chef-lieu d'arrondissement (Seiae). 

ARMES : (ïa^iir, semé de fleurs de lys d'or. 

Cette devise a été adoptée en souvenir du cri que 
poussaient les chevaliers, lorsqu'ils venaient avec le roi 
prendre l'oriflamme conservée dans l'église abbatiale, 
avant de partir pour la guerre. De Suger à Louis XI, 
cet étendard flotta au-dessus des armées françaises à 
toutes les batailles. 

Note : Il faut sans doute entendre, par Montjoies, 
les monticules surmontés de croix qui s'élevaient le long 
de la route entre Paris et Saint-Denis et serv^aient de 
points de repos aux pèlerinages '. 



MOULT ME TARDE 

(Devise douteuse.) 

DIJON 

Chef-lieu du département de la Côte-d'Or. 

ARMES : de gueules plein ; au chef parti : au i" d'azur, 
semé de fleurs de lys d'or, à la bordure coinponnee d'argent et 

I. Etat des Communes du défait ment de la Seine A la fin du 
XIX^ siècle. Loc.cit. Fascicule Saml-Denis, p. 77. 



— 225 — 

de gueules qui est de Bourgogne moderne ; au 2^ bandé 
d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules qui est 
DE Bourgogne ancien. 

Pour les faits d'armes de 1870, la ville de Dijon, ayant 
été décorée de la Légion d'Honneur par décret du 
9 mai 1900, plaça l'étoile d'Honneur sur le champ de 
gueules plein '. 

On a quelquefois appliqué à la ville de Dijon la 
devise du duc de Bourgogne Philippe le Hardi : Moult 
tue tarde; on prétend même qu'il la donna à cette ville 
en 1383 avec le droit de prendre une partie de ses 
armoiries. 



L'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de 
Dijon, fondée en 1740, rétablie en l'an VI, marque ses 
Mémoires d'un médaillon circulaire offrant une Minerve 
debout, coiffée d'un casque, appuyée d'une main sur un 
bouclier aux armes de Bourgogne et tenant de l'autre 
une couronne de fleurs ; un trophée est à ses pieds. 
Autour du cercle on lit cette devise : Certat tergeminis 
tollere honoribus (Henri Jadart, Sceaux, Emblèmes et 
Devises des Sociétés savantes de France. Loc. cit.) 

I. Ernest Laut, Les villes décorées. Loc. cit., p. 129 et suiv. 



Les Devises des Villes de France. 



— 226 — 

MOVLT VIEL QVE PARIS 

(Devise officielle.; 

BRY-SUR-MARNE 

Commune du cnnton de Charenton-le-Pont, arrondissement de 

Sceaux (Seine). 

ARMES : Parti : i" (ïa:;jir, au pont antique d'argent 
sur une rivière du même, qui est la Marne, surmonté d'une 
roue à aubes d'or, laquelle rappelle la meunerie ancienne de 
Bry ; au 2^ de gueules, à l'orme au naturel terrassé du 
même, qui est le vieil orme de Bry de 1450; au chef 
cousu de sinople, à trois épis d'or, souvenir des blés de Bry, 
lesquels nourrirent Paris du V^ auXV^ siècle. (Composition 
de M. Dandois, à Vincennes.) 

La devise quelque peu prétentieuse a été adoptée en 
1900 lors de la composition du blason ci-dessus. 



NARBO MARTIUS ', DEO REGIQUE 
SEMPER FIDELIS 

(Narbonne, toujours fidèle à Dieu et au roi) 

(Ancienne devise.) 

NARBONNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Aude). 
ARMES : de gueules, à la clef d'or en pal ; parti cousu 

I. « L'adjectif Mail tus fut ajouté par les Romains au nom de 
« Narbo, à cause des teintureries de pourpre établies dans cette ville 
« et qui étaient, comme celles de Toulon, consacrées au dieu Mars. » 
P. Jeanne. 



— 227 — 

de gueules, à la croix patriarcale d'argent, an chef cousu 
d^a^UTy à trois fleurs de lys d'or. 

Nous avons relevé cette devise dans : Voyages pitto- 
resques et romantiques dans V ancienne France, par J. Taylor, 
Ch. Nodier et Alph. de Cailleux, Province de Languedoc, 
t. III. Les armes de Narbonne et de la devise ci-dessus 
font partie d'un encadrement dessiné par Célestin Nan- 
teuil, 1838. M. Ernest Roschach la mentionne aussi dans 
son Histoire graphique de l'ancienne province de Languedoc. 

Nous ignorons à quelle époque cette devise fut adop- 
tée. 



NIC^A, CIVITAS FIDELISSIMA 

(^Nice, cité très fidèle) 

(Devise officielle.) 

NICE 

Chef-lieu du département des Alpes-Maritimes. 

ARMES : d'argent, à l'aigle éployée de gueules reposant sur 
trois rochers de sable émergeant d'une mer desinople. 

Annexée, sur sa demande, à la République française 
en 1792, Nice fit retourà la Sardaigne en 1814. Le traité 
du 24 avril 1860 et un vote presque unanime des habitants 
consacrèrent son union définitive à la France. La devise 
proclame la grande fidélité de cette cité à l'égard de la 
France. 



— 22« — 

NIHIL NOBIS TOLLIT TEMPUS 

(^Le temps ne nous enlève rien) 

(Ancienne devise.) 

SÉEZ 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Alençon (Orne). 

Voyez : crescit honos. 



NISI DOMINUS CUSTODIERIT 
CIVITATEM, FRUSTRA VIGILAT aUI 

CUSTODIT EAM (Ps. CXXVI, verset I). 

(5"/ le Seigneur ne garde la cité, c'est en vain que veille 

celui qui la garde) 

(Devise officielle.) 

AGEN 

Ciief-iieu du département du Lot-et-Garonne. 

ARMES : Parti : au i" de gueules, à Vaigle essorante 
d'argent tenant dans ses serres une banderole du même sur 
laquelle est inscrit le mot : Agen de sable ; au 2*" aussi de 
gueules, à la tour d'or crénelée de quatre pièces, ouverte et 
nmçonnée de sable, surmontée de trois tourelles couvertes en 
clocher et girouettées d'or. 

« La devise est un souvenir des guerres civiles et reli- 
« gieuses du xvi^ siècle durant lesquelles cette ville fut 



— 229 — 

« souvent prise, reprise et saccagée par les divers par- 
« tis ' . » 



La Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, fon- 
dée en 1784, rétablie en Tan VI, place sur son sceau une 
branche d'olivier et une branche de laurier jointes 
ensemble par un nœud, avec cette devise adoptée en 
1786 : Nexii sociantur amico. (Henri Jadart, Sceaux, 
Emblèmes et Devises des Sociétés savantes de France, loc. 
cit.). 



NISI DOMINUS CUSTODIERIT 
CIVITATEM, FRUSTRA VIGILAT QUI 

CUSTODIT EAM (Ps. CXXVI, verset i). 

(5/ le Seigneur ne garde la cité, c'est en vain que veille 

celui qui la garde) 

(Devise douteuse.) 

MILLAU 

Chef-lieu d'arrondissement (Aveyron). 

ARMES : d'or, à quatre pals de gueules ; au chef d'azur 
chargéde trois fleurs de lys d'or . Les pals de gueules ont 
été concédés cà la ville, en 1187, par Alphonse II, roi 
d'Aragon et vicomte de Millau ; après la réunion de la 

I. Les Armoiries de la ville de Paris, etc., Loc. cit. Chap. i*"", Les 
Devises en général, p. 171. 



— 230 — 

vicomte à la Couronne (11 mai 1258), la ville obtint le 
droit d'ajouter les fleurs de lys d'or aux armes d'Ara- 
gon. 

« La devise placée en exergue est une pure tradition, 
« due à la piété des anciens Millavois ; elle n'a rien 
« d'authentique. 

« Aucun des érudits anciens ou modernes qui se sont 
« occupés de notre histoire locale ne la mentionne en 
« termes exprès et il serait bien difficile, sinon impos- 
« sible, de remonter à son origine. 

« Toutefois, je dois ajouter que, dans plusieurs 
« livres boursiers du xiv^ siècle, j'ai eu l'occasion de la 
« trouver mentionnée en tête des registres; un usage 
« presque constant du consul boursier étant de placer 
« au début de ses comptes une invocation pieuse. » 

(Note de M. Rey, architecte ordinaire des monu- 
ments historiques du département de l'Aveyron, 1910.) 



NOBILIS IN PRIMIS DICl SOLET IRA 
LEONIS 

{La colère du lion passe pour être noble entre toutes^ 

(Ancienne devise.) 

ARLES 

Chef-lieu d'arrondissement (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d'azur, an lion assis d'or, regardant de face, 
tenant de la patte dextre levée un labarum aussi d'or. 



— 231 — 

Ancienne devise citée par Ca;sar de Nostradamus dans 
son Histoire et chronique de Provence, Lyon, 1614, in-f°, 
p. 189. — Elle figure sur la bulle municipale de 12 10'. 

Voyez : nullum moritura per^vum. 



NON FERIT NISI LyESUS 

(// lie frappe que s'il est blesse) 
PIRE 

Commune du canton de Janzé, arrondissement de Rennes 

(Ille-et-Vilainc). 

ARMES : d'or, à la bure de sanglier de sable, arrachée 
de gueules, défendue d^ argent. 

La commune de Pire a pris les armes et la devise des 
Rosnyvinen, ses anciens seigneurs ; elle a aussi adopté 
leur cri : Défends-toi ! ~ 



NON INULTUS PREMOR 

(Ow ne me presse pas impunément) 

(Devise officielle.) 

NANCY 

Chef-lieu du département de Meurthe-et-Moselle: 

ARMES : d'argent, au chardon lige, arraché, verdoyatit, 
à la fleur purpurine, arrangé de deux feuilles piquantes, au 
naturel; au chef de Lorraine plein. (C'est en 1575, que 

1. L. Blancard, Iconographie des sceaux et bulles conservés aux 
iirchives départementales des BoncJjes-dii-Rhône. Loc. cit., texte, pp. 72-73. 

2. L. Esquieu, Devisaire hretofi (2e série). Brest, 1914, in-8, 
pp. 108 et 132. 



— 232 — 

le duc Charles III ajouta ce chef aux armes de la ville de 
Nancy.) 

« L'opinion généralement admise fait remonter cette 
« devise au siège de Nancy par Charles le Téméraire 
« (1477) et, suivant la tradition, il est probable que ce 
« fut à cette époque aussi que les habitants de la capi- 
« taie de la Lorraine adoptèrent pour armoiries le char- 
« don emblématique, par allusion à la défaite du duc de 
« Bourgogne sous leurs murs et pour symboliser leur 
« défense héroïque contre cet ennemi formidable, ainsi 
« que la victoire qu'ils avaient remportée sur lui, en le 
« tenant arrêté aux pieds de leurs remparts. Ce qui est 
« certain, c'est que la devise, aussi bien que le chardon 
« dont elle dépend, étaient déjà en usage dans les pre- 
« mières années du règne du duc Antoine. Dans le récit 
« de l'entrée de sa jeune épouse à Nancy, en 15 16, la 
« Chronique de Lorraine s'exprime ainsi : « Quatre gen- 
« tilshommes, tenant ung ciel (dais) semé de chardons, le 
« mirent dessus Madame; toute la noblesse la menèrent 
« à la Court, la noble maison. » Et les stances chantées 
« à la duchesse (Renée de Bourbon), en cette occasion, 
« contiennent un vers qui fait évidemment allusion aux 
« chardons et à la devise de Nancy : 

Et qui nous poinci, très fort se picque. 

« Sur des jetons de la ville de Nancy, de l'année 16 16, 
« on lit déjà, comme aujourd'hui : non inultus pre- 
« MOR, mots que quelques auteurs ont traduits par: 



— 233 — 

« Nul ne s'y frotte, mais dont la véritable signification est 
« bien mieux rendue et bien autrement énergique dans 
« le langage populaire : qui s'y frotte s'y pique'. » 

La note suivante modifie, en certains points, l^opinion 
de C. Lapaix, surtout en ce qui concerne l'origine de la 
devise : Non inultus premor. 

« La devise : Nul ne s'y frotte se lit sur le plan de 
« Nancy de 1611 et beaucoup de personnes la croient 
« particulière à notre ville. Voilà encore une opinion erro" 
« née. Qu'on remarque d'ailleurs que sur cette précieuse 
« gravure, elle n'est point portée par une banderole 
(f auprès de l'écu, à l'instar d'une inscription héraldique, 
« mais bien répétée quatre fois dans l'encadrement, ce 
« qui doit la faire considérer plutôt comme une devise 
« affectée, à cette époque, au chardon en général, que 
« comme une propriété spéciale à la capitale lorraine. 
« Seule, la devise, relativement récente : non inultus 
« PREMOR, nous paraît tout à fait spéciale à Nancy. On 
« la voit apparaître pour la première fois vers le milieu 
« du xv!" siècle. Ne quittons pas cette partie de notre 
« sujet sans ajouter que, sous Stanislas, les armes de la 
« capitale furent parfois accompagnées d'une autre ins- 
« cription, bien flatteuse pour le souverain bénéficiaire : 

« ACULEI MEI ACOTI IN CORDA INIMICORUM REGIS ^ » 

(^Mes aiguillons acérés, dans le cœur des ennemis du roi.^ 

1 . C. Lapaix, Armoriai des villes, bourgs et villages de la Lorraine, 
du Barrois et des Trois-Evéchés. Loc. c//.,pp. 173-174. 

2. Léon Germain de Maidy, Le chardon lorrain, loc. cit., pp. 235 et 
234. 



— 234 — 
NON LUCET OMNIBUS 

(^Elle ne brille pas pour tous) 

(Devise officielle.) 

ÉTOILE 

Commune du canton et de l'arrondissement de Valence (Drôme). 

ARMES : de gueules, à l'étoile d'argent. 
La devise se rapporte à l'étoile du blason, mais quel 
est son sens propre ? 



NON OFFENDO, SED DEFENDO 

{Non pour l'offense, mais la défense) 

(Devise officielle.) 

SAINT-POL-DE-LÈON 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Morlaix (Finistère). 

ARMES : d'hermine, au sanglier furieux de sable dressé 
sur ses pattes, accolé d'une couronne d'or et soutenant une 
tour de gueules au canton dextre. 

La devise est allusive au sanglier du blason. Cette 
ville portait autrefois un lion ; la devise convenait égale- 
ment à ces armoiries anciennes. « Cette devise », nous 
écrivait, en 1896, M.Glotin, membre de la Société aca- 
démique de Nantes, « a pour corps le lion portant une 
crosse qui se trouve dans les armoiries de la ville. Le 
lion se rapporte au nom de Léon, Léo, et la crosse qu'il 



— 235 — 

porte rappelle que cette ville était, avant la Révolution, 
le siège d'un évêché. L'évêque de Qui mper prend, actuel- 
lement, le titre d'évêquede Quimper et Léon. » 



NON POLLUTA 

ÇSans souillure) 

(Devise officielle.) 

UZERCHE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Tulle (Corrèze). 

ARMES : d'or, à deux taureaux de gueules, l'un au-des- 
sus de l'autre ; au chef d'a:(ur, à trois fleurs de lys d'or. 

« L'édit de pacification du 19 mars 1563 leur accorda 
« [aux protestants] la ville d'Userche pour les exercices 
« de leur culte avec défense de les faire ailleurs en 
« Limousin. Un ministre vint y faire la prêche. On y 
« célébra la cène, le 30 avril 1563, en présence de plu- 
« sieurs habitants de Limoges et de quelques autres 
« lieux voisins. Les hérétiques banquetèrent joyeusefnent 
« à cette occasion, en chantant des hymnes composées 
« ou traduites par Clément Marot. 

« Les religieux du monastère se plaignirent de la 
« conduite des protestants à leur égard. Quant aux 
« autres habitants, presque tous bons catholiques, ils 
« se renfermaient promptement dans leurs maisons 
« à chaque réunion ou festin des huguenots". » 

I. Combet, Histohede la ville et du canton d'Userche. Tulle, iSjj, 
in-i2, p. 207. 



— 236 — 

Plus tard, en 1579, ravagée par les troupes protes- 
tantes et sollicitée d'adhérer à la religion réformée, cette 
petite ville conserva intact son attachement à la foi 
catholique. Il est à croire que la devise ci-dessus se rap- 
porte à ce fait. 



NON SUM TIMENDUS 

Qe ne suis pas à craindre) 

(Devise officielle.) 

CRAON 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Château-Gonthier 
(Mayenne). 

ARMES : losange d'or et de gueules. 

Cette ville a donné son nom à la maison des barons 
de Craon ; elle devint, vers le milieu du ix" siècle, le 
siège d'une des principales seigneuries de l'Anjou qui 
eut titre de baronnie. Cette seigneurie passa, par alliance, 
en 1383, à la maison de La Trémoille. 

« Pendant la Ligue, la ville de Craon, fidèle à l'Union, 
« se défendit avec vaillance. Il n'en fut pas de même 
« de sa voisine, Château-Gonthier, qui n'opposa au- 
« cune résistance, d'où cette interpellation suggestive 
<« de ligueur indigné qui est devenue un dicton popu- 
« laire : Tourne-toi, Château-Gonthier ; tu verras Craon. » 
(Note de M. Grosse-Duperon, membre de la Société his- 



— 237 — 

torique et archéologique du Maine et de la Commission 
historique et archéologique de la Mayenne.) 

La ville de Craon a pris les armes et la devise de ses 
seigneurs les barons de Craon. 



NVL AVANT LI MOLE ! 

(Devise officielle.) 

MAULE 

Commune du canton de Meulan, arrondissement de Versailles 
(Seine-et-Oise). 

ARMES : Parti d'argent et de gueules, à la bordure de 
sable chargée de dix besants d'or. 

Sur la banderole qui flotte au-dessus des armoiries de 
la ville de Maule on lit ces mots hardis : nvl avant li 
MOLE ! c'était le cri de guerre des anciens, valeureux et 
fiers barons de Maule. 

Voyez : clementia et animis. 



NULLUM MORITURA PER ^VUM 

ÇQui ne mourra jamais^ 

(Ancienne devise.) 

ARLES 

Chef-lieu d'arrondissement (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d'azur, au lion assis d'or, regardant de face, 
tenant de la patte dextre levée un labarutn aussi d'or. 



— 238 — 

Ancienne devise de cette cité, quand elle portait 
pour armes : d'or, à la tour de sable. 

« C'est sous les rois d'Arles, que cette cité aurait pris 
« un château ou une ville de sable sur un fond d'or ; deve- 
« nue république, elle aurait fait alliance avec les Véni- 
« tiens et aurait emprunté le lion de Saint-Marc, avec 
« cette devise : ex forti, dulcedo, qu'elle aurait rem- 
« placée plus tard par celle-ci assez opposée : ab ira 
« LEONis. C'est cette dernière devise et ces dernières 
« armes qu'elle a toujours conservées depuis et que 
« nous trouvons, non seulement dunsY Armoriai général 
« et dans Chevillard, mais, de nos jours, dans VArmo- 
« rial national de Traversitr et Vaïsse, dans Malte- 
« Brun {Géog. de la France) et dans Aristide Guibert 
« (^Histoire des villes de France) ' . » 

Voyez*: urbs arelatensis est hostibus hostis et 

ENSIS. 



NUL NE SORT DE SURENNE, 
QUI SOUVENT NT REVIENNE 

(Devise officielle.) 

SURESNES 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : d'ai^ur, à la croix de gueules, cantonnée de 
quatre fleurs de lys d'or ; à l'orle d'or. 

1 . Louis de Bresc, Armoriai des coiinuunes de Provence. Lac. cit., 
pp. 12 et 15. 



— 239 — 

« Depuis 1901, Suresnes a adopté le blason ci-dessus 
« reconstitué par le D' Gillard, conseiller municipal, 
« d'après l'emblème brodé sur un drapeau qui servait de 
« ralliement à la commune de 1789 ' » 

La devise de Suresnes est de pure fantaisie ; elle laisse 
entendre que la beauté du site attire les promeneurs et 
les y rappelle. 



NUL NE S'Y FROTTE 

(Devise officielle.) 

CHÂTEAU-THIERRY 

Chef- lieu d'arrondissement (Aisne). 

ARMES MODERNES : d'a:(^ur, au château composé de 
cinq tours d'argent, pavillonnées et girouellées du mêfjie, 
posé en fasce, accompagné de trois fleurs de lys d'or, deux en 
chef et une en pointe. 

Le roi Louis XVIH, par lettres patentes datées de 
Paris du 17 décembre 1823, confirma ces armoiries, 
après pourvoi de la ville devant la Commission du 
sceau. 

Les armoiries anciennes de Château-Thierry étaient : 

de gueules, à deux branches de houx de ; au chef cousu 

d'a:(ur, semé de fleurs de lys d'or. Devise : nul ne s'y 

FROTTE. 

I. Etat des Communes du département de la Seine à lu fin du 
XIX« siècle. Loc. cit. Fascicule Suresnes, p. 43. 



— 240 — 

La devise s'appliquait donc aux deux branches de 
houx du blason ancien. Cette dite devise a encore une 
certaine raison d'être dans le blason moderne, parce que 
l'on a eu le bon esprit de conserver les deux branches 
de houx en manière d'ornementation extérieure ; elles 
accostent l'écu; quant à la devise, elle figure en dessous, 
sur une banderole. 



La Société historique et archéologique de Château- 
Thierry a adopté (lors de sa fondation, le 9 septembre 
1864), la devise suivante placée au-dessous du buste de 
Jean de La Fontaine, le célèbre fabuliste, né dans cette 
ville en 1621 : nomen ornât, limen tegit (^Son nom 
l'honore, sa maison V abrité). Cette Société tient ses séances 
dans la maison de La Fontaine qu'elle a acquise, à l'aide 
d'une souscription publique recommandée par le 
ministre Duruy ; elle a depuis, comme c'était convenu, 
rétrocédé cette propriété à la ville. (Communication de 
M. Moulin, secrétaire de la Société historique et archéo- 
logique de Château-Thierr}^, 1895.) 



— 241 — 
NUNQUAM POLLUTA 

{Jamais souillée) 

(Devise officielle.) 

BAYONNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Basses-Pyrénées). 

ARMES : de gueules, à la tour crénelée d'or, talusée du 
même, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, posée sur une 
mer $ argent, accostée de deux chênes de simple et de deux 




lions d'or rampants, affrontés brochant sur le fût des arbres; 
au chef cousu d'azur, à la fleur de lys d'or. 

H. Traversier et Léon Vaïsse, dans leur Armoriai 

Les Devises des Villes de France. 16 



— 242 — 

national de France, Paris, 1843, in-4", loc. cit., p. 60 de 
la 4^ série, donnent à la ville de Rayonne les armoiries 
suivantes : de sable, à la bayonnette d'argent, la poignée 
d'or posée vers le chef. [Si ces armes ont été portées, ce 
n'a été qu'occasionnellement.] 

Nous lisons dans ce même ouvrage : « Nous nous 
« empressons de donner place ici aux précieux rensei- 
« gnements que nous devons à l'obligeance de 
« M. Genestet de Clairac, de Bayonne, au sujet des 
« armes de cette ville : 

« Jusqu'au commencement du xvi^ siècle, Bayonne 
« a porté : de gueules, à une tour crénelée et talusée d'or 
« ajourée de sable, posée sur une mer d'argent accostée de 
« deux pins de sinople et de deux lions passants affrontés 
« d'or, brochant sur le fût des arbres. 

« Lors de la conquête de Bayonne par Dunois, en 
« 145 1, les privilèges des Bayonnais leur avaient été 
« enlevés; mais ils leur furent rendus un demi-siècle 
« plus tard par Louis XII qui leur reconnut, par charte, 
« le droit de demeurer à perpétuité conjoints en son vrai 
i< domaine, sans qu'ils pussent en être séparés, ni mis en 
« d'autres mains pour quelque cause que ce soit. 

u A cette époque, un changement notable fut opéré 
« dans les armoiries de la ville. Les lions qui étaient /)rt^- 
« sants, furent levés ; la tour fut sommée d'une fleur de 
« lys d'or et l'écusson ne parut plus qu'entouré de la 
« devise : NUNauAM polluta. 

« Une vie de saint Léon, premier é^'éque de Bayonne, porte 



— 243 — 

« ces armes gravées pour frontispice . » Ce livre appar- 
« tient à la ville de Bayonne. 

Voici, d'après M. Detchepare sous-bibliothécaire de 
la ville de Bayonne, d'intéressants détails, sur ce livre 
rarissime. 

« Là cote de ce volume (unique au monde, d'après 
« les bibliographes), est R. 448, il est composé de 
« deux ouvrages : La vie et Les Litanies de saint Léon : 
« V La vie et la niort du Bien-Heureux martyr S. Léon 
« premier evesque de la ville de Bayonne et patron d'icelle, à 
« Bourdeaux, par Guillaume de la Court, imprimeur 
« ordinaire du Roy. M. DC. L. petit in-4°, le titre est 
« à la première page du livre ; vient ensuite la planche 
« des armes de la ville, etc. 

« 2° Les litanies du Bien-Heureux martyr, S. Léon, 
« évesqiie de Rouen, et patron de la ville de Bayonne, à 
« Bourdeaux, par Guillaume de la Court, imp. ord. du 
« Roy. M. DC. L. in-4°. 

« L'auteur de ce livre est de Feugua, médecin de la 
« ville de Bayonne. L'impression du livre fut faite aux 
« aux frais de la ville (Archives de Bayonne, BB. 24). 

« On lit sur la première page de ce livre : donné à la 
« Fille de Bayonne, le 16 septembre iS^6 ; le donateur 
« était le chanoine Harriet qui le donna à la Ville par 
« l'intermédiaire de M. Darricarrère, capitaine des 
« douanes en retraite. » 

MM. les chanoines V. Dubarat et J. B. Daranatz ont 
publié un livre intitulé : Recherches sur la ville et l'église 



— 244 — 

de Bayonnc, Bayonne, Lasserre, 1911 ; à la page 189 du 
tome P', ils donnent les armoiries de la villede Bayonne 
d'après l'ouvrage de Fcuguasur saint Léon (1650). Ces 
messieurs ayant bien voulu nous autorisera faire repro- 
duire leur cliché, nous le plaçons en tète de cette notice. 



NVTRISCO ET EXTINGVO 

(/e nourris et f éteins) 

(Devise officielle.) 

LE HAVRE 

Chef-lieu d'arrondissement (Seine-Inférieure). 

ARMES: de gueules, à la salamandre d'argent ; au chef 
cousu d'azur, à trois fleurs de lys d'or. 

Le Havre, ville créée par François P"" en un lieu 
appelé Grâce, d'où les noms de Havre de Grâce, Port de 
Grâce, Ville Françoise de Grâce. 

François P'' accorda à la nouvelle ville qu'il fondait 
les privilèges, exemptions et franchises et lui permit de 
porter pour armes une salamandre que Sa Majesté avait 
prise pour devise, avec ces mots : nvtrisco et extin- 
Gvo. {Dictionnaire des Gaules et de la France, de l'abbé 
d'Expilly.) 

La devise est allusive à la salamandre. 



— 245 — 
NVTRISCO ET EXTINGVO 

(/t' nourris ei j'éteins) 

(Devise officielle.) 

VILLERS-COTTERETS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Soissons (Aisne). 

ARMES : d'a^nr, à la salamandre d'argent, surnimitée 
d'une couronne royale d'or, accostée d'un F et d'un H d'or, 
la lettre H brochant sur un croissant aussi d'or. 

Ces armoiries ont été composées d'après des boutons 
de livrée des gens da château; ces boutons datant des 
règnes de Louis XIII et de Louis XIV sont conservés au 
Musée municipal Alexandre Dumas. 

La devise : nvtrisco et extingvo est celle de Fran- 
çois l", elle accompagne toujours la salamandre que le 
Roi avait prise pour emblème. 

La ville de Villers-Cotterets a adopté cette devise en 
souvenir du roi François I" qui fit construire le rem.ar- 
quable château (1537), lequel fut terminé par Henri IL 

Dans cet édifice, salamandres, F couronnés, se 
trouvent à profusion. Ensuite l'H et le K de Catherine 
de Médicis, reliés aux croissants de Diane de Poitiers, 
sont sculptés sur les pavillons et les parties terminées 
par Henri IL 

Les armes et devise adoptées par la ville de Villers- 
Cotterets furent sculptées pour la première fois sur l'école 
communale de garçons élevée vers 1897 ; puis en 1902 
sur le socle de la statue d'Alexandre Dumas. 



— 24e — 

Bien avant ces dates, la ville de Villers-Cotterets avait 
adopté ces armes et devise pour timbrer ses papiers 
officiels, ainsi que les affiches de fêtes et aussi les 
médailles de concours. (Note de M. J. Delinge, con- 
servateur du Musée Alexandre Dumas, 191 1.) 

« Le château royal bâti par François l" fut remanié 
« dans plusieurs de ses parties par la famille d'Orléans, 
« au xvii^ siècle et considérablement augmenté au 
« XIX' pour servir de dépôt de mendicité. Les par- 
« ties remontant à François I", construites sur les plans 
« de l'architecte Pierre Gadyer à qui succédèrent les 
« frères Jacques et Gilles Le Breton, sont de la Renais- 
« sance la plus gracieusement originale ; on admire sur- 
ce tout le grand et le petit escalier et la grande salle 
« dite salle des États ornée de colonnes corinthiennes 
« et de frises d'une rare beauté. Ce fut dans ce château 
« que François l" signa, en 1539, la célèbre ordon- 
« nance remplaçant définitivement le latin par le fran- 
« çais dans les actes publics. » (Paul Joanne, Diction- 
naire ^géographique et administratif de la France.) 



— 247 — 
NVTRISCO ET EXTINGVO 

Qe nourris et f éteins) 

(Devise officielle.) 

VITRY-LE-FRANÇOIS 

Chef-lieu d'arrondissement (Marne). 

ARMES : d'azur, à la salamandre couronnée d'or, sur 
flammes de gueules surmontée d'une divise d'or ; au chef 
d'azur, à trois fleurs de lys d'or. 

La fondation de Vitry fut la suite d'une ordonnance 
par laquelle, le 31 mai 1545, François P' « destina et 
établit le lieu de Moncourt pour en icelui être refaite 
et réédifiée la ville de Vitry ruinée ». Cette « ville de 
Vitry ruinée », était Vitry-en-Perthois, détruit par les 
canons de Charles-Quint, l^année précédente. Le roi 
voulut que les habitants de la ville détruite vinssent 
rebâtir leurs maisons sur le nouvel emplacement, et il 
les y incita par les secours et les prérogatives qu'il leur 
accorda ; ceux qui préférèrent rester à l'ombre du clo- 
cher de leurs ancêtres en furent pendant quelque temps 
empêchés par la force ; à la fin, l'autorité royale ferma 
les yeux. En 1547, le roi décréta lui-même que la loca- 
lité fondée par lui porterait en suffixe son nom, François, 
qu'elle a toujours conservé, sauf pendant la Révolution, 
où elle s'appela Vitry-sur-Marne. (Paul Joanne, Diction- 
naire géographique et administratif de la France.) 

« En 1545, à la création de Vitry-le-François, Fran- 



— 248 — 

cois I" lui assigna pour armes le corps de sa devise, qui 
est une salamandre avec ces mots à l'entour : nvtrisco 
ET EXTiNGVO. (Histoire de Fitry, par l'abbé Boitel, 
1841.) 



OCULI OMNIUM IN TE SPERANT, 

DOMINE (Ps. 144, verset 15). 

(Les yeux de tous espèrent en toi, Seigneur) 
(Ancienne devise.) 

NANTES 

Chef-lieu du département de la Loire-Inférieure. 

ARMES : de gueules, au navire d'argent, aux voiles 
déployées d'hermine, voguant sur des ondes de sinople; au 
chef d'hermine. 

Ancienne devise de la ville de Nantes ; elle remonte, 
au moins, aux premiers maires, c'est-à-dire à 1565. 
C'est, d'après M. de la NicoUière-Teizero, érudit très 
exact, la seule devise consacrée par l'usage immémorial 
qui, dit-il, en pareille matière, fait loi. 

Voyez: favet neptunus eunti. 



J 

OLIM LIGENA, NUNC SANCTI MACARII 
NOMINE URBS 

(^Autrefois Ligena, maintenant ville du nom de 
Saint-Macaire) 

(Devise officielle.) 

SAINT-MACAIRE 

Chef-lieu de cantoo, arrondissement de la Réole (Gironde). 

ARMES : d'argent, an saint Macaire debout, portant la 
mitre et la crosse et bénissant, le tout au naturel sur une ter- 
rasse d'aïur, au chef d'azur plein. 

Saint-Macaire est une des petites villes les plus 
curieuses de la Guyenne par ses nombreux restes du 
moyen âge qui lui donnent encore une physionomie 
toute féodale. 

Cette petite localité occupe l'emplacement de l'antique 
Ligena. Son importance au moyen âge fut due surtout 
à l'existence d'un monastère, d'abord abbaye, puis 
simple prieuré, bâti sur des reliques de saint Macaire le 
Jeune ou d'Alexandrie. La ville fut une des « filleules » 
de Bordeaux. Aux xvi^ et xvii^ siècles, malgré les cala- 
mités de ces époques, elle eut plus de 5.000 habitants ; 
sa population, aujourd'hui 2.283 habitants, a donc 
diminué de plus de moitié. (Cf. Paul Joanne, Dictionnaire 
géographique et administratif de la France.^ 



— 250 — 
OMNIA IN MANU DEI SUNT 

(^Toutes choses sont entre les mains de Dieu) 

(Devise officielle.) 

MANOSQUE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Forcalquier (Basses- Alpes). 

ARMES : Ecartelé : d'a:(iir et de gueules, à quatre 
mains appaumées d'argent. 

La devise tirée d'un texte biblique fait allusion aux 
quatre mains du blason. 

« Les dites mains rappelant les quatre bourgs pri- 
« mitifs dont la réunion a formé la ville actuelle, la plus 
« peuplée des Basses-Alpes, 4.853 habitants, cette 
« devise ne paraît pas être antérieure au xvii^ siècle » 
(V. Lieutaud). 

La ville porta aussi la devise : urbs florida {Ville 
êmaillêe de fleurs), en souvenir, d'après Achard, Géogra- 
phie de Provence, II, 22, de la reine Jeanne qui, passant 
à Manosque au moment où les amandiers, en très grand 
nombre, étaient en fleurs, appela cette ville Manosque la 
fleurie ' . 

Voyez : urbs florida. 

1. L. de Bresc, Armoriai des communes de Provence. Loc. cit., 
p. 163. 



— 2)1 — 

OMNIA TUTA, TIME ! 

ÇToh! est bien défendu, prends garde /) 

(Devise officielle.) 

JOINVILLE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Vassy (Haute-Marne). 

ARMES : d'a^iir, à trois broies d'or liées d'argent Finie 
sur Vautre; au chef d'argent, au lion naissant de gueules. 

« Etienne, le premier siredejoinville de la maison de 
« Broyés, conserva les armes de sa famille; il portait : 
« d'a:^ur, à trois broies d'or liées d'argent. Geoffroi le Trouil- 
« lard, l'un de ses successeurs, s'étant distingué en Pales- 
« tine, sous les yeux du roi d'Angleterre, Richard Cœur 
« de Lion, ce prince qui portait un lion de gueules en 
« champ d'argent l'autorisa à prendre la moitié de ses 
« armes ; le blason de Joinville se trouva alors ainsi 
« composé : trois broies d'or liées d'argent en champ d'a~ur ; 
« un lion de gueules en chef naissant en champ d'argent. 

« Il n'a plus été changé depuis. Les seigneurs des mai- 
« sons de Lorraine, de Guise et d'Orléans ont gardé 
« leurs armoiries particulières ; mais la ville a conservé 
« celles de ses anciens seigneurs en y ajoutant cette 
« devise : o.vinia tuta, time '. » 

On peut voir dans la devise de cette ville une allusion 
à la haute protection de ses seigneurs. 

1. Emile Jolibois, La Hauîe-Matnie ancieiuie et moderne. Diction- 
naire idéographique, Instorique, etc. Chaumont, 1858. 



— 2 s 2 — 

PACI MEDIUM SE OFFERT 

{Elle s'offre covime médiatrice de paix) 

(Devise officielle.) 

PACY-SUR-EURE 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Evreux (Eure). 

ARMES : d'argent, à la rose de gueules (Ck^EL). 

Cette devise est le mot à mot du vers de Virgile : 
Paci medimn se offert. C'est une simple adaptation, mais 
on peut la considérer comme allusive à la victoire rem- 
portée en cet endroit (juillet 1793) sur le général de 
Puisaye et les royalistes de l'Ouest, par les troupes de 
la Convention. 



PAISSEZ MES AGNEAUX 

(Devise douteuse . ) 

CHAMPAGNOLE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Poligny (Jura). 

ARMES : d'azur, au château fort d'argent (du Mont- 
Rivel) érigé sur un mont au naturel ; au chef cousu de 
gueules chargé d'un agneau passant d'argent. 

Nous avons eu sous les yeux un exemplaire du 
blason de cette ville accompagné de la devise ci-dessus, 
laquelle est de pure fantaisie, bien qu'inspirée par l'a- 
gneau héraldique et aussi par l'étymologie douteuse du 
nom de la ville : Campus agni. 



— 253 — 

PALUS UT HIC FIXUS, CONSTANS ET 
FIRMA MANEBO 

ÇComme Je pieu ici fixé, je demeurerai constante et ferme) 

(Devise officielle.) 

BEAU VAIS 

Chef-lieu du département de l'Oise. 

ARMES : de gueules, au pal patte, alaise au pied fiché 
d'or. 

La devise s'inspire du pal (ou pieu) du blason, mais 
elle consacre tout spécialement le courage et la fermeté 
des habitants de Beauvais ; on sait qu'au siège de 1472, 
les femmes, conduites par l'héroïne Jeanne Hachette, se 
distinguèrent et obligèrent l'assaillant Charles le Témé- 
raire à se retirer. 



PAR LA NOBLESSE ET L'INDUSTRIE 

(Devise officielle.) 

BOLBEC 

Chef-lieu de canton, arrondissement du Havre (Seine-Inférieure). 

ARMES : Parti d'un trait, coupé de deux qui font six 
quartiers : au z^"" de gueules, à trois houseaux (bottes) d'ar- 
gent (Paillot ') et non trois lions passant (Canel ^), qui est 

1. La vrayè et parfaite science des armoiries. Paris, 1661, in-fo, 
p. 398. 

2. Armoriai îles villes et corporations de la Normandie. Paris, 1865, 
in-8", pp. 75 et 76. 



— 254 - 

DE Gauthier-Giffart ; au 2^ de vair, au lion rampant 
d'argent, f épaule senestre blessée de gueules, qui- est de 
Hugues de Boulbek ; au )^ d'a::^ur plein, au chf endenté 
d'argent chargé d'un lion iéopardé de gueules, qui est 
d'Emalleville ; au 4" d'or, à trois marteaux de gueules, 
qui est de Martel-Fontaine ; au j^ de gueules, à deux 
fasces d'or, qui est d'Harcourt ; au 6"" d'argent, à la 
fasce de gueules, accompagnée en chef d'un lambel à trois 
pendants du même ; sur le tout : de gueules, à trois îiavettes 
d'argent, au chef cousu d'azur, à trois fleurs de lys d'or qui 

est DE LA ville DE BOLBEC. 

Les quartiers sont aux armes de six seigneurs de 
Bolbec. Le blason et la devise de la ville de Bolbec ne 
datent guère que du milieu du xix' siècle. 

L'écusson est accompagné de deux tenants posés 
debout. A dextre le génie ailé de la noblesse, de carna- 
tion, à l'écharpe de pourpre semée de fleurs de lys d'ar- 
gent, tenant une épée d'argent abaissée ; à senestre le 
génie ailé de l'industrie, de carnation, à l'écharpe de 
sinople, semé d'abeilles d'or, la main appuyée sur une 
roue d'engrenage d'or ' . 

Ces génies symbolisent, d'une part, l'appui constant 
que la Ville a trouvé dans ses seigneurs et, d'autre part, 
la prospérité qu'elle a su tirer de ses importantes 
industries textiles. La devise en est la simple confirma- 
tion. 

I. Cf. Canel, Ih'uievi, pp. 75 et 76. 



— 255 — 
PARTOUT SOL I ES 

ÇLe soleil y est partout) 

(Devise officielle.) 

SOLLIÈS- VILLE 

Commune du canton de SoUiès-Pont, arrondissement de Toulon 

(Var). 

ARMES : d'azur, à la bande d'argent chargée du mot 
SoLLiÈs de gueules et accompagnée de deux soleils d'or, l'un 
en chef et Vautre en pointe. 

« Cette devise, en langue provençale, est un jeu de 
« mots sur le nom de la localité et une allusion aux 
« deux soleils qui figurent dans ses armoiries. Ces 
« armoiries, du reste, étant parlantes n'ont d'autres 
« raisons d'avoir des soleils que ce même nom de la 
« ville.» (Note de M. V. Lieutaud, à Volone.) 

« On croit, mais sans preuve aucune, que l'édifice 
« sur lequel est bâtie l'église de SoUiès était un temple 
« du soleil, solis œdcs, d'où viendrait le nom actuel. » 
(Paul Joanne, Dictionnaire géogr. et admin. de la France.) 



— 256 — 
PASSUS LUPI 

(Pas de loup) 

(Appellation officielle.) 

SAINT-BÉAT 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Gaudens (Haute- 
Garonne) . 

ARMES : d'azur, à la clef d'or, posée en pal, le panneton 
en bas, sommée d' une fleur de lys du même. Supports : deux 
loups. 

Le nom actuel de Saint-Béat est celui d'un anachorète 
qui vécut dans la région au vi^ siècle ; avant le 
XIV' siècle, cette ville s'appelait : pas de loup (Passus 
lupi). Les deux mots ci-dessus consacrent ce souvenir. 

Voyez : saint béat, clef de frange. 



PATRUM ET PATRIE HONOREM 
SERVANS 

(Des ancêtres et de la patrie conservant le culte) 

(Devise officielle.) 

SERVANCE 

Commune du canton de Melisey, arrondissement de Lure 
(Haute- Saône). 

ARMES: Coupé d'argent et de gueules, au cerf rampant, 
de Pun en l'autre. 

Le blason par le cerf et la devise par le verbe final 



— 2)7 — 

servans, s'inspirent du nom de la localité. Ce blason et 
cette devise furent adoptés suivant délibération du 
Conseil municipal de la commune de Servance, en 
date du i6 novembre 1902, M. Eugène Guingot étant 
maire. 

Les armoiries proposées par M. E. Guingot, d'après 
les recherches qu'il fit à la Bibliothèque nationale, 
département des manuscrits, sont celles des plus anciens 
seigneurs connus du Val de Servance : Mermet de 
Servans (1339) et Mâchefer de Vernois et de Servans 
(1580) ■. 

M. E. Guingot fait observer que « les créateurs des 
« blasons de 1339 et 1380, voulant des armes parlantes, 
<< prirent par consonance, pour pièce principale, un 
« cerf (animal autrefois très commun dans les mon- 
« tagnes de la région), supposant, à tort, que le mot 
« servans ou Servance, provenait du mot latin Cervus, 
« cerf. 

« Mais il est démontré que Servans (ou Servance) n'a 
« pas comme étymologie le mot Cervus, mais bien le 
« mot gallo-celtique servas, signifiant étang poisson- 
« neux. 

« Cette étymologie celtique semble, en effet, très 
« logique, si Ton veut considérer que le Val de Ser- 
« vance a été autrefois un vaste étang et que le plateau 



1. Cf. Délibération adoptant un sceau officiel pour la mairie de Ser- 
vance. Lure, imprimerie Ecrément, 1909, in-80. 

Les Devises des Villes de France. 17 



— 258 — 

« de Servance a toujours été et est encore couvert 
<'. d'étangs ». 

La devise : patrum et patrle honorem servans est 
la consécration du culte conservé aux ancêtres, aux 
anciens seigneurs du Val de Servance et à la Patrie. 

La commune de Servance, grâce à l'initiative et à 
l'érudition de son maire M. E. Guingot, possède un bla- 
son établi sur de sérieuses données historiques, et une 
devise de très belle allure. 

Ajoutons, comme détail secondaire, que le papier à 
lettre de la mairie de Servance porte, en filigrane, les 
armoiries complètes et la devise de la localité. 



PAULATIM CRESCAM 

(Je croîtrai peu à peiî) 

(Devise officielle.) 

SAIGON 

Chef-lieu de la Cochinchine française. 

ARMES : de gueules, au paquebot d'or voguant sur une 
mer au naturel, accompagne en chef à senestre d'une étoile 
aussi d'or. 

Saigon située entre Bangkok et Hanoï est devenue 
possession française en 1859. 

La devise marque une aspiration très sage. 



— 259 — 
PAUVRE ET FIÈRE 

^(Devise non portée.) 

ARMENTIÈRES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Lille (Nord). 

ARMES : d'argent, à la fleur de lys de gueules accompa- 
gnée en chef, à dextre, d'un soleil d'or et, à senestre, d'un 
croissant de la lune {en cours) du même. 

« Cette devise remonte à l'époque de Louis XIV. 
« En 1667, Armentières fut prise et démantelée par 
« Louis XIV. Le 2 mai 1668, le traité d'Aix-k-Cha- 
« pelle, assurant au roi ses conquêtes, la réunit pour 
« toujours à la France. 

« C'est ici que se place l'épisode qui a consacré la 
« devise de la ville. 

« Après la conquête, une députation de bourgeois 
« d' Armentières partit au-devant du roi à Bruxelles. 
« Ruinés par toutes les guerres qui avaient été faites à 
« leur ville, ils étaient montés sur leurs chariots de 
« campagne pour faire le voyage. Lorsqu'ils furent 
« présentés à la cour, ils s'étaient chaussés d'éperons 
« d'argent, pour tenir meilleure figure et faire croire 
« qu'ils étaient venus à cheval. Cet incident excita l'hi- 
« larité des courtisans. Armentières fut baptisée : 
« Pauvre et fière. » (Note de M. Ringot, bibliothécaire 
de la ville d'Armentières, 191 1.) 



— 26o — 

PETITE VILLE, GRAND RENOM 

(C'est plutôt un dicton qu'une devise) 

(Ancienne devise.) 

BRIANÇON 

Chef-lieu d'arrondissement (Hautes-Alpes). 

ARMES : LVai_ny, à la tour surmontée de trois tourelles 
de... On trouve des traces de ces armoiries depuis 1600. 

Briançon, ancienne ville libre gouvernée par ses con- 
suls, a joui, sous les Dauphins et jusqu'à la Révolution, 
de nombreux privilèges. 

On a toujours dit de Briançon : 

Petite ville, grand renom. 

Voici l'inscription gravée sur le fronton de sa pre- 
mière porte : 

(1815) 

« Les Briançonnais, sans garnison, soutiennent un 
blocus de trois mois et conservent la place. 

Le passé répond de l'avenir. » 

(Note de M. H. Vieux, professeur au collège de 
Briançon, 1896.) 



i 



— 26l — 

PIETAS ET JUSTITIA 

{Piété et justice} 

(Devise officielle.) 

SAMATAN 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Lonibez (Gers). 

ARMES : Ècartelé : aux i et 4 de gueules, à quatre 
otelles d'argent posées en sautoir, qui est de Comminges ; 
aux 2 et jde gueules, à trois sceptres fleurdelysés d'or en pal; 
au chef cousu d'a:{ur, à trois fleurs de lys d'or. 

Au-dessus de l'écusson la date : IS94 '• 

Au-dessous, la devise : Pietas et justicia (jic). 

Nous donnons cette description d'après une empreinte 
d'un sceau de la ville (xviii*' siècle), empreinte qui nous 
a été fournie par M. Ph. Lauzun, président de la Société 
archéologique du Gers. 

Samatan existait déjà au xii*^ siècle et possédait une 
commanderie de l'ordre de Malte. 

Son château fort était la résidence habituelle des 
comtes de Comminges et sa châtellenie relevait immé- 
diatement de la sénéchaussée de Toulouse. (Note de 



I. « La date 1594 correspond à l'année des lettres patentes 
« du roi Henri IV datées de Laon du mois d'août, en faveur des 
« gens du pays de Comminges, renfermant des concessions impor- 
« tantes pour les récompenser de leur soumission libre et volon- 
« taire au successeur d'Henri III. C'est à Samatan, au mois de 
« mars 1594, que les Etats de Comminges avaient fait leur adhé- 
« sion à Henri IV. » (Abbé Dieuzaide, Histoire de ta commune et de 
la paroisse de Samatan . Chapitre Armoiries.') 



— 262 — 

M. Ph. Lauzun.) M. l'abbé P. Dieuzaide, curé-doyen 
de Samatan, a publié dans son Bulletin paroissial une 
Histoire de la commune et de la paroisse de Samatan. Le 
chapitre qu'il a consacré aux Armoiries de la ville est 
très intéressant; j'y renvoie le lecteur '. 

A la fin de ce chapitre, M. l'abbé Dieuzaide s'exprime 
ainsi au sujet de la devise de Samatan : c Elle rappelle 
<( l'attachement des habitants de Samatan à la foi 
« catholique pendant les guerres de religion et leur 
« constance à revendiquer leurs droits. » 

Il complète son appréciation dans une note qu'il a 
bien voulu nous envoyer en décembre 19 10 : « Je n'ai 
« rien trouvé de précis à ce sujet. J'ai donné mon senti- 
ce ment. J'ai constaté que, pendant les guerres de reli- 
« gion, tandis que, dans le Fezensaguet, certaines loca- 
« lités sous la domination des huguenots embrassaient 
« en partie la nouvelle religion, dans le Comminges, 
« au contraire, et en particulier à Samatan, il n'y eut 
« point de défection, quoique Samatan ait été occupée 
« et ruinée par les protestants pendant trois mois. » 

I. Bulletin paroissial de Samutiin, n" du mois d'août 1910. 



— 263 — 
PLEUT A DIEU ! 

(Ancienne devise.) 

BESANÇON 

Chef-lieu du département du Doubs. 
Voyez : utixam. 



PLUS PENSER QUE DIRE 

(Devise officielle.) 

BAR-LE-DUC 

Chef-lieu du département de la Meuse. 

ARMES : Parti : au i"' d'a:;iir, semé de croix recroisetées 
an pied fiché d'or, à deux bars adossés du même, brochant 
sur le tout, qui est du Barrois; an 2^ d'argent, à trois 
pensées, jeuillées et figées an naturel, qui est de Bar-le- 
Duc. 

La devise ci-dessus se rencontre dès le xvii^ siècle ; 
on la remarque sur un dessin inédit des armes de la 
ville de Bar-le-Duc dans Le Héraut d'armes de Lorraine 
et Barrois, par Dominique Callot. abbé de l'Etanche, 
manuscrit de la seconde moitié du xvii^ siècle ; elle 
figure aussi sur un jeton de 1632. (Cf. C. Lapaix, Armo- 
riai des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois 
et des Trois-Evéchés. Loc. cit.,pp. 59, 60, 61 et 62.) 



— 264 — 

M. le comte Hipp. de Widranges, dans sa notice ' : 
De r origine des armoiries des villes et de celles de Bar-lc- 
Duc en particulier, s'exprime ainsi au sujet de la devise de 
la ville de Bar-le-Duc : « Aristide Guilbert^ en son His- 
« toire des villes de France, et, avec lui, Th. Coursiers, 
« savant de la vallée de l'Ornain, ont commis envers 
« Bar une faute regrettable : ils ont prétendu que la 
« sage, que la charmante devise de cette noble cité : 
« Plus penser que dire, était une devise orgueilleuse. 
(( Lancer cette maligne insinuation, injurieuse à Ten- 
(f droit des Barisiens, sans la justifier, c'est montrer 
« qu'on ignore l'histoire et l'héraldique ; car les annales 
« de Bar sont illustres et glorieuses et les trois pensées 
« de l'écusson de la ville indiquent assez clairement 
« que la devise : Plus penser que dire fait allusion au 
« caractère des Barisiens et qu'elle exprime, sous forme 
« délicate, le conseil de l'antique sagesse sur la valeur 
« de la réflexion et du silence-. » 



1. Parue dans VAhiianach de Bar pour 1863. 

2. Conrad III, empereur d'Allemagne, avait pour devise ces 
mots empruntés à Séuèque : Pauca loqtii ciim aliis, miilUi <eciiiii. 
C'est la devise barisienne. 



— 265 — 

POINT BRETONNE, 
MALOUINE SUIS 

(Ancienne devise.) 

SAINT-MALO 

Chef-lieu d'arrondissement (Ille-et- Vilaine). 

ARMES : de gueules, à la herse d'or mouvant de la 
pointe de Fécu, surmontée d'une hermine passant, d'argent, 
accolée et bouclée d'or, armée et lampassée de sable. 

Voici, au sujet de cette ancienne devise, la petite 
notice que M. E. Herpin, de Saint-Malo, voulut bien 
nous adresser en mars 1896 : 

« En l'année 1144, Jean de Châdllon, surnommé 
saint Jean de la Grille, fut sacré évèque d'Aleth 
(aujourd'hui Saint-Servan) et transféra immédiatement à 
Saint-Malo, son siège épiscopal. 

Au nouveau chapitre qu'il constitua alors il aban- 
donna une partie des droits et des privilèges qu'il pos- 
sédait et ainsi naquit la co-seigneurie ecclésiastique de 
Saint-Malo, appelée aussi : « Seigneurie commune », 
nom tiré de ce que la seigneurie de Saint-Malo appar- 
tenait indivisément à l'évèque et au chapitre. 

Durant des siècles, l'évèque et le chapitre batail- 
lèrent ferme l'un contre l'autre pour le partage des 
droits appartenant à la co-seigneurie; mais plus ferme 
encore ils bataillèrent tant contre les rois de France que 
contre les ducs de Bretagne pour défendre leurs droits 
que ceux-ci voulaient s'arroger. 



— 266 — 

Prétendant ne relever de personne, ni du roi, ni du 
duc, mais seulement du pape, ils résumaient ainsi leur 
prétention : Honiagliim soli PapiV debetur ' (Je ne dois 
hommage qu'au Pape). C'est cette formule que popu- 
lairement la ville de Saint-Malo traduisit ainsi : Point 
Française, point Bretonne, Maloiiine suis. 

Cependant, le 14 juin 1384, la seigneurie ecclésias- 
tique de Saint-Malo reconnut proprio motu la souverai- 
neté royale. Sa devise, depuis lors, fut donc seulement : 
Point Bretonne, Malouine suis. 

Pour soutenir au moins leur devise ainsi tronquée, 
les Malouins, d'ailleurs énergiquement secondés par 
leurs évêques et, notamment par Mgr Josselin de 
Rohan, combattirent sans trêve tant sur les champs de 
bataille qu'en entamant d'interminables procès. Ce 
fut seulement en l'année 141 5 que la seigneurie 
de Saint-Malo fut, enfin, concédée par le roi de France 
au duc de Bretagne pour le remercier du secours de 
10.000 hommes levés, pour venir à son aide, après la 
bataille d'Azincourt. 

L'édit de 15 13, rendu par la duchesse Anne, porta 
enfin le dernier coup aux séculaires droits et privilèges 
des Malouins, droit et pîivilêges qui répugnaient à sa hau- 
tesse et principauté. 

A partir de cette date, l'antique devise de Saint-Malo 

I . Voir pour plus amples renseignements, notre ouvrage : Lii 
Ciitljédralf de V ancien diocèse de Saint- Moto. Imprimerie F. Bazin, 
Saint-Malo, 1895. 



— 2é7 — 

ne fut plus considérée que comme un glorieux souvenir 
de son indépendance passée. » (E. Herpix.) 
Voyez : semper fidelis. 



POST BELLA, OTIA PACIS 

ÇAprês les guerres, les loisirs de la paix) 
(Devise officielle.) 

JONZAC 

Chef-lieu d'arrondissement (Charente-Inférieure). 

ARMES : de gueules, au pont de trois arches d'argent 
surmonté d'un château du même. 

« Cette devise peut remonter à la fin des guerres de 
« religion, à moins qu'elle ne fasse allusion aux ter- 
ce ribles combats qu'eut à soutenir la population à la fin 
« de la guerre de Cent ans (1451-52-53) età la longue 
« période de paix (près d'un siècle) qui suivit, jusqu'au 
« soulèvement de la gabelle qui éclata aux environs de 
« Jonzac en 1548. Il m'est difficile de préciser davan- 
« tage. » (Note de M. Jules Pandin de Lussaudière, 
archiviste du département de la Charente-Inférieure.) 



— 268 — 
POST TENEBRAS SPERO LUCEM 

{Après les ténèbres f espère la lumière') 

(Devise officielle.) 

SURGÈRES 

Clief-lieu de canton, arrondissement de Rochefort 
(Charente-Inférieure). 

ARMES : de gueules , fretté de vair de six pièces. 

Ce sont les armes et la devise de la maison Maingot 
de Surgères « qui a possédé, depuis le xi= siècle jus- 
« qu'au milieu du xiv^ l'ancienne baronnie de Surgères 
« dans le pays d'Aunis. Elle s'est partagée en trois 
« branches, Tune, dite des seigneurs de la Flocelières 
« qui prirent le nom de Surgères, baronnie aujourd'hui 
« possédée par une branche de la maison de la Roche- 
« foucau.ld ; l'autre, dite des seigneurs de Granges, qui 
« adopta ce nom et qui subsiste dans le marquis de 
« Puyguyon ' . » 

La devise : Post tenebras spero Iticem est aujourd'hui 
encore portée par la maison de Granges de Surgères. 

I . De la Chesnaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse. 
Réimpression. Paris, 1868, t. XII, pp. 909 et 910. 



— 269 — 
POTIUS MORI 

(^Plutôt mourir^ 

(Devise officielle.) 

BEAUCAIRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Nîmes (Gard). 

ARMES : EcarteU d'or et de gueules . 

Plutôt mourir marque une très grande détermination 
de fidélité et d'attachement à une cause quelconque. En 
ce qui concerne Beaucaire, doit-on voir la fidélité au Roi 
ou à la Religion ? Nous penchons vers la deuxième hypo- 
thèse, étant donné qu'à l'époque des guerres de reli- 
gion, alors que Nîmes devenait calviniste, Beaucaire 
demeura catholique. 

Sous l'écusson, on remarque, à dextre, une levrette 
(emblème de la fidélité), les pattes de devant appuyées 
sur une croix haute ; cette allégorie ne semble-t-elle pas 
confirmer l'idée de fidélité religieuse ? 



POTIUS MORI QUAM F^DARI 

(^Plutôt mourir que se déshonorer^ 

(Devise non portée.) 

VANNES 

Chef-lieu du département du Morbihan. 

ARMES : de gueules, à l'hermine cravatée et passante. 
Cette devise est donnée à la ville de Vannes par 



— 2-JO — 

certains auteurs, entre autres : Tisserand ', elle se rap- 
porte à la blanche hermine du blason. 

C'était la devise de la province de Bretagne. 

Voyez : a ma vie. 



POUR CE QU'IL ME PLET 

(Devise non portée.) 

CLISSON 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Nantes 
(Loire-Inférieure). 

ARMES : de gueules, au lion d'argent, armé, lampassé et 
couronné d'or . 

La ville de Clisson a pris les armoiries de la maison 
de Clisson et la devise personnelle du connétable. Voici 
la note que M. le comte de Berthou, de Nantes, a bien 
voulu nous envoyer à ce sujet (19 ii). 

« On ne peut pas dire que la ville de Clisson ait eu 
« des armes et encore moins une devise. En effet, elle 
« n'a jamais été constituée en communauté, avec bureau et 
« corps de ville. Toutefois, on peut, à la rigueur, lui 
« attribuer les armes de la puissante famille féodale à 
« laquelle elle a donné son nom, puisque, à partir de 
« 1600 seulement, elle a reçu le droit de députer aux États 
« de Bretagne. 

I. Les Armoiries Je la ville de Paris, loc. cit. Chapitre : Devises, 
t. I", p. 171. 



— 271 — 

« En 1789, les cahiers des doléances y furent rédigés, 
« non point sous la présidence d'un maire, mais sous 
« celle du sénéchal de la chàtellenie, assisté de son pro- 
« cureur fiscal et de son greffier. Dans tout cela, rien 
« qui sente une administration urbaine ; c'est une cbd- 
« tellenie, un centre féodal. 

« La maison de Clisson, éteinte en la personne de 
« Marguerite, fille du connétable, ou plutôt en la per- 
te sonne du connétable lui-même, le 23 avril 1407, 
« portait : de gueules, au lion d'argent, armé, lam- 
« passé et couronné d'or- Elle n'avait point de devise con- 
« nue. La devise : Pour ce quil me plet, avec une 5T2, 
« comme corps de devise, est celle personnelle au con né- 
ce table et qui, d'ailleurs, peint admirablement le carac- 
« tère impérieux^ inflexible et entier de ce grand 
« homme de guerre, qui changea plusieurs fois de 
« parti, au gré de la violence de ses ressentiments. 

« Dans son étude sur la Porte de Vhôtel Clisson, à 
« Paris, Jules Quicherat (^Mélanges..., II) a prouvé que 
« le connétable a dû prendre la lettre M comme corps à^ 
« devise, bien avant son second mariage avec Margue- 
« rite de Rohan (1388), puisque l'hôtel Clisson a été 
« construit en 1 371 et qu'il faut, dans cette adjonction 
« de la lettre M à sa devise, voir une allusion à quelque 
« aventure de galanterie de sa jeunesse, suivant l'usage 
« du temps. 

« Quant à la devise : Pour ce quil me plet, il semble 
« bien aussi l'avoir déjà adoptée en 1371 : elle carac- 



— 272 — * 

« térise sa personnalité avec une singulière justesse et 
« précision, 

« Toutefois, je le répète, c'est une devise personnelle, 
« qui n'avait point été portée par ses ancêtres, au 
« moins d'après ce que l'on peut en savoir, car tous 
« les vieux Clisson ont montré le même caractère vio- 
« lent, inconstant et intraitable à la moindre contradic- 
« tion. 

« La devise de sa fille Marguerite, comtesse de Pen- 
ce thièvre, fut un dévidoir ou travouil, avec la lettre M 
« (à ne pas confondre avec la lettre 5T? de son. père). 
« Voir : Itinéraire de Bretagne en i6)6, par Dubuisson- 
« Aiibenay, que j'ai édité pour les Bibliophiles bretons, 
« n, p. 177. 

« En somme, si l'on veut absolument donner les 
« armes des sires de Clisson à la ville de Clisson, on le 
« peut faire ; mais, en aucune façon, on ne peut donner 
« à la ville de Clisson, la devise : Pour ce qjj'il me 
« PLET, personnelle au connétable. » 



— 273 — 
POUR OBÉIR 

(Ohedientia felicitalis mater') 
(^L'obéissance est la mère du bonheur) 

(Ancienne devise.) 

BESANÇON 

Chef-lieu du département du Doubs. 

Jules Gauthier ' cite cette devise laquelle date du 
xv^ siècle. 

Voyez : utinam. 



PR^MIUM PALMA VICTORI 

(La palme est le prix du vainqueur) 

(Devise non portée.) 

CANNES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Grasse (Alpes-Maritimes). 

ARMES :^'a;^Mr,à lapalnie d'argent posée en barre, accom- 
pagnée de deux fleurs de lys d'or, l'une en chef, l'autre en 
pointe. 

« La devise fait allusion à la palme d'argent du bla- 
« son, laquelle est empruntée aux armoiries ^ de la 



1 . Les sceaux et les armoiries des villes et bourgs de Franche-Comte, 
lac. cit., p. 15. 

2. Elles sont : de sinople, à la crosse abbatiale, accostée de deux 
palmes, le tout d'or et en pal. Comte de Saint-Saud. Armoriai des 
Prélats français du XIX^ siècle. Loc. cit., p. 316. 

Les Devises des Villes de France. 18 



— 274 — 

« fameuse abbaye insulaire de Lérins, dont Cannes 
« était l'un des fiefs. » (Note de M. V. Lieutaud, à 
Volone.) 



PR^SIDIUM ET DEÇUS (tire d'Horace) 
^Protection et honncui-) 

(Devise douteuse.) 

CHARENTON-LE-PONT 

Commune du département de la Seine. 

ARMES: cfainr, au pont de quatre arches, au milieu 
duquel une tour donjonnée et girouettée, le tout d'argent, 
maçonné et ajouré de sable, sur une rivière au naturel. 

« La position géographique de Charenton devait fata- 
« lement lui faire jouer un rôle malheureusement trop 
« fréquent dans l'histoire des guerres civiles ou étran- 
« gères qui eurent la conquête de Paris pour objectif. 
« L'occupation du pont de Charenton était toujours un 
« des principaux soins des belligérants et l'on devine à 
« quels dangers cela exposait les malheureux habitants 
« du bourg. 

« Pendant toute la durée de la lutte des Arma- 

« gnacs et des Bourguignons, le pont de Charenton fut 
« le théâtre de nombreuses escarmouches ; il eut long- 
« temps pour capitaine, pendant cette période, le 
« fameux Caboche. Le 1 1 janvier 1436, les troupes de 



— 275 — 

« Charles VII, commandées par Perrière, capitaine de 
« Corbeil, réussirent à en déloger les Anglais. 

« Au xvi^ siècle, durant les guerres religieuses de la 
« Ligue, nouveaux combats. Il n'est pas douteux que la 
« tète du pont, sur la rive droite de la Marne, était 
« commandée par une forteresse inexpugnable que 
« Henri IV fit démolir. On sait aussi que, pendant la 
« Fronde, en 1649, le pont fut pris par Condé sur 
« l'armée royale » (Fernand Bournon '). 

La devise consacre le rôle important que joua le pont 
de Charenton dans les divers événements rapportés ci- 
dessus. La garnison de sa forteresse protégea Paris et en 
tira srand honneur. 



PRvETERlTIS EGREGIA, aUOTIDIE 
FLORESCIT 

(^Glorieuse de son passé, elle devient de plus en plus 
florissante^ 

(Devise officielle.) 

NEUILLY-SUR-SEINE 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : de gueules, au pont d'or, soutenu d'un fleuve 
du même et accompagné d'un vaisseau d'argent ; au chef cousu 
d'a:{ur, à trois fleurs parmentières d'or. 

I. Etai des Co7tiinunes du département de la Sehie à la fin du 
XIX^ siècle. Loc. cit. Fascicule Charenton-le-Pont . Notice historique, 
pp. 1 1 et 12. 



— 276 — 

Ces armoiries ont été adoptées par délibération du 
Conseil municipal en date du 9 janvier 1900. 

La première partie de la devise rappelle l'importance 
que prit le bourg de Neuilly, dès que Henri IV eut fait 
établir un pont sur la Seine; ce pont fut entièrement 
reconstruit sous Louis XV, en 1768, d'après les dessins 
de Perronnet ; la deuxième partie de cette devise célèbre 
l'accroissement constant et l'état florissant de la com- 
mune. 

Les armoiries sont spécialement consacrées au pont, 
cause principale de la prospérité de la localité ; le chef 
porte trois fleurs parmentières, en souvenir de Parmen- 
tier qui préconisa, en France, la culture de la pomme 
de terre, depuis longtemps pratiquée en Allemagne, 
et obtint du roi Louis XVI l'autorisation d'en cultiver 
dans la plaine des Sablons. La ville deNeuilly-sur-Seine 
a élevé une statue à ce célèbre ao;ronome. 



V PRAIRIAL AN XII 

(2/ mai 1S04) 

(Ancienne devise.) 

LA ROCHE-SU R-YON 

Chef-lieu du département de la Vendée. 

ARMES : de gueules, à la ville naissante d'argent maçon- 
née et ajourée de sable, assise sur un rocher de sinople ;encl}ef 



— 277 — 

une foi d'or ; au franc quartier, cousu d'a^ttr, à l'étoile d'ar- 
gent. 

Cette étoile remplace l'N impérial des villes de 2' 
ordre. 

Cette ville porta successivement les noms suivants : 
Napoléon-Vendée, Bourbon-Vendée, LaRoche-sur-Yon ; 
elle fut fondée par Napoléon l" et prit pour devise la 
date de sa fondation. Aujourd'hui, elle ne porte plus 
cette devise; mais sur une banderole placée sous l'écus- 
son, on lit le nom de la ville : Rupes super Yonem. 

L'abbé Chevin ' dit: Rupes ad Yonam. 



PROBITAS. INDUSTRIA 

{Probité. Travail) 

(Devise officielle.) 

ROUBAIX 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Lille (Nord). 

ARMES : Parti : au i" d'hermine plein, au chef de 
gueules ; au 2^ d'azur, au rot de sable encadré d'or, accom- 
pagné en chef d'une étoile d'or, accostée de deux bobines 
d'argent et en pointe d'une navette d'or ; à la bordure dente- 
lée d'or * . 

« La devise de la ville de Roubaix, quoique relative- 

1 . Dictionnaire latin-français des noms propres de lieux. Bar-le-Duc, 
in-80, s. d. 

2. Cf. Chanoine Th. Leuridan, Armoriai dei coDimniies du dèpar- 
ment du Xord. Lille, 1909, in-8°, p. 158. 



— 278 — 

« ment récente, résume toute la carrière industrielle de 
« cette laborieuse cité. On peut même dire de la glo- 
« rieuse devise : Probitas. Industria, qu'elle est née 
« en même temps que la fabrique de Roubaix, puisque, 
« bien que non encore formulée, elle a inspiré et dirigé 
« toutes les générations qui se sont succédé à Roubaix 
« depuis le xv"^ siècle et sur lesquelles elle a régné en 
« maîtresse absolue. L'ordonnance de Louis XVIII, en 
« date du 26 septembre 18 14, autorisait les villes, com- 
« munes et corporations du royaume, de reprendre 
« leurs anciennes armoiries. 

« L'administration municipale d'alors oublia ou 
« dédaigna le vieil écusson d'hermine au chef de gueules, 
« ce noble et riche héritage recueilli des seigneurs de la 
« maison de Roubaix ; mais, loin de renier les traditions 
« de loyauté commerciale et de courage industriel que 
« trois siècles et demi avaient léguées à la cité, elle 
« accompagna le projet de blason, présenté à la sanction 
« royale de la devise : Probitas. Industria. Les 
« emblèmes proposés furent octroyés par lettres 
« patentes du 17 novembre 18 18 et telle est l'origine 
« officielle de la devise qui ne compte pas encore 
« 80 ans, mais qui, de fait, est aussi vieille que la 
« fabrique de Roubaix. «(Communication de M. le cha- 
noine Théodore Leuridan, delà Société d'émulation de 
Roubaix, 1896.) 

Lors de la visite du Président de la République ', le 

I. Le 9 juillet 191 1. 



■l'y 



distingué maire de Roubaix, M. Eugène Motte, s'est plu 
à rappeler les vertus séculaires de la cité qu'il administre 
avec un tact parfait, sachant maintenir sa ville dans une 
ère de concorde et de paix. De son toast, au banquet de 
l'Hôtel de Ville, nous extrayons ces quelques mots qui 
font allusion à la devise : « Monsieur le Président, vous 
« êtes dans une cité de travail, tf énergie, de probité, ver- 
ce tus roubaisiennes entre toutes, que nous ne nous 
« plairions pas à nous accorder, si elles n'étaient de 
« notoriété publique. » 



PRO CHRISTO ET PRO REGE 

(Pour le Christ et pour le roi) 

(Devise officielle.) 

CORDES 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Gaillac (Tarn). 

ARMES : de gueules, au château antique à trois tours 
d'argent ouvert du champ, surmonté d'une croix de Toulouse 
d'or; au chef cousu d'azur, à trois fleurs de lys d'or. 

Ces armoiries ont été confirmées par lettres patentes 
du roi Charles X, du 28 avril 1827. 

Cette devise n'est nullement ancienne, elle doit dater 
de la confirmation des armoiries. 



— 28o — 

PRO CHRISTO ET REGE 

{Pour le Christ et le Roi) 

(Ancienne devise.) 

SAINT-QUENTIN 

Chef-lieu d'arrondissement (Aisne). 

Ancienne devise (xvi" siècle). 
Voyez : pro deo, rege et patria. 



PRO DEO, REGE ET PATRIA 

(^Pour Dieu, le Roi, et la Patrie) 

(Devise officielle.) 

SAINT-QUENTIN 

Chef-lieu d'arrondissement (Aisne). 

ARMES : d'azur, au chef de saint Quentin d'argent 
auréolé du même, accompagné de trois fleurs de lys d'or, 
deux en chef et une en pointe. 

Sous Técusson est suspendu à un ruban de gueules, 
l'intéressante croix des Mayeurs, distinction accordée 
par le roi Louis XV aux mayeurs de Saint-Quentin '. 

Par décret en date du 7 juin 1897 la ville ayant été 
autorisée à faire figurer dans ses armoiries l'étoile de la 

I. La croix des Mayeurs portait d'un côté, au centre, le chef de 
saint Quentin dans un ovale entouré de cette légende : Lmhn'-XV- 
regn. ïji6\ de l'autre côté, dans le champ, une épée et une clef 
passées en sautoir avec la devise : Fidelitatis pru'miiim. 



— 28l — 

Légion d'honneur, on plaça ce signe sur un fra7tc-cantm 
de gueules ' . 

La devise pro deo, rege et patria date, suivant toute 
probabilité, de l'année 1859, époque à laquelle la muni- 
cipalité de Saint-Quentin reprit l'emploi du blason 
urbain abandonné au moment de la Révolution-. 



Cette devise fut composée pour agrémenter le nou- 
vel écusson, tout en rappelant les sentiments de fidélité 
et de dévouement que les Saint-Quentinois eurent de 
tout temps pour leurs monarques. 

Il peut paraître étrange qu'une devise, éclose aux 

1 . Cf. Delmas-Azéma, Armoiries de la ville de Saint-Quentin. Place 
que doit occuper V étoile de la Légion d'Honneur. Saint-Quentin, 1901, 
p. 21. 

Henri Tausin, Les villes décorées de la Légion d'honneur. Lac. cit., 
pp. 49360. 

2. Cf. Henri Tausin, Les écussons des armoiries de la ville de Saint 
Quentin du XV H^ siècle à nos jours. Paris, 191 3 . 



— 282 — 

plus beaux jours du second Empire, porte le mot rege ; 
on acceptera cette réminiscence en admettant que l'au- 
teur s'est, très probablement, inspiré de deux anciennes 
devises de la ville, l'une, inscrite sur des monnaies, 
l'autre, brodée sur des étendards : 

1° PRO CHRISTO ET REGE. 
2° DEO, REGI ET URBI. 

Renchérissant sur cette dernière devise, on a étendu 
à la Patrie même, l'idée du dévouement des citoyens. 
A première lecture, il semble que le moi patria vienne 
gâter quelque peu l'ordonnance de cette devise. 

Adrian Villart ' abondait dans ce sens, lorsqu'il écri- 
vait : « Le mot Patrie est un « ajouté », car sous la 
« monarchie, il eût fait double emploi avec le mot Roi ; 
« le loyalisme étant alors un seul et même senti- 
ra ment. » 

Cette critique doit s'effacer devant les références que 
nous allons exposer, lesquelles montrent que, sous le 
règne de Louis XIV et même précédemment, le Pro regc 
et patria était déjà employé. Nous relevons, en effet, 
dans le Traité de numismatique moderne et contemporaine 
d'Engel et Serrure, Paris, 1897, P- 3^? une inscription 
ainsi conçue : Prorege et patria. — Aria obs. — sur une 
monnaie frappée en octobre 17 10 pendant le siège de la 
ville d'Aire-sur-la-Lys. D'autre part, dans l'acte de con- 



I. Chronique sainl-quentinoise. Devises. . . Journal île Sciinl-Ouev- 
iin, 25 avril 1896. 



— 283 — 

cession d'une devise à la ville de Louviers, acte daté de 
Lusignan (mai 1441) le roi Charles VIII reconnaît que 
les habitants de Louviers ont tout sacrifié pour le Roi et 
la Patrie, etc. ; dans ces conditions, la devise Pro Deo, rege 
et patria paraît bien établie ; mais, combien eût-il été 
préférable, à l'époque de la reprise du blason urbain, de 
donner, comme devise, à la ville de Saint-Quentin, les 
mots : civis murus erat par lesquels le poète latin San- 
teul ■ a résumé le courage et la valeur des habitants défen- 
dant la ville en 1557. Il reste infiniment regrettable 
qu'on n'ait pas songé à employer ces mots d'une conci- 
sion élégante, dont on ressent la beauté et la force et qui 
ont le double avantage de rappeler un fait particulière- 
ment honorable et d'être de bonne latinité. M. Léon 
Magnier^ en a interprété ainsi le sens : Notre rempart, 
c'est nous. 

Les auteurs du monument commémoratif de la 
bataille et du siège de Saint-Quentin, en 1557, ont eu 
l'heureuse inspiration de faire figurer ces mots sur la face 
principale du piédestal. 

Revenons aux deux devises anciennes dont s'est inspiré 
l'auteur de la devise actuelle. 

Nous relevons la première sur une monnaie frappée 
à Saint-Quentin en 1589 : pro christo et rege. — 
s. Q.. — 

1. Jean-Baptiste de Santeul, chanoine régulier de Saint-Victor 
(1630-1697). 

2. Léon Magnier, poète et journaliste saint-quentinois. Littérature 
française, du lieutenant-colonel Staaft. Paris, 1855, t. III. 



- 284 - 

Voici ce que dit, au sujet de cette monnaie, le savant 
numismate Desains ' de Saint-Quentin : « En 1589, 
« Henri d'Orléans, duc de Longueville, gouverneur de 
« Picardie pour le roi Henri III, forcé de séjourner à 
« Saint-Quentin, pour éviter un coup de main des 
« ligueurs, y fit, pour payer les troupes, battre monnaie 
« avec sa vaisselle et celle du gouverneur Charles 
« d'Halluin, duc de Piennes. Les monnaies qu'on frappa 
« alors étaient des quarts d'écu portant au revers la 
« devise : Pro Christo et Rege ^. » 

A peu près à la même époque, lors de l'entrée de 
Henri IV à Saint-Quentin, l'amour de la cité se mani- 
festa par cette variante : deo, rege et urbi (^A Dieu, au 
roi et à la ville). 

« Cette devise était brodée en lettres d'or sur les 
« quatre enseignes de la milice bourgeoise, sur lesquelles 
« étaient représentées les armes de la ville : d'azur, à un 
(( saint Quentin d'argent avec trois fleurs de lys d'or 5. » 

Ces quatre enseignes ont été longtemps conservées à 
l'Hôtel de Ville. 

1. Desains (François-Jean-Charles) dit Desains Minitnus, né à 
Saint-Quentin le 11 octobre 1785, mort en cette ville le 10 décembre 
1842. 

Notice sur la iiumisinalique de la ville de Saint-Quentin et du comté 
de Vermandois, dans Reinie de la Numismatique française, 1837. 

2. « Les coins de ces quarts d'ècu furent gravés par Mathieu Salé. 
« la frappe fut faite par l'orfèvre saint-quentinois Pierre Cotte, sous 
« la surveillance des magistrats municipaux. » (Engel et Serrure, 
Traité de numismatique... Loc. cit., p. 14.) 

3. Ch. Gomart, Etudes saitit-quentinoises, t. I*-"'', 1844-1851, 
p. 104. 



Voici maintenant une devise bien moins connue, elle 
apparaît au xvii= siècle : hic lilia pascitur inter (Celui- 
ci se nourrit entre les lys). Elle est imitée d'une phrase 
du Cantique des Cantiques (ch. ii, v. lé). 

Elle figure au bas d'un bel écusson aux armes de la 
ville de Saint-Quentin exécuté d'une manière délicate, 
souple et fine par Isaac Briot, graveur français ' . 

De l'avis de MM. Emmanuel Lemaire et Elle Fleury, 
de Saint-Quentin, cette devise doit être interprétée de 
la façon suivante : « Celui-ci (saint Quentin, pour 
« l'église de Saint-Quentin ou même la ville) se nourrit 
« entre les lys ; il leur doit tout, à cause des innom- 
« brables bienfaits des Rois de France. » 



PROJICIAM 

Qe lancerai) 

(Devise officielle.) 

VOID 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Commercy (Meuse) . 

ARMES : de gueules, à trois cailloux d'argent. 

« Void était la capitale de la Voide ou pays de Beden 
« et avait un château fort dans lequel se trouvait l'é- 
« glise paroissiale ; cette forteresse, qui passait pour 

I. On ignore les lieu et date de naissance et de mort de cet 
artiste qui a beaucoup produit ; il a gravé des portraits assez recher- 
chés, ainsi que de nombreux sujets religieux. 



— 286 — 

« antique et pour avoir appartenu aux rois austrasiens 
« de la première race, était de forme quadrangulaire, 
« flanquée de tours et défendue par des fossés remplis 
« d'eau (D. Calmet, not.). 

« Ce fut sous Teutfride, qui occupait le siège épisco- 
« pal en 627, que le roi Dagobert donna Void avec son 
« palais au chapitre de la cathédrale Saint-Etienne de 
« Toul '.» 

Les armoiries de Void sont celles de ce chapitre, elles 
sont inspirées du martyre de saint Etienne qui, on le 
sait, fut lapidé . 

Quant à la devise, elle se rapporte aux trois cail- 
loux. 



PRO PATRIA IN FINIBUS 

ÇPou?- la Patrie à la frontière) 

(Devise officielle.) 

BOHAIN 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Quentin (Aisne). 

ARMES : de gueules, au B majuscule d'or surmonté d'une 
couronne royale du même. 

La ville de Bohain, située sur les confins du Ver- 
mandois, limitrophe du Cambrésis qui longtemps 
appartint aux Pays-Bas espagnols, était, à cette époque, 

I. F. Liénard, Diclioiinaire topo^raphiqite du département de la 
Meuse. Paris, 1872. 



— 287 — 

une ville frontière et avait reçu le surnom de Bohain- 
la-Frontière. 

La ville de Bohain et le château ont subi douze sièges 
connus, mais on ignore absolument quel est le fait 
historique qui a valu la couronne royale surmontant le 
B majuscule de ses armoiries '. 

La devise pro patria in finibus paraît être d'origine 
contemporaine- Sauf erreur, on la lit, pour la première 
fois, sur la façade du nouvel Hôtel de Ville, inauguré 
en 1884. (Note de M. E. Dodeman, inspecteur de l'En- 
seignement primaire, auteur d'une Histoire de Bohain.} 



PRUDENTES UT SERPENTES, 
SIMPLICES Cou DULCES) UT COLUMB^ 

(^Prudents comme les serpents, simples (ou doux} comme les 
colombes) 

(Ancienne devise.) 

COULOMMIERS 

Chef-lieu d'arrondissement (Seine-et-Marne). 

ARMES : d'a::^ur, au colombier rond 7naçonné de cinq 
assises de sable, surmonté d'une lanterne d'argent sommée 
d'une boule et girouettée d'or, la porte fermée et ferrée, la lan- 

I. Ne pourrait-on pas faire remonter cette honorable addition à 
l'époque où la seigneurie de Bohain fut unie au domaine royal, 
lors de l'avènement du roi Henri IV ? (Cf. Auguste Matton, Dic- 
tionnaire topo^rapbique du département de F Aisne. Paris, 1871, 
p. 50. 



— 288 — 

terne ouverte du même; le colombier accosté de deux serpents 
langues de gueules ^ entrelacés par la queue en pointe; à 
dextre de la lanterne quatre colombes d'argent, dont deux 
sortent et deux rentrent, et à senestre, quatre colombes, aussi 
d'argent, dont trois rentrent et une sort. 

Cette devise, qui se rapporte aux serpents et aux 
colombes, est aussi ancienne que le blason lui-même. 
On lit dans un historique de la ville de Coulommiers, com- 
posé en 1789, le passage suivant : 

« Les armoiries anciennement adoptées par la ville 
« représentent un colombier ayant deux serpens croi- 
« ses et rampant au-dessus avec des pigeons volti- 
« géant près la couverture, laquelle est surmontée 
« d'une légende portant ces mots : Prudentes ut ser- 
« pentes, siniplices ut colombx. Rien ne paraît plus sym- 
« bolique pour caractériser les lieux ainsy que les 
« mœurs des habitants que Cézar venait de subju- 
« guer. » 

Le nom primitif de la ville de Coulommiers était 
Columbarium, Columbariiis. « Les uns y voient l'indice 
« d'un castrum ; les autres d'une simple construction 
« rurale, d'un pigeonnier converti par les comtes de 
« Champagne en château. Ce qui est certain, c'est que 
« Coulommiers est une ville essentiellement féodale, 
« dont on ne voit surgir le nom que vers le x^ siècle '.» 



I. A. Aufauvre et Ch. ¥'ich.ox., Les Monuments historiques de Seine- 
et-Manie, 1858. 



— 289 — 

Les armoiries de cette ville permettent l'hypothèse du 
pigeonnier ; la devise convient tant à l'esprit prudent des 
habitants qu'à leur bonhomie, ces deux qualités sym- 
bolisées par le serpent et la colombe. 



PUS AUX QUE LES AUP 

ÇPIus haut que les Alpes) 

(Devise officielle.) 

FORCALQUIER 

Chef-lieu d'arrondissement (Basses-Alpes). 

ARMES : de gueules^ à trois pals d'of ', et aussi :Ecar- 
teU: aux i et 4 de gueules, à la croix d'or, vidée, clêchée et 
pommetée, qui est de Forcalquier ; aux 2 et ) de gueules, 
au lion d'argent, qui est de Sabran ; sur le tout : de 
gueules, à trois pals d'or, souvenir des Bérenger. 

Cette devise a été ajoutée aux armes de la Ville, lors 
des jeux floraux tenus par les sociétés félibréennes de 
Provence en mai 1882 et à l'occasion de la pose de la 
première pierre du pont-viaduc sur le Vion pour le 
passage de la voie ferrée et de la route nationale n° 100 
(Note de M. Cyprien Bernard, de Forcalquier, 19 10.) 

iM. Lieutaud ajoute : « C'est le cri poussé par tout 



I. Cet écusson fut gravé dans les premières années duxvn^ siècle 
(1609) sur la grosse cloche de la cathédrale, où on le voit encore 
aujourd'hui. 

Les Devises des Villes de France. 19 



— 290 — 

« un peuple enthousiaste, patriote et félibre^ jetant un 
« défi aux énormes montagnes qui Tenserrent, d'aller 
« aussi haut que sa foi, son enthousiasme et son patrio- 
« tisme. » 



Q.UERCUS FOLIATA SEMPER VIRENS 

(Chêne feuillu toujours verdoyant) 

(Devise officielle.) 

CARdUEFOU 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Nantes (Loire-Inférieure). 

ARMES : de gueules, au chêne arraché de sinople, englandé 
d'or; au chef d'hermine plein. 

La devise est une allusion bien marquée au nom de 
Carquefou, dénommé, dans les anciens documents, 
Ouercus foliata. 

Certains auteurs font dériver le nom de cette ville de 
paon-fagus s'opposant à la première hypothèse. 

Carquefou était jadis une petite ville fortifiée. En 
1341, prise par le duc de Normandie qui marchait sur 
Nantes, elle fut pillée et brûlée. 



— 291 — 
aUERNO SUB TEGMINE FONTES 

(Sources sons le feuillage des chênes') 

(Devise officielle.) 

FONTENAY-SOUS-BOIS 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : d'or, aie chêne de simple, fruité d'or, sur nue 
terrasse de sinople traversée d'une rivière d'argent en fasce ; 
au chef d'a^iir, au rais d'escarhoucles d'or pommeté et fleu- 
ronné du même. 

Ces armoiries ont été composées en 1893, M. Squé- 
ville étant maire. 

« Le cliène rappelle le bois de Vincennes ; la rivière, 
« les sources nombreuses du territoire qui ont donné 
« leur nom à la commune et le chef représente les 
« armes de l'abbaye de Saint-Victor, dont les prieurs 
« furent seigneurs du pays de 11 13 à 1789 '. » 

Quant à la devise elle se rapporte au nom de la loca- 
lité. 



I. État des communes du département de ta Seine à ta fin du 
XIX<^ siède. Loc. cit. Fascicule Fontenay-sous-Bois, pp. 9 et 33. 



— 292 — 

QUI MESURE DURE 

(Devise officielle.) 

COMMERCY 

Chef-lieu d'arrondissement (Meuse). 

ARMES : d'azur, semé de croix recroisetées au pied fiché 
d'argent. 

Cette devise proposée par feu M. A. Clesse, a été 
adoptée par la municipalité, l'auteur l'a expliquée dans 
un travail intitulé : Notes relatives aux armoiries de la 
ville de Coiiimercy ' . 

Voici un extrait de cette savante dissertation : « On 
« connaît un grand nombre de légendes, devises, adages, 
« cris d'armes ou de guerre qui accompagnent le blason 
« des familles seigneuriales et des villes de Lorraine et 
« Barrois; et, si je devais placer quelques mots sous les 
(c armoiries de la ville de Commercy, je croirais ne 
« pouvoir mieux choisir que certaines paroles sorties 
« de la bouche même du seigneur qui a procuré aux 
« habitants leurs premières franchises ; elles seraient 
« alors datées au plus tard de 1324 et la sentence, qui 
« reposerait sur des lois éternelles, aurait en même temps 
« un caractère particulier à la seigneurie de cette ville, 
« puisqu'elle aurait exprimé, dès cette époque, le vœu 
« du maître et celui des sujets ; telles sont les deux sui- 



I. Mèvwtres de r Académie StttuisJas. Nancy, 1877, pp. 289 et 
suivantes. 



— 293 — 

<' vantes '.Raison et justice. C'est sur le fondement de 
« ces deux vertus que la charte d'affranchissement a 
« voulu être établie; et cette formule a si peu vieilli 
« qu'elle conserve, encore aujourd'hui, toute sa fraî- 
« cheur. 

« QUI MESURE DURE. Ce proverbe, en usage au 
« xiv^ siècle, signifie que le pouvoir social n'a de stabilité 
« qu'autant que celui qui en est revêtu se subordonne 
« aux règles immuables de l'équité. C'est ce qu'explique 
« d'ailleurs le comte Jean de Sarrebruck lui-même, en 
« ces termes rajeunis : « Nous croyons fermement que 
« toute puissance vient de Dieu, notre seigneur, de qui 
« aussi nous viennent les autres biens ; qu'à cet effet 
« ceux qui ont la puissance et le droit de seigneurie 
« sur les autres doivent se conduire eux-mêmes et gou- 
« verner ceux qui leur sont soumis d'après les règles de 
« la raison et de la justice, selon le précepte du sage, 
« que la raison et la justice sont deux vertus qui 
« honorent ceux qui les pratiquent, les maintiennent 
« en sécurité et les font vivre avec mesure, comme dit 
« le proverbe : Oui mesure dure. » 

Les armoiries ci-dessus et la devise ont été sculptées 
au fronton du marché couvert inauguré le 12 décembre 
1875. 



— 294 — 
QUI S'Y FROTTE, S'Y PIQUE 

(Devise non portée.) 

NANCY 

Chef-lieu du département de Meurthe-et-Moselle. 

ARMES : d'argent, au chardon tige, arraché, verdoyant, 
à la fleur purpurine, arrangé de deux feuilles ^piquantes, au 
naturel ; au chef de Lorraine plein. (C'est en 1575 que le 
duc Charles III ajouta ce chef aux armes de la ville de 
Nancy.) 

Voyez : non inultus premor. 



aUI S'Y FROTTE S'Y PIQUE, 

SI GAN N'A 

(Devise non portée.) 

CANNAT 

Chef-lieu d'arrondissement (Allier). 

ARMES : Écartelé : aux i et 4 d'argent, au chardon 
fleuri au naturel ; aux 2 et ^ d'a~ur, au gant d'argent. 

La devise de cette ville est une allusion bien évidente 
aux armoiries. 

Le chardon était, avec le pot à feu, l'un des emblèmes 
des ducs de Bourbon. 

« Nous trouvons, dans le deuxième volume des 
« Tablettes d'Auvergne, une notice sur Cannât de 



— 295 — 

« M. Peigue ; il y est dit qu'au xv^ siècle, l'une des 
« portes de la ville était surmontée de l'écu écartelé du 
« chardon et du gant, avec cette devise : oui s'y frotte 
« s'y PiauE, SI GAN n'a . La légende nous paraît un peu 
« moderne pour l'époque ; aussi ne la donnons-nous 
« que sous toutes réserves '. » 

Voici deux variantes de cette devise : Nul ne s'y frotte 
sans gantelet ; N'y touche, si gant n as. 



QUI VEULT, PEULT 

(Devise officielle.) 

LANGEAC 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Brioude (Haute-Loire). 

ARMES : d'azur, au coq d'argent crête et barbé de gueules, 
surmonté d'une fleur de lys d'or. 

« En 1789, Langeac faisait partie de la province 
« d'Auvergne, de l'élection de Brioude et du ressort de 
« Riom et était le chef-lieu de la subdélégation de ce 
« nom. Son église paroissiale, diocèse de Saint-Flour et 
« chef-lieu de l'archiprêtré, était consacrée à Saint- 
« Gai ^ . » 



1. Comte de Soultrait, Armoriai du BoiirhoHnais, 2^ édition 
publiée sous la direction de M. Roger de Quirielle. Moulins, 1890, 

P- 57- . . 

2. Augustin Cliassaing et Antoine Jacotin, Dictionnaire topogra- 
phique du département de la Haute-Loire. Pârh, 1907, p. 152. 



— 296 — 

Les armoiries ci-dessus décrites furent « concédées à la 
« ville de Langeac par lettres patentes du roi Charles VIII 
« du mois de janvier 1487, lesquelles érigeaient le corps 
« municipal et consulat de Langeac, accordaient en 
« outre à cette cité le droit de scel et maison com- 
« mune. » Chabrol, Coutumes d'Auvergne, t. IV, p. 289. 

« On voit ces armoiries ainsi figurées sur la cloche 
« de Saint-Gai, fondue en 1521, //;/ coq et une fleur de lys 
« au-dessus. Elles se voyaient encore, il y a peu d'an- 
« nées, paraît-il, au-dessus du porche de la collégiale. 
« Une délibération du Conseil municipal de Langeac, 
« en date du 6 août 1807, prise en conformité d'un 
« décret impérial du 17 mai précédent, les blasonne 
« ainsi : d'a:{ur, au coq d'argent crête et barbé de gueules, 
» surmonté d'une fleur de lys d'or, et c'est là, la description 
« donnée par moi dans mon Armoriai du Velay ' à l'ar- 
« ticle Langeac, p. 246. Quant à la variante : de guxules, 
« au chef d'or chargé de trois fleurs de lys d'a:^ur, fournie 
« par V Armoriai général de 1696, elle est complètement 
« erronée et l'œuvre de Vanier, le fantasque commis- 
« saire de d'Hozier en Auvergne, dont les registres ne 
« sont qu'un tissu d'inventions malignes. » (Note de 
M. Georges Paul, à Allègre.) 

La devise dui veult peult n'a aucune valeur histo- 
rique, croyons-nous. 

I. Paris, Champion, 1915, grand in-8". 



— 297 — 
QUI VEULT, PEULT 

(Devise officielle.) 

PIERREFONDS 

Commune du canton d'Attichy, arrondissement de Compiègne 
(Oise). 

ARMES : de gueules, à la tour d'argent, surmontée de 
trois tourelles du même, le tout ouvert est ajouré du champ; 
accompagnée de quatre fleurs de lys d'or, une sur chaque 
ûancet une au-dessus des deux tourelles extrêmes. 

La Ville de Pierrefonds a adopté officieusement, il y a 
quelques années, le blason ci-dessus qui est celui du 
château de Pierrefonds, dont le sceau original est con- 
servé aux Archives nationales. 

A la même époque, elle fit sienne la devise du 
duc Louis d'Orléans, frère de Charles VI, qui fit bâtir 
le château à la fin du xiv^ siècle (1392 à 1410). 



REGIA SEMPER 

{Toujours royale^ 

(Ancienne devise.) 

DAX 

Chef-lieu d'arrondissement (Landes). 

ARMES : d'a:(_ur, à la tour crénelée d'argent ouverte et 
maçonnée de sable, sommée d'une autre tour d'argent surmon- 
tée d'une fleur de lys d'or et posée à dextre sur une terrasse 



— 298 — 

aussi d'argent soutenue d'une rivière du même en pointe, et 
un lion d'or rampant contre la tour à senestre. 

Cette devise, aujourd'hui supprimée, avait été prise 
en 18 14 ; elle signifiait que la Ville a toujours été libre 
et n'a jamais relevé que du roi ; et encore, tous les rois 
de France et d'Angleterre qui l'ont eue sous leur domi- 
nation, lui ont-ils toujours accordé les plus grandes 
franchises. (Note de M. Eug. Dufourcel, de Dax, 1896.) 



REGIBUS SUIS SEMPER FIDELIS 

(^Toujours fidèle à ses rois^ 

(Ancienne devise.) 

MARSEILLE 

Chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône . 

ARMES : d'argent, à la croix d'a:(ur. 

Devise de 181 6. 

Voyez : actibvs immensis vrbs fvlget massiliensis. 



REGI ET DEO SEMPER FIDELISSIMA 

{Toujours fidèle au roi et à Dieit) 

(Devise apocryphe.) 

PERPIGNAN 

Chef-lieu du département des Pyrénées-Orientales. 

ARMES : d'or, à quatre pals de gueules, qui est d'Ara- 
gon ; au saint Jean-Baptiste de carnation, vêtu de sable, 
tenant de la nuiin dexire une croix haute d'or, et sur le 



— 299 — 

bras scnestre un agneau pascal d'argent, brochant sur les 
quatre pals . 

Ces armes furent concédées à la ville de Perpignan 
par une pragmatique de Martin, roi d'Aragon, du 
8 juillet 1400. Ce sont les armes royales d'Aragon avec 
en plus un saint Jean- Baptiste, patron de la ville '. 

Quant à la devise régi et deo semper fidelissima, 
nous devons la considérer comme apocr3^phe, elle a 
peut-être été composée à l'époque où la ville demanda 
le renouvellement des armoiries, jamais elle n'a été 
portée. 

Le 21 janvier 1474, le roi d'Aragon, Jean II, pour 
récompenser la ville de l'héroïque résistance qu'elle 
opposait aux troupes de Louis XI, lui accorda le titre 
de FIDELISSIMA, très fidèle % qu'elle a toujours gardé 
depuis. Ce seul mot pourrait, avec juste raison, être 
pris comme devise historique par la ville de Perpignan. 

En 1681 les consuls de Perpignan, à l'instigation de 
M. de Chazeron, commandant de la province, et de 
M. de Trobat, intendant, demandèrent à reprendre les 
armes que la ville avait avant 1400 et qu'ils disaient 
être : un écusson en losange, en champ d'a:^ur, semé de fleurs 
de lis sans nombre, et chargé d'un saint Jean-Baptiste au 
milieu. C'était une erreur grossière ou un mensonge 
conscient. Louis XIV ne pouvait qu'être sensible à cette 
flatterie et il s'empressa de donner satisfaction aux 

1. Arch. comm., AA. 6. fol. 208. 

2. Arch. comm., AA. 4. fol. 517. 



— 300 — 

consuls le lo septembre i68r. Mais, chose curieuse, 
lorsque fut créé, en 1696, l'Armoriai général, ces armes 
n'y furent pas inscrites et d'Hozier enregistra en leur lieu 
et place les armes fantaisistes suivantes : d'or, au chef 
componné d'argent et d'a:^nr. 

Le 14 janvier 1825, le Conseil municipal demanda 
le renouvellement des armoiries concédées à la ville 
par le roi Martin, le 8 juillet 1400. La Municipalité 
ignorait, sans doute, que le roi de France ne pouvait 
concéder, à titre de reprise, que les armes enregistrées 
à l'Armoriai général de France. Et, en effet, les lettres 
patentes deCharlesX du 18 mai 1825 accordèrent à la 
ville, à titre de reprise, les armes composées par 
d'Hozier et enregistrées à l'Armoriai général '. Le 
1 6 mars la ville avait accepté, mais cette solution inat- 
tendue mécontenta tout le monde ^. 

Depuis longtemps la ville a repris, avec raison, les 
anciennes armoiries du roi Martin ; mais il s'y est 
glissé quelques erreurs qu'il serait bon de corriger. 

Cette notice est rédigée d'après les notes que 
M. J. Barthe, archiviste de la ville de Perpignan, a bien 
voulu nous communiquer ; nous le remercions sincè- 
rement. 



1. Arch. comm., D. 225. 

2. Ibid., D. 26 et 178. 



— 301 — 
REGI ET REGNO FIDELISSIMA 

{Très fidèle au roi et an royaume^ 

(Devise officielle.) 

COMPIÈGNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Oise). 

ARMES : d'argent, au lion d'a~iir, armé et lampassé de 
gueules, chargé de six fleurs de lys d'or et couronné du 
même. 

La tradition locale, que semblent confirmer les docu- 
ments conservés dans les archives municipales, fait 
remonter la délivrance de ces armoiries à Philippe- 
Auguste, à l'occasion de la bataille de Bouvines (1214), 
où la milice bourgeoise de Compiègne se fit remarquer 
par sa courageuse conduite. 

Il est à présumer que la devise ci-dessus, tout en con- 
sacrant le fait historique que nous rappelons, n'a été 
adoptée que postérieurement. 

En tout cas, elle était inscrite en grosses lettres sur 
une des portes de la ville en 1668. 



— 302 — 

REGI ET REGNO FIDELISSIMA 

{Très fidèle au roi et au royaume) 

(Devise crfficielle.) 

MEULAN 

Chef-Iîett de canton, arrondissement de Versailles (Seine et-Oise). 

ARMES : d'azur, sèmédcfieurs de lys d'or. 

Les anciennes armoiries de Meulan étaient celles de 
ses comtes héréditaires : Echiqueté ffor ei d'a:^ur. En 
1435, Charles VII, roi de France, en récompense de la 
conduite des Meulanais, leur donna comme armoiries 
celles de France: d'a:(^ur, semé de fleurs de lys d'or et leur 
conserva leur ancienne devise : Plus d'onor que d'onors. 

Henri IV, satisfait de la belle défense des habitants de 
Meulan contre l'armée de la Ligue commandée par le 
duc de Mayenne, leur accorda la devise actuelle : régi et 
REGNO FIDELISSIMA. Cette défense, qui fut marquée par 
de nombreux faits d'armes héroïques, dura du 9 janvier 
au 6 mars 1590 ; Mayenne dut lever le siège '. 

(Note de M. P. Coquelle, correspondant du Minis- 
tère de l'Instruction publique, à Meulan.) 

I. Cï. Journal (In siège de Meulan, par Gérônie de Gamaches. 



i^i 



REGNUM SUSTINENT 

ÇElles soutiennent le royaume^ 
(Cette devise s'applique aux tours du blason.) 

(Devise officielle.) 

SAINT-DIZIER 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Vassy (Haute-Marne). 

ARMES : d'aziir-, au château crénelé d'argent, surmonté 
de trois tours du même, h tout ajouré et maçonné de sable, 
le château ouvert de gueules et posé sur un bateau aussi d'ar- 
gent; au franc-canton de gueules, chargé de T étoile de la 
Légion d'honneur. 

« L'empereur Charles-Quint venait de prendre Ligny. 
« Le 8 juillet 1544, il vint mettre le siège devant Saint- 
« Dizier, espérant bien que sept ou huit jours lui sufiï- 
« raient pour emporter une place mal défendue par ses 
« murailles mal réparées et occupée par une faible gar- 
ce nison. 

« Mais cette garnison ne se laissa pas effrayer par le 
« nombre de ses adversaires. Elle leur donna tant d'occu- 
« pation, qu'il s'écoula un mois avant que les batteries 
« impériales aient pu ouvrir une brèche. L'empereur 
« ordonna l'assaut et trois fois ses troupes furent repous- 
« sées avec une perte assez notable. Il résolut alors de 
« prendre la ville parla famine et surtout par le manque 
« d'eau. Il fit creuser un canal pour détourner les eaux 
« de la rivière d'Ornel et les empêcher de traverser la 
« place assiégée. Ce ne fut qu'après six semaines d'une 



— 304 — 

« vigoureuse défense, que la brave garnison, manquant 
« à la fois de poudre, de vivres et d'eau, fit une hono- 
« rable capitulation. Elle sortit avec armes, chevaux, 
« bagages, quatre pièces de canon, enseignes déployées 
« et tambour battant. 

« Cette longue défense, dont les habitants de Saint- 
« Dizier partagèrent les dangers et les honneurs, rendit 
« un grand service aux armées de François P"", par le 
« temps même que Tempereur perdit à ce siège. Aussi, 
« le roi voulut témoigner sa reconnaissance à la ville en 
« faisant réparer ses murs et en lui accordant des armes 
« particulières Qrois tours) avec cette devise : regnum 
« susTiNENT. Ces armes avec leur glorieuse devise ornent 
« aujourd'hui le fronton de l'Hôtel de Ville '. » 

En souvenir de ce siège mémorable et de l'héroïque 
conduite de ses habitants durant ce glorieux fait d'armes^ 
le conseil des ministres, dans sa réunion du 24 août 
1905, décida d'accorder à la ville de Saint-Dizier la 
croix de la Légion d'honneur. Par décret en date du 
16 septembre 1905, la ville de Saint-Dizier fut auto- 
risée à faire figurer, dans ses armoiries, l'insigne de 
l'ordre. 



I . Abbé Jules Boitouzet, Etudes héraldiques dans la Haute-Mante, 
Mémoires de la Société historique et archéologique de Lan^res, 1847- 

f860, t. 1er, pp. 152 et IS). 



— 30) — 

RELIGIO ET JUSTITIA, ^TERNA URBIS 
FATA 

(^Religion et justice, destinées éternelles de laville^ 

(Ancienne devise.) 

DOLE 

Chef-lieu d'arrondissement (Jura). 

ARMES : d'a:(ur, au lion naissant, couronné d'or, armé 
et lampassé de gueules, accompagné de billettes d'or sans 
nombre ; coupé de gueules, au soleil rayonnant d'or. 

Jean Boyvin ' s'exprime ainsi au sujet de cette devise : 
« ...et crois que tant que la Religion et la Justice 
« seront en vigueur dans la ville de Dole, elle sera 
« toujours invincible ; selon la sainte pensée de celuy qui 
« fit inscrire sur la nouvelle porte de Saint- André ces 
« mots dorés dedans et dehors : religio et justitia, 

« .ETERNA VRBISFATA. » 

Voyez : justitia et armis, dola. 



RÉSISTANCE VAULT PLUS QUE FORCE 

(Devise officielle.) 

LE FERREUX 

Commune du département de la Seine. 

ARMES : Ecartelé : au i^^ de gueules, au cor d'argent 
lié du même, au chef cousu d'azur chargé de deux fleurs de 

I. Le siè^e de la ville de Dole, capitale de la Franche-Comté de Bour- 
gogne. Dole, 1637. Introduction. 

Les Devises des Villes de Franxe. 20 



— }o6 — 

lys if or ; au 2" de sable, à trois étoiles d'or en fasce, siiriiiofi- 
têes d'une couronne de baron au naturel; au )^ d'azur, au 
viaduc à trois arches sur une rivière, le tout d'argent; au 4" 
de gueules, à la chaîné de quatre anneaux d'argent, dont 
deux rompus au milieu. 

« Le cor d'argent et les fleurs de lys d'or rappellent 
les rendez-vous de chasse des rois Charles V et 
Charles VII, de 1370 à 1461, et la mort de Charles V 
qui, tombé malade à Plaisance, se fit transporter au châ- 
teau de Beauté-sur-Marne et y expira le 16 septembre 
1380. La couronne de baron au second quartier est un 
souvenir de Georges-Marie-Jérôme Millin du Ferreux, 
créé baron en 18 17 ; les étoiles rappellent les armes de 
son héritier, le baron de Beaufranchet de la Chapelle. 
Le viaduc construit en 1852 sur la Marne, à l'extrémité 
du territoire, figure au 3^ quartier. Enfin, la chaîne 
rompue du 4^ quartier symbolise la réalisation de l'au- 
tonomie communale en 1887, depuis longtemps deman- 
dée, ce qu'explique encore la devise : Résistance vault 
plus que force ' . » 

I. Etat des communes du département de ta Seine à ta fin du 
XIX^ siècle. Loc. cit. Fascicule Le Ferreux, pp. 25 et 26. 



— 307 — 
RIEN SANS TRAVAIL 

(Devise officielle.) 

CHAMPLITTE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Gray (Haute-Saône). 

ARMES : d'azur, à trois pioches d'argent ; à la bordure 
du même. 

Les trois pioches du blason de Champlitte sont l'em- 
blème du travail opiniâtre, du dur labeur ; la devise : 
RIEN SANS TRAVAIL en est le juste complément. 



ROMA CELTICA 

{Rome celtique^ 

(Devise officielle.) 

AUTUN 

Chef-lieu d'arrondissement (Saône-et-Loire). 

ARMES : d'or, au lion de gueules ; au chef bandé d'or 
et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules, qui est de 
Bourgogne ancien. 

« Cette devise est tirée de la Vita metrica S' Germani 
« écrite au ix^ siècle par Nérée, religieux de Saint-Ger- 
« main d'Auxerre. 

« L'usage de cette légende ne semble pas antérieure 
« au xviii^ siècle. » (Note de M. Th. Charvot, secrétaire 
de la Société Eduenne, 1896.) 

Voyez : soror et .émula rom.e. 



— 3o8 — 
ROSA INTER FLORES 

(^Rose au ni i lieu des fleurs) 

(Devise officielle.) 

ROZOY-SUR-SERRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Laon (Aisne). 

ARMES : d'argent, à trois roses de gueules (cf. Melle- 
ville, Dictionnaire historique du département de l'Aisne. 
Paris, 1865, t. II, p. 300). 

En 1247, le sceau de dame Adélaïde de Montmorency, 
femme de Roger III, baron de Rozoy, portait une femme 
à cheval tenant un oiseau sur le poing et trois roses 
posées en trois points du sceau. Le socle d'un calvaire 
détruit en 1785 porte une seule rose sculptée en son 
milieu. (Communication de la Mairie de F.ozoy-sur- 
Serre.) 

La devise s'inspire des roses du blason; ne peut-on 
pas y voir une gracieuse allusion au sceau de la dame 
Adélaïde, où celle-ci serait comparée à une rose figurant 
entre trois autres roses : rosa inter flores. 



— 309 — 
RO. SCO. 

(JDonne, frappe) 

(Devise non portée.) 

ROSCOFF 

Ville maritime, arrondissement de Morlaix (Finistère). 

ARMES : de gueules, au navire d'argent, toutes voiles 
déployées voguant sur une mer du même, surmonté de trois 
mouchetures d'hermine de sable; en chef une banderokaussi 
d'argent portant ces mots, en lettres de sable : « a rei a 
sauEi A TAO », qui signifient : « Et donner et frapper tou- 
jours. 

Indépendamment de cette inscription qui, bien que 
figurant dans le blason même, peut être considérée 
comme devise, certains auteurs donnent pour devise à 
la ville de RoscofF les deux mots ci- dessus : ro. sco. 
(donne, frappe). 

Voyez : A REI A sauEi a tao. 



RUTHENA FIDELIS DEO ET REGI 

{Rode^ fidèle à Dieu et au roi) 

(Ancienne devise.) 

RODEZ 

Chef-lieu du département de l'Aveyron. 
ARMES HISTORIQUES et seules vraies : Parti : au 



— 3^0 — 

I" de gueules plein ; an 2' de gueules, à trois roues d'or, à la 
bordure engrelée d'or, au chef cousu d'a^nr, à trois fleurs de 
lys d'or. Le tout surmonté d'une couronne comtale. 

ARMES OFFICIELLES mais erronées : de gueules, à 
trois roues d'or (ayant l'apparence d'annelets) ; ces roues 
sont quelquefois remplacées par des hesants. Le tout sur- 
monté d'une couronne murale. 

Nous nous faisons un devoir de publier, in extenso, la 
savante et très détaillée notice que M. l'abbé L. Via- 
lettes', chanoine de la cathédrale de Rodez, archiviste 
de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, 
nous adressa en mai 1896 : 

« La devise de Rodez est quoi qu'on en ait dit : 

Ruthena fidelis Deo et Régi. 

Cette devise est passée à l'état de souvenir historique 
malgré les efforts des érudits et des amis de la vérité. 
De même, les armoiries de Rodez sont, officiellement, 
inconnues; seule la Société des Lettres, Sciences et Arts de 
l'Aveyron, c'était son devoir, les a conservées et on peut 
les voir en tête de ses oeuvres et dans les diplômes qu'elle 
donne aux personnes qui se font admettre comme 
membres. 

En 1861, le maire de Rodez- dota notre ville des 
armoiries qu'on voit aujourd'hui dans nos fêtes offi- 



1. Décédé en 1905. 

2. M. Lunet. 



— 311 — 

cielles, sur tous nos monuments et en tête de toutes 
les pièces officielles. Elles sont : de gueules, chargé de trois 
roues d'or (ayant l'apparence d'annelets). Ces roues sont, 
quelquefois remplacées par des besants, avec une cou- 
ronne murale. 

Plusieurs parties de l'ancien écusson furent systéma- 
tiquement écartées, ainsi que la devise et la couronne 
comtale. 

Cette erreur historique ne pouvait passer sans réclama- 
tion ; aussi, lorsqu'elle parut, une longue et vive discus- 
sion eut lieu au sein de la Société des lettres, sciences et 
arts de l'Aveyron. Un grand nombre de membres y prirent 
part. Le maire qui en faisait partie défendit son œuvre, 
et, contre l'opinion des érudits, il persista dans son erreur. 
En sorte qu'aujourd'hui, nous avons à Rodez les armoi- 
ries officiellement reçues mais erronées qui sont, 
comme je l'ai déjà dit : de gueules, à trois roues d'or, sur- 
monté d'une couronne murale et les armoiries his- 
toriques, seules vraies, qui sont : parti : au i" de 
gueules plein; au 2'' de gueules, à trois roues d'or, à la bor- 
dure engrelée d'or, et au chef d'azur, à trois fleurs de lys 
d'or, qui est de France, surmonté d'une couronne com- 
tale avec la devise : Ruîheua fidelis Deo et Régi. 

Cet écusson est mi-parti parce qu'il réunit les armoiries 
de la ville entière. Rodez fut pendant plusieurs siècles 
composé de deux communautés ou villes distinctes : la 
cité qui avait succédé à la cité romaine et le bourg qui 
doit son origine au groupement des maisons qui se fit 



12 



autour de l'église bâtie dans le cimetière situé hors de la 
cité sur le tombeau de notre premier évêque, saint Amant. 

Bien que juxtaposées, ces deux parties de la même 
ville étaient entièrement séparées l'une de l'autre par 
leurs murailles et leurs fossés. 

Elles formaient deux communautés distinctes qui 
avaient chacune son chef. L'évêque, pour la cité, et le 
comte de Rodez, pour le bourg, et chacune avait son 
administration. Pour la facilité de la défense, dans le 
xiv^ siècle, à l'époque de la guerre avec les Anglais, les 
deux communautés furent renfermées dans une seule 
enceinte. Les murs qui les séparaient à l'intérieur furent 
détruits, mais chacune conserva quand même son auto- 
nomie jusqu'au xvii^ siècle. 

Ces deux communautés eurent par conséquent des 
armoiries particulières. La cité avait : de gueules plein. 
Dans le xvii^ siècle, je ne sais pour quelle raison, on y 
ajouta tantôt une bordure tantôt une orJc d'or. 

Le bourg avait : de gueules, à trois roues d'or, à la 
bordure engrelée d'or. Cet écusson fut muni d'un chef 
d'a^iir, à trois fleurs de lys d'or, quand la comté de Rodez, 
dont le bourg était le chef-lieu, passa aux rois de France, 
sous Henri IV. 

Chacune de ces communautés fit subir à la devise 
générale de la ville une petite modification qui, sans en 
altérer le sens, caractérisait la communauté. 

Ainsi, la cité mit sur son écusson : Civitas Ruthena 
fidelis Deoet Régi semper. On trouve cette devise dans un 



— 313 — 

registre de la cité de 1779' sur l'écusson de gueules plein^ 
placé dans un cartouche. Le bourg y ajouta quelques 
mots qui faisaient allusion à ses armes. 

Sur un registre de 1579' appelé Deus nobiscum et 
qu'on peut considérer comme étant le cartulaire de cette 
communauté, puisqu'il contient la transcription authen- 
tique de tous les privilèges et principaux actes qui l'in- 
téressaient, on lit au-dessous de l'écusson : 

Fidel is Ruthena : eu m suis rôtis 
Deo atque régi : omnibus nous. 

Dans un registre de 1597 ■*, où sont transcrits les cou- 
tumes et usages de la communauté ainsi que la formule 
du serment que devaient prêter les consuls, on voit, de 
chaque côté de l'écusson ces mots : 

Fidelis Ruthena : insignita rôtis 
Deo atque Régi : omnibus notis. 

Si on compare ces devises qui ne diffèrent guère avec 
la devise de la cité, on remarque une grande ressem- 
blance d'idée et d'expression et la devise commune s'y 
retrouve en termes identiques. En effet, si l'on sup- 
prime les mots parasites qui se rapportent à chaque com- 
munauté, on y retrouve facilement la devise générale ; 

1. Brevet des délibérations de la cité de Rodez, 1779. (Archives 
municipales.) 

2. Cet écusson a été altéré, on y a tracé, à la plume, trois figures 
rondes destinées à représenter trois roues. Le dessin est si maladroit 
qu'on reconnaît à première vue la falsification. 

3. Archives municipales. 

4. Archives municipales. 



. — 314 — 

supprimez le mot civitas dans la formule de la cité et les 
deux derniers hémistiches des vers qui composent celles 
du bourg et il reste : Ruthena fidelis Deo Regique ou atque 
Régi. 

Voici d'ailleurs plusieurs documents qui prouvent que 
telle était la devise de Rodez. 

Dans un manuscrit qui a pour titre : Le Poulie des 
bénéfices du diossèse de Rode:{ avec les noms des collateurs et 
//V(ulaires) actuels. lySS \ on lit : 

« Le Rouergue dépend du grand gouvernement de 
« Guienne et il est du ressort du parlement de Toulouse 
« et chambre de comptes de Paris. C'est la première 
« ville qui a secoué la domination angloise et la devise 
« de Rodez, qui en est la capitalle où il y a une élection, 
« présidial, sénéchal, maîtrise des eaux et forest, est: 
H Fidelis Deo Regique suo. » 

Dans un panégyrique du premier évêque de Rodez, 
saint Amant, prêché dans l'église qui lui est dédiée à 
Rodez, par F. Berengues, sous l'épiscopat de Champion 
de Cicé (1770-1781), imprimé vers la même époque, 
l'orateur s'adressant à la ville de Rodez dit : « Si dans 
tous les temps tu signalas ton zèle pour la foi, ton res- 
pect et ton amour pour tes princes, si sur les portes de 
tes murs les étrangers admirent cette inscription qui te 
retrace et ta gloire et tes devoirs : Fidelis Deo et Régi, dans 
ta constante fidélité reconnais la protection de ton apôtre. » 

I. Archives du département. G. 18, p. i . 



— 315 — 

Dans son Dictionnaire, géographique historique et critique 
imprimé à Dijon en 1741, Bruzeu de la Martinière cite, 
à l'article Rodez, l'ouvrage de Piganiol : Description géo- 
graphique et historique delà France, t. IV, p. 493, imprimé 
en 17 15, et dit : qu'on y trouve la devise de Rodez : 
Fidel is Deo et Régi. 

Où cet auteur avait-il pris ce renseignement ? évidem- 
ment à Rodez ; peut-être l'avait-il lu sur les portes de la 
ville, puisque, au témoignage que je viens de citer, les 
étrangers pouvaient y lire cette devise. 

Voici enfin un document officiel qui ne laisse aucun 
doute. Dans une délibération générale du 12 février 
1769', Messire Joseph Grimai, chevalier, seigneur de 
Tâyeu, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, capitaine de 
cavalerie, maire de Rodez ^, nommé par le roi, en pré- 
sence de M. Delaure, conseiller du roi, lieutenant princi- 
pal au Sénéchal, de M. de Seguret, heutenant général, 
de M. Boisse, procureur du roi, et du conseil de la ville, 
expose que les habitants de Villefranche cherchent à 
faire supprimer le présidial de Rodez, qu'une députation 
vient d'être envoyée au pied du trône, afin de « supplier 
Sa Majesté de daigner conserver à Rodez un présidial 
que, dit-il, nos souverains ont établi pour le bonheur 
et l'avantage des habitants de la province, pour donner 
à cette ville des marques signalées de leur bienveillance 

1. Archives municipales. 

2. Les deux communautés de Rodez étaient, à cette époque, réu- 
nies en une seule. 



- 3i6 - 

et pour la récompenser de son courage, de son amour 
pour la couronne de France et de cette fidélité constante 
et inviolable à son Dieu et à son prince, qui lui a mérité 
cette devise aussi magnifique qu'elle est connue : Rtithemi 
fidelis Deo regique siio » . 

A quelle époque a-t-on commencé d'employer cette 
devise, il ne m'a pas été possible de le savoir, les docu- 
ments font défaut. Quant à l'origine de cette devise, elle 
est suffisamment donnée par les documents que je viens 
de citer. Voici d'ailleurs ce que dit à ce propos M. Des- 
jardins, archiviste du département de l'Aveyron et ancien 
élève de l'École des Chartes, dans sa réponse à M. Lunet 
sur la question des armoiries de Rodez ^ « Passant à 
l'origine de la devise de la ville de Rodez, je ne puis 
« mieux faire que de citer M. Lunet : « une seule con- 
« jecture est possible : les consuls de Rodez qui étaient 
« en fonctions, lorsque fut écrit le premier registre qui 
« porte la prétendue devise, voulurent exprimer en tête 
« deux qualités qui distinguent et ont toujours distingué 
« les habitants de Rodez : la fidélité à Dieu et au 
« prince. » 

C'est rigoureusement exact. On ne prenait pas autre- 
ment une devise et il n'était pas besoin de lettres patentes 
pour avoir le droit de la joindre aux armoiries. 

La devise de Rodez évoque des souvenirs qui sont glo- 
rieux. Nous lisons dans les préambules des nombreuses 

I. Mémoires île la Société des lettres, sciences et arts île VAveyrou. 
Séance du 27 juin 1861. 



— 317 — 

chartes de privilèges accordées par Charles V, Charles VI, 
Charles VII, que la ville de Rodez contribua beaucoup 
à la rançon du roi Jean, qu'elle fut la première de tout 
le duché d'Aquitaine à chasser les Anglais, à relever les 
armes de France sur ses murs et à manifester, par cet 
acte éclatant de courage, une inviolable fidélité à son 
souverain. Cette fidélité ne se démentit pas durant les 
siècles suivants. En l'année i486, le roi Louis XI, étant 
à Fontenay-le-Comte, honora les habitants de Rodez 
d'une lettre dans laquelle il rendait témoignage « de 
leur amour et loyauté pour lui ». Un arrêt du conseil 
d'Etat du 26 novembre 1644 constate que la ville de 
Rodez « s'est conservée dans les troubles de la religion 
et delà ligue aussi entière dans sa foi que dans l'obéissance 
au roi légitime et que, durant les troubles de 1643, les 
consuls et principaux habitants de Rodez ont mis sur 
pied sept à huit cents hommes qu'ils ont soldo3'ez et 
entretenus à leur fraix et avec ces forces ont reteneu la 
sédition et dissipé les factieux '. » 

La renommée publia partout cette fidélité que les rois 
eux-mêmes avaient daigné célébrer et la ville, longtemps 
avant que les consuls la fissent écrire, se trouva en pos- 
session de cette devise si honorable et si bien justifiée, 
dont M. de Grimai, maire de Rodez et ses concitoyens 
s'enorgueillissaient au siècle dernier. » 

Chanoine L. Vialettes. 

I Archives municipales. Brevet général de la cité. — Inventaire 
général du Bourg. Délibérations générales. 



- 31» - 
SAINT-BÉAT, CLEF DE FRANCE 

(Ancienne devise . ) 

SAINT-BÉAT 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Gaudens 
(Haute-Garonne). 

ARMES : cCa:(iir, à la clef d'or, posée en pal, le pan- 
neton en bas, sommée d'une fleur de lys du même. 

La devise ci-dessus a été donnée à cette ville à cause 
de sa position stratégique du côté de l'Espagne. 

Voyez : passus lupi. 



SAINT GEORGES ET DALPHINE 

(Devise officielle.) 

ROMANS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Valence (Drôme). 

ARMES : d'azur, à la porte de ville ouverte, en forme 
de tour carrée, pavillonnée et girouettée, flanquée de deux 
guérites pavillonnées et girouettées, le tout d'argcfit, maçon- 
née de sable, avec un grand R couronné d'or, dans l'ou- 
verture de la porte. Devise : Saint Georges et Dal- 

PHINÉ '. 

La ville de Romans a adopté pour devise le cri des 
Dauphins du Viennois et du Dauphiné. Après avoir 

I. J. Brun-Durand, Dictionnaire topographique du département de 
la Drame. Paris, i89i,p. 316. 



— 319 — 

été sous la juridiction de l'archevêciié de Vienne, cette 
localité passa sous celle des Dauphins qui, au com- 
mencement du xiv^ siècle, y établirent un hôtel des 
monnaies. 



SALVA RE, CLAVES REGAT DEVS 

ÇQiie Dieu dirige les clefs, pour le bien public) 

(Devise officielle.) 

VALRÉAS 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Orange (Vaucluse). 

ARxMES : d'a:;jir, à deux clefs d'argent posées en pal. 

« La devise adoptée par cette ville fait allusion aux 
« clefs qu'elle porte dans son écusson, ainsi qu'au nom 
« même de Valréas'. » 

Les deux premiers mots : salva re forment l'ana- 
gramme de Valréas. 

I. Louis de Bresc, Armoriai des communes de Provence, loc. cit., 
p. 301. 



— 320 — 
SAL-SAL 

(SALVIA SALVATRIX) 
{La sauge sauve) 

(Devise officielle.) 

SAUVE 

Chef-lieu de canton, arrondissement du Vigan (Gard). 

ARMES : d'argent, à la montagne de sable au sommet 
de laquelle naît une plante de sauge, à trois branches, de 
sinople; une muraille cré?ielée avec deux tours carrées d'or, 
mouvante de la pointe de l'écu, brochant sur la montagne; 
en chef les lettres sal. sal, abréviation, dit-on, de : 

SALVIA SALVIATRIX. 

Sauve s'est appelé Sambia au vii'^ s., Salvia au xiii^, 
Salviiun au xiv% Salves au xv^, Saulve au xvi^. Ses 
armoiries sont différentes d'après V Armoriai de Nîmes 
et d'après Gastelier de La Tour^ mais la devise est la 
même : sal-sal. 

L'origine est évidemment la plante de sauge qui 
figure dans les deux armoiries : 

1° Armoriai de Nîmes : de gueules, à un mont ou 
rocher d'argent à six coupeaux arrondis mis en pyramide, 
accostés de deux tours crénelées et maçonnées de sable, 
appuyées sur chaque côté du rocher, du sommet duquel sort 
une plante de sauge de siiwple, avec ces mots : sal-sal. 

2° Armoriai de Gastelier de La Tour : d'argent, à 
une montagne de sable, au soiuiuct, une plante de sauge de 



— 3^1 — 

simple, à trois branches ; une muraille crénelée avec deux 
tours carrées, mouvante du bas de reçu, le tout d'or, bro- 
chant sur la montagne ;en chef : sal-sal. 

Il n'y a là qu'un rébus, une explication par l'image, 
de l'ancien nom de la ville, explication tout arti- 
ficielle, comme on en rencontre dans les armoiries, et 
qui n'explique rien du tout. 

Le calembour a toujours régné dans les devises. Bien 
rares sont les jeux de mots qui ont une base histo- 
rique. Ce n'est pas le cas ici. 

Cf. le Dictionnaire topographique du Gard, de Germer- 
Durand. 

Salvia salviatrix est une des explications plausibles du 
Sal-Sal, mais n'est que cela. Ce n'est pas la devise 
authentique, laquelle est laconiquement : sal-sal. » 

(Note de M. E. Bligny-Bondurand, archiviste du 
Gard, 1910.) 



SANCTA MARIA, ORA PRO NOBIS 

{Sainte Marie, prici^ pour noiis^ 

(Devise officielle.) 

PORT-SAINTE-MARIE 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Agen (Lot-et-Garonne). 

ARMES : Coupé : an i" d'a^nr, an château fort sur- 
monté de trois tonrelles, celle du milieu donjonnée, le tout 

Les Devises des Villes de France. 21 



— 322 — 

iV argent, le château fort est ouvert de sable ; au 2" d'argent, 
à la sainte Marie debout sur un croissant reposant sur des 
flots et accompagnée de deux anges volant vers Elle, l'un à 
dextre et l'autre à senestre, le tout au naturel. 

La devise s'inspire du nom de la ville et aussi de la 
Vierge du blason. 

Le sceau de Port-Sainte-Marie (1243) porte, sur le 
premier côté, la croix de Toulouse ; au revers, on voit 
la Vierge assise tenant l'Enfant Jésus : Béate Marie del 
Port. 

Les villes de Beaune, Clermont-Ferrand, Mont- 
pellier, Narbonne et Riom portent aussi une Vierge 
sur leur sceau. 



SANS TACHE COMME LUI 

(Devise officielle . ) 

LE BLANC 

Chef-lieu d'arrondissement (Indre). 

ARMES : d'azur, au cygne d'argent. 

Ces armoiries et la devise sont modernes et ont été 
inspirées l'une et l'autre par le nom môme de la ville, 
qu'on a s3'mbolisé par la blancheur du cygne. « Le 
« Blanc est l'antique station romaine d'Oblincum 
« (Oablanc), située sur la voie de Poitiers à Argen- 
« ton. » (P. Joanne.) 



— 323 — 
SANTÉ, FORCE 

(Devise officielle.) 

VALS-LES-BAINS 

Commune du canton d'Aubenas, arrondissement de Privas 
(Ardèche). 

ARMES : d'argent, à la fontaine à deux vasques et 
jaillissante, le tout au naturel. 

Ces armoiries ont été créées par M. Lagarde, maire. 
La devise : Santé. Force se rapporte aux eaux miné- 
rales de Vais dont la renommée est universelle. 

Les sociétés de Musique et du Tir aax pigeons de Vais 
ont adopté les armes suivantes : d'a::^ur, à la lettre V d'or, 
accompagnée de trois étoiles du même, une dans l'ouver- 
ture du V, les deux autres en pointe ; au chef d'argent 
semé d'étoiles d'a:{ur, et pour devise : pro patria et 

DOMO. 



SCANDE CAPRA 

ÇMonte chèvre') 

(Devise officielle.) 

ESCANECRABE 

Commune du canton de Boulogne, arrondissement de 
Saint-Gaudens (Haute-Garonne). 

ARMES : d'a:^ur, à la chèvre grimpant sur des rochers. 



— 324 — 

le tout d'ay^oit ou an naturel ; au chef de gueules, à 
quatre épis de blé d'or, posés en pal ' . 

Cette devise très moderne s'inspire de la chèvre du 
blason et aussi du nom de la ville. 



SEMPER ERECTA 

(^Toujours debout} 

(Devise officielle.) 

RAMBOUILLET 

Chef-Iicu d'arrondissement (Seine-et-Oise) . 

ARMES : Parti : au i" de sable, au demi-sautoir d'ar- 
gent, qui est d'Angennes ; au 2^ tiercé en fasce au i^' 
d'or, au cerf contourné au naturel, au 2^ de gueules, au 
mouton d'argent, au y" d'argent, a l'arbre de simple ; sur 
le tout un écusson ovale d'azur, à trois fleurs de lys d'or, 
au bâton péri en barre de gueules, qui est de Bourbon, 
COMTE DE Toulouse. 

Ces armoiries de fantaisie n'ont pas été bien établies, 
au point de vue héraldique, en ce qui concerne le pre- 
mier quartier du parti qui eût dû contenir le sautoir 
complet des d'Angennes. 

Ce premier quartier marque le souvenir de la mai- 
son d'Angennes, qui posséda, dès le xvi^ siècle, le 
château et les terres de Rambouillet. 

I. Eugène Harot, Les armoiries des communes de ta Haiile-Garouue, 
lac. cit., p. 9. 



- 325 — 

Le deuxième quartier est symbolique ; il est divisé 
en trois parties dont la i'^ porte un cerf par allusion 
aux chasses à courre ; la i" , un mouton qui rappelle la 
ferme modèle installée à Rambouillet par Louis XVI, 
en 1786, où fut amené le premier troupeau de mou- 
tons mérinos importés d'Espagne ; depuis 1871, cette 
ferme est l'Ecole des Bergers ; la 3^ porte un arbre 
emblème de la forêt. 

L'écusson ovale placé au centre des armoiries est 
celui de Louis Alexandre de Bourbon, comte de Tou- 
louse, fils légitimé de Louis XIV et de M™^ de Mon- 
tespan (1678-173 7), qui acheta le château de Ram- 
bouillet à Fleuriau d'Armenonville, directeur général 
des finances, qui le tenait des d'Uzès et ceux-ci des 
d'Angennes. Le comte de Toulouse avait érigé en son 
château de Rambouillet une riche bibliothèque. 

Quant à la devise : semper erecta (Toujours debout), 
elle s'applique à la la grosse tour ronde du xiV^ siècle, 
seule partie très ancienne du château actuel. Le papier 
administratif de la ville de Rambouillet porte, comme 
en-tête, les armes décrites ci-dessus ; elles sont appo- 
sées sur la reproduction de la vieille tour, au fronton 
de laquelle se détache la devise ; la tour est surmontée 
d'un étendard semé de fleurs de lys. 

Cette composition (armes et devise) date de 1887, 
elle est due au secrétaire de la Mairie en exercice à cette 
époque. 



— 326 — 
SEMPER ET UBIQUE FIDELES 

{Ton /ours et partout fidèles) 

(Ancienne devise . ) 

GOUTANCES 

Chef-lieu d'arrondissement (Manche). 

ARMES : d\i:^Hr, à trois colonnes d'argent posées en 
pal ; au chef cousu de gueules, au lion Icopardé d^or. 

Cette devise date de la Restauration, du reste elle ne 
serait pas justifiée par les événements antérieurs. Nous 
voyons, en effet, les Coutançais engagés d'abord dans 
la Ligue du Bien public contre le roi Louis XI, qui, 
pour les punir, fit raser les murs de leur ville et, plus 
tard, dans le parti des Va-nu-Pieds. Sous Louis XIV, 
ils firent cause commune avec le duc de Longueville et 
les frondeurs contre la Cour. 

Voyez : virtute et constantia. 



SEMPER FIDELIS 

( Toujours fidèle) 

(Devise officielle . ) 

SAINT-MALO 

Chef-lieu d'arrondissement (Ille-ct-Vilaine). 

ARMES : de gueules, à la herse d'or mouvante de la 
pointe de Vécu, surmontée d'une hermine passante d'argent, 
accolée et bouclée d'or, armée et lampassée de sable. 



— 327 — 

Ces armoiries sont anciennes ; elles ont été confir- 
mées par lettres patentes du roi Louis XVIII du 
14 décembre 1822. 

En parcourant l'histoire de la ville de Saint-Malo, 
on ne peut qu'apprécier le bien fondé de la devise : 

SEMPER FIDELIS. 



SEMPER PRO REPUBLICA ET PATRIA 

(Toujours pour la République et la patrie^ 

(Devise officielle.) 

LAMASTRE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Tournon (Ardèche). 

ARMES : degueules, à l'aigle éplovée d'argent, armée et 
becquée de sable, tenant dans chaque serre une épée du 
menu, la pointe en haut, accompagnée de huit étoiles d'ar- 
gent mises en or le. 

Jadis, dans le blason de Lamastre, l'aigle ne tenait 
pas dans chaque serre une épée, la pointe en haut ; et, 
au lieu d'étoiles, figuraient huit fleurs de lys d'or. 

M. Henry Vaschalde, dans son livre : Les volontaires 
de r Ardèche en i-j()2-<)), a relevé quatorze volontaires 
nationaux de Lamastre pour le district du Mézenc. 

Ce détail laisse entrevoir le dévouement des Lamas- 
trois pour la République et la Patrie. 

Il est à penser que sous la monarchie, leur loyalisme 



— 328 — 

n'était pas moins ardent, ce qui nous permet de sup- 
poser qu'à l'époque où l'écusson était garni de fleurs 
de lys, la devise a pu être : semper pro rege et patria. 



SEMPRE A DIEU AURESOUN 

(// faut toujours prier Dieu) 

(Devise officielle.) 

ORAISON 

Commune du canton des Mées, arrondissement de Digne 
(Basses-Alpes). 

ARMES : d'or, à la jasce d'a::;ur, chargée de trois 
losanges d'argent, et accompagnée de deux vaches passantes 




de gueules, Vime en chej et l'autre en pointe, cette dernière 
contournée. 



— 329 — 

La devise fait allusion au nom actuel de la commune, 
lequel nom semble avoir la même origine étymologique 
que celui de la ville d'Orange. (Note de M. V. Lieu- 
tand, à Volone.) 



5 SEPTEMBRE 1638 

(Devise officielle.) 

SAINT-GERMAIN-EN-LAYE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise). 

ARMES : d'a^iir, au berceau semé de fleurs de lys d'or, 
accompagné en chef d'une fleur de lys du même, et en pointe 
de cette date, ^ j^'''' i6)S aussi d'or. 

Bien que la date : j 7'"'^ 16)8 soit placée dans le 
champ même des armoiries de la ville de Saint- 
Germain, on peut la considérer comme devise, car elle 
fixe un événement historique. On sait que, pour com- 
mémorer la naissance du roi Louis XIV en cette ville, 
la Municipalité de Saint-Germain sollicita^ en 1820, la 
modification de ses armoiries qui furent établies ainsi 
qu'elles sont décrites ci-dessus. Avant la Révolution 
elles étaient : d'azur, à trois fleurs de lys d'or. 

Voici le texte des lettres patentes réglant cette modifi- 
cation : 

Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France, A tous 
présents et à venir, salut 



— 330 — 

En conséquence, le sieur Danès de Montardat, 
maire de la ville de Saint-Germain-en-Laye, départe- 
ment de Seine-et-Oise, autorisé à cet effet, par délibé- 
rations du Conseil municipal de cette ville, s'est retiré 
pardevant notre garde des Sceaux, ministre-secrétaire 
d'État au Département de la Justice, lequel a fait véri- 
fier, en sa présence, par notre commission du sceau, 
que le Conseil municipal de ladite ville de Saint-Ger- 
main-en-Laye a émis le vœu d'obtenir de notre 
grâce des Lettres Patentes portant concession des 
armoiries suivantes que nous avons accordées à 
cette ville par notre décision du i6 juillet dernier, en 
mémoire de la naissance du Roi Louis XIV, notre 
auguste aïeul, dans ses murs ; savoir : d'azur, au ber- 
ceau semé de fleurs de lis d'or, accompagné au deuxième 
point, en chef, d'une fleur de lis, aussi d'or, et, en pointe, 
de cette date : 5 septembre 1638, du même. 



Donné à Paris, le dix-septième jour d'août de l'an de 
grâce mil huit cent vingt et de notre règne le 
sixième. 



— 331 — 
SERVABOR, RECTORE DEO 

(/f serai gardé, Dieu étant mon guide) 

(Devise officielle.) 

LA ROCHELLE 

Chef-lieu du département de la Charente-Inférieure. 

ARMES : de gueules, au navire d'argent aux voiles 
déployées, voguant sur des ondes au naturel ; au chef cousu 
d'a:(ur, à trois fleurs de lys d'or. 

M. Jules Pandin de Lussaudière prétend que cette 
devise doit remonter à l'époque du siège de cette ville 
(1573) P^"^ l'armée royale. 



L'Académie de La Rochelle fondée en 1732 a pour 
devise : Vitrice Minerva. 



SERVANTI CIVEM QUERNA CORONA 
DATUR 

(^A qui sauve un citoyen est donné une couronne de chêne) 

(Devise officielle.) 

CHARTRES 

Chef-lieu du département d'Eure-et-Loir . 

ARMES : de gueules, à trois besants d'argent, chacun 
denché de cinq pièces à dextre, chargés d'une fleur de lys à 
senestre, de trois tourteaux en pal et d'une sorte de figure 



— 332 — 

hiéroglyphique, le tout de sable ; au chef cousu d'a:^ur, à 
trois fleurs de lys d'or. 

Dans la séance du 5 novembre 1857, un membre 
de la Société archéologique d'Eure-et-Loir émit le vœu 
que ses Collègues lissent des recherches sur l'origine de 
la devise de la ville de Chartres. 

Pour répondre au désir exprimé, M. Ad. Lecocq 
(Chartrain) rédigea une Notice historique sur les armoi- 
ries de la ville de Chartres. Chartres. Imprimerie Garnier, 
1858. Au cours de cette étude, l'auteur cite un docu- 
ment dont il ressort que l'origine probable de la 
devise qui a survécu jusqu'à ce jour remonterait à 1775. 
Voici le texte de ce document : « Il a été convenu entre 
« Monsieur Janvier de Hainville, assesseur à l'hôtel-de- 
« ville de Chartres, d'une part, Et monsieur Duvivier, 
« graveur général des monnoies de France et des 
« médailles du Roy, d'autre part, de ce qui suit, 
« scavoir : que moy, Duvivier, graverai deux coins et 
« jettons ronds, pour la ville de Chartres, représentant 
(( d'un côté le portrait du Roy, avec la légende ordi- 
« naire, et de l'autre les armes de ladite ville entou- 
« rées d'une couronne de chesne, avec la légende : 
« Servanti civeni querna corona datur, suivant le dessein 
« convenu, m'engageant de fournir les dits coins 
« trempés et polis, et de répondre de leur succès jus- 
« qu'à l'épreuve de 1200 jettons; le tout pour la 
« somme de quatre cens livres que moy, de Hainville, 
« promets de payer à M. Duvivier aussitost après 
« ladite épreuve. 



— 333 — 

Fait double entre nous, à Paris, le lo juin 1775. 
DuviviER. Janvier de Hainville. 
« On ignore, où Janvier de Hainville a puisé cette 
devise. » (Communication de M. L. Benoist, de 
Chartres, 1896.) 

Cette devise figure aussi sur le cachet armorié de la 
mairie, en r8i6. Elle se rapporte à la couronne de 
chêne qui entoure les armes de la ville. 



SIC HIS aUOS DILIGO 

{^Ainsi je fais pour ceux que j'aime) 

(Ancienne devise.) 

ARBOIS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Poligny (Jura). 

ARMES: iVa^iir, au pélican avec ses petits, le tout cF ar- 
gent dans une aire d'or. 

La devise fait allusion au pélican du blason. 

Le pélican, on le sait, symbolise le sacrifice de soi- 
même. 

Voyez : ainsi dieu aide arbois. 



— 334 — 

SI CONSISTANT AD VERSUM ME CASTRA, 
NON TIMEBIT COR MEUM (Ps. 26, verset 3). 

(^Que des armées campent contre moi, 
mon cœur Jie craindra pas^ 

(Devise officielle.) 

CASTERAS 

Commune du canton du Fossat, arrondissement de Pamiers 
(Ariège) . 

ARMES : de gueules, au château d'argent, maçonné, 
ouvert et ajouré de sable. 

Cette localité porte le nom, les armoiries et la devise 
de ses anciens seigneurs. 

En effet « la famille de Casteras, originaire d'Espagne, 
« après avoir été dépossédée de diverses seigneuries dans 
« le comté de Comminges et la Navarre, vint s'établir 
« dans le comté de Foix. 

« Arnauton de Casteras et ses successeurs firent cons- 
« truire sur le terrain qui leur avait été concédé en 147 1 
« par la princesse Catherine de Navarre, comtesse de 
« Foix, un château qui existe encore et, bientôt, autour 
« de cette résidence, on bâtit un village qui prit le nom 
« de Casteras. » (H. Duclos, Histoire des Ariégeois, loc. 
cit., t. VII, pp. 33 et 34.) 



— 335 — 

SIGNA FORTIVM 

^Signes des forts) 

(Ancienne devise.") 

RETHEL 

Chef-lieu d'arrondissement (Ardennes). 

ARMES : de gmules, à trois râteaux démanchés d'or, 
posés 2 et I (quelquefois la lettre R en pointe). 

Armes parlantes et allusives à la fertilité des rives de 
l'Aisne. 

La ville de Rethel ne possède pas de devise ; cepen- 
dant, sur un cachet du xvii^ siècle, aux armes de la cité, 
on lit ces mots : signa fortivm. 

J.-B. Carueljdans son Essai sur Rethel (Rethel, 1891), 
donne la reproduction de ce cachet et cite la devise. 



S'ILS TE MORDENT, MORDS-LES 

(Devise officielle.) 

MORLAIX 

Chef-lieu d'arrondissement (Finistère). 

ARMES : d'azur (alias : de gueules) au navire d'or 
(alias: d'argent) aux voiles déployées d'hermine., voguant sur 
une mer ombrée de sinople. 

« En 1522, un nommé Latrigîe, lieutenant du capi- 
taine de Morlaix, en l'absence duquel il commandait, 



- 336 - 

laissa surprendre et saccager la ville par les Anglais 
débarqués de la flotte de Thomas Howard, duc de Nor- 
folk, grand amiral d'Angleterre, qui ravagea les côtes de 
Normandie et de Bretagne par ordre du roi Henri VIII, 
excité contre François P"" par l'empereur Charles Quint. 
La ville de Morlaix fut brûlée en grande partie; plu- 
sieurs de ses riches habitants furent emmenés par les 
Anglais et mis à rançon, et son commerce qui était alors 
très considérable eut beaucoup de peine à se remettre de 
cet échec. La vengeance des Morlaisiens qui assommèrent 
l'arrière-garde anglaise ne les dédommagea pas de la 
perte énorme qu'ils avaient éprouvée. 

Cet événement se passa en 1522, le 2 juin, et a donfié 
lieu à la devise de la ville de Morlaix : s'ils te mordent, 
MORDS-LES, qui fait allusion au nom de la ville et à la 
faible vengeance que les habitants purent tirer du mal 
que les Anglais leur avaient fait éprouver. Les archives 
de Morlaix furent alors brûlées avec la maison de Domi- 
nique Calloët qui était mayeur de la ville. » (Notes du 
savant M. de Blois signées : De B. dans Ogée, Diction- 
naire historique et géographique de la province de Bretagne. 
Nouvelle édition. Rennes, 1843-1853. 2 vol. in-4°, 
p. éo.) 

« Cette devise est équivoque au nom de Morlaix. Elle 
« a pour corps le lion et le chien qui soutiennent l'écus- 
« son de la ville. Le chien est l'emblème de Tennemi 
« et le lion celui de la ville. C'est à lui que s'adresse ce 
« conseil. » (E. de Boceret, Devisaire de Bretagne, 
p. 192.) 



— 337 — 
SOLUS DEDIT, SOLUS PROTEGIT 

(5m/ // a donné, seul il protège) 

(Devise officielle.) 

CHARLEVILLE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de iMézières (Ardennes). 

ARMES : d'azur, au dcxtrochère au naturel mouvant 
d'une nuée d'argent, armé d'une épée d'or, entre deux 
rameaux, l'un à dextre d'olivier, l'autre à senestre de pal- 
mier, tous deux de sinople. La pointe de l'épée surmontée d'un 
soleil rayonnant d'or. 

Cette devise fait allusion à la fondation de Charleville 
par Charles de Gonzague, duc de Nevers, en 1608; ce 
seigneur en fit la capitale de la principauté d'Arches. La 
ville d'Arches fut incendiée par les Impériaux en 1521, 
lors du siège de Mézières ; quelques maisons furent 
reconstruites; puis, sur son territoire, Charles de Gon- 
zague bâtit Charleville et, le 23 avril 1608, il publia une 
ordonnance portant que « le lieu auparavant appelé 
Arches soit maintenant et désormais appelé Charle- 
ville ». 

L'ancienne localité d'Arches avait pour devise : Arches, 
de Dieu seul, toujours despandu ; c'était une allusion à sa 
souveraineté. 



Lf.s Duvises des Villes pe France. 



- 338 - 
SOROR ET ^MULA KOMM 

(^Sœur et cniuk de Rome) 

(Devise officielle.) 

AUTUN 

Chef-lieu d'arrondissement (Saône-et-Loire). 

ARMES : cfor, au lion de gueules ; au chef bandé d'or 
et d'a:(ur de 6 pièces, à la bordure de gueules, qui est de 
Bourgogne ancien. 

« Il ne paraît pas qu'Autun ait jamais eu une devise 
« dans le sens propre du mot. 

« Cependant, au XFIII'' siècle, dans les actes officiels, 
« les armes de la ville sont accompagnées de cette 
« légende : Soror et œmula Romœ, qui semble inspirée 
« par le chapitre 25 du livre XI des Annales de Tacite. 

« Cette légende accompagne encore de nos jours le 
« blason de la cité, avec cette autre : Roma Celtica, qui 
« est tirée de la Vita metrica 5' Germani écrite au 
« ix^ siècle, par Nérée, religieux de Saint-Germain 
« d'Auxerre. L'usage de ces légendes ou devises ne 
« semble pas antérieur au xviii^ siècle. » (Note de 
M. Th. Charvot, secrétaire de la Société éduenne, 
1896.) 

« Ces deux devises font allusion à l'antiquité d'Autun, 
« à son importance; quelques auteurs veulent que, 
« bien avant l'entrée de César dans les Gaules, les 
« Romains aient contracté alliance avec Autun, la capi- 



— 339 — 

« taie de la république des Eduens et lui aient décerné 
« le titre de Sœur et Emule de Rome. J'incline avec d'autres 
« à croire que cette pompeuse inscription n'est pas de 
« date aussi ancienne. >; (Note de M. Joseph Sandre, 
instituteur à Ormes (Saône-et-Loire), 1896.) 

On voit encore quelques beaux édifices romains à 
Autun. 



La Société éduenne des lettres, sciences et arts, fon- 
dée en 1836, dont les travaux sont très remarquables, 
a pris pour sceau une des portes romaines avec cette 
légende: Fetustisshna bonanim artium sedes. (Très antique 
demeure des arts et des sciences.) 



SOUS L'ÉGIDE DE MARIE 

(Devise non portée.) 

LOURDES 

Chef-lieu du canton, arrondissement d'Argelès (Hautes-Pyrénées). 

ARMES : de gueules, à trois tours d'or, maçonnées de 
sable, celle du milieu plus haute que les autres et surmontée, 
d'une aigle contournée ùu naturel membrée d'or et tenant, en 
son bec, une truite d'argent ; à la Champagne cousue d'a:Qir 
chargée de six monts d'argent baignés d'un gave du même. 

La devise rapportée ci-dessus n'est pas employée ofE- 



— HO — 

ciellement; elle n'en est pas moins charmante et nulle 
ville mieux que Lourdes ne pouvait se l'attribuer. Elle 
figure au-dessous du blason de la ville apposé sur cer- 
tains bulletins publiés dans la localité. 



SPES ET FIDELITAS 

(^Espérance et fidélité) 

(Devise officielle.) 

L'ILE ROUSSE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Calvi (Corse). 

ARMES : de pourpre, à la fleur de lys d'argent éclairée 
par un soleil d'or rayonnant mouvant du chef, à dextre. 

« Cette ville fut fondée en 1769 par Paoli qui voulut 
« susciter ainsi une rivale à Calvi, seule ville restée 
« fidèle à la cause génoise. » (Paul Joanne.) 

La devise n'aurait-elle pas été prise, après la réu- 
nion définitive de la Corse à la France, pour marquer 
Vespérance que la ville mettait en sa destinée et aussi la 
fidélité qu'elle voulait tenir à l'égard de la France ? 



— 341 — 
SPES NOSTRA 

ÇNotre espérance) 

(Devise non portée.) 

VERNOUX 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Tournon (Ardèche). 

ARMES : incomiues. 

« Je crois que cette devise a été imaginée par feu 
« l'abbé Goudet et placée sous l'image du Sacré-Cœur, 
« dans sa nombreuse correspondance, lors de la cous- 
ue truction d'une nouvelle église paroissiale vers 1880 et 
« les années suivantes. 

« Dans mes recherches sur Vernoux ancien, je n'ai 
« trouvé nulle part des indications sur les armoiries 
« de cette petite ville, dont l'origine paraît être un 
« prieuré sous le vocable de saint Pierre et dont la sei- 
« gneurie fut partagée entre les prieurs et les seigneurs 
« de la Tourette. » (Note de M. J. de Lubac, 19 10.) 



STABIT QVANDIV PIETAS 

{Âtissi longtemps que la piété durera ou // durera autant 
que la piété) 

(Devise officielle.) 

LE PONT-SAINT-ESPRIT 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Uzès (Gard). 

ARMES (d'après 1' « Armoriai de Nîmes ») : d^aT^ur^ au 



— 342 — 

pjiil de plusieurs arches d'or sur une rivière d'argent, soiiinu^ 
d'une croix haussée posée au milieu du pont et de deux petits 
bâtiments, celui à dextre avec girouette; la croix accostée de 
deux fleurs de lys d'or et surmontée d'une colombe d'argent 
volant de haut en bas. 

(D'après Gastelier de La Tour) : de gueules, au pont 
de six arches posé sur une rivière d'argent, chargé d'une croix 
haute fleuronnée d'or, accolée de deux fleurs de lys du même; 
aux extrémités du pont, deux tours crénelées d'or, couvertes 
d'argent ; sur le haut de la croix un saint Esprit du même. 

La devise du Pont-Saint-Esprit se rapporte très pro- 
bablement au pont construit par la confrérie des frères 
pontifes. Le mot latin pietas a tant de significations dif- 
férentes qu'on ne peut en donner une traduction qui 
soit certainement celle à laquelle les créateurs de la 
devise ont songé. Cette devise signifie que le pont, si 
solidement édifié, durera éternellement. Il durera autant 
que la piété, autant que le culte dï\ à Dieu. Sans nous 
arrêter à une traduction, il nous suffit de comprendre 
l'idée d'éternelle durée de laquelle la devise est née. 
Nous l'interpréterons librement « tant que le monde 
durera, le Pont-Saint-Esp*rit subsistera ». 

Le Pont-Saint-Esprit porta d'abord le nom de Saint- 
Saturnin-du-Pont, car il devait son origine au prieuré 
de Saint-Saturnin fondé ou relevé en 945 par les béné- 
dictins de Cluny '. 

I. Cf. E. Gjrnier-Durand, Dictioiiiiaire lo[>ographique du départe- 
ment du Gard. Paris, 1868. 



:)4:> 

Le nom de Pont-Saint-Esprit ne date que du xv* 
siècle. 

« Au xiii^ siècle, se forma, sous l'invocation du 
« Saint-Esprit, une confrérie de frères pontifes en vue 
« de la construction, en cet endroit, d'un pont sur le 
« Rhône, entreprise jugée alors très difficile, même après 
« l'heureux achèvement du pont d'Avignon. Le pont, 
« commencé en 1265, ne fut terminé qu'en 1309. Ce 
« pont (monument historique), le plus remarquable 
« qu'il nous reste du moyen âge, franchit le Rhône sur 
« une ligne légèrement brisée de 919 mètres de longueur 
« totale; la brisure est opposée au courant; sur les 25 
« arches, 19 sont anciennes et de largeur très inégales 
« (de 8 à 35 m.) ; 5 sont du xviii^ siècle et l'arche mari- 
« nièrede 1860. » (P. Joanne, Dictionnaire géographique 
de la France.) 



STAT BACULUS VIGÏLATQUE LEO 
TURRESaUE TUETUR 

{Le bâton (la croix archiépiscopale) est debout et 
le lion veille et défend les tours) 

(Devise officielle.) 

ALBI 

Chef-lieu du département du Tarn. 
ARMES : de gueules, à la four d'argent, crénelée de quatre 



— 344 — 

pièces, viaçonnà de sable, ouverte de deux portes du champ, 
les herses levées d'argent, supportant un lion Uoparde d'or, les 
pattes posées sur les quatre créneaux ; le tout brochant sur une 
croix archiépiscopale d'or posée en pal, en chef, adextrée d'un 
soleil du même, et senestrée d'une lune en décours d'argent. 

Cette devise est l'explication des figures du blason de 
la ville et rappelle l'histoire de la cité où évêques et 
archevêques ont été si prépondérants, où consuls et 
habitants ont montré tant de fière vaillance dans les 
diverses luttes à soutenir. 

Les armes d'Albi sont très anciennes; on les retrouve 
sur un sceau attaché à une charte de 1236, où elles ont 
à peu près la même composition qu'aujourd'hui. 

A cette époque, elles comprenaient un mur crénelé au 
lieu d'une tour, une crosse épiscopale au lieu d'une croix 
et le lion n'était pas placé sur les créneaux ; il figurait à 
l'avers du sceau. 

Pendant six ou sept siècles les mêmes figures existent 
sur l'écu : le baculus épiscopal, la tour et le lion ; elles 
sont là comme l'allégorie du pouvoir militaire des con- 
suls soumis à la puissance des évêques et archevêques. 

La devise n'est point aussi ancienne que les armes. 

Voici ce qu'a écrit à ce sujet M. Emile Jolibois, archi- 
viste départemental : « D'Hozier ne la mentionne pas ; 
« c'est V Armoriai des Etats du Languedoc, imprimé en 
« 1764, qui Ta publiée pour la première fois. Il est vrai 
« que je l'ai trouvée sur un volume des archives avec 
(i la date 1618, mais au milieu de jeux d'esprit du 



— 345 - 

« même genre, dont un greffier érudit couvrait les pages 

« blanches du registre. C'est à cette source qu'a dû pui- 

« ser V Armoriai de 1764, qui n'a du reste aucun caractère 

« d'authenticité et il aurait dû être complet, car la pré- 

« tendue devise forme un distique entier : 

STAT BACUWJS, VIGILATQ.UE LEO TURRESQ.UE TUETUR. 
MACTE ANIMO, Ô CIVES ! aUIS VOS IMPUNE LACESSET ? 

{Courage citoyens! qui vous attaquera impunément ?) 
« La devise du blason d'Albi est une innovation faite 
« de nos jours d'après V Armoriai de 1764, lors du 
« renouvellement des armoiries de la ville. » 

(Communication de M. Albert Arvengas, de l'Isle 
d'Albi, 1896.) 



STAT FORTITER 

(Elle se tient solidement^ 

(Devise officielle.) 

ASTAFFORT 

Chel'-Iicu de canton, arrondissement d'Agen (Lot-et-Garonne). 

ARMES : de gueules, à la bande d'or, accompagnée de six 
croisettes du même posées en orle. 

Cette devise est un simple jeu de mots sur le nom de 
la ville. 



— 346 — 
STELLA TAURUM DUCFF 

(^V étoile conduit le taureau) 

(Devise officielle.) 

LE THOR 

Commune du canton de l'Isle, arrondissement d'Avignon 
(Vaucluse). 

ARMES : d'a:{ur, au taureau d'or accompagné à dextre 
en chef d'une étoile du même. 

« La devise fait allusion et au nom du pays et à la 
« seconde constellation du zodiaque, le taureau, placé 
« dans l'écusson de cette ville '. » 



SUMMA IMPERII PENES BITURIGES 

ÇLe souverain pouvoir aux mains des Bituriges) 

(Devise officielle.) 

BOURGES 

Chef-lieu du département du Cher. 

ARMES : d'a:{ur, à trois moutons passants d'argent, 
accornés de sable, accolés de gueules, et clarines d'or ; à la 
bordure engrêlée de gueules. 

Cette devise date du xvi^' siècle; elle est empruntée à 
Tite-Live, livre V, 34. Le texte exact est : Celtartim 
quœ par Galliœ tertia est pênes Bituriges summa imper ii 

I . Louis de Bresc, Aiworial des Commitucs de Provence. Loc. cit.. 
p. 282. 



— 347 — 

fîiit : H regem Celtico dabant. Ambigatns is fuit. Ce qui 
signifie qu'au temps de Tarquin l'ancien, au dire de 
Tite-Live, les Bituriges étaient à la tête de la Confédé- 
ration celtique et lui donnaient un roi. Ce roi s'appelait 
alors Ambigat. 

(Note de M. Gandilhon, archiviste du département 
du Cher, 1910.) 



SUNT RUPES VIRTUTIS ITER 

(Les rochers sont le chemin de la vertti) 

(Devise officielle.) 

ROCAMADOUR 

Bourg du canton de Gramat, arrondissement de Gourdon (Lot). 

ARMES : de gueules^ à trois rocs d'échiquier d'argent. 

Le bourg de Rocamadour porte les mêmes armoiries 
et la même devise que la ville de Tulle; on peut 
admettre, avec M. Niel, que Tulle, qui avait Rocama- 
dour sous sa dépendance, prit le blason et la devise de sa 
succursale. 

Pour Tulle, cette devise fait une heureuse allusion 
aux trois rocs d'échiquier du blason, tandis que, pour 
Rocamadour, la même devise s'applique aux rochers sur 
lesquels le bourg est édifié. 

« Le bourg et les sanctuaires de Rocamadour s'étagent 
et le plus souvent s'accrochent en quelque sorte aux 



- 348 - 

rochers taillés comme à l'emporte-pièce qui surplombent 
la rive droite de l'Alzou et qui font face à des rochers à 
peu près semblables surplombant la rive gauche. » (Paul 
Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la 
France.^ 



SUNT RUPES VIRTUTIS ITER 

ÇLes rochers sont le chemin de la vertu) 

(Devise officielle.) 

TULLE 

Chef-lieu du département de la Corrèze. 

ARMES : de gueules, à trois rocs d'échiquier d'or. 

Nous empruntons les lignes suivantes à la Sigillogra- 
phie du Bas-Limousin de MM. Bosredon et Rupin (Brive, 
1886, in-4), p. 19 : 

« L'Armoriai général, dressé en exécution de l'éditde 
1696, indique, pour la ville de Tulle, les armes ci-des- 
sus... Nous ignorons, dit à ce sujet M. Guibert, sur 
quelle autorité M. Girault de Saint-Fargeau, dans son 
Dictionnaire, et M. l'abbé Lecler... ajoutent à ces armes, 
qui paraissent anciennes, un chef d'a:(ur, chargé de trois 
fleurs de lys d'or et indiquent la devise : sont rupes vir- 
TUTis iTER ; la devise est, dans tous les cas, bien plus 
moderne que le blason auquel elle fait une heureuse allu- 
sion. L'Atlas topographique de la Corrige donne à Tulle 



— 349 — 

un chef de France et la devise rapportée par M. Lecler. 
M. MnYvaud {Histoire du Bas-Limousin, t. II, p. 352) fait 
mention d'une autre devise qui aurait été adoptée en 
1586, par la ville délivrée des huguenots : in fide et 
FiDELiTATE SEMPER IMMOTA. M. Guibert est reveuu sur 
•cette question dans le Bulletin de Tulle, t. I, 1879, 
p. 512, où il confirme simplement que les armes de 
Tulle ne doivent en aucune façon porter le chef d'axiir 
chargé de trois fleurs de lys d'or. Dans le t. III, 1881, du 
même Bulletin, pp. 24 et suivante, il ajoute : « Quant à 
la devise : sunt rupes virtutis iter, elle nous paraît 
bien plus récente que les armoiries elles-mêmes. Nous 
en dirons autant d'une autre devise : in fide et fideli- 
TATE SEMPER IMMOTA.» P. 204 du même t. III, M. Niel 
réfute M . Guibert : « Ce qui est à peu près certain c'est 
que Tulle, avant le xvi^ siècle, n'avait d'armes officielles 
que celles de l'évêque et du chapitre ; ce qui est certain, 
c'est qu'à cette époque, et bien avant, Rocamadour por- 
tait pour armes, comme Tulle : de gueules, à trois rocs 
d'^échiquier d'or et que la devise : sunt rupes virtutis 
iTER est commune aux deux localités... » Tulle avait 
Rocamadour sous sa dépendance ; M. Niel estime que 
Tulle prit le blason de sa succursale et sa devise. 

M. Guibert le contredit pp. 265 et suivantes du 
même tome III. Ces diverses notes sont d'ailleurs repro- 
duites in extenso àzns le livre de MM. Bosredon et Rupin 
(Appendice IV, pp. 739 et suivantes). (Communication 
de M. l'archiviste du département delà Corrèze, 1910.) 



— 350 — 

On donne, comme troisième devise, à la ville de Tulle : 
FIRMA SPES UT RUPES. ÇMoTi espérancc est ferme comme ce 
roc). 



SUSTINENT LILIA TURRES 

(Les lours soutiennent les lys) 

(Ancienne devise.) 

TOURS 

Chef-lieu du département d'Indre-et-Loire. 

ARMES : de sable, à trois tours d'argent maçonnées, 
ouvertes et ajourées du champ. (Les fleurs de lys qui 
accompagnaient les tours ont été supprimées.) 

La ville de Tours ne porte plus de devise ; toutefois, 
sous la Restauration, les armes de cette ville étaient 
accompagnées de celle ci-dessus, allusive aux tours et 
aux fleurs de lys du blason. Cette devise marquait les 
grands et loyaux services rend lis par la ville de Tours à 
la Royauté. 



— 351 — 
SUSTINET LABENTEM 

(^Elle soutient [le trône] chancelant^ 

(Devise officielle.) 

MONTARGIS 

Chef-lieu d'arrondissement (Loiret). 

ARMES : d'azur, semé de fleurs de lys d'or à l'M couronné 
du même brochant sur le tout. 

En 1427 la ville de Montargis soutint héroïquement 
un long et rude siège contre les troupes anglaises du 
comte de Warwick et donna le temps à La Hire et à 
Dunois d'arriver à son secours. 

La levée de ce siège fameux ayant été le premier suc- 
cès du règne de Charles VII, à une époque où la France 
était aux abois, a permis de dire que Montargis avait 
soutenu le trône chancelant. 



SYLVIS INCRESCIT ET UNDIS 

(^Elle grandit entre les forêts et les eaux) 

(Ancienne devise.) 

ROANNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Loire). 

ARMES : d'azur, au croissant d'argent soutenant l'étoile 
de la Légion d'honneur attachée à un ruban de... ' 

I. Henri Tausin. Les Villes décorées de la Légion d'honneur. Loc, 
cil., pp. 25 et 67. 



— 352 — 

La devise ci-dessus est citée par P. Gras dans son 
Armoriai dit Fore^, elle date du xvii'^ siècle. Contraire- 
ment à la devise actuelle de Roanne, qui est Crescam et 
LUCEBO et qui fiiit allusion au croissant duhhson, celle-ci 
semble s'appliquera la prospérité croissante de la ville, 
prospérité qu'elle tira de ses voies navigables et de sa 
forêt communale. Cette devise a été abandonnée; il est 
bon de rappeler qu'à l'époque à laquelle la ville de 
Roanne la portait, les tenants de ses armes était un Syl- 
vain et une Neptune. 

Voyez : crescam et lucebo. 



TALI FULCIiMINE, CRESCET 

(^Avec un tel appui, elle grandira^ 

(Devise officielle.) 

ELBEUF 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Rouen (Seine-Inférieure). 

ARMES : Parti : au /" d''or, à la croix de Lorraine de 
gueules, supportant une vigne de sinople, fruitée de pourpre 
et terrassée aussi de sinople ; au 2* d'argent, à la ruche de 
sable environnée d'abeilles, semées, volant et montant du 
même. 

La devise ci-dessus est inscrite à dextre, c'est-à-dire du 
côté de la croix de Lorraine, en souvenir des Lorraine- 
Guise ; du côté de la ruche, on lit : Tout le monde y tra- 
vaille, en souvenir du Premier Consul (voyez cette der- 
nière devise). 



— 353 — 

TENEBR.E EAM NON COMPREHENDE- 
RUNT 

(^Les ténèbres ne Vont pas envahie) 

(Devise officielle.) 

MENDE 

Chef-lieu du département de la Lozère. 

ARMES : d'agir, au soleil d'or accompagne d'une cou- 
ronne royale en chef et d'un M en pointe, le tout d'or. 

Le capitaine calviniste Mathieu Merle occupa la ville 
de Mende en 1579 et 1580 et ne la quitta qu'après y 
avoir commis toutes sortes de dévastations et de cruau- 
tés. Malgré tout, le protestantisme n'eut pas de prise sur 
les habitants. La devise consacre ce fait. 



TOLOSA PALLADIA (xiii^ siècle) 

(^Toulouse chère à Pal la s) 

TOLOSA LA GRAN ,(xiii^ siècle) 

(Anciennes devises.) 

TOULOUSE 

Chef-lieu du département de la Haute-Garonne. 

ARMES : de gueules, à la croix clêchée, vidée et poninietée 
d'or, en un cercle du même, sur une vergetie du même portée 
à dextre par un agneau pascal passant d'argent; accostée à 
dextre d'un château d'argent donjonné du même, et à senestre 

Les Devises des Villes de France.' 2î 



— 35^ — 
iFiine és^lise ii\ir!^ri-,ii ^,1,^^ clocher dit niciiic ; an chef cousu 
fniur, seine de fleurs de Ixs d'or. 

Tolosa paUadia est dans Martial (Épigrammes). 

Toulouse a toujours été féconde en grands hommes, 
c'est pour cela qu'Ausone la met parmi les villes illustres 
par les sciences et l'appelle : Ville de Pallas. 

Graverol ' dit : « Ce n'est pas seulement du côté des 
" arts et des sciences qu'elle a été de tous temps Palla- 
« dienne, mais elle l'a été aussi dans un autre sens; 
« témoins ces braves soldats que le jeune Crassus, lieu- 
« tenant de César, leva à Toulouse... » La ville de Tou- 
louse ne porte aucune devise, le vieux dicton : Tolosa 
PaUadia mériterait d'être restauré et conviendrait à mer- 
veille à l'ancienne capitale du Languedoc, patrie de 
Cujas, de Campistron, d'Esquirol, de Villèle, de Fal- 
suières et d'Antonin Mercier. 



« L'Académie des Jeux floraux, à Toulouse, ancien 
« Corps des Jeux floraux, doté par Clémence Isaure, ins- 
« titué en Académie par Louis XIV en 1694, ^^ réor- 
« ganisé en 1806, porte, depuis 1878, la devise sui- 
« vante : His idem seniper bonos, le corps de cette devise 
« est un bouquet de fleurs. » 

« La Société archéologique du Midi de la France, à 
c< Toulouse, fondée en 1838, a adopté, depuis 1891, la 
« même devise que la Société des Antiquaires de 
« France : Gloriœ innjonini. » (Henri Jadart, Loc.cit.) 

I. Abrège historique des vingt-deux, villes dh-fs de diocèses de /.i f>rO' 
riitce de Littiguedoc. 'l'oulousc, 1696. 



— 355 — 
TOQUE Y SI CAUSES ' 

{Touche-moi , si in oses /) 

(Devise non portée.) 

FOIX 

Chef-lieu du département de l'Ariège. 

ARMES : d'or, à h ois pals de gueules. 

La ville de Foix, à proprement parler, n'a pas de 
devise; cependant, certains commerçants qui mettent 
les armes de la ville sur leurs factures, leurs en-têtes de 
lettre, leurs objets divers, }• ajoutent une banderole por- 
tant la devise ci-dessus, mais mal orthographiée : Toco y 
se gaousos ! Les administrations locales ont suivi cet erre- 
ment. 

Voir ci-dessous les détails historiques concernant cette 
devise. 



TOaUE .Y SI CAUSES ^ 

(Touche- moi, si tu oses /) 

(Devise officielle.) 

ORTHEZ 

Chef-lieu d'arrondissement (Basses-Pyrénées). 
ARMES : d'a~ur, au pont d'argent à trois arches et à la 

1. Toute autre orthographe est défectueuse d'après tous les 
auteurs béarnais, entre autres Lespy, auteur d'un dictionnaire béar- 
nais (G. du Breuille). 

2. Même observation que pour Foix. 



- 356 - 

/()///■ dn même accostée de deux clejs d\)r adossées, le panne- 
Ion en haut. 

Cette devise (en idiome béarnais) était celle des Gas- 
ton de Foix, souverains du Béarn depuis 1286, par suite 
du mariage de la fille de Gaston VII de Béarn-Moncade, 
la princesse Marguerite, avec Roger-Bernard de Foix qui 
succéda à son beau-père. 

C'est ce qui explique que cette devise est aussi celle 
de la ville de Foix, berceau de ces seigneurs. 

Les souverains du Béarn habitaient à Orthez avant 
d'avoir bâti leur château de Pau ; c'était à Orthez que 
se conservait leur trésor : celui de Gaston Phœbus, 
comte de Foix, était considérable. (Note de M. Gaston 
du Breuille, 1896 et 191 1.) Au moyen âge, les comtes 
de Foix ne faisaient pas usage de cette devise qui était 
simplement leur cri de déji; elle leur a été donnée dans 
un temps relativement moderne. 



TOT SOLET NO POT AUX 

(Tout seul Auch ne peut [r/V«]) 

(Dialecte gascon.) 
(Devise non portée.) 

AUCH 

Chef-lieu du département du Gers. 

ARMES : Parti : au 1" de gueules, à l'agneau pascal 
d'argent, la croix d'or supportant un pennon d'azur ; au 2'' 



— 357 — 

d'argent, av. lion de gueules, lampassé du même, armé de 
sable. 

« Ces armoiries, déjà existantes au xiii^ siècle, rappelleiil 
la tutelle du Comte (le lion) et de l'archevêque (l'agneau 
pascal)'. Le comte d'Armagnac et l'archevêque d'Auch 
étaient coseigneurs ou seigneurs paréagers de la ville. 
La devise : tôt solet no pot aux traduit bien le peu de 
confiance que la commune d'Auch avait en elle-même 
durant les périodes de troubles et les secours qu'elle 
escomptait de la part de ses protecteurs naturels. Mais 
je dois à la vérité de dire que, d'après une ancienne 
légende, ce serait à la suite d'un opportun secours qu'au- 
raient apporté à la ville les habitants des lieux voisins, 
qu'elle aurait adopté cette devise. Pour moi, la première 
hypothèse est de beaucoup la plus plausible. » 

(Note de M. J. Bénétrix, archiviste-bibliothécaire de 
la ville d'Auch, 1910.) 



TOUJOURS M'AVISE 

(Devise officielle.) 

AVIZE 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Eperna)^ (Marne). 

ARMES : d'a::jir,au cep de vigne d'or terrassé de simple, 
fruité d'argent. 

I. Cf. Canéto, Essai de diplomatique... à propos d'une charte ansci- 
taine... Auch, 1857, P- 49- 



- 35» - 

« Armes et devise sont de fantaisie », nous écrit l'ho- 
« norable maire d'Avize, M. Lucotte, « attendu que c'est 
« moi-même qui, il y a quarante-huit ans, ai voulu 
« doter d'un blason ma commune vinicole. 

« A cette époque j'avais f;iit des recherches sur Avize, 
« anciennement place fortifiée; mais je n'avais rien 
« trouvé, les archives ayant été dispersées à la Révolu- 
« tion. Je sais seulement que les Cauchon, comte de 
« Léry, famille aujourd'hui éteinte, étaient seigneurs 
« d' Avize et autres lieux et portaient : de gueules, au grif- 
« fou ailé d'argent, armes que j'ai retrouvées dans notre 
« église. 

« Quand j'ai conçu l'idée d'un blason fantaisiste pour 
« Avize, j'avais en tête deux devises : Toujours m'Avise, 
« ou Avi:(e, avise-toi. J'ai adopté la première qui m'a 
« paru plus appropriée au caractère de mes administrés^ 
« braves vignerons, du type vraiment champenois, 
« pétillants comme la mousse du vin qu'ils produisent, 
« un peu gouailleurs à l'occasion et, en somme, un 
« peu futés et avisés. » 



— 559 — 
TOUSTÈMS LIBRE 

{Coistaimiieul libres) 

(Devise officielle.) 

TULETTE 

Commune du canton de Saint-Paul-Trois-Châteaux, 
arrondissement de Montélimar (Drôme). 

ARMES : de gueules, à Vépée nue-, la pointe en bas, bro- 
chant sur deux clefs passées en sautoir, Je tout d'argent ; au 
chef d'or, au cor d'a:yur. 

« Voici comment un félibre éminent Paul Ruât, à 
« Marseille, originaire de ce petit pays, jadis princi- 
« pauté, commentait éloquemment cette fière devise le 
« jour de l'inauguration de la nouvelle mairie ', au 
« fronton de laquelle brillent et cette glorieuse devise 
« et les armes de ses seigneurs successifs : les princes 
« d'Orange et les Papes d'Avignon. 

Texte provençal. 

« La deviso toustèms libre retrais pan pèr pan la 
« vido de noste pais desempièi de siècle e de siècle ; 
« e d'aquelo deviso fau n'èstre ourguious, bràvi 
« gènt de Tuleto, pèr-ço-que fai saupre en tôuti que 
« nous clinan que davans la Lèi e davans lou Dre. — 
« Fugue di sènso vougué faire d'escorno en res — , 
« aro, qu'avèm fa parla li papié e que fasèn parla li 

1 . Paul Ruât. Toustèms libre, Discours pèr l'inauguracioun de ta 
communo novo de Tuleio en ié fasent doiino de sis ar marié. Marsiho, 
Librarié P. Ruât, 54, Carriero Paradis, 1912, in-S". 



— 3^0 — 

(( pèiro, poudèm dire coume l'eros de Mistral, dins 
« Calendau, que siam : umble emé l'uinble, e mai fier 
« que li fier. 

« Mai ai belèu trop fa d'alongui, e vous n'en demande 
« escuso. Pamcns, ai idèio que dins un parié jour noun 
« devèm ôublida lis aujôu que nous an fa ço que siam. 
« Noun devèm oublida lis ome de bon gouvèr, li Conse 
« de nosto pichoto republico qu'i tèms ancian an man- 
« tengu aut e ferme li drede la principauta. 

« De tout segur soun esperit voulastrejo d'aquest 
« moutnen à nostc entour, e iéu vole clava ma dicho 
« per l'envoucacioun à l'amo de moun païs : 

« Amo de moun païs, 
« Tu que dardaies, manifésto 
« Dins nosto lengo e nosto gésto, 

« e que regouires di vièi papié de la coumuno ; — 

« rèire di nôbli famiho di Marqués di de Mount-Cocu, 
« di baroun de Sant-Cristôu ; — • àvi di lamiho pacano 
« mai libro, di Moundoun, dis Avias, di Ferrand, di 
« Farnous, di Gountié, di Mourau, di Françoun, di 
(' Barnié, di Mouret, etc., qu'avès espargna lou bèn de 
« vôstis enfiint, qu'avès crussi lou pan d'oustau e, 
« qu'en vivent vosto vido d'endependènci, avès man- 
« tengu lou drapelet di franquesso coumunalo, siéu 
« urous d'auboura eiçi un testimôni de recouneissènço 
(( à voste bon gouvèr : sièu countènt d'agué ta bada un 
« pau la lauso de voste cros, pèr-fin que d'autre vèn- 



- 36i - 

« gon un jour cerca dins vôstis eisèmple l'amour di 
« liberta civico ; pèr que nôstis enfant apréngon dins 
« vosto istôri à se manteni dins lou dre camin, apren- 
« gon à-n'apara li liherta soubeirano pèr lou bonur di 
« pople. » 

Trad uction française. 

« La devise constamment libres rappelle admira- 

« blement la vie de notre pays depuis des siècles et des 

« siècles. De cette devise, soyez orgueilleux, braves 

« habitants de Tulette, car elle déclare hautement que 

« nous ne nous inclinons que devant la loi et le droit. 

« Soit dit sans défier personne, maintenant que nous. 

« avons publié les documents et que nous faisons par- 

« 1er les pierres, nous pouvons dire comme l'illustre 

« héros de Mistral, Calendal, que nous sommes 

« humbles avec les humbles, mais plus fiers que les fiers, 

« Mais je suis peut-être trop long et vous en fais mes 
« excuses. Et cependant, il me semble qu'en pareille 
« journée, nous ne devons pas oublier les ancêtres qui 
« nous ont fait ce que nous sommes. Nous ne devons 
« pas oublier ces hommes qui gouvernèrent si bien, ces 
« consuls de notre petite république qui jadis ont main- 
ce tenu haut et ferme les droits de la Principauté. J'en 
« suis certain, leurs âmes, en ce moment, nous envi- 
« ronnent et je veux terminer en invoquant l'âme de 
« mon pays : 



— 3^2 — 

« Ame de mon pavs, 
« Toi qui rayonnes, manifeste 
« Dans notre langue et notre geste, 

« et qui animes les vieux documents municipaux, aïeux 
« des nobles familles des marquis de Mont-Coussou, des ' 
« barons de Saint-Christol, ancêtres des familles du 
« peuple aussi libres que les précédentes, Mondon, 
« Avias, Ferrand, Farnoux, Gontier, Moural, François, 
« Barnier, Mouret et tant d'autres qui ave/, créé les 
« réserves ancestrales de vos descendants, qui avez 
« mangé le pain de maison, qui, en vivant dé votre 
« vie pleine d'indépendance, ave/, maintenu le petit 
« drapeau des franchises communales, je suis heureux 
«• d'apporter ici l'expression de notre reconnaissance 
« pour votre bon gouvernement. Je suis content 
« d'avoir soulevé un peu la pierre de votre tombe, pour 
« que d'autres viennent un jour s'inspirer en 
« vos exemples, de l'amour du terroir. Pour que nos 
u fils apprennent, dans votre histoire, à marcher droit 
«( dans leur voie, pour qu'ils apprennent à maintenir 
« et à défendre les libertés souveraines sur lesquelles 
« repose le bonheur des peuples. » (Communication de 
« M. V. Lieutaud, à Volone, de qui nous tenons la 
« traduction ci-dessus.) 



— 3^3 — 
TOUT LE MONDE Y TRAVAILLE 

(Devise officielle.) 

ELBEUF 

Chet-lieu de canton, arrondissement de Rouen (Seine-Inférieure). 

ARMES : Parti : au i" d'or, à la croix de Lorraine de- 
gueules, supportant une vigne de sinople fruitée de pourpre et 
terrassée aussi de sinople; au 2^ d'argent, à la ruche de sable- 
environnée d'abeilles, semées, volant et montant du même. 

« Vers 1840, le maire d'Elbeuf, M. Mathieu Bour- 
« don, voulut avoir une vignette pour timbrer les 
« papiers de son administration. Il lui sembla que, pour 
« une ville vouée au travail incessant, la ruche était un 
« emblème tout à fait convenable ; mais comment le 
(f faire accepter sans contrôle par une population natu- 
« rellement un peu frondeuse ? En lui donnant pour 
« devise une sentence attribuée à l'homme de notre 
« siècle qui s'est fait dans le monde la renommée la 
« plus éclatante. On écrivit donc, en forme d'encadre- 
« ment orbiculaire, les paroles suivantes : La villt 
« d'Elbeuf est une ruche, tout le monde y travaille. Au 
« milieu, on dessina la ruche entourée d'abeilles et, au- 
« dessous, comme pour imiter les supports de l'écu 
« héraldique, on ajouta : Paroles de Bonaparte, i" con- 
« sul, le ) novembre 1802. 

« Cette création emblématique a obtenu le succès le 
« plus complet; depuis vingt ans qu'elle est unanime- 



— 3^4 — 

« ment acceptée, i-lle a bien acquis son droit de cité et 
« rien n'indique qu'elle ne doive le conserver longtemps. 

« Il est douteux pour nous, cependant, que les 
« paroles de la légende aient jamais été prononcées. 

« Nous n'en avons trouvé aucune trace dans le 
« procès-verbal fort détaillé du voyage du Premier 
« Consul dans la ville d'Elbeuf. » (A. Canel, Armoriai 
des villes et corporations delà Normandie. Paris^ 1863, 
in-8°. pp. 134 et suivantes.) 

Il y a une cinquantaine d'années, le blason de la ville 
d'Elbeuf fut renouvelé et complété ; il est maintenant 
conforme à la description héraldique donnée ci-dessus. 
Il est accompagné à dextre, c'est-à-dire du côté de la 
croix de Lorraine, de la devise : tali fulcimine, crescet 
ÇAvec un tel appui, elle grandira^, en souvenir des Lor- 
raine-Guise ; du côté de la ruche, on lit : tout le monde 
Y travaille en souvenir du Premier Consul. 

La devise : tali fulcimine, crescet était portée 
anciennement parla cité Elbeuviennne. « Cette légende 
« indiquait que la ville d'Elbeuf, qui, soutenue par la 
« puissante maison de Lorraine-Guise, venait d'être 
« décorée (en 15 81) du titre de duché-pairie, ne pou- 
« vait manquer, avec un tel appui, de voir, de jour en 
« jour sa fabrique croître, prospérer et s'enrichir. » 
(Guilmeth, Histoire d'Elbeuf, 1842, in-8°, p. 157.) 



- 365 - 
TRAVAIL. PAIX. LIBERTÉ 

(Devise officielle.) 

MONTATAIRE 

Commune du canton de Creil, arrondissement de Senlis (Oise). 

ARMES : ifainr, au mont au naturel sur lequel s'élève 
une tour d'argent accostée en chef de deux étoiles d'or ; une 
rivière d'argent coule devant le mont et passe sous un pont 
métallique de sable soutenu par deux piliers d'argent ; deux 
lions d'or, de grandes dimensions, émergeant dune Cham- 
pagne cousue de gueules, prennent pied : celui de dextre, sur 
une enclume d'argent, celui de senestre sur un marteau du 
même et, brochant sur ra::;jur, posent leurs pattes de devant, 
l'une sur la tour d'argent, l'autre sur les piliers du pont ; au 
centre de la Champagne, une lettre M d'or surmontée d'une 
étoile du même. 

Ces armoiries sont très modernes et composées sans 
aucune observation des règles lîéraldiques. 

La devise convient bien à une localité industrielle, 
dont la population spécialement ouvrière recherche la 
Paix et la Liberté par un Travail opiniâtre. 



— 366 — 
TRAVAIL. PROBITÉ 

(Devise officielle.) 

FOURMIES 

Commune du canton de Trélon, arrondissement d'Avesnes 
(Nord). 

ARMES : Bande d'or et de gueules de six pièces (Cha- 
noine Th. Leuridan), 

« Cette locaUté faisait partie de la terre et pairie 
« d'Avesnes dont nous lui donnons les armes. Vers 
« 1880, Fourmies ayant obtenu l'établissement d'un 
« bureau de conditionnement, s'est forgé des armes 
« très compliquées, mais n'ayant rien d'hérnldique et 
<( défiant toute description sérieuse. Nous en avons eu 
<( en main plusieurs exemplaires en couleurs ainsi que 
« le cachet de la mairie ; tous présentent de notables 
« différences. ' » 

Fourmies est devenu un grand centre industriel par 
ses nombreux tissages de laine et ses importantes fila- 
tures qui fournissent à Roubaix la majeure partie de 
leurs fils. 

La devise travail, probité, que la commune de 
Fourmies a adoptée est la même que celle de Roubaix, 
si ce n'est qu'elle est formulée en français, au lieu de 
l'être en latin. 



I. Chanoine Th. Leuridan, Annorùi] des covimuuesdu lUpartemeut 
<hi Nord. Lille, in-S", 1909, p. 25. 



- 36; - 
TRES A POURTA UN TÈULE 

{Trois hommes pour porter une tuile} 

(Devise officielle.) 

FOURRIÈRES 

Commune du canton de Saint-Maximin, arrondissement de 
Brignoles (Var). 

ARMES : cra:;^iir, à la pyramide d'argent maçonnée de 
sable, sur la hase de laquelle sont écrits ces deux mots : 
CAivs MARivs, l'un uu-dessus de l'autre en caractères de 
sable. La pyramide accostée en chef d'un P d'or, à dextre, et 
d'un S du même, à sencstre. 

« Allusion à l'arc de triompht, aujourd'hui détruit, 
<( élevé par ses troupes au fameux général romain 
« Marius sur le champ de bataille où il écrasa les 
<( Cimbres et les Teutons, premier essaim de la barbarie 
<( germanique dans le monde latin. On \ voyait Marius, 
« le vainqueur, élevé sur le pavois par trois légionnaires. 
« Les paysans provençaux avaient pris le bouclier 
« romain pour une tuile ! » (Note de M. V. Lieutaud, 
à Volone.) 

Honoré Bouche, dans son Histoire chronologique de 
Provence, 1664, deux vol. in-f", consacre un chapitre 
au Triomphe de Porrières, nous en extrayons ce pas- 
sage : 

'<■ trois personnages en relief soutenant un bou- 

« cher fait en forme de tuile et de là est venu le com- 



— 368 — 

« mun dire usité en Provence du triomphe de Porriéres 
« où ils sont trois à porter une tuile \ » Telle est l'origine 
de la devise : très a pourta un tèule. 



TRINA OSTIA, TRINA SVBVRBIA, 
TRINA CASTELLA 

ÇFrois portes, trois fauboiu\s;s, trois châteaux) 

(Devise officielle.) 

TREIGNAC 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Tulle (Corrèze). 

ARMES : d'argent, à trois bandes ondées de sable {Armo- 
riai général de d'Hozier). 

Bien que moderne, la devise adoptée par la munici- 
palité de Treignac est intéressante, car elle repose sur 
des données historiques que nous retrouvons dans 
l'histoire de Treignac -. 

Nous voyons, enefFet, que les épaisses murailles dont 
on entoura « l'étroit plateau abrité par la chaîne des 
« Monts du Limousin contré les vents du Nord et 
« facilement défendable », étaient percées de trois 
portes; les trois faubourgs étaient : i'' l'église paroissiale 
Saint-Martin, située dans un lieu d'un abord trop facile, 



1. Tome I", p. 424. 

2. Edouard Decoux-Lagoutte, Coujàence sur l'histone .ic j m- 
gnac. Tulle, 1910, pp. 22, 27 et 39. 



— 369 — 

où l'on se garda bien « d'y construire le château qui, 
« en cas de danger, devait abriter toute la population 
« contre l'ennemi » ; 2" le château bâti sur « un roc 
« presque inaccessible entouré de toutes parts, sauf sur 
« une étroite langue de terre, par la Vézère encaissée 
« et torrentueuse qui lui sert de fossé naturel » ; 3° l'en- 
ceinte njuraillée, percée de trois portes. « Voilà les trois 
« agglomérations qui peu à peu se sont réunies et 
« forment le Treignac actuel... » 

Quant aux trois châteaux nous les trouvons men- 
tionnés dans cette même Histoire : celui de Treignac, 
celui de Chamberet et peut-être celui de \^eix « qui fut 
« pillé et brûlé par les protestants, en 1564; il appar- 
« tenait à un fidèle catholique Barbance3-s ». 



TRIPLEX VICTORIA FLAMxMIS 

, {Triple victoire sur les flammes') 

(Devise officielle.) 

GRAY 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Saône). 

ARMES : Coupé : au z^"" d'azur, semé de billettes d'or, 
au lion naissant du même, armé et lampassé de gueules, 
qui est de Bourgogne-Comté ; au 2^ d'argent, à trois 
flammes au naturel (alias : de gueules, à trois flammes d'or). 

C'est une variante de la devise : ex triplici cinere, 

NO vus IGNIS. 

Les Devises des Villes de France. 24 



— 370 — 
TURRIS AVALONIS 

(Tiyur d'Avalkni) 

(Ancienne devise.) 

AVALLON 

Chef-lieu d'arrondissement (Yonne). 

ARMES : (fa^tir, à la tour d'argent, maçonnée de 
sable. 

M. Quantin ' cite, comme variante de : esto nobis, 
DOMINE, TURRIS FORTiTUDiNis, l'empreinte conservée aux 
Archives du département, fond des Doctrinaires, et 
apposée en noir de fumée, à l'aide d'un cachet, en 
1701, dans laquelle l'exergue est réduite à ces mots : 
TURRIS AVALONIS. (A. Dey, Armoriai historique de r Yonne, 
1860, p. 149.) 



TURRIS, CIVITAS VENTII 

{Tour, cité de Vence) 

(Devise officielle.) 

VENCE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Grasse 
(Alpes-Maritimes). 

ARMES : d'ainr, à la tour crénelée de cinq pièces d'ar- 
gent, maçonnée de sable. 

1. Les armoiries des principales villes du département de V Yonne, 
j8s8. 



— 371 — 

Vence aurait, dit-on, remplacé l'antique Ventium 
capitale des Nerusii, peuple gaulois. 

Les débris d'une tour de l'époque gallo-romaine 
militent en faveur de cette assertion et ont, très pro- 
bablement, donné lieu à la devise ci-dessus. 



TURRIS FORTISSIMA 

{Tour lit plus forte) 

(Devise officielle.) 

TOURNON 

Chef-lieu d'arrondissement (Ardèche). 

ARMES : d'a:(_ur, à trois tours crénelées d'argent, 
maçonnées de sable. 

Cette devise fait allusion à la tour du blason et au 
nom de la ville. 



TVRRIS FORTISSIMA VIRTVS 

(Z-rt valeur est la meilleure forteresse) 

(Devise officielle.) 

TURRIÈS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Sisteron (Basses- Alpes). 

ARMES : d'azur, à la tour d'or couverte en pavillon, 
maçonnée, ouverte et ajourée de sable. 

« Les armes de cette commune sont parlantes, et 



— 372 — 

« rappellent une ancienne tour construite sur une 
« hauteur qui domine le village, et dont il reste encore 
« les fondations '. » 

La devise foit allusion à la tour du blason. 



TVTA MANET IN PELAGO, 
DAMNOa\'E FIT TVTIOR 

(f/Zr demeure eu sécurité sur lu nier, et 
Fest plus encore clans l adversité') 

(Devise officielle . ) 

MARTIGUES 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Aix 
(Bouclies-du-Rhône) . 

ARMES : de gueules, à la tour d'argent {cest la tour 
de Vîle Saint-Geniês), maçonnée de sable, accostée de deux- 
clefs du même, posées en pal et adossées (^Jonquiéres et Fer- 
rières). 

Voici un extrait du tome II de la Statistique du dépar- 
tement des Boiiches-du-Rhônc, par le comte de Villeneuve, 
ancien préfet du département, où il est question des 
armoiries et de la devise de la ville de Martigues : 

a En 1564, Charles IX étant venu en Provence, 



I. L. de Bresc, Aniioiiat dt-s Codiviuius de Pioience. /.or. cit. 
p. 292. 



— 373 — 

voulut voir les villes de Martigues '. Il y arriva le 
14 novembre vers le soir et il y reçut les députations 
des trois villes et des trois paroisses. Le lendemain, il 
se promena en bateau sur les étangs, et partit, après 
avoir accepté un dîner dans le château de l'Ile. Dans les 
conférences qui eurent lieu avec les notables du pays, le 
roi fit entendre qu'il verrait avec plaisir la réunion des 
trois villes en une seule communauté. Ce projet, dicté 
par la raison et les convenances, ne put avoir lieu que 
le 21 avril 1581. L'acte d'union fut dressé dans l'église 
paroissiale de Ferrières entre les consuls et les habitan ts 
des trois communautés, sous la présidence du prince 
Henri d'Angoulème, grand prieur, amiral de France et 
gouverneur de Provence, assisté de M. de Coriolis, pré- 
sident au Parlement. 

L'article i*' porte : Les dites trois communautés seront 
réunies en un seul corps de ville appelé et institué d'hors en 
avant Ville de Martjgues, composée des quartiers de 
risle, Jonquières et Ferrières. Les principales dispositions 
des autres articles sont qu'il y aura trois consuls, un de 
chaque quartier, et que la préséance sera donnée au 
plus âgé. La bannière de la ville de Martigues se forma 

I. « Ces villes, à cette époque, étaient au nombre de trois : Jon- 
quières, l'Ile et Ferrières. Elles étaient toutes les trois munies de rem- 
parts et souvent en guerre. La bannière de Jonquières était rouge, 
celle de l'Ile, blanche ,et celle de Ferrières, bleue. Leur réunion forma 
notre drapeau national actuel. Il existe à ce sujet une très jolie 
légende qui explique par quel enchaînement de circonstances on vit 
flotter tout à coup sur les murs désemparés de la Bastille, dans la 
journée du 14 juillet 1789, les trois couleurs Martigales. » 



— 374 — 

Je la réunion des bannières des trois quartiers et porta 
les trois couleurs. Les armes furent : de gueules, à la tour 
d'argent maçonna de sable (c'est la tour de l'île Saint - 
Génies), accosta de deux clefs du même, posées en pal et 
adossées (Jonquières et Ferrières), avec la devise : tvta 

MANET IN PELAGO, DAMNOaVE FIT TVTIOR. >' 



TVTA MONTIBVS ET FLVVIIS 

{Protégée par les montagnes et les fleuves) 

(Devise officielle.) 

SISTERON 

Chef-lieu d'arrondissement (Basses-Alpes). 
ARMES : de gueules, à un grand S d'or, couronné du 




même, accompagné de deux fleurs de lys d'or posées une à 
chaguc flanc et en pou i te de deux annelcts du même. 



— 375 — 

Ce blason figure sous le n" 102 dans VArnwrial de la 
Sénéchaussée de Sisterou publié par M. Saint-Marcel 
Eysseric, de Sisteron. 

La devise : tuta montibus et fluviis figure, depuis 
quelques années, sur la tour reconstruite de l'horloge 
publique. Cette devise a été relevée sur la couverture de 
divers registres (xvii^ siècle) des archives de la ville ; 
elle est justifiée par la topographie de la cité placée 
entre trois montagnes qui la dominent à l'Est et à 
l'Ouest et au confluent de deux rivières. 



TUTENTUR LILIA TURRES 

(jQtie les tours soulietment les lys^ 

(Ancienne devise.) 

CHAUNY 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Laon (Aisne). 

ARMES : aa::;^ur, semé de fleurs de lys d'or, à trois tours 
du tmme, 7naçonnées et ajourées de sable. 

La devise peut être considérée comme ayant été 
celle delà ville de Chauny, car elle a trait, non seulement 
aux fleurs de lys et aux tours du blason, mais surtout 
aux loyaux services rendus à la royauté par les habi- 
tants de Chauny. « L'abbaye de Saint-Eloy-Fontaine 
(f (Commenchon) avait adopté les armes de Chauny : 
«. trois tours entourées de fleurs de lys d'or sans 
« nombre, avec cette devise : tutentur lilia turres. » 
(Lettre de M. Poissonnier, de Chauny, 1895.) 



- 376 - 
TUTUS IN ARCE VIGIL 

(^Gardien sûr dans la forteresse) 
(Devise officielle.) 

CHATEAURENARD 

Chet'-licu (.ic canton, arrondissement d'Arles (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d'ainr, au château à quatre, tours (alias. 
trois^ d'argent, sur un tertre de gueules et surmonté d'un 
renard passant au naturel. 

La devise contient une allusion évidente au château 
qui domine tous les alentours à dix lieues et d'où, en 
effet, il était possible de veiller en sécurité, comme dans 
\in& forteresse. On voit encore, à Chateaurenard, deux 
tours, reste de ce château des comtes de Provence. 



UN DIEU, UN ROY, UNE FOY, 
UNE LOY 

(Ancienne devise.) 

CAEN 

Chei-lieu du département du Calvados. 

ARMES : de gueules, à la tour crénelée de sept pièces, 
donjonnée d'une tourelle crénelée de cinq pièces, d'argent, 
ouverte, ajourée et maçonnée de sable. 

La ville de Caen n'a pas de devise ; elle en eut cepen- 
dant une rapportée ci-dessus. 



— 377 — 

L'historien normand Charles de Bourgueville, sieur 
de Bras, la cite dans ses Recherches et Anliqnite^ de la 
proi'ince de Neiistrie, Caen, 1588. 

Canel la rapporte dans son Armoriai des villes et 
corporations de la Normandie (Caen, 1863, in-8°), il 
prétend qu'elle ne devait pas être antérieure aux guerres 
de religion. Elle figurait, lors de l'entrée de Henri IV 
à Caen, en 1603, sur lesécussons aux armes de la ville 
et aussi en exergue autour de l'horloge de la maison 
commune. Lors du passage de Louis XIII, en 1620, 
cette devise de l'horloge avait été restaurée et on avait 
supprimé Une foy ; elle en aurait été enlevée en 
1645, suivant Trébutien qui cite, à ce propos, une note 
de l'auteur anonyme d'un journal manuscrit conservé à 
la Bibliothèque de la ville de Caen. 

« Malgré l'allégation de Canel, il est à supposer que 
cette devise était adoptée bien avant les guerres de reli- 
gion et que, déjà, elle était gravée autour du cadran de 
l'horloge puisque les Macé, les célèbres imprimeurs 
Gaennais, établis, dès le commencement du xvi^ siècle, 
sur le Pont Saint-Pierre et par conséquent près de 
l'Hôtel de Ville, l'avaient empruntée pour l'inscrire 
autour de leur marque. » 

(Notes de M. Abel Decauville-Lachènée, conserva- 
teur-adjoint de la Bibliothèque de la ville de Caen, 
1896.) 



- 378- 
VNDIQVE NOS TVERE 

{Prolége:{-nous de tous côtés) 

(Ancienne devise.) 

LURE 

Chef-lieu d'arrondissement (Haute-Saône). 

ARMES : d'aiHf. au soleil d'or. 
Cette devise se voit sur des sceaux des xvii" et 
xviii^ siècles; elle se rapporte au soleil d\i blason. 



UNDIQUE ROBUR 

(Force de tous côtés) 

(Devise officielle.) 

SEDAN 

Chef-lieu d'arrondissement (Ardennes). 

ARMES : d'argent, au chêne de sinople terrassé du même 
€t fruité d'or, au sanglier passant de sable, armé d'argent^ 
h boutoir de gueules. 

Ces armoiries ont été conférées par Jean de La Marck, 
seigneur souverain de Sedan ; la devise de cette ville 
était alors : N'a qui veut La Marck (devise de la maison 
de La Marck). 

Le mariage de Charlotte de La Marck, dernière de 
cette famille, fit passer la seigneurie dans la maison de 
La Tour d'Auvergne. Henri de La Tour, père de 



— 379 — 

Turenne, substitua à l'ancienne devise française la 
devise latine : undio.ue robur 

Cette allusion à la force militaire de la place (bien 
ironique en 1870), était une réalité incontestable an 
commencement du xvii^ siècle. (Note de M. A. Philip- 
poteaux, avocat de Sedan, 1896.) 

La devise pourrait aussi se rapporter aux pièces du 
blason. 

« Le chêne qui figure dans les armoiries, dit Lapaix ', 
« rappelle, sans doute, les vastes forêts des Ardennes 
« qui, du temps de César, s'étendaient jusqu'au Rhin; 
« quant a\i sanglier il fait probablement allusion au 
« caractère chevaleresque de Robert II de La Marck, 
« surnommé le Grand sanglier des Ardennes, qui fut 
« tué au siège d'Ivoy. » 



UNDIS ET ARENA 

(^Par les eaux et le sable) 

(Devise officielle.) 

BERCK 

Commune de rarrondissement de Montreuil-sur-Mer 
(Pas-de-Calais). 

ARMES : d'a:^ur, à V ancre d'or m pal, trabée du même . 
accostée de deux poissons adossés d'argent. 

I. Annorial des filles, Boutons et Villages de la Lorraine^ du Bari:ots 
et des Trois- Evéchés. Loc. cit., p. 239. 



— 380 — 

La devise s'explique parla position de la ville qui a 
tiré sa prospérité de sa plage. 



UNGUIBUSET ROSTRO 

(^A bec el à î^riffes) 

(Devise officielle.) 

AVIGNON 

Chef-lieu du département de Vaucluse. 

k^MES : de gueules, à trois clefs (for, posées en fasce, 
Supports: deux gerfauts . 

Comme Arles, cette ville non moins antique et encore 
plus fameuse par les soixante-dix ans de séjour de la 
papauté dans ses murs, a eu plusieurs devises successives 
faisant toutes allusion au gerfaut qui figurait dans ses 
armes et en a été expulsé par les clefs papales mais con- 
servé comme support. 

GiRFALCus (Gerfaut) sur une bulle de 1189'. 

AauiLA (Aigle) sur une bulle de 1224-. 

Il n'y a aucune différence graphique pour l'oiseau qui 
occupe le champ de la bulle, si ce n'est que le gerfaut 
a la tête tournée à droite et l'aigle à gauche. 

UNGUiBUS ET ROSTRO, devise actuelle et officielle. 



T. L. Blancard, Iconoe;raphie des sceaux et bulles conservés aux 
archives déparlemenialesdesBouches-du-Rhône. Marseille, 1860, in-4", 
pi. 29, no 2, 2e édit., pi. 57, no i. 

2. L. Blancard, Ibid. 



- 38i - 

A BEC ET A GRIFFES, traductioii en langue française, 
parfois mais rarement usitée. (Note de M. Lieutaud, à 
Volone.) 




^ .v^**^" 



Nous reproduisons, ci-dessus, les armes d'Avignon 
surmontées de la devise, d'après une reliure du 
xviii'^ siècle. 



La devise de l'Académie de Vaucluse, séant à Avignon, 
fondée en l'an IX, est : Miisis, artibus, arvis. (Henri 
Jadart, Sceaux, cinhlcmcs et devises des Sociétés savantes 
de France. Loc. cit.) 



— 382 — 
UNGUIBUS ET ROSTRO 

{J bec et à griffes) 

(Devise officielle.) 

VALENCE 

Chef-lieu du département de la Drôme. 

ARMES : de gueules, à la croix d'argent chargée en cœiir 
d'une tour d'azur. Supports : deux griffons. 

La devise se rapporte aux deux griffons servant de 
supports au blason. 



UNITAS, FORTITUDO 

{Union, force) 

(Devise officielle.) 

MONTEUX 

Coninnme du canton et de l'arrondissement de Carpentras 
(Vaucluse). 

ARMES : de gueules, au château à trois tours, celle du 
milieu plus élevée que les deux autres, le tout d'argent et 
maçonné de sable, accompagné de trois tiges de jonc de 
sinople mouvantes de la pointe. 

La devise a pour corps les trois tiges de jonc du bla- 
son. Les brindilles de jonc trouvent, en effet, \^\xx force 
dans leur union. 

Cette devise symbolique correspond à celle du 
royaume de Belgique ; L'union fait la force, dont le 
sens est apprécié de tous. 



- 383 - 

UNITAS FORTITUDO, DISSENTIO 
FRAGILITAS 

( Unité est force, discorde est fragilité) 

(Devise officielle.) 

CARPENTRAS 

Chef-lieu d'arrondissement (Vaucluse). 

ARMES : de gueules, an mors d'argent . 

« D'après la légende, ce mors de cheval avait été 
« formé avec un clou de la passion, par les ordres de la 
« princesse Hélène, pour le cheval de l'empereur 
« Constantin, afin de rendre celui-ci invulnérable dans 
« les batailles. » (Voir, dans le Dictionnaire géographique 
d'Expilly, au mot : Carpentras, comment cette relique 
a pu arriver dans cette ville.) 

« L'écu est accompagné de la devise : unitas forti- 

TUDO, DISSENTIO FRAGILITAS. M 

« On remarquera que cette devise n'a aucun rap- 
« port avec le mors de cheval. Cela vient de ce que, 
« primitivement, la ville avait dans ses armes un fais- 
« ceau de verges, semblable au faisceau des licteurs 
« romains, moins la hache, et, dès lors, la devise 
« qui s'enroulait autour de Técusson se comprenait très 
» bien. Lorsque, plus tard, on changea le meuble de 
« l'écu, on conserva la devise, à cause de l'idée génè- 
« reuse qu'elle contenait. » 

(Note de M. Barrés, ancien bibliothécaire de la ville 
de Carpentras, 1896.) 



- 3«4 - 

URBI NON SUFFICIT ORBIS 

(^Vanneau ne suffit pas à la ville) 

(Devise non portée.) 

CHALON-SUR-SAÔNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Saône-et-Loire). 

ARMES : d'azur, à trois amielets d'or; à la Champagne 
nvisne de gueules, chargée de V étoile de la Légion d'Honneur. 

La décoration fut ajoutée aux armes de la Ville par 
décret impérial du 22 mai 181 5, confirmé par lettres 
patentes du roi Louis-Philippe, en date du 6 septembre 
1831'. 

Cette devise, proposée au xvii^ siècle, ne fut jamais 
portée par la ville. Elle se rapporte aux annelets du bla- 
son, mais quel est son véritable sens ? 

On peut y voir un jeu de mots sur orbis qui signifie 
il la fois anneau, monde, univers ; toutefois, nous aimons 
à penser qu'elle dissimule une allusion de quelque por- 
tée, laquelle un jour ou l'autre, sera déterminée. 

Quant aux trois annelets que les villes de Chalon et 
de Mâcon portent comme armoiries, ne doit-on pas en 
rechercher l'origine dans les monnaies féodales du duché 
de Bourgogne ? 

Nous relevons, en effet, dans le Traite de mimisma- 
tiquc du moyen âge d'Engel et Serrure, Paris, 1894, ^- ^^' 

I. Cf. {Henri Tausin, Les Villes décorées de la Légion d'honiieiii. 
Loc. cil . , p. 5 à 9. 



- 385 - 

p. 469, un denier d'Eudes II (1142-1162) portant au 
revers une croix dont « trois des bras ont leur extré- 
« mité ornée de trois globules ou d'un annelet ». Pen- 
dant les premières années de Hugues 111(1163-1193), 
les deniers bourguignons présentent un dispositif nou- 
veau : « les trois lettres du titre ducal placées dans le 
« champ en triangle et alternées d'annehts. » 

E. Caron ' signale un écu de Philippe le Bon, duc de 
Bourgogne (1396-1467) portant au revers « une croix 
« avec trois anueJeîs à chaque extrémité ». 

Nous livrons ces quelques indications à la perspica- 
cité des érudits bourguignons, elles leur permettront 
peut-être d'élucider un point historique intéressant. 



La devise de la Société d'histoire et d'archéologie de 
Chalon-sur-Saône, fondée en 1834, est : Servaye. Nar- 
rare. (Henri Jadart, Sceaux, emblèmes et devises des Socié- 
tés savantes de France. Loc. cit.) 



VRBIS ET ORBIS HONOS 

{Honneur de la ville et du inonde) 

(Devise officielle.) 

BEAUNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Côte-d'Or). 
ARMES : d'azur, à la Notre-Dame d'argent tenant de la 

1. Monnaies féodales françaises. Paris, 1882-1884, p. 333. 
Les Devises ues Villes de Franxe. 2; 



— }S6 — 

main ckxtrc un pampre de simple avec son raisin de sable, et 
portant sur le bras senestrc l'Enfant Jésus qui tient sur 
sa main dextre un monde d'or sommé d'une croix du même ; 
les têtes auréolées d'or, la robe frangée du même. 

« La devise ci-dessus s'applique à la Vierge mère 
« figurant dans les armoiries de la Ville. L'ancienne 
« devise était : causa nostr.h l.£TITLï (Cause 'de 
« notre joie). 

« Quelques moqueurs ayant prétendu que celle-ci 
« se rapportait moins à la Vierge qu'à la grappe de rai- 
« sin qu'elle tenait d'une main, on se décida à la 
« modifier. 

(( Le guidon ou drapeau des Arquebusiers de 
« Beaune portait, d'un côté, la déesse Bellone, avec 
« l'inscription : auspice belloxa, bibracte anti- 
« QUA YiGEBAT {sous l'auspice de Bellone, l'antique 
« Bibracte florissait) ; de l'autre côté, la Vierge mère et 
« cette devise : victa triumphanti cessit bellona 
« MARLï {Bellone vaincue a cédé à Marie triomphante). 
« Quelques lignes d'explication sont nécessaires : 

« 1° Aux xvr et xvir* siècles, plusieurs écrivains 
« croyaient (bien à tort) que Beaune était la Bribacte 
« des Commentaires. 

« 2" A l'érection de la commune, en 1203, Beaune 
« avait gravé sur son grand sceau la figure casquée de 
(c Bellone. Cet emblème rappelait le nom de Belisana, 
« divinité gauloise romanisée en Bellona (il existe 
« encore, près de la Ville, le clos des Bc Fixants où l'on 



:)*^/ 



« a trouvé des antiquités du Haut-Empire). Le nom 
« primitif de Beaune et de sa rivière est donc Belisana, 
« contracté d'abord en BeJina, puis en BeJna. (Note de 
Ch. Bigame, de Beaune, 1896.) 



URBIS PALLADIUM ET GENTIS 

(Palladinui de la ville et de la nation) 

(Devise officielle.) 

PAU 

Chef-lieu du département des Basses-Pyrénées. 

ARMES : d'a:{ur, à la barrière de trois pals au pied fiché 
if argent, sommée d'un paon rouant d'or, et accompagnée en 
pointe et intérieurement de deux vaches aussi d'or affrontées 
et couronnà's du même; au chef d'or, chargé d'une écaille de 
tortue au naturel, surmontée d'une couronne d'a~ur rehaussée 
ci' or et accompagnée à dextre d'un H et à senestredu chiffre IV. 
Ces armoiries ont été accordées à la ville par lettres 
patentes du 30 juin 1829. 

Les anciennes armoiries concédées, en 1482, par 
François-Phœbus, roi de Navarre, étaient : d'argent, à 
trois pals de gueules, au paon rouant d'a:^ur perché sur le 
milieu. 

C'étaient des armoiries parlantes, car Pau en béarnais 
signifie paon. 

L'écaille de tortue qui figure dans les armoiries de 
Pau et que désigne la devise par le mot palladium y 



— 388 — 

est en souvenir de celle qui servit de berceau à Henri IV 
et qui est encore conservée au château de Pau. Celle-ci 
fut providentiellement sauvée en 1793, lorsque des éner- 
gumènes, sous le prétexte de détruire les vestiges de la 
tyrannie, brûlèrent une foule de vieux souvenirs et de 
meubles contenus dans le château. 

L' écaille-berceau fut dérobée, au péril de sa vie, par 
Lamaiguère, surnommé Lajeunesse, concierge ou ser- 
gent du château, qui lui substitua une autre écaille pro- 
venant du cabinet d'histoire naturelle de Monsieur de 
Beaurepaire. La véritable écaille demeura cachée pen- 
dant plus de vingt ans chez le menuisier Saffores, rue 
Facture, à Pau, qui affronta mille dangers pour la con- 
server. 

En 1814, sur la demande du Conseil municipal de 
Pau, cette écaille fut rendue au château. (Note de 
M. Gaston du Breuille, de Pau, 1896.) 



VRBS ANTIQVA, CONDATE 

{Condate, ville antique) 

(Appellation ol'ticielle.) 

MONTEREAU-FAUT-YONNE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Fontainebleau 
(Seine-et-Marne). 

ARMES: (ra:{ur, à trois tours (f argent ; au chef cousu 
de gueules, à trois fleurs de lys d\>r. 



- 389 — 

Bien que l'inscription qui surmonte le blason de 
cette ville soit une dénomination et non une devise, 
nous avons cru utile de la mentionner. 

(.< Montereau qui est situé à l'endroit où l'Yonne 
« faut », c'est-à-dire manque (se perd dans la Seine) 
« fut, d'abord, un des nombreux Condate (confluents) de 
« l'époque gallo-romaine et dut, au vi^ siècle, son nom 
<^ nouveau, Monaslerioluni , àun prieurédevenu plus tard 
« collégiale. Cette ville fut néanmoins avant tout une ville 
« féodale, dès la fondation d'un château par les comtes 
« de Sens au xi^ siècle, et, plus tard, une place forte entre 
« l'Ile-de-France, la Champagne et la Bourgogne, » 
(P. Joanne, Dictionnaire géographique de la France. Loc. 
cit.) 



URBS ANTIQUA SENONUM, NULLA 
EXPUGNABILIS ARTE 

(Ville antique des Sénonais, dont ne peut triompher 
aucun artifice) 

(Ancienne devise.) 

SENS 

Chef-lieu d'arrondissement (Yonne) . 

ARMES : d'aT^ur, à la tour d'arge?it maçonna de sable 
accompagnée de six fleurs de lys d'or, trois en chef, une en 
pointe et deux en flancs. 



— 390 — 

Cette devise est relevée sur une médaille frappée par 
les ligueurs de Sens; elle figurait aussi, autrefois, sur la 
porte Notre-Dame de cette ville (A. Dey, Armoriai bis- 
tmquede V Yonne ^ 1863, p. 107.) 

Tisserand ' dit : « cette devise paraît faire allusion au 
« siège que cette ville soutint contre Henri IV, qui fut 
« deux fois repoussé de devant ses murs parles ligueurs. 
« Nous pensons, avec M. Quantin, archiviste du dépar- 
« tement de l'Yonne, que c'est une simple devise de 
« circonstance. Elle se trouve parfois formulée en ces 
« termes: fidelis et * inexpugnabilis arte (Fidèle et 
« inexpugnable). La devise permanente est : urbs anti- 

« Q.UA SENONUM. » 

D'autre part M. A. Morin de Champrousse, biblio- 
thécaire delà ville de Sens, nous écrivait, en 1896: 
« Quant à la devise : urbs antiqua senonum, nulla 
« EXPUGNABILIS arte, comment l'expliquer. Sens ayant 
« été tant de fois prise et reprise ? » 

i.Les armoiries de la Ville de Pari<;. Loc. cit. Chapitre : Devises. 
p. 167 et suivantes. 



— 391 — 

URBS ARELATENSIS EST HOSTIBVS 
HOSTIS ET ENSIS 

ÇLii ville if Arles est pour f ennemi une ennemie et une épêè) 

(Ancienne devise.) 

ARLES 

Chef-lieu d'arrondissement (Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d'a:iur, an lion assis ifor, regardant de face, 
tenant de la patte dextre lei'ée un labarum aussi d'or. 

Ancienne devise citée par Ciesar de Nostradamus dans 
son Histoire et chronique de Proi'ence. Lyon, 1614, in-f°, 
p. 189. Elle figure sur la bulle municipale de 1221 \ 

Voyez : ab ira leoxis. 



URBS FLORIDA 

{Ville cmailUe de fleurs^ 

(Devise officielle.) 

MANOSQUE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Forcalquier (Basses-Alpes). 

ARMES : Ecartelc : d'azur et de gueules à quatre mains 
appautnees d'argent. 

« D'après Achard, Géog. de Provence, II, 22, cette 
« devise fut prise en souvenir de la reine Jeanne qui, 

I. L. Blancard, Iconographie des sceaux et huiles conservés aux 
archives départementales des Bouches-du-Rhone. Loc. cit.. Texte, p. 72, 
73, pi. 28,n«> 281 . 



— 392 — 

« passant à M^'^nosque au moment où les amandiers 
« en très grand nombre étaient en fleurs, appela cette 
« ville Manosque la fleurie ' . 
Voyez : omnia in manu dei sunt. 



URBS NESCIA VINCI 

ÇFille qui ignore la défaite^ 

(Devise officielle.) 

PÉRONNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Somme). 

ARMES : d'argent, à la lettre P gothique d'or, couronnée 
du même et accompagnée de trois fleurs de lys d'or, deux en 
chef et une en pointe. 

Par lettres patentes datées de Chantilly en 1537, Fran- 
çois I*"" accorda aux bourgeois de Péronne l'autorisation 
de placer une couronne d'or au-dessus du P gothique 
qui figurait dans leurs armoiries, dont le champ était 
semé de fleurs de lys d'or. 

En août 1536, la ville de Péronne soutint un siège 
remarquable contre les troupes de Charles-Quint com- 
mandées par les comtes de Nassau et de Rœux, qui 
croyaient s'emparer, sans difficulté, de cettte place, 
unique obstacle jusqu'à Paris alors dépourvu de moyens 
de résistance. Leurs prévisions furent déçues; la ville 

I. De Bresc. Armoriai des coiiimuucsde Provence. Loc.cit.. p. i6r 



— 393 — 

résisca et, après une lutte terrible, les Impériaux se reti- 
rèrent dans la nuit du 8 septembre . 

« Ce siège mémorable fut longtemps l'entretien de la 
« France entière ! » 

La reconnaissance témoignée par le roi François I" 
à la ville et à ses défenseurs fut sans bornes. Chacun eut 
sa part de récompenses et la ville reçut pour devise : 
URBSNESCiA viN'ci, en même temps que des privilèges 
considérables pour les habitants. 



URBS PIA, PRISCA, FIDELIS 

(J^ille pieuse, antique, fidèle) 

(Ancienne devise.) 

TOUL 

Chef-lieu d'arrondissement (Meurthe-et-Moselle). 

ARMES : de gueules du T (ou Tau) fieuronné d'or. 

Cette ancienne devise est gravée sur le fronton du 
bâtiment central de l'hôtel de ville : elle est très justi- 
fiée. La cité est antique, puisque, avant la conquête 
romaine, elle était la capitale du pays des Leukes, peuple 
adroit et belliqueux et dont les Romains appréciaient 
la valeur. Elle peut être dite : pieuse attendu qu'elle était 
le siège d'un évêché justement célèbre par la remar- 
quable suite de prélats qui occupèrent son siège épisco- 



— 394 — 

palet dont le nombre s'élève à 91, y compris Saint- 
Mansuy, premier apôtre de Leukes'. 

En 1870, la ville de Toul a montré qu'elle était tou- 
jours digne d'être nommée : fidèle ; son héroïsme lui ayant 
valu l'honneur d'un décret du Gouvernement de la 
défense nationale dans lequel il est dit : T.011I a bien 
mérité de la Patrie. 



URBS REGULA DUCATUS AQUITANI^ 

(Régula ville du duché d'Aquitaine) 

(Devise officielle.) 

LA RÉOLE 

Chef-lieu d'arrondissement (Gironde). 

ARMES : d'azur, à la porte de ville flanquée de deux 
grosses tours et sommée de deux autres tours, le tout d'ar- 
gent, maçonnée de sable et surmontée de trois fleurs de lys d'or. 
Ces fleurs de lys qui sont aujourd'hui supprimées, 
avaient été accordées par Charles VII, en 1453 ; mais on 
ignore à quel souverain et à quelle époque on doit 
reporter la concession des armes primitives. Par lettres 
patentes du 3 avril 1824, Louis XVIII avait confirmé 
ces armoiries. 

La Réole doit son origine au monastère de Squirs 
fondé au vii^ ou au viii^ siècle et réformé en 1004 par 

I. Cf. G. Lapaix, Armoriai des Villes, Bourgs et Villages de la 
Lorraine, du Bar rois et des Trois-Evèchès. Loc. cit., p. 25 5 61254. 



— ^95 — 

Abbon, abbé de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire) qui, 
au moment où il introduisait dans ce monastère la règle 
de saint Benoît, fut tué dans une rixe entre ses gens 
et les habitants de la ville naissante. 

L'abbaye prit dès lors le nom de Régula « la Règle », 
d'où le nom actuel. Les habitants sont appelés Régulais 
ou Réolais. (Paul Joanne, Dictionnaire géographique et 
administratif de la France.^ 



URIT ET ALIT 

(// brûle et alimente^ 

(Devise officielle.) 

ANZIN 

Commune du canton et de l'arrondissement de Valenciennes 
(Nord). 

ARMES : d'or, à la bande de sable veinée d'argent (^repré- 
sentant une coupe de terrain houiller^; an chef soudé d'argent y 
à trois foyers ardents de gueules rangés en fasce. 

Ces armes bien appropriées au remarquable centre 
minier qu'est Anzin furent conçues en 1874, alors qu'on 
terminait la maison communale et qu'on voulait les 
faire figurer sur le couronnement du cadran de l'horloge. 

Mais, au point de vue héraldique, ce blason est des 
plus incorrects, au point de vue historique on pouvait 
trouver mieux; du reste, M. le chanoine Th. Leuridan ' 

I. Armoriai des Communes du département du Nord. Lille, 1909^ 
in-8», p. 168. 



— 39^^ — 

donne pour armes à la commune d'Anzin celles de l'ab- 
baye d'Hasnon, à laquelle Charles le Chauve avait 
octroyé le territoire presque complet d'Anzin. Elles sont: 
iic sable, à quatre clefs d'arqent, mises en pal, 2 et 2, le 
panneton en haut et à dextre. 

Quant à la devise : urit et alit, elle convient on ne 
peut mieuK à cette localité qui doit son importance et 
sa vitalité aux puissantes mines de houilles exploitées 
depuis 1707 et concédées plus tard à la Compagnie 
d'Anzin. 

Cette devise a vu le jour à la même époque que le 
blason, dont nous donnons plus haut la description, 
elle est empruntée au poème latin de J.-B. Rousseau sur 
le soleil. 



USSAU E BEARN 
VIVA LA VACA 

(Devise officielle.) 

EAUX-BONNES 

Commune du canton de Laruns, arrondissemen d'Oloron 
(Basses-Pyrénées) . 

ARMES : d'a:^nr, an fontean (hêtre) de sinople terrassé 
d'argent séparant un ours de sable à dextre et un taureau de 
gueules à senestre combattant et accosté de deux fleurs de lys 
d\w. 

« La commune des Eaux-Bonnes fut créée le 29 mai 



— 397 — 

« i86i, par la réunion d'Aas-en-Ossau et d'Assouste ; 
« elle tire son nom des sources minérales qu'on appe- 
« lait, au xvi^ siècle. Eaux d'Arquebusades\ » 

Cette nouvelle commune adopta, sans plus de formes, 
les armoiries et la devise de la Vallée d'Ossau, dans 
laquelle elle est située. 

« Ces armoiries datent du xyii*^ siècle ; ce sont des 
« armes parlantes. L'ours et le hêtre évoquent le nom 
« latin d'Ossau : Ursi salins, forêt fréquentée par les 
« ours. 

« Le taureau rappelle la vache de Béarn, animal 
« emblématique qui personnifie le peuple béarnais voué 
« de tout temps à la profession pastorale. 

« La devise béarnaise qui se prononce : Oiissaou et 
M Bear, bibc la baque, c'est-à-dire : Ossau et Béarn, vive la 
« vache (béarnaise^, est l'ancien cri de guerre des Ossa- 
« lois. » (Note de M. Lorber, archiviste du départe- 
ment des Basses-Pyrénées.) 

I. Paul Raymond, Dictionnaire topographique du département des 
Basses-Pyrénées. Paris, 1863, p. 57. 



- 398 - 

USSAU E BEARN 
VIVA LA VACA 

(Devise officielle.) 
BIELLE 

Commune du canton de Laruns, arrondissement d'Oloron 
(Basses-Pyrénées) . 

ARMES : Celles de la Vallée d'Ossaii. 

Bielle, à l'exemple de la commune des Eaux-Bonnes, 
adopta les armoiries et la devise de la vallée d'Ossau, 
dans laquelle elle est située. 

Voir l'article : Eaux-Bonnes. 



UTINAM! 

{Plaise à Dieu /) 

(Devise officielle.) 

BESANÇON 

Chef-lieu du département du Doubs. 

ARMES : d'or, à l'aigle de sable lampassée de gueules, 
soutenant de ses serres deux colonnes de gueules, mises en pal. 

Les armoiries de la ville de Besançon ont subi des 
variantes. Jusqu'au xV' siècle, la cité porta : d\v, à l'aigle 
de sable; Charles Quint y ajouta les deux colonnes que 
l'aigle soutient de ses serres, avec la devise : pleut a 

DIEU ! (ou VTINAM !). 

En 1815, par lettres patentes du 18 novembre, l'ancien 



— 399 — 

écu fut maintenu, mais à la devise : utinam, on substi- 
tua celle-ci : deo et cesari i-idelis perpetuo ' . 

L'emploi de cette dernière devise fut de courte durée, 
l'uTiNAM n'ayant pas tardé à être repris. 

Nous avons aussi relevé cette autre devise : stabunt ; 
elle s'applique aux deux colonnes du blason. 



La devise de l'Académie des sciences, belles-lettres et 
;irts de Besançon, fondée en 1752, supprimée en 1793, 
rétablie en 1806, est : Laboribus omnia. (Henri Jadart, 
Sceaux, emblèmes et devises des Sociétés savantes de France. 
Loc. cit.^ 



UTINAM REMORA ! 

{Puissé-je être le rémora !) 

(Ancienne devise . ) 

ÉVIAN-LES-BAIN 

Chjf-lieu de canton, arrondissement de Thonon (Haute-Savoie). 

ARMES : d'a-iir, au poisson d'argent pose eu fasce, qui 
avale un petit poisson du même ; au chef cousu de gueules, 
à la croix d'argent, qui est de Savoie. 

Au sujet de cette ancienne devise de la ville d'Evian 
(elle date du xvr siècle), M. Albert Duplan, président 

I. Cf. Jules Gauthier, Les sceaux et les aniioiries des viUes el bourgs 
Je Franche-Comté, loc. cit., p. 15. Suchau\, Galerie héraldo-nohilia ire, 
1.S78, t. II, p. 526. 



— 4*^0 — 

de l'Académie Chablaisienne, nous écrivait : « Il s'agit 
« encore ici d'un de ces nombreux problèmes historiques 
*< sur lesquels on en est réduit aux conjectures, sans 
« données de quelque précision pouvant taire la lumière 
« sur ces énigmes proposées à la sagacité des chercheurs, 
« et, hypothèse pour hypothèse, voici celle qui me 
« paraît la plus vraisemblable, la plus logique. 

« Au XYi"^ siècle, à la suite de l'invasion du Chablais 
« par le roi de France, François I", les Bernois, ses 
« alliés, occupèrent cette province jusqu'à la Dranse. 

« Alors les habitants du pays de Gavol, en haine de 
« l'autocratie bernoise et voulant conserver la religion 
" catholique, demandèrent à leurs voisins, les Valaisans, 
« de venir occuper leur pays en amis, ce que ceux-ci 
« firent volontiers, craignant que les Bernois en fissent 
« la conquête et devinssent ainsi leurs voisins peu com- 
« modes. 

. « Ce fut une époque particulièrement troublée et 
« néfaste pour la ville d'Evian et ses habitants que celle 
« qui s'ouvrit pour eux dès l'aurore du xvi*^ siècle, 
« principalement vers la fin de celui-ci, lorsqu'en 1591, 
« sous le règne du duc Charles-Emmanuel, cette mal- 
« heureuse cité fut pillée et presque détruite par les 
« troupes de Sancy et celles des Genevois, leurs alliés. 

« Ce sont probablement les désastres antérieurs et 
" plus particulièrement les derniers subis par les Evian- 
« nais, si cruellement éprouvés, qui leur a fliit jeter ce 
« cri de désespoir : utinam re.mora ! encadrant l'écus- 



— 401 — 

« son d'Évian ; le petit poisson symbolisant la ville, en 
« travers de la bouche du gros : piiissé-je être Je rémora \ 
i< poisson mystérieux, ce qui me permettrait d'arrêter les ejjorls 
« de mes ennemis ! » 
Vovez : DEO et régi fidelis perpetuo. 



VALENCIENNES A BIEN MERITE 
DE LA PATRIE 

(Devise officielle.) 

VALENCIENNES 

Chef-lieu d'arrondissement (Nord). 

ARMES : de gueules, au lion d'or armé et lampassé 
d'a:^ur . L'écu est entouré de deux branches de laurier liées 
d'un ruban de gueules auquel est suspendue l'étoile de la 
Légion d'honneur, avec la devise ci-dessus inscrite sur un 
liston d'a~ur. 

Par décret en date du 13 octobre 1900, la ville de 
Valenciennes a reçu la décoration de la Légion d'honneur, 
en souvenir du siège mémorable qu'elle soutint en 

La devise est conçue daprès les termes mêmes du 



1. Rémora, petit poisson auquel les anciens attribuaient le pou- 
voir d'arrêter les vaisseaux. 

2. Ernest Laut, Les villes décorées. Paris, in-S», p. 21 et suivantes. 

Les Devises des Villes de France. 26 



— ^02 — 

décret de la Convention nationale en date du 19 vendé- 
miaire an IV (11 octobre 1795), déclarant que la com- 
mune de Valencieiuies a bien mérité de la Patrie. 



VALLIS EXALTABITUR ET COLLIS 

HUMILIABITUR (Saim Luc, chapitre ni, verset 5). 

(La vallée sera élevée et la collim' sera abaissée^ 

(Ancienne devise.) 

VELAUX 

Commune du canton de Berre, arrondissement d'Aix 
(Bouclies-du-Rhône). 

ARMES : d'or, à la vache de crueules, sur une montagne 
de sinople. 

« Achard dans sa Géographie de Provence, donne pour 
« armes à Velaux un écusson : d'argent, au petit vallon, 
« situé au pied d'une colline de sinople sur laquelle il y a un 
« arbre qui fait ombre, avec cette devise : vallis exalta- 
« BiTUR ET COLLIS HUMiLABiTUR, tirée dcs saiutes écri- 
« tures(t. III, p. 48, mss. delà bibliothèque Méjanes"). 

Le village de Velaux est situé sur une colline, à 140 
mètres d'altitude. Les armoiries données par Achard sont 
plus rationnelles et tiennent moins du rébus que celles: 
à la vache de gueules sur une montagne de sinople, au sujet 

I. De Brcsc, Anuoriiil des coiinmiiics de Provence, toc. cit., p. jo^. 



— 403 — 

desquelles de Bresc ' dit : « Faut-il voir des armes par- 
« lantes dans cette vache qui vchhaut ? Il y en a d'aussi 
« étranges dans l'armoriai de d'Hozier ! ^) 



VAS HONORABILE 

(^Vase d'honneur) 

(Devise officielle.) 

VAISON 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Orange (Vaucluse). 

ARMES : cfa:{iir, à la sainte Vierge au naturel, portée 
sur un vase d'argent, orné de fleurs naturelles. 

Ces armoiries furent concédées à cette ville vers la fin 
du xviii^ siècle. Achard, Dictioyinaire géographique de la 
Provence, t. II, p. 542. Cf. L. de Bresc, Armoriai des 
communes de Provence, loc. cit., pp. 29e et 297. 

Ce fragment des litanies de la sainte Vierge s'applique 
on ne peut mieux au vase qui forme les armoiries par- 
lantes de la Vasio romaine. (Communication de 
M. V. Lieutaud, à Volone.) 

I. Amiorial (h's coitiniiDies de Provence, loc. cit., p. 305. 



— 404 — 

VERNON SEMPER VIRET 

{Vernon est Uni jour s vert) 

(Devise orficicllc.) 

VERNON 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Evreux (Eure). 

ARMES : d'argent^ à trois hottes de cresson de sinopJe 
lices d'or ; au chef d'a:^ur, à trois fleurs de lys d'or. 

La ville de Vernon a adopté cette devise à cause de sa 
situation au milieu de prairies verdoyantes, au pied de 
collines qui portent les forêts de Bizy et de Vernon, et 
aussi par allusion aux trois bottes de cresson du blason. 



VIENNA CIVITAS SANCTA 

{Vienne cite sainte) 

(Devise officielle.) 

VIENNE 

Chef-lieu d'arrondissement (Isère). 

ARMES : d'or, à l'arbre arraché de sinople fruité d'ar- 
gent chargé d'un ciboire d'or (alias un calice d'or surmonté 
d'une hostie); le tronc lié d'une légende d'argent en fasce 
portant les mots : vienna civitas sancta de sable. 

La ville de Vienne, fière des saints et des martyrs qu'elle 
a produits en grand nombre, ainsi que de son antique 
siège archiépiscopal, dont le titulaireétait désigné : primat 



— 405 — 

des primats des Gaules, a mis dans son écusson même, 
cette inscription : vienxa civitassancta. C'est à Vienne, 
en 131 1, que fut instituée la fête du Saint-Sacrement. 
(Cf. Tisserand, loc. cit., p. 173.) 



VIGILANTIA 

(^Vigilaîice^ 

(Devise officielle.) 

DORMANS 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Epernav (Marne). 

ARMES : d'azur, semé de fleurs de lys d'or, an coq 
chantant et hardi de... 

Milon de Dormans, qui fut successivement évêque 
d'Angers, de Baveux, de Beauvais, puis chancelier de 
France de 1380 à 1383, donna à sa ville natale les 
armes décrites ci-dessus. 

^ C'est certainement par malice, par contraste avec le 
nom de la localité : dor.mans, que l'illustre chancelier lui 
octroya comme armes : nn coq, symbole de la vigilatice 
et pour devise le mot : vigilaxtia. 



VIGILATE ET ORATE 

(Miitth.,ch. XXVI, V. 41.) 

( Veillex_ et priex) 

(Ancienne devise.) 

MARCK 

Commune de l'arrondissement de Boulogne (Pas-de-Calais). 
Anciennement Merck. 

ARMES : ^6' gueules, au sautoir d'argent accompagné 
eu chef d'une étoile et aussi d'une autre étoile en pointe. 
(D'après un manuscrit de la Bibliothèque de Calais.) 

Sur une approbation des comptes de la commune, du 
30 novembre 1303, se trouve appendu un sceau, dont 
le contre-scel représente : saint Martin, à cheval, parta- 
geant son manteau ; on y lit cette devise : vigilate et 
ORATE. Sceaux d'Artois, n° 1049'. 



VILLE ET VICOMTE 

(Devise officielle.) 

PONTORSON 

Chef-lieu de canton, arrondissement d'Avranches (Manche). 

ARMES : d'azur, semé de fleurs de lys d'or, au lamhel 
d^ argent. Cet écusson supporté de deux cygnes est placé sur un 
pont de trois arches sous lequel coule une rivière. 

I. G. Demay, Inventaire des sceaux de V Artois et de la Picardie, 
recueillis dans les dépôts d'archives, etc. Paris, 1877, grand in-4'\ 
p. 114. 



— 407 — 

Pontorson fut le siège d'une vicomte ; la devise con- 
sacre ce fait. 

On nommait vicomtes^ en Normandie, des officiers de 
robe qui rendaient la justice au nom du roi et des sei- 
gneurs. L'étendue de leur juridiction s'appelait vicomié\ 
Quelques auteurs rapportent que le gouvernement de 
Pontorson fut donné par Charles V à Bertrand Du Gues- 
clin comme témoignage de bienveillance particulière. 
Ce seigneur resta, dit-on, aux environs de Pontorson 
pendant l'invasion anglaise de 1355. Il eut même un 
château à Pontorson : on en montre encore les ruines. 



VIRGO MATER, XATVM ORA, 
VT NOS JVVET OMNI HORA 

(^Vierge mère, priez^ votre Fils, pour qui! nous vienne 
en aide à toute heiire^ 

(Ancienne devise. ) 

MONTPELLIER 

Chef-lieu du département de l'Hérault. 

ARMES : d'azur, à la Vierge de carnation vêtue d'une 
robe de gueules et d'un manteau d'azur, assise sur un trône 
gothique d'or et tenant l'Enfant Jésus aussi de carnation ; en 
chef le monogranmie de Marie en lettres gothiques d'argent ; en 
pointe, un écusson d'argent chargé d'un tourteau de gueules. 

I. A. Chéruel, Dictionnaire des institutions, mœurs et coutumes de la 
France. Paris, 1874. 



— 4o8 — 

« ...De temps immémorial, les armes de Montpellier 
« étoient la Vierge, assise sur une chaise antique d'or, 
« tenant le Petit-Jésus entre ses bras, ayant sous ses 
« pieds un écusson chargé d'un Torteau de gueules, que 
t< nos Anciens-Guillaumes avoient pris pour armes dans 
« leurs expéditions à la Terre-Sainte. A la demande des 
« catholiques, ces armoiries ont été rétablies, en 1627, 
« par M. de Fossez, gouverneur de Montpellier '. » 

« La ville de Montpellier n'a pas de devise héraldique 
« proprement dite; mais on trouve sur d'anciens sceaux 
« des consuls (xiii'' siècle) - la légende ci-dessous : 

« VIRGO MATER, NATVM ORA, 
« VT NOS JVVET OMNI HORA. 

« On l'a quelquefois considérée comme la devise de 
« la Ville et parfois aussi fait figurer autour de l'écu 
« municipal. » (Note de M. le baron de Tourtoulon, à 
Aix-en-Provence, 1896.) Nous la remarquons, en eft'et, 
sur le frontispice de V Histoire de la Fille de Montpellier, 
par d'Aigrefeuille. Ce frontispice gravé par de Poilly, en 
1737, représente une femme assise de face sur un trône 
entre deux colonnes chargées de draperies. Elle tient de 
la main gauche une corne d'abondance et de la droite 
un écusson ovale aux armes de la Ville avec la devise : 



1. Ch. d'Aigrefeuille, Histoire île la ville de Montpellier, 1737, 
p. 588. 

2. L. Blancard, [coiiooriiphie des sceaux et bulles conserves au. 
archives départementales des Boucbes-du-Khône. Loc. cit. Texte, p. 81. 
Planche 18, n» 5 . 



— 409 — 

VIRGO MATER, NATVM ORA, VT NOS JVVET OMNI HORA. Un 

lambris règne à droite et à gauche des colonnes ; on 
aperçoit au-dessus, des arbres et le ciel. 

« D'après Gariel, la commune de Montpellier aurait 
« adopté, en 121 8, la prose rimée qui s'y est perpétuée 
dans la suite '. » 



VIRTUS IN VIRTUTE 

ÇCoiirage dans la veriii) 

(Devise officielle.) 

WASQUEHAL 

Commune du canton de Roubaix, arrondissement de Lille (Nord). 

ARMES : Echiqueté d'bcnnine et de gueules. 

« Armoiries traditionnelles de ce village. Une famille 
« noble du nom de Wasquehal, portait un éai à une 
« croix. Après elle, la seigneurie passa aux châtelains de 
« Douai, aux de Rode, aux de Ghistelles, aux de Bergues, 
« aux de Ranchicourt, aux de Bounwnville, aux Libert et 
« aux LespagnoJ, qui la possédaient au moment de la 
« Révolution -. » 

La devise doit être celle de l'un des anciens seigneurs 
de Wasquehal. 



1. Ernest Roschach, Histoire graphique de V ancienne province de 
Languedoc. Toulouse, 1904, p. 82. 

2. Chanoine Th. Leuridan, Armoriai des comimines du dcparle- 
nient du Nord. Lille, in-8, 1909, p. 164. 



— 4^^ — 
VIRTVTE DVCE, COMITE FORTVNA 

{La vertu pour guide, la fortune pour compagne') 

(Devise non portée.) 

LYON 

Clief-lieu du département du Rhône, 

ARMES : de gueules, au lion d'argent ; au chef cousu 
d'azur, à trois feurs de lys d'or. 

La ville de Lyon n'a point de devise; cependant, 
celle relatée ci-dessus peut être considérée comme 
presque officielle. Un aimable bibliophile lyonnais a 
bien voulu nous adresser une note sur les devises en 
usage à Lyon ; nous la transcrivons ci-dessous et lui 
renouvelons nos très sincères remerciements. 

« La devise du commerce lyonnais est celle qu'avait 
adoptée Sébastien Gryphe, le célèbre imprimeur : 

VIRTVTE DVCE, COMITE FORTVNA. 

Elle est tirée d'une lettre de Cicéron à Lucius Muna- 
tius Plancus, le fondateur de Lyon. Ces mots étaient 
sculptés au fronton de la Loge du chaftge, où se tenait, 
avant la Révolution, la Bourse du commerce. Ce monu- 
ment a été affecté depuis.au culte protestant. 

La Chambre de commerce avait fait graver sur ses 
jetons, au commencement du xix'^^ siècle, ces vers quelque 
peu altérés, de Clément Marot : 



— 411 — 

Suis le lion qui ne mors point. 
Si non quand F ennemi me poind . 

Cette même devise, ainsi rectifiée, était inscrite en 
légende au bas de la figure d'un lion couché, qui ser- 
vait de marque à la Revue du Lyonnais, fondée en 1835, 
disparue en 1901 : 

Suis le lion qui ne mords poinct 
Si non quand lenemi me poinct . 

\JnQ autre publication : Lyon-Revue (1880-87) avait 
pour marque un lion entouré d'une banderole portant 
cette devise, employée depuis dans quelques cérémonies 
officielles : 

Avant ! Avant Lyon le melhor ! 
La devise de l'archevêché de Lyon est : 

Prima sedes Galliarum . 

Autrefois, la ville de Lyon, à l'occasion de solennités 
publiques ou d'événements politiques, fit usage de 
devises qui changèrent selon les circonstances. Sous la 
Ligue, la devise des Lyonnais était : 

Un Dieu, une foi, une loi. 

Pendant Tinsurrection de 183 1, qui avait pris nais- 
sance à propos d'une question de salaires, les ouvriers 
insurgés avaient inscrit sur leur drapeau cette fière 
devise : 



— 412 — 

Vivre en travaillaiil on mourir en coinhallanl. 

Plusieurs corporations, associations ou institutions 
lyonnaises ont pour marque distinctive, en outre de 
différents attributs, les armes de la ville entourées de 
l'une des deux premières devises citées plus haut. Mais 
ces devises n'ont aucun caractère héraldique et n'ont 
pas été consacrées officiellement par un usage constant. » 



VIRTUTE ET CONSTANTIA 

{Par le conrage et la constance^ 

(Ancienne devise.) 

COUTANCES 

Chef-lieu d'arrondissement (Manche). 

ARMES : d'a::jir, à trois colonnes cf argent posées en pal ; 
au chef cousu de gueules, an lion léopardé d'or. 

Cette ancienne devise n'est plus portée par la ville de 
Coutances. Hilaire de Morel, dans la Relation véritable de 
l'entrée à Coutances de Claude Auvry en sa ville épis- 
copale, le 15 septembre 1648, donnant la description 
des décorations faites à cette occasion, dit que les armoi- 
ries delà ville étaient accompagnées de la devise : vir- 
TUTE ET CONSTANTIA et il ajoute : « Sur quoy vous 
« remarquerez, s'il vous plaist, que notre ville de Cous- 
ce tances a été honorée de ce nom à cause de sa cons- 



— 413 — 

« tance et termeté, parce que les soldats gaulois, qui 
« estoient dedans en garnison, resistoient toujours cons- 
« tammentaux Romains leurs ennemis, d'où vient qu'en 
« latin elle porte le nom de Castra Constantia. » (!) 
Voyez : semper et UBiauE fidèles. 



VIS MEA IN LABORE 

(^Ma force est daiis Je travail) 

TDevise officielle.) 

VOIRON 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Grenoble (Isère). 

ARMES : Coupé : an i" de gueules, au cerf passant d'ar- 
gent, percé d'une flèche du même ; au 2" d'azur, à deux 
navettes de tisseur d'argent posées en sautoir. 

Cette devise a été donnée à la ville de Voiron, avec 
ses armes, par son maire, M. Frédéric Faige Blanc, sous 
l'empereur Napoléon III ' ; elle fait allusion à la grande 
importance industrielle et commerciale de la ville et à 
sa richesse. La fabrication et le commerce de toiles dites 
Toiles de Voiron remontent aux dernières années du 
xviii^ siècle et ont acquis, non seulement en France, 
mais encore à l'étranger, une grande renommée. Le 
tissage des étoffes de soie pour les grandes maisons de 

I . G. Vallier, Dictionnaire des devises héraldiques du Dauphiné, 
:8gi. 



— 414 — 

Lyon occupe beaucoup d'ouvriers. L'industrie voiron- 
naise comprend en outre : des papeteries, des ateliers 
considérables de construction mécanique, des fabriques 
de métiers, de courroies de transmission, de peignes à 
tisser, des fonderies, des aciéries, des taillanderies, des 
scieries, des distilleries, des fabriques de sparterie, de 
linge de table, de chapeaux, de corsets, de bonneterie, 
etc., etc. (Paul Joanne, Dictionnaire géographiqtie et admi- 
nistratif de la France.^ 

Toutes ces industries représentent une somme consi- 
dérable de travail qui justifie amplement la devise. On 
a aussi attribué à la ville de Voiron une autre devise 
analogue à celle qu'elle porte actuellement, cette devise 
était : Labor improbus onmia vincit. (Virgile, Georg. I, 
I45-) 



VIVE LABEUR 

(Devise non portée.) 

VAUCOULEURS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Commercv (Meuse). 

ARMES : de gueules, à la tour crénelée d'argent ; ait chef 
cousu d'a:;jir, à trois fleurs de lys d'or. 

Cette devise est l'une de celles qui furent composées 
pour Jeanne d'Arc, elle est inscrite sur la maison de la 
Pucelle, à Domrémy ' : 

I. La famille de M. Chévelle, de Vaiicoiileurs, posséda cette sus- 
dite maison. 



— 415 — 

-\- VIVE + LABEUR + 
+ MIL -\~ 1111'= + IIII'''' + I 

Quelques auteurs ont attribué cette devise à la ville de 
Vaucouleurs, peut-être parce que, lors de certaines fêtes 
en l'honneur de la grande héroïne, elle fut inscrite sur 
lesécussons décoratifs. On sait que les habitants de Vau- 
couleurs ont un culte particulier pour la bienheureuse 
Jeanne d'Arc, qui, plusieurs fois, vint dans leur ville. En 
1429, la ville avait pour capitaine royal ou gouverneur 
Robert de Baudricourt, vers qui Jeanne d'Arc vint, de 
son village, pour lui demander de la faire conduire au 
roi Charles Vil. Rebutée une première fois, elle fut plus 
heureuse dans sa seconde tentative ; elle fut alors équipée 
aux frais du gouverneur et des habitants et partit escor- 
tée de quatre ou cinq hommes d'armes. Il n'est donc 
pas étonnant qu'à une certaine époque, les habitants de 
Vaucouleurs aient songé à appliquer à leur ville la 
devise de celle qui fut grandement honorée par leurs 
ancêtres. 



VIVE LE VIGAN 

(Devise officielle.) 

LE VIGAN 

Chef-lieu d'arrondissement (Gard). 

ARMES (d'après l'Armoriai de 1694) : de gueules, à 
deux lettres V, dont l'une est renversée et toutes deux entre- 



— 4^^ — 

lacées d'ari^ent ; pour signitiei' : vive vigan ! accompagnées 
m chef de trois étoiles d'or et en pointe d'un croissant du même. 
Dans la description des armoiries, on attribue au Vigan 
la devise ci-dessus. 

Au moyen âge et jusqu'en 1790, le Vigan était le 
chef-lieu d'une vigiicrie \ qui se composait de 29 com- 
munautés en 1384, de 33 en 1435 et de 37 en 1582 -. 

Ne pourrait-on pas admettre que les deux V entrela- 
cés signifiaient : Viguerie du Vigan et non Vive le Vigan ? 



VIVE PARTOUT 

(Ancienne devise.) 

AUPS 

Clicf-lieu de canton, arrondissement de Draguignan(Var). 

ARMES : d'a:{ur, à trois montagnes d'argent, au chef 
cousu de gueules, à trois fleurs de lys d'or. 

« C'est ainsi qu'avant la Révolution, on voyait ces 
« armes sculptées, à côté de celles de France, sur deux 
« anciens portails, qui formaient jadis l'enceinte de la 
« ville : le portail de la Place-Neuve et celui de Saint- 
« Sébastien '. » 

« La communauté adopta la devise ci-dessus vers la fin du 

1. Voir A. Chéruel, toc. cit., 2^ partie, p. 1259. 

2. Voir E. Germer-Durand, Dictionnaire topographique du Gard, 
1868. 

3. Louis de Bresc, Arnioriiil des coiuinuiies de Provence, toc. cit.. 
pp. 16-17. 



— 417 — 

« xvii^ siècle, à l'époque où commença un interminable 
« procès avec les Blacas, au sujet de la juridiction sei- 
« gneuriale que cette famille possédait depuis long- 
ce temps en partage avec le roi. Les habitants désiraient 
« alors appartenir entièrement au domaine royal et, vou- 
« lant manifester hautement ce désir, les consuls, pour 
« indiquer que l'autorité royale devait vivre partout dans 
« Aups, prirent cette devise qu'ils firent placer dans 
« l'église paroissiale au milieu de la grande nef, au 
« point le plus élevé de la voûte où arrivent les ner- 
« vures, dans une espèce de rosace, que l'on voit encore 
« aujourd'hui, flieuronnée de lis et portant dans l'inté- 
« rieur le mot alps '. » 



VIVIT POST FUNERA VIRTUS 

(Z-g courage survit à la mort) 

(Devise officielle.) 

VERTUS 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Châlons-sur-Marne 
(Marne). 

ARMES : d'argent, au cœur de gueules percé d'une 
flèche de sable ferrée d'argent. 

En 1361, le roi Jean érigea la ville de Vertus en 
comte-pairie et, voulant consacrer, dit-on, le souvenir 

I. Louis de Bresc, Armoriai des connuunes de Proieiice, toc. cit. 
pp. 541-342. 

Les Devisus des Villes de Franxe. 27 



— 4i8 — 

de la part qu'elle avait prise à sa délivrance, il lui donna 
pour armes : d'argent, au cœur de gueules percé d'une 
flèche de sable, avec la devise ci-dessus. La variante sui- 
vante se rencontre quelquefois : etiam post funera 
viRTUs. (Note de M. Hatat archiviste du département 
de la Marne. Cf. Tisserand, Les armoiries de la ville de 
Paris, loc. cit., t. I, p. 170.) 

Nous avons relevé aussi cette autre variante : virtus 
PRiîîSTAT. (Le courage Vemporte.) Elle est, certainement, 
plus moderne que les deux autres. 



VOLAT FAMA PER ORBEM 

(La rejiommée vole h travers le inonde^ 

(Devise officielle.) 

CABANNES 

Commune du canton d'Orgon, arrondissement d'Arles 
(Bouches-du-Rhône). 

ARMES : d'a::^ur, au cor de chasse d^or, surmonté de trois 
billelies du même, posées en fasce. 

Les armes ci-dessus sont celles des Rolland, seigneurs 
de Cabannes, en 1536, par le mariage d'Antoine de 
Caban nés et de Sibille de Gérente, fille de Marguerite 
de Pontevès, dame de Cabannes '. La devise également 
est empruntée à cette famille. 

I. L. de Bresc, AnnorialJes cointiiuiies de Provence, loc. cit., p. 49. 



— 419 — 

« Le cor est en souvenir du neveu de Charlemagne, 
auquel les Rolland faisaient remonter leur origine. 

La couronne murale a remplacé une Renommée qui 
servait de cimier au blason seigneurial. 

Rien dans l'histoire de la famille Rolland, laquelle a 
fourni des membres du Parlement et aussi quelques 
présidents de la Cour des comptes de Provence, ne vient 
donner un semblant de motif à la Renommée du cimier 
et à la devise prétentieuse : volât fama per orbem ; à 
moins que, comme le cor, elles ne fassent allusion à 
Roland à Roncevaux, ce qui est possible. » (Note de 
M. L. Vidau, à Cabannes.) 



VOUROUNO, GENTO PERSOUNO 

{Volom, gentilles personnes) 

(Devise officielle.) 

VOLONE 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Sisteron (Basses- Alpes). 

ARMES : de gueules, à deux lettres V d'or, dont Tune 
est renversée et toutes deux entrelacées, enfermant unecroisette 
d'argent posée en ccvur. 

« Il nous semble que les mots ci-dessus sont plutôt 
dicton que devise ; quoi qu'il en soit, ils sont flatteurs et 
bien justifiés par la beauté des jeunes filles du pays. 

« Cette devise, ainsi qu'on le constate par le cliché ci- 



— 420 — 

dessous, est gravée sur le sceau municipal comme celles 
de bien d'autres villes. 

« Depuis quelques années, le maire actuel a mis ce dit 
sceau au rancart et en a fait fabriquer un nouveau en 
caoutchouc où l'on ne voit que la banale inscription : 




Mairie de Vokvie. Il n'a pas compris que, quand une 
commune a des armoiries et une devise, elle doit être 
glorieuse de s'en parer. La devise de Volone est, proba- 
blement, fort ancienne, mais, à vrai dire, c'est moi qui 
l'ai fait sortir de l'oubli à l'occasion d'une bénédiction 
de cloche. » (Note de M. V. Lieu tau d, à Volone.) 




TABLE GÉNÉRALE 



DES LOCALITÉS QUI ONT UNE DEVISE ' 



Abbeville (Somme), s. -p., 120. 

Agen (Lot-et-Garonne), p., 
228. 

Aimargues(Gard), comm., 127. 

Aix (Bouches-du-Rhône), s. -p., 
143. 

Aix (Ile d') (Charente-Inté- 
rieure), cam., 166. 

Albi (Tarn), p., 543. 

Ambert (Puy-de-Dôme), s. -p., 

99- 
Amiens (Somme), p., 207. 
Ancenis (Loire-Inférieure), s.- 

p., 150. 
Andelys (Les) (Eure), s. -p., 103. 
Angoulème (Charente), p., 135 . 
Annonay (Ardèche), cant., 49. 
Antibes (Alpes- Maritimes), 

cant., 118. 
Anzin (Nord), comm., 395. 
.•\pt (Vaucluse), s. -p., 104. 
Arbois (Jura), cant., 12, 335. 
Arcachon (Gironde), comm., 

155- 
Ardres (Pas-de-Calais), cant. 40. 



Argentan (Orne), s. -p., 184. 
Arles (Bouches-du-Rhône), s.- 

p., I, 92, 250, 237, 391. 
.\rmentiéres (Nord), cant., 

259. 
Arnay-le-Duc (Côte-d'Or), 

comm., 24. 
Astaffort (Lot-et-Garonne), 

cant., 345. 
Aubusson (Creuse), s. -p., 179. 
Auch (Gers), p. 356. 
Aups (Var), cant., 416. 
Auray (Morbihan), cant., 16. 
Autun (Saône-et-Loire), s. -p., 

307, 338. 
Avallon (Yonne), s. -p., 87, 

570. 
Avesnes-le-Comte (Pas-de- 
Calais), cant., 6. 
Avignon (Vaucluse), p., 580. 
Avize (Marne), cant., 357. 

Bagnères-de-Luchon (Haute- 
Garonne), cant., 32 . 
Bandol (Var), comm., 80. 



1. .abréviations: p., préfecture; s. -p., sous-préfecture; cant., 
chef-lieu de canton; comm., commune ; col., colonie. 



— 422 



Bar-le-Duc (Meuse), p., 263. 

Bayonne (Basses- Pyrénées), s.- 
p-, 241. 

Bazas (Gironde), s. -p., 33. 

Beaucaire (Gard), cant., 269. 

Beaufort-en- Vallée (Maine-et- 
Loire), cant., 167. 

Beaugency (Loiret), cant., 216. 

Beaujeu (Rhône), cnnt., 26. 

Beaune (Côte-d'Or), s. -p., 38, 

45, 585- 
Beauvais (Oise), p., 253. 
Belleville-SLir-Saône (Rhône), 

cant., 79. 
Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), 

comm., 379. 
Berre (Bouches-du-Rhône), 

cant., 39. , 
Besançon (Doubs), p., 70, 263, 

273, 598. 
Biarritz(Basses-Pyrénées),cant., 

31- 
Bielle(Basses-Pyrénées), comm., 

398. 
Blanc (Le) (Indre), s. -p., 322. 
Blois (Loir-et-Cher), p., 53. 
Bohain (Aisne), cant., 286. 
Bolbec (Seine-Inférieure), cant., 

253- 

BoUène (Vaucluse), cant., 133. 

Bondy (Seine), comm., 159. 

Bône (Algérie), col., 107. 

Bordeaux (Gironde), p., 205. 

Bougie (Algérie), col., 183. 

Boulou (Le), Pyrénées-Orien- 
tales), cant., 201. 

Bourboule (La) (Puy-de- 
Dôme), cant., 83 . 

Bourges (Cher), p., 346. 

Bourgoin (Isère), cant., 100. 



Bourg-Saint- Andéol (Ardèche), 

cant., 163 . 
Briançon (Hautes- Alpes), s. -p., 

260. 
Brioude (Haute-Loire), s. -p., 

54- 
Brive-la-Gaillarde (Corrèze), 

s.-p., 41. 
Bry-sur-Marne (Seine), comm., 

226. 
Buis-les -Baronnies (Le) 

(Drôme), cant., 75 . 

Cabannes (Bouches-du-Rhône), 

comm., 418. 
Caen (Calvados), p . , 376. 
Cannes (Alpes-Maritimes), cant., 

273. 
Cannet-du-Luc (Le) (Var), 

comm., 142. 
Carcassonne (Aude), p . , 161. 
Carpentras (Vaucluse), s.-p.. 

383. 
Carquefou (Loire-Intérieure), 

cant., 290. 
Casteljaloux (Lot-et-Garonne), 

cant., 113. 
Casteras (Ariège), comm., 334. 
Castillon-sur-Dordogne (Gi- 
ronde), cant., 185 . 
Castres (Tarn), s.-p., 68. 
Chagnv (Saône-et-Loire), cant . , 

84.^ 

Chalon-sur-Saône (Saône-et- 
Loire), s.-p., 384. 

Chàlons-sur-Marne (Marne), p., 
90. 

Chambéry (Savoie), p., 67. 

Champagnole (Jura), cant , . 



423 



Champlitte (Haute-Saône), cant., 

307. 
Charenton-le-Pont (Seine), 

comm., 274. 
Charité-sur-Loire (La) (Nièvre), 

cant., 180. 
Charleval (Bouches-du-Rhône), 

comm., 46. 
Charleville (Ardennes), cant . , 

3 37- 
Charmes (Vosges), cant., 198. 
Chartres (Eure-et-Loir), p . , 3 5 1 . 
Châteaudun (Eure-et-Loir), s. -p., 

94. 

Châteaurenard (Bouches-du- 
Rhône), cant., 376. 

Château-Thierry (Aisne), s. -p., 
239. 

Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), 
s. -p. ,47. 

Chauny (Aisne), cant., 375. 

Chauvigny (Vienne), cant., 48. 

Chesne (Le) (Ardennes), cant., 

19- 
Clermont-Ferrand (Puy de- 
Dôme), p., 24. 
Clisson (Loire-Inférieure), cant., 

270. 
Cognac (Charente), s. -p., 137. 
Commercy (Meuse), s. -p., 292. 
Compiègne (Oise), s. -p., 301. 
Corbeil (Seine-et-Oise), s. -p., 

)8. 
Cordes (Tarn), cant., 279. 
Coulomniers (Seine-et-Marne), 

s. -p., 287. 
Courbevoie (Seine), comm . , 

66. 
Coutances TManche), s. -p., 326, 

412. 



Craon (Mayenne), cant., 236. 
Créteil (Seine), comm., 191. 
Crévecœur-le-Grand (Oise)', 
cant., 151. 

Dax (Landes), s. -p., 297. 
Dijon (Côte-d'Or), p., 224. 
Dole (Jura), s. -p., 186, 305. 
Dormans (Marne), cant . , 405 . 
Douai (Nord), s. -p., 146. 
Doullens (Somme), s. -p., 170. 
Draguignan (Var), p., 13. 
Dreux (Eure-et-Loir), s. -p. 27. 

Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées), 

comm., 396. 
Elbeuf (Seine-Inférieure), 

cant. , 352, 363 . 
Enghien-les-Bains (Scine-ct- 

Oise), comm., 131 . 
Escanecrabe (Haute-Garonne), 

comm., 323. 
Étoile (Drôme), comm., 234. 
Eu (Seine-Inférieure), cant., 

149- 
Évian-les-Bains (Haute-Savoie), 

cant. ,71, 399. 
Excideuil (Dordogne), cant . , 

83- 
Eyguières (Bouches-du-Rhône), 
cant., 199. 

Fécanip (Seine-Inférieure), cant: , 

115. 
Felletin (Creuse), cant., 171. 
Feurs (Loire), cant., 141. 
Fleurance (Gers), cant., 126. 
Foix (Ariége), p., 355. 
Fontenay-le-Comte (Vendée), 

s. -p., 106. 



— 424 — 



Fomenay- sous -Bois (Seine), Laniastre (Ardèclu.-), caut., 327. 

comm., 291 . Landrccics (Nord), cant., 201. 

Forcalquier (Basses- Alpes), s.- Langeac (Haute- Loire), cant., 

p., 289. 295. 

Forges-les-Eaux (Seine-Infé- Langres (Haute-Marne), s. -p., 

rieure), cant., m. 50, 220. 

Fourmies (Nord), comm., 366. Lannion (Côtes-du-Nord), s. -p., 

200. 

Gannat (.\llier), s. -p., 294. Lauris (Vaucluse), comm., 70. 

Gentilly (Seine), comm., 144. Laval (Mayenne), p., 81. 

Gerbevilier (Meurthe-et-Mo- Libourne (Gironde), s. -p., 60, 

selle), cant., 114. 177. 

Grav (Haute-Saône), s. -p., 95, Ligny-en-Barrois (Meuse), cant., 



ICI, ^6^. 
Gy (Haute-Saône), cant . , 110. 

Hagetmau (Landes), cant., 191. 
Ham (Somme), cant., 222. 
Havre (Le) (Seine-Inférieure), 

s. -p., 244. 
Hav-les-Roses (L') (Seine), 

comm., 175 . 

Ile-Rousse (L') (Corse), cant., 
540. 

Isle-sur-la-Sorgues (L') (Vau- 
cluse), cant., 22. 

Jargeau - sur - Loire (Loiret), 

cant., 2c6. 
Joinville (Haute-Marne), cant., 

251. 
]onquières( Aude), comm., 182. 
Jonzac (Charente-Inférieure), 

s.-p., 267. 
Joyeuse (Ardèche), cant., 181. 

Kremlin-Bicêtre (Le) (Seine), 
comm., 204. 



82. 
Lilas (Les) (Seine), comm., 185. 
Lodève^(Hérault), s.-p., 209. 
Lorguès (Var), cant., 152. 
Lorient (Morbihan), s.-p., 2. 
Lourdes (Hautes -Pyrénées), 

cant. ,339. 
Louviers (Eure), s.-p., 210. 
Lure (Haute-Saône), s.-p., 

378. 
Lurs (Basses-Alpes), comm . , 

213. 
Lvon (Rhône), p. , 410. 

Maillane (Bouches-du-Rhône), 

comm., 126. 
Malaucène (Vaucluse), cant., 93. 
Malo-les-Bains (Nord), comm., 

25. 
Manosque (Basses-Alpes), cant . , 

250, 391. 
Mantes (Seine-et-Oise), s.-p., 

98. 
Marck (Pas-de-Calais), comm., 

406. 
Marseille (Bouches-du-Rhône), 
p., 5, 93, 166, 218, 298. 



— 42) — 



Martigues(Bouches-du-Rhône). 

cant., 572. 

Maule (Seine-et-Oise), comm., 
52, 257. 

Mazamet (Tarn), cant., 59. 

Mazéres (Ariège), comm., 199. 

Mées (Les), (Basses-Alpes), 
cant., 73. 

Melun (Seine-et-Marne), p., 97, 
117.- 

Mende (Lozère), p., 353 . 

Meulan (Seine-et-Oise), cant., 
502. 

Mézières (Ardennes), p., 52. 

Millau (Aveyron), s. -p., 229. 

Milly (Seine-et-Oise), cant. ,216. 

Monistrol (Haute-Loire), cant. , 
10. 

Montargis (Loiret), s. -p., 351. 

Montataire (Oise), comm., 365. 

Montbéliard (Doubs), s. -p., 78, 
81. 

Montbrison (Loire), s. -p., 7 . 

Montdidier (Somme), s. -p., 64. 

Montendre (Charente-Infé- 
rieure), cant., 100. 

Montereau-Faut-Yonne (Seine- 
et-Marne), cant., 388. 

Momeux (Vaucluse), comm., 
382. 

Montfaucon du Velav (Haute- 
Loire), cant . , 3 . 

Montlhéry (Seine-et-Oise), 
comm., 219. 

Montpellier (Hérault), p., 407. 

Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Ca- 
lais), s. -p., 125 . 

Montrouge (Seine), comm., 
203. 

Morlaix (Finistère), s . -p . , 335. 



Motte-du-Caire (La) (Basses- 
Alpes), cant . , 69 . 
Mouy (Oise), cant., 202. 

Nancy (Meurthe-et-Moselle), p., 

7> 231, 294. 
Nantes (Loire-Inférieure), p., 

102, 180, 248. 
Narbonne (Aude), s. -p., 226. 
Nérac (Lot-et-Garonne), s. -p., 

49- 
Neuillv-sur-Seine (Seine), 

comm , 275 . 
Nice (Alpes-Maritimes), p., 

227. 
Nogent- sur- Marne (Seine), 

comm. ,37. 
Notre- Dame-de-Liesse (Aisne), 

comm. , 45 . 
Noyers (Basses-Alpes), cant., 

215. 

OUioules (Var), cant., 124. 
Oraison (Basses-Alpes), comm., 

328. 
Orléans (Loiret), p., 165. 
Orthez (Basses-Pyrénées), s. -p., 

355 • 

Pacy-sur-Eure (Eure), cant., 

2)2. 

Pamiers (Ariège), s.-p., 167. 
Pantin (Seine), comm., 152. 
Paris (Seine), p., 128. 
Pau (Basses-Pyrénées), p., 587. 
Périgueux (Dordogne), p., 140. 
Pernes (Vaucluse), cant., 178. 
Péronne (Somme), s.-p., 392. 
Perpignan (Pyrénées-Orien- 
tales), p., 298. 



— 4^6 — 



Ferreux (Le) (Seine), comm., 

305. 
Pessac (Gironde), cant., 174. 
Philippeville (Algérie), col., 

194. - ' 
Pierrefonds (Oise), comm . , 

297; 
Pire (Ille-et-Vilaine), comm . , 

251. 
Pithiviers (Loiret), s. -p., 154. 
Poligny (Jura), s. -p., 8, 75. 
Pont-L'abbé (Finistère), cant., 

154. 
Pontoise (Seine-et-Oise), s. -p., 

72. 

Pontorson (Manche), cant . ,406. 

Pont-Saint-Esprit (Le) (Gard), 
cant. ,341 . 

Port-Sainte-Marie (Lot-et-Ga- 
ronne), cant., 321 . 

Fourrières (Var), comm., 5-67. 

Quingey (Doubs), cant., 87. 

Rambouillet (Seine-et-Oise), s.- 

P-, 524. 
Ré (Ile de) (Charente-Inférieure), 

cant., 91 . 
Reims (Marne), s. -p., 75. 
Rennes (lUe-et-Vilaine), p., 16. 
Réole (La) (Gironde), s. -p., 

394. 
Rethel (Ardennes), s . -p . , 335. 
Ribérac(Dordogne), s.-p., 177. 
Rieux-Mincrvois (Aude), comm . , 

77- 
Roanne (Loire), s.-p., 60, 

Rocamadour (Lot), comm . , 
347. 



Rochechouart (Haute-Vienne), 

s.-p., 20. 
Rochefort (Charente-Inférieure), 

s.-p., 39. 
Rochelle (La) (Charente-Infé- 
rieure), p., 331 . 
Roche-sur- Yon (La) (Vendée), 

p., 276. 
Rocroi (Ardennes), s.-p., 144. 
Rodez (Aveyron), p., 309. 
Rognes (Bouches-du-Rhône), 

comm. ,108. 
Romans (Drôme), cant., 318. 
Roscoff (Finistère), cant., 23, 

509. 
Roubaix (Nord), cant . , 277 . 
Rozoy-sur-Serre (Aisne), cant . , 

508. 
Rumilly (Haute-Savoie), cant., 

88. 

Sables d'Olonne (Les) (Vendée), 

s.-p., II. 
Saigon (Cochinchine), col . , 258. 
Saint-Béat (Haute -Garonne), 

cant., 256, 318. 
Saint-Denis (Seine), comm . , 224. 
Saint -Dizier (Haute -Marne), 

cant., 303 . 
Saint -Gaudens (Haute-Ga- 
ronne), s.-p., 51 . 
Saint-Germain-en-Laye (Seine- 

et Oise), cant., 329. 
Saint-Laurent-du-Pont (Isère), 

cant. ,194. 
Saint-Macaire (Gironde), cant., 

249. 
Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), s.- 

p., 265, 526. 
Siïint-Mandé (Seine), comm. 63 . 



427 — 



Saint-Maurice (Seine), comm . , 

148. 
Saint-Mihiel (Meuse), cant., 

78. 
Saint-Nazaire (Loire-Inférieure), 

s. -p., 21 . 
Saint-Omer (Pas-de-Calais), s.- 

p., 119. 
Saint-Ouen (Seine), comm . , 

223. 
Saint-Pol-de-Léon (Finistère), 

cant., 234. 
Saint-Quentin (Aisne), s. -p., 71, 

160, 280. 
Saint-Tropez (Var), cant., 122. 
Saintes (Charente Inférieure), 

s. -p., 29. 
Samatan (Gers), cant., 261 . 
Sarlat (Dordogne), s. -p., 122. 
Saujon (Charente-Inférieure), 

cant., 43 . 
Saulieu (Côte-d'Or), cant., 162, 

164. 
Saumur (Maine-et-Loire), s. -p., 

160, 215. 
Sauve (Gard), cant., 320. 
Sceaux (Seine), comm., 173. 
Sedan (Ardennes), s. -p., 378. 
Séez(Orne), cant., 62, 148,228. 
Seix (Ariège), comm., 44. 
Sens (Yonne), s. -p., 389. 
Servance (Haute-Saône), comm., 

256. 
Seurre (Côte-d'Or), cant., 212. 
Sfax (Tunisie), coL, 171. 
Sisteron (Basses-Alpes), s. -p., 

374- 
Soisscns (Aisne), s. -p., 121. 
Solliès-Ville(Var), comm., 255. 
Souk-Ahras (Algérie), col., 196. 



Sully-sur-Loire (Loiret), cant., 

214. 
Suresnes (Seine), comm., 238. 
Surgères (Charente-Inférieure), 

cant., 268. 

Tarascon (Bouches-du-Rhône), 
cant., 55. 

Teste- de- Buch (La) (Gironde), 
cant., 14. 

Thiaucourt (Meurthe-et-Mo- 
selle, cant., 172, 

Thiers (Puy-de-Dôme), s. p., 

19)- 
Thiviers (Dordogne), cant., 134. 
Thonon (Haute-Savoie), s.-p., 

S6. 
Thor (Le) (Vaucluse), comm . , 

546. 
Toul (Meurthe-et-Moselle), s.- 

P- 395- 
Toulon (Var), s.-p., 55. 
Toulouse (Haute-Garonne), p . , 

204, 353- 

Touquet-Paris-PIage (Le), (Pas- 
de-Calais), comm., III. 

Tournon (Ardèche), s.-p. , 371 . 

Tours (Indre-et-Loire), p., 350. 

Treignac (Corrèze), cant., 368. 

Trévoux (Ain), s.-p., 112. 

Tulette (Drôme), comm., 359. 

Tulle (Corrèze), p., 17*0, 348. 

Turriès (Basses- Alpes), cant., 
371- 

Uzerche (Corrèze), cant., 235. 

Vaison (Vaucluse), cant., 403, 
Valence (Drôme), p., 382. 
Valenciennes (Nord), s.-p., 401. 



428 — 



Valréas (Vaucluse), cant., 319. 
'Vals-les-Bains(Ardèchc),comm., 

323. 
Vaunes (Morbihan), p., 19,269. 
Vaiicouleurs (Meuse), cant., 

414. 
Velaux (Bouches -du -Rhône), 

comm., 402. 
Vence (Alpes-Maritimes), cant., 

370. 
Vernon (Eure), cant., 404. 
Vernoux (Ardèche), cant , 341 . 
Vertus (Marne), cant., 417. 
Vervins (Aisne), s.-p., 77. 
Vienne (Isère), s.-p., 404. 
Vigan (Le) (Gard), s.-p., 415. 
Villefranche-de-Rouergue (A- 

veyron), s.-p., 123. 



Villefranche-sur-Saône (Rh 

s.-p., 85. 
Villers-Cottercts (Aisne), < 

245- 
Vitry-le-François (Marne) 

P-,247. 
Void (Meuse), cant., 285. 
Voiron (Isère), cant .,413. 
Volone (Basses-Alpes), c 

419- 

Wasquehal (Nord), cor 
409. 

Yssengeaux (Haute-Loire) 
p., 92. 



ERRATA 



Page 21. fe Hgne : La vicomte lie et non (Us. 
— 32. Après la 4*^ ligne, ajoutez : devise officielle. 
ligne, lisez : Fleur de lys. 

— après le mot fidelis, ajoutez : perpétua. 

— au lieu de : esl celle, lisez : est Fuue de c 

— lisez: M. Biais, au lieu de: M. Briais. 

— après le mot : chef, ajoutez : cousu. 

— après du même, ajoutez : qui est de Bétl 
Charrost. 

— lisez: tnoia'aiite et non mouvant. 

— lisez : passante et non passant. 
— ■ lisez : aux Tours et non à la tour. 



39- 


7' 


70. 


15e 


81. 


7' 


136. 


25e 


165. 


7^ 


254. 


9e 


256. 


6^ 


256. 


7^ 


371- 


13e 



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