Skip to main content

Full text of "L'élagage des arbres: traité pratique de l'art de diriger les arbres forestiers et d'alignement ..."

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



5^ 







L'ÈLAGAGE 



DES ARBRES 



I 






Ift HMi^lË ^laii^ d( 



'r 



L'ELAGAGE 



DES ARBRES 



TRAITÉ PRATIQUE 

DE L'ART DE OIRIOER LES ARBRES FORESTIERS 
ET OfALIGNEMENT, D'ACTIVER LEUR CROISSANCE ET D'AUGMENTER 

LEUR VALEUR 

PAR 

LE C" A. JES CARS 

Onrrage honoré de plosienrs sonscriptions miDistérielles 

de celle de I. le préfet de la Seine, 

et d'one Médaille de la Beciété impériale et centrale d'Horticulture 



QUATRIEME EDITION 

BEVUE ET CORRIGE. E 



PARIS 

J. ROTHSCHILD, ÉDITEUR 

I.1BHAIIIB DE LA SOGIÉT< BOTAMIOUB OB FBANCE 

4S, RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, 45 

1865 

Tous droits réservés 

W ... , 



AVIS DE L'ÉDITEUR 



Deux mois se sont à peine écoulés depuis la 
publication du Traité de PÈlagage des Arbres ^^ 
de M. le comte Des Gars, et déjà trois éditions 
de ce livre sont épuisées. Ce brillant succès, 
obtenu dans un aussi court espace de temps, 
prouve suffisamment le mérite d'un ouvrage 
que tous les hommes compétents en arboricul- 
ture ont jugé digne d'être hautement recom- 
mandé. 

Le Traité de rÉlagage a été favorablement 
accueilli, non-seulement par les forestiers, 



VI AVIS DE L'ÉDITEUU. 

mais encore par les propriétaires et les ingé- 
nieurs. 
Les encouragements officiels ne lui ont pas 

fait défaut. I^es nUnistères des Finances» de 
la Maison de l'Empereur, de rAgricnltnre, de 
rinstmction publique et la Préfeeiure de la 

Seine, ont souscrit pour un grand nombre 
d'exemplaires, destinés aux agents des forêts 
de rÉtat et de la liste^ civile, des ponts et 
chaussées, aux écoles primaires et aux em- 
ployés des plantations de la ville de Paris. 

Encouragés par ce résultat, nous faisons 
paraître aujourd'hui la quatrième édition du 
Traité de VÉlagage des arbres, édition à la- 
quelle nous avons apporté quelques modifica- 
tions dont l'utilité nous a<été signalée. 

Nous ferons prochainement suivre cette pu- 
blication d^une série de livres populaires sur 
l'agriculture, Fhorliculture et les forêts. Ces 
ouvrages purement pratiques, illustrés de 
nombreux dessins, formeront une véritable 
Bibliothèque agricole et forestière, destinée à 
répandre dans les campagnes la connaissance 



AVIS DE L'ÉDITEUR. vu 

et le goût des sciences qui fondent sur les 
bases les plus solides la richesse et la prospé- 
rité des nations. 

J. Rothschild. 



Paris l"îioûl 1865 



TABLE DES CHAPITRES 



Avis de l'éditeik v 

DéDICACE 1 

AvERnssEmcNT 3 

I. Considérations sur la nécessité d'un bon éiagage. 5 

II. Conditions d'un bon éiagage 26 

III. Application générale du système 32 

lY. Étude des quatre âges des arbres de réserve. . . 57 

V. Traitement des anciennes plaies naturelles ou ac- 
cidentelles. — Émondage des rejets 76 

YI. Époque de Télagage. — Choix des élagueurs. — 

Prix de revient. — Du coaltar 96 

Yll. Éiagage des taillis et futaies pleines. — Arbres 

épars. — TêUrds : . . . i02 

YIII. Des bois blancs. 117 

IX. Arbres d'alignement. — Plantations dans les 

champs cuHivés 123 

X. Éiagage des haies vives 138 

CoNausiON 141 

FIN DE LA TADLE DES (HAPITRES 



A MONSIEUR J. DECAISNE 

MEMBRE DE l'iNSTITDT 
DIRECTEUR DBS CULTURES ET PROFESSEUR AU MUSÉUM 
D^IISTOIRE NATURELLE, A PARIS 



Monsieur, 
Dans la leçon que le 50 avril dernier vous faisiez au . 
Muséum, vous avez voulu consacrer, par Tautorité de votre 
savante et lumineuse parole, la méthode d'élagage que 
M. le vicomte de Gourval applique depuis plus de quarante 
ans, avec un succès complet, dans les forêts de son vaste 
domaine de Pinon (Aisne). M. de Gourval a exposé sa 
méthode dans une brochure du plus haut intérêt S mais 
que son prix élevé, et peut-être aussi la hauteur du lan- 
gage, tiennent hprs de la portée d€S habitants des cam- 
pagnes. — Occupé moi-même depuis longtemps de cette 

* Taille et conduite des arbres forestiers et autres ar- 
bres de grande dimension^ ou Nouvelle Méthofde <ite tfailei-' 
ment des arbres à haute tige, etc. Paris, 1861, ): > , i 

1 



2 

importante question, j'ai rédigé, il y a quelques années, 
. une instruction purement pratique, basée sur les résul- 
tats de ma propre expérience et amenant des conclusions 
identiques. Vos encouragements et les insistances de 
M. de Courval me décident aujourd'hui k publier, pres- 
que sans en changer la forme, cette instruction restée 
jusqu'ici entre les mains de quelques bûcherons et 
gardes forestiers. C'est aux mêmes hommes qu'elle est 
toujours destinée, tout en contenant certaines considé- 
rations d'intérêt général sur lesquelles je me permets 
d'appeler l'attention de tous ceux qui s'intéressent à la 
sylviculture. 

En m'autorisant. Monsieur, à mettre cet hiimble opus- 
cule sous vos auspices, vous lui donnez près du public 
une précieuse garantie ; votre nom contribuera au succès 
de mes efforts pour le développement d'une source si 
importante, et cependant trop délaissée, de la richesse 
nationale. 

A. Des Gars. 

Paris, juin 1864. 



AVERTISSEMENT 



Le but de cet écrit est d*encourager tous les pro- 
ïffiétaires de bois, du plus grand au plus petit, à 
augmenter sensiblement leur capital et leur revenu, 
de la manière la plus simple, la plus sûre et presque 
toujours sans frais, au moyen d'un élagage raisonné. 

Je n'ai d'autjre prétention que de vulgariser la 
méthode de- M. de Courval, car c'est lui qui a for- 
mulé le premier les principes sur lesquels reposent 
les pratiques que je conseille. Ce petit manuel n*est 
pas destiné à remplacer son livre, que je recom- 
mande instamment aux sylviculteurs ; je proclame 
ici sa priorité, devant laquelle je m'incline, me 
faisant honneur de marcher sur ses traces. Comme 
je veux avant tout être clair et pratiquement utile, 



A AVERTISSEMENT. 

j e ne craindrai ni de reproduire les pensées de me 
prédécesseurs ni de me répéter moi-même au besoin. 
— Il est presque superflu d'ajouter que j*assum 
rentière responsabilité de tout ce que j'avance, comme 
étant le résultat de mes travaux personnels. 

Les figures explicatives disséminées dans le texte 
ont le mérite d'êlre dessinées d'apjrès nature ; Je puis 
donc en garantir l'exactitude. 

Si je me fais un devoir de citer, comme exemple à 
suivre, l'iiabile direction donnée aux jeunes arbres 
formant les nouvelles plantations de la ville de Paris 
et de quelques-unes de nos routes, néanmoins l'inté- 
rêt de la vérité me force à un petit nombre d'ob- 
servations critiques. Placé sur le terrain de l'utilité 
générale, . — on le comprendra, je Tespère, — je 
suis par là même au-dessus de tout vulgaire part 
pris de dénigrement. 



L'ËLAGACE 

DES ARBRES 



CHAPITRE PREMIER 

CONSIDÉRATIONS SDR LA NÉCESSITÉ D'UN BON ÉLAGAGE 

Conp d'oeO sur Tentretieii des bois enFrance» 

— La France ne produit pas la quantité de bois de 
constniction et d'industrie nécessaire à sa conspm- 
maticm ; chaque année le déficit augmente et porte 
spécisJement sur les pièces les plus précieuses : la 
marine s'y trouve particulièrement intéressée; on 
n'ignore pas, en effet, que nos forêts fournissent 
à' peine le quart des quantités requises par les seuls 
chantiers de ri^t. 

Grâce aux facilités des communications, on peut 
actuellement tirer de l'étranger ce qui nous manque ; 
mais SI Ton considère que ces forêts lointaines s'é- 
puisent, que nous payons un tribut annuel de plus de 
cent millions pour ce qui est un des principaux pro- 



6 L'ÉLÂGAGE DES AKBRES. 

duits de notre sol, que les besoins augmentent cha- 
que jour S et que d'ailleurs ces ressources peuvent 
nous manquer en temps de guerre : on a lieu de 
trouver notre situation déplorable pour le présent, 
effrayante pour l'avenir, et de se demander s'il n'y 
a pas un moyen d'y remédier. 

Les causes de ce mal sont nombreuses : il ne nous 
appartient pas de les approfondir ici ; mais, il est ira- 
possible de ne pas voir en première ligne le morcel- 
lement indéfini de la propriété, conséquence inévi- 
table de nos lois actuelles. Des forêts appartenant 
aujourd'hui à des particuliers, combien en restera- 
t-il dans vingt ans? combien dans cent ans ? Quand 
il s*agit du chêne, on a sans indiscrétion le droit de 
poser une pareille question, car un siècle est à peine 
la moitié du temps nécessaire à son développement. 

Le remède que je propose ici n'est pas la révision 
du Code civil : vivons avec les inconvénients et les 
avantages de notre temps ; tâchons au moins de pro- 
fiter de ces derniers, tout en regrettant, au point de 
vue de l'intérêt public, la destruction, l'anéantisse- 



^ La seule industrie des chemins de fer a des exigences 
énormes et incessantes. La pénurie est telle que les traverses 
ont déjà doublé de valeur, et pourtant notre réseau est bien 
loin d'être complet. 



NECESSITE D'UN BON ELAGAGE. 7 

ment prochain et fatal de toutes les forêts des parti- 
culiers. 

Toutefois, rÉtat possède encore de nombreuses et 
belles forêts, assises sur de bons sols et entretenues 
par une puissante administration. Cependant leur 
production en bois de haute valeur est- elle bien ce 
qu'on est en droit d'en attendre? La réponse est mal- 
heureusement trop aisée. 

En effet, il est difficile, en parcourant les forêts de 
rÉtat ou les bois des particuliers, de ne pas être, le 
plus souvent, frappé du triste spectacle que présentent 
un grand nombre d'arbres, dont les troncs couverts 
de plaies béantes, de bosses, de tronçons de branches 
mortes, accusent une désastreuse incurie ou des pra- 
tiques plus désastreuses encore. 

II est évident, même pour la personne la plus 
étrangère à la culture des bois, que ces arbres sont 
pourris à l'intérieur et par conséquent impropres à 
la plupart des usages industriels. 

Si l'on pense à la quantité prodigieuse de sujets sur 
lesquels ces tristes observations peuvent s'étendre, on 
est effrayé delà perte immense qui en résulte chaque 
année pour l'Etat et les propriétaires. 

Le spectacle offert par les arbres qui bordent nos 
grandes routes est tout aussi affligeant. 



8 L'ÉLAGAGC DES ARBRES. 

A quoi donc attribuer ce fâcheux état de choses? 
En d autres temps on aurait accusé Tignoranoe, ia 
routine; mais est-ce possible aujourd'hui, surtout 
en présence des hautes directions sous lesquelles 
forêts et grandes routes se trouvent placées? 

Cependant le mal continue d'exister; si je le 
signale une fois de plus, c'est que je propose un re- 
mède efficace. 

Je Tai dit, il s'agit de l'élagage. 

A coup sûr l'idée n'est pas neuve, aucune question 
n est même plus rebattue. — U y a peu d'années 
encore, en Belgique, pays qu'on nous propose tou- 
jours et non sans raison comme modèle, au point 
de vue forestier du moins, les deux chambres ont 
retenti de longues discussions sur cette matière, sans 
arriver à une conclusion définitive ^ 

Chez nous, les auteurs ne sont pas plus d'accord : 
les uns admettent l'élagage en différant toutefois sur 
le mode d'application, tandis que les autres le re- 
poussent complètement. 

Certains théoriciens vous diront pompeusement 
qu*il existe une corrélation entre les racines et les 
branches, que la suppression d'une branche tue 
nécessairement la racine correspondante. Mais que 

* Voir l'ouvrage de M. Moreau, Bruxelles, i851. 



NÉCESSITÉ D'UN BON ÉLAGAGE. 9 

dire alors des opérations du rabattage des jeunes 
plantations, du recépage des taillis, de Técimage des 
têtards, qui suppriment toutes les branches? 

Voici une objection plus sérieuse : elle m*a été 
faite souvent par des marchands de bois, c'est-à-dire 
par les hommes les plus intéressés à la question et 
pour cette cause les plus compétents : « Tout arbre 
élagué a perdu par suite de cette opération 25, 50 ou 
même 50 pour 100 de sa valeur. » Du quart à la 
moitié! En d'autres termes, les arbres élagués sont 
ordinairement atteints de la carie. Je ne le sais que 
trop, mais cela ne prouve qu'une chose, c'est que 
ces arbres avaient été mal élagués, et rien de plus. 

On insiste, on ajoute que les marchands de bois 
lie consentiront jamais à prendre, sans une notable 
dépréciation, des arbres portant ces cicatrices qu'ils 
connaissent si bien sous le nom de rosettes ou mi- 
roirs et qu'ils redoutent, à si juste titre, comme étant 
l'indice révélateur de défauts intérieurs. Cette pré- 
vention est malheureusement très-fondée dans Tétat 
actuel ; on prétend qu'il sera impossible de la com- 
battre victorieusement. 

A cela ou peut répondre, ce me semble, que le 
mot de progrès, qui se trouve aujourd'hui dans 
toutes les bouches, trouverait ici une de ses appli- 



10 L'ËLAGAGE DES ARBRES. 

cations les plus justes, et que les marchands seront 
probablement les pre- 
miers à reconnaîtrfi et 
à proclamer avant peu 
l'immense supériorité 
des bois traités par nos 



Quant à leur répul- 
sion actuelle , on la con- 
çoit aisément en jetant 
lesyeu\surlafigurel, 
représentant une partie 
du tronc d'un très-beau 
hêtre, victime de dé- 
plorables mutilations 
qui semblent donner 
raison auï adversaires 
de l'élagage. 

Nous leur répon- 
' drons toutefois que, 
: bien que moins dé- 
sastreux, leur sj'slème 
présente encore d'im- 
menses inconvénients. Si un arbre est entièrement 
abandonné à lui-même, il arrive généralement de 



e. 1. — Fortlde Villfli^olterétc. 


- Portion d 


tronc d'un L*lre 


atuquéd«k 


arie par suite d^un 


élagnge vicLPU 


laynt produit d« 




noins profonds dont 


plusieurs son 


[emplis d'eau. 



NÉCESSITÉ D'UN BON ÉLAGAGE. li 

deux choses Tune : ou il ne grandit pas et prend la 
forme communément appelée de pommier, les bran- 
ches basses deviennent énormes, s'étendent démesu- 
rément, étouffent le taillis et absorbent la sève au 
détriment de la cime; encore est-on heureux quand 
une partie de ces longues branches ne sont pas brisées 
par les vents, les neiges ou le givre, pour ne plus 
laisser que d'affreux tronçons (fig. 2) . De tels arbres, 




FiG. 2. — Chêne abandonné à lui-même croissant dans un bon 
sol sur un taillis aménagé à quatorze ans. — A, Branches 
mortes. — B, Branches brisées par le vent ou le poids de la 
neige ou du givre. 

fort communs dans les bois coupés jeunes, n'ont 
jamais qu'une minime valeur et se couronnent avant 
l'âge. Dans Vautre cas, c'est ce qui a lieu pour les 



It L'ÊI.ACAGE DES ARBRBS. 

plus beaux arbres et dans les meilleurs cantons; la 
végétation se porte vers la cime, les branches basses 
meurent et occa- 
sionnent invaria- 
blement , quand 
elles sont grosses, 
des ulcères qui por- 
tent la carie au 
cceur de l'arbre et 
lui ôtent toute sa 
valeur industrielle 
(lig.5). 

De grosses bran- 
ches sont fréquem- 
ment brisées par 
les vents, le givre 
ou la chute de leurs 
voisins; de là en- 

F,s. S. - For*, d, Fo„L,ù.eM«u, - ««^6 des plaies SOU- 
Portion du tronc d'un cMoe «fïoi vent énormes, qui 

la déa>ni|»si(ioii des brancbts bas- amènent Un résultat' 
«.. rd^^llant du ..anqu. d'élagase, ^^^j^y^ ^gg_ ^j _ 

Si l'on ne veut pas d'élagage, le mal est sans 
ressource; c'est une véritable question de chirur- 
gie, et nous poiurions comparer ceux qui refusent 



NÉCESSITÉ D'RN BON ÉL*GAGB. IS 

d'y porter remède, à un cultivateur ou à un inaitre 
d'usine qui, voj-ant un de ses ouvriers dont le bras 
aurait été broyé par les rouages d'une machine, 
préférerait le bisser mourir de la gangrène plutôt 
que de confier l'amputation 
à un habile praticien. Ici k 
comparaison est toute à l'a- 
vantage de l'arbre, qui n'en 
est pas k un membrede plu 
ou de moins. 

Tout le secret pour obte- 
nir une guérison complète 
consiste S couper m4ronc. 
Plusieurs auteurs ont en- 
trevucetteTcrité, mais c'est ^,^^ _ ^„^ „„„„.g„,, 

M, de Coiirval qui l'a affir- aiwinlde la «rie par su iw 

i)û l'éclal d'une inailresse 

mee de la façon la phlS ab- brancbe briffe par le nat. 

Eolue en l'érigeant en prin- 
cipe, et il a complété sa précieuse découverte en 
indiquant la substance, le coaltar ou goudron des 
usines à gaz, à laquelle nous devons le succâs in- 
faillible des opérations en apparence tes plus ha- 
sardées', 

* Voir ci'Bpris, p. 00. 



14 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

Formation du bote. — Nous disons que la 
coupe doit être faite absolument rez-tronc ; en voici 

la raison : 

On est assez généralement d'accord sur ce point 
que la sève a un double mouvement ; elle monte des 
racines aux feuilles pour redescendre élaborée, des 
feuilles aux racines. Ces dernières ne puisent dans 
le sol que de l'eau chargée de quelques sels. Cette 
eau, à l'état de sève ascendante, monte aux feuilles 
dans lesquelles elle subit une transformation : elle 
s^évapore en partie, absorbe dans l'air différents gaz, 
notamment l'acide carbonique dont la base est le 
charbon, c'est-à-dire le bois. Il est donc vrai dédire 
que les feuilles puisent dans l'air le principe consti- 
tutif du bois* et que la sève descendanteJe charrie à 
l'état liquide, pour le déposer par couches successives 
à peu près comme nous voyons dans les grottes, 
sous les voûtés et sous les ponts, l'eau déposer les 
sédiments calcaires qui forment les stalactites. 

S'il en est ainsi, il suffira pour obtenir la cicatri- 
sation delà plus large plaie, de l'araser parfaitement, 
de manière à mettre toutes les parties de la circon- 
férence en communication avec les feuilles par le 

* Ces phénomènes de constitution ont lieu particulière- 
ment sous l'influence de la lumière et des rayons solaires. 



Nf^^GBSSlTÉ D'UN BON ÉLAGAGE. 15 

réseau des fibres et des vaisseaux destinés à charrier 
la séye descendante. Cette théorie repose sur les 
données les plus élémentaires de la physiologie vé- 
gétale ; mais je crois pouvoir dire qu'elle n a guère 
été appliquée jusqu'à présent à l'art forestier. 

Entre mille exemples qu'on rencontre à chaque 
pas, tout le monde n'a-t-il pas pu 
remarquer que le bourrelet occa- 
sionné par la pression du chèvre- 
feuille sauvage sur les jeunes arbres 
qu'il entoure, se forme toujours à 
la partie supérieure? (fig. 5). 

En agissant ainsi que nous l'in- 
diquons, on ne tarde pas à voir un 
bourrelet de nouveau bois se former 
d'abord sur les parties supérieures f,ç 5 JFormation 
et latérales, puis <»nstituer un an- ^escendïmi* ^^^ 
ueau régulier autour de la plaie qui 
arrive à se cicatriser, quelles que soient ses dimen- 
sions, sans qu'il se soit nianifes.té la moindre carie. 

Naturellement, le temps nécessaire à cette gué- 
rison cojnplète est proportionné aux dimensions 
de la blessure et à la vigueur de l'individu sur lequel 
on Ta pratiquée; mais avec l'application du coaltar, 
on est toujours sûr d'un bon résultat. 




16 l'élâgagë des arbres. 

Ce principe une fois établi, qu'on peut, saiTS incoQ- 
vénientet sans altérer le corps de Tarbre, y faire des 
plaies considérables, à la condition toutefois de pré- 
venir la décomposition par les mojens indiqués; 
il est facile de démontrer qu'il est avantageux 
de supprimer des brancbes nuisibles sans se préoc- 
cuper de leur diamètre. Sans doute il est pré- 
férable d'éviter ces grandes plaies en prenant les 
arbres dès leur jeunesse. C'est ce que font les 
pépiiiiéristes et ce qu'on voit pratiquer sur les 
promenades de Paris. Tous les forestiers sont d'ac- 
cord sur l'utilité de la conduite des jeunes arbres, 
mais nous soutenons avec M. de'Courval, qui Ta 
surabondamment démontré par les nombreux et 
remarquables exemples qu'il a mis sous les yeux du 
public à l'exposition agricole de Paris en 1861, 
comme à l'exposition universelle de Londres en 
1862; nous soutenons qu'il est toujours avantageux, 
qu'il est indispensable d'élaguer lés arbres même les 
plus âgés, et que non-seulement le massif boisé où 
ils croissent en profite par l'action de la lumière qui 
lui est rendue, mais que le tronc de tout sujet traité 
d'après cette méthode acquiert un volume plus con- 
sidérable, dans un laps de temps donné, que s'il eût 
conservé toutes ses brancbes mal placées. 



Itevennnt à la coupe de k branche, je regcelle ici 
d'avoir à émettre im avis opposé il celui de l'un de 
nos plus éniinents professeurs, M. Du Brcuil, qui 
pose comme principe ; « d'opérer l'amputation de 
façon que le diamètre de la plaie ne soit pas plus 
grand que celui de la base de la branche, u 

Je le répète, ce mode est désastreux, et toutes 
les fois qu'une brandie d'un certain diamètre sera 
ainsi coupée', on sera parfaitement sûr de produire 
avant peu une cavité dans le corps de l'arbre. 

■•(«oavénieiils dea modes d'élagage ttclnel- 
leuint Dsltéa. — En effet, s'il est admis, comme 
je le prétends, que c'est la 
sève descendante seule qui 
otnatitue le bouiielet du 
jeune cLorcc et de boi-. 
iiuu\c<iu destinés à ic- 
u)uvrir U plaiL, la section 
Ltant faite .snivant le plan 
représenté par In ligne AB 
(fig. 6) , co bourrelet ne se fi"- 6- 

' Il est vrai àt dire que H, Du Breuil s'appose d'une ta^aa 
absolue à In suppression clc loti le grosse brandie ainsi qu'à la cau- 
Ijiisalian des plaies ^u moyen du coaltar. L'emploi de cctlG 
sulftlnnee sur les arbres dos prumenodes de Paris, ipioirjuc 
r&eiil encore, indique »ullisunnneut qu'elle n'a pas l'ueliun 
ikïti-uïlive que lui iiltribue M. l)u llicuil. 



It L'ËLAGAGE DES ARBRES. 

Ibi'iuerj {«is à lu partie iiifêriciue 6C qui ne be 
trauvc pa:i en uoinmunicatioa avec les feuilles ; lu 
partie AB(^ sera bieiilùt déimdée, eiilrei'a eu de- 
L-onii)ositiijti, et le cor[)S de l'arbre sera inévitablement 
allaqucparlacane(lig. 7) 
On en trouve de fré- 
quents exemples, à Paris 
même. Pour n'eu citer 
qu'un seul, je mentionne- 
rai des Rinrronniers plan- 
tés depuis peu d'années 
aux Cliamps-Ëlysées, eu 
face du palais de l'Indus- 
Fjo. 7. - CiiOnc auaquépar lg '''i^- Chaque branche COU' 

ffiupée de façon que le (fia- gous l'empire de ce traite- 

inrlre d« IB plaie sa toit [»■ 

piua gi^nd qat «lui de la . ment, CCS arbres ne larder 
ont pas àèti'e percésde part 
à part. Eli pi'ésencc de ces dégâts, on couclut tou- 
jours qu'il ne faut pas couper de branches d'un cer- 
tain diamètre, mais on se trompe : il faut simplement 
les couper lei-trouc et recouvrir la plaie de coaltar. 

Sans doule lorsque les branches sont d'une faible 
dimension, la plaie se recouvre : il en résulte cepen- 
dant un inconvénient grave : du voit se former 



NÉCESSITÉ D'UN BON ËLt(iACË 19 

une protubérance, qui donne iiaUsaiice ^ utie ibulc 
de icjcts (A, i\g. 8). Tout le nionJc sail (|ite uu 



E, HOllmsc 
bnncli* bien conpi*. 

sontB de mauvaises conditions pour bu arbre; elles 
sont radicalement é»itées par la coupe rez-troiic 
(6,flg.8). 

Si re?i:périence, d'accord avec le rnùoniiemenl:, 
nousaenseignéqu'iliiefullaitpaslainer le moindi'c 
talon lorsqu'on coupe une branche, à plus forte 
mison est-il déplorable de conserver dos diicols de 
30 à ItO centimètres, comme on l'a mallieuieu sè- 
ment fait depuis un certain nombre d'aimëcs dans 
les forêts les plus soignées (fig. 9). 



30 L'KLAGAGË DES ARUItEf. 

Le i^liicot, privé de coniniiiiiication avec les feuil- 
les, meiii'l, se dessèdie, l'écorce ne taixle pas à tom- 
ber, et le tronçon 
reste comme une die- 
ville implantée dans 
le corps de l'arbre 
(fig. 10). 

En peu d'années le 
ch i cot pourrit (fig. U ) 
et la carie pénètre 
jusqu'au cœur. 
lie. y, - utancha coupée h chicM. j^^^ figure 12 mon- 
tre les funestes effets 
de cette déplorable 
niélhotle. Cette vue, 
ou le compi-end faci- 
lement, doit avoir 
poM résultat de dé- 
goûter à jamais d'un 
tel élagage ceux qui 
l'ont eue solis les 

lie. 10. — Branche roup^ ii diicoi, yenX. 

La présente tn- 

stiiiclioii a principalement en vue les arbres fores- 
tiers à icuilles caduques et eu parlicidicr lu ctiéne. 



NECESSITE B'UN BON ÉLAGACE, il 

le pkis précieux de tous el celui à l'éganl duquel 
existent relativement il l'élagage les préjugés les plus 
défavorables et les 
plus enracinés. Nous 
nous occuperons plus 
spécialement des fu- 
taies sur taillis, cet h- 
ménagement étant le 
plus répandu ; d'ail- 
leurs nos principes 
sont applicables sans 

exception à toute es- "' ' ~ lô^Vnnëe" ^ ' "° ' 
pècc de bois et à 
tous les aménage- 
ments. — Ils intéres- 
sent non - seulement 
les grands propriétai- 
res,niais aussi les pins 
petits particuliers, 
car dans une bonne 
partie de la France 
on trouve des arbres ] 
disséminés dans les 
haies, sur les fossés', dans les praideiy, oti sur. le 
> Ikti); In n^on oii«<t de la France, etiASilie crlffcnliAl^ 



ft L'ÉLAGAGE 0ES ARBRES. 

bord des chemins, etc. Si donc chacun voulait se 
prsnadcr qu'il y a pour lui un aYantage réel à m^ 
gner ses arbres, nous verrions bientôt une uotahle 
augmentation du produit du sol. T^l chêne rabougri 
et alj^ndonnô, bon à feire quelques misérables bû- 
ches, pourrait en un petit nombre d'année$ ^ tr^n^ 
foimer, et acquérir par la suite une grande valeur. 
Ajoutons que riju)leaient des arbres contribue à leur 
donner une qualité supérieure, et que Télagag^ 
d*autant plus facile à leur appliquer quils sont ac- 
cessibles en tout temps, peut leur faire atteindre lu» 
dimensions requises pour les pièces les plus recher** 
chées, celles de marine en particulier. 

Sans doute, tous ceux qui auront ei^écuté ces amer 
liorations ne profiteront pas des résultats, mais nou^ 
jxïuvons leur prédire qu'ils en auront joui pfir 
avance ; c'e»t la plus vraie et la plu& noble de tpute^ 
le^ aatisfaelion» que de travailler pour ses enfants. 
Supposons ^vCm% alentours de la plu^ modeste de>- 
meure se trouvent un petit nombre d'arbre» bien 
traités, ils constitueront un vrai trésor, la plus sûr^ 
de toutes les épargnes, dont la valeur augmentera 

die, on donne le nom de fossés à des Ulus fort élevés et cpai« 
de plusieurs mètres; ces talus, formés avec les terres ex- 
lr«itft8d«tVfi¥i(^é«i appelédsdonves, sont ordinairement pltnfeés. 



NÉCESSITÉ D'DN BON ÉlAGAGE. Î3 

de Jour en jour ; et le pèr^ de famine pourra fermer 
les yeux avec la consolation de penser que sa pré^ 
voyance a laissé à ses fils le capital nécessaire 
pour satisfaire aux lourdes exigences du fisc et 
l^ur conserver intacte la chaumière qui les vit naître, 
le patrimoine accru par ses labeurs. 

Loin de moi la pensée de supprimer les têtards, 
ces taillis du pauvre, qui lui procurent, à des pério- 
des rappi*Qcbées, les fagots et menus bois nécessaires 
^nx usages dooiestiques et même une précieuse res- 
source pour ralimentation des bestiaux pendant 
l'hiver; mais je désire voir auprès d'eux quelques 
beaujc arbres acquérir une grande valeur. L'élévation 
de leur tige, la régularité de leur tête, cesseront, en 
partie du moins, d'en faire des voisins dapgereni^ 
pour les récoltes. 

UtfUté 4e la «onsepviilioii de^ ftetiMefl. — 

Outre ravantage que chaque arbre tire de l'appli- 
cation de U méthode que je préconise, il est lioq 
de remarquer qu'elle donne la possibilité (faugmen* ' 
ter, de doubler quelquefois le nombre des réserves 
dans les bois, et cela sans préjudice pour les taillis. 
Aujourd'hui on défriche beaucoup de forêts ; à 
part le besoin de jouissances immédiates qui est un 
des caractères de notre époquQ inquiète et incertaine 



21 L'ÉLAGAGE DES AUBUES. 

(lu leiiflemain, il faut bien reconnaître en première 
ligne des causes de cette destruction, Teflet déjà 
signalé du morcellement indéfini de la propriété. 

Dans les bois qui échappent au défrichement, on 
détruit souvent la futaie sous prétexte d'augmenter 
le produit par de nouveaux aménagements. Qu'on 
ne s*y trompe pas, ceux qui agissent ainsi dévorent 
par avance le patrimoine de leurs enfants, tandis 
qu'il est certain que, par suite de la rareté des bois 
et de la multiplicité des besoins, les belles pièces 
augmenteront toujours de valeur, et dans une im- 
mense proportion. 

Si donc l'on peut avancer que dans l'état actuel, 
plus du dixième de la futaie est perdu par suite du 
manque de soins ou d'opérations mal pratiquées, 
jju'on peut doubler le nombre des sujets réservés et 
que de plus on peut tripler, je devrais dire décupler, 
la valeur des arbres poussant sur les haies et fossés, 
dans les prairies et le long des routes : on peut faci- 
lement en conclure que l'entretien de belles réserves 
est im des premiers devoirs de la gestion du père 
de famille et constituera à la fois une l)onne spécula- 
tion en même temps qu'un service rendu au pays. 

Tous les auteurs s'accordent au sujet de l'im- 
portance des arbres et de l'influence capitide qu'ils 



NÉCESSITÉ D'UN BON ÉLaGAGE. i5 

exercent sur le climat, la production des eaux , la 
fertilité du sol ; indispensables au point de vue éco- 
nomique, ils ne le sont pas moins sous 1^ rapport de 
la santé de Thomme : ils assainissent Tair que nous 
respirons en absorbant les gaz devenus impropres à 
notre existence et les transformant à notre profit ; 
il y va de notre intérêt de les conserver et de les 
multiplier autour de nous. 

L'élagage peut-il amener les résultats que je lui 
attribué? on en aura la preuve par ce seul fait que 
les arbres traités parle système éminemment ration- 
nel que je propose, poussent plus vigoureusement, 
qu'ils conservent leur végétation plus longtemps que 
ceux du voisinage croissant dans des conditions 
identiques, et qu'ils sont encore verts quand les pre- 
miers froids de l'automne ont jauni ou dé]iouilté le 
feuillage des bois environnants. 

Aux personnes disposées à penser que je m'abuse, 
je n'aurai qu'une réponse à faire, je leur répéterai 
avec M. de Courval : Voyez par vous-mêmes ou en- 
voyez vos liommes d'affaires, la question est grave 
et en vaut la peine*. Mais si. tout le monde ne peut 

* Qu'on visite en première ligne, Pinon, par Anizy-le-ChA- 

loau (Aisne), et plusieurs autres )K)is du même département. 

On peut citer comme offrant des résultats beaucoup moins 



16 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

pas voyager, ou peut du moins essayer. C'est le 
conseil que je donne aux haliitants des campagnes ; 
aussi je <iie hâte d^arriver à Texposé théorique ot 
pratique du système. 



CHAPITRE II 

CONDITIONS D'UN BON ÉLAGAGE 

Bot et moyens. ^ Lebut del'élagage estd'élever 
sur une surface donnée, un hectare de taillis par 
exemple, le plus grand nombre possible d*arbres 
de réserve, et de les faire arriver par là prompte^ 
ment à leur maximum de valeur sans nujra auBOust- 
bois ; le moyen consiste à favoriser leur végétation, 
à prolonger leur tronc en lui conservant une grosseur 
suffisante, de façon que cette futaie n'entrave pas la 
circulation de Tair et de la lumière nécessaires à 1^ 
bonne venue du taillis ; enfin à éviter, par la fonuB 

anciens, mais néanmoins très-concluants, les propciétés sui- 
vantes, qui ont àté l'objet de nos travaux peraonnols : 

Sourchcs, près Gonlie (Sarthe), ligne de Brest; Suliy-en- 
6ourp:ogne, par Épinac (Saône*et- Loire], Goloinbert, près 
BoulogBe-^sur-Ver (Pas-de-Calais), Roset^Saint-AUnn, par 
Neuilly*Saint*Front (Aisne). 



EXPOSÉ DE LA THÉORIE. «7 

régulière et Fâplomb donné à la tête de ces arbre», 
lu plupart des grades accidents occasionnés par le? 
Yent», lo givre et les neiges, qui brisait ou éclatent 
les plus grosses branches pu bien encore leur enlàr 
vent ?i souvent une Ifoupa partie de leur valeur en 
produisant des tordions d'où résultent le$ maladies 
bien connues des forestier^ ^m h nom de roulure, 
cadranure, etc. 

L'arbre forestier le plus parfait, celui dont qn doit 
f'attach^r à produire les belles formes, présente un 
trono régulier, cylindrique, droit, uni, sans bosses 
ni plaies et gardant à peu près le n^ême diamètre 
jusqu'à la naissance des premières brandies, pointqui 
peut varier du tieris à la moitié de la hauteur totale, Sa 
têt§ est arrondie, symétrique et bien d'aplomb sur le 
tronc. Le bois par suite d'une végétation régulière 
est parfaitement sain, de droit fil, d'un bon grain et 
susceptible d'être employé aux usages les plus re- 
cherchés, De tels arbres atteignent nécessairement 
vme très bîiute valeur, et pour les former nous em- 
ployons unei taille qui n'est pas sans analogie avec 
celle que pratiquent las jardiniers pour former une 
quenouilles il y a toutefois cette différence capitale que, 
le jardinier favorise le développement des branches 
basses qu'il a intérêt à conserver, tandis que lèpre- 



W l/ÊLAG AGE DES ARBRES. 

mierdo nos besoins est de diminuer leur vigueur pour 
porter la végétation vers la cime et obtenir par leur 
suppression successive la longueur nécessaire au tronc 
de Tarbre. L'élagage se résume donc en deux opéra- 
lions princij)ales : suppression de certaines branches, 
raccourcissement de certaines autres brancbes. 

La taille doit varier suivant Tâge du sujet, Tamé- 
nagement du massif dans lequel il se trouve, la na- 
ture du sol, etc. 

Il va sans dire que dans les bois abandonnés à 
eux-mêmes, les chênes sont d'autant plus* beaux que 
l'aménagement est à plus long terme. Dans les an- 
ciennes forêts, on va souvent à 30 ans et au delà. 
Les taillis remplacent jusqu'à un certain point l'of- 
fice de l'élagueur, en empêchant le développement 
des branches basses et en forçant le tronc à s'allon- 
ger. Il n'en est généralement pas de même dans les 
bois des particuliers, où il existe une tendance crois- 
sante à avancer l'époque des coupes; en sorte qu'on 
voit souvent aujourd'hui des taillis abattus à 10 ans, 
ce qui n'est guère le moyen d'avoir de beaux chênes, 
car ceux-ci développent d'énormes branches basses 
(|ui les empêchent de grandir (fig. 2), en écrasant 
les taillis. L'élagage seul peut parer Si ces inconvé- 
nients. 



EXPOSE DE LA THEOUIE. 29 

Claiii«enieiit des arbres de réserve eu quatre 
AS^es prineipanx. — Les dénominations par les- 
quelles on désigne les arbres forestiers do réserve 
varient également suivant les pays. On s accorde ce- 
pendant assez communément à donner le nom de 
baliveau au brin de taillis réservé pour la première 
fois et même après la deuxième coupe, d*oii il résulte 
que nous avons des baliveaux depuis dix jusqu'à 
soixante ans; il est évident que ceux-ci, approchant 
du terme de leur croissance en hauteur, doivent 
avoir la tête plus développée que les premiers. On 
ne les confondra pas non plus avec les arbres de 
même âge qui, ayant vu cinq ou six générations se 
succéder autour d'eux, pourraient compter pour 
des anciens. 

11 nous a, donc semblé que le plus simple était de 
diviser approximativement en quatre âges principaux 
lavie des arbres forestiers et de les désigner par les 
noms suivants qui correspondent avec ceux le plus 
généralement adoptés : 

1** Baliveau, jusqu'à 40 ans environ ; 
2' Moderne^ de 40 à 80 ans ; 
Z^ Ancien, àeSO h 150; 

4° Enfin nous appellerons V/^i7te^coyr^s les arbr<;s 
plus âgés encore; leur nombre diminue chaque année. 



30 L'ËLAGAGE DES AllUHES. 

<'£tte nome tic la lu re u'a iiullenioiil la prétention 
(l'iïUeuWluc, car il est souvent diQlcile de conuaitrc 
iiiéiiie approximativement l'âge d'un arh^ sur pîed: 
le forestier devra donc tenir compte de ses propi-es 
appi'éeialions, sans s'ëloiguer toutefois des prescrift- 
tions qui vont suivre : 

i' La tête du balivbad doit avoir la forme d'un 
œuf, ou ovoïde très-allongé (Gg. 13), bien d'aplomb 
sur le tronc qui, ddns la plupaii 
des cas, ii'e\cédera jias le tiers de 
la hauteur totale. Les brant^es 
basses serviront à faire grossir 
J'arbi'Ë et à maintenir son aplomb, 
comme leur raccourcissement les 
empêchera de prendre un trop 
grand développement au détri- 
ment de la flèche. Les jeunes 
platanes des quais et des boule- 
Fic. iô. — Foinic *3rds de Paris donnent une idée 
riu Laiiïcau. ^^^^ exactc 3e l'aspect que les 
baliveaux doivent présenter, à l'exception des brair 
ches basses, i[ui sont généralement Irop longues. On 
verra pourquoi. 

2" la tète du hodëbbe (fig. 1 1) doit offn'r uii 
OYDÎdc m(»ns allongé qiic celle du Wliveau. La Ion- 



EXPOSÉ DE LA THÉORIE. 31 

gueur du troue peut varier du tiers aux deux cin- 
quièmes de la hauteur totale de Tarbre. 





fi6- 14. — Forme 
du moderne. 



I [\ 



Fis* 15* — Forme 
de l'ancien. 



3* La tête de I'ancien (fig. 15) commence à 
s'arrondir, il arrive au terme de sa croissance et son 
tronc peut être encore allongé jusqu'à arriver dans 
certains cas à la moitié dé la hauteur totale. 

4-* Vieille égorge (fig. 16). Cet arj>re a cessé de 
grandir, sa tête s'aplatit. Elle est maintenue dans la 
forme et dans les dimensions nécessaires pour ne 
pas nuire *au taillis environnant et aux jeunes réser* 



Zi, L'ELAGAGK DES AUURES. 

ves destinées ù le remplacer. 11 n'a plus qu'à grossir ; 

à mesure que les couches 
annuelles d'accroissement 
diminuent d'épaisseur, 
elles augmentent de dureté 
et de résistance. 

Nous reviendrons sur 
l'élagage propre à chacune 
de ces catégories. 

Ces formes que j'assigne 
ne sont autres que celles 
• que la nature donne aux 
plus beaux arbres; il est 
bon, du reste, de rappeler 
que c'est le point de vue 
utde et non le pittoresque 
qui nous occupe ici. 




\ 

FiG. 46. — Forme de 
la vieille écorce. 



CHAPITRE III 



APPLICATION GENERALE DU SYSTÈME 

Instraments à employer. — L'outil essentiel 
pour élaguer convenablement est une scy^q à lame 



APPLICATION CÉNÉHALE DU SÏSTÈKE 31 

dmtP. Tmile la réussite dt'poiid de la iirttetéde la 
coupe, el il enl impossible de In pratiquer conveiia- 
blenient avec les dilîcreiites sei-pes à lame fourbe 
en usage dans la plupart des contrées de In Franee. 
La meilleure sans coutredit est h 
serpeen formedecoHperet(fig. 17), 
employée depuis longtemps par 
quelques élagueurs de Flamlre et 
perfectionnée par H . de Courval. Son 
poids doit être assez élevé et varie 
entre 1,250 et 1,500 grammes, 
suivant la force de l'ouvrier. Pour 
avoir plus de coup, la lame est reu- Fi"-"— Serped^é- 
forcée vers le milieu, cequi conserve Modèle flamand 
le poids sous une moindre surface gu«urMtaieD-,iO 
et rend le tranchant plus solide ' . 

L'ouvrier du Nord la porto ba- 
bituelleiiient suspendue à un cro- 
chet de fer (fig. 18) passé dans 
une courroie bouclée nuloui' du i 
corps (fig, 19). 11 est ainsi libre de *"' "■**^' 
ses mouvements; mais pendant le travail ce mode de 

< On peiil se procurer tous les inslruments d'élagsge chu 
H. P. Soinc-Courgine, tailUndier, 10, rue Sainte-Placide, à 
Paris. Leur excellente qualité et lu modération des prii m'en- 
gagent à rccomiiHindeT ce labricanl. 



» 



siiï|wnsiou n'est pas toujours sans inronvénitiiiU : lu 
serpe peut se trouver accrochée par une branche et 
tomber; sans compter la difficulté et le temps perdu 
pour aller la ramasser, on aurait alors à redouter des 
accidents s'il se trouvuit quelqu'un au pied de l'arbre. 



Lorsqu'on a affaire à des arbies tràs-élevéB et d'un 
accès difficile, îl est donc préférable de passer la 
counoie en bandoulière; la serpe se trouve sus- 
pendue sous le bras gauche et ne risque pas de 
tombar (fîg. 20) . En pareil cas, certains ouvriers 
sont dans l'usage de fiier solidement autour de leur 
ceinture une corde qui entoure l'arbre et les sou- 
tient au besoin. • 



APPLICATION GËNÉHALE DU SYSTÈME. » 

I/j hachette est un autre «itil très-nécesMiire el 
qui facilite beaucoup la besogna; elle se manio A'ufte 
Beule ou des deux mains, et sert à aliattre i« groï- 
ses hrant^eP, Iw bosses, les chicots fJeBsfcbés, ele., 
qui sont souvent d'une extrême dureté et peuvent 
émoHsserou Ébrécher le («illant de la nieilleure serpe. 

Enliu U scie peut rendra de grands services, no 
tammentpourenlever de gros chicots, maifi elle eifigs 
une longue h^ibitude, en sorte qu'on ne doit pas la 
recommander indîlTéremnient h tous les élagueurs. 

ÉeheUn. — Chaque ouwier doit être muni i'é- 
ohellei l^res et pro- 
portionnées à la hait^ 
teur du tronc des 
n'brea sur lesquels il 
doit opérer. M. de \ 
Courrai recommluide 
d'en appointir les 
montants, par en bas, 
pour les empêcher ds 
glissersur le sol; c'est 
une excellente pré< 
caution, mais elle ne p„. „. _ g^^^„, ^i„^„, „, 

suffit pas, car il '™"M«riirbr« pirni» «M». Au 
' dernier b>)T«au bsI suspendu I' 

est indilpetisaUf de niadtcoriiir. 



36 



L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 



rnainteilir le sommet de réchelle à l'aide d'une 
forte corde qui embrasse le tronc de Tarbre et 
s oppose à ce qu'elle tourne ou à ce qu'elle soit ren- 
versée par la chute des branches (fig. 21). Le mé- 
tier d'élagueur serait très-dangereux s'il n'était 
exercé avec la plus grande prudence; mais en obser- 
vant les précautions que nous indiquerons, il est fa- 
cile de se préserver des accidents. 

Bcs i^fTes on éperons. — Sauf de très-rares 
exceptions, quand il s'agit de traiter des arbres 
gigantesques, on ne doit jamais se servir de ces 
griffes ou éperons employés par certains élagueurs 
nomades que je conseillerai toujours de repousser. 

Ces homnoes payés à tant par pied d'arbre ou en 
raison du bois qu'ils abattent, n'ont qu'un but, savoir 
de couper le plus rapidement possible la plus grande 
quantité de bois ; ils sont généralement recherchés 
par les fermiers auxquels leurs baux accordent le 
produit de l'élagage. Ceux-ci ont un double intérêt 
à faire ainsi mutiler les arbres : le premier de se pro- 
curer du bois, le second d'éviter à leurs récoltes un 
ombrage plus ou moins préjudiciable. Plus l'arbre 
souffrira, moins il les gênera ; que leur importent sa 
vnleur et sa conservation? 

L'usage des griffes, même employées ^ar des 



APPLICATION GÉNÉRALE DU SYSTÈME. 37 

hommes moins dangereux, doit donc être proscrit 
toutes les fois qu il y a moyen de se servir d'échelles, 
tout particulièrement sur les arbres jeunes dont l'é- 
corce morte ou liège n*a pas acquis une épaisseur 
sufBsante pour pouvoir supporter impunément l'at- 
teinte de ces horribles pointes de fer ; elles déter- 
mineraient une foule de plaies, dont le moindre in- 
convénient serait de favoriser le long du tronc 
le développement d'une multitude de rejets para- 
sites. 

L'ouvrier chargé d'élaguer un bois doit être bien 
pénétré de l'importance des intérêts qui lui sont con- 
fiés, C'est de lui que dépend l'avenir : son travail, 
selon qu'il est bien ou mal exécuté, devient la plus 
utile ou la plus désastreuse des opérations. Voilà 
pourquoi la plupart des gens sensés ont repoussé 
jusqu'ici l'élagage; mais leurs craintes sont exagé- 
rées et rien n'est plus facile que d'écarter les graves 
inconvénients que nous avons signalés. 

Avant tout, l'élagueur examinera d'en bas et avec 
attention l'arbre sur lequel il va opérer, il en fera le 
tour à une certaine distance, afin de se rendre bien 
compte des branches principales qu'il doit raccourcir 
ou supprimer pour atteindre la forme voulue. 
Au premier abord cela peut embarrasser les per- 



39 L'ÉLAGAGE DES ARBKES. 

soutics tout à fuil novices. J*iû donné le nom de Dêti- 
drosc&pe^ un petit instrument bien simple ^t dont la 
figure 22 montre remploi. Il consiste en un mor- 
ceau de carton, une carte à jouer par exemple, dam 
lequel on a découpé un vide traversé de haut en bas 
par un filet semblable à la figure qui représente la 
formé indiquée pour la catégorie à laquelle l'arbre ap- 
partient (fig. 13, 14, i 5 et 16) . On le place k la hau- 
teur de Tceil en regardant l'arbre de manière à foire 
coïncider la base avec le pied et le haut avec le som- 
met de Tarbre; il est ainsi très-aisé de voir au pre- 
mier coup d'œil quelles sont les principales opérations 
à faire. Un dendroscope est placé â la fin du volume. 
Se rappelant que dans les circonstances habituelles 
la première condition de beauté et de vigueur d*uii 
a,rbre est qu'il soit vertical ' , et que la tête, bien 
d*aplomb sur le tronc, soit équilibrée de manière à 
ne l'entraîner ni d'un côté ni de l'autre, tous ses 
efforts tendront à établir cet équilibre. 

La tête dont la hauteur est, dans un même sol, 
subordonnée à la grosseur du tronc et à Tépoque ou a 
été commencé l'élagage du sujet, doit toujours avoir 
la forme ovoïde, amsi qu'il a été dit précédemment. 

^ La ligne verticale est celle qui suit la direction du fil à 
plomb. 



ALE 1)U S^STÉMi:. 33 



la L'ËLAGAUE DES IRBRIiS. 

Choix de la flèche. ^ De là il i-ésulle qu'il faul 
choisir, poui fomier la ilèche, celle des branches 
verticales du sommet qui est le plus d'aplomb sur 

te li'oiic, eL je dirui coiiinic règle absolue, surtout 



pour les baliveaux et les modernes, que lotUes les 
fois qiCune brandie verticale de la cime (fig. 23) 
se u-ouve d'apiomb suv le tronc ou même sur un 



AIM'LICATION CÉNÉIULE DU SÏSTÈHE. 

point quelconque du tronc, elle doit être & 
comme flèche unique. 

Il est complétemeiil inclinèrent que ce soit U (Ic- 
clie primitive ou une Lmiiche secondaire. On rac- 



Fio. M. — Télé irriguLién, chûni 



courcit toutes les autres branches ù son profit, pour 
former la charpente de l'arbre qui se redressera en 
peu d'annûes de façon à surprendre fous ceux qui 
n'ont pas été témoins des effets d'un êlugage rai- 
somié, mais dont oa se rendra compte lùcilement en 



43 L'KLAGAGK DES AUBRES. 

se rappelant les résultats obtenus pacles jardiuiei's 
qui élèvent des tiges parfaitement droites tout en ra- 
battant chaque année la tête de leurs arbres fruitiers. 

Si aucune des branches verticales de la ciine n'est 
d'aplomb sur le tronc, on en conserve deux, trois ou 
plus, de manière à former une tête dont Tensemble 
soit bien d'aplomb sur le tronc (fig. 24). Si Tarbre 
est encore jeune, baliveau ou moderne, il faut 
tâcher d'établir cet enfoUrchement au-dessus du 
tiers au moiiis de la hauteur qu'il est supposé devoir 
atteindre. 

En montant sur Tarbre, l'ouvrier, après avoir so- 
lidement fixé son échelle à l'aide de la corde sus- 
pendue au dernier barreau, a soin d'enlever le long 
du tronc toutes les petites branches mortes ou vi- 
vantes qui pourraient le gêner dans ses mouvements, 
ou seraient incapables dé le supporter ; car il suffi- 
rait, pour déterminer une chute dangereuse, de 
mettre en descendant le pied sur une branche pour- 
rie ou trop faible. 

llac4!oiircisseiiieiit des branches charpen- 

tièirés. — Arrivé au sommet de l'arbre, car c'est 
toujours par là qu'il faut commencer, l'élagueur 
forme donc sa flèche avec la branche choisie, et con- 
stitue la tête avec cette flèche unique ou avec plu- 



sieurs braticties s'il n'a pu 11111% mieu:c. Il faixtiuicil 
ensuite les branches cliarpenti&i'es tvop longUfs, ni 
surtout «lies qui se v.ipproclient iJe la direction ver- 
ticale et que l'on nomme avec raison goiii-mandes, 
paKje qu'elles prennent une vigueur excessive ans 
dépens de h flêclie. On voit que le point à clioisii' 
pouf opérer le l'accoureissement est celui où lu 
brandie devient ver^cale (Â et B, fig. 25.). 



Fio. M, - DonMe 

— 1*1 Braoch» goun.._ 

— C, Branche d'appel. 

Autant que possible, ce raccourcissement doit a'fl- 
pérer au iJelà d'une ou de plusieurs branches secon- 
diûres; culles-cî,â leur tour, subissent la môme opé- 
ration si on le juge nécessaire, au delà d'un rameau. 



44 LÉLAGAGE DES ARBRES. 

de façon à changer complètement la direction de la 
branche et à diminuer sa vigueur pour la reporter 
dans la flèche au profit de l'arbre tout entier. 

Branches d'appel. — On donne le nom de bran- 
che d* appela rameau d'appel, à la branche, au ra- 
meau ou, à défaut, au bourgeon conservé à l'ex- 
trémité de la branche raccourcie. Son nom indigue 
ses fonctions, qui sont d'attirer, d'appeler la sève né- 
cessaire à la végétation. Quelquefois, la longueur 
des branches est telle qu'il est impossible à l'ou- 
vrier d'atteindre le point où se développent les ra- 
meaux d'appel. Pour le chêne, qui bourgeonne 
très-facilement, cela n'a pas grand inconvénient, 
si ce n'est pour le coup d'oeil; et pourvu que la por- 
tion de branche conservée soit d'une certaine lon- 
gueur, de deux à trois mètres par exemple, si elle 
est volumineuse et sur un gros arbre, on est toujours 
assuré qu'il se développera une quantité de bour- 
geons bien suffisante pour entretenir la végétation. 

11 n'en est pas de même sur le hêtre, qui bour- 
geonne beaucoup moins que le chêne ; il faut ôpmc 
toujours, sur le hêtre, opérer le raccourcissement au 
delà de branches ou rameaux d'appel bien établis. 

t^appression de l'une des doubles branehes. 

— Lorsqu'une branche est double près du tronc ou 



API'LICATIOS r.ÉNÉIlAI.E DU SÏSTF.ML. 4S 

gôniince, elle grossil toujours trop. On supprimera 
l'un des bras A (fig. 26); mais, par contre, si les ra- 
niificalions sont nuisibles près du tronc, elle* sont 
nécessaires à l'extrémité des brauches. Toules les 
fois qu'on le peul, on doit, par conséquent, conserver 
des fourches horizontales à l'eitrémité des bran- 
ches raccourcies pour diviser la sève et empêcher 



lervailon da Eourcbei horiionules i \'e%lrimiti des branclip» 
raccourcie- . 

le développement de pousses trop vigoureuses qui, 
se redi'essant, seraient le point de départ de doubles 
flèches on de branches gourmandes. La même 
raison oblige d'abattre toutes les branches ou ra- 
meaux ayant une direction verticale ou insérés »u- 



.iti L'ÉLAGAGR DES ARBRES. 

dessus d6 la branche raccourcie, pour éviter leur 
lendaiice à prendre un trpp grand développement an 
détriment de la flèche (fig. 27). 




Fis. S7. — Ineonvënienl de la conservation d'un rameau sur le 
dessus de la branche raccourcie. — A, Rameau conservé sur le 
dessus et ayant pris un développement exagéré. — B, Rameau 
d'appel conservé en dessous et sufflsant pour entretenir la vé- 
gétation de la branche sans lui donner trop de vigueur. 



Il est presque superflu de dire qu'on ne doit con- 
server que les branches charpentières dirigées vers 
Y extérieur de Tarbre et que celles qui par une cause 
quelconque rentrent dans Tintérieur doivent être 
retranchées, de même que celles qui sont trop pen- 
dantes ; h plus souvent il suffira de les raccourcir 
pour leur doiiiiêr une honni? direction. 



APPLICATION GÉNÉRALE DU SYSTÈME. 47 

{jorsque plusieurs branches se sont développées à 
Ja môme hauteur et forment ce qu^ les botanistes ap- 
pellent un vei'tidUe, on évitera de les supprimer 
toutes en même temps, afin de ne pas entamer Técorce 
siu" une trop grande surface, ce qui nuirait à la circu- 
lation de la sève. Oh ne doit en couper qu une ou 
deux à la fois, pour y revenir quand les premières 
plaies seront recouvertes. 

Tout en descendant, l'ouvrier a soin d'enlever 
le bois mort ou mourant, dont la présence est ton* 
jours une cause d'altération pour l'arbre ; il y (m- 
rait aussi grand avantage, suiiout pour les jeunes 
réserves, à iaire tomber avec le dos de la serpe les 
lichens et végétations parasites situés sur la flèche et 
sur le tronc, ^e plus dangereux des parasites, le 
gui, doit être toujours abattu, mais on ne réussit . 
à s'en débarrasser qu'en retranchant la branche qui 
le porte. 

Je ne saurais trop insister sur la nécessité de com- 
mencer Télagage par le sommet de l'arbre : c'est le 
seul moyen detager bien régulièrement les branches ; 
mais il est un motif plus sérieux, celui de la sécurité 
de l'élagueur. 

Un moment d'oubli de cette recommandation, cent 
fois renouvelée, a failli récemment amener un grand 



a l/ÉUGAGE CES ARBRES. 

malheur. Un excellent ouvrier terminait h taille 
d'un liétre, il ne lui restait plus qu'à raccourcir deux 
branches assez minces, mais très-longues (A et B 
fig. 28); il eut la mauvaise inspiration de couper 



d'abord la plus basse ; les rameaux de l'extréniité se 
trouvant encheïèti;éB, la branche B en tombant en- 
traîna la branche A, ([ui se brisa sous le poids de la 
première et, frappant l'ouvrier à la tête, lui fit lUie 



APPLICATION GENERALE DU SYSTÈME. AO 

grave blessure et le précipita d une hauteur de sept 
à huit mètres. 

Heureusement cette chute n*amena que des con- 
tusions^ mais le malheureux pouvait être victime de 
son imprudence. 

Bois exposés an trent de mer. — Dans certaines 
régions soufflent des vents dominants, surtout sur les 
bords delà mer; leur influence se fait même sentir à 
une grande distance des côtes. Le chêne les supporte 
assez difficilement ; quelques essences, telles que 
Torme et le hêtre, y résistent beaucoup mieux et 
servent d*abri aux autres espèces; aussi est-il d*usage 
en pareil cas délaisser, autour des bois, des bordures 
qu'on ne coupe jamais : les meilleures sont com* 
posées d'aubépine, de charme et de hêtre. L'épine 
garnit le pied; le charme et le hêtre atteignent une 
assez grande élévation et protègent la cime des arbres 

. voisins; mais à côté de ces avantages j. ces bordures, 
abandonnées à elles-mêmes, s'étendent dans la di- 
rection du bois (fig. 29) et l'empêchent de croître 
sur une zone assez large. 

De ce côté il y a lieu d'opérer le raccourcisse- 
ment des branches aux points indiqués sur la figure. 
L'équilibre est ainsi rétabli ; les arbres de bordure 

* n'en deviennent que plus vigoureux et ne gênent 



i 



5) L'ÉLAGAGE DES ARBrIST 

branche A, placée du côté du soleil et insuffisam- 
ment raccourcie, a pris un développement énornae ; la 
flèche et les autres branches ont été forcées de s'éten- 
dre en sens opposé pour chercher la lumière qui leur 
était interceptée par l'ombre de la branche A; Taplomb 
a été détruit et Tarbre s*est incliné ; il aurait suffi, 
pour éviter ce grave désordre, que la branche eût 
été raccourcie à la première fourche, au point B. 

Br Anches coupées rex-ttone. — La plupart 
des branches basses, raccourcies comme on l'a dit 
précédenmient, sont destinées à être supprimées 
au retour des coupes jusqu'à ce que l'arbre ait atteint 
les proportions voulues ; le nombre en est variable, 
puisqu'il dépend de la hauteur du sujet, de la qualité 
du sol, de l'aménagement du bois et de l'époque du 
premier élagage. Il faut toujours procéder avec une 
grande prudence, à moins qu'elles ne soient très- 
minces, auquel cas leur suppression est sans inconvé* 
nient; mais il n'en est pas de mênle si leur diamètre 
est plus fort. 

Nous fixerons donc, d'après M. dé Cdurvàl, à trdis 
au pliis le nombre des branches à couper rez-trônc, 
chàqile fois qu'elles atteignent une certaine grosseur ; 
si elles sont énormes, on devra se contenter de dëax, 
d'une seule même, qui, jointe à l'amputation obligée 



APPLICATION GËNËRALE DU SYSTËHE SS 

des branches mortes ou mourantes et des vieux chi- 
cots, déterminera sur le corps de l'arbre des plates 
qu'il importe de ne pas muitiplier sans nécessité. 

Toutes les fois qu'on est amené à retranclier une 
braache grosse 
et longue, il est 
indispensable de 
la couper en 
deux ou plu- 
sieurs fois, et 
de conserver un 
tronçon d'un 
màtre au moins. 
Cet te précaution 
aura pour ré- 
sultat d'obvier 
aux déchire- 
ments profonds 
ou à l'eiilèvE- 
ment de km- ' "~ 

1 1», fto. 31.— Danger auqueloni'eipD^e en cou- 

beaux d ecorce, pam d'une ssulc fois une hranche jrosM 

mais surtout de t^Z^i^:-- IX:X^^"^^4Z 
prévenir de gra- ^emmenl et retenant sut l'outrier. 
ves accidents presque inéviubles si la branche est 
abattue en une seule fois, car son extrémité en tora- 



SI l/ÉLAGAGË DES ARBnES. 

bant à terre fait souvent ressort, et , revenant siir l'ou- 
vrier, peut l'écraser ou tout au moins le renverser 
et briser son échelle (fig. 51 ). 

On sait que toutes les plaies faites le long du trône 
doivent être parfaitement nettes et aussi verticales 
que possible, conditions indispensables de prompte 
ckatrisatioo et de parfaite circulation de la sève. 

On commencera toujours la coupe par une en- 
taille en dessous (fig. 52) pour éviter les éclats. 
Quel que soit l'outil em- 
ployé, la hacbetle, la 



serpe ou la scie, l'ouvrier doit toujours terminer son 
opération en parant la plaie au moyen de la serpe 
qu'il prend à deux mains tenant le manche de l'une 
et l'extrémité de la lame de l'autre; il s'en sert 



APPLICATION GÉNÉRALE DU SYSTÈME. 55 

comme d'une plane pour enlever toutes les aspérités, 
de telle sorte qu*on ne puisse plus en sentir aucune 
en passant la main dessus. 

Panfieinent au coaltar. — L'élagage terminé, 
une couche de coaltar est appliquée au pinceau sur 
toutes les plaies situées le long du tronc ou de la 
flèche. Sur les branches on peut s*en dispenser, 
quoique cette pratique soit toujours avantageuse. 

On comprendra l'insistance avec laquelle nous 
recommandons tous ces soins minutieux en appa- 
rence, si Ton pense que c'est sur leur application 
que repose lout le succès de l'élagage, par consé- 
quent l'avenir des forêts ; car une coupe parfaitement 
nette et verticale — autant que la conformation de 
l'arbre le permet — se recouvre très-rapidement 
d'un bois sain et de droit fil, tandis qu'une plaie 
mal faite ne se recouvre jamais, pourrit les arbres 
jusqu'au cœur, ou tout au moins en altère sensible- 
ment la valeur. 

On objecte souvent que, même en admettant^ le 
recouvrement complet et sans carie, il n'y a jamais 
reprise de la section avec le bois de nouvelle forma- 
tion, qu'il reste par conséquent toujours un défaut 
qui nuit à la qualité de la marchandise. Sans 
doute, il n'existe pas de soudure; mais quand la 



;i6 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

coupe a été bien exécutée, la juxtaposition est par- 
faite, et on ne retrouve qu'une fente dont on ne doit 
pas s'exagérer les inconvénients (fig. 8), 

Ici je laisserai parler M. de Gourval : a Ua simple 
examen suffira, dit-il, pour démontrer qu'entre la 
surface coupée net et pansée au coaltar et les nou- 
velles fibres d'accroissement qui la recouvrent im- 
médiatement, il reste à peine un faible écartement 
ou fissure presque imperceptible et ayant beaucoup 
d'analogie avec les fentes ou gerçures naturelles 
provenant de la dessiccation, lesquelles se dévelop- 
pent sur de bien autres proprtions, sans rien ôter 
au bois d'œuvre, comme tout le monde le sait, de 
son élasticité, de sa force ou de sa souplesse, et sans 
qu'aucune partie appréciable du bois destiné à l'in- 
dustrie ait le moins du monde à en souffrir. » M. de 
Cour val est autorisé à tenir ce langage, car tout le 
monde a pu remarquer à l'exposition agricole de 
Paris en 1862, comme à l'exposition universelle de 
Londres en 1864, les nombreux exemples quil a 
soumis à l'appréciation du public. 

Les indications qui précèdent étant communes à 
tous les arbres, nous allons parcourir rapidement les 
quatre âges principaux que nous leur avons assignés 
et mentionner les soins particuliers à cliacun d'eux. 



ÉTUDE DES QUATRE AGES. 57 



CHAPITRE IV 

ÉTUDE DES QUATRE AGES DES ARBRES 

DE RÉSERVE 

Baliveau. — U est évident que, si les arbres sont 
conduits dès leur jeunesse comme on le fait dans 
les pépinières, ils profiteront d'autant plus ; un 
garde soigneux et dévoué pourra améliorer considé- 
rablement le bois confié à sa surveillance, en pra- 
tiquant chaque année, avec un sécateur ou une pe- 
tite serpe, les raccourcissements et les suppressions 
indiqués. La besogne de l'élagueur sera singulière- 
ment facilitée par cette préparation, mais celle-ci ne 
peut être exigée que le long des routes, et dans les 
endroits d'un accès commode; nous considérerons 
donc les arbres de réserve comme ayant été complè- 
tement abandonnés jusqu'au moment de l'élagage. 

Dans les bois exploités très-jeunes, de dix à quinze 
ans par exemple, les baliveaux sont souvent grêles, 
dépourvus de branches inférieures et exposés à s'in- 
cliner sous le poids du feuillage de leur cime. 



58 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

S'ils sont trop faibles pour supporter une échelle, 
on doit les abaisser avec "un crochet, pour décharger 
la tête en raccourcissant toutes les branches de ma- 
nière à les mettre bien en équilibre, et en laissant 
Tarbre garni, s'il se peut, à partir du tiers de sa 
hauteur. 

Si la llèche est morte, si elle n'est pas bien formée 
ou si elle penche à droite ou à gauche, il ne faut 
pas hésiter à la couper en ayant soin de redresser 
un rameau vigoureux pris à quelque distance au 
dessous d% la section, cinquante centimètres par 
exemple, plus ou moins, et maintenu en guise de 

tuteur par l'extrémité conservée, 
à laquelle on aura soin de laisser 
un ou deux rameaux d'appel qui 
serviront en même temps de liens 
pour fixer la flèche nouvelle 
(fig.34). 

Pour ces opérations on peut 

faire usage d'une petite échelle 

semblable à l'une des parties 

d'une échelle double, c'est-à-dire 

Fig. u. - Formation ^^^ë^ ^^ ^^s, étroite par le haut 

b^iituTdout^à '^ ^"PP^rtée par un montant. 

quinze ans. Si malgré tout, le baliveau n'a 





ÉTUDE DES QUATRE AGES. 59 

pas la force de demeurer bien d*aplomb , il est né- 
cessaire de le maintenir à Taide 
d'un étai fourchu et incliné, qu'on 
dispose du côté où l'arbre penche, 
en n'oubliant pas d'empêcher le 
frottement et de ménager l'écorce 
parle moyen d'un coussin d'herbe 
ou de mousse, ou mieux encore 
d'un tampon de paille (fig. 35). 
Sans doute, il serait excellent 
de mettre de bons tuteurs aux 
baliveaux trop faibles, mais dans p^g 35- _ B3,i^,,„ ^^ 
les bois ce n'est ffuère praticable. ^^^^ * ^"'"^^^ »"s 

, , . maintenu dans la 

Lorsque les taillis sont exploités direction verticale. 

moins jeunes, le baliveau est plus 

aisé à traiter : il peut supporter l'échelle, et il a 

moins de mauvaises chances contre lui. 

La branche verticale la plus d'aplomb sur le tronc 
servira toujours à constituer la flèche ; les branches 
trop longues, confuses, ou celles qui ont une mau- 
vaise direction, sont racc-ourcies de façon à donner à 
la tête de l'arbre la forme voulue, et très-allongée, 
qu'on se le rappelle, pour éviter Temportement des 
branches basses et aussi pour maintenir le centre de 
gravité (fig. 36). J'ajouterai, mais à titre d'indica- 



M L'ÉLAGAGB DES ARBRES. 

tion seulement, que, sur un baliveau de vingt aus, 
les raccourcissements se pratiquent en moyenne à un 
mètre de la tige, non compris les rameaux d*appel. 





Fi G. 56. — Baliveau de 
vingt ans. 



FiG. 57. — Formation de la flèche 
des baliveaux par le redressement 
d'une des branches. 



Dans les terrains médiocres, lorsque le sous-sol 
est imperméaljle, et sous l'influence d une foule 
d'autres circonstances, telles que la privation de lu- 
mière par suite de l'ombrage des arbres voisins, on 
rencontre des baliveaux dépourvus de flèche. Dans 
la plupart des cas on peut en constituer une en re- 
dressant une branche, soit à l'aide de harts assu- 
jetties à l'une des branches racourcies (fig. 57), soit 



ÉTUDE bES QUATRE AGES. 01 

plus simplement encore, en tordant une des branches 
autour de celle qu'on redresse (fig. 38). 





Fjo. 58. — Formation de la Ûèche 
des baliveaut par le redresse - 
meut d'une des branches. 



Fig. 39. — Baliveau de vingt 
ans mal venant. 



Cette flèche nouvelle prendra un développement 
remarquable et ne tardera pas dans la plupart des 
cas à changer l'aspect de l*arbre, qui en peu d*an- 
nées, de rabougti et cbétif (fig. 56) qu*il était, de- 
viendra droit et vigoureux. 

Si un baliveau est fourchu, dn doit raccoutcit* une 
des flèches et cdnsei'ver toujours celle qui est le mieux 
d'apldmb sut* le tronc j que ce sdit où non la plUs 



longue OU la plus forte. Un lien solide la maintient 

au besoiu dans la direction 
verticale (fig. 40). 

BalivcMix iadUnés. -* 

Avant répoque de Télagage, 
le forestier a souvent la dou- 
leur de voir ses pins beaux 
baliveaux inclinés jusqu'à 
terre. La chute des arbres 
voisins lors d^ la coupe ou le 
poids du feuillage de leur 
propre tête, dans le courant 
de Tété suivant, produisent 
"e Tes^ŒTu: également ce fâcheux résultat. 
baliveau double. Toutcs les fois quou le 

peut, il faut les redresser et 
les fixer à l'aide d'un fd de fer à un arbre voisin : 
à une branche et non pas au tronc, car l^fil de fer 
couperait l'écorce et pourrait faire périr un gros arbre 
pour en sauver un jeune. Pîir la même raison, le fil 
de fer doit être attaché à une branche et jamais à 
la tige du baliveau.» 

S'il est impossible de redresser ce dernier (fig. 41 ), 
il ne reste qu'un moyen pour éviter de le couper du 
pied, c'est de le rabattre à quelque distance de la 




AjmVVU U MUi3 VUAIKEI Ik M £!«• 



VU 



courbe occasiorméo pai* riiiclinaison de la tète, au point 




FiG. 4i. — Baliveau incliné. 



A jde cinquante centimètres à un mètre par exemple: 
et au-dessus d*un rameau C, ([ui, 
tout en empêchant le tronçon de 
périr, servira de lien pour main- 
tenir dans la direction verticale le 
rameau B, destiné à former une 
nouvelle flèche. 

Le tronc se relève, on le soutient 
à Taide. d'un étai fourchu et il ne 
tarde pas à reconstituer un très-b^ 
arbre (fig. 42). 

U faut d'autant moins négliger 
toutes ces pratiques, que nous avons 




Fie. 42. — Redres- 
semenl d'un bali- 
veau incliné. 



ei L*ÉLAGACE DES ARBHËS. 

insisté sur l'avantage d'augmenter le nombre des 
réserves dans les coupes. 

Dlfacalté de trouver dans les eonpes le 
nombre Yonlo de baliveaux. — Malheureuse- 
ment, il est un fait incontestable, c'est qu'il est 
souvent impossible de trouver une quantité suffisante 
de baliveaux, tandis qu'il est constant, d'après le té- 
moignage de tous les vieux bûcherons, qu'il y a cin- 
quante ans encore, on en rencontrait en abondance. 

A quoi attribuer cette disparition subite? On ne 
peut admettre un soudain appauvrissement du soL 

Cette rareté croissante des baliveaux de chêne ne 
serait-elle pas due à l'éloignement du bétail ? Serait^ 
il absurde de prétendre que le piétinement des bes- 
tiaul, admis au pacage dans les taillis défetisables, 
enterrait le gland à mie prdfondem- sufiisante,'lui 
donnait une fumure, le mettait en un mot dans des 
conditions éminemment favorables à la germination? 

Sans vouloir m'éloignei* de mon sujet de l'élagage, 
je livre cette simple observation aux honunes com- 
pétents. 

Ce qui est sûr encore, c'est qu'à l'heure qu'il est, 
lès baUveaux de chêne ne manquent pas dans les bois 
fréquentés par les cerfs, les sangHers et dans ceux 
où les porcs vont à la glandée. 



ÉTUDE DES QUATRE AGES. 65 

Tous les naturalistes sont d'accord sur raction in- 
cessante du règne animal dans la production des 
plantes de toute espèce, des insectes dans la-féconda- 
tion, des oiseaux dans les ensemencements et en 
particulier dans les ensemencements forestiers. 

L'homme, lorsqu'il prétend se faire conservateur, 
n'agit-il pas souvent dans un sens contraire au but 
qu'il se propose, en détruisant ou en éloignant aveu- 
glément de précieux et innocents agents de propa- 
gation? La grande question est d'agir avec une sage 
mesure. 

Baliveaux sur souche. — Quoi ({u'il en soit, le 
manque de baliveaux francs de pied force en maintes 
circonstances les forestiers à conserver des sujets 
qui ne sont que 
des brins de taillis 
sur souche. Ce mode 
est généralement 
réprouvé, mais il 
est souvent inévi- 
table pour atteindre 
le nombre voulu. Il 
y aurait alors tou- 
jours avantage à conserver plusieurs de ces brins de 
taillis sur la même souche au lieu d'un seul. 

5 




FiG. 43. — Baliveaux sur' souche. 



66 L'ÉLAGAGE DBS ARBRES. 

Supposons, par exemple, que le baliveau réservé se 
trouve au point A (fig. 43), le reste delà souche 
meurt, et le baliveau sera d'autant moins beau que, 
d'un côté au moins, celui de la souche, qui est censée 
lui fournir sa subsistance, son pied sera dépourvu 
de racines et bientôt ne reposera plus que sur du 
bois en décomposition. Si, au lieu de cela, ou con- 
serve deux ou plusieurs brins suivant la forme et 
l'étendue de la souche, toutes les racines de celle-ci 
continueront à fournir les aliments puisés dans le sol 
et chacun d'eux en sera plus vigoureux. 

Il ne faut donc pas hésiter, quand on manque de 
beaux baliveaux, à conserver des groupes de deux ou 
plusieurs brins sur des souches jeunes encore et 
placées dans de bonnes conditions. Chacun de ces 
brins prendra autant d'accroissement que s'il était 
seul, et non-seulement on trouvera ù, la coupe sul 
vante de superbes billes pour le chauffage, nmis si 
l'on veut les laisser encore sur pied^ on obtiendra 
souvent de magnifiques arbres jumeaux. Cet exemple 
est très-comnmft dans les anciennes futaies. Le 
charme, le châtaignier offrent sur ce point le même 
avantage que le chêne. 

Moderne. — On a vii que dans les bois amé- 
nagés à de courtes périodes, les soins à donner aux. 



ÉTUDE ftES QUATRE AGES. 67 

baliveaux smi parfois difficiles. Il n'en est pas de 
même du moderne. Celui-ci réclame toute l'atten- 
tion de rébgueur, comme le 
plus important, tout en étant le 
plus aisé à ti'aifer, car il est peu 
d* arbres de cette catégorie qui 
ne soient en état, sinon d'être 
redressés complètement , au 
moins d'être sensiblement amé- 
liorés, si on opère hardiment et 
udicieusement les suppressions 
et les raccourcissements néces- 
saires (fîg. 44). 

A la vérité, l'arbre ainsi 
traité paraîtra souvent un peu 
dénudé au premier abord, mais 
au bout d'un petit nombre d'an- 
nées sa tête aura repris un développement suffisant. 
Les branches basses, dont l'accroissement exagéré 
avait souvent empêché la bonne venue des autres 
branchesj étant suffisamment raccourcies, les coli- 
tx)nnes s'étagent Convenablemeilt. On peut encote 
dans la plupart des cas conserver ime flèche unique, 
ce qui est toujours préférable (fig. 45). 

Enfin la tête de l'arbre le plus défectueux pout-i-a 




Fi6* 44. — Moderne Je 
quarante ans. 



68 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

presque toujoui*s être ramenée â uii ensemble régu- 
lier. On évitera ainsi les accidents pour lui-même et il 






FiG. 45. — Moderne. — Suppres- 
sion d'une double flèche. 



FiG. . 46. — Mederne mal 
conformé. 



ne sera plus nuisible au taillis environnant (fig. 46). 
Ancien. — Il va sans dire que les arbres âgés 
exigent plus de ménagements que ceux qui jeunes 
encore peuvent être pour ainsi dire entièrement re- 
mis à neuf. Il n'est plus question de leur constituer 
une flèche ni de les faire grandir ; il ne s'agit donc 
que de bien régulariser leur tête en raccourcissant les 
branches trop longues, isolées ou pendantes qui dé- 
truiraient ré({uiHbre, pourraient déterminer la rou- 



ËTttDE DESQUATRE AGE3. C9 

lure, êlre brisées par les lents, le gi^re et les 
neiges, ou porter prËjndice à leurs alentours. 

On leur donne ainsi la forme voulue d'un ovoïde 
plus ou moins arrondi (fig. 47 et4S), en se rappelant 
que les branches basses doivent être les pins courtes, 
mais sans oublier que c'est particulièrement à cette 
catégorie d'arbres que s'applique la recommandation 
de ne pas tomber dans l'eicès conti'aire. Û faut donc 
tâcher de laisser 2 à 5 mètres de longuenr au moins, 



1 «nfiron, «luguéi pour U pi 



70 i,'iti.<kr.iGR DES *RBnes. 

aux troiH'wis con^rvcs au corps de l'arbre, d'autant 

plus que quelquefois ils sont dëpourvas de nmeaui 

d'appel. On se souviendra aussi que, sur le hêtre, 

ou Uû doit janiaiE pratiquer un raccourcissement 

qu'au delà d'une ou plusiSurs branches ou rameaux 

d'appel. 

On peut couper rez-tronc jusqu'à trois branches 
suitanl les nécessités, el s'il faut éviter l'excès des 
trop nombreuses plaies, il j a eocore plus d'inconvé- 
nient àtfonscfver des branches épuisées qui ne larde- 
raieut pas à mourir et produiraient ces cavités que 
nous voulons pr-dessus tout éviter. On ne manque- 
mit pourtant pas 
d'en accuser l'éla- 



— Lorsque i>rès 
d'nu arbre ancien 
se trouve une J4unc 
réserve destinée à te 
remplacer, il est 
important que les 
».«. 49. - Cheminées. branches du pre- 

mier ne viennent 
pas gêner sa croissance. Dans ce cas, il ne faut pas 



ÉTUDE DES QUATRE AGES. 11 

hésiter à pratiquer du côté du jeune arbre, des la- 
ccurtissements de brandies beaucoup plus rigoureux 
qu'on ne l'eût fait si l'ancien eût été isolé (fig, 49). 

M. de Courrai appelle cela faire des cheminées. 

ViBaLE ÉcoHCE. — Sf l'arbre sest trouvé dans 
de bonnes conditions, la longueur du tronc doit a\oir 
du tiers à la moitié 
de la hauteur to- 
tale . Les opérations 
à pratiquer diUè- 
rent peu de celles 
qui ODt été iodi- 
quées à l'âge pré- 
édent. On doit 
enlever soigneuse- 
ment tout le bois 
mort ou mourant, 
Uicttre à vif toutes 
les ancienne plaies 
qui ne sont pas re- . ,.„ _ 

couvertes et dont pr«iuier ilagage. 

ou verra le traite- 
ment plus loin. Ou y trouve souvent des trous dont 
un seul suffirait pour perdre l'arbre ; nous dirons 
également comment ou doit arrêter les progrès du 



71 L'ËLAGAGE DES ABDItES. 

mal. On raccourcit toutes les brandies trop longues, 
isolûcs ou nuisibles au taillis voisin. EnGn on peut 
encore, si on le juge utile, couper rez-trone une 
ou deux branches basses en se souvenant que cette 
Opéralion peut se faire sans aucun inconvénient 
et que le résullitt sera toujours de reporter la végé- 
tation vers la cime (fig. 50). 

On voit que, quel que soit l'âge d'un arbre, il a 
besoin du travail de l'élagueur. Des soins bien en- 
tendus proiongei'ont son existence et conservfuront 
toute sa valeur. 

Je citerai pour exemple un cbêne de 200 ans 



Fm.SI. — Portion dnltonc d'un Flli. 5!. — As| 
les mauvais «la gages. ifth le trait 



ÉTUDE DES QUATRE AGES. 1S 

environ, croissant sur une haie el qui avait soiifTert 
autant de rinoiiie cjue des mutilations dont il avait 
été l'objet. Sa tîge, dans la pariJe basse du moins, 
était parsemée de tronçons de branches desséchées 
{fig. 51) et de protubérances qui recouvraient des 
trous mais portiient des rejets vigoureux, tandis 
que la cime commençait à se couronner ; l'arbre 
était en pleine voie de décrépitude. 

Il n'a pas fallu sur un espace de quelques mètres 
faire moins de sept 
plaies de trente i 
soixante centimètres, 
snus compter celles 
de moindres dimen- 
sions (fig. 52). 

A la suite de ce 
traitement sévère, 
l'arbre devenu parlai- 
teraent sain a recou- 
vréune vigueur éton- 
iianle(fig.&5) ; la sève, 
n'étant plus entravée 

par toutes ces parties \^^i~^a^^,^.To^^o^'^ 
malades, a repris » ^i^'^ f^' '." ""' !j!î,' «! 
librement son cours ; tioni. 



U L'ÉLAGAGE DES ARBRBl 

]a tête a reverdi et les plaies se cicatrisent avec 
une grande rapidité. 

On ne peut liier que si cet arbre eût été aban- 
donné dans Tétat où il se trouvait, ou qu'on se fût 
contenté de rabattre, comme on Tavait fait jus- 
qu alors pour obtenir des fagots, les rejetjs survenus 
à Tempatement des branches antérieurement cou- 
pées ou mortes naturellement, Tarbre aurait c^i- 
tinué à dépérir, son corps se ^rait entièrement 
pourri et il n'eût plus été bon qu'à donner du bois 
de chauffage de médiocre qualité. 

Aux yeux de quelques persmmes, il semblera 
peut-être régner une contradiction entre la suppres* 
sion de plusieurs branches recommandée comme 
ayant pour résultat de raviver un chêne épuisé, et 
l'opinion émise au commencement de ce petit livre 
(p. 14) sur le rôle des feuilles dans la nutrition de 
l'arbre. Or, dit-on, l'élagage ne peut qu'être funeste, 
puisqu'en retranchant des branches vous détruisez 
par là même ces précieux organes foliacés dont elles 
sont les supports. Cette objection provient d'une 
erreur assez accréditée. 

On prétend quelquefois que la bonne végétation 
des arbres dépend du nombre de leurs feuilles. De 
leur nombre, non; de leur surface, c'est tout une 



ÉTUDE UES QUATRE AGES. - 75 

autre chose. Yojezce qui se passe Jouniellement dans 
les pé[Ânières ou dans les plantations : des plants 
provenant de semis, âgés de plusieurs années, porte- 
ront» si vous voulez/vingt ou trente feuilles : le jeune 
arbre est gros comme un tuyau de plume et ne profite 
pas; coupez-le du pied au printemps, vous aurez en 
cinq mois un scion magnifique, gros comme le doigt 
et ne portant que huit à dix feuilles d'une dimension 
supérieure; le nombre sera moindre, la surface 
plus grande. Voilà ce que produit Télagage, dont 
plusieurs opérations universellement pratiquées sont 
cx)nnues sous le ncmi parfaitement exact de rajeu- 
nissement. Que Ton veuille bien se rappeler d'ail- 
leurs notre insistance pour la conservation, à Tex- 
trémité des branches, de ramifications destinées à 
développer de grandes quantités de feuilles; pour 
la disposition, par étages, des branches «qui ne se 
nuiront plus leS'Unes aux autres et offriront une im- 
mense surface d'absorption ; on verra alors que cette 
prétendue contradiction n'existe pas. 

Des très-vieux arbres. — '• Au point de vue du 
produit, il est clair qu'on doit à chaque coupe 
abattre les arbres qui ont cessé d'augmenter de va- 
leur. Loin de nous cependant la pensée de blâmer 
la conservation dans les forêts de quelques chênes 



76 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

âgés de plusieurs siècles. Au contraire, on est lien- 
reux de rencontrer à un carrefour, sur une lisière, 
un de ces respectables vétérans qui ont abrité nos 
aïeux. Ils méritent d'autant plus de soins qu'ils de- 
viennent cbaque jour plus rares, mais ils ne sont 
plus considérés comme valeur commerciale; nous 
n'avons donc pas à nous en occuper ici, nous en di- 
rons quelques mots à l'article des arbres isolés. 



CHAPITRE V 

TnAITEMENT DES ANCIENNES PLAIES NATURELLES OU 
ACCIDENTELLES — ÉMONDAGE DES REJETS 



Des écorchares, plaies andeiiBes, ulcères, 
goattières, e(«. — Toutes les fois qu'il existe sur le 
corps des arbres quelques plaies, écorchures ou soulè- 
vements d'écorce occasionnés par le frottement des 
voitures ou par toute autre cause, il faut mettre la 
blessure à vif jusqu'à l'endroit où l'écorce est bien en 
végétation et adhérente à l'aubier, car, une fois sou- 
levée, l'écorce ne se recolle jamais. Quelques personnes 
soigneuses essayent bien parfois de la fîxer au tronc de 



TRAITEMENT DES ANCIENNES l'LAlES, 17 

l'arbre avec des clous ou par d'autres procédés, soit 
dans l'espoir d'une reprise sans exemple, soit pour 
conserver à l'aubier l'abri de son vêtement naturel ; 
nialheureusemeut ces prêcautionsontun résultat tout 
opposé à celui qu'on en avait attendu ; la sève qui se 
trouve dans l'écorce et dans le bois attire par sa dé- 
composition des milliers d'insectçs, lesquels y trou- 
vent un excellent abri et une nourriture succulente, 
s'y mnltiplient et activent la carie de l'arbre. 

En pareil cas, il faut enlever toute la portion 
d'écorce décollée, en donnant 
H la plaie une forme bien régu- 
lière, surtout par en bas; car 
ou sait déjii que si on laissait 
une portion d'écorce A (fig. 54) 
même adhérente au^tronc, 
sans communication avec les 
feuiUes, elle ne tarderait pas à 
se dessécher puis à pourrir. — 
On applique alors le pansement 
au coaltar. 

L'eiomple que nous citons 
se rencontre fréquemment sur y^^ g, 

les vieux arbres des promenades 
de Paris, notamment sur l'csplaiiude des Invalides 



78 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

OÙ les soins que nous recommandons ici ont été pra- 
tiqués récemment • et de la manièi-e la plus safis- 
faisante. 

Sonlèirements d*écorce bcni apparents. -« 

Il est essentiel de visiter altentivement le pied des 
arbres, srurtout lorsqu'ils commencent a \ieillir; 
•n trouve souvent là des causes de mort et on est 
tout étonné de reconnaître que de larges portions, 
d ecorce sont détachées du tronc sans que rien 1 m* 
dique, si ce n*est le son creux rendu en frappant avec 
le -dos de la serpe. Non-seulement la circulation de 
la sève n'a plus lieu, mais tuie foule d'insectes et de 
larves y ont fixé leur séjour et travaillent à la des- 
truction de l'arbre. 11 fout enlever avec soin Jusqu'au 
vif toutes les parties d'écorces mortes, au risque de 
faire des plaies énormes, ef par une bonne applica- 
tion de coaltar aller poui'suivre jusque dans leur 
demeure tous ces ennemis cachés. Le travail répa- 
rateur commence immédiatement, et dans .un temps 
donné ces plaies peuvent êtte entièrement recou- 
vertes. 

On doit également apporter une grande sollicitude 
aux meurtrissures causées par la chute d'arbres voi . 

* Fin de 1865. 



TRAITEMENT DES ANCIENNES PLAIES. 79 

sins. Souvent elles ne sont pas apparentes, même 
après plusieurs années, et on ne peut reconnaître 
leur présence que par le moyen indiqué ci-dessus, 
c'est-àr-dire le son creux rendu en frappant avec le 
dos de la serpe ; les soins sont les mêmes. 

Troas daos le corps des arbres. — Quelque^ 
fois le mal est encore plus avancé et il se trouve, dans 
le corps des arbres, des trous causés par la décom- 
position de branches mortes, brisées ou élaguées 
d'après les systèmes dont on connaît les tristes ré- 
sultats. Dans l'obligation de conserver de tels arbres, 
car le choix n'appartient pas à Vélagueur, s'il ne 
peut avoir la prétention de guérir le mal existant, 
il lui est aisé d'en arrêter les progrès et il ne doit 
pas hésiter a le faire. Après avoir mis bien à vif les 
bords du trou en enlevant avec soin toute la portion 
d'écorce qui rentre à l'intérieur, il enlève les parties 
décomposées, où se trouvent toujours des légions 
d'insectes, de vers, de larves, etc. On épuise du 
mieux que l'on peut l'eau qui peut s'y trouver, l'in- 
térieur est enduit de coaltar et on bouche hermé- 
tiquement l'ouverture avec un tampon de cœur de 
chêne bien sec, qu'on fait entrer de force avec le dos 
de la hachette ; puis la partie extérieure de ce tampon 
est bien parée, comme s'il s'agissait d'une branche 



HU L'ELAGAGË DES AUBRES. 

coupée. Si la cavité est trop vaste, elle est bouchée 
avec un morceau de planche ou de^ madrier de chêne, 
de manière à affleurer exactement la plaie; onap- 
pli({ue alors le coaltar, le Iwurrelet se reforme par- 
dessus et recouvre parfaitement. 

Cette opération qui a la plus grande analogie, s 
l'on veut bien me pardonner la comparaison, avec ' 
celle que pratiquent les dentistes sous le nom de 
plombage, a donc pour résultat d'arrêter radicale- 
ment les progrès de la carie. Les influences exté- 
rieures n'agissant plus, les causes de destruction 
étant écartées, l'arbre cesse de se détériorer. 

¥ole-t-on le marchand de bois? — Le seul 
inconvénient de ces pansements est que, par suite du" 
recouvrement complet, il n'est plus possible de dis- 
tinguer parmi les arbres sains celui qui, à l'intérieur, 
possède un défaut. Quelques personnes d'une délica- 
tesse exagérée, selon moi, pourraient objecter que ce 
procédé est une supercherie au détriment du mar- 
chand de bois. 

Tout en respectant leurs scrupules, je me conten- 
terai de ne pas partager leur opinion et de dire que 
quand même, dans une coupe traitée d'après mes 
conseils, il se trouverait un petit nombre d'arbres 
ainsi restaurés, il n'en serait pas moins vrai que 



THAITEMKNT DES A.NCIENNKS fLAlES. Kl 

l'enseralile du lot serait dix fois, cent fois plus saiu 
que dans toute aiili-e condition quelconque ; il n'y a 
donc pas de ruison pour laisser empirer un mal 
qu'on peut si aisément arrêter. 

La figure 55 indique ce qui se passe eu pareil cas. 
On voit d'un colé la 
plaie bouchée : de nou- 
velles couches de bois 
sain et de droit fil se 
sont formées par-dessus, 
la circulation de la sève 
5e fait régulièrement et 
l'arbre a recouvré la 
santé. A câtc de cela 
jetez les yeuv sur la 

plaie abandonnée. A l'é- Fic. 5Ô. — Ttou ancien ponsé et 

poque de la coupe sni; BnrdTiw^rfoi'n «i d^iirali ni' 
vante, elle semble à la — '-» ™*'»e P'»'» uhandonnfe 

.... ,■ - . el poriani lamie au ™ur d« 

vente pre-querelermcea l'orhre. 
l'extérieur, et il est sou- 
vent très-difficile de s'en rendre compte tant que 
I arbre est sur pied ; cependant la carie a fait de 
funestes ravages, t'bnmidité pénétrant incessamment 
par les fibres longitudinales a atteint le cœur de 
l'arbre; et une portion du lionc, Innpue souTcut 



S2 I/Él,\r.A(;K DES ARDUES. 

d'un mètre, a complétenioiit perdu sa valeur à l'en- 
droit où l'arbie en a davantage. Si l'on compare 
la très-réelle perte éprouvée dans cette circonstance 
par le marchand de bois ou l'acquéreur de l'arbre 
avec ce qui se passe dans Taulre cas, on cessera de 
dire qu'on le vole en -bouchant les trous résultant 
de l'abandon ou depraliques vicieuses. 

Plaies occasionnées par les éclats de bran- 
ches. — Tout ce qu on vient de dire s'applique 
également aux larges blessures causées par l'éclat 
des branches brisées par les vents ou toute autre 
cause (fig. 4) . Le traitement est absolument le mène 
et se rapporte aux lignes qui précèdent. 

Ici se terminent les opérations proprement dites 
de l'élagage. Une dernière reste à traiter et ce n'est 
pas la moins importante. 

Émondas^e des rejets. — Dès le printemps qui 
suit l'élagage, plus tôt même si l'opération a été faite 
pendant que les arbres étaient en sève, on voit pa- 
raître le long des troncs, et particulièrement vers la 
partie inférieure de la section des branches, une 
quantité de rejets plus ou moins abondante, mais 
éminemment variable : tels arbres en ayant beau- 
coup, d'autres un petit nombre, sans que souvent on 
puisse bien se rendre compte de la cause de ces dif- 



ÉMON0AGE DES REJETS. 8S 

lerences. On ne peut pas attribuer leur formation uni- 
quement à Télagage, puisqu'ils se montrent aussi sur 
les arbres non élagués. 11 est clair cependant qu'il 
existe un certain rapport entre le développement 
des rejet» et la proportion des branches coupées ; 
c'est pour ne pas multiplier les premiers que nous 
avons recommandé une grande prudence dans la 
suppression des branches. 

L'enlèvement de ces rejets est in- 
dispensable et se fait très-facilement au 
moyen d'un petit émondoir (fig. 56) 
désigné quelquefois sous le nom de 
houlette. Cet instrument fort léger 
peut être employé par un enfant. La 
lame est très-coupante, agit de bas en 
haut, c'est-à-dire dans le sens des fibres 
pour éviter les déchirements; le petit 
crochet arrondi par son extrémité est 
également très-œupânt et sert à en- 
lever ceux des rejets que la lame n'a 
pas fait tomber. On peut aussi employer 
le croissant, moins aisé à manier, mais 
qui peut servir au besoin à raccourcir 
quelques branches basses et minces, aux baliveaux 
par exemple. 




Fig. TS. 
Émondoir. 



i 



M L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

Voici comment je conseille de pratiquer cet émon* 
dage : lorsque la seconde pousse (sève d*Août) est 
bien développée, mais que les jeunes rejets sont en- 
core tendres , c'esl-à-dire en Août ou Septembre, un 
ouvrier Tnuni de deux émondoirs emmanchés sur 
des gaules très-légères et longues de trois et cinq 
mètres, portant une serpe suspendue à sofi crochet 
(fig. \ 9), commenceà abattreavec cette dernière tous 
les rejets qui sont à sa portée, soit jusqu'à la hau- 
teur de 2 mètres 50 environ ; avec lun des émon; 
doirs, il enlève ceux qui se trouvent de 5 à 5 mètres; 
c'est ce travail qui peut être parfaitement fait par 
un enfant. 

Ii*autre émondoir sert à laire. tomber les rejets 
qui croissent plus haut ; les dimensions indiquées 
pour la longueur des manches suffisent généralement 
pour les arbres de hauteur ordinaire. Si Ion avait 
affaire à des arbres plus élevés, on serait obligé 
d'employer des échelles, le travail deviendrait plus 
long et plus coûteux, mais ce ne serait pas une^i^i- 
son pour le négliger. 11 ne faut pas néanmoins s'exa- 
gérer rinconvénient de Texistence de quelques ra- 
meaux à la partie supérieure du tronc des grands 
arbres. Leur situation dans le voisinage des grosses 
branches et Tombrage auquel ils sont soumis pré- 




ÉMONDAGE DES REJETS. • S5 

Viennent un développement préjudiciable à Ja cime. 

On enlève les rejets jnsqu a la naissance des pre- . 
mières branches, excepté à ceux 
des baliveaux de premier âge sur 
lesquels elles ne commencent qu'au 
dessus du tiers ou environ de la 
hauteur. Comme il est nécessaire 
pour r£(|>lomb et le grossissement 
de l'arbre que le tronc soit garni de 
végétation à partir de cette éléva- 
tion, s'il manqué de branches, on 
laissera quelques rejets qui main- 
tiendront la s^vp ^fio- ^7V '''^'- ^'- ■*" ^"*^**. 
uenaront la se>e ^ng. o / j . ^^^j^i^ dequelques 

On peut, si l'on veut, pratiquer la rejets sur un ba- 

* . . '^ ^ . liveau dépourvu 

suppression des rejets en deux fois, de branches. 
Il faut alors s'y prendre vers la 
première quinzaine de juillet et enlever tous ceux 
qui sont à hauteur d'homme ou sur la moitié infé- 
rieure du tronc; les autres tirent la séve, favorisent 
la cicatrisation des premières plaies et sont rabattus 
en Septembre. 

L'opération de l'émondage est indispensable, elle 
se fait très-rapidement et n'entraîne dans les cir- 
constances ordinaires que des frais minimes. Elle 
doit être renbuvelée chaque année tant qu'il se 



SD LiCljAU.lUCiVEiOAnDnCiS. 

montre des rejets, c'est-à-dire pendant deux ou trois 
ans, quatre au plus, si l'élagage a été bien fait. 



CHAPITRE VI 

ÉPOQDE DE L'ÉLAGAGE — CHOIX DES ÉLAGUEUBS - 
PRIX DE REVIENT — DO COALTAR 

Époque de l'élagag^e. — Les travaux d*élagage 
que nous venons de passer en revue doivent se faire 
pendant l'année qui suit celle de l'exploitation ; 
cependant on pourrait les exécuter durant la se- 
conde, la troisième ou même la quatrième année, 
et nous engageons les forestiers, en pareil cas, à s'y 
livrer sans délai, à condition, toutefois, de ne pas 
laisser les branches séjourner sur les taillis. De 
toute façon, l'enlèvement ne doit jamais avoir 
lieu qu'à bras, jusqu'au chemin le plus proche ou 
jusqu'au bord de la coupe en exploitation. 

En admettant qu'on nuise légèrement au taillis de 
de trois à quatre ans, le dommage est si minime et si 
largement compensé qu'on ne doit pas s'en préoccu- 
per. En effet, le taillis ne pousse guère sous les chênes 



ÉPOQUE DE L'ÉLAGAGE. 87 

à brandies longues et basses, dont la chute pourrait 
être funeste, et les branches des jeunes arbres n'ont 
pas assez de poids pour causer aucun tort apprécia- 
ble. Il faut néanmoins éviter d'exécuter ces élagages 
tardifs pendant que le bois est en sève, car il en ré- 
sulterait alors un véritable préjudice pour le taillis. 
Saison de Vélwkgwige. — La meilleure saison de 
Télagaglfe est sans contredit l'automne, les jours sont 
encore beaux et longs, la nature entre en repos et la 
végétation ne subit aucun trouble par le fait des 
opérations, les jeunes brins de taillis commencent 
à se durcir et ne souffrent pas d'être un peu foulés. 
L'hiver, les jours sont courts et souvent trop mauvais 

m 

pour qu'on puisse facilement monter sur les arbres. 

Au prinlemps, l'emploi du coaltar empêche, du 
monis en partie, l'écoulement de sévc qui pourrait 
peut-être en cette saison causer un préjudice que je 
ne veux pas nier, tout en n'y attachant jas d'impor- 
tance. Pour m'appuyer sur un exemple vulgaire, je 
citerai la vigne dont les pleurs ne semblen t pas altérer , 
la végétation. Tout le monde sait encore que le recé- 
page du bois, au printemps, au moment où la sève 
monte et se répand en abondance, est celui qui pro- 
duit les jets les plus vigoureux. 

En été, le travail est moins facile à cause de l'épais- 



m L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

seur du feuillage, les fagots se vendent moins bien 
et on fait un peu plus de tort au taillis. 

Pour résumer, je dirai que pour les arbres Tépoque 
de Tannée est indifférente, l'essentiel est d'élaguer; 
mais je conseille, en règle générale pour les bois éten- 
dus, de le faire depuis l'automne jusqu'au printemps, 
de septembre à juin. A part quelques contrées mon- 
tagneuses,. on peut généralement en France élaguer 
pendant tout l'hiver; il n'y a qu'un petit nombre de 
jours où ce travail soit impossible : ce sont ceux de 
neige, de gi'ande pluie, de verglas ou de forte gelée. 
8aufceux-là, le temps peut toujours s'employer utile- 
ment. Le matin, quajid les branches seraient glis- 
santes, les ouvriers restent sur les échelles, rabattent 
les chicots, bois morts, etc., qui demandent toujours 
beaucoup de temps ; puis, par un beau rayon de soleil 
et par une journée calme, on façonne la cime des 
arbres. 

Quand j'ai dit plus haut (p. 42) qu'on devait 
toujours commencer par le sommet, j'ai entendu 
parler de la taille de la tète des arbres ; pour ce qui 
est des branches basses et de la façon à donner au 
tronc, il est entièrement indifférent de faire cette 
besogne avant ou après. 

Choix des éiag^ucurs. — Ces travaux ne doivent 



ÉPOQUE DE L'ÉLAGA(n:. SO 

pas être confiés au premier venu; il faut avoir des 
hommes forts, hardis, lestes, raaissuiloiitpitidents*, 
et pour peu qu'ils aient de bonne volonté, il leur suf- 
fira de quelques jours pour être parfaitement au 
courant. J'en ai pour ma part de continuels exem- 
ples : je parle d'hommes complètement étrangers 
aux. travaux des bois, car les bûcherons, se croyant 
fort habiles, et accoutumés à travailler sans contrôle, 
font souvent toutes espèces de difficultés. « On a 
des exigences impossibles, les serpes sont trop lour- 
des, etc. » Us ne cherchent qu'à mettre des entraves 
et terminent la plupart du temps par cet argument 
sans réplique : « Cela ne se fait pas. » Si cela se fai- 
sait, nos recommandations seraient très-inutiles. 

En présence de ce mauvais vouloir, qui heureuse- 
ment ne se rencontre pas toujours, il n'y a qu'un 
parti à prendre, laisser les bûcherons se complaire 
dans leur importance et leur ornière, et se souvenir 
que le premier dénicheur de nids peut faire un ex- 
cellent élagueur. 

Si j'avais à choisir, je prendrais des hommes sor- 
tant du service militaire, par conséquent à la fleur de 

* Toute» les fois qu'un homme est sujet aii vertige, quoi 
que soit d*aiUeurs son courage, on ne doit pas l'employer à 
ce métier, qui deviendrait dangereux pour lui. 



90 L'ELAGAGE DES AIIBRES. 

l'âge, habitués à l'obéissance, sortis de la routine du 
pays; il vaudrait toujours mieux un homme ayant 
déjà manié la hache ou- la serpe, mais, j*y reviens à 
dessein, tout homme de bonne volonté sera en état 
de se tirer d'affaire au bout de quelques jours ; il 
prendra bientôt aussi T habitude de travailler des 
deux mains lorsque les circonstances F exigeront. 

iStalaire des élagueurs. — L*élagage ne peut en 
aucun cas être exécuté à la tâche, encore moins peut- 
on le payer par Tabandon de tout ou partie du bois 
abattu. Il faut donc absolument payer les ouvriers à 
la journée, et il y a li^u, en outre, de leur accorder 
le bois mort, ce qui leur constitue un petit bénéfice 
et les encourage à ne pas en laisser sur les arbres ^ 

Le prix des journées, variable suivant les localités 
et l'habileté des ouvriers, doit toujours être pour les 
élagueurs un peu supérieur à celui des journaliers 
ordinaires. Un très-bon arrangement consiste à les 
employer à l'année, en les laissant disposer du temps 

* Cet iibandon du bois morl n'est pas sans inconvénients; 
quelques ouvriers indélicats profitent de cette autorisation 
pour faire provision de bois vert. Ici comme partout il faut 
de la surveillance it une répression salutaire, c'est-à-dire 
expulsion immédiate de tout homme pris en flagrant délit 
de vol; mais il ne me parait pas juste de faire supporter aux 
bons ouvriers la peine de quelques hommes malhouncles qui, 
grâce à Dieu, seront toujours des exceptions. 



ÉPOQUE DE L'ÉLAGAGE. 91 

de la fauchaisoii et de la moisson, c'est-à-dire de juin 
à septembre, pendant lequel ils trouvent à gagner de 
plus fortes journées que celles auxquelles il3 peuvent 
raisonnablement prétendre pour les travaux des bois. 
Cette saison, on l'a vu, est d'ailleurs la plus défavo- 
rable pour les grandes exploitations en raison de la 
moindre valeur des fagots; c'est en même temps 
celle où les bois ont le moins besoin de surveillanC/C. 

Prix de revient. — Dans les bois où se trouvent 
des arbres de tout âge, la dépense de l'élagage, en 
rémunérant convenablement les ouvriers, doit être 
largement couverte par le produit des branches 
coupées ^ Ce produit consiste en bois de corde, bois 
à charbon d'une qualité très-supérieure, et fagots. 

Naturellement, il n'en est plus de même dans les 
bois dépourvus de haute futaie où l'on n'agit que 
sur des sujets demandai^tà peu près le même temps 
et ne rapportant presque rien. 

Mais il est, dit-on, des contrées où; par suite du 
manque absolu de voies de communication, les fa- 
gots n'ont aucune valeur, les taillis couvrent à peine 
les frais d'exploitation, et où, par conséquent, notre 

* L'élagage donne même souvent de noUibles bénéfices; 
mais, comme il ne doit être pratiqué uniquement qu'en vue 
de ramélioration, il est inutile de taire entrer ces bénéfices 
en ligne de compte. 



î>2 l/ÉLAGAGE DES ÂUUHES. 

système est inapplicable coiimie étant trop onéreux. 

Tout en croyant qu'il y a peut-être de l'exagération 
dans cette i)einture, ma réponse est que, malgré 
tout, il faut essayer; car le produit de ces bois si 
défavorablement situés, — j'avoue qu'en France je 
n'en connais guère de semblables, excepté dans les 
montagnes, — ne peut consister que dans ^d haute 
futaie. On doit donc, même au prix de quelques sa- 
ciifices, en augmenter la valeur et la quantité. D'ail- 
leurs, on établit chaque aimée des routes, des canaux 
et des chemins de fer, les moyens de transport no 
manqueront pas toujours ; enfin l'écorce de chêne, 
qui sert à préparer les cuirs, et qui dans beaucoup 
de localités a été négligée jusqu'ici, prend une très- 
grande valeur, et sera toujours un objet de première 
nécessité, un produit important que son peu de jwids 
permettra de transporter aisément. 

On a été jusqu'ici trop enclin à considérer les bois 
comme une propriété d'un rendement méJiocre, mais 
ayant l'avantage de donner une moyenne assez régu- 
lière et de n'exiger aucune dépense. 

Ce point de vue n'est plus acceptable aujourd'hui : 
la division de la propriété impose l'obligation d'en 
tirer tout le parti possible, et la terre, qu'elle porte 
des forêts ou des moissons, ne donne rien pour rien, 



ÉPOQUE DE L'ÉLAGAGE. 03 

tandis qu'elle se montrera toujours généreuse et f6> 
ronde envers ceux qui la travaillent avec intelli- 
gence et persévérance. 

Une autre objection, aussi dénuée de fondement, 
est celle qui consistée prétendre que cette méthode, 
exceHente pour des bois de peu d'étendue, est inap- 
plicable aux forets, notamment à celles de TÉtat, en 
j*aison du nombreux personnel qu'elle exigerait. 

Des essais très sérieux et parfaitement concluants 
sur des forêts occupant une superficie considérable, 
l'exemple de M. de Courval qui soumet à œ régime 
plus de deux mille hectares sur le seul domaine de Pi- 
non, celui des bois du prince de Ligne, à Belœil,.en 
Belgique ^ et tant d'autres, seraient une réponse vic- 
torieuse et prouveraient assez que l'opposition découle 
d'une cause plus grave, l'amour-propre qui se refuse 
à reconnaître qu'on s'est égaré dans une mauvaise 
vpie jusqu'à ce jour. 

Des i^ardes-élag^iiears. — 11 serait peut-être 
x)pportun d'appeler, à cette occasion, l'attention des 

* Les forêts du prince de Ligne contiennei^ les plus beaux 
arbres qu'on puisée voir : elles sont traitées depuis longtemps 
d'aprèsuneniL'thode qui doit avoir été le point de départ de celle 
de M. de Courval, et qui a été exposée par M. Hotlon dans un 
ouvrage fort recommandable. -^ Manuel de VélaçueuT. Paris, 
Jluzard, 1899 



94 L'ÉLAGAGBDES ARBRES. 

administrateurs et des propriétaires sur une modi- 
fication à introduire dans la situation et dans les 
attributions des gardes forestiers. 

Ceux-ci, en effet, reçwvent souvent, et notam- 
ment chez les particuliers, un salaire instiffisant» 
quoique, dans bien des cas^ snpériear aux services 
qu*ils rendent, services qui se bornent, pour la phi- 
parl du temps, à une surveillance plus ou moins ré- 
gulière; en sorte qu'on est trop fréquemment réduit 
à prendre pour gardes des hommes qui n*ayant pas 
la force ou le courage de faire de bons ouvriers, se 
contentent d*une position qui leur assure tant bien 
que mal une existence médiocre mais oisive. Les uns 
se font braconniers, les autres, par une tolérance cou- 
pable, deviennent les complices de toutes les dépré- 
dations commises par les voisins des bois qu'ils ont 
la mission de garder. 

Dieu merci, cet état de choses n'est pas générjj, 
mais il n'est que trop commun et tient à une mau- 
vaise organisation, à laquelle il est facile de remé- 
dier grâce à l'élagage. 

N'y aurait-il pas lieu, en de nombreuses circon- 
stances, de prendre pour gardes, desélagueurs qu'on 
payerait un peu plus cher, à la vérité, mais dont le 
travail indemniserait, et au delà, les propriétaires 



ÉPOnUE DE L'ÉI.AGAGE. 95 

de leurs sacrifices? L'obligation de se trouver tou- 
jours dans le voisinage des parties en exploitation 
constituerait pour les propriétaires la meilleure ga- 
rantie de surveillance, sans compter que le sommet 
d*un chêne est un excellent poste d'observation. 

Les journaliers ambitionneraient la place dé gardes 
élagueurs, parmi lesquels pourraient, du moins en 
partie, se recruter les gardes en pied. On aurait ainsi 
des hommes spéciaux parfaitement au courant des 
travaux des bois, leur situation serait anaéliorée, les 
forêts et les propriétaires en tireraient de sérient 
avantages. Jusqu'ici il n'est question que de* grandes 
propriétés ; ces avantages seraient encore bien plus 
sensibles pour des bois de médiocre étendue. Là, p^ir 
exemple, où le garde est pajé 200 franco pour ne 
rien faire, n'aurait-on j»s un très-grand bénéfice à 
en donner 500 à un homme qui augmenterait la va- 
leur du bois et vendrait pour 400 francs ou plus de 
fagots et de bois de corde ? 

t/élskgtkgm tfott-il se pratiquer partout? — 
On aura un véritable intérêt à appliquer Télagage 
dans tous fes terrains, à toutes les expositions, sur 
toutes k» espèces de bois. Cette utilité deviendra 
d'autant plus universelle que les procédés conserva- 
teurs, étant selon toute probabilité destinés à recevoir 



98 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

une sorte de cautérisation immédiate et suffit pour 
préserver de la carie les parties entamées par Téta- 
gage ou par un accident. L'odeur du coaltar écarte 
les insectes, et son adhérence c(»nplète les empêche 
de pénétrer dans le bois. 

L'habile direction des plantations de la Tille de 
Paris vient enfin, après une longue résistance et des 
essais aussi coûteux qu'infructueux, de constater, eft - 
adoptant l'emploi général du coaltar, la supériorité 
de ce produit sur les autres préparations, ainsi qu'on 
peut le voir sur les vieux arbres des promenades de 
Paris et notamment sur l'esplanade des Invalides. 

Ineonvéniento des otÊguetÊâm et mastics 
ployés Jos^n'A ce JiNir. — Depuis longtemps 
on s'était préoccupé des moyens de guérir les plaies 
faites aux arbres, accidentellement ou par la main 
de l'homme. Le remède vulgairement préconisé de 
temps immémorial était l'onguent de Saint-Fiacre, 
mélange de terre et de bouse de vaclie. Il est inutile 
d'insister sur son peu d'efficacité. On eut ensuite 
recours aux divers mastics employée pour la greffe 
et qui ont toujours pour base la résine,^ cire et la 
graisse. Outre les difficultés du pansement, — ces 
mastics devant le plus souvent être appliqués à 
chaud, — et leur prix étant excessif, il y avait 



POQUE DE L'ÉLAtiAGE. 99 

presque toujours impossibilité de réussite. Aussitôt 
que le travail de recouvrement se faisait par la 
formation du bourrelet de nouveau bois, Fenduit 
était soulevé tout d'une pièce ou peu à peu, suivant 
son degré de dureté, et laissait la place à nu, tout en 
offrant un akri à de nombreux insectes; tous ces 
soins demeuraient donc encore sans résultat. 

Depuis longtemps, M. de Courval avait préconisé 
l'emploi du coaltar; ce n*est qu'ai 1863 que j'ai été 
témoin à' Paris de Tapplication en grand que j'ai 
signalée plus haut. 

Sur les plaies de moyenne étendne,. un seul pan- 
sement suffit; mais lorsqu'elles ont des dimensions 
extraordinaires, ce serait une très-bonne précaution 
que de passer une nouvelle couche au bout de quel- 
ques années; un garde soigneux ne manquera 
jamais de le faire dans les bois qui lui sont confiés^ 

Effet du coaltar sur l'orme. — L'effet du 
coaltar sur l'orme n'est pas aussi absolument ré- 
gulier que sur les autres arbres forestiers, chêne, 
frêne, sycomore, hêtre, charme, etc. Sur tous ceux- 
ci, l'application d'une couche donne inunédiatement 
une grande dureté à la plaie qui conserve souvent 
des reflets presque métalliques. Sur l'orme, l'adhé- 
rence n'est pas toujours aussi complète, il se pro^ 



100 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

duil parfois, quoique exceptioniieliemçnt, ^es bour- 
souflures comme celles qu'on remarque lorsqu'on 
applique de la peinture sur des murailles hunudes; 
en même temps il s'établit un suintement d'eau 
rousse et fétide. En pareil cas, je ne connais qa'uae 
chose à faire, c est d'y revenir au bout de quelque 
temps, de gratter les parties de coaltar non adhé» 
rentes et d'en appliquer une nouvelle couche. 

11 est bon d'observer que ces épancbements de 
sève extravasée et décomposée sont fréquents cbea 
TormC) même sans qu'aucune opération. les ait pro- 
voqués. En pareille circonstance, une forte entaille, 
pratiquée à la base de la partie malade, détermine un 
écoulement abondant) et iVpplicatiotl réitérée du 
coaltar amène souvent la guérison. tue pratique 
semblable sur des chênes attaqués de gelivure donne 
également d excellents résultats. 

. finàilloi dû coaltar poar préserver les plan- 
tétions dé la dent des anluMux» — Le GOàltar 
pourrait être d'un excellent emploi pour préserver 
les plantations de la dent du gibier, des animaux 
domestiques, tels que le mouton et la chèvre, et 
aussi pour défendre dans les pays d'élevage les jeu* 
nés arbres* contre la morsure des chevaux, qui s at- 
taquent de préférence à certaiiies espèces, ndtam- 



ÉPOQUE DE L*ÉLAGAGE. 1(H 

niifnt àrorttie et au peuplier, et prennent un malin 
plaisir à enlever entièrement Técôrce, ce qui ne 
manque t>as de'tuer les arbres. J'ai quelquefois 
obtenu dans ces circonstances un excellent effet de 
Tapplication du coaltar ; d'autres fois des arbres ont 
péri, en sorte que je ne puis le recommander sans 
une extrême réserve. Outre le danger d'asphyxie 
qui existe pour l'arbre ainsi traité, on ne doit pas 
oublier que le coaltar contient un acide puissant qui 
peut quelquefois décomposer la sève. 

Usagée da coaltar pour le« arbres fruitier». 
— C'est pour cette même raison que l'application 
du coaltar île doit être pratiquée qu'avec une extrême 
précaution pour la cicatrisation des plaies sur les ar- 
bres 'fruitiers à nbyau, sur lé prunier par exemple. 
J'ai plusieurs fois remarqué que Técorce de ces ar- 
bres paraissait avoir été altérée par le contact du 
coaltar, tandis cfne je n'ai jamais constaté un résul- 
tat semblable sur les arbres à pépins; pour ceux-ci, 
je puis donc affirmer qu'on peut l'employer sans 
crainte. 

'■' De ces recommandations ilne faut pas conclure 
que je proscris l'usage du coaltar sur les^ pruniers 
pas plus que sur les brmes : au contraire, je ne con- 
nais fas de substance qui puisse le remplacer pour 



102 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

la conservation du bois et la giiérison des grandes 
plaies; mais, quand on a affaire à de jeunes pruniers, 
il faut éviter de les barbouiller grossièrement, d'en 
enduire le tronc au hasard ou de le laisser couler 
négligemment sur Técorce; c'est alors qu'on serait 
exposé à produire des chancres. Plus un remède est 
actif, plus il exige de circonspection; 



CHAPITRE VII 

ÉLAGAGR DES TAILLIS ET DES FUTAIES PLEINES. 
— ARBRES ÉPARS — TÊTARDS 

Ëlai^ai^e des taillis. — Des sindls. — Lorsque 
les bois sont aménagés à long terme, au delà de vingt 
ans, par exemple, on trouvera toujours du profit 
à faire vers le milieu de la révolution des éclaircies 
ou jardinages, qui consistent à la fois à retran- 
cher les faux bois, les brins des cépées les moins 
vigoureux, ceux qui pendent ou s'étiolent et n'arri- 
veraient pas à l'époque de l'exploitation, et à élaguer 
les brins conservés. Ceux-ci profitent d'autant et for- 
ment ce qu'on appelle ordinairement Un gaulis ou 
perchis. Quelques propriétaires sont dans l'usage de 



DES TAILUS ET FUTAIES PLEINES. 103 

pratiquer des éclaircies sur les bois aménagés même 
à 12 ou 14 ans. Cette excellente opération ne peut 
qu'être trS-favorable. 

Plus Télagage est soigneusement fait, mieux cela 
vaut; cependant, comme ces gaulis ne produisent or- 
dinairement que des bois à brûler, ils n'exigent pas 
tous les soins prescrits pour ceux destinés à Tindustrie. 

timgm§;e des finteies pleines. — Les bois des- 
tinés à constituer les futaies pleines provieiment 
presque toujours de semis naturels ou artificiels. Les 
forestiers procèdent par éclaircies en retranchant seu- 
lement les pieds les moins vigoureux, et conservent 
tous ceux dont le feuillage contribue à projeter sur le 
sol une ombre épaisse ; il en résulte que les arbres 
s'élancent pour rechercher la lumière indispensa- 
ble à leur végétation, que les branches basses ainsi 
ombragées périssent à peine formées «I ne laissent 
pas de plaies au corps des arbres, en sorte que Féla- 
gage se fait de lui-même. 

Telle est du moins la théorie ; mais en réalité les 
choses ne se passent pas tout à fait ainsi : un certain 
nombre de branches basses résistent plus ou moins 
longtemps. Les plus vigoureuses atteignent la cime 
de la futaie en prenant un développement prodigieux 
et forment des redaiis qui diminuent considérable- 



104 ' L*ÉLAGAGE DES ARBRES. 

ment la valeur de la pièce principale . Les autres 
meui^eot peu à peu, après avoir atteint des dimen- 
sions suffisantes pour porter la carie Êbl ixear de 
Tarbre (fig. 5 et 12). De là, nécessité d'appliquer 
l'élagage aux futaies pleines, absotunidntde même 
qu*au\ futaies sur taillis. 

Hé* arbr«i de martee. — Les lignes qui j^é- 
codeiit laisseront pont-être dans quelques esprits la 
pensée que, même en admettant l'utilité de mes pra»- 
tiques pour les bois destinés aux usages of difiaires, 
j'ai eu tort de parfer de la mariné, puisque ce service 
recherche par-dessus tout les pièces bourbes, et que 
c'est principalement à leur production que Vôn doit 
s'attacher en vue de ses besoins. 

« Vous ne créez, pourrait-on me dire, que des 
arbres parfaitement droits, taudis qu'il nous iiiut des 
pièces courhts; loin de procurer une ressource nou- 
velle, vous détruisez les arbres les plus précieux. » 

Dieu me garde de lien détruire ! Je ne prétends que 
favoriser le développement de tous les arbres, de 
façon à leur* donner les plus fortes dimensions pos- 
sibles tout en étant parfaitement sains; et je crois que 
parmi les branches latérales que j'engage à suppri- 
mer, il est rare d'en trouver à l'intérieur des futaies 
qui atteignent ces dimensions exigées. D'ailleurs j'a- 



DES TAILLIS ET FUTAIES PLEINES. 105 

voue humblement mon incompétence pour traitera 
fond ies questions spéciales à ce service exceptionnel. 

La marine aecepte et paye fort cher les beaux bois 
droits ; leur production abondante serait donc déjà 
un avantage pour elle. Quant aux caurbaniSy si je ne 
me trompa, on a laissé jusqu'ici au hasard le soin de 
les fournir ; on lésa trouvés presque toujours sur les 
lisières, où les chênes, gênés par l'ombrage de leurs 
voisins, avaient été forcés d'aller chercher la lu- 
mière en dehors de leur aplomb: 

A défaut des forêts qui dispsffaissent^' le moyen 
d'obtenir ces arbres précieux serait dé conserver 
«dans les meilleuis sols quelques bouquets de futaies 
où les chênes de lisière se trouveraient placés dans ces 
mêmes conditions, el prendraient une direction plus 
ou moins inclinée. Les prairies, les haies, lé^ \mcs 
seraient les endroits les plus favorables, car un ex- 
cellent sol est la première condition, et oh voit qu'il 
est impossible d'en obtenir un grand noinbre à la fois. 

Les soins que nous avons recommandés auront 
pour résultat (Sertain d'activer' la croissance et 
d'augmenter la valeur des arbres ainsi cultivés. Nous 
avons montré à les conduire, on pourra donc les di- 
riger de façon à leur donner les formes qu'on voudra. 

Des Urfllls transformés en fatale. — 11 faut un 



103 L*ÉLAGAGE DES ARBRES, 

siècle pour former une futaie régulière, deux au moins 
pour l'amener à sa valeur. Aujourd'hui, peu de per- 
sonnes ont assez de confiance dans Tavenir pour entrer 
prendre de pareilles créations. Parmi ceux qui possè- 
dent encore des futaies, beaucoup les détruisent ; si 
d'autres les respectent, ils ont quelquefois lieu de pen- 
ser que leurs héritiers n'en feront pas autant. Pour 
les remplacer, nous conseillons aux propriétaires de 
bois de choisir dans un bon sol un petit espace de 
taillis à exploiter, et au lieu de faire la coupe comme 
à l'ordinaire, d'y pratiquer une simple éclaircie en 
élaguant avec soin tous les brins cpuservés. On éprou- 
vera sans doute alors une diminution de rendement, 
mais, si l'on veut recommencer l'opération vers le 
milieu de la période régulière d'exploitation, soit au 
bout de 1 ans si on coupe à 20, ou de 1 5 si on coupe 
à 30, on pourra déjà retirer une portion des bali- 
veaux et faire en même temps une coupe de taillis. 
Après un semblable nombre d'années» on recom- 
mencera et le sol ne sera pas loin d'avoir rendu ce 
qu'on en aurait tiré par l'aménagQment ordinaire, 
sans compter qu'il restera sur pied des arbres pour 
une valeur importante. On aura alors une véritable 
futaie où l'on pourra remarquer que les brins venus 
sur souche ne le cèdent souvenj en rien pour la vi- 



DES TAILLIS ET FUTAIES PLEINES. 107 

gueur et la beauté à ceux qui sont francs de pied . 11 n*y 
a pas une seule futaie ancienne où Ton ne puisse re- 
marquer des groupes de 2, 5, 5et même 7 chênes, ve- 
nus incontestablement sur des souches, et présentant 
des dimensions aussi satisfaisantes que les arbres isolés. 

Des arbres épars erolssaitt dans les prai- 
ries, pAtares, landes, iiales, ete. — Tout ce 
qui a été dit sur lés massifs forestiers s'applique 
également aux arbres isolés ou épars, croissant sur 
les haies ou le$ fossés, dans les landes et pâtures, 
sur la limite des héritages, etc. Selon leur âge et leur 
grosseur, ils seront traités comme appartenant à 
lune des catégories que nous avons énumérées : ba- 
liveaux, modernes ou anciens. 

Nous ne saurions trop insister sur ce que ces arbres, 
les plus abandonnés de tous, sont ceu^^ qni peuvent 
acquérir le plus de valeur et former une immense 
richesse pour l'avenir. 

Le voisinage des terres en culture leur apporte 
quelques engrais, la facilité de pouvoir s'en occuper 
quand on veut, donne un grand avantage pour leur 
direction ; nous conseillons de les élaguer tous les 
cinq ou six ans, ce qui favorisera leur développe- 
ment tout en fournissant assez de bois pour couvrir 
largement les frais du trayail, qui ne doit dans au- 



108 L'ÉLAGAGE BBS ARBRES. 

eun cas être abandonné ft la discrétion dii'fermter, 
dont loi i[ilérèts sont trop en désaccord avec iXax du 
propriétaire, (ju'on lui donne le bois provenant de l'é- 
. lagage, soit, mais après l'avoir fait coiiperpai' des ou- 
vriers spéciaux. Ony retrouvera toujours son avantage. 
CoNMTiatloit de* Irtfc-vleax «rbr«a. — Gfl ren- 
contre encore quelquefois, dans doâ parcs mt nilleurt, 
detrès-vieuiartJTCsqui ne peuvent plus acquérir de 
valeur, étant arrivés à leur période de décrépitude. 
Ces lu'bres méritent d'autant plus nos respects et 
nos soins qu'ils deviennent plus rares, 'et qii'tm 
traitement intelligent peut les conserver pour de 
longues années. Lé i etrauciienient, le long dii tronc, 
' de tous les vieux- ddcots 
et du bois mort, a pour 
effet, nori-seulemènl d'em- 
pêcher " la pourriture, 
mais de les raviversraisi- 
blement, car ces maladies 
entravent le mouvement 
de la sËvc, tandis que des 
opérations bien nettes dé- 
terminent immédiatemmit 

Fis. 58. — Plaie de 30 cenli- la formation d'uil boiS 
mèirei, Me sur uo chêne • , i ,■ „ 

dérrfpil. !• annje. ' "OUVCaU dont M USSU COm- 



DES ÎRÉLS-VIEUi ARBRES. m 

posé 4ô fibres et de vaisseaux d*un [dus large calibre 
activera coasidérableinent la circulation des sucs 
nourxiciers (%. 58). • » - 

C'est là ce qui explique le fait très-^aisé à expéri* 
menter, quoique peu vraisemblable au preœier abord, 
d*un vieux diéue languissant, cojmplétement rendu à 
la vie par suite de huit ou dix piaiess énormes faites 
sur son tronc (fig. 55). Voilà pourquoi je proscris 
les branches mortes e| les chicots sur le tronc des 
arbres conservés même exclusivement au point de 
vue de l'agrément. Au bout des branches,' j'ad- 
mets que ces grandi bras dépouillés produisent un 
effet pittoresque ; là, du moins, ils sont loin de pré* 
sentcr les mêmes inconvénients. 

Souvent le^ arbres dont nous parlons sont creux 
et contiennent même une grande quantité d'eau; 
iblaut tâcher de les vider ; quand on ne réussit pas 
autrement, un trou pratiqué avec une tarière 
à la partie inférieure de la cavité amène le drai- 
nage de ces cloaques que l'on remplit de moel- 
lons ou dé fragments de briques^ le tout recouvert 
d*une cduchfe de bon hiortierou mieux ehcot-e dé 
ciment. On cite en Normandie des pdmmièrs aiîlsi 
traités il y a plusieurs siècles et se trouvant encore 
en très-b(tai état. 



110 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

GemDyeii a ékéausâ employé, mais assez généra- 
fement sans succès, sur qurfin n s ma onaes à 
Paris. H. de Courval remarque justement quMHi 
avait «u le tort d'employer le plâtre, qui absorbe 
trop aisément l'humidité. 

Pour bien réussir, l'enduit doit affleurer exacte- 
ment la plaie mise à vif. Celle-ci pansée au coaltar 
entrera immédiatement en voie de cicatrisation et 
pourra, suivant ses dimensions, arriver dans un temps 
plus ou moins long à un recouvrement com[4et. 

Si la cavité n'est pas parfaitement remplie, les 
pics, que toutes nos opérations contrarient, ne tar- 
dent pas à venir travailler dans l'espoir d'habiter 
une si belle demeure. Leur instinct nous est d'ailleurs 
fort utile en ce qu'ils nous indiquent les arbres atta- 
qués. Au forestier de les abattre ou de les guérir. 

On aura soin de visiter le pied des arbres comofe 
il a été dit. Quelquefois, malheureusement, des pâtres 
ou des enfants s'amusent à allumer du feu au pied des 
arbres, sans se douter qu'il kur suifira de peu d'in- 
stants pour altérer profondément une des plus belles 
créations, l'œuvre des siècles. Quand le mal est fait, 
il faut s'assurer de sa gravité, et toutes les fois que 
Faction de la chaleur a été assez forte pour décompo- 
ser les tissus, on n'hésite pas ù enlever l'écorcc sur 



i 



r 



ËTËTAGi: DES ARBRES COURONNÉS. 111 

l'étendue attaquée, ea respectant tout ce qui est 
iotact et spécialement les parties qui peuvent mettre 
les racines en communicfition avec les feuille, car B 
est le vériUbie nœud de la vie. — Lepmsement au 
coaltar est alors appliqué. 

ÈtéUaamt des ark«a eonronBéa. — Quand 
arrive la denribc période du la décrépitude, ce ne 
sont fias seulement quelques brandies qui meu- 
taA, mais la cime tout entière; les branches 
fiasses conservent encore de la vie, mais l'arbre 
est usé, On dit alors qu'il est couronné (fig. 59), 



On sait que toutes les prties mortes ou mouran- 
tes doivent être reb^nchées. Naturell^ent ce 



ite L'élagage des arbres. 

principe s'applique aux branches supérieures; 
c'est le seul moyen de prolonger l'existence de ces 
arbres. Il faut donc raccourcir toutes les brancties 
dont l'extrémité est morte, mais à quelque distance 
au dessous du point où elles cessent de montrer de 
la végétation, ainsi qu'on le voit sur la fig, 59; on 
obtient ainsi des tronçons plus ou moins longs et d'un 
aspect fort disgracieux, j'en conviens, mais qui ne 
tarderont pas â développer des rameaux ti*tine cer- . 
toine vigueur tendant le plus souvent à se rapprocher 
de la direction verticale. Après un petit nombre 
d'années, l'arbre reprend une physionomie tolérable, 
et peut durer encore longtemps. 

Cette opération, usitée dans plusieurs localités pour 
Tàjexmir les vieux pommiers ou poiriers cultivés 
dans les champs, réussit fort bien et prolonge l'exis- 
tence d'arbres souvent difficiles à remplacer; On ett 
trouve également de nonibreux exemples sur les 
ormes des anciens boulevards à Patis ; elfe y a près- 
Ijue toujours donné des résultats satisfaisants. 

En agissant de mêriie Sur les futaies épuisées, on 
Obtient un succès égal; 

D^s tétardii. — J'ai parlé en commençant 
(p. 25) de l'utilité. des têtards pour fournir de me- 
nus bois Je chauffage propres aux usages domesti- 



DES TÊTARDS. 113 

ques dans les campagnes. Ces arlires modestes 
peuvent en outre offrir des ressources impoitaiites 
dans la production des bois d'industrie. Quelques-uns 
sont fort recherchés à cause de leurs nœuds et de 
leur dureté, mais la plupart du temps, ils ne sont 
pas sains, ce qui lient au peu de précautions prises 
lors de leur écimage, en sorte que la plaie principale 
n'ayant pu se guérir a amené la carie du tronc tout 
entier. Le moyen d'éviter cette perte serait, au lien 
d'enlever la tête d'un seid coup par une section en A 
(fig. 60), comme (hi le fait liabituellement (fig. 61), 



- T,H»rJ éeitni suiva 



d'opérer sur des ramifications, en laissant plusieurs 
ino^<Hit sur chacun desquels se développeraient 



114 l.'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

un certain nombre de branches secondaires qui 
feraient l'objet des coupes périodiques habituelles. 
Ceci n*est praticable que sur des arbres mal con- 
formés. Ce sont eux qui doivent toujours être choisis 
pour cette destination. 

De la sorte, au lieu de se pourrir, ainsi que cela a 
lieu le plus souvent (fig. 61), le tronc conserverait 
une valeur qui n'est pas à dédaigner. 

Les arbres les plus communément soumis à ce 
traitement sont le chêne, le frêne, l'orme, l'érable, 
le peuplier, le charme. Je ne parle pas du saule, 
dont le tronc est sans valeur ; le peuplier au contraire 
fournit, dans certains endroits, des madriers noueux, 
ronceux, avec lesquels on fabrique de très-beaux 
meubles. 

Dans quelques contrées montagneuses, tous les 
arbres sont à l'état de têtards ; est-ce pour éviter que 
leurs cimes soient brisées par les neiges et les vents 
ou plutôt pour éloigner le taillis de la dent des trou- 
peaux? Je l'ignore, toujours est-il que faute de 
mieux, le têtard offre de grands avantages. 

ResUHiratioii des têtards. — Il peut souvent 
arriver que pour embellir le paysage ou dans le but 
d'obtenir des arbres de valeur, on veut remplacer 
les têtards par des arbres de haute futaie. 



RESTtURiTION DES TËTIRDS. IIS 

Il faut bien se garder d« Ifti abattre; et, pour 
peu que le têlaid ne soit pas épuisé, rien n"est 
plus aisé que d'opérer cette transiiMtnation. Si 
les branches ont quelques années d'âge, on sup- 
prime toutes celles qui sont inclinées pour n'en 
conserver que qudqoes-uiles ayunt la direction 
verticale. Le nombre 
à garder yarie sui- 
l'ant la forme la 
grosseur du tronc, 
la régie à observer 
tant que la circu- 
lation ne soit pas 
interrompue ; quel- 
ques-unes sont rac- 
courcies suivant les 
besoins pour donner 

aux plaies qu'on a eu Fie. 6i. ~ Tèiard nwuurf. 

soin de panser au 

coaltar le temps de se cicatriser. Au bout de 
quelques années, on enlève les branches raccour- 
cies; celles qui ont été ménagées acquièrent un 
grand développement (tî^. €3), et à )a vue de ce 
chêne il est souvent diflicile de soupçonner ce qu'il 
liit jadis. Le lètard restauré devient un bel arbre; 



116 L'ÉLAGAGE DES ARBBES. 

daiis maintes circonstances on peut même arriver à 
ne lui conseryer qu'une seule tige. 

Je ne saurais assez m'élever contre la légèreté 
avec lac[uelle on abat sans la moindre nécessité des 
arbres sous prétexte qu'ils sont laids, et avec l'inten- 
tion de les remplacer. Sans doute, on a raison de 
planter, mais on ne se rend pas assez compte de la 
difficulté de la reprise, de la convenance du sol et 
enfin du temps nécessaire à la croissance des planta- 
tions; en sorte qu'après de grands travaux et «des 
dépenses énormes, on finit par ne plus rieii avoir, 
tandis qu'il aurait suffi de quelques soins pour obte- 
nir des arbres assez beaux et toujours en harmonie 
avec le paysage qui les entoure. Nous méprisons 
trop nos essences naturelles et forestières , et nous 
leur substituons la plupart du temps avec un en- 
gouement, irréfléchi, des arbres étrangers qui sont 
loin de les valoir *. 

Malheureusement, il arrive souvent que des entre- 



* Je liens beaucoup à ce qu'on ne se méprenne pas sur le 
, sens de mes paroles : loin de proscrire l'introduction des arbres 
exotiques, je suis persuadé qu'il y a là, pourvu qu'on agisse 
avec discernement, une source féconde de profit et d'em« 
bellisseroent. Je ne m'élève que contre les tendances des- 
tructives. 



DES BOIS BLANCS. 117 

preneurs de jardins poussent dans cette voie que 
ques propriétaires novices encore. 

Est-ce rinfluence de la mode? Je ne sais. Toujours 
est-il que de notre temps on a dévasté de magnifi - 
ques parcs qu'on ne remplacera jamais. Combien de 
belles plantations forestières n'a-t-on pas sacrifiées 
sous prétexte de faire des jardins anglais ! C'était 
une bien grande calomnie pour nos voisins, qui non- 
seulement ne détruisent pas leurs chênes mais les 
respectent selon moi d une façon exagérée, puis- 
qu'ils n'osent même pas prolonger leur existence et 
considèrent, si j'en crois des personnes bien infor- 
mées, tout élagage comme une sorte de sacrilège. 



CHAPITRE VIII 

DES BOIS BLANCS 



On donne le nom de bois blancs par opposition 
à celui de Ijois durs, tels que le chêne, l'orme, le 
frêne, aux essences dont la fibre est moins compacte, 
et qui présenient moins de densité et de résistance. 

Us àont par là même plus aisés à travailler et sont 



iti L'ÉLAGAGC 0KS AftBkES. 

rechei'chés pour une foiile d*usages. La rapidité de: 
leur croissance, triple ou quadruple' de celle de^ pre-* 
miers; les rend en maintes circonstances plus avan- 
tageux à cultiver. Les uns sont à feuilles caduques' 
comme les peupliers, les bouleauif, les lilkfuki; lés' 
autres, à feuilles persistantes, comprennent la-plU'-' 
part des résineux ou conifères. ' ' 

Les règles générales de l'élagage sônt^a^^Nquables^ 
aux premiers comme aux seconds, nous dirons seu^ 
lement quelques lïiotsdes peupliers et des conifères.- 

Des peupliers. — Les peupliers, giâce à leur 
prompte croissance et à Texcellente qualité de leur' 
bois, forment un groupe du plus haut intérêt. Pour 
eux, Futilité de Télagage n'est pas contestée, leur 
conduite est exactement la même que celle des autres 
arbres ; ils croissent dans presque tous les terrains, 
mais ont besoin d*un sol meuble et frais pour attein- 
dre leur perfection. Aussi réussissent-ils admirable 
ment dans les vallées et le long des fossés d'assai- 
nissement. La terre provenant du curage de ces 
fossés, pourvu qu'elle ne soit pas déposée en trop 
grande quantité à la fois, amène par suite de leur 
remarquable faculté de bouturage, rémission de 
jeunes racines qui forment de nouvelles couronnes, 
et les font profiter d'une abondante liourrittire dans 



DES BOIS BLANCS. 119 

des conditions qui pour d'autres détermineraient 
quelquefois Tasphpie. 

Qùdques-uns arrivent à des dimensions colossales; 
le plus beau, sans contredit, est le peuplier blanc 
connu vulgairement sous le nom de grisard ou blanc 
de Hollande ; il est en même temps le plus précieux 
par la qualité dé son bois, ce qui lui a valu le surnom 
de cbêne des bois blancs. 

La grande vigueur des peupliers fait qu'on peut 
sans inconvénient allonger leur tronc dans une pro- 
portion qui augmente de beaucoup la partie indus- 
trielle, c'est-à-dire de la moilié aux deux tiers de la 
hauteur totale. Le développement de leurs branches, 
joint au peu de résistance du bois, rend les raccour- 
cissements particulièrement indispensables, sous 
peine de voit* les vents et le givre en briser une 
partie, et occasionner des pertes énormes. 

Une variété, le peuplier d'Italie, est peut-être le 
seul arbre qui demande à être conduit suivant l'an- 
cienne méthode dite élagage en tête, laquelle con- 
siste à supprimer, périodiquement et à des époques 
rapprochées, toutes les branches à Texception d'un 
bouquet réservé au sommet. Le tronc de l'arbre 
ainsi traité prend une forme à peu près cylindrique 
et se prolonge beaucoup plus que si les branches de 



1M L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

la moitié supérieure étaient respectées. En effet, 
toutes les branches de ce peuplier prennent une di- 
rection verticale, deviennent par conséquent presque 
aussi grosses que le tronc et lui enlèvent sa valeur 
à partir de ces divisions ; ainsi, un peuplier d'Italie 
haut de 20 mètres naurait qu'un tronc de 10 à 12 
mètres s'il était élagué d'après les indications précé- 
demment formulées, tandis qu'élagué en tête, il con- 
serve jusqu'à 15 mètres et au delà, un diamètre 
qui le rend propre à l'industrie. 

En revanche, cette variété n'acquiert tout son 
aspect majestueux qu'à la condition de ne pas être 
élaguée ou du moins d'être abandomiée à elle-même, 
avant d'être arrivée au terme de sa croissance. 

Des arbres résineux on eoalfères. -— Ces ar- 
bres, qui croissent habituellement en massifs, com* 
posent de fort belles forêts de pins ou sapins et sont 
une des ressources les plus précieuses pour les re- 
boisements, tant à cause de leur facilité à se produire 
par la voie des semis faits sur place, que par leur 
action sur le sol qu'ils préparent à recevoir les es- 
sences dures et le chêne eu particulier. Des deux 
opérations auxquelles se résume l'élagage, la coupe 
rez-(ronc et le raccourcissement des branches, la 
deuxième n'est généralement pas nécessaire sur les 



DES CONIFÈRES. Itl 

sapins dont la forme naturelle est élancée et pyra- 
midale. 

il suffit donc pour ces espèces de supprimer les 
branches mortes ou mourantes. 

Il n en est pas de même des pins qui, lorsqu'ils ne 
sont pas pressés les uns contre les autres, dévelop- 
jpent souvent des branches énormes au détriment de 
la longueur et de la beauté de leur tronc, seule par- 
tie ay^t une valeur sérieuse. Pour ceux-ci, le rac- 
courcissement des branches s'opère absolument 
comme nous Tavons indiqué pour les essences feuil- 
lues, c'est-à-dire vers les deux tiers ou la moitié de 
la longueur, mais toujours au delà des branches secon- 
daires ; cette dernière condition est encore bien plus 
rigoureuse que pour les arbres à feuilles caduques, 
car un tronçon, dépourvu de branches ou de rameaux 
d'appel, serait infailliblement condamné à périr. 

Par ces procédés, on ramène Tarbre à la forme 
qu'il aurait dû avoir dans les circonstances normales; 
le tronc s'allonge, grossit d'une façon régulière et 
acquiert un prix élevé. Tout le monde connaît le rôle 
important des bois résineux pour les constructions 
civiles, navales, et pour les mâts en particulier. 

A mesure que l'arbre avance en âge, les branches 
basses meurent et se dessèchent, la résine qui les 



m L'ÉLAGAGË DES ABBBËS. 

imprègne les empêche de pourrir; mais la partie 
morte, se trouvant enveloppée dans le nouveau bois, 
forme des nœuds qui interrompent les fibres longi- 
tudinales, et par là même nuisent à la végétation 
de l'arbre, à sa solidité comme charpente, et pro- 
duîsent des trous dans les planches ou madriers 
qu'on en tiré lors de la mise en œuvre. 

Ces défauts sont faciles à éviter par la coupe rez- 
tronc "des branches "mortes ou mourantes ; Tapplic^- 
tion d'une couche de coaltar a l'avantage d'empêcher 
l'écoulement de la résine, ou du moins de le diminuer 
considérablemerit. 

Le chîcotage, tout en ayant lâmoins d'inconvénients 
que sur les arbres à feuilles caduques, n'en est pas 
moins une mauvaise opération, car il faut toujours 
finir par rabattre les chicots après uii petit nombre 
d'années ; quelques personnes ont adopté ce mode 
pour éviter la déperdition de la résine. Dans tous les 
cas la coupe rez-tronc doit avoir lieu dès l'année sui- 
vante, ce qui augmente considérablement la main 
d'œuvre et ne doit, par conséquent, jamais s'appli- 
quer aux bois d'une certaine étendue. 

Lorsqu'on néglige d'enlever ces chicots dépourvus 
de vie, il se forme à leur base des bourrelets de 
nouveau bois (fig. 63) qui ont Tinconvénient de 



ABBBES D'AllC?(EJIENT. m 

rendre le tronc noueux, etjsi on veut les stipprinier 
afirËs quelques années, 
{(' occasionner des plbieS 
d'un diamètre double ou 
triple de ce qu'elles au- ' 
l'aient dô être ^ la coupe 
reï-tronc èù( êtépratiquée 
tout d'abord. 
l'usage d'élaguer les 

pihs' est fort répandu en Fio. es. — Bfandiei de pin 

France, mais on l'esagère i«iii*«i i chieoi- 

généralement en ne lais- 
sant qu'un nombre insuflisanl de couronnes, ce qui 
nuit à leur développement eu grosseur. Tant que les 
bronches sont bien portantes, t'élagage ne doit les 
reiAonter que jiisqii'à k moitié on tout au plus jns- 
qu'aux Aeu\ tiers de leur hauteur. 



CHAPITRE IX 



Arteea d'dlgBeBoeiit. — ' Par ce mol, j'enteuds 
ïee plantations régulières qui bordent les routes, 



124 L'ÉLAGAGE DBS ARBRES. 

avenues, canaux, promenades, etc., mais je ne 
prétends pas m'occuper des formes de fantaisie et 
de caprice, me reportant toujours aux formes 
naturelles. 

Au reste, il y a peu de choses à ajouter à tout ce 
quia été dit, car, suivant leur âge et leurs dimen- 
sions, ces arbres rentrent dans Tune des catégories 
sous lesquelles les arbres forestiers ont été rangés. 

Arbres des i^randes routes. — Tout le monde 
a été frappé du navrant spectacle que présentent, le 
long des anciennes grandes routes^ ces malheureux 
arbres, ormes pour la plupart, qui semblent se tordre 
et implorer la pitié des passants. 

IjO génie de Henri IV et de Louis XIV avait voulu 
en faire un ornement et une richesse pour la France; 
les mutilations dont ils ont été les victimes les ont 
rendus un objet de répulsion, et tandis que de beaux 
arbres embellissent toujours un paysage, quelque 
triste qu'il soit d*ailUurs, ces malheureux contrefaits, 
couverts d'une végétation maigre et hérissée, n*ont 
servi qu'à donner à notre pays un aspect de misère 
et de désolation ^ 

* Cet aspect est moins sensible pour les étrangers depuis 
que les chemins de fer ont fait abandonner ces voies désoiées 
et montrent le pays avec sa véritable physionomie. 



ARBRES D'ALIGNEMENT. 125 



Tout cela est pourtant le résultat d*une mauvaise 
direction. Certaines routes du Nord, où ce travail est 
habilement conduit, en Flandre notamment, offrent 
de superbes avenues qui procurent de beaux om- 
brages, en même temps qu'elles ont acquis une 
grande valeur due non moins à des soins intelligents 
qu'à la bonne qualité dU sol. 

On n'a pas lieu d'être surpris des tristes résultats 
que nous avons journellement sous les yeux, si l'on 
se reporte à Tétat des forêts ; on doit même convenir 
que, quelle que soit la science des ingénieurs, leurs 
études n'ont pas les lois de la végétation pur objet 
spécial. Il serait même peut-être injuste de pré- 
tendre que d'autres eussent mieux réussi. 

Ici encore, l'unique ressource est dans un bon 
élagage, et la plupart de ces arbres peuvent être en 
un petit nombre d'années sensiblement améliorés. 

Voici comment on doit s'y prendre : on sait qu'on 
peut sans inconvénient retrancher trois ou quatre 
branches ; sur les arbres qui nous occupent, c'est par 
centaines qu'on peut souvent compter les rejets plus 
ou moins vigoureux qui se sont développés. Il faut 
cx)uper rez-tronc toutes ces branches parasites sur une 
hauteur de deux à trois mètres, selon leur nombre, 
leur grosseur, et suivant qu'elles sont plus ou moins 



1Î6 l'ëligage des arbres. 

espacées, le re? te est coi^ervé ; les plaie& sourent 
énormes qui ea résultent sopt pansées. au coaltar et 
chaque année on supprime avec soin les fiousses qui 
apparaissent abondamment à l'entour. Leur nombre 
diminue )>ientdt, et lorsqu'elles ont à peu près cessé de 
se montrer, on peut recommencer l'opération sur uns 
espace égal de deux a trois mètres, jusqu'à ce que 
l'arbre ait été ramené à des proportions régulières. 
Si la tète a une forme tolérable, oi 




tu. 6t. — Prnie def-ranile roule Fw.BS. — Ormxle graoïle root* 
cédcnU; — diiième anatc. 



lui donnant les soins prescrits aux indications géné- 
rales ; si elle est absolument défectueuse, comme il se 



ARBRES D'ALIGNEMENT. m 

trouve trcç souvent (fig, 64), il faut la retranche):' au 
point A, par exemple, en conservant ceux des rejets 
qui sont les mieux disposés pour former une flèche 
et des branches charpentières ; les rejets inférieurs 
sont supprimés jusqu'à la hauteur indiquée par un 
trait. La tête se reconstitue tant bien que mal en 
quelques années (fig, 65). 

La longueur des branches charpentières pour les 
arbres d'alignement est subordonnée ài'esp^çemcnt 
de leur plantation ; on ne doit pas leur permettre de 
s'enchevêtrer les unes dans les autres, car les arbres 
les plus vigoureux porteraient un grand préjudice à 
leurs voisins au détriment de la régularité de l'en- 
semt)le et du produit futur. 

Des jeanes plantations. — Â part quelques loua- 
bles exceptions, les nouvelles plantations exécutées 
le long des routes laissent également presque tou- 
jours à désirer sous le rapport de leur direction. 

Le plus souvent on ététe les sujets en les mettant en 
place. A Paris et dans .les plantations les plus soi. 
gnées, les jeunes arbres conservent leur tête. Ce 
mode, lorsqu'il réussit, est assurément préférable, 
mais il exige de grands soins, notamment des arro- 
sements copieux et des bassinages fréquents. 

On sait, en effet, ce qui se passe au moment de 



1f8 L'ÉLAGAGE DES ARBRES. 

la reprise : Si les racines ne fournissent pas la 
quantité d*eau dépensée par Févaporation, les écor- 
ces se durcissent, la circulation se fait mal, l'arbre 
languit, dépérit et meurt. 

Mais souvent cette quantité de sève, insuffisante 
pour atteindre les extrémités, est au contraire en 
état d'alimenter une portion du sujet. Ma conclu- 
sion est donc que Ton doit écimer, eu les plantant, 
les jeunes arbres — à feuilles caduques — auxquels 
on ne peut pas donner de grands soins et beaucoup 
d'eau. Il faut toujours, si cela est possible, conserver 
quelques branches raccourcies au-dessus d'un peti 
nombre de rameaux, et ceux-ci développeront rapi- 
dement des feuilles qui établiront la circulation né- 
cessaire à la vie. 

locislon lonsItndlBale. — Un moyen de favo- 
riser la reprise est de pratiquer l'opération bien 
simple et bien connue des jardiniers, l'incision 
longitudinale, qui consiste à fendre J'écorce avec la 
pointe d'un couteau, sur toute la hauteur de l'arbre. 

Les nouveaux tissus qui se forment immédiatement 
favorisent la circulation des sucs nourriciers entra- 
vée par le durcissement de Técorce, et ravivent pins 
d'un arbre qui languissait depuis longtemps. 

L*iucision longitudinale doit se faire pendant Yé- 



r 



ARBRES D'ALIGNEMENT. = 129 

poquedeia sève, c'est-à-dire au printemps ou en été : 
elle réussit également sur presque tous les arbres et 
favorisé là reprise de ceux pour lesquels elle peut 
parsutre douteuse. 

Redresflieiiieiit des Jeunes plantations. — 
Toutes les fois qu'après quelques années de plan- 
tation la tête de l'arbre ne se forme pas bien, on ne 
doit pas hésiter à la supprimer pour redresser la 
branche la plus vigoureuse ou la mieux disposée,- 
que Ton maintient dans la direction verticale par les 
moyens indiqués à la page 60 (fig. 54, 57 et 58). 
Souvent il suffit de la fixer avec une branche 





Fi6. — 66. — Redressement de la 
lldche d'un j'uoe orme. 



Fi6. 67. Redressemem d'un 
jeune orme. 



IdO LlËlAGAGE DES A^CBES. 1 

voisine (lig. 66), Si elle est déjà trop forte pour 
cela, on emploie un tuteur solide assujetti au tronc 
de l'arbre et à la première couronné (fig. 67), et eu 
peu d'années l'arbre est complétemeni redressé. 

Va œoyea mécanitiue bien simples rend cette fce- 
sogûe facile. Il suffit d'avoir trois ou quatre fortes 
courroies de cuir gras et ccMumuu comme celui 
(|u'emploient les bourreliers pour coufoètionuer les 
baraais de charrue ; ces courroies sont muufes de 
boucles; on commence par attajcher solidement le 
tuteur.au pied de l'arbre; puis, à Taide des eour«- 
roies quie l'on serre alteriiativement, on rainène peu 
à peu la branche à la direction verticale. Une fois 
qu'elle est bien disposée, on la fixe à demeure avec 
du fil de fer ou d'autres liens, en ayant toujours le 
plus grand soin de ménager les écorces ; des débris 
de cuir remplissent fort bien cet office protecteur. 

Lorsque la branche dont on veut former la flèche 
nouvelle est trop inclinée ou trop roide-pour que les 
courroies suffisent àia redresser, on estobhgé d'em- 
ployer un moulinet composé d'une corde double 
et d'un bâton court ; on la ramène ainsi au point où 
elle peut être saisie avec les courroies. 

L'orme, on le sait, est l'arbre qu'on rencontre lé 
plus souvent dans lesplantations d'aKgnemènt.Peut- 



ABBRES D'ALIGNEMENT 151 

être eii a*t-oii abusé, car tous les terrains ne lui con- 
viennent pas au même degré; il est certain que 
fKirpni les arbres de nos contrées ) c'est peut-être le 
plus facile à conduire, mais c'est en même temps 
xia de cent qui peuvent le moins se passer d'une 
fcoïKie direction. 

Je ooosûiUe de pratiquer Télagage le long dei> 
routes tousi les, quatre ou cinq ans, tant pour le 
bien des arbres que pour la compensation des frais 
qu'il occasionne. On a vu qu'il faut quatre ans en- 
. viron pour que, dans la majorité des cas, les rejets 
parasites aient disparu, ce qui indique que la séye 
a bien pris son cours vers le sommet. Les petites plaies 
sont alors pai'jfaitement recouvertes, les. grandes sont 
déjà entourées d'un large bourrelet de nouveau bois 
dont nous connaissons Faction sur Tensendble de 
la végétation de l'arbre. (Voir p. 108.) 

On peut alors recommencer les mêmes opération» 
avec certitude de s)iccès. Dans les intervalles, les 
cantonniers doivent avoir soin d'enlever chaque an- 
née à la fin de l'été avec l'émondoir les rejets- qui 
se seraient développés le long de la tige. Ils peuvent 
également raccourcir sur les très*jeunes arbres 
toutes les^ branches basses qui auraient de la ten- 
dance a s'emporter. Cette sorte de pincement serart 



131 L'ÉLIIIAGE DtS .inURES. 

très-faïorable à la bonne direction de la flèclie. 
Dea ■««■«(«, — Une avenue qui sert d'arriïée i 
une liabiUlion n'a de mérite (lu'autant qu'elle pré- 
sente une régularité paifaile. lise trouve souvent que 
|»arini des arbres olTrant un alignement tolérable, 
quelques-uns ont pris une mauvaise direction et 
gâtent entièrement la 
perspective (fig. 68). 
Les supprimer serait 
détruire l'ensemble, 
le remplacement est , 
àpeuprèsinqnssiUe, 
l'ombrage et les ra- 
cines des arbres voi- 
sins nuiront tou- 
jours à\ reprise el 
à la croissance des 

Fk. 6S. - Orme d-aisnna BjaM uns nouveaux venus. Il 

'""■ Il y a qu'un parti à 

prendre, c'est d'a- 
battre la tête de l'arbre à une certaine distancé, un 
mètre, par exemple, du point oii le tronc cesse d'être 
vertical ; si , «mime c'est probable, il existe un rameau 
vigoureux B, sur le dessus du toude, on le redresse 
et on le maintient dans la position verticale à l'aide 



d'unluteuroiid un lien, en ayant soin chaque année 
de supprimer la plus grande partie des rejets et de 
n'en conserver qu'un petit nombre dans le voisinage 
de la section pour absorber l'excédant de sève. 

La nouvelle flèche prend une vigueur excessive et 
l'arbre se refoit en peu d'années (fig. 69). Le tron- 
çon continuera â vivre par le 
moyen du petit nombre de ra- 
meaux qu'on lui a laissés, mais 
qu'on doit surveiller sévère- 
ment; enfin il sera enlevé, soit à 
la scie, soit à la hache, mais seu- 
lement quand la nouvelle flèche 
sera assez grosse et assez solide 
pour étreâlabride toutecrainte. 
Oïl ne doit pas se presser. Il 
faut attendre dix ans ^u moins 
sur des arbres analogues à celui 
représenté par les figures 68 et f w- 69- - Ormc repré- 
69, c est-à-dire âgés de soixante dix ans après ropéra- 
à quatre-vingts ans. 

ÈÊÊkgmge des ttllciils. — Les tilleuls, une des 
plus belles espèces de nos contrées, formeraient de 
magnifiques avenues s'ils n'étaient exposés aux ma- 
raudeurs, qui viennent briser toutes les extrémités 




136 L'ÉLAGAGË DES ARBU£S. 

derniers oiifin, parfaitemeiU conduits, sauf l'obser- 
vation ci-dessus ; — on pourra facilement se rendre 
compte des avantages d'une taille rationnelle et 
prudente et on restera convaincu que, malgré l'appa- 
rence uniforme que Télagage leur donne au. début, 
chaque arbre reprend bientôt Taspect, le port et la 
physionomie qui lui sont propres. 

Les inconvénients que je signale sont faciles à ré* 
parer à Paris, mais il est impQrtant pour les per- 
sonnes qui habitent ou qui visitent la capitale de bien 
se pénétrer, enoutre^ de t^ute la différence qui existe 
entre les arbres de promenades toujoui s en vue, sou- 
mis à une surveillance incessante, accessibles eu tout 
temps, et quon peut, par conséquent, travailler 
chaque année, et ceux d'un bois dont le traitement 
ne peut avoir lieu qu'au bout d'une période de quinze, 
vingt ou même trente aïi^. 

nés arbres plantés an miliea des dhaaips 
cnliivés. — Il est une très-importante catégorie 
d'arbres plantés plus ou moins symétriquement au 
milieu des cultures, le plus souvent à cause de leurs 
fruits, mais dont les bois sont précieux; c'est seule- 
ment à ce dernier titre que nous avons à nous en 
occuper. Les principaux: sont, suivant Je soi et le cli- . 
mat : le poirier, le pommier, le cerisier, le.chàtai- 



ARBRES D'ALIGNEMENT. 137 

guier, le cormier, le noyer et» l'olivier. On peut y 
joindre Férable, qui sert de support à lavignedans 
les contrées méridionales. Je ne parle pas du mûrier , 
ne connaissant pas la valeur de son bois; d'ailleurs 
sa taille, faite au point de vue de la production des 
feuilles, est identique à celle usitée pour les têtards. 

Généralement ces arbres sont absolument négligés 
sous le rapport industriel; à la vérité, c'est le con- 
traire qui devrait paraître surprenant, car on ne peut 
exiger des propriétaires agricoles ou des fermiers de 
travailler mieux que les forestiers. 

Il y aurait une étude fort intéressante à faire sur 
ces différents bois, dont plusieurs ne le cèdent en 
valeur à aucune des espèces exotiques; nous pren- 
drons seulement pour exemple le noyer, qui occupe 
la première place comme étant le plus répandu. Ce 
bois si fin, si liant, non moins propre à l'industrie 
qu'aux arts, et auquel nous devons tant de chefs- 
d'œuvre de sculpture, tend néanmoins à disparaître. 
On en trouve encore de beaux, ils deviennent chaque 
jour plus rares, la production n'étant pas en rapport 
avec la consommatioii. 

Le traitement à lui appliquer est identique à celui 
qui convient aux arb^s forestiers ; la suppression des 
branches doit s'opérer exactement de même, et la 



13S L*ÉLAGAGE DES ARBI^Ei». 

cicatrisatioii des plaies se produit d'une manières* 
tififaisanie. Cependant on fera bien d'être phis cîr- 
eotsspM «M&re quand II s'agii^ de Fablatiân de 
très-grosses b^antibes tnir^d vieux arl^res; il sei^ 
préférable quelquefois de se contelilir ià les «in^> 
à moitié de leur longueur, ce qui timènera le dète^ 
loppement de nouveaux rameaux. -— * Sans diiniimer 
la production fruitière, rélévaticwïde leur tige aurait 
<mcore Favantagé d'attéwier le préjwiice' que letfr 
ombrage ne peut manquer d'apporter aux cultures.^ 
Le noyer n est pas indifférent à; la nature du- sol, 
dans certaines localités il végète pauvrement ; on 
peut«outent lui rendre beaucoup de^v^ueinr au 
moyen d'une taille sévère, aidée d*incisioHs longitu- 
dinales comme il a été dit plus bàul. 



CHAPITRE X 

ÉLAGAGE DES HAIES VIVES • 

Les haies vives forment d'eïceUentes M^fôtures : 
ndispensabks dans, tous les pays dû l'on élève des 
bestiaux, elles sont toij^ours ut^es^ poffr détendre ie^ 
héritages et notamment les \ignobIes; Les {^e- 



1 



ÉLAGAGE DES HAIES VIVES. i7A 

inières, composées habituellenaenfe d'essences for^Sr 
tières mélangées, sont abandonnées à ell^rmêmes; 
plantées le plus souvent sur des revers de fossés^ ejUbss, 
occupent un espace considérable et produisent des 
coupes périodiques analogues aiu taillis.. Lors de 
l'exploitation, quelques brins sont conservés et in- 
clinés pour maiulenir la clôture pendant la pousse. 
(Test alors qu'il est important de ménager des bali- 
veaux susceptibles de former de très-booux arbres. 
D'autres haies composées d'arbustes buissonneux, 
le. plus. souvent épineux, ne sont. pju^ considérées 
qu'au point de vue de la défense. On les taille pour 
les rendre plus toufAies et ménagerie terrain envi- 
ronnant : telles sont les haies d'aubépine plantées 
dés deux côtés de îa voie, sur la plupart des lignes 
des chemins de fer. On est dans l'usage de les tondre 
une fois par an vers Tautomùe, soit au croissant, 
soit avec des cisailles et de leur donner la forme 
d'un mur. Ce mode de taille est défectueux en ce 
que la végétation se porte toujours vers le sominet, 
qui va chaque année en s'élargissant (fig. 70) ; l6 
pied de la haie se dégarnit et elle n'est plus suffi- 
samment protectrice ; son aspect est disgracieux, et 
quand on la façonne, les pousses étant déjà durcies, 
elle demande un temps assez long à l'ouvrier. 



IW L'ËLAG.4GE DES AnBRtS. 

Il est \nen préférable de ramener la haie à lu 
forme ovoïde que nous avons recommandée pour les 
arbres (fig. 71) ; ^iis occuper plus d'espace sur le 



tx. 10. - Haie Willée diaprés Frs. 71. - Haie Uillfe bUiraui 
1« mode ordiiuire. b fiNme oroïde. 

sol, lu végétation est retenue par de nombreuses 
branches latérales, la haie se maintient touffue de- 
puis le bas jusqu'en haut et atteint ainsi mieux sou 
objet, tout en conservant plus de régularité. 

Ce l'ésullat sera obtenu d'une fagou d'autant plus 
complète qu'on aura pris soin, lorsquelaiiiiie est en- 
core jeune, d'incliner les tiges les plus vigoureuses ; 
elle se garnira ainsi de manière à devenir tout à fait 
impénétrable. 

Quelle quc'soit la forme qu'on veuille donner â 
une haie, il est nécessaire de la tailler deux fois par au 
au lieu d'une : la première façon aura lieu vers le 
mois de juin, alors que les jeunes mmeaux sont 



CONCLUSION. I4t 

encore à Tétai herbacé, mais après la floraison pour 
ne pas se priver de cet agrément. Cette opération, 
analogue au pincement en usage sur ]es arbres 
J'ruitiers, a pour effet d'arrêter momentanément la 
végétation, ou, comme disent les jardiniers, de refou- 
ler la sève. A Tautonme on pratique une deuxième 
taille qui se fait encore très aisément, à Taide du 
croissant ou dès cisailles. La haie est beaucoup plus 
belle, elle conserve toute Tannée une régularité 
satisfaisante, enfin les deux tontes ont pris à Touvrier 
bien moins de temps que Télagage unique que Ton 
est dans Thabitude de pratiquer vers la fin de la sai< 
son. Je ne mentionne pas le produit, car il est nul 
dans Tun comme dans Tautre cas. 



CONCLUSION 

La rareté croissante des bois prend des propor- 
tions effrayantes, leur production est dès aujour 
d'hui au-dessous des besoins ; et on peut prévoir le 
jour peu éloigné où nos fils manqueront tout à fait de 
cette substance de première nécessité, que rien ne 
peut remplacer, à moitis que de grands moyens ne 



142 L'ÉLAGAGE DES iKiftSS. 

». . . , 

soient pris dans le but de prévenir une erki^^feitt if 
est impossible de calculer les conséquences. 

Depuis lon'gtemps cette' vérité a fi'àppé lès esprit!^ 
prévoyants, le cri d'alarme a été jeté, et miHe 
toix ont proclamé Turgencedes reboiséments*^^. L'État 
a fait certains essais, accordé ou promis quelques 
encouragements, des particuliers généreux ont con^ 
sacré leur fortune et voué leur existence à ces utileji 
travaux ; mais le nombre en est fort restreint à cause 
des mises de fonds nécessaires, de* la longue attente 
du produit, et surtout de Finutilité* démontrée des 
plus grands efforts dans l'étal actuel et précaire de 
là propriété; 

Les causes de destruction vont donc toujours en 
augmentant; nous avons vu que la première de 
toutes est le Gode civil, qui doit anéantir avant un 
siècle toutes les forêts des particuliers. 

Les forêts de TÉlat couvrent encore de vastes super- 
ficies*, mais nous en voyons chaque année diminuer 
fe noinbre, par suite d'aliénations qui sont autant 
•d'arrêts de mort. Ce n'est pas tout, on ddniie cours 
à des rumeurs sinistres; on jpréténd qu'il n'est 
question de rieri moins que de vendre d'un seul 

• Gplbert disait déjà cpie la Fra^c périrait faute de bois. 

* Un milliori d'heclares environ. 



CONCLDSIOX. 115 

coup pour deux cents millions de ces mêmes forêts. 
PuKse la France être préservée d'un pareil désa^re, 
qui serait à jamais irréparable ! 
^ Sans admettre la réalisation d'un tel malheur, il 
est certain que les plantations qu'on faii et celtes 
qu'on pourra vraisemblablemei[Lt exécuter sont loin 
de eompejiser les pertes déjà accomplies. Les arbres 
(à l'exœptkin des boi& blancs), bons à abattre dans 
Un siècle, existent à-Vheure qu'il est^.ipais négligés 
comme ils. le soat généralement, la plupart resteront 
iojHtiles; e'est donc à nous qu'il appartient d'en 
doter nos neveux. - . . • 

C'est à cette oeuvre toute jde désintéresjsement que 
je convie les homities dévoilés à . leur pays ; il ne 
s'agit que de .mettre en valeur par ces moyens si 
i^implés, à la portée de tous, et applicables à la frfus 
^ vaste forêt comme au plus modeste domaine, les im- 
menses richesses que la Providence crée incessam- 
ment et à notre insu pour le bien-être de l'homme., 

Notie devoir envers elle et envers la postérité est 
d'entretenir ces dons précieux, et malgré les ravages 
résultant du fait même de nos lois non moins que 
de l'imprévoyante et insatiable cupidité dont nous 
sommes chaque jour témoins, on peut affirmer qu'il 
existe encore sur le sol de la France un nombre suf- 



ïu 1/élagace des arbres. 

fisant d arbres, pourvu que leur développement soit 
convenablement favorisé. Les travaux, d'ailleurs, 
seront presque toujours rémunérateurs, et produi- 
ront des bénéfices très réels, quoique éloignés. Jg 
fais donc appel en particulier aux habitants des campa- 
gnes habitués à travailler longtemps avant de récolter. 
Ils me vengeront, je Tespère, des dédaiiis que je ne 
puis manquer d'inspirer ^ ceux qui prétendent, du 
our au lendemain, réaliser des bénéfices fabuleux 1 

Mon ambition première est d'attirer sur les moyens 
que je propose l'attention des sociétés qui se sont im- 
posé la noble tâche de protéger l'agriculture, sociétés 
dont les efforts, au moyen d'une large émulation et 
par la diffusion des bonnes méthodes, ont déjà ré^ 
pandu tant d'encouragements féconds. 

Il est en effet nécessaire que le public sache à quoi 
s'en tenir au sujet d'un système qui, s'il est mauvais, 
aura pour résultat inévitable la destruction absolue 
des bois où il àufa été mis en usage; et dont l'appli- 
cation générale, s'il est reconnu bon, sera probable- 
ment le plus grand bienfait agricole rendu depuis 
longtemps au pays. 



FIN 



TABLE DES FIGURES 



Fio. 1. Hétrc carié psr suite d'un clagage vicieux. 



h) 
II 
12 
15 
15 



2. Chêne abandonné sur un taillis de quatorze ans. , 
7t. Chêne ayant perdu sa valeur faute d'élaguge. . . . 
4. Carie résultant de l'éclat d'une grosse branche. . . 

H. Formation du bois par la sève descendante 

0. Théorie de la coupe d'une branche 17 

7. Carie résultant de la mauvaise coupe d'une bran- 

che ; IK 

8. Coupe longitudinale du tronc d'un chêne élagué . . 19 

9. Élagage à chicot, prennière aVinée 20 

10. Id. cinquième année 20 

11. Id. dixième année 21 

12. Carie complèlc» suite du chicotagc 21 

13. Forme du baliveau ^ 50 

14. Id. du moderne. 31 

15. 7^/. de l'ancien 31 

16. Id. de la vieille écorce 32 

17. Serpe d'clagage renforcée 33 

18. Crochet porte-scrpe 33 

19. Serpe portée en ceinturon 34 

20: Id. en bandoulière 34 

21. Échelle fixée par une corde au tronc de l'arbre. . . 35 

22. Emploi du dendroscope 39 

23. ^blissement de la flèche d'un chêne 40 

24. Chêne ft tête irrégulière! • 41 

25. Raccourcissement de la branche charpentiôre. . . 45 

26. Suppiession de l'une des Ijranches doubles. *...'. 45 

11 



146 TABLE DES FIGURES. 

27. lUmeau conservé sur le dessus de la branche. . . 46 

%. Danger de couper la branche inférieure 48 

29. Arbres exposés au vent de mer 50 

30. Aplomb détruit par suite de raccourcissements in- 

suffisants 51 

51. Danger de couper les branches sans précautions. . 53 

32. Manière de couper la branche 54 

33. Aspect de la coupe du tronc 54 

34. Formation de la flèche d'un jeune baliveau. ... 5S 

35. Baliveau de douze à quinze ans. . . 59 

36. Baliveau de vingt ans 60 

57. Formation de la flèche d'un baliveau 60 

38. W 6i 

39. Baliveau de vingt ans mal venant 61 

40. Suppression d*uiie double flèche . 62 

41. Baliveau incliné. 65 

42. Redressement d'un baliveau incliné 65 

43. Baliveau sur souche 65 

44. Moderne de quarante ans 67 

45. Moderne, suppression d'une double flèche 68 

46. Moderne mal conformé . 68 

47. Chêne de cent ans environ 69 

48. W 69 

49. Cheminées 70 

50. Vieille écorce 11 

51. Portion du tronc d'un chêne épuisé li 

52. Le même deux ans après le traitement 72 

53. Vieux chêne restauré par l'élagage '73 

, 54. Large plaie. Enlèvement d'écorce 77 

55. Coupe longitudinale du tronc d'un chêne soigné ou 

négligé. 81 

56. Émondoir 83 

57. Conservation des rejets d'un baliveau 85 

58. Plaie en voie de cicatrisation 106 

59. Chêne couronné rajeuni par l'étêtement Itl 

60. Écimage d'un têtard. . , ^ Ii3 

61. Têtard écimé suivant le mode ordinaire 113 

62. Têtard resUuré. ... ; 115 

63. Branches de pin taillées à chicot 123 

64^ Orm» de grande route ... 1% 



TABLE DES FIGURES. 147 

65. Le même reslauré 126 

66. Redressement de la flèche d'un jeune orme 129 

67. Redressement d*an jeune orme 129 

68. Orme d'avenue ayant une mauvaise direction. . . 132 

69. Le même dix ans après l'élagage 133 

70. Haie taillée d'après le mode ordinaire* 139 

71. Haie taillée suivant la forme ovoïde 139 

72. Usage du dendroscope indiquant les principales 

opérations 146 



FIN DI LA TABLE DES ORi^VURES 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MÂTfÈRES 



Ancien ^,68 

Application générale du système 32 

Arbres de marine 104 

<— épars croissant dans les prairies, pâtures, landes, 

liaies, elc 107 

— résineux ou conifôres • • • ^^ 

— d'alignement 123 

— des grandes routes 124 

— plantés au milieu des champs cultivés 136 

Avenues 132 

Avertissement 5 

Baliveau 29, 30, 57 

Baliveaux inclinés 62 

— sur souche 65 

Bois exposés au vent de mer , 49 

— blancs 117 

Branches d'appel 44 

— coupées rez-tronc SS 

But et moyens de l'élagage *. 26 

Cheminées 70 

Choix de la Oèdie 40 

— des élagueurs 88 

Classement des arbres de réserve en quatre Hges princi- 
paux 9 

Coaltar. Son emploi ponr l'élagage 9S 

Conclusion 14i 

Conditions d'un l>on élagage 2B 



J 



TABLE ALPHABÉTIQUE. îiî^ 

Conservation des rejets sur les baliveaux 85 

— des Irès-vieux arbres 108 

Coup d'oeil sur l'entretien des bois en France. ...... «*► 

Dangers auxquels l'élagueur peut s'exposer par son impru- 
dence. 48, 53 

Dédicace • • •. i 

Dendroscope. . . «^ . * 38 

Difficulté de trouver dans les coupes le nombre voulu de 

baliveaux 64 

Échelles S5, S8: 

Effet du coaltar sur l'orme ......;.... 99 

Élagage des arbres résineux. ^ , . . 1*^0 

— des futaies. pleines . . . 103^ 

— des baies vives 138 

— des peupliers 118 

— des taillis. 10^ 

— dos tilleuls. 15Ô 

Émondage des rejets 82 

Émpbi du coaltar pour préserver les plantations de la dent 

des animaux '. . 100* 

— de la maçonnerie pour lii conservation des vieux 
arbres ; . . . 1(H^ 

Époque de l'élagage. 86 

Étêtement des arbres couronnés lli 

F(Nrmation du bois i4 

— de la tête des baliveaux ^ . . 58 

— de la tète des ormes des grandes routes 129 

Gardes élagueurs *• ^ 

Gaulis. 4 102 

Griffes ou éperons. ...••.. 36 

Incisions longitudinales. 1%^ 

InconTéiiienls des modes d'élagage généralement usités. . • IT 
— des onguents et mastics employés jusqu'à ce 

jour ^ 

instrumenta à employer. 52 

Jeunes plantations des grandes routes. 13*7 



ISO TABLE ALPHABÉTIQUE. 

L'élagage doii-il se pratiquer partout? 95 

Légèreté avec laquelle on abat des arbres diffîciles à rem- 
placer 116 

Hode d'éciroage des têtards 115 

Moderne 29, 30, 66 

BiéoeMÎlé d'un bon élagage 58 

Observations sur l'élagage des arbres de la ville de Paris. . 134 

Plaies occasionnées par l'éclat des branches 82 

Pansement au coallar 55 

Peupliers ii8 

Prix de revient. . . . - 91 

Raccourcissement des branches charpentléres 42 

Redressement des jeunes plantations des roules Iâ9 

Restauration par Télagage d'un vieux cbéne épuisé 72 

~ des têtards 114 

— des ormes de grandes routes 126 

— des arbres d'avenues 132 

Saison de l'élagage 87 

Salaira des éiagueurs 90 

Soulèvements d'écorces non apparents 78 

Suppression de l'une des doubles branches 44 

Table des chapitres < viii 

— des figures. . 145 

— alphabétique des matières 148 

Têtards 112 

Traitement des anciennes plaies, ulcères, gouttières, etc. . 76 

Transformation des taillis en Tutaies 105 

Très-vieux arbres 75 

Trous dans le corps des arbres • . 79 

Usage du coaltar sur les arbres fruitiers 101 

Utilité de la conservation des futaies 25 

Vieille écorce . , . 29, 31, 71 

Yole-t-on le mfirchand de bois? 80 

FIN DE U TABLE ALPHABÉTIQOB DBS MATIIRBS 






ait 
n-l 
z s 

w r 
os 



<èûp- 



i|ll 


immn mt 


iï 


if 




1. 


llii 


nii iHiiu 


lit 



II! 



ili! 



i îîl: 



iîiî 

111! 

■m 

1 s-S es I I 



iili 



« °-a » Sa g II SE 

^|llE|||||s 



lîii 



a- = " a S.S g,Sr j jj ^-c 



J. ROTHSCHILD, Éditeor, 43, rae Siiot-Ândré-des-Arts, à Pins. 

LE 

MÉDECIN DES ENFANTS 

BTGIÈNE ET HAI.ADIE8 

GUIDE DBS MÈRES DE FAMILLE ET DES INSTITUTEURS 

llAPnÈS LES OUVRAGES ALLEMANDS ET ANGLAIS DE BOCK, BALLARB 

ET BOWER BARRI80N 

Par A. C. 1IARTHCI.EMIY, Docteur en HUdeciae 

Ub Tol. iihiS, snr très-beau papier 

Prix : 1 fr. 

L'auteur s'est proposé d'exposer principalement aux Mères de 
f:iniine : 1* les Diagnostics qui servent à reconnaître les dilfércn- 
tes Indispositions et Maladies auxquelles les enfants peuvent 
être sujets, depuis Icui* naissance jusqu'à ce qu'ils aient atteint 
l'âge adulte ; 2* les moyens les plus sûrs de les en pl'é!^crve^ ; 5* les 
remèdes les plus eflicaces pour en amener la guérison. 



LA PRÉVISION DU TEMPS 

Exposé des condilions qui penient seules rendre possible la solotioo 
do problème des variations météoroloflques : 

Examen des Système* de MATHIISU (de la Drôme) 

de MM. «MAnnDAY, COVI^VIEM-CRAViraB. 

de 1* Amiral FITZ-ROY et de M. UE YEBMIEM 

PAR |G. BRESSON • 

Un très-bean Yolune in-18, illnslré de plusieurs figures et de deux eartMj 

météorologiques. 

Prix : 3 francs 



TARIS. — niP. SIMONRAÇON ET COMP.. RCE D'eRPCUTH, l 



\