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Full text of "Lettre a nos frères d'armes des régimens /"

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LETTRE 

A NOS FRÈRES D'ARMES DES RÉGIMENS. 


Par DE Rübigny , 

ÎJiin des Electeurs de la ville de Paris en 1789, 
Connnissaue-notahle de la section des Gobelins , 
Tanneur de la même ville , et ancien prisonnier _ 
de la Bastille. 

Mes chers Camarades et Frères, 

Je vous' adresse cette lettre , pour vous dire que 
le roi , les ministres , l’assejnblée nationale , les dé- 
partemens , les bons citoyens , les princes et seigneurs 
émigrés , les magistrats des villes de l'Empire , toutes 
les puissances couronnées, leurs ministres et tous 
nos am.bassadeurs , ont reçu une lettre que je leur 
ai adressée , relativement aux émigrés , oii dans la 
copie d’un traité de la France avec l’Empire , qui 
se trouve à la fin de cette lettre , on voit que 
l’Empereur ne doit leur donner ni secours , ’iii 
assistance. Cé prince en a reçu six exemplaires au 
mois de décembre dernier. Enfin , mes chers Ca- 
marades , je vous l’adresse à votre tour , persuadé 
qu’elle ne peut qu’influer sur votre patriotisme , 
et que , comptant toujours sur le zèle le plus actif, 
de votre part , à maintenir la constitution françoise ^ 


I 


{ ^ ) 

si Jamais l’aristocratie avoit l’audace d’attenter à la 
vie des citoyens , le François vigilant s’armeroit , 
et périroit plutôt que de souffrir qu’ils y portassent 
atteinte dans aucun point. 

Depuis- plus# jde'K^l^gt années les Français cher- 
choient tous les moyens de régénérer la monarchie , 
qui étoit menacée de sa ruine par tous les abus qui 
se commettoient dans toutes les parties civiles et 
mditaires. Henri IV , un des plus grands rois que 
nous puissions citer , fut forcé de réduire à son 
obéissance tous ceux qui étoient les plus obstinés 
contre la raison ; il voulut que la noblesse , le clergé , 
la finance et les parlemens fissent cesser tous les 
désordres et les malversations , et qu’ils se rendissent 
à l’obéissance. D’après les vexations de tous genres , 
que nous n'avons cessé d’essuyer depuis ce tems , il 
étoit Juste que. nous apprenions à secouer le Joug 
de l’insolent despotisme de nos oppresseurs. Ainsi , 
Camarades et frères d’armes , veillons tous à la chose 
publique ; le courage est une vertu qui honore tous 
les hommes qui sont égaux aux yeux de la loi. Les 
citoyens de Paris se sont montrés vigoureux pour la 
révolution , et notamment les électeurs , les 1 1 et 
15 3 Juillet 1789 (1). Le 14 , Paris brise enfin les liens 
de cet abominable despotisme | tous les pouvoirs 
s’évanouissent ; les espions , leurs agens , le üeiite-^ 
nant de police , l’intendant de Paris fuient ; les mi- 


(1) Les électeurs font sonner le tocsin, s® répandent parmi c® 
peuple doux ( le François) , prêchent le calme j il renau^ 


(3 ) 

nistres restent sans pouvoirs ; les tribunaux sont 
arrêtés ; le' siège de la Bastille se fait ; le roi reste 
seul J toujours aimé de son peuple. Les électeurs 
forment les districts ; ils s’occupent d’un plan d’or- 
ganisation , qu’ils divisent en six tribunaux , sous les 
titres: ConsticutioJi ; Finances et Commerce; Feïi- 
gion et Clergé ; Mœurs , Education et Hôpitaux , Lé~ 
gislation ; Municipalité , et ils inste’uisent toutes 
les villes du royaume du danger où se trouve la 
capitale menacée ; le serment de fidélité est prêté 
de leur part ; ils s’occupent de la chose publique , 
dénoncent tous les traîtres à la patrie. 

Ainsi , chers Camarades et frères d’armes , en 
ranimant notre courage , nous sommes surs de vivre 
heureux. Cela ne tient qu’au patriotisme le plus pur î 

Je suis , mes chers Camarades et frères d’armes , 

yotre très -humble serviteur et ami 
sincère , 

, De Rubigny de Berteval?