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Full text of "Lindenia. Iconographie des Orchidées"

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ICONOGRAPHIE 



DES ORCHIDÉES 


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LINDENIA 


ICONOGRAPHIE 


DES ORCHIDÉES 


DIRIGEE PAR 


J. Linden & Lucien L'inden 


i3 me Volume 

3 mc DE LA SECONDE SÉRIE 


LIBRARY 
NEW YORK 
BOT AN IC AL 
ÜARDEN 



GAND 


IMPRIMERIE EUG. VANDER HAEGHEN, RUE DES CHAMPS. 









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2 me Série. — 3 m< ? Volume. — i re et 2 me Livraisons 
ou i3 me Vol. de l’ouvrage. Août-Septembre 1897. 


LINDENIA 


ICONOGRAPHIE 


DES ORCHIDÉES 


DIRIGÉE PAR 


J. Linden et Lucien Linden 


SOMMAIRE : 


Pages 

Oncidium sarcodes Lindl. var. punctulatum L. Lind. 5 
Cymbidium X eburneo-Lowianum Hort. ... 7 

Miltonia vexillaria Benth. varietates.9 

Odontoglossum crispum Lindl. var. Moorte- 
beekiense L. Lind.. . . .13 


Pages 

Coelogyne asperata Lindl. . 15 

Cattleya Trianae Lind. varietates. 17 

Odontoglossum luteo-purpureum Lindl. var. cor- 
nutum L. Lind.19 


PRIX DE L’ABONNEMENT : 

60 francs par an, payables par anticipation 


Publiée par LÜCIEN LINDEN 

117, RUE BELLIARD 

BRUXELLES (Belgique) 

ON PEUT S’ABONNER CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES. 


Gand, imprimerie Eug. Vanderhaeghen. 
























































ONCIDIUM SARCODES lindl. var. PUNCTULATUM l. lind. 


LINDENIA 


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G. Putzys pinx. 


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NEW YORK 
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ONCIDIUM SARCODES lindl. var. PUNCTULATUM l. lind, 


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VARIETE POINTILLEE 


ONCIDIUM. Vide Lindenia, I, p. 37. 

Oncidium sarcodes. Vide Lindenia, V, p. 87. 

Var. punctulatum. A typica specie florum magnitudine et colore differt. 
Var. punctulatum L. Lind. in Sem. Hort., I, p. 28g, et infra. 



ette nouvelle variété, qui a fait son apparition tout récemment parmi 
les importations de L’Horticulture Internationale, à Bruxelles, est 
remarquablement distincte, non seulement par le coloris, mais aussi 
par la forme de ses fleurs, dont les segments, et particulièrement les pétales 
et le labelle, sont plus développés et plus grands qu’à l’ordinaire. Leur coloris 
est très brillant. Les pétales sont presque entièrement d’un brun très vif, 
avec une fine bordure périphérique et quelques petites macules transversales 
jaunes. Le labelle, dont le lobe antérieur est très élargi, porte un grand nombre 
de petits points brun vif, disposés d’une façon irrégulière sur sa surface; enfin 
les sépales, au lieu d’une macule brun clair bien délimitée, portent des dessins 
et des taches brunes irrégulières s’étendant presque jusqu’aux bords. 

Cette variété est bien supérieure au type, et offre notamment une parti¬ 
cularité qui mérite, nous semble-t-il, d’attirer l’attention des orchidophiles, 
à savoir la moucheture du labelle, qui est tout à fait exceptionnelle dans les 
Oncidium, cet organe étant ordinairement tout brun ou tout jaune, ou tout 
au plus tacheté à la base sur la crête ou le long des bords. 


TRAVAUX DE SAISON 


La première moitié de l’année 1897 a causé beaucoup de soucis aux cultivateurs 
par ses incohérences et ses variations excessives — sans parler des tempêtes et cyclones 
qui ont tout détruit aux endroits où ils ont passé. Il est probable que la végétation 
s’en ressentira beaucoup, et il sera intéressant d’étudier la façon dont un certain nombre 
d’Orchidées se comporteront cette année et l’année prochaine. 

Il est difficile de faire des prévisions générales, car on a pu observer à plusieurs 
reprises des différences très grandes d’un endroit à un autre peu éloigné. Dans l’ensemble, 
cependant, il semble que l’on puisse dépeindre la situation de la façon suivante : 

La végétation a commencé plus tôt que d’habitude, et dans beaucoup de champs 












et de vergers elle était, au début du printemps, en avance de deux ou trois semaines 
sur les conditions normales. Les plantes de serre ont ressenti certainement, quoiqu’à 
un degré moindre, l’influence de cet adoucissement de la température et beaucoup 
d’Orchidées ont commencé à pousser plus tôt que d’habitude. Mais le temps a changé 
brusquement, comme il était facile à prévoir; il y a eu quelques gelées, heureusement 
très courtes et limitées à des régions peu étendues; puis est arrivée une période froide 
et sombre, d’assez longue durée, et enfin un été un peu tardif, mais très chaud et 
très sec. Maintenant les orages reviennent un peu de tous côtés, le baromètre baisse 
et l’atmosphère tend à devenir plus humide. 

C’est lorsque les circonstances sont ainsi variables et contraires aux prévisions, 
que le cultivateur doit faire preuve de tact et donner aux plantes les soins appropriés. 
Ainsi, cette année, nous supposons que les jardiniers habiles ne se seront pas laissé 
surprendre par le brusque refroidissement de la fin d’avril, qu’ils auront arrosé leurs 
plantes abondamment pendant la saison sèche; toutefois, les soins de ce genre ne 
peuvent jamais remplacer l’action de la nature elle-même : le chauffage artificiel ne 
vaut pas la douce chaleur de l’air, les arrosements ne suffisent pas à combattre la 
sécheresse de l’atmosphère, et, enfin, rien ne peut remplacer la clarté du soleil quand 
celui-ci est voilé; de sorte que même les cultivateurs les plus expérimentés et les 
plus actifs n’auront pas pu empêcher leurs plantes de se ressentir plus ou moins du 
déséquilibrement des saisons. 

Quelles seront les conséquences de cet état de choses? 

D’une façon générale, il est probable que la végétation sera moins régulière et 
moins prospère cette année que d’habitude, le refroidissement brusque, le temps 
sombre, et plus tard la grande sécheresse l’ayant successivement contrariée. 

Il y aura toutefois des exceptions. Ainsi les Orchidées précoces, celles qui poussent 
très vite, et celles qui étaient très vigoureuses et bien soignées, pourront faire deux 
pousses et peut-être deux floraisons dans l’année, la chaleur et la sécheresse de juin 
et juillet ayant achevé et mûri leur première pousse prématurément. Pour peu que 
les mois d’août et septembre soient chauds et humides, les plantes pourront rentrer 
en végétation. Le mieux sera évidemment de ne pas les en empêcher, car il ne faut 
pas vouloir contraindre par trop la nature; mais il faudra quelques soins pour faire 
bien mûrir les pousses lorsqu’elles seront achevées, à une époque déjà un peu avancée; 
il faudra donc arroser et aérer beaucoup pour les faire développer le plus promptement 
possible, et ensuite donner aux plantes beaucoup de soleil, et de l’air tant que le 
thermomètre le permettra. 

Quant aux Orchidées qui entrent normalement en végétation à la fin d’avril ou 
au commencement de mai, comme les Cattleya Trianae, Mossiae, etc., les Dendrobium 
nobile, Wardianum, densiflorum, les Calanthe à bulbe, etc., toutes ces plantes auront 
eu au début des conditions favorables (à condition qu’on ait un peu chauffé à plusieurs 
reprises), et les grandes chaleurs ne les auront pas incommodées, pourvu qu’on ait 
arrosé beaucoup le compost et les sentiers. Pourvu que l’automne ne soit pas trop 
pluvieux et trop sombre, il y a lieu de penser qu’elles donneront de beaux bulbes, 
promettant une belle floraison pour l’année prochaine. La période de maturation qui 
précède le repos, a toujours une très grande importance à ce point de vue. 

Pour combattre la chaleur extrême de la seconde partie de juin et du mois de 
juillet, certains jardiniers ont trouvé plus simple de laisser les abris sur le vitrage à 
peu près toute la journée. Le remède est bien à peu près indispensable, mais il n’est 

(Pour la Suite, voir p. 8) 

















CYMBIDIUM x EBURNEO-LOWIANUM hort 



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CYMBIDIUM x EBURNEO-LOWIANUM hort. 


CYMBIDIUM. Vide Lindenia, V, p. 63. 

Cymbidium X eburneo-Lowianum. Hybridum inter C. eburneum et C. Lowianum artificiosa fecundatione 
productum. 

Cymbidium X eburneo-Lowianum Hort., Gard. Chron., V (1889), p. 363. — Will. Or ch. alb., p. 218. — 
Veitch, Man. Orch., pl. IX, p. 23. 


e bel hybride fit sa première apparition en Angleterre, il y a huit ans, 
à l’établissement de MM. Veitch. Il fut immédiatement considéré 
comme une acquisition de grande valeur, combinant à merveille les 
principales qualités de deux parents, le coloris du C. eburneum , relevé seulement 
d’un peu du beau rouge vif que le C. Lowianum porte sur le labelle, et la riche 
floribondité de ce dernier, avec une forme à peu près intermédiaire, un peu 
plus allongée et moins massive que celle du C. eburneum. 

Le même croisement ne tarda pas à être reproduit, ainsi que le croisement 
inverse, et grâce à la vigueur des plantes de ce groupe, à la rapidité avec 
laquelle les jeunes semis atteignaient la développement nécessaire pour fleurir, 
ces hybrides ne tardèrent pas à figurer dans plusieurs collections et à prendre 
rang comme des plantes horticoles d’un grand avenir. 

En France, la fécondation du C. eburneum par le C. Lowianum a été 
opérée avec un succès remarquable par M. Jacob, sous la direction de 
M. Isidore Leroy, dans la belle collection de M. le baron Edmond de Rothschild, 
au château d’Armainvilliers. Le produit a reçu le nom de C. x Armainvillierense , 
nom qui est d’autant plus justifié que cet hybride possède une qualité encore 
supérieure à celui qui avait été obtenu en Angleterre. Cette plante a été exposée 
en 1894 devant la Société Nationale d’Horticulture de France, et a excité un 
intérêt très vif. Elle a reçu une médaille d’or en outre du Certificat de mérite 
de i re classe qui lui était attribué comme à une obtention de premier ordre. 

Depuis lors, M. Jacob a également présenté le produit du croisement 
inverse; ce second hybride ne différait pas sensiblement du premier, sauf par 
un coloris général plus blanc et plus mat ; mais il est possible que des 
nuances analogues se produisent même entre des plantes issues de la même 
capsule de graines. 

Le Cymbidium x eburneo-Lowianum a sensiblement les pseudobulbes du 
C. Lowianum , et le feuillage du C. eburneum. Il a les racèmes presque aussi 
longs que ceux du C. Lowianum, et porte presque autant de fleurs. Ses fleurs 
ont la même grandeur que celle du C. eburneum , mais elles ont les pétales 










et les sépales plus allongés, oblongs-lancéolés, d’un blanc crémeux rappelant 
le vieil ivoire. Le labelle est très analogue à celui du C. Lowianum , mais 
un peu plus large; il présente la même coloration que les autres segments, 
mais porte une élégante bordure rouge brun sur le lobe anterieur, et quelques 
petites macules rouges sur le bord antérieur des lobes latéraux. Le disque 
est jaune vif. 

Ce bel hybride fleurit aux mois de février et mars. Il paraît être de 
constitution robuste, et nous en avons admiré à Armainvilliers plusieurs beaux 
exemplaires, qui produisent un effet superbe lorsqu’ils sont couverts de leur 
abondante floraison. 


(Suite, de la page 6) 

efficace qu’à la condition d’avoir, pour ombrer, des lattis laissant passer assez de jour. 
On peut imaginer la situation dans laquelle se seraient trouvées des Orchidées privées 
de lumière presque complètement pendant un mois et plus, en pleine végétation! 

* 

Il ne faut pas tarder maintenant à examiner en détail les thermosiphons, conduites 
et tout ce qui a rapport au chauffage, afin de faire opérer les changements ou les 
réparations nécessaires. Les appareils peuvent rester au repos ou être enlevés momen¬ 
tanément; dans un mois il serait peut-être trop tard. 

Il vaut mieux prévoir le mal que de se laisser surprendre en plein hiver par 
un accident de chauffage, qui peut causer de graves pertes! 

On profitera aussi de la saison actuelle pour faire faire les petits travaux nécessaires 
dans les locaux, repeindre une serre ou la nettoyer à fond, remplacer les vitres fendues, 
nettoyer les bassins, etc., tout ce qui peut gâter l’air et exige une aération abondante, 
et tout ce qu’on ne peut faire qu’en déplaçant les plantes. Il est facile en ce moment 
de vider une serre en mettant les Orchidées dans une galerie de travail, dans une 
pièce quelconque bien aérée et suffisamment claire, ou au besoin en plein air, pourvu 
que l’on puisse les protéger contre les rayons directs du soleil. Si l’on veut faire 
exécuter des travaux dans une serre chaude, on peut transporter les plantes qu’elle 
contient dans la serre tempérée et les Orchidées tempérées en plein air, ou bien ces 
dernières dans la serre froide et les Orchidées froides en plein air. 


















LINDENIA 






MILTONIA 


I* M * V. VAR. GLORIOSA 


V. VAR. LINEATA 


G. Putzys pinx, 








DLXXIX-DLXXX 







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AK. ALBA 


M. V. VAR. TRICOLOR 


M. V. VAR, 


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PL. DLXXIX-DLXXX 


MILTONIA VEXILLARIA benth. VARIETATES 

i. VAR. GLORIOSA 2. VAR. LINEATA 3. VAR. ALBA 
4. VAR. TRICOLOR 5. VAR. BELLATULA 

MILTONIA. Vide Lindenia, II, p. 31. 

Mïltonia vexillaria. Vide Lindenia, V, p. 21. 

es planches doubles que nous publions de temps en temps permettent 
de montrer dans toute leur splendeur les Orchidées les plus remar¬ 
quables et les plus riches en coloris divers, de comparer entre eux les 
différents types et de se former une appréciation raisonnée de leurs mérites 
respectifs. 

Le Mïltonia vexillaria avait tous les titres possibles à figurer dans cette 
galerie comme une Orchidée de premier ordre au point de vue de la beauté, et 
d’autre part extrêmement variable. Les heureuses importations effectuées par 
l’établissement de Moortebeek, près Bruxelles, nous ayant justement permis de 
réunir en même temps en fleurs, dans le courant de cette année, une série de ses 
formes les plus tranchées et les plus belles, nous en avons fait un choix pour 
notre iconographie. 

La Lindenia avait déjà publié, dans son cinquième volume, le portrait d’une 
variété qui était remarquable par un coloris très vif, la variété superba , qui a 
conservé une grande réputation. Toutefois, cette fleur charmante péchait par 
défaut de taille; c’était à peu près, comme nous l’écrivions à cette époque, la 
plus mignonne de toutes. Il semblait d’ailleurs que ce fût une règle très générale, 
que les Mïltonia vexillaria à grandes fleurs fussent de coloris pâle, parfois presque 
blanc, tandis que les formes colorées étaient relativement petites. 

Il n’en est plus de même aujourd’hui. De nouvelles découvertes ont enrichi 
l’espèce, depuis un an surtout, de plusieurs variétés à grandes fleurs très 
brillamment colorées. 

La variété gloriosa , qui figure sur notre planche au sommet à droite, est à 
coup sûr un magnifique exemple de cette amélioration spontanée, et l’un des plus 
beaux modèles qui existent dans l’espèce, avec le M. v. Bousiesiana , qui reçut au 
mois d’avril dernier un Diplôme d’honneur de i re classe de la Société L’Orchi- 
déenne. Ses fleurs sont d’une grandeur remarquable, et ont le labelle en par¬ 
ticulier d’une ampleur exceptionnelle. Cet organe affecte dans son ensemble une 
forme largement obcordée; il est profondément bifide au sommet, et légèrement 











bombé vers le centre. Il porte à la base et sur les lobes latéraux, réduits à deux 
petites cornes dressées, une macule jaune d’or foncé, précédée d’une petite crête 
triangulaire allongée rouge pourpré; sur toute la base, en avant du disque, règne 
une large zone blanche, à la place où le M. v. superba porte une bande rouge 
brunâtre sombre. Sur cette zone blanc pur, de courtes stries rouges sont 
disposées en éventail. Au delà, tout le limbe est d’un rose pourpré très intense, 
relevé de nervures rouge foncé. Les pétales et les sépales ont le même coloris, 
plus foncé le long des bords et de la nervure médiane. 

Cette variété a un coloris d’un éclat incomparable; c’est, à notre avis, l’une 
des deux ou trois plus belles formes qui aient jamais été introduites, et il sera 
difficile de la surpasser. 

La variété lineata , représentée en haut de notre planche à gauche, a les 
fleurs très grandes également, quoique n’atteignant pas les dimensions de celles 
dont nous venons de parler. Les sépales et les pétales sont d’un rose assez vif; 
les pétales sont lavés de rouge foncé à la base, ainsi que vers le sommet, les 
sépales latéraux sont plus pâles et passent au blanc vers les pointes. Le labelle, 
d’une belle ampleur, est blanc pur, et porte en avant du disque une série de stries 
rouges assez serrées disposées en éventail. Le disque est jaune, strié de rouge, et 
la crête triangulaire est rouge pourpre. 

Cette variété est remarquable par un contraste de couleurs extrêmement vif, 
et qui ne s’était pas manifesté jusqu’ici, croyons-nous, avec cette netteté. Dans la 
plupart des variétés précédemment connues, en effet, le labelle était de la même 
couleur que les autres segments ou un peu plus clair, mais ici la différence 
des nuances est saisissante. La rayure de la base du labelle est aussi très 
gracieuse. 

La variété tricolor , représentée sur notre planche au-dessous de la pré¬ 
cédente, a d’assez grandes analogies avec elle. On remarquera toutefois que 
les coloris des pétales et des sépales est ici plus intense, que les sépales laté¬ 
raux ont les pointes rouge plus foncé, comme les autres segments, et non 
pas dégradées, qu’enfin le labelle est presque entièrement blanc. La crête est 
réduite à une petite macule rouge, presque imperceptible, et c’est, avec le 
jaune du disque et des lobes latéraux, la seule note qui tranche sur la blancheur 
superbe du limbe étalé et très ample. 

La variété alba, figurée au-dessus, est extrêmement rare. Sans égaler en 
ampleur la variété virginalis , qui fleurit il y a quelques années dans les serres 
de M. Dallemagne, comme on s’en souvient, elle est fort belle, d’une superbe 
allure et a le labelle de forme presque carrée dans l’ensemble. 

Enfin la variété bellatula , qui occupe sur notre planche le coin inférieur de 
droite, se distingue par un coloris tout à fait particulier, et que l’on pourrait 
comparer à celui du Miltonia Roezli. La fleur est presque entièrement blanche; 
les pétales portent à la base une macule rouge vif très peu étendue et limitée 
à peu près à la portion située au-dessus de la nervure médiane; les sépales 







latéraux portent sur la moitié basale les deux stries rouges longitudinales qui 
n’existent d’ordinaire que dans les variétés colorées, et qui produisent ici un 
effet singulier; enfin le labelle, très analogue à celui de la variété tricolor , a le 
disque et les lobes latéraux jaune vif, et porte en avant de la crête une toute 
petite macule rouge vif trifide. Cette variété possède un très grand charme. 

Elle est de grandeur moyenne, et a le labelle d’une forme arrondie, bien 
bombée, qui est celle des types les plus parfaits de M. vexillaria. 

L. L. 


CULTURE DES MILTONIA 

La grande majorité des Miltonia réussissent parfaitement dans la serre mexicaine 
ou tempéréeffroide, celle des Maxillaria et Lycaste, où la température moyenne est de 
io à i2° C. Le M. Roezli, et peut-être le M. Endresi, qui est originaire de l’Amérique 
Centrale, réclament une température plus élevée, celle de la serre des Cattleya. 

Quant au M. x Bleuana, qui tient du M. Roezli, mais aussi du M. vexillaria, il est 
vraisemblable qu’il doit s’accomoder des mêmes conditions que ce dernier. M. Bleu le 
cultive dans la même serre que les Cattleya et Laelia, mais dans la partie la plus fraîche 
et la plus aérée de cette serre. 

Quelques personnes placent les M. anceps, M. Clowesi, M. Regnelli et M. flavescens 
dans la serre tempérée; ils y réussissent bien, ce qui ne peut surprendre étant donné que 
ces espèces sont originaires du Brésil ; mais nous les avons toujours vues prospérer par¬ 
faitement aussi dans la même serre que le M. vexillaria, et dès lors il nous paraît pré¬ 
férable à tous les points de vue de leur donner le moins de chaleur possible. 

Le compost qui convient le mieux aux Miltonia est un mélange de sphagnum et de 
terre fibreuse en quantités égales. Toutes ces plantes se cultivent en pots, avec un bon 
drainage, et il est préférable de ne pas employer des pots très grands. 

Les Miltonia en général demandent beaucoup de clarté, et doivent être placés le plus 
près possible du vitrage. Toutes les plantes qui ne sont pas très fortes doivent être sus¬ 
pendues; c’est la lumière qui paraît jouer le rôle le plus important dans la réussite. Néan¬ 
moins, il faudra avoir soin d’ombrer, pendant les deux ou trois heures les plus chaudes 
de la journée, les espèces à feuillage mince et grisâtre, M. vexillaria, M. Phalaenopsis, 
M. Roezli, M. Endresi, car les rayons directs du soleil ont vite fait de brûler les feuilles. 

Il n’est pas rare de voir des Miltonia vexillaria ou d’autres plantes du même groupe 
ayant les feuilles colorées de rouge brunâtre d’un côté; ce sont des feuilles qui ont été 
un peu trop exposées au soleil. Le mal n’est pas bien grand, et la plante qui se trouve 
dans ce cas n’est même pas déparée, à notre avis; mais si le fait se renouvelait ou si 
l’action du soleil se prolongeait, la plante risquerait de souffrir et de perdre ses feuilles. 
C’est surtout pour les Miltonia, et d’ailleurs pour beaucoup d’Orchidées de serre tempérée- 
froide, qu’il faut veiller attentivement à l’ombrage, le mettre en place dès que le soleil 
devient trop ardent, et l’enlever dès que le danger est passé. 

Un cultivateur expérimenté reconnaît aisément quand il faut abriter, rien qu’en 
prenant une feuille dans sa main, et en observant si elle est plus ou moins chaude. 

Il va sans dire, d’autre part, que les plantes se durcissent peu à peu au soleil, et 
deviennent moins délicates à mesure que la saison avance; c’est surtout au début, lorsque 








12 



les jeunes feuilles sont encore très tendres et que le soleil commence à prendre de la 
force, qu’il faut observer beaucoup de précautions. 

Pendant la période de végétation active, les Miltonia réclament des arrosages très 
abondants; on les ralentit après la floraison, et pendant l’hiver on les limite au minimum 
nécessaire pour empêcher ces Orchidées de se faner. Le traitement de ces plantes pendant 
le repos est difficile à régler en formules précises, et exige du cultivateur beaucoup de 
tact; il ne faut pas qu’elles souffrent ni qu’elles perdent toutes leurs feuilles, mais il ne 
faut pas non plus qu’elles continuent à pousser. 

Nous avons dit que les Miltonia devaient tous être cultivés en pots; cependant on fait 
souvent exception à cette règle pour le M. spectabilis et le M. Blunti, plantes qui ont un 
rhizome très traçant, et qui, pour cette raison, seraient difficiles à maintenir dans des pots. 

Le coloris jaune que prennent ordinairement les bulbes de ces deux espèces contrarie 
souvent les amateurs, qui se figurent à tort qu’il est un indice de mauvaise santé; en 
tous cas, il nuit un peu au magnifique coloris des fleurs. On pourrait sans doute essayer de 
maintenir les organes verts, tout au moins d’un vert jaunâtre, en abritant beaucoup les 
plantes contre le soleil; mais c’est un procédé que nous ne saurions recommander. Il est 
fort probable que les fleurs seraient moins nombreuses et moins brillantes. 

On peut, au moment de lâ floraison, masquer le jaune des bulbes au moyen 
d’Adiantum et d’autres petites plantes à feuillage vert élégant. Nous nous rappelons 
aussi avoir entendu préconiser en Angleterre un procédé qui, paraît-il, empêchait les 
plantes de jaunir; ce procédé consistait à les arroser avec de l’eau mélangée de suie 
en petite quantité. Il est fort probable que la suie joue ici le rôle d’engrais et de 
reconstituant. 

Nous n’avons pas eu l’occasion d’essayer ce procédé, et comme nous l’avons dit 
souvent, nous ne sommes pas partisan des engrais en général. Il nous paraît préférable de 
laisser aux plantes en question leur coloris jaune, qui d’ailleurs est trop vif pour offrir 
l’apparence de l’étiolement, et au besoin, de masquer les organes végétatifs au moyen 
d’autres feuillages, comme nous l’avons dit plus haut. 






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L1NDENIA 


p L- DLXXXJ 



ODONTOGLOSSUM CRISPUM 

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lindl. var. MOORTEBEEKIENSE hort. 


G. Putzys pinx. 


Pc De Pannemaeker chrotn. 







PL. DLXXXI 

ODONTOGLOSSUM CRISPUM lindl. var. MOORTEBEEKIENSE 

L. LIND. 

VARIÉTÉ DE MOORTEBEEK 


ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 

Odontoglossum crispim. Vide Lindenia, I, p. loi. 

Var. moortebeekiense Hort., Sem. Hort., I, p. 238, et infra. 

a série n’est pas épuisée des magnifiques variétés à 1 Odontoglossum 
crispum introduites depuis deux ans à Bruxelles, et vraiment il semble 
que cette espèce si appréciée ait révélé dans ces deux années plus 
de trésors qu’elle n’en avait montré dans l’espace de cinquante ans. Nous 
avons déjà figuré plusieurs formes tout à fait hors ligne; la nouvelle venue 
ne leur est pas inférieure. 

« Cette variété nouvelle a fait son apparition récemment à l’établissement 
Lucien Linden et C ie , à Moortebeek, » écrit M. A. White dans La Semaine 
Horticole. « Elle est tout à fait exquise comme forme et comme coloris. Ses 
segments sont bien étoffés, les pétales très larges rejoignant les sépales et 
donnant bien l’impression d’un pentagone régulier. Les sépales sont un peu 
lavés de rose le long de la ligne médiane, et portent à la partie centrale 
deux ou trois grosses macules rouge violacé très vif; les pétales portent des 
taches de la même couleur, mais à peu près réunies en une seule macule 
très grande, immense, de forme irrégulière, placée bien au milieu, et d’un 
effet superbe. Le labelle très large, en forme de cœur, porte une série de 
petites taches rouges des deux côtés du disque et le long d’une ligne médiane 
presque jusqu’au sommet. 

« L 'Odontoglossum crispum var. moortebeekiense peut rivaliser avec les plus 
belles variétés connues. Telle qu’elle est, c’est une fleur splendide et bien 
digne de figurer dans ce livre d’or, consacré aux formes d’élite d’un genre 
favorisé entre tous. » 













LYCASTE X IMSCHOOTIANA 


Les orchidophiles n’ont pas oublié certainement ce bel hybride, dont nous avons 
publié le portrait dans le volume IX de la Lindenia (pi. 410). L’origine qui avait été 
indiquée par son obtenteur lors de son apparition avait beaucoup surpris, et l’on 
trouvera dans la description que nous avons publiée à cette époque l’expression de cet 
étonnement; il semblait bien, en effet, que cet hybride ne participât en aucune façon 
du Maxillaria nigrescens, ni même d’un Maxillaria quelconque, et qu’il possédât absolument 
tous les caractères des Lycaste. Son allure générale, la forme et le coloris de ses 
fleurs paraissaient indiquer bien plutôt l’influence du L. cruenta, en outre de celle du 
L. Skinneri, qui ne laissait place à aucun doute. 

Nous apprenons qu’en effet l’hybride en question a comme second parent le 

L. cruenta, et M. A. Van Imschoot a fait connaître que la première indication d’origine 
était due à une petite confusion dans ses notes de fécondation. 

Il n’existe donc pas encore d’hybride entre les deux genres Lycaste et Maxillaria; 
mais il y a lieu de penser que la fécondation bi-générique n’a rien d’impossible, et 
maintenant que le genre Maxillaria, enrichi de belles espèces horticoles comme le 

M. Lindeniae et le M. mirabilis, a attiré sur lui l’attention des orchidophiles, il est 
probable que l’on ne tardera pas à voir apparaître des hybrides de cette catégorie. 


































LINDENIA 



G. Putzys pinx. 


COELOGYNE ASPERATA lindl. 


P. De Pannemaeker chroni. 









PL. DLXXXII 


COELOGYNE ASPERATA lindl. 

COELOGYNE HÉRISSÉ 


COELOGYNE. Vide Lindenia, II, p. 79. 

Coelogyne asperata. Racemis pendulis dense multifloris subpubescentibus, bracteis subrotundato-ovatis concavis 
duris siccis, sepalis lanceolatis ecarinatis, labelli lobis lateralibus erectis ovatis obtusis, intermedio oblongo obtuso 
crispo, disco dense verrucoso costis 3 inaequalibus laevibus pone basim. 

Coelogyne asperata Lindl. in Journ. oftheHort. Soc., IV, 221; Id., Fol. Orchid., V, n° 6. — Lind. Pescat., 
t. 8. — Will. Orch. Alb., VII, t. 311. — Journ. Orch., I, p. 238. — Lind. Orch. exot., p. 659. 

Coelogyne Lowi. Paxt. Mag. of Bot., 1849, p. 225. 


e Coelogyne asperata est originaire de la région septentrionale de Bornéo, 
où il fut découvert pour la première fois en 184g dans le district de 

Sarawak; il fut introduit la même année par MM. Low et C ie . Il est 

également répandu dans l’archipel de la Malaisie, de Sumatra à la Nouvelle- 
Guinée, où il est très abondant. Cependant il se rencontre peu dans les 
cultures, où il mériterait à notre avis une place brillante. 

Ses fleurs ne dépassent pas en grandeur les autres belles espèces du 
genre, mais elles ont un coloris particulièrement beau et riche. Le labelle 
blanc porte des stries et des macules d’un jaune doré relevé de jaune brunâtre, 

et sur le disque des protubérances et des lamelles tachetées de la même façon. 

Les autres segments sont blanc crème, ou d’un blanc légèrement verdâtre. 

La hampe florale défléchie porte de huit à dix fleurs, mais parfois davantage, 
paraît-il, puisque les journaux anglais signalaient en i8go la floraison, chez 
M. le Baron Schroder, d’un remarquable spécimen de cette espèce qui portait 
vingt-neuf tiges florales, dont chacune avait une trentaine de fleurs. Mais 
même réduite à de plus modestes proportions, la floraison du Coelogyne asperata 
est extrêmement belle. 

Elle doit offrir un aspect merveilleux dans le pays où cette plante croît 
en abondance et donne une végétation luxuriante. Aussi n’est-il pas surprenant 
qu’elle y soit l’objet d’un culte spécial. Un ancien collecteur a publié, à ce 
propos, dans le Journal des Orchidées , des notes de voyage qu’il sera intéressant 
de rappeler ici : 

« A l’époque de la floraison du Coelogyne asperata , je m’étais rendu sur 
les bords de la rivière Amboan, où cette Orchidée croît en abondance. Je 
fis halte le soir devant une maison indigène, où je me proposais de passer 
la nuit, et j’ordonnai à mes hommes de veiller sur les armes et de faire 
les préparatifs du souper. 














« Les Dayaks étaient occupés à ce moment à trier le riz pour les semailles ; 
hommes, femmes et enfants étaient réunis dans le Kampong et travaillaient 
avec ardeur, car les graines devaient être semées le lendemain. Ils m’accueil¬ 
lirent bien néanmoins, et je m’installai pour prendre le repos dont j’avais 
grand besoin. Vers dix heures du soir, une vacarme affreux me réveilla; 
il semblait qu’une foule fût assemblée devant la maison et s’efforçât de faire 
le plus de bruit possible; au bout de quelques instants je vis apparaître une 
dizaine de vieilles femmes qui frappaient sur d’énormes gongs en forme de 
casseroles; elles étaient suivies de quinze ou vingt jeunes filles, portant dans 
leurs mains de gros bouquets de Coelogyne asperata , et ayant dans les cheveux 
des guirlandes de ces fleurs. Cette singulière procession entra dans l’habitation 
sans cesser un instant son assourdissant tapage, on plaça devant les femmes 
des caisses remplies de riz, et les jeunes filles déposèrent leurs bouquets a 
gauche, et à droite les grappes qui ornaient leur tête. Deux fillettes de cinq 
à six ans s’avancèrent alors et ramassèrent ces fleurs; puis elles les répan¬ 
dirent, celles de gauche dans les caisses qui contenaient les graines, celles 
de droite devant ces caisses.... 

« Quelques jours plus tard, en revenant de mon expédition, je repassai 
dans cet endroit vers le soir, et je m'arrêtai devant le même Kampong pour 
y diner. J’avais fait une récolte fructueuse, et ma chaloupe était chargée 
d’Orchidées, notamment de Coelogyne asperata; dès que les habitants aperçurent 
ces plantes, leur attitude vis à vis de moi se modifia brusquement. Les femmes 
et les jeunes filles surtout donnèrent les signes de la plus vive agitation; 
beaucoup d’entre elles se mirent à pleurer et à crier; d’autres manifestaient 
une violente fureur, et je ne sais ce qui serait advenu si je ne m’étais pas 
hâté de partir en distribuant autour de moi des pièces de monnaie et une 
bonne provision de tabac. Je regagnai mon bateau sans retard, heureux de 
sauver à peu de frais mes plantes et peut-être même ma vie; car les Dayaks, 
qui paraissent avoir un culte spécial pour ce Coelogyne, et considérer leur 
existence comme liée à la sienne, ne m’auraient pas laissé emporter ma 
cargaison, la première surprise passée, et peut-être m’auraient-ils fait payer 
chèrement ce sacrilège. » 

Le Coelogyne asperata fleurit dans le cours de l’été. Il réclame la même 
température que le C. Massangeana et les Dendrobium de l’Inde. 












LINDENIA 




CATTLEYA 

I. VAR. YVONNE 


TRIANAE LIND. VARIETATES 

2. VAR. RI TA 3. VAR. PRINCEPS 


P. De Pannemaekr cJiroi 


. G. Putzys pinx. 






PL. DLXXXIII 


CATTLEYA TRIANAE lind. VARIETATES 

x. VAR. YVONNE 2. VAR. RIT A 3- PRINCEPS VAR. 

CATTLEYA. Vide Lindenia, I, p. 15. 

Cattleya Trianae. Vide Lindenia, I, p. 63. 

a Lindenia a déjà publié les portraits de plusieurs variétés du fameux 
Cattleya Trianae , l’une des espèces les plus populaires du genre pour 
sa beauté et l’époque de sa floraison, et la plus variable peut-être 
de toutes. Nous n’avons pas cependant épuisé la série des formes remarquables 
de cette espèce, et à vrai dire nous ne prétendons pas accomplir cette vaste tâche. 
Mais tout en nous bornant à figurer des variétés hors ligne et qui présentent 
un caractère de nouveauté, nous avons encore à revenir de temps en temps 
à cette espèce, parce qu’il semble qu’elle se renouvelle elle-même et découvre 
peu à peu notre admiration des merveilles inconnues précédemment. N’a-t-elle 
pas révélé, depuis un an ou deux, des variétés où le rouge pourpré du lobe 
antérieur du labelle passait au violet lavande ? 

Les établissements d’horticulture qui font des importations régulières sont 
particulièrement à même d’observer et de recueillir ces trouvailles. C’est ainsi 
que Messieurs Lucien Linden et C ie ont eu la bonne fortune d’importer, depuis 
deux ou trois ans notamment, un grand nombre d’Odontoglossum de grande 
valeur et de nouvelles variétés de Cattleya Trianae. Nous figurons aujourd’hui 
trois de ces dernières, choisies parmi les plus sensationnelles; en voici une 
brève description : 

i° Var. Yvonne. Fleur à segments d’un blanc pur, relevé seulement sur 
les pétales par une mince ligne médiane rose pâle, d’un charmant effet. Le 
tube du labelle est rose clair; le lobe antérieur, très gracieusement ondulé, 
est rose très pâle, avec une petite macule triangulaire rouge foncé, striée de 
rouge pourpre en avant du disque, qui est d’un jaune soufre. En avant de 
la macule rouge se trouve une étroite bande couleur lilas, presque bleue, puis 
une large bordure blanche. 

Cette variété ne ressemble à aucune autre connue jusqu ici, est tout a fait 
hors ligne et a été dédiée à M lle Yvonne Linden. 

2 ° Var. Rita. Segments bien ondulés, d’un rose lilacé, avec la nervure 
médiane marquée de rose plus vif. Labelle d’une largeur superbe, bien épanoui; 
disque jaune d’or très vif; en avant se trouve une grande macule rouge fonce, 
traversée de nombreuses stries rouge pourpré sombre en éventail; au sommet, 








une large bande rose lilacé clair. L’ouverture du tube et les. bords des lobes 
latéraux sont d’un rose lilacé pâle, et très ondulés. 

Cette délicieuse variété a été dédiée à M lle Rita Otlet. 

3 ° Var. princeps. Variété à fleur ample et d’une superbe allure. Les pétales 
et les sépales sont roses; le labelle est rose, avec une macule très étendue, 
d’un rouge pourpré très foncé, entourée d’une bordure blanche. Le disque 
porte une macule relativement peu étendue, d’un jaune très vif. 
















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ODONTOGLOSSUM LUTEO-PURPÜREUM lindl,. var. CORNUTUM l. lind 


Alice Mercier, pinx. 


P. De Pannemaeker chrotn . . 





PL. DLXXXIV 


ODONTOGLOSSUM LUTEO-PURPUREUM LÎNDL. 
var. CORNUTUM l. lind. 

ODONTOGLOSSUM JAUNE ET POURPRÉ, VARIÉTÉ HÉRISSÉE 

DE CORNES 

ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 

Odontoglossum luteo-purpureum. Vide Lindenia, II, p. 23. 

Odontoglossum radiatum Rchb. f. in Gard. Chron., 1865, p. 746, 

Var. cornutum. Sepalis, et praecipue petalis, margine valde laciniato-dentatis. 

Var. cornutum L. Lind. in Sem. Hort., I, p. 238. 

1 existe plusieurs formes de Y Odontoglossum luteo-purpureum qui ont 
les segments, et surtout les pétales, plus ou moins dentés sur les 
bords et laciniés, comme YO. luteo-purpureum var. hystrix (O. hystrix) 
dont le nom fait allusion précisément à cette particularité; mais la nouvelle 
variété que nous figurons aujourd’hui, et qui a fleuri récemment à L’Horti¬ 
culture Internationale, présente ce caractère à un degré tellement prononcé, 
que l’on peut comparer les dents des pétales à de véritables petites cornes. 
L’effet qu’elles produisent est fort curieux, d’autant plus qu’elles s’étendent 
sur presque toute la longueur des pétales, jusqu’à l’endroit où ils se rétrécissent 
en pointe. 

Le coloris de cette plante est très agréable et distinct. Les sépales sont 
entièrement marron pourpré, avec l’extrême pointe jaune et deux ou trois 
dents jaunes sur les bords; les pétales sont jaunes maculés de marron; le 
labelle a la moitié inférieure marron, striée et panachée de jaune, et la moitié 
antérieure considérablement élargie, d’un jaune clair. 

U Odontoglossum luteo-purpureum est une des espèces les plus importantes 
et les plus remarquables du genre. Il fut découvert en 1842 par Jean Linden 
dans les forêts de Quindiu, dans la Nouvelle-Grenade, à une altitude de 
2500 mètres environ. Il fut décrit par Lindley dans ses Orchidaceae Lindenianae. 

Il est répandu sur une aire très vaste de la Colombie, sur les versants 
de la Cordillère orientale et de la Cordillère centrale, entre Bogota et Ocana 
d’une part, Quindiu et Medellin de l’autre. 

Il est extrêmement variable, comme le sont souvent les espèces à grande 
dispersion, et comprend un grand nombre de types distincts par la forme 
et le coloris. En outre, il se rattache au groupe dit des hybrides naturels 
par beaucoup de formes intermédiaires dont le classement exact est extrême- 











ment difficile à déterminer, tels l’O. Hinnus , par exemple, et l’O. sceptrum, que 
certains auteurs lui rattachent comme variétés, l’O. lyroglossum , et l’O. Mulus 
lui-même, qui peut à coup sûr être considéré comme une variété de l’O. Inteo- 
purpureum , mais une variété douée d’une ampleur de formes et d’un coloris 
élégamment bigarré qui lui donnent un cachet tout à fait spécial. 

Rappelons enfin que l’O. luteo-purpureum a contribué à produire le magnifique 
hybride bien connu, YO. x Wilckeanum, ou dans les cultures O. x Leroyanum , 
l’un des plus beaux Odontoglossum, qui présente lui aussi un certain nombre 
de formes diverses. En utilisant pour la fécondation artificielle une variété 
comme celle que nous figurons aujourd’hui, on obtiendrait sans doute un 
produit distinct et remarquable, car l’élégante décbiqueture des segments, qui 
se présente dans certains Odontoglossum crispum par exemple, est un caractère 
très apprécié. 









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2 me Série. — 3 me Volume. — 3 me et 4 me Livraisons 
ou i3 me Vol. de l’ouvrage. Octobre-Novembre 1897. 


LIN DENIA 


ICONOGRAPHIE 


DES ORCHIDÉES 


DIRIGEE PAR 


J. Linden et Lucien Linden 


SOMMAIRE : 


Pages 

Sobralia Lindeni Grign.21 

Odontoglossum X del Tecto L. Lind.23 

Vandasuavis Lindl. var. magnificens L. Lind. . 25 

Miltonia vexillaria Benth. var. Kirsteiniae L. Lind. 27 


Pages 

Cattleya Mendeli Hort. var. Kegeljani L. Lind. 29 

Odontoglossum X Adrianae L. Lind.31 

Vanda X amoena O’Brien. 33 

Laeliocattleya X Hippolyta Hort..35 


PRIX DE L’ABONNEMENT : 

60 francs par an, payables par anticipation 


Publiée par LUCIEN LINDEN 

117, RUE BELLIARD 

BRUXELLES (Belgique) 


ON PEUT S’ABONNER CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES. 


Gand, imprimerie Eug. Vanderhaeghen. 

























































LINDENIA 



SOBRALIA LINDENI grign. 


G. Putzys pinx. 



PL. DLXXXV 


SOBRALIA LINDENI grign. 

SOBRALIA DE MM. LINDEN 


SOBRALIA. Vide Lindenia, VII, p. 67. 

Sobralia Lindeni. Floribus magnis, bracteis lanceolatis acutis undulatis floris basin amplectentibus ; petalis late 
oblongo-lanceolatis, sepalis fere aequalibus, subobtusis ; labelli lobis lateralibus supra columnam convolutis convergen- 
tibus, basi 9-lamellata, lamella media lanato-cristata, lateralibus ad basin in tuberculos duos lanato-cristatos coalescen- 
tibus, antice mox evanescentibus ; lobo anteriore subrotundato, amplissimo, apice breviter emarginato, margine pulchre 
crispo. Columna gracili, apice clavata, subincurva, breviter alata, alis tenuissimis adpressis; rostello breviter 
trilobo, incurvo. 

a. Floribus lacteis, labelli disco purpureo rubro, demum violaceo radiato. 

fi. Floribus pallide lilacinis, labelli lobo anteriore purpureo, versus apicem violaceo, albo radiato. 

Caulibus circa 1-1,25 m. altis, foliis vaginantibus, vaginis laevibus, laminis lanceolatis acuminatis, 25 cm. 
longis, quinquenerviis. 

Sobralia Lindeni Grign., supra. — Gard. Chron., 1895, P* 3^0. — Journ. des Orch., VI, p. 251. — 
Orch. Rev., 1896, p. 367. 

a première mention qui fut faite de cette magnifique espèce se trouve 
dans les journaux de 1895, époque à laquelle elle fleurit pour la 
première fois en Angleterre. Son introduction datait de deux ans déjà, 
et sa première floraison avait eu lieu vers le mois d’août 1893, dans les serres 
de L’Horticulture Internationale, à Bruxelles; mais à cette époque les fleurs 
n’avaient pu être montrées à aucune exposition, et l’on avait dû les sacrifier 
pour ne pas épuiser inutilement une plante d’importation. 

Voici dans quels termes le Gardeners’ Chronicle annonçait la nouvelle 
découverte, au mois de septembre 1895 : 

« Quelques touffes de Sobralia nouvellement importées furent vendues sous 
le nom de S. Lindeni par L’Horticulture Internationale, de Bruxelles, chez 
MM. Protheroe et Morris, le 12 septembre 1893. M. C. J. Lucas, de Warnham 
Court, Horsham, a eu l’obligeance de nous envoyer une fleur d’un exemplaire 
acheté en cette occasion; comme le dit M. Lucas, c’est certainement une chose 
ravissante. La fleur est grande, les pétales et les sépales d’un blanc lilacé délicat; 
le labelle est également blanc lilacé à sa moitié basale, mais la partie antérieure 
est d’un riche cramoisi pourpré, passant sur le bord à une nuance presque bleue. 
Cette partie d’un si beau coloris est traversée par des lignes blanches ramifiées 
bien définies, ce qui produit un effet très distinct. » 

Le Sobralia Lindeni fleurit également, un peu plus tard, dans la collection 
de Sir Trevor Lawrence, et la Société Royale d’Horticulture de Londres lui 
décerna un certificat de mérite, le 15 octobre 1895. 












On remarquera que la plante qui fleurit pour la première fois chez 
M. C. J. Lucas n’avait pas tout à fait le coloris de celle que nous figurons 
aujourd’hui; le rouge et le violet bleuâtre y dominaient dans toute la partie 
antérieure du labelle, parsemés seulement de stries blanches, tandis que dans 
la plante qui a servi de modèle pour notre lithographie, et qui avait fleuri 
au début de septembre dans les serres de L’Horticulture Internationale, 
c’est le blanc qui domine sur le lobe antérieur du labelle, traversé seulement 
par une dizaine de stries rouge pourpré, qui passent au rose violacé au-delà 
du disque, et au violet clair vers le sommet. Ces stries disposées en éventail, 
et qui produisent un si charmant effet, s’arrêtent d’ailleurs loin des bords 
du limbe. 

Il semble donc que l’une de ces deux formes pourrait être considérée 
comme le type, et l’autre comme une variété; nous croyons devoir plutôt 
prendre comme type la forme blanche figurée ci-contre, plusieurs plantes 
ayant donné à Bruxelles le même coloris. 

M. Rolfe, qui signalait l’année dernière la floraison du Sobralia Lindeni , 
mentionnait que ses fleurs durent longtemps. 

On voit donc que cette brillante introduction de M. M. Linden mérite de 
prendre place au premier rang du genre et parmi les plus belles Orchidées 
connues, car les Sobralia sont dignes de rivaliser avec les Cattleya eux-mêmes, 
dont ils se rapprochent tant par la forme des fleurs. 


















PL. DLXXXVI 



ODONTOGLOSSUM X DEL TE CTO l. lind 




PL. DLXXXVI 


ODONTOGLOSSUM x DEL TECTO l. lind. 

ODONTOGLOSSUM DE M. PAUL DU TOICT 


ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 

Odontoglossum X del Tecto. Hybridum apud naturam, forsan, ut videtur, inter O. cirrhosum et O. crispum 
vel O. Ruckeriamim, productum. 

Odontoglossum X del Tecto L. Lind., Compt. rend. Orchid., 1897. — Sem. Hort., I, p. 238. 

e nouvel Odontoglossum, d’un cachet si distinct et si' beau, fit sa 
première apparition au mois de mai de la présente année, dans les 
serres de l’établissement de Moortebeek. Il fut exposé au meeting de 
L’Orchidéenne du 9 mai, et y reçut un Diplôme d’honneur de i re classe à 
l’unanimité. 

Il est assez difficile de définir ses relations avec les divers types déjà 
connus de ce genre si riche et si variable. On peut affirmer que c’est un hybride 
et si l’on pouvait admettre que l’O. cirrhosum cohabitât avec l’O. crispum , ou 
mieux encore avec FO. Ruckerianum , nous n’hésiterions pas à attribuer cette 
parenté à l’O. del Tecto , qui représente exactement la forme et le coloris 
intermédiaires entre ceux de ces plantes. Ce que nous savons de l’habitat des 
Orchidées américaines fait douter de la possibilité d’un tel croisement; nous 
nous bornerons à signaler ces analogies, pour traduire de notre mieux l’aspect 
de la plante en question ; nos abonnés pourront d’ailleurs juger de ses mérites 
en examinant la planche ci-contre. 

La fleur est rose clair, avec tous les segments bordés de rose vif et 
abondamment maculés de gros points marron pourpré; le labelle en porte deux 
des deux côtés de la crête, et une grosse macule de la même couleur vers 
les deux tiers de sa longueur. Tous les segments sont d’abord largement 
oblongs, puis brusquement rétrécis et une longue pointe ondulée et recourbée. 
Le labelle, très allongé, est fortement renflé à la base, comme dans l’O. cirrhosum , 
et a sensiblement la même crête que cette espèce. 

La comparaison de l’O. x del Tecto avec l’O. cirro-Halli et l’O. elegans est 
extrêmement intéressante; mais le nouveau venu présente cette particularité 
capitale, que ses fleurs, au lieu d’être largement tachées et barrées de brun 
sur fond jaune, portent seulement de gros points marron et ont le fond rose. 
Dans le premier cas, l’intervention de FO. Halli paraît tout indiquée; dans 
le second elle n’est guère admissible, et malgré l’analogie de forme, il faut 








chercher un autre parent, qui nous semble bien appartenir au groupe 

Rückermnum. 

Nous avons été particulièrement heureux de dédier cette belle nouveauté 
à l’excellent amateur belge, M. Paul du Toict. 


CULTURE DES SOBRALIA 

Les Sobralia se cultivent dans la serre tempérée, ou même dans la serre chaude. 
Toutefois, quand arrive la floraison, on a soin généralement de les transporter dans un 
compartiment plus froid, afin de prolonger la durée des fleurs ; c’est ainsi que les amateurs 
verront presque toujours les Sobralia en fleurs dans la serre des Odontoglossum ; une fois 
la floraison terminée, on remet les plantes dans leur local ordinaire; elles ne souffrent 
nullement de ce court déplacement. 

Les Sobralia demandent des arrosages très abondants pendant la saison de végétation; 
comme ils produisent des racines très nombreuses, formant un réseau extrêmement 
compact, l’eau a quelquefois de la peine à pénétrer le compost, et il ne serait pas mauvais 
de plonger le pot tout entier dans l’eau, si la plante n’était pas trop volumineuse. 

A cause de cette masse de racines, on doit employer des pots assez grands, et 
on y placera un drainage occupant un bon tiers ou même la moitié de la hauteur, 
pour faciliter la rapide évaporation de l’eau des arrosages. 

Le choix du compost est important; les cultivateurs anglais emploient pour les 
Sobralia beaucoup de peat et de la terre franche. Peut-être ces matériaux conviennent-ils 
pour un climat différent du nôtre, mais en tous cas, les résultats qu’on obtient sur 
le continent avec des éléments analogues sont peu brillants. 

Nous employons à L’Horticulture Internationale un mélange composé de la 
façon suivante : beaucoup de sphagnum bien haché, une faible proportion de terre fibreuse 
et de terre de bruyère, et une assez grande quantité de sable de rivière très fin. 
Les Sobralia réussissent admirablement dans ce compost. 

Les Sobralia doivent recevoir un léger repos après la floraison, et pendant l’hiver 
un repos de huit à dix semaines. Comme ils n’ont pas de pseudobulbes, on ne doit 
pas laisser le compost se sécher d’une façon excessive, mais seulement réduire les 
arrosages au strict nécessaire. 














PL. DLXXXVII 



VANDA SUAVIS lindl. var. MAGNIFICENS l. lind. 








PL. DLXXXVII 


VANDA SUA VIS lindl. var. MAGNIFICENS l. lind. 

VARIÉTÉ MAGNIFIQUE 


VANDA. Vide Lindenia, I, p. 47. 

Vanda suavis. Vide Lindenia, II, p. 27* 
Var. magnificens L. Lind., infra. 


epuis longtemps déjà, les opinions sont fort partagées au sujet de la 
situation respective du Vanda suavis et du V. tricolor. Certains auteurs 
les considèrent comme appartenant à une seule et même espèce, et font 
du premier une variété du second; d’autres les maintiennent comme deux espèces 
distinctes. 

Les distinctions de cet ordre ne nous semblent pas devoir fournir matière 
à discussion ; chacun entend à sa façon la portée du mot « espèce, » et c’est 
une question de sentiment, de savoir si telle et telle différences sont suffisantes 
pour constituer une espèce distincte; ici, en tous cas, les différences nous 
paraissent assez nettes. Le V. suavis a les hampes plus longues et plus dressées 
que le V. tricolor; il produit des fleurs plus nombreuses; ses fleurs ont un 
coloris de fond blanc, et les macules rouge ou rose pourpré, tandis que 
celles du V. tricolor ont le fond plus ou moins jaune et les taches brunes ; 
elles ont les pétales à peu près tordus en arrière, tandis que dans le V. tricolor 
ces organes sont étalés et presque plans. Enfin, on peut remarquer que le 
V. suavis est beaucoup moins variable que son émule, qui offre des variations 
infinies de coloris. 

Nous nous rangerons donc à l’usage horticole en conservant au Vanda suavis 
son appellation spécifique. 

La variété que nous figurons aujourd’hui est remarquable par la grandeur 
de ses fleurs et la vivacité de leur coloris. Les segments sont blancs laves de 
rose pâle vers le sommet, et bordés de rose plus vif et portent un grand 
nombre de petites macules rouge brunâtre; le labelle, d’un coloris rouge très 
intense, a le lobe antérieur bien étalé et d’une ampleur remarquable. 

Cette variété nous a paru digne d’être figurée; c’est, au point de vue de 
la grandeur notamment, le plus beau modèle de F. suavis que nous connaissions. 













A PROPOS D’HYBRIDATION 


Ainsi que nous l’écrivions naguère, il se passera beaucoup de temps avant que l’on 
puisse entreprendre une étude générale des résultats donne par l’hybridation dans les 
Orchidées. Mais les personnes qui s’intéressent à ces belles plantes et les cultivent pourront 
abréger ce délai en apportant leur contribution à cette étude, en observant beaucoup et en 
faisant connaître les fruits de leurs observations. C’est ce que nous nous proposons de faire, 
suivant en cela notre constant programme; le rôle d’un journal n’est-il pas d’amasser, 
au jour le jour, et pierre par pierre, les matériaux grâce auxquels se trouve finalement 
construit un nouvel édifice ? 

En ce qui concerne l’hybridation, le peu que l’on sait jusqu’ici fournit déjà des aperçus 
nouveaux d’un haut intérêt. Il arrive assez souvent que les résultats ne sont nullement 
conformes à ce que les apparences nous avaient amenés à supposer, et que nos pré¬ 
visions sont fort déroutées. Mais la maîtresse Nature s’occupe bien de nos prévisions ! 

C’est la réflexion qui nous venait à l’esprit en considérant certains résultats fort 
inattendus de l’hybridation. 

Ainsi, le Cypripedium Spicerianum croisé avec le C. Godefroyae a donné comme 
résultat une fleur dans laquelle le pavillon est fortement lavé de rouge un peu sombre 
sur les bords et le long de la nervure médiane, et le sabot, dont la forme massive 
rappelle beaucoup le premier parent, est vert brunâtre, teinté de rouge en avant. Certes, 
cette coloration était ici très inattendue, aussi bien que dans le C. X Lathamianum, 
dont certaines variétés supérieures ont le pavillon très marqué de rouge. 

Il y a bien des exemples plus frappants encore : ainsi le Cattleya bicolor a été 
croisé par M. Bleu avec le C. Loddigesi. La fleur de l’hybride obtenu ne rappelle en rien 
le premier parent, et vue d’un peu loin, ou rapidement, elle pourrait être prise pour un 
simple C. Loddigesi, de coloris particulièrement vif, il est vrai. En le considérant en 
détail, on remarque quelques différences d’allure, surtout dans le labelle, qui sont préci¬ 
sément celles par lesquelles on caractérise le C. Harrisoniae. 

Il y a des espèces qui impriment d’ordinaire très fortement leur cachet à leur 
descendance : tels sont le Laelia purpurata, VEpidendrum radicans, les Cypripedium Spi¬ 
cerianum, villosum, etc. Il y en a d’autres, au contraire, dont l’influence est presque 
invisible. Ainsi le Cattleya Schilleriana, le C. Aclandiae, d’un cachet si distinct, d’un coloris 
si particulier, sembleraient devoir donner des produits très caractérisés ; cependant 
l’influence du C. Aclandiae a été sensiblement nulle dans le C. x fimbriata de M. Bleu; 
elle n’a pas paru davantage à la seconde génération dans le C. x Parthenia. Dans le 
C. X calummaia, issu de la même fécondation que le C. X fimbriata, le C. Aclandiae a 
laisse une trace plus visible, mais en somme l’influence de l’autre parent est encore très 
marquée. Enfin, M. Bleu nous disait avoir obtenu récemment la floraison d’un hybride 
issu du C. Schilleriana et dans lequel rien ne rappelle cette belle espèce. 

On peut apprécier, en réfléchissant à ces faits, combien il est difficile de deviner les 
parents d un hybride, et, par voie de conséquence, combien est parfois arbitraire le 
classement des especes et des variétés. Bien des espèces admises peuvent être des 
hybrides naturels entre d autres especes que nous cultivons ; d’autres Orchidées, que l’on 
considère comme des hybrides naturels, n’en sont peut-être pas, ou proviennent de 

(Pour la Suite, voir p. 28.) 















LINDENIA PL- DLXXXVIII 



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À 








MILTONIA VEXILLARIA benth. var. KIRSTEINIAE l. lind. 




PL. DLXXXVIII 


MILTONIA VEXILLARIA benth. var. KIRSTEINIAE L. LIND 
VARIÉTÉ DE MADAME C. KIRSTEIN 


MILTONIA. Vide Lindenia, II, p. 31. 

Miltonia vexillaria. Vide Lindenia, V, p. 21. 

Var. quadricolor L. Lind., in Sem. Hort., I, p. 238, et infra. 


ous complétons la série des variétés nouvelles les plus remarquables 
du Miltonia vexillaria , en figurant aujourd’hui celle que nous avons le 
plaisir de dédier, en souvenir de sa visite à Moortebeek, à Madame 
C. Kirstein, de Bordeaux, une orchidophile très érudite, et qui se distingue par 
un coloris splendide, à peu près sans analogue parmi les formes de cette espèce 
qui étaient connues jusqu’à présent. Les sépales sont roses, un peu plus foncés 
vers le sommet, avec une fine bordure blanche ; les pétales ont la base d’un 
rose pourpré intense, et sont lavés de rose pourpré vif le long de la ligne 
médiane et au sommet; ils ont également une petite bordure blanche; le disque 
est d’un jaune très vif et de grande dimension; les trois petites dents de la 
crête sont rouge pourpré. 

Cette belle variété a fait son apparition dans le courant de l’été dernier, 
dans les serres de Moortebeek. 










(Suite de la page 26) 


parents que nous ne saurions désigner : à la deuxième ou troisième génération, 1 énigme 
des croisements devient indéchiffrable. 

On peut étendre ces réflexions à la délimitation des genres. L hybridation ne peut- 
elle pas nous fournir sur ce point des données curieuses? Il arrive que deux genres qui 
nous paraissent très différents se fondent aisément par la fécondation artificielle, il arrive 
aussi que deux genres qui semblent très voisins, au moins par comparaison avec les 
autres, sont très rebelles à s’entrecroiser; tel est le cas des Cypripedium et Selenipedium, 
que le profane trouve parfaitement semblables entre eux, entre lesquels cependant la 
nature paraît tracer ici une barrière très nette. 

Il y a aussi parfois, dans un même genre, des espèces qui donnent très facilement des 
produits, quand on les féconde avec d’autres, pourtant très voisines au point de vue 
anatomique. M. Bleu nous a dit avoir observé ce fait avec le Cattleya aurea. Cette espece, 
comme on sait, est très facile à croiser avec le C. gigas, ainsi qu’avec beaucoup de Laelia; 
mais il paraît que la fécondation artificielle devient extrêmement difficile, quand on veut 
y employer certains Cattleya du groupe labiata. Il est d’ailleurs a remarquer que les 
hybrides issus du C. aurea sont très peu nombreux jusqu’à présent (sauf ceux obtenus avec 
des Laelia ou le C. gigas), et le fait est surprenant, étant donné la beauté de cette espèce. 

Un autre point qu’il serait intéressant d’étudier (mais il faudra attendre pour cela 
une plus longue expérience) c’est l’influence possible du porte-graine ou du porte-pollen. 
Certaines personnes admettent d’une façon générale que l’hybride ressemble davantage à 
« la mère, » si l’on peut employer cette expression; d’autres croient que l’ordre adopte 
pour la fécondation n’a pas d’importance, et citent à l’appui de leur opinion bien des 
cas où des croisements répétés dans le sens inverse ont donné le même produit que la 
première fois. La question est d’autant plus difficile à juger que bien souvent, la meme 
capsule de graines produit des plantes très différentes entre elles — exemples, entre mille, 
le Cypripedium x Pauli et le Cattleya x calummata comparé au C. x fimbriata . Il se 
pourrait du moins que, sans vouloir trop généraliser, on arrivât à une règle à peu près 
établie pour certaines espèces; ainsi M. Bleu dit avoir observé à maintes reprises, en ce 
qui concerne les Cypripedium de la section niveum, concolor et bellatulum, croisés avec une 
autre catégorie, que le produit était plus beau, quand le niveum ou le concolor était pris 
comme porte-graines. Nous citons cette opinion, parce qu’elle a une autorité particulière, 
émanant d’un semeur aussi expérimenté que l’est M. Bleu. 


G. T. G. 













LINDENIA 


PL. DLXXXIX 




Alice Mercier pinx. 


CATTLEYA MENDELI hort. var. KEGELJANI l. lind. 


p. De PannemaekeY chroïiu 


« 

1 




PL. DLXXXIX 


CATTLEYA MENDELI hort. var. KEGELJANI L. LIND 
VARIÉTÉ DE M. FERDINAND KEGELJAN 


CATTLEYA. Vide Lindenia, I, p. 13. 

Cattleya Mendeli. Vide Lindenia , II, p. 17. 

Var. Kegeljani L. Lind., infra. 

es formes albinos sont plus rares dans le Cattleya Mendeli que dans la 
plupart des autres Cattleya les plus estimés; le fait est assez remar¬ 
quable, étant donné que c’est justement, de toutes les espèces que l’on 
range dans le groupe labiata , celle qui a le coloris le plus clair et le plus voisin du 
blanc sur les pétales et les sépales ; mais le rouge pourpré du labelle ne disparaît 
presque jamais complètement. 

La variété figurée ci-contre, qui a fleuri au printemps de cette année dans 
les serres de M. F. Kegeljan, à Namur, sera donc particulièrement appréciée. 
Elle est vraiment d’une beauté merveilleuse, avec ses fleurs de grande dimension, 
à pétales très amples, ondulés et d’une grande élégance d’allure, et à labelle 
allongé, remarquablement développé, extrêmement frisé sur les bords. Toute 
cette fleur est d’un blanc pur, et le disque du labelle lui-même est à peine nuancé 
de jaune soufre, avec quelques stries d’un jaune plus foncé à la partie où le 
tube s’élargit. 

C’est pour nous un grand plaisir de pouvoir figurer une Orchidée aussi 
splendide dédiée à M. Ferdinand Kegeljan, l’un des doyens de l’orchidophilie 
belge, dont la charmante collection peut être citée comme un des meilleurs 
modèles de goût et de belle culture. 










LES CATASETUM ET LEUR CULTURE 


Les Catasetum, ces plantes si remarquables, si splendides, au moins en ce qui 
concerne un certain nombre de leurs représentants d’introduction récente, si curieuses 
dans tous les cas, figurent en bon rang parmi les Orchidées considérées comme 
difficiles, ou même impossibles à cultiver, les Orchidées qui « dégénèrent » dans les 
cultures. Pourquoi cette tradition? Nul ne saurait le dire, ou plutôt il n’y a qu’une 
seule explication possible, c’est — pour appeler les choses par leur nom — que la 
plupart du temps on ne sait pas les cultiver. 

La culture des Catasetum ne présente aucune difficulté particulière; mais elle 
était à peu près inconnue il y a quelques années, ces plantes ne figurant guère que 
dans les collections d’un petit nombre d’amateurs, de ceux qui aimaient à mélanger 
aux splendeurs des Cattleya, des Vanda, des Dendrobium, ce qu’on appelait des 
curiosités botaniques. Les Catasetum connus avant le C. Bungerothi étaient bien et 
purement des curiosités : curiosités scientifiques, par les différences de sexe et l’appareil 
mécanique si parfait qui projette les pollinies ; curiosités par la forme et le coloris, 
depuis le petit et bizarre C. Scurra jusqu’aux espèces sombres, barbelées, hérissées, 
comme des oiseaux de contes fantastiques, C. Christyanum, C. saccatum (s’il était connu), 
C. Gnomus, C. barbatum, C. galeritum, C. sanguineum . C. tapiriceps ... 

En somme, le grand public orchidophile ne connaissait les Catasetum que de 
loin, et ne s’occupait guère de leur culture. 

L’apparition du C. Bungerothi fut une révélation; grâce à quelques introductions 
successives opérées à Bruxelles, cette espèce hors ligne entra dans toutes les grandes 
collections, et le genre Catasetum fut consacré définitivement. Seulement, c’était une 
culture toute nouvelle; quelques amateurs éprouvèrent des insuccès, ce qui était tout 
naturel, et là-dessus la légende se créa que les Catasetum ne vivaient pas plus de 
deux ans dans les cultures. 

Pour apprécier le bien-fondé de cette légende, il suffit d’aller visiter à l’époque 
actuelle certaines serres d’Orchidées et notamment celles de L’Horticulture Inter¬ 
nationale, à Bruxelles. A l’époque où je les ai vues, au milieu du mois de septembre, 
la floraison des Catasetum se préparait, et s’annonçait comme absolument merveilleuse. 
Pour qui connaît la splendide série d’espèces et d’hybrides naturels qui s’est révélée 
depuis trois ou quatre ans dans les importations de cet établissement, le coup d’œil 
qu’offrira la serre spéciale, quand toutes ces grappes seront épanouies, sera l’une 
des plus grandes attractions que l’on puisse rencontrer à l’époque actuelle dans 
l’horticulture. 

Mais ce n’est pas seulement la beauté des fleurs de ces Catasetum, c’est aussi 
la vigueur et la superbe santé des plantes que je recommanderais à l’attention. 

La plupart de ces Catasetum, tous les célèbres C. splendens, C. Lindeni , 
C. Aliciae, C. impériale, C. Buciani, C. mirabile , terminent actuellement leur quatrième 
année de végétation. Ils sont aussi beaux assurément que dans leur patrie, et ont 
fait des pseudobulbes extraordinaires de grandeur et de robusticité. 

D’autre part, M. Linden a toujours tenu à conserver quatre ou cinq belles formes du 
C. Bungerothi datant de la première introduction, et parmi elles un exemplaire de la variété 

(Pour la Suite, voir p. 32) 















LINDENIA 








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G. Putzys pinx. 


ODONTOGLOSSUM. ^K. ADRIANAE l. lind. 


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PL. DXC 

ODONTOGLOSSUM x ADRIANAE l. lind. 

ODONTOGLOSSUM DE M me P. GLONER 



ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 

Odontoglossum X Adrianae. Hybridum ex O. crispo et O. Hunnewelliano ortum. 

Odontoglossum X Adrianae L. Lind., in Sent. Hort., I, p. 150. 

e bel hybride est issu de YO. crispum et de l’O. Hunnewellianum, 
charmante espèce qui, comme YO. Schilleriauum et YO. sceptrum , a 
les fleurs relativement petites, mais compense cette infériorité par la 
diversité élégante et l’éclat de son coloris. 

Le produit de ce croisement a fort heureusement combiné les caractères 
des deux parents, en prenant à chacun ses qualités essentielles. Il a une 
forme superbe, large et compacte, sensiblement ronde dans l’ensemble. Les 
pétales et les sépales sont blancs, légèrement rosés, surtout vers le milieu, 
et portent un très grand nombre de gros points marron, un peu plus petits 
et moins abondants sur les pétales. Tous ces segments sont bordés de jaune 
soufre. Le labelle, dont la forme rappelle nettement Y Odontoglossum Hunne¬ 
wellianum, est blanc, avec de gros points rouge brunâtre sur toute sa surface, 
et de petits points couleur carmin en bordure. 

L’O. x Adrianae a fleuri pour la première fois au printemps de cette année, 
à l’établissement de Moortebeek ; il a été exposé au meeting de L’Orchidéenne 
du 11 avril, et a reçu un Diplôme d’honneur de i re classe à l’unanimité. 

Je l’ai dédié en souvenir bien affectueux à ma sœur Madame P. Gloner, 
née Adrienne Linden. 














(Suite de la page 30) 


Pottsianum, l’une des plus belles qui se soient révélées à cette epoque. Ces plantes ont 
actuellement quinze ans de culture au moins, puisque la première floraison du C. Bungerothi 
date de 1882. Elles sont également fort bien portantes, ont été divisées à plusieurs reprises, 
et fleurissent chaque année. 

L’une des raisons principales qui avaient pousse M. Lucien Linden a conserver ces 
quelques exemplaires, à une époque où l’on se demandait si 1 espece seiait jamais 
réintroduite, c’était, j’imagine, cette rareté même. Le C. Bungerothi n’était pas 
très abondant dans la première station ou avait ete effectuée sa decouverte ; quelques 
envois successifs en avaient fait arriver en Belgique un certain nombre de plantes, 
tout ce que les collecteurs avaient pu réunir; mais il ne fallait plus guère compter 
de renouveler une expédition analogue que tous les dix ou quinze ans, pour recueillir 
la progéniture issue des graines laissées sur place. Or, M. Linden se serait 
difficilement résigné, je crois, à voir ses serres complètement privées de représentants 
du Catasetum Bungerothi , l’une de ses plus brillantes introductions et l’une des plus 
importantes découvertes effectuées depuis bien longtemps. 

C’est cette affection particulière, bien méritée d’ailleurs, qui le décida vers 1893 à 
envoyer de nouveau des collecteurs dans une région voisine de celle où Bungeroth avait 
trouvé pour la première fois la fameuse Orchidée, en leur donnant pour instructions de faire 
tout le possible et de fouiller de fond en comble les localités boisées offrant à peu près les 
mêmes conditions d’altitude et d’exposition que celle déjà connue où les premiers trésors 
avaient été recueillis. L’entreprise fut, comme on le sait, couronnée de succès au-delà de 
toute espérance; non seulement un nouveau gisement fut découvert, plus riche que le 
premier, mais il sortit de cette importation une foule d’espèces et d’hybrides naturels 
inconnus jusqu’alors, et qui placèrent le genre Catasetum au nombre des plus beaux genres 
horticoles. 

Il est nécessaire, comme je viens de le dire, de connaître à peu près les conditions 
d’existence et le mode d’habitat d’une plante que l’on veut collecter, pour ne pas s’égarer 
dans des recherches infinies qui prendraient beaucoup trop de temps. C’est pourquoi les 
collecteurs doivent toujours tenir note de ce qu’ils voient et savoir observer; c’est pourquoi 
aussi une grande maison d’importation qui a derrière elle un long et glorieux passé, et qui 
connaît à fond toutes les régions que les Orchidées se plaisent à embellir de leur admirable 
végétation, se trouve dans des conditions particulièrement favorables pour se procurer ce 
qu’elle cherche, ou découvrir les nouveautés que ces régions immenses recèlent encore. 

Les renseignements que Bungeroth lui-même a fournis sur l’habitat des Catasetum, 
dans un article que le Journal des Orchidées publiait en 1892, méritent d’être rappelés à 
l’appui de ce qui précède : 

« Le genre Catasetum, qui compte parmi ses nombreuses espèces quelques formes de 
grand mérite, habite généralement les clairières des forêts peu touffues qui entourent les 
lacs et les fleuves des régions basses de l’Amérique du Sud. Les Catasetum recherchent 
beaucoup moins l’humidité que la plupart des autres Orchidées; je les rencontrais d’ordi¬ 
naire en grand nombre sur les arbres isolés, sur les branches nues et sèches; j’ai vu plus 
d’une fois des arbres en décomposition, dépouillés de tout feuillage, complètement couverts 
de plantes grandes et petites de Catasetum, exposées en plein aux rayons du soleil. Pendant 
six mois de l’année, ils ne reçoivent pas d’autre humidité que celle provenant des rosées 
nocturnes, car on les rencontre principalement dans les régions où la saison des pluies dure 

(Pour la Suite, voir p. 34.) 









/ 










LINDENIA 


p L. DXCI 



G. Putzys fiinx. 


VANDA x AMOBNA o’brien 


P. De Pannmaeker chmn. 






PL. DXCI 


VANDA x AMOENA o’brien 

VANDA GRACIEUX 

VANDA. Vide Lindenia, I, p. 47. 

Vanda X amodia. Novum hybridum apud naturam productum. 

Vanda X amoena O’Br. Gard. Chron., p. 226, et infra. — Sent. Hort., I, p. 400. 

e charmant Vanda, introduit par MM. Linden, de L’Horticulture 
Internationale, Bruxelles, en même temps que des Vanda coerulea et 
V. Roxburghi , aurait été autrefois décrit comme une espèce distincte. 
Mais l’expérience nous enseigne que dans les grandes importations il se trouve 
très fréquemment des hybrides naturels, et lorsqu’on examine les fleurs, elles 
proclament elles-mêmes leur origine, qui est due certainement à un croisement 
entre le V. Roxburghi et le V. coerulea , le premier étant le porte-graines. 

La plante a les feuilles assez analogues dans l’ensemble à celle du 
V. Roxburghi , mais plus larges et un peu plus minces. Les fleurs sont 
exactement telles que l’on pourrait les imaginer étant donnés les deux parents. 
L’aspect général de la fleur, et particulièrement du labelle, qui présente des 
traits caractéristiques, tels que la partie antérieure convexe, et le sommet 
émarginé, rappelle beaucoup le V. Roxburghi , mais la fleur est agrandie dans 
toutes ses parties, et les sépales et pétales sont recouverts de la teinte bleu 
violacé du F. coerulea , remplaçant complètement la marbrure brune en damier 
qui existe dans la plupart des formes du variable F. Roxburghi. Les caractères 
des deux parents sont si nettement reconnaissables dans cette combinaison, 
qu’il n’est pas possible d’hésiter ou d’admettre une autre origine. Les sépales 
et les pétales ovales, plus sessiles que dans le F. Roxburghi , ont un coloris 
particulier, bleu grisâtre, passant au bleu intense vers les bases blanc clair, 
et sont tachetés de petits points bleu pourpré; l’ensemble offre un aspect 
vernissé particulièrement brillant. Les lobes latéraux du labelle sont blancs, 
tachetés de bleu; la colonne est blanche, avec de petits points bleus et 
l’opercule de l’anthère jaune. Le lobe antérieur du labelle est bleu indigo clair. 

C’est une plante très remarquable et d’un grand effet; il est malheureu¬ 
sement à supposer qu’elle est destinée à rester toujours rare. 

James O’Brien. 

Ajoutons que le F. x amoena , exposé à la réunion du 21 septembre devant 
la Société Royale d’Horticulture de Londres, y a reçu un Certificat de mérite. 









(Suite de la page 3 2> ) 

six mois, et la saison sèche, l’autre moitié de l’année. Pendant la saison sèche, les 
Catasetum perdent leurs feuilles, et ils restent dans cet état jusqu à ce que recommencent 
les pluies. Ainsi la nature elle-même, une fois de plus, nous indique de quelle façon nous 
devons les traiter. Ils réclament évidemment un repos de six mois par an... » 

Voilà donc une indication très nette et très utile a méditer pour la culture de ces 
plantes. Elle est corroborée par beaucoup d’exemples que l’on peut aisément tiouver 
dans la pratique, maintenant que les Catasetum se sont beaucoup répandus. Le meme 
Journal des Orchidées nous en fournit encore la confirmation dans un article de 
M. G. Miteau, publié au mois d’octobre 1890, c’est-à-dire longtemps avant les récits 
de voyage de Bungeroth. M. Miteau déclarait que ces Catasetum Bungerothi poussaient 
fort bien et fleurissaient chaque année, et il indiquait en ces termes la méthode qui 
lui permettait d’obtenir ce résultat : 

« Voici comment je procède. A partir de septembre je ne donne plus une goutte 
d’eau à mes Catasetum, et les laisse, suspendus dans leur panier, tout près du vitrage, 
se dessécher autant qu’ils veulent. Dès février, je leur offre un bon compost, deux 
tiers de terre fibreuse, un tiers de sphagnum, sur un fort drainage de gros tessons, 
et je mouille le tout une première fois énergiquement. Les racines nouvelles ne tardent 
pas à se montrer. A partir du moment où je les aperçois, j’entretiens 1 humidité de 
la plante, sans jamais permettre au compost de se dessécher si peu que ce soit, mais 
aussi sans l’inonder outre mesure. Mes Catasetum Bungerothi sont suspendus dans la 
partie la plus chaude de ma serre aux Cattleya, à proximité de la chaudière et tout 
près du vitrage, exposés le plus souvent et le plus longtemps possible aux rayons du 
soleil printanier.... » 

Les deux points essentiels pour la culture de ces plantes ressortent nettement des 
deux citations que l’on vient de lire. Ce qu’il faut avant tout, pour faire bien pousser 
et fleurir les Catasetum en général, c’est d’abord et avant tout, un repos prolonge et 
ininterrompu, une sécheresse absolue pendant l’hiver; secondement, beaucoup de clarté 
pendant la végétation. 

Du moment que ces conditions sont observées, les Catasetum poussent et se conservent 
admirablement dans les cultures. 




Comte de Moran. 










f 


. 




1 
















LINDENIA 


PL. DXCII 








PL. DXCII 


LAELIOCATTLEYA x HIPPOLYTA hort. 


LAELIOCATTLEYA. Vide Lindenia, VII, p. 25. 

Laeliocattleya X Hippolyta. Hybrida inter Laeliam cinnabarinam et Cattleyam Mossiae artificiosa fecundatione 
producta. 

Laeliocattleya X Hippolyta Hort., Journ. of Hort., XX (1890), p. 303, cum. ic. — Will. Orch . Man., p. 458. 


armi les croisements capables de tenter la curiosité des semeurs, ceux 
à effectuer entre les Laelia à fleurs jaunes ou orangées et les Cattleya 
ou Laelia aux magnifiques coloris rouge pourpré devaient évidemment 
offrir un attrait spécial d’imprévu. 

Il nous semble que quand l’hybridation s’empare d’une famille, et d’une 
famille aussi étendue que celle dont nous nous occupons ici, elle doit d’abord 
passer par une première phase d’imprévu et d’aventure, pendant laquelle les 
semeurs essaient un peu de toutes les combinaisons (et Dieu sait si le nombre 
en est grand) et s’amusent à chercher ce qu’elles produiront. Puis, au bout d’un 
certain temps employé à ces tâtonnements ou à ces amusements, comme 
on veut, on abandonne un grand nombre d’hybrides reconnus médiocres et 
d’espèces qui ne donnent pas grand espoir; quelques beaux courants se dessinent, 
des races se créent, et dès lors l’hybridation se poursuit dans un petit nombre 
de voies, où elle promet de fournir à l’horticulture des richesses nouvelles. 

L’hybridation des Orchidées est assurément encore dans la première phase, 
quoiqu’un ou deux semeurs, M. Bleu par exemple, aient adopté dès le début 
la marche raisonnée et méthodique qui ne deviendra la règle générale que beau¬ 
coup plus tard. Mais d’ailleurs l’hybridation, dans cette famille, ne peut avancer 
que lentement; c’est pourquoi nous sommes encore dans la période, pleine 
de charmantes surprises, où chaque jour révèle de nouveaux essais et nous 
appelle à juger les résultats de nouvelles combinaisons effectuées entre les 
divers types. 

Le croisement des Laelia jaunes ou orangés avec les Laelia ou Cattleya 
à grandes fleurs nuancées de rouge a déjà produit deux ou trois hybrides très 
intéressants qui permettent de penser que l’on arrivera à de beaux résultats 
dans cette voie. Parmi eux, le Laeliocattleya x Hippolyta , dont nous publions le 
portrait, est l’un des premiers, sinon le premier, et Pun des plus caractéristiques. 

Il a été obtenu par MM. Veitch au moyen de la fécondation du Laelia 
cinnabarina par le Cattleya Mossiae , et a fleuri pour la première fois en 1890. 

Il a les pseudobulbes longs et minces, cylindriques fusiformes, et les 
feuilles longues et assez étroites, à peu près intermédiaires entre celles des 











deux parents. Ses fleurs ont une forme générale que l’on pourrait comparer 
en plus petit à celle du Laelia crispa , mais avec une allure molle et comme 
languissante qui est fort curieuse; les sépales latéraux retombent à partir de 
la moitié de leur longueur; les pétales sont plus étalés, moins raides et beaucoup 
plus larges que dans le L. cinnabarina , et rappellent davantage l’autre parent; 
ils sont très ondulés sur les bords. Le labelle, terminé en pointe récurvée, fait 
penser à celui du Laelia crispa , quoique moins allonge. Les sepales ont les 
pointes un peu récurvées. 

Le coloris offre un intérêt particulier. Les pétales et les sepales sont d un 
jaune sombre ou légèrement brunâtre très intense ; les lobes latéraux du 
labelle forment une sorte de cornet du même jaune que les autres segments, 
puis se colorent au sommet d’un rouge tirant sur la nuance lie de vin; le 
lobe antérieur est recouvert par cette nuance rouge, et a le disque plus sombre. 

En somme, si cette fleur manque de tenue, et est un peu degingandee, 
si Ton peut employer cette expression, elle offre un contraste de couleurs 
qui est fort curieux et distinct. 

La plante qui a servi de modèle pour l’exécution de notre lithographie 
a fleuri cette année dans la collection de M. A. Wincqz, de Mons, un amateur 
passionné d’Orchidées qui sait étudier et raisonner leur culture. 



















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2 me Série. — 3 me Volume. — 5 me et 6 me Livraisons 


ou i3 me Vol. de l’ouvrage. 


Décembre-Janvier 1897-98. 


LINDENIA 


ICONOGRAPHIE 


DES ORCHIDÉES 


DIRIGEE PAR 


J. Linden et Lucien Linden 


SOMMAIRE : 


Pages 


Mort de Monsieur Jean Linden. 


Cattleya X Hardyana Rchb. f. var. Fanyauiana 

L. Lind.. . . . . . 37 

Odontoglossum bictonense Lindl. . . . . - 39 

Cypripedium insigne Wall. var. Janus !.. Lind. 41 


Pages 

Catasetum X splendens Cogn. var. Grignani 

L. Lind.43 

Laeliocattleya Ridolfiana Valvass. var. Armain- 

villierensis Hort. 45 

. Cattleya aure:a Linden varietates.47 

Cypripedium ËgBeeckmani L. Lind.51 


m 


PRIX DE L’ABONNEMENT 
60 francs par an, payables par anticipation 


Jüf - 


ON 


Publiée par LUCIEN LINDEN 

117, RUE BELLIARD 

BRUXELLES (Belgique) 

PEUT S’ABONNER CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES. 


Gand, imprimerie Eug. Vanderhâegheu. 















































Mort de Monsieur JEAN LINDEN 

Un épouvantable malheur vient de frapper le propriétaire de ce recueil d’un deuil qui 
aura dans le monde entier un lugubre retentissement. Son père, M. Jean Linden, est décédé 
le 12 janvier 1898. 

• Nous éprouvons devant cette perte irréparable une douleur que comprendront tous ceux qui ont 
eu l’honneur de connaître cet homme si véritablement grand, si digne de respect, si bon et si 
simple encore, lorsqu’il était chargé d’honneurs et de gloire. Nous ne pouvons songer aussi sans un 
cruel serrement de cœur au vide irrémédiable creusé par cette catastrophe dans une famille 
si admirablement unie. Tout ce que peut évoquer le nom de père, d’idées réconfortantes et 
consolatrices, de tendresses intimes, d’amour paternel et de respect idolâtre ne suffit pas à donner 
idée du lien étroit qui unissait M. Linden père et M. Lucien Linden ; leurs pensées et leurs cœurs 
ne cessèrent pas un instant d’ëtre en parfait unisson. 



Monsieur Jean Linden. 


Les témoignages de la sympathie et du regret universels, qui se produisent en foule depuis 
le moment fatal, sont impuissants à adoucir une douleur aussi cruelle que celle qui frappe 
M. Lucien Linden. Souhaitons du moins qu’ils lui donnent la force de la supporter, en lui 
rappelant la grandeur de la tâche de science et de progrès qu’il a assumée, suivant en cela 
les glorieuses traditions de son illustre père. 

Nous présentons à Madame Linden, la digne et respectée compagne du défunt, et à ses 
enfants, l’hommage de nos respectueuses condoléances. 














JEAN LINDEN 


Nous devons aux lecteurs de ce journal de surmonter la douleur qui nous etreint 
pour retracer la noble carrière de l’homme illustre qui vient de nous être enlevé. Hélas! 
quoique l’existence humaine ait un terme prévu, quoique celle-ci remplisse déjà de sa 
gloire la plus grande partie de ce siècle finissant, nous avons peine encore à croire à 
l’affreux malheur qui vient de nous frapper. 

Le nom de Jean Linden appartient à l’histoire, et l’on peut dire qu’il était entré 
vivant dans l’immortalité; ses hautes facultés, son dévouement passionné, absolu, à la 
science, la noblesse de son caractère, lui avaient valu l’admiration et la vénération univer¬ 
selles; les immenses découvertes dont il avait doté l’horticulture avaient rendu son nom 
célèbre auprès de tous ceux qui aiment les plantes. 

Nul ne les aima d’une passion plus profonde, plus désintéressée que lui; et l’on peut 
dire que c’est une véritable vocation qui, dès l’âge de 18 ans et demi, le décida à accepter 
la mission d’exploration qui lui était offerte par le Gouvernement belge, alors qu’il était 
inscrit comme étudiant aux Facultés des Sciences et de Médecine de Bruxelles. 

Son premier voyage, qui dura du mois d’octobre 1835 au mois de juin 1837, fut 
couronné d’un brillant succès qui engagea le Gouvernement à lui confier d’autres missions; 
il ne rentra définitivement en Europe qu’après avoir poursuivi pendant dix années ses 
célèbres explorations botaniques au Brésil, au Vénézuéla, en Colombie, à Cuba, à la 
Jamaïque, au Mexique, au Guatémala. 

Ces explorations, qui enrichirent l’horticulture européenne de trésors incalculables, 
révélèrent au monde scientifique la richesse de la flore tropicale d’Amérique, véritablement 
insoupçonnée jusque-là. Il est difficile de concevoir aujourd’hui par la pensée ce que 
seraient nos serres, dépourvues de tant de merveilles dues à l’activité infatigable d’un 
homme. Il est difficile aussi de se faire une idée à peu près exacte des fatigues et des 
privations de toutes sortes qu’il avait fallu supporter, des dangers qu’il avait fallu affronter, 
de la prodigieuse énergie qu’il avait fallu déployer pour mener à bien ces recherches à 
une époque où les moyens de communication faisaient à peu près défaut dans les régions 
explorées, où la navigation à vapeur n’existait pas, où beaucoup de ces régions étaient 
habitées par des populations plus ou moins sauvages et fréquemment ensanglantées par 
des guerres. Jean Linden surmonta toutes les difficultés grâce à sa magnifique vaillance, 
à sa robuste constitution, à sa passion pour les plantes, puissamment stimulée par ses 
éclatants succès. 

Il se résigna cependant, sur les instances de ses amis, à prendre un repos nécessaire, 
et à laisser à d’autres le soin de marcher sur ses traces; mais il continua à diriger des 
voyages d’exploration dans les régions tropicales, et à donner aux nombreux collecteurs 
qu’il faisait profiter de son expérience, les indications les plus précises sur la flore des 
régions qu’il avait parcourues. L’établissement d’introductions qu’il fonda d’abord à 
Bruxelles, et qu’il transféra plus tard à Gand, acquit bientôt une réputation universelle, 


et les expositions de l’Europe entière consacrèrent les splendides nouveautés dont, chaque 
année, il enrichissait l’horticulture. 

Observateur lucide et passionné pour tout ce qui concernait ses chères plantes, 
il fondait également, sur des bases rationnelles définitives, la culture des Orchidées, 
en faisant bénéficier le public de son expérience et en donnant lui-même l’exemple de 
les loger dans des serres tempérées ou froides. Le long martyrologe des Orchidées, que 
jusque-là, par une aberration singulière, on s’obstinait à faire périr dans des locaux obscurs 
et surchauffés, prenait fin, grâce à Jean Linden qu’on nomma à juste titre le « Père 
des Orchidées. » Enfin, il s’attachait à faire connaître les richesses de cette grande famille 
en publiant sa belle iconographie, la Pescatorea. 

Lorsqu’il se déchargea sur son fils, M. Lucien Linden, de la mise au commerce 
de ses introductions, il conserva la haute main sur le service des explorations qu’il dirigea, 
avec sa haute expérience et sa mémoire merveilleuse, jusqu’aux derniers jours. Les 
résultats sont dans toutes les mémoires : plus de noo espèces d’Orchidées, plus de 
1500 plantes nouvelles appartenant à d’autres familles, voilà ce que l’horticulture et la 
botanique doivent à Jean Linden; grâce à lui seul, pendant ces soixante années, elles 
avaient accompli plus de progrès que l’histoire n’en a enregistré en six siècles, à n’importe 
quelle autre époque ! 

Comme le disait M. le Comte de Bousies dans une fête célébrée au mois de 
mars 1894, à l’occasion du cinquantième meeting de la Société L’Orchidéenne, cette 
œuvre mérite assurément la reconnaissance de tous les amis de l’horticulture et assurera 
au nom de Linden une place dans l’histoire; et la postérité ratifiera les paroles suivantes, 
que prononçait encore l’éminent amateur, l’un des représentants les plus autorisés de 
l’horticulture belge : 

« Si le nom de Linden n’est pas entouré des palmes quelquefois décernées si 
faussement à la gloire militaire, il aura du moins l’avantage de rappeler les œuvres 
durables et pacifiques. Dans un siècle, dans deux siècles et plus, les belles Orchidées 
dont les Linden nous ont dotés, feront encore le bonheur de nos descendants, et nulle 
pensée repoussante ou douloureuse ne sera jamais attachée à leur merveilleux éclat. » 

Le nom de M. Lucien Linden, en effet, est depuis longtemps étroitement associé 
à celui de son père, dont il continua l’œuvre. Reconnaissant en son fils, avec la passion 
des plantes qu’il avait développée de bonne heure, de hautes capacités d’organisation, 
il s’était reposé sur lui, depuis plus de vingt ans, de la direction de 1 etablissement 
où ses introductions étaient mises à l’étude, cultivées et livrées au commerce. Rien 
n’était plus touchant que l’union intime de pensee et de cœur qui existait entre eux, 
et tous ceux qui, dans cette dernière période de sa vie, ont connu l’homme illustre 
dont nous déplorons la perte, savent combien il était heureux des succès de son fils, 
heureux de voir se développer ces splendides installations ou se réalisaient certainement 
ses rêves d’autrefois. 

L’homme privé, chez Jean Linden, notait pas moins digne de respect et d admiiation 
que le savant vulgarisateur. Comblé d’honneurs et de gloire, honore de maïques paiti- 
culières d’estime et de bienveillance par le Roi Léopold I er , et par son digne successeur, 
S. M. Léopold II, il poursuivit simplement, tant que ses forces le lui permirent, sa 
vie toute consacrée à l’accomplissement du devoir, et c’est dans 1 amour de sa famille 









qu’il trouva toujours les satisfactions les plus chères à son cœur. Il avait la bonté, 
l’indulgence inlassable, la tolérance large des grands esprits. 

L’homme à qui la nature accorde une longue existence est condamne a subir bien 
des deuils et des tristesses. Jean Linden avait eu la douleur de perdre prematuiement 
l’un de ses fils, M. Auguste Linden, dont le nom est inscrit, lui aussi, dans l’histoire 
des Orchidées; récemment encore, il avait vu s’éteindre son premier compagnon de 
luttes et de célébrité, M. Funck, devenu son parent. Averti par 1 âge, il attendait la 
mort sans faiblesse, avec la conscience du devoir vaillamment accompli, peut-etie 
éprouvait-il quelque mélancolie à voir les caractères s’abaisser dans ce qu on appelle 
à notre époque la lutte pour la vie, et la noble émulation du bien, qu il avait connue 
et partagée, se transformer en une concurrence parfois peu scrupuleuse sur le choix 
des moyens. La jalousie, l’avidité, l’ambition, l’esprit d’intrigue tendent à rabaisser la 
carrière à laquelle il s’était consacré avec enthousiasme jadis; sa grande ame ne les 
connut jamais, et c’est pourquoi sa vie si noble et si pure mérité d etre citee comme 
un exemple qui honore l’humanité. 

G. Tourret-Grignan. 






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LINDENIA .^*Bl PE. DXGIII 



CATl’LEYA X HARDYANA RCHB. F. var. FANYAUIANA L. LIND 





PL. DXCIII 


CATTLEYA x HARDYANA rchb. f. var. FANYAUIANA 

L. LIND. 

VARIÉTÉ DE MONSIEUR OSCAR FANYAU 

CATTLEYA. Vide Lindenia, I, p. 13. 

Cattleya X Hardyana. Vide Lindenia, VII, p. 37. 

Var. Fanyauiana L. Lind., infra. 


e Cattleya x Hardy ana, dont nous avons déjà figuré dans cette 
iconographie plusieurs modèles choisis, présente, comme la plupart des 
hybrides, des variations très étendues. 

Notre planche ci-contre en fournira une nouvelle preuve. La variété qui 
y est figurée, et qui a fait son apparition cette année parmi les importations 
de l’établissement de Moortebeek, est bien distincte et d’une beauté excep¬ 
tionnelle. 

Les fleurs sont d’une ampleur remarquable, et d’un coloris ravissant. 
Les sépales sont roses, marbrés de rouge sur les bords et nuancés de rouge 
plus foncé vers les pointes; les pétales très larges, élégamment ondulés, sont 
entièrement striés et panachés de rouge sur fond rose. Le labelle bien étalé, 
très grand, ondulé et frisé sur les bords, a une allure et un coloris superbes. 
Le rouge y domine, un rouge pourpré d’une intensité exceptionnelle; des deux 
côtés de la gorge se trouvent deux macules jaune d’or, à peu près comme 
dans certaines variétés d’élites du C. aurea; le disque est strié à peu près 
également de jaune et de pourpre. 

Nous avons dédié cette brillante variété à M. Oscar Fanyau, l’amateur 
français bien connu, dont la jeune collection commence à s’imposer à l’attention 
des orchidopbiles. 












38 




TRAVAUX DE SAISON 

Un orchidophile nous disait, le 2 novembre : « Il y a un mois que j’ai fait enlever les 
toiles d’ombrage de mes serres; l’année dernière je les avais même fait retirer plus tôt; et 
cependant si je ne m’étais pas conformé à l’habitude prise ici, si je les avais laissées en 
place, je n’aurais pas cessé un seul jour de m’en servir depuis la troisième semaine de 
septembre environ, depuis l’été en un mot. Aujourd’hui même je ne serais pas fâché de les 
avoir. » 

L’automne, en effet, a été exceptionnellement beau et ensoleillé, à ce point que les 
ombrages auraient pu servir encore à la fin d’octobre et dans les premiers jours de 
novembre. Il est vrai que le soleil a perdu beaucoup de son ardeur et que sa lumière et sa 
chaleur sont éminemment bienfaisantes pour les Orchidées qui entrent en repos et finissent 
d’aoûter leurs pseudobulbes. Le seul danger qui peut résulter de cet état du temps, c’est 
que les plantes soient soumises à des variations trop brusques de température. Les nuits 
sont déjà assez froides, et ont amené des gelées assez fortes le 3 et le 4 novembre; d’autre 
part les plantes s’échauffent rapidement dès que le soleil les frappe de ses rayons. Il est 
donc à propos de chauffer les serres pendant la nuit, mais très modérément pendant que le 
soleil brille, c’est-à-dire entre 10 heures et 3 heures environ. 

Dans tous les cas, il faut éviter de trop chauffer pendant la mauvaise saison, et dans 
certaines limites, il vaudrait sans doute mieux s’écarter des chiffres normaux en moins 
qu’en excès. Quand la température est trop élevée, si la serre est assez humide, les plantes 
sortent de l’état de repos et développent de nouvelles pousses; si la serre est sèche, la 
végétation peut être entravée, mais alors les bulbes et les feuilles abandonnent beaucoup 
d’eau à l’atmosphère et s’épuisent. 

Parmi les Orchidées en fleurs à cette saison, les superbes Cattleya labiata, maxima, 
Bowringiana, Alexandrae, et les divers hybrides déjà nombreux des trois premières de 
ces sections tiennent le premier rang. Que d’acquisitions brillantes sont venues, depuis 
six ou sept ans, enrichir les collections et combler la lacune qui restait encore entre le 
milieu d’octobre et la fin de décembre ! Les fleurs abondent maintenant; M. Georges 
Mantin, dont les semis se succèdent depuis un ou deux ans sans interruption, exposait le 
28 octobre sept hybrides de mérites divers, mais dont la floribondité et la date de floraison 
offrent déjà un très grand intérêt. Les serres de Cattleya, désormais, ne seront jamais 
privées de fleurs d’un bout de l’année à l’autre, surtout si les semeurs parviennent à 
produire de nouveaux hybrides fleurissant toute l’année, comme le C. x Parthenia, dont 
les diverses variétés n’ont pas cessé de se succéder d’être en fleurs depuis deux ans. 

Les Calanthe hybrides, assez nombreux déjà, embellissent également la serre chaude 
en hiver, et quelques-uns ont des coloris superbes. 

Les charmants Pleione (Coelogyne) Hookeriana, lagenaridÿ maculata, praecox et son 
allié P. Wallichi, viennent de terminer leur floraison, et les plantes ne montrent plus à la 
surface du compost que leurs petits pseudobulbes plissés et pointillés. A partir de ce 
moment ils seront mis en repos, et presque complètement à sec; l’humidité de la serre 
doit pouvoir leur suffire à peu près jusqu’au moment où les nouvelles pousses commen¬ 
ceront à se montrer. 

(Pour la Suite , voir page 42) 












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LINDENIA 


p L. DXC1V 



G . Putzys pinx . 


ODONTOGLOSSUM BICTONENSE lïndl. 


P . Dé PannernaeUr chéoaé 







PL. DXCIV 


ODONTOGLOSSUM BICTONENSE lindl. 

ODONTOGLOSSUM DE BICTON 


ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 

Odontoglossum bictonense. O. segmento externo suprême» erecto late lanceolato acuminato subincurvo, latera- 
libus paulo breviore; quatuor aliis subfalcatis horizontaliter patulis 2-2 approximatis oblongis incurvatis apice acutis 
recurvis, internis paulo quam externa brevioribus angustioribus ; omnibus basi quadratis, basi internis paulo exter- 
norum basim operientibus ; omnibus dorso carinatis apice mucronulatis elegantissime variegatis; labelli ungue bila- 
mellato, lamellis securiformibus tenuissime fimbriatis latis elevatis sese invicem approximatis lutescentibus in corpus 
unum subtus cariniforme acutum confluentibus ultra versus basim apertis liberis scapham angustam efformantibus : 
labello maximo basi latissime cordiformi apice acutato margine undulato ; in discum costis 2 elevatis ; gynostemate 
dorso cylindraceo biauriculato, auriculis securiformibus. 

Scapo cylindrico gracili 8-12 floro ad flores flexuoso; bracteis minimis scaphiformibus sextuplo pedicellis bre¬ 
vioribus; pseudobulbis ovalibus valde compressis, ait. 0,05, diam. 0,03; foliis 5-6 (2-3 phyllis Lindl.!) supra basim 
altam articulatis ligulatis acutis long. 0,40-45; diam, 0,02-1. Nob. ex nat. viv. 

Odontoglossum bictonense Lindl., Bot. Reg., 1846, t. 66. — Sert. Or ch. sub. t. 25. — Fol. Or ch., Od. 
n° 28 (1852). — Rchb. f. in Walp. Ann., VI, 835. — Fl. des Serres, XV (1862), t. 1502. — III. Hort., 1865, 
t. 44g. — Batem. Monogr. Od., t. 18. 

Cyrtochilum bictonense Batem. Orch. Mex. et Guat., t. 6. 

Zygopetalum africanum, Bot. Mag., t. 3812. 

Var. album. Hort., III. Hort., 1872, t. 91. 


’Odontoglossum bictonense est l’une des introductions dues à la féconde 
collaboration de J. Bateman, dont la mort était annoncée récemment, 
réveillant de si grands souvenirs, et de G. Ure-Skinner. Il fut découvert 
par ce dernier, qui en envoya des plantes à Bateman, à Knypersley, en 1835 ; ce 
fut le premier Odontoglossum introduit vivant en Europe. Il fleurit pour la 
première fois en 1836, dans les serres de Lord Rolle, à Bicton, et le nom qui lui 
fut assigné par Lindley rappelle cet événement. 

C’est une espèce d’une allure très distincte, produisant des fleurs assez 
nombreuses en racème dressé; les fleurs, qui mesurent 4 à 5 centimètres de 
diamètre, ont un coloris assez variable. Le labelle attire surtout l’attention; il est 
très large, étalé en éventail, acuminé, d’un rose plus ou moins vif, avec une 
double nervure étroite partant du disque et prolongée jusqu’au sommet. Les 
pétales et les sépales, lancéolés, assez courts, sont zébrés de brun marron vif et 
de jaune clair. La colonne est munie de deux ailes étroites jaunes. 

La variété album , qui figure sur notre planche à côté du type, se distingue 
par le coloris blanc pur du labelle, et l’absence des zébrures jaunes sur les pétales 
et les sépales, qui sont entièrement marron. Cette variété est rare; elle a été 
peinte d’après une plante qui a fleuri cette année dans les serres de M. le che¬ 
valier A. de Wargny. 














L ' Odontoglossunt bictonense présente des analogies assez étroites avec 
l’O. Uro-Skinneri , découvert par le même collecteur dans une région du Guate¬ 
mala assez distante de celle où croît le premier. Il a les fleurs plus petites et 
d’un coloris moins brillant. 

De même que les autres Odontoglossum originaires de l’Amérique Centrale, 
O. grande , O. pulchellum , O. Insleayi , etc., l’O. bictonense réussit bien dans la serre 
tempérée-froide, ou serre mexicaine. On peut cependant le cultiver sans peine 
avec l’O. crispum. mais dans ce cas on lui réservera la partie la moins aérée et la 
plus ensoleillée de la serre. On l’arrosera moins pendant l’hiver que les espèces 
froides, sans cependant le laisser sécher complètement. 

La floraison de YO. bictonense se produit ordinairement au mois de septembre 
ou octobre, et jusqu’au commencement de l’hiver. 














LINDENIA 


PL. DXCV 




G. 


Putzys pinx . 


CYPRIPEDIUM INSIGNE wall. var. JANUS l. lind. 


P. De Pannemaeker chronu 




PL. DXCV 


CYPRIPEDIUM INSIGNE wall. var. JANUS l. lind. 

CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 25. 

Cypripedium insigne. Vide Lindenia, IX, p. 63. 

Var. Janus. Sepalum posticum fere ut in varietate albo-marginata; alterum postico aequilongum et subsimile, 
maculis tantum deficientibus. 

Var. Janus L. Lind., infra. 

n Cypripedium à double visage, voilà ce que nous représente cette 
variété nouvelle; le cas s’est déjà présenté une ou deux fois à notre 
connaissance, mais nous ne croyons pas que le sépale inférieur agrandi, 
plus ou moins coloré, ait atteint jusqu’ici une beauté comparable à celle de la 
présente variété, qui nous a paru, par cette raison, digne d’être figurée dans notre 
iconographie. 

Le sépale dorsal, largement bordé de blanc, tacheté de brun pourpré sur 
fond jaune verdâtre à la base et jusqu’au centre, est charmant et rappelle 
beaucoup la variété albo-marginata ou Maulei; le sépale inférieur, aussi grand que 
l’autre, mais plus régulièrement ovale, moins élargi vers la partie supérieure, est 
blanc, avec une grande tache jaune verdâtre s’étendant de la base jusqu’au 
milieu. Les sépales ont un coloris plus clair qu’à l’ordinaire, jaune intense strié 
longitudinalement de brun rougeâtre. 

Les anomalies de l’ordre de celle que nous constatons ici sont-elles un 
vestige atavique de formes anciennes, plus conformes à la symétrie que l’on 
observe dans la grande majorité des autres familles végétales, ou constituent-elles 
des avant-coureurs d’une évolution nouvelle, qui ferait rentrer la fleur des 
Orchidées dans le type symétrique ? La question est fort intéressante. Que 
deviendra, par exemple, la fleur du Cypripedium? Nous avons vu paraître dans 
ces derniers temps des fleurs de Cypripedium ayant trois sabots, dont deux 
remplaçaient les pétales. Est-ce la fleur de l’avenir ? Elle serait plus singulière 
que jolie. Mais si maintenant les deux sépales doivent devenir semblables, aussi 
grands et aussi colorés que le pavillon actuel, la fleur y gagnera beaucoup en 
élégance. Et si les deux transformations se produisent ensemble, si nous avons 
des Cypripedium à deux pavillons et à trois sabots, ce sera extraordinaire..... 
Mais bornons ici ces hypothèses. 









(Suite de la page 38) 


L ’Habenaria carnea vient de fleurir également. Cette espèce est d’introduction encore 
récente et n’est pas très connue, mais elle est très belle et digne de rivaliser avec le célèbre 
H. militaris. Ses fleurs sont plus grandes que dans celui-ci, et d’un blanc rose, sauf le 
sépale dorsal qui est rose chair. Elles ont un eperon assez long. L Habenaria carnea devra 
aussi être mis au repos absolu après la fin de la floraison; généralement on arrache les 
tubercules une fois que les feuilles sont desséchées et qu’ils ont pu s’aoûter progres¬ 
sivement, et on les met en réserve pendant l’hiver dans un endroit sec et frais. On les 
rempote au bout de trois ou quatre mois dans un compost substantiel. 

L ’Odontoglossum Krameri est une espèce moins répandue que beaucoup de ses 
congénères et qui attire l’attention au mois d’octobre d’autant plus que les Odontoglossum 
en fleurs ne sont plus nombreux. Ses fleurs sont charmantes et ont un cachet tout à 
fait distinct. Nous avons admiré tout récemment chez M. Bleu et a L’Horticulture 
Internationale la variété album, qui est extrêmement rare; elle rappelle assez l’O. put - 
chellum, quoique le labelle en particulier soit très aisément reconnaissable. Ses fleurs 
sont d’un blanc de lait, avec une macule jaune foncé sur le disque. 

L’O. Krameri, originaire de l’Amérique centrale, demande un peu plus de chaleur 
et un repos plus prononcé que ses congénères de la Colombie. Il réussit bien dans la 
serre tempérée ou tempérée-froide, à côté des Oncidium mexicains et de l’O. Harryanum. 

Un des bijoux de la même serre, c’est le Vanda Amesiana, dont la floraison 
commence maintenant. Ses fleurs, d’une forme gracieuse, sont blanches plus ou moins 
nuancées de rose, surtout sur le labelle, qui est souvent rouge vif; elles exhalent un 
délicieux parfum de fleur d’oranger. 

Cette espèce, ainsi que le V. Kimballiana, qui fut découvert à peu près en même 
temps, demande moins de chaleur que les autres Vanda. 

Dans la serre chaude, le Renanthera matutina achève sa floraison et YArachnanthe 
Cathcarti va commencer la sienne. Le premier ne peut évidemment pas être comparé 
au second au point de vue de la beauté, mais il a un coloris très remarquable, que 
l’on retrouve, plus ou moins nuancé, dans tous les Renanthera; car il semble que parfois 
certains genres ont une couleur propre, qui se retrouve à peu près dans toutes les espèces. 
Chez les Renanthera, c’est un rouge écarlate mélangé de cramoisi pourpré, d’une intensité 
superbe ; à mesure que les fleurs commencent à perdre de leur fraîcheur, le rouge 
cramoisi qui semble former une mince couche superficielle disparaît, et la fleur devient 
orangée. Chaque fleur dure assez longtemps, et comme les boutons s’épanouissent en 
succession assez lente, la plante conserve longtemps sa parure. 

L ’Aerides Lawrenceanum fleurit en même temps que le R. matutina ; c’est une splen¬ 
dide espèce, mais qu’il faut juger d’après des exemplaires authentiques, car on donne assez 
souvent dans les expositions le nom d’A. Lawrenceanum à des types bien inférieurs, voire 
même à de simples odoratum. Les fleurs de VA. Lawrenceanum sont relativement très 
volumineuses et ont un fort beau coloris blanc de cire un peu transparent, relevé par des 
macules couleur cerise aux pointes des segments et sur les lobes latéraux du labelle. 

Les Aerides, comme les Renanthera et les Vanda, ne peuvent pas recevoir un 
repos aussi tranché que les Cattleya ou les Dendrobium; néanmoins il est bon de les 
priver un peu d’eau pendant quatre ou cinq semaines après la floraison. Il faut seulement 
calculer les arrosements de façon à ne pas faire souffrir les plantes et à ne pas faire 
tomber les feuilles. , 


(Pour la Suite, voir p. 44) 















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CATASETUM X SPLENDENS cogn. var. GRIGNANI l. lind. 


G. Putzys pinx. 


P . De Pannemaeker chrom. 



PL. DXCVI 


CATASETUM x SPLENDENS cogn. var. GRIGNANI l. lind 
VARIÉTÉ DE M. G. TOURRET-GRIGNAN 


CATASETUM. Vide Lindenia, I, p. 5g. 

Catasetum X splendens. Vide Lindenia, X, p. 51. 

Var. Grignani L. Lind., Sem. Hort., I, p. 418, et infra. 


ette variété nouvelle, qui a produit sa première floraison à l’automne 
dernier parmi les importations de L’Horticulture Internationale, à 
Bruxelles, constitue une forme bien distincte du fameux hybride naturel 
dont nous avons figuré déjà plusieurs variétés, et il est vraiment remarquable 
que cette série d’hybride du Catasetum Bungerothi réserve encore à l’horticulture 
de nouvelles surprises après les merveilles qui ont été décrites il y a trois ans. 

La variété Grignani a le labelle un peu plus concave que dans les 
C. x splendens album , Aliciae , etc. 

Cet organe, évasé en forme de coupe, est blanc, avec le sac lavé de jaune 
orangé intérieurement et extérieurement, et la partie centrale, autour de l’orifice 
du sac, vert clair; il se prolonge au sommet en un appendice semi-circulaire. 
Les pétales très larges portent, depuis la base jusque près du sommet, une 
foule de petits points carmin vif, et ont les pointes brun rougeâtre, de même que 
les sépales. Ces derniers segments sont très étroits et d’un jaune brunâtre pâle. 

Cette variété, dédiée à M. G. Tourret-Grignan le jeune orchidographe de 
talent et notre excellent collaborateur, est à peu près exactement intermédiaire 
entre le Catasetum Bungerothi et le C. macrocarpum; elle se rapproche de ce 
dernier plus que la plupart des formes de C. splendens que nous avons figurées 
jusqu’à présent, et la conformation du sommet du labelle, en particulier, est 
bien caractéristique. 



L. L. 










44 


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2jti °tu 


(Suite de la page 42) 

Pendant que nous parlons des Vanda, ne manquons pas de signaler la floraison 
du V . Sanderiana, la magnifique espèce que de récentes importations ont permis de 
répandre davantage dans les grandes collections du continent. A Bruxelles comme à 
Rambouillet, le F. Sanderiana vient de se couvrir de hampes florales, quoi qu’en disent 
quelques orchidophiles qui le considèrent comme difficile à cultiver et à faire fleurir. 

Rappelons que les Catasetum et Mormodes doivent être tenus au sec et à une 
température modérée pendant tout l’hiver, après l’achèvement de leui floraison. 


LA CULTURE DES CATASETUM 

Dans une étude que nous avons publiée tout récemment, M. le Comte de Moran 
faisait justice de l’ancien préjugé d’après lequel les Catasetum seraient difficiles à cultiver 
et à faire vivre dans les serres. Nous citerons également l’opinion exprimée à ce sujet 
par le Gardeners’ Chronicle : 

« ....En ce qui concerne la liste des espèces difficiles à cultiver, on voit que 
telle Orchidée considérée comme difficile par un cultivateur réussit fort bien chez un 
autre; peut-être les genres que Ton considère comme impossibles a cultiver aujourd hui 
seront-ils aussi faciles à élever dans dix ans, pour ceux qui sauront ce qu’il leur faut, 
que l’on cultive facilement aujourd’hui certaines plantes considérées il y a dix ans 
comme très difficiles. 

« Prenez, par exemple, les Catasetum, Mormodes et Cycnoches, qui, il y a quelques 
années encore, avaient une mauvaise réputation et passaient pour impossibles à traiter. 
On peut en voir aujourd’hui, dans la collection de Sir Trevor Lawrence et dans 
d’autres, un grand nombre d’exemplaires qui ont été cultivés pendant des années, 
augmentant de vigueur de floraison et de croissance. En étudiant la cause de ce 
changement, on aura en même temps l’explication de nombreux succès obtenus avec 
des plantes qui étaient précédemment regardées comme difficiles. 

« Autrefois, quand on recevait des Catasetum et d’autres plantes de la catégorie 
dont nous parlons, on les mettait sur une tablette parmi les autres Orchidées, et on 

les arrosait plus ou moins pendant tout le cours de l’année, comme beaucoup d autres 

plantes qui, en réalité, demandent une période de végétation distincte et une période 
de repos non moins marquée. — Le résultat était l’affaiblissement et la mort. Aujourd’hui, 
ces Orchidées reçoivent un traitement spécial; elles sont mises en végétation active, 
puis ensuite on les laisse s’aoûter comme il convient; et la période d’inactivité qu’on 

leur assure est nécessaire si l’on veut obtenir ce résultat de première importance, 

qu’elles ne fassent dans une année que le travail de douze mois.... » 




















LINDENIA 


p L- DXCVII 






PL. DXCVII 


LAELIOCATTLEYA x RIDOLFIANA valvass. var. ARMAIN- 

VILLIERENSIS HORT. 

LAELIOCATTLEYA DE M. LE MARQUIS RIDOLFI, 
VARIÉTÉ D’ARMAINVILLIERS 


LAELIOCATTLEYA. Vide Lindenia, VII, p. 25. 

Laeliocattleya X Ridoljiana. Hybrida inter Laeliam purpuratam auroream et Cattleyam Mossiae pictam artificiosa 
fecundatione a cl. équité At. Pucci producta. 

Laeliocattleya X Ridoljiana Valvassori in Boll. Soc. Tosc. di Ortie., 1893. — IW* Hort., XL (1893), p. 72. 
Var. Armainvillieriensis Hort., infra. 


e Laeliocattleya x Ridoljiana fit sa première apparition au mois de 

r 

juin 1892, à Florence. M. V. Valvassori, directeur de l’Ecole royale 
de pomologie et d’horticulture établie dans cette ville, a écrit son 
dans le Bulletin de la Société royale toscane d’horticulture, où le 
portrait de cet hybride fut publié au commencement de l’année 1893. 

« A la conférence mensuelle du 19 juin 1892, tenue par la Société royale 
toscane d’horticulture, écrit M. Valvassori, furent présentées quatre plantes 
de Laeliocattleya en fleurs, hybrides provenant de l’établissement des Cascine, 
annexé depuis peu de temps à l’École royale de pomologie et d’horticulture. 
Un de ces Laeliocattleya, représenté dans la planche ci-contre, est reproduit 
d’après nature par M me la Comtesse Marianne de Cambray-Digny. 

« Ce n’est pas la première fois que notre bulletin s’occupe d’hybrides 
obtenus en Italie par la fécondation artificielle des Orchidées. Les premières 
et louables tentatives sont dues au mérite du chevalier Attilio Pucci, qui, 
secondant de tous ses soins son intelligent jardinier Ferd. Ragionieri, parvint 
à obtenir les splendides hybrides qu’on admire tous les jours dans les serres 
des Cascine, l’honneur de l’horticulture italienne. 

« Parmi eux tiennent le premier rang les Laeliocattleya obtenus par le 
croisement du Laelia puypUYata vaY. auYOYea (porte-graines) avec le Cattleya 
Mossiae picta (porte-pollen). Les premières graines furent récoltées et semées 
en février 1883, et au bout de quatre mois elles commencèrent à germer 
d’une façon satisfaisante; mais vers l’automne de la même année, les jeunes 
semis, ayant été attaqués par des champignons, durent être repiqués, opération 
qui fut répétée plusieurs fois dans la suite pour le même motif. Au printemps 
de 1884, les semis furent placés sur des morceaux de bois, où ils prospérèrent 













46 



bien pendant deux ans... Ayant grandi, ils furent mis enfin en paniers, et 
la première superbe fleur apparut en juillet 1889. En juillet 1890, de nouvelles 
plantes fleurirent parmi les cinquante-six existantes, et montrèrent un type 
bien distinct, intermédiaire entre les parents. 

« Le Laeliocattleya Ridolfiana , que nous figurons, est dédie à M. le marquis 
Niccolo Ridolfi, président du Conseil de direction de cette École, et amateur 
passionné d’horticulture. » 

Dans le même article, M. Valvassori faisait savoir que le Laeliocattleya X 
Arnoldiana (voir Lindenia , vol. VII, p. 25) avait ete obtenu dans le meme 
établissement et de la même capsule de graines. 

Le même croisement a été reproduit à plusieurs endroits, et a donné 
notamment : 

Le L. x Canhamiana (MM. Veitch, 1885). 

Le L. x Aylingi , de M. Hollington. 

Le L. x purpurata-Mossiae , de M. Bleu (médaille d’argent à Paris 1896). 

Le L. x purpurata-Mossiae , de M. Maron (1897). 

La nouvelle variété que nous figurons aujourd’hui a été obtenue à Armain- 
villiers par M. Jacob, l’habile chef des cultures de M. le Baron Edmond de 
Rothschild. Elle provient d’une variété très choisie de Cattleya Mossiae et 
d’un beau Laelia purpurata , ce dernier ayant servi de porte-graines. Elle 
est remarquable par un coloris superbe, et constitue une acquisition de 
premier ordre. 
























C. A. VAR. MUSAÏCA 


C. A. VAR. GRANDIS 


G. Putzys pinx. 


C. A. VAR. AURANTIACA 


CATTLEYA AlIREA liN 

C. A. VAR. CHOTI 

J 


LINDENIA 










PL. DXCVIII-DXCIX 




®en VARIETATES 


ekiaxa 


C. A. VAR. MAGNIFICA 


C. A. VAR. SPLENDENS 


P. De Pannemaeker chroni, 




























PL. DXCVIII-DXCIX 


CATTLEYA AUREA linden VARIETATES 

VAR. SPLENDENS VAR. MUSAICA VAR. MAGNIFICA 
VAR. AURANTIACA VAR. CHOTEKIANA 


CATTLEYA. Vide Lindenia, î, p. 13. 
Cattleya aurea. Vide Lindenia, I, p. 61. 


e Cattleya aurea , de même que son voisin le C. Dowiana, n’est pas aussi 
variable que les C. Trianae, Mossiae, etc. Cependant il arrive parfois 
que des importations assez considérables, et judicieusement choisies par 
les collecteurs, renferment des formes sortant de l’ordinaire et remarquables par 
des coloris distincts. On pourra en juger en examinant la planche ci-contre, dans 
laquelle nous avons fait peindre quelques variétés d’élite parmi celles qui ont 
fleuri cette année à l’établissement de Moortebeek. 

Toutes ces fleurs sont de grande dimension et d’une superbe allure. Voici la 
description sommaire de leurs coloris : 

i° Var. splendens. Cette variété a le labelle remarquablement grand, très 
ondulé sur les bords; la moitié du lobe antérieur, à partir de la gorge, est 
couverte d’un charmant réseau de stries pourpres régulières sur fond jaune; la 
partie antérieure est d’un rouge pourpré intense, avec une fine bordure rose pâle. 

2° Var. magnifica. Le labelle porte des deux côtés de la gorge deux très 
grandes macules d’un jaune éclatant, séparées au milieu par une bande étroite de 
stries pointillées rouge pourpré, la partie antérieure est cramoisi pourpré. 

3 0 Var. Chotekiana. Variété très distincte et curieuse, dans laquelle le labelle 
est lavé de rose violacé sombre; les deux macules jaune vif sont séparées par une 
très large bande rose violacé, parsemée de stries rouge foncé disposées en 
éventail, et s’étendant jusqu’au sommet; enfin, tout le lobe antérieur est entouré 
d’une bordure d’un rouge vineux très foncé. Cette variété a fleuri dans la 
collection du Comte Chotek. 

4 0 Var. musaica. Grandiose variété d’un coloris clair très élégant. Le lobe 
antérieur du labelle est couvert d’une fine moucheture de points rouge pourpre 
disposés à peu près en lignes; les deux macules jaunes, très étendues et se 
rejoignant presque, prennent sous cette charmante mosaïque une teinte orangee; 
tout autour règne une bordure rose clair, qui est également pointillée de rouge 
vif. Le labelle porte à son sommet une macule peu étendue, rose, relevée de stries 
pourpre intense, et bordée de jaune a la partie anterieure. 

5 0 Var. amantiaca. Dans cette variété, les deux macules du labelle ont un 










coloris orangé intense, et sont si étendues que l’on peut dire que le jaune orangé 
domine dans cet organe. La bande médiane cramoisi pourpré est bordée des 
deux côtés de courtes stries divergentes; au sommet apparaît une bande cramoisi 
pourpré assez étroite; une fine bordure rouge entoure tout le lobe antérieur; 
enfin, le tube est jaune orangé, zébré de stries pourpres. 

Cette superbe variété n’est pas sans analogie avec la variété Statteriana , 
forme célèbre qui a été figurée dans le volume VIII de la Lindenia , mais elle a le 
coloris du labelle plus vif. 


LE CATTLEYA PERCIVALIANA 

Ce bijou du genre Cattleya va épanouir ses fleurs vers la première quinzaine 
de janvier, un peu après la disparition des derniers C. Warocqueana et un peu avant 
les C. Trianae. A partir de ce moment, on pourra rafraîchir le compost plus fréquem¬ 
ment et le tenir moins sec, sans aller cependant jusqu’à faire partir les plantes en 
végétation trop tôt. Ce n’est qu’après l’achèvement de la floraison, vers la fin de février, 
qu’on laissera les bourgeons se gonfler et s’allonger progressivement en pousses. 

L’époque de sa floraison a valu dès le début une grande vogue à ce Cattleya, 
car à l’époque de sa première introduction, en 1882, les Cattleya à floraison hivernale 
étaient fort rares. S’il a perdu une partie de ce mérite relatif, il a conservé une 
excellente place dans l’estime des connaisseurs grâce à la magnificence de son coloris. 
Il est difficile d’imaginer des tons plus riches et plus beaux que ceux qui se combinent 
d’une façon assez variable sur le labelle de cette espèce. Le lobe antérieur est rouge 
cramoisi pourpré mélangé de brun intense d’un superbe effet, et souvent bordé de rose 
clair; le disque et la base des lobes latéraux sont d’un jaune d’or nuancé d’orangé 
et de brunâtre, et strié de rouge et de brun pourpré. La macule du lobe antérieur 
remonte plus ou moins haut. Les pétales et les sépales sont d’un rouge assez foncé, 
à reflets un peu violacés. 

La fleur est petite pour le genre, et ne dépasse guère 10 centimètres. On ne saurait 
lui demander d’avoir toutes les qualités. Mais comme on peut espérer de voir cette 
infériorité disparaître dans un croisement, le C. Percivaliana donne de très belles 
espérances aux amateurs d’hybridation, et nous sommes surpris de constater que l’on 
n’a produit jusqu’ici aucun hybride issu de lui. Cette lacune sera sans doute pro¬ 
chainement réparée. 

Il existe une variété blanche du C. Percivaliana. C’est une très grande rareté, 
qui a fleuri en 1884, mais qui n’a plus fait parler d’elle, et dont il n’existait peut- 
être qu’un seul exemplaire, la petite plante payée par M. le baron Schroder 475 francs. 

Il est à noter que la même année, une belle variété de Cattleya Percivaliana a 
été vendue 2500 francs à la salle Protheroe, à Londres. La variété blanche avait 
donc été moins appréciée, malgré la vogue dont jouissent les albinos auprès de beau¬ 
coup de collectionneurs. Et en effet, il nous semble qu’un C. Percivaliana blanc est 
une sorte de contre-sens, comme serait un Vanda coerulea blanc. 


G. T. G. 















LE VANDA COERULEA 


Dans notre Enquête orchidophile, nous avions demandé aux amateurs de nous 
dire quelle était, à leur avis, la plus belle Orchidée. Un assez grand nombre ont 
répondu : c’est le Vanda coerulea. D’autres l’ont un peu perdu de vue et ont subi plus 
fortement le charme des Orchidées qui étaient en fleurs au moment où ils écrivaient, 
car le choix est assurément difficile; mais lorsque ce merveilleux Vanda coerulea , 
vers le commencement de novembre, a montré ses premières fleurs, beaucoup de 
ceux qui l’avaient oublié se sont écriés : C’est à lui que revient la palme. 

Certes, il est impossible de ne pas éprouver une vive admiration devant les grands 
Cattleya de la section labiata , par exemple, ou encore devant le majestueux Vanda 
Sanderiana, d’un coloris si riche; mais le V. Sanderiana, plus éclatant, n’a pas la délica¬ 
tesse exquise du bleu d’azur de son congénère, et ni lui, ni les somptueux Cattleya, 
n’ont le même cachet d’élégance vraiment aerienne. 

Nous avons vu le mois dernier, non sans surprise, une variété de Vanda coerulea 
dont les fleurs étaient blanches, avec une bordure rose sur les pétales et le sépale 
dorsal, et le labelle rose. C’est une variation très rare sans doute, et très curieuse. 
Mais, outre que les fleurs n’avaient pas la belle tenue ordinaire dans cette espèce, 
et avaient les segments un peu concaves, il nous a semblé que ce changement de 
coloration leur enlevait à peu près tout leur charme. Combien nous préférons les 
variétés d’un bleu foncé, tachetées de blanc en damier, au labelle bleu intense! C’est 
ainsi que la plante se présente dans toute sa beauté, comme nous l’avons admirée un 
peu partout à cette saison, et notamment à Moortebeek et à Rambouillet. 

Le V. coerulea n’est pas difficile à cultiver, à condition qu’on ne le cultive pas 
à l’étouffée. Il demande beaucoup de clarté, la température ordinaire de la serre de 
l’Inde, beaucoup d’humidité pendant la végétation, mais de l’air autant que possible. 
Vers la seconde moitié d’octobre on diminue les arrosements pour suspendre la végé¬ 
tation et laisser toutes les forces de l’organisme à la formation de la floraison. Les 
choses se passent, à ce point de vue, dans nos serres comme dans l’habitat naturel 
de cette espèce, qui fleurit dans l’Inde vers le mois d’octobre, à la fin de la saison 
des pluies. 

La floraison dure plusieurs semaines; quand elle est terminée, on laisse la plante 
en repos (sans sécheresse, bien entendu) jusque vers le mois de mars. 

Le Vanda coerulea fut découvert en 1837 par Griffith, le grand explorateur de 
l’Inde, et mentionné par lui dans ses notes de voyage; sa première description fut 

publiée par Lindley dans le Botanical Register , en 1847, d’après un échantillon sec 

reçu de Griffith. La gloire de son introduction revient au collecteur Thomas Lobb, 

qui l’envoya à MM. Veitch. La première floraison de cette plante en Europe se 

produisit en 1850. 

Griffith l’avait trouvée sur les monts Khasya, à une altitude supramarine de 
800 mètres, près des rives du Borpanee, croissant sur des Gordonia dans des forêts 
de Pins et de Chênes, parmi lesquels se trouvent des Bauhinia, des Randia, des 
Phyllanthus, des Canna. Lors de leur exploration des montagnes de l’Inde, J. D. Hooker 









5 <> 


w 


et T. Thompson rencontrèrent l’espèce dans les mêmes parages, mais à une altitude 
supérieure. Sir J. D. Hooker a décrit son habitat dans les termes suivants : 

« Dans les bois de Chênes, près du village de Lermai, le Vanda coerulea croît 
en abondance. Les hauts plateaux gazonnés qu’il habite sont élevés de 900 à 1200 mètres; 
les arbres sur lesquels il pousse sont petits, noueux, maigrement garnis de feuilles, 
de sorte que le Vanda est très exposé au soleil, à la pluie et au vent. Il n’y a ni 
mousse ni lichen sur les branches où pousse le Vanda, et ses racines s allongent sur 
l’écorce sèche et rugueuse. L’atmosphère est en général humide, et elle l’est énor¬ 
mément pendant les pluies, mais il n’y a pas de chaleur humide ni de stagnation 

dans l’air, et à l’époque de la floraison, la température est de 15 à 26° C. Le soleil 

brille longtemps, et l’air et l’écorce de l’arbre sont secs pendant la journée. En juillet 

et août, pendant les pluies, la température est un peu plus haute, mais en hiver elle 

r p AtA p 

descend beaucoup plus bas. » u. i. u. 


















LINDENIA 


PL 


DC 



P. De Pannemaeker chrom. 


G. Putzys pinx. 



PL. DC 


CYPRIPEDIUM x BEECKMANI l. LINO. 

CYPRIPEDIUM DE M. EUGÈNE BEECKMAN 

CYPRIPEDIUM» Vide Lindenia, I, p. 17. 

Cypripedium X Beecktnani. Novum hybridum ortum ex artificiosa fecundatione inter C. Boxalli superbum et 
C. bellatulum Q). 

Cypripedium X Beeckmani L. Lind., Sem. Hort., I, pp. 458, 468. — Gard. Chron., XXII, pp. 388, 446. 


e magnifique hybride présente des caractères tout à fait distincts et 
remarquables, au point de vue de la forme et du coloris, et je ne doute 
pas qu’il ne fasse sensation sur le continent comme il a fait sensation en 
Angleterre, à la Société Royale d’Horticulture de Londres et à la Société 
d’Orchidophiles de Manchester, où il a obtenu deux certificats de mérite les 
23 et 25 novembre. 

Le Gardeners’ Chronicle signalait en ces termes sa première présentation : 

« MM. Linden, de L’Horticulture Internationale, Bruxelles, exposaient le 
Cypripedium x Beeckmani, le plus grand et le plus beau de sa section. Sa fleur 
massive avait le sépale dorsal d’un vert émeraude vif, abondamment tacheté de 
noir, et bordé de blanc; pétales très larges, rouge-marron, bordés de jaune, avec 
quelques macules pourpres sur fond clair â la base; labelle rouge marron bordé 
de jaune. Toute la fleur avait un aspect fortement luisant. De même que dans le 
cas du beau C. x Lucienianum , dont il se rapproche un peu par la forme, l’emploi 
du C. bellatulum comme l’un des parents a été mis en doute par beaucoup de 
membres du Comité. En tous cas, c’est une superbe fleur. » 

Ainsi qu’on vient de le lire, l’origine du C. x Beeckmani laisse place à 
quelques doutes dans l’esprit de certains orchidophiles. L’étiquette que portait 
la plante dans nos serres de L’Horticulture Internationale indiquait que la 
fécondation avait été opérée entre le C. bellatulum et le C. Boxalli superbum , 
ce dernier étant le porte-graines. Une confusion s’est-elle produite depuis le 
semis? L’étiquette a-t-elle été changée contre une autre, comme cela se produit 
quelquefois, par exemple au moment d’un rempotage? La chose est possible. 
Je reconnais, en effet, que l’influence du C. bellatulum n’apparaît pas d’une façon 
très distincte dans la fleur ni dans le feuillage. Il ne m’appartient pas, en tous 
cas, d’en tirer une conclusion positive, car 1 hybridation a ses mystères qui sont 
loin d’être approfondis; et je dois dire qu’il me parait bien hardi, dans 1 état 
actuel des connaissances horticoles, d’affirmer qu un hybride donne ne provient 
pas de telle ou telle espèce. 











Le seul fait incontestable, c’est que l’influence du C. Boxalli est très 
marquée; et à ce point de vue, je suis frappé de l’air de famille qui existe entre le 
nouvel hybride et le C. x Adrastus et le C. x sibyvoleuse, issus de la meme 
espèce. Mais le C. x Beeckmani leur est de beaucoup supérieur par l’ampleur de 
ses fleurs, et notamment du pavillon et des pétales, et par le magnifique coloris 
rouge luisant qui recouvre entièrement les pétales et le labelle. 

D’où peut provenir cette coloration si nouvelle et si caractérisée? Il me 
paraît difficile que ce soit du C. x Sallieri , que l’on a proposé comme second 
parent. Elle s’expliquerait mieux certainement par l’intervention du C. bellatulum. 

Quoi qu’il en soit, le C. x Beeckmani constitue, de l’avis general des 
connaisseurs qui l’ont admiré en Angleterre et a Bruxelles, une acquisition de la 
plus haute valeur et un progrès décisif dans l’hybridation des Cypripedium. 

Je l’ai dédié en témoignage d’estime à M. Eugène Beeckman, chef du 
compartiment réservé à L’Horticulture Internationale, un cultivateur de 
grande expérience, un collaborateur dévoué que j’ai sous mes ordres depuis plus 
de quinze ans, et dont je n’ai pas cessé depuis lors d’apprecier les fideles services. 

Le Cypripedium Beeckmani détient jusqu’ici le record de l’hybride de Cypri¬ 
pedium vendu le plus cher : 160 livres sterling, soit 4000 francs! Cette valeur 
appartient à son histoire. 

















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«A- 


2 me Série. — 3 me Volume. — 7 me et 8 me Livraisons 
ou i3 me Vol. de l’ouvrage. Février-Mars 1898. 


LINDENIA 


ICONOGRAPHIE 


DES ORCHIDÉES 


DIRIGÉE PAR 


J. Linden et Lucien Linden 


SOMMAIRE : 


Pages 

Cattleya Mendeli Hort. var. Empress Queen 

L. Lind.. 53 

Vanda X Miss Joaquim. 55 

Oncidium Batemanianum Kn. et Westc. • • • 57 

Odontoglossum Thibaultianum L. Lind. ... 59 


Pages 

Saccolabium giganteum Lindl. var. Petotianum 

Rchb. f.. . 61 

Cattleya X Hardyana Hort. var. Reginae L. Lind. 63 

Cymbidium pendulum Sw. 6 5 

Laeliocattleya X Pallas Hort. var. inversa Mantin 67 


PRIX DE L’ABONNEMENT : 

60 francs par an, payables par anticipation 


ON 


Publiée par LUCIEN LINDEN 

117, RUE BELLIARD 

BRUXELLES (Belgique] 

PEUT S’ABONNER CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES. 


Gand, imprimerie Eug. Vanderhaeghen. 









































LINDENIA PL. DCI 



CATTEEYA MENDELI hort. var. EMPRESS QUEEN l. lind 









PL. DCI 


CATTLEYA MENDELI hort. var. EMPRESS QUEEN L. LIND. 

VARIÉTÉ DE S. M. L’IMPÉRATRICE-REINE 

CATTLEYA. Vide Lindenia, I, p. 15. 

Cattleya Mendeli. Vide Lindenia, II, p. 17. 

Var. Empress Queen L. Lind.; Sent. Hort., II, p. 135, et infra. 

ous avons publié naguère le portrait d’une variété entièrement blanche 
du Cattleya Mendeli , le C. M. Kegeljani. Celle que nous figurons 
aujourd’hui fournira, par sa comparaison avec la précédente, un 
exemple saisissant de l’étendue des variations de cette superbe espèce; on peut 
dire qu’elle en constitue l’extrême opposé. 

Nous ne croyons pas que le C. Mendeli ait fourni jusqu’ici, en dehors de 
l’unique C. M. Jamesiana , une variété d’un coloris aussi intense que celle-ci. Les 
pétales et les sépales sont d’un beau rose lilacé chaud, un peu plus vif vers les 
bords. Le labelle porte à sa partie antérieure une très grande macule transversale 
d’un rouge pourpré sombre, comparable à celui de certaines variétés du 
C. Trianae , mais qui ne se rencontrait guère jusqu’ici dans le C. Mendeli. La 
macule jaune de la gorge est extrêmement réduite, et traversée par quelques 
stries brunes qui vont rejoindre la partie antérieure pourpre. Tout le reste du 
labelle est d’un blanc pur qui contraste merveilleusement avec le sommet; les 
bords du lobe antérieur sont entourés d’une fine bande pourpre, jusqu’à 
l’ouverture du tube. 

La fleur n’est pas moins remarquable par sa grandeur que par la richesse de 
son coloris, elle est d’une ampleur superbe. 

Cette magnifique variété a fait son apparition dans le courant de l’année 
dernière dans les serres de Messieurs Lucien Linden et C ie à Moortebeek-lez- 
Bruxelles. 

Nous avons fait figurer sur la même planche deux fleurs; l’une, fraîchement 
épanouie, qui a les pétales et les sépales d’un rose plus carminé, ligné de rose 
pâle au milieu des pétales, et la base du lobe antérieur du labelle entièrement 
blanche, sans la mince bordure pourpre que l’on observe dans la précédente, 
l’autre, la pâle, ouverte depuis une quinzaine de jours. 














l’évolution horticole des genres cattleya et laelia 


Le temps ne serait-il pas venu de fondre définitivement ensemble les genres Cattleya 
et Laelia? 

Il y a fort longtemps que ce rattachement paraît logique à beaucoup de personnes 
autorisées. Si les deux noms ont subsisté jusqu’à présent, c’est principalement en vertu 
de la force acquise, et parce que la plupart des auteurs hésitaient à remanier l’œuvre de 
Lindley sans une nécessité impérieuse; mais à part Reichenbach, si singulièrement 
inspiré dans son intervention en cette affaire, tous reconnaissaient que la distinction entre 
les deux genres reposait sur une base bien frêle. 

La différence générique, comme on le sait, est fournie uniquement par le nombre des 
pollinies, les Cattleya en possédant quatre, et les Laelia deux séries de quatre. Cette 
différence, à elle seule, paraît insuffisante; elle échappe forcément aux personnes qui ne 
sont pas à même de manipuler une fleur et d’ouvrir son anthère, en sorte qu’il serait 
impossible d’en dire a priori, en considérant une plante et ses fleurs, de dire si c’est un 
Cattleya ou un Laelia. La question se complique encore du fait de l’existence de plusieurs 
hybrides naturels qui offrent une transition entre les deux genres, ayant quatre pollinies 
normales et quatre autres très petites ou presque rudimentaires; tel est le cas du Laelia 
Dormànniana, du Laelia ou Laeliocattleya elegans, etc. Si ces hybrides naturels devenaient 
très nombreux à l’état de nature, ce qui n’a rien d’impossible ni d’invraisemblable, les 
Cattleya et Laelia de Lindley, reliés entre eux par une foule de types intermédiaires, ne 
pourraient plus guère être distingués. 

Cette situation s’est d’ailleurs produite dans les cultures, grâce à l’hybridation artifi¬ 
cielle, et elle aboutit actuellement à un véritable chaos. 

Les produits de croisements entre Cattleya et Laelia étaient désignés, au début, un 
peu au hasard sous le nom de Cattleya ou de Laelia. On fit observer ensuite qu’il était 
plus logique de leur donner une appellation rappelant leur origine, et l’on choisit celle 
de Laeliocattleya en Angleterre et en Belgique, de Cattlaelia en Amérique. Cette combi¬ 
naison suffit pendant quelque temps pour les besoins de l’horticulture ; actuellement il n’en 
est plus de même, et nous risquons d’être débordés. 

Des croisements secondaires ont été effectués, par exemple entre Cattleya et Laelio¬ 
cattleya. Fallait-il appeler ces hybrides des Cattlaeliocattleya ? On a reculé avec raison 
devant les complications entrevues; on a continué à les désigner sous le nom de Laelio¬ 
cattleya. Mais dès lors ce mot ne représente plus une réalité précise ; ne vaudrait-il pas 
mieux l’abandonner ? 

On trancherait la difficulté en supprimant la distinction des deux genres, et en 
adoptant un seul nom pour les Cattleya, les Laelia et les Laeliocattleya actuels. Cette 
mesure paraît dès maintenant indispensable pour la commodité des classements horticoles. 
Les botanistes ne feraient pas, pensons-nous, d’objections sérieuses à son adoption; ils 
continueraient sans doute à établir des distinctions de groupes entre les espèces à quatre 
pollinies et les espèces à huit pollinies; le grand public pourrait sans inconvénient les 
ignorer. 

Une réforme de ce genre n’est possible que si elle est admise et lancée à la fois par un 

(Pour la Suite, voir p. 60.) 




















LINDENIA 


PL. DCII 



Mac Farlane pinx. 


P. De Pannemaeker chrom. 


VANDA x MISS JOAQUIM 




55 


PL. DCII 



VANDA x MISS JOAQUIM 

VANDA. Vide Lindenia, I, p. 47. 

Vanda X Miss Joaquim. Hybrida inter V. teretem et V. Hookerianam artificiosa fecundatione producta. 
Vanda X Miss Joaquim Hort., Gard. Chron., 1893, I; 1897, I» P- 4 10 î Journ. Orch., IV, p. 137; Les 
Orch. exot., p. 983. 



ette magnifique plante est le premier hybride artificiel obtenu dans 
le genre Vanda. La fécondation qui lui a donné naissance fut opérée à 
Singapore par Miss Agnès Joaquim, à qui l’bybride fut légitimement dédié. 

Sa première floraison fut signalée au mois de juin 1893, au Jardin botanique 
de Singapore; la description des fleurs, publiée par les principaux journaux horti¬ 
coles, excita un très vif intérêt, et c’est avec une grande satisfaction que l’on 
apprit, quelques années plus tard, l’introduction de cet hybride dans les serres 
européennes. 

C’est au mois de juin 1897 qu’il fut présenté à Londres par l’éminent pré¬ 
sident de la Société royale d’Horticulture. La plante exposée en cette occasion 
formait déjà un superbe spécimen de 2 m 25 de hauteur, et portait une inflorescence 
de douze fleurs, dont trois étaient épanouies. Elle reçut un Certificat de i re classe. 

Les fleurs mesurent 9 centimètres dans leur plus grand diamètre. Elles 
sont superbes, tant au point de vue du coloris que par l’élégance des formes, 
et sont sensiblement intermédiaires entre les deux parents, d’ailleurs si remar¬ 
quables tous deux. 

Elles ont la grandeur et à peu près la forme des fleurs du V. teres, mais avec 
plus de grâce; les segments, très amples, d’une belle tenue, sont élégamment 
ondulés et frisés sur les bords; le labelle est très analogue, en grand, à celui du 
V. Hookeriana, et a les lobes latéraux très développés, relevés des deux côtés, 
de la colonne, le lobe antérieur très large déployé en éventail, très ondulé, 


échancré-bifide au sommet. 

Au point de vue du coloris, les fleurs se rapprochent plutôt du V. Hoo- 
keriana; les pétales et les sépales sont rose violacé, les sépales latéraux un 
peu plus pâles. Le labelle, orangé vif à la base, avec le disque jaune, a le 
limbe violet rosé, et est abondamment pointillé de rouge; les lobes latéraux 
sont orangé vif, bordés de violet rosé. 

Il serait à souhaiter que l’initiative prise par Miss Joaquim trouvât des 
imitateurs, car les semis qu’on peut essayer d’effectuer dans le genre Vanda 
et dans quelques autres sont évidemment beaucoup plus faciles a faire dans 
les régions tropicales que dans nos serres. Plus d’un amateur s est amuse a. 












féconder des Vanda; mais combien d’années faudra-t-il attendre avant de voir 
fleurir les produits de ces fécondations, et de quels soins faudra-t-il les entourer 
pour les mener à bien ! Il faut avouer que la perspective est peu séduisante. 

Les parents de l’hybride dont nous nous occupons ont été très heureusement 
choisis. Ce sont deux espèces de premier ordre au point de vue de la beauté. 
Le V. teres est bien connu, et quelques importations l’ont fait figurer, depuis 
quatre ou cinq ans surtout, dans toutes les collections choisies; le V. Hookeriana 
est plus rare et l’on ne saurait trop le regretter, car ses fleurs ont une grâce 
exquise. 

Il est à noter que l’hybride issu de ces deux espèces paraît être beaucoup 
plus florifère qu’elles, car nous ne croyons pas que le V. teres ni le V. Hookeriana 
aient jamais produit une grappe de douze fleurs dans les cultures, ni peut-être 
même dans leur patrie. Il est très probable, à en juger d’après les parents, 
que ses fleurs auront une très longue durée. 

La belle planche que nous reproduisons a été exécutée au mois de juillet 1897 
par M. J. Macfarlane dans la fameuse collection de Sir Trevor Lawrence. 














LINDENIA 


PL. DCIII 


y. 



G. Putzys pinx. 


ONCIDIUM BATEMANIANÜM kn. et westc. 


P. De Pannemaeker diront 






PL. DCIII 


ONCIDIUM BATEMANIANUM KN. et WESTC. 

ONCIDIUM DE J. BATEMAN 


ONCIDIUM. Vide Lindenia, I, p. 37. 

Oncidium Batemanianum. Panicula stricta dense racemosa, sepalis angustis acutis, supremo erecto fornicato, 
lateralibus unguiculatis, angustioribus, petalis oblongis subundulatis, labello subrotundo bilobo basi auriculato, crista 
digitato-tuberculata squamis 3/2 carnosis interjectis, columnae alis rotundis integerrimis. 

Oncidium Batemanianum Kn. et Westc., Fl. Cab., III, 183, t. 137. — Lindl. Fol. Orch., Oncid., n° 185. 
Oncidium spilopterum Ldl., Bot. Reg., 1844, mise., n° 76; 1845, t. 40. — O’Br., Gard. Chron., XXIII, 

p. 121. 

Oncidium gallopavinum Morr., Ann. Gand, I, p. 13. Moore, Illustr. Orch. PI. 

Oncidium ramosum Lindl. in Bot. Reg., XXXII, sub t. 1920. 

Oncidium Pinellianum. Hort. Soc. Journ. , jan. 1848, cum ic. xyl. 

Oncidium Saintlegerianum Hort. ? 


n voit, d'après l’abondante synonymie ci-dessus, que la présente espèce 
doit être très variable. C’est ce que fait observer Lindley, et d’après 
ses remarques à ce propos, il semble que notre synonymie pourrait 
être enrichie encore ; en effet, l’éminent botaniste anglais émet l’opinion qu’il 
y aurait probablement lieu de rapporter à la même espèce l’O. caldense , et cite 
Reichenbach fils, qui lui rapporte i’O. stenopetalum. M. Barrer, lui, avait donné 
au même Oncidium le nom de anomalum , parce qu’il avait observé une inflo¬ 
rescence terminale. 

Lindley ajoute : « Un bel échantillon qui figure dans mon herbier montre à 
quel point les fleurs sont variables en grandeur, car certaines fleurs ont à 
peine 12 1/2 millimètres de diamètre, tandis que d’autres, sur la même inflo¬ 
rescence, en ont plus de 25. L’espèce a évidemment une tendance au dimorphisme. 

....Toutes ces formes sont indubitablement du Brésil, quoique l’on dise 
dans l’horticulture que certaines viennent du Mexique. » 

C’est en 1837 que Lindley décrivit le premier cette espèce, sous le nom 
d’O. ramosum , d’après un échantillon collecté par Martius près de Villa Rica, 
dans la province de Minas. Un peu plus tard, M. Barrer, de Birmingham, 
en reçut des plantes vivantes ; en 1840, Knowles et Westcott le figurèrent 
dans le Floral Cabinet sous le nom qui a été conservé et qui est inscrit en 
tête de cet article. Lindley, à son tour, la figura en 1845 dans le Botanical 
Register sous le nom d’O. spilopterum , et MM. Loddiges l’exposèrent en 1848 
devant la Société d’Horticulture de Londres sous le nom d’O. Pinellianum. 

Quant au nom horticole d’O. Saintlegerianum , nous l’enregistrons également 















parmi les synonymes, d’après l’avis exprimé par notre excellent confrère, 
M. James O’Brien. 

Le nom d 'Oncidium ramosum aurait dû sans doute être considéré comme 
le seul valable en vertu du droit de priorité; mais son auteur lui-même se 
rallia à celui de Knowles et Westcott lorsqu’il publia dans ses Folia Orchidacea , 
la révision du genre Oncidium ; il subdivisait seulement l’O. Batemanianum 
en deux sections : i° spilopterum. Fleurs en racème. Sépales et petales verts 
extérieurement, rouges en dedans. Dent antérieure médiane de la crête beaucoup 
plus grande que les autres ; 2° ramosum. Fleurs en très grande panicule, d’un 
jaune brillant, avec les pétales et les sépales barrés de brun chocolat vif. 
L’O. gallopavinum rentrait dans la première section, l’O. Pinellianum dans la 
seconde. 

L’O. Batemanianum était devenu très rare dans les cultures depuis un certain 
nombre d’années; il a été réintroduit par L’Horticulture Internationale au cours 
de ses riches explorations brésiliennes. La plante qui a servi de modèle à notre 
artiste constitue évidemment, comme l’écrit M. O’Brien dans le Gardeners ’ 
Chronicle , une variété supérieure. Ses fleurs ont une ampleur superbe; les pétales 
et les sépales sont entièrement d’un coloris brun vif, au lieu d’être jaunes barrés 
de brun, et la crête du labelle est richement maculée de rouge violacé pourpré. 
C’est un des Oncidium les plus brillamment nuancés du beau groupe à fleurs 
disposées en racèmes et à grand labelle jaune éclatant, groupe qui comprend 
notamment l’O. varicosum (O. Rogersi). En outre, sa floraison a l’avantage de se 
produire en hiver, ordinairement au mois de janvier. 

Il demande la serre tempérée, et peut être considéré comme l’une des 
espèces les plus faciles à cultiver du genre Oncidium. 











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ODONTOGLOSSUM THIBAULTIANUM l. lind. 


PL. DCIV 


ODONTOGLOSSUM THIBAULTIANUM l. lind. 

ODONTOGLOSSUM DE M. E. THIBAULT 


ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 
Odontoglossum Thibaultianum L. Lind., infra. 


a plante dont nous publions le portrait ci-contre appartient au groupe 
des hybrides naturels qui sont manifestement issus de l’O. crispum et de 
YO. odoratum. Ses fleurs sont à peu près intermédiaires entre celles de 
ces deux espèces ; Tinfluence de YO. odoratum apparaît dans l’allure des pétales et 
des sépales, leur forme relativement rétrécie, la bordure jaune et la maculature 
rouge vif, enfin, dans le labelle, la forme rétrécie de la partie antérieure et la 
tache rouge qui se trouve en avant du disque. D’autre part, l’hybride a pris à 
l’O. crispum la largeur des pétales, des sépales et de la base du labelle ; il 
présente une certaine analogie avec l’O. Andersonianum , qui visiblement a la 
même origine, mais il s’en distingue par la bordure jaune des segments et par 
l’abondant pointillé rouge qui les recouvre, et qui lui donne un aspect des plus 
attrayants. Au total, c’est une fort jolie acquisition. 

Elle a fleuri pour la première fois vers la fin de l’année dernière chez 
M. E. Thibault, le distingué amateur nantais, à qui nous sommes heureux de 
la dédier. 















[Suite de la page 54) 


certain nombre d’intéressés; elle serait réalisée immédiatement si les principaux journaux 
horticoles et les principaux orchidophiles voulaient s’y rallier. Nous nous adressons à nos 
confrères et à nos lecteurs pour les prier de nous aider à mettre en pratique cette simpli¬ 
fication. Dans le cas où elle leur paraîtrait praticable, nous proposerions le nom de 
Cattlaelia, qui nous semble offrir tous les avantages. 

Un exemple tout récent montre combien la réforme en question s’impose. 

Le Laelia Lindley ana, qui entre dans le groupe des espèces dont nous parlions plus 
haut, ayant quatre pollinies normales et quatre plus petites, a été reconnu en Angleterre 
comme étant issu du croisement d’un Brassavola et d’un Cattleya, donc un Brassocattleya. 
Il a été croisé à son tour avec le Laelio cattleya elegans, de sorte que le produit aurait 
dû porter un nom effroyable : Brassocattlaeliocattleya, ou au moins Brassolaeliocattleya ! 
L’éminent amateur anglais qui l’a présenté s’est rallié à une forme plus simple et plus 
euphonique, en lui donnant le nom de Brassocattlaelia. C’est exactement une première 
application de la simplification de nomenclature que nous proposons. 

Les botanistes les plus célèbres, Reichenbach excepté, ont reconnu que la distinction 
générique entre les Cattleya et Laelia n’était guère défendable, et Bentham a écrit 
notamment : « Le Laelia est si étroitement allié à tous les points de vue au Cattleya, que 
l’on éprouve une grande hésitation à accepter la distinction technique des huit masses 
polliniques en deux séries au lieu d’une seule série de quatre, d’autant plus que l’on obtient 
très facilement dans les cultures des hybrides où le nombre des masses polliniques est 
variable. » Une seule considération pourrait donc s’opposer aujourd’hui, dans l’esprit de 
quelques personnes, au remaniement dont nous venons de montrer la nécessité, ce serait 
le respect de l’œuvre accomplie par Lindley. Mais nous ne croyons pas que ce soit 
manquer de déférence envers le grand botaniste que de donner un peu plus d’ampleur aux 
cadres que les progrès de l’horticulture font craquer de toutes parts. Lindley savait 
parfaitement admettre que les découvertes dont s’enrichit une famille peuvent obliger parfois 
à remanier totalement sa classification. Les espèces qu’il connaissait lorsqu’il fonda le genre 
Laelia, L. albida, L. furfuracea, L. anceps, L. autumnalis, L. cinnabarina, pouvaient lui 
paraître suffisamment distinctes des Cattleya connus à la même époque pour fonder une 
distinction qui, depuis lors, a perdu beaucoup de sa netteté; et pour tout dire, il nous 
semble que son acquiescement à notre réforme était prononcé d’avance, lorsqu’il décrivait 
lui-même le Laelia crispa, dans le Botanical Register, sous le nom de Cattleya crispa. 


■> 


+ 


G. T. G. 





. 








LINDENIA 


PL. DCV 



SACCOLABIUM GIGANTEUM lindl. var. PETOTIANUM rchb. f, 


G. Putzys pinx. p. De Pannma ehr chrom. 



PL. DCV 


SACCOLABIUM GIGANTEUM lindl. var. PETOTIANUM RCHB. F. 
SACCOLABIUM GÉANT, VARIÉTÉ DE M. PETOT 

SACCOLABIUM. Vide Lindenia, II, p. 99. 

Saccolabium giganteum. Vide Lindenia, 1 . c. 

Var. Petotianum. Floribus magnis, omnino candidis. 

Var. Petotianum Rchb. f. in Gard. Chron., XXIV, p. 746. Orchidoph., 1886, p. 163. 

a variété dont nous publions ici le portrait nous paraît très remarquable 
non seulement à cause de son coloris blanc, qui constitue une grande 
rareté, mais à cause de la grandeur de ses fleurs, qui, comme on peut 
en juger par notre planche, sont notablement supérieures à ce point de vue au 
type ordinaire. On peut la considérer comme une sous-variété se rattachant à la 
variété illustre , mais ayant les fleurs plus grandes encore et d’un blanc pur. 

Cette variété fut signalée et nommée par Reichenbach en 1885. Elle avait, 
paraît-il, été découverte par M. Auguste Régnier, et introduite par M. Godefroy- 
Lebeuf, d’Argenteuil, chez qui elle fleurit pour la première fois. Elle provient de 
la Cochinchine, où le S. giganteum est très abondant. On sait d’ailleurs que cette 
espèce a une aire de dispersion très vaste, et se rencontre aussi dans le Nord de 
la Birmanie. 

Reichenbach décrivait la variété Petotianum comme ayant les fleurs « très 
raides. » Le labelle en particulier a la partie antérieure plus étalée et plus plate 
que dans le S. giganteum ordinaire. Remarquons à ce propos que la présente 
variété pourrait fort bien constituer une forme intermédiaire entre le N. giganteum 
et le S. violaceum. Ce dernier, en effet, ne se distingue guère que par la forme 
plus plate du labelle, et peut-être aussi, en général, par la dimension inférieure 
de ses fleurs. Il est originaire des îles Philippines, et pourrait fort bien n’être en 
somme qu’une forme géographique du S. giganteum. La variété albinos fournirait 
une transition entre eux au point de vue de la structure, tout en ayant exception¬ 
nellement les fleurs un peu plus grandes que ses deux voisines. 












LES ONCIDIUM DU GROUPE CRISPUM 


L 'Oncidium crispum est le type le plus connu d’un groupe assez important, com¬ 
prenant diverses formes analogues entre elles et formant une série ininterrompue, dans 
la production desquelles il paraît fort probable que la fécondation croisée est intervenue 
à l’état naturel. On peut citer dans ce nombre l’O. curtnm, FO. Gardneri, FO. pectorale, 
l’0. Pollettianum, FO. praetextum de Reichenbach et celui de Morren, qui ne sont pas 
identiques entre eux, enfin l’0. Enderianum et FO. Gravesianum, plus récents que ceux 
que nous venons de nommer. 

Plusieurs de ces plantes sont souvent confondues entre elles, et il nous paraît 
intéressant de chercher à les délimiter le plus nettement possible. 

L’O. crispum est bien connu dans l’horticulture, où il était encore très répandu il 
y a quelques années, mais il semble devenir de plus en plus rare. C’est une espèce 
à grandes fleurs d’un beau coloris brun foncé luisant, qui serait sans doute très appréciée 
si elle n’était un peu éclipsée par le voisinage de l’0. Forbesi, qui a des fleurs assez 
analogues, mais plus grandes, plus étoffées, mais d’un coloris plus varié et plus éclatant. 

Ses fleurs ont de 6 à 71/2 centimètres de diamètre; les sépales ovales-oblongs 
sont très ondulés et repliés sur les bords, les latéraux partiellement soudés entre eux 
et cachés par le labelle. Les pétales sont notablement plus longs et plus larges, mais 
très ondulés aussi et recurvés au sommet. Le labelle largement ovale est beaucoup 
plus étalé et paraît plus grand que les autres segments, quoiqu’un peu ondulé aussi. 
Il forme à la base deux petits lobes dressés. La crête très denticulée est jaune vif; toutes 
les parties de la fleur sont brun vif. La colonne porte deux ailes assez amples, étalées 
Eur les côtés, colorées de brun. 

Il existe une variété assez rare (; marginatum ) qui a les pétales et les sépales bordés 
de jaune» 

L’O. crispum est une espèce dont on ne connaît pas encore bien la culture, et il 
est rare d’en rencontrer des exemplaires un peu anciens en Europe. 

U Oncidium Gardneri est peut-être le plus distinct de ceux que nous avons comparés 
tout à l’heure au précédent; ce n’en est assurément pas une variété, mais il est assez 
vraisemblable que c’est un hybride naturel issu du crispum et de quelque Oncidium à 
fleurs jaunes tel que pourrait être une variété inférieure de l’0. Marshallianum, par 
exemple, lequel provient précisément de la même région du Brésil (Montagnes des Orgues). 

Ses pseudobulbes et ses fleurs sont plus petits que dans l’0. crispum , mais les fleurs 
possèdent cette supériorité d’avoir les segments bien étalés et d’un coloris très vif, 
mélangé et comme panaché de brun et de jaune. Les pétales, très étroits à la base, 
puis largement ovales, un peu frisés sur les bords, sont brun marron, tachetés ou lignés de 
jaune sur leur contour; les sépales, plus petits, sont couverts régulièrement de barres 
brunes et jaunes; le labelle très grand relativement, elliptique, bien étalé, est jaune vif, et 
porte sur tout son contour une large bande de macules brunes, assez grosses en avant et 
allant en diminuant vers la base; en avant de la crête se trouvent quelques macules 
semblables; la crête charnue porte des protubérances ou petits tubercules brun foncé. Les 
lobes latéraux très petits sont horizontaux. Les sépales latéraux sont partiellement soudés 
et la colonne ailée, comme dans l’ 0 . crispum. 


(Pour la Suite, voir p. 68) 
















■ 







■ 





■ 



9 







LINDKNIA 


G. Putzys pinx. 


P De Pannemaehr chronu 
■ 


CATTLEYA X HARDYANA hort. var. REGINAE l. lind. 


p L. DCVI 





PL. DCVI 


CATTLEYA * HARDYANA hort. var. REGINAE L. LIND 
VARIÉTÉ DE S. M. LA REINE DES BELGES 

CATTLEYA. Vide Lindenia, I, p. 15. 

Cattleya X Hardyana. Vide Lindenia, VII, p. 37. 

Var. Reginae L. Lind., in Sem. Hort., I, p. 449, et infra. 


es importations reçues par l’établissement de Moortebeek sont déci¬ 
dément collectées sous l’influence d’une bonne étoile. Elles ont produit, 
presque dans chaque genre, des nouveautés, des variétés ou des 
hybrides naturels d’une beauté hors ligne. Les importations de Cattleya aurea 
n’ont pas seulement révélé les variétés de premier ordre dont nous avons publié 
récemment quelques portraits en planche double, elles ont aussi fourni deux 
types nouveaux et remarquables du célèbre hybride naturel de cette espèce et du 
C. gigas , le C. x Hardyana , toujours si recherché et si rare, quoi que l’on fasse. 

La variété reginae , dont nous publions aujourd’hui le portrait, a fleuri pour 
la première fois, pendant l’été de 1897 à Moortebeek, dans les serres de Messieurs 
Lucien Linden et C ie qui possèdent en ce moment la plus belle sélection de 
Cattleya x Hardyana du Continent. Elle a les pétales et les sépales jaune paille; 
le labelle, intermédiaire par sa forme entre ceux des deux parents, est largement 
arrondi, très ondulé, d’un rouge cramoisi pourpré très vif, ainsi que le tube; il 
porte à la gorge deux macules jaune clair bordées de blanc, et passant au jaune 
d’or à l’entrée du tube, qui est parsemée de nombreuses stries pourpres et 
brunes. On voit que le labelle est bien exactement tel qu’on pouvait l’attendre 
de la combinaison des deux parents, tandis que les pétales et les sépales sont à 
peu près ceux du C. aurea. 

Le C. X Hardyana réclame le même traitement que le C. aurea et le 
C. gigas. Il produit ses spathes florales dès l’achèvement du bulbe, et à partir du 
moment où ses boutons apparaissent dans les spathes, on doit mettre la plante 
virtuellement en repos. Ces trois Orchidées ont une certaine tendance à repartir 
en végétation après ou pendant la floraison, ce qui s’explique d’ailleurs par ce fait 
qu’à cette époque de l’année les conditions atmosphériques sont très favorables. 
Il faut veiller à empêcher les bourgeons de se développer, et pour cela tenir les 
plantes presque sèches, tout en leur donnant beaucoup de lumière. Le mieux est 
de ne les laisser rentrer en végétation que vers le commencement ou le milieu 
de janvier. C’est à ce moment qu’on rempotera les exemplaires qui en auront 
besoin. 












6 4 



Pendant la période d’activité, il faut avoir soin de ne pas noyer les racines 
du C. x Hardyana , de même que du C. aurea; ces Orchidées craignent un peu 
l’excès d’humidité, et demandent à cet égard une surveillance plus attentive que 
la plupart des autres Cattleya. Pour plus de sûreté, lorsque l’on a beaucoup 
arrosé pendant trois ou quatre semaines, il est bon de laisser écouler un 
intervalle double avant de mouiller de nouveau le compost; celui-ci sèche alors 
partiellement, et tout danger est évité. 

Enfin, tout en donnant à ces plantes beaucoup de clarté, il faut éviter les 
coups de soleil, qui brûlent vite leurs feuilles. 












LINDENIA 


PL. DCVII 



CYMBIDIUM PENDUDUM sw. 


G. Putzys pinx. 


P. De Pannemaehr chrom. 




PL. DCVII 


CYMBIDIUM PENDULUM sw. 

CYMBIDIUM A INFLORESCENCE PENDANTE 


CYMBIDIUM. Vide Lindenia, IX, p. 13. 

Cymbidium pendulum. Foliis ensiformibus distichis coriaceis oblique obtusis, racemis pendulis multifloris, brac- 
teis minutis, petalis sepalisque lineari-oblongis obtusis, labelli trilobi lobis jateralibus acutis, intermedio oblongo 
apiculato, lamellis continuis approximatis apice confluentibus. Rchb. f. 

Cymbidium pendulum Sw. in Nov. Act., VI, p. 73. Lindl. Gen. and Sp. Orch,, p. 165. — Rchb. f. in 
Walp. Ann., VI, p. 624. Veitch, Man. Orch. PI., IX, p. 21. 

Cymbidium aloifolium Hook. f. Flor. Brit. Ind., VI, p. 10. 

C. crassifolium Wall. Cat., 7357. 

Epidendrum pendulum Roxb., Corom. PI., I, p. 35. 

Epidendrum aloïdes Curt. in Bot. Mag., t. 387. 


’est sous le nom de C. aloifolium que cette intéressante Orchidée est 
surtout connue dans l'horticulture, et nous devons dire qu'il est 
extrêmement difficile de voir clair dans les diverses descriptions qui en 
ont été publiées sous différents noms. La plante paraît assez variable, et plusieurs 
formes qui lui ont été rattachées comme variétés ou qui ont été classées comme 
espèces distinctes pourraient peut-être être considérées comme des formes 
géographiques. Dans cet embarras, nous croyons devoir suivre la classification 
adoptée par M. Rolfe après une étude attentive des échantillons existant dans 
l’herbier de Kew, et que MM. Veitch, dans leur Manuel, résument comme suit : 
« Cette espèce est sans aucun doute le véritable C. pendulum de Swartz, non de 
Lindley, ce dernier étant actuellement rapporté au C. Finlaysonianum ; elle a été 
confondue avec cette espèce, et avec le proche allié C. aloifolium de Swartz, le 
C. bicolor de Lindley, dont l’habitat est limité à l’Inde méridionale et à Ceylan, 
et qui n’a jamais été dans les cultures, autant que nous pouvons nous en 
assurer. » 

Voici, d’autre part, l’opinion exprimée par Sir J. Hooker dans sa Flora of 
British India : 

« Je suis très embarrassé par cette espèce et la suivante (C. bicolor ), qui ne 
paraissent différer entre elles, autant que je puis en juger d’après tous mes 
abondants matériaux, que par la longueur relative de l’épichile et de l’hypochile 
de leur labelle, et par leur situation géographique, Y aloifolium habitant exclu¬ 
sivement le Nord et l’Est, et le bicolor la région de l’Ouest. Ces caractères 
auraient une valeur distinctive suffisante si le portrait que donne Rheede de la 
plante du Malabar n’avait pas le labelle de Yaloifolium. D’après les dessins qui se 












trouvent dans les herbiers de Kew et de Calcutta, le C. aloifolium est très variable 
à d’autres points de vue, et l’on peut en distinguer trois variétés : 

i° Racèmes assez courts presque dressés, pauciflores, sepales et pétales 
obtus, pourpre sombre avec les bords jaune pâle. Cette variété ressemble 
exactement au chinois (?) C. aloifolium de Loddiges, Bot. Cab ., t. 967; Jacq. 
Hort. Schœnbr.j III, 69, t. 383. 

2 ° Fleurs plus grandes, sépales et pétales subaigus, bordés de blanc, labelle 
jaunâtre, strié de rouge, tout cela tel que l’a décrit Rheede (Hort. Mal., 
XII, t. 8). 

3 0 C. pendulum de Swartz, qu’il dit d’ailleurs être voisin du C. aloifolium. 
Fleurs petites ou grandes, sépales et pétales jaune terne ou verdâtre pâle avec 
une ligne médiane plus ou moins large pourpre sale; labelle strié de rouge. A 
celui-ci se rattache le C. crassifolium de Wallich à fleurs pâles. Lindley base la 
distinction entre le C. pendulum et le C. aloifolium principalement sur ce fait que 
les lamelles du labelle, dans le premier, sont interrompues, en forme de massue 
et cintrée en arrière, tandis que dans le second elles sont continues, rapprochées 
et confluentes à leur sommet. Thwaites donne le C. aloifolium comme originaire 
de Ceylan (Jaffna, Gardner ), mais comme il cite les Icônes de Wight, il n’est 
pas douteux qu’il veut parler du bicolor. Le C. aloifolium mentionné par Lindley 
dans le Journal of the Linnean Society , III, 27, comprend cette espèce, le 
C. bicolor et le C. sikkimense. La description que donne Reichenbach du C. Manni 
est celle du C. aloifolium , dont il se trouve des échantillons dans l’herbier de 
Mann (que l’on a bien voulu me prêter); quant à l’habitat indiqué à « Obres, » 
M. Mann me fait savoir qu’il ne connaît pas cette localité. » 

Nous n’avons pas la prétention de débrouiller l’écheveau si bien emmêlé 
par Messieurs les botanistes. Bornons-nous à constater que la plante figurée ici, 
d’après des exemplaires importés par L’Horticulture Internationale, appartient 
bien à la troisième section, c’est-à-dire à la forme qui porte généralement le 
nom de C. pendulum / on donne ordinairement dans 1 horticulture le nom de 
C. aloifolium aux formes plus petites. 

Cette plante est particulièrement répandue dans le Tenasserim, où elle 
forme, d’après le Rév. Parish, de fortes touffes sur les arbres. Dans les cultures 
européennes, elle fleurit surtout aux mois de février et mars. 









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LINDENIA 


PL. DCVIII 



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LAELIOCATTLEYA x PALLAS hort. var. INVERSA mantin 

G. Putzys pinx. P ,. p. De Pcinnemaefor chrom. 

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PL. DCVIII 


LAELIOCATTLEYA x PALLAS hort. var. INVERSA MANTIN 


LAELIOCATTLEYA. Vide Lindenici, VII, p. 25. 

Laeliocattleya X Pallas. Hybrida inter Laeliam crispam et Cattleyam Dowianam artificiosa fecundatione producta. 
Laelioccittleya X P allas Hort., Journ. Roy. Hort. Soc., XII, part. I, p. 139. 

Var. inversa. Ex iisdem speciebus inversa fecundatione apud cl. G. Mantin orta. 

Var. inversa Mantin. Sem. Hort., I, p. 459. 


e Laeliocattleya X Pallas est un des beaux hybrides qui ont pris nais¬ 
sance à l’établissement de MM. Veitch, en Angleterre; il est issu du 
Cattleya Dowiana et du Laelia crispa. Il fit sa première apparition à la 
Société Royale d’horticulture de Londres le 10 décembre 1889, et obtint à cette 
occasion un Certificat de i re classe. Ses fleurs ont les sépales rose pâle, les 
pétales un peu plus vifs, ondulés sur les bords, le labelle est grand, très frisé sur 
les bords, d’un beau rouge pourpré foncé tirant sur le marron, entouré d’une fine , 
bordure rose, et veiné de jaune orangé à la gorge. 

M. Georges Mantin, qui depuis quelques années a pris définitivement place 
parmi les semeurs français les plus persévérants et les plus heureux, a effectué 
dans l’ordre inverse le croisement qui avait produit le L. x Pallas , et il a obtenu 
le superbe hybride dont nous publions le portrait. 

Nous ne saurions dire si la variété inversa est supérieure en beauté au type 
primitif, car il faudrait avoir les deux fleurs sous les yeux en même temps pour 
en juger et nous n’avons pas eu l’occasion de faire cette comparaison. Ce qui est 
certain, c’est qu’elle est extrêmement gracieuse. Ses fleurs ne sont pas des plus 
grandes, et à ce point de vue elles tiennent tout à fait du Laelia crispa , mais elles 
ont un coloris exquis. Le labelle a une forme ovale presque arrondie, et est très 
frisé sur les bords; il est d’un rouge pourpré intense, légèrement nuancé d’un 
rouge violacé qui rappelle le Laelia crispa , avec une fine bordure rose pâle ; il 
porte sur le disque une macule jaune d’or dégradée en blanc des deux côtés, et 
couverte d’un ravissant réseau de fines stries rouges ou brunâtres. Les pétales et 
les sépales sont d’un blanc légèrement rosé; les premiers portent vers le sommet 
des stries roses d’un gracieux effet. 

De même que l’hybride type, le L. x Pallas inversa fleurit au mois de 
novembre et jusque dans les premiers jours de décembre; il a été présenté pour 
la première fois par M. Georges Mantin au concours d’Orchidées organisé à 
Paris le 25 novembre 1897. Il est donc fort possible que ses fleurs se montrent 
plus grandes la seconde année. Il est probable qu’il produira, comme le 
L. x Pallas , des grappes portant de trois à cinq fleurs. 











(Suite de la page 62) 


Cette espèce paraît beaucoup plus susceptible de s’acclimater dans les serres que 
l’O. crispum. Elle est très rare dans les collections et probablement dans son pays 
d’origine. Elle a été importée il y a peu d’années par L’Horticulture Internationale 
en même temps que diverses Orchidées brésiliennes. 

UOncidium praetextum de Morren, décrit en 1877 dans la Belgique horticole, n’est 
sans aucun doute qu’un synonyme de l’O. Gardneri. 

UOncidium curium, introduit vers 1841 de la même région que ceux dont nous venons 
de parler, fut décrit par Lindley en 1847* Ses fleurs ont a peu près la meme grandeur 
que celles de l’O. Gardneri, et ont avec elles de très grandes analogies; toutefois les pétales 
sont plus allongés, la crête différente, et peut-être les panicules plus longues et plus 
fournis. Les organes végétatifs ressemblent beaucoup à ceux de l’O. crispum. 

UOncidium pectorale, décrit par Lindley en 1838, fut introduit des environs de Rio 
de Janeiro. Il a beaucoup d’analogie avec l’O. Gardneri. Ses feuilles et ses pseudobulbes 
sont un peu plus petits; les sépales ovales-oblongs sont brun marron barres de jaune, les 
latéraux partiellement soudés; les pétales sont plus grands et un peu plus larges, bruns, 
bordés de jaune et parfois un peu tachetés de la même couleur. Le labelle forme à sa base 
deux petites oreillettes, et a le lobe antérieur elliptique, ondulé sur les bords, d’un jaune 
vif. La crête porte de petits tubercules brun pourpré noirâtre. Les ailes de la colonne sont 
arrondies, brunes, tachetées de jaune. 

UOncidium Pollettianum, décrit par Reichenbach en 1886 d’après une plante qui 
avait fleuri dans la collection de M. Pollett, était considéré par son auteur comme étant 
peut-être un hybride naturel entre l’O. Gardneri et O. dasytyle; d’autre part, il parait que 
la comparaison faite entre cette plante et les échantillons de l’herbier de Lindley se 
rapportant à l’O. pectorale, ont fait reconnaître 1 identité des deux. 

En tous cas, retenons l’hypothèse formulée par Reichenbach; il est certain que 
parmi les espèces à fleurs jaunes dont, comme nous le disions plus haut, l’intervention 
pourrait être supposée dans ce groupe, l’O. dasytyle nous semblerait très indique s il n y 
avait pas la forme aiguë de ses pétales et sépales et la question ne pourra guère être 
tranchée que par expérience directe. 

UOncidium praetextum de Reichenbach, également brésilien, est décrit par lui 
comme analogue à l’O. crispum, mais supérieur à lui, et tenant de l’O. Gardneri, de 
l’O. Forbesi et même de l’O. Marshallianum. Reichenbach le distingue de l’O. Gardneri 
principalement par la longueur plus grande de 1 onglet du labelle. D autres auteurs le 
comparent à l’O. curtum, dont il se distinguerait par la forme de la crête. L’O. Enderianum 
paraît être un hybride naturel et intermédiaire entre l’O. crispum et l’O. curtum. On voit, 
en somme, combien ces divers Oncidium se tiennent de près entre eux. 

L’O. Gravesianum, décrit par M. Rolfe en 1892, est extrêmement voisin de 
l’O. praetextum, sinon identique à lui. Il a les sépales bruns barrés de jaune, les latéraux 
soudés sur une partie de leur longueur, puis divergents; les pétales obovales sont bruns 
avec quelques stries jaunes peu délimitées; le labelle grand et panduriforme est jaune, 
maculé de brun le long de la partie antérieure ainsi qu’à la base. Les fleurs mesurent 
5 centimètres de diamètre. 








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2 me Série. — 3 me Volume. — g me et io me Livraisons 
ou i3 me Vol. de l’ouvrage. Avril-Mai 1898. 


LINDEMIA 


ICONOGRAPHIE 


DES ORCHIDÉES 


Dédiée a la Mémoire de J. LINDEN 


SOMMAIRE : 


Pages 


Odontoglossum crispum Ldi. var. Leemanni 

L. Lind. 

Laeliocattleya X Hrubyana L. Lind. . . . 

Catasetum X splendens Cogn. var. Lansbergea 

num L. Lind. 

Cattleya Trianae Lind. varietates. 


69 

7i 

73 

75 


Pages 

Cypripedium Lebrunianum L. Lind.77 

Odontoglossum X Adrianae var. Crawshayanum 

L. Lind. 79 

Laeliocattleya X Cheremeteffiae L. Lind. . . 81 

Odontoglossum Krameri Rchb. f.83 


PRIX DE L’ABONNEMENT : 

60 francs par an, payables par anticipation 


Dirigée et publiée par LUCIEN LINDEN 

117, RUE BELLIARD 

BRUXELLES (Belgique) 

ON PEUT S’ABONNER CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES. 


Gand, imprimerie Eug. Vanderhaegheü. 





































































LINDENIA 



PL. DCIX 




ODONTOGLOSSUM CRISPUM ldl. var. LEEMANNI l. lind 









PL. DCIX 


ODONTOGLOSSUM CRISPUM ldl. var. LEEMANNI L. LIND 


ODQNTOG-LOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 
Odontoglossum crispum. Vide Lindenia, I, p. gg. 


e magnifique Odontoglossum crispum semble avoir voulu fêter par une 
brillante apothéose le cinquantenaire de sa découverte, et la série de 
variétés, importées et cultivées à l’établissement de Moortebeek, a éclipsé 
brusquement tout ce que les explorateurs avaient envoyé en Europe jusque-là. 
Les orchidophiles, qui croyaient bien cependant connaître cette espèce si popu¬ 
laire et si fréquemment importée, n’auraient jamais pu soupçonner cette richesse 
de coloris. 

La variété représentée sur la planche ci-contre est remarquablement belle, 
et digne de figurer au premier rang parmi ces nouveautés. Elle a les fleurs 
de grande taille, bien rondes, d’un coloris de fond blanc de neige, lavé de 
rose violacé sur les bords des sépales latéraux qui se font face. Sur ce fond 
ressortent admirablement de grosses macules à peu près arrondies d’un rouge 
brunâtre pourpré, tirant un peu sur la couleur prune. Ces taches, disposées en 
groupes un peu au-dessus du centre de chaque segment, sont au nombre de 
deux ou trois sur les pétales; elles sont plus nombreuses sur les sépales, parti¬ 
culièrement sur les sépales latéraux, qui portent en outre quelques macules 
plus petites. Le labelle, fortement élargi à la base, a le disque maculé de 
jaune, et porte en avant une longue macule irrégulière, allant jusque près 
du sommet, avec deux ou trois taches plus petites sur les côtés. Les bords, 
finement dentés, portent aussi une rangée de petits points bruns près de la base. 

La variété Leemanni , dédiée à M. J. Leemann, un jeune et enthousiaste 
amateur d’Angleterre, en souvenir de notre agréable rencontre au dernier 
Temple Show , à Londres, a fleuri pour la première fois au mois de janvier 
dernier dans les serres de l’établissement Lucien Linden et C ie , à Moortebeek. 






















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J. Putzys pinx. 


P. De Pannemaeker diront. 


LINDEMIA 


PL. DCX 


LAELIOCATTLEYA X HRUBYANA l. und. 






7i 



PL. DCX 

LAELIOCATTLEYA x HRUBYANA l. lind. 

LAELIOCATTLEYA DE M. LE BARON HRUBY DE GELENGE 

LAELIOCATTLEYA. Vide Lindenia, VII, p. 25. 

Laeliocattleya X Hrubyana L. Lind., infra. 

oici encore un hybride naturel provenant des importations brésiliennes 
de L’Horticulture Internationale, et qui n’est pas inférieur à ceux 
qui avaient fait leur apparition dans le même établissement il y a 
peu d’années, les L. Lindeni , Sayana , etc. Il se rapproche particulièrement 
de ce dernier, mais il a les fleurs beaucoup plus grandes, les pétales et les 
sépales d’un coloris plus clair, et le labelle d’un rouge pourpré plus vif. 

On peut dire, d’une façon générale, que toutes ces plantes rentrent dans 
le groupe du Laeliocattleya elegans, groupe très étendu et très complexe. 

Il était admis depuis longtemps que les formes du Laelia elegans ayant 
les pétales et les sépales blancs ou rose clair (celles classées plus spécialement 
sous le nom de L. Schilleriana) étaient issues d’un croisement opéré à l’état 
naturel entre le Laelia purpurata et le Cattleya intermedia; cette hypothèse vient 
d’être confirmée par la floraison d’un hybride artificiel entre ces deux espèces. 
D’autre part, on admettait que les variétés dans lesquelles le rose était mélangé 
de brun plus ou moins olivâtre avaient pris naissance à la suite d’un croisement 
analogue entre le Laelia purpurata et le Cattleya guttata. 

Les parentés, toutefois, deviennent beaucoup moins faciles à discerner 
lorsque les croisements se poursuivent à la deuxième, à la troisième génération, 
et que les hybrides se fécondent entre eux ou sont fécondés par les especes 
types. C’est ainsi que les variétés du Laeliocattleya x elegans deviennent de 
plus en plus nombreuses depuis quelques années, et présentent des formes 
ou des coloris toujours nouveaux. 

Le nouvel hybride que nous publions est un des plus grands que nous 
connaissions, et ses fleurs, d’une superbe allure, sont remarquables en outre 
par l’ampleur et le riche coloris de leur labelle. Nous avons ete heureux d en 
offrir la dédicace à l’éminent orchidophile autrichien, M. le Baron Hruby 
DE GELENGE. 


















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LINDENIA 


PL. DCXI 


CATASETUM X 


SPLENDENS cogn. var. LANSBERGEANU-M l. 


LIND. 


J. Putzys pinx. 


P. De Pcinnemaeker chrom. 






PL. DCXI 


CATASETUM * SPLENDENS cogn. var. LANSBERGEANUM L. LÏND 

VARIÉTÉ DE M. J. DE LANSBERGE 


CATASETUM. Vide Lindenia, I, p. 59. 

Catasetum X splendens. Vide Lindenia, X, p. 51. 

Var. Lansbergeanum L. Lind., Sem. Hort., I, p. 418, et infra. 


a série des beaux hybrides naturels issus du Catasetum Bungerothi , et 
introduits avec lui par les collecteurs de L’Horticulture Interna¬ 
tionale, n’est pas encore épuisée, et les floraisons de la dernière 
saison viennent de révéler encore quelques variétés du C. x splendens qui 
présentent un grand intérêt. 

La variété Lansbergeanum , figurée ci-contre et dédiée au président de 
L’Horticulture Internationale, a les pétales très larges, blancs, avec un grand 
nombre de petites taches roses presque confluentes à la base et s’espaçant de 
plus en plus jusqu’à la moitié de la longueur, où elles disparaissent; les pointes 
allongées sont d’un brun rosé. Les sépales sont jaune paille ou crème, et ont 
les pointes colorées comme celles des pétales; les latéraux sont ondulés et 
relevés en forme de croissant. Le labelle, qui est plus concave que dans la 
plupart des variétés du C. splendens décrites jusqu’ici, est fortement acuminé au 
sommet; il est coloré de jaune vif intérieurement, et lavé de brun vif sur toute 
sa bordure à la base, ainsi qu’à l’intérieur du sac ; l’extérieur est jaune clair ; 
la base de la colonne est très tachée de brun. 

Au point de vue du coloris, cette variété présente de grandes analogies 
avec la forme décrite et figurée dans la Lindenia sous le nom de C. macrocarpum 
var. Lindenia et qui est évidemment aussi un C. splendens (nous savons d’ailleurs 
que M. O’Brien avait très nettement pressenti dès ce moment cette origine 
hybride). Elle s’en distingue à première vue par la forme du labelle, qui est 
beaucoup plus ouvert et forme une coupe évasée ; en outre, la fleur dans son 
ensemble est moins globuleuse, les segments sont plus allongés, les sépales 
sont moins tachetés de rouge, et le labelle moins lavé de brun. 

En somme, cette variété constitue assez exactement une fleur intermédiaire 
entre celles du C. macrocarpum et du C. Bungerothi , tandis que beaucoup des 
variétés qui avaient fait leur apparition il y a deux ans, se rapprochaient 
beaucoup plus du second parent. 

































LINDENIA 


PL. DCXII 





J. Putzys pinx. 


CATTLEYA TRIANAE lind. VARIETATES 

I. ALBO-ROSEA 2. CINCTA 3. BICOLOR 








PL. DCXII 


CATTLEYA TRIANAE lind. VARIETATES 


i. ALBO-ROSEA 2. CINCTA 3. BICOLOR 


CATTLEYA. Vide Lindenia, I, p. 15. 

Cattleya Trianae. Vide Lindenia, I, p. 63. 

Var. albo-rosea L. Lind., var. cincta L. Lind., var. bicolor L. Lind., infra. 


elle est la variabilité du Cattleya Trianae qu’après les diverses variétés 
qui ont déjà été figurées dans cette iconographie, nous avons encore 
l’occasion de soumettre à l’appréciation de nos abonnés trois formes 
nouvelles très distinctes et remarquables. Ces trois variétés ont fleuri au début 
de cette année parmi les importations de l’établissement Lucien Linden et C ie , 
à Moortebeek. 

La variété albo-rosea est une nouveauté appartenant à une catégorie très 
rare du C. Trianae; elle a les pétales et les sépales blanc pur, et le labelle 
blanc, avec une étroite bande transversale rouge en avant du disque jaune 
et une autre, striée de pourpre, au sommet; les bords ondulés sont un peu 
lavés de rose très clair. Il existe des coloris analogues dans le C. Mossiae , 
et les variétés dans lesquelles ils se présentent sont très estimées et très rares; 
mais dans le C. Trianae nous ne croyons pas qu’il existât jusqu’ici rien 
d’analogue. La variété Dodgsoni a bien les pétales et les sépales blancs, mais 
le labelle beaucoup plus rouge que dans celle dont nous nous occupons. Dans 
celle-ci, il semble qu’une large zone blanche ait été étendue en travers du 
lobe antérieur rouge. Le tube est blanc également. 

La fleur est remarquable par son ampleur. Les pétales notamment sont 
très larges, bien étalés et d’un bel effet. 

La variété cincta se distingue aussi par un coloris très curieux et nouveau. 
La macule cramoisi pourpré du labelle y forme une sorte de langue triangulaire, 
divisée en deux par une ligne médiane plus pâle; des deux côtés règne une 
large bordure rose lilacé clair; le tube a la même couleur. Les pétales et 
les sépales roses sont larges, ondulés sur les bords. 

Enfin la variété bicolor , qui se trouve au bas de notre planche, a le 
labelle d’un coloris très nettement contrasté. En avant du disque, jaune vif 
strié d’orangé, s’étend une très grande macule rouge cerise intense, rappelant 
le labelle du C. bicolor , et entourée d’une bordure blanc pur; le tube est rose 
clair, ainsi que les bords antérieurs des lobes latéraux. Les pétales et les 
sépales, amples et bien étalés, les premiers ondulés et frisés, sont rose clair* 




















LINDENIA 


PL. DCXIII 



CYPRIPEDIUM x LEBRUNIANUM l. lind. 


J. Putzys pinx, 


P. De Pannemaeker clirom, 






PL. DCXIII 


CYPRIPEDIUM x LEBRUNIANUM l. lind. 

CYPRIPEDIUM DE M. ÉMILE LEBRUN 


CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 17. 

Cypripedium X Lebrunianum. Hybridum verisimiliter inter C. Spicerianum et C. purpuratum apud naturam 
productum et inter plantas C. Spiceriani a Lindenianis collectoribus in Europam missum. 

Cypripedium X Lebrunianum L. Lind., Sem. Hort., I, p. 458. 


ette charmante nouveauté a fait son apparition au mois d’octobre 
dernier à L’Horticulture Internationale, à Bruxelles, parmi des im¬ 
portations de C. Spicerianum. Elle peut donc être considérée avec un 
degré suffisant de certitude comme un hybride naturel de cette espèce. 

Elle a un cachet très distinct et très intéressant. Ses fleurs sont grandes, 
de forme assez allongée. Le pavillon a les bords repliés en arrière à la base 
mais la partie supérieure est largement étalée. Il est d’un rouge brunâtre pourpré, 
dégradé et prolongé en stries vers le sommet, qui est blanc pur; la ligne 
médiane est rouge-brun pourpré foncé, la base porte une tache verte très peu 
étendue, pointillée de brun noirâtre. Les sépales latéraux sont séparés, mais 
ce caractère pourra évidemment ne pas être constant; ils ont un coloris blanc 
crémeux, lavé de vert clair. Les pétales, longs et assez étroits, sont d’abord 
horizontaux, puis défléchis et tordus à leur extrémité; ils sont verts à la base, 
jaune verdâtre clair au milieu, avec quelques lignes de points brun noirâtre, 
et une ligne médiane rouge vineux foncé, et ont les bords ondulés, laves 

de rose violacé et ciliés par places. Le sabot est lavé de rose violacé clair 

à la partie antérieure; le sommet et la face postérieure sont vert clair. Le 
staminode est rose violacé clair, avec une petite dent vert fonce au centre. 
La hampe est brun violacé pourpré, hérissée de poils courts. 

Les deux caractères qui frappent surtout dans ce Cypripedium, et qui le 

distinguent très nettement du C. Spicerianum, sont le coloris rouge qui apparaît 
dans presque toutes ses parties, et leur forme allongée. Il semble que ces 
caractères pourraient s’expliquer par l’influence du C. purpuratum, et dans ce 
cas l’hybride serait beaucoup plus grand que ses deux parents, ce qui n est 
pas sans exemple. Il serait intéressant de le comparer avec le C. X Maynardi, 
hybride artificiel issu de la même origine que nous supposons ici, et dont les 
fleurs, quoique plus petites, paraissent présenter beaucoup d analogies, d après 
les descriptions, avec celle dont nous nous occupons. 











% 


Le C. x Lebrunianum a reçu un Certificat de mérite de i re classe au Meeting 
de L’Orchidéenne du mois d’octobre dernier. 

Je l’ai dédié à un excellent et dévoué collaborateur, M. Émile Lebrun, 
administrateur de La Semaine Horticole. 

















LINDENIA 



ODONTOGLOSSUM x ADRIANAE var. CRAWSHAYANUM l. lind. 



PL. DCXIV 


ODONTQGLOSSUM x ADRIANAE var. CRAWSHAYANUM L . und 


ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 
Odontoglossum X Adrianae var. Crawshayanum L. Lind. 


es importations si heureuses effectuées par rétablissement de Moor- 
tebeek, n’ont pas seulement enrichi l’horticulture de plusieurs de ces 
variétés à''Odontoglossum crispum à larges macules qui de tout temps ont 
été recherchées comme les plus rares et les plus beaux modèles de cette précieuse 
espèce ; elles ont aussi révélé des coloris tout à fait nouveaux et des formes 
distinctes de tout ce que l’on connaissait précédemment. 

La superbe plante dont nous publions le portrait ci-contre, appartient à 
cette catégorie. C’est évidemment un hybride naturel de Y Odontoglossum crispum 
avec l’O. Hunnewellianum et qui forme une nouvelle section, nommée Adrianae , 
dont la variété venustum , qui vient d’obtenir au Temple Show , à Londres, un 
certificat de i re classe est un autre superbe représentant. 

La fleur est d’une forme irréprochable, et ses segments largement étalés, 
se rejoignant bien, très laciniés et déchiquetés sur les bords, rappellent les 
plus beaux types à'Odontoglossum crispum de Pacho. Le coloris est exquis; les 
pétales et les sépales, d’un beau blanc de neige, sont couverts d’une foule 
de petits îlots marron, très petits et épars sur les pétales, plus gros et plus 
groupés sur les sépales, où ils forment de grosses macules irrégulières vers 
le sommet. En outre, la base des sépales est lavée de jaune soufre le long 
de la ligne médiane, ce qui constitue un caractère très distinct. Le labelle a le 
disque jaune clair entouré d’une bordure de gros points marron; il porte sur le 
limbe un grand nombre de macules marron, et sur tout son pourtour une fine 
bordure de petits points marron clair. Il est rare de rencontrer d autres Odonto¬ 
glossum ayant le labelle aussi abondamment macule. 

Ce superbe Odontoglossum a fleuri pour la première fois, ce printemps, 
à Moortebeek et a été dédiée à M. B. de Crawshay, un connaisseur emerite 
d’Odontoglossum qui prépare, en ce moment, une monographie de ce superbe 
genre. 




























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LINDENIA 


PL. DCXV 


LAELIOCATTLEYA x CHEREMETEFFIAE l. lind. 

Alice Mercier pinx . 


P. De Pannemaeker chrom. 



PL. DCXV 


LAELIOCATTLEYA x CHEREMETEFFIAE l. lind. 


LAELIOCATTLEYA. Vide Lindenia, VII, p. 25. 

Laeliocattleya X de la Comtesse Catherine Ch'er'emèteff et infra. 


a réellement belle plante dont nous publions ci-contre le portrait a 
fleuri pour la première fois à l’automne dernier dans les serres de 
Messrs Lucien Linden et C ie à Moortebeek. Nous croyons pouvoir la 
considérer, au moins jusqu’à nouvel ordre, comme un hybride naturel, mais 
nous nous dispenserons de faire des hypothèses au sujet des espèces qui 
ont pu lui donner naissance. 

Ce qui est certain, c’est que cette plante constitue une acquisition de 
tout premier ordre. Les fleurs sont très grandes et d’un beau coloris tout à 
fait distinct. Les pétales très larges, élégamment ondulés, un peu dressés obli¬ 
quement, sont d’un rose pâle nuancé de rose violacé vif le long de la nervure 
médiane. Les sépales plus étroits sont colorés de même que les pétales, et 
aussi nuancés de rose lilacé vif vers le sommet. Le tube du labelle est blanc, 
lavé et strié de rouge à l’intérieur; le lobe antérieur est rouge lilacé; tout le 
tour de la gorge est rouge foncé, et le disque est couvert d’un grand nombre de 
larges stries rouge pourpré violacé, se prolongeant en éventail jusque vers le 
bord antérieur. 

Cette superbe Orchidée n’est pas moins remarquable par l’ampleur de ses 
segments que par le beau et rare coloris de ses fleurs. 























LINDENIA PL. DCXVI 



ODONTOGLOSSUM KRAMERI rchb. 



PL. DCXVI 


ODONTOGLOSSUM KRAMERI rchb. f. 

ODONTOGLOSSUM DE KARL KRAMER 


ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenici, I, p. n. 

Odontoglossum Krameri. Affine O. citrosmo, labelli laciniis lateralibus semi ovatis angustis deflexis, callo bila- 
mellato tumore retrorsum papilloso interjecto, callo bilobo anteposito, columnae auriculis triangulis prope obsoletis. 

Pseudobulbus subrotundus anceps compressus, ex cicatrice monophyllus visus, pallide glaucus. Pedunculus 
porrectus seu pendulus, triflorus. Sepala et petala ligulata obtuse acuta. Labelli laciniae posticae lateribus semiovatis 
angustis deflexis, lacinia antica latiori reniformi emarginata, lamellis in labello erectis antrorsum acutis geminis inter- 
posito tumore retrorsum papilloso hispidulo. 

Odontoglossum Krameri Rchb. f. in Gard. Chron., 1868, p. 98. — Flor. Mag., 1868, t. 406. — Bot. Mag., 
t. 5778. — Batem. Monogr. Odont., t. 24. — Fl. des Serres, t. 2469. —- Will. Orch. Alb., I, t. 40. — III. Hort., 
XXXII, t. 562. — Gard. Chron., 1886, I, 756, cum. ic. 



’Odontoglossum Krameri est originaire de l’État de Costa Rica, où il croît 
sur le versant des montagnes près de la côte de l’Océan Pacifique, 
_____ non loin de l’O. Œrstedi , dans une localité où il est, paraît-il, assez 
rare et menace même d’être complètement exterminé. Sa destruction serait vrai¬ 
ment regrettable, car c’est une charmante espèce, et qui a un cachet très distinct. 

Ses fleurs, qui ont à peu près 3 1/2 à 4 centimètres de diamètre, ont 
les pétales et les sépales oblongs aigus, blancs, parfois lavés de rose lilacé 
au centre; le labelle forme un onglet court, en avant duquel se trouve la crête 
composée de deux callus jaune vif; le limbe élargi en forme de demi-lune, 
émarginé et formant deux petites pointes à son sommet, un peu concave à 
sa base, est d’un rose violacé ou violet pourpré, plus vif et barré de rouge 
brunâtre près de la base. 

Reichenbach a comparé cette espece a 10 . citrosmum , qui est sans doute 
son plus proche voisin au point de vue botanique ; toutefois, il est a remarquei 
que les fleurs de l’O. Krameri sont beaucoup plus petites (la moitié environ) 
que celles de l’O. citrosmum. En outre, la hampe du premier est generalement 
dressée ou tout au plus inclinée, mais jamais complètement pendante. Dans 
l’ensemble, les fleurs de l’O. Krameri feraient plutôt penser à celles de l’O. pul- 
chellum, et cette ressemblance est particulièrement marquée dans sa variété 
album , qui a les fleurs entièrement blanches comme celle de l’O. pulchellum. 
Cette variété très rare était en fleurs au mois d’octobre dernier, dans les serres 
de L’Horticulture Internationale, à Bruxelles, et chez M. Bleu, à Pans. Elle 
est extrêmement attrayante. 

L’O. Krameri a été introduit en Europe en 1868 par MM. Veitch. Il fut 














dédié par Reichenbach au collecteur Karl Kramer, fils d’un réputé cultivateur 
d’Orchidées, M. Kramer, jardinier chez M. Jenisch, à Flottbeck près Hambourg. 

Ainsi que l’indique son origine, l’O. Krameri réclame une température plus 
élevée que la majorité des Odontoglossum. Il réussit bien en serre tempérée 
ou tempérée-froide, avec les O. citrosmum , O. Harryanum , O. Œrstedi. Dans ce 
compartiment, la température doit être maintenue entre g 0 et 12° C. Le compost 
doit être arrosé moins fréquemment, après l’achèvement des pseudobulbes, qu’on 
ne le fait pour les O. crispum , c’est-à-dire que le repos est un peu plus pro¬ 
noncé. Enfin, pendant la belle saison et surtout vers la fin de la végétation, 
il est bon de donner à ces plantes beaucoup de soleil et d’air. On obtient de 
bons résultats en les cultivant en petits pots suspendus près du vitrage. 









—-- - 

n me et 12 me Livraisons 

Juin-Juillet 1898. 



LINDENIA 

ICONOGRAPHIE 



DES ORCHIDÉES 


Dédiée a la Mémoire de J. LINDEN 


SOMMAIRE : 


Pages 

Odontoglossum X Wilckeanum Rchb. f. var. 

Lindeni Grign.,.85 

Phaius X Normani O’Br.87 

Acanthephippium Curtisi Rchb. f. var. albidum 

L. Lind.89 

Cypripedium X Wincqzianmn L. Lind. ... 91 

Dendrobium taurinum Ldi.93 

Cirrhopetalum picturatum Lodd.95 


Pages 

Cypripedium Rothschildianum Rchb. f. var.pla- 

tytoenium L. Lind.97 

Odontoglossum crispum Ldi. var. Mooreanum 

L. Lind. 99 

Table des matières,.101 

Variétés.102 

El ors texte. IQ 2 


PRIX DE L’ABONNEMENT : 

60 francs par an, payables par anticipation 



Dirigée et publiée par LUCIEN LINDEN 

117, RUE BELLIARD 

BRUXELLES (Belgique) 


ON PEUT S’ABONNER CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES. 


Gand, imprimerie Eug. Vauderhaeghen. 













































LINDENIA 



ODONTOGLOSSUM x WILCKEANUM rchb. f. var. LINDENI grign 


PL. DCXVII 


ODONTOGLOSSUM x WILCKEANUM rchb. f. var. LINDENI ghign 

ODONTOGLOSSUM DE WILCKE, VARIÉTÉ DE M. LINDEN 


ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. 13. 

Odontoglossum Wilckeanum. Vide Lindenia, I, p. 75. 

Var. Lindeni Grign., Sem. Hort., II, p. 234, et infra. 

e superbe hybride naturel a fleuri au printemps dernier dans les serres 
de MM. Lucien Linden et C ie , à Moortebeek, parmi les importations 
qui ont produit tant de magnifiques nouveautés. Il a été exposé à 
Londres le 26 avril, et a été l’un des plus admirés dans le groupe choisi 
d’Odontoglossum et d’autres Orchidées qui a reçu ce jour-là à la Société Royale 
d’Horticulture une médaille « Flora » en vermeil. Il a figuré également le 
28 avril à la Séance de la Société d’Orchidophiles de Manchester et du nord de 
l’Angleterre, et y a reçu un Certificat de i re classe. 

L’O. x Wilckeanum , issu, comme on le sait, du croisement de l’O. crispum 
avec l’O. luteo-purpureum , a été considéré dès son apparition comme le plus 
beau peut-être de tous les Odontoglossum; mais il n’avait pas encore donné 
toute sa mesure, et la série de variétés qui viennent d’être introduites à Bruxelles 
montrent une richesse de formes et de coloris que l’on ne soupçonnait pas. 

La variété Lindeni est la plus belle de toutes, de l’avis de tous les connais¬ 
seurs. Elle a les fleurs d’une grandeur exceptionnelle, très élégamment confor¬ 
mées, les segments ondulés et frisés sur les bords et les pétales plus ou moins 
déchiquetés. Tous ces segments portent de très larges macules marron pourpre, 
qui ne laissent guère apparaître que sur les bords le fond blanc creme. Ces 
macules sont plus petites et plus nombreuses sur la moitié inferieure des petales, 
qui portent aussi à la base de petites stries longitudinales. Le labelle porte 
une très grande macule brune, précédée de macules plus petites disposées tout 
autour de la crête. 













LES HYBRIDES DU PHAIUS TUBERCULOSUS 


Quand on connaît les superbes qualités du Phaius tuberculosus, on ne peut pas être 
surpris de constater que ses quatre descendants ont hérité en grande partie de ces 
qualités, et en particulier de la beauté du labelle. Non seulement le coloris de cet organe 
s’est transmis, mais son cachet large, bien ouvert et un peu étalé, est bien apparent dans 
chacun des semis que cette espèce a contribué à produire. 

Le P. tuberculosus est une des Orchidées les plus difficiles à cultiver d’une façon 
satisfaisante. J’en ai eu quatre plantes à soigner depuis cinq ans. Toutes quatre ont été 
placées dans les mêmes conditions, à quelques centimètres les unes des autres. L’une 
d’elles pousse toujours d’une façon satisfaisante, tandis que les trois autres sont à peu 
près stationnaires. Je connais divers autres cultivateurs dont les plantes, comme la majo¬ 
rité des miennes, sont restées des années dans le même état. La plus grande partie des 
plantes introduites au début ont disparu. Il est donc surprenant de constater que les 
semis obtenus du croisement de cette espèce avec d’autres ont un tempérament et un 
port robustes. 

Les semis doivent être cultivés dans la serre tempérée-chaude, dans un compost de 
bonne terre fibreuse mélangée d’une certaine quantité de terre de gazon substantielle et 
d’un peu de sphagnum. On peut y ajouter des débris de tessons ou du gros sable pour 
rendre le compost plus poreux. Pendant la végétation, ils demandent beaucoup d’eau aux 
racines; pendant le repos, on les mettra dans un compartiment plus sec et un peu plus 
frais. Pendant la floraison, les plantes peuvent être placées dans une serre-galerie froide, 
où les fleurs conservent longtemps leur fraîcheur. 

M. N. Cookson a été le premier à faire fleurir des semis de Phaius de cette section. 
Son début a été le Phaius x Cooksoni, issu du P. Wallichi fécondé par le P. tuberculosus. 
Cet hybride a été exposé à la séance de la Société royale d’H orticulture de Londres, 
le ii mars 1890, et a reçu un Certificat de première classe. Son port ressemble beau¬ 
coup à celui du porte-graines, mais l’influence de l’autre espèce a produit une plante 
moins haute. Les fleurs sont produites sur de grosses hampes dressées, comme dans le 
P. Wallichi. Les pétales et les sépales ressemblent aussi à ceux de cette espèce, et sont 
d’un rose clair, quelquefois avec une teinte brun jaunâtre ou saumoné pâle le long du 
centre; les pétales sont un peu plus larges que les sépales; à l’intérieur, la base est lavée 
de jaune vif. Les lobes latéraux sont marbrés de cramoisi, quelquefois lavés de brun, 
le lobe antérieur fortement frangé et un peu réfléchi au sommet. A l’extérieur, les fleurs 
jaune vif. C’est un superbe et désirable hybride, très digne d’attention. 

Le P. x amabilis fut produit par M. J. Seden, à l’établissement Veitch, et présenté 
pour la première fois le 14 février 1893. Il était issu du P. grandifolius fécondé par le 
P. tuberculosus. Sur les pétales et les sépales, le coloris de fond est blanc lavé de rose; 
le labelle est grand, de la même forme que dans le P. X Cooksoni, jaune extérieurement. 
Le port est intermédiaire. Les fleurs sont portées par une hampe de 38 à 45 centimètres 
de hauteur. La plante est de tempérament robuste et très digne d’attention ; c’est l’un des 
plus séduisants hybrides de Phaius. Elle a reçu un Certificat de i re classe à la Société 
royale d’Horticulture de Londres, à la date indiquée plus haut. 

Le P. X Marthae, issu du P. Blumei et du P. tuberculosus, et obtenu par M. Maynard 

(Pour la Suite, voir page ioo) 










LINDENIA 


PL. DCXVIII 



G. Putzys pinx. 


PHAIUS x NORMANI o’bk. 


P. De Pannemaekev chrom 


PL. DCXVIII 


PHAIUS x NORMANI o’br. 

PHAIUS DE M. NORMAN C. COOKSON 


PHAIUS. Vide Lindenia, IV, p. 91. 

Phaius X Normani. Hybridus inter P. Sanderianum et P. tuberculosum artificiosa fecundatione creatus. 

Phaius X Normani O’Br. in Gard. Chron., 1897, !> P- 245. — Sent. Hort., I, p. 158 ; II, p. 175. — The 
Garden, 1898, I, pp. 278, 369, cum ic. 



e Phaius x Normani a fleuri pour la première fois au mois de mars 1897 
dans la collection de M. Norman C. Cookson, d’Oakwood, l’habile 
semeur anglais qui a déjà obtenu de si belles choses. Il est issu du 
P. Sanderianus, l’une des formes qui se rattachent au P. grandifolius , et du 
superbe P. tuberculosus. M. O’Brien l’a décrit en 1897 dans le Gardeners ’ Chro- 
nicle , et nous croyons ne pouvoir faire mieux que de citer son intéressante notice : 

« Quoique le P. Sanderianus , importé il y a quelques années, doive être 
rangé correctement sous l’étiquette, soit de P. grandifolius , soit de P. Wallichi , 
il n’est pas douteux qu’au point de vue horticole c’est une plante beaucoup plus 
belle qu’aucune des espèces importées précédemment, et d’une vigueur de 
croissance merveilleuse. Son coloris est vif et varie beaucoup dans les diffé¬ 
rents exemplaires, et le lobe antérieur allongé défléchi du labelle fournit un 
caractère distinct qui permet d’identifier la plante, au moins comme variété. 

« Ce sont ces caractères particuliers qui ont engagé M. Norman C. Cookson, 
d’Oakwood, à en croiser une belle variété avec le P. tuberculosus, afin d’essayer 
d’obtenir une amélioration du beau P. x Cooksoni. Quatre semis de ce lot sont 
actuellement en fleurs, tous un peu plus clairs que le P. x Cooksoni , auquel 
toutefois la nouvelle variété ressemble par ses traits généraux; les principales 
différences sont que les lignes jaune vif qui rayonnent de la base du labelle 
sont plus marquées, et que le lobe antérieur de cet organe est plus allongé 
et d’un coloris plus clair. Les pétales et les sépales varient du jaune crème 
au rose pâle et sont rayés ou lavés de rose jaunâtre ou cuivré. La base du 
labelle est pourpre rougeâtre, veinée de jaune vif, et porte trois carènes jaunes 
au centre; la face inférieure est jaune. Le lobe antérieur est rose, maculé de 
pourpre, passant presque au blanc vers le sommet. 

« La plante a une végétation vigoureuse, et rendra des services par sa 
beauté ; elle réussira bien sans doute dans une serre ou un jardin d hiver chaud; 
comme le P. x Cooksoni , elle conviendra bien pour orner les appartements. » 
Le P. x Normani fleurit pour la seconde fois au commencement de cette 














année et fut exposé le 8 mars devant la Royal Horticultural Society, à Londres ; 
MM. Charlesworth et C ie en présentaient à la fois trente exemplaires. L’intérêt 
qu’offrait cette nombreuse présentation consistait à montrer les variations très 
étendues de l’hybride. La plante choisie comme type avait les fleurs rose 
lilacé tendre, et le labelle nuancé de rose et de pourpre, veiné de jaune vif. 
Cette plante reçut un Certificat de i re classe. La variété rosens , qui reçut égale¬ 
ment un Certificat de i re classe, avait tous les segments d’un coloris plus intense. 
Une autre variété, nommée aureus , avait les sépales et les pétales jaunâtres, 
lavés de rose saumoné. Elle reçut un Certificat de mérite. 

Le P. x Normani est, comme on le voit d’après son origine, très proche 
parent du P. x Marthae. Rappelons à nos lecteurs que ce dernier a été figuré 
dans notre I2 me volume, ce qui leur permettra de faire la comparaison. 

Ces hybrides n’ont pas, à notre avis tout au moins, le beau coloris ni 
la noble allure du P. tuberculosus , mais ils ont les fleurs plus grandes et 
sont de végétation incontestablement plus robuste et plus rapide. Ces qualités 
leur assureront une réelle valeur au point de vue horticole, et la seconde 
notamment leur permettra sans doute de se répandre promptement dans les 
collections, où ils ne pourront manquer d’être très appréciés. 











LINDENIA 


PL. DCXIX 



ACANTHEPHIPPIUM CURTISI rchb. f. var, ALBIDUM l. lind. 


G, Putzys pinx. 


>. De Pannemaeker diront. 



PL. DCXIX 


ACANTHEPHIPPIUM CURTISI rchb. f. var. ALBIDUM L . und. 

ACANTHEPHIPPIUM DE CURTIS, VARIÉTÉ BLANCHATRE 

ACANTHEPHIPPIUM. Vide Lindenia, XII, p. 19. 

Acanthephippium Curtisi. Pseudobulbo columnari ; racemo pauciflora ; sepalis lateralibus in saccum obtusum 
liberum, ovarii pedicellati tertiam partem aequantibus extensis ; sepalo impari oblongo obtuse acuto, sepalis lateralibus 
lateralibus, supra saccum antice connatis, labelli ungue ciasso lineari, laciniis lateralibus semioblongis, postico latere 
emarginatis, apice apiculatis, lacinia mediana porrecta subcuneata ovata obtuse acuta, carinis inter lacinias latérales 
elevatis quiniis, omnibus medio argutis. 

Acanthephippium Curtisi Rchb. f. in Gard. Chron., n. s. XV, p. 169. 

Var. albidum. Perigonium extus album, luteo parce suffusum. 

Var. albidum L. Lind. 

’ Acanthephippium Curtisi fleurit pour la première fois au commencement 
de l’année 1881, chez MM. Veitch, qui l’avaient reçu de l’Archipel 
de la Malaisie. Reichenbach le décrivait à cette époque dans ces termes : 

« Les fleurs ont la forme de Y Acanthephippium bicolor. L’ovaire pédicellé 
est pourpre. Le périanthe, à part le labelle, est rose clair, lavé et abondamment 
pointillé de pourpre. Le lobe médian du labelle est jaune, les carènes jaunâtres, 
les lacinies blanches tachetées de pourpre, la colonne blanche. Les cinq sillons 
qui existent entre les lobes latéraux sont un excellent caractère distinctif des 
deux espèces comparables à celle-ci, Y A. bicolor et Y A. sylhetense , les deux 
Acanthephippium de Lindley. » 

La variété dont nous publions aujourd’hui le portrait se distingue par le 
coloris extérieur du périanthe, qui est blanc, lavé de jaune au sommet du sac 
formé par les sépales latéraux et le long de leur ligne de jonction. L’intérieur des 
segments est aussi lavé de jaune clair, et abondamment pointillé de rouge 
pourpre. Les lobes latéraux du labelle sont blanc pur. 

Il est intéressant de rapprocher cette variété de Y A. eburneum , décrit il y a 
deux ans environ par M. Kranzlin; elle semble, en effet, constituer à plusieurs 
égards un chaînon intermédiaire entre cette espèce et Y A. Curtisi. Voici dans 
quels termes M. Kranzlin distinguait Y A. eburneum : 

« Cette espèce est sans doute très voisine de Y A. Curtisi , dont elle diffère 
par les caractères suivants : i° L’éperon est presque aussi long que l’ovaire 
dans notre espèce, et légèrement géniculé (de même dans la variété albidum ); 
2° le périanthe de Y A. Curtisi est décrit comme étant rose, dans notre espece 
il est blanc d’ivoire; 3 0 le labelle de Y A. Curtisi forme trois lobes distincts, 
dans notre espèce les lobes latéraux sont a peine détachés du lobe anterieur, 
















4° le disque du labelle de VA. Curtisi porte cinq callus; dans notre espèce nous 
observons seulement une ligne triangulaire saillante entre les lobes lateiaux.... 
C’est indiscutablement une très gracieuse plante. » 

Cette dernière appréciation surprendra peut-être quelques orchidophiles, 
car on a l’habitude de considérer les Acanthephippium comme des Orchidées 
« botaniques, » et on les voit figurer dans peu de collections. Cependant ils 
ne manquent pas d’attrait; leur larges feuilles sont assez ornementales, et leurs 
fleurs, produites en grappe courte assez dense au centre de la pousse en voie 
de développement, ont un cachet très curieux et qui n’est pas sans elegance, 
quoique ces fleurs, de forme tubuleuse, semblent incomplètement ouvertes. Leur 
coloris est souvent attrayant, et c’est le cas de la variété que nous figurons ici. 

Cette variété a fleuri pour la première fois à Bruxelles au mois d avril 
dernier, parmi des importations asiatiques de L’Horticulture Internationale. 












LINDENIA 


PL. DCXX 



De Bosschere pinx. 


C Y P RI PE DIU M X WINCQZIANUM l. lind. 

, - 


P. De Pannernaeker chrom. 





PL. DCXX 


CYPRIPEDIUM x WINCQZIANUM l. lind 

CYPRIPEDIUM DE M. ARNOLD WINCQZ 


CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 17. 


Cypripedium X W incqzianum. Hybridum inter C. X Harrisianum superbum et C. Haynaldianum artificiosa fecun- 
datione productum. 


Cypripedium X Wincqzianum L. Lind., infra. 


et hybride appartient à une catégorie encore très peu nombreuse, car il 
est issu de deux parents qui ont produit jusqu’ici peu de semis; le 
Cypripedium x Harrisianum, hybride lui-même, et le C. Haynaldianum, 
qui est l’une des espèces qu'on rencontre le moins souvent. Ce dernier a déjà 
été utilisé par des semeurs, mais les espèces avec lesquelles il a été croisé n’ap¬ 
partenaient pas au même groupe que le C. x Harrisianum. 

Il était intéressant, à ce titre, de connaître le résultat que donnerait le nou¬ 
veau croisement. Comme on pourra le voir en examinant notre planche, l’hybride 
traduit manifestement l’influence des deux parents, et possède de réelles qualités. 
Son pavillon rappelle surtout celui du C. x Harrisianum , mais il est plus ovale, 
d’un coloris plus clair, et entouré d’une bordure blanche continue qui produit 
un bel effet; le rouge clair qui paraît au delà de la partie centrale lavée de brun 
pourpré est remarquable. A part les quelques petites taches sombres de la base, 
cet organe n’a guère d’analogie avec le pavillon du C. Haynaldianum, qui, comme 
celui du C. Lowi, est court et d’un jaune verdâtre bordé de blanc au sommet. 

Les pétales, au contraire, rappellent beaucoup ceux du C. Haynaldianum, 
tout en étant notablement moins longs, car on sait que dans cette espèce ils 
atteignent une longueur exceptionnelle. Ils sont aussi plus larges des la base, 
largement spatulés ; la moitié inférieure est jaune verdâtre, et porte un certain 
nombre de taches irrégulières brun noirâtre, plus petites que dans le C. Haynal¬ 
dianum; la moitié supérieure est lavée de rose un peu violacé, très marque au 
sommet et le long de la plissure médiane. Le labelle a une forme qui rappelle 
davantage le C. x Harrisianum, et est d’un jaune verdâtre au sommet et en 
dessous, lavé de brun rougeâtre sur la face anterieure. Le staminode est d un 
vert pâle uniforme. 

On peut espérer, d’après sa parente, que cet hybride portera des hampes 
pluriflores. 

Sa première floraison s’est produite au printemps dernier dans les serres de 













92 . 




L’Horticulture Internationale, à Bruxelles, où le semis avait ete effectue, 
il y a cinq ans. 

Nous nous faisons un plaisir de dédier cet intéressant hybride à l’excellent 
amateur et connaisseur montois, M. Arnold Wincqz. 




























LINDENIA 


PL. DCXXI 





MBm I 


ST 

WÊmm ,; 


■ 


DENDROBIUM TAURINUM ldl. 


G, Putzys pinx. 


P. De Pannemaeker chrom. 










93 



PL. DCXXI 

DENDROBIUM TAURINUM ldl. 

DENDROBIUM PORTANT DES CORNES DE TAUREAU 


DENDROBIUM. Vide Lindenia, I, p. 13. 

Dendrobium taurinum. Foliis oblongis emarginatis, racemo oblongo; sepalis ovatis obtusiusculis, petalis linea- 
ribus contortis duplo majoribus, labello oblongo apice crispo per axim lineis 3 elevatis, intermedia apice flexuosa, 
acuto. 

Dendrobium taurinum Ldl. in Bot. Reg., 1843, t. 28. Paxt. Mag. Bot., X, 217. Fl. des Serres, t. 1904. 


e Dendrobium taurinum est originaire des îles Philippines, et spécia¬ 
lement de la région de Manille. Il fut découvert dans cette île par 
Cuming, qui le collecta et l’expédia à l’établissement de MM. Loddiges, 
chez qui il fleurit pour la première fois en 1842 ou 1843. 

Dans son pays natal, il paraît que cette plante se rencontre toujours sur 
des Manguiers, dans les marécages avoisinant les côtes, et qu’on en rencontre 
fréquemment des exemplaires dont les tiges s’élèvent à 3 mètres de hauteur, 
et dont les racèmes atteignent une longueur de 60 centimètres. 

Dans les cultures européennes, ses dimensions sont plus modestes. Les 
pseudobulbes dressés, cylindriques ou fusiformes très allongés, gros comme le 
pouce d’un homme, ne dépassent guère 1 mètre de hauteur. Ils sont garnis 
de feuilles engainantes à la base, largement ovales-oblongues, d’un vert foncé. 
La hampe, issue de la partie supérieure du pseudobulbe, un peu au-dessous 
du sommet, se termine par une grappe multiflore. Les fleurs mesurent 8 centi¬ 
mètres environ de diamètre quand elles sont étalées. Les pétales linéaires, tordus 
et redressés à leur partie supérieure, sont d’un rouge brunâtre nuancé de pourpre 
violacé, avec la base blanche; les sépales plus courts sont notablement plus 
larges, ovales, obtus, blanc de lait, récurvés au sommet. Le labelle largement 
ovale-oblong, ondulé et un peu réfléchi sur les bords antérieurs, est largement 
bordé de rouge violacé pourpré, et porte au milieu, dans toute sa longueur, 
des lignes proéminentes jaunes, ou parfois pourprées. Il ne recouvre pas la 
colonne, mais est relevé sur les côtés de cet organe. Il forme a sa base un 

volumineux éperon conique, émoussé. 

Par la disposition particulière de ses petales, enroules comme les cornes 
de certains quadrupèdes, ce Dendrobium se rapproche du D. strebloceras et 
du D. stratiotes , qui tous deux ont été figurés dans cette iconographie. Il a 
toutefois un coloris très différent, les fleurs plus grandes et plus larges, et les 
pétales moins enroulés. Les espèces auxquelles nous faisons ici allusion ont 
















une allure si distincte que Lindley avait proposé de classer ce groupe 
comme une sous-section spéciale de la section Stachyobium ; au lieu de les 
comprendre dans la sous-section speciosa (espèces à belles fleurs), il les rangeait 
dans une nouvelle sous-section nommée antennata , ou une section prenant le 
nom de Ceratobium (de ceras , corne). 

Le D . taurinum a été rarement importé et figure actuellement dans bien 
peu de collections. La plante qui a servi de modèle pour l’exécution de notre 
lithographie a fleuri dans les serres de L’Horticulture Internationale, à 
Bruxelles. 

























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LINDENIA 


PL. DCXXII 



WiSS 






i 

«asii 






CIRRHOPETALUM PICTURATUM lodd. 


G. Putzys pinx. 


P. De Pannemaeker diront 




PL. DCXXII 


CIRRHOPETALUM PICTURATUM lodd. 

CIRRHOPETALUM COLORIÉ 

CIRRHOPETALUM. Vide Lindenia, IV, p. 45. 

Cirrhopetalum picturatum. Pseudobulbis oblongis angulatis, folio oblongo convexo emarginato, floribus umbellatis; 
sepalo supremo ciliato setaceo acuminato, lateralibus oblongis obtusis, petalis acuminatissimis ciliatis villosis, labello 
lineari recurvo secus medium elevato, columnae auriculis obtusis integris. 

Cirrhopetalum picturatum Lodd. in Bot. Reg., 1840, Mise. 49. — Lindl., Bot . Reg., 1843, sub t. 49; Bot. 
Mag., t. 6802. — Hook. Fl. Brit. Ind., V, 774. 

Bulbophyllum picturatum Rchb. f. in Walp. Ann., VI, 262. 

ette jolie espèce est une des plus grandes du genre, et ses fleurs ont 
un cachet tout à fait distinct, au point de vue de la forme et du coloris. 
Elles sont remarquables au premier abord par la longueur des sépales 
latéraux soudés, par la petitesse des autres segments, et par le long prolongement 
filiforme ondulé que le sépale dorsal porte à son sommet comme un mandarin 
arbore sa plume de paon. 

Les pétales et le sépale dorsal sont courts, arrondis-acuminés, verts à la 
base, puis rouges, lavés et bordés de brun noirâtre. Le labelle tout petit, en forme 
de langue, est pourpre noirâtre; les sépales latéraux forment un long tube étroit, 
renflé un peu avant le sommet, que l’on pourrait assez bien comparer comme 
silhouette à un labelle allongé de Cypripedium. Cet organe est vert pomme, lavé 
et pointillé à sa base de vert mousse. L’intérieur est tacheté de rouge à la base. 
Le contraste de ce vert et de ce rouge pourpré sombre est fort curieux, et c’est 
certainement à quoi fait allusion le nom spécifique ; pour traduire exactement le 
sens qu’il contient, ce n’est pas « colorié » qu’il faudrait dire, c’est plutôt 
« peinturluré, » si le mot était admis. 

Chaque ombelle se compose de six à dix fleurs. 

Le C. picturatum est originaire de la région du Moulmein et des provinces de 
Tenasserim, et fut introduit par MM. Loddiges en 1840. Il est rare actuellement, 
et l’on doit se féliciter de le voir réapparaître dans les cultures. 

.La plante qui a servi de modèle à notre artiste a fleuri au commencement 
du printemps dans les serres de L’Horticulture Internationale. 

On remarquera que cette espèce a été désignée par Reichenbach, dans les 
Annales de Walpers, sous le nom de Bulbophyllum picturatum. A cette epoque, 
en effet, Reichenbach avait ramené le genre Cirrhopetalum au rang de simple 
section du genre Bulbophyllum (ou plutôt Bolbophyllum); plus tard il abandonna 
cette façon de voir, qui était cependant justifiée par des raisons serieuses. En 












effet, les Cirrhopetalum ne diffèrent des Bulbophyllum que par des caractères 
qui ne sont nullement constants. Ils ont en général les fleurs disposées en 
ombelle, mais certaines espèces ont une inflorescence en racème; ils ont géné¬ 
ralement les sépales latéraux parallèles très rapprochés ou soudés sur la plus 
grande partie de leur longueur, à part la base, tandis que dans les Bulbophyllum 
ces organes sont divergents; mais il existe des especes dans lesquelles ces carac¬ 
tères sont transposés. En somme, la distinction générique n’est guère fondée, 
et si l’on reconnaît facilement, au point de vue horticole, la plupart des espèces 
les plus répandues de chaque groupe, il existe des espèces, comme le C. Medusae 
et le C. Proudlocki King, qui pourraient être aussi légitimement classées comme 
Bulbophyllum que comme Cirrhopetalum. 
















LINDENIA 


PL. DCXXIII 



CYPRIPEDIUM ROTHSCHILD! ANUM rchb. f. var. PLATYTOENIUM l. lind. 


G, Putzys ftinx. 


P. De Pannemaeker chrom. 







PL. DCXXIII 


CYPRIPEDIUM ROTHSCHILDIANUM rchb. f . 
var. PLATYTOENIUM L. lind. 

VARIÉTÉ A PÉTALES APLATIS 

CYPRIPEDIUM. Vide Lindenià, I, p. 17. 

Cypripedium Rothschildianum . Foliis 1-1 1/2 pedalibus late loratis obtusis glabris, scapo pedali 1-3 floro pubes* 
cente luride purpureo, bracteis ovario multo brevioribus spathaceis rubro purpureo fasciatis, floribus maximis, sepalo 
dorsali amplo erecto ovato albo lineis ad 15 rubro purpureis latis striato, sepalis lateralibus in unum dorsali minus 
ovato-lanceolatum g-striatum connatis, petalis sepalo dorsali duplo longioribus albis lineis purpureis 7 striatis ciliatis 
et sanguineo maculatis, labello calceiformi apice saccato sacco gibboso et decurvo extus roseo v. albo purpureo 
venoso, intus pallido, staminodio lineari uncinatim recurvo villoso, ovarii viridis costis rubro purpureis. 

Cypripedium Rothschildianum Rchb. f. in Gard. Chron., 1888, I, pp. 457, 554, Veitch Man. Orch. PI., Cypriped 
45 . Journ. of Hort., XVIII, p. 239, f. 36. Bot. Mag., t. 7102* Gard. Chron., 1891, X, f. 3. Reichenb., II, t. 61. 
Jour né Orch., VI, p. 16. 

Cypripedium neo-guineense Lind., Gard. Chron., 1888, I, p. 505. 

Var. platytoenium L. Lind., Sem. Hort., II, p, 285 et infra. 

n décrivant en détail l’établissement Lucien Linden et C ie , de Moor- 
tebeek, un rédacteur du Gardeners’ Chronicle (7 mai, p. 276) signalait 
particulièrement la superbe Orchidée dont nous publions ici le portrait 
comme une plante faisant beaucoup d’effet, « a very striking plant. » Telle a été 
l’opinion de tous les orchidophiles qui ont eu l’occasion de la voir à cette époque 
où elle fleurissait pour la première fois; et parmi ces visiteurs figurait l’élite des 
amateurs étrangers venus en Belgique à l’occasion de l’Exposition quinquennale 
de Gand. 

Cette plante, en effet, constitue une variété tout à fait supérieure et excep¬ 
tionnelle, ou plutôt c’est plus qu’une variété, tant elle diffère du type par 
l’ampleur de ses segments et par leur coloris. Il suffira pour s en rendre compte 
de comparer notre lithographie au portrait du C. Rothschildianum ordinaire. Cette 
espèce n’a pas été reproduite jusqu’ici dans notre iconographie, mais nous avons 
publié le portrait du C. Elliottianum, qui est sensiblement identique avec elle. 
Quoique les floraisons ultérieures aient revele des types plus amples que celui 
qui avait servi de modèle à notre peintre a cette epoque, ou les deux Cypiipedium 
en question venaient d’être introduits, on pourra vérifier combien la variété dont 
nous nous occupons ici est distincte au point de vue de la forme et au point de 
vue du coloris. 

Nous serions porté, pour notre part, à la considérer plutôt comme un hybride 
naturel, si nous connaissions dans les régions d’où elle provient une espèce dont 
elle pût descendre. Il semblerait qu’avec le C. Rothschildianum est intervenue une 

















espèce analogue au C. barbatum , par exemple, et ce qui renforce encore la vrai¬ 
semblance de cette hypothèse, c'est la comparaison de cette plante avec le 
C. x excelsius, hybride obtenu par M. Th. Statter, le grand amateur anglais, au 
moyen du croisement C. Rothschildianum x C. Harrisianum. Nous n’avons pas eu 
l’occasion de voir cet hybride, mais la description qui en a été publiée lors 
de son apparition paraît bien indiquer précisément, comme dans notre cas, un 
C. Rothschildianum à très larges pétales, abondamment maculés, et un coloris 
plus mélangé de rouge brunâtre que dans cette espèce. 

Quoi qu’il en soit de cette origine, que l’avenir pourra d’ailleurs élucider, la 
plante que nous figurons ici est fort remarquable. Ses fleurs sont très grandes 
et d’une superbe allure ; les pétales, longs et bien étalés, sont d’une largeur 
exceptionnelle à la partie inférieure, et couverts de gros points brun pourpré 
disposés en lignes, d’un superbe effet. Le pavillon, ainsi que l’autre sépale qui est 
presque aussi grand, sont plus arrondis que dans l’espèce ordinaire; le coloris 
de fond, au lieu d’être blanc, est mélangé de rose brunâtre pourpré, et les nom¬ 
breuses stries longitudinales qui s’étendent jusqu’au sommet sont également d’un 
rouge brunâtre pourpré. Enfin le sabot est fortement lavé de brun pourpré à reflets 
rougeâtres, et beaucoup plus foncé que dans le C. Rothschildianum type. 

A tous les points de vue, par conséquent, cette belle plante nous paraît 
constituer une acquisition de très haute valeur. 

Le Cypripedium Rothschildianum , dédié à M. le Baron Ferdinand de Roth¬ 
schild, fut introduit en Angleterre, où il fleurit pour la première fois au commen¬ 
cement de l’année 1888. Il avait été introduit à la même époque en Belgique par 
Jean Linden, qui lui avait donné le nom de C. neo-guineense; mais le premier nom 
a prévalu dans les usages horticoles. 

C’est une des plus splendides espèces du genre, et quoique sa croissance 
soit un peu lente, il donne, quand on sait lui procurer un milieu approprié, une 
floraison abondante et régulière. 

























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LINDENIA PL. DCXXIV 



ODONTOGLOSSUM CRISPUM ldl. var. MOOREANUM l. lind. 




PL. DCXXIV 


ODONTOGLOSSUM GRISPUM ldl. var. MOOREANUM L. LIND. 

VARIÉTÉ DE M. F. W. MOORE 

ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. n. 

Odontoglossum crispum. Vide Lindenia, I, p. ioi. 

Var. Mooreanum. Petalis sepalisque albis, secus lineam mediam roseo suffusis, luteo marginatis; labello albo 
brunneo purpureo macnlato. 

Var. Mooreanum L. Lind. 


ette nouvelle variété, qui provient encore des importations de l’éta¬ 
blissement Lucien Linden et C ie , de Moortebeek, se distingue par un 
coloris rare et attrayant. Elle a les pétales et les sépales entourés 
d’une bordure jaune clair très nette. Ses segments, les sépales surtout, sont 
lavés de rose pourpré clair le long de la ligne médiane, qui est également un 
peu marquée de jaune clair vers le sommet. Le labelle, large et de forme régu¬ 
lière, est blanc pur et porte aux deux tiers de sa longueur une assez grosse 
macule brun rougeâtre pourpré, ainsi que deux points de la même couleur 
des deux côtés du disque jaune vif. 

Il nous paraît bien certain que cette forme si distincte est un hybride naturel 
de l’O. crispum type avec quelque autre variété, forme ou espèce ; mais aussi 
bien, une foule de variétés de l’O. crispum n’ont pas d’autre origine, et ce serait 
perdre son temps que de chercher à déterminer leur filiation. Il est plus simple 
de classer dans de grands groupes sous des noms communs les principales 
formes analogues entre elles, et c’est ainsi que nous rattachons à l’O. crispum 
celle dont nous nous occupons ici, et qui présente tout à fait la conformation 
caractéristique de l’espèce, celle des beaux types dits de Pacho. 

Nous nous faisons un plaisir particulier de dedier cette belle plante a 
Mr. F. W. Moore, curateur du Jardin botanique de Glasnevin, un véritable 
connaisseur et amateur d’Orchidées, qui n’a pas peu contribue a faite admiier 
et aimer cette riche famille végétale, meme dans ses représentants les moins 
favorisés par la vogue, parfois si injuste. 










(Suite de la page 86) 


à l’établissement Sander, fut présenté pour la première fois à la Société royale d’Horti- 
culture de Londres, le 13 mars 1894 e * reçut un Certificat de i re classe. C’est l’un des plus 
beaux de ce groupe. Les pétales et les sépales sont jaune brunâtre pâle, de bonne grandeur 
et de bonne substance, le lobe antérieur du labelle blanc, maculé de rose en avant, jaune 
maculé de brun doré à la base. Au point de vue du port, il est intermédiaire entre les 
deux parents. 

P. X Normani. Hybride entre le P. Sanderianus et le P. tuberculosus, exposé le 
8 mars 1898 devant le Comité des Orchidées, qui lui a décerné un Certificat de i re classe 
à l’unanimité. Il a été produit dans la collection de M. Cookson. Les pétales et les sépales 
sont jaune crème, lavé de pourpre; le labelle large est pourpre foncé en avant, lavé de 
brun vers le centre et sur les lobes latéraux. Les fleurs sont produites en grappes dressées. 
Certaines des plantes exposées portaient jusqu’à dix-huit fleurs et boutons. L’hybride 
paraît être d’une constitution vigoureuse, à en juger d’après les nombreuses plantes qui 
étaient exposées. De même que toutes les autres Orchidées hybrides, il paraît fort variable. 

Le Comité a choisi deux autres formes pour leur décerner aussi des distinctions, et a 
jugé leurs divers mérites en attribuant un Certificat de i re classe au P. X Normani roseus, 
variété dans laquelle toute la fleur est nettement lavée de rose, et un Certificat de mérite 
au P. X N. aureus. » 

(The Garden, 9 avril 1898.) 


H. J. C. 










TABLE DES MATIÈRES 


DU TREIZIÈME VOLUME 


PLANCHES 

619 Acanthephippium Curtisi Rchb. f. var. albidum L. Lind. 

596 Catasetum splendens Cogn. var. Grignani L. Lind. 

611 Catasetum splendens Cogn. var. Lansbergeanum L. Lind. . 

598-599 Cattleya aurea Lind. varietates. 

593 Cattleya X Hardyana Hort. var. Fanyauiana L. Lind. 

606 Cattleya x Hardyana Hort. var. reginae L. Lind. 

601 Cattleya Mendeli Hort. var. Empress Queen L. Lind. 

589 Cattleya Mendeli Hort. var. Kegeljani L. Lind. 

612 Cattleya Trianae Lind. var. albo-rosea L. Lind. 

612 Cattleya Trianae Lind. var. bicolor L. Lind. 

612 Cattleya Trianae Lind. var. cincta L. Lind. 

583 Cattleya Trianae Lind. var. princeps L. Lind. 

583 Cattleya Trianae Lind. var. Rita L. Lind. 

583 Cattleya Trianae Lind. var. Yvonne L. Lind. 

622 Cirrhopetalum picturatum Lodd. 

582 Coelogyne asperata Ldi.. 

578 Cymbidium X eburneo-Lowianum Hort. 

607 Cymbidium pendulum Sw. 

600 Cypripedium X Beekmani L. Lind. 

595 Cypripedium insigne Wall. var. Janus L. Lind. 

613 Cypripedium X Lebrunianum L. Lind. 

623 Cypripedium Rothschildianum Rchb. f. var. platytoenium L. Lind. 

620 Cypripedium X Wincqzianum L. Lind. 

621 Dendrobium taurinum Ldi. 

615 Laeliocattleya X Cheremetieffae L. Lind. 

592 Laeliocattleya X Hippolyta Hort. 

610 Laeliocattleya X Hrubyana L. Lind. 

608 Laeliocattleya X Pallas Hort. var. inversa Mantin. 

597 Laeliocattleya X Ridolfiana Valvass. var. armainvillierensis Hort. . . 

588 Miltonia vexillaria Benth. var. Kirsteiniae L. Lind. 

579-580 Miltonia vexillaria Benth. varietates. 

590 Odontoglossum X Adrianae L. Lind. 

614 Odontoglossum X Adrianae L. Lind. var. Crawshayanum L. Lind. . 

594 Odontoglossum bictonense Ldi. 

624 Odontoglossum crispum Ldi. var. Mooreanum L. Lind. 

581 Odontoglossum crispum Ldi. var. Moortebeekiense. 

609 Odontoglossum crispum Ldi. var. Leemanni L. Lind. 

586 Odontoglossum X del Tecto L. Lind. 


PAGES 

89 

43 

73 

47 

37 

6 3 

53 

29 

75 

75 

75 

i7 

17 

17 

95 

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7 

65 

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4 1 

77 

97 

9 i 

93 

81 

35 

7 i 

67 

45 

27 

9 

3 i 

79 

39 

99 

13 

69 

23 










































PLANCHES PAGES 

616 Odontoglossum Krameri Rchb. .. ^3 

584 Odontoglossum luteopurpureum Ldi. var. cornutum L. Lind.19 

604 Odontoglossum Thibaultianum L. Lind. 59 

617 Odontoglossum x Wilckeanum Rchb. f. var. Lindeni Grign. 85 

603 Oncidium Batemanianum Kn. et Westc. 57 

577 Oncidium sarcodes Ldi. var. punctulatum L. Lind. 5 

618 Phaius X Normani O’Br. §7 

605 Saccolabium giganteum Ldi. var. Petotianum Rchb. f.61 

585 Sobralia Lindeni Grign. 21 

591 Vanda X amoena O’Br. 33 

602 Vanda x Miss Joaquim Hort. 55 

587 Vanda suavis Lindl. var. magnificens L. Lind. 2 5 


VARIÉTÉS 

A propos d’hybridation. 26 

Cattleya Percivaliana.4& 

Culture des Catasetum. 3 °> 44 

Culture des Miltonia. 11 

Culture des Sobralia ..24 

Évolution horticole des genres Cattleya et Laelia.54 

Hybrides du Phaius tuberculosus.86 

Lycaste X Imschootiana.14 

Oncidium du groupe crispum.62 

Travaux de saison. 5 > 3 ^ 

Vanda coerulea.49 


HORS TEXTE 

Mort de Monsieur Jean Linden . ... • 35 , 37 











































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